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                  <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Introduction aux Docs. LI-IV&#13;
Les raisons du Serviteur de Dieu pour intervenir dans les contentieux entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
Les différends nés durant la période du vicariat général de l’abbé de Saint-Vallier entre lui&#13;
et les prêtres du Séminaire de Québec au sujet de son administration (1685-1687) lui&#13;
avaient occasionné des remontrances en France de la part du Serviteur de Dieu, du&#13;
Séminaire de Paris et d’autres. Mais le tout s’est terminé de façon harmonieuse : l’abbé&#13;
de Saint-Vallier avait promis de tenir compte des suggestions reçues et les prêtres du&#13;
Séminaire de Québec avaient été vivement exhortés par les supérieurs du Séminaire de&#13;
Paris, avec l’accord du Serviteur de Dieu, à se montrer obéissants et cordiaux envers leur&#13;
nouvel évêque. Lorsque le Serviteur de Dieu revint à Québec, le 3 juin 1688, tout laissait&#13;
présager que la paix serait complète et durable.&#13;
Il n’en fut pas ainsi. La controverse revint très vive et finit par créer une opposition&#13;
profonde entre Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire, non seulement sur des questions&#13;
secondaires ou des sujets imprévus, mais sur le modèle même de communauté que le&#13;
Serviteur de Dieu avait donnée au Séminaire. Après quatre années de débats et l’arbitrage&#13;
de la Cour, la position de Mgr de Saint-Vallier triompha.&#13;
Toute cette affaire ne pouvait laisser le Serviteur de Dieu indifférent. Il faut donc en&#13;
connaître le déroulement et déterminer dans quelle mesure et avec quels sentiments le&#13;
Serviteur de Dieu y prit part, lorsque ce fut le cas.&#13;
1° La communauté du Séminaire de Québec&#13;
Commençons par rappeler en quoi consistait la nature de communauté du Séminaire. Dans&#13;
son mandement érigeant le Séminaire de Québec (Doc. XXXI), le Serviteur de Dieu voulut&#13;
qu’il soit une communauté religieuse diocésaine destinée à accueillir non seulement les&#13;
prêtres chargés de l’éducation des séminaristes, mais aussi tous les autres prêtres consacrés&#13;
au ministère, qui resteraient ensuite unis au Séminaire, tout en demeurant dans différents&#13;
presbytères lorsque nécessaire. Les ecclésiastiques étaient libres d’entrer ou non dans la&#13;
communauté ; et dans les faits, presque tous les prêtres séculiers du Canada, à l’exception&#13;
de ceux de Saint-Sulpice à Montréal, étaient agrégés ou unis au Séminaire des Missions&#13;
étrangères de Québec. Les prêtres affiliés renonçaient à tous leurs biens en faveur du&#13;
Séminaire et ce dernier s’engageait à les soutenir en tout, pour toute leur vie. Les curés unis&#13;
versaient une contribution annuelle et, en échange, ils avaient l’assurance d’être aidés et&#13;
soutenus en cas de nécessité, de maladie ou d’invalidité.&#13;
Notons le fait qu’un prêtre fasse partie de la communauté ne nuisait en rien à l’autorité de&#13;
l’évêque sur ce prêtre, puisque le Séminaire ne pouvait se mêler de l’administration du&#13;
diocèse. Selon le mandement d’érection, lorsqu’il s’agissait de la nomination des prêtres&#13;
aux différentes charges du ministère, l’évêque devait prendre en compte l’opinion du&#13;
supérieur du Séminaire, mais demeurait libre de procéder pour le mieux. (Au sujet de cette&#13;
question des relations entre le Séminaire et les curés unis à la communauté, voir Doc. LIIV-13.)&#13;
Ce système de vie commune était sans doute idéal dans l’esprit du Serviteur de Dieu,&#13;
puisqu’il apportait de grands avantages spirituels et temporels aux prêtres affiliés et&#13;
facilitait l’obtention de vocations missionnaires de la France, puisqu’il assurait l’entretien&#13;
des missionnaires du Séminaire, même dans la maladie ou la retraite (sur l’organisation du&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Séminaire, sur ses avantages et ses relations avec les curés, voir LI-IV-13 ; LI-VI-11 ; La&#13;
Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, Livre VI).&#13;
En général, ces avantages étaient reconnus et Mgr de Saint-Vallier lui-même en avait été&#13;
convaincu, à tel point que, à peine arrivé à Québec comme vicaire général en 1685, il s’était&#13;
uni au Séminaire et avait fait la renonciation de ses biens en faveur de la communauté.&#13;
Cependant, malgré les nombreux avantages de ce système, il pouvait mener à des&#13;
controverses plus ou moins justifiées en certaines circonstances. L’abbé Gosselin écrit à ce&#13;
propos (Le vénérable François de Montmorency*-Laval, premier évêque de Québec, 2e&#13;
édition, Québec, 1923, p. 176) : « L’état des choses créé par Mgr de Laval supposait à la&#13;
tête du clergé un évêque de sa trempe et de son caractère, jouissant d’un ascendant&#13;
incontestable sur les prêtres de son Séminaire et disposé d’ailleurs à s’entendre toujours&#13;
parfaitement avec eux. » Mais sous un autre évêque, un qui ne se percevrait pas comme le&#13;
« père » du Séminaire, comme c’était le cas du Serviteur de Dieu, et qui n’aurait pas le&#13;
même ascendant que son prédécesseur sur les membres, les choses pouvaient se dérouler&#13;
autrement ; et ce fut le cas sous la gouverne de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
2° Début des difficultés à l’été et à l’automne 1688&#13;
Mgr de Saint-Vallier débarqua à Québec le 31 juillet 1688. Il se montra d’abord bienveillant&#13;
envers le Séminaire. Il y habita même pendant quelques mois, comme le fit le Serviteur de&#13;
Dieu. Mais puisque le nouvel évêque avait une idée plutôt extrême de son autorité, qu’il&#13;
croyait sans équivoque et inaliénable, il ne tarda pas à percevoir le Séminaire comme un&#13;
obstacle plus ou moins direct à l’exercice de ses pouvoirs épiscopaux, et il ne laissa passer&#13;
aucune occasion de faire sentir aux prêtres du Séminaire tout le poids de son autorité.&#13;
Lors de son arrivée, Mgr de Saint-Vallier avait apporté avec lui quelques lettres adressées&#13;
au Serviteur de Dieu et aux prêtres du Séminaire. Comme le souligne le Serviteur de Dieu&#13;
lui-même (no 1), Mgr de Saint-Vallier leur remit ces lettres ouvertes et croyait que l’évêque&#13;
les avait ouvertes lui-même. Cette supposition n’était pas sans fondement, puisque&#13;
Mgr de Saint-Vallier avait pour principe qu’un évêque devait être au courant de tout dans&#13;
son diocèse, y compris les confidences personnelles de ses prêtres1, et qu’il avait ouvert&#13;
des lettres adressées à des membres de son clergé en d’autres occasions (no 11).&#13;
Peu de temps après, les prêtres apprirent que l’évêque avait l’idée de renvoyer en France&#13;
l’abbé des Maizerets, supérieur de la communauté du Séminaire de Québec, et d’éloigner&#13;
le Serviteur de Dieu du Séminaire en lui proposant de se retirer à l’École des arts et métiers*&#13;
de Saint-Joachim, à une cinquantaine de kilomètres de Québec.&#13;
Tout cela était déjà suffisant pour alarmer les prêtres du Séminaire. La situation parvint à&#13;
son comble lorsque Mgr de Saint-Vallier s’en prit à leur point névralgique, c’est-à-dire&#13;
lorsque l’on comprit clairement qu’il entendait prendre la pleine direction du Séminaire et&#13;
lui soustraire l’autonomie interne et l’organisation de la communauté de prêtres dont l’avait&#13;
doté le Serviteur de Dieu. Il n’y avait aucun doute que Mgr de Saint-Vallier visait ce but.&#13;
Ses diverses actions posées envers le Séminaire durant l’automne 1688 en sont la preuve :&#13;
il refusa de reconnaître l’élection des officiels de la communauté, selon l’arbitrage de 1687,&#13;
sous prétexte qu’il n’y avait pas donné son consentement explicite, puisqu’il n’était que le&#13;
vicaire général de Mgr de Laval lorsqu’il avait approuvé cette élection. Il nia au Séminaire&#13;
À ce sujet, ce que souligne l’abbé de Glandelet dans son mémoire de 1690, conservé au Musée de la&#13;
civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 131, est intéressant : « C’est une maxime&#13;
de Monseigneur qu’un ecclésiastique ne doit avoir rien de caché pour son évêque et qu’il lui doit ouvrir les&#13;
plus secrets replis de sa conscience, sans rien réserver de ce qu’il fait connaître à son directeur. » (no 7)&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�le droit de changer le règlement interne de la maison sans son consentement, droit jusquelà en usage. Il enleva le bénéfice à certains curés unis au Séminaire, affirmant que toutes&#13;
les paroisses créées par son prédécesseur étaient invalides. Il chercha à renvoyer du Petit&#13;
Séminaire quelques élèves maintenus aux frais du Serviteur de Dieu, refusant à ce dernier&#13;
le droit de faire des fondations charitables dans le diocèse sans son consentement explicite.&#13;
Il voulut désigner lui-même les bénéficiaires d’une autre institution du Serviteur de Dieu&#13;
en faveur du Petit Séminaire, bien que ce droit fût strictement réservé au Séminaire selon&#13;
l’acte de fondation. En ce qui concerne l’administration des biens temporels du Séminaire,&#13;
Mgr de Saint-Vallier soutint qu’ils appartenaient à l’ordinaire et qu’il pouvait en disposer&#13;
selon sa volonté ; et de fait, il demanda un compte-rendu détaillé de l’état des finances du&#13;
Séminaire, non seulement pour les biens de la communauté, mais encore pour les biens&#13;
privés des membres. Enfin, il déclara aussi se réserver la distribution des gratifications&#13;
royales faites annuellement au Séminaire (sur ces points, voir n os 2 et 7).&#13;
Une nouvelle difficulté naquit à la même époque au sujet des gratifications royales, qui&#13;
allait exercer une influence décisive sur l’attitude du nouvel évêque envers le Séminaire.&#13;
Voici comment survint l’affaire. Les curés du Canada jouissaient annuellement d’une&#13;
gratification royale qui, jusque-là, avait été distribuée par le Séminaire selon les besoins de&#13;
chaque cure. Désormais, Mgr de Saint-Vallier se réserva cette distribution et sembla&#13;
procéder d’une manière un peu arbitraire. Les curés s’en plaignirent, mais il n’en tint pas&#13;
compte. Les directeurs du Séminaire, qui étaient directement concernés par la répartition&#13;
des gratifications, puisqu’elle affectait des prêtres unis à la communauté, conseillèrent aux&#13;
curés de provoquer une intervention bienveillante du gouverneur (il s’agissait d’une&#13;
pension royale) pour obtenir une solution pacifique à la question. Cette prise de position&#13;
des directeurs en faveur des curés fournit à l’évêque le prétexte d’accuser le Séminaire&#13;
d’être l’instigateur d’une indignation du clergé contre lui.&#13;
Nous croyons que c’est à ce moment que Mgr de Saint-Vallier prit la résolution de rompre&#13;
le lien qui unissait les curés au Séminaire : en effet, c’est vers la même époque que&#13;
Mgr de Saint-Vallier quitta le Séminaire, où il avait vécu jusque-là, pour s’installer dans&#13;
une maison privée (le palais épiscopal n’ayant pas encore été construit) et qu’il annula&#13;
l’acte de renonciation à ses biens qu’il avait signé avec tant d’enthousiasme quelques&#13;
années auparavant.&#13;
Les directeurs du Séminaire tentèrent de démontrer à Mgr de Saint-Vallier la légitimité de&#13;
leur décision dans cette affaire. Ils protestèrent énergiquement contre les mesures prises&#13;
par l’évêque, celles-ci étant en contradiction plus ou moins directe avec le règlement du&#13;
Séminaire, qui avait été légitimement approuvé par le Serviteur de Dieu en sa qualité&#13;
d’évêque de Québec.&#13;
3° Compromis suggéré par le gouverneur de Denonville et le P. Dablon en novembre 1688&#13;
Au mois de novembre, les relations entre Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire devinrent si&#13;
tendues que le gouverneur de Denonville et le P. Dablon, supérieur des Jésuites de Québec,&#13;
qui avaient été mis au courant des faits, s’offrirent comme médiateurs pour trouver une&#13;
solution à l’amiable. Ils provoquèrent une réunion entre l’évêque, les directeurs du&#13;
Séminaire et eux-mêmes, le 12 novembre 16882, chez Mgr de Saint-Vallier. Un accord fut&#13;
stipulé et devait être soumis à l’arbitrage de quelques fiduciaires de Paris choisis par&#13;
l’évêque ; l’avis de ces derniers devait être définitif.&#13;
On envoya donc le texte de cet accord à Paris, avec quelques notes explicatives de l’évêque&#13;
et du Séminaire. Malheureusement, celles de l’évêque ne nous sont pas parvenues. Nous&#13;
NDLR : L’abbé de Glandelet en écrit un rapport, conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives&#13;
du Séminaire de Québec, Chapitre, no 30.&#13;
2&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�avons cependant un mémoire du Séminaire, dans lequel les revendications de l’évêque sont&#13;
indiquées, en plus des observations du Séminaire. Nous croyons donc utile de le reproduire&#13;
(no 2).&#13;
4° Attitude du Serviteur de Dieu en 1688&#13;
Tentons maintenant d’établir l’attitude du Serviteur de Dieu face à ces contentieux, de&#13;
l’arrivée de Mgr de Saint-Vallier en juillet à la réunion du 12 novembre 1688 et à l’envoi&#13;
en France de l’accord.&#13;
Il est difficile de la déterminer exactement, puisque les documents de l’époque nous&#13;
donnent peu de détails sur la question. Nous savons que dans les premiers temps, le&#13;
Serviteur de Dieu connaissait les affaires du Séminaire, car un rapport de 1690 attribué à&#13;
l’abbé de Glandelet (no 7) nous informe qu’il avait assisté aux premières réunions entre les&#13;
directeurs et Mgr de Saint-Vallier. Ce rapport dit expressément que le Serviteur de Dieu eut&#13;
une attitude calme et respectueuse à l’égard de Mgr de Saint-Vallier dans ces réunions,&#13;
malgré le caractère vif de l’évêque de Québec :&#13;
Depuis qu’il [Mgr de Saint-Vallier] est revenu de France, lorsqu’on s’est assemblé&#13;
avec lui, on a eu tout lieu d’en être mécontent, n’ayant vu les affaires se terminer&#13;
qu’à des emportements, des aigreurs et des reproches, où il s’est laissé aller, quoique&#13;
Mgr l’Ancien et les officiers lui parlassent avec beaucoup de respect.&#13;
Par la suite, le Serviteur de Dieu se tint à l’écart et s’abstint de tout acte que son successeur&#13;
pouvait interpréter comme une intrusion dans ses affaires. « Pour prévenir toute jalousie,&#13;
dit un rapport de 1696, il se retira à l’écart pour ne se mêler de rien que de mener une vie&#13;
sainte et privée et s’abstint même de se trouver au réfectoire et aux récréations du Séminaire&#13;
et de faire aucune fonction en public. » (LI-VI-11) Le Serviteur de Dieu semble avoir opté&#13;
pour cette prudente position de retrait et de réserve au moment où les différends devinrent&#13;
les plus aigus et où Mgr de Saint-Vallier fit connaître son projet de l’éloigner de Québec.&#13;
Mgr de Laval, tout en s’occupant de l’administration économique de la communauté (no 1),&#13;
chercha à s’éclipser. On peut toutefois être certain que, tout en restant à l’écart, il&#13;
s’intéressât prudemment au sort de son cher Séminaire. On peut aussi supposer que, malgré&#13;
le manque de nouvelles directes, il ait prodigué ses conseils aux directeurs dans divers&#13;
points de la controverse.&#13;
Quels furent les sentiments du Serviteur de Dieu envers Mgr de Saint-Vallier ? Dans une&#13;
lettre confidentielle qu’il écrivit à l’abbé de Brisacier, supérieur du Séminaire des Missions&#13;
étrangères de Paris (no 1), quoiqu’il ne traitât pas directement des difficultés, il utilisa des&#13;
expressions et fit des allusions laissant transparaître un fond de méfiance envers son&#13;
successeur. Il n’y a cependant pas de ressentiment personnel. C’est un fait d’autant plus&#13;
éloquent qu’il s’agit d’une lettre, comme nous l’avons dit, confidentielle et très secrète.&#13;
5° Nouvelles difficultés, 1688-1689&#13;
Il faut malheureusement noter que Mgr de Saint-Vallier, en attendant la réponse de Paris au&#13;
sujet de l’accord, continua à agir comme avant, refusant de nouveau aux curés leur rente&#13;
congrue, imposant au Séminaire de nouvelles charges financières et retenant, malgré les&#13;
protestations orales et écrites des directeurs (10 février 1689 et 8 avril 16893), la somme de&#13;
4 000 livres tournois donnée annuellement par le roi au Séminaire pour son maintien et&#13;
celui des curés de Québec.&#13;
3&#13;
&#13;
Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, nos 27 et 28.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Le Règlement stipulé par les arbitres, 1689&#13;
Au printemps 1689, la réponse des arbitres de Paris arriva à Québec. Le texte original de&#13;
ce document ne nous est pas parvenu ; nous le connaissons par le rapport de 1690 attribué&#13;
à l’abbé de Glandelet (no 7). L’accord fut plutôt favorable au Séminaire. Les postulats de&#13;
l’évêque au sujet de l’administration du Séminaire furent déclarés injustifiés sur plusieurs&#13;
points. Les arbitres établirent que le Séminaire devait s’administrer lui-même, soit pour la&#13;
partie spirituelle, soit pour la partie temporelle, avec la seule obligation de fournir&#13;
annuellement à l’évêque un compte-rendu des états financiers de la communauté. Ils se&#13;
montrèrent aussi favorables à l’affiliation des curés au Séminaire, concédant à ce dernier&#13;
le droit de s’unir pour les curés qui le désireraient et exhortant l’évêque à favoriser une&#13;
telle union :&#13;
Il est du bien temporel et spirituel des curés, dit le Règlement, qu’ils demeurent&#13;
autant unis au Séminaire qu’ils l’ont jamais été. Ainsi, quoique Mgr l’évêque ne&#13;
doive pas les y contraindre, il doit les y exhorter autant qu’il pourra et laisser le&#13;
Séminaire chargé du soin de leur distribuer leurs pensions et de leur fournir leurs&#13;
besoins. (no 7)&#13;
Les projets de Mgr de Saint-Vallier d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec et de rappeler&#13;
en France l’abbé des Maizerets furent aussi considérés comme injustifiés et inopportuns&#13;
par les arbitres.&#13;
Le Séminaire fut particulièrement satisfait de cette réponse et le Serviteur de Dieu s’en fit&#13;
le porte-parole pour remercier un des arbitres, le duc de Beauvilliers, à qui il écrivit&#13;
personnellement une lettre à l’automne 1689 (no 3). Dans cette lettre, il fit allusion à de&#13;
nouvelles difficultés entre le Séminaire et l’évêque.&#13;
En effet, Mgr de Saint-Vallier avait reçu les décisions des arbitres avec un enthousiasme&#13;
mitigé. Bien qu’il n’osât pas les refuser, il chercha à en diminuer l’importance en soulevant&#13;
les limites juridiques de l’accord. Il dit « que c’était jusqu’à nouvelles lumières, qu’après&#13;
tout ce n’était que par condescendance et non sur le droit que ces décisions avaient été&#13;
faites » (no 7).&#13;
7° Autres difficultés, 1689-1690&#13;
Une telle prise de position par Mgr de Saint-Vallier devait inévitablement occasionner de&#13;
nouvelles difficultés et prises de bec entre le Séminaire et lui ; et il y en eu, comme le&#13;
mentionne le Serviteur de Dieu dans sa lettre au duc de Beauvilliers.&#13;
Ces nouveaux contentieux étaient dus au fait que Mgr de Saint-Vallier, malgré le Règlement&#13;
des arbitres sur ses relations avec le Séminaire, qui devait être définitif, ne voulut rien&#13;
céder : il revint sur la question du retour en France de l’abbé des Maizerets et pensa même&#13;
le destituer et nommer lui-même un autre supérieur, sans entente avec le Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris, comme le voulait l’accord ; il revint aussi à la charge sur&#13;
l’idée d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec ; et à l’automne 1689, malgré les&#13;
protestations des directeurs et la délicate intervention du gouverneur de Denonville et du&#13;
P. Dablon, supérieur des Jésuites de Québec, il refusa de remettre au Séminaire la&#13;
gratification annuelle de 4 000 livres tournois en son entier. Il semble qu’il justifiât cette&#13;
dernière mesure en mettant en doute le droit du Séminaire à recevoir intégralement cette&#13;
somme, puisqu’il devait, selon lui, appliquer une partie de celle-ci à la construction des&#13;
églises.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�À la demande des directeurs du Séminaire, Mgr de Laval rédigea une déclaration juridique&#13;
pour décrire l’origine de cette gratification royale et pour expliquer ses raisons, à titre&#13;
d’évêque de Québec, de l’avoir toujours attribuée intégralement au maintien du Séminaire&#13;
et du curé de Québec (no 4).&#13;
Vers la même époque, quelques incidents contribuèrent à empirer la situation entre Mgr de&#13;
Saint-Vallier et certains prêtres du Séminaire, qui allèrent chercher protection chez leurs&#13;
supérieurs ; ceci fournit l’occasion à Mgr de Saint-Vallier de considérer le Séminaire&#13;
comme un milieu réfractaire à sa complète autorité (no 7).&#13;
8° Décision de Mgr de Saint-Vallier de se rendre en France, 1690-1691&#13;
Les relations entre l’évêque et le Séminaire devinrent si tendues qu’à l’automne 1690,&#13;
Mgr de Saint-Vallier décida de se rendre à Paris pour informer la Cour de la situation et&#13;
