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                  <text>Québec, mars 1972&#13;
&#13;
LA NOUVELLE ABEILLE&#13;
&#13;
Pa ge 8&#13;
&#13;
AU PAYS DE MONSEIGNEUR DE LAVAL&#13;
•&#13;
&#13;
Troyes&#13;
&#13;
Tours&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Langres&#13;
&#13;
}&#13;
&#13;
LA FRANCE&#13;
DE&#13;
&#13;
Nafl n LAVAL&#13;
&#13;
• La Rochelle&#13;
&#13;
Le 30 avril, c 'est le 349ième anni versaire de la naissance de Mgr de&#13;
Laval (en même temps que le 300ième&#13;
de la mort de Mère Marie de l'Incarnation), et le 6 mai, c'est le 264ième&#13;
anniversaire de sa mort, en 1708 . De&#13;
plus , c 'est le printemps, saison propice aux voyages en Europe, avec la&#13;
remontée de la sève touristique, endormie par les longs mois d'hiver. En&#13;
fait de voyages , il y a toute la différence entre la quête des voluptés sensoriel les aux pays du soleil tropical, et&#13;
celle des délices de l'esprit, dans les&#13;
régions riches de souvenirs et de culture.&#13;
Rien comme un pélerinage aux patries respectives de nos ancêtres dans&#13;
la vie et dans la foi , à notre commune&#13;
mère-patrie, du reste, pour nous stimuler dans nos facultés supérieures,&#13;
blasées ou abatârdies, à la longue, par&#13;
les problèmes domestiques et la pragmatique du "terrible quotidien". Avezvous songé à cette salutaire diversion?&#13;
L'a vion, à cette saison, nous mène en&#13;
France et nous en ramène si conforta blement , à si peu de frais. Pour certains groupes organisés, on peut con-&#13;
&#13;
L'égl ise paroissiale de Montigny-surAvre.&#13;
&#13;
cevoir un itinéraire assez soup le pour&#13;
relier les petits refuges de souvenirs à&#13;
tels hauts-lieux de la culture plus générale . Pour les voyageurs utilisant&#13;
une voiture privée, le truc est encore&#13;
plus facile; il suffit de se procurer des&#13;
renseignements, une bonne carte routière et ... de la suivre.&#13;
Nous avons cinq de nos fondateurs&#13;
de l'Eglise du Canada qui sont natifs&#13;
de France. Tours, Langres, Troyes,&#13;
Montigny-sur-Avre et Saint-Sauveur-leVicomte sont inégalement importants&#13;
comme agglomérations mais comportent un intérêt commun dans le sens&#13;
précité, sans parler du contraste saisissant entre la grande ville commerçante de la Loire et le petit village rural en bordure du Perche. Pour aujourd'hui, nous nous en tiendrons "au&#13;
pays de Mgr de Laval" , suivant le titre&#13;
d'un récit de voyage publié en 1910,&#13;
par l'historien Auguste Gasselin .&#13;
Après avoir mis le lecteur au courant d'un fait quelque peu paradoxal,&#13;
à savoir que la ville de lavai, chef-lieu&#13;
du département de la Mayenne, n'a&#13;
rien à voir avec la famille de notre premier évêque, du moins avec la branche des Montmorency, qui était la&#13;
sienne , nous commencerons plutôt notre pélerinage à la petite ville de La&#13;
Flèche , une sous-préfecture située sur&#13;
le Loir, au sud-ouest du département&#13;
de la Sarthe . Pour ceux-là qui viendraient de Lourdes, de Bordeaux ou&#13;
même simplement de la Loire et de&#13;
Tours, patrie de Marie de l'Incarnation&#13;
La Flèche est sur la route qui condui~&#13;
rait vers Saint-Malo et le Mont SaintMichel, aux confins de la Bretagne et&#13;
de la Normandie.&#13;
Rien d'impressionnant comme de&#13;
découvrir dans cette ville bien modeste une imposante institution d 'enseignement secondaire, aujourd 'hui propriété de l'Etat, utilisée comme prytanée national pour les fils de militaires qui se préparent aux études supérieures . Au 17ième siècle, après avoir&#13;
été richement doté par Henri IV, au&#13;
point d'en adopter le nom et d 'en conserver le coeur en souvenir dans sa&#13;
chape lle , cet établissement était un célèbre collège des Pères Jésuites. Beaucoup de nobles et de seigneurs y envoyaient leurs fils , de tout le Royaume&#13;
et même des pays étrangers. On put y&#13;
compter pas moins de 300 pensionnaires et de 1500 externes . Ce fut !'Al ma mater du cé lèbre philosophe Ren é&#13;
Descartes . C'est là que François de&#13;
Laval , dès l 'â ge de neuf ans, vint faire&#13;
ses études classiques , pour se prépa rer à l 'état ecclésiastique, auquel on&#13;
le destinait. Le collège conserve en core l'aspect qu'il avait alors , avec sa&#13;
grande chapelle, semblable à celle du&#13;
&#13;
château de Versailles, et ses cours en&#13;
quadrilatères, qui font penser au vieux&#13;
Séminaire de Québec.&#13;
Rappelons que La Flèche évoque&#13;
d 'autres souvenirs historiques au Canada. Sans parler de plusieurs missionnaires Jésuites passés par le collège,&#13;
ce fut la patrie du co-fondateur de&#13;
Montréal, Jérôme Le Royer de la Dauversière, qui institua aussi les Hospitalières de Saint-Joseph, futures compagnes de Jeanne Mance, à l'HôtelDieu de Ville-Marie.&#13;
