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                  <text>Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 50</text>
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                  <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 22 mai 1710)&#13;
&#13;
Paris, 22 mai 1710&#13;
Monsieur,&#13;
Je ne ferai réponse cette année à aucune de vos lettres de l’an passé, car pendant&#13;
toute l’année je n’en ai reçu aucune de vous. J’ai seulement appris par une lettre&#13;
de M. de Varennes du 12 octobre 1709, qui m’a été rendue par la poste deux mois&#13;
après que M. Pugibault, qui en était chargé, est arrivé en France, que vous aviez&#13;
reçu mes lettres de l’an passé. J’ai aussi su de vos nouvelles par tous ceux qui ont&#13;
passé en France et surtout par M. Plassan et par Mme la gouvernante, qui nous en&#13;
a appris de très précises de chacun de vous en particulier.&#13;
Elle nous a fort affligés en nous apprenant que vous aviez eu de très fortes&#13;
maladies depuis deux ans et que ces maladies vous avaient donné un degré de&#13;
faiblesse dont vous aviez peine à revenir. Nous aurions, ce semble, besoin que&#13;
Dieu vous conservât encore pour nous pendant quelques années dans des temps&#13;
si fâcheux. Il faut espérer qu’il aura égard à nos désirs et à nos prières et non à&#13;
votre empressement que vous avez de votre dissolution pour être avec JésusChrist. Nous pourrions vous dire, comme les disciples de saint Martin à ce saint,&#13;
que sa vie sainte le mettait en assurance, autant qu’on y peut être, en cette vie de&#13;
bienheureuse éternité, mais que son troupeau avait encore besoin de lui.&#13;
En effet, c’est un des motifs qui nous a le plus pressé à vous envoyer cette année,&#13;
malgré la guerre et la disette d’argent, deux de nos Messieurs pour vous aider à&#13;
conduire le Séminaire et à desservir la paroisse et nous souhaitons que vous les&#13;
puissiez former pendant quelques années et leur inspirer l’esprit de grâce et de&#13;
détachement que vous avez tâché d’inspirer aux autres, afin qu’ils conservent&#13;
après vous et transmettent à d’autres le premier esprit du Séminaire.&#13;
Il y a plus de trois ans que si j’avais pu, je vous aurais envoyé celui qui est le plus&#13;
ancien des deux prêtres que nous vous envoyons, qui s’appelle M. Thiboult. Il est&#13;
de la ville de Rouen et il est un prêtre tout formé. Il y a quatre ou cinq ans qu’il&#13;
&#13;
�demeure au Séminaire. M. l’évêque de Rosalie, qui l’avait pris pour l’emmener&#13;
avec lui et lui avait fait apprendre par avance les principes de la langue chinoise,&#13;
ne nous l’a enfin que quand il a vu que, par les autres venus de la Chine, la porte&#13;
était fermée pour longtemps aux ouvriers de l’Évangile. C’est un bon esprit et dont&#13;
je crois que vous serez contents. Il a une poitrine délicate et malgré cela, il est&#13;
capable de s’accabler de mortifications, de jeûner avec trop peu de ménagement si&#13;
vous n’y prenez garde, car il a pensé mourir au Séminaire en ne voulant faire qu’un&#13;
repas par jour en jeûnant. Tâchez, je vous prie, à le retenir et à le ménager. Je crois&#13;
qu’il vous sera propre soit dans le Séminaire pour les conférences, soit à la paroisse&#13;
pour les instructions et confessions, soit dans les communautés pour les&#13;
confessions.&#13;
L’autre, qui s’appelle M. Guichard, vient d’être fait prêtre. Il est du pays de défunt&#13;
M. Duplein. C’est un bon sujet, bien recueilli, amateur de la vie cachée, laborieux,&#13;
pénitent et qui vous conviendra, étant un bon esprit, sociable et bien humble. Nous&#13;
avons déclaré à Mgr l’évêque de Québec que nous les envoyons tous les deux pour&#13;
vous soulager, vous aider à conduire le Séminaire et rester à Québec. Or, quoique&#13;
nos Messieurs pensent qu’ils vous seront propres pour la conduite du Séminaire,&#13;
ils n’ont cependant pas jugé à propos de les associer, étant mieux aimé vous les&#13;
envoyer afin que vous les connaissiez et soyez ensuite en état de les associer à&#13;
vous.&#13;
J’ai tâché de leur fournir du linge et autres hardes pour plus de deux ans, afin&#13;
qu’ils ne vous fussent pas à charge. Je ne sais si nous obtiendrons leur passage, que&#13;
nous avons demandé. Si nous ne pouvons pas l’obtenir, il faudra bien le payer. Ils&#13;
passent avec un père jésuite et deux récollets et deux MM. de Saint-Sulpice. Je&#13;
crains qu’il n’y ait qu’un seul vaisseau pour les passer tous. Si on ne nous accorde&#13;
pas leur passage, je tâcherai à les faire passer dans un vaisseau marchand ; s’il y en&#13;
a un bon, car ils seront trop de prêtres dans un même vaisseau. M. Bouteville&#13;
sonde aussi à y passer. Il demande son passage par Mgr de Québec. Je ne sais s’il&#13;
l’obtiendra.&#13;
&#13;
�Vous saurez sans doute que Mgr de Québec revint en France et fut délivré de sa&#13;
prison vers le mois d’août de l’année passée. J’étais allé faire un assez long voyage&#13;
lorsqu’il arriva à Paris. Je le trouvai à mon retour logé rue de l’Université dans une&#13;
chambre garnie. Il est allé depuis loger chez M. le curé de Saint-Sulpice, où il avait&#13;
logé ci-devant.&#13;
Je trouvai aussi à mon retour M. Bouteville, qui s’était allé loger au Séminaire&#13;
Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Je vous avoue que dans un aussi mauvais temps&#13;
que celui-ci, où vous n’êtes guère en état de payer de grosses pensions, je crus ne&#13;
le devoir pas presser de venir au Séminaire. Je le laissai où il était logé et ne l’invitai&#13;
pas à venir chez nous. Il aurait dû y venir descendre par-dessus cela. Je crois que&#13;
comme il pouvait n’être pas content de ce que je ne lui avais pas fourni de l’argent&#13;
pendant sa prison d’Angleterre, lui à qui sa mère était assez en état d’en fournir,&#13;
je devais lui laisser prendre la maison qu’il voudrait. Il me vint voir peu après avec&#13;
M. Olivier, autre prêtre, son cocaptif, et me dit qu’ils allaient à Nantes pour y vivre&#13;
à meilleur marché. Je les laissai faire et il y est resté jusqu’à présent sans m’écrire&#13;
et me rien faire dire. J’ai cependant appris par Mgr de Québec et par d’autres qu’il&#13;
se plaignait fort de moi et de ce qu’étant du Séminaire, on ne l’avait pas voulu&#13;
recevoir. M. de Québec disait que cela ferait un mauvais effet dans les autres&#13;
Canadiens. Je ne lui ai rien refusé : il ne m’a rien demandé et ne m’a rien fait&#13;
demander. Mais je crois avoir plus de sujet de me plaindre de lui que lui de moi.&#13;
Mais il faut laisser tout tomber par terre et ne rien relever.&#13;
D’ailleurs, vous ne m’avez rien répondu sur son sujet quand je vous en ai écrit&#13;
depuis quatre ou cinq ans et quand je vous ai demandé comment j’en devais user&#13;
avec lui, après que son père ne vous a pas payé les 300 livres qu’il avait promis de&#13;
donner pour lui tous les ans. Il s’est déchargé de son Sauvage sur M gr de Québec,&#13;
qui en a été aussi déchargé, étant mort en allant à l’abbaye de Bénévent où on&#13;
l’envoyait.&#13;
De tous les sujets qui ont été prisonniers avec lui en Angleterre, il n’y en a aucun&#13;
qui ait conservé sa vocation. Tous s’en sont séparés, la plupart assez mécontents&#13;
et disant du prélat des choses assez désagréables. Il y avait cependant deux ou&#13;
&#13;
�trois bons sujets, entre autres l’abbé de Sangean, que j’aurais espéré s’il était allé&#13;
en Canada, qu’il aurait pu s’attacher à vous, n’ayant pas d’autres liaisons.&#13;
Quant au prélat, il avait déjà fait, avant que j’arrivasse de mon voyage, une&#13;
démarche qui me déplut très fort. Il avait trouvé à Paris un de nos fermiers de&#13;
Méobecq, qui m’y apportait l’année échue à la Saint-Jean 1709, dont j’avais avancé&#13;
pour lui la plus grande partie pour l’acquis des charges de cette abbaye. Ce prélat,&#13;
qui avait une fort grande avidité de toucher de l’argent, fit faire un&#13;
commandement à ce fermier de lui payer son année. Ce fermier n’eut garde de le&#13;
faire et quoique le prélat le tentât par les promesses d’un nouveau bail, de remises,&#13;
etc., il garde son argent jusqu’à mon retour. Je me plaignis au prélat de cette&#13;
démarche. Je lui dis, et de vive voix et par écrit, que j’aurais pu depuis 1707 faire&#13;
saisir son abbaye de Bénévent et que je n’avais pas voulu le faire pour qu’il ne pût&#13;
me reprocher d’avoir commencé le premier et d’avoir appesanti sa captivité que je&#13;
le pouvais encore et que je ne le voulais pas faire et aimait mieux souffrir ces&#13;
procédures que de lui en faire. Je pris seulement le parti de faire défense à ce&#13;
fermier de payer à d’autre qu’à moi, à peine de payer deux fois.&#13;
Ce fermier ne laissât pas, en s’en allant de Paris, de me laisser 1 200 livres à recevoir&#13;
pour lui et le prélat lui a mandé trois ou quatre mois après qu’il pouvait me payer&#13;
entièrement, car j’avais donné un mémoire ou compte à Mgr de Québec, par lequel&#13;
je lui faisais voir que de quelque manière qu’il voulût prendre les choses. Il était&#13;
lui-même plutôt redevable au Séminaire que de prétendre que je lui dusse quelque&#13;
chose. Je comptais la redevance de 400 livres pour les écoles et autres dont je n’ai&#13;
pas compté avec lui depuis 1707.&#13;
Dans les visites que je rendis au prélat depuis son retour, il me témoigna être fâché&#13;
d’avoir écrit en Cour et ailleurs tout ce qu’il avait écrit contre nous. Il s’excusa sur&#13;
ce qu’il prétendit que c’était M. de la Pallière qui avait aigri son esprit et qui lui&#13;
avait fait entendre les choses autrement qu’elles n’étaient. Il me dit qu’il était aisé&#13;
de se concilier sur l’application des menses monacales de Méobecq et Bénévent ;&#13;
que comme nous n’avions nul fonds pour entretenir les jeunes gens qui, en sortant&#13;
du Petit Séminaire, entraient dans le Grand pour y être promus aux ordres, il&#13;
consentirait volontiers que le Séminaire y appliquât ces revenus et qu’il soutînt,&#13;
&#13;
�avec ces jeunes, le service de la cathédrale pour y faire le service comme il faut ;&#13;
qu’il me priait de lui en donner quelque mémoire ; que j’étais plus en état que&#13;
personne de concilier toutes choses ; et il me dit mille autres choses obligeantes qui&#13;
ne me gagnèrent pas à son égard, persuadé qu’il voulait toujours venir à ses fins,&#13;
etc.&#13;
Cependant, je lui donnai un ou deux mémoires pour en venir à quelque&#13;
accommodement. Je proposais que, pour sa vie durant seulement et sans préjudice&#13;
du droit de ses successeurs et du droit du Séminaire sur les menses monacales&#13;
pour l’avenir, il pourrait s’il voulait garder entièrement l’abbaye de Bénévent, à&#13;
condition d’acquitter toutes les charges pour toutes les pensions des chanoines et&#13;
le service divin, tant que les chanoines vivraient et que le service divin subsisterait&#13;
et que nous nous contenterions, de notre côté, de garder l’abbaye de Méobecq,&#13;
prieurés d’Èves et Chezelles, afin d’éviter d’avoir pendant sa vie aucune&#13;
contestation avec lui pour le temporel et que le Séminaire emploierait le revenu&#13;
qui en proviendrait à élever de jeunes ecclésiastiques dans le Grand Séminaire. À&#13;
la vérité, je ne croyais pas en devoir spécifier le nombre, parce que je ne pouvais&#13;
savoir 1er combien on toucherait net de cette abbaye par an et 2e ce qu’il faudrait&#13;
pour entretenir et nourrir chaque ecclésiastique au Séminaire de Québec, mais que&#13;
je pouvais assurer que bon an mal an, cela y servirait l’un portant l’autre.&#13;
Après que le prélat eut mon mémoire et après l’avoir gardé quelque temps, il nous&#13;
fit avertir de nous trouver chez M. le cardinal de Noailles, où il devait se trouver&#13;
avec M. Dubourg, son avocat. Nous y menâmes aussi M. Baille, qui était le nôtre,&#13;
M. l’abbé de Brisacier et moi. Nous écoutâmes avec respect le prélat en présence&#13;
de Son Éminence, qui parla pendant deux heures avec beaucoup de véhémence et&#13;
de feu sur tant d’affaires que je ne puis actuellement m’en souvenir. Nous n’y&#13;
étions nullement préparés et nous ne nous y attendions pas ; ainsi, nous nous&#13;
contentâmes de répondre peu de choses à tout ce qu’il nous dit. Je me souviens&#13;
qu’il se plaignit qu’on ne voulait lui rendre aucun compte des revenus du&#13;
Séminaire. Nous lui dîmes qu’on ne lui refusait pas le compte des revenus de son&#13;
séminaire épiscopal, mais que quand il voudrait même agir avec nous avec un peu&#13;
de bonté, nous lui montrerions bientôt tous nos comptes et que je lui montrerais&#13;
&#13;
�s’il le voulait dès le lendemain, faisant attention à ce compte que vous m’avez&#13;
envoyé de l’année 1708, dressé par M. Buisson.&#13;
Dans cette conférence, nous ne crûmes pas devoir soutenir l’opposition du&#13;
chapitre à la bulle d’union et la révocation que vous nous aviez signifiée de vos&#13;
procurations. M. l’évêque s’efforça de soutenir que c’était un jeu joué entre nous&#13;
et vous et que vous ne faisiez tout cela que pour nous donner lieu de revenir contre&#13;
la transaction de 1706 que nous avons passée entre son grand-vicaire et nous. Nous&#13;
protestâmes que nous nous en tenions pour le Séminaire à cette transaction, mais&#13;
que nous ne pouvions empêcher le chapitre de soutenir ses droits. Nous assurâmes&#13;
que nous n’aurons nulle part à l’opposition formée par le chapitre et qu’au&#13;
contraire, elle nous avait fait beaucoup de peine et que nous ne pouvions en&#13;
aucune manière stipuler les intérêts du chapitre, qui avait révoqué sa procuration,&#13;
mais que nous étions en état d’agir pour le Séminaire de Québec et de demander&#13;
pour lui l’exécution de la transaction de 1706, que nous lui demandions en effet&#13;