demander une solution juridique définitive aux querelles. Son but principal, selon sa propre&#13;
admission, était d’obtenir du roi la suppression complète de l’union des curés et de la&#13;
communauté du Séminaire, comme le souligne un mémoire des directeurs du Séminaire de&#13;
1691 (no 12) : « Aussi a-t-il déclaré qu’il voulait absolument faire rompre cette union et&#13;
que c’était une des plus fortes raisons qui le faisaient passer en France. » (Sur les prétextes&#13;
et les raisons qui, selon des prêtres du Séminaire de Québec, poussèrent Mgr de SaintVallier à chercher l’abolition de l’union des curés et du Séminaire de Québec, voir LI-VI11.)&#13;
Son départ pour Paris, prévu pour l’automne 1690, fut repoussé au printemps suivant à&#13;
cause de l’extraordinaire rigueur de l’hiver. En mars 1691, Mgr de Saint-Vallier envoya au&#13;
Séminaire une lettre à caractère juridique (n o 8), dans laquelle les directeurs du Séminaire&#13;
étaient officiellement avisés de son départ et étaient priés d’envoyer à Paris un délégué&#13;
pour les représenter auprès de la Cour.&#13;
Avant de répondre à une si grave semonce, l’abbé des Maizerets, au nom des directeurs du&#13;
Séminaire, crut nécessaire d’écrire au Serviteur de Dieu, qui se trouvait alors depuis un&#13;
mois à Saint-Joachim, à l’École des arts et métiers qu’il avait fondée, pour le mettre au&#13;
courant de l’affaire et demander son avis (no 9). Nous n’avons pas retrouvé la lettre du&#13;
Serviteur de Dieu, mais on peut être sûr qu’elle exerça une influence décisive sur la réponse&#13;
très prudente qu’envoya le Séminaire à Mgr de Saint-Vallier. Ce document est aussi&#13;
manquant, mais nous en connaissons le contenu par un mémoire de l’époque (no 12) :&#13;
Le Séminaire de Québec a cru devoir se contenter de répondre à l’acte de Mgr de&#13;
Québec par un écrit sous seing privé pour éviter tout ce qui peut avoir l’air d’un&#13;
procès en forme et le scandale qui en arriverait, qui n’est déjà que trop grand par la&#13;
connaissance que mondit seigneur a donnée au public de la division qu’il prétend&#13;
être entre lui et le Séminaire. C’est pour ces mêmes raisons que, suivant l’avis reçu&#13;
par les lettres de France l’année passée, le Séminaire n’a pas jugé devoir députer&#13;
aucun sujet de son corps pour faire le voyage de France avec Mgr de Québec.&#13;
Le Séminaire n’estima donc pas opportun d’envoyer un représentant en France. Il confia&#13;
toutefois la charge de l’affaire en France à l’abbé de Brisacier et lui envoya quelques&#13;
rapports comme compléments aux informations contenues dans celui envoyé l’année&#13;
précédente par l’abbé de Glandelet (no 7).&#13;
Nous conservons nombre de ces rapports du Séminaire, mais la documentation&#13;
correspondante par Mgr de Saint-Vallier nous manque. Nous reproduisons donc plusieurs&#13;
extraits des documents susmentionnés et y ajouterons des notes au sujet des points forts de&#13;
la controverse, surtout lorsqu’il est fait allusion à l’attitude du Serviteur de Dieu (nos 12 et&#13;
13).&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�9° Point de vue et attitude du Serviteur de Dieu entre 1688 et 1691&#13;
Nous avons révélé, au point 4, la réserve du Serviteur de Dieu au début de la controverse&#13;
en 1688. Voyons maintenant quelle fut son attitude pendant la seconde phase, durant&#13;
laquelle le contentieux fut bien plus aigu.&#13;
Notons d’abord que, une fois de plus, Mgr de Laval ne prit aucune part directe ou officielle&#13;
dans le différend. Au contraire, il chercha à demeurer dans l’ombre et, à cette fin, il se retira&#13;
de Québec et se rendit de sa propre initiative à l’École des arts et métiers :&#13;
Je vous écris celle-ci, écrivait le Serviteur de Dieu de Saint-Joachim à l’abbé&#13;
de Brisacier, le 17 avril 1691, de ce lieu où je me suis retiré pour avoir un peu de&#13;
solitude et pour me consoler avec Notre-Seigneur de l’état où je vois cette pauvre&#13;
Église, qui est affligeant […] Quoique je fasse tout mon possible, me retirant de&#13;
temps en temps pour diminuer l’ombrage et la peine que je fais à N.*, je ne puis&#13;
guérir son mal […]. (nos 10 et 11)&#13;
À la lecture de ces mots, on ressent la grande peine du Serviteur de Dieu. Quels furent son&#13;
opinion de la situation et ses sentiments personnels envers Mgr de Saint-Vallier ? On peut&#13;
le déterminer à travers trois lettres confidentielles qu’il écrivit entre 1690 et 1691.&#13;
La 1re lettre (no 6) fut écrite de Québec à l’ancien gouverneur de Denonville le&#13;
20 novembre 1690, alors Mgr de Saint-Vallier se préparait à partir pour la France.&#13;
M. de Denonville avait toujours manifesté un grand attachement envers le Séminaire de&#13;
Québec et une fois retourné en France, il tenta, autant qu’il le put, d’en démontrer&#13;
l’importance pour le Canada et d’en soutenir les droits à la Cour. Mgr de Laval, dans cette&#13;
lettre écrite en toute simplicité, confia à son vieil ami sa profonde douleur de voir la&#13;
destruction progressive de son œuvre, mais il écrivit tout aussi clairement que les prêtres&#13;
du Séminaire et lui-même acceptaient la décision du roi avec une parfaite résignation,&#13;
patience et confiance en la divine Providence. Le Serviteur de Dieu nota ensuite, peut-être&#13;
à titre de consolation, que malgré l’opposition de Mgr de Saint-Vallier à l’affiliation des&#13;
curés au Séminaire, cet esprit d’union, plutôt que de diminuer, se faisait encore plus fort :&#13;
Plus il semble, écrit-il, que l’on apporte d’opposition à l’union que vous connaissez&#13;
être si utile et si absolument nécessaire pour le bien de cette Église et du salut des&#13;
âmes, plus il paraît que la grâce de cette union prend un nouvel accroissement et se&#13;
fortifie de plus en plus dans le cœur de tous les ecclésiastiques, qui en reconnaissent&#13;
les avantages et la nécessité.&#13;
Le Serviteur de Dieu souligna, dans la même lettre, les efforts constants de Mgr de SaintVallier pour diminuer l’influence du Séminaire et que l’évêque partait sous peu pour la&#13;
France. Il laissa aussi entrevoir le projet, nourri par quelques amis de Mgr de Saint-Vallier,&#13;
de l’inciter à donner sa démission. Tout est dit laconiquement, presque à titre de chronique,&#13;
le tout sans rancœur, même dans les passages où un peu d’amertume aurait été tout à fait&#13;
compréhensible, comme lorsqu’il affirme que Mgr de Saint-Vallier avait dit vouloir réduire&#13;
le Séminaire à la famine.&#13;
Les 2e et 3e lettres (nos 10 et 11), écrites les 16 et 17 avril 1691 à l’ancien gouverneur de&#13;
Denonville et à l’abbé de Brisacier, ont un ton plus vif que la première. Le Serviteur de&#13;
Dieu manifesta alors ouvertement sa désapprobation par rapport à l’attitude de&#13;
Mgr de Saint-Vallier envers le Séminaire et ne cacha pas sa grande préoccupation pour&#13;
l’Église de Québec si cet évêque en demeurait responsable. Ce changement se justifie&#13;
facilement.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Durant l’hiver 1691, Mgr de Laval fut si peiné de voir la situation créée pour le Séminaire&#13;
par son successeur et d’apprendre que ce dernier nourrissait des soupçons envers lui qu’il&#13;
décida de lui-même de s’éloigner de Québec et de se retirer à Saint-Joachim. En effet, il&#13;
n’eut plus d’illusion quant aux intentions de Mgr de Saint-Vallier envers le Séminaire&#13;
lorsque ce dernier déclara ouvertement son désir d’obtenir de la Cour royale la suppression&#13;
de l’union des curés à la communauté du Séminaire, et qu’il entendait même abolir la&#13;
communauté de prêtres. De plus, devant quelques faits, Mgr de Saint-Vallier manifeste son&#13;
opposition contre son prédécesseur. Citons un premier exemple, lorsqu’un jeune prêtre du&#13;
Séminaire, M. de Francheville, se plaignit de son évêque dans une lettre qu’il avait d’abord&#13;
envoyée au Serviteur de Dieu, afin que ce dernier juge s’il était opportun ou non de&#13;
l’expédier. Le Serviteur de Dieu retint la lettre, lui répondant qu’il ne devait pas écrire à&#13;
son évêque sur un ton si irrité. Quiconque en cette circonstance aurait loué la prudence de&#13;
Mgr de Laval, mais lorsque l’affaire parvint aux oreilles de Mgr de Saint-Vallier, il n’eut&#13;
aucune parole de louange ; au contraire, il souligna le grave manquement du Serviteur de&#13;
Dieu à lui remettre cette lettre (no 11). Dans une autre occasion, Mgr de Saint-Vallier ouvrit&#13;
une lettre qu’il trouva peu agréable et en déduit immédiatement que le Serviteur de Dieu&#13;
devait avoir soit influencé, soit écrit la lettre (ce qui ne fut pas le cas), et ce, simplement&#13;
parce que celle-ci fut rédigée par un curé uni au Séminaire à un autre prêtre du Séminaire,&#13;
alors que ce curé se trouvait à Saint-Joachim, où était Mgr de Laval (no 11).&#13;
Mais ce qui a dû affliger le plus le Serviteur de Dieu, c’est que cette controverse, qui fut&#13;
d’abord plutôt secrète, devint une affaire publique lorsque Mgr de Saint-Vallier l’amena à&#13;
la Cour de France (no 12).&#13;
En tenant compte de la situation qui se détériorait, nous croyons que le ton plus vif du&#13;
Serviteur de Dieu et ses expressions un peu fortes à l’égard de Mgr de Saint-Vallier sont&#13;
justifiés.&#13;
Nous pouvons nous demander s’il était prudent pour le Serviteur de Dieu de manifester si&#13;
ouvertement son point de vue sur le contentieux et sur son successeur à des personnes&#13;
éloignées de Québec. Rappelons d’abord que M. de Denonville et l’abbé de Brisacier&#13;
étaient des personnes prudentes et très proches du Serviteur de Dieu, avec lesquels tout se&#13;
passait dans la plus stricte discrétion. Notons ensuite que les deux avaient déjà été informés&#13;
de la situation et qu’ils s’étaient occupés des affaires du Séminaire, pour M. de Denonville&#13;
par intérêt bienveillant, et pour l’abbé de Brisacier, par devoir d’office à titre de supérieur&#13;
du Séminaire des Missions étrangères. Ce dernier avait d’ailleurs été chargé de représenter&#13;
le Séminaire de Québec auprès de la Cour, alors que Mgr de Saint-Vallier allait en traiter&#13;
personnellement. On comprend donc pourquoi ces deux personnes devaient être informées&#13;
avec précision de toute l’affaire. Indiquons enfin que, dans la lettre adressée seulement à&#13;
M. de Denonville, le ton est plus réservé, justement parce qu’il s’agit d’un laïc, tandis&#13;
qu’avec l’abbé de Brisacier, la phrase est plus ouverte et plus libre, puisqu’il s’agit d’un&#13;
membre de la même affiliation et du supérieur du Séminaire de Québec, puisque celui de&#13;
Québec était lié et dépendant de celui de Paris. Le Serviteur de Dieu pouvait donc lui parler&#13;
en toute franchise et en toute confiance.&#13;
10° Voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, 1691-1692&#13;
Mgr de Saint-Vallier partit de Québec le 13 mai 1691. À peine arrivé à Paris, il présenta ses&#13;
plaintes contre le Séminaire à la Cour. Le P. de La Chaize, confesseur du roi, et&#13;
l’archevêque de Paris, Mgr François III de Harlay de Champvallon (l’ancien archevêque de&#13;
Rouen, avec qui le Serviteur de Dieu, au début de son gouvernement, avait eu tant de&#13;
difficultés au sujet de la juridiction épiscopale en Nouvelle-France), furent chargés par le&#13;
souverain d’étudier la question. Le 11 janvier 1692, après plusieurs réunions avec&#13;
Mgr de Saint-Vallier et les directeurs du Séminaire de Paris, ils présentèrent au roi leur avis&#13;
sous forme de Règlement, qui devait être la norme définitive pour les relations entre&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�l’évêque et le Séminaire. Cette convention reçut immédiatement l’approbation du roi et fut&#13;
signée par les deux parties, à savoir par Mgr de Saint-Vallier et par l’abbé de Brisacier, au&#13;
nom du Séminaire de Québec. (Sur ce voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, voir&#13;
Doc. LI-VI-11.)&#13;
11° Règlement définitif de 1692&#13;
Par ce Règlement4, l’organisation du Séminaire de Québec telle que l’avait conçue et&#13;
réalisée le Serviteur de Dieu, à savoir celle d’une communauté diocésaine à laquelle&#13;
pouvaient appartenir tous les prêtres séculiers du diocèse, fut substantiellement changée.&#13;
La communauté elle-même, à laquelle les prêtres pouvaient encore s’agréger, n’était pas&#13;
supprimée ; toutefois, l’union au Séminaire fut abolie pour les curés et les prêtres agrégés&#13;
à la communauté ne purent plus, sauf exception, exercer le ministère paroissial. Cette&#13;
grande famille diocésaine de prêtres aux liens semblables à ceux d’une corporation&#13;
régulière, à laquelle tenait tant le Serviteur de Dieu, fut de fait supprimée. Le travail&#13;
principal du Séminaire devait désormais se réduire à l’éducation de la jeunesse, tout en&#13;
conservant, à titre de Séminaire des Missions étrangères, le droit d’envoyer des&#13;
missionnaires dans les missions éloignées du Canada, sous la direction de l’évêque.&#13;
12° L’acceptation du Serviteur de Dieu du Règlement&#13;
Nous ne désirons pas ici entrer dans la question à savoir si les changements désirés par&#13;
Mgr de Saint-Vallier étaient véritablement opportuns ou nécessaires. Nous dirons&#13;
simplement que le Règlement, obtenu après tant de controverse, marquait un triomphe pour&#13;
l’évêque5 et on ne peut le nier, un échec pour le Serviteur de Dieu. Connaissant le&#13;
tempérament de Mgr de Laval et sachant tout ce qu’il avait fait pour le Séminaire, nous&#13;
sommes certains que cette solution a dû le blesser profondément. C’est pourquoi il est très&#13;
intéressant, pour l’étude de ses vertus, de découvrir avec quelle attitude il l’a reçue.&#13;
Les documents à ce sujet ne sont pas nombreux ; heureusement, nous en avons&#13;
suffisamment pour pouvoir affirmer que le Serviteur de Dieu reçut cette blessure avec une&#13;
pleine soumission et résignation. Sa lettre à son ami Boudon en 1690 (Doc. XXXVII-5) en&#13;
fait foi. Cette attitude est aussi confirmée dans la lettre de l’abbé de Brisacier au Serviteur&#13;
de Dieu (no 14) : conscient de la vertu de Mgr de Laval et de son ascendant sur les prêtres&#13;
du Séminaire, il le pria de préparer les prêtres à accepter les nouvelles dispositions avec&#13;
pleine confiance en la Providence. Mgr l’Ancien ne déçût pas son vieil ami : les prêtres se&#13;
soumirent pleinement. Le Serviteur de Dieu répondit à l’abbé de Brisacier à l’automne&#13;
suivant, alors que Mgr de Saint-Vallier était de retour à Québec depuis quelques mois :&#13;
Je puis vous assurer que de ma part et de celle du Séminaire, l’on a ponctuellement&#13;
observé tous les bons et sages conseils que vous nous avez donnés. Aussi ne paraîtil pas que N. s’en plaint. Il dit au contraire beaucoup de bien du Séminaire et en&#13;
témoigne à tous ceux qu’il croit qu’ils nous le rapporteront. (Doc. LI-V-1)&#13;
&#13;
Une copie de la main du Serviteur de Dieu se trouve au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives&#13;
du Séminaire de Québec, Chapitre, no 1a.&#13;
5&#13;
Il semble que Mgr de Saint-Vallier ait eu des regrets à la suite de ses disputes avec le Séminaire et que, peu&#13;
à peu, ses préventions contre la fameuse union des curés avec le Séminaire se soient estompées. Il l’affirmait&#13;
lui-même en 1703 à l’abbé Tremblay, procureur à Paris du Séminaire de Québec. Il manifesta même à l’abbé&#13;
Tremblay son désir que le Séminaire accepte la direction de certaines paroisses et que tous les prêtres du&#13;
diocèse s’agrègent à la communauté. Il ajouta qu’il voulait lui-même s’unir de nouveau au Séminaire et y&#13;
prendre le poste du Serviteur de Dieu lorsque celui-ci serait décédé. (Cf. Gosselin, Vie de Mgr de Laval,&#13;
premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 511-512.)&#13;
4&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Doc. LI-IV-7&#13;
de l’abbé de Glandelet, vicaire général du diocèse de Québec, 1690,&#13;
d’après une copie contemporaine conservée au Musée de la civilisation, Fonds&#13;
d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 31&#13;
Mémoire1&#13;
&#13;
En 1690, Mgr de Saint-Vallier avait décidé de se rendre en France. Une de ses raisons&#13;
principales était de régler la question du Séminaire de Québec. Tout porte à croire que c’est&#13;
à cette occasion que l’abbé de Glandelet, vicaire général de Mgr de Saint-Vallier, mais&#13;
d’avis différent dans cette affaire, écrivit un long mémoire destiné à mettre au clair le point&#13;
de vue du Séminaire.&#13;
Ce long rapport se divise en six chapitres, en plus de l’introduction. Nous ne donnons ici&#13;
que les parties qui intéressent notre Cause.&#13;
Le 1er chapitre, intitulé Réflexion sur les articles envoyés de France pour régler les affaires&#13;
entre Mgr de Québec et le Séminaire, est particulièrement intéressant, puisqu’il nous fait&#13;
connaître les articles de l’accord de 1689, dont le texte original nous manque. L’auteur,&#13;
voulant démontrer comment Mgr de Saint-Vallier ne tenait pas compte de cet accord, donne&#13;
des extraits ou des résumés des articles, avec quelques remarques sur la manière d’agir de&#13;
l’évêque. Nous avons donc retenu de longs extraits de cette partie.&#13;
Le 2e chapitre est titré Touchant les prétentions de Mgr de Québec sur son chapitre et les&#13;
deux grands-vicaires établis par Mgr l’Ancien, qu’il a retirés. Nous ne reproduisons que la&#13;
partie relative à la destitution des abbés des Maizerets et de Bernières en tant que vicaires&#13;
généraux et l’attitude du Serviteur de Dieu en cette occasion.&#13;
Le 4e chapitre, Quelques griefs que Monseigneur prétend avoir contre les supérieurs du&#13;
Séminaire au sujet des ecclésiastiques et le cinquième chapitre, De l’obéissance que Mgr de&#13;
Québec exige de ses ecclésiastiques, sont publiés intégralement, puisqu’ils contiennent&#13;
d’intéressantes informations sur les incidents survenus entre quelques abbés du Séminaire&#13;
et Mgr de Saint-Vallier, dont on a parlé plus haut, et sur la perception de l’évêque sur&#13;
l’obéissance qu’il exigeait de ses prêtres.&#13;
Les 3e et 5e chapitres du mémoire traitent de questions qui n’intéressent pas la Cause ; c’est&#13;
pourquoi ils ont été omis.&#13;
&#13;
NDLR : Ce rapport explique très bien les contentieux entre le second évêque, les prêtres du Séminaire et le&#13;
chapitre. Nous avons donc choisi de l’inclure au complet.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Prétentions de Mgr de Québec sur le Séminaire de Québec,&#13;
les trois chefs dans lesquels ledit Séminaire a prétendu devoir se maintenir et la&#13;
disposition de Monseigneur touchant les décisions&#13;
qui ont été envoyées de France pour régler les affaires&#13;
entre Sa Grandeur et ledit Séminaire&#13;
&#13;
L’on sait que Mgr l’Ancien a uni le Séminaire de Québec au Séminaire des Missions&#13;
étrangères de Paris, lequel est approuvé et confirmé par l’autorité du Saint-Siège&#13;
et du roi. Cette union que Mgr l’Ancien a faite est pareillement confirmée par lettres&#13;
patentes de Sa Majesté, enregistrées au Parlement de Paris et au Conseil souverain&#13;
de ce pays.&#13;
Je ne saurais me persuader après cela que Monseigneur doive y prétendre d’autre&#13;
droit que celui qu’ont les évêques de France sur leurs séminaires épiscopaux, qui&#13;
sont unis ou à Saint-Sulpice ou à Saint-Lazare ou à d’autres corps, dans lesquels il&#13;
est certain qu’ils ne disputent point la liberté que ces séminaires unis ont dans ces&#13;
trois chefs : et de gouverner leur temporel et de suivre leurs Règlements et de&#13;
disposer de leurs sujets. En ce qui regarde la conduite particulière desdits&#13;
séminaires, car je ne parle pas des séminaristes qui peuvent être entretenus par&#13;
Mgrs les évêques, ni de toutes les autres fonctions du diocèse qu’ils peuvent&#13;
commettre auxdits séminaires, qui ne peuvent s’y employer que par leur autorité.&#13;
Ces trois chefs, dans la possession et l’usage desquels Monseigneur a trouvé le&#13;
Séminaire de Québec lorsqu’il est entré au gouvernement de cette Église, étaient&#13;
ceux dont nous avions demandé l’éclaircissement en France, sur les prétentions&#13;
que Monseigneur avait si souvent témoignées au contraire ; ce qui avait été les&#13;
causes pour lors des différends qui étaient entre lui et le Séminaire. Nous en&#13;
avions fait une exposition simple à M. l’abbé de Brisacier, nous remettant à lui,&#13;
comme au supérieur des Missions étrangères de Paris, de ce que nous avions à&#13;
faire. Il a mis ces choses, comme l’on sait, entre les mains des personnes&#13;
auxquelles Mgr de Québec lui-même les avait adressées pour régler le tout. Il nous&#13;
écrivit, auparavant même que d’avoir conféré avec eux, qu’il en faudrait passer&#13;
par leurs sentiments. Enfin, ces Règlements et décisions sont arrivés l’année&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�passée, en la manière qu’on a pris la peine de les donner à M. l’abbé&#13;
de Brisacier, par l’ordre de M. le duc de Beauvilliers.&#13;
C’était là sans doute la voie la plus naturelle pour connaître la volonté de Dieu et&#13;
