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                  <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 12 avril 1706)&#13;
&#13;
12 avril 1706&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous écris, par le vaisseau de M. Jolliet, cette première lettre, ces premiers jours&#13;
d’avril, pour vous donner promptement de nos nouvelles. Nous croyons avoir&#13;
reçu toutes vos lettres et celles de nos Messieurs, soit par M. de La Colombière et&#13;
M. Dupré, soit par les autres voies par lesquelles vous nous avez écrit. Les&#13;
premières que nous reçûmes, ce fut par le Neptune, qui arriva le premier et nous&#13;
apporta la triste nouvelle de notre second incendie. Ce fut par la lettre de&#13;
Mgr l’Ancien à M. l’abbé de Brisacier, qui vint par la poste, et nous fut rendue vers&#13;
le 15 de décembre. J’étais alors plongé dans une grande affliction de la mort de&#13;
M. de Louche, qui était un séculier parent de M. l’abbé Tiberge, qui m’aidait dans&#13;
nos affaires et était toute ma ressource. Il mourut subitement, sans même recevoir&#13;
l’absolution entre nos bras, ce qui nous fut très douloureux. J’avais une autre&#13;
tristesse de voir manquer le voyage de M. Gervaise au Mississippi et celle-là&#13;
survenant par-dessus fit en moi une telle impression de tristesse que je crois devoir&#13;
attribuer la maladie qui m’arriva à la fin de décembre à ces afflictions et au surcroît&#13;
de travail et de peine que j’eus dans ce mois-là ; mais pour prendre les choses de&#13;
plus loin, je vais vous mander ce qui est arrivé depuis le départ des navires et ce&#13;
qu’il faut vous apprendre de la disposition où je vois ces affaires.&#13;
M. l’évêque de Québec est toujours prisonnier en Angleterre. Il est très indisposé&#13;
contre nous, de ce que M. l’abbé de Gergis n’a pas été nommé son coadjuteur. Il&#13;
nous l’attribue, quoique nous n’en soyons pas la cause. Il ne m’a écrit depuis ce&#13;
temps-là que d’une manière très dure et qui fait sentir son aigreur et son&#13;
indisposition. Il n’y a nulle apparence que nous le revoyons en France qu’à la paix.&#13;
Cependant, on parle d’échanges de prisonniers, mais comme on commande&#13;
toujours M. Méan1 et que l’on ne le rendra jamais, il y a sujet de craindre qu’on ne&#13;
&#13;
Jean-Ferdinand de Méan de Beaurieux (1647-1709), ecclésiastique, appelé le baron de Méan, il était proautrichien et considéré ennemi de l’État français.&#13;
1&#13;
&#13;
�retienne longtemps le prélat. Il y a pourtant quelque sujet de croire que si M. le&#13;
duc de Vendôme avait jugé à propos d’échanger les prisonniers du duc de Savoie,&#13;
que nous avons en grand nombre, on aurait obtenu l’échange de Mgr de Québec&#13;
contre quelqu’un d’eux. Mais M. le duc de Vendôme a demandé au roi de ne&#13;
rendre aucun officier du duc de Savoie de cette campagne-ci, parce qu’on suppose&#13;
qu’on achèvera cette année de le ruiner de fond en comble.&#13;
J’ai eu le malheur de perdre, ce mois d’août 1705, un procès pour l’abbaye de&#13;
Méobecq contre M. de Tencosme, qui est un seigneur voisin, faute d’avoir produit&#13;
des titres que je n’ai pu trouver pour une redevance de 18 setiers de blé due au&#13;
prieuré d’Abilly. On me fait tous les jours espérer de retrouver ces titres, mais je&#13;
ne sais si on me tiendra parole. Cela m’a donné bien du déplaisir, après bien du&#13;
mal que la poursuite de ce procès m’avait causé.&#13;
M. d’Iberville ayant obtenu cet été de la cour tout ce qu’il espérait pour l’entreprise&#13;
qu’il avait eu dessein de faire il y a deux ans et qui échoua, il s’est disposé cet&#13;
automne à aller ou envoyer un vaisseau à la Louisiane. Cela nous a engagé de&#13;
reprendre avec M. Gervaise les projets qu’il avait faits pour ce pays-là ; car comme&#13;
M. de La Vente, par ses lettres, nous laissait entrevoir qu’il y aurait du bien à faire&#13;
aux Chactas et Chicachas et que M. Gervaise était en état d’y entretenir une&#13;
mission de son bien. Nous y trouvions un grand avantage pour la religion. Je fus&#13;
donc le voir au mois d’octobre. Nous prîmes nos mesures pour son départ. Il&#13;
emportait avec lui pour 7 000 ou 8 000 livres de bonnes hardes comme linge,&#13;
tapisserie, draps et qu’il espérait vendre aux îles pour en acheter deux ou trois&#13;
nègres et avec trois autres domestiques français qu’il emmenait et un missionnaire&#13;
que nous lui donnions. Il espérait mettre dans peu cette mission qu’il allait&#13;
entreprendre en état de se passer du recours en France et ce solide établissement&#13;
aurait disposé peu à peu à en faire de pareils dans les autres endroits ; mais comme&#13;
M. l’abbé Gervaise n’avait pas d’argent comptant, il me fallut lui en avancer pour&#13;
cette entreprise, que je considérais comme un moyen d’affermir ces missions. Il me&#13;
fallut même payer pour 2 000 livres de dettes qu’il avait contractées et dont il fallait&#13;
qu’il se débarrassât.&#13;
&#13;
�Il partit ainsi de Tours au 15 novembre. J’avais fait partir les ballots pour les autres&#13;
missionnaires au mois d’octobre et celui que devait lui servir de confrère, les&#13;
premiers jours de novembre. On me faisait espérer que les vaisseaux partiraient le&#13;
22 de novembre et s’ils étaient partis alors, tout aurait réussi. Le ministre nous&#13;
avait enfin accordé, pour M. de La Vente et son confrère, 1 500 livres par an et pour&#13;
nous dédommager des années passées, il nous avait fait expédier une ordonnance&#13;
de 4 500 livres pour les années 1703, 1704 et 1705. C’était dans cette espérance que&#13;
j’avais accepté une lettre de change de 700 livres tirée par M. de La Vente et que je&#13;
lui avais envoyée et qu’il m’avait demandée ; mais dans le temps que j’étais accablé&#13;
de la mort de M. Louches, notre homme d’affaires, et que pour surcroît j’appris le&#13;
deuxième incendie de Québec, j’appris pour comble que le roi avait donné ordre&#13;
d’empêcher le voyage de M. l’abbé Gervaise, parce que son oncle, nommé le&#13;
P. Aubereau de Sainte-Geneviève, pour l’empêcher d’aller dans ces missions,&#13;
l’avait fait passer pour un étourdi et pour un brouillon, en sorte que quoique nous&#13;
allassions présenter au ministre le tort qu’on faisait à ces missions par cet obstacle,&#13;
nous ne pûmes rien obtenir et il a fallu rompre tout ce projet. Le prêtre qui devait&#13;
l’accompagner est allé seul là-bas, avec un domestique pour le servir, et&#13;
M. Gervaise, qui avait fait embarquer ses meubles et n’a pu les retirer, a fait suivre&#13;
ses meubles par son valet, qui doit les aller vendre s’il peut dans les îles. Mais cette&#13;
entreprise m’a engagé dans des dépenses bien plus fortes pour la Louisiane que je&#13;
n’espérais en faire, car ce départ du missionnaire, qui devait accompagner&#13;
M. Gervaise, est retombé sur nous, en sorte que je crois que la dépense pour ces&#13;
missions monte à près de 5 000 livres faites l’an passé et je n’espérais en dépenser&#13;
que 3 000 livres. Il est vrai que ce missionnaire, que l’on nomme M. Lemaire et qui&#13;
est connu de M. Calvarin, ayant demeuré longtemps dans notre Séminaire à Paris,&#13;
a laissé quelques livres au Séminaire pour les lui envoyer, en cas qu’il s’accoutume&#13;
bien dans ces missions ; car j’en doute un peu et je crains qu’il ne soit de dépense.&#13;
Il était fort bien établi à Saint-Barthélemy, sa paroisse à Paris, où il avait un grand&#13;
nombre de pénitents et pénitentes et y était assez goûté. Il a assurément quitté&#13;
beaucoup pour aller là, mais je l’aurais cru fort propre en second sous M. Gervaise&#13;
et je ne sais si étant seul il fera bien.&#13;
&#13;
�Outre cette augmentation de dépense pour nous, je me suis encore engagé dans de&#13;
grandes avances pour M. Gervaise pour la même entreprise, car il me doit près de&#13;
5 000 livres pour cette entreprise. Il aurait voulu que, pour m’en payer, j’eusse pris&#13;
un contrat de pareille sorte sur l’hôtel de ville, mais je ne puis m’en accommoder.&#13;
Si son valet revient heureusement, il pourra me rembourser une partie. Il lui a fallu&#13;
bien de la vertu pour soutenir cette épreuve et il est une plaie, qui n’est pas encore&#13;
fermée à l’heure que je vous écris ceci. Il est revenu, par notre conseil, dans son&#13;
bénéfice, dans le dessein, si l’on peut ôter les impressions qu’on a donné de lui au&#13;
roi, de reprendre ce dessein. Sans cela, il se serait retiré dans quelque solitude. Il&#13;
m’a témoigné avoir envie de fonder de son bien une mission dans ces pays-là et&#13;
de donner un revenu de 500 livres pour cela après sa mort. Il n’a qu’une sœur, qui&#13;
est une fille de vertu, fort résolue de ne se jamais marier, qui avait enfin par piété&#13;
consenti à cette entreprise et qui a eu bien de la douleur du déplaisir que son oncle&#13;
a causé à son frère.&#13;
M. de La Colombière et M. Dupré sont arrivés heureusement, après avoir couru&#13;
bien des risques en arrivant en France. Nous avons invité M. de La Colombière à&#13;
venir demeurer chez nous et il nous a fait l’honneur de l’accepter. Mais nous ne&#13;
prévoyons pas que son voyage puisse avoir aucun bon succès, à cause de la triste&#13;
situation où sont les affaires, car, dans l’état où tout est en France, il ne faut pas&#13;
espérer un secours plus fort que celui de 4 000 livres à l’ordinaire pour notre&#13;
incendie et c’est beaucoup ; et quant à ce projet de demander un bénéfice au roi,&#13;
comme une abbaye, et pour l’unir, quand M. le gouverneur et M. l’intendant vous&#13;
ont proposé ce projet, c’est que cela ne leur coûtait rien et vous jetait de la poussière&#13;
aux yeux, mais ils n’y peuvent tout, tant qu’ils sont rien du tout et la chose n’est&#13;
nullement faisable ainsi. Je ne vois pas quelle utilité le voyage de&#13;
M. de La Colombière apportera, car quant aux charges du pays, qui n’ont pas été&#13;
payées l’an passé, ce ne sera pas lui qui trouvera moyen de les faire payer. Nous&#13;
sommes ici très édifiés de son zèle et en particulier de son affection pour vous&#13;
procurer du soulagement, mais il voit bien qu’il n’y a rien à faire. Il a été très mal&#13;
reçu de M. Pontchartrain, qui était pour lors dans sa mauvaise humeur. Il est allé,&#13;