très sincèrement et voulions exactement la suivre.&#13;
M. l’évêque y proposa lui-même la vue d’appliquer les revenus de ses menses&#13;
conventuelles de Méobecq et Bénévent pour la subsistance des jeunes&#13;
séminaristes. Il assura que quand il avait pensé que cela devait être employé pour&#13;
les missions du diocèse, il n’avait jamais pensé que ce fût pour d’autres que pour&#13;
celles qui seraient desservies par des sujets du Séminaire, car M. le cardinal et tous&#13;
les autres trouvèrent qu’il était ridicule de penser que ces revenus ne dussent que&#13;
passer par les mains du Séminaire de Paris et du supérieur de Québec pour être&#13;
ensuite distribués par M. l’évêque de Québec aux Jésuites ou aux Récollets ou à&#13;
MM. de Saint-Sulpice ou à tels autres prêtres qu’il voudrait. Ils convinrent tous, et&#13;
le prélat même, que si cela était appliqué aux missions du diocèse et devait être à&#13;
celles qui seraient desservies par des prêtres du Séminaire, mais le prélat convint&#13;
en même temps qu’on ne pouvait faire une meilleure application que celle qu’il&#13;
proposait et qu’il fallait que le Séminaire de Québec se chargeât d’entretenir dix&#13;
sujets en y comprenant, disait-il, les quatre de sa fondation, dont deux pouvaient&#13;
être chargés des écoles, pour lesquels il donnerait sa vie durant 400 livres sans être&#13;
obligé à faire un fonds de 400 livres, dont il demandait que nous nous&#13;
désistassions. Il demandait aussi que nous renonçassions à une donation à cause&#13;
&#13;
�de morts qu’il avait faite au Séminaire de Québec et cent autres demandes qu’il fit&#13;
alors, dont je ne me souviens plus.&#13;
Nous nous contentâmes d’exposer que nous ne nous étions pas attendus à toutes&#13;
ces demandes, dont on ne nous avait pas prévenus et sur lesquelles on ne pouvait&#13;
répondre précisément, à moins que Monseigneur de donnât un mémoire où il les&#13;
expliquât, mais que l’on examinerait comment se devait faire le partage des&#13;
abbayes pour les menses abbatiales et conventuelles, parce que Monseigneur&#13;
prétendait que nous ne devions jouir à Bénévent uniquement que de ce dont&#13;
avaient joui jusqu’alors les religieux et que nous prétendions y partager par tiers&#13;
l’abbaye ou par moitié, comme on le faisait de Méobecq, savoir un tiers pour&#13;
l’abbé, un tiers pour les religieux et un tiers pour acquitter les charges, ou la moitié&#13;
à l’abbé et moitié aux religieux à condition d’acquitter également les charges. M. le&#13;
cardinal de Noailles dit que c’était là une difficulté nécessaire à régler et remit à&#13;
une autre fois à examiner les affaires sur les membres qui seraient donnés de part&#13;
et d’autre.&#13;
M. l’évêque de Québec nous envoya donc 15 jours après, par le canal de&#13;
Son Éminence, un mémoire qui contenait six articles ou environ, dont je vous&#13;
envoie copie.&#13;
Par le 1er article, il demande à venir loger au Séminaire, prétendant y avoir droit&#13;
comme évêque de Québec. Nous répondîmes sur cet article que nous ne&#13;
connaissions pas ce droit et nous crûmes même devoir le faire souvenir d’une&#13;
parole qu’il dit à nos Messieurs en 1691 ou 1692.&#13;
Par le 2e article, il demandait que nous renonçassions à une donation à cause de&#13;
morts qu’il avait fait de tous ses biens en 1685. Je vous avoue que je ne connaissais&#13;
que la seule fondation qu’il fit cette année-là de ce qui lui restait des deniers de sa&#13;
charge et comme cela est trop bien cimenté et insinué, nous lui répondîmes que&#13;
nous ne pouvions y renoncer.&#13;
&#13;
�Il serait trop long de vous détailler toutes ces difficultés. Je vous envoie la copie du&#13;
premier mémoire que nous avons présenté, de la réponse que nous y avons faite,&#13;
des observations qu’il a faites sur notre réponse et des répliques que nous y avons&#13;
faites. Vous y verrez encore des expédients d’accommodement qu’il me fit&#13;
proposer par son procureur et la réponse que j’y ai faits. Tout cela s’est trouvé&#13;
entre les mains de M. le cardinal lorsque l’Assemblée du clergé a commencé et il a&#13;
été trop occupé en ce temps-ci pour la régler. Je ne prévois pas même qu’il la règle&#13;
et je crains bien qu’il ne faille en venir à un procès, car ce prélat ne veut absolument&#13;
pas accorder le partage par tiers ou par moitié de l’abbaye de Bénévent et&#13;
cependant, il ne la peut refuser et on ne peut juger autrement et je ne crois pas que&#13;
nous devions nous relâcher sur ce point.&#13;
On pourrait, à la vérité, pour sa vérité durant, se relâcher en quelque chose et c’est&#13;
ce que j’avais proposé dès le commencement en lui faisant garder son abbaye de&#13;
Bénévent et nous, l’abbaye de Méobecq, bien entendu qu’il en payerait toutes les&#13;
charges, même celles des pensions des religieux et cela reviendrait à peu près au&#13;
même pour le présent. Il n’y aurait que cet avantage pour Monseigneur qu’à&#13;
mesure qu’à l’avenir les religieux mouraient, cela tournerait à son profit, au lieu&#13;
que cela doit revenir au profit du Séminaire, mais on aurait pu, pour le bien de la&#13;
paix, faire cela sa vie durant, saluo juve animus1, jusqu’après son décès.&#13;
Je ne doute pas qu’il ne vous en écrive et ne se plaigne beaucoup de moi, car il&#13;
prétend qu’il n’y a que moi qui sois difficile et que M. l’abbé de Brisacier et nos&#13;
MM. de Paris, aussi bien que ceux de Québec, signeraient tout ce que je voudrais.&#13;
Il m’accable aussi quelques fois de louanges, mais je ne suis sensible ni aux unes,&#13;
ni aux autres. Je lui ai dit cent fois que je n’avais en tout cela aucun intérêt&#13;
particulier, que je n’y regardais que la justice et mon obligation de veiller à vos&#13;
intérêts, mais sans aucun entêtement prêt à suivre l’avis des plus habiles avocats.&#13;
Je lui ai représenté que nous ne pouvions pour l’avenir renoncer à ces droits acquis&#13;
par la bulle et que c’était en suivant exactement le droit commun qu’on évitait les&#13;
procès et toutes les mauvaises affaires pour l’avenir.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Je salue son âme.&#13;
&#13;
�Vous verrez si vous avez quelques instructions à me donner sur tout cela. Je sens&#13;
que le prélat est aussi rempli de difficultés que jamais ; que celles-là ne seront pas&#13;
plus tôt résolues qu’il s’en présentera une fourmilière d’autres ; que s’il retourne&#13;
en son diocèse, il faut s’attendre à avoir avec lui à disputer sur la pointe d’une&#13;
aiguille, à moins que de se résoudre à lui relâcher insensiblement toutes choses et&#13;
jusqu’à ce qu’il ait surtout réduit le Séminaire à se dépouiller de tout ce qui lui sera&#13;
le plus acquis.&#13;
Je m’attends que nous ne serons pas les seuls qui souffrirons dans le Séminaire et&#13;
qu’il ne sera pas plus tôt à Québec que les Hospitalières et les Ursulines auront de&#13;
l’exercice. Il se ménage à présent fort avec les Jésuites, mais cela ne durera, selon&#13;
toutes les apparences, que jusqu’à ce qu’il soit en son diocèse, car je m’aperçois&#13;
bien qu’il ne les aime pas plus qu’il faisait. Il a besoin d’eux pour s’en retourner. Il&#13;
paraît que M. de Pontchartrain ne goûte pas beaucoup son retour jusqu’à la paix,&#13;
mais à la paix, je ne vois pas comment il peut en être empêché. Il ne songe pas à&#13;
s’en retourner de l’année. J’ai cependant cru qu’il pouvait bien, à la veille du&#13;
départ, partir à l’improviste et se rendre à La Rochelle pour s’embarquer. Je n’ai&#13;
pu régler aucun compte avec lui et ne sais quand on le pourra faire. C’est encore&#13;
un grand malheur que des difficultés entre lui et nous ne soient pas réglées par&#13;
M. le cardinal, car pendant ce temps-là, il jouit de tout Bénévent et ne manquera&#13;
pas dans la suite de toucher tout ce qu’il pourra de Méobecq. Tout sera dans la&#13;
confusion et on n’en sortira pas aisément. Cela, je vous assure, me déplaît fort. Je&#13;
n’aime guère ces disputes et contestations. Cependant, je ne vois pas comment les&#13;
éviter. La vie entière se passe et je sentirais plus que jamais de l’attrait pour le&#13;
débarrassement des affaires, car il est, ce me semble, temps pour moi de m’en&#13;
décharger. Si vous le pouviez, vous me feriez plaisir, pourvu que vous ayez&#13;
quelqu’un qui puisse finir avec le prélat comme il faut. J’aurais envie d’attendre la&#13;
fin de ces affaires. Cependant, je ne la vois point arriver et il en survient toujours&#13;
de nouvelles.&#13;
Par-dessus cela, l’état des affaires devient toujours plus mauvais et le temporel ne&#13;
se peut plus soutenir. Je ne sais plus quel arrangement apporter, car cette cruelle&#13;
guerre dérange toutes choses de plus en plus. Je crois qu’elle entraînera avec elle&#13;
la ruine du royaume, des communautés et des particuliers. On ne trouve plus de&#13;
&#13;
�crédit ; on ne tire plus rien des bénéfices ; on ne touche plus rien du roi, non&#13;
seulement des ordonnances, mais même des rentes ; et il y a toutes les apparences&#13;
que c’en est fait pour les gratifications et qu’une ordonnance du Trésor royal et&#13;
une feuille de chêne seront à peu près la même chose. Comment donc soutenir vos&#13;
affaires en cet état ? Je ne saurais trouver de fermiers pour vos bénéfices qu’en les&#13;
diminuant de moitié et encore après cela, ils ne paient pas. Ce que je vous dis de&#13;
vos affaires, je les prouve de toutes les autres. Nous sommes réduits à l’état le plus&#13;
violent qu’on puisse s’imaginer.&#13;
Et pour surcroît, nous avons l’inquiétude de ce que nous pouvons devenir, car si&#13;
les ennemis continuent leurs progrès, nous avons tout à craindre. Je dis, les&#13;
dernières extrémités. Nous avons vu ces misères venir d’une armée à l’autre et à&#13;
présent, il n’y a plus de remède. Ajoutez une autre inquiétude ou nous sommes de&#13;
ce que vous deviendrez vous-mêmes, car on nous fait craindre une entreprise&#13;
violente de nos ennemis sur vous. Leurs gazettes, que je ne lis point, disent qu’il&#13;
se fait un grand armement et comme il ne faut attendre aucun secours de la France,&#13;
qui n’est pas en état de se soutenir elle-même, que ne devons-nous pas craindre&#13;
pour vous.&#13;
Quoique j’en aie fait l’an passé tout ce qui avait dépendu de moi pour vous&#13;
envoyer ce que je vous avais disposé et remis à La Rochelle, cependant quand je&#13;
vis que, par différents ressorts de providence, cela n’avait pu partir, je crus que le&#13;
bon Dieu nous donnerait la paix cette année et que cela irait à vous en plus grande&#13;
assurance, mais il n’est plus possible de se dispenser de vous l’envoyer, quelque&#13;
risque que cela coure. Et si cela vient à être perdu, comment le réparer ? Cela n’est&#13;
nullement possible. Cependant, je ne saurais me résoudre à payer des assurances&#13;
et en prendre d’autres que la divine Providence, qui sait ce qu’elle veut faire de&#13;
nous. Ainsi, je vous envoie tous nos effets et nos deux missionnaires à La Garde&#13;
de Dieu et sous les assurances de sa divine protection.&#13;
Comme je sens l’extrémité où vous pouvez être réduits pour les étoffes, j’ai trouvé&#13;
un marchand de Beauvais qui a bien voulu me prêter ou avancer pour un an,&#13;
moyennant l’intérêt que je lui paierai pour plus de 1 500 livres d’étoffes telles que&#13;
nous avons cru qu’elles vous conviendraient, soit pour vos habits des&#13;
&#13;
�ecclésiastiques, soit pour vos enfants du Petit Séminaire, soit pour vos [frères]&#13;
donnés et vos fermes, et il en a fait deux ballots que je n’ai pu visiter en passant&#13;
par Paris, parce qu’on n’a pas permis de les y arrêter pour éviter d’en payer les&#13;
droits. Ils sont en deux ballots bien accommodés, que vous ferez bien visiter et&#13;
vous me ferez écrire si ces étoffes vous conviennent pour une autre année, suivant&#13;
le prix que je vous envoie. Si cela arrive à bon port avec ce que je vous ai acheté&#13;
l’an passé, vous aurez des étoffes au moins pour trois ans.&#13;
Mais je ne vous ai acheté cette année aucune autre chose et parce que je ne savais&#13;
si vous en auriez besoin et parce que je n’avais pas le moyen de vous l’acheter. Ce&#13;
sera beaucoup si vous recevez ce que je vous envoie et j’aurais bien de la peine à&#13;
faire la dépense qu’il convient faire pour le départ de nos Messieurs et pour payer&#13;
le fret de tous ces effets qui va à un prix excessif.&#13;
J’ai été l’an passé visiter nos prieurés et je n’ai pas laissé d’y ramasser différentes&#13;
sommes que vous trouverez dans mon compte, mais il m’a fallu faire plusieurs&#13;
dépenses pour le prieuré de Fort-Mahon, qui ne rendra rien, presque, que nous&#13;
n’ayons la paix. Ce prieuré était délabré et tout à fait en mauvais état et je n’aurais&#13;
pu trouver à l’affermer si je n’avais fait ces dépenses.&#13;
Il m’a été encore plus à charge par deux procès que j’ai trouvé qu’avait le défunt&#13;
prieur qu’il me faut soutenir, dont l’un ne vaut rien et ne se peut défendre. C’est&#13;
pourquoi je cherche les voies de l’accommoder. C’est une redevance qu’on&#13;
demande à ce prieuré de 24 boisseaux2 de seigle, dont il est dû 21 années et les&#13;
frais, ce qui ira en une somme. L’autre procès, comme j’espère, dédommagera en&#13;
partie de ce que l’autre coûtera, mais il faut faire de la dépense et que cela donne&#13;
bien du travail et de la peine.&#13;
J’ai tiré l’an passé bien des sommes de l’abbaye de Méobecq, mais il faut s’attendre&#13;
à n’en presque rien tirer cette année à cause de l’embrouillement ou nous sommes&#13;
avec Mgr de Québec, qui tâchera qui tâchera à titrer tout ce qu’il pourra de cette&#13;
abbaye, sous prétexte qu’il jouit de cette abbaye pour la mense abbatiale et ne nous&#13;