j’y en avais toujours appelé quand Mgr de Québec voulait de moi des choses que je&#13;
croyais me retirer de l’ordre naturel, dans lequel la divine Providence m’a mis en&#13;
me liant au Séminaire des Missions étrangères.&#13;
L’on trouvera bon qu’après les avoir remerciés très humblement, pour mon&#13;
particulier, des soins qu’ils ont pris pour mettre la paix dans cette Église et les avoir&#13;
assurés de notre soumission pour toutes ces décisions, je prenne ici la liberté de&#13;
faire quelques réflexions sur les articles qui y sont contenus, puisque Mgr de&#13;
Québec me donne aussi bien l’occasion de les faire pour les choses qu’il a dites et&#13;
qu’il a faites depuis.&#13;
Il nous a fait entendre qu’il voulait les tenir à la lettre. Oserai-je dire que Mgr de&#13;
Québec ne semble dire cela qu’afin qu’on ne se défie pas, qu’il n’a guère envie de&#13;
s’en tenir à ce qui a été déterminé ou, du moins, afin qu’on ne soit pas cru en cas&#13;
qu’on l’écrive ? La vérité est qu’il paraît assez que ces décisions lui font de la peine&#13;
et qu’il fera ce qu’il pourra pour en détourner l’exécution, car il n’est pas sorti de&#13;
son principe qu’il doit être le maître absolu de toutes choses, que tout doit&#13;
dépendre uniquement et immédiatement de lui, sans que les ecclésiastiques soient&#13;
en droit de s’imaginer qu’il exige des choses au-delà de son pouvoir ni qu’ils&#13;
puissent avoir leur rapport qu’à lui ou à ceux à qui il voudra qu’ils l’aient, etc.&#13;
C’est ce qu’il nous a fait entendre plusieurs fois depuis que ces décisions sont&#13;
arrivées et c’est ce qu’il a toujours dit tant de fois aux curés, missionnaires et autres&#13;
ecclésiastiques. Quand il nous parla au commencement de ces mêmes décisions, il&#13;
nous dit que c’était ce qu’il avait toujours entendu et qu’il les fallait garder à la&#13;
lettre ; mais en même temps, il ajouta que c’était jusqu’à nouvelles lumières,&#13;
qu’après tout ce n’était que par condescendance et non pas sur le droit que ces&#13;
décisions avaient été faites.&#13;
Mais il faut que je repasse maintenant sur chacun des articles qu’elles renferment&#13;
pour y faire les réflexions que je crois être nécessaires en cet endroit. L’on&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�reconnaîtra mieux, par ce détail, quelles sont les dispositions de Mgr de Québec&#13;
pour ce regard.&#13;
&#13;
[Première partie]&#13;
Réflexions sur les articles qui sont contenus dans les décisions qui ont été envoyées de&#13;
France pour régler les affaires entre Mgr de Québec et le Séminaire&#13;
Touchant le 1er article&#13;
Prétextes que Monseigneur a pris pour ôter à M. des Maizerets la supériorité des deux&#13;
maisons religieuses de Québec et la donner à M. de Merlac&#13;
Le 1er article porte que Mgr l’évêque doit laisser gouverner les communautés de l’un et de&#13;
l’autre sexe par les supérieurs immédiats, auxquels va le mérite des personnes, il ne saurait&#13;
presque n’y trop marquer de confiance, ni trop donner d’autorité… J’ai été surpris que,&#13;
nonobstant cette décision, Mgr de Québec ait fait paraître tout d’abord qu’il voulait ôter la&#13;
supériorité des communautés religieuses à M. des Maizerets pour la donner à&#13;
M. de Merlac, comme en effet il l’a exécuté depuis peu. J’avais compris que les paroles de&#13;
cet article tombaient particulièrement sur M. des Maizerets, qui était actuellement&#13;
supérieur des deux maisons religieuses, et que ceux qui ont concerté en France ces&#13;
décisions savaient bien être un des principaux ecclésiastiques d’ici et avoir conduit cette&#13;
Église sous l’autorité de Mgr l’ancien évêque, avec toutes sortes de grâces et d’approbation,&#13;
depuis environ 30 ans. Je ne dis pas cela pour faire des comparaisons ni pour m’ériger en&#13;
juge des mérites de l’un par-dessus l’autre, mais simplement pour faire une réflexion qui&#13;
paraît toute naturelle et pour faire voir en même temps que Monseigneur ne paraît pas&#13;
être entré dans le sentiment des personnes qui ont fait ce premier article.&#13;
Je suis bien aise aussi de dire que le plus grand plaisir et la joie même la plus sensible que&#13;
Mgr de Québec ait pu faire à M. des Maizerets, c’est de l’avoir laissé dans la solitude, en le&#13;
retirant de tous les emplois qu’il avait exercés. Il s’y est tenu et ne s’est mêlé de rien pour&#13;
ôter toutes sortes d’ombrages à Monseigneur, qui avait fait paraître en plusieurs occasions&#13;
de la peine qu’on s’adressât à lui. Sa conduite en cela a été louée de M. le marquis&#13;
de Denonville. Cependant, Mgr de Québec a pris pour prétexte de retirer M. des Maizerets&#13;
de la supériorité des deux maisons religieuses de ce qu’il ne se mêlait de rien, s’étonnant,&#13;
comme il lui a dit à lui-même, comment il pouvait garder ces deux supériorités sans y faire&#13;
plus que ce qu’il y faisait. Je ne sais ce qui a pu obliger Mgr de Québec à prendre ce prétexte,&#13;
après avoir témoigné tant de fois et par tant de manières, comme il a fait, la peine qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�avait que ces religieuses s’adressent à M. des Maizerets et l’avoir même exclu de plusieurs&#13;
choses, qui regardaient la charge de supérieur de ces deux maisons.&#13;
Je sais de plus que M. des Maizerets passe, dans l’esprit de Mgr de Québec, pour un homme&#13;
sans secret et qui a des facilités non pareilles à communiquer à tout le monde ce qu’il sait.&#13;
C’est ce que Monseigneur a dit plusieurs fois et c’est ce qu’il prétend avoir été la cause&#13;
pour laquelle les ecclésiastiques l’ont abandonné pour avoir leur rapport à moi, ainsi qu’il&#13;
m’a témoigné en plusieurs rencontres.&#13;
C’est encore un prétexte que Monseigneur ne manquera pas d’alléguer pour faire trouver&#13;
bon qu’il lui ait ôté la supériorité des maisons religieuses, mais il suffit de dire que&#13;
M. des Maizerets a toujours été connu et goûté ici d’un chacun pour une personne de&#13;
grâce, qui a toujours communiqué l’esprit de Notre-Seigneur aux personnes dont il a eu la&#13;
conduite. L’on sait que les deux communautés religieuses ont toujours vécu dans une paix,&#13;
une union, une simplicité et une régularité, qui a été d’exemple et d’édification à tout le&#13;
monde, pendant tout le temps que M. des Maizerets en a pris soin. Il n’y a jamais eu de&#13;
brouillerie entre ces deux maisons tout le temps qu’il en a été supérieur, parce qu’il a&#13;
toujours été au-devant de tout ce qui pouvait altérer la charité. Un homme qui n’a nul&#13;
secret peut-il entretenir cet esprit de concorde et de grâce dans les communautés qu’il&#13;
gouverne ?&#13;
Mais si Mgr de Québec prétend, comme on le lui a ouï-dire, que ce défaut de secret ait&#13;
obligé les ecclésiastiques d’ici à se retirer de la conduite de M. des Maizerets, je puis dire&#13;
qu’assurément Monseigneur n’est pas bien informé. Tant s’en faut qu’ils aient quitté sa&#13;
conduite qu’au contraire, il s’en est défait de la plupart pour me les donner et je peux&#13;
assurer avec vérité qu’ils n’auraient pas eu une entière confiance en moi s’ils n’avaient eu&#13;
la parfaite intelligence qui est entre nous deux. Je parle surtout des originaires du pays et&#13;
de ceux encore qui ont été autrefois sous sa direction.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Touchant le 1er article2&#13;
Continuation des prétextes de Mgr de Québec pour ôter la supériorité des maisons&#13;
religieuses à M. des Maizerets et la prétention que Monseigneur a qu’on lui a rapporté&#13;
plusieurs choses qu’il croit lui donner sujet de peine&#13;
Je ne doute pas que Monseigneur ne dise, pour autoriser le choix qu’il a fait de&#13;
M. de Merlac à la place de M. des Maizerets pour la supériorité des maisons religieuses,&#13;
qu’il lui était important d’avoir pour cette supériorité une personne comme M. de Merlac,&#13;
qui fût capable d’inspirer aux religieuses l’estime et la confiance qu’elles doivent avoir pour&#13;
leur évêque, au lieu que M. des Maizerets n’était en état que de leur communiquer les&#13;
peines que Monseigneur s’imagine qu’il a contre lui. C’est ce que Mgr de Québec nous a&#13;
fait entrevoir en beaucoup d’occasions.&#13;
M. des Maizerets, comme l’on voit, est bien décrié dans l’esprit de Monseigneur. Aussi estce lui, comme Monseigneur l’a dit très souvent, qui m’a gâté, car autrefois j’étais le grand&#13;
confident de Monseigneur et il aurait prié M. l’abbé de Brisacier de m’élire pour supérieur&#13;
du Séminaire, mais je me suis laissé tellement préoccuper, au dire de Mgr de Québec, par&#13;
M. des Maizerets, que je suis devenu un opiniâtre, un entêté, un inflexible. Mais qu’a fait&#13;
M. des Maizerets pour être si noir dans l’esprit de Monseigneur ? Je sais que Monseigneur&#13;
produit un grand nombre de rapports que M. des Maizerets a faits, à ce qu’il dit, contre lui&#13;
et je ne doute pas que Monseigneur n’ait écrit bien des choses l’année passée contre lui,&#13;
aussi bien que contre moi ; mais je puis assurer que de tous ces rapports qu’on a faits à&#13;
Monseigneur, tant de M. des Maizerets que de moi, aucun n’est bien fondé.&#13;
La plupart sont supposés, comme ce que Monseigneur nous a reproché, que nous aurions&#13;
fait faire des blancs seings contre lui, que nous aurions fait faire aux missionnaires leur&#13;
testament en faveur du Séminaire avant que de partir pour leurs missions et autres choses&#13;
semblables, que je m’étonne qu’on ait pu dire à Monseigneur, n’y ayant rien de plus faux.&#13;
Cependant, Monseigneur assure le savoir très certainement. Je l’ai même convaincu, par&#13;
sa propre expérience, que des choses qu’il nous reprochait et qu’il disait savoir très&#13;
assurément n’étaient pas vraies. Quelques autres rapports sont venus, par une voie qui ne&#13;
devait point être manifestée à Monseigneur, et qui ne doit pas même être relevée, comme&#13;
est celle de la direction. Un ecclésiastique viendra nous proposer ses doutes, ses difficultés,&#13;
ses peines sur des choses qui le regarderont par rapport à Monseigneur, afin d’en avoir&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
NDLR : La première partie étant assez longue, lorsque le texte commençait au haut d’une page, Glandelet&#13;
inscrivait : « Suite des réflexions sur les décisions tenues de France ».&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�l’éclaircissement pour le repos de sa conscience. Nous ne pouvons lui répondre que ce qui&#13;
nous paraîtra dans la justice, dans la vérité, dans la grâce, dans la charité, le tout par&#13;
rapport aux besoins de sa conscience.&#13;
Si notre réponse est rapportée à Monseigneur par cet ecclésiastique, qui se verra peutêtre pressé par Monseigneur ou autrement, je ne croirais pas que Monseigneur nous en&#13;
dût savoir aucun mauvais gré, bien loin de nous en faire des griefs. Je n’ai rien dit en ces&#13;
sortes de rencontres que je ne sois prêt de soutenir à Monseigneur même. Mais le mal est&#13;
encore qu’on ne rapporte presque jamais les choses comme on les a dites et ce sont ces&#13;
rapports mal digérés, sans épichie, sans discrétion et en séparant les choses qu’on&#13;
rapporte des assaisonnements et des circonstances justes et raisonnables dans lesquelles&#13;
elles ont été dites, qui donnent pour l’ordinaire des impressions mauvaises contre ceux à&#13;
qui on les attribue. Il y a d’autres rapports qui ont fait peine à Monseigneur contre nous,&#13;
dont les uns ne sont que des plaisanteries, dont je suis apeuré que Monseigneur aurait ri,&#13;
comme tous les autres de la compagnie, s’il y eut été présent, et les autres ne méritent pas&#13;
qu’on les relève pour s’en justifier, tant les choses sont indifférentes.&#13;
Car sur tous les rapports que Monseigneur s’est fondé pour avoir un prétexte de s’aliéner&#13;
si fort de M. des Maizerets et de moi, comme il l’a fait, mais j’ose dire que Monseigneur&#13;
ne connaît pas M. des Maizerets, car s’il le connaissait, il verrait qu’il est incapable d’avoir&#13;
du ressentiment contre lui et d’inspirer aux autres des sentiments contraires à ceux qu’on&#13;
doit avoir pour son évêque. Mais les préventions de Monseigneur sont si grandes, les&#13;
impressions qu’il a prises contre nous si fortes que la plupart des choses que nous disons&#13;
et que nous faisons, il les tourne à notre désavantage.&#13;
Après cela, si Monseigneur se plaint que nous ne faisons pas paraître de confiance en lui,&#13;
quelle confiance peut-on avoir en une personne que l’on sait être si fortement préoccupée&#13;
contre nous, qui cherche incessamment de quoi nous surprendre, qui ne nous interroge&#13;
dans la plupart des choses que pour nous faire tomber en quelque piège, qui se sert de&#13;
toutes les paroles que vous lui dites pour en faire autant de griefs contre vous et vous&#13;
décrier dans l’esprit des autres ? C’est une expérience que nous faisons presque tous les&#13;
jours. Si nous disons à Monseigneur en simplicité le jugement que nous faisons des&#13;
ecclésiastiques par rapport aux emplois qui leur conviennent ou ne leur conviennent pas,&#13;
il ne suit pas pour cela notre sentiment, mais il rapporte à ces mêmes ecclésiastiques ce&#13;
que nous lui avons dit, qui peut les prévenir contre nous. C’est assez même que nous&#13;
fassions l’éloge d’un ecclésiastique à Monseigneur pour le lui rendre suspect. Et j’ai&#13;
remarqué que cela avait nui à quelques-uns.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Touchant les 2e et 3e articles&#13;
Prétention de Monseigneur de conduire absolument tout dans le Séminaire&#13;
Le 2e article porte que le Séminaire ne doit jamais, de son autorité propre, nommer,&#13;
envoyer, révoquer ou changer aucun curé, ni dignité ou chanoine de la cathédrale,&#13;
ni missionnaire, ni supérieur des religieuses.&#13;
Je ne crois pas que depuis que Monseigneur est revenu de France, il nous puisse&#13;
reprocher d’avoir fait aucun de ces changements. Il est vrai qu’il y a plus d’un an&#13;
que Monseigneur, ayant voulu exclure d’une assemblée capitulaire un chanoine&#13;
qui fut installé par MM. les grands-vicaires avant que Monseigneur eût encore le&#13;
gouvernement de cette Église, on prit la liberté de lui représenter que ce Monsieur&#13;
ne devait pas être exclu de cette assemblée, étant, comme il était, le légitime&#13;
possesseur du canonicat qui lui avait été conféré ; ce que je fis voir à Monseigneur,&#13;
par un écrit qu’il m’avait dit que je lui pourrais donner, dans lequel je mis des&#13;
preuves qui ont dû paraître convaincantes Mgr de Québec, puisqu’elles sont tirées&#13;
de plusieurs arrêts du Conseil d’État, qu’on lui a fait voir.&#13;
Pour ce qui est de l’élection du supérieur et des officiers du Séminaire, aussi bien&#13;
que du curé de Québec, qui s’est faite en l’absence de Monseigneur, lorsqu’il n’était&#13;
encore que grand-vicaire de Mgr l’Ancien, c’est une chose que Mgr de Québec a&#13;
relevée bien des fois, et à nous, et aux autres ; mais où est notre faute en cela,&#13;
puisque d’une part, on n’a rien fait qu’on n’ait eu une autorité légitime de faire,&#13;
puisque, d’autre part, nous avions reçu un ordre exprès de nos supérieurs de Paris&#13;
de procéder à cette élection ?&#13;
Le 3e article porte que, à ces choses près, Mgr l’évêque doit souffrir que le Séminaire&#13;
soit gouverné, quant au spirituel et au temporel, par ses propres supérieur et&#13;
directeurs.&#13;
Que Monseigneur ait la bonté de s’en tenir exactement et à la lettre, comme il dit,&#13;
à cet article du Règlement et nous serons parfaitement contents les uns et les&#13;
autres. Mais Monseigneur paraît bien éloigné de le vouloir observer, par toutes les&#13;
choses qu’il dit et qu’il fait, toute sa conduite tendant à ôter cette subordination.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Ce qu’il a fait, dès le commencement qu’il est arrivé en ce pays, n’étant pas encore&#13;
sacré, il le prétend encore, quoiqu’il tienne présentement comme en suspens cette&#13;
conduite pour l’exécution. C’est ce qu’il nous a fait assez connaître depuis que les&#13;
décisions sont arrivées. Au commencement que Monseigneur arriva en ce pays,&#13;
faisant son possible pour s’attirer la confiance des particuliers et se les attacher&#13;
immédiatement à lui seul, il voulait prendre connaissance en détail des moindres&#13;
choses d’un chacun, sans permettre qu’on fît rien sans lui ; ce qui était vouloir&#13;
exercer en même temps l’office de supérieur, d’assistant, de directeur, de&#13;
procureur, d’économe, etc., conduite qui est fort opposée à celle de Dieu, qui se&#13;
sert de ses créatures pour le gouvernement des autres, et à celle des saints et&#13;
nommément de saint Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus, qui veut que&#13;
les supérieurs donnent grande liberté aux officiers subalternes ; au lieu que&#13;
Monseigneur, voulant se mêler de tout, il empêchait que les officiers ne fissent leur&#13;
office avec application et affection et troublait les inférieurs, qui ne savaient à qui&#13;
croire, comme il arrive encore à présent en plusieurs choses. C’est aussi souvent&#13;
ce qui déconcerte la régularité d’une maison.&#13;
Je sais que Monseigneur prend pour prétexte qu’il est premier supérieur et que&#13;
comme tel, il a un droit absolu sur les autres supérieurs, qu’il prétend, comme il&#13;
l’a dit souvent, ne devoir et ne pouvoir agir en toutes choses que dépendamment&#13;
de lui. Là-dessus, Monseigneur s’est plaint qu’on ne lui parlait de rien, que&#13;
M. des Maizerets ne l’allait pas même voir, que nous le traitions comme un&#13;
étranger, quoiqu’il fût du corps du Séminaire, que nous ne l’invitions point de se&#13;
trouver à nos assemblées et plusieurs autres choses semblables.&#13;
L’article 3e des décisions, que je viens de rapporter, est contraire à la prétention de&#13;
Monseigneur et assurément qu’on ne peut convenir de cette dépendance absolue&#13;
et universelle et pour tout que Monseigneur veut que des supérieurs aient de&#13;
Sa Grandeur.&#13;
Mais pour répondre à la plainte de Monseigneur de bonne foi, quel rapport et&#13;
quelle liaison peut-on avoir à Mgr de Québec pour des choses qui ne regardent&#13;
nullement son caractère d’évêque, lui qui ne peut souffrir qu’on le contredise en&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�rien et qui fait passer pour des révoltes les moindres résistances qu’on croira&#13;
devoir apporter à ses vues ? Depuis qu’il est revenu de France, lorsqu’on s’est&#13;
assemblé avec lui, on a eu tout lieu d’en être très mécontent, n’ayant vu les affaires&#13;
se terminer qu’à des emportements, des aigreurs et des reproches où il s’est laissé&#13;
aller, quoique Mgr l’Ancien et les officiers lui parlassent avec beaucoup de respect.&#13;
C’est l’expérience que presque tous ceux qui ont eu affaire à lui en ont faite. Il&#13;
commence par des paroles douces et des manières flatteuses et caressantes, mais&#13;
aussitôt qu’on le contredit, il fait paraître les indignations et les emportements qui&#13;
laissent l’esprit et le cœur serrés et peinés contre lui ; et ce qui empêche qu’on ne&#13;
puisse rien résoudre avec Monseigneur, c’est qu’il ne revient point de ses&#13;
sentiments.&#13;
Touchant les 4e, 5e et 6e articles,&#13;
qui regardent l’élection du supérieur du Séminaire, l’agrégation des ecclésiastiques et la&#13;
nomination des clercs qui seront entretenus au Séminaire, où il est parlé du&#13;
retranchement de 2 000 [livres] que Mgr de Québec a fait au Séminaire&#13;
Le 4e article porte que, quoique le Séminaire ait droit de choisir son supérieur, il&#13;
est de la civilité, du bien de la paix, du respect qui est dû à un évêque et du bien&#13;
du Séminaire même qu’avant de déclarer un supérieur, il le propose à M. l’évêque&#13;
et lui demande s’il l’aura agréable ; mais aussi M. l’évêque doit se rendre facile à&#13;
l’agréer, à moins qu’il n’y trouvât de ces empêchements extrêmes, qui ne peuvent&#13;
presque jamais ou que très rarement arriver. Cet article est bien éloigné de la&#13;
prétention qu’a toujours fait paraître Monseigneur de choisir lui-même le&#13;
supérieur qui lui plairait et de faire même déposer, comme il a tenté de le faire,&#13;
M. des Maizerets. Monseigneur ne paraît pas encore revenu de cette prétention.&#13;
Le 5e article porte que M. l’évêque doit ordinairement laisser aux supérieurs du&#13;
Séminaire la liberté d’agréger les ecclésiastiques qu’ils en jugeront dignes. Les&#13;
supérieurs du Séminaire doivent réciproquement, autant qu’ils le peuvent, donner&#13;
de leurs ecclésiastiques à M. l’évêque, lorsqu’il en demandera, pour les cures et&#13;
autres besoins de son diocèse, convenant ensemble sur cela et sur toutes autres&#13;
choses de bonne amitié et comme des personnes qui ne cherchent que la plus&#13;
grande gloire de Dieu, sans que ni M. l’évêque se serve d’autorité, ni lesdits&#13;
supérieurs demeurent trop attachés aux intérêts particuliers, même spirituels, du&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Séminaire. C’est ici un article qui ne revient nullement à Mgr de Québec. Il croit&#13;
que cette union donne lieu aux ecclésiastiques de penser qu’ils ne dépendent point&#13;