Un bon canadien doit ensuite aller&#13;
voir Saint-Malo, "beau port de mer",&#13;
qui est d 'abord la patrie de Jacques&#13;
Cartier et conserve ses cendres dans&#13;
la cathédrale , mais qui aussi, avec son&#13;
enceinte fortifiée, !'apparentant avec&#13;
la ville de Québec, est un modèle de&#13;
restauration intelligente , après les dégâts de la dernière guerre . Si on ne&#13;
tient pas à pénétrer plus avant en Bretagne, parce qu'il y a moins d'attaches&#13;
historiques, on commence aussitôt, au&#13;
Mont Saint-Michel, la traversée de la&#13;
Normandie. La majeure partie de nos&#13;
ancêtres étaient de cette province et&#13;
nous y sommes intéressés pour d'autres motifs. C'est là, sur les plages de&#13;
la Manche, que nos militaires canadiens-français se sont illustrés à la&#13;
dernière guerre; et, s'il n'est pas facile de pousser une pointe jusqu'à&#13;
Dieppe, vers le nord-est, on peut sans&#13;
&#13;
1649, pour y recevoir ses disciples,&#13;
existait encore avant la dernière guerre , situé sur la rue Singer, à gauche,&#13;
en laissant la rue Saint-Jean. C'est&#13;
possible qu 'i l ait fini son existence en&#13;
juin 1944, quand la ville de Caen fut&#13;
démolie aux trois quarts par les bombes , durant une bataille de la libération .&#13;
A la suite de Caen, après 50 kilomètres vers l'est, il faut faire un arrêt à&#13;
Lisieux , pour saluer sainte Thérèse de&#13;
l'Enfant-Jésus, dans sa ruti !ante basi1ique neuve, où se trouve un autel de&#13;
marbre payé par les aumônes des catholiques canadiens. Et nous filons du&#13;
même pas, toujours vers l'est, sur la&#13;
route 13, jusqu'à !' importante localité&#13;
d'Evreux. Mgr de Laval, encore étudiant, avait été doté par son oncle,&#13;
évêque d'Evreux, d'un canonicat dans&#13;
la cathédrale. Puis, devenu prêtre, il&#13;
fut promu archidiacre, fonction qu'il&#13;
exerça consciencieusement plus de&#13;
cinq ans . Ce fut pour lui un sérieux et&#13;
fécond apprentissage au ministère&#13;
épiscopal. La cathédrale, d 'où il avait&#13;
à rayonner dans le diocèse pour son&#13;
travail, existe encore et remonte en&#13;
partie à l'époque romane (Xlième siècle).&#13;
A partir d'Evreux, il faut de toute&#13;
nécessité renoncer à la route 13, directement vers Paris, et faire un long&#13;
détour vers le sud, dans la direction&#13;
&#13;
Le château des Laval de Montigny.&#13;
effort saluer Bernières-sur-Mer, la tête&#13;
de pont établie par le Régiment de la&#13;
Chaudière. On s'y rend en passant&#13;
d'abord par Bayeux, célèbre par sa cathédrale et sa tapisserie, représentant&#13;
la conquête de l'Angleterre par les&#13;
Normands. Bayeux, Caen et Lisieux,&#13;
c'est l'axe ouest-est du département&#13;
du Calvados . Et l'eau-de-vie qui porte&#13;
ce nom, ainsi que la fameuse tripe de&#13;
Caen , sont des spécialités du pays&#13;
qu'on n'oublie jamais, après y avoir&#13;
goûté.&#13;
C'est de Bayeux, soit dit en passant,&#13;
que partit pour le Canada, en 1648, la&#13;
jeune hospitalière Catherine de SaintAugustin, native de Saint-Sauveur le&#13;
Vicomte . Mais c'est de Caen que vinrent les inspirations de Mme de la&#13;
Peltrie et de Marie de l'Incarnation,&#13;
pour la fondation de nos Ursulines de&#13;
Québec, en 1639. Mgr de Laval et&#13;
quelques uns des premiers prêtres qui&#13;
l'accompagnèrent en Canada y fréquentèrent, avant de partir, le même&#13;
foyer de ferveur et de sainteté, constitué autour du pieux laïc et directeur&#13;
d 'âmes, Jean de Bernières de Louvigny ( 1 602-1659). Mgr de Lava I y vécut de deux à trois ans et y reçut sa&#13;
nomination comme vicaire apostolique&#13;
en Nouvelle-France. L'Ermitage que M.&#13;
de Bernières avait fait construire, en&#13;
&#13;
de Chartres, si l'on veut suivre Mgr&#13;
de Laval. C'est en effet dans ce diocèse que se trouvait son patelin, le&#13;
point culminant de notre pélerinage.&#13;
Pour cela, nous descendons d 'a bord&#13;
jusqu'à Nonancourt (route N154, 29&#13;
kilomètres); puis , à 90 degrés vers la&#13;
droite, sur la route N 12 , nous pointons&#13;
vers Verneuil, en ayant soin cependant&#13;
de laisser à mi-chemin, exactement à&#13;
Till ières, la route principale , pour emprunter une route départementale&#13;
( D 102). Car Montigny-sur-Avre est un&#13;
tout petit pays, caché dans un méandre de sa rivière, une bien petite rivière, elle aussi .&#13;
Un seul objet s'y voit de quelque&#13;
distance et sera vite reconnu de ceux&#13;
qui en ont déjà vu l'image: c'est le&#13;
clocher de la petite église, rustique et&#13;
trapue , qu'on dirait en train d 'enfonce r dans le sol. Il s 'y trouve toujours&#13;
un curé résident, chargé de la desserte&#13;
de quelques bourgs voisins. Mgr de&#13;
lavai fut baptisé dans cette église en&#13;
1623; les registres de cette période&#13;
sont perdus. Cela ne faisait alors que&#13;
