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                    <text>Renonciation des droits du Séminaire de Paris en faveur du Séminaire de Québec&#13;
et ratification par Laval (Québec, 10 novembre 1682)&#13;
&#13;
A-14 : Permission d’acquérir et aliéner, etc.&#13;
Par-devant les conseillers du roi, notaires, garde-notes au Châtelet de Paris,&#13;
soussignés, furent présent Messe Jacques-Charles de Brisacier, prieur du prieuré&#13;
de Saint-Blaise, docteur en théologie, prédicateur ordinaire de la reine et supérieur&#13;
du Séminaire des Missions étrangères établi à Paris, rue du Bac, Messe Armand&#13;
Poitevin, docteur en théologie, curé de Saint-Josse à Paris et prieur du prieuré de&#13;
Notre-Dame du Château-Porcien, Messe Jean-Baptiste Pallyart, docteur en&#13;
Sorbonne, Messe Étienne Pallu, prieur de Chambly, Louis Barat et Louis Tiberge,&#13;
tous prêtres, directeurs dudit Séminaire et y résidant, à la réserve dudit sieur&#13;
Poitevin, qui demeure en la maison curiale dudit Saint-Josse, rue Quincampoix,&#13;
lesquels, après avoir lu et considéré mûrement les lettres patentes d’illustrissime&#13;
et révérendissime père en Dieu, Messe François de Laval, premier évêque de&#13;
Québec en la Nouvelle-France, en date du 19e mai 1674, d’union par lui faite de&#13;
son Séminaire dudit Québec audit Séminaire de Paris et trouvé que la prohibition&#13;
d’acquérir et d’aliéner par ledit Séminaire de Québec sans le consentement et&#13;
permission des supérieur et directeurs du Séminaire de Paris pourrait être&#13;
désavantageuse audit Séminaire de Québec par divers inconvénients qui&#13;
pourraient arriver, comme aussi que le pouvoir donné par ledit seigneur évêque,&#13;
par sesdites lettres patentes, auxdits sieurs supérieur et directeurs du Séminaire&#13;
de Paris de choisir et nommer par eux le supérieur du Séminaire de Québec&#13;
pourrait pareillement être très préjudiciable audit Séminaire de Québec ;&#13;
l’affaire mise en délibération entre lesdits sieurs supérieur et directeurs du&#13;
Séminaire de Paris, iceux supérieur et directeurs dudit Séminaire de Paris, tant&#13;
pour eux que pour leurs successeurs en lesdites charges dudit Séminaire de Paris&#13;
à perpétuité, ont volontairement renoncé et renoncent, par ces présentes, pour&#13;
toujours, auxdits droits, pouvoirs et autorités, aux conditions ci-après, laissant&#13;
sous lesdites conditions la liberté aux officiers dudit Séminaire de Québec de faire&#13;
telles acquisitions, ventes, échanges, aliénations et emprunts qu’ils jugeront à&#13;
propos pour le bien et utilité dudit Séminaire de Québec et d’en passer, signer tous&#13;
&#13;
�les contrats et actes que besoin sera, qui seront valables, sans qu’il soit besoin&#13;
d’aucun pouvoir, permission, consentement, ni gratification dudit Séminaire de&#13;
Paris ;&#13;
à condition néanmoins de donner avis, par lesdits officiers dudit Séminaire de&#13;
Québec, aux officiers du Séminaire de Paris desdites acquisitions, ventes,&#13;
échanges, aliénations et emprunts, incontinent qu’ils seront faits ; de justifier aussi&#13;
de la nécessité ou utilité desdites acquisitions, ventes, échanges, aliénations et&#13;
emprunts ; de l’emploi des deniers empruntés et de ceux provenant desdites&#13;
ventes et aliénations ; sans néanmoins que lesdites conditions puissent invalider&#13;
lesdites acquisitions, ventes, échanges, aliénations et emprunts, au respect de ceux&#13;
avec lesquels lesdits officiers dudit Séminaire de Québec auront traité ;&#13;
et renoncent aussi pour toujours lesdits sieurs directeurs et supérieur dudit&#13;
Séminaire de Paris, tant pour eux que pour leurs successeurs, au choix et&#13;
nomination du supérieur dudit Séminaire de Québec, se réservant seulement le&#13;
droit de confirmer ladite élection et nomination dudit supérieur ; et quoique ladite&#13;
nomination et élection n’ait sa perfection que par ladite confirmation, le supérieur&#13;
élu néanmoins sera reconnu et obéi en ladite qualité de supérieur et en fera&#13;
validement toutes les fonctions de la même manière que ses prédécesseurs avaient&#13;
droit de le faire ; et en cas qu’il arrivât que le supérieur ou officiers du Séminaire&#13;
de Québec abusassent des pouvoirs à eux ci-dessus accordés, soit en dissipant les&#13;
biens dudit Séminaire ou autrement, en ces cas, lesdits supérieur et officiers dudit&#13;
Séminaire de Paris se réservent le pouvoir d’y apporter l’ordre qu’ils jugeront être&#13;
nécessaire, même par la déposition du supérieur ou officier si le cas le requérait,&#13;
enjoignant aux autres officiers dudit de Québec de faire une nouvelle élection d’un&#13;
nouveau supérieur ou officier en la place de celui qui aurait été déposé, laquelle&#13;
élection serait confirmée, comme dit est, par lesdits officiers dudit Séminaire de&#13;
Paris, lesquels déclarent qu’ils ne se départent des pouvoirs à eux accordés par&#13;
lesdites lettres patentes dudit seigneur évêque que sous son bon plaisir, pour quoi&#13;
ils le supplient très humblement d’avoir ces présentes agréables et de les ratifier&#13;
pour avoir lieu à perpétuité.&#13;
&#13;
�Ce fut ainsi fait et passé audit Séminaire de Paris, rue du Bac, l’an 1682, le 6e jour&#13;
de juin, après-midi, et ont signé la minute des présentes, demeurée vers Carnot,&#13;
l’un des notaires soussignés,&#13;
De Troyes, Carnot.&#13;
&#13;
Et le 27e jour de février 1683 est comparu devant les conseillers du roi, notaires au&#13;
Châtelet de Paris, soussignés, Messe Jean Dudouyt, prêtre, demeurant en la&#13;
communauté de l’église et paroisse de Saint-Josse à Paris, lequel a apporté à&#13;
Carnot, l’un desdits notaires, la ratification dudit seigneur évêque de Québec de&#13;
l’acte ci-dessus, mise en suite de copie d’icelui, faite sous sa signature privée le&#13;
4 novembre 1682, signée ensuite François, évêque de Québec, et plus bas par le&#13;
commandement de Monseigneur, Thury, et sur ce, des armes dudit seigneur,&#13;
reconnu par ledit seigneur évêque par acte étant ensuite passé par devant Rageot,&#13;
notaire royal en la prévôté de Québec, devant témoins, le 10 dudit mois et an, pour,&#13;
par ledit Carnot, annexer, ainsi qu’il a présentement fait, ladite ratification à la&#13;
minute des présentes et en délivrer à qui il appartient des expéditions ;&#13;
ce fait en la présence dudit Messe Jacques-Charles de Brisacier, supérieur dudit&#13;
Séminaire des Missions étrangères établi à Paris, Messe Laurent Brisacier, abbé de&#13;
Flabémont, Louis Tiberge et Étienne Pallu, prêtres, directeurs dudit Séminaire,&#13;
tous y résidant, lesquels, après avoir eu communication de ladite ratification, dont&#13;
leur a été présentement faite lecture par l’un desdits notaires, l’autre présent, et&#13;
ayant reconnu par icelle que ledit seigneur évêque veut qu’après que le supérieur&#13;
qui aura été élu et nommé par les officiers de Québec et aura été confirmé par les&#13;
supérieur et directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris soit tenu de&#13;
prendre la bénédiction dudit seigneur évêque et de ses successeurs, ils ont, en&#13;
leursdits noms et qualités, agréé cette condition et s’y sont volontairement soumis&#13;
et a été ladite ratification paraphée, tant desdits sieurs Dudouyt, de Brisacier, Pallu&#13;
et Tiberge, que desdits notaires soussignés à leur réquisition.&#13;
Fait et passé à Paris en l’étude dudit Carnot, notaire, les jour et an susdits et ont&#13;
signé la minute des présentes, étant en suite de celle de l’acte ci-devant expédié,&#13;
demeure comme dit est audit Carnot, notaire.&#13;
&#13;
�Nous, François, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, évêque de&#13;
Québec, après avoir lu et examiné l’acte ci-dessus, nous l’avons ratifié, agréé et&#13;
approuvé, comme à présent nous le ratifions, agréons et approuvons, pour être&#13;
exécuté selon sa forme et teneur, voulant néanmoins qu’après que le supérieur qui&#13;
aura été élu et nommé par les officiers du Séminaire de Québec aura été confirmé&#13;
par les supérieur et directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, [il]&#13;
soit tenu de prendre notre bénédiction et de nos successeurs, à quoi nous&#13;
l’obligeons seulement ; et afin que la présente ratification ait plus de force, nous&#13;
donnons pouvoir au sieur Dudouyt, notre grand-vicaire et procureur, à présent en&#13;
France, de reconnaître et approuver ladite ratification, si besoin est, et d’en passer&#13;
tous les actes qui pourraient être nécessaires par-devant telles personnes&#13;
publiques et officiers de justice qu’il sera trouvé bon.&#13;
En foi de quoi, nous avons écrit et signé de notre main la présente ratification, fait&#13;
apposer le sceau de nos armes et contresigner de notre secrétaire. Donné à Québec,&#13;
en notre demeure ordinaire, le 4e de novembre 1682,&#13;
François, évêque de Québec,&#13;
Par le commandement de Monseigneur, Thury [avec paraphe].&#13;
[Scellé des armes de Laval, empreintes en cire rouge].&#13;
&#13;
Par-devant Gilles Rageot, notaire, garde-notes du roi notre Sire, en la prévôté de&#13;
Québec en la Nouvelle-France, fut présent illustrissime et révérendissime père en&#13;
Dieu, Messe François de Laval, premier évêque de Québec, demeurant en son hôtel&#13;
épiscopal de cette ville, lequel a reconnu et déclaré avoir écrit et signé l’acte en&#13;
l’autre part et que c’est son propre fait et signature. En foi de quoi, il a fait apposer&#13;
le sceau de ses armes et contresigné de son secrétaire, veut et entend qu’il soit&#13;
exécuté en tout son contenu.&#13;
Fait et passé audit Québec, en l’hôtel épiscopal, après midi, le 10e jour de novembre&#13;
1682, en les présences de Louis Hayet et de Claude Leroy, témoins demeurant&#13;
audit Québec, qui ont avec ledit seigneur évêque et notaire signé,&#13;
François, évêque de Québec, Hayet, Claude Leroy&#13;
Rageot, notaire.&#13;
&#13;
�Paraphé au désir de l’acte passé par-devant les conseillers du roi, notaires au&#13;
Châtelet de Paris, soussignés, ce jourd’hui 27e février 1683,&#13;
J.-C. de Brisacier, [L.] de Brisacier, Pallu, Tiberge, Dudouyt,&#13;
Royer et Carnot, notaires.&#13;
Ce fait, ladite ratification, et demeurée comme dite, est annexée à la minute de&#13;
l’acte ci-dessus expédié, qui est vers ledit Carnot, notaire,&#13;
Carnot.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2024&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2024.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>1682, 10 novembre – Renonciation des droits du Séminaire de Paris en faveur du Séminaire de Québec&#13;
et ratification par Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 2, no 66c)&#13;
Permission&#13;
A-14.&#13;
&#13;
1 d’acquerir et aliener &amp;c&#13;
2 Par devant les Conseillers du Roy no.res&#13;
3 garde nottes au Chastelet de Paris soussignez furent presens messire Jacques Charles&#13;
4 de Brizacier prieur du prieuré de saint Blaize docteur en Theologie predicateur&#13;
5 ordinaire de la Reine et superieur du seminaire des missions estrangeres estably a&#13;
6 Paris ruë du Bac, messire armand Poitevin Docteur en Theologie cure de saint Josse&#13;
7 a Paris, et prieur du prieuré de nostre dame du Chateau porain, messire Jean&#13;
8 Baptiste Palllyart docteur de sorbonne messire estienne Pallu prieur de Chambly&#13;
9 louis Barat, et Louis Thiberge tous prestres directeurs du d.’ seminaire et y residens&#13;
10 a la reserve du d.’ sieur Poitevin qui demeure en la maison curial du dit Saint Josse&#13;
11 ruë Quincquampois, les quels apres avoir leu et consideré meurement les lettres patantes&#13;
12 d’Jllustrissime et Reverendissime Pere en Dieu messire françois de la val p’mier&#13;
13 Evesque de Quebec en la nouvelle france en datte du dix neufviesme may mil six cens&#13;
14 soixante quinze, d’union par luy faitte de son seminaire du d.’ Quebec aud.’ seminaire&#13;
15 de Paris, et trouvé que la prohibition d’acquerir et d’aliener par led.’ seminaire de Quebec&#13;
16 sans le consentem.t et permission des superieur et directeurs du seminaire de Paris&#13;
17 pourroit estre desadvantageuse aud.’ seminaire de Quebec par divers jnconveniens qui&#13;
18 pourroient arriver comme aussy que le pouvoir donné par led.’ seigneur Evesque par ses d’&#13;
19 lettres patentes aus d.’ sieurs superieur et directeurs du seminaire de Paris de choisir&#13;
20 et nommer par eux le superieur du seminaire de Quebec, pourroit pareillement estre&#13;
21 tres prejudiciable aud.’ seminaire de Quebec, l’affaire mise en deliberation entre les d.’&#13;
22 sieurs superieur et Directeurs du seminaire de Paris. Jceux superieur Et&#13;
23 Directeurs du d.’ seminaire de Paris, tant pour eux que pour leurs successeurs es dits&#13;
24 charges du d.’ seminaire de Paris a perpetuité ont volontairement renonce et renoncent&#13;
25 par ces presentes pour toujours aus d.’ droits pouvoirs et autoritez aux conditions cy apres&#13;
26 laissans sous les d.’ conditions la liberté aux officiers du d.’ seminaire de Quebec de&#13;
27 faire telles acquisitions ventes eschanges alliena’ons et emprumpts qu’jls jugeront&#13;
28 a propos pour le bien et utilité du d.’ seminaire de Quebec et d’en passer, signer tous&#13;
29 les contracts et actes que besoin sera qui seront valables sans qu’jl soit&#13;
30 besoin d’aucun pouvoir, permission, Consentement, ny ratification dud.’ seminaire&#13;
31 de Paris a condition neant moins de donner advis par les d. officiers du d’ seminaire&#13;
32 de Quebec aux officiers du seminaire de Paris des d.’ acquisitions ventes eschanges&#13;
33 alliena’ons et emprumpts jncontinent qu’jls seront faits, de Justifier aussy de la&#13;
34 necessité ou utilitte des d.’ acquisitions, ventes, eschanges, alienations et emprumpts&#13;
35 de l’employ des deniers emprumptez, et de ceux provenans des d.’ ventes. Et&#13;
36 alienations sans neant moins que les d.’ conditions puissent jnvalider les dites&#13;
37 acquisitions, ventes, eschanges, alienations, et emprumpts au respect de ceux&#13;
38 avec les quels les d.’ officiers du d.’ seminaire de Quebec auront traitté et&#13;
39 renoncent aussy pour toujours les d.’ sieurs Directeurs et superieur du d.’ seminaire&#13;
&#13;
�40 de Paris tant pour eux que pour leurs successeurs au choix et nomina’on&#13;
41 du superieur du d’ seminaire de Quebec se reservans seulement le droit&#13;
42 de confirmer la d.’ Election et nomina’on dud.’ superieur, et quoy que la ditte&#13;
43 nomination et election n’ait sa perfection que par lad’ confirmation Le&#13;
44 superieur elu neant moins sera reconnu et obey en la dite qualitté de superieur&#13;
45 et en faira validement toutes les fonctions de la mesme maniere q.’&#13;
46 ses predecesseurs avoient droit de le faire, et en cas qu’jl arrivat que le&#13;
47 superieur ou officiers du seminaire de Quebec abusassent des pouvoirs&#13;
48 a eux cy dessus accordez soit en dissipant les biens du d.’ seminaire&#13;
49 ou autrement en ces cas les d.’ superieur et officiers du d.’ seminaire de&#13;
50 Paris se reservent le pouvoir dy apporter l’ordre qu’jls jugeront estre&#13;
51 necessaire, mesme par la deposition du superieur du superieur ou&#13;
52 officier si le cas le requeroit, enjoignans aux autres officiers du dit&#13;
53 de Quebec de faire une nouvelle Election d’un nouveau superieur ou&#13;
54 officier en la place de celuy qui auroit esté deposé, laquelle election&#13;
55 seroit confirmé comme dit est par les d. officiers du dit seminaire de Paris&#13;
56 les quels declarent qu’jls ne se departent des pouvoirs a eux accordez&#13;
57 par les d.’ lettres patentes du d.’ seigneur Evesque que sous son bon&#13;
58 plaisir Pour quoy jls le supplient tres humblement d’avoir Ces presentes&#13;
&#13;
M De Troyes&#13;
&#13;
59 agreables, et de les ratiffier pour avoir lieu a perpetuité, Ce fut ainsy fait et&#13;
60 passé au d.’ seminaire de Paris ruë du Bac Lan mil six cens quatre&#13;
61 vingt deux le sixieme jour de Juin apres midy et ont signe la&#13;
62 minutte des presentes demeurée vers Carnot l’un des No.res soubz sig.ez. /.&#13;
63&#13;
De Troyés&#13;
Carnot&#13;
64 Et le vingt septiesme Jour de fevrier mil Six Cent&#13;
65 quatre vingt trois est Comparu devant les Conseillers du Roy&#13;
66 notaires au Ch[âte]let de Paris Sous.ez Messire Jean Dudouyt&#13;
67 prestre demeurant en la Communauté de l’Eglise &amp; parroissede&#13;
68 Saint Josse a Paris, Lequel aaporté a Carnot lun des d notaires&#13;
69 La ratifficaon.t du d.’ Seigneur Evesque de Quebec del’acte cy dessus mise&#13;
70 ensuitte de Copie d’Jceluy, faite Sous Sa signature privée le quatre novembre&#13;
71 xvj.c quatre vingt deux, signée En Sui’ francois Evesque de Quebec Et plus bas&#13;
72 par le commandement de Mon seigneur thury, Et Sur ces des armes dud&#13;
73 seigneur, Reconnu par led seigneur Evesque par acte estant en suitte&#13;
74 passé par devant Rageot nore Royal en la prevosté de Quebec p’ns tesmoins&#13;
75 le dix desd mois &amp; an pour par le dit Carnot annexer ainsy q.l a p’ntement&#13;
76 fait la d ratiffica’on. a la minutte despresentes Et en delivrer a&#13;
77 qu’Jl apartiendra des Expeditions, Ce fait en la presence du d&#13;
78 Messire Jacques Charles de Brisacier superieur du d semre&#13;
79 des missions Estrangeres estably a paris, M.re Laurends brisacier&#13;
80 abbé de flabemont, Louis thiberge &amp; Estienne Pallu prestres&#13;
81 directeurs du dit Sem.re Tous y residens, Les quels apres avoir Eu&#13;
82 Communica’on. dela d ratiffica’on. dont leur a este pntement faict&#13;
&#13;
�83 lecture par l’un des d notaires Lautre present, Et ayans reconnu par&#13;
84 Jcelle que led seigneur Evesque veut qu’apres que le superieur qui&#13;
85 aura esté esleu et nommé par les Officiers de Quebec Et aura esté&#13;
86 confirmé par les superieur et directeurs du seminaire des missions&#13;
87 Estrangeres de paris, Soit tenu de prendre La benediction du dit Seigneur&#13;
88 Evesque et de ses Successeurs, Jls ont es dits noms &amp; qualitez&#13;
89 agrée cette Condition, Et Sy Sont volontairement Sousmis, Et a esté Ladite&#13;
90 ratiffication paraphée, tant desd sieurs Dudouyt, de brisacier, pallu Et&#13;
91 Thiberge, que desd notaires Sous.ez a leur requisi’on. fait &amp; passé&#13;
92 aparis en l’estude du dit Carnot no.re Les Jour &amp; an sus dits, Et ont&#13;
93 Signé la minutte despresentes estant en suitte de Celle de lacte cy devant&#13;
94 Expedié demeure comme dit est au dit Carnot nore /&#13;
95&#13;
Ensuit la Teneur de la ratiffica’on. du d.’ seigneur&#13;
96&#13;
Evesque et de l’acte de reconnoissance estant ensuitte /&#13;
97 Nous francois par la grace de Dieu et du saint&#13;
98 Siege apostolique Evesque de quebec apres avoir leu &amp; examiné lacte&#13;
99 cy dessus nous l’avons ratisfié agrée &amp; aprouvé comme a present nous&#13;
100 le ratisfions agreons &amp; aprouvons pour estre executé selon sa forme Et&#13;
101 Teneur voullant neant moins qu’apres que le superieur qui aura est Esleu&#13;
102 et Nommé par les officiers du Seminaire de Quebec, aura esté Confirmé&#13;
103 par les Superieur et directeurs du sem.re des missions Estrangeres de Paris&#13;
104 soit tenu de prendre nostre benediction et de nos successeurs a quoy nous&#13;
105 l’obligeons Seullement, Et affin que la presente ratiffica’on. aye plus de&#13;
106 force, nous Donnons pouvoir au sieur Du douyt notre Grand vicaire&#13;
107 &amp; procureur a present En france de Reconnoistre &amp; aprouver&#13;
108 la d ratiffication sy besoin est Et d’en passer Tous actes qui&#13;
109 pouroient estre necess.res par devant telles personnes publiques&#13;
110 Et officiers de Justice q.l Sera trouvé bon En foy de quoy&#13;
111 nous avons Escrit Et Signé de notre main La p’nte ratiffica’on&#13;
112 fait aposer le Sceau de nos armes Et Contre signer de nostre&#13;
113 Secretaire, Donné a Quebec en nostre demeure ordinaire le&#13;
114 quatriesme de novembre mil six Cent quatre vingt deux, signé&#13;
115 francois Evesque de Quebec, et au dessous par le Commandement&#13;
116 de Monseigneur Signe thury avec paraphe, Et Scellé&#13;
117 des armes du d seigneur Evesque de Quebec Empraintes en&#13;
118 Cire rouge, Et Ensuitte est Escrit /&#13;
119 Par devant Gilles Rageot notaire gardenottets du&#13;
120 Roy notre Sire en la prevosté de Quebec enla nouvelle france&#13;
121 fut present Jllustrissime et Reverendissime Pere en&#13;
122 Dieu Messire francois Dela val Premier Evesque&#13;
123 de Quebec demeurant en son hostel Episcopal de Cette&#13;
124 ville, LequeL a Reconnu et declaré avoir Escrit Et&#13;
&#13;
�125 Signé lacte en lautre part, Et que c’est Sonpropre faict Et&#13;
126 signature Enfoy de quoy Jl a fait aposer le Sceau de Ses&#13;
127 armes, Et contre signer de Son secretaire. veut Et Entend&#13;
128 qujl Soit executté En tout Son Contenu, fait Et paSSé audit&#13;
129 Quebec en l’hostel Episcopal apres midy le Dixiesme&#13;
130 Jour de Novembre mil six cent quatre vingt deux espresences&#13;
131 de Louis hayet Et de claude Le Roy tesmoins demeurans&#13;
132 audit Quebec qui ont avec le d Seigneur Evesque et notaire&#13;
133 Signé, ainsy Signé francois Evesque de quebec, hayet&#13;
134 Claude Le Roy, Et Rageot notaire, Et au dessous&#13;
135 Est Encores Escrit /&#13;
136 Paraphé audesir de lacte passé par devant Les Conseillers&#13;
137 du Roy notaires au Chastelet de Paris Soussignez&#13;
138 Ce jourd’huy vingt Septieme fevrier mil six Cent quatre&#13;
139 vingt trois, ainsy Signé L. C. De Brisacier, De brisacier,&#13;
140 Pallu Thiberge, Dudouit, Royer … et Carnot notaires&#13;
141 Ce fait la d ratiffication et demeurée Comme dit est annexée&#13;
142 a la minutte delacte cy dessus expedié qui est vers Led Carnot&#13;
143 nore /&#13;
Carnot&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
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                    <text>Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Troyes, Claude de ✝</text>
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                <text>Renonciation des droits du Séminaire de Paris en faveur du Séminaire de Québec et ratification par Laval (Québec, 10 novembre 1682)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/414633"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 2, no 66c&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Les responsables du Séminaire de Paris, après avoir examiné les lettres patentes de Laval, 1er évêque de Québec, concernant l'union du Séminaire de Québec avec celui de Paris, renoncent volontairement à leur droit de choisir et nommer le supérieur du Séminaire de Québec, et permet au Séminaire de Québec de faire des acquisitions, ventes, échanges, aliénations et emprunts sans avoir besoin de leur approbation, à condition de les informer. Cependant, ils se réservent le droit de confirmer l'élection du supérieur du Séminaire de Québec et d'intervenir en cas d'abus de pouvoir. Tout cela est sous condition de l'autorisation de l'évêque, qui ratifie et approuve l'acte, stipulant que le supérieur élu doit recevoir sa bénédiction et celle de ses successeurs.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13304" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13305" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>DOCUMENTS&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
parties comparantes esd. noms les quelles ont promis de se rendre et payer&#13;
l'une delles a l'autre tous cousts, frais, mises, depends, domages et interests,&#13;
qui faits et encourus seroient a faute de Lentretenement, et execution de&#13;
tout le contenu en ces dites presentes, et ces dites lettres patentes selon et&#13;
ainsy que dit est, en ce pourchassant et requerant, sous l'obligation et&#13;
hypotecque de tous leurs biens presens et advenir, et du dit Seminaire de&#13;
paris qu'ils es dits noms et qualitez en ont soumis a la justice, jurisdiction,&#13;
contrainte de la ditte prevosté de paris, et ont en ce faisant renoncé de part&#13;
et d'autre a toutes choses a ce contraires ; mesme au droit disant generalle&#13;
renonciation non valoir, si la specialle ne precede. EN TESMOIN de quoy&#13;
Nous (a la relation des dits notaires) avons fait mettre le scel de la ditte&#13;
prevosté de paris a ces dittes presentes, qui furent faittes, et passées au dit&#13;
Seminaire de paris en la ditte rue du bac le vingtneuf jour de janvier mil six&#13;
cents soixante cinq apres midy, et ont signé la minutte des dittes presentes&#13;
demeuré au dit Muret laisné l'un des dits notaires. Ensuitte la teneur des&#13;
dittes lettres patentes, et de la ditte lettre missive. [....... ]Collationné à la&#13;
grosse originalle, rendue à l'instant, par le Notaire Gardenotes du Roy&#13;
Nostre Sire en la prevosté de Quebecq en la Nouvelle france soubsné aud.&#13;
Quebecq ce vingtiesme jour de decembre gbj' quatre vingt dix,&#13;
RAGEOT [avec paraphe]&#13;
[endossé de la même main] copie collationnée des letes d'etablissement&#13;
du Semre des miss. estr. 1665 29 janvier qui contiennent la 1ere Union du&#13;
Semre de Quebec avec celuy des Missions estrangeres.&#13;
XIII. - NOMINATION DU PREMIER SUPÉRIEUR&#13;
DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
29 mars 1665&#13;
ASQ, Séminaire 1, n° 10 1&#13;
&#13;
Nous sous signez supérieur et directeurs du seminaire des pays&#13;
etrangers pour la conversion des Infidelles étably a paris au faubourg&#13;
St Germain ruë du Bacq tant de lauthorité du Roy très chrestien Louis&#13;
quatorze heureusemt régnant, comme il paroist par ses lettres patentes&#13;
vérifiées en parlement que de !'Approbation de haut et puissant&#13;
prince Henry de Bourbon duc de Verneüil abbé et seigneur spirituel de&#13;
St Germain despréz comme il apert par ses lettres dèrection dudit seminaire&#13;
lesquelles ont esté confirmées par l'eminentissime Cardinal de l'Eglise&#13;
Romaine Flavius Chigi Legat à latere en f rance de nre St Pere Alexandre&#13;
1. Bel original en papier (dimensions 14 par 9¼ pouces); une page et un tiers d'une&#13;
écriture non identifiée, sans doute celle d'un prêtre du Séminaire de Paris.&#13;
&#13;
�HISTOIRE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
Septiesme. EN conséquence du pouvoir qui a esté donné a nous et nos&#13;
successeurs Par Messre françois de Laval Evesque de petrée vicaire&#13;
Apostolique du S1 Siege en tous les païs de la nouvelle france et nommé par&#13;
le Roy premier evesque titulaire du Païs de gouverner le Seminaire etably a&#13;
quebec q1 a uny et soumis pour tousjours au nostre pour en estre desormais&#13;
une dépendance, attendu que l'un et l'autre ont une mesme fin, scavoir la&#13;
conversion des Infidelles, comme il paroist par les actes d'union, de&#13;
subordination et de dependance qui en ont esté dressés tant a paris qu'a&#13;
Quebecq et estant necessaire de pourvoir ledit Seminaire de Quebecq d'un&#13;
superieur, nous estant pour cet effect assembléz dans le lieu ordre de nos&#13;
deliberations, apres avoir demandé lumière a Dieu, examiné meurement&#13;
l'affaire et pris les suffrages des directeurs et officiers presents, nous avons&#13;
eleu et choisi, nous élisons et choisissons, avons nommé et nommons par&#13;
ces presentes Mre Henry de Bernieres Ptre du diocese de Bayeux pour&#13;
premier superieur dudit Séminaire étably a quebecq pour la conversion des&#13;
Infidelles pendant le temps de trois années, affin de le gouverner et de le&#13;
regir avecq la prudence et le zele que nous nous contions estre en sa&#13;
personne et qui nous sont connuës, tant conformément aux regles et&#13;
constitutions de la ste Eglise qu'a celles qui sont propres et particulieres&#13;
audit Seminaire. Et pour cet effect nous luy donnons toute l'authorité aux&#13;
fins dudit gouvernement et de ladite superiorité qui nous apartiendroit si&#13;
nous estions presents, en vertu des susdites lettres qui nous ont esté&#13;
accordées par Mond1 Seigr L'evesque de Petrée, affin qu'Iceluy Sieur de&#13;
bernieres puisse faire et exercer tous actes requis a la bonne conduitte dudit&#13;
Seminaire tant pour le spirituel que pour le temporel a l'avantage des&#13;
Ecclesiastiques qui y seront eslevez et rendus capables de servir l'Eglise.&#13;
Comme aussi coniointement avecq les autres Ecclesiastiques qui sont déja&#13;
associéz audit Seminaire de Quebecq de convenir ensemble et de choisir&#13;
par suffrages, les autres officiers subalternes audit superieur, comme&#13;
assistant, prefect des choses spirituelles et procureur, pour estre les choses&#13;
importantes deliberées, resolües et regles [sic] par leur participaon et bons&#13;
avis, le tout en la maniere la meilleure qu'il se pourra a la plus grande gloire&#13;
de Dieu, et a l'utilité et avancement spirituel des ecclesiastiques du pais de&#13;
la nouvelle france, en foy de quoy nous avons signé ce present acte de nre&#13;
main propre et y avons faict mettre le sceau de nre Seminaire, faict a Paris audit&#13;
Seminaires des etrangers ce ving neufiee mars mil six cents soixante et cinq.&#13;
VINCENT DE MINEUR&#13;
[sceau]2&#13;
&#13;
Supr.&#13;
&#13;
BEZARD&#13;
&#13;
MICHEL GAZIL, pror&#13;
[avec paraphe]&#13;
&#13;
2. Le sceau en question était de cire rouge ; il s'est entièrement effrité, avec te temps.&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique, publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et biographies, 1964, p. 25-26&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Nomination par le Séminaire de Paris du premier supérieur du Séminaire de&#13;
Québec (Paris, 29 mars 1665)&#13;
&#13;
Nous soussignés supérieur et directeurs du Séminaire des pays étrangers pour la&#13;
conversion des infidèles, établi à Paris, au faubourg Saint-Germain, rue du Bac,&#13;
tant de l’autorité du Roi Très Chrétien Louis XIV, heureusement régnant, comme&#13;
il paraît par ses lettres patentes, vérifiées en Parlement, que de l’approbation de&#13;
haut et puissant prince Henri de Bourbon, duc de Verneuil, abbé et seigneur&#13;
spirituel de Saint-Germain-des-Prés, comme il appert par ses lettres d’érection&#13;
dudit Séminaire, lesquelles ont été confirmées par l’éminentissime cardinal de&#13;
l’Église romain Flavio Chigi, légat a latere en France, Notre Saint-Père&#13;
Alexandre VII, en conséquence du pouvoir qui a été donné à nous et nos&#13;
successeurs par Messe François de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique du&#13;
Saint-Siège en tous les pays de la Nouvelle-France et nommé par le roi premier&#13;
évêque titulaire du pays, de gouverner le Séminaire établi à Québec, qu’il a uni et&#13;
soumis pour toujours au nôtre, pour en être désormais une dépendance, attendu&#13;
que l’un et l’autre ont une même fin, savoir la conversion des infidèles, comme il&#13;
paraît par les actes d’union, de subordination et de dépendance qui en ont été&#13;
dressés tant à Paris qu’à Québec et étant nécessaire de pourvoir ledit Séminaire de&#13;
Québec d’un supérieur ;&#13;
nous, étant pour cet effet assemblés dans le lieu ordinaire de nos délibérations,&#13;
après avoir demandé lumière à Dieu, examiné mûrement l’affaire et pris suffrage&#13;
des directeurs et officiers présents, nous avons élu et choisi, nous élisons et&#13;
choisissons, avons nommé et nommons par ces présentes M. Henri de Bernières,&#13;
prêtre du diocèse de Bayeux, pour premier supérieur dudit Séminaire établi à&#13;
Québec pour la conversion des infidèles, pendant le temps de trois années, afin de&#13;
le gouverner et de le régir avec la prudence et le zèle que nous nous comptions&#13;
être en sa personne et qui nous sont connus, tant conformément aux règles et&#13;
constituions de la sainte Église qu’à celles qui sont propres et particulières audit&#13;
Séminaire, et pour cet effet, nous lui donnons toute l’autorité aux fins dudit&#13;
gouvernement et de ladite supériorité qui nous appartiendrait si nous étions&#13;
présents, en vertu des susdites lettres qui nous ont été accordées par mondit&#13;
seigneur l’évêque de Pétrée, afin qu’icelui sieur de Bernières puisse faire et exercer&#13;
&#13;
�tous actes requis à la bonne conduite dudit Séminaire, tant pour le spirituel que&#13;
pour le temporel, à l’avantage des ecclésiastiques qui y seront élevés et rendus&#13;
capables de servir l’Église, comme aussi conjointement avec les autres&#13;
ecclésiastiques qui sont déjà associés audit Séminaire de Québec de convenir&#13;
ensemble et de choisir par suffrage les autres officiers subalternes audit supérieur,&#13;
comme assistant, préfet des choses spirituelles et procureur, pour être les choses&#13;
importantes délibérées, résolues et réglées par leur participation et bons avis, le&#13;
tout en la manière la meilleure qu’il se pourra, à la plus grande gloire de Dieu et à&#13;
l’utilité et avancement spirituel des ecclésiastiques de pays de la Nouvelle-France.&#13;
En foi de quoi, nous avons signé ce présent acte de notre main propre et y avons&#13;
fait mettre le sceau de notre Séminaire, fait à Paris audit Séminaire des étrangers,&#13;
ce 29e mars 1665,&#13;
Vincent de Meur, supérieur,&#13;
Bésard,&#13;
Michel Gazil, procureur.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 25-26.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Les autorités du Séminaire de Paris confirment l’élection de Bernières comme premier supérieur du Séminaire de Québec, et ce, pour 3 années, conformément aux lettres patentes.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369495"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 10&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12991" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12990" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographies&lt;/em&gt;, 1964, p. 25-26&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Éclaircissements du Séminaire de Paris sur les remarques de Glandelet concernant&#13;
les Règlement généraux (Québec, 1683)&#13;
&#13;
Remarques de Glandelet&#13;
&#13;
Éclaircissements du Séminaire de Paris&#13;
&#13;
Voici quelles sont nos vues sur le projet des règlements&#13;
généraux que vous nous avez envoyés et sur les remarques&#13;
que vous avez faites touchant nos règlements particuliers.&#13;
Sur les règlements généraux&#13;
Touchant l’article 9, où il est dit que pour pratiquer le&#13;
dégagement des biens temporels, les sujets des Séminaires&#13;
des Missions étrangères doivent toujours avoir devant les&#13;
yeux les Apôtres et les premiers disciples de Jésus-Christ, qui&#13;
faisaient gloire de n’avoir rien en particulier et de mettre tout&#13;
en commun, etc. Il semble que la communauté des biens soit&#13;
essentielle à cette règle de quelque manière qu’on l’observe,&#13;
c’est-à-dire soit qu’on se désapproprie de son principal&#13;
revenu ou du revenu seulement, soit qu’on le fasse par vœu&#13;
ou par serment ou par un simple propos, mais si l’on borne&#13;
son dégagement à user de ses revenus par l’avis des&#13;
supérieurs, il ne sera pas autre que celui qu’ont coutume de&#13;
pratiquer dans le monde plusieurs personnes vertueuses qui&#13;
ne veulent disposer de leurs biens, non plus que d’ellesmêmes et de leurs emplois que par l’avis de leur directeur ;&#13;
or, il est extrêmement à désirer qu’aucun des Séminaires des&#13;
Missions étrangères ne se contente de cela, mais qu’ils&#13;
entrent tous dans la communauté et désappropriation des&#13;
biens temporels, au moins pour ce qui regarde le revenu.&#13;
1° Cette communauté ou désappropriation a&#13;
toujours été l’une des principales règles et&#13;
pratiques du Séminaire de Jésus-Christ,&#13;
premier et fondamental Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Il est donc à propos&#13;
qu’elle soit aussi pratiquée dans tous les&#13;
Séminaires des Missions étrangères, puisque&#13;
les sujets qui les composent font une&#13;
profession si particulière d’imiter la vie de&#13;
Notre-Seigneur et des apôtres.&#13;
2° Tous les Séminaires des Missions&#13;
étrangères ne devant faire qu’un même&#13;
&#13;
Il faut considérer [que ce]&#13;
n’est qu’un ébauchement,&#13;
qu’il n’y a rien de fixé,&#13;
qu’on l’examinera&#13;
derechef, que l’expérience&#13;
avec le temps fera voir ce&#13;
qu’il faudra changer,&#13;
ajouter, ou diminuer.&#13;
Touchant le dégagement&#13;
dont il est parlé en l’article&#13;
9e, on trouve bon ce qu’on&#13;
en a remarqué et on&#13;
approuve les raisons qu’on&#13;
en apporte, ceux qui&#13;
composent le Séminaire de&#13;
Paris souhaitent le&#13;
pratiquer, mais l’état&#13;
présent du Séminaire et&#13;
des affaires de quelquesuns des particuliers ne le&#13;
permettant pas encore, la&#13;
grâce avec le temps y fera&#13;
entrer tous les sujets et on&#13;
élèvera dans cet esprit de&#13;
dégagement au Séminaire&#13;
de Paris tous ceux qui y&#13;
seront formés pour les&#13;
missions.&#13;
De toutes ces raisons, je&#13;
conclus [que], quoiqu’on&#13;
pratique le dégagement et&#13;
&#13;
�corps avec celui de Paris (selon l’article 24&#13;
du projet), ils doivent tous s’accorder dans&#13;
les points principaux et essentiels, l’un&#13;
desquels est sans doute la communauté des&#13;
biens, dont la pratique ne dépend pas de la&#13;
situation des lieux quant à la substance, mais&#13;
seulement pour la manière, qui n’est&#13;
qu’accidentelle.&#13;
3° Le Séminaire de Paris étant comme le chef&#13;
des autres Séminaires, ainsi qu’il est dit en&#13;
l’article 26 du projet, il faut qu’il soit en état&#13;
de leur communiquer aussi bien par son&#13;
exemple que par ses avis et sa direction&#13;
l’esprit de grâce qui les doit tous animer.&#13;
4° Ajouter que le Séminaire de Paris devant&#13;
fournir des sujets aux autres Séminaires soit&#13;
pour les remplir, soit même pour les former&#13;
et conduire, il faut que ces sujets puissent&#13;
répandre ou réparer ou maintenir et&#13;
perfectionner l’observance des règles qui y&#13;
ont été établies. Or, comment des personnes&#13;
qui viendraient ici par exemple du&#13;
Séminaire de Paris, où chacun est&#13;
propriétaire de son bien, goûteront-ils ou&#13;
inspireront-ils avec onction l’observance&#13;
d’une règle qui en prescrit la désappropriation ?&#13;
5° Il faut que des règlements généraux, sur&#13;
lesquels chaque Séminaire doit faire ses&#13;
règlements particuliers, les contiennent tous&#13;
en substance, à peu près (pour me servir de&#13;
ces termes) comme le genre contient ses&#13;
espèces, autrement comment seraient-ils&#13;
communs à tous les Séminaires ? Or, le&#13;
simple usage de ses revenus par l’avis des&#13;
supérieurs, dont il est fait mention au projet,&#13;
ne convient pas proprement à la&#13;
communauté des biens qui a toujours été en&#13;
pratique dans le Séminaire de Québec et ce&#13;
qui est ajouté au même endroit, que cet&#13;
usage de son revenu se fera plus ou moins&#13;
parfaitement dans chacun des Séminaires&#13;
selon la facilité des lieux où ils seront établis,&#13;
ne semble pas même s’y accommoder,&#13;
puisque de quelque manière qu’on s’engage&#13;
&#13;
la désappropriation des&#13;
biens temporels, il n’en&#13;
faut rien écrire dans les&#13;
règlements généraux&#13;
présentement, d’autant&#13;
que si cela venait à être&#13;
connu, on ne pourrait&#13;
éviter les grands&#13;
inconvénients qu’on&#13;
prévoit qui en arriveraient,&#13;
mais il le faut pratiquer&#13;
par une tradition&#13;
constante et inviolable&#13;
dans les séminaires.&#13;
&#13;
�à recourir à l’avis des supérieurs pour user&#13;
de ses revenus, ce recours suppose nécessairement qu’ils ne soient point en commun,&#13;
mais qu’on les possède en propre.&#13;
6° Je ne dis rien des grands avantages qui se&#13;
rencontrent dans cette communauté, où [la]&#13;
désappropriation des biens temporels [se&#13;
pratique] pour soutenir et avancer l’œuvre&#13;
de Dieu. C’est une chose sur laquelle la foi,&#13;
la raison et l’expérience fournissent&#13;
plusieurs raisonnements, qui en convainquent pleinement de toutes ces raisons. Je&#13;
conclus que la communauté des biens&#13;
devrait être insérée dans les règlements&#13;
généraux et pratiquée d’abord au moins par&#13;
les officiers qui auront le gouvernement de&#13;
chaque Séminaire. La grâce fera sans doute&#13;
entrer dans ces dispositions.&#13;
[Le] secret&#13;
Nous ne pensons pas néanmoins que ces règlements&#13;
généraux doivent être connus, parce que cette connaissance&#13;
pourrait causer des oppositions capables d’invalider les&#13;
donations qui seraient faites à chaque Séminaire par les sujets&#13;
qui le composeraient, ce qui produirait, ce semble, le même&#13;
effet quand même on n’y ferait mention, comme vous avez&#13;
fait que de disposer de son revenu par l’avis du supérieur,&#13;
comme l’expérience l’a déjà fait voir en plusieurs rencontres.&#13;
Je ne dis pas d’autres raisons que la suite de ces remarques&#13;
fera comprendre.&#13;
&#13;
Touchant les élections et la conduite&#13;
L’article 11, où il est dit qu’on traitera des affaires spirituelles&#13;
et temporelles dans l’assemblée générale qui se fera [avec]&#13;
tous les sujets du Séminaire après a cérémonie de la&#13;
rénovation, ne peut convenir à ce Séminaire, dont il est à&#13;
propos que toute la conduite soit résidente dans les officiers&#13;
seulement, tant pour ce qui regarde les élections que pour&#13;
toutes les autres affaires. Cela n’empêchera pas qu’on&#13;
assemble tous les sujets, comme il est dit dans le projet, mais&#13;
cette assemblée ne se tiendra que pour traiter des choses qui&#13;
&#13;
On pense qu’il est à&#13;
propos que les règlements&#13;
généraux soient conçus en&#13;
ces termes qu’ils puissent&#13;
être vus, parce qu’on ne&#13;
pourra pas l’éviter. Pour la&#13;
même raison, l’on&#13;
n’exprimera point dans les&#13;
règlements généraux&#13;
qu’on usera de ces biens&#13;
par l’avis des supérieurs,&#13;
mais on l’observera par la&#13;
même tradition.&#13;
On convient que, dans&#13;
l’assemblée générale qui se&#13;
fait après la rénovation,&#13;
l’on n’y traitera que des&#13;
choses dont on peut&#13;
donner connaissance à&#13;
tous ceux qui sont du&#13;
corps.&#13;
&#13;
�regardent le bon ordre et l’avancement spirituel du&#13;
Séminaire, comme sont l’observance des règles, l’acquis de&#13;
ses fonctions et emplois, les fautes qui pourraient s’y être&#13;
glissées, les moyens d’y remédier, etc., comme je l’ai mis&#13;
expressément dans les règlements particuliers, mais nous ne&#13;
voyons aucune apparence de donner aux associés du&#13;
Séminaire de Québec aucune voix active ou passive touchant&#13;
les élections du supérieur et des assistants et les autres&#13;
affaires qui appartiennent proprement à la conduite du&#13;
Séminaire., tant à cause que les choses vont bien mieux de&#13;
n’être pas laissées à la délibération de tant de personnes que&#13;
parce que les officiers, qu’on doit supposer les plus&#13;
expérimentés, s’ils étaient moindres en nombre que les autres&#13;
qui ne seraient que du corps du Séminaire de Québec,&#13;
seraient peut-être aussi les moindres en voix et en suffrage,&#13;
ce qui causerait de grands inconvénients, dont vous pouvez&#13;
aisément juger. Pour ce qui est de la jalousie qui pourrait&#13;
naître parmi les associés dont je vous avais parlée, cela&#13;
bientôt ne sera plus rien, chacun s’accoutum[ant] à notre&#13;
manière et quand on est une fois en possession d’une chose,&#13;
les autres n’y trouvent plus rien d’étrange.&#13;
&#13;
Pour ce qui regarde les&#13;
élections et le&#13;
gouvernement du&#13;
Séminaire, on trouve bon&#13;
que vous le pratiquiez&#13;
suivant la remarque que&#13;
vous en avez faite.&#13;
&#13;
Sur ceux qu’on incorpore au Séminaire de Paris&#13;
&#13;
Sur ceux qu’on incorpore,&#13;
ceux du Séminaire de&#13;
Paris qui seront envoyés&#13;
au Séminaire de Québec&#13;
n’y seront pas pour cela&#13;
officiers, à moins qu’ils ne&#13;
soient élus pour l’être.&#13;
&#13;
L’article 28, qui dit que ceux qu’on enverra dorénavant de&#13;
Paris dans les pays étrangers seront reçus à Paris si on le juge&#13;
à propos, ne semble pas avantageux [à] notre Séminaire, dans&#13;
lequel il pourrait arriver qu’ils ne fussent pas propres.&#13;
Ajouter qu’étant dit dans nos règlements particuliers qu’il&#13;
n’y aura que les officiers qui seront incorporés dans le&#13;
Séminaire de Paris, ceux qu’on enverra de Paris ici après les&#13;
avoir reçus, dès qu’ils arriveraient, devraient être officiers et&#13;
ainsi 1e les officiers se multiplieront dans peu ; 2e ils ne&#13;
pourraient que difficilement réussir dans la conduite,&#13;
n’ayant aucune expérience du pays ; 3e ajouter bien d’autres&#13;
inconvénients qu’il est aisé de prévoir.&#13;
&#13;
Vous vous contenterez du&#13;
nombre de vos cinq&#13;
officiers pour le&#13;
gouvernement du&#13;
Séminaire de Québec, au&#13;
lieu que le gouvernement&#13;
de celui de Paris sera entre&#13;
les mains de dix personnes&#13;
et outre ces personnes,&#13;
ceux qui seront&#13;
simplement associés ne&#13;
laisseront pas d’être du&#13;
corps des Séminaires&#13;
auxquels ils seront&#13;
associés.&#13;
&#13;
�Distinction à faire de ceux du corps et des associés&#13;
Comme je ne sais pas le pied sur lequel on peut mettre les&#13;
choses au Séminaire de Paris, après celui sur lequel elles y&#13;
ont été jusqu’à présent, je ne sais pas non plus s’il est bien&#13;
possible d’y faire la même distinction entre les officiers et les&#13;
associés comme elle est marquée dans nos règlements&#13;
particuliers, mais nous pensons qu’il serait bien mieux ainsi,&#13;
de sorte qu’il n’y eût proprement au Séminaire de Paris que&#13;
les officiers qui fussent du corps In ordine ad regimen1, ce qui&#13;
n’empêcherait pas qu’on n’y associât plusieurs sujets qui&#13;
seraient bien de son corps, mais sans avoir droit aux élections&#13;
non plus qu’à la conduite. Les premiers feraient le serment&#13;
ou vœu de stabilité à l’œuvre et d’observer les règles&#13;
essentielles et les autres s’engageraient aux mêmes règles que&#13;
par la récitation de la formule du bon propos ; et cette&#13;
différence ne serait point connue, qui est la façon que nous&#13;
avons mise dans nos règlements. Mais si l’on fait dessein&#13;
d’incorporer au Séminaire de Paris d’autres sujets que les&#13;
officiers pour avoir part à la conduite, quoiqu’en général&#13;
seulement, il n’en faudra pas faire une règle générale pour&#13;
tous les Séminaires des Missions étrangères et même en ce&#13;
cas-là, nous croyons que le temps qui est prescrit en&#13;
l’article 21 pour les éprouver, savoir d’un an outre les trois&#13;
mois de séjour au Séminaire, est trop court. La chose étant de&#13;
conséquence comme elle est, il faudrait avoir demeuré&#13;
plusieurs années au Séminaire avant d’y être incorporé, à&#13;
moins qu’il n’arrivât certains cas où la prudence dictât d’en&#13;
agir autrement.&#13;
&#13;
Touchant l’article 24, où il est dit que tous les Séminaires des&#13;
Missions étrangères ne feront qu’un corps avec celui de Paris,&#13;
je l’entends seulement des Séminaires en général, et non pas&#13;
de tous les sujets en particulier qui les composent. Ceux par&#13;
exemple qui ne seront que du corps du Séminaire de Québec,&#13;
comme sont les associés, ne devant pour cela être du corps&#13;
de Paris, l’union des Séminaires des Missions étrangères avec&#13;
les évêques des lieux où ils seront établis (dont il est parlé au&#13;
1er article du projet) pouvant être étendue, trop en faveur des&#13;
évêques, pourrait être préjudiciable aux Séminaires, sur&#13;
lesquels ils pourraient prétendre une trop grande inspection.&#13;
Il vaudrait mieux, ce semble, ne rien dire de cela.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
En règle générale&#13;
&#13;
Au regard de la probation,&#13;
on ne prétend pas que&#13;
tous les sujets doivent être&#13;
reçus au bout d’un an trois&#13;
mois, mais on veut dire&#13;
qu’on ne recevra aucun&#13;
plus tôt, se réservant&#13;
toujours la faculté de&#13;
prolonger autant de temps&#13;
que l’on jugera à propos.&#13;
Touchant le 24e article, cet&#13;
article s’entend suivant&#13;
votre remarque.&#13;
&#13;
�Voilà les vues que nous avons touchant le projet de&#13;
règlements généraux que vous nous avez envoyés, dans&#13;
lesquels il est très important d’insérer ce qu’on peut juger qui&#13;
serait à faire pour correspondre à l’esprit de grâce. Car des&#13;
règlements généraux subsistent. Neque facile est iis aut addere,&#13;
aut a liquid de ipsis detrahere2.&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
Il n’est pas facile d’ajouter ou d’enlever quoique ce soit à ces écrits.&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <description>A name given to the resource</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1683 – Éclaircissement du Séminaire de Paris sur les remarques de Glandelet concernant les Règlements&#13;
généraux&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 7a)&#13;
&#13;
De toutes&#13;
ces raiSons&#13;
Je Conclus&#13;
&#13;
1 Esclaircissement sur les remarques&#13;
2 faites sur le projet des Reglements generaux&#13;
3 Jl faut considerer nest qu’un esbauchement&#13;
4 quil ny a rien de fixé qu’on l’examinera de&#13;
5 rechef que l’experience avec le temps fera&#13;
6 voir ce quil faudra changer, adjouter ou&#13;
7 diminuer.&#13;
8 Touchant le degagement dont Jl est parlé&#13;
9 en l’article 9.e on trouve bon ce qu’on en a&#13;
10 remarqué &amp; on approuve les raisons qu’on&#13;
11 en apporte, ceux qui composent le seminaire&#13;
12 de Paris souhaittent le pratiquer. Mais&#13;
13 l’Estat present du Seminaire et des affaires&#13;
14 de quelques uns du Particuliers ne le&#13;
15 permettent pas encore La grace avec le&#13;
16 temps y fera entrer tous les Sujetz &amp;&#13;
17 on Eslevera dans cet Esprit de degagem.t&#13;
18 au seminaire de Paris tous ceux qui y&#13;
19 seront formez pour les Missions&#13;
20 Quoy qu’on pratique le degagement et la&#13;
21 desapropriation des biens temporels, Il&#13;
22 Jl n’en faut rien escrire dans les reglemens&#13;
23 generaux presentement d’autant que si&#13;
24 cela venoit a estre connu, on ne pourroit&#13;
25 Eviter les grands Jnconveniens, qu’on prevoit&#13;
26 qui en arriveroient mais Jl le faut prati=&#13;
27 quer par une tradition constante &amp;&#13;
28 Jnviolable dans les Seminaires.&#13;
29 On penSe quil est a propos que les&#13;
30 reglemens generaux soient conceus en&#13;
31 ces termes, quils puissent estre veus&#13;
32 par ce q.’on ne pourra pas lEviter&#13;
33 Pour la mesme raison l’on n’experimemra&#13;
34 point dans les reglemens generaux qu’on&#13;
35 usera de ses biens par ladvis des superie.’&#13;
36 mais on l’observera par la mesme tradition.&#13;
37 On Convient que dans lassemblée generalle&#13;
38 qui se fait apres la renovation lon ny&#13;
39 traittera que des choSes dont on peut&#13;
&#13;
�40 donner connoissance a tous ceux qui sont&#13;
41du Corps.&#13;
42 Pour ce qui regarde les Elections &amp; le gou&#13;
&#13;
Sur ceux q’on&#13;
Jncorpore&#13;
&#13;
touchant le 24e&#13;
article. ou il&#13;
&#13;
43 gouvernement du Seminaire on trouve bon&#13;
44 que vous le pratiquiez Suivant la remarque&#13;
45 que vous en avez fait&#13;
46 Vous vous contenterez du nombre de&#13;
47 vos cinq officiers pour le gouvernement&#13;
48 du Seminaire de Quebec au lieu que le&#13;
49 gouvernement de celuy de Paris sera&#13;
50 entre les mains de dix personnes Et&#13;
51 outre ces personnes ceux qui Seront&#13;
52 simplement associez ne laisseront&#13;
53 pas destre du Corps des Seminaires&#13;
54 aux quels Jls seront associez.&#13;
55 Ceux du Seminaire de Paris qui seront&#13;
56 envoyez au Semi.re de Quebec ny seront pas&#13;
57 pour cela officiers a moins quils ne Soient&#13;
58 esleus pour l’estre.&#13;
59 Au regard de la probation on ne pretend&#13;
60 pas que tous les Sujets doivent estre&#13;
61 receus au bout dun an trois mois, mais&#13;
62 on veut dire qu’on nen recevra aucun&#13;
63 aplus toSt Se reservant tous jours la&#13;
64 faculté de prolonger autant de temps&#13;
65 quon le Jugera a propos.&#13;
66 Cet article sSentend Suivant voStre&#13;
67 remarque&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2022&#13;
Note: Les deux premières inscriptions en marge étaient à droite dans l’original.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95 no 7a&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Éclaircissement du Séminaire de Paris sur les remarques de Glandelet concernant les Règlements généraux (Québec, 1683)</text>
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                <text>Les autorités du Séminaire de Paris répondent aux remarques du second assistant du supérieur du Séminaire de Québec concernant le projet de règlements généraux qui devraient régir les séminaires des Missions étrangères dans le monde, particulièrement en ce qui concerne la communauté des biens et la désappropriation des biens temporels, la gouvernance, les élections des officiers, les séminaristes, ainsi que les distinctions entre les officiers et les associés.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/373076" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 7a&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12847" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12848" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Avant 1682 – Remarques de Maizerets sur l'affiliation du Séminaire de Québec et de Paris&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 4)&#13;
No 102&#13;
lon&#13;
&#13;
+o&#13;
&#13;
1.o&#13;
&#13;
1&#13;
remarques sur le contract de&#13;
2&#13;
donation que m.g a fait de&#13;
3&#13;
son seminaire a celuy des missions&#13;
4&#13;
estrangeres de paris.&#13;
5 Jl y a trois choses dont la pratique es nest&#13;
6 pas possible, ou au moins a des suittes tres&#13;
7 preiudiciables.&#13;
8 la la premiere est que lelection le du superieur&#13;
9 et se doibt nommer par le seminaire de&#13;
10 paris, le qui ne ce et estre approuvé par&#13;
11 levesque.&#13;
12 comment le seminaire de paris poura&#13;
13 til nommer un superieur quil ne connoistra&#13;
14 pas, ny les qualités requises pour la conduitte&#13;
15 du seminaire de quebec qui est toute differente&#13;
16 de celuyux de france, et dont une personne&#13;
17 nest pas capable quels talens quil ait sil ny a&#13;
18 demeuré quelques années pour en prendre lesprit&#13;
19 et connoistre le païs. / si lon dira que ceux&#13;
20 qui sont dans le seminaire de quebec informeront&#13;
21 et donneront pleine connoissance de s sui la&#13;
22 qualité et capacité des personnes / il est aisé&#13;
23 de respondre que cest une occasion a la suitte&#13;
24 de plusieurs briques; de de et qua ceux&#13;
25 pouvant arriver que les esprits ne seront&#13;
26 tous iours pas dans le mesme union ou ils&#13;
27 sont et estant divisés a qui croiront ceux&#13;
28 de paris dans un si grand eleoignement&#13;
29 qui empe fait quil faut un an pour avoir&#13;
30 response. et sil arrive des difficultés de&#13;
31 la part de levesque ou mesme du seminaire&#13;
32 sur celuy qu’on auroit nommé il ny a point&#13;
33 de remede, et ce seroit une source de grandes&#13;
34 divisions.&#13;
35 le remede que nous avons trouvé pour&#13;
36 adiuster toutes choses avec ce qui est contenu&#13;
37 dans le contract. est que lelection du&#13;
38 superieur et des Assistans et autres officiers&#13;
39 se fasse comme a paris par ceux quils&#13;
40 auront receus et admis dans leurs corps qui&#13;
&#13;
�41 selon leurs regles ont voix elective. et&#13;
42 pour lors ils seront censés avoir esté et eleus&#13;
43 par eux, et sil lestant par ceux qui seront&#13;
44 des leurs, et selon leurs regles et pour lapprobation de levesque&#13;
45 elle paroist par le contract nestre requise&#13;
46 et necessaire qua pour legard de celuy qui&#13;
47 a fait le contract et non pas de ses successeurs.&#13;
48 ce quil faudra bien examiner.&#13;
&#13;
censés&#13;
&#13;
49 la seconde difficulté est sur les reglemens&#13;
50 de paris que lon est obligé de suivre, ce qui&#13;
51 ne se peut faire en aucune maniere comme&#13;
52 il est evident, estre a moins que de destruire&#13;
53 le seminaire ou tout est en communaute de&#13;
54 biens, et ou les employs et fonctions estant&#13;
55 fort differentes obligent aussy a des regles differentes&#13;
56 outre que le changement des temps obligera&#13;
57 souvent den changer adiouster ou retrancher&#13;
58 et partant il est necessaire que le seminaire&#13;
59 de paris donne pouvoir aux directeurs de&#13;
60 celuy de quebec de faire des regles, quils&#13;
61 approuveront, et seront par leur approbation&#13;
62 estre donnés par eux. Jl faut de plus&#13;
63 que les mesmes directeurs ayent pouvoir&#13;
64 dy changer pour de bonnes raisons ou dy&#13;
65 adiouster et diminuer., quo do mais ntans&#13;
66 mais non pas dans les regles essentiales&#13;
67 sans en avoir leur approbation.&#13;
68 la troisième difficulté est sur les biens&#13;
69 quon ne peut vendre ny aliener ny achepter&#13;
70 sans le consentement de ceux de paris ce qui&#13;
71 nest pas non plus possible en cest rencontres&#13;
72 comme / l experience le fait Voir.&#13;
73 la moderation que lon peut trouver est&#13;
74 que lon ne puisse vendre ny aliener les terres&#13;
75 et biens ces qui sont considerales, et qui sont&#13;
76 comme la fondation du seminaire comme&#13;
77 dont lon fairait mention telles quest toute&#13;
78 la seigneurie de la beaupré le cap tourmente&#13;
79 la baye sct paul. lisle de Jesus. sct michel&#13;
80 la pesche et lenclos de quebec. mais que&#13;
81 pour toutes les autres petites terres, quil&#13;
82 fust a la liberté des directeurs den disposer&#13;
&#13;
�83 selon quils iugeroient a propos.&#13;
84 Jl seroit necessaire de dresser un acte&#13;
85 signé des directeurs de paris par le quel&#13;
86 ils expliqueroient le dit contract en cette&#13;
87 maniere et approuveroient les reglemens&#13;
88 dans les quels tout cecy seroit contenu. donnant&#13;
89 pouvoir aux directeurs delire les officiers&#13;
90 faire des reglemens, et disposer des biens&#13;
91 qui ne seroient sur de la fondation, tels que&#13;
92 sons les sus nommés.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
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                    <text>Mémoire de Maizerets sur l'affiliation du Séminaire de Québec et de Paris&#13;
(Québec, avant 1682)&#13;
&#13;
Remarques sur le contrat de donation que Monseigneur fait de son Séminaire&#13;
à celui des Missions étrangères de Paris&#13;
Il y a trois choses dont la pratique n’est pas possible, ou au moins a des suites très&#13;
préjudiciables.&#13;
La 1re est que le supérieur se doit [être] nommé par le Séminaire de Paris et être&#13;
approuvé par l’évêque. Comment le Séminaire de Paris pourra-t-il nommer un&#13;
supérieur qu’il ne connaîtra pas, ni les qualités requises pour la conduite du&#13;
Séminaire de Québec qui est toute différente de ceux de France, et dont une&#13;
personne n’est pas capable, quelques talents qu’il ait, s’il n’y a demeuré quelques&#13;
années pour en prendre l’esprit et connaître le pays ? L’on dira que ceux qui sont&#13;
dans le Séminaire de Québec informeront et donneront pleine connaissance de la&#13;
qualité et capacité des personnes. Il est aisé de répondre que c’est une occasion à&#13;
la suite de plusieurs brigues pouvant arriver que les esprits ne seront toujours pas&#13;
dans la même union où ils sont et, étant divisés, à qui croiront ceux de Paris dans&#13;
un si grand éloignement, qui fait qu’il faut un an pour avoir réponse ? Et s’il arrive&#13;
des difficultés de la part de l’évêque ou même du Séminaire sur celui qu’on aurait&#13;
nommé, il n’y a point de remède et ce serait une source de grandes divisions.&#13;
Le remède que nous avons trouvé pour ajuster toutes choses avec ce qui est&#13;
contenu dans le contrat est que l’élection du supérieur et des assistants se fasse&#13;
comme à Paris par ceux qu’ils auront reçus et admis dans leurs corps, qui selon&#13;
leurs règles ont voix élective et pour lors, ils seront censés avoir été élus par eux et&#13;
l’étant par ceux qui seront des leurs et selon leurs règles ; et pour l’approbation de&#13;
l’évêque, elle paraît par le contrat n’être requise et nécessaire qu’à l’égard de celui&#13;
qui a fait le contrat et non pas ses successeurs, ce qu’il faudra bien examiner.&#13;
La 2e difficulté est sur les règlements de Paris, que l’on est obligé de suivre, ce qui&#13;
ne se peut faire en aucune manière, comme il est évident, à moins que de détruire&#13;
le Séminaire, où tout est en communauté de biens et où les emplois et fonctions,&#13;
&#13;
�étant fort différentes, obligent aussi à des règles différentes, outre que le&#13;
changement des temps obligera souvent d’en changer, ajouter ou retrancher ; et&#13;
partant, il est nécessaire que le Séminaire de Paris donne le pouvoir aux directeurs&#13;
de celui de Québec de faire des règles, qu’ils approuveront, et seront par leur&#13;
approbation censé être donnée par eux. Il faut de plus que les mêmes directeurs&#13;
aient pouvoir d’y changer pour de bonnes raisons ou d’y ajouter et diminuer, mais&#13;
non pas dans les règles essentielles, sans leur approbation.&#13;
La 3e difficulté est sur les biens, qu’on ne peut vendre, ni aliéner, ni acheter sans le&#13;
consentement de ceux de Paris, ce qui n’est pas non plus possible en ces rencontres,&#13;
comme l’expérience le fait voir. La modération que l’on peut trouver est que l’on&#13;
ne puisse vendre ni aliéner les terres et biens qui sont considérables et qui sont&#13;
comme la fondation du Séminaire, dont l’on ferait mention, telle qu’est toute la&#13;
seigneurie de Beaupré, le Cap-Tourmente, la Baie-Saint-Paul, l’île Jésus, SaintMichel, la pêche et l’enclos du Québec ; mais que pour toutes les autres petites&#13;
terres, qu’il fût à la liberté des directeurs d’en disposer selon qu’ils jugeraient à&#13;
propos.&#13;
Il serait nécessaire de dresser un acte signé des directeurs de Paris, par lequel ils&#13;
expliqueraient ledit contrat en cette manière et approuveraient les règlements dans&#13;
lesquels tout ceci serait contenu, donnant pouvoir aux directeurs d’élire les&#13;
officiers, faire des règlements et disposer des biens qui ne seraient la fondation,&#13;
tels que sont les susnommés.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>Mémoire de Maizerets sur l'affiliation des Séminaires de Québec et de Paris (Québec, avant 1682)</text>
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                <text>Le premier assistant du supérieur du Séminaire de Québec soulève plusieurs difficultés concernant l’union avec le Séminaire de Paris, souhaitée par Laval, 1er évêque de Québec. Quelle autorité doit avoir la France sur la gouvernance de celui de Québec? Des solutions sont proposées.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/266388"&gt;Original en français classsique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 4&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13928" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12833" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Projet de règlements de Glandelet pour les Séminaires des Missions étrangères&#13;
(Québec, avril 1682)&#13;
&#13;
Projet de règlement pour le Séminaire des Missions étrangères établi à Paris, par&#13;
lettres patentes, etc., et tous les autres qui lui sont et seront unis&#13;
&#13;
1° Les Séminaires des Missions étrangères sont établis pour procurer la gloire de&#13;
Dieu en concourant chacun en leur manière à la conversion des infidèles dans les&#13;
lieux des nations étrangères soumis à la juridiction des évêques titulaires ou&#13;
vicaires apostoliques, avec lesquels ces séminaires seront unis.&#13;
2° Les sujets de ces Séminaires sont unis ensemble par le lien d’une charité si&#13;
parfaite, qu’à l’exemple des premiers chrétiens, ils n’aient tous qu’un cœur et&#13;
qu’une âme et qu’on les reconnaisse à cette marque pour [de] vrais disciples de&#13;
Jésus-Christ.&#13;
3° Ils se consacrent à l’œuvre des missions en prononçant la formule du bon&#13;
propos qu’ils font d’y travailler toute leur vie, suivant les règles et constitutions&#13;
desdits Séminaires incompatibles.&#13;
4° Ils honorent Notre-Seigneur Jésus-Christ et la Très Saint Vierge, sa Mère, comme&#13;
leurs principaux patrons, dont ils tâcheront de pratiquer les vertus autant qu’il&#13;
leur sera possible pour se rendre dignes de leur protection.&#13;
5° Ils imiteront l’obéissance que le Verbe incarné a rendue à Dieu son père et à ses&#13;
parents sur la terre pour la dépendance qu’ils auront de leurs supérieurs pour le&#13;
choix de leurs emplois, l’acceptation des bénéfices et la disposition de leur&#13;
personne.&#13;
6° Ils n’auront pas moins de soin d’imiter l’admirable pureté de la Sainte Vierge et&#13;
ils vivront de manière qu’ils ne donnent pas occasion d’être même soupçonnés des&#13;
moindres choses contraires à cette vertu si importante aux ouvriers évangéliques.&#13;
&#13;
�7° L’oraison et la tendance continuelle à l’union avec Dieu sera leur exercice le plus&#13;
ordinaire pour de former, sur l’exemple de saint Joseph, à la vie intérieure, qui est&#13;
l’âme des emplois apostoliques.&#13;
8° Ils s’emploieront au salut des âmes avec un zèle aussi ardent, aussi sage, aussi&#13;
désintéressé et aussi universel que le font les anges gardiens, sans jamais perdre la&#13;
vue du Père céleste et ils se souviendront que les prêtres, et particulièrement les&#13;
missionnaires, sont les anges visibles du Seigneur dans son Église.&#13;
9° Pour pratiquer le dégagement des liens temporels, ils auront toujours devant&#13;
les yeux les apôtres et les premiers disciples de Jésus-Christ, qui faisaient gloire de&#13;
n’avoir rien en particulier et de mettre tout en commun, et quoiqu’ils ne renoncent&#13;
pas à la propriété de ces mêmes biens, ils useront néanmoins des revenus par l’avis&#13;
des supérieurs, ce qui se fera plus ou moins parfaitement dans chacun des&#13;
séminaires selon l’usage et la facilité des lieux où ils seront établis.&#13;
10° Comme ils doivent être animés du même esprit, ils garderont au dehors le plus&#13;
d’uniformité qu’il se pourra dans leur conduite pour le vivre, le vêtir, les meubles,&#13;
etc.&#13;
11° On fera tous les ans la cérémonie de la rénovation, après laquelle on tiendra&#13;
une assemblée générale de tous les sujets qui pourront s’y trouver commodément.&#13;
On fixera pour toujours dans chaque année le mois et le jour de cette assemblée et&#13;
elle durera autant qu’on le jugera nécessaire pour y traiter les affaires spirituelles&#13;
et temporelles.&#13;
12° On fera aussi tous les ans les exercices spirituels, avec la confession annuelle,&#13;
pour purifier sa conscience et s’animer tout de nouveau à servir Dieu.&#13;
13° Les prêtres diront religieusement tous les jours la messe et ceux qui ne le font&#13;
pas, l’entendront. Ils y communieront au moins tous les dimanches et fêtes et&#13;
quand il n’y aura point de fête en la semaine, ils communieront le jeudi.&#13;
&#13;
�14° On prendra son confesseur et directeur dans le nombre de ceux qui sont du&#13;
corps, et néanmoins, le supérieur pourra consentir qu’on en use autrement pour&#13;
des raisons particulières.&#13;
15° On choisira aussi un admoniteur qu’on aura soin de voir de temps en temps&#13;
pour lui demander ses bons avis sur les fautes qu’il aura pu remarquer dans notre&#13;
conduite extérieure.&#13;
16° Chacun servira exactement l’ordre dans lequel il sera, pour tous les exercices&#13;
de la journée, et surtout pour l’heure et le temps de l’oraison mentale et de l’office&#13;
divin. On ne manquera point à faire en particulier sa lecture spirituelle en temps&#13;
raisonnable.&#13;
17° Chaque Séminaire aura cinq officiers pour le gouverner, savoir un supérieur,&#13;
un ou deux assistants, un procureur et un ou deux conseillers. Tous ces officiers&#13;
auront leurs règles particulières qu’ils liront de temps en temps.&#13;
18° Le supérieur et les officiers seront élus dans chaque Séminaire, selon l’usage&#13;
des lieux et les lettres de son établissement.&#13;
19° Les Séminaires seront obligés de garder chacun leurs sujets, sains et malades,&#13;
tant qu’ils vivront, selon l’ordre et de faire après leur mort les prières ordinaires ;&#13;
mais s’il arrive qu’ils soient de mauvais exemples au-dedans ou au-dehors, on les&#13;
priera de se retirer, après avoir gardé avec eux toutes les mesures, de la charité et&#13;
de la prudence chrétienne et après avoir conclu la chose par la délibération des&#13;
cinq officiers en qui résidera le pouvoir de congédier les sujets. Cette délibération&#13;
n’aura de force qu’autant qu’il y aura quatre voix des cinq et s’il arrive que&#13;
quelqu’un des officiers soit absent, on appellera en sa place le plus ancien du corps.&#13;
20° Les ecclésiastiques qu’on recevra seront au moins sous-diacres et si l’on associe&#13;
quelques laïcs, on ne les prendre qu’à l’âge de 30 ans, après qu’ils auront fait un&#13;
vœu de célibat.&#13;
&#13;
�21° Les ecclésiastiques qu’on voudra recevoir demeureront au moins trois mois au&#13;
Séminaire avant que de commencer leur épreuve, et cette épreuve durera au moins&#13;
un an entier depuis qu’on les aura avertis jusqu’à ce qu’on les reçoive. Ce&#13;
règlement ne sera que provisionnel.&#13;
Nota : À l’égard des laïcs, on consultera plus à fond s’il est à propos d’en associer&#13;
quelqu’un ou seulement de les affilier selon la coutume introduite dans plusieurs&#13;
ordres et supposé qu’on les associe, il faudra voir en quel rang on les tiendra, en&#13;
quoi ils différeront des ecclésiastiques et des domestiques, quels emplois ils auront&#13;
et à quelles affaires ils pourront avoir part.&#13;
22° Les domestiques demeureront au moins six mois dans le Séminaire avant que&#13;
de commencer leur probation, qui durera au moins un an, après quoi si on les juge&#13;
propres à servir la maison, on les assurera par quelque acte dont il faudra convenir.&#13;
23° Les qualités des personnes qu’on recevra du corps sont : qu’ils soient d’une&#13;
famille sans tache, d’un esprit raisonnable, d’un bon naturel, de bonnes mœurs et&#13;
de bonne santé. Ils doivent avoir de quoi subsister honnêtement et néanmoins on&#13;
pourra avoir égard au mérite et au talent des personnes.&#13;
24° Tous les séminaires des Missions étrangères ne font qu’un même corps avec&#13;
celui de Paris.&#13;
25° Ils auront tous les mêmes règles générales et chacun pourra avoir ses&#13;
constitutions particulières.&#13;
26° Celui de Paris sera comme le chef de tous les autres, sur lequel par conséquent&#13;
il aura inspection et ils auront rapport avec lui dans les affaires générales et&#13;
principales.&#13;
27° Comme les ouvriers qui travaillent à présent dans les Missions étrangères des&#13;
Indes orientales et du Canada n’ont pas été tous reçus du corps du Séminaire de&#13;
Paris, ce Séminaire enverra au supérieur de chaque séminaire, duquel ces ouvriers&#13;
&#13;
�auront dépendance, le pouvoir de les recevoir selon qu’il les en jugera capables&#13;
avec son conseil.&#13;
28° Ceux qu’on enverra dorénavant de Paris dans les pays étrangers seront reçus&#13;
si on le juge à propos et avant que de les recevoir, ils feront une espèce de noviciat&#13;
sous la conduite d’un maître qui en aura soin de les former à la vertu et d’un autre&#13;
qui les formera dans la connaissance des choses nécessaires à leur vocation,&#13;
comme sont la théologie, l’Écriture sainte, les cas de conscience, l’administration&#13;
des sacrements, le chant, les cérémonies, les rubriques, la méthode de catéchiser,&#13;
de prêcher, de faire des conférences, de diriger des retraites, d’établir de petites&#13;
écoles et de converser saintement et utilement avec le prochain, etc.&#13;
29° On le mènera aussi en quelques missions du royaume avant leur départ pour&#13;
voir comment ils s’y comporteront et le supérieur de Paris les assemblera de mois&#13;
en mois pour voir le progrès qu’ils font, tantôt dans une chose et tantôt dans une&#13;
autre.&#13;
30° Les vicaires apostoliques des Indes et l’évêque de Canada ont été considérés&#13;
jusqu’à présent comme du corps du Séminaire, mais s’il arrive à l’avenir qu’ils n’en&#13;
soient pas, on les priera de ne disposer des sujets du corps que de concert avec le&#13;
supérieur de chaque Séminaire, afin qu’il puisse mieux répondre de leur conduite.&#13;
Projet de constitutions particulières pour le Séminaire de Paris&#13;
1° Touchant le 9e règlement général, on le pratiquera en particulier :&#13;
1er en rendant compte tous les ans au supérieur de ce qu’on aura reçu&#13;
de son revenu ;&#13;
2e en laissant fixer au même supérieur, tout seul ou avec ses&#13;
assistants, combien on en appliquera à sa pension et à son entretien ;&#13;
3e en employant le reste par l’avis du même supérieur ;&#13;
4e en n’achetant ni livres ni meubles que par le même avis et en&#13;
gardant beaucoup de modération pour le prix.&#13;
&#13;
�2° Touchant le 6e règlement, on gardera l’uniformité :&#13;
1er dans la pension qui sera ordinairement de 400 livres ;&#13;
2e tous seront traités également au réfectoire exceptés les infirmes,&#13;
quelque pension que chacun paye ;&#13;
3e ils éviteront tous de certaines étoffes, comme la soie et d’autres qui&#13;
auraient trop de lustre et qui seraient au-dessus d’un prix médiocre ;&#13;
4e autant qu’ils pourront, ils ne porteront pas le deuil de leurs&#13;
parents ;&#13;
5e chacun se passera, autant qu’il sera possible, de valet particulier et&#13;
en cas qu’il en ait besoin, il ne le prendra que de l’avis du supérieur.&#13;
3° Touchant le 5e règlement, la dépendance qu’on aura pour imiter l’obéissance de&#13;
Jésus-Christ consistera :&#13;
1e à ne prendre aucun emploi permanent que du consentement des officiers&#13;
du corps et à n’en refuser aucun de ceux qui seront présentés par eux, après&#13;
qu’on leur aura représenté ses raisons ;&#13;
2e à accepter sans résistance les charges auxquelles on aura été élu ;&#13;
3e à se borner aux études qu’on nous aura marquées dans l’assemblée&#13;
générale ;&#13;
4e à ne point prendre d’occupation passagère de quelques jours ou de&#13;
quelques semaines sans l’agrément du supérieur ;&#13;
5e pour faire des voyages d’un mois et au-dessous, le consentement du&#13;
supérieur seul suffira, mais pour ceux qui dureront davantage, il faudra le&#13;
consentement des officiers, si ce n’est que la chose fut si pressée qu’on n’eût&#13;
pas le temps de les assembler ;&#13;
6e à ne jamais coucher hors du Séminaire sans la permission du supérieur&#13;
et à ne pas sortir pour des visites ou autres affaires sans l’en avertir ou celui&#13;
qui le représentera.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1682, avril – Projet de règlements de Glandelet pour les Séminaires des Missions étrangères&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 1)&#13;
1682&#13;
&#13;
1.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
3.&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
1&#13;
No 88&#13;
2 Projet de reglemens pourle seminaire&#13;
3 des MiSsions Etrangères Etabli a Paris&#13;
4 par lettres patentes &amp;c Et de touS les&#13;
5 autres qui luy Sont et Seront unis.&#13;
6 Les seminaires des MiSsions etrangères Sont etablis pour&#13;
7 procurer la gloire de Dieu en concourant chacun en leur&#13;
8 maniere a la converSion des Jnfidelles dans les lieux des&#13;
9 nations Etrangeres soumis a la JuriSdiction des Evèques&#13;
10 titulaires ou vicaires ApoStoliques avec leS quels ces&#13;
11 seminaires seront unis.&#13;
12 Les sujets de ces seminaires sont unis ensemble par le lien d’une&#13;
13 charité si parfaite qu’a l’exemple des premiers Chrétiens&#13;
14 ils n’ayent tous qu’un cœur et qu’une ame et qu’on&#13;
15 les reconnoiSSe a cette marque pour vrays diSciples de&#13;
16 JeSus ChriSt.&#13;
17 Jls se consacrent a L’euvre des miSSions en prononcant&#13;
18 la formule du bon propos qu’ils font d’y travailler toute&#13;
19 leur vie suivant les regles et constitutions des dits seminaires.&#13;
20 incompatibles. 4. Jls honorent Nre seigr JeSuS C. La&#13;
21 tres Ste vierge Sa Mere comme leurs principaux patrons&#13;
22 dont ils tacheront de pratiquer les vertus autant&#13;
23 qu’il leur Sera poSSible pour Se rendre dignes de&#13;
24 leur protection.&#13;
25 Jls imiteront L’obeiSSance que Le Verbe Jncarné a&#13;
26 rendue a Dieu Son Pere et a Ses parens Sur la terre&#13;
27 par la dependance qu’ils auront de leurs supérieurs&#13;
28 pour le choix de leurs emplois, l’acceptation des&#13;
29 benefices et la disposition de leurs personnes.&#13;
30 Jls n’auront pas moins de Soin d’imiter l’admirable&#13;
31 pureté de La Ste Vierge, et ils vivront de maniere&#13;
32 qu’ils ne puiSSent donnent pas occaSion d’eStre mesme&#13;
33 soupçonnés des moindres choSes contraires a cette vertu&#13;
34 si importante aux ouvriers Evangéliques,&#13;
35 L’oraiSon et La tendance continuelle a l’union avec Dieu&#13;
36 Sera leur exercice le plus ordinaire pour Se former Sur&#13;
37 l’exemple de St JoSeph a la vie interieure qui eSt l’ame&#13;
38 des emplois ApoStoliques.&#13;
39 Jls s’emploiront au Salut deS ames avec un zéle auSSi&#13;
40 ardent auSSi Sage auSSi deSintereSSé et auSSi univerSel&#13;
&#13;
�9&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
12.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
15.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
41 que le font les Anges Gardiens sans jamais perdre la vue&#13;
42 du Pere CeleSte, et ils Se Souviendront queles PreStres&#13;
43 et particulierement les MiSSionnaires Sont les Anges&#13;
44 visibles du Seigneur dans Son EgliSe.&#13;
45 Pour pratiquer le degagement des liens temporels Jls&#13;
46 auront toujours devant les yeux Les Apotres et les premiers&#13;
47 DiSciples de JeSus ChriSt qui faiSoient gloirede n’avoir&#13;
48 rien en particulier et de mettre tout en commun, et&#13;
49 quoyqu’ils ne renoncent pas a la proprieté de ces&#13;
50 memes biens, ils useront neanmoins des revenus&#13;
51 par l’avis deS Superieurs, ce qui Se fera plus&#13;
52 ou moins parfaitement, dans chacun deS&#13;
53 seminaires selon l’uSage et la facilité deS lieux&#13;
54 ou ils seront etablis.&#13;
55 Comme ils doivent eStre animés du meme eSprit,&#13;
56 ils garderont au dehors le plus d’uniformité qu’il&#13;
57 se pourra dans leur conduite pour le vivre, le&#13;
58 vetir, les meubles &amp;c.&#13;
59 On fera tous Les ans la Cereminie de la rénova’on&#13;
60 apres la quelle on tiendra une aSSemblee generale&#13;
61 de touS leS Sujets qui pourront s’y trouver&#13;
62 commodément. on fixera pour toujours dans chaque&#13;
63 année le mois et le jour de cette aSsemblée, et elle&#13;
64 durera autant qu’on le jugera neceSSaire pour y traiter&#13;
65 les affaires spirituelles et temporelles.&#13;
66 on fera auSSi tous les ans Les exercices Spirituels&#13;
67 avec la ConfeSSion annuelle pour purifier Sa ConScience&#13;
68 et s’animer tout de nouveau a Servir Dieu.&#13;
69 Les PreStres diront regulierement touS les jours la&#13;
70 meSSe, et ceux qui ne le Font par l’entendront. Jls y&#13;
71 communiront au moins touS les Dimanches et feStes, et&#13;
72 quand il n’y aura point de feSte en la semaine, ils&#13;
73 communiront le jeudy.&#13;
74 on prendra Son ConfeSSeur et Directeur dans le nombre&#13;
75 de ceux qui sont du cors, et néanmoins le Superieur&#13;
76 pourra conSentir qu’on en uSe autrement pour des&#13;
77 raiSons particulieres.&#13;
78 On choisira auSsi un admoniteur qu’on aura Soin de voir&#13;
79 de tems en tems pour luy demander SeS bons avis sur les&#13;
80 fautes qu’il aura pu remarquer dans notre conduite&#13;
81 exterieure.&#13;
82 Chacun suivra exactement l’ordre dans le quel il sera.&#13;
83 pour tous les exercices de la journée, et Sur tout pour&#13;
&#13;
�17.&#13;
&#13;
18.&#13;
19.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
21.&#13;
&#13;
Nota&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
84 lheure et le tems de l’oraiSon mentale et dé l’office&#13;
85 divin. on ne manquera point a faire en particulier&#13;
86 sa lett lecture Spirituelle un tems raiSonnable.&#13;
87 Chaque seminaire aura cinq officiers pour le&#13;
88 gouverner, scavoir, un superieur, un ou deux ASSiStans,&#13;
89 un procureur et un ou Deux ConSeillers. Tous ces&#13;
90 officiers auront leurs regles particulieres qu’ils liront&#13;
91 de tems en tems.&#13;
92 Le Superieur et les officiers seront élus dans chaque seminre&#13;
93 Selon l’uSage des lieux et les lettres de Son etabliSSement.&#13;
94 Les Seminaires Seront obligés de garder chacun leurs&#13;
95 sujets sains et malades, tant qu’ils vivront selon l’ordre&#13;
96 et de faire apres leur mort les prières ordinaires. Mais&#13;
97 s’il arrive qu’ils soient de mauvais exemple audedans ou&#13;
98 au dehors, on les prira de Se retirer après avoir gardé&#13;
99 avec eux toutes les meSures, de la charité et de la&#13;
100 prudence Chretienne et apres avoir conclu la choSe par&#13;
101 la deliberation des cinq officiers en qui reSidera le pouvoir&#13;
102 de Congedier leS Sujets. Cette deliberation n’aura de force&#13;
103 qu’autant qu’il y aura qu’autant qu’il y aura quatre&#13;
104 voix des cinq, et s’il arrive que quelquun des officiers&#13;
105 soit abSent, on appellera en sa place le plus ancien du Cors.&#13;
106 Les EccleSiaStiques qu’on recevra seront au moins&#13;
107 SouS diacres, et Si lon aSSocie quelques laïques, on ne les&#13;
108 prendra qu’a l’age de trente ans, apres qu’ils auront&#13;
109 fait un veu de célibat.&#13;
110 Les EcclesiaStiques qu’on voudra recevoir demeureront&#13;
111 aumoins trois mois au seminaire avant que de commencer&#13;
112 leur épreuve, et cette epreuve durera au moins un an entier&#13;
113 depuis qu’on les aura avertis jusqu’a ce qu’on les reçoive.&#13;
114 / Ce reglement ne sera que proviSionnel, /&#13;
115 / A L’egard deS Laïques on conSultera plus a fond s’il eSt&#13;
116 a propos d’en aSSocier quelquun ou seulement de les attirer&#13;
117 affilier selon la coutume introduite danS plusieurs ordres&#13;
118 et Supposé qu’on les aSSocie, il faudra voir en quel rang&#13;
119 on les tiendra, en quoy ils differeront deS EccleSiaStiques&#13;
120 et des DomeStiques, quels emplois ils auront, et a quelles&#13;
121 affaires ils pourront avoir part /&#13;
122 Les DomeStiques demeureront au moins six mois dans&#13;
123 le seminaire avant que de commencer leur probation qui&#13;
124 durera au moins un an, après quoy Si on les juge&#13;
125 propres a servir la maiSon on leS aSsurera par quelque&#13;
126 acte dont il faudra convenir.&#13;
&#13;
�23.&#13;
&#13;
24&#13;
25.&#13;
26.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
29.&#13;
&#13;
30.&#13;
&#13;
127 Les qualités des perSonnes qu’on recevra du Cors Sont,&#13;
128 qu’ils soient d’une famille SanS tache, d’un eSprit&#13;
129 raiSonnable, d’un bon naturel, de bonnes meurs et de&#13;
130 bonne Santé. Jls doivent avoir de quoy subSiSter&#13;
131 honeStement et néan moins on pourra avoir egard au&#13;
132 merite et au talent des personnes.&#13;
133 Tous les seminaires des MiSSions Etrangères ne font&#13;
134 qu’un meme Cors avec celuy de Paris&#13;
135 Jls auront tous Les memes regles generales, Et&#13;
136 chacun pourra avoir Ses ConStitutions particulieres.&#13;
137 Celuy de Paris sera comme le chef de tous les autres&#13;
138 sur les quels par consequent il aura inspections et ils auront&#13;
139 rapport avec luy dans les affaires generales et principales.&#13;
140 Comme les ouvriers qui travaillent a preSent dans&#13;
141 les miSSions etrangeres ces JndeS orientaleS et du&#13;
142 Canada n’ont pas êté touS receûs du Corps du&#13;
143 Semre de paris, Ce Semre envoyera au Supr de&#13;
144 chaque Semre du quel ceS ouvriers auront&#13;
145 dependance le pouvoir de leS recevoir Selon qu’jl&#13;
146 les en Jugera capables avec Son ConSeil.&#13;
147 28. Ceux qu’on envoyera doreSnavant de paris&#13;
148 danS les pays étranger Seront receus Si on le Juge&#13;
149 a propos, et avant que de leS recevoir Jls feront&#13;
150 une eSpèce de noviciat Souz la conduite d’un&#13;
151 maître qui aura Soin de les former a la vertu, et&#13;
152 d’un autre qui les formera dans la connoiSSance&#13;
153 deS choses neceSSaireS a leur vocation, Comme&#13;
154 Sont la theologie, L’eScriture Ste, les Cas de&#13;
155 Conscience, L’administration deS Sacrement,&#13;
156 Le Chant, les Ceremonies, leS rubriques, la&#13;
157 methode de Catechiser, de prêcher, de faire&#13;
158 deS Conferences, de diriger deS retraittes, d’etablir&#13;
159 deS petites écholes, et de ConverSer Stement et&#13;
160 utilement avec le prochain &amp;c&#13;
161 on leS menera auSSi en quelques missions du&#13;
162 royaume avant leur depart pour voir comment&#13;
163 Jls S’y comporteront, et le Supr de paris les&#13;
164 aSSemblera de mois en mois pour voir le progrez&#13;
165 qu’Jls font tantôt danS une chose, et tantôt&#13;
166 danS un autre&#13;
167 Les vicaires apostoliques des Jndes et L’Evesq’&#13;
168 de Canada ont êté considerez Jusqu’à preSent&#13;
169 comme du corpS du Semre. mais S’Jl arrive a&#13;
&#13;
�170 l’avenir qu’Jls n’en Soient pas, on les priera de ne&#13;
171 dispoSer des Suiets du Corps que de Concert avec&#13;
172 le Supr de Châque Semre, affin qu’Jl puiSSe&#13;
173 mieux répondre de leur conduite.&#13;
&#13;
1.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
3.e&#13;
&#13;
3.&#13;
&#13;
174&#13;
Proiet de ConStitutions p’ticulieres&#13;
175&#13;
pour le Semre de paris&#13;
176 Touchant le 9. reglemt g’ral on le pratiquera&#13;
177 en p’tilier. 1.o en rendant compte tous leS ans au&#13;
178 Supr de ce qu’on aura receu de Son revenu. 2.o&#13;
179 en laiSSant fixer au même Supr tout Seul ou&#13;
180 avec SeS aSSistans combien on en appliquera a&#13;
181 sa penSion et a Son Entretien. 3.o en employant&#13;
182 le reSte par l’avis du même Sup.r 4.o en n’achetant&#13;
183 ny livreS ny meubleS que par le même aviS et&#13;
184 en gardant beaucoup de moderation pour le prix,&#13;
185 touchant le 6. 10e reglement on gardera l’uniformité&#13;
186 1.o danS la pension qui Sera ordinairemt de&#13;
187 400# 2.o tous seront traitez égallement au refectoir&#13;
188 exceptez Les Jnfirmes, quelque penSion que chacun paye.&#13;
189 3.o JlS eviteront touS de certaines étoffes comme&#13;
190 la Soye ou d’autreS qui auroient trop de lustre et&#13;
191 qui Seroient au deSSus d’un prix mediocre : 4.o&#13;
192 autant qu’JlS pourront Jls ne porteront pas le&#13;
193 deuïl de leur parens. 5.o chacun Se paSsera autant&#13;
194 qu’Jl Sera poSSible de valet particulier, et en cas&#13;
195 qu’Jl en ait beSoin Jl ne le prendra que de l’aviS&#13;
196 du Superieur.&#13;
197 touchant le 5.e reglement. la dependance qu’on&#13;
198 aura pour Jmiter L’obeiSSance de J.C. consistera&#13;
199 1.o a ne prendre aucun employ permanent que&#13;
200 du Consentement des officiers du corps, et a n’en&#13;
201 refuser aucun de ceux qui Seront presentez par&#13;
202 eux, aprez qu’on leur aura repreSenté Ses raiSons.&#13;
203 2.o a accepter Sans reasistance les Charges aux&#13;
204 quelleS on aura êté élû. 3.o a Se borner aux&#13;
205 études qu’on nous aura marquées dans l’aSSemblee&#13;
206 generale. 4.o a ne point prendre d’occupa’on&#13;
207 paSSagere de quelques Jours ou de quelque&#13;
208 Semaine Sans L’agréement du Superieur. 5.o&#13;
209 pour faire des voyages d’un mois et au deSSous&#13;
210 le Consentement du Supr Seul Suffira. mais&#13;
211 pour ceux qui dureroient davantage, Jl faudra&#13;
&#13;
�212 le consentement des officiers, Si ce n’est que la&#13;
213 Chose fut Si preSSée qu’on n’eût pas le temps&#13;
214 de leS aSSembler. 6.o a ne Jamais coucher&#13;
215 horS du Semre SanS la permiSSion du Sup.r&#13;
216 et a ne pas sortir pour des visites ou autres&#13;
217 affaires Sans l’en avertir ou celuy qui le&#13;
218 representera. /.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95 no 1&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
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                <text>Projet de règlements de Glandelet pour les Séminaires des Missions étrangères (Québec, avril 1682)</text>
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                <text>Le second assistant du supérieur du Séminaire de Québec propose des directives concernant la mission poursuivie par les séminaires fondés par celui de Paris, de leur organisation, à leur gestion des biens, à l’importance d’une uniformité dans la conduite et autres considérations comme l’union, la cérémonie annuelle de rénovation, des exercices spirituels, les séminaristes, etc.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/447461" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 1&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12821" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12822" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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      <tag tagId="912">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Objections de Glandelet à des clauses d’union des Séminaires de Québec et de Paris&#13;
(Québec, v. 1678)&#13;
&#13;
Projet pour la conduite du Séminaire&#13;
La distance des lieux qui est entre le Séminaire de Québec et celui de Paris fait que&#13;
l’on ne pourra pas garder toutes les conditions marquées dans le contrat d’union,&#13;
qui serait et fort onéreuses et fort préjudiciables si l’on n’y apportait pas quelque&#13;
adoucissement.&#13;
1° Ils ne peuvent pas, dans le Séminaire de Paris, choisir un&#13;
supérieur qu’ils ne connaissent pas ; et comment connaître ceux&#13;
qu’on n’a jamais vus ? Si on les a vus, ils peuvent être changés ou&#13;
n’avoir par les talents pour ce Séminaire. Si l’on en envoie de&#13;
France, à moins qu’ils n’aient demeuré quelques années dans ce&#13;
Séminaire, ils se donneront bien autant de peine qu’ils en&#13;
donneront aux autres, faute d’expérience.&#13;
2° L’on ne peut pas suivre les mêmes règlements, tout étant ici fort&#13;
différent. Ils ont la disposition de leurs biens et de leur volonté ; tout&#13;
ici est en commun et l’obéissance y est observée dans toute son&#13;
étendue ; ce que nous remarquons être le soutien du Séminaire et le&#13;
fondement de toutes les autres règles.&#13;
3° Il n’est pas possible de se lier pour le temporel, en sorte que l’on&#13;
n’en puisse rendre ou en disposer que du consentement du&#13;
Séminaire de Paris, qui ne peut pas savoir les affaires d’ici, n’étant&#13;
pas sur les lieux. Et s’il fallait attendre une année pour avoir leur&#13;
agrément, l’on perdrait l’occasion de faire plusieurs affaires, qui ne&#13;
se peuvent différer sans un notable préjudice.&#13;
4° Il est nécessaire que ce Séminaire ici forme un corps séparé de&#13;
celui de l’union, dans lequel l’on puisse admettre ceux que l’on y&#13;
jugera propres indépendamment du Séminaire de Paris, qui ne&#13;
peut pas connaître les sujets qui sont ici et ne les ayant jamais vus,&#13;
n’en peut pas porter un jugement qui soit juste.&#13;
&#13;
�Pour obvier à tous ces inconvénients et conserver néanmoins l’union avec le&#13;
Séminaire des Missions étrangères, il serait nécessaire de former ici un conseil, qui&#13;
fût entièrement secret, composé de cinq personnes qui fussent de l’union et du&#13;
corps de celui des Missions étrangères, en qui résidât toute la puissance, tant pour&#13;
le gouvernement spirituel que le temporel du Séminaire de Québec. Ils auraient&#13;
eux seuls, à l’exclusion de toute autre, voix active et passive pour l’élection du&#13;
supérieur et assistant, qu’ils éliraient secrètement à la pluralité des voix par&#13;
suffrages secrets, dans la même manière que l’on fait l’élection des officiers de&#13;
Paris ; et cela, un an avant qu’il dût entrer en charge, afin d’en avoir la confirmation&#13;
par les lettres patentes de Paris, qui le nommeraient absolument, sans faire&#13;
mention de cette élection, qui ne doit pas paraître. Et le temps du supérieur en les&#13;
lieux commencerait après que la lecture des patentes aurait été faite selon les&#13;
formes et ne finirait qu’après la réception des patentes du supérieur qui lui devrait&#13;
succéder ; que si le supérieur mourait en charge, l’assistance lui succéderait et ils&#13;
éliront un autre assistant en attendant les nouvelles de Paris ; que si l’un des cinq&#13;
venait à mourir, les quatre autres en choisiront un autre en sa place, qui serait de&#13;
l’union des plus anciens et des plus capables pour cela, qui devrait avoir au moins&#13;
trois voix.&#13;
Quoiqu’il pût y en avoir plusieurs dans le Séminaire qui fussent de l’union,&#13;
néanmoins il ne serait pas à propos qu’ils eussent connaissance de ce conseil secret&#13;
que lorsqu’ils y devraient entrer, ni qu’ils eussent voix active et passive pour les&#13;
charges de supérieur et d’assistant : 1er parce qu’on ne le pourrait pas tenir secret ;&#13;
2e parce que la division se mettrait plus facilement parmi le grand nombre, outre&#13;
qu’il n’y a rien de plus opposé à la charité universelle que ces unions particulières,&#13;
quand elles viennent à être découvertes ; ce qui ne se peut éviter dans le grand&#13;
nombre. D’où il faut conclure qu’il faut que ce conseil soit composé de personnes&#13;
d’un secret inviolable et que ce secret soit aussi gardé des supérieurs de Paris.&#13;
Ce serait à ce conseil de cinq de régler à la pluralité des voix toutes les affaires du&#13;
Séminaire de Québec, faire des règlements, recevoir ceux qu’ils jugeraient à propos&#13;
dudit Séminaire, disposer de ceux qui en seraient [pas] et proposer ceux qu’ils&#13;
jugeraient propres à l’union à MM. du Séminaire de Paris pour les prier de les y&#13;
admettre.&#13;
&#13;
�Les qualités pour être de l’union sont : d’avoir un bon jugement, une vertu solide,&#13;
être exemplaire et secret, avoir l’esprit du Séminaire, une volonté ferme d’y&#13;
persévérer jusqu’à la mort et que toutes ces qualités soient confirmées par&#13;
l’expérience de plusieurs années, parce que ces personnes étant destinées pour la&#13;
conduite du Séminaire, tout le bien du Séminaire dépendra du bon choix que l’on&#13;
en fera.&#13;
Ceux qui seront de l’union en garderont les règles en tout ce qui ne sera&#13;
incompatible à celles du Séminaire de Québec, auxquelles tous seraient assujettis&#13;
pour éviter toute singularité qui serait très préjudiciable.&#13;
L’on fera d’autres assemblées dans le Séminaire soit des officiers soit des autres&#13;
ecclésiastiques dudit Séminaire de Québec, selon les règlements dont le conseil&#13;
secret sera l’âme, sans que qui que ce soit en puisse avoir connaissance.&#13;
Les cinq qui doivent maintenant composer ce conseil sont MM. de Bernières,&#13;
Dudouyt, des Maizerets, Dupré et de Glandelet, qui ont été admis dans l’union.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Vers 1678 – Objections de Glandelet à des clauses d’union des Séminaires de Québec et de Paris&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 4a)&#13;
1&#13;
No 73&#13;
2&#13;
Projet pour la Conduitte du Seminaire&#13;
3 La distance des lieux qui est entre le seminair de quebec et&#13;
4 celuy de paris, fait que l’on ne pourra pas garder toutes les&#13;
5 conditions marquées dans le contract d’union, qui seroint et&#13;
6 fort onereuses, et fort preiudiciables, si l’on n’y apportoit pas&#13;
7 quelque addoucissement.&#13;
o&#13;
1. 8 Jls nepeuvent pas dans le seminaire de paris choisir un&#13;
9 superieur qu’ils ne cognoissent pas : et comment cognoistre ceux&#13;
10 qu’on n’a Jamais veus ? si ont les a veus, ils peuvent estre changez&#13;
11 ou n’avoir pas les talens pour ce seminaire. Si l’on en envoye&#13;
12 de france, amoins qu’ils n’ayent demeuré quelques années dans&#13;
13 ce seminaire, Jls se donneront bien autant de peine qu’ils en&#13;
14 donneront aux autres faute d’experience.&#13;
2.o 15 L’on ne peut pas suyvre les mesmes reglemens, tout estant icy&#13;
16 fort different. Jls ont la disposition deleurs biens et de leur&#13;
17 volonté; tout est icy en commun, et l’obeissance y est observée&#13;
18 dans toute son estenduë : ceque nous remarquons estre le soutien&#13;
19 du seminaire, et le fondement de toutes les autres regles.&#13;
3.o 20 Jl n’est pas possible de selier pour le temporel, en sorte que&#13;
21 l’on n’enpuisse rendre, ou en disposer que du consentement du&#13;
22 seminaire de paris qui nepeut pas sçavoir les affaires d’Jcy&#13;
23 n’estant pas sur les lieux. Et s’il failloit attendre une année&#13;
24 pour avoir leur aggréement, l’on perdroit l’occasion de faire&#13;
25 plusieurs affaires, qui ne se peuvent differer sans un notable preiudice.&#13;
4.o 26 Jl est necessaire que ce seminaire icy forme un corps separé&#13;
27 de celuy de l’union, dans le quel l’on puisse admettre ceux que l’on&#13;
28 y Jugera propres Jndependamment du seminaire de paris, qui ne&#13;
29 peut pas cognoistre les suiets qui sont icy, et neles ayant Jamais&#13;
30 veus, n’enpeut par porter un Jugement qui soit Juste.&#13;
31 Pour obvier a tous ces Jnconveniens, et conserver neant moins&#13;
32 l’union avec le seminaire des missions estrangeres; Jl seroit&#13;
33 necessaire de former icy un conseil, qui fust entierement secret,&#13;
34 composé de cinq personnes qui fussent de l’union et du corps de&#13;
35 celuy des missions estrangeres, en qui residast toute la puissance&#13;
36 tant pour le gouvernement spirituel que le temporel du Seminaire&#13;
37 de quebec. Jls auroint eux seuls a l’Exclusion de tout autre voix&#13;
38 active et passive pour l’Election du superieur et assistant qu’ils&#13;
39 eliroint secrettement a la plurallité des voix par suffrages secrets&#13;
40 dans la mesme maniere que l’on fait l’Election des officiers de paris :&#13;
41 et cela un an avant qu’Jl deust entrer en charge, affin d’en avoir&#13;
&#13;
�42 la confirmation par les lettres patentes de paris, qui le nommeroint&#13;
43 absolument sans faire mention de cette Election, qui ne doit pas&#13;
44 parestre. Et le temps du superieur esleû commenceroit appres&#13;
45 que lalecture des patentes auroint esté faite selon les formes, et&#13;
46 ne finiroit qu’apprez la reception des patentes du superieur qui&#13;
47 luy devroit succeder. que si le superieur mouroit en charge,&#13;
48 l’assistant luy succederoit, et ils eliroint un autre assistant&#13;
49 en attendant les nouvelles de paris.&#13;
50 Que si l’unde ces cinq venoit a mourir, les quatre autres en&#13;
51 choisiroint une autre en sa place qui seroit de l’union des plus&#13;
52 anciens et des plus capables pour cela, qui devroit avoir au moins&#13;
53 trois voix.&#13;
54 quoyqu’Jl pust y en avoir plusieurs dans le seminaire qui&#13;
55 fussent de l’union, neant moins Jls ne seroit pas a propos qu’ils&#13;
56 eussent cognoissance de ce conseil secret que lors qu’ils y devroint&#13;
57 entrer, ny qu’Jls eussent voix active et passive pour les charges&#13;
58 de superieur et d’assistant. 1.o par cequ’on ne le pourroit pas&#13;
59 tenir secret. 2.o par ceque la division se mettroit plus facilemt&#13;
60 parmy legrand nombre. outre qu’Jl n’y a rien de plus opposé&#13;
61 a la charité universelle que ces unions particulieres, quand&#13;
62 elles viennent a estre descouvertes : ce qui ne se peut eviter dans&#13;
63 le grand nombre. D’où Jl faut conclurre qu’Jl faut que&#13;
64 ce Conseil soit composé de personnes d’un secret Jnviolable, et&#13;
65 que ce secret soit aussy gardé des superieurs de paris.&#13;
66 Ce seroit a ce Conseil de cinq de regler ala plurallité des voix&#13;
67 toutes les affaires du seminaire de quebec, faire des reglemens,&#13;
68 recevoir ceux qu’Jls Jugeroint a propos du dit seminaire, disposer&#13;
69 de ceux qui en seroint, et proposer ceux qu’Jls Jugeroint propres&#13;
70 pour l’union a mrs du seminaire de paris pour les prier de les&#13;
71 y admettre.&#13;
72 Les qualités pour estre de l’union, sont, d’avoir un bon&#13;
73 Jugement, une vertu solide, estre Exemplaire, et secret, avoir&#13;
74 l’esprit du seminaire, une volonté ferme d’y perseverer Jusques&#13;
75 a la mort, et que toutes ces qualités soint confirmées par&#13;
76 l’experience de plusieurs années. par ceque ces personnes estant&#13;
77 destinées pour la conduitte du seminaire, tout le bien du seminaire&#13;
78 dependra du bon choix que l’on en fera.&#13;
79 Ceux qui seront de l’union, en garderont les regles en tout ce&#13;
80 qui ne sera Jncompatible a celles du seminaire de quebec, aux&#13;
81 quelles tous seroint assuiettis pour eviter toute singularité&#13;
82 qui seroint tres prejudiciable.&#13;
83 L’on fera d’autres assemblées dans le seminaire soit des&#13;
84 officiers, soit des autres Ecclesiastiques dudit seminaire de&#13;
&#13;
�85 quebec selon les reglemens dont le Conseil secret sera l’ame&#13;
86 sans que qui ce soit en puisse avoir cognoissance.&#13;
87 Les Cinq qui doivent maintenant composer ce conseil&#13;
88 sont Mrs De Bernieres, Dudoüyt, Des maizerets, Dupré,&#13;
89 et GLandelet, qui ont esté admis dans l’union.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Mémoire de Glandelet sur les clauses d’union des Séminaires de Québec et de Paris (Québec, vers 1678)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/373071"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 4a&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le document expose les objections et des propositions de Glandelet, second assistant du supérieur du Séminaire de Québec, à certaines clauses du contrat d’union avec le Séminaire de Paris.&#13;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12349" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12351" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/12349" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/12350" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Extrait du Plan général de conduite pour le Séminaire de Paris&#13;
(Paris, v. 1663)&#13;
&#13;
1° Le Séminaire de Paris sera regardé comme le centre de la correspondance de&#13;
toutes nos missions, non seulement des Indes orientales, mais encore de la Perse&#13;
ou le Canada et des autres lieux, où il y aura des vicaires apostoliques ou des&#13;
ouvriers apostoliques qui auront liaison avec lui.&#13;
2° À mesure qu’il s’établira de nouveaux Séminaires ou corps ou Séminaires des&#13;
Missions étrangères de Paris dans les divers lieux des missions et en quelque autre&#13;
lieu que ce soit, les sujets qui les gouverneront seront chargés de rendre un compte&#13;
fidèle de toute leur conduite et particulièrement de l’administration du temporel,&#13;
ou immédiatement au Séminaire de Paris, ou à celui qui leur aura été marqué pour&#13;
le même Séminaire de Paris, selon l’esprit et les règlements duquel ils se&#13;
conduiront en tout.&#13;
3° De chaque mission, on s’adressera au Séminaire, qui sera indiqué par le&#13;
Séminaire de Paris pour l’informer exactement des besoins de cette mission et pour&#13;
lui donner connaissance de l’état où elle est, de l’esprit, des talents, des emplois,&#13;
des travaux, en un mot, de toutes les qualités de chaque missionnaire qui y&#13;
travaille, comme aussi de l’emploi qu’on y aura fait de tout ce qui y aura été&#13;
envoyé.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par G.-É. Demers, v. 1930.&#13;
&#13;
�</text>
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            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Vers 1663 (non daté)&#13;
&#13;
Arch. Nat.&#13;
M 204, dossier 1, n. 4&#13;
&#13;
Plan général de conduite pour le&#13;
Séminaire des Missions étrangères&#13;
1° Le Séminaire de Paris sera regardé comme le centre de la&#13;
correspondance de toutes nos missions, non seulement des Indes&#13;
orientales, mais encore de la Perse, ou Canada et des autres&#13;
lieux où il y aura des vicaires apostoliques ou des ouvriers&#13;
apostoliques qui auront liaison avec lui.&#13;
2° À mesure qu’il s’établira de nouveaux Séminaires ou&#13;
corps ou Séminaire des Missions étrangères de Paris dans les&#13;
divers lieux des missions et en quelque autre lieu que ce soit,&#13;
les sujets qui les gouverneront seront chargés de rendre un&#13;
compte fidèle de toute leur conduite et particulièrement de&#13;
l’administration du temporel ou immédiatement au Séminaire de&#13;
Paris ou à celui qui leur aura été marqué pour le même Séminaire&#13;
de Paris selon l’esprit et les règlements duquel ils se&#13;
conduiront en tout.&#13;
3° De chaque mission on s’adressera au Séminaire qui sera&#13;
indiqué par le Séminaire de Paris pour l’informer exactement des&#13;
besoins de cette mission et pour lui donner connaissance de&#13;
l’état où elle est, de l’esprit, des talents, des emplois, des&#13;
travaux, en un mot de toutes les qualités de chaque missionnaire&#13;
qui y travaille comme aussi de l’emploi qu’on y aura fait de&#13;
tout ce qui y aura été envoyé.&#13;
Copié sur copie aux Arch. Nat., le 1 décembre 1937&#13;
Georges-Ed. Demers, ptre&#13;
&lt; N.B. Suivent ensuite quelques articles (12) pour « la&#13;
répartition des fonds de la mission »&#13;
Voir page suivante sur ce doc.&#13;
&#13;
�Ce règlement n’est pas daté; mais comme l’original est&#13;
signé « françois, premier évêque de Québec », on peut conclure&#13;
qu’il fut fait avant 1688 (peut-être entre 1684 et 1688 ???).&#13;
En 1592, le Vic. Apostolique de Jo-Bien &lt;(Chine)&gt;, Charles&#13;
Maigrot, et le provincial apostolique de Jo-Bien, Leblanc,&#13;
acceptèrent par écrit le règlement. La présente copie rapporte&#13;
l’attestation des deux missionnaires.&#13;
Le même n. 4 au dossier 1 répète 3 fois la même copie. &gt;&#13;
Georges-Ed. Demers&#13;
&lt; Il y a ce doc. copie à Ottawa&#13;
-très important pour l’Hist. du Séminaire de Québec &gt;&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Plan général de conduite pour le Séminaire de Paris (Paris, v. 1663)</text>
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                <text>Les prêtres du Séminaire de Paris présentent le rôle du Séminaire comme le lieu de communication entre les différentes missions étrangères, notamment en Inde, en Perse et au Canada. On prévoit l’établissement de nouveaux séminaires dans les lieux des missions, qui devront se conformer aux règles et à l’esprit du Séminaire de Paris, ainsi que lui rendre compte de leur conduite et de leur administration. &#13;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer Aix-en-Provence Archives des colonies, M204, dossier 1, n. 4&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12323" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12324" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie dactylographiée en français moderne&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Esprit d'union</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Lettre de Brisacier à Bernières (Paris, 13 juin 1687)&#13;