de lui, mais du Séminaire, et que de plus elle est un obstacle à ce que les missions&#13;
soient servies. Tant s’en faut que cette union produise ces effets qu’au contraire,&#13;
elle en fait et en fera toujours de tout opposé.&#13;
J’ajouterai seulement que Monseigneur n’a aucun lieu de se plaindre que le&#13;
Séminaire lui ait refusé aucun ecclésiastique de ceux qu’il lui a pu donner. J’ai déjà&#13;
dit qu’il ne restait au Séminaire que des prêtres infirmes et quelques autres, dont&#13;
il est absolument impossible de se passer pour le gouvernement du Séminaire. On&#13;
est allé jusque-là même que de donner à Monseigneur, pour les missions,&#13;
MM. Duplein, Gaultier et Tremblay, officiers, dont le premier est mort en mission&#13;
et le dernier était procureur du Séminaire. Il ne reste au Séminaire, de tous ses&#13;
prêtres, que M. des Maizerets, supérieur, M. de Bernières, doyen du chapitre, que&#13;
l’on peut bien mettre au nombre des infirmes, M. le curé de Québec et moi, avec&#13;
ses infirmes, sans qu’on puisse compter parmi les surnuméraires l’ecclésiastique&#13;
qui est dans la terre du Cap-Tourmente, à sept lieues de Québec, appartenant&#13;
à Mgr l’Ancien, puisque cet ecclésiastique remplit bien sa place de missionnaire&#13;
dans ce lieu, qui sert d’une paroisse, où il y a un bon nombre d’âmes à desservir,&#13;
tant dans le domaine qu’aux environs.&#13;
Le 6e article porte qu’il est juste que M. l’évêque ait la nomination des clercs qui seront&#13;
entretenus dans le Séminaire, des biens qu’il y a donnés ou procurés et obtenus du roi&#13;
pour les autres clercs qui y seront entretenus, des biens que le Séminaire aurait ou&#13;
recevrait du roi, avant que Mgr l’évêque fut nommé à l’évêché de Québec. La nomination&#13;
en doit appartenir à ceux à qui elle est attribuée par le roi ou par les contrats de fondation.&#13;
Si le roi ou lesdits contrats n’attribuent à personne ladite nomination, il est de la générosité&#13;
de Mgr l’évêque de la laisser à Mgr de Laval, son prédécesseur, et de le prier même de&#13;
l’attribuer pour quand il sera mort à qui il lui plaira.&#13;
Nous ne trouvons rien à redire à cet article, mais si Monseigneur eût bien voulu s’y&#13;
conformer, il n’aurait pas retranché, comme il a fait tout d’un coup, au Séminaire&#13;
2 000 livres du fonds de 4 000 livres, qui sont couchées sur l’effort des charges&#13;
indispensables du pays, dont ledit Séminaire a toujours joui depuis 23 ans ou environ ; car&#13;
pour me servir des termes qui sont coulés dans le présent article, le Séminaire a eu et reçu&#13;
du roi cette somme de 4 000 livres avant que Monseigneur fût nommé à l’évêché de&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Québec, sans qu’une partie ait été appliquée pour les églises, ainsi que Monseigneur&#13;
prétend le pouvoir faire, en vertu de la manière dont la distribution de cette somme est&#13;
énoncée sur l’état ; car la Cour a bien voulu suppléer d’ailleurs à ce qui concerne les églises&#13;
de ce pays, par une autre somme de 3 000 livres qu’elle a donnée pendant plusieurs&#13;
années pour lesdites églises, comme étant bien informée que la somme de 4 000 livres,&#13;
qui sont sur l’état des charges couchées sur l’état des charges indispensables du pays, était&#13;
affectée tout entière, comme elle l’avait toujours été auparavant, pour le Séminaire ; ce&#13;
qu’elle a bien approuvé, puisqu’elle a reçu jusqu’ici les quittances qui en ont été baillées&#13;
tous les ans et envoyées à la Cour par Mgr l’Ancien. Mais c’est une affaire pour laquelle on&#13;
a envoyé des mémoires en France, sur lesquels nous attendons, avec paix et tranquillité,&#13;
le Règlement qui en sera fait. J’ajoute seulement que Mgr de Québec, nous retranchant les&#13;
2 000 francs, n’a point eu d’égard à l’article 3e des décisions que l’on a envoyées, qui porte&#13;
que Monseigneur est prié de ne rien changer, ni faire de considérable sans avoir consulté&#13;
son Conseil et de vouloir que le même Conseil soit le juge amiable des différends qui&#13;
pouvaient encore survenir. Cette affaire, sur laquelle nous aurons pris la liberté de faire&#13;
nos remontrances à Monseigneur par plusieurs écrits, méritait bien qu’il ne la décidât pas&#13;
de son chef. Cependant, c’est ce que Monseigneur a fait, contre les avis que M. le marquis&#13;
de Denonville et le R.P. Dablon lui ont donnés, qui lui ont conseillé de laisser les choses&#13;
comme elles étaient et de ne nous pas retrancher cette somme qu’ils auraient bien connue&#13;
être absolument nécessaire pour le fonds et la subsistance de ce Séminaire.&#13;
&#13;
Touchant les 7e et 8e articles,&#13;
qui regardent la reddition de compte du temporel du Séminaire à Monseigneur,&#13;
l’union des curés au Séminaire et la distribution de leurs pensions&#13;
et de leurs besoins par ledit Séminaire,&#13;
dessein formé de Mgr de Québec de détruire le contenu du 8e article ci-dessus,&#13;
touchant l’union des cures et la distribution de leur pension&#13;
Le 7e article porte que le Séminaire de Québec, étant le séminaire épiscopal, il doit&#13;
rendre compte une fois tous les ans de son temporel à M. l’évêque, sans obligation&#13;
néanmoins de descendre à un trop grand détail, qui ne serait ni de la dignité de&#13;
l’évêque, ni même de celle d’un supérieur.&#13;
Cet article est juste et Monseigneur ne saurait dire avec fondement que&#13;
nous y avons jamais fait de difficulté. Ce compte sera bientôt rendu, quand il&#13;
plaira à Monseigneur. Ce n’est pas que Monseigneur, ôtant au Séminaire, comme&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�il a fait, 2 000 livres sur les 4 000 livres qui sont couchées sur l’état des charges&#13;
indispensables du pays, dont ledit Séminaire avait toujours entièrement et&#13;
paisiblement joui jusqu’à présent, les choses ne sont plus en l’état où on les&#13;
suppose pour rendre ce compte, outre qu’on attend un Règlement pour savoir&#13;
combien le Séminaire doit nourrir et entretenir d’ecclésiastiques pour les sommes&#13;
qui viennent de la Cour, dont l’on a reçu en tout cette année que la moitié&#13;
des 4 000 livres ci-dessus, desquelles Monseigneur a retranché, comme j’ai dit,&#13;
l’autre moitié au Séminaire.&#13;
Le 8e article porte qu’il est du bien temporel et spirituel des curés qu’ils demeurent&#13;
autant unis au Séminaire qu’ils l’ont jamais été. Ainsi, quoique Mgr l’évêque ne&#13;
doive pas les y contraindre, il doit les y exhorter autant qu’il pourra et laisser le&#13;
Séminaire chargé du soin de leur distribuer leurs pensions et de leur fournir leurs&#13;
besoins.&#13;
J’ai déjà fait quelques réflexions sur cet article en parlant du 5e article, auquel celuici a beaucoup de rapport. Mgr de Québec prétend absolument détruire cette union&#13;
et c’est l’une des principales raisons du voyage qu’il a dessein de faire en France.&#13;
Il a même déclaré que s’il ne venait pas à bout de la rompre, il ne reviendrait pas&#13;
en ce pays. Si Dieu permet qu’il vienne à bout de ses fins, il verra le tort qu’il se&#13;
sera fait à lui-même et à son Église. Mais oserai-je dire que ce qui fait encore de la&#13;
peine à Mgr de Québec sur cet article, c’est la distribution que le Séminaire doit&#13;
faire aux curés de leurs pensions et entretien ? Monseigneur s’est plaint que&#13;
M. des Maizerets avait fait une distribution fort inégale, en son absence, des&#13;
suppléments que la Cour donne aux curés de ce pays, ayant donné trop, à ce qu’il&#13;
dit, à ceux qui sont dans les cures unies au Séminaire et trop peu aux autres. C’est&#13;
pour cela que Monseigneur retrancha l’année passée ce qu’il voulut à ceux-là, sans&#13;
faire pourtant la portion de ceux-ci meilleure qu’elle n’était auparavant.&#13;
&#13;
Touchant le 9e article,&#13;
qui regarde le chapitre et la conformité au cérémonial romain&#13;
Le 9e article porte que Mgr l’évêque et le chapitre se servent déjà du bréviaire romain. Ils&#13;
doivent aussi prendre le cérémonial romain, en adoucissant néanmoins les articles, dont&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�la pratique serait trop difficile dans le pays, à cause du froid excessif et des autres&#13;
incommodités qui s’y pourraient rencontrer.&#13;
Mgr de Québec a trouvé mauvais qu’on eût réglé cet article, qui s’est fait, dit-il, sans qu’il&#13;
en eût écrit en France. Il a témoigné en quelques occasions trouvé à redire que M. le doyen&#13;
fut encensé de trois coups d’encens en l’absence de l’évêque, cela étant contre le&#13;
cérémonial romain, qui n’en prescrit que deux pour les dignités des chanoines. Il est vrai&#13;
que pour nous conformer à ce cérémonial, que nous avons pris dès le commencement&#13;
pour la règle de cette cathédrale, on ne lui donnait que deux coups d’encens comme aux&#13;
autres, mais on crut devoir depuis changer la chose, en conséquence d’un arrêt du Conseil&#13;
d’État que le roi fit envoyer en Canada pour régler les honneurs de l’Église.&#13;
Si Mgr de Québec prenait occasion de là de nous reprocher que nous ne suivons pas le&#13;
cérémonial romain, nous aurions bien plus de lieux de remontrer à Sa Grandeur qu’elle ne&#13;
s’y conforme pas, puisqu’il exige de ses chanoines des honneurs qui sont directement&#13;
contraires à ce que prescrit le cérémonial romain, comme quand il voulut que les&#13;
chanoines lui baisassent la main à genoux, lorsqu’il fit son entrée au retour de son premier&#13;
voyage ; que les dignités et chanoines, qui lui serviraient de prêtres, assistants et diacres&#13;
d’honneur quand il officie pontificalement, se missent à genoux à la bénédiction&#13;
pontificale ; que les chanoines et le théologal allant prêcher lui demandent la bénédiction&#13;
à genoux, etc., car dans tous ces cas, le cérémonial romain dit que les chanoines se&#13;
tiennent debout.&#13;
Cependant, pour complaire à Monseigneur, on a relâché de son droit en se soumettant à&#13;
ce qu’il a désiré, jusqu’à ce que la chose soit réglée, excepté dans le second cas, qui regarde&#13;
le prêtre assistant et les diacres d’honneur, dont l’ayant laissé le maître, on lui représenta&#13;
néanmoins qu’on ne pouvait entrer dans son sentiment sur ce point, qui est&#13;
universellement contre l’usage et contre les livres ; ce qui l’obligea de désister. On l’est allé&#13;
même reconduire en corps jusque chez lui, où l’on l’était allé prendre en la même manière,&#13;
quoique le cérémonial n’oblige à le reconduire qu’à la porte de l’église et qu’il fasse&#13;
entendre même que le lieu où l’on doit l’aller prendre ne soit nullement incommode,&#13;
comme l’est celui de sa demeure ; à quoi, néanmoins, on s’est encore rendu pour lui&#13;
complaire, jusqu’à ce que la chose soit réglée.&#13;
Monseigneur nous a taxé et reproché même, en plusieurs rencontres, d’affecter&#13;
ambitieusement tous les honneurs et les privilèges des chapitres les plus considérables de&#13;
France, nous disant que le chapitre devait se distinguer en rendant à son évêque tout le&#13;
plus d’honneurs qu’il pouvait. Je crois pouvoir dire que le reproche que Monseigneur nous&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�fait n’est pas bien fondé, car est-ce être ambitieux que de s’en vouloir tenir aux règles et à&#13;
l’ordre que l’Église prescrit ? De plus, on ne prétend point s’opiniâtrer dans toutes les&#13;
pointilles de préséance et d’honneur, mais suivre la décision des personnes qui sont&#13;
versées dans ces matières.&#13;
Quoique les prétentions de Mgr de Québec sur son chapitre doivent paraître surprenantes&#13;
à tous ceux qui savent le droit et l’usage de tous les chapitres, nous ne prétendons pas&#13;
néanmoins nous porter parties contre Monseigneur, mais nous en tenir au jugement qu’en&#13;
feront ces mêmes personnes, sans avoir été prévenues de part ni d’autre, après qu’on aura&#13;
remontré les raisons sur lesquelles on est appuyé. Il n’y a rien qui paraisse en cela contre&#13;
l’humilité chrétienne et ecclésiastique, qui défend bien davantage de demander&#13;
absolument des honneurs et des soumissions, qui ne sont point dus, qu’elle ne défend de&#13;
maintenir ses droits avec simplicité et modération.&#13;
&#13;
Touchant le 10e article,&#13;
qui regarde l’éloignement de Mgr l’Ancien et le renvoi de M. des Maizerets en France&#13;
que Mgr de Québec avait demandé.&#13;
Mgr de Québec en veut principalement à trois du Séminaire :&#13;
à M. des Maizerets, grand-archidiacre et supérieur du Séminaire,&#13;
à M. Dupré, curé de Québec,&#13;
et à M. de Glandelet, théologal et directeur du Séminaire.&#13;
Dessein de Mgr de Québec de faire ôter la supériorité à M. des Maizerets,&#13;
la cure à M. Dupré et de faire repasser M. de Glandelet en France&#13;
Le 10e article porte que Mgr l’évêque ne doit jamais penser, ni à éloigner du&#13;
Séminaire Mgr de Laval, ni à renvoyer en France M. des Maizerets. On le prie même&#13;
d’en donner parole à M. le gouverneur.&#13;
C’est assurément ce que Monseigneur a prétendu et ce qu’il a essayé de faire par&#13;
toutes les voies qu’il a crues les plus propres à son dessein. L’on peut s’étonner&#13;
après cela de ce que Monseigneur nous a dit, depuis les lettres de l’année passée,&#13;
que son dessein n’avait point été de les éloigner, mais simplement de nous obliger&#13;
à nous ménager à son égard en nous faisant voir le pouvoir qu’il avait de nous&#13;
écarter. Je ne sais comment Monseigneur a pu dire cela, après m’avoir fait voir,&#13;
comme il a fait, le mémoire qu’il envoya en France, où il s’exprima si fortement et&#13;
si ouvertement sur la nécessité qu’il croyait que Mgr l’Ancien se retirât au Cap-&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Tourmente et que M. des Maizerets repassât en France. M. le marquis&#13;
de Denonville m’a dit à moi-même que Mgr de Québec lui avait voulu demander&#13;
main forte pour renvoyer M. des Maizerets. Une conduite de cette nature, qui a été&#13;
connue, a paru aux personnes les plus raisonnables une espèce de cruauté et de&#13;
violence. Monseigneur me fit même confidence, en ce temps-là, qu’il croyait&#13;
pouvoir m’attirer à son parti, d’une lettre forte qu’il avait eu la pensée d’écrire&#13;
au ministre sur ce sujet. Mais ce que nous savons, par plusieurs choses dont&#13;
Monseigneur s’est expliqué clairement, c’est que dans la disposition dans laquelle&#13;
il est, il ne s’en tiendra plus à ce que les serviteurs de Dieu pourront lui conseiller&#13;
en France, mais que s’ils n’acquiescent entièrement à ses vues et à ses intentions,&#13;
dont il n’y a plus sujet de croire qu’il revienne, il parlera fortement&#13;
au ministre pour emporter par la force ce qu’il n’aura pu obtenir d’une autre façon.&#13;
L’on peut même juger avec fondement qu’il l’en préviendra par lettre avant son&#13;
départ pour la France, quoique peut-être d’une manière générale seulement, pour&#13;
le préparer de bonne heure à l’écouter quand il sera arrivé en France.&#13;
Mgr de Québec fait assez paraître qu’il en veut particulièrement à trois personnes du&#13;
Séminaire : à M. des Maizerets, à M. Dupré et à moi, mais beaucoup plus maintenant à moi&#13;
qu’aux deux autres. Il se contentera de demander l’exclusion de M. des Maizerets pour la&#13;
supériorité du Séminaire et pour tous les autres emplois, qui pourraient lui attirer le&#13;
rapport et la confiance des personnes, car je ne pense pas qu’il songe davantage à le faire&#13;
repasser en France. Selon toutes les apparences, Monseigneur ne s’exposera pas de son&#13;
plein gré à la censure et à l’indignation manifeste d’un chacun, qu’il sait bien qu’il&#13;
s’attirerait par là, depuis les lettres qu’on lui a écrites de France. Sur ce sujet, il demandera&#13;
qu’on fasse sortir M. Dupré de la cure de Québec, car on n’a jamais vu Monseigneur revenir&#13;
de la peine qu’il a eue d’apprendre qu’on l’y avait installé, quelque assurance qu’il nous ait&#13;
voulu donner quand il revint ici de France, qu’il approuvait ce qui s’était fait pour ce regard,&#13;
aussi bien que pour la supériorité de M. des Maizerets, l’un et l’autre ayant été élus,&#13;
comme ils l’ont été par une autorité légitime et dans le temps que Mgr de Québec n’était&#13;
encore que grand-vicaire de Mgr l’Ancien.&#13;
Mais pour moi, je suis assuré, et personne de celles qui savent les fortes impressions qu’il&#13;
a contre moi n’en doute, qu’il employa tous les moyens qu’il pût pour me faire repasser en&#13;
France, ne me regardant, ainsi que j’ai assez remarqué par les choses qu’il m’a dites et aux&#13;
autres, que comme un homme capable d’inspirer à tous les ecclésiastiques le mépris, la&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�désobéissance et la révolte contre leur évêque, quoique je ne sache pas néanmoins lui en&#13;
avoir donné aucun véritable sujet et que j’ai tâché de faire le contraire en toutes occasions.&#13;
J’espère que Dieu me fera la grâce de me soumettre aux ordres de son aimable providence.&#13;
Si elle dispose les choses pour mon retour en France, où je puis assurer que je n’ai pas en&#13;
la moindre pensée de retourner jusqu’à l’arrivée de Mgr de Québec, depuis 15 ans que je&#13;
suis dans ce pays ; mais j’avoue que sa conduite m’a paru, et aux serviteurs de Dieu, si&#13;
éloignée de l’esprit de Notre-Seigneur que j’ai senti quelquefois quelque agitation sur ce&#13;
point et il m’échappa de lui dire, il y a un an ou plus, sur la menace qu’il me fit, que je&#13;
prenais le train de devenir inutile dans son diocèse (c’était parce que je n’avais pas entré&#13;
aveuglément dans ses sentiments en une occasion où je ne croyais pas le devoir faire), que&#13;
j’adorerais la providence de Dieu quand cela arriverait, mais que je lui avouais que l’union,&#13;
que je savais dès la France être dans cette Église, ayant été mon unique attrait pour m’y&#13;
faire venir. Il ne me paraissait plus rien qui put m’y retenir si je voyais cette belle union&#13;
rompue. Cependant, je dois dire que cette raison de quitter le Canada, qui me serait&#13;
commune avec bien d’autres ecclésiastiques qui sont ici, ne l’emportera jamais, comme&#13;
j’espère, sur la volonté de Dieu et que voyant ici, comme je vois, les serviteurs de Dieu ne&#13;
jugent pas que je doive faire ce voyage, je suis tout à fait résolu de n’y point penser, outre&#13;
que ma santé ne me le permettrait pas, ayant contracté depuis que je suis ici des infirmités&#13;
notables.&#13;
&#13;
Touchant les 11e, 12e et 14e articles,&#13;
qui regardent les assurances qu’il faut donner de la bonne intelligence de part et d’autre,&#13;
de ne point reparler du passé et d’avoir un médiateur.&#13;
Mgr de Québec fait continuellement des décharges aux uns et aux autres tant&#13;
ecclésiastiques que séculiers, contre le Séminaire.&#13;
Il renouvelle sans cesse le passé et veut des personnes qui lui rapportent toutes choses,&#13;
jusqu’aux plus secrètes et intérieures.&#13;
Manières que Monseigneur emploie pour prévenir les esprits contre le Séminaire.&#13;
Le 11e article porte qu’il serait à propos que M. des Maizerets, en son nom et au nom de&#13;
tout le Séminaire, demandât pardon du passé à Mgr l’évêque, sans témoin néanmoins, et&#13;
que Mgr l’évêque de sa part l’assurât de son amitié, etc., et qu’on fît savoir cela à tous les&#13;
ecclésiastiques.&#13;
M. des Maizerets s’est acquitté plus que de cela, l’ayant fait en présence de plusieurs&#13;
ecclésiastiques. Nous avons aussi dit et écrit aux ecclésiastiques tout ce qui se peut pour&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�leur faire entendre l’union qui serait entre Monseigneur et nous. Nous n’avons rien dit ni&#13;
rien fait qui puisse aliéner les esprits de Monseigneur : c’est Monseigneur lui-même qui&#13;
détruit les sentiments qu’on leur inspire sur ce sujet. Monseigneur leur a fait tant de&#13;
charges et de confidences contre nous, en leur recommandant à tous le secret, que quand&#13;
nous leur avons voulu faire croire qu’il n’y avait rien qui ne fut bien entre Monseigneur et&#13;
nous, ils nous ont dit qu’ils savaient bien le contraire, parce que Monseigneur leur avait&#13;
parlé, ces ecclésiastiques se rapportant ensuite les uns aux autres ce que Monseigneur leur&#13;
avait dit contre le Séminaire pour les en désunir. Cela a eu un effet tout opposé, étant&#13;
convaincus, comme ils le sont par leur propre expérience, du contraire de ce que&#13;
Monseigneur leur a dit.&#13;
Monseigneur ne fait pas seulement ses décharges contre le Séminaire aux&#13;
ecclésiastiques : il s’adresse pareillement aux séculiers, à qui il fait de semblables&#13;
confidences, et qui ne doutent pas, comme ils nous l’ont dit, que son dessein ne&#13;
soit de détruire le Séminaire. Voyez les manières que Monseigneur emploie pour&#13;
prévenir les esprits contre le Séminaire et pour faire approuver sa conduite. Il&#13;
exagère ses croix ; il fait paraître les aimer ; il les agrée avec beaucoup de&#13;
résignation ; il dit qu’il n’en veut pas descendre ; il fait voir les grands biens qu’il&#13;
a faits au Séminaire ; il tâche de persuader aux ecclésiastiques que c’est lui qui paie&#13;
leur pension au Séminaire ; il dit que nous sommes des ingrats, que nous nous&#13;
