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                  <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 4 mars-16 avril 1694)&#13;
Pour M. de Glandelet,&#13;
Ce 4e mars 1694&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai suivi votre avis dans la manière d’écrire mes lettres et la lettre commune, que&#13;
je vous envoie conjointement avec celle-ci, vous fera connaître que je ne dois vous&#13;
parler dans celle-ci de ce qui regarde l’intérieur, de quelques affaires qui vous&#13;
regardent en particulier ou dont je dois vous parler pour répondre à vos lettres.&#13;
Pour commencer par ce qui est de principal et dont je voudrais bien m’entretenir&#13;
de bouche avec vous, je puis vous assurer que votre lettre m’a fait un grand plaisir&#13;
en me retraçant en peu de lignes la source de mes peines et inquiétudes intérieures&#13;
et me donnant des remèdes pour les faire cesser. J’ai lu et relu cette lettre que vous&#13;
m’écrivez de l’intérieur et plus je la lis, plus je m’y retrouve et m’y reconnais moimême. J’espère en faire mon profit et me servir des moyens que vous me donnez,&#13;
non tant pour faire cesser que pour faire un saint usage de ces peines, car je crois&#13;
qu’elles ne cesseront pas si tôt et qu’il ne dépend pas de moi de les faire cesser,&#13;
mais le recours continuel que vous me donnez à la prière est le moyen de me servir&#13;
ultimement de toutes ces inquiétudes et d’en faire un saint usage.&#13;
Vous apprendrez un peu, par ce que j’écris dans ma lettre commune et encore plus&#13;
par ce que vous verrez et dans la lettre que j’écris à M. des Maizerets (car je crois&#13;
qu’il vous la voudra bien montrer) et dans celle-ci, que mes peines et mes&#13;
inquiétudes ne cessèrent pas en vous écrivant mes lettres l’année dernière ; au&#13;
contraire, elles s’augmentèrent notablement et je regarde comme une grâce forte&#13;
et puissante que Dieu m’a faite, et des plus spéciales, de les avoir surmontées et&#13;
d’avoir demeuré fidèle dans mon état et ma vocation. Je puis bien dire la vérité :&#13;
« Quam bonus Israel Deus, his qui recto sunt corde ! Mei [autem] paene moti sunt pedes ;&#13;
paene effusi sunt gressus mei1 », car quelque désire que je sentisse de prendre un&#13;
&#13;
« Vraiment, Dieu est bon pour Israël, pour les hommes au cœur pur ! Un rien et je perdais pied, un peu plus&#13;
et je faisais un faux pas. » (Psaume 72 :1-2)&#13;
1&#13;
&#13;
�autre parti, j’en sentais encore un plus grand de faire la volonté de Dieu et je ne&#13;
pouvais, Dieu merci, me résoudre à quitter ma vocation si je ne voyais que ce fut&#13;
la volonté de Dieu et c’est ce qui m’a conservé. J’ai reconnu plus que jamais&#13;
pendant cette année que « mihi [autem] adherere Deo bonum est, ponere in Domino Deo&#13;
spem meam2 » et pour mon salut, qui en vérité courait grand risque si je me retirais&#13;
de la voie de grâce où il m’a mis et pour trouver même la paix dès ce monde-ci,&#13;
que je ne trouverai pas en m’éloignant du Dieu de paix, et même pour mon bien&#13;
temporel, car qui a espéré en Lui et a été confondu ? Après tout, pourquoi suis-je&#13;
sur la terre, me suis-je dit cent fois à moi-même ? Ce n’est ni pour acquérir de&#13;
l’honneur, ni du bien, ni pour prendre mes plaisirs. Dieu m’a fait la grâce de me&#13;
donner depuis longtemps quelque éloignement de ces choses. Il ne faut s’y laisser&#13;
prendre ni à peu ni à beaucoup, « quid enim mihi est in caelo, etc., Deus cordis mei,&#13;
etc.3 ».&#13;
Je me sens depuis quelque temps dans de bonnes dispositions, ce me semble,&#13;
quoiqu’elles sont accompagnées de beaucoup de froideur et de lâcheté et que ces&#13;
dispositions sont si faibles et chancelantes que je craigne à tout moment de les voir&#13;
se perdre et se dissiper. Depuis surtout ce carême, je me sens plus que jamais porté&#13;
à la retraite, au milieu même du tracas où j’ai été pour les factures. Je sens croître&#13;
en moi le désir d’être bien petit, peu estimé, délaissé, de n’avoir que Dieu pour&#13;
mon partage, de mettre en Lui tout mon appui et toute ma confiance, de me&#13;
soumettre en tout à ses divines volontés. J’ai quelques de désirs de participer aux&#13;
souffrances de Notre-Seigneur, à sa vie pauvre cachée, à sa vie mortifiée, mais&#13;
encore plus à sa vie intérieure. Je suis convaincu de ce que vous me dites dans&#13;
votre lettre, que le moyen le plus sûr pour acquérir toutes ces choses est la prière&#13;
et qu’il faut plus attendre de Dieu que de toutes mes industries, quoique je doive&#13;
les employer autant que je connaîtrai que Dieu le demandera de moi. Je ne cesse&#13;
de les lui demander et attends avec soumission le moment auquel il Lui plaira&#13;
m’en accorder quelqu’une. Je ne reconnais assez ne les avoir pas méritées, mais&#13;
avoir fait au contraire tout ce qu’il fallait faire pour m’en rendre indigne. Je&#13;
reconnais bien vrai ce que vous me marquer, que tout empressement même dans&#13;
les bonnes choses, ne vaut jamais rien. Je me suis inquiété bien des fois de me voir&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
« Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu : j’ai pris refuge auprès de mon Dieu. » (Psaume 72:28)&#13;
« Qui d’autre est pour moi dans le ciel ? […] le roc de mon cœur, c’est Dieu […] » (Psaume 72:25-26)&#13;
&#13;
�si peu ferme dans ma vocation et si inconstant dans mon état. J’aurais désiré cette&#13;
stabilité que je remarque dans tant de personnes. Le Diable, se joignant à tout ceci,&#13;
me disait que cette inconstance était une marque que je n’étais pas dans l’ordre de&#13;
Dieu, que je devais chercher un état où je fusse moins sujet à ces inquiétudes et à&#13;
ces agitations, qui m’ont été si ordinaires par le passé. Mais où le trouver cet état&#13;
puisque dans quelque état que ce soit, je me porterai moi-même et par conséquent,&#13;
le plus grand ennemi de mon repos et de ma paix intérieure ? Je ne la trouverai&#13;
que dans une mort entière à toutes mes vues, mes inclinations et mes désirs et dans&#13;
une fidélité entière à suivre mon Sauveur dans tous les états où il lui plaira me&#13;
mettre, de ténèbres ou lumières, de joie ou de tristesse, de goût ou de dégoût, et je&#13;
suis convaincu que je la trouverai même plus avantageusement dans les ténèbres,&#13;
dans les tristesses et dans les dégoûts que dans leurs contraires, parce que ce sont&#13;
les dispositions où il a mis son divin Fils, « me minavit, dit-il, [et adduxit] in tenebras,&#13;
et non in lucem, sed et cum clamavero [et rogavero], exclusit orationem meam4 ». Je trouve&#13;
un goût particulier à méditer ces choses et elles me soutiennent dans la piété. « Ego&#13;
vir videns paupertatem meam5 », voilà ma première disposition ; « peccatum peccavit&#13;
Jerusalem, propterea instabilis facta est6 », voilà la raison de l’état où je me suis trouvé ;&#13;
« bonum est praestolari cum silentio salutare Domini7 », « Bonus est Dominus, si je ne&#13;
me trompe, « speranti[bus] in eum, animae quaerenti illum8 », voilà ce que je veux faire&#13;
et je vous prie de joindre vos prières aux miennes pour demander pour moi la&#13;
fidélité que je dois à Dieu dans toutes ces vues qu’il me donne pour y bien&#13;
correspondre.&#13;
Je suis dans de grandes appréhensions pour le retour de Mgr de Québec. D’un côté,&#13;
je crains qu’il ne revienne pas pour plusieurs raisons ; d’un autre, j’appréhende,&#13;
s’il revient, de n’être pas assez fort pour soutenir bien des attaques que je prévois&#13;
qu’il me donnera dans les affaires que j’aurai à gérer ; car quoique le plus pesant&#13;
fardeau tombera sur M. de Brisacier, cependant je prévois que j’en aurai ma bonne&#13;
part. Il y aura bien des occasions où je prévois en avoir à supporter plus que je ne&#13;
puis, mais j’espère que Dieu me soutiendra. J’espère surtout beaucoup aux prières&#13;
« Moi qu’il a conduit et mené dans les ténèbres et non dans la lumière […] mais j’ai beau crier et supplier,&#13;
il étouffe ma prière. » (Lamentations 3:2 ;8)&#13;
5&#13;
« Je suis l’homme qui a connu la misère. » (Lamentations 3:1)&#13;
6&#13;
« Elle a péché, elle a péché, Jérusalem : elle n’est plus que souillure. » (Lamentations 1:8)&#13;
7&#13;
« Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur. » (Lamentations 3:26)&#13;
8&#13;
« Le Seigneur est bon pour celui qui se tourne vers lui, pour celui qui le cherche. » (Lamentations 3:25)&#13;
4&#13;
&#13;
�de nos Messieurs. Je crains encore bien davantage qu’il ne revienne pas, car vos&#13;
peines seraient encore prolongées. Il est bien juste que je participe à mon tour&#13;
réellement à vos souffrances, après y avoir participé en esprit. Je ne m’appuie pas&#13;
beaucoup sur les créatures et sur toutes les espérances qu’elles peuvent nous&#13;
donner dans nos affaires : il n’y a que Dieu sur qui nous puissions compter ; c’est&#13;
pourquoi, bien loin de compter pour quelque chose tout ce que je vous ai écrit dans&#13;
ma lettre commune et tout ce que je vous écrirai dans la suite, je suis dans de plus&#13;
grandes défiances et de plus grandes appréhensions, voyant quelque espérance&#13;
du côté des hommes que je n’y mette quelque appui et quelque confiance ; cela&#13;
serait capable d’arrêter le cours des grâces de notre bon Dieu dans cette affaire,&#13;
qu’il peut Lui seul faire réussir.&#13;
Si je ne connaissais nos Messieurs aussi bien que je fais, j’aurais sujet&#13;
d’appréhender qu’ils ne se choquassent de l’avis que je leur donne en plusieurs&#13;
endroits de mes lettres de garder un silence profond à l’égard de leurs affaires,&#13;
comme si je doutais par là qu’ils ne l’eussent pas gardé jusqu’à présent et qu’ils ne&#13;
le gardassent pas quand je ne le leur écrirais pas. Ils interpréteront en bonne part&#13;
tout ce que je leur écris et jugeront que je ne leur écris ces choses que pour leur en&#13;
faire remarquer l’importance, afin qu’ils y prennent garde plus que jamais.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’a fort recommandé de vous en écrire, non pas qu’il doute&#13;
que vous ne l’ayez gardé jusqu’à présent, mais afin de vous faire connaître que&#13;
l’on ne puisse dire que vous voulez opprimer un évêque, comme Monseigneur ne&#13;
manquerait pas de le dire, s’il vous voyait faire paraître le moindre signe de joie&#13;
de tout ce qui se passe en France. La vertu de nos Messieurs leur fera, comme je&#13;
n’en doute pas, voir avec la douleur qu’on soit obligé d’en venir à des extrémités&#13;
fâcheuses et mortifiantes pour une personne qui est leur supérieur légitime, afin&#13;
de leur procurer la paix. J’espère aussi que nos Messieurs et vous-même me&#13;
pardonnerez aussi toutes les fautes que j’ai pu faire soit dans ce que j’ai géré en&#13;
France soit dans ce que j’écris en Canada.&#13;
Je vous envoie dans nos ballots beaucoup de thèses, dont vous disposerez avec nos&#13;
Messieurs comme vous le jugerez à propos. Je vous envoie aussi quelques&#13;
chapelets. Ils sont confondus dans ces boîtes du troisième ballot avec des chapelets&#13;
qui appartiennent à MM. de Montigny et Requeleyne. Les choses ne sont pas&#13;
&#13;
�autant dans l’ordre que je le voudrais, parce que les achats se sont faits avec peu&#13;
de précipitation. Il y a aussi des images, assez bien faites de l’intérieur, de Jésus,&#13;
Marie et Joseph, chacune séparément, dont je promets à nos frères donnés, que&#13;
vous leur ferez part. Je vous envoie aussi les Cas de conscience de Sainte-Beuve, les&#13;
Cantiques du P. Surin, un cuisiner français, que vous donnerez à nos frères donnés,&#13;
l’Institution au droit ecclésiastique par M. Fleury pour M. Du Bos, formules d’actes&#13;
et de procédures pour M. de Bernières. Vous trouverez aussi une petite boîte qui&#13;
vous est adressée dans laquelle, outre plusieurs lettres et papiers dont elle est fort&#13;
remplie, il y a deux petites Notre-Dame d’ivoire, l’une pour M. de Requeleyne et&#13;
l’autre pour M. Dufournel. Vous aurez la bonté de retirer tous ces livres et cette&#13;
boîte. Vous trouverez aussi dans nos ballots un tome in-folio des Épitres de&#13;
Mme de Chantal pour Mlle de Glandelet9 qu’elle m’a demandé par un petit billet&#13;
que j’ai reçu d’elle cet automne. Elle me marquait qu’elle avait donné un écu de sa&#13;
sainte pauvreté à M. Guyotte pour me le donner, mais M. Guyotte, par son&#13;
abstraction ordinaire, s’en est oublié. Je vous prie de dire à Mlle de Glandelet qu’il&#13;
n’est pas nécessaire qu’elle donne ainsi de l’argent, que sans qu’elle m’en envoie,&#13;
je lui enverrai l’année prochaine Les tableaux de la pénitence de M. Godeau, qu’elle&#13;
m’avait aussi demandé. Je tâcherai de lui mander ces choses par les derniers&#13;
vaisseaux. Je vous prie en attendant de la bien vouloir saluer de ma part et de me&#13;
recommander à ses prières. Vous trouverez aussi parmi les livres des suppléments&#13;
des saints nouveaux, une condamnation du livre de M. du Pin par M. l’archevêque&#13;
[de Paris], dont je vous parlai l’année dernière, une lettre synodale de l’archevêque&#13;
de Malines. Vous trouverez aussi un paquet de livres que vous envoie M. l’abbé&#13;
de Lingendes. Il vous salue et écrit, M. de l’Encluse, M. Adam, et tous nos anciens&#13;
de l’Assemblée [des Bons Amis].&#13;
Du 15e mars 1694,&#13;
Le P. Bigot est parti pour vous aller rejoindre ; le P. Raffeix était parti longtemps&#13;
avant lui ; M. Fredin est aussi parti de lundi de Pâques de Paris. Ils se hâtent de se&#13;
rendre à La Rochelle avant le 20 [mars], parce que M. d’Iberville espère partir avec&#13;
ses deux vaisseaux seulement dans la fin de ce mois et la flotte sera retardée à six&#13;
semaines après. Je crains bien qu’il n’en parte plus du tout, car nous n’aurons point&#13;
9&#13;
&#13;
Sœur de Charles de Glandelet, elle se joint à la Congrégation de Notre-Dame de Montréal&#13;
&#13;
�cette année d’armée navale en mer sur l’océan ; c’est pourquoi nos ennemis en&#13;
seront les maîtres et empêcheront qu’il ne sorte un seul vaisseau de France. Cela&#13;
rompt et renverse toutes nos mesures. Je fais ce que je puis pour faire embarquer&#13;
dans ces deux premiers vaisseaux tout ce qui est prêt pour nous à La Rochelle,&#13;
mais je ne sais encore ce qui se fera. J’ai cru même devoir vous parler dans cette&#13;
lettre de nos affaires et vous mander l’état où elles sont, quoique j’eusse résolu de&#13;
n’en rien écrire que dans ma lettre commune. J’ai chargé le P. Raffeix de cette lettre&#13;
sous l’enveloppe du P. Bruyas. J’ai mis de plus, dans la boîte des pères jésuites,&#13;
sous la même adresse, des lettres particulières pour Mgr l’Ancien, pour&#13;
M. de Bernières, pour M. des Maizerets. Je n’ai point encore pu écrire à M. Dupré,&#13;
à M. Martin, ni à plusieurs autres de nos Messieurs. J’espérais, après mes lettres&#13;
particulières, faire un duplicata de ma lettre commune et l’envoyer par deux&#13;
vaisseaux différents. [Si] je n’aurai pas le temps de le faire par ces premiers&#13;
vaisseaux-ci, ce sera par les derniers. J’ai dessein seulement de vous marquer en&#13;
peu de paroles dans cette lettre la situation où sont les affaires et j’adresserai&#13;
vendredi cette lettre au P. Bigot, sous adresse ordinaire, pour le prier de placer&#13;
cette lettre en sûreté dans le vaisseau où le P. Raffeix ne passera pas, afin que vous&#13;
puissiez être informé par tous les deux vaisseaux de ce qui s’est ici passé.&#13;
Je vous ai déjà écrit, dans la manière que vous seul pouvez lire, par le vaisseau qui&#13;
est parti pour l’Acadie. J’adresse cette lettre à M. Hazeur. Vous aurez la bonté de&#13;
me marquer si vous l’avez reçue. Je crois avoir reçu toutes vos lettres et tous vos&#13;
papiers. Ils m’ont été rendus de tous côtés en bon ordre. Je crains seulement que&#13;
quelques lettres de Mgr l’Ancien ne soient perdues. Je vois aussi par les vôtres que&#13;
vous reçûtes l’an passé toutes celles que je vous écrivis, car je n’avais point fait de&#13;
duplicata d’aucune de mes lettres, mais je comptais que ma lettre commune&#13;
servirait de duplicata à toutes les autres.&#13;
Dieu, qui veille si particulièrement sur l’Église du Canada, a disposé le cœur du&#13;
roi à remédier aux troubles et aux dissensions qui s’y sont excités. Il a reconnu&#13;
d’où elles procédaient et il est convaincu que le seul moyen de les faire cesser est&#13;
de rappeler Mgr de Québec. De vous dire comment le roi s’est trouvé si bien&#13;
disposé, je n’en sais rien. J’aime mieux même ne le savoir pas que de le savoir, afin&#13;
d’en avoir pour Dieu seul toute la reconnaissance, que je craindrais de partager&#13;
&#13;
�avec les créatures, « prope est Dominus omnibus invocantibus eum, voluntatem&#13;
timentium se faciet10, » etc., « cor regis in manu eius est, quocumque voluerit inclinabit&#13;
illud11 », voilà ce qu’opère la souffrance bien portée. M. le marquis de Denonville&#13;
pourra peut-être vous expliquer comment cela s’est fait. Je l’appris peu après nos&#13;
dernières lettres reçues. Ce fut dans l’octave de l’Épiphanie, temps, comme vous&#13;
savez, consacré à la manifestation des grandeurs du saint Enfant-Jésus. M. l’abbé&#13;
de Brisacier me lut un article de la lettre de Mme de Maintenon, qui lui marquait&#13;
la disposition favorable du roi à cet égard. Le P. de La Chaize et M. le marquis&#13;
de Denonville le lui confirmèrent peu après et M. l’archevêque de Paris le leur fit&#13;
encore plus particulièrement connaître peu de jours après.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’ordonna de garder un silence profond de tout ceci ; ce qui&#13;
m’a empêché d’en parler même avec les pères jésuites. Je ne doute point que&#13;
M. de Denonville ne les en ait informés. Cependant, nous ne nous en sommes&#13;
point les un ni les autres ouverts ensemble. Nous avons obligation à tous ceux&#13;
presque qui sont passés en France, qui tous ont parlé du Séminaire&#13;
avantageusement. Les séculiers se sont bien aperçus que Monseigneur n’était pas&#13;
bien en Cour. Ils jugent bien même que s’il était en France, il ne retournerait pas&#13;
en Canada et qu’on tâcherait de lui donner un autre évêché ; mais je ne crois pas&#13;
qu’aucun sache les intentions du roi. Ils ne manqueront pas de parler ainsi en&#13;