depuis un mois, au Havre-de-Grâce voir, M. l’intendant et Mme son épouse et doit&#13;
revenir avec lui à Paris, où je l’attends tous les jours. Ce qui l’a engagé à ce voyage,&#13;
c’est que M. l’intendant lui a mandé que M. de Pontchartrain lui avait envoyé tous&#13;
&#13;
�les mémoires du Canada pour avoir dessus son avis. Il a cru donc rendre service à&#13;
la colonie d’aller raisonner sur tout cela avec lui au Havre. Je crois qu’ils seront ici&#13;
au premier moment.&#13;
Je ne sais quelles mesures on prendra pour régler les affaires de la Compagnie de&#13;
Canada, qui est dans le plus mauvais état que l’on puisse s’imaginer. On propose&#13;
deux parties. La première, de faire acheter l’ancienne masse de castors par les&#13;
chapeliers de Paris, qui en offrent 600 000 livres et compris tout ce qui est en France&#13;
et laissent la liberté de vendre comme on voudra celui qui est en Canada et ensuite&#13;
le castor ne serait plus en partie, mais chacun aurait la liberté de l’envoyer en&#13;
France et le vendre comme on voudrait ; mais pour exécuter ce projet, il faudrait&#13;
que le roi payât plus de 300 000 ou 400 000 livres pour acquitter les dettes de la&#13;
colonie du Canada, ce qui est demander actuellement l’impossible. La seconde&#13;
proposition est faite par M. Aubert de Hollande, qui propose d’acheter tout le&#13;
castor qui est en France et en Canada à très vil prix et offre de payer [une] partie&#13;
des lettres de change et de faire consommer ce castor et celui qui viendra de&#13;
Canada en six ans, pourvu qu’on n’en apporte qu’une médiocre quantité, en sorte&#13;
qu’après ces six ans, le pays ait ensuite la liberté du commerce. Augusta sunt&#13;
undique2. Je ne sais quel parti on prendra, mais je sais que certainement on ne paiera&#13;
pas la lettre de change de 600 000 livres que M. Buisson m’a envoyée à prendre sur&#13;
cette Compagnie pour paiement de parties des charges, car les agents de change&#13;
n’en veulent accepter aucune.&#13;
Ce sont tous ces embarras de la colonie du Canada qui obligeront&#13;
M. de Pontchartrain à recevoir si mal M. de La Colombière, qui venait pour lui&#13;
représenter les misères de ce pays-là, car ce ministre lui dit que le roi devait&#13;
abandonner ce pays, qui ne lui était d’aucune utilité et ne lui causait que de&#13;
l’embarras et de la dépense, que les plus courtes folies étaient les meilleures, qu’on&#13;
avait engagé Sa Majesté dans de très grosses dépenses pour ce pays-là et qu’elle&#13;
n’en pouvait plus faire. Nous ne croyions pas cependant que le roi veuille encore&#13;
abandonner, comme ce ministre le dit, cette colonie, mais il ne faut pas espérer de&#13;
lui de secours en ce temps-ci. Nous n’avons pas ouvert la bouche sur votre&#13;
incendie depuis que nous le savons, car comme on vous a mal traité en Canada,&#13;
2&#13;
&#13;
Les grandes choses viennent de tous les côtés.&#13;
&#13;
�on vous maltraite aussi ici et il faut entrer dans des justifications sur votre&#13;
conduite, qui n’opèrent rien. On vous taxe de négligence de prendre si peu garde&#13;
à des ouvriers et nous avons beau dire, cela ne sert pas à procurer des aumônes ;&#13;
ce qui fait que nous restons dans le silence. Je n’ai reçu pour votre incendie qu’une&#13;
aumône de 300 livres d’une pénitence de M. l’abbé de Brisacier et 106 livres d’un&#13;
vicaire de la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois. M. l’abbé de Brisacier en a&#13;
voulu parler à Mme de Maintenon, qui s’est excusée même d’accorder une quête&#13;
à Versailles, qui pourrait peut-être produire 100 pistoles ; si bien que nous sommes&#13;
résolus de ne pas ouvrir la bouche, c’est à vous à vous modérer dans vos dépenses&#13;
et à retrancher ce que vous pouvez retrancher pour vous rétablir.&#13;
Quand il se trouverait aisément un bénéfice vacant, qui fût propre à unir à notre&#13;
Séminaire, ce qui n’est pas aisé à trouver, et que le roi eut assez de bonté pour en&#13;
consentir l’union, à quoi il a beaucoup de répugnance, pour ne pas dépouiller la&#13;
couronne de ses collations de bénéfice, croyez-vous qu’étant aussi mal que nous le&#13;
sommes avec les pères jésuites, ils laisseraient passer cette affaire sans y faire&#13;
obstacle, quand on la pouvait faire sans eux ? Comptez que la plaie que notre lettre&#13;
et nos affaires de la Chine leur ont faite est incurable et qu’elle ne se refermera&#13;
jamais. Ce ne sont pas gens à agir par des principes surnaturels. Ils diront de belles&#13;
paroles et sous-main, rompront bras et jambes. Si vous n’avez d’autre ressource&#13;
pour votre rétablissement, n’en espérez aucun avantage.&#13;
Dans quelle consternation ce nouveau malheur m’a-t-il mis pour vos affaires ! Car&#13;
après vous avoir écrit, comme j’avais fait l’an passé, qu’étant autant en avance que&#13;
j’étais pour vous, je ne pouvais vous envoyer rien cette année, ni payer M. Fleury&#13;
pour ses factures de 1704 et 1705 que je l’avais prié de vous avancer et qui montent,&#13;
comme vous le reconnaissez, à plus de 9 000 livres. C’est, je crois, le chagrin que&#13;
j’en eus qui me causa la maladie que j’eus cet hiver et qui vous surprendra, comme&#13;
elle m’a fort surpris. J’avais beaucoup mareté sur le pavé de Paris ce mois de&#13;
décembre dernier. Le 29 de ce mois, je me sentis le matin une petite douleur au&#13;
pouce du pied droit. Je ne laissai pas de courir toute la matinée. Je rentrai chez&#13;
nous à une heure après-midi avec une plus grande douleur, qui me faisait boiter&#13;
tout bas et étant rentré dans ma chambre, je ressentis pendant deux nuits très&#13;
violemment à ce pouce la douleur de la goutte, ce que je ne pouvais pas croire,&#13;
&#13;
�étant encore si jeune et la vie de Séminaire depuis l’âge de 18 ou 20 ans devant&#13;
m’exempter de cette sorte de mal, mais afin que je n’en doutasse pas, le même mal&#13;
me passa ensuite les deux nuits suivantes au pouce du pied gauche, où je souffris&#13;
des douleurs très vives et ces quatre nuits de douleurs me cassèrent si bien les&#13;
jambes que j’ai été presque tout le mois de janvier sans dire la sainte messe, ne&#13;
pouvant me soutenir, et que je n’ai presque pu sortir de tout l’hiver qu’en voiture,&#13;
sentant bien des douleurs aux pieds et une disposition à retomber pour peu que je&#13;
fasse d’efforts. Ce mal ne me convenait guère et je ne m’y serais jamais attendu,&#13;
mais je vois bien que je n’en suis pas quitte et que puisqu’il me prend si jeune, j’en&#13;
serai dans la suite fortement incommodé et que cela me mettra entièrement hors&#13;
de combat.&#13;
Je vois même que, depuis la première semaine de carême, la même humeur qui&#13;
m’a causé la goutte aux deux pieds s’est jetée sur mon épaule gauche et m’y fait&#13;
de cuisantes douleurs à l’épaule, au côté sous l’aisselle, et en haut de la poitrine&#13;
du même côté et m’ôte même souvent la respiration. Tout cela me rend vieux avant&#13;
l’âge et me fait sérieusement penser à mettre bas les armes et à me retirer du soin&#13;
des affaires, car vous ne sauriez comprendre la douleur que je ressens actuellement&#13;
pour écrire une lettre, à cause de mon mal d’épaule. Je vous avoue que ne pouvant&#13;
par-là souvent vaquer aux affaires dont je suis chargé, je me sens porté à m’en&#13;
décharger. C’est pourquoi j’ai écrit à M. l’évêque de Québec que je le prierais&#13;
d’agréer que je remisse à qui il voudrait les soins, tant de son Hôtel-Dieu que son&#13;
Hôpital [général]. Je serai même peut-être obligé de vous prier d’envoyer une&#13;
autre personne prendre ma place et me permettre de me retirer en quelque petit&#13;
coin pour passer le reste de mes jours en pénitence, dans l’exercice de la souffrance.&#13;
Je ne sais pourquoi M. Charon, sans me consulter, m’a envoyé des procurations et&#13;
m’a prié de me charger de ses affaires. Cela ne me convient nullement dans l’état&#13;
d’infirmité où je suis réduit. Je ne manque pas de bonne volonté, mais quand le&#13;
bon Dieu en ôte le moyen, il faut s’y soumettre. Je n’ai pas laissé de faire plusieurs&#13;
voyages pour chercher ceux qui en étaient chargés et leur faire rendre compte. Ils&#13;
n’avaient aucune des deux ordonnances de M. Charon pour 1704 et 1705. Ils ne&#13;
savaient où ils devaient prendre ces ordonnances. Je les ai, par bonheur, trouvés&#13;
dans les bureaux de M. de Pontchartrain et j’en ai ensuite sollicité le paiement chez&#13;
les deux gardes du Trésor royal de ces deux années. Par bonheur que j’en connais&#13;
&#13;
�les premiers commis, qui m’ont promis tous les deux qu’ils feraient leur possible&#13;
pour me payer dans peu ces deux ordonnances de M. Charon par des billets de&#13;
monnaie de 1 000 livres chacun ! Je me servirai de l’un pour payer une lettre de&#13;
change que M. Charon a tirée sur moi et que M. Buisson m’a envoyée et de l’autre,&#13;
pour payer une pareille lettre de change que M. Charon me mande avoir tirée&#13;
encore sur moi, sans savoir si j’aurais du fonds ou n’en aurais pas. Il est vrai qu’on&#13;
ne me l’a pas présentée, mais j’espère que j’y satisferai.&#13;
J’ai eu bien du chagrin d’avoir à traiter d’affaires en l’absence de M. l’évêque de&#13;
Québec avec M. de La Pallière, qui est plus difficultueux et plus intraitable que lui.&#13;
Ce prélat prétend que nous devons lui payer notre part de ses frais du voyage qu’il&#13;
a fait à Rome, qu’il fait monter à 1 000 écus. Il convient, dans la dernière lettre qu’il&#13;
m’écrit, qu’il n’avait pas dessein de nous les faire payer, mais que ce sont des&#13;
grâces que nous n’avons pas méritées, parce que nous avons cautionné&#13;
M. de La Pallière pour la lettre de crédit que nous lui avons envoyée dans sa&#13;
prison, que M. de La Pallière croit que nous devions payer, quoique nous ne lui&#13;
dussions rien.&#13;
En second lieu, ce prélat veut que je continue à lui payer, même depuis l’obtention&#13;
de la bulle, les 2 000 livres portées par le concordat de 1697, quoique ce prélat&#13;
convienne que ce concordat ne subsiste plus, parce qu’il était fait sous le bon plaisir&#13;
du pape et que le pape ne l’a pas agréé, ayant autrement disposé de ces biens et&#13;
revenus ecclésiastiques ; mais il veut qu’il subsiste pour continuer à lui payer ces&#13;