&#13;
Jésus, Marie, Joseph et les saints aAnges&#13;
À Paris, le 13 juin 1687,&#13;
Monsieur et très cher frère,&#13;
J’ai reçu en même temps vos deux lettres des 4 mai et 7 novembre 86. La première&#13;
contient en détail, quoiqu’en abrégé, l’état du spirituel et du temporel de notre&#13;
cher Séminaire de Québec et ce qui s’est passé en Canada depuis l’arrivée de&#13;
M. l’abbé de Saint-Vallier jusqu’à son départ pour France, où il passera encore&#13;
cette année, avec Mgr de Québec, qui en partie par la considération de sa santé, en&#13;
partie aussi à notre prière, pour nous aider à mettre nos missions en général et&#13;
notre maison en particulier sur un meilleur pied, et pour concourir avec M. l’abbé&#13;
de Saint-Vallier à procurer tout le bien qu’on pourra à l’Église de Canada, dont il&#13;
connaît mieux les besoins que personne, a bien voulu nous accorder le délai d’une&#13;
année, nonobstant le grand désir qu’il avait de retourner se réunir à vous et celui&#13;
que nous savons bien que vous avez de le revoir. Vous pouvez dire ces raisons à&#13;
tous ceux qui vous parleront du retardement du voyage de ce prélat, sans vous&#13;
ouvrir davantage. Et à l’égard de M. le gouverneur, de M. l’intendant et des pères&#13;
jésuites, vous y ajouterez ce que nous vous marquons de la lettre du&#13;
P. de La Chaize dans une de nos lettres communes.&#13;
Il est affligeant de voir ce que sont devenus les ouvriers que M. l’abbé de SaintVallier vous avait menés : les meilleurs sont morts, les autres sont revenus et ceux&#13;
qui sont demeurés ne sont pas encore en état de travailler. Bénissons Dieu de tout.&#13;
Un des biens qu’il a déjà tiré du peu de fruits qu’on a recueillis de tant de sujets,&#13;
c’est que M. l’abbé de Saint-Vallier est résolu à les choisir mieux à l’avenir, à&#13;
préférer le mérite au nombre et à ne pas se laisser aller à l’empressement qu’on a&#13;
souvent de multiplier les ecclésiastiques sans examiner assez leur vocation, leur&#13;
piété et leurs talents.&#13;
&#13;
�Nous vous mandons, dans une lettre commune, ce que nous pensons de vos&#13;
nouvelles acquisitions. Ainsi, je ne vous dis rien en particulier sur l’achat que vous&#13;
avez fait d’une petite terre auprès de votre maison de récréation.&#13;
Le choix que vous avez fait de M. Duplein pour l’unir à notre corps est fort selon&#13;
notre goût. Nous vous en marquons quatre autres auxquels nous donnons notre&#13;
voix pour leur faire la même grâce.&#13;
Par votre seconde lettre, vous m’apprenez que ni la mission de l’île de Jésus ni le&#13;
Petit Séminaire nouvellement établi au Cap-Tourmente n’ont eu les succès&#13;
avantageux dont vous me marquiez les espérances et les heureux commencements&#13;
par votre première. Dans ce changement, je bénis Notre-Seigneur, ce de que le&#13;
conseil que nous vous donnons de vous défaire de l’île Jésus ne sera pas empêché&#13;
dans son exécution par l’intérêt d’une mission utile aux Sauvages, puisque, par&#13;
votre propre aveu, cette mission ne réussit pas ; en quoi nous devons encore nous&#13;
consoler par la vue de la conservation du bon ouvrier qui y travaille et qui aurait&#13;
été surchargé sans que vous eussiez pu le secourir.&#13;
À l’égard des jeunes enfants qui ont volonté et capacité de bien faire, j’avoue qu’il&#13;
est fâcheux de ne pas les aider tous, mais vous savez mieux que moi qu’il se faut&#13;
par vouloir faire tout le bien qui se présente, faisons celui que nous pourrons faire&#13;
selon nos petites forces et demeurons en paix pour le reste.&#13;
Je ne puis me lasser de remercier Notre-Seigneur des grandes qualités des saintes&#13;
intentions et de l’efficacité de la conduite de M. votre gouverneur, non plus que&#13;
de l’étroite union et de la parfaite correspondance qui est entre lui et&#13;
M. l’intendant. J’écris à l’un et à l’autre pour me réjouir avec eux des bénédictions&#13;
que Dieu répand sur leur sagesse et sur leur zèle pour le bien de la religion et de&#13;
l’État. Le premier m’avait fait l’honneur de me faire une très obligeante réponse à&#13;
la lettre que je lui écrivis il y a un an et il m’y donnait mille marques de bonté et&#13;
d’estime pour vous et pour nos chers Messieurs. Comme je le crois sincère, son&#13;
témoignage m’a donné une joie au-delà de toutes que je puis vous exprimer.&#13;
Continuez à vous rendre digne de son approbation et tâchons tous ensemble&#13;
&#13;
�d’attirer sur ses desseins tout le succès dont on a besoin pour l’avancement de&#13;
notre sainte foi.&#13;
Tous nos Messieurs d’ici vous assurent de leur cordialité et de leur respect. Je me&#13;
joins à eux pour faire nos compliments en commun à nos chers frères, MM. des&#13;
Maizerets, de Glandelet et Duplein. Souvenez-vous de nous dans vos prières.&#13;
Nous tâcherons de vous envoyer un ou deux bons sujets l’année prochaine, dont&#13;
l’un nous paraît bien propre avec le temps à la cure de Québec, s’il peut se&#13;
débarrasser de sa famille.&#13;
Tout à vous,&#13;
J.-C. de Brisacier.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-al-mdv-2022&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1687, 13 juin – Lettre de Brisacier à Bernières&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 2)&#13;
1&#13;
J. M. J. A.&#13;
o&#13;
2&#13;
N 2&#13;
A Paris le 13. Juin 1687.&#13;
3 Monsieur et tres cher Frere&#13;
4 J’ay receu en mesme temps vos deux Lettres dez 4.e may et&#13;
5 7.e novembre 86. La premiere contient en detail, Quoy qu’en abbregé,&#13;
6 L’etat du spirituel et du temporel de nostre cher seminaire de quebec,&#13;
7 et ce qui s’est passé en canada depuis l’arrivée de M. l’Abbé de S.t Valier&#13;
8 jusqu’à son depart pour France, ou il passera encore cette année avec&#13;
9 Mg’r de Quebec, qui en partie par la consideration de sa santé, enpartie&#13;
10 aussy a nostre priere, pour nous ayder a mettre nos missions en&#13;
11 general et nostre maison en particluier Sur un meilleur pied, et&#13;
12 pour concourir avec M. l’Abbé de S.t Valier a procurer tout le&#13;
13 bien qu’on pourra a L’Eglise de canada dont il connoist mieux les&#13;
14 besoins que Personne, a bien voulu nous donner accorder le delay&#13;
15 d’une année nonobstant le grand desir qu’il avoit de retourner&#13;
16 Se reunir a Vous, et celuy que nous sçavons bien que Vous avez&#13;
17 de Le revoir. Vous pouvez dire ces raisons a tous ceux qui&#13;
18 vous parleront du retardement du voyage de ce Prelat, sans vous&#13;
19 ouvrir davantage. et a L’egard de M. le Gouv. de M. l’Jnt. et&#13;
20 des Peres Jes. Vous y adjouterez ce que nous vous marquons de la&#13;
21 Lettre du P. De la chaize dans une de nos lettres communes&#13;
22 Jl est affligeant de voir ce que sont devenus les ouvriers que M.r&#13;
23 L’Abbé de S.t Vallier vous avoit menés, les meilleurs sont morts,&#13;
24 Les autres sont revenus, et ceux qui sont demeurez ne sont pas&#13;
25 encore en état de travailler. benissons Dieu de tout, un des biens&#13;
26 qu’il a desja tirez du peu de fruit qu’on a recueilly de tant de&#13;
27 Sujets, c’est que M. L’Abbé de S.t Vallier est resolu a Les choisir&#13;
28 mieux a L’avenir, a preferer le merite au nombre, et a ne pas&#13;
29 Se laisser aller a l’empressement qu’on a Souvent de multiplier&#13;
30 les Ecclesiastiques sans examiner assez leur vocation, leur pieté,&#13;
31 et leurs talens.&#13;
32 Nous vous mandons dans une lettre commune ce que nous pensons de&#13;
33 vos nouvelles acquisitions, ainsy ie ne vous dis rien enparticulier&#13;
34 Sur l’achapt que vous avez fait dune petite terre aupnt de vostre&#13;
35 maison de recreation.&#13;
36 le choix que vous avez fait de M. Du plain pour L’unir a nostre corps&#13;
37 est fort selon nostre goust, nous vous en marquons quatre autres&#13;
38 aux quels nous donnons nostre voix pour leur faire la mesme grace.&#13;
39 Par vostre seconde lettre vous m’apprenez que ny la mission de lJsle&#13;
40 de Jesus, ny le petit seminaire nouvellement establi au cap de tourmente&#13;
&#13;
�41 n’ont eu Les succez avantageux dont vous me marquiez les esperances&#13;
42 et les heureux commencemens par vostre premiere. dans ce changement&#13;
43 ie benis nostre Seigneur, ce de que le conseil que nous vous&#13;
44 donnons de vous defaire de L’Jsle de Jesus ne sera pas empesché dans&#13;
45 Son execution par L’interest dune mission utile aux Sauvages, puisq’&#13;
46 par vostre propre aveu cette mission ne reussit pas en quoy nous&#13;
47 devons encore nous consoler par la veuë de la conservation du&#13;
48 bon ouvrier qui y travaille, et qui auroit esté surchargé sans que&#13;
49 vous eussiez pu le secourir.&#13;
50 a l’egard des jeunes enfans qui ont volonté et capacité debien faire,&#13;
51 J’avouë qu’il est fascheux de ne pas les secourir ayder tous, mais vous&#13;
52 Sçavez mieux que moy qu’il ce faut par vouloir faire tout le&#13;
53 bien qui se presente, faisons celuy que nous pourrons faire&#13;
54 selon nos petites forces, et demeurons en paix pour le reste.&#13;
55 Je ne puis me lasser de remercier nostre Seigneur des grandes qualitez&#13;
56 des saintes jntentions et de L’efficacité de La conduite de M. Vostre&#13;
57 Gouverneur, [non p]lus que de Letroite union et de la parfaite corres58 pondance qui est entre Luy et M. L’Jntendant, J’ecris a L’un et a&#13;
59 L’autre pour me rejouir avec Eux des benedictions que Dieu repand&#13;
60 Sur Leur sagesse et sur leur zele pour le bien de La Religion et de&#13;
61 L’Etat. le premier m’avoit fait L’honneur de me faire une tres obligeante&#13;
62 réponse a la lettre que ie Luy ecrivis il y a un an, et il m’y donnoit&#13;
63 mille marques de bonté et d’estime pour vous et pour nos chers&#13;
64 Messieurs; comme ie le crois sincere, son temoignage m’a donné un&#13;
65 ioye au dela de toutes que ie puis vous exprimer, continuëz a vous&#13;
66 rendre dignes de son approbation, et taschons tous ensemble dattirer&#13;
67 sur ses desseins tout le succez dont on a besoin pour L’avancement&#13;
68 de nostre s.te Foy. Tous nos M.rs dicy vous assurent de leur&#13;
69 cordialité et de leur respect, ie me joins a Eux pour faire nos complimens&#13;
70 En commun a nos chers Freres M.rs Des maizerets, Glandelet et Du Plain&#13;
71 Souvenez vous de nous dans vos prieres. nous tascherons de Vous envoyer&#13;
72 un ou deux bons sujets L’année prochaine, dont L’un nous paroist bien propre&#13;
73 avec le temps a la cure de Quebec s’il peut se desbarrasser de sa famille. Tout a vous&#13;
74&#13;
J. C. De Brisa[cier]&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
Note : Les mots en gris sont incertains.&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Brisacier, Jacques-Charles de, 1642-1736</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/270629"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 2&lt;/li&gt;
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                <text>Le supérieur du Séminaire de Paris informe le supérieur du Séminaire de Québec que Laval, 1er évêque de Québec, et Saint-Vallier, son grand-vicaire et coadjuteur, ont reporté leur retour au Canada pour une année, afin de régler les affaires des missions et du Séminaire. Il se désole de la mort, du retour ou de l’incapacité des ouvriers que Saint-Vallier avait recrutés pour le Canada. Il approuve le choix de Bernières des sujets plus méritants et plus qualifiés. Il donne son avis sur les achats de terres que le Séminaire a faits. Il rapporte que les missions de l’île Jésus, auprès des Autochtones, et du Cap-Tourmente pour l’éducation des jeunes enfants n’ont pas eu les succès espérés. Il conseille à Bernières de se défaire de l’île. Il exprime sa gratitude et sa réjouissance pour les qualités, les intentions et la conduite du gouverneur et de l’intendant en Nouvelle-France, Denonville et Champigny. Il les loue pour leur sagesse, leur zèle et leur collaboration au service de la religion et de l’État.</text>
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                <text>Bernières, Henri de, v. 1635-1700</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12236" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12234" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire du retour de Laval (1687)</name>
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        <name>Compliments</name>
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        <name>Correspondance avec le Séminaire de Paris</name>
      </tag>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Dettes</name>
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      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
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        <name>Seigneuries</name>
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      <tag tagId="904">
        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Quittance réciproque entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec&#13;
(Québec, 28 septembre 1692)&#13;
Le Séminaire est comptable à Mgr de Québec, sur les 1 000 livres prix de France et&#13;
500 livres en argent prix de France, reçues de mondit sieur de Merlac, savoir&#13;
fourni :&#13;
[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Pour le missionnaire de Repentigny :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour le missionnaire de Saint-Ours :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Sorel :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Trois-Rivières :&#13;
&#13;
150&#13;
&#13;
Pour celui de Champlain :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Portneuf :&#13;
&#13;
150&#13;
&#13;
Pour celui de Lotbinière :&#13;
&#13;
350&#13;
&#13;
Pour celui de la Pointe-de-Lévis :&#13;
&#13;
350&#13;
&#13;
Pour celui de Neuville :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de Charlesbourg :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de Beauport :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de l’Ange-Gardien :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Château-Richer :&#13;
&#13;
150&#13;
&#13;
Pour celui de Sainte-Anne :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
À celui de Saint-Joachim :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de la Baie-Saint-Paul :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de la Bouteillerie :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Saint-Ignace :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Saint-François-de-Salles :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Saint-Pierre et Saint-Paul :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui du cap de la Madeleine :&#13;
&#13;
200&#13;
4 7001&#13;
&#13;
Reste due par mondit seigneur la somme de :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Erreur de calcul : la somme est de 4 800 livres.&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
Février&#13;
&#13;
Mgr de Québec doit au Séminaire, depuis le dernier compte&#13;
arrêté avec lui le 10e février 1689, fourni ce qui suit :&#13;
Pour 10 jours de pension d’un [P.] Augustin, à 20 sols par&#13;
jour :&#13;
&#13;
15e&#13;
&#13;
Pour des raccommodages pour bâillons, fournis de fils :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Pour des raccommodages de hardes à M. Merlac, fourni&#13;
trois douzaines de boutons et deux écheveaux de soie :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Pour 1 ½ pots d’eau-de-vie, livré à bâillon, à 50 sols :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
Mars 6&#13;
&#13;
Pour deux paires de chaussons, l’une d’écusson, l’autre&#13;
d’iroquoise :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
Pour avoir payé son billet à M. du Bos, prêtre :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour 20 louis d’or pour la fondation du Salut, qui se fait le&#13;
dimanche infra octavam [sanctisimi] Corporis Christi2 :&#13;
&#13;
300&#13;
&#13;
1689&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
Pour façon et fourniture de deux porte-croix :&#13;
Avril 11&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
Pour marchandise, à son ordre, fournies à M. Thury :&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
36&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
16e&#13;
&#13;
Omis sur le dernier compte rendu, fourni au sieur&#13;
Larivière, architecte, deux planches de bordage à 4 livres&#13;
[par] pièce :&#13;
Fourni à bâillons, 30 planches de pin et 20 madriers, que je&#13;
ne compte que pour des planches, pour être un peu viciés :&#13;
&#13;
30e&#13;
&#13;
Pour la pension de M. Guyotte, neuf jours à 20 sols :&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
Pour deux jours dito de M. Chabot :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Pour des raccommodages de hardes pour M. Thury :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Raccommodages de hardes à une culotte, pour&#13;
Monseigneur :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Autres raccommodages pour M. Merlac :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
8&#13;
25&#13;
&#13;
Pour raccommodages de bas à Roc :&#13;
2&#13;
&#13;
Pour un minot de pois verts livré à bâillon :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Quatre douzaines d’œufs et 7 livres de beurre fourni à&#13;
M. Guyotte :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Fourni au même, six pains blancs à 10 sols la pièce :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Le dimanche dans l’octave de la fête du Saint-Sacrement.&#13;
Pareil&#13;
4&#13;
La somme devrait être de 617 livres, 11 sols et 20 deniers.&#13;
3&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Fourni au P. Théodore Augustin, une paire [de] semelles&#13;
[de] cuir [de] France :&#13;
&#13;
616&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
204&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Mai 6e&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Montent les parties en la page précédente à :&#13;
Pour un canot d’écorce fourni à Monseigneur, à son&#13;
arrivée de France, par M. Gagnon, qui n’a pas été payé&#13;
dans le premier compte :&#13;
Pour hardes fournies à son ordre à M. Sennemaud, qui&#13;
s’en contente avec la façon, à la somme :&#13;
Pour vingt-et-un jours de la pension dudit sieur, à 20 sols&#13;
par jour :&#13;
Pour façon de hardes de Thierry, fourni ¼ de toile de&#13;
Mesly :&#13;
Pour 64 pains de 5 sols [par] pièce, fournis jusqu’au 13&#13;
mai :&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
616&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
40&#13;
83&#13;
21&#13;
5&#13;
16&#13;
&#13;
Pour 20 madriers, un peu viciés, à 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Fourni à bâillon, une paire de souliers du cordonnier :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Pour 3 pains de 5 sols, fournis jusqu’au 17 mai :&#13;
Pour une botte de soie noire, à 33 livres, et fil de rennes :&#13;
Juin 28e&#13;
&#13;
Août&#13;
Sept. 10e&#13;
&#13;
Pour deux jours de nourriture de M. Chabot :&#13;
&#13;
15&#13;
35&#13;
2&#13;
&#13;
Fourni à bâillon, 150 planches à 45 livres la cent[aine] :&#13;
Payé sur le billet dudit sieur à Michel Boucher, maître de&#13;
barque, pour port de briques à Deschambault :&#13;
Pour une culotte de ratine et raccommodage de hardes à&#13;
M. Chabot :&#13;
&#13;
67&#13;
&#13;
Pour 100 planches fournies au sieur Baillon :&#13;
Fourni à M. Beaudoin, missionnaire [de] l’Acadie, un&#13;
chapeau :&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
Une paire de souliers de Normandie :&#13;
Trois chemises à 4 livres, 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
35&#13;
13&#13;
&#13;
6&#13;
6&#13;
13&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Un caleçon de toile huppé&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
½ autre iroquoise à 4 livres, 10 sols l’aune :&#13;
Pour six jours de sa nourriture et de ses deux Sauvages,&#13;
avant son départ de Montréal :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
12&#13;
1 037&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Le total devrait être de 1 040 livres, 17 sols et 20 deniers.&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
205&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Sept. 10e&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
Montent les parties en la page ci-contre :&#13;
Suite de ce qui a été fourni à M. Beaudoin pour douze&#13;
jours de nourriture d’un de ses Sauvages pendant le&#13;
voyage de Montréal :&#13;
Pour onze jours dito avec ses deux Sauvages, jusqu’à son&#13;
départ :&#13;
&#13;
1 037&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
Pour 8 pots d’eau-de-vie, avec le baril :&#13;
Pour façon et raccommodage de hardes :&#13;
Fourni à M. Thiery, une soutane de serge de Londres :&#13;
&#13;
6&#13;
22&#13;
14&#13;
4&#13;
40&#13;
&#13;
Une paire de bas de Dreux d’hiver :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Deux chemises à 4 livres, 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
Deux caleçons de toile à 2 livres, 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Cinq mouchoirs à 24 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Six collets à 7 livres, 4 sols la douzaine :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Un bonnet de nuit et une coiffe :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
¾ d’iroquoise à 4 livres, 10 sols [l'aune] :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
Une ceinture et deux peignes de Buyer :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
2 ½ livres de poudre à 25 sols :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Pour douze jours de sa nourriture, à 20 sols :&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Pour sept pots [d’]eau-de-vie, avec le baril :&#13;
Fourni en commun à tous les deux, avant leur départ, 7 ½&#13;
pots de vin, dont M. de Merlac a fourni le baril :&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Pour 16 livres [de] fleur [de] farine, à 3 sols la livre :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
Pour deux pains blancs et un bis[cuit], à 12 sols :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Pour 6 livres de riz à 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Deux pâtés dont M. de Merlac a fourni la viande :&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Fourni à bâillon, une paire de souliers de Normandie :&#13;
&#13;
6&#13;
1 209&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Le total devrait être de 1 212 livres, 5 sols et 32 deniers.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
206&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
Montent les parties en la page précédente :&#13;
1 209&#13;
Pour frais du voyage de M. Richard, de Paris à La&#13;
Rochelle, appert par le mémoire de M. Gricourt, 50 livres,&#13;
1 sou, 6 derniers, argent de France, font argent du pays :&#13;
68&#13;
Pour les menus frais et dépenses de mondit sieur, durant&#13;
son séjour à La Rochelle, 22 livres, 9 sols, 10 deniers de&#13;
France :&#13;
29&#13;
Pour lesdits menus frais pour M. Lamothe, pour un&#13;
matelas, couverte et traversin fourni à M. Lamothe, 16&#13;
livres, 10 sols de France, font ci :&#13;
22&#13;
Pour un chapeau fourni à M. de Lamouche, 3 livres, 10 sols&#13;
argent de France :&#13;
4&#13;
Pour soixante-trois jours de nourriture de M. Lamothe à 25&#13;
sols par jour, 98 livres, 12 sols de France :&#13;
105&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Trente-trois jours dito de M. Richard, 41 livres, 5 sols font :&#13;
55&#13;
Pour deux chemisettes auxdits sieurs, à 4 livres [par] pièce&#13;
font : [prix de France]&#13;
10&#13;
Pour 4 livres, 10 derniers en argent fourni à M. Lamothe :&#13;
[prix de France]&#13;
6&#13;
Pour avoir été reçu par Mgr du Prieuré-de-Percé, 330 livres&#13;
de France font : [prix de France]&#13;
3067&#13;
Pour la somme de 1800 livres prix de France des abbayes&#13;
pour le chapitre : [prix de France]&#13;
2 400&#13;
Pour le charriot des effets de Monseigneur, venu de Paris&#13;
livres, à 6 livres du cent[aine], argent de France :&#13;
16&#13;
Pour frais et fret La Rochelle à Québec, 15 livres de France&#13;
Livré à M. de Merlac, 7 ½ aunes de ratine noire à 6 livres&#13;
[l’]aune : [prix de Canada]&#13;
Pour 12 voyages de fumier à l’hôpital à 8 sols : [prix de&#13;
Canada]&#13;
Pour 4 ¼ aunes [de] serge [d’]Abbeville à 6 livres l’aune :&#13;
[prix de Canada]&#13;
Pour 5/4 de ratine à 6 livres par doublement : [prix de&#13;
Canada]&#13;
Pour 20 sols de soie, le tout livré à Langlois pour&#13;
M. Merlac : [prix de Canada]&#13;
&#13;
20&#13;
158&#13;
4&#13;
27&#13;
7&#13;
&#13;
Erreur de conversion : le prix de Canada serait de 440 livres.&#13;
Erreur de conversion : le prix de Canada serait de 45 livres.&#13;
9&#13;
Le total monterait donc à 4476 livres, 3 sols et 64 deniers.&#13;
8&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
1&#13;
4 337&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
0&#13;
&#13;
89&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
Le Séminaire doit à Mgr de Québec, suivant le compte&#13;
arrêté et signé de lui et de M. Tremblay, le 10e février 1689,&#13;
la somme-ci :&#13;
2 258&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Pour 10 aunes [de] draps de Berry, pris à 8 livres l’aune :&#13;
&#13;
80&#13;
&#13;
Pour trop peu compté sur un billet de 112 livres, 4 sols&#13;
d’un père récollet, qui n’a été passé au dernier compte que&#13;
pour 100 livres partant, reste-ci :&#13;
Pour une facture de marchandises pour la fabrique&#13;
montant à 237 livres, 5 sols prix de France, qui font :&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
316&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Pour 91 livres, 20 sols de cire blanche, à 3 livres :&#13;
Pour cinq pièces de serge de Berry noire contenant&#13;
84 aunes [à] 8 livres :&#13;
&#13;
274&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Pour une pièce dito grise 19 ½ aunes à 8 livres :&#13;
&#13;
156&#13;
&#13;
Pour 44 aunes de Frise, à 52 sols :&#13;
&#13;
114&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
672&#13;
&#13;
Pour 12 aunes [de] Berry grises à 8 livres :&#13;
Pour une pièce de frise rouge contenant 27 aunes, à 2&#13;
livres, 14 sols :&#13;
Pour trop peu compté sur les étoffes ci-dessus, ½ aune de&#13;
Berry noire et 2 sols sur les 44 aunes [de] Frise :&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
96&#13;
72&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
4 061&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
1110&#13;
&#13;
Sur les comptes réciproques qui ont été par le passé entre Mgr l’évêque de Québec&#13;
et le Séminaire des Missions étrangères de Québec, jusqu’au 15e d’août de&#13;
l’année 1692 que Monseigneur est revenu de France, nous sommes convenus de&#13;
nous quitter réciproquement de toutes les prétentions que nous pourrions avoir&#13;
les uns envers les autres en ce qui regarde précisément le Séminaire de Québec,&#13;
sans y parler des affaires du chapitre.&#13;
Fait à Québec, ce 28e septembre 1692,&#13;
Jean, évêque de Québec,&#13;
Louis Ango, supérieur.&#13;
&#13;
/Transcription11 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
10&#13;
11&#13;
&#13;
Le total est de 4 061 livres, 4 sols et 11 deniers.&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
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            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1692, 28 septembre – Quittance réciproque entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 36b)&#13;
1 Le Seminaire est comptable a&#13;
2 Monseigneur deQuebec sur les 1000.#&#13;
3 prix de france et 500.# en argent prix de&#13;
4 france receûe de mon S.r de Mer lac&#13;
5 Sçavoir fourny&#13;
6 pour le Missionnaire de Repentigny&#13;
7 pour le Missionnaire de s.t ours&#13;
8 pour Celuy de Saurel&#13;
9 pour celuy des trois rivieres&#13;
10 pour celuy de Champlain&#13;
11 pour celuy de Port neuf&#13;
12 pour celuy de Lotbinieres&#13;
13 pour celuy de la pointe de Levy&#13;
14 pour celuy de neuville&#13;
15 pour celuy de Charles bourg&#13;
16 pour celuy de Beauport&#13;
17 pour celuy de Lange gardien&#13;
18 pour celuy du Chasteau richer&#13;
19 pour celuy de S.te anne&#13;
20 a Celuy de S.t Joachim&#13;
21 pour Celuy de la Baye s.t paul&#13;
22 pour Celuy de la Bouteillerie&#13;
23 pour Celuy de S.t Jgnace&#13;
24 pour Celuy de S.t francois deSalles&#13;
25 pour Celuy de S.t pierre et S.t pauL&#13;
26 pour Celuy du Cap de la Magdeleine&#13;
27&#13;
28 Reste deüe par Mon d.’ seig.r la somme de&#13;
&#13;
36 b&#13;
&#13;
1689.&#13;
febvrier&#13;
15.&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
Mars 6.&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
23.e&#13;
&#13;
29 Monseigneur de Quebec doit&#13;
30 au Seminaire depuis Le dernier Compte arresté&#13;
31 avec luy le 10.e fevrier 1689 fourny ce qui suit&#13;
32 pour dix jours de pension d’un augustin a&#13;
33 20.s par jour&#13;
34 pour des raccommodages po.’ baillon’ fourny de fil&#13;
35 pour des racommodages de hardes a M.r Mer lac fourny&#13;
36 3 d’nes deBoutons et deux eSchevaux de soje&#13;
37 pour un pot et demiart deau devie livré a baillon a 50.s&#13;
38 pour deux paires de chaussons l’une de cicuseau&#13;
39 lautre d’Jroquoise&#13;
40 pour avoir payé son billet a M.r Du bos prestre&#13;
&#13;
250#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
150#&#13;
250#&#13;
150#&#13;
350#&#13;
350#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
250#&#13;
150#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
4700#&#13;
200#&#13;
&#13;
010#&#13;
002#&#13;
002#&#13;
002# 16s08d&#13;
001# 10s&#13;
200#&#13;
&#13;
�avril 11.e&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
30.e&#13;
&#13;
41 pour 20 loüis d’or pour la fondation du Salut qui&#13;
42 se fait le Dimanche infra octavam Corporis Christi&#13;
43 pour façon et fourniture de deux porte croix&#13;
44 pour Marchandises a son ordre fournies a m.r Thury&#13;
45 obmis sur le dernier compte rendu fourny au sieur&#13;
46 la Riviere architecte deux planches deBordage a&#13;
47 4.# piece&#13;
48 fourny a baillon 30 planches de pin et 20 madriers&#13;
49 que ie ne Compte que pour des planches pour&#13;
50 estre un peu vitiez&#13;
51 pour la pension de m’r guiotte 9 jours a 20.s&#13;
52 pour deux iours dicto de m’r chabot&#13;
53 pour des raccommodages de hardes po.’ M’r Thury&#13;
54 racommodages de hardes a 1 culotte pour Mon se’gr&#13;
55 autres racommodages de hardes po.’ m’r Mer lac&#13;
56 pour racommodages de bas a Roc&#13;
57 fourny au pere theodore augustin 1 paires semelles cuir france&#13;
58 pour un minot de pois verds livrez a baillon&#13;
59 4 d’nes doeufs et 7# livres deBeurre fourny a mr guyotte&#13;
60 fourny au mesme six pains blans a 10.s&#13;
61 la piece&#13;
62&#13;
&#13;
63 Montent Les parties en la&#13;
64 Page precedente a&#13;
65 pour un canot descorce fourny a M’gr a son arrivée&#13;
66 de france par M’r gaignon qui n’a pas esté payé&#13;
67 dans le premier compte&#13;
May 6 68 pour hardes fournies a son ordre a m.r sennemaud&#13;
69 qui sen content avec la façon a la somme&#13;
70 pour 21 iour de la pension du d’ sieur a 20s par iour&#13;
71 pour façon de hardes de Thierry fourny un quart&#13;
72 de toile de Mesly&#13;
73 pour 64 pains de 5s piece fournies jusqu’au 13 may&#13;
74 pour 20 madriers un peu vitiez a 10s piece&#13;
75 fourny a baillon 1 paire de souliers du Cordonnier&#13;
76 pour 3 pains de 5s fournies jusqu’au 17.e May&#13;
77 pour une botte de Soye noire a 33# et fil de rennes&#13;
Juin 28 78 pour deux jours nourriture de m.r Chabot&#13;
79 fourny a baillon 150 planches a 45# Le 100&#13;
80 payé sur le billet du d s.r a Michel Boucher m.e&#13;
81 de barque pour port de briques a Des chambaux&#13;
82 pour une Culotte de ratine et raccommodage&#13;
83 de hardes a M.r Chabot&#13;
&#13;
300#&#13;
001# 05s&#13;
036# 13s 06d&#13;
&#13;
008#&#13;
&#13;
025#&#13;
009#&#13;
002#&#13;
003# 10s&#13;
002#&#13;
001# 17s 06d&#13;
000# 10s&#13;
002#&#13;
002# 10s&#13;
002#&#13;
003#&#13;
616# 06s 20d&#13;
&#13;
616# 06s 20d&#13;
&#13;
400#&#13;
083# 01s&#13;
021#&#13;
005#&#13;
016#&#13;
010#&#13;
005#&#13;
000# 15s&#13;
035#&#13;
002#&#13;
067# 10s&#13;
035#&#13;
013#&#13;
&#13;
�Aoust.&#13;
84 pour 100 planches fournies au s.’ Baillon&#13;
bre&#13;
7 10 85 fourny a M.r Bauldouin miss.n’re laccadie&#13;
86 un chapeau&#13;
87 une paire de Souliers de normandie&#13;
88 3. chemises a 4.# 10.s piece&#13;
89 un Calçon de toile hubée&#13;
90 demie au.e jroquoise a 4.# 10.s Lau’&#13;
91 pour six jours de sa nourriture&#13;
92 et de ses deux Sauvages avant&#13;
93 son depart de MontreaL&#13;
94&#13;
95 Montent Les parties en la page cy côtre&#13;
7bre 10 96 Suite de ce qui a esté foutny a M.r Bauldoüin&#13;
97 pour 12 iours de nourriture d’un de ses&#13;
98 sauvages pendant le voyage de montreal&#13;
99 pour 11 jours ditto avec ses deux Sauvages&#13;
100 avant jusqua son départ&#13;
101 pour 8 pots deau de vie avec le baril&#13;
102 pour façon et racommodage de hardes&#13;
103 fourny a Mr Thiery une Sotanne de Sarge&#13;
104 de Londres&#13;
105 une paire de bas de dreux d’hyver&#13;
106 deux Chemises a 4.# 10.s piece&#13;
107 deux Calcons de toile a 2.# 10.s&#13;
108 Cinq mouchoirs a 24.s piece&#13;
109 6. Coletz a 7.# 4s la d’naine&#13;
110 un bonnet de nuict et 1 coeffe&#13;
111 3 quartiers d’iroquoise a 4.# 10.s&#13;
112 une ceinture et deux peignes de buier&#13;
113 deux livres et demye depoudre a 25.s&#13;
114 pour 12 iours d sa nourriture a 20.s&#13;
115 pour 7 pots eau de vie avec le baril&#13;
116 fourny en commun a tous les deux avant&#13;
117 leur départ 7 pots et demye de vin, dont&#13;
118 M.r de Mer lac a fourny la baril&#13;
119 pour 16.# fleur farine a 3.s la livre&#13;
120 pour deux pains blans et un bis à 12.s&#13;
121 pour 6.# de ris a 10.s piece&#13;
122 deux pastées dont Monsieur deMer lac&#13;
123 a fourny la viande&#13;
124 fourny a baillon une paire de&#13;
125 souliers de normandie&#13;
126&#13;
&#13;
045#&#13;
006#&#13;
006#&#13;
013# 10s&#13;
002# 05s&#13;
002# 05s&#13;
&#13;
012#&#13;
1037# 05s 20d&#13;
1037# 05s 20d&#13;
&#13;
006#&#13;
022#&#13;
014#&#13;
004# 10s&#13;
040#&#13;
005#&#13;
009#&#13;
005#&#13;
006#&#13;
003# 12s&#13;
002#&#13;
003# 07s 06d&#13;
001# 10s&#13;
002# 10s&#13;
012#&#13;
012# 010s&#13;
&#13;
005# 12s 06d&#13;
002# 08s&#13;
001# 10s&#13;
003#&#13;
004#&#13;
006#&#13;
1209# 01s 20d&#13;
&#13;
�127 Montent les parties en la page precedéte&#13;
128 pour frais du voyage de m.r richard de paris&#13;
129 a la rochelle appert par le memoire de&#13;
130 m’r Gricourt 50.# 1.s 6.d argent defrance&#13;
131 font argent du pays&#13;
132 pour les menus frais et dépenses de mondS.r&#13;
133 durant son seiour a la Rochelle 22.# 9s xd de frace&#13;
134 pour les d menus fraiz pour m’r e la Mothe&#13;
135 pour un maltelas, Couverte et traversin&#13;
136 fourny aMre la Motthe 16.# 10.s de france&#13;
137 font cy&#13;
138 pour un chapeau fourny a mr de la moushe&#13;
139 3.# 10.s arg.t de france&#13;
140 pour 63 jours de nourriture de M.r e la&#13;
141 Motthe a 25.s par jour 98# 15.s de france&#13;
142 33 jours ditto de m.r Richard 41.# 5s font&#13;
143 pour deux chemisettes aux d sieurs&#13;
144 a 4.# piece font&#13;
145 pour 4.# 10.s en argent fournie a M.r&#13;
146 e la Motthe&#13;
147 pour avoir esté receû par Monseigneur&#13;
148 du prieuré de parcé 330.# de france font&#13;
149 pour la Somme de 1800# prix de france des&#13;
150 abbays pour le chapitre&#13;
151 pour le charroy des effects de mon seigneur&#13;
152 venus de Paris&#13;
153 a la rochelle dans les balotz du seminaire&#13;
154 pesant 200.# a 6.# du Cent arg.’ de france&#13;
155 pour fraiz et fret e la Rochelle a Quebec 15.# de fra’ce&#13;
156 livré a M.r deMer lac 7 au’ ½ de ratine noire a 6.# au’&#13;
157 pour 12 voyages de fumier a lhospital a 8.s&#13;
158 pour 4 au.’ un quart Serge abville a 6.# lau’&#13;
159 pour 5. quarts de ratine a 6.# pa’ doublem’&#13;
160 pour 20.s de soye, le Tout Livré&#13;
161 a Langlois pour M’r Mer lac&#13;
162&#13;
163 Le seminaire doit a Mon seigneur&#13;
164 de Quebec Suivant Le compte arresté et&#13;
165 signé de luy et de m.r Tremblay le 10.e fevrier&#13;
166 1689 la Somme cy&#13;
167 pour 10 au.’ drap berry pris a 8# lau.’&#13;
168 pour trop peû compté sur un billet de 112.# 4.s&#13;
&#13;
1209# 01s 20d&#13;
&#13;
068# 15s 04d&#13;
029# 18s 10d&#13;
&#13;
022#&#13;
004# 13s 08d&#13;
105#&#13;
055#&#13;
010# 13s 04d&#13;
006#&#13;
306# 13s 06d&#13;
2400#&#13;
&#13;
016#&#13;
020#&#13;
015#&#13;
004# 16s&#13;
027#&#13;
007# 10s&#13;
001#&#13;
4337# 00s 08d&#13;
&#13;
2258# 16s 03d&#13;
080#&#13;
&#13;
�169 dun Pere recollect, qui n’a esté passé au dernier&#13;
170 compte que pour 100.# partant reste ci&#13;
171 pour une facture de Marchandises pour la&#13;
172 fabrique montant a 237.# 5s prix e france&#13;
173 qui font&#13;
174 pour 91# 20s de Cire blanche a 3.#&#13;
175 pour 5 pieces de serge de berry noire&#13;
176 contenant 84.l au.’ s 8.#&#13;
177 pour une piece ditto grize 19l ½ lau’ a 8.#&#13;
178 pour 44 au.’ frize a 52.s&#13;
179 pour 12. au.’ berry gris a 8.#&#13;
180 pour une piece de frize rouge&#13;
181 contenant 27 au.’ a 2.# 14.s&#13;
182 pour trop peû compté sur les&#13;
183 ettoffes cy dessus&#13;
184 demye au.’ besrry noir et 2l par&#13;
185 au.’ sur les 44 au.’ frize&#13;
186&#13;
187 Sur les Comptes reciproque. qui ont esté&#13;
188 par le passé entre Monseigneur L’Evesque&#13;
189 de quebec et le Seminaire des missions&#13;
190 estrangeres de quebec Jusques au 15. d’aouSt&#13;
191 de l’année mil Six cens quatre vingt douze&#13;
192 que Monseigneur est revenu de france,&#13;
193 nous sommes convenus de nous quitter&#13;
194 reciproquement de toutes les pretentions&#13;
195 que nous pourrions avoir les uns envers&#13;
196 les autres en ce qui regarde precisement&#13;
197 Le Seminaire de quebec Sans y comprendre parler&#13;
198 des affaires du Chapitre. fait a quebec&#13;
199 ce 28. Septembre 1692.&#13;
200&#13;
Jean evesque de quebec&#13;
201&#13;
Louis Ango superieur.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
012# 04s&#13;
&#13;
316# 06s 08d&#13;
274# 10s&#13;
672#&#13;
156#&#13;
114# 08s&#13;
096#&#13;
072# 12s&#13;
&#13;
008# 08s&#13;
4061# 10s 11d&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>Quittance réciproque entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec (Québec, 28 septembre 1692)</text>
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                <text>Quittance réciproque entre le 2e évêque de Québec et Maizerets, supérieur du Séminaire de Québec. Les Articles de 1692 qu'il a obtenus du roi stipulent que tous les membres du clergé diocésain relèvent uniquement de l'évêque, qui les emploiera de la manière qu'il jugera à propos. L'union des paroisses au Séminaire de Québec est supprimée. Seule la cure de Québec échappe à la règle et demeure au Séminaire, dont le rôle désormais se réduit à la formation des candidats au sacerdoce. L'union au Séminaire de Paris est maintenue et, à l'avenir, c'est de Paris que les directeurs de Québec seront informés de leur nomination. Saint-Vallier devra désormais approuver les nouvelles affiliations.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369538"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1 no 36b&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11164" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11165" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>Arbitrages</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>Curés (prêtres)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
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      <tag tagId="904">
        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. LI-VI&#13;
Les raisons d’intervenir du Serviteur de Dieu lorsque la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier était désirée, 1695-1696&#13;
En 1694, Mgr de Saint-Vallier se rendit en France pour régler certains de ses contentieux à&#13;
la Cour du roi et au Séminaire des Missions étrangères de Paris ; mais lorsqu’il voulut&#13;
retourner dans son diocèse, il rencontra des difficultés, puisque de nombreuses lettres&#13;
réclamant sa démission avaient été reçues. Mentionnons que la même requête avait été faite&#13;
lors de ses deux autres voyages en France, soit en 1687 et en 1691 ; et il s’agit là d’un fait&#13;
grave.&#13;
Vérifions d’abord si le Serviteur de Dieu a joué un rôle dans les deux premières instances&#13;
et si oui, de quel ordre, car nous savons qu’il intervint en 1694.&#13;
Lorsque l’abbé de Saint-Vallier revint à Paris en 1687, après son administration du diocèse&#13;
de Québec en qualité de vicaire général, les directeurs du Séminaire de Québec avaient&#13;
manifesté à ceux de Paris la ferme volonté que ces derniers fassent des démarches auprès&#13;
de la Cour pour empêcher la nomination de l’abbé comme évêque de Québec.&#13;
Mgr de Laval se trouvait alors à Paris. Il est difficile de déterminer si, et dans quelle mesure,&#13;
il prit part à l’affaire, puisque nous n’avons trouvé aucun document l’affirmant. Bien qu’on&#13;
puisse facilement croire qu’il ne fut pas indifférent à la proposition des directeurs du&#13;
Séminaire de Québec et qu’il y fut peut-être même favorable, il serait malhonnête de lui&#13;
attribuer une participation active ou, comme le fit l’abbé Gosselin (Vie de Mgr de Laval :&#13;
premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, vol. 2, p. 371), l’en faire&#13;
l’instigateur de l’affaire.&#13;
Lors du second voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, en 1691, le Serviteur de Dieu se&#13;
trouvait au Canada. Son point de vue sur le sujet est révélé dans sa lettre à l’ancien&#13;
gouverneur de Denonville à l’automne de 1691 : « Si Dieu permet que les vues qu’ont eues&#13;
ses amis ne réussissent pas et qu’il revienne en ce pays, il est comme impossible que cette&#13;
Église ne tombe pas dans un renversement total. Notre-Seigneur et sa sainte Mère en&#13;
disposeront comme il leur plaira. » (LI-IV-6) D’après ce texte, il semble clair que&#13;
Mgr de Laval était convaincu de la nécessité de la démission de son successeur pour le bien&#13;
de l’Église du Canada. Rappelons que Mgr de Saint-Vallier se rendait en France avec la&#13;
ferme intention de changer toute la constitution du Séminaire ; il n’est donc pas étonnant&#13;
que le Serviteur de Dieu soit arrivé à cette conclusion, qu’il ne communiqua qu’à quelquesuns de ses amis intimes. Il n’intervint pas directement pour provoquer la démission de son&#13;
successeur ; du moins, on n’en trouve aucune preuve dans les documents de l’époque.&#13;
Dans ces deux instances, Mgr de Saint-Vallier put revenir tranquillement à Québec, mais&#13;
en 1695, à l’époque concernée par les documents dans cette section, la question fut si&#13;
épineuse que le roi Louis XIV et la Cour demandèrent la démission de l’évêque.&#13;
On peut déduire l’opinion du Serviteur de Dieu sur l’affaire dans trois documents qui n’ont&#13;
pas été pris en considération jusqu’à maintenant. Il s’agit de lettres de l’abbé Tremblay,&#13;
adressées au Séminaire de Québec et à Mgr de Laval, dans lesquelles l’ancien évêque fit&#13;
des annotations dans les marges, que nous avons reproduites en deux colonnes aux n os 1, 6&#13;
et 7. Ces lettres sont conservées au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire&#13;
de Québec.&#13;
Ces annotations montrent que le Serviteur de Dieu était pleinement convaincu que Mgr de&#13;
Saint-Vallier devait démissionner, et ce, pour le bien de l’Église du Canada. On pourrait&#13;
soupçonner que Mgr de Laval nourrissait le désir de reprendre le gouvernement du diocèse ;&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Mgr de Saint-Vallier le pensât certainement, car il cherchât à le faire croire à d’autres en&#13;
France. Cependant, cette idée est sans fondement ; alors que des proches du Serviteur de&#13;
Dieu semblèrent réellement vouloir un tel retour, l’ancien évêque ne fit rien dans ce sens.&#13;
En 1692, lorsque l’on crut que Mgr de Saint-Vallier donnerait sa démission, Mgr de Laval&#13;
proposa l’abbé de La Colombière pour être administrateur du diocèse, tandis qu’il se&#13;
consacrerait lui-même aux seules fonctions épiscopales : &#13;
Que si Notre-Seigneur a pitié de cette pauvre Église et qu’il inspire au roi et à tous&#13;
ceux qui y peuvent contribuer de lui [Mgr de Saint-Vallier] en ôter la conduite,&#13;
comme le P. de La Chaize l’a fait positivement espérer à M. de La Colombière,&#13;
supposé qu’il n’y eût point de changement en sa conduite, l’on pourrait en ce cas,&#13;
en attendant que l’on eût trouvé un autre évêque, établir mondit sieur de&#13;
La Colombière grand-vicaire de tout le diocèse […]. Si Dieu faisait cette grâce et&#13;
grande miséricorde à cette Église, tant qu’il lui plaira me laisser en ce monde, je&#13;
ferai volontiers les fonctions épiscopales jusqu’à ce que celui sur lequel l’on jettera&#13;
les yeux soit sacré. C’est tout le soulagement que l’on peut attendre de moi, à l’âge&#13;
où je suis, et d’aider du peu de vues et de lumières que Notre-Seigneur me donne&#13;
ceux qu’il lui plaira employer à la conduite de cette Église. (LI-V-1)&#13;
Cette même idée se retrouve dans une note à l’abbé Tremblay :&#13;
Il serait bien plus expédient pour la gloire de Dieu et le bien de cette Église que l’on&#13;
choisit un autre que moi pour la conduire. Tout ce que j’y pourrais faire au regard&#13;
du Séminaire serait estimé bien suspect, y étant ce que je suis. Il nous faut laisser&#13;
conduire à la providence de Dieu. Il n’y a que l’extrême besoin et nécessité dont&#13;
l’on se trouverait pressé qui peut obliger d’avoir cette vue. (LI-VI-1)&#13;
Il semble suffisamment clair que le Serviteur de Dieu désirait la démission de Mgr de SaintVallier, non pas en sa faveur, mais uniquement pour le bien de l’Église de Québec.&#13;
Nous constatons tout de même qu’en manifestant ses pensées, il utilisa des termes plutôt&#13;
forts si on les prend en elles-mêmes : « Si Notre-Seigneur affligeait cette Église par le&#13;
retour de Monseigneur […] » (Doc. LI-V-1) ; « Son retour est le plus grand mal qui puisse&#13;
arriver à cette Église » ; « l’on doit regarder Monseigneur comme un fléau et un châtiment,&#13;
le plus grand et le plus certain pour cette Église qui puisse arriver » ; « son humeur prompte,&#13;
comme il dit, ne change que pour entrer dans de plus mauvais sentiments » (Doc. LI-VI7) ; « [l’Église] […] est entièrement ruinée, si Monseigneur y revient, étant ennemi&#13;
irréconciliable de la paix, de changer de nature de son esprit, qui est incessamment occupé&#13;
à brouiller et diviser les choses les plus unies » ; « […] des suites funestes et infaillibles du&#13;
retour de Monseigneur […] » ; « il est du tout impossible qu’il change jusqu’à la mort, quoi&#13;
que ce soit qu’il promette et fasse, tout n’étant qu’un pur artifice et déguisement » (Doc. LIVI-6).&#13;
Ces expressions paraissent peut-être démesurées, mais elles reflètent la conviction de tous&#13;
ceux qui connaissaient les affaires du Canada à l’époque, incluant les amis de Mgr de SaintVallier. Il faut aussi tenir compte du fait que nous ne savons pas à qui ces annotations&#13;
étaient adressées. Il semble qu’il s’agisse de notes personnelles, peut-être pour la rédaction&#13;
de réponses aux lettres ; si c’est le cas, nous ne savons si celles-ci furent envoyées et encore&#13;
moins si elles furent rédigées en ces termes1.&#13;
NDLR : L’abbé Tremblay, dans sa grande lettre au Séminaire de Québec écrite entre juin 1696 et le 17 avril&#13;
1697, demande aux MM. du Séminaire de rayer la note que le Serviteur de Dieu écrivit dans la marge de la&#13;
lettre du 3 juin 1696. Cela nous porte à croire que l’abbé Tremblay reçut ces lettres avec annotations de&#13;
Mgr de Laval, ou du moins celle du 3 juin 1696.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Regardons maintenant les circonstances du troisième voyage de Mgr de Saint-Vallier en&#13;
France. En arrivant à Paris à la fin de 1695, l’évêque sentit immédiatement que&#13;
l’atmosphère lui était défavorable et qu’il rencontrerait de sérieuses difficultés pour&#13;
retourner à Québec, dues aux maintes lettres reçues pour réclamer sa démission.&#13;
Notons que ni le Serviteur de Dieu ni le Séminaire de Québec ne prirent part à ces requêtes,&#13;
du moins pas directement. Seul l’abbé de La Colombière, prêtre non affilié mais très&#13;
attaché au Séminaire, écrivit en France sur l’affaire ; et bien qu’il fût l’ami de Mgr de SaintVallier et son vicaire général, il demanda ouvertement sa démission :&#13;
Il faudrait que le roi lui proposât d’abandonner son évêché pour le garder près de&#13;
lui, mais pas pour lui en offrir un autre. Si on lui donne un autre évêché, on lui fera&#13;
tort. J’ose assurer qu’il n’y a personne qui aime plus que moi M gr de Québec, ni qui&#13;
ait plus prié pour son salut. Le roi ne saurait lui faire un bien comparable à celui de&#13;
le laisser sans évêché, parce que la conduite des âmes lui est une occasion infaillible&#13;
de se perdre. (Cité dans Gosselin, Vie de Mgr de Laval : premier évêque de Québec&#13;
et apôtre du Canada, 1622-1708, vol. 2, p. 4432)&#13;
Mus par ces nombreuses instances, les gens intéressés aux affaires du Canada furent&#13;
convaincus qu’il était absolument nécessaire d’empêcher le retour de l’évêque à Québec.&#13;
Le ministre de Pontchartrain dit :&#13;
Il ne faut pas qu’il retourne au Canada, de peur qu’il n’achève de bouleverser&#13;
l’Église et l’État politique d’un pays où l’on a besoin d’un grand flegme pour&#13;
gouverner et où il ne peut recevoir de conseils que de ceux dont il ne veut point en&#13;
prendre. (Cité dans Gosselin, Ibid., vol. 2, p. 446-4473)&#13;
Certaines personnes, dont Mme de Maintenon, seconde épouse du roi, le ministre de&#13;
Seignelay, le P. de La Chaize, confesseur du roi, l’abbé de Brisacier, supérieur du&#13;
Séminaire des Missions étrangères de Paris, et l’abbé Tremblay, procureur du Séminaire&#13;
de Québec à Paris, firent pression pour que le roi oblige Mgr de Saint-Vallier à renoncer à&#13;
son diocèse. D’autres, plus proches de l’évêque, cherchèrent à le convaincre d’offrir sa&#13;
démission. Comme l’évêque se prépara malgré tout à partir pour Québec au printemps de&#13;
1696, Louis XIV, impressionné par le nombre de requêtes, lui ordonna de retarder son&#13;
départ jusqu’à l’année suivante. Mgr de Saint-Vallier comprit désormais que son retour était&#13;
sérieusement compromis. Il fit donc une intervention auprès des communautés religieuses&#13;
de son diocèse, les suppliant d’écrire à la Cour pour demander son retour. Mgr de SaintVallier se résolut aussi à écrire à Mgr de Laval (n° 5), sachant bien que sa requête était&#13;
délicate, mais qu’une réponse favorable du Serviteur de Dieu serait un atout.&#13;
De toutes les personnes interpellées, seulement trois répondirent en faveur du retour de&#13;
Mgr de Saint-Vallier : le supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, la supérieure&#13;
de l’Hôtel-Dieu de Montréal et la supérieure de la Congrégation de Notre-Dame de&#13;
Montréal. Mgr de Laval, de son côté, refusa nettement d’entamer quelconque démarche&#13;
auprès de la Cour.&#13;
Dans sa lettre au Serviteur de Dieu, Mgr de Saint-Vallier se dit surpris du motif invoqué&#13;
pour retarder son retour, soit ses dissensions avec le clergé canadien. Il l’interrogea donc&#13;
sur les moyens possibles pour rétablir la paix et faire oublier le passé à ceux qu’il aurait pu&#13;
offenser. Mgr de Laval se permit de lui répondre ouvertement et de lui dire clairement ce&#13;
qu’il pensait de son gouvernement. Nous reproduisons cette lettre au n° 8.&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
NDLR : Nous n’avons pas encore trouvé cette lettre citée par Gosselin.&#13;
NDLR : Idem.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Celui qui lirait cette lettre hors de son contexte, sans connaître ni se souvenir de tout ce qui&#13;
était arrivé à Québec depuis le début du gouvernement de Mgr de Saint-Vallier, pourrait&#13;
avoir une impression défavorable du Serviteur de Dieu. Celui qui se réfère aux&#13;
introductions précédentes des Docs. LI, documentant les relations entre le second évêque&#13;
et son clergé, en tirerait une impression bien différente.&#13;
Mgr de Laval fut franc et explicite, comme il se devait de l’être. Il exposa sans détour sa&#13;
pensée et les choses reprochées à Mgr de Saint-Vallier. Il dit les choses crûment, mais sans&#13;
l’intention d’offenser et surtout sans cacher la grande douleur qu’il ressentait et qu’il avait&#13;
accumulée depuis tant d’années. Il conserva tout le long un ton calme et digne, sans jamais&#13;
descendre dans l’amertume personnelle ou irrévérencieuse. Cette lettre, par son contenu et&#13;
sa forme, nous porte à penser que Mgr de Laval était parfaitement sincère lorsqu’il écrivait :&#13;
Je crois être obligé devant Dieu de vous parler avec toute la liberté et la confiance&#13;
que doit une personne qui a des obligations très particulières de vous honorer, qui&#13;
est près, étant à l’âge de 75 ans, de paraître au jugement de Dieu et qui n’a&#13;
uniquement en vue que les intérêts d’une Église qui vous doit être, et à moi&#13;
également, chère. &#13;
Cette lettre ne fut pas expédiée directement à Mgr de Saint-Vallier. Elle fut d’abord remise&#13;
à l’abbé Tremblay, afin qu’il la lise et la montre à des personnes judicieuses, prudentes et&#13;
surtout bien informées de l’affaire. Ces dernières devaient juger s’il était bon et opportun&#13;
de la remettre à l’évêque. Ainsi, la lettre du Serviteur de Dieu fut lue par plusieurs gens&#13;
éminents, comme Mme de Maintenon, le ministre de Seignelay, le P. de La Chaize,&#13;
l’archevêque de Paris, l’abbé de Brisacier, l’abbé Tronson, supérieur du Séminaire SaintSulpice de Paris, les directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, l’ancien&#13;
gouverneur du Canada Denonville et d’autres. Elle fut même portée à la connaissance du&#13;
roi. Ils furent unanimes : elle devait être remise à Mgr de Saint-Vallier (cf. no 10). L’abbé&#13;
Tremblay, qui la lui donna puis relata tous les détails, affirme que Mgr de Saint-Vallier en&#13;
resta profondément impressionné (cf. no 10).&#13;
La même année, en 1696, le Serviteur de Dieu écrivit au cardinal de Noailles, archevêque&#13;
de Paris (no 9), qui lui avait demandé des informations sur l’Église du Canada. Cette lettre&#13;
est parallèle à celle envoyée à Mgr de Saint-Vallier et doit donc être évaluée avec les mêmes&#13;
critères.&#13;
Si Mgr de Saint-Vallier avait pris en considération les sentiments des personnes intéressées&#13;
et interrogées sur la question, peut-être aurait-il perdu tout espoir de retourner à Québec ;&#13;
au contraire, il fit de nouvelles pressions pour recevoir la permission désirée.&#13;
L’affaire se conclut au printemps 1697. D’autres mémoires furent rédigés pour le ministre&#13;
et le roi (nous reproduisons celui de l’abbé Tremblay au no 11). Louis XIV accorda donc&#13;
une audience à Mgr de Saint-Vallier, pour l’inviter à offrir sa démission, sans l’y obliger,&#13;
suivant ainsi les recommandations d’autorités ecclésiastiques éminentes approchées sur ce&#13;
sujet, dont l’archevêque de Paris et Mgr Bossuet. Mgr de Saint-Vallier refusa, avec beaucoup&#13;
de modestie et de révérence. Le roi lui aurait alors répondu :&#13;
Alors, puisqu’il en est ainsi, vous retournerez dans votre diocèse. Mais voyez à y&#13;
rétablir entièrement la paix ; parce que si j’entends encore parler de vous, je saurai&#13;
bien vous rappeler, pour ne plus, cette fois, vous y laisser retourner. (Taschereau,&#13;
Histoire du Séminaire de Québec, Archives des Missions étrangères de Paris, vol.&#13;
45, cité par Gosselin, vol. 2, p. 4614)&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
NDLR : Idem.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Mgr de Saint-Vallier avait gagné. En mai 1697, il partit de la France et arriva à Québec en&#13;
août.&#13;
Durant les 20 ans qu’il dirigea encore l’Église de Québec (1697-1727), son comportement&#13;
envers son prédécesseur et le Séminaire de Québec fut beaucoup plus serein. Mais il&#13;
continua à avoir des difficultés avec diverses communautés religieuses et avec plusieurs&#13;
individus ; et cela contribua à conserver des oppositions latentes contre lui et d’autres&#13;
interventions auraient été faites auprès de la Cour pour provoquer sa démission. En 1709,&#13;
lorsqu’il retourna en France, après cinq ans passés en Angleterre comme prisonnier de&#13;
guerre, la Cour de Paris fit de nouvelles pressions pour qu’il remette sa démission ; en&#13;
conséquence, Mgr de Saint-Vallier n’obtint la permission de rentrer dans son diocèse qu’en&#13;
1713, soit quatre ans plus tard (cf. Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval&#13;
jusqu’à la conquête, 1re partie, Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911, p. 245-252).&#13;
*********************&#13;
En plus de la longue et délicate affaire des négociations pour obtenir la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, il est nécessaire d’aborder brièvement une autre question, qui revient&#13;
dans plusieurs documents de cette section et dans laquelle le Serviteur de Dieu fut&#13;
directement impliqué : durant l’absence de Mgr de Saint-Vallier, le Serviteur de Dieu,&#13;
maintenant appelé Mgr l’Ancien, conseilla aux directeurs du Séminaire de Québec de&#13;
donner l’habit clérical à certains jeunes étudiants du Petit Séminaire, auxquels il conféra&#13;
ensuite les ordres sacrés, y compris le sacerdoce.&#13;
Voici comment se déroulèrent les choses. Lorsque Mgr de Saint-Vallier partit de Québec le&#13;
29 octobre 1694, il n’avait laissé aucune juridiction au Serviteur de Dieu pour faire des&#13;
ordinations. Après 15 jours de voyage, le 13 novembre, il envoya une lettre au supérieur&#13;
du Séminaire sur ce qu’il y aurait à faire durant son absence (LI-V-3). Parmi ses volontés,&#13;
il y avait celle que les directeurs du Séminaire attendent son retour pour donner l’habit&#13;
clérical à ceux qui auraient terminé leurs études : « Comme je me suis réservé à moi seul&#13;
l’examen de ceux qui sont appelés à l’état ecclésiastique, écrivait l’évêque, je les supplie&#13;
[les directeurs du Séminaire] de différer à donner l’habit ecclésiastique à ceux de leur&#13;
Petit Séminaire jusqu’à mon retour. »&#13;
Or, nous savons que le 29 novembre, les directeurs donnèrent la soutane aux jeunes en&#13;
question, comme il était de coutume durant l’absence de l’évêque. La lettre de Mgr de SaintVallier du 13 novembre était-elle parvenue aux directeurs ? Il nous manque les éléments&#13;
pour offrir une réponse définitive. En tenant compte des dates, tout nous porte à croire que&#13;
la lettre n’était pas arrivée et que si elle avait été reçue, le Serviteur de Dieu devait avoir&#13;
d’excellentes raisons pour conseiller aux directeurs de procéder. En effet, à la suite de la&#13;
controverse que provoquèrent ces ordinations, même Mgr de Saint-Vallier, si jaloux de son&#13;
autorité épiscopale, approuva pleinement la façon de procéder de son prédécesseur dans sa&#13;
lettre du 25 mars 1696 (no 5).&#13;
Chronologiquement, nous savons qu’au début de mai 1695, Mgr de Saint-Vallier présenta&#13;
à l’abbé Tremblay la lettre qu’il avait rédigée au Serviteur de Dieu, dans laquelle il&#13;
l’autorisait clairement à examiner les jeunes aspirants à l’état clérical et à conférer les&#13;
ordres aux méritants. Mais cette lettre, mystérieusement, ne fut jamais envoyée (n o 1). Dans&#13;
une seconde lettre au même, du 18 mai 1695 (no 2), qui cette fois fut bel et bien expédiée,&#13;
Mgr de Saint-Vallier écrivit :&#13;
S’il se présentait quelque ordination à faire ou quelque consécration de calice et&#13;
autre bénédiction, je vous supplie de vouloir bien vous y rendre favorable. Accordez&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�à M. Dollier [alors vicaire général] ce qu’il pourra vous demander sur ces sortes de&#13;
choses, que je ne saurais prévoir ni marquer en particulier.&#13;
Ayant reçu cette concession et ayant sondé l’abbé Dollier et les Jésuites, Mgr de Laval, à la&#13;
suite de la sollicitation du vicaire général, conféra donc aux jeunes la tonsure le&#13;
3 décembre 1695, les ordres mineurs le 17 mars 1696, le sous-diaconat le 7 avril, le&#13;
diaconat le 21 avril et le sacerdoce le 6 et le 17 juin de la même année5.&#13;
Toutefois, lorsque Mgr de Saint-Vallier fut informé de ces ordinations, il s’en montra&#13;
vivement surpris et mécontent. Dans une conversation qu’il eut avec les directeurs du&#13;
Séminaire des Missions étrangères de Paris, qui lui rendirent visite, il accusa Mgr de Laval&#13;
d’avoir illégalement célébré ces ordinations. Il leur montra comme preuve diverses lettres&#13;
qu’il avait écrites au Serviteur de Dieu, mais cacha probablement celle où il lui permettait&#13;
les ordinations, puisque l’abbé Tremblay, plus tard interrogé par ces directeurs et très&#13;
étonné de la réaction de l’évêque, leur montra une copie de la lettre du 18 mai. Ils&#13;
l’examinèrent avec soin, mais ne jugèrent pas que le texte était suffisamment clair pour&#13;
pouvoir mettre un terme à la discussion. Selon eux, le Serviteur de Dieu avait peut-être trop&#13;
largement interprété les mots de Mgr de Saint-Vallier. Il semblerait que l’affaire n’eut pas&#13;
d’autres suites.&#13;
En considérant que le Serviteur de Dieu avait sollicité l’avis des pères jésuites et du vicaire&#13;
général Dollier, on peut affirmer qu’il devait être pleinement convaincu de pouvoir faire&#13;
ces ordinations, puisqu’il est fait mention de l’autorisation donnée par Mgr de Saint-Vallier&#13;
dans les actes officiels, insérés dans les registres épiscopaux (n o 3). De plus, lorsque ce&#13;
dernier fut de retour à Québec, il apposa sa signature à ces actes, approuvant ainsi&#13;
implicitement que son autorisation eût été donnée.&#13;
&#13;
Nous avons pris ces informations chez l’abbé Gosselin, Vie de Mgr de Laval : premier évêque de Québec et&#13;
apôtre du Canada, 1622-1708, vol. 2, p. 688-696, dans la liste des ordinations faites par Mgr de Laval.&#13;
5&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 51-6 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI-VI-10&#13;
Extraits de la lettre de l’abbé Tremblay aux directeurs du Séminaire de&#13;
Québec, juin 1696-17 avril 1697, d’après l’original conservé au Musée de la&#13;
civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 23&#13;
&#13;
J’ai reçu toutes vos lettres, excepté celle que vous avez donnée au père commissaire&#13;
des Récollets, qui n’est pas encore arrivé. Je suis aussi en peine d’une lettre que&#13;
M. de Glandelet me mande (si je ne me trompe) m’écrire en chiffres, dans laquelle&#13;
il dit qu’il a mis une copie de la lettre que Mgr l’Ancien écrit à Mgr de Québec, aussi&#13;
en chiffres, car je n’ai point reçu cette lettre en chiffres : je n’en ai reçu que deux de&#13;
M. de Glandelet en chiffres, l’une venue par Plaisance et l’autre, à ce que je crois,&#13;
par la Ville-Marie sous l’adresse du P. de Lamberville, qui la reçut par la poste en&#13;
même temps [qu’]une copie de cette lettre de Mgr l’Ancien, adressée audit&#13;
P. de Lamberville, qui la montra au R. P. de La Chaize avant que nous l’eussions&#13;
vue et l’envoya ensuite à M. le marquis de Denonville.&#13;
Cette même copie, écrite de la main de M. Du Bos, fit plus de chemin, car&#13;
M. l’abbé de Brisacier étant allé à Versailles avant Noël, M. de Denonville la lui fit&#13;
voir. M. de Brisacier l’apporta à Saint-Cyr, où il la lut à Mme de Maintenon, qui&#13;
fut d’avis, aussi bien que M. l’évêque de Chartres, le P. de La Chaize et&#13;
M. de Denonville, qu’on en donnât l’original à M. de Québec. M. de Brisacier la&#13;
rapporta à Paris, où il me la montra. Il la fit voir encore à Mgr de Paris et tous&#13;
conseillèrent de donner la lettre, à quoi j’avais pour moi beaucoup de répugnance,&#13;
connaissant M. de Québec et appréhendant l’éclat qu’il pourrait faire après l’avoir&#13;
reçue.&#13;
Je reçus mes paquets le jour de Saint-Jean-l’Évangéliste et dans ces paquets, j’y&#13;
trouvai deux originaux de cette lettre et après avoir examiné la chose avec nos&#13;
Messieurs et conclu que nous devions la donner, je la cachetai et la mis avec&#13;
20 autres que j’avais à Mgr de Québec pour les lui rendre quand il serait de retour&#13;
de la campagne.&#13;
Le P. de La Chaize lut même au roi cette copie, qui fut renvoyée à M. le marquis&#13;
de Denonville, qui la lui donna. Il lui lut encore celle que la personne que vous&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�savez écrit1 audit révérend père et celle que M. de Glandelet écrit à M. le marquis&#13;
de Denonville, qui manda toutes ces choses à M. l’abbé de Brisacier le 1er jour de&#13;
l’an et il fit savoir en même temps les bonnes dispositions du Maître pour ne pas&#13;
permettre le retour de celui qui cause le trouble.&#13;
J’ai cru vous avoir mandé l’an passé que les lettres de cette même personne furent lues au&#13;
roi et firent le bon effet qu’on en devait attendre. Je ne sais pas ce qui a empêché le père&#13;
confesseur de lui faire réponse. Ce serait au P. de Lamberville à le solliciter de répondre&#13;
aux lettres de Canada. Cette personne peut être assurée d’un secret entier de notre part.&#13;
Comme nous appréhendions l’éclat que pourrait faire M. de Québec après avoir&#13;
reçu la lettre de Mgr l’Ancien, M. l’abbé de Brisacier crut devoir la communiquer à&#13;
M. Tronson, à Illy. Nous y fûmes ensemble le 2 janvier. M. Tronson venait de&#13;
recevoir ses lettres et ne les avait pas encore lues. Nous fûmes avec lui plus de&#13;
deux heures. Il nous conjura d’empêcher la division entre nos communautés en&#13;
Canada et parut bien résolu de s’y opposer de toutes ses forces. M. de Brisacier lui&#13;
lut la lettre de Mgr l’Ancien, le mémoire de l’an passé qui était fait pour présenter&#13;
au roi et lui dit ce qui s’était passé de principal cette année en Canada, savoir les&#13;
lettres écrites par M. de Québec à Mgr l’Ancien et aux Jésuites, les menaces faites&#13;
par M. de Montigny auxdits pères, les propositions faites par le même à&#13;
M. de Glandelet sur les missions des Outaouais, la disposition de M. Dollier de&#13;
donner aux Récollets des pouvoirs pour les missions, etc.&#13;
Il lui donna toutes ces choses sous le secret et le pria de n’en faire usage que pour luimême. M. Tronson, qui a l’esprit droit, n’eut pas de peine à blâmer toute cette conduite,&#13;
à n’y pas trouver l’esprit de Dieu. Il nous assura bien plusieurs fois que si M. de Québec&#13;
venait prendre son conseil et le voulait suivre, il saurait bien lui en donner un qui lui paraît&#13;
absolument nécessaire, faisant assez entendre qu’il lui conseillerait de se démettre. Il dit&#13;
qu’il ne pouvait croire que M. de Montigny ait proposé à M. de Glandelet ce qu’il a proposé&#13;
des missions outaouaises de son chef et sans en avoir été instruit par Monseigneur et il&#13;
blâma M. Dollier d’avoir dit qu’il donnerait des pouvoirs aux Récollets si M. le comte [de&#13;
Frontenac] lui en demandait. Il dit que dans ces rencontres, M. Dollier devait renvoyer tout&#13;
en France à Monseigneur et il conjura plusieurs fois M. de Brisacier de se joindre à lui pour&#13;
entretenir l’union entre les trois communautés et que de sa part, il ferait ce qui dépendrait&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : L’abbé de La Colombière.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�de lui. M. de Brisacier, en lui lisant le mémoire ci-dessus, n’eut garde de lire ce qui y est dit&#13;
de la personne que vous savez. Il changea cet article d’une manière à n’en rien faire&#13;
connaître à M. Tronson. Il le fit encore souvenir de M. Belmont, qui était la cause de toute&#13;
la division des esprits, et lui rappela ce qui s’est passé autrefois. Nous fûmes contents de&#13;
cette visite.&#13;
M. de Québec revint à Paris la veille des Rois. Je ne pus l’aller voir que le&#13;
lendemain des Rois au matin et je lui portai toutes les lettres que j’avais à lui, entre&#13;
lesquelles était la lettre en question. Je ne sais s’il avait quelque connaissance de&#13;
cette lettre, mais il chercha par toutes ces lettres celle de Mgr l’Ancien. Je lui&#13;
indiquai celle qui parle de différentes choses et je pris ensuite congé de lui. Il me&#13;
dit qu’il allait venir dire la messe et dîner en notre Séminaire, où nous avions les&#13;
prières des Quarante-heures, à cause de la fête des Rois. Il y vint en effet et il nous&#13;
parût assez qu’il avait lu cette lettre et qu’il en était tout consterné. Il demanda à&#13;
nos Messieurs un entretien en particulier. Ils trouvèrent moyen de s’en débarrasser&#13;
par la compagnie qu’ils avaient. Il leur demanda un jour dans la semaine pour se&#13;
trouver chez M. de Saint-Vallier, son frère, et eux ne pouvant le reculer le mirent&#13;
au samedi. Je fus le mercredi 9 janvier à Versailles porter à M. de Denonville ses&#13;
lettres et lui dire ce que nous avions fait. C’est un ami toujours très zélé pour les&#13;
intérêts de cette pauvre colonie. [...]&#13;
Nos Messieurs furent dîner avec lui [Mgr de Saint-Vallier] chez M. le comte de&#13;
Saint-Vallier le samedi 12e de ce mois de janvier. Ils y trouvèrent M. l’archevêque&#13;
d’Auch et M. de La Pallière. Je m’en dispensai :&#13;
1° parce que je ne croyais pas qu’il le désirât beaucoup ;&#13;
2° parce que j’aurais eu peine à ne pas dire quelque parole ;&#13;
3° parce que nous ne pouvions tous quitter à la fois.&#13;
M. de Brisacier croyait être de retour à deux heures et ils ne revinrent qu’à&#13;
6 [heures]. Monseigneur leur demanda fortement de procurer son retour et leur fit&#13;
de belles promesses. Ils s’excusèrent de s’en mêler, surtout sachant ce qui s’était&#13;
passé. Il se plaignit fortement à eux de l’ordination faite par Mgr l’Ancien. Il leur&#13;
produisit toutes les lettres qu’il lui avait écrites, dans lesquelles il n’était fait nulle&#13;
mention de pouvoir ordonner et il insista qu’on ordonnait sans pouvoir des gens&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans titre, sans science et nos Messieurs furent surpris de tout ceci. Ils croyaient&#13;
que Mgr l’Ancien avait pouvoir de M. de Québec de donner les ordres. Ils dirent&#13;
qu’il fallait que M. de Québec le lui eût donné dans quelque autre lettre qu’il&#13;
n’avait pas et qu’ils ne furent pas plus tôt de retour qu’ils me demandèrent en&#13;
vertu de quoi Mgr l’Ancien avait fait ces ordinations.&#13;
Je leur fus cherché la copie de cette [lettre] en vertu de laquelle Monseigneur a fait&#13;
cette ordination2, mais à vous parler franchement, nous ne la trouvâmes pas aussi&#13;
forte que nous l’eussions souhaité pour autoriser cette ordination et quoique nos&#13;
Messieurs, en parlant à M. l’archevêque d’Auch et à M. de La Pallière, aient fort&#13;
insisté sur cette lettre pour soutenir Mgr l’Ancien, dans le fond cependant, ils ne&#13;
vous excusent pas tous dans leur particulier et il sera aisé de découvrir par toute&#13;
personne désintéressée qu’il y a eu en cette action trop de précipitation et qu’on&#13;
s’est servi d’un titre apparemment pour faire plus que ce que porte précisément la&#13;
lettre. Vous avez eu de bonnes intentions, mais il eût été à souhaiter que la chose&#13;
ne se fût pas faite. M. de Glandelet même ne s’explique pas clairement sur ce fait&#13;
dans sa grande lettre, car il étend le pouvoir donné par M. de Québec à M. l’Ancien&#13;
plus loin qu’il n’est marqué dans la lettre et pour vous en convaincre, je vais&#13;
rapporter les termes de l’une et l’autre lettre. Extrait de la lettre de M. de Québec&#13;
à M. l’Ancien du 18 mai 1695 : « S’il se présentait quelque ordination à faire ou&#13;
quelque consécration de calice et autres bénédictions, je vous supplie de vouloir&#13;
bien vous y rendre favorable. Accordez à M. Dollier ce qu’il pourra vous&#13;
demander sur ces sortes de choses, etc. ».&#13;
Comme il est nécessaire de prendre l’intention de Mgr de Québec dans cette lettre&#13;
pour comprendre l’étendue du pouvoir donné à M. l’Ancien, il semble :&#13;
1° qu’il n’a eu intention de permettre que quelque ordination au&#13;
singulier, et non pas plusieurs ordinations, depuis les moindres&#13;
ordres jusqu’à la prêtrise ;&#13;
2° il ne paraît pas avoir eu intention d’accorder ce pouvoir pour&#13;
ordonner plusieurs personnes, mais seulement quelques-unes ;&#13;
3° enfin, il semble avoir exigé que M. Dollier l’en priât Mgr l’Ancien.&#13;
2&#13;
&#13;
NDLR : En marge : Rayez les remarques de Mgr de Laval en marge de la lettre du 3 juin 1696, p. 20.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Toutes ces réflexions qu’ont faites nos Messieurs leur ont fait juger qu’il eût été à&#13;
souhaiter que l’ordination n’eût point été faite, car si M. de Québec perd&#13;
l’espérance de retourner, il fera sur cela un beau bruit lorsqu’il ne se croira plus&#13;
obligé de garder de mesures, car il dira partout que Mgr l’Ancien l’a chassé de son&#13;
évêché pour le reprendre, qu’il en exerce toutes les fonctions sans pouvoir,&#13;
etc. M. de Glandelet, dans sa grande lettre, étend un peu la courroie de ce pouvoir&#13;
qu’il s’est bien aperçu être un peu trop courte, car voici ce qu’il m’en écrit :&#13;
« M. de Québec a envoyé pouvoir à M. l’Ancien dans une lettre écrite de sa main&#13;
de faire les ordinations qui se présenteront, les bénédictions et autres fonctions de&#13;
son ministère dans le diocèse. »&#13;
Ce pouvoir n’est pas si étendu dans la lettre de Mgr de Québec. Dieu veuille qu’il&#13;
ne fasse pas de bruit là-dessus, mais cela ne nous a pas fait plaisir. De quelque utilité&#13;
que vous soient MM. Hamel et Boucher, Bouteville, Gaulin, Pinguet et Leblond, il eut mieux&#13;
valu s’en priver que de faire cette démarche. Mais l’affaire est faite. Je m’attends même&#13;
que M. Gaulin sera ordonné prêtre avant que vous receviez cette lettre. J’espère que s’il&#13;
ne l’est pas, vous différerez à l’ordonner, jusqu’à ce que Monseigneur donne un autre&#13;
pouvoir, puisqu’il ne croit pas en avoir donné et que selon l’axiome Non est major defectus&#13;
quam defectus potestatis3. Je vous dis ici franchement ce que l’on pense, parce que je sais&#13;
que vous n’en ferez qu’un bon usage et que vous désirez que j’en agisse ainsi. Je&#13;
continuerai à le faire sur tout ce qui me reviendra.&#13;
M. de Québec apprit à nos Messieurs dans cet entretien (où il parut tel qu’il a toujours été&#13;
et sera toujours, très véhément, industrieux, souple, adroit, aheurté pour venir à ses fins)&#13;
que le roi lui avait fait demander sa démission l’an passé et qu’il l’avait refusée. Il dit qu’il&#13;
ne se démettrait en effet jamais si cependant le roi lui ôtait toute espérance de retour. Je&#13;
crois qu’il pourrait à la fin changer de sentiment. Il ne faut pas s’attendre à lui faire donner&#13;
un autre évêché. Le roi s’est expliqué nettement qu’il ne lui en donnerait jamais, mais bien&#13;
quelque bonne abbaye. Il craint son tour et son travers d’esprit et il aimera mieux le laisser&#13;
retourner en Canada que de l’admettre dans l’Église de France, où il appréhende qu’il ne&#13;
brouille. C’est sur quoi il nous faut compter.&#13;
Il est allé depuis dimanche matin à Versailles, où il va remuer toute pierre. M. l’abbé&#13;
de Brisacier, qui ira ce soir, saura ce qui s’y sera passé. Il ne fit que dîner à Versailles et s’en&#13;
3&#13;
&#13;
NDLR : Il n’y a pas de plus grande faute qu’un manque de pouvoir.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�revint. Le lundi 14 janvier, il est allé avec M. l’archevêque d’Auch, M. le comte de SaintVallier4 et M. de La Pallière trouver le R. P. de La Chaize et lui dire que nos Messieurs, dans&#13;
l’entretien ci-dessus, leur avaient protesté qu’ils n’avaient point de part à la rétention de&#13;
Monseigneur et donnaient les mains à son retour. Le P. de La Chaize ne les crut pas et dit&#13;
quelques jours après ces choses à M. de Brisacier, qui lui dit que M. de Québec les ayant&#13;
pressés de procurer son retour, qui dépendait d’eux qui faisaient la pluie et le beau temps&#13;
par Mme de Maintenon. Ils lui avaient répondu que Mme de Maintenon ne se mêlait pas&#13;
de ces affaires ecclésiastiques et que ce n’était pas là le canal par lequel le roi était informé&#13;
et M. Tiberge est résolu d’aller trouver M. l’archevêque d’Auch et de lui expliquer&#13;
nettement ce qu’il pense sur le retour de Monseigneur.&#13;
Il remue à présent toute pierre sur son retour. Il a été depuis peu conjurer le P. Le Valois&#13;
de s’intéresser pour lui. Le père, qui présentement le connaît, l’a au contraire fort pressé&#13;
de se démettre et lui dit qu’il avait eu en vue d’inspirer au P. de La Chaize de porter le roi&#13;
à lui demander cette démission honnêtement, lui marquant que cela lui fera plaisir et qu’il&#13;
saura le reconnaître, etc. M. de Québec lui dit qu’il ne se démettrait jamais si on ne lui fait&#13;
son procès, etc. Il a dit à une personne que plusieurs évêques voulaient s’intéresser pour&#13;
lui en demandant son retour, que la manière dont on l’arrêtait était injurieuse à tout l’ordre&#13;
épiscopal et qu’on voulait lui ôter son évêché d’une manière tout à fait honteuse. Il a&#13;
présentement de grandes conférences avec les Récollets. J’emploierai M. l’abbé Bignon&#13;
pour savoir ce qui se fait auprès de M. Phélypeaux. […]&#13;
J’allai voir, à mon retour, le P. de Lamberville. Il me dit que le R. P. de La Chaize nous&#13;
donnerait audience le dimanche 27 à 9 heures. Nous nous y trouvâmes avec ledit père,&#13;
que nous prîmes en passant, et après avoir attendu deux heures, nous eûmes une longue&#13;
audience. Le révérend père nous apprit que M. de Québec l’était venu trouver la semaine&#13;
d’auparavant et l’avait fort pressé de procurer son retour, l’assurant qu’il tiendrait toutes&#13;
choses en paix, que pour cela il se retirerait à Montréal et vous laisserait les maîtres à&#13;
Québec (c’est ce qu’il avait aussi proposé à nos Messieurs et ils lui répondirent fort bien à&#13;
M. d’Auch que c’était la proposition la plus capricieuse qu’il pût proposer pour faire croire&#13;
que nous voulions être les maîtres, etc.). Il lui dit encore que son dessein serait, après avoir&#13;
passé cinq ou six ans en Canada, de se démettre alors avec honneur, mais qu’il lui était&#13;
présentement trop honteux pour s’y résoudre. Il lui présenta un cahier de mémoire. C’est&#13;
une réponse qu’il fait aux articles de la lettre de Mgr l’Ancien. Il dit qu’ayant appris que des&#13;
copies de cette lettre avaient couru à la Cour et qu’elle avait peut-être été lue au roi, il lui&#13;
était avantageux que le roi entendît les réflexions qu’il avait faites par apostilles sur cette&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
NDLR : Les deux étaient parents de l’évêque.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�lettre et il le pria de les lire au roi et de vouloir bien le supplier de se déclarer incessamment&#13;
pour son retour, parce qu’il lui était très nécessaire pour choisir des missionnaires et faire&#13;
ses provisions, factures, etc., pour son voyage qu’il sût dans peu s’il devait retourner ou&#13;
rester. […]&#13;
J’ai oublié de vous marquer en son rang une conférence que nous eûmes avec lui en&#13;
présence de M. de La Pallière. Il me dit qu’il était nécessaire qu’il vît nos Messieurs pour&#13;
parler de nos unions d’abbayes. Je disposai à cela nos Messieurs. Il ne nous fit que trop&#13;
connaître en cet entretien qu’il n’était nullement changé, malgré tout ce que nous en avait&#13;
dit si souvent M. de La Pallière. Quand j’y fus appelé, il était aux prises sur le chapitre de la&#13;
lettre écrite par lui à Mgr l’Ancien. Il soutenait fortement n’en avoir point écrit où il eut&#13;
permis à Mgr l’Ancien de donner les ordres, hors un billet qu’il laissa aux Récollets en&#13;
partant pour venir en France, auquel, dit-il, les Récollets auront pu ajouter la date du&#13;
18 mai 1695 ; mais qu’il n’en avait écrit aucun de cette date et il en fit des protestations&#13;
sans nombre, jusqu’à y engager son salut éternel plusieurs fois, à vouloir parier son évêché&#13;
contre M. Tiberge et à promettre de donner sa démission. « Si cela se trouvait vrai à vous&#13;
entendre, lui dirent nos Messieurs, votre démission est ce que nous désirons davantage,&#13;
etc. » Il voulut encore parier ses deux oreilles à couper, etc. « Prenez garde à vos oreilles »,&#13;
lui dit en riant M. Tiberge. Je lui montrai ensuite cette copie. Il se récria :&#13;
1° contre la date ;&#13;
2° contre le style qu’il prétendit n’être pas de lui à cause qu’il y a « ne vous&#13;
défendez pas d’officier, etc. dans une Église que vous aimez si&#13;
parfaitement » ;&#13;
3° il prétendit que ce pouvoir d’ordonner était relatif à la prière qui en serait&#13;
faite par M. Dollier.&#13;
Enfin, il n’y eut chicane qu’il ne fît sur cela et il pria, après toutes ces choses, de n’en point&#13;
parler ni ici ni en Canada. Nos Messieurs lui dirent qu’ils pouvaient bien lui promettre de&#13;
n’en pas parler en France, mais qu’ils ne pouvaient le dispenser d’en écrire en Canada pour&#13;
savoir la vérité. Ils lui ont même promis que je ne vous en écrirais point et que ce seraient&#13;
eux seuls qui en écriraient. Je ne leur en ai pas demandé permission. Faites comme si vous&#13;
ne saviez rien de tout ce que je viens de vous apprendre. […]&#13;
1697,&#13;
Voici bien des nouvelles et qui vous surprendront. Mgr de Québec retournera en Canada&#13;
selon toutes les apparences. Voici comment les choses ont tourné.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Le roi, ayant remarqué que c’était sur lui seul que tombait la justice ou l’injustice de la&#13;
rétention de M. de Québec en France, crut devoir prendre conseil pour savoir s’il pouvait&#13;
en conscience le retenir. Nous avions prévu que le roi pourrait s’adresser à M. de Paris ou&#13;
à M. de Cambrai et nous les croyions très bien disposés. En effet, il s’adressa à ce dernier&#13;
l’un des jours gras et lui demanda s’il pouvait retenir M. de Québec hors de son diocèse&#13;
pour toujours, vu l’état où étaient les affaires en ce pays-là. M. de Cambrai fit paraître qu’il&#13;
ignorait les affaires de M. de Québec. Le roi eut la bonté de lui demander : « Mais ne vous&#13;
en ai-je parlé l’an passé ? » (En effet, il lui en avait parlé.) M. de Cambrai continua de faire&#13;
l’ignorant, ou en effet il ne s’en souvint pas alors, et il dit au roi qu’il n’était pas assez&#13;
instruit de cette affaire et qu’il priait Sa Majesté de s’adresser à quelque autre. Cela obligea&#13;
le roi de demander à M. de Meaux son sentiment sur ce sujet. Il lui dit qu’il était persuadé&#13;
que M. de Québec était incapable de bien gouverner son diocèse et que quelques&#13;
protestations qu’il fît, il ne se corrigerait pas, mais qu’après tout, il ne voulait pas se&#13;
démettre et qu’il désirait savoir s’il devait l’empêcher de retourner dans son diocèse.&#13;
M. de Meaux n’avait point été instruit par nous, car jamais nos Messieurs ne lui avaient&#13;
parlé de ces choses. Il connaissait cependant parfaitement bien M. de Québec. Il ne voulut&#13;
pas prononcer sur ce que lui demandait le roi sans user de déférence envers M. de Paris.&#13;
Il dit qu’étant alors dans la chambre du roi, si Sa Majesté voulait le faire approcher, il dirait&#13;
son sentiment après lui. Le roi fit donc approcher M. de Paris, qui par modestie voulut que&#13;
M. de Meaux, comme son ancien d’épiscopat, dit le premier son sentiment et tous les deux&#13;
concoururent à dire qu’il serait à souhaiter que le roi tirât d’amitié la démission, etc., mais&#13;
que s’il ne la voulait pas donner, ils croyaient qu’on ne devait pas l’empêcher de retourner&#13;
en son diocèse, où il était obligé de résider suivant les canons et que ce n’était pas une&#13;
voie canonique d’user ainsi de l’autorité du roi, etc.&#13;
Nous avons été surpris que M. l’archevêque de Paris ait été cette année de cet avis et nos&#13;
Messieurs lui en marquèrent honnêtement leur surprise le jour des Cendres, car il nous&#13;
avertit dès le matin de ce jour la disposition dans laquelle était le roi. Nous allâmes le&#13;
trouver à midi. Il nous dit comment le tout s’était passé et il ajouta que le roi était résolu,&#13;
en laissant retourner M. de Québec, de l’empêcher par son autorité de faire le mal qu’il&#13;
serait capable de faire s’il n’était arrêté par cette autorité.&#13;
Nous voulûmes encore faire une tentative et nous dressâmes un mémoire pour&#13;
M. l’archevêque de Paris, dans lequel nous lui représentions qu’avant que le roi prît le parti&#13;
de laisser retourner N*, il était de sa piété et même de son obligation, dans la connaissance&#13;
qu’il avait du mal qu’il pouvait faire, de tenter toutes les voies de tirer de lui sa démission&#13;
à l’amiable ; que tous ceux qui connaissaient N. croyaient que si Sa Majesté pouvait lui&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�parler avec bonté et lui dire à peu près ces paroles : « Je sais que dans l’état où sont les&#13;
choses, il est du bien de la religion que vous ne retourniez point en Canada. Soit que le mal&#13;
vienne de vous ou de ceux qui sont sous votre conduite, vous n’y pouvez plus faire de bien ;&#13;
vous en pouvez faire ailleurs. Je ne veux pas user d’autorité pour demander votre&#13;
démission ni même pour vous arrêter en France. Mais vous me ferez plaisir de me la&#13;
donner. Je vous en aurai obligation et j’aurai soin de vous. » M. de Québec serait capable&#13;
de céder, qu’au pis aller Sa Majesté ne commettrait point en cela son autorité, mais&#13;
seulement sa bonté. Nous allâmes l’après-dîner monter ce mémoire au P. de La Chaize, à&#13;
qui nous apprîmes toutes ces choses qu’il ne savait pas encore. Il approuva ce mémoire et&#13;
le lendemain, nous le portâmes à M. l’archevêque et l’envoyâmes à Mme de Maintenon.&#13;
[…]&#13;
C’est ce que nous apprit M. l’archevêque de Paris le lundi de la première semaine de&#13;
carême que nous fûmes le voir. Il nous montra un mémoire présenté par M. de Québec,&#13;
dans lequel il faisait les plus belles protestations de paix qu’on puisse faire. Il s’excusait sur&#13;
ce qu’on l’accusait, dit-il, de vouloir conduire son diocèse par des lumières extraordinaires.&#13;
Il faisait une offre à la fin de ce mémoire de se retirer à Montréal et de laisser à Québec&#13;
toute l’autorité à Mgr l’Ancien.&#13;
Nous nous élevâmes là contre et nous vîmes les inconvénients de cette proposition, car si&#13;
nous l’acceptions, il n’en faudrait pas davantage pour faire croire ce qu’on a trop de&#13;
disposition à croire, après qu’on a tâché de l’inspirer, que tous les déboires de M. de&#13;
Québec ne viennent que de la jalousie qu’on prétend qu’a l’ancien évêque de s’être démis&#13;
et de n’avoir plus de part au gouvernement. D’ailleurs, cela n’aurait été que pour peu&#13;
d’années. Mgr l’Ancien, enfin, n’aurait eu qu’une autorité subordonnée et n’aurait pu faire&#13;
aucun bien. […]&#13;
Ce ne fut que vers le milieu de la troisième semaine de carême que le roi lui parla. Il eut&#13;
une audience secrète et le roi lui parla d’une manière fort affable, à son ordinaire. Il lui dit&#13;
qu’il reconnaissait parler à un saint évêque et il chercha tout ce qui pouvait adoucir son&#13;
esprit. Cependant, après toutes ces honnêtetés, il l’assura qu’il savait qu’il ne pourrait plus&#13;
faire de bien en Canada. Il lui demanda sa démission de bonne amitié, l’assurant qu’il lui&#13;
ferait plaisir en cela, quoiqu’il pût être assuré qu’il n’userait point d’autorité pour le retenir&#13;
en France, encore moins pour lui ôter son évêché. M. de Québec ne répondit qu’aux&#13;
honnêtetés du roi par de grandes assurances de son respect et de sa reconnaissance et de&#13;
ses attachements. « Mais vous ne répondez pas à ce que je vous demande », dit le roi. « Il y&#13;
a, Sire, des choses, dit M. l’évêque, sur lesquelles il est plus respectueux de ne pas&#13;
répondre à Votre Majesté. » Le roi alors lui dit, avec un ton de maître, que cela étant, il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�retournerait à son diocèse, mais qu’il prit garde d’y rétablir entièrement la paix et par ce&#13;
qu’il entendait encore parler de lui, il saurait bien le rappeler pour ne le plus laisser&#13;
retourner.&#13;
Je vous mande tout ceci, le plus exactement qu’il m’est possible et sans beaucoup d’ordre,&#13;
mais il est important que vous ne parliez nullement de ces choses et qu’au contraire, vous&#13;
en vous en fassiez les ignorants. Plusieurs autres le savent assez et le diront assez sans que&#13;
vous le disiez. Il est important qu’on ne puisse pas dire que vous l’avez dit et je vous prie&#13;
même de ne pas faire paraître que je vous l’aie mandé.&#13;
Quoiqu’il y eût plus de trois semaines que je m’attendisse à tout ceci, je vous avoue que je&#13;
ne laissai pas de tomber dans une affliction très sensible lorsque cela fut assuré ; un rayon&#13;
d’espérance m’avait soutenu jusqu’alors. Je craignis très fortement de voir renouveler&#13;
toutes les divisions anciennes. Je fus trois ou quatre jours dans un abattement dont je ne&#13;
pouvais revenir et je ne trouvais de consolation que dans une humble soumission aux&#13;
ordres de Dieu, lui disant avec Job : « Et haec mihi sit consolatio ut adfligens me dolore non&#13;
parcat, nec contradicam sermonibus Sancti5 ». […] Ce n’est pas que nos Messieurs&#13;
n’eussent tout le désir possible de nous rendre service. Ils l’ont bien fait paraître en cette&#13;
affaire, qui leur a plus coûté que toutes celles qu’ils n’ont jamais eues pour les missions&#13;
orientales et la maison de Paris, mais ils voient la disposition des esprits, tout ce qu’on a&#13;
dit contre Mgr l’Ancien et nos MM. de Canada, tout ce qu’on a dit contre eux à Paris et ils&#13;
sentaient qu’il valait mieux ne rien demander ou peu de choses que d’entrer dans une&#13;
discussion fort longue qui ne servirait de rien. […]&#13;
J’embrasse très affectueusement tous nos très chers frères,&#13;
[Tremblay, prêtre indigne].&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
NDLR : « J’aurais du moins la consolation – surtout de joie dans une torture insoutenable – de ne pas avoir&#13;
renié les décrets du Dieu Saint. » (Job 6:10)&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-6-10&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, juin 1696- 17 avril 1697)&#13;
Je commence, Messieurs, même avant le retour de nos vaisseaux, à&#13;
vous rendre compte de mes affaires et à vous écrire cette lettre&#13;
Lettres&#13;
&#13;
commune, qui renfermera tout ce que j’aurai à vous apprendre. J’ai&#13;
&#13;
commencées de&#13;
&#13;
remarqué que lorsque je diffère au départ de nos vaisseaux à vous&#13;
&#13;
bonne heure&#13;
&#13;
écrire cette lettre commune, j’oublie toujours quelque chose ou je suis&#13;
tellement pressé que, pour faire cette lettre alors, il faut quitter toute&#13;
autre affaire.&#13;
&#13;
Conversion d’une&#13;
&#13;
Ce fut peu de temps après le départ de nos vaisseaux, qui ne sont&#13;
&#13;
rente à l’hôtel de&#13;
&#13;
partis en 1696 qu’en juin, que je trouvai le moyen de faire une&#13;
&#13;
ville&#13;
&#13;
conversion d’une partie de rente que Mgr de Québec a donnée au&#13;
Séminaire et dont il a l’usufruit du denier 18 au denier 14. Le contrat&#13;
entier était de 1 000 livres, mais je n’ai pu en convertir que 800 livres&#13;
de rente. Voici ce qui m’a engagé à faire cette conversion.&#13;
&#13;
De quels deniers je&#13;
&#13;
Il nous était dû deux années de la pension de Mgr l’Ancien sur le&#13;
&#13;
l’ai faite&#13;
&#13;
Trésor royal dont nous ne pouvions être payés. Nous avions un bon&#13;
ami nommé Arnaud, premier commis du Trésor royal, qui s’offrit de&#13;
nous faire recevoir cette somme si nous voulions ensuite la laisser&#13;
comme si c’était de l’argent comptant que nous apportassions au&#13;
Trésor royal pour créer de nouvelles rentes. À cette somme, j’y&#13;
ajouterai 2 100 livres que j’avais à placer pour moi, afin de me faire&#13;
150 livres de rente pour un titre, et ayant trouvé 1 900 quelques livres&#13;
à y ajouter, je fis la somme de 8 046 livres qui, par la conversion que&#13;
nous avons faite, nous produira 804 livres, 12 sols de rente par an,&#13;
jusqu’à ce que le roi réduise le denier 14 au denier 20. Par-là, nous&#13;
profiterons toujours des arrérages courants et [c’est] ce qui m’a le plus&#13;
porté à faire cette conversion.&#13;
Nous affermissions la donation que Mgr de Québec nous a faite, par le&#13;
consentement qu’il a donné à tout ceci. On ne peut avoir plus de&#13;
facilité qu’il en a eu dans cette affaire pour nous faire plaisir. Je fis une&#13;
&#13;
�tentative auprès de lui, qui ne réussit pas, pour le porter à donner de&#13;
sa part 2 000 livres pour achever de convertir ce contrat de 1 000 livres&#13;
et je l’y engageai par deux motifs : le premier était qu’il m’avait&#13;
promis que si je pouvais vous porter à faire quelque fonds en France&#13;
pour augmenter vos revenus, il y contribuerait de sa part (je crois&#13;
vous l’avoir mandé l’an passé) ; le second était que l’Assemblée du&#13;
clergé ayant déclaré l’an passé que la pension de 2 000 livres que le&#13;
clergé lui donne était en partie pour les Missions étrangères, dont j’ai&#13;
tiré un extrait signé de l’agent général, il semblait juste qu’il nous en&#13;
fît part pour nous aider dans cette affaire. Monseigneur me protesta&#13;
qu’il était plein de bonne volonté, mais qu’il lui était pour lors&#13;
impossible de nous aider, parce qu’il avait employé tout son argent et&#13;
au-delà. Il m’a promis d’achever cette conversion cet hiver. Je vous le&#13;
manderai s’il le fait ; s’il ne le fait pas, je tâcherai à l’achever en me&#13;
faisant payer des 2 000 livres de la pension de Mgr l’Ancien pour cette&#13;
année 1696, comme j’ai fait des précédentes. Si j’y trouve autant de&#13;
facilité, à quoi je ne m’attends pas, car ce M. Arnaud, ami de notre&#13;
Séminaire, est sorti du Trésor royal pour acheter une charge de&#13;
2 100 000 livres. Je ne sais s’il pourra, par ses amis, nous faire le même&#13;
plaisir.&#13;
Je crois que vous ne désapprouverez pas ce nouveau fonds que j’ai&#13;
fait. Mgr l’Ancien m’en a donné la permission, en me mandant que j’y&#13;
employasse ses pensions si je ne pouvais autrement m’en faire payer.&#13;
Cela ne nous obère pas beaucoup. J’espère dans peu, être quitte en&#13;
France. Si vous vous retranchez un peu de vos factures et si vous&#13;
diminuez vos dépenses et je suis persuadé que si vous vouliez vous&#13;
ménager en Canada, il n’y aurait pas d’année, pendant que Dieu vous&#13;
conservera avec vos pensions, que nous ne missions près de&#13;
1 000 écus en fonds. C’est le seul moyen de soutenir l’œuvre que Dieu&#13;
vous a fait établir et de le perpétuer après vous.&#13;
Union des abbayes&#13;
&#13;
Nous avons travaillé aussi très fortement, depuis le départ des&#13;
vaisseaux, à avancer l’union de nos abbayes à l’évêché et chapitre de&#13;
&#13;
�Québec et on peut dire que l’affaire n’a jamais été en si bon état qu’elle&#13;
est. M. de La Pallière1 avait obtenu de l’abbé de Sainte-Geneviève,&#13;
général de la congrégation des Chanoines réguliers de SaintAugustin, son consentement pour l’union de l’abbaye de Bénévent. Il&#13;
s’agissait d’obtenir la même chose du général de Cîteaux pour l’Estrée&#13;
et du général de Saint-Maur pour Méobecq. Le général de Saint-Maur&#13;
nous avait refusé plusieurs fois et celui de Cîteaux avait mandé&#13;
positivement à Monseigneur qu’on lui ôterait plutôt sa crosse que de&#13;
donner ce consentement. Nous en parlâmes au R. P. de La Chaize, qui&#13;
lut au roi un petit mémoire que je lui avais donné. Le roi eut la bonté&#13;
d’agréer qu’on travaillât incessamment à ces unions et chargea le&#13;
R. P. de La Chaize d’en parler de sa part aux deux généraux de SaintMaur et de Cîteaux. Nous pressâmes ensuite le général de Saint-Maur&#13;
de donner son consentement pour la mense capitulaire de Méobecq.&#13;
Il y a fait longtemps des difficultés et ce n’est qu’à mon importunité&#13;
qu’il a enfin accordé le consentement en bonne forme, de lui et de&#13;
toute sa Congrégation, car il ne voulait au commencement donner&#13;
qu’une lettre particulière à son procureur général et M. de La Pallière&#13;
s’en était contenté ; mais je lui ai fait tant d’instances pour obtenir de&#13;
lui un consentement en bonne forme qu’enfin il l’a accordé avec une&#13;
lettre à son procureur général.&#13;
Nous n’eûmes pas besoin de lui faire parler le P. de La Chaize de la&#13;
part du roi ; Monseigneur et M. l’abbé de Brisacier se contentèrent de&#13;
lui marquer qu’il en avait l’ordre ; mais il fallut le faire intimer au&#13;
R. P. général de Cîteaux, malgré quatre ou cinq visites fort honnêtes&#13;
que lui rendit M. l’abbé de Brisacier, car après avoir employé toute&#13;
son éloquence à lui lever toutes les difficultés qu’il avait de donner&#13;
son consentement pour l’union de l’Estrée, il crut devoir encore&#13;
mettre en usage cette autorité du roi. Le R. P. de La Chaize m’avait&#13;
presque refusé d’écrire au père général de Cîteaux, qui était venu à&#13;
Paris pour quelques affaires et était prêt à retourner en province. Il&#13;
avait oublié de lui parler de cette affaire dans la visite que lui rendit&#13;
1&#13;
&#13;
Pierre Pitot, sieur de La Pallière, grand-vicaire et procureur de Saint-Vallier en France&#13;
&#13;
�ce général pour prendre congé de lui. M. l’abbé de Brisacier voulut&#13;
bien venir lui-même trouver le P. de La Chaize avec moi et lui rendre&#13;
compte de tout ce qu’il avait fait auprès du général de Cîteaux et il&#13;
obtint de lui la lettre, dont je vous enverrai la copie, aussi bien que&#13;
des trois consentements des trois généraux d’ordre que nous avons&#13;
obtenus, car le père général de Cîteaux ne put résister à la lettre du&#13;
P. de La Chaize et à toutes les honnêtetés de M. l’abbé de Brisacier.&#13;
Monseigneur n’a pas agi dans ces temps-là, parce qu’il n’était pas à&#13;
Paris, car il s’est employé en tout ce qui a dépendu de lui pour avancer&#13;
cette affaire.&#13;
Nous travaillons présentement à faire dresser des procès-verbaux de&#13;
l’état des abbayes, de leur valeur et des religieux [y] vivant pour les&#13;
envoyer à Rome. Monseigneur a fait dresser celui de Bénévent&#13;
pendant qu’il y était. Il doit m’envoyer celui que j’ai fait faire cet été à&#13;
Méobecq pendant que j’y étais et je travaille à faire dresser celui de&#13;
l’Estrée et à tirer le consentement de M. l’évêque d’Évreux pour la&#13;
translation des religieuses de La Colombe dans les lieux réguliers de&#13;
l’Estrée. Sitôt que nous aurons toutes ces pièces, nous dresserons sur&#13;
elles une supplique et nous verrons si enfin nous obtiendrons des&#13;
bulles d’union. J’ai dessein, si on le juge à propos, d’y insérer la&#13;
demande de l’union de nos bénéfices simples à notre Séminaire. Je&#13;
ferai ce qui dépendra de moi pour bien faire réussir toute cette affaire.&#13;
Union des prieurés&#13;
&#13;
Puisque j’ai commencé à vous parler de nos bénéfices, je vous dirai à&#13;
&#13;
au Séminaire&#13;
&#13;
ce sujet que n’ayant pu réussi à faire homologuer au Parlement nos&#13;
décrets d’union de bénéfices, on me conseilla de demander de&#13;
nouvelles lettres patentes confirmatives de ces unions à M. le&#13;
chancelier. On me fit espérer que ce ne serait par une grande dépense,&#13;
qui cependant serait fort utile et rendrait nos unions plus solides. Je&#13;
fis demander cette grâce par Mgr de Québec et M. l’abbé de Brisacier&#13;
à M. le chancelier. Il l’accorda après avoir examiné nos décrets&#13;
d’union, mais MM. les secrétaires du roi taxèrent ces lettres à près de&#13;
300 livres. J’ai trouvé le moyen, un jour que nos Messieurs dînaient&#13;
&#13;
�chez M. le chancelier avec M. l’abbé de Fourcy, de leur en faire parler&#13;
à M. le chancelier, qui eut la bonté de nous en accorder le gratis. Elles&#13;
ne m’ont pourtant pas encore été délivrées, mais j’espère que&#13;
M. l’abbé de Fourcy, à qui j’en ai écrit à Fontainebleau, où il est auprès&#13;
de M. le chancelier, nous les fera délivrer au premier jour. Elles ne&#13;
nous coûteront que les salaires du secrétaire et je crois que [le] tout&#13;
n’ira pas à 50 livres. J’ai fait insérer dans ces lettres ce qui avait été&#13;
omis dans les décrets : que c’est au Séminaire des Missions étrangères&#13;
de Québec que ces bénéfices ont été unis. Il faudra faire vérifier ces&#13;
lettres patentes au Parlement et je crains bien que cela ne nous coûte&#13;
beaucoup. Je ne me presserai point, car si nous obtenions quelque&#13;
chose de Rome, nous ferions moins de frais et la chose serait bien plus&#13;
solide.&#13;
Voyage fait l’été&#13;
&#13;
J’ai fait cet été un voyage assez long, dont je vais de bonne heure vous&#13;
&#13;
passé&#13;
&#13;
rendre compte. J’achetai un cheval, afin d’aller à ma liberté. Je fus de&#13;
Paris au bénéfice de M. Dupré2, où je comptai avec le fermier qui&#13;
&#13;
Chapelle de&#13;
M. Dupré&#13;
&#13;
restait redevable d’environ 240 livres, dont il me promit moitié à la&#13;
Saint-Martin [d’hiver] et autant aux Rois de 1697. Je promis d’y&#13;
envoyer un devant d’autel, j’y fis réparer les vitres et je priai un curé&#13;
voisin de nos amis de veiller à la conduite du chapelain, dont on me&#13;
faisait diverses plaintes.&#13;
&#13;
M. et Mme de&#13;
La Mothe-Ango&#13;
&#13;
Je fus ensuite à Rouen, où j’eus l’honneur de voir M. et Mme de La&#13;
Mothe-Ango3, qui me firent bien des amitiés. J’y vis aussi&#13;
Mme de Louvigny, qui me rendit tous les services qui dépendirent&#13;
d’elle. Elle était avec Mlle sa fille dans une grande affliction de la&#13;
mauvaise conduite que tient son fils aîné, qui a dépensé presque tout&#13;
son bien en folles dépenses. Elle m’offrit qu’en cas que&#13;
Mme de Vaubénard4 ne voulût pas continuer à faire accomplir la&#13;
facture de Caen, elle s’en chargerait. Ces deux familles sont d’une&#13;
&#13;
François Dupré, v. 1648-1720, curé de Québec&#13;
Neveu de Maizerets&#13;
4&#13;
Mme de La Mothe-Ango, sœur de Louis Ango des Maizerets, Mme de Louvigny et Mme de Vaubénard étaient des&#13;
bienfaitrices du Séminaire de Québec.&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
�grande piété, surtout celle de M. de La Mothe, dont Mme son épouse&#13;
et Mlle sa fille sont d’un grand exemple dans Rouen, où elles ne sont&#13;
Affaire du&#13;
&#13;
occupées qu’à de bonnes œuvres. J’y vis M. l’abbé de Canapville pour&#13;
&#13;
Bourguignon&#13;
&#13;
l’affaire du Bourguignon de Château-Richer, mais celui qui avait&#13;
acheté la maison, qui doit quelque chose au Bourguignon, n’était pas&#13;
&#13;
Pierre de&#13;
&#13;
à Rouen et je ne pus rien faire pour cette affaire. J’examinai ce que&#13;
&#13;
Mortereuil&#13;
&#13;
c’était que la succession de Pierre Mortereuil, dont m’a écrit&#13;
M. Du Bos, et je trouvai tout conforme à ce que m’en avoir appris&#13;
M. Fredin et à ce que j’en ai écrit cette année en Canada. Je pris aussi&#13;
à Rouen des connaissances de l’affaire que M. de Montfort a avec&#13;
M. d’Intraville. J’y vis ce M. d’Intraville, qui est un pauvre esprit, qui&#13;
consomme son bien à plaider avec ses enfants, qui ont l’esprit aussi&#13;
mal fait que lui. Je pris des recommandations à Rouen pour Honfleur,&#13;
où j’allais ensuite, et pour le quartier de M. de Montfort où je devais&#13;
aller par après.&#13;
Je fus de Rouen à Honfleur, où je ne trouvai pas tout ce qu’on m’avait&#13;
mandé du bien de la succession de Maufils. On me fit voir une petite&#13;
maison, fort vieille de colombage et presque pourrie, dans une des&#13;
petites rues de Honfleur, habitée par une pauvre femme ou fille qui&#13;
&#13;
De la veuve&#13;
&#13;
alors épluchait des moucles pour son dîner (c’était un dimanche à&#13;
&#13;
Maufils&#13;
&#13;
midi). Cette pauvre femme s’appelait Maufils et cette maison lui&#13;
appartenait. Elle l’occupait tout entière et elle logeait dans le bas, où&#13;
elle n’avait presque aucun meuble ou si vieux que je n’en eusse pas&#13;
voulu rien donner. Je n’aurais pas estimé toute la maison, avec ce qui&#13;
était dedans, [à] 400 livres et les voisins ne l’estimaient pas davantage.&#13;
J’entrai en conversation avec cette pauvre femme, qui me nia&#13;
fortement que notre Maufils du Canada fût son parent et qu’il n’eût&#13;
rien à prétendre en son bien. Elle appela sur cela ses voisins à témoin.&#13;
Je ne m’étais pas attendu à autre chose. Elle n’aurait pas été vraie&#13;
Normande si elle n’eût tenu cette conduite. Je la crois cependant nièce&#13;
de feu Maufils, mais il le faut prouver et cette preuve coûtera de bon&#13;
argent. Il faudra ensuite partager cette maison et cela, par les voies de&#13;
la justice, qui absorbera bientôt tout ce qu’elle vaut. Si bien qu’après&#13;
&#13;
�avoir bien pesé toutes choses, je n’ai retiré de mon voyage autre fruit&#13;
que d’être bien fondé de conseiller à Julien Maufils de se contenter du&#13;
bien que ses parents lui ont laissé en Canada, sans songer à celui de&#13;
France. S’il ne demandait rien à cette pauvre femme, elle le&#13;
reconnaîtrait pour son parent, mais parce qu’il prétend quelque&#13;
chose, il faudra qu’il le prouve en bonne forme dans toutes les voies&#13;
de la justice. Elle est affamée en ce pays-là et il n’y faut pas aller&#13;
plaider sans avoir de bon argent. La meilleure cause sans cela ne vaut&#13;
rien.&#13;
Ce que je fis de meilleur à Honfleur, ce fut d’y honorer la Très Sainte&#13;
Vierge dans une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Grâce sur le haut&#13;
de la côte, d’où on découvre la pleine mer et toute la Manche&#13;