Canada. Vous devez vous tenir dans une grande réserve à cet égard et ne pas faire&#13;
paraître en aucune manière savoir de France rien qui approche de ces choses.&#13;
On ne sait pas encore quelles mesures le roi prendra pour faire réussir la chose. Le&#13;
P. de La Chaize dit à nos Messieurs qu’il ne savait si le roi le retiendrait en France&#13;
sans lui ôter son évêché et en laisserait le gouvernement à Mgr l’Ancien, ou&#13;
Monseigneur le ferait gouverner par des grands-vicaires, ou si Sa Majesté lui&#13;
donnerait un autre évêché, ou enfin si on lui donnerait quelque abbaye pour vivre&#13;
en France et lui, se démettrait de son évêché entre les mains du roi, qui y&#13;
pourvoirait. Le P. de La Chaize est persuadé que si le roi est dans le dessein de&#13;
nous donner un autre évêque, il faut que nos Messieurs jettent les yeux sur une&#13;
« Il est proche de tous ceux qui l’invoquent, de ceux qui l’invoquent en vérité. Il répond au désir de ceux&#13;
qui le craignent. » (Psaumes 144:18-19)&#13;
11&#13;
« Le Seigneur dispose du cœur d’un roi comme d’un canal d’irrigation, il le dirige où il veut. »&#13;
(Proverbes 21:1)&#13;
10&#13;
&#13;
�personne qui puisse d’un côté prétendre à remplir ce poste et qu’on puisse d’un&#13;
autre côté espérer qu’il entrera dans l’esprit de notre Séminaire autant que&#13;
Monseigneur s’en est éloigné. Il leur a lui-même suggéré M. l’abbé Brunet, frère&#13;
du grand Brunet, garde du Trésor royal, qui est ami intime de nos Messieurs et&#13;
qui, comme je le crois, serait bien propre à remplir un tel poste. C’est une personne&#13;
bien unie à Dieu, d’une douceur d’ange, d’une simplicité d’enfant, bien détaché&#13;
des biens de ce monde, qui passe les jours aux pieds d’un crucifix ou dans&#13;
plusieurs autres bonnes œuvres ; ce n’est point un esprit hautain remuant ; et il est&#13;
pacifique, il écoute conseil ; en un mot, il me semble que le Canada serait trop&#13;
heureux s’il avait un tel évêque ; il a de la science, il est docteur de [La] Sorbonne,&#13;
il prêche avec beaucoup d’onction. Vous trouverez dans nos ballots un petit livre&#13;
en parchemin pour l’instruction des confesseurs qu’il fit imprimer l’an passé pour&#13;
le faire distribuer par nos Messieurs dans leurs missions de France aux curés des&#13;
campagnes. Il a autant d’éloignement pour les grandeurs que son frère, qui occupe&#13;
une charge qui lui coûte 800 000 livres et qui le rend considérable auprès de tout&#13;
ce qu’il y a de grand à la Cour, a d’empressement de le voir élevé aux prélatures.&#13;
Il accepterait volontiers un évêché de Canada, à quoi l’on prévoit que son frère&#13;
s’opposerait fortement. Nos Messieurs s’en sont ouverts à lui, en cas que les choses&#13;
tournassent comme il faut. Je prie de bien recommander cette affaire à Dieu. Je ne&#13;
cesse de le faire de mon côté.&#13;
On s’attend que Monseigneur ne manquera pas de crier fort haut l’année&#13;
prochaine et de se plaindre, surtout de M. l’abbé de Brisacier. Il lui a écrit cette&#13;
année que tout le monde voyait bien en Canada qu’il se moquait de lui par la&#13;
nomination qu’il avait faite des officiers du Séminaire, que le gouvernement n’y&#13;
était nullement changé et qu’il chercherait sans s’adresser à lui les remèdes aux&#13;
grands maux que cause la division dans son Église. On craint bien davantage qu’il&#13;
ne se cantonne en Canada et que sentant qu’on n’est pas bien disposé pour lui à la&#13;
Cour, il ne prenne la résolution de rester dans son évêché ; ce qui embarrasserait&#13;
fort, car je ne sais si le roi voudrait l’en faire sortir par quelque voie violente. Il est&#13;
assez difficile d’avoir prise sur lui, étant de bonnes mœurs et ne pêchant que dans&#13;
la conduite et le gouvernement de son Église.&#13;
&#13;
�Le roi a résolu, pour l’obliger de revenir, de ne rien régler jusqu’à son retour en&#13;
France et M. l’archevêque et le P. de La Chaize l’ont dit à M. de La Pallière et à&#13;
nous. On a pris le prétexte qu’il le demandait lui-même et je le mande à nos&#13;
missionnaires en Canada. M. l’archevêque, qui avait paru toujours beaucoup plus&#13;
porté pour Monseigneur que pour nous, pour soutenir la dignité épiscopale, n’a&#13;
pas fait paraître cette année la même chose. Cependant, Monseigneur lui avait écrit&#13;
des lettres de confidences, des mémoires secrets et que M. l’archevêque a tous fait&#13;
lire à nos Messieurs, dans lesquels il nous accuse d’être jésuites. Il dit que vous&#13;
vous vantez de ne rien craindre, parce que vous avez le P. de La Chaize pour vous&#13;
et il n’a pas été difficile à ce prélat de découvrir tout l’artifice de ces lettres. Elles&#13;
n’ont servi qu’à un bien, qui est de lui faire connaître le caractère d’esprit de&#13;
Monseigneur, qui tâche à mettre la division partout, voulant la mettre par ces&#13;
lettres entre M. l’archevêque et le P. de La Chaize.&#13;
Ce prélat a fait paraître à nos Messieurs une affection extraordinaire. Je l’avertis à&#13;
l’arrivée de M. de Merlac à Paris. Il le fit avertir aussitôt de le venir voir, il lui&#13;
défendit de distribuer les lettres de Monseigneur, il ne voulut pas demander au&#13;
roi, comme M. de Merlac l’en priait de la part de Monseigneur, que Sa Grandeur&#13;
pût vous ramener en France avec lui l’année prochaine pour pouvoir dire vos&#13;
raisons ; ce que nous aperçûmes bien être la cause du retardement de son voyage&#13;
pour une année. Au contraire, il parla au roi fort avantageusement pour nous. Il&#13;
pria, dit-il, le roi de ne point donner d’évêché à Monseigneur en France, que c’était&#13;
un esprit dangereux, qu’il pourrait remuer dans les assemblés et qu’il ne le croyait&#13;
pas capable de conduire dKh3Ldph12. Il apporta à nos Messieurs la favorable&#13;
disposition du roi et nous ne doutons point qu’elle n’ait opéré en lui le grand&#13;
changement dans lequel il nous parut être à notre égard. Vous auriez dû écrire une&#13;
lettre à ce prélat et une au P. de La Chaize, et Mgr l’Ancien autant, pour leur&#13;
recommander vos affaires, avec un petit mémoire, le plus abrégé que faire se&#13;
pourrait, de vos différends. Vous aurez la bonté de le faire l’année prochaine, sans&#13;
rien faire paraître de ce que je vous mande ici.&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Nous n’avons pas le code chiffré utilisé par Tremblay et Glandelet.&#13;
&#13;
�M. de Merlac a été fort surpris de ce que tous les esprits n’étaient guère disposés à&#13;
entrer dans ses vues et celles de Monseigneur. Il a voulu passer pour une personne&#13;
qui n’avait point d’intérêt dans toute cette affaire et qui a toujours tâché d’être le&#13;
médiateur de la paix entre les uns et les autres, mais il a trouvé qu’on ne le&#13;
regardait pas ici comme tel et M. de La Pallière lui-même lui a dit qu’il avait bien&#13;
mal fait de jeter Monseigneur dans tous les embarras où il est présentement.&#13;
M. de La Pallière le connaissait déjà dès son premier voyage. Il a eu quelque sujet&#13;
de le soupçonner de nouvelle doctrine, à cause de ses habitudes avec une personne&#13;
qui est sortie de l’Oratoire pour ce sujet13. Je vous prie de garder ceci dans le&#13;
silence. Il a reconnu dans ce bon Monsieur quelque défaut de prudence en&#13;
plusieurs occasions. Il vint dans son dernier voyage demander, à l’insu de&#13;
Monseigneur et de M. de La Pallière, à la supérieure de la Visitation, dont il est le&#13;
directeur, lui demander de dire ses messes pour la rétribution. Il a fait paraître un&#13;
empressement extraordinaire pour obliger Monseigneur à lui procurer sa pension.&#13;
Depuis qu’il est arrivé dans ce dernier voyage, il a décacheté à La Rochelle toutes&#13;
les lettres de M. de La Pallière, lui en a envoyé quelques-unes et en a gardé les&#13;
autres. Il a demandé à venir loger au Séminaire et il y venait descendre en quittant&#13;
le messager si je ne fusse allé au-devant le prier de nous en dispenser, en lui&#13;
alléguant que nous n’avions pas de logement commode pour lui. Il n’a pas laissé&#13;
plusieurs fois de solliciter depuis nos supérieurs de le laisser venir demeurer au&#13;
Séminaire, mais on n’a garde de l’y recevoir, car cela pourrait peut-être attirer&#13;
Monseigneur à son retour et on veut tâcher d’empêcher qu’il n’y vienne pas&#13;
descendre pour l’empêcher de faire davantage à nos Messieurs le compliment :&#13;
« Vous n’êtes pas digne de l’honneur que je vous fais de demeurer dans votre&#13;
Séminaire. ».&#13;
M. de La Pallière nous a dit plusieurs fois qu’il était nécessaire d’empêcher mondit&#13;
sieur de Merlac de retourner en Canada. Je souhaite que cela soit.&#13;
Nous vivons avec une grande union avec mondit sieur de La Pallière.&#13;
Monseigneur l’a effectivement soupçonné de ne soutenir pas ses intérêts assez&#13;
vigoureusement. On ne peut cependant y apporter plus de soin et d’application. Il&#13;
&#13;
Mgr Étienne Le Camus, évêque de Grenoble, fut un ardent réformiste et servit d’intermédiaire entre Rome&#13;
et le roi dans l’affaire de la Régale en 1682.&#13;
13&#13;
&#13;
�nous a paru aller droit ; il cherche le bien, à la vérité, comme il est chargé des&#13;
affaires de Monseigneur ; il croit qu’il est de son devoir d’en soutenir les intérêts ;&#13;
et j’aurais plus sujet de me plaindre qu’il les soutient trop fortement que&#13;
Monseigneur qu’il ne les soutient pas assez. Je lui ai donné votre lettre, après&#13;
l’avoir fait lire à M. l’abbé Milon et aux PP. Bigot et de Lamberville, qui la&#13;
trouvèrent bonne. Je lui donnai même toutes les pièces concernant le procès du&#13;
chapitre. Il les trouva en bonne forme ; cependant, il prétendit qu’à la vérité&#13;
M. de Merlac n’avait pas eu raison de demander ce qui est couché dans sa requête&#13;
et que Monseigneur aurait dû observer les formalités de justice, mais qu’aussi vous&#13;
n’auriez pas dû en appeler comme d’abus, qu’un appel comme d’abus sonne&#13;
toujours très mal, que vous auriez pu arrêter la chose par une autre voie et&#13;
plusieurs autres choses qu’il ajouta à ce sujet. Il ne savait aussi que croire de ce que&#13;
vous marquez dans le journal du chapitre ou de ce que racontait M. de Merlac et&#13;
lui mandait Monseigneur de la manière dont les choses se sont passées dans le&#13;
chapitre. Votre lettre n’a fait aucun mal. Elle a fait du bien, au contraire, et comme&#13;
je ne doute pas qu’il ne vous écrive, je vous prie aussi de ne pas manquer de lui&#13;
écrire.&#13;
Nous n’avons point eu cette année ni lui ni nous à discuter les affaires devant les&#13;
commissaires. Ils ne se sont pas assemblés une seule fois sur ce sujet. Après la lettre&#13;
commune écrite que j’ai donnée au P. Raffeix, M. l’abbé de Brisacier étant allé&#13;
trouver M. l’archevêque à Versailles et ne l’ayant pas trouvé, lui laissa une lettre&#13;
dans laquelle il le priait :&#13;
1° que le P. de La Chaize étant suspect à Mgr de Québec pour lui&#13;
porter la parole au roi (parce que Monseigneur a écrit au&#13;
P. de La Chaize qu’il l’informait mal des sentiments que le roi avait&#13;
de sa conduite, que Sa Révérence écrivait que le roi n’en était pas&#13;
content et que cependant M. de Pontchartrain lui écrivait le&#13;
contraire), on suppliait Sa Grandeur de vouloir lui-même prendre&#13;
les ordres du roi pour écrire à Mgr de Québec de sa part ; c’était faire&#13;
plaisir à M. l’archevêque et à nous de lui donner une pareille&#13;
commission ; tout ce qui donne occasion à ces grands seigneurs&#13;
d’entretenir le roi leur est fort agréable ;&#13;
&#13;
�2° que Sa Grandeur voulût savoir du roi si ce n’était pas l’intention&#13;
de Sa Majesté que Monseigneur revint cette année en France sans&#13;
différer pour régler tous les différends ;&#13;
3° si Sa Majesté ne jugeait pas nécessaire que nos Messieurs&#13;
revinssent avec lui pour dire leurs raisons, s’offrant de les dire par&#13;
écrit dans leurs lettres et de bouche par les personnes qui font leurs&#13;
affaires en France et d’en passer par tout ce que les commissaires&#13;
auront réglé ;&#13;
4° si ce n’était pas l’intention de Sa Majesté que Monseigneur laissât&#13;
toucher ce qui vous est dû pour 94 des charges indispensables et&#13;
que pour l’avenir, l’argent restât entre les mains de l’agent de la&#13;
Compagnie jusqu’à ce que tout eût été réglé entre Monseigneur et&#13;
son Séminaire.&#13;
Du 15e avril 1694,&#13;
M. l’archevêque entretint le roi de toutes ces choses, qui le chargea de les écrire à&#13;
Mgr de Québec. J’en suis allé hier faire ressouvenir Mgr de Paris. Il m’a ordonné de&#13;
revenir le lendemain pour l’en mieux faire souvenir. J’y dois aller demain matin et&#13;
le dois prier de nous faire deux lettres, afin de les envoyer par deux différentes&#13;
voies. Voilà donc tout ce qui s’est fait cette année à ce sujet. M. l’archevêque doit&#13;
écrit à Monseigneur :&#13;
[1°] que le roi juge expédient, et même nécessaire, qu’il fasse cette&#13;
année sans différer un voyage en France pour régler et terminer&#13;
toutes les brouilleries de son Église ;&#13;
2° que Sa Majesté ne juge pas nécessaire, au contraire, croit inutile&#13;
que ces MM. du Séminaire reviennent avec lui ;&#13;
3° qu’il doit laisser toucher ce qui vous est dû pour l’année 94 des&#13;
charges indispensables sur votre simple quittance et que pour les&#13;
&#13;
�années suivantes, on réglera les choses s’il y trouve quelque&#13;
difficulté après son retour.&#13;
J’avais, dans le mémoire que je présentai à M. de Brisacier pour le faire souvenir&#13;
de demander ces choses, ajouté quelques autres articles, entre autres que&#13;
Monseigneur eût à lever l’interdit qu’il a porté contre vous ; mais M. de Brisacier&#13;
ne jugea par en devoir rien dire, parce qu’il savait que le roi ne se mêlerait point&#13;
de ce qui touche la juridiction épiscopale. Il me dit ensuite qu’il valait mieux, si&#13;
Monseigneur le voulait, que vous le fussiez encore un an, que le diocèse, à la vérité,&#13;
en pâtirait, mais qu’aussi cela ferait plus de tort à Monseigneur qu’à vous.&#13;
Si je tire ces deux lettres de Mgr l’archevêque, je vous les enverrai par deux voies,&#13;
les adressant au P. Bigot pour le prier de les mettre dans les deux navires qui vont&#13;
en Canada. On n’a pas voulu que nous envoyassions notre résignation de&#13;
M. Dupré en Cour de Rome. Tout est suspendu jusqu’au retour de Monseigneur.&#13;
Si on juge que l’on doive achever cette résignation, il faudra envoyer une nouvelle&#13;
procuration.&#13;
Il nous faut envoyer aussi une autre procuration du chapitre : celle de cette année&#13;
ne vaut rien. Il faut qu’elle soit signée du plus grand nombre de chanoines qu’il&#13;
est possible. Il serait bon aussi de mettre M. Tiberge et M. l’abbé de Brisacier pour&#13;
procureurs, afin que s’il arrivait un accident à un, l’autre pût toujours agir. Le&#13;
premier s’appelle Louis et le deuxième, Jacques-Charles. Le premier est l’abbé&#13;
d’[espace blanc14] et le second de Flabémont. M. Tiberge est depuis trois mois notre&#13;
supérieur et M. l’abbé de Brisacier, assistant. C’est sur eux que roule tout le&#13;
Séminaire. M. Sevin n’est guère en état d’agir. Le Séminaire continue depuis&#13;
longtemps à n’aller pas trop bien. Nos supérieurs sont chargés de tant d’autres&#13;
affaires que le Séminaire en paraît le moindre ou celle qui les occupe le moins. À&#13;
l’occasion des procurations, je crois que vous devez nous en envoyer une au nom&#13;
du Séminaire, la plus générale que faire se pourra. Nous n’en avons point et on ne&#13;
peut agir pour vous que comme se faisant fort. Mgr l’Ancien aura aussi la bonté de&#13;
nous en envoyer une nouvelle pour lui conjointement et de ne pas oublier son&#13;
certificat de vie. Je prie aussi M. Dupré d’en envoyer une pour affermer et recevoir&#13;
14&#13;
&#13;
Il était l’abbé commendataire d’Andrès.&#13;
&#13;
�les revenus de son prieuré. Le bail finit à la fin de cette année. Il y a deux ans que&#13;
nous n’en avons rien touché.&#13;
Nous fûmes payés l’an passé de la pension de Mgr l’Ancien sur Mgr d’Aire.&#13;
M. de Brisacier la reçut pour se rembourser des avances qu’il a faites. Pour nous,&#13;
je ne sais pas combien nous lui sommes encore redevables. Pour la pension de&#13;
Monseigneur de 2 000 livres sur le Trésor royal, nous n’en avons rien touché&#13;
depuis deux ans et il y a apparence que nous n’en toucherons rien tant que la&#13;
guerre durera. Les ministres d’État et les maréchaux de France ne touchent pas les&#13;
leurs. On aura peine à croire en Canada jusqu’où va la misère de la France,&#13;
combien l’argent y est rare, le pain et toutes les choses qui se consument. On dit&#13;
que nos ennemis ne souffrent pas moins que nous. Cependant, on ne les voit guère&#13;
s’approcher des voies d’accommodement et de paix. Le roi y paraît fort porté ; nos&#13;
ennemis l’attribuent à faiblesse et s’en tiennent plus fiers. Ils devraient cependant&#13;
avoir déjà appris, par leur expérience funeste, que le roi n’est pas d’humeur à plier&#13;
et à recevoir la loi d’eux. Dieu même semble ne le pas vouloir. Dans le temps qu’Il&#13;
nous accable de misère au-dedans, il rend au-dehors le roi triomphant de tous ses&#13;
ennemis. Il bénit la cause juste et sainte de la guerre du roi et châtie au-dedans nos&#13;
péchés avec beaucoup de bonté.&#13;
Nous sommes réconciliés avec le Saint-Siège depuis cinq mois. Nos évêques sont&#13;
nommés, qui avaient assisté à l’Assemblée de 82, ont écrit au Saint-Père qu’ils&#13;
avaient de la douleur de ce qui s’était passé dans cette assemblée contre la&#13;
discipline ecclésiastique et qu’ils se regardaient comme une chose de nulle&#13;
autorité. Tous ensuite ont eu leurs bulles et ont été sacrés.&#13;
Le roi a nommé à l’évêché de [Saint-Bertrand de] Comminges, M. de Brisay, frère&#13;
de M. de Denonville ; M. l’abbé Milon à l’évêché de Condom ; M. l’abbé de La&#13;
Frèrelière à l’évêché de La Rochelle, l’ancien étant mort ; il a donné l’abbaye de&#13;
Val-Richer à M. l’abbé de Camilly, beau-frère de M. de Vaubenard, et l’a choisi&#13;
pour être grand-vicaire de M. le cardinal Fürstenberg, à Strasbourg, à la place de&#13;
