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                    <text>Mémoire de La Chesnaye sur la traite des boissons enivrantes&#13;
(Québec, 1693)&#13;
&#13;
Puisque vous désirez, Monseigneur, que je vous dise ce que je sais au sujet de la&#13;
traite des boissons avec les Sauvages de ce pays dès l’année 1655 que j’arrivai ici&#13;
la première fois, il était très rigoureusement défendu par le gouverneur et le&#13;
Conseil de la traite établi au pays de donner des boissons enivrantes aux Sauvages&#13;
et ceux qui étaient accusés de contrevenir la défense étaient punis de prison et de&#13;
fortes amendes. Le gouverneur présidait à ce Conseil composé du père supérieur&#13;
des Jésuites et de cinq conseillers choisis d’entre les habitants par ledit gouverneur&#13;
et révérend père. À mon arrivée, les révérends pères avaient beaucoup de pouvoir&#13;
sur l’esprit du gouverneur et quoique les habitants fussent partagés en deux&#13;
factions ou partis, comme il était bien juste, celle du gouverneur était la dominante.&#13;
Le Canada, n’ayant alors que très peu de biens à disputer, ce qui met&#13;
ordinairement les hommes en action, toutes ou la plupart des querelles avaient&#13;
rapport à l’eau-de-vie, à ceux du profit excessif et présent que trouvaient ceux qui&#13;
en vendaient aux Sauvages, qui trouvaient toujours leur appui dans l’un ou l’autre&#13;
parti le plus faible, reprochant au plus fort qu’ils favorisaient qui ils voulaient,&#13;
comme il est vrai que j’ai connaissance que certains traitaient avec permission. Je&#13;
crois bien, à la charge de ne pas en jurer, plusieurs le savaient comme moi et cela&#13;
faisait beaucoup crier et envoyait les autres à en faire autant. Ensuite, le Canada&#13;
en voulait aussi avoir sa part, ce qui a causé de très grands désordres pendant d’un&#13;
fort longtemps. Peu de temps après, Mgr l’ancien évêque, que l’on a appelé&#13;
M. de Laval, vint en ce pays et d’abord ayant conçu une très grande horreur contre&#13;
ce commerce, qui est en effet abominable, à cause des suites, puisque l’on peut dire&#13;
certainement que jamais Sauvage n’a bu qu’il n’ait eu dessein de s’enivrer et étant&#13;
pire, capable de commettre tous les crimes et les violences que l’on puisse&#13;
imaginer, excommunia tous ceux qui vendraient de la boisson aux Sauvages peu&#13;
ou prou, une rigueur si grande mit les honnêtes gens en réserve, mais plusieurs&#13;
furent excommuniés et c’est en ce pays que j’ai vu recevoir des excommuniés à&#13;
pénitence. L’on dit, et il est vrai, que dans ces temps si fâcheux, sous les prétextes&#13;
de pauvreté dans les familles, certaines gens avaient permission d’en traiter, je&#13;
crois, toujours avec la réserve de ne pas en porter.&#13;
&#13;
�Dans ce temps, nous avions ici pour gouverneur M. le vicomte d’Argenson, qui&#13;
n’approuvait pas ce qui se faisait en cela et c’était aussi le sujet des bruits entre le&#13;
gouvernement et le clergé. MM. Davaugour et de Mésy venaient après&#13;
M. d’Argenson et toujours l’eau-de-vie, à cause de la grande rigueur de&#13;
Mgr l’évêque, était la matière des contestations. Dans les temps de ces&#13;
gouvernements, on fit aussi publier infinités d’ordonnances pour la défense de la&#13;
traite de l’eau-de-vie, à la réserve néanmoins du fermier de la traite de Tadoussac,&#13;
qui avait permission d’en traiter, parce que le revenu de la ferme était le paiement&#13;
des appartements du gouverneur, des gages des conseillers et autres charges&#13;
publiques. MM. de Tracy, de Courcelle et Talon arrivèrent en Canada, qui&#13;
renouvelèrent à leur arrivé les défenses de vendre de l’eau-de-vie aux Sauvages, il&#13;
faut dire qu’elle était toujours défendue et que l’on en traitait aussi toujours, ce qui&#13;
donnait de grandes occupations aux magistrats, car comme toutes les méchantes&#13;
actions se doivent faire et se font ordinairement sans témoins, on voulait que la&#13;
déclaration du Sauvage fut crue et au contraire, un Sauvage, par l’envie de boire&#13;
une autre fois, nommait ordinairement celui qui n’avait pas songé à lui et c’était&#13;
des procès continuels. Sur quoi M. Talon, peut-être pour chagriner, où chagrin [il&#13;
y eut] d’ailleurs, prit le parti de faire permettre la traite des boissons et depuis ce&#13;
temps, l’on a toujours soutenu qu’il était meilleur qu’elle fut libre.&#13;
Mgr l’ancien évêque s’y opposa avec tout le clergé. Ledit seigneur évêque publia&#13;
aussi son cas réservé et comme la colonie s’était augmentée et que le roi avait déjà&#13;
commencé à prendre soin des affaires de ce pays, on soutint qu’il n’avait pas pu&#13;
en faire un cas réservé, parce qu’il ne pouvait pas subsister pour la traite, en quoi&#13;
il n’y a, dit-on, pas de péché, étant certain que, quoique le Sauvage cherchant ou&#13;
trouvant à boire ait envie de s’enivrer, tant fois plusieurs Sauvages boivent sans&#13;
s’enivrer et alors il n’y a aucun péché de leur avoir donné à boire, ou après un&#13;
grand travail, ou pour les faire commencer un voyage, ou dans d’autres occasions&#13;
de nécessité.&#13;
Voilà à peu près ce qui a fait rendre l’ordonnance de Sa Majesté qui permet de&#13;
donner de la boisson auxdits Sauvages, mais défend de leur en porter dans la&#13;
profondeur des bois, ce qui fait encore aujourd’hui une fort grosse difficulté. J’ai&#13;
&#13;
�seulement remarqué que de tout temps, un chacun a voulu atterrir à sa juridiction&#13;
les suites de la traite de l’eau-de-vie. L’on dit que le roi en permet la distribution&#13;
dans ces villes et habitations françaises, parce que si l’arrivée du mal dans ces&#13;
lieux, on peut punir les coupables ; tout de même il défend d’en porter dans la&#13;
profondeur, où personne ne peut être témoin ni apporter remède aux désordres&#13;
qui en peuvent arriver. Je vous le dis en connaissance qu’on ne peut mieux&#13;
représenter l’enfer qui par la vue des Sauvages et Sauvagesses ivres qui sont alors&#13;
capables de toutes sortes de brutalités, violences et meurtres, de père de l’enfant,&#13;
le mari de la femme, etc. ; tous ces désordres arrivent bien souvent parce que l’on&#13;
ne veut pas punir ceux qui sont les auteurs du mal.&#13;
Les ordonnances permettent de donner à boire, il est défendu d’en porter ;&#13;
pourquoi être si charitable envers ceux qui n’obéissent point ? Tous les anciens&#13;
règlements sur cette matière se trouvent égarés. Je dis les originaux, parce que le&#13;
greffier du Conseil d’alors s’étant retiré en France, vendit son greffe à un notaire.&#13;
Lequel étant mort depuis longtemps, sa veuve morte aussi, tous ses papiers ont&#13;
été perdus. J’ai ramassé tous ceux qui sont au greffe du Conseil d’aujourd’hui,&#13;
dont le greffier tient bon ordre et que je vous envoie, Monsieur. Le comte m’avait&#13;
promis les siens, mais j’ai remarqué que ce sont les mêmes que ceux-ci. Je désire&#13;
qu’il y ait quelque chose qui puisse contenter votre curiosité et demeure.&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Charles Aubert de La Chesnaye.&#13;
24 octobre 1693&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-2379, p. 773-805.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Un important marchand de Québec reconnaît les difficultés et les désordres causés par la distribution d’alcool aux Autochtones et résume les tentatives de régulation par les autorités civiles et religieuses (dont Laval), depuis son arrivée en 1655 en Nouvelle-France.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 12, f. 380 et suiv.&lt;/li&gt;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12782" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français&lt;/a&gt; moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2022926"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Collection des manuscrits… relatifs à la Nouvelle-France&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1883-1885, vol. 1, p. 541-551 , via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2379/773?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2379, p. 773-805&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Mémoire sur la traite des boissons enivrantes au Canada&#13;
(1694)&#13;
Il est assez à propos de donner un coup ou deux d’eau-de-vie aux Sauvages quand&#13;
la bienséance ou la nécessité l’exigent et de la manière qu’il se pratique en France.&#13;
On ne blâme que l’excès, qui naît de la vente qu’on en fait aux Sauvages, parce que&#13;
l’expérience de plus de 40 ans ne permet pas de douter qu’ils n’en achètent que&#13;
pour s’enivrer. S’ils sont plusieurs qui veulent en boire et qu’il n’y en ait&#13;
suffisamment que pour enivrer un seul ou deux, tous les autres s’en privent, et&#13;
quand ils en ont assez pour continuer longtemps leur ivrognerie, on les verra ivres&#13;
l’espace de 8 ou 10 jours, exprès pour satisfaire impunément leur passion de&#13;
vengeance ou d’impureté, prétendant que l’ivresse excuse tout et comme ils sont&#13;
déjà brutaux et barbares d’eux-mêmes, l’eau-de-vie qu’ils boivent sans modération&#13;
les porte à des saletés et à des extrémités de fureur et de cruauté qui ne sont pas&#13;
imaginables : s’entre assommer les uns les autres, s’entre mordre comme des bêtes&#13;
féroces, étant ivres, se défigurer le visage, s’entre brûler, s’estropier dans leurs&#13;
batteries, vendre tout ce qui leur appartient, comme leurs armes et leurs hardes,&#13;
ôter à leur famille leurs meubles et leurs habits, dérober partout pour avoir de quoi&#13;
acheter de l’eau-de-vie, sans se mettre en peine de payer leurs dettes aux&#13;
marchands qui leur ont fourni leurs besoins et qui font conscience de leur en&#13;
vendre, à cause des crimes et des abominations où l’usage immodéré de cette&#13;
boisson les porte ; c’est ce qui se voit presque tous les jours en ce pays-là.&#13;
Donner une épée à un furieux, c’est coopérer aux blessures et aux meurtres qu’il&#13;
fait et qu’on sait qu’il fera. Or, tout le monde sait en Canada que de vendre de&#13;
l’eau-de-vie aux Sauvages, c’est donner de quoi les rendre furieux et ensuite&#13;
meurtriers, impudiques, apostats et voleurs ; c’est leur donner occasion de&#13;
commettre les étranges excès auxquels ils sont sujets étant ivres ; c’est les mettre&#13;
dans l’impossibilité morale de leur salut, vu le penchant qu’ils ont de s’enivrer et&#13;
qu’ils avouent ne pouvoir s’abstenir quand ils ont de l’eau-de-vie à leur discrétion.&#13;
De là sont venus tant de maladies incurables et mortelles, qui ont altéré leur&#13;
tempérament et leur bonne constitution naturelle et qui ont fait mourir un si grand&#13;
nombre de Sauvages, les uns à la fleur de leur âge et les autres en langueur avant&#13;
la vieillesse. On en a vu devenir fous ; quelques-uns ont égorgé, rôti et mangé leurs&#13;
enfants ; d’autres se sont tués par le fer, le poison ou par le feu ; on en a trouvé de&#13;
&#13;
�morts dans les eaux, sur les chemins, au bord des rivières et dans les bois, ayant&#13;
encore leur baril d’eau-de-vie auprès d’eux. De la nation seule des Algonquins,&#13;
que leur nombre et leur courage rendaient redoutables, on en compte, sans parler&#13;
des autres, 2 000 que l’eau-de-vie a exterminés. Toutes les femmes enceintes&#13;
adonnées à l’ivrognerie, ou avortent, ou se font avorter, ou causent la mort de leurs&#13;
enfants, soit en les jetant dans le feu ou dans les eaux ou les meurtrissant contre&#13;
terre ; soit aussi parce que leur lait, ou se corrompt, ou se tarit, par le fréquent&#13;
usage de l’eau-de-vie, n’en ayant pas d’autres à leur donner.&#13;
Je ne dis rien des parricides, des incestes, des viols, des prostitutions et de mille&#13;
autres infamies et brutalités détestables où ils se plongent et qui sont les fruits&#13;
ordinaires de cette boisson, par le moyen de laquelle plusieurs de ceux qui la&#13;
vendent, ayant fait perdre leur pudeur aux femmes avec la raison en les enivrant,&#13;
les corrompent. D’où naissent les divorces dans les mariages, les dissentions dans&#13;
les familles, le libertinage des grands et des petits et une pauvreté si extrême qu’il&#13;
ne reste à ces ivrognes et ivrognesses ni hardes, ni haches même pour couper du&#13;
bois, ni chaudière, ni blé, ni aucune des choses nécessaires à la vie ou pour la&#13;
chasse, tout ce qui leur appartient ayant été converti en eau-de-vie au profit de&#13;
ceux qui, pour pêcher plus aisément, comme on dit, en eau trouble, les dépouillent&#13;
de tout pour très peu d’eau-de-vie, abusant de leur ivresse pour un frauduleux&#13;
commerce, dont les Sauvages ne conviendraient pas s’ils étaient en leur bon sens.&#13;
C’est ce trafic d’eau-de-vie que les habitants de Boston, capitale de la NouvelleAngleterre, appellent un commerce exécrable, comme il paraît dans l’ordonnance&#13;
qu’ils firent, en 1672, de ne point enivrer les Sauvages et quoique depuis la&#13;
révolution arrivée en Angleterre, il y a peut-être impunité pour les contrevenants,&#13;
la copie qu’on en a montré bien néanmoins qu’ils sont convaincus des étranges&#13;
désordres que la vente de cette boisson produit. Les rois d’Espagne en ont fait une&#13;
pareille, qui s’observe à l’égard des Indiens. Il est même défendu de faire un&#13;
certain breuvage enivrant nommé sora, parce qu’il mettait des obstacles invincibles&#13;
à leur conversion, les rendait cruels, furieux et les portait à de très grands excès,&#13;
tels que sont ceux qu’il a vus et qu’on voit encore en Canada. Le roi a aussi défendu&#13;
ce premier trafic dès 1657 en toute la Nouvelle-France, pour les mêmes raisons,&#13;
par un arrêt du Conseil d’État, qui a été suivi de 5 autres donnés par le Conseil de&#13;
&#13;
�Québec, tendant aux mêmes fins de ne point enivrer les Sauvages, ni de leur porter&#13;
ou vendre de l’eau-de-vie aux lieux de leur résidence et de leur chasse.&#13;
Mais l’inexécution et l’impunité ont rendu tous ces arrêts et toutes ces défenses&#13;
inutiles et l’on voit encore des marchands d’eau-de-vie qui, abandonnant l’espace&#13;
de 2, 3, 4 et 5 ans la culture de leurs terres et le soin de leur ménage, vont bien loin&#13;
ruiner l’empire de Jésus-Christ et favoriser celui du démon, enivrant dans les bois&#13;
des Sauvages éloignés de 200, 300 et 400 lieues, où quelques-uns d’eux s’étaient&#13;
réfugiés, tant pour conserver les restes de leur nation, que cette boisson a presque&#13;
détruite, que pour éviter aussi les poursuites de ceux qui leur en vendent. Mais ils&#13;
savent bien les trouver, où les Sauvages ne les attendaient pas. Là, ils mènent une&#13;
vie et font des actions qui déshonorent la religion et avilissent le nom Français.&#13;
Il serait trop long de déduire combien cela est préjudiciable à la colonie, au&#13;
commerce et à la foi, qui fleuriront dans la Nouvelle-France sans la licence qu’on&#13;
se donne de tenir les Sauvages contre la loi de Dieu, contre l’ordonnance du roi et&#13;
contre la charité du prochain, qu’on précipite dans un abîme de péché et dans la&#13;
damnation éternelle. Aussi par un juste châtiment que l’on s’attire, nous voyons&#13;
que ce que l’on disait craindre, si l’on ne vendait point d’eau-de-vie aux Sauvages,&#13;
arrive effectivement pour leur en avoir vendu ; car les Sauvages, ainsi dépouillés,&#13;
blessés dans leurs batteries, souillés par la lubricité de nos libertins et réduits à une&#13;
disette générale de toutes choses, étant revenus de leur ivresse, donnent mille&#13;
malédictions à notre nation et, dans leurs ressentiments de se voir en un instant si&#13;
misérables, conçoivent des desseins et des projets de se venger de notre avarice et&#13;
autres torts qu’ils prétendent avoir reçus.&#13;
Ils pillent et tuent indifféremment les Français qu’ils trouvent ou surprennent à&#13;
leur avantage dans la forêt et s’enrichissent à leur tour de leurs dépouilles. C’est&#13;
ce qui fait qu’à la réserve de ceux que quelques Sauvages chrétiens qui ont encore&#13;
de l’autorité retiennent attachés aux Français, presque tous les autres voudraient&#13;
que les Anglais fussent maîtres de tout le pays ; et l’on est averti de bien des&#13;
endroits que trois ou quatre nations de Sauvages ont eu déjà des pourparlers avec&#13;
eux et ont goûté du bon marché qu’ils leur font de toutes sortes de marchandises.&#13;
Les Anglais tâchent, s’ils peuvent, de faire une réconciliation générale de toutes&#13;
&#13;
�les nations avec les Iroquois qui occupent ces parages, afin qu’ils aient la liberté du&#13;
trafic avec eux. Quoique cela suffirait pour montrer la nullité de la raison&#13;
qu’allèguent les partisans de la vente de l’eau-de-vie, pour prouver la nécessité&#13;
qu’il y a d’en vendre aux Sauvages autant qu’ils en voudront, il faut néanmoins&#13;
répondre d’une manière qui contente ceux qui prennent part au bien de la colonie&#13;
française et aux intérêts de Jésus-Christ. Ils disent que c’est par la vente de l’eaude-vie qu’on attire les Sauvages parmi nous et que si on refusait de leur en donner,&#13;
ils nous quitteraient pour en aller chercher ailleurs et commercer ensuite avec les&#13;
Anglais, chez qui le bon marché des marchandises ne les attire déjà que trop.&#13;
[1°] Il n’y a que les personnes qui sont, ou mal informées, ou qui sont&#13;
poussées par les intérêts bas et vicieux, qui parlent de la sorte ; car&#13;
quand ce qu’ils avancent serait vrai, il faut toujours supposer que le&#13;
salut est préférable à toutes sortes de lucres et qu’il doit cesser de&#13;
faire un négoce qui damne l’acheteur et le vendeur. Si nos cabaretiers&#13;
causaient autant de désordre en France que les vendeurs d’eau-devie chez les Sauvages du Canada, il est certain que les magistrats&#13;
leurs défendraient de tenir cabaret ou bien les obligeraient de garder&#13;
la modération que la police et l’Église ordonnent.&#13;
2° Il est si peu vrai que l’eau-de-vie attire les Sauvages chez les&#13;
Français que tous ceux qui étaient venus habiter parmi eux, on&#13;
remarque qu’il n’y a que les ivrognes qui s’en soient retirés et nous&#13;
aient quittés et qu’il n’est que trop ordinaire que des Sauvages venus&#13;
pour se faire instruire en la foi et demeure au milieu de nous se soient&#13;
pareillement retirés, voyant que l’eau-de-vie y causait encore de plus&#13;
grands maux qu’en leur pays. Il n’est pas vrai aussi que les Sauvages&#13;
iront faire ailleurs leur commerce si on ne leur vend pas d’eau-devie, puisque ceux qui sont probes et ceux qui sont éloignés de nous,&#13;
les chrétiens et les non-chrétiens, ont souvent instamment prié qu’on&#13;
ne leur en vendit point, parce qu’ils avouaient qu’il ne leur était libre&#13;
de ne point s’enivrer quand on leur en donnait, ce qui causait des&#13;
meurtres et autres inconvénients très fâcheux que l’ivrognerie&#13;
traînait après soi, surtout en un pays où chacun fait tout ce qu’il lui&#13;
&#13;
�plaît, sans craindre de châtiment. Ils font semblant d’avoir perdu la&#13;
raison, qui seule leur sert de bride, pour ne pas faire ce qu’ils croient&#13;
être bien.&#13;
Aussi, pour se disculper des crimes auxquels ils sont sujets, étant ivres, ils se&#13;
contentent de dire que la boisson leur avait ôté la honte et l’esprit et avec ces&#13;
principes, ils rejettent toute la faute sur ceux qui leur traitent de l’eau-de-vie et ce&#13;
qui leur a encore fait renouveler, en 1690, leurs prières sur ce sujet à&#13;
M. de Frontenac, gouverneur, qui se trouva alors à Montréal, petite ville située à&#13;
la tête des habitations françaises, où les chefs des Sauvages s’étaient rendus en&#13;
grand nombre pour y faire la traite de leurs pelleteries. Ils firent haranguer les&#13;
mieux-disants d’entre eux en présence de M. de Champigny, intendant, et des&#13;
personnes les plus considérables du Canada, tant ecclésiastiques que laïcs. L’un&#13;
d’eux commence par dire (non pas, comme on a mandé en France, en déguisant la&#13;
vérité), que si on ne leur vendait de l’eau-de-vie autant qu’ils en voudraient, ils&#13;
iraient commercer et en acheter ailleurs (c’est ce qu’ils ne dirent pas), mais bien&#13;
que si on ne leur faisait meilleur marché que par le passé les armes, hardes,&#13;
chaudières et choses semblables, on ne les verrait plus à Montréal, où tout se&#13;
vendait à un prix excessif. Les mêmes prièrent en second lieu que vu l’étrange&#13;
ravage que faisait l’eau-de-vie en leurs bourgades, où leur jeunesse ivre&#13;
s’abandonnait à toutes sortes d’excès et était possédée d’une fureur si horrible&#13;
qu’elle commettait des meurtres et autres crimes atroces, sans jamais se modérer&#13;
dans l’usage de cette boisson, ils attendaient comme une grâce que M. le&#13;
gouverneur qu’il mit fin une bonne fois à de si grands désordres, en faisant finir&#13;
la vente de l’eau-de-vie à leurs gens ; car, dirent-ils, c’est elle qui renverse notre&#13;
terre, qui nous tue, qui nous dépouille de tout jusqu’à nos armes, on rompt ou&#13;
retarde nos parties de guerre et de chasse, dont le bon succès dépend de la&#13;
diligence, qu’autrement ce sera toujours une source infinie de maux, qu’il en est&#13;
également important, aux Français aussi bien qu’à nous, qu’on fasse tarir.&#13;
Un de ces chefs, qui était chrétien, pour obtenir plus immanquablement cette&#13;
défense de vente de l’eau-de-vie aux Sauvages, donna à M. le gouverneur des&#13;
présents par où, selon leurs coutumes, ils font connaître le désir qu’ils ont qu’on&#13;
leur accorde ce qu’ils demandent et ajouta ces mots : « Si vous voulez que nous&#13;
&#13;
�autres chrétiens buvions votre eau-de-vie, il faut que nous nous souillions par&#13;
toutes sortes de saletés ; que nous rompions nos mariages ; que nous continuions&#13;
nos débauches et nos autres désordres ; et que nous fassions tout ce que ceux qui&#13;
nous instruisent nous disent de ne pas faire ; et que nous cessions d’être chrétiens ;&#13;
car quelle apparence que la religion subsiste avec tant de péchés, où l’ivrognerie&#13;
nous entraîne ? Tant que vos Français nous vendront de l’eau-de-vie, nous serons&#13;
toujours bêtes, sans esprit et méchants. Vous dites, continua-t-il, que vous êtes&#13;
notre père, ayez donc pitié de votre enfant et leur ôter un couteau dont ils se&#13;
blessent, se détruisent et se tuent. »&#13;
Voilà assurément ce qu’ils ont dit à Montréal publiquement, en 1690, et ce qu’ils&#13;
ont encore réitéré depuis ce temps-là. Que si quelques ivrognes, qui ont renoncé&#13;
au christianisme ou sont débauchés, ont dit en secret à quelques particuliers de&#13;
leur vendre de l’eau-de-vie pour contenter leur passion propre et celle du vendeur,&#13;
cela se fait sans aveu de la nation qui, par ses chefs, prie qu’on ait compassion de&#13;
l’état défavorable où l’ivrognerie les réduit.&#13;
Les Sauvages qui demeurent bien loin des Français n’ont pas été les seuls qui ont&#13;
prié M. le comte de Frontenac de faire cesser la vente de l’eau-de-vie à leur égard ;&#13;
ceux que les missionnaires ont attirés du voisinage des Anglais et dont ils ont fait&#13;
des colonies de chrétiens parmi nous ont pareillement usé de toutes les manières&#13;
les plus efficaces qu’il leur a été possible pour arrêter, par le même moyen, un&#13;
déluge de péchés, de malheurs et d’infamies que l’ivrognerie attire sur ceux, qui&#13;
portent la désolation dans leurs familles et qui ruinent la religion qu’ils ont tous&#13;
embrassée.&#13;
Avant de se résoudre à se séparer de nous, pour fuir l’occasion prochaine de&#13;
s’enivrer, contre laquelle ils ne seraient pas assez forts, ils ont fait, l’année passée,&#13;
en 1692, un dernier effort pour persuader M. de Frontenac de la nécessité qu’il y&#13;
avait de défendre aux Français de leur vendre de l’eau-de-vie en quantité&#13;
suffisante pour leur faire perdre la raison. Ils lui ont représenté que nonobstant le&#13;
bon marché de toutes choses, la sûreté de leurs personnes et l’abondance de leur&#13;
chasse qu’ils avaient en leur pays et qui ne se trouvaient pas chez les Français, le&#13;
désir néanmoins de se faire chrétiens et de fuir l’occasion de se perdre, avait&#13;
&#13;
�prévalu contre tous ces avantages et malgré les oppositions des Anglais, les&#13;
avaient rapprochés de nous, et non pas cette pernicieuse boisson, qui, encore tout&#13;
récemment, avait fait commettre à leurs gens des choses atroces et honteuses, dont&#13;
eux-mêmes avaient de la confusion. Mais leur demande n’a point été acceptée ;&#13;
c’est pourquoi, voyant qu’on les avait rebutés et que le mal était sans remède, une&#13;
partie nous a quitté et s’est retirée pour aller vivre ailleurs.&#13;
Ainsi il se trouve que ceux que la religion nous avait si fortement attachés, que ni&#13;
les menaces, ni les présents et les caresses de leurs parents et compatriotes, ni la&#13;
mort même n’avaient pu séparer de nous, la vente de l’eau-de-vie a eu le pouvoir&#13;
de les en éloigner, par une juste punition de Dieu, dont on a méprisé la cause et les&#13;
intérêts. Il est bien à craindre que l’Anglais ne profite de cette séparation et qu’elle&#13;
ne fasse changer leur bonne volonté pour nous. Leur exemple pourrait bien faire&#13;
prendre la pensée aux autres de les imiter. Quoiqu’ils aient perdu près de la moitié&#13;
de leurs gens à faire la guerre pour nous, ils tiennent encore bon parmi les Français,&#13;
où la foi seule les arrête, et non pas l’eau-de-vie, ni aucune autre considération&#13;
humaine ni temporelle. Il n’est pas vrai pareillement que l’ivrognerie des Sauvages&#13;
soit utile au commerce ou à la colonie française ; c’est ce qu’il est aisé de conclure&#13;
de tout ce qui a été dit ci-dessus, car elle nuit à l’un et à l’autre, par la diminution&#13;
des chasseurs et des guerriers sauvages, que l’excès de l’eau-de-vie rend&#13;
habituellement malades, invalides et fait enfin crever. Elle les rend aussi fainéants&#13;
et ennemis de la chasse qui, sans cela, serait beaucoup plus abondante en toutes&#13;
sortes de pelleteries, comme il se voit avec le commerce qu’il fait avec diverses&#13;
nations qui ne boivent pas d’eau-de-vie et avec tous ceux qui s’occupent de la&#13;
chasse, sans perdre leur temps dans l’ivrognerie et dans les débauches qui en sont&#13;
inséparables.&#13;
Ceux qui ne s’enivrent pas payent bien leurs créanciers ; ils ont ordinairement de&#13;
bonnes armes et des munitions de guerre et de chasse et se revêtent de belles&#13;
hardes, faisant gloire d’être bien mis et habillés à la française. Leurs familles ont&#13;
leurs petits besoins et n’ont presque point d’opposition à la foi ; au lieu que les&#13;
ivrognes sont toujours incapables du christianisme, gueux, voleurs, nus, crasseux,&#13;
misérables, affamés, libertins, paresseux, dans une indigence de tous, causée par&#13;
&#13;
�l’eau-de-vie, qui les défrancise et leur ôte jusqu’à leur chemise pour acheter de&#13;
quoi s’enivrer.&#13;
Pour ce qui est de la colonie française, il est évident que l’ivrognerie des Sauvages&#13;
lui est préjudiciable en trois manières :&#13;
1° parce qu’elle l’affaiblit par la quantité de Sauvages qu’elle fait&#13;
mourir par l’excès qu’ils en font ; ou parce qu’ils s’entretuent les uns&#13;
les autres étant ivres ; ou bien les met hors d’état de nous donner du&#13;
secours contre les Sauvages qui nous font la guerre et que nous ne&#13;
pouvons pas, comme eux, atteindre et surprendre dans les bois ; ou&#13;
enfin, parce qu’étant chargés de dettes et de crimes qu’ils ont commis&#13;
par leur ivrognerie, ils se dérobent de nous et nous quittent au profit&#13;
de nos ennemis, avec qui ils nous font eux-mêmes la guerre ;&#13;
2° par la longue absence de quantité de Français qui, pour aller&#13;
vendre de l’eau-de-vie aux Sauvages éloignés, abandonnent pendant&#13;
plusieurs années le pays aux ennemis, aussi bien que le soin de leurs&#13;
familles et la culture de leurs terres, qui sont en non-valeur, ce qui&#13;
cause la disette du blé et que le pays ne se fait point ; et qu’ils&#13;
repassent la mer comme bien d’autres à leur retour du pays des&#13;
Sauvages, qu’ils semblent n’être allés dépouiller que pour avoir de&#13;
quoi se retirer en France ; mais la justice de Dieu soit bien les trouver&#13;
sur terre et sur mer ;&#13;
3° parce que leur ivrognerie désole les habitations françaises, car l’on&#13;
peut assurer avec vérité qu’aux environs de Québec, de Montréal et&#13;
de quelques autres lieux, il n’y a presque pas de maisons où ces&#13;
insolents ivrognes n’aient jeté la terreur par leurs cris et hurlements&#13;
terribles et par la fureur avec laquelle ils y sont entrés de force, ayant&#13;
les armes à la main et où ils ont tout dérobé, battu ou tué des&#13;
Français, massacré et blessé leurs bestiaux. Ils y ont mis quelques fois&#13;
le feu ou bien les ont souillés par leurs impudicités les plus&#13;
abominables. Enfin, cette désolation est venue jusque dans les églises&#13;
&#13;
�et les lieux saints, où des femmes ivres et nues ont dansé et se sont&#13;
battues.&#13;
Ce sont les funestes effets de la vente de l’eau-de-vie qui diminue le commerce,&#13;
qui affaiblit et désole la colonie, qui ruine les corps et les âmes des Sauvages en la&#13;
Nouvelle-France, où quatre de nos rois1, où les travaux et le sang de nos&#13;
missionnaires, où la piété des gens de bien semblaient avoir conspiré pour établir&#13;
l’empire de Jésus-Christ, à la gloire de Dieu, à l’honneur de la France et au salut&#13;
de tant de nations et où le christianisme se serait heureusement étendu et affermi&#13;
sans l’opposition qui y ont formé les vendeurs d’eau-de-vie, qui, bien loin de&#13;
contribuer à la conversion de ces infortunés barbares, au lieu d’édifier les&#13;
nouveaux convertis et les confirmer dans le bien, les ont eux-mêmes, ou&#13;
corrompus, ou empêchés, d’embrasser la foi, ou bien ont fait reprendre leurs&#13;
premiers dérèglements à ceux qui ont reçu le baptême et les ont rendus pires qu’ils&#13;
n’étaient avant qu’ils fusent chrétiens, par leur détestable trafic qui leur a été et&#13;
leur est encore, aussi bien qu’aux Sauvages, une source de malheur et la cause de&#13;
la déplorable fin qu’ils ont tous faite jusqu’ici.&#13;
Car Dieu vengeant, dès cette vie, la perte des âmes qui lui sont si chères, a permis&#13;
ou qu’ils aient toujours été dans la pauvreté ou que leur injuste luxe, provenu de&#13;
ce malheureux commerce, ne leur ait point profité ; ou qu’ils aient été consumés&#13;
par les flammes, ou abîmés dans l’eau ; ou ils ont péri eux-mêmes, après avoir tant&#13;
fait brûler et noyer de Sauvages qu’ils avaient envoyés. Il y en a eu qui, ne pouvant&#13;
mourir d’une plus méchante main que de celle dont ils avaient tant donné d’eaude-vie à boire, se sont aussi tués eux-mêmes, aussi bien que les Sauvages qui&#13;
s’étaient poignardés et empoisonnés, ayant perdu la raison ; d’autres qui avaient,&#13;
par leur cruelle vente de cette boisson, empêché le progrès de la religion et ont&#13;
même apostasié et se sont faits huguenots.&#13;
On en a trouvé dans les bois, dont les corps servaient de proie aux oiseaux et de&#13;
pâture aux bêtes Sauvages, qui s’étaient glorifiés d’avoir débauché par leur eaude-vie de 200 femmes ou filles Sauvages et ceux qui ont causé tant de batteries, de&#13;
dissensions, de querelles et de meurtres, par la vente de cette même liqueur, ont&#13;
1&#13;
&#13;
En marge : François Ier, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.&#13;
&#13;
�été massacrés, les uns par les Français et les autres par les Sauvages. Enfin, ceux&#13;
qu’une mort naturelle a surpris dans l’exercice de ce trafic sont décédés en&#13;
réprouvés, sans sacrements, et en délestant leur mauvais négoce avec les Sauvages&#13;
qu’ils avaient précipités dans l’enfer.&#13;
Tout ce qu’on a exposé ci-dessus n’est pas une histoire seulement du vieux temps,&#13;
comme quelques-uns pourraient dire ; c’est ce qu’on a vu depuis peu d’années et&#13;
ce qui est arrivé tout récemment et qui continuera et augmentera toujours jusqu’à&#13;
ce que le roi remédie lui-même à tant de maux.&#13;
Si Sa Majesté savait seulement ce qui se passa l’année dernière, 1692, à Québec et&#13;
à Montréal et aux Outaouais, je suis sûr qu’elle mettrait ordre à des excès aussi&#13;
outrés que ceux qui s’y sont commis, car les meurtres des Sauvages se sont&#13;
renouvelés à Montréal. Quantité s’y sont grièvement blessés, tant ivres, ils s’y sont&#13;
entre-déchirés avec les dents et entre-mangés le visage, après bien des batteries&#13;
d’ivrognes dont Montréal a été longtemps rempli. À Québec, des hommes et des&#13;
femmes sauvages ivres et nues se sont entre traînés dans les rues, à la vue et au&#13;
grand scandale de tout le monde. Ils ont fait publiquement comme des bêtes brutes&#13;
des choses honteuses et infâmes les uns avec les autres que l’honnêteté ne me&#13;
permet pas de raconter.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-2379, p. 773-805.&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Mémoire sur la traite des boissons enivrantes au Canada (1694)</text>
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                <text>Le document énumère des effets néfastes de la traite des boissons envirantes aux Autochtones du Canada, qui sont très préjudiciables pour ces peuples quant à leur santé, leur dignité et leur survie. Les conséquences auprès d’eux affectent aussi la colonie française.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 12, f. 380 et suiv.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12779" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2022926"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Collection des manuscrits… relatifs à la Nouvelle-France&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1883-1885, vol. 1, p. 541-551 , via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2379/773?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2379, p. 773-805&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de la traite des boissons enivrantes (1659-1708)</name>
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        <name>Britanniques</name>
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                    <text>Extrait de la lettre de Denonville à Seignelay&#13;
(Québec, 10 novembre 1686)&#13;
&#13;
À Québec, le 10e novembre 1686&#13;
Monseigneur,&#13;
Je commencerai, s’il vous plaît, la lettre que j’ai l’honneur de vous écrire par le&#13;
remerciement très humble de ma part et de celle de tous les états du pays de nous&#13;
avoir donné M. de Champigny pour intendant. À présent, Monseigneur, je ne vous&#13;
importunerai plus de plusieurs petits détails de règlements et ordonnances&#13;
nécessaires, lesquelles, sur les premières instructions des intentions du roi, se&#13;
régleront dorénavant de concert dans le pays entre le Conseil souverain,&#13;
M. l’évêque, M. l’intendant et moi, après avoir consulté les plus éclairés et les plus&#13;
sages du pays, afin de ne rien faire qui ne soit bien pesé. À présent, dis-je,&#13;
Monseigneur, vous devez vous assurer que le roi sera servi dans une grande union&#13;
et que l’on suivra vos intentions très exactement, dans le seul et unique intérêt du&#13;
pays. Nous tâcherons, Monseigneur, que vous ne soyez plus fatigué des affaires&#13;
du passé que par les remèdes nécessaires à apporter pour réparer ce qui a été gâté.&#13;
M. notre évêque est de retour de l’Acadie, où il a fait la visite par toutes les&#13;
habitations avec de grandes fatigues. Il vous rendra compte de la grande quantité&#13;
de désordres qui se font dans les bois par les malheureux libertins, qui sont comme&#13;
des Sauvages depuis un long temps, sans avoir rien fait du tout pour la culture des&#13;
terres. J’en ai écrit fortement à M. Perrot. Quand nous serons en repos, il faudra&#13;
bien que M. de Champigny et moi y allions faire un tour : ce que j’apprends de&#13;
tous côtés est qu’il n’y a presque plus de Sauvages et qu’ils sont crevés pour la&#13;
plupart des débauches d’eau-de-vie. M. l’évêque y envoie trois prêtres, avec le&#13;
sieur Petit, qui y est de longue main et dont j’entends dire beaucoup de bien.&#13;
Le dimanche 20e octobre, nous eûmes le triste spectacle de l’incendie de la maison&#13;
et église des pauvres ursulines de cette ville, qui n’ont sauvé que leurs personnes.&#13;
Le feu prit au milieu de leur maison, comme elles étaient au chœur recevant la&#13;
sainte communion et cela fût si subit que l’on ne put rien sauver qu’une grange et&#13;
&#13;
�une petite maison de feu Mme de La Peltrie, leur fondatrice. Elles s’y sont mises&#13;
toutes fort serrées pour ne pas séparer leur communauté, qui est fort sainte. C’est&#13;
une terrible affliction pour tout le pays, qui en tirait de grands secours pour&#13;
l’instruction des filles. Monseigneur saurait croire les charités qui se font en ce&#13;
pays ; chaque particulier et communauté s’est saigné pour les secourir, mais tout&#13;
cela ne saurait aller qu’à les faire vivre. Il n’y a que les secours de France qui les&#13;
puissent faire rebâtir.&#13;
Le fonds de la subsistance des 50 curés de la part des habitants ne saurait&#13;
augmenter que par l’augmentation du nombre des habitants, qui mettra une plus&#13;
grande quantité de terres en labour. En attendant cependant, un évêque soutenu&#13;
par un bon bénéfice, dont il n’emploierait pas les revenus en chiens courants et en&#13;
bonne table, serait d’un grand secours au peuple pour aider les curés et fournir&#13;
aux dépenses absolument nécessaires pour soutenir et entretenir ceux dont on a&#13;
besoin pour l’éducation des enfants, qui est en ce pays l’affaire la plus essentielle&#13;
pour discipliner les peuples et les tirer du grand libertinage où ils sont. Le clergé&#13;
a bien besoin que le roi lui continue le fonds des 8 000 livres pour aider à la&#13;
subsistance des 36 curés. On aura soin que les 1 000 écus que vous avez eu la bonté&#13;
de procurer pour la bâtisse des nouvelles églises soient bien employés. On a besoin&#13;
que cette charité du roi ne cesse pas si tôt. Il ne nous paraît pas encore que l’on ait&#13;
trop de prêtres en ce pays. Il serait fort à souhaiter qu’il y en eût un plus grand&#13;
nombre. Je ne vois pas que l’on retienne longtemps les enfants aux études, si ce&#13;
n’est ceux qui sont dans le dessin de se faire prêtres, mais le nombre en est petit&#13;
par le naturel du pays qui est léger.&#13;
À l’égard des enfants que nous avions dessein d’élever dans un lieu pour éprouver&#13;
leur vocation et leur faire apprendre des métiers, n’ayant pas cette année de congés&#13;
à donner pour contribuer à leur pension, M. notre évêque n’est pas assez riche,&#13;
non plus que notre Séminaire, pour entretenir les écoles qui avaient bien&#13;
commencé et qui finiront, manque de fonds.&#13;
Les bons pères récollets ont prévenu la plainte que j’aurais dû vous faire d’eux l’an&#13;
passé et que j’avais voulu vous épargner en voulant éviter de leur faire aucune&#13;
peine. Je n’ai point d’autre réponse à faire à ce sujet, Monseigneur, si ce n’est que&#13;
très mal à propos, ils se plaignent que je les ai fait sortir du fort de Cataracoui. Il&#13;
&#13;
�me suffit d’envoyer à Monseigneur la copie d’un acte que j’avais proposé de leur&#13;
donner, que le père gardien, qui vint l’an passé avec M. l’évêque, avait accepté et&#13;
que la communauté refusa par les soins du P. Exupère, qui passa en France l’an&#13;
passé pour justifier que je n’ai eu aucun dessein de leur faire tort. Il sera très à&#13;
propos que Monseigneur veuille bien se donner la peine de le lire pour que&#13;
Monseigneur reconnaisse l’esprit de nos bons récollets lorsque l’on désire quelque&#13;
chose d’eux. Les bons pères n’ont aucun juste sujet de se plaindre de moi, qui n’ai&#13;
souhaité que de leur avoir l’obligation de me quitter cette place pour un temps,&#13;
s’agissant du service du roi et du pays.&#13;
J’ai cru qu’il ne convenait pas que le roi payât la subsistance de deux&#13;
ecclésiastiques dans un petit lieu comme celui de Cataracoui. Le bon père récollet&#13;
qui y était lorsque j’y mis le P. Millet, jésuite, peut dire que je ne lui dis pas d’en&#13;
sortir, surtout le bon père ayant ordre de son supérieur d’y rester. Il sait qu’il ne&#13;
tenait qu’à lui d’y demeurer dans leur maison, qui est à un petit demi-quart de&#13;
lieue du fort. Il dira sans doute qu’il n’en partît que parce qu’il était moribond et&#13;
qu’il voyait bien n’y pouvoir vivre si le roi ne le nourrissait ; ce que je n’ai pas cru&#13;
devoir faire sans votre ordre, y étant inutile au service de Sa Majesté, parce qu’il&#13;
ne sait pas deux mots de la langue iroquoise. C’est un fort homme de bien, qui ne&#13;
disconviendra pas de ceci.&#13;
Reste à dire à Monseigneur que tous les interprètes que nous avons dans la colonie,&#13;
hormis le sieur de Sainte-Hélène, fils du feu sieur Le Moyne, qui est à la baie du&#13;
Nord, sont tous coureurs des bois, peu habiles, et la plupart fripons, ne disant rien&#13;
moins que ce que l’on leur fait dire et disant plus qu’on ne veut. Si cette année je&#13;
n’y avais eu le susdit P. Millet, qui est un saint homme fort entendu et qui a&#13;
beaucoup de créance et d’habitude avec ces Sauvages, chez lesquels il a vécu dixhuit ans, on aurait eu bien de la peine à se tirer de toutes les négociations, qui s’y&#13;
sont faites en divers temps et sans lui ; tout aurait été gâté. Je sais qu’en plusieurs&#13;
rencontres, ces mauvais interprètes ont fait des affaires à M. de La Barre.&#13;
Il n’y a, grâce à Dieu, aucun hérétique habitant dans le Canada, si ce n’est quelques&#13;
soldats. Il y en a plusieurs qui, dès l’hiver dernier, ont fait abjuration, pour lesquels&#13;
j’aurais fort souhaité que le roi eût eu la bonté de leur faire quelque gratification,&#13;
entre autres un nommé Floridor, qui s’est marié ici et qui se met dans le commerce&#13;
&#13;
�et vit sagement. S’il en reste quelques-uns, on prendra soin de les faire changer et&#13;
on ne les souffrira pas dans l’exercice de leur religion. Le nombre ne va pas à plus&#13;
de 10 ou 12, dont il y en a 7 ou 8 qui ont fait abjuration. Les pères jésuites font tous&#13;
les jours mission dans les navires venus de France pour les nouveaux convertis.&#13;
Je vous envoie, Monseigneur, un second tableau du recensement de l’an passé, qui&#13;
ne se suivait pas de proche en proche. J’y ai fait ajouter les baptêmes, les morts et&#13;
les mariés de cette année. Vous y verrez aussi l’augmentation des Sauvages de la&#13;
Prairie-de-la-Madeleine et de celui de Sillery, qui a beaucoup augmenté par le&#13;
grand nombre de Sauvages que nous avons attirés des Anglais, à leur grand regret,&#13;
pour la subsistance desquels Sauvages les pères jésuites ont été obligés de faire de&#13;
grands frais pour leur avoir du blé d’Inde, pour les nourrir jusqu’à ce qu’ils aient&#13;
préparé la terre pour y semer des blés et les recueillir. Ces bons pères ont bien&#13;
besoin des grâces du roi pour leur aider à soutenir cette mission, qui est d’autant&#13;
plus de conséquences qu’elle ôte aux Anglais les Sauvages, qui nous serons de&#13;
secours pour la guerre et pour les chasses qu’ils feront.&#13;
J’envoie à Monseigneur un mémoire particulier de l’état des affaires et de ce que&#13;
je crois nécessaire pour la guerre et pour la sûreté du pays. Ayant la guerre comme&#13;
il est impossible de l’éviter, il faut s’étudier absolument et s’appliquer à resserrer&#13;
les habitants ; ce qui ne se fera pas sans de grandes peines et ce qu’on n’ose&#13;
entreprendre que la guerre ne soit déclarée.&#13;
MM. du Séminaire de Montréal, pour favoriser l’augmentation des établissements&#13;
dans l’île de Montréal, ont, à ma prière, concédé au sieur Le Ber le privilège de&#13;
bâtir un moulin de pierres, que j’ai vu commencé, qui nous servira de redoute sur&#13;
une hauteur au bord de l’île de Montréal, qui voit la rivière des Outaouais, le lac&#13;
des Deux-Montagnes et la rivière des Prairies, qui ferme l’île du côté du nord.&#13;
Auprès de celui-là, on travaille à une église pour faire une cure, dont M. l’abbé&#13;
d’Urfé sera le prélat. Au-dessous de cette pointe, au nord de l’île, presque vis-àvis de Ville-Marie, MM. du Séminaire doivent encore bâtir une autre église et un&#13;
moulin, qui sera fait l’an prochain avec ces augmentations. Nous favoriserons de&#13;
nos soins le défrichement des concessions que ces Messieurs donneront et nous&#13;
porterons nos soldats à s’y marier plutôt qu’en aucun autre endroit. Si la guerre&#13;
&#13;
�dure, je crois que les habitants des environs de l’île s’y posteront assez volontiers,&#13;
pour y être plus sûrement. […]&#13;
Il y a bien des choses à dire à Monseigneur sur le sujet de l’article des Sauvages&#13;
que l’on assemble dans nos bourgs et que les pères jésuites et que les MM. du&#13;
Séminaire de Montréal instruisent avec tant de soins. Il y en a un très grand&#13;
nombre de bons chrétiens qui nous font honte par leur zèle et ferveur, surtout&#13;
parmi les gens d’un âge plus avancé. Nous ne devons point appréhender que les&#13;
gens de ces villages gâtent nos Français, mais bien les Sauvages coureurs qui&#13;
s’adonnent à demeurer autour des seigneuries ou habitations particulières ; encore&#13;
ne sont-ce pas ces gens-là qui apprennent les vices à nos Français, mais je puis&#13;
assurer, Monseigneur, que ce sont plutôt nos libertins qui leurs apprennent mille&#13;
vilenies. Le plus grand mal que nos Français tirent de la fréquentation de ces&#13;
Sauvages est que nos enfants de jeunesse s’accoutument à leur exemple de n’avoir&#13;
aucune succession ni obéissance, toujours maîtres de leurs volontés, ne faisant&#13;
autre chose que se promener de côté et d’autre sans dessein. […]&#13;
Je ne vous dis rien Monseigneur de la mission des Sauvages commencée par&#13;
M. notre évêque, parce que lui-même vous en rendra compte, non plus que des&#13;
vues que nous avons eues ensemble pour l’établissement de MM. de Saint-Lazare&#13;
au Port-Royal, d’où ils auraient soin d’envoyer des ecclésiastiques dans les&#13;
endroits où les habitants sont ensemble. Jusqu’ici, il n’y a eu en ce pays-là que le&#13;
bon M. Petit, qui a été officier dans le régiment de Carignan, qui a bien gouverné&#13;
tout ce pauvre peuple, qui était abandonné sans lui. Il a eu beaucoup de fatigues à&#13;
essuyer. M. notre évêque le soulage de trois autres ecclésiastiques, qui n’ont&#13;
d’autre fonds pour leur subsistance que celui que M. notre évêque leur a donné&#13;
du sien. […]&#13;
Je suis avec bien du respect, Monseigneur, votre très humble très obligé et très&#13;
obéissant serviteur,&#13;
Le marquis de Denonville.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-2377, p. 446-529.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1686 (8 novembre)&#13;
Ârcli. N at., C ol. C1î A 8, f.1 3 1 .&#13;
&#13;
E xtrait d ’ un Mémoire de M. de D enonville.&#13;
&#13;
Les bons Peres H ecollects ont p r eue nus la p la in te que J* aua&#13;
&#13;
r o is du vous fa ir e D*eux L’ an passé, et que J’ auois voulu vous&#13;
épargner en voulant e u ite r de leu r f a i r e aucune peine.,&#13;
&#13;
n* ap­&#13;
&#13;
point d ’ autre response a fa ir e a ce su ie t Mgr, s i ce^c’ est que t r è s&#13;
mal a propos i l s se plaign en t que Je l e s ay f a i t s o r t i r du f o r t&#13;
de Cataracoüy, i l me s u f f i t d ’ enuoyer a Mgr la Copie d ’ un a c te&#13;
que J ’ auBis proposé de le u rs donner, que le Pere gardien qui v in t&#13;
l ’ an passé avec M. L’ euesgue auoit a ccep té et que la communauté&#13;
refu sa par l e s soin s du Pere Exupere qui passa en france&#13;
&#13;
l ’ an&#13;
&#13;
passé: pour J u s t ifie r que Je n’ ay eü aucun, dessein de le u rs f a i r e&#13;
to r t i l sera tr è s a propos quaoMgr v e i l l e bien se donner l a peine&#13;
de le l i r e , pour que Mgr reoonnoisse L 'e s p r it de nos bons Eeool—&#13;
l e c t s lorsque l ’ on d e s ire quelque chose d’ eux, le s bons peres&#13;
n’ ont aucun Juste su ie t de se plaindre de moy qui n ’ ay sou h a itté&#13;
que de le u rs auoir l ’ o b lig a tio n de me q u it t e r o e tte place pour un&#13;
temps ...................&#13;
&#13;
Copié sur o r ig in a l aux Archives N ationales, le 1P septembre 1933&#13;
Georges Bd. Demers, p te .&#13;
&#13;
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                    <text>Extrait dactylographié en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Denonville, Jacques-René de Brisay de, 1642-1710</text>
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                <text>Lettre de Denonville à Seignelay (Québec, 10 novembre 1686)</text>
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                <text>Le gouverneur de la Nouvelle-France remercie le secrétaire d’État de la Marine de France pour la nomination de Champigny comme intendant, espérant une meilleure gestion des affaires du pays. Il l’informe qu’un incendie a détruit la maison et l’église des Ursulines à Québec. Il souligne l’importance des gratifications financières pour l’éducation des enfants par le clergé et la subsistance des curés. Il souligne la bonne entente avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, justement de retour d’Acadie, où il envoie trois prêtres aider Petit. Il note qu’il n’y a presque pas d’hérétiques au Canada, à l’exception de quelques soldats, et que les jésuites travaillent à convertir les nouveaux arrivants. Il envoie un tableau de recensement mis à jour et mentionne les efforts pour attirer et nourrir les Autochtones, entre autres, à La-Prairie-de-la-Madeleine.&#13;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 8, f. 129-188&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12555" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12612" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2022926"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Collection des manuscrits… relatifs à la Nouvelle-France&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1883-1885, vol. 1, p. 369-389, via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2377/446?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2377, p. 446-529&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 2 avril 1701)&#13;
&#13;
Paris, 2 avril 1701&#13;
Monsieur,&#13;
Cette lettre doit partir dans le premier vaisseau qui part pour le Canada. [Elle]&#13;
servira de lettre d’avis et vous instruira de tout ce qui se passe ici. Je voudrais avoir&#13;
le temps de la faire plus étendue qu’elle ne sera et pouvoir même écrire à tous nos&#13;
Messieurs par ce vaisseau, mais peut-être sera-ce la seule que j’écrirai, tant j’ai peu&#13;
de temps à écrire. Nous avons, à ce que je crois, reçu toutes vos lettres. Je crois&#13;
cependant qu’il s’en est perdu quelques-unes dans le Ville-Marie.&#13;
Voici celles que j’ai reçues de vous : une de quatre pages du 8 août 1700, une de&#13;
trois pages du 20 août, une autre de quatre pages du 26 août, une autre de trois&#13;
pagres du 1er septembre, [une] autre du 15 octobre de quinze pages, [une] autre du&#13;
30 octobre de quatre pages et la dernière du 2 novembre et du 8e de quatre pages.&#13;
Voilà ce que j’ai reçu de vous et à quoi je vais tâcher de répondre.&#13;
Nous avons été très réjouis d’apprendre la continuation de la bonne santé de&#13;
Mgr l’Ancien et de vous, Monsieur, et de nos Messieurs. Je prie Dieu de vous&#13;
conserver encore [de] longues années pour le bien de cette pauvre Église naissante.&#13;
Mgr de Québec, en arrivant à La Rochelle, écrivit à M. le supérieur et à moi une&#13;
lettre fort honnête pour donner avis de son arrivée et nous envoya en même temps&#13;
une de vos lettres pour nous prier de le recevoir chez nous et de l’y loger ; mais&#13;
nos Messieurs crurent que Mgr de Québec n’étant pas tout à fait content des Jésuites&#13;
et ayant quelques affaires à démêler avec lui, il ne convenait pas qu’il vint loger&#13;
avec nous, [puisque] depuis notre lettre au pape, [nous] sommes si brouillés avec&#13;
eux par ce qu’ils pourraient dire au roi que nous réunissions tous ceux qui leur en&#13;
veulent. Nous en écrivîmes donc à Mgr de Québec, mais il ne reçut aucune de nos&#13;
lettres et vint descendre au Séminaire la veille de Noël à 7 heures du soir.&#13;
&#13;
�Nous tâchâmes de le recevoir avec tout le respect qui lui est dû, mais nous lui fîmes&#13;
entendre nos raisons pendant les fêtes qu’il demeura avec nous et que c’était son&#13;
intérêt qu’il allât loger dans une maison moins suspecte aux Jésuites. Il a paru bien&#13;
prendre ce que nous lui avons remontré. M. de La Pallière était à notre sentiment&#13;
et il est allé loger à la communauté de M. le curé de Saint-Sulpice, où il est encore.&#13;
Cet éloignement des Jésuites, pour nous en France, à Rome et dans les Indes, est&#13;
extraordinaire, parce que nous avons commencé à dire des vérités qui les&#13;
incommodent. Ils ne nous savent aucun gré de ce que nous avons gardé le silence&#13;
il y a [pendant] 30 ans. Ils sont aigris au suprême degré de ce que forcés par leurs&#13;
libelles qu’ils répandent contre nos Messieurs et pour les disculper, nous disons&#13;
les choses comme elles se sont passées là-bas. Voici, en abrégé, ce qui s’est passé&#13;
depuis l’an passé que nous avons donné au public notre lettre au pape.&#13;
La lettre a été aussi bien reçue que nous le pouvions souhaiter du public, qui nous&#13;
a rendu justice et quoique les Jésuites aient mis, dans leur réponse à notre lettre et&#13;
dans leur histoire apologétique, que nous avions subi la censure du public, qui a,&#13;
disent-ils, condamné l’aigreur qui y est répandue, nous avons, au contraire, trop&#13;
persuadé le public de la vérité des faits que nous y avons avancée et hors le roi&#13;
seul, qui ne s’est pas déclaré, parce qu’un prince aussi sage qu’il [l’]est ne se doit&#13;
pas commettre dans ces affaires, on s’est hautement élevé à la Cour, à Paris et dans&#13;
les provinces contre la tolérance des superstitions chinoises.&#13;
Les Jésuites ont été obligés d’en venir à nier la vérité des faits et à nier qu’ils les&#13;
permissent. Ils l’ont fait dans leur réponse à notre lettre, qui n’a guère été bien&#13;
reçue et ne vaut pas la peine d’y répondre. Ils ont fait une histoire apologétique de&#13;
leurs missionnaires de la Chine, qu’ils nous ont adressée, dans laquelle, sous une&#13;
apparente modération, ils nous déchirent à belles dents et nous disent les plus&#13;
grosses injures. Ce n’est qu’un tissu de faussetés que Navarrette1 et plusieurs&#13;
missionnaires de la Chine avaient déjà réfutées et que tout récemment, M. l’abbé&#13;
de Lionne et les Dominicains ont encore réduites en poudre par des preuves très&#13;
fortes. Les Jésuites, sans avoir égard à ces preuves, reproduisent ces faussetés,&#13;
&#13;
Domingo Fernández Navarette (1618-1686) fut un missionnaire dominicain à Fujian, en Chine, et fut très&#13;
actif dans la querelle des « rites chinois ».&#13;
1&#13;
&#13;
�parce qu’ils n’ont rien de meilleur à dire. Jugez-en par celle-ci, qu’ils rabattent dans&#13;
tous leurs écrits. Ils prétendent que le P. Morales2, dominicain, s’est dédit de ce&#13;
qu’il avait avancé à Rome en 1645 par un livre, qu’ils disent qu’il fit à la Chine&#13;
avant sa mort, du devoir des enfants envers leurs pères, etc., et nous avons reçu&#13;
encore l’an passé une information, faite par le provincial des Dominicains de la&#13;
Chine, qui assure que le P. Morales n’a jamais fait ce livre et le prouve&#13;
invinciblement. On l’avait répondu aux Jésuites dès 1687. Ils le redisent en 1700&#13;
avec la même hardiesse. Ils ont, depuis notre lettre au pape, donné au public dix&#13;
ou douze écrits contre nous pour le disculper, aussi faibles les uns que les autres.&#13;
Nous avons été obligés de donner une addition à notre lettre et M. Delvé a été&#13;
obligé de répondre à ce qu’ils lui ont objecté dans leur réponse par une lettre qu’il&#13;
leur a écrite. Je tâcherai de vous envoyer ceux que nous avons faits. Les Jésuites&#13;
nous feront voir ce qu’ils feront contre nous.&#13;
M. Priou dénonça à la faculté de théologie de Paris le 1er juillet [1700] les&#13;
propositions du P. Le Comte. On les a examinées en [La] Sorbonne avec toute la&#13;
maturité possible. On a tenu plus de trente assemblées en [La] Sorbonne, pendant&#13;
les mois de septembre et d’octobre, où cent soixante docteurs ont parlé et où les&#13;
Jésuites ont tâché, par les docteurs qui leur sont vendus, de brouiller le plus qu’ils&#13;
ont pu et malgré toutes leurs brigues et leurs cabales et les menaces et les&#13;
espérances qu’ils ont faits aux docteurs, ils n’en ont eu que quatre qui aient&#13;
entièrement absous leurs propositions et un peu plus de trente qui n’ont osé les&#13;
absoudre, mais qui ont trouvé le détour d’en renvoyer le jugement à Rome et il y&#13;
en a eu cent quatorze qui les ont condamnés. Les Jésuites, pour se venger de La&#13;
Sorbonne, ont fait un journal historique de ces assemblées, où ils déchirent les&#13;
docteurs qui ne sont pas pour eux et rapportent sans aucune vérité leurs&#13;
sentiments. MM. de La Sorbonne ont méprisé ces injures, aussi bien que les&#13;
réflexions qu’ils ont faites sur leur censures, en disant que c’est par vengeance que&#13;
La Sorbonne a censuré leurs livres ; qu’elle est trop leur ennemie pour être leur&#13;
juge ; qu’elle ne l’est point en fait de doctrine ; qu’elle s’est trop déclarée contre la&#13;
Société autrefois pour être regardée comme équitable à leur égard. MM. de&#13;
La Sorbonne, contre qui les Jésuites ont fait ces reproches, lorsqu’ils ont censuré&#13;
Juan Bautista Morales (1597-1664) fut parmi les premiers missionnaires dominicains en Chine, qui&#13;
s’insurgea rapidement contre les procédures des Jésuites et apporta à Rome une série d’articles, sous forme&#13;
de questions, donnant naissante à ladite querelle des rites chinois.&#13;
2&#13;
&#13;
�leurs livres en plus de vingt censures, ont toujours méprisé ces reproches et leurs&#13;
censures n’en ont pas été moins suivies.&#13;
La mort du pape est arrivée lorsqu’il était à la veille de juger à Rome notre grande&#13;
affaire contre les Jésuites, qui ont fait mille incidents pour éloigner ce coup, dans&#13;
l’espérance de cette mort prochaine. Le pape Clément XI a été élu, qui était le&#13;
cardinal Albani, le meilleur ami des Jésuites. Ils espéraient qu’ils obtiendraient de&#13;
lui qu’il pendrait cette affaire au croc et ne la jugerait pas, mais il a cru ne pouvoir&#13;
laisser une question si importante sans la décider. Il a fait tenir, le 16 de janvier,&#13;
une congrégation de cardinaux en sa présence. Dans cette congrégation, il leur dit&#13;
qu’étant cardinal, il avait cru que l’affaire de la Chine demandait une prompte&#13;
décision ; qu’il était même fâcheux que Rome eût été consultée plusieurs fois et&#13;
n’eût pas encore rendu une réponse si précise qu’on fit cesser les disputes ;&#13;
qu’étant devenu pape, il ne voulait pas suivre la pensée qu’il avait eue étant&#13;
cardinal, sans avoir pris l’avis de ses confrères.&#13;
Après quoi, le cardinal de Bouillon et trois ou quatre autres cardinaux qu’il avait&#13;
gagnés opinèrent pour représenter que l’affaire était très difficile, très&#13;
embarrassante, qu’elle demandait de très grands éclaircissements, qu’il valait&#13;
mieux attendre encore dix ans pour en avoir que de la décider trop tôt. (Vous&#13;
remarquerez que l’affaire a commencé en 1633 et elle a été portée par nos&#13;
Messieurs de nouveau au Saint-Siège en 1696.) Il ajouta qu’on devait bien prendre&#13;
garde d’épargner en cette affaire la Société, parce que son déshonneur retomberait&#13;
sur l’Église, etc. En un mot, il dit tout ce qu’on peut dire de plus outré en faveur&#13;
des Jésuites. Il avait sollicité hautement pour eux, comme il a fait pour&#13;
M. de Cambrai. Il fut réfuté par un grand nombre de cardinaux, qui parlèrent&#13;
après lui et qui dirent que cette affaire était pleinement éclaircie ; que les Jésuites&#13;
avaient trop écrit et contredit pour qu’ils ne fussent pas compris en cette affaire ;&#13;
que l’Église en général étant accusée par les hérétiques de souffrir l’idolâtrie dans&#13;
son sein, il fallait faire voir que c’étaient quelques-uns de ses enfants qui étaient&#13;
dans l’erreur ; que les Jésuites devaient sacrifier leur propre réputation à l’Église&#13;
et il fut conclu, à la pluralité des voix, que, dis-je, ils étaient plus de trois contre&#13;
un ; que l’on reprendrait incessamment l’affaire ; qu’elle serait décidée&#13;
absolument ; et qu’on agirait sur les anciennes informations faites. En&#13;
&#13;
�conséquence, le pape, depuis le 4 mars, fait tenir tous les jeudis des congrégations&#13;
en sa présence pour cette affaire. On en espère un jugement avant trois mois. Dieu&#13;
le veuille.&#13;
Nous avons beaucoup à nous louer de la retenue du roi en cette affaire. Il n’a pas&#13;
voulu se déclarer et attend que Rome décide. C’est beaucoup pour un prince qui a&#13;
un confesseur jésuite. Mais autant qu’il est modéré, autant les Jésuites et tous leurs&#13;
partisans sont emportés. Ils ont peine à voir qu’après nous être déclarés contre eux,&#13;
nous allions tête levée dans Paris. Ils étaient si accoutumés à faire voler les lettres&#13;
de cachet qu’ils ont peine de voir qu’elles ne soient pas venues fondre sur nous.&#13;
Mais c’est une terrible affaire que d’avoir à se déclarer contre des gens si puissants&#13;
par eux-mêmes, par leurs richesses, par leurs partisans, par leurs intrigues et plus&#13;
que tout cela, par un confesseur du roi qui a, toutes les semaines, l’oreille du&#13;
prince. Sans ce dernier article, nous pouvons assurer que les Jésuites auraient peine&#13;
à se soutenir.&#13;
Ils ont retiré le P. Le Comte de la Cour peu après que M. Priou eut dénoncé en&#13;
[La] Sorbonne ses propositions. Ils s’assemblèrent en juillet dernier à Mont-Louis,&#13;
chez le P. de La Chaize. Les gros bonnets des trois maisons furent appelés et il fut&#13;
résolu que le P. Le Comte se retirerait de Paris et irait à Rome, sous prétexte de&#13;
défendre sa cause contre notre dénonciation, qu’il laisserait la charge de&#13;
confesseur de Mme la duchesse de Bourgogne et que le P. de La Chaize, pour l’en&#13;
faire sortir avec honneur, prierait le roi de lui dire quelques honnêtetés et de lui&#13;
accorder une pension. L’affaire s’est ainsi passée. Le P. Le Comte est à Rome&#13;
depuis le mois de septembre. Il eut devant M. le cardinal d’Estrées une conférence&#13;
avec M. de Leonessa3 sur l’autorité des livres chinois. M. le cardinal d’Estrées était&#13;
trop disposé à faire plaisir au P. Le Comte. Cependant, ce bon père, étant pressé&#13;
par M. de Leonessa de lire des passages des livres chinois que M. de Leonessa lui&#13;
objectait, fut forcé d’avouer qu’il ne savait pas lire le chinois. Pourquoi donc en at-il tant écrit et si affirmativement ? Depuis que le pape eut résolu de reprendre&#13;
l’affaire de la Chine, le P. Le Comte sollicita fortement pour être ouï en&#13;
congrégation. Le pape en parla aux cardinaux et il nous est revenu (mais nous ne&#13;
&#13;
Giovanni Francesco Nicolai, né à Leonessa en Italie, fut évêque de Bérythe, vicaire apostolique de&#13;
Houkouang et archevêque de Myra.&#13;
3&#13;
&#13;
�sommes pas si sûrs de ceci que de tout ce que je vous ai écrit ci-dessus) que le pape&#13;
dit qu’on ne pouvait refuser aux parties d’être écoutées si elles le demandaient,&#13;
mais qu’avant que d’écouter le P. Le Comte, il fallait qu’il eût une procuration du&#13;
général de la Compagnie, afin qu’il ne pût être désavoué sur ce qu’il aurait avancé&#13;
en congrégation et que, de plus, il mettrait par écrit, signerait et déposerait à la&#13;
congrégation tout ce qu’il aurait à dire avant que de parler. Ce qui est très sûr, c’est&#13;
que depuis ce temps-là, le P. Le Comte ne presse plus pour être entendu et il a dit&#13;
tout récemment au pape qu’il croyait inutile de parler en congrégation.&#13;
Il faut encore vous éclaircir une chose qui les touche fort. L’an passé, au mois de&#13;
juillet, le bruit se répandit dans Paris, et on nous dit que cela venait de Rome, que&#13;
M. de Lionne avait été honteusement chassé d’une province de la Chine et&#13;
maltraité et qu’on lui avait renversé cinq églises et tout cela, par les intrigues des&#13;
Jésuites. Nous n’en avions rien appris et nous nous contentions de dire que cela ne&#13;
pouvait être, puisque nous ne le savions pas. Au mois d’août arriva l’Amphitrite,&#13;
qui revenait de la Chine, et nous apporta nos lettres. Nous y apprîmes que&#13;
M. l’abbé de Lionne avait voulu, de concert avec M. d’Argoli4, évêque, et les autres&#13;
missionnaires, établir une église à Nian-Tcheou et le reste de ce que vous lirez,&#13;
dans un imprimé que je vous enverrai ; mais comme il n’était pas vrai que&#13;
M. de Lionne eut été chassé et qu’on eut renversé cinq églises par la faute des&#13;
Jésuites, nous nous contentâmes de dire que c’étaient nouvelles fausses. Sans dire&#13;
le mal que les pères jésuites avaient fait, nous dîmes seulement le bien que les&#13;
Jésuites français avaient fait à M. l’abbé de Lionne. Eux ne se contentèrent pas de&#13;
cela et quoiqu’ils fussent bien informés de ce qu’on pouvait dire contre eux sur ce&#13;
sujet, ils ne laissèrent pas de faire une petite relation de ce qu’ils prétendaient s’être&#13;
fait en cette occasion. Dans cette relation, ils taxaient M. de Lionne d’imprudence,&#13;
de légèreté et d’avoir exposé la religion à deux doigts de sa perte et se mettaient&#13;
sur le trône de la sagesse, où ils se couronnaient de leurs propres mains, faisaient&#13;
valoir leurs services, nous taxaient d’ingratitude, etc.&#13;
La mère de l’abbé de Lionne, qui vit que les Jésuites avaient fait imprimer cette&#13;
relation, après l’avoir fait courir manuscrite, écrivit à M. Charmot à Rome pour le&#13;
&#13;
Bernardino della Chiesa (1664-1721), évêque d’Argoli, successeur de Mgr François Pallu comme&#13;
administrateur général de la Chine, fut le premier évêque de Beijing.&#13;
4&#13;
&#13;
�prier de lui mander ce qui s’était passé en cette occasion. M. Charmot lui écrivit&#13;
une lettre, qu’elle a fait imprimer, dans laquelle il a enlevé deux lettres de M. l’abbé&#13;
de Lionne au P. Grimaldi, jésuite, et aux Jésuites français et deux de M. d’Argoli,&#13;
qui rapportent le fait d’une manière qui excite l’indignation contre les Jésuites.&#13;
Cela a achevé de les irriter contre nous. Voilà où nous en sommes avec eux en&#13;
France. Vous jugez bien qu’étant dans une telle situation, nous n’étions guère&#13;
propres à accommoder l’affaire des Tamarois.&#13;
En effet, nos Messieurs, ayant trouvé que Mgr de Québec était résolu de soutenir&#13;
en cela sa juridiction, s’en sont déchargés sur lui. Ils ont seulement dit à&#13;
Mme de Maintenon et même à M. l’archevêque de Paris et à M. de Pontchartrain&#13;
que vous jugiez les missions d’en-bas insoutenables sans ce poste et que pour&#13;
dédommager même les Jésuites (si dommage y avait), vous offriez aux Jésuites&#13;
une mission à leur choix dans toutes les missions qui nous ont été accordées. Les&#13;
Jésuites ont commencé de dire ici ce que vous me marquez du P. Bouvart, qu’il&#13;
était convenu [avec] Mgr l’Ancien et vous d’y rester ensemble et d’y faire&#13;
conjointement, en deux églises séparées, toutes les fonctions de missionnaires. Le&#13;
P. de Lamberville l’a dit partout, mais Mgr de Québec, ayant dit aux Jésuites que&#13;
cela ne lui convenait pas et qu’il voulait qu’il n’y eût dans ce lieu que des&#13;
missionnaires d’un même corps, leur a demandé de conférer ensemble sur cette&#13;
affaire et plusieurs autres qu’il avait à régler avec eux. Les Jésuites, qui ont vu&#13;
M. l’archevêque de Paris absent, à cause du conclave, d’où il devait revenir au&#13;
commencement de février, ont pressé Mgr de Québec de prier M. l’archevêque&#13;
d’Auch, son parent, mais qui est le plus dévoué aux Jésuites et au P. de La Chaize&#13;
qu’ils aient dans le clergé, d’être leur arbitre pour éviter M. l’archevêque de Paris,&#13;
qu’ils disent être leur ennemi déclaré.&#13;
Mgr de Québec a eu plusieurs conférences chez lui avec eux et il m’a assuré avoir&#13;
parlé aussi fortement qu’il devait. Il les a tellement pressés qu’ayant déclaré à&#13;
M. d’Auch que sur tout le reste, il se pouvait relâcher, mais que sur l’affaire des&#13;
Tamarois, il tiendrait ferme et voulait être obéi, qu’ainsi les Jésuites ne pouvaient&#13;
espérer de lui dans ce lieu aucune juridiction. Les Jésuites lui ont dit qu’à la bonne&#13;
heure, ils y resteraient à rien faire, mais qu’ils y resteraient par l’autorité qu’ils ont&#13;
du roi de s’établir partout. Jugez de là si on peut en espérer quelque chose. Je les&#13;
&#13;
�connais en cela tels en Canada que nous les connaissons à la Chine et tels par tout&#13;
le monde : incapables d’entendre raison sur ce qu’ils croient pouvoir préjudicier à&#13;
la Compagnie. Nous en avons parlé à M. de Pontchartrain, qui est tout dans leurs&#13;
intérêts, et lui avons fait comprendre le peu de droits qu’ils y ont, l’impossibilité&#13;
que vous nous marquez avoir de vous en passer et les inconvénients que deux&#13;
différents corps soient dans un même lieu ; mais rien ne les fera ployer et je&#13;
m’attends bien qu’ils se raidiront là-dessus, comme s’il s’agissait de la possession&#13;
d’une couronne. Je n’ai pas vu beaucoup le P. de Lamberville à cause de tout cela,&#13;
car je le vois si ardent là-dessus que pour ne pas contester, j’aime mieux ne le pas&#13;
voir.&#13;
Nous n’avons rien obtenu cet automne du clergé dans l’Assemblée dernière pour&#13;
nos missions de Mississippi. On est si surchargé de décimes, dons gratuits et à&#13;
présent de la capitation qu’on est moins large à faire de bonnes œuvres. Les&#13;
Jésuites y ont cependant obtenu d’être exempts de dons gratuits et selon toutes les&#13;
apparences, ce sera le même de la capitation. Nous n’avons de même pu réussir&#13;
en rien pour des unions de bénéfices à ces missions. Il ne s’est rien présenté pour&#13;
cela.&#13;
Vous avez été bien aises que M. de Montigny revînt en France et vous avez cru&#13;
que son retour serait avantageux aux missions de Mississippi. Vous saurez bientôt&#13;
que c’est tout le contraire, car il n’est pas plus tôt arrivé à Paris dans le mois de&#13;
septembre (j’étais pour lors en voyage, dans le Berry, pour visiter Méobecq et nos&#13;
prieurés, mais j’avais recommandé de le recevoir bien de ma part et de lui offrir&#13;
tout ce dont il aurait besoin) qu’il a paru dégouté du Mississippi et résolu de le&#13;
quitter. Il avait amené Charles, qu’il dit être un donné avec lui, ce qui, comme vous&#13;
jugez, allait à une grosse dépense. Il nous a fait un rapport de ce pays, qui est fort&#13;
éloigné de l’idée que vous en avez en Canada. Il prétend que ce pays est très&#13;
difficile à établir du côté de la mer ; que tout le bas est inondé et inhabitable ; que&#13;
le fleuve n’est pas navigable par ses tours et détours ; qu’il n’y a rien à faire du côté&#13;
du commerce ; qu’une colonie sera très difficile à former ; qu’il n’y a pas tant de&#13;
Sauvages qu’on se l’imagine ; que six ou sept suffiront pour remplir tous les postes&#13;
qui en méritent. Il nous a assuré que depuis les Tamarois jusqu’à la mer, il n’y avait&#13;
pas vingt mille âmes tout le long du fleuve de Mississippi. Il nous fit d’ailleurs&#13;
&#13;
�comprendre les horribles dépenses qu’un missionnaire fait pour des domestiques&#13;
pour les voyages, pour les présents aux Sauvages. 2 000 livres ne suffiraient pas&#13;
pour chaque missionnaire sur ce pied-là. Il nous fit aussi entendre le grand danger&#13;
où était exposé un jeune prêtre dans une nation si corrompue, s’il n’avait un autre&#13;
confrère pour le soutenir. En un mot, tout ce qu’il nous en a dit nous a très fort&#13;
dégoûtés de ces missions et fait craindre que ce ne fût pas ce qu’on vous en avait&#13;
rapporté.&#13;
C’est sur ce rapport que fut fondée la résolution où il nous dit qu’il était ou d’aller&#13;
dans les missions de la Chine chercher à y exercer son zèle, si on voulait l’y recevoir&#13;
ou de se retirer à la Trappe, si on ne le jugeait pas propre pour ces missions. Nos&#13;
Messieurs ne lui répondirent rien dans les commencements sur ce sujet. Ensuite,&#13;
ils lui dirent que cela demandait bien de consulter et même le reprirent plusieurs&#13;
fois de sa trop grande ardeur à vouloir savoir ce qu’ils pensaient de lui. Enfin,&#13;
après lui avoir proposé que si les missions de Mississippi ne lui plaisaient pas,&#13;
nous serions ravis qu’il retournât au Séminaire de Québec y être un des directeurs,&#13;
à quoi il nous dit avoir une entière opposition. Enfin, nos Messieurs, voyant&#13;
d’ailleurs dans lui de bonnes qualités et ne voulant pas perdre un bon sujet,&#13;
sachant qu’en effet il irait à la Trappe se retirer si on le refusait résolurent de le&#13;
recevoir, l’admirent pour les missions de la Chine. Il nous assura que MM. Bergier,&#13;
de Saint-Cosme, Davion, Foucault et Bouteville étaient plus que suffisants pour&#13;
remplir tous les postes à remplir dans ces missions.&#13;
Il m’a cependant fallu payer pour près de 8 000 ou 9 000 livres de lettres de change&#13;
qu’il avait donné à M. d’Iberville à prendre sur moi. Il me dit que ces lettres de&#13;
change étaient pour avoir payé plusieurs domestiques sur les lieux, dont il me&#13;
donna alors le mémoire, et il l’a envoyé aussi à nos Messieurs, mais ce fut encore&#13;
bien pis quand il fut destiné aux missions de la Chine. J’eus des combats sans&#13;
nombres à soutenir contre lui en présence de nos Messieurs. Il voulait que&#13;
j’envoyasse aux missionnaires de Mississippi pour plus de 3 000 livres d’effets&#13;
pour achever, disait-il, de payer leurs domestiques et les mettre en état de subsister&#13;
et de faire des établissements. J’avais fait un mémoire des choses qui me&#13;
paraissaient leur être assez nécessaires que j’avais prié M. Grignon d’accomplir,&#13;
qui pouvait monter à 600 ou 700 livres M. de Montigny n’en était pas content et&#13;
&#13;
�me regardait comme un homme dur et impitoyable. Il a fallu que je lui aie rendu&#13;
compte, en présence de nos supérieurs, des raisons que j’avais de ne pas envoyer&#13;
à nos messieurs bien des choses qu’ils demandaient, parce qu’ils les devaient avoir&#13;
reçues par MM. Bergier et Foucault. Je n’ai pas manqué de lui remontrer avec&#13;
honnêteté qu’en quittant les missions de Mississippi, il nous laissait obérer pour&#13;
ces missions qu’il nous avait fait entreprendre. Il me dit qu’il était convenu avec&#13;
vous de payer pour toutes choses son tiers de la première dépense de cette&#13;
entreprise et qu’il n’était obligé à rien davantage ; que c’était encore beaucoup&#13;
pour lui de laisser à sa mission tout son petit équipage, qu’il y avait laissé sans en&#13;
rien réclamer, mais qu’il ne pouvait faire rien de plus. Tout ce que j’ai fait, c’est&#13;
qu’après son départ, comme il m’a laissé le soin de ses affaires, j’ai imputé sur son&#13;
compte la dépense que lui et son domestique ont faite en France.&#13;
Nous avons fait ce que nous avons pu jusqu’à présent pour demander à&#13;
M. de Pontchartrain la continuation de la gratification de 3 000 livres pour nos&#13;
missions de Mississippi. M. de Pontchartrain a paru au commencement n’y être&#13;
pas bien opposé, mais il a formé bien des difficultés dans une audience qu’il donna&#13;
avant-hier à M. l’abbé de Brisacier, qui vint exprès avec moi à Versailles pour nos&#13;
affaires. Cependant, comme il nous paraît que la Cour a envie de conserver ce&#13;
pays-là pour former comme une barrière contre les Anglais, pour mettre à couvert&#13;
les Espagnols et que l’on a dessein même d’attirer, par les missionnaires, les&#13;
Sauvages à la colonie française, surtout ceux qui sont en tirant vers la NouvelleAngleterre, la Virginie et la Caroline, je crois que nous pouvons dans cette&#13;
espérance obtenir que nos 3 000 livres soient continuées.&#13;
Mais croyez-vous que ce soit un secours pour le Séminaire de Québec pour l’aider&#13;
à se rembourser ? Je n’en crois rien. Cette mission consommera, et au-delà, tous les&#13;
ans ces 3 000 livres. Je lui ai déjà envoyé, ce mois de janvier, pour 600 ou 700 livres&#13;
d’effets par un vaisseau, qui a ramené Charles, le domestique de M. de Montigny.&#13;
Je compte que si nous obtenons nos 3 000 livres, il faudra bien dépenser le surplus&#13;
de ces 700 livres jusqu’à 3 000 livres pour envoyer à nos Messieurs tout ce qui leur&#13;
est nécessaire et peut-être même pour y envoyer quelques bons sujets, qui, avec&#13;
M. Bergier, soutiennent cette mission avec honneur ; car à vous parler&#13;
franchement, je ne sais si M. de Saint-Cosme ni son frère y sont propres.&#13;
&#13;
�M. Bouteville n’y fera pas grand-chose. On ne peut guère compter que sur&#13;
M. Bergier, M. Davion et M. Foucault.&#13;
Nous l’avons dit à M. de Pontchartrain, que nous pouvions répondre de ces trois&#13;
sujets. Il faut que vous engagiez par vos lettres ces Messieurs à se jeter plutôt dans&#13;
ces missions, qui sont entre les Anglais et le fleuve de Mississippi (car c’est&#13;
l’intention de la Cour), que d’aller vers les Panis et autres nations éloignées. Il faut&#13;
de plus que nos Messieurs se réunissent ensemble et ne soient pas si éloignés. Les&#13;
frais de voyages sont immenses. Il faut qu’ils se soutiennent les uns les autres et&#13;
plus ils seront autour des Tænicas et Natchez, plus ils tireront facilement leurs&#13;
secours par la mer ; car d’en attendre du Canada, M. de Montigny le croit comme&#13;
impossible et pense que ni les sujets ni les effets ne doivent pas venir du Canada.&#13;
Ces voyages sont d’une trop grande dépense. Il faut y essuyer trop de fatigues et&#13;
de dangers. C’est ainsi que M. de Montigny nous en a parlé et il croit que vous ne&#13;
pouvez donner du Canada ni la conduite du spirituel ni le soutien du temporel.&#13;
Sur ce pied-là, pourquoi tant contester aux Jésuites les Tamarois ? C’est ainsi qu’en&#13;
pensent nos Messieurs et ce n’a été que par une pure déférence pour vos lettres&#13;
qu’ils n’ont pas déclaré que pour faire cesser le trouble, ils renonçaient à ce lieu et&#13;
l’abandonnaient aux Jésuites, quelque droit que nous y eussions. Ils ont cependant&#13;
soutenu ce lieu comme s’il leur eut été d’une grande conséquence et quand nous&#13;
parlâmes encore mardi à M. de Pontchartrain, ils lui firent comprendre la nécessité&#13;
où nous étions de conserver ce lieu, avec le droit que nous y avions, par le besoin&#13;
absolu qu’on nous mandait que nous en avions pour soutenir nos missions de&#13;
Mississippi.&#13;
Vous apprendrez la mort du père de M. Bergier, à qui j’envoie des lettres de sa&#13;
famille, que je vous prie de lui faire tenir le plus tôt que vous pouvez, afin qu’il&#13;
envoie les pouvoirs nécessaires pour vaquer à cette succession, qui est fort&#13;
embarrassée, parce que son père a fait de gros legs à l’hôpital de Saint-Vallier et&#13;
au Séminaire de Vienne et à plusieurs particuliers.&#13;
&#13;
�Nous avons parlé à M. de Pontchartrain de M. Maudoux et des plaintes qu’on&#13;
faisait de lui à l’Acadie. Il ne nous a pas paru persuadé de son commerce prétendu&#13;
et de son inclination pour les Anglais. Il a dit que bien loin de désirer qu’il quittât&#13;
l’Acadie, il était bien aise qu’il y restât et qu’on y mît un plus grand nombre de&#13;
prêtres. Il dit seulement contre M. Maudoux qu’il lui est revenu qu’il était trop&#13;
intéressé et qu’il avait refusé d’enterrer M. Villebon, jusqu’à ce qu’on lui répondît&#13;
de lui payer ses droits funéraires, ce que Villieu fit. M. de Brisacier lui dit qu’il&#13;
l’ignorait, mais que si cela était, il serait le premier à condamner M. Maudoux.&#13;
J’écris à M. Maudoux qu’il faut qu’il éclaircisse ce fait et que s’il est faux, il faut&#13;
qu’il en écrive pour se justifier à M. de Pontchartrain et qu’il en fasse écrire&#13;
M. de Brouillan, qui y va en qualité de commandant et avec qui j’espère qu’il vivra&#13;
mieux qu’avec M. de Villebon.&#13;
M. de Pontchartrain nous dit aussi être très assuré, par des informations très justes,&#13;
que les dîmes des Mines valent, bon an mal an, 900 livres ; celles de Port-Royal,&#13;
600 livres ; et celles de Beaubassin, 140 ou 150 livres.&#13;
Il ne faut pas, Monsieur, après cela, que vous alliez dire que cela n’est pas vrai. Il&#13;
faudrait donner des preuves qu’elles valent moins. Trois commissaires&#13;
consécutifs, que la Cour envoie tous les ans à l’Acadie, lui ont fait ce rapport. Je&#13;
mande à M. Maudoux, si cela n’est pas vrai, de m’en envoyer des preuves attestées&#13;
par M. de Brouillan.&#13;
M. de Pontchartrain voulait faire revenir M. Guay de l’Acadie par une lettre de&#13;
cachet, mais M. le supérieur l’a prié de mander seulement à M. de Brouillan de le&#13;
renvoyer dans le premier vaisseau qui reviendra en France. Vous êtes autant en&#13;
faute de l’avoir envoyé à l’Acadie, après ce que je vous en avais écrit en vous&#13;
l’envoyant, que nous le sommes de vous l’avoir envoyé. On fait quand on veut&#13;
l’hypocrite pendant un an dans une maison réglée.&#13;
Je vous envoie cette année le petit neveu de Hubert Houssart. Je l’ai gardé au&#13;
Séminaire, où j’en eus été fort content. Il est à présent plus grand et plus fort. Il m’a&#13;
coûté à le nourrir et l’entretenir et vous jugez bien que cela ne peut aller que sur le&#13;
&#13;
�compte du Séminaire. J’aurais besoin en vérité pour mes commissions d’un enfant&#13;
aussi actif et aussi adroit. Il m’a bien servi pendant cette année.&#13;
Vous diriez à M. Martin que j’ai acheté pour lui des ornements qu’il trouvera dans&#13;
nos ballots. Je lui envoie aussi un réveil, mais le réveil surtout coûte plus qu’il n’a&#13;
envoyé.&#13;
Vous direz aussi à M. Soumande que je lui envoie un beau ciboire pour SainteAnne, qui ne coûte guère que 150 livres. J’ai reçu quelque chose pour le métal de&#13;
Sainte-Anne. Il me doit le surplus.&#13;
Vous direz aussi à M. de Requeleyne que j’ai reçu pour lui 100 francs et 8 louis d’or&#13;
de M. son frère. J’en ai acheté pour lui une livre de thériaque que vous trouverez&#13;
dans nos ballots. Vous lui donnerez le surplus, qui va à 90 livres.&#13;
Je vous envoie, Monsieur, par un effort au-dessus de mes forces, la plus grande&#13;
partie de vos factures. Vous lirez dans la lettre de Mgr l’Ancien ce que je lui écris à&#13;
ce sujet et des lettres de change qu’il a tirées et vous aurez la bonté, suivant ce que&#13;
je lui demande : 1re de m’arrêter tous les comptes de mes recettes et dépenses pour&#13;
Mgr l’Ancien et le Séminaire depuis que je suis en France et que j’en suis chargé, si&#13;
vous les trouvez justes ; sinon, mandez-moi ce qu’il y a de défectueux ; mais je vous&#13;
demande tous les ans d’arrêter mon compte pour le Séminaire, comme vous&#13;
l’arrêtez pour le chapitre, en y faisant signer Mgr l’Ancien ; 2e vous connaissez vos&#13;
revenus ; convenez une bonne fois avec Mgr l’Ancien de ne point m’adresser de&#13;
facture et de ne tirer aucune lettre de change que vous ne sachiez bien que j’aie les&#13;
fonds, autrement, ôtez-moi le soin de vos affaires. J’y donne tout le soin et toute&#13;
l’application possible et si j’ai quelque chose à me reprocher, c’est de m’en donner&#13;
peut-être trop ; mais je ne puis les soutenir dès qu’il n’y a point de mesures. J’ai été&#13;
poussé à bout cette année. J’ai voulu en remettre le soin. M. l’abbé de Brisacier en&#13;
doit écrire à Mgr l’Ancien. Si j’ai fait cette année un dernier effort, c’est par un&#13;
respect très grand que j’ai pour Mgr l’Ancien et pour vous, mais soyez très rassuré&#13;
qu’étant à présent averti et le devant être par M. l’abbé de Brisacier même, je ne&#13;
croirai plus manquer au respect et à la considération particulière que j’ai pour&#13;
Monseigneur et pour vous. Quand je laisserai protester toutes les lettres de change&#13;
&#13;
�et refuserai d’accomplir aucune facture que je ne sois entièrement remboursé,&#13;
permettez-moi de vous représenter avec tout le respect dont je suis pénétré pour&#13;
vous que vous ne devez pas me dire que je ferai ce que je pourrai. Je ne puis audelà de mes forces. C’est à vous et à Mgr l’Ancien à régler vos dépenses sur vos&#13;
revenus. Si vous ne pouvez soutenir tant de dépenses, renvoyez de chez vous tous&#13;
les enfants et ne gardez que ceux qui ne vous coûtent rien. Retranchez, en un mot,&#13;
tout ce qui vous surcharge.&#13;
Je suis, en vérité, Monsieur, très peu édifié que pour vous surcharger de quantité&#13;
de bonnes œuvres que vous ne pouvez soutenir, vous réduisiez votre Séminaire à&#13;
boire de l’eau ou, du moins, de la petite bière. Cela n’est nullement du goût de nos&#13;
Messieurs et ne comptez pas attirer chez nous quelque sujet un peu raisonnable&#13;
pour vous aller aider tandis qu’on saura qu’on vit ainsi à Québec. Il faut avoir un&#13;
soin raisonnable du corps. Si on veut attirer les esprits à se porter à une œuvre qui&#13;
a d’ailleurs ses désagréments, il faut du moins satisfaire à la nécessité. Je vous&#13;
demande en grâce de faire part de ceci à Mgr l’Ancien et à tous nos Messieurs.&#13;
Vous apprendrez en même temps la perte de deux frères qui vous étaient très&#13;
chers, M. Ango de La Mothe, le conseiller qui est mort cet été, et dom Ango, le&#13;
chartreux, mort ce mois de février ou mars. C’étaient deux fruits mûrs pour le ciel&#13;
et consommés en toutes sortes de vertus. Plût à Dieu que ma vie et ma mort fussent&#13;
telles que la leur.&#13;
Deux de vos neveux, fils du conseiller qui étaient à l’armée, furent cet automne&#13;
ensemble prendre l’habit de chartreux et persévèrent dans leur vocation. Ils&#13;
vivaient à l’armée, étant capitaines, avec autant d’édification que s’ils eussent été&#13;
chartreux.&#13;
Vous verrez, par mon compte de cette année, que je serai au 1er mai en avance pour&#13;
le Séminaire de Québec de plus de 12 000 livres.&#13;
J’ai reçu pour M. Calon plus de 450 livres que j’ai imputées sur le compte du&#13;
Séminaire, parce que je le suppose uni à la maison.&#13;
&#13;
�Je finis en vous priant d’assurer de mes respects, M. de Bernières, M. de Glandelet&#13;
et M. Dupré, M. Pocquet, M. Buisson, M. Petit et tous nos Messieurs que je ne&#13;
nomme pas pour ne pas faire une litanie. Je leur écrirai par les derniers vaisseaux.&#13;
Je suis avec respect,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Le 8 avril 1701&#13;
&#13;
/Transcription5 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1701, 2 avril – 2e lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 31)&#13;
1.&#13;
&#13;
1 M DeSmar&#13;
Paris 2. avril 1701.&#13;
2 Monsieur&#13;
à&#13;
o&#13;
r&#13;
s&#13;
3&#13;
N 31 M. De maizerets&#13;
4 Cette lettre doit partir dans le 1.er vaisseau&#13;
5 qui part p.r le canada, Servira de lettre d’avis&#13;
6 et vous instruira de tout ce qui Se passe icy.&#13;
7 Je voudrois avoir le temps de la faire plus estendüe&#13;
8 quelle ne Sera, et pouvoir mesme escrire a tous nos&#13;
9 M.rs par ce vaisseau; mais peut estre Serace la Seule&#13;
10 que J’escriray tant jay peu de temps a escrire.&#13;
11 Nous avons a ce que Je croy receu toutes vos lettres,&#13;
12 Je crois cepend.’ quil Sen est perdu quelques unes&#13;
13 dans la ville marie&#13;
14 Voicy celles que J’ay receues de vous, une de 4. pages du&#13;
15 8. aout 1700. 1. de 3. pages du 20. aout. au’ de 4. pages du&#13;
16 26. aout. au’ de 3. pages du 1er 7.bre au’ du 15. 8.bre de 15.&#13;
17 pages. au’ du 30. 8. bre de 4. pages. et la d.ere du 2. novembre&#13;
18 et du 8.e de 4. pages. voila ce que Jay receu de vous&#13;
19 et a quoy Je vais tascher de repondre&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
20 Nous avons esté tres rejouis daprendre la&#13;
21 continuation de la bonne Santé de Mgr Lancien&#13;
22 et de vous Monsieur, et de nos Mess.rs Je prie&#13;
23 Dieu de vous conserver encore longues annéez&#13;
24 p.r le bien de cette pauvre Eglise naissante.&#13;
25 Mgr de Quebec en arrivant a la Rochelle&#13;
26 escrivit a M Le Sup.r et a moy une lettre fort&#13;
27 honneste p.r donner avis de Son arrivée, et nous&#13;
28 envoia en mesme temps une de vos lettres p.r&#13;
29 nous prier de le recevoir chez Nous et de l’y&#13;
30 loger. mais nos Mess.rs crurent que Mgr de&#13;
31 Quebec n’estant pas tout a fait content des&#13;
32 Jesuites, et ayant quelques aff.re a demesler avec&#13;
33 lui, Jl ne convenoit pas quil vinst loger avec&#13;
34 nous, xxx depuis n’re lettre au Pape, Sommes&#13;
35 Si brouillez avec eux, par ce quils pouroient&#13;
36 dire au Roi que nous reünissons tous ceux&#13;
37 qui leur en veulent, Nous en escrivismes donc&#13;
38 a Mgr de Quebec mais il ne reçut aucune de&#13;
39 nos lettres et vint descendre au Sem.re la veille&#13;
40 de Noel a Sept heures du Soir.&#13;
41 Nous tachames de le recevoir avec tout lerespect&#13;
&#13;
�42 qui lui est du, mais nous lui fismes entendre&#13;
3.&#13;
&#13;
43 nos raisons pend.t les festes quil demeura avec&#13;
44 nous, et que cestoit Son interest quil allast&#13;
45 loger dans une maison moins Suspecte aux&#13;
46 Jesuites. Jl a paru bien prendre ce que Nous&#13;
47 lui avons remontré. M de la Palliere êtoit&#13;
48 de n’re Sentiment, et il est allé loger a la&#13;
49 comm.té de M. Le Curé de S.’ Sulpice, ou il&#13;
50 est encore.&#13;
51 Cet esloignement des Jesuites p.r nous en&#13;
52 france, a Rome, et dans les Jndes est&#13;
53 extraord.re par ce que nous avons commencé&#13;
54 a dire des veritez qui les incommodent. Jls&#13;
55 ne nous Scavent aucun gré de ce que nous&#13;
56 avons gardé le Silence il y a trente ans. Jls&#13;
57 Sont aigris au Supreme degré de ce que&#13;
58 forcéz par leurs libelles quils repandent&#13;
59 contre nos M.rs et p.r les disculper, nous&#13;
60 disons les choses co’e elles Se Sont passéez la&#13;
61 bas. voicy en abregé ce qui Sest passé depuis&#13;
62 l’an passé que nous avons donné au public&#13;
63 notre lettre au Pape.&#13;
64 La lettre a eté aussi bien receue quenous le&#13;
65 pouvions Souhaiter du public qui nous a rendu&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
66 justice, et quoi que les Jesuites ayent mis&#13;
67 dans leur reponse a n’re lettre, et dans&#13;
68 leur histoire apologetique que nous avions&#13;
69 Subi la censure du public qui a, disent ils,&#13;
70 condamné laigreur qui y est repandüe,&#13;
71 Nous avons au contraire trop persuadé le&#13;
72 public dela verité des faits que nous y&#13;
73 avons avancée, et hors le Roi Seul qui ne&#13;
74 Sest pas declaré, par ce qu’un Prince aussi&#13;
75 Sage qu’il est ne Se doit pas commettre dans&#13;
76 ces aff.re on S’est hautem.t eslevé a la Cour,&#13;
77 a Paris et dans les provinces contre la tolerance&#13;
78 des Superstitions chinoises.&#13;
79 Les Jesuites ont esté obligé d’en venir a&#13;
80 nier la verité des faits, et a nier quils les&#13;
81 permissent. Jls l’ont fait dans leur reponse&#13;
82 a n’re lettre qui n’a guere esté bien receue,&#13;
83 et ne vaut pas la peine d’y repondre.&#13;
84 Jls ont fait une histoire apologetique de leurs&#13;
&#13;
�85 miss.res de la chine quils nous ont addressé&#13;
86 dans la quelle Sous une apparente moderation&#13;
87 ils nous dechirent a belles dents, et nous disent&#13;
5&#13;
&#13;
2 Avril 1701.&#13;
&#13;
88 les plus grosses injures. Ce n’est qu’un tissu de&#13;
89 faussetéz que Navarrette, et plus.rs miss.res&#13;
90 de la chine de la chine avoient déjà&#13;
91 refutéez et que tout recemm’ M labbé&#13;
92 de Lionne et les Dominicains ont encore&#13;
93 reduites en poudre par des preuves tres&#13;
94 fortes. Les Jesuites Sans avoir esgard a&#13;
95 ces preuves reproduisent ces faussetéz.&#13;
96 par ce quils n’ont rien de meilleur a dire&#13;
97 Jugez en par cellecy quils rebatent dans&#13;
98 tous leurs escrits. Jls pretendent que le P.&#13;
99 morales d’nicain S’est dedit de cequil avoit&#13;
100 avancé a Rome en 1645. par un livre quils disent&#13;
101 quil fit a la chine avant Sa mort Du devoir&#13;
102 des enfans envers leurs Peres &amp;. et nous avons&#13;
103 receu encore l’an passé une Jnformation&#13;
104 faite par le provincial des d’nicains de la&#13;
105 chine qui assure que le P. Morales n’a jamais&#13;
106 fait ce livre et le prouve invinciblem.’ On&#13;
107 lavoit repondu aux Jesuites dez 1687. Jls le&#13;
108 redisent en 1700. avec la mesme hardiesse&#13;
109 Jls ont depuis notre lettre au Pape donné au&#13;
110 public dix ou douze escrits contre nous pourle&#13;
6.&#13;
&#13;
111 disculper, aussi foibles les uns que les autres.&#13;
112 Nous avons esté obligez de donner une&#13;
113 addition a n’re lettre, et M delvé a esté&#13;
114 obligé de repondre a ce quils lui ont objecte&#13;
115 dans leur reponse par une lettre quil leur&#13;
116 a escrite. Je tacherai de vous envoier ceux&#13;
117 que nous avons faits. Les Jesuites nous&#13;
118 feront voir ce quils feront contrenous.&#13;
119 M. Prioux denonça a la faculté de Theologie&#13;
120 de Paris le 1.er Juillet les propositions du P.&#13;
121 Le comte, on les a examinéez en Sorbonne avec&#13;
122 toute la maturité possible, on a tenu plus&#13;
123 de trente assembleez en Sorbonne pend.t les&#13;
124 mois de 7.bre et d’octobre, ou cent Soix.te Docteurs&#13;
125 ont parlé, et ou les Jesuites ont tasché par&#13;
126 les Docteurs qui leur Sont vendus de brouiller&#13;
127 le plus quils ont pu et malgré toutes leurs&#13;
&#13;
�7.&#13;
&#13;
128 brigues et leur cabales, et les menaces etles&#13;
129 esperances quils ont fait aux Docteurs, Jls n’en&#13;
130 ont eu que quatre qui ayent entierem’ absous&#13;
131 leurs propositions, et un peu plus de trente qui&#13;
132 n’ont ozé les absoudre, mais qui ont trouvé&#13;
133 le detour d’en renvoier le Jugemt a Rome et il y en&#13;
134 a eu cent quatorze qui les ont condamnez.&#13;
135 Le Jesuites p.r Se vanger de la Sorbonne ont fait&#13;
136 un Journal historique de ces assembléez ou ils&#13;
137 dechirent les Docteurs qui ne Sont pas pr eux et&#13;
138 raportent Sans aucune verité leurs Sentimens.&#13;
139 M.rs de Sorbonne ont meprisé ces injures, aussi&#13;
140 bien que les Reflexions quils ont fait Sur leur&#13;
141 censures en disant que c’est par vengeance&#13;
142 que la Sorbonne a censuré leurs livres,&#13;
143 quelle est trop leur ennemie p.r estre leur&#13;
144 juge, quelle ne l’est point en fait de Doctrin[e]&#13;
145 quelle S’est trop declaré contre la Societé&#13;
146 autre fois p.r estre regardée co’e equitable&#13;
147 aleur esgard. M.rs de Sorbonne contre qui les&#13;
148 Jesuites ont fait ces reproches Lors quils ont&#13;
149 censuré leurs livres en plus de vingt censures,&#13;
150 ont toujours meprisé ces reproches, et leurs&#13;
151 censures n’en ont pas esté moins Suivies.&#13;
152 La mort du Pape est arrivée lors quil estoit a&#13;
153 la veille de Juger a Rome n’re grande affre&#13;
154 contre les Jesuites qui ont fait milles incidens&#13;
155 p.r esloigner ce coup dans lesprance de&#13;
156 cette mort prochaine, Le Pape clement onze&#13;
157 a eté eslu, qui estoit estant le cardinal albane&#13;
158 le meilleur ami des Jesuites. Jls esperoient quils&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
159 obtiendroient de lui quil pendroit cette aff.re au&#13;
160 croc, et ne la jugeroit pas; mais Jl a cru ne&#13;
161 pouvoir laisser une question Si importante Sans&#13;
162 la decider. Jl a fait tenir le 16. de Jan.er une&#13;
163 congregation de Cardinaux en Sa presence;&#13;
164 Dans cette Congregation Jl leur dit questant&#13;
165 Card.l Jl avoit cru que laff.re de la chine&#13;
166 demandoit une prompte decision, quil estoit&#13;
167 mesme facheux que Rome eust esté consultée&#13;
168 plus.rs fois et neust pas encore rendu une reponse&#13;
169 Si precise qu’on fist cesser les disputes, questant&#13;
170 devenu Pape Jl nevouloit pas Suivre la pensée&#13;
&#13;
�2 Avril 1701.&#13;
9&#13;
&#13;
171 quil avoit eue estant Cardinal, Sans avoir pris&#13;
172 l’avis de Ses confreres. Apres quoy le Card.l de&#13;
173 Bouillon et trois ou quatre au’ cardinaux quil&#13;
174 avoit gagné opinerent p.r representer que&#13;
175 laff.re estoit tres difficile, tres ambarassante,&#13;
176 qu’elle demandoit de tres grands esclaricissemens,&#13;
177 quil valoit mieux attendre encore dix ans p.r en&#13;
178 avoir que de la decider trop tost (vous remar=&#13;
179 querez que laff.re a commencée en 1633. et elle a esté&#13;
180 portée par nos M.rs de nouveau au S.’ Siege en 1696.)&#13;
181 Jl ajouta qu’on devoit bien prendre garde despargner&#13;
182 en cette aff.re la Societé, par ceque Son deshonneur&#13;
183 retomberoit Sur LEglise, &amp;. En un mot Jl dit tout&#13;
184 cequon peut dire deplus outré en faveur des Jesuites.&#13;
185 Jl avoit Sollicité hautemt p.r eux co’e Jl a fait p.r M de Cambray&#13;
186 Jl fut refuté par un grand nombre de&#13;
187 cardinaux qui parlerent apres lui et qui&#13;
188 dirent que cette aff.re estoit pleinemt esclaircie&#13;
189 que les Jesuites avoient trop esccrit et contredit, p.r&#13;
190 quils ne fussent pas compris en cette aff.re que&#13;
191 LEglise en g’ral estant accusée par les heretiques&#13;
192 de Souffrir LJdolatrie dans Son Sein Jl falloit&#13;
193 faire voir que c’estoient quelques uns de Ses enfans&#13;
194 qui estoient dans lerreur, que les Jesuites devoient&#13;
195 Sacrifier leur propre reputation a LEglise, et il&#13;
196 fut conclu a la pluralité des voix que dis je Jls&#13;
197 estoient plus de trois contre un, que lon reprendroit&#13;
198 incessamm.t laff.re quelle Seroit decidée absolum’&#13;
199 et qu’on agiroit Sur les anciennes informations&#13;
200 faites. En consequence Le pape depuis le 4. mars&#13;
201 fait tenir tous les Jeudis des congregations en&#13;
202 Sa presence p.r cette aff.re on en espere un&#13;
203 Jugem.t avant trois mois. Dieu le veuille.&#13;
204 Nous avons beaucoup a nous loüer de la retenüe&#13;
205 du Roi en cette aff.re Jl n’a pas voulu Se declarer&#13;
206 et attend que Rome decide. C’est beaucoup p.r un&#13;
207 Prince qui a un Confesseur Jesuite.&#13;
208 mais autant quil est moderé, autant les Jesuites&#13;
209 et tous leurs partisans Sont emportez. Jls ont peine&#13;
210 a voir qu’apres nous estre declarez contre eux, nous&#13;
211 allions teste levée dans Paris. Jls estoient Si&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
212 accoutumez a faire voler les lettres de cachet&#13;
213 quils ont peine de voir quelles ne Soient pas&#13;
&#13;
�11.&#13;
&#13;
214 venues fondre Sur nous. mais c’est une terrible&#13;
215 aff.re que davoir a Se declarer contre des gens&#13;
216 Si puissans par eux mesmes, par leurs richesses&#13;
217 par leurs partisans par leurs intrigues et&#13;
218 plus que tout cela, par un confesseur du Roi&#13;
219 qui a toutes les Semaines Loreille du Prince&#13;
220 Sans ce dernier article, Nous pouvons assurer&#13;
221 que les Jesuites auroient peine a Se Soutenir.&#13;
222 Jls ont retiré Le P. Le Comte de la cour peu apres&#13;
223 que M Prioux eut denoncé en Sorbonne Ses&#13;
224 propositions, Jls Sassemblerent en Juillet d.er&#13;
225 a mont Louis chez Le P. La chaize les gros bonnets&#13;
226 des trois maisons furent appellez. et Jl fut resolu&#13;
227 que Le P. Le comte Se retireroit de Paris et iroit a&#13;
228 Rome Sous pretexte de deffendre Sa cause contre n’re&#13;
229 denonciation, quil laisseroit la charge de confesseur&#13;
230 de Mad.’ La Duchesse de Bourgogne, et que Le P de la&#13;
231 chaize p.r len faire Sortir avec honneur prieroit&#13;
232 le Roi de lui dire quelques honnestetez, et de lui&#13;
233 accorder une pension laff.re S’est ainsy passée&#13;
234 LeP. Le comte est a Rome depuis le mois de 7.bre Jl eut&#13;
235 devant M Le Card.l dEstrée une conference avec M.&#13;
236 de Leonissa Sur ces difficultez l’authorité des livres chinois,&#13;
237 M. Le Card.l d’Estréez estoit trop disposé a faire&#13;
238 plaisir au P Le Comte. cepend.t ce bon Pere&#13;
239 estant pressé par M de Leonissa de lire des&#13;
240 passages des livres chinois queM de Leonissa&#13;
241 lui objectoit fut forcé davoüer quil ne&#13;
242 Scavoit pas lire le chinois. Pourquoy&#13;
243 donc en a til tant escrit et Si affirmativemt&#13;
244 Depuis que Le Pape eut resolu de reprendre&#13;
245 laff.re de la chine. Le P. Le comte Sollicita&#13;
246 fortem.’ p.r estre oui en congregation.&#13;
247 Le Pape en parla aux Cardinaux et il nous&#13;
248 est revenu (mais nous ne Sommes pas Si Seurs&#13;
249 de cecy que de tout ce que Je vous ay escrit&#13;
250 cy dessus) que Le Pape dit qu’on ne pouvoit&#13;
251 refuser aux parties destre escoutéez Si elles&#13;
252 le demandoient, mais qu’avant que d’escouter&#13;
253 Le P. Le comte, Jl falloit quil eust une&#13;
254 procuration du General de la compagnie&#13;
255 afin quil ne pust estre desavoué Sur ce&#13;
256 quil auroit avancé en congregation, et que&#13;
257 deplus Jl mettroit pas escrit, Signeroit et&#13;
&#13;
�12.&#13;
&#13;
13. 2 Avril 1701&#13;
&#13;
258 deposeroit a la congregation tout ce&#13;
259 quil auroit a dire avant quede parler. ce&#13;
260 qui est tres Seur c’est que depuis ce tempsla&#13;
261 Le P. Le Comte ne presse plus p.r estre entendu&#13;
262 et il a dit tout recemm.t au Pape quil&#13;
263 croioit inutile de parler en congregation.&#13;
264 Jl faut encore vous esclaircir une chose qui&#13;
265 les touche fort. L’an passé au mois de Juillet&#13;
266 Le Bruit Se repandit dans Paris, et on nous dit&#13;
267 que cela venoit de Rome que M deLionne&#13;
268 avoit esté honteusem.’ chassé d’une province de&#13;
269 La chine et maltraité et qu’on lui avoit&#13;
270 renversé cinq Eglises, et tout cela par les&#13;
271 intrigues des Jesuites. Nous n’en avions rien&#13;
272 appris et nous nous contentions de dire&#13;
273 que cela ne pouvoit estre, puisque nous ne&#13;
274 le Scavions pas. Au mois daoust arriva&#13;
275 lamphitrite qui revenoit de la chine, et nous&#13;
276 apporta nos lettres. Nous y apprismes&#13;
277 queM. Labbé de Lionne avoit voulu de concert&#13;
278 avec M Dargoli Evesque et les au’ miss.res&#13;
279 establir une Eglise a Nient cheou, et le reste de&#13;
280 ce que vous lirez dans un Jmprimé que Je vous&#13;
281 envoieray mais co’e Jl n’estoit pas vray que&#13;
282 M. de Lionne eust esté chassé et qu’on eust&#13;
283 renversé cinq Eglises parla faute des Jesuites&#13;
284 nous nous contentasmes de dire que c’estoient&#13;
285 nouvelles fausses Sans dire le mal que Le P Jesuites&#13;
286 avoient fait, nous dismes Seulem’ le bien&#13;
287 que les Jesuites francois avoient fait a M. L’ab.&#13;
288 de lionne. Eux ne Se contenterent pas de cela,&#13;
289 et quoiquils fussent bien informez de ce qu’on&#13;
290 pouvoit dire contre eux Sur ce Sujet, Jls ne&#13;
291 laisserent pas de faire une petite relation de&#13;
292 ce quils pretendoient S’estre fait en cette occasion&#13;
293 Sans cette relation Jls taxoient M. de Lionne&#13;
294 dJmprudence de legereté et davoir exposé lareligion&#13;
295 a deux doits de Sa perte, et Se mettoient Sur le trone de&#13;
296 la Sagesse, ou ils Se couronnoient de leurs propres&#13;
297 mains, faisoient valoir leurs Services, nous taxoient&#13;
298 dJngratitude &amp;. La mere de M. Labbé de Lionne&#13;
299 qui vit que les Jesuites avoient fait Jmprimer&#13;
300 cette relation apres l’avoir fait courir&#13;
&#13;
�14.&#13;
&#13;
301 manuscritte escrivit a M. charmot a Rome p.r le&#13;
302 prier de lui mander ce qui S’estoit passe en cette&#13;
303 occasion. M. charmot lui escrivit une lettre&#13;
304 quelle a fait imprimer, dans la quelle Jl a&#13;
305 enlevé deux lettres de M. Lab. de lionne au P.&#13;
306 Grimaldi Jesuite et aux Jesuites francois et&#13;
307 deux de M Dargoli qui raportent le fait&#13;
308 d’une maniere qui excite lindignation contre&#13;
309 les Jesuites. Cela a achevé deles Jrriter contre Nous.&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
310 voila ou nous en Sommes avec eux en&#13;
311 france; vous Jugez bien qu’estant dans&#13;
312 une telle Situation Nous nestions guere&#13;
313 propre a accommoder laff.re des Tamarois.&#13;
314 En effet nos Mess.r ayant trouvé que&#13;
315 Mgr de Quebec estoit resolu de Soutenir en&#13;
316 cela Sa jurisdiction, S’en Sont decharger Sur&#13;
317 lui. Jls ont Seulem.’ dit a Mad.’ de maintenon&#13;
318 et mesme a M. Larch. de Paris et a M de&#13;
319 Pont chartrain que vous Jugiez les missions&#13;
320 d’en bas insoutenables Sans ce poste, et que&#13;
321 p.r dedommager mesme les Jesuites, (Si domage&#13;
322 y avoit) vous offriez aux Jesuites une&#13;
323 mission a leur choix dans toutes leurses missions.&#13;
324 qui nous ont esté accordéez. Les Jesuites ont&#13;
325 commencé de dire icy ce que vous me&#13;
326 marquez du P. Bouvart quil estoit convenu&#13;
327 que M’gr Lancien et vous d’y rester&#13;
328 ensemble, et d’y faire conjointem’ en deux&#13;
329 eglises Separéez toutes les fonctions de&#13;
330 miss.re Le P. Lamberville l’a dit partout&#13;
331 mais Mgr de Quebec ayant dit aux Jesuites&#13;
332 que cela ne lui convenoit pas, et quil vouloit&#13;
333 quil n’y eust dans ce lieu que des miss.res dun mesme&#13;
334 corps, leur a demandé de conferer ensemble&#13;
335 Sur cette aff.re et plus.rs au’ quil avoit a&#13;
336 regler avec eux; Les Jesuites qui ont veu&#13;
337 M. Larch. de Paris absent a cause du Conclave&#13;
338 dou il devoit revenir au commencem.’ de&#13;
339 fevrier ont pressé Mgr de Q. de prier M.&#13;
340 Larch. dauche Son parent, mais qui est le&#13;
341 plus devoüé aux Jesuites et au P. de la chaize&#13;
342 quils ayent dans le clergé destre leur arbitre&#13;
343 p.r esviter M. Larch. de Paris qu’ils disent&#13;
&#13;
�16.&#13;
&#13;
344 estre leur ennemi declaré. Mgr de Quebec&#13;
345 a eu plus.rs conferences chez lui avec eux,&#13;
346 et il m’a assuré avoir parlé aussi fortem’&#13;
347 qu’il devoit. Jl les a tellem.’ pressé quayant&#13;
348 declaré a M Dauche que Surtout le reste&#13;
349 Jl Se pouvoit relâcher, mais que Sur laff.re&#13;
350 des Tamarois Jl tiendroit ferme, et vouloit&#13;
351 estre obei, qu’ainsy les Jesuites ne pouvoient&#13;
352 esperer de lui dans ce lieu aucune jurisdic=&#13;
353 =tion, Les Jesuites lui ont dit qu’a la bonne&#13;
354 heure ils y resteroient a rien faire, mais&#13;
355 quils y resteroient par lauthorité quils ont&#13;
356 du Roi de S’establir partout. Jugez de la&#13;
357 Si on peut en esperer quelque chose. Je&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
358 les connois en cela tels en canada que&#13;
359 nous les connoissons a la chine, et tels par&#13;
360 tout le monde, incapables dentendre raison&#13;
361 Sur ce quils croient pouvoir prejudicier&#13;
362 a la compagnie. Nous en avons parlé a&#13;
363 M. de Pont chartrain qui est tout dans&#13;
364 leurs interests, et lui avons fait comprendre&#13;
365 le peu de droit quils y ont, limpossibilité&#13;
366 que vous nous marquez avoir de vous en&#13;
367 passer, et les inconveniens que deux differens&#13;
368 corps Soient dans un mesme lieu mais&#13;
369 rien ne les fera ploier, et Je mattends bien&#13;
370 quils Se roidiront ladessus, co’e S’il Sagissoit&#13;
371 de la possession d’une couronne Je n’ay pas&#13;
372 veu beaucoup le P. Lamberville acause&#13;
373 de tout cela, car Je le vois Si ardent ladessus&#13;
374 que p.r ne pas contester J’aime mieux ne le&#13;
375 pas voir.&#13;
376 Nous n’avons rien obtenu cet automne du clergé&#13;
377 dans Lassemblée derniere p.r nos missions de&#13;
378 misissipi. on est Si Surchargé de Decimes, dons&#13;
379 gratuits et a present de la capitation qu’on est&#13;
380 moins large a faire de bonnes œuvres. Les Jesuites&#13;
381 y ont cepend.t obtenus d’estre exempts de Dons gratuits&#13;
382 et Selon toutes les apparences ce Sera le mesme de la Capitation&#13;
&#13;
M. de&#13;
montigni&#13;
&#13;
383 Nous n’avons de mesme pu reussir en rien&#13;
384 p.r des unions de benefices a ces missions; Jl&#13;
385 ne S’est rien presenté p.r cela.&#13;
386 Vous avez esté bien aises de M de montigni&#13;
&#13;
�18.&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
387 revinst en france, et vous avez cru que&#13;
388 Son retour Seroit avantageux aux missions&#13;
389 de misissipi. vous Scaurez bientost que c’est&#13;
390 tout le contraire, car Jl n’est pas plutost&#13;
391 arrivé a Paris dans le mois de Septembre,&#13;
392 (J’estois p.r lors en voiage, dans le Berri p.r&#13;
393 visiter meobec et nos Prieurez, mais J’avois&#13;
394 recommandé de le recevoir bien de ma part et&#13;
395 delui offrir tout ce dont il auroit besoin).&#13;
396 quil a paru dégouté du misissipi, et resolu&#13;
397 de lequitter. Jl avoit amené charles quil dit&#13;
398 estre un donné avec lui, ce qui, co’e vous Jugez&#13;
399 alloit a une grosse depense. Jl nous a fait&#13;
400 un raport de ce pays qui est fort esloigné&#13;
401 de l’idée que vous en avez en canada.&#13;
402 Jl pretend que ce pays est tres difficile a établir&#13;
403 du côté de la mer, que tout le bas est inondé,&#13;
404 et inhabitable, que le fleuve n’est pas Navigable&#13;
405 par Ses tours et detours, quil ny a rien a&#13;
406 faire du côté du commerce, quune colonie&#13;
407 Sera tres difficile a former, qu’il n’y a pas tant&#13;
408 de Sauvages qu’on Se l’imagine, que Six ou Sept&#13;
409 Suffiront p.r remplir tous les postes qui en&#13;
410 meritent. Jl nous a assuré que depuis les&#13;
411 Tamarois jusqu’a la mer, Jl n’y avoit pas&#13;
412 vingt mil ames tout le long dufleuve&#13;
413 de misissipi. Jl nous fit dailleurs comprendre&#13;
414 les horribles depenses qu’un miss.re fait p.r des&#13;
415 domestiques p.r les voiages, p.r les presens aux&#13;
416 Sauvages; Deux mil livres ne Suffiroient pas&#13;
417 p.r Chaque miss.re Sur ce pied la; Jl nous fit&#13;
418 aussi entendre legrand danger ou etoit exposé un&#13;
419 jeune prestre dans une nation Si corrompüe, et&#13;
420 Sil navoit un au’ confrere p.r le Soutenir.&#13;
421 En un mot tout ce quil nous en a dit nous a&#13;
422 tres fort dégousté de ces missions et fait&#13;
423 craindre que ce ne fust pas ce quon vous&#13;
424 en avoit raporté.&#13;
425 C’est Sur ce raport que fut fondée la resolution&#13;
426 ou il nous dit quil estoit ou daller dans les&#13;
427 missions de la chine chercher a y exercer Son&#13;
428 Zele, Si on vouloit l’y recevoir, ou de Se&#13;
429 retirer a la Trape Si on ne le jugeoit pas&#13;
430 propre p.r ces missions.&#13;
&#13;
�20.&#13;
&#13;
431 Nos Mess.r ne lui repondirent rien dans&#13;
432 les commencemens Sur ce Sujet. Ensuite&#13;
433 Jls lui dirent que cela demandoit bien de&#13;
434 consulter et mesme le reprirent plus.rs fois&#13;
435 de Sa trop grande ardeur a vouloir Scavoir&#13;
436 cequils pensoient de lui. Enfin apres lui&#13;
437 avoir proposé que Si les missions de&#13;
438 misissipi ne lui plaisoient pas, nous Serions&#13;
439 ravis quil retournast au Sem.re de Quebec&#13;
440 y estre un des Directeurs a quoy il nous dit&#13;
441 avoir une entiere opposition. Enfin nos&#13;
442 Mess.r voyans d’ailleurs dans lui de bonnes&#13;
443 qualitéz et ne voulans pas perdre un&#13;
444 bon Sujet, Sçachans qu’en effet il iroit a&#13;
445 la Trape Se retirer Si on le refusoit resolurent&#13;
446 de le recevoir et l’admirent p.r les missions&#13;
447 de la chine. Jl nous assura que M.rs&#13;
448 Bergier, S.t cosme, Davion, foucaut et&#13;
449 Bouteville estoient plus que Suffisans p.r&#13;
450 remplir tous les postes a remplir dans ces&#13;
451 missions.&#13;
452 Jl ma cepend.t fallu paier pour prez de&#13;
453 8. ou 900.# de lettres de change quil avoit&#13;
454 donné a M. DJberville a prendre Sur moy.&#13;
455 Jl me dit que ces lettres de change&#13;
456 estoient p.r avoir paié plus.rs domestiques&#13;
457 Sur les lieux dont Jl me donna alors le&#13;
458 memoire, et il l’a envoié aussi a nos Mess.&#13;
459 mais ce fut encore bien pis quand Jl fut&#13;
460 destiné aux missions de la chine J’eus&#13;
461 des combats Sans nombre a Soutenir contre&#13;
462 lui en presence de nos Mess.rs Jl vouloit que&#13;
463 Jenvoiasse aux miss.res de misissipi p.r plus&#13;
464 de 3000.# deffets p.r achever disoit il depaier&#13;
465 leurs Domestiques et les mettre en etat de&#13;
466 Subsister et de faire des etablissemens. Javoi[s]&#13;
467 fait un memoire de choses qui me paroissoi[t]&#13;
468 leur estre assez necess.res que J’avois prié M&#13;
469 Grignon d’accomplir qui pouvoit monter&#13;
470 a Six ou Sept cent livres M de montigni&#13;
471 n’en estoit pas content et me regardoit&#13;
472 co’e un homme dur et Jmpitoyable; Jl a&#13;
473 fallu que Je lui aye rendu compte en presen[ce]&#13;
&#13;
�2 Avril 1701.&#13;
21.&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
474 de nos Sup.rs des raisons que Javois de ne&#13;
475 pas envoier a nos Mess.rs bien des choses&#13;
476 quils demandoit parce quils les devoient&#13;
477 avoir receues par M.rs Bergier et M. foucaut.&#13;
478 Je n’ay pas manqué de lui remontrer&#13;
479 avec honnesteté qu’en quittant les missions&#13;
480 de misissipi Jl nous laissoit oberez p.r ces&#13;
481 missions quil nous avoit fait entreprendre,&#13;
482 Jl me dit quil estoit convenu avec vous&#13;
483 de paier p.r toutes choses Son tiers dela 1.ere&#13;
484 depense de cette entreprise, et quil n’estoit&#13;
485 obligé arien davantage; que c’estoit encore&#13;
486 beaucoup p.r lui de laisser a Sa mission tout&#13;
487 Son petit équipage quil y avoit laissé Sans&#13;
488 enrien réclamer, mais quil ne pouvoit faire&#13;
489 rien de plus. Tout ce que J’ay fait c’est qu’apres&#13;
490 Son depart, co’e il ma laissé le Soin de Ses&#13;
491 aff.res J’ay imputé Sur Son compte la depense&#13;
492 que lui et Son Domestique ont fait en france&#13;
493 Nous avons fait ce que nous avons pu&#13;
494 jusqu’a present p.r demander a M de&#13;
495 Pont chartrain la continuation de la gratifi&#13;
496 cation de 3000# p.r nos missions de misissipi.&#13;
497 M. de Pontchartrain a paru au commencem/&#13;
498 n’y estre pas bien opposé, mais il a formé&#13;
499 bien des difficultez dans une audiance quil&#13;
500 donna avant hier a M Lab. de Brisacier&#13;
501 qui vint expres avec moy a versailles&#13;
502 p.r nos aff.res Cepend.t co’e il nous paroist&#13;
503 que la cour a envie de conserver ce pais&#13;
504 la p.r former comme une barriere contre&#13;
505 les anglois p.r mettre a couvert les&#13;
506 espagnols, et que lon a dessein mesme&#13;
507 dattirer par les miss.res les Sauvages a&#13;
508 la colonie francoise, Sur tout ceux&#13;
509 qui Sont en tirant vers la nouvelle&#13;
510 angleterre la virginie et la caroline,&#13;
511 Je crois que nous pouvons dans cette&#13;
512 esperance obtenir que nos 3000.#&#13;
513 Soient continuez.&#13;
514 Mais croiez vous que ce Soit un Secours&#13;
515 p.r le Sem.re de Quebec, p.r layder a Se&#13;
516 rembourser. Je n’en crois rien cette&#13;
&#13;
�23.&#13;
&#13;
24.&#13;
&#13;
517 mission consommera et au dela tous les&#13;
518 ans Ses 3000.# Je lui ay dejà envoié ce&#13;
519 mois de Jan.er p.r Six ou Sept cent livres&#13;
520 deffets par un vaisseau qui a remené&#13;
521 charles le Domestique de M. de montigni&#13;
522 Je compte que Si nous obtenons nos 3000.&#13;
523 Jl faudra bien depenser le Surplus de ces 700.&#13;
524 jusqua 3000. p.r envoier a nos M.rs tout&#13;
525 ce qui leur est necess.re et peutestre mesme&#13;
526 p.r y envoier quelq’ bon Sujet qui avec&#13;
527 M Bergier Soutienne cette mission&#13;
528 avec honneur. car a vous parler franchem’&#13;
529 Je neScay Si M. S.t cosme ni Son frere y Sont&#13;
530 propres. M Bouteville n’y fera pas grand&#13;
531 chose; On ne peut guere compter que Sur&#13;
532 M. Bergier M Davion et M. foucaut.&#13;
533 Nous lavons dit a M de Pont chartrain que&#13;
534 nous pouvions repondre de ces trois Sujets.&#13;
535 Jl faut que vous engagiez par vos lettres&#13;
536 ces M.rs a Se jetter plutost dans ces missions&#13;
537 qui Sont entre les anglois et le fleuve de&#13;
538 misissipi, (car c’est lintention de la&#13;
539 cour) que daller vers les Panis et autres&#13;
540 nations esloignéez. Jl faut de plus que&#13;
541 nos M.rs Se reünissent ensemble, et ne&#13;
542 Soient pas Si esloignéz; les frais des voiages&#13;
543 Sont immenses. Jl faut quils Se Soutiennent&#13;
544 les uns les autres, et plus Jls seront autour&#13;
545 des Tonicas et Natchez plus ils tireront&#13;
546 facilem’ leur Secours par la mer. car&#13;
547 d’en attendre du Canada, M de montigni&#13;
548 le croit co’e Jmpossible, et pense que&#13;
549 ni les Sujets ni les effets ne doivent pas&#13;
550 venir du Canada. ces voiages Sont d’une&#13;
551 trop grande depense, Jl faut y essuyer&#13;
552 trop de fatigues et de dangers. cest ainsy&#13;
553 que M de montigni nous en a parlé, et&#13;
554 il croit que vous ne pouvez donner du&#13;
555 canada ni la conduite duSpirituel, ni&#13;
556 le Soutien du temporel.&#13;
557 Sur ce pied la pourquoy tant contester&#13;
558 aux Jesuites les Tamarois. C’est ainsy&#13;
559 qu’en pensent nos M.rs, et ce n’a esté&#13;
&#13;
�25.&#13;
&#13;
2 Avril 1701:&#13;
&#13;
26.&#13;
&#13;
560 que par une pure deference p.r vos lettre[s]&#13;
561 quils n’ont pas declaré que p.r faire cesse[r]&#13;
562 le trouble Jls renoncoient a celieu, et&#13;
563 labandonnoient aux Jesuites quelque&#13;
564 droit que nous y eussions. Jls ont cepend.’&#13;
565 Soutenu celieu co’e Sil leur eust esté&#13;
566 d’une grande consequence, et quand nou[s]&#13;
567 parlasmes encore mardi a M de Pontchar&#13;
568 =train Jls lui firent comprendre la Necessit[é]&#13;
569 ou nous estions de conserver celieu&#13;
570 avec le droit que nous y avions pasle&#13;
571 besoin absolu qu’on nous mandoit que&#13;
572 nous en avions p.r Soutenir nos missions&#13;
573 de misissipi&#13;
574 vous apprendrez la mort duPere de M&#13;
575 Bergier a qui Jenvoye des lettres de Sa&#13;
576 famille que Je vous prie delui faire&#13;
577 tenir le plutost que vous pouvez, afin&#13;
578 quil envoye les pouvoirs necess.res p.r vaquer&#13;
579 a cette Succession qui est fort ambarassée&#13;
580 parceq’ Son pere afait de gros legs a&#13;
581 lhopital de S.’ vallier et auSem.re de&#13;
582 vienne et a plus.rs particuliers.&#13;
583 Nous avons parlé a M de Pont chartrain&#13;
584 deM Maudoux et des plaintes qu’on&#13;
585 faisoit de lui a Laccadie. Jl ne nous a&#13;
586 pas paru persuadé de Son commerce&#13;
587 pretendu, et de Son inclination p.r les&#13;
588 anglois. Jl a dit que bien loing de desirer&#13;
589 qu’il quittast Laccadie, Jl estoit bienaise&#13;
590 quil y restast et qu’on y mist un plus&#13;
591 grand nombre de prestres, Jl dit Seulem’&#13;
592 contre M. Maudoux quil lui est revenu&#13;
593 quil estoit trop interessé, et quil avoit&#13;
594 refusé d’enterrer M. vilbon jusqu’a ce&#13;
595 qu’on lui repondist de lui paier Ses droits&#13;
596 funeraires, ce que villieu fit. M de&#13;
597 Brisacier lui dit quil l’ignoroit mais&#13;
598 que Si cela estoit, il Seroit le 1.er a&#13;
599 condamner M. Maudoux. J’escris aM&#13;
600 Maudoux qu’il faut quil esclaircisse&#13;
601 ce fait, et que Sil est faux il faut&#13;
602 quil en escrive p.r Se justifier aM&#13;
&#13;
�27.&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
603 de Pont chartrain, et quil en fasse&#13;
604 escrire M. de Brouillan qui y va en&#13;
605 qualité de commandant, et avec qui&#13;
606 Jespere quil vivra mieux quavec M&#13;
607 de vilbon.&#13;
608 M de Pont chartrain nous dit aussi estre&#13;
609 tres assuré par des informations tres&#13;
610 justes que les Dixmes des mines valent&#13;
611 bon an mal an. 900. celles de Port roial&#13;
612 600. et celles de Beau bassin 140. ou 150.#&#13;
613 Jl ne faut pas, Monsieur apres cela&#13;
614 que vous alliez dire que cela nest pas&#13;
615 vray, Jl faudroit donner des preuves&#13;
616 quelles valent moins. Trois commiss.res&#13;
617 consecutifs que la cour envoie tous&#13;
618 les ans a Laccadie lui ont fait ce&#13;
619 raport. Je mande a M. Maudoux&#13;
620 Si cela nest pas vray de m’en envoyer&#13;
621 des preuves attestéez par M de Brouillan&#13;
622 M. de Pont chartrain vouloit faire revenir&#13;
623 M Gay de Laccadie par une lettre de&#13;
624 cachet, mais M. Le Sup.r la prié de&#13;
625 mander Seulem.’ a M de Brouillans&#13;
626 de le renvoyer dans le 1.er vaisseau qui&#13;
627 reviendra en france.&#13;
628 vous estes plus autant en faute de lavoir envoyé&#13;
629 a Laccadie, apres ce que Je vous en avois&#13;
630 escrit en vous lenvoiant que nous le&#13;
631 Sommes de vous lavoir envoyé. on fait&#13;
632 quand on veut lhypocrite pendant un&#13;
633 an dans une maison reglée.&#13;
634 Je vous envoye cette année le petit&#13;
635 Neveu de hubert houssart. Je l’ay gardé&#13;
636 auSem.re ou J’en au esté fort content. Jl&#13;
637 est a p’nt plus grand et plus fort, Jl ma&#13;
638 cousté a le nourrir et lentretenir et vous&#13;
639 Jugez bien que cela ne peut aller que&#13;
640 Sur lecompte du Sem.re, Jaurois besoin&#13;
641 enverité p.r mes commissions d’un&#13;
642 enfant aussi actif et aussi adroit. Jl m’a&#13;
643 bien Servi pend.t cette année.&#13;
644 vous direz a M Martin que J’ay acheté&#13;
645 p.r lui des ornemens quil trouvera dans&#13;
&#13;
�29.&#13;
&#13;
30.&#13;
&#13;
646 nos balots. Jelui envoye aussi un reveil&#13;
647 mais le reveil Surtout couste plus quil&#13;
648 n’a envoié.&#13;
649 vous direz aussi aM. Soumande que&#13;
650 Jelui envoye un beau Ciboire p.r S.te anne&#13;
651 qui ne couste guere que 150.# J’ay receu&#13;
652 quelq’ chose p.r le metal de S.te anne Jl me&#13;
653 doit le Surplus.&#13;
654 vous direz aussi a M de Requeleyne que&#13;
655 Jay receu p.r lui cent francs en huit&#13;
656 Louis dor de Mons.r Sonfrere. Jen ay&#13;
657 acheté p.r lui une livre de Theriaque&#13;
658 que vous trouverez dans nos balots&#13;
659 vous lui donnerez le Surplus qui va a 90.#&#13;
660 Je vous envoye Monsieur, par un effort&#13;
661 au dessus de mes forces la plus grande partie&#13;
662 de votre facture; vous lirez dans la lettre de&#13;
663 M’gr Lancien ceque Je lui ecris a ce&#13;
664 Sujet et des lettres de change quil a tiréez&#13;
665 et vous aurez la bonté Suivant ce que&#13;
666 Je lui demande.&#13;
667 1.0 De m’arrester tous les comptes de mes&#13;
668 recettes et depenses pr.r Mgr Lancien et&#13;
669 le Sem.re depuis que Je Suis en france, et que&#13;
670 J’en Suis chargé, Si vous les trouvez Justes,&#13;
671 Si non mandez moy ce quil y a de defec=&#13;
672 =tueux. mais Je vous demande tous les ans&#13;
673 darrester mon compte p.r le Sem.re, co’e&#13;
674 vous larrestez p.r le chapitre en y faisant&#13;
675 Signer M’gr L’ancien.&#13;
676 2.0 vous connoissez vos revenus; convenez&#13;
677 une bonne fois avec M’gr Lancien de ne&#13;
678 point maddresser de fracture, et de ne tirer aucune&#13;
679 lettre de change que vous ne Scachiez bien&#13;
680 que J’aye les fonds, autrement, ostez moy&#13;
681 le Soin devos aff.res J’y donne tout le Soin&#13;
682 et toute lapplication possible, et Si J’ay&#13;
683 quelque chose a me reprocher c’est de m’en&#13;
684 donner peut estre trop, mais Je ne puis les&#13;
685 Soutenir dez quil n’y a point de mesures.&#13;
686 J’ay esté poussé a bout cette année. J’ay&#13;
687 voulu en remettre le Soin. M Labbé de&#13;
688 Brisacier en doit escrire a M’gr&#13;
&#13;
�31.&#13;
&#13;
32.&#13;
&#13;
689 Lancien. Si J’ay fait cette année un&#13;
690 dernier effort c’est par un respect&#13;
691 tres grand que J’ay pr Mgr Lancien&#13;
692 et p.r vous, mais Soiez tres assuré questant&#13;
693 a present averti, et le devant estre par&#13;
694 M Labbé de Brisacier mesme, Je ne&#13;
695 croiray plus manquer au respect&#13;
696 et a la consideration particuliere&#13;
697 que J’ay p.r M’gr et p.r vous, quand&#13;
698 Je laisseray protester toutes les lettres&#13;
699 de change, et refuseray daccomplir&#13;
700 aucune facture que Je ne Sois entierem’&#13;
701 remboursé. Permettez moy de vous&#13;
702 representer avec tout lerespect dont Je&#13;
703 Suis penetré p.r vous que vous ne&#13;
704 devez pas me dire que Je feray ceque&#13;
705 Je pouray. Je ne puis au dela de mes forces,&#13;
706 c’est a vous et a Mgr Lancien a&#13;
707 regler vos depenses Sur vos revenus.&#13;
708 Si vous ne pouvez Soutenir tant de&#13;
709 depenses renvoiez de chez vous tous&#13;
710 les enfans et ne gardez que ceux qui&#13;
711 ne vous coutent rien. retranchez en&#13;
712 un mot tout ce qui vous Surcharge.&#13;
713 Je Suis en verité Monsieur tres peu&#13;
714 édifié que p.r vous Sur charger de&#13;
715 quantité de bonnes œuvres que&#13;
716 vous ne pouvez Soutenir, vous reduisiez&#13;
717 votre Sem.re a boire de l’eau, ou du moins&#13;
718 delapetite biere cela n’est nullem.’ du&#13;
719 goust de nos M.rs et ne comptez pas attirer&#13;
720 chez vous quelques Sujets un peu raisonnables&#13;
721 p.r vous aller aider tandis qu’on Scaura&#13;
722 qu’on vit ainsy a Quebec Jl faut avoir&#13;
723 un Soin raisonnable du corps, Si on veut&#13;
724 attirer les esprits a Se porter a un œuvre&#13;
725 qui a dailleurs Ses desagreemens, Jl faut&#13;
726 du moins Satisfaire a la necessité. Je vous&#13;
727 demande en grace de faire part de cecy&#13;
728 a Mgr Lancien et a tous nos Mess.rs&#13;
729 Vous apprendrez en mesme temps la&#13;
730 perte de deux freres qui vous estoient tres&#13;
731 chers, M De la Motte Ango le conseiller&#13;
&#13;
�732 qui est mort cet esté, et Don ango Le&#13;
733 chartreux mort ce mois de fevrier ou&#13;
734 mars. Cestoient deux fruits meurs p.r le&#13;
735 Ciel et consommez en toutes Sortes de&#13;
736 vertus. Pleust a Dieu que ma vie et ma&#13;
737 mort fussent telles que la leur.&#13;
738 Deux de vos Neveux fils du conseiller qu/&#13;
739 estoient a larmée furent cet automne&#13;
740 ensemble prendre lhabit de chartreux&#13;
741 et perseverent dans leur vocation. Jls&#13;
742 vivoient a l’armée estant capitaines&#13;
743 avec autant dedification que Sils eussent&#13;
744 esté chartreux&#13;
745 vous verrez par mon compte de cette&#13;
746 année que Je Seray au 1.er may en&#13;
747 avance p.r le Sem.re de Quebec deplus&#13;
748 12000#&#13;
749 J’ay receu p.r M Callon plus de 450.# que J’ay&#13;
750 imputé Sur le compte du Sem.re parceque Je&#13;
751 le Supose uni a la maison. Je finis en vous&#13;
752 priant dassurer de mes respects M. de Berniere&#13;
753 M. Glandelet et M Du Pré M Pocquet M Buisson&#13;
754 M Petit et tous nos M.rs que Je nomme pas p.r&#13;
755 ne pas faire une litanie Je leur escriray par&#13;
756 les d.ers vaisseaux Je Suis avec respect v’re tres humblet tre&#13;
757&#13;
obeiss.’ Serviteur&#13;
758&#13;
Le 8. avril 1701.&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2021&#13;
Note : Les lignes 756 à 758 sont écrites dans la marge à la verticale.&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 31&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>2e lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 2 avril 1701)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris raconte au supérieur du Séminaire de Québec que lui et le Séminaire de Paris sont heureux de la bonne santé de Laval, ancien évêque de Québec, mais qu’ils ont préféré, malgré la demande de Laval d’héberger chez eux Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, de le convaincre d’aller plutôt loger au Séminaire Saint-Sulpice à Paris, afin d’éviter une quelconque apparence de complot contre les Jésuites, déjà très mécontents contre eux depuis de la lettre au pape concernant missionnaires de la Chine. Saint-Vallier a eu des discussions avec les Jésuites sur les missions du Mississippi, mais qu’il n’a pas pu les faire céder. Il rapporte que Montigny, qui était chargé de la mission du Mississippi, est revenu en France avec un avis très négatif sur ce pays. Il l’a reçu au Séminaire de Paris et il l’a admis pour les missions de la Chine. Il a demandé à Pontchartrain, secrétaire d’État à la Marine de France, la continuité de la gratification pour la mission du Mississippi, mais il doute que cette mission soit rentable. Il lui a aussi parlé de Maudoux, le curé de l’Acadie, qui était accusé de soutenir les Britanniques. Il se plaint d’avoir été poussé à bout par les factures et les lettres de change qu’il a reçues et il le prie de ne pas le surcharger de bonnes œuvres qu’il ne peut soutenir. </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11990" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 31&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11988" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11989" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Dettes</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>Jésuites</name>
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        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
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        <name>Missions d'Acadie</name>
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        <name>Missions d'Orient</name>
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        <name>Missions du Mississippi</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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        <name>Protestants</name>
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        <name>Querelles doctrinales</name>
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        <name>Sulpiciens</name>
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                    <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 27 juin 1682)&#13;
&#13;
Comme je ne crois pas que vous avez fait insinuer au Châtelet de Paris l’acte de&#13;
la donation que vous emportâtes il y a deux ans et que MM. du Séminaire de&#13;
Paris ne l’ont pas fait non plus, souvenez-vous, s’il vous plaît, de m’envoyer une&#13;
procuration en blanc portant pouvoir de confirmer et ratifier de votre part ladite&#13;
donation et en consentir l’insinuation au Châtelet de Paris et partout où besoin&#13;
sera, si le retardement des vaisseaux ou autre accident faisait qu’on ne peut faire&#13;
ladite ratification dans les quatre mois. Il en faut exprimer un plus long temps&#13;
dans ladite procuration, y faisant mention du retardement que pourrait causer le&#13;
voyage.&#13;
Il faut écrire copie de ladite donation et de l’insinuation faite à Québec et au pied,&#13;
mettre ladite procuration, le nom en blanc et l’envoyer par deux navires, car sans&#13;
cette insinuation, la donation serait nulle pour le bien qui se trouverait en France&#13;
vous appartenir après votre décès, quoique ce fussent des biens mobiliers&#13;
d’autant que ladite donation est générale.&#13;
Je vous envoie la déclaration de l’Assemblée du clergé touchant l’infaillibilité du&#13;
pape et vous en écris en plusieurs lettres. Il y a huit docteurs de [La] Sorbonne&#13;
exilés du nombre de ceux qui ont parlé plus fortement pour l’infaillibilité du&#13;
pape. Il y en aura encore quelques autres, à ce qu’on dit. On examine à Rome&#13;
cette déclaration et le pape ne pourra pas s’empêcher de parler là-dessus. S’il&#13;
condamne ces propositions, surtout celle qui touche son infaillibilité, et qu’il&#13;
défend, sous peine d’excommunication, de l’enseigner, vous pouvez juger des&#13;
suites.&#13;
Le P. Vaultier1 envoie tous les papiers au sujet de cette Assemblée, qui vous&#13;
feront voir comme[nt] tout s’est passé. Je vous envoie manuscrit le bref du pape à&#13;
l’Assemblée touchant la régale, car il n’a pas été imprimé. J’y ai joint une copie de&#13;
ce que M. Chamillart2 a dit en l’assemblée de [La] Sorbonne, tenue le 19 juin 1682,&#13;
Jacques Vaultier (1646-1709), jésuite, fut missionnaire à Sillery de 1673 à 1681, puis procureur de la&#13;
mission canadienne de 1681-1689.&#13;
2&#13;
Michel Chamillart, 1652-1721, conseiller au Parlement de Paris&#13;
1&#13;
&#13;
�touchant l’enregistrement de cette déclaration. C’est le sujet pour lequel il a été&#13;
éloigné à Issoudun.&#13;
Il y avait un bureau particulier, composé de quelques évêques et docteurs, qui&#13;
examinaient ce qui regarde les réguliers pour en faire leur rapport à l’Assemblée,&#13;
mais comme le roi a vu que cela allait trop avant, il n’a pas voulu qu’on passât&#13;
outre. Si on avait exécuté ce qui avait été projeté, on les réduisait entièrement&#13;
sous la puissance des évêques, presque de même que le sont les prêtres séculiers.&#13;
Il y a un bureau qui examine la morale. L’Assemblée n’a encore rien conclu sur&#13;
cette matière. Il y en a un autre touchant la religion qui regarde les huguenots.&#13;
Nous ne savons pas encore précisément ce qui sera résolu. Tout le monde, pour&#13;
la plupart, a témoigné de la peine de ce qu’on renvoie la question de&#13;
l’infaillibilité du pape et a fait paraître de l’affection du respect et de la&#13;
soumission au pape. Il n’y a que les huguenots et les jansénistes qui tirent&#13;
avantage de cela. Il faut prier Notre-Seigneur qu’il donne la paix à son Église et à&#13;
l’État.&#13;
On ne sait pas encore si nous aurons guerre ou non. La saison avance et le roi ne&#13;
commencera pas si on ne l’attaque. Mgr l’évêque de Faye est décédé. Quoique&#13;
M. Grandin3 ait parlé fortement au sujet de l’infaillibilité du pape, on ne l’a pas&#13;
éloigné, au moins jusqu’à présent. Son grand âge et son mérite a fait qu’on a eu&#13;
quelque égard pour lui. M. Posselier, néanmoins, qui approche de son âge et son&#13;
mérite, est éloigné.&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Martin Grandin (1604-1691), théologien et philosophe français à La Sorbonne. Il refusa de signer la&#13;
Déclaration des Quatre articles.&#13;
4&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2020.&#13;
3&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1682, 27 juin – Lettre de Dudouyt à Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 66)&#13;
1 lettres N. No 66&#13;
du 27.e Juin 1782&#13;
2 Comme Je ne croy pas que vous avés fait JnSinuer&#13;
3 au ChaStelet de paris lacte de la donation que&#13;
4 vous emportaStes il y a deux ans et que M.rs&#13;
5 du seminaire de paris ne lont pas fait non plus&#13;
6 souvenés vous Sil vous plaiSt de menvoyer une&#13;
7 procuration en blanc portant pouvoir de&#13;
8 confirmer et ratifier de voStre part la ditte&#13;
9 donation et en consentir linSinuation au&#13;
10 chaStelet de paris et par tout ou beSoin Sera&#13;
11 Si le retardement des vaiSseaux ou autre&#13;
12 accident faiSoit quon ne peuSt faire lad&#13;
13 ratification dans les quatres mois il en&#13;
14 faut exprimer un plus long tems dans lad&#13;
15 procuration y faiSant mention du retardement que que pourroit&#13;
16 causer le voyage.&#13;
17 Jl faut EScrire copie de lad donation et de&#13;
18 linsinuation faitte a quebec et au pied mettre&#13;
19 lad procuration le nom en blanc &amp; lenvoyer&#13;
20 par deux Navires car sans cette JnSinua’on&#13;
21 la donation Seroit nulle pour les biens quj&#13;
22 Se trouveroient en france vous appartenir&#13;
23 apres voStre decez quoy que ce fuSsent des&#13;
24 biens mobiliers dautant q’ lad donation eSt&#13;
25 generalle.&#13;
26 Je vous envoye la declaration de laSsemblée&#13;
27 du Clergé touchant linfaillibilité du pape&#13;
28 et vous en eScris en plusieurs lettres. il y a&#13;
29 huict docteurs de Sorbonne exilés du nombre&#13;
30 de ceux quj ont parle plus fortement pour&#13;
31 Linfaillibilite du pape Jl y en aura encorre&#13;
32 quelques autres a ce quon dit. on examine&#13;
33 a Rome cette declaration et le pape ne pourra&#13;
34 pas sempeScher de parler la deSsus Sil&#13;
35 condamne ces propoSitions sur tout celle quj&#13;
36 touche Son Jnfaillibilité et quil defend x&#13;
37 Sous peinne dexcommunication de lenseigner&#13;
38 vous pouvés Juger des suittes. le pere&#13;
39 vaultier envoye tous les papiers quj Se&#13;
40 Sont Jmprimés et publiés au Suiet de cette&#13;
&#13;
�41 aSsemblée quj vous feront voir comme tout&#13;
42 SeSt passé Je vous envoye manuScrit le bref&#13;
43 du pape a laSsemblée touchant laregale&#13;
44 car il na pas eSté Jmprimé : Jy ay Joint&#13;
45 une copie de ce q’ MonSieur chamillart a&#13;
46 dit en laSsemblee de Sorbonne tenue le 19&#13;
47 Juin 1682 touchant lenregiStrement de cette&#13;
48 declaration ceSt le Suiet pourlequel il&#13;
49 a eSté eloigné a Jssoudun&#13;
50 Jl y avoit un bureau particulier composé de&#13;
51 quelques EveSques et docteurs quj examinoient&#13;
52 ce quj regarde les reguliers pour en faire&#13;
53 leur raport a laSsemblée mais comme le Roy a&#13;
54 veu que cela alloit trop avant il na pas voulu&#13;
55 quon paSsast outre si on avoit executé ce quj&#13;
56 avoit été proieté on les reduiSoit entierement&#13;
57 sous la puiSsance des EveSques preSque demeSme&#13;
58 que le Sont les p’tres Seculiers&#13;
59 Jl y a encorre un bureau quj examine la&#13;
60 morale laSemblée na encorre rien conclu&#13;
61 sur cette matiere&#13;
62 Jl y en a un autre touchant lareligion&#13;
63 qui regarde les huguenots nous ne Scavons&#13;
64 pas encorre precisement ce quj Sera reSolu&#13;
65 Tout le monde pour lapluSpart a temoigné de la&#13;
66 peinne de ce quon remvoie la queStion de linfailli&#13;
67 bilité du pape : &amp; a fait paroiStre de laffection&#13;
68 du reSpect et de la soumiSsion au pape Jl ny&#13;
69 a que les huguenots et les JanSeniStes&#13;
70 quj tirent avantage de cela Jl faut prier&#13;
71 NoStre seigneur quil donne la paix a son EgliSe&#13;
72 et a leStat. on ne Scait pas encorre Si&#13;
73 nous aurons guerre ou non la saiSon&#13;
74 savance et le Roy ne commencera pas Si&#13;
75 on ne lataque M.r leveSque de faye&#13;
76 eSt decedé. Quoy que M.r grandin ayt par/&#13;
77 fortement au suiet de linfaillibilité du pape&#13;
78 on ne la pas eloigné aumoins iuSques a preSent&#13;
79 son grand aâge et Son merite a fai quon&#13;
80 a eu quelque egard pour luy. monSieur&#13;
81 poSselier neant moins quj aproche de Son&#13;
82 age et de Son merite eSt eloigné&#13;
&#13;
�83 Par nantes Monsieur&#13;
84&#13;
fouvett passxx nantes&#13;
85 Monsieur de lauzon prestre au college&#13;
86 des JeSuiStes pour faire tenir a&#13;
87 Monseigneur leveSque de quebec&#13;
88 port payé iuSques anantes&#13;
89 par nantes A La Rochelle&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Dudouyt, Jean, 1628-1688</text>
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                <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 27 juin 1682)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris demande au 1er évêque de Québec de lui envoyer une procuration pour insinuer l’acte de la donation qu’il a faite, afin d’éviter qu’elle soit nulle pour les biens situés en France. Il lui envoie la déclaration de l’Assemblée du clergé de France, qui affirme la liberté de l’Église gallicane face à l’autorité du pape, et lui rapporte que plusieurs docteurs de La Sorbonne ont été exilés pour avoir soutenu l’infaillibilité du pape. Concernant le projet de réforme des réguliers, le roi avait arrêté le projet qui visait à les soumettre entièrement aux évêques. Il l’informe que le roi ne veut pas commencer la guerre et que l’Assemblée du clergé examine aussi la morale et la religion des huguenots.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268236"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 66&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11976" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11977" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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                    <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 26 mai - 4 juin 1682)&#13;
&#13;
Du 26e mai 1682,&#13;
Je vous ai écrit plusieurs lettres selon les occurrences, l’une desquelles est très&#13;
ample et contient les affaires, qui ne dépendent pas de la Cour. Je vous en envoie&#13;
avec celle-ci le duplicata. Maintenant que les affaires sont réglées, je vous écrirai&#13;
plus précisément de celles qui dépendent de la Cour.&#13;
M. de Frontenac a été fortement soutenu par ses amis. Mme de Frontenac,&#13;
M. de Ménard, M. de l’Estrade et beaucoup d’autres s’y sont puissamment&#13;
employés et s’il n’avait pas porté les choses à de si grandes extrémités, il aurait été&#13;
continué ; mais les informations étaient si fortes et en si bon état qu’il n’a pas été&#13;
possible de le soutenir. M. de Seignelay a voulu prendre connaissance des choses&#13;
à fond et le roi même a voulu s’en instruire et Riverin1 a bien fait son devoir ; de&#13;
sorte que la vérité a été connue et on a jugé qu’on ne pouvait remettre la paix dans&#13;
le pays qu’en rappelant M. de Frontenac. M. Duchesneau est aussi révoqué, parce&#13;
qu’on n’a pas voulu révoquer l’un sans l’autre après les différends qu’ils ont eus&#13;
pour ne pas paraître donner atteinte à l’autorité du gouverneur et cela aurait été&#13;
trop sensible aux amis de M. de Frontenac si M. Duchesneau eut été continué et&#13;
lui rappelé. Cela n’empêche pas que la révocation de M. de Frontenac ne soit la&#13;
justification de la conduite de M. Duchesneau : comme il n’a agi et souffert en tout&#13;
ce qui s’est passé que pour satisfaire au dû de sa charge, il en est d’autant plus&#13;
louable devant Dieu et devant les hommes. On a dit du bien de lui à la Cour.&#13;
M. Colbert de Croissy2 lui procurera quelque emploi et M. Tronson le servira.&#13;
M. Perrot3 revient aussi. Il y a de fortes informations contre lui. M. Talon a fait tout&#13;
le possible pour obtenir que le roi donnât des commissaires pour examiner en&#13;
Canada les choses dont on le chargeait et que cependant, il demeurerait interdit à&#13;
Québec. Nonobstant tout cela, on le rappelle.&#13;
&#13;
Denis Riverin, v. 1650-1717, secrétaire de l'intendant Duchesneau.&#13;
Charles Colbert de Croissy, 1629-1696, secrétaire d'État des Affaires étrangères de France de 1679 à 1696.&#13;
3&#13;
François-Marie Perrot, d’abord gouverneur de Montréal de 1669 à 1684, puis de l’Acadie de 1684 à 1687.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�M. de La Barre, qui va pour être gouverneur, a de la capacité et de l’expérience&#13;
dans les affaires, soit de la guerre, soit de la justice. Il est bien intentionné et n’est&#13;
pas intéressé. Son but est de rétablir toutes choses dans la paix, suivant l’intention&#13;
du roi, qui le veut absolument et qui l’a déclaré à mondit sieur de La Barre. C’est&#13;
un homme doux et qui ne portera pas les affaire aux extrémités. Je l’ai entretenu&#13;
plusieurs fois pour lui faire connaître les choses dont j’ai cru qu’il était nécessaire&#13;
qu’il [soit] éclaircît, car on a tâché de lui donner, et à M. de Meulles, toutes les&#13;
mauvaises impressions qu’on a pu.&#13;
M. de Meulles va être intendant. M. Bégon4, son beau-frère, a été longtemps&#13;
nommé pour le Canada et les provisions étaient remplies de son nom, mais on a&#13;
changé de résolution, pour l’envoyer aux îles [d’Amérique française]. C’est un&#13;
homme qui a tout le mérite pour le Canada, qui en aurait reçu de grands biens ;&#13;
Dieu en a disposé autrement. J’ai salué M. de Meulles, qui est parent de&#13;
Mme Colbert. Il a de la bonté et de la facilité. M. Bégon m’a dit qu’il lui&#13;
recommanderait les intérêts de l’Église du Canada.&#13;
M. de Seignelay a bien pris les affaires et a voulu les connaître à fond. Il veut le&#13;
bien, pourvu qu’on lui fasse connaître. Comme je lui avais demandé une audience&#13;
sur les mémoires que je lui avais présentés de votre part, il me fit avertir qu’il&#13;
voulait me parler et me dit que la principale affaire de celles que vous demandiez&#13;
était la subsistance des curés. Je lui dis que cela était vrai et il me fit paraître alors&#13;
que le roi n’entendrait pas à cela, qu’il n’y était pas obligé et qu’il fallait que le pays&#13;
fît subsister les curés. Je lui représentai que le pays n’était pas en état d’y subvenir,&#13;
que la Compagnie qui avait remis le pays au roi y était obligée, que le roi même&#13;
s’y était obligé par sa déclaration de 74, en reprenant le pays de la Compagnie. Il&#13;
me répartit qu’il fallait mettre la dîme à la 13e dès à présent. Je lui dis qu’on l’avait&#13;
mise à la 26e pour un temps, afin de faciliter l’établissement de la colonie et que&#13;
quand on la mettrait à la 13e, il y aurait encore plus de la moitié des cures qui&#13;
n’auraient pas de quoi subsister. Voilà ce qui se passa pour lors au sujet de cet&#13;
article.&#13;
&#13;
Michel Bégon, 1638-1710, intendant de Saint-Domingue de 1682 à 1685 et intendant des îles-du-Vent de&#13;
l'Amérique et de la Martinique.&#13;
4&#13;
&#13;
�Il m’ajoutât qu’au regard de l’établissement que les Récollets demandaient dans&#13;
Québec, ils auraient ordre de n’y rien faire qu’une infirmerie, conformément à ce&#13;
que le roi leur avait accordé l’an passé ; que pour la place appelée le Magasin du&#13;
roi, M. de Frontenac avait écrit que le roi n’avait que ce lieu-là pour un magasin et&#13;
qu’il ne pouvait l’accorder présentement, mais qu’on verrait l’an prochain ce qui&#13;
se pourrait faire, après avoir examiné la chose sur les lieux. C’est pourquoi il&#13;
faudra voir avec M. de La Barre et avec M. de Meulles et qu’ils en écrivent et s’ils&#13;
n’y trouvent pas de difficulté, on l’obtiendra.&#13;
Étant retourné parler à M. de Seignelay au sujet de l’établissement que les&#13;
huguenots veulent faire à l’Acadie, il me dit que le roi avait accordé 2 000 écus&#13;
pour la subsistance des curés et m’ajouta que cela se paierait. J’ai appris depuis&#13;
que cette somme est sur l’état et qu’elle se payera par le trésorier de la Marine entre&#13;
les mains de l’intendant.&#13;
Riverin m’a dit aussi qu’il a vu sur l’état 1 500 livres que le roi accorde pour le&#13;
clocher de la paroisse de Québec. Le tout se payera argent de France, que&#13;
M. l’intendant portera en espèce à Québec ; de sorte que je vois que M. le&#13;
gouverneur et M. l’intendant porteront bien 40 000 livres d’argent, tant pour eux&#13;
que pour toutes les gratifications qui doivent être délivrées par M. l’intendant. Ce&#13;
sera un soulagement pour le pays.&#13;
Pour l’hôpital général, M. de Seignelay me dit que M. Talon faisait des&#13;
propositions qu’il fallait examiner avant que de rien régler là-dessus. M. Talon&#13;
s’était offert de passer en Canada pour y établir un hôpital général, sans rien&#13;
demander au roi. À présent que M. Perrot5 est révoqué et qu’il y a un gouverneur&#13;
et un intendant, je ne crois pas qu’il persiste d’y vouloir aller. On m’a dit cependant&#13;
que cela pourra bien être et qu’il pourra y aller l’année prochaine.&#13;
Je ne sais pas encore qui sera gouverneur de Montréal. La volonté du roi est que le&#13;
gouverneur et l’intendant ne fassent aucun commerce de traite, directement ni&#13;
indirectement. Il leur a déclaré, et ils ont dit eux-mêmes, qu’ils ne le feraient en&#13;
aucune façon. Le roi veut que le peuple profite du commerce qui se peut faire dans&#13;
5&#13;
&#13;
François-Marie Perrot, d’abord gouverneur de Montréal de 1669 à 1684, puis de l’Acadie de 1684 à 1687.&#13;
&#13;
�le pays et qu’ils reçoivent, de ceux qui ont l’autorité en main, toute la douceur et&#13;
le support qu’ils en peuvent attendre. C’est ce qu’il a dit à M. de La Barre.&#13;
Les informations faites contre le sieur Boisseau ont fait connaître sa conduite. Il a&#13;
ici publié, avec le P. Louis6 et M. Dulhut7, tout ce qu’on a coutume de dire et&#13;
d’écrire de calomnies contre l’Église, les Jésuites et M. Duchesneau ; mais le sieur&#13;
Boisseau en a tant dit que les personnes auxquelles il tâchait de persuader ces&#13;
choses ont été obligées de lui dire que ce qu’il disait ne pouvait pas être vrai,&#13;
nommément au regard de M. Duchesneau, qui était bien connu de ceux à qui il&#13;
parlait. Ceux qui ont soutenu M. de Frontenac ont soutenu le P. Louis, Boisseau et&#13;
Dulhut.&#13;
Le P. Louis, cependant, ne retournera pas en Canada. Il s’en va en sa province. Le&#13;
père provincial m’avait dit qu’il le renverrait dès le temps qu’il arriva en France.&#13;
Cependant, il ne l’a pas fait. Je crois bien que M. de l’Estrade et d’autres qui lui ont&#13;
demandé que le P. Louis restât à Paris encore quelques temps, jusqu’à ce que la&#13;
carte de ses nouvelles découvertes fût faite, en ont été la cause, car il y a déjà&#13;
longtemps que son provincial du Liège lui a envoyé un compagnon pour retourner&#13;
avec lui en sa province.&#13;
Le père commissaire revient cette année. On dit qu’il l’a demandé, que ses parents&#13;
le souhaitent et que sa santé est beaucoup altérée.&#13;
Il n’en passera pas cette année, à ce que m’a dit depuis trois jours le F. Luc, à moins&#13;
que la Cour n’en demande. Ils ne remueront rien jusqu’à ce qu’ils voient comme&#13;
les affaires iront. J’étais allé pour voir le père provincial, mais il [allé] est faire sa&#13;
visite et ne reviendra pas si tôt.&#13;
Ecclésiastiques de Saint-Sulpice. M. Guyotte8 passe avec deux ecclésiastiques, qui&#13;
sont de bons sujets. Il y en a encore un qui demande d’y aller, qui est un très bon&#13;
&#13;
Louis Hennepin, 1626-v. 1705, missionnaire récollet, explorateur avec La Salle des fleuves Illinois et&#13;
Mississippi.&#13;
7&#13;
Daniel Greysolon Dulhut, v. 1639-1710, capitaine de navire accompagnant Louis Hennepin.&#13;
8&#13;
Étienne Guyotte, v. 1639-1701, curé sulpicien de Notre-Dame de Montréal de 1682 à 1686.&#13;
6&#13;
&#13;
�sujet. Je ne sais s’il passera cette année. M. Trouvé9 ne retourne pas cette année et&#13;
je crains qu’il ne demeure tout à fait en France.&#13;
Deux filles pour la Sr. Marguerite [Bourgeoys]. M. Guyotte mène deux filles de son&#13;
pays pour la Sr. Marguerite. On dit qu’elles ont du mérite. Je ne les ai pas vues.&#13;
Le P. Gassot et le P. Poncet, jésuites, qui passent cette année, sont des sujets de&#13;
mérite. Notre-Seigneur aime le Canada, y appelant de si bons ouvriers.&#13;
Je n’ai pu trouver d’ecclésiastiques pour nous. Celui de dessein et celui qui avait&#13;
écrit au P. Vaultier10 n’en a pas reparlé. Je vois néanmoins qu’il en faut pour aider&#13;
à desservir les cures, puisque le roi donne le moyen de les faire subsister et il en&#13;
faut aussi quelques-uns pour aider à soutenir le Séminaire. Nous y allons travailler&#13;
cette année et nos MM. du Séminaire de Paris s’y emploieront. J’espère qu’ils nous&#13;
en fourniront à l’avenir.&#13;
Ayant eu avis que les huguenots de La Rochelle avaient obtenu un pouvoir&#13;
d’établir une pêche sédentaire à l’Acadie, sous le nom de deux ou trois catholiques&#13;
de Paris, et qu’ils avaient équipé un vaisseau avec un petit bâtiment, où ils faisaient&#13;
passer cent hommes, dont cinq seulement étaient catholiques, j’ai présenté un&#13;
mémoire à M. de Seignelay, dont je vous envoie copie, lui faisant voir que cet&#13;
établissement était grandement préjudiciable à la religion, à l’État et au pays et&#13;
contre l’intention du roi, qui ordonne, par son édit d’établissement de la colonie&#13;
du Canada, qu’elle ne sera peuplée que de catholiques. Il me dit qu’il y donnerait&#13;
ordre. Cependant, comme j’ai vu que la chose s’exécutait, j’ai été voir le&#13;
P. de La Chaize et lui ai fait voir le mémoire. Il en a bien conçu l’importance et m’a&#13;
dit qu’il lirait le mémoire au roi mot pour mot et qu’on y mettrait ordre. J’en ai&#13;
parlé à M. de La Barre et à M. de Meulles et le P. de La Chaize en a même parlé à&#13;
M. de La Barre.&#13;
Le fondement qu’on allègue et où la plupart donnent, même plusieurs de ceux qui&#13;
sont assez bien intentionnés pour qu’on permette cet établissement, est qu’ils&#13;
Claude Trouvé, 1644-1704, missionnaire sulpicien chez les Iroquois Kenté de 1668 à 1680&#13;
Jacques Vaultier (1646-1709), jésuite, fut missionnaire à Sillery de 1673 à 1681, puis procureur de la&#13;
mission canadienne de 1681-1689.&#13;
9&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
�disent qu’il faut des hommes en Canada et qu’il faut que le pays s’établisse ; qu’il&#13;
faut pour cela permettre à toutes sortes de personnes de s’y établir ; que ceux qui&#13;
ont fait des établissements en ont usé de la sorte ; que la république de Rome était&#13;
au commencement un amas de brigands, etc. J’ai répondu que si le roi veut que le&#13;
Canada s’habitue, qu’il se trouvera des catholiques en assez grand nombre pour&#13;
cela ; que le mélange des huguenots avec les catholiques est très pernicieux,&#13;
surtout dans un pays éloigné ; qu’il corrompra la foi et les mœurs des peuples,&#13;
surtout des nouveaux convertis qui passent en Canada ; qu’il causera la division&#13;
entre les catholiques et les huguenots dans le pays ; qu’ils empêcheront la&#13;
conversion des Sauvages, leur inspirant l’aversion des catholiques, comme font les&#13;
Hollandais de Manhattan et les Anglais de Boston, en haine de la religion et par&#13;
intérêt pour avoir leurs pelleteries ; que s’il arrivait guerre, les hérétiques se&#13;
joindraient aux Hollandais de Manhattan et aux Anglais de Boston, voisins du&#13;
Canada ; qu’au reste, les républiques ou colonies qu’on dit avoir été formées du&#13;
ramas de personnes de toute religion étaient, ou païenne, ou hérétiques, mais qu’il&#13;
n’en va pas de même des colonies chrétiennes et catholiques, où la diversité de&#13;
religion porte nécessairement la division. On sait ce que les huguenots on fait&#13;
souffrir à la France.&#13;
Quoique le navire parte avant qu’on y ait mis ordre et qu’on les ait empêchés,&#13;
puisqu’il y a trois semaines qu’ils sont en rade et n’attendent que le vent, le roi&#13;
néanmoins donnera des ordres, ou dès cette année, ou au moins l’an prochain, afin&#13;
qu’ils désistent de leur entreprise ou qu’ils ne fassent leur établissement que de&#13;
catholiques, suivant l’édit du roi ; car l’arrêt qu’ils ont obtenu pour faire ledit&#13;
établissement ne leur permet pas de le faire de huguenots et la permission est&#13;
donnée à trois personnes de Paris, qui sont catholiques.&#13;
C’est pourquoi il faut écrire de Québec à la Cour et en remontrer fortement les&#13;
conséquences, afin qu’on y mette ordre l’année prochaine et qu’on accorde cette&#13;
même permission aux catholiques. Au reste, cela est d’un grand préjudice à la&#13;
ferme du roi, qui sera prince des pelleteries de cette contrée et tous les garnements&#13;
du Canada iront se réfugier avec les huguenots et divertiront le castor.&#13;
&#13;
�Votre serment de fidélité est enregistré à la Chambre des comptes. J’en aurai&#13;
l’expédition dans six jours et vous en enverrai copie dans un autre paquet. Cela&#13;
serait fait, sinon qu’il a fallu attendre au 1er jour de juin pour obtenir la remise de&#13;
ce qu’il aurait fallu payer aux auditeurs.&#13;
L’affaire de M. Bertot ne s’est pas encore terminée et comme M. d’Ormesson, le&#13;
fils, qui en était rapporteur, s’en va être intendant à Lyon, cela nous retardera,&#13;
outre qu’il était bien instruit de la chose et bien affectionné. Nous avons dès le&#13;
commencement pris la voie que vous me marquez et soutenu que c’est un dépôt.&#13;
J’espère que nous en retirerons néanmoins une partie. Nous avons bien de&#13;
l’obligation à M. le duc de Beauvilliers11, qui nous a protégés en toute cette affaire.&#13;
Votre nièce, qui est à Nancy, était au bout du temps de son noviciat, a dit qu’elle&#13;
ne voulait pas être religieuse. Cela a fait de la peine à M. de Montigny12.&#13;
Celui qui avait été aux Bénédictins s’était rétabli, mais son indisposition l’a repris&#13;
au printemps. Celui qui est revenu de Canada est en garnison à Calais.&#13;
M. de Seignelay a promis à M. Tronson que le roi accorderait pour toujours la&#13;
gratification que la Compagnie a faite aux communautés touchant le 10 %. Je n’en&#13;
sais pas encore l’issue.&#13;
Le commis de la Compagnie aura ordre de payer ladite gratification aux&#13;
communautés qui ne feront pas passer de vin et qui le prendront sur le pays.&#13;
M. Daulier écrira à M. de La Chesnaye, afin qu’il nous donne du temps, comme la&#13;
Compagnie lui en donne, mais comme il est maître de la chose, il ne peut que le&#13;
prier de le faire.&#13;
Je me suis trouvé ce matin chez M. de Meulles, où était un homme qui a de ces&#13;
sortes de manufactures à Paris de potasse et de savon. Il a dit à M. de Meulles que&#13;
la potasse du Canada est très bonne si elle était bien faite et beaucoup meilleure&#13;
&#13;
11&#13;
12&#13;
&#13;
Paul-Hippolyte de Beauvilliers Saint-Aignan, 1684-1776, chef du Conseil royal des finances&#13;
Jean-Louis de Laval, m. 1708, frère cadet de Mgr de Laval, seigneur de Montigny&#13;
&#13;
�que celle de Norvège, qu’elle ne brûle point le linge et qu’elle est bien forte, qu’on&#13;
peut en faire de bon savon et que c’est une des bonnes manufactures qu’on peut&#13;
tirer du Canada. Il faudrait en écrire l’année prochaine et tâcher de rétablir cet&#13;
ouvrage, si utile au peuple. Cet homme a dit que si on lui en envoyait pour&#13;
10 000 écus tous les ans, il en ferait le débit et la prendrait.&#13;
La Compagnie ne prétend pas porter la perte qui résultera des comptes du sieur&#13;
Boisseau, disant qu’elle a traité à forfait avec M. de La Chesnaye. Elle rappelle&#13;
Durant, mais d’une manière qu’il ne le saura pas jusqu’à ce qu’il soit ici. C’est&#13;
pourquoi il ne faut pas lui dire : je ne connais pas le commis qu’ils enverront.&#13;
J’ai trouvé occasion, par le moyen de M. de Garos, de vendre la rente de&#13;
M. des Mairerets, à la caution de MM. de Bernières, des Maizerets et de moi. C’est&#13;
ce qui m’a donné le moyen de fournir nos factures et il me restera de l’argent,&#13;
comme vous verrez par le compte que je vous envoie, qui servira pour être en état&#13;
de commencer de bonne heure à exécuter de bonne heure les factures de l’année&#13;
prochaine ; car à moins que d’avoir quelque argent devant soi, on ne peut rien&#13;
faire, d’autant qu’on ne sait ce qu’on pourra tirer de ce qui est dû, outre qu’on ne&#13;
peut l’avoir à temps.&#13;
Les réparations de Champillon, d’Èves et de Méobecq sont très considérables et&#13;
consommeront une bonne partie de ce qu’on espérait tirer. Il a fallu remettre tous&#13;
les étangs en état à Méobecq. Il en reste encore une partie où il faut travailler et à&#13;
toutes les fermes, à cause du changement de fermier. La seule église d’Èves coûtera&#13;
plus de 600 livres ; la grange de Champillon encore davantage.&#13;
Comme le Séminaire touchera de l’argent de ce qui est destiné pour la subsistance&#13;
des curés, cela lui sera un grand soulagement et lui donnera moyen de payer les&#13;
600 livres, prix de France, qu’il faut délivrer à la fabrique de l’église du Port-Royal.&#13;
Il faut aussi faire tout le possible pour s’acquitter et retrancher pour cela toute&#13;
dépense dont on peut absolument se passer.&#13;
La Compagnie n’envoie pas de navire et ne fait pas de commerce. Elle envoie&#13;
seulement les choses nécessaires pour la traite de Tadoussac.&#13;
&#13;
�Le P. du Lut n’a pas obtenu ce qu’il prétendait. On renvoie toutes ces sortes de&#13;
demandes au gouverneur et à l’intendant sur les lieux.&#13;
Comme M. Bégon est intendant aux îles [d’Amérique française], il a dessein de lier&#13;
le commerce des îles avec le Canada. Si on correspond à Québec, c’est une bonne&#13;
occasion de le faire. M. de La Barre l’appuiera de sa part. Il faudrait une compagnie&#13;
à Québec, qui prendrait toutes les denrées propres pour les îles et un magasin pour&#13;
les grains. Cela soulagerait le peuple, qui aurait des hardes avec ses denrées. Il&#13;
faudrait des correspondances et magasins aux îles, qui recevraient les cargaisons&#13;
et en prépareraient pour le retour des vaisseaux à La Rochelle.&#13;
On pourra avoir l’année prochaine des religieuses de Bourges pour les Ursulines.&#13;
Il y en a qui demandent et M. l’archevêque est content qu’elles y aillent, mais je ne&#13;
vois aucun lien d’en avoir pour les Hospitalières. Il faudrait qu’elles écrivissent à&#13;
quelques-unes de leurs communautés et nous agirions ensuite pour en obtenir.&#13;
Cependant, leur maison de Québec en a bon besoin.&#13;
M. Berthelot13 aurait contribué quelque-chose pour aider à entretenir un second&#13;
prêtre à l’île Saint-Laurent, si le roi n’y avait pas pourvu. Il l’attend et je l’ai assuré&#13;
qu’il y aura dorénavant deux prêtres dans l’île. Faites en sorte que cela soit : c’est&#13;
une nécessité et un seul ne peut assister suffisamment les peuples, quelque travail&#13;
et soin qu’il y apporte.&#13;
M. d’Auteuil14 s’est bien comporté avec esprit et prudence. Il ne m’a point&#13;
demandé d’argent. Le roi lui avait accordé 1 200 livres, mais M. de Bellinzani15 a si&#13;
bien tourné l’affaire qu’il en a fait mettre 400 livres pour sa mère et&#13;
M. de Seignelay, voyant la chose, a ôté 200 livres, de sorte que sa mère n’a que&#13;
200 livres et lui, 800 livres. Cela a bien mortifié. M. Migeon16 a 500 livres.&#13;
&#13;
François Berthelot, 1626-1712, il échangea l'île Jésus pour l'île d'Orléans de M gr de Laval et loua l'abbaye&#13;
de l'Estrée&#13;
14&#13;
Denis-Joseph Ruette d'Auteuil, 1617-1679, procureur général au Conseil souverain de Québec de 1674 à&#13;
1679&#13;
15&#13;
Francesco Bellinzani,1619-1684, conseiller du roi et intendant-général des manufactures en France&#13;
16&#13;
Jean-Baptiste Migeon de Branssat, 1636-1693, baillif de Montréal&#13;
13&#13;
&#13;
�Le Séminaire de Paris se règle et se forme peu à peu. M. l’abbé de Brisacier&#13;
s’acquitte bien de sa charge de supérieur et M. de Fermanel17 a notablement&#13;
changé et fait très bien. M. Tiberge18 est un bon sujet. Il est vrai qu’ils sont trop peu&#13;
de monde et qu’ils se consomment, ayant plus de travail qu’ils n’en peuvent faire.&#13;
Cela est cause qu’ils ne peuvent pas vaquer à l’intérieur de la maison autant qu’il&#13;
faudrait. M. l’abbé Gassot et M. du Buisson y pourront entrer. Ce serait un grand&#13;
bien et un grand soulagement : la santé de M. l’abbé de Brisacier est faible et il&#13;
travaille au-dessus de ses forces.&#13;
Nous travaillons aux règlements, mais ils ne pourront pas être achevés cette année.&#13;
M. de Brisacier est tombé malade. Cela nous a beaucoup retardés. Le tempérament&#13;
qu’on prend pour accommoder toutes choses est qu’il y aura des règlements&#13;
communs et généraux pour tous les séminaires qui seront unis à celui de Paris et&#13;
en outre, chaque séminaire aura son règlement qui lui sera propre et particulier. À&#13;
cause des difficultés qui se trouvent touchant le vœu, dont je vous avais écrit l’an&#13;
passé, on prend résolution de se contenter d’un serment, par lequel on s’oblige à&#13;
la stabilité dans l’œuvre des missions, car on ne prétendait pas faire un vœu&#13;
d’obéissance, pauvreté et chasteté, mais seulement un vœu de stabilité et on se&#13;
contente aujourd’hui d’un serment touchant la même stabilité, à cause que s’il y&#13;
avait un vœu, les parents prétendraient que les missionnaires ne pourraient hériter&#13;
et les parlements le jugeraient ainsi. Il y aura une formule de ce serment et peutêtre qu’on pourra passer plus avant avec le temps et faire un vœu.&#13;
Chaque séminaire aura ses officiers qui le gouverneront, savoir un supérieur, deux&#13;
assistants, un procureur, un, deux, ou plusieurs consulteurs, selon le besoin&#13;
particulier de chaque séminaire l’exigera. Ce seront les officiers qui éliront le&#13;
supérieur, gouverneront le séminaire et feront toutes choses. On ne juge pas qu’il&#13;
faille faire un secret de cela ; ce sera la manière de gouvernement des Séminaires&#13;
de Missions étrangères. Quant à la confirmation du supérieur, on juge qu’il vaut&#13;
mieux ne se pas assujettir à l’évêque en cela, comme le pratiquent les corps qui&#13;
prennent les séminaires des évêques. MM. de Saint-Lazare, de Saint-Sulpice et le&#13;
P. Eudes en usent ainsi et si le Séminaire de Paris s’y est assujetti, c’est qu’il n’a pu&#13;
Luc Fermanel de Favery, 1632-1688, supérieur du Séminaire de Paris de 1674 à 1680, puis procureur de&#13;
1681 à 1688 d&#13;
18&#13;
Louis Tiberge, 1651-1730, directeur puis supérieur du Séminaire de Paris de 1694 à 1700&#13;
17&#13;
&#13;
�faire autrement ; et ce n’est pas une raison pour obliger les autres séminaires qui&#13;
lui seront unis. C’est pourquoi il faut rectifier les patentes que vous avez données,&#13;
où il en est fait mention et en dresser d’autres, où il n’en faut pas parler et la&#13;
confirmation du Séminaire de Québec sera réservée au supérieur du Séminaire de&#13;
Paris.&#13;
Le Séminaire de Paris remet aux officiers du Séminaire de Québec d’y élire et&#13;
nommer un supérieur, s’en réservant seulement la confirmation ; comme aussi&#13;
ledit Séminaire remet auxdits officiers le pouvoir de disposer, acheter, vendre les&#13;
biens dudit Séminaire, ainsi qu’ils trouveront être à propos pour le bien dudit&#13;
Séminaire ; et a lieu de remettre ce pouvoir par des patentes. On a jugé qu’il était&#13;
plus à propos de passer la chose par devant le même notaire qui a passé le contrat&#13;
de donation que vous avez faite au Séminaire de Paris ; ç’a été le sentiment de&#13;
M. Carnot, qui a trouvé que la ratification de ladite donation est bien. On l’a&#13;
attachée à la minute du contrat et on y joint l’acte par lequel le Séminaire de Paris&#13;
remet la nomination du supérieur aux officiers du Séminaire de Québec et le&#13;
pouvoir de disposer des biens dudit Séminaire. Je lèverai une grosse, qui&#13;
contiendra le tout, pour vous l’envoyer.&#13;
M. Poitevin19 est toujours notablement indisposé. Je ne sais si nous l’aurons&#13;
longtemps, vu que ni les remèdes, ni la saison ne le rétablira pas. Ce sera une&#13;
grande perte pour nous et même pour le Séminaire de Paris s’il vient à mourir.&#13;
Les ambassadeurs de Siam ne sont pas encore arrivés. Cela met en peine, d’autant&#13;
qu’un navire parti de Canton cinq semaines après eux est arrivé. M. d’Héliopolis20&#13;
et toute sa troupe fait un heureux voyage. M. l’abbé de Lionne21, qui était le plus&#13;
faible, s’est le mieux porté. Ce serait une chose trop longue à vous écrire que de&#13;
vous faire un récit de tout ce qui s’est passé à l’occasion de l’Assemblée du clergé.&#13;
Le P. Gassot22 vous dira toutes choses de vive voix et de ce qui regarde la guerre.&#13;
On ne croit pas néanmoins que nous en ayons cette année. Je vous écrirai encore&#13;
&#13;
Armand Poitevin, 1635-1682, un des directeurs du Séminaire de Paris de 1663 à 1682, ami et procureur de&#13;
Laval à Paris et curé de Saint-Josse à Paris&#13;
20&#13;
François Pallu, 1626-1684, évêque de Fujian (Chine) de 1679 à 1684&#13;
21&#13;
Artus de Lionne, 1655-1713, vicaire apostolique au Siam&#13;
22&#13;
Henri-Joseph Gassot (1650-1685), jésuite, missionnaire à Sillery auprès des réfugiés Abénaquis.&#13;
19&#13;
&#13;
�par d’autres voies ce que j’apprendrai d’ci au départ des vaisseaux, mais j’ai voulu&#13;
charger le P. Gassot de mes lettres. Il est sur son départ de Paris.&#13;
Dans le changement et la conjoncture des affaires, ç’a été un grand bien que&#13;
l’Église, et vous particulièrement, n’ayez eu aucune part dans toutes les&#13;
brouilleries qui sont arrivées depuis votre retour en Canada. Il est de conséquence&#13;
que l’Église n’ait pas de démêlées avec M. de La Barre et M. de Meulles, quelque&#13;
bonne raison que l’on eût. Le roi et les ministres le trouveraient mauvais et il&#13;
semblerait qu’on ne pourrait s’accommoder avec personne. Le roi a dit à&#13;
M. de La Barre qu’il voulait que chacun ne se mêlât que de ce qui le regardait et il&#13;
a donné des ordres exprès pour cela, afin que chacun fasse sa fonction sans&#13;
s’ingérer ni empêcher celle des autres.&#13;
S’il faut demander quelque chose à la Cour l’an prochain pour l’Église, il ne faut&#13;
pas en demander beaucoup à la fois, mais une ou deux des principales et faire en&#13;
sorte que M. de La Barre en écrivit, si cela le regarde.&#13;
&#13;
Aujourd’hui 30e mai,&#13;
Je viens de chez M. de La Barre, qui m’a dit qu’on ne souffrira pas que les&#13;
huguenots s’établissent en Canada ; que l’an prochain, on ôtera tous les huguenots.&#13;
On a fait venir le sieur Chevrier, auquel on a déclaré qu’on ne voulait pas qu’aucun&#13;
huguenot s’établisse dans l’Acadie. Il a dit qu’il y mettrait ordre et qu’il n’y en&#13;
demeurerait pas. M. de La Barre m’a ajouté qu’il y avait un ordre qu’on vous&#13;
adressait pour y envoyer un prêtre.&#13;
M. Talon vint hier pour me parler. Étant absent, il dit à M. Poitevin qu’il voulait&#13;
conférer avec moi touchant l’établissement de l’Hôpital général à Québec ; ce qui&#13;
me fait voir qu’il persiste à vouloir passer l’année prochaine et qu’il fera tous les&#13;
efforts pour cela et on croit même qu’il pourra bien venir à bout de l’obtenir. C’est&#13;
pourquoi nous n’avons pas pressé pour obtenir les lettres du roi qu’on demandait&#13;
et il vaut mieux différer à un autre temps et faire que M. de La Barre et&#13;
M. de Meulles mandassent que cette affaire ne presse pas.&#13;
&#13;
�M. de La Barre est bien intentionné. Il faut avoir beaucoup d’honnêteté pour lui. Il&#13;
se gagne plus par cette voie que par toutes [les autres]. Je vous ai marqué par une&#13;
autre lettre que M. de Seignelay m’avait dit que ce qui s’était passé au sujet du&#13;
magasin du roi, où l’on avait voulu dire la messe, était entreprendre sur l’autorité&#13;
du gouverneur, qu’il avait fallu y mettre des sentinelles à la porte. Je lui dis que si&#13;
M. de Frontenac en avait témoigné la moindre difficulté, ou même M. le major en&#13;
son absence, qu’on en serait demeuré là à même temps ; que vous en aviez écrit à&#13;
M. de Frontenac qui, ni lui, ni le major n’en avaient rien témoigné du tout ; que&#13;
lorsqu’on témoigna ne le vouloir pas, on en demeura là ; et qu’on n’y avait pas dit&#13;
la messe ; que ce fut M. le major qui, de son chef, y mit une sentinelle, sans en avoir&#13;
dit aucune chose à personne. M. de Seignelay me parla de cette affaire avec un peu&#13;
de force et d’émotion. C’est que M. de Frontenac en avait écrit de telle manière&#13;
qu’il avait fait paraître la chose comme une entreprise sur son autorité ; ce qui m’a&#13;
fait voir que c’est le point sur lequel le roi et les ministres sont plus délicats et&#13;
M. de La Barre m’a dit que c’est une des impressions qu’on leur a données, que&#13;
l’Église veut dominer. Je lui ai dit que je savais qu’il y a longtemps qu’on avait&#13;
donné ces impressions à la cour, quoiqu’il n’y ait point de clergé dans le royaume&#13;
qui ait plus de respect et de déférence pour les personnes qui sont revêtues de&#13;
l’autorité, qu’il le verrait par expérience, [y] étant. Il m’a témoigné qu’il n’aurait&#13;
pas de différend là-dessus.&#13;
Le sieur Boisseau23 fait tout ce qu’il peut pour être secrétaire. On fait tout le&#13;
possible pour parer ce coup-là. M. de La Barre m’a dit qu’il ne croit pas qu’il le&#13;
prenne. Il lui en a parlé si fortement qu’on ne peut pas plus, car il connaît ledit&#13;
sieur Boisseau.&#13;
Rente de Mlle de Beauvais. La terre de Marsalien ayant été décrétée et l’argent mis&#13;
aux considérations, on a eu beaucoup de peine à le retirer et même, on est en&#13;
danger de n’être pas porté. Il nous en a coûté 90 livres, le fonds appartenant à&#13;
l’abbaye, au nom de laquelle elle est remplacée. Il en a coûté 50 livres à&#13;
Mlle de Beauvais pour ses arrérages, sans ce qu’elle en a perdu.&#13;
&#13;
Josias Boisseau, agent général des sieurs intéressés en la Ferme du roi, soupçonné par Duchesneau de faire&#13;
de la contrebande des fourrures avec Frontenac.&#13;
23&#13;
&#13;
�Je vous envoie, avec celle-ci, la lettre que Mgr d’Angoulême24 vous écrit et celle de&#13;
M. l’abbé de Brisacier le jeune25. Le projet des règlements sera dans un autre&#13;
paquet. M. d’Angoulême a prié M. l’évêque de La Rochelle de parler à&#13;
M. de Meulles et de le prier d’avoir pour vous et votre Église toute la considération&#13;
qui se pourra. Je vous écrirai par une autre lettre de ce qui s’est passé touchant&#13;
l’Assemblée du clergé. J’apprends aujourd’hui qu’il est venu un coursier de Rome&#13;
qui a apporté des lettres du pape au roi, qui font espérer que les affaires&#13;
s’accommoderont et que l’Assemblée se dissoudra. Je vous demande, s’il vous&#13;
plaît, votre bénédiction et la continuation de votre souvenir auprès de NotreSeigneur.&#13;
&#13;
Du 31 mai 168226,&#13;
J’ai vu aujourd’hui M. Talon, qui m’avait demandé de conférer avec lui touchant&#13;
l’établissement d’un hôpital général en Canada. Il me vint trouver pour cet effet il&#13;
y a deux jours et m’écrivit encore hier. Il m’a dit que M. de Seignelay lui avait fait&#13;
connaître que le sentiment du roi n’était pas qu’on établit un hôpital général en&#13;
Canada, parce que cela donnerait lieu à beaucoup de personnes de demeurer dans&#13;
la fainéantise, s’attendant à un hôpital général. C’est la seule raison qu’on a&#13;
objectée du côté de la Cour, qui n’est pas difficile à résoudre, puisqu’on ne&#13;
souffrirait dans un hôpital général que ceux qui ne seraient pas en état de travailler&#13;
et qu’on pourrait objecter le même à l’égard de tous les hôpitaux en France.&#13;
Après avoir écouté M. de Seignelay, il lui a représenté toutes les utilités d’un&#13;
hôpital général en Canada, conformément au mémoire que l’on avait envoyé et ce&#13;
qu’il a pu y ajouter, surtout des Sauvages, dont on pourrait y retirer des vieillards&#13;
et des orphelins abandonnés, M. de Seignelay lui a dit qu’au lieu d’un Hôpital&#13;
général, on pourrait joindre cette œuvre à l’Hôtel-Dieu de Québec et y donner du&#13;
revenu pour cet effet, qu’il fallait examiner cette affaire sur le lieu. M. Talon a paru&#13;
&#13;
François de Péricard, 1619-1689, évêque d’Angoulême et cousin de 1er degré de Mgr de Laval&#13;
Jacques-Charles de Brisacier, pour le distinguer de son oncle, Laurent.&#13;
26&#13;
Cette partie est sans doute un ajout à la lettre avant le départ des vaisseaux, qui a été mis au-dessus de la&#13;
lettre du 26 mai. Ainsi, l’original est d’abord une lettre de quatre pages, du 31 mai au 4 juin, suivi d’une lettre&#13;
de seize pages du 26 au 30 mai.&#13;
24&#13;
25&#13;
&#13;
�entrer dans les pensées de M. de Seignelay, quoiqu’il croie que l’Hôpital général&#13;
doit être séparé de l’Hôtel-Dieu.&#13;
L’affaire en cet état, M. Talon est encore tout résolu de l’entreprendre et de passer&#13;
en Canada pour l’établir, conjointement avec l’Hôtel-Dieu ou séparément, selon&#13;
que la Cour le jugera à propos. Il dit qu’il le fera à ses propres frais, sans rien&#13;
demander au roi que sa protection ; que si Sa Majesté l’agrée, il y passera l’année&#13;
prochaine. Il m’a prié de vous en écrire et vous en écrira lui-même, afin qu’on en&#13;
confère à Québec avec M. de La Barre et de Meulles, qui en écriront à la cour et on&#13;
travaillera ici conformément à ce qu’ils auront mandé.&#13;
J’ai peine à comprendre le dessein de M. Talon, voyant que voilà un gouverneur&#13;
et un intendant qui passent et que son neveu est rappelé. Je ne sais s’il aurait la&#13;
pensée que M. de Meulles n’y sera pas longtemps et qu’étant [ainsi], tout porte&#13;
[qu’]il pourrait prendre sa place. