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                  <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Doc. LI&#13;
&#13;
490 —&#13;
&#13;
Le Séminaire répond en sixième lien qu’il ne prétend point&#13;
se mêler de ce qui concerne le Chapitre et les missions, le premier&#13;
appartenant au Chapitre même ou à M. le Doyen, et le second&#13;
à M. le Grand-Vicaire, pour lesquels le Séminaire n ’a pas cru&#13;
pouvoir faire aucune réponse à Monseigneur, comme M. de Maizerets l ’a fait connaître de vive voix en recevant la signification&#13;
de son écrit.&#13;
Et touchant 1’article du Séminaire en particulier, le dit Séminaire déclare qu’il n ’y prétend faire aucun changement que suivant son pouvoir et conformément aux articles qui ont été réglés&#13;
par les arbitres ci-dessus.&#13;
Enfin pour répondre à ce que Mgr de Québec demande dans&#13;
son écrit que le Supérieur et Directeurs du Séminaire, qui sont&#13;
les principaux membres du Chapitre et de la cathédrale, fassent&#13;
assembler, s ’il est nécessaire, le dit Chapitre pour lui donner&#13;
incessamment communication du registre des délibérations capitulaires qui y ont été faites depuis son établissement, le Séminaire&#13;
a déjà fait entendre verbalement à Monseigneur qu’il n ’a aucun&#13;
pouvoir sur le Chapitre auquel ou à M. le Doyen, si la demande&#13;
ci-dessus eût été signifiée dans les formes, c ’était à lui et non au&#13;
Séminaire de répondre à Sa Grandeur, qui a voulu que son écrit&#13;
ait été signifié à M. de Maizerets en qualité de Supérieur du dit&#13;
Séminaire, comme il est expressément marqué dans le dit écrit.&#13;
&#13;
13&#13;
Promemoria de Relationibus inter Parrocos Canadenses et Seminarium Quebecense habitis, auctore ignoto, 1691. Ex Exemplo contemporaneo in Archivo Seminarii Quebecensis asservato, Chapitre, n. 7.&#13;
Éclaircissement sur l ’union et le rapport que les curés et les&#13;
missionnaires du Canada ont au Séminaire de Québec.&#13;
Quoique nous ayons déjà donné plusieurs éclaircissements par&#13;
le passé sur le rapport que les curés ont au Séminaire, Mgr de&#13;
Québec ayant fait connaître en diverses occasions que le principal dessein de son voyage en France était pour empêcher le&#13;
dit rapport qu’ils avaient au Séminaire, j ’ai cru être obligé d ’en&#13;
&#13;
�491 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
dresser cet écrit en particulier pour faire voir le grand avantage que cette Église en retire aussi bien que les curés et missionnaires, et répondre à toutes les objections que l ’on pourrait&#13;
faire contre.&#13;
Ce rapport consiste en ce que les curés et missionnaires donnent tous les ans au Séminaire cinquante écus de France, moyennant laquelle somme le Séminaire s’oblige de leur fournir tout&#13;
ce qui est nécessaire à les entretenir honnêtement dans leur état,&#13;
à leur fournir des vivres quand ils vont dans les missions, à les&#13;
recevoir gratis au Séminaire quand ils y viennent pour faire leur&#13;
retraite spirituelle ou pour vaquer à leurs affaires, comme aussi&#13;
lorsqu’ils sont malades.&#13;
Ce rapport que les curés ont au Séminaire a toujours subsisté&#13;
depuis l ’établissement du Séminaire en 1663 et ainsi n ’est pas&#13;
une chose nouvelle.&#13;
Le règlement de la dite somme de cinquante écus de France&#13;
a été fait par M. de Frontenac, gouverneur, M. Duchesneau, intendant, avec Mgr l ’Ancien dans une assemblée où les principaux seigneurs du pays furent appelés comme y étant intéressés, ainsi qu’il paraît par l ’acte signé des trois susdites puissances en date du 7 octobre 1678, dont on envoie copie collationnée sur l ’original qu’on conserve au Séminaire, d ’où l ’on peut&#13;
voir que ce n ’est pas lui (le Séminaire) qui a réglé la somme de&#13;
cinquante écus de France.&#13;
Il est évident que ce n ’est pas un avantage pour le Séminaire,&#13;
puisque, comme l ’on voit par ses comptes, il n ’y a point d ’années&#13;
que le Séminaire n ’ait plus fourni qu’il n ’a reçu des dits curés et que les dernières années la dépense excédait le reçu de&#13;
huit cents et mille livres sans y comprendre un grand nombre&#13;
de choses que l ’on ne marque pas sur les comptes. Monseigneur,&#13;
après avoir vu lui-même et examiné les comptes de plusieurs&#13;
particuliers, est demeuré d ’accord que le Séminaire n ’y gagnait&#13;
pas, comme il l ’a dit en quantité de rencontres, outre tous les&#13;
risques qu’il court pour les maladies des dits curés, dans lesquelles il est obligé de les recevoir et les traiter.&#13;
Aussi le Séminaire ne s’y est jamais engagé par d ’autres intérêts que ceux du bien de cette Église et de ceux des ecclésiastiques, car il est évident que c ’est l ’unique attrait que les ecclésiastiques de France trouvent en ce pays, où les cures et mis-&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
m —&#13;
&#13;
sions sont très difficiles à desservir et où par l ’aveu d ’un chacun ils n ’ont d ’autres douceurs que celles qu’ils reçoivent du&#13;
rapport qu’ils ont au Séminaire, où ils sont assurés de trouver&#13;
un refuge dans leurs infirmités. Ceci est une question de fait qui&#13;
n ’a pas besoin d ’autres preuves, personne dans le pays ne pouvant ignorer cette vérité.&#13;
Outre ce premier lien qui est que ce rapport attire plusieurs&#13;
bons ecclésiastiques de France pour remplir les cures et qui n ’y&#13;
viendraient pas sans cela, c ’est ce qui contribue encore à les conserver dans la piété et dans la vertu nécessaires à leur état, comme&#13;
il arrive que l ’on n ’en voie aucun qui ne mène une vie exemplaire et qui ne paraisse dans un grand détachement pour leur&#13;
personne et un grand zèle pour leurs églises et le salut des âmes.&#13;
Ceci est connu de tout le monde depuis l ’établissement du Séminaire et n ’a pas besoin de preuves, et il est évident que la&#13;
chose arriverait au contraire s’ils n ’avaient pas le rapport au&#13;
Séminaire, comme nous l ’allons montrer.&#13;
S ’ils n ’avaient pas cette assurance de pouvoir se retirer au&#13;
Séminaire sans qu’il leur en coûte rien, il est assuré que plusieurs pour épargner ne feraient pas leur retraite, qui est néanmoins tout leur soutien, puisque c ’est là qu’ils reconnaissent&#13;
leurs défauts, qu’ils se renouvellent dans la vertu et prennent&#13;
de nouvelles forces et lumières pour bien s’acquitter de leurs&#13;
fonctions, et c ’est dans ce temps-là qu’on a lieu de les redresser&#13;
et leur donner les avis nécessaires pour leur conduite; et lorsqu’ils viendraient à Québec pour leurs affaires, ils iraient loger&#13;
chez leurs parents et séculiers, surtout les enfants du pays, ce&#13;
qui serait une source de très grands désordres et d ’un très mauvais exemple, car quoique l ’évêque eût bonne volonté de les retirer chez lui, il ne le pourrait pas, étant obligé de passer la&#13;
moitié de l ’année en ses visites, comme l ’exige la nature de cette&#13;
Église.&#13;
S ’ils n ’étaient, pas assurés d ’avoir un refuge dans leurs maladies, la prudence exigerait d ’eux qu’ils amassassent de l ’argent pour subvenir aux frais des dites maladies, aussi bien que&#13;
de plusieurs autres accidents qui peuvent arriver, et deviendraient&#13;
fort à l ’épargne, pour ne pas dire attachés, comme l ’expérience&#13;
le fait assez remarquer dans plusieurs curés de France. Or il&#13;
est difficile, comme dit Notre-Seigneur, de servir à Dieu et à&#13;
&#13;
�493 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
l'argent. Aussi verrait-on bientôt tout le zèle qu’ils ont pour&#13;
leurs églises et leurs pauvres se refroidir.&#13;
Au contraire, comme ils sont assurés de ne rien manquer dans&#13;
leur entretien non plus que dans les accidents fâcheux qui leur&#13;
peuvent arriver, ils vivent sans inquiétude, et s’ils ont quelque&#13;