cinq ans que l'église avait été livrée&#13;
au culte; et une inscription murale,&#13;
qu'on y voit encore, portant le blason&#13;
des Montmorency-Laval, rappelle cet&#13;
événement. A l'arrière du transept de&#13;
( SUITE&#13;
&#13;
À&#13;
&#13;
LA&#13;
&#13;
PAGE&#13;
&#13;
6 l&#13;
&#13;
�Québec, mars 1972&#13;
&#13;
LA NOUVELLE ABEILLE&#13;
&#13;
Page 6&#13;
&#13;
Secondaire V: Programme cadre de français&#13;
"Les élèves de Secondaire V sont chanceux : ils n'ont rien à&#13;
apprendre par cœur et pratiquement rien à faire durant les périodes de&#13;
français. On entend cette remarque et bien d'autres équivalentes. cà et là.&#13;
11 serait peut-être opportun d'apporter quelques précisions concernant les&#13;
différents travaux et examens que les élèves de Secondaire V ont à&#13;
effectuer au cours de l'année scolaire avec le nouveau programme de&#13;
français.&#13;
Disons d'abord que l'élève est soumis&#13;
breux qu'avant, et que ces épreuves sont au&#13;
dans l'ancien programme. C'est ainsi que&#13;
habituellement les notes suivantes réparties&#13;
&#13;
L'EXPRESSION&#13;
Le programme-cadre de français&#13;
s'applique à développer l'expression&#13;
et la compréhension. Il ne faudrait pas&#13;
croire que notre nouvelle façon de procéder ne laisse plus de place à l'écrit.&#13;
comme on a pu le prétendre trop hâtivement et philosophiquement en certains milieux.&#13;
Ceux qui auraient quelque doute à&#13;
ce sujet n'ont qu'à consulter la liste&#13;
assez imposante des travaux au programme, de septembre à juin: la présentation, l'exposé, la table ronde, le&#13;
rapport, le commentaire, l'éditorial.&#13;
l'essai, le compte rendu, le procès-verbal. la critique littéraire, la dissertation. L'étudiant de Secondaire V ne se&#13;
contente plus uniquement de la dissertation; il est donc appelé à écrire sur&#13;
des sujets plus nombreux ou sur des&#13;
thèmes qui correspondent aux exigences de la vie moderne.&#13;
Pour arriver à rédiger des textes&#13;
aussi variés, l'étudiant doit posséder&#13;
toutes les normes nécessaires à la préparation de sa composition. Le cours&#13;
magistral n'est pas totalement aboli.&#13;
i I devient plutôt informatif. Pour q·ue&#13;
les explications verbales ne s'oublient&#13;
pas. le professeur présente la documentation qui devra servir de guide&#13;
officiel dans tout travail.&#13;
Muni des notions indispensables, il&#13;
ne reste qu'à compléter les recherches&#13;
en bibliothèque, au centre audio-visuel&#13;
ou à tout autre endroit propice à donner un meilleur rendement.&#13;
A l'expression écrite s'ajoute l'expression orale. C'est par ce moyen que&#13;
se développe l'un des quatre objectifs:&#13;
parler.&#13;
Dans le passé, nous avons laissé&#13;
nos élèves s'exprimer uniquement entre eux. Depuis la disparition des&#13;
cours de diction, rare était l'occasion&#13;
pour eux d'exposer publiquement leurs&#13;
idées. Seul prédominait le magister&#13;
docens.&#13;
En raison de différents facteurs, il&#13;
ne faut donc pas s'étonner que c'est&#13;
dans l'expression orale que s'accumulent les fautes de langage. Pour arriver à une certaine amélioration, un&#13;
travail considérable s'impose dans ce&#13;
domaine.&#13;
Au début de l'année. ce n'est pas&#13;
sans une certaine pusillanimité, voire&#13;
même une gêne paralysante que de&#13;
grands jouvenceaux de seize ans viennent développer un sujet devant leurs&#13;
confrères. L'effort en vaut la peine,&#13;
puisque cette timidité s'amenuise graduellement.&#13;
Quels ont été les travaux écrits et&#13;
les exposés oraux des quatre premiers&#13;
mois de l'année? Tout d'abord nous&#13;
avons accordé, selon le programme,&#13;
dix périodes à la présentation de soi&#13;
ou d'autrui, vingt-six à l'information,&#13;
dix-huit à l'essai et vingt-six au roman.&#13;
Il faudrait ajouter que pour réussir&#13;
le programme-cadre, il est absolument&#13;
indispensable de posséder les instruments nécessaires à la compréhension&#13;
et à l'expression. Pour en énumérer&#13;
quelques-uns, citons: le magnétophone&#13;
pour tout exposé oral. le projecteur&#13;
&#13;
à des contrôles plus nommoins aussi sérieuses que&#13;
chaque bulletin comprend&#13;
en quatre parts égales :&#13;
&#13;
pour les montages audio-visuels, la polycopie, les dictionnaires, les grammaires (nous nous en servons encore!). Quant aux livres de littérature, il&#13;
ne s'agit plus d'un manuel unique pour&#13;
l'ensemble de la classe, mais plutôt&#13;
d'une variété d'auteurs où chacun peut&#13;
puiser la documentation nécessaire&#13;
aux thèmes proposés.&#13;
Il. La COMPREHENSION:&#13;
Dans 1'ancien programme de la faculté des arts, le cours secondaire V&#13;
comportait un programme-catalogue&#13;
en littérature: les auteurs principaux&#13;
des 18e et 19e siècles, avec les courants littéraires dominants. Au niveau&#13;