2 000 livres et qu’il ne subsiste plus pour qu’il paie de 5 parts 3 des frais faits ou à&#13;
faire pour l’obtention de la bulle et sur cela, ce prélat menace de nous faire payer&#13;
la meilleure partie des revenus du chapitre aux trois chanoines, qui ne sont pas du&#13;
Séminaire, et de nous ôter ce que la bulle nous accorde pour les manses monacales&#13;
de Méobecq et Bénévent. Je vous avoue que je le trouve encore plus vif, plus ardent&#13;
et plus mal disposé envers nous qu’il n’a jamais été. Sa prison lui fait écrire de la&#13;
manière la plus dure et la plus désagréable et bien loin d’être touché de nos&#13;
malheurs, s’il pouvait arracher la dernière pierre de notre Séminaire, il le ferait.&#13;
&#13;
�Je lui ai offert et à M. de La Pallière de nous en rapporter à deux avocats. Ils s’y&#13;
donnèrent les mains. Ensuite, M. de La Pallière craignit la dépense de payer ces&#13;
avocats. Après, il me dit qu’il n’avait pas de pouvoir de la part de Monseigneur&#13;
pour traiter cette affaire. Il m’a fatigué sur ces affaires plus que vous ne sauriez&#13;
croire.&#13;
Ce bon M. de La Pallière, qui, en homme de son pays, va droit à sa fin, qui est de&#13;
faire encore plus ses affaires que celles de Mgr de Québec, nous a donné bien de&#13;
l’embarras depuis un an pour avoir sa pension de 500 livres, à prendre sur l’abbaye&#13;
de Bénévent. Comme il ne se rebute de rien, il a fait écrire au pape et aux cardinaux&#13;
par toutes les puissances. Le pape a été ferme à refuser de donner une pension de&#13;
500 livres sur l’évêché de Québec. Il a enfin tant fait par ses menées qu’il en a&#13;
obtenu une de 600 livres sur l’abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer. Ainsi, nous en&#13;
voilà débarrassés par cet endroit-là.&#13;
Mais il a joué un autre tour au prélat cet hiver. Il a vu que ce prélat désirait&#13;
employer les 4 000 livres qu’il a obtenues de gratification du clergé et d’autres&#13;
sommes qu’il serait trop long de vous expliquer à faire une fondation de 900 livres&#13;
ou 1 000 livres par an pour les sœurs de la Congrégation [de Notre-Dame] pour&#13;
établir des écoles en plusieurs lieux du diocèse. M. de La Pallière a pris de cet&#13;
argent ce qu’il en fallait pour se payer des arrérages de 500 livres par an échus&#13;
jusqu’à présent de la pension que Mgr de Québec lui avait promise. Il a ensuite bien&#13;
voulu employer cet argent pour acquérir cette rente, à condition de se réserver sur&#13;
cette rente 400 livres de pension sa vie durant. Ainsi, le voilà muni de 1 000 livres&#13;
par an pour avoir rendu au Canada tous les grands services qu’il lui a rendus. Le&#13;
prélat connaît bien le personnage et c’est un bien que cela lui arrive. Je suis sûr que&#13;
ce grand-vicaire, à présent qu’il se voit garni, cherchera quelque prétexte pour ne&#13;
plus se mêler des affaires de Mgr de Québec et vous me direz avant qu’il soit trois&#13;
ans si je fais de mauvais almanachs.&#13;
J’ai accepté les lettres de change, montantes à 6 300 livres, que vous avez tirées sur&#13;
moi au profit de M. Jolliet, quoique je sois si fort en avance. J’ai aussi accepté celle&#13;
de 500 livres, tirées au profit de M. de Lespinay. Je ne sais après cela comment&#13;
vous pourrez espérer quelque chose pour l’année prochaine, car vous jugez bien&#13;
&#13;
�que pour payer ces lettres de change, je ne pourrai accomplir aucune facture, car&#13;
il m’a fallu résoudre à acquitter à M. Fleury tout ce qui lui était dû de ces deux&#13;
dernières années. Vous jugez bien en quel embarras cela m’a mis. Il est vrai que&#13;
j’ai touché pour près de 8 000 livres des ordonnances des années passées, dont j’ai&#13;
tiré le paiement le mieux que j’ai pu en billets de monnaie. Vous me mandez que&#13;
vous avez écrit à M. de Pontchartrain pour être payé de ces ordonnances et que les&#13;
puissances en écrivent fortement qu’enfin M. de Beauharnois s’y emploiera de la&#13;
bonne manière. Trouvez bon que je vous dise que toutes ces personnes n’y ont que&#13;
peu ou point de pouvoir et que cela ne dépend nullement d’eux. J’ai encore pour&#13;
11 500 livres d’ordonnances de l’année 1705, savoir une de 3 000 livres pour la&#13;
Louisiane, une de 4 000 livres pour l’incendie et une de 4 500 livres pour&#13;
M. de La Vente pour 1703, 1704 et 1705, car nous avons enfin obtenu 1 500 livres&#13;
par an pour lui. Je compte de me faire payer de ces ordonnances dans tout le cours&#13;
de cette année et cependant, je prévois que je serai encore beaucoup en avance&#13;
pour vous, sans avoir acquitté les 6 300 livres payables à M. Jolliet en novembre&#13;
1707.&#13;
À la vérité, voyant votre misère causée par l’incendie, j’ai tâché d’accomplir votre&#13;
facture et celle de M. Buisson, à peu d’articles près, dont je crois que vous pouvez&#13;
vous passer comme les plaques de cuivre, la haire [le cilice] et quelques autres&#13;
choses. J’ai dit à M. Fleury de vous envoyer même pour 300 livres de clous, dont&#13;
je n’ai rien trouvé dans votre facture. C’est tout ce que j’ai avancé au-delà de votre&#13;
facture.&#13;
Nos missionnaires de Paris me grondent de ce que, pour les missions de Canada,&#13;
j’incommode toutes les autres et m’incommode fort moi-même, mais je ne sais&#13;
comment faire autrement. Cependant, je vous avoue que si je vois que vous&#13;
reprenez de vos enfants comme auparavant, vous trouverez bon que je ne vous&#13;
envoie plus rien du tout, non seulement pour eux, mais même pour les&#13;
missionnaires, jusqu’à ce que je sois remboursé de toutes mes avances. Je crois fort&#13;
inutile de réfuter ce que vous et M. Buisson me mandez qu’il peut y avoir du profit&#13;
à prendre ces enfants pour 230 livres du pays. Tous ceux qui m’écrivent du Canada&#13;
et ceux qui en reviennent n’en sauraient parler qu’en levant les épaules&#13;
d’étonnement. J’ai prié M. Fleury de vous envoyer les liqueurs par le Neptune, par&#13;
&#13;
�lequel je compte de vous envoyer cette lettre. Je n’écrirai que celle-là seule, car je&#13;
n’ai pas le loisir d’écrire davantage.&#13;
C’est pourquoi je vous prie de dire à la R. M. Saint-Ignace que par la perquisition&#13;
que j’ai faite, j’ai su que la caisse où étaient toutes les drogues prises l’an passé par&#13;
elles et le ballot d’étoffes que je leur ai envoyé de Bayeux n’ont point été perdues,&#13;
puisqu’on les a mis dans la Notre-Dame de Bon Port, qui est arrivée heureusement&#13;
à Québec. J’en ai les connaissements et M. Berry, à qui ce vaisseau appartient, ne&#13;
peut se dispenser de vous les payer. M. Fleury n’avait rien mis pour elles dans le&#13;
Saint-Jean, comme elles le croyaient. Elles ont eu trop de modération pour ne me&#13;
rien demander cette année, s’en remettant à ce que je pouvais faire. J’ai cru pouvoir&#13;
leur envoyer environ pour 500 livres de drogues d’apothicaire et pour environ&#13;
400 livres d’étoffes de Bayeux. Je leur ai acheté aussi des pièces de voile, de la cire&#13;
d’Espagne et deux livres de cannelle et j’ai remis tout cela au P. Lamberville,&#13;
suivant leurs avis. Ces bonnes religieuses se plaignent qu’elles ne reçoivent pas&#13;
fidèlement ce qui leur est envoyé par nos ballots. Cela me fait bien plaisir pour ne&#13;
plus leur rien envoyer par-là. Cependant, vous leur fîtes rendre l’an passé, non&#13;
seulement une chasuble brodée, qui était pour elles, mais une autre que je vous&#13;
envoyais et que je vous prie de retirer d’elles, car elle est pour le Séminaire. Ces&#13;
bonnes religieuses me prient de leur mander comment je leur ai envoyé des&#13;
girofles, muscade, etc., que je leur mandais leur envoyer par la caisse des Jésuites.&#13;
Si elles consultaient leurs lettres, elles verraient qu’elles ne m’ont demandé ces&#13;
épiceries qu’à la fin 1703 et que je les leur ai envoyés en 1704 dans une caisse où&#13;
j’envoyais pour plus de 700 livres d’images à Dubreuil, qui ont été perdues, aussi&#13;
bien que leurs épiceries, dans le vaisseau la Seine.&#13;
J’ai encore plus sujet de me plaindre de la R. M. Saint-Augustin de l’Hôpital&#13;
général. Je lui envoyai l’an passé un compte du reçu que j’avais fait de leur rente&#13;
en 1704 et 1705, car je ne prends soin de leurs affaires que depuis ce temps-là et je&#13;
leur marquais que pour m’acquitter de ce que j’avais reçu pour elles, j’avais payé&#13;
en 1704 deux lettres de change et une en juin 1705 et que je n’avais accepté une&#13;
pour payer en novembre 1705 ; si bien que tout bien compté, j’étais pour elles en&#13;
avance de 8 livres. La R. M. Saint-Augustin me mande qu’elle ne comprend rien à&#13;
mon compte, qu’un enfant comprendrait, et qu’elle n’a pas tiré sur moi une&#13;
&#13;
�quatrième lettre de change pour être payée en novembre 1705, qu’ainsi je dois&#13;
avoir en mes mains 500 livres et qu’elle les tire sur moi pour les payer en janvier&#13;
1706. La bonne mère devait se souvenir des lettres de change qu’elle tire. Elle qui&#13;
en tire si peu, moi, qui en paye tous les ans beaucoup, ne laisse pas de connaître&#13;
fort bien son écriture, car elle a donné à M. Soumande, marchand de Montréal, une&#13;
lettre de change de 500 livres le 13 novembre 1704, payable à la fin de mai 1705.&#13;
Cette lettre est tout écrite de la main de M. de La Colombière, scellée et signée&#13;
Sr. Louise Soumande de Saint-Augustin, supérieure. Elle a été transportée par&#13;
M. Soumande le 18 novembre 1704 à M. Fleury de La Rochelle, qui l’a transportée&#13;
au sieur Bullet et de-là, elle a passé en plusieurs mains. Et outre celle-là, elle a&#13;
encore donné une autre lettre de change de 500 livres du 12 novembre 1704, écrite&#13;
de même par M. de La Colombière, scellée et signée par elle, qui n’est pas une&#13;
seconde de celle ci-dessus, mais une première comme elle et M. Soumande l’a aussi&#13;
transportée à M. Fleury, le 15 novembre 1704. M. Fleury l’a transportée à&#13;
M. d’Iberville et M. d’Iberville à M. Le Moine de Rouen, à qui je l’ai payée. C’est&#13;
pourquoi j’ai laissé protester la lettre qu’elle a tirée sur moi si témérairement pour&#13;
être payée en janvier 1706, mais comme cette lettre est entre les mains de&#13;
Mlle Girardin, je lui ai promis que je la paierais en novembre prochain. Je prie la&#13;