M. de La Frèrelière qui l’était. C’est un pas pour aller à l’évêché. Il demeure depuis&#13;
plus d’un an au Séminaire.&#13;
&#13;
�L’édit pour la taxe des bois est révoqué ; cela a été converti en une somme pour le&#13;
don gratuit, qui n’empêchera pas ce qu’on doit lever en l’Assemblée l’année&#13;
prochaine pour ce même don.&#13;
Nous sommes en dette de 12 600 livres à M. Grignon ; de 500 livres à M. Rotrou ;&#13;
550 livres pour lever le décret d’union des bénéfices simples de Méobecq au&#13;
Séminaire ; de 200 livres à M. Carnot ; et de plusieurs autres petites dettes, sans ce&#13;
que nous devons à Mgr l’Ancien. Je ne vois à toucher cette année que 2 000 livres&#13;
pour les prêtres usés, 1 800 livres de M. d’Aire et 400 ou 500 livres d’autre part.&#13;
J’espère aussi depuis quelque temps toucher une somme de 1 800 livres de la&#13;
succession de M. Dudouyt, à quoi il a fallu nous réduire de 3 000 livres qui nous&#13;
sont dues en principal, sans les arrérages. Cette somme nous fera du bien, si elle&#13;
nous vient. J’en attends des nouvelles depuis quelques jours.&#13;
Sur ces sommes, j’ai demandé à M. Grignon de nous accomplir une facture, qui ira&#13;
à plus de 2 500 livres et près de 3 000 livres avec les frais, d’employer plus de&#13;
300 livres en étoffes pour les charités de Mgr l’Ancien et je vous envoie une facture&#13;
de Paris qui monte à 2 450 livres sans 400 livres de toiles, moitié de coton, qui est&#13;
dans ces ballots, que je ne compte point, parce que je ne l’ai pas encore payée. Je&#13;
ne puis vous envoyer un état au juste de mes comptes que dans les derniers&#13;
vaisseaux. J’ai pris toutes choses à Paris à crédit, mais il faut présentement trouver&#13;
de l’argent et c’est ce qui m’embarrasse, car je ne sais d’où en tirer. M. Grignon, de&#13;
son côté, me presse fort. Je tâche à le payer en bonnes paroles, ne pouvant lui&#13;
donner d’argent, mais vous savez que cette monnaie n’est pas toujours bien reçue.&#13;
Il faut que nos Messieurs fassent tous les efforts pour trouver de l’argent pour&#13;
mondit sieur Grignon, car ils en trouvent plutôt à Québec qu’à Paris, où j’ai fait&#13;
mes efforts inutilement pour trouver à emprunter.&#13;
Nous avons entré depuis quelque temps en jouissance du prieuré de SaintSébastien, affermé [à] 500 livres, et qui nous vaudra toujours 400 livres nettes. Le&#13;
titulaire est mort, on me l’a conféré. En attendant que l’union soit consommée,&#13;
nous travaillons présentement à enlever le décret. J’espère que dans peu nous&#13;
l’aurons. Je ferai cet été un tour en ces quartiers pour mettre tous ces prieurés, qui&#13;
sont celui de Bénévent, affermé [à] 725 livres, celui de Saint-Sébastien 500, et celui&#13;
&#13;
�de Parçay 800 livres, en bon état. On me mande tous les jours qu’il y a des&#13;
réparations à des chaussés de moulins à y faire. Il faut en renouveler les baux. On&#13;
m’en offre déjà quelque augmentation sur un chacun. J’ai de plus à faire en ces&#13;
quartiers à cause des 2 000 livres qui sont dues à Mgr l’Ancien par les héritiers d’un&#13;
fermier de Méobecq nommée Galpy. Tout cela mérite bien qu’on aille y faire un&#13;
tour. Nous faisons 300 livres de pension sur celui de Bénévent à M. Gaultier.&#13;
Comme je n’ai point encore répondu à plusieurs choses qui sont répandues dans&#13;
vos lettres, je vais le faire présentement le plus succinctement que je pourrai.&#13;
Je ne sais si je vous ai déjà écrit dans cette lettre que M. l’archevêque a cru que vous&#13;
n’eussiez pas dû appeler comme d’abus à un tribunal séculier de l’ordonnance de&#13;
Monseigneur. Cela n’est pas, dit-il, édifiant dans une nouvelle Église. La cause de&#13;
plus est purement ecclésiastique et il a cru qu’un appel simple eût été suffisant&#13;
pour arrêter l’effet de l’ordonnance de Monseigneur. Je ne sais ce qu’il voulait dire&#13;
par « l’appel simple » et je ne pus me le faire expliquer.&#13;
L’on a été convaincu, tant par le rapport de M. Fredin de la part de M. l’intendant&#13;
que par la lettre de M. d’Auteuil à M. de Brisacier, qui était fort bien faite, qu’il n’y&#13;
avait point eu d’arbitrage. Il sera bon de tâcher d’avoir encore cette année de&#13;
bonnes attestations comme celles-là et d’autres pour les faits qui seront contestés.&#13;
Cela fait de bons effets. On ne s’en servira que d’une manière à ne point faite de&#13;
tort aux personnes qui les donneront. M. de Brisacier eût désiré savoir en quoi il&#13;
eut pu obliger M. d’Auteuil. Il l’aurait fait volontiers. Je crois qu’il lui écrira, mais&#13;
ce ne sera que par les derniers vaisseaux, car quelque soin que j’aie pris de l’en&#13;
avertir, il n’a pu trouver du temps pour écrire par les premiers. J’avais envoyé à&#13;
M. Hazeur une liasse de papiers qu’une personne, à qui j’ai de l’obligation à cause&#13;
de sa famille, m’avait prié d’adresser à quelqu’un en Canada pour susciter un&#13;
procès de conséquence à M. d’Auteuil. M. Hazeur n’a pas voulu se mêler de cette&#13;
affaire, par considération pour M. d’Auteuil. Il m’a fait plaisir et je lui mande de&#13;
me renvoyer les papiers.&#13;
&#13;
�J’ai parlé à M. l’abbé de Brisacier de l’acte de démission de l’emplacement de la&#13;
chapelle succursale dont vous me parlez comme de la pièce la plus forte pour&#13;
obtenir les lettres patentes. M. de Brisacier croit qu’en rigueur, cela ne servirait à&#13;
rien et que sans un secours extraordinaire, comme celui qu’on espère nous donner,&#13;
nous aurions peine à maintenir cette union. Il faut encore espérer qu’on pourra&#13;
dans la suite mieux établir les choses. On n’a pas parlé de ceci en aucune manière.&#13;
Vous m’attribuez l’estimation qui fut faite du revenu de la cure de Québec et elle&#13;
se fit sans moi dans la chambre de M. l’archevêque. Je ne sus que deux jours après&#13;
et il n’était plus temps d’y remédier.&#13;
J’ai vu plusieurs fois M. Fredin, mais pas si souvent que j’eusse voulu, à cause de&#13;
ses affaires et des miennes. C’est un bon ami. Je lui ai promis de le charger de nos&#13;
lettres. Si je ne le fais pas, ce ne sera pas par manque de confiance ; je l’ai tout&#13;
entière en lui. Il vous dira la disposition de la Cour à l’égard du Canada et ce qu’on&#13;
y pense de Monseigneur, car il sait mieux l’air de ces bureaux que moi qui, Dieu&#13;
merci, n’y ai pas mis le pied. C’est ce qui me console dans vos affaires de n’être&#13;
pas obligé de me communiquer beaucoup au-dehors.&#13;
M. de Frontenac a mandé à M. de Brisacier que vous n’aviez pas voulu vous&#13;
soumettre à l’arbitrage que vous aviez choisi ; que par là vous vous étiez engagés&#13;
dans un mauvais pas, dont vous ne sauriez présentement comment vous retirer ;&#13;
qu’il en est fâché pour vous, mais qu’il est plus fâché de la division qui déchire&#13;
l’Église ; que tout le monde sait combien la paix est à désirer dans la colonie et on&#13;
n’a d’égard à ses lettres qu’autant que le demande son rang. Ce qu’il a écrit en&#13;
Cour n’a pas fait beaucoup d’impressions. Je prie Dieu de le combler de ses plus&#13;
spéciales grâces pour la part qu’il prend à nos afflictions.&#13;
M. Dupré a très sagement fait de faire sa résignation en Cour de Rome.&#13;
M. de Brisacier avait exprès mis ce terme, car je lui fis remarquer qu’en prenant&#13;
une autre voie, on s’exposait à quelque danger de perdre la cure.&#13;
Vous verrez, par la lettre que je vous écris par l’Acadie, si j’écris bien en chiffres.&#13;
J’ai tâché à y observer ce que vous me prescriviez.&#13;
&#13;
�J’ai oublié à vous marquer que nous avions bien reçu toutes les lettres de la&#13;
personne que je ne nomme point15, qui ont été exactement rendues, jusqu’à la&#13;
dernière. Nous avons gardé un silence profond à son égard, jusqu’à n’en pas parler&#13;
aux meilleurs amis, excepté ceux à qui il écrit et aux pères jésuites. Cependant, je&#13;
crains qu’on n’ait quelque soupçon de ses lettres. M. de La Pallière un jour tâcha&#13;
en bien des manières de me sonder à son sujet, mais je me tins bien sur mes gardes.&#13;
Cela me fit craindre qu’il n’en eût quelque connaissance. Il serait bien à souhaiter&#13;
que cette personne aussi bien que phghdKhuyzhuLkfgtka4d7hkfdkg72d7hugk2gyh.&#13;
Cela ferait bien, ce me semble. Je le demande bien au bon Dieu.&#13;
Je crains que Monseigneur n’ait remué cet hiver avant sont départ pour établir un&#13;
curé à la basse-ville. Je souhaite que mes pressentiments soient faux. Je ne sais&#13;
comment on pourra empêcher ici la prétention des marguilliers de nommer les&#13;
enfants de chœur. Vous le pouvez faire bien plus aisément sur les lieux en&#13;
demandant que si on en veut la nomination, on en fasse toute la dépense et la&#13;
dépense de tous ceux qui contribuent à la décence du service divin.&#13;
Il est nécessaire de m’envoyer l’année prochaine un mémoire le plus exact que&#13;
faire se pourra de ce qui regarde les chapelles, du nombre que M gr l’Ancien en a&#13;
laissé, de la manière dont Mgr de Québec a voulu qu’il les lui cédât et il est bon&#13;
aussi de remarquer, autant que l’on le pourra, sans que cela paraisse, si ces&#13;
chapelles subsistent encore et si elles sont dans les missions. Toutes ces choses&#13;
peuvent servir en leur temps.&#13;
Je vous prie aussi de m’envoyer des mémoires exacts et les plus concis que faire se&#13;
pourra de tout ce que peut devoir Monseigneur, tant passé que du présent, tant au&#13;
Séminaire qu’au chapitre, des sommes qu’il a payées aux uns et aux autres, des&#13;
ornements qu’il a donnés à la paroisse, des sommes qu’il s’en est fait payer, de ce&#13;
qu’il a payé à MM. Soumande et Gaultier sur leur part du revenu du chapitre. Il&#13;
faut tâcher de n’y rien oublier, quelque ancien qu’il soit. Il faudrait faire un&#13;
mémoire fort abrégé et ensuite un plus étendu qui entrât dans le détail des choses.&#13;
&#13;
L’abbé de La Colombière, grand-chantre du chapitre de Québec, écrivit au sujet du caractère de Mgr de&#13;
Saint-Vallier.&#13;
15&#13;
&#13;
�Je vous ai aussi demandé, par mes lettres précédentes, une copie collationnée du&#13;
règlement et compte arrêté entre Mgr de Québec et le Séminaire par M. l’abbé&#13;
de Choisy, M. de Brisacier stipulant pour le Séminaire. M. de Brisacier vous en&#13;
envoya un original il y a deux ans. Je ne sais si c’est cet original ou une copie que&#13;
je copiai il y a deux ans en revenant en France. Il m’est venu en pensée depuis&#13;
quelques jours que vous n’en aviez qu’une copie et que l’original en avait été&#13;
perdu avec les lettres de M. de Brisacier il y a deux ans. Cela serait fâcheux ;&#13;
cependant, on pourrait toujours revenir à compte.&#13;
Je vous prie de demander pour moi à Mgr l’Ancien de m’envoyer une copie du&#13;
compte que M. de Brisacier vous a envoyé l’année dernière. Je n’ai su que par vos&#13;
lettres le changement de supérieur des Jésuites. J’ai revu du P. Dablon une lettre&#13;
tout à fait obligeante à votre sujet. Il a écrit aussi avantageusement pour vous à&#13;
M. de Brisacier et au P. de La Chaize. Dans sa lettre au P. de La Chaize, il rend de&#13;
M. Dupré un tout autre témoignage que Monseigneur n’en avait rendu. Je sais que&#13;
le P. Bruyas a aussi écrit pour vous. Vous voyez que rien ne m’en convainc&#13;
davantage que l’union qui est entre vous et nous est à l’épreuve de tout ce qu’on a&#13;
fait pour la rompre et qu’elle n’est pas fondée sur l’intérêt et sur des considérations&#13;
humaines. Je vois que c’est une œuvre de Dieu. Quelques personnes en France me&#13;
demandaient si les pères jésuites ne poussaient point Monseigneur à tout ce qu’il&#13;
a fait pour s’emparer et se rendre maître du Séminaire. Je ne me suis pas aisément&#13;
ouvert à toutes sortes de gens à ce sujet, mais aux personnes à qui je ne devais rien&#13;
cacher, je leur ai bien fait voir que, par tout ce que ces pères écrivent, même au&#13;
P. de La Chaize, à l’avantage du Séminaire, et tout ce qu’ils font en Canada, ils sont&#13;
bien éloignés de ces sentiments. Les lettres de ces pères à M. de Brisacier sont tout&#13;
à fait obligeantes, surtout celle du P. Boutart. Il m’écrit de même aussi bien que le&#13;
P. Germain. J’ai tâché à entretenir ici la même union et je l’augmenterai plutôt que&#13;
de diminuer. Les pères ont bien des ennemis en France à cause de leur grande&#13;
autorité. Le parti des jansénistes s’augmente à tous les jours, la Morale pratique&#13;
accuse, à ce qu’on m’a dit, les Jésuites du Canada et les traite aussi mal que ceux&#13;
de la Chine. Je n’ai pu lire de livre pour vous en mieux informer. Vous pouvez le&#13;
savoir des Jésuites, qui passent cette année en assez bon nombre.&#13;
&#13;
�Du 16e avril,&#13;
J’allai hier chez l’archevêque quérir ses lettres pour Monseigneur, dont je vous en&#13;
envoie une par ce paquet, et j’adresse l’autre au P. Bigot pour le prier de vous la&#13;
rendre. Vous aviserez par qui il la faudra faire rendre à Monseigneur. Il serait bon,&#13;
ce me semble, de lui faire rendre celle qui est dans le paquet la première, et ce, par&#13;
M. Fredin. Vous en conférerez. Je ne vous dis rien davantage de ces lettres. Ce que&#13;
je vous en ai écrit vous en instruira assez. Il est nécessaire de garder à cet égard un&#13;
grand secret et quand Monseigneur contreviendrait à ce que lui a écrit&#13;
M. l’archevêque, il ne faudrait en rien faire paraître. J’ai dans la pensée qu’il faudra&#13;
à M. l’archevêque qu’il écrit à M. Dubois, qu’ayant parlé à Sa Majesté de vos&#13;
affaires, elle n’a pas jugé à propos que vous revinssiez, afin que M. de Brisacier&#13;
vous envoyant cette lettre, elle vous autorise pour empêcher votre renvoi, que je&#13;
ne crois pas cependant qu’on ose entreprendre après qu’on aura reçu ces lettres.&#13;
Si cela se peut faire, ce ne pourra être que dans les derniers vaisseaux.&#13;
M. de Brisacier n’est point ici depuis quelques jours et outre qu’il n’a pas le temps&#13;
d’écrire, il m’a dit qu’il n’écrirait point par cette voie exprès, m’ayant ordonné de&#13;
saluer de sa part Mgr l’Ancien, tous nos Messieurs, M. de La Colombière et les&#13;
PP. Bruyas et Dablon, aussi bien que M. l’intendant et M. d’Auteuil, à qui il espère&#13;
bien écrire.&#13;
Je ne vous ai, ce me semble, pas envoyé écrit que j’avais reçu vos lettres pour&#13;
M. de La Pallière ; qu’après l’avoir fait lire à M. l’abbé Milon et aux pères jésuites,&#13;
j’en ai donné l’original à M. de La Pallière et en ai gardé la copie. Cette lettre n’a&#13;
fait que du bien et vous ferez bien de continuer.&#13;
Je ne vous dis rien ici de M. Guyotte, vous en ayant parlé fort au long dans ma&#13;
lettre commune, et la chose ne méritant pas d’être relevée dans cette lettre. Il est&#13;
en son pays, d’où on n’entend point parler de lui en aucune manière. Je vois peu&#13;
de MM. de Saint-Sulpice pour savoir leurs sentiments sur nos affaires. Je n’ai su&#13;
que de M. Guyotte qu’ils n’approuvaient pas la conduite de Monseigneur. Je crois&#13;
qu’ils envoient cette année quelques ecclésiastiques ; je ne sais si c’est à&#13;
Monseigneur ou à son Séminaire. Vous ne devez pas appréhender l’établissement&#13;
&#13;
�d’une nouvelle communauté en Canada, si ce n’est celle de Saint-Sulpice à Québec.&#13;
Il serait facile d’empêcher les autres congrégations de s’y établir.&#13;
J’ai reçu la lettre de Mme Bourdon16 et M. de Brisacier m’a ordonné de la lire, mais&#13;
il n’en a pas eu le temps, non plus que toutes les autres lettres des missionnaires.&#13;
Je ne sais s’il y pourra faire réponse. Mme Bourdon a voulu par sa lettre rendre&#13;
témoignage à la vérité jusque sur le bord du tombeau. J’espère que Dieu la&#13;
récompensera de sa bonne volonté. Je vous prie de me recommander à ses prières&#13;
et toutes celles de la sainte Famille. Vous pouvez croire qu’on n’a pas manqué de&#13;
représenter ce qui se passe au sujet de cette dévotion. Mme de Maintenon a été&#13;
instruite de tout cela, M. l’archevêque, etc., mais il faut attendre le retour de&#13;
Monseigneur pour apporter quelque ordre à toutes ces choses.&#13;
J’ai dessein de vous envoyer un livre qui vient de paraître par les derniers&#13;
vaisseaux, dont voici le titre : Réponse à la lettre du théologien, défenseur de la comédie.&#13;
On en fait de l’estime. Les PP. Bourdaloue, La Rue, Chaussemer et tous les fameux&#13;
prédicateurs n’ont point hésité dans leurs sermons cette année de dire qu’il y avait&#13;
pêché mortel dans l’extrême misère où nous sommes d’assister à ces spectacles.&#13;
On a fort goûté en France votre désistement de poursuites aussitôt que le&#13;
règlement fut arrivé. Je crois que par les termes couchés en ce règlement, qui&#13;
renvoient les nouvelles affaires à régler en France, vous aurez trouvé moyen&#13;
d’éviter la discussion de plusieurs affaires que Monseigneur aura voulu résoudre&#13;
par M. le comte et M. de Champigny. Il sera bon d’avoir si vous pouvez des&#13;
attestations de M. de Champigny et d’autres personnes constituées en dignité de&#13;
votre fidélité à observer ce règlement en tous ses points.&#13;
Je vous envoie dans cette lettre, que j’ai résolu de faire servir de duplicata à ma&#13;
lettre commune, que j’ai donnée au P. Raffeix, et aux particulières que j’ai fait&#13;
mettre dans la caisse des Jésuites, une copie de la facture de cette année et une&#13;
copie du mémoire des papiers que j’ai trouvés dans plusieurs endroits du&#13;
Séminaire. Je ne vous dis rien sur ces papiers, vous renvoyant à ce que je vous en&#13;
ai dit dans ma lettre commune. Il faut examiner quels papiers vous voulez que je&#13;
16&#13;
&#13;
Anne Gasnier, 1611-1698, protectrice des Filles du Roi à Québec&#13;
&#13;
�vous envoie, originaux ou copies, quels papiers vous devez en envoyer. Ce sont,&#13;
ce me semble, des actes authentiques des possessions du Séminaire en Canada.&#13;
Cela ne presse point.&#13;
Si je ne savais que nos Messieurs ne désapprouveront pas que je vous écrire&#13;
comme à vous seul de nos affaires, étant persuadé que je leur écris en vous&#13;
écrivant, le gouvernement n’étant qu’un dans le Séminaire, je n’adresserais pas&#13;
cette lettre à vous seul, mais comme cela s’est fait par occasion et ayant commencé&#13;
à vous écrire et jugé à propos, puisqu’il fallait vous écrire par deux voies et&#13;