voudra rien donner de la mense conventuelle de Bénévent. Cependant, je crois&#13;
2&#13;
&#13;
Tonneau de 12,67 litres&#13;
&#13;
�qu’il vaut mieux souffrir cette vexation que de faire tort à nos droits pour l’avenir&#13;
sur ces deux abbayes. Je pourrais bien, si je le voulais, et je l’aurais pu dès Pâques&#13;
1707, le mettre à raison en faisant saisir l’abbaye de Bénévent pour ce qui nous en&#13;
est dû et je l’aurais alors bientôt réduit à finir, mais j’ai cru qu’il valait mieux&#13;
souffrir de lui tout ce qu’il lui plaît nous faire souffrir que d’agir avec lui par les&#13;
voies de la justice et faire contre lui la moindre procédure, ce que je n’ai pas encore&#13;
fait jusqu’à présent, m’étant contenté de répondre à ses mémoires devant M. le&#13;
cardinal de Noailles. Je crois que vous ne désapprouverez pas ma modération en&#13;
cette affaire, car quand je lui partage de ces abbayes, je lui demande quelque chose&#13;
de si juste que si cela était porté en justice réglée, cela ne toucherait pas à terre.&#13;
J’aurais aussitôt une condamnation contre lui pour partager ou par tiers ou par&#13;
moitié et il est de la dernière conséquence de ne pas affaiblir notre droit sur cela.&#13;
Vous trouverez dans mon compte en recette la somme de 118 livres que j’ai reçue&#13;
pour M. Requeleyne3, à qui il vous sera faute de les déduire sur son entretien. J’ai&#13;
aussi reçu 50 livres pour le fils de M. Delisle, que connaît M. Pocquet4. Vous aurez&#13;
la bonté de fournir cet argent à M. Pocquet à mesure qu’il jugera en devoir donner&#13;
à ce jeune homme, car cela doit uniquement passer par les mains de M. Pocquet,&#13;
selon les intentions de M. Delisle, qui m’a donné ces 50 livres.&#13;
Quoi que je porte sur mon compte en dépenses ces étoffes de Beauvais que je vous&#13;
envoie, je vous ai déjà marqué que je ne les avais pas payées et que je ne les dois&#13;
pas payer si tôt, mais payer la demeure, car je n’ai pu trouver de l’argent pour cela.&#13;
Vous trouverez en recette peu de choses reçues de l’abbaye de l’Estrée. Je n’en&#13;
saurais rien tirer et les fermiers me doivent tant que j’en suis honteux. Je vais y&#13;
aller dès que nos Messieurs seront partis sans espérance d’en rien tirer, car il ne&#13;
faut leur rien demander qu’après la récolte, ou plutôt avant Noël. C’est beaucoup&#13;
pour nous de les avoir mis en état d’ensemencer leurs terres après la triste année&#13;
passée sans leur fournir des semences, comme tant d’autres maîtres ont été obligés&#13;
de faire. Il faudra nécessairement perdre beaucoup sur ce qui est dû en cette&#13;
abbaye. Cependant, on ne peut y donner plus de soin que j’en donne pour le bien&#13;
de cette abbaye et je n’y ai pas encore laissé faire aucuns faux frais.&#13;
&#13;
3&#13;
4&#13;
&#13;
Bernard de Requeleyne, 1660-1724, curé de Riviève-Ouelle&#13;
Pierre Pocquet, 1667-1711, curé de Québec&#13;
&#13;
�Je vous envoie les lettres de Mme de La Mothe-Ango5. Le sieur Plassan vous avait&#13;
dépeint si faible et si abattu qu’elle ne savait si elle devait vous envoyer des toiles&#13;
cette année. Je l’ai cependant prié de le faire et elles sont parties pour La Rochelle.&#13;
Je suis bien aise que M. Sarrazin6 ait pris le parti de retourner cette année en&#13;
Canada. Je crois que M. Charon7 y retourne aussi et sera une bonne compagnie&#13;
pour nos Messieurs.&#13;
Vous saurez que M. Raudot a une intendance des classes à la place de&#13;
M. de Beauharnois, qui est fait intendant de Rochefort. On dit que le fils reviendra&#13;
cette année et le père, l’année prochaine. Vous aurez pour intendant M. Bégon le&#13;
fils, qui était ordonnateur à Rochefort sous M. son père. Je crois que nous n’en&#13;
pouvons désirer un meilleur et qu’il nous rendra toutes sortes de bons offices, car&#13;
il est ami particulier de M. l’abbé de Brisacier. Je crois qu’on y trouvera de la piété&#13;
et de la sagesse et qu’on ne dira pas de lui ce qu’on dit ici des autres, dont on nous&#13;
dit d’étranges choses. Nous ne nous en mêlons point.&#13;
Vous saurez par nos Messieurs que nous sommes plus mal que nous n’avons&#13;
jamais été avec les Jésuites et que ces pères, ayant poussé les choses à la Chine à la&#13;
dernière extrémité pour faire emprisonner M. le légat, à présent cardinal de&#13;
Tournon, et en faire chasser tous nos Messieurs et les autres missionnaires, qui ne&#13;
sauraient être de leurs sentiments, ne gardent non plus ici aucune mesure pour&#13;
nous perdre et ne se contentent pas de décrire ici avec la dernière hauteur dans le&#13;
temps qu’ils devaient se cacher de confusion, mais ils ont fait et font tout ce qu’ils&#13;
peuvent auprès du roi pour nous perdre en nous voulant faire passer pour liés&#13;
avec le parti des jansénistes, sous l’unique prétexte que M. Charmot8, qui est à&#13;
Rome, a montré les écrits qu’il y faisait contre eux à un abbé qui était en cette Cour&#13;
et savait mieux que lui le style de la Cour romaine. Les Jésuites prétendent que cet&#13;
abbé était l’ami et le confident du P. Quesnel, qu’ils prétendent être le chef du parti&#13;
des jansénistes, et quoique nous n’ayons jamais eu commerce de lettres ni aucune&#13;
relation directe ou indirecte avec aucun de ceux qu’ils font de ce parti, il suffit que&#13;
Sœur de Louis Ango des Maizerets&#13;
Michel Sarrazin, 1659-1734, chirurgien à Québec&#13;
7&#13;
François Charon de La Barre, 1654-1719, marchand, fondateur des frères hospitaliers de la Croix et de&#13;
Saint-Joseph, ainsi que de l’Hôpital général de Montréal&#13;
8&#13;
Nicolas Charmot, 1655-1714, procureur du Séminaire de Paris à Rome de 1695 à 1714&#13;
5&#13;
6&#13;
&#13;
�M. Charmot, sans notre participation, ait montré ses écrits à cet abbé pour les lui&#13;
faire corriger pour que nous passions pour fauteurs de jansénistes. Ils ne cessent&#13;
de nous rebattre cela dans tous leurs écrits et coudraient nous faire prendre le&#13;
change sur cette affaire et ce qui est de pis, ils ne cessent d’inspirer au roi ces&#13;
faussetés, dont on prétend qu’il a été déjà deux ou trois fois ébranlé ; si bien que ce&#13;
ne serait pas une merveille si vous appreniez tout d’un coup qu’on nous a envoyé&#13;
à Quimper ou ailleurs chacun séparément et que les Jésuites se sont rendus maîtres&#13;
de notre Séminaire, car c’est ce qu’ils désirent avec passion depuis 30 ou 40 ans.&#13;
Cela cependant n’intimide aucun de nos Messieurs et ne les empêche pas de&#13;
travailler pour éclaircir l’affaire de la Chine, qu’il plaît aux Jésuites de chercher de&#13;
plus en plus à embrouiller. Nous ne doutons pas que vous ne vous ressentiez de&#13;
cette horrible aliénation où ils sont de nous et que vous n’en ayez à souffrir. Il faut&#13;
espérer qu’après cette tempête, il se fera un temps de bonace, mais nous sommes&#13;
bien agités de toutes parts.&#13;
Si je pouvais confier au papier certaines choses, je vous apprendrais aussi les&#13;
petites agitations que nous avons à souffrir au-dedans, soit pour le Règlement des&#13;
missions orientales, soit pour le Règlement du Séminaire de Paris que nous&#13;
voudrions voir plus établi et plus stable qu’il n’est. Ce qui nous console à l’égard&#13;
de ces dernières affaires, c’est qu’elles n’altèrent en aucune manière la charité et&#13;
l’union des cœurs entre tous tant que nous sommes.&#13;
Nous avons perdu depuis 15 jours un de nos confrères, M. de La Vigne de Vernon,&#13;
qui a demeuré autrefois avant moi à la petite communauté de Saint-Hilaire, qui&#13;
est allé au Tonkin avec M. l’évêque d’Héliopolis en 1681, qui était à Siam en 1688&#13;
avec Mgr de Rosalie pendant la révolution et depuis ce temps-là, jusqu’en 1697, a&#13;
été notre procureur à Pondichéry, d’où il était revenu au Séminaire pour nous&#13;
aider. C’était un saint prêtre bien intérieur, bien détaché de toutes choses, bon&#13;
esprit, bien doux, bien charitable et j’y perds un très bon ami. Je le recommande à&#13;
vos prières.&#13;
&#13;
�M. de Montigny9 est revenu de la Chine et demeure à présent avec nous. Il a fort&#13;
bien fait en ces pays-là. Il a été d’un grand secours pour M. le cardinal de Tournon&#13;
dans les persécutions et il a été chassé comme les autres par ordre de l’empereur&#13;
de la Chine. Je voudrais bien qu’il voulût se mettre à la tête de l’établissement de&#13;
la Louisiane, s’il s’y faisait quelque chose d’un peu solide, mais il ne nous parait&#13;
pas y avoir de penchant. Cela viendra peut-être.&#13;
J’ai payé ma lettre de change de 214 livres tirée par vous à l’ordre du sieur Plassan,&#13;
qu’il m’a fait entendre être pour le fret de la farine que vous m’envoyez pour la&#13;
Louisiane et qui a été prise. Vous voyez comment le bon Dieu se joue de ma&#13;
prudence. J’ai porté cette lettre sur le compte des missions de la Louisiane.&#13;
Je crois qu’il n’y a pas d’autre parti à prendre que d’en rappeler nos Messieurs. Si&#13;
les choses continuent à aller comme elles vont, car je n’ai pour le soutien de ces&#13;
missions que l’ordonnance de 3 000 livres et une autour de 1 500 livres10 pour le&#13;
curé du fort Louis et un autre prêtre et je ne suis pas payé de ces ordonnances&#13;
depuis la fin de 1706 et il n’y a nulle apparence qu’on puisse en être payé. J’ai&#13;
cependant encore cette année à nos Messieurs des soutanes et soutanelles,&#13;
chemise, bas, souliers et chapeaux, mais je ne pourrai plus, dans la suite, rien leur&#13;
envoyer. Je ne reçois aucune de leurs lettres. Ils ont de la modération à ne rien tirer&#13;
sur moi, car s’ils le faisaient, je ne pourrais payer, mais il ne leur sera pas possible&#13;
de soutenir un tel état.&#13;
D’ailleurs, je crois qu’ils ont toujours bien à souffrir de M. de Bienville, qui a fait&#13;
venir un jésuite avec lui. Ce n’est qu’un bien s’il voulait laisser nos missionnaires&#13;
en repos et ne les pas barrer en tout autant qu’il fait. Je ne doute pas que ce ne soit&#13;
lui qui fasse intercepter toutes les lettres que nos Messieurs nous écrivent, car il y&#13;
a trois ou quatre ans que je n’en ai reçu. Jugez si la partie est soutenable.&#13;
&#13;
François de Montigny, 1669-1742, grand-vicaire de Mgr de Saint-Vallier à Québec de 1694 à 1698, puis&#13;
devient missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi de 1698 à 1700, et missionnaire en Chine de&#13;
1701 à 1709.&#13;
10&#13;
Dans la marge : M. de Pontchartrain nous a ordonné, de la part du roi, de rappeler M. de La Vente, qu’il&#13;
accuse de négocier et de survendre les marchandises.&#13;
9&#13;
&#13;
�M. l’évêque de Québec parle d’aller à son abbaye de Bénévent. Il y en a qui croient&#13;
qu’au lieu d’y aller, il pourra se rendre à La Rochelle au départ des vaisseaux et&#13;
s’embarquer tout d’un coup. Pour moi, je ne le crois pas ; mais cependant, quand&#13;
il le ferait, je n’en serais pas surpris. Je vous avoue que s’il partait ainsi de France,&#13;
avant que nous terminassions ce qu’il y a de difficultés entre lui et nous pour le&#13;
partage des abbayes, j’aurais peine à ne pas aussitôt faire arrêter les revenus de&#13;
son abbaye de Bénévent pour lui demander ce qui nous en doit revenir depuis&#13;
Pâques 1707. Cependant, je souhaite fort que nous puissions convenir ensemble&#13;
dans faire de part et d’autre aucune procédure. Je crois que vous aurez le temps&#13;
de nous donner vos avis avant que rien soit réglé entre nous. C’est pour cela que&#13;
je vous ai envoyé copie des demandes et mémoires du prélat et de ses observations&#13;
et de nos réponses.&#13;
Il sera bon aussi de faire assembler le chapitre et de faire prendre à tous les&#13;
chanoines des résolutions de ce qu’il y aura à faire pour leurs intérêts et les leur&#13;
faire signer. Vous pourriez, si vous le jugiez à propos, adresser un mémoire à M. le&#13;
cardinal de Noailles, à qui le prélat s’est adressé pour nos affaires. C’est un tribunal&#13;
que non seulement nous ne saurions récuser, mais qui nous doit être très agréable,&#13;
étant notre supérieur majeur et étant d’ailleurs aussi bien intentionné et aussi&#13;
rempli de piété qu’il est éminent. Si nous avions à vivre encore longtemps avec le&#13;
prélat, comme il y a trop d’apparences, il serait à souhaiter que Son Éminence&#13;
réglât auparavant tout ce qui nous pourrait brouiller ensemble.&#13;
Vous ferez bien d’insister sur l’emploi des revenus des deux abbayes : 1er pour&#13;
aider à soutenir l’office divin de la cathédrale, 2e pour entretenir les jeunes&#13;
séminaristes qui passent du Petit Séminaire au Grand. Donnez un mémoire de ce&#13;
que vous avez dépensé pour ce dernier bon œuvre depuis l’épiscopat du prélat et&#13;
de ce que vous avez reçu pour cela de lui. Il se vante fort de vous avoir donné des&#13;
sommes pour cela pendant qu’il était en Canada. Mandez-moi ce qui en est.&#13;
Voilà deux années des comptes du Séminaire que vous me devez au moins&#13;
envoyer, sans la dernière. Je suppose que comme les blés se sont bien vendus l’an&#13;
passé et que vous en avez assez recueillis, vous aurez diminué vos dettes. C’est à&#13;
quoi, je vous assure, il faut tendre et vous ne devez rien faire que vous ne vous&#13;
&#13;
�soyez entièrement acquittés. Il n’est pas permis d’endetter si fort une&#13;
communauté. Il faut la libérer de tant de dettes et je crois qu’à présent que vous&#13;
n’êtes plus forcés par notre cher ancien prélat à faire des bâtiments, etc., il vous est&#13;
facile de vous libérer peu à peu de vos dettes.&#13;
Si je pouvais, dans cette année et la prochaine, recevoir quelque somme pour vous,&#13;
à quoi je ne vois guère d’apparence, je voudrais bien aussi vous pouvoir libérer en&#13;
France, car je ne saurais plus y avoir de crédit sans payer de gros intérêts. Je fais&#13;
ce que je puis auprès de M. l’évêque, d’avec qui nous doit, pour notre ancien&#13;