de la compréhension, l'élève devait&#13;
faire quelques explications de textes&#13;
tirés d'extraits d'oeuvres littéraires&#13;
dites "consacrées". A chaque bulletin, (quatre fois par année). il y avait&#13;
un concours officiel d'explication de&#13;
texte littéraire qui comptait pour environ le quart des points réservés au&#13;
français.&#13;
Le nouveau programme maintient&#13;
cet exercice de base qui a subi l'épreuve du temps, mais avec une certaine&#13;
amélioration, puisque dans les thèmes&#13;
proprement littéraires. l'élève prend&#13;
contact avec des oeuvres complètes (à&#13;
son choix) et doit faire un compte&#13;
rendu précis de cette lecture. Au&#13;
moins deux fois au cours de l'année&#13;
l'élève doit répéter ce travail sur des&#13;
écrits non littéraires mais choisis en&#13;
rapport avec un thème général couvrant une période donnée. A ces quatre travaux de compréhension, s'ajoutent quatre examens où tous les élèves&#13;
sont obligés d'analyser un texte unique&#13;
proposé par les professeurs. Signalons&#13;
ici que la seconde partie de l'année&#13;
propose un plan d'études comprenant&#13;
deux thèmes généraux: 1-Arts et&#13;
spectacles (janvier à mars); li -Théâtre et poésie (avril à juin).&#13;
L'élève aura donc. seul ou en équipe. à prouver dans un rapport écrit approprié qu'il a compris le contenu d'un&#13;
texte écrit touchant au thème. Mais là&#13;
où le nouveau programme va plus loin&#13;
que l'ancien, c'est dans l'insistance&#13;
qu'il met à mesurer aussi l'aptitude&#13;
de l'élève à comprendre aussi un message verbal.&#13;
Certes, l'ancien programme, avec&#13;
son avalanche de cours magistraux sur&#13;
la littérature française. obligeait l'éléve à écouter et à prendre des notes;&#13;
mais cet exercice avait pour buts principaux la mémorisation subséquente de&#13;
ces notes (de préférence à la veille de&#13;
l'examen, de façon à tout oublier dès&#13;
l'épreuve passée, au dire de l'étudiant&#13;
d'alors), et quelques références pour&#13;
"fabriquer" la dissertation.&#13;
Avec le nouveau programme. l'art&#13;
d'écouter est mesuré pour lui-même,&#13;
au moins huit fois par année, (quatre&#13;
travaux et quatre examens), toujours&#13;
dans des messages verbaux se rapportant aux thèmes suggérés. L'élève, seul&#13;
ou en équipe, doit écouter attentivement un enregistrement et prendre des&#13;
notes. Habituellement, après une seconde audition, il doit répondre à des&#13;
questions précises sur l'enregistrement entendu. S'il s'agit d'un examen,&#13;
&#13;
travail plus examen donnent la note&#13;
travail plus examen donnent la note&#13;
&#13;
compréhension&#13;
&#13;
a)&#13;
&#13;
d'un écrit :&#13;
d'un oral :&#13;
&#13;
expression&#13;
&#13;
a)&#13;
&#13;
écrite : travail plus examen donnent la note&#13;
orale: travail plus examen donnent la note&#13;
&#13;
b)&#13;
b)&#13;
&#13;
Le nouveau programme comporte donc deux champs d'action bien&#13;
délimités : L'expression et la compréhension. Il poursuit quatre objectifs&#13;
généraux : apprendre à écouter. à lire, à parler, à écrire. Il ne s'agit plus&#13;
uniquement d'information littéraire, mais surtout de formation de l'individu qui doit apprendre à communiquer et à dialoguer dans un français&#13;
correct et même littéraire à l'occasion. Dans les lignes qui suivent, nous&#13;
montrerons quelque peu l'organisation de ces différents travaux et&#13;
examens.&#13;
&#13;
tous les élèves doivent écouter le même enregistrement fourni par les professeurs. et répondre à un questionnaire unique. Si c'est un travail contrôlé, l'élève a le choix de l 'enregistrement et doit aussi fournir un rapport écrit selon des normes précises.&#13;
Il va sans dire que tous ces contrôles&#13;
remis par écrit aux professeurs, selon&#13;
des normes de présentation établies,&#13;
font l'objet d'une correction rigoureuse, au niveau de la langue.&#13;
Il est certainement trop tôt pour&#13;
oser porter un jugement de valeur sur&#13;
ce nouveau programme. Cependant à&#13;
la lumière de notre première expérience de sept mois il nous apparaît, à&#13;
prime abord, que le nouveau programme est susceptible de préparer les élèves du Secondaire V à leur entrée au&#13;
collège, non seulement d'une manière&#13;
convenable, mais sous bien des rapports, d'une façon plus sérieuse que&#13;
l'ancien programme ne le faisait, puisqu'il s'en tenait presque exclusivement&#13;
à la dissertation littéraire et à un survol littéraire de deux siècles. Il est évident que ce programme est inférieur à&#13;
l'ancien si on considère uniquement la&#13;
quantité de notions littéraires précises&#13;
&#13;
que les deux programmes offrent. Cependant, beaucoup de notions littéraires ne gagneront-elles pas à être apprises au niveau collégial seulement?&#13;
En terminant, soulignons que le rôle&#13;