m’étendre par conséquent sur tout ce qu’il est bon que vous soyez informé, je crois&#13;
que nos Messieurs ne le trouveront pas mauvais. Vous ne devez point avoir égard&#13;
qu’il n’y ait pas sur l’enveloppe de mes lettres « Duplicata ». Cette lettre que je&#13;
vous écris est un vrai duplicata de ma lettre commune et des particulières et je&#13;
l’adresse au P. Bigot sous l’adresse ordinaire, afin qu’il la mette dans un vaisseau&#13;
où le P. Raffeix ni la caisse des Jésuites ne seront pas. Je ne m’étendrai plus par les&#13;
derniers vaisseaux sur toutes ces matières. Je me contenterai de vous écrire ce qu’il&#13;
y aura de nouveau.&#13;
J’ai trouvé, parmi les derniers papiers qu’on m’a remis du Séminaire, un Office de&#13;
la Saint-Famille assez peu exact. Je me suis informé de ce que cela coûterait bien à&#13;
imprimer : cela n’irait pas, pour 200 ou 300 exemplaires, à plus de 100 ou&#13;
150 livres. Je n’ai pu faire imprimer votre petit livret de prières. Si les temps&#13;
n’eussent pas été aussi mauvais qu’ils sont, j’eusse trouvé quelques charités pour&#13;
cette dépense, mais à présent que les pauvres meurent de faim tous les jours aux&#13;
portes des maisons, il ne faut pas songer à d’autres bonnes œuvres qu’à les&#13;
soulager. Il faudra environ 75 livres pour trois milliers d’exemplaires tous brochés&#13;
en parchemin. Il faudrait y ajouter une petite instruction pour la confession des&#13;
enfants en deux petites pages. Je garde le livre pour quelque occasion.&#13;
Je n’ai pas cru devoir me servir de Mme Ango de La Mothe17. Il faut ménager les&#13;
personnes de cette qualité.&#13;
J’ai fait donner au R. P. de La Chaize toutes les lettres qui lui étaient adressées,&#13;
après en avoir conféré avec M. de Brisacier.&#13;
17&#13;
&#13;
Sœur de Maizerets. Elle lui envoie régulièrement des choses pour le Canada.&#13;
&#13;
�Plusieurs Messieurs ont demandé cette année à M. de Brisacier comment ils&#13;
pourraient être agrégés au Séminaire. J’en ai conféré avec lui. Il croit qu’il faut&#13;
attendre et vous en savez la raison : l’union sera toujours aussi intime que s’ils&#13;
étaient unis au Séminaire.&#13;
Je vous envoie huit petits cachets de dévotion, que vous trouverez dans une petite&#13;
caisse couverte de toile cirée. Il y a, dans cette caisse, vingt bulles imprimées du&#13;
jubilé, que je vous envoie pour vous en servir quand Monseigneur l’aura indiqué&#13;
et les distribuer à nos missionnaires. Il y a de plus dans cette caisse deux montres,&#13;
l’une pour M. Hérault et l’autre pour M. Hazeur, et un mouvement de montre qui&#13;
appartient à M. Claude Chasle, tonnelier à la basse-ville, chez qui M. Pepin logeait.&#13;
Il y a de plus deux livres des examens de Saint-Sulpice, l’un pour M. Herbéry et&#13;
l’autre pour M. Requeleyne. J’envoie à nos missionnaires avec bien de la peine&#13;
presque tout ce qu’ils m’ont demandé. Il y a encore dans cette caisse des verres&#13;
ardents pour M. Dufournel, quelques petites dévotions que vous distribuerez et&#13;
quelques lettres.&#13;
Je ne pourrai pas écrire à plusieurs de nos Messieurs par ces premiers vaisseaux ;&#13;
ce sera par les derniers.&#13;
M. de Préau m’a fait toucher d’avance de quelques jours votre pension de&#13;
150 livres.&#13;
Je ne vous ai pas envoyé le livre De l’éducation des filles, dédié à Mme Maintenon,&#13;
parce que ce livre n’est pas propre pour le Canada. C’est M. l’abbé de Fénelon qui&#13;
en est l’auteur et qui l’a fait pour l’éducation des filles de M. de Beauvilliers, qui&#13;
sont à Montargis, où M. des Maizerets a rapport de lettres. Je n’avais pas songé à&#13;
ce livre en relisant vos lettres. Je tâcherai à vous l’envoyer par les derniers&#13;
vaisseaux.&#13;
Je crois vous avoir déjà écrit que M. Foucques est à Abbeville, fort riche de biens&#13;
de patrimoine, intricatus negotiis saecularibus18, et qu’il est fort éloigné de retourner&#13;
en Canada.&#13;
18&#13;
&#13;
Mêlés des affaires séculières&#13;
&#13;
�M. de Brisacier croit qu’il ne faut point prendre les voies, ni pour son bénéfice ni&#13;
pour celui de M. de Merlac, qu’on me suggère. Il vaut mieux attendre un peu et&#13;
souffrir cependant plutôt que d’introduire dans une nouvelle Église des choses&#13;
odieuses d’elles-mêmes.&#13;
Quoiqu’on marque qu’aucun du Séminaire ne doit repasser avec Monseigneur,&#13;
cela ne doit pas empêcher M. de Brulon de repasser. M. de Brisacier m’a dit à ce&#13;
sujet que son retour ne peut faire de mauvais effets, dès que ses affaires parlières&#13;
le demandent.&#13;
J’ai acheté des pastilles de M. Chomel, qu’il prétend m’avoir données pour rien et&#13;
que je prétends avoir bien payées. C’est un tireur de quintessence qui ne cherche&#13;
qu’à s’instruire et profiter de tout. Il savait une partie de nos différends et il en sait&#13;
plus que je ne voudrais qu’il en sût. Il est cependant un fort honnête homme et fort&#13;
lié à l’assemblée du noviciat.&#13;
Vous pouvez savoir de M. Fredin si on a répondu à la demande que faisait&#13;
M. l’intendant que les deniers des curés, etc., passassent par ses mains et&#13;
nullement pour celles de Monseigneur.&#13;
Je ne vous dis rien sur la bibliothèque, dont on n’a point parlé. Vous pouvez vous&#13;
contenter du mémoire que vous m’avez envoyé sur ce sujet, que je produirai si on&#13;
en parle.&#13;
Il serait bon que la mission de M. Thury fût unie au Séminaire. Je crois que si on&#13;
touchait en France les 600 livres que le roi donne pour les deux missionnaires qui&#13;
la desservent et qu’on les employa en effets en France, dont M. de Chevry promet&#13;
de donner le fret gratis, sur ce pied la mission ne serait pas à charge au Séminaire.&#13;
M. Thury en devrait écrire fortement à M. de Chevry, qui est très bien intentionné&#13;
pour lui et qui lui envoie des présents de farine, lard et vin.&#13;
Les particularités que vous m’avez écrites touchant M. de Merlac m’ont servi en&#13;
temps et lieu à le faire connaître. Les actions particulières servent notablement&#13;
pour cela. J’espère que Dieu nous en délivrera sans que nous nous en empressions&#13;
&#13;
�beaucoup. On le connaît ici mieux qu’on ne faisait dans le dernier voyage, surtout&#13;
Mgr l’archevêque, qui avait de l’estime pour lui et qui, voyant M. de Merlac avec&#13;
son flegme arrêter les saillies de Monseigneur en le tirant par la manche, disait que&#13;
mondit sieur de Merlac était un homme tel qu’il faudrait pour remplir la place de&#13;
Monseigneur ; mais il n’a pas présentement ces sentiments.&#13;
Je vous ai mandé dans mes précédentes que s’il arrivait un accident de mort à M. le&#13;
comte, que je ne lui souhaite pas, mais seulement qu’il se reconnaisse, il serait bon&#13;
de nous en donner avis le plus tôt que vous pourriez. Je vous en dis la raison dans&#13;
ma lettre commune.&#13;
On ne doute point ici que l’évêque a raison des abbayes, est obligé de sa part de&#13;
l’entretien de la sacristie, et sans les abbayes même, aux frais qu’il faut faire pour&#13;
les offices pontificaux. Je vous envoie une consultation de plusieurs articles&#13;
touchant le chapitre, résolus par M. Le Verrier, official de Paris.&#13;
Je ne vous ai pas encore répondu dans celle-ci que les 298 livres que M. de Brisacier&#13;
vous compte avoir fournies à Monseigneur pour ornements du chapitre n’ont&#13;
point été employées à l’ornement dont vous me parlez. C’est une somme que&#13;
M. de Brisacier lui a avancée en plusieurs articles. Il a dit, quand il en a fallu venir&#13;
à compte, qu’il l’avait employée pour le chapitre. Si je puis, je tirerai du livre de&#13;
M. de Brisacier les articles différents de l’emploi de cette somme et vous l’enverrai&#13;
par les derniers vaisseaux.&#13;
L’on ne croit pas que Monseigneur porte ses plaintes à Rome, après s’être adressé&#13;
au roi pour lui demander des commissaires pour régler les différends avec son&#13;
clergé. Il est trop politique pour cela et ce ne serait pas avancer ses affaires, outre&#13;
que Rome ne va guère vite en besogne et que sa coutume est de déléguer un&#13;
commissaire sur les lieux pour informer. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui&#13;
voulussent se charger de cette commission de ceux qui seraient capables de s’en&#13;
bien acquitter.&#13;
&#13;
�J’ai oublié de proposer à Mgr l’Ancien que M. de Grainville, docteur de&#13;
[La] Sorbonne, grand-chantre de l’église de Bayeux, avec qui j’ai un grand&#13;
commerce de lettres, qui était fort connu de Mgr l’Ancien du temps qu’il était à&#13;
Paris, ayant demeuré avec lui deux ans dans le Séminaire, s’est offert plusieurs fois&#13;
à M. de Brisacier pour aller vous aider s’il le jugeait à propos. C’est M. de Brisacier&#13;
qui me l’a dit, car je n’ai pas eu avec lui ces ouvertures. Ce qui arrête&#13;
M. de Brisacier est qu’il craint que mondit sieur de Grainville ne soit un peu entêté&#13;
et entier en ses sentiments et qu’il ne cherche dans la suite à dominer, suivant le&#13;
génie de la nation dont il est (vous remarquerez qu’il est de Caen). Il me semble&#13;
que cela ne serait pas tant à craindre si ce Monsieur passait avec Mgr l’Ancien et&#13;
nos Messieurs quelques années que s’il y allait après leur mort. Leur âge et leur&#13;
expérience lui rendraient leurs sentiments vénérables. Vous en conférerez.&#13;
Mgr l’Ancien peut vous dire ce qu’il en connaît. M. Brisacier ni moi ni ceux qui le&#13;
connaissent n’en peuvent dire que du bien. M. de Bayeux l’emploie souvent dans&#13;
le gouvernement de son diocèse.&#13;
Je crois que M. Hérault sera obligé de revenir en France. Son père le menace de le&#13;
déshériter s’il ne revient.&#13;
Je ne dirai rien ici de tout ce que je vous ai mandé dans ma lettre commune de&#13;
l’union des abbayes à l’évêché de Québec. Je vous dirai seulement que cette union&#13;
n’est pas faite, que celle de Méobecq est passée en Cour de Rome, mais que celle&#13;
de Bénévent et de l’Estrée n’est pas encore passée. On la presse fortement et&#13;
Mme de Maintenon, qui en avait écrit à M. le cardinal de Janson, qui fait les affaires&#13;
de la France à Rome, pour le lui recommander, a envoyé ces jours passés à&#13;
M. de Brisacier une lettre de ce cardinal qui lui mande qui il va faire travailler&#13;
incessamment à cette affaire.&#13;
Je me suis informé de ce que c’est qui appartient au Canada de la fondation de&#13;
M. de Morangis. Il avait laissé 10 000 livres au Séminaire, qu’on avait constituées&#13;
au denier 20, pour distribuer selon la volonté du supérieur du Séminaire aux&#13;
missions des Indes, de Perses et d’Amérique, de Grèce, etc., pour entretenir des&#13;
jeunes séminaristes à Paris. M. de Brisacier en avait toujours appliqué 100 livres&#13;
pour le Canada, mais à présent qu’ils ont consommé ces 10 000 livres pour la&#13;
&#13;
�bâtisse de leur église, je crains bien qu’ils n’en donnent plus rien. Je dois en parler&#13;
à M. de Brisacier, mais il faut encore attendre quelque temps.&#13;
M. de La Pallière a mis à Saint-Nicolas-du-Chardonnet quelques prêtres qui se&#13;
sont présentés à lui pour le Canada. Je ne sais s’il en enverra quelques-uns cette&#13;
année.&#13;
Je ne vous mande rien des nouvelles du temps, surtout de la misère extrême où&#13;
toute l’Europe est réduite. Il y plus de huit mois qu’on dit qu’elle est extrême et&#13;
cependant, elle croit toujours. Vous ne croirez pas ce que l’on pourra vous en&#13;
raconter et cependant, on ne vous fera pas les choses si graves qu’elles le sont. Dieu&#13;
veuille avoir compassion de son peuple et se servir de cette calamité pour nous&#13;
réconcilier tous à Lui. C’est à quoi peu de personnes pensent. Au contraire, dans&#13;
Paris, cette grande nécessité est une source de vices et de crimes énormes. Notre&#13;
bon roi fait ce qu’il peut faire pour donner la paix à son peuple, mais nos ennemis,&#13;
tous battus qu’ils sont, se tiennent fiers de nos misères, quoique les leurs ne soient&#13;
pas moindres. Toutes ces calamités dégoûtent de la vie. C’est une mort continuelle&#13;
de voir les pauvres dans de si grandes souffrances sans les pouvoir soulager ; car&#13;
tel qui pouvait faire l’aumône ne le peut plus par la cherté de toutes choses, par&#13;
les taxes continuelles et par toutes les autres charges qu’il est obligé de porter. On&#13;
a imposé de grosses taxes sur tous les biens des villes et des compagnes pour le&#13;
soulagement des pauvres, mais on ne les fait bien payer qu’aux uns, tandis que les&#13;
autres s’en exemptent.&#13;
Je suis obligé de finir cette lettre, qui est déjà assez longue. Je vous conjure de me&#13;
continuer l’assistance de vos prières et de demander à nos Messieurs et à tous nos&#13;
missionnaires la même chose. Je suis toujours très uni d’esprit à tous leurs travaux&#13;
et à leurs peines. Je voudrais bien les partager avec eux, mais je vois de plus en&#13;
plus que mon affaire consiste à ne rien vouloir et à ne consulter que le bon plaisir&#13;
de Dieu. Je suis persuadé que ma grande affaire consiste à faire mourir en moi ce&#13;
fond d’activité et d’empressement que je reconnais si souvent en moi partir&#13;
d’amour propre et d’orgueil, qui me fait désirer de voir réussir les choses et en voir&#13;
aussitôt la fin que le commencement. Je reconnais bien ce que vous me mandez&#13;
dans vos lettres, que cette incapacité que je ressens en moi pour faire réussir vos&#13;
&#13;
�affaires et ce peu d’ouverture que j’ai pour me communiquer aux grands, est un&#13;
des plus grands biens que Dieu m’ait faits pour ne pas me perdre dans le grand&#13;
monde. Je ne cesse d’en remercier tous les jours de bon Dieu et de le prier de m’ôter&#13;
encore le peu d’esprit qu’il m’a donné pour me conduire, s’il juge que cela soit&#13;
nécessaire pour m’unir intimement à lui, et ne m’en séparer jamais, afin que je&#13;
pusse dire alors « Ut iumentum factus sum apud te et ego temper tecum19 ». Je vois bien&#13;
que ce ne sera point la réussite des affaires, même bonnes, qui nous rendra&#13;
agréables à Dieu, mais qu’au contraire le mauvais succès de ces affaires, bien pris,&#13;
est plus capable de nous unir à lui. Il ne faut pas laisser de lui rendre grâce quand&#13;
il y donne la bénédiction, mais je conçois qu’il ne faut point y mettre d’appui, car&#13;
aujourd’hui les créatures nous flattent et nous applaudissent et demain elles se&#13;
décharneront contre nous. « Mihi [autem] adhaerere Deo bonum est, ponere in Domino&#13;
Deo meo spem meam20 ». Je suis dans l’amour sacré de nos saints patrons avec tout&#13;
le respect possible, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
&#13;
Ce 16e avril 1694,&#13;
Je vous prie de demander excuses pour moi à MM. Dupré et Martin et aux autres&#13;
si je ne leur ai point encore écrit. Je le vais faire au premier jour. Excusez aussi&#13;
toutes les fautes que j’ai pu faire en cette lettre. Je vous parle avec un cœur ouvert&#13;
et sans chercher beaucoup de détours.&#13;
J’ai oublié de prier M. de Bernières de payer à Thomas Gasse, pour lequel il y a&#13;
une lettre dans ce paquet, la somme de 11 livres que Mme Ango de La Mothe a&#13;
reçue pour lui et qu’elle me diminuera sur ce que je dois lui payer pour la toile des&#13;
charités de Mgr l’Ancien.&#13;
&#13;
19&#13;
20&#13;
&#13;
« Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite. » (Psaumes 72:23)&#13;
« Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu ; j’ai pris refuge auprès de mon Dieu. » (Psaumes 72:28)&#13;
&#13;
�Formule de rétraction des évêques de l’Assemblée de 1682 : « Ad pedes Sanctitatis&#13;
una provoluti, declaramus nos vehementer supra id quod dici potest ex corde dolere super&#13;
rebus gestis in qua fatis comitiis qua Sanctitati Vestra eiusque praedecessoribus valde&#13;
displicuerunt ac proinde quod ibidem contra Ecclesiasticam ac Pontificiam authoritatem&#13;
sive in praejudicium ecclesiasticum (quod a mente nostra prorsus alienum esse testamur)&#13;
deliberatum decretum si fuit pro non decreto et non deliberato habemus, et habendum esse&#13;
declaramus21. »&#13;
Les évêques avaient espéré éluder en mettant au lieu de « contra circa » et au lieu&#13;
de « fuit », ils voulaient mettre « videri potent », mais les Romains sont plus raffinés&#13;
que nous et il a fallu donner la rétraction telle quelle est.&#13;
&#13;
/Transcription22 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
&#13;
« Prosternés aux pieds de Votre Sainteté, nous venons lui exprimer l’amère douleur dont nous sommes&#13;
pénétrés dans le fond de nos cœurs et plus qu’il ne nous est possible de l’exprimer, à raison des choses qui&#13;
se sont passées dans l’Assemblée et qui ont souverainement déplu à Votre Sainteté, ainsi qu’à ses&#13;
prédécesseurs. En conséquence, si quelques points ont pu être considérés comme décrétés dans cette&#13;
Assemblée sur la puissance ecclésiastique et sur l’autorité pontificale, nous les tenons pour non décrétées et&#13;
nous déclarons qu’ils doivent être regardés comme tels. »&#13;
22&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
21&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>1694, 4 mars – Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5)&#13;
1.ere foeuille&#13;
1694. 4 Mars&#13;
M : Tremblay à&#13;
M. Glandelet.&#13;
&#13;
1 pour m. glandelet ce 4.e mars 1694. 1.&#13;
2 Monsieur No 5 lettres «O»&#13;
3 J’ay Suivi votre avis dans la maniere d’escrire mes lettres, et&#13;
4 la lettre commune que Je vous envoye conjointem.t avec cellecy&#13;
5 vous fera connoistre que Je ne dois vous parler dans cellecy que&#13;
6 de ce qui regarde linterieur, de quelques affaires qui vous&#13;
7 regardent en particulier ou dont Je dois vous parler p.r respondre&#13;
8 a vos lettres; xx&#13;
9 P.r commencer par ce qui est de principal, et dont Je voudrois bien&#13;
10 mentretenir de bouche avec vous, Je puis vous assurer que votre&#13;
11 lettre m’a fait un grand plaisir en me retracant en peu de lignes,&#13;
12 la Source de mes peines et inquietudes interieures, et m’en donnant&#13;
13 des remedes p.r les faire cesser; J’ay lu et relu cette lettre que&#13;
14 vous m’escrivéz de l’interieur, et plus Je la lis plus je m’y&#13;
15 retrouve, et m’y reconnois moy mesme; J’espere en faire mon profit&#13;