évêque, encore près de 2 000 livres pour en être payés et je n’en puis rien tirer. Il&#13;
voudrait se faire relâcher tout cela pour les mauvaises années qu’il prétend avoir&#13;
eues. C’est une mauvaise page avec qui je crains que nous ne soyons obligés&#13;
d’avoir un procès. Je n’ai pu rien faire encore pour la succession de M. Bergier&#13;
quoique j’aie à Saint-Vallier un très homme de bien qui s’en mêle. Les parents et&#13;
héritiers de feu M. Bergier, et qui sont en même temps ses débiteurs, m’ont écrit&#13;
plusieurs lettres assez honnêtes. Cependant, comme ils ne finissent point, j’ai prié&#13;
le R. P. procureur général de l’Oratoire de nous faire demander la délivrance de ce&#13;
legs fait par le père de M. Bergier au Séminaire de Vienne, conduit par l’Oratoire,&#13;
et de nous appeler pour cela au Grand conseil, afin que nous y fassions aussi venir&#13;
les parents et héritiers de feu M. Bergier.&#13;
Mlle de Vaubénard m’a mandé de vous faire tenir 100 livres encore cette année. Je&#13;
les ai portées sur votre compte. Elle était surprise de n’avoir reçu l’an passé aucune&#13;
de vos lettres. Je lui ai mandé la prise du vaisseau qui en peut être la cause.&#13;
J’ai un procès du Châtelet depuis deux ans avec les héritiers Galpy, qui était un&#13;
ancien fermier de Méobecq, dont un nommé Poiron, du Blanc-en-Berry, est un&#13;
franc chicaneur. Il a voulu revenir sous le nom d’une petite mineure par des lettres&#13;
de rescision contre un contrat qu’il avait passé avec moi en 1694, par lequel on lui&#13;
faisait des remises. Je m’étais restreint à 1 800 livres, pour lesquelles il avait&#13;
constitué, en faveur de notre ancien évêque, une rente de 90 livres qu’il ne veut&#13;
plus payer, prétendant avoir recouvré des quittances de notre ancien évêque, ce&#13;
qui n’est qu’une mauvaise chicane qu’il veut nous faire et à laquelle il succombera.&#13;
&#13;
�J’ai un autre procès au Parlement contre le marquis de Lancôme, voisin de&#13;
Méobecq, pour des chênes qu’il a fait abattre pour usurper peu à peu les domaines&#13;
de cette abbaye. Je les tiens au pied du mur. Il est venu demander miséricorde et&#13;
offrir de payer les frais. S’il les paie, nous nous en tiendrons là, mais je crains qu’il&#13;
n’y ait bien de la peine.&#13;
J’en ai un autre plus considérable contre les marchands de bois de la forêt de&#13;
Méobecq, qui ont dégradé entièrement ces bois. Je leur ai offert de les en quitter&#13;
pour 6 000 livres s’ils voulaient les donner pour en faire un fonds pour payer deux&#13;
gardes pour conserver les bois qui restent de cette abbaye. Ils ne les ont pas voulu&#13;
donner. Il leur en coûtera plus de 20 000 livres. Je leur ai fait saisir pour plus de&#13;
6 000 [livres] de bois merrain, que j’ai enfin découvert leur appartenir et provenir&#13;
de cette abbaye. Ainsi, je saurai les réduire en plaidant avec eux la main garnie.&#13;
Mme de La Forest ne manquera pas de faire écrire en Canada, qu’elle va faire&#13;
revoir son procès avec M. Berthelot et peut-être même pourra-t-elle écrire que ce&#13;
procès a été revu et qu’elle a obtenu à ses fins, mais n’écoutez point tout cela et&#13;
comptez qu’elle ne se reverra jamais la maîtresse de l’île Saint-Laurent, que&#13;
M. Berthelot de Saint-Laurent croit à présent être si bien revenue à M. son père&#13;
qu’il pense à la vendre.&#13;
En effet, comme M. Gaillard lui mande que s’il la veut vendre, il écoutera des&#13;
offres qu’on a voulu lui faire en Canada. M. de Saint-Laurent m’a envoyé&#13;
demander si nous y pensions encore et je crois que si je la voulais, j’en aurais la&#13;
préférence sur beaucoup d’autres. Mais je lui ai représenté que le temps ne&#13;
permettait pas d’acheter des terres à présent, que je lui conseillais d’écrire à&#13;
M. Gaillard d’écouter les offres qu’on lui fera pour son île et que, de mon côté, je&#13;
vous écrirai pour savoir si vous en voulez et quels moyens vous pouvez prendre&#13;
pour payer cette île, au retour des vaisseaux. Nous verrons de part et d’autre ce&#13;
qu’on nous écrira sur cela. Vous pourriez même voir M. Gaillard, si vous pensiez&#13;
à cette île, pour savoir ce qu’on en offre en Canada et me mander votre sentiment.&#13;
Nous avons enfin obtenu une lieutenance pour M. Joncaire, qui l’a bien méritée. Je&#13;
ne vous écris pas toutes les autres promotions d’officiers ; vous les saurez assez tôt&#13;
&#13;
�par ceux qui passent. Je ne sais si vous avez disposé des effets de feu M. Bergier,&#13;
qui étaient restés en les mains du P. Marest après son décès. Je ne sais si ce père&#13;
n’aura pas trouvé toutes les lettres qu’on aura écrites à feu M. Bergier et tous ses&#13;
papiers. Il est très fâcheux que ce qu’on lui aura écrit en confiance tombe entre les&#13;
mains d’un jésuite. Cela me persuade de plus en plus que si nous envoyons des&#13;
missionnaires parmi les Sauvages, il sera bon qu’ils soient toujours deux&#13;
ensembles et nous ne les devons jamais mettre comme ils étaient seul à seul.&#13;
Je vous envoie quelques dévotions d’Agnus. Je ne puis plus avoir de thèses. Il ne&#13;
m’en vient point. Vous trouverez dans les ballots de l’an passé une chasuble dont&#13;
Mme de Fourvey m’a fait présent pour notre Canada.&#13;
Je crois que nous aurons de la protection de la part de M. Bégon, qui est nommé à&#13;
l’intendance du Canada. Je l’ai connu pendant qu’il était dans les bureaux sous&#13;
M. son oncle, qui était dans un bureau semblable à celui de M. de La Touche. Il&#13;
était très sage et très modéré. Il a depuis encore appris à mieux se conduire sous&#13;
feu M. Bégon son père, mort intendant de Rochefort, dont il était ordonnateur, car&#13;
depuis cinq ou six ans il faisait tout sous lui. Vous savez que toute cette famille est&#13;
très affectionnée à M. l’abbé de Brisacier. Il a un frère abbé, qui est doyen de&#13;
La Rochelle et actuellement député de cette province à l’Assemblée du clergé. Il a&#13;
été élevé à Saint-Sulpice et loge chez M. le curé de Saint-Sulpice, actuellement sous&#13;
l’appartement de M. de Québec. Je ne sais pourquoi M. de La Pallière a fait courir&#13;
le bruit que l’on enverrait les deux frères en Canada, l’un pour être intendant et&#13;
l’autre pour être évêque. Je ne vois nulle apparence au dernier, car M. Bégon l’abbé&#13;
est très délicat et aurait peine à supporter la fatigue de la mer. D’ailleurs, quoiqu’il&#13;
ait bien de la piété, je ne sais s’il est entièrement mort à sa fortune et s’il ne songe&#13;
pas encore à faire son chemin et à avoir quelque chose de meilleur que l’évêché du&#13;
Canada quand la chose serait faisable et que notre prélat serait disposé à se&#13;
démettre en sa faveur, à quoi je ne vois aucune apparence. Nous avons perdu&#13;
M. de La Touche, commis de M. de Pontchartrain, qui est mort il y a six mois.&#13;
Toutes les colonies y perdent et surtout les ministres du Seigneur, car c’était un&#13;
homme solidement pieux et qui ne s’était pas élevé et n’avait rien fait d’indigne de&#13;
lui dans cette place qu’il occupait dès le temps de M. de Seignelay. Je le&#13;
recommande à vos prières.&#13;
&#13;
�M. de Pontchartrain a écrit une lettre à M. l’abbé de Brisacier fort désagréable sur&#13;
les affaires de la Louisiane. Il lui marque que M. de La Vente, étant reconnu pour&#13;
un homme qui fait commerce et vend à des prix excessifs ses marchandises en cette&#13;
nouvelle colonie, contre les intentions de Sa Majesté, nous devons le retirer de là&#13;
pour y en mettre un autre et que nous devons bien prendre garde au choix que&#13;
nous en ferons. Il joute que Sa Majesté est surprise qu’il n’y ait qu’un seul&#13;
missionnaire parmi les Sauvages de ce pays-là, y en devant avoir davantage,&#13;
suivant les intentions de Sa Majesté. Comme j’étais à la campagne quand M. l’abbé&#13;
de Brisacier reçut cette lettre, il répondit à M. de Pontchartrain qu’il ne pouvait&#13;
faire réponse à sa lettre qu’il n’en eût conféré avec moi et nous devons nous&#13;
assembler pour y répondre, car il est juste de demander qu’on ne condamne pas&#13;
M. de La Vente sans l’entendre. Nos missionnaires sont dans un état trop violent&#13;
sous des officiers libertins et concubinaires, qui font eux-mêmes tout le commerce&#13;
et un commerce d’eau-de-vie très défendu. Je n’ai rien envoyé depuis cinq ans à&#13;
M. de La Vente. Ce n’est pas là le moyen qu’il y fasse commerce. Ils ne sauraient&#13;
me faire tenir aucune de leurs lettres, qui sont toutes interceptées et supprimées.&#13;
On y envoie des officiers ou parents de ceux qui y gouvernent, comme&#13;
M. de Noyan, ou qui sont en société avec eux pour le commerce, comme ceux qui&#13;
y ont été depuis et qui, soutenant leurs confrères, accablent des prêtres sans&#13;
protection, soulevant les peuples contre eux et font des procès-verbaux sans&#13;
aucune forme de procès pour condamner les innocents. Nous ne sommes pas&#13;
disposés à envoyer d’autres personnes à la place de M. de La Vente, à moins que&#13;
le gouvernement ne change. Nous sommes plutôt disposés à en rappeler tous ceux&#13;
qui y sont. On ne saurait rien toucher pour ces missions. Vous ne les pouvez&#13;
soutenir, ni le Séminaire de Paris non plus.&#13;
Je n’ai pu recevoir de vous l’an passé aucune remarque ni réflexion sur ce que je&#13;
vous mandais qu’on désirait de savoir pour achever de dresser l’éloge de notre&#13;
cher ancien évêque de Québec. Je vous envoie cette année, par deux voies, copies&#13;
de ce que l’on avait commencé à dresser de cet éloge. Vous aurez la bonté de nous&#13;
envoyer quelques mémoires sur ce que vous croyez qu’on y doit ajouter ou&#13;
diminuer. Marquez-nous les époques le mieux que vous le pouvez des principales&#13;
actions de sa vie, de la fondation du Séminaire, des établissements du Conseil si&#13;
c’est de son temps, du chapitre de Québec, etc. On prendra sur ce que vous&#13;
&#13;
�enverrez et sur ce que nous avons déjà de quoi achever cet éloge, que je crois que&#13;
nous devons toujours faire imprimer, quand ce serait un peu tard, pour conserver&#13;
le souvenir de ce saint prélat. Je vous ai envoyé de ses images l’an passé qui&#13;
restèrent à La Rochelle, dont je fus fort mortifié. J’en ai donné encore cette année à&#13;
nos Messieurs. Je souhaite qu’ils arrivent à bon port et vous pouvez les répandre,&#13;
car je vous en enverrai à mesure que vous en aurez besoin.&#13;
Je demande très instamment au bon Dieu de vous conserver encore [de] longues&#13;
années, ou au moins quelques-unes, pour l’utilité de son Église. Je souhaite surtout&#13;
que nos deux missionnaires qui partent puissent vivre quelques années avec vous&#13;
et soient édifiés de vos exemples. Je me recommande très particulièrement à vos&#13;
saints sacrifices et prières. Je vous demande humblement votre bénédiction et vous&#13;
prie de m’honorer de vos conseils et de vos bons avis, que je respecterai toujours&#13;
et dont je tâcherai à user comme il faut. Je suis très respectueusement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription11 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2023&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>1710, 22 mai – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 50)&#13;
M Des maizerais.&#13;
1.&#13;
&#13;
Maladie&#13;
&#13;
Mr thiboult&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1&#13;
Lettres O,&#13;
Paris 22 May 1710.&#13;
2 Monsieur&#13;
N’ 50&#13;
3 Je ne feray reponse cette année a aucune de vos lettres de l’an&#13;
4 passé, car pendant toute lannée Je n’en ay receu aucune de&#13;
5 vous. J’ay seulem.t appris par une lettre de M de varenne du&#13;
6 12. octobre 1709 qui m’a esté rendüe par la poste deux mois&#13;
7 apres que M. Pugibaut qui en estoit chargé est arrivé en france&#13;
8 que vous aviez receu mes lettres de l’an passé. J’ay aussi sceu de vos&#13;
9 nouvelles par tous ceux qui ont passé en france et sur tout par&#13;
10 M Plassant et par Mad.e La Gouvernante qui nous en a appris&#13;
11 de tres precises de chacun de vous en particulier.&#13;
12 Elle nous a fort affligé en nous apprenant que vous aviez&#13;
13 eu de tres fortes maladies depuis deux ans, et que ces maladies&#13;
14 vous avoient donné un degré de foiblesse dont vous aviez&#13;
15 peine a revenir. Nous aurions ce semble besoin que Dieu vous&#13;
16 conservast encore p.r nous pend.’ quelques annéez dans des temps&#13;
17 Si facheux Jl faut esperer quil aura esgard a nos desirs et a&#13;
18 nos prieres, et non a votre empressem’ que vous avez de votre&#13;
19 dissolution p.r estre avec Jesus christ. Nous pourions vous dire&#13;
20 co’e les disciples de s.’ martin a ce S.t que sa vie S.te le mettoit&#13;
21 en assurance autant quon y peut estre en cette vie de sau&#13;
22 bienheureuse eternité, mais que son troupeau avoit encore&#13;
23 besoin de lui.&#13;
24 En effet c’est un des motifs qui nous ont le plus pressé a vous&#13;
25 envoier cette année malgré la guerre et la disette dargent&#13;
26 deux de nos Mess.rs pour vous aider a conduire le&#13;
27 seminaire et a desservir la paroisse et nous souhaitons que&#13;
28 vous les puissiez former pend.’ quelques annéez et leur&#13;
29 inspirer lesprit de grace et de detachem’ que vous avez taché&#13;
30 dinspirer aux autres, afin quils conservent apres vous et&#13;
31 transmettent a dautres le 1.er esprit du seminaire.&#13;
32 Jl y a plus de trois ans que si J’avois pu Je vous aurois envoié&#13;
33 celui qui est le plus ancien des deux Prestres que nous vous&#13;
34 envoions qui s’apelle M. Thibout. Jl est de la ville de Rouen,&#13;
35 et Jl est un Prestre tout formé. Jl y a quatre ou cinq ans&#13;
36 quil demeure au seminaire M Leveque de Rosalie qui&#13;