du maître a évolué avec ce nouveau&#13;
programme de français: de professeur&#13;
qu'il était, il devient plutôt le guide et&#13;
le soutien. C'est un rôle à la fois préventif et correctif. On assiste donc à&#13;
un changement radical d'attittude de&#13;
part et d'autre: le cours est certainement plus actif qu'auparavant et l'intérêt de l'élève beaucoup plus grand.&#13;
La coopération est indispensable entre professeurs et élèves; elle l'est&#13;
également entre les différents membres des équipes de travail. C'est une&#13;
méthodolo'gie qui développe le sens&#13;
communautaire. Enfin, malgré les apparences, le professeur se retrouve&#13;
avec beaucoup plus de travail qu'avant: de longues séances de prévisions&#13;
pour préparer les étapes. et un surplus&#13;
de corrections quand une étape est&#13;
franchie. Tous doivent faire travailler&#13;
leur imagination pour créer ...&#13;
Abbé Jean-Paul Lapierre,&#13;
Raymond Dufresne,&#13;
professeurs de français moderne.&#13;
&#13;
Au pays de Mgr de Laval&#13;
( SUITE&#13;
&#13;
DE&#13;
&#13;
LA&#13;
&#13;
PAGE&#13;
&#13;
B)&#13;
&#13;
droite, il y a aussi. depuis 1923 (troisième centenaire de la naissance de&#13;
Mgr de Laval). un monumental basrelief en pierre polychrome, oeuvre du&#13;
sculpteur Henri Charlier et hommage&#13;
de la Province de Québec. C'est une&#13;
chose à voir et à admirer, bien que&#13;
difficile à photographier.&#13;
Caché dans un bosquet, en retrait&#13;
de la route, mais à cinq minutes de&#13;
marche de l'église, se trouve le château seigneurial de Montigny, sur le&#13;
bord de l'Avre. Bien qu'un autre château. peu éloigné. celui de Montuel.&#13;
ait aussi appartenu à la famille de Laval. on assure que le château de Montigny est bien l'endroit de résidence où&#13;
naquit notre premier évêque. Le château est encore le même, sauf qu'il a&#13;
été probablement agrandi. selon un&#13;
plan de l'architecte Mansart, peu après&#13;
la naissance de Mgr de Laval. Le tout&#13;
est assez bien conservé. bien qu'occupé seulement en partie, durant la saison d'été. Les châtelains, une famille&#13;
de Paris, se prêtaient volontiers, il y a&#13;
quelques années, à faire visiter les&#13;
touristes vraiment intéressés; car ils&#13;
étaient plutôt rares. Mais ce ne sont&#13;
plus des Laval qui sont là, depuis environ 250 ans, et le nom même de la&#13;
famille s'est éteint, dans cette lignée.&#13;
vers le même temps, avec les derniers&#13;
descendants mâles.&#13;
Après avoir jeté un dernier coupd'oeil et peut-être dit adieu à Montigny, nous empruntons de nouveau une&#13;
route départementale ( D 102 .3). pour&#13;
rejoindre, à Brezolles, la route N 839,&#13;
en direction de Châteauneuf et de&#13;
Chartres. La carte touristique Michel in nous révèle une distance de 43 ki-&#13;
&#13;
lomètres. au cours desquels on a le&#13;
temps de contempler à loisir les riches plaines agricoles de la Beauce&#13;
française.&#13;
La cathédrale de Chartres, avec ses&#13;
vitraux, en particulier, a une réputation mondiale. Mais les Canadiens ont&#13;
des raisons spéciales d'y aller en pélerinage à la Vierge druidique. Ils suivent là les traces de Mgr de Laval, qui&#13;
a fait ses études et reçu les ordres en&#13;
dehors de son diocèse, mais qui n'a&#13;
pu manquer d'aller lui-même au célèbre lieu de pélerinage national et qui a&#13;
dû obtenir de son évêque ses lettres&#13;
dimissoriales. Les évêques de Chartres conservent le souvenir de cet illustre diocésain. De plus. sous l'inspiration des Jésuites missionnaires au&#13;
Canada, il y eut échange de voeux et&#13;
de présents entre des indigènes convertis et le chapitre de Chartres. Et on&#13;
peut voir encore, dans la crypte, près&#13;
de "Notre-Dame de Sous-Terre", dans&#13;
des cadres vitrés, les colliers de wampum offerts par les Hurons de Lorette,&#13;
en 1678, et par les Abénaquis de&#13;
Saint-François de Sales. sur la Chaudière. en 1691.&#13;
Enfin, une dernière étape, et non la&#13;
moindre (86 kilomètres. par les routes&#13;
nationales 1O. 188 et 20: et nous&#13;
échouons à Paris qu'on nous pardonne ce terme peu révérentiel I Car. si&#13;
tous les chemins aboutissent à la Ville-Lumière. c'est avec un rythme plus&#13;
lent, plus laborieux, dirait-on, que celui avec lequel ils en éloignent. On a&#13;
l'impression, en arrivant, que tout le&#13;
monde s'engouffre là pour n'en plus&#13;
sortir. Quelle est la ville du monde qui&#13;
( SUITE&#13;
&#13;
À&#13;
&#13;
LA&#13;
&#13;
PAGE&#13;
&#13;
7)&#13;
&#13;
�Québec, mar s 1972&#13;
&#13;
Images Anciennes&#13;
&#13;
M. le Chanoine Romuald Pelletier&#13;
Mon sieur Romuald Pelleti er venait&#13;
de l'ile d'Orléan s. Bon sorcier, il avait&#13;
entendu tout jeune le chant de la mer ,&#13;
la fureur du norde st aux jours de tem pête et la voi x m ys tique des soirs ti ssés de douceur et de parfums . D'où&#13;