mère Saint-Augustin de penser mieux à ses affaires. Personne n’a parlé ici contre&#13;
l’Hôpital général et si on l’avait fait, j’aurais agi en sa faveur.&#13;
Vous apprendrez que l’on a vendu à M. Aubert d’Amsterdam tout le castor, à&#13;
condition qu’il paiera les dettes de la colonie. Je ne crois pas qu’on tire de cette&#13;
affaire un grand avantage. On prétend que par ce marché, l’on ne sera pas en état&#13;
d’ici à dix ans de payer rien sur les charges indispensables ou au plus que MM. le&#13;
gouverneur et officiers seront payés et l’Église, laissée à quartier.&#13;
Il n’y a nulle apparence que nous obtenions un bénéfice pour notre Séminaire de&#13;
Québec. Je suis sûr que les Jésuites s’y opposeraient fortement s’ils y voyaient&#13;
quelque apparence, mais il n’est pas nécessaire qu’ils s’y opposent.&#13;
Mme Ango de La Mothe eu cet hiver une dangereuse maladie. Elle se porte assez&#13;
bien à présent. Elle a fait acheter nos toiles à l’ordinaire et je l’ai prié encore de&#13;
vouloir faire acheter à Argentan ce que M. Buisson en demande, dont je lui&#13;
&#13;
�enverrais l’argent pour envoyer cela avec nos toiles, en y mettant un « B » pour les&#13;
distinguer de celles qui sont pour le Séminaire.&#13;
J’ai été bien surpris d’apprendre, par les lettres que j’ai reçues de M. Dupré, qu’il&#13;
ne vous ait seulement pas parlé de l’application qu’il a faite de ce qui lui revenait&#13;
pour sa part de la succession de feu M. Dupré, son frère, chirurgien, mort en Italie,&#13;
dont j’ai tiré près de 3 000 livres par les bons services que m’a rendu un officier&#13;
général de l’armée d’Italie, qu’il n’avait pas été possible de tirer sans cela. Or, il&#13;
revient à M. Dupré de Québec de cette succession environ 900 livres en argent et&#13;
le surplus en un fonds sur le canal de Troyes. J’aurais cru que l’incendie de notre&#13;
Séminaire aurait dû déterminer M. Dupré à s’y appliquer ; du moins, j’aurais&#13;
pensé que lui, qui est si zélé pour l’exacte observation des règles, n’aurait pas&#13;
manqué d’en disposer dépendamment du supérieur, comme c’est effectivement la&#13;
règle ; mais il me paraît qu’il n’en a nullement conféré avec vous et qu’il en a fait&#13;
une disposition telle qu’il lui a plu, sans consulter personne. Cette conduite serait&#13;
assez propre à décourager ceux qui s’intéressent pour le soutien du Séminaire,&#13;
mais quoiqu’il y doive concourir, comme moi, je n’aurais point été surpris si pour&#13;
marier quelqu’une de ses nièces, il eut disposé de tout ou de partie de cette&#13;
succession pour cette bonne œuvre ; mais après notre incendie, l’appliquer sans&#13;
l’avis du supérieur à des œuvres telles qu’il lui a plu, je vous avoue que cela m’a&#13;
très fort surpris et que je n’ai eu le cœur fort serré. Comme je suppose qu’il lira&#13;
cette lettre, je ne puis m’empêcher de lui en marquer mon étonnement.&#13;
Ce qui est remarquable, c’est qu’il me renvoya faire les partages de cette succession&#13;
et que, sans s’en embarrasser, il commence à tirer sur moi des lettres de change&#13;
pour ce qui doit lui revenir de cette succession. Il me semble que je n’ai pas grand&#13;
sujet de m’en embarrasser, dès qu’on en agit ainsi. Il aurait du moins dû&#13;
commencer par prendre sur cette succession ce qu’il m’a fait dépenser par son&#13;
neveu, qu’il m’a fait lui envoyer en Canada, quoique je lui eusse assez marqué&#13;
deux années de suite que la faiblesse de ses yeux pourrait être un obstacle à y&#13;
demeurer. Cet envoi n’a pas laissé de coûter au Séminaire aussi bien que son&#13;
retour. Je ne m’en prends pas au neveu ; il n’y peut rien et il m’a assuré qu’il avait&#13;
représenté à son oncle n’approuver pas cette disposition. Je n’en ai pas reçu,&#13;
Monsieur, son neveu avec moins d’affection. Il est actuellement à Envie avec M. le&#13;
&#13;
�curé à élever quelques jeunes gens, qui n’ont plus de rapport au Séminaire, car ils&#13;
paient leur pension. J’avais conseillé à M. Dupré de ne se pas arrêter à cet emploi,&#13;
mais de s’aller présenter à M. de Chartres pour s’offrir à travailler en son diocèse.&#13;
Il n’a pas jugé à propos de le faire et son infirmité peut en être une bonne raison,&#13;
mais on aurait pu lui procurer un emploi bien doux et je crois qu’il eut dû le faire,&#13;
car à quoi le conduit ce qu’il fait à l’envie ? Certainement à rien. Il n’y a nulle&#13;
apparence qu’on le retienne en notre Séminaire de Paris, où il n’y a rien de quoi&#13;
l’occuper. Je le voudrais pour lui personnellement, parce qu’il a de la douceur,&#13;
mais il n’y a rien à Paris pour l’occuper et il n’y a pas de place fondée dans notre&#13;
Séminaire.&#13;
Je crois vous avoir marqué que M. de La Colombière est chez nous, où il nous&#13;
édifie beaucoup. On a mandé de Québec à M. de La Pallière, et je crois que c’est&#13;
[par] M. Le Vallet, qu’il venait en France pour retourner évêque de Québec. Je crois&#13;
que M. de La Pallière a pris des mesures pour le traverser dans ce dessin, mais je&#13;
l’ai fort dissuadé qu’il l’eût. Je souhaiterais bien davantage que l’on donnât à&#13;
M. de La Colombière quelque abbaye, dont il ferait de bonnes œuvres ; mais il n’y&#13;
en a guère apparence, car voilà une grande nomination qui s’est faite à Pâques et&#13;
on n’a pas pensé à lui.&#13;
M. l’évêque de Gap a enfin donné sa démission et on a donné son évêché à un&#13;
jeune homme, qui n’a d’autre bonne qualité que d’être dévoué aux Jésuites. Voilà&#13;
à présent ceux à qui on confère les évêchés et abbayes !&#13;
M. de Beauharnois est allé sur mer exercer son emploi. Il n’a pas été trop bien reçu&#13;
par M. de Pontchartrain. Je crois qu’il n’a seulement pas parlé de nous. Nous ne&#13;
manquerons pas de représenter ce que vous marquez sur ces mats et sur ces&#13;
3 000 livres que vous devez au roi.&#13;
Je demande à la Cour une gratification de 400 livres pour M. Gaulin. Je ne&#13;
désespère pas d’obtenir quelque chose.&#13;
&#13;
�On a donné à M. de Subercase le gouvernement de l’Acadie. Je plains ce pauvre&#13;
pays, qui depuis longtemps n’a pas été en de trop bonnes mains. On a fait le&#13;
lieutenant de M. de Subercase gouverneur de Plaisance.&#13;
J’ai oublié de vous mander l’état de nos controverses pour la Chine. Le pape a&#13;
montré à M. l’évêque de Rosalie la décision qu’il prétend avoir faite sur ces&#13;
affaires, mais ne lui en a pas voulu donner une authentique pour porter avec lui à&#13;
la Chine ; si bien que ce prélat, voyant qu’il ne pouvait pas l’obtenir, est revenu de&#13;
Rome fort mécontent, ayant même refusé d’être fait évêque assistant que lui a&#13;
offert le pape et il est résolu de ne pas retourner à la Chine qu’il ne sache ce qui a&#13;
été décidé. Le pape est tellement dévoué aux Jésuites que quoiqu’il veuille paraître&#13;
père commun, il ne fera jamais rien qui leur fasse de la peine. Nous croyons bien&#13;
que Sa Sainteté aura ordonné au patriarche à la Chine de recommander&#13;
verbalement aux Jésuites de ne plus tolérer ces superstitions, mais il n’en fera pas&#13;
publier de décision authentique, ce qui sera ne rien faire et les Jésuites ne verront&#13;
pas le patriarche hors de la Chine qu’ils continueront de faire ce qu’ils ont fait&#13;
jusqu’à présent.&#13;
Je vous prie de faire trouver bon à Mgr l’Ancien que je vous ai adressé cette lettre&#13;
plutôt qu’à lui, afin que vous la lui fassiez lire et à tous nos Messieurs. Je salue&#13;
M. de Glandelet et M. Dupré et M. Pocquet. Dites, je vous prie, à ce dernier que&#13;
M. l’abbé Tiberge veut lui envoyer quelques sermons pour suppléer à la perte qu’il&#13;
a faite. J’envoie à M. Buisson, que je salue, une Théologie morale de Grenoble3 pour&#13;
lui et pour M. Calvarin, dont ils se serviront conjointement. Je me recommande à&#13;
vos saints sacrifices et prières et suis très parfaitement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 12 avril 1706&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
3&#13;
&#13;
Théologie morale ou résolutions des cas de conscience, selon l’Écriture sainte, les canons et les saints&#13;
Pères, composée par l’ordre de M. l’évêque de Grenoble, écrite par François Genet e 1703.&#13;
4&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>1706, 12 avril – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45)&#13;
1.&#13;
12&#13;
avril&#13;
1706&#13;
&#13;
Nouvelle&#13;
de l’Jncendie&#13;
________&#13;
&#13;
Douleur&#13;
&#13;
Maladie&#13;
&#13;
Coadj.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
12 Avril 1706&#13;
o&#13;
r&#13;
2 Lettres O, N 45&#13;
à M. Des Maizerets.&#13;
3 Je vous escris par le vaisseau de M Joliet cette 1.ere lettre&#13;
4 ces 1.ers jours davril p.r vous donner promptem’ de nos Nouvelles.&#13;
5 Nous croions avoir receu toutes vos lettres, et celles denos Mess.rs&#13;
6 Soit par M de la colombiere et M.r DuPré Soit par les autres voies&#13;
7 parlesquelles vous nous avez escrit. Les 1.eres que nous recusmes&#13;
8 cefut parle Neptune qui arriva le 1.er et nous apporta la triste&#13;
9 nouvelle de Notre 2.de Jncendie ce fut parla lettre de Mgr Lancien&#13;
10 aM Labbé de Brisacier qui vint parla poste, et nous fut rendüe vers&#13;
11 le 15. de Decembre J’estois alors plongé dans une grandeafflictionde&#13;
12 lamort de M. de Louche qui estoit un Seculier parent deM L. Tiberge&#13;
13 qui maidoit dans nos aff.re et estoit toute ma ressource Jl mourut&#13;
14 Subitement Sans mesme recevoir labsolution entre nos bras, cequi nous&#13;
15 fut tres douloureux. J’avois une autre tristesse de voir manquer le&#13;
16 voiage de M Gervaise au misissipi, et celle la Survenant pas dessus&#13;
17 fit en moy unetell impression de tristesse que Je crois devoir attribuer&#13;
18 lamaladie qui marriva alafin de Decembre a ces afflictions et au&#13;
19 Surcroist de travail et de peine que Jeus dans ce mois la mais&#13;
20 p.r prendre les choses de plus loing Je vais vous mander cequi est&#13;
21 arrivé depuis le depart des Navires et cequil faut vous apprendre&#13;
22 de la disposition ou Je vois Ces aff.res&#13;
23 M LEveq’ de Quebec est toujours prisonnier en Angleterre Jl est&#13;
24 tres indisposé contre nous deceque MLabbé de Gergis n’a pas&#13;