37 lavoit pris p.r lemmener avec lui et lui avoit fait&#13;
38 apprendre par avance les principes de la langue chinoise ne&#13;
39 nous la enfin cedé que quand Jl a veu que par les lettres&#13;
40 venus de la chine la porte estoit fermée p.r longtemps aux&#13;
&#13;
�M. Guichard&#13;
&#13;
M.r Boutteville&#13;
&#13;
Mgr S, Valier&#13;
&#13;
1710&#13;
3.&#13;
&#13;
41 ouvriers de LEvangile. c’est un bon esprit, et dont Je crois que&#13;
42 vous serez content. Jl a une poitrine delicate, et malgré cela&#13;
43 Jl est capable de saccabler de mortifications, de jeuner avec trop peu&#13;
44 de mesnagement si vous n’y prenez garde car Jl a pensé mourir&#13;
45 au semin.re en ne voulant faire quun repas par jour en Jeusnan&#13;
46 Taschez je vous prie a le retenir, et a le mesnager. Je crois quil vous&#13;
47 sera propre, soit dans le semin.re p.r les conferences soit a la paroisse&#13;
48 p.r les Jnstructions et confessions, soit dans les communautez&#13;
49 p.r les confessions.&#13;
50 Lautre qui sapelle M Guichard vient destre fait Prestre Jl est&#13;
51 du pays de deffunt Mons.r Duplein, C’est un bon sujet bien&#13;
52 recueilly, amateur de la vie cachée, laborieux, penitent, et qui&#13;
53 vous conviendra estant un bon esprit sociable et bien humble&#13;
54 Nous avons declaré a M’gr LEvecq’ de Quebec que nous les&#13;
55 envoions tous les deux p.r vous soulager, vous aider a conduir&#13;
56 le semin.re et rester a Quebec or quoi que nos Mess.rs pensent quils&#13;
57 vous seront propres p.r la conduite du semin.re, Jls n’ont cependant&#13;
58 pas Jugé a propos de les associer, etant mieux aymé vous les&#13;
59 envoier afin que vous les connoissiez et soiez ensuite en estat&#13;
60 de les associer a vous.&#13;
61 J’ay tasché de leur fournir du linge et autres hardes p.r plus de&#13;
62 deux ans, afin quils ne vous fussent pas a charge. Je ne scay&#13;
63 si nous obtiendrons leur passage que nous avons demandé.&#13;
64 si nous ne pouvons pas lobtenir, Jl faudra bien le paier. Jls&#13;
65 passent avec un Pere Jesuite et deuc Recollets et deux Mess.rs&#13;
66 de St Sulpice. Je crains quil n’y ait quûn Seul vaisseau p.r les&#13;
67 passer tous. Si on ne nous accorde pas leur passage Je tascheray&#13;
68 a les faire passer dans un vaisseau marchand. Sil y en a&#13;
69 un bon, car Jls seront trop de Prestres dans un mesme vaisseau&#13;
70 M Bouteville songe aussi a y passer. Jl demande son passage&#13;
71 par M’gr de Quebec Je ne scay sil l’obtiendra.&#13;
72 vous scaurez sans doute que Mgr de Quebec revint en france et&#13;
73 dfut delivré de sa prison vers le mois daoust de lannée passée.&#13;
74 Jestois allé faire un assez long voiage lors quil arriva a Paris.&#13;
75 Je le trouvay a mon retour logé rüe de Luniversité dans une&#13;
76 chambre garnie. Jl est allé depuis loger chez M Le curé de&#13;
77 S.t Suplice ou Jl avoit logé cy devant.&#13;
78 Je trouvay aussi a mon retour M Bouteville qui sestoit allé&#13;
79 loger au semin.re S.t Nicolas du chardonnet. Je vous avoüe&#13;
80 que dans un aussi mauvais temps que celui cy ou vous&#13;
81 nestes guer en estat de payer de grosses pensions, Je crus ne&#13;
82 le devoir pas presser de venir au semin.re Je le laissay&#13;
83 ou Jl sestoit logé, et ne linvitay pas a venir chez Nous&#13;
&#13;
�84 Jl auroit du y venir descendre Par dessus cela Je crus&#13;
85 que co’e Jl pouvoit nestre pas content de ce que Je ne lui&#13;
86 avois pas fourni de largent pend.’ sa prison dangleterre,&#13;
87 lui a qui sa mere estoit assez en estat den fournir, Je&#13;
88 devois lui laisser prendre la maison quil voudroit.&#13;
89 Jl me vint voir peu apres avec M ollivier autre Prestre&#13;
90 son concaptif et me dit quils alloient a Nantes p.r y vivre a&#13;
91 meilleur marché. Je les laissay faire, et Jl y est resté&#13;
92 jusqu’à present sans mescrire et me rien faire dire J’ay&#13;
93 cepend.’ appris par Mgr de Quebec et par dautres quil se plaignoit&#13;
94 fort de moy, et de ce qu’estant du semin.re on ne lavoit pas voulu&#13;
95 reçevoir. M de Quebec disoit que cela feroit un mauvais effet&#13;
96 dans les autres canadiens. Je ne lui ay rien refusé. Jl ne m’a&#13;
97 rien demandé, et ne m’a rien fait demander. mais Je crois avoir&#13;
98 plus de sujet de me plaindre de lui que lui de moy. mais Jl faut&#13;
99 laisser tout tomber par terre, et ne rien relever.&#13;
100 Dailleurs vous ne mavez rien repondu sur son sujet quand Je vous&#13;
101 en ay escrit depuis quatre ou cinq ans, et quand Je vous ay&#13;
102 demandé comment Jen devoir user avec lui, apres que son&#13;
103 Pere ne vous a pas paié les 300.# quil avoit promis de donner&#13;
104 p.r lui tous les ans. Jl sest dechargé de son sauvage sur Mgr de&#13;
105 Quebec qui en a esté aussi deschargé estant mort en allant&#13;
106 a Labbaye de Bennevent ou on l’envoioit.&#13;
107 De tous les sujets qui ont esté prisonniers avec lui en Angleter&#13;
108 Jl n’y en a aucun qui ait conservé sa vocation Tous s’en sont&#13;
109 separez la plus part assez mescontents et disans du Prelat des&#13;
110 choses assez desagreables. Jl y avoit cepend.’ deux ou trois&#13;
111 bons sujets entrautres Labbé de sangeon, que Jaurois esperé&#13;
112 Sil estoit allé en canada quil auroit pu sattacher a&#13;
113 vous, n’ayant pas dautres liaison&#13;
114 Quant au Prelat, Jl avoit déjà fait avant que Jarrivasse&#13;
115 de mon voiage une démarche qui me déplut tres fort. Jl&#13;
116 avoit trouvé a Paris un de nos fermiers de meobec qui&#13;
117 m’y apportoit lannée escheüe a la s.’ Jean 1709. dont&#13;
118 Javois avancé p.r lui la plus grande partie p.r lacquit&#13;
4.&#13;
&#13;
119 des charges de cette abbaye ce Prelat qui avoit une&#13;
120 fort grande avidité de toucher de largent fit faire un&#13;
121 commandem’ a ce fermier de lui paier son année ce&#13;
122 fermier n’eut garde de le faire, et quoi que Le Prelat le&#13;
123 tentast par les promesses dun nouveau bail, de remises &amp;&#13;
124 Jl garde son argent jusqu’à mon retour. Je me plaignis au Prelat de&#13;
125 cette demarche Je lui dis et de vive vois et par escrit que Jaurois pu&#13;
126 depuis 1707. faire saisir son abbaye de Bennevent et que Je n’avoit&#13;
&#13;
�Propositions&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
127 pas voulu le faire p.r quil ne pust me reprocher davoir commencé&#13;
128 le premier, et davoir appesanti sa captivité que je le pouvoir encore, et que Je ne le voulois pas&#13;
129 faire et aymois mieux souffrir ses procedures que de lui en faire&#13;
130 Je pris seulem’ le parti de faire deffense a ce fermier de paier&#13;
131 a dautre qu’a moy a peine de paier deux fois.&#13;
132 Ce fermier ne laisssa pas en s’en allant de Paris de me laisser&#13;
133 1200.# a recevoir pr lui, et Le Prelat lui a mandé trois ou quatre&#13;
134 mois apres quil pouvoir me paier entierem’, car J’avois&#13;
135 donné un memoire ou compte a Mgr de Quebec par lequel&#13;
136 Je lui faisons voir que de quelq’ maniere quil voulust&#13;
137 prendre les choses, Jl estoit lui mesme plutost redevable au&#13;
138 semin.re que de pretendre que Je lui dusse quelq’ chose Je comptois&#13;
139 la redevance de 400.# p.r les escoles et au’ dont Je n’ay pas&#13;
140 compté avec lui depuis 1707.&#13;
141 Dans les visites que Je rendis au Prelat depuis son retour Jl me&#13;
142 tesmoigna estre faché davoir escrit en cour et ailleurs tout&#13;
143 ce quil avoit escrit contre nous. Jl sexcusa sur ce quil pretendit&#13;
144 que cestoit M De la Palliere qui avoit aigri son esprit et qui&#13;
145 lui avoit fait entendre les choses autrem’ quelles nestoient. Jl&#13;
146 me dit quil estoit aisé de se concilier sur lapplication des&#13;
147 manses monacales de meobec et Bennevent, que comme nous&#13;
148 navions nul fonds p.r entretenir les Jeunes gens qui en&#13;
149 sortant du petit sem.re entroient dans le grand p.r y estre&#13;
150 promeus aux ordres. Jl consentiroit volontiers que le sem.re y&#13;
151 appliquast ces revenus, et quil soutinst avec ces Jeunes gens&#13;
152 le service de la cathedrale p.r y faire le service co’e Jl faut; quil&#13;
153 me prioit de lui en donner quelq’ memoire, que J’estois plus en&#13;
154 estat que personne de concilier toutes choses, et Jl me dit mille&#13;
155 autres choses obligeantes qui ne me gagnerent par a son esgard&#13;
156 persuadé quil vouloit toujours venir a ses fins &amp;.&#13;
157 Cepend.’ Je lui donnay un ou deux memoires p.r en venir a&#13;
158 quelq’ accommodement. Je proposois que p.r sa vie durant seulem’&#13;
159 et sans prejudice du droit de ses successeurs et du droit du&#13;
160 seminaire sur les manses monacales p.r lavenir, Jl pouroit&#13;
161 sil vouloit garder entierem’ Labbaye de meoBennevent&#13;
162 a condition dacqueter toutes les charges pour toutes&#13;
163 les pensions des chanoines et le service divin tant que les&#13;
164 chanoines vivroient et que le service divin subsisteroit, et que&#13;
165 nous nous contenterions de notre cotté de garder Labbaye de&#13;
166 meobec, Prieuré dEsve et chezelles, afin desviter davoir&#13;
167 pend’ sa vie aucune contestation avec lui p.r le temporel, et&#13;
168 que Le sem.re emploieroit le revenu qui en proviendroit a&#13;
169 eslever de Jeunes Ecclesiastiq’ dans le grand sem.re&#13;
&#13;
�conférence&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
170 a La verité Je ne croiois pas en devoir specifier le nombre,&#13;
171 parce q’ Je ne pouvois scavoir 1.o combien on toucheroit&#13;
172 Net de cette abbaye par an, et 2.o ce quil faudroit pour&#13;
173 entretenir et nourrir chaq’ Eclesisatique au sem.re de Quebec&#13;
174 mais que Je pouvois asseurer que bon an mal an cela&#13;
175 y serviroit lun portant lautre&#13;
176 apres que Le Prelat eust veu mon memoire et apres l’avoir&#13;
177 gardé quelq’ temps, Jl nous fit avertir de nous trouver chez&#13;
178 M Le Card.l de Noailles ou Jl devoit Se trouver avec M.&#13;
179 du bourg son avocat. Nous y menasmes aussi M Baille&#13;
180 qui estoit le notre, M Lab. de Brisacier et moy. Nous&#13;
181 escoutasmes avec respect Le Prelat en presence de son Emin.ce&#13;
182 qui parla pend.’ deux heures avec beaucoup de vehemence&#13;
183 et de feu sur tant daff.res que Je ne puis actuellem’ m’en&#13;
184 souvenir. Nous ny estions nullem’ preparez et nous ne&#13;
185 nous y attendions pas; ainsy nous nous contentasmes&#13;
186 de repondre peu de choses a tout ce quil nous dit. Je me&#13;
187 souvïens quil se plaignit qu’on ne vouloit lui rendre aucun&#13;
188 compte des revenus du sem.re Nous lui dismes qu’on ne lui&#13;
189 refusoit pas le compte des revenus de son sem.re Episcopal,&#13;
190 mais que quand Jl voudroit mesme agir avec nous avec une&#13;
191 peu de bonté, nous lui montrerions bientost tous nos comptes,&#13;
192 et que Je lui montrerois sil le vouloit dez le lendemain, faisant&#13;
193 attention a ce compte que vous mavez envoié de l’année&#13;
194 1708. dressé par M Buisson&#13;
195 Dans cette conference nous ne crusmes pas devoir soutenir&#13;
196 lopposition du chapitre a la bulle dunion, et la revocation&#13;
197 que vous nous aviez fait signifier de vos procurations. M&#13;
198 LEveq’ sefforça de soutenir que cestoit un jeu joué entre nous&#13;
199 et vous, et que vous ne faisiez tout cela que p.r nous donner&#13;
200 lieu de revenir contre la transaction de 1706. que nous avons&#13;
201 passée entre son grand vicaire et nous. Nous protestames&#13;
202 que nous nous en tenions p.r le sem.re a cette transaction,&#13;
203 mais que nous ne pouvions empescher le chapitre de soutenir&#13;
204 ses droits. Nous asseurasmes que nous naurons nulle part&#13;
205 a Lopposition formée par le chapitre et qu’au contraire elle&#13;
206 nous avoit fait beaucoup de peine, et que nous ne pouvions en&#13;
207 aucune maniere stipuler les Jnterests du Chapitre qui avoit&#13;
208 revoqué sa procuration, mais que nous estions toujours en estat&#13;
209 d’agir p.r le semin.re de quebec et de demander p.r lui lexecution de&#13;
210 la transaction de 1706. que nous la demandions en effet tres&#13;
211 sincerem’ et voulions exatem’ la suivre&#13;
212 M Levesque y proposa lui mesme la veüe dappliquer les revenus&#13;
&#13;
�213 de ces manses conventuelles de meobec et Benevent p.r la&#13;
214 Subsistance des Jeunes Seminaristes, Jl asseura que quand Jl&#13;
215 avoit pensé que cela devoit estre employé p.r les missions du&#13;
216 Dioceze Jl n’avoit jamais pensé que ce fust p.r dautres que p.r&#13;
217 celles qui Seroient desservies par des Sujets du Sem.re car M Le&#13;
218 Cardinal et tous les autres trouverent quil estoit ridicule de&#13;
219 penser que ces revenus ne dussent que passer par les mains du&#13;
220 Semin.re de Paris et du Sup.r de Quebec p.r estre ensuite&#13;
221 distribuez par M LEveq’ de Quebec, aux Jesuites ou aux&#13;
222 Recollets ou a M.rs de S.’ Sulpice ou a tel au’ prestre quil voudroit.&#13;
223 Jls convinrent tous et Le Prelat mesme que si cela estoit&#13;
224 appliqué aux missions du dioceze, et devoit estre a celles&#13;
225 qui seroient desservies par des Prestres du Sem.re&#13;
226 mais Le Prelat convint en mesme temps qu’on ne pouvoit faire&#13;
227 une meilleure application que celle quil proposoit et quil&#13;
228 falloit que Le sem.re de Quebec Se chargeast dentretenir dix&#13;
229 sujets en y comprenant disoit il les quatre de sa fondation dont&#13;
230 deux pouvoient estre chargez des escoles p.r les quels Jl donneroit sa&#13;
231 vie durant 400.# sans estre obligé a faire un fonds de 400.# dont&#13;
232 Jl demandoit que nous nous desistassions. Jl demandoit aussi que&#13;
233 nous renonçassions a une donation a cause de mort quil avoit&#13;
234 fait au sem.re de Quebec et cent autres demandes quil fit alors&#13;