d’Angleterre. Cette chapelle est desservie par des capucins.&#13;
J’allai ensuite à Caen, en suivant le rivage de la mer. J’eus le malheur&#13;
de n’y pas trouver Mme de Vaubénard ni son homme d’affaires, qui&#13;
Cordonnier de&#13;
&#13;
étaient alors à la compagne. J’y vis Lecomte, notre cordonnier, à qui&#13;
&#13;
Caen&#13;
&#13;
je recommandai de faire cent paires de souliers d’ecclésiastiques,&#13;
autant d’enfants et autant de travaillants et une trentaine de paires&#13;
pour femmes.&#13;
Je pris ensuite M. Le Tellier, avocat à Caen, avec moi et nous allâmes&#13;
&#13;
M. de Montfort&#13;
&#13;
ensemble voir M. de Montfort, qui demeure à deux journées de là&#13;
dans le fond du Cotentin. Si c’est un bon pays pour les pâturages, c’en&#13;
est un mauvais pour les voyageurs pour les chemins et pour les gîtes.&#13;
Je fus heureux d’avoir pris, avant mon départ de Paris, une lettre de&#13;
recommandation de l’intendant de M. le prince de Guémené au&#13;
receveur de son marquisat de Marigny, qui est le voisin de&#13;
M. de Montfort, car s’il ne nous eût logés, nous eussions été mal,&#13;
n’ayant trouvé en tout ce quartier ni avoine, ni pain, ni cidre, ni lit&#13;
pour nous coucher. Nous fûmes assez bien reçus par ce receveur, qui&#13;
est très bien logé et qui est peut-être plus riche que M. de Montfort. Je&#13;
vis de mes yeux cette terre, qui est à la vérité fort belle et chargée de&#13;
&#13;
�beaux chênes, mais qui s’éclaircissent peu à peu. Le bien dépérit par&#13;
mauvaise conduite de M. de Montfort le père, qui est un ivrogne. Sa&#13;
femme fait la bourse et tire pour elle et pour ses filles. Ils ont un fils&#13;
aîné, qui tire de son côté, quoiqu’il soit le plus raisonnable de tous.&#13;
J’appris là que quand M. de Montfort vendrait sa terre 200 000 francs,&#13;
ce qu’elle ne vaut pas, il ne pourrait payer ses dettes, car&#13;
premièrement, il doit à M. d’Intraville 54 000 livres de fonds sans les&#13;
arrérages au denier 14, qui montent à plus de 20 000 livres ; il doit à&#13;
une autre personne 20 000 livres, par contrat qui est antérieur au&#13;
nôtre ; il doit à sa femme 40 000 livres de remplacements, qui nous&#13;
seront préférés ; et les reprises de son douaire et préciput, qu’elle&#13;
touchera toujours avant nous. Or, sa femme n’a jamais été obligée à&#13;
notre contrat. Si bien que je regarde cette dette comme fort aventurée.&#13;
J’étais allé en Normandie dans le dessein de faire décréter cette terre.&#13;
Je n’eus garde d’entreprendre ce décret et mes amis m’en&#13;
dissuadèrent fort. Il est, à la vérité, fâcheux de voir dus peut-être plus&#13;
de dix années d’arrérages et les voir accumuler tous les ans sans en&#13;
rien retirer, mais il vaut mieux perdre ces choses que de perdre encore&#13;
de bon argent que nous mettrions pour faire ce décret. Je ne pus même&#13;
compter avec mondit sieur de Montfort, car il me dit que ses&#13;
quittances étaient à Rouen. Il fallut, après avoir bien fait le méchant,&#13;
me contenter de prendre une délégation de 300 livres de Mme de&#13;
Montfort sur des fermiers qu’elle a aux portes de Caen et dont&#13;
M. Le Tellier se chargea de tirer le paiement, avec de belles promesses&#13;
de nous mieux payer une autre fois, assurant qu’ils allaient vendre&#13;
des bois et marier leur aîné pour liquider leur bien par ces deux&#13;
moyens. Je ne sais s’ils le feront, mais je ne m’y attends guère et je&#13;
donnerais volontiers tous les arrérages si je pouvais tirer le principal.&#13;
J’estimerai même que nous serons heureux si nous pouvons peu à peu&#13;
tirer notre principal par petites sommes, car je crains bien que nous&#13;
ne tirions ni arrérage ni principal.&#13;
&#13;
�M. Le Tellier :&#13;
&#13;
On ne peut me rendre plus de services que M. Le Tellier m’en a&#13;
&#13;
envoyez pour lui&#13;
&#13;
rendus en cette occasion. Je ferai mon possible pour lui en marquer&#13;
&#13;
deux belles loutres&#13;
ou six martres.&#13;
&#13;
M. de Brulon&#13;
&#13;
ma reconnaissance. Si vous aviez ou deux belles loutres ou six belles&#13;
martres à m’envoyer, je lui en ferais présent.&#13;
Je le quittai chez M. de Monfort. Il s’en retourna à Caen et moi, je&#13;
traversai le reste de la Basse-Normandie et le Bas-Maine et par Laval,&#13;
je gagnai Château-Gontier d’où je fus à Brulon voir M. de Brulon, chez&#13;
qui je célébrai la Sainte-Anne et restai cinq jours avec lui. Ce fut toute&#13;
la joie de mon voyage, car étant seul et dans des chemins de traverse&#13;
très mauvais et que je ne connaissais pas, je n’eus pas beaucoup&#13;
d’agrément dans mon voyage. Je lui conseillai fort de se débarrasser&#13;
de tout ce temporel qui ne lui convenait pas et l’embarrassait : il le&#13;
fera avec prudence. Il me vint conduire jusqu’à Angers.&#13;
Je remontai la Loire jusqu’à Saumur, où j’honorai la Sainte Vierge à&#13;
&#13;
Prieuré de Parçay&#13;
&#13;
Notre-Dame-des-Ardilliers et en remontant la rivière de Vienne, je&#13;
vins à notre prieuré de Parçay. J’y trouvai notre bon fermier qui le fait&#13;
bien valoir. Il avait fait réparer tout ce que je lui avais marqué dans&#13;
mon dernier voyage et je trouvai tout en très bon état de réparation.&#13;
Je lui ai alloué 70 ou 80 livres. J’espère qu’il n’y aura pas d’ici à dix&#13;
ans pour cette somme de réparation, s’il n’arrive quelque accident. Il&#13;
me montra quarante noyers que je lui ai fait planter à nos frais dans&#13;
les terres du prieuré pour l’améliorer, car c’est ce que je tâche de faire,&#13;
afin d’empêcher les biens de diminuer. Je comptai avec lui et il se&#13;
trouva redevable d’environ 400 livres, qu’il m’a envoyées depuis mon&#13;
retour par lettre de change.&#13;
&#13;
De Bénévent&#13;
&#13;
Je remontai ensuite la rivière de Creuse jusqu’au Blanc, en Berry, où&#13;
je visitai le prieuré de Bénévent. Je croyais y faire dresser pendant&#13;
mon séjour un papier terrier et j’avais fait publier un mois auparavant&#13;
un monitoire pour découvrir ceux qui ont des titres du prieuré.&#13;
J’espère que nous en découvrirons quelques-uns et nous en avons&#13;
&#13;
�déjà découvert. Il en coûtera quelque argent pour les retirer, mais il&#13;
vaut mieux faire quelques frais et tâcher à remettre ce prieuré.&#13;
Je ne touchai point au papier terrier pendant mon séjour,&#13;
premièrement parce que la plupart des habitants qu’il eût fallu&#13;
appeler pour faire leurs déclarations étaient alors absents ;&#13;
secondement, parce qu’ayant trouvé des titres qui justifient le droit&#13;
de justice dans ce prieuré, je crus que, pour faire le terrier, il fallait&#13;
commencer à rétablir la justice et comme il faut, pour le faire sans&#13;
nous attirer de procès, faire l’honnêteté à Mme la maréchale de&#13;
Rochefort de lui en parler. J’ai apporté ces papiers à Paris et ai différé&#13;
le papier terrier jusqu’à ce printemps prochain.&#13;
Je visitai le moulin, que je trouvai assez bien réparé. C’est le meunier&#13;
qui en est chargé par son bail. J’accordai le meunier et le fermier, qui&#13;
avaient quelques contestations. Je leur promis d’allouer tous les ans&#13;
6 francs à chacun d’ici à trois ans s’ils faisaient planter chacun&#13;
Maison à y faire&#13;
&#13;
100 pieds de saules par an, le long de la chaussée, des prairies et d’un&#13;
pâtis qui est près du moulin. C’est pour améliorer le moulin et la&#13;
ferme. On me fit voir deux pignons et un derrière de maison dans la&#13;
cour du prieuré, qu’il serait aisé de faire réparer pour en faire un&#13;
logement pour le fermier, et même pour le meunier, car ils n’ont tous&#13;
les deux aucun logement. Il y aura peu de choses à y faire. Il n’y aura&#13;
que le devant de la maison, où on fera la porte et les fenêtres, la&#13;
charpente et les planchers à faire. La pierre est sur le lieu. Les&#13;
quartiers de pierre sont tous taillés. Le sable, la tuile et la chaux sont&#13;
à 3 arpents delà au plus. On peut prendre la charpente dans les bois&#13;
de Méobecq et comme les fermiers sont obligés à une quantité de&#13;
charriage par an, Mgr de Québec peut nous faire apporter la charpente&#13;
et la latte pour peu de choses ; si bien que se servant de ces facilités,&#13;
le bâtiment entier ne nous reviendra pas à plus de 600 livres et ce sera&#13;
une belle commodité pour notre prieuré, qui le fera mieux affermer&#13;
que jamais. J’ai écrit de ces choses à Monseigneur, qui m’a promis de&#13;
faire tout ce qui dépendrait de lui pour cette affaire.&#13;
&#13;
�Je ne pus tirer rien des Poiron, qui nous doivent encore près de&#13;
100 francs du reste de leur ferme, mais qui seront consommées en&#13;
40 livres que j’ai promises de leur tenir compte pour des titres et&#13;
papiers qu’ils ont retirés et qui nous sont utiles et en des frais que j’ai&#13;
promis de leur allouer s’ils obtenaient des sentences en première&#13;
instance contre plusieurs particuliers qui refusent de payer des&#13;
devoirs du prieuré. Le surplus qu’ils devaient a été consommé par les&#13;
décimes, la pension de M. Gonthier et les fausses réparations qu’il a&#13;
fallu leur allouer. Je n’en ai touché depuis deux ans que 250 livres,&#13;
que j’ai marquées dans le compte envoyé en 1696.&#13;
Celui qui est aujourd’hui fermier ne me doit rien et paie même les&#13;
charges par avance, car il a fallu faire les réparations du moulin, qui&#13;
ont coûté plus de 250 livres. Ce moulin a été six mois sans marcher.&#13;
D’ailleurs, les décimes sont si fortes que c’est beaucoup si nous n’y&#13;
mettons rien dans ces années. Il le faudra bien si je fais faire l’année&#13;
prochaine le papier terrier et cette maison. Si j’avais le temps après le&#13;
départ de nos vaisseaux, j’irais y passer un mois pour faire l’un et&#13;
l’autre. Ces deux choses ne doivent pas être différées, de peur de&#13;
manquer dans la suite de quelques-unes de ces facilités qu’on y&#13;
trouve.&#13;
Rente des Galpy&#13;
&#13;
Je ne pus non plus rien tirer des héritiers Galpy pour une année de&#13;
leur rente qu’ils doivent échue à Noël 1695. J’ai eu pitié d’eux, à cause&#13;
d’un procès très injuste que le prieur de Fontgombault leur suscite.&#13;
Ils m’ont promis de l’argent vers Noël. La somme est peu&#13;
considérable.&#13;
&#13;
Bailli de SaintGauthier&#13;
&#13;
J’avais envoyé quérir pour toutes ces affaires M. le bailli de SaintGauthier, dont j’avais besoin. Nous allâmes ensuite chez lui, où nous&#13;
prîmes M. l’archiprêtre de Saint-Gauthier le lendemain pour aller à&#13;
Méobecq y faire un procès-verbal de l’état de l’abbaye et de ses&#13;
revenus.&#13;
&#13;
�M. le bailli et son fils m’accompagnèrent jusqu’à Châteauroux, où ils&#13;
avaient besoin de venir pour affermer le prieuré de Chezelles avec&#13;
moi pour Monseigneur, qui m’avait prié de faire ce que je pourrais&#13;
pour cela.&#13;
Prieuré d’Abilly&#13;
&#13;
Nous passâmes par Buzançais, où je vis le prieuré d’Abilly, dont nous&#13;
jouissons à présent et qui vaut peu de chose. Le fermier ne nous en&#13;
devra une année, qui s’est passée après la mort du défunt prieur. J’ai&#13;
&#13;
Ornements à&#13;
&#13;
promis de l’employer en ornements. J’ai aussi promis à Parçay une&#13;
&#13;
envoyer en ces&#13;
&#13;
fois pour toutes un calice de 60 francs ; à Bénévent que, du premier&#13;
&#13;
prieurés&#13;
&#13;
argent que j’en toucherais, je leur achèterais un devant d’autel, une&#13;
chasuble et quelques morceaux de tapisserie, avec des images et des&#13;
chandeliers pour l’ornement de l’autel, qui est tout nu et très&#13;
malpropre. Je crois même qu’il me faut faire cette dépense sans&#13;
différer et pour l’honneur de Dieu, qui est, ce me semble, déshonoré&#13;
dans un lieu si malpropre et pour gagner même par-là l’affection des&#13;
peuples. J’ai résolu de même d’envoyer à Saint-Sébastien un devant&#13;
d’autel et un morceau de tapisserie avec des images, tant pour orner&#13;
l’autel que pour ôter un petit saint Sébastien de pierre qui est très&#13;
indécent.&#13;
Je fus loger à Châteauroux chez la veuve Beloche, notre fermière, avec&#13;
son fils, qui me reçurent fort bien. Je donnai un jour aux affaires de&#13;
Mgr de Québec pour affermer le prieuré de Chezelles, mais je n’en pus&#13;
venir à bout. Il fallut au contraire prendre de la veuve Beloche pour&#13;
1 800 livres de bêtes qu’elle laissa dans les fermes en les faisant&#13;
estimer. Cela nous déplut fort, n’ayant pas de fermiers, mais il en&#13;
fallut passer par-là.&#13;
&#13;
Prieuré de Saint-&#13;
&#13;
Je fus, les jours suivants, voir notre prieuré de Saint-Sébastien. Il est&#13;
&#13;
Sébastien&#13;
&#13;
toujours en bon état. On me montra un morceau de pré d’une&#13;
commune qu’il serait aisé de renfermer et joindre auprès de notre&#13;
prieuré. Nous en hasarderons les frais du fossé qu’il faudrait faire&#13;
&#13;
�pour cela : ce sera au plus une pistole. Je chargeai le fermer de faire&#13;
renduire les pignons, qui sont à l’opposite de la pluie, parce que le&#13;
renduit en est tombé. Je le chargeai aussi de faire planter une rangée&#13;
de noyer à l’entrée de la ferme, qui regarde Châteauroux, le long d’un&#13;
grand chemin qui nous appartient. J’en tiendrai compte à raison de&#13;
5 ou 6 sols du pied. Ce sera une augmentation pour ceux qui&#13;
viendront après nous.&#13;
Je fus bien content de trouver le moulin en bon état et bien rétabli. J’ai&#13;
fait une bonne affaire d’avoir chargé le fermier des réparations du&#13;
moulin et des écluses. Hors de grands accidents, nous n’aurions rien&#13;
à craindre. Il était resté une furieuse fosse à l’endroit de la brèche qui&#13;
s’y était faite il y a deux ans, qui mettait cette brèche réparée en&#13;
danger d’être emportée quelque jour. J’ai cru devoir y faire remplir&#13;
cette fosse pour affermir la chaussée et j’ai fait apporter pour cela de&#13;
la terre d’un lieu proche. Je crois que cette dépense ira bien à 60 francs,&#13;
mais elle était absolument nécessaire.&#13;
Procès à soutenir&#13;
&#13;
Je fus aux forges de M. Leprince, qui sont à une lieue au-dessus de&#13;
notre moulin, parce qu’on me dit que le maître des forges voulait&#13;
nous faire un prix pour nous faire baisser nos pales, parce qu’ils&#13;
prétendent que nous retenons trop l’eau et que cela donne le rebond&#13;
à leurs roues et les empêche d’aller. Nous disputâmes avec eux&#13;
longtemps sur ce sujet et ne demeurâmes d’accord de rien. Je les&#13;
attends : s’ils nous attaquent, il faudra tâcher de se défendre.&#13;
Je comptai avec notre fermier qu’il restait près de 300 livres, qu’il me&#13;
promit d’envoyer vers la Saint-Martin. Je ne touchai point d’argent&#13;
sur toute ma route, mais j’en avais pris à peu près suffisamment pour&#13;
me rendre et en effet, j’avais encore près de 2 louis d’or quand j’arrivai&#13;
à Paris.&#13;
Je passai par Bourges, où j’avais à parler à bien des personnes et j’eus&#13;
le malheur de n’en trouver aucune, ni M. l’archevêque, ni M. Félibien,&#13;
&#13;
�son grand-vicaire, ni M. Le Tellier, receveur des décimes, ni&#13;
M. de Brisacier, frère de M. notre abbé, ni M. de Laporte, secrétaire de&#13;
l’archevêché, ni M. l’intendant. Tous étaient à la campagne. Il est&#13;
inutile de vous expliquer les différentes affaires que j’avais à traiter&#13;
avec eux : elles regardaient toutes notre mission. Je tâcherai à les faire&#13;
M. Guyot, curé à&#13;
&#13;
cet hiver par lettres. Je ne trouvai que M. Guyot, qui est curé d’une&#13;
&#13;
Bourges&#13;
&#13;
cure desservie par le Séminaire. Il me fit bien des amitiés. Il soupire&#13;
toujours après le Canada et n’est venu à Bourges que pour trouver et&#13;
ménager les moyens d’y retourner. Je le chargeai d’une partie de mes&#13;
affaires qu’il pouvait faire et m’en revins à Paris sur mon cheval, qui&#13;
devait être las d’avoir fait près de 300 lieues sans beaucoup se reposer.&#13;
&#13;
Voyage à l’Estrée&#13;
À Montigny&#13;
&#13;
Je lui fis cependant faire, peu de jours après, un autre voyage à&#13;
l’Estrée et de là, à Montigny, où je fus saluer M. de Montigny, frère de&#13;
Mgr l’Ancien, et M. de Laval, avec sa nouvelle épouse, que j’avais vue&#13;
à Paris deux mois auparavant dans le temps qu’ils s’étaient mariés.&#13;
J’espère que M. de Laval, qui est fort sage et a de la conduite, soutenu&#13;
de cette dame son épouse, qui n’en a pas moins que lui, fera une très&#13;
bonne famille. Chacun les aime et les estime.&#13;
&#13;
L’Estrée&#13;
&#13;
Il était nécessaire que je visse l’abbaye de l’Estrée pour en prendre une&#13;
teinture et une idée. J’avais à parler à la prieure de La Colombe, qui y&#13;
réside. J’étais bien aise de presser M. Rotrou de me donner de&#13;
l’argent. Je visitai et l’abbaye et toutes les fermes, qui sont en assez&#13;
bon état pour le pays, mais l’abbaye est bien délabrée depuis qu’on y&#13;
a mis des religieuses. La prieure se plaint d’avoir été grêlée depuis&#13;
deux ans. Elle laisse dépérir le moulin. Si l’union n’était aussi&#13;
disposée à se terminer qu’elle l’est présentement, il faudrait reprendre&#13;
les biens abandonnés aux religieuses et les exclure de cette demeure,&#13;
car elles n’y font pas de bien. Il n’y a là qu’une prieure, une sœur, une&#13;
demoiselle et un religieux, avec deux valets. Il ne s’y fait aucun office,&#13;
à peine y dit-on la messe et tous les bâtiments sont en désordre. Ils se&#13;
plaignirent fort à moi que Mgr de Québec, Saint-Vallier, alla leur&#13;
enlever un beau ciboire d’argent avec tous les ornements de leur&#13;
&#13;
�église depuis le concordat passé entre lui et tout l’Ordre de Cîteaux,&#13;
par lequel il s’était obligé de laisser toutes ces choses. Le général de&#13;
Cîteaux et l’abbé de La Charité se plaignirent de la même chose et&#13;
nous apprirent que le P. de La Chaize s’en était fort repris. Je voudrais&#13;
savoir ce que Monseigneur a fait de ce ciboire et de ces ornements, et&#13;
s’il en pouvait disposer.&#13;
Je ne pus tirer de l’argent de M. Rotrou et je n’en saurais tirer de&#13;
paiement. Je n’ai reçu, sur toute l’année 1695 échue à la Saint-Jean&#13;
dernière, que 1 226 livres. Les temps sont mauvais ; on a peine à tirer&#13;
de l’argent. Je m’estimerai heureux si d’ici à la Saint-Jean&#13;
prochaine 1697, je tire le paiement de l’année 1695.&#13;
Vous serez bien réjouis d’apprendre cette année la paix avec la Savoie&#13;
Paix avec la Savoie&#13;
&#13;
et le mariage de M. le duc de Bourgogne avec la princesse de Savoie.&#13;
Je souhaite qu’avant que cette lettre parte, je puisse vous apprendre&#13;
la paix générale. Comme vous apprendrez assez ces nouvelles de la&#13;
voie publique, je ne tiens compte de vous les écrire.&#13;
&#13;
Missions orientales&#13;
&#13;
Il n’en est pas ainsi des nouvelles de nos missions orientales. C’est à&#13;
moi à vous les apprendre et elles vous causeront bien de la joie et par&#13;
l’intérêt que vous pren[ez] au bien général de l’Église et par l’intérêt&#13;
particulier que vous y avez.&#13;
Je vous ai mandé, dans mes lettres de 1696, l’état violent où se&#13;
trouvaient toutes nos missions. Il y a cinq ans que notre cher&#13;
M. Quémener était à Rome sans y rien avancer et il trouvait tant de&#13;
difficultés à disposer le pape à renverser les frivoles prétentions du&#13;
roi de Portugal, pour ne pas choquer cette couronne, que dans le mois&#13;
de mai il crut qu’il n’en viendrait jamais à bout. Cependant, Dieu a&#13;
couronné sa patience et le propre jour de Saint-Ignace de Loyola, Sa&#13;
Sainteté, après avoir été entendre la messe chez les Jésuites, tint une&#13;
congrégation solennelle à la Propagande. Là, ce Saint-Père (comme&#13;
[l’]écrit, à M. Perrot, M. Vivant, docteur de Sorbonne, qui est auprès&#13;
&#13;
�de M. le cardinal de Janson) parla comme saint Grégoire et ces saints&#13;
papes des premiers siècles. Il exalta hautement la foi et la piété du Roi&#13;
Très Chrétien qui, non content d’épuiser tous ses trésors pour le&#13;
soutien de la foi en Europe, étendait ses libéralités jusqu’aux&#13;
extrémités du monde pour y établir cette même foi. Il dit qu’il ne lui&#13;
était pas permis de tarder plus longtemps à imiter un si bel exemple&#13;
et qu’il devait, à son tour, donner l’exemple à tous les rois de la&#13;
profusion qu’ils doivent faire de leurs trésors pour l’accroissement de&#13;
la religion ; qu’il estimerait tous les revenus de Saint-Pierre très bien&#13;
employés à une si bonne œuvre ; et qu’il s’estimerait heureux,&#13;
pendant le reste de son pontificat, d’employer à cette œuvre tous ses&#13;
biens ; que pour commencer, il faisait présent à la Congrégation de la&#13;
propagande de la foi de 300 000 livres romaines (qui valent&#13;
360 000 livres de France) pour en faire un fonds pour les&#13;
missionnaires de la Chine.&#13;
Il loua ensuite le zèle des vicaires apostoliques français, qui avaient&#13;
avancé les affaires de la religion et soutenu les intérêts du Saint-Siège&#13;
envers et contre tous, à quelque prix que ce fût. Il déclara qu’il voulait&#13;
conserver ces missionnaires et dans cette même congrégation et&#13;
[dans] deux suivantes qu’il tint en quinze jours sur ce sujet. Il déclara&#13;
toutes les missions de la Chine, Tonkin, Cochinchine, Ciampi, Laos et&#13;
Siam dépendantes immédiatement du Saint-Siège et exemptes de&#13;
toute autre juridiction que celle des vicaires apostoliques envoyés par&#13;
Sa Sainteté. Il distribua ensuite toute la Chine, qui est séparée en&#13;
quinze provinces. Il laissa deux provinces à l’évêque de Pékin et deux&#13;
à celui de Nankin, qui ont été nommés évêques titulaires par le roi de&#13;
Portugal sous Alexandre VIII. Il laissa aussi la province de Canton à&#13;
l’évêque de Macao, à condition que ces évêques n’administreront ces&#13;
provinces que comme vicaires apostoliques du Saint-Siège et&#13;
qu’après&#13;
&#13;
leur&#13;
&#13;
mort,&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
pape&#13;
&#13;
y&#13;
&#13;
pourvoira&#13;
&#13;
par&#13;
&#13;
lui-même,&#13;
&#13;
indépendamment du roi de Portugal, des neuf provinces qui restent.&#13;
Il en a donné trois à nos missionnaires français, dont il en a nommé&#13;
M. Maigrot évêque et vicaire apostolique de Fujian, M. l’abbé de&#13;
&#13;
�Lionne, évêque et vicaire apostolique de Rosalie et M. Le Blanc,&#13;
évêque et vicaire apostolique de Yunnan. Il a même promis à nos&#13;
missionnaires qui sont établis dans la province de Canton sur le bord&#13;
de la mer, où il faut être pour avoir communication en Europe, qu’il&#13;
leur accorderait un bref particulier pour gouverner les Églises qu’ils&#13;
ont établies sans dépendre de Macao, afin de les mettre tout à fait à&#13;
couvert des insultes des Portugais. Il a accordé deux autres de ces&#13;
provinces à des religieux espagnols et quatre à des religieux italiens.&#13;
On n’a encore rien réglé de particulier pour les missions de Tonkin,&#13;
Cochinchine et Siam, sinon qu’on les a aussi déclarées indépendantes&#13;
des Portugais, sujettes au Saint-Siège, et qu’on a déjà nommé le&#13;
P. Lezzoli, dominicain italien, pour succéder à feu M. Deydier,&#13;
évêque d’Auren, et M. Belot (qui a demeuré dans la communauté de&#13;
Saint-Hilaire) pour coadjuteur à M. de Bourges, évêque d’Ascalon5,&#13;
tous deux vicaires apostoliques du Tonkin.&#13;
Voilà de grandes nouvelles. Jamais les Jésuites portugais et italiens&#13;
n’ont perdu plus solennellement leur procès. Dieu veuille qu’on ne&#13;
soit pas obligé d’y comprendre ceux de France et par conséquent,&#13;
toute la Société. Ils nous assurent ici qu’ils sont très aises de ce qui a&#13;
été réglé et qu’ils y ont contribué. Ils voudraient même que nous leur&#13;
en eussions toute l’obligation. Cependant, s’il en faut croire&#13;
M. Quémener qui est à Rome, les Jésuites de Paris ont envoyé à Rome&#13;
des mémoires tout à fait diffamants contre notre Séminaire de Paris&#13;
et nos missionnaires des Indes. M. Quémener en doit apporter des&#13;
copies en revenant de Rome. Le P. Le Comte, qui a donné depuis peu&#13;
des mémoires nouveaux de la Chine au public, qui l’ont fait tellement&#13;
goûter au roi qu’il l’a choisi pour être confesseur de la petite duchesse&#13;
de Bourgogne, nous donne à penser dans ces mémoires que nous ne&#13;
devons nullement nous fier aux Jésuites sur ce sujet. Il affecte d’y&#13;
louer M. d’Héliopolis et ses missionnaires, mais c’est une ironie la&#13;
plus outrée et la plus grossière. C’est la reconnaissance qu’ils rendent&#13;
5&#13;
&#13;
Petite inversion : François Deydier était évêque d’Ascalon, alors que Jacques de Bourges était évêque d’Auren.&#13;
&#13;
�à nos missionnaires pour les services qu’ils leur ont rendus dans les&#13;
persécutions que leur ont fait leurs pères portugais, jusqu’à les&#13;
excommunier, les chasser de la Compagnie et ce qui a obligé ce&#13;
P. Le Comte d’abandonner. Le P. Bouvet est parti depuis pour la&#13;
même raison et on ne doute pas que les trois autres jésuites français,&#13;
qui sont restés à la Chine, n’en soient partis depuis pour le même&#13;
sujet. Tout ceci nous cause bien de la douleur, car nous voyons par-là&#13;
clairement qu’il sera à jamais impossible aux Jésuites de sympathiser&#13;
avec nous. Au-dehors, ils paraîtront être de nos amis et sous-main, ils&#13;
nous desserviront en tout ce qu’ils pourront. Ils ne pourront jamais&#13;
supporter le joug et la dépendance des vicaires apostoliques.&#13;
M. Quémener travaille à présent à Rome à faire expédier tous ces&#13;
décrets. Comme il espère en partir à la fin de cette année 1696 pour&#13;
revenir en France et partir de là ensuite pour retourner à la Chine, nos&#13;
Messieurs ont envoyé à Rome M. Charmot, missionnaire, qui est&#13;
arrivé à Pâques dernier de la Chine pour le relever, et à lui s’est joint&#13;
un séculier nommé M. de Wilhem, qui demeure depuis six ans dans&#13;
le Séminaire et a passé trente ans dans les Indes orientales, où il a&#13;
rendu de grands services à nos Messieurs. Il va passer l’hiver à Rome&#13;
et y restera peut-être toujours avec M. Charmot pour prendre soin de&#13;
son temporel. Ils sont actuellement à Marseille à attendre le bon vent.&#13;
J’ai chargé ces deux Messieurs de pièces pour nos unions, que j’avais&#13;
déjà prêtes, et je leur enverrai les autres au plus tôt. Ils seront à Rome&#13;
nos solliciteurs et nos correspondants.&#13;
Mort de&#13;
&#13;
J’ai&#13;
&#13;
M. Duchesneau&#13;
&#13;
M. Duchesneau. Il s’était retiré à Ambrant, près Issoudun en Berry,&#13;
&#13;
appris&#13;
&#13;
au&#13;
&#13;
commencement&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
novembre&#13;
&#13;
la&#13;
&#13;
mort&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
où il vivait en solitaire et se préparait à mourir depuis longtemps. Il&#13;
n’est pas nécessaire de le recommander à vos prières. J’ai de lui un&#13;
billet de 250 livres pour argent prêté fait à feu M. Dudouyt que j’en ai&#13;
qu’à déchirer, car nous n’en serons jamais payés.&#13;
&#13;
�Nouvelles du&#13;
&#13;
Les premières nouvelles qui me sont venues du Canada me furent&#13;
&#13;
Canada&#13;
&#13;
apprises au commencement de novembre par M. Fredin pendant que&#13;
j’étais en retraite. Il me dit que tout le monde se portait bien et que&#13;
nos vaisseaux étaient arrivés à bon port, ce qui me réjouit fort. Il reçut&#13;
&#13;
Premières lettres&#13;
&#13;
vers le 15e de novembre les lettres que vous m’avez envoyées dans le&#13;
&#13;
venues par&#13;
&#13;
paquet de M. l’intendant par un brigantin qui venait à Plaisance de&#13;
&#13;
Plaisance&#13;
&#13;
Québec et qui étaient sous l’enveloppe de M. le marquis&#13;
de Denonville6. Elles me confirmèrent la bonne santé de tous nos&#13;
Messieurs, mais ne m’apprirent pas l’arrivée de nos derniers&#13;
&#13;
Tous les vaisseaux&#13;
&#13;
vaisseaux. J’appris le retour de tous ces vaisseaux en France le 11 ou&#13;
&#13;
de retour&#13;
&#13;
le 12 de décembre et le 15, nous reçûmes un paquet de lettres venues&#13;
par la poste, dans lequel je trouvai une lettre en chiffres pour moi et&#13;
une autre de M. de Glandelet7 du 25 et du 29 octobre dernier, une&#13;
lettre au R. P. de La Chaize de Monseigneur, une pour le même de la&#13;
personne que vous savez et une de M. de Glandelet pour M. le&#13;
marquis de Denonville.&#13;
Du 21e décembre,&#13;
Avant que nous eussions reçu ces lettres, nos Messieurs avaient parlé&#13;
au R. P. de La Chaize de Mgr de Québec et ils l’avaient trouvé fort froid&#13;
pour le retenir ; il semblait même consentir à le voir retourner. Ils&#13;
firent ce qu’ils purent pour le remettre dans les sentiments où il était&#13;
et me dirent de porter le P. de Lamberville8 à lui parler fortement sur&#13;
ce chapitre. Ils ne s’en tinrent pas là. Ils crurent devoir instruire M.&#13;
l’archevêque de Paris de bonne heure et lui communiquèrent les&#13;
mémoires qui, jusqu’à présent, n’ont pas été vus par Monseigneur ni&#13;
par M. de La Pallière et ils se sont chargés des deux lettres pour le R.&#13;
P. de La Chaize et de celle pour M. le marquis de Denonville en allant&#13;
à Saint-Cyr. Ils les verront tous les deux en passant par Versailles.&#13;
&#13;
Jacques René de Brisay de Denonville, 1642-1710, fut gouverneur du Canada 1er août 1685 au 12 août 1689, puis&#13;
vice-précepteur des enfants de Louis XIV.&#13;
7&#13;
Charles de Glandelet, 1645-1725, grand-vicaire à Québec de Saint-Vallier&#13;
8&#13;
Jean de Lamberville, 1633-1714, procureur de la mission jésuite du Canada à Paris&#13;
6&#13;
&#13;
�Mgr de Québec est toujours dans le Berry. Il donne demain,&#13;
22 décembre, les ordres à Limoges et part aussitôt pour revenir à&#13;
Paris, où nous l’attendons à la fin du mois. Il a passé le temps à faire&#13;
mission à Méobecq, Èves et Chezelles. Il doit tout remuer pour&#13;
retourner en Canada et je m’attends à de belles scènes.&#13;
M. de La Pallière me dit ces jours passés, avec un ravissement de joie&#13;
extraordinaire, que M. le comte [de Frontenac] recherchait l’amitié de&#13;
Monseigneur et que lui et les Récollets mettraient toute pierre en&#13;
œuvre pour l’y faire retourner. Il m’apprit aussi la mésintelligence de&#13;
M. le comte et des pères jésuites et il en inféra que les Jésuites devaient&#13;
penser à se réunir à Monseigneur pour résister à M. le comte et aux&#13;
Récollets. « Quasi vero, etc. »9 et je fis paraître n’avoir pas encore appris&#13;
de nouvelles, n’ayant pas encore reçu mes paquets. M. de La Pallière&#13;
allait porter au P. de La Chaize ces bonnes nouvelles, qu’il savait déjà.&#13;
Je ne sais comment elles ont été reçues venant de sa part.&#13;
L’absence de Monseigneur a été cause qu’on n’a point avancé jusqu’à&#13;
présent l’union de nos abbayes. M. Charmot est arrivé à Rome, d’où&#13;
il me mande qu’il attend pour agir en cette affaire nos derniers&#13;
papiers, que je ne puis lui envoyer qu’après le retour de Monseigneur.&#13;
Le missionnaire a été reçu du pape très favorablement. Ce saint&#13;
pontife avait fait expédier tout récemment toutes les bulles qu’il a&#13;
accordées aux vicaires apostoliques qu’il a établi dans les Indes, qu’il&#13;
fit communiquer à M. Quémener avant que de les signer pour voir si&#13;
ces bulles étaient comme il faut et il a voulu envoyer ces bulles aux&#13;
vicaires apostoliques, qui ne sont pas de notre corps ni de notre&#13;
nation, par notre Séminaire. Nous les reçûmes il y a huit jours.&#13;
J’ai perdu, à la fin de novembre, le jeune Beloche, fermier du prieuré&#13;
de Saint-Sébastien, que je regrette fort. Il a été étouffé par un abcès,&#13;
qui est tombé dans sa gorge et l’a étouffé.&#13;
&#13;
« Quasi vero mihi difficile sit quamvis multos nominatim profere », « Comme s’il m’était difficile d’en citer&#13;
nominativement autant qu’on voudra » (Cicéron, Orationes, Pro Roscio Amrino, 47)&#13;
9&#13;
&#13;
�Nous avons reçu une lettre de change de 8 333 pour le dernier&#13;
paiement de bois, qui n’est payable qu’au 18 janvier. Si bien que pour&#13;
convertir les deux contrats des bois, l’un de 424 livres et l’autre de 500,&#13;
en tout de 924 livres de rente, et en faire 1 848 livres de rente au denier&#13;
14, il nous faut emprunter de l’argent avant la fin de décembre pour&#13;
profiter de six mois d’arrérages. Nos Messieurs me prêtent&#13;
4 000 livres et plus et M. de La Pallière empruntera autant et des deux&#13;
contrats, nous n’en ferons qu’un, dans lequel je ferai déclarer que le&#13;
chapitre a la moitié et l’évêque, l’autre. Ce contrat sera de 25 840 livres&#13;
en principal provenant des bois.&#13;
[16 janvier] 1697,&#13;
Je n’ai pu continuer à vous écrire depuis le 21 décembre jusqu’au&#13;
15 janvier de cette nouvelle année 1697, ayant été occupé pendant ce&#13;
temps-là à recevoir et lire mes lettres et à agir dans les affaires les plus&#13;
pressées.&#13;
L’affaire dont je vous ai parlé ci-dessus est finie. Je veux dire que nous&#13;
avons converti à la fin de décembre ces deux contrats et j’ai emprunté&#13;
pour cela 4 620 livres de M. Tiberge, tant pour le principal que pour&#13;
rembourser aux payeurs des rentes des derniers six mois d’arrérages&#13;
qu’ils avaient payés.&#13;
J’ai été bien aise de voir faire cette conversion, car au lieu que dans un&#13;
des contrats, il n’était nullement fait mention du chapitre et dans&#13;
l’autre, on y énonçait que le chapitre n’y avait que le quart. J’ai fait&#13;
marquer dans la conversion qu’on en a fait que le chapitre y avait&#13;
moitié partout. J’ai reçu toutes vos lettres, exceptée celle que vous&#13;
avez donnée au père commissaire des Récollets, qui n’est pas encore&#13;
arrivé. Je suis aussi en peine d’une lettre que M. de Glandelet me&#13;
mande (si je ne me trompe) m’écrire en chiffres, dans laquelle il dit&#13;
qu’il a mis une copie de la lettre que Mgr l’Ancien écrit à Mgr de&#13;
Québec, aussi en chiffres, car je n’ai point reçu cette lettre en chiffres :&#13;
&#13;
�je n’en ai reçu que deux de M. de Glandelet en chiffres, l’une venue&#13;
par Plaisance et l’autre, à ce que je crois, par le Ville-Marie sous&#13;
l’adresse du P. de Lamberville, qui la reçut par la poste en même&#13;
temps [qu’]une copie de cette lettre de Mgr l’Ancien, adressée audit&#13;
P. de Lamberville, qui la montra au R. P. de La Chaize avant que nous&#13;
l’eussions vue et l’envoya ensuite à M. le marquis de Denonville.&#13;
Cette même copie, écrite de la main de M. Du Bos, fit plus de chemin,&#13;
Lettre de&#13;
&#13;
car M. l’abbé de Brisacier étant allé à Versailles avant Noël,&#13;
&#13;
Mgr l’Ancien à&#13;
&#13;
M. de Denonville la lui fit voir. M. de Brisacier l’apporta à Saint-Cyr,&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier&#13;
&#13;
où il la lut à Mme de Maintenon, qui fut d’avis, aussi bien que&#13;
M. l’évêque de Chartres, le P. de La Chaize et M. de Denonville, qu’on&#13;
en donnât l’original à M. de Québec. M. de Brisacier la rapporta à&#13;
Paris, où il me la montra. Il la fit voir encore à Mgr de Paris et tous&#13;
conseillèrent de donner la lettre, à quoi j’avais pour moi beaucoup de&#13;
répugnance, connaissant M. de Québec et appréhendant l’éclat qu’il&#13;
pourrait faire après l’avoir reçue.&#13;
Je reçus mes paquets le jour de Saint-Jean-l’Évangéliste et dans ces&#13;
paquets, j’y trouvai deux originaux de cette lettre et après avoir&#13;
examiné la chose avec nos Messieurs et conclut que nous devions la&#13;
donner, je la cachetai et la mis avec vingt autres que j’avais à Mgr de&#13;
Québec pour les lui rendre quand il serait de retour de la campagne.&#13;
Le P. de La Chaize lut même au roi cette copie, qui fut renvoyée à&#13;
M. le marquis de Denonville, qui la lui donna. Il lui lut encore celle&#13;
que la personne que vous savez écrit10 audit révérend père et celle que&#13;
M. de Glandelet écrit à M. le marquis de Denonville, qui manda&#13;
toutes ces choses à M. l’abbé de Brisacier le 1er jour de l’an et il fit&#13;
savoir en même temps les bonnes dispositions du Maître pour ne pas&#13;
permettre le retour de celui qui cause le trouble.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
L’abbé de La Colombière&#13;
&#13;
�J’ai cru vous avoir mandé l’an passé que les lettres de cette même&#13;
personne furent lues au roi et firent le bon effet qu’on en devait&#13;
attendre. Je ne sais pas ce qui a empêché le père confesseur de lui faire&#13;
réponse. Ce serait au P. de Lamberville à le solliciter de répondre aux&#13;
lettres de Canada. Cette personne peut être assurée d’un secret entier&#13;
de notre part.&#13;
Comme nous appréhendions l’éclat que pourrait faire M. de Québec&#13;
après avoir reçu la lettre de Mgr l’Ancien, M. l’abbé de Brisacier crut&#13;
devoir la communiquer à M. Tronson, à Illy. Nous y fûmes ensemble&#13;
le 2 janvier. M. Tronson venait de recevoir ses lettres et ne les avait&#13;
pas encore lues. Nous fûmes avec lui plus de deux heures. Il nous&#13;
conjura d’empêcher la division entre nos communautés en Canada et&#13;
parut bien résolu de s’y opposer de toutes ses forces. M. de Brisacier&#13;
lui lut la lettre de Mgr l’Ancien, le mémoire de l’an passé qui était fait&#13;
pour présenter au roi et lui dit ce qui s’était passé de principal cette&#13;
année en Canada, savoir les lettres écrites par M. de Québec à&#13;
Mgr l’Ancien et aux Jésuites, les menaces faites par M. de Montigny&#13;
auxdits pères, les propositions faites par le même à M. de Glandelet&#13;
sur les missions des Outaouais, la disposition de M. Dollier de donner&#13;
aux Récollets des pouvoirs pour les missions, etc.&#13;
Il lui donna toutes ces choses sous le secret et le pria de n’en faire&#13;
usage que pour lui-même. M. Tronson, qui a l’esprit droit, n’eût pas&#13;
de peine à blâmer toute cette conduite, à n’y pas trouver l’esprit de&#13;
Dieu. Il nous assura bien plusieurs fois que si M. de Québec venait&#13;
prendre son conseil et le voulait suivre, il saurait bien lui en donner&#13;
un qui lui paraît absolument nécessaire, faisant assez entendre qu’il&#13;
lui conseillerait de se démettre. Il dit qu’il ne pouvait croire que&#13;
M. de Montigny ait proposé à M. de Glandelet ce qu’il a proposé des&#13;
missions outaouaises de son chef et sans en avoir été instruit par&#13;
Monseigneur et il blâma M. Dollier11 d’avoir dit qu’il donnerait des&#13;
&#13;
François Dollier de Casson, 1636-1701, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal et grand-vicaire de&#13;
Montréal de Saint-Vallier&#13;
11&#13;
&#13;
�pouvoirs aux Récollets si M. le comte [de Frontenac] lui en demandait.&#13;
Il dit que dans ces rencontres, M. Dollier devait renvoyer tout en&#13;
France à Monseigneur et il conjura plusieurs fois M. de Brisacier de&#13;
se joindre à lui pour entretenir l’union entre les trois communautés et&#13;
que de sa part, il ferait ce qui dépendrait de lui.&#13;
M. de Brisacier, en lui lisant le mémoire ci-dessus, n’eut garde de lire&#13;
ce qui y est dit de la personne que vous savez. Il changea cet article&#13;
d’une manière à n’en rien faire connaître à M. Tronson. Il le fit encore&#13;
souvenir de M. Belmont12, qui était la cause de toute la division des&#13;
esprits, et lui rappela ce qui s’est passé autrefois. Nous fûmes contents&#13;
de cette visite.&#13;
M. de Québec revint à Paris la veille des Rois. Je ne pus l’aller voir&#13;
que le lendemain des Rois au matin et je lui portai toutes les lettres&#13;
que j’avais à lui, entre lesquelles était la lettre en question. Je ne sais&#13;
s’il avait quelque connaissance de cette lettre, mais il chercha par&#13;
toutes ces lettres celle de Mgr l’Ancien. Je lui indiquai celle qui parle&#13;
de différentes choses et je pris ensuite congé de lui. Il me dit qu’il allait&#13;
venir dire la messe et dîner en notre Séminaire, où nous avions les&#13;
prières des Quarante-heures, à cause de la fête des Rois. Il y vint en&#13;
effet et il nous parût assez qu’il avait lu cette lettre et qu’il en était tout&#13;
consterné. Il demanda à nos Messieurs un entretien en particulier. Ils&#13;
trouvèrent moyen de s’en débarrasser par la compagnie qu’ils&#13;
avaient. Il leur demanda un jour dans la semaine pour se trouver chez&#13;
M. de Saint-Vallier, son frère, et eux ne pouvant le reculer le mirent&#13;
au samedi.&#13;
Je fus le mercredi 9 janvier à Versailles porter à M. de Denonville ses&#13;
lettres et lui dire ce que nous avions fait. C’est un ami toujours très&#13;
zélé pour les intérêts de cette pauvre colonie. Il me dit que le P. de&#13;
Lamberville s’était venu le voir le jour d’auparavant pour lui&#13;
&#13;
François Vachon de Belmont, 1645-1732, curé de Montréal, sera le supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à&#13;
Montréal en 1701.&#13;
12&#13;
&#13;
�demander comment il parlerait à Monseigneur, qu’il n’avait pas&#13;
encore vu, s’il lui demandait de se servir auprès du P. de La Chaize&#13;
pour procurer son retour et qu’il lui avait conseillé de lui répondre&#13;
que ne comprenant rien à ces caresses qu’il lui fait et à ces menaces&#13;
qu’il fait faire à ses pères en Canada, il le prie de le dispenser de s’en&#13;
mêler. Je fus voir le P. de Lamberville le jeudi 10 janvier. Il m’apprit&#13;
que M. de Québec avait été saluer le P. de La Chaize avec M. le&#13;
compte de Saint-Vallier et M. de La Pallière et que tous les trois&#13;
l’avaient fort conjuré de procurer le retour de M. de Québec. Le père&#13;
confesseur lui avait parlé très fortement et terminé la conversation en&#13;
lui disant que le roi était seul le maître de cette affaire, de laquelle il&#13;
lui avait déjà parlé et qu’il ne pouvait lui parler en sa faveur et&#13;
M. de Québec désavoua M. Dollier sur ces menaces faites de sa part&#13;
aux Jésuites. Il dit encore de quoi se mêlait le père commissaire, qui&#13;
venait plutôt gâter ses affaires par ses sollicitations que les avancer. Il&#13;
eut beau, aussi bien que M. le comte de Saint-Vallier, presser le&#13;
P. de La Chaize, il ne put rien obtenir.&#13;
Nos Messieurs furent dîner avec lui chez M. le comte de Saint-Vallier&#13;
le samedi 12e de ce mois de janvier. Ils y trouvèrent M. l’archevêque&#13;
d’Auch14 et M. de La Pallière. Je m’en dispensai 1° parce que je ne&#13;
croyais pas qu’il le désirât beaucoup ; 2° parce que j’aurais eu peine à&#13;
ne pas dire quelque parole ; 3° parce que nous ne pouvions tous&#13;
quitter à la fois. M. de Brisacier croyait être de retour à 2 heures et ils&#13;
ne revinrent qu’à six. Monseigneur leur demanda fortement de&#13;
proc°urer son retour et leur fit de belles promesses. Ils s’excusèrent&#13;
de s’en mêler, surtout sachant ce qui s’était passé. Il se plaignit&#13;
fortement à eux de l’ordination faite par Mgr l’Ancien. Il leur produisit&#13;
toutes les lettres qu’il lui avait écrites, dans lesquelles il n’était fait&#13;
nulle mention de pouvoir ordonner et il insista qu’on ordonnait sans&#13;
pouvoir des gens sans titre, sans science et nos Messieurs furent&#13;
surpris de tout ceci. Ils croyaient que Mgr l’Ancien avait pouvoir de&#13;
M. de Québec de donner les ordres. Ils dirent qu’il fallait que&#13;
14&#13;
&#13;
Armand-Anne-Tristan de La Baume de Suze, 1640-1705, parent de Mgr Saint-Vallier&#13;
&#13;
�M. de Québec le lui eût donné dans quelque autre lettre qu’il n’avait&#13;
pas et qu’ils ne furent pas plus tôt de retour qu’ils me demandèrent&#13;
en vertu de quoi Mgr l’Ancien avait fait ces ordinations.&#13;
Je leur fus chercher la copie de cette [lettre] en vertu de laquelle&#13;
Monseigneur a fait cette ordination, mais à vous parler franchement,&#13;
nous ne la trouvâmes pas aussi forte que nous l’eussions souhaité&#13;
Rayez les&#13;
&#13;
pour autoriser cette ordination et quoique nos Messieurs, en parlant&#13;
&#13;
remarques de&#13;
&#13;
à M. l’archevêque d’Auch et à M. de La Pallière, aient fort insisté sur&#13;
&#13;
Mgr de Laval en&#13;
marge de la lettre&#13;
&#13;
cette lettre pour soutenir Mgr l’Ancien, dans le fond cependant, ils ne&#13;
&#13;
du 3 juin 1696,&#13;
&#13;
vous excusent pas tous dans leur particulier et il sera aisé de&#13;
&#13;
p. 2013…&#13;
&#13;
découvrir par toute personne désintéressée qu’il y a eu en cette action&#13;
trop de précipitation et qu’on s’est servi d’un titre apparemment pour&#13;
faire plus que ce que porte précisément la lettre. Vous avez eu de&#13;
bonnes intentions, mais il eût été à souhaiter que la chose ne se fût pas&#13;
faite. M. de Glandelet même ne s’explique pas clairement sur ce fait&#13;
dans sa grande lettre, car il étend le pouvoir donné par M. de Québec&#13;
à M. l’Ancien plus loin qu’il n’est marqué dans la lettre et pour vous&#13;
en convaincre, je vais rapporter les termes de l’une et l’autre lettre.&#13;
Extrait de la lettre de M. de Québec à M. l’Ancien du 18 mai 1695 :&#13;
« S’il se présentait quelque ordination à faire ou quelque consécration&#13;
de calice et autres bénédictions, je vous supplie de vouloir bien vous&#13;
&#13;
La revoici : Monseigneur parla et vous écrivit ce qui était au plus loin de sa pensée et de son sentiment. Vous le&#13;
connaîtrez, autant que je puis juger, lorsqu’il apprendra que j’ai conféré à plusieurs d’entre eux les ordres sacrés. Si&#13;
vous lui aviez écrit ou parlé pour avoir de lui la permission de les leur conférer, cela serait à contretemps, car nous&#13;
nous sommes fondés sur la lettre qu’il m’écrivit l’an passé, où il est formellement porté qu’il me prie de conférer les&#13;
ordres sacrés quand l’occasion s’en présentera et me prie ensuite que si M. Dollier me prie de quelque chose sur cela,&#13;
de le lui accorder ; en conséquence de quoi, j’écrivis à mondit sieur Dollier et lui ai fait offre de mon ministère. Nous&#13;
avons conféré et concerté ensemble et avec les Jésuites et l’on a été de ce sentiment, en vertu de sa lettre. Possible&#13;
aura-t-il intention de gloser et de donner une autre interprétation à sa lettre. Nous avons eu sujet de le présumer, de ce&#13;
que nous apprîmes qu’avait dit M. Vallet, soi-disant Le Vallet, auquel apparemment Monseigneur avait écrit ses&#13;
pensées et sentiments sur cela, qui en dit assez pour nous le faire juger. Quoiqu’il en soit et que Monseigneur ait eu&#13;
sur cela une double entente, il y est formellement porté dans sa lettre. Vous m’aviez même confirmé par vos lettres&#13;
l’an passé que Monseigneur vous avait dit qu’il me priait, par ses lettres qu’il vous avait lues, de conférer les ordres&#13;
et même de prendre la conduite de son diocèse. Nous avons tout sujet de croire que l’un et l’autre étaient au plus loin&#13;
de sa pensée. Mais en tout cas, il n’est aucunement parlé du second. Aussi ne me suis-je ingéré de quoique ce soit que&#13;
de ce qui est contenu dans ses lettres.&#13;
13&#13;
&#13;
�y rendre favorable. Accordez à M. Dollier ce qu’il pourra vous&#13;
demander sur ces sortes de choses, etc. »&#13;
Comme il est nécessaire de prendre l’intention de Mgr de Québec dans&#13;
cette lettre pour comprendre l’étendue du pouvoir donné à&#13;
M. l’Ancien, il semble 1° qu’il n’a eu intention de permettre que&#13;
quelque ordination au singulier, et non pas plusieurs ordinations,&#13;
depuis les moindres ordres jusqu’à la prêtrise ; 2° il ne paraît pas avoir&#13;
eu intention d’accorder ce pouvoir pour ordonner plusieurs&#13;
personnes, mais seulement quelques-unes ; 3° enfin, il semble avoir&#13;
exigé que M. Dollier l’en priât Mgr l’Ancien. Toutes ces réflexions&#13;
qu’ont faites nos Messieurs leur ont fait juger qu’il eût été à souhaiter&#13;
que l’ordination n’eût point été faite, car si M. de Québec perd&#13;
l’espérance de retourner, il fera sur cela un beau bruit lorsqu’il ne se&#13;
croira plus obligé de garder de mesures, car il dira partout que&#13;
Mgr l’Ancien l’a chassé de son évêché pour le reprendre, qu’il en&#13;
exerce toutes les fonctions sans pouvoir, etc.&#13;
M. de Glandelet, dans sa grande lettre, étend un peu la courroie de ce&#13;
pouvoir qu’il s’est bien aperçu être un peu trop courte, car voici ce&#13;
qu’il m’en écrit : « M. de Québec a envoyé pouvoir à M. l’Ancien dans&#13;
une lettre écrite de sa main de faire les ordinations qui se&#13;
présenteront, les bénédictions et autres fonctions de son ministère&#13;
dans le diocèse. »&#13;
Ce pouvoir n’est pas si étendu dans la lettre de Mgr de Québec. Dieu&#13;
veuille qu’il ne fasse pas de bruit là-dessus, mais cela ne nous a pas&#13;
fait plaisir. De quelque utilité que vous soient MM. Hamel et Boucher,&#13;
Bouteville, Gaulin, Pinguet et Leblond, il eut mieux valu s’en priver&#13;
que de faire cette démarche. Mais l’affaire est faite. Je m’attends même&#13;
que M. Gaulin sera ordonné prêtre avant que vous receviez cette&#13;
lettre. J’espère que s’il ne l’est pas, vous différerez à l’ordonner,&#13;
jusqu’à ce que Monseigneur donne un autre pouvoir, puisqu’il ne&#13;
&#13;
�croit pas en avoir donné et que selon l’axiome Non est major defectus&#13;
quam defectus potestatis15.&#13;
Je vous dis ici franchement ce que l’on pense, parce que je sais que&#13;
vous n’en ferez qu’un bon usage et que vous désirez que j’en agisse&#13;
ainsi. Je continuerai à le faire sur tout ce qui me reviendra.&#13;
M. de Québec apprit à nos Messieurs dans cet entretien (où il parut&#13;
tel qu’il a toujours été et sera toujours, très véhément, industrieux,&#13;
souple, adroit, aheurté pour venir à ses fins) que le roi lui avait fait&#13;
demander sa démission l’an passé et qu’il l’avait refusée. Il dit qu’il&#13;
ne se démettrait en effet jamais si cependant le roi lui ôtait toute&#13;
espérance de retour. Je crois qu’il pourrait à la fin changer de&#13;
sentiment. Il ne faut pas s’attendre à lui faire donner un autre évêché.&#13;
Le roi s’est expliqué nettement qu’il ne lui en donnerait jamais, mais&#13;
bien quelque bonne abbaye. Il craint son tour et son travers d’esprit&#13;
et il aimera mieux le laisser retourner en Canada que de l’admettre&#13;
dans l’Église de France, où il appréhende qu’il ne brouille. C’est sur&#13;
quoi il nous faut compter.&#13;
Il est allé depuis dimanche matin à Versailles, où il va remuer toute&#13;
pierre. M. l’abbé de Brisacier, qui ira ce soir, saura ce qui s’y sera&#13;
passé. Il ne fit que dîner à Versailles et s’en revint. Le lundi 14 janvier,&#13;
il est allé avec M. l’archevêque d’Auch, M. le compte de Saint-Vallier16&#13;
et M. de La Pallière trouver le R. P. de La Chaize et lui dire que nos&#13;
Messieurs, dans l’entretien ci-dessus, leur avaient protesté qu’ils&#13;
n’avaient point de part à la rétention de Monseigneur et donnaient les&#13;
mains à son retour. Le P. de La Chaize ne les crut pas et dit quelques&#13;
jours après ces choses à M. de Brisacier, qui lui dit que M. de Québec&#13;
les ayant pressés de procurer son retour, qui dépendait d’eux qui&#13;
faisaient la pluie et le beau temps par Mme de Maintenon. Ils lui&#13;
avaient répondu que Mme de Maintenon ne se mêlait pas de ces&#13;
&#13;
15&#13;
16&#13;
&#13;
Il n’y a pas de plus grande faute qu’un manque de pouvoir.&#13;
Frère de l’évêque&#13;
&#13;
�affaires ecclésiastiques et que ce n’était pas là le canal par lequel le roi&#13;
était informé et M. Tiberge est résolu d’aller trouver M. l’archevêque&#13;
d’Auch et de lui expliquer nettement ce qu’il pense sur le retour de&#13;
Monseigneur.&#13;
Il remue à présent toute pierre sur son retour. Il a été depuis peu&#13;
conjurer le P. Le Valois17 de s’intéresser pour lui. Le père, qui&#13;
présentement le connaît, l’a au contraire fort pressé de se démettre et&#13;
lui dit qu’il avait eu en vue d’inspirer au P. de La Chaize de porter le&#13;
roi à lui demander cette démission honnêtement, lui marquant que&#13;
cela lui fera plaisir et qu’il saura le reconnaître, etc. M. de Québec lui&#13;
dit qu’il ne se démettrait jamais si on ne lui fait son procès, etc. Il a dit&#13;
à une personne que plusieurs évêques voulaient s’intéresser pour lui&#13;
en demandant son retour, que la manière dont on l’arrêtait était&#13;
injurieuse à tout l’ordre épiscopal et qu’on voulait lui ôter son évêché&#13;
d’une manière tout à fait honteuse. Il a présentement de grandes&#13;
conférences avec les Récollets. J’emploierai M. l’abbé Bignon18 pour&#13;
savoir ce qui se fait auprès de M. Phélypeaux.&#13;
J’ai eu le mercredi 16 janvier une prise considérable avec M. de La&#13;
Pallière. Nous étions convenus ensemble que nous dresserions&#13;
conjointement les quittances de finance pour ces conversions de&#13;
contrats pour le chapitre.&#13;
Je trouvai le lendemain des Rois chez le notaire ces quittances toutes&#13;
dressées, où il n’était fait nulle mention, comme auparavant, que le&#13;
chapitre avait sa part dans ces contrats avec M. l’évêque. Je ne crus&#13;
pas que M. de La Pallière les eût ainsi fait dresser pour nous&#13;
surprendre. J’en repris le clerc du notaire et je fus avec M. Carnot,&#13;
notaire, biffer celle-ci et M. Carnot marqua en marge pour s’en&#13;
souvenir que je prétendais avoir moitié pour le chapitre en ces&#13;
Louis Le Valois, 1639-1700, confesseur de Saint-Vallier et du duc de Bourgogne petit-fils de Louis XIV. C’est lui&#13;
qui avait proposé Saint-Vallier comme successeur de Laval.&#13;
18&#13;
Neveu de Louis Phélypeaux, comte de de Pontchartrain, 1643-1727, et cousin de Jér�me Phélypeaux, comte de&#13;
Pontchartrain, 1674-1747, ministre de France&#13;
17&#13;
&#13;
�contrats et nous convinsse d’en aller conférer ensemble avec M. de&#13;
Québec. Huit jours se passèrent sans aller ni chez Monseigneur ni&#13;
chez le notaire et il arriva que pendant ce temps, le clerc mit au net&#13;
cette quittance, sans que personne le lui commandât, et l’envoyât&#13;
pour la faire signer au garde du Trésor royal, sans qu’on en eût parlé&#13;
à Monseigneur ni à M. de La Pallière, qui a cru que je m’étais entendu&#13;
avec le notaire pour lui faire faire dans cet acte une déclaration&#13;
frauduleuse et pour le surprendre. J’eus beau lui dire chez lui avec&#13;
douceur comment la chose s’était passée, il prit le ton hautain et aigre&#13;
qui lui est fort ordinaire. Il me dit que c’étaient là de mauvais tours ;&#13;
qu’il s’en plaindrait et si haut qu’il me le ferait ressentir ; que ce n’était&#13;
pas d’aujourd’hui qu’il s’apercevait que j’étais un esprit brouillon qui&#13;
cherchait à mettre la division entre l’évêque et son clergé, pendant&#13;
qu’il faisait son possible pour y mettre la paix ; et plusieurs autres&#13;
choses aussi dures. Dieu me fit la grâce de me posséder assez, surtout&#13;
au commencement, et j’eus assez de présence d’esprit pour réprimer&#13;
certains mots qui lui auraient fermé la bouche et lui auraient fait&#13;
beaucoup de peine. Je me laissai cependant aller en me retirant à lui&#13;
dire, lorsqu’il me demanda si je ne voulais rien conclure sur cette&#13;
affaire, que c’était beaucoup faire que de souffrir ses injures chez lui&#13;
avec patience. Il a prétendu depuis ne m’avoir pas taxé d’avoir voulu&#13;
tromper et ne m’avoir pas traité d’esprit brouillon. Il faut oublier&#13;
toutes ces injures et se moins commettre à en recevoir.&#13;
23 janvier,&#13;
Nos&#13;
&#13;
Messieurs&#13;
&#13;
sont&#13;
&#13;
allés&#13;
&#13;
trouver&#13;
&#13;
aujourd’hui,&#13;
&#13;
23 janvier,&#13;
&#13;
M. l’archevêque d’Auch, parent de M. de Québec, et se sont ouverts&#13;
à fond sur son chapitre. Il leur a promis qu’il ferait son possible pour&#13;
le détourner de retourner en Canada et le porter à se démettre. Je crois&#13;
qu’il n’y gagnera rien, car M. l’évêque fait tous ses efforts pour&#13;
retourner. Il a dit ces jours passés à M. l’évêque de Chartres qu’il ne&#13;
se démettra jamais et mourra évêque de Québec. Cette fermeté&#13;
ébranle l’esprit du Maître. Nous venons de recevoir une lettre de&#13;
M. de Denonville, qui nous mande qu’il est nécessaire de nous&#13;
&#13;
�assembler sur le parti que nous devons prendre en empêchant qu’il&#13;
ne retourne pour obvier aux peines que peut causer un grand-vicaire ;&#13;
et s’il retourne sans qu’on puisse l’en empêcher, sur ce qu’on doit lui&#13;
proposer pour remédier aux maux autant qu’il sera possible. Nous&#13;
devons aller le voir vendredi 25 janvier.&#13;
[Février],&#13;
Je reprends cette lettre au commencement de février pour vous&#13;
rapporter ce qui s’est passé la fin du mois passé. Nous allâmes le 25&#13;
trouver M. de Denonville, M. de Brisacier et moi. Nous y passâmes la&#13;
journée. Il avait été intimidé par ce que lui avait dit le R. P. de&#13;
La Chaize le dimanche d’auparavant. Ledit père ne s’était pas ouvert&#13;
à lui entièrement, comme nous l’avons su depuis. Il lui avait&#13;
seulement dit que le roi n’était pas encore déterminé à retenir&#13;
Monseigneur et qu’il devait prendre conseil. Sur cela, M. le marquis,&#13;
plein de zèle pour cette pauvre Église, appréhenda que l’on ne&#13;
conseillât au roi de laisser retourner Monseigneur. M. de Brisacier lui&#13;
rendit compte de tout ce que nous avons fait. Il l’assura que si le roi&#13;
prenait conseil sur cette affaire, ce ne serait que de M. l’archevêque de&#13;
Paris et qu’il était assuré que M. de Paris conseillerait de retenir&#13;
Monseigneur en France. Cependant, comme j’étais en peine sur une&#13;
parole que M. l’évêque de Chartres avait dit à M. l’évêque de Québec,&#13;
j’engageai M. l’abbé de Brisacier à lui écrire. M. de Chartres avait dit&#13;
à M. de Québec qu’il lui conseillait fort de se démettre, mais que s’il&#13;
ne voulait pas le faire, il ne croyait pas qu’on dût l’arrêter hors de son&#13;
diocèse. Je craignis qu’il n’en dit autant à Mme de Maintenon et&#13;
qu’elle ne le dit au roi. M. de Brisacier eut la bonté de lui écrire à SaintCyr, parce qu’il y devait venir ce soir-là même et aurait pu parler ainsi&#13;
à Mme de Maintenon, mais il n’y vint pas.&#13;
J’allai voir, à mon retour, le P. de Lamberville. Il me dit que le R. P. de&#13;
La Chaize nous donnerait audience le dimanche 27 à 9 heures. Nous&#13;
nous y trouvâmes avec ledit père, que nous prîmes en passant, et&#13;
après avoir attendu deux heures, nous eûmes une longue audience.&#13;
&#13;
�Le révérend père nous apprit que M. de Québec l’était venu trouver&#13;
la semaine d’auparavant et l’avait fort pressé de procurer son retour,&#13;
l’assurant qu’il tiendrait toutes choses en paix, que pour cela il se&#13;
retirerait à Montréal et vous laisserait les maîtres à Québec (c’est ce&#13;
qu’il avait aussi proposé à nos Messieurs et ils lui répondirent fort&#13;
bien à M. d’Auch que c’était la proposition la plus capricieuse qu’il&#13;
pût proposer pour faire croire que nous voulions être les maîtres,&#13;
etc.). Il lui dit encore que son dessein serait, après avoir passé cinq ou&#13;
six ans en Canada, de se démettre alors avec honneur, mais qu’il lui&#13;
était présentement trop honteux pour s’y résoudre. Il lui présenta un&#13;
cahier de mémoire. C’est une réponse qu’il fait aux articles de la lettre&#13;
de Mgr l’Ancien. Il dit qu’ayant appris que des copies de cette lettre&#13;
avaient couru à la Cour et qu’elle avait peut-être été lue au roi, il lui&#13;
était avantageux que le roi entendît les réflexions qu’il avait faites par&#13;
apostilles sur cette lettre et il le pria de les lire au roi et de vouloir bien&#13;
le supplier de se déclarer incessamment pour son retour, parce qu’il&#13;
lui était très nécessaire pour choisir des missionnaires et faire ses&#13;
provisions, factures, etc., pour son voyage qu’il sût dans peu s’il&#13;
devait retourner ou rester.&#13;
Je ne puis soupçonner par qui il a pu connaître que des copies de cette&#13;
lettre ont courues à la Cour que M. l’abbé de Préfontaine, qui demeure&#13;
chez M. le duc de Beauvilliers19, grand ami de M. de La Pallière, à qui&#13;
M. de Denonville s’en sera ouvert comme à un ami commun et qui&#13;
l’aura dit ensuite à M. de La Pallière.&#13;
Le R. P. de La Chaize lui dit tout ce qu’on peut dire de plus fort pour&#13;
le porter à ne pas retourner. Il lui dit même ce que M. le comte [de&#13;
Frontenac] se dit en parlant de lui, qu’il voulait l’avoir pour évêque,&#13;
parce qu’il ne pouvait plus lui nuire. Cependant, malgré tout cela,&#13;
Mgr de Québec persista à vouloir retourner et pria le P. de La Chaize&#13;
de lire son mémoire au roi, ce qu’il ne put lui refuser, parce qu’il est&#13;
le canal par qui les affaires ecclésiastiques doivent passer.&#13;
19&#13;
&#13;
Paul-Hippolyte de Beauvilliers Saint-Aignan, 1684-1776, chef du Conseil royal des finances&#13;
&#13;
�Le P. de La Chaize présenta en effet ce mémoire au roi et lui demanda&#13;
s’il voulait qu’il le lût. Le roi dit qu’il était trop long et demanda de&#13;
quoi il s’agissait. Ayant appris que Monseigneur demandait&#13;
permission de retourner, il demanda au père confesseur ce qu’il en&#13;
pensait. Le révérend père le pria de prendre conseil et lui demanda&#13;
s’il désirait qu’il en parlât de sa part à M. de Pontchartrain. Sa Majesté&#13;
dit que cela n’était pas nécessaire, qu’il le pouvait cependant et qu’il&#13;
fallait répondre à M. de Québec que Sa Majesté n’était pas encore&#13;
déterminée.&#13;
&#13;
Le&#13;
&#13;
père&#13;
&#13;
confesseur&#13;
&#13;
fut&#13;
&#13;
peu&#13;
&#13;
après&#13;
&#13;
trouver&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain. Il y trouva M. l’évêque de Québec, qui le pria de&#13;
rester, qu’il n’était pas trop dans la conférence qu’il avait avec&#13;
M. de Pontchartrain sur son retour. Ce fut en sa présence qu’il dit au&#13;
P. de La Chaize qu’il était nécessaire qu’il retournât en Canada pour&#13;
conserver aux pères jésuites les missions outaouaises qu’on voulait&#13;
leur ôter.&#13;
Lorsque Monseigneur pressa M. de Pontchartrain de procurer son&#13;
retour et se déclarer pour lui, M. de Pontchartrain lui dit, en présence&#13;
du P. de La Chaize, qu’il n’était établi que pour prendre, tirer de&#13;
l’argent, lever des subsides, remplir les coffres du roi et qu’il ne devait&#13;
se mêler que de ses affaires et que ne s’agissant nullement de cela, en&#13;
ce qui regardait M. de Québec, il en devait nullement s’en mêler. Il dit&#13;
la même chose au P. de La Chaize, après que M. de Québec se fut&#13;
retiré. Lorsque ce révérend père lui dit qu’il venait lui parler de ces&#13;
affaires de la part du roi, qu’il n’en parlerait point au roi si le roi ne&#13;
lui en parlait, que ces affaires n’étaient point de son ressort, etc.&#13;
Le jeudi suivant, dernier jour de janvier, M. de Québec retourna à&#13;
Versailles, fit présenter par le P. de La Chaize le samedi un placet au&#13;
roi pour demander au plus tôt son retour. Il fut trois jours entiers à&#13;
Versailles. Cependant, le père confesseur lui répondit encore que le&#13;
roi n’était pas encore déterminé. Je ne sais ce qu’il y alla faire encore&#13;
&#13;
�le mardi 5 février, par un froid des plus rudes qu’il puisse faire en&#13;
France. Il ne sait pas encore sa détermination aujourd’hui, 9 février.&#13;
J’ai oublié de vous marquer en son rang une conférence que nous&#13;
eûmes avec lui en présence de M. de La Pallière. Il me dit qu’il était&#13;
nécessaire qu’il vît nos Messieurs pour parler de nos unions&#13;
d’abbayes. Je disposai à cela nos Messieurs. Il ne nous fit que trop&#13;
connaître en cet entretien qu’il n’était nullement changé, malgré tout&#13;
ce que nous en avait dit si souvent M. de La Pallière. Quand j’y fus&#13;
appelé, il était aux prises sur le chapitre de la lettre écrite par lui à&#13;
Mgr l’Ancien. Il soutenait fortement n’en avoir point écrit où il eut&#13;
permis à Mgr l’Ancien de donner les ordres, hors un billet qu’il laissa&#13;
aux Récollets en partant pour venir en France, auquel, dit-il, les&#13;
Récollets auront pu ajouter la date du 18 mai 1695 ; mais qu’il n’en&#13;
avait écrit aucun de cette date et il en fit des protestations sans&#13;
nombre, jusqu’à y engager son salut éternel plusieurs fois, à vouloir&#13;
parier son évêché contre M. Tiberge et à promettre de donner sa&#13;
démission. « Si cela se trouvait vrai à vous entendre, lui dirent nos&#13;
Messieurs, votre démission est ce que nous désirons davantage, etc. »&#13;
Il voulut encore parier ses deux oreilles à couper, etc. « Prenez garde&#13;
à vos oreilles », lui dit en riant M. Tiberge.&#13;
Je lui montrai ensuite cette copie. Il se récria 1° contre la date ;&#13;
2° contre le style qu’il prétendit n’être pas de lui à cause qu’il y a « ne&#13;
vous défendez pas d’officier, etc. dans une Église que vous aimez si&#13;
parfaitement » ; 3° il prétendit que ce pouvoir d’ordonner était relatif&#13;
à la prière qui en serait faite par M. Dollier. Enfin, il n’y eut chicane&#13;
qu’il ne fît sur cela et il pria, après toutes ces choses, de n’en point&#13;
parler ni ici ni en Canada. Nos Messieurs lui dirent qu’ils pouvaient&#13;
bien lui promettre de n’en pas parler en France, mais qu’ils ne&#13;
pouvaient le dispenser d’en écrire en Canada pour savoir la vérité. Ils&#13;
lui ont même promis que je ne vous en écrirais point et que ce seraient&#13;
eux seuls qui en écriraient. Je ne leur en ai pas demandé permission.&#13;
&#13;
�Faites comme si vous ne saviez rien de tout ce que je viens de vous&#13;
apprendre.&#13;
Le jour même, il convint (pendant que j’étais allé assister à la mort&#13;
[d’]une personne que je confesse) avec nos Messieurs qu’on mettrait&#13;
seulement dans la déclaration de la quittance de finances pour les&#13;
contrats de rentes provenus des bois de Méobecq que ce fonds&#13;
appartenait à l’abbaye de Méobecq, unie à l’évêché et au chapitre de&#13;
Québec. Cette simple déclaration ne nous donnera aucun droit de&#13;
toucher sur nos quittances ce qui appartiendra au chapitre, mais&#13;
seulement sur les siennes ; ce qui n’est nullement agréable, car tant&#13;
qu’il aura le temporel à sa disposition, il sera en état de faire de la&#13;
peine. Je l’ai représenté. On y a eu peu d’égard. Je n’ai pas cru devoir&#13;
trop insister pour ne pas paraître entêté de mes pensées. Il convint&#13;
encore avec eux que je porterais toutes nos pièces pour nos unions&#13;
chez un habile banquier pour le consulter s’il n’y manquait rien. Je&#13;
m’adressai pour cela, de son avis et de celui de nos Messieurs, à&#13;
M. Chubery, qui les examin[a]. Nous nous sommes tous trouvés chez&#13;
lui le jeudi 7 février, où on a examiné deux choses : la première,&#13;
comment on ferait le partage des abbayes ; la seconde, si les procèsverbaux faits des abbayes étaient en bonne forme pour les envoyer à&#13;
Rome.&#13;
1697,&#13;
Voici bien des nouvelles et qui vous surprendront. Mgr de Québec&#13;
retournera en Canada selon toutes les apparences. Voici comment les&#13;
choses ont tourné.&#13;
Le roi, ayant remarqué que c’était sur lui seul que tombait la justice&#13;
ou l’injustice de la rétention de M. de Québec en France, crut devoir&#13;
prendre conseil pour savoir s’il pouvait en conscience le retenir. Nous&#13;
avions prévu que le roi pourrait s’adresser à M. de Paris ou à&#13;
Fénelon&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
M. de Cambrai20 et nous les croyions très bien disposés. En effet, il&#13;
&#13;
François de Salignac de la Mothe-Fénelon, 1641-1679, évêque de Cambrai&#13;
&#13;
�s’adressa à ce dernier l’un des jours gras et lui demanda s’il pouvait&#13;
retenir M. de Québec hors de son diocèse pour toujours, vu l’état où&#13;
étaient les affaires en ce pays-là. M. de Cambrai fit paraître qu’il&#13;
ignorait les affaires de M. de Québec. Le roi eut la bonté de lui&#13;
demander : « Mais ne vous en ai-je parlé l’an passé ? » (En effet, il lui&#13;
en avait parlé.) M. de Cambrai continua de faire l’ignorant, ou en effet&#13;
il ne s’en souvint pas alors, et il dit au roi qu’il n’était pas assez instruit&#13;
de cette affaire et qu’il priait Sa Majesté de s’adresser à quelque autre.&#13;
Cela obligea le roi de demander à M. de Meaux21 son sentiment sur ce&#13;
Bossuet&#13;
&#13;
sujet. Il lui dit qu’il était persuadé que M. de Québec était incapable&#13;
de bien gouverner son diocèse et que quelques protestations qu’il fit,&#13;
il ne se corrigerait pas, mais qu’après tout, il ne voulait pas se&#13;
démettre et qu’il désirait savoir s’il devait l’empêcher de retourner&#13;
dans son diocèse. M. de Meaux n’avait point été instruit par nous, car&#13;
jamais nos Messieurs ne lui avaient parlé de ces choses. Il connaissait&#13;
cependant parfaitement bien M. de Québec. Il ne voulut pas&#13;
prononcer sur ce que lui demandait le roi sans user de déférence&#13;
&#13;
(Archevêque de&#13;
&#13;
envers M. de Paris. Il dit qu’étant alors dans la chambre du roi, si&#13;
&#13;
Paris)&#13;
&#13;
Sa Majesté voulait le faire approcher, il dirait son sentiment après lui.&#13;
Le roi fit donc approcher M. de Paris, qui par modestie voulut que&#13;
M. de Meaux, comme son ancien d’épiscopat, dit le premier son&#13;
sentiment et tous les deux concoururent à dire qu’il serait à souhaiter&#13;
que le roi tirât d’amitié la démission, etc., mais que s’il ne la voulait&#13;
pas donner, ils croyaient qu’on ne devait pas l’empêcher de retourner&#13;
en son diocèse, où il était obligé de résider suivant les canons et que&#13;
ce n’était pas une voie canonique d’user ainsi de l’autorité du roi, etc.&#13;
Nous avons été surpris que M. l’archevêque de Paris ait été cette&#13;
année de cet avis et nos Messieurs lui en marquèrent honnêtement&#13;
leur surprise le jour des Cendres, car il nous avertit dès le matin de ce&#13;
jour la disposition dans laquelle était le roi. Nous allâmes le trouver à&#13;
midi. Il nous dit comment le tout s’était passé et il ajouta que le roi&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
Jacques-Bénigne Bossuet, 1627-1704, évêque de Meaux&#13;
&#13;
�était résolu, en laissant retourner M. de Québec, de l’empêcher par&#13;
son autorité de faire le mal qu’il serait capable de faire s’il n’était&#13;
arrêté par cette autorité.&#13;
Nous voulûmes encore faire une tentative et nous dressâmes un&#13;
mémoire pour M. l’archevêque de Paris, dans lequel nous lui&#13;
représentions qu’avant que le roi prît le parti de laisser retourner N22,&#13;
il était de sa piété et même de son obligation, dans la connaissance&#13;
qu’il avait du mal qu’il pouvait faire, de tenter toutes les voies de tirer&#13;
de lui sa démission à l’amiable ; que tous ceux qui connaissaient N.&#13;
croyaient que si Sa Majesté pouvait lui parler avec bonté et lui dire à&#13;
peu près ces paroles : « Je sais que dans l’état où sont les choses, il est&#13;
du bien de la religion que vous ne retourniez point en Canada. Soit&#13;
que le mal vienne de vous ou de ceux qui sont sous votre conduite,&#13;
vous n’y pouvez plus faire de bien ; vous en pouvez faire ailleurs. Je&#13;
ne veux pas user d’autorité pour demander votre démission ni même&#13;
pour vous arrêter en France. Mais vous me ferez plaisir de me la&#13;
donner. Je vous en aurai obligation et j’aurai soin de vous. »&#13;
M. de Québec serait capable de céder, qu’au pis aller Sa Majesté ne&#13;
commettrait point en cela son autorité, mais seulement sa bonté. Nous&#13;
allâmes l’après-dîner monter ce mémoire au P. de La Chaize, à qui&#13;
nous apprîmes toutes ces choses qu’il ne savait pas encore. Il&#13;
approuva ce mémoire et le lendemain, nous le portâmes à&#13;
M. l’archevêque et l’envoyâmes à Mme de Maintenon.&#13;
Ce que je craignais le plus était que Sa Majesté ne dit à&#13;
M. de Pontchartrain ce qu’il avait résolu de faire de M. de Québec&#13;
après ce conseil des évêques, que M. de Pontchartrain ne le fît savoir&#13;
au prélat et qu’ainsi, nous ne pussions rien faire. M. l’archevêque&#13;
écrivit à Mme de Maintenon pour la prier de supplier le roi de n’en&#13;
rien dire à M. de Pontchartrain jusqu’à ce qu’il eût vu Sa Majesté. La&#13;
lettre de M. l’archevêque tarda deux jours à être rendue et le roi en&#13;
&#13;
On trouve souvent la majuscule N. dans les lettres du 17e siècle pour désigner un supérieur, tels un provincial ou un&#13;
évêque. Dans la série des documents LI de l’ANP, elle fait référence à Mgr de Saint-Vallier.&#13;
22&#13;
&#13;
�avait déjà parlé à M. de Pontchartrain, qui étant pour lors fort occupé&#13;
à marier son fils, ne pensa pas à en rien mander à M. de Québec. Le&#13;
roi ayant été prié ensuite par Mme de Maintenon d’en garder le secret&#13;
jusqu’à ce que Sa Majesté eût parlé à M. de Paris, Sa Majesté demanda&#13;
à M. de Pontchartrain s’il en avait fait savoir quelque chose à M. de&#13;
Québec. Il dit au roi qu’il n’y avait pas songé et voulut s’en excuser&#13;
comme d’une faute. Sa Majesté lui dit qu’il avait bien fait et qu’il&#13;
gardât le secret jusqu’à ce qu’il lui en reparlât.&#13;
Peu après, nous vîmes M. de Meaux, à qui nous lûmes les mémoires.&#13;
Il connaissait le prélat sans que nous lui eussions parlé. Il dit&#13;
cependant qu’il aurait peine à changer de sentiment, mais qu’il serait&#13;
porté à engager Sa Majesté de l’arrêter encore une année ; mais&#13;
M. de Paris, que nous vîmes peu après, ne donnât pas là-dedans. Il&#13;
demanda quel bien reviendrait de le retenir encore pour une année. Il&#13;
parût frappé de ce que M. de Pontchartrain lui avait dit contre ceux&#13;
qui faisaient retenir le prélat en France, demandant quelle dévotion&#13;
et piété c’était d’arracher un évêque de son Église par violence, etc.&#13;
M. de Paris crût qu’on devait inspirer au roi de lui demander d’amitié&#13;
sa démission. Il le lui proposa en effet et Sa Majesté voulut bien faire&#13;
cette démarche, quoiqu’elle la crût inutile, vu le caractère d’esprit de&#13;
la personne.&#13;
C’est ce que nous apprit M. l’archevêque de Paris le lundi de la&#13;
première semaine de carême que nous fûmes le voir. Il nous montra&#13;
un mémoire présenté par M. de Québec, dans lequel il faisait les plus&#13;
belles protestations de paix qu’on puisse faire. Il s’excusait sur ce&#13;
qu’on l’accusait, dit-il, de vouloir conduire son diocèse par des&#13;
lumières extraordinaires. Il faisait une offre à la fin de ce mémoire de&#13;
se retirer à Montréal et de laisser à Québec toute l’autorité à&#13;
Mgr l’Ancien. Nous nous élevâmes là contre et nous vîmes les&#13;
inconvénients de cette proposition, car si nous l’acceptions, il n’en&#13;
faudrait pas davantage pour faire croire ce qu’on a trop de disposition&#13;
à croire, après qu’on a tâché de l’inspirer, que tous les déboires de&#13;
&#13;
�M. de Québec ne viennent que de la jalousie qu’on prétend qu’a&#13;
l’ancien évêque de s’être démis et de n’avoir plus de part au&#13;
gouvernement. D’ailleurs, cela n’aurait été que pour peu d’années.&#13;
Mgr l’Ancien, enfin, n’aurait eu qu’une autorité subordonnée et&#13;
n’aurait pu faire aucun bien.&#13;
M. l’archevêque de Paris nous a paru avoir été gagné par&#13;
M. l’archevêque d’Auch pour laisser retourner M. de Québec. Il ne le&#13;
connaît pas encore aussi parfaitement que le connaissait feu&#13;
M. de Paris. Il nous parût croire que M. de Québec ferait mieux qu’il&#13;
n’a fait après toutes ces affaires ou que du moins il prendrait de luimême le parti de se retirer avec honneur s’il ne pouvait rétablir la&#13;
paix. C’est ce que je ne puis me persuader. Il est vrai que M. d’Auch&#13;
en a assuré M. de Paris, que M. de Québec l’a dit lui-même au&#13;
P. de Lamberville, mais c’est à quoi il [ne] repensera seulement pas&#13;
dès qu’il sera à Québec.&#13;
Nous voulûmes porter M. l’archevêque à inspirer au roi de tirer de&#13;
M. de Québec parole, en lui permettant de retourner qu’il n’y restera&#13;
que quatre ou cinq ans et qu’après cela, il se démettrait de lui-même.&#13;
Mais on ne goûta pas ce parti et je n’insistai pas bien fortement, parce&#13;
que je prédis que nous tirerons de ceci un très petit avantage.&#13;
Nous attendîmes donc pour savoir quel effet aurait ce que le roi&#13;
devait dire au prélat. Ce ne fut que vers le milieu de la troisième&#13;
semaine de carême que le roi lui parla. Il eut une audience secrète et&#13;
le roi lui parla d’une manière fort affable, à son ordinaire. Il lui dit&#13;
qu’il reconnaissait parler à un saint évêque et il chercha tout ce qui&#13;
pouvait adoucir son esprit. Cependant, après toutes ces honnêtetés, il&#13;
l’assura qu’il savait qu’il ne pourrait plus faire de bien en Canada. Il&#13;
lui demanda sa démission de bonne amitié, l’assurant qu’il lui ferait&#13;
plaisir en cela, quoiqu’il pût être assuré qu’il n’userait point d’autorité&#13;
pour le retenir en France, encore moins pour lui ôter son évêché.&#13;
M. de Québec ne répondit qu’aux honnêtetés du roi par de grandes&#13;
&#13;
�assurances de son respect et de sa reconnaissance et de ses&#13;
attachements. « Mais vous ne répondez pas à ce que je vous&#13;
demande », dit le roi. « Il y a, Sire, des choses, dit M. l’évêque, sur&#13;
lesquelles il est plus respectueux de ne pas répondre à&#13;
Votre Majesté. » Le roi alors lui dit, avec un ton de maître, que cela&#13;
étant, il retournerait à son diocèse, mais qu’il prit garde d’y rétablir&#13;
entièrement la paix et par ce qu’il entendait encore parler de lui, il&#13;
saurait bien le rappeler pour ne le plus laisser retourner.&#13;
Je vous mande tout ceci, le plus exactement qu’il m’est possible et&#13;
sans beaucoup d’ordre, mais il est important que vous ne parliez&#13;
nullement de ces choses et qu’au contraire, vous en vous en fassiez&#13;
les ignorants. Plusieurs autres le savent assez et le diront assez sans&#13;
que vous le disiez. Il est important qu’on ne puisse pas dire que vous&#13;
l’avez dit et je vous prie même de ne pas faire paraître que je vous&#13;
l’aie mandé.&#13;
Quoiqu’il y eût plus de trois semaines que je m’attendisse à tout ceci,&#13;
je vous avoue que je ne laissai pas de tomber dans une affliction très&#13;
sensible lorsque cela fut assuré ; un rayon d’espérance m’avait&#13;
soutenu jusqu’alors. Je craignis très fortement de voir renouveler&#13;
toutes les divisions anciennes. Je fus trois ou quatre jours dans un&#13;
abattement dont je ne pouvais revenir et je ne trouvais de consolation&#13;
que dans une humble soumission aux ordres de Dieu, lui disant avec&#13;
Job : « Et haec mihi sit consolatio ut adfligens me dolore non parcat, nec&#13;
contradicam sermonibus Sancti23 ». J’eus un nouveau sujet de m’affliger&#13;
lorsque voulant porter nos Messieurs à faire régler tous les différends&#13;
qui avaient été et pouvaient renaître entre Monseigneur et son clergé,&#13;
nos Messieurs me dirent qu’il ne fallait pas penser à rien proposer, de&#13;
peur que nous ne fussions pas favorablement écoutés ; qu’ils avaient&#13;
eu en vue jusqu’à présent d’arrêter Monseigneur en France, regardant&#13;
cet éloignement comme un remède à bien des maux ; mais que le roi&#13;
« J’aurais du moins la consolation – surtout de joie dans une torture insoutenable – de ne pas avoir renié les décrets&#13;
du Dieu Saint. » (Job 6:10)&#13;
23&#13;
&#13;
�permettant ce retour, son ministre le demandant, le père confesseur&#13;
n’agissant pas dans cette affaire avec toute la fermeté qu’on eût pu&#13;
désirer et les archevêques et évêques étant toujours plus disposés à&#13;
soutenir les supérieurs qu’à les inférieurs contre eux, nous serions&#13;
exposés à être refusés en demandant quelque chose.&#13;
Ce n’est pas que nos Messieurs n’eussent tout le désir possible de&#13;
nous rendre service. Ils l’ont bien fait paraître en cette affaire, qui leur&#13;
a plus coûté que toutes celles qu’ils n’ont jamais eues pour les&#13;
missions orientales et la maison de Paris, mais ils voient la disposition&#13;
des esprits, tout ce qu’on a dit contre Mgr l’Ancien et nos Messieurs&#13;
de Canada, tout ce qu’on a dit contre eux à Paris et ils sentaient qu’il&#13;
valait mieux ne rien demander ou peu de choses que d’entrer dans&#13;
une discussion fort longue qui ne servirait de rien. Ils voulurent bien&#13;
cependant dresser un petit mémoire, dont je vous envoie copie&#13;
duplicivia qu’ils donnèrent à M. l’archevêque de Paris qui, tout leur&#13;
ami qu’il est, ne laissât pas de leur dire qu’il y avait bien des choses&#13;
en ce mémoire qui ne pouvaient être bonnes que pour la NouvelleFrance et ne seraient pas reçues par aucun évêque de France. Il ne&#13;
laissa pas de le prendre et de le proposer à M. de Québec, en le&#13;
pressant d’entrer dans ces vues. M. de Québec le garda dix jours, y fit&#13;
ses remarques, le rendit à M. l’archevêque, lui protesta qu’il donnait&#13;
les mains à toutes ces choses, qu’il voulait absolument rétablir la paix&#13;
dans son Église et qu’il s’y appliquerait entièrement.&#13;
Vous aurez peut-être bien des choses à me dire sur ce mémoire :&#13;
1° pourquoi je n’y ai pas renfermé tout ce qui pouvait former quelque&#13;
contestation avec Monseigneur ; 2° pourquoi du moins je n’y ai pas&#13;
compris l’article des 4 000 livres ; 3° pourquoi je n’ai pas demandé&#13;
qu’on en fit des règlements comme en 1692 et 1693 ; et ainsi de&#13;
plusieurs autres.&#13;
J’aurais plusieurs réponses à vous faire sur toutes ces difficultés. J’y&#13;
réponds en peu de mots. Nos Messieurs ont voulu ne faire paraître&#13;
&#13;
�que le moins de difficultés qui est possible. Ils ont cru que les&#13;
Règlements, surtout celui de 169324, nous étant contraires, nous ne&#13;
devions pas incidenter sur un article qui ne nous était pas favorable.&#13;
D’ailleurs, ils ont cru que nous devions surtout éviter toutes ces&#13;
difficultés d’intérêt. Il ne faut pas croire que quand nous ferions régler&#13;
quelque chose avec Monseigneur, nous pussions obtenir d’en faire&#13;
faire des règlements comme il en a fait faire : cela ne convient pas à&#13;
des inférieurs. Nous n’en viendrions pas à bout quand nous&#13;
l’entreprendrions.&#13;
L’article sur lequel j’ai cru devoir appuyer est l’union de la cure de&#13;
Québec. (Vous dirai-je que cela n’est pas du goût de M. Tiberge, qui&#13;
croit qu’après tout, cela n’est pas essentiel à un Séminaire des&#13;
Missions étrangères, que nous ne devrions pas trop nous empresser&#13;
pour ces choses qui marquent un peu trop d’avidité ; je lui ai&#13;
cependant fait connaître combien il importe d’avoir cette cure pour le&#13;
Séminaire dans un petit lieu comme Québec). M. de Québec dit sur&#13;
cette cure à M. l’archevêque de Paris et M. l’archevêque nous le redit,&#13;
que l’union qui en avait été faite n’avait pas été revêtue de toutes ses&#13;
formalités et qu’il était résolu, à son retour à Québec, de les faire&#13;
observer et de consommer cette union. Nous en avons parlé plusieurs&#13;
fois depuis à Mgr de Québec. Il nous a toujours répondu la même&#13;
chose et il est dans le dessein de le faire. Il est très constant que les&#13;
formalités n’ont pas été observées dans cette union. Il fallait faire une&#13;
information de l’incommodité de faire desservir cette cure par le&#13;
chapitre et de la commodité de la faire desservir par le Séminaire. Il&#13;
fallait entendre sur cela quelques principaux et même, s’il était&#13;
possible, tous les membres du chapitre et quelques notables de la&#13;
paroisse. Cela eut été très facile en 1684 lorsque Mgr [l’Ancien] institua&#13;
son chapitre et unit de nouveau cette cure au Séminaire. Quand&#13;
M. de Québec consentirait qu’on prît sur cette union des lettres&#13;
patentes, M. l’archevêque de Paris et plusieurs autres croient qu’on&#13;
pouvait encore revenir à cause de cette formalité omise. Je prends&#13;
24&#13;
&#13;
Il faut plutôt lire : 1692. Le Règlement, ou Accord, précédent était de 1689.&#13;
&#13;
�cependant un certain tour qui, s’il réussit, pourra nous faire finir cette&#13;
affaire en France. Sans toutes ces formalités, je vous en informerai cidessous.&#13;
Nous eûmes avec Mgr de Québec, le lundi d’après le premier&#13;
dimanche de Pâques, une assez longue conférence sur tout ce qui&#13;
pourrait former des difficultés entre lui et notre Séminaire. Comme il&#13;
se pressait de partir, je priai M. l’abbé de Brisacier de se dérober un&#13;
après-dîner d’une mission qu’il faisait à l’Hôpital général pour dîner&#13;
avec Mgr de Québec et raisonner avec lui de plusieurs points dont il&#13;
paraissait&#13;
&#13;
nécessairement&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
convenir&#13;
&#13;
avant&#13;
&#13;
son&#13;
&#13;
départ.&#13;
&#13;
M. de Québec vint y dîner avec M. de La Pallière et son homme&#13;
d’affaires. Je priai encore M. Chubery, avocat, qui a dressé nos&#13;
concordats, procès-verbaux et pour nos unions, d’y venir aussi. Nous&#13;
achevâmes après le dîner de lever les difficultés qui restaient sur le&#13;
partage des abbayes, dont je vous parlerai ci-dessous. Après que&#13;
M. Chubery fut parti, M. l’abbé de Brisacier (car M. Tiberge n’y put&#13;
être, étant allé ce jour-là en campagne) témoigna à M. de Québec la&#13;
joie qu’il ressentait de voir Monseigneur prendre le parti de prévenir&#13;
toutes les difficultés qui pourraient survenir entre lui et son clergé ;&#13;
qu’il avait ôté la source de plusieurs par le partage qu’il venait de&#13;
faire ; qu’il espérait qu’il voudrait bien lever les autres, en réglant ce&#13;
qui serait à régler par rapport au Séminaire dès la France, afin qu’on&#13;
y pût préparer nos MM. de Canada. Il l’assura que quoiqu’il eût dit&#13;
ou fait dans les différends qui étaient survenus, son cœur n’avait&#13;
jamais été blessé contre sa personne et qu’il l’avait toujours respecté&#13;
et honoré. Monseigneur répondit à ces honnêtetés par d’autres.&#13;
M. de Bernières,&#13;
&#13;
Ensuite, M. de Brisacier lui dit que les trois ans de la supériorité de&#13;
&#13;
supérieur&#13;
&#13;
M. de Bernières étant expirés et au-delà, il le priait de lui dire qui il&#13;
aurait plus agréable qu’on mit en cette place ; s’il aurait quelque&#13;
personne en vue pour remplir la cure de Québec, en cas qu’il jugeât&#13;
qu’on dût y apporter du changement ; et ainsi de plusieurs autres&#13;
choses que lui proposa M. de Brisacier.&#13;
&#13;
�M. de Québec témoigna la satisfaction qu’il recevait qu’on lui fît ces&#13;
honnêtetés. Il protesta qu’il voulait absolument faire cesser toutes&#13;
divisions, que pour cela il voulait tout autrement agir avec son&#13;
Séminaire, et surtout M. l’Ancien, qu’il n’avait agi ; que nous avions&#13;
appréhendé qu’il ne voulut former un nouveau Séminaire, qu’il n’y&#13;
avait pas pensé et qu’il était résolu de placer dans le Séminaire de&#13;
Québec les jeunes ecclésiastiques qu’il a dessein d’y mener avec lui ;&#13;
qu’à la vérité, il avait dessein d’exercer l’hospitalité envers ses curés&#13;
lorsqu’ils reviendraient à Québec, en leur offrant des chambres chez&#13;
lui, mais non pas d’y retirer et former des élèves ; qu’il était résolu de&#13;
prendre dans le Séminaire un grand-vicaire ; et que quoiqu’il eut sujet&#13;
d’appréhender que M. de Glandelet ne fît ce qu’il avait fait autrefois&#13;
lorsqu’il l’avait choisi pour cet emploi en le refusant, il jetait&#13;
cependant les yeux sur lui. M. de Brisacier lui promit qu’il trouverait&#13;
M. de Glandelet très soumis à accepter cet emploi, lorsque&#13;
Monseigneur lui ferait l’honneur de le lui présenter.&#13;
M. de Québec ajouta que quoique mondit sieur de Glandelet fut un&#13;
de ceux de qui il eut eu autrefois moins sujet d’être satisfait, il le&#13;
choisissait non seulement pour cet emploi avec plaisir, mais qu’il le&#13;
croyait très propre pour remplir la supériorité du Séminaire et il&#13;
voulut même ajouter pour remplir la cure de Québec, mais nous lui&#13;
représentâmes&#13;
&#13;
qu’il&#13;
&#13;
connaissait&#13;
&#13;
la&#13;
&#13;
faible&#13;
&#13;
complexion&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
M. de Glandelet, qu’il fallait lui moins donner d’affaires pour le&#13;
mettre en état de mieux remplir ce qui lui sera confié et&#13;
M. de Brisacier lui dit que si Sa Grandeur le choisissait pour être son&#13;
grand-vicaire, il ne croyait pas qu’on lui pût donner autre emploi avec&#13;
cela que d’être supérieur du Séminaire. Il lui proposa ensuite une vue&#13;
qu’il avait pour remplir la cure de Québec, sinon présentement au&#13;
moins dans la suite, par M. Pocquet.25 M. de Québec approuva cette&#13;
vue, mais il dit qu’il fallait donner à mondit sieur Pocquet quelques&#13;
années pour se former à cet emploi, qu’il en faisait bien de l’estime et&#13;
qu’il le croyait très propre pour cette charge. Si on l’y formait pendant&#13;
25&#13;
&#13;
Pierre Pocquet, v. 1667-1711, sera curé de Québec.&#13;
&#13;
�quelques années en l’accoutumant à faire quelques actions en public,&#13;
mais qu’il valait mieux d’ici là laisser les choses en l’état où elles sont,&#13;
à quoi nous nous rendîmes volontiers. Je puis vous assurer que je n’ai&#13;
point eu de part dans toute cette destination. J’ai laissé agir la divine&#13;
Providence là-dessus, comme sur tout le reste. Je sais, Dieu merci,&#13;
combien chacun de vous est soumis à ses ordres et le peu d’attache&#13;
que chacun a [à] ses emplois. M. de Québec dit que M. de Brulon ne&#13;
retournant point, on pourrait revêtir M. Dupré de la pénitencerie qu’il&#13;
exercerait avec grâce et ferait toujours dans la paroisse ses visites et le&#13;
bien qu’il y fait.&#13;
Il nous dit encore les instances que M. de Merlac a faites pour&#13;
retourner cette année avec mondit seigneur en Canada ; qu’il lui avait&#13;
déclaré nettement plusieurs fois qu’il ne demeurait pas chez lui s’il y&#13;
retournait ; que cela avait fait prendre le parti à M. de Merlac de ne&#13;
pas retourner cette année et qu’il allait faire un tour en son pays ; qu’il&#13;
croirait avantageux de tirer de lui sa démission pour revêtir M. Petit&#13;
de cette chantrerie, etc.&#13;
Je vous dirai ici en passant que M. de Merlac est venu tout récemment&#13;
trouver M. Tiberge. (Je crois que ce fut le jour de Saint-Marc.) Il se&#13;
plaignit fort à lui qu’on ne le consultait en rien pour ces affaires du&#13;
chapitre ; qu’on réglait avec Monseigneur ; qu’il reconnaissait que&#13;
c’était une suite de la mauvaise disposition de nos Messieurs pour&#13;
lui ; qu’il ne croyait pas lui avoir donné ce sujet. La conclusion de&#13;
toutes ces plaintes fut qu’il consentirait volontiers à résigner son&#13;
bénéfice en lui accordant une pension de 100 francs par an ; mais cela&#13;
ne peut se faire qu’après que l’union des abbayes sera faite, car j’ai&#13;
consulté sur cela les docteurs de Sorbonne, qui ne croient pas qu’on&#13;
puisse accorder à présent une pension à M. de Merlac sur ce bénéfice,&#13;
qui n’a de revenu que ces abbayes, qui ne sont pas encore unies, dont&#13;
ils prétendent qu’on ne peut jouir en conscience jusqu’à ce que l’union&#13;
soit admise en Cour de Rome.&#13;
&#13;
�Quoique nos Messieurs m’eussent dit qu’ils ne voulaient point agir&#13;
pour demander de faire coucher l’article des 4 000 livres en sorte&#13;
qu’un tiers fut affecté pour le curé, je n’ai pas laissé d’aller voir&#13;
plusieurs fois M. de La Touche pour cette affaire. C’est un homme de&#13;
bien, qui entre tout à fait dans les vues de M. de marquis de&#13;
Denonville et de M. l’abbé de Brisacier. Il voudrait fort coucher&#13;
l’article à notre avantage, mais comme M. de Québec fait de très fortes&#13;
instances auprès du ministre pour faire coucher cet article&#13;
conformément au Règlement de 1692, confirmé par arrêt, M. de&#13;
La Touche a de la peine à s’y opposer. Il me pria un jour de lui dresser&#13;
un mémoire qui appuya notre droit en cette affaire. Je le dressai et le&#13;
lui présentai. Je crois cependant qu’il n’aura pu empêcher que&#13;
M. de Pontchartrain n’accorde à Mgr de Québec de coucher l’article&#13;
favorablement pour lui.&#13;
C’est dans cette pensée que dans la conférence que nous eûmes avec&#13;
lui, je le priai instamment de nous laisser toucher cette somme. Je lui&#13;
en représentai les raisons. Il me répondit que vous vous estimiez&#13;
autrefois très contents de pouvoir parvenir à en toucher du moins la&#13;
moitié, que c’était pour cela qu’il avait résolu d’en destiner 1 300 pour&#13;
le Séminaire, 400 pour le curé et 300 pour le vicaire de Québec, qui&#13;
font quelque chose plus de 2 000 livres. M. l’abbé de Brisacier, M. de&#13;
La Pallière et même son homme d’affaires le prièrent de donner cette&#13;
satisfaction au Séminaire et d’adoucir ainsi les esprits. Je lui en parlai&#13;
encore deux jours après et lui en fit parler par M. Tiberge. Il ne me&#13;
voulut rien promettre de positif. Il me fit seulement entendre qu’il y&#13;
avait certaines choses qu’il valait mieux accorder lorsqu’on serait sur&#13;
les lieux que de les accorder par avance, afin qu’elles eussent toute la&#13;
grâce de la nouveauté. Il me recommanda même fort de ne vous rien&#13;
mander de tout ce qu’il ferait en France de favorable en France pour&#13;
notre Séminaire. J’espère que vous ferez comme si je ne vous avais&#13;
rien écrit et ferez paraître apprendre tout de lui. M. l’abbé de Brisacier&#13;
le pria encore de permettre volontiers aux ecclésiastiques de s’unir au&#13;
Séminaire quand ils le désireront. M. de Québec lui représenta que&#13;
&#13;
�nous devions donc bien faire entendre à ces ecclésiastiques que s’unir&#13;
au Séminaire, ce n’est pas se soustraire à l’autorité épiscopale ; qu’il&#13;
convenait de ne se pas servir des ecclésiastiques agrégés sans la&#13;
participation du supérieur du Séminaire ; qu’il entrerait même de bon&#13;
cœur dans les vues d’un supérieur lorsqu’il aurait besoin d’un sujet ;&#13;
mais qu’il désirait aussi que quand il aurait besoin de quelque sujet&#13;
du Séminaire dont on se pourrait passer, on le lui offrit de bonne&#13;
grâce. M. l’abbé de Brisacier lui dit que nous regardions si peu&#13;
l’association au Séminaire comme un moyen de se soustraire à&#13;
l’autorité épiscopale que nous prétendions au contraire par cette&#13;
union assujettir davantage les ecclésiastiques à un évêque qui&#13;
pourrait en disposer plus librement que de ceux qui sont libres et ne&#13;
sont attachés à aucun corps.&#13;
Nous parlâmes ensuite des ecclésiastiques usés, qui doivent remplir&#13;
les cinq places à sa nomination. Il nous promit que pour faire plaisir&#13;
au Séminaire, il ne nommera aucune de ces places pendant qu’il serait&#13;
évêque. Nous croyons que c’est un avantage, car après avoir nommé&#13;
MM. Petit, Morin et Du Bos, il pourrait y en mettre deux autres qui&#13;
ne nous plairaient pas. Nos Messieurs croient même que n’ayant pas&#13;
de fonds affecté pour payer la pension des jeunes ecclésiastiques dans&#13;
le Séminaire, il pourrait remplir ces places de jeunes ecclésiastiques&#13;
après avoir nommé tous les infirmes et que nous aurions peine à nous&#13;
en défendre. Il vaut mieux que les choses demeurent en l’état où elles&#13;
sont.&#13;
Vous me direz peut-être que ce ne sont là que des paroles et que&#13;
M. de Québec ne tiendra rien de ce qu’il a avancé lorsqu’il sera en&#13;
Canada. Cela est à craindre en effet, mais nous ne saurions faire&#13;
autrement. Je crois cependant que si vous savez un peu le prendre,&#13;
ménager la délicatesse de son esprit et faire de votre part quelques&#13;
avances pour lui marquer votre retour, il pourrait bien en effet&#13;
revenir. Il me paraît las de ces troubles et vouloir la paix. Je puis me&#13;
tromper, mais j’en ai plusieurs marques et je ne l’ai pas vu plus&#13;
&#13;
�clairement que dans l’affaire du partage des trois abbayes, dont j’ai&#13;
présentement à vous entretenir.&#13;
Comme j’en rends compte assez exact à M. de Bernières dans la lettre&#13;
particulière que je lui écris, je ne le répéterai pas ici et j’y finirai ma&#13;
lettre commune, étant pressé de l’envoyer. Vous y pardonnerez la&#13;
diversité, le peu d’ordre et les répétitions qui peuvent y être. J’ai eu si&#13;
peu de temps à moi que je n’ai pu écrire rien de bien correct.&#13;
J’embrasse très affectueusement tous nos très chers frères,&#13;
[Tremblay, prêtre indigne26].&#13;
&#13;
/Transcription27 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-pd-mdv-2021&#13;
&#13;
26&#13;
27&#13;
&#13;
Nous avons complété sa signature habituelle.&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Juin 1696-17 avril 1697 – Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris)&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 23)&#13;
1.er&#13;
2a ma&#13;
No 23&#13;
&#13;
Lettres commencéz&#13;
de bonne heure&#13;
&#13;
conversion&#13;
dune rente a&#13;
lhostel de ville&#13;
&#13;
De quels deniers&#13;
Je l’ay faite&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1 Lettre de M.r Tremblay 1696&#13;
2&#13;
au séminaire de Québec&#13;
3 Je commence, Messieurs, mesme avant le retour&#13;
4 denos vaisseaux a vous rendre compte de mes&#13;
5 affaires, et a vous escrire cette lettre commune qui&#13;
6 renfermera tout ce que Jauray a vous apprendre&#13;
7 J’ay remarqué que lors que Je differe au depart de&#13;
8 nos vaisseaux a vous escrire cette lettre commune,&#13;
9 Joublie toujours quelque chose, ou Je Suis tellem.t&#13;
10 pressé que p.r faire cette lettre alors, Jl faut&#13;
11 quitter toutte autre affaire&#13;
12 Ce fut peu de temps apres le depart de nos vaisseaux&#13;
13 qui ne Sont partis en 1696. qu’en Juin, que Je&#13;
14 trouvay le moien de faire une conversion d’une partie&#13;
15 de rente que M’gr de Q. a donnée au Sem.re et dont il a&#13;
16 L’usufruit du denier dix huit au denier quatorze.&#13;
17 Le contract entier estoit de mil livres, mais Je nay&#13;
18 pu en convertir que 800.# de rente. voicy ce qui m’a&#13;
19 engagé a faire cette conversion.&#13;
20 Jl nous estoit du deux annéez de la pension de M’gr&#13;
21 L’ancien Sur le tresor roial dont nous ne pouvions&#13;
22 estre paiéz. Nous avions un bon ami nommé M&#13;
23 arnauld 1.er commis du Tresor roial qui Soffrit de&#13;
24 nous faire recevoir cette So’e si nous voulions&#13;
25 ensuite la laisser comme Si c’estoit de l’argent&#13;
26 comptant que Nous apportassions au Tresor roial&#13;
27 p.r créer de nouvelles rentes. a cette So’e J’y ajoutay&#13;
28 deux mil cent livres que J’avois a placer p.r moy&#13;
29 afin de me faire cent cinq.te livres de rente p.r un&#13;
30 titre et ayant trouvé dix neuf cent quelques livres&#13;
31 a y ajouter Je fis la So’e de huit mil quarante&#13;
32 Six livres qui par la conversion que Nous avons&#13;
33 faite nous produira huit cent quatre livres douze&#13;
34 Sols de rente par an, jusqu’à ce que Le Roy reduise&#13;
35 le denier quatorze au denier vingt. Par la Nous&#13;
36 profiterons toujours des arrerages courans, et&#13;
37 ce qui m’a le plus porté a faire cette conversion,&#13;
38 Nous affermissions la donation que M’gr de Quebec&#13;
39 nous a faite, par le consentem.t quil a donné a&#13;
40 tout cecy. on ne peut avoir plus de facilité quil&#13;
&#13;
�41 en a eu dans cette aff.re p.r nous faire plaisir.&#13;
42 Je fis une tentative aupres de lui qui ne reussit&#13;
43 par p.r le porter a donner de Sa part deux mil livres&#13;
44 p.r achever de convertir ce contract de mil livres, et&#13;
45 Je l’y engageay par deux motifs. Le 1.er estoit quil&#13;
46 m’avoit promis que Si Je pouvois vous porter a&#13;
47 faire quelque fonds en france p.r augmenter vos&#13;
48 revenus, Jl y contribueroit de Sa part. Je crois&#13;
49 vous lavoir mandé l’an passé. Le 2.d estoit que&#13;
50 Lassemblée du clergé ayant declarée l’an passé&#13;
51 que lapension de 2000.# que le clergé lui donne&#13;
52 estoit en partie p.r les missions estrangeres dont&#13;
53 Jay tiré un extrait Signé de Lagent gral. Jl&#13;
3&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
54 Sembloit juste qu’il nous en fist part p.r nous&#13;
55 aider dans cette affaire. M’gr me protesta quil estoit&#13;
56 plein de bonne volonté, mais quil lui estoit p.r lors&#13;
57 Jmpossible de nous aider, par ce quil avoir emploié tout&#13;
58 Son argent et au dela. Jl m’a promis dachever cette&#13;
59 conversion cet hyver. Je vous le manderay Sil le&#13;
60 fait, Sil ne le fait pas Je tacheray a lachever&#13;
61 en me faisant paier des 2000.# de la pension de&#13;
62 M’gr Lancien p.r cette année 1696 co’e J’ay fait&#13;
63 des precedentes, Si J’y trouve autant de facilité&#13;
64 a quoy Je ne mattends pas, car ce Mons.r&#13;
65 arnaud amy de n’re Sem.re est Sorti du n’re Tresor&#13;
66 roial p.r acheter une charge de deux millions&#13;
67 cent mil livres. Je ne Scay Sil poura par Ses amis&#13;
68 nous faire lemesme plaisir.&#13;
69 Je croy que vous ne desapprouverez pas ce nouveau&#13;
70 fonds que J’ay fait. M’gr Lancien m’en a donné la&#13;
71 permission en me mandant que J’y emploiasse&#13;
72 Ses pensions Si Je ne pouvois autrem.t m’en faire&#13;
73 paier. cela ne nous obere pas beaucoup, J’espere&#13;
74 dans peu estre quitte en france, Si vous vous&#13;
75 retranchéz un peu de vos factures, et Si vous diminuez&#13;
76 vos depenses, et Je Suis persuadé que Si vous vouliez&#13;
77 vous menager en canada, Jl n’y auroit pas d’année&#13;
78 pend.t que Dieu vous conservera avec vos pensions&#13;
79 queNous ne missions prez de mil escus en fonds.&#13;
80 c’est le Seul moien de Soutenir l’œuvre que Dieu vous&#13;
81 a fait establir, et de le perpetuer apres vous.&#13;
82 Nous avons traveilléz aussi tres fortement depuis&#13;
&#13;
�unions des&#13;
abbaies&#13;
&#13;
5.&#13;
&#13;
93 votre le depart des vaisseaux a avançer Lunion de nos abbayes&#13;
94 a LEvesché et chapitre de Quebec, et on peut dire&#13;
95 que l’affaire n’a jamais esté en Si bon estat quelle&#13;
96 est. Mons.r dela Palliere avoit obtenu de Labbé&#13;
97 de S.te Genevieve g’ral de la congregation des&#13;
98 chanoines reguliers de S.t augustin Son consentem.t&#13;
99 p.r L’union de L’abbaie de Bennevent. Jl Sagissoit&#13;
100 dobtenir la mesme chose du G’ral de cisteaux&#13;
101 p.r Lestrée, et du G’ral deS.t maur p.r meobec&#13;
102 Le G’ral de s.t maur nous avoit refusez plus.rs&#13;
103 fois, et celui de cisteaux avoit mandé positivem.t&#13;
104 a M’gr qu’on lui osteroit plutost Sa crosse que de&#13;
105 donner ce consentem.t Nous en parlasmes au&#13;
106 R. P. de la chaize qui lut au Roy un petit memoire&#13;
107 que Je lui avois donné. Le Roy eut la bonté d’agreer&#13;
108 qu’on travaillast incessamm.t a ces unions, et chargea&#13;
109 Le R. P dela chaize d’en parler de Sa part aux deux&#13;
110 generaux de s.t maur et de cisteaux. Nous&#13;
111 pressames ensuite le g’ral des.t maur de donner&#13;
112 Son consentem.t p.r la manse capitulaire de meobec&#13;
113 Jl y a fait longtemps des difficultéz, et ce n’est&#13;
114 qu’a mon importunité qu’il a enfin accordé&#13;
115 le consentem.t en bonne forme de lui et de toute Sa&#13;
116 Cong.on car Jl ne vouloit au commencem.t donner&#13;
117 qu’une lettre particuliere a Son procureur g’ral,&#13;
118 et M. de la Palliere S’en estoit contenté, mais&#13;
119 Je lui ay fait tant d’instance p.r obtenir delui&#13;
120 un consentem.t en bonne forme quenfin Jl&#13;
121 la accordé avec une lettre a Sonprocureur&#13;
122 g’ral.&#13;
123 Nous n’eusmes pas besion de lui faire parler le P&#13;
124 dela chaize dela part du Roy, M’gr et M.&#13;
125 Labbé de Brisacier Se contenterent delui marquer&#13;
126 quil en avoit l’ordre, mais Jl fallut le faire&#13;
127 intimer au R. P. G’ral de cisteaux malgré quatre&#13;
128 ou cinq visites fort honnestes que lui rendit M.&#13;
129 Labbé de Brisacier, car apres avoir emploié toute&#13;
130 Son eloquence a lui lever toutes les difficultez&#13;
131 qu’il avoit de donner Son consentem.t p.r Lunion&#13;
132 de Lestrée, Jl crut devoir encore mettre en usage&#13;
133 cette authorité du Roy. Le R. P. dela chaize&#13;
134 m’avoit pres q’ refusé d’escrire au P. G’ral de&#13;
135 cisteaux, qui estoit venu a Paris p.r quelques aff.res&#13;
&#13;
�136 et estoit prest a retourner en province. Jl avoit&#13;
137 oublié de lui parler de cette aff.re dans la visite&#13;
138 que lui rendit ce G’ral p.r prendre Congé de lui&#13;
139 M Labbé de Brisacier voulut bien aller venir lui&#13;
140 meme trouver Le P. dela chaize avec moy et lui&#13;
141 rendre compte de tout ce quil avoit fait aupres&#13;
142 du G’ral de cisteaux et il obtint delui la lettre&#13;
143 dont Je vous envoieray la copie aussi bien que&#13;
144 des trois consentemens des trois g’raux dordre.&#13;
6.&#13;
&#13;
union des&#13;
Prieurez au&#13;
sem.re&#13;
7.&#13;
&#13;
145 que nous avons obtenües. car Le P Gral de&#13;
146 cisteaux neput resister ala lettre du P dela&#13;
147 chaize et a toutes les honnestetéz de M Labbé de&#13;
148 Brisacier. M’gr n’a pas agi dans ces temps la&#13;
149 par cequil n’estoit pas a Paris, car Jl S’est emploie&#13;
150 en tout ce qui a dependu de lui p.r avancer&#13;
151 cette aff.re&#13;
152 Nous travaillons presentem.t a faire dresser&#13;
153 des procez verbaux de l’etat des abbayes, de leur&#13;
154 valeur et des Religieux vivans p.r les envoier&#13;
155 a Rome. M’gr afait dresser celui de Bennevent&#13;
156 pend.t quil y etoit Jl doit menvoier celui&#13;
157 que J’ay fait faire cet esté a meobec pend.t&#13;
158 que J’y estois, et Je travaille a faire dresser celui&#13;
159 de Lestrée, et a tirer le consentem.t de M. La&#13;
160 LEvesq’ dEvreux p.r la translation des Religieuses&#13;
161 dela colombe dans les lieux reguliers de Lestrée.&#13;
162 Si tost que Nous aurons toutes ces pieces, Nous&#13;
162 dresserons Sur elles une Suplique et nous verrons&#13;
163 Si enfin nous obtiendrons des bulles dunion&#13;
164 J’ay dessein Si on le juge a propos d’y Jnserer&#13;
165 la demande de L’union de nos benefices Simples a n’re&#13;
166 Sem.re Je feray ce qui dependra de moy p.r bien&#13;
167 faire reussir toute cette aff.re&#13;
168 Puis que J’ay commencé a vous parler de nos&#13;
169 benefices, Je vous diray a ce Sujet que n’aiant pu&#13;
170 reussir a faire homologuer en parlem.t nos decrets&#13;
171 d’union de benefices, on me conseilla de demander&#13;
172 de Nouvelles lettres patentes confirmatives de&#13;
173 ces unions a M. Le chancelier, on me fit esperer&#13;
174 que ce ne Seroit par une grande depense, qui&#13;
175 cepend.t Seroit fort utile, et rendroit nos unions&#13;
176 plus Solides. Je fis demander cette grace par&#13;
&#13;
�177 M’gr de Quebec et M L’abbé de Brisacier a M. Le&#13;
178 chancelier, Jl l’accorda apres avoir examiné nos&#13;
179 decrets d’union, mais M.rs les Secretaires du Roy&#13;
180 taxerent ces lettres a prez de 300.# J’ay trouvé le&#13;
181 moyen unjour que nos m.rs dinoient chez M. Le&#13;
182 chancelier avec M. L’abbé de fourci, de leur en faire&#13;
183 parler a M. Le chancelier qui eut la bonté de nous&#13;
184 en accorder le gratis. Elles ne m’ont pour tant pas&#13;
185 encore esté delivréez, mais J’espere que M. L’abbé&#13;
186 defourci a qui J’en ay escrit a fontainebleau ou&#13;
187 il est aupres de M. Le chancelier nous les fera&#13;
188 delivrer au 1.er Jour. Elles ne nous couteront que&#13;