16 et me Servir des moyens que vous me donnez, non tant p.r faire&#13;
17 cesser quepr faire un S.t usage de ces peines, car Je crois qu’elles&#13;
18 ne cesseront pas Si tost, et qu’il ne depend pas mesme de moy&#13;
19 de les faire cesser, mais le recours continuel que vous me&#13;
20 donnéz a la priere est le moyen de me Servir utilem.t de toute&#13;
21 ces inquietudes, et d’en faire un S.t usage.&#13;
22 Vous apprendrez un peu par ce que J’escris dans ce que ma lettre commune,&#13;
23 et encore plus par ceque vous verréz et dans la lettre que Jescris&#13;
24 a M. des maizerais, (car Je croy quil vous la voudra bien montrer)&#13;
25 et dans cellecy, que mes peines et mes inquietudes ne cesserent pas&#13;
26 en vous escrivant mes lettres l’année derniere, au contraire elles&#13;
27 Saugmenterent notablem.t, et Je regarde comme une grace forte&#13;
28 et puissante que Dieu m’a fait et des plus Speciales, de les avoir&#13;
29 Sur montéez et davoir demeuré fidelle dans mon estat et ma&#13;
&#13;
�30 Vocation, Je puis bien dire avec verité Quam bonus Israel&#13;
31 Deus, his qui recto sunt corde, mei&#13;
32 paene moti sunt pedes, paene effusi sunt gressus mei, car quelque desir que Je Sentisse de&#13;
33 prendre un autre party, J’en Sentois encore un plus grand de faire la&#13;
2&#13;
&#13;
34 volonté de dieu, et Je ne pouvois, dieu mercy, me resoudre a quitter ma&#13;
35 vocation Si Je ne voyois que ce fust la volonté de dieu, et c’est ce qui m’a&#13;
36 conservé; J’ay reconnu plus que jamais pendant cette année, que mihi&#13;
37 adherere Deo bonum est, ponere in d’no deo spem meam, et p.r mon&#13;
38 Salut, qui en verité courroit grand risque, Si je me retirois de la voye de&#13;
39 grace ou il m’a mis, et pr trouver mesme la paix dèz ce monde cy que Je&#13;
40 ne trouveray pas en m’esloignant du dieu depaix, et mesme p.r mon bien&#13;
41 temporel, car qui a esperé en lui, et a esté confondu; apres tout, pour quoy&#13;
42 Suis je Sur la terre, me Suis je dit cent fois a moy mesme, ce n’est ny p.r&#13;
43 acquerir de lhonneur ny du bien, ny p.r y prendre mes plaisirs; Dieu&#13;
44 m’a fait lagrace de me donner depuis longtemps quelque&#13;
45 esloignem.t de ces choses, Jl ne faut S’y laisser prendre ny apeu&#13;
46 ny a beaucoup, Quid enim mihi est in caelo &amp; Deus cordis mei &amp;&#13;
47 Je me Sens depuis quelque temps dans de bonnes dispositions ce me&#13;
48 Semble, quoy quelles Soint accompagnéez de beaucoup de froideurs&#13;
49 et de lachetéz, et que ces dispositions Soint Si foibles et chancelantes,&#13;
50 que Je craigne a tous momens de les voir Se perdre et Se dissiper.&#13;
51 Depuis Sur tout ce caresme, Je me Sens plus que jamais porté a la&#13;
52 retraite au milieu mesme du tracas ou Jay esté p.r les factures,&#13;
53 Je Sens croistre en moy le desir d’estre bien petit, peu estimé,&#13;
54 delaissé, de n’avoir que Dieu p.r mon partage de mettre en lui tout&#13;
55 mon appuy et toute ma confiance, de me Soumettre en tout a Ses&#13;
56 divines volontéz; J’ay quelques desirs de participer aux Souffrances&#13;
57 de notre Seig.r a Sa vie pauvre cachée, a Sa vie mortifiée, mais&#13;
58 encore plus a Sa vie interieure; Je Suis convaincu de ceque vous&#13;
59 medites dans votre lettre que le moyen leplus Seur p.r acquerir&#13;
60 toutes ces choses est la priere, et qu’il faut plus attendre de Dieu,&#13;
&#13;
�61 que de toutes mes industries, quoy que Je doive les employer&#13;
62 autant que Je connoistray que Dieu le demanderade moy. Je ne&#13;
63 cesse de les lui demander, et attends avec Soumission le moment&#13;
64 auquel Jl lui plaira m’en accorder quelqu’une; Je reconnois asséz&#13;
65 ne les avoir pas meritéez mais avoir fait au contraire tout cequ’il&#13;
66 falloit faire p.r m’en rendre indigne. Je reconnois bien vray ceque&#13;
67 vous me marquéz que tout empressem.t mesme dans les bonnes&#13;
68 choses ne vaut jamais rien, Je me Suis inquieté bien des fois de me&#13;
69 voir Si peu ferme dans ma vocation, et Si inconstant dans mon&#13;
70 estat, J’aurois desiré cette Stabilité queje remarque dans tant de&#13;
71 personnes, Le Diable Se joignant a tout cecy me disoit que cette&#13;
72 inconstance estoit une marque que Je n’estois pas dans l’ordre de&#13;
73 Dieu, que Je devois chercher un estat ou Je fusse moins Sujet a ces&#13;
74 inquietudes, et a ces agitations qui m’ont esté Si ordinaires&#13;
75 par le passé, mais ou le trouver cet estat, puis que dans quelque&#13;
76 estat que ce soit, Je me porteray moy mesme, et par consequent&#13;
3.&#13;
&#13;
77 le plus grand ennemy de mon repos, et de ma paix interieure;&#13;
78 Je ne la trouveray quedans une mort entiere a toutes mes veües&#13;
79 mes inclinations, et mes desirs, et dans une fidelité entiere a suivre&#13;
80 mon Sauveur dans tous les estats ou il lui plaira me mettre,&#13;
81 De tenebres ou de lumieres, de Joye ou de tristesse, de goust ou de&#13;
82 desgoust, et Je Suis convaincu que Je la trouveray mesme plus&#13;
83 avantageusem.t dans les tenebres dans les tristesses et dans les&#13;
84 degousts, que dans leurs contraires, par ce que ce Sont les disposi=&#13;
85 tions ouil a mis Son divin fils; me minavit ditil, in tenebras&#13;
86 et non in lucem, Sed et cum clamevero, exclusit orationem meam.&#13;
87 Je trouve un goust tout particulier a mediter ces choses et&#13;
88 elles me Soutiennent dans la pieté;&#13;
89 Ego vir videns paupertatem meam, voila ma premiere&#13;
90 disposition; Peccatum peccavit Jerusalem, propterea instabilis&#13;
91 facta est, voila la raison de lestat ou je me suis trouve, Bonum&#13;
&#13;
�92 est preastolari cum silentio salutare Dei, Bonum est D’nus&#13;
93 Si je ne me trompe, Spreranti in eum, animae quaerenti illum&#13;
94 Voila ceque Je veux faire, et Je vous prie de joindre vos&#13;
95 prieres aux miennes p.r demander p.r moy la fidelité queje&#13;
96 dois a Dieu, dans toutes ces veües quil me donne p.r y bien corres=&#13;
97 =pondre.&#13;
98 Je Suis dans de grandes apprehentions p.r le retour deM’gr de Quebec&#13;
99 d’un costé, Je crains qu’il ne revienne pas, p.r plus.rs raisons, d’un&#13;
100 autre J’apprehende, S’il revient, de n’estre pas asséz fort p.r Soutenir&#13;
101 bien des attaques que Jeprevoy qu’il me donnera dans les affaires&#13;
102 que J’auray agerer; car quoy que le plus pez.t fardeau tombera&#13;
103 Sur M. de Brisacier, cependant Je prevoy que J’en auray ma&#13;
104 bonne part,, Jl y aura bien des occasions, ou Je prevoy en avoir&#13;
105 a Suporter plus que Je nepuis, mais J’espere que Dieu me&#13;
106 Soutiendra; J’espere Sur tout beaucoup aux prieres de nos&#13;
107 m.rs : Je crains encore bien davantage quil ne revienne pas,&#13;
108 Car vos peines Seroint encore prolongéez; Jl est bien Juste&#13;
109 que je participe a mon tour reellem.t a vos Souffrances,&#13;
110 apres y avoir participé en esprit, Je ne m’appuye pas&#13;
111 beaucoup Sur les creatures, et Sur toutes les esperances&#13;
112 qu’elles peuvent nous donner dans nos affaires, Jl n’y a&#13;
113 que Dieu Sur qui nous puissions compter, C’est p.r quoy, bien&#13;
114 loing de compter p.r quelque chose tout ceque Je vous&#13;
115 ay escrit dans ma lettre commune, et tout ce que Je vous&#13;
116 escriray dans la Suite, Je Suis dans de plus grandes&#13;
117 deffiances et deplus grandes apprehensions, voyant&#13;
4&#13;
&#13;
118 quelque esperance du costé des hommes, que Je n’y mette&#13;
119 quelque appuy et quelque confiance, cela Seroit capable&#13;
120 d’arrester le cours des graces de notre bon Dieu, dans cette affaire,&#13;
121 qu’il peut lui Seul faire reussir.&#13;
122 Si Je ne connoissois nos m.rs aussy bien que Je fais, Jaurois Sujet&#13;
&#13;
�123 d’apprehender quils ne Se choquassent de L’avis que Je leur donne en&#13;
124 plus.rs endroits de mes lettres degarder un Silence profond a Legard&#13;
125 de leurs affaires comme Si Je doutois par la qu’ils ne leussent pas&#13;
126 gardé jusqu’à p’nt, et qu’ils ne legardassent pas quand Je ne le leur&#13;
127 escrirois pas; Jls interpreteront en bonnepart tout ceque Je leur&#13;
128 escris, et jugeront que Je ne leur escris ces choses que p.r leur en&#13;
129 faire remarquer l’importance afin quils y prennent garde plus&#13;
130 que Jamais; M. Labbé de Brisacire m’a xx fort recommandé&#13;
131 de vous en escrire, non pas qu’il doute que vous ne l’ayéz gardé&#13;
132 jusqu’à p’nt, mais afin de vous faire connoistre que dans la&#13;
133 Situation ou Sont les affaires, Jl est Jmportant que l’on ne puisse&#13;
134 dire que vous vouléz opprimer un Evesque, comme M’gr ne manqueroit pas&#13;
135 de le dire, un Evesque, Sil vous voyoit faire paroistre le moindre&#13;
136 Signe de Joye de tout ce qui Se passe en france; La vertu de nos&#13;
137 mess.rs leur fera comme Je n’en doute pas, voir avec douleur,&#13;
138 qu’on Soit obligé d’en venir a des extremitéz facheuses et&#13;
139 mortifiantes p.r une personne qui est leur Sup.r legitime, afin&#13;
140 de leur procurer la paix; J’espere aussy que nos m.rs et vous&#13;
141 mesme me pardonneréz aussy toutes les fautes que J’ay pu&#13;
142 faire, Soit dans ce que J’ay geré en france, Soit dans ceque&#13;
143 J’escris en canada.&#13;
144 Je vous envoye dans nos balots beaucoup de Theses dont vous&#13;
145 disposeréz avec nos m.rs co’e vous le jugeréz a propos; Je vous&#13;
146 envoye aussy quelques chapelets; Jls Sont confondus dans des&#13;
147 boestes du 3.e balot avec des chapelets qui appartiennent a M.rs&#13;
148 de montigny et Requeleyne; Les choses ne Sont pas autant dans&#13;
149 l’ordre que Je le voudrois, parceque les achats Se Sont faits avec&#13;
150 un peu de precipitation; Jl y a aussy des Jmages assez bien&#13;
151 faites de LJnterieur de Jesus marie et Joseph chacune&#13;
152 Separem.t dont Je promets a nos freres donnéz que vous leur&#13;
153 feréz part. Je vous envoye aussy Les cas de conscience de S.te&#13;
154 Beuve, Les cantiques du P. Surin, un cuisinier francois que vous&#13;
&#13;
�155 donneréz a nos freres donnéz, Linstitution au droit Ecclesias=&#13;
156 tique par M. fleury p.r M. du Bos, formules dactes et de&#13;
157 procedures p.r M. de Bernieres. Vous trouveréz aussy une&#13;
158 petite boeste qui vous est addressée dans la quelle outre plus.rs&#13;
159 lettres et papiers dont elle est fort remplie Jl y a deux petites #&#13;
160 # petites nostre Dame d’y voire, l’une p.r M. de Requeleyne, et lautre p.r M. du fournel. Vous auréz la bonté de retirer tous&#13;
161 ces livres et cette boeste; vous trouveréz aussy dans nos balots un tome in 4.e des Epistres de Madame de chantal p.r Made=&#13;
162 =moiselle Glandelet qu’elle m’a demandé par un petit billet que J’ay receu d’elle cet automne; Elle me marquoit quelle avoit&#13;
163 donné un escu de Sa S.te pauvreté a M. Guyotte p.r me le donner, mais M. Guyotte par Son abstraction ord.res S’en est oublié,&#13;
Je vous&#13;
164 prie de dire a Mad.elle Glandelet qu’il n’est pas necessaire qu’elle donne ainsy de l’argent, que Sans qu’elle m’en envoye, Je lui&#13;
165 envoiray l’année prochaine le tableau de la penitence de M. Godeau, qu’elle m’avoit aussy demandé. Je tascheray de lui&#13;
166 mander ces choses par les derniers vaisseaux, Je vous prie en attendant de la Vouloir Salüer de ma part et de me&#13;
167 recommander a Ses prieres. Vous trouveréz aussy parmy les livres des Suplemens des S.ts Nouveaux, une condamnation du&#13;
livre,&#13;
168 de M. du Pin par M. Larch. dont Je vour parlay lannée derniere; une lettre Synodale de Larchevesque de malines; vous&#13;
trouveréz&#13;
169 aussy un paquet de livres que vous envoye M. L’abbé de Lingendes. Jl vous Salüe et escrit, M. de L’encluze, M. adam, et tous&#13;
nos anciens de Lassemblée #&#13;
2.de feuille.&#13;
1694. 15 Mars.&#13;
&#13;
170 page 5.&#13;
lettre O. no. 5&#13;
Du 15.e mars 1694&#13;
171 Le P. Bigot est party p.r vous aller rejoindre, Le P. Rafeix estoit&#13;
172 party longtemps avant lui, M. fredin est aussy party Le Lundy de pasques&#13;
173 de Paris, Jl Se hastent de Se rendre a la Rochelle avant le vingt, par ceque&#13;
174 M. d’Jberbille espere partir avec deux vaisseaux Seulemt dans la fin de ce&#13;
175 mois, et la flotte Sera retardée a 6. Semaines apres; Je crains bien quil&#13;
176 n’en parte plus du tout, car nous naurons point cette année darméé navale&#13;
177 en mer Sur Locean, c’est p.r quoy nos ennemis en Seront les m.tres, et empescheront&#13;
178 quil ne Sorte un Seul vaisseau de france, cela rompt et renverse toutes nos&#13;
179 mesures, Je fais ceque Je puis p.r fare ambarquer dans ces deux 1.ers&#13;
180 vaisseaux tout ce qui est prest p.r nous ala Rochelle; mais Je ne Scay encore&#13;
181 ce qui Se fera; J’ay cru mesme devoir vous parler dans cette lettre de nos&#13;
&#13;
�182 affaires, et vous mander l’estat ou elles Sont, quoy que J’eusse resolu den’en rien&#13;
183 escrire que dans ma lettre commune. J’ay chargé Le P. Rafeix de&#13;
184 cette lettre Sous lenvelope du P. Bruyas; J’ay mis deplus dans la boeste&#13;
185 des P. Jesuites Sous la mesme addresse des lettres particulieres p.r M’gr&#13;
186 Lancien, p.r M. De Bernieres, p.r M. Des maizerais, Je n’ay point encore&#13;
187 pu escrire a M. du Pré, a M. Martin, ny a plus.rs autres de nos m.rs&#13;
188 J’esperois apres mes lettres particulieres faire une Duplicata de ma&#13;
189 lettre commune et l’envoyer par deux vaisseaux differens; Je&#13;
190 nauray pas le temps delefaire par ces 1.ers vaisseaux cy, ce Sera par&#13;
191 les derniers; J’ay dessein Seulem.t de vous marquer en peu de paroles&#13;
192 dans cette lettre la Situation ou Sont les affaires, et Jaddresseray&#13;
193 vendredy cette lettre au P. Bigot Sous addresse ord.re p.r le prier&#13;
194 de donner placer cette lettre en Seureté dans le vaisseau ou Le P. Rafeix ne&#13;
195 passera pas afin que vous puissiez estre Jnformé par tous les deux&#13;
196 vaisseaux de ce qui S’est icy passé;&#13;
197 Je vous ay desja escrit dans la maniere que vous Seul pouvéz lire par&#13;
198 le vaisseau qui est party p.r Laccadie; Jaddresse cette lettre aM.&#13;
199 hazeur, vous auréz la bonté de me marquer Si vous lavéz receüe&#13;
200 Je crois avoir receu toutes vos lettres et tous vos papiers; Jls&#13;
201 m’ont esté rendus de tous costéz en bon ordre; Je crains Seulem.t&#13;
202 que quelques lettres deM’gr Lancien ne Soint perdües&#13;
203 Je voy aussy par les vostres que vous receustes l’an passé toutes&#13;
204 celles que Je vous escrivis; car Je navois point fait de duplicata&#13;
205 daucune de mes lettres, mais Je comptois que ma lettre commune&#13;
206 Serviroit de duplicata a toutes les autres.&#13;
207 Dieu qui veille Si particulierem.t Sur lEglise du canada a disposé&#13;
208 le cœur du Roy a remedire aux troubles et aux dissentions qui Sy&#13;
209 Sont excitéez; Jl a reconnu d’où elles procedoint et il est convaincu&#13;
210 que le Seul moyen de les faire cesser est de rappeler M’gr de Quebec&#13;
211 de vous dire comment Le Roy S’est trouvé Si bien disposé Je n’en&#13;
6&#13;
&#13;
212 Scay rien, J’ayme mieux mesme ne le Scavoir pas que de le Scavoir, afin&#13;
&#13;
�213 d’en avoir p.r Dieu Seul toute la reconnoissance que Je craidrois de&#13;
214 partager avec les creatures, Prope est d’nus o’bus invocantibus eum,&#13;
215 voluntatem timentium se faciet &amp; Cor regis in manu eius est,&#13;
216 quocumque voluerit inclinabit illud, voila ce qu’opere la Souffrance bien&#13;
217 portée; M. Le marquis de Denonville poura peut estre vous expliquer&#13;
218 comment cela S’est fait, Je l’appris peu apres nos dernieres lettres&#13;
219 receües; ce fut dans l’octave de L’Epiphanie, temps, comme vous Scavéz&#13;
220 consacré a la manifestation des Grandeurs du S.t Enfant Jesus; M. L’abbe&#13;
221 de Brisacier me lut un article dela lettre de M.dme de maintenon qui&#13;
222 lui marquoit la disposition favorable du Roy a cet esgard, Le P. de la&#13;
223 chaize, et M. Le marquis de Denonville le lui confirmerent peu apres,&#13;
224 et M. Larchevesque de Paris le leur fit encore plus particulierem.t&#13;
225 connoistre peu de jours apres;&#13;
226 M. Labbé de Brisacier m’ordonna de garder un Silence profond de&#13;
227 tout cecy, ce qui m’a empesché dên parler mesme avec les P. Jesuites, Je&#13;
228 ne doute point que M. de Denonville ne les en ait informéz; cependant&#13;
229 nous ne nous en Sommes point les uns ny les autres ouverts ensemble,&#13;
230 Nous avons obligation a tous ceux presque qui Sont passéz en&#13;
231 france, qui tous ont parlé du Sem.re avantageusem.t les Seculiers&#13;
232 Se Sont bien apperceus que M’gr n’estoit pas bien en cour, Jls Jugent&#13;
233 bien mesme que Sil estoit en france il ne retourneroit pas en canada,&#13;
234 et qu’on tascheroit de lui donner un autre Evesché, mais Je ne croy&#13;
235 pas qu’aucun Scache les intentions du Roy; Jls ne manqueront pas&#13;
236 deparler ainsy en canada, vous devéz vous tenir dans une grande&#13;
237 reserve a cet esgard, et ne pas faire paroistre en aucune maniere&#13;
238 Scavoir de france rien qui approche de ces choses.&#13;
239 On ne Scait pas encore qu’elles mesures le Roy prendra p.r faire reussir&#13;
240 la chose. Le P. de la chaize dit a nos m.rs qu’il ne Scavoit Si le Roy&#13;
241 le retiendroit en france Sans lui oster Son Evesché et en laisseroit le&#13;
242 gouvernem.t a M’gr Lancien, au M’gr le feroit gouverner par des&#13;
243 Grands Vicaires, ou Si S. m. lui donneroit un autre Evesché, ou Enfin&#13;
244 Si on lui donneroit en fin quelques abbayes p.r vivre en france, etlui&#13;
&#13;
�M. Brunet&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
245 Se demetteroit de Son Evesché entre les mains du Roy qui y pourvoiroit&#13;
246 Le P. de la chaize est persuadé que si le Roy est dans le dessein de nous&#13;
247 donner un autre Evesque, Jl faut que nos m.rs jettent les yeux Sur une&#13;
248 personne qui puisse d’un costé pretendre a remplir ce poste, et qu’on&#13;
249 puisse d’un autre costé esperer qu’il entrera dans lesprit de notre&#13;
250 Sem.re autant que M’gr S’en est esloigné; Jl leur a lui mesme Suggeré&#13;
251 M. Labbé Brunet frere du grand Brunet garde du tresor royal, qui est&#13;