25 esté nommé son coadjuteur. Jl nous lattribue quoi que nous n’en&#13;
26 soions pas la cause Jl ne m’a escrit depuis cetemps la que d’une&#13;
27 maniere tres dure, et qui fait sentir son aygreur et son indisposition&#13;
28 Jl n’y a nulle apparence que nous le revoions en france qu’a la paix&#13;
29 Cepend.’on parle deschange de prisonniers, mais comme on&#13;
30 demande toujours M mean et que Lon nelerendra jamais&#13;
31 Jl y a Sujet decraindre qu’on ne retienne longtemps le&#13;
32 Prelat, Jl y a pourtant quelq’ Sujet de croire que Si MLeDuc de&#13;
33 vendosme avoit jugé apropos deschanger les prisonniers du duc&#13;
34 de Savoye que nous avons en grand nombre on auroit obtenu&#13;
35 leschangesdeMgr de Quebec contre quelquun deux. mais M Le duc de&#13;
36 vendosme a demandé au Roi de ne rendre aucun officier du Duc de&#13;
37 Savoye de cette campagne cy, parcequ’on Supose qu’on achevera cette&#13;
38 année de le ruiner de fond en comble.&#13;
39 J’ay eulemalheur deperdre ce mois daoust 1705 un procez p.r&#13;
40 Labbaye de meobec contre M de tencosme qui en est un Seigneur&#13;
&#13;
�M.Gervaise&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Lettres O. No 45&#13;
&#13;
41 voisin faute davoir produit des titres que Je n’ay putrouver&#13;
42 p.r une redevance de 18. sebire debled deue au Prieuré&#13;
43 dhabilly. onmefait tous les jours esperer de retrouver ces&#13;
44 titres. mais Je ne Scay Si on me tiendra parole cela m’a&#13;
45 donné bien du deplaisir apres bien dumalque lapoursuite&#13;
46 deceprocez mavoit causé.&#13;
47 M.r D’Jberville ayant obtenu cet esté de la Cour tout cequil&#13;
48 esperoit p.r lentreprise quil avoit eu dessein de faire Jly a deux&#13;
49 ans et qui eschoua, Jl Sest disposé cet automne a aller ou&#13;
50 envoier unvaisseau a la Louisiane cela nous a engagé de&#13;
51 reprendre avec M Gervaise les projets quil avoit faits p.r&#13;
52 cepays la; car co’e M.r Dela vente par ses lettres nous laissoit&#13;
53 entrevoir quil yauroit dubiena faire aux chatta et chicacha,&#13;
54 et queM Gervaise estoit en estat d’y entretenir une mission de&#13;
55 Son bien nous y trouvions un grand avantage p.r la Religion&#13;
56 Jefus donc le voir aumois doctobre nous prismes nos mesures&#13;
57 p.r Son depart. Jl emportoit aveclui p.r 7. ou 8000.# debonnes&#13;
58 hardes co’e linge tapisserie draps &amp;. quil esperoit vendre&#13;
59 aux Jsles p.r enacheter deux ou trois negres, et avec trois autres&#13;
60 domestiques francois quil emmenoit et un miss.re que Nous&#13;
61 lui donnions Jl esperoit mettre dans peu cette missions quil&#13;
62 alloit entreprendre enestat de Se passer du recours enfrance,&#13;
63 et ce Solide establissem.’ auroit disposé peuapeu a enfaire&#13;
64 depareils dans les autres endroits. mais comme M Labbe&#13;
65 gervaise navoit pas dargent comptant Jl me&#13;
66 fallut lui en avancer p.r cette entreprise que Je conside&#13;
67 rois co’e un moien daffermir ces missions. Jlmefallut&#13;
68 mesme paier p.r deux millelivres de dettes quil avoit&#13;
69 contractez et dont Jl falloit quil se debarassast&#13;
70 Jl partit ainsi de Tours au 15. de Novembre Javois fait&#13;
71 partir les ballost p.r les au’ miss.res aumois doctobre et&#13;
72 celui que devoit lui Servir de confrere les 1.ers jours de 9bre&#13;
73 on me faisoit esperer queles vaiss.x partiroient le 22. de&#13;
74 9.bre et Sils estoient partis alors tout auroit reussi. Le&#13;
75 ministre nous avoit enfin accordé p.r M.r Dela vente et&#13;
76 Son confrere 1500.# par an, et p.r nous dédommager des&#13;
77 annéez passéez, Jl nous avoit fait expedier une ord.ce de&#13;
78 4500.# p.r les annéez 1703. 1704. et 1705. cestoit dans cette&#13;
79 esperanceque Javois accepté une lettre de change de 700.#&#13;
80 tirée par M de la vente, et que Jelui avois envoyé etquil&#13;
81 mavoit demandé. mais dans le temps que Jestois accablé de&#13;
82 lamort de M Louche notrehomme daff.re, et que pour&#13;
83 surcroist Jappris la 2.de Jncendie de Quebec Jappris p.r&#13;
&#13;
�84 comble que Le Roi avoit donné ordre dempescher le voiage&#13;
85 de M L. Gervaise parce q’ Son oncle nommé Le P. aubereau de&#13;
86 S.te Genevieve p.r lempescher daller dans ces missions, lavoit fait&#13;
87 passer p.r un estourdi et p.r un brouillon, en Sorte que quoi que&#13;
88 nous allassions representer au ministre letort qu’on faisoit a&#13;
89 ces missions par cet obstacle, nous ne puismes rien obtenir,&#13;
90 et Jlafallu rompre tout ceprojet. Le Prestre qui devoit&#13;
91 laccompagner est allé Seul la bas avec un autre&#13;
92 domestique p.r leServir, et M Gervaise qui avoit fait embarquer&#13;
93 Ses meubles et na pu les retirer afait Suivre ces neubles par&#13;
94 Son valet qui doit les aller vendre Silpeut dans les Jsles.&#13;
95 mais cette entreprise m’a engagé dans des depenses bien&#13;
96 plus fortes p.r LaLouisiane que Jenesperois enfaire, car&#13;
97 ce depart du miss.re qui devoit accompagner MGervaise&#13;
98 est retombé Sur nous enSorte que Je crois que la depense&#13;
99 p.r ces missions monte a prez de 5000.# faites l’an&#13;
100 passé, et Je n’esperoit en depenser que 3000.# Jl est&#13;
101 vray que ce miss.re que l’on nomme M Le maire et&#13;
4.&#13;
&#13;
102 qui est connu de M Calvarin ayant demeuré long temps&#13;
103 dans n’re Sem.re a Paris, alaiSsé quelques livres auSemin.re&#13;
104 p.r les lui envoier encas quil saccoutume bien dans ces missions&#13;
105 car Jen doute un peu, et Je crains quil ne Soit de depense Jl&#13;
106 estoit fort bienestabli a S.’ Barthelemy Sa paroisse a Paris ou&#13;
107 Jlavoit un grand nombre depenitens et penitentes et y estoit&#13;
108 assez gouté. Jl a asseurem’ quitté beaucoup p.r aller la, mais&#13;
109 Jelaurois cru fort propre en second Sous M Gervaise, et Je&#13;
110 neScay Si estant Seul Jl ferabien&#13;
111 outre cette augmentation de depense p.r nous, Je me Suis encore&#13;
112 engagé dans degrandes avances p.r M Gervaise p.r lamesme&#13;
113 entreprise, car Jl me doit prez de 5000.# p.r cette entreprise&#13;
114 Jl auroit voulu que p.r men paier Jeusse pris un contract&#13;
115 de pareille So’e Sur Chatelde ville, mais Je nepuis men accom=&#13;
116 moder. Si Sonvalet revient heureusem’ Jlpoura me rembourser&#13;
117 une partie Jl lui afallu biendela vertu p.r Soutenir cette&#13;
118 espreuve, et Jlest une playe qui n’est pas encore fermée a&#13;
119 lheure que Je vous escris cecy Jl est revenupar nostre&#13;
120 conseil dans Son bebefice dans ledessein Si lonpeutoster les&#13;
121 impressions quon a donné delui auRoi dereprendre ce&#13;
122 dessein. Sans cela Jl SeSeroit retiré dans quelq’ Solitude&#13;
123 Jl m’a temoigné avoir envie defonder de Sonbien une&#13;
124 mission dans ces pays la, et dedonner un revenu de 500.# p.r&#13;
125 cela apres Samort. Jl n’a qu’une Soeur qui est uneffille de&#13;
126 vertu fort resolue de ne Se jamais marier, qui avoit enfin&#13;
&#13;
�127 par pieté consenti a cette entreprise, et qui aeubiendela&#13;
128 douleur du deplaisir que Son oncle a causé a Son frere.&#13;
129 M de la colombiere et M du Pré Sont arrivez heureusem.’&#13;
130 apres avoir couru bien des risques en arrivant enfrance&#13;
131 Nous avons invité M dela colombiere a venir demeurer&#13;
132 chez Nous, et Jlnous afait lhonneur de l’accepter. mais&#13;
133 nous ne prevoions pas que Son voiage puisse avoir aucun&#13;
134 bon Succez a causedela triste Situation ou Sont les aff.res&#13;
5.&#13;
1706.&#13;
&#13;
Lettres O, No 45&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
135 car dans Letat ou tout est en france Jl ne faut pas esperer&#13;
136 unSecours plus fort que celui de 4000.# alordinairep.r&#13;
137 n’re Jncendie, et cest beaucoup, et quant a ce projet de&#13;
138 demander un benefice au Roi co’e une abbaye &amp; p.r&#13;
139 Lunir quand M LeGouverneur et M LJntendant vous ont&#13;
140 proposé ceprojet c’est que cela neleur coutoit rien, et vous&#13;
141 jettoit de la poussiere aux yeux, mais Jls n’y peuvent tout&#13;
142 tant quils Sont rien dutout, et la chose n’est nullem’ faisable&#13;
143 ainsy Je ne vois pas quelle utilité le voiage deMde la colombiere&#13;
144 apportera; car quant aux charges du pays qui n’ont pas esté&#13;
145 paiéez l’an passé, ce neSera pas lui qui trouvera moyen de&#13;
146 les faire paier. Nous Sommes icy tres édifier de Son zele et&#13;
147 en particulier de Son affection p.r vous procurer duSoulagem.’&#13;
148 mais Jlvoit bien quil n’y a rien a faire Jl a esté tres mal&#13;
149 receu de M de Pont chartrain qui estoit p.r lors dans Sa&#13;
150 mauvaise humeur. Jl est allé depuis un mois au havrede&#13;
151 grace voir M.r LJntendant et Mad.’ Son espouse, et doit&#13;
152 revenir avec lui a Paris ou Jelattends tous les jours. cequi&#13;
153 la engagé ace voiage cest que M LJntend.t lui a mandé&#13;
154 queM de Pontchartrain lui avoit envoyé tous les memoires&#13;
155 du Canada p.r avoir dessus Son Avis. Jla cru donc rendre&#13;
156 Service a la Colonie daller raisonner Surtout cela avec&#13;
157 lui au havre. Je crois quils Seront icy au 1.er moment.&#13;
158 Je ne Scay quelles mesures onprendra p.r regler les aff.res de&#13;
159 la compagnie de Canada qui est dans leplus mauvais estat que&#13;
160 l’on puisse Simaginer; Onpropose deux partis. La 1.ere defaire&#13;
161 acheter lancienne masse des castors parles chapeliers de&#13;
162 Paris qui en offrent Sixcent mille livres et compris tout&#13;
163 ce qui est enfrance, et laissent la liberté de vendre co’e&#13;
164 on voudra celui qui est en Canada, et ensuite lecartor&#13;
165 ne Seroit plus en parti, mais chacun auroit la liberté de&#13;
166 lenvoier en france et le vendre comme on voudroit&#13;
167 mais p.r executer ce projet Jl faudroit que Le Roi paiast&#13;
168 plus de 3. ou 400 000.# p.r acquiter les dettes de la colonie du&#13;
&#13;
�169 canada, ce qui est demander actuellem’ limpossible&#13;
170 Le 2.de proposition est faite par M Aubert dehollande&#13;
171 qui propose dacheter tout lecartor qui est en france et en&#13;
172 Canada a tres vilprix, et offre de paier partie des lettres de&#13;
173 change, et de faire consommer ce castor et celui qui viendra&#13;