235 dont Je ne me souviens plus.&#13;
236 Nous nous contentasmes d’exposer que nous ne nous estions pas&#13;
237 attendus a toutes ces demandes dont on ne nous avoit pas&#13;
238 prevenus, et sur les quelles on ne pouvoit repondre precisement&#13;
239 a moins que Mgr ne donnast un memoire ou Jl les expliquast, mais&#13;
240 que nous ne nous estions assemblez uniquem’ que dans la pensée que&#13;
241 lon examineroit comment Se devoit faire le partage des abbaies&#13;
242 p.r les manses abbatiales et conventuelles, parce que Mgr pretendoit&#13;
243 que nous ne devions jouir a Benevent uniquem.t que de ce dont&#13;
244 avoient joui jusqualors les Relig.x et que nous pretendions&#13;
245 y partager par tiers Labbaye ou par moitié co’e on le faisoit&#13;
246 de meobec, scavoir un tiers p.r Labbé un tiers p.r les Religieux&#13;
7.&#13;
&#13;
247 et un tiers p.r acquiter les charges, ou moitié a Labbé et&#13;
248 moitié aux Religieux a condition dacquiter egalement les&#13;
249 charges. M Le cardl de Noailles dit que cestoit la une difficulte&#13;
250 necess.re a regler, et remit a une autre fois a examiner les aff.res sur&#13;
251 les mem.res qui seroient donnez de part et d’autre&#13;
252 M Leveque de Quebec nous envoia donc quinze Jours apres&#13;
253 par le canal de son Emin.ce un memoire qui contenoit Six&#13;
254 articles ou environs dont Je vous envoie copie.&#13;
255 Par le 1.er article Jl demande a venir loger au semin.re pretendant&#13;
&#13;
�256 y avoir droit comme Evesque de Quebec Nous repondismes&#13;
257 sur cet article que nous ne connoissions par ce droit et nous&#13;
258 crusmes mesme devoir le fre Souvenir dune parole quil dit a nos&#13;
259 M.rs en 1691. ou 1692.&#13;
260 Par le second article Jl demandoit que nous renonçassions a&#13;
261 une donation a cause de mort quil avoit fait de tous ses biens&#13;
262 en 1685. Je vous avoüe que Je ne connoissois que la seule&#13;
263 fondation quil fit cette année la de ce qui lui restoit des deniers de sa&#13;
264 charge, et co’e cela est trop bien cimenté et Jnsinué nous lui&#13;
265 repondismes que nous ne pouvions y renoncer.&#13;
266 Jl seroit trop long de vous détailler toutes ces difficultez Je vous&#13;
267 envoye la copie du 1.er memoire que nous avons presenté, de la&#13;
268 reponse que nous y avons fait, des observations quil a fait sur&#13;
269 notre reponse et des repliques que nous y avons faites. vous y verrez&#13;
270 encore des expediant daccommodem’ quil me fit proposer par son&#13;
271 Procureur, et la reponse que J’y ay fait. Tout cela sest trouvé&#13;
272 entre les mains de M Le Cardinal lors que Lassemblée du clergé&#13;
273 a commencée, et Jl a esté trop occupé en ce temps cy p.r la regler.&#13;
274 Je ne prevois pas mesme quil la reigle et Je crains bien quil&#13;
275 ne faille en venir a un procez, car ce Prelat ne veut absolum’ pas&#13;
276 accorder le partage par tiers ou par moitié de Labbaye de Bennevent&#13;
277 et cepend.’ Jl ne la peut refuser et on ne peut juger autrement, et Je ne&#13;
278 crois pas que nous devions nous relascher sur ce point.&#13;
279 on pouroit a la verité p.r sa vie durant Se relascher en quelq’ chose et&#13;
280 cest ce que Javois proposé dez le commencem’ en lui faisant garder&#13;
281 son abbaye de Bennevent et Nous Labbaye de meobec, bien entendu&#13;
282 quil en paieroit toutes les charges mesme celles des pensions&#13;
283 des Relig.x et cela reviendroit a peu pres au mesme p.r le present. Jl&#13;
284 n’y auroit que cet avantage p.r Mgr qu’a mesure qu’a lavenir&#13;
285 les Relig.x mouroient cela tourneroit a son profit, au lieu que cela&#13;
286 doit revenir au profit du sem.re mais on auroit pu p.r le bien&#13;
287 de la paix faire cela Sa vie durant Saluo jure animum jusque&#13;
288 apres Son decez.&#13;
289 Je ne doute pas quil ne vous en escrive, et ne se plaigne beaucoup de&#13;
290 moy, car Jl pretend quil n’y a que moy qui sois difficile, et que M&#13;
291 Labbé de Brisacier et nos M.rs de Paris aussi bien que ceux de&#13;
292 Quebec signeroient tout ce que Je voudrois. Jl maccable aussi&#13;
8.&#13;
&#13;
293 quelq’ fois de louanges, mais Je ne suis sensible ny aux unes&#13;
294 ny aux autres. Je lui ay dit cent fois que Je navois en tout cela&#13;
295 aucun Jnterest particulier, que Je ny regardois que la Justice&#13;
296 et mon obligation de veiller a vos Jnterests, mais sans aucun&#13;
297 entestem’ prest a suivre lavis des plus habiles avocats. Je lui ay&#13;
298 representé que nous ne pouvions p.r lavenir renonçer a ces&#13;
&#13;
�299 droits acquis par la Bulle et que cestoit en suivant exactem’&#13;
300 le droit commun, qu’on evitoit les procez et toutes les mauvaises&#13;
301 aff.res p.r Lavenir.&#13;
302 vous verrez si vous avez quelques instructions a me donner sur&#13;
303 tout cela Je sens que Le Prelat est aussi remply de difficultez que&#13;
304 jamais, que celles la ne seront par plutost resolües quil sen presentera&#13;
305 une fourmilere dautres, que sil retourne en son dioceze Jl faut&#13;
306 sattendre a avoir avec lui a disputer sur la pointe dune Eguile,&#13;
307 a moins que de se resoudre a lui relascher insensiblem’ toutes choses,&#13;
308 et jusqu’a ce quil ait surtout reduit le semin.re a se depouiller&#13;
309 de tout ce qui lui sera le plus acquis.&#13;
310 Je m’attens que nous ne seront pas les seuls qui souffrirons dans le&#13;
311 sem.re et quil ne sera pas plutost a Quebec que les hospitalieres et les&#13;
312 ursulines auront de lexercice. Jl se mesnage a present fort avec&#13;
313 les Jesuites. mais cela ne durera selon toutes les apparences que&#13;
314 jusqu’à ce quil soit en son dioceze car Je mappercois bien quil&#13;
315 ne les ayme pas plus quil faisont. Jl a besoin deux p.r sen retourner.&#13;
316 Jl paroist que M de Pontchartrain ne gouste pas beaucoup son&#13;
317 retour jusqu’a la paix mais a la paix Je ne vois pas comment Jl&#13;
318 peur en estre empesché. Jl ne songe pas a s’en retourner de lannée.&#13;
319 J’ay cepend.’ cru quil pouvoit bien a la veille du depart partir a&#13;
320 LJmproviste et se rendre a la Rochelle pr s’ambarquer.&#13;
321 Je n’ay pu regler aucun compte avec lui, et ne scais quand on le poura&#13;
322 faire cest encore un grand malheur que des difficultez entre lui&#13;
323 et Nous ne soient pas regléez par M Le Cardinal car pend’ ce&#13;
324 temps la Jl jouit de tout Bennevent et ne manquera pas&#13;
325 dans la suite de toucher tout ce quil poura de meobec Tout&#13;
326 sera dans la confusion et on n’en sortira pas aisem.’&#13;
327 cela Je vous asseure me deplaist fort. Je n’ayme guere ces disputes&#13;
328 et contestations. cepend.’ Je ne voit pas comment les eviter.&#13;
329 La vie entiere Se passe, et Je sentirois plus que jamais de lattrait&#13;
330 p.r le debarassem’ d’affaires. car Jl est ce me semble temps&#13;
331 p.r moy de m’en descharger. Si vous le pouviez vous me feriez&#13;
332 plaisir, pour veu que vous aiez quelqu’un qui puisse finir&#13;
333 avec Le Prelat co’e Jl faut. Jaurois envie dattendre la fin&#13;
334 de ces aff.res cepend’ Je ne la vois point arriver et Jl en&#13;
335 survient toujours de Nouvelles.&#13;
336 Par dessus cela Lestat des aff.res devient toujours plus mauva[ises]&#13;
1710&#13;
9&#13;
&#13;
337 et le temporel ne se peut plus soutenir. Javois toujours esperé de&#13;
338 voir arriver la paix, et elle ne vient point. Je ne scay plus quel&#13;
339 arrangement apporter. car cette cruelle guerre derange toutes&#13;
340 choses de plus en plus. Je crois quelle entraisnera avec elle la ruine&#13;
341 du Roiaume, des communautez et des particuliers. on ne trouve&#13;
&#13;
�Projets des&#13;
ennemis&#13;
&#13;
Factures&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
341 plus de credit. on ne tire plus rien des benefices, on ne touche&#13;
342 plus rien du Roi, non seulem’ des ord.ces mais mesme des rentes.&#13;
343 et Jl y a toutes les apparences que c’en est fait p.r les gratificat&#13;
344 =tions et qu’une ord.ce du tresor roial, et une feuille de chesne,&#13;
345 seront a peu pres la mesme chose comment donc soutenir vos&#13;
346 aff.res en cet estat. Je ne scaurois trouver de fermiers p.r vos&#13;
347 benefices qu’en les diminuant de moitié, et encore apres cela&#13;
348 Jls ne payent pas. Ce que Je vous dis de vos aff.res Je les prouve&#13;
349 de toutes les autres. nous so’es reduits a lestat le plus violent&#13;
350 qu’on puisse s’imaginer.&#13;
351 Et p.r surcroist nous avons l’inquietude de ce que nous pouvons&#13;
352 devenir, car si les ennemis continuent leurs progrez nous&#13;
353 avons tout a craindre. Je dis les dernieres extermitez&#13;
354 Nous avons veu ces miseres venir d’une armée a lautre, et&#13;
355 a present Jl n’y a plus de remede. ajoutez une autre Jnquietude&#13;
356 ou nous so’es de ce que vous deviendrez vous mesmes. car on&#13;
357 nous fait craindre une entreprise violente de nos Ennemis&#13;
358 sur vous. Leurs gazettes que Je ne lis point disent quil se fait un&#13;
359 grand armem’, et co’e Jl ne faut attendre aucun secours de la&#13;
360 france, qui n’est par en estat de se soutenir elle mesme, que ne&#13;
361 devons nous pas craindre p.r vous.&#13;
362 Quoi que J’aye fait l’an passé tout ce qui avoit depandu de moy&#13;
363 p.r vous envoier ce que Je vous avois disposé et remis a la&#13;
364 Rochelle, cepand.’ quand Je vis que par differens ressorts de providence&#13;
365 cela navoit pu partir, Je crus que Le bon dieu nous donneroit la&#13;
366 paix cette année et que cela iroit a vous en plus grande assurance&#13;
367 mais Jl nest plus possible de se dispenser de vous lenvoier, quelq’&#13;
368 risque que cela coure. Et si cela vient a estre perdu, comment&#13;
369 le reparer. cela n’est nullem’ possible Cepend.’ Je ne scaurois&#13;
370 me resoudre a paier des assurances, et en prendre dautres&#13;
371 que la divine providence qui scait ce quelle veut faire&#13;
372 de Nous. ainsy Je vous envoye tous nos effets et nos deux&#13;
373 miss.res a La Garde de Dieu, et sous les assurances de Sa&#13;
374 divine protection&#13;
375 Comme Je sens lextremité ou vous pouvez estre reduits pour&#13;
376 les estofes, J’ay trouvé un marchand de Beauvais qui a bien&#13;
377 voulu me prester ou avancer p.r un an, moiennant Jnterest&#13;
378 que Je lui paieray p.r plus de 1500.# DEstofes telles que nous&#13;
379 avons creu quelles vous conviendroient, soit p.r vos habits&#13;
380 des Ecclesiastiques, soit p.r vos enfans du petit sem.re soit&#13;
381 p.r vos donnez et vos fermes et Jl en a fait deux ballots&#13;
382 que Je n’ay pu visiter en passant par Paris, parce qu’on n’a&#13;
383 par permis de les y arrester, p.r esviter den paier les droits.&#13;
&#13;
�384 Jls sont en deux ballots bien accommodez, que vous ferez&#13;
385 bien visiter et vous me ferez escrire si ces estofes vous&#13;
386 conviennent p.r une autre armée suivant le prix que&#13;
387 Je vous envoye si cela arrive a bon port avec ce que&#13;
388 Je vous ay acheté de l’an passé, vous aurez des estofes au&#13;
389 moins p.r trois ans.&#13;
390 Mais Je ne vous ay acheté cette année aucune autre&#13;
391 chose, et parceq’ Je ne scavois si vous en auriez besoin,&#13;
392 et parce que Je n’avois pas le moyen de vous lacheter. ce&#13;
393 sera beaucoup si vous recevez ce que Je vous envoye&#13;
394 et Jauray bien de la peine a faire la depense quil convient&#13;
395 faire p.r le depart de nos M.rs et pr paier le fret de tous&#13;
396 ces effets qui va a un prix excessif.&#13;
397 J’ay esté l’an passé visiter nos Prieurez et Je n’ay pas laissé&#13;
398 d’y remasser differentes so’es que vous trouverez dans&#13;
399 mon compte mais Jl m’a fallu faire plus.rs depenses p.r&#13;
400 Le Prieuré de font moron qui ne rendra rien presq’ que nous&#13;
401 n’aions la paix ce Prieuré estoit délabré et tout a fait en&#13;
402 mauvais estat, et Je naurois pu trouver a laffermer si&#13;
403 Je navois fait ces depenses.&#13;
404 Jl m’a esté encore plus a charge par deux procez que J’ay&#13;
405 trouvé qu’avoit le deff.t Prieur quil me faut soutenir, dont&#13;
406 l’un ne vaut rien, et ne se peut deffendre. cest p.r quoy&#13;
407 Je cherche les voies de laccommoder. Cest une redevance qu’on&#13;
408 demande a ce Prieuré de 24 boiss.x seigle dont Jl est deu vingt&#13;
409 et une année et les frais ce qui ira en une so’e.&#13;
410 Lautre procez co’e Jespere dedommagera en partie de ce que&#13;
411 lautre coutera, mais Jl faut f.re de la depense, et que&#13;
1710.&#13;
11&#13;
&#13;
Mgr.&#13;
&#13;
412 cela me donne bien du travail et de la peine&#13;
413 J’ay tiré lan passé bien des so’es de Labbaye de moebec, mais&#13;
414 Jl faut sattendre a nen presque rien tirer cette année a cause de&#13;
415 Lambrouillem’ ou nous so’es avec Mgr de Quebec, qui taschera&#13;
416 a tirer tout ce quil poura de cette abbaye, sous pretexte quil&#13;
417 jouit de cette abbaye, p.r la manse abbatiale, et ne nous voudra rien&#13;
418 donner de la manse conventuelle de Benenvent. Cepend.’ Je&#13;
419 crois quil vaut mieux souffrir cette vexation que de faire&#13;
420 tort a nos droits pr lavenir sur ces deux abbaies. Je pourois&#13;
421 bien si Je le voulois, et Je laurois pu dez Pasques 1707. le&#13;
422 mettre a la raison, en faisant saisir Labbaye de Bennevent&#13;
423 p.r ce qui nous en est deu, et Je laurois alors biendost reduit&#13;
424 a finir, mais J’ay creu quil valoit mieux souffrir de lui tout&#13;
425 ce quil lui plaist nous faire souffrir que dagir avec lui&#13;
426 par les voies de la Justice, et faire contre lui la moindre&#13;
&#13;
�427 procedure, ce que Je nay pas encore fait jusque present,&#13;
428 mestant contenté de repondre a ses memoires devant M Le&#13;