189 les Salaires du Secretaires. &amp;. Je crois que tout&#13;
190 n’ira pas a 50.# J’ay fait Jnserer dans ces lettres ce&#13;
191 qui avoit esté obmis dans les decrets que c’est au&#13;
192 Sem.te des missions estrangeres de Q. que ces benefices&#13;
193 ont esté unis. Jl faudra faire verifier ces lettres&#13;
194 patentes auparlem.t, et Je crains bien que cela ne&#13;
195 nous couste beaucoup. Je ne me presseray point, car&#13;
196 Si nous obtenions quelq’ chose de Rome, Nous ferions&#13;
197 moins de frais et la chose Seroit bien plus Solide&#13;
8.&#13;
voiage fait&#13;
Lesté passé.&#13;
&#13;
chapelle de&#13;
M. Du Pré.&#13;
&#13;
Mons.r et Mad.e&#13;
Dela motte ango.&#13;
&#13;
198 J’ay fait cet esté un voiage assez long dont Je&#13;
199 vais de bonne heure vous rendre conte. J’achetay&#13;
200 un cheval afin d’aller a ma liberté, Je fus de Paris&#13;
201 au benefice de M du Pré, ou Je comptay avec le&#13;
202 fermier qui restoit redevable denviron deux cent&#13;
203 quarante livres, dont Jl me promit moitié a la&#13;
204 S.t martin prochain, et autant aux rois de 1697.&#13;
205 Je promis dy envoier un devant d’autel, J’y fis&#13;
206 reparer les vitres, et Jepriay un curé voisin de&#13;
207 nos amis de veiller ala conduite du chapelain&#13;
208 dont on me faisoit diverses plaintes.&#13;
209 Je fus ensuite a Roüen ou J’eus lhonneur de voir&#13;
210 Mons.r et Mad.e de la motte ango qui me firent&#13;
211 bien des amitiez. J’y vis aussi Mad.e de Louvïgnies&#13;
212 qui me rendit tous les Services qui dependirent d’elle&#13;
213 Elle estoit avec Mad.elle Sa fille dans une grande&#13;
214 affliction de la mauvaise conduite que tient Son&#13;
215 fils aisné qui a depensé pres q’ tout Son bien en folles&#13;
216 depenses. Elle m’offrit qu’en cas que Mad.e de vaubesnard&#13;
217 ne voulust pas continuer a faire accomplir la facture&#13;
218 de caën, Elle S’en chargeroit. Ces deux familles Sont&#13;
219 d’une grande pieté Sur tout celle de M. dela motte&#13;
&#13;
�aff.re du&#13;
Bourguignon.&#13;
&#13;
9.&#13;
de Pierre&#13;
mortereüil&#13;
&#13;
Dela veuve&#13;
maufils.&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
220 dont Mad.e Son espouse et Mad.elle Se fille Sont d’un&#13;
221 grand exemple dans Rouen ou elles ne Sont occupéez&#13;
222 qu’a de bonnes œuvres. J’y vis M. Labbé de Canapuille&#13;
223 p.r laff.re du Bourguignon de chateauricher mais&#13;
224 celui qui avoit acheté la maison qui doit quelq’ chose&#13;
225 au Bourguignon n’estoit pas a Rouen et Je ne pus rien&#13;
226 faire p.r cette aff.re. Jexaminay ce que c’estoit que la&#13;
227 Succession de Pierre mortereüil dont m’a escrit M.&#13;
228 du Ros et Je trouvay tout conforme a ce que m’en&#13;
229 avoir appris M. fredin, et a ce que J’en ay escrit&#13;
230 cette année en canada. Je pris aussi a Rouen des&#13;
231 connoissances de l’aff.re que M de montfort a&#13;
232 avec M. d’Jntraville, J’y vis ce M. dJntraville, qui est&#13;
233 un pauvre esprit, qui consomme Son bien a plaider&#13;
234 avec Ses enfans qui ont l’esprit aussi mal fait que&#13;
235 lui. Je pris des recommendations a Roüen p.r&#13;
236 Honfleur ou J’allois en suite, et p.r le quartier de&#13;
237 M. de mont fort ou Je devois aller par apres.&#13;
238 Je fus de Roüen a Honfleur, ou je ne trouvay&#13;
239 pas tout ce qu’on m’avoit mandé dubien dela&#13;
240 veuve Succession de maufils. on me fit voir une petite maison&#13;
241 fort vieille de colombage et presque pourie, dans&#13;
242 une des petites rües de honfleur habitée par une&#13;
243 pauvre femme ou fille qui alors espluchoit des moucles&#13;
244 p.r Son disner (c’estoit un Dimanche a midy.) cette&#13;
245 pauvre femme S’appelloit maufils, et cette&#13;
246 maison lui appartenoit, elle loccupoit toute&#13;
247 entiere, et elle logeoit dans le bas, ou elle navoit&#13;
248 pres que aucuns meubles, ou Si vieux que Je n’en&#13;
249 eusse pas voulu rien donner. Je naurois pas&#13;
250 estimé toute la maison avec ce qui estoit dedans&#13;
251 quatre cent livres, et les voisins ne l’estimoient&#13;
252 par davantage J’entray en conversation avec&#13;
253 cette pauvre femme qui me nia foretm.t que&#13;
254 notre maufils du canada fust Son parent et&#13;
255 quil eust rien a pretendre en Son bien, elle appella&#13;
256 Sur cela Ses voisins a tesmoin, Je ne m’estois pas&#13;
257 attendu a autre chose, Elle n’auroit pas esté vraye&#13;
258 Normande Si elle n’eust tenüe cette conduite, Je la&#13;
259 croy cepend.t Niece de feu maufils. mais Jl le&#13;
260 faut prouver et cette preuve coutera de bon&#13;
261 argent, Jl faudra ensuite partager cette maison,&#13;
&#13;
�262 et cela par les voyes de la Justice qui absorbera&#13;
263 bientost tout ce qu’elle vaut. Sibien quapres&#13;
264 avoir bien pezé toutes choses, Je n’ay retiré de&#13;
265 mon voiage autre fruit que d’estre bien fondé de&#13;
266 conseiller a Julien maufils de Se contenter&#13;
267 du bien que Ses parens lui ont laisséz en canada,&#13;
268 Sans Songer a celui de france. Sil ne demandoit&#13;
269 rien a cette pauvre femme, elle le reconnoistroit&#13;
270 p.r Son parent. mais par cequil pretend quelque&#13;
271 chose. Jl faudra quil le prouve en bonne forme&#13;
272 dans toutes les voyes dela justice, Elle est affamée&#13;
273 en cepays la, et il n’y faut pas aller plaider Sans&#13;
274 avoir de bon argent. La meilleure cause Sans cela&#13;
275 ne vaut rien.&#13;
276 Ce que Je fis de meilleur a Honfleur, ce fut d’y&#13;
277 honorer la tres S.te vierge dans une chapelle dédié&#13;
278 a N’re Dame de Grace Sur le haut de la coste, dou&#13;
279 on decourve la pleine mer et toute la manche&#13;
280 dangleterre. cette chapelle est deservie par des&#13;
11.&#13;
&#13;
cordonnier&#13;
de caën&#13;
&#13;
M. de mont fort&#13;
&#13;
281 capucins.&#13;
282 J’allay ensuite a caën En Suivant le rivage de&#13;
283 la mer. J’eus le malheur de n’y pas trouver Mad.e&#13;
284 de vaubesnard ny Son homme daffaire qui estoient&#13;
285 alors ala compagne J’y vis Le Conte n’re&#13;
286 cordonnier a qui Je recommenday de faire cent&#13;
287 paires de Souliers dEccleSiastiques, autant d’enfans&#13;
288 et autant de travaillans et une trentaine depaires&#13;
289 p.r femmes. Je lui dis de les faire plus haut du&#13;
290 coup de pied. Je pris ensuite Mons.r Le Tellier&#13;
291 avocat a caen avec moy et nous allasmes&#13;
292 ensemble voir Mons.r de mont fort qui demeure&#13;
293 a deux journéez dela dans le fond du cotantin.&#13;
294 Si c’est un bon pays p.r les paturages, c’en est un&#13;
295 mauvais p.r les voiageurs p.r les chemins et&#13;
296 p.r les gistes. Je fus heureux d’avoir pris avant&#13;
297 mon depart de Paris une lettre de recommenda=&#13;
298 =tion de LJntend.t de M. Le Prince de Guimeney&#13;
299 au Receveur de Son marquisat de marigny qui&#13;
300 est le voisin de M. de mont fort, car Sil ne nous&#13;
301 eust logé nous eussions esté mal nayans trouvez&#13;
302 en tout ce quartier ny avoine ny pain ny&#13;
303 cidre ny lict p.r nous cuocher. Nous fusmes&#13;
304 assez bien reçus par ce reçeveur qui est tres bien&#13;
&#13;
�305 logé et qui est peut estre plus riche que M. de mont fort.&#13;
306 Je vis de mes yeux cette terre qui est alaverité&#13;
307 fort belle, et chargée de beaux chesnes, mais qui&#13;
308 S’esclaircissent peu a peu. Le bien deperit par&#13;
12.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
309 mauvaise conduite de M. de mont fort le Pere&#13;
310 qui est un yvrongne Sa femme fait la bourse et tire&#13;
311 p.r elle et p.r Ses filles, Jls ont un fils aisné qui tire&#13;
312 du Sien, de Son costé quoi quil Soit leplus raisonnable detous.&#13;
313 Jappris la que quand M. de mont fort vendroit Sa&#13;
314 terre deux cent mil francs, ce quelle nevaut pas,&#13;
315 Jl ne pouroit payer Ses dettes, car 1.e Jl doit a M.&#13;
316 dJntraville cinquante quatre mil livres defonds Sans&#13;
317 les arrerages au denier quatorze qui montent a plus&#13;
318 de 20000.# Jl doit a une au’ personne vingt mil livres,&#13;
319 par contract qui est anterieur au Notre, Jl doit a&#13;
320 Sa femme 40000.# de remplacemens qui nous Seront&#13;
321 preferez et les reprises de Son douaire et preciput&#13;
322 quelle touchera toujours avant Nous. or Sa&#13;
323 femme n’a jamais esté obligée a n’re contract.&#13;
324 Sibien que je regarde cette dette co’e fort avanturée.&#13;
325 J’estois allé en Normandie dans le dessein de faire&#13;
326 decreter cette terre; Je n’eus garde dentreprendre ce&#13;
327 decret, et mes amis m’en dissuaderent fort. Jl est&#13;
328 alaverité facheux de voir dus peut estre plus de dix&#13;
329 annéez d’arrerages et les voir accumuler tous les&#13;
330 ans Sans en rien retirer, mais Jl vaut mieux&#13;
331 perdre ces choses que deperdre encore de bon argent&#13;
332 que nous mettrions p.r faire ce decret. Je ne pus&#13;
333 mesme conter avec Mond S.r de mont fort, car Jl&#13;
334 me dit que Ses quittances estoient a Roïen. Jl&#13;
335 fallut apres avoir bien fait le meschant me contenter&#13;
336 de prendre une delegation de trois cent livres de&#13;
337 Mad.e de mont fort Sur des fermiers quelle a aux&#13;
338 portes de caen, et dont M. Le Tellier Se chargea de&#13;
339 tirer le paiement avec de belles promesses de nous&#13;
340 mieux paier une autrefois, assurans quils alloient&#13;
341 vendre des bois et marier leur aisné p.r liquider leur&#13;
342 bien par ces deux moiens. Je ne Scay Sils leferont,&#13;
343 mais Je ne m’y attends guere, et Je donnerois&#13;
344 volontiers tous les arrerages si Je pouvois tirer&#13;
345 leprincipal. Jestimeray mesme que Nous Serons&#13;
346 heureux Si nous pouvons peu a peu tirer notre&#13;
&#13;
�M. Le Tellier&#13;
envoier p.r lui&#13;
deux belles loutres&#13;
ou six martres.&#13;
&#13;
M. de Brullon.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
Prieuré de Parcay&#13;
&#13;
de Bienavant&#13;
&#13;
347 principal par petites So’es. car Je crains bien que&#13;
348 nous ne tirions ny arrerage ny principal.&#13;
349 On ne peut me rendre plus de Service que M. Le&#13;
350 Tellier m’en a rendu en cette occasion, Je feray&#13;
351 mon possible p.r lui en marquer ma reconnoissance.&#13;
352 Si vous aviez ou deux belles loutres ou six belles martres&#13;
353 a m’envoier, Je lui en ferois present.&#13;
354 Je le quittay chez M. de mont fort. Jl S’en retourna a&#13;
355 caën, et moy Je traversay le reste de la basse Normandie,&#13;
356 et le bas maine, et par Laval Je gagnay château gontier&#13;
357 d’où Jefus a Brullon voir M. de Brullon chez qui&#13;
358 Je celebray la s.te anne et restay cinq jours avec lui.&#13;
359 Ce fut toute lajoye de mon voiage, car estant Seul&#13;
360 et dans des chemins de traverse tres mauvais et&#13;
361 que Je ne connoissois pas, Je neus pas beaucoup&#13;
362 dagreement dans mon voiage. Je lui conseillay&#13;
363 fort de Se débarasser de tout ce temporel qui ne&#13;
364 lui convenoit pas, et l’embarassoit, Jl Le fera avec&#13;
365 prudence. Jl me vint conduire jusqu’à angers.&#13;
366 Je remontay la Loire jusqu’à Saumur ou&#13;
367 J’honoray la S.te vierge a N’re dame des ardilliers&#13;
368 et en remontant la riviere de vienne Je vins&#13;
369 a n’re prieuré de Parcay. J’y trouvay notre&#13;
370 bon fermier qui lefait bien valoir. Jl avoit&#13;
371 fait reparer tout ce que Je lui avois marqué&#13;
372 dans mon dernier voiage et Jetrouvay tout&#13;
373 en tres bon etat de reparations. Je lui ay&#13;
374 alloué 70.# ou 80.# Jespere quil n’y aura pas dicy&#13;
375 a dix ans p.r cette So’e de reparation Sil narrive&#13;
376 quelq’ accident. Jl me montra quarante noiers&#13;
377 que Je lui ay fait planter a nos frais dans les&#13;
378 terres du prieuré, p.r l’ameliorer, car c’est ceque&#13;
379 Je tache defaire afin dempescher les biens de&#13;
380 diminuer. Je comptay avec lui et il Se trouva&#13;
381 redevable denviron 400.# qu’il m’a envoyé depuis&#13;
382 mon retour par lettre dechange&#13;
383 Je remontay ensuite la riviere de creuse jusqu’au&#13;
384 Blanc en Berri, ou je visitay le prieuré de&#13;
385 Bien avant. Je croiois y faire dresser pend.t mon Sejour&#13;
386 unpapier terrier, et J’avois fait publier un mois&#13;
387 auparavant un monitoire p.r descouvrir ceux&#13;
388 qui ont des titres du Prieuré. J’espere que nous en&#13;
389 descouvrirons quelques uns, et nous en avons deja&#13;
&#13;
�390 descouverts, Jl en coutera quelq’ argent p.r les retirer&#13;
391 mais Jl vaut mieux faire quelques frais et tascher&#13;
392 a remettre ce prieuré.&#13;
393 Je ne touchay point aupapier terrier pend.t mon&#13;
394 Sejour 1.e par ceque la plus part des habitans quil&#13;
395 eust fallu appeler p.r faire leurs declarations&#13;
396 estoient alors absens. 2.e par cequ’ayant trouvé&#13;
397 des titres qui justifient le droit de Justice dans ce&#13;
15.&#13;
&#13;
maison a y&#13;
faire&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
398 prieuré Je crus que p.r faire le terrier, Jl falloit&#13;
399 commencer a retablir la justice, et co’e Jl faut p.r le&#13;
400 faire Sans nous attirer deprocez faire lhonnesteté&#13;
401 a Mad.e La mareschalle de Rochefort delui en parler.&#13;
402 J’ay apporté ces papiers a Paris, et ay differé le&#13;
403 papier terrier jusqu’à ce printemps. prochain.&#13;
404 Je visitay le moulin que Je trouvay assez bien reparé.&#13;
405 C’est le meusnier qui en est chargé par Son bail.&#13;
406 Jaccorday le meusnier et le fermier qui avoient&#13;
407 quelq’ contestations. Je leur promis d’allouer tous&#13;
408 les ans Six francs a chacun dicy a trois ans S’ils&#13;
409 faisoient planter chacun cent pieds de Saule par&#13;
410 an, lelong de la chaussée, des prairies et d’un patis&#13;
411 qui est prez du moulin C’est p.r ameliorer le&#13;
412 moulin et la ferme; on me fit voir deux pignons&#13;
413 et un derriere de maison dans la cour du prieuré&#13;
414 qu’il Seroit aisé de faire reparer, p.r en faire un&#13;
415 logement p.r le fermier, et mesme p.r le meusnier, car&#13;
416 Jls n’ont tous les deux aucun logement. Ces deux&#13;
417 pignons et ce costé pouront Servir. Jl y aura peu&#13;
418 de choses a y faire, Jl n’y aura que le devant de&#13;
419 la maison, ou on fera la porte et les fenestres, la&#13;
420 charpente et les planchers a faire. La pierre est Sur&#13;
421 le lieu les quartiers de pierre Sont tous tailléz.&#13;
422 Le Sable, La tuile et la chaux Sont a trois arpans&#13;
423 dela au plus. on peut prendre la charpente dans les&#13;
424 bois de meobec, et co’e les fermiers Sont obligez a une&#13;
425 quantité de chariage par an, Mgr de Q. peut&#13;
426 nous faire apporter la charpante et la latte pour&#13;
427 peu de chose, Si bien que Se Servant de ces facilitéz&#13;
428 le bastiment entier ne nous reviendra pas a&#13;
429 plus de Sixcent livres, et ce Sera une belle&#13;
430 commodité p.r notre prieuré, qui le fera mieux&#13;
431 affermer que jamais. J’ay escrit de ces choses a&#13;
&#13;
�432 M’gr qui m’a promis de faire tout ce qui&#13;
433 dependroit delui p.r cette aff.re&#13;
434 Je ne pus tirer rien des Poirons qui nous doivent&#13;
435 encore prez de cent francs du reste de leur ferme&#13;
436 mais qui Seront consomméez en 40.# que J’ay promis&#13;
437 de leur tenir compte p.r des titres et papiers quils&#13;
438 ont retiréz et qui nous Sont utiles, et en des frais&#13;
439 que J’ay promis deleur alloüer Sils obtenoient des&#13;
440 Sentences en 1.eres instance contre plus.rs particuliers&#13;
441 qui refusent depaier des devoirs duprieuré.&#13;
442 Le Sur plus quils devoient a esté consommé par&#13;
443 les decimes, la pension de M. Gontier, et les fausses&#13;
444 reparations quil a fallu leur allouer. Je n’en ay&#13;
445 touché depuis deux ans que 250.# que J’ay marqué&#13;
446 dans le compté envoyé en 1696.&#13;
447 Celui qui est aujourdhui fermier ne me doit rien&#13;
448 et paie mesme les charges par avance, car Jl a&#13;
449 fallu faire les reparations du moulin qui ont&#13;
450 cousté plus de 250.# ce moulin a esté Six mois Sans&#13;
451 marcher, dailleurs les decimes Sont Si fortes que c’est&#13;
452 beaucoup Si nous n’y mettons rien dans ces annéez.&#13;
453 Jl le faudra bien Si Je fais faire lannée prochaine&#13;
454 lepapier terrier, et cette maison. Si Javois le temps&#13;
455 apres le depart de nos vaisseaux Jirois y passer&#13;
456 un mois p.r faire l’un et lautre ces deux choses&#13;
457 ne doivent pas estre differéez, depeur de manquer&#13;
17.&#13;
Rente des Galpis&#13;
&#13;
Bailly de S.t Gautier&#13;
&#13;
458 dans la Suite de quelques unes de ces facilitéz qu’on&#13;
459 y trouve.&#13;
460 Je ne pus non plus rien tirer des heritiers Galpis&#13;
461 p.r une année de leur rente quils doivent escheue&#13;
462 a noel 1695. J’ay eu pitié d’eux acause d’un procez&#13;
463 tres injuste que le Prieur de fon combaut leur&#13;
464 Suscite, Jls m’ont promis delargent vers Noel. La&#13;
465 So’e est peu considerable.&#13;
466 J’avois envoyé querir p.r toutes ces affaires M. Le&#13;
467 Bailly de S.t Gautier done Javois besoin. Nous allasmes&#13;
468 ensuite chez lui, ou nous prismes M Larchi prestre&#13;
469 de S.t Gautier lelendemain p.r aller a meobec y&#13;
470 faire unprocez verbal de l’estat de Labbaie et de&#13;
471 Ses revenus.&#13;
472 M. Le Bailly et Son fils maccompagnerent&#13;
473 jusqu’à chateauroux ou ils avoient besoin de venir&#13;
474 p.r affermer leprieuré de chez elles avec moy p.r&#13;
&#13;
�Prieuré dhabilly&#13;
&#13;
ornemens a&#13;
envoier en ces&#13;
Prieurez.&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
Prieuré de S.t Sebastien&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
475 M’gr qui m’avoit prié de faire ce que Je pourois&#13;
476 p.r cela Nous passasmes par Buzançois ou&#13;
477 Je vis leprieuré d’habilly dont nous jouissons&#13;
478 a p’nt et qui vaut peu de chose. Le fermier ne nous&#13;
479 en devra une année qu’a Noel prochain Jl en doit&#13;
480 deja une année, qui S’est passée apres la mort du&#13;
481 deff.t prieur. J’ay promis de lemploier en ornemens.&#13;
482 J’ay aussi promis a Parçay une fois pour toutes&#13;
483 un calice de Soixante francs. a Bienavant que&#13;
484 du 1.er argent que J’en toucherois Je leur acheterois&#13;
485 un devant d’autel une chasuble, et quelq’ morceau&#13;
486 de tapisserie avec des Jmages et des chandeliers p.r&#13;
487 lornem.t de Lautel qui est tout nud, et tres mal propre&#13;
488 Je crois mesme quil me faut faire cette depense&#13;
489 Sans differer et p.r lhonneur de Dieu qui est ce me&#13;
490 Semble deshonoré dans un lieu si mal propre,&#13;
491 et p.r gagner mesme par la laffection des&#13;
492 peuples. J’ay resolu de mesme denvoier a S.t&#13;
493 Sebastien un devant d’autel et un morceau&#13;
494 de tapisserie avec des Jmages, tant p.r orner&#13;
495 lautel que p.r oster un petit S.t Sebastien de&#13;
496 pierre qui est tres indecent.&#13;
497 Je fus loger a chateauroux chez laveuve&#13;
498 Beloche notre fermiere avec son fils qui me&#13;
499 receurent fort bien. Je donnay un jour&#13;
500 aux aff.res de Mgr de Q. p.r affermer le prieuré&#13;
501 de chez elles, mais Je n’en pus venir a bout Jl&#13;
502 fallut au contraire prendre dela veuve Beloche&#13;
503 p.r dix huit cent livres de bestes qu’elle laissa dans&#13;
504 les fermes en les faisant estimer. cela nous deplut&#13;
505 fort n’ayans pas de fermiers, mais il en fallut&#13;
506 passer par la. Je fus les jours Suivans voir n’re&#13;
507 prieuré de S.r Sebastien. Jl est toujours en bon&#13;
508 estat; on me montra un morceau de Pré d’une&#13;
509 commune quil Seroit aysé de renfermer et joindre&#13;
510 aux prez de n’re prieuré. Nous en hazarderons&#13;
511 les frais du fossé qu’il faudroit faire p.r cela, ce&#13;
512 Sera auplus un pistolle Je chargeay le fermier&#13;
513 de faire renduir les pignons qui Sont a lopposite&#13;
514 dela pluye, parcquele renduit en est tombé. Je&#13;
515 le chargeay aussi defaire planter une rangée&#13;
516 de noiers a lentrée dela ferme qui regarde&#13;
&#13;
�Procèz a Soutenir&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
M. Guiot curé&#13;
a Bourges.&#13;
&#13;
517 chateauroux, le long dun grand chemin qui nous&#13;
518 appartient J’en tiendray compte a raison de cinq ou&#13;
519 Six Sols du pied. ce Sera une augmentation p.r ceux&#13;
520 qui viendront apres nous.&#13;
521 Je fus bien content de trouver le moulin en bon&#13;
522 etat et bien retabli. J’ay fait une bonne affaire&#13;
523 davoir chargé le fermier des reparations du&#13;
524 moulin et des escluses; hors de grands accidens Nous&#13;
525 n’aurons rien a craindre. Jl estiot resté une furieuse&#13;
526 fosse a lendroit de la breche qui S’y estoit fait il y a&#13;
527 deux ans qui mettoit cette breche reparée en danger&#13;
528 destre emportée quelq’ jour. J’ay cru devoir y faire&#13;
529 remplir cette fosse p.r affermir la chaussée et J’ay fait&#13;
530 apporter p.r cela de la terre d’un lieu proche. Je&#13;
531 croy que cette depense ira bien a Soixante francs&#13;
532 mais elle estoit absolument necessaire&#13;
533 Je fus aux forges de M. Le Prince qui Sont a une&#13;
534 lieue au dessus de n’re moulin, parce qu’on me dit que&#13;
535 le maistre des forges vouloit nous faire un pricez&#13;
536 p.r nous faire baisser nos palles, parcequils pretendent&#13;
537 que nous retenons trop l’eau, et que cela donne le&#13;
538 regond a leurs roües, et les empesche daller. Nous&#13;
539 disputasmes avec eux longtemps Sur ce Sujet et ne&#13;
540 demeurasmes daccord de rien. Je les attends Sils nous&#13;
541 attaquent, Jl faudra tascher de Se defendre.&#13;
542 Je comptay avec n’re fermier qui restoit prez de 300.#&#13;
543 quil mepromit d’envoier vers la S.t martin. Je&#13;
544 ne touchay point d’argent Sur toute ma&#13;
545 route, mais J’en avois pris apeuprez Suffisamm.t&#13;
546 p.r me rendre et en effet Javois encore pres de deux&#13;
547 Louis dor quand Jarrivay a Paris.&#13;
548 Je passay pas Bourges ou Javois a parler a bien&#13;
549 des personnes et Jeus le malheur de n’en trouver&#13;
550 aucune, ny M. Larchevesque, ny M. felibien&#13;
551 Son grand vicaire, ny M. Le Tellier receveur des&#13;
552 decimes, ny M. de Brisacier frere de M n’re abbé,&#13;
553 ny M dela Porte Secretaire de Larchevesché.&#13;
554 ny M. LJntend.t. Tous estoient a la campagne.&#13;
555 Jl est inutile de vous expliquer les differentes&#13;
556 aff.res que J’avois a traiter avec eux elles&#13;
557 regardoient toutes n’re mission, Je tacheray a&#13;
558 les faire cet hyver par lettres. Je ne trouvay&#13;
559 que M. Guyot qui est curé d’une cure deservie&#13;
&#13;
�voiage a lestrée&#13;
a Montigni.&#13;
&#13;
21.&#13;
&#13;
Lestrée.&#13;
&#13;
560 par le Sem.re Jl me fit bien des amitiéz. Jl Soupire&#13;
561 toujours apres la canada, et nest venu a Bourges&#13;
562 que p.r trouver et menager les moiens d’y retourner.&#13;
563 Je le chargeay d’une partie de mes aff.res qu’il&#13;
564 pouvoit faire et m’en revins a Paris Sur&#13;
565 mon cheval qui devoit estre las davoir fait&#13;
566 prez de trois cent lieües Sans beaucoup Se&#13;
567 reposer.&#13;
568 Je lui fis cepend.t faire peu dejours apres un&#13;
569 autre voyiage a L’estrée, et dela a montigny ou&#13;
570 Je fus Saluer M. de montigni frere de M’gr Lancien&#13;
571 et M. de Laval avec Sa Nouvelle espouse que J’avois&#13;
572 vu a Paris deux mois auparavant dans letemps&#13;
573 quils S’estoient mariez. J’espere que M. de Laval&#13;
574 qui est fort Sage et a dela conduite, Soutenu de cette&#13;
575 Dame Son espouse qui n’en a pas moins que lui&#13;
576 fera une tres bonne famille chacun les ayme et&#13;
577 les estime.&#13;
578 Jl estoit necess.re que Je visse Labbaye de Lestrée p.r&#13;
579 en prendre une teinture et une Jdée; J’avois aparler&#13;
580 a la prieure dela colombe qui y reside; J’estois bien&#13;
581 aise de presser M. Rotrou de me donner de l’argent.&#13;
582 Je visitay et L’abbaie et toutes les fermes qui Sont&#13;
583 en assez bon estat p.r le pays, mais Labbaie est bien&#13;
584 délabrée depuis qu’on y a mis des Religieuses. Laprieure&#13;
585 Seplaint d’avoir esté greslée depuis deux ans. Elle&#13;
586 laisse deperir le moulin. Si Lunion n’estoit aussi&#13;
587 disposée a Se terminer quelle l’est presentem.t, Jl&#13;
588 faudroit reprendre les biens abandonnez aux&#13;
589 Religieuses, et les exclure de cette demeure, car Elles&#13;
590 n’y font pas bien. Jl n’y a la qu’une prieure, une&#13;
591 Sœur, une demoisells, et un Religieux avec deux valets&#13;
592 Jl ne S’y fait aucun office, a peine y dit on la messe&#13;
593 et tous les batimens Sont en desordre. Jls Se plaignirent&#13;
594 fort a moy que M’gr de Q. S.t vallier alla leur&#13;
595 enlever un beau ciboire dargent avec tous les ornemens&#13;
596 de leur Eglise depuis le concordat passé entre lui et&#13;
597 tout lordre de cisteaux par lequel Jl S’estoit&#13;
598 obligé de laisser toutes ces choses. Le Gral de cisteaux&#13;
599 et Labbé dela charité Se plaignirent de la mesme&#13;
600 chose et nous apprirent que Le P. dela chaize S’en&#13;
601 avoit fort repris. Je voudrois Scavoir ce que M’gr&#13;
&#13;
�22.&#13;
&#13;
Paix avec la&#13;
savoie.&#13;
&#13;
missions&#13;
orientales.&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
602 a fait de ce ciboire et de ces ornemens, et Sil en&#13;
603 pouvoit disposer.&#13;
604 Je ne pus tirer de l’argent de M. Rotrou, et Je n’en&#13;
605 Scaurois tirer de paiement. Je n’ay receu Sur toute&#13;
606 lannée 1695 escheüe a la S.t Jean dernier que 1226.#&#13;
607 Les temps sont mauvais, on a peine a tirer de&#13;
608 l’argent. Je m’estimeray heureux Si dicy ala S.t Jean&#13;
609 prochaine 1697. Je tire le paiem.t de lannée 1695.&#13;
610 Vous Serez bien rejouis dapprendre cette année la&#13;
611 paix avec la Savoye, et le mariage de M. Le Duc&#13;
612 de Bourgogne avec la Princesse de Savoye. Je Souhaitte&#13;
613 qu’avant que cette lettre parte Je puisse vous&#13;
614 apprendre la paix g’rale. Co’e vous apprendrez&#13;
615 assez ces nouvelles de la voix publique Je ne tiens&#13;
616 compte devous les escrire.&#13;
617 Jl n’en est pas ainsy des Nouvelles de nos missions&#13;
618 orientales. C’est a moy avous les apprendre et elles&#13;
619 vous causeront bien de lajoye et par linterest&#13;
620 que vous prends au bien g’ral de LEglise, et par&#13;
621 linterest particulier que vous y avez.&#13;
622 Je vous ay mandé dans mes lettres de 1696. L’estat&#13;
623 violent ou Se trouvoient toutes nos missions. Jl&#13;
624 y a cinq ans que n’re cher M. Quemener estoit&#13;
625 a Rome Sans y rien avançer et il trouvoit tant&#13;
626 de difficulté a disposer le Pape a renverser les&#13;
627 frivoles pretentions du Roy de Portugal, p.r nepas&#13;
628 choquer cette couronne que dans le mois de may&#13;
629 Jl crut qu’il n’en viendroit jamais about. cepend.t&#13;
630 Dieu a couronné Sa patiance, et le propre Jour de&#13;
631 s.t Jgnace de Loiola Sa Sainteté apres avoir esté&#13;
632 entendre la messe chez les Jesuites, tint une&#13;
633 congregation Solemnelle a la Progagande. La ce&#13;
634 S.t Pere (co’e escrit a M. Perot M. vivant docteur de Sorbonne qui&#13;
635 est aupres de M. Le card. de Jeanson) parla co’e S.t&#13;
636 Gregoire et ces S.ts Papes des 1.ers Siecles. Jl exalta&#13;
637 hautem.t la foy et la pieté du Roy tres x’tien qui&#13;
638 non content d’épuiser tous Ses tresors p.r le Soutien&#13;
639 de la foy en Europe estendoit Ses liberalitez&#13;
640 jusqu’aux extremitéz du monde p.r y establir cette&#13;
641 mesme foy, Jl dit quil ne lui estoit pas permis&#13;
642 de tarder plus longtemps a imiter un Si bel exemple,&#13;
643 et qu’il devoit a Son tout donner l’exemple a tous&#13;
644 les rois. de la profusion quils doivent faire de leurs&#13;
&#13;
�645 tresors p.r laccroissem.t de la Religion, quil estimeroit&#13;
646 tous les revenus de S.t Pierre tres bien emploiez&#13;
647 a un Si bon œuvre, et qu’il S’estimeroit heureux&#13;
648 pend.t le reste de Son Pontificat demploier a cet&#13;
649 œuvre tous Ses biens. Que p.r commencer Jl faisoit&#13;
650 present ala Cong.on de propaganda fide de trois cent&#13;
651 mil livres Romaines (qui valent trois cent Soixante&#13;
652 mil livres de france) p.r en faire un fonds p.r les&#13;
653 miss.res de la chine. Jl loüa&#13;
654 Jl loüa ensuite le zele des vicaires apostoliques&#13;
655 francois qui avoient avancez loeuvre les affaires de la Religion&#13;
656 et Soutenus les Jnterests du S.t Siege envers et contre&#13;
657 tous a quelq’ prix que ce fust. Jl declara qu’il&#13;
658 vouloit conserver ces miss.res et dans cette mesme&#13;
659 Cong.on et deux Suivantes quil tint en quinze jours&#13;
660 Sur ce Sujet Jl declara toutes les missions dela&#13;
661 chine Tunquin cochinchine Ciampa Laos et Siam&#13;
24.&#13;
&#13;
662 dependantes immediatem.t du S.t Siege, et exemptes&#13;
663 de toute autre jurisdiction que ce delle des vicaires&#13;
664 aptiques envoiez par Sa Sainteté. Jl distribua&#13;
665 ensuite toute la chine qui est Separée en quinze&#13;
666 provinces. Jl laissa deux provinces a Levesque&#13;
667 de PeKin et deux a celui de NanKin qui ont esté&#13;
668 nommez Evesques titulaires par Le Roy de Portugal&#13;
669 Sous alexandre VIII. Jl laissa aussi la province&#13;
670 de canton a Levesque de macao, a condition&#13;
671 que ces Evesques n’administreront ces provinces&#13;
672 que co’e vicaires aptiques duS.t Siege, et qu’apres&#13;
673 leur mort Le Pape y pourvoira par lui mesme&#13;
674 independamm.t du Roy de Portugal Des neuf&#13;
675 provinces qui restent Jl en a donné trois a&#13;
676 nos miss.res francois dont Jl a nommé M.&#13;
677 Maigrot Evesque et vicaire aptiq’ de foKien&#13;
678 M. Labbé de Lionne Evesque et vicaire aptique&#13;
679 de Xensy, et M. Le Blanc Evesque et vicaire&#13;
680 aptique de Junang. Jl a mesme promis a&#13;
681 nos miss.res qui Sont establis dans la province&#13;
682 de Canton Sur le bord de la mer ou il faut&#13;
683 estre p.r avoir communication en Europe&#13;
684 quil leur accorderoit un bref particulier&#13;
685 p.r gouverner les Eglises quils ont establis Sans&#13;
686 dependre de macao, afin de les mettre tout&#13;
687 a fait a couvert des Jnsultes des Portugais.&#13;
&#13;
�688 Jl a accordé deux autres de ces provinces a&#13;
689 des Religieux espagnols, et quatre a des Relig.x&#13;
690 Jtaliens.&#13;
25.&#13;
&#13;
691 On n’a encore rien reglé de particulier p.r les&#13;
692 missions de Tunquin cochinchine et Siam, Sinon&#13;
693 qu’on les a aussy declaréez independantes des&#13;
694 Portugais, Sujettes au S.t Siege, et qu’on a deja nommé&#13;
695 Le P. Lezzoli Dnicain Jtalien p.r Succeder a feu M.&#13;
696 Deydier Evesque D’auren, et M. Belot (qui a demeuré&#13;
697 dans le comm.té de S.t Hilaire) p.r coadjuteur a M.&#13;
698 de Bourges Evesque dascalon tous deux vicaires&#13;
699 aptiques du Tonquin.&#13;
700 voila de grandes Nouvelles; Jamais les Jesuites&#13;
701 Portugais et Jtaliens n’ont perdus plus Solemnellem.t&#13;
702 leur procez, Dieu veüille qu’on ne Soit pas obligé&#13;
703 d’y comprendre ceux de france et par conseq.t toute&#13;
704 la Societé. Jls nous assurent icy quils Sont tres&#13;
705 aises de ce qui a esté reglé et quils y ont contribuéz&#13;
706 Jls voudroient mesme que nous leur en eussions toute&#13;
707 lobligation, cepend.t Sil en faut croire M. Quemener&#13;
708 qui est a Rome, les Jesuites de Paris ont envoiez a&#13;
709 Rome des memoires tout afait diffamans contre notre&#13;
710 Sem.re de Paris et nos miss.res des Jndes. M. Quemener&#13;
711 en doit apporter des copies en revenant de Rome.&#13;
712 Le P. Le conte qui a donné depuis peu des memoires&#13;
713 nouveaux de la chine au public, qui l’ont fait tellem.’&#13;
714 gouter au Roy qu’il l’a choisi p.r estre confesseur de&#13;
715 la petite Duchesse de Bourgogne; nous donne a penser&#13;
716 dans ces memoires que Nous ne devons nullem.t&#13;
717 nous fier aux Jesuites Sur ce Sujet. Jl affecte dy&#13;
718 louer M. dheliopolis et Ses miss.res mais c’est une&#13;
719 Jronie la plus outrée et la plus grossiere C’est la&#13;
720 reconnoissance quils rendent a nos miss.res p.r les Services&#13;
&#13;
26.&#13;
&#13;
721 quils leur ont rendus dans les persecutions que&#13;
722 leur ont fait leurs PP. Portugais, Jusqu’a les&#13;
723 excommunier, les chasser de la compagnie &amp;. ce&#13;
724 qui a obligé ce P. Le conte dabandonner; Le P.&#13;
725 Bouvet est parti depuis p.r la mesme raison, et on&#13;
726 ne doute pas que les trois autres Jesuites francois&#13;
727 qui Sont restéz a la chine n’en Soient partis&#13;
728 depuis p.r le mesme Sujet. Tout cecy nous&#13;
729 cause bien de la douleur; car Nous voions par la&#13;
&#13;
�730 clairem.t quil Sera ajamais impossible aux&#13;
731 Jesuites de Simpathiser avec Nous. au dehors Jls&#13;
732 paroistront estre de nos amis, et Sous main Jls nous&#13;
733 desserviront en tout ce quils pouront. Jls ne pourro[nt]&#13;
734 jamais Suporter le joug et la dependance des&#13;
735 vicaires aptiques.&#13;
736 M Quememer travaille ap’nt a Rome a faire&#13;
737 expedier tous ces decrets; Co’e Jl espere en partir&#13;
738 a la fin de cette année 1696 p.r revenir en france,&#13;
739 et partir de la ensuite p.r retourner a la chine,&#13;
740 Nos Mess.rs ont envoiez a Rome M. charmot miss&#13;
741 qui est arrivé a Pasque dernier de la chine p.r le&#13;
742 relever et a lui S’est Joint un Seculier nomme&#13;
743 M. de Guilhem; qui demeure depuis Six ans dans le&#13;
744 Sem.re et a passé trente ans dans les Jndes orienta[les]&#13;
745 ou il a rendu degrands Services a nos m.rs Jl&#13;
746 va passer lhyver a Rome : et y restera peut estre&#13;
747 toujours avec M charmot p.r prendre Soin de So[n]&#13;
748 temporel. Jls Sont actuellem.t a marseille a&#13;
749 attendre le bon vent. J’ay chargé ces deux&#13;
27.&#13;
&#13;
mort de M.&#13;
Du chesneau&#13;
&#13;
Nouvelles du&#13;
canada.&#13;
&#13;
1.eres lettres venues&#13;
par plaisance&#13;
&#13;
Tous les vaisseaux&#13;
de retour.&#13;
&#13;
750 Mess.rs des pieces p.r nos unions que Javois déjà&#13;
751 prestes, et Je leur envoieray les autres au plutost&#13;
752 Jls Seront a Rome nos Solliciteurs et nos correspondans.&#13;
753 J’ay appris au commencem.t de Novembre la mort&#13;
754 de M. du chesneau. Jl S’estoit retiré a Ambrant&#13;
755 prez Jssoudun en Berry ou il vivoit en Solitaire, et&#13;
756 Se preparoit a mourir depuis longtemps. Jl n’est pas&#13;
757 necess.re de le recommander a vos prieres, J’ay de lui&#13;
758 un billet de 250.# p.r argent presté fait a feu M.&#13;
759 du douist que Jen’ay qu’a deschirer, car nous n’en Serons&#13;
760 jamais paiéz&#13;
761 Les 1.eres Nouvelles qui me Sont venües du Canada me&#13;
762 furent apprises au commencem.t de Novembre par&#13;
763 M. fredin pendt que J’estois en retraite; Jl me dit&#13;
764 que tout le monde Se portoit bien, et que Nos vaisseaux&#13;
765 estoient arrivez a bon port, ce qui me rejoüit fort.&#13;
766 Jl receus vers le 15.e 9.bre les lettres que vous mavez&#13;
767 envoiez dans lepaquet deM. LJntend.t par un brigantin&#13;
768 qui venoit a Plaisance de Quebec, et qui estoient Sous&#13;
769 lenvelope deM. Le marquis de Denon ville. Elles me&#13;
770 confirmerent la bonne Santé detous nos Mess.rs mais&#13;
771 ne mapprirent pas larrivée de nos derniers vaisseaux&#13;
772 Jappris le retour de tous ces vaisseaux en vaissea france&#13;
&#13;
�773 Le 11.e ou le 12.e de Decembre, et le 15.e Nous receusm[e]&#13;
774 un paquet de lettres venües par la poste dans&#13;
775 lequel Je trouvay une lettre en chiffre p.r moy&#13;
776 et une au’ de M. Glandelet du 25 et du 29.e 8.bre&#13;
777 dernier, une lettre au R. P. dela chaize de Mgr&#13;
28.&#13;
&#13;
du 21.e X.bre&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
778 une dumesme pour le mesme dela personne quevous Scavez&#13;
779 et une de M. Glandelet p.r M. Le marquis de&#13;
780 Denonville&#13;
781 avant que Nous eussions receus ces lettres, Nos&#13;
782 m.rs avoient parléz au R. P. dela chaize de M’gr&#13;
783 de Q. et ils lavoient trouvé fort froid p.r le retenir,&#13;
784 Jl Sembloit mesme consentir ale voir retourner&#13;
785 Jls firent ce qu’ils purent p.r le remettre dans les&#13;
786 Sentimens ou il estoit et me dirent de porter le&#13;
787 P. Lamber ville a lui parler fortem.t Sur ce chapitre&#13;
788 Jls ne S’en tinrent pas la; Jls crurent devoir&#13;
789 r’instruire M. Larch. de Paris de bonne heure,&#13;
790 et lui communiquerent les memoires qui&#13;
791 Jusqu’a p’nt n’ont pas esté vus par Mgr ny&#13;
792 par M de la Palliere, et ils Se Sont chargez des&#13;
793 deux lettres p.r Le R. P. De la chaize et de celle&#13;
794 p.r M Le marquis de denon ville en allant a St&#13;
795 Cir, Jls les verront tous les deux en passant&#13;
796 par versailles&#13;
797 M’gr de Q. est toujours dans le Berry Jl donne&#13;
798 demain 22.e X.bre les ordres a Limoges et part&#13;
799 aussitost p.r revenir a Paris ou nous lattendons&#13;
800 a la fin du mois. Jl a passé le temps a faire&#13;
801 mission a meobec, Esne, et chezelles. Jl doit&#13;
802 tout remuer p.r retourner en Canada, et Je&#13;
803 mattends a de belles Scenes.&#13;
804 M. de la Palliere me dit ces jours passez&#13;
805 avec un ravissem.t de Joie extraord.re que&#13;
806 M. Le comte recherchoit lamitié de Mgr&#13;
807 et que lui et les recollets mettroient toute&#13;
808 pierre en œuvre p.r l’y faire retourner. Jl&#13;
809 mapprit aussi la mesintelligence de M. Le&#13;
810 Comte et des PP. Jesuites, et il en Jnfera que&#13;
811 les Jesuites devoient penser a Se reunir a M’gr&#13;
812 p.r resister a M. Le Comte et aux Recollets&#13;
813 Quasi vero &amp; Je fis paroistre navoir pas&#13;
814 encore appris de Nouvelles, nayant pas&#13;
&#13;
�815 encore receu mes paquets. M. de la Palliere&#13;
816 alloit porter au P. de la chaize ces bonnes&#13;
817 nouvelles qu’il Scavoit deja. Je ne Scay&#13;
818 comment elles ont esté receües venant&#13;
819 de Sa part.&#13;
820 L’absence de Mgr a esté cause qu’on n’a&#13;
821 point avancé Jusqu’à pnt Lunion de nos&#13;
822 abbayes. M. charmot est arrivé a Rome&#13;
823 d’où il me mande qu’il attend p.r agir en cette aff.re&#13;
824 nos derniers papiers que Je ne puis lui envoier&#13;
825 qu’apres le retour de M’gr. le miss.re a esté reçeu&#13;
826 du Pape tres favorablem.t ce S.t Pongife avoit fait&#13;
827 expedier tout recemm.t toutes les Bulles quil a&#13;
828 accordéez aux vicaires apostoliques quil a&#13;
829 establis dans les Jndes quil fit communiquer&#13;
830 a M. Quemener avant que de les Signer p.r voir&#13;
831 Si ces Bulles estoient co’e Jl faut, et il a voulu&#13;
832 envoier ces Bulles aux vicaires aptiques qui&#13;
833 ne Sont pas de n’re corps ni de n’re Nation par&#13;
834 notre Sem.re Nous les receusmes il y a huit Jours.&#13;
30.&#13;
&#13;
1697.&#13;
&#13;
835 J’ay perdu ala fin de 9.bre Le Jeune Beloche.&#13;
836 fermier du Prieuré de S.t Sebastien que Je regrette&#13;
837 fort Jl a esté estouffé par un abcez, qui est&#13;
838 tombé dans Sa gorge et l’a estouffé.&#13;
839 Nous avons receus une lettre de change de 8333.&#13;
840 p.r le dernier paiem.t des bois qui nest paiable&#13;
841 quau 18. Janvier, Si bien que p.r convertir les&#13;
842 deux contracts des bois, l’un de 424.# et lautre de&#13;
843 500. En tout de 924.# de rente et en faire&#13;
844 1848.# derente au denier quatorze, Jl nous&#13;
845 faut emprunter de l’argent avant la fin de&#13;
846 X.bre p.r profiter de Six mois darrerages. Nos&#13;
847 m.rs me prestent 4000.# et plus, et M. de la Palliere&#13;
848 empruntera autant. et des deux contracts nous&#13;
849 n’en ferons qu’un dans lequel Je feray declarer&#13;
850 que le chapitre a la moitié et lEvesque Lau’&#13;
851 ce contract Sera de 25840. en p’npal provenant&#13;
852 des bois.&#13;
853 Je n’ay pu continuer a vous escrire depuis le 21.e&#13;
854 X.bre jusqu’au 15.e Janvier de cette Nouvelle année&#13;
855 1697. ayant esté occupé pend.t ce temps la a recevoir&#13;
856 et lire mes lettres et a agir dans les affaires&#13;
857 les plus presséez&#13;
&#13;
�858 Laffaire dont Je vous ay parlé cy dessus est finie,&#13;
859 Je veux dire que nous avons convertis a la fin&#13;
860 de X.bre ces deux contracts, et J’ay empruntté p.r&#13;
861 cela 4620.# de M Tiberge tant p.r le p’npal que&#13;
862 p.r rembourser aux paieurs des rentes des derniers&#13;
863 Six mois darrerages quils avoient paiez&#13;
31.&#13;
&#13;
Lettre de&#13;
Mgr L.&#13;
À M. S. V.&#13;
&#13;
32.&#13;
&#13;
864 J’ay esté bien aise de voir faire cette conversion&#13;
865 car aulieu que dans un des contracts Jl nestoit&#13;
866 nullem.t fait mention du chapitre, et dans lautre&#13;
867 on y esnonçoit que le chapitre n’y avoit que le&#13;
868 quart J’ay fait marquer dans la conversion qu’on&#13;
869 en a faite que le chapitre y avoit moitié par tout.&#13;
870 J’ay receu toutes vos lettres excepté celles que vous&#13;
871 avéz donné a P. Commissaire des recollets qui&#13;
872 n’est pas encore arrivé. Je Suis aussi en peine d’une&#13;
873 lettre que Mons.t Glandelet me mande (Si je ne me&#13;
874 trompe) m’escrire en chiffre, dans la quelle il dit quil&#13;
875 a mis une copie de la lettre que Mgr Lancien&#13;
876 escrit a Mgr de Quebec, aussi en chiffre, car Je n’ay&#13;
877 point receu cette lettre en chiffre. Je n’en ay receu que&#13;
878 deux de M. Glandelet en chiffre, l’une venüe par&#13;
879 plaisance, et lautre a ceq’ Je crois par la ville marie&#13;
880 Sous ladresse du P. Lamber ville qui la reçeut par la&#13;
881 poste et en mesme temps une copie de cette lettre&#13;
882 de M’gr Lancien addressée aud. P. Lamber ville qui&#13;
883 la montra au R.d P. de la chaize avant que nous&#13;
884 leussions veüe, et lenvoia ensuite a M. Le marquis&#13;
885 de Denon ville.&#13;
886 Cette mesme copie escrite dela main de M du Bos&#13;
887 fit plus de chemin car M Labbé de Brisacier estant&#13;
888 allé a versailles avant Noel, M. de Denon ville la&#13;
889 lui fit voir, M. de Brisacier laporta a S.t Cir ou&#13;
890 il la lut a Mad.e de maintenon qui fut davis&#13;
891 aussibien que M Levesque de chartes, Le P. dela chaize et&#13;
892 M. de Denon ville qu’on en donnast loriginal a&#13;
893 M. de Q. M. de Brisacier la raporta a Paris ou il&#13;
894 me la montra, Jl l’a fit voir encore a Mgr de Paris,&#13;
895 et tout conseillerent de donner la lettre, a quoy xx&#13;
896 Javois p.r moy beaucoup de repugnance connoissant&#13;
897 M. de Q. et apprehendant lesclat quil pouroit faire&#13;
898 apres lavoir receüe&#13;
899 Je receus mes paquets le Jour de S.t Jean LEvang.&#13;
&#13;
�900 et dans ces paquets J’y trouvay deux copies originaux&#13;
901 de cette lettre et apres avoir examiné la chose avec&#13;
902 nos Mess.rs et conclu que nous devions la donner,&#13;
903 Je la cachetay et la mis avec vingt autres que&#13;
904 Javois a M’gr de Q. p.r les lui rendre quand il&#13;
905 Seroit de retour de la campagne&#13;
906 Le P. de la chaize lut mesme au Roy cette copie&#13;
907 qui fut renvoiée a M. Le marquis de Denon ville&#13;
908 qui la lui donna, Jl lui lut encore celle que La&#13;
909 personne que vous Scavéz escrit aud. R.d Pere, et&#13;
910 celle que M. Glandelet escrit a M. Le marquis&#13;
911 de Denon ville qui manda toutes ces choses a M.&#13;
912 Labbé de Brisacier le 1.er Jour de l’an, et lui fit&#13;
913 Scavoir en mesme temps les bonnes dispositions&#13;
914 du maistre p.r ne pas permettre le retour de celui&#13;
915 qui cause le trouble.&#13;
916 J’ay cru vous avoir mandé l’an passé que les lettres&#13;
917 de cette mesme personne furent lües au Roy, et&#13;
918 firent le bon effet qu’on en devoit attendre; Je ne&#13;
919 Scay pas ce qui a empesché Le Pere confesseur&#13;
920 de lui faire reponse. Ce Seroit au P. Lamber ville a&#13;
33.&#13;
&#13;
921 le Solliciter de repondre aux lettres de Canada&#13;
922 Cette personne peut estre assurée d’un Secret entier&#13;
923 de n’re part.&#13;
924 Comme nous apprehendions lesclat que pourroit faire&#13;
925 M. de Q. apres avoir reçeu la lette de M. Lancien, Mons.&#13;
926 Labbé de Brisacier crut devoir la communiquer a M.&#13;
927 Tronson a Jlly. Nous y fusmes ensemble le deux Janvier&#13;
928 Mons.r Tronson venoit de reçevoir Ses lettres et ne les&#13;
929 avoit pas encore lües. Nous fusmes avec lui plus de&#13;
930 deux heures. Jl nous conjura dempescher la division&#13;
931 entre nos comm.tez en canada, et parut bien resolu de&#13;
932 S’y opposer de toutes Ses forces. M. de Brisacier lui&#13;
933 lut la lettre de Mgr Lancien, le memoire de l’an&#13;
934 passé qui estoit fait p.r presenter au Roy, et lui dit ce&#13;
935 qui S’estoit passé de pnpal cette année en canada,&#13;
936 Scavoir les letres escrites par M. de Q. a M. Lancien&#13;
937 et aux Jesuites, les menaces faites par M de montigny&#13;
938 aus d. PP. Les propositions faites par le mesme a&#13;
939 M. Glandelet Sur les missions des outaois, la&#13;
940 disposition de M. Dollier de donner aux recollets&#13;
941 des pouvoirs p.r les missions &amp;.&#13;
942 Jl lui donna toutes ces choses Sous le Secret et lepria&#13;
&#13;
�943 de n’en faire usage que p.r lui mesme. M. Tronson&#13;
944 qui a l’esprit droit neut pas depeine a blasmer&#13;
945 toute cette conduite, a ny pas trouver l’esprit&#13;
946 de Dieu; Jl nous assura bien plus.rs fois que Si&#13;
947 M. de Q. venoit prendre Son conSeil, et le vouloit&#13;
948 Suivre, Jl Scauroit bien lui en donner un qui lui&#13;
949 paroist absolum.t necess.re faisant assez entendre&#13;
950 quil lui conseilleroit de Se demettre. Jl dit qu’il&#13;
34.&#13;
&#13;
1697&#13;
&#13;
35.&#13;
&#13;
951 ne pouvoit croire que M. montigni ait proposé a&#13;
952 M. Glandelet ce quil a proposé des missions outaoise&#13;
953 de Son chef et Sans en avoir esté instruit par Mgr&#13;
954 et Jl blama M. Dolier d’avoir dit quil donneroit&#13;
955 des pouvoirs aux recollets Si M. Le Conte lui en&#13;
956 demandoit. Jl dit que dans ces rencontres M. Dolier&#13;
957 devoit renvoier tout en france a M’gr &amp; Jl conjura&#13;
958 plus.rs fois M de Brisacier de Se joindre a lui p.r&#13;
959 entretenir Lunion entre les trois comm.téz et que de Sa&#13;
960 part Jl feroit ce qui dependroit delui.&#13;
961 M. de Brisacier en lui lisant le memoire cy dessus&#13;
962 neut garde de lire ce qui y est dit de Sa personne&#13;
963 que vous Scavez, Jl changea cet article, d’une&#13;
964 maniere a n’en rien faire connoistre a M Tronson.&#13;
965 Jl le fit encore Souvenir de M Belmont qui estoit la&#13;
966 cause de toute la division des esprits, et lui rapela&#13;
967 ce qui S’est passé autre fois. Nous fusmes contents&#13;
968 de cette visite&#13;
969 M. de Q. revint a Paris Le veille des rois : Je ne pus&#13;
970 laller voir que le lendemain des Rois au matin, et&#13;
971 Je lui portay toutes les lettres que Javois a lui, entre&#13;
972 les quelles estoit la lettre en question. Je ne Scay&#13;
973 Sil avoit quelq’ connoissance de cette lettre mais&#13;
974 Jl chercha par toutes ces lettres celle de Mgr&#13;
975 Lancien, Je lui indiquay celle qui parle de&#13;
976 differentes choses, et Je pris ensuite congé de lui,&#13;
977 Jl me dit qu’il alloit venir dire la messe et disner&#13;
978 en n’re Sem.re, ou nous avions les prieres des quarante&#13;
979 heures acause dela feste des Rois. Jl y vint en&#13;
980 effet, et il nous parut asséz quil avoit lu cette&#13;
981 lettre et quil en estoit tout consterné. Jl demanda&#13;
982 a nos m.rs un entretien en parti’er. Jls trouverent&#13;
983 moien de S’en débarasser par la compagnie quils&#13;
984 avoient. Jl leur demanda un jour dans la Semaine&#13;
&#13;
�985 p.r Se trouver chez Mons.r de S.t vallier Son frere&#13;
986 et eux ne pouvans le reculer le mirent au Samedi&#13;
987 Je fus le mecredi 9.e Janvier a versailles porter a&#13;
988 M. de Denonville Ses lettres et lui dire ce que nous&#13;
989 avions fait. C’est un amy toujours tres zelé p.r les&#13;
990 interests de cette pauvre colonie; Jl me dit que&#13;
991 le P. Lamber ville setoit venu le voir le jour d’aupara=&#13;
992 =vant p.r lui demander comment il parleroit a Mgr&#13;
993 quil n’avoit pas encore veu Sil lui demandoit&#13;
994 de Se Servir aupres du P. de la chaize p.r procurer Son&#13;
995 retour, et quil lui avoit conseillé de lui repondre&#13;
996 que ne comprenant rien a ces caresses quil lui fait, et&#13;
997 a ces menaces quil fait faire a Ses Peres en&#13;
998 Canada Jl ne peut le prie de le dispenser de S’en mesler.&#13;
999 Je fust voir Le P. Lamber ville le Jeudi 10.e Janvier&#13;
1000 Jl m’apprit que M. de Q. avoit esté Saluer le P. de&#13;
1001 la chaize avec M. Le comte de S.t vallier et M. de&#13;
1002 la Palliere, et que tous les trois l’avoient fort&#13;
1003 conjuréz de procurer le retour de M : Que le P&#13;
1004 confesseur lui avoit parlé tres fortem.t et terminé&#13;
1005 la conversation en lui diasnt que le roy estoit&#13;
1006 Seul le m.tre de cette aff.re, dela quelle Jl lui&#13;
1007 avoit deja parlé; et quil ne pouvoit lui parler&#13;
1008 en Sa faveur &amp;. M. de Q. desavoüa M. Dollier&#13;
1009 Sur ces menaces faites de Sa part aux Jesuites&#13;
1010 Jl dit encore De quoy Se mesloit Le P. commissaire&#13;
36&#13;
&#13;
(1) s’en excusent&#13;
&#13;
1011 qui venoit plutost gaster Ses aff.res par Ses&#13;
1012 Sollicitations que les avançer. Jl eut beau&#13;
1013 aussibien que M Le Comte de St vallier&#13;
1014 presser Le P. de la chaize Jl ne put rien obtenir.&#13;
1015 Nos Mess.rs furent disner avec lui chez M. Le comte&#13;
1016 de S.t vallier le Samedi 12.e de ce mois de Janvier Jls&#13;
1017 y trouverent M. L’archevesq’ d’auche et M. dela&#13;
1018 Palliere; Je m’en dispensay 1.e par ceq’ Je ne croiois&#13;
1019 pas quil le desirast beaucoup. 2.e par ceq’ Jaurois&#13;
1020 eu peine a ne pas dire quelq’ parole, 3.e par ceq’ Nous&#13;
1021 ne pouvions tous quiter a la fois. M. de Brisacier&#13;
1022 croioit estre de retour a deux heures, et ils ne revinrent&#13;
1023 qu’a Six. Mgr leur demanda fortem.t de procurer&#13;
1024 Son retour, et leur fit de belles promesses. Jls Sexcuseren[t]&#13;
1025 de S’en mesler Sur tout Sçachans ce qui S’estoit passé.&#13;
1026 Jl Se plaignit fortem.t a eux de l’ordination faite&#13;
1027 par M’gr Lancien, Jl leur produisit toutes les&#13;
&#13;
�1028 lettres quil lui avoit escrites dans les quelles il n’estoit&#13;
1029 fait nulle mention de pouvoir ordonner &amp;. Jl&#13;
1030 insista qu’on ordonnoit Sans pouvoir des gens Sans&#13;
1031 titre, Sans Science &amp;. Nos M.rs furent Sur pris de&#13;
1032 tout cecy, Jls croioient que M’gr Lancien avoit pouvoir de&#13;
1033 M. de Q. de donner les ordres, Jls dirent quil falloit&#13;
1034 que M. de Q. le lui eust donné dans quelq’ autre&#13;
1035 lettre quil n’avoit pas, et ils ne furent pas plutost&#13;
1036 de retour quils me demanderent en vertu dequoy&#13;
1037 Mgr Lancien avoit fait ces ordinations. Je leur&#13;
1038 fus chercher la copie de cette en vertu de la quelle&#13;
1039 M’gr a fait cette ordination, mais avous parler&#13;
1040 franchem.t Nous ne la trouvasme pas aussi forte que&#13;
1041 nous leussions Souhaité p.r authoriser cette ordination,&#13;
37.&#13;
&#13;
rayer les remarques de&#13;
Mgr de laval en marge&#13;
de la lettre&#13;
du 19 mars 3 juin 1696&#13;
page 20 ….&#13;
&#13;
1042 et quoiq’ nos m.rs en parlant a M. Larch. dauche, et&#13;
1043 a M. dela Palliere aient fort insisté Sur cette lettre&#13;
1044 p.r Soutenir M’gr L’ancien, Dans le fonds cepend.t Jls&#13;
1045 ne vous excusent pas tous dans leur particulier,&#13;
1046 et il Sera aisé de découvrir par toute personne&#13;
1047 desinteressée quil y a eu en cette action trop de&#13;
1048 precipitation et qu’on S’est Servi dun titre appa=&#13;
1049 =rent p.r faire plus que ceque porte precisem.t la&#13;
1050 lettre; vous avez eu de bonnes intentions mais&#13;
1051 Jl eust esté a Souhaiter que la chose ne Se fust pas&#13;
1052 faite; M. Glandelet mesme ne S’explique pas&#13;
1053 clairem.t Sur ce fait dans Sa grande lettre, car Jl&#13;
1054 estend le pouvoir donné par M de Q. a M. Lancien&#13;
1055 plus loing quil n’est marqué dans la lettre, et&#13;
1056 pour vous en convaincre Je vais raporter les&#13;
1057 termes de l’une et lau’ lettre.&#13;
1058&#13;
Extrait de la lettre de M. de Q. a M. Lancien&#13;
1059&#13;
du 18. may 1695.&#13;
1060 Sil Se presentoit quelque ordination a faire ou quelq’&#13;
1061 consecration de calice, et autres benedictions, Je vous&#13;
1062 Suplie de vouloir bien vous y rendre favorable. accordéz&#13;
1063 a M. Dolier ce quil pourra vous demander Sur ces&#13;
1064 Sortes de choses. &amp;.&#13;
1065 Comme il est necess.re de prendre l’intention de Mgr de&#13;
1066 Q. dans cette lettre p.r comprendre lestentüe du pouvoir&#13;
1067 donné a M. Lancien, Jl Semble&#13;
1068 1.e Quil n’a eu intention de permettre que quelque&#13;
1069 ordination au Singulier, et non pas plus.rs ordinations&#13;
&#13;
�38.&#13;
&#13;
1070 depuis les moindres ordres jusqu’a la prestrise&#13;
1071 2.e Jl ne paroist pas avoir eu Jntention daccorder&#13;
1072 ce pouvoir p.r ordonner plus.rs personnes, mais Seulem.t&#13;
1073 quelque une;&#13;
1074 3.e Enfin Jl Semble avoir exigé que M dollier l’en&#13;
1075 priast Mgr Lancien; Toutes ces reflexions qu’ont&#13;
1076 faites nos mess.rs leur ont fait juger quil eust esté a&#13;
1077 Souhaiter que Lordination n’eust point esté faite, car&#13;
1078 Si M. de Q. perd l’esperance de retourner, Jl fera Sur&#13;
1079 cela un beau bruit lors quil ne Se croira plus obligé de&#13;
1080 garder de mesures, car Jl dira par tout que M’gr Lancien&#13;
1081 l’a chassé de Son Evesché p.r le reprendre, quil en exerce&#13;
1082 toutes les fonctions Sans pouvoir &amp;.&#13;
1083 M. Glandelet dans Sa grande lettre estend un peu&#13;
1084 la courroie de ce pouvoir quil S’est bien apperçeu&#13;
1085 estre un peu trop courte, car voicy cequil m’en escrit&#13;
1086 M. de Q. a envoié pouvoir a M. Lancien dans une&#13;
1087 lettre escrite de Sa main de faire les ordinations qui&#13;
1088 Se presenteront, les benedictions et autres fonctions&#13;
1089 de Son ministere dans le Dioceze.&#13;
1090 Ce pouvoir n’est pas Si estendu dans la lettre de Mgr&#13;
1091 de Q. Dieu veüille qu’il ne fasse pas de bruit la dessus&#13;
1092 mais cela ne nous a pas fait plaisir. De quelq’&#13;
1093 utilité que vous Soient m.rs hamel et Boucher&#13;
1094 Bouteville Gaulin Pinguet et le Blond, Jl eust mieux&#13;
1095 valu S’en priver que de faire cette Demarche; mais&#13;
1096 laff.re est faite; Je mattends mesme que M Gaulin&#13;
1097 Sera ordonné prestre avant que vous receviez cette&#13;
1098 lettre. J’espere que Sil ne l’est pas, vous differerez&#13;
1099 a l’ordonner, jusqu’à ceq’ Mgr donne un autre&#13;
&#13;
39&#13;
&#13;
1100 pouvoir, puis quil ne croit pas en avoir donné,&#13;
1101 et que Selon laxiome, Non est major defectus&#13;
1102 quam defectus potestatis.&#13;
1103 Jevous dis icy franchem.t ceque l’on pense, par ceque&#13;
1104 Je Scay que vous n’en ferez qu’un bon usage, et que&#13;
1105 vous desirez que J’en agisse ainsy. Je continueray&#13;
1106 a le faire Surretout ce qui me reviendra&#13;
1107 M. de Q. apprit a nos mess.rs dans cet entretien (ou&#13;
1108 il parut tel quil a toujours esté et Sera toujours&#13;
1109 tres vehement, industrieux, Souple, adroit, aheurté&#13;
1110 p.r venir a Ses fins) que Le Roy lui avoit fait&#13;
1111 demander Sa demission l’an passé et qu’il l’avoit&#13;
1112 refusé. Jl dit quil ne Se demettroit en effet Jamais&#13;
&#13;
�Le roi en&#13;
1685 :&#13;
quel qu’un ayant&#13;
l’esprit bien&#13;
fait ! ….&#13;
&#13;
40.&#13;
&#13;
1113 Si cepend.t Le Roy lui ostoit toute esperance de retour.&#13;
1114 Je crois quil pouroit a la fin changer de Sentiment.&#13;
1115 Jl ne faut pas S’attendre a lui faire donner un autre&#13;
1116 Evesché, Le Roy S’est expliqué nettem.t quil ne lui en&#13;
1117 donneroit jamais, mais bien quelq’ bonne abbaie&#13;
1118 Jl craint Son tour et Son travers d’esprit, et il&#13;
1119 aimera mieux lelaisser retourner en canada que&#13;
1120 de l’admettre dans LEglise de france ou il apprehende&#13;
1121 qu’il ne broüille. C’est Sur quoy Jl nous faut conter.&#13;
1122 Jl est allé depuis dimanche matin a versailles&#13;
1123 ou il va remuer toute pierre, M. Labbé de Brisacier&#13;
1124 qui ira ce Soir, Scaura cequi S’y Sera passé.&#13;
1125 Jl ne fit que disner a versailles et S’en revint.&#13;
1126 Le Lundi 14.e Janvier Jl est allé trouver avec M. Larch&#13;
1127 Dauche M. Le comte de S.t vallier et M. dela Palliere&#13;
1128 trouver le R P. dela chaize et lui dire que nos m.rs&#13;
1129 que nos m.rs dans l’entretien cy dessus leur avoient&#13;
1130 protesté qu’ils navoient point depart ala retention&#13;
1131 de Mgr et donnoient les mains a Son retour. Quel&#13;
1132 Le P. de la chaize ne les crut pas, et dit quelques&#13;
1133 jours apres ces choses a M. de Brisacier qui lui dit que&#13;
1134 M. de Q. les ayant presséz de procurer Son retour&#13;
1135 qui dependoit d’eux qui faisoient la pluye et le beau&#13;
1136 temps par Mad.e de maintenon, Jls lui avoient repondu&#13;
1137 que Mad.e de ma ne Se mesloit pas de ces affaires&#13;
1138 Ecclesiastiques et que ce n’estoit pas la le canal par&#13;
1139 lequel Le Roy estoit Jnformé &amp;. M. Tiberge est&#13;
1140 resolu d’aller trouver M. Larch. Dauche, et de lui&#13;
1141 expliquer nettem.t ce quil pense Sur le retour de&#13;
1142 M’gr.&#13;
1143 Jl remüe a pnt toute pierre p.r Son retour. Jl a esté&#13;
1144 depuis peu conjurer Le P. Le valois de Sinteresser p.r lui.&#13;
1145 le Pere qui p’ntem.t le connoit la au contraire fort&#13;
1146 pressé de Se demettre et lui dit quil avoit eu en veüe&#13;
1147 dJnspirer au P. dela chaize deporter le Roy a lui d&#13;
1148 demander cette Demission honnestem.t lui marquant que&#13;
1149 cela lui fera plaisir et qu’il Sçaura le reconnoistre &amp;.&#13;
1150 M. de Q. lui dit quil ne Se demettroit jamais, Si on ne&#13;
1151 lui fait Son procez &amp;.&#13;
1152 Jl a dit a une personne que plus.rs Evesques vouloient&#13;
1153 Sinteresser p.r lui en demandant Son retour, que la&#13;
1154 maniere dont on larrestoit estoit injurieuse a tout&#13;
1155 lordre Episcopal, et qu’on vouloit lui oster Son Evesché&#13;
&#13;
�1156 d’une maniere tout a fait honteuse. Jl a p’ntem.t&#13;
1157 degrandes conferences avec les Rcollets J’emploieray&#13;
1158 M. Labbé Bignon p.r Scavoir ce qui Se fait au pres de M. Phelipeaux&#13;
41.&#13;
&#13;
1159 Jay eu le mecredi 16.’ Janvier une prise considerable avec&#13;
1160 M. de la Palliere. Nous estions convenus ensemble que&#13;
1161 nous dresserions conjointem.t les quittances de finance p.r&#13;
1162 ces conversions de contracts p.r le chapitre&#13;
1163 Je trouvay lelendemain des Rois chez le Not.re ces quittances&#13;
1164 toutes dressées ou il n’estoit fait nulle mention co’e&#13;
1165 auparavant que le chapitre avoit Sa part dans ces contracts.&#13;
1166 avec M. Levesque; Je ne crus pas que M. dela Pallilere les&#13;
1167 eust ainsy fait dresser p.r nous Sur prendre, J’en repris le&#13;
1168 clerc du Not.re et Je fus avec M. carnot not.re biffer cellecy et&#13;
1169 M. carnot marqua en marge p.r S’en Souvenir que Jepretendoit&#13;
1170 avoir moitié p.r la chapitre en ces contracts et Nous convinsse&#13;
1171 d’en aller conferer ensemble avec M. de Quebec. huit jours&#13;
1172 Se passerent Sans aller ni chez Mgr ni chez le Not.re et il&#13;
1173 arriva que pend.t ce temps le clerc mit au net cette quittance&#13;
1174 Sans que personne le lui commandast, et lenvoia p.r la faire&#13;
1175 Signer au garde du tresor roial, Sans qu’on en eust parlé a Mgr&#13;
1176 ni a M de la Palliere qui a cru que Je m’estois entendu&#13;
1177 avec le Not.re p.r lui faire faire dans cet acte une&#13;
1178 declaration frauduleuse et p.r le Sur prendre. J’eus beau lui&#13;
1179 dire chez lui avec douceur co’e la chose S’estoit passée; Jl prit le&#13;
1180 ton hautain et aygre qui lui est fort ord.re Jl me dit que&#13;
1181 c’estoient la de mauvais tours, qu’il S’en plaindroit et Si haut&#13;
1182 qu’il me le feroit ressentir, que ce n’estoit pas daujour dhuy qu’il&#13;
1183 S’apperçevoit que J’estois un esprit brouillon qui cherchois a&#13;
1184 mettre la division entre lEvesq’ et Son clergé. pend.t qu’il&#13;
1185 faisoit Son possible p.r y mettre la paix et plus.rs autres&#13;
1186 choses, aussi dures. Dieu me fit la grace de me posseder&#13;
1187 asséz Sur tout au commencem.t et J’eux asséz de presence&#13;
1188 d’esprit p.r reprimer certains mots qui lui auroient ferméz la&#13;
1189 bouche et lui auroient fait beaucoup de peine. Je me laissay&#13;
1190 cepend.r aller en me retirant a lui dire lors quil me demanda&#13;
1191 Si Je ne voulois rien conclure Sur cette aff.re, que c’estoit&#13;
&#13;
42&#13;
&#13;
1192 beaucoup faire que de Souffrir Ses injures chez lui avec&#13;
1193 patiance. Jl a pretendu depuis ne m’avoir pas taxé davoir&#13;
1194 voulu tromper, et ne m’avoir pas traité d’esprit brouillo[n]&#13;
1195 Jl faut oublier toutes ces injures, et Se moins commettre a&#13;
1196 en recevoir.&#13;
1197 Nos m.rs Son allez trouver aujour dhui 23.e Janvier&#13;
&#13;
23. Janvier&#13;
&#13;
�1198 M. Larch. Dauche parent de M. de Q. et Se Sont ouvert&#13;
1199 a fonds Sur Son chapitre, Jl leur a promis quil feroit&#13;
1200 Son possible p.r le destourner de retourner en canada,&#13;
1201 et le porter a Se demettre. Je croy qu’il n’y gagnera&#13;
1202 rien. Car M. Levesque fait tous Ses efforts p.r&#13;
1203 retourner. Jl a dit ces jours passez a M. Levesque de&#13;
1204 chartres quil ne Se demettra jamais et moura Evesque&#13;
1205 de Quebec. Cette fermeté esbranle l’esprit du maistre&#13;
1206 Nous venons de recevoir une lettre de M. de Denonville&#13;
1207 qui nous mande quil est Necess.re de nous assembler&#13;
1208 Sur le party que nous devons prendre p.r en empeschant&#13;
1209 quil ne retourne p.r obvier aux peines que peut causer un&#13;
1210 Grand vicaire, et sil retourne Sans qu’on puisse l’en&#13;
1211 empescher Sur cequ’on doit lui proposer p.r remedier&#13;
1212 aux maux autant quil Sera possible Nous devons&#13;
1213 aller le voir vendredi 25.e Janvier.&#13;
1214 Je reprens cette lettre au commencem.t de fevrier p.r&#13;
1215 vous raporter ce qui Sest passé au commencem.t la fin du&#13;
1216 mois dernier passé. Nous allasmes le 25.e trouver M.&#13;
1217 de Denonville M. de Brisacier et moy. Nous y passame&#13;
1218 la journée. Jl avoit esté intimidé par ceque lui avoit&#13;
1219 dit le R. P. de la chaize le dimanche dauparavant. Led.’&#13;
1220 Pere ne S’estoit pas ouvert a lui entierem.t, co’e nous&#13;
1221 l’avons Sceu depuis, Jl lui avoit Seulem.t, dit que le&#13;
1222 Roy n’estoit pas encore resol determiné a retenir M’gr&#13;
43.&#13;
&#13;
1223 et qu’il devoit prendre conseil; Sur cela M. Le marquis&#13;
1224 plein de zele p.r cette pauvre Eglise apprehenda que l’on&#13;
1225 ne conseillast au Roy de laisser retourner M.&#13;
1226 M. de Brisacier lui rendit compte de tout ce que Nous avons&#13;
1227 fait Jl l’assura que si le Roi prenoit conseil Sur cette&#13;
1228 aff.re ce ne Seroit que de M. Larch. de Paris, et quil estoit&#13;
1229 assuré que M. de Paris conseilleroit de retenir M. en france.&#13;
1230 cepend.t co’e J’estois en peine Sur une parole que M. Levesque de chartres&#13;
1231 avoit dit a M. LEvesque de Q. J’engageay M. Labbé de Brisacier&#13;
1232 a lui escrire. M. de chartres avoit dit a M. de Q. quil lui conseilloit&#13;
1233 fort de Se demettre, mais que Sil ne vouloit pas le faire, Jl ne&#13;
1234 croioit pas qu’on dust l’arrester hors de Son dioceze. Je craignis&#13;
1235 qu’il nen dist autant a Mad.e de maint. et quelle ne le dist au&#13;
1236 Roy, M. de Brisacier eut la bonté de lui escrire, a S.t Cir par cequil&#13;
1237 y devoit venir ce Soir la mesme, et auroit pu parler ainsy a Mad.’&#13;
1238 de m. mais il n’y vint pas.&#13;
1239 J’allay voir a mon retour Le P Lamber ville, Jl me dit que&#13;
1240 le R. P. dela chaize nous donneroit audiance Le Dimanche&#13;
&#13;
�1241 27. a neuf heures, nous nous y trouvasmes avec led Pere&#13;
1241 que Nous prisme en passant et apres avoir attendu deux&#13;
1242 heures, Nous eusmes une longue audiance. Le R. P. Nous&#13;
1243 apprit que M. de Q. l’estoit venu trouver la Semaine d’auparavant,&#13;
1244 et l’avoit fort pressé de procurer Son retour, l’assurant quil tiendroit&#13;
1245 toutes choses en paix, que p.r cela Jl Se retireroit a mont real,&#13;
1246 et vous laisseroit les maistres a Quebec (c’est cequil avoit aussi&#13;
1247 proposé a Nos m.rs, et ils lui repondirent fort bien a M. Dauche que c’estoit la&#13;
1248 la proposition laplus captieuse quils peust proposer p.r faire croire&#13;
1249 que Nous voulions estre les maistres &amp;.) Jl lui dit encore que&#13;
1250 Son dessein Seroit, apres avoir passé cinq ou Six ans en canada&#13;
1251 de Se demettre alors avec honneur, mais qu’il lui estoit&#13;
1252 presentem.t trop honteux p.r S’y resoudre; Jl lui presenta&#13;
1253 un cahier de memoire, C’est une reponse quil fait aux articles&#13;
1254 de la lettre de M’gr Lancien, Jl dit quayant appris&#13;
44&#13;
&#13;
1255 que des copies de cette lettre avoient courües ala cour, et&#13;
1256 quelle avoit peut estre esté leüe au Roy, Jl lui estoit avantageux&#13;
1257 que Le Roy entendist les reflexions quil avoit faites par&#13;
1258 apostilles Sur cette lettre, et Jl lepria de les lire auRoy et&#13;
1259 de vouloir bien leSuplier de Se declarer incessamm.t p.r Son&#13;
1260 retour par cequil lui estoit tres neces.re p.r choisis des miss.res&#13;
1261 et faire Ses provisions factures &amp;. p.r Son voiage qu’il Sceust&#13;
1262 dans peu Sil devoit retourner ou rester.&#13;
1263 Je ne puis Savoir Soupconner par qui il a pu connoistre que des copies de&#13;
1264 cette lettre ont courües a la cour, que M. Labbé de Préfontaine&#13;
1265 qui demeure chez M. Le Duc de Beauvilliers, grand amy de&#13;
1266 M. de la Palliere a qui M. de Denon ville S’en Sera ouvert co’e&#13;
1267 a un amy commun, et qui laura dit ensuite a M. dela&#13;
1268 Palliere.&#13;
1269 Le R. P. de la chaize lui dit tout ce qu’on peut dire deplus fort&#13;
1270 p.r le porter a ne pas retourner, Jl lui dit mesme ce que M. Le&#13;
1271 Comte Se dit en parlant de lui, quil vouloit l’avoir p.r Evesque,&#13;
1272 par ce quil ne pouvoit plus lui nuire, cepend.t malgré tout cela&#13;
1273 M’gr de Q. persista a vouloir retourner, et pria le P. dela&#13;
1274 chaize de lire Son memoire au Roy, ce quil ne put lui refuser,&#13;
1275 par cequil est le canal par qui les aff.res Ecclesiastiques&#13;
1276 doivent passer.&#13;
1277 Le P. dela chaize presenta en effet ce memoire au Roy, et&#13;
1278 lui demanda S’il vouloit qu’il le lust, Le Roy dit qu’il estoit&#13;
1279 trop long et demanda dequoy il Sagissoit, ayant appris&#13;
1280 que M. demandoit permission de retourner Jl demanda&#13;
1281 au P. Confess. Ce quil en pensoit, Le R. P. lepria de prendre&#13;
1282 conseil, et lui demanda Sil desiroit quil en parlast de Sa&#13;
&#13;
�1283 part a M. de Pont ch. S. m. dit que cela n’estoit pas necess.re&#13;
1284 quil le pouvoit cepend.t, et qu’il falloit repondre a M. de&#13;
1285 Q. que S. m n’estoit pas encore determinée.&#13;
1286 Le P. Confess. fut peu apres trouver M de Pont ch. Jl y&#13;
45.&#13;
&#13;
46&#13;
&#13;
1287 trouva M. LEvesq’ de Q. qui lepria de rester, qu’il n’estoit&#13;
1288 par trop dans la conference qu’il avoit avec M. de Pont ch&#13;
1289 Sur Son retour, ce fut en Sa presence qu’il dit au P. de la&#13;
1290 ch. Quil estoit necess.re qu’il retournast en canada&#13;
1291 p.r conserver aux PP. Jes. les missions outaoises&#13;
1292 qu’on vouloit leur oster. Quand Jl Se fut retiré Le P.&#13;
1293 Confess. dit a M. de Pont ch. qu’il venoit dela part du Roy&#13;
1294 lui parler de cette aff.re&#13;
1295 Lors q’ M. pressa M. de Pont ch. de procurer Son retour,&#13;
1296 et Se declarer p.r lui, M. de Pont ch. lui dit en presence&#13;
1297 du P. de la chaize qu’il n’estoit estably que p.r prendre&#13;
1298 tirer de largent lever des Subsides, remplir les coffres&#13;
1299 du Roy &amp;. quil ne devoit Se mesler que de ces aff.res et&#13;
1300 que ne Sagissant nullem.t de cela, en ce qui regardoit&#13;
1301 M. de Q. Jl en devoit nullem.t S’en mesler. Jl dit la&#13;
1302 mesme chose au P. de la ch. apres q’ M. de Q. Se fut&#13;
1303 retiré, lors q’ ce R. P. lui dit qu’il venoit lui parler de&#13;
1304 ces aff.res de la part du Roy, qu’il n’en parleroit point&#13;
1305 au Roy Si le Roy ne lui enparloit, que ces aff.res n’estoient&#13;
1306 point de Son ressort &amp;.&#13;
1307 Le Jeudi Suivant dernier Jour de Janvier M. de Q.&#13;
1308 retourna a versailles, fit persenter par le P. de la&#13;
1309 chaize le Samedi un placet au Roy p.r demander au&#13;
1310 plutost Son retour, Jl fut trois jours entiers a versailles.&#13;
1311 Cepend.t Le P. Confess. lui repondit encore que le Roi&#13;
1312 n’estoit pas encore determiné. Je ne Scay ce quil y alla&#13;
1313 faire encore le mardi 5.e fevrier par un froit des plus&#13;
1314 rudes quil puisse faire en france. Jl ne Scait pas encore&#13;
1315 Sa determination aujour dhui 9.e fevrier.&#13;
1316 J’ay oublié de vous marquer en Son rang une conference&#13;
1317 que Nous eusmes avec lui en presence de M. de la Palliere&#13;
1318 Jl me dit qu’il estoit necess.re quil vist nos m.rs p.r parler&#13;
1319 de nos unions d’abbayes, Je disposay a cela nos m.rs&#13;
1320 Jl ne nous fit que trop connoistre en cet entretien quil&#13;
1321 n’estoit nullem.t changé, malgré tout ceque Nous en avoit&#13;
1322 dit Si Souvent M de la Palliere. Quand J’y fus appelé&#13;
1323 Jl estoit aux prises, Sur le chapitre de la lettre escrite par&#13;
1324 lui a M’gr Lancien, Jl Soutenoit fortem.t n’en avoir&#13;
&#13;
�1325 point escrit ou il eust permis a M’gr Lancien de donner&#13;
1326 les ordres, hors un billet quil laissa aux Recollets en&#13;
1327 partant p.r venir en france, auquel , ditil, les Recollets&#13;
1328 auront pu ajouter la datte du 18. may 1695. mais quil&#13;
1329 n’en avoit escrit aucun de cette datte, et il en fit des&#13;
1330 protestations Sans nombre, jusqu’a y engager Son&#13;
1331 Salut éternel plus.rs fois, a vouloir parier Son&#13;
1332 Evesché contre M. Tiberge, et a promettre de donner Sa&#13;
1333 demission Si cela Se trouvoit vray. a vous entendre&#13;
1334 lui dirent nos m.rs votre demission est ceque Nous&#13;
1335 desirons davantage &amp;. Jl voulut encore parier Ses&#13;
1336 deux oreilles a couper &amp;. Prenez garde a vos oreilles&#13;
1337 lui dit en riant M. Tiberge. Je lui montray ensuite&#13;
1338 cette copie, Jl Se rescria 1.e contre la datte; 2.e contre&#13;
1339 le Stile quil pretendit n’estre pas de lui acause quil&#13;
1340 y a, ne vous defendez pas dofficier &amp;. dans une&#13;
1341 Eglise que vous aimez Si parfaitem.t 3. Jl pretendit&#13;
1342 que ce pouvoir dordonner estoit relatif a la priere&#13;
1343 qui en Seroit faite par M. Dolier. Enfin Jl n’y eut&#13;
1344 chicane quil ne fist Sur cela et Jl pria apres toutes&#13;
1345 ces choses de n’en point parler ni icy ni en Canada&#13;
1346 Nos m.rs lui dirent quils pouvoient bien lui promettre&#13;
1347 de n’en pas parler en france, mais quils ne pouvoient le&#13;
47.&#13;
&#13;
1348 dispenser d’en escrire en canada p.r Scavoir la verité.&#13;
1349 Jls lui ont mesme promis que Je ne vous en escrirois point,&#13;
1350 et que ce Seroient eux Seuls qui en escriroient. Je ne&#13;
1351 leur en ay pas demandé permission; faites comme Si&#13;
1352 vous ne Scaviez rien de tout ce que Je viens de vous&#13;
1353 apprendre.&#13;
1354 le jour mesme Jl convint (pend.t que J’estois allé assister&#13;
1355 a la mort une personne que je confesse) avec nos m.rs&#13;
1356 qu’on mettroit Seulem.t dans la declaration de la quittance&#13;
1357 de finances p.r les contracts de Rentes provenues des&#13;
1358 bois de moebec que ce fonds appartenoit a Labbaie&#13;
1359 de meobec unie a LEvesché et au chapitre de Quebec.&#13;
1360 Cette Simple declaration ne nous donnera aucun droit&#13;
1361 de toucher Sur nos quittances ce qui appartiendra au&#13;
1362 chapitre, mais Seulem.t Sur les Siennes. ce qui n’est&#13;
1363 nullem.t agreable, car tant qui aura le temporel a Sa&#13;
1364 disposition Jl Sera en estat de faire de la peine. Je l’ay&#13;
1365 representé. on y a eu peu d’egard. Je n’ay pas cru devoir&#13;
1366 trop insister p.r nepas paroistre entesté de mes penséez.&#13;
1367 Jl convint encore avec eux que Je porterois toutes nos pieces&#13;
&#13;
�1368 p.r nos unoins chez un habille banquier p.r le consulter Sil&#13;
1369 n’y manquoit rien. Je m’addressay p.r cela de Son avis et de&#13;
1370 celui de nos m.rs a M. chuberey qui les a examinéez. Nous&#13;
1371 nous So’es tous trouvez chez lui Le Jeudy 7.e fevrier, ou&#13;
1372 on a examiné deux choses. La 1.ere comment on feroit le partage&#13;
1373 des abbaies, La 2.de Si les procez verbaux faits des abbaies&#13;
1374 estoient en bonne forme p.r les envoier a Rome.&#13;
48.&#13;
&#13;
1697.&#13;
&#13;
Fénélon&#13;
&#13;
Bossuet.&#13;
&#13;
49.&#13;
(Archeveque&#13;
de paris)&#13;
&#13;
1375 voicy bien des Nouvelles et qui vous Sur prendront.&#13;
1376 M’gr de Q retournera en canada Selon toutes les aparences.&#13;
1377 voici co’e les choses ont tournéez&#13;
1378 Le Roi ayant remarqué que c’estoit Sur lui Seul que tomboit&#13;
1379 la Justice ou linjustice de la retention de M. de Q. en france&#13;
1380 crut devoir prendre conseil p.r Scavoir Sil pouvoit en&#13;
1381 conscience le retenir. Nous avoins preveus que le Roi pouroit&#13;
1382 S’adresser a M. de Paris ou a M. de cambray et Nous les croiions&#13;
1383 tres bien disposéz En effet Jl S’adressa a ce dernier l’un des&#13;
1384 jours gras et lui demanda Sil pouvoit retenir M. de Q. hors&#13;
1385 de Son dioceze p.r toujours veu l’etat ou estoient les aff.res en&#13;
1386 ce pais la. M. de Cambray fit paroiste quil ignoroit les&#13;
1387 aff.res de M. de Q. Le Roi eut la bonté de lui demander, mais&#13;
1388 ne vous en aije pas parlé l’an passé. (En effet il lui en&#13;
1389 avoit parlé) M. De Cambray continua de faire l’ignorant,&#13;
1390 ou en effet Jl ne S’en Souvint pas alors, et il xx dit au Roi&#13;
1391 qu’il nestoit pas assez instruit de cette aff.re et qu’il prioit&#13;
1392 S. m de S’adresser a quelquautre. Ce la obligea le Roi&#13;
1393 de demander a M. de meaux Son Sentiment Sur ce sujet.&#13;
1394 Jl lui dit quil estoit persuadé que M. de Q. estoit incapable&#13;
1395 de bien gouverner Son dioceze et que quelques protestations&#13;
1396 qu’il fist Jl ne Se corrigeroit pas, mais qu’apres tout il&#13;
1397 ne vouloit pas Se demettre, et quil desiroit Scavoir Sil devoit&#13;
1398 lempescher de retourner dans Son dioceze. M. de meaux&#13;
1399 navoit point esté instruit par Nous, car Jamais nos m.rs&#13;
1400 ne lui avoient parlé de ces choses. Jl connoissoit cepend.t&#13;
1401 parfaitem.t bien M. de Q. Jl ne voulut par prononcer&#13;
1402 Sur ceque lui demandoit le Roi Sans user de deference&#13;
1403 envers M. de P. Jl dit qu’estant alors dans la chambre&#13;
1404 du Roi Si S. m vouloit le faire approcher Jl diroit Son&#13;
1405 Sentiment apres lui. Le Roi fit donc approcher M. de P.&#13;
1406 qui par modestie voulut que M de meaux co’e Son&#13;
1407 ancien dEpiscopat dist le 1.er Son Sentiment, et Tous&#13;
1408 les deux concoururent a dire quil Seroit a Souhaiter que&#13;
1409 le Roi tirast damitié la demission &amp;. mais que Sil ne la&#13;
&#13;
�1410 vouloit pas donner Jls croioient qu’on ne devoit pas&#13;
1411 lempescher de retourner en Son dioceze, ou il estoit&#13;
1412 obligé de resider Suivant les canons, et que ce n’estoit&#13;
1413 pas une voie canonique duser ainsy de lautorité du&#13;
1414 Roi. &amp;. Nous avons esté Sur pris que M. Larch. De&#13;
1415 Paris ait esté cette année de cet avis, et Nos m.rs lui&#13;
1416 en marquerent honnestement leur Sur prise lejour&#13;
1417 des cendres, car Jl nous avertit dez le matin de cejour&#13;
1418 la disposition dans laquelle estoit le Roi Nous allasmes&#13;
1419 le trouver a midy Jl nous dit co’e letout S’estoit&#13;
1420 passé, et il ajoutta que le Roi estoit resolu en laissant&#13;
1421 retourner M. de Q. de l’empescher par Son authorité&#13;
1422 de faire le mal quil Seroit capable de faire Sil n’estoit&#13;
1423 arresté par cette authorité&#13;
1424 Nous voulusmes encore faire une tentative, et nous&#13;
1425 dressasmes un memoire p.r M Larch. de Paris dans&#13;
1426 lequel Nous lui representions quavant que le Roi prist&#13;
1427 le parti de laisser retourner N. Jl estoit de Sa pieté et&#13;
1428 mesme de Son obligation dans la connoissance qu’il&#13;
1429 avoit du mal quil pouvoit faire de tenter toutes les&#13;
50.&#13;
&#13;
1430 voies de tirer de lui Sa demission a l’amiable, que&#13;
1431 tous ceux qui connoissoient N. croioient que Si S. m.&#13;
1432 pouvoit lui parler avec bonté et lui dire a peuprez&#13;
1433 ces paroles, (Je Scay que dans l’etat ouSont les choses&#13;
1434 Jl est du bien dela Religion que vous ne retourniez&#13;
1435 point en canada, Soit que le mal vienne de vous ou&#13;
1436 de ceux qui Sont Sous v’re conduite vous n’y pouvez&#13;
1437 plus faire de bien, vous en pouvez faire ailleurs&#13;
1438 Je ne veux pas user d’authorité p.r demander v’re&#13;
1439 demission ni mesme p.r vous arrester en france, mais&#13;
1440 vous me ferez plaisir deme la donner, Je vous en&#13;
1441 auray obligation et Jauray Soin de vous.) M. de Q.&#13;
1442 Seroit capable de ceder, qu’au pis aller S. m. ne commettroit&#13;
1443 point en cela Son authorité mais Seulem.t Sa bonté.&#13;
1444 Nous allasmes lapres disnée montrer ce memoire au P.&#13;
1445 de la chaize a qui Nous apprismes toutes ces choses quil&#13;
1446 ne Scavoit pas encore, Jl approuva ce memoire et le&#13;
1447 lendemain nous le portasmes a M. Larch. et&#13;
1448 lenvoiasmes a Mad.e de m.&#13;
1449 Ce que Je craignois le plus estoit que S. m. nedist a M.&#13;
1450 de Pont ch. cequil avoit resolu de faire de M. de Q.&#13;
1451 apres ce conseil des Evesques, queM dePont ch. ne le&#13;
1452 fist Scavoir au Prelat, et quainsy Nous ne pussions&#13;
&#13;
�1453 rien faire M. Larch. escrivit a Mad. de m. p.r laprier&#13;
1454 de Suplier le Roi de n’en rien dire a M. de Pont ch.&#13;
1455 jusqu’a ce quil eust vu S. m. La Lettre de M. Larch.&#13;
51.&#13;
&#13;
1456 tarda deux jours a estre rendüe et le Roi en avoit&#13;
1457 deja parlé a M. de Pontch. Qui estant p.r lors fort&#13;
1458 occupé a marier Son fils nepensa pas a en rien&#13;
1459 mander aM. De Q. Le Roi ayant est prié ensuite&#13;
1460 par Mad.e de m. d’en garder le Secret jusqu’a ce que Sa m.&#13;
1461 eust parlé a M. de Paris, S. m. demanda a M. de Pont ch.&#13;
1462 Sil en avoit fait Scavoir quelq’ chose a M. de Q. Jl&#13;
1463 dit au Roi quil n’y avoit pas Songé et voulut S’en&#13;
1464 excuser co’e d’une faute S. m. lui dit quil avoit bien&#13;
1465 fait, et qu’il gardast le Secret jusqu’a ce quil lui en&#13;
1466 reparlast.&#13;
1467 Peu apres Nous vismes M. de meaux q qui nous lusmes&#13;
1468 les memoires. Jl connoissoit le Prelat Sans que Nous lui&#13;
1469 eussions parlé. Jl dit cepend.t qu’il auroit peine a&#13;
1470 changer de Sentiment, mais qu’il Seroit porté a engager&#13;
1471 S. m. de larrester encore une année, mais M. de Paris&#13;
1472 que Nous vismes peu apres ne donna pas la dedans. Jl&#13;
1473 demanda quel bien reviendroit de Le retenir encore p.r une&#13;
1474 année. Jl parut frapé de ceque M. de Pont ch. Lui avoit dit&#13;
1475 contre ceux qui faisoient retenir le prelat en france&#13;
1476 demandant quelle devotion et pieté c’estoit d’arracher un&#13;
1477 Evesque de Son Eglise par violence &amp;. M. de Paris crut&#13;
1478 qu’on devoit inspirer au Roi de lui demander d’amitié Sa&#13;
1479 demission. Jl le lui proposa en effet et Sa m. voulut&#13;
1480 bien faire cette demarche quoi qu’elle la crust inutile&#13;
1481 veu le caractere desprit de la personne&#13;
1482 C’est ce que Nous apprit M. Larch. de Paris le Lundi de&#13;
1483 la 1.ere Semaine de caresme que Nous fusmes le voir.&#13;
&#13;
52.&#13;
&#13;
1484 Jl nous montra un memoire presenté par M. de Quebec&#13;
1485 dans lequel Jl faisoit les plus belles protestations depaix&#13;
1486 qu’on puisse faire. Jl S’excusoit Sur ce qu’on laccusoit dit il&#13;
1487 de vouloir conduire Son dioceze par des lumieres extraord.re&#13;
1488 Jl faisoit un offre a la fin de ce memoire de Se retirer&#13;
1489 a montreal et de laisser a Quebec toute lauthorité a Mgr&#13;
1490 Lancien Nous nous eslevasmes la contre, et nous vismes&#13;
1491 les inconveniens de cette proposition car Si nous lacceptio[ns]&#13;
1492 Jl n’en faudroit pas davantage p.r faire croire cequ’on a trop&#13;
1493 de disposition a croire apres quon a tasché de linspirer, que&#13;
1494 tous les deboires de M. de Q. ne viennent que de la Jalousie # de&#13;
&#13;
�qu’on pretend qu’a&#13;
Lancien Evesque&#13;
&#13;
53&#13;
&#13;
1495 Sestre demis et de navoir plus depart au Gouvernem.t Dailleurs&#13;
1496 cela nauroit esté que p.r peu damééz Mgr Lancien enfin&#13;
1497 nauroit eu quune authorité Subordonnée, et nauroit peu&#13;
1498 faire aucun bien.&#13;
1499 M. Larch. de Paris nous a paru avoir esté gagné par M&#13;
1500 Larch. Dauche p.r laisser retourner M. de Q. Jl ne le connoist&#13;
1501 pas encore aussi parfaitem.t que le connoissoit feu M. de Paris&#13;
1502 Jl nous parut croire que M. de Q. feroit mieux qu’il n’a&#13;
1503 fait apres toutes ces aff.res, ou que du moins Jl prendroit de&#13;
1504 lui mesme leparti de Se retirer avec honneur Sil ne pouvoit&#13;
1505 retablir la paix. C’est ce que Je ne puis me persuader. Jl est&#13;
1506 vray que M. Dauche en a assuré M. de paris, que M. de Q. l’a&#13;
1507 dit lui mesme au P Lamber ville, mais c’est a quoy il repensera&#13;
1508 Seulem.t pas dez quil Sera a Q.&#13;
1509 Nous voulusmes porter M. Larch. a inspirer au Roi de&#13;
1510 tirer de M. de Q. parole en lui permettant de retourner&#13;
1511 quil ny restera que quatre ou cinq ans, et quapres cela, Jl&#13;
1512 Se demettroit de lui mesme. mais on negousta pas ceparti,&#13;
1513 et Je ninsistay pas bien fortem.t par ce que Je previs que Nous&#13;
1514 tirerions de cecy un tres petit avantage&#13;
1515 Nous attendismes doncp.r Scavoir quel effet auroit ce que Le Roi&#13;
1516 devoit dire au Prelat. Ce ne fut que vers le milieu de la 3.e&#13;
1517 Semaine de Caresne que le Roi lui parla, Jl eut une audiance&#13;
1518 Secrette, et le Roi lui parla d’une maniere fort affable a Son&#13;
1519 ord.re Jl lui dit quil reconnoissoit parler a un Saint Evesque &amp;.&#13;
1520 Jl chercha tout ce qui pouvoit adoucir Son esprit. cepend.t apres&#13;
1521 toutes ces honnestetéz Jl lassura quil Scavoit quil nepouroit&#13;
1522 plus faire de bien en canada, Jl lui demanda Sa demission de&#13;
1523 bonne amitié Lassurant quil lui feroit plaisir en cela,&#13;
1524 quoiquil pust estre assuré quil nuseroit point d’authorité&#13;
1525 p.r le retenir en france encore moins p.r lui oster Son Evesché&#13;
1526 M. de Q. ne repondit qu’aux honnestetéz du Roi par de grandes&#13;
1527 assurances de Son respect de Sa reconnoissance et de Ses&#13;
1528 attachemens; mais vous nerepondez pas a ce que Je vous&#13;
1529 demande dit le Roi, Jl y a, Sire, des choses, dit M Levesque&#13;
1530 Sur les quelles il est plus respectueux de nepas repondre a&#13;
1531 v. m. Le roi alors lui dit avec un ton de maistre, que&#13;
1532 cela estant il retourneroit a Son dioceze, mais quil prist&#13;
1533 garde d’y retablir entierem.t la paix &amp;. par ceq’ Sil entendoit&#13;
1534 encore parler de lui il Scauroit bien le rapeler p.r ne le plus&#13;
1535 laisser retourner.&#13;
1536 Je vous mande tout cecy, leplus exactem.t quil mest&#13;
1537 possible, et Sans beaucoup d’ordre, mais Jl est important&#13;
&#13;
�1538 que vous ne parliez nullem.t de ces choses, et qu’au&#13;
1539 contraire vous en fassiez les Jgnorans. Plus.rs autres&#13;
1540 le Scavent assez et le diront assez Sans que vous le&#13;
1541 disiez, Jl est important qu’on nepuisse pas dire que&#13;
1542 vous lavez dit, et Je vous prie mesme dene pas faire&#13;
1543 paroistre que Jevous l’aie demandé.&#13;
54.&#13;
&#13;
1544 Quoi quil y eust plus de trois semaines que Je m’atten=&#13;
1545 disse a tout cecy Je vous avoüe que Je ne laissay pas&#13;
1546 de tomber dans une affliction tres Sensible lors que cela&#13;
1547 fut assuré; un raion desperance m’avoit Soutenu&#13;
1548 jusqualors, Je craignis tres fortem.t de voir renouveller&#13;
1549 toutes les divisions anciennes. Je fus trois ou quatre&#13;
1550 jours dans un abbatem.t dont Je ne pouvois revenir,&#13;
1551 et Je ne trouvois de consolation que dans une humble&#13;
1552 Soumission aux ordres de Dieu, lui disant avec Job&#13;
1553 Et ha’e mihi Sit consolatio ut affligens me dolore&#13;
1554 non par cat, nee contradicam Sermonïbus Sancti :&#13;
1555 J’eus un nouveau Sujet de maffliger lors q’ voulant&#13;
1556 porter nos m.rs a faire regler tous les differens&#13;
1557 qui avoient esté et pouvoient renaistre entre M. et&#13;
1558 Son clergé, Nos mess.rs me dirent quils ne falloit&#13;
1559 pas penser a rien faire regler proposer de peur que Nous&#13;
1560 ne fussions pas favorablem.t escoutéz, quils avoient&#13;
1561 eu en veüe jusqu’a pnt darrester M. en france&#13;
1562 regardans cet esloignem.t co’e un remede a bien des&#13;
1563 maux, mais que le Roy permettant ce retour, Son&#13;
1564 ministre le demandant, le P. confesseur nagissant pas&#13;
1565 dans cette aff.re avec toute la fermeté qu’on eust pu&#13;
1566 desirer, et les archevesques et Evesques estans&#13;
1567 toujours plus disposez a Soutenir les Sup.rs qu’a les&#13;
1568 Jnferieurs, contre eux, Nous Serions exposez a estre&#13;
1569 refuseéz en demandant quelq’ chose&#13;
1570 Ce n’est pas que Nos mess.rs neussent tout le desir&#13;
1571 possible de Nous rendre Service, Jls l’ont bien fait&#13;
&#13;
55.&#13;
&#13;
1572 paroistre en cette aff.re qui leur a plus cousté que toutes&#13;
1573 celles quils ont Jamais eu p.r les missions orientales&#13;
1574 et la maison de Paris, mais Jls voioient la disposition&#13;
1575 des esprits, Tout cequ’on a dit contre M’gr Lancien, et&#13;
1576 nos m.rs de canada, Tout ce qu’on a dit contre eux a&#13;
1577 Paris et ils Sentoient quil valoit mieux ne rien&#13;
1578 demander oupeu de choses que dentrer dans une&#13;
1579 discussion fort longue qui ne Serviroit de rien&#13;
&#13;
�1580 Jls voulurent bien cepend.t dresser un petit memoire&#13;
1581 dont Je vous envoie copie duplicivia quils&#13;
1582 donnerent a M. Larch. de Paris qui tout leur ami&#13;
1583 qu’il est ne laissa pas de leur dire quil y avoit bien&#13;
1584 des choses en ce memoire qui ne pouvoient estre bonnes&#13;
1585 que p.r la Nouvelle france, et ne Seroient pas receues par&#13;
1586 aucun Evesque de france Jl ne laissa pas de le prendre&#13;
1587 et de le proposer a M. de Q. en le pressant dentrer dans&#13;
1588 ces veües. M. de Q : le garda dix jours, y fit Ses remarques&#13;
1589 le rendit a M. Larch. Lui protesta quil donnoit les&#13;
1590 mains a toutes ces choses quil vouloit absolum.t&#13;
1591 rétablir la paix dans Son Eglise et qu’il S’y appliqueroit&#13;
1592 entierem.t&#13;
1593 vous aurez peut estre bien des choses a me dire Sur&#13;
1594 ce memoire, 1.e p.r quoy Je n’y ay pas renfermé tout ce&#13;
1595 qui pouvoit former quelq’ contestation avec Mgr&#13;
1596 2. p.r quoy du moins Je n’y ay pas compris larticle&#13;
1597 des 4000.# 3. p.r quoy Je n’ay pas demandé qu’on en&#13;
1598 fist des reglemens co’e en 1692 et 1693. et ainsy de&#13;
1599 plus.rs au.’&#13;
1600 Jaurois plus.rs reponses a vous faire Sur toutes ces&#13;
56.&#13;
&#13;
1601 difficultéz. J’y reponds en peu de mots. Nos m.rs ont&#13;
1602 voulu Ne faire paroistre que le moins de difficultéz&#13;
1603 qui est possible, Jls ont crus que les reglemens, Sur&#13;
1604 tout celui de 1693. nous estant contraire nous ne&#13;
1605 devions pas incidenter Sur un article qui neNous&#13;
1606 estoit pas favorable, D’ailleurs Jls ont crus que Nous&#13;
1607 devions Sur tout esviter toutes ces difficultéz dJnterests&#13;
1608 Jl ne faut pas croire que quand nous ferions regler&#13;
1609 quelq’ chose avec M’gr, nous pussions obtenir d’en faire&#13;
1610 faire des reglemens co’e il en a fait faire cela ne&#13;
1611 convient pas a des Jnferieurs. Nous n’en viendrions&#13;
1612 pas a bout quand Nous l’entreprendrions&#13;
1613 Larticle Sur lequel J’ay cru devoir appuyer est L’union&#13;
1614 de la cure de Quebec, (vous dirai je que cela n’est pas&#13;
1615 du goust de M. Tiberge qui croit quapres tout cela n’est&#13;
1616 pas essentiel a un Sem.re des missions Estrangeres, que&#13;
1617 nous ne devrions pas trop nous empresser p.r ces choses&#13;
1618 qui marquent un peu trop d’avidité; Je lui ay cepend.t&#13;
1619 fait connoistre combien Jl importe davoir cette Cure&#13;
1620 p.r le Sem.re dans un petit lieu co’e Quebec) M. de Q.&#13;
1621 dit Sur cette Cure a M. Larch. de Paris, et M. Larch. nous le&#13;
1622 redit que L’union qui en avoit esté faite n’avoit pas esté&#13;
&#13;
�1623 revestüe de toutes Ses formalitéz et qu’il estoit resolu a Son&#13;
1624 retour a Quebec de les faire observer, et de consommer&#13;
1625 cette union; Nous en avons parlé plus.rs fois depuis a Mgr&#13;
1626 de Q. Jl nous a toujours repondu la mesme chose;&#13;
1627 et il est dans le dessein dele faire : Jl est tres constant&#13;
1628 que les formalitéz n’ont pas esté observéz dans cette&#13;
1629 union Jl falloit faire une Jnformation de l’incommodite&#13;
57.&#13;
&#13;
1630 de faire desservir cette cure par le chapitre, et dela&#13;
1631 commodité dela faire desservir par le Sem.re Jl falloit&#13;
1632 entendre Sur cela quelques principaux et mesme Sil&#13;
1633 estoit possible tous les membres du chapitre et quelques&#13;
1634 Notables de la paroisse; cela eus testé tres facile en 1684.&#13;
1635 lors q’ M’gr institua Son chapitre, et unit de Nouveau&#13;
1636 cette Cure au Sem.re : Quand M de Q. consentiroit qu’on&#13;
1637 prist Sur cette union des lettres patentes, M. Larch. de&#13;
1638 Paris, et plus.rs au’ croient qu’on pouvoit encore revenir&#13;
1639 a cause de cette formalité obmise Je prends cepend.t un&#13;
1640 certain tour qui Sil reussit poura nous faire finir&#13;
1641 cette aff.re en france, Sans toutes ces formalitéz Je vous&#13;
1642 en Jnformeray cy dessous.&#13;
1643 Nous eusmes avec M’gr de Quebec le Lundi d’apres le&#13;
1644 1.er Dimanche de Pasque une assez longue conference&#13;
1645 Sur tout ce qui pourroit former des difficultéz entre&#13;
1646 lui et Notre Sem.re co’e Jl Sepressoit departir Je priay&#13;
1647 M. Labbé de Brisacier deSe dérober une apres disnée&#13;
1648 d’une mission quil faisoit alhopital g’ral p.r disner&#13;
1649 avec Mgr de Q. et raisonner avec lui de plus.rs points&#13;
1650 dont Jl paroissoit necess.re de convenir avant Son depart&#13;
1651 M. de Q. vint y disner avec M. dela Palliere, et Son&#13;
1652 ho’e d’affaire. Je priay encore M. chuberé avocat&#13;
1653 qui a dressé nos concordats procez verbaux &amp;. p.r nos&#13;
1654 unions d’y venir aussi. Nous achevasmes apres le&#13;
1655 disner de lever les difficultéz qui restoient Sur le&#13;
1656 partage des abbayes dont Je vous parleray cy dessous&#13;
1657 apres que M. chuberé fut parti M. Labbé de Brisa=&#13;
1658 =cier, (car M. Tiberge n’y put estre estant allé cejour la&#13;
1659 en campagne) temoigna a M. de Q. la Joye quil&#13;
&#13;
58.&#13;
&#13;
1660 ressentoit de voir M’gr prendre le party de prevenir&#13;
1661 toutes les difficultéz qui pourroient Sur venir entre lui&#13;
1662 et Son clergé; quil avoit osté la Source deplus.rs par le&#13;
1663 partage qu’il venoit de faire, qu’il esperoit quil&#13;
1664 voudroit bien lever les au’ en reglant cequi Seroit a&#13;
&#13;
�M : de&#13;
Bernières&#13;
supérieur&#13;
&#13;
59&#13;
&#13;
1665 regler par raport au Sem.re dez la france, afin qu’on&#13;
1666 y pust preparer nos m.rs de canada. Jl lassura&#13;
1667 que quoi quil eust dit ou fait dans les differens qui&#13;
1668 estoient Sur venus, Son cœur n’avoit jamais esté blessé&#13;
1669 contre Sa personne, et qu’il lavoit toujours respecté&#13;
1670 et honoré; M’gr repondit a ces honnestetéz par dau’.&#13;
1671 En Suite M. de Bris. lui dit que les trois ans dela&#13;
1672 Superiorité de M de Bernieres estans expiréz et au dela,&#13;
1673 Jl le prioit de lui dire qui il auroit plus agreable qu’on&#13;
1674 mist en cette place, Sil auroit quelq’ personne en veüe&#13;
1675 p.r remplir la Cure de Q. en cas quil Jugeast qu’on dust&#13;
1676 y apporter du changem.t et ainsy deplus.rs au’ choses que&#13;
1677 lui proposa M. de Bris.&#13;
1678 M. de Q. temoigna la Satisfaction qu’il recevoit qu’on&#13;
1679 lui fist ces honnestetéz. Jl protesta quil vouloit absolum.t&#13;
1680 faire cesser toutes divisions, que p.r cela il vouloit tout&#13;
1681 autrem.t agir avec Son Sem.re, et Sur tout M Lancien&#13;
1682 quil n’avoit agi; que nous avions apprehendé qu’il ne&#13;
1682 voulust former un Nouveau Sem.re quil n’y avoit pas&#13;
1683 pensé, et quil estoit resolu de placer dans le Sem.re de&#13;
1684 Quebec les jeunes Ecclesiastiques quil a dessein d’y&#13;
1685 mener avec lui, qu’a la verité Jl avoit dessein d’exerçer&#13;
1686 lhospitalité envers Ses Curéz lors quils reviendroient&#13;
1687 a Quebec, en leur offrant des chambres chez lui, mais&#13;
1688 non pas d’y retirer et former des eleves. quil estoit resolu&#13;
1689 de prendre dans le Sem.re un Grand vicaire, et que qui [qu’]il&#13;
1690 eust Sujet dapprehender que M. Glandelet ne fist ce quil&#13;
1691 avoit fait autrefois lors quil lavoit choisi p.r cet employ&#13;
1692 en le refusant, Jl jettoit cepend.t les yeux Sur lui p.r&#13;
1693 M. de Brisacier lui promit quil trouveroit M. Glandelet&#13;
1694 tres Soumis a accepter cet employ lors que M. lui feroit&#13;
1695 lhonneur delelui presenter.&#13;
1696 M. de Q. ajouta que quoiq’ mond. S.r Glandelet fust&#13;
1697 un de ceux de qui il eust eu autrefois moins Sujet d’estre&#13;
1698 Satisfait, Jl le choisissoit non Seulem.t p.r cet employ&#13;
1699 avecplaisir, mais qu’il le croioit tres propre p.r remplir&#13;
1700 la Superiorité du Sem.re, et il voulut mesme ajouter&#13;
1701 p.r remplir la Cure de Quebec, mais Nous lui represen=&#13;
1702 tasmes qu’il connoissoit la foible complexion de M.&#13;
1703 Glandelet, qu’il falloit lui moins donner d’affaires&#13;
1704 p.r le mettre en état de les mieux remplir ce qui lui&#13;
1705 Sera confié et M. de Bris. lui dit que Si Sa Gr. le&#13;
1706 choisissoit p.r estre Son Gr. vic. Jl ne croioit pas&#13;
&#13;
�1707 qu’on lui pust donner autre employ avec cela que&#13;
1708 destre Sup.r du Sem.re : Jl lui proposa ensuite une&#13;
1709 veüe qu’il avoit p.r remplir la cure de Q. Sinon&#13;
1710 presentem.r au moins dans la Suite par M. Pocquet.&#13;
1711 M. de Q. approuva cette veüe mais il dit quil&#13;
1712 falloit donner a mond. S.r Pocquet quelques annéez&#13;
1713 p.r Se former a cet employ, quil en faisoit bien de&#13;
1714 l’estime, et qu’il le croioit tres propre p.r cette charge&#13;
1715 Si on l’y formoit pend.t quelques années en l’accoutu=&#13;
1716 mant a faire quelques actions en public, mais qu’il&#13;
1717 valoit mieux d’icy la laisser les choses en l’etat ou&#13;
1718 ou elles Sont a quoy nous nous rendismes volontiers&#13;
1719 Je puis vous assurer que Je n’ay point eu depart&#13;
1720 dans toute cette destination; J’ay laissé agir la&#13;
60.&#13;
&#13;
1721 divine providence la dessus co’e Sur tout lereste;&#13;
1722 Je Scay Dieu mercy combien chacun de vous est Soumis&#13;
1723 a Ses ordres, et le peu d’attache que chacun a Ses emplois&#13;
1724 M. de Q. dit que M de Brullon ne retournant point,&#13;
1725 on pouroit revestir M du Pré dela Penitencerie quil&#13;
1726 exerceroit avec grace, et feroit toujours dans la paroisse&#13;
1727 Ses visites et le bien quil y fait&#13;
1728 Jl nous dit encore les instances que M de merlac a&#13;
1729 fait p.r retourner cette année avec mond. Sgr en Canada&#13;
1730 qu’il lui avoit declaré nettem.t plus.rs fois quil ne demeureroit&#13;
1731 pas chez lui Sil y retournoit, que cela avoit fait prendre le&#13;
1732 parti a M de merlac de ne pas retourner cette année, et&#13;
1733 qu’il alloit faire un tour en Son pais, qu’il croiroit&#13;
1734 avantageux de tirer de lui Sa demission, p.r revestir Mons.’&#13;
1735 Petit de cette chantrerie &amp;.&#13;
1736 Je vous diray icy en passant que M de merlac est venu&#13;
1737 tout recemm.t trouver M. Tiberge (Je croy que ce fut le&#13;
1738 jour deS.t marc) Jl Se plaignit fort a lui qu’on ne le&#13;
1739 consultoit en rien p.r ces affaires du chapitre qu’on regloit&#13;
1740 avec M’gr, quil reconnoissoit que c’estoit une Suite de la&#13;
1741 mauvaise disposition de nos mess.rs p.r lui quil ne croioit&#13;
1742 pas lui x avoir donné ce Sujet. La conclusion de toutes&#13;
1743 ces plaintes fut qu’il consentiroit volontiers a resigner&#13;
1744 Son benefice enlui accordant unepension de cent francs&#13;
1745 par an; mais cela nepeut Se faire qu’apres que Lunion&#13;
1746 des abbayes Sera faite, car J’ay consulté Sur cela les&#13;
1747 Docteurs deSorbonne qui ne croient pas qu’on puisse&#13;
1748 accorder a p’nt une pension a M. de merlac Sur ce&#13;
1749 benefice qui n’a de revenu que ces abbayes qui neSont&#13;
&#13;
�1750 pas encore unies, dont Jls x pretendent qu’on nepeut&#13;
1751 Joüir en conscience jusqu’a ce que Lunion Soit admise en&#13;
1752 Cour de Rome.&#13;
61.&#13;
&#13;
1753 Quoiq’ nos m.rs m’eussent dit quils ne vouloient point&#13;
1754 agir p.r demander defaire coucher larticle des 4000.# en&#13;
1755 Sorte qu’un tiers fust affecté p.r le Curé, Je n’ay pas laissé&#13;
1756 d’aller voir plus.rs fois M dela Touche p.r cette affaire;&#13;
1757 cest un ho’e de bien qui entre tout a fait dans les veües&#13;
1758 de M. Le m. de Denonville, et de M. Labbé de Brisacier, Jl&#13;
1759 voudroit fort coucher larticle a notre avantage, mais&#13;
1760 co’e M. de Q. fait de tres fortes instances aupres du&#13;
1761 ministres p.r faire coucher cet article conformem.t&#13;
1762 au reglem.t de 1692 confirmé par arrest, M. dela Touche&#13;
1763 a dela peine a S’y opposer. Jl me pria un jour delui&#13;
1764 dresser un memoire qui appuyast notre droit en cette&#13;
1765 aff.re Je le dressay et le lui p’ntay; Je croy cepend.t&#13;
1766 qu’il n’aura pu empescher que M. de Pont ch. naccorde a&#13;
1767 Mgr de Q. de coucher larticle favorablem.t p.r lui.&#13;
1768 Cest dans cette pensée que dans la conference queNous&#13;
1769 eusmes avec lui Je lepriay instamment denous laisser&#13;
1770 toucher cette So’e. Je lui en representay les raisons. Jl&#13;
1771 merepondit que vous vous estimiez autrefois tres&#13;
1772 contens depouvoir par venir a en toucher dumoins la&#13;
1773 moitié que c’estoit p.r cela qu’il avoit resolu d’en destiner&#13;
1774 treize cent p.r le Sem.re 400. p.r le Curé, et 300. p.r le&#13;
1775 vicaire de Q. qui font quelq’ chose plus de 2000.# M.&#13;
1776 Labbé de Bris. M dela Palliere et mesme Son ho’e&#13;
1777 daffaire le prierent de donner cette Satisfaction au&#13;
1778 Sem.re, et dadoucir ainsy les esprits. Jelui enparlay&#13;
1779 encore deux jours apres, et lui en fis parler par M.&#13;
1780 Tiberge, Jl ne me voulut rien promettre depositif;&#13;
1781 Jl me fit Seulem.t entendre quil y avoit certaines choses&#13;
1782 qu’il valoit mieux accorder lors qu’on Seroit Sur les lieux&#13;
&#13;
62.&#13;
&#13;
1783 que de les accorder par avance, afin quelles eussent&#13;
1784 toute la grace de la Nouveauté. Jl me recommanda&#13;
1785 mesme fort de ne vous rien mander detout ce qu’il&#13;
1786 feroit enfrance defavorable en france p.r notre&#13;
1787 Sem.re, afin qu’il pust Surprendre agreablem.t le&#13;
1788 Sem.re J’espere que vous ferez co’e Si Jene vous avois&#13;
1789 rien escrit; et ferez paroistre apprendre tout delui.&#13;
1790 M. Labbé de Brisacier lepria encore de permettre&#13;
1791 volontiers aux Ecclesiastiques deSunir auSemre, quand&#13;
&#13;
�1792 Jls ledesireront : M. de Q. lui representa que Nous&#13;
1793 devions donc bien faire entendre a ces Ecclesiastiques&#13;
1794 que Sunir au Sem.re cen’est pas Se Soustraire a&#13;
1795 lauthorité Episcopale; Quil convenoit dene Se pas&#13;
1796 Servir des Ecclesiastiques aggregéz Sans la participa=&#13;
1797 tion du Sup.r du Sem.re, qu’il entretoit mesme debon&#13;
1798 cœur dans les veües dun Sup.r lors qu’il auroit besoin&#13;
1799 d’un Sujet, mais qu’il desiroit aussi que quand Jl&#13;
1800 auroit besoin dequelq’ Sujet du Sem.re dont on Se&#13;
1801 pouroit passer onle lui offrist debonne grace, M. Labbe&#13;
1802 de Bris. lui dit que nous regardions Sipeu lassociation&#13;
1803 au Sem.re co’e un moien deSe soustraire a l’authorité&#13;
1804 Episcopale, que nous pretendions au contraire par cette&#13;
1805 union assujettir davantage les Ecclesiastiques a un&#13;
1806 Evesque qui pourroit en disposer plus librem.t que de&#13;
1807 ceux qui Sont libres et neSont attachez a aucuncorp&#13;
1808 Nous parlasmes ensuite des Ecclesiastiques usez qui doive&#13;
1809 remplir les cinq places a Sa nomination. Jl nous&#13;
1810 promit quep.r faire plaisir auSemre, Jl ne nommera&#13;
1811 aucune de ces places pend.t quil Seroit Evesque; Nous&#13;
1812 croions que c’est un avantage, car apres avoir nommé&#13;
63.&#13;
&#13;
1813 m.rs Petit, morin, et du Bos, Jl pouroit y en mettre&#13;
1814 deux autres qui ne Nous plairoient pas. Nos m.rs croient&#13;
1815 mesme que n’aiant pas de fonds affectéz p.r paier lapension&#13;
1816 des Jeunes Ecclesiastiq’ dans le Sem.re, Jl pouroit remplir&#13;
1817 ces places de Jeunes Ecclesiastiq’ apres avoir nommé tous&#13;
1818 les Jnfirmes, et que Nous aurions peine a nous en&#13;
1819 defendre; Jl vaut mieux queles choses demeurent en&#13;
1820 l’etat ou elles Sont.&#13;
1821 vous me diréz peut estre que ce ne Sont la que des&#13;
1822 paroles, et que M. de Q. ne tiendra rien de cequil a&#13;
1823 avancé, lors quil Sera en canada; cela est a craindre&#13;
1824 en effet, mais nous ne Scaurions faire autrement. Je&#13;
1825 croy cepend.t que Si vous Scavez unpeu le prendre,&#13;
1826 ménager ladelicatessedeSon esprit, et agir avec lui faire devotre&#13;
1827 part quelques avances p.r lui marquer votre retour,&#13;
1828 Jlpouroit bien en effet revenir. Jl meparoist las de ces&#13;
1829 troubles, et vouloir lapaix Je puis metromper, mais&#13;
1830 Jenay plus.rs marques, et Je nel’ay pas vu plus clairem.t&#13;
1831 que dans laff.re dupartage des trois abbayes dont J’ay&#13;
1832 presentem.t a vous entretenir.&#13;
1833 Co’e J’en rends un compte assez exact a M. de&#13;
1834 Bernieres dans la lettre particuliere que Je&#13;
&#13;
�1835 lui escris, Je ne le repeteray pas icy et J’y&#13;
1836 finiray ma lettre commune estant pressé de&#13;
1837 lenvoyer. vous y pardonnerez ladiversité, le&#13;
1838 peudordre, et les repetitions qui peuvent y estre&#13;
1839 J’ay eu si peu de temps a moy que Je n’ay pu&#13;
1840 escrire rien debien correct.&#13;
64.&#13;
&#13;
1841 Jambrasse tres affectueusem.t tous nos tres chers&#13;
1842 freres.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1696-1697.&#13;
&#13;
Aræh» Sémin* Québec, L ettres&#13;
M* tLO 35«&#13;
&#13;
Um ï^emblay au Sém inaire de Québec.&#13;
&#13;
I*ay reeeu toutes vos le t t r e s ©seepté s e lle s qu©&#13;
vous auês donné au F* Coonlssairo des re e o lle ts qui n ’ e s t pas&#13;
essor© arriué# le su is a u ssi en peine d’ une le t t r e que Hons*&#13;
Glanée!©t me na^d© ( s i 3© ne me trempe) a ’ e scriro m. &lt;&amp;££«*&#13;
f r a da$s laq u elle i l d it o u il a mis un© copie de l a le t t r e&#13;
que J%r Laaeiea ©serlt a Mgr de Queboei, aussion ti&amp;Ctrdt car&#13;
&#13;
1 © n’ ay point reeeu eett© le t t r e en ch iffre * 1 © a ’ ea ay reeea&#13;
tue deuæ de M* Glcmdelet en c h iffre* lune i^nus pay plaisan ce&#13;
©t lautre a ce tu© le c ro is par l a vUlsaaari© sous Xddrssa©&#13;
du ? * Loaberuill© q u i.la reqeut par IA poste e t cm mesm© temps&#13;
une copie de cette le t t r e de mge Lanelen Addressé© sud* p*&#13;
XAmberullle qui l a montra au Bd P. de 1&amp; Ghatee suant que nous&#13;
Xeusalons ue®ê» e t lenudfls ensuit© a M* %&amp; Marquis de &amp;©ncorall4&#13;
&#13;
Le*.&#13;
Cette messe copie esorlt© de l a main de lî* du Bon f i t plus de&#13;
çtieîaSû car M* ZAbteé de B rieaeior estant a l l é a TorséiH#® suant&#13;
Emit **• d© DonmaiHeuia lu i f i t n oir. H* de Br is s c t o l a par»&#13;
ta a B% Cir ou i l la lu t a î®d* de r&amp;intonen qui fu t dénis e*©*1&#13;
&#13;
s i bien que M* L ’ Eüégqu© d© dprfcres» Lé P* de l a Cù&amp;ize « | ta*&#13;
d© fienoauttle qu’ on «a donnant lo rig in a l a&#13;
sa e ie r l a raporte a l&amp; rîa ou i l »&#13;
&#13;
e *.&#13;
&#13;
*© Q*.&#13;
&#13;
11* â© BpL»&#13;
&#13;
la montra* H le f i t u o if&#13;
&#13;
�encor© a Mgr d© Paris ©t tous conseillercait de donnes? la let­&#13;
&#13;
tre, a quoy lauois pour nsy beaucoup de repues»©© eomioissant&#13;
&#13;
M» d© %o ©t appréhendant lesclat qui! poursuit luire apres&#13;
Xanoir recou&#13;
&#13;
I© rocou mes paquets 1 © Xour do St I©an XBamgg*&#13;
&#13;
et dans ces paquets I*y trouuay deux originaux d© cotte let­&#13;
&#13;
tre et apros cuoir examine la chose ouec nos Messieurs et con­&#13;
clu que nous doutons la donner, I© 1© cachet©? et la sis auee&#13;
&#13;
uingt autre® que lauols a Mgr d© q* pour les lui rendre quand&#13;
11 ssroit de retcur.de la eampa@ie&#13;
&#13;
l a P» d© l a fihaiae lu t aesaie au Roy cetrfe© copie&#13;
&#13;
qui fu t ronuotê© a il» l e Marquis de rx®êsauSHe qui l a l u i don»&#13;
ne.s H l u i lu t encore c©He quo l a perso®»© qu©&#13;
&#13;
tous&#13;
&#13;
scaudss&#13;
&#13;
©serit ©udit H» Pere* e t ©ett@ qu© M*. Gia,dal©t sacrât a H» î»e&#13;
Marquis d© naaotm i^la qui E^ndei toutes ces choses © Ii*iaMïé&#13;
d© Iftis&amp;eier l e 1er leur d© l * a a ©t lu i f i t scap sir m mmm® M&#13;
taaaps I s a ©came© d isposition s du iv&amp;istr© pour n© pas pomsttr©&#13;
1© retour de celui qui ©au#© e© trouble*&#13;
Qmmo nous a^^rehendioBQ le s c la t qu© pourvoit f a i ­&#13;
&#13;