chose de reste, ils ne songent qu’à l ’employer pour subvenir aux&#13;
pauvres et orner leurs églises comme on le voit par expérience,&#13;
et ainsi leurs mœurs, suivant le conseil de saint Paul, sont sans&#13;
avarice.&#13;
L ’on peut encore ajouter que s’ils s’entretenaient eux-mêmes, ils le feraient peut-être fort mesquinement, à raison de la&#13;
chèreté des hardes, qui est excessive en ce pays où toutes les&#13;
marchandises doublent le prix de France; ce qui joint au désir&#13;
et à la nécessité qu’ils auraient d ’épargner, les rendrait fort méprisables au peuple et empêcherait le fruit qu’ils font auprès&#13;
d ’eux, qui se paie beaucoup de l ’extérieur, et de qui souvent ils&#13;
seraient obligés de dépendre en faisant plusieurs lâchetés pour&#13;
en tirer quelque secours temporel.&#13;
L ’on ne peut pas dire que le rapport que les curés ont au&#13;
Séminaire empêche celui qu’ils doivent avoir à leur évêque, puisque le Séminaire ne se mêle en rien de ce qui regarde la conduite du diocèse; au contraire il y sert beaucoup, puisqu’il les&#13;
porte sans cesse à lui rendre tout le respect et obéissance qu’ils&#13;
sont obligés de lui rendre, comme on le voit par expérience; ce&#13;
qui n ’arriverait pas assurément s’ils n ’avaient point de rapport&#13;
au Séminaire, outre que le Séminaire ne voudrait pas entretenir aucun commerce avec des ecclésiastiques déréglés et qui ne&#13;
voudraient point de subordination à leur légitime pasteur.&#13;
L ’on ne peut pas non plus alléguer que le dit rapport soit&#13;
opposé aux cures fixes, puisque au contraire c ’est le Séminaire&#13;
qui a toujours recherché avec le plus d ’ardeur que l ’on donnât&#13;
des titres aux curés, ainsi que Mgr l ’Ancien le fit à neuf curés&#13;
avant que de se démettre de son évêché, et il en eût donné davantage s’il y eût eu des paroisses en ce temps-là capables d ’être&#13;
titrées, et l ’on ne peut pas trouver que le Séminaire en ait obligé&#13;
aucun à quitter sa cure, outre que le dit rapport ne donne aueun droit au Séminaire sur les ecclésiastiques qui ne sont pas&#13;
de leur corps en ce qui concerne leur état ou leurs fonctions ecclésiastiques.&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 494 —&#13;
&#13;
J ’ajouterai ici que le Séminaire est trop convaincu depuis&#13;
la longue expérience qu’il a de l ’avantage des cures fixes pour&#13;
en empêcher l ’établissement. Il sait les dommages que reçoivent&#13;
les peuples des fréquents changements de pasteurs et la peine&#13;
que cela leur cause pour leur conduite spirituelle. Il sait qu’un&#13;
curé qui n ’est pas fixe dans son église et qui serait près d ’être&#13;
rappelé et changé, ne peut pas s’appliquer avec le même zèle&#13;
à son église et presbytère que s’il y voyait un établissement assuré. Il sait encore qu’un curé ne peut pas faire grand fruit&#13;
dans une paroisse que lorsqu’il connaît les paroissiens; ce qui&#13;
ne se fait que par l ’expérience de plusieurs années dont on ne&#13;
lui donne pas le temps par les changements continuels qui arrivent; et ainsi le Séminaire, outre qu’il n ’a aucun pouvoir sur&#13;
les dites cures, serait bien éloigné d ’y vouloir apporter des changements, dont la meilleure preuve est qu’il ne l ’a pas fait depuis leur établissement, quoique jusqu’à présent toutes les cures&#13;
aient eu leur rapport au dit Séminaire.&#13;
Enfin je puis assurer avec vérité que si l ’on refusait aux&#13;
ecclésiastiques de France l ’entrée au Séminaire et qu’on voulût les empêcher d ’y avoir le rapport qu’ils y ont toujours eu&#13;
jusqu’à présent, qu’il n ’y en a pas un qui ne prît le parti de repasser en France, comme Monseigneur ne le peut pas ignorer,&#13;
et qu’aucun enfant du pays ne s’engagerait dans les ordres, vu&#13;
qu’ils ne le font tous que dans cette vue.&#13;
14&#13;
Epìstola sacerdotis de Brisacier ad Servum Bei, 1692, 18 aprilis.&#13;
Ex Originali in Archivo Seminarii Quebec ensis asservato,&#13;
Lettres N, n. 98.&#13;
Abbiamo già rilevato l ’importanza di questa lettera nella quale il&#13;
Superiore delle Missioni estere di Parigi prega il Servo di Dio a prendere&#13;
con rassegnazione le decisioni ultime a riguardo del Seminario di Quebec&#13;
(p. 431). Oltre a queste decisioni relative al Seminario, il de Brisacier&#13;
accenna alla soluzione di un’altra questione, alla quale il Servo di Dio&#13;
era personalmente interessato, quella cioè della ricostruzione del celebre&#13;
santuario canadese di Sant’Anna di Beaupré.&#13;
A ll’epoca delle dimissioni del Servo di Dio, detto santuario andava&#13;
in rovina e Mons. de Saint-Valier aveva pregato il suo predecessore di&#13;
occuparsi, a nome suo, della ricostruzione. Mons. de Lavai accettò voloiì-&#13;
&#13;
�</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Copie typographiée et annotée en italien et en français, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-4-13</text>
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                  <text>Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                  <text>Doc. LI-IV-13&#13;
Éclaircissement sur les relations entre les curés canadiens et le Séminaire de&#13;
Québec, d’un auteur inconnu1, 1691, d’après une copie contemporaine conservée au&#13;
Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec,&#13;
Chapitre, no 7&#13;
&#13;
Éclaircissement sur l’union et le rapport que les curés et les missionnaires&#13;
du Canada ont au Séminaire de Québec&#13;
Quoique nous ayons déjà donné plusieurs éclaircissements par le passé sur le&#13;
rapport que les curés ont au Séminaire, Mgr de Québec ayant fait connaître en&#13;
diverses occasions que le principal dessein de son voyage en France était pour&#13;
empêcher ledit rapport qu’ils avaient au Séminaire, j’ai cru être obligé d’en dresser&#13;
cet écrit en particulier pour faire voir le grand avantage que cette Église en retire,&#13;
aussi bien que les curés et missionnaires, et [pour] répondre à toutes les objections&#13;
que l’on pourrait faire contre.&#13;
Ce rapport consiste en ce que les curés et missionnaires donnent tous les ans au&#13;
Séminaire 50 écus de France, moyennant laquelle somme le Séminaire s’oblige de&#13;
leur fournir tout ce qui est nécessaire à les entretenir honnêtement dans leur état,&#13;
à leur fournir des vivres quand ils vont dans les missions, à les recevoir gratis au&#13;
Séminaire quand ils y viennent pour faire leur retraite spirituelle ou pour vaquer&#13;
à leurs affaires, comme aussi lorsqu’ils sont malades. Ce rapport que les curés ont&#13;
au Séminaire a toujours subsisté depuis l’établissement du Séminaire en 1663 et&#13;
ainsi n’est pas une chose nouvelle. Le règlement de ladite somme de 50 écus de&#13;
France a été fait par M. de Frontenac, gouverneur, M. Duchesneau, intendant, avec&#13;
Mgr l’Ancien, dans une assemblée où les principaux seigneurs du pays furent&#13;
appelés comme y étant intéressés, ainsi qu’il paraît par l’acte signé des trois&#13;
susdites puissances en date du 7 octobre 1678, dont on envoie copie collationnée&#13;
sur l’original qu’on conserve au Séminaire, d’où l’on peut voir que ce n’est pas lui&#13;
[le Séminaire] qui a réglé la somme de 50 écus de France.&#13;
Il est évident que ce n’est pas un avantage pour le Séminaire, puisque, comme l’on&#13;
voit par ses comptes, il n’y a point d’années que le Séminaire n’ait plus fourni qu’il&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : La main est celle de Tremblay, mais nous ne savons s’il en est l’auteur ou simplement le copiste.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�n’a reçu desdits curés et que les dernières années la dépense excédait le reçu de&#13;
1 800 livres, sans y comprendre un grand nombre de choses que l’on ne marque&#13;