429 Card.l de Noailles. Je crois que vous ne desapprouverez pas&#13;
430 ma moderation en cette aff.re&#13;
431 Car quand Je lui demande le partage de ces abbayes Je lui&#13;
432 demande quelq’ chose de si juste que si cela estoit porté en Justice&#13;
433 reglée cela ne toucheroit pas a terre. Jaurois aussitost une&#13;
434 condamnation contre lui p.r partager ou par tiers ou par moitié&#13;
435 et Jl est de la derniere consequence de ne pas affoiblir notre droit&#13;
436 sur cela&#13;
437 vous trouverez dans mon compte en recette la so’e de 118.#&#13;
438 que J’ay receu p.r M Requeleyne a qui Jl vous sera faute de les&#13;
439 deduire sur son entretien J’ay aussi receu 50.# p.r Le fils de&#13;
440 M De LJsle que connoist M Pocquet, vous aurez la bonté de&#13;
441 fournir cet argent a M Pocquet a mesure quil Jugera en&#13;
442 devoir donner a ce jeune homme, car cela doit uniquem’ passer&#13;
443 par les mains de M Pocquet selon les Jntentions de M De LJsle&#13;
444 qui m’a donné ces 50.#&#13;
445 Quoi que Je porte sur mon compte en depense ces estofes de&#13;
446 Beauvais que je vous envoye, Je vous ay déjà marqué que Je ne&#13;
447 les avois pas paié et que Je ne les dois pas paier si tost mais&#13;
448 paier la demeure, car Je n’ay pu trouver de largent p.r cela&#13;
449 vous trouverez en recette peu de chose receue de Labbaye de Lestrée.&#13;
450 Jen n’en scaurois rien tirer et les fermiers me doivent tant que&#13;
451 J’en suis honteux Je vais y aller dez que nos Mess.rs seront partis&#13;
452 sans esperance d’en rien tirer, car Jl ne faut leur rien&#13;
12.&#13;
&#13;
453 demander qu’apres la recolte, ou plutost avant Noel, c’est&#13;
454 beaucoup p.r nous de les avoir mis en estat d’ensemencer leurs&#13;
455 terres apres la triste année passée sans leur fournir des&#13;
456 semences co’e tant dautres maistres ont esté obligez de faire&#13;
457 Jl faudra necessrem’ perdre beaucoup sur ce qui est deu en cette&#13;
458 abbaie cepend.’ on ne peut y donner plus de soin que J’en&#13;
459 donne p.r le bien de cette abbaye, et Je n’y ay pas encore&#13;
460 laissé faire aucuns faux frais.&#13;
461 Je vous envoye les lettres de Madame De la motte ango.&#13;
462 Le sr Plassant vous avoir depeint si foible et si abbatu,&#13;
463 quelle ne scavoit si elle devoir vous envoier des toiles cette&#13;
464 année. Je l’ay cepend.’ prié de le faire, et elles sont parties&#13;
465 p.r La Rochelle&#13;
466 Je suis bien aise que M Sarrazin ait pris le parti de retourner&#13;
467 cette année en canada Je crois que M charron y retourne&#13;
468 aussi. et sera une bonne compagnie p.r nos Mess.rs&#13;
469 vous scaurez que mons.r Raudot a une Jntend.ce des classes a la&#13;
&#13;
�470 place de M de Bauharnois qui est fait Jntend.’ de Rochefort. on&#13;
471 dit que Le fils ne reviendra cette année et le Pere lannée prochaine&#13;
472 vous aurez p.r Jntend.’ Mons.r Begon Le fils qui estoit ordonnateur&#13;
473 a Rochefort sous Mons.r Son Pere Je crois que nous n’en pouvons&#13;
474 desirer un meilleur et quil nous rendra toutes sortes de bons&#13;
475 offices. car Jl est ami particulier de M Labbé de Brisacier. Je crois&#13;
476 qu’on y trouvera de la pieté et de la sagesse, et qu’on ne dira pas&#13;
477 de lui ce qu’on dit icy des autres, dont on nous dit destranges&#13;
478 choses. Nous ne nous en meslons point.&#13;
479 vous scaurez par nos Mess.rs que nous sommes plus mal que nous&#13;
480 n’avons jamais esté avec Les Jesuites, et que ces Peres ayans poussé&#13;
481 les choses a la chine a la derniere extremité p.r faire emprisonner&#13;
482 M Le Legat a present cardinal de Tournon et en faire chasser tous&#13;
483 nos Messrs et les autres miss.res qui ne scauroient estre de leur&#13;
484 sentiment, ne gardent non plus icy aucunes mesures pour&#13;
485 nous perdre et ne se contentent pas descrire icy avec la derniere&#13;
486 hauteur dans le temps quils deuvoient se cacher de confusion&#13;
487 mais Jls ont fait et font tout ce quils peuvent aupres du Roi&#13;
488 p.r nous perdre en nous voulant faire passer p.r liez avec le&#13;
489 parti des Jansenistes, sous Lunique pretexte que M Charmot&#13;
490 qui est a Rome a montré les escrits quil y faisoit contre eux&#13;
491 a un abbé qui estoit en cette Cour, et scavoir mieux que&#13;
492 lui le stile de la cour Romaine Les Jesuites pretendent&#13;
493 que cet abbé estoit l’amy et le confident du Pere Quesnel&#13;
494 quils pretendent estre le chef du parti des Jansenistes et&#13;
13&#13;
&#13;
495 quoi que nous n’aions jamais eu commerce de lettres ny aucun&#13;
496 relation directe ou Jndirecte avec aucun de ceux quils font&#13;
497 de ce parti, Jl suffit que M charmot sans notre participation&#13;
498 ait montré ses escrits a cet abbé p.r les lui f.re corriger pour&#13;
499 que nous passions p.r fauteurs de Jansenistes. Jls ne cessent&#13;
500 de nous rebatre cela dans tous leurs escrits et voudroient&#13;
501 nous faire prendre le change sur cette aff.re et ce qui est&#13;
502 depit, Jls ne cessent dinspirer au Roi ces faussetez, dont&#13;
503 on pretend quil a esté déjà deux ou trois fois esbranlé. Si bien&#13;
504 que ce ne seroit pas une merveille, si vous apremiez tout&#13;
505 d’un coup qu’on nous a envouié a Quimper ou ailleurs&#13;
506 chacun separem’, et que Les Jesuites se sont rendus maitres&#13;
507 de notre semin.re car cest ce quils desirent avec passion&#13;
508 depuis trente ou quarante ans.&#13;
509 Cela cepend.’ n’intimide aucun de nos Messrs et ne les&#13;
510 empesche pas de travailler p.r esclaircir laff.re de la chine,&#13;
511 quil plaist aux Jesuites de chercher de plus en plus a embrouiller&#13;
512 Nous ne doutons pas que vous ne vous ressentiez de cette&#13;
&#13;
�513 horible alienation ou Jls sont de nous, et que vous n’en&#13;
514 aiez a souffrir. Jl faut esperer quapres cette tempeste Jl se&#13;
515 fera un temps de bonace mais nous so’es bien agitez de&#13;
516 toutes parts.&#13;
517 Si Je pouvois confier au papier certaines choses Je vous&#13;
518 apprendrois aussi les petites agitations que nous avons a&#13;
519 souffrir au dedans, soit p.r le reglement des missions orientales,&#13;
520 soit p.r le reglement du sem.re de Paris que nous voudrions&#13;
521 voir plus establi et plus stable quil n’est. ce qui nous&#13;
522 console a lesgard de ces dernieres aff.res, c’est quelles nalterent&#13;
523 en aucune maniere la charité et Lunion des cœurs entre&#13;
524 tous tant que nous so’es.&#13;
525 Nous avons perdu depuis quinze Jours un de nos confreres M&#13;
526 de La vigne de vernon qui a demeuré autre fois avant moy&#13;
527 a la petite comm.té de S’ hylaire qui est allé eu Tonquin avec&#13;
528 M LEveq’ dheliopolis en 1681. qui estoit a siam en 1688.&#13;
529 avec Mgr de Rosalie pend.’ la revolution et depuis ce temps la&#13;
530 jusqu’en 1697. a esté notre procureur a Pondicheri dou Jl&#13;
531 estoit revenu au sem.re p.r nous aider. Cestoit un S.t Prestre&#13;
532 bien Jnterieur, bien détaché de toutes choses, bon esprit, bien&#13;
533 doux, bien charitable et Jy perds un tres bon amy. Je le&#13;
534 recommande a vos prieres.&#13;
14.&#13;
M’ Montigni&#13;
&#13;
M de Pont chartrain nous&#13;
a ordonné de la part du Roi&#13;
de rappeler M de la vente&#13;
quil accuse de Negocier&#13;
et de Sur vendre les marchan=&#13;
=dises&#13;
&#13;
535 M de montigni est revenu de la chine, et demeure a present&#13;
536 avec Nous. Jl a fort bien fait en ces pays la Jl a esté dun grand&#13;
537 secours p.r M Le card.l de Tournon dans Les persecutions, et Jl a&#13;
538 esté chassé co’e les autres par ordre de LEmpereur de la&#13;
539 chine Je voudrois bien quil voulust se mettre a la teste&#13;
540 de lestablissem’ de La Louisiane, sil s’y faisoit quelq’ chose&#13;
541 d’un peu solilde mais Jl ne nous paroist pas y avoir&#13;
542 de penchant. cela viendra peut estre.&#13;
543 J’ai paié la lettre de change de 214.# tirée par vous a&#13;
544 lorde du s.r Plassant quil m’a fait entendre estre pr le fret&#13;
545 de la farine que vous menvoiiez p.r La Louisiane et qui&#13;
546 a esté prise vous voiez co’e le bon Dieu se joüe de ma&#13;
547 prudence. J’ay porté cette lettre sur le compte des&#13;
548 missions de La Louisiane.&#13;
549 Je crois quil n’y a pas dautre parti a prendre que d’en&#13;
550 rappeler nos Mess.rs si les choses continuent a aller co’e&#13;
551 elles vont, car Je n’ay p.r le soutien de ces missions que&#13;
552 Lord.ce de 3000.# et une au’ de 1500.# p.r Le curé du fort Louis&#13;
553 et un autre Prestre Et Je ne suis pas paié de ces ord.ces&#13;
554 depuis la fin de 1706. Et Jl n’y anulle apparence qu’on&#13;
555 puisse en estre payé. J’ay cepend.’ encore encore cette&#13;
&#13;
�556 année a nos Mess.rs des soutanes et soutanelles, chemises&#13;
557 bas souliers et chapeaux, mais Je ne pouray plus dans&#13;
558 la suite leur rien envoier. Je ne recois aucune de leurs&#13;
559 lettres. Jls ont de la moderation a ne rien tirer sur moy,&#13;
560 car sils le faisoient Je ne pourois paier. mais Jl ne leur sera&#13;
561 pas possible de soutenir un tel estat.&#13;
562 Dailleurs Je crois quils ont toujours bien a souffrir de M.r de&#13;
563 Bienville, qui a fait venir un Jesuite avec lui. ce n’est qu’un&#13;
563 bien sil vouloit laisser nos miss.res en repos et ne les pas&#13;
564 barrer en tout autant quil fait. Je ne doute pas que ce&#13;
565 ne soit lui qui fasse Jntercepter toutes les lettres que nos&#13;
566 M.rs nous escrivent car Jl y a trois ou quatre ans que Je n’en ay&#13;
567 receu. Jugez si la partie est soutenable&#13;
568 M Levesque de Quebec parle daller a son abbaye de Bennevent.&#13;
569 Jl y en a qui croient qu’au lieu d’y aller, Jl poura se rendre a&#13;
570 La Rochelle au depart des vaiss.x et sambarquer tout d’un&#13;
571 coup. Pour moy Je ne le crois pas. mais cepend.’ quand Jl&#13;
15&#13;
&#13;
572 le feroit Je n’en serois pas surpris.&#13;
573 Je vous avoüe que sil partoit ainsy de france, avant que&#13;
574 nous terminassions ce quil y a de difficulté entre lui et nous&#13;
575 p.r la partage des abbaies, Jaurois peine a ne pas aussitost&#13;
576 faire arrester les revenus de son abbaie de Bennevent pour&#13;
577 lui demander ce qui nous en doit revenir depuis Pasques&#13;
578 1707. cepend’ Je souhaite fort que nous puissions convenir ensemble&#13;
579 sans faire de part et dautre aucune procedure. Je crois que vous&#13;
580 aurez le temps de nous donner vos avis avant que rien&#13;
581 soit reglé entre nous. cest p.r cela que Je vous ay envoié copie&#13;
582 des demandes et memoires du Prelat et de ses observations et de&#13;
583 nos reponses.&#13;
584 Jl sera bon aussi de faire assembler le chapitre, et de faire prendre&#13;
585 a tous les chanoines des resolutions de ce quil y aura a faire p.r&#13;
586 leurs Jnterests et les leur faire signer. vous pouriez, si vous&#13;
587 le Jugiez a propos addresser un memoire a M Le Card.l de Noailles&#13;
588 a qui Le Prelat sest addressé p.r nos aff.res : C’est un tribunal que non&#13;
589 seulem’ nous ne scaurions recuser, mais qui nous doit estre tres&#13;
590 agreable, estant notre sup.r majeur, et estant d’ailleurs aussi&#13;
591 bien intentionné et aussi rempli de pieté quil sxxxest Eminence&#13;
592 si nous avions a vivre encore longtemps avec Le Prelat co’ Jl y a&#13;
593 trop dapparance, Jl seroit a souhaiter que son Em.ce reglast auparavant&#13;
594 tout ce qui nous pouroit broüiller ensemble.&#13;
595 vous ferez bien d’Jnsister sur lemploy des revenus des deux abbayes&#13;
596 1.o p.r ayder a soutenir loffice divin de la cathedrale, 2.o p.r entretenir&#13;
597 les Jeunes seminaristes qui passent du petit semin.re au grand. Donnez&#13;
&#13;
�598 un mem.re de ce que vous avez depensé p.r ce dernier bon œuvre depuis&#13;
599 LEpiscopat du Prelat, et de ce que vous avez receu p.r cela de lui. Jl se vante&#13;
600 fort de vous avoir donné des so’es p.r cela pend.’ quil estoit en canada.&#13;
601 mandez nous ce qui en est.&#13;
602 voila deux annéez des comptes du semin.re que vous me devez au&#13;
603 moins envoier sans la derniere. Je supose que comme Les bleds se&#13;
604 sont bien vendus l’an passé, et que vous en avez assez recueillis vous&#13;
605 aurez diminué vos dettes. cest a quoy Je vous asseure Jl faut tendre&#13;
606 et vous ne devez rien faire que vous ne vous soiez entierem’ acquité&#13;
607 Jl n’est pas permis d’endetter si fort une communauté. Jl faut la&#13;
608 liberer de tans de dettes, et Je crois qu’a present que vous nestes&#13;
609 plus forcez par notre cher ancien Prelat, a faire des bastimen &amp;&#13;
610 Jl vous est facile de vous liberer peu a peu de vos dettes.&#13;
611 si Je pouvois dans cetta année et la prochaine recevoir quelq’&#13;
612 so’e p.r vous a quoy Je ne vois guere daparence, Je voudrois bien&#13;
613 aussi vous pouvoir liberer en france, car Je ne scaurois plus&#13;
614 y avoir de credit sans payer de gros Jnterests. Je fais ce que&#13;
16.&#13;
&#13;
Procès&#13;
&#13;
615 Je puis aupres de M Levesque davec qui nous doit p.r notre&#13;
616 ancien Evesque encore prez de 2000.# p.r en estre paie et Je nen puis&#13;
617 rien tirer. Jl voudroit se faire relascher tout cela p.r les mauvaises&#13;
618 annéez quil predend avoir eu c’est une mauvaise page avec&#13;
619 qui Je crains que nous ne soions obligez d’avoir un procez&#13;
620 Je n’ay pu rien faire encore p.r la succession de Monsr Bergier quoiq’&#13;
621 Jaya s.t vallier un tres homme de bien qui s’en mesle Les Parent et&#13;
622 heritiers de feu M Bergier et qui sont en mesme temps ses debiteurs&#13;
623 m’ont escrit plus.rs lettres assez honnestes. cepens’ co’e Jls ne&#13;