252 amy intime de nos m.rs, et qui comme Je le croy Seroit bien propre a&#13;
253 remplir un tel poste, C’est une personne bien unie a Dieu, d’une douceur&#13;
254 d’ange, d’une Simplicité d’Enfant, bien detaché des biens de ce monde, qui&#13;
255 passe les jours aux pieds d’un crucifix ou dans plus.rs autres bonnes œuvres,&#13;
256 ce n’est point un esprit hautain remuant &amp; Jl est pacifique, Jl escoute&#13;
257 conseil, En un mot Jl me Semble que le Canada Seroit trop&#13;
258 heureux Sil avoit un tel Evesque, Jl a de la Science, Jl est Docteur de&#13;
259 Sorbonne, Jl presche avec beaucoup d’onction, Vous trouverez dans&#13;
260 nos balots un petit livre en par chemin p.r linstruction des&#13;
261 confesseurs qu’il fit imprimer l’an passé p.r le faire distribuer&#13;
262 par nos m.rs dans leurs missions de france aux Curéz des&#13;
263 campagnes. Jl a autant d’esloignem.t p.r les grandeurs que Son&#13;
264 frere qui occupe une charge qui lui couste 800000.# et qui le&#13;
265 rend considerable aupres de tout ce qu’il y a de grand a la Cour,&#13;
266 a d’empressem.t de le voir eslevé aux Prelatures; Jl accepteroit&#13;
267 Volontiers un Evesché de canada, a quoy l’on prevoit que Son frere&#13;
268 S’opposeroit fortem.t Nos m.rs S’en Sont ouverts avec lui, en cas que&#13;
269 les choses tournassent comme il faut, Je prie de bien recomman=&#13;
270 der cette affaire a Dieu, Je ne cesse de le faire de mon costé.&#13;
271 on S’attend que M’gr ne manquera pas de crier fort haut l’année&#13;
272 prochaine, et de Se plaindre Sur tout de M. Labbé de Brisacier;&#13;
273 Jl lui a escrit cette année que tout le monde voyoit bien en Canada&#13;
274 qu’il Se mocquoit de lui par la nomination quil avoit faite des&#13;
275 officiers du Sem.re que le gouvernem.t n’y estoit nullem.t changé &amp;&#13;
&#13;
�276 et qu’il chercheroit Sans S’addresser a lui les remedes aux grands&#13;
277 maux que cause la division dans Son Eglise;&#13;
278 on craint bien davantage qu’il ne Se cantonne en canada,&#13;
279 et que Sentant qu’on n’est pas bien disposé p.t lui, a la cour, Jl ne&#13;
280 prenne la resolution de rester dans Son Evesché, ce qui ambaras=&#13;
281 =Seroit fort, car Je ne Scay Si le Roy voudroit l’en faire Sortir&#13;
282 par quelq’ voye Violente, Jl est asséz difficile davoir prise Sur&#13;
283 lui, estant de bonnes mœurs, et ne pechant que dans la&#13;
284 conduite et le gouvernem.t de Son Eglise;&#13;
285 Le Roy a resolu p.r L’obliger de revenir de ne rien regler jusqu’à&#13;
286 Son retour en france, et M. Larchevesque et Le P. dela chaize&#13;
287 l’ont dit a M. de la Palliere et a nous; on a pris le pretexte&#13;
288 qu’il le demandoit lui mesme; et Je le mande a nos miss.res en&#13;
289 canada; M. L’archevesque, qui avoit paru toujours beaucoup&#13;
290 plus porté p.r M’gr que p.r nous, p.r Soutenir la dignité Episcopale&#13;
291 n’a pas fait paroistre cette année la mesme chose; Cependant&#13;
292 M’gr lui avoit escrit des lettres de confidences des memoires&#13;
293 Secrets &amp; que M. Larch. a tous fait lire a nos mess.rs dans&#13;
294 les quels Jl nous accuse destre Jesuites, Jl dit que vous vous vantéz&#13;
295 de ne rien craindre par ce que vous avéz Le P. Dela chaize p.r&#13;
296 vous &amp; Jl n’a pas esté difficile a ce Prelat de descouvrir tout lartifice&#13;
297 de ces lettres, Elles n’ont Servies qu’a un bien, qui est de lui faire&#13;
298 connoiste le caractere d’esprit de M qui tasche a mettre la division&#13;
299 par tout, voulant la mettre par ces lettres entre M. Larch. et Le P. de la chaize&#13;
8.&#13;
&#13;
300 Ce Prelat a fait paroistre a nos mess.rs une affection Extraord.re de les&#13;
301 Je l’avertis de larrivee de M. Merlat a Paris, Jl le fit avertir aussitost&#13;
302 dele venir voir, Jl lui deffendit de distribuer les lettres de M’gr, Jl ne&#13;
303 voulut pas demender au Roy co’e M. Merlat l’en prioit de la part&#13;
304 de M’gr que Sa Gr. pust vous ramenner en france avec lui l’année&#13;
305 prochaine, p.r pouvoir dire vos raisons; ce que nous appreceusmes bien&#13;
306 estre la cause du retar dem.t de Son voyage p.r une année au contraire&#13;
&#13;
�307 Jl parla au Roy fort avantageusem.t p.r nous, Jl pria dit il Le Roy, de&#13;
308 ne point donner d’Evesché a M’gr en france que cestoit un esprit&#13;
309 dangereux, qu’il pouroit remuer dans les assembléez, et quil ne le&#13;
310 croyoit pas capable de conduire; Jl rapporta a nos m.rs la&#13;
311 favorable disposition du Roy, et nous ne doutons point qu’elle n’ait operé&#13;
312 en lui le grand changem.t dans le quel Jl nous parut estre a nostre esgard.&#13;
313 Vous auriez du escrire une lettre a ce Prelat, et une au P. de la chaize,&#13;
314 et M’gr Lancien autant p.r leur recommander vos affaires avec&#13;
315 un petit memoire le plus abregé que faire Se pouroit de vos affaires differens,&#13;
316 vous auréz la bonté de le faire lannée prochaine sans rien faire&#13;
317 paroiste deceque Je vous mande icy.&#13;
318 M. de merlat a esté fort Surpris de ce que tous les esprits n’estoint&#13;
319 guere disposéz a entrer dans Ses veües et celles de M’gr, Jl a voulu&#13;
320 passer p.r une personne qui n’avoit point d’intherests dans toute cette affaire&#13;
321 et qui a toujours tasché destre le mediateur de la paix entre les uns et&#13;
322 les autres, mais il a trouvé qu’on ne le regardoit pas icy comme tel, et&#13;
323 M. de la Palliere lui mesme lui a dit qu’il avoit bien mal fait de&#13;
324 jetter Mon seig.r dans tous les ambarras ou il est p’ntem.t M. de la&#13;
325 Palliere le connoissoit desja dez Son 1.er voyage, Jl a eu quelq’ Sujet&#13;
326 de le Soupconner de nouvelle doctrine acause de Ses habitudes avec une&#13;
327 personne qui est Sorty de loratoire p.r ce Sujet; Je vous prie de&#13;
328 garder cecy dans le Silence; Jl a reconnu dans ce bon Mons.r&#13;
329 quelque deffaut de prudence en plus.rs occasions; Jl vint dans Son&#13;
330 dernier voyage demander a Linsceu de M’gr et de M. de la Pallilere&#13;
331 a la Sup.re de la Visitation, dont il est le directeur lui demander de&#13;
332 dire Ses messes p.r la retribution; Jl a fait paroistre un empressem.t&#13;
333 extraord.re p.r obliger M’gr a lui procurer Sa pension; depuis qu’il&#13;
334 est arrivé dans ce dernier voyage Jl a decacheté a la Rochelle toutes&#13;
335 les lettres de M. de la Palliere, lui en a envoyé quelques unes, et en&#13;
336 a gardé les autres, Jl a demandé a venir loger au Sem.re, et Jl y&#13;
337 venoit descendre en quittant le messager Si je ne fusse allé au devant&#13;
338 le prier de nous en dispenser en lui alleguant que nous n’avions&#13;
&#13;
�339 pas de logem.t commode p.r lui, Jl n’a pas laissé plus.rs fois de&#13;
340 Solliciter depuis nos Sup.rs de le laisser venir demeurer au Sem.re&#13;
3.e feuille.&#13;
page 9.&#13;
&#13;
++&#13;
&#13;
341 lettre O. no. 5&#13;
342 mais on n’a garde de l’y recevoir, car cela pouroit peut estre&#13;
343 attirer M’gr a Son retour, et on veut tascher d’empescher qu’il&#13;
344 n’y vienne pas descendre, p.r l’empescher de faire davantage a nos&#13;
345 m.rs le compliment; Vous nestes pas digne de lhonneur que&#13;
346 Je vous fais de demeurer dans votre Sem.re&#13;
347 M. dela Palliere nous a dit plus.rs fois qu’il estoit necessaire&#13;
348 d’empescher Mond. S.r de merlat de retourner en canada, Je&#13;
349 Souhaitte que cela Soit.&#13;
350 Nous vivons avec une grande union avec Mond. S.r de la Palliere;&#13;
351 M’gr l’a effectivem.t Soupconné de ne Soutenir pas Ses intherests assez.&#13;
352 Vigoureusem.t; on ne peut cependant y apporter plus de Soin et&#13;
353 d’application, Jl nous a paru aller droit, Jl cherche le bien, a La&#13;
354 verité comme il est chargé des affaires de M’gr Jl croit qu’il est&#13;
355 de Son devoir d’en Soutenir les intherests, et Jaurois plus Sujet de&#13;
356 me plaindre qu’il les Soutient trop fortem.t que M’gr qu’il ne les&#13;
357 Soutient pas asséz. Je lui ay donné votre lettre apres l’avoir fait&#13;
358 lire a M. Labbé milon et aux PP. Bigot et Lamber ville qui l’a&#13;
359 trouverent bonne, Je lui donnay mesme toutes les pieces concernantes&#13;
360 le procès du chapitre, Jl les trouva en bonne forme, cependant Jl&#13;
361 pretendit qu’a la verité M. merlat n’avoit pas eu raison de&#13;
362 demander ce qui est couché dans Se requeste, et que M’gr auroit&#13;
363 du observer les formalitéz de Justice, mais qu’aussy vous n’auriez&#13;
364 pas du en appeler comme d’abus, qu’un appel co’e dabus Sonne&#13;
365 toujours tres mal, que vous auriez pu arrester la chose par&#13;
366 une autre Voye, et plus.rs autres choses quil ajouta a ce Sujet, Jl ne Scavoit&#13;
367 aussy que croire de ce que vous marquéz dans le Journal du chapitre;&#13;
368 ou de ceque racontoit M. demerlat et lui mandoit M’gr dela maniere&#13;
369 dont les choses Se Sont passéez dans le chapitre; votre lettre n’a fait aucun mal, elle&#13;
&#13;
�370 a fait du bien au contraire, et comme Je ne doute pas quil ne vous&#13;
371 escrive, Je vous prie aussy de ne pas manquer de lui escrire.&#13;
372 Nous n’avons point eus cette année ny lui ny nous a discuter les&#13;
373 affaires devant les commissaires, Jls ne Se Sont pas assemblez une&#13;
374 Seule fois Sur ce Sujet; apres la lettre commune escrite que J’ay&#13;
375 donné au P. Rafeix, M. Labbé de Brisacier estant allé trouver M.&#13;
376 Larchevesque a Versailles et ne l’ayans pas trouvé lui laissa une&#13;
377 lettre dans la quelle Jl le prioit 1.e que Le P. dela chaize estant&#13;
378 Suspect a M’gr de Quebec p.r lui porter la parole du Roy, (par ceque&#13;
379 M’gr a escrit au P. de la chaize qu’il l’informoit mal des Sentimens que le Roy avoit&#13;
380 de Sa conduite, que Sa Reverence escrivoit que le Roy n’en estoit pas content et&#13;
381 que cepend.t M. de Pont chartrain lui escrivoit le contraire) On Suplioit Sa&#13;
382 Grandeur de vouloir lui mesme prendre les ordres du Roy p.r escrire&#13;
383 a M’gr de Quebec de Sa part. C’estoit faire plaisir a M. larchevesque&#13;
10.&#13;
&#13;
Du 15.e avril 1694&#13;
&#13;
384 et a nous, de lui donner une pareille commission; Tout ce qui donne occasion&#13;
385 a ces grands Seigneurs d’entretenir le Roy leur est fort agreable;&#13;
386 2.e Que Sa grandeur voulust Scavoir du Roy Si ce nestoit pas LJntention&#13;
387 de Sa majesté que M’gr revinst cette année en france Sans differer&#13;
388 p.r regler tous les differens, 3.e Si Sa m. ne jugeoit pas xxx necessaire que&#13;
389 nos m.rs revinssent avec lui p.r dire leurs raisons, Soffans de les&#13;
390 dire par escrit dans leurs lettres, et de bouche par les personnes&#13;
391 qui font leurs affaires en france et d’en passer par tout ce que&#13;
392 les commissaires auront regléz. 4. Si ce n’estoit pas L’Jntention&#13;
393 de S. m. que M.gr laissast toucher ce qui vous est deu p.r 94.&#13;
394 des charges indispensables, et que p.r lavenir largent restast entre&#13;
395 les mains, de l’agent de la Compagnie jusqu’à ce que tout eust&#13;
396 esté reglé entre M’gr et Son Sem.re. et&#13;
397 M. Larch. Entretint le Roy de toutes ces choses chargea M. Larch. qui le chargea&#13;
398 de les escrire a M’gr de Quebec, J’en Suis allé hier faire ressouve=&#13;
399 nir M’gr de Paris, Jl m’a ordonné de revenir le lendemain, p.r&#13;
400 l’en mieux faire Souvenir, J’y dois aller demain matin, et le&#13;
&#13;
�+&#13;
&#13;
401 doit prier de nous faire deux lettres, afin de les envoyer par&#13;
402 deux differentes voyes. Voila donc tout ce qui S’est fait cette année&#13;
403 a ce Sujet M. Larch. doit escrire a M’gr que le Roy juge expedient&#13;
404 et mesme necessaire qu’il fasse cette année sans differer un Voyage&#13;
405 en france p.r regler et terminer toutes les brouilleries de Son&#13;
406 Eglise; 2. que Sa m ne juge pas necessaire au contraite croit&#13;
407 inutil que ces m.rs du Sem.rs reviennent avec lui, 3.e qu’il doit&#13;
408 laisser toucher ce qui vous est deu p.r lannée 94. des charges&#13;
409 indispensables Sur votre Simple quittance et que p.r les annéez Sui=&#13;
410 vantes on reglera les choses Sil y trouve quelque difficulté apres&#13;
411 Son retour; (J’avois dans le memoire que Je presentay a M. de&#13;
412 Brisacier p.r le faire Souvenir de demander ces choses ajouté&#13;
413 quelques autres articles, entrautres que M’gr eust a lever l’interdit&#13;
414 quil a porté contre vous, mais M. de Brisacier ne jugea pas en&#13;
415 devoir rien dire, par cequil Scavoit que le Roy ne Se mesleroit&#13;
416 point de cequi touche la jurisdiction Episcopale, Jl me dit ensuite&#13;
417 qu’il valoit mieux si M’gr le vouloit que vous le fussiez encore&#13;
418 un an, que le Dioceze a la Verité en patiroit, mais qu’aussy&#13;
419 cela feroit plus de tort a M’gr qu’a vous.&#13;
420 Si Je tire ces deux lettres de M’gr Larch. Je vous les envoyeray&#13;
421 par deux voyes. les addressant au P. Bigot p.r le prier de les&#13;
422 mettre dans les deux Navires qui vont en canada&#13;
423 on n’a pas voulu que nous envoyassions nostre resignation de M. du&#13;
424 Pré en cour de Rome, Tout est Suspendu jusqu’au retour deMgr;&#13;
425 Si on juge que l’on doive achever cette resignation, Jl faudra envoyer&#13;
426 une nouvelle procuration.&#13;
427 Jl nous faut envoyer aussy une autre procuration du chapitre&#13;
428 celle de cette année ne vaut rien, Jl faut qu’elle Soit Signée du&#13;
429 plus grand nombre de chanoines qu’il est possible; Jl Seroit bon&#13;
430 aussy de mettre M. Tiberge et M. Labbé de Brisacier p.r&#13;
431 procureurs, afin que Sil arrivoit un accident a un, l’autre&#13;
&#13;
�432 pust toujours agir. Le 1.er Sappelle Loüis, et le 2.e Jacque charle&#13;
433 Le 1.er est abbé d&#13;
et le Second de flabemont&#13;
434 M. Tiberge est depuis trois mois notre Sup.r et M. Labbé de Brisa=&#13;
435 =cier assistant, c’est Sur eux que roule tout le Sem.re; M. Serin&#13;
436 n’est guere en estat d’agir; Le Sem.re continüe depuis longtemps&#13;
437 a naller pas trop bien, Nos Sup.rs Sont chargez de tant d’autres&#13;
438 affaires, que le Sem.re en paroist le moindre ou celle qui les&#13;
439 occupe le moins. a Loccasion des procurations Je croy que&#13;
440 vous devéz nous en envoyer une au nom duSem.re la plus&#13;
441 g’rale que faire Se poura nous n’en avons point et on ne peut&#13;
442 agir p.r vous que comme Se faisans forts. M’gr Lancien aura&#13;
443 aussy la bonté de nous en envoyer une nouvelle p.r lui conjointem.t&#13;
444 et de ne pas oublier Son certificat de vie; Je prie aussy M. duPré d’en&#13;
445 envoyer une p.r affermer et recevoir les revenus de Son Prieuré;&#13;
446 Le Bail finit a la fin de cette année. Jl y a deux ans que nous&#13;
447 n’en avons rien touchéz.&#13;
448 Nous fusmes payéz l’an passé de la pension deM’gr Lancien&#13;
449 Sur M’gr d’aire, M. de Brisacier la receut p.r Se rembourser des&#13;
450 avances qu’il a faites; p.r nous, Je ne Scay pas combien nous lui&#13;
451 Sommes encore redevables; P.r la pension de M’gr de 2000.# Sur le Tresor&#13;
452 royal nous n’en avons rien touchéz depuis deux ans, et Jl y a apparence&#13;
453 que nous n’en toucherons rien tant que la guerre durera; Les ministres&#13;
454 d’etat et les mareschaux de france ne touchent pas les leurs; on&#13;
455 aura peine a croire en canada juqu’ou va la misere de la france,&#13;
456 Combien largent y est rare, le pain, et toutes les choses qui Se consument.&#13;
457 on dit que nos ennemis ne Souffrent pas moins que nous; Cepend.t&#13;
458 on ne les voit guere S’approcher des voyes d’accommodem.t et de pais; Le&#13;
459 Roy y paroist fort porté, nos ennemis lattribuent a foiblesse et S’en&#13;
460 tiennent plus fiers, Jls devroint cepend.t avoir desja appris par leur&#13;
461 experiance funestes que Le Roy n’est pas dhumeur a plier, et a recevoir&#13;
462 la loy d’eux, Dieu mesme Semble ne le pas vouloir; dans le temps qu’il&#13;
463 nous accable de misere au dedans, Jl rend au dehors Le Roy&#13;
&#13;
�464 triomplant de tous Ses ennemis; Jl benir la cause Juste et s.te de&#13;
465 la guerre du Roy, et chatie au dedans nos pechéz avec beaucoup&#13;
466 de bonté;&#13;
467 Nous Sommes reconciliez avec le S.t Siege depuis cinq mois; Nos&#13;
468 Evesques nommez qui avoint assisté a Lassemblée de 82. ont escrit au&#13;
469 S.t Pere quils avoint de la douleur de ce qui S’estoit passé dans cette&#13;
470 assemblée contre la discipline Ecclesiastique, et quils Se regardoint&#13;
471 co’e une chose de nulle authorité. Tous ensuite ont eus leurs bulles&#13;
472 et ont esté Sacréz.&#13;
12.&#13;
&#13;
473 Le Roy a nommé a LEvesché de Cominge M. de Brisay frere de M. de&#13;
474 Denonville; M. L’abbé milon a LEvesché de condom, M. Labbé dela&#13;
475 frereliere a LEvesché de la Rochelle, l’ancien estant mort. Jl a donné&#13;
476 L’abbaye de Val richer a M. Labbé de Camilly beau frere de M. de&#13;
477 vaubesnard, et la choisy p.r estre grand Vicaire de M. Le cardinal&#13;
478 furttamberg a Stras bourg a la place de M. dela frereliere qui lestoit&#13;
479 c’est un pas p.r aller a LEvesché; Jl demeure depuis plus d’un an&#13;
480 au Sem.re Le&#13;
481 LEdit p.r la taxe des bois est revoqué cela a esté converty en une&#13;
482 Somme p.r le don gratuit, qui n’empeschera pas ce quon doit lever en&#13;
483 lassemblée de lannée prochaine p.r ce mesme don;&#13;
484 Nous So’es en dettes de 12600.# aM. Grignon, De 500.# a M. Rotrou,&#13;
485 550.# p.r lever Le decret d’union des benefices Simples de meaubec au&#13;
486 Sem.re de 200.# a M Carnot et deplus.rs autres petites dettes, Sans ceque&#13;
487 nous devons a M’gr L’ancien, Je ne voy a toucher cette année&#13;
488 que 2000.# p.r les prestre uséz 1800.# de M. Daire et 4 ou 500.#&#13;
489 dautre part. Jespere aussy depuis quelque temps toucher une&#13;
490 Somme de 1800.# de la Succession de M. du Douist a quoy Jl a fallu&#13;
491 nous reduire de 3000# qui nous Sont dus en principal Sans les&#13;
492 arrerages; Cette So’ne nous fera bien du bien Si elle nous vient.&#13;
493 J’en attrends des nouvelles depuis quelques jours.&#13;
494 Sur ces So’es J’ay demandé a M. Grignon de nous accomplir une&#13;
&#13;