pas sur les comptes. Monseigneur, après avoir vu lui-même et examiné les&#13;
comptes de plusieurs particuliers, est demeuré d’accord que le Séminaire n’y&#13;
gagnait pas, comme il l’a dit en quantité de rencontres, outre tous les risques qu’il&#13;
court pour les maladies desdits curés, dans lesquelles il est obligé de les recevoir&#13;
et les traiter.&#13;
Aussi le Séminaire ne s’y est jamais engagé par d’autres intérêts que ceux du bien&#13;
de cette Église et de ceux des ecclésiastiques, car il est évident que c’est l’unique&#13;
attrait que les ecclésiastiques de France trouvent en ce pays, où les cures et&#13;
missions sont très difficiles à desservir et où, par l’aveu d’un chacun, ils n’ont&#13;
d’autres douceurs que celles qu’ils reçoivent du rapport qu’ils ont au Séminaire,&#13;
où ils sont assurés de trouver un refuge dans leurs infirmités. Ceci est une question&#13;
de fait qui n’a pas besoin d’autres preuves, personne dans le pays ne pouvant&#13;
ignorer cette vérité.&#13;
Outre ce premier lien, qui est que ce rapport attire plusieurs bons ecclésiastiques&#13;
de France pour remplir les cures et qui n’y viendraient pas sans cela, c’est ce qui&#13;
contribue encore à les conserver dans la piété et dans la vertu nécessaires à leur&#13;
état, comme il arrive que l’on n’en voie aucun qui ne mène une vie exemplaire et&#13;
qui ne paraisse dans un grand détachement pour leur personne et un grand zèle&#13;
pour leurs églises et le salut des âmes. Ceci est connu de tout le monde depuis&#13;
l’établissement du Séminaire et n’a pas besoin de preuves, et il est évident que la&#13;
chose arriverait au contraire s’ils n’avaient pas le rapport au Séminaire, comme&#13;
nous l’allons montrer.&#13;
S’ils n’avaient pas cette assurance de pouvoir se retirer au Séminaire sans qu’il leur&#13;
en coûte rien, il est assuré que plusieurs pour épargner ne feraient pas leur retraite,&#13;
qui est néanmoins tout leur soutien, puisque c’est là qu’ils reconnaissent leurs&#13;
défauts, qu’ils se renouvellent dans la vertu et prennent de nouvelles forces et&#13;
lumières pour bien s’acquitter de leurs fonctions et [que] c’est dans ce temps-là&#13;
qu’on a lieu de les redresser et leur donner les avis nécessaires pour leur conduite ;&#13;
et lorsqu’ils viendraient à Québec pour leurs affaires, ils iraient loger chez leurs&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�parents et séculiers, surtout les enfants du pays, ce qui serait une source de très&#13;
grands désordres et d’un très mauvais exemple, car quoique l’évêque eût bonne&#13;
volonté de les retirer chez lui, il ne le pourrait pas, étant obligé de passer la moitié&#13;
de l’année en ses visites, comme l’exige la nature de cette Église.&#13;
S’ils n’étaient pas assurés d’avoir un refuge dans leurs maladies, la prudence&#13;
exigerait d’eux qu’ils amassassent de l’argent pour subvenir aux frais desdites&#13;
maladies, aussi bien que de plusieurs autres accidents qui peuvent arriver et&#13;
deviendraient fort à l’épargne, pour ne pas dire attachés, comme l’expérience le&#13;
fait assez remarquer dans plusieurs curés de France ; or, il est difficile, comme dit&#13;
Notre-Seigneur, de servir à Dieu et à l’argent. Aussi verrait-on bientôt tout le zèle&#13;
qu’ils ont pour leurs églises et leurs pauvres se refroidir. Au contraire, comme ils&#13;
sont assurés de ne rien manquer dans leur entretien, non plus que dans les&#13;
accidents fâcheux qui leur peuvent arriver, ils vivent sans inquiétude et s’ils ont&#13;
quelque chose de reste, ils ne songent qu’à l’employer pour subvenir aux pauvres&#13;
et orner leurs églises comme on le voit par expérience et ainsi leurs mœurs, suivant&#13;
le conseil de saint Paul, sont sans avarice.&#13;
L’on peut encore ajouter que s’ils s’entretenaient eux-mêmes, ils le feraient peutêtre fort mesquinement, à raison de la cherté des hardes, qui est excessive en ce&#13;
pays où toutes les marchandises doublent le prix de France ; ce qui joint au désir&#13;
et à la nécessité qu’ils auraient d’épargner, les rendrait fort méprisables au peuple&#13;
et empêcherait le fruit qu’ils font auprès d’eux, qui se paie beaucoup de l’extérieur&#13;
et de qui souvent ils seraient obligés de dépendre en faisant plusieurs lâchetés&#13;
pour en tirer quelque secours temporel.&#13;
L’on ne peut pas dire que le rapport que les curés ont au Séminaire empêche celui&#13;
qu’ils doivent avoir à leur évêque, puisque le Séminaire ne se mêle en rien de ce&#13;
qui regarde la conduite du diocèse ; au contraire, il y sert beaucoup, puisqu’il les&#13;
porte sans cesse à lui rendre tout le respect et obéissance qu’ils sont obligés de lui&#13;
rendre, comme on le voit par expérience ; ce qui n’arriverait pas assurément s’ils&#13;
n’avaient point de rapport au Séminaire, outre que le Séminaire ne voudrait pas&#13;
entretenir aucun commerce avec des ecclésiastiques déréglés et qui ne voudraient&#13;
point de subordination à leur légitime pasteur.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�L’on ne peut pas non plus alléguer que ledit rapport soit opposé aux cures fixes,&#13;
puisque au contraire, c’est le Séminaire qui a toujours recherché avec le plus&#13;
d’ardeur que l’on donnât des titres aux curés, ainsi que Mgr l’Ancien le fit à neuf&#13;
curés avant que de se démettre de son évêché et il en eût donné davantage s’il y&#13;
eût eu des paroisses en ce temps-là capables d’être titrées et l’on ne peut pas&#13;
trouver que le Séminaire en ait obligé aucun à quitter sa cure, outre que ledit&#13;
rapport ne donne aucun droit au Séminaire sur les ecclésiastiques qui ne sont pas&#13;
de leur corps en ce qui concerne leur état ou leurs fonctions ecclésiastiques.&#13;
J’ajouterai ici que le Séminaire est trop convaincu, depuis la longue expérience&#13;
qu’il a, de l’avantage des cures fixes pour en empêcher l’établissement. Il sait les&#13;
dommages que reçoivent les peuples des fréquents changements de pasteurs et la&#13;
peine que cela leur cause pour leur conduite spirituelle. Il sait qu’un curé qui n’est&#13;
pas fixe dans son église et qui serait près d’être rappelé et changé ne peut pas&#13;
s’appliquer avec le même zèle à son église et presbytère que s’il y voyait un&#13;
établissement assuré. Il sait encore qu’un curé ne peut pas faire grand fruit dans&#13;
une paroisse que lorsqu’il connaît les paroissiens ; ce qui ne se fait que par&#13;
l’expérience de plusieurs années, dont on ne lui donne pas le temps par les&#13;
changements continuels qui arrivent ; et ainsi le Séminaire, outre qu’il n’a aucun&#13;
pouvoir sur lesdites cures, serait bien éloigné d’y vouloir apporter des&#13;
changements, dont la meilleure preuve est qu’il ne l’a pas fait depuis leur&#13;
établissement, quoique jusqu’à présent toutes les cures aient eu leur rapport audit&#13;
Séminaire.&#13;
Enfin, je puis assurer avec vérité que si l’on refusait aux ecclésiastiques de France&#13;
l’entrée au Séminaire et qu’on voulût les empêcher d’y avoir le rapport qu’ils y ont&#13;
toujours eu jusqu’à présent, qu’il n’y en a pas un qui ne prît le parti de repasser en&#13;
France, comme Monseigneur ne le peut pas ignorer, et qu’aucun enfant du pays&#13;
ne s’engagerait dans les ordres, vu qu’ils ne le font tous que dans cette vue.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec et publiée dans Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023, Doc. 51.4.13</text>
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                  <text>Introduction générale à la section DOC. LI-IV de l’ANP1&#13;
Les raisons du Serviteur de Dieu pour intervenir dans les contentieux entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692.&#13;
Les différends nés durant la période du vicariat général de l’abbé de Saint-Vallier et les prêtres du Séminaire&#13;