re M* da q* api-es auoîr recea la lettre d© &amp;'* Ijaneisa* Mous*&#13;
&#13;
Xabbé d© Brîsacier ©rut âeuoir la eaiamniqu® a M* Troasoaa a&#13;
&#13;
lesy* Hous y fu sses enseabl© 1© deux laau ier Mono* Sgrensoa »©**&#13;
&#13;
soit d© receuoir les lettres--©t&#13;
\ sa les auoit pas encor# ld@a*&#13;
Houe fusstas an©© lui plue de deux heures* H nous conjura dosa»&#13;
pasehsr 1© ü ateio n m tr# n m *™es$mamtsgz ©a canada à et parut&#13;
&#13;
bien résolu de s*y opposa de toutes se® ftreee* nu d© Brisa»&#13;
&#13;
©iar lui lut la lettre de Mgr landen, 1 © oasoir© de 3 *a» pas»&#13;
&#13;
e# qui e s t a it f a i t pour p r e t e t e 6 au Roy*. e t l u i d it e© qui&#13;
&#13;
�e e sto it passé ci© p r in c ip a l cette aimée eis canada, se a u cir le s&#13;
le t t r e s es cu ite s par M* de Q» a Lu Lancien. e t aux le s u it o a ,&#13;
&#13;
l e s maa&amp;ces f a i t e s par&#13;
f a it e s p ar l e aosme a&#13;
&#13;
m«&#13;
&#13;
m*&#13;
&#13;
de Mentitsay &amp;usü* ES3» Les impositions&#13;
&#13;
O lanâelet sur le s la issio n s des ôuta—&#13;
&#13;
o is* 1 % d isp o sitio n d M* B o U ie r do dconcr auac re e o iX c is des&#13;
pou&amp;ira pour le s dission s#&#13;
iU de &lt;4. re u in t a p a r is SA t e i l l e des ro is* le&#13;
ne pus l o l l e r u o ls que le lendemain des R ois au la t in , e t l e&#13;
l u i portay toutes le s le t t r e s que la u o ic s l u i ? ^à tre lesq u el­&#13;
le s e s to it l e le ttre , on question. X© no s®sy s i l a u o lt quel­&#13;
que ccsnoisssuiee de cette le t t r e m is 31 chercha p a r toutes&#13;
ces le t t r e s c e lle Se Ugr L Ancien* l e l u i Éadâquay eeHH&#13;
q u i p a rle de dâgfaraïitee choses, e t le p r ie ensuite congés,&#13;
de l u i , 11 mo d it q u * il o i l o i t u c n ir d ir e la Les*» et d isn e r&#13;
m. nre Séminaire* ou nous unions le s p riè re s dos quarante&#13;
&#13;
heures a cause do l a fe ste des R o is , 11 y u in t a i e ffe ts o t i l&#13;
nous partir ©osés q u i! &amp; uoit lu. cette lotte?© e t q u i! m e s t o it&#13;
tout consterné. 11 demanda. a nos Mrs un en tretien m r ^ r t ie u lie r * U s trouuoreni moion do s*ea ^âétaré&amp;esr par la&#13;
&#13;
gai® q u ils auoie&amp;t» 31 leur demanda m $m&amp; dans la 's©»Ia©i&#13;
pour se trouuer chez Mens» de S t T a ille r son f r e r e 9 et ©use a©&#13;
pftauant l e re c u l or 1 © m irent au samedi le fu s l e mercredi Ü&#13;
îa&amp; u tcr a T o r p il l e s p o rter © M* de Denonuill© le s le t t r e s e t&#13;
l u i d ir e co que noue a u ü &amp; $ fait-* C’ e st un ami to u jo u rs ssaüé&#13;
pour 1 m In te ra s ts â© nette pampre coloai©#**•••**«*»*•»•&#13;
&#13;
Ko» Messieurs flirtât âim&amp;r mim luif&#13;
de s&amp;S&amp;t*v&#13;
&lt;&amp;©g M* Le Comte de St imiîler le samedi ls@. de o©&#13;
&#13;
�a.&#13;
&#13;
bq&#13;
&#13;
pas îdr© quelque paroi© 3e parceuq© Hous a© l'camions tous&#13;
&#13;
«liâtes? a la f o is . Mo d© Br Isa c ica? eroîoit a stre de retour a&#13;
&#13;
,&#13;
&#13;
deux II©ures, ©t i l s ne reuinreat qua six» Mgr leu r demanda fo r­&#13;
tement do procurer son retour, ©t .tour f i t de 'i©H©fs promes­&#13;
ses* I l s s ©accusèrent de s ’ en aeslo r sur tout sa c h a n t ce gui&#13;
g *e sto it passé* I l s© p l a i ^ i t fortement a ©ux de l ’ ordia&amp;tim&#13;
fait© par Mgr Lancien, H produisît toutes le s l e t t r e q u i!&#13;
lu i auoit e sc rito s dans le sq u e lle s i l n’ es t o it f a i t n u lle me®»»»&#13;
tien de pouuoir ordonner® 32 in s is ta ou*cm ordonaoit #=m® pouuoîr des gens sans t i t r e , sans selon e© &amp;. Hôa Mrs fu rm t sur*»&#13;
p ris de tout eoepî, I l s croioient ou© Mgr î* Ancien au o it pou*»&#13;
uoir do il* de Q.» ôo donner le s ordres, U s dirent q u il f a l l o i t&#13;
que H* d© Q® 1© lu i eust donné doits quelque autre l o t ^ s quÜ&#13;
nauoit pas$ ©t i l s ne furent pas p lu to st d© rotour quil© sa©&#13;
dea^aderent en vertu de o/uoy Mgr Lâneiea auoit f a i t ces orââaations. le leu r fu s oî?,archer l a copie de c e lle ©a vertu d©&#13;
laq u elle Mgr a f a i t cette ordination # mois a vous p arier frssH&#13;
^testent Houe ne 3a trou.uasnon pas a u s si fo r t qu© nous lensgifiiisr&#13;
souhaité pour authorlssr cette ordination, et euoiq®, nos Mrs ©b|&#13;
p a r l â t a M*2arch* douche e t a fi. d© IM pallier© aien t fo r t fc**f&#13;
s is t é su# c e tte le t t r e pour soutenir Mgr XâAaeîsa ©ans l é fonds&#13;
cependant U s ne&#13;
&#13;
tous&#13;
&#13;
©smeront pan tou© dans le u r p a rtK sjllé r,&#13;
&#13;
e t i l sers a isé de deaeuuris t e r tout© persona© de©intéres­&#13;
sé© q u i! jr &amp; «a ® c ette aotieaitrop a© p récip itetien e t qa*tas «&#13;
s * s s t s s m i d*tm t it r e $&amp;&amp;**%* S0^&#13;
«ne o@ que par-1&#13;
te vrmirnmmt la le ttr e s fous ©u®s eu d© teanec Intentions&#13;
mais 3PL «met. e sté a souhaiter que l a oheg© a© s© fu s t p&amp;s fai®,&#13;
t©| K* Slsndélot sues®© a© il’é^plieiu© pas c la ir ©mont sur #© ^ i t dans sa garnie le t t r e * car î l ©stand l e pmmoir donné par M* M&#13;
&#13;
�q,&#13;
&#13;
a n * Laneiea plus loing g u *il n *est «argué dons l e le t t r e ,&#13;
&#13;
s t pour uous en conuaincre le 'vais ^rapaspter le s termes d©&#13;
l*ua© et lau tre le ttre *&#13;
SE trait d© la le ttr e de LU de Qg» a S$gr LAaciea&#13;
du 18* ll&amp;y 1695*&#13;
S i l se presentoit quelque ordination a fa ir e au quelq* c nseeratîon de c a lic e , et autres bénédictions» le Vous su p lie d©&#13;
vouloir bien vous y rendre fauorai&amp;LQ* Accordez a&#13;
&#13;
h&#13;
&#13;
Dollar ce&#13;
&#13;
q u il pourra vous demander sur ces sortes de choses &amp;«&#13;
Cosse© i l e st necessaire de prendre X* intention&#13;
de Mgr de&#13;
&#13;
dans cette le ttr e pour comprendre lestendu© du&#13;
&#13;
pouudir donné a M* ïAaeein 11 semble&#13;
1® Quil a *a eu Intention de permettre quelque&#13;
O&#13;
&#13;
ordination qu singulier» et son pas p lu sieu rs ordinations de»&#13;
puis l e s moindres ordres jusqu «a la p restrlso *&#13;
g® 11 ne p aro ist pas auoir eu Intention d a ©cor»&#13;
der m pouuoâr pour ordonner p lu sieu rs personnes» p ais seule»&#13;
ment quelque uaej&#13;
3® £tofin a&#13;
&#13;
sentie auoir exigé que M* Dollier&#13;
&#13;
m&#13;
&#13;
prfifâf-ügr lânciÊBl Toutes ees réflexions quf©at faites nos&#13;
&#13;
Messieurs leur ont fait juger quil euet esté a souhait®? qu®&#13;
&#13;
legidlsatioa a *©ust point esté- fait© car si&#13;
&#13;
u»&#13;
&#13;
4® %* perd 1*®®»&#13;
&#13;
peramç© de retourner» Il fera sur cela un beau bruit lorsquil&#13;
ne&#13;
&#13;
m&#13;
&#13;
croira plus obligé d® garder de mesure» ®ar X3t dira par&#13;
&#13;
tout que Mgr UmG&amp;m 1% chassé dé eoa mumuhé peut- l e rqpree»&#13;
&#13;
dr© quil an exercé toutes les fonction# sans pouueir*&#13;
&#13;
M* &lt;£Undelét tans sa ^aad© lettre este&amp;d un peu la cour*»&#13;
&#13;
roi© de ce pouuoir quil s #@st bioa apperçett entre un peu trop&#13;
courte» car ¥oiey m quil » * « ©serit m* d® q* a mmolê peu»&#13;
&#13;
�«*ô**&#13;
noix* a u» LAncien dans mie le t t r e estait© de sa mîn de f a ir e&#13;
l e s ordinations qui se présenteront, le s bénédictions e t au»&#13;
trè s fonctions de son Ministère dons l e Diocese.&#13;
Ge pouuoir n, ©st pas sl^eatendu dans l a le t t r e&#13;
de Mgr de Q,. Bleu u e S ille qu^il ne fa sse pas de t r a i t l a des»&#13;
sus s a is&#13;
&#13;
cela ne nous a pas f a i t p la is ir *&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait dactylographié en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>— 555 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
M. de Québec pour le rendre .inutile, tend au reversement total&#13;
de cette Église.&#13;
Agréez donc, Monseigneur, que je vous supplie de vouloir&#13;
bien accorder votre protection à ce bon œuvre, duquel je puis&#13;
vous assurer que dépend tout le bien et le soutien de cette nouvelle Église; il vous en sera étroitement obligé et moi spécialement, qui suis avec bien du respect&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur et confrère,&#13;
François, ancien évêque de Québec.&#13;
10&#13;
Excerpta ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Directores Seminarii Quebecensis, 1696-1697. Ex Originali in Archivo eiusdem Seminarii asservato, Lettres M, n. 23.&#13;
J ’ai reçu toutes vos lettres excepté celles que vous avez données au P. Commissaire des Récollets, qui n ’est pas encore arrivé. Je suis aussi en peine d ’une lettre que M. Glandeiet me&#13;
mande (si je ne me trompe) m ’écrire en chiffres, dans laquelle&#13;
il dit qu’il a mis une copie de la lettre que Mgr l ’Ancien écrit&#13;
à Mgr de Québec, aussi en chiffres, car je n ’ai point reçu cette&#13;
lettre en chiffres. Je n ’en ai reçu que deux de M. Glandelet en&#13;
chiffres, l ’une venue par Plaisance et l ’autre, à ce que je crois,&#13;
par la Ville-Marie, sous l ’adresse du P. Lamberville, qui la reçut par la poste, et en même temps une copie de cette lettre de&#13;
Mgr l ’Ancien adressée au dit P. Lamberville, qui la montra au&#13;
R. P. de La Chaise, avant que nous l ’eussions vue, et l ’envoya&#13;
ensuite à M. le marquis de Denonville. Cette même copie écrite&#13;
de la main de M. du Bos fit plus de chemin, car M. l ’abbé de Brisacier étant allé à Versailles avant Noël, M. de Denonville la&#13;
lui fit voir ; M. de Brisacier la porta à St-Cyr, où il la lut à Madame de Maintenon, qui fut d ’avis, aussi bien que M. l ’Évêque&#13;
de Chartres, le R. P. de La Chaise et M. de Denonville, qu’on en&#13;
donnât l ’original à M. de Québec. M. de Brisacier la rapporta&#13;
à Paris, où il me la montra. Il la fit voir encore à Mgr de Paris,&#13;
et tous conseillèrent de donner la lettre; à quoi j ’avais pour moi&#13;
beaucoup de répugnance, connaissant M. de Québec et appréhendant l ’éclat qu’il pourrait faire après Lavoir reçue.&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 556 -&#13;
&#13;
Je reçus mes paquets le jour de Saint-Jean-l’Évangéliste et&#13;
dans ces paquets j ’y trouvai deux originaux de cette lettre, et&#13;
après avoir examiné la chose avec nos Messieurs et conclu que&#13;
nous devions la donner, je la cachetai et la mis avec vingt autres&#13;
que j ’avais à Mgr de Québec pour les lui rendre quand il serait&#13;
de retour de la campagne.&#13;
Le P. de La Chaise lut même au Roi cette copie qui fut renvoyée à M. le marquis de Denonville, qui la lui donna. Il lui lut&#13;
encore celle que la personne que vous savez écrit au dit R. Père,&#13;
et celle que M. Glandelet écrit à M. le marquis de Denonville,&#13;
qui manda toutes ces choses à M. l ’abbé de Brisacier le 1er jour&#13;
de l ’an et lui ht savoir en même temps les bonnes dispositions du&#13;
maître pour ne pas permettre le retour de celui qui cause ce&#13;
trouble...&#13;
Comme nous appréhendions l ’éclat que pourrait faire M. de&#13;
Québec après avoir reçu la lettre de M. l ’Ancien, M. l ’abbé de&#13;
Brisacier crut devoir la communiquer à M. Tronson à Issy. Nous&#13;
y fûmes ensemble le 2 janvier. M. Tronson venait de recevoir les lettres et ne les avait pas encore lues. Nous fûmes avec&#13;
lui plus de deux heures. Il nous conjura d ’empêcher la division&#13;
entre nos communautés en Canada et parut bien résolu de s ’y&#13;
opposer de toutes ses forces. M. de Brisacier lui lut la lettre de&#13;
Mgr l ’Ancien, le mémoire de l ’an passé qui était fait pour présenter au Roi, et lui dit ce qui s’était passé de principal cette&#13;
année en Canada, savoir les lettres écrites par M. de Québec à&#13;
M. l ’Ancien et aux Jésuites, les menaces faites par M. de Montignv aux dits Pères, les impositions faites par le même à M. Glandelet sur les missions des Outaouais, la disposition de M. Dollier&#13;
de donner aux Récollets des pouvoirs pour les missions...&#13;
M. de Québec revint à Paris la veille des Rois. Je ne pus&#13;
l ’aller voir que le lendemain des Rois au matin, et je lui portai&#13;
toutes les lettres que j ’avais à lui, entre lesquelles était la lettre&#13;
en question. Je ne sais s’il avait quelque connaissance de cette&#13;
lettre, mais il chercha par toutes ses lettres celles de Mgr l ’Ancien, Je lui indiquai celle qui parle de différentes choses et je&#13;
pris ensuite congé de lui. Il me dit qu’il allait venir dire la messe&#13;
et dîner en notre Séminaire, où nous avions les prières des Quarante-Heures à cause de la fête des Rois. Il y vint en effet et il&#13;
nous parut assez qu’il avait lu cette lettre et qu’il en était tout&#13;
&#13;
�— 557&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
consterné. Il demanda à nos Messieurs un entretien en particulier. Ils trouvèrent moyen de s’en débarrasser par la compagnie&#13;
qu’ils avaient. Il leur demanda un jour dans la semaine pour se&#13;
trouver chez M. de Saint-Valier, son frère, et eux ne pouvant&#13;
le reculer, le mirent au samedi. Je fus le mercredi 9 janvier à&#13;
Versailles porter à M. de Denonville les lettres et lui dire ce que&#13;
nous avions fait. C’est un ami toujours zélé pour les intérêts de&#13;
cette pauvre colonie...&#13;
Nos Messieurs furent dîner avec lui (Mgr de Saint-Valier)&#13;
chez M. le comte de Saint-Valier, le samedi 12ème de ce mois de&#13;
janvier. Ils y trouvèrent M. l ’Archevêque d ’Auch et M. de la&#13;
Pallière. Je m’en dispensai: 1° parce que je ne croyais pas qu’il&#13;
le désirât beaucoup ; 2° parce que j ’aurais eu peine à ne pas dire&#13;
quelque parole; 3° parce que nous ne pouvions tous quitter à la&#13;
la fois. M. de Brisacier croyait être de retour à deux heures et&#13;
ils ne revinrent qu’à six. Monseigneur leur demanda fortement&#13;
de procurer son retour et leur fit de belles promesses. Ils s’excusèrent de s ’en mêler, surtout sachant ce qui s’était passé.&#13;
Il&#13;
se plaignit fortement à eux de l ’ordination faite par Mgr&#13;
l ’Ancien. Il produisit toutes les lettres qu’il lui avait écrites,&#13;
dans lesquelles il n ’était fait nulle mention de pouvoir ordonner. Il insista qu’on ordonnait sans pouvoir des gens sans titre,&#13;
sans science, etc. Nos Messieurs furent surpris de tout ceci. Ils&#13;
croyaient que Mgr l ’Ancien avait pouvoir de M. de Québec de&#13;
donner les ordres. Ils dirent qu’il fallait que M. de Québec le&#13;
lui eût donné dans quelque autre lettre qu’il n ’avait pas et ils&#13;
ne furent pas plus tôt de retour qu’ils me demandèrent en vertu&#13;
de quoi Mgr l ’Ancien avait fait ces ordinations. Je leur fus chercher la copie de celle en vertu de laquelle Monseigneur a fait&#13;
cette ordination; mais à vous parler franchement, nous ne la&#13;
trouvâmes pas aussi forte que nous l ’eussions souhaité pour autoriser cette ordination, et quoique nos Messieurs, en parlant à&#13;
M. l ’Archevêque d ’Auch et à M. de la Pallière, aient fort insisté&#13;
sur cette lettre pour soutenir Mgr l ’Ancien, dans le fond cependant ils ne vous excusent pas tous dans leur particulier, et il&#13;
sera aisé de découvrir par toute personne désintéressée qu’il y&#13;
a eu en cette action trop de précipitation et qu’on s’est servi&#13;
d ’un titre apparent pour faire plus que ce que porte précisément la lettre. Vous avez eu de bonnes intentions, mais il eût&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 558 —&#13;
&#13;
été à souhaiter que la chose ne se fût pas faite. M. Glandelet&#13;
même ne s’explique pas clairement sur ce fait dans sa grande&#13;
lettre, car il étend le pouvoir donné par M. de Québec à M. l ’Ancien plus loin qu’il n ’est marqué dans la lettre; et pour vous en&#13;
convaincre, je vais rapporter les termes de l ’une et l ’autre lettre.&#13;
Extrait de la lettre de M. de Québec à Mgr l ’Ancien du 18&#13;
mai 1695:&#13;
« S ’il se présentait quelque ordination à faire ou quelque&#13;
consécration de calice et autres bénédictions, je vous supplie de&#13;
vouloir bien vous y rendre favorable. Accordez à M. Dollier ce&#13;
qu’il pourra vous demander sur ces sortes de choses, etc. ».&#13;
Comme il est nécessaire de prendre l ’intention de Mgr de&#13;
Québec dans cette lettre pour comprendre l ’étendue du pouvoir&#13;
donné à M. l ’Ancien, il semble: 1° Qu’il n ’a eu intention de permettre quelque ordination au singulier et non pas plusieurs ordinations depuis les moindres ordres jusqu’à la prêtrise; 2° il&#13;
ne paraît pas avoir eu intention d ’accorder ce pouvoir pour ordonner plusieurs personnes, mais seulement quelqu’une; 3° entin il semble avoir exigé que M. Dollier en priât Mgr l ’Ancien.&#13;
Toutes ces réflexions qu’ont faites nos Messieurs leur ont fait&#13;
juger qu’il eût été à souhaiter que l ’ordination n ’eût point été&#13;
faite, car si M. de Québec perd l ’espérance de retourner, il fera&#13;
sur cela un beau bruit, lorsqu’il ne se croira plus obligé de garder de mesure; car il dira partout que Mgr l ’Ancien l ’a chassé&#13;
de son évêché pour le reprendre, qu’il en exerce toutes les fonctions sans pouvoir.&#13;
M. Glandelet, dans sa grande lettre, étend un peu la courroie&#13;
de ce pouvoir qu’il s’est bien aperçu être un peu trop courte;&#13;
car voici ce qu’il m ’en écrit: « M. de Québec a envoyé pouvoir&#13;
à M. l ’Ancien dans une lettre écrite de sa main de faire les ordinations qui se présenteront, les bénédictions et autres fonctions de son ministère dans le diocèse».&#13;
Ce pouvoir n ’est pas si étendu dans la lettre de Mgr de Québec. Dieu veuille qu’il ne fasse pas de bruit là-dessus; mais cela&#13;
ne nous a pas fait plaisir.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc. 51-6-10&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 23&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, juin 1696 - 17 avril 1697)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le Séminaire de Québec du résultat de la rencontre en France entre Brisacier, supérieur du Séminaire de Paris, et Tronson, supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice, auprès de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, concernant une ordination faite sans son consentement en son absence par Laval, ancien évêque de Québec. Il mentionne la donation de Laval au Séminaire, l’affaire de l’union des abbayes semble se régler, etc.  </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12035" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 23&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10577" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10578" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-6 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9591" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10579" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-6-10&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12036" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-6-10&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9596" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9594" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Dettes</name>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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        <name>Sulpiciens</name>
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                    <text>Doc. XXIII-13&#13;
Lettre au [cardinal Barberini], préfet de la Sacrée congrégation de la propagande,&#13;
25 octobre 1665, d’après l’original conservé aux Archives apostoliques du Vatican,&#13;
Propagande, Scritture originali riferite nelle congregazioni generali, vol. 256, fos 45-46&#13;
Traduction de l’original en latin&#13;
&#13;
Mgrs éminentissimes1,&#13;
Les lettres de Votre Éminence du mois d’août de l’année 1663 ne nous ont été&#13;
portées qu’après deux ans, par lesquelles j’ai compris le sentiment bienveillant de&#13;
la Sacrée congrégation à notre égard, [sentiment] que je connaissais depuis&#13;
longtemps, suffisamment et au-delà ; ainsi, il n’est rien qui nous garde encore&#13;
inquiet au sujet des paroisses créées ici sans que nous ayons été consulté, puisqu’il&#13;
a paru bon à la Sacrée congrégation, en son nom ou en celui du Très Saint-[Père2],&#13;
d’avertir l’abbé de Queylus qu’il ne devait s’arroger quoi que ce soit de cet ordre&#13;
dans la colonie de Montréal, et de fait, on n’a rien entendu, à partir de ce moment,&#13;
selon quoi il continuerait à machiner dans ce sens. Mais je laisse cela à la divine&#13;
Providence et à la sagesse de Vos Éminences.&#13;
Je reviens à nos affaires. Il y a trois points au sujet desquels j’écris à Sa Sainteté3 et à Leurs&#13;
Éminences cardinalices de la Congrégation, dont j’ose confier le soin et la gestion à Votre&#13;
Éminence, en raison de votre bienveillance à notre égard :&#13;
le 1er point concerne la nécessité d’établir ici un évêché en titre, évêché au&#13;
sujet duquel, dans la lettre à Sa Sainteté et à Leurs Éminences cardinalices,&#13;
j’ai écrit qu’il semblerait y avoir quelque péril ou dommage à retarder, pour&#13;
les raisons produites dans ladite lettre ;&#13;
le 2e point concerne la nécessité d’unir le Séminaire que j’ai fondé ici à celui&#13;
de Paris ;&#13;
le 3e point concerne l’union de la paroisse principale de Québec à notre&#13;
susdit Séminaire de Québec.&#13;
Si Sa Sainteté et Leurs Éminences cardinalices consentaient à accorder force et consistance&#13;
à ces trois choses, j’estime qu’il ne pourrait arriver rien de plus utile et de plus approprié à&#13;
NDT : Littéralement : Éminentissimes Seigneurs.&#13;
NDT : Littéralement : Très Bienheureux Père.&#13;
3&#13;
NDT : Littéralement : Sa Béatitude.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�cette Église pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ; car en ces trois choses réside le&#13;
fondement de tout l’édifice. Ce sera pour nous un objet de grande reconnaissance envers&#13;
le zèle et la charité de Votre Éminence que de voir l’heureux aboutissement de cette affaire&#13;
et, pour cela, nous nous considérons obligés, nous et nos successeurs, de faire mémoire&#13;
de ce bienfait devant Dieu et devant les hommes. De Votre Éminence,&#13;
Le très humble et très obéissant serviteur,&#13;
François, évêque de Pétrée.&#13;
À Québec en Nouvelle-France, le 7e jour des calendes de novembre de l’année 1665&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Traduction typographiée en français classique par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 23-13&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée en latin et publiée dans &lt;em&gt;Nova Positio&lt;/em&gt;, 1918, p. 256-257&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en latin, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc. 23-13&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. XXIII&#13;
Lettres du Serviteur de Dieu au Saint-Siège, 1659-1685&#13;
La volumineuse correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège constitue une&#13;
collection de première importance. À travers elle, nous connaissons plusieurs détails de sa&#13;
vie apostolique, de son caractère, de son ministère, de son zèle pour les âmes et l’état de&#13;
l’Église naissante. D’un autre côté, celle-ci prouve avec clarté la vénération, le respect et&#13;
l’inaltérable soumission de Mgr de Laval envers le Saint-Siège. Afin de mieux évaluer cette&#13;
disposition d’âme du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique, on devra se rappeler&#13;
qu’il a vécu en plein siècle de gallicanisme. Lorsqu’il partit pour le Canada, le jeune&#13;
Louis XIV commençait un règne qui laissait prévoir une influence toujours plus grande du&#13;
pouvoir royal dans le domaine politique et religieux.&#13;
Au Canada, Mgr de Laval rencontra des gouverneurs imbus des mêmes principes politiques,&#13;
désireux d’imiter sur leur territoire la puissance qu’avait le roi dans la mère-patrie et&#13;
d’étendre ce pouvoir dans les affaires ecclésiastiques.&#13;
Quelle fut la conduite du Serviteur de Dieu en cette situation délicate ? Sa correspondance&#13;
avec le Saint-Siège le révèle et montre le soin qu’il mit à établir son Église naissante sur&#13;
les bases solides de l’union avec Rome.&#13;
Le caractère officiel de ces lettres implique certaines expressions imposées par le protocole,&#13;
mais, mises à part ces formules de chancellerie et ces termes de respect et d’obéissance en&#13;
usage dans la correspondance de tous ceux qui écrivaient au Saint-Siège, ces lettres mettent&#13;
en évidence les sentiments de dévotion du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique.&#13;
L’importante quantité de lettres démontre le désir de M gr de Laval de rester uni à Rome.&#13;
En effet, nous avons pu retrouver 46 lettres et 4 relations écrites en moins de 25 ans ; et&#13;
nous sommes d’avis qu’il en manque. Ce chiffre est considérable, si l’on pense aux&#13;
difficultés que rencontraient alors les communications entre l’Amérique et l’Europe. Parmi&#13;
ces blocs de correspondance, 18 sont adressés au souverain pontife, 8 à divers cardinaux&#13;
romains et le reste à la Congrégation de la propagande. Nous avons ajouté à ces documents&#13;
deux lettres écrites au nonce de Paris, les considérant comme faisant partie de la&#13;
correspondance avec le Saint-Siège. Mgr de Laval maintint toujours une bonne relation avec&#13;
les représentants du pape à Paris, même après leur départ de cette ville. En font foi les&#13;
lettres qu’il écrivit aux cardinaux et à d’anciens nonces, ainsi que les réponses de ces&#13;
derniers.&#13;
Cette correspondance avec Rome s’étend sur toute la période du gouvernement spirituel du&#13;
Serviteur de Dieu au Canada : de 1659, date de sa nomination comme vicaire apostolique,&#13;
jusqu’à 1685, année de son dernier voyage en France pour présenter sa démission. Durant&#13;
tout ce temps, il se montra fidèle à rédiger un rapport annuel, lorsque des circonstances&#13;
exceptionnelles ne l’en empêchèrent pas. Il envoie parfois jusqu’à quatre lettres en une&#13;
seule année.&#13;
Après sa démission, il se retira au Séminaire, où il demeura jusqu’à sa mort, survenue en&#13;
1708. Durant sa retraite, il ne s’intéressa plus directement aux affaires ecclésiastiques du&#13;
Canada ; on ne trouve donc plus aucune lettre adressée au Saint-Siège.&#13;
Cette collection de lettres nous démontre que le Serviteur de Dieu, soumis à l’autorité du&#13;
pape et de la Sacrée congrégation de la propagande, s’est affairé à toutes les questions&#13;
épineuses de son diocèse. Il traite du commerce des boissons enivrantes avec les&#13;
&#13;
�Autochtones, de l’implantation de l’hôpital de Montréal, etc. Ses suppliques se font plus&#13;
assidues et plus insistantes quand il s’agit de sa juridiction spirituelle au Canada. Il désire&#13;
imposer en Nouvelle-France le respect et la soumission totale au Saint-Siège ; d’où ses&#13;
remontrances contre l’archevêque de Rouen, qui prétendait avoir droit de gouverner au&#13;
Canada, et contre l’abbé de Queylus, qui représentait les intérêts de cet archevêque en&#13;
Amérique ; d’où aussi ses suppliques pour la fondation d’un évêché titulaire, qui lui&#13;
donnerait plus d’autorité que le titre de vicaire apostolique face au pouvoir civil ; d’où&#13;
enfin, son insistance pour obtenir que la nouvelle Église de Québec soit totalement&#13;
indépendante des archevêchés français et directement dépendante de Rome.&#13;
Pour toutes ces raisons, la correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège a une&#13;
grande valeur pour l’étude de ses vertus et de ses activités à titre de fondateur de l’Église&#13;
canadienne.&#13;
La majeure partie de cette correspondance est tirée des originaux conservés aux Archives&#13;
générales du Vatican et aux Archives de la Propagande. Ces originaux sont écrits avec&#13;
grand soin par un secrétaire et signés par Mgr de Laval ; seulement deux sont entièrement&#13;
de sa main. Les autres pièces sont des copies de l’époque ou des minutes conservées dans&#13;
lesdites archives ou au Séminaire de Québec. Pour chaque document, nous indiquerons la&#13;
source d’où il provient.&#13;
Il ne nous a pas paru nécessaire de reproduire en entier toutes les lettres, afin de ne pas&#13;
créer de répétitions. Ainsi, certaines lettres ont été entièrement omises, tandis que d’autres&#13;
ont été partiellement reproduites ; dans ce cas, nous donnons un bref résumé des passages&#13;
éliminés.&#13;
Ce dossier comprend seulement les lettres adressées par le Serviteur de Dieu au SaintSiège. Nous possédons plusieurs réponses à ces lettres, mais en général elles n’apportent&#13;
rien de plus à cette Positio. Les autres documents émis par le Saint-Siège sont plutôt d’ordre&#13;
public, comme les bulles, les rescrits, etc., et ont été inclus dans la Positio dans leur ordre&#13;
chronologique.&#13;
&#13;
Nous avons préparé une présentation générale cette correspondance,&#13;
avec indication de la date et du destinataire. Celles qui comportent&#13;
un astérisque ne furent pas prises en considération pour la Cause&#13;
jusqu’à maintenant.&#13;
Note de la rédaction (NDLR)&#13;
En 1977, le Centre de recherche en histoire religieuse du Canada (CRHRC), en&#13;
collaboration avec les Archives nationales du Canada, à l’époque les Archives publiques&#13;
du Canada, débutèrent un projet de longue haleine intitulé Inventaire de documents&#13;
d’intérêt canadien dans les archives et bibliothèques de Rome, sous la direction de Pierre&#13;
Hurtubise, oblat de Marie Immaculée, titulaire de la Chaire de recherche en histoire&#13;
religieuse du Canada. En 1981 s’ajouta la participation du Centre académique canadien en&#13;
Italie (CACI). Entre 1977 et 2009, ils ont inventorié et résumé tous les documents relatifs&#13;
au Canada. Luca Codignola a recensé 2 441 documents aux Archives de la Propagande&#13;
pour les années 1622 à 1799. L’inventaire complet1 a été publié sur leur site web.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : Site web du CRHRC : https://ustpaul.ca/les-archives-du-vatican-et-le-canada/&#13;
&#13;
�À partir de ces recherches, nous avons inclus, dans cette nouvelle édition, les nouvelles&#13;
cotes des documents copiés par l’abbé Demers dans les années 1930, quelques corrections&#13;
de dates et de destinataires, avons rapatrié les textes de son Annexe I-Doc. A et avons&#13;
ajouté des documents dont Laval est l’auteur.&#13;
Afin de rendre ce chapitre plus fluide, nous présenterons les documents, avec leur date et&#13;
leur cote archivistique actuelle, dans leur version corrigée et traduite en français. Lorsque&#13;
nous n’avons pas de copie d’un document, nous nous sommes inspirés du résumé publié&#13;
par le CRHRC pour indiquer la teneur de la lettre. Sauf indication, toutes les traductions&#13;
du latin vers le français ont été faites par M. Paul-Hubert Poirier, professeur émérite de&#13;
l’Université Laval&#13;
&#13;
Lettres de Mgr de Laval à Rome&#13;
Tableau de concordance&#13;
Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
1&#13;
2&#13;
3&#13;
4&#13;
5&#13;
6&#13;
7&#13;
8&#13;
9&#13;
10&#13;
11&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. A. Après le 8 décembre 16582, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 juin 1660, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 4. Octobre 1660, Relation sur&#13;
les missions canadiennes, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 janvier 1660, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 7. 24 octobre 1663, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 8. Novembre 1663, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 9. 1663, Relation sur les&#13;
missions auprès des Algonquins,&#13;
adressée au souverain pontife&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 4. 29 octobre 1660, Relation sur les&#13;
missions canadiennes, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Voir ligne 15&#13;
Doc. 8. 26 octobre 1663, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 14&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : Puisque l’ordination épiscopale de Mgr de Laval fut le 8 décembre 1658, la lettre a probablement&#13;
été écrite au cours de ce mois.&#13;
2&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Doc. 9. [26 août 1664], Relation sur les missions&#13;
auprès des Algonquins, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Doc. 11. 1664, Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée&#13;
au souverain pontife&#13;
&#13;
17&#13;
18&#13;
19&#13;
&#13;
Doc. 11. [26 août 16643], Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
Doc. 7. 24 octobre 1665, au cardinal [Barberini],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
15&#13;
16&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 15. [26 août 1664], Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 12. Novembre 1665, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 13. Novembre 1665, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 12. 25 octobre 1665, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 13. 26 octobre 1665, à [Barberini4],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 14. 8 novembre 1665, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 15. 1665, Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 14. 26 octobre 1665, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 12&#13;
&#13;
Doc. 16. Octobre 1666, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 17. Octobre 1666, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. B. 1666, au cardinal Casanate, secrétaire&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 16. 14 octobre 1666, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 17. 15 octobre 1666, à [Barberini], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
Doc. 18. Octobre 1666, au même&#13;
&#13;
Doc. 18. 15 octobre 1666, au même&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
Doc. 19. Novembre 1666, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 19. 15 octobre 1666, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
20&#13;
21&#13;
22&#13;
&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
*Doc. 20. 1666, au cardinal&#13;
Piccolomini, nonce à Ravenne&#13;
&#13;
27&#13;
28&#13;
&#13;
Doc. 21. 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. C. Octobre [1666], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la Propagande&#13;
Doc. 20. 1666, au cardinal Piccolomini, nonce à&#13;
Ravenne&#13;
Doc. D. 26 août 1667, à Leslie, son procureur à&#13;
Rome&#13;
Doc. 21. 29 août 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : L’abbé Demers et le CRHRC donnent deux dates différentes pour ce rapport. Toutefois, comme&#13;
le rapport de la Propagande, dans une congrégation de 1665, résume les n os 9, 11 et 15 ensemble, il est&#13;
probable qu’ils portent tous la même date.&#13;
4&#13;
NDLR : Les Docs. 13 et 14 ne portent pas de destinataires, mais il est fort probable, comme l’indique l’abbé&#13;
Demers, qu’ils aient été envoyés au cardinal préfet de la Propagande et son secrétaire.&#13;
3&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
29&#13;
30&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 22. 1667, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 22. 29 août 16675, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
*Doc. 24. 26 octobre 1668, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 25. 30 septembre 1669, au&#13;
souverain pontife Clément IX&#13;
*Doc. 26. 30 septembre 1669, au&#13;
cardinal préfet de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 24. 26 octobre 1668, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
34&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, à Barberini,&#13;
cardinal de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
*Doc. 28. 30 septembre 1669, au&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 28. 30 septembre 1669, à [Colonna],&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
*Doc. 30. 16 septembre 1670, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr&#13;
Francesco Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 30. 16 septembre 1670, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 32. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 33. 1672, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
*Doc. 34. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 35. 1672, au cardinal Caraffa&#13;
&#13;
Doc. 32. [14 mars 1672], au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
Doc. 33. [14 mars 1672], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 36. 1672, au secrétaire de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 36. [14 mars 1672], à [Altieri], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
31&#13;
32&#13;
33&#13;
&#13;
36&#13;
37&#13;
38&#13;
39&#13;
40&#13;
41&#13;
42&#13;
43&#13;
&#13;
Doc. 25. 30 septembre 1669, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
Doc. 26. 30 septembre 1669, à [Barberini et&#13;
Piccolomini], cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Voir ligne 46&#13;
&#13;
Voir ligne 47&#13;
Doc. 35. [14 mars 1672], au cardinal [Colonna]&#13;
&#13;
44&#13;
&#13;
Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
Doc. 34. 1672, au souverain pontife Clément X&#13;
&#13;
46&#13;
&#13;
Doc. E. 24 octobre 1672, Mémoire sur l’état de&#13;
l’abbaye de Méobecq, adressée à la Propagande&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
*Doc. 37. 8 décembre 1673, au&#13;
cardinal Altieri, premier ministre du&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 37. 8 décembre 1673, au cardinal Altieri,&#13;
cardinal préfet de la Propagande&#13;
&#13;
NDLR : Le CRHRC indique la date du 4 septembre, mais la lettre est signée du 4 des calendes de septembre,&#13;
ce qui donne le 29 août.&#13;
5&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
48&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 38. 1673, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
49&#13;
50&#13;
51&#13;
52&#13;
53&#13;
&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à un cardinal&#13;
à Rome&#13;
Doc. 40. Octobre 1675, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 41. 5 novembre 1675, au&#13;
cardinal Spada, de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
54&#13;
55&#13;
56&#13;
&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au&#13;
souverain pontife Clément X&#13;
Doc. 43. Novembre 1675, au cardinal&#13;
Nerli, premier ministre du souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
57&#13;
58&#13;
&#13;
Doc. 44. Octobre 1676, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
59&#13;
60&#13;
61&#13;
62&#13;
63&#13;
64&#13;
65&#13;
66&#13;
67&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 38. 12 juillet 1673, à Mgr Francesco Nerli,&#13;
nonce à Paris&#13;
Doc. F. 1673, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. G. 30 mars 1674, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la consistoriale&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à Altieri, cardinal préfet&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 56&#13;
Doc. 41. 5 novembre 1675, au cardinal Spada,&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 40. 13 novembre 1675, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au souverain&#13;
pontife Clément X&#13;
Doc. 43. 1675, au cardinal Nerli, premier&#13;
ministre du souverain pontife&#13;
Doc. H. 1675, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. 44. 15 octobre 1676, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 46. 15 octobre 1676, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 46. 1677, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
*Doc. 47. 30 mai 1678, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 48. 13 novembre 1678, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
Voir ligne 59&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au&#13;
même&#13;
Doc. 51. 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au même&#13;
&#13;
Doc. 47. 30 mars 1678, réponse du cardinal&#13;
Cibò, secrétaire d’État&#13;
Doc. 48. 13 novembre 1678, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 51. 13 novembre 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
&#13;
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                    <text>Introduction en français moderne aux Docs. 23 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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          <name>Index nominum</name>
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              <text>Thubières de Levy de Queylus, Gabriel, 1612-1677</text>
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              <text>Alexandre VII, pape, 1599-1667 (Chigi, Fabio)</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>Lettre de Laval à [A. Barberini] (Québec, 25 octobre 1665)</text>
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                <text>Le vicaire apostolique au Canada informe le préfet de la Propagande que Chigi, membre de la Propagande, a confirmé que les lettres de Laval étaient arrivées. Au Canada, plusieurs Français sont arrivés pour s’établir ou pour se battre contre les Iroquois. Laval a établi un séminaire à Québec, lié à celui de Paris, et voudrait que la cure de Québec soit unie au Séminaire. Il demande à nouveau l’érection d’un diocèse en titre au Canada.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en latin conservé aux Archives apostoliques du Vatican, Propagande, Scritture originali riferite nelle congregazioni generali, vol. 256, f. 45-46&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Barberini, Antonio, 1607-1671</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14027" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 23 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9530" class="show"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10807" class="show"&gt;Traduction typographiée en français moderne&lt;/a&gt; par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 23-13&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9528" class="show"&gt;Copie typographiée en latin&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;em&gt;Nova Positio&lt;/em&gt;, 1918, p. 256-257&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/801"&gt;Copie manuscrite en latin&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 45&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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      <tag tagId="109">
        <name>Autochtones</name>
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      <tag tagId="928">
        <name>Correspondance de Laval avec la Cour de Rome</name>
      </tag>
      <tag tagId="528">
        <name>Cures</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="868">
        <name>Nécessité d'ériger un évêché en titre (1660-1674)</name>
      </tag>
      <tag tagId="912">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="904">
        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Règlement du Séminaire de Québec (v. 1663)&#13;
Règlements du Séminaire de Québec,&#13;
dédié à la sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph et aux saints Anges&#13;
1° Ce Séminaire est institué pour honorer le sacerdoce de Notre-Seigneur et former&#13;
les ecclésiastiques à la science et aux fonctions de la vie apostolique, laquelle&#13;
consiste à être plein de Jésus-Christ pour le pouvoir ensuite répandre dans les&#13;
autres qui leur seront donnés à conduire, lorsqu’ils seront en état de s’y appliquer.&#13;
C’est pour cela que l’on y enseigne la théologie morale, la scolastique et la manière&#13;
d’administrer les sacrements, le plain-chant, les cérémonies de l’Église, la méthode&#13;
de catéchèse, prêcher et confesser la pratique de tout cela et ensemble, les moyens&#13;
de le faire avec esprit de dévotion et enfin, on tâche de leur faire apprendre la&#13;
science des saints, c’est-à-dire les vertus chrétiennes et particulièrement l’humilité,&#13;
la mortification, la modestie, le zèle des âmes et la vraie dévotion et c’est à quoi&#13;
tendent les méditations, les conférences de piété, les exhortations, les retraites&#13;
spirituelles, la lecture des livres de dévotion et autres semblables exercices qu’on&#13;
y fait et surtout, le bon exemple qu’on s’y donne les uns aux autres et partant,&#13;
chacun s’évertuera de contribuer de tout son pouvoir à tout cela, conformément&#13;
aux présents règlements et aux autres choses que le supérieur pourra ordonner à&#13;
cet effet.&#13;
2° Les principales dispositions requises à ceux qui désirent être admis à ce&#13;
Séminaire sont d’avoir une bonne vocation et bien reconnue à l’état ecclésiastique&#13;
(qui est comme le fondement de toutes les autres), un bon naturel susceptible des&#13;
choses de Dieu et des instructions qu’on leur pourrait donner, une bonne volonté&#13;
et forte résolution de s’avancer en la vertu ainsi qu’en la science et enfin, une&#13;
soumission de jugement à l’égard des supérieurs pour n’avoir d’autre volonté ni&#13;
ne se former d’autres desseins que d’embrasser ce à quoi on les appliquera. Ils se&#13;
souviendront que c’est en cela que consiste la perfection et que Dieu est plus&#13;
glorifié par le sacrifice qu’ils lui feront de leur jugement et propre volonté que par&#13;
la conversion d’un million de mondes. Cette volonté de résolution suffit,&#13;
quoiqu’on n’ait encore ces vertus qu’en désir, puisqu’un Séminaire n’est pas&#13;
composé de personnes parfaites, mais qui désirent et travaillent efficacement à se&#13;
perfectionner.&#13;
&#13;
�3° Dès leur entrée, ils feront la retraite spirituelle pour se disposer à recevoir les&#13;
grâces que Notre-Seigneur leur veut communiquer, pendant laquelle ils liront&#13;
soigneusement ou se feront expliquer le présent règlement, afin de le bien&#13;
pratiquer ; que si d’abord ils trouvent quelque difficulté ou quelque chose qui&#13;
répugne à leur nature, ils se feront force et se baisseront en cela pour l’amour de&#13;
Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui assure que le royaume des cieux souffre violence&#13;
et qu’il n’y a que ceux qui se font force qui le ravissent.&#13;
4° Ce Séminaire étant dédié à la sainte Famille, il y auront une singulière dévotion&#13;
et tendresse de cœur vers tous ceux qui la composent, savoir Notre-Seigneur, la&#13;
Sainte Vierge, saint Joseph et les saints Anges, et tâcheront de se régler sur le&#13;
modèle de cette sainte Famille, pratiquant les vertus qu’ils y remarqueront et ne&#13;
souffriront rien, ni dans leur intérieur, ni dans l’extérieur qui soit déplaisant à leurs&#13;
yeux ; au contraire, ils embrasseront avec promptitude ce qu’ils sauront leur être&#13;
agréable.&#13;
5° Ils feront profession toute particulière d’honorer le Très Saint-Sacrement de&#13;
l’autel en toutes les manières qu’ils pourront, du moins par une très grande estime&#13;
qu’ils en feront dans leurs cœurs et par le souverain respect qu’ils tâcheront de lui&#13;
témoigner par leur modestie et dévotion, non seulement en célébrant la sainte&#13;
messe, en assistant au service divin, mais encore durant le temps qu’ils se&#13;
trouveront en l’église et particulièrement quand ils exerceront les cérémonies, se&#13;
ressouvenant que le tabernacle est le trône où le roi des Rois est présent, qui les&#13;
regarde continuellement.&#13;
6° Et d’autant que l’oraison, particulièrement la mentale, est un moyen souverain&#13;
pour obtenir de Dieu les grâces nécessaires, chacun y aura recours en ses besoins,&#13;
outre la méditation qu’il fera tous les jours avec la communauté.&#13;
7° Sur toutes choses, les prêtres s’étudieront, avec toute la diligence possible, de&#13;
bien célébrer l’adorable sacrifice de la sainte messe et d’en faire bon usage, ne se&#13;
contentant pas d’y apporter les préparations, actions de grâce et autres&#13;
dispositions nécessaires, mais tâchant de plus d’en tirer du fruit pour leur&#13;
&#13;
�amendement et perfection ; ce qu’ils feront sans doute, s’ils font tous les jours de&#13;
fréquents retours sur eux-mêmes, disant en leur cœur : « J’offris hier de mes mains&#13;
Jésus-Christ à Dieu, son Père, de la part de toute l’Église. Je l’ai offert aujourd’hui&#13;
et je le dois encore offrir demain. Il est en moi et moi en lui. Ô Dieu, quelle retenue,&#13;
quelle dévotion et quelle sainteté ne dois-je pas avoir toute cette journée ! » Ils se&#13;
souviendront encore de l’offrir pour toutes les fins pour lesquelles il a été institué&#13;
et principalement pour l’avancement du Séminaire en la véritable dévotion et&#13;
sainteté, pour le salut des peuples et la conversion des infidèles.&#13;
8° Ceux qui n’ont encore le bonheur de célébrer la sainte messe auront le soin de&#13;
l’entendre tous les jours et de l’offrir conjointement avec le prêtre pour les mêmes&#13;
fins marquées en l’article précédent.&#13;
9° Les prêtres se confesseront ordinairement une ou deux fois la semaine au&#13;
confesseur de la maison et au lieu destiné pour cet effet ou à quelque autre, avec&#13;
la permission du supérieur. Les autres communieront au moins les dimanches et&#13;
bonnes fêtes, selon l’avis de leur directeur et se confesseront aux mêmes jour et&#13;
heure marqués pour cela.&#13;
10° Ils assisteront soigneusement à l’office divin qu’on dira en commun, selon le&#13;
bréviaire romain et s’étudieront à le dire posément. Ils se tiendront à cet effet bien&#13;
composés de corps et recolligés de la vue, tant aux matines et autres heures qu’on&#13;
ne fait que réciter qu’aux messes hautes et offices que l’on chante à l’église. Ceux&#13;
néanmoins qui ne sont pas obligés au bréviaire n’y assisteront que lorsqu’on&#13;
chantera l’office à l’église.&#13;
11° Ils seront aussi soigneux d’assister aux conférences spirituelles, aux&#13;
exhortations et autres exercices de piété qui se feront et n’en sortiront qu’avec&#13;
nécessité et avec la permission du supérieur. Ils en useront de même pour les&#13;
leçons, les répétitions des cérémonies et le chant et en tout cela, ils tâcheront&#13;
d’édifier les autres par leur silence, attention, modestie et soumission et éviteront&#13;
surtout les contestations opiniâtres.&#13;
&#13;
�12° Dans le saint désir qu’un chacun doit avoir de s’avancer en esprit et de servir&#13;
parfaitement à Dieu par l’acquisition des vertus solides, tous auront soin tout au&#13;
moins de voir une fois le mois leur directeur hors la confession pour traiter avec&#13;
lui de tout ce qui concerne leur avancement, lui déclarant : premièrement, ce qui&#13;
touche leur devoir envers Dieu, comme le succès en leurs exercices spirituels, la&#13;
pureté en leurs intentions, l’usage de la présence de Dieu et autres pratiques ;&#13;
secondement, de quelle manière ils se comportent dans la conversation avec le&#13;
prochain et dans les autres extérieurs et quels bons exemples ils croient donner ou&#13;
recevoir des autres ; troisièmement, ce qui regarde leur personne et leur intérieur,&#13;
comme les petites primes d’esprit, les tentations, mauvaises habitudes, des&#13;
répugnances au bien et même leurs fautes plus communes et les sources d’où elles&#13;
proviennent et de quels moyens et mortifications ils se servent en leur particulier&#13;
pour s’en corriger ; le tout avec humilité confiance et soumission d’esprit.&#13;
13° Et parce que plusieurs, pour n’avoir pas assez d’expérience, ne savent pas bien&#13;
souvent ce qui leur est plus utile dans la conduite de leur vie, ils n’entreprendront&#13;
aucune étude, ni ne s’engageront à aucun emploi ou occupation considérable sans&#13;
en avoir consulté le supérieur.&#13;
14° Comme notre faiblesse et la misère de cette vie fait que l’âme a besoin de temps&#13;
en temps de prendre des forces et de se renouveler au service de Dieu, tous feront&#13;
tous les ans une retraite spirituelle et leur confession annuelle.&#13;
15° Ils se rapporteront entièrement au jugement du supérieur pour la réception&#13;
des saints ordres, réprimant l’empressement qu’ils en pourraient avoir et se&#13;
disposeront à cette sainte action par une retraite spirituelle.&#13;
16° Ils feront aussi trois jours de retraite auparavant que de célébrer leur première&#13;
messe, se souvenant qu’ils ne recevront l’abondance des grâces qui accompagnent&#13;
ce premier sacrifice qu’à la mesure des dispositions qu’ils y auront apportées.&#13;
17° L’on ne prescrit aucune mortification en pénitence extraordinaire, laissant à la&#13;
liberté d’un chacun d’user de celles dont il aura plus de besoins, avec l’avis de son&#13;
directeur et se souviendront qu’étant prises par obéissance et avec discrétion, elles&#13;
&#13;
�aident grandement à la mortification extérieure des passions, qui doit être leur&#13;
perpétuel exercice jusqu’à la mort.&#13;
18° Pour honorer en quelque façon la passion de Notre-Seigneur, ils lui offriront&#13;
la petite abstinence qu’ils feront les vendredis, se passant d’un seul mets dans la&#13;
réfection du soir, lorsqu’il n’y aura point d’autre issue dans la semaine.&#13;
19° Ils feront une semblable abstinence les samedis et veilles des fêtes de la&#13;
Circoncision, Conception, Nativité, Présentation, Annonciation, Purification,&#13;
Visitation et Assomption de la Sainte Vierge, de saint Joseph et de l’ange gardien,&#13;
en l’honneur de la sainte Famille, patronne et protectrice de ce Séminaire, et pour&#13;
obtenir la conversion des infidèles.&#13;
20° Ils tâcheront de ne rien faire paraître dans leur extérieur qui ressente encore&#13;
l’esprit du monde, particulièrement aux habits, à la barbe et aux cheveux, qu’ils&#13;
porteront dans la modestie et simplicité ecclésiastique.&#13;
21° Ils seront soigneux de faire rafraîchir leur couronne tous les samedis et veilles&#13;
des grandes fêtes et ne feront point leurs cheveux, ni leur barbe les fêtes, ni les&#13;
dimanches.&#13;
22° Ils ne sortiront point de leur chambre sans être entièrement habillés et n’y&#13;
paraîtront point en étant indécents et surtout n’y donneront entrée à aucun externe&#13;
sans permission expresse.&#13;
23° Ils auront un grand soin de conserver la pureté, si requise aux ecclésiastiques&#13;
et à cet effet, ils éviteront la conversation des femmes et filles, si ce n’est aux&#13;
occasions de nécessité et en ce cas, ils ne leur parleront qu’en lieu où ils pourront&#13;
être vus et le plus courtement que faire se pourra.&#13;
24° Pour imiter Notre-Seigneur en ce qu’il disait n’être pas venu au monde pour&#13;
être servi, mais pour servir, ils s’affectionneront à le faire dans toutes les occasions,&#13;
comme de laver la vaisselle, balayer, servir et lire au réfectoire, selon qu’ils en&#13;
seront avertis, tâchant de faire ces actions avec révérence, modestie, dans l’esprit&#13;
&#13;
�d’humilité et de charité, se représentant qu’on rend service à Jésus-Christ en la&#13;
personne des ecclésiastiques qui tiennent sa place.&#13;
25° Et afin qu’en même temps que le corps prend sa réfection à table, l’âme y&#13;
reçoive aussi la sienne, ils tâcheront de faire profit de la lecture que l’on y fait,&#13;
l’écoutant avec révérence et la recueillant comme une manne spirituelle que Dieu&#13;
leur envoie du ciel avec la viande corporelle.&#13;
26° Celui qui sera nommé à son tour pour lire au réfectoire s’étudiera à le faire&#13;
distinctement et dévotement, afin qu’on l’entende plus volontiers et plus&#13;
fructueusement ; que s’il arrive qu’on reprenne tout haut quelque mot mal&#13;
prononcé, il recevra cette charité avec respect et se corrigera, prononçant comme&#13;
on lui aura dit.&#13;
27° En la vue des humiliations que Notre-Seigneur a pratiquées, lequel ne&#13;
dédaignait pas de faire les offices les plus bas, jusqu’à balayer la maison où il était&#13;
avec la Sainte Vierge et saint Joseph, chacun fera son lit tous les jours au matin et&#13;
balaiera sa chambre au moins deux fois la semaine et aura soin de la tenir bien&#13;
propre et bien rangée.&#13;
28° Pour imiter Notre-Seigneur dans sa pauvreté, qui n’avait rien de propre, tous&#13;
mettront leur gloire à ne rien posséder et affecteront de garder toujours dans leur&#13;
cœur une tendresse pour cette chère vertu et de la faire paraître dans leurs&#13;
chambres et dans leurs habits, autant que la bienséance le permet, y conservant&#13;
toujours la netteté pour cet effet. Ils ne pourront s’approprier ni disposer d’aucune&#13;
chose de la maison que par la permission du supérieur. Quand ils auront besoin&#13;
de quelques hardes, meubles, livres ou autres choses, ils exposeront leur nécessité&#13;
à celui qui aura soin de ces choses et les lui remettront quand ils ne s’en serviront&#13;
plus.&#13;
29° Et d’autant que le Saint-Esprit dit qu’il y a temps de se taire aussi bien que de&#13;
parler et qu’il est impossible que la dévotion subsiste dans une communauté où&#13;
les heures de parler ne sont pas réglées, tous garderont le silence hors les heures&#13;
de la récréation, des conférences, leçons et autres pareilles assemblées ; que si hors&#13;
&#13;
�ce temps-là, quelqu’un a besoin de parler, ce sera toujours à voix basse et non&#13;
jamais, tant que faire se pourra, avant l’oraison du matin et après les prières du&#13;
soir.&#13;
30° Ils ne souffriront jamais aucune mauvaise pensée l’un de l’autre dans leur&#13;
cœur, ne diront ni ne feront aucune chose qui les puisse contrister, mais&#13;
s’honoreront l’un l’autre de paroles et d’effets et s’entr’aimeront comme frères&#13;
dont Notre-Seigneur a uni les cœurs par amour en les assemblant de corps pour&#13;
son service. Ils se rendront les uns les autres tous les services que la charité&#13;
demande d’eux, soit en maladie, soit en santé, sans néanmoins souffrir d’être&#13;
servis dans les choses qu’ils pourront faire eux-mêmes.&#13;
31° Ils n’iront point dans les chambres, ni admettront les autres dans les leurs sans&#13;
nécessité. Ils ne fermeront leurs portes par-dedans, ni n’ouvriront celles des autres&#13;
que celui qui est dedans n’ait répondu : « Entrez ! ».&#13;
32° En la récréation, ils tâcheront de joindre la modestie avec la gaieté et&#13;
d’entremêler leurs entretiens de quelques mots de piété, aussi bien que de&#13;
doctrine, bannissant de leur conversation les railleries, les médisances, les&#13;
contestations, les nouvelles du monde et même les disputes sur les matières trop&#13;
anciennes, les légèretés, sans jamais se frapper ou pousser les uns les autres.&#13;
33° Ils éviteront soigneusement les amitiés particulières comme préjudiciables à la&#13;
charité, qui doit être universelle et commune envers tous. Se sont marqués&#13;
d’amitiés particulières quand deux ou trois personnes se trouvent toujours&#13;
ensemble aux récréations, se visitent souvent, se communiquent leurs secrets et&#13;
parlent avec liberté de beaucoup de choses qu’on ne voudrait pas dire à d’autres.&#13;
34° Ils éviteront les fréquentes visites et sorties comme préjudiciables à leur&#13;
avancement et lorsqu’ils seront obligés de le faire, ce sera toujours avec la&#13;
permission du supérieur, n’y employant que le temps précisément nécessaire pour&#13;
se rendre au plus tôt aux exercices de la maison.&#13;
&#13;
�35° Ils ne boiront, ni mangeront entre les repas ou hors du réfectoire, n’y ne&#13;
convieront personne à boire ou manger au Séminaire et surtout, se donneront bien&#13;
de garder de boire, manger ou coucher hors de la maison, sans permission&#13;
expresse du supérieur.&#13;
36° Ils tâcheront de prendre de fortes résolutions pour se prémunir contre les&#13;
grands soins que l’on a de ses intérêts et contre l’amour déréglé pour ses parents,&#13;
se représentant que la plupart des prêtres se perdent par-là, trompés en ce que par&#13;
la première, ils pensent se faire justice et par le second, exercer la charité, ne&#13;
jugeant que tout cela est d’ordinaire mal ordonné et déplaisant à Dieu, qui veut&#13;
avoir notre cœur tout entier, sans que nous en donnions ainsi une partie aux&#13;
créatures.&#13;
37° Pour établir un bon règlement qui subsiste, ils auront un soin raisonnable de&#13;
leur santé et prendront toutes les semaines un jour en été et un après-dîner en hiver&#13;
pour donner relâche à leurs occupations si réglées et se soulager en quelque&#13;
honnête récréation approuvée dans le Séminaire.&#13;
38° On ne joue jamais à aucun jeu de hasard, ni à d’autres jeux pour de l’argent ou&#13;
chose appréciable par argent et non avec les séculiers ou en leur présence.&#13;
39° Comme le bon ordre de la communauté et l’avancement d’un chacun en&#13;
particulier dépend de l’observance du règlement, tous seront exacts et ponctuels à&#13;
garder l’ordre de l’emploi de la journée, aussi bien que ce présent règlement, et&#13;
l’on ne s’en dispensera point, sans la permission du supérieur, obéissant au son de&#13;
la cloche comme à la voix de Notre-Seigneur, qui les appelle pour l’aller servir en&#13;
faisant quelque exercice de la communauté et tant en allant qu’en revenant, on&#13;
marchera en silence et modestement.&#13;
40° Mais d’autant que le règlement extérieur n’est que pour bien régler l’intérieur&#13;
et nous faciliter le retour de nos âmes à Dieu, tous seront soigneux de l’observer&#13;
avec esprit intérieur et une sainte application à chaque exercice, pour petit qu’il&#13;
leur paraisse, se persuadant qu’il n’y a rien de petit au service de Dieu, qui regarde&#13;
non tant l’action que le cœur d’où elle procède.&#13;
&#13;
�41° Quand ils seront obligés de séjourner hors le Séminaire, ils tâcheront&#13;
d’observer leurs exercices ordinaires, autant que le temps et le lieu leur pourront&#13;
permettre.&#13;
42° Ils se donneront de garde, dans la conversation avec les externes, de parler des&#13;
choses qui se passent dans le Séminaire, soit touchant le particulier ou le général&#13;
de la maison.&#13;
43° Comme tous ceux qui sont admis dans le Séminaire sont censés avoir vocation&#13;
à la vie apostolique, telle qu’est celle d’un missionnaire de Canada, aussi leur&#13;
principal soin sera de travailler à l’acquisition des verbes propres à cet état,&#13;
notamment de celles dont l’on a fait mention ci-dessus, savoir l’humilité, la&#13;
pauvreté, l’obéissance, la mortification, la modestie, le zèle des âmes et la vraie&#13;
dévotion et surtout, d’avoir une très pure intention de plaire à Dieu dans toutes&#13;
leurs actions, chassant bien loin tous les respects humains, dissimulations et&#13;
vanités, se disant souvent en eux-mêmes : « Pourquoi suis-je venu en ce&#13;
Séminaire ? Pourquoi suis-je au monde ? Quels desseins ai-je sur terre ? ».&#13;
44° Tous seront soigneux de lire ou entendre lire tous les mois ce règlement et si&#13;
[ils] trouvent y avoir manqué en quelque chose, ils en demanderont pardon à Dieu&#13;
et formeront de nouvelles et fortes résolutions d’y être plus fidèles, moyennant la&#13;
grâce de Dieu qu’ils invoqueront à cet effet et afin de faire paraître le soin qu’ils&#13;
ont de leur avancement et de l’estime qu’ils font de ces règlements, ils&#13;
préviendront le supérieur quand ils s’apercevront d’y avoir manqué en chose&#13;
considérable et se tiendront disposés à recevoir avec humilité et soumission&#13;
d’esprit la correction et les pénitences qu’il leur pourrait imposer pour ce sujet.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-14013, p. 75-87.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par A. E. Gosselin, v. 1925, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, MS414&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Règlement du Séminaire de Québec (v. 1663)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives du Séminaire Saint-Sulpice de Paris, MG17, A 7-1, vol. 1, pièce 4&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8429" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8430" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par A. E. Gosselin, v. 1925, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, MS414&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c14013/630?r=0&amp;amp;s=1"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-14013, p. 75-87 &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le Séminaire de Paris rédige les règlements et codes de vie suggérés pour les prêtres du Séminaire de Québec.</text>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1677, 4 décembre – Enquête avant l’enregistrement des lettres du Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la Civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 11, no 31)&#13;
information.&#13;
4 Decembre&#13;
1677&#13;
&#13;
1 Lan Mil Six cens&#13;
2 Soixante dix Sept Et&#13;
3 Le Samedy Quatriesme&#13;
4 Jour du Mois de&#13;
5 decembre deux heure&#13;
6 de relevee par devant&#13;
7 Nous Pierre Gibert&#13;
8 Seigneur devillarey&#13;
9 La Gastine, Et&#13;
10 Les Pilliers conseiller&#13;
11 du Roy En Sa&#13;
12 Cour de Parlement&#13;
13 grande chambre dJcelle&#13;
14 Et commissaire en&#13;
15 Cette partye En&#13;
16 nostre hostel Scize&#13;
17 Cour du Pallais&#13;
18 paroisse de La&#13;
19 basse Saincte Chappelle&#13;
20 Est Comparu M.s&#13;
21 Prioux procureur de&#13;
22 La dite Cour Lequel&#13;
23 Nous a dit que&#13;
24 par Arrest rendu&#13;
25 a nostre Rapport&#13;
26 Le dix neufiesme Jour&#13;
27 du Mois dAoust&#13;
28 de Lannee Mil&#13;
29 Six Cens Soïxante&#13;
30 dix Sept pour Lenterinement&#13;
31 des Lettres parentes&#13;
32 du Roy donnes&#13;
33 a Sainct Germain en&#13;
34 Laye au Mois&#13;
35 dAvril de Lannee&#13;
36 Mil Six Cens&#13;
37 Soixante Seize par&#13;
38 Les quelles Sa Maiesté&#13;
39 auroit confirme Lunion&#13;
&#13;
�40 faicte par LEvesque&#13;
41 de Kebec en La&#13;
42 nouvelle france du&#13;
43 Seminaire du dit Kebec&#13;
44 Au Seminaire general&#13;
45 des Missions estrangeres&#13;
46 estably en cette&#13;
47 ville de paris&#13;
48 Jl Auroit entre&#13;
49 autres choses esté&#13;
50 Ordonné Avant procedder&#13;
51 a Lenregistrement des dites&#13;
52 Lettres Que doffice&#13;
53 a La Requeste&#13;
54 de Mon sieur Le&#13;
55 procureur general du&#13;
56 Roy Jl Seroit&#13;
57 Jnformé par devant Nous&#13;
58 de La commodité,&#13;
59 ou Jncommodité de&#13;
60 Lunion du seminaire&#13;
61 de Kebec A celuy&#13;
62 estably en La&#13;
63 ville de Paris&#13;
64 pour Les Missions&#13;
65 estrangeres pour Lexecution&#13;
66 du quel Arrest Et&#13;
67 en vertu de nostre&#13;
68 ordonnance du Jour&#13;
69 dhier Jl a faict&#13;
70 assigner a La&#13;
71 requeste de Monsieur&#13;
72 Le Procureur general&#13;
73 M.s Pierre Antoine&#13;
74 Roz de Boutechoux prestre&#13;
75 Abbe commendataire&#13;
76 de nostre dame&#13;
77 dassez, M.s Jacques&#13;
78 fauvel prestre demeurant&#13;
79 au college des&#13;
80 Tresoriers, Ms charles&#13;
81 Megrot diacre bachelier&#13;
&#13;
�82 de Sorbonne, M.s&#13;
83 Pierre Briche de laize&#13;
84 fils Marchand Libraire&#13;
85 a Paris, Et M.s&#13;
86 Charles Angot aussy&#13;
87 marchand Libraire a&#13;
88 paris Tesmoins Jndiquez&#13;
89 a comparoir par devant&#13;
90 Nous a ce Jour&#13;
91 Lieu Et heure&#13;
92 presente pour deposer&#13;
93 verite en LJnformation&#13;
94 ordonnéé estre faicte&#13;
95 de La commodité&#13;
96 ou Jncommodité de&#13;
97 Lunion du Seminaire&#13;
98 de Kebec a celuy&#13;
99 estably en cette&#13;
100 ville pour Les&#13;
101 Missions estrangeres&#13;
102 par Le Sus dit Arrest&#13;
103 comme de ce Jl&#13;
104 Nous a faict apparoir&#13;
105 par Lexploict de&#13;
106 huissier estant au&#13;
107 dos de nostre dite&#13;
108 Ordonnance Et qu’attendu&#13;
109 La presence des dits&#13;
110 Tesmoins Jl nous&#13;
111 plaise de procedder a&#13;
112 Ladite Jnformation, et&#13;
113 a signé. /.&#13;
114 Sur quoy Nous Con.er&#13;
115 Et Commissaire Sus dit&#13;
116 Avons au dit Prioux&#13;
117 au dit nom donné&#13;
118 acte de sa comparution&#13;
119 dire requisition et&#13;
120 Jndiquation, et ordonné&#13;
121 attandu La presence&#13;
122 des dits Tesmoins qu’il&#13;
123 Sera presentement par&#13;
&#13;
�124 Nous procedde a&#13;
125 La dite Jnformation, et&#13;
126 au Signé Desir dudit&#13;
127 Arrest du dix neuf&#13;
128 Sur quoy Nous Con.er&#13;
129 et commissaire Sus dit&#13;
130 Aoust Mil Six&#13;
131 Cens soixante dix&#13;
132 Sept. /.&#13;
133 Et A LJnstant Le dit&#13;
134 Prioux S’estant retiré&#13;
135 Avons ouy Les ditz&#13;
136 Tesmoins, en Leurs&#13;
137 depositions faict rediger&#13;
138 par Escrit Lune&#13;
139 Apres Lautre apres&#13;
140 Avoir deux pris&#13;
141 Le Serment en La&#13;
142 maniere accoustuméé ainsy&#13;
143 qu’il en suit. /.&#13;
144 Charles Megrot diacre&#13;
145 du dioceze de paris&#13;
146 de La maison, et&#13;
147 Societé de Sorbonne&#13;
148 Aagé de vingt cinq&#13;
149 Ans demeurant en&#13;
150 Sorbonne apres Avoir&#13;
151 Mis La Main ad&#13;
152 petus et faict&#13;
153 Serment de dire&#13;
154 verité. /.&#13;
155 A dit Qu’il scait&#13;
156 que Le Seminaire de&#13;
157 Kebec estant Sorty&#13;
158 de Celuy de Paris&#13;
159 comme de Sa source&#13;
160 par Lui par Les&#13;
161 Suretes Qu’il en a tiré&#13;
162 Jl Semble a present&#13;
163 bien Juste de Les&#13;
164 unir par Lauthorité&#13;
&#13;
�165 du prince comme Jls&#13;
166 Le Sont desia et&#13;
167 effect par Les correspondances&#13;
168 qu’ils ont Touiours&#13;
169 entretenus depuis que&#13;
170 Ces Ecclesiastiques zelez&#13;
171 Se Sont partagez Les&#13;
172 uns pour passer en&#13;
173 Canada pour y respandre&#13;
174 Les Lumieres de&#13;
175 LEvangile, et que&#13;
176 Les Autres Sont&#13;
177 demeurez a Paris&#13;
178 pour y attirer, et&#13;
179 Cultiver Les missionnaires&#13;
180 quy Se presentent pour&#13;
181 cette Eglise naissante&#13;
182 Les progrez considerables&#13;
183 qu’ils ont faict dans&#13;
184 La religion depuis que&#13;
185 dieu Leur a faict&#13;
186 La grace de Les&#13;
187 employer en de Sy&#13;
188 Sainctes fonctions Leur&#13;
189 faisant esperer qu’Jls&#13;
190 Jront Toujours en&#13;
191 augmentant Soubz La&#13;
192 benediction du Pere&#13;
193 celeste par Le&#13;
194 moyen de Cette&#13;
195 union dont La&#13;
196 necessité est bien&#13;
197 evidente, puis qu’il Seroit&#13;
198 fort a craindre Que&#13;
199 Le Seminaire de&#13;
200 Kebec ne succombast&#13;
201 Sans Le Secours&#13;
202 d’ouvriers Qu’il tire&#13;
203 de Celuy de Paris. /.&#13;
204 Lecture a Luy faicte&#13;
205 de Sa deposition&#13;
206 A dit Jcelle contenir&#13;
&#13;
�207 verité y a perseveré&#13;
208 et Signé. /.&#13;
209 Pierre Roz deboutechoux&#13;
210 chevalier de Sainct&#13;
211 Jean de Jerusalem&#13;
212 prestre commandeur de&#13;
213 Saincte Cecille, et&#13;
214 Abbe commandataire de&#13;
215 nostre dame d’Assez&#13;
216 Aage de Trente&#13;
217 Trois Ans, ou environ&#13;
218 demeurant rüe des&#13;
219 Cordeliers parroisse S.t&#13;
220 Cosne Apres Avoir&#13;
221 Mis La main ad&#13;
222 pertus, et faict&#13;
223 Le Serment de dire&#13;
224 verité. /.&#13;
225 A dit Qu’il est&#13;
226 persuadé que Les&#13;
227 deux Seminaires trouveront&#13;
228 conioinctement Leur commodite&#13;
229 et Utilité dans&#13;
230 Cette union Aussy&#13;
231 bien que Le publique&#13;
232 parce questant Tous&#13;
233 deux establis pour&#13;
234 procurer La gloire de&#13;
235 dieu et Le Salut&#13;
236 du prochain Jlz&#13;
237 rencontreront plus facilement&#13;
238 dans cette correspondance&#13;
239 mutuelle Les occasions&#13;
240 et Les moyens de&#13;
241 Travailler a La fin&#13;
242 de Leur Jnstitution pourra&#13;
243 continuer a y eslever&#13;
244 et former comme Jl&#13;
245 a faict Jusques a p’nt&#13;
246 des ecclesiastiques pour&#13;
247 Les faire passer en&#13;
248 Canada, et celuy de&#13;
&#13;
�249 Quebec Servira a&#13;
250 Les acceuillir, et reunir&#13;
251 pour Les employer&#13;
252 en suitte aux missions&#13;
253 des colonies francoises&#13;
254 et des Sauvages&#13;
255 de ces vastes pays&#13;
256 de La nouvelle france&#13;
257 et a Les rafraischir&#13;
258 Lors que fatigue et&#13;
259 espuisez de Leurs&#13;
260 courses Apostoliques&#13;
261 Jlz auront besoin de&#13;
262 reprendre haleine, et&#13;
263 de Se restablir dans&#13;
264 Lesprit de recollection&#13;
265 Sy necessaire Aux&#13;
266 ecclesiastiques quy sappliquent&#13;
267 au Service du&#13;
268 prochain, Les fruicts&#13;
269 de ces Ecclesiastiques&#13;
270 envoyez du seminaire de&#13;
271 Paris A celuy de&#13;
272 Kebec ont esté&#13;
273 Trouvez Sy considerables&#13;
274 par Le S.t Siege&#13;
275 que cette consideration&#13;
276 La porté a eriger&#13;
277 La ville de Kebec&#13;
278 en Cité, et a y&#13;
279 Creer un Evesque&#13;
280 en Titre quy est&#13;
281 Celuy qui S’en acquitte&#13;
282 Sy dignement auiour dhuy&#13;
283 et on pretend Tirer&#13;
284 de ce mesme seminaire&#13;
285 de Kebec des sujets&#13;
286 dignes de remplir Les&#13;
287 dignitez; et place du&#13;
288 chapitre qu’on doibt establir&#13;
289 dans cette cathedralle&#13;
&#13;
�290 Lecture a Luy faicte&#13;
291 de Sa deposition a&#13;
292 dit Jcelle contenir verité&#13;
293 y a percisté et signé. /.&#13;
294 Jacques fauvel prestre&#13;
295 du dioceze de coustance&#13;
296 demeurant A paris&#13;
297 habitué en La&#13;
298 parroisse de Sainct&#13;
299 Josse Aage de Trente&#13;
300 un An ou environ&#13;
301 Apres serment par&#13;
302 Luy faict en&#13;
303 La maniere Accoustuméé. /.&#13;
304 A dit Qu’il ne&#13;
305 doubte pas Que&#13;
306 LEglise et Le&#13;
307 publique ne Trouvent&#13;
308 beaucoup davantage dans&#13;
309 cette union puis que&#13;
310 Cette correspondance estant&#13;
311 establie entre ces&#13;
312 deux semainaires Jl&#13;
313 est persuade qu’ils&#13;
314 seront plus en&#13;
315 estat de procurer&#13;
316 La gloire de dieu&#13;
317 et Le Salut&#13;
318 du prochain ayant appris&#13;
319 de personnes dignes&#13;
320 de foy que Celuy&#13;
321 de Quebec ne peut&#13;
322 Subsister que par&#13;
323 Les Sujets quy Luy&#13;
324 Sont envoyez de ce&#13;
325 royaume, et Les&#13;
326 Secours quil y Trouve&#13;
327 pour Ses Affaires&#13;
328 Tant Spirituels que&#13;
329 Templrels, et que&#13;
330 pour celuy de&#13;
331 Paris en vain&#13;
&#13;
�332 Jl Seroit establj&#13;
333 Sil n’avoit point&#13;
334 de matiere pour&#13;
335 Exercer Son zele&#13;
336 Et Sil ne Luy&#13;
337 estoit pas permis&#13;
338 d’envoyer et respandre&#13;
339 Ses missionnaires dans&#13;
340 Les pays Jnfidels&#13;
341 Et estrangers Suivant&#13;
342 Lesprit de Son&#13;
343 Jnstitution. /.&#13;
344 Lecture A Luy&#13;
345 faicte de Sa&#13;
346 deposition A dit&#13;
347 Jcelle contenir verité&#13;
348 y a percisté et&#13;
349 Signé. /.&#13;
350 Jacques de Laize&#13;
351 de Bresche Jmprimeur&#13;
352 Et Marchand Libraire&#13;
353 a Paris y demeurant&#13;
354 rue Sainct Jacques&#13;
355 parroisse St Benoist&#13;
356 Aage de Trente&#13;
357 Six Ans ou environ&#13;
358 Le Serment de Luy&#13;
359 pris en Tel cas&#13;
360 requis et accoustumé. /.&#13;
361 A dit qu’ayant accompagné&#13;
362 plusieurs fois Mes sieurs&#13;
363 du Seminaire des&#13;
364 pays estrangers dans&#13;
365 Les Missions qu’ils&#13;
366 font deux fois Lannéé&#13;
367 Jl Leur a ouy&#13;
368 Souvent parler de&#13;
369 Lutilité de La&#13;
370 Jonction des deux&#13;
371 Seminaire de Quebec&#13;
372 et du Leur, et&#13;
373 Comme Jl frequente&#13;
&#13;
�374 Souvent dans Leur&#13;
375 Maison Jl Leur a&#13;
376 Toujours Ouy dire&#13;
377 qu’il Arriveroit Sans&#13;
378 doubte un grand bien&#13;
379 Lors que ces deux&#13;
380 Seminaires Seroient unis&#13;
381 ensemble, dautant que&#13;
382 quand Jl viendroit&#13;
383 a deceder quel que eclesiastiq’&#13;
384 dans Le Seminaire&#13;
385 de Kebec, celuy&#13;
386 de paris Seroit&#13;
387 comme une pepiniere&#13;
388 pour Leur en&#13;
389 fournir dautres, Et&#13;
390 quainsy on ne manqueroit&#13;
391 Jamais en ce pays&#13;
392 La de bons, Et&#13;
393 vertueux Ecclesiastiques&#13;
394 dans La Seminaire&#13;
395 pour y Entretenir&#13;
396 La foy, mais mesme&#13;
397 de Lestendre dans&#13;
398 Les nouvelles provinces&#13;
399 de ces pays barbares&#13;
400 Et Sauvages qu’on&#13;
401 descouvre de Temps&#13;
402 en Temps, et&#13;
403 quainsy Jl ne peut&#13;
404 arriver qu’un grand&#13;
405 bien pour Leglise&#13;
406 Et La publique de&#13;
407 La Jonction de ces&#13;
408 deux Seminaires. /.&#13;
409 Lecture a Luy&#13;
410 faicte de Sa deposition&#13;
411 A dit Jcelle contenir&#13;
412 verité a percisté&#13;
413 et Signé. /.&#13;
414 Charles Angot marchand&#13;
&#13;
�415 Libraire A Paris&#13;
416 y demeurant rüe&#13;
417 Sainct jacques parroisse&#13;
418 Sainct Benoist Aagé&#13;
419 de Cinquante Six&#13;
420 Ans, ou environ&#13;
421 apres serment par&#13;
422 Luy faict en La&#13;
423 maniere accoustuméé /.&#13;
424 A dit qu’ayant depuis&#13;
425 Long Temps habitude&#13;
426 Au dit Seminaire des&#13;
427 Missions estrangeres&#13;
428 Et ayant Mis&#13;
429 Au Jour plusieurs&#13;
430 relations de Leurs&#13;
431 Missions pour Jnformer&#13;
432 Le publiq de Leurs&#13;
433 progrez, Jl Scait&#13;
434 et Leur a Souvent&#13;
435 ouy dire qu’il estoit&#13;
436 de La derniere consequence&#13;
437 pour Ces Sortes&#13;
438 dentreprises de pieté&#13;
439 destablir des correspondances&#13;
440 stables entre Les&#13;
441 directeurs du dit seminaire&#13;
442 de paris et Les&#13;
443 Missionnaires quy Sont&#13;
444 Sortis de Cette&#13;
445 Communeauté pour passer&#13;
446 dans Les pays&#13;
447 estrangers et Sur&#13;
448 Tout en Canada&#13;
449 Afin davoir Jcy des&#13;
450 personnes quy prennent&#13;
451 Soin de Leurs affaires&#13;
452 spirituelles et Temporelles&#13;
453 Et pour Leur envoyer&#13;
454 des Ouvriers Comme&#13;
455 Jls font depuis&#13;
456 plusieurs Annees et&#13;
&#13;
�457 dont Lon Soit Servi&#13;
458 Tres utillement a Kebec&#13;
459 pour y eriger Son&#13;
460 Seminaire Episcopal ce&#13;
461 que lon a Toujours&#13;
462 depuis Soustenu par&#13;
463 Les Secours que celuy&#13;
464 de Paris Luy a&#13;
465 donné Soit en y&#13;
466 envoyant des ouvriers&#13;
467 ou en Lassistance&#13;
468 de ses Soins et&#13;
469 Conseils. /.&#13;
470 Lecture a Luy faicte&#13;
471 de sa deposition a&#13;
472 dit Jcelle Contenir&#13;
473 verité y a percisté&#13;
474 et signé. /.&#13;
475 faict Par nous con.er&#13;
476 et Com.re sus dit&#13;
477 Le Jour et An&#13;
478 que dessus. /.&#13;
479 gilbert.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Enquête sur l'union du Séminaire de Québec et de Paris&#13;
(Paris, 4 décembre 1677)&#13;
&#13;
L’an 1677 et le samedi 4e jour du mois de décembre, 2 heures de relevé, par devant&#13;
Pierre Gilbert, seigneur de Villeray, Gastines et les Piliers, conseiller du roi en sa&#13;
Cour de Parlement, grande chambre d’icelle et commissaire en cette partie, en&#13;
notre hôtel, sise Cour-du-palais, paroisse de la Basse-Sainte-Chapelle, est comparu&#13;
Me Prioux, procureur de ladite Cour, lequel nous a dit que par arrêt rendu à notre&#13;
rapport le 19e jour du mois d’août de l’année 1677 pour l’entérinement des lettres&#13;
patentes du roi, données à Saint-Germain-en-Laye au mois d’avril de l’année 1676,&#13;
par lesquelles Sa Majesté aurait confirmé l’union faite par l’évêque de Québec en&#13;
la Nouvelle-France du Séminaire dudit Québec au Séminaire général des Missions&#13;
étrangères établi en cette ville de Paris, il aurait, entre autres choses, été ordonné,&#13;
avant de procéder à l’enregistrement desdites lettres que d’office à la requête de&#13;
M. le procureur général du roi, il serait informé de la commodité ou de&#13;
l’incommodité de l’union du Séminaire de Québec à celui établi en la ville de Paris&#13;
pour les Missions étrangères ;&#13;
pour l’exécution duquel arrêt et en vertu de notre ordonnance du jour d’hier, il a&#13;
fait assigner à la requête de M. le procureur général, Me Pierre-Antoine Roz de&#13;
Boutechoux, prêtre, abbé commendataire de Notre-Dame-d’Assise, Me Jacques&#13;
Fauvel, prêtre, demeurant au collège des Trésoriers, Me Charles Magrot, diacre,&#13;
bachelier de Sorbonne, Me Pierre Briche de Laize fils, marchand libraire à Paris, et&#13;
Me Charles Ango, aussi marchand libraire à Paris, témoins, indiqués à comparoir&#13;
devant nous à ce jour, lieu et heure présente, pour déposer vérité en l’information&#13;
ordonnée être faite de la commodité ou incommodité de l’union du Séminaire de&#13;
Québec à celui de cette ville pour les Missions étrangères par le susdit arrêt,&#13;
comme de ce il nous a fait apparoir par l’exploit de huissier étant au dos de&#13;
notredite ordonnance et qu’attendu la présence desdits témoins, il nous plaise de&#13;
procéder à ladite information et a signé ;&#13;
sur quoi, nous, conseiller et commissaire susdit, avons audit Prioux audit nom&#13;
donné acte de sa comparution, dires, réquisition et indication et ordonné, attendu&#13;
la présence desdits témoins, qu’il sera présentement par nous procédé à ladite&#13;
information et au désir dudit arrêt du 19 août 1677 ;&#13;
&#13;
�et à l’instant, ledit Prioux s’étant retiré, avons ouï lesdits témoins en leurs&#13;
dépositions fait rédiger par écrit l’une après l’autre, après avoir d’eux pris le&#13;
serment en la manière accoutumée, ainsi qu’il en suit :&#13;
Charles Magrot, diacre du diocèse de Paris, de la maison et société de Sorbonne,&#13;
âgé de 25 ans, demeurant en Sorbonne, après avoir mis la main ad pectus1 et fait le&#13;
serment de dire vérité, a dit qu’il sait que le Séminaire de Québec étant sorti de&#13;
celui de Paris comme de sa source par lui, par les sûretés qu’il en a tiré, il semble&#13;
à présent bien juste de les unir par l’autorité du prince, comme ils le sont déjà en&#13;
effet par les correspondances qu’ils ont toujours entretenues depuis que ces&#13;
ecclésiastiques zélés se sont partagés, les uns pour passer en Canada pour y&#13;
répandre les lumières de l’Évangile, et que les autres sont demeurés à Paris pour&#13;
y attirer et cultiver les missionnaires qui se présentent pour cette Église naissante,&#13;
les progrès considérables qu’ils ont faits dans la religion depuis que Dieu leur a&#13;
fait la grâce de les employer en de si saintes fonctions, leur faisant espérer qu’ils&#13;
iront toujours en augmentant, sous la bénédiction du Père céleste, par le moyen de&#13;
cette union, dont la nécessité est bien évidente, puisqu’il serait fort à craindre que&#13;
le Séminaire de Québec ne succombât sans le secours d’ouvriers qu’il tire de celui&#13;
de Paris ; lecture à lui faite de sa déposition, a dit icelle contenir vérité, y a&#13;
persévéré et signé ;&#13;
Pierre Roz de Boutechoux, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, prêtre&#13;
commandeur de Sainte-Cécile et abbé commendataire de Notre-Dame-d’Assise,&#13;
âgé de 33 ans ou environ, demeurant rue des Cordeliers, paroisse Saint-Cosme,&#13;
après avoir mis la main ad pectus et fait le serment de dire vérité, a dit qu’il est&#13;
persuadé que les deux Séminaires trouveront conjointement leur commodité et&#13;
utilité dans cette union, aussi bien que le public, parce qu’étant tous deux établis&#13;
pour procurer la gloire de Dieu et le salut du prochain, ils rencontreront plus&#13;
facilement dans cette correspondance mutuelle les occasions et les moyens de&#13;
travailler à la fin de leur institution, [qui] pourra continuer à y élever et former&#13;
comme il a fait jusqu’à présent des ecclésiastiques pour les faire passer en Canada,&#13;
et celui de Québec servira à les accueillir et réunir pour les employer ensuite aux&#13;
missions des colonies françaises et des Sauvages de ces vastes pays de la NouvelleFrance et à les rafraîchir lorsque fatigués et épuisés de leurs courses apostoliques,&#13;
ils auront besoin de reprendre haleine et de se rétablir dans l’esprit de récollection,&#13;
1&#13;
&#13;
La main à la poitrine&#13;
&#13;
�si nécessaire aux ecclésiastiques qui s’appliquent au service du prochain ; les fruits&#13;
de ces ecclésiastiques envoyés du Séminaire de Paris à celui de Québec ont été&#13;
trouvés si considérables par le Saint-Siège que cette considération l’a porté à ériger&#13;
la ville de Québec en cité et à y créer un évêque en titre, qui est celui qui s’en&#13;
acquitte si dignement aujourd’hui ; et on prétend tirer de ce même Séminaire de&#13;
Québec des sujets dignes de remplir les dignités et place du chapitre qu’on doit&#13;
établir dans cette cathédrale ; lecture à lui faite de sa déposition, a dit icelle contenir&#13;
vérité, y a persisté et signé ;&#13;
Jacques Fauvel, prêtre du diocèse de Coutances, demeurant à Paris, habitué en la&#13;
paroisse Saint-Josse, âgé de 31 ans ou environ, après serment par lui fait en la&#13;
manière accoutumée, a dit qu’il ne doute pas que l’Église et le public ne trouvent&#13;
beaucoup d’avantages dans cette union, puisque cette correspondance étant&#13;
établie entre ces deux Séminaires, il est persuadé qu’ils seront plus en état de&#13;
procurer la gloire de Dieu et le salut du prochain ayant appris de personnes dignes&#13;
de foi que celui de Québec ne peut subsister que par les sujets qui lui sont envoyés&#13;
de ce royaume et les secours qu’il y trouve pour ses affaires, tant spirituelles que&#13;
temporelles, et que pour celui de Paris, en vain il serait établi s’il n’avait point de&#13;
matière pour exercer son zèle et s’il ne lui était pas permis d’envoyer et répandre&#13;
ses missionnaires dans les pays infidèles et étrangers, suivant l’esprit de son&#13;
institution ; lecture à lui faite de sa déposition, a dit icelle contenir vérité, y a&#13;
persisté et signé ;&#13;
Jacques de Laize de Brèches, imprimeur et marchand libraire à Paris, y demeurant&#13;
rue Saint-Jacques, paroisse Saint-Benoît, âgé de 36 ans ou environ, le serment de&#13;
lui pris en tel cas requis et accoutumé, a dit qu’ayant accompagné plusieurs fois&#13;
MM. du Séminaire des pays étrangers dans les missions qu’ils font deux fois&#13;
l’année, il leur a ouï souvent parler de l’utilité de la jonction des deux Séminaires,&#13;
de Québec et du leur, et comme il fréquente souvent dans leur maison, il leur a&#13;
toujours ouï dire qu’il arriverait sans doute un grand bien lorsque ces deux&#13;
Séminaires seraient unis ensemble, d’autant que quand il viendrait à décéder&#13;
quelque ecclésiastique dans le Séminaire de Québec, celui de Paris serait comme&#13;
une pépinière pour leur en fournir d’autres et qu’ainsi on ne manquerait jamais en&#13;
ce pays-là de bons et vertueux ecclésiastiques pour y entretenir la foi, mais même&#13;
de l’étendre dans les nouvelles provinces de ces pays barbares et sauvages qu’on&#13;
découvre de temps en temps et qu’ainsi il ne peut arriver qu’un grand bien pour&#13;
&#13;
�l’Église et le public de la jonction de ces deux Séminaires ; lecture à lui faite de sa&#13;
déposition, a dit icelle contenir vérité, a persisté et signé ;&#13;
Charles Ango, marchand libraire à Paris, y demeurant rue Saint-Jacques, paroisse&#13;
Saint-Benoît, âgé de 56 ans ou environ, après serment pas lui fait en la manière&#13;
accoutumée, a dit qu’ayant depuis longtemps habitude audit Séminaire des&#13;
Missions étrangères et ayant mis au jour plusieurs relations de leurs missions pour&#13;
informer le public de leurs progrès, il sait et leur a souvent ouï dire qu’il était de&#13;
la dernière conséquence pour ces sortes d’entreprises de piété d’établir des&#13;
correspondances stables entre les directeurs dudit Séminaire de Paris et les&#13;
missionnaires qui sont sortis de cette communauté pour passer dans les pays&#13;
étrangers et surtout en Canada, afin d’avoir ici des personnes qui prennent soin&#13;
de leurs affaires spirituelles et temporelles et pour leur envoyer des ouvriers,&#13;
comme ils font depuis plusieurs années et dont on soit servi très utilement à&#13;
Québec pour y ériger son Séminaire épiscopal, ce que l’on a toujours depuis&#13;
soutenu par les secours que celui de Paris lui a donnés, soit en y envoyant des&#13;
ouvriers ou en l’assistance de ses soins et conseils ; lecture à lui faite de sa&#13;
déposition, a dit icelle contenir vérité, y a persisté et signé.&#13;
Fait par nous, conseiller et commissaire susdit, le jour et an que dessus,&#13;
Gilbert.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne3 par le Séminaire de Québec-mdv-2022&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
Pour alléger la lecture, nous avons omis les ratures. Quant aux mots ajoutés en interlignes, en marges ou&#13;
en fin de pages, nous les avons intégrés aux bons endroits dans le texte.&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Enquête sur l'union du Séminaire de Québec et de Paris (Paris, 4 décembre 1677)</text>
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                <text>Enquête de commodo et incommodo avant l’enregistrement au Parlement de Paris des lettres patentes de Louis XIV pour l’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8267" class="show"&gt;Original en français classique &lt;/a&gt;et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 11, no 31&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8266" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14149" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8268" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris</text>
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                    <text>Approbation de l’union des Séminaires de Québec et de Paris par Champvallon&#13;
(Québec, 31 octobre 1677)&#13;
Dernier d’octobre 1677&#13;
Décret de Mgr l’archevêque de Paris portant confirmation [de] son consentement&#13;
et approbation de l’union du Séminaire de Québec à celui de Paris pour les&#13;
Missions étrangères&#13;
François, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, archevêque de Paris,&#13;
duc et pair de France, commandeur des ordres du roi, sur la requête à nous&#13;
présentée par les supérieur et directeurs du Séminaire des Missions étrangères&#13;
établi à Paris narrative que ledit Séminaire, ayant été principalement érigé pour&#13;
aider les évêques vicaires apostoliques, tant en la Nouvelle-France qu’en la Chine,&#13;
Cochinchine, Tonkin et autres royaumes des Indes orientales, au soutien et à&#13;
l’agrandissement des Églises naissantes dans ces pays éloignés et habités par les&#13;
infidèles, il se serait trouvé dans la suite que M. François de Laval, ci-devant l’un&#13;
desdits vicaires apostoliques et à présent premier évêque du pays de la NouvelleFrance ou Canada, aurait tiré dudit Séminaire quantité de bons sujets propres à&#13;
établir un Séminaire en la ville de Québec et en effet aurait érigé un depuis&#13;
quelques années, par les secours qu’il a toujours tiré dudit Séminaire de Paris ;&#13;
de sorte que pour établir une plus parfaite correspondance entre eux et parvenir&#13;
plus facilement à la fin de l’institution, qui n’est autre chose que la propagation de&#13;
la foi, les supérieur et directeurs desdits Séminaires auraient jugé à propos d’en&#13;
poursuivre l’union, laquelle aurait été déjà consommée de la part dudit seigneur&#13;
évêque de Québec par ses lettres en date du 19e mai 1675, en vertu desquelles il&#13;
aurait uni et annexé à perpétuité ledit Séminaire de Québec, ses maisons,&#13;
bâtiments, jardins, emplacements, terres et possessions et généralement toutes ses&#13;
dépendances à celui de Paris et icelles obtenues lettres patentes données à SaintGermain-en-Laye au mois d’avril 1676 et nous supplient lesdits supérieur et&#13;
directeurs de vouloir donner nos lettres d’union sur ce nécessaires ;&#13;
vu laquelle requête ensemble celle qui nous a été présentée par Messe Armand&#13;
Poitevin, prêtre, curé de Saint-Josse, procureur et grand-vicaire dudit seigneur&#13;
&#13;
�évêque, pour être reçu intervenant à la procédure et information à faire au sujet de&#13;
ladite union et poursuivre conjointement avec lesdits autres supérieur et&#13;
directeurs, notre ordonnance étant au bas de ladite première requête du&#13;
1er septembre dernier, portant qu’elle serait communiquée à notre promoteur, sa&#13;
réquisition en date du même jour, aux fins d’informer de l’utilité ou inutilité de&#13;
ladite union, notre ordonnance donnée en conséquence le jour suivant, par&#13;
laquelle nous avons commis le sieur Formaget pour informer de la commodité ou&#13;
incommodité, utilité ou inutilité de ladite union, pour, sur son procès-verbal, être&#13;
par nous pourvu ainsi que de raison, les procès-verbaux et enquête faits par ledit&#13;
Formaget, notre vice-gérant en notre officialité, les 14e et 5e dudit mois de&#13;
septembre, par lesquels nous avons évidemment reconnu l’utilité de ladite union&#13;
et le secours que ledit Séminaire de Québec tirera de celui de Paris pour la plus&#13;
grande gloire de Dieu, le maintien de la discipline ecclésiastique dans l’Église de&#13;
Québec et la conversion des infidèles, notre ordonnance du 8e octobre présent, par&#13;
laquelle nous avons renvoyé lesdits procès-verbaux et enquête à notredit&#13;
promoteur pour y donner ses conclusions, l’acte signé de lui en date du 13e du&#13;
présent mois, par lequel il a conclu, au décret de ladite union, lesdites lettres dudit&#13;
seigneur évêque, ensemble les lettres patentes du roi données sur icelles, le tout&#13;
vu et considéré, faisant droit sur lesdites requêtes ;&#13;
nous avons, de notre autorité archiépiscopale ordinaire, approuvé et confirmé,&#13;
approuvons et confirmons par ces présentes l’union faite par ledit seigneur évêque&#13;
de Québec de sondit Séminaire à notredit Séminaire des Missions étrangères pour&#13;
être ledit Séminaire de Québec dépendant à perpétuité de celui de Paris,&#13;
conformément aux lettres d’union dudit seigneur évêque, que nous consentons&#13;
être exécutées selon leur forme [et] teneur.&#13;
Donné à Paris, en notre palais archiépiscopal, le 31e et dernier jour d’octobre 1677,&#13;
[F.], archevêque de Paris&#13;
Par Monseigneur, Morange.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2022&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
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                    <text>1677, 31 octobre – Approbation de Champvallon de l’union des Séminaires de Québec et de Paris&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Polygraphie 26, no 44)&#13;
1 Derni[er] Octobre 1677&#13;
2 Decr[e]t de Mgr L’Archeveq’ de Paris&#13;
3 porta[n]t confirmaon son consentem’ &amp;&#13;
4 appro[b]a’on de lunion du Semre de Quebec&#13;
5 a celui de Paris pour les missions Etrangeres&#13;
6 françois par la grace de Dieu et du s.ct Siege apostolique Archevesque de Paris, Duc et Pair de France, Commandeur des ordres du Roy. Sur la requeste&#13;
a nous presentée par les Superieur&#13;
7 et Directeurs du Seminaire des miSsions étrangeres êtabli a Paris narrative que led.’ Seminaire ayant eté principalement erigé pour ayder les Evesques&#13;
vicaires apoStoliques tant en la nouvelle france&#13;
8 qu’en la Chine Cochinchine Tonquin et autres Royaumes des Jndes orientales au soûtien et a l’aggrandissement des Eglises naiSsantes dans ces pays&#13;
êloignés et habités par les Jnfideles il se seroit trouvé dans la&#13;
9 suite q.’ M. françois de Laval cy devant l’un des dits vicaires apostoliques et a present premier Evesque titulaire du pays de la nouvelle france ou&#13;
Canada auroit tiré du d.’ Seminaire quantité de bons&#13;
10 Sujets propres a êtablir un Seminaire en la ville de kebek et en effet en auroit erigé un depuis quelques années par les Secours qu’il a toujours tiré&#13;
dud.’ Seminaire de Paris de sorte que pour êtablir une plus&#13;
11 parfaite correspondance entr’eux et parvenir plus facilem.’ a la fin de leur institution qui n’est autre chose que la propagation de la foy les Superieurs&#13;
et Directeurs des d.’ Seminaires auroient iugé a propos d’en&#13;
12 pourSuivre l’union la quelle auroit été deja conSommée de la part du d.’ Seigneur Evesque de kebek par ses lettres en date du dix neufie.’ may mil&#13;
six cens Soixante et quinze en vertu des quelles il auroit uni et&#13;
13 annexé a perpetuité led.’ Seminaire de kebek ses maisons baStiments jardins emplacements terres et posseSsions, et generalem.’ toutes Ses&#13;
dépendances a celuy de Paris et Sur Jcelles obtenu lettres patentes données&#13;
14 a Saint Germain en Laye au mois d’avril mil Six cens Soixante et seize et nous Supplioient les d.’ Superieurs et Directeurs de vouloir donner nos&#13;
lettres d’union sur ce neceSsaires. Veu la quelle requeste ensemble&#13;
15 celle qui nous a êté presentée par Ms Armand Poitevin PreStre Curé de s.t Josse Procureur et grand vicaire dud.’ seigneur Evesque pour être receu&#13;
intervenant a la procedure et information a faire&#13;
16 au Sujet de lad.’ union et la pourSuivre conjointement avec les d.’ autres Superieur et Directeurs. Notre ordonnance etant au bas de la d.’ premiere&#13;
requeste du premier Septembre dernier portant qu’elle Seroit&#13;
17 communiquée a notre Promoteur. Sa requisition en date du même jour aux fins d’informer de l’utilité ou inutilité de lad.’ union nôtre ordonnance&#13;
donnée en consequence le jour Suivant par la quelle nous&#13;
&#13;
�18 avons commis le S.r formages pour informer de la commodité ou incommodité utilité ou inutilité de lad.’ union pour sur Son procès verbal estre par&#13;
nous pourveu ainsi que de raiSon Les procès verbal et enqueste&#13;
19 faite par led.’ formaget notre vice gerent en nôtre officialité les quatorze et quinzième dud.’ mois de Septembre par les quels nous avons evidemment&#13;
reconnu l’utilité de la d.’ union et le secours que led.’&#13;
20 Seminaire de kebek tirera de celuy de Paris pour la plus grande gloire de Dieu, le maintien de la dis[c]ipline Ecclesiastique dans l’Eglise de kebek et&#13;
la converSion de Jnfideles. Nôtre ordonnance du huitième&#13;
21 Octobre present par la quelle nous avons rencoyé les d.’ procès verbal et enquestes, a nôtre d.’ Promot[e]ur pour y donner ses conclusions. L’acte&#13;
signé de luy en date du treizième dud.’ present mois par le que il a&#13;
22 conclu au décret delad.’ union Les d.’ Lettres dud.’ Seigneur Evesque ensemble les lettres patentes du Roy données Sur icelles Le tout veu et&#13;
consideré faisans droit Sur les d.’ requestes Nous avons&#13;
23 de nôtre autorité archie’pale et ordinaire approuvé et confirmé approuvons et confirmons par ces p’ntes l’union faite par led.’ Seigneur Evesque de&#13;
kebek de sond.’ Seminaire a nôtre d.’ Seminaire des miSsions&#13;
24 étrangeres pour estre led.’ Seminaire de kebek dépendant a perpetuité de celuy de Paris conformement aux lettres d’union dud.’ Seigneur Evesque&#13;
que nous consentons estre executées Selon leur forme&#13;
25 teneur. Donné a Paris en notre Palais archieposcopal, le trente-uniême et dernier jour d’o[c]tobre mil Six cens Soixante et dix sept. /.&#13;
26&#13;
A Archevesque de Paris&#13;
27&#13;
Par monseigneur&#13;
28&#13;
morange&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>L’archevêque de Paris approuve l’union entre les deux Séminaires.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/451688" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Polygraphie 26, no 44&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8247" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8248" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8250" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Extrait de la lettre de Tronson à Belmont (Paris, 8 avril 1684)&#13;
[…]&#13;
18° J’écris à M. Dollier touchant l’établissement des Récollets à Montréal, qu’il faut&#13;
tâcher de différer.&#13;
19° Je ne crois pas que le clocher des Récollets subsiste, mais il y a bien l’apparence&#13;
qu’ils auront d’ailleurs une partie de ce qu’ils demandent1.&#13;
[…]&#13;
22° J’ai tâché, dans la lettre que j’ai écrite à Mgr de Québec, de lui témoigner&#13;
beaucoup de reconnaissance pour la proposition d’union qu’il m’avait faite de sa&#13;
part. Nous ne saurions que nous louer de la manière dont il en use avec nous et&#13;
cette marque particulière de confiance qu’il nous avait donnée méritait bien&#13;
quelques actions de grâces particulières. Les MM. du Séminaire des Missions&#13;
étrangères n’ont pas fait les mêmes difficultés que nous et c’est une bonne chose&#13;
qu’ils aient accepté la même proposition qu’on leur a faite, car ils seront obligés de&#13;
prendre part maintenant à ce qui regarde le pays et comme ils ont du zèle et de&#13;
l’intelligence, ils pourront contribuer beaucoup à soutenir le bien que l’on y fait.&#13;
[…]&#13;
L. Tronson&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Les articles 18 et 19 sont en code chiffré dans la lettre originale.&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-14002, p. 1397-1410.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Tronson, Louis, 1622-1700</text>
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                <text>Lettre de Tronson à Belmont (Paris, 8 avril 1684)</text>
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                <text>Le supérieur général de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice informe le sulpicien responsable de la mission de la Montagne que les difficultés qu’ont causées les Récollets à Laval, 1er évêque de Québec, justifient le retard à leur établissement à Montréal. Tronson a refusé l’union spirituelle des Séminaires de Montréal et de Québec, mais est heureux que le Séminaire de Paris ait accepté.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives du Séminaire Saint-Sulpice de Paris, MG17, A7-2, Série 2, vol. 6, p. 3733-3746&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Belmont, François Vachon de, 1645-1732</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8718" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8717" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait manuscrit en français classique &lt;/a&gt;par A. E. Gosselin, v. 1930, et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, MS422, p. 134&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c14002/1397?r=0&amp;amp;s=4"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-14002, p. 1397-1410&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Arrêt du Conseil souverain de Québec confirmant l’union du Séminaire de Québec&#13;
et de Paris (Québec, 26 octobre 1676)&#13;
&#13;
Du lundi 26 octobre 1676, du matin,&#13;
La Cour assemblée, où étaient MM. le gouverneur et l’intendant et les sieurs de&#13;
Villeray, de Tilly, d’Amours, Dupont, de Lotbinière, de Peiras et de Vitray,&#13;
conseillers, et le procureur général, vu la requête présentée par les sieurs de&#13;
Bernières, supérieur, Ango [des Maizerets], assistant, et Dudouyt, procureur, du&#13;
Séminaire de cette ville de Québec, tendant à ce qu’il plaise à la cour entériner les&#13;
lettres d’union dudit Séminaire à celui des Missions étrangères établi à Paris, rue&#13;
du Bac, l’ordonnance étant au bas du 19 de ce mois portant communication au&#13;
procureur général les lettres patentes du roi, données à Saint-Germain-en-Laye, au&#13;
mois d’avril dernier, signées Louis et sur le repli, par le roi, Colbert et scellées du&#13;
grand sceau en cire verte sur le laqué de soie rouge et verte, par lesquelles Sa&#13;
Majesté agrée et confirme l’union faite par Messe François de Laval, évêque&#13;
titulaire de Québec, de son Séminaire de cette ville avec celui des Missions&#13;
étrangères, sis à Paris, rue du Bac, par ses lettres d’union données à Paris, le 19e&#13;
jour de mai 1675, voulant Sa Majesté que lesdites lettres d’union attachées auxdites&#13;
patentes sous le contresceau de la chancellerie aient lieu à perpétuité, selon le&#13;
contenu en icelles, le tout ainsi qu’il est plus au long porté par lesdites patentes&#13;
adressées en cette cour pour y être registrées et pour faire exécuter, garder et&#13;
observer icelles et même jour et user de leur contenu par lesdits Séminaires unis,&#13;
conclusions du procureur général dudit jour 19e de ce mois, tout considéré, la cour&#13;
a ordonné et ordonne lesdites patentes et lettres d’union y attachées être registrées&#13;
au greffe d’icelle pour jouir par lesdits Séminaires unis de l’effet et contenu en&#13;
icelles.&#13;
Duchesneau&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil&#13;
souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol. 2, p. 85-86.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Arrêt du Conseil souverain de Québec confirmant l’union du Séminaire de Québec et de Paris (Québec, 26 octobre 1676)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://pistard.banq.qc.ca/unite_chercheurs/description_fonds?p_anqsid=20191219123527943836&amp;amp;p_centre=03Q&amp;amp;p_classe=TP&amp;amp;p_fonds=1&amp;amp;p_numunide=812076"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, TP1, S28, P1336&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8257" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8259" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=mdp.35112104854114&amp;amp;view=1up&amp;amp;seq=155&amp;amp;skin=2021"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans P.-O. Chauveau, &lt;em&gt;Jugements et délibérations du Conseil Souverain&lt;/em&gt;, 1895-1891, vol. 2, .p 85, via Hathi Trust&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le Conseil souverain de Québec confirme l’union du Séminaire de Québec et du Séminaire de Paris.</text>
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        <name>Église Vs État</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui

NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.
2
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.
3
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de
Québec, no 21.
1

�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité
partout où cela serait nécessaire6.
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,
Séminaire 2, no 28b.
5
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.
6
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.
7
ASQ, Séminaire 1, no 10.
4

�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des
autorités religieuses et civiles.
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale
et essentielle13 ».
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.
10
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.
11
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.
12
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.
13
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.
8
9

�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi
le 10 février 167820.
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.

ASQ, Séminaire 1, no 24.
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.
16
ASQ, Séminaire 11, no 2.
17
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.
2, p. 85.
18
ASQ, Polygraphie 26, no 44.
19
ASQ, Séminaire 11, no 31.
20
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.