�495 facture qui ira a plus de 2500.# et pres de 3000.# avec les frais, Dem&#13;
496 d’employer de plus 300.# en estoffes p.r les charitéz de M’gr Lancien&#13;
497 et Je vous envoye une facture de Paris qui monte a 2450.# Sans&#13;
498 400.# de toile moitié coton qui est dans ces balots que Je ne&#13;
499 compte point, par ce que Je ne l’ay pas encore payée. Je ne puis vous&#13;
500 envoyer un estat au juste de mes comptes que dans les derniers&#13;
501 Vaisseaux; J’ay pris toutes choses a Paris a credit, mais Jl faut p’ntem.t&#13;
502 trouver de l’argent et c’est ce qui mambarasse, car Je ne Scay d’où&#13;
503 en tirer; M. Grignon de Son costé me presse fort; Je tasche a&#13;
504 le payer de bonne paroles ne pouvant lui donner dargent, mais&#13;
505 vous Scavéz que cette monnoye n’est pas toujours bien receüe,&#13;
506 Jl faut que nos m.rs fassent tous leurs efforts p.r trouver de&#13;
507 l’argent p.r mond. S.r Grignon, car Jls en trouveront plutost a la&#13;
508 Quebec qu’a Paris, ou J’ay fait mes efforts inutilem.t p.r trouver&#13;
509 a en emprunter.&#13;
510 Nous avons entré depuis quelque temps en Jouissance du Prieuré de S.t&#13;
511 Sebastien affermé 500.# et qui nous vaudra toujours 400.# nets, Le&#13;
512 titulaire est morts on me la conferé en attendant que Lunion Soit&#13;
513 consommée; Nous travaillons p’ntem.t a enlever le decret : J’espere&#13;
514 que dans peu nous l’aurons. Je feray cet esté un tout en ces quartiers&#13;
4.e feuille&#13;
page 13.&#13;
lettre O no 5&#13;
&#13;
515 p.r mettre tous ces prieuréz qui Sont celui de Bienavant affermé&#13;
516 725.# celui de S.t Sebastien 500. et celui de parcay 800.# en bon&#13;
517 estat, on me mande tous les jours qu’il y a des reparations&#13;
518 a des chaussez de moulins a y faire, Jl faut en renouveler les baux,&#13;
519 on m’en offre desja quelque augmentation Sur un chacun, J’ay de&#13;
520 plus affaire en ces quartiers acause de 2000.# qui Sont dus a M’gr&#13;
521 Lancien par les heritiers d’un ancien fermier de meaubec&#13;
522 nommé Galpy; Tout cela merite bien qu’on aille y faire un tour.&#13;
523 Nous faisons 300.# de pension Sur celui de Bien avant a M. Gontier&#13;
524 Comme Je n’ay point encore repondu a plus.rs choses qui Sont&#13;
525 repandües dans vos lettres, Je vais le faire presentem.t le plus&#13;
&#13;
�Basse-ville +&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
526 Succintem.t que Je pouray.&#13;
527 Je ne scay Si je vous ay desja escrit dans cette lettre que M. L’arch. a&#13;
528 cru que vous neussiez pas du appeler comme d’abus a un tribunal&#13;
529 Secculier de L’ordonnance de M’gr, cela n’est pas dit il edifiant dans une&#13;
530 nouvelle Eglise, La cause de plus est purem.t Ecclesiastique, &amp; Jl a cru qu’un&#13;
531 appel Simple eust esté Suffisant p.r arrester leffet de Lord.ce de M’gr Je ne&#13;
532 Scay ce qu’il vouloit dire par lappel Simple, et Je ne pus me le faire&#13;
533 expliquer&#13;
534 Lon a esté convaincu tant par le rapport de M fredin dela part de M&#13;
535 LJntendant, que par la lettre de M. Dauteüil a M. de Brisacier, qui estoit&#13;
536 fort bien faite, qu’il n’y avoit point eu d’arbitrage; Jl Sera bon de tascher&#13;
537 davoir encore cette année de bonnes attestations comme celles la, et&#13;
538 dautres p.r les faits qui Seront contestéz, cela fait de bons effets; on ne&#13;
539 S’en Servira que d’une maniere a ne point faite de tort aux personnes&#13;
540 qui les donneront. M. de Brisacier eust desiré Scavoir en quoy Jl&#13;
541 eust pu obliger M. D’auteüil Jl lauroit fait volontiers, Je croy&#13;
542 qu’il lui escrira, mais ce ne Sera que par les derniers Vaisseaux, car&#13;
543 quelque Soin que J’aye pris de l’en avertir Jl n’a pu trouver du&#13;
544 temps p.r escrire par les 1.ers : Javois envoyé a M. azeur une&#13;
545 Liasse de papiers qu’une personne a qui J’ay de lobligation a cause de&#13;
546 Sa famille m’avoit prié d’addresser a quelqu’un en canada p.r&#13;
547 Susciter un procèz de consequence a M. Dauteuil, M. azeur n’a pas&#13;
548 voulu Se mesler de cette affaire par consideration p.r M. Dauteuil,&#13;
549 Jl m’a fait plaisir, et Je lui mande de me renvoyer les papiers.&#13;
550 J’ay parlé a M. Labbé de Brisacier de l’acte de demission de lemplacem.t de la chapelle Succursale dont vous me parlez&#13;
551 comme de la piece la plus forte p.r obtenir les lettres patentes, M. de&#13;
552 Brisacier croit qu’en rigueur cela ne Serviroit de rien, et que Sans un&#13;
553 Secours extraord.re comme celui qu’on espere nous donner nous aurions&#13;
554 peine a maintenir cette union; Jl faut esperer qu’on pourra dans la&#13;
555 Suite mieux establir les choses; on n’a pas parlé de cecy en aucune maniere&#13;
556 Vous mattribuéz l’estimation qui fut faite du revenu de la Cure&#13;
&#13;
�557 de Quebec, et elle Se fit Sans moy dans la Chambre de M. Larch.&#13;
558 Je ne Sceus que deux Jours apres, et il nestoit plus temps dy&#13;
559 remedier.&#13;
560 J’ay veu plus.rs fois M. fredin mais pas Si Souvent que J’eusse voulu,&#13;
561 a cause de Ses affaires et des miennes; C’est un bon amy Je lui ay&#13;
562 promis dele charger de nos lettres, Si Je ne le fais pas ce ne Sera&#13;
563 pas pas p.rmanque de confiance, Je l’ay toute entiere en lui, Jl vous&#13;
564 dira la disposition dela Cour a LEsgard du canada, et cequ’on y&#13;
565 pense de M’gr, car Jl Scait mieux l’air de ces bureaux que moy qui&#13;
566 Dieu mercy n’y ay pas mis le pied; C’est ce qui me console dans vos&#13;
567 affaires de nestre pas obligé de me communiquer beaucoup au&#13;
568 dehors.&#13;
569 M. De frontenac a mandé a M. de Brisacier que vous naviez pas&#13;
570 voulu vous Soumettre a l’arbitrage que vous aviez choisy, que par la&#13;
571 vous vous estiez engagéz dans un mauvais pas, dont vous ne Scauriez&#13;
572 presentem.t comment vous retirer, quil en est fasché p.r vous, mais qu’il&#13;
573 est plus fasché de la division qui deschire LEglise, que tout le monde Scait&#13;
574 combien la paix est a desirer dans la colonie &amp; on n’a d’esgard a Ses&#13;
575 lettres, qu’autant que le demande Son rang ce quil a escrit en cour n’a&#13;
576 pas fait beaucoup d’impression; Je prie Dieu de le combler de Ses plus&#13;
577 Speciales graces p.r la part quil prends a nos afflictions.&#13;
578 M. du Pré a tres Sagem.t fait de faire Sa resignation en cour de Rom[e]&#13;
579 M. de Brisacier avoit expres mis ce terme, car Je lui fis remarquer&#13;
580 qu’en prenant une autre voye on S’exposoit a quelq’ danger de perdre&#13;
581 la Cure.&#13;
582 Vous verréz par la lettre que Je vous escris par Laccadie Si J’escris&#13;
583 bien en chiffre; Jay tasché a y observer ce que vous me prescrivéz.&#13;
584 Jay oublié a vous marquer que nous avions bien receus toutes les&#13;
585 lettres de la personne que je ne nomme point, qui ont esté exactem.t&#13;
586 rendües, jusqu’à la derniere; Nous avons gardé un Silence profond a Son&#13;
587 esgard, jusqu’à n’en pas parler aux meilleurs amis excepté ceux a qui&#13;
588 Jl escrit, et aux PP. Jesuites, Cependant Je crains qu’on n’ait quelque&#13;
&#13;
�589 Soupçon de Ses lettres, M. de la Palliere un jour tascha en bien des&#13;
590 manieres de me Sonder a Son Sujet, mais Je me tins bien Sur mes gardes,&#13;
591 cela me fit carindre qu’il n’en eust quelq’ connoissance; Jl Seroit bien&#13;
592 a Souhaitter que cette personne aussy bien que phghdKhuyzhuLkfgtka&#13;
593 4d7hkfdkg72d7hugk2gyh. Cela feroit bien ce me Semble. Je le demande&#13;
594 bien au bon Dieu;&#13;
595 Je crains que M’gr n’ait remué cet hyver avant Son depart p.r establir&#13;
596 un curé a la basse ville, Je Souhaitte que mes pressentimens Soint faux;&#13;
597 Je ne Scay comment on poura empescher icy la pretention des marguilliers&#13;
598 de nommer les Enfant de chœur, vous le pouvéz faire bien plus aisem.t&#13;
599 Sur les lieux, en demandant que Si on en veut la nomination on en fasse&#13;
15&#13;
&#13;
600 toute la despense, et la depense de tous ceux qui contribuent a la&#13;
601 duence du Service divin&#13;
602 Jl est necessaire de m’envoyer lannée prochaine un memoire le&#13;
603 plus exact que faire Se poura de ce qui regarde les chapelles, du nombre&#13;
604 que M’gr Lancien en a laissé de la maniere dont M’gr de Quebec a voulu qu’il&#13;
605 les lui cedast et Jl est bon aussy de remarquer autant que l’on le poura&#13;
606 Sans que cela paroisse, Si ces chapelles Subsistent encore, et Si elles Sont dans les&#13;
607 missions; Toutes ces choses peuvent Servir en leur temps.&#13;
608 Je vous prie aussy de m’envoyer des memoires exacts et les plus concis que&#13;
609 faire Se poura de tout ce que peut devoir M’gr tant du passé que du present&#13;
610 tant au Sem.re qu’au chapitre, des So’es quil a payé aux uns et aux autres, des&#13;
611 ornemens qu’il a donné a laparoisse, des So’es qu’il S’en est fait payer, de ce&#13;
612 qu’il a payé a M.rs Soumande et Gautier Sur leur part du revenu du chapitre,&#13;
613 Jl faut tascher de n’y rien oublier quelq’ ancien qu’il Soit; Jl faudroit&#13;
614 faire un memoire fort abregé, et en suitte un plus estendu qui entrast dans le&#13;
615 detail des choses.&#13;
616 Je vous ay aussy demandé par mes lettres precedentes une copie collationnée du reglemt&#13;
617 et compte arresté entre M’gr de Quebec et le Sem.re par M. Labbé de choisy M. de&#13;
618 Brisacier Stipulant p.r le Sem.re M. de Brisacier vous en envoya un original&#13;
619 Jl y a deux ans; Je ne Scay Si c’est cet original ou une copie que Je copiay Jl y a&#13;
&#13;
�620 deux ans en revenant en france, Jl m’est venu en pensée depuis quelques jours&#13;
621 que vous n’en aviez qu’une copie et que Loriginal en avoit esté perdu avec&#13;
622 les lettres de M. de Brisacier Jl y a deux ans; cela Seroit fascheux, cependant on&#13;
623 pourroit toujours revenir a compte.&#13;
624 Je vous prie de demander p.r moy a M’gr L’ancien de menvoyer une copie&#13;
625 du compte que M. de Brisacier vous a envoyé lannée derniere&#13;
626 Je n’ay Sceu que par vos lettres le changem.t de Sup.r des Jesuittes; J’ay&#13;
627 reveu du P. D’ablon une lettre tout a fait obligeante a vostre Sujet; Jl a&#13;
628 escrit aussy avantageusem.t p.r vous a M. de Brisacier et au P. dela chaize&#13;
629 Dans Sa lettre au P. de la chaize Jl rend de M. du Pré un tout autre temoignag’&#13;
630 que M’gr n’en avoit rendu; Je Scay que Le P. Bruyas a aussy escrit p.r&#13;
631 vous; vous voyéz q’ rien ne m’en convainct davantage que Lunion qui&#13;
632 est entre vous et nous est a l’epreuve de tout cequ’on a fait p.r la rompre,&#13;
633 et qu’elle n’est pas fondée Sur L’Jnterests et Sur des considerations humaines,&#13;
634 Je voy que c’est une œuvre de Dieu; Quelques personnes en france en france me demandoint&#13;
635 Si les PP. Jesuites ne poussoint point M’gr a tout ce qu’il fait p.r S’emparer&#13;
636 et Se rendre m.tre du Sem.re, Je ne me Suis pas aisem.t ouvert a toutes Sortes&#13;
637 de gens a ce Sujet; mais aux personnes a qui Je ne devois rien cacher, Je&#13;
638 leur ay bien fait voir, que par tout ce que ces P.P. escrivent mesme&#13;
639 au P. dela chaize a l’avantage du Sem.re et tout ce qu’ils font en canada&#13;
640 Jls Sont bien esloignéz de ces Sentimens; Les lettres de ces Peres a&#13;
641 M. de Brisacier Sont tout a fait obligeantes, Sur tout celle du&#13;
642 P. Bouvart, Jl m’escrit de mesme aussy bien que Le P. Germain&#13;
643 J’ay tasché a entretenir icy La mesme union; et Je l’augmenteray&#13;
16&#13;
&#13;
644 plutost que de diminuer. les Peres ont bien des ennemis en&#13;
645 france a cause de leur grande authorité; Le party des Jansenistes&#13;
646 Saugmente tous les jours, La morale pratique accuse a ce qu’on&#13;
647 ma dit Les Jesuites du Canada; et les traite aussy mal que&#13;
648 ceuxde la chine, Je n’ay pu lire de livre p.r vous en mieux&#13;
649 informer, Vous pouvéz le Scavoir des Jesuites qui passent cette&#13;
650 année en asséz bon nombre&#13;
&#13;
�Du 16.e avril.&#13;
&#13;
5.e feuille.&#13;
&#13;
651 J’allay hier chez M. Larch. querir Ses lettres p.r M’gr dont Je&#13;
652 vous en envoye une par ce paquet et Jaddresse Lautre au P.&#13;
653 Bigot p.r le prier de vous la rendre, Vous aviseréz par qui Jl&#13;
654 la faudra faire rendre aM’gr; Jl Seroit bon ce me Semble de lui&#13;
655 faire rendre celle qui est dans ce paquet la premiere, et ce&#13;
656 par M. fredin, Vous en confererez Je ne vous dis rien davanta[ge]&#13;
657 de ces lettres. ce que Je vous en ay escrit vous Jnstruira asséz. Jl est&#13;
658 Necessaire de garder a cet esgard un grand Secret, et quand M’gr&#13;
659 contreviendroit a ce que lui escrit M. Larch. Jl ne faudroit en&#13;
660 rien faire paroistre; J’ay dans la pensée qu’il faudra demander&#13;
661 a M. Larch. qu’il escrive a M. de Bois. qu’ayant parlé a S. m.&#13;
662 de vos affaires, Elle n’a pas Jugé a propos que vous revinssiez,&#13;
663 afin que M. de Brisacier vous envoyant cette lettre, elle vous&#13;
664 authorise p.r empescher vostre renvoy, que Je ne croy pas&#13;
665 cependant qu’on oze entreprendre apres qu’on aura receu ces&#13;
666 lettres. Si cela Se peut faire ce ne poura estre que dans les&#13;
667 derniers vaisseaux; M. de Brisacier n’est point icy depuis&#13;
668 quelques jours, et outre qu’il n’a pas le temps descrire, Jl m’a&#13;
669 dit qu’il n’escriroit point par cette voye expres, m’ayant ordonné&#13;
670 de Saluer de Sa part M’gr Lancien Tous nos m.rs M. dela&#13;
671 Colombiere, et Les PP Bruyas et Dablon, aussy bien queM&#13;
672 LJntendant et M. Dauteüil a qui Jl espere bien escrire auss&#13;
673 Je ne vous ay ce me Semble pas envoer escrit que Javois receu vos lettres&#13;
674 p.r M. de la palliere, quapres lavoir fait lire aM. Labbé milon et&#13;
675 aux PP Jesuites, Jen ay donné loriginal aM. Dela Palliere, et en ay&#13;
676 gardé la Copie, cette lettre n’a fait que du bien, et vous ferez bien&#13;
677 de continuer.&#13;
678 Je ne vous dis rien icy de M. Guyotte vous en ayant parlé fort&#13;
679 au long dans ma lettre commune et la chose ne meritant par destre&#13;
680 relevée dans cette lettre; Jl est en Son pays, dou on nentend point&#13;
681 parler de lui en aucune maniere, Je voy peu M.rs de S.t Sulpice&#13;
&#13;
�page 17&#13;
&#13;
682 p.r Scavoirleurs Sentimens Sur nos affaires, Je n’ay Sceu que&#13;
683 deM. Guyotte quils napprouvoint pas la conduite de M’gr.&#13;
684 Je croy qu’ils envoyent cette année quelques Ecclesiastiques,&#13;
685 Je ne Scay Si c’est a M’gr ou a Son Sem.re Vous ne devez pas&#13;
686 apprehender l’establissem.t d’une nouvelle comm.te en canada&#13;
687 Si ce n’est celle de S.t Sulpice a Quebec, Jl Seroit facile dempescher&#13;
688 les autres congregations de S’y establir.&#13;
689 J’ay receu la lettre de Mad.e Bourdon, et M. de Brisacier m’a&#13;
690 ordonné de la lire, mais Jl n’en a pas eu le temps, non plus&#13;
691 que toutes les autres lettres des miss.res Je ne Scay Sil y poura&#13;
692 faire response; Mad.e Bourdon a voulu par Sa lettre rendre&#13;
693 temoignage a la verité. jusque Sur le bord du tombeau, J’espere&#13;
694 que Dieu la recompensera deSa bonne volonté, Je vous prie&#13;
695 de me recommander a Ses prieres, et a toutes celles dela S.te&#13;
696 famille; vous pouvez croire qu’on n’a pas manqué de&#13;
697 representer ce qui Se passe au Sujet de cette devotion; Mad.e&#13;
698 de maintenon a esté instruite de tout cela, M. Larch. &amp; mais&#13;
699 Jl faut attendre le retour deM’gr p.r apporter quelq’ ordre&#13;
700 a toutes ces choses; J’ay dessein de vous envoyer un livre qui&#13;
701 vient de paroistre par les derniers vaisseaux dont voicy le titre&#13;
702 Reponse a la lettre du Theologien defenseur dela Comedie en&#13;
703 en fait de l’estime; Les PP. Bourdaloüe de la Rüe chaussemer &amp;&#13;
704 et tous les fameux predicateurs n’ont point hesité dans leurs&#13;
705 Sermons cette année de dire qu’il y avoit peché mortel dans l’extreme&#13;
706 misere ou nous So’es dassister a ces Spectacles &amp;&#13;
707 On a fort gousté en france vostre edesistem.t de poursuites aussitost&#13;
708 que le reglem.t fut arrivé, Je croy que par les termes couchez en&#13;
709 ce reglem.t qui renvoyent les nouvelles affaires a regler en&#13;
710 france, vous auréz trouvé moyen d’esviter la discussion de&#13;
711 plusrs affaires queM’gr aura voulu resoudre par M Le&#13;
712 Comte ette M. de champigny. Jl Sera bon davoir Si vous pouvez&#13;
713 des attestations de M. de champigny et dautres personnes&#13;
&#13;
�714 constituéez en dignité de vostre fidelité a observer ce reglem.t&#13;
715 en tous Ses points.&#13;
716 Je vous envoye dans cette lettre, que J’ay resolu de faire Servir&#13;
717 de duplicata a ma lettre commune que J’ay donnée au P.&#13;
718 Rafeix et aux particulieres que J’ay fait mettre dans la caisse&#13;
719 des Jesuites, une copie dela facture de cette année et une copie&#13;
18&#13;
&#13;
720 du memoire des papiers que J’ay trouvéz dans plus.rs endroits du&#13;
721 Sem.re Je ne vous dis rien Sur ces papiers, vous renvoyant a ce&#13;
722 que Je vous en ay dit dans ma lettre commune; Jl faut&#13;
723 examiner quels papiers vous vouléz que Je vous envoye,&#13;
724 originaux ou copies. Quels papiers Vous devéz enenvoyer Ce Sont&#13;
725 ce me Semble des actes authentiques des possessios duSem.re en&#13;
726 Canada, cela ne presse point.&#13;
727 Si je ne Scavois que nos m.rs nedesapprouveront pas que Je vous&#13;
728 escrire comme a Vous Seul de nos affaires estant persuadé que&#13;
729 Je leur escris en vous escrivant; Le gouvernem.t n’estant qu’un dans&#13;
730 le Sem.re , Je naddresserois pas cette lettre a vous Seul; mais comme&#13;
731 cela S’est fait pas occasion, et ayant commencé a vous escrire,&#13;
732 et jugé a propos puis qu’il falloit vous escrire par deux Voyes&#13;
733 et m’estendre par consequent Sur tout cequil est bon que vous&#13;
734 Soyez Jnformé Je croy que nos m.rs ne le trouveront pas&#13;
735 mauvais; Vous ne devéz point avoir esgard qu’il n’y ait pas&#13;
736 Sur l’envelope de mes lettres Duplicata; Cette lettre que Je vous&#13;
737 escris est un vray duplicata de ma lettre commune et des&#13;