de Québec au sujet de son administration (1685-1687) avaient occasionné des remontrances en France de la&#13;
part du Serviteur de Dieu, du Séminaire de Paris et d’autres. Mais le tout s’est terminé de façon harmonieuse :&#13;
l’abbé de Saint-Vallier avait promis de tenir compte des suggestions reçues et les prêtres du Séminaire de&#13;
Québec avaient été vivement exhortés par les supérieurs du Séminaire de Paris, avec l’approbation du&#13;
Serviteur de Dieu, à se montrer obéissants et cordiaux envers leur nouvel évêque. Lorsque le Serviteur de&#13;
Dieu revint à Québec, le 3 juin 1688, tout laissait prévoir que la paix serait complète et durable.&#13;
Il n’en fut pas ainsi. La controverse revint très vive et finit par créer une opposition profonde entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire, non seulement sur des questions secondaires ou des sujets imprévus, mais sur&#13;
le modèle même de communauté que le Serviteur de Dieu avait donnée au Séminaire. Après quatre années&#13;
de débats et l’arbitrage de la cour, la position de Mgr de Saint-Vallier triompha.&#13;
Toute cette affaire ne pouvait laisser le Serviteur de Dieu indifférent. Il faut donc en connaître le déroulement&#13;
et déterminer dans quelle mesure et avec quels sentiments le Serviteur de Dieu y prit part, lorsque ce fut le&#13;
cas.&#13;
1° La communauté du Séminaire de Québec&#13;
Commençons par rappeler en quoi consistait la nature de communauté du Séminaire. Dans son mandement&#13;
érigeant le Séminaire de Québec (Doc. XXXI), le Serviteur de Dieu voulut qu’il soit une communauté&#13;
religieuse diocésaine destinée à accueillir non seulement les prêtres chargés de l’éducation des séminaristes,&#13;
mais aussi tous les autres prêtres consacrés au ministère, qui resteraient ensuite unis au Séminaire, tout en&#13;
demeurant dans différents presbytères lorsque nécessaire. Les ecclésiastiques étaient libres d’entrer ou non&#13;
dans la communauté ; et dans les faits, presque tous les prêtres séculiers du Canada, à l’exception de ceux de&#13;
Saint-Sulpice à Montréal, étaient agrégés ou unis au Séminaire des Missions étrangères de Québec. Les&#13;
prêtres affiliés renonçaient à tous leurs biens en faveur du Séminaire et ce dernier s’engageait à les soutenir&#13;
en tout, et pour toute leur vie. Les curés unis versaient une contribution annuelle et, en échange, ils avaient&#13;
l’assurance d’être aidés et soutenus en cas de nécessité, de maladie ou d’invalidité.&#13;
Notons que le fait qu’un prêtre fasse partie de la communauté ne nuisait en rien à l’autorité de l’évêque sur&#13;
ce prêtre, puisque le Séminaire ne pouvait se mêler de l’administration du diocèse. Selon le mandement&#13;
d’érection, lorsqu’il s’agissait de la nomination des prêtres aux différentes charges du ministère, l’évêque&#13;
devait prendre en compte l’opinion du supérieur du Séminaire, mais demeurait libre de procéder pour le&#13;
mieux. (Au sujet de cette question des relations entre le Séminaire et les curés unis à la communauté, voir&#13;
Doc. LI-IV-13).&#13;
Ce système de vie commune était sans doute idéal dans l’esprit du Serviteur de Dieu, puisqu’il apportait de&#13;
grands avantages spirituels et temporels aux prêtres affiliés et facilitait l’obtention de vocations missionnaires&#13;
de la France, puisqu’il assurait l’entretien des missionnaires du Séminaire, même dans la maladie ou la&#13;
retraite (sur l’organisation du Séminaire, sur ses avantages et ses relations avec les curés, voir LI-IV-13 ; LIVI-11 ; La Tour, Mémoires sur M. de Laval, Livre VI).&#13;
Transcription sur la copie collationnée par G.-É. Demers, 1933-1934, publiée dans l’Altera Nova Positio&#13;
de 1956.&#13;
1&#13;
&#13;
�En général, ces avantages étaient reconnus et Mgr de Saint-Vallier lui-même en avait été convaincu, à tel&#13;
point que, à peine arrivé à Québec comme vicaire général en 1685, il s’était uni au Séminaire et avait fait la&#13;
renonciation de ses biens en faveur de la communauté.&#13;
Cependant, malgré ses nombreux avantages, ce système pouvait mener à des controverses, plus ou moins&#13;
justifiées, en certaines circonstances. L’abbé Gosselin écrit à ce propos (Le vénérable François de&#13;
Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, 2e édition, Québec, 1923, p. 176) : « L’état des choses créé&#13;
par Mgr de Laval supposait à la tête du clergé un évêque de sa trempe et de son caractère, jouissant d’un&#13;
ascendant incontestable sur les prêtres de son Séminaire et disposé d’ailleurs à s’entendre toujours&#13;
parfaitement avec eux. » ; mais sous un autre évêque, un qui ne se percevrait pas comme le « père » du&#13;
Séminaire, comme c’était le cas du Serviteur de Dieu, et qui n’aurait pas le même ascendant que son&#13;
prédécesseur sur les membres, les choses pouvaient se dérouler autrement ; et ce fut le cas sous la gouverne&#13;
de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
2° Début des difficultés à l’été et à l’automne 1688&#13;
Mgr de Saint-Vallier débarqua à Québec le 31 juillet 1688. Il se montra d’abord bienveillant envers le&#13;
Séminaire. Il y habita même pendant quelques mois, comme le fit le Serviteur de Dieu. Mais puisque le&#13;
nouvel évêque avait une idée plutôt extrême de son autorité, qu’il croyait sans équivoque et inaliénable, il ne&#13;
tarda pas à percevoir dans le Séminaire un obstacle plus ou moins direct à l’exercice de ses droits épiscopaux&#13;
et il ne laissa passer aucune occasion de faire sentir aux prêtres du Séminaire tout le poids de son autorité.&#13;
Lors de son arrivée, Mgr de Saint-Vallier avait apporté avec lui quelques lettres adressées au Serviteur de&#13;
Dieu et aux prêtres du Séminaire. Comme le souligne le Serviteur de Dieu lui-même (no 1), Mgr de SaintVallier leur remit ces lettres ouvertes et croyait que l’évêque les avait ouvertes lui-même. Cette supposition&#13;
n’était pas sans fondement, puisque Mgr de Saint-Vallier avait pour principe qu’un évêque devait être au&#13;
courant de tout dans son diocèse, y compris les secrets personnels de ses prêtres 2, et qu’il avait ouvert des&#13;
lettres adressées à des membres de son clergé en d’autres occasions (n o 11).&#13;
Peu de temps après, les prêtres apprirent que l’évêque avait l’idée de renvoyer l’abbé des Maizerets, supérieur&#13;
de la communauté du Séminaire de Québec, en France et d’éloigner le Serviteur de Dieu du Séminaire en lui&#13;
proposant de se retirer à l’École des arts et métiers de Saint-Joachim3, à une cinquantaine de kilomètres de&#13;
Québec.&#13;
Tout cela était déjà suffisant pour alarmer les prêtres du Séminaire. La situation parvint à son comble lorsque&#13;
Mgr de Saint-Vallier s’en prit à leur point névralgique, c’est-à-dire lorsque l’on comprit clairement qu’il&#13;
entendait prendre la pleine direction du Séminaire et lui soustraire l’autonomie interne et l’organisation de la&#13;
communauté religieuse dont l’avait doté le Serviteur de Dieu. Il n’y avait aucun doute que M gr de SaintVallier visait ce but : ses diverses actions posées envers le Séminaire durant l’automne 1688 en sont la&#13;
preuve : il refusa de reconnaître l’élection des officiels de la communauté, selon l’arbitrage de 1687, sous&#13;
prétexte qu’il n’y avait pas donné son consentement explicite, puisqu’il n’était que le vicaire général de Mgr&#13;
de Laval lorsqu’il avait approuvé cette élection ; il nia au Séminaire le droit de changer le règlement interne&#13;
À ce sujet, ce que souligne l’abbé de Glandelet dans son mémoire de 1690, conservé aux Archives du&#13;
Séminaire de Québec est intéressant : « C’est une maxime de Monseigneur qu’un ecclésiastique ne doit avoir&#13;
rien de caché pour son évêque et qu’il lui doit ouvrir les plus secrets replis de sa conscience, sans rien réserver&#13;