624 finissent point, J’ay prié Le R P. Procureur General de L’oratoire&#13;
625 de nous faire demander la delivrance de ce legs fait par Le Pere&#13;
626 de M Bergier au semin.re de vienne conduit par Loratoire, et de&#13;
627 nous appeler p.r cela au Grand conseil, afin que nous y fassions&#13;
628 aussi venir ces parens et heritiers de feu M Bergier.&#13;
629 Mad.’ De vaubesnard m’a mandé de vous faire tenir cent livres&#13;
630 encore cette année. Je les ay porté sur votre compte Elle estoit&#13;
631 surprise de n’avoir receu l’an passé aucune de vos lettres. Je lui&#13;
632 ay mandé la prise du vaisseau qui en peut estre la cause&#13;
633 J’ay un procez au chatelet depuis deux ans avec les heritiers Galpi&#13;
634 qui estoit un ancien fermier de moebec dont un nommé Poiron du&#13;
635 blanc en berri est un franc chicanneur. Jl a voulu revenir sous le&#13;
636 nom d’une petite mineure par des lettres de rescizion contre un contrat&#13;
637 quil avoit passé avec moy en 1694. par lequel en lui faisant des&#13;
638 remises Je m’estois restraint a 1800.# p.r les quels Jl avoit constitué&#13;
639 en faveur de notre ancien Evesque une rente de 90.# quil ne veut plus&#13;
640 payer pretendant avoir recouvré des quit.ces de notre ancien&#13;
&#13;
�Procès.&#13;
&#13;
1710&#13;
17.&#13;
&#13;
Feu M’&#13;
Bergier&#13;
&#13;
641 Evesque, ce qui nest qu’une mauvaise chicanne quil veut nous faire&#13;
642 et a la quelle Jl succombera.&#13;
643 J’ay un autre procez au Parlem’ contre le marquis de Lencosme voisin&#13;
644 de moebec p.r des chesnes quil a fait abbatre p.r usurper peu a peu les&#13;
645 domaines de cette abbaye. Je le tiens au pied du mur. Jl est venu&#13;
646 demander misericorde et offrir de paier les frais. Sil les paye nous&#13;
647 nous en tiendrons la mais Je crains quil n’y ait bien de la peine&#13;
648 J’en ay un autre plus considerable contre les marchands de bois de la forest&#13;
649 de moebec qui ont degradé entierem’ ces bois. Je leur ay offert de les en&#13;
650 quitter p.r 6000.# sils vouloient les donner p.r en faire un fonds pour&#13;
651 paier deux gardes p.r conserver les bois qui restent de cette abbaye. Jls&#13;
652 ne les ont pas voulu donner, Jl leur en coutera plus de vingt mille livres.&#13;
653 Je leur ay fait saisir p.r plus de 6000. de bois merrain que Jay enfin&#13;
654 descouvert leur appartenir et provenir de cette abbaye, ainsy Je&#13;
655 scauray les reduire en plaidant avec eux la main garnie&#13;
656 Mad’ De La forest ne manquera pas de faire escrire en canada, quelle va&#13;
657 faire revoir son procez avec M Berthelot et peut estre mesme&#13;
658 poura telle escrire que ce procez a esté reveu et quelle&#13;
659 a obtenu a ses fins, mais nescoutez point tout cela et comptez&#13;
660 qu’elle ne se reverra jamais la maitresse de LJsle S.t Laurent,&#13;
661 que M Berthelot de St Laurent croit a present estre si bien&#13;
662 revenue a Mons.r son Pere quil pense a la vendre.&#13;
663 En effet co’ M Gaillard lui mande que sil la veut vendre,&#13;
664 Jl escoutera des offres qu’on a voulu lui faire en canada,&#13;
665 M de S.t Laurent m’a envoié demander si nous y pensions&#13;
666 encore, et Je crois que si Je la voulois J’en aurois la&#13;
667 preference sur beaucoup dautres. mais Je lui ay representé&#13;
668 que le temps ne permettoit pas dacheter des terres a present,&#13;
669 que Je lui conseillois descrire a M Gaillard descouter les&#13;
670 offres qu’on lui fera p.r son Jsle, et que de mon coté Je vous&#13;
671 escriray p.r scavoir si vous en voulez et quels moyens&#13;
672 vous pouvez prendre p.r paier cette Jsle, au retour des&#13;
673 vaiss.x Nous verrons depart et dautre ce qu’on nous&#13;
674 escrira sur cela vous pouriez mesme voir M Gailard&#13;
675 si vous pensiez a cette Jsle p.r scavoir ce qu’on en offre en canada,&#13;
676 et me mander votre sentiment.&#13;
677 Nous avons enfin obtenus une Lieutenance p.r M Jonquaire&#13;
678 qui la bien meritée. Je ne vous escris pas toutes les au’ promotions&#13;
679 d’officiers, vous les scaurez assez tost par ceux qui passent&#13;
680 Je ne scay si vous avez disposez des effets de feu M Bergier qui&#13;
681 estoient restez ez mains du Pere marets apres son decez. Je&#13;
682 me scais si ce Pere n’aura pas trouvé toutes les lettres qu’on&#13;
683 aura escrites a feu M Bergier et tous ses papiers. Jl est&#13;
&#13;
�684 tres facheux que ce qu’on lui aura escrit en confiance tombe entre&#13;
685 les mains d’un Jesuite cela me persuade de plus en plus que si&#13;
686 nous envoions des miss.res parmi les sauvages Jl sera bon quils&#13;
687 soient toujours deux ensemble, et nous ne les devons jamais&#13;
688 mettre co’e Jls estoient seuls a seuls.&#13;
689 Je vous envoye quelques devotions dagnus. Je ne puis plus avoir&#13;
690 de theses. Jl ne men vient point. Vous trouverez dans les balots&#13;
691 de l’an passé une chasuble dont Mad.’ De fouvey m’a fait&#13;
692 present p.r notre canada&#13;
693 Je crois que nous aurons de la protection de la part de M&#13;
694 Begon qui est nommé a LJntendance du canada Je l’ay&#13;
18.&#13;
&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
695 connu pend.’ quil estoit dans les Bureaux sous Mons.r son&#13;
696 oncle qui estoit dans un bureau semblable a celui de M.r&#13;
697 de la Touche. Jl estoit tres sage et tres moderé. Jl a depuis&#13;
698 encore appris a mieux se conduire sout feu M Begon son&#13;
699 Pere mort Jntend’ de Rochefort, dont Jl estoit ordonnateur,&#13;
700 car depuis cinq ou six ans Jl faisoit tout sous lui. vous&#13;
701 scavez que toute cette famille est tres affectionnée a M Labbé&#13;
702 de Brisacier. Jl a un frere abbé qui est Doyen de la Rochelle,&#13;
703 et actuellem’ deputé de cette province a Lassemblée du clergé. Jl&#13;
704 a esté eslevé a S.’ Sulpice, et loge chez M Le Curé de S.’ Sulpice&#13;
705 actuellem’ sous lapartem’ de M de Quebec. Je ne scay&#13;
706 pourquoy M de la Palliere a fait courir le bruit que l’on&#13;
707 envoieroit les deux freres en canada l’un p.r estre Jntend.’&#13;
708 et lautre p.r estre Evesque Je ne vois nulle apparence au&#13;
709 dernier, car M Begon Labbé est tres delicat et auroit&#13;
710 peine a suporter la fatigue de la mer. Dailleurs quoi quil&#13;
711 ait bien de la pieté Je ne scay sil est entierem’ mort a sa&#13;
712 fortune, et sil ne songe pas encore a faire son chemin, et a&#13;
713 avoir quelq’ chose de meilleur que LEvesché du Canada,&#13;
714 quand la chose seroit faisable et que notre Prelat seroit&#13;
715 disposé a se demettre en sa faveur, a quoy Je ne vois&#13;
716 aucune apparence. Nous avons perdus M de la Touche&#13;
717 commis de M de Pont chartrain qui est mort Jl y a six mois&#13;
718 Toutes les colonies y perdent et surtout les ministres du&#13;
719 seig.r car cestoit un homme solidem’ pieux et qui ne&#13;
720 sestoit pas eslevé, et navoit rien fait dJndigne de lui dans&#13;
721 cette place quil occupoit dez le temps de M de Seigneley&#13;
722 Je le recommande a vos prieres.&#13;
723 M de Pont chartrain a escrit une lettre a M L. de Brisacier fort&#13;
724 desagreable sur les aff.res de La Louisiane Jl lui marque que M. de&#13;
725 la vente estant connu p.r un ho’e qui fait commerce et vend a des&#13;
726 prix excessifs ses marchandises en cette nouvelle colonie contre les&#13;
&#13;
�727 Jntentions de sa majesté nous devons le retirer de la p.r y en mettre&#13;
728 un autre, et que nous devons bien prendre garde au choix que&#13;
729 nous en ferons. Co’e Jestois en camp Jl ajoute que sa maj. Est&#13;
730 surprise quil n’y ait quun seul miss.re parmi les sauvages de&#13;
731 ce pays la, y en devant avoir davantage suivant les Jntentions&#13;
732 de sa majesté. Co’e Jestois a la campagne quand M Lab.&#13;
733 de Brisacier recut cette lettre, Jl repondit a M de Pont ch. quil&#13;
734 ne pouvoit faire reponse a sa lettre quil n’en eust conferé avec&#13;
19&#13;
&#13;
Eloge de&#13;
Mgr de&#13;
Laval&#13;
&#13;
Portraits&#13;
&#13;
735 moy, et nous devons nous assembler p.r y repondre, car&#13;
736 Jl est juste de demander qu’on ne condamne pas M de la&#13;
737 vente sans lentendre, que nos miss.res sont dans un estat&#13;
738 trop violent sous des officiers libertins et concubinaires, qui&#13;
739 font eux mesmes tout le commerce et un commerce deau de vie&#13;
740 tres deffendu. Je n’ay rien envoié depuis cinq ans a M de la&#13;
741 vente. ce nest pas le moyen quil y fasse commerce. Jls&#13;
742 ne scauroient me faire tenir aucunes de leurs lettres&#13;
743 qui sont toutes Jnterceptéez et supriméez. on y envoye&#13;
744 des officiers ou parens de ceux qui y gouvernent, co’e M de&#13;
745 Noyans ou qui sont en societé avec eux p.r le commerce&#13;
746 co’e ceux qui y ont esté depuis, et qui soutenans leurs confreres&#13;
747 accablent des prestres sans protection, soulevent les peuples&#13;
748 contre eux; et font des procez verbaux sans aucune forme&#13;
749 de procez, p.r condamner des Jnnocens. Nous ne so’es pas&#13;
750 disposez a envoier d’autres personnes a la place de M&#13;
751 de la vente, a moins que le Gouvernem’ ne change. Nous&#13;
752 so’es plutost disposez a en rapeler tous ceux qui y sont.&#13;
753 on ne scauroit rien toucher p.r ces missions. vous ne les&#13;
754 pouvez soutenir ny le semin.re de Paris non plus.&#13;
755 Je n’ay pu recevoir de vous lan passé aucune remarque&#13;
756 ny reflexions sur ce que Je vous mandois quon desiroit de&#13;
757 scavoir p.r achever de dresser LEloge de notre cher ancien&#13;
758 Evesque de Quebec Je vous envoye cette année par deux&#13;
759 voies copie de ce que lon avoit commencé a dresser de&#13;
760 cet Eloge. vous aurez la bonté de nous envoier quelques&#13;
761 memoires sur ce que vous croiez qu’on y doit ajouter ou&#13;
762 diminuer. marquez nous les Epoques le mieux que vous&#13;
763 le pouvez des principales actions de sa vie, de la fondation du&#13;
764 sem.re des establissemens du conseil si cest de son temps, du&#13;
765 chapitre de Quebec &amp;. on prendra sur ce que vous envoirez&#13;
766 et sur ce q’ nous avons deja de quoy achever cet Eloge&#13;
767 que Je crois que nous devons toujours faire Jmprimer&#13;
768 quand ce seroit un peu tard p.r conserver le souvenir de&#13;
769 ce S.t Prelat. Je vous ay envoié de ses Jmages lan passé&#13;
&#13;
�770 qui resterent a la Rochelle dont Je fus fort mortifié Jen&#13;
771 ay donné encore cette année a nos Mess.rs Je souhaite&#13;
772 quils arrivent a bon port, et vous pouvez les repandre.&#13;
20.&#13;
&#13;
773 car Je vous en envoieray a mesure que vous en aurez&#13;
774 besoin&#13;
775 Je demande tres instamm’ au bon Dieu de vous conserver&#13;
776 encore longues annéez ou au moins quelques unes p.r Lutilité de&#13;
777 son Eglise Je souhaite sur tout que nos deux mission.res qui&#13;
778 partent puissent vivre quelq’ annéez avec vous, et soient&#13;
779 édifiez de vos exemples. Je me recommande tres particulierem.’&#13;
780 a vos SS. Sacrifices et prieres. Je vous demande humblem’&#13;
781 votre benediction, et vous prie de mhonorer de vos conseils&#13;
782 et de vos bons avis que Je respecteray toujours, et dont Je&#13;
783 tascheray a user co’e Jl faut. Je suis tres respectueusem.’&#13;
784 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’ Serviteur&#13;
785&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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    <name>Texte</name>
    <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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              <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 22 mai 1710)</text>
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              <text>Le procureur du Séminaire de Québec à  Paris informe  le supérieur du Séminaire de Québec de l'envoi de deux  missionnaires. Il rapporte qu'il n'a pas pu régler avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, le partage des revenus des  abbayes de Méobecq et de Bénévent, malgré l'intervention du cardinal de Noailles. Il se plaint des démarches injustes et avides du prélat, qui veut garder tout Bénévent et ne rien donner de Méobecq. Il souhaite que le chapitre de Québec soutienne ses droits et lui donne des mémoires sur la fondation du Séminaire. Il déplore l'état  de la France, qui souffre de la guerre. Il dit qu'il ne peut plus soutenir le temporel du Séminaire, ni toucher les rentes du roi, ni trouver des fermiers pour les bénéfices. Il exprime aussi son inquiétude pour le Canada, qui risque d'être attaqué par les ennemis. Il mentionne quelques affaires du Séminaire de Paris et attend toujours de recevoir les éloges funèbres sur Laval,  l'ancien évêque de Québec.</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11805" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 50&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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              <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11803" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11806" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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      <name>Abbayes et prieurés</name>
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      <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du chapitre de Québec (1685-1695)</name>
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      <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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      <name>Chapitre de Québec</name>
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      <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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