un goût marqué pour la mu si que , le&#13;
chant si vous préfé rez , la polyphonie&#13;
sacrée qui arrache l'âme aux soucis&#13;
du monde.&#13;
Malgré sa santé fragile il passa ses&#13;
huit ans de pensionnat au Petit Séminaire et ses quatre ans de Grand Séminaire sans trop de dommages. Il&#13;
était toujours gai , d 'accès et de compo sition faciles. Comme il lisait beaucoup , on ne le prenait jamais sans&#13;
vert. Sa piété désarmait tout le monde.&#13;
Sa démarche un peu ondulée, son cou&#13;
ass ez long, ses yeux pers, ses cheveux&#13;
à la Papineau ne lui donnaient pas de&#13;
complexes. Après son ordination, ses&#13;
superieurs l'envoy èrent étudier le&#13;
chant grégorien à Solesmes et la polyphonie à Rome. C'est là qu ' il apprit à&#13;
fond les procédés presque divins de&#13;
Victoria , de Palestrina , de Rolando de&#13;
La ssus , peut- être aussi Monteverdi et&#13;
certain ement Mozart . Au printemps de&#13;
1913 , j'entendis pour la premi ère fois&#13;
le s lmpropères de Victoria, le fameu x&#13;
Papule meus quid tibi feci? et à l 'office de s Tén èbres la troisième leçon&#13;
tirée des Elégies de Jérémie, la plain te séculaire du coeur ble ssé de Dieu&#13;
devant l'ingratitude de son peupl e.&#13;
Beauté unique de la musique parfaitement adaptée aux tex tes scriptu rair es&#13;
qu i ravi ssa it Pie X et m'a fait souvent&#13;
pleurer en silence. J'ai cherch é Victoria et Pal estrina pendant quarante an s.&#13;
Je viens de les trouver sur disques.&#13;
Celui qui m 'a vendu ces disqu es s'appelait Simon , belle fleur mystique et&#13;
sauvage née dans les sa bles de Val&#13;
Saint-Michel. En 1913 encore , le dimanche de Pâque s, j'ai goûté pour la&#13;
première foi s le propre de la messe&#13;
en grégorien.&#13;
&#13;
X X X&#13;
J 'étais bien curieux de connaître le&#13;
prêtre qui, de l'Europe, nous avait apporté tant de beauté. Mais je ne sava is pas encore que la beauté est génér alement très subjective et que le&#13;
Con seil de la mai son venait de le&#13;
nommer professeur de chant du Grand&#13;
et Petit Séminaire avec des "périodes" très courtes fixées le soir alors&#13;
qu e tout le monde est fatigué, énervé .&#13;
Mais on apprit très vite qu'un illustre&#13;
&#13;
LA NOUVELLE ABEILLE&#13;
j ournal des anciens du Séminaire&#13;
de Québec&#13;
Tirage : 3,400&#13;
&#13;
Co111ité de rédaction :&#13;
M . l 'abbé Noël Baillargeon , président&#13;
M . R obert Labrie, professeur,&#13;
section collégiale&#13;
&#13;
M . l'a bbé Benoît Gariépy, professeur,&#13;
sec tion collégiale&#13;
M . Raymond Dufresne, professeur,&#13;
sec ti on secondaire&#13;
M . l'abbé Jean-M ari e Thivierge, professeur,&#13;
secti on seco nd aire&#13;
&#13;
M . R ené Cloutier, professeur,&#13;
section seco nd aire&#13;
&#13;
Trésorier :&#13;
&#13;
M . l'abbé Jean-M arc Barabé&#13;
Séminaire de Québec.&#13;
i)irl'ctl' 11r artistiqu e :&#13;
&#13;
M . Scrg.: Raim·il lc co nsei ller,&#13;
~cc ti on scc~ncl airc&#13;
&#13;
Dérùt léga l. Biblio th èq ue nationale du Q uébec.&#13;
&#13;
Page 7&#13;
&#13;
LA NOUVELLE ABEILLE&#13;
&#13;
personnage qui ne chantait ni d 'un&#13;
bout ni de l'autr e avait appelé le chant&#13;
grégorien " une so rte de petit trot" et&#13;
qu'un i llu stre recteur ava it décrit en&#13;
term es assez méprisants la polyphonie : "Pauvres eux autres: il s montent,&#13;
i ls de scendent et remont ent san s sa voir pourquoi ". A ussi quand Mon sieur&#13;
Pelleti er vint apprendre aux cent quatre -v ingt-sept indigèn es de la Grande&#13;
Salle le Kyri é de la me sse des Anges,&#13;
je m e crus tomb é dan s un cirque. Le s&#13;
un s prononçaient Kyria pour Kyri é , les&#13;
autres Kirious , le s na sillard s d'une&#13;
mani ère , les catharreux de l 'a utre.&#13;
Quelques-un s&#13;
faussaient&#13;
gaillardement . Ce fut un e cacophonie incroyable. Devant ce premier résultat, Mon sieur Pelleti er partit sans rien dire. Il&#13;
nou s entreprit par pet it s group es et&#13;
le ré sultat s'avéra meilleur. Mais un&#13;
jeudi de printemp s, dans une classe&#13;
de cinquième, ancien pavillon de l'infirmerie, il nous traita de sauvages nous m ér ition s bien l 'ép ith èt e - et la&#13;
leçon ne dura qu e dix minute s . Cep endant, à force de patience , M. Pelletier&#13;
nous fit arriver jusqu'à l'Agnus Dei.&#13;
Chère messe des Anges qu ' il voulait&#13;
faire chanter à des démons! Les démons plièrent.&#13;
&#13;
l 'o n chantâ t les V êp res avec le plu s&#13;
grand effort voca l possible. Mon sieur&#13;
Pell eti er , au nom de l 'a rt , souhaitait&#13;
no us ent endre adouc ir la pause mé diane et la fina le des Psa um es. Il ava it&#13;
affich é au babi llard du Grand Sémi naire l 'averti ssemen t la co nique : "Chanter n 'est pas cri er". A quoi notre confr ère Pi erre Grave ! avait rétorqué :&#13;