de ce qu’il fait connaître à son directeur » (no 7)&#13;
3&#13;
En 1975, Peter N. Moogk démontre que ladite École des arts et métiers de la Grande ferme Saint-Joachim&#13;
n’a en fait jamais existé. La Grande ferme fut dotée d’une école élémentaire en 1688 et formait probablement&#13;
des jeunes aux travaux des champs durant l’été, mais on n’y a trouvé aucune trace d’un système de maître à&#13;
apprenti par les artistes, charpentiers, menuisiers, etc. venus de France comme il fut longtemps cru.&#13;
2&#13;
&#13;
�de la maison sans son consentement, droit jusque-là en usage ; il enleva le bénéfice à certains curés unis au&#13;
Séminaire, affirmant que toutes les paroisses créées par son prédécesseur étaient invalides ; il chercha à&#13;
renvoyer du Petit Séminaire quelques élèves maintenus aux frais du Serviteur de Dieu, refusant à ce dernier&#13;
le droit de faire des fondations charitables dans le diocèse sans son consentement explicite ; il voulut désigner&#13;
lui-même les bénéficiaires d’une autre institution du Serviteur de Dieu en faveur du Petit Séminaire, bien que&#13;
ce droit fût strictement réservé au Séminaire selon l’acte de fondation. En ce qui concerne l’administration&#13;
des biens temporels du Séminaire, Mgr de Saint-Vallier soutint qu’ils appartenaient à l’ordinaire et qu’il&#13;
pouvait en disposer selon sa volonté ; et de fait, il demanda un compte-rendu détaillé de l’état financier du&#13;
Séminaire, non seulement pour les biens de la communauté, mais encore pour les biens privés des membres.&#13;
Enfin, il déclara aussi se réserver la distribution des gratifications royales faites annuellement au Séminaire&#13;
(sur ces points, voir nos 2 et 7).&#13;
Une nouvelle difficulté naquit à la même époque au sujet des gratifications royales, qui allait avoir une&#13;
influence décisive sur l’attitude du nouvel évêque envers le Séminaire. Voici comment survint l’affaire. Les&#13;
curés du Canada jouissaient annuellement d’une généreuse pension qui, jusque-là, avait été distribuée par le&#13;
Séminaire selon les besoins de chaque cure. Désormais, M gr de Saint-Vallier se réserva cette distribution et&#13;
sembla procéder d’une manière un peu arbitraire. Les curés s’en plaignirent, mais il n’en tint pas compte. Les&#13;
directeurs du Séminaire, qui étaient directement intéressés par la répartition des gratifications, puisqu’elle&#13;
affectait des curés unis à la communauté, conseillèrent aux curés de provoquer une intervention bienveillante&#13;
du gouverneur (il s’agissait d’une pension royale) pour obtenir une solution pacifique à la question. Cette&#13;
prise de position des directeurs en faveur des curés fournit à l’évêque l’occasion d’accuser le Séminaire d’être&#13;
l’instigateur d’une révolte du clergé contre lui.&#13;
Nous croyons que c’est à ce moment que Mgr de Saint-Vallier prit la résolution de rompre le lien qui unissait&#13;
les curés au Séminaire : en effet, c’est vers la même époque que Mgr de Saint-Vallier quitta le Séminaire, où&#13;
il avait vécu jusque-là, pour s’installer dans une maison privée (le palais épiscopal n’ayant pas encore été&#13;
construit) et qu’il annula l’acte de renonciation à ses biens qu’il avait signé avec tant d’enthousiasme quelques&#13;
années auparavant.&#13;
Les directeurs du Séminaire tentèrent de démontrer à M gr de Saint-Vallier la légitimité de leur décision dans&#13;
cette affaire. Ils protestèrent énergiquement contre les mesures prises par l’évêque, celles-ci étant en&#13;
contradiction plus ou moins directe avec le règlement du Séminaire, qui avait été légitimement approuvé par&#13;
le Serviteur de Dieu en sa qualité d’évêque de Québec.&#13;
3° Compromis suggéré par le gouverneur Denonville et le P. Dablon en novembre 1688&#13;
Au mois de novembre, les relations entre Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire devinrent si tendues que le&#13;
gouverneur Denonville et le P. Dablon, supérieur des jésuites de Québec, qui avaient été mis au courant des&#13;
faits, s’offrirent comme médiateurs pour trouver une solution à l’amiable. Ils provoquèrent une réunion entre&#13;
l’évêque, les directeurs du Séminaire et eux-mêmes, le 12 novembre 16884, chez Mgr de Saint-Vallier. Un&#13;
accord fut stipulé et devait être soumis à l’arbitrage de quelques fiduciaires de Paris choisis de l’évêque ;&#13;
l’avis de ces derniers devait être définitif.&#13;
On envoya donc le texte de cet accord à Paris, avec quelques notes explicatives de l’évêque et du Séminaire.&#13;
Malheureusement, celles de l’évêque ne nous sont pas parvenues. Nous avons cependant un mémoire du&#13;
Séminaire, dans lequel les revendications de l’évêque sont indiquées, en plus des observations du Séminaire.&#13;
Nous croyons donc utile de le reproduire (no 2).&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Glandelet en écrit un rapport, conservé aux Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 30.&#13;
&#13;
�4° Attitude du Serviteur de Dieu en 1688&#13;
Tentons maintenant d’établir quelle fut l’attitude du Serviteur de Dieu face à ces contentieux, de l’arrivée de&#13;
Mgr de Saint-Vallier en juillet à la réunion du 12 novembre 1688 et à l’envoi en France de l’accord.&#13;
Il est difficile de la déterminer exactement, puisque les documents de l’époque nous donnent peu de détails&#13;
sur la question. Nous savons que dans les premiers temps, le Serviteur de Dieu connaissait les affaires du&#13;
Séminaire, car un rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (no 7) nous informe qu’il avait assisté aux&#13;
premières réunions entre les directeurs et Mgr de Saint-Vallier. Ce rapport dit expressément que le Serviteur&#13;
de Dieu eut une attitude calme et respectueuse à l’égard de Mgr de Saint-Vallier dans ces réunions, malgré le&#13;
caractère vif de l’évêque de Québec : « Depuis qu’il [Mgr de Saint-Vallier] est revenu de France, lorsqu’on&#13;
s’est assemblé avec lui, on a eu tout lieu d’en être mécontent, n’ayant vu les affaires se terminer qu’à des&#13;
emportements, des aigreurs et des reproches, où il s’est laissé aller, quoique Mgr l’Ancien et les officiers lui&#13;
parlassent avec beaucoup de respect. ». Par la suite, le Serviteur de Dieu se tint dans l’ombre et s’abstint de&#13;
tout acte que son successeur pouvait interpréter comme une intrusion dans ses affaires. « Pour prévenir toute&#13;
jalousie, dit un rapport de 1696, il se retira à l’écart pour ne se mêler de rien que de mener une vie sainte et&#13;
privée et s’abstint même de se trouver au réfectoire et aux récréations du Séminaire et de faire aucune fonction&#13;
en public. » (LI-VI-11) Le Serviteur de Dieu semble avoir opté pour cette prudente position de retrait et de&#13;
réserve au moment où les différends devinrent les plus aigus et où Mgr de Saint-Vallier fit connaître son projet&#13;
de l’éloigner de Québec. Mgr de Laval, tout en s’occupant de l’administration économique de la communauté&#13;
(no 1), chercha à s’éclipser. On peut toutefois être certain que tout en restant dans l’ombre, il s’intéressât&#13;
prudemment au sort de son cher Séminaire. On peut aussi supposer que, malgré le manque de nouvelles&#13;
directes, il ait prodigué ses conseils aux directeurs dans divers points de la controverse.&#13;
Quels furent les sentiments du Serviteur de Dieu envers Mgr de Saint-Vallier ? Dans une lettre confidentielle&#13;
qu’il écrivit à l’abbé de Brisacier, supérieur du Séminaire des Missions étrangères de Paris (n o 1), quoiqu’il&#13;
ne traitât pas directement des difficultés, il utilisa des expressions et fit des allusions laissant transparaître un&#13;
fond de méfiance envers son successeur. Il n’y a cependant pas de ressentiment personnel. C’est un fait&#13;