14
15

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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique, publiée dans H. Provost, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;&lt;span&gt;s, 1964, p. 53-56&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 444, no 58&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>2e mandement d’union du Séminaire de Québec avec celui de Paris par Laval&#13;
(Paris, 19 mai 1675)&#13;
&#13;
François, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, premier évêque de&#13;
Québec, capitale de la Nouvelle-France, en conséquence de l’érection qui a été faite&#13;
dudit évêché par N. S.-P. le pape Clément X, le 1er jour d’octobre 1674, des bulles&#13;
apostoliques qui nous en ont été expédiées le même jour sur la nomination du roi&#13;
et du serment de fidélité par nous prêté entre les mains de Sa Majesté, le 13e avril&#13;
dernier, à tous présents et à venir, salut.&#13;
Considérant que le Séminaire d’ecclésiastiques, par nous ci-devant érigé en ladite&#13;
ville de Québec, pour les causes contenues dans nos lettres sur ce expédiées,&#13;
lorsque, étant évêque de Pétrée, vicaire apostolique dans ladite Nouvelle-France,&#13;
l’administration de l’Église naissante dans ledit pays nous avait été confiée,&#13;
autorisée depuis et confirmée par lettres patentes de Sa Majesté, données au mois&#13;
d’avril 1663, registrées au Conseil souverain dudit Québec, pouvait dépérir s’il&#13;
n’était uni à perpétuité à un corps stable en France, d’où l’on y put envoyer des&#13;
sujets propres pour la direction dudit Séminaire de Québec ; et connaissant qu’il&#13;
aurait plu à Sadite Majesté de consentir au contrat de donation fait par défunt&#13;
révérendissime père en Dieu, Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, le&#13;
16e mars de ladite année 1663, à l’effet de l’établissement d’un Séminaire&#13;
d’ecclésiastique pour servir à la propagation de la foi dans les pays infidèles et&#13;
d’agréer et confirmer l’établissement dudit Séminaire dans Paris à Saint-Germaindes-Prés, rue du Bac, par les lettres patentes données au mois de juillet de la même&#13;
année 1663, registrées au Parlement le 7 septembre ensuivant ; et qu’un des motifs&#13;
de Sadite Majesté, exprimé dans sesdites lettres patentes, aurait été la&#13;
correspondance que nous avions déjà avec les sieurs Poitevin et Gazil, prêtres,&#13;
docteurs en théologie sous le nom desquels a été fait l’établissement dudit&#13;
Séminaire des Missions aux infidèles et qu’ils étaient même nos procureurs en&#13;
France pour les affaires de ladite Église de la Nouvelle-France, dont nous avions&#13;
l’administration, comme ils faisaient pareillement des évêques français délégués&#13;
vicaires apostoliques en les royaumes de la Chine, Tonkin et autres pays des Indes&#13;
orientales ; vu que d’ailleurs, ledit Séminaire établi à Paris nous aurait fourni de&#13;
bon nombre d’ecclésiastiques pour former ledit Séminaire de Québec et le remplir&#13;
&#13;
�de personnes capables, les uns pour le diriger et gouverner, les autres pour être&#13;
instruits à la mission dudit pays et y être employés par nos ordres ;&#13;
nous avons estimé, à présent que nous sommes évêque en titre de ladite ville de&#13;
Québec et Nouvelle-France et que nous avons droit d’y exercer tous les pouvoirs&#13;
d’évêque diocésain, ne pouvoir faire chose plus conforme aux intentions de Sadite&#13;
Majesté, ni plus solidement pourvoir à la conservation dudit Séminaire de Québec,&#13;
dans le même esprit ecclésiastique et des missions, que de lui procureur la&#13;
continuation du même gouvernement que nous avons déjà éprouvé si utile, en&#13;
punissant et annexant audit Séminaire de Paris que la Providence divine y a établi&#13;
pour les Missions étrangères, par ledit contrat de fondation et par lesdites lettres&#13;
patentes de Sa Majesté susdatées, d’où il a reçu jusqu’à présent son principal&#13;
secours par les bons sujets et bien éprouvés, qui y ont été envoyés par ledit&#13;
Séminaire de Paris et qui y ont donné depuis 12 ans des preuves continuelles de&#13;
leur zèle, suffisance et piété ;&#13;
à ces causes et bien informés de la bonne direction dudit Séminaire de Paris pour&#13;
les Missions étrangères par la vertu, zèle et capacité de ceux qui le gouvernent avec&#13;
grand fruit et bénédiction, nous avons unis et annexé, unissons et annexons à&#13;
perpétuité ledit Séminaire de Québec, ses maisons et bâtiments, jardins,&#13;
emplacements, seigneuries, terres, possessions, revenu généralement quelconques&#13;
avec autres dépendances d’icelui, présents et à venir, audit Séminaire établi à Paris&#13;
pour la conversion des infidèles, sans que ledit Séminaire de Québec ni ceux qui&#13;
lui sont demeurants en puissent distraire, vendre ni aliéner aucune partie, ni même&#13;
les engager sans le consentement et permission des sieurs directeurs dudit&#13;
Séminaire de Paris, qui nommeront et choisiront tel supérieur que bon leur&#13;
semblera pour régir et gouverner selon leurs constitutions ledit Séminaire de&#13;
Québec, lequel supérieur prendra notre bénédiction et confirmation pour exercer&#13;
sa charge, lui donnant dès à présent toute permission et pouvoir, comme aussi aux&#13;
autres ecclésiastiques et missionnaires qui seront envoyés par ledit Séminaire de&#13;
Paris en celui de Québec sous notre approbation et de nos successeurs, d’enseigner&#13;
les peuples qui nous sont commis par leurs prédications, catéchismes,&#13;
administration des sacrements, conférences, retraites spirituelles et autres&#13;
exercices de piété, même d’aller en mission par notre ordre dans tous les lieux de&#13;
notre juridiction, à condition toutefois d’être soumis à nous et à nos successeurs&#13;
&#13;
�évêques en toutes les fonctions ecclésiastiques qui regardent l’assistance et&#13;
l’instruction du prochain et quand au reste, ils dépendront de leur supérieur et&#13;
dudit Séminaire de Paris.&#13;
Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons à ces présentes&#13;
signées de notre main et contresigné de notre secrétaire, fait apposer le sceau de&#13;
nos armes.&#13;
Donné à Paris, le 19e jour du mois de mai, l’an de grâce 1675.&#13;
François, évêque de Québec&#13;
Par le commandement de Monseigneur, Glandelet.&#13;
Nous, Luc Fermanel, Louis Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil, supérieur et&#13;
directeurs du Séminaire établi à Paris pour la conversion des infidèles des pays&#13;
étrangers, recevons avec respect la grâce que Mgr l’illustrissime et révérendissime&#13;
évêque de Québec, capitale de la Nouvelle-France, a fait à notre Séminaire par le&#13;
présent acte d’union de son Séminaire de Québec au notre et promettons&#13;
d’observer et accomplir les conditions portées par icelui.&#13;
En foi de quoi, nous avons fait et signé le présent, écrit de notre main, à Paris, dans&#13;
notre Séminaire, le 19 mai 1675.&#13;
Fermanel, L. Barat, M. Gazil, prêtre, Poitevin, [avec paraphes].&#13;
&#13;
Donation de notre Séminaire au Séminaire des Missions étrangères de Paris, qui&#13;
ont été enregistrées au Conseil de Québec, avec les patentes du roi d’établissement&#13;
dudit Séminaire à Québec, où l’on peut enlever un extrait quand l’on voudra.&#13;
[François, évêque de Québec]&#13;
&#13;
Le présent acte se trouve copié et collationné dans le grand livre page 15.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 53-56.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>— 95 —&#13;
&#13;
promets à Votre Majesté que je lui serai tant que je vivrai Adèle&#13;
&#13;
sujet et serviteur,que je procurerai son service,et le bien de son&#13;
&#13;
Etat de tout mon pouvoir, et ne me trouverai en aucun conseil,&#13;
&#13;
dessein, ni entreprise au préjudice d'iceux. Et s'il vient quelque&#13;
&#13;
chose à ma connaissance, je le ferai savoir à Votre Majesté.&#13;
Ainsi Dieu me soit en aide,et ses Saints Evangiles par moi touchés.&#13;
FRANÇOIS, Evêque de Québec.&#13;
&#13;
MANDEMENT&#13;
POUR l'union DU.piuiNAlRE SE QUiBEC AU SÊUmATBE DES MISSIONS&#13;
iTRANOÈBES DE PARIS&#13;
&#13;
FRANÇOIS, par la Grâce do Dieu et du Saint-Siège Aposto&#13;
&#13;
lique, premier évêque de Québec,Capitale de la Nouvelle-France.&#13;
En conséquence do l'érection qui a été faite du dit Evêché par&#13;
&#13;
notre St Père le Pape Cle.ment X, le premier jour d'Octobre mil&#13;
six cent soixante et quatorze, des Bulles appliquées qui nous en&#13;
ont été expédiées le môme jour sur la nomination du Roi, et du&#13;
serment de fidélité par nous prêté entre les mains de Sa Majesté,&#13;
le vingt trois d'Avril dernier. A tous présents et à venir : Salut.&#13;
&#13;
Considérant que le Séminaire d'Ecclésiastiques par nous ci-&#13;
&#13;
devant érigé en la dite ville de Québec,pour les causes contenues&#13;
dans nos lettres sur ce expédiées, lorsqu'étant Evêque de Petrée&#13;
et Vicaire Apostolique dans la dite Nouvelle France,l'administra&#13;
tion de l'Eglise naissante dans le dit Pays nous a été confiée,&#13;
&#13;
autorisée depuis et confirmée par lettres patentes de Sa Majesté,&#13;
données au mois d'Avril mil six cent soixante et trois, régistrées&#13;
au Conseil Souverain du dit Québec, pourrait dépérir, s'il n'était&#13;
&#13;
uni à perpétuité à un corps stable et ferme, d'où l'on peut y&#13;
&#13;
envoyer des sujets propres pour la direction du dit Séminaire de&#13;
Québec, et connaissant qu'il aurait plû à Sa Majesté de consentir&#13;
au contrat do donation fait par défunt Révérend Père en Dieu&#13;
&#13;
Bernard de Ste Thérèse, évêque de Babiloiie, le seize Mars de la&#13;
dite année mil six cent soixante et trois, à l'effet de l'établissement&#13;
d'un Séminaire d'Ecclésiastiques, pour servir à la propagation de&#13;
&#13;
�■ ge&#13;
&#13;
la foi dans les pays infidèles, d'agi'éer et de confirmei'rétablisse&#13;
ment du dit Séminaire dans ce pays, à Si Germain Desprez,&#13;
&#13;
Rue du Bac, par les lettres patentes du mois de Juillet de la&#13;
même année mil six cent soixante et trois, rêgislrées au Parlement&#13;
&#13;
le sept Septembre on suivant ; Et qu'un des motifs de sa dite&#13;
Majesté, exprimé dans les dites lettres patentes, aurait été lu&#13;
correspondance que nous avions déjà avec les Sieurs Poitvin et&#13;
Gazil, Prêtres, Docteurs en Théologie' sous le nom desquels a&#13;
été faitrétablissement du dit Séminaire des missions aux infidèles,&#13;
&#13;
et qu'ils étaient même nos Procureurs en France pour les affaires&#13;
&#13;
de la dite Eglise de la Nouvelle France, dont nous avions l'admi&#13;
&#13;
nistration, comme ils l'étaient pareillement des Evêques Français,&#13;
Vicaires Apostoliques ès Royaume de la Chine,Tonquin et autres&#13;
&#13;
pays des Indes Orientales, et que d'ailleurs le dit Séminaire do&#13;
&#13;
Paris nous aurait fourni bon nombre d'Ecclésiastiques pour&#13;
former le dit Séminaire de Québec et le rempdir de personnes&#13;
&#13;
capables, les uns pour le diriger et gouverner et les autres pour&#13;
être instruits à la mission du dit pays et y être employés par nos&#13;
&#13;
ordres, nous avons estimé à présent que nous sommes Evêque&#13;
en titre do la dite ville de Québec et de la Nouvelle France, et&#13;
&#13;
que nous avons droit d'y exercer tous les pouvoirs d'Evêque&#13;
&#13;
Diocésain, ne pouvoir faire chose plus conforme aux instructions&#13;
de Sa dite Majesté, iii plus solidement pourvoir à la conservation&#13;
du dit Séminaire de Québec dans le môme esprit Ecclésiastique,&#13;
et des missions, que de lui procurer la continuation du môme&#13;
&#13;
gouvernement que nous avons déjà éprouvé si utile,eu l'unissant&#13;
&#13;
et annexant au dit Séminaire de.Paris, que la Providence Divine&#13;
&#13;
y a établi pour les missions étrangères, par les dites lettres&#13;
patentes de Sa Majesté,d'oùilareçujusqu'ùprésentson principal&#13;
&#13;
secours par les bons sujets qui y ont été envoyés par le dit&#13;
&#13;
Séminaire de Paris, et qui y ont donné depuis douze ans des&#13;
&#13;
preuves continuelles de leur zèle, suffisance et piété.&#13;
&#13;
A CES CAUSES, et bien informé de la bonne direction du dit&#13;
&#13;
Séminaire de Paris pour les missions étrangères, par la vertu,&#13;
zèle et capacité de ceux qui le gouvernent avec grand fruit et&#13;
bénédiction. Nous avons uni et annexé, unissons et annexons ù&#13;
&#13;
perpétuité le dit Séminaire de Québec, ses maisons, bâtiments,&#13;
jardins, emplacements, seigneuries, terres, possessions, réserves&#13;
&#13;
généralement quelconques et autres dépendances d'icelui,&#13;
&#13;
�— 97 —&#13;
&#13;
présents et à venir, avi dit Séminaire établi à Paris, pour la&#13;
conversion des infldèles, sans que le dit Séminaire de Québec ni&#13;
ceux qui y sont demeurant en puissent distraire, vendre ni&#13;
aliéner aucune partie, ni mémo les engager sans le consentement&#13;
&#13;
et permission des Sieurs Directeurs du dit Séminaire do Paris,&#13;
qui nommeront et choisiront tel supérieur,que bon leur semblera,&#13;
pour régir et gouverner selon les constitutions du dit Séminaire&#13;
de Québec, lequel Supérieur prendra notre bénédiction et confir&#13;
mation pour exécuter sa charge, lui donnant dès à présent toute&#13;
permission et pouvoir comme aussi aux autres Ecclésiastiques&#13;
Missionnaires qui seront envoyés par le dit Sémityiire do Paris&#13;
&#13;
en celui de Québec,sous notre approbation,et do nos successeurs,&#13;
d'enseigner les peuples qui nous sont commis, par leurs prédica&#13;
&#13;
tions, catéchismes, administrations des Sacrements, conférences,&#13;
retraites spirituelles, et autres exercices de piété, môme d'aileron&#13;
&#13;
mission par nos ordres dans tous les lietix de notre jurisdiction,&#13;
à condition toutefois d'être soumis à nous et à nos successeurs&#13;
&#13;
Evoques, en toutes les fonctions Ecclésiastiques qui regardent&#13;
&#13;
l'assistance et l'instruction du prochain, et quant au resto ils&#13;
dépendront do leur Supérieur et du dit Séminaire dc Paris. Et&#13;
&#13;
afin que ce soit chose forme et stable à toujours, nous avons à&#13;
ces présentes signées do notre main et contresignées dc notre&#13;
&#13;
Secrétaire, fait apposer lo Sceau de nos armes.&#13;
&#13;
Donné à Paris, le dix-neuvième Mai mil six cent soi.Nantcot&#13;
quinze.&#13;
&#13;
FRANÇOIS, Evègun de Quédec.&#13;
Par le Commandement de mon dit Seigneur,&#13;
Glandelet.&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie typographiée en français moderne et publiée dans H. Têtu, Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec, 1888, vol. 1, p. 95-97</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>2e mandement d’union du Séminaire de Québec avec celui de Paris par Laval (Paris, 19 mai 1675)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/266384"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 1&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/742"&gt;Copie collationnée en latin&lt;/a&gt; par H. de Bernières et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Registre A, p. 328, no 355&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369498"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 13 avril 1676, probablement par Duprac, et &lt;/span&gt;conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 13&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/485775"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 22 janvier 1691 par G. Rageot &lt;/span&gt;&lt;span&gt;et &lt;/span&gt;conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 30a&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/485777"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 30 septembre 1714 par J.-É. Dubreuil&lt;/span&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span&gt;et &lt;/span&gt;conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 30c&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369626"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 28 mai 1720 et &lt;/span&gt;conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 14&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8253" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris_pdfa2b.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13855" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8254" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;s, 1964, p. 53-56&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13856"&gt;Copie typographiée en français moderne&lt;/a&gt; et publiée dans H. Têtu, &lt;em&gt;Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec&lt;/em&gt;, 1888, vol. 1, p. 95-97&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/485601" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 1a&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8256" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 444, no 58&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>2e union par le 1er évêque de Québec du Séminaire de Québec à celui de Paris et acceptation par le Séminaire de Paris </text>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettres patentes de Louis XIV pour l’union du Séminaire de Québec à celui de Paris&#13;
(Saint-Germain-en-Laye, 26 avril 1676)&#13;
&#13;
Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir,&#13;
salut.&#13;
Le désir que nous avons toujours eu de contribuer de tout notre pouvoir à la&#13;
propagation de l’Évangile nous ayant ci-devant porté à donner nos lettres patentes&#13;
du mois de juillet 1663 pour l’établissement du Séminaire d’ecclésiastiques pour&#13;
les Missions étrangères sise à Saint-Germain-des-Prés, rue du Bac, qui ont été&#13;
depuis registrées en notre Parlement de Paris le 7e septembre ensuivant, nous&#13;
aurions presque en même temps confirmé par nos lettres patentes du mois d’avril&#13;
audit an l’établissement d’un Séminaire aussi d’ecclésiastiques érigé dans notre&#13;
ville de Québec, capitale de la Nouvelle-France, par notre aimé et féal conseiller en&#13;
nos Conseils, le sieur François de Laval, lors évêque de Pétrée, vicaire apostolique&#13;
dans ladite&#13;
&#13;
Nouvelle-France,&#13;
&#13;
qui a depuis entretenu une&#13;
&#13;
continuelle&#13;
&#13;
correspondance avec ledit Séminaire des Missions étrangères établi à Paris, dont il&#13;
a tiré de temps en temps plusieurs bons sujets et vertueux ecclésiastiques, tant&#13;
pour la conduite que pour les autres emplois dudit Séminaire de Québec ;&#13;
et d’autant que depuis qu’il a plu à N. S.-P. le pape Clément X d’ériger à notre&#13;
instante prière ledit lieu de Québec en évêché et d’en pourvoir sur notre&#13;
nomination ledit sieur François de Laval, ci-devant évêque de Pétrée, et qu’étant à&#13;
présent évêque titulaire dudit Québec, il a jugé nécessaire pour affermir le régime&#13;
et la conduite de sondit Séminaire à perpétuité de l’unir au corps dudit Séminaire&#13;
de Paris établi pour les Missions étrangères, dont il aurait fait expédier ses lettres&#13;
portant ladite union à perpétuité données à Paris le 19e mai 1675, sur lesquelles il&#13;
nous aurait supplié de vouloir accorder nos lettres d’agrément et de confirmer, à&#13;
ces causes et autres à ce nous mouvant ;&#13;
de l’avis de notre Conseil, nous avons par ces présentes agrée et confirmé, agréons&#13;
et confirmons ledit acte ou lettres patentes dudit sieur évêque de Québec du&#13;
19e mai 1675, dont copie est ci-attachée, sous le contresceau de notre chancellerie,&#13;
portant union dudit Séminaire de Québec audit Séminaire général établi à Paris&#13;
&#13;
�pour les Missions étrangères et la conversion des infidèles, au bas desquelles est&#13;
l’acceptation qui en est faite par les sieurs Fermanel, Barat, Poitevin et Gazil,&#13;
directeurs dudit Séminaire de Paris, le contenu desquels actes, en tant qu’en nous&#13;
est, nous voulons avoir lieu à perpétuité selon le contenu en iceux. Ci donnons en&#13;
mandement à nos aimés et féaux conseillers, les gens tenant notre Conseil&#13;
souverain de la Nouvelle-France établi à Québec, que ces présentes ils fassent&#13;
registrer pour être exécutées, gardées et observées selon leur forme et teneur et du&#13;
contenu en icelles jouir et user par lesdits Séminaires, unis pleinement,&#13;
paisiblement et perpétuellement, sans souffrir qu’il leur soit donné aucun trouble&#13;
ni empêchement au contraire ; car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose&#13;
ferme et stable à toujours nous avons fait mettre notre sceau à cesdites présentes.&#13;
Donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois d’avril l’an de grâce 1675 et de notre&#13;
règne le 33e,&#13;
Louis&#13;
Colbert [visa].&#13;
Dalaigre, pour établissement d’un Séminaire à Québec,&#13;
Colbert.&#13;
&#13;
Les lettres patentes ci-dessus et actes y attachés sous le contresceau ont été&#13;
registrées au greffe du Conseil et Cour souveraine de la Nouvelle-France par moi,&#13;
greffier en icelui, soussigné, pour être exécutées selon leur forme et teneur au désir&#13;
de l’arrêt de ce jourd’hui.&#13;
Fait à Québec le 26e jour d’octobre 1676,&#13;
Becquet.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 56-58.&#13;
1&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Lettres patentes de Louis XIV pour l’union du Séminaire de Québec à celui de Paris (Saint-Germain-en-Laye, 26 avril 1676)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/266659"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 11, no 2&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/968"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; par H. de Bernières et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Registre A, p. 330&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8289" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8291" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Lava&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/8291" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;l&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8290" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;s, 1964, p. 56-58&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8292" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 444, no 60&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Lettres patentes du roi de France pour l’union du Séminaire de Québec à celui de Paris </text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1re permission de Laval au Séminaire de Paris d’établir une maison à Québec&#13;
(Québec, 22 août 1664)&#13;
François, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège, évêque de Pétrée, vicaire&#13;
apostolique en Canada dit la Nouvelle-France, nommé par le roi premier évêque&#13;
dudit pays, lorsqu’il aura plu à N. S.-P. le pape y ériger un évêché, à tous ceux qui&#13;
ces présentes lettres verront, salut en Notre-Seigneur.&#13;
Sur la demande que nous auraient faite MM. les ecclésiastiques du Séminaire des&#13;
Missions étrangères établi à Paris, au faubourg Saint-Germain, d’agréer&#13;
l’établissement d’une de leurs maisons dans notre diocèse pour, conformément à&#13;
leur dessein, travailler aux missions des pays étrangers, nous, sachant qu’il n’y a&#13;
rien de plus avantageux pour maintenir le christianisme dans sa pureté et lui faire&#13;
faire tous les jours nouveaux progrès que d’avoir de bons missionnaires, lesquels&#13;
éclairent et enseignent les peuples par l’exemple de leurs vertus et par leur sainte&#13;
doctrine, à ces causes et considérant qu’il a plu à sa divine Providence nous&#13;
charger du soin de l’Église naissante du Canada dit la Nouvelle-France, nous&#13;
avons agréé et agréons la demande ci-dessus de MM. les ecclésiastiques qui&#13;
composent le corps dudit Séminaire établi pour les Missions étrangères, auxquels,&#13;
par l’autorité qui nous a été commise, nous avons permis et permettons de s’établir&#13;
dans tous les lieux de notre diocèse et juridiction, selon leurs règles et constitution ;&#13;
en outre, nous voulons que les ecclésiastiques dudit corps aient tout pouvoir à&#13;
présent et à toujours d’enseigner les peuples pour ce qui regarde la vie et les vertus&#13;
chrétiennes par les prédications, catéchismes, conférences, retraites spirituelles et&#13;
autres exercices de dévotion, aussi d’aller en mission dans tous les lieux de notre&#13;
diocèse et juridiction, sans autre plus ample permission que celle des présentes ;&#13;
et afin de contribuer audit établissement, nous avons annexé et annexons pour le&#13;
présent et à toujours, irrévocablement, à la maison dudit corps qui sera établi à&#13;
Québec la paroisse dudit Québec dédié à Notre-Dame sous le titre de son&#13;
Immaculée Conception, avec son presbytère, revenus et autres dépendances pour&#13;
ladite paroisse être administrée et desservie par eux et pour le regard du supérieur&#13;
de ladite maison établie audit Québec, il sera choisi et nommé par MM. dudit&#13;
Séminaire de Paris, suivant leurs règles et constitutions, et prendra ensuite notre&#13;
bénédiction pour en exercer la charge et fonction. Et afin que ce soit chose ferme&#13;
&#13;
�et stable, nous avons à ces présentes signées de notre main et contresignées de&#13;
notre secrétaire ordinaire, fait apposer le sceau de nos armes.&#13;
Donné à Québec, dans notre demeure ordinaire, le 28e du mois d’août 1664,&#13;
François, évêque de Pétrée [sceau en placet de cire rouge]&#13;
Par le commandement de Monseigneur, Morin.&#13;
Paraphé en conséquence du contrat d’union fait et passé entre les parties en les&#13;
noms par-devant les notaires et garde-notes du roi, notre sire, en son Châtelet de&#13;
Paris, soussignés, le 29e janvier 1675,&#13;
Poitevin,&#13;
Jacques Bertot,&#13;
V. de Meur,&#13;
Bésard,&#13;
Fermanel,&#13;
M. Gazil,&#13;
Lambert,&#13;
Levasseur et Muret, notaire.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 18-20&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Le vicaire apostolique au Canada autorise le Séminaire de Paris à s'établir à Québec.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369493"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 13 janvier 1748 par Buret et Aleaume et &lt;/span&gt;conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 9a&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8301" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7501" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7500" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;s, 1964, p. 18-20&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/699"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1 p. 108&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7502" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>2e permission de Laval au Séminaire de Paris d’établir une maison à Québec&#13;
(Québec, 6 octobre 1665)&#13;
&#13;
François, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège, évêque de Pétrée, vicaire&#13;
apostolique en Canada dit la Nouvelle-France, nommé par le roi premier évêque&#13;
dudit pays, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut en Notre-Seigneur.&#13;
Sur la demande que nous auraient faite MM. les ecclésiastiques du Séminaire des&#13;
Missions étrangères établi à Paris, au faubourg Saint-Germain, d’agréer&#13;
l’établissement d’une maison de leur congrégation à Québec, ville de notre&#13;
diocèse, pour, conformément à leur institut, travailler aux missions des pays&#13;
étrangers, nous, sachant qu’il n’y a rien de plus avantageux pour maintenir le&#13;
christianisme dans la pureté et lui faire tous les jours de nouveaux progrès que&#13;
d’avoir de bons missionnaires, lesquels éclairent et enseignent les peuples par&#13;
l’exemple de leurs vertus et par leur sainte doctrine, à ces causes et considérant&#13;
qu’il a plu à sa divine Providence nous charger du soin de l’Église du Canada dit&#13;
la Nouvelle-France, nous avons agréé et agréons la demande ci-dessus de MM. les&#13;
ecclésiastiques dudit Séminaire des Missions étrangères établi à Paris, auxquels,&#13;
par l’autorité qui nous a été commise, nous avons permis et permettons de s’établir&#13;
en la ville de Québec et tous autres lieux de notre diocèse et juridiction, selon leurs&#13;
règles et constitutions ;&#13;
en outre, nous voulons que lesdits ecclésiastiques aient tout pouvoir, à présent et&#13;
à toujours, d’enseigner les peuples en tout ce qui regarde la vie et les vertus&#13;
chrétiennes par les prédications, catéchismes, conférences, retraites spirituelles et&#13;
autres exercices de dévotion, aussi d’aller en mission dans tous les lieux de notre&#13;
diocèse et juridiction, sans autre plus ample permission que celle de ces présentes ;&#13;
entendons néanmoins qu’ils soient obligés d’élever en leur Séminaire et former&#13;
dans l’état ecclésiastique les personnes qui seront capables d’y être reçues et qui&#13;
auront ce qui sera nécessaire pour leur subsistance ;&#13;
quant aux supérieurs de la maison établie à Québec ou autres lieux de notre&#13;
juridiction, ils seront choisis et nommés par MM. du Séminaire de Paris, suivant&#13;
leurs règles et constitutions, et prendront ensuite notre bénédiction, pour en&#13;
exercer la charge et fonction.&#13;
&#13;
�Et afin que ce soit chose ferme et stable, nous avons à ces présentes, signé de notre&#13;
main et contresigné de notre secrétaire, fait apposer le sceau de nos armes.&#13;
Donné à Québec en notre demeure ordinaire, le 6e du mois d’octobre 1665,&#13;
François, évêque de Pétrée.&#13;
Par commandement de Monseigneur, Morin.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 27-28.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>2e permission de Laval au Séminaire de Paris d’établir une maison à Québec (Québec, 6 octobre 1665)</text>
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                <text>Le vicaire apostolique au Canada autorise à nouveau le Séminaire de Paris à s'établir à Québec. Il n'y a qu'un paragraphe différent entre les deux permissions.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369497"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 12&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369647"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 28 décembre 1690 par G. Rageot et &lt;/span&gt;conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 28d&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369669"&gt;Copie collationnée en français classique &lt;/a&gt;le 4 novembre 1751 par les notaires C.-H. du Laurent et S. Saillant, à partir de la copie collationnée du notaire J.-É. Dubreuil du 6 mai 1710 du document du 6 octobre 1665, avec certificat en date du 5 novembre 1751 par F. Bigot et conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 53&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8277" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14214" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8278" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;s, 1964, p. 27-28&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/485604" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 12a&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/716"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1 p. 117&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8280" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Pouvoir d’agréger accordé au Séminaire de Paris par celui de Québec&#13;
(Paris, 21 avril 1684)&#13;
&#13;
Nous, supérieur et officiers du Séminaire des Missions étrangères établi à Paris,&#13;
voulant affermir et perfectionner de plus en plus l’œuvre desdites missions et&#13;
cimenter l’union qui doit être entre ledit Séminaire et tous les autres qui sont ou&#13;
qui pourront à l’avenir être érigés dans tous les lieux où nos ouvriers seront&#13;
répandus, avons, en conséquence du 27e article de nos règlements généraux, donné&#13;
et donnons pouvoir, par ces présentes, aux supérieurs et officiers du Séminaire des&#13;
Missions étrangères établi à Québec dans la Nouvelle-France de recevoir de notre&#13;
corps ceux d’entre leurs sujets qu’ils jugeront capables d’y être reçus, après avoir&#13;
connu leurs qualités et éprouvé leur vocation et leur conduite, selon qu’il est porté&#13;
dans les 21e et 23e articles des mêmes règlements généraux, dont nous avons&#13;
envoyé copie auxdits supérieur et officiers dudit Séminaire de Québec, qui ont&#13;
accepté lesdits règlements. Et pour donner à ces présentes toute leur force, nous&#13;
avons signé et fait sceller de notre sceau le susdit pouvoir.&#13;
Fait à Paris, le 21e avril 1684,&#13;
J.-C. de Brisacier, Fermanel, Thiberge.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Séminaire de Québec, v. 1900.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Pouvoir d’agréger accordé au Séminaire de Québec par le Séminaire de Québec (Paris, 21 avril 1684)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369625"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 13&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8297" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8298" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/485733"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 13a&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Les responsables du Séminaire de Paris accordent aux supérieurs et directeurs du Séminaire de Québec le pouvoir de recevoir des membres dans leur corps, après avoir évalué leurs qualités, leur vocation et leur conduite.</text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique, publiée dans H. Provost, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;&lt;span&gt;s, 1964, p. 22-25&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1er mandement d’union du Séminaire de Québec avec celui de Paris par Laval&#13;
(Paris, 29 janvier 1665)&#13;
&#13;
À tous ceux qui ces présentes lettres verront, Pierre Séguier, chevalier, baron de&#13;
Saint-Brisson, seigneur des Ruaux et de Saint-Firmin, des grand et petit Rancy,&#13;
L’Étang-la-Ville et autres lieux, conseiller du roi en ses conseils, gentilhomme&#13;
ordinaire de sa chambre et prévôt de Paris, salut.&#13;
Savoir faisons que par-devant Claude Le Vasseur et Pierre Muret l’aîné, notaires&#13;
et garde-notes du roi notre sire, en son Châtelet de Paris, soussignés, furent&#13;
présents Messe Armand Poitevin, prêtre, docteur en théologie, demeurant à Paris,&#13;
rue Quincampoix, près le presbytère de l’église Saint-Josse, et Messe Jacques&#13;
Bertot, grands-vicaires et procureurs généraux de révérendissime père en Dieu,&#13;
Messe François de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique en Canada dit la&#13;
Nouvelle-France, nommé par le roi premier évêque dudit pays, ledit sieur Bertot&#13;
demeurant en l’abbaye de Montmartre en Paris, d’une part, Messe Vincent&#13;
de Meur, prêtre, docteur en théologie de la faculté de Paris, supérieur du&#13;
Séminaire établi pour la conversion des pays étrangers à Saint-Germain-des-Prés&#13;
en Paris, rue du Bac, Messe François Bésard, aussi prêtre, assistant dudit Séminaire,&#13;
Messe Luc Fermanel, prêtre, procureur dudit Séminaire, Messe Michel Gazil,&#13;
prêtre, et Nicolas Lambert, aussi prêtre, associé dudit Séminaire, et tous y résidant,&#13;
d’autre part ;&#13;
lesquels sieurs comparant auraient déclaré que le 22e août dernier 1664, ledit&#13;
seigneur évêque leur aurait donné et envoyé ses lettres patentes, signées de sa&#13;
main et scellées de son sceau, par lesquelles il donne permission audit supérieur&#13;
et directeurs dudit Séminaire de Paris d’envoyer de leurs ecclésiastiques en&#13;
Canada et Nouvelle-France et d’y établir un Séminaire en la ville de Québec et en&#13;
tous autres lieux de son diocèse et de sa juridiction selon leur institut, règles et&#13;
constitutions, leur donnant pouvoir, dès à présent et pour toujours, d’y prêcher,&#13;
catéchiser, instruire et faire toutes autres fonctions ecclésiastiques à cet effet uni et&#13;
annexé, aussi dès à présent et pour toujours, irrévocablement, la maison du&#13;
Séminaire de Canada située audit Québec, la cure et paroisse de Notre-Dame dudit&#13;
Québec avec le presbytère, revenus et dépendances et autres annexes et droits&#13;
pour ladite paroisse, être administrée et desservie par ceux du Séminaire dudit&#13;
Québec, sous l’ordre et dépendances dudit Séminaire des Missions étrangères de&#13;
&#13;
�Paris, leur donnant pouvoir et autorité d’y nommer et établir un supérieur, suivant&#13;
leurs règles et constitutions, lequel prendra la bénédiction dudit seigneur évêque&#13;
pour en exercer la charge et fonction, tant pour le regard du Séminaire que de la&#13;
cure, ainsi que le contiennent lesdites patentes, lesquels, ayant été reçues par&#13;
lesdits sieurs supérieur et directeurs dudit Séminaire avec la lettre dudit seigneur&#13;
évêque, se seraient assemblés et après avoir par eux lu et bien examiné le contenu&#13;
en lesdites lettres patentes et sur ce mesurément délibéré, voulant correspondre&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque, ont d’un commun consentement&#13;
accepté et acceptent, par ces présentes, l’union et annexe dudit Séminaire de&#13;
Québec et de ladite cure et paroisse de Notre-Dame dudit lieu à leurdit Séminaire&#13;
de Paris, ensemble les donations des maisons et presbytères, terres, revenus et&#13;
droits et autres dépendances aux conditions portées par lesdites lettres patentes et&#13;
autres ci-après déclarées, agréé par lesdits sieurs grands-vicaires, savoir est :&#13;
que quoique ledit Séminaire de Québec soit uni à celui des Missions étrangères de&#13;
Paris, néanmoins que sera sans confusion de revenu, ni de charges, ni que ledit&#13;
Séminaire des Missions étrangères établi à Paris puisse être tenu et obligé pour&#13;
quelque cause et occasion que ce soit pour le fait dudit Séminaire de Québec, que&#13;
chacune maison ou Séminaire sera soutenu et nourri des revenus qui lui seront&#13;
propres et destinés et portera ses charges, que ledit Séminaire de Paris ne sera&#13;
point tenu d’envoyer des sujets et ouvriers en Canada qu’autant qu’il s’en&#13;
présentera de capables et qu’il le pourra, lesquelles clauses et conditions ont été&#13;
acceptées et agrées par lesdits sieurs grands-vicaires, lesquels, en tant que besoin&#13;
est ou serait et suivant les ordres, pouvoir et lettres missives dudit seigneur&#13;
évêque, qui seront ci-après rapportées pour être annexées à la minute des&#13;
présentes et y auront recours quand besoin sera, ont uni et annexé, unissent et&#13;
annexent à perpétuité par ces présentes ledit Séminaire de Canada établi en ladite&#13;
ville de Québec, ensemble la maison d’icelui et ladite cure et paroisse de NotreDame dudit lieu, presbytère, terres et revenus, droits et toutes leurs dépendances,&#13;
sans aucune exception ni réserve, audit Séminaire des Missions étrangères de&#13;
Paris, établi audit Saint-Germain-des-Prés, rue du Bac, pour y être incorporés&#13;
inséparablement et exercer les mêmes fonctions, sous la conduite et supériorité&#13;
dudit Séminaire de Paris, comme membre dépendant d’icelui et travailler à la&#13;
conversion des Sauvages et autres habitants de faire toutes les fonctions qui&#13;
peuvent regarder le service de l’Église et diocèse de la Nouvelle-France en tout ce&#13;
qui dépendra de leur pouvoir et ministère par les ordres et sous la bénédiction&#13;
dudit seigneur évêque et de ses successeurs ;&#13;
&#13;
�ce qui a été accepté d’abondant par lesdits sieurs du Séminaire de Paris, ainsi que&#13;
dit est, aux clauses et conditions ci-dessus déclarées et exprimées, tant pour eux&#13;
que leurs associés à icelui Séminaire et successeurs, à l’avenir et à toujours, à la&#13;
plus grande gloire de Dieu et le bien spirituel de ladite Nouvelle-France et ont&#13;
toutes lesdites parties comparantes en lesdits noms et qualités consenti que ces&#13;
présentes, pour la grande validité d’icelles, soient, en tant que besoin serait,&#13;
insinuées et registrées partout où besoin sera et quand il sera avisé pour quoi faire&#13;
et requérir, ont constitué leur procureur irrévocable le porteur desdites présentes,&#13;
lui en donnant pouvoir et d’en demander et requérir tous actes nécessaires et&#13;
lesquelles lettres patentes susmentionnées datées dudit jour 22e août dernier étant&#13;
en papier, seront ci-après transcrites avec une lettre missive dudit seigneur évêque&#13;
du 20 desdits mois et an, adressant auxdits sieurs du Séminaire de Paris, et&#13;
demeureront annexés à ladite minute des présentes pour y avoir recours quand&#13;
besoin sera, après avoir été paraphés par tous lesdits sieurs comparants et notaires&#13;
soussignés, et ont lesdits sieurs grands-vicaires déclaré que le double desdites&#13;
lettres patentes est demeuré audit Séminaire de Québec ;&#13;
car ainsi le tout a été convenu et accordé entre lesdites parties comparant en lesdits&#13;
noms, lesquels ont promis de se rendre et payer l’une d’elle à l’autre tous coûts,&#13;
frais, mises, dépends, dommages et intérêts, qui faits et encourus seraient à faute&#13;
de l’entretènement et exécution de tout le contenu en cesdites présentes et cesdites&#13;
lettres patentes, selon et ainsi que dit est, en ce pourchassant et requérant, sous&#13;
l’obligation et hypothèques de tous leurs biens présents et à venir, et dudit&#13;
Séminaire de Paris qu’ils en lesdits dits noms et qualités en ont soumis à la justice,&#13;
juridiction, contrainte de ladite prévôté de Paris et ont en ce faisant renoncé, de&#13;
part et d’autre, à toutes choses à ce contraires, même au droit, disant générale&#13;
renonciation non valoir, si la spéciale ne précède.&#13;
En témoins de quoi, nous avons fait mettre le sceau de ladite prévôté de Paris à&#13;
cesdites présentes, qui furent faites et passées audit Séminaire de Paris, en ladite&#13;
rue du Bac, le 29e jour de janvier 1665, après-midi, et ont signé la minute desdites&#13;
présentes demeuré audit Muret l’aîné l’un desdits notaires, en suite la teneur&#13;
desdites lettres patentes et de ladite lettre missive.&#13;
&#13;
�Collationné à la grosse originale, rendue à l’instant par le notaire garde-notes du&#13;
roi notre sire, en la prévôté de Québec en la Nouvelle-France, soussigné, audit&#13;
Québec, ce 20e jour de décembre 1690,&#13;
Rageot.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 22-25.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369644"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 20 décembre 1690 par Gilles Rageot et &lt;/span&gt;conservée au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 28a&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369492"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; &lt;span&gt;le 13 janvier 1748 par Buret et Aleaume &lt;/span&gt;conservé au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 9&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8282" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14217" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8283" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;s, 1964, p. 22-25&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>1re union du Séminaire de Québec, avec la paroisse Notre-Dame-de-Québec, avec celui de Paris par le vicaire apostolique au Canada et acceptation par le Séminaire de Paris </text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Conventions entre Laval et le Séminaire de Paris&#13;
(Québec, 6 octobre 1666)&#13;
&#13;
L’an 1666, le 6e octobre 1666, ont été conclus et arrêtés les articles suivants entre&#13;
Messe François de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique en Canada dit la&#13;
Nouvelle-France, nommé par le roi premier évêque dudit pays, d’une part, et le&#13;
Séminaire des Missions étrangères établi au faubourg Saint-Germain à Paris,&#13;
stipulé par Messe Henri de Bernières, Messe Louis Ango [des Maizerets], Messe Jean&#13;
Dudouyt, tous prêtres dudit Séminaire, lesquels ont promis lui faire accepter et&#13;
ratifier le présent acte, d’autre part :&#13;
1° Mgr de Pétrée mettra le Séminaire des Missions étrangères établi à&#13;
Québec en possession de la maison bâtie sur l’emplacement de&#13;
l’église, avec tous les meubles, le 29e septembre 1667, auquel jour&#13;
ledit Séminaire se chargera des pensionnaires, sans qu’il puisse être&#13;
obligé en quelque façon que ce soit à aucune dette contractée&#13;
précédant le jour 29 septembre 1667, soit pour le regard de la bâtisse&#13;
de ladite maison, soit pour quelque autre chose quelconque, mondit&#13;
seigneur s’obligeant de satisfaire à toutes les susdites précédentes&#13;
dettes et nommément à celle de Denis Roberge, qui est portée par le&#13;
mémoire joint à son contrat de donation au Séminaire ; de plus,&#13;
mondit seigneur annexe au Séminaire à perpétuité la cure de&#13;
Québec, avec tous ses revenus et dépendances, et promet d’en&#13;
procurer à Rome la réunion.&#13;
2° Mgr de Pétrée s’oblige de payer la pension de M. Pommier et de&#13;
M. Morel, prêtres, leur vie durant, au Séminaire de Québec, à raison&#13;
de 600 livres par an pour chacun, voulant que cela soit pris sur tout&#13;
ce qui lui restera de biens après sa mort, préalablement à toute autre&#13;
chose, à condition toutefois que si la congrégation disposait desdits&#13;
sieurs Pommier et Morel, les rappelant hors le pays du Canada, pour&#13;
lors et en ce cas seulement, la pension expirerait.&#13;
&#13;
�3° Mgr de Pétrée convient que trois personnes du corps du Séminaire&#13;
qui seront occupées à desservir la cure de Québec et diriger le&#13;
Séminaire auront leur part à proportion à ce qui sera donné par&#13;
MM. de la Compagnie pour les prêtres qui desserviront les paroisses&#13;
ou qui sera perçu d’autre manière pour leur subsistance.&#13;
4° Si quelques prêtres du corps du Séminaire, outre M. Pommier et&#13;
M. Morel, sont occupés à desservir les paroisses par voie de mission&#13;
et sans obligation, non plus que les sieurs Pommier et Morel, Mgr de&#13;
Pétrée promet fournir leur pension jusqu’à la concurrence de&#13;
600 livres par an pour chacun, en cas que ce qui sera donné pour la&#13;
subsistance des prêtres qui desserviront les paroisses ne se monte à&#13;
ladite somme de 600 livres.&#13;
5° Mgr de Pétrée donne au Séminaire des Missions étrangères établi&#13;
à Québec l’une des deux pêches qui lui appartiennent par la&#13;
donation de M. de Lauzon vis-à-vis la rivière du Cap-Rouge, savoir&#13;
celle qui est vers Québec.&#13;
6° Que Monseigneur remboursera le Séminaire de tous frais qu’il&#13;
serait obligé de faire pour les affaires particulières de mondit&#13;
seigneur&#13;
&#13;
et&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
Séminaire,&#13;
&#13;
réciproquement,&#13;
&#13;
remboursera&#13;
&#13;
Monseigneur des dépenses qu’il fera pour lui.&#13;
7° Que les pensions se paieront par avance et que l’on ne pourra&#13;
contraindre le Séminaire à prendre des séminaristes qu’à proportion&#13;
qu’il aura des bâtiments pour les loger.&#13;
8° Que le fonds de 12 000 livres qui est au nom du Séminaire de Paris&#13;
et qui appartient à Mgr de Pétrée sera vendu pour acquitter les dettes&#13;
dont mondit seigneur s’est chargé ; et au cas qu’il ne se trouve pas&#13;
occasion de le vendre cette année en France, l’on enverra cette même&#13;
année copie collationnée du contrat de [ce fonds], rendu avec une&#13;
reconnaissance de la part du Séminaire de Paris, comme&#13;
&#13;
�[il]appartient à Monseigneur, afin qu’il [le] puisse vendre ici, à sa&#13;
propre garantie, et non à celle du Séminaire de Paris.&#13;
9° L’on est convenu que le Séminaire de Québec payera pendant trois&#13;
ans seulement 200 livres par chacun an pour les trois premières&#13;
années des arrérages, qui écherront des 200 livres de rente, dues à&#13;
Mme Couillard pour reste du paiement de l’emplacement du&#13;
Séminaire par elle vendu, et au surplus, Monseigneur paiera les&#13;
arrérages suivants jusqu’à ce qu’il ait acquitté le fond ; et au cas que&#13;
cela ne soit fait avant sa mort, il consent que sur le bien qu’il laissera,&#13;
il soit pris la somme de 4 000 livres pour amortir ladite rente due à&#13;
Mme Couillard.&#13;
François, évêque de Pétrée&#13;
H. de Bernières, Louis Ango, Dudouyt.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 33-35.&#13;
1&#13;
&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Pommier, Hugues, v. 1637-1686</text>
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              <text>Morel, Thomas, 1635-1687</text>
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                <text>Convention entre Laval et le Séminaire de Paris (Québec, 6 octobre 1666)</text>
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                <text>Différentes mesures sont prises entre le principal seigneur de Beaupré et de l'île d'Orléans et le Séminaire de Paris pour l'établissement du Séminaire de Québec. Outre la remise des lieux du bâtiment le 29 septembre 1667 au Séminaire de Québec, Laval promet de prendre en charge la pension de certains prêtres du Séminaire. En retour, il pourra vendre un fonds de 12 000 livres pour s'acquitter de ses dettes et le paiement des arrérages sur l'achat du terrain à Guillemette Hébert Couillard.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369673"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 57&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14235" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8286" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;s, 1964, p. 33-35&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8288" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Seigneuries</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique, publiée dans H. Provost, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;&lt;span&gt;s, 1964, p. 32-33&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Copie collationnée en français classique et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Paroisse de Québec, no 147</text>
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                    <text>Vente de l’emplacement du Séminaire de Québec par Laval au Séminaire de Paris&#13;
(Québec, 5 octobre 1666)&#13;
&#13;
Par-devant Romain Becquet, notaire royal, garde-notes en la Nouvelle-France,&#13;
résidant à Québec, et témoins soussignés, fut présent en sa personne&#13;
Messe François de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique du Canada et&#13;
nommé par le roi premier évêque de ce pays, lequel a reconnu et confessé avoir&#13;
vendu, quitté, cédé, délaissé et transporté dès maintenant et promet garantir de&#13;
tous troubles et empêchements généralement quelconques au Séminaire des&#13;
Missions étrangères établi à Paris, faubourg de Saint-Germain, stipulé par&#13;
Messe Henri de Bernières, Louis Ango [des Maizerets] et Jean Dudouyt, tous&#13;
prêtres du corps dudit Séminaire, de présent demeurant en cette ville de Québec,&#13;
à ce présents et acquéreurs audit nom, pour ledit Séminaire, les successeurs&#13;
d’icelui ou ayant cause, c’est à savoir :&#13;
un fief noble et enclos de terre situé en la haute-ville dudit Québec, sur lequel il y&#13;
a maison et étables, jardins et terres labourables, borné d’un côté aux terres de&#13;
l’église, qui les sépare par la clôture qui est entre les deux, d’autre côté, le long de&#13;
la grande rivière de Saint-Laurent et de cette de Saint-Charles, d’un bout aux terres&#13;
du sieur d’Auteuil et d’autre bout au clos des RR. MM. hospitalières, et aux autres&#13;
terres appartenant à la dame Couillard, à mondit seigneur évêque appartenant, à&#13;
cause de l’acquisition par lui fait de ladite dame Couillard, demeurant en cedit&#13;
pays, par contrat passé devant moi dit notaire, le 10e jour d’avril dernier, et à ladite&#13;
dame Couillard appartenant, suivant qu’il paraît par les pièces insérées audit&#13;
contrat susdaté, pour dudit fief noble et enclos de terre et circonstances et&#13;
dépendances jouir et disposer par ledit Séminaire, ses successeurs ou ayant cause,&#13;
ainsi que bon lui semblera au moyen des présentes ;&#13;
cette vente faite à la charge des devoir seigneuriaux que ledit fief et enclos de terre&#13;
peut devoir, que outre et moyennant le prix et somme de 8 000 livres que mondit&#13;
seigneur évêque vendeur en a eue et reçue desdits sieurs stipulant, qui lui ont&#13;
ladite somme baillé et délivré en la présence dudit notaire et témoins soussignés&#13;
en louis d’or et d’argent et autres monnaies ayant cours au prix de ce pays, dont&#13;
mondit seigneur vendeur s’est tenu pour content et en quitte lesdits sieurs&#13;
stipulant audit nom et tous autres et en se faisant, mondit seigneur vendeur leur a&#13;
présentement baillé et mis en les mains lesdits contrats ci-dessus datés et&#13;
&#13;
�mentionnés concernant la propriété dudit fief et enclos de terre, déclarant lesdits&#13;
sieurs stipulant que ladite somme de 8 000 livres leur a été mise en les mains pour&#13;
être employée à l’achat d’un fonds pour établir à Québec une maison de la&#13;
Congrégation dudit Séminaire des Missions étrangères de Paris, mettant et&#13;
subrogeant par ledit seigneur vendeur, lesdits sieurs stipulant audit nom du tout&#13;
en son lieu et droits, noms, raisons et actions, transportant en outre tous droits,&#13;
etc., dessaisissant, etc., voulant, etc., procureur le porteur, etc., donnant pouvoir,&#13;
etc., promettant, etc., obligeant, etc., renonçant, etc.&#13;
Fait et passé audit Québec en l’hôtel épiscopal de mondit seigneur l’évêque, le&#13;
mardi avant-midi, le 5e jour d’octobre 1666, [en] présence de Claude Charpentier&#13;
et Salomon Allaire, demeurant audit Québec, témoins, qui ont signé à la minute&#13;
des présentes avec mondit seigneur l’évêque lesdits sieurs stipulant et notaire,&#13;
suivant l’ordonnance,&#13;
Becquet.&#13;
&#13;
[Au dos, de la main de Laval :] Contrat de vente de j’ai fait au Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris de l’emplacement du Séminaire de Québec pour la&#13;
somme de 8 000 livres, 1666.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 32-33.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Becquet, Romain, 1640-1682</text>
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                <text>Vente par Laval d'un fief au Séminaire de Paris (Québec, 5 octobre 1666) </text>
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                <text>Bien que le Séminaire de Québec fut fondé en 1663 par décret du vicaire apostolique en Nouvelle-France, aucun bien foncier ne lui appartenait encore. Laval avait fait l'acquisition du fief du Sault-au-Matelot le 10 avril 1666 pour doter ultérieurement le Séminaire de Québec pour son emplacement, lorsque ce dernier en aurait les moyens, mais attendre encore ne permettrait pas à l'oeuvre de s'épanouir, n'ayant toujours rien à mettre en garantie. Pour corriger cette fâcheuse situation, Laval "vend" les lieux au Séminaire de Paris; celui de Québec serait alors "son extension". Les directeurs de Québec n'ont qu'à payer la rente constituée de la transaction d'avril.  </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369674"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la Civilisation, Fonds d'Archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 58&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4064889"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé à la Bibliothèque et Archives nationales deu Québec, BANQ CN301, S13, (1665-1682), p. 604-607 &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9010" class="show"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; par R. Becquet et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Paroisse de Québec, no 147&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369672"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; le 21 octobre 1751 par Nicolas Boisseau et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 56&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14241" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8424" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographie&lt;/em&gt;s, 1964, p. 32-33&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
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        <name>Seigneuries</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>68&#13;
&#13;
HISTOIRE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
demeurant entierement dechargé ; Car ainsy a esté convenu entre lesdites&#13;
parties, qui ont signé le present acte Les iour et an que dessus./.&#13;
[endossé:] projet de la&#13;
convention et union du Seminaire&#13;
avec les curés en 1679 3&#13;
&#13;
XXXII. - DONATION PAR Mgr DE LAVAL&#13;
DE I..:EMPLACEMENT DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC 1&#13;
8 avril 1680&#13;
ASQ, carton Seigneuries AA, n° 18 2 •&#13;
&#13;
PAR DEVANT LES CONSEILLERS DU RoY Notaires Gardenotes au&#13;
Chastelet de Paris soussignez furent presens Illustrissime et Reverendissime&#13;
Pere en Dieu Messire FRANÇOIS DE LAVAL premier Evesque de Quebek en&#13;
la nouvelle France estant de present a Paris pour les affaires de son eglize&#13;
logé a la comunauté de Monsieur le curé de !Eglise et parse Saint Josse d'une&#13;
part, Et Messires François Bezard, Armand Poitevin docteur en theologie&#13;
curé delad. parroisse de Saint Josse, Jacques Charles de Brisacier aussy&#13;
docteur en theologie, Jacques Dufresne docteur en theologie de la faculté&#13;
de Paris, Estienne Pallu et Louis Barat tous prestres Superieur et directeurs&#13;
du sem'• des missions estrangeres estably a Paris rue du bac et y residens&#13;
a l'exeption dud. S'. Poitevin qui demeure en la maison presbiterale dud&#13;
St Josse d'autre part. LESQUELS se sont volontairement par ces pntes&#13;
desistez du contrat de vente faicte par led. Seig' Evesque aud. Seminaire&#13;
pour le Seminaire de Quebek uny aud. Seminaire de Paris par lettres&#13;
patentes de Sa Majesté du mois d'avril mil six cens soixante seize, veriffiees&#13;
en parlement le dix fevrier mil six cens soixante dix huit, passé par devant&#13;
3. Celte date, à l'endos, est évidemment en opposition avec celle du texte même ; mais elle&#13;
peut signifier que le projet a été élaboré vers la fin de 1678.&#13;
&#13;
1. Normalement, on ne peut pas donner ce qu'on a déjà vendu. Or, Mgr de Laval avait déjà&#13;
vendu cet emplacement au Seminaire de Paris, le 5 octobre 1666 (cf. Documents, n° XVII) .&#13;
Mais la donation ici reproduite comporte d'abord une rétrocession à Mgr de Laval, par les&#13;
Messieurs de Paris, agissant en leur propre nom, avant d'agir comme procureurs des Messieurs&#13;
de Québec, pour recevoir la donation. À première vue, tout cela semble un petit jeu à donne-moi&#13;
que je te donne. Mais Mgr de Laval avait d'autres intentions que de s'amuser.&#13;
2. Expédition originale en parchemin, formant un cahier de 12 pages, format 11 pouces&#13;
et demi par 9. La donation elle-même couvre sept pages et demie; la procuration du 28 sept.&#13;
1679, recopiée à la suite, mais que nous omettons, couvre deux pages et demie. Enfin, sur les&#13;
dernières pages restées en blanc, le notaire Becquet a transcrit l'acte d'acceptation passé devant&#13;
lui, à Québec, par les Supérieurs du Seminaire de Québec, le 26 octobre 1680. Le tout a été&#13;
insinué le 5 novembre dans les registres de la Prévôté de Québec, ainsi qu'en témoigne le&#13;
certificat du greffier Gilles Rageot, placé en dernier lieu.&#13;
&#13;
�DOCUMENTS&#13;
&#13;
69&#13;
&#13;
Becquet nore Royal a Quebek il y a environ douze ou treize ans, accepté par&#13;
Mre Henry de Bernieres, Louis Ango, et Jean Dudouyt prestres dud. Semre&#13;
de Paris et a pnt habituez aud. Semre de Quebec, de l'emplacement sur lequel&#13;
led. Seminaire de quebek a basty la maison dud. Seminaire Moyennant la&#13;
somme de huit mil livres au prix courant de la monnoye de quebek ou les&#13;
Escus d'argent de soixante sols vallent quatre livres et les autres especes a&#13;
proportion, Consentant les partyes respectivement que led. contrat soit et&#13;
demeure nul comme non advenu et que led. Seigneur Evesque dispose dud.&#13;
emplacement ainsy q1 ad visera bon estre, En consequ'e de quoy led.&#13;
Seigneur Evesque a presentement rendu et payé auxd. sre Supérieur et&#13;
directeurs du semre de Paris la somme de six mil livres en especes et louis&#13;
d'argent a soixante sols piece revenant a quatre livres piece suivant l'usage&#13;
de la nouvelle France a lad. somme de huit mil livres ainsy que lesdits Sieurs&#13;
Superieur et directeurs dud. Semre de Paris le reconnoisse 1 dont ils sont&#13;
contens et en quittent led. Seigr Evesque et tous autres. Ce faisant lesd.&#13;
partyes ont consenty que sur la minutte dud. contrat mention sommaire&#13;
soit faite du prn1 desistem1 et annulation d'iceluy par le premier nore qui en&#13;
sera requis sans que la pnce d'aucune des partyes soit necessre ce qui ne&#13;
servira avec ces pntes qe d'un mesme effet. Et a !'Egard des Exped00 ' dud.&#13;
contrat les partyes ont declaré les avoir dechirées et que sy elles se retrouvent&#13;
elles promettent les lacerer comme milles. ET PAR CES MESMES PNTES. led.&#13;
Seigneur Evesque de Quebek a volontairement donné, cedé, quitté,&#13;
transporté et dellaissé des maintenant et a tousjours par donnation entrevifs&#13;
pure simple et irrevocable en la meilleure forme que donnation peut valloir,&#13;
aud. Seminaire des missions estrangeres de Quebek, ce acceptant par lesd.&#13;
Sieurs Superieur et directeurs dud Seminaire de Paris tant au nom et&#13;
comme procureurs fondez de procuration de Mres Henry de Bernieres&#13;
Grand Vicaire dud. Seigneur Evesque et Superieur dud. Seminaire des&#13;
missions estrangeres estably a quebek, Louis Ango assistant et Pierre Thury&#13;
procureur dud Semminaire tant pour eux que pour les prestres dud&#13;
Seminaire passée pardevant Romain Becquet notaire Royal aud Quebek pns&#13;
tesmoins le vingt huit septembre mil six cent soixante dix neuf deposée&#13;
pour minute a Carnot un des notaires soussignez par led Sieur Bezard le&#13;
sixiesme jour des presens mois et an dont [espace blanc) sera cy apres&#13;
transcript specialle en effet ou substance pour leffet des presentes ainsy quil&#13;
est aparu aux no es sousez qu'esd qualitez de Superieurs dud Seminaire des&#13;
missions estrangeres estably audit Quebek par lesd lettres patentes d'union,&#13;
C'EST A SCAVOIR led emplacement sur leq1 led Semre de Quebek a basty sa&#13;
maison et enclos dud Seminaire contenant environ seize arpens comme le&#13;
tout se poursuit et comporte en l'estat q1 est apresent sans reservation et qu'il&#13;
apartient aud Seigneur Evesque par le moyen du desistement cy dessus et&#13;
de l'acquisition qu'il en avoit auparavant&#13;
&#13;
�70&#13;
&#13;
HISTOIRE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
faicte de Guillemette Hebert veuve de Guillaume Couillard habitant dudit&#13;
Quebek par contrat passé par devant Romain Becquet notaire Royal en la&#13;
nouvelle france resident a quebek le dix avril mil six cent soixante six&#13;
Relevant du Chasteau Saint Louis de Quebek et chargé de tels droits et&#13;
devoirs seigneuriaux dont led emplacement peut estre tenu que les parties&#13;
nont pu declarer de ce enquises, Pour par led. Seminaire des missions&#13;
estrangeres estably a quebek jouir faire et disposer dudit emplacement&#13;
enclos et dépendances présentement donnez en plaine proprieté a sa&#13;
volonté comme chose apartenant aud Seminaire au moyen des presentes, a&#13;
commencer la jouissance des apresent, et a cet effet led Seigneur Evesque a&#13;
presentement delivré auxdits Sieurs Superieur et directeur du Seminaire des&#13;
missions estrangeres de Paris copie non signée dud contrat d'acquisition&#13;
dud emplacement susdatté et promet fournir !original et les autres titres&#13;
qu'il peut avoir concernant la proprietté dud emplacement au superieur&#13;
assistant et procureur dud Seminaire de Quebec des que led Seigneur&#13;
evesque y sera arrivé, et dès apnt a subrogé led Semre de Quebek en ses&#13;
droits et luy cede et transporte toute proprietté qu'il a et peut avoir sur et a&#13;
cause dud emplacement, s'en dessaisissant au proffit dud Seminaire de&#13;
quebek voulant q1 en soit saisy vestu mis et receu en bonne possession et&#13;
saisine par qui et ainsy q1 apartdra constituant a cette fin son procureur le&#13;
porteur des presentes luy en donnant pouvoir, Cette donnation ainsy faicte&#13;
par led Seigneur Evesque de quebec pour le bien de son Eglize, et par ce que&#13;
telle est sa volonté d'ainsy donner et pour faire insinuer la pesente donnation&#13;
au Chastelet de Paris et en la justice ordinaire dudit Quebek dans les quatre&#13;
mois de !ordonnance lesd partyes ont constitué leur procureur le porteur&#13;
des presentes, auquel elles en donnent pouvoir et d'en requerir acte, Et sy a&#13;
cause du retardement des vaisseaux sur les ports de mer, vents contraires&#13;
ou autres accidens la presente donnation ne pouvoit arriver aud quebek&#13;
dans lesd quatre mois du jour de sa datte en ce cas lesd. parties esd noms&#13;
constituent lers procureurs generaux et speciaux, scavoir led Seigneur&#13;
Evesque le sieur de la Ferté Juchereau bourg' dudict quebec ou a son deffault&#13;
le sieur de Comporté Grand prevost en la nouvelle France, et les dits Sieurs&#13;
Superieur et directeurs du seminaire de Paris esd qualitez de Superieurs du&#13;
Seminaire de Quebek lesd sieurs Superieur assistant et procureur dud&#13;
Seminaire de quebek auxquels lesd. partyes donnent pouvoir de ratifier et&#13;
confirmer la presente donnation et consentir son insinuation en la justice&#13;
ordinaire dud Quebek dans les quatre mois du jour de la datte dudit acte de&#13;
confirmation, en faisant mention des accidens du retardement requerir acte du tout,&#13;
et generallement &amp;c Promettans &amp;c obligeans esd qualitez Renoncant &amp;c. Fait et&#13;
passé en la maison presbiteralle de Saint Josse a paris ou led Seigneur Evesque&#13;
est logé le huitiesme jour d'avril apres midy de l'année mil six cent quatre vingt&#13;
&#13;
�DOCUMENTS&#13;
&#13;
71&#13;
&#13;
et ont signé la minutte des presentes demeurée vers ledit Carnot l'un desd&#13;
Notaires soussignez./&#13;
&#13;
Ensuit la teneur de lad. procuration cy dessus mentionnée./ ...&#13;
... [nous omettons le texte de la procuration] ...&#13;
DE TROYES [avec paraphe]&#13;
&#13;
CARNOT [avec paraphe]&#13;
&#13;
[endossé, de la main de M. Glandelet:]&#13;
donaon de l'emplacement du Semrc&#13;
par Mgr 8.avril 1680.&#13;
XXXIII. - DONATION PAR Mgr DE LAVAL&#13;
DE TOUS SES BIENS AU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
12 avril 1680&#13;
ASQ, carton Seminaire 2, n° 69&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
PAR DEVANT LES CONSEILLERS DU ROY, notaires, gardenotes de sa Majesté&#13;
au chastelet de Paris soussignez, fut present illustrissime et Reverendissime Pere&#13;
en Dieu MESSIRE FRANCOIS DE LAVAL premier Evesque de Quebek en la&#13;
Nouvelle France, estant de present a paris pour les affaires de son esglize logé&#13;
en la maison presbiteralle et parroisse saint Josse, LEQUEL desirant concourir&#13;
au bien du christianisme et de son esglize en soustenant le seminaire des&#13;
missions estrangeres establi a Quebek en la Nouvelle France, Il a par ces&#13;
presentes de son pur mouvement et sans aucune induction ny persuasion de la&#13;
part de qui que ce soit que de Drnu seul, donné, ceddé, quitté, transporté et&#13;
delaissé, donne cedde, quitte, transporte et delaisse par ces presentes des&#13;
maintenant et a tousjours par donnation entre vifs pure et simple en la&#13;
meilleure forme que donnation peut valloir sans esperance de la pouvoir&#13;
cy après revoquer pour quelque cause que ce soit, audit Seminaire des&#13;
missions estrangeres establi a Quebek ce acceptant par Messires François&#13;
1. Expédition originale en parchemin, dimensions de 11 pouces et demi par 9. Le texte&#13;
de la donation proprement dite, que nous reproduisons, représente huit pages et un tiers d'un&#13;
cahier qui comporte dix-sept pages d'écritures. D'autres documents relatifs à la donation sont&#13;
transcrits à la suite, dont voici la liste :&#13;
a) 28 mai 1681, ratification de la donation ci-dessus par Mil' de Laval (Québec, not Gilles Rageot) ;&#13;
b) 25 juin 1681, certificat d'insinuation en la Prévôté de Québec (Rageot, greffier);&#13;
c) 15 sept. 1681, certificat d'insinuation en la juridiction des Trois-Rivières (Ameau, greffier);&#13;
d) 10 nov. 1682, procuration de Mil' de Laval à l'abbé Jean Dudouyt pour confirmer et&#13;
faire insinuer à Paris la donation du 12 avril 1680 (Québec, not . Gilles Rageot);&#13;
e) 11 nov. 1682, certificat de l'intendant Jacques de Meulles en faveur du notaire Rageot;&#13;
&#13;
j) 13 février 1683, confirmation de la donation ci-dessus, par l'abbé Jean Dudouyt, fondé&#13;
de procuration de MS' de Laval (Paris, notaire Carnot) ;&#13;
g) 27 février 1683, certificat d'insinuation au Châtelet de Paris (Garnier et Hindre, greffiers).&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français classique, publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et biographies, 1964, p. 68-71</text>
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                    <text>Donation par Laval d’un fief au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, 8 avril 1680)&#13;
&#13;
Par-devant les conseillers du roi, notaires, garde-sceau au Châtelet de Paris&#13;
soussignés, furent présents [l’]illustrissime et révérendissime père en Dieu&#13;
Messe François de Laval, premier évêque de Québec en la Nouvelle-France, étant&#13;
de présent à Paris pour les affaires de son diocèse et de son Église, logé à la&#13;
communauté de M. le curé de l’église et paroisse Saint-Josse d’une part, et&#13;
Messes François Bésard, Armand Poitevin, docteur en théologie, curé de ladite&#13;
paroisse Saint-Josse, Jacques-Charles de Brisacier, aussi docteur en théologie,&#13;
Jacques Dufresne, docteur en théologie de la faculté de Paris, Étienne Pallu et Louis&#13;
Barat, tous prêtres, supérieur et directeurs du Séminaire des Missions étrangères&#13;
établi à Paris, rue du Bac, résidants à l’exception dudit sieur Poitevin qui demeure&#13;
en la maison presbytérale dudit Saint-Josse d’autre part ;&#13;
lesquels se sont volontairement par ces présentes désistés du contrat de vente fait&#13;
par ledit seigneur évêque audit Séminaire, pour ce Séminaire de Québec uni audit&#13;
Séminaire de Paris par lettres patentes de Sa Majesté du mois d’avril 1668, passé&#13;
par-devant Becquet, notaire royal à Québec, il y a environ 12 ou 13 ans, accepté&#13;
par Messes Henri de Bernières, Louis Ango [des Maizerets] et Jean Dudouyt,&#13;
prêtres dudit Séminaire de Paris et à présent habitant audit Séminaire de Québec,&#13;
de l’emplacement sur lequel ledit Séminaire, moyennant la somme de 8 000 livres,&#13;
au prix courant de la monnaie de Québec, où les écus d’argent de 60 sols valent&#13;
4 livres et les autres espèces à proportion, consentant les parties respectivement&#13;
que ledit contrat soit et demeure nul comme non avenu et que ledit seigneur&#13;
évêque dispose dudit emplacement ainsi qu’il avisera bon être ;&#13;
en conséquence de quoi, ledit seigneur évêque a présentement rendu et payé audit&#13;
sieur supérieur et directeurs du Séminaire de Paris ladite somme de 6 000 livres en&#13;
espèces et louis d’argent à 60 sols pièce, revenant à 4 livres pièce, suivant l’usage&#13;
de la Nouvelle-France, à ladite somme de 8 000 livres, ainsi que lesdits sieurs&#13;
supérieur et directeurs dudit Séminaire de Paris le reconnaissent, dont ils sont&#13;
contents et en quittent ledit seigneur évêque et tous autres ;&#13;
&#13;
�ce faisant lesdites parties ont consenti que, sur la minute dudit contrat, mention&#13;
sommaire soit faite du présent désistement et annulation de celui-ci par le premier&#13;
notaire qui en sera requis, sans que la présence d’aucune des parties [ne] soit&#13;
nécessaire, ce qui ne servira avec ces présentes que d’un même effet et à l’égard&#13;
des expéditions dudit contrat, les parties ont déclaré les avoir adhéré et que si elles&#13;
se trouvent, elles promettent [de] les lacérer comme nulles et, par ces mêmes&#13;
présentes, ledit seigneur évêque de Québec a volontairement donné, cédé, quitté,&#13;
transporté et délaissé, dès maintenant et à toujours, par donation entre vifs, pure&#13;
et simple et irrévocable, en la meilleure forme, que [la] donation peut valoir audit&#13;
Séminaire des Missions étrangères de Québec, ce acceptant par lesdits sieurs&#13;
supérieur et directeurs dudit Séminaire de Paris, tant au nom et comme procureur&#13;
fondé de procuration de MM. Henri de Bernières, grand-vicaire dudit seigneur&#13;
évêque et supérieur dudit Séminaire des Missions étrangères établi à Québec,&#13;
Louis Ango, assistant, Pierre Thury, procureur dudit Séminaire, tant pour eux que&#13;
pour les prêtres dudit Séminaire, passée par-devant Romain Becquet, notaire royal&#13;
audit Québec présents témoins, le 28 septembre 1679, déposée pour minute à&#13;
Carnot, l’un des notaires soussignés par ledit sieur Bésard, le 6e jour des présents&#13;
mois et an, dont sera ci-après transcrit spéciale[ment] en effet ou substance pour&#13;
l’effet des présentes, ainsi qu’il est apparu aux notaires soussignés, qu’en dites&#13;
qualités du supérieur dudit Séminaire des Missions étrangères établi audit&#13;
Québec, par lesdites lettres patentes d’union, c’est à savoir :&#13;
ledit emplacement sur lequel ledit Séminaire de Québec a bâti sa maison et enclos&#13;
dudit Séminaire, contenant environ 16 arpents, comme le tout se poursuit et&#13;
comporte en l’état qu’il est à présent, sans réservation, et qu’il appartient audit&#13;
seigneur évêque par le moyen du désistement ci-dessus de l’acquisition qu’il en&#13;
avait auparavant faite de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard,&#13;
habitant dudit Québec, par contrat passé par-devant Romain Becquet, notaire&#13;
royal en la Nouvelle-France, résident à Québec, le 10 avril 1666, relevant du&#13;
château Saint-Louis de Québec, et chargé de tels droits et devoirs seigneuriaux&#13;
dont ledit emplacement peut être tenu, que les parties n’ont pu déclarer de ce[ux]&#13;
enquis, pour [et] par ledit Séminaire des Missions étrangères établi à Québec, jouir,&#13;
faire et disposer dudit emplacement, enclos et dépendances, présentement donnés&#13;
&#13;
�en pleine propriété à sa volonté comme chose appartenant audit Séminaire, au&#13;
moyen des présentes, à commencer la jouissance dès à présent ;&#13;
et à cet effet, ledit seigneur évêque a présentement déclaré auxdits sieurs supérieur&#13;
et directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris copie non signée dudit&#13;
contrat d’acquisition dudit emplacement susdaté et promet [de] fournir l’original&#13;
et les autres titres qu’il peut avoir concernant la propriété dudit emplacement au&#13;
supérieur ou assistant et procureur dudit Séminaire à Québec en ses droits et lui&#13;
cède et transporte toute propriété qu’il a et peut avoir sur et à cause dudit&#13;
emplacement, s’en dessaisissant au profit du Séminaire de Québec, voulant qu’il&#13;
en soit saisi, vêtu, mis et reçu en bonne possession et saisine, par qui et ainsi qu’il&#13;
appartiendra, constituant à cette fin son procureur, le porteur des présentes, en lui&#13;
donnant pouvoir, cette donation ainsi faite par ledit seigneur évêque de Québec&#13;
pour le bien de son Église et parce que telle est sa volonté d’ainsi donner ;&#13;
et pour faire insinuer la présente donation au Châtelet de Paris et en la justice&#13;
ordinaire dudit Québec, dans les quatre mois de l’ordonnance, lesdites parties ont&#13;
constitué leur procureur le porteur des présentes, auxquelles elles en donnent&#13;
pouvoir et d’en requérir acte et si à cause du retardement des vaisseaux sur les&#13;
ports de mer, vents contraires ou autres accidents, la présente donation ne pouvait&#13;
arriver à Québec dans lesdits quatre mois du jour de sa date, en ce cas lesdites&#13;
parties auxdits noms constituent leurs procureurs généraux et spéciaux, savoir&#13;
ledit seigneur évêque, le sieur Juchereau de La Ferté, bourgeois dudit Québec, ou&#13;
à son défaut le sieur de Comporté, grand-prévôt en la Nouvelle-France, et lesdits&#13;
sieurs supérieur et directeurs du Séminaire de Paris en lesdites qualités de&#13;
supérieur du Séminaire de Québec, lesdits sieurs supérieur, assistant et procureur&#13;
dudit Séminaire de Québec, auxquels lesdites parties donnent pouvoir de ratifier&#13;
et confirmer la présente donation et consentir son insinuation en la justice&#13;
ordinaire dudit Québec, dans les quatre mois du jour de la date dudit acte de&#13;
confirmation, en faisant mention des accidents du retardement [et] requérir acte&#13;
du tout et généralement, promettant, etc., obligeant en lesdites qualités, etc.,&#13;
renonçant, etc.&#13;
&#13;
�Fait et passé en la maison presbytérale de Saint-Josse à Paris où ledit seigneur&#13;
évêque est logé, le 8e jour d’avril après midi de l’année 1680 et ont signé la minute&#13;
des présentes, demeuré [chez] ledit Carnot, l’un des notaires soussignés. Ensuit la&#13;
teneur de ladite procuration ci-dessus mentionnée.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2019&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français classique par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>1680, 8 avril – Donation par Laval d’un fief au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 1, no 16e)&#13;
&#13;
Î seize verifiées&#13;
en Parlement le&#13;
dix fevrier&#13;
Mil six Cent&#13;
soixante&#13;
&#13;
1 Par devant les Conseillers du Roy Notaires&#13;
2 Garde Notes Sçelles au Chatelet de Paris&#13;
3 SouSsignés, furent présens JllustriSsime et&#13;
4 RévérendiSsime Père en Dieu MeSsire François&#13;
5 de Laval premier Evesque de Quebec en la&#13;
6 Nouvelle France, étant de présent à Paris&#13;
7 pour les Affaires de son Diocèse et de son Eglise,&#13;
8 Logé à la Communauté de Monsieur le Curé de&#13;
9 L’Eglise et ParoiSse St. Joseph d’une part, Et&#13;
11 MéSsire François Bezard armand Poitevin,&#13;
12 Docteur en Théologie, Curé de laditte ParoiSse de&#13;
13 St. JosSse, Jacques Charles de Brisaier AuSsy&#13;
14 Docteur en Théologie, Jacques Dufresne Docteur en&#13;
15 Théologie de la faculté de Paris, Etienne Poillu, et&#13;
16 Louis Barat, Tous Prestres Supérieur et Directeurs&#13;
17 du Seminaire des MiSsions Etrangères Estably à&#13;
18 Paris, Rue du Bac, résident à L’Exeption dudit&#13;
19 dudit S.r Poitevin qui demeure en la Maison&#13;
20 Presbiteriale dudit S.t JoSse d’autre part, Les quels,&#13;
21 se sont volontairement par Ces présentes desistés&#13;
22 duContrat de vente fait par le dit Seigneur Evêque&#13;
23 audit Séminaire, pour ce Séminaire de Quebec&#13;
24 Uny audit Séminaire de Paris par Lettres Patentes&#13;
25 de Sa Majesté du Mois d’avril Mil Six Cent&#13;
26 soixante Î dix huit paSsé par devant Becquet Not.re&#13;
27 Royal à Québec Jl y à environ douze ou Treize ans&#13;
28 Accepté par M.re Henry de Bernière, Louis Ange et&#13;
29 Jean Dusouyt, Prestres du dit Séminaire de Paris et&#13;
30 à présent habitant audit Seminaire de Quebec,&#13;
31 de l’Emplacement Sur le quel le dit Seminaire,&#13;
32 moyennant laSomme de huit Mil Livres, au prix.&#13;
33 au prix Courant de la Monnoye de Quebec, ou les&#13;
34 Ecus d’argent de Soixante sols vallent quatre Livres,&#13;
35 et soixante Sols vallent quatre Livres / et les autres&#13;
36 Espêces à proportion, Consentant les Parties&#13;
37 respectivement que le dit Contrat Soit et&#13;
38 demeure, Nul, comme Non advenu et que le dit&#13;
39 Seigneur Evesque dispose dudit Emplacement ainsy&#13;
40 qu’il avisera bon être, En Consequence de quoy&#13;
41 Le dit Seigneur Evesque a présentement rendu et&#13;
&#13;
�42 payé au dit Sieur Supérieur et Directeurs du Seminaire&#13;
43 de Paris, la dite Somme de Six Mil Livres en Espèces&#13;
44 et Louis d’argent à Soixante Sols piece,&#13;
45 revenant à Quatre Livres piece, Suivant l’usage&#13;
46 de la Nouvelle France à laditte Somme dehuit&#13;
47 mil Livres Ainsy que les dits Sieurs supérieur et&#13;
48 Directeurs dudit Seminaire de Paris le reconnoiSsent&#13;
49 dont Jls Sont Contents, et en quittent le dit&#13;
50 Seigneur Evesque et tous autres, Cefaisant les&#13;
51 dites parties, ont Consenty que Sur la minutte&#13;
52 du dit Contract mention Sommaire Soit faite du&#13;
53 présent désistement et annulation d’icelluy par le&#13;
54 premier Notaire qui en Sera requis, Sans que la&#13;
55 présence d’aucune des parties Soit nécéSsaire, ce&#13;
56 qui ne Servira avec ces présentes que d’un même&#13;
57 effet, Et à l’Egard des Expéditions dudit Contract,&#13;
58 Les parties ont déclaré les avoir adhérées, Et&#13;
59 que si Elle Se trouvent, Elles promettent les&#13;
60 lacerer comme nulles, Et par ces mêmes présentes&#13;
61 le dit Seigneur Evesque de Quebec à volontaire=&#13;
62 =ment donné, Cêdé, quitté, Transporté et délaiSsé&#13;
63 des maintenant et à toûjours par Donnation entre vifs&#13;
64 entre vifs pure et Simple et Jrrévocable, en la&#13;
65 meilleure forme que Donnation peut valoir&#13;
66 au dit Seminaire des MiSsions Etrangeres de&#13;
67 Quebec, ce acceptant par les dits Sieurs Supérieur&#13;
68 et directeurs dudit Seminaire de Paris, tant au&#13;
69 nom &amp; comme Procureur fondé de Procuration de&#13;
70 M.rs Henry de Bernières Grand vicaire dudit&#13;
71 Seigneur Evesque et Supérieur dudit Seminaire&#13;
72 des MiSsions Etrangères; Etably à Quebec, Louis&#13;
73 Anger aSsistant, Pierre Thury, Procureur dudit&#13;
74 Seminaire, Tant pur Eux que pour les Prêtres&#13;
75 du dit Seminaire, paSsée par devant Romain&#13;
76 Becquet, Notaire Royal audit Quebec présents&#13;
77 Témoins, le vingt huit Septembre Mil six Cent&#13;
78 soixante dix Neuf, déposée pour Minutte à Carnot&#13;
79 l’un des Notaires souSsignés par led.t Sieur Bezard&#13;
80 Le sixième Jour des présents Mois et An dont&#13;
81 sera cy après transcrit specialle en effet Ou&#13;
82 Substance pour l’effet des presentes ainsy qu’il est&#13;
83 aparu aux Notaires SouSsignés Qu’es d.tes qualités&#13;
84 du Supérieur dudit Seminaire des MiSsions Etran=&#13;
&#13;
�85 =geres, Etably audit Quebec, par les dittes Lettres&#13;
86 Patentes d’union. C’est à Sçavoir, le dit&#13;
87 Emplacement Sur le quel ledit Seminairede Quebec&#13;
88 à Bâty Sa Maison et Enclos dudit Seminaire,&#13;
89 Contenant Environ seize Arpens, Comme le tout&#13;
90 se poursuit et Comporte en L’Etat qu’il est à&#13;
91 présent sans réservation, Et qu’il appartient&#13;
92 audit Seigneur Evesque par le moyen du désistement&#13;
93 cy deSsus de l’acquisition qu’il en avoit auparavant&#13;
94 faite de Guillemette hebert, Veuve de GuillaumeCouillard, Habitant&#13;
95 Habitant dudit Quebec, par Contract paSsé&#13;
96 par devant Romain Becquet, Notaire Royal en la&#13;
97 Nouvelle france, résident à Quebec le dix Avril&#13;
98 Mil six Cent soixante six, Relevant duChâteau&#13;
99 Saint Louis de Quebec, et Chargé de tels Droits&#13;
100 et devoirs seigneuriaux dont ledit Emplacement&#13;
101 peut être tenus, que les partyes n’ont pû déclarer,&#13;
102 de ce Enquises, Pour par ledit Seminaire des&#13;
103 MiSsions Etrangères Etably à Quebec, Jouir,&#13;
104 faire et disposer dudit Emplacement, Enclos et&#13;
105 dépendances, présentement donné en pleine&#13;
106 proprieté à Sa volonté, Comme chose appartenant&#13;
107 au dit Seminaire, au moyen des présentes, à&#13;
108 Commencer la JouiSsance des aprésent, Et à cet effet&#13;
109 le dit Seigneur Evesque à présentement déclaré&#13;
110 aux dits Sieurs Supérieurs et Directeurs du Séminaire&#13;
111 des MiSsions Etrangères de Paris, Copie non Signée&#13;
112 du dit Contract d’acquisition du dit Emplacement&#13;
113 Sus datté, et promet fournir l’original, et les&#13;
114 autres Titres qu’il peut avoir Concernant laproprieté&#13;
115 dudit Emplacement au Supérieur, ou ASsistans et&#13;
116 procureur dudit Séminaire a Quebec en ses droits,&#13;
117 Et luy Cède et Transporte toute propriété qu’il a&#13;
118 et peut Avoir Sur et à Cause dudit Emplacement, s’en&#13;
119 dessaiSsant au profit du Seminaire de Quebec,&#13;
120 voulant qu’il en Soit Saisy, vêtu, mis et reçu en&#13;
121 bonne poSseSsion et saisine, par qui et ainsy&#13;
122 quil appartiendra, Constituant à cette fin Son&#13;
123 Procureur, le porteur des présentes, luy en donnant&#13;
124 pouvoir, Cette Donnation ainsy faite par ledit&#13;
125 Seigneur Evesque de Quebec pour le bien de Son Eglise, Et parce,&#13;
126 Et par ce que telle est sa volonté d’ainsy donner,&#13;
&#13;
�127 Et pour faire Jnsinuer la présente Donnation au&#13;
128 Chatelet de Paris, et en la Justice Ordinaire&#13;
129 dudit Quebec, dans les quatre Mois de l’ordonnance,&#13;
130 Les dittes parties, Ont Constitué leur Procureur&#13;
131 le porteur des présentes, au quel Elles en donnent&#13;
132 pouvoir et d’en requerir acte, Et sy a cause du&#13;
133 retardement des vaiSseaux Sur les Ports de Mer,&#13;
134 vents contraires, ou autres accidents, la présente&#13;
135 Donnation ne pouvoit arriver à Quebec dans&#13;
136 les dits quatre Mois du Jour de sa datte, En ceCas&#13;
137 les dites partyes Es dits Noms Constituent leur&#13;
138 Procureurs Generaux et Spéciaux, Sçavoir&#13;
139 le dit Seigneur Evesque, le Sieur de laFerté,&#13;
140 Juchereau; Bourgeois du dit Quebec, ou a Son&#13;
141 défaut le Sieur de Comporté, Grand Prévost en la&#13;
142 Nouvelle France, Et les d.ts Sieurs Supérieurs et&#13;
143 Directeurs du seminaire de Paris es d.tes qualités&#13;
144 de Supérieurs du Seminaire de Quebec, les dits&#13;
145 Sieurs superieur, aSsistant et procureur dudit&#13;
146 Séminaire de Québec, aux quels les dites partyes&#13;
147 donnent pouvoir de ratiffier et Confirmer la&#13;
148 présente Donation et Consentir son Jnsinuation&#13;
149 en la Justice Ordinaire dudit Quebec, dans les&#13;
150 quatre Mois du Jour de la datte dudit Acte de&#13;
151 Confirmation en faisant mention des Accidents du&#13;
152 Retardement requerir Acte du tout et Generalle=&#13;
153 =ment, Promettant, &amp; Obligeant Es d.tes qualités,&#13;
154 Renonçant, fait et paSsé en la Maison présbi=&#13;
155 =térialle de S.t JoSse à Paris ou ledit seigneur&#13;
156 Evesque est logé le huictième Jour d’avril apres Midy de l’annee&#13;
157 de l’année Mil six Cent quatre vingt, Et ont&#13;
158 Signé la minutte des présentes demeurée&#13;
159 vers le dit Carnot l’un des Notaires SouSsignés.&#13;
160&#13;
Ensuit La teneur de laditte Procuration&#13;
161 cy deSsus mentionnée.&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
&#13;
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                    <text>Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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          <name>Index nominum</name>
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              <text>Bésard, François, 1630-1681</text>
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              <text>Poitevin, Armand, 1635-1682</text>
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              <text>Pallu, Étienne, 1643-1687</text>
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              <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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              <text>Bernières, Henri de, v. 1635-1700</text>
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              <text>Dudouyt, Jean, 1628-1688</text>
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                <text>Troyes, Claude de ✝</text>
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                <text>Carnot, Jean ✝</text>
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                <text>Donation par Laval d'un fief au Séminaire de Québec (Paris, 8 avril 1680) </text>
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                <text>Laval avait entreprit depuis 1662 d'acquérir des propriétés en vue de doter le Séminaire de Québec. Le fief du Sault-au-Matelot (l'emplacement du Séminaire de Québec) ayant déjà été vendu au Séminaire de Paris en 1666, il lui fallait le recouvrer d'abord avant d'en pouvoir disposer. Cet acte de donation débute par la rétrocession de cette vente. Ainsi propriétaire des lieux, Laval en fera don, ce que les directeurs du Séminaire de Québec accepteront le 26 octobre 1680.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/413529"&gt;Expédition en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 1, no 18&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/413500"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 1, no 16e&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369682"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt;&lt;span&gt; le 18 janvier 1752 par les notaires Royer et Aleaume et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 62&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/413540"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; le &lt;span&gt;10 septembre 1883 et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 1, no 18c&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/id/14763" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14764" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11670" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographies&lt;/em&gt;, 1964, p. 68-71&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/413547"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservé au Musée de la cilivisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 1, no 18f&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Seigneuries</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Instructions du Séminaire de Paris au Séminaire de Québec (Québec, 1665-1666)&#13;
&#13;
Instructions touchant les affaires du Séminaire de Québec&#13;
1° L’on a jugé à propos que, sans avoir égard au contrat précédent&#13;
d’établissement, l’on en fasse un nouveau, dans lequel il ne soit point fait&#13;
mention du Séminaire épiscopal, ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement&#13;
d’une maison de la congrégation du Séminaire des Missions étrangères, afin&#13;
d’éviter les difficultés que nous pourraient causer à la suite les évêques, ou en&#13;
retirant leurs séminaristes de notre maison en formant un autre Séminaire, ou en&#13;
nous ôtant la cure, s’ils le pouvaient, car en ce cas, nous demeurerions établis et&#13;
bâtis sur un fonds qui nous appartient indépendamment du Séminaire épiscopal&#13;
et de la cure et presbytère ; ainsi étant approuvés de Rome, du roi, de l’évêque et&#13;
notre établissement insinué où besoin sera, un évêque ne pourrait pas nous faire&#13;
quitter notre maison, quand bien il pourrait nous ôter la cure et le Séminaire&#13;
épiscopal.&#13;
2° L’on a pour cet effet acheté un emplacement contenant 13 arpents de terre&#13;
joignant l’église. Ce lieu est très commode pour un Séminaire. Il coûte 8 000&#13;
livres, que Monseigneur paye, à la réserve de 600 livres ; le contrat en est passé&#13;
au nom du Séminaire de Paris et payé comptant. Nous vous en envoyons copie.&#13;
3° Et des lettres patentes de Monseigneur, par lesquelles il agrée l’établissement&#13;
d’une maison de votre congrégation à Québec et tous autres lieux de sa&#13;
juridiction.&#13;
4° Vous dresserez et obtiendrez lettres patentes du roi, qui vous donneront&#13;
pouvoir de faire à Québec le susdit établissement. Il ne fait pas oublier dans ces&#13;
lettres les privilèges que Monseigneur avait obtenus dans son premier&#13;
établissement, dont M. Poitevin a copie. Voici les propres termes qui y sont&#13;
portés : pouvoir d’acquérir tous domaines, droits et actions, recevoir toutes&#13;
donations entre vifs et à cause de morts, testaments, legs et autres dépositions&#13;
qui seront faites en sa faveur, tant en l’ancienne qu’en la Nouvelle-France, sans&#13;
payer aucune finance pour droits d’amortissement et nouveaux acquêts, dont&#13;
&#13;
�nous avons déchargé et déchargeons par ces présentes à perpétuité ladite&#13;
maison, etc.&#13;
5° Une maison de votre congrégation étant ainsi établie indépendamment de&#13;
toute autre chose, on lui annexera par bref spécial du pape la cure de Québec&#13;
avec toutes dépendances et revenus.&#13;
6° Il faut poursuivre à Rome l’érection de la paroisse de Québec en cure et la faire&#13;
par le même bref d’érection annexer à notredite maison. Monseigneur en écrit&#13;
amplement au pape, à la Congrégation et autres cardinaux, à Mgr le nonce, par le&#13;
moyen duquel vous appuierez cette affaire à Rome. S’il était nécessaire de&#13;
spécifier en particulier le revenu de la cure de Québec, elle vaut en terre, maisons&#13;
et casuel 1 200 livres de rente ; et la seule fabrique a 2 000 livres de revenu annuel.&#13;
7° La chose étant passée à Rome, il la faut ensuite faire agréer au roi. Vous les&#13;
ferez dès cette année s’il se peut. La Compagnie donnera peut-être un peu de&#13;
peine là-dessus, à cause de sa qualité de seigneur du pays, mais la chose étant&#13;
passée à Rome et à la cour, on lèvera facilement les autres obstacles. Il se fait&#13;
précautionner à ce que la Compagnie et M. Béchamel n’aient connaissance de nos&#13;
affaires, qu’elles ne soient faites spécialement au regard de la cure, quoique par&#13;
leurs articles, le roi ne donne aucun droit à la Compagnie sur les cures si elle ne&#13;
le fonde ; ce qu’elle ne fera pas.&#13;
8° MM. de Saint-Sulpice travaillent puissamment à leur établissement. Ils sont&#13;
huit ecclésiastiques au Montréal, dont un repasse en France pour leurs affaires.&#13;
Ils espèrent plusieurs prêtres de France l’an prochain. Ils sont entièrement&#13;
appuyés de la Compagnie : c’est pourquoi il faut, au plus tôt et le plus&#13;
solidement que l’on pourra, terminer nos affaires.&#13;
9° Nous vous envoyons lettres patentes de Monseigneur, par lesquelles il annexe&#13;
et donne à perpétuité son Séminaire épiscopal à notre maison, établie à Québec,&#13;
sur quoi vous remarquerez que l’établissement de notredite maison doit précéder&#13;
l’union du Séminaire épiscopal : c’est pourquoi je laisse dater la patente&#13;
d’érection de notre maison de 1665 et celle de l’union du Séminaire épiscopal de&#13;
1666.&#13;
&#13;
�10° Nous ne vous envoyons point la forme des lettres patentes du roi pour&#13;
l’union du Séminaire épiscopal à notre maison. Vous les ferez dresser,&#13;
conformément à la patente de Monseigneur, par laquelle il réunit ledit Séminaire&#13;
épiscopal à notre maison.&#13;
11° Nous avons cru qu’il fallait demeurer d’accord de toutes choses avec&#13;
Monseigneur et par écrit : c’est pourquoi nous avons dressé et signé&#13;
réciproquement des articles dont j’envoie copie.&#13;
12° Quand on dressera le contrat d’établissement d’une maison de votre&#13;
Congrégation à Québec, il faut omettre la clause que vous aviez insérée dans le&#13;
contrat précédent, savoir que le Séminaire de Paris ne s’obligeait pas d’envoyer&#13;
des sujets en Canada qu’autant qu’il s’en trouverait de capables. Cette clause n’est&#13;
pas nécessaire pour la sureté de la Congrégation, d’autant que la maison de&#13;
Québec ne sera tenue par obligation qu’à desservir la cure de Québec et diriger le&#13;
Séminaire épiscopal, ce qui ne demandera pas beaucoup d’ouvriers. Pour toutes&#13;
nos autres fonctions de missionnaires, soit au regard des Français ou des&#13;
Sauvages, elles nous seront entièrement libres et nous n’en embrasserons que&#13;
suivant nos forces.&#13;
13° Nous commencerons à la Saint-Michel1 1667 à entrer en possession de la&#13;
maison et des meubles et tenir le Séminaire à nos frais, car jusque-là, c’est sur le&#13;
compte de Monseigneur.&#13;
14° Voici le revenu annuel avec lequel nous espérons le faire subsister :&#13;
-la paroisse, y comprenant les messes, vaudra&#13;
&#13;
1 000 livres&#13;
&#13;
-la pension de M. Pommier et Morel&#13;
&#13;
1 200&#13;
&#13;
-les pères Jésuites nous donnent de leur pension qui est payée par la&#13;
Compagnie sur les deniers du pays, la somme de&#13;
&#13;
1 000&#13;
&#13;
-de ce que la Compagnie donne pour les prêtres qui desservent les&#13;
paroisses, il y en aura 900 livres pour le Séminaire, à cause qu’il dessert la&#13;
cure de Québec&#13;
1&#13;
&#13;
Le 29 septembre.&#13;
&#13;
900&#13;
&#13;
�-la pêche donnée par Monseigneur vaut&#13;
&#13;
100&#13;
&#13;
-la pension de M. de Bernières vaut&#13;
&#13;
1 200 livres&#13;
&#13;
-celle de M. des Maizerets autant&#13;
&#13;
1 200&#13;
&#13;
-de M. Dudouyt, 200 livres&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
-la pension de MM. Caignet, Morin et Jolliet vaut 1 800 livres&#13;
&#13;
1 800&#13;
&#13;
ce qui fait en tout&#13;
&#13;
8 000 livres&#13;
&#13;
Sur quoi il faut faire subsister 8 ecclésiastiques et 3 serviteurs et porter toutes les&#13;
charges d’un Séminaire, quoique ce soit peu, vu l’état de ce pays où tout est de&#13;
moitié plus cher qu’en France. Nous tâcherons de nous mesurer à ce que nous&#13;
aurons pour ne pas faire des dettes.&#13;
15° Le roi et M. Colbert font espérer quelque chose pour Monseigneur et pour&#13;
son Séminaire et nos amis, nous voyant établis, travailleront à nous procureur&#13;
quelque fonds en France.&#13;
16° Nota que le revenu ci-dessus n’est pas permanent, puisqu’il consiste pour la&#13;
plupart en pension et que les 1 000 livres des Jésuites sont pour autant de temps&#13;
que leur pension sera payée, ce qui peut manquer. Le revenu de l’église n’est pas&#13;
assuré qu’elle ne soit annexée au Séminaire ; mais afférer tout, il faut commencer&#13;
avec ce que Dieu nous donne et nous confier qu’il aura soin pour l’avenir. Il est&#13;
notre père et nous sommes ses enfants.&#13;
17° Le revenu de Monseigneur consiste :&#13;
-en la seigneurie de Beaupré et île d’Orléans, qui vaut 3 000 livres de&#13;
revenu et augmentera tous les ans à mesure que les terres non&#13;
concédées s’habitueront&#13;
&#13;
3 000 livres&#13;
&#13;
-son abbaye est quitte de pension et vaut&#13;
&#13;
4 000&#13;
&#13;
-la rente et la pension de son frère&#13;
&#13;
1 200&#13;
&#13;
-il prend 1 300 livres de 2 000 livres que la Compagnie donne pour les&#13;
prêtres qui desservent les paroisses&#13;
&#13;
1 300&#13;
&#13;
ce qui fait en tout&#13;
&#13;
9 500 livres&#13;
&#13;
18° Il emploiera son revenu au paiement de la pension de MM. Pommier, Morel,&#13;
Caugnet, Morin et Jolliet, à entretenir des enfants du pays aux études et le&#13;
&#13;
�surplus, à l’acquis de ses dettes, qui se montent à 28 000 livres. C’est pour cet effet&#13;
qu’il vend le fonds de 1 200 livres qui est au nom du Séminaire de Paris, qui lui&#13;
vaudra prix d’ici 1 600 livres.&#13;
19° Il n’a donné au Séminaire qu’une pêche valant 100 livres et payé pour&#13;
l’emplacement du Séminaire 7 400 livres. Son dessein est de laisser après sa mort&#13;
le bien qu’il aura en Canada pour payer la pension de quelques enfants du pays&#13;
au Séminaire. Il a témoigné que si le Séminaire ne s’était pas accommodé, il lui en&#13;
laisserait la moitié sans charge.&#13;
20° Écrivez au R. P. Le Mercier, supérieur des missions à Québec, une lettre&#13;
d’acceptation et de remerciement pour les 1 000 livres de revenu que la maison&#13;
de Québec donne à notre Séminaire, en considération de l’union que la&#13;
Compagnie désire avoir avec notre Congrégation. Cette union et bonne&#13;
intelligence des uns avec les autres produits de très grands biens, édifie&#13;
beaucoup le peuple et nous est une singulière consolation. Il faut en écrire aussi&#13;
au P. Lalemant, qui était supérieur lors de la donation.&#13;
21° Nous faisons venir tous nos mémoires séparément de ceux de Monseigneur&#13;
et marqués de la marque suivante qu’il fait mettre sur tous les ballots, caisses et&#13;
futailles qui seront envoyés pour le Séminaire : + S D K +&#13;
22° Quoique nous vous mandions nos vues sur l’établissement de notre&#13;
Séminaire, vous suivrez ce que vous y trouverez de bon et jugerez à propos,&#13;
quand bien vous ne pourrez pas cette année obtenir l’annexe de la cure, ni des&#13;
lettres du roi pour l’union du Séminaire épiscopal, il ne faut pas différer&#13;
l’établissement d’une maison de votre Congrégation. C’est le point important et&#13;
une des raisons pour lesquelles nous avons cru qu’il la fallait établir&#13;
indépendamment de tout le reste. Comme ces trois choses doivent être agréées&#13;
du roi, vous l’obtiendrez par une ou plusieurs lettres patentes, ainsi que le&#13;
jugerez plus convenable.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
2&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
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            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1665-1666 – Instructions du Séminaire de Paris au Séminaire de Québec (Québec)&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 151)&#13;
No 151&#13;
&#13;
1.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
3.&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
1&#13;
Chapitre No 151&#13;
2&#13;
Jnstruction touchant les affaires du seminaire&#13;
3&#13;
de Quebec.&#13;
4 Lon a iuge appropos que, sans avoir égart au contract&#13;
5 precedent destablissement, lon en fasse un nouveau, dans le&#13;
6 quel il ne soit point faict mension du seminaire&#13;
7 episcopal n’y de annexer la cure de quebec : mais seulem’&#13;
8 dune maison de la congregation duseminaire des miSsions&#13;
9 estrangeres; afin d’eviter les difficultés que nous pourroient&#13;
10 causer a lasuitte les Evesques; ou en retirant leurs&#13;
11 SeminariStes de nostre maison et formant une autre&#13;
12 Seminaire; ou en nous ostant la cure sils le pouvoient&#13;
13 Car en ce cas nous demeurerions eStablis et baStis sur&#13;
14 un fond qui nous appartient independamment du&#13;
15 Seminaire episcopal et de la cure et presbytere : ainsy&#13;
16 eStant approuvés de Rome, du Roy de levesque et noStre&#13;
17 eStablissement insinué ou besoin Sera un Evesque ne&#13;
18 pourroit pas nous faire quitter nostre maison quand&#13;
19 bien il pourroit nous oster la cure et le seminaire&#13;
20 episcopal.&#13;
21 Lon a pour cet effect achetté un emplacement contenant&#13;
22 treize arpens de terre Joignant leglise : ce lieu est&#13;
23 tres commode pour un seminaire. Il couste huict&#13;
24 mil livres, que monseig.r paye a la reserve de&#13;
25 Six centz livres; le contract en eSt paSsé au non du&#13;
26 Seminaire de Paris et payé contant nous vous en&#13;
27 envoyons coppie.&#13;
28 &amp; des lettres patentes de Monseig.r, par les quelles il&#13;
29 agréé leStablissement d’une maison de voStre Congrega’on&#13;
30 a Quebec et tous autres lieux de Sa JuriSdiction&#13;
31 Vous dresserés et obtiendrés lettres patentes du Roy&#13;
32 qui vous donneront pouvoir de faire a quebec le sus dict&#13;
33 establissement. Jl ne faut pas oublier dans&#13;
34 ces lettres les privileges que monseig.r avoit obtenus&#13;
35 dans Son premier eStablissement dont m.r poitevin&#13;
36 a coppie. voicy les propres termes qui y Sont&#13;
37 portés. pouvoir dacquerir tous domaines, droicts&#13;
38 et actions, recevoir toutes donations entre vifs, et&#13;
39 a cause de mort, testaments laiz et autres depositions&#13;
40 qui seront faittes en sa faveur tant en lancienne&#13;
41 qu’en la nouvelle france, Sans payer aucunes&#13;
&#13;
�5.&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
42 finansses pour droits damortissement et nouveaux&#13;
43 acquez dont nous avons descharge et déchargeons&#13;
44 par ces presentes a perpetuité lad maison &amp;c.&#13;
45 Vne maison de vostre congregation eStant ainsy eStablie&#13;
46 independamment de toute autre chose on luy annexera&#13;
47 par bref special du pape la cure de Quebec avec&#13;
48 toutes dependances et revenus.&#13;
49 Jl faut poursuivre a Rome l’erection de la parroisse&#13;
50 de quebec en cure et la faire par le meSme bref derection&#13;
51 annexer à nostre ditte maison. Monseigneur en eScrit&#13;
52 amplement au pape, a la Congrega’on et autres Cardinaux&#13;
53 a mon s.r le Noroe par le moyen du quel vous appuyres&#13;
54 cette affaire a rome. s’il eStoit neceSsaire de&#13;
55 specifier en particulier le revenu de la cure de&#13;
56 quebec elle vaut en terre maisons et casuel douze&#13;
57 centz livres de rente; et la seule fabrique a deux&#13;
58 mille livres de revenu annuel.&#13;
59 La chose eStant paSsée a rome il la faut en suitte&#13;
60 faire agreer au Roy. vous le ferés dès cette&#13;
61 année sil se peut. la compagnie donnera&#13;
62 peut estre un peu de peinne la deSsus a cause de&#13;
63 sa qualité de Seigneur du pais : mais la chose eStant&#13;
64 paSsée a Rome et a la Court on levera facilement&#13;
65 les autres obstacles. Jl se faut precautionner a&#13;
66 ce que la compagnie et monsieur bechamel n’ayent&#13;
67 connoissance de nos affaires quelles ne soient faictes&#13;
68 Specialement au regart de la cure quoy que par leurs&#13;
69 articles le roy ne donne aucun droit a la compagnie&#13;
70 Sur les cures si elle ne le fonde ce quelle ne&#13;
71 fera pas.&#13;
72 Mess.rs de s.t S. travaillent puiSsamment a leur&#13;
73 establissement ils sont 8. eccleSiaStiques au mont real&#13;
74 dont un repaSse en france pour leurs affaires ils&#13;
75 esperent pluSieurs p’tres de france lan prochain.&#13;
76 Jls sont entierement appuyés de la compagnie ceSt&#13;
77 pour quoy il faut au plus tost et le plus solidement&#13;
78 que lon pourra terminer nos affaires.&#13;
79 Nous vous envoyons lettres patentes de mon seigneur&#13;
80 par les quelles il annexe et donne a perpetuité Son&#13;
81 seminaire episcopal a noStre maiSon eStablie a&#13;
82 quebec sur quoy vous remarquerés que leStabliSsement&#13;
83 de noStre ditte maiSon doit preceder l’union du&#13;
84 Seminaire epiScopal ceSt pour quoy ie laisse en&#13;
85 blanc le date dans la patente de mon seigneur&#13;
&#13;
�xxation&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
86 daté la patente derection de nostre maison de 1665 et celle&#13;
87 de lunion du seminaire episcopal de 66.&#13;
88 Nous ne vous envoyons point la forme des lettres&#13;
89 patentes du Roy pour lunion du seminaire epiScopal&#13;
90 a nostre maison vous les ferés dreSser conformem’&#13;
91 a la patente de mon seigneur par la quelle il&#13;
92 reunit le dict seminaire episcopal a noStre&#13;
93 maiSon.&#13;
94 Nous avons cru qu’il falloit demeurer daccors de&#13;
95 touttes choses avec monseig.r et par escrit ceSt pourquoy&#13;
96 nous avons dreSsé et signé reciproquemene des articles&#13;
97 dont Jenvoye coppie.&#13;
98 Quan on dreSsera le contract destablissem’ d’une&#13;
99 maison de vostre Congrega’on a quebec il faut&#13;
100 obmettre la clause que vous aviés inserée dans le&#13;
101 contract precedent. Scavoir que le seminaire&#13;
102 de Paris ne sobligeoit pas d’envoyer des suiets&#13;
103 en Canada qu’autant qu’il sen trouveroit de capables :&#13;
104 Cette Clause nest pas neceSsaire pour la seureté&#13;
105 de la Congregation dautant que la maiSon de&#13;
106 quebec ne sera tenüe par obligation qu’a deservir&#13;
107 la cure de Quebec et diriger le seminaire&#13;
108 episcopal : ce quj ne demandera pas beaucoup&#13;
109 douvriers. pour toutes nos autres fonctions de&#13;
110 miSsionnaires soit au regart des francois ou des&#13;
111 Sauvages elles nous seront entierement libres et&#13;
112 nous n’en embraSseront que suivant nos forces.&#13;
113 Nous commencerons a la sainct michel 1667.&#13;
114 a entrer en poSsiSsion de la maiSon et des meubles&#13;
115 et tenir le seminaire a nos fraitz Car iusques la&#13;
116 c’est sur le compte de monseigneur. voicy le revenu&#13;
117 annuel avec le quel nous eSperons le faire subsiSter&#13;
118 La parroiSse y comprenant les meSses vaudra 1000#&#13;
119 la pension de m.r pommier et morel - - 1200&#13;
120 les peres Jesuittes nous donnent de leur penSion&#13;
121 quj eSt payée par la compagnie sur les deniers&#13;
122 du pais la somme de - - - - - - - 1000&#13;
123 De ce que la compagnie donne pour les p’tres&#13;
124 quj deservent les parroiSses il y en aura neuf&#13;
125 centz livres pour le seminaire a cauSe quil&#13;
126 deSert la cure de quebec 0900&#13;
127 La peSche donnée par monSeig.r vaut 0100&#13;
128 La penSion de M.r de bernieres vaut&#13;
&#13;
1200#&#13;
&#13;
�15.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
129 Celle de m.r des Mezeretz autant 1200&#13;
130 de m.r du douyt deux centz livres 0200&#13;
131 la penSion de m.r Caignet Morin et&#13;
132 Jolliet vaut dix huict centz livres – 1800&#13;
133 Ce quj faict en tout 8000.#&#13;
134 Sur quoy il faut faire SubsiSter huict EccleSiaStiques&#13;
135 et trois serviteurs et porter toutes les charges dun&#13;
136 Seminaire : quoy que se soit peu veu leStat de&#13;
137 ce païs ou tout eSt de moitie plus cher quen&#13;
138 france nous taScherons de nous meSurer a ce&#13;
139 que nous aurons pour ne pas faire de debtes&#13;
140 le Roy et m.r Colbert font eSperer quelques choSe&#13;
141 pour mon seigneur et pour son seminaire, et&#13;
142 nos amys nous voyant eStablis travailleront a nous&#13;
143 procurer quel que fond en france.&#13;
144 Nota. Que le revenu cy deSsus n’est par permanent&#13;
145 puis quil consiste pour la pluS part en penSions&#13;
146 et que les mil livres. des JeSuittes sont pour autant&#13;
147 de temps que leur penSion Sera payée ce quj&#13;
148 peut manquer, le revenu de leglise nest pas&#13;
149 asseuré quelle ne soit annexée au seminaires&#13;
150 mais afferés tout il faut commencer avec ce que&#13;
151 dieu nous donne et nous confier quil aura soin&#13;
152 pour ladvenir; il est nostre pere et nous sommes&#13;
153 Ses enfans.&#13;
154 Le revenu de mon seigneur conSiSte en la&#13;
155 Seigneurie de beaupray et JSle dorleans quj&#13;
156 qui vaut trois mil livres de revenu et&#13;
157 augmentera tous les ans a mesure que les&#13;
158 terres non concedées shabitueront 3000#&#13;
159 Son abbaye eSt quitte de penSion et vaut 4000&#13;
160 la rente et la pension de son frere 1200&#13;
161 Jl prend treize centz livres de deux&#13;
162 mil livres que la Compagnie donne pour&#13;
163 les p’tres quj deservent les parroiSses – 1300&#13;
164 Ce quj faict en tout 9500#&#13;
165 Jl employra son revenu au payement&#13;
166 de la pension de m.rs pommier morel Caignet&#13;
167 morin et Jolliet, a entretenir des enfans du pais aux&#13;
168 eStudes, et le sur plus a lacquit de ses debtes quj se&#13;
169 montent a vingt huict mil livres cest pour cet&#13;
170 effect quil vent le fond de douze mil livres&#13;
171 quj est au non duseminaire de Paris qui luy&#13;
172 vaudra prix dicy seize mil livres.&#13;
&#13;
�19.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
21.&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
173 Jl n’a donné auseminaire qu’une peSche vallant&#13;
174 100.# et payé pour lemplacement duseminaire&#13;
175 sept mil quattre centz livres. son deSsein eSt&#13;
176 delaiSser apprès sa mort le bien qu’il aura&#13;
177 en Canada pour payer la penSoin de quel ques&#13;
178 enfant dupais au seminaire. Il ateSmoigné&#13;
179 que si le seminaire neStoit par accommodé&#13;