738 particulieres, et Je laddresse au P. Bigot Sous ladresse ord.re&#13;
739 afin quil la mette dans un vaisseau ou Le P. Rafeix ny&#13;
740 la caisse des Jesuites ne Seront pas; Je ne m’estendray plus&#13;
741 par les derniers vaisseaux Sur toutes ces matieres, Je me&#13;
742 contenteray de vous escrire cequil y aura de nouveau&#13;
743 J’ay trouvé parmy les derniers papiers qu’on m’a remis du&#13;
744 Sem.re un office de la S.te famille assez peu exact. Je me Suis&#13;
&#13;
�745 Jnformé ceque cela cousteroit bien a Jmprimer cela n’iroit pas&#13;
746 p.r deux ou trois cens exemplaires a plus de 100 ou 150.# Je n’ay&#13;
747 pu faire Jmprimer vostre petit livre de prieres, Si les temps&#13;
748 n’eussent pas esté aussy mauvais quils Sont Jeusse trouvé&#13;
749 quelques charitéz p.r cette depense, mais ap’nt que les pauvres&#13;
750 meurent de fain tous les jours aux portes des maisons, Jl ne&#13;
751 faut pas Songer a dautres bonnes œuvres, qu’a les Soulager.&#13;
752 Jl faudra environ 75.# p.r 3000.ers dexemplaires tous brochéz&#13;
753 en par chemin, Jl faudroit y ajouster une petite instruction p.r la&#13;
754 confession des Enfans en deux petites pages. Je garde le livre&#13;
755 p.r quelq’ occasion. Je n’ay pas cru devoir me Servir de Mad.e&#13;
756 De la motte; Jl faut mesnager les personnes de cette qualité.&#13;
757 J’ay fait donner au R. P De la chaize toutes les lettres qui lui&#13;
758 estoint addresséez apres en avoir conferé avec M de Brisacier.&#13;
19&#13;
&#13;
759 Plus.rs miss.res ont demandé cette année a M de Brisacier&#13;
760 comment Jls pouroint estre aggregéz au Sem.re J’en ay conferé&#13;
761 avec lui, Jl croit qu’il faut attendre, et Vous en Scavéz la raison,&#13;
762 Lunion Sera toujours aussy intime que Sils estoint unis au Sem.re&#13;
763 Je vous envoye huit petits cachets de devotion que vous trouverez&#13;
764 dans une petite caisse couverte de toile circé; Jl y a dans cette Caisse&#13;
765 vingt bulles Jmpriméez du Jubilé que Je vous envoye p.r vous en&#13;
766 Servir quand M’gr L’aura Jndiqué et les distribuer a nos miss.res&#13;
767 Jl y a de plus dans cette caisse deux montres, L’une p.r M Heraut&#13;
768 et lautre p.r M. azeur, et un mouvement de montre qui appar=&#13;
769 tient a M. claude chasle tonnelier a la basse ville, chez qui&#13;
770 M. Pepin logeoit. Jl y a deplus deux livres des examens de S.t Sulpice&#13;
771 L’un p.r M. Erbery et lautre p.r M. de Requeleyne; J’envoye a nos&#13;
772 miss.res avec bien de la peine presque tout ce quil m’ont demandé&#13;
773 Jl y a encore dans cette caisse des verres ardens p.r M. du fournel;&#13;
774 quelques petites devotions que vous distribueréz et quelques lettres&#13;
775 Je ne pouray pas escrire a plus.rs de nos m.rs par ces 1.ers&#13;
&#13;
�776 vaisseaux ce Sera par les derniers.&#13;
777 M. de Preaud m’a fait toucher d’avance dequelques jours vostre&#13;
778 pension de 150.#&#13;
779 Je ne vous ay pas envoyé le livre de L’education des filles dedié&#13;
780 a Mad.e maintenon, par ceque ce livres n’est pas propre pr le&#13;
781 canada, c’est M. Labéée de fenelon qui en est lautheur, et qui l’a&#13;
782 fait p.r l’education des filles de M. de Beauvilliers qui Sont&#13;
783 a montargis ouM. des maizerais a raport de lettres. Je&#13;
784 n’avois pas Songé a ce livres qu’en relisant vos lettres, Je&#13;
785 tacheray a vous lenvoyer par les derniers vaisseaux&#13;
786 Je croy vous avoir desja escrit que M. foulques est a abbeville&#13;
787 fort riche de bien de patrimoine, Jntricatus negotiis Saecularibus,&#13;
788 et quil est fort esloigné de retourner en canada; M. de Brisacier&#13;
789 croit qu’il ne faut point prendre les Voyes ny p.r Son benefice&#13;
790 ny p.r celui de M. Merlat qu’on me Suggere, Jl vaut mieux&#13;
791 attendre un peu et Souffrir cependant plutost que d’intro=&#13;
792 duire dans une nouvelle Eglise des choses odieuses delles mesme&#13;
793 Quoy qu’on marque qu’aucun du Sem.re ne doit repasser avec&#13;
794 M’gr cela ne doit pas empescher M. de Brullon de repasser&#13;
795 M. de Brisacier m’a dit a ce sujet que Son retour ne peut&#13;
796 faire de mauvais effets, dez que Ses affaires parlieres le&#13;
797 demandent.&#13;
798 J’ay achetté des pastilles de M. chomel, qu’il pretend m’avoir&#13;
20.&#13;
&#13;
799 donnéez p.r rien, et que Je pretens avoir bien payéez; cest un&#13;
800 tireur de quint’essence qui ne cherche qu’a Sinstruire et profiter&#13;
801 de tout, Jl Scavoit unepartie de nos differens, et il en Scait plus&#13;
802 que Je ne voudrois qu’il en Sceust, Jl est cependant un fort&#13;
803 honneste homme et fort lié a Lassemblée du noviciat.&#13;
804 Vous pouvéz Scavoir deM. Fredin Si on a respondu a la&#13;
805 demande que faisoit M. LJntendant que les deniers des&#13;
806 curez &amp; passassent par Ses mains et nullem.t par celles de&#13;
&#13;
�807 M’gr.&#13;
808 Je ne vous dis rien Sur la Bibliotheque dont on n’a point parlé.&#13;
809 vous pouvez vous contenter du memoire que vous mavéz&#13;
810 envoyé Sur ce Sujet, que Je produiray Si on en parle.&#13;
811 Jl Seroit bon que la mission de M. Thury fust unie au Sem.re&#13;
812 Je croy que Si on touchoit en france les 600.# que Le Roy donne&#13;
813 p.r les deux miss.res qui la desservent, et qu’on les employast en&#13;
814 effets en france dont M de chevry promet de donner le fret&#13;
815 gratis, Sur cepied la mission ne Seroit pas a charge au Sem.re&#13;
816 M. Thury en devroit escrire fortem.t a M. de chevry qui est&#13;
817 tres bien intentionné p.r lui, et qui lui envoye des presens de&#13;
818 farine lard et vin.&#13;
819 Les particularitéz que vous mavéz escrites touchant M. de merlat&#13;
820 m’ont Servy en temps et lieu a le faire connoistre, Les actions particu=&#13;
821 lieres Servent notablem.t p.r cela; J’espere que Dieu nous en&#13;
822 deslivrera Sans que nous nous en empressions beaucoup. on le&#13;
823 connoist icy mieux qu’on ne faisoit dans le dernier voyage Sur tout&#13;
824 M’gr Larch. qui avoit de L’estime p.r lui, et qui voyant M. de&#13;
825 mer lac avec Son phlegme arrester les Saillies deM’gr en le&#13;
826 tirant par la manche disoit que Mond. S.r merlat estoit un&#13;
827 ho’e tel qu’il faudroit p.r remplir la place deM’gr, mais Jl n’a&#13;
828 pas p’ntem.t ces Sentimens.&#13;
829 Je vous ay mandé dans mes percedentes que S’il arrivoit un&#13;
830 accident de mort a M. Le Comte que Je ne lui souhaitte pas, mais&#13;
831 Seulem.t quil Se reconnoisse, Jl Seroit bon de nous en donner avis&#13;
832 le plutost que vous pourriez Je vous en dis la raison dans ma&#13;
833 lettre commune&#13;
834 On ne doute point icy que Levesque a raison des abbayes est&#13;
835 obligé a Sa part de lentretien dela Sacristie, et Sans les abbayes&#13;
836 mesme, aux frais qu’il faut faire p.r les offices Pontificaux&#13;
837 Je vous envoye une consultation de plus.rs articles touchant&#13;
838 le chapitre, resolus par M. Le verrier official de Paris.&#13;
&#13;
�6.e feuille&#13;
page 21.&#13;
lettre O. no 5&#13;
&#13;
839 Je ne vous ay pas encore repondu dans cellecy que Les deux&#13;
840 quatre vingt dix huit livres que M. de Brisacier vous comptes&#13;
841 avoir fourny a M’gr p.r ornemens du chapitre n’ont point esté&#13;
842 employez a lornem.t dont voues me parléz, Cest une Somme&#13;
843 que M. de Bris. lui a avancé en plus.rs articles, Jl a dit quand&#13;
844 Jl en a fallu venir a compte quil l’avoit employé p.r le&#13;
845 chapitre, Si Je puis Je tireray du livre de M de Brisacier les&#13;
846 articles differens de lemploy de cette So’e et vous lenvoyeray&#13;
847 par les derniers vaisseaux&#13;
848 L’on ne croit pas que M’gr porte Ses plaintes a Rome apres&#13;
849 Sestre addressé au Roy p.r lui demander des commissaires p.r&#13;
850 regler les differens avec Son clerge, Jl est trop politique p.r&#13;
851 cela, et ce ne Seroit pas avancer Ses affaires, outre que Rome&#13;
852 ne va guere viste en besogne, et que Sa Coustume est de&#13;
853 deleguer un commissaire Sur les lieux p.r Jnformer, Jl n’y a&#13;
854 pas beaucoup de personnes qui voulussent Se charger de cette&#13;
855 commission de ceux qui Seroint capables de S’en bien&#13;
856 acquitter.&#13;
857 J’ay oublié de proposer a M’gr Lancien que M. de Grainville&#13;
858 Docteur de Sorbonne Grand chantre de LEglise de Bayeux avec qui&#13;
859 J’ay un grand commerce de lettres, qui estoit fort connu de M’gr&#13;
860 Lancien du temps quil estoit a Paris, ayant demeuré avec lui&#13;
861 deux ans dans le Sem.re S’est offert plus.rs fois aM. de Brisacier&#13;
862 p.r aller vous ayder Si Jl le jugeoit a propos; c’est M. de Brisacier&#13;
863 qui me l’a dit, car Je n’ay pas eu avec lui ces ouvertures. ce qui&#13;
864 arreste M. de Brisacier, est quil craint que Mond. S.r de Grain ville&#13;
865 ne Soit un peu entesté, et entier en Ses Sentimens, et quil ne vous&#13;
866 cherche dans la Suite a dominer Suivant le genie de la nation&#13;
867 dont il est (vous remarqueréz qu’il est de Caën) Jl me Semble&#13;
868 que cela ne Seroit pas tant a craindre Si ce Mons.r passoit&#13;
869 avec M’gr Lancien, et nos m.rs quelques annéez que Sil y alloit&#13;
&#13;
�870 apres leur mort; Leur aage et leur experiance, lui rendroit&#13;
871 leurs Sentimens venerables; Vous en confereréz M’gr L’ancien&#13;
872 peut vous dire ce qu’il en connoist, M. de Brisacier ny moy&#13;
873 ny ceux qui le connoissent n’en peuvent dire que du bien;&#13;
874 M. de Bayeux lemploye Souvent dans le gouvernem.r de Son&#13;
875 dioceze.&#13;
876 Je croy que M. Heraut Sera obligé de revenir en france; Son Pere&#13;
877 Le menace de le desheriter Sil ne revient.&#13;
22&#13;
&#13;
878 Je ne vous diray rien icy de tout ce que Je vous ay mandé dans&#13;
879 ma lettre commune de Lunion des abbayes a LEvesché de Quebec,&#13;
880 Je vous diray Seulem.t que cette union n’est pas faite, que celle de&#13;
881 meaubec est passée en cour de Rome, mais que celle de Benevent&#13;
882 et L’estréez n’est pas encore passée; on la presse fortem.t et Mad.e&#13;
883 de maintenon qui en avoit escrit a M Le cardinal de Jeanson&#13;
884 qui fait les affaires de la france a Rome, p.r le lui recommander,&#13;
885 a envoyé ces jours passez a M. de Bris. une lettre de ce dardinal a M de&#13;
886 Brisacier qui lui mande qu’il va faire travailler incessamm.t&#13;
887 a cette affaire;&#13;
888 Je me Suis Jnformé de ce que c’est qui appartient au canada de&#13;
889 la fondation de M. de morangis; Jl avoit laissé 10000.# au&#13;
890 Sem.re qu’on avoit constituéez au denier Vingt p.r distribuer&#13;
891 Selon la volonté du Sup.r du Sem.re aux missions des Jndes de Perses&#13;
892 et d’amerique de Grece &amp; et p.r entretenir des jeunes Seminaristes a&#13;
893 Paris; M. de Brisacier en avoit toujours appliqué 100.# p.r le&#13;
894 Canada, mais ap’nt quils ont consomméz ces 10000.# p.r la batisse&#13;
895 de leur Eglise, Je crains bien qu’ils n’en donnent plus rien, Je dois&#13;
896 en parler a M. de Brisacier, mais Jl faut encore attendre&#13;
897 quelque temps.&#13;
898 M. de la Palliere a mis a S.t Nicolas du chardonnet quelques&#13;
899 Prestres qui SeSont presentéz a lui p.r le canada; Je ne Scay Sil&#13;
900 en enverra quelques uns cette année.&#13;
&#13;
�901 Je ne vous mande rien des Nouvelles du temps, Sur tout dela&#13;
902 misere extreme ou toute LEurope est reduite, Jl y a plus de huit mois&#13;
903 qu’on dit qu’elle est extreme, et cependant elle croist toujours. Je ne&#13;
904 vous ne croirez pas ce que l’on poura vous en raconter, et cependant&#13;
905 on ne vous fera pas les choses Si grieves quelles le Sont. Dieu&#13;
906 veüille avoir compassion de Son peuple, et Se Servir de cette calamite&#13;
907 p.r nous reconcilier tous a lui; C’est a quoy peu depersonnes pensent.&#13;
908 au contraire dans Paris cette grande necessité est une Source&#13;
909 de vices et de crimes énormes : Notre bon Roy fait ce qu’il peut&#13;
910 faire p.r donner la paix a Son peuple, mais nos ennemis tous&#13;
911 battus qu’ils Sont Se tiennent fiers de nos miseres, quoy que les&#13;
912 leurs ne Soint pas moindres; Toutes ces Calamitéz degoustent&#13;
913 de la Vie, C’est une mort continuelle de voir les pauvres dans de&#13;
914 Si grandes Souffrances Sans les pouvoir Soulager. car tel qui&#13;
915 pouvoit faire laumosne ne le peut plus par la cherté de toutes choses&#13;
916 par les taxes continuelles et par toutes les autres charges qu’il est&#13;
23&#13;
&#13;
917 obligé de porter. on a Jmposé de grosses taxes Sur tous les biens des&#13;
918 villes et des Campagnes p.r la Soulagem.t des pauvres, mais on ne les&#13;
919 fait bien payer qu’aux uns, tandis que les autres S’en exemptent.&#13;
920 Je Suis obligé de finir cette lettre qui est desja asséz longue&#13;
921 Je vous conjure de me continuer L’assistance de vos prieres, et de&#13;
922 demander a nos mess.rs et a tous nos miss.res la mesme chose;&#13;
923 Je Suis toujours tres uny d’esprit a tous leurs travaux et a leurs&#13;
924 peines, Je voudrois bien les partager avec eux, mais Je vois&#13;
925 de plus en plus que mon affaire consiste a ne rien vouloir,&#13;
926 et a ne consulter que le bon plaisir de Dieu; Je suis persuadé&#13;
927 que ma grande affaire consiste a faire mourir en moy ce&#13;
928 fonds d’activité et d’empressem.t que Je reconnois Si Souvent en&#13;
929 moy partir d’amour propre, et d’orgueil, qui me fait desirer&#13;
930 de voir reussir les choses et en voir aussitost la fin que le&#13;
931 commencem.t Je reconnois bien ce que vous me mandez dans&#13;
&#13;
�ce 16.e avril 1694.&#13;
&#13;
932 vos lettres que cette incapacité que Je ressens en moy p.r faire&#13;
933 reussir vos affaires, et ce peu douvertures que J’ay p.r me commu=&#13;
934 niquer aux grands est un des plus grands biens que Dieu mait&#13;
935 fait p.r ne pas me perdre dans le grand monde, Je ne cesse d’en&#13;
936 remercier tous les jours le bon Dieu, et de le prier de moster&#13;
937 encore le peu d’esprit qu’il m’a donné p.r me conduire Sil juge&#13;
938 que cela Soit necessaire p.r m’unir Jntimem.t a lui, et ne m’en&#13;
939 Separer jamsis afin que Je pusse dire alors Ut iumentum factus&#13;
940 Sum apud te et ego temper tecum. Je vois bien que ce ne Sera&#13;
941 point la reussite des affaires mesme bonnes qui nous rendra&#13;
942 agreables a Dieu, mais qu’au contraire le mauvais Succez de ces&#13;
943 affaires bien pris est plus capable de nous unir a lui, Jlne&#13;
944 faut pas laisser de lui rendre grace quand Jl y donne La&#13;
945 benediction, mais Je concois qu’il ne faut point y mettre&#13;
946 dappuy car aujour dhuy les creatures nous flattent et&#13;
947 nous applaudissent, et demain elles Se decharneront contre&#13;
948 nous; mihi adhaerere Deo bonum est ponere in D’no Deo meo&#13;
949 spem meam. Je Suis dans lamour Sacré de nos Saincts&#13;
950 patrons avec tout le respect possible&#13;
951 Je vous prie de demander&#13;
952 excuse p.r moy a M.rs du&#13;
Monsieur&#13;
953 Pré et Martin et aux autres&#13;
954 Si Je ne leur ay point encore escrit&#13;
955 Je le vais faire au 1.er Jour.&#13;
956 Excuséz aussy toutes les fautes&#13;
957 que J’ay pu faire en cette lettre&#13;
vostre tres humble et&#13;
958 Je vous parle avec un cœur ouvert.&#13;
tres obeiss.t Serviteur&#13;
959 et Sans chercher beaucoup de detours. Tremblay p. J.&#13;
960 Jay oublié de prier M. de Bernieres de payer a&#13;
961 Thomas Gasse p.r lequel Jl y a une lettre dans&#13;
962 cepaquet la So’e de onze livres que Mad.me de&#13;
&#13;
�Les Evesques avoint esperé&#13;
esluder en mettant au&#13;
lieu de contra circa&#13;
et au lieu de videri&#13;
pal est fuit, Jls&#13;
vouloint mettre&#13;
videri potest, mais&#13;
les Romains Sont&#13;
plus raffinez que&#13;
nous, et il a fallu&#13;
donner la retracta=&#13;
tion telle quelle est.&#13;
&#13;
963 la motte ango a receu p.r lui, et quelle me&#13;
964 diminuera Sur ceque Je dois lui payer p.r la Toile&#13;
965 des charitéz de M’gr Lancien.&#13;
966 formule de retractation des Evesques de Lassemblée de 1682.&#13;
967 ad pedes ___&#13;
968 de le Supra id ___&#13;
969 Pra patis ___&#13;
970 displicucrunt ___&#13;
971 Pontificiam ___&#13;
972 n’ra ___&#13;
973 fuit ___&#13;
974 este ___&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5&lt;/span&gt;</text>
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                <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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              <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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              <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 4 mars-16 avril 1694)</text>
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              <text>Le postulateur du Séminaire de Québec à Paris exprime à son confident sa reconnaissance pour ses conseils spirituels. Il lui rapporte que le roi a décidé de rappeler Saint-Vallier, 2e évêque de Québec. Il lui fait part des difficultés qu’il rencontre pour payer les dettes du Séminaire, pour toucher les pensions et les revenus des bénéfices et pour envoyer les factures et les livres demandés. Il lui dit qu’il a mis en ordre les prieurés de Bénévent, de Saint-Sébastien et de Parçay, qu’il a reçu la confirmation de l’union du prieuré de Méobecq au Séminaire et qu’il espère recevoir celle des prieurés de Bénévent et de l’Estrée. Il raconte que la France est dans une grande misère à cause de la guerre et que le roi cherche à faire la paix. Il lui dit aussi qu’il a envoyé des bulles du jubilé et un livre contre la comédie.</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11900" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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              <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11898" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11899" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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      <name>Abbayes et prieurés</name>
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      <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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