d’autant plus éloquent qu’il s’agit d’une lettre, comme nous l’avons dit, confidentielle et très secrète.&#13;
5° Nouvelles difficultés, 1688-1689&#13;
Il faut malheureusement noter que Mgr de Saint-Vallier, en attendant la réponse de Paris au sujet de l’accord,&#13;
continua à agir comme avant, refusant de nouveau aux curés leur rente congrue, imposant au Séminaire de&#13;
nouvelles charges financières et retenant, malgré les protestations orales et écrites des directeurs (10 février&#13;
1689 et 8 avril 16895), la somme de 4 000 livres tournois donnée annuellement par le roi au Séminaire pour&#13;
son maintien et celui des curés de Québec.&#13;
6° Le Règlement6 stipulé par les arbitres, 1689&#13;
Au printemps 1689, la réponse des arbitres de Paris arriva à Québec. Le texte original de ce document ne&#13;
nous est pas parvenu ; nous le connaissons par le rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (n o 7).&#13;
L’accord fut plutôt favorable au Séminaire. Les postulats de l’évêque au sujet de l’administration du&#13;
Séminaire furent déclarés injustifiés sur plusieurs points. Les arbitres établirent que le Séminaire devait&#13;
s’administrer lui-même, soit pour la partie spirituelle, soit pour la partie temporelle, avec la seule obligation&#13;
de fournir annuellement à l’évêque un compte-rendu des états financiers de la communauté. Ils se montrèrent&#13;
Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, nos 27 et 28.&#13;
Afin de distinguer les constitutions ou statuts, les règles de vie et les sentences arbitrages, nous avons&#13;
nommé ces « Règlements » rédigés par Champvallon et La Chaize les « Articles de 1689 » et les « Articles&#13;
de 1692 ».&#13;
5&#13;
6&#13;
&#13;
�aussi favorables à l’affiliation des curés au Séminaire, concédant à ce dernier le droit de s’unir pour les curés&#13;
qui le désireraient et exhortant l’évêque à favoriser une telle union :&#13;
Il est du bien temporel et spirituel des curés, dit le Règlement, qu’ils demeurent autant unis au Séminaire&#13;
qu’ils l’ont jamais été. Ainsi, quoique Mgr l’évêque ne doive pas les y contraindre, il doit les y exhorter autant&#13;
qu’il pourra et laisser le Séminaire chargé du soin de leur distribuer leurs pensions et de leur fournir leurs&#13;
besoins. (no 7)&#13;
Les projets de Mgr de Saint-Vallier d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec et de rappeler en France l’abbé&#13;
des Maizerets furent aussi considérés comme injustifiés et inopportuns par les arbitres.&#13;
Le Séminaire fut particulièrement satisfait de cette réponse et le Serviteur de Dieu s’en fit le porte-parole&#13;
pour remercier un des arbitres, le duc de Beauvilliers, à qui il écrivit personnellement une lettre à&#13;
l’automne 1689 (no 3). Dans cette lettre, il fit allusion à de nouvelles difficultés entre le Séminaire et l’évêque.&#13;
En effet, Mgr de Saint-Vallier avait reçu les décisions des arbitres avec un enthousiasme mitigé. Bien qu’il&#13;
n’osât pas les refuser, il chercha à en diminuer l’importance en soulevant les limites juridiques de l’accord.&#13;
Il dit « que c’était jusqu’à nouvelles lumières, qu’après tout ce n’était que par condescendance et non sur le&#13;
droit que ces décisions avaient été faites » (no 7).&#13;
7° Autres difficultés, 1689-1690&#13;
Une telle prise de position par Mgr de Saint-Vallier devait inévitablement occasionner de nouvelles difficultés&#13;
et prises de bec entre le Séminaire et lui ; et il y en eu, comme le mentionne le Serviteur de Dieu dans sa lettre&#13;
au duc de Beauvilliers.&#13;
Ces nouveaux contentieux étaient dus au fait que Mgr de Saint-Vallier, malgré les Articles de 1689 des arbitres&#13;
sur ses relations avec le Séminaire, qui devait être définitif, ne voulut rien céder : il revint sur la question du&#13;
retour en France de l’abbé des Maizerets et pensa même le destituer et nommer lui-même un autre supérieur,&#13;
sans entente avec le Séminaire des Missions étrangères de Paris, comme le voulait l’accord ; il revint aussi à&#13;
la charge sur l’idée d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec ; et à l’automne 1689, malgré les protestations&#13;
des directeurs et la délicate intervention du gouverneur de Denonville et du P. Dablon, supérieur des Jésuites&#13;
de Québec, il refusa de remettre au Séminaire la gratification annuelle de 4 000 livres tournois en son entier.&#13;
Il semble qu’il justifiât cette dernière mesure en mettant en doute le droit du Séminaire à recevoir&#13;
intégralement cette somme, puisqu’il devait, selon lui, appliquer une partie de celle-ci à la construction des&#13;
églises.&#13;
À la demande des directeurs du Séminaire, Mgr de Laval rédigea une déclaration juridique pour décrire&#13;
l’origine de cette gratification royale et pour expliquer ses raisons, à titre d’évêque de Québec, de l’avoir&#13;
toujours attribuée intégralement au maintien du Séminaire et du curé de Québec (n o 4).&#13;
Vers la même époque, quelques incidents contribuèrent à empirer la situation entre M gr de Saint-Vallier et&#13;
certains prêtres du Séminaire, qui allèrent chercher protection chez leurs supérieurs ; ceci fournit l’occasion&#13;
à Mgr de Saint-Vallier de considérer le Séminaire comme un milieu réfractaire à sa complète autorité (n o 7).&#13;
8° Décision de Mgr de Saint-Vallier de se rendre en France, 1690-1691&#13;
Les relations entre l’évêque et le Séminaire devinrent si tendues qu’à l’automne 1690, Mgr de Saint-Vallier&#13;
décida de se rendre à Paris pour informer la Cour de la situation et demander une solution juridique définitive&#13;
aux querelles. Son but principal, selon sa propre admission, était d’obtenir du roi la suppression complète de&#13;
l’union des curés et de la communauté du Séminaire, comme le souligne un mémoire des directeurs du&#13;
Séminaire de 1691 (no 12) : « Aussi a-t-il déclaré qu’il voulait absolument faire rompre cette union et que&#13;
c’était une des plus fortes raisons qui le faisaient passer en France. » (Sur les prétextes et les raisons qui,&#13;
selon des prêtres du Séminaire de Québec, poussèrent M gr de Saint-Vallier à chercher l’abolition de l’union&#13;
des curés et du Séminaire de Québec, voir LI-VI-11.)&#13;
&#13;
�Son départ pour Paris, prévu pour l’automne 1690, fut repoussé au printemps suivant à cause de&#13;
l’extraordinaire rigueur de l’hiver. En mars 1691, M gr de Saint-Vallier envoya au Séminaire une lettre à&#13;
caractère juridique (no 8), dans laquelle les directeurs du Séminaire étaient officiellement avisés de son départ&#13;
et étaient priés d’envoyer à Paris un délégué pour les représenter auprès de la Cour.&#13;
Avant de répondre à une si grave semonce, l’abbé des Maizerets, au nom des directeurs du Séminaire, crut&#13;
nécessaire d’écrire au Serviteur de Dieu, qui se trouvait alors depuis un mois à Saint-Joachim, à l’École des&#13;
arts et métiers qu’il avait fondée, pour le mettre au courant de l’affaire et demander son avis (n o 9). Nous&#13;
n’avons pas retrouvé la lettre du Serviteur de Dieu, mais on peut être sûr qu’elle exerça une influence décisive&#13;
sur la réponse très prudente qu’envoya le Séminaire à Mgr de Saint-Vallier. Ce document est aussi manquant,&#13;
mais nous en connaissons le contenu par un mémoire de l’époque (n o 12) :&#13;
Le Séminaire de Québec a cru devoir se contenter de répondre à l’acte de M gr de Québec par un écrit sous&#13;
seing privé pour éviter tout ce qui peut avoir l’air d’un procès en forme et le scandale qui en arriverait, qui&#13;
n’est déjà que trop grand par la connaissance que mondit seigneur a donnée au public de la division qu’il&#13;
prétend être entre lui et le Séminaire. C’est pour ces mêmes raisons que, suivant l’avis reçu par les lettres de&#13;
France l’année passée, le Séminaire n’a pas jugé devoir députer aucun sujet de son corps pour faire le voyage&#13;