180 il luy en laiSseroit la moitie Sans charge&#13;
181 Escrivés au R. pere le mercier superieur&#13;
182 des miSsions a Quebec une lettre dacceptation&#13;
183 et de remerciment pour les mil livres&#13;
184 de revenu que la maiSon de quebec donne&#13;
185 a noStre seminaire en consideration de lunion&#13;
186 que la compagnie desire avoir avec noStre&#13;
187 Congrega’on. Cette union et bonne intelligence&#13;
188 des uns avec les autres produit de tres grands&#13;
189 biens, edifie beaucoup. le peuple, et nous eSt une&#13;
190 singuliere consolation. Jl faut en eScrire auSsy&#13;
191 au pere lalemant quj eStoit superieur lors dela donation&#13;
192 Nous faiSons venir tous nos memoires&#13;
193 Separement de ceux de Monseigneur et&#13;
194 marqués de la marque suivante quil faut&#13;
195 mettre Sur tous les ballotz Caisses et&#13;
196 futailles quj seront envoyes pour le&#13;
197 Seminaire.&#13;
198&#13;
+SDK+&#13;
199 Quoy que nous vous mandions nos veües sur leStabliSSem’&#13;
200 de nostre seminaire vous suivres ce que vous y&#13;
201 trouverés de bon et iugeres de plus appropos. quand bien&#13;
202 vous ne pourriés pas cette année obtenir lannexe de&#13;
203 la cure ny des lettres du roy pour lunion du Seminaire,&#13;
204 epiScopal il ne faut pas differer leStabliSement&#13;
205 d’une maison de voStre Congregation cest le&#13;
206 poinct important et Une des raiSons pour les quelles&#13;
207 nous avons cru quil la falloit eStablir Jndepen=&#13;
208 damment de tout le reste. Comme ces trois choSes&#13;
209 doivent eStre agrées du roy vous lobtiendrés&#13;
210 par une ou plusieurs lettres patentes ainsy&#13;
211 que le Jugerés plus convenable&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
Note : Ligne 13, fête de Saint-Michel correspond au 29 septembre.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Instructions du Séminaire de Paris au Séminaire de Québec (Québec, 1665-1666)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/452440"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 151&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8270" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8271" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8272" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le Séminaire de Paris donne aux responsables du Séminaire de Québec des recommandations pour son établissement et sa gestion : refaire un nouveau contrat d'établissement comme une succursale de celui de Paris, sans mention d'un séminaire épiscopal pour s'assurer de la pleine possession des lieux, puisque Paris leur a déjà acheté un terrain de 13 arpents pour coûtant 8000 livres; des lettres patentes de l'évêque et du roi sont nécessaires; une fois le Séminaire établi, la cure de Québec sera annexée par un bref spécial du pape; il est urgent de terminer les affaires, car les Sulpiciens travaillent également à leur établissement à Montréal. Le document inclut un plan financier détaillé pour assurer la subsistance du Séminaire et de ses membres.</text>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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        <name>Sulpiciens</name>
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                    <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI-IV-A&#13;
Lettre de l’abbé de Brisacier au Serviteur de Dieu, 19 juin 1691, d’après une copie&#13;
conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec,&#13;
Séminaire 15, no 53&#13;
&#13;
La découverte de M. de La Salle, dont vous a parlé M. Cavelier, son frère, doit donner de&#13;
la joie à toutes les personnes zélées. Je ne sais point les desseins qu’on peut avoir de se&#13;
rendre maître de ces nouvelles missions indépendamment de Québec, ni la manière dont&#13;
M. l’évêque en a écrit à la Cour. Il ne m’a rien mandé des mesures qu’il peut avoir prises&#13;
pour conserver sa juridiction. Il s’est renfermé uniquement dans les sujets de plainte qu’il&#13;
croit avoir de nos Messieurs en proposant certains remèdes, dont j’ai laissé le jugement à&#13;
M. le duc de Beauvilliers et au R. P. Le Valois, auxquels il m’a renvoyé pour en passer par&#13;
leur décision. J’ai gémi de tout mon cœur avec lui et avec vous de voir les choses dans l’état&#13;
où elles étaient quand il m’a écrit.&#13;
Il a plu à Dieu, sans que je m’en sois presque mêlé, d’inspirer nos juges et ils ont prévenu&#13;
par leur équité tout ce que j’aurais pu souhaiter. Je vous envoie une copie de ce qui a été&#13;
arrêté par eux et je leur ai promis que nos Messieurs s’y soumettraient en tout. Le&#13;
P. Le Valois en envoie une copie à Mgr de Québec avec une lettre de la dernière force. M. le&#13;
duc de Beauvilliers en adresse une troisième copie à M. de Denonville et il le prie de ne&#13;
point partir de Québec qu’il n’ait mis les choses sur le pied qu’on a jugé à propos ici, dont&#13;
il pourra rendre compte à son arrivée en France.&#13;
Le retour de ce gouverneur est une terrible perte pour le Canada, mais Dieu sait bien&#13;
pourquoi il ordonne ce changement. L’important est de se tenir exactement à tout ce qui&#13;
a été réglé et de ne donner sur cela nul sujet de plainte à Mgr de Québec, car je vous dirai&#13;
confidemment [sur] M. le duc de Beauvilliers, qui est que, quoiqu’il soit persuadé que&#13;
M. l’évêque va trop vite et que souvent il n’est pas bien fondé dans ce qu’il prétend,&#13;
néanmoins on est si prévenu en sa faveur à la Cour et si préoccupé de longue main contre&#13;
vous et vos Messieurs que s’il écrivait aux ministres quelque chose de fort, on aurait bien&#13;
de la peine à faire tenir la balance droite ; et c’est pour cette raison que, par le conseil des&#13;
gens sages auxquels ce seigneur s’est confié pour agir avec lui en cette affaire, on a gardé&#13;
un profond silence sur vos contestations à l’égard du ministre, à qui M. le chevalier&#13;
de Callière a observé de n’en rien faire sentir de près ou de loin. Au nom de Dieu,&#13;
Monseigneur, [gardez] la paix dans le clergé, à quelque prix que ce soit. On est déjà si&#13;
dégoûté à la Cour du Canada que, si on savait ce qui s’y passe, on en prendrait peut-être&#13;
occasion de l’abandonner tout à fait. Peu s’en fallut qu’on ne l’ait fait dès cette année. On&#13;
a délibéré si on n’en retirerait point les troupes […] et bien loin de nous envoyer de&#13;
nouveaux secours, on a cru vous faire une grande grâce de vous laisser celui que vous avez.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-A&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15 no 53</text>
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                    <text>Introduction générale à la section DOC. LI-IV de l’ANP1&#13;
Les raisons du Serviteur de Dieu pour intervenir dans les contentieux entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692.&#13;
Les différends nés durant la période du vicariat général de l’abbé de Saint-Vallier et les prêtres du Séminaire&#13;
de Québec au sujet de son administration (1685-1687) avaient occasionné des remontrances en France de la&#13;
part du Serviteur de Dieu, du Séminaire de Paris et d’autres. Mais le tout s’est terminé de façon harmonieuse :&#13;
l’abbé de Saint-Vallier avait promis de tenir compte des suggestions reçues et les prêtres du Séminaire de&#13;
Québec avaient été vivement exhortés par les supérieurs du Séminaire de Paris, avec l’approbation du&#13;
Serviteur de Dieu, à se montrer obéissants et cordiaux envers leur nouvel évêque. Lorsque le Serviteur de&#13;
Dieu revint à Québec, le 3 juin 1688, tout laissait prévoir que la paix serait complète et durable.&#13;
Il n’en fut pas ainsi. La controverse revint très vive et finit par créer une opposition profonde entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire, non seulement sur des questions secondaires ou des sujets imprévus, mais sur&#13;
le modèle même de communauté que le Serviteur de Dieu avait donnée au Séminaire. Après quatre années&#13;
de débats et l’arbitrage de la cour, la position de Mgr de Saint-Vallier triompha.&#13;
Toute cette affaire ne pouvait laisser le Serviteur de Dieu indifférent. Il faut donc en connaître le déroulement&#13;
et déterminer dans quelle mesure et avec quels sentiments le Serviteur de Dieu y prit part, lorsque ce fut le&#13;
cas.&#13;
1° La communauté du Séminaire de Québec&#13;
Commençons par rappeler en quoi consistait la nature de communauté du Séminaire. Dans son mandement&#13;
érigeant le Séminaire de Québec (Doc. XXXI), le Serviteur de Dieu voulut qu’il soit une communauté&#13;
religieuse diocésaine destinée à accueillir non seulement les prêtres chargés de l’éducation des séminaristes,&#13;
mais aussi tous les autres prêtres consacrés au ministère, qui resteraient ensuite unis au Séminaire, tout en&#13;
demeurant dans différents presbytères lorsque nécessaire. Les ecclésiastiques étaient libres d’entrer ou non&#13;
dans la communauté ; et dans les faits, presque tous les prêtres séculiers du Canada, à l’exception de ceux de&#13;
Saint-Sulpice à Montréal, étaient agrégés ou unis au Séminaire des Missions étrangères de Québec. Les&#13;
prêtres affiliés renonçaient à tous leurs biens en faveur du Séminaire et ce dernier s’engageait à les soutenir&#13;
en tout, et pour toute leur vie. Les curés unis versaient une contribution annuelle et, en échange, ils avaient&#13;
l’assurance d’être aidés et soutenus en cas de nécessité, de maladie ou d’invalidité.&#13;
Notons que le fait qu’un prêtre fasse partie de la communauté ne nuisait en rien à l’autorité de l’évêque sur&#13;
ce prêtre, puisque le Séminaire ne pouvait se mêler de l’administration du diocèse. Selon le mandement&#13;
d’érection, lorsqu’il s’agissait de la nomination des prêtres aux différentes charges du ministère, l’évêque&#13;
devait prendre en compte l’opinion du supérieur du Séminaire, mais demeurait libre de procéder pour le&#13;
mieux. (Au sujet de cette question des relations entre le Séminaire et les curés unis à la communauté, voir&#13;
Doc. LI-IV-13).&#13;
Ce système de vie commune était sans doute idéal dans l’esprit du Serviteur de Dieu, puisqu’il apportait de&#13;
grands avantages spirituels et temporels aux prêtres affiliés et facilitait l’obtention de vocations missionnaires&#13;
de la France, puisqu’il assurait l’entretien des missionnaires du Séminaire, même dans la maladie ou la&#13;
retraite (sur l’organisation du Séminaire, sur ses avantages et ses relations avec les curés, voir LI-IV-13 ; LIVI-11 ; La Tour, Mémoires sur M. de Laval, Livre VI).&#13;
Transcription sur la copie collationnée par G.-É. Demers, 1933-1934, publiée dans l’Altera Nova Positio&#13;
de 1956.&#13;
1&#13;
&#13;
�En général, ces avantages étaient reconnus et Mgr de Saint-Vallier lui-même en avait été convaincu, à tel&#13;
point que, à peine arrivé à Québec comme vicaire général en 1685, il s’était uni au Séminaire et avait fait la&#13;
renonciation de ses biens en faveur de la communauté.&#13;
Cependant, malgré ses nombreux avantages, ce système pouvait mener à des controverses, plus ou moins&#13;
justifiées, en certaines circonstances. L’abbé Gosselin écrit à ce propos (Le vénérable François de&#13;
Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, 2e édition, Québec, 1923, p. 176) : « L’état des choses créé&#13;
par Mgr de Laval supposait à la tête du clergé un évêque de sa trempe et de son caractère, jouissant d’un&#13;
ascendant incontestable sur les prêtres de son Séminaire et disposé d’ailleurs à s’entendre toujours&#13;
parfaitement avec eux. » ; mais sous un autre évêque, un qui ne se percevrait pas comme le « père » du&#13;
Séminaire, comme c’était le cas du Serviteur de Dieu, et qui n’aurait pas le même ascendant que son&#13;
prédécesseur sur les membres, les choses pouvaient se dérouler autrement ; et ce fut le cas sous la gouverne&#13;
de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
2° Début des difficultés à l’été et à l’automne 1688&#13;
Mgr de Saint-Vallier débarqua à Québec le 31 juillet 1688. Il se montra d’abord bienveillant envers le&#13;
Séminaire. Il y habita même pendant quelques mois, comme le fit le Serviteur de Dieu. Mais puisque le&#13;
nouvel évêque avait une idée plutôt extrême de son autorité, qu’il croyait sans équivoque et inaliénable, il ne&#13;
tarda pas à percevoir dans le Séminaire un obstacle plus ou moins direct à l’exercice de ses droits épiscopaux&#13;
et il ne laissa passer aucune occasion de faire sentir aux prêtres du Séminaire tout le poids de son autorité.&#13;
Lors de son arrivée, Mgr de Saint-Vallier avait apporté avec lui quelques lettres adressées au Serviteur de&#13;
Dieu et aux prêtres du Séminaire. Comme le souligne le Serviteur de Dieu lui-même (no 1), Mgr de SaintVallier leur remit ces lettres ouvertes et croyait que l’évêque les avait ouvertes lui-même. Cette supposition&#13;
n’était pas sans fondement, puisque Mgr de Saint-Vallier avait pour principe qu’un évêque devait être au&#13;
courant de tout dans son diocèse, y compris les secrets personnels de ses prêtres 2, et qu’il avait ouvert des&#13;
lettres adressées à des membres de son clergé en d’autres occasions (n o 11).&#13;
Peu de temps après, les prêtres apprirent que l’évêque avait l’idée de renvoyer l’abbé des Maizerets, supérieur&#13;
de la communauté du Séminaire de Québec, en France et d’éloigner le Serviteur de Dieu du Séminaire en lui&#13;
proposant de se retirer à l’École des arts et métiers de Saint-Joachim3, à une cinquantaine de kilomètres de&#13;
Québec.&#13;
Tout cela était déjà suffisant pour alarmer les prêtres du Séminaire. La situation parvint à son comble lorsque&#13;
Mgr de Saint-Vallier s’en prit à leur point névralgique, c’est-à-dire lorsque l’on comprit clairement qu’il&#13;
entendait prendre la pleine direction du Séminaire et lui soustraire l’autonomie interne et l’organisation de la&#13;
communauté religieuse dont l’avait doté le Serviteur de Dieu. Il n’y avait aucun doute que M gr de SaintVallier visait ce but : ses diverses actions posées envers le Séminaire durant l’automne 1688 en sont la&#13;
preuve : il refusa de reconnaître l’élection des officiels de la communauté, selon l’arbitrage de 1687, sous&#13;
prétexte qu’il n’y avait pas donné son consentement explicite, puisqu’il n’était que le vicaire général de Mgr&#13;
de Laval lorsqu’il avait approuvé cette élection ; il nia au Séminaire le droit de changer le règlement interne&#13;
À ce sujet, ce que souligne l’abbé de Glandelet dans son mémoire de 1690, conservé aux Archives du&#13;
Séminaire de Québec est intéressant : « C’est une maxime de Monseigneur qu’un ecclésiastique ne doit avoir&#13;
rien de caché pour son évêque et qu’il lui doit ouvrir les plus secrets replis de sa conscience, sans rien réserver&#13;
de ce qu’il fait connaître à son directeur » (no 7)&#13;
3&#13;
En 1975, Peter N. Moogk démontre que ladite École des arts et métiers de la Grande ferme Saint-Joachim&#13;
n’a en fait jamais existé. La Grande ferme fut dotée d’une école élémentaire en 1688 et formait probablement&#13;
des jeunes aux travaux des champs durant l’été, mais on n’y a trouvé aucune trace d’un système de maître à&#13;
apprenti par les artistes, charpentiers, menuisiers, etc. venus de France comme il fut longtemps cru.&#13;
2&#13;
&#13;
�de la maison sans son consentement, droit jusque-là en usage ; il enleva le bénéfice à certains curés unis au&#13;
Séminaire, affirmant que toutes les paroisses créées par son prédécesseur étaient invalides ; il chercha à&#13;
renvoyer du Petit Séminaire quelques élèves maintenus aux frais du Serviteur de Dieu, refusant à ce dernier&#13;
le droit de faire des fondations charitables dans le diocèse sans son consentement explicite ; il voulut désigner&#13;
lui-même les bénéficiaires d’une autre institution du Serviteur de Dieu en faveur du Petit Séminaire, bien que&#13;
ce droit fût strictement réservé au Séminaire selon l’acte de fondation. En ce qui concerne l’administration&#13;
des biens temporels du Séminaire, Mgr de Saint-Vallier soutint qu’ils appartenaient à l’ordinaire et qu’il&#13;
pouvait en disposer selon sa volonté ; et de fait, il demanda un compte-rendu détaillé de l’état financier du&#13;
Séminaire, non seulement pour les biens de la communauté, mais encore pour les biens privés des membres.&#13;
Enfin, il déclara aussi se réserver la distribution des gratifications royales faites annuellement au Séminaire&#13;
(sur ces points, voir nos 2 et 7).&#13;
Une nouvelle difficulté naquit à la même époque au sujet des gratifications royales, qui allait avoir une&#13;
influence décisive sur l’attitude du nouvel évêque envers le Séminaire. Voici comment survint l’affaire. Les&#13;
curés du Canada jouissaient annuellement d’une généreuse pension qui, jusque-là, avait été distribuée par le&#13;
Séminaire selon les besoins de chaque cure. Désormais, M gr de Saint-Vallier se réserva cette distribution et&#13;
sembla procéder d’une manière un peu arbitraire. Les curés s’en plaignirent, mais il n’en tint pas compte. Les&#13;
directeurs du Séminaire, qui étaient directement intéressés par la répartition des gratifications, puisqu’elle&#13;
affectait des curés unis à la communauté, conseillèrent aux curés de provoquer une intervention bienveillante&#13;
du gouverneur (il s’agissait d’une pension royale) pour obtenir une solution pacifique à la question. Cette&#13;
prise de position des directeurs en faveur des curés fournit à l’évêque l’occasion d’accuser le Séminaire d’être&#13;
l’instigateur d’une révolte du clergé contre lui.&#13;
Nous croyons que c’est à ce moment que Mgr de Saint-Vallier prit la résolution de rompre le lien qui unissait&#13;
les curés au Séminaire : en effet, c’est vers la même époque que Mgr de Saint-Vallier quitta le Séminaire, où&#13;
il avait vécu jusque-là, pour s’installer dans une maison privée (le palais épiscopal n’ayant pas encore été&#13;
construit) et qu’il annula l’acte de renonciation à ses biens qu’il avait signé avec tant d’enthousiasme quelques&#13;
années auparavant.&#13;
Les directeurs du Séminaire tentèrent de démontrer à M gr de Saint-Vallier la légitimité de leur décision dans&#13;
cette affaire. Ils protestèrent énergiquement contre les mesures prises par l’évêque, celles-ci étant en&#13;
contradiction plus ou moins directe avec le règlement du Séminaire, qui avait été légitimement approuvé par&#13;
le Serviteur de Dieu en sa qualité d’évêque de Québec.&#13;
3° Compromis suggéré par le gouverneur Denonville et le P. Dablon en novembre 1688&#13;
Au mois de novembre, les relations entre Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire devinrent si tendues que le&#13;
gouverneur Denonville et le P. Dablon, supérieur des jésuites de Québec, qui avaient été mis au courant des&#13;
faits, s’offrirent comme médiateurs pour trouver une solution à l’amiable. Ils provoquèrent une réunion entre&#13;
l’évêque, les directeurs du Séminaire et eux-mêmes, le 12 novembre 16884, chez Mgr de Saint-Vallier. Un&#13;
accord fut stipulé et devait être soumis à l’arbitrage de quelques fiduciaires de Paris choisis de l’évêque ;&#13;
l’avis de ces derniers devait être définitif.&#13;
On envoya donc le texte de cet accord à Paris, avec quelques notes explicatives de l’évêque et du Séminaire.&#13;
Malheureusement, celles de l’évêque ne nous sont pas parvenues. Nous avons cependant un mémoire du&#13;
Séminaire, dans lequel les revendications de l’évêque sont indiquées, en plus des observations du Séminaire.&#13;
Nous croyons donc utile de le reproduire (no 2).&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Glandelet en écrit un rapport, conservé aux Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 30.&#13;
&#13;
�4° Attitude du Serviteur de Dieu en 1688&#13;
Tentons maintenant d’établir quelle fut l’attitude du Serviteur de Dieu face à ces contentieux, de l’arrivée de&#13;
Mgr de Saint-Vallier en juillet à la réunion du 12 novembre 1688 et à l’envoi en France de l’accord.&#13;
Il est difficile de la déterminer exactement, puisque les documents de l’époque nous donnent peu de détails&#13;
sur la question. Nous savons que dans les premiers temps, le Serviteur de Dieu connaissait les affaires du&#13;
Séminaire, car un rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (no 7) nous informe qu’il avait assisté aux&#13;
premières réunions entre les directeurs et Mgr de Saint-Vallier. Ce rapport dit expressément que le Serviteur&#13;
de Dieu eut une attitude calme et respectueuse à l’égard de Mgr de Saint-Vallier dans ces réunions, malgré le&#13;
caractère vif de l’évêque de Québec : « Depuis qu’il [Mgr de Saint-Vallier] est revenu de France, lorsqu’on&#13;
s’est assemblé avec lui, on a eu tout lieu d’en être mécontent, n’ayant vu les affaires se terminer qu’à des&#13;
emportements, des aigreurs et des reproches, où il s’est laissé aller, quoique Mgr l’Ancien et les officiers lui&#13;
parlassent avec beaucoup de respect. ». Par la suite, le Serviteur de Dieu se tint dans l’ombre et s’abstint de&#13;
tout acte que son successeur pouvait interpréter comme une intrusion dans ses affaires. « Pour prévenir toute&#13;
jalousie, dit un rapport de 1696, il se retira à l’écart pour ne se mêler de rien que de mener une vie sainte et&#13;
privée et s’abstint même de se trouver au réfectoire et aux récréations du Séminaire et de faire aucune fonction&#13;
en public. » (LI-VI-11) Le Serviteur de Dieu semble avoir opté pour cette prudente position de retrait et de&#13;
réserve au moment où les différends devinrent les plus aigus et où Mgr de Saint-Vallier fit connaître son projet&#13;
de l’éloigner de Québec. Mgr de Laval, tout en s’occupant de l’administration économique de la communauté&#13;
(no 1), chercha à s’éclipser. On peut toutefois être certain que tout en restant dans l’ombre, il s’intéressât&#13;
prudemment au sort de son cher Séminaire. On peut aussi supposer que, malgré le manque de nouvelles&#13;
directes, il ait prodigué ses conseils aux directeurs dans divers points de la controverse.&#13;
Quels furent les sentiments du Serviteur de Dieu envers Mgr de Saint-Vallier ? Dans une lettre confidentielle&#13;
qu’il écrivit à l’abbé de Brisacier, supérieur du Séminaire des Missions étrangères de Paris (n o 1), quoiqu’il&#13;
ne traitât pas directement des difficultés, il utilisa des expressions et fit des allusions laissant transparaître un&#13;
fond de méfiance envers son successeur. Il n’y a cependant pas de ressentiment personnel. C’est un fait&#13;
d’autant plus éloquent qu’il s’agit d’une lettre, comme nous l’avons dit, confidentielle et très secrète.&#13;
5° Nouvelles difficultés, 1688-1689&#13;
Il faut malheureusement noter que Mgr de Saint-Vallier, en attendant la réponse de Paris au sujet de l’accord,&#13;
continua à agir comme avant, refusant de nouveau aux curés leur rente congrue, imposant au Séminaire de&#13;
nouvelles charges financières et retenant, malgré les protestations orales et écrites des directeurs (10 février&#13;
1689 et 8 avril 16895), la somme de 4 000 livres tournois donnée annuellement par le roi au Séminaire pour&#13;
son maintien et celui des curés de Québec.&#13;
6° Le Règlement6 stipulé par les arbitres, 1689&#13;
Au printemps 1689, la réponse des arbitres de Paris arriva à Québec. Le texte original de ce document ne&#13;
nous est pas parvenu ; nous le connaissons par le rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (n o 7).&#13;
L’accord fut plutôt favorable au Séminaire. Les postulats de l’évêque au sujet de l’administration du&#13;
Séminaire furent déclarés injustifiés sur plusieurs points. Les arbitres établirent que le Séminaire devait&#13;
s’administrer lui-même, soit pour la partie spirituelle, soit pour la partie temporelle, avec la seule obligation&#13;
de fournir annuellement à l’évêque un compte-rendu des états financiers de la communauté. Ils se montrèrent&#13;
Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, nos 27 et 28.&#13;
Afin de distinguer les constitutions ou statuts, les règles de vie et les sentences arbitrages, nous avons&#13;
nommé ces « Règlements » rédigés par Champvallon et La Chaize les « Articles de 1689 » et les « Articles&#13;
de 1692 ».&#13;
5&#13;
6&#13;
&#13;
�aussi favorables à l’affiliation des curés au Séminaire, concédant à ce dernier le droit de s’unir pour les curés&#13;
qui le désireraient et exhortant l’évêque à favoriser une telle union :&#13;
Il est du bien temporel et spirituel des curés, dit le Règlement, qu’ils demeurent autant unis au Séminaire&#13;
qu’ils l’ont jamais été. Ainsi, quoique Mgr l’évêque ne doive pas les y contraindre, il doit les y exhorter autant&#13;
qu’il pourra et laisser le Séminaire chargé du soin de leur distribuer leurs pensions et de leur fournir leurs&#13;
besoins. (no 7)&#13;
Les projets de Mgr de Saint-Vallier d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec et de rappeler en France l’abbé&#13;
des Maizerets furent aussi considérés comme injustifiés et inopportuns par les arbitres.&#13;
Le Séminaire fut particulièrement satisfait de cette réponse et le Serviteur de Dieu s’en fit le porte-parole&#13;
pour remercier un des arbitres, le duc de Beauvilliers, à qui il écrivit personnellement une lettre à&#13;
l’automne 1689 (no 3). Dans cette lettre, il fit allusion à de nouvelles difficultés entre le Séminaire et l’évêque.&#13;
En effet, Mgr de Saint-Vallier avait reçu les décisions des arbitres avec un enthousiasme mitigé. Bien qu’il&#13;
n’osât pas les refuser, il chercha à en diminuer l’importance en soulevant les limites juridiques de l’accord.&#13;
Il dit « que c’était jusqu’à nouvelles lumières, qu’après tout ce n’était que par condescendance et non sur le&#13;
droit que ces décisions avaient été faites » (no 7).&#13;
7° Autres difficultés, 1689-1690&#13;
Une telle prise de position par Mgr de Saint-Vallier devait inévitablement occasionner de nouvelles difficultés&#13;
et prises de bec entre le Séminaire et lui ; et il y en eu, comme le mentionne le Serviteur de Dieu dans sa lettre&#13;
au duc de Beauvilliers.&#13;
Ces nouveaux contentieux étaient dus au fait que Mgr de Saint-Vallier, malgré les Articles de 1689 des arbitres&#13;
sur ses relations avec le Séminaire, qui devait être définitif, ne voulut rien céder : il revint sur la question du&#13;
retour en France de l’abbé des Maizerets et pensa même le destituer et nommer lui-même un autre supérieur,&#13;
sans entente avec le Séminaire des Missions étrangères de Paris, comme le voulait l’accord ; il revint aussi à&#13;
la charge sur l’idée d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec ; et à l’automne 1689, malgré les protestations&#13;
des directeurs et la délicate intervention du gouverneur de Denonville et du P. Dablon, supérieur des Jésuites&#13;
de Québec, il refusa de remettre au Séminaire la gratification annuelle de 4 000 livres tournois en son entier.&#13;
Il semble qu’il justifiât cette dernière mesure en mettant en doute le droit du Séminaire à recevoir&#13;
intégralement cette somme, puisqu’il devait, selon lui, appliquer une partie de celle-ci à la construction des&#13;
églises.&#13;
À la demande des directeurs du Séminaire, Mgr de Laval rédigea une déclaration juridique pour décrire&#13;
l’origine de cette gratification royale et pour expliquer ses raisons, à titre d’évêque de Québec, de l’avoir&#13;
toujours attribuée intégralement au maintien du Séminaire et du curé de Québec (n o 4).&#13;
Vers la même époque, quelques incidents contribuèrent à empirer la situation entre M gr de Saint-Vallier et&#13;
certains prêtres du Séminaire, qui allèrent chercher protection chez leurs supérieurs ; ceci fournit l’occasion&#13;
à Mgr de Saint-Vallier de considérer le Séminaire comme un milieu réfractaire à sa complète autorité (n o 7).&#13;
8° Décision de Mgr de Saint-Vallier de se rendre en France, 1690-1691&#13;
Les relations entre l’évêque et le Séminaire devinrent si tendues qu’à l’automne 1690, Mgr de Saint-Vallier&#13;
décida de se rendre à Paris pour informer la Cour de la situation et demander une solution juridique définitive&#13;
aux querelles. Son but principal, selon sa propre admission, était d’obtenir du roi la suppression complète de&#13;
l’union des curés et de la communauté du Séminaire, comme le souligne un mémoire des directeurs du&#13;
Séminaire de 1691 (no 12) : « Aussi a-t-il déclaré qu’il voulait absolument faire rompre cette union et que&#13;
c’était une des plus fortes raisons qui le faisaient passer en France. » (Sur les prétextes et les raisons qui,&#13;
selon des prêtres du Séminaire de Québec, poussèrent M gr de Saint-Vallier à chercher l’abolition de l’union&#13;
des curés et du Séminaire de Québec, voir LI-VI-11.)&#13;
&#13;
�Son départ pour Paris, prévu pour l’automne 1690, fut repoussé au printemps suivant à cause de&#13;
l’extraordinaire rigueur de l’hiver. En mars 1691, M gr de Saint-Vallier envoya au Séminaire une lettre à&#13;
caractère juridique (no 8), dans laquelle les directeurs du Séminaire étaient officiellement avisés de son départ&#13;
et étaient priés d’envoyer à Paris un délégué pour les représenter auprès de la Cour.&#13;
Avant de répondre à une si grave semonce, l’abbé des Maizerets, au nom des directeurs du Séminaire, crut&#13;
nécessaire d’écrire au Serviteur de Dieu, qui se trouvait alors depuis un mois à Saint-Joachim, à l’École des&#13;
arts et métiers qu’il avait fondée, pour le mettre au courant de l’affaire et demander son avis (n o 9). Nous&#13;
n’avons pas retrouvé la lettre du Serviteur de Dieu, mais on peut être sûr qu’elle exerça une influence décisive&#13;
sur la réponse très prudente qu’envoya le Séminaire à Mgr de Saint-Vallier. Ce document est aussi manquant,&#13;
mais nous en connaissons le contenu par un mémoire de l’époque (n o 12) :&#13;
Le Séminaire de Québec a cru devoir se contenter de répondre à l’acte de M gr de Québec par un écrit sous&#13;
seing privé pour éviter tout ce qui peut avoir l’air d’un procès en forme et le scandale qui en arriverait, qui&#13;
n’est déjà que trop grand par la connaissance que mondit seigneur a donnée au public de la division qu’il&#13;
prétend être entre lui et le Séminaire. C’est pour ces mêmes raisons que, suivant l’avis reçu par les lettres de&#13;
France l’année passée, le Séminaire n’a pas jugé devoir députer aucun sujet de son corps pour faire le voyage&#13;
de France avec Mgr de Québec.&#13;
Le Séminaire n’estima donc pas opportun d’envoyer un représentant en France. Il confia toutefois la charge&#13;
de l’affaire en France à l’abbé de Brisacier et lui envoya quelques rapports comme compléments aux&#13;
informations contenues dans celui envoyé l’année précédente par l’abbé de Glandelet (no 7).&#13;
Nous conservons nombre de ces rapports du Séminaire, mais la documentation correspondante par M gr de&#13;
Saint-Vallier nous manque. Nous reproduisons donc plusieurs extraits des documents susmentionnés et y&#13;
ajouterons des notes au sujet des points forts de la controverse, surtout lorsqu’il est fait allusion à l’attitude&#13;
du Serviteur de Dieu (nos 12 et 13).&#13;
9° Point de vue et attitude du Serviteur de Dieu entre 1688 et 1691&#13;
Nous avons révélé, au point 4, la réserve du Serviteur de Dieu au début de la controverse en 1688. Voyons&#13;
maintenant quelle fut son attitude pendant la seconde phase, durant laquelle le contentieux fut bien plus aigu.&#13;
Notons d’abord que, une fois de plus, Mgr de Laval ne prit aucune part directe ou officielle dans le différend.&#13;
Au contraire, il chercha à demeurer dans l’ombre et, à cette fin, il se retira de Québec et se rendit de sa propre&#13;
initiative à l’École des arts et métiers :&#13;
Je vous écris celle-ci, écrivait le Serviteur de Dieu de Saint-Joachim à l’abbé de Brisacier, le 17 avril 1691,&#13;
de ce lieu où je me suis retiré pour avoir un peu de solitude et pour me consoler avec Notre-Seigneur de l’état&#13;
où je vois cette pauvre Église, qui est affligeant […] Quoique je fasse tout mon possible, me retirant de temps&#13;
en temps pour diminuer l’ombrage et la peine que je fais à N.*, je ne puis guérir son mal […]. (n os 10 et 11)&#13;
À la lecture de ces mots, on ressent la grande peine du Serviteur de Dieu. Quels furent son opinion de la&#13;
situation et ses sentiments personnels envers Mgr de Saint-Vallier ? On peut le déterminer à travers trois lettres&#13;
confidentielles qu’il écrivit entre 1690 et 1691.&#13;
La 1re lettre (no 6) fut écrite de Québec à l’ancien gouverneur de Denonville le 20 novembre 1690, alors Mgr&#13;
de Saint-Vallier se préparait à partir pour la France. M. de Denonville avait toujours manifesté un grand&#13;
attachement envers le Séminaire de Québec et une fois retourné en France, il tenta, autant qu’il le put, d’en&#13;
démontrer l’importance pour le Canada et d’en soutenir les droits à la Cour. Mgr de Laval, dans cette lettre&#13;
écrite en toute simplicité, confia à son vieil ami sa profonde douleur de voir la destruction progressive de son&#13;
œuvre, mais il écrivit tout aussi clairement que les prêtres du Séminaire et lui-même acceptaient la décision&#13;
du roi avec une parfaite résignation, patience et confiance en la divine Providence. Le Serviteur de Dieu nota&#13;
ensuite, peut-être à titre de consolation, que malgré l’opposition de M gr de Saint-Vallier à l’affiliation des&#13;
curés au Séminaire, cet esprit d’union, plutôt que de diminuer, se faisait encore plus fort :&#13;
&#13;
�Plus il semble, écrit-il, que l’on apporte d’opposition à l’union que vous connaissez être si utile et si&#13;
absolument nécessaire pour le bien de cette Église et du salut des âmes, plus il paraît que la grâce de cette&#13;
union prend un nouvel accroissement et se fortifie de plus en plus dans le cœur de tous les ecclésiastiques,&#13;
qui en reconnaissent les avantages et la nécessité.&#13;
Le Serviteur de Dieu souligna, dans la même lettre, les efforts constants de Mgr de Saint-Vallier pour diminuer&#13;
l’influence du Séminaire et que l’évêque partait sous peu pour la France. Il laissa aussi entrevoir le projet,&#13;
nourri par quelques amis de Mgr de Saint-Vallier, de l’inciter à donner sa démission. Tout est dit&#13;
laconiquement, presque à titre de chronique, le tout sans rancœur, même dans les passages où un peu&#13;
d’amertume aurait été tout à fait compréhensible, comme lorsqu’il affirme que M gr de Saint-Vallier avait dit&#13;
vouloir réduire le Séminaire à la famine.&#13;
Les 2e et 3e lettres (nos 10 et 11), écrites les 16 et 17 avril 1691 à l’ancien gouverneur de Denonville et à&#13;
l’abbé de Brisacier, ont un ton plus vif que la première. Le Serviteur de Dieu manifesta alors ouvertement sa&#13;
désapprobation par rapport à l’attitude de M gr de Saint-Vallier envers le Séminaire et ne cacha pas sa grande&#13;
préoccupation pour l’Église de Québec si cet évêque en demeurait responsable. Ce changement se justifie&#13;
facilement.&#13;
Durant l’hiver 1691, Mgr de Laval fut si peiné de voir la situation créée pour le Séminaire par son successeur&#13;
et d’apprendre que ce dernier nourrissait des soupçons envers lui qu’il décida de lui-même de s’éloigner de&#13;
Québec et de se retirer à Saint-Joachim. En effet, il n’eut plus d’illusion quant aux intentions de Mgr de SaintVallier envers le Séminaire lorsque ce dernier déclara ouvertement son désir d’obtenir de la Cour royale la&#13;
suppression de l’union des curés à la communauté du Séminaire, et qu’il entendait même abolir la&#13;
communauté de prêtres. De plus, devant quelques faits, Mgr de Saint-Vallier manifeste son opposition contre&#13;
son prédécesseur. Citons un premier exemple, lorsqu’un jeune prêtre du Séminaire, M. Francheville, se&#13;
plaignit de son évêque dans une lettre qu’il avait d’abord envoyée au Serviteur de Dieu, afin que ce dernier&#13;
juge s’il était opportun ou non de l’expédier. Le Serviteur de Dieu retint la lettre, lui répondant qu’il ne devait&#13;
pas écrire à son évêque sur un ton si irrité. Quiconque en cette circonstance aurait loué la prudence de Mgr de&#13;
Laval, mais lorsque l’affaire parvint aux oreilles de M gr de Saint-Vallier, il n’eut aucune parole de louange ;&#13;
au contraire, il souligna le grave manquement du Serviteur de Dieu à lui remettre cette lettre (n o 11). Dans&#13;
une autre occasion, Mgr de Saint-Vallier ouvrit une lettre qu’il trouva peu agréable et en déduit&#13;
immédiatement que le Serviteur de Dieu devait avoir soit influencé, soit écrit la lettre (ce qui ne fut pas le&#13;
cas), et ce, simplement parce que celle-ci fut rédigée par un curé uni au Séminaire à un autre prêtre du&#13;
Séminaire, alors que ce curé se trouvait à Saint-Joachim, où était Mgr de Laval (no 11). Mais ce qui a dû&#13;
affliger le plus le Serviteur de Dieu, c’est que cette controverse, qui fut d’abord plutôt secrète, devint une&#13;
affaire publique lorsque Mgr de Saint-Vallier l’amena à la Cour de France (no 12).&#13;
En tenant compte de la situation qui se détériorait, nous croyons que le ton plus vif du Serviteur de Dieu et&#13;
ses expressions un peu fortes à l’égard de Mgr de Saint-Vallier sont justifiés.&#13;
Nous pouvons nous demander s’il était prudent pour le Serviteur de Dieu de manifester si ouvertement son&#13;
point de vue sur le contentieux et sur son successeur à des personnes éloignées de Québec. Rappelons d’abord&#13;
que M. de Denonville et l’abbé de Brisacier étaient des personnes prudentes et très proches du Serviteur de&#13;
Dieu, avec lesquels tout se passait dans la plus stricte discrétion. Notons ensuite que les deux avaient déjà été&#13;
informés de la situation et qu’ils s’étaient occupés des affaires du Séminaire, pour M. de Denonville par&#13;
intérêt bienveillant, et pour l’abbé de Brisacier, par devoir d’office à titre de supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Ce dernier avait d’ailleurs été chargé de représenter le Séminaire de Québec auprès de&#13;
la Cour, alors que Mgr de Saint-Vallier allait en traiter personnellement. On comprend donc pourquoi ces&#13;
deux personnes devaient être informées avec précision de toute l’affaire. Indiquons enfin que, dans la lettre&#13;
adressée seulement à M. de Denonville, le ton est plus réservé, justement parce qu’il s’agit d’un laïc, tandis&#13;
qu’avec l’abbé de Brisacier, la phrase est plus ouverte et plus libre, puisqu’il s’agit d’un membre de la même&#13;
affiliation et du supérieur du Séminaire de Québec, puisque celui de Québec était lié et dépendant de celui&#13;
de Paris. Le Serviteur de Dieu pouvait donc lui parler en toute franchise et en toute confiance.&#13;
&#13;
�10° Voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, 1691-1692&#13;
Mgr de Saint-Vallier partit de Québec le 13 mai 1691. À peine arrivé à Paris, il présenta ses plaintes contre le&#13;
Séminaire à la Cour. Le P. de La Chaize, confesseur du roi, et l’archevêque de Paris, M gr François III&#13;
de Harlay de Champvallon (l’ancien archevêque de Rouen, avec qui le Serviteur de Dieu, au début de son&#13;
gouvernement, avait eu tant de difficultés au sujet de la juridiction épiscopale en Nouvelle-France), furent&#13;
chargés par le souverain d’étudier la question. Le 11 janvier 1692, après plusieurs réunions avec Mgr de SaintVallier et les directeurs du Séminaire de Paris, ils présentèrent au roi leur avis sous forme des Articles de&#13;
1692, qui devait être la norme définitive pour les relations entre l’évêque et le Séminaire. Cette convention&#13;
reçut immédiatement l’approbation du roi et fut signée par les deux parties, à savoir par M gr de Saint-Vallier&#13;
et par l’abbé de Brisacier, au nom du Séminaire de Québec. (Sur ce voyage de M gr de Saint-Vallier en France,&#13;
voir Doc. LI-VI-11.)&#13;
11° Articles définitifs de 1692&#13;
Par ces Articles7, l’organisation du Séminaire de Québec telle que l’avait conçue et réalisée le Serviteur de&#13;
Dieu, à savoir celle d’une communauté diocésaine à laquelle pouvaient appartenir tous les prêtres séculiers&#13;
du diocèse, fut substantiellement changée. La communauté elle-même, à laquelle les prêtres pouvaient encore&#13;
s’agréger, n’était pas supprimée ; toutefois, l’union au Séminaire fut abolie pour les curés et les prêtres&#13;
agrégés à la communauté ne purent plus, sauf exception, exercer le ministère paroissial. Cette grande famille&#13;
diocésaine de prêtres aux liens semblables à ceux d’une corporation régulière, à laquelle tenait tant le&#13;
Serviteur de Dieu, fut de fait supprimée. Le travail principal du Séminaire devait désormais se réduire à&#13;
l’éducation de la jeunesse, tout en conservant, à titre de Séminaire des Missions étrangères, le droit d’envoyer&#13;
des missionnaires dans les missions éloignées du Canada, sous la direction de l’évêque.&#13;
12° L’acceptation du Serviteur de Dieu des Articles de 1692&#13;
Nous ne désirons pas ici entrer dans la question à savoir si les changements désirés par M gr de Saint-Vallier&#13;
étaient véritablement opportuns ou nécessaires. Nous dirons simplement que les Articles, obtenus après tant&#13;
de controverse, marquaient un triomphe pour l’évêque8 et on ne peut le nier, un échec pour le Serviteur de&#13;
Dieu. Connaissant le tempérament de Mgr de Laval et sachant tout ce qu’il avait fait pour le Séminaire, nous&#13;
sommes certains que cette solution a dû le blesser profondément. C’est pourquoi il est très intéressant, pour&#13;
l’étude de ses vertus, de découvrir avec quelle attitude il l’a reçue.&#13;
Les documents à ce sujet ne sont pas nombreux ; heureusement, nous en avons suffisamment pour pouvoir&#13;
affirmer que le Serviteur de Dieu reçut cette blessure avec une pleine soumission et résignation. Sa lettre à&#13;
son ami Boudon en 1690 (Doc. XXXVII-5) en fait foi. Cette attitude est aussi confirmée dans la lettre de&#13;
l’abbé de Brisacier au Serviteur de Dieu (n o 14) : conscient de la vertu de Mgr de Laval et de son ascendant&#13;
sur les prêtres du Séminaire, il le pria de préparer les prêtres à accepter les nouvelles dispositions avec pleine&#13;
confiance en la Providence. Mgr l’Ancien ne déçût pas son vieil ami : les prêtres se soumirent pleinement. Le&#13;
Serviteur de Dieu répondit à l’abbé de Brisacier à l’automne suivant, alors que M gr de Saint-Vallier était de&#13;
retour à Québec depuis quelques mois :&#13;
&#13;
Une copie de la main du Serviteur de Dieu se trouve au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives&#13;
du Séminaire de Québec, Chapitre, no 1a.&#13;
8&#13;
Il semble que Mgr de Saint-Vallier ait eu des regrets à la suite de ses disputes avec le Séminaire et que, peu&#13;
à peu, ses préventions contre la fameuse union des curés avec le Séminaire se soient estompées. Il l’affirmait&#13;
lui-même en 1703 à l’abbé Tremblay, procureur à Paris du Séminaire de Québec. Il manifesta même à l’abbé&#13;
Tremblay son désir que le Séminaire accepte la direction de certaines paroisses et que tous les prêtres du&#13;
diocèse s’agrègent à la communauté. Il ajouta qu’il voulait lui-même s’unir de nouveau au Séminaire et y&#13;
prendre le poste du Serviteur de Dieu lorsque celui-ci serait décédé. (Cf. Gosselin, Vie de Mgr de Laval,&#13;
premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 511-512.)&#13;
7&#13;
&#13;
�Je puis vous assurer que de ma part et de celle du Séminaire, l’on a ponctuellement observé tous les bons et&#13;
sages conseils que vous nous avez donnés. Aussi ne paraît-il pas que N. s’en plaint. Il dit au contraire&#13;
beaucoup de bien du Séminaire et en témoigne à tous ceux qu’il croit qu’ils nous le rapporteront. (Doc. LIV-1)&#13;
/Traduction du texte de présentation et des annotations italiennes par le Séminaire de Québec-rl-mdv-2018&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Introduction en français moderne aux Docs. 51-4 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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          <name>Index nominum</name>
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              <text>Le Valois, Louis, 1639-1700</text>
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              <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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              <text>Denonville, Jacques René de Brisay de, 1642-1710</text>
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              <text>Saint-Aignan, Paul-Hippolyte de Beauvilliers, 1684-1776</text>
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              <text>Harlay de Champvallon, François III de, 1625-1695</text>
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                <text>Brisacier, Jacques-Charles de, 1642-1736</text>
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                <text>Lettre de Brisacier à Laval (Paris, 19 juin 1691)</text>
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                <text>Le supérieur du Séminaire de Paris informe Laval, ancien évêque de Québec, des plaintes à la Cour que compte présenter Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, contre le Séminaire de Québec. Il lui fait rapport sur le neveu de Laval, sur les dépenses du Séminaire et sur le départ de Denonville, vice-précepteur des enfants de Louis XIV.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original introuvable&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7260" class="show"&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10494" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14122" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-4 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10496" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-A&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7261" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15 no 53&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires civiles (1685-1695)</name>
      </tag>
      <tag tagId="955">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du chapitre de Québec (1685-1695)</name>
      </tag>
      <tag tagId="954">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="948">
        <name>Arbitrages</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="912">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="904">
        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
      </tag>
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                    <text>Procuration du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris&#13;
pour accepter toute donation (Paris, 28 septembre 1679)&#13;
&#13;
Par devant Romain Becquet, notaire royal en la Nouvelle-France, résidant en la&#13;
ville de Québec, et témoins soussignés, furent présents [en leur] vénérables et&#13;
discrètes personnes Messes Henri de Bernières, grand-vicaire de Mgr l’évêque de&#13;
Québec, supérieur du Séminaire des Missions étrangères établi en cette ville de&#13;
Québec, Louis Ango des Maizerets, assistant, et Louis-Pierre Thury, procureur,&#13;
tous prêtres dudit Séminaire, lesquels, tant pour eux que pour les autres prêtres et&#13;
ecclésiastiques dudit Séminaire, ont fait et constitué leurs procureurs généraux et&#13;
spéciaux M. Bésard, supérieur, et MM. les directeurs du Séminaire des Missions&#13;
étrangères établi à Paris, auquel ils ont donné et donnent pouvoir, puissance et&#13;
autorité, de, pour et au nom dudit Séminaire, accepter toutes donations de quelque&#13;
nature et condition qu’elles pourraient être faites au profit et avantage dudit&#13;
Séminaire et spécialement celles que pourrait ou voudrait faire l’illustrissime et&#13;
révérendissime père en Dieu, Messe François de Laval, conseiller du roi en ses&#13;
Conseils, premier évêque de Québec, de tous ses biens, meubles et immeubles, ou&#13;
partie d’iceux, situés soit en ce pays de Canada ou en l’ancienne France, seront aux&#13;
charges, clauses et conditions que ledit sieur procureur jugera raisonnables, les&#13;
faire insinuer si besoin est, partout où il appartiendra, comme aussi d’accepter et&#13;
recevoir toutes et telles gratifications et bienfaits qu’il plaira à Sa Majesté et autres&#13;
personnes de faire audit Séminaire prendre possession du tout, en la manière&#13;
accoutumée, élire domicile, etc., substituer et généralement, etc., promettant et&#13;
obligeant, etc.&#13;
Fait et passé à Québec audit Séminaire, l’an 1679 après-midi, le 28e jour de&#13;
septembre, en les présences de M. Guillaume Roger, premier huissier du Conseil&#13;
et Cour souveraine de ce pays, et du sieur Alexandre, marchand demeurant en&#13;
cette ville de Québec, appelés pour témoins, qui ont signé avec lesdits sieurs&#13;
constituants et notaire, suivant l’ordonnance,&#13;
H. de Bernières, Louis Ango, Thury, Roger, Alexandre Petit&#13;
Becquet, notaire.&#13;
&#13;
�Paraphé au désir du dépôt fait par ledit sieur Bésard en les mains de Carnot, l’un&#13;
des conseillers du roi, notaire au Châtelet de Paris, soussigné, de la procuration cidessus par eux passée devant lesdits notaires, soussignés, ce jour d’hui 6e avril&#13;
1680,&#13;
Bésard&#13;
De Troyes, Carnot, notaires.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>1679, 28 septembre – Procuration du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris pour accepter toute&#13;
donation (Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Seigneuries 1, no 18a)&#13;
1 Pardevant Romain Becquet Notaire&#13;
2 Royal en la nouvelle france resident en la ville&#13;
3 dequebek et Tesmoins sous sinez furent presens&#13;
4 venerables et discretes personnes Messires henry&#13;
5 de Bernieres Grand vicaire de Mon seigneur&#13;
6 Levesque de Quebek, Superieur du seminaire des&#13;
7 missions estrangeres estably en cette ville de&#13;
8 Quebek, Louis Ango des mezerets aSSiStant&#13;
9 et Pierre Thury procureur Tous prestres dud&#13;
10 Seminaire, Les quels Tant pour eux que pour&#13;
11 Les autres prestres et Ecclesiastiques dud. Seminaire&#13;
12 ont fait et constitué Leurs procureurs Generaux et Speciaux&#13;
13 Mon sieur Bezard superieur et Messieurs Les directeurs&#13;
14 du Seminaire des missions estrangeres estably&#13;
15 A Paris, Au quel Jl ont donné &amp; donnent pouvoir&#13;
16 puissance &amp; autorité de pour et au nom dud Sem.re&#13;
17 accepter Toutes donnations de quelque nature et&#13;
18 Condition qu’elles pouroient estre faites au proffit&#13;
19 &amp; avantage dud Seminaire et specialement Celles que&#13;
20 pouroit ou voudroit faire Jllustrissime &amp; Revendissime&#13;
21 Pere en dieu Messire francois De Laval&#13;
22 Conseiller du Roy en ses Conseils premier Evesque&#13;
23 de Quebek de Tous Ses biens meubles &amp; jmmeub.’&#13;
24 ou partie d’Jceux scituez soit en ce pays de Canada&#13;
25 ou en l’ancienne france, Seront aux charges clauses&#13;
26 et conditions que Led sieur procureur Jugera&#13;
27 raisonnables, Les faire Jnsinuer Sy besoin est&#13;
28 partout ou jl apartiendra, Comme aussy d’accepter&#13;
29 et recevoir Touttes et Telles Gratiffications et bien faicts&#13;
30 qujl plaira a sa Majesté et autres personnes de&#13;
31 faire aud Seminaire prendre pocession du Tous en&#13;
32 la maniere acoutumée ESlire domicille &amp;c&#13;
33 Substituer &amp; Et Generallement &amp;c Promettans &amp;&#13;
34 Obligeans &amp; fait &amp; paSSe a Quebek aud&#13;
35 Seminaire Lan mil six cent Soixante dix neuf apres midy&#13;
36 Le vingt huitiesme Jour de septembre es presences&#13;
37 de Mr Guillaume Roger premier huissier du con.el&#13;
38 &amp; cour souveraine de ce pays et dusieur alexandre&#13;
39 Petit marchand demeurant en cette ville de Quebek&#13;
&#13;
�40 appeleez pour tesmoins qui ont Signé avec Lesd&#13;
41 Sieurs Constituans et notaire Suivant Lordonnance&#13;
42 ainsy Signé h deBernieres, Louis ango, Thury,&#13;
43 Roger, alex.re petit et Bequet no.re et audessous esteScrit&#13;
44 Paraphé au desir du depost fait par led s.r Bezard&#13;
45 es mains deCarnot lun des conseillers du Roy&#13;
46 Notaires au chlet de paris Sous.es dela procuration&#13;
47 cy dessus par eux paSSé devant les d no.re Souses&#13;
48 Ce jourdhuy Sixe avril mil six cent quatre Vingt,&#13;
49 ainSy signe BeSard, de troyes et Carnot no.re /&#13;
50 DeTroyez&#13;
Carnot&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-hd-lsh-2019&#13;
&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369503"&gt;Copie ancienne en français classique&lt;/a&gt; faite &lt;span&gt;par Romain Becquet et insinué par Gilles Rageot et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 17a &lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7336" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7338" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. LI-III&#13;
Le désir du Serviteur de Dieu de retourner à Québec après sa démission et les&#13;
difficultés à l’obtenir, 1686-1688&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France, afin de présenter sa démission pour&#13;
raison de santé. Il désirait toutefois retourner à Québec pour terminer ses jours en paix dans&#13;
l’Église qu’il avait servie pendant ses 28 années d’épiscopat.&#13;
Le retour du Serviteur de Dieu était aussi désiré par le clergé et la population canadienne&#13;
en général, qui le tenait en grande estime et affection. Plusieurs documents, dont une lettre&#13;
du gouverneur de Denonville du 11 novembre 1686 (no 1), dans laquelle il fait allusion à&#13;
ce rapatriement de l’ancien évêque, en font foi. Ce gouverneur espérait que la présence au&#13;
Canada du Serviteur de Dieu, qui y bénéficiait d’un grand prestige grâce à ses œuvres,&#13;
provoquerait un retour au calme et à la paix parmi la population dans une époque qui&#13;
menaçait la guerre contre les Britanniques et les Iroquois ; toutefois, il savait aussi que la&#13;
cohabitation de l’ancien et du nouvel évêque était susceptible de créer une situation délicate&#13;
pour ce dernier. Ainsi, le retour au Canada du Serviteur de Dieu fut retardé par plusieurs&#13;
facteurs.&#13;
Dans un premier temps, tout se déroula aisément. Au printemps 1685, le Serviteur de Dieu&#13;
envoya l’abbé de Saint-Vallier au Canada à titre de vicaire général, avec la ferme intention&#13;
de retourner à Québec une fois qu’il aurait terminé ses affaires en France. Il voulut partir&#13;
l’année suivante, en 1686, mais l’abbé de Saint-Vallier le retint à Paris, lui écrivant que sa&#13;
présence y était encore nécessaire pour d’autres intérêts de la mission. Était-ce là son&#13;
unique motif pour suggérer le report du retour de Mgr de Laval ou d’autres considérations&#13;
entraient-elles en jeu ? Impossible de le savoir.&#13;
À la fin de l’année 1686, l’abbé de Saint-Vallier se mit en route pour la France et le&#13;
1er janvier 1687, il arriva à Paris. Mgr de Laval crut alors que la fin de son exil devait&#13;
désormais être proche et qu’il pourrait enfin revoir sa chère mission. Ce ne fut pas le cas.&#13;
La Cour royale se montra nettement opposée au projet du retour du Serviteur de Dieu&#13;
(no 2) ; ce dernier ne l’ignorait pas ; si bien qu’en mai, lorsqu’il voulut demander son congé&#13;
au roi, une lettre du P. de La Chaize, confesseur de Louis XIV, l’attendait, lui faisait savoir&#13;
qu’on n’approuvait pas tout à fait sa décision à la Cour (no 3). La nouvelle fut douloureuse&#13;
pour le Serviteur de Dieu, qui entama une correspondance assidue avec le P. de La Chaize&#13;
et le secrétaire d’État de la Marine, M. de Seignelay (nos 4, 5 et 6), qui se conclut en juin&#13;
avec l’ordre du roi de ne pas retourner au Canada (no 8).&#13;
Une fois de plus, on peut se demander quelles étaient les considérations derrière cet ordre.&#13;
Il est difficile de déterminer le rôle qu’a pu y jouer l’abbé de Saint-Vallier, mais tout porte&#13;
à croire qu’il n’y fut pas étranger. Le Serviteur de Dieu lui-même crut qu’il était à l’origine&#13;
de la décision royale (no 7), puisqu’il avait des motifs pour en faire la requête.&#13;
Ce qui nous importe dans cette section est l’attitude et la conduite du Serviteur de Dieu&#13;
dans toute cette période d’exil, certainement bien pénible pour lui. En tenant compte de&#13;
tous les documents que nous avons et en relisant avec attention la lettre confidentielle que&#13;
le Serviteur de Dieu écrivit aux directeurs du Séminaire de Québec au lendemain de l’ordre&#13;
du roi (no 7), nous pouvons affirmer que le Serviteur de Dieu, tout en se permettant de faire&#13;
quelques remarques objectives, se montra calme, serein, abandonné à la volonté divine et&#13;
prêt à souffrir en esprit d’abandon à la Providence. Seule une âme d’une grande spiritualité&#13;
aurait pu montrer une telle attitude dans un cas semblable. La recommandation qu’il fait&#13;
aux directeurs du Séminaire de Québec au sujet de l’abbé de Saint-Vallier est&#13;
particulièrement remarquable : ne laisser entendre à personne que l’abbé aurait eu une part&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�dans le refus de son retour, afin que l’autorité de son successeur reste intacte auprès de&#13;
ceux en faveur du retour du Serviteur de Dieu.&#13;
Cet état de choses demeura jusqu’en juin 1687. Le Serviteur de Dieu conserva au fond de&#13;
l’âme l’espoir de retourner mourir au Canada, sans en voir l’issue. Celle-ci se présenta de&#13;
façon inespérée, tel un cadeau de la Providence : l’abbé de Saint-Vallier, alors à Paris, reçut&#13;
un avis du gouverneur de Denonville que son retour, sans celui du Serviteur de Dieu,&#13;
créerait une bien mauvaise impression sur le clergé et sur la population canadienne. L’abbé&#13;
se résolut donc à l’accepter et le suggéra à la Cour. D’autres demandes pressèrent aussi&#13;
l’affaire (no 9) et Louis XIV finit par donner son consentement au retour tant discuté. Au&#13;
début de 1688, Mgr de Laval quitta Paris et se rendit à La Rochelle pour s’embarquer pour&#13;
le Canada. Plusieurs lettres de Mgr de Saint-Vallier le rejoignirent en chemin, dont une se&#13;
voulut très cordiale (no 10). Ainsi, les diverses difficultés vécues en France entre le&#13;
Serviteur de Dieu et l’abbé de Saint-Vallier se terminèrent dans l’harmonie, comme le&#13;
révèle une lettre de l’abbé de Brisacier, supérieur du Séminaire des Missions étrangères de&#13;
Paris, à l’abbé de Glandelet, du Séminaire de Québec (no 11) et une autre de l’abbé&#13;
Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice de Paris, au gouverneur de Denonville&#13;
(no 12).&#13;
Mgr de Laval quitta la France en avril 1688 et arriva à Québec le 3 juin, accueilli avec grand&#13;
enthousiasme par le clergé et par le peuple. L’historien Ferland, en parlant de ce retour,&#13;
écrivit :&#13;
[…] la population entière fut encouragée et réjouie par le retour de Mgr de Laval,&#13;
qui revenait au Canada pour terminer sa vie parmi ses anciens diocésains. Ses&#13;
vertus, ses longs et pénibles travaux en Nouvelle-France, son amour sincère pour&#13;
les enfants du pays l’avaient rendu cher aux Canadiens ; ils sentaient se renouveler&#13;
la confiance dans la Providence en revoyant celui qui, avec eux et à leur tête, avait&#13;
traversé bien des années d’épreuves et de misère. (Cours d’histoire du Canada,&#13;
Québec, 1865, vol. 2, p. 180)&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 51-3 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI-III-7&#13;
Lettre du Serviteur de Dieu aux directeurs du Séminaire de Québec, 9 juin 1687,&#13;
d’après l’original signé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du&#13;
Séminaire de Québec, Lettres N, no 87&#13;
La question du retour du Serviteur de Dieu au Canada, après de longues hésitations, se&#13;
termina par le refus du roi. Ce refus fut officiellement signifié à Mgr de Laval par&#13;
M. de Seignelay, secrétaire d’État de la Marine de France, dans une lettre du 17 juin (n° 8),&#13;
mais Mgr de Laval avait déjà appris la résolution royale par une autre voie, avant le 9 juin.&#13;
À cette occasion, le cœur brisé de voir échouer un projet qui lui était si cher, il écrivit cette&#13;
lettre confidentielle aux directeurs du Séminaire de Québec. Vu les circonstances, on&#13;
pourrait difficilement demander une plus grande résignation et abandon à la sainte volonté&#13;
de Dieu que celle que manifeste le Serviteur de Dieu.&#13;
&#13;
À Paris, ce 9e juin 1687&#13;
Adorons les conduites de Dieu sur nous et sur toutes ses œuvres, nos très chers&#13;
Messieurs. J’espérais et j’avais une confiance entière qu’il me donnerait la&#13;
consolation de m’unir à vous de corps comme je le suis de cœur et d’esprit ; mais&#13;
son aimable providence en dispose tout autrement et selon son bon plaisir, qui&#13;
doit être tout notre bonheur et notre paix pour le temps et l’éternité.&#13;
Vous connaîtrez, par les copies des lettres actives et passives que vous trouverez&#13;
ci-jointes1, ce qui m’oblige de rester en France. Je n’eus pas plus tôt reçu ma&#13;
sentence que Notre-Seigneur me fit la grâce de me donner les sentiments d’aller&#13;
devant le Très [Saint-]Sacrement lui faire un sacrifice de tous mes désirs et de ce&#13;
qui m’est de plus cher en ce monde. Je commençai en faisant amende honorable à&#13;
la justice de Dieu, qui me voulait faire la miséricorde de reconnaître que c’était par&#13;
un juste châtiment de mes péchés et infidélités que la Providence me privait de la&#13;
bénédiction de retourner dans un lieu où je l’avais [Dieu] tant offensé et je lui dis,&#13;
ce me semble de bon cœur et en esprit d’humiliation, ce que le grand-prêtre Éli&#13;
dit lorsque Samuel lui déclara de la part de Dieu ce qui lui devait arriver :&#13;
« Dominus est, quod bonum est in oculis suis faciat2. » Mais comme la bonté de NotreSeigneur ne rejette point un cœur contrit et humilié et que « humiliat et sublevat3 »,&#13;
1&#13;
&#13;
Ces lettres sont reproduites aux Docs. LI-III, nos 3 à 6.&#13;
NDLR : « C’est le Seigneur. Qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux ! » (1 Samuel 3:18)&#13;
3&#13;
NDLR : « Il abaisse et il élève. » (1 Samuel 2:7)&#13;
2&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�il me fit connaître que c’était la plus grande grâce qu’il me pouvait faire que de me&#13;
donner part aux états qu’il a voulu porter en sa vie et en sa mort pour notre amour,&#13;
en action de grâces, de laquelle je dis un Te Deum avec un cœur rempli de joie et&#13;
de consolation au fond de l’âme, car pour la partie inférieure, elle est laissée dans&#13;
l’amertume qu’elle doit porter. C’est une blessure et une plaie qui sera difficile à&#13;
guérir et qui apparemment durera jusqu’à la mort, à moins qu’il ne plaise à la&#13;
divine Providence, qui dispose des cœurs comme il [Dieu] lui plaît, apporter&#13;
quelque changement à l’état des affaires. Ce sera quand il lui plaira et comme il lui&#13;
plaira, sans que les créatures puissent s’y opposer, n’étant en pouvoir de faire que&#13;
ce qu’elle [la Providence] leur permettra. Il est bien juste cependant que nous&#13;
demeurions perdus à nous-mêmes et que nous ne vivions que de la vie du pur&#13;
abandon en tout ce qui nous regarde au-dedans comme au-dehors.&#13;
Vous apprendrez, par les lettres de M. Dudouyt, tout ce qui s’est passé ici touchant&#13;
la conduite de Monseigneur depuis son retour4. Il y a tous les sujets d’être&#13;
persuadé qu’il a sourdement tramé toute cette affaire, quoiqu’il ait fait tout le&#13;
possible pour faire croire qu’il n’y a point de part ni directement ni indirectement.&#13;
Il a fait toujours paraître beaucoup de frayeur que je ne veuille gouverner. Lorsque&#13;
l’on lui a dit qu’elle n’a pas commencé ici, en ayant déjà donné des marques en&#13;
Canada, il a conclu que ne l’ayant fait paraître que dans les conseils qu’il a tenus&#13;
avec vous, il fallait que vous en eussiez écrit ; mais il aurait été bien facile de lui&#13;
faire connaître qu’il s’en est ouvert à bien d’autres : « Ex abundantia cordis os&#13;
loquitur5. » Il est difficile qu’un esprit, préoccupé comme il est de cette pensée et&#13;
aussi ardent et impétueux comme il est, s’empêche de faire confidence aux&#13;
personnes qu’il croit être par politique obligé de gagner et d’avoir à soi. Ce sont&#13;
des effets d’une conduite humaine qui nous obligent d’avoir bien recours à Dieu,&#13;
afin qu’il lui donne son esprit. C’est bien sans fondement qu’il a cette crainte. Si la&#13;
personne qu’il appréhende avait eu ce désir et cette disposition, il n’aurait pas paru&#13;
en ce qu’il a fait à son égard une conduite tout opposée, « nonne manens sibi&#13;
manebat6 ». Cela nous doit faire voir que quand notre esprit est laissé à lui-même,&#13;
il se travaille bien inutilement. Il faut mettre toute notre confiance et notre force&#13;
NDLR : En marge : Sur l’empêchement que l’on a apporté à mon retour, l’on a allégué, et M. de Seignelay&#13;
me l’a dit à moi-même, qu’il y avait lieu de douter si je vivrais bien avec mon successeur.&#13;
5&#13;
NDLR : « Car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. » (Matthieu 12:34)&#13;
6&#13;
NDLR : « Tant que tu le possédais, il était bien à toi. » (Actes des Apôtres 5:4)&#13;
4&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en Notre-Seigneur, en sa sainte Mère et toute sa sainte Famille. C’est l’œuvre de&#13;
Dieu et nous avons par sa miséricorde cherché uniquement sa gloire en ce que&#13;
nous avons fait, ou pour mieux dire, en ce que le sentiment des serviteurs de Dieu&#13;
a fait unanimement. Ainsi, j’espère qu’il tirera de cette épreuve le bien de l’Église&#13;
et qu’il fortifiera de son divin Esprit tous ceux qui auront eu part à ses souffrances.&#13;
Cette lettre vous sera rendue en main propre par M. Tremblay, qui est l’unique&#13;
ecclésiastique qui passe cette année et qui devait m’accompagner. M. Le Fevre&#13;
de Pontoise, qui avait, il y a quelques années, dû passer en Canada, restait déterminé de&#13;
quitter une cure où il est pour aller à Siam lorsque M. de Lionne, présentement évêque de&#13;
Rosalie et vicaire apostolique du royaume de Siam, [y partit] ; mais une maladie ayant&#13;
empêché mondit sieur Le Fevre d’exécuter ce dessein, [il] s’était de nouveau résolu de&#13;
passer en Canada ; mais enfin, les parents, qui avaient été l’obstacle la première fois, l’ont&#13;
été encore la seconde. Ce n’est pas sans un solide fondement que Notre-Seigneur a donné&#13;
pour règle, à tous ceux qui le veulent suivre dans son saint Évangile : « relinque mortum&#13;
sepelire mortuos7 ». M. Tremblay, qui n’est que sous-diacre de ce carême, passe donc tout&#13;
seul en la compagnie de deux jésuites. L’on ne lui a point fait prendre l’ordre de diacre,&#13;
dans la vue que nous lui pourrions conférer, étant arrivés, aussi bien que celui de&#13;
sacerdoce à M. Foucques et le reste. Si nous avions eu le temps, nous aurions obtenu de&#13;
Rome un extra tempora8 pour lui conférer l’ordre avant son départ de France, mais il faut&#13;
adorer en tout sa providence.&#13;
C’est un sujet sur lequel il y a du temps que j’aie jeté les yeux comme l’un des sujets qui&#13;
nous était le plus propre, [mais] les missions de la Chine, ou plutôt le Séminaire de Siam,&#13;
avait bien la même vue et comme en effet dans le départ de M. de Lionne, il ne se trouvait&#13;
qu’un seul prêtre, j’ai eu de la peine de conserver celui-ci. M. Dudouyt était de sentiment&#13;
qu’il passât encore une année ici au Séminaire, mais enfin nous avons déterminé qu’il&#13;
passât cette année pour bien de bonnes raisons : le changement qui peut arriver de la part&#13;
du Séminaire d’ici pour en disposer ailleurs ; celui qui peut arriver de sa part ; et surtout, le&#13;
besoin que je remarque dans vos lettres de mettre un sujet à la conduite de nos enfants du&#13;
Séminaire, sur l’esprit duquel on puisse avoir une entière confiance, m’a convaincu de la&#13;
nécessité de vous l’envoyer cette année pour pouvoir changer M. Foucques, dont les&#13;
qualités, par ce que j’en puis connaître par vos lettres, ne sont aucunement propres pour&#13;
cet emploi que j’estime de la dernière conséquence pour maintenir le Petit Séminaire dans&#13;
l’esprit de grâce.&#13;
7&#13;
8&#13;
&#13;
NDLR : « Laisse les morts enterrer leurs morts. » (Matthieu 8:22)&#13;
NDLR : Une dispense papale permettant de prendre les ordres sacrés hors des temps prescrits.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�M. Tremblay est un bon sujet : il a de la grâce et docilité ; il a l’esprit ferme et généreux,&#13;
égal et régulier, le jugement bon et capable, à la suite d’être aimé du corps du Séminaire&#13;
et d’en être un bon appui ; il est sage et prudent et capable, autant que je puis juger, de&#13;
secret et auquel on peut avoir de la confiance. Je lui ai remarqué toutes ces qualités, en&#13;
sorte que je crois qu’il sera beaucoup utile au Séminaire et assurément, c’est l’esprit le&#13;
mieux trempé de tous les sujets qui se sont présentés depuis plus de deux ans. Si j’avais&#13;
passé [en Canada], il n’aurait pas été difficile de l’installer dans l’emploi où est M. Foucques,&#13;
parce que j’aurais conféré l’ordre de prêtrise à mondit sieur Foucques, ce qui aurait donné&#13;
le moyen de le mettre dans un autre emploi ; mais comme il demeurera toujours diacre, je&#13;
ne sais quel motif vous pourrez prendre et l’occupation que vous lui pourrez donner.&#13;
Quoiqu’il en soit, il ne faut pas manquer [d’]y mettre M. Tremblay et ne pas différer à l’an&#13;
prochain. Pour bien des raisons, l’on pourrait ne pas approuver que l’on en ôtât&#13;
M. Foucques, sous prétexte qu’il ne faut pas changer si facilement, mais en effet parce&#13;
que cet esprit est capable d’avoir plus de liaison et de correspondance que n’aura pas&#13;
M. Tremblay, qui sera plus uni de cœur et d’esprit et de sentiment avec le Séminaire. Il faut&#13;
user de précaution pour conserver sa santé dans cet emploi, où le poêle9 est capable de&#13;
ruiner la meilleure et plus forte complexion. Les personnes qui n’y sont point habituées ne&#13;
manquent point d’y contracter un mal de poitrine, qui devient insensiblement tellement&#13;
échauffé qu’il n’y a plus de remède. M. Tremblay a [une] fort bonne voix et sait fort bien&#13;
son plain-chant ; c’est lui qui soutenait ici presque tout le chœur. Il est très capable de le&#13;
montrer ; c’est ce qu’il a fait depuis quelque temps dans le Séminaire. Il est à propos&#13;
que, quand l’on passera l’an prochain, on le trouve établi dans cet emploi de l’espace au&#13;
moins de six mois. L’on pourrait possible[ment] ne l’y pas mettre que vers la fin de l’hiver,&#13;
afin de lui épargner l’air et le renfermement du poêle de tout l’hiver et afin qu’il puisse se&#13;
faire à l’air du pays et prendre l’esprit du Séminaire, duquel il peut être un appui de&#13;
régularité pendant ce temps-là. Il connaîtra mieux cet emploi et l’on aura plus de&#13;
connaissance de ses qualités et pour le former à cet emploi avant que je l’y mette.&#13;
Voici un jeune enfant qui est de bonne famille de noblesse du Perche, auquel il y a deux ans&#13;
que je fais difficulté d’accorder de passer en Canada, mais enfin la persévérance et les&#13;
grandes instances avec lesquelles il continue dans ce dessein, jointes à la bonne volonté,&#13;
la grâce et le grand désir qu’il a de servir Dieu, [ont] fait que je lui ai accordé, quoique ses&#13;
NDLR : Le « poêle » était le surnom d’une salle commune au Séminaire qui était chauffée. L’ordre de la&#13;
journée du Grand Séminaire, écrit avant 1682, indique : « L’on ne va point se chauffer à la cuisine, mais&#13;
dans le poêle, où l’on peut aussi étudier, écrire, etc., pourvu qu’on y garde le silence, n’y parlant point sans&#13;
nécessité et à voix basse. » (Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire&#13;
95, no 24)&#13;
9&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�parents, qui sont assez qualifiés10, n’eussent pas le moyen de lui donner quoi que ce soit&#13;
pour le faire étudier. La grande inclination qu’il a toujours ressentie pour l’Église lui a fait&#13;
trouver le moyen depuis quelques années d’apprendre un peu de latin, en sorte&#13;
qu’apparemment il compose comme pourrait faire un quatrième ou un bon cinquième.&#13;
C’est ce que je juge de ce qu’il m’a dit qu’il faisait [en] allant trouver un bon prêtre à deux&#13;
lieues de chez ses parents. Comme il m’a semblé [avoir] la vue assez difforme, je lui ai&#13;
déclaré plusieurs fois, mais spécialement quand il a été question de le faire partir, qu’il ne&#13;
devait pas avoir la vue de passer en Canada pour y être prêtre, parce que, outre cette&#13;
disgrâce de vue, je ne trouvais pas dans l’âge qu’il a que l’on dut faire la dépense ni qu’il&#13;
eut assez d’ouverture d’esprit pour parvenir au sacerdoce. Reste d’en pouvoir faire tout ce&#13;
que sa bonne volonté, sa capacité et ses talents naturels que Dieu lui a donnés pourront&#13;
permettre. L’on m’a dit dans le pays qu’il avait assez de disposition pour le chant, je veux&#13;
dire de voix, car il n’a pas encore appris de plain-chant. Je lui ai dit que l’on pourrait&#13;
l’employer à tenir dans quelque lieu les petites écoles et rendre les services nécessaires à&#13;
un ecclésiastique et il m’a paru être disposé à faire tout ce que l’on jugera à propos.&#13;
Quoiqu’il n’ait pas bien du talent, je lui ai reconnu, toutes les fois que je lui ai parlé, l’esprit&#13;
fort docile et plein de désir de servir Dieu, ce qui m’a beaucoup porté à lui procurer cette&#13;
charité.&#13;
J’espère que Notre-Seigneur et la Très Sainte Vierge, à laquelle il a une grande dévotion et&#13;
de confiance pour obtenir la grâce de passer en Canada, donneront bénédiction à ce bon&#13;
garçon. Mon sentiment est que vous le gardiez pendant quelque temps à Québec au&#13;
Séminaire, si vous pouvez trouver de quoi l’occuper, car de lui faire continuer ses études&#13;
et le garder seulement pour cela à Québec, je n’y vois pas d’apparence, tant à cause de&#13;
son âge et le peu qu’il a d’études que parce que, n’ayant pas dessein de l’élever au&#13;
sacerdoce, il semble inutile et nuisible de le faire, à moins que l’on ne le trouvât propre&#13;
pour le chœur et l’office divin, au cas qu’il se trouva avoir de la voix, ce que l’on n’a bien&#13;
su voir ici, étant incommodé. Vous en aurez soin comme d’un enfant de la Providence11.&#13;
Il y aura un menuisier nommé Boutré qui passera avec M. Tremblay. Je le garde quelque&#13;
temps avec moi pour me servir. Ce que j’ai reconnu de lui est qu’il sait son métier, mais il&#13;
a le défaut de tous les artisans d’aimer la boisson. Ce n’est pas un grand génie, mais il en&#13;
a suffisamment pour s’acquitter de ce qu’on lui dit, à la réserve qu’il est étourdi. Vous vous&#13;
en servirez le mieux qu’il vous sera possible. M. Dudouyt vous enverra autant de son&#13;
&#13;
NDLR : nantis.&#13;
NDLR : En marge : Nous avons pris la résolution, depuis cet article écrit, de ne point faire passer ce jeune&#13;
homme. Nous adresserons l’an prochain.&#13;
10&#13;
11&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�marché. Si j’avais pensé possible, aurais-je mené avec moi un artisan qui travaille fort bien&#13;
en sculpture d’ornements.&#13;
Ayant vu de son travail, mandez-moi l’an prochain au cas qu’il fût dans l’état d’y pouvoir&#13;
penser s’il était à propos de faire cette dépense dans un temps où il semble que la&#13;
providence de Dieu met le Séminaire dans un état auquel il faut plutôt retrancher que&#13;
d’augmenter la dépense, quoique cependant il y a de certaines choses que l’on se trouve&#13;
dans une espèce de nécessité ou d’obligation de faire et que l’on peut même avoir&#13;
ouverture de faire avec plus de facilité que d’autres. Si j’avais passé, j’aurais apparemment&#13;
mené avec moi un garçon de 22 ans qui a appris de la chirurgie ; quoiqu’à cet âge-là, il ne&#13;
paraît pas être bien habile, mais nous n’avons point jugé à propos qu’il passa sans moi,&#13;
parce que c’est un jeune homme que je connais, qui a besoin au commencement d’être&#13;
soutenu d’une certaine manière et que j’éprouverai encore cette année avant qu’il aille en&#13;
Canada.&#13;
Mandez-nous pareillement la nécessité et utilité que le Séminaire peut en retirer et si c’est&#13;
encore une dépense qu’il soit à propos de faire. Il est de bonnes mœurs et a marqué de la&#13;
bonne volonté ; il a eu dessein de se faire chartreux ; il est de bonne famille de Laval ; je&#13;
douterais seulement de la force et fermeté de son esprit pour le donner après une épreuve&#13;
que l’on en aurait fait. C’est néanmoins dans cette vue et non autrement que je voudrais&#13;
qu’il y passât. Il a appris à faire du point. Je m’en vais le garder cette année et vous m’en&#13;
écrirez votre sentiment l’an prochain, sur quoi l’on prendra des mesures plus assurées.&#13;
Je ne doute point que l’on ne soit fort surpris dans le pays de voir que je ne repasse&#13;
point, M. de Villeray et tous ceux qui étaient en France m’ayant toujours vu dans&#13;
ce dessein et ce désir et que l’état de ma santé n’en aura pas été cause. Comme l’on&#13;
a déjà dit ici que c’était par ordre, ainsi que vous connaîtrez par la dernière lettre&#13;
que j’écris au P. de La Chaize, il y a bien de l’apparence que ce bruit ira jusqu’à&#13;
La Rochelle et ensuite en Canada. Je n’y dois pas contribuer : l’esprit de NotreSeigneur nous y oblige, parce que l’on ne manquera pas de l’attribuer à&#13;
Monseigneur. J’ai fait ici ce que nous avons pu pour que l’on croie que c’est par&#13;
des considérations particulières. Sachant qu’ils en sont informés à Saint-Sulpice,&#13;
nous avons fait parler à M. Tronson, afin qu’il y apporte le remède, autant qu’il le&#13;
jugera nécessaire. Je ne sais pas ce qu’il fera. En tout cas, il faut faire de notre côté&#13;
ce que l’esprit de grâce demande de nous. Notre-Seigneur tirera sa gloire de tout.&#13;
Ceux qui ont connu la disposition des esprits en Canada jugeront aussi de la&#13;
source et du principe.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Le P. Dablon a écrit qu’il était assuré que l’on apporterait de l’opposition à mon&#13;
retour et qu’il le savait bien. S’il ne vous a pas dit la même chose, ne lui en faites&#13;
rien paraître, parce qu’il verrait bien que M. Dudouyt vous l’aurait écrit. Il faut&#13;
qu’il l’ait su de personnes auxquelles l’on en ait fait confidence ou qui aient&#13;
reconnu par des marques assurées la disposition des esprits pour cet effet.&#13;
Quoiqu’il en soit, c’est de la main de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère que nous&#13;
devons tout recevoir comme une grâce bien spéciale et je puis dire pour moi la&#13;
plus grande et la plus précieuse que j’aie encore reçue de ma vie. Priez-les que j’en&#13;
fasse un saint usage et j’espère néanmoins qu’ils me feront la miséricorde de&#13;
mourir en Canada, quoique j’aie bien mérité d’être privé de cette consolation.&#13;
« Verumtamen non mea sed Dei voluntas fiat12. » Je possède sur cela par sa bonté&#13;
infinie une paix profonde dans le fond de l’âme.&#13;
Tous ceux qui conservent l’esprit d’union avec le Séminaire seront bien contristés&#13;
et consternés de ne voir passer aucun ecclésiastique encore cette année. J’aurais&#13;
tâché de contribuer à les soutenir et fortifier si j’avais passé moi-même ; mais il faut&#13;
bénir Dieu et adorer son aimable conduite. Le bon M. de Brulon espérait bien&#13;
pour tout délai pouvoir revenir au Séminaire, aussi bien que M. de Caumont ;&#13;
mais il ne faut pas que M. de Brulon s’inquiète et qu’il se règle et s’appuie sur ses&#13;
sentiments et son propre jugement ; qu’il mette toute confiance en NotreSeigneur, qui, après nous avoir éprouvés, lui donnera l’accomplissement de ce&#13;
qu’il désire.&#13;
J’ai fait ce qui m’a été possible pour faire repasser M. Trouvé pour Québec, dans la vue&#13;
que l’on pourrait le mettre aux Trois-Rivières pour lui donner le moyen de jouir de la&#13;
consolation de revenir au Séminaire, mais la Cour ayant accordé 1 200 livres pour l’Acadie&#13;
pour quatre ecclésiastiques et M. Geoffroy, comme vous apprendrez étant repassé en&#13;
France, et étant incertain si M. Gaultier y sera passé ce printemps (ce qui serait bien à&#13;
propos qu’il n’eut pas exécuté), Monseigneur a voulu que M. Trouvé y allât. Il doit passer&#13;
dans la Diligente et demeurer à Chibouctou avec le gouverneur de l’Acadie, que l’on y&#13;
doit venir quérir au Port-Royal.&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
NDLR : « Que soit faite non pas ma volonté, mais celle de Dieu. » (Luc 22:42)&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Vous aurez reçu mes premières lettres, par lesquelles je vous mandais que si M. Gaultier&#13;
n’était point parti pour aller à l’Acadie, de ne le point envoyer : 1° parce qu’assurément il&#13;
n’a point de santé ni de complexion capable de porter la fatigue de ces missions-là ;&#13;
2° parce que quoiqu’il y ait beaucoup à souffrir, il n’y a pas de quoi occuper un bon ouvrier&#13;
comme lui. Il a de la vertu et de bonnes qualités, [mais] notre sentiment est que, vu la&#13;
difficulté très grande qu’il y a en France de trouver des ouvriers et eu égard [à] la&#13;
conjoncture du gouvernement de l’Église, il serait à propos d’unir M. Gaultier au&#13;
Séminaire, parce qu’à quelque prix que ce soit il faut se servir des ouvriers que la&#13;
Providence lui a donnés pour soutenir ce qui lui est plus essentiel et d’obligation entre tous&#13;
les emplois qui touchent de plus près le Séminaire.&#13;
J’ai toujours envisagé la cure de Québec comme la plus importante et absolument&#13;
nécessaire pour l’éducation des enfants. Selon toute apparence, l’on objectera qu’elle&#13;
n’est pas administrée comme elle le doit être, l’on prendrait occasion de jeter la vue sur&#13;
un autre corps pour la remplir. Nous jugeons qu’il y faut mettre un curé et un vicaire qui&#13;
soient jugés capables et propres pour en soutenir les fonctions. Je ne trouve pas que l’on&#13;
puisse se dispenser d’y consacrer M. de Glandelet pour curé et personne qui soit plus&#13;
propre pour vicaire que M. Gaultier.&#13;
Monseigneur a fait plusieurs fois connaître assez clairement qu’il avait de la peine de voir&#13;
la manière dont la paroisse [est] desservie par M. de Bernières et qu’il y avait une grande&#13;
ignorance dans tout Québec. Ainsi, il est d’une absolue nécessité d’y établir quelqu’un&#13;
d’autre à la place de mondit sieur de Bernières au plus tôt, afin que, le printemps prochain,&#13;
il y ait eu déjà quelque temps que la chose ait été faite, [afin] que l’on puisse nous en&#13;
donner avis dès l’automne [afin] que la chose ne semble pas nouvelle en ce temps-là et&#13;
avoir été faite exprès, ce que l’on pourrait trouver mauvais et peut-être n’avoir pas dû se&#13;
faire avant l’arrivée proche de Monseigneur. Il faut même lui en écrire [à] l’automne et dire,&#13;
comme il sait, que cela est vrai que l’on y a été obligés, à cause des incommodités de&#13;
mondit sieur de Bernières.&#13;
Nous ne doutons point que si M. des Maizerets était en état pour la voix de remplir cet&#13;
emploi, il ne fallut l’y mettre pour beaucoup de raisons  : il pourrait bien plus facilement&#13;
expédier et se démêler de beaucoup d’affaires qui concernent le prochain et le bien des&#13;
âmes ; il a plus d’expédients pour découvrir et remédier au mal et plus de liberté d’esprit&#13;
pour vaquer à toutes les fonctions d’une cure comme celle de Québec ; il aurait même de&#13;
la facilité pour l’établissement de l’Église succursale et de tout ce qui en dépend à la suite.&#13;
Toutes ces considérations obligent de mettre mondit sieur des Maizerets, curé, quoiqu’il&#13;
n’ait point de voix, et M. de Glandelet suppléerait aux sermons. Cependant, c’est une&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�chose qu’il est à propos de remettre au jugement que tous ensemble vous pourrez porter&#13;
sur cette affaire, d’autant que l’on ne peut pas, n’étant point présent, bien juger de la&#13;
chose et des inconvénients, qu’il est néanmoins expédient d’y pourvoir avant que les&#13;
vaisseaux soient de retour en France.&#13;
M. Dudouyt vous écrit l’état du temporel. Il ne peut pas être plus engagé et plus&#13;
embarrassé qu’il est. M. le supérieur, voyant l’extrémité où l’on était, sans avoir&#13;
quoi que ce soit pour acquitter les lettres de change que vous avez envoyées, a&#13;
prêté 8 000 francs que l’on prend d’un remboursement qui s’est fait13 ; sans quoi, il&#13;
aurait fallu sans remède laisser protester lesdites lettres de change et souffrir&#13;
honteusement une espèce de banqueroute. Voilà à quoi on s’est exposé par les&#13;
grandes dépenses auxquelles l’on s’est engagé mal à propos. Ce n’est rien que&#13;
l’emprunt  ; la difficulté [est] de pouvoir s’acquitter de cette dette avec celle de&#13;
M. Guénet, dont il reste encore près 8 000 francs argent de France à payer. L’on&#13;
s’est obligé de rendre celle du Séminaire en deux ans, en sorte qu’il faut pendant&#13;
ces deux années trouver 4 500 livres, joignant 1 000 francs qu’on lui doit d’ailleurs&#13;
13&#13;
&#13;
NDLR : L’abbé Demers explique ce prêt au Doc. LI-IV-1. Voici la note :&#13;
Il s’agit d’un prêt fictif fait par le Séminaire de Paris à celui de Québec et imaginé par le&#13;
Serviteur de Dieu. Voici comment la chose se déroula. Comme nous l’avons déjà vu, la&#13;
situation économique du Séminaire de Québec était bien mauvaise à la suite de plusieurs&#13;
dépenses imposées par Mgr de Saint-Vallier dans les années 1686 et 1687. Il avait encouru&#13;
des dettes considérables. Le Serviteur de Dieu, alors en France, avait été mis au courant de&#13;
la situation et en était resté profondément affligé. Il décida donc de venir en aide à la&#13;
communauté en engageant une grosse somme, tirée de ses économies personnelles, afin de&#13;
payer les dettes du Séminaire. Toutefois, ce paiement pouvait exposer le Séminaire à un&#13;
danger, soit que Mgr de Saint-Vallier, une fois l’équilibre des finances rétabli, n’oblige le&#13;
Séminaire à faire de nouvelles dépenses. Pour éviter ceci, le Serviteur de Dieu s’entendit&#13;
avec l’abbé de Brisacier (il semblerait que ce fut à la suite de la proposition de ce dernier)&#13;
pour faire semblant que c’était le Séminaire des Missions étrangères de Paris qui avait prêté&#13;
l’argent à celui de Québec. Quels furent les détails de cet arrangement ? Nous ne le savons&#13;
pas, puisque ce fut fait secrètement et qu’aucun document sur cette affaire ne nous est&#13;
parvenu, sauf la lettre que nous reproduisons ici. Mais il est certain que les dettes du&#13;
Séminaire furent payées avec les épargnes du Serviteur de Dieu et qu’on croyait à Québec&#13;
que c’était un prêt du Séminaire des Missions étrangères de Paris. C’est à ce prêt que le&#13;
Serviteur de Dieu fait allusion dans sa lettre du 9 juin 1687 aux directeurs du Séminaire de&#13;
Québec (cf. Doc. LI-II-7). Ce prêt de 8 000 livres tournois en 1687 s’éleva à 12 000 livres&#13;
tournois en 1688. À Québec, on croyait donc devoir restituer au Séminaire de Paris la&#13;
somme de 12 000 livres tournois. Ce fait empêcha Mgr de Saint-Vallier d’insister pour faire&#13;
de nouvelles dépenses et les directeurs du Séminaire cherchèrent à épargner pour être en&#13;
mesure de remettre en deux ans la somme du prêt, comme il avait été établi. Un versement&#13;
annuel devait être fait au Séminaire de Paris et, par un long détour dont parle longuement&#13;
le Serviteur de Dieu dans la lettre reproduite ici, la somme devait alors secrètement revenir&#13;
de Paris au Serviteur de Dieu, qui, en tant qu’administrateur des biens du Séminaire, la&#13;
remit dans la caisse de la communauté.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�aux 8 000 francs empruntés. Ce sont près de 8 500 livres qu’il faut payer en ces&#13;
deux articles chaque année. Vous pouvez juger de la peine où l’on va être pour&#13;
trouver cette somme, outre laquelle il faut encore fournir à la dépense de France,&#13;
qui n’est pas petite dans le Séminaire, pour ceux dont le Canada doit être chargé.&#13;
Il ne faut pas s’attendre d’être soulagé de quoi que ce soit de la part de&#13;
Monseigneur. J’ai bien reconnu ses dispositions à ce regard aussitôt qu’il [fût]&#13;
arrivé en France, quoique quelques considérations humaines l’aient obligé à ne le&#13;
pas faire paraître tout d’un coup, disant que le partage qui avait été fait avec le&#13;
Séminaire en lui laissant le revenu qui lui appartient aux abbayes n’empêcherait&#13;
pas [que] la communauté de biens ne pût subsister. Mais nous lui fîmes voir le&#13;
contraire et l’impossibilité de garder ses mesures et que ce qu’il avait dessein de&#13;
laisser n’était pas capable de fournir aux charges dont il prétendait charger le&#13;
Séminaire, ayant la vue que ce qui proviendra à lui appartenant desdites abbayes&#13;
serait pour le défrayer avec ceux qu’il aurait avec lui dans sa maison, soit pour&#13;
nourriture soit pour entretien, en sorte que le dessein qu’il a pris est de vivre&#13;
séparé de tout, comme si jamais il n’avait eu aucun sentiment ni mouvement de&#13;
grâce pour vivre autrement.&#13;
Bien loin qu’il ait voulu convenir qu’il ait été la cause des dettes et engagements&#13;
que l’on a contractés au Séminaire dans le temps qu’il a été en Canada, il s’est&#13;
efforcé pour faire voir qu’il y a plus procuré et apporté que la dépense soit&#13;
d’enfants soit d’ecclésiastiques avec toute leur suite n’a été grande ; d’où il conclut&#13;
que les acquisitions et dépenses au moulin à scie, à l’île de Jésus et autres lieux est&#13;
l’unique cause des dettes et affaires du Séminaire de Québec et a pris cette affaire&#13;
si à cœur et avec tant d’ardeur que l’on peut dire qu’elle a été en partie la raison&#13;
qu’il a prise pour prétexte et fondement de se désunir tout à fait et même de tout&#13;
ce qui est arrivé à la suite, que vous apprendrez par tout ce que l’on vous écrit.&#13;
Vous pouvez bien inférer de sa disposition que ce n’est pas de son revenu que&#13;
nous devons attendre de quoi soulager et acquitter les dettes du Séminaire,&#13;
quoique vous nous ayez souvent mandé par vos lettres qu’il vous avait assuré qu’il&#13;
trouverait bien en France de quoi les acquitter et que l’on ne devait point craindre&#13;
de prendre des enfants et des ecclésiastiques ; sur quoi il me souvient de vous avoir&#13;
répondu qu’il pouvait bien arriver du changement et que cependant le Séminaire&#13;
demeurerait toujours chargé de dettes ; ce qui est arrivé et que, quoiqu’il puisse&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�aider, il n’a aucune disposition pour cet effet. Il faut adorer la Providence de cet&#13;
éloignement et mettre toute notre confiance et notre appui en elle.&#13;
Cependant, il est d’une nécessité absolue de retrancher de toutes manières toutes&#13;
les occasions de dépenses, afin de pouvoir payer les dettes. Si l’on peut, du côté&#13;
de la France, venir à bout d’acquitter les 9 000 francs que nous devons au&#13;
Séminaire, avec le courant de la dépense et la dette de M. Guénet en deux années,&#13;
ce sera assurément une chose beaucoup au-dessus de nos forces, parce que outre&#13;
cela il est nécessaire d’envoyer des étoffes et le reste des besoins qui s’achètent à&#13;
Paris, sans parler des frais et dépenses des embarquements et du fret de ce que&#13;
l’on envoie et, au cas que Notre-Seigneur me fasse la miséricorde de pouvoir&#13;
retourner, la dépense qu’il faut pour cela et de ceux qui passeraient avec nous. Il&#13;
faut faire état que tout cela joint ensemble se montera bien à 14 000 francs et c’est&#13;
au plus si nous en pourrons avoir 9 000. Où prendre le reste ? De trouver à&#13;
emprunter, c’est à quoi il ne faut pas penser, étant une chose impossible, ni de se&#13;
pouvoir dispenser de rendre au Séminaire l’an prochain et la suivante ce qu’ils&#13;
ont prêté, dont ils auront besoin ; sans quoi, ils ne l’auraient pas assurément prêté.&#13;
Vous devez conclure de là qu’il est du tout impossible d’acquitter en France le reste de la&#13;
dette de M. Hazeur ; c’est beaucoup d’avoir pu lui payer la moitié de sa dette, qui est [de]&#13;
5 000 francs, outre toutes les autres lettres de change que l’on a acceptées et payées. Il&#13;
reste donc encore 5 000 francs à payer de celle de 10 000 francs prix de France qu’on lui&#13;
doit, laquelle somme il faut trouver moyen, à quelque prix que ce soit, de payer dans le&#13;
pays. Voyez de quelle manière vous en pourrez venir à bout. Sans que l’on a accordé au&#13;
Séminaire [les] 2 000 livres de gratification et ce que l’on a épargné et [ce] qui aurait coûté&#13;
pour notre passage et voyage, l’on [n’]aurait pu payer que 3 000 francs au sieur Delorme&#13;
sur sa dette de 10 000 livres.&#13;
Il est arrivé un autre secours de la Providence, qui vous aidera de votre côté pour payer&#13;
ledit sieur Hazeur, qui est que par les grands soins et applications qu’a apportés&#13;
M. de Villeray, auquel l’on a assurément grande obligation, la Cour a enfin ordonné que&#13;
les charges indispensables seront payées prix de France. Ainsi, les 4 000 francs en vaudront&#13;
5 300 tant prix du pays et les 1 000 francs que les Jésuites me doivent payer au plus tôt,&#13;
[soit] la 5e partie de la pension de 5 000 livres, fera encore une augmentation de 300 tant&#13;
de livres ; jointes à cela, la part et portion qui reviennent aux curés dont vous êtes chargés&#13;
de la nourriture et entretien au Séminaire, comme [à] Saint-Joachim, la Baie-Saint-Paul et&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�les autres, qui se montent, par la supputation que j’en ai faite, à 1 900 francs prix de&#13;
France. Il est vrai qu’il faut diminuer les dépenses du curé de Charlesbourg, Beauport et&#13;
les autres, mais c’est toujours un soulagement, aussi bien que de ne plus rien dépenser&#13;
pour les curés, que l’on n’en soit payé, soit pour l’entretien, soit pour la nourriture ; tout&#13;
cela, avec le revenu que l’on a pu faire aux domaines par la dépense que l’on y a faite, doit&#13;
mettre le Séminaire en état de faire de l’épargne ; et il faut, à quelque prix que ce soit que,&#13;
([en] attendant que l’on trouve occasion de se défaire de la Baie-Saint-Paul et même de&#13;
l’île de Jésus, si l’on pouvait la vendre à un prix raisonnable), l’on fasse en sorte de n’y rien&#13;
mettre que ce qu’elles produiront ; l’on aura pas de peine, eu égard à l’état où l’une et&#13;
l’autre sont à présent par la dépense que l’on y a faite. Le moulin à scie dorénavant doit&#13;
produire un bénéfice considérable. M. Dudouyt vous aura écrit que, outre la somme de&#13;
5 000 livres que l’on a payée au sieur Delorme sur la dette de 10 000 livres, on lui a encore&#13;
fourni celle de 3 000 livres, tant pour payer les 1  000 livres nécessaires pour tout ce qu’il a&#13;
fait venir de Hollande pour ledit moulin à scie que pour vous livrer pour la somme de&#13;
2 000 livres en marchandises, tels que vous lui avez donné ordre et suivant les conventions&#13;
que vous avez faites avec lui, ce qui vous doit encore bien faciliter le moyen de payer, au&#13;
moins cette année, une partie de cette dette et l’an prochain, l’autre.&#13;
Je sais bien ce que vous avez de difficultés. J’ai encore tout assez présent pour me&#13;
les remettre et me mettre en votre place. Mais d’autre part, vous savez ce que c’est&#13;
que de devoir. Si la providence de Dieu avait permis que j’eusse été au pays,&#13;
j’aurais pris de plus grandes précautions et sûretés de Monseigneur ou l’on&#13;
n’aurait pas entrepris tant de choses. Il m’était libre et facile de passer la première&#13;
et seconde année. Le roi s’était déclaré sur cela. Mais la considération du bien de&#13;
l’Église de Canada me fit rester et la condescendance que j’eus la seconde [année],&#13;
pour ce qu’il [Mgr de Saint-Vallier] m’écrivait que les mêmes raisons subsistaient&#13;
encore, m’engagèrent au même. Ainsi nous voilà, par une conduite spéciale de&#13;
Notre-Seigneur sur moi, à demeurer tant qu’il lui plaira dans le lieu de notre exil,&#13;
que je ne pensais pas à mon départ de Canada venir trouver en France. Tout ce qui&#13;
vient de sa main nous doit être aimable et adorable.&#13;
Je vous ai mandé, par nos premières lettres que je ne croyais pas qu’il n’y eût rien à faire&#13;
à la mission des Sauvages* où est M. Thury, les Jésuites ayant été obligés de l’abandonner&#13;
à cause des occasions continuelles d’ivrognerie. Il y a encore beaucoup moins à faire à&#13;
présent qu’il n’en reste que très peu [moins] qu’il n’y avait en ce temps-là. Nous avons cru&#13;
pour ces raisons devoir écrire à mondit sieur Thury que, sans faire rien paraître auxdits&#13;
Sauvages, il était à propos qu’il dise qu’il était obligé de faire un voyage au Port-Royal&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�pour voir et conférer avec M. Petit et qu’il discute et examine avec lui, en effet, s’il n’est&#13;
pas plus pour la gloire de Dieu que l’on s’applique à la mission des Sauvages où est&#13;
M. de Saint-Castin, à laquelle, selon ce que j’ai pu juger de ce que m’a écrit M. Petit et que&#13;
m’a dit M. Geoffroy, il y aura de quoi occuper à la suite deux missionnaires, avec d’autant&#13;
plus de fruits, [puis]que M. de Saint-Castin est bien disposé et intentionné et qu’il ne leur&#13;
donne point de boisson et, outre tout cela, ce qu’il y a de providen[tiel] est qu’il&#13;
entretiendra et nourrira le missionnaire, à quoi il s’est offert, et deux s’il était nécessaire ;&#13;
ou au moins s’il en coûte au Séminaire, ce sera beaucoup moins que dans d’autres missions.&#13;
Cependant, comme Monseigneur a eu la pensée d’acheter la terre du sieur Richard Denys&#13;
et que, nonobstant ce que nous lui avons pu dire, M. Dudouyt et moi, des grands&#13;
inconvénients d’établir des missions de Sauvages de cette manière, il persiste à croire que&#13;
cela réussira. Il ne croirait pas qu’il fallût entièrement abandonner cette mission et&#13;
penserait que Monseigneur doit commencer celle de M. de Saint-Castin et y demeurer&#13;
jusqu’à ce qu’il y eût mis quelques-uns en sa place. Voyant la nécessité de ne point différer&#13;
à prendre possession de cette mission, attendu que les pères jésuites y doivent envoyer&#13;
un de leurs pères et qu’il est même à craindre que l’on y mette un ecclésiastique qui ait&#13;
rapport à un autre corps, j’ai écrit à M. Thury qu’aussitôt qu’il aura reçu ma lettre, qu’il&#13;
parte comme je vous marque ci-dessus et qu’il pourra revenir à sa mission s’il le juge à&#13;
propos.&#13;
Monseigneur a été de sentiment, comme je vous ai mandé par mes premières lettres, que&#13;
je lui écrivis de cette manière, que tout ce qu’il craignait est que les Jésuites ne le sussent&#13;
et ne lui attribuassent la chose, ainsi qu’il ne voulait point être mêlé dans cette affaire,&#13;
quoiqu’il l’approuvât fort. Si vous trouvez l’occasion sûre et commode d’écrire à M. Thury,&#13;
vous le ferez en conformité, attendant quoi vous parlerez aux pères jésuites comme si&#13;
mondit sieur Thury était déjà chez M. de Saint-Castin, ce que nous devons supposer&#13;
véritable ou qu’il s’y doit rendre dans peu ; mais comme selon toute apparence, il se pourra&#13;
faire qu’il ne rencontrera des difficultés assez grandes qu’il quitte ce lieu-là pour se rendre&#13;
au Port-Royal, qui en est fort éloigné, il serait bien plus expédient que vous envoyassiez&#13;
quelqu’un de Québec tout droit par Rivière-du-Loup et Rivière-Saint-Jean et encore plus&#13;
droit et plus court, à ce que je pense, par le Sault-de-la-Chaudière, qui est, autant que je&#13;
me puis souvenir, le chemin que prennent les Abénaquis quand ils vont droit chez&#13;
M. de Saint-Castin, qui est leur pays. Vous pouvez facilement savoir cela des Abénaquis de&#13;
Sillery, quoique je craigne que le P. Bigot n’ait de la peine de cela.&#13;
Ainsi, je préférerais le chemin de la rivière Saint-Jean, étant nécessaire que celui qui ira à&#13;
cette mission prennent toutes ses instructions et se conduise par les avis et sentiments de&#13;
M. Petit et partant qu’il aille au Port-Royal avant que d’aller à Pentagouet ; et la chose sera&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�moins suspecte aux pères jésuites, étant à propos même de dire que M. Petit a besoin d’un&#13;
soulagement, comme en effet il est vrai, puisque l’on avait mené M. Geoffroy à l’Acadie&#13;
dans cette vue, lequel étant revenu en France, il est nécessaire d’y en envoyer un autre. Il&#13;
est certain d’ailleurs que s’il y avait présentement assez de sujets pour remplir les cures et&#13;
que vous puissiez en détacher deux de Québec pour envoyer ensemble à l’Acadie, il le&#13;
faudrait faire, n’étant pas moins important de mettre quelqu’un de confiance et qui eut&#13;
l’esprit du Séminaire avec M. Petit pour remplir sa place, au cas qu’il vint à manquer que&#13;
d’en envoyer un pour la mission de M. de Saint-Castin, soit que M. Thury n’y soit pas venu&#13;
ou que, étant venu, il s’en retourne à l’Acadie, à sa mission de Miramichi.&#13;
Je vous ai aussi mandé par mes premières que ma pensée est que M. Volant était le plus&#13;
assuré pour la vertu et celui que je croyais le plus propre pour la mission des Sauvages et&#13;
M. de Saint-Claude, pour aider M. Petit. Ils se soulageraient les uns les autres la&#13;
communication, étant fort facile du Port-Royal à Pentagouet. Voyez si vous pouvez faire&#13;
cela. Je n’y vois guère d’apparence, à moins que de pouvoir suppléer aux cures par le&#13;
moyen de récollets, à quoi je ne verrais pas tant d’inconvénients si la chose était possible,&#13;
mais comme il n’en passe pas cette année, ils ne pourront pas. Si vous n’y voyez point&#13;
d’ouverture pour tous les deux, pourvoyez toujours au plus pressé, qui serait M. Volant,&#13;
à moins que vous ne jugeassiez quelque autre plus propre. Souvenez-vous toujours qu’il&#13;
doit, il me semble, paraître à l’extérieur qu’il va pour le Port-Royal et tenir fort secret que&#13;
c’est pour les Sauvages. Je crois que l’on doit prendre grand soin de former et conduire&#13;
M. Tremblay dans la vertu, non pas comme un simple missionnaire pour remplir une cure,&#13;
mais comme un sujet capable, s’il continue comme nous avons vu qu’il a commencé,&#13;
d’entrer dans l’union du corps du Séminaire et d’en prendre le véritable esprit.&#13;
Quoique Monseigneur fasse paraître qu’il est nécessaire de conserver les curés&#13;
dans la désappropriation, il prend tous les moyens qui sont capables de les rendre&#13;
tous propriétaires et semblables à ceux de France. Comme cependant il y en aura&#13;
plusieurs qui auront de la grâce et qui conserveront les sentiments dans lesquels&#13;
ils auront été élevés, il faut aussi conserver avec eux le même esprit et union et&#13;
faire aux autres tout le bien que l’on pourra dans l’esprit de charité et se disposer&#13;
à voir tous les changements que la divine Providence permettra qu’il arrive dans&#13;
l’Église du Canada, de laquelle j’espère que la Très Sainte Vierge en prendra un&#13;
soin tout particulier et spécialement du Séminaire consacré à la Très Sainte Famille&#13;
de Jésus.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Je crois que M. Dudouyt vous aura écrit qu’outre le menuisier qui accompagne&#13;
M. Tremblay, l’on a adressé à M. Delorme un homme de travail, avec ordre de le faire&#13;
passer dans le premier vaisseau qui aura parti après qu’il sera arrivé à La Rochelle. Il l’a dû&#13;
au moins faire embarquer dans un vaisseau qui est parti pour MM. Bernon et La Chesnaye,&#13;
dans lequel est M. Aubert, son fils. Cet homme est de Lacroix, proche [de] Gaillon, qui a&#13;
femme et enfants que M. Plot, abbé de Lacroix, nous a présentés pour le faire sauver, à&#13;
cause d’un accident qui lui est arrivé d’avoir frappé un monopoleur d’un coup de pierre,&#13;
dont il est mort. Mondit sieur abbé de Lacroix lui a donné par charité de quoi se conduire&#13;
et subsister à La Rochelle jusqu’à l’embarquement et l’on sera seulement chargé de payer&#13;
son passage. Vous recevrez son contrat d’engagement à 25 écus de gages. M. l’abbé Plot&#13;
nous a assuré qu’il est de bon travail, laborieux et fidèle [et] il m’a paru robuste et de bonne&#13;
volonté.&#13;
M. Dudouyt vous aura écrit le changement qui s’est fait à la fondation de Monseigneur,&#13;
non pas en la manière que vous l’aviez projeté l’an passé, ni encore de celle que vous avez&#13;
eue en vue cette année-ci ; ni l’une ni l’autre n’a pu se faire, parce qu’une fondation, étant&#13;
une fois faite, l’on ne trouve point à en aliéner le fonds, à moins que d’en faire le&#13;
remplacement pour la sûreté de celui qui acquiert la partie de rente obligée à ladite&#13;
fondation et vous pouvez bien imaginer que l’on ira pas accepter un fonds situé en Canada,&#13;
outre qu’il faille que ce soit une nouvelle acquisition et non pas un fonds appartenant&#13;
auparavant à une communauté, qui ne doit pas être censée un remplacement. Vous devez&#13;
conclure de là qu’il ne faut pas penser à s’aider, à quelque usage que ce puisse être, des&#13;
fonds de cette nature quand l’on y trouverait de l’avantage. Les contrats de fondation sont&#13;
donc demeurés tels qu’ils ont été constitués dans la possession de Monseigneur, qui s’en est&#13;
réservé la jouissance et en toucher le revenu par ses mains présentement comme de la&#13;
pension faite par le clergé pour les missions de Canada. Il en fera de même de la part des&#13;
abbayes, dont il prétend que le chapitre ne doit avoir que le tiers et lui les deux tiers, en&#13;
payant les charges et réparations, quoique nous ayons eu le sentiment contraire des&#13;
avocats.&#13;
Il voulait bien au commencement s’en rapporter au sentiment de M. Nouet, le plus habile&#13;
de Paris en matière bénéficiale, mais comme il a vu qu’il était contraire à ses vues, il&#13;
voudrait l’éviter. Il a proposé de changer la fondation des 40 000 francs et a voulu, au lieu&#13;
de six missionnaires employés aux Sauvages, que le Séminaire s’oblige d’entretenir et&#13;
nourrir six enfants et quatre ecclésiastiques, entre lesquels les enfants qui auront été élevés&#13;
dans le Petit Séminaire seront préférés. Il a apporté pour raison de cette nature d’emploi&#13;
qu’il se trouverait toujours à la suite assez de fonds pour les missions et non pas pour des&#13;
enfants et pour des ecclésiastiques dans le Séminaire. Cependant, je lui ai dit qu’il n’y a&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�rien de plus essentiel au Séminaire des Missions étrangères que de travailler aux missions&#13;
des infidèles et des Sauvages en Canada. Je ne sais pas quelle vue il peut avoir eue, si ce&#13;
n’est qu’il eut [la] crainte que le Séminaire ne fût pas assez dépendant de lui, étant dans&#13;
les missions ; mais cela n’est pas à appréhender, puisqu’en s’étant réservé l’usufruit, il en&#13;
est absolument le maître pendant sa vie et tout autre évêque à la suite, sans la juridiction&#13;
duquel les missionnaires ne peuvent exercer de fonctions.&#13;
Les vues que l’on a eues en acceptant ce changement ont été que, le désirant de la sorte,&#13;
il a été en quelque façon raisonnable de se conformer à ses sentiments, étant une&#13;
fondation qu’il a faite : [1°] c’est une providence de Dieu toute particulière de ce qu’elle&#13;
fut signée avant son départ, n’y ayant de notre part autre raison pour l’y obliger que de&#13;
ce qu’il pouvait mourir et de la sienne, qu’il était très bien disposé et intentionné, l’on&#13;
peut dire que si la chose était encore à faire présentement, elle ne se ferait point du tout,&#13;
mais la volonté de Dieu s’accomplit par les hommes très souvent sans qu’ils pénètrent&#13;
dans ses desseins ; 2° comme les héritiers de Monseigneur auraient pu trouver quelque&#13;
chose à redire qu’il eut fait une fondation de cette considération avant que d’avoir été sur&#13;
les lieux, d’où ils auraient pu conclure que, demeurant dans le Séminaire des Missions&#13;
[étrangères] à Paris, il y aurait été induit et poussé par moi et ledit Séminaire et pour&#13;
obvier à toutes ses objections, nous avons cru qu’il était assez à propos qu’après avoir&#13;
pris dans le Canada toutes les connaissances des besoins de l’Église, étant de retour en&#13;
France, il confirma de nouveau cette donation en l’appliquant à un autre usage, par le&#13;
ministère et les fonctions du Séminaire, ce qui paraît avoir été fait avec connaissance de&#13;
cause et qui rend la fondation plus solide et l’œuvre qui en fait l’acceptation d’autant plus&#13;
approuvée.&#13;
Pour ce qui concerne l’emploi du Séminaire aux missions des Sauvages, nous&#13;
devons mettre toute notre confiance en Notre-Seigneur. Pourvu que ceux qui y&#13;
seront employés soient bien remplis de son esprit, il les aidera et soutiendra dans&#13;
leurs travaux et j’espère qu’ils ne manqueront pas du nécessaire pour le temporel.&#13;
Ceux qui y réussiront avec plus de bénédiction et qu’il y faut consacrer doivent&#13;
être des sujets de grâce et qui aient de l’intérieur.&#13;
Je vous ai écrit par nos premières lettres qu’il a plus à Notre-Seigneur de disposer du bon&#13;
M. Guyon. L’on peut dire que, selon l’usage commun de parler du monde, c’est une perte&#13;
très considérable pour le Canada. Tous les talents naturels que Dieu lui avait donnés&#13;
l’avaient rendu capable de rendre de grands services à l’Église, mais il nous a voulu faire&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�connaître qu’il n’a besoin de personne : « Alia cogitationes meae aliae vestrae14. » Il nous&#13;
faut adorer ses conduites et le bénir de nous avoir ôté ce secours et appui trop humain ;&#13;
nous devons ensuite lui donner de véritables marques de la charité et amour que nous&#13;
avons eus pour lui en ce monde par le secours de nos prières, outre beaucoup de messes&#13;
et d’aumônes que nous avons faites aussitôt après son décès. Je lui ai encore appliqué&#13;
autant que je le puis toutes mes messes, à la réserve de quelques-unes, depuis le jour de&#13;
sa mort, arrivée le 10e janvier, et offert encore journellement la messe qui se dit tous les&#13;
jours dans le Séminaire à Québec.&#13;
Suivant notre intention, il a fait, comme je vous l’ai déjà mandé, une mort très chrétienne&#13;
et donné des marques d’une grande confiance en la Très Sainte Vierge, de laquelle il a reçu&#13;
une protection tout extraordinaire jusque-là ; qu’après avoir eu le sacrement de l’extrêmeonction avec plein jugement, il tomba dans un délire, duquel étant revenu, il me pria de&#13;
m’unir à lui et tous les ecclésiastiques qui étaient dans la chambre, afin de remercier la&#13;
Très Sainte Vierge de la faveur et la bonté qu’elle avait eue de venir à lui et de l’assurer&#13;
qu’elle ne l’abandonnerait pas, m’ajoutant, la larme aux yeux : « Monseigneur, ces&#13;
malheureux démons voulaient que j’abandonne la Très Sainte Vierge, mais on mettrait&#13;
toute ma chair par morceaux plutôt que de la quitter. Mettons-nous tous, me dit-il, à&#13;
genoux et prions-la de m’accorder cette miséricorde, mais il est nécessaire que ce soit avec&#13;
une grande confiance de l’obtenir, car, comme dit-il, c’est une grande grâce, elle ne peut&#13;
s’obtenir qu’avec une grande et entière confiance. »&#13;
Je dis les litanies de la Sainte Vierge, auxquelles il voulut répondre « ora pro nobis15 » jusqu’à&#13;
la fin, avec bien de la dévotion et tendresse de cœur. Lorsque je les eues finies, je dis le&#13;