opposons à tout ce qu’il veut, que nous entreprenons contre son autorité, que nous&#13;
le traitons avec mépris, que nous aliénons les ecclésiastiques de lui, que nous&#13;
faisons paraître la désunion que nous avons de lui par nos paroles et par nos&#13;
manières d’agir ; il publie enfin que, nonobstant cela, il oublie tout, qu’il n’a aucun&#13;
ressentiment contre nous, qu’il nous aime et qu’il a de grandes tendresses pour le&#13;
Séminaire.&#13;
Plusieurs séculiers, qui sont distingués en ce pays, nous ont avoué qu’à ouïr Mgr de&#13;
Québec, ils se laisseraient aisément prévenir contre nous, s’ils ne voyaient dans&#13;
notre conduite le contraire de ce qu’il dit ; mais tout le monde est témoin que nous&#13;
ne remuons pas, que nous ne disons mot, que nous rendons à Sa Grandeur tout le&#13;
respect et toute la soumission que nous pouvons.&#13;
Le 12e article porte qu’on ne doit plus parler, de part ni d’autre, des sujets de plainte qu’on&#13;
croit avoir eus. Monseigneur les renouvelle sans cesse, dans le général et dans le&#13;
particulier. Il nous reprocha encore il n’y a pas longtemps, dans une assemblée capitulaire,&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�l’élection que nous avions faite du supérieur et des officiers du Séminaire lorsqu’il était en&#13;
France, n’étant encore que grand-vicaire de Mgr l’Ancien, qui sont des choses qui ne&#13;
regardent point le chapitre et qui étaient inconnues à plusieurs de ceux qui étaient&#13;
assemblés, comme appartenant à la conduite secrète et particulière du Séminaire,&#13;
quoiqu’il nous assura, dès le commencement qu’il arriva ici, au retour de son premier&#13;
voyage de France, qu’il avait tout sacrifié et tout oublié.&#13;
Le 14e article porte qu’il serait à souhaiter que Mgr l’évêque eut un ecclésiastique de&#13;
mérite, qui fut comme un médiateur perpétuel, etc.&#13;
C’est de M. de La Pallière dont l’on veut parler en cet endroit et sur lequel M. l’abbé&#13;
de Brisacier nous a écrit. Je ne sais qui pourrait faire l’office de médiateur auprès de&#13;
Monseigneur, aussi n’a-t-on pas sujet de croire qu’il y pense, ne voulant que des personnes&#13;
qui soient comme des instruments entre ses mains, pour dire et faire ce qu’il leur inspirera&#13;
et qui lui rapportent tout, jusqu’aux pensées les plus secrètes des cœurs, non seulement&#13;
celles qu’ils ont en eux-mêmes, mais encore celles qui leur sont communiquées par les&#13;
personnes qu’ils conduisent. C’est ainsi que Monseigneur, s’étant imaginé que j’entrerais&#13;
dans toutes ses vues, voulait m’obliger à lui rapporter généralement tout ce qui se dirait&#13;
et se ferait, même ce que dirait ou ferait M. des Maizerets, supérieur, et à ne lui rien cacher&#13;
des communications les plus particulières que les ecclésiastiques m’auraient faites de leur&#13;
intérieur. Il a tenu encore cette conduite à l’égard de plusieurs ecclésiastiques en ayant&#13;
voulu obliger même quelques-uns, sous peine de péché, à découvrir ce que disaient les&#13;
supérieurs ; et comme Monseigneur est extrêmement pressant, il n’a point de cesse qu’on&#13;
ne lui ait dit tout ce qu’on a dans le cœur, faisant même semblant pour les engager&#13;
davantage, de savoir des choses touchant les supérieurs qu’il n’a point apprises, mais qu’il&#13;
suppose qu’ils ont dites et faites, afin de tirer un aveu de la part de ceux à qui il parle&#13;
qu’elles sont véritables. C’est de quoi on a beaucoup d’exemples, tant du passé que du&#13;
présent.&#13;
&#13;
Touchant le 13e article,&#13;
qui regarde l’avis que l’on donne à Mgr de Québec de se faire un conseil&#13;
Le 13e article porte qu’on prie Mgr l’évêque de se faire un conseil de trois ou quatre&#13;
personnes, de ne rien changer ni faire de considérable dans la conduite de son diocèse&#13;
sans avoir consulté son conseil et de vouloir que ce même conseil soit le juge amiable des&#13;
différends, qui pouvaient encore survenir.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Mgr de Québec nous fit connaître, à M. des Maizerets et à moi, qu’il nous imputait le&#13;
reproche, qu’il nous disait qu’on lui faisait dans les lettres de l’année passée, de n’avoir pas&#13;
de conseil.&#13;
Il nous dit qu’apparemment nous avions écrit cela, à cause que nous n’avions pas un bon&#13;
conseil formé dès le commencement. Il faut tout dire : Monseigneur a un conseil depuis la&#13;
fin de l’année 1688, lequel est composé de M. de Merlac, du R. P. Dablon et de moi. Je sais&#13;
qu’il n’y a personne qui n’eût conseillé à Monseigneur de se servir de M. des Maizerets&#13;
préférablement à tout autre d’entre ceux du Séminaire, et pour son conseil, et pour la&#13;
conduite des maisons religieuses, et pour les emplois les plus importants de son diocèse,&#13;
comme en étant sans contredit le plus capable entre ceux qui sont parmi nous ; mais je&#13;
peux affirmer que ce conseil s’assemble bien rarement, et pour l’ordinaire seulement, pour&#13;
décider de quelque cas de conscience qui se présente, dont les résolutions ne touchent&#13;
point à Mgr de Québec, de quelque part qu’elles aillent. Il est aisé de prendre conseil dans&#13;
toutes ces choses indifférentes, dont un évêque est souvent bien aise de se décharger sur&#13;
les autres, afin que si la décision n’est pas favorable à quelques-uns, il puisse dire, comme&#13;
Monseigneur a déjà fait : « C’est mon conseil qui a jugé cela ! » Mais combien de choses&#13;
importantes se sont présentées et se présentent tous les jours, où Mgr de Québec n’a pris&#13;
et ne prend conseil que de lui-même ? Je parle de celles qui peuvent le regarder de plus&#13;
près.&#13;
Cependant, Monseigneur dit qu’il ne fait rien sans conseil et ce qui rend le mal plus grand,&#13;
c’est qu’effectivement il le croit, parce que disant un mot à l’oreille de ce qu’il a déjà conclu&#13;
dans son esprit ou faisant entrevoir qu’on ne lui plairait pas de le détourner de ce qu’il&#13;
témoigne désirer, on le laisse faire sans lui dire mot, Monseigneur prenant pour un conseil&#13;
qu’on lui donne quand on ne lui résiste pas, parce qu’il ne donne pas la liberté de dire son&#13;
sentiment.&#13;
&#13;
[Deuxième partie]&#13;
Touchant les prétentions de Mgr de Québec sur son chapitre&#13;
et les deux grands-vicaires, établis par Mgr l’Ancien, qu’il a ôtés&#13;
Je sais que Monseigneur a de grandes prétentions sur son chapitre, comme il nous l’a fait&#13;
connaître presque aussitôt qu’il fut de retour en ce pays de son voyage de France et surtout&#13;
en nous faisant voir, à M. des Maizerets et à moi, les remarques qu’il avait apportées de&#13;
France sur les statuts du chapitre, que nous y avions envoyés l’année d’auparavant ; mais&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�comme cette affaire doit être réglée par les personnes habiles et intelligentes, qui seront&#13;
consultées en France, sans être prévenues de part ni d’autre, je ne m’arrête pas ici à&#13;
rapporter toutes les choses que Monseigneur prétend lui devoir être accordées, qui sont&#13;
assurément bien extraordinaires et la plupart sans exemple et contre les livres qui parlent&#13;
de ces matières.&#13;
Je crois seulement ne devoir pas omettre ici deux articles, qui regardent le chapitre et que&#13;
Mgr de Québec a paru avoir bien à cœur : l’un concerne le rang ou la séance du grandvicaire dans la cathédrale ; l’autre, la provision du canonicat et de la chantrerie de feu&#13;
M. Dudouyt.&#13;
L’on aura su sans doute, par les lettres de l’année passée, que Monseigneur a ôté&#13;
les deux grands-vicaires que Mgr son prédécesseur avait établis depuis un grand&#13;
nombre d’années, dont l’un était M. de Bernières, doyen du chapitre, et l’autre&#13;
M. des Maizerets, grand-archidiacre et supérieur du Séminaire, et l’on aura en&#13;
même temps appris qu’il a choisi pour ses grands-vicaires M. de Merlac, qu’on lui&#13;
donna il y a deux ans dans Paris pour lui servir d’aumônier, et moi. Je ne dirai&#13;
point la surprise que ce changement a causée dans les esprits, qui n’ont pu&#13;
s’empêcher de regarder ce nouveau choix comme un mépris de la conduite&#13;
de Mgr l’Ancien, qui a porté la chose dans un grand silence, aussi bien que la&#13;
manière méprisable que Mgr de Québec fait paraître dans tout le reste à son égard,&#13;
dont le monde qui s’en aperçoit paraît tout à fait surpris et indigné.&#13;
Il est constant que personne n’a approuvé que Monseigneur eut ôté ces deux Messieurs,&#13;
non plus que le choix qu’il a fait de moi pour être à la place de M. des Maizerets, que tout&#13;
le monde connaît pour une personne qui a beaucoup d’intelligence, de vertu et une&#13;
manière surtout extraordinairement dégagée, qui ne s’embarrasse de quoi que ce soit et&#13;
qui revient à un chacun, excepté seulement à Mgr de Québec.&#13;
J’ai douté assez longtemps si je devais prendre le grand-vicariat, qui me convient si peu en&#13;
toutes manières, et je n’aurais pu m’y résoudre si je n’avais appréhendé de faire une peine&#13;
extrême à Mgr de Québec, qui s’était déjà déclaré d’une façon très indignée sur le refus&#13;
qu’on lui avait fait entendre que j’en devais faire. Il est vrai que l’on n’a pas cru qu’il me&#13;
voulut donner cet emploi pour me faire honneur, sachant déjà, comme on savait, les&#13;
grandes préventions qu’il avait contre moi. L’on s’est persuadé plutôt que ne trouvant&#13;
personne ici à qui il put donner cette charge, après en avoir ôté MM. de Bernières et des&#13;
Maizerets, il me la donnât à moi, par l’impuissance où il se trouvait de faire autrement et&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�pour me faire porter, comme plusieurs ont dit, l’iniquité dans les choses odieuses, qui&#13;
pourraient se présenter dans son absence, pendant les six mois que devait durer son&#13;
voyage de l’Acadie.&#13;
&#13;
[Troisième partie]&#13;
Prétention de M de Québec touchant la place du grand-vicaire&#13;
gr&#13;
&#13;
dans la cathédrale et la provision de la chanterie de Québec&#13;
Monseigneur nous ayant choisis, M. de Merlac et moi, pour les grands-vicaires, il fit&#13;
proposer au chapitre de la cathédrale qu’il prétendait que M. de Merlac eut la première&#13;
place dans le chœur, au moins en son absence, et après M. le doyen, lorsque Monseigneur&#13;
serait présent, que pour moi, je tiendrais, selon la coutume des chapitres, le rang et la&#13;
séance de ma dignité de théologal. Le chapitre s’étant assemblé, l’on y fit lecture des&#13;
éclaircissements qu’on avait vécus tout récemment de France touchant le rang et la séance&#13;
des grands-vicaires dans les cathédrales et sur ce qu’on apprît que les vicaires généraux&#13;
n’avaient aucun rang dans cette qualité dans les cathédrales de France, mais simplement&#13;
celui de leur dignité ou prébende, s’ils en avaient quelqu’une, le chapitre fit supplier très&#13;
humblement Monseigneur de vouloir surseoir cette affaire jusqu’à ce qu’on eut encore&#13;
reçu de France de nouvelles assurances de ce qui y est universellement en usage touchant&#13;
ce point.&#13;
Cette délibération déplut extrêmement à Monseigneur, qui l’a toujours reprochée depuis&#13;
aux uns et aux autres, nous ayant même accusés de lui avoir voulu faire de la peine tout&#13;
exprès et s’étant servi de toutes les paroles qui s’étaient dites dans l’assemblée capitulaire&#13;
pour en faire, en diverses occasions, autant de griefs contre nous par l’interprétation qu’il&#13;
y a donnée, quoiqu’il soit très vrai que nous n’y dîmes rien, qui fût capable de faire de la&#13;
peine à Mgr de Québec.&#13;
Il y a un autre article, qui regarde le canonicat et la chantrerie de feu M. Dudouyt, dont&#13;
Mgr de Québec avait donné récemment la provision à M. de Merlac. Monseigneur ne&#13;
manquera pas de nous faire un grand grief de la difficulté que le chapitre a pris la liberté&#13;
de lui représenter au sujet de cette provision, à raison que ce bénéfice étant vacant en&#13;
régale, la nomination n’en pouvait appartenir à Monseigneur. L’on a tenu deux assemblées&#13;
capitulaires sur ce sujet.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Dans la première, l’on a supplié Monseigneur de donner du temps au chapitre pour&#13;
s’éclaircir touchant cette manière, en l’assurant qu’en tout ce qu’on connaîtrait se pouvoir&#13;
faire, dans l’équité et sans blesser l’honneur du chapitre, ni faire contre le droit du roi, l’on&#13;
n’aurait aucune peine de donner à Monseigneur la satisfaction qu’il pouvait désirer. Dans&#13;
la seconde, qui s’est tenue 10 ou 12 jours après, l’on a conclu de recevoir M. de Merlac,&#13;
sous le bon plaisir et l’agrément du roi, lorsqu’il viendrait présenter ses lettres de provision&#13;
au chapitre, conformément à la proposition que Mgr de Québec en avait fait lui-même dans&#13;
la première assemblée.&#13;
Voilà en substance ce qui s’est passé sur ce sujet. La clause que le chapitre jugea devoir&#13;
apporter pour la réception de M. de Merlac (sous l’agrément du roi) n’a pas plu à&#13;
Monseigneur, quoiqu’il nous l’eût proposée lui-même. Il n’a pas passé outre, mais je ne&#13;
puis m’empêcher de dire que les manières que Monseigneur a fait paraître, touchant la&#13;
prétention qu’il témoigna dans la première assemblée de faire recevoir M. de Merlac, sont&#13;
tout à fait extraordinaires, car outre que Monseigneur n’y a point gardé les formalités&#13;
requises, qu’il y a présidé en se portant en même temps partie, il nous y a dit de plus&#13;
beaucoup de paroles de reproche, en renouvelant même dans cette assemblée celles qu’il&#13;
avait déjà faites plusieurs fois en d’autres rencontres aux principaux d’entre eux sur des&#13;
choses secrètes et inconnues à plusieurs de ceux qui étaient présents et lesquelles ne&#13;
regardaient en aucune manière le chapitre, quoiqu’ils lui eussent déjà fait voir beaucoup&#13;
de fois en particulier la justice et la droiture de leur procédé dans ces mêmes choses et&#13;
que Monseigneur lui-même les eût assurés de ne s’en souvenir plus.&#13;
&#13;
[Quatrième partie]&#13;
Quelques griefs que Monseigneur prétend avoir contre les supérieurs du&#13;
Séminaire au sujet des ecclésiastiques&#13;
Monseigneur prétend avoir de grands griefs contre M. des Maizerets et contre&#13;
moi.&#13;
1° Parce que nous n’avons pas cru pouvoir obliger un prêtre du Séminaire et&#13;
chapelain de la cathédrale, qui desservait une mission, qui est à une lieue ou à une&#13;
lieue et demie de Québec, d’aller résider dans le lieu de sa mission, où aucun&#13;
missionnaire n’a point encore résidé et où il ne pouvait demeurer pour lors qu’en&#13;
des cabanes parmi des femmes, des filles et des animaux, dans une indisposition&#13;
surtout de sa santé, qui l’a mis depuis hors d’état de rendre aucun service à cette&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�mission, à cause qu’il se fit enfin tant de violence d’y aller demeurer quelque&#13;
temps après par notre persuasion pour contenter Monseigneur, qui voulut la chose&#13;
absolument, qu’il en est retourné malade d’une manière à n’en pas revenir de sa&#13;
vie. Cependant, j’ai été fort surpris de voir Monseigneur si aliéné de ce jeune&#13;
prêtre, depuis près de 18 mois qu’il prit la liberté de témoigner sa peine à&#13;
Sa Grandeur, tant au sujet de la résidence qu’elle exigeait de lui qu’à cause de&#13;
quelque autre difficulté qu’elle lui avait faite, en lui retranchant une partie de son&#13;
supplément, que Monseigneur ne paraît point encore revenu à son égard ; ou bien&#13;
il ne veut pas croire qu’il soit malade ou, s’il le croit, il dit que c’est une punition&#13;
de la révolte qu’il suppose avoir fait paraître contre son évêque. C’est ce que&#13;
Monseigneur m’a dit à moi-même il [y] a peu de temps, ajoutant que ce Monsieur,&#13;
tout malade qu’il était, ne laisserait pas de se damner pour avoir abandonné le soin&#13;
de sa mission en n’y résidant pas. Je me contentai de répondre à Sa Grandeur que&#13;
la miséricorde de Dieu était grande pour ne pas imputer à faute des choses dont&#13;
l’impuissance de faire autrement aurait été l’unique cause. Cette mission&#13;
néanmoins, où l’on n’a jamais résidé, comme je l’ai dit, n’a point été abandonnée&#13;
depuis que cet ecclésiastique est tombé malade : on y a toujours suppléé par un&#13;
autre prêtre, en la même manière qu’auparavant.&#13;
2° Monseigneur se persuade encore avoir un grand sujet de plainte contre nous,&#13;
parce qu’il se trouve une ou deux missions qui ne peuvent encore être assistées&#13;
que comme elles l’ont été pendant bien des années, c’est-à-dire par des&#13;
missionnaires qui desservent d’autres lieux voisins, quoiqu’il soit présentement&#13;
du tout impossible au Séminaire d’y fournir des missionnaires, ne lui restant plus&#13;
de tous les prêtres que les supérieurs du Séminaire et des sujets infirmes.&#13;
3° Monseigneur se plaint encore qu’il n’a pu avoir un seul ecclésiastique du&#13;
Séminaire pour sa maison. Je peux assurer avec vérité qu’on lui en a offert&#13;
plusieurs, qu’il n’a pas voulus. Il n’y a qu’un ecclésiastique, nommé M. Gricourt,&#13;
qui vint de France l’année passée exprès pour le Séminaire, lequel n’a pas pu se&#13;
résoudre, pour des raisons particulières qui le regardent, d’aller demeurer en la&#13;
maison de Monseigneur, où on le demandait pour avoir soin d’une partie de son&#13;
temporel, sous M. de Merlac. Nous ne nous y sommes pas opposés ; mais nous&#13;
n’avons pas cru pouvoir l’y forcer.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�4° J’ai su de plus que Monseigneur s’est plaint en quelques occasions que nous&#13;
avions dit que les ecclésiastiques qui sont liés au Séminaire ne dépendent point de&#13;
l’évêque, mais des supérieurs du Séminaire seulement. Il est certain que nous&#13;
n’avons jamais parlé d’une manière si crue. Il est vrai que j’ai été quelques fois&#13;
obligé d’éclaircir quelques-uns des ecclésiastiques sur les difficultés qu’ils m’ont&#13;
proposées en direction touchant cette matière, et je n’ai pu ni dû leur répondre que&#13;
conformément à ce que j’ai cru être dans la vérité, selon le besoin qu’ils en avaient ;&#13;
mais j’ai toujours tâché de leur inspirer tout le respect, toute la déférence et toute la&#13;
soumission possible aux vues et aux intentions de Monseigneur et je puis assurer&#13;
que si M. des Maizerets et moi n’eussions fortement encouragé plusieurs d’entre&#13;
eux à se faire violence dans l’acceptation des choses que Monseigneur a désirées&#13;
d’eux, ils ne s’y fussent jamais résolus et qu’ils auraient plutôt pris le parti, les uns&#13;
de n’être point ordonnés et les autres, de repasser en France ; c’est ce que j’ai&#13;
souvent représenté à Monseigneur.&#13;
&#13;
[Cinquième partie]&#13;
De l’obéissance que Mgr de Québec prétend de ses ecclésiastiques&#13;
Monseigneur prétend que les prêtres qui sont dans son diocèse lui doivent une&#13;
obéissance aveugle. C’est ce qu’il leur demande avant que de les ordonner, voulant&#13;
qu’ils soient prêts d’accepter et de faire généralement toutes les choses auxquelles&#13;
il voudra les appliquer, soit pour les lieux, soit pour les demeures, soit pour les&#13;
emplois, sans que ceux-là mêmes qui sont venus de France et qu’il a ordonnés ici&#13;
puissent s’en retourner sans son consentement et ne voulant pas qu’il leur soit&#13;
libre, non plus qu’aux autres prêtres qui ont été ordonnés en France, de pouvoir&#13;
se lier au Séminaire, selon l’attrait qui pourrait les y porter. Suivant cela,&#13;
Monseigneur veut que les supérieurs et directeurs du Séminaire obligent les uns&#13;
et les autres de faire sans réserve tout ce que Sa Grandeur désire d’eux, faisant&#13;
passer pour une désobéissance et une révolte à son évêque de ne pas acquiescer à&#13;
ses vues, quelques raisons qu’ils prennent la liberté de lui remontrer.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�L’on voit bien des séminaires épiscopaux en France, où l’on paie la pension des&#13;
séminaristes qui y entrent. Mgrs les évêques ne se rapportent-ils pas le plus souvent&#13;
à ceux qui ont la direction desdits séminaires de l’emploi qu’ils peuvent ou qu’ils&#13;
doivent faire de ces ecclésiastiques pour le service de leur diocèse ? Et pourquoi en&#13;
usent-ils ainsi, sinon parce qu’ils savent bien que les directeurs desdits séminaires&#13;
ont une connaissance plus particulière qu’eux-mêmes de leurs talents, de leur&#13;
capacité et de leur grâce ? Ne peut-il pas même arriver quelquefois qu’un directeur&#13;
ne pourrait en conscience conseiller à un ecclésiastique, qui lui a découvert son&#13;
intérieur, d’aller en de certains lieux ou d’accepter certains emplois que l’évêque&#13;
voudrait lui donner, parce que, le connaissant mieux que l’évêque ne peut faire, il&#13;
ne l’y jugerait nullement propre ou l’y croirait même en danger de se perdre ? Il&#13;
semble que la bonne conduite demande que les évêques en agissent ainsi.&#13;
Cependant, Monseigneur n’y veut avoir aucun égard, ayant obligé des&#13;
ecclésiastiques d’aller desservir des missions, contre toutes les remontrances&#13;
qu’eux et leur directeur ont cru devoir prendre la liberté de faire à Sa Grandeur ;&#13;