174 de Canada en Sixans pourveu qu’on n’en apporte qu’une&#13;
175 mediocre quantité enSortequapres ces Sixans lepays ait&#13;
176 ensuite la liberté du commerce. Augusta sunt&#13;
177 undique. Jene Scay quel parti onprendra mais Je&#13;
178 Scay que certainem.’ On ne paiera pas lalettre de change&#13;
179 deSix cent cinq.te livres queM Buisson mâ envoié a&#13;
180 prendre Sur cette compagnie p.r paiem’ de partie des&#13;
181 charges, car les agens de change n’en veulent accepter aucune&#13;
182 Ce Sont tous ces ambaras dela colonie ducanada qui obligeront&#13;
183 M de Pontch. a recevoir Si mal M dela colombiere qui venoit&#13;
184 p.r lui representer les miseres decepays la, car ce ministrelui&#13;
185 dit que Le Roi devoit abandonner cepays qui nelui estoit d’aucune&#13;
186 utilité et nelui causoit quede Lambaras et de ladepense que&#13;
187 les plus courtes folies estoient les meilleures qu’on avoit&#13;
188 engagé Sa majesté dans de tres grosse depenses p.r ce&#13;
189 pays la, et quelle n’en pouvoit plus faire nous ne&#13;
190 croions pas cepend.’ que Le Roi veuille encore aban=&#13;
191 donner co’e ce ministre ledit cette colonie mais Jl&#13;
192 ne faut pas esperer delui de Secours en cetemps cy.&#13;
193 Nous n’avons pas ouvert la bouche Sur votre Jncendie&#13;
194 depuis que Nous la Scavons; car comme on vous a&#13;
195 mal traité en canada, on vous mal traite aussi icy. et&#13;
7.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
196 Jl faut entrer dans des justifications Sur votre conduite&#13;
197 qui noperent rien. on vous taxe de negligence de prendre&#13;
198 Si peu garde a des ouviers &amp;. et nous avons beau dire, cela&#13;
199 ne Sert pas a procurer des aumosnes. cequi fait que&#13;
200 nous restons dans leSilence. Je n’ay receu p.r votre Jncendie&#13;
201 qu’une aumosne de 300.# d’une penitente deM Labbé&#13;
202 de Brisacier et 106.# dun vicaire de laparoisse de S.t&#13;
203 Germain Lauxerrois. M L. de Brisacier en a vouluparler a&#13;
204 Mad.’ de m qui Sest excusée mesme daccorder une queste a&#13;
205 versaillequi pouroit peut estre produire cent pistoles. Si bien&#13;
206 que nous Sommes resolue denepas ouvrir la bouche c’est&#13;
207 a vous a vous moderer dans vos depenses et a retrancher&#13;
208 ce que vous pouvez retrancher p.r vous restablir.&#13;
209 Quand Jl Se trouveroit aisem.’ Un benefice vacant qui fust&#13;
210 propre a unir anotre Sem.re cequi n’est pas aisé a trouver,&#13;
211 et que Le Roi eust assez debonté p.r en consentir Lunion, a&#13;
&#13;
�212 quoy Jla beaucoup de repugnance p.r nepas depoüiller la&#13;
213 couronne de Ses collations debenefice, croiez vous&#13;
214 qu’estant aussi mal que nous leSommes avec Les Peres&#13;
215 Jesuites Jls laisseroient passer cette aff.re Sans y faire&#13;
216 obstacle quand on la pouvoit faire Sans eux Comptez&#13;
217 que Laplaye que Notre lettre et nos aff.res dela chine leur&#13;
218 ont faite est incurable et quelle neSe refermera jamais&#13;
219 Ce ne Sont pas gens a agir par des principes Surnaturell.&#13;
220 Jls diront de belles paroles et Sous main rompront bras&#13;
221 et jambes. Si vous n’avez dautre ressource p.r votre&#13;
222 retablissem’ n’en esperez aucun Avantage&#13;
223 Dans quelle consternation ce nouveau malheur ma til&#13;
224 mis p.r vos aff.res car apres vous avoir escrit comme&#13;
8.&#13;
&#13;
225 Javois fait lan passé questant autant en avance que&#13;
226 Jestois p.r vous Je ne pouvois vous envoier rien cette année,&#13;
227 ni paier M fleury p.r ces factures de 1704. et 1705.&#13;
228 que Je lavois prié de vous avancer et qui montent co’e&#13;
229 vous le reconnoissez aplus de 9000.# C’est Je croy le&#13;
230 chagrin que J’en eus qui me causa la maladie que Jeus&#13;
231 cet hyver, et qui vous Surprendra co’e elle m’a fort Surpris.&#13;
232 Javois beaucoup mareté Sur le pavé de Paris ce mois de&#13;
233 Decembre dernier. Le 29. decemois Je me Sentis le matin&#13;
234 une petitedouleur au pouce du pied droit. Jene laissay pas&#13;
235 de courir toute la matinée. Jerentray chez Nous a une&#13;
236 heure apres midi avec une plus grandedouleur qui me faisoit&#13;
237 boiter tout bas, et estant rentré dans ma chambre, Je&#13;
238 ressentis prend.’ deux Nuits tres violemment a ce pouce&#13;
239 la douleur dela goutte, ce que Je ne pouvois pas croire estant&#13;
240 encore Si Jeune et la vie de Semin.re depuis laage de 18. ou&#13;
241 20. ans devant mexempter de cette Sorte de mal mais&#13;
242 afin que Je nen doutasse pas le mesme mal mepassa ensuite&#13;
243 les deux Nuits Suivantes aupouce du pied gauche ou Je&#13;
244 Souffris des douleurs tres vives, et ces quatre Nuits de&#13;
245 douleurs me casserent Si bien les jambes que j’ay esté presq’&#13;
246 tout lemois de Jan.er Sans dire laS.te messe ne pouvant me&#13;
247 Soutenir, et que Je n’ay presq’ pu Sortir de tout lhyver&#13;
248 qu’en voiture, Sentant bien des douleurs aux pieds, et une&#13;
249 disposition a retomber pour peu que Je fasse defforts. Ce mal&#13;
250 ne me convenoit guere, et Jene m’y Serois jamais attendu&#13;
251 mais Je vois bien que Je n’en Suis pas quitte et que puis&#13;
252 quil me prend Si Jeune, Jen Seray dans laSuite fortement&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
253 incommodé et que cela me mettra entierem.’ hors de combat.&#13;
&#13;
�Lettres O, no 45&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Mgr&#13;
de S.&#13;
Valier&#13;
&#13;
254 Je vois mesmeque depuis la 1.ere Semaine de Caresme lamesme&#13;
255 humeur qui m’a causée la goutte aux deux pieds Sest jettée sur&#13;
256 mon Epaule gauche et m’y fait de Cuisantes douleurs a LEpaule au&#13;
257 costé Sous Laiselle et au haut de la poitrine dumesme costé et moste&#13;
258 mesme Souvent la respiration tout cela me rend vieux avant&#13;
259 laage et me fait Serieusem’ penser a mettre bas les armes, et a me&#13;
260 retirer du Soin des affaires, car vous ne Scauriez comprendre la&#13;
261 douleur que Je ressens actuellem’ p.r escrire unelettre acause&#13;
262 de mon mal d’Epaule Je vous avoüe que ne pouvant parla&#13;
263 Souvent vacquer aux affres dont Je Suis chargé Jeme Sens porté a&#13;
264 m’en descharger. c’est p.r quoy J’ay escrit aM LEveq’ de Quebec que&#13;
265 Jelepriois dagrer que Je remisse aqui Jlvoudroit les Soins tant&#13;
266 de Son hotel Dieu que Sonhopital Je Seray mesme peut estre&#13;
267 obligé de vous prier denvoier une autre personne prendre&#13;
268 ma place et me permettre de me retirer enquelquepetit&#13;
269 coin, p.r passer le reste de mes jours en penitence dans Lexercice&#13;
270 dela Souffrance&#13;
271 Je ne Scay pour quoy M charon Sans me consulter m’a envoié&#13;
272 des procurations &amp;. et m’a prié de me charger de Ses aff.res cela&#13;
273 ne me convient nullem.’ dans Lestat dJnfirmité ou JeSuis&#13;
274 reduit. Je ne manque pas debonne volonté, mais quand lebon&#13;
275 Dieu enoste le moyen, Jl faut S’y Soumettre. Je n’ay pas laissé&#13;
276 de faire plus.rs voiages p.r chercher ceux qui en estoient chargez&#13;
277 etleur f.re rendre compte; Jls navoient aucune des deux ord.ces&#13;
278 de M charon p.r 1704 et 1705. Jls neScavoient ou Jls devoient&#13;
279 prendre ces ord.ces Je les ay par bonheur trouvé dans les bureaux&#13;
280 de M de Pont chartrain, et J’en ay ensuite Sollicité le paiem’&#13;
281 chez les deux gardes du tresor roial de ces deux annéez.&#13;
282 Par bonheur que Jen connois les 1.ers commis qui mont promis&#13;
283 tous les deux quils feroient leur possible p.r me paier&#13;
284 dans peu ces deux ord.ces deM charon par des billets de&#13;
285 monnoye de 1000.# chacun. Je me Serviray del’un pour paier&#13;
286 une lettre de change que M. charon a tiré Sur moy et que M.r&#13;
287 Buisson m’a envoyé et de lautre p.r paier une pareille&#13;
288 lettre de change queM.r charon me mande avoir tiré&#13;
289 encore Sur moy Sans Scavoir Si J’aurois du fonds ou n’en aurois&#13;
290 pas. Jl est vray qu’on ne me lapas presentée. mais Jespere que&#13;
291 J’y Satisferay.&#13;
292 J’ay eu bien du chagrin davoir a traiter daff.re en Labsencede&#13;
293 M LEveq’ de Quebec avec Mdela Palliere qui est plus difficultueux&#13;
294 et plus intraitable quelui. Ce Prelat pretend que nous devons&#13;
295 lui paier Notrepart de Ses frais du voiage quil a fait a Rome&#13;
296 quil fait monter a mille escus. Jl convient dans laderniere&#13;
&#13;
�297 lettre quil mescrit quil n’avoit pas dessein de nous les faire paier,&#13;
298 mais que ce Sont des graces que nous navons pas merité&#13;
299 par ceq’ nous avons cautionné M dela Palliere p.r la lettre&#13;
300 de credit que Nous lui avons envoyé dans Saprison que&#13;
301 M de la Palliere croit que Nous devions paier quoique&#13;
302 Nous nelui deussions rien&#13;
303 En Second lieu ce Prelat veut que Je continue alui paier&#13;
304 mesme depuis lobtention de la bulle les 2000.# portez parle&#13;
305 concordat de 1697. quoi q’ ce Prelat convienne que ce concordat&#13;
306 ne Subsisteplus parce quil estoit fait Sous le bon plaisir&#13;
307 du Pape et que Le Pape ne lapas agrée ayant autrem’ disposé&#13;
308 de ces biens et revenus Ecclesiastiques. mais Jl veut quil&#13;
309 Subsiste p.r continuer alui paier ces 2000.# et quil ne Subsiste&#13;
310 plus p.r quil paye de cinq parts trois des frais faite ou a&#13;
311 faire p.r lobtention de la Bulle Et Sur cela ce Prelat&#13;
312 menace de nous faire paier la meilleure partie des revenus&#13;
313 du chapitre aux trois chanoines qui ne Sont pas du Sem.re et de&#13;
314 nous oster ce que la bulle nous accorde p.r les manses&#13;
315 monacales de meobec et Bennevent. Je vous avoüe&#13;
316 que Je le trouve encoreplus vif, plus ardent et plus mal&#13;
317 disposé envers Nous quil n’a jamais esté. Sa prison lui fait&#13;
11.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
318 escrire dela maniere laplus dure et laplus desagrable et bien&#13;
319 loing destre touché denos malheurs Sil pouvoit arracher la&#13;
320 derniere pierre de Notre Sem.re Jlleferoit.&#13;
321 Je lui ay offert et aM de laPalliere denous enraporteradeux&#13;
322 avocats; Jl Sy donnerent les mains. En suite M delaPalliere&#13;