Memorare et lorsque je fus à ces mots « ego tali animatus confidentia16 », il me dit :&#13;
« Monseigneur, arrêtons-nous là et redoublons notre confiance. » Et en fit plusieurs actes&#13;
pleins de dévotion et d’édification et ensuite, tout ce que je lui disais qu’il fallait faire,&#13;
aussitôt que je lui marquais que c’était pour l’amour de la Sainte Vierge, il s’animait d’un&#13;
courage et d’une force au-dessus de l’état auquel il était. Le voyant diminuer, je me&#13;
persuadai qu’il s’approchait de sa fin, ce qui faisait que j’avais peine à le quitter.&#13;
Cependant, comme M. Dudouyt croyait qu’il devait encore vivre bien plus de temps qu’il&#13;
ne fit, [il] fut d’avis que je m’allasse un peu reposer, [ce] dont j’avais besoin. En le quittant,&#13;
je lui parlai de la Très Sainte Vierge et lui dis que sans doute il éprouvait une grande&#13;
assistance de cette bonne Mère. Il me répondit bien doucement : « Elle ne me quitte&#13;
point. » Et étant sorti de sa chambre, il expira une demi-heure après.&#13;
14&#13;
&#13;
NDLR : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées » (Isaïe 55:8)&#13;
NDLR : Priez pour nous.&#13;
16&#13;
NDLR : « Animé d’une pareille confiance. », seconde strophe du chant Souvenez-vous.&#13;
15&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Nonobstant tout ce que je viens de vous dire, qui est d’édification et de consolation, il faut&#13;
cependant que je vous avoue que j’avais été un peu mortifié de voir que ce bon jeune&#13;
homme, par la facilité de son naturel affectueux, s’était laissé gagner à de certaines&#13;
créatures, au commencement par motif de charité et puis après par des attaches de nature&#13;
qui lui faisaient garder je ne sais combien de petites confidences et l’engageaient à&#13;
disposer à notre insu de beaucoup de choses ; ce qui me faisait bien de la peine et quoique&#13;
j’eusse tâché de le reprendre de toutes ses attaches, je ne jugeais pas néanmoins devoir le&#13;
pousser trop avant, de crainte de prendre des extrémités au lieu de remèdes. J’en ai agi&#13;
de cette manière à son égard, ayant assez de marques qu’il n’y avait point mal, quoique&#13;
j’eusse tout à craindre. Le pauvre ne fut pas plus tôt attaqué qu’il reconnût bien sa faute,&#13;
déplorant son amusement, inutilité et consommation du temps à tant de bagatelles et me&#13;
demanda bien pardon de ne m’avoir pas cru et profité des bons avis que je lui avais donnés&#13;
tant de fois, sur cela me priant de ne le point abandonner. Vous voyez bien par tout ceci&#13;
qu’il a besoin de prières et d’être bien secouru, car j’ai sujet d’appréhender qu’il n’ait eu du&#13;
purgatoire à souffrir. C’est pourquoi il faut avoir un grand soin de le soulager.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-3-7&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI&#13;
&#13;
— 410 —&#13;
&#13;
tre que j ’écris à M. le marquis de Seigneley. Vous verrez, par la&#13;
copie que je vous en envoie, s’il sera à propos qu’elle lui soit&#13;
rendue et par qui vous la ferez rendre. Pardonnez-moi, mon Révérend Père, toutes les peines que je vous donne, et permettezmoi d ’attendre tout de vos bons offices. Vous ne pouvez les accorder à personne qui soit avec plus de respect et de reconnaissance,&#13;
Mon Révérend Père, etc.&#13;
7&#13;
&#13;
Excerpta ex Epistola Servi Dei ad Moderatores Seminarii Quebecensis, 1687, 9 iunii. Ex Autographo in Archivo eiusdem&#13;
Seminarii asservato, Lettres N, n. 87.&#13;
La questione del ritorno del Servo di Dio nel Canadà, dopo lunghi&#13;
ondeggiamenti, si concluse col rifiuto da parte del Ee. Questo rifiuto fu&#13;
significato a Mons. de Lavai ufficialmente dal Ministro de Seigneley con&#13;
lettera del 17 giugno (n. 8 ); ma egli aveva già realmente saputo per altra&#13;
via la risoluzione reale, almeno prima del 9 giugno. E a questa occasione,&#13;
col cuore ferito per vedere tramontato un progetto a lui carissimo, scrisse&#13;
questa lettera confidenziale ai direttori del Seminario di Québec. Difficilmente, attese le circostanze, si potrebbe desiderare maggior rassegnazione e abbandono alla santa Volontà di Dio.&#13;
Di questa lettera abbiamo le fotografìe dell’autografo conservato nell ’Archivio del Seminario di Québec.&#13;
&#13;
A Paris, ce 9ème juin 1687.&#13;
Adorons les conduites de Dieu sur nous et sur toutes ses œuvres, nos très chers Messieurs. J ’espérais et j ’avais une confiance&#13;
entière qu’il me donnerait la consolation de m ’unir à vous de&#13;
corps comme je le suis de cœur et d ’esprit; mais son aimable providence en dispose tout autrement et selon son bon plaisir, qui&#13;
doit être tout notre bonheur et notre paix pour le temps et l ’éternité.&#13;
Vous connaîtrez par les copies des lettres actives et passives&#13;
que vous trouverez ci-jointes,1 ce qui m ’oblige de rester en France.&#13;
1 Lettere sopra riprodotte dal n. 2 al n. 5.&#13;
&#13;
�411 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
Je n ’eus pas plus tôt reçu ma sentence que Notre-Seigneur me&#13;
fit la grâce de me donner les sentiments d ’aller devant de très&#13;
[Saint-] Sacrement lui faire un sacrifice de tous mes désirs et de&#13;
ce qui m’est de plus cher en ce monde. Je commençai en faisant&#13;
amende honorable à la justice de Dieu, qui me voulait faire la miséricorde de reconnaître que c ’était par un juste châtiment de mes&#13;
péchés et infidélités que la Providence me privait de la bénédiction de retourner dans un lieu où je l ’avais tant offensé, et je lui&#13;
dis, ce me semble de bon cœur et en esprit d ’humiliation, ce que&#13;
le grand-prêtre Héli dit lorsque Samuel lui déclara de la part de&#13;
Dieu ce qui lui devait arriver : « Dominus est, quod bonum est&#13;
in oculis suis faciat». Mais comme la bonté de Notre-Seigneur&#13;
ne rejette point un cœur contrit et humilié, et que humiliat et&#13;
sublevat, il me fit connaître que c ’était la plus grande grâce&#13;
qu’il me pouvait faire que de me donner part aux états qu’il&#13;
a voulu porter en sa vie et en sa mort pour notre amour, en&#13;
action de grâces de laquelle je dis un Te Deum avec un cœur&#13;
rempli de joie et de consolation au fond de l ’âme, car pour la&#13;
partie inférieure, elle est laissée dans l ’amertume qu’elle doit&#13;
porter. C’est une blessure et une plaie qui sera difficile à guérir&#13;
et qui apparemment durera jusqu’à la mort, à moins qu’il ne&#13;
plaise à la divine Providence, qui dispose des cœurs comme il&#13;
lui plaît, apporter quelque changement à l ’état des affaires. Ce&#13;
sera quand il lui plaira et comme il lui plaira, sans que les créatures puissent s’y opposer, n ’étant en pouvoir de faire que ce&#13;
qu’elle leur permettra. Il est bien juste cependant que nous demeurions perdus à nous-mêmes et que nous ne vivions que de&#13;
la vie du pur abandon en tout ce qui nous regarde au dedans&#13;
comme au dehors.&#13;
Vous apprendrez par les lettres de M. Dudouyt tout ce qui&#13;
s’est passé ici touchant la conduite de M. [de Saint-Valier] depuis&#13;
son retour, (in margine: Sur l ’empêchement que l ’on a apporté&#13;
à mon retour, l ’on a allégué, et M. de S[eigneley] me l ’a dit à&#13;
moi-même, qu’il y avait lieu de douter si je vivrais bien avec&#13;
mon successeur). Il y a tous les sujets d ’être persuadé qu’il a&#13;
sourdement tramé toute cette affaire, quoiqu’il ait fait tout le&#13;
possible pour faire croire qu’il n ’y a point de part ni directement&#13;
ni indirectement. Il a fait toujours paraître beaucoup de frayeur que je ne veuille gouverner. Lorsque l ’on lui a dit qu’elle&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 412 —&#13;
&#13;
n’a pas commencé ici, en ayant déjà donné des marques en Canada, il a conclu que ne l ’ayant fait paraître que dans les conseils qu’il a tenus avec vous, il fallait que vous en eussiez écrit.&#13;
Mais il aurait été bien facile de lui faire connaître qu’il s’en&#13;
est ouvert à bien d ’autres; ex abundantia cordis os loquitur.&#13;
Il est difficile qu’un esprit préoccupé comme il est de cette pensée et aussi ardent et impétueux comme il est, s’empêche de faire&#13;
confidence aux personnes qu’il croit être par politique obligé de&#13;
gagner et d ’avoir à soi. Ce sont des effets d ’une conduite humaine&#13;
qui nous obligent d ’avoir bien recours à Dieu, afin qu’il lui donne&#13;
son esprit. C ’est bien sans fondement qu’il a cette crainte. Si la&#13;
personne qu’il appréhende avait eu ce désir et cette disposition,&#13;
il n ’aurait pas paru en ce qu’il a fait à son égard une conduite&#13;
toute opposée, nonne manens sibi manebat. Cela nous doit faire&#13;
voir que quand notre esprit est laissé à lui-même, il se travaille&#13;
bien inutilement. Il faut mettre toute notre confiance et notre&#13;
force en Notre-Seigneur, en sa sainte Mère et toute sa sainte&#13;
Famille. C ’est l ’œuvre de Dieu, et nous avons par sa miséricorde&#13;
cherché uniquement sa gloire en ce que nous avons fait ou, pour&#13;
mieux dire, en ce que le sentiment des serviteurs de Dieu a fait&#13;
unanimement. Ainsi j ’espère qu ’il tirera de cette épreuve le bien&#13;
de l ’Église et qu’il fortifiera de son divin Esprit tous ceux qui&#13;
auront eu part à ses souffrances.&#13;
Parla poi di un sacerdote, di un suddiacono e di alcuni operai che&#13;
dovevano partire per il Canada.&#13;
&#13;
Je ne doute point que l ’on ne soit fort surpris dans le pays&#13;
de voir que je ne repasse point, M. de Yilleray et tous ceux qui&#13;
étaient en France m ’ayant toujours vu dans ce dessein et ce désir et que l ’état de ma santé n ’en aura pas été cause. Comme l ’on&#13;
a déjà dit ici que c ’était par ordre, ainsi que vous connaîtrez par&#13;
la dernière lettre que j ’écris au P. de La Chaise, il y a bien de&#13;
l ’apparence que ce bruit ira jusqu’à La Rochelle et ensuite en&#13;
Canada. Je n ’y dois pas contribuer; l ’esprit de Notre-Seigneur&#13;
nous y oblige, parce que l ’on ne manquera pas de l ’attribuer à&#13;
M. [de Saint-Yalier]. J ’ai fait ici ce que nous avons pu pour&#13;
que l ’on croie que c ’est par des considérations particulières. Sachant qu’ils en sont informés à St-Sulpice, nous avons fait parler à M. Tronson, afin qu’il y apporte le remède autant qu’il le&#13;
&#13;
�413 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
jugera nécessaire. Je ne sais pas ce qu’il fera. En tout cas, il&#13;
faut faire de notre côté ce que l ’esprit de grâce demande de nous.&#13;
Notre-Seigneur tirera sa gloire de tout. Ceux qui ont connu la&#13;
disposition des esprits en Canada, jugeront aussi de la source&#13;
et du principe. Le P. Dablon a écrit qu’il était assuré que l ’on&#13;
apporterait de l ’opposition à mon retour et qu’il le savait bien.&#13;
S ’il ne vous a pas dit la même cliose, ne lui en faites rien paraître, parce qu’il verrait bien que M. Dudouyt vous l ’aurait écrit.&#13;
Il faut qu’il l ’ait su de personnes auxquelles l ’on en ait fait confidence ou qui aient reconnu par des marques assurées la disposition des esprits pour cet effet. Quoi qu’il en soit, c ’est de la&#13;
main de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère que nous devons&#13;
tout recevoir comme une grâce bien spéciale, et je puis dire pour&#13;
moi la plus grande et la plus précieuse que j ’aie encore reçue de&#13;
ma vie. Priez-les que j ’en fasse un saint usage et j ’espère néanmoins qu’ils me feront la miséricorde de mourir en Canada, quoique j ’aie bien mérité d ’être privé de cette consolation. Verumtamen non mea sed Dei voluntas fiat. Je possède sur cela par&#13;
sa bonté infinie une paix profonde dans le fond de l ’âme.&#13;
Tous ceux qui conservent l ’esprit d ’union avec le Séminaire&#13;
seront bien contristés et consternés de ne voir passer aucun ecclésiastique encore cette année. J ’aurais tâché de contribuer à&#13;
les soutenir et fortifier si j ’avais passé moi-même. Mais il faut&#13;
bénir Dieu et adorer son aimable conduite. Le bon M. Brûlon&#13;
espérait bien pour tout délai pouvoir revenir au Séminaire, aussi&#13;
bien que M. de Caumont; mais il ne faut pas que M. Brûlon s’inquiète et qu’il se règle et s’appuie sur ses sentiments et son propre jugement; qu’il mette toute confiance en Notre-Seigneur, qui,&#13;
après nous avoir éprouvés, lui donnera l ’accomplissement de ce&#13;
qu’il désire.&#13;
Mons. de Laval aggiunge qualche parola sul ministero da affidare ad&#13;
alcuni sacerdoti della diocesi. Poi accennando ai debiti del Seminario,&#13;
scrive :&#13;
&#13;
M. Dudouyt vous écrit l ’état du temporel. Il ne peut pas&#13;
être plus engagé et plus embarrassé qu’il est. M. le Supérieur,&#13;
voyant l ’extrémité où l ’on était, sans avoir quoi que ce soit pour&#13;
acquitter les lettres de change que vous avez envoyées, a prêté&#13;
huit mille francs que l ’on prend d ’un remboursement qui s’est&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 414 —&#13;
&#13;
fait; sans quoi il aurait fallu sans remède laisser protester les&#13;
dites lettres de change et souffrir honteusement une espèce de&#13;
banqueroute. Voilà à quoi on s’est exposé par les grandes dépenses auxquelles l ’on s’est engagé mal à propos. Ce n ’est rien que&#13;
l ’emprunt; la difficulté [est] de pouvoir s’acquitter de cette dette&#13;
avec celle de M. Gfuenet, dont il reste encore près huit mille francs&#13;
argent de France à payer. L ’on s’est obligé de rendre celle du Séminaire en deux ans, en sorte qu’il faut pendant ces deux années trouver quatre mille cinq cents livres, joignant mille francs&#13;
que l ’on lui doit d ’ailleurs aux huit mille francs empruntés. Ce&#13;
sont près de huit mille cinq cents livres qu’il faut payer en ces&#13;
deux articles chaque année. Vous pouvez juger de la peine où&#13;
l ’on va être pour trouver cette somme, outre laquelle il faut encore fournir à la dépense de France, qui n ’est pas petite dans&#13;
le Séminaire pour ceux dont le Canada doit être chargé. Il ne&#13;
faut pas s’attendre d ’être soulagé de quoi que ce soit de la part&#13;
de M. [de Saint-Valier]. J ’ai bien reconnu ses dispositions à ce&#13;
regard aussitôt qu’il [fût] arrivé en France, quoique quelques&#13;
considérations humaines l ’aient obligé à ne le pas faire paraître&#13;
tout d ’un coup, disant que le partage qui avait été fait avec le&#13;
Séminaire en lui laissant le revenu qui lui appartient aux abbayes,&#13;
n ’empêcherait pas [que] la communauté de biens ne pût subsister. Mais nous lui fîmes voir le contraire et l ’impossibilité de&#13;
garder ses mesures, et que ce qu’il avait dessein de laisser, n ’était&#13;
pas capable de fournir aux charges dont il prétendait charger&#13;
le Séminaire, ayant la vue que ce qui proviendra à lui appartenant des dites abbayes serait pour le défrayer avec ceux qu’il&#13;
aurait avec lui dans sa maison, soit pour nourriture soit pour&#13;
entretien, en sorte que le dessein qu’il a pris est de vivre séparé&#13;
de tout, comme si jamais il n ’avait eu aucun sentiment ni mouvement de grâce pour vivre autrement.&#13;
Bien loin qu’il ait voulu convenir qu’il ait été la cause des&#13;
dettes et engagements que l ’on a contractés au Séminaire dans&#13;
le temps qu’il a été en Canada, il s’est efforcé pour faire voir&#13;
qu’il y a plus procuré et apporté que la dépense soit d ’enfants&#13;
soit d ’ecclésiastiques avec toute leur suite n ’a été grande. D ’où&#13;
il conclut que les acquisitions et dépenses au moulin à scie, à&#13;
l ’île de Jésus et autres lieux est l ’unique cause des dettes et affaires du Séminaire de Québec et a pris cette affaire si à cœur&#13;
&#13;
�— 415 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
et avec tant d ’ardeur, que l ’on peut dire qu’elle a été en partie&#13;
la raison qu’il a prise pour prétexte et fondement de se désunir&#13;
tout à fait et même de tout ce qui est arrivé à la suite, que vous&#13;
apprendrez par tout ce que l ’on vous écrit. Vous pouvez bien inférer de sa disposition que ce n ’est, pas de son revenu que nous&#13;
devons attendre de quoi soulager et acquitter les dettes du Séminaire, quoique vous nous ayez souvent mandé par vos lettres&#13;
qu’il vous avait assuré qu’il trouverait bien en France de quoi&#13;
les acquitter et que l ’on ne devait point craindre de prendre des&#13;
enfants et des ecclésiastiques; sur quoi il me souvient de vous&#13;
avoir répondu qu’il pouvait bien arriver du changement et que&#13;
cependant le Séminaire demeurerait toujours chargé de dettes;&#13;
ce qui est arrivé et que, quoiqu’il puisse aider, il n ’a aucune disposition pour cet effet. Il faut adorer la Providence de cet éloignement et mettre toute notre confiance et notre appui en elle.&#13;
Cependant il est d ’une nécessité absolue de retrancher de&#13;
toute manière toutes les occasions de dépenses, afin de pouvoir&#13;
payer les dettes. Si l ’on peut du côté de la France venir à bout&#13;
d ’acquitter les neuf mille francs que nous devons au Séminaire&#13;
avec le courant de la dépense et la dette de M. Gfuenet en deux&#13;
années, ce sera assurément une chose beaucoup au-dessus de nos&#13;
forces, parce que outre cela il est nécessaire d ’envoyer des étoffes et le reste des besoins qui s’achètent à Paris, sans parler des&#13;
frais et dépenses des embarquements et du fret de ce que l ’on&#13;
envoie, et au cas que Notre-Seigneur me fasse la miséricorde de&#13;
pouvoir retourner, la dépense qu’il faut pour cela et de ceux qui&#13;
passeraient avec nous, il faut faire état que tout cela joint ensemble se montera bien à quatorze mille francs, et c ’est au plus&#13;
si nous en pourrons avoir neuf mille. Où prendre le reste0? De&#13;
trouver à emprunter, c ’est à quoi il ne faut pas penser, étant une&#13;
chose impossible, ni de se pouvoir dispenser de rendre au Séminaire l ’an prochain et la suivante ce qu’ils ont prêté, dont ils&#13;
auront besoin; sans quoi ils ne l ’auraient pas assurément prêté.&#13;
Je sais bien ce que vous avez de difficultés. J ’ai encore tout&#13;
assez présent pour me les remettre et me mettre en votre place.&#13;
Mais d ’autre part, vous savez ce que c ’est que de devoir. Si la&#13;
providence de Dieu avait permis que j ’eusse été au pays, j ’aurais&#13;
pris de plus grandes précautions et sûretés de M. [de Saint-Valier], ou l ’on n ’aurait pas entrepris tant de choses. Il m ’était&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 416 —&#13;
&#13;
libre et facile de passer la première et seconde année. Le Roi s’était déclaré sur cela. Mais la considération du bien de l ’Église&#13;
de Canada me fit rester et la condescendance que j ’eus la seconde&#13;
pour ce qu’il (Mgr de Saint-Valier) m ’écrivait que les mêmes&#13;
raisons subsistaient encore, m ’engagèrent au même. Ainsi nous&#13;
voilà, par une conduite spéciale de Notre-Seigneur sur moi, à&#13;
demeurer tant qu’il lui plaira dans le lieu de notre exil, que&#13;
je ne pensais pas à mon départ de Canada venir trouver en&#13;
France. Tout ce qui vient de sa main nous doit être aimable et&#13;
adorable.&#13;
Quoique M. [de Saint-Valier] fasse paraître qu’il est nécessaire de conserver les curés dans la désappropriation, il prend&#13;
tous les moyens qui sont capables de les rendre tous propriétaires et semblables à ceux de France. Comme cependant il y en&#13;
aura plusieurs qui auront de la grâce et qui conserveront les sentiments dans lesquels ils auront été élevés, il faut aussi conserver avec eux le même esprit et union, et faire aux autres tout&#13;
le bien que l ’on pourra dans l ’esprit de charité et se disposer à&#13;
voir tous les changements que la divine Providence permettra&#13;
qu’il arrive dans l ’Église du Canada, de laquelle j ’espère que&#13;
la très sainte Vierge en prendra un soin tout particulier et spécialement du Séminaire consacré à la très sainte Famille de&#13;
J ésus.&#13;
Pour ce qui concerne l ’emploi du Séminaire aux missions&#13;
des sauvages, nous devons mettre toute notre confiance en Rotre-Seigneur. Pourvu que ceux qui y seront employés soient bien&#13;
remplis de son esprit, il les aidera et soutiendra dans leurs travaux, et j ’espère qu ’ils ne manqueront pas du nécessaire pour le&#13;
temporel. Ceux qui y réussiront avec plus de bénédiction et qu’il&#13;
y faut consacrer, doivent être des sujets de grâce et qui aient&#13;
de l ’intérieur.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-3-7</text>
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                    <text>archives du Séminaire fi©&#13;
&#13;
1637(9 JûiH î&#13;
&#13;
tpébee*hettres H no 87&#13;
î&amp;sœ 40 Laval ans MS*Sa Séminaire de Québec*&#13;
a paris es 3 iuin 1687&#13;
jUo eoBtaUteo de Dieu sur noua e t sur tous ses oeuurea&#13;
nos trè s chers Krs-.ieaperois e t iauois unne confiance entiers quil «B&#13;
aonnerolt la consolation âe aunir s vous Be corps comme ie l e suis De&#13;
coeur et Besprit maie son aymabi© grouiâeno© dispos© tout autrement et&#13;
selon son Bon p la is ir qtii finit estre tout noatre Siofmeur e t nostr© pais&#13;
pour l e tes%s e t Letemit®,vous eoanoistrés par le s copies Des le ttr e s&#13;
actives et passives que vous treuuerés ey io iste s o© qui o b lig e De&#13;
Rester en France*1® sens pas g le ste st Receu sa sentence que nostre Sei­&#13;
gneur se f i s t ïa grae© B© ©e donner le s sentiaens Beller Beuant 10 très&#13;
sacrement Luy ifeire un sacrifie©&#13;
&#13;
Be tous mes Besir© ©t B© c© cpi ©est Be&#13;
&#13;
plu® cher en m ©oad©*!® ecsamencâd «a d is a n t aiaaaâe honorable a La iu e tio© B© dieu qui s&amp;© veulloit fa ire La saisericorfi© B© aeeocg^oi^tre que eea*&#13;
t o it par un iust® cîmstimcnt Bs ©es pescbés ©I ia f iô s îit ls que la pm»&#13;
uiâenee me p riao it B© la Bénédiction Be Retourner Usas un Lin® ou&#13;
Iauois tant offensé*et i© Luy dis ce a© semble Bs Boa coeur et a i esprit&#13;
Ks«mllis.tîen o© que i© grand prostré hsli, d lst lorsqu© s ^ t e i Isy fie-,&#13;
c la r s B© la part B© Bleu c© qui Lay Benoit arrimer Bornions ©%$ quofi B»~&#13;
mm eat in coulis suis faointBScio ooaa© ^ S ^ t é Be neutre ©âiggniur n s&#13;
f©i@ll© pfiiat un ©©Gur co n trit ©t humilié ©t 18© humiliât e t subleu&amp;t&#13;
i l a® f i s t con^oistre que o esto it L© » * » m m m&#13;
fa ir e&#13;
&#13;
as Bouuoit&#13;
&#13;
ta© St a * donner part mm ©sta ta qfiil a ‘Mft&amp;Sg&#13;
&#13;
©a ça mort&#13;
e t ©a s® vie pour aoetr© a&amp;mm m action Be grâces s© la qu©i^e ie ^&#13;
&#13;
mm te âi®s mm m coeur 9mpt% Be legre ©t B© consolation au&#13;
&#13;
^&#13;
&#13;
�-a *&#13;
Lame,car peur la partie Mf«rieur©»©Il © est laissée Bans tasiertum© «jaelX©&#13;
Boit porter ©est «nu© Blessure et unaa play® qui sera D iffic ile a guorir&#13;
et qui apparemment Durera iusquas a la sort» a moins qui! plaise a la diuî»e proui&amp;ene^qui dispose Des coeurs comme i l tay plais|/apporter quelque&#13;
changement a te s tâ t Bec affaires;®© sera quand i l tay plaira e t comme i l&#13;
tuy pialjçm sans qa© te s créatures puissent ay opposer sestant en pouuoir&#13;
(s) et&#13;
wma me&#13;
&#13;
De fa ire que ce quelle leur permettra i l est Bieto iusto cpondant que nous&#13;
Demeurions permis a nous mesaei^îuions que Ss la r ie du pur abandon «a&#13;
tout ce qui nousîfflegarde m dedans et au dehors&#13;
vous appreâârâs par te s Lettres Bs MT du douyt tout ce qui&#13;
sest passé tey concernant ta conâuittr Be S» Depuis son Hotour^il y a tous&#13;
te s Hûieta Beatre persuade qaü a souddeiaent tressé toute cette a ffa ire qaoy&#13;
quil aye fu ie t tout te possible pour fa ire erOyr© quü sy s point Be part ny&#13;
Directement ay indirectement ;H a fa ic t tondeurs paroistr© Beaucoup B©&#13;
frayeur ç&amp;éÊfe*m v e ille gouuemer K p que Bon I»y a d ict quelle ne pas egæ»&#13;
ftencé ioy en ayant Beslst donné Bes marques en canada i l a conclu que Us tay»&#13;
ont fa lo t paroistre qu© Bans tes conseils qui! a M u s au©c vous i l fa l­&#13;
l a i t que vous en eussiez ©scrit nais i l aurolt esté bien fa e ille Be&#13;
tay fa ire connoistre qttil son est ouuorfc a bien Bautres m abondatia eordis os toqultur i l est d iff ic ile qun esprit preooaup© eoam® i l est De&#13;
ce tte pensée e t aussi ardent et impétueux comme i l est ©empcache De fa i­&#13;
re confidence&#13;
&#13;
sue&#13;
&#13;
persesmea qui! c ro it estr® par politique obligé de gui­&#13;
&#13;
gner et Buuoir &amp; sol je « sont Des effeetn dans© conduitte humain© qui mmm&#13;
Bauoir bien Recours a Dieu « f is quü Xuy donne son&#13;
quffc a ce tte crainte s ü a personne qui!&#13;
e t cotte disposition « il aaayoit pas paru*©» c© auil a&#13;
son&#13;
&#13;
ubh©&#13;
&#13;
nous&#13;
&#13;
oppose© mm no asuens s ib i&#13;
&#13;
�i l ae tpanallle Bietj inatillornent f i l faut mettre tente nostre confiance&#13;
e t aostre Übre® m nosfcr© seigneur m m ate sers et toute sa ata famil­&#13;
le é ta t Loeuure 9® dieu noua auoas par sa misericors© cherché uniquement&#13;
s© gloire m es que nous auons ifaiet ou pour mieux Sûre mt ce &lt;p© L© sen­&#13;
timent Mm seruiteurs 9a Dieu a fhiôt umniaem©nt#ainsi îsapera quil&#13;
tire ra 4e nette ©prenne Le M m 4e Leglise et quil fo rtifie r a De son 94*&#13;
ai» esprit tous ceux qui auront sa part a ses seu^franees&#13;
{en marge)&#13;
&#13;
sur Lempeschsmant que Ion a apporté à mon Retour ion&#13;
&#13;
a allégué et Hr De S*ae Le â ic t a soy messie qui! y auoit Lieu 4e douate r&#13;
s i? te vivrais Bien auec mon successeur&#13;
N«B. Dans le s deux pagessqui suivent Mgr de Laval p arle d ’un&#13;
Jeune sous-diacre,M .Trem blay,d’un menuisier e t d ’un enfant qui t r a versent au Canada,&#13;
&#13;
G .-E .D .,p tre .&#13;
&#13;
�ie a© doute point que Ion so it fb rt surpris Bans La pais Be voir&#13;
que îe a© Bepass© point Mr 9e villeray e t tous ceux qui estoint en fran­&#13;
cs manant tousiours veu Sans ce Dessein e t ee Beslr e t que Lestât De a a&#13;
santé n©n aura pas esté cause casas Lon a Besla Met iey que eesto lt par&#13;
ordre vous eongaoistréa par La Derniers Lettre que is s c r is au p*B© La&#13;
chaise i l y a Bien De Lapparanee que ce Bruit yra iusquee a La Rochelle,&#13;
e t ansuitfee en canada,ie ay d o is pas contribuer Lesprit De nostra nous&#13;
y oblige parce que Lon ne manquera pas % Lattriîmer a&#13;
&#13;
iay fa ic t icy&#13;
&#13;
ce que sous suons pu pour que Lon eroys que csat par Ses considérations&#13;
partieull ie res; soachant qttila en sont informés a St Sulpico nous suons&#13;
fa lo t parler a Kr troason afin q«ü y apporte Le Bemede autant quil Le&#13;
logera necessaire ie ne seais pas ce quil fera en tout cas i l fau lt&#13;
fa ire de aostre eoste ce que Lesprit B© grâce Demande Dénoua nostre&#13;
seigneur t i r a s sa gloire Be tout;ceux qui ont connu La disposition Ses&#13;
esprits en canada logèrent aussi Be La source e t du principe Le pere&#13;
patios a escrit quil e sta it aaseuré que Lon apportaroit Se Lopposltion&#13;
a non Retour e t quil Le seauêit bien, s i i l ne vous a pas Blet&#13;
&#13;
La mes»&#13;
&#13;
me chose,ço Lny en falo tes Bien paroistr® pareeque i l verrait Bien que&#13;
ür Bu douyt vous Lanroit o s e r it ,il fa a lt quil lay seeu Be personnes m x&#13;
quelles Lon en aye ghlct confidence ou quüs ayant Reconnu par Des&#13;
marques asseurees la disposition Des esprits pour c e t effedt,quoy quil&#13;
en soitceot Be La sain Be nostre seigneur e t de sa ste mer© que nous&#13;
Bernons tout Reeeuoir coma© unno grâce Bien spécial^© e t ie puis dire&#13;
pour acy La plus grand© et La plus pretiense que l*are encor Reeeu Be sa&#13;
vie pries Les que i m fasse un saint usage &amp; iesper© neanmoins quil© me&#13;
feront .La miséricorde B@ mourir m canada quoyqut isy@ bien mérité&#13;
&#13;
�Bestre priué De cette cotisai et Ion vermatamen non mm. sed Sel voluntas&#13;
f ia t ie&#13;
&#13;
sur cela pat sa Bout® infini© usa® pais profonde Bans&#13;
&#13;
Le fonds 2© lame&#13;
tou® cens qdi eonserueat Lesprit Bunioa auec Le sémi­&#13;
naire seront Bien contristés ©t consternés Be a© voir passer aucun m~&#13;
o lesiastifa^ l encor ce tte année iaurois tasehé B® contribuer a Les soucten ir et fo r tifie r s i iauois passe moy meme mais i l faut Bénir dieu&#13;
e t adorer son apaable eondaitte La Bon Mr Bresoa esperoit bien pour tout&#13;
Besîaj Reuenir au s©ainair© *aussi Bien «p© Me Beaumont mais i l ne fau lt&#13;
pas &lt;pe nr Sresson s inquiet© e t quil se BegL© e t sappuye sur ses sen timeas e t son propre logement quil mette toute confiance an nostrs sei»&#13;
gBcuuy&#13;
&#13;
apres nous auoir espronue Luy Bomaora Laceoiap11sa ©stent 9@ ce&#13;
&#13;
quil pesira iay fa ic t ce qui sia esté possible pour fa ire Repasser Mr&#13;
trouué pour quebeo Pans La veu© que Los pourroit Le mettre aux tro is Riuieres pour Luy 'Sauner Le meyen 4e ioulr Be l&amp; c o n fiâ t ion B© Beuenir&#13;
au Séminaire «*«1* la cour ayant accordé 1200&#13;
&#13;
pour Lasadie pour 4&#13;
&#13;
ecclesiastiques e t Me geogeoy «osa© vous apprendras estantjNpascé m&#13;
tr é m a estant incertain s i Me gaaltier m m passé ce printemps c© qui&#13;
sero it lien ©propos &lt;pil néant pas exm utê S*a vsullu que W trouuê y&#13;
a llan t i l doit passer élans La diligents et demeurer a cbftabouetoa aum&#13;
Le gouueraeur de Laeaâi© Los y doit venir «périr du port Royal&#13;
vous curés Bec eu mes premier®© Lettres par le s quelles&#13;
ie vous mandais qu© s i Mr e n t i e r aestoit point p arti pour a lle r a Lscaâle ie ne Le point ©saoyer 9° pareeque esseur^aent i l ns point 1® santé&#13;
ay ie cap pim i m capable 2© porter La fatigue M ses missions La 2« par&#13;
ce que quoy qu© i l y ey© Beaucoup a sou ffrir i l ®y a pas le «poy occuper&#13;
un Bon ouuricr&#13;
&#13;
cob®c&#13;
&#13;
lay i l a B© La v@rtÉ e t 4© Bonnes qualités nostre&#13;
&#13;
smtSmmt e st que veu&#13;
&#13;
d ifficu lté trè s ^maâ@ qui! p&#13;
&#13;
«a fimsê© B®&#13;
&#13;
�■fapôuiîerSes GuuriQrs} e t su esgard a La&#13;
&#13;
coqionc ture&#13;
&#13;
du gouuernaia©îit B© Les—&#13;
&#13;
g lis e s il s croît apropos Punir Mr gaultier au asaj&amp;naireparee que a quelque©&#13;
prix que ce so it i l fau lt se seruir Bas ouurlers que la prouidence Iny&#13;
a donné pour soustenlr ee qui lay e st plus essentiel et dobligation mi­&#13;
tre tous les emploies qui touâhent De plus près l e séminaire iay tousioura&#13;
enuisagé La eure Biqpebee coùae le plus important et absolument necessai­&#13;
re pour Leducation Des anfans; selon toute apparence Lon obiactera quelle&#13;
ne et pas administrée comme e lle Le doit estre lon prendrait occasion B©&#13;
ie tte r la veue sur un autre corps pour la remplir,noua ingérons qui! y&#13;
fau lt mettre un curé et un vicaire qui soi&amp;t luges capables e t propres&#13;
pour en soutenir le s fonctions ie ne treuue pas que Los puisse se dis­&#13;
penser Dy consacrer Sr glandeletpour curé et personne qui so it plus pro­&#13;
pre pour vicaire que Wc gaultier M«a fa ic t plusieurs fo is eonnolstre&#13;
esses clairement qui! auoifc Be La peine Be voir Le maniéré Sont La&#13;
paroisse est Besseznrie e t quil y auoit u&amp;ne grande ignorée e Bons tout&#13;
quebec, ainsi i l estdwme absolue nécessité dy estab lir quelque autre a&#13;
la place Be Mon Blet 3r Be Bernieres au plus to st.a fin que le printemps&#13;
prochain i l y sye eu Besia quelque temps que la chose sye esté falote que&#13;
ISSU jWâ®&#13;
&#13;
o4 a^&#13;
&#13;
Ses L&amp;utomne et que La chose ne semble pas&#13;
&#13;
nouuelie en ce temps La etauoir fa ic t exprès ce que Xon pourroit tvsuusr&#13;
et peut estre nauoir pas Beust fa ire auant Larrinee proche Be M. i l f&amp;ult&#13;
messie luy en oser ire Laatonm© et Dira comme i l sca it que cela e st vray&#13;
que lon y a est© obligé a cause Bss incommodités Be mm Met s r M BersieresiBOus ne doutons point que s î Mr Bes a siz e re ts,e to it en estât pour&#13;
La voix Be Remplir ce t eiaploy i l ne fa llu t ly mettre pour Beaucoup B© Bai­&#13;
sons i l pourrait Bien plus facillemont expédier et se Usâmes!erBe Beaucoup&#13;
Baffoires&#13;
&#13;
qui concernent le prochain e t le Bien Bes araeajil a plus Bax-&#13;
&#13;
pedi eut pour Bescouurir et Remédier an mal;et plus Be lib erté Besprit&#13;
pour vaquer a toute® le© fonctions pour LesiabîIs&amp;éme&amp;t 1® Lsglise suc­&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
�cursale et 9e tout ce qni en fltepend a la suite toutes ces considérations&#13;
obligent de mettre Mon diet sïpes maizerets curé quoy quil naye point 9e&#13;
vois: et Mr glandelet suppleroit aux sermons eepe&amp;dan^est unne chose quil&#13;
est ©propos De Remettre eu iugement que tous ensemble vous pourras por­&#13;
te r sur oette affaire Sautant g* e Ion ne peut pas nestant point prenant&#13;
Bien iuger De la chose et Des tnccsraeniens quil est neanmoins expédient&#13;
ïy peuroolr suant que Les vaisseaux soint De Retour en franc©&#13;
Monsieur du douyt vous escrit Lestât du temporel i l ne peut&#13;
pas estre plus engage et eiabarassé qui! est Mr la supérieur voyant Lextremite ou Lon es to it sans auoir quoyque ce so it pour acquitter LesLôfttres De change que vous auôs asseye a presté huit a i l fronts que Lon&#13;
prend Dan Remboursement qui sest fa ie t sans quey i l auroit fa llu sans Re~&#13;
sede Laisser protester Les Bittes Lettres De change et sou ffrir honteuse­&#13;
ment unne espece De Banqueroute voyla a quoy on sest exposé par Les&#13;
grandes Dépenses auxquelles Los sest engage mal ©propos ce naat rien&#13;
que Lemprunt La d ifficu lté De pouuoir sac quitter M cette Dette eues&#13;
c e lle De Mr gnenet Dont i l Reste encor près huit mil fronts argent De&#13;
francs a payierjLon sest obligé De Rendre c e lle du séminaire en Beux ©ns;&#13;
en sorte quil fouit pendant ces deux années treunor quatre mil cinq cent&#13;
Liuresîioignaut mil fronts que Lon doit Bailleurs aux huit a i l fronts&#13;
era^runtés ce sent près fie huit a i l sinq cent Llures quil fo u it papier&#13;
m ses Beux a rtic le s chaque année vous poncés iuger De la peine en lon&#13;
va estre pour treuuer cette sosne,outre La quelle i l fsulfc encor foura ir a La Dépens# De franco $ *i nest pas p e tite Bans La séminaire pour ceux&#13;
Dont Le canada Soit estre chargé, i ! ne fkult pas ^attendre Desire soûla-,&#13;
gé De la part De M*iay M m R ecoin ses Dispositions a ce Regard aussi&#13;
te st quil arriué en francs quoy que quelques considération humaine&#13;
Lay&amp;it obligé © ne Le pas fa ire parolstre tout du» coup lisa n t que Le par­&#13;
tage qui auoit esté f&amp;iet m m ïa séminaire en Luy laissan t Le Reuenu &lt;Stti&#13;
Luy appartient aux ©hhayiea n^pescheroit pas La ©ocaaunautê De OjMjfft ne&#13;
&#13;
�*&#13;
-&#13;
&#13;
8-&#13;
&#13;
peaat subsister m is usas Lay fisse s voir Le contraire et Limpoasibilité De garder ses mesures, et que ce quil auoit Dessein De Laisser nes to it&#13;
pas capable De fournir aux charges Dont i l pretendoit charger Le séminai­&#13;
re ayant La veua que ce qui proulendra a Luy appartenant Des DIttes ahbayies seroit pour Le Defrayier auec ceux qui auroit auee Xmy Dans sa&#13;
maison •aêr&amp;ét pour nourriture so it pour entretien en sorte que Le Des­&#13;
sein quil a pris est De vivre séparé De tout coma© s i l nauoit aucun sen­&#13;
timent ny souueaent de grâce pair vivre autrement&#13;
&#13;
t&#13;
&#13;
Bien loing quil sye voullu contenir quil aye eéla cause Des&#13;
Dettes et a^geaens que £on a contracté au séminaire Dans Le teiaps quil&#13;
a esté en canada,il sest efforeépour m ire voir quil $ a plus procuré e t&#13;
apporte que La dépense so it Basfams so it Decclesiastiques auee to i te Leur&#13;
suit te na esté grande dou i l conclut que Les acquisitions et Dépensés m&#13;
moullin a scie a Liai© De les» e t autres Lieux est Xnnlqns cause Des Det­&#13;
tes et a ffa ire do séminaire De quebeo et a p ris ce tte a ffa ire s i a soeur&#13;
que Lon pâut Dire quelle a esté en partie La Baisas quil a p ris pair&#13;
prétexté et fondement De se désunir tout a ffeiet e t meme De tout ce&#13;
qui e s t arrime' a La su itte que vous apprendrez par tout ce que tsm vous&#13;
e se rit vous pouués Bien Inferer de sa disposotion que ce nest pas De son&#13;
Houenu que noms Bsaions attendre De quey souslsger et acquitter Les Dettes&#13;
Dm séminaire i quoy que vous noms ayâs sonnent mandé par vos Lettres quil&#13;
vous amoit asseurê quil treuueroit Bien en franco De quey Les acquitter&#13;
e t que Lon ne âemolt point craindre De pranS&amp;o Des anf&amp;na et des accise&#13;
siastiquestaur qouy i l me semaient Se vous suoir Hspondu quil pcuuoit Bien&#13;
arriuer Du changement et que cepandaat Le séminaire Semeur©it chargé De&#13;
Bettes ce qui est arrimé e t cpe qouy que i l Le puisse ayder i l na aucunse disposition pour ce t affect i l fau lt adorer la procidence % cet eslo lgneaent et mettre&#13;
&#13;
toute neutre confiance e t neutre spp&amp;y m ail@$oeps&amp;»&#13;
&#13;
dent Ü est donne nécessite absolue Do Betrancher Detoute mandera toutes&#13;
Les occasion® De dépensa afin De pouuoir psyier Im Bettes s i Lon p§«fi&amp;&#13;
&#13;
�du eosfcé De %&amp;. francs a reair a bout Bac quitter Les neuf mil frants «pe&#13;
nous Douons au séminaire auec Le courront De La dépensa et La Dette De&#13;
M* gu©net «a deux années ce sera asssnrement unne chose Beaucoup au&#13;
dessus De nos forces parc aque outre cela i l est necessaire Bsnuoyer&#13;
Dse estoffes e t Le Reste Des Besoins qui sacheptent a paris sans parler&#13;
Des fra is et dépensés Des ambarquesteas et Du fr e t De ce que Le» anaoye;&#13;
et au cas que nostrs 8* me fasse La miséricorde&#13;
&#13;
d® pouuoir&#13;
&#13;
Retourner&#13;
&#13;
la âepsnse quil fau ït pour cela et De cause &lt;pi passer©int auec nous;il&#13;
J M I t faire estât que tout cela ioin t ensemble se montera M m a qua­&#13;
torze mil fronts et cest au plus s i nous en pouuons anoir neuf m ille ou&#13;
prendre Le Reste De treuuer a espsunter ce st a quoy i l ne fhnlt pas pen­&#13;
ser estant unne chose impossible ay De se pouuoir Dispenser De Rendre&#13;
au séminaire Lan prochain et La saluante ee qulls ont presté Dont i l s au­&#13;
ront Besoin sansquoy ü « ne Laaroint pas presté vous Bsuez conclure De&#13;
La qull est du tout impossible Bac quitter en franco Le reste de La debte&#13;
De Kr agur,©©3t Beaucoup Deuoir pu Xuy payer La moitié De sa ®ebt© qui&#13;
est cinq mil fronts outre toutes Les autres Lettres De ehang® que Ion&#13;
a accepté et p&amp;yie i l Reste Donc encor cinq mil fraats a payier*B© ce lle&#13;
De dis mil fronts p ris de franco que Lan Lay doit laquelle somme 11 fouit&#13;
treuuer moyen a quoique p ris que ce s o it&#13;
&#13;
De pqyler Dans Le paia^voyies&#13;
&#13;
le quelle manier© vous en pourras venir a Bout sans $te Ion a accordé&#13;
m séminaire 2QQQ''&#13;
&#13;
De gratification e t ce que ton a espargaé e t ^*11&#13;
&#13;
suroit cous te pour oestre passage et voyage Lan aut o it pu payler que tro is&#13;
mil frants au &amp;r De Larme sur sa debte de 1000043,* cet* arrimé* «un* autre»&#13;
secours* $e* £a° proalâenee* q* i* vous» ay&amp;era» ©e voetra «esté pour pays* Le&#13;
flt Tfr-prirmiH&#13;
fl^non Bn-^îiTm quolt) ^cinalfl qtrn ffoîtffîSff1 cmtri&#13;
nn- o a ls-flftwrolfl nrla le .,ni tut gffBUdas&#13;
&#13;
ft^&#13;
&#13;
saroit pas ontropria tant Ds&#13;
&#13;
ta nroBiioro-at fseaflgtds jatraca-Lo nny mi'MstNM-s-r.flfio’îrrï'^&#13;
&#13;
nrr.Mn B© fiir-eu Tan&#13;
110 pasaey&#13;
&#13;
gin ionfiifît-&#13;
&#13;
ftffjft-&#13;
&#13;
�Dit&#13;
&#13;
bt&#13;
&#13;
a sur&#13;
&#13;
est que par Les grands soins et applications qua apporté&#13;
&#13;
Hr De villeray auquel 1mi en a asseurement gmnde obligation La cour en­&#13;
fin a ordonné que Les charma indispensables seront pariées p ris De fran­&#13;
cs ain si Les quatre mil fTants on vaudront slnq mil tro is cent tant&#13;
$&#13;
ôt&lt;&#13;
prise Sa pais et Les mil fr&amp;nts que Les iesuittos me âoiuent payier^ pldsto st La sinqutesme partie De La pension De cinq mil Hures fera encor un­&#13;
ité augmentation De tro is cent tant De Liures io in t a cela la part et por­&#13;
tion qui Beuient aux Curée Sent voua estes chargé De La nourriture e t&#13;
entretien au séminaire comme s t ioachim La Bars S t paol et Les autres&#13;
qui se monts par la supputation que iea ay falot/ a dis neuf cent frants*&#13;
prix De franc©,il est vray quil fau it Diminuer Le® Dispenses Du curé De&#13;
eharlesBourg Beaaport et %&amp;$$$$$$ ai très mais ©est tousicurs un seulsgaraent aussi tien que De ne plus&#13;
&#13;
“pour Les cures que Lon neasolt&#13;
&#13;
payiQ so it pour Lentretiea s o it pour nourriture tout cela suee Le r©uean&#13;
que Lon a pu fa ire aux domaines par La lie u s e que Ion y a fs ie t Boit met­&#13;
tre Le séminaire en estât De fa ire De Lesporgn© et i l fau lt a quelque p rix&#13;
que ce s o it que attendant que Los treuil© occasion De s© âeffaire De Labaye&#13;
s t paol et mmm De Lisle De&#13;
&#13;
s i Ion pouuoit La rendre a un prix Bal&#13;
&#13;
so zm ab le L e » fu se© « b s o rt© De H y R ie n m e ttr e que c e q u e lle s p r o d u ir o n t&#13;
L e n s a u ra p a s De p e ü s su © sgard a L e s t â t o u In n n e e t L o u tre s o n t â p r e s e n t p a r L a dopons© que Los y a f e i n t , ! © a o u lld n a s c ie ê o re a a u s a t D o it&#13;
p r o d u ir e u n B é n é fic e c o n s id é r a b le ,I3r du d o u y t vous a u r a © s c r i t que ou­&#13;
t r e L a somme De sooo&#13;
1 ÔÔ0 0&#13;
&#13;
que Los a p a y é eu S r De I c n m s u r L a d e t t e De&#13;
&#13;
Lon I&amp;ÿ a e s s o r f o u r n i&#13;
&#13;
n e c e s s a ir e s p o u r&#13;
&#13;
to u t&#13;
&#13;
c e l l e De 3000&#13;
&#13;
ta n t p o u r p a y le r Les 1300&#13;
&#13;
c e q u i l a f a l o t v e n i r Ds h o lla n d e p o u r Le D i ç t&#13;
&#13;
t l a © s c ie qu© p o u r vous m u r e r p o u r La somme De Deux m il L lu r e s ©tt&#13;
m a rc h a n d is e s t e l l e s que vous Lay s u é s Bonnes o r d r e e t s u iv e n t L e s ç o u u o n t i e n s que vo u s s u c s f s i o t sue© Luy c e q u i vous B o it e n c o r B ie n f S a l l o i t e r&#13;
&#13;
�Le moyen De payer ga, moins min® partie De eatto dette et tan prochain&#13;
Lautre le saie Mm ce qa® vous sués De D ifficultés , iay encor tout esses&#13;
présent pour me Les Remettre et me mettre SB vostrs place mais Sautre&#13;
part vous semés ce que ©est qa® De deuoir s i la procidence De Dieu assoit&#13;
auoit permis que ieusses este au pais iaurois pris&#13;
&#13;
De plus |p*andes pr©~&#13;
&#13;
cautions et secrétés De II* ou Zou auroit pas entrepris tant De choses,&#13;
i l aestoit Lâbr© et fh e ille De passer La premier® e t seconde année Le Roy&#13;
©estait décimé sur cela mais La considération Du bien De Légalisé De es-*&#13;
nada me f i s t Rester e t La eondeseenû&amp;ne® tue ieus La seconde pour ce quil&#13;
mescriuoit tue Les sesaos Raisons subsiste lent ©neor a fa ire de meâme&#13;
ain si nous voylla par unne eoaduitte spécialité De nostre selgpieur sur moy&#13;
a demeurer tant quil Lay plaira dans L© Lieu De nostre @s£l que le ne peuse ls pas a mon Départ De canada venir treuuer s i franoe tout ce &lt;pi vient&#13;
De&#13;
&#13;
m&#13;
&#13;
main nous doit entre aymabïe et adorable&#13;
ie vous ay mandé par nos premier®© Lettres que le ne croyais&#13;
&#13;
pas qui! y oust Rien a fa ire a La mission Des saunages ou est ^ thury&#13;
Les iesu ittes ayant ©stêjC obliges i s Labaadonner accuse ses occasions eon»&#13;
nen Reste que très peu quil ny auoit ©a ce temps La,aous suons cru pour&#13;
tre ans Dits saunages i l e ste tt a propos quil ©ist quil ©at o it obligé&#13;
De fa ire un voyage au port Boyd pour voir et conférer sues jgpf monsieur&#13;
p e tit e t qre i l discute ©t ©acamine auce Lay en e ffe t a il nest pas plus&#13;
pour La gioir© De Dieu que Len ©applique a La mission Des saunages ou e st&#13;
®r D© s t castto a Laquelle selon ®@ que iay pu itiger De ce -que «a e se rit&#13;
&#13;
cela c® quil y a S®&#13;
&#13;
©t nourrira Le sala*»&#13;
&#13;
�s i l en couctc au sc a in a ire ce se ra Beaucoup moins que Bans Dautres m issions&#13;
cependant comme H* a eu la pensée Itechester la te r r e&#13;
Bu £ r Richard Benys e t que nonobstant&#13;
&#13;
ce que nous Luy allons pu d ir e lîr&#13;
&#13;
du douyt at noy Des grands inconueniens D eatablir Des missions De asuuages&#13;
De c e t t e m a n iè re ,il p e r s is te a c r o ir e que ce la R é u ssira ;ie ne c ro y ro is&#13;
pas quil î a l l u s t entièrement abandonner c e tte mission e t penseroiè que&#13;
Mr thury d oit commencer c e lle De Mr De s t c a s ti n ,e ty Demeurer iuoques a&#13;
ce que i l y eust mis quelque un en sa p lace,voyan t La n é ce s site De ne p oin t&#13;
d if f é r e r a prendre possession Do c e t t e mission attendu que Les peres ie—&#13;
e u itte s y doiuent enuoyer De Leur peres e t quil e s t meeme^ a crain d re que&#13;
Lom y mette un e ccle sia stiq u e qui aye Eappcrt a un au tre corps iay e s c r i t&#13;
fi kr&#13;
&#13;
tîiuiw tdkugfiitôâi m il&#13;
&#13;
airs ilooeu me L o k t r o&#13;
&#13;
quil porfco oorame le&#13;
&#13;
voua marque cy Dessus o t quil pourra Réussir a s«t mission s i l Le luge a propoa U» a e ste de Sôûfcimêttfc coiaae ie vous ay mandé par mes premières&#13;
L e ttr e s que ie Luy C Bcriuisscs De c e t t e Minière que tou t ce quil e r a i é^ioit cst^Les iosu itte-s ne Le aeeusaont e t ne luy a ttrib u a sse n t la cho­&#13;
se a in s i quil ne v ou loit point estru /ci s i c Dans c e t t e a f f a i r e quoy que&#13;
i l Lapprouuast f o r t ; s i vous treuue£ occasion aoure e t commode D escrire&#13;
&amp; isr thury voua Lé fe re s e© conformité attendant^v£&gt;ua p a rle ré s aux p eres&#13;
iaouitteeyCOia^e s i Fou d ic t Sr thury e s t e i t Desie ches tte De s t c e e tin&#13;
ce que nous Douons supposer v é rita b le ou quil sy d o it Rendre Dan© peu&#13;
mais comme selon tou te apparence i l ae pourra f a i r e quil se Rencontrera&#13;
&#13;
l&#13;
&#13;
Des B iffic u lté c asaos graiides quil q u itte c e Lieu La pour se Rendre au&#13;
p o rt Royal qui en e s t f o r t esloigne i l s e r o i t Bien plus expédient pue vous&#13;
©nuoyaoaieg quelqun De quobee tou t d ro it p a rla Riuiore 8Si Loup e t La R iu iere St lcan e t encor plus d ro it e t plus co u rt a ce que le pense p ar Le&#13;
sa u lt De La chaudière qui e s t autant que ie me puis souuenir Le chemin&#13;
&#13;
qus prennent Los abnaculfi quand i l s vont d ro it ehea l£r De 3t c a s tln qui&#13;
e s t Leur p a is vous pouues fa cil*« w *fc scau oir c e la Des abnaquis De S ille r y&#13;
&#13;
�13qfxojqü.® le oralese que Le gu Bigot naye Bs La peine Bq cela ain si i© gr©«*&#13;
fe rsro it La chemin B© La Riuier© St iee» estant necessaire que eeluy cpi&#13;
yra a nette mission prenne tontes ses instructions et se conduise par&#13;
Les adule et sentîraens Be î2r p e tit et partant o.uil a ille au port Royal&#13;
suant que îfeller a pentagouet et La chose sera moins suspecte mm perce&#13;
iesui&amp;tes estant agropoa mesa© M dire que Wc p e tit a Besoin dtm soulage­&#13;
ment eomm en effeet i l est vray puisque Le© süoit sese Mr geofray a Lacadie Bans cette voue Lequel estant Heucm efe France i l est necessaire&#13;
By en enueyer un autre i l esr certain Balleurs que s i i l y auolt présen­&#13;
taient asses B© suiets Pour Remplir Les cures e t que trous pussles endosta^hcy. asm B© qoebee pour ennuyer ©nsomble a Laoadie i l L© faudrait fa i­&#13;
r e ©estant moins important de mettre queloua Be confiance et qui ©ast Lesp r it de séminaire esse I r p e tit pour Remplir sa place au cas quil vint a&#13;
manquer que Ben ennoyor un pour La mission Be Wt W St cas tin s o it &lt;pe&#13;
&amp; thury ny so it pas venu ou que estant venu i l son Hcbeul*© a Lacodie,&#13;
a sa mission de mlramiehyvi© vents aussi mandé per mm premières que ma&#13;
penses est que Mr volant esto it Le plus asseurê pour La vertu e t eeluy&#13;
que le oroyrcisi Le plus praire pour La mission B@s saunages et&#13;
dt c ia «de pour ©yâer a&#13;
&#13;
p e tit i l s se sculagsroint Les uns Las autres&#13;
&#13;
La communication estant fo rt faoill© lu port Royal a pentagouet wyes&#13;
«1 «m s pouaea faire eela le a r ™ t6 s«ore S*Sï**“ e a moins «ze Bo s00&gt;&#13;
uoiraupplfler a * «B *» s ar ta « * « 1* « « « U * » a ^&#13;
ia «a verrai* pae&#13;
,%iV&#13;
««#«4* posa*®**&#13;
Tinssible main eowte i l nea passa&#13;
tant Blaeoameaieas -.jt . , -l%&lt;Aoac&#13;
©stoi»&#13;
*&#13;
wiaa si&#13;
«Ji vou»&#13;
™ 8 «y&#13;
ny voyea point douuerture pour&#13;
pas cette asm©® U s »© pourront pas&#13;
- tcteSlours&#13;
M t i n m au&#13;
„„ plus&#13;
„iaa p&#13;
«rossé&#13;
tous Les dense yoasnoyed&#13;
w " ? qui&#13;
u seroit ®r volant' a&#13;
moins que vous ne ingeassisd quelque autre plus propre souuenes vous tousleurs quil doit ce ms semble paroistre a lottîartwr quil va. pour Le port.&#13;
. Royal e t temIÉ fo rt secret que ©est pour Les sassages&#13;
&#13;
tmmt® que %m Boit gimdsàt&#13;
&#13;
soin B© i s s s r e t e©nduire Sr tremblé&#13;
&#13;
�Basa La vertu non pas ©casa© un simple missionnaire pour rempli!* unae es»&#13;
r© sa is eofflsiô an auiet capable s i l continue corne nées auoaa veu quil&#13;
a e o o ^ é Centrer Cane Xanioa du corps Sa séminaire e t den prendre 2s&#13;
véritable esprit&#13;
quoyqu© M« fasse paroistre quil est necessaire de conseruer&#13;
Les m s é é Sans La Beaapropriation i l prend tous Les moyens qui sont ca­&#13;
pable© pe Les Rendre tous proprietaires e t semblables a ceux Ce frases&#13;
caserne cependant i l y en aura plusieurs gui auront Ce La grâce et qui eon—&#13;
sèmeront Les sentl&amp;ens Bans Lesquels i l s auront esté esleuéf i l fouit&#13;
aussi eonaeruer sue© eux Le m©æae esprit et union et faire tus autres&#13;
tout Le Bien que Lon pourra Cens Lesprlt Ce charité e t se Ciaposer a&#13;
^aoir tous Les changeas» s que La prouidene© permettra quil orriue Cens&#13;
le g lia s Sa canada Ce Laquelle ie^pere que La très saint© vierge onpreadra un min(wgz&amp;&amp;$$ tout partieulX&amp;feç e t speciallesent Bu séminaire consacré a La très sainte famille Ce lésas le crois que Hr du douyt vous aura&#13;
©écrit que outre Le menuisier qui accompagne MT tremblé Leu â adressé a&#13;
Mr Ce Lomé un homme Ce trauail sues ordre Ce Le fa ire passer Bans Le pre­&#13;
mier vaisseau qui aura party apres qUil sera arriué a La R ochelle,il La&#13;
au aeftlna&#13;
&#13;
Des $air© M arquer Cens un vaisseau qui est party pour Mr Bernoa et La&#13;
ehoaaay© fl&amp;aas Lequel est ÜT aubert son fU s ©et teema© est CS Lacroix pro­&#13;
che gailîcn qui a f® ae ©t anfsns que Mr plot abbé Ce la croix nous &amp; pré­&#13;
senté pour Le faire sauner acsssss dus accident qui lay est arriué*Cauoir&#13;
grappê un sojiopoiicr dan coup âM pierre dont i l ©st mort Mon ç£t s r&#13;
abbé Ce La croix Lu^ donné par charité 'Ce qaoy s© conduire et subsister&#13;
s la Rochelle lusquos a laabsrquemeat et Ion sera seuilemoat chargé Ce&#13;
payer son passage vous Heeeuwês son eontract a vint cinq ©eus C© gages&#13;
Sgr Xabbé plot nous a assen é quil est Ss Boa tm uail Laborieux e t fid® ilc#&#13;
il m paru Robuste e t Ce Bonus volonté&#13;
* r du doujfb vous aura ©sorit L© ©haagsmenh qui&#13;
&#13;
mm% fa lo t a La fondation B© M» nos pas en 2a manierai© v a » Lèuiés pre»&#13;
&#13;
�is ie ttê Lan passé^at ny encor Bs c e lle que vous acte eu eu voue ce tte aimée&#13;
icy ay îoiang ny Lautre no pu foire p^reeqnc usa© fondation estant usa©&#13;
fo ls fa ic ts Lcm ne treuua point a en allten cr le fonds a moins que Ses&#13;
fa ire le Bemplacement pour la s sûreté Be eeluy qui acquiert la partie Be&#13;
pas accepter un fonds ©situé ©a canada outre quil fau lt que ce s o it un&#13;
nouuel acquent et non pas un fonds appartient aup&amp;rauazit a \rane coEgauneauté qui ne doit pas estre cens© un Bearolaeeiaent roua Beuéa conclure de La&#13;
qull ne fau lt pas penser a sayder a quelque usage que ce puisse entre Ses&#13;
fonds B© cette nature quand Ion treuueroit De lauentsgôîLes contracta B©&#13;
fondation sont donc Demeurés te ls quil s ont esté constitués* Sans la passes»»&#13;
sien De M. qui sert est Bssenté î&amp; jouissance e t en touche le Heuenu par&#13;
ses mains présentement eogæie Be la pension feicto par le clergé pougs le s&#13;
missions Be canada i l en fera le üssae Sa le part le s ahbayiss len t i l&#13;
prétend que le chapitre ne Boit auoir que le tie r s e t Iny Is s Sens: tie r s&#13;
eu payant le s charges et Séparations qaoyque nous ayons eu 1© sentiment&#13;
Is s adsocafcs con traire*il r c u llo i^ Bi^l au eosMcneaïasnt st% Apporter&#13;
au sentiment ®e Hr nonet l e plus hahile le paris en matière BenofiÊi^lo&#13;
assis cosse© i l a yen qui! e sto it contraire a ses r m m i l wudroit Leuiter&#13;
i l a propos# 1# changer la fondation le s quarante mil frant©*et a roullu&#13;
su lieu le s ir missions employé# aux saunages que le séminaire sofci îge&#13;
^entretenir et nourrir ois enfaas#et qtgstrc ecclesiastiques entre Les»»&#13;
quels le s ©sf&amp;ns qui mirant esté es i sués Banc Le p e tit se®îa©ire seront&#13;
proférés i l a apporté pour Baises B© #©it© notais Booplcy ® ïil s© treuueroit toasteurs a la su itte a&amp;ses 9© fonds pour les mission© ©t mm pas&#13;
pour Un» ©nfons e t pour B@© ee©loaiast£$»©s Bans le séminaire #©paM©»fc&#13;
3&amp;i i«sy ay Blet quil $y a Bien De plu© esscaticl en séminaire Be© missions&#13;
©étrangères que B© trc a c tlle r sus m ission Bss isfid e lîe a et Ses sfôaua^es&#13;
&#13;
m m ce mmt&#13;
crainte que ïm m m îm im tm&#13;
%&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
16-&#13;
&#13;
Lqs missions mais cela nest p&amp;s^apprehender puisque sen estant Res©rué&#13;
Lusufruit i l en est absolument Le maistre pendant sa vie et tout astre&#13;
©uesque a La suitte sans la iuridietlon duquel le s missionnaires n© p®uuent exercer De fonctions; Les veues que Lon a eu en acceptant ce chan­&#13;
gement ont esté que i^que Le Désirant De La sorte i l a este en quelque&#13;
façon Raisonnable De se conformer a ses senttmens estant unne fondation&#13;
quil a faiet;eaS t a unne prouidence De dieu toute p artieulliere&#13;
&#13;
Qm quel-&#13;
&#13;
le fUst signée auant son Départ ny ayant De nostre part autre Raison pour&#13;
Iy obliger que De quil pouuoit mourir et De La sienne qull ©stoit/bneor a&#13;
faire présentement*©11e ne se fe ro it point Du tout mais La volonté De Dieu&#13;
saccomplit par Les boas©a très souuent sans quil s pénétrent Dans sas Des­&#13;
seins S*001300 Les h eritiers De M« auroint pu treuuer Quelque ©hoae a Redi­&#13;
re quil cBst f&amp;iet unne fondation B© cStto considération auant que Bauoir&#13;
esté sur Les Lieux Dou i l s auroint pu conclure que Demeurant Dans Le sémi­&#13;
naire Des missions a paris i l y anroit esté induit e t poussé par moy et&#13;
Le d it séminaire et pour ©bâter &amp; toutes ses obi ce tiens nous suons eru&#13;
quil e sta it asses apropos quapros auoir p ris Dana Le canada toutes Les&#13;
cormoiaaances Des Besoins De Leglise estent De Retour m franc©&#13;
&#13;
ü&#13;
&#13;
confir­&#13;
&#13;
mant De nouueau cette donation en lappltquant &amp; un autre usage par Le mi­&#13;
nistère et Les fonctions Du séminaire ce qui paroist auoir este fa lo t sues&#13;
1&#13;
connaissance De cause et qui Rend la fondation plus solide et Locuure qui&#13;
es fa ie t Laeeeptetien Sautant plus apprsuuejpour ce qui concerne Les^lcy&#13;
Du seainair© aux missions Des saunages nous Deuons mettre toute aoatrc/ctm*&#13;
flanc© ea nostre sei^ieur p©urueu que ceux qui y seront employés soiat&#13;
Bien Remplis De son esprit i l Los aydera et sous tiendra Dans Leurs trauaux*&#13;
etÿiespere qulls ne manqueront pas Du necessaire pour Le temporel,ceux qui&#13;
j Réussiront aueo plus De Bénédiction et quil y fau lt consacrer Dament&#13;
astre Des suieta De&#13;
&#13;
e t qui ayeat D@ Linterieur&#13;
&#13;
le vous ay ©écrit par nos premières Lettre quil a plu a&#13;
&#13;
�17&#13;
nostra seigneur de disposer Du Bon Mr guyon Lon peut Dire que selon Lasage commun de parler du monde eest unn© perte consi érable pour la canaâa tous Les talents naturels que Dieu Luy auolt donné Lauoit Rendu ca­&#13;
pable De Rendre De grands serais es a Leglise naâs i l nous a voullu fa ire&#13;
connotatr© ça i l na Besoin De p ersoane »a l if© cogitationes mes© a lise vos»&#13;
trse i l nous fau lt adorer ses conduittes et Le Bénir De nous aaoir ©sbô&#13;
ce secours et appuy^trop humain^nous Deuons en su ltte î&amp;y Donner De véri­&#13;
tables marques De La charité et amour que nous suons eu pour Iuy en ce&#13;
msnde par Le secours De nos prières outre Beaucoup De messes e t daumoenes que nous auons fh îct aussi tost apres son deces io Luy ay encor appli­&#13;
qué autant que le Le puis, tou tes mes messes Depuis Le leur B© sa mort&#13;
arriuée Le êSxtom® ianuler et o ffe rt encor isum elleseat la messe qui&#13;
se d ict tous Les tours Dans Le séminaire a qpehec suiuant nostre intention&#13;
i l a falo t comme le vous Lay Desia mandé unn© mort très chrestienne et don­&#13;
né Des marques duon© grande e enflante m La très saisie -#tiLuqatü® i l a&#13;
Bec eu oane protection toute extraordinaire iusquos La quapres auoir eu L©&#13;
sacrement De lextrerae onction mec plein iagement i l tomba Bans un Deslire&#13;
Duquel estant Reu^m i l me pria Bo munir a Lay et tous Les ©ceitssiââfla­&#13;
ques qui estoinfc %ns La chambre afin De Eomercior La très saint© vierge&#13;
M La faneur e t Bonté quelle auolt m De venir a luy e t B© Lasseurer&#13;
quelle n© Labandonncroit pasjfcadioustsirb La Lame aux yeux Ufonselgutur&#13;
ses malheureux devons voullcint que tabandonnass© La très sainte vierge&#13;
mais on me m ettrait toute ma chair par morceaux plus te st que ds La quit­&#13;
te r mettons nous tous a genoux e t prions La De awseordtr cotte miséricor­&#13;
de mais i l est necessaire que ce so it suce mm® grande confiance De Lobtenir cm.comme- Dist 11 cost mm© grand® e lle m peut soutenir queuses&#13;
une© grand© e t entière' confiance i© dis Les Litanies De La etc vier»&#13;
g® sb^ quelle# i l voulust Répondre ara pro noble iusques a La fin&#13;
®iec Bien le la Semotlos ©b tendresse % coeur Lorsque le Les tu fin ie s&#13;
i© dis Le mtmorsr© e t Lorsque i© fus a et® mets ega t o i aaisataa confi-&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
18-&#13;
&#13;
dentia £1 a© d ist Monseigneur arrestons nous la et Redoublons nostre con­&#13;
fiance , et en f i s t plusieurs actes pleins De dénotions et CaedUflcation&#13;
et en auitte tout ce que le Luy Clsois qull E allo it faire qussitost que&#13;
le Luy marquois que ce sto lt pour Lamour Ce La Ste vierge i l saninoit&#13;
courage et Cnnne force au Dessus Ce Lestât auquel i l estoit*Le voyant Clraina©R, la me persuadé qull approchait Ce ça fin ce qui fa is a it que iaurois&#13;
peine a Le quitter cependant corne Monsieur Duâouyt eroyoit quil Ceuoit&#13;
encor viure Bien plus Ce temps qull ne f ia t fust Cumuls que le malasse un&#13;
peu Reposer Cont iauois Besoin en Le quittant le Iny parle Ce 1&amp; très sain­&#13;
te vierge et Luy Cis que sans Coûte IL esprouaoit unnc grande -assistance&#13;
Ce cette Bonn© mer© i l me RepondiSb Bien douassent e lle ne me quitte point&#13;
e t estant so rti Ce Sa chambre i l expira unne Semleur© apres&#13;
nonobstant tout ce que le viens Ce vous Cire qui ©st daedificstio n e t de consolation IL fau lt cependant que le vous auous que ia uoîs esté un p eu ^ ortifle De voir que ce Bon ieune homme par L&amp; f a c ilit e&#13;
Ce son naturel affectueux se sto lt laisse saigner a Ce certaines créatures&#13;
au commencement par motif Ce charité e t puis apres par des attaches Ce&#13;
nature qui Luy fa is a it garder le ne scais combien ce p etites confidences&#13;
et Langageolt a Disposer a noatre insceu Ce Beacoup c® choses c® qui me&#13;
fa is o it bien de La peine et quoy que ieusse tasehâ Ce Le depren&amp;re Ce tou­&#13;
tes ses attaches le ne ingénia pas neanmoins Ceuolr Le poussex(%ant Ce&#13;
crainte de prendre Ces extrémités an Lieu de Remedea lan ay agi Ce ce tte&#13;
manier© a son esgard ayant asses Ce marques qull ay auoit point Ce mal&#13;
quoy que ieusse tout a craindre La panure se fust pas plustost attaque&#13;
qull Reconnust Bien sa faute déplorant son amusement in u tilité e t consom­&#13;
mation Cu temps a tant De Bagatelles et me Demanda lia s pardon C© ne ma­&#13;
noir pas cm e t profité Ces Bons adula que i© Xay auois donne tant de fo is&#13;
sur cela me priant ce ne Le point abandonner vous voyes Bien par tout c e ey qui!&#13;
&#13;
a Besoin Ce prières et Cestr® Bien secouru car iay suiet Cap-&#13;
&#13;
�«&#13;
&#13;
-19prebenâer quil m ie eu du purgatoire a souffrir cest pourquoi i l fau lt&#13;
auoir grand soin de Le soulager&#13;
&#13;
fiopié sur original de la m in de Mgr de Laval sur Archives du Sé­&#13;
minaire de Québec,le£4 février 1934,&#13;
&#13;
&amp;/yyVlaA&gt;j j À j&#13;
&#13;
/&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Extrait dactylographié en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                    <text>134&#13;
mission de Mr. de St, Castin; je pense que l’on ne peut pas se dispenser d’envoyer un ecclésiastique au Port Eoyal à la place de M.&#13;
Geoffroy pour aider à M. Petit qui n’est plus en estât de se pouvoir&#13;
passer d’un second.&#13;
Priez bien N. S. et la très sainte Famille pour moy et me croyez&#13;
en son amour tout à vous,&#13;
f F. Ev. de Q.&#13;
L e me me a u x m e m e s .&#13;
&#13;
A Paris, ce 9 juin 1687.&#13;
Vous connoistrez par les copies des lettres actives et passives&#13;
que vous trouverez cy jointes * ce qui m’oblige de rester en&#13;
France. Je n’eus pas plutost reçu ma sentence que 3STosti*e Seigneur me fist grâce de me donner les sentimens d’aller devant le&#13;
très. St. Sacrement luy faire un sacrifice de tous mes désirs et de&#13;
ce qui m’est de plus cher en ce monde.&#13;
Je commencé en faisant amande honorable à la justice de Lieu&#13;
qui me voulloist faire la miséricorde de reconnoistre que ^c’estoit&#13;
par un juste chastiment de mes péchés et infidélités que sa providence me privoit de la bénédiction de retourner dans un lieu où&#13;
je l’avois tant offensé, et je luy dis ce me semble de bon cœur et&#13;
en esprit d’humiliation ce que le grand prestre Heli dist lorsque&#13;
Samuel lui déclara de la part de Dieu ce qui luy devoit arriver&#13;
Dominus est, quod bonurn est in oculis suisfaciat ;—mais, comme la&#13;
volonté de Nostre Seigneur ne rejette point un cœur contrit et humilié et que—humiliât etsublevat—il me fist connoistre que c’estoit&#13;
la plus grande grâce qu’il me pouvoit faire que de me donner part&#13;
aux estats qu’il a voulu porter en sa vie et en sa mort pour nostre&#13;
amour,—en action de grâces de laquelle je dis un Te Deurn avec un&#13;
cœur rempli de joye et de consolation au fond de l’âme, car pour&#13;
la partie inférieure elle est laissée dans l ’amertume qu’elle doit&#13;
porter. C’est une blessure et une playe qui sera difficile à guérir&#13;
et qui apparamment durera jusqu'à la mort, a moins qu’il ne plaise&#13;
à la divine providence qui dispose des cœurs comme il luy plaist&#13;
apporter quelque changement à l’estât des affaires ; ce sera quand&#13;
il luy plaira et comme il lui plaira sans que les créatures puissent s’y&#13;
opposer n ’estant en pouvoir de faire que ce qu’elle leur permettra.&#13;
* Voir les lettres ci-dessus.&#13;
&#13;
�185&#13;
Il est bien juste cependant que nous demeurions perdus à nous-mesmes et que nous ne vivions que de la vie du pur abandon en tout ce&#13;
qui nous regarde au dedans et au dehors : il faut mettre toute nostre&#13;
confiance et nostre force en Nostre Seigneur, en sa sainte mère et&#13;
toute sa Sainte Famille. C’est l’œuvre de Dieu, et nous avons par&#13;
sa miséricorde cherché uniquement, sa gloire en ce que nous avons&#13;
faist, ou pour mieux dire en ce que le sentiment des serviteurs de&#13;
Dieu a faist unanimement. Ainsy j’espère qu’il tirera de cette&#13;
espreuve le bien de l’église et qu’il fortifiera de son divin Esprit&#13;
tous ceux qui auront eu part à ses souffrances.&#13;
Je ne doute point que l’on ne soit fort surpris dans le pais de voir&#13;
que je ne repasse point; M. de Villeray et tous ceux qui estoient&#13;
en France m’ayant toujours vu dans ce dessein et ce désir, sauront bien que l’estât de ma santé n’en aura pas esté cause. L’on a&#13;
desjà dict icy que c’estait par ordre, comme vous le cognoistrez&#13;
par la dernière lettre que j’escris au P. de la Chaize, et il y a bien&#13;
de l’apparence que ce bruit ira jusques à la Rochelle et ensuite&#13;
en Canada, mais je n’y dois pas contribuer. L’esprit de Nostre&#13;
Seigneur nous y oblige, et il tirera sa gloire de tout. C’est de la&#13;
main de Nostre Seigneur et de sa Sainte Mère que nous devons&#13;
tout recevoir comme une grâce bien spéciale, et je puis dire pour&#13;
moy la plus grande et la plus précieuse que j’aye encore reçue de&#13;
ma vie. Priez les que j’en fasse un saint usage. J’espère néanmoins la miséricorde de mourir en Canada quoique j’aye bien&#13;
mérité d’être privé de cette Consolation : Verumtamen non mea sed&#13;
Dei voluntas fiat.&#13;
Cette lettre vous sera rendue en main par M. Tremblé qui est&#13;
l ’unique ecclésiastique qui passe cette année et qui devait m’accompagner. M. Lefebvre de Pontoise qui avait il y a quelques&#13;
•années deu passer en Canada s’estoit déterminé de quitter une&#13;
cure où il est, pour aller à Siam, lorsque M. de Lyonne présentement Evosque de Rosalie et Yicaire Apostolique du royaume de&#13;
Siam partit, mais empesché par une maladie d’exécuter ce dessein,&#13;
il s’estoit de nouveau résolu de passer en Canada, mais les parens&#13;
qui avoient esté l ’obstacle la première fois l’ont esté encore la seconde. Ce n’est pas sans un solide fondement que Nostre Seigneur a donné pour règle à tous ceux qui le veulent suivre dans&#13;
son saint Evangile : Relinque mortuos sepelire mortuos.&#13;
M. Tremblé qui est sous-diacre de ce Carême passe tout seul en&#13;
la compagnie de deux Jésuites. Si nous avions eu le temps, nous&#13;
extra tempora pour l’ordonner avant&#13;
&#13;
�136&#13;
son départ de Paris. C’est un sujet sur lequel il y a du temps quej’ay jeté les yeux comme l’un des sujets qui nous estoit les jdus&#13;
propres. Les missions de la Chine ou plus tost le Séminaire de*&#13;
Siam avoit bien la mesme veue et comme en effet avec Mgr. de&#13;
Lyonne il ne se trouvait qu’un seul prestro, j’ai eu de la peine&#13;
de conserver celuy-cy. Le besoin de mettre un sujet à la conduite de nos enfants du Séminaire sur l’esprit duquel on puisse&#13;
agir avec une entière confiance m’a porté à vous l’envoyer cette&#13;
année.&#13;
C’est un bon sujet, il a de la grâce, de la docilité, il a l’esprit ferme et généreux, esgal et régulier, le jugement bon; il:&#13;
est sage et prudent, en sorte qu’il sera beaucoup utile au Séminaire. Il faut user de précaution pour conserver sa santé dans&#13;
cet cmploy.&#13;
Les personnes qui n’y sont pas habituées ne manquent point&#13;
d’y contracter un mal de poitrine, le poesle étant capable de ruiner la meilleure et plus forte complexion. M. Tremblé sait fort&#13;
bien son plain chant et a bonne voix; c’est lui qui soustenoit icy presque tout le cœur : il est très capable de le montrer.&#13;
M. Trouvé doit passer dans la Diligente zt demeurer à Chedabouctou avec le gouverneur de l’Acadie que l ’on y viendra quérir de Port Royal.&#13;
Mg r . d e St . V a l i e r a M. d e Ch a m pi g n y . *&#13;
&#13;
Le Paris ce 22 janvier (1688.)&#13;
«Vous voulez bien que je vous demande, Monsieur, vostre protection pour nos églises,&#13;
J’envoye un entrepreneur et six massons et trois charpentiers.&#13;
Voilà bien du monde capable de travailler, je leur ay fait de grandes avances, je voudrois bien qu’elles ne fussent pas inutiles et'&#13;
quelqu’un tint la main à les faire agir.&#13;
Animez-les à agir et donnez cette commission à quelqu’un dan»&#13;
vostre absence. J ’en escris un petit mot à Monsieur de Mezerets, f mais je souhaiterais qu’il y eut quelque homme plus&#13;
•Jean Bocbart, chevalier, Seigneur de Champigny Noroy, 6e. Intendant, qui,&#13;
succéda à M. de Meulles en 1686,&#13;
t Jouis Ango Des Maizerets était alors jeune prêtre* Il devint pins tard&#13;
grand chantre de la cathédrale, Vicaire Général et Supérieur du Séminaire de&#13;
Québec qu'il gouverna pendant près de 40 ans. Il passa plus de 50 ans de sa vie&#13;
occupé de l’éducation de la jeunesse. (Voir son éloge dans l'Abeille No, 16 de1840.)&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée en français classique, publiée dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec&lt;/em&gt;, 1874, p. 134-136</text>
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                    <text>lium est accordée à lperpétnité aux fv~ques de Marseille, à cause !le Fantiquité&#13;
des traditions duétiennes qui, daiJs cette&#13;
ville célèbre, remonteut à Sai~it'-E a::are,&#13;
à Sainte-lVIagdeleinc et leurs compagnons.&#13;
Le 17 avril, le Saint Père a tenn le&#13;
consistoirepnblic dansJasalle dn Vatican,&#13;
·pour donner Je chapeau à LL. EEm.&#13;
les cardin.i.ux Fornari et Gousset. Dans&#13;
i.m consistoire secret qni s'est tenu ensuite&#13;
3a Sainteté a préconisé un nouveau pa-'&#13;
tria:rche de Constantinople, Mgr. Domini-.&#13;
que Lucciardi, et quatre autres prélats.&#13;
C'est dans ce consistoire qu'il a été fait&#13;
·demande du pallium pour Mgr. le condjuteur de Québec, qui devait partir le même&#13;
j our, pour se rendre el'li France et de là&#13;
en Canada.&#13;
&#13;
ché. Le dit Mr. Collins,ayant été invité à&#13;
se retract e r et ne l'ayant pas fait, 1111 démenti formel lui est venu de Bruxelles portant la sig natnre non sen lem ent des membres tln clergé de l'église . te. G ndul c,&#13;
mais encore de plusieurs citoyens éminer:ts, j ugco de la cour d'appel et autres.&#13;
Il paraît qn e ce qui a induit e n crre m&#13;
Mr Collins, qui n'entend pas parfaitement&#13;
le fran çais c'est qu'à la porte de l'é glise&#13;
étaît véritf,l.blement affiché le prix des&#13;
chaises. On y lisait :&#13;
'•Une cbaise non hourré e, 1 cent.&#13;
"Une chaise bourrée 2 cent.&#13;
"Pour !es grandes fê tes:&#13;
"Une chaise non bomrée 2 cent.&#13;
"Une chaise bonrrée 4 cent.&#13;
&#13;
PoRTUG.u. Une révolution a éclaté i&#13;
Lisbonne . Le duc de Saldanha, qui a&#13;
environ cinq mille hommes sous ses ordres, est à la tête cln mouvement. Les&#13;
troupes du gouvernement so11t à sa poursuite. L'escadre anglaise , qui était au&#13;
moment &lt;le partir, est restée, à la 1equête&#13;
:t"ressaute du gouvernement portu gais.&#13;
Cette tentative de révol L1tion a pour objet&#13;
le renversement &lt;ln ministère &lt;le Costa&#13;
Cabral.&#13;
&#13;
U nj eune cultivateur, M. J oseph Cusson, sans antres notions de mathématiqn es que les premières r egles de l'arithmétique , a résol11 les problèm es les pins&#13;
difficiles de l'horloge rie. Son Calr.,ndricr&#13;
mouvant a fait l'admirati on de plusieurs&#13;
villes de France. S ur 9 cadra11s différents l'horloge marqu e les heures, les&#13;
minutes, les secoud es, les jonrs de la semaine, le quantième du mors, les mois&#13;
de l'anné e ou les 12 si g nes du zodiaque&#13;
les années communes et bissextiles, les&#13;
phases et l'âge · de la lune, le lever et&#13;
le coucher du soleil, la r,lace que la lune&#13;
occupe par rapport an sole il. D'ingénieux · mucanismes font mouvoir plusieurspersonnages quand les heures sonnent,&#13;
trois fois par jour et an moment de l'An ..&#13;
gelus.&#13;
&#13;
TERRE-MEUVE. L'évêque protestant de&#13;
cette île s~est plaint au comte Grey de&#13;
ce que l'évêque catholique s.'intitnlait évêque de Terre-Neuve. Dans s:i réponse adressée an gouverneur d:e la co~onie, lord Grey renvoie l'évêque anx&#13;
instructions données par lui et ses 11rédécesseurs touchant les titres et les&#13;
préséances des prélats catholiques. Il&#13;
finit ei~ disant:•. "En même temps j'o1&gt;s~rvera1 que les mots catlwli']_ûes-roniains&#13;
aJoutés à ceux d'évêque de TerreNeuve, !'endraimît cette assomption de&#13;
tître par le Dr. Mullock d'aucune importance."&#13;
&#13;
---==GG=--&#13;
&#13;
EXTRAIT D'UNE LETTRE DE l\'[GR, DE LAVAL,&#13;
&#13;
Voici qu el fut le sujet de cette lettre, où le pieux&#13;
prélat donne des preuv çs si éclatantes de celte parfaite&#13;
ré signation, qni a été un des principaux traits&#13;
&#13;
de sa&#13;
&#13;
vertu,&#13;
On sait qu'il se rendit en France à la fin de 1684&#13;
pour demanr!cr la permission de résigner son évêché&#13;
'!'et d'avoir un successeur. Ayant enfin obtenu ce qu'il&#13;
--=="'ili-t"'=-souhaitait, il parla de nnir terminer sa carrière dans&#13;
MoRT DE L' ARCHEVtQUE DE BA LTiùlORE. sa chère é;;lise du C:1nada. Le roi Louis XIV craignit&#13;
Mgr. Eccleston, archevêque de Balti- que sa prés ence n'embarassât son successeur et lui fit&#13;
more a r d 1 d&#13;
·&#13;
connaître par le P. Laclmire qu'il désirait le voir se&#13;
, en u e ern1er sou1iir, le 23 avril, - fixer en France. Le COU(&gt; fut d'autant Illus sensible&#13;
au couvent de GeorO'f'tow11&#13;
.. 1a t é·•- qu'il était inattendu, car Mgr. de Laval avait déjà eu&#13;
o·&#13;
• C e pre&#13;
tait né dans le Maryland, de parents pro- son audience de congé qnclquesjours auparnva!1t et Je&#13;
testant5, en 1801. Il avait été sacré évê- Roi lui av:rit témoÏgné beaucoup de bonté, sansîui&#13;
parler de res ter en France,&#13;
&#13;
que l e 14 septem b re 1834 et avait par collséquent occupé le siége de Baltimore pendant plus de 16 ans .&#13;
~&#13;
&#13;
-8JNGULI,._&#13;
L R.,,.&#13;
,.,, MÉPRISE&#13;
&#13;
G,=&#13;
&#13;
D'UN&#13;
&#13;
GLJCAN ,&#13;
&#13;
MINISTRF..&#13;
-&#13;
&#13;
M&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
gr. de La\·al annonça lui-même celte atHigeante nouvelle aux directeurs du Séminaire de Québ.ec pAar l'extrait que j'on va lire. On ne pourra&#13;
s _em~ech er d'y voir cette abondance du camr qui&#13;
temoigne toujours &lt;l'une vertu consommée,&#13;
A N'Cette cru eli e cpreuve&#13;
,&#13;
' T ouno d ura qu , une :mnce.&#13;
te la colonie se joignit au Gouverne"lll' pour expri-&#13;
&#13;
Mr. Charles Colli11,&lt;• , c11.re'' de Fa.versham,&#13;
••&#13;
en A ng, l e t.erre,. avait déclaré dans 1rne assemblee&#13;
publique ciue , ]ors• &lt;l'nn vovn&#13;
o·e&#13;
.&#13;
•&#13;
•&#13;
J " ·o&#13;
qu'il&#13;
fit&#13;
a&#13;
Bruxelles,&#13;
en&#13;
1835&#13;
il&#13;
avait&#13;
vu&#13;
.&#13;
, .&#13;
• •,&#13;
aux portes de l'e~h~e de Ste. (.;.udulc un'&#13;
catalogue des d1fferents péchés qui peuvent se&#13;
. tt&#13;
. . .&#13;
comLUe re,avec l'mdicatwn du&#13;
, • .&#13;
· f . ',&#13;
pn x i.xe po nr la renpss1on de chaqu e pé-&#13;
&#13;
mer le dé sir de voir revenir son ancien pasteur et&#13;
le Roi ne put se re f user a, une ù eman d e aussi..Juste.&#13;
&#13;
"A p a.ris&#13;
· ce 9 Jllll1&#13;
· · 1687 •&#13;
"Adoron s 1es con d tn·t es te&#13;
l D'1eu snr&#13;
nous e t .sur t ons ses œnvre5,nos t res chers&#13;
Mr:·. ; J'espérais et j'avais nue confiance&#13;
e11t1ere qn'il me donnerait la c&#13;
1 .&#13;
, . .&#13;
onso ation&#13;
de munir a. v 011 s ·]"' corps c&#13;
.&#13;
.&#13;
c.u&#13;
· omme Je le&#13;
sms de cœur et d'esprit • 11 ·&#13;
·&#13;
,&#13;
tais son ay -&#13;
&#13;
mable providence e n tlispose tout autr~ment et selon son bon plaisir qui doit&#13;
être tout nostre bonheur et nostre paix&#13;
pour le temps et l'éternité. Vous ~onnoistrez par les copi es des lettres actives&#13;
et pass ives que vous trouverez cy-jointes&#13;
cc qui m'obli ge de rester en France. Je&#13;
n'eus pas plu stost receu ma sentence que&#13;
nostre Seigneur me fist la grâce de me&#13;
donner les sentimens d'aller devant le&#13;
très saint sacrement, lui faire un sacrifice&#13;
de tous m es désirs et de ce qui m'est de&#13;
pl us ch e r e n ce monde; je commencé en&#13;
fai sant n111ande honorabl e à la justice de&#13;
Dien qui me voullait fa-ire ln. myséricord~ reco~noi tre qu e c' était pa r un J_ uste châtim ent de mes péchés e t iHficléhtés&#13;
que la provid~nce m e privoit de la bé~&#13;
nédiction de retourn er dans un lieu ou&#13;
je l'avois tant offensé e t je lui dis, ce m~&#13;
semble de bon cœur e t en esprit t1'hnJ11 1. '&#13;
'&#13;
. . t&#13;
lmtton cc qu e le g rand prestre H é h di s&#13;
lorsr1ue Sa muel luy déclara de la part cl~&#13;
Dien ce qui lny devait a rrive r: JJ_oin1nus est, rpwcl ùonwn est in oc1tlis suisjr~cfrtt; ma 1s comme la bonté tl e nostre Seig neur n e rejette point un cœur contrit&#13;
et humili6 et qn e hunu liat et suùlevat,&#13;
il me fist corrnoistre&#13;
que c'estoit la plns&#13;
0&#13;
rrrande rrrâce c1u'il me pouvait faire qnc&#13;
"'&#13;
o&#13;
.&#13;
'î a&#13;
de m e donner part aux estats qn 1&#13;
voulln porter en sa vie et en sa lU ort&#13;
pour nostre amour, en action de grâces&#13;
de laquelle je dis un te Deum avec un&#13;
cœur rempli de joie et de consolation a_n&#13;
fonds de l'âme, car pour la partie infénenre, elle est laissée ;clans l'arnertum e&#13;
]l't3&#13;
qu'elle doit porter. C'est une bl esSI .&#13;
et m!e playe qm. sera d"ffi&#13;
1 c1·1e a, guérir&#13;
,&#13;
·&#13;
a la.&#13;
et qui apparemment durera JttSque~&#13;
.&#13;
mort, à moins qu'il ne plaise à la clivine&#13;
providence qui dispose des cœnrs con1rne&#13;
il luy \)laist~ apporter quelqüe change;&#13;
ment .à l'estat des affc.'lires; ce sera qna 11 ·&#13;
il lny plaira et comme il Juy plaira, sall~&#13;
que les créatures puissent s'y opposeI'&#13;
n'étant en pouvoir de faire que ce qn 'elle&#13;
anleur permettra- Il est bien juste cep s&#13;
.&#13;
·d à.non,&#13;
clant que nous demeunons peI us·&#13;
le&#13;
'·&#13;
. · . qne c&#13;
mesmes et que nous rie v1v1ons&#13;
i&#13;
.&#13;
t ce qu&#13;
la vie du pur abandon en ton ·&#13;
nous regarde. . • "&#13;
, bec•&#13;
FRANCOIS ancien evesque de Qne&#13;
&#13;
---------=-=:::-;.;;::;;::--&#13;
&#13;
CONDITIONS DE c.;E JOURN.A.L·&#13;
..,&#13;
possible,&#13;
L' Abeille paraît autant que&#13;
,e&#13;
&#13;
,&#13;
' .&#13;
clant l'anne&#13;
une fois par sema111e, pen&#13;
t est de&#13;
scola ire Le prix de l'abonnem,en 1 ce par&#13;
•&#13;
bl d'ava1&#13;
2s. 6d. par année, paya . ~, , la rentrée&#13;
.'&#13;
itie, a&#13;
moitié : la prem1ere ino ntneiïcement&#13;
d es classe1:i, 1a seconcle an. coiaires s'aboll&#13;
Petls1onn&#13;
de l'année. L es&#13;
:Zl ,t les e::-::ternes,&#13;
l'.Abez&#13;
e, e&#13;
ra&#13;
nent au bureau d e ·&#13;
,&#13;
A crent à&#13;
he&#13;
I,egare.&#13;
o&#13;
ch ez M . Ado1P&#13;
] 'fi ·1: nd e:1t1•&#13;
.&#13;
l\I Alfrec wia&#13;
·&#13;
peti te salle, '. ·&#13;
·n l\·J"'?'f (;é,•an t ,&#13;
r. A, MAi.". i:.; '&#13;
&#13;
�f ~2lb.citlc~&#13;
&#13;
.•,&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
2me• .._&lt;\.nnée.&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
en fleur. "&#13;
..&#13;
PETIT SÉMI~AIRE DE QUÉBEC, .J5 . M{\I 1850.&#13;
&#13;
·" Je- suis chose légère .et 1,ais cie fleur&#13;
&#13;
·VOL. U.&#13;
&#13;
ime. Annéo&#13;
&#13;
------------ --~-- - ·~ ------ -------------.-------,.-. . _________.. ;:. .!. --:......---------~---&#13;
&#13;
'ROSA MYSTICA.&#13;
C'est un titre de ]&gt;lus, 6 mèrr des douleurs!&#13;
.-\ l:t tendr~&gt;se que j'.r n,·ie.&#13;
l\·fori e ·! :i. cc mnt sur tes r.orile•&#13;
J.,aiss r Pncore. a mnn 111th ! laisse c0t1rir nifls clnizts : Mais If s mnu~ dïci ba• en V3in m•a~r.ablr.ront:&#13;
Prends trs anns les pins ,lnmc, rt. chante, tu le dois,&#13;
p ,-.ur reprendre cnunge :111 milieu &lt;lr m e• ti-:thscs,&#13;
•&#13;
l.a reinr &lt;l es mi ;;fr;cnrd es,&#13;
,Il me suffit de ,·nir les trRCes ùe snuiîrnnce,&#13;
..•Jamais nn 11 nm pins pur. pins hrau, pins ruissant&#13;
Qui resplendissent ,ur ton front.&#13;
N •a fleuri ùans le ci el ni parfum é la terre ;&#13;
De son na~ire gui chan~elle&#13;
-Uonte à qni le cnnn,it f't ~'nhstinl' à le taire !&#13;
Le marinier t'jnvoque, et tu lui tenùs les bras ;&#13;
Il est mauùit tin Tout-P111ssantSauver est ton bonheur; ô ma sœur. tu viendra•&#13;
l\1' ari, , ! ô doux nnm qui cnn~nle !&#13;
En aide à ma r,àuvl'e nacelle;&#13;
'Ner,tar rlt'li cirnx pour le rrr11r rlcssfcht-,&#13;
Toi qui n'a• accepté &lt;ln pou,•oir infini&#13;
Baume jnyen,r ù'nmnnr qui ,,-nérit &lt;lu péché,&#13;
Que 1~ droit de fléchir 111 colère célutc,&#13;
F.tnile sainte. rna boussole,&#13;
Je veux,je soulfre _tout, •i la force nie re,te&#13;
.. Rr.ontf'z., cnm!nr. il vibre en snns mt~loclif:'n:t&#13;
De murmurer ton· nom héni, •&#13;
:Cc nnm: c'est,,., c,ntique, il p6e, il chante, il plrnre .&#13;
Oh! qu'il me rnÏ\·e et me snutieone .&#13;
; Il repons•·~ rie l'â me, a11Fsitf·t ,:n' il I', tfü urr,&#13;
Cc nom chéri de l'ange et &lt;le l'er fer ;&#13;
Tons les sou,·cnirs orlieux,&#13;
Qu'il•~ colle à ma lè.-re et s'attache i. ,mon cœur,&#13;
T nlismnn ùe l'âme chrétiepne ;&#13;
Marie .! :i. cc mot tnnt espère;&#13;
&lt;!'&lt;.'!-t &lt;"f"lmme nn chant de paix clrs crndu jnt-qn'l nnn~;&#13;
Prnnoncez-lf', mnrtcl;. . et tnmh cz à g-,•nonx,&#13;
&#13;
En criant nrs Diru ,·ntr~ père, ·&#13;
&#13;
. A cc ma~iqne nppel j'ai ~•11 les c.ie-ux :1'011vrir,&#13;
Et de:-erntlre snr ,,nns la céleste f "S6~ :&#13;
Dieu sourit. dt• sn mnin 1n fondre e~t rlfpm~ée i&#13;
&#13;
Non. ,-nus ne devez p1m• mourir !&#13;
&#13;
!\fais quelle honche PSI n.srz digne&#13;
Pour te nommer, 6 toi, rose du imradis !&#13;
Fils d' A 1am, non• n'avons que tics accents mn1lllits,&#13;
Q11nn1I il faudrait les chants du eygnc.&#13;
Prêteras-tu l'oreille :i. nns r.ri s douloureux 1&#13;
llfarie , 6sel'ons-nous, J e la vallée amère 1......&#13;
·ou,, pour avoir accès j~sq•1':i. ton cœur tfe mère,&#13;
Il suffit ,J"êtr~ m:ilheureux,&#13;
&#13;
mêle sons c eHc i tèrnt ce qu~ j~ ,·ois,&#13;
Jc.:t comme il m'accue illit an sc1iil de la carrière,&#13;
Qu'il snit mon dernier vœu , ma dernière prière,&#13;
Le dernier soufHe ùe ma voix !&#13;
·&#13;
&#13;
Q;i,if ~e&#13;
&#13;
Mr. le Hétlactrnr.&#13;
J'ai crn qtte .,•os lecten.ts 1iraicnt avec&#13;
&#13;
pl.1isir et idifkation l'extr,tit-snirnntd'nue&#13;
&#13;
Il n fait une mort rès dbrètienne ~-:&#13;
c!dnnë des m ::irqnes d' une gnmde con fo a ncç en lu trèssainrte \~ierge de laquf']J ,i&#13;
il a _recen 1111e ,pl'Jtertion tonte extr.:i.or:L.&#13;
naire, jusqnf's là qn'uprès aYoir eu le~:••&#13;
cr~ment cly&gt; l'C':xt iême -_c nct i_c n ~ne plr L•.&#13;
jugement, il tomba dans ·un _d élire ~luqnd&#13;
étm1~ revenu il me pria de 11l'trnir .i Jn,&#13;
et tons les f'cc)ésiasti&lt;Jues &lt;Jlli ·e_staiei;t&#13;
dans la chamhre_ afin de remercier Ju t l"f'.·.~&#13;
s;1i11cte Vierge de, l11 faveu r e) hpnté qu'e,J ; ,&#13;
avait cne de venir à lui etcle ·l'assun:'I qu 'i !&#13;
le ne l'ahandonneroit pas, m ~aJ011stant.L&#13;
_larme ·aux yeux; Mgr., ces malhènrrn x&#13;
démons voulloie nt que j'~ha:idonnasse J. ,&#13;
très S;"tincte Vie rge , mais on m ~ttroit t unh&#13;
i1ia ch:11 Î- en morcea ux plntos_t q ue de ];;&#13;
cp1itter. -~1e ttons-1Jo11:; tous , m e dit--il , ,1&#13;
genoux e t prions la d e m 'accorde r cet ;, .&#13;
mysé1icorde,&#13;
ma is il · est n écessa&#13;
1· 1-\,., 01 , , . .&#13;
•&#13;
,&#13;
'&#13;
ce suit avec une grancle confiance ck&#13;
l'o"bteni r, car _comine c\·st miè · g·rn mL _&#13;
grâce, &lt;.'!léJn e pe ut s'o!J te n it· ·qii'u;ec; m:c•&#13;
grande et enti ère confia n ce.&#13;
0&#13;
&#13;
0&#13;
&#13;
l i&#13;
&#13;
le!tre de J .Vfgr. ,de L:~v,tl. · Ils trouveroni&#13;
LUI nouvmrn motif de - hien -célébre, If'&#13;
nwisde M:irie,clans .ces lignes écrites, pon r&#13;
ainsi dire, an -ch e v,e~ de ·mort de 1'1111 des&#13;
Je &lt;li s les litani es de la sai llc. te Vièro·è•&#13;
t:&#13;
;rnxquoll es il n 1ullnt répondre orapro ?1L·&#13;
.premiers i!lèves _&lt;ln Sémina,ire.&#13;
Mr.· J.ewn ,Guyon, ·n atif dtt Chât('au . his jusqncs ,\. la fin a:ve c Qi en de · la d èn .Vois donc cette fam_ille immen•e,&#13;
R ich e,r, :wait commencé ses H11cl es en tiou e t t e ndresse d e . cœ 11r. Lorsq ue _j-.;&#13;
Qui se traîne, en mouillant la tcrr.e de ses pleurs;&#13;
Ce sont tes fil s, ô Vierge, et leurs vastes ùouleuro&#13;
1671, à l'âge ùe 12 ans. Il embrassa Jilus les e us finies,jc dis le 1?1,em oriire_et lor!,;N'ont pas él-!"nlé ta clémence, .&#13;
tard · l'étn t ecclésiastique et accompagna que je ,fus à c es mots : ègo _tati un inu;t·i,s&#13;
S•iJ e•t vrai que le ciel te les rcm'.t en '.'1am,&#13;
.\1gr. de Laval èn 1684 'à Paris, où il umjidl-nt.i(l , il m e d it : Nlgr. , arr estons nou:;&#13;
·Et &lt;1u'en toi la pitié ne soit jnm~15 tane,&#13;
lnclin;, tes regards, ô divine Marie,&#13;
mourut d'une fièvre cérébrale le 10 janvier là et n:duuùlon s notre confiance, e t e n fis,.&#13;
Soi; le salut du gcm•i! humain,&#13;
p' u~ieur&lt;, actes ple im; de dè vutinu et d 'é -1681.&#13;
R eine que les astres cottl'onncnt.,&#13;
" A PARIS, ce 9e Jnin 1687.&#13;
di ficatiun et e n~11ite tout c.c que je li; ,·&#13;
Des rrof ,ll(]cnrs du ciel l'Ange appol'ta.ton nom:&#13;
" L'on pent &lt;lire qne selon l'usag-e cum- diSoi s qu' il. falluï_t fa ii:e, m1ssit.,;} (~ll C:' j e Ill }'&#13;
·Et chaque siècle est lkr d'ajouter un chaînon&#13;
mun&#13;
de parler, c ~est nn e 11et'te très co:i- mur..1tw1s qu e c esto1t po11r l'.11110 ur d e L&#13;
·&#13;
A us ~uirlandes qni t'ènviro11ntnt,&#13;
.si&lt;lérahle pour Je Canada; Tous les tal e ns s,1i11c·1e Vierge, il s'a nimui t_d\ 111 cuura u·,,&#13;
: Oh ! souris à mon lnth qui voudrait te nommer,&#13;
. Qui voudrait de l'amour l'aile sftrc et rapide&#13;
qne J)ieu Jny a voit do111rés l'avuie nt rcn- e t d'une force audcss us de l'estat au4.1;t i&#13;
Pour voler jusip, ' à toi, Vierge au regnrù limpiêle,&#13;
c.lti capabie de re nd re d e g~ands Sf' l'\' '.ccs. il E'Sloit.&#13;
L e voyant di min u e r Je 1w lliaute éioile de la mer,&#13;
m"uis il nous a voullu foire cogno1 stre 1: ~rSi'.ad é q u:tl ~i pproc!10 it rle sa fi. 11 ,_c e qu i&#13;
Ecoute ces mots il~ tendresse,&#13;
qu 'il i1!u besoin de ·person!1e. ••.Nous i::usoit qu e J a\uis pe rn c à Jt, yuittcr; ·cv 7&#13;
·Ces ·hyinnes gl'acieux et cea surnoms touchants&#13;
devons Iuy do1mer de véritalJJes marques JlC:' t1tl an! comm e l\'l. Du do ny't c royoit gu 'ii&#13;
. Que la terre entrcla,,e à •es vœux, à ses chants,&#13;
. .&#13;
s avons&#13;
devai t vi v1'e Pnco re bi e n r1lns d e tc·rr11_.,_!&#13;
. Et comme mi pur encens t'adrrss~ •.&#13;
de la chante etamom que n~u &lt;&#13;
l-'ll&#13;
A l'épéter tnn nom quel cmur ne se complait 1&#13;
.&#13;
d&#13;
l&#13;
:l&#13;
' il ne f'ist, il fu t d 'a vis qu e J·e m 'a ll,·&#13;
, s,·r•&#13;
1:s cents n11&#13;
jlOur&#13;
hty&#13;
en&#13;
ce&#13;
nH,11&#13;
e&#13;
.&#13;
p~&#13;
tr&#13;
'seco1&#13;
"J&#13;
_ .,&#13;
JI le faut comme un baume 311 sein de l'infortune,&#13;
.&#13;
m es:st s 1 re poser uu _p_c1t , dont j 'avois hesoin . ·E, 1·,_&#13;
Et saus lui, 1•,m •lirait, la ,·ic est importl\Ue,&#13;
pri'ères. 0 utre b eaucoup d e . .&#13;
('&#13;
•&#13;
Ou le bonheur n'est pas comp!et,&#13;
tl',wmosnes que nous uvo11s faites anssi- lt&gt; qt1itta nl, .JC lui 1,arl é d e ln t rè!.-l Suinct '&#13;
'&#13;
Vie11s donc caresser !\l0n d~lirc,&#13;
tost" après so1i dér:ès , je luy ui en cu!'l:' upj·,Ji- V ie ige -et !ni di s q ue snns d oute il é"Couvre-moi de ton aile, 6 Vierge a11 front vermeil !&#13;
. ·· · la ré sel've de r1uelques•t1L1 es, a11tant prou,rf'roit i w e gra 11 lle assis tance de èell c&#13;
. . , .. l , .&#13;
1p1e,a _&#13;
.&#13;
.&#13;
. .&#13;
.&#13;
.Q.11e les rêves doré~ qui berçeut lnQn ioipmeil&#13;
qneje le puis, toutes nies me~s~s_d~p11:s 1Jo:111 e_ 111 e 1e , 1 me 1~poud1_1.- bien c!ouceP;u- toi SI) fixent Jur ma ly rse.&#13;
.&#13;
Au baptême. 1011 nom me marqua d~ son sceau,&#13;
·&#13;
ct·e sa iuort et offert eJJco1&#13;
e Jour-. 1m n• t. E1lle&#13;
n e me . qmtte nomt;&#13;
et estant&#13;
•&#13;
•&#13;
1·&#13;
•&#13;
1e ]Ol11&#13;
U trouva, le pi'l!mia, 13: ~oute d•· m?n. ~e;&#13;
· - 11· eut la&#13;
.tlili se c1i t _tout. le~- ·sorti de sa cha~nbre, il e xpi ra u ne d em i-Et ma m.ère·sà vait le verser en dictame&#13;
ne 11 e1&#13;
. . . Q ., b&#13;
. . /l&#13;
\ . ,, .&#13;
.&#13;
.&#13;
··&#13;
l ns le Sérofoaire. à • ne, ·ec sn1v&#13;
nnt&#13;
1eure&#13;
ap rcs .-'. . . ·&#13;
.&#13;
.&#13;
·&#13;
Sur ,~, douleur&amp; de ro 00 berpe:ui,&#13;
. JOUl'S E a&#13;
·&#13;
.&#13;
·&#13;
, uos~re ~tentiou..&#13;
• -- ·&#13;
v~ · --- - ·- ····- -1ue d~ 'Qtiebec."&#13;
·Et puis, hélas .? Je eette vie&#13;
v&#13;
&#13;
J e n' ai guère cono·u, cqmme tl)i, que les pleur, i&#13;
&#13;
messe&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;p&gt;Copie typographiée en français classique et publiée dans &lt;em&gt;L'Abeille&lt;/em&gt; (15 mai 1950), vol. 2, no 26, p. 1 et (8 mai 1851), vol. 3, no 24, p. 4&lt;/p&gt;</text>
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                    <text>Original en français classique conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 87</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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        <name>Dublin Core</name>
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                <text>&lt;p&gt;Le 1er évêque de Québec informe le Séminaire de Québec qu’il doit demeurer en France, par ordre du roi, probablement à la demande de Saint-Vallier, son grand-vicaire coadjuteur, mais qu'il s'abandonne au désir de la Providence. Il parle d'un ecclésiastique qui passe au Canada, d’ouvriers qu’il pourrait envoyer au Séminaire, des missions de l’Acadie, de l’administration de la cure de Québec, d'un prêt de 8 000 livres pour payer les dépenses entamées par Saint-Vallier et le Séminaire de Québec et qu'il leur faudra couper les dépenses pour rembourser ce prêt.  &lt;/p&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>Lettre de Laval au Séminaire de Québec (Paris, 9 juin 1687)</text>
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            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10433" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10434" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-3 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10435" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publiée dans&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-3-7&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6504" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-3-7&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Extrait typographié en français moderne et publié dans H. Giguère, &lt;em&gt;Les écrits spirituels de François de Laval&lt;/em&gt;, 2014, p. 125-128&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Extrait typograhié et traduit en anglais par Bé Waterhouse, publié dans H. Giguère,&lt;em&gt; The spiritual writings of François de Laval&lt;/em&gt;, 2017, p. 127-130&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6509" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique &lt;/a&gt;par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6505" class="show"&gt;Extrait typographié en français classique&lt;/a&gt;, publié dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec&lt;/em&gt;, 1874, p. 134-136&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6508" class="show"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;em&gt;L'Abeille &lt;/em&gt;(15 mai 1950), vol. 2, no 26, p. 1 et (8 mai 1851), vol. 3, no 24, p. 4&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/13"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l'archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 363-392&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6507" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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            <name>Source</name>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6759" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 87&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires civiles (1685-1695)</name>
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        <name>Affaire du retour de Laval (1687)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Lettre de Brisacier au Séminaire de Québec (Paris, 12 juin 1687)&#13;
&#13;
Jésus, Marie, Joseph et les saints Anges&#13;
À Paris, le 12 juin 1687&#13;
Messieurs,&#13;
Il y a plusieurs points très importants que nous sommes bien aises de vous&#13;
marquer dans une lettre séparée. Le premier est qu’ayant délibéré ici entre nous&#13;
sur les principaux emplois que vous devez remplir pour le bien et l’édification de&#13;
l’Église du Canada, il nous a paru pour des raisons très importantes qu’il est à&#13;
propos que vous partagiez ces emplois de la manière qui suit.&#13;
1° Il y a assez longtemps que M. de Bernières1 est chargé en chef du soin du&#13;
Séminaire. Il faut faire au plus tôt une nouvelle élection et nous croyons qu’il est&#13;
de la gloire de Dieu de la faire tomber sur M. de Glandelet2. Sans avoir égard à&#13;
tout ce qu’il pourra opposer pour s’exempter de ce fardeau et dès que l’élection&#13;
sera faite, il faudra, s’il vous plaît, en envoyer ici l’acte pour y joindre notre&#13;
confirmation et exécuter en cela le projet de nos règlements. Nous pensons que&#13;
nous pourrons lui donner pour second assistant M. Duplein3 et nous prions très&#13;
instamment M. de Bernières de vouloir bien être le premier. M. des Maizerets&#13;
voudra bien aussi par charité continuer dans la fonction de procureur, dont il s’est&#13;
acquitté jusqu’ici avec tant de vigilance.&#13;
2° Mondit sieur des Maizerets est très humblement supplié de prendre&#13;
incessamment le soin de la cure de Québec et de s’en mettre en pleine possession.&#13;
Vous savez de quelle conséquence il est de remplir ce poste au plus tôt, de manière&#13;
que tout le monde ait sujet d’être content. Si M. des Maizerets a besoin d’être&#13;
chargé pour le ministère de la parole à cause de sa voix, M. de Glandelet pourrait&#13;
parler alternativement avec lui, car il est capital que cette fonction se fasse, autant&#13;
Henri de Bernières, v. 1635-1700, fut supérieur du Séminaire de Québec de 1665à 1672, de 1673 à 1683,&#13;
de 1685 à 1688, puis de 1693 à 1698. Il partagea la charge avec Louis Ango des Maizerets, 1636-1721.&#13;
2&#13;
Charles de Glandelet, 1645-1725, refusa le supériorat. Il sera supérieur de 1721 à 1723.&#13;
3&#13;
Benoit-Pierre Duplein, 1605-1689, avait été curé de Contrecœur jusqu’en 1685, puis est revenu au&#13;
Séminaire pour sa santé.&#13;
1&#13;
&#13;
�qu’il se pourra, par quelqu’un qui s’en acquitte avec grâce ; que si mondit sieur&#13;
des Maizerets ne pouvait point prêcher du tout, nous persistons toujours à le prier&#13;
de prendre la cure, dont il s’acquittera mieux que personne. Vous jugerez bien&#13;
qu’il est nécessaire qu’il ne s’en excuse pas et cela pour des raisons qu’on ne peut&#13;
renier. M. de Glandelet et M. le vicaire suppléeront aux proses et aux sermons. Or,&#13;
pour le choix de ce vicaire, notre sentiment est que vous voyiez entre MM. Martin,&#13;
Dupré et Boullard4, lequel des trois vous semblera le plus propre. À l’égard de la&#13;
chapelle de la basse-ville, il suffit, quant à présent et même pour quelques années,&#13;
d’y envoyer qui y dise le matin une messe basse pour les vieillards et les infirmes&#13;
et qui y fasse le petit catéchisme pour les enfants, auxquels nous vous conjurons&#13;
de vous appliquer un peu plus à l’avenir que par le passé : point de grand-messe,&#13;
point de vêpres jusqu’à ce que M. le nouvel évêque en ordonne autrement ; de&#13;
plus, de faire division de la principale église. Le second point regarde le soutien&#13;
de notre corps. Il est temps d’y unir les sujets qui en sont capables. Il y en a quatre&#13;
qui nous paraissent tels, savoir MM. Gauthier, Dupré, Volant et Petit5. Il y a des&#13;
raisons essentielles pour les agréer sans délai ; il n’est pas nécessaire de vous écrire&#13;
ces raisons, vous pouvez assez les conjecturer et nous ne doutons pas que vous ne&#13;
suiviez en cela nos pensées de fort bon cœur, étant persuadés, comme vous l’êtes,&#13;
que nous ne cherchons que le bien de l’œuvre ; ainsi nous tenons cette affaire et les&#13;
autres de l’article précédent déjà faite.&#13;
Le 3e point touche votre temporel. Nous vous conjurons de ne plus acheter&#13;
désormais aucun fonds de terre, ni de faire aucune nouvelle acquisition,&#13;
augmentation ou amélioration de quelque dépense un peu considérable dans les&#13;
fonds que vous avez déjà acquis. S’il se présente quelque héritage à acquérir ou&#13;
quelque augmentation à faire, ayez la bonté de nous en écrire, en nous informant,&#13;
avec votre cordialité ordinaire, des raisons pour et contre. Vous n’avez que trop&#13;
d’embarras ; il faut le diminuer plutôt que de l’accroître et si vous trouviez à vous&#13;
défaire de l’île de Jésus, nous serions tous d’avis que vous vous en défassiez non&#13;
seulement sur le pied de 10 000 écus, comme vous le souhaiteriez, mais même à&#13;
&#13;
Charles-Amador Martin, 1648-1711, était alors curé de l’Ange-Gardien et du Château-Richer ; François&#13;
Dupré, v. 1648-1720, était curé de Québec ; et Étienne Boullard, 1658-1733, était curé de Beauport.&#13;
5&#13;
Jean Gauthier de Brullon, 1651-1726, curé de Trois-Rivières, avec desserte de la Baie-du-Febvre ; Pierre&#13;
Volant de Saint-Claude, 1654-1710, appelé M. Volant pour le différencier de son jumeau, curé de Repentigny&#13;
et de l’île Jésus ; Louis Petit, 1629-1709, grand-vicaire en Acadie.&#13;
4&#13;
&#13;
�plus bas prix, si vous trouviez de l’argent comptant ou du moins des acquéreurs&#13;
bien sûrs. Le ménage mange le ménage : les ecclésiastiques, surtout quand ils sont&#13;
peu, ont quelque chose de meilleur à faire que de s’absorber dans le détail du&#13;
gouvernement des biens de campagne, qui demandent de grands soins. Il est&#13;
même de la prudence et de l’édification du public de paraître plus attachés au&#13;
spirituel et de ne pas passer pour riches. Enfin, comme on ne sait pas ce qui pourra&#13;
arriver dans la Nouvelle-France, il serait sans doute de notre plus solide intérêt&#13;
d’avoir ici une partie de vos biens et non pas le tout dans un lieu sujet à bien des&#13;
révolutions. Vous ferez, s’il vous plaît, de sérieuses réflexions sur ce point et en&#13;
temps et lieu, elles produiront leur effet.&#13;
Nous ne savons comment il est arrivé que l’année passée vous avez fait de la&#13;
dépense au-delà de vos forces et vous auriez exposé M. Dudouyt6 à refuser une&#13;
partie de vos lettres de change. Si pour vous tirer avec lui de ce mauvais pas, nous&#13;
n’avions trouvé le moyen de retirer un fonds de 8 000 livres, placé au denier 20, au&#13;
profit de nos missions des Indes pour vous le prêter, nous avons été bien aises de&#13;
trouver cette occasion de vous servir, mais nous ne trouverions peut-être pas une&#13;
autre fois la même facilité que nous avons eue. Ainsi, vous voyez comment il faut&#13;
user à l’avenir et l’ordre qu’il faudra que vous donniez pour vous acquitter au plus&#13;
tôt de cet emprunt.&#13;
[4°] Le dernier point est de vous donner avis de ne montrer, ni aux Jésuites, ni à&#13;
M. le gouverneur, ni à M. l’intendant la copie qu’on vous envoie de la lettre du&#13;
P. de la Chaize à Mgr de Québec. Vous pouvez seulement leur dire que ce père a&#13;
conseillé à ce prélat de se déterminer lui-même à passer encore cette année en&#13;
France, par la considération de sa santé et qu’il est visible que c’est l’intention de&#13;
la Cour, ce que néanmoins il n’est pas à propos de faire connaître aux autres.&#13;
Tout ce que nous vous écrirons est approuvé par Mgr de Québec, Laval, l’autre&#13;
n’étant pas à Paris. Nous sommes, Messieurs,&#13;
Vos très humbles et très obéissants serviteurs,&#13;
J.-C. de Brisacier.&#13;
6&#13;
&#13;
Jean Dudouyt, 1628-1688, procureur du Séminaire de Québec à Paris&#13;
&#13;
�Je ne vous dis rien de M. Tremblay7, supposant que M. Dudouyt vous mande ses&#13;
qualités. Ce sera avec le temps un très bon sujet et propre à tout.&#13;
&#13;
/Transcription8 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Henri-Jean Tremblay, 1664-1740, jeune prêtre recruté par Mgr de Laval pour le Séminaire de Québec, il&#13;
remplacera Dudouyt dans sa charge.&#13;
8&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
7&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>1687, 12 juin – Lettre de Brisacier au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 5)&#13;
1 No 5&#13;
J. M. J. A Lettres M. no. 5&#13;
2 MeSsieurs&#13;
a Paris le 12 Juin 1687&#13;
3 Jl y a plusieurs poincts tres importans que nous sommes&#13;
4 bien aises de vous marquer dans une lettre separée.&#13;
5 Le premier eSt quayant deliberé icy entre nous sur les&#13;
6 principaux moyens emplois que vous deves remplir&#13;
7 pour le bien et leledification deleglise de Canada. Jl nous a&#13;
8 paru pour des raiSons tres importantes quil eSt&#13;
9 apropos que vous partagiés ces emplois de la maniere&#13;
10 quj suit&#13;
11 1.e Jl y a assés long tems que M. de bermieres est chargé&#13;
12 enchef du soin du seminaire : Jl faut faire aupluStoSt&#13;
13 une nouvelle election et nous croyons quil eSt de&#13;
14 la gloire de dieu de lafaire tomber Sur M. glandelet.&#13;
15 Sans avoir egard a tout ce quil pourra oppoSer pour&#13;
16 sexenter de ce fardeau et des que lelection sera faitte&#13;
17 il faudra sil vous plaiSt en envoyer icy lacte pour&#13;
18 y Joindre noStre confirmation et executer en cela le&#13;
19 proiet de nos reglemens. Nous pensons que nous pourons luy donner&#13;
20 pour second Assistant M. duPlain, et nous prions tres instamment&#13;
21 M. Des Bernieres de vouloir bien estre le premier x M Des maizerets&#13;
22 voudra bien aussy par charité continuer dans La fonction de Procureur&#13;
23 dont il s’est acquitté jusqu’icy avec tant de vigilance.&#13;
24 2.e Mond.e S.r Des maizerets est tres humblement supplié de prendre&#13;
25 incessamment le soin de La cure de Quebec et de s’en mettre en pleine&#13;
26 possession. Vous sçaver de quelle consequence il est de remplir ce&#13;
27 poste auplustost demaniere que tout le monde ait sujet d’etrecontent.&#13;
28 Si M. Des maizerets abesoin destre soulagé pour le ministere de la&#13;
29 parole a cause de sa voix, M. Glandelet pourroit les parler alter=&#13;
30 nativement avec luy, car il est capital que cette fonction se fasse&#13;
31 autant quil se pourra par quelqu’un qui s’en acquitte avec grace.&#13;
32 Que si Mond.’ S.r Des maizerets ne pouvoit point prescher du tout, nous&#13;
33 persistons toujours a le prier de prendre la cure dont il s’acquittera&#13;
34 mieux que Personne, Vous jugez bien qu’il est necessaire qu’il ne s’en&#13;
35 excuse pas, et cela pour des raisons qu’on ne peut renier. M. Glandelet&#13;
36 et M. le Vicaire supplerront aux proses et aux sermons. or pour&#13;
37 le choix de ce vicaire nostre sentiment est que vous voyiez entre&#13;
38 M.rs martin, Du Pré et Boulard, lequel destroix vous semblera&#13;
39 le plus propre. A l’egard de la chapelle de la basseville&#13;
40 il suffit quant apresent, et mesme pour quelques années, d’y envoyer&#13;
&#13;
�41 qui y dise le matin une messe basse pour les vieillards et les infirms,&#13;
42 et qui y fasse le petit catechisme pour les enfans, aux quels nous&#13;
43 vous conjurons de vous appliquer un peu plus a L’avenir que par le&#13;
44 passé. point de grande messe, point de vépres jusqu’ace q’ M.&#13;
45 le nouvel Evêque en ordonne autrement, de plus de faire division&#13;
46 de La Principalle Eglise.&#13;
47 Le second point regarde la soutien de nôtre corps, il est temps&#13;
48 dy unir les suiets qui en sont capables, il y en a quatre qui nous&#13;
49 paroissent tels, sçavoir M.rs Gautier, Du Pré, Volant, et Petit.&#13;
50 il y a des raisons essentielles pour les aggreger sans delay, il n’est&#13;
51 par necessaire de vous ecrire ces raisons, vous pouvez assez les&#13;
52 conjecturer, et nous ne doutons pas que vous ne suiviez en cela&#13;
53 nos pensées defort bon cœur, estant persuadez comme vous l’estes&#13;
54 que nous ne cherchons quelebien de l’œuvre, ainsy nous tenons&#13;
55 cette affaire et les autres de l’article precedent desja faite.&#13;
56 Le 3.e Point touche vôtre Temporel. nous vous conjuront de ne&#13;
57 plus achepter desormais aucun fonds de terre, ny de faire aucune nouvelle&#13;
58 acquisition, augmentation, ou amelioration de quelque depense un peu consi=&#13;
59 derable dans les fonds que vous avez desja acquis. S’il Se&#13;
60 presente quelq’ heritage a acquerir ou quelq’ augmentetion a faire,&#13;
61 ayez la bonté de nous en escrire en nous informant avec vostre&#13;
62 cordialité ordinaire des raisons pour et contre. vous n’avez que&#13;
63 trop d’embarras, il faut le diminuer plus tost que deL’accroistre,&#13;
64 et si vous trouviez a vous defaire de L’Jsle de Jesus, nous serions&#13;
65 tous davis que vous vous en defissiez, nonseulement sur le pied de&#13;
66 dix mil écus, comme vous le souhaitteriez, mais mesme a plus bas&#13;
67 prix, si vous trouviez deL’argent comptant, ou du moins des&#13;
68 acquereurs bien surs. Le menage mange Le menage; les Ecclesiastiques,&#13;
69 Sur tout quand ils sont peu, ont quelq’ chose de meilleur a faire&#13;
70 que de s’absorber dans le destail du gouvernement des biens de&#13;
71 campagne qui demandent de grands soins. il est mesme dela prudence&#13;
72 et de L’edification de Queb du Public de paroistre plus attachez au&#13;
73 spirituel, et de ne pas passer pour riches. enfin comm’on ne sçait pas&#13;
74 ce qui pourra arriver dans La nouvelle France, il seroit sans doute&#13;
75 de nostre plus solide jnteret davoir icy une partie devos biens,&#13;
76 et non pas le tout dans un Lieu sujet a bien des revolutions. vous&#13;
77 feres s’il vous plaist deserieusesxxx reflexions Sur ce point, et en&#13;
78 temps et Lieu elles produiriont Leur effect.&#13;
79 Nous ne sçavons comment il est arrivé que L’année passée vous&#13;
80 avez fait de La depense audela de vos forces, et vous auriez exposé&#13;
81 M. Du Douyt à refuser une partie de vos lettres de change, si pour&#13;
82 vous tirer avec luy de ce mauvais pas nous n’avions trouvé le&#13;
83 moyen de retirer un fonds de huit mil livres placé audenier vingt&#13;
&#13;
�84 au profit de nos MisSions des Jndes pour vous le preter. nous&#13;
85 avons eté bien aises de trouver cette occasion de vous servir, mais&#13;
86 nous ne trouverions peut estre pas une autre fois La mesme facilité&#13;
87 que nous avons euë, ainsy vous voyez comment, il en faut user&#13;
88 a L’avenir, et L’ordre qu’il faudra que vous donniez pour vous&#13;
89 acquitter auplus tost de cet emprunt.&#13;
90 Le dernier point est de vous donner avis de ne montrer ny aux&#13;
91 Jesuites, ny a M. Le Gouv : ny a M. L’Jnt. La copie qu’on vous&#13;
92 envoye de La lettre du P. dela chaize a Mg’r de Quebec vous pouvez&#13;
93 Seulement leur dire que ce Pere a conseillé a ce Prelat de se&#13;
94 determiner Luy mesme a passer encore cette année en France par la&#13;
95 consideration desa santé, et qu’il est visible que c’est L’intention&#13;
96 deLa cour, ce que neant moins il n’est pas apropos defaire&#13;
97 connoistre aux autres.&#13;
98 Tout ce que nous vous ecrivons est approuvé par Mg’r de&#13;
99 Quebec laval, L’autre n’estant pas a Paris, nous sommes&#13;
100 Je ne vous dis rien de M. Tremblay, supposant que M.r&#13;
101 Du Douyt vous mande ses qualitez. ce sera avec le temps un&#13;
102 tres bon suiet et propre a tout.&#13;
103 Messieurs&#13;
104&#13;
Vos tres humbles et tres obeissans serviteurs&#13;
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/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
&#13;
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                    <text>Extrait manuscrit en français classique par l'archiviste local, et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 40c</text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Sources</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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          <name>Index nominum</name>
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              <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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              <text>Bernières, Henri de, v. 1635-1700</text>
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              <text>Boullard, Étienne, 1658-1733</text>
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              <text>Brulon, Jean Gauthier de, 1651-1726</text>
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              <text>Dudouyt, Jean, 1628-1688</text>
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              <text>Duplein, Benoît-Pierre, 1605-1689</text>
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              <text>Dupré, François, v. 1648-1720</text>
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              <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
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              <text>La Chaize, François de, 1624-1709</text>
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              <text>Martin, Charles-Amador, 1648-1711</text>
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              <text>Petit, Louis, 1629-1709</text>
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              <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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              <text>Volant de Saint-Claude, Pierre, 1654-1710</text>
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              <text>Saint-Vallier, Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de, 1653-1727</text>
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              <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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              <text>Denonville, Jacques René de Brisay de, 1642-1710</text>
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              <text>Bochart de Champigny, Jean, v. 1645-1720</text>
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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Brisacier, Jacques-Charles de, 1642-1736</text>
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                <text>Lettre de Brisacier au Séminaire de Québec (Paris, 12 juin 1687)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/267962"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 5&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le supérieur du Séminaire de Paris propose au Séminaire de Québec d’élire Glandelet comme supérieur et Maizerets comme curé de Québec. Il les avise de voir aux dépenses, car le Séminaire de Paris a dû emprunter pour honorer leurs lettres de change. Il les avertit de garder secrète la lettre de La Chaize, confesseur du roi, et que Laval, 1er évêque de Québec, a approuvé de cette lettre.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7194" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne &lt;/a&gt;par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2294" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11719" class="show"&gt;Extrait manuscrit en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 40c&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>Correspondance avec le Séminaire de Paris</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Dettes</name>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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