mais aussi, c’est une maxime de Monseigneur qu’un ecclésiastique ne doit avoir&#13;
rien de caché pour son évêque et qu’il lui doit ouvrir les plus secrets replis de sa&#13;
conscience, sans rien réserver de ce qu’il a fait connaître à son directeur. C’est ce&#13;
que Mgr de Québec dit il y a quelque temps à Mgr l’Ancien, au sujet d’une lettre&#13;
qu’un missionnaire avait écrite à M. des Maizerets, supérieur du Séminaire, pour&#13;
lui rendre compte de sa conscience, car Mgr de Québec trouva mauvais que ce&#13;
missionnaire eût fait cette communication à M. des Maizerets sans la lui faire à luimême. C’est encore ce que Mgr de Québec a dit à d’autres ecclésiastiques.&#13;
À la vérité, il serait à souhaiter que les ecclésiastiques pussent avoir cette franchise&#13;
à l’égard de leur évêque comme des enfants à leur père, mais l’on voit bien que les&#13;
manières de Monseigneur n’inspirent pas cette confiance à ses ecclésiastiques. Je&#13;
suis témoin, avec plusieurs autres, des impressions qu’il a gardées longtemps&#13;
contre ceux qui lui ont découvert franchement les peines qu’ils avaient contre lui,&#13;
ce qu’ils ont fait par mon conseil, conformément au désir que m’en avait&#13;
témoigné Mgr de Québec ; mais quand bien même Monseigneur ne conserverait&#13;
aucun souvenir des choses qu’on lui aurait pu dire, il ne doit pas exiger qu’on lui&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�fasse des ouvertures si intimes, auxquelles nulle personne n’est obligée, sinon à&#13;
son confesseur.&#13;
Mais pour revenir aux prétentions de Monseigneur, quels sont les Docteurs qui&#13;
aient jamais enseigné qu’un ecclésiastique fût obligé de rendre à son évêque une&#13;
obéissance aveugle, pareille à celle que demande Monseigneur ? J’en ai lu&#13;
plusieurs qui traitent de cette matière. Ils font consister l’obéissance des&#13;
ecclésiastiques à l’égard de leur évêque dans la fidèle observance des statuts, des&#13;
ordonnances et des règlements qui sont prescrits par lui, des coutumes et des&#13;
usages approuvés dans le diocèse, tant pour la bonne conduite de ces mêmes&#13;
ecclésiastiques que pour celle des âmes qui sont commises à leurs soins, un chacun&#13;
selon le rang, l’emploi et la fonction qu’il y exerce et à ne point s’ingérer en des&#13;
emplois qui regardent la juridiction et l’autorité de l’évêque sans son&#13;
consentement ; mais je n’ai vu dans aucun auteur qu’un ecclésiastique fût obligé&#13;
d’aller en tel lieu ou de prendre tel emploi qu’il plairait à l’évêque de lui donner.&#13;
Nous sommes ici dans un pays qui prend sa forme et sa règle de conduite des&#13;
coutumes et des usages de la France. Je ne crois pas qu’en France on oblige les&#13;
ecclésiastiques à ce que Mgr de Québec prétend. L’on dit communément qu’un&#13;
ecclésiastique peut demeurer en quelque lieu qu’il lui plaira, pourvu qu’il n’y fasse&#13;
rien contre les bonnes mœurs, contre le service du roi et contre les devoirs de sa&#13;
profession.&#13;
Il est vrai que dans un pays éloigné comme celui-ci, où il n’y a pas un grand&#13;
nombre de prêtres pour desservir les missions, il est à souhaiter que chacun&#13;
s’emploie de bonne foi sous l’autorité de l’évêque aux fonctions qu’il peut faire.&#13;
C’est pour cela même que le Séminaire des Missions étrangères est établi et qu’il&#13;
se trouve des ecclésiastiques en France qui se présentent aux supérieurs dudit&#13;
Séminaire pour aller servir les âmes dans les pays étrangers, sous la juridiction de&#13;
Mgrs les évêques. C’est la fin que se proposent les ecclésiastiques qui viennent de&#13;
France en Canada. C’est à quoi on les porte, selon leur capacité et leurs talents,&#13;
quand ils sont arrivés au Séminaire de Québec et cela s’est toujours tellement&#13;
pratiqué qu’il est vrai de dire qu’avant que Monseigneur eût entrepris de désunir,&#13;
comme il a tâché de faire, les curés d’avec le Séminaire, l’on était en état de&#13;
persuader aux uns et aux autres d’aller en tel lieu et d’embrasser, sous l’autorité&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�de l’évêque, tel emploi qu’on jugeait à propos pour leur bien ou celui de l’Église.&#13;
Cela s’est toujours fait d’une manière suave de part et d’autre et c’est, comme&#13;
l’expérience l’a toujours fait voir, ce qui a entretenu jusqu’à présent l’esprit de&#13;
grâce, d’union, de dépendance et d’un parfait dégagement dans tous les&#13;
missionnaires du Séminaire, d’où Monseigneur les voulant retirer pour se les&#13;
attacher uniquement et immédiatement à lui, il s’est pris d’une manière qui en a&#13;
rebuté la plupart.&#13;
Bien loin donc que l’union que les ecclésiastiques ont au Séminaire soit&#13;
préjudiciable à l’évêque qu’au contraire, elle ferait le plus grand bien de son&#13;
diocèse, si Monseigneur voulait laisser les choses dans l’état où elles ont été jusqu’à&#13;
présent ; au lieu que si cette union ne subsiste plus, son Église en ira très mal, n’y&#13;
ayant point d’ecclésiastique qui veuille être contraint de prendre, par l’ordre et le&#13;
commandement absolu d’un évêque, qu’il ne croira pas pouvoir l’obliger en&#13;
rigueur, des emplois et des missions qui sont très rudes et que la seule grâce peut&#13;
lui faire accepter de sa pure et franche volonté, étant vrai de dire qu’on ne force&#13;
pas des prêtres à servir les âmes, comme on peut contraindre des sujets et des&#13;
vassaux à faire des corvées et les services qu’un prince ou un seigneur exigerait&#13;
d’eux ; et que d’ailleurs, un ecclésiastique est en droit de prétendre qu’un évêque&#13;
ait égard à ce qu’il pourrait prendre la liberté de lui représenter, quand il lui&#13;
voudrait donner une mission ou un autre emploi qu’il ne croirait pas devoir&#13;
accepter, ou par défaut de talents, ou manque de santé, ou pour des raisons mêmes&#13;
de conscience, qu’il n’est point obligé de manifester à son évêque.&#13;
De plus, qui est l’ecclésiastique, soit de France, soit du pays, qui n’ait la liberté de&#13;
s’unir à un corps approuvé comme est celui de Québec ? Cet ecclésiastique, s’il est&#13;
de France par exemple, ne peut-il pas entrer dans le corps de Saint-Sulpice, de&#13;
Saint-Lazare, de Saint-Nicolas-du-Chardonnet et de tant d’autres où l’on en reçoit&#13;
tous les jours, si les supérieurs de ces maisons veulent bien l’y admettre ? C’est ce&#13;
que le Règlement qui nous a été envoyé de France marque expressément que&#13;
Monseigneur doit agréer, à l’égard des ecclésiastiques qui souhaiteraient d’être&#13;
agrégés au Séminaire de Québec. Quoique ce qu’on vient de dire semble tout à fait&#13;
plausible, je peux assurer cependant avec vérité que Monseigneur n’a pas de&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�véritable fondement de nous reprocher que nous n’ayons pas fait ce que nous&#13;
avons pu pour le contenter.&#13;
&#13;
[Sixième partie]&#13;
Remarques touchant M. de Merlac, au sujet de la nouvelle doctrine&#13;
Je vous dirai ce qui m’est venu depuis, touchant M. de Merlac et que je sais très&#13;
certainement. J’avais déjà appris, de la bouche d’une personne digne de foi, qu’il avait été&#13;
informé qu’on distribuait, de chez Mgr de Québec en quelques endroits, certains livres&#13;
suspects&#13;
et dangereux touchant la nouvelle doctrine. J’en avais vu même un que&#13;
M. de Merlac prêta dès le commencement à un ecclésiastique d’ici intitulé les Lettres de&#13;
M. Arnauld d’Andilly3 et ce livre m’étant tombé entre les mains, je juge qu’il ne valait pas&#13;
du tout rien, y voyant l’abbé de Saint-Cyran4 loué et préconisé comme un saint par ledit&#13;
sieur Arnauld d’Andilly, qui recommande extrêmement à ceux à qui il écrit de prendre la&#13;
défense dudit abbé en main, comme celle de toute l’Église même, dont il est, à son dire,&#13;
un des plus dignes soutiens. C’est ce que portent lesdites Lettres imprimées, que je n’ai eu&#13;
le loisir que d’effleurer. Mais j’ai su encore depuis que M. de Merlac, parlant à une&#13;
personne séculière, qui lui voyant un jour ce livre entre ses mains, qu’elle lui avait déjà vu&#13;
autrefois : « Apparemment, Monsieur, lui dit-elle que vous estimez beaucoup ce livre. »&#13;
« Oui, répondit M. de Merlac, je l’estime comme ma propre vie. » J’ai su cela de la part de&#13;
cette personne même, qui est craignant Dieu, et qu’on aurait vu sur la table de&#13;
M. de Merlac plusieurs livres de ces MM. de Port-Royal.&#13;
Je ne dois pas vous cacher, ce me semble, que plusieurs ont du soupçon de M. de Merlac&#13;
sur le fait du jansénisme. Il y en a des plus sages parmi les séculiers, qui s’en sont expliqués&#13;
d’une manière qui faisait bien connaître les appréhensions qu’ils en avaient, surtout le&#13;
voyant installé supérieur aux maisons religieuses. Je sais pour assuré que s’étant offert à&#13;
quelques-unes des religieuses hospitalières de leur prêter des livres, elles l’ont refusé, dans&#13;
la crainte que ces livres ne fussent pas orthodoxes et leur crainte était fondée sur ce&#13;
quelqu’une d’entre elles, en ayant surpris un, par le moyen d’un religieux, entre les mains&#13;
d’un malade de l’Hôtel-Dieu, à qui M. de Merlac l’avait prêté, l’on découvrit que ce livre&#13;
était janséniste et contenait des erreurs de ce parti. Vous remarquerez qu’il a demeuré un&#13;
grand nombre d’années dans les pères de l’Oratoire.&#13;
NDLR : Robert Arnaud d’Andilly fut un conseiller d’État en France, dont les écrits furent taxés de&#13;
jansénisme. Il fut un des solitaires de Port-Royal-des-Champs. Ses Lettres furent publiées en 1680.&#13;
4&#13;
NDLR : Jean Dauvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, fut un des directeurs spirituels et promoteurs&#13;
du jansénisme en France.&#13;
3&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Voici une chose qui a fait beaucoup de peine à plusieurs qui l’ont sue, et à moi en&#13;
particulier, qui l’ai apprise de la personne même à qui M. de Merlac l’a dite. Cette personne&#13;
lui rapportant avec éloge que le jésuite qui prêche cette année à la cathédrale avait bien&#13;
prouvé, dans le sermon qu’il fit le Jour de la conception de la Sainte Vierge, que la Sainte&#13;
Vierge n’avait jamais été souillée du péché originel. M. de Merlac lui dit que les&#13;
prédicateurs faisaient bien de prouver le mieux qu’ils pouvaient ce qu’ils avançaient, mais&#13;
qu’il n’était pas certain que la Sainte Vierge eût été conçue sans péché ; et comme cette&#13;
même personne lui eût dit dans la suite de la conversation que la Sainte Vierge avait été&#13;
conçue sans péché : « Oh !, dit-il, conçue sans péché, il se peut bien faire qu’elle ait été&#13;
sanctifiée dans le ventre de sa mère, comme on le rapporte de quelques saints ; mais pour&#13;
avoir été conçue sans péché, cela n’est pas certain. Ce que l’on peut dire d’assuré, ajoutat-il, c’est qu’elle a été sanctifiée lorsqu’elle a conçu Notre-Seigneur dans son sein. » C’est&#13;
la manière dans laquelle cette même personne, qui est digne de foi, m’a dit que&#13;
M. de Merlac s’était énoncé sur cet article dans la conversation qu’elle eut avec lui.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-7&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>��������������������������Prétention de Mgr de Québec touchant la place du grand vicaire&#13;
dans la cathédrale et la provision de la chanterie de Québec.&#13;
i%r nous ayant choisis, il de ïlerlae et moi, pour ses grands vioaires&#13;
il fit proposer au Chapitre de la oathédrale qu’il prétendait que il de Lierlac eut la première place dans le choeur au moins en son absence et après&#13;
M le Doyen lorsque Mgr serait présent;&#13;
&#13;
que pour moi je tiendrais selon la&#13;
&#13;
coutume des chapitres le rang et la séance de ma dignité de théologal.&#13;
Le chapitre s ’étant assemblé l ’on fit lecture des éclaircissements qu’on&#13;
avait reçus tout récemment de France touchant le rang et la séance des&#13;
grands vicaires dans la cathédrales et sur ce qu’on apprit que les vicaires&#13;
généraux n ’avaient aucun rang dans cette qualité dans les cathédrales de&#13;
France, mais simplement celui de leur dignité ou prébende s'ils en avaient&#13;
quelqu’une, le chapitre fit supplier très humblement Mgr de vouloir surseoir&#13;
cette affaire jusques à ce qu’on eût encore reçu de France de&#13;
&#13;
nouvelles&#13;
&#13;
assurances de ce qui y est universellement en usage touchant ce point.&#13;
Cette délibération déplut extrêmement à i%r qui l’a toujours reproché&#13;
depuis aux uns et aux autres nous ayant meme accusés de lui avoir voulu&#13;
faire de la peine tout exprès et s’étant servi de toutes les paroles qui&#13;
s ’étaient dites dans l’assemblée capitulaire pour en faire en diverses&#13;
oocasions autant de griefs contre nous par l ’interprétation qu’il y a donnée&#13;
quoiqu’il soit très vrai que nous n ’y dimes rien qui fput capable de faire&#13;
de la peine à Mgr de Québec.&#13;
il y a un autre article qui regarde le oanonicat et la chanterie de&#13;
feu M Dudouyt dont Mgr de Québec avait donné récemment la provision à M de&#13;
Merlac.&#13;
&#13;
Mgr ne manquera pas de nous faire un grand grief de la difficulté&#13;
&#13;
que le Chapitre a pris la liberté de lui représenter au sttjet de oette pro­&#13;
vision à raison que oe bénéfice étant vacant en régale, la nomination n ’en&#13;
pouvait appartenir à Mgr.&#13;
sujet.&#13;
&#13;
L'on a tenu deux assemblées capitulaires sur oe&#13;
&#13;
Dans la première l'on a supplie % r&#13;
&#13;
de donner du temps au Chapitre&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
pour s ’éclaircir touchant cette matière en l ’assurant qu’en tout ce qu’on&#13;
connaîtrait se pouvoir faire dans l'équité et sans blesser l'honneur du&#13;
Chapitre ni faire contre le droit du Roi, il n ’aurait aucune peine de&#13;
donner à Mgr la satisfaction qu’il pouvait désirer.&#13;
Dans la seconde qui s ’est tenue dix ou douze jours après, l ’on a con­&#13;
clu de recevoir U. de Merlac sous le bon plaisir et l’agrément du Roi&#13;
lorsqu’il viendrait présenter ses lettres de provision au Chapitre con­&#13;
formément à la proposition que Mgr de ^uebec en avait fait lui-meme dans&#13;
la première assemblée.&#13;
Voilà en substance qui s ’est passé sur ce sujet,&#13;
&#13;
.ua clause que le&#13;
&#13;
Chapitre juge.a devoir apporter pour la réception de il de Merlac (sous l ’a­&#13;
grément du Roi) n ’a pas plu à Lïgr quoiqu'il nous l'eût proposée luirmême.&#13;
Il n ’a pas passé outre, mais je ne puis m'empêcher de dire que les manières&#13;
que Mgr a fait paraître to_chant la prétention qu'il témoigna dans la pre­&#13;
mière assemblée de faire recevoir M de Merlac sont tout à fait extraordinai­&#13;
re.&#13;
&#13;
Car outre que LJgr n ’y a point gardé les formalités requises, qu'il y&#13;
&#13;
a présidé en se portant en même temps partie,&#13;
&#13;
il nous y a dit de plus&#13;
&#13;
beaucoup de paroles, de reproches en renouvelant même dans cette assemblée&#13;
ceux qu'il avait déjà faits plusieurs fois en d'autres rencontres aux&#13;
principaux d’entre eux sur les choses secrètes et inconnues à plusieurs&#13;
de ceux qui étaient présents et lesquelles ne regardaient en aucune manière&#13;
le chapitre, quoiqu'ils lui eussent déjà fait voir beaucoup de fois en&#13;
particulier la justice et la droiture de leur procédé dans ces mêmes choses&#13;
et que Mgr lui-iiême les eût assurés de ne s'en souvenir pius.&#13;
Quelques griefs que Mgr prétend avoir contre les Supérieurs du&#13;
Séminaire au sujet des Ecclésiastiques.&#13;
!%r prétend avoir de grands griefs contre M Desmaizerets et contre&#13;
moi, 1° parce que nous n'avons pas cru pouvoir obliger un prêtre du sémi-&#13;
&#13;
���������</text>
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                  <text>&lt;em&gt;&lt;span&gt;Extrait dactylographié en rançais classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;</text>
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&#13;
4-55 -&#13;
&#13;
DO('.LI&#13;
&#13;
point que vous n'ayez la charité et la bonté de lui rend1·e tous les&#13;
bons offices que von pourrez selon les ouvertures que la Providence de Dieu vous en fournira et les besoins pressants qu'elle&#13;
r11 a. Accordez-nous le secours df' vos vrières à cet effet et soyez&#13;
persuadé qu'il n'y a petsoune qui vous honor plu1-: que moi et.&#13;
qui soit plu véritablement en l'amour de •otre-Seigneur et de&#13;
sa saintf' Mère,&#13;
Yotre très lmmhle et très obéissant serviteur,&#13;
Fran~oi. , ancien évêque de Québec.&#13;
7&#13;
&#13;
E:r,ferpla e:r RPlatio11 a sr,rerdnt,, (1.e. filrmde7et, Fic,ffio Geneml·i dioece8'is Qu,eheNns,is, re&lt;la,cf a,, 1690. Ex- Exeniplo conf mvnraneo in .tNhivo SPmina,rii Q1ubccensi8 a,sservato, A/fa.ires et D·ifji,cultés, n,. ,'11.&#13;
Ne! 1690, Mons. d Saint~Valier aveva deoiso di recarsi in Fraucia&#13;
e una di&gt;lle ragioni principali era qnrlla cli regolare la questione del Seminario d\ Québec. È a qu.-sta occasio111;", corne tutto porta a m-edere, che&#13;
il sacerdote de Olandelet, Vicario Generale del de Saiut-VaHer, niu di&#13;
sentenza opposta in tale questione, scrîsse un lungo metnoi-iale clesti11ato&#13;
a mettere in chiaro i punti t1i vista del Sem.inario.&#13;
Qnesta lunga rl;"h11.ü1n(), di cui diamo ~oltanto IP parti r•he interessano&#13;
la uostra ,ausa, si divide, oltrr l 'inh·oclutione. i11 sri t'apitoli.&#13;
Il primo capitol , i111 i1()lnt.o: «- Ré/lexio1ts s117' les artioti&gt;,.ç qui sont&#13;
co11tenus rl111u le.~ rlf.cisitm,ç t11voyée. · ,Zr.. Ji'ronre. pv111· régler les a!Jaires&#13;
entre ilfgr de ()idbr,: l'f le émi11airc ;;, è partkolal'IIH.lllle intl'.ressante,&#13;
poichè ci fa conm,cere ,~1î u.rticoli del co:sidet to accordo del 1689, di cui&#13;
ci manca il tcsto originRlc. L 'aulorr, volcntlo dirnostrare corne il de SnintValicr non abbia te.untll eto111ô clt"l pl'f'&lt;leflo aernrdo, dil. ora un estr11tto,&#13;
or/i un riassllnto dcgli articoli, con a!cune osseJ'va;,;ioni intorno al modo&#13;
di agire del Vescovo. Abbiaruo duuque fatto hin{?hi estratti di qnr~ta parte.&#13;
Dai seconc1o e11pi1olo, « ToU,cli1wt les pl"éll'11liu11s de Mgr de Q1téb!lc&#13;
sur son Cltapifrr. r.l lr.s clru..c G,·a11ds-Vioaire.s {iabl.is pa,r /,lgr l A11cùN1_.&#13;
qu'il a 6Us ». riprodue.iamo . olaincnte la pa1·l&lt;' ,·clativa alla destituzione&#13;
rlei saurrdoti tir l\fnizcrets e tle Bcrnièr·cs quali Vicari Geuerali c all 'atteggiamento del Scrv() di Dio in q11esta occasione.&#13;
Jl quarto capi tolo intorno a « Qirr.lq11 11 nn'cfs que Jt,mseigneur p,-élend&#13;
avoir contre les 81tpér,îeur~ d1t Sémù1a,fre cm s1tjet des ecclésiastiq,œ.~ ) , e&#13;
il capitolo (Juinto « Tle l'obéissau e qwi Mgr cfo Qitébec préte11d de ses&#13;
ecclési.astiq1tBs :t, vengono pubblieatî integralmenle, poicbè coutengouo inte-&#13;
&#13;
�Doc. U&#13;
&#13;
-&#13;
&#13;
456 -&#13;
&#13;
re llllti uoti.rie circa gli incidenti sorti fra alcnn i sucerdoti del Seminari&#13;
e il de Saint-Vnlier, di cui si è sorra parlato (p. 426J, e cir&lt;'a il parere&#13;
del Vescovo suJla ubhirlicuza cl1e rgli CJ;igrva dei suo i sacerdot.i .&#13;
I capitolt terzo e sei-J-o trattano di quci,1iooi die -nor, int.ereS'ôano la&#13;
Causa, per cui son statj omessi.&#13;
&#13;
Prétentions de Mgr de Québec sur le Séminaire de Québec.&#13;
Les trois chefs dans lesquels le dit Séminaire a prétendu devoir&#13;
se maintenir et la disposition de Monseigneur touchant les décisions qui ont été envoyées de France pour régler les affaires&#13;
entre Sa Grandeur et le dit Séminaire.&#13;
L'on sait que Mgr l'Ancien a uni le Séminaire de Québec au&#13;
Séminaire des Missions étrangères de Paris, lequel est approuvé&#13;
et confirmé par l'autorité du Saint-Siège et du Roi. Cette union&#13;
que Mgr l'Ancien a faite est pareillement confirmée par lettres&#13;
patentes de Ra Majesté, enregistrées au Parlement de Paris et&#13;
au Conseil Souverain de ce pays. Je ne saurais me persuader&#13;
après cela que Monseigneur doive y prétendre d'autre droit que&#13;
celui qu'ont les évêques de France sur leurs séminaires épiscopaux qui sont unis ou à Saint-Sulpice ou à Saint-Lazare ou à&#13;
d'autres corps, dans lesquels il est certain qu'ils ne disputent point&#13;
la liberté que ces séminaires unis ont dans ces trois chefs: et de&#13;
gouverner leur temporel, et de suivre leurs règlements, et de disposer de leurs sujets en ce qui regarde la conduite particulière&#13;
des dits séminaires, car je ne parle pas des séminaristes qui peuvent être entretenus par Messeigneurs les Évêques, ni de toutes&#13;
les autres fonctions du diocèse qu'ils peuvent commettre aux dits&#13;
séminaires, qui ne peuvent s:y employer que par leur autorité.&#13;
Ce trois chefs, dans la possession et l'usage de quel Mg1·&#13;
a tr uvé Je S, rninaire de Québec, Jo,-squ 'il e t entré an gouvernement de cette Êglise, étaient ceux clo11t. nou avfons demandé&#13;
1 'éclaircisscment en Frnnce ur les préteutio11s que Mon eign 111·&#13;
avait ~i souvent témoignée au coutraire; ce qui avait été les&#13;
causes pour lo1·s des difféTeuds qu j étaient enüe. lui et le Sémi~&#13;
nafre. Nous en avions fait une exposition simple à M., l 'abb' de&#13;