" Ch anter n'est pas râler". La tradition,&#13;
c'es t la tradition. Imaginez-vou s tout&#13;
le Grand Séminaire, le Petit , la chorale de l 'or gue, la voi x roy ale de Mgr&#13;
Langloi s, le m ét_ l pur de Mon sieur&#13;
a&#13;
Cyrill e Gagnon , les gavions ferme s de&#13;
Jule s Ran co urt, d 'Emile Job idon , de&#13;
Pi err e Gravel; dès le deuxi èm e ve rset :&#13;
" Don ec ponam inimico s tuas" . . . il&#13;
n 'était plu s que stion d'adoucir quoi&#13;
qu e ce soit. Le s Vêpres prenaient l 'al lure d 'un chant triomphal (le mot&#13;
triomphali ste n'avait pa s cours encore) .&#13;
Un jour bleu de me s pre mière s vacance s de jeune prêtre , je faisais le&#13;
&#13;
En 1914, Monsieur Pelletier entra&#13;
dans la première fournée de chanoines, de ces fameux chanoines disparu s apr ès le traité de Paris. 0 n ne le&#13;
vit plus qu'avec sa soutane lisérée de&#13;
violet . Les soutanes de cette époque&#13;
se portaient longues. En dehors du&#13;
choeur, on pouvait les relever avec un&#13;
galon solide : la traîne de la soutane&#13;
s'appelait alors tibi up ; au choeur la&#13;
liturgi e exigeait le tibi down. Ne me&#13;
demandez pas l'origine des deux expressions, je l'ignore autant que les&#13;
cravates d'aujourd'hui et les curiosités&#13;
des barbiches hippies . La mode ne&#13;
m 'a jamais troublé .&#13;
&#13;
Nos supér ieur s ne firent aucun com mentaire et Mon sieur Pelletier fut le&#13;
premier à rir e de l'incident avec Mon sieur De srocher s.&#13;
&#13;
X&#13;
&#13;
X&#13;
&#13;
X&#13;
&#13;
Cependant, à la prière du soir des&#13;
Qu arant e Heures , Mon sieur Pelleti er&#13;
réuss issa it toujour s des polyphonies&#13;
m erveilleu ses; et à chaque Semaine&#13;
Sainte recommença ient les El ég ies du&#13;
Proph ète et le Papule me~s de Victoria: cette mu sique labo urait les coeur s&#13;
les plu s ru stres. Restait l 'é preuve re doutabl e du dernier dim anc he de l' année scolaire. La trad ition ex igea it qu e&#13;
&#13;
Monsieur le chanoine Pelletier dépensa les dernières années de sa vie&#13;
chez les Soeurs Dominicain es, éd ifiant&#13;
le s religi euses avec ses co nférences&#13;
spirituelle s. sa piété , sa ponctualité .&#13;
Miné par la maladie , il dut se faire&#13;
ho sp itali se r à l 'Hôtel -Dieu où il décé da doucement , muni des sacre ments&#13;
de \'Egli se. Le s se ule s discordances de&#13;
sa vie lui étaient venues de ses audi to ires d 'éco li ers incu lte s déjà plu s&#13;
friands de jazz que de mu siqu e. Les&#13;
anges durent venir au -devant de lui en&#13;
chantant le O quam glorio'sum Regnum&#13;
de Victoria , le grand my stique espagnol contemporain de sai nt Jean de la&#13;
Croix.&#13;
&#13;
X X X&#13;
Comment concilier la scie nce du&#13;
chanoine Pelletier avec le s cél èbre s&#13;
chahuts qui s'organisaient spontané ment lorsqu'il " prenait no s voi x" ou&#13;
essayait d'allumer le feu sacré de la&#13;
mu sique? Mystère. Le miracle, c 'est&#13;
qu ' il réussit quand m ême là où tant&#13;
d'autres ava ient échoué. Il était trop&#13;
poli. Il aurait dû fustiger le s indécrottable s . Mai s pour prendre le fouet , il&#13;
faut un brin de méchanceté et de dureté de coeur. On ne pouva it de mander pareilles qual ités à celui qu i&#13;
avait toujours gardé un délicat esprit&#13;
d 'enfance et à qui les dieu x avait don né le "men s divinior " que le s béotiens&#13;
ou se m i-béotiens n 'a dmettent guère&#13;
chez les autres . Que ferait aujourd'hui&#13;
M . le Chanoine , à l 'heure où l 'on ne&#13;
sait plus un mot de latin, même dans&#13;
notre Séminaire? Il recommence rait&#13;
ses miracles .&#13;
&#13;
Le canonicat parut donner à Monsieur Pelletier un peu plus d'autorité.&#13;
Le prêt re patient nous fit apprendre&#13;
sans difficultés l 'Ave Verum de Mozart , la mes se du temps pascal, si belle, une série de tantum Ergo , la messe&#13;
Fons Veritatis, et pour les séances académ iques un lot de fables de La Fontaine.&#13;
Une grenouille vit un boeuf .&#13;
Qui lui sembla de belle taille . ..&#13;
eut beaucoup de succès. Mais à la&#13;
Salle des Promotions, le chanoine&#13;
tournait toujours le dos à l 'auditoire.&#13;
On remarqua très vite le redoutable&#13;
tibi up qui s 'agitait au gré des rythmes, et comme on pouvait s'y atten dre la catastrophe éclata . L'Orphéon&#13;
chantait ce soir-là Le loup et l'agneau&#13;
Tout allait bien ju squ 'a u moment où&#13;
l 'ag neau exposait ses raisons au loup :&#13;
"Je tétais, je tétais encore ma mère" .&#13;
La mu sique obligeait le choeur à chanter : "Je tétais" jusqu'à neuf fois . Or,&#13;
Monsieur Desrochers qui était perché&#13;
dans le balcon de la fanfare, laissa fuse r un éc lat de rire sonore, avec les&#13;
mots: "C 'est immoral"! La salle tomba&#13;
en déli re, exigea une reprise des pauvres mot s innocent s, en accordant du&#13;