de France avec Mgr de Québec.&#13;
Le Séminaire n’estima donc pas opportun d’envoyer un représentant en France. Il confia toutefois la charge&#13;
de l’affaire en France à l’abbé de Brisacier et lui envoya quelques rapports comme compléments aux&#13;
informations contenues dans celui envoyé l’année précédente par l’abbé de Glandelet (no 7).&#13;
Nous conservons nombre de ces rapports du Séminaire, mais la documentation correspondante par M gr de&#13;
Saint-Vallier nous manque. Nous reproduisons donc plusieurs extraits des documents susmentionnés et y&#13;
ajouterons des notes au sujet des points forts de la controverse, surtout lorsqu’il est fait allusion à l’attitude&#13;
du Serviteur de Dieu (nos 12 et 13).&#13;
9° Point de vue et attitude du Serviteur de Dieu entre 1688 et 1691&#13;
Nous avons révélé, au point 4, la réserve du Serviteur de Dieu au début de la controverse en 1688. Voyons&#13;
maintenant quelle fut son attitude pendant la seconde phase, durant laquelle le contentieux fut bien plus aigu.&#13;
Notons d’abord que, une fois de plus, Mgr de Laval ne prit aucune part directe ou officielle dans le différend.&#13;
Au contraire, il chercha à demeurer dans l’ombre et, à cette fin, il se retira de Québec et se rendit de sa propre&#13;
initiative à l’École des arts et métiers :&#13;
Je vous écris celle-ci, écrivait le Serviteur de Dieu de Saint-Joachim à l’abbé de Brisacier, le 17 avril 1691,&#13;
de ce lieu où je me suis retiré pour avoir un peu de solitude et pour me consoler avec Notre-Seigneur de l’état&#13;
où je vois cette pauvre Église, qui est affligeant […] Quoique je fasse tout mon possible, me retirant de temps&#13;
en temps pour diminuer l’ombrage et la peine que je fais à N.*, je ne puis guérir son mal […]. (n os 10 et 11)&#13;
À la lecture de ces mots, on ressent la grande peine du Serviteur de Dieu. Quels furent son opinion de la&#13;
situation et ses sentiments personnels envers Mgr de Saint-Vallier ? On peut le déterminer à travers trois lettres&#13;
confidentielles qu’il écrivit entre 1690 et 1691.&#13;
La 1re lettre (no 6) fut écrite de Québec à l’ancien gouverneur de Denonville le 20 novembre 1690, alors Mgr&#13;
de Saint-Vallier se préparait à partir pour la France. M. de Denonville avait toujours manifesté un grand&#13;
attachement envers le Séminaire de Québec et une fois retourné en France, il tenta, autant qu’il le put, d’en&#13;
démontrer l’importance pour le Canada et d’en soutenir les droits à la Cour. Mgr de Laval, dans cette lettre&#13;
écrite en toute simplicité, confia à son vieil ami sa profonde douleur de voir la destruction progressive de son&#13;
œuvre, mais il écrivit tout aussi clairement que les prêtres du Séminaire et lui-même acceptaient la décision&#13;
du roi avec une parfaite résignation, patience et confiance en la divine Providence. Le Serviteur de Dieu nota&#13;
ensuite, peut-être à titre de consolation, que malgré l’opposition de M gr de Saint-Vallier à l’affiliation des&#13;
curés au Séminaire, cet esprit d’union, plutôt que de diminuer, se faisait encore plus fort :&#13;
&#13;
�Plus il semble, écrit-il, que l’on apporte d’opposition à l’union que vous connaissez être si utile et si&#13;
absolument nécessaire pour le bien de cette Église et du salut des âmes, plus il paraît que la grâce de cette&#13;
union prend un nouvel accroissement et se fortifie de plus en plus dans le cœur de tous les ecclésiastiques,&#13;
qui en reconnaissent les avantages et la nécessité.&#13;
Le Serviteur de Dieu souligna, dans la même lettre, les efforts constants de Mgr de Saint-Vallier pour diminuer&#13;
l’influence du Séminaire et que l’évêque partait sous peu pour la France. Il laissa aussi entrevoir le projet,&#13;
nourri par quelques amis de Mgr de Saint-Vallier, de l’inciter à donner sa démission. Tout est dit&#13;
laconiquement, presque à titre de chronique, le tout sans rancœur, même dans les passages où un peu&#13;
d’amertume aurait été tout à fait compréhensible, comme lorsqu’il affirme que M gr de Saint-Vallier avait dit&#13;
vouloir réduire le Séminaire à la famine.&#13;
Les 2e et 3e lettres (nos 10 et 11), écrites les 16 et 17 avril 1691 à l’ancien gouverneur de Denonville et à&#13;
l’abbé de Brisacier, ont un ton plus vif que la première. Le Serviteur de Dieu manifesta alors ouvertement sa&#13;
désapprobation par rapport à l’attitude de M gr de Saint-Vallier envers le Séminaire et ne cacha pas sa grande&#13;
préoccupation pour l’Église de Québec si cet évêque en demeurait responsable. Ce changement se justifie&#13;
facilement.&#13;
Durant l’hiver 1691, Mgr de Laval fut si peiné de voir la situation créée pour le Séminaire par son successeur&#13;
et d’apprendre que ce dernier nourrissait des soupçons envers lui qu’il décida de lui-même de s’éloigner de&#13;
Québec et de se retirer à Saint-Joachim. En effet, il n’eut plus d’illusion quant aux intentions de Mgr de SaintVallier envers le Séminaire lorsque ce dernier déclara ouvertement son désir d’obtenir de la Cour royale la&#13;
suppression de l’union des curés à la communauté du Séminaire, et qu’il entendait même abolir la&#13;
communauté de prêtres. De plus, devant quelques faits, Mgr de Saint-Vallier manifeste son opposition contre&#13;
son prédécesseur. Citons un premier exemple, lorsqu’un jeune prêtre du Séminaire, M. Francheville, se&#13;
plaignit de son évêque dans une lettre qu’il avait d’abord envoyée au Serviteur de Dieu, afin que ce dernier&#13;
juge s’il était opportun ou non de l’expédier. Le Serviteur de Dieu retint la lettre, lui répondant qu’il ne devait&#13;
pas écrire à son évêque sur un ton si irrité. Quiconque en cette circonstance aurait loué la prudence de Mgr de&#13;
Laval, mais lorsque l’affaire parvint aux oreilles de M gr de Saint-Vallier, il n’eut aucune parole de louange ;&#13;
au contraire, il souligna le grave manquement du Serviteur de Dieu à lui remettre cette lettre (n o 11). Dans&#13;
une autre occasion, Mgr de Saint-Vallier ouvrit une lettre qu’il trouva peu agréable et en déduit&#13;
immédiatement que le Serviteur de Dieu devait avoir soit influencé, soit écrit la lettre (ce qui ne fut pas le&#13;
cas), et ce, simplement parce que celle-ci fut rédigée par un curé uni au Séminaire à un autre prêtre du&#13;
Séminaire, alors que ce curé se trouvait à Saint-Joachim, où était Mgr de Laval (no 11). Mais ce qui a dû&#13;
affliger le plus le Serviteur de Dieu, c’est que cette controverse, qui fut d’abord plutôt secrète, devint une&#13;
affaire publique lorsque Mgr de Saint-Vallier l’amena à la Cour de France (no 12).&#13;
En tenant compte de la situation qui se détériorait, nous croyons que le ton plus vif du Serviteur de Dieu et&#13;
ses expressions un peu fortes à l’égard de Mgr de Saint-Vallier sont justifiés.&#13;
Nous pouvons nous demander s’il était prudent pour le Serviteur de Dieu de manifester si ouvertement son&#13;
point de vue sur le contentieux et sur son successeur à des personnes éloignées de Québec. Rappelons d’abord&#13;
que M. de Denonville et l’abbé de Brisacier étaient des personnes prudentes et très proches du Serviteur de&#13;
Dieu, avec lesquels tout se passait dans la plus stricte discrétion. Notons ensuite que les deux avaient déjà été&#13;
informés de la situation et qu’ils s’étaient occupés des affaires du Séminaire, pour M. de Denonville par&#13;
intérêt bienveillant, et pour l’abbé de Brisacier, par devoir d’office à titre de supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Ce dernier avait d’ailleurs été chargé de représenter le Séminaire de Québec auprès de&#13;
la Cour, alors que Mgr de Saint-Vallier allait en traiter personnellement. On comprend donc pourquoi ces&#13;