Br isa •ier, nous remettant à lu i, comme au Supérieur des Missions étrangèr s de Paris, de ce q1.1e nous avions à Ïafr . Il a ru._is&#13;
ces choses, onun l 'ou ait, entre Jcs mains des personne aux-&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
457 -&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
quelles Mgr de Québec lui-même l'avait adressé pour régler le&#13;
tout. Il nous écrivit, m,paravant même que d'avoir conféré avec&#13;
eux, qu'H en faud raH pas~H par leurs f-entiments. Enfin ces r ègle1J11?nts et décisiom; sont anivés l'année passée eu la manière&#13;
q11 'on a JJris la pPinr de les dorn wr à M. l'abbé &lt;le l~risacicr par&#13;
] 'onln\ dt' M. lt' Duc &lt;le B.e auvüliers.&#13;
C'était là sani:; doute la voie ht plus naturelle pour counaître&#13;
Ja volont6 de Dieu. ci j'y !'fi avais toujoul's appelé, quand Mgr de&#13;
Qu,:;hec vmtlait d e m ni d rs c h Ol:14:S que j e croyais me retirer &lt;le J'orrlrr naturel dam, lequel la divine Provi ùence m'a mis, en me liant&#13;
au Sfrninairc des Mi ssions étrangèrC'S.&#13;
L 'nn iro11vera hon qu'après les a voir remerciés trèi:; hnrublernent pmn· 111011 11artic11lier des soÜls 11u 'ils ont pris }JOlll' m PHrc&#13;
ln. paix dans cette l~lgliso, et les a-voir assurés de notre soumission&#13;
ponr toute:-; ces ülei ·ioJ1R, je p-rem1e i(;i la liberté de fail'e quelques&#13;
t·éflexio11s sur les al'tides q ni .Y :;ont &lt;'ontcnus, p 1ùsqne Mgr de&#13;
Québec rne do1111c aus1'i hîen l 'oeeasio11 de les faire })ou.r les choses&#13;
qu'il a dites et qu'il a faites depuis.&#13;
II nous a fait euteudre qu'il voulait les tenir à la lettre.&#13;
Oserai-je dire qi1e Mgr &lt;le (~uéher ue semble pas &lt;lire cela&#13;
qu'afin qu'on 11e se défie pas 1111'il u'a gu ère envie de s'en tenir à&#13;
l'.'e qui a été détermü1é, ou du moins afin qu'on ne soit pas ct"u&#13;
en cas qu'on l 'écrive. La vérité est qn 'il paraît assez qne ces dé".isfonia; lai font de la pf'ine et &lt;]Il 'il fc&gt;ra ce q 11 'il pourra pour en&#13;
détourner ] 'exécution. Car il n'est pas sorti de ia;.o n p1·incipe qu ':il&#13;
doit être le maîtTe a.h~olu de toute chose, que tout doit dépendre&#13;
uniquement et. inunédiatement cfo l ui sans que les ecclésiastiques&#13;
soient eu droit de s 'i magiuer (JU 'il exige des choses au delà de&#13;
i:;on pouvoir, ni qu'ils pnisst&gt;nt avoi1· leur ra1Jport qu )à lui ou it&#13;
ccnx à. qu i i.l voudra qu'ils l'aim1t, etc. C'e::it re qu'il nous a fait&#13;
•:ntcudrc plusi1mrs fois drpuis (lue &lt;'f!S dérisions sont arrivées, et&#13;
c'est c-e qn 'il a toujonrs dit tru1t de fois a nx curés, missionnaires&#13;
et aufrrs ccrlésiasti(Jues; quand il nous parla au cotnmencc.•mcnt&#13;
de ces mé-mcs &lt;lécisious, il 11ous dit q11c (' 'éhl.i.t ce q n 'il avait ton •&#13;
.iours f'n1-eudn et. qu 'il lPs fa11ait garder à. la lettre; mais en mrme&#13;
temps. il ajontn que c'était jusqu'à nonvelles lur.nièl'es, qn 'après&#13;
iont Ct' 11 'était qtw par c'OJJdescE&gt;ndai,c,c et nou pas sur le dl'oit&#13;
que ees décisfons avaient été faites.&#13;
) ·foi:, il faut qnc je repasse maintenant sur chacu n des articles&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
qu 'elJes renferment, pour y faire les réflexions que je crois être&#13;
nécessaires en cet endroit. L 'on r ecou naîtra mieux par ce détail&#13;
quelles sont les disp ositious de i\J gr de Q uébec pour cc regat·d.&#13;
&#13;
Chapi:t.re pre111ùr&#13;
RHiexio11s ~11r lt•:&gt;. art irk~ &lt;1ni sollt t·o11t E&gt;n11s 1larn, les c1reisions&#13;
qui ont été ellvoyécR &lt;lf' li~ra,ll'C ponr rt&gt;gln· les affa ires rntre&#13;
l\{gr ùe QuPlwr et le Séminaire.&#13;
&#13;
Prrtentio11 de Monsei~11Pm· de ~(H1d11i1·P ahf"olume11t tout dam;&#13;
le 8émina irE'.&#13;
Le prf'mier article...&#13;
Le rlPnxit&gt;m(I a r tfrlr po1·1 e 1111P Ir Rrminairc ne doit .iarnai s&#13;
dC' sou a11tori1c~ pnipn•, 11011111ie1·, P11vo,vp1•, r f voq11ei· 011 dianger&#13;
a11r.1111 C'11ré ni (1iguit6 0 11 r·hm1oine de la ca thédral&lt;', ni 111is1-1iounaire, ui 1-1upérien1· des Heligieus&lt;•s.&#13;
J e ue eroi~ pus qnc depuis que :Vfo11seiine11r est r evenn cl&lt;'&#13;
1&#13;
F ra11cw, il nome: puistie 1·eproclier cl 'avoii· fait an&lt;·nn de c•cs rhangPmc•nts. Tl est v1·11i qu 'i l y a pl11s cl'1111 nn qnP Monseigneur aya nt&#13;
YOuln exeluJ'e d 'une assC'mbl(ie capitulairr mi rha11oinr &lt;JllÎ fut&#13;
insta llr; par l\{M. les r: rn1Hls-Vir-n il'f':&lt;, nv:rnt qne ?\fonseigneur elÎt&#13;
e11r•ore le gouver11e nie11 t dP cette lÎ::p:lisP, 011 p rit la lihertf (k 1ni&#13;
représP11tPr que ce -;\-foMieur ne dev:üt pas f-trP c.xrln~ &lt;le ce1te&#13;
asE&lt;r&gt;mhlée, Haut, r·n11w1e il Nait, le' ll'~Hirn(• po~srssem· dn canonicat qui !ni avn it '5té e011ffré; cf' cpw j e fis voir à i\louseig11r ur&#13;
par nu énit qn 'il 111 'avait clit qnr j e- J11i ponrrai!-: donn&lt;'l', dans&#13;
}PffuPl ,Îf' mii:; dP::: p1·e11vf'f.?. qui ont tliî paraître &lt;'011Ya i1wanlcs A&#13;
.Mgr de G]uél&gt;rc, p nisqu 'elles sont tirées de plusieurs arréts du&#13;
Conseil d'État, qu'on lni a fait voir.&#13;
Pour ee qui est de 1'éleetion du s upérieur et des officiers du&#13;
Séminaire, aussi birn que dn curé de &lt;inéhec, qui s'est faite en&#13;
l'absence de Monseigneur, lorsqu'il n'était eucore que graudvicair e de Mgr l'Ancien, c'est une chose que Mgr de Québec a&#13;
relevée ùien des fois et à nous et aux antres; mais où es1 notre&#13;
faute eu cela, puisque d'une part ou u 'a rien fait qn 'on n'ait eu&#13;
uue autorité légitime de fair e, p11isqne, d'autre pa rt, 11ous avions&#13;
l'eçu un ordre exprès de nos supérieurs de Paris de proréder à&#13;
cette élection.&#13;
&#13;
�-459-&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
Le troisième article porte que à ces choses près, Mgx 1'Ëvêque doit souffri r que le Séminaire soit gonverué quant au spiritueJ et an temporel par ses propres supérieur et dircctenrs.&#13;
Que i\lonseigncnr ai1 1a bollt6. di&gt; s'en tenfr exactemeut et à&#13;
la lettre, coU1111e il dit, à cet article du règlement, et uous serons&#13;
parfaite111e11t &lt;'ontPuts les Hils d les auües. J i ais Mouseigncur&#13;
paraît Lieu éloign~ de l e vo11 loir obRerve1· par toutes les choses&#13;
qu'il dit Pt qu'il fait, tonte sa &lt;•ondnite tendant à ôter celte subordination.&#13;
(Je qu'il a -fait dès le conurteuren1eut, q1t 'il est arrivé en ce pays,&#13;
n 'éta11t paR curOJ'(' sac1·é, il le prrtrnd eucore, &lt;1noiq11 'il tienne&#13;
prés0nt1'1\lrnt romm1• e11 snspem; c-ette condu ite pour l'exécution.&#13;
C'est ,~e q 11 'il uous a fait aRS('Z comiaître depuis que les décisions&#13;
sont anivét'f;. A u eo1rnue11eP111cnt q11e :;\lom;eigue11r arriva en ce&#13;
1,ay:-, fa isnnt sou pos::;ihlc p onr :s'attirer la eonfiauce des pm·üculiers cit KC' les aHarli(•1· i111rné•cliutemcnt ù lni R&lt;'til, il voulait p t·eudre&#13;
,~om1aissa11&lt;'c f'll &lt;létail &lt;les moindres choses d'un chacun, sans&#13;
pe.nnettre qu'm1 fît l"ieu sam; lui; ce qui était vonloir exercer en&#13;
mêrnc t('IUJJS l 'ofüPt' ùc snpGrieur, rl 'c1ssistaul', dr dfredeur, ,l(,&#13;
p1·ot:11rcur, tl 'éco11ome, etc., co1iduitc qui est fort opposée i1. celle&#13;
tlc Dieu, &lt;111i se sert clc :-;t~s ci-éatures ponr le go11ver11eme.11I; des&#13;
a ut-res, et à celle des saint:-;, et 11om111ément de sai11t [guace, fondate1tr de la Compagnie de Jésus. qui V&lt;&gt;Ht que les supérieurs don11ent grande liberté aux officiers subalternes, au lieu que Mousejgnem· voulant se mêler rle tout, il empêchait qne les officiers ne&#13;
tisseut lem office avec applicatiou rt a ffectîon c( h'oublait lPs&#13;
infériHurs, q11i ue savaieut. ù (Jlli crnitr, comme il arrive eucnre&#13;
à présent eu plusirtH'S cl10Hes. C'est aussi sonveùt cc qui &lt;léconr.erte la r égnlai-ité d'une maison.&#13;
J e sais (Jlll' Mouseigneul' prend pour prétexte qu'il est prerni&lt;~r supérieur et que comme tel il a un droit. absoln sur les autres&#13;
s upérieurs, qu'il préte11d, &lt;"OfJU1lt' il l 'a dit souvent, 11e devoir et&#13;
ne pouvoir agir eu toute chose que dépendamnient de lui. Là&lt;lessus Monseigneur s'est p la int qu'on ue 1ni parlait de rien, que&#13;
M. de J\faizctcts ne 1'aJlnit pas même voir, que t10us le traitions&#13;
comme un étranger, quoiqu'il fût du corps tin Séminafrc, que&#13;
uous 11e l 'iuvitions point de se trouvel' à nos assemulées et plusieurs a11tres c]Joses semblahlcis.&#13;
L '.tri iPle troisième des décisions, que j e viens de rapporter,&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
-&#13;
&#13;
460 -&#13;
&#13;
est c-ontJ11fre à la pL'étcnt.ioo de Illousejgueur, et ossurén1e11t qu'on&#13;
&#13;
ne peut ronvenir de rettP d1;pc11claur'c absolue et 1rniverselle et&#13;
&#13;
pour tout, q\1e ..Monseigneul' veut qne des supédenr$ aient de sa&#13;
&#13;
Grande ur.&#13;
Mais p 0m· répo11d1·e à la plainte de Mouseigoeur, de bonne&#13;
foi, quel r apport et qnelle liaison pn1t-b11 avoir à Mgr de Québec&#13;
pour des d.1oses 'JllÎ IH' 1·egal'clen1 u11llmne11t ~on caractèn· d'é-vê&lt;Jne, lui qui li t' peut so uffrir· q11'on l11i rontr&lt;&gt;dise en rien et qui&#13;
fai.t passer pour clf's révolh~s les nJoindres résif,fanee~ qu'on !'l'oira&#13;
devoi t· appol'ter à se~ vnes.&#13;
&#13;
De])nis qu 'il (Mgr dt' St-Valier) est revenu de France, lors-&#13;
&#13;
qu 'ou s'est assemblé avec Jui, t ,11 a &lt;'ll tmd lieu cl 'eu être très&#13;
111écouh·11t 11 'ayaut vn les affaii·es se terminer qn 'à &lt;les empor tements, d es aigreurs et des reproches où il s 'est. laissr aller, quoiqu(• Mgr l'A11cieu et les officiel's lui 1mrlasscnt avec hcaucoup&#13;
de respect.. C'est l 'expérien ce que presqne tous ceux qui out e11&#13;
affaire à lui en 0 1it faite. li commence par des paroJcs douces et&#13;
&lt;les mauières flatternies et caressantes, mais aussitôt q11 'on lui&#13;
&lt;'0DfrNli1, il fait paraître les indig11ation::; et les emportements&#13;
11111 laissent l'cspt·it et le cœur s~n és et -peinés cout re lni, et ee qni&#13;
cm pêclw CJll '011 ne puisse r ien résomll'e avec Mons0igncm·, r· 'est&#13;
qu 'il ne revie11t poiut ùe ses se-ntirnents.&#13;
L e qlwtrièm€" article por te qne, gnoique le Séminaire ait ,Jroit&#13;
de choisir son supfrienr, il est de la civilité, ,lu hicn dC' la. paix,&#13;
du reP-pect gui eRt cl(l à nn évêque, f•t d.ll hie11 dll Sfoui11aire mêrne,&#13;
qu 'ava nt de déclarer uu s upérieur, i1 le p1·npose à M. l 'ii~vêquc&#13;
&#13;
et lui dernande s'il l'aura agl'éable, rnnis aussi M. l'Évêqne doit&#13;
&#13;
se rendr(' far ile à 1'agrPer. à moins qu 'H n '-'' trom·ât cl&lt;&gt; cc~ c111p1•,:,hemc11ts exh·êmes, qni ne J)Cuvent prc~q11e jamais on que trèfi&#13;
1·al,'ement arrivet'.&#13;
Cc1 artich- ei;;t bin1 &lt;'loign.S de la 11rétc1ltion qu 'u tonjom·R fait&#13;
11araître Mom;pigrnmr de &lt;•boisfr lui-mf.me le $ttp6t•iem· qui Jui&#13;
plairait et de fafrp 111ê111e dfposer, C'O nnne il a te11té de le faire,&#13;
.M. fle l\tajzrrrti:;. M &lt;H1sPi~ne11r ne paraît pas enrore revenu de&#13;
cette prétention.&#13;
Le cinquième article porte ciue J\ l.. l':f;vî•q ne rloit ordrnait·f'-&#13;
&#13;
meut 1aisi;er anx SupériE'n~·s d11 Sél1li1mirr la libertr d'ugl'éger&#13;
los ec·rlésiastiqul•H q 11 'ils el1 jugeront dig nes. L es Snpérienr1'&lt; du&#13;
&#13;
S f miuaire doivent. r él'iproquen1ent, aut::11'.lt qu 'ils le pcnwnt, d011-&#13;
&#13;
�--i-01 -&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
ner de lem s ecclésiastiques à M. 1'ÉvPq11e, 1orsqu 'il en demandera&#13;
pour les c•nrcs et autres besoins de son diocèse, convenant ensemble&#13;
s ur cela et s nl' toute &lt;1 ufre chose de bonne amitié et comme ùes&#13;
personnes qui }1e eùerchent que la plus grand&lt;&gt; gloire de Dien,&#13;
saus qnP M. l 'Én~(JtH' se ~crvr d 'autorit(,, ni lef, dits Supérieurs&#13;
demcmeut tr·op att.acbés aux irnh·êts partîcnlic-rs même spüituels&#13;
du Séminaire.&#13;
C'est ici un art icle qui 11e revient nullement à Mgt' de Québec.&#13;
11 croit 11ne cette m1ion donne l ie11 ,tllx. &lt;'r&lt;:Jésiastiques cJe penser&#13;
qu'ils ue d~pcndeut point de lui, l'nai~ du Sémir1aire, et que de&#13;
plus elle est nu ohstaC'lé à ec qu(' les missions :--oient servies. Tant&#13;
s'en fa11t q11c cette 11111011 prodnise ces effets, qu'au c011trai1'e elle&#13;
f'n fait et en fera tonjour::: de tout oppusés.&#13;
J'ajoulcl'ai scnlruient q11e Mouseigueur n'a aucun lieu de se&#13;
plaindre que le :::lrminairc lni ait refnsé o.uc,m f'cclésiastique de&#13;
ceu,x qn'il lu i a 1ni ,Jouner. ,J 'ai déjà dit qu'i ] ne restait un BémiHaite q ne cles 1n-êtreP. infirrnci:- et quelques autres, dont il est ahsolurnent impossible df' se passer pour le gmiveruernent du S éminail'o. On est all6 jusque là 1nc~me qne de rlonuer à Monseigneur&#13;
pour 1cs H1issio11s M l'vl. D11J)lein, Gau1 him' et 'l'remblay, officiers,&#13;
do11t le premier est rnmt en mission et le dernier était procuronr&#13;
du Sfolinaire. Il 111' r·cstf' an Séminafrc de 1ous les prêtres, que&#13;
M. &lt;le ),1aizercts, su périeur, M. de Bemièrcs, doye11 du Chapittc,&#13;
que l'on 1,ent bien met1l'e an nombre des infirmes, M. le Curé de&#13;
Québec et moi, avcP les infirmes, sans qu'on puisse compter parm i&#13;
les suruum6i·aires l'ecclésfostîque qui est dan::; la terre d11 Cap&#13;
Tourment e à sept lieues de Québec appartenant à :Mgr l 'Ancien,&#13;
puisqne cet ecclésiastique remplit bien sa place de missionnaire&#13;
flans •'&lt;' li c-u, r1ui sert d 'nnc paroisse, où il y a un bon nombre&#13;
cl 'âmes à dcssrrvir ta:nt dans le domaine qu'aux environs...&#13;
Le st&gt;ptième article porte que l e Sénrinafre de Québec étant&#13;
le séminaire épiscopal, i1 doit rendre compte une fois tous les&#13;
ans de. son temporel à M. l 'Évê'qne, gans obligation néanmoins de&#13;
tleRcendr e à 1m t.rop grand détail, qui ne serait ni de la dignité&#13;
de l'évêqu e ni même de celle d'un supérienr.&#13;
(;et artirlC' est juste et Mom:eigueur ne saurait dire avec fon1lement qne nous y avons jamais fait de diffi.culté. Ce compte sera&#13;
uie nti'it r t:&gt;nilu qunnd il plaira à l\ifonseigncnr. Ce n'est p as que&#13;
Mo11scigueur ôtant an SéminairP, comme ïl a fait, deux mille&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
- 462 -&#13;
&#13;
livi•es sur les quatre mille livres qui sout &lt;&gt;onc·bées sur l 1état des&#13;
rhaq(t~s i 11clispeusables du pays, dont l e ù'it ~émiu afre a vaH toujours cntièremeut rt paisiblement joui jusqu'à pré!Sent, les choses&#13;
ttc ::;out plus eu l'état où on les suppose pour r endre ce compte,&#13;
outr(' q,1'011 attenrl nu règlement p our s avoir comhie11 le Sérni1rnir e doit uonnir et entretenir d 'eccié~iastiques pour ]es sommes&#13;
ttui Yie1111ent &lt;le la Cou r, d oot l 'ou a rl'çu eu tout cette anu ée qne&#13;
la moitié iles quatre mille livres d -dc&gt;ssmi, des'luelles 1\ilonseigneur&#13;
a rrtranché, comme j'ai dit., l'antre m oi tié an Séminaire.&#13;
Le hu itième atti&lt;'le p orte qu'il est du bieu te111porel et spirituel des cur és qu 'ils &lt;lemeureut ali tant uuis au Séminaire q u 'ils&#13;
J"rmt j amais été. Ainsi quoictuc .Mgr l 'Évê'-lue ue doive pas les y&#13;
co111.rafo&lt;lrc, il doit les y exhod:cr a utant q1t'il pourra et laisser&#13;
le Sémiuafrc chargé du soin de leur djstribuer leurs pm1sious et&#13;
de leur fotu·nir leurs besoins.&#13;
J 'ai ù é,jà fait quelques réflexions sur cei. article en parlant&#13;
&lt;ln cinquii-me arti,,lc, auquel celui-ci a lJeaucoup de l'appor t.&#13;
Mgr de (.Jnébcc pr6t-e11d absoh,mcni détruire cette nnion et c'est&#13;
&#13;
l 'uue des pPinci pnles raisons dn voyage qn 'il a dessein de faire&#13;
en France. Il a mêrue déelarê que !': 'il ue veuait pas à bout de la&#13;
&#13;
rompr01 il 11e reviendrait pai:; eJ1 cc puys. Si lJieu permet qu'il&#13;
vieune à bout de ses tius, il ·verra le tort qu 'il se sera fait à luin,ê-rne et it soli Êglisfl. Nfai!" oserai-je dil'e que ce qui fait encore&#13;
&#13;
d e la pei11c à '.Mgr de Qufbf'e sur cet artide, c'est la distribution&#13;
que le Rfminaire doit faire a ux cur és de leurs pensions et eutretions 1 Monseigneur s'est plaint qnc J,'l. de Maizcr ets avait fait&#13;
nnr distribut ion for t inégale en son absence des s npplémeuts que&#13;
la Conl' d om1e a ux rurés de ('e vays, ayaHt donn,, trop, à te qu'il&#13;
dit, à 1.'. CUX q11 i sont dans leR c1 11·cs unies 1.rn :Sén:1iuaÜ'e et trop&#13;
pru aux antres. C'est pour cela que Monseigneur retrancha l 'nnnéc• passée ce qu'il voulut à co11x-Jà, sans faire pom tant la portion&#13;
de ceux-ci meilleure q11 'elle n 'riait auparavant...&#13;
L e dixième article porte q 11e Mgr 1'Évê-q ue ne doit jamais p enser ui à éloigner du Séminaire Mg1· de Laval, ui à renvoyer eu&#13;
France M. de Maize1·ets. On le prie mêm e d 'eu douuer parole à&#13;
M.. 1c Gouverneur.&#13;
C'est assurémf'11t ce que .Monseigneur a prétendu et cc qu 'il a&#13;
es!,ayé de faire par toutes les voies qu'il a crues les plus p J'opr es à&#13;
son dessein. L 'on peut s'étonner après cela de cc que :M onseigne ur&#13;
&#13;
�Doc. Ll&#13;
&#13;
no11is a dit, tliop11 iR lt&gt;!'. lettres c1e l 'aru1ée passfr, (Jlle sou clt-ssein&#13;
11 'cwnit puint ri!• dr• le.;; élui g 11cr , mais $ÎU1pl&lt;'rne111 de 11ons ohligrr&#13;
à 11ou::; rn(·nugel' n :son égard eu nous faisa11t voir lr pou voir qn ' il&#13;
avait 1lr 11uns tfoa rîf'l'. Je tH' s aii-i c.ommeut M onst•igrn'ur a pu dire&#13;
c t'lu, up1 ès rn 'avoü· fai t voil', comme il a fait , lp mémoire 4u'il&#13;
t'Hvoya ell l·'1·a11t•e, où i.l s ·exv riinu si fortement et si 011vcrtenH:-n t&#13;
s ur la 111~!!.,~sit'l' q 11 'il t&gt;l'Oyait- qur Mgr l 'Aucicn se r etfrât au CapT ourmc:11te et que :\L df1 ~faizer cts repassât en Prance.&#13;
i\I. le marquis de Dc11onville m'a dit ù rnoi-m/'1110 que .l\{gr &lt;lt·&#13;
(Jui'hP&lt;' lui :J\·,lit wmlu d(.'mau&lt;l&lt;:r rnaü1 forte pour 1·envoyer M. J e&#13;
1'lai½c•1·ct.~. t·nr C'&lt;lllclni1 e de (•t•ltP w1t url', qui a ~t{&gt; P 1}U1lll(\ a paru&#13;
aux lWl':-;c)lllH~s 11:s pl nr-: misr111naLlc'{ mie espèe,e clr c1·na..11té et J e&#13;
-violr uc·C'. J\,lqu:.:eig11e111· 11w fit rnê11w &lt;'Otli'idl•ll&lt;'f', e11 re 1emps-là qn 'il&#13;
(•royni t pou,11ir 111 '~Hircr i1 ,-u11 parti, cl'1111C' lettre forte qu'i.1&#13;
aniit e11 111 JH:'Il!-i&lt;~e d'frrirt an 1\lil1ist r&lt;• ::;m• ee s11je.t. ~·l uii:; ce que&#13;
11mis :.:avon::- pal' lJhtsieur::- c-hoses &lt;lont î\'Ionse·ig11e11r s 'est cxpli&lt;Jil(Î&#13;
1•JairemC'llt, e 'e:it q 11r dans la disposition dam; laqn ellr il est·. il 11~&#13;
s'e11 tiL"lldnt phu, à&lt;:&lt;' q11e les sel'v iktn'::- dL· l)jeu p onnont illl euu:;;fi lkr l'JI 11, raJH'e, niai~ t1ur s 'ils 11 'atqniesceni eutièrernellt à srs&#13;
nies &lt;'I ù ;,:es intrntious, dout il u 'y a pins imj(•t de c·roirc qu'il&#13;
t'evir11ue, il JHll'ler ~1 forteme nt au 1vfoiisüe pour ernp ortei· par 1..i&#13;
fore•(' N~ cpt 'il u 'nora p u obtenir Ll '1we aut re fa('ou. L 'ou pt~nt.&#13;
même j11g·1•1· a\'C'c l'onchmien1 lJ 11 'il l 'e11 pr&lt;&gt;vfornfra. par let f re anint.&#13;
,;ou Mpal'1 punr ]a F1·nnc:e. q110i&lt;111e p eut-îltL·e d '111Je mmiièrc gl'lll~ralc seulf'HWut. ponr Ir préparer de- bonûe heure à l 'froutel'&#13;
c111and il sera an·ivé l'II FL':llH'l'...&#13;
:\Loll~Cit-t11eu1· 11e• fait pa:,; ,.:1, qk•111e11t ~t•:,, &lt;lé&lt;·l inrges eontre le Sé1&#13;
&#13;
wi11ai\·0 n11 x t1 c•rh'sÜ1s tiq11e:,; ; il 'aclresse pareille m ent èlllX SPfllJit'l·P., i't q ui il l'ai t &lt;l&lt;" :...e1,1 hlnhl&lt;•:.; r·o11ficle11ee:,, et ((111 rw donfr·nt v as,&#13;
c•ommf' ils 1w11~ ! 'ont cl it, q11e :;011 clesseiu 11(• :--oit cle détruire le&#13;
Rf.mirn1i1·r.&#13;
Y n_,•pz le:-. 11,:1 n ii-1•rs q lll' Morn;;e1p:nr111· t'll1J&gt;loie pour 111•pvenir&#13;
les e~pdts r·ollt l'e 11' ~1; n,i11nirr· d pn111· fo ire am1ro11ve1· sa ennd11itf&gt;. 11 &lt;&gt;xng.-?' t'e :;,es e1·oix; il fait pa1·aîh·c les aimer; il lef! agré(•&#13;
uYee liea,u'oup cle rés ip. ll:iti011; il dit- qu'il n'en vent pa s desrf'ndre;&#13;
i1 fa it ,•oir lPf' gT:111cl:- biens q11 'i l a faits un ~(.minaire; il tâc·he&#13;
ile 1w1·wad&lt;·r HllX f'('('l&lt;~sim,I icp ,es cpic• r\ ~t l11i qni paie lem· v ensÎOll&#13;
au Bf.rniimirr ; il &lt;lit q11f' nous :;01mncs des i11gn1t!':, q11e nous nons&#13;
opp11:-m1s à to111 C-C' c1n 'il ven1. que nous enfreprcllons cou tre sou&#13;
0&#13;
&#13;
�-464 -&#13;
&#13;
Uoc. LT&#13;
&#13;
autorité, que nous ll' t raitons a\'ec rnépris, qu&lt;' nous aliénol.ls les&#13;
ecclésiastiques de lui, qne no 11~ fai:-1011~ paraître la désunio11 que&#13;
nous a.vous de lui pa1· 110s ptn·oks et pur 110s rnnnit1 r cs d'agir ; il&#13;
µubl ie enfin que nonobstant cela il 011 IJlie tout, 11n 'il 11 'a aucun&#13;
r e~~E&gt;nt inw11t c:cnltre nous, q n'il no111s aime et LL11 'il a &lt;le graudes&#13;
temlrcsse::i 130111· lP Sénùnaire.&#13;
Plusît,urs sér.uliers qui sont clisti11g11éf'\ en cc pays, llOtŒ ont&#13;
avrmé qu 'it ouïr Mgr de Québec·, ils ,-e laisseraie11t aisément pn:veuir contr e uons, ::,'il:s ue voyaie1Jt da11:; llofre couduite le &lt;·ont raire&#13;