pied. Nouveau délire ! et ce fut la fin&#13;
de cette séa nce mémorable.&#13;
&#13;
tour de l'il e d'Orléan s. Avec me s compagnons , j'allai frapper à la porte de&#13;
Mon sieur le chanoin e .. Mon sieur Pelletier nou s re çut avec une cord ial ité&#13;
émouvante. Puis il no us amena v isiter&#13;
son ba tea u à vo iles dont le nom flam boyait à la proue: La Bern adette. Je&#13;
compr is alors le surnom qu e les petit s&#13;
sorciers de l 'île avaient fait circuler&#13;
sur son compte au Sé min aire. Ce surnom me parut plus charitabl e ou qua si&#13;
charitable à côté de ce lui qu e lu i attribuaient les Gra nds Sémi nari stes, sobriqu et empr unté à un vieux dialecte&#13;
de 1 'Anjou. Il faut avo uer qu e les dom s&#13;
sévissa ient depuis qu e les Bénédictin s&#13;
s'éta ient impl antés au pays. Je pen se&#13;
ic i à dom Bellot devenu facilement&#13;
dom Bestiau . Ce dom construisait des&#13;
ég li ses où la pluie rentrait comme chez&#13;
elle.&#13;
&#13;
M. le Chanoine Romuald Pelletier&#13;
&#13;
Emile BEGIN , ptre .&#13;
&#13;
Au pays de Mgr de Laval&#13;
( SUITE&#13;
&#13;
DE&#13;
&#13;
LA&#13;
&#13;
P A GE&#13;
&#13;
6)&#13;
&#13;
détient le record des embouteillages?&#13;
Mais , patience! Vous serez bien dédommagés.&#13;
A Paris, il n'y a jamais moyen de&#13;
tout voir . . . Mai s, dans notre souci&#13;
de suivre les traces de Mgr de Laval,&#13;
nous allons indiquer quelques sites significatifs dans sa vie . L'un d 'eux ,&#13;
malheureusement, est disparu, dans&#13;
les tran sformations de la Cité : c'est le&#13;
presbytère de Sa int-Jos se, une très petite paroisse du qua rtier de la Tour&#13;
Saint-Jacques. Mgr de Laval, dans ses&#13;
voyag es en France , se plaisait à y loger chez so n bon ami et condisciple,&#13;
le curé Armand Poitevin . Mai s il reste,&#13;
dans le quartier latin , des édifices ou&#13;
parti es d'édifices fréqu entés par Fran çois de Laval : l'an c ien collège des Jé suites de Cl ermont , où il a étudié la&#13;
philosophie et nou rr i ses rêve s d 'apo stol at - c'est à pré se nt le lycée Loui sle- Grand - . et la vieille partie de la&#13;
So rbonn e, université qui lui conféra&#13;
ses degrés en théologi e.&#13;
Dans le f aubourg Saint-Germain ou&#13;
à proximité, se trou ve nt enfin le Sémi naire des Mi ss ions-Etrangères , au coin&#13;
des rue s du Bac et de Baby lone , tout&#13;
près. d'a ill eu rs, du monastère de la&#13;
Médaill e miraculeuse de la Vi er ge et&#13;
de sa inte Cath erin e Labouré , la voyan te de s appar itions . Mgr de Laval , on&#13;
&#13;
s'e n souvient , a été vraiment le cofondateur de la Société des MissionsEtrang ères , lui a réuni son Séminaire&#13;
de Québec, en 1665 , et a entretenu&#13;
des relation s intimes avec cette institution. Enfin , non loin de là, subsiste&#13;
encore l'égli se abbatiale de Saint-Germain -des-Pré s, la plus ancienne de Pa ris , où Mgr de Laval eut le bonheur de&#13;
recevoir la consécration épiscopale , le&#13;
8 décembre 1658 , des mains du nonce&#13;
apostolique Piccolomini . Sur un pilier&#13;
du bas-côté droit, un bas-relief polychrome , dû lui aussi à Henri Charlier ,&#13;
rappelle cet événement . L'inscription&#13;
se lit comme suit :&#13;
30 avri 1 1923&#13;
Le Canada français reconnaissant&#13;
&#13;
à Françoi s de Montmorency Laval ,&#13;
&#13;
1 6 23-1708, Evêque nomm é de Pét rée ,&#13;
v ica ire apostolique de la Nou ve lle France , qui reçut la consécration&#13;
ép iscopal e en cette église , le hui t&#13;
décembre MDCLVIII&#13;
Honorius PROVOST , ptre.&#13;
Pou r autres informa t ion s, s'adresser au x agences de voyages ou à :&#13;
La Cause de Mgr de Laval ,&#13;
Séminaire de Québec ,&#13;
C.P. 4 60 , Québec (4).&#13;
P.Q . Canada.&#13;
&#13;
�</text>
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              <text>Provost, Honorius, 1909-1997</text>
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              <text>Au pays de Monseigneur de Laval</text>
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          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
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              <text>La Nouvelle Abeille</text>
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          <name>Language</name>
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          <name>Bibliographic Citation</name>
          <description>A bibliographic reference for the resource. Recommended practice is to include sufficient bibliographic detail to identify the resource as unambiguously as possible.</description>
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              <text>vol. 25. no 2, p. 8, 6, 7. </text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4468"&gt;texte intégral&lt;/a&gt;</text>
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