deux personnes devaient être informées avec précision de toute l’affaire. Indiquons enfin que, dans la lettre&#13;
adressée seulement à M. de Denonville, le ton est plus réservé, justement parce qu’il s’agit d’un laïc, tandis&#13;
qu’avec l’abbé de Brisacier, la phrase est plus ouverte et plus libre, puisqu’il s’agit d’un membre de la même&#13;
affiliation et du supérieur du Séminaire de Québec, puisque celui de Québec était lié et dépendant de celui&#13;
de Paris. Le Serviteur de Dieu pouvait donc lui parler en toute franchise et en toute confiance.&#13;
&#13;
�10° Voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, 1691-1692&#13;
Mgr de Saint-Vallier partit de Québec le 13 mai 1691. À peine arrivé à Paris, il présenta ses plaintes contre le&#13;
Séminaire à la Cour. Le P. de La Chaize, confesseur du roi, et l’archevêque de Paris, M gr François III&#13;
de Harlay de Champvallon (l’ancien archevêque de Rouen, avec qui le Serviteur de Dieu, au début de son&#13;
gouvernement, avait eu tant de difficultés au sujet de la juridiction épiscopale en Nouvelle-France), furent&#13;
chargés par le souverain d’étudier la question. Le 11 janvier 1692, après plusieurs réunions avec Mgr de SaintVallier et les directeurs du Séminaire de Paris, ils présentèrent au roi leur avis sous forme des Articles de&#13;
1692, qui devait être la norme définitive pour les relations entre l’évêque et le Séminaire. Cette convention&#13;
reçut immédiatement l’approbation du roi et fut signée par les deux parties, à savoir par M gr de Saint-Vallier&#13;
et par l’abbé de Brisacier, au nom du Séminaire de Québec. (Sur ce voyage de M gr de Saint-Vallier en France,&#13;
voir Doc. LI-VI-11.)&#13;
11° Articles définitifs de 1692&#13;
Par ces Articles7, l’organisation du Séminaire de Québec telle que l’avait conçue et réalisée le Serviteur de&#13;
Dieu, à savoir celle d’une communauté diocésaine à laquelle pouvaient appartenir tous les prêtres séculiers&#13;
du diocèse, fut substantiellement changée. La communauté elle-même, à laquelle les prêtres pouvaient encore&#13;
s’agréger, n’était pas supprimée ; toutefois, l’union au Séminaire fut abolie pour les curés et les prêtres&#13;
agrégés à la communauté ne purent plus, sauf exception, exercer le ministère paroissial. Cette grande famille&#13;
diocésaine de prêtres aux liens semblables à ceux d’une corporation régulière, à laquelle tenait tant le&#13;
Serviteur de Dieu, fut de fait supprimée. Le travail principal du Séminaire devait désormais se réduire à&#13;
l’éducation de la jeunesse, tout en conservant, à titre de Séminaire des Missions étrangères, le droit d’envoyer&#13;
des missionnaires dans les missions éloignées du Canada, sous la direction de l’évêque.&#13;
12° L’acceptation du Serviteur de Dieu des Articles de 1692&#13;
Nous ne désirons pas ici entrer dans la question à savoir si les changements désirés par M gr de Saint-Vallier&#13;
étaient véritablement opportuns ou nécessaires. Nous dirons simplement que les Articles, obtenus après tant&#13;
de controverse, marquaient un triomphe pour l’évêque8 et on ne peut le nier, un échec pour le Serviteur de&#13;
Dieu. Connaissant le tempérament de Mgr de Laval et sachant tout ce qu’il avait fait pour le Séminaire, nous&#13;
sommes certains que cette solution a dû le blesser profondément. C’est pourquoi il est très intéressant, pour&#13;
l’étude de ses vertus, de découvrir avec quelle attitude il l’a reçue.&#13;
Les documents à ce sujet ne sont pas nombreux ; heureusement, nous en avons suffisamment pour pouvoir&#13;
affirmer que le Serviteur de Dieu reçut cette blessure avec une pleine soumission et résignation. Sa lettre à&#13;
son ami Boudon en 1690 (Doc. XXXVII-5) en fait foi. Cette attitude est aussi confirmée dans la lettre de&#13;
l’abbé de Brisacier au Serviteur de Dieu (n o 14) : conscient de la vertu de Mgr de Laval et de son ascendant&#13;
sur les prêtres du Séminaire, il le pria de préparer les prêtres à accepter les nouvelles dispositions avec pleine&#13;
confiance en la Providence. Mgr l’Ancien ne déçût pas son vieil ami : les prêtres se soumirent pleinement. Le&#13;
Serviteur de Dieu répondit à l’abbé de Brisacier à l’automne suivant, alors que M gr de Saint-Vallier était de&#13;
retour à Québec depuis quelques mois :&#13;
&#13;
Une copie de la main du Serviteur de Dieu se trouve au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives&#13;
du Séminaire de Québec, Chapitre, no 1a.&#13;
8&#13;
Il semble que Mgr de Saint-Vallier ait eu des regrets à la suite de ses disputes avec le Séminaire et que, peu&#13;
à peu, ses préventions contre la fameuse union des curés avec le Séminaire se soient estompées. Il l’affirmait&#13;
lui-même en 1703 à l’abbé Tremblay, procureur à Paris du Séminaire de Québec. Il manifesta même à l’abbé&#13;
Tremblay son désir que le Séminaire accepte la direction de certaines paroisses et que tous les prêtres du&#13;
diocèse s’agrègent à la communauté. Il ajouta qu’il voulait lui-même s’unir de nouveau au Séminaire et y&#13;
prendre le poste du Serviteur de Dieu lorsque celui-ci serait décédé. (Cf. Gosselin, Vie de Mgr de Laval,&#13;
premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 511-512.)&#13;
7&#13;
&#13;
�Je puis vous assurer que de ma part et de celle du Séminaire, l’on a ponctuellement observé tous les bons et&#13;
sages conseils que vous nous avez donnés. Aussi ne paraît-il pas que N. s’en plaint. Il dit au contraire&#13;
beaucoup de bien du Séminaire et en témoigne à tous ceux qu’il croit qu’ils nous le rapporteront. (Doc. LIV-1)&#13;
/Traduction du texte de présentation et des annotations italiennes par le Séminaire de Québec-rl-mdv-2018&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Introduction en français moderne aux Docs. 51-4 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023</text>
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                <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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              <text>Éclaircissement sur l'union des prêtres et du Séminaire de Québec (Québec, 1691)</text>
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              <text>&lt;p&gt;Puisque Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, veut détruire l’union qui existe entre les prêtres et le Séminaire de Québec, le procureur du Séminaire de Québec à Paris, éclaircit en quoi elle consiste. Par le Règlement de 1678, chaque prêtre donne 50 écus par an en échange de leur entretient à vie. Le Séminaire est le seul attrait pour un prêtre de venir en Canada et les conserve en esprit de piété et n’empêche en rien de faire des cures fixes. Ce mémoire devait servir à la Cour pour permettre aux arbitres à trouver une solution au contentieux entre le Séminaire et Saint-Vallier.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/452285"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; par H.-J. Tremblay et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 7&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10491" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14121" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-4 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13930" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-13&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/292" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en italien et en français&lt;/a&gt;, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-4-13&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/294" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique &lt;/a&gt;par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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      <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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