323 craignit la depense depaier ces avocats. apres Jl medit quil&#13;
324 navoit pas de pouvoir delapart deMgr p.r traiter cette&#13;
325 aff.re Jl m’a fatigué Sur ces aff.res plus que vous ne Scauriez&#13;
326 croire.&#13;
327 Ce bon M.r Dela Palliere qui en homme de Son pays va droit&#13;
328 a Sa fin qui est de faire encore plus Ses aff.res que celles deMgr&#13;
329 de Quebec Nous a donné bien de Lambaras depuis un an p.r avoir&#13;
330 Sa pension de 500.# apprendre Sur Labbaye de Bennevent. comme&#13;
331 Jl ne Serebute derien, Jl a fait escrire au Pape et aux Cardinaux&#13;
332 par toutes les puissances. Le pape a esté ferme a refuser de&#13;
333 donner une pension de 500.# Sur LEvesché de Quebec Jl a enfin&#13;
334 tant fait par Ses menéz quil en a obtenu une de 600.# Sur&#13;
335 Labbaye de S.t Bertin a S.t omer; ainsy nous en voila debarassez&#13;
336 par cet endroit la.&#13;
337 mais Jl a joué un autre tour au Prelat cet hyver. Jl&#13;
338 a veu que ce Prelat desiroit emploier les 4000.# quil a&#13;
339 obtenu de gratification duclergé et dautres So’es quil Seroit&#13;
&#13;
�340 trop long de vous expliquer a faire une fondation de 900.#&#13;
341 ou 1000.# par an p.r les Sœurs de la congregation p.r&#13;
342 establir des escoles enplus.rs lieux du Diocese de M dela Palliere&#13;
343 a pris de cet argent ce quil en falloit p.r Sepaier des&#13;
344 arrerages de 500.# par an eschus jusqua present de la&#13;
345 pension queMgr de Quebec lui avoit promis. Jl a&#13;
346 ensuite bien voulu emploier cet argent p.r acquerir cette&#13;
347 rente a condition de Se reserver Sur cette rente 400.# de&#13;
348 pension Sa vie durant. ainsy Le voila muni de 1000.# par&#13;
349 an p.r avoir rendu au canada tous les grands Services quil&#13;
350 lui a rendu Le Prelat connoist bien le personnage&#13;
12.&#13;
&#13;
351 et c’est un bien que cela lui arrive Je Suis Seur que ce&#13;
352 grand vicaire apresent quil Se voit garni cherchera&#13;
353 quelq’ pretexte p.r ne plus Se mesler des aff.res deMgr de Quebec&#13;
354 et vous me direz avant quil Soit trois ans Si Jefais de&#13;
355 mauvais almanacs.&#13;
356 J’ay accepté les lettres de change montantes a 6300.#&#13;
357 que vous avez tiré Sur moy auprofit de M.r Jolliet,&#13;
358 quoi q’ Je Sois si fort enavance J’ay aussi accepté celle de 500.#&#13;
359 tirée au profit de M De LEpinay. Je ne Scay apres cela&#13;
360 comment vous pourez esperer quelq chose p.r lannée&#13;
361 prochaine, car vous Jugez bien que p.r paier ces letttres de&#13;
362 change Je nepouray accomplir aucune facture.&#13;
363 Car Jl m’a fallu resoudre a acquiter a M fleury tout ce&#13;
364 qui lui estoit deu de ces deux dernieres annéez. vous Jugez bien&#13;
365 en quels ambaras cela m’a mis. Jl est vray que J’ay touché&#13;
366 p.r prez de 8000.# des ord.ces des années passées dont J’ay&#13;
367 tiré le paiem.t le mieux que J’ay pu en billets demonnoye&#13;
368 vous me mandez que vous avez escrit a M dePont chartrain&#13;
369 p.r estre paiez de ces ord.ces et que les Puissances en escrivent&#13;
370 fortem’ quenfin M de Bauharnois Sy emploiera dela bonne&#13;
371 maniere Trouvez bonque Je vous dise que toutes ces personnes&#13;
372 n’y ont quepeuoupoint de pouvoir, et que cela ne depend nullem’&#13;
373 d’eux J’ay encore p.r 11500.# dord.ces de l’année 1705. Scavoir&#13;
374 une de 3000.# p.r LaLouisiane, une de 4000.# p.r LJncendie, et une&#13;
375 de 4500.# p.r M De La vente p.r 1703. 1704. et 1705. car Nous&#13;
376 avons enfin obtenu 1500.# par an p.r lui, Je compte de me&#13;
377 f.re paier de ces ord.ces dans tout le cours de cette année, et&#13;
378 cepand.t Je prevois que Je Seray encore beaucoup en avance p.r&#13;
379 vous Sans avoir acquité les 6300.# paiables aM Jolliet&#13;
380 en Novembre 1707.&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
381 a la verité voiant vostre misere causée par LJncendie&#13;
&#13;
�Lettres O, no 45&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
382 J’ay tasché daccomplir votre facture et celle deM.r&#13;
383 Buisson a peudarticles prez, dont Jecrois que vous&#13;
384 pouvez vous passer co’e les plaques de Cuivre, lahaire&#13;
385 et quelques autres choses. J’ay dit aM fleury de vous&#13;
386 envoier mesme p.r 300.# de clous dont Jenay rien trouvé&#13;
387 dans v’re facture c’est tout ceque J’ay avancé audela&#13;
388 de votre facture.&#13;
389 Nos Miss.re de Paris me grondent deceque p.r les missions de&#13;
390 canada Jincommode toutes les autres et m’incommode&#13;
391 fort moi mesme mais Jene Scay comment faire autrem’&#13;
392 cepend.’ Je vous avoüe que Si Je vois que vous reprenez de&#13;
393 vos enfans comme auparavant vous trouverez bonque Je&#13;
394 ne vous envoye plus rien dutout nonSeulemt p.r eux, mais&#13;
395 mesme p.r les miss.res jusqu’a ce q’ Je Sois remboursé de&#13;
396 toutes mes avances. Je crois fort inutil de refuter ceque&#13;
397 vous et M Buissonme mandez quil peut y avoir du&#13;
398 profit a prendre ces enfans p.r 230.# dupays. Tous ceux&#13;
399 qui mescrivent du canada et ceux qui en reviennent n’en&#13;
400 Scauroient parler qu’en levant les espaules d’estonnem’&#13;
401 J’ay prié M fleury de vous envoier les liqueurs par le&#13;
402 neptune, parle quel Je compte de vous envoier cette&#13;
403 lettre Je nescriray que cellela Seule car Jen’ay pas le&#13;
404 loisir descrire davantage&#13;
405 cest p.r quoy Je vous prie de dire ala R.de mere S.t Jgnace&#13;
406 que parla perquisition que J’ay fait J’ay Sceu que lacaisse&#13;
407 ou Estoient toutes les drogues prises lanpasssé p.r elles&#13;
408 et le ballot destoffe que Je leur ay envoié deBayeux&#13;
409 n’ont point esté perdues, puis qu’on les a mis dans la&#13;
410 Notre Dame de bon Port qui est arrivée heureusem’ a&#13;
411 [Q]uebec Jenay les connoissemens et M Berri a&#13;
412 qui ce vaisseau appartient ne peut Se dispenser de vous&#13;
413 les paier. M fleury navoit rien mis p.r elles dans le&#13;
414 S.t Jean co’e elles le croioient.&#13;
415 Elles ont eu trop de moderationp.r ne me rien demander&#13;
416 cette année, Sen remettant aceque Jepouvois faire J’ay&#13;
417 cru pouvoir leur envoier environp.r 500.# de drogues&#13;
418 dapoticaire et p.r environ 400.# destoffes de Bayeux&#13;
419 Jeleur ay acheté aussi des pieces de voile delaCire&#13;
420 dEspagne et deux livres deCanelle, et Jay remis tout cela&#13;
421 au P. Lamber ville Suivant leur avis&#13;
422 Ces bonnes Relig.ses Seplaignent quelle ne recoivent pas&#13;
423 fidelemt ce qui leur est envoié par nos ballots cela me&#13;
424 fait bien plaisir p.r neplus leur rien envoier parla&#13;
&#13;
�425 cependant vous leur fistes rendre lanpassé non Seulem’&#13;
426 une chasuble brodée qui estoit p.r elles, mais une autreque&#13;
427 Je vous envoiois et que Je vous prie de retirer delles car elle&#13;
428 est p.r leSem.re. ces bonnes Relig.ses me prient de leur mander&#13;
429 comment Je leur ay envoié des Gerofle muscade &amp;c que Je&#13;
430 leur mandois leur envoier parla Caisse des Jesuites. Si&#13;
431 elles consultoient leurs lettres, Elles verroient quelles ne&#13;
432 m’ont demandé ces epiceries qu’a lafin 1703. et que Je&#13;
433 les leur ay envoié en 1704. dans une caisse ou Jenvoiois&#13;
434 p.r plus de 700.# dJmages a Dubreuil qui ont esté perdües&#13;
435 aussi bien que leurs Epiceries dans le vaisseaulaSeine&#13;
436 J’ay encoreplus Sujet de me plaindre dela R.de mere S.t&#13;
437 augustin de lhopital General Je lui envoiay l’an paSSé&#13;
438 un compte du receu que Javois fait deleur rente&#13;
439 en 1704. et 1705. car Je ne prends Soin deleurs aff.res&#13;
440 que depuis ce temps la. et Je leur marquois que pour&#13;
15&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
441 macquiter deceque Javois receu p.r elles Javois paié&#13;
442 en 1704. deux lettres de change, et une en Juin 1705.&#13;
443 et que Jenavois accepté une p.r paier en novembre&#13;
444 1705. Si bienque tout bien compté Jestois p.r elles en&#13;
445 avance de 8.# LaR.de mereS.t augustin me mande quelle&#13;
446 necomprend rien amon compte qu’un enfant comprendroit,&#13;
447 et quelle n’a pas tiré Sur moy une 4.e lettre de change&#13;
448 pour estre paiée en Novembre 1705. quainsy J edois&#13;
449 avoir en mes mains 500.# et quelle les tire Sur moy&#13;
450 p.r les paier en Jan.er 1706. La bonne mere deuvoit&#13;
451 Se Souvenir des lettres de change quelle tire, Ellequi&#13;
452 en tire Si peu moi qui enpaye tous les ans beaucoup&#13;
453 ne laisse pas de connoistre fort bien son escriture, car&#13;
454 Elle adonné a M.r Soumande marchand de montreal&#13;
455 une lettre de change de 500.# le 13. novembre 1704&#13;
456 paiable alafinde may 1705. cette lettre est toute escrite&#13;
457 dela main deM dela colombiere Serré et Signée Sœur&#13;
458 Louise Soumande de S.t Augustin Sup.re Elle a esté&#13;
459 transportée par M Soumande Le 18. 9bre 1704. aM&#13;
460 fleury dela Rochelle qui la transportée au S.r Bullet,&#13;
461 et dela elle a passé en plus.rs mains. Et outre celle la&#13;
462 Elle a encore donnée une autre lettre de change de&#13;
463 500.# du 12. Novembre 1704. escrite demesme par M.&#13;
464 dela colombiere Serré, et Signée par elle, qui n’est&#13;
465 pas une Seconde de celle cy dessus mais une premiere&#13;
466 co’e elle, et M Soumande la aussi transportée a&#13;
467 M fleury le15. novembre 1704. M fleuri la&#13;
&#13;
�468 transportée aM DJberville et M dJberville a M&#13;
469 Le Moine de Rouen a qui Je l’ay paiée.&#13;
16.&#13;
&#13;
Mr&#13;
Dupré&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
470 cest p.r quoy J’ay laissé protester la lettre quelle a tiré&#13;
471 Sur moy Si temerairem’ p.r estre paiée en Jan.er 1706. mais&#13;
472 comme cette lettre est entre les mains deMad.elle Girardin&#13;
473 Jelui ay promis que Jelapaierois en Novembreprochain&#13;
474 Jeprie Lamere S.t Augustin depenser mieux a Ses aff.res&#13;
475 Personne n’a parlé icy contrelhopital General, et Sion&#13;
476 lavoit fait Jaurois agi en Sa faveur,&#13;
477 vous apprendrez que lon a vendu aM Aubert damsterda[m]&#13;
478 tout le castor a condition quil paiera les dettes dela colonie&#13;
479 Je ne crois pas qu’on tire de cette aff.re ungrand avantage&#13;
480 on pretend que par ce marché Lon neSerapas enestat dicy&#13;
481 a dix ans depaier rien Surles charges indispensables ou&#13;
482 auplus que M.rs le gouverneur et officiers Seront paiez&#13;
483 et LEglise laissez aquartier.&#13;
484 Jl ny a nulle apparence que nous obtenions un&#13;
485 benefice p.r notre Sem.re de Quebec. JeSuis Seur queles&#13;
486 Jesuites S’y opposeroient fortem’ Sils y voioient quelq’&#13;
487 apparence, mais Jl n’est pas necess.re quils Sy opposent.&#13;
488 Mad.’ Dela motte ango a eu cet hiver une dangereuse&#13;
489 maladie. ElleSeporte assez bienapresent. Elle a fait acheter&#13;
490 Nos toiles a lordinaire, et Je lay prié encore de vouloir&#13;
491 f.re acheter a argentan ceque M Buisson en demande&#13;
492 dont Jelui envoieray largent p.r envoier cela avec nos&#13;
493 toiles eny mettant un B. p.r les distinguer de celles&#13;
494 qui Sont p.r leSem.re&#13;
495 J’ay esté bien Surpris dapprendre par les lettres que J’ay&#13;
496 receu de M. Du Pré quil ne vous ait Seulem’ pas&#13;
497 parlé de lapplication quil a fait decequi lui revenoit&#13;
498 p.r Sa part dela Succession de feuM Du Pré Son frere&#13;
499 chirurgien mort en Jtalie, dont J’ay tiré prez de 3000.#&#13;
500 par les bons Services que m’a rendu un officier general&#13;
501 de Larmée dJtalie quil navoît pas esté possible de tirer&#13;
502 Sans cela or Jl revient aM DuPré de Quebec de&#13;
503 cette Succession environ 900.# en argent et le Surplus en&#13;
504 un fonds Sur le canal de Troye Jaurois cru que LJncendie&#13;
505 de Notre Sem.re auroit du determiner M Du Pré aS’y appliquer.&#13;
506 Dumoins Jaurois pensé que lui qui est Si zelé p.r lexacte&#13;
507 observation des regles nauroit pas manqué den disposer&#13;
508 dependamment du Sup.r co’e cest effectivem.’ la regle,&#13;
509 mais Jl me paroist quil n’en a nullem’ conferé avec&#13;
&#13;
�510 vous et quil ena fait unedisposition telle quil lui a&#13;
511 plu Sans consulter personne cette conduite Seroit assez&#13;
512 propre a decourager ceux qui Sinteressent p.r le Soutien&#13;
513 duSem.re mais quoi quil y doive concourir co’e moy,&#13;
514 Je naurois point esté Surpris Si pour marier quelqu’une&#13;
515 deSes Nieces Jl eust disposé de tout ou departie de cette&#13;
516 Succession p.r cette bonne œuvre, mais apres Nostre&#13;
517 Jncendie lappliquer Sans lavis du Sup.r a des œuvres&#13;
518 telles quil lui a plu, Je vous avoüe que cela ma&#13;
519 tres fort Surpris, et qu eJenay eu lecoeur fort Serré.&#13;
520 comme Je Supose quil lira cette lettre Je nepuis&#13;
521 mempescher delui en marquer monestonnement.&#13;
522 cequi est remarquable c’est quil me renvoyea faire&#13;
523 les partages de cette Succession, Et que Sans Sen ambarasser,&#13;
524 Jl commence atirer Sur moy des lettres de changepour&#13;
525 ce qui doit lui revenir de cette Succession Jl me Semble&#13;
526 que Je n’ay pas grand Sujet de m’en ambarasser dez&#13;
527 qu’on enagit ainsy. Jl auroit dumoins ducommencer&#13;
528 parprendre Sur cette Succession cequil ma fait depenser&#13;
18.&#13;
&#13;
M.r de&#13;
la Colomb.&#13;
&#13;
529 p.r Son Neveu quil m’a fait lui envoier en canada&#13;
530 quoi q’ Jelui eusse assez marqué deux années de Suite&#13;
531 que la faiblesse de Ses yeux pouroit estre un obstacle&#13;
532 a y demeurer. cet envoy napas laissé de couter&#13;
533 au Sem.re aussi bien que Son retour. Jene m’en pren[d]&#13;
534 pas auNeveu; Jl n’y peut rien, et Jl m’a asseuré quil&#13;
535 avoit representé a Son oncle n’approuver pas cette&#13;
536 disposition, Je n’en ay pas receuMons.r Son Neveu&#13;
537 avec moins daffection Jl est actuellem’ a Envi avec M.r&#13;
538 LeCuré a eslever quelques jeunes gens qui nont plus de&#13;
539 raport au Sem.r car Jls paient leur pension Javois&#13;
540 conseillé aM DuPré de ne Sepas arrester a cet employ&#13;
541 mais de Saller presenter aM de chartres p.r Soffrir a&#13;
542 travailler en Son Dioceze Jl na pas Jugé a propos dele&#13;
543 faire, et Son Jnfirmité peut en estre une bonne raison,&#13;
544 mais on auroit pu lui procurer un employ bien doux&#13;
545 et Jecrois quil eust du lefaire, car aquoy le conduit&#13;
546 cequil fait a Envi. certainem’ a rien Jl n’y a nulle&#13;
547 apparence qu’on le retienne en Notre Sem.re de Paris ou&#13;
548 Jln’y arien dequoy loccuper. Jele voudrois p.r lui&#13;
549 personnellem’ parcequil a dela douceur, mais Jl&#13;
550 n’y arien aParis p.r loccuper. et Jl n’y apas deplace&#13;
551 fondée dans notre Sem.re&#13;
552 Jecrois vous avoir marqué queM dela colombiere&#13;
&#13;
�553 est chez Nous ou Jl nous édifie beaucoup Ona mandé&#13;
554 de QuebecaM.r delaPalliere et Jecrois que cestM vallet&#13;
555 quil venoit en france p.r retourner Evesquede Quebec&#13;
556 Je crois que M de la Palliere apris des mesures&#13;
19&#13;
&#13;
557 p.r le traverser dans ce dessein, mais Jel’ay fort dissuade&#13;
558 quil leust. Je Souhaiterois bien davantage que lon&#13;
559 donnast aM dela Colombiere quelq’ abbaye dont Jl&#13;
560 feroit de bonnes œuvres. Mais Jln’y en aguere apparenc[e]&#13;
561 car voila unegrande nomination qui Sest faite a Pasques,&#13;
562 et on napas pensé alui.&#13;
563 M. LEveq’ de Gap a enfin donné Sa demission et on a&#13;
564 donné Son Evesché a un Jeune homme qui n’a dautre&#13;
565 bonne qualité que destre devoüé aux Jesuites voila a&#13;
566 present ceux a qui on confere les Eveschez et abbayes.&#13;
567 M de Bauharnois est allé Sur mer exercer Sonemploy.&#13;
568 Jl na pas esté trop bien receu par M de Pont chartrain&#13;
569 Jecrois quil n’a Seulem’ pas parlé de Nous. Nous ne&#13;
570 manquerons pas de representer ce que vous marquez Sur&#13;
571 ces mats, et Sur ces 3000.# que vous devez auRoi.&#13;
572 Jedemande ala cour unegartification de 400.# p.r&#13;
573 M Gaulin Jene desespere pas dobtenir quelque&#13;
574 chose on a donné aM.r de tubercas legouvernem’&#13;
575 de Lacadie. Je plains cepauvrepays qui depuis longtemps&#13;
576 napas esté en de trop bonnes mains. on a fait Le Lieuten.t&#13;
577 deM tubercas gouverneur de Plaisance.&#13;
578 J’ay oublié de vous mander Lestat de nos controverses&#13;
579 p.r la chine. Le Pape a montré aM LEvesq’ de Rosalie&#13;
580 la decisionquil pretend avoir faite Sur ces aff.res mais ne&#13;
581 lui ena pas voulu donner une authentique p.r porter avec&#13;
582 lui ala chine, Si bien que ce Prelat voiant quil nepouvoit&#13;
583 pas lobtenir est revenude Rome fort mescontent ayant&#13;
584 mesme refusé destre fait Evesque assistant quelui a&#13;
585 offert Le Pape et Jlest resolu dene pas retourner a la&#13;
586 chine quil ne Scache ce qui a esté decidé. LePape&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
587 est tellemt devoüé aux Jesuites que quoi quil veuille&#13;
588 paroistre pere commun Jl ne fera jamais rien qui&#13;
589 leur fassedelapeine Nous croions bienque Sa Saintete&#13;
590 aura ordonné au Patriarche ala chine de recommander&#13;
591 verbalem’ aux Jesuites de neplus tolerer ces Supertitions&#13;
592 mais Jl n’en fera pas publier dedecision autentique&#13;
593 cequi Sera ne rien faire, et les Jesuites ne verront&#13;
594 pas le Patriarche hors dela chine quils continueron[t]&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
�595 de faire ce quils ont fait jusqu’a present.&#13;
596 Je vous prie de faire trouver bon a Mgr Lancien&#13;
597 que Je vous aye addressé cette lettre plutost qu’a&#13;
598 lui, afin que vous la lui fassiez lire et a tous&#13;
599 nos Mess.rs JeSalüe M Glandelet M Du Pré et&#13;
600 M Pacquet. Dites Je vous prie acedernier que&#13;
601 M L. Tiberge veut lui envoier quelq’ Sermon.s&#13;
602 p.r Supleer alaperte quil a fait. Jenvoye aM&#13;
603 Buisson que Je Salue une Theologie morale de&#13;
604 Grenoble p.r lui et p.r M Calvarin dont Jls Se&#13;
605 Serviront conjointem’ Je me recommande a vos&#13;
606 SS. Sacrifices et prieres et Suis tres parfaitem’&#13;
607 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’&#13;
608 Serviteur. Tremblay&#13;
609 ce 12. avril 1706&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45&lt;/span&gt;</text>
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                <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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    <name>Texte</name>
    <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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              <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 12 avril 1706)</text>
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              <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le supérieur du Séminaire de Québec de la situation de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, prisonnier en Angleterre, des difficultés financières de la colonie, des projets avortés pour la Louisiane. Il se plaint de la perte d’un procès pour l’abbaye de Méobecq. Il annonce qu’il a envoyé des marchandises pour les religieuses et le Séminaire et la décision du pape sur les controverses de la Chine.</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/11967" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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              <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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          <name>Has Version</name>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11965" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11966" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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      <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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      <name>CONTENTIEUX</name>
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      <name>Dépenses</name>
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      <name>Grâces pécuniaires</name>
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      <name>Missions du Mississippi</name>
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      <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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