clc ('C qn ' il dit; rnuis tont le mo11de 1:s1 tr1noi1l q ue nous 11e r emuons pns, qne 11O11s 11P clis011s rno1, qu0 110m, rcrnlous ii Sa Uraud0t11· tout lf'.' rei;;pect et toute l;i souHùssiou ytw 11011s pOIIYOu:;...&#13;
&#13;
Ch apitr&lt;1 de11,.rièm f&#13;
'l'unr hant les pr,~tt 11tiorn, dt• :\lgT &lt;10 Qn{ih( 1• Rlll' so11 Chapitre&#13;
et les d1~11x g r aucls-vicaires. établis par Mp:r l 'Aucieu, qu'il a&#13;
ôtés...&#13;
1&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
L 'on aura s u sm1R doute yar les lcttrcis de• ! 'année vasséc que&#13;
;\l onseigllPUJ' a ôté lt's c.lcnx g ra11ds-v ieai 1·0i-: q li(' Mgr Sù!l Pré&lt;lP&lt;'r.stielir avait établi:; depui,- uu g rand 1101ulJre d 'aunêei:;, dont l '1111 était&#13;
~l. de B ernièr es, doyen dn Chapitre, et l 'at1tt·e -;\i. de Maizcrets,&#13;
grantl-nrchid iacrc et supérku.1· dn Sr111inafre. et l '011 aura eu&#13;
mê me tl'tüps appr is q11 'il a choisi pour ses g rauùs-vicail'es 11. ùe&#13;
.Merlac, qu'on hü dm111a i1 y a drux .ins daus Paris pour lui servir d'aumônier, et moi...J e n e dirai voiu1 la surv1·1sc que ce cllaugernent a causé daus les espr it:=::, qui n'ont p u s 'empêcher de regarde1· cc 11ouvcau choix C(lnune un mépris dP la conduite &lt;le&#13;
Mgr 1'Alleien, qui a vor lé la chose dans nn grand silence, aussi&#13;
biC&gt;n que la rnauiht• méprisable que f\ l.gl' de QuébcP fait paraître&#13;
da11s tout ,., rest&lt;' à sou égar d, dont J,, mo11d~ qui s '(,'n aperçoit:&#13;
parait tout à fait surpris et indigné...&#13;
C lia pif're t t o·is,ième&#13;
&#13;
Prétentiou de M~r de Q11ébP&lt;' touchm1t lu pla&lt;'e d11 g rarnlvicai re dans la r' at hédrale et la provision de ln r banterie de&#13;
Qufbec.&#13;
Questa parte 110n ll\'t'U&lt;lu alcu u itt1rl'exse prr la Causa. neue 1m1essa.&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
46t, -&#13;
&#13;
Doc. T,I&#13;
&#13;
Cl1a,pitr(' qur1,tJ·iè?ne&#13;
&#13;
Quelqtws gdefR qne Mousciguenr pt·étend avoir -c·o11h'(' les&#13;
Snp~rieurs du R.SminairC' an sn.i et dr" e&lt;'&lt;·lésiastiq11 C':-:.&#13;
M onseig11em préteud aYofr de gr,wd:-; gi•je fi-- ,•outre M. de&#13;
Maizerets e1 f'ouh-e rnoi, 1° plu-te &lt;-rue n ou.-: n'avons pas e1·11 pouYoir obliger 1111 prfitre du 8émiuai1·e et rhapclaill de lèl 1•11tbédrnlc:&#13;
qui desservait nrie missiou, q1ü est ;\ 1.rne lien&lt;-' 011 il nue lient' et&#13;
d emie de Quél&gt;e&lt;:, d 'allt r ré:::ider dan~ lP liP11 &lt;l(• ~èl mission, oi',&#13;
a uc-un missionnaire 11 'a poi11t eucore r0sidé et ori il llC' po11vai1&#13;
demeurer pour lors qu 'en des cabanes parmi des femmes. des&#13;
filles et &lt;le~ ,rnimanx, dans 11 ne i rn.lisposi ti o11 ~u rhrnt de sa !"a nté&#13;
0&#13;
&#13;
qui l'a rnis cl&lt;'pnis hors cl 'Hat de reudre ancmJ serviet&gt; à c-eHc&#13;
&#13;
mission, f1 1·ause qu'il st~ tit eufu1 faut de violen,·P rl '.v aller demeurer quel.que tellll):'\ après par not r&lt;' persuasiou p onr conte111'e1'&#13;
}\fonsei~treut 7 qui voulut la r llose ahsoltunent, qn 'i l en c·»t relouru~&#13;
malade d '11ur manière à u 'eu paR r eveuir ùe ~a vie. Uepeudant&#13;
j'ai été fort fiUllH'iS de voir Monseigneur si aliéné dl• Ct' jc111w&#13;
priltre, dt&gt;p 11is prf's dt' rlix-hnit mois qu 'il prit la lihe1-té de t-érno igner sa peine à Sa Grandeur, tant an r-m jPt de la rP-sideucl:' qn 'Plle&#13;
exi@:eait de l\li. riu 'à Aa1rne de quclquA autre cliffi1°nlté 'Ill 'elle hti&#13;
avait faite en lui retranchant mie 1:rnrt ie de son supplément, f[ll l'&#13;
:Monseigneur 1)e })a rait point Pll&lt;:Or e i·evcn11 à so11 ég·anl; ou biell&#13;
il ne veut pas r r oire qu 'il soit malade, 0 11, s 1l 1C" croit, il dit, &lt;Jllt.'&#13;
c'est 11ne pm1iti011 de la r évolt e qu 'il snppos" avoir fait paraîtric&#13;
co11tre sou évêque. C'r.s.t ce que Mollscigueur m'a dit à moi-milmt_•&#13;
il a peu de temps, ajoutant lJ.UC cc Mons ieur, tout malad&lt;• rpt 'i 1&#13;
rt:i.it, uc laissera it pas de :,,e darn11er pour avoir .~lJandouué le soiu&#13;
,le ~a missi ou &lt;'li 11 'y réRida11t pas. J c nw couteutai de r{·pondre&#13;
à Sa (h-amlcur q ue la miséricorde de Dieu était g'ran(lc• pour lh'&#13;
pas imputer n, font~ drs choses dont l'imp11ii--sa11r.P de faire a ufrt'ment aurait Hé l 'nniq111." cause. Cette mission némnnoins, où J'on&#13;
n'a ,inmais 1·é::,.id~, c01mne .ie 1'ai dit, J, 'n pofot ét6 abanclonnh.•&#13;
d('pnis &lt;)m.' ('(•J Pcrlésiasti(]Ht' est tom bé 1m1lade; on y a toujonr:=;&#13;
::-nppléé pal' nu a nb-( prf-trc en 1a mf-me rnanihe qu 'anpnravant.&#13;
2° M011scig-11f'm· Re p çrsuaJe encore a voir m 1 gra]1(l snjet dP&#13;
plaint1, ,'uufrC' 11011F-, p ar&lt;'&lt;' &lt;Jll 'il St' trouve une ou denx. missions&#13;
qni ne peuvPnt L'nroi·t• &lt;11r·(• uRsi:;tét'fs q11e c-ommP 01lc~ l '011t Ml•&#13;
1&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
�Dor. LI&#13;
&#13;
-&#13;
&#13;
46ti -&#13;
&#13;
pendant bien des aunées, c'cst-à-dfre pat· &lt;les missionuaires qui&#13;
desservent d'ant r es lieux voisins, quoiqu 'il so it présc•11tement d11&#13;
tout impossible au S~mi11aÜ'e ù 'y fournir des missionnair es, 11e&#13;
lui l'C'SÜtn t. p ins ùe tous 1cs prêtr-es qne les Supérieurs cln Séminaire et des sujets infirmes.&#13;
3" Mons&lt;.•igneur Sl' plaint. encore qu'il 1ù1 pu nvoir un selll&#13;
ecclésiastique d u S&lt;:itninairc pour s a maisnu. ,Tc pfnx assurer avec&#13;
vérité qu'on lui eu a offert viusieul's, &lt;1u 'il 11 'a pas voulu:';. Il ll 'y&#13;
a qu'un ecdésiasti11ue, nommé M. Gr.ico111·, qui vim de F'raucc&#13;
l 'année pa ssée exprès pour le Sé1uiJ1aire. lequel u 'a pm; pu :".C&#13;
r ésoud r e, p our des rai:;;011s 11articulièr e.s f].lti 1c reganle1it, J 'aller&#13;
demeurer en la maison de .Monse igneur, où ou le demaliùait pour&#13;
avoir soin d '1111c par t ie d e son temµorel sous M . de Merlac. Nous&#13;
n e nous y sommes pas opposés; mais nous JJ 'a vous pas ern von ·&#13;
voir l 'y forcer.&#13;
4° .J'ai su de plns rpw .Ylonseiguem s 'est tJ1aint f' ll quelq ues&#13;
occasiou!'l q u e nons avions dit que les ccclésiasti&lt;1ucs qni so11t lié;i&#13;
au Séminaire 11e clé pt'11dPnt poiut de l 'êvêqne, mais dP.8 Snpéricurs&#13;
du Séminail'C seulement. li est r:ertain qu e nous n'avons ,jamais&#13;
parlé d 'lllle ma11ièrc si CL'Ue. li est vrai q ue ,i 'ai été quelques foi:,;&#13;
obi igé d 'édaircir quelques-uns des ccclé$iastiques f: llt' les difficultés qu'il m'ont propoi:;ée::; e11 direction touchant cette matière, N&#13;
je n'ai p u ni dfi leur répondre que couformémeut à c:0 que j'ai&#13;
er u êtrè cfaus 1a vt-1rité. selon le hesoill g n 'ils en avaie11t. Mais j'ai&#13;
tonjours tâché de le nl' inspirer tout le reSJJe&lt;-1, toute la dé-féreuce&#13;
et toute la soumission possibles aux rnes et a ux i11te11tio11s de&#13;
Monseig11cnr. Et je puis assurer que si M. èl P Maizer eti- t't moi&#13;
11 'eussions fortement enc·ourag&lt;~ pl11oiPt1l'R d 'e11trf' r1 1x à se faire&#13;
violence dans l 'ar:eeptat.ion des C'hoses que Monscigueur a désiréts&#13;
d'eux, ils 11c s'y fusse11t jamais résolus et qu'il:-: miraient phlti"3t&#13;
pris le parti les uns de n'être 11où1t ordounéis d les n1Jtl'es ùe&#13;
r epasser en U'r::mee; c'est c:e que j'ui :souvent repl'ésm1té il :'1 1011seigneur.&#13;
Cliapifrr &lt;'inquil}'ln&lt;'&#13;
&#13;
D(' l 'ohéissan"e que 1\'Jg r de Québce prétend de ses cr·cl(,:3ias-&#13;
&#13;
tiq11es.&#13;
&#13;
Monseigurnr prrtend (JllP les ptêtl'e,q qui so11t tlans ~ou diocèse lui doive11t une obéù:;s,nu•e :wrugle. (! 'est et' q ll 'il ]f..'nr de-&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
46ï -&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
maudc av:.iut qut- de le$ ordornwr, vo11la11I qu'ils ~oie nt prttl)&#13;
d'accepte r et dt'.' faire p:énfralPnwnt to11tes les c·bm~es auxquelles&#13;
il voudra les appli(1uer, soit pour les lieux. ~oit pour les ù ernf'm·cs,&#13;
soit p our les emplois, sans que &lt;:e11x-Jà Ull'lllf' qni S(rnt .-c1ms d0&#13;
Fratice et qu'il a ordormés iC'i, puissent s'en retonrner :::anr:: son&#13;
t'Onseuie111,1 11t, et 11e vou]ant pas &lt;1n 'il lE\m· soit lilwe, 110n plns&#13;
1iu 'aux autres v1·Pfrc::: ()ni ou1· été ordomiés en Franee, de pouvoir&#13;
se Jicr au Séminaire :::;e}ou l'attrait qui pourrait. le!': y porter. 8uiva11t, cela, .Monseignenr vent que les Supérieur d Dil'ecteur~ rlu&#13;
Séminaire ohligeut le~ uns et le.; autres de fair\' Scllli'; r ésene tout&#13;
&#13;
ce que Sa GrandNn' dés:i1•e d'eux, faisant passer pour une déso-&#13;
&#13;
béissance et u11r l'évolte à KOJJ {•vêq ue dt• uc pas al'qnieseer à ses&#13;
,·uc•s, &lt;t1Wlq11e:-- rais011s qu'il p1·eJ1neut la liberté &lt;if' l ui 1·Pmontrer ...&#13;
L'ou voit bien des sémiuairei- épiscopaux en Franre, où l 'ou&#13;
paye la pc11i-io11 èles Sflmiua ristes qni y l-'ut1·e11t. Messeigi1e11rs lrs&#13;
Évrcp1&lt;:'~ uc: r:;e rapportent-ils 11as le plus souvellt i\ &lt;·eux &lt;..jlli ont&#13;
la dirc•c-tiou de~ dits sérniuafres &lt;te l 'emploi qn 'ils peuvPnt ou qu 'ih;&#13;
doiveut faire de &lt;:es ecelhûastiques lJOur le service de lenr tliol'f°'Rt&gt;?&#13;
E t pourquoi en 11i,cnt-ili=, ainRi siuou parce &lt;pt 'ils saven1 hic11 que&#13;
les directeur!:5 de~ d its séminaire:-; out nllC comiaissanr&lt;' pl ni:; particulière qn 'e11x-111t•mc~ de lenrs talenb, de leur eâ }Jttcité et de lenr&#13;
grfice. Ne peut-il pas même arriver quelquefois qu 'u11 clii·cd11 111·&#13;
ne pounait e11 vonscieuce cuuseiller à nn tJ(•rlésiastiqut&gt; qui J1ii a&#13;
dérouvert sou iutél'ieur, d'aller eu de rt&gt;rtains lieux on d 'arc•eptel'&#13;
certaius emplois que l'rvêqne von&lt;lrait lui dom1t•t·, pal'e{' que, Je&#13;
couuaissruit mü1 t1x q uc l'évêque 1ie peul fai1.·P., i I ne l 'y jugern it&#13;
nullenwut pl'opre on l'y croil'ait même t'JJ danger Je se penlre.&#13;
Il semble qne la boune co11duite demauc.Je que les {•vt-q11&lt;'R &lt;&gt;n agisKellt aiusi. Cepcndaut .Monscignem 11 'y veut nvoi1· aucuu égal'd,&#13;
ayaut obligé dC's ecclésiastiqnes ù 'aller desservir &lt;lei- missions&#13;
contre to 11tf's k s r e111onÜ';111ceR q11 'eux et leur &lt;lil·t&gt;r te11r n11t &lt;·ru&#13;
&#13;
df\VOiJ· pre11dr&lt;' la liberté de faü•(I à 8a Grandt'.llll'. Mais aussi &lt;''eRt&#13;
&#13;
une ma.xiim&lt;' &lt;ie )1onscigucur qu 'nu erf'lésiastiq11r ue doit a voi I'&#13;
rien d e cachf. pour so11 PvÎ'que et &lt;)H 'il l ni doit ottvrir le!': plus&#13;
serrets replis. de ,:;a rouscience, sa11s rien 1·ésC'n·e1· '1&lt;' &lt;·e q n 'il a&#13;
foi1 &lt;&gt;onnaître à son directeur. C 't&gt;st f'.P qm• M~r de Q11,;he1· dit&#13;
il y a f!Helqu e temps il Mg r l'Anri('ll, nu sujr1. d 'nne lt&gt;1tre qn 'un&#13;
missionnail'e ava it éerite à i\f. de Maizcr eh\ s11péheur du Ré111i 1rni1"&lt;&gt;, pom· lui re11dre eomptr rlC' i-a eo11s&lt;:ie1we, ear M~T de Q11f.-&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
-468-&#13;
&#13;
bec trouva mauvais que ce missionnaire eût fait cette communication à, M. de Maü1erets sans la lui :faire à lui-mêrne; c'est encor e&#13;
ce que Mgr de Québec a dit à d'autres ec&lt;:lési.astiques. A la vérité&#13;
il serait à sou ùaiter que les ccdésiastiques pusse11t avoir cette&#13;
franchise à l'égard de leur évêque eomme des cnf.mts à leur père,&#13;
mais l'on voit bîeu que les muuièrcs de Mouseigueur n'inspirent&#13;
pas cette c011fiauce à ses eeclésiastigues. Je s uis témoin avec plusieurs a.uhes des impressions qu'il a gardées longtemps contre&#13;
ceux qui lui ont découvert francuement les p eines qu'ils avaieut&#13;
contr e lui, ce qu'ils ont fait var mon consei\ c·onformém ent a11&#13;
désir que m'en avait témoigné Mgt de Québec. .Mais qu:rnd bien&#13;
même Monseigneur 1w conserverait aucun souvenir des chosP.,,;&#13;
qu'on lui aurait pu dite, U ne doit _pas exiger q u 'ou lui fa:sse des&#13;
ouvertures si jntimes, a uxquelles nulle persoune n'est obligée&#13;
sinon i1 son coufesseur. Mais pour revonir aux prétentions rlc&#13;
Monseigne11r, quels sont les ùoctcnrs qui a ient j amais em;eigné&#13;
qu'nn ecclésiastique fût obligé de 1·cnclrc à son év(•quc une obéissance aveugle, p areille à celle que demande .Monseignem· 1 J'en&#13;
ai lu p1usieurs t{Ui traitent &lt;le cette matièr e. Ils font consister&#13;
l 'obéissauce des et'clésiast iques à l 'égurd clt• leur évêque dans la&#13;
fid~le observance des statuts, des ordonnances et des r èglement::;&#13;
qui sont presCl'its pm· Jui, des cou tumes et des usages approuv1~s&#13;
dans le dfocèse tant pour la bonne conduite tle ces mêmes ecclésiastiques que l)om· et&gt;lle ries âmes qui sont eonnnh,es à leurs soius,&#13;
nn chacun selon le rang, 1'emploi et Ja fonct.iou qn 'H y f'xm·ce, et&#13;
à, ne point s'ingérer eu des emplois qui regardeüt la juri&lt;licticm&#13;
et l 'autorité de l 'évè,1110 san!'. s011 eouscntement. .Mais j(' 11 'ai vil&#13;
dans aucun autem qu'un ccc1ésiastiquc fût oblig(• ,l'aller en tel&#13;
lien ou de pren&lt;ll'e tel ernp)oi qn 'il p lair ait à l'évf.c1ne de lui donner. Nous sommes ici dans ml pays q ui prc11d ::;a forme et. sa rt•gle&#13;
de conduite des couhmtcs et &lt;les usage~ de la F'raurc. .J e ne croi:-i&#13;
pas qu'en France on oblige les ccelésiast.iqucs à ce que M ousPigneur de Québec prétend; l 'ou dît &lt;'ornmuuénwnt qn 'un ecc1ésias1 i.q ne peut ùemeuret· 1.•u quelqne lien qu'il lui plaira, p0111·n1 C[ll 'iJ&#13;
u 'y fasse 1·it•n contre les bonnes rnœm's, cont rc le sc,rvit·c &lt;ln Hoi&#13;
et coutr e le!I. &lt;levoirs de sa profession.&#13;
Il est vrai que daus un payi:: éloi~né comme celui-ci 011 i.1 11 '_v&#13;
a pas un grantl nombre df' prc&gt;tres ponr desscr\'ir les 111i;;sio11,;,&#13;
il est à souhaiter que char.nn s'ernploie de bonne foj sous l 'aufo-&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
469 -&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
ritt:; (11, l'1~vê(llll' aux fonr1ions qu'il peut faire. C'est pour cela&#13;
mêmt• que 1e Sêiminaire des M:issions étra11gères est établi et qu'il&#13;
H' trouve des e&lt;:elésiastique~ eu P rancc gui se pl'ésrntent aux&#13;
S upérieurs du dit Séminain" pour aller servir Jes â.mes dans Jes&#13;
pa_v~ étrangers so11s la juridiction de MesE&gt;ejgneurs les l!;vêques.&#13;
C'est la fin qne se proposen t les ccclésiasti4ucs qui viennent de&#13;
J?ranc&lt;' en Canada. C'est à quoi ou les porte selou Jcur capacité&#13;
et leurs talents, quand ils sont arrivés au Séminaire ùe (,Jurbec, et&#13;
cela s'es1 toujours tc1Ie111e11t prat,iquf cp1'i] est vrai de ùire&#13;
qu'avant qur }fonseigne11r eût entrepris de désunir, &lt;'Omme il a&#13;
târhé de faire, les eu.rés d'avec Je Séminail·r, 1'011 était en état&#13;
d&lt;' perRnader aux 1\ll!'- et aux aut,1:es d 'al1e1· &lt;&gt;n tel lien et d 'emhras~Pl', sous l'autorité dP l 'évêque, tel emploi qu '011 jugeait 5&#13;
pr0pos pnur leur Lien 011 relui (lp l 'f:g-lü,e. Cela 'est touj ours faiL&#13;
ri 'unp manirre s11ave de part et d 'autrf' et r'ei::t, eommP 1'ex:pé-rienr&lt;j l'a toujours fait voir, cr qui a entretenu jusqu'à présent&#13;
l'e~prit tlr ~rârc, d 'unj011, de dépendanc-e et d'un 1:1aTfait dégagement &lt;fani, tous les missiounai r es du Séminail'e, d 'où Monseig neur leR voulant retirer pour :::.e Jp~ attacher uniquement et imm1&gt;rliatement à lui, il s 'eRt pris d'une maniè-L·r qui en a rebuté la&#13;
µlupa1·t. Ilien loin donc que l'union q ne les ecclésja.&lt;:t,iques 001 au&#13;
Rrmina irf' soit préj nèliciahl&lt;&gt; à l 'J&lt;]vê&lt;]ne, q11 'an 1•011traire elle ferait 1t, 1)lu::; grand hien de son diocèse, si l\1onsei~ncur voulait&#13;
)aii:,;Re1· JeF i-ùoses dans l 'é1at oit elles ont ét.{- j11 s.q11'à préserit. A11&#13;
liell CjlH' ;:;i l'ette nn:ion n e subsiste p1usj son 1tglise en irà tr~s&#13;
mal, n'y ayant point d 'ecclésinstiqne qui veuille êt re contraint&#13;
de prendre, par l 'ol'dl·e et le &lt;'Ommande.ment a bsol n cl 'un évéquc&#13;
qu'il ni&gt; croira pa!&lt; pouvoir 1'oblip;er en rigueur, des emplois et&#13;
des missions qui sont très rudes et que la seule grâc&lt;' peut lui faire&#13;
ar"eptcr de sa pure et franehe volonté, étaut vrai de düe qu'on&#13;
11e force pas des prêtreR à ;:;ervfr les âmes comme on peut c011traindrt'! &lt;lr::; i-u,iets et &lt;les -vassaux à faire des corvé.es et les ~cr vices&#13;
qu'un p1·inec o u un seigneur exigerait rl 'eux: et fille d 'aillenrs nn&#13;
ecclésiastique est e11 dl'oit dP préten&lt;lre qu 'un évêqu e ait égard&#13;
à CP q1t 'il pomrait prendre la liherté d e lui rPprésentcr, quand&#13;
il lui voudrait donner unr mission 0 11 un autr&lt;&gt; erop1oi, qu'il ne&#13;
croirait pas &lt;levoü• a&lt;·&lt;'epter ou par 1iéfaut d &lt;.' talrnts, ou manq11e&#13;
de ::-anté, ou ponr des raii:;ons mrmC\ de conscience qn 'il n'est point&#13;
ohlip:6 dr manifeRf Pr à f:Oll évî•q11e. De pins &lt;JUÎ est l'eeclésiastiqnl'&#13;
&#13;
�-470-&#13;
&#13;
Doc. U&#13;
&#13;
soit de .FninC&lt;.• soit du pays qui n'ait lu liherté clf' s'unir à un&#13;
corps :.i ppro11vr (',01rnnf' est ,~e.l ui clt&gt; (,JuélJcr 't Cet e(•c·lésia:"1Uque,&#13;
f.!-'il rst de F'rrince par exemple, ne&gt; pent-il pm1 entre1· dans le rorp&lt;;&#13;
&#13;
d e Saiut-Snlpü:e, de ~aiut-Luzare, de Saint-Nirola.s-un-Cha1·dom1et Pt clc- taut &lt;l'antre:';. où 1'011 c11 r r~oit 1011:-- les jours, si le-,;&#13;
supfrienrR de ,·e~ maison ~ veulent bien l 'y admet1.l'e? C'est ce&#13;
&lt;]Ue lf' rèp;leme11t qui uon~ a été envoy~ de F1·a11ce marque rxpres sément q11P Tufo11 seig1wlll' cloit, aggrécr i1 l 'égarû des ecl'léisiast iques qui ~onl1a iternic•11t cl 'rtrc&gt; :tgrégés a u 8émiuaire de Québel.'.&#13;
Quoique e;e qu 'ou vic11t d e dire semble tant à. fait plausible. je&#13;
peux a:;:mn•r eependani avPc v&amp;rité que ?\'lousc·ignrur n'a par-: rl{!&#13;
véritablr fondement d è uous t·epr orher que norn; n 'ayorns pas fait&#13;
cc que 1w11s avons pu p ou r le eontent('r.&#13;
&#13;
0,1,apitrP s-ixièrnr&#13;
Reuiarqne:-: toue-haut ;\I. (1,, Nf &lt;'rlac· au snjt•t &lt;le la nouvelle tloctrine.&#13;
Q11es1.a parte no n intc-re.•;sa )forn;. d e Lav11l e pcl'CÎÙ vieue omessa.&#13;
&#13;
8&#13;
Epistoln l~11i:-;copi Ûf 80,inf- l ' alil"r rul !Jircdorcs Sriniilurii Qu1'bece'IU:;Î8, 1W)l, 20 rnurti i. l!J.r; R&lt;1_(J1:/itro A A..rc/1 idioer&lt;'!-;is (Jaeb&lt;'&lt;'Plll'l'is. /1 . 10.IJ.&#13;
&#13;
,Jea1t, par la g r ât:P ÙP OiP11 eJ- d11 ~ a.Îllt-Ni('&gt;ge Avostoliqrn,,&#13;
évê(!llf' dè Québec·. Voyant que nos affaires .ive&lt;· le Sémina ire&#13;
ries :-ihss iom; éh·m1g01·e::: J e ,·ette vith, 11'ollt Jn1 Ptre r rglécs i&lt;&gt;i&#13;
q 11dq11&lt;'~ voif'::&lt; rt JU11_vrnR ql!C' 110 \ rn .r uynn,; &lt;'luployP,-;, et eoni:;idénrnt qu(' l 'f'î;,-d où l'11rH ~out 1m11R met da11/'i lllH:' nécei::sitÉ' inctis pem,ahlP flp 11a:-;RP1· ell Fra11re pom le.s y fain• réglf'r par qni il&#13;
a p pur f-ieJJ drn, r1vet• l 'eC'elésia~tiq11e q1ü 8era nommé et tléputé à&#13;
cet effet par li&gt; dit Rrmiuair0, tm1 t ])0111' ('(:' rp1i 1(' p('nt ('{)J1('('1'0f'l'&#13;
eu vartir·nli&lt;:r que c•onjointernent avec .Jlf~r UP Laval, auriell évêque rlP r-c• pa_v s; :-:oit par l&lt;&gt; premier notaÎl'(' royal notifié et fait&#13;
assavoil- ile notre tJal't il JII.. l1e Ma izc1·ds, rn·être- et ~11pfri1:1nr du&#13;
Sémim,irr e11 la rlitf' qualité. (]Il&lt;'. Dieu ,dfümt, rn1n:;; n ons embarquer on~ :-;111· lr JH'C'miPt· vaissean qui partirâ de ee pays à la premièr P uavig-atiou, po ur passer e n F1·ance et y faür 1·rgler le~&#13;
rlit('R ;if-fai1•p~: i, (·P q n 'il i::.oit nommé et dér,111:(i pHr le dit Sémi-&#13;
&#13;
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                  <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc 51.4.7&lt;/span&gt;</text>
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                <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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              <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
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              <text>Mémoire de Glandelet sur les prétentions de Saint-Vallier (Québec, 1690)</text>
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              <text>Le procureur du chapitre de Québec réfute les prétentions du 2e évêque de Québec sur le Séminaire de Québec et les décisions qu’il a été envoyées de France pour régler les affaires entre eux.</text>
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              <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8991" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 31&lt;/li&gt;
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              <text>&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8412" class="show"&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10473" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10474" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-4 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10475" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-7&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11553" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans&lt;em&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc 51-4-7&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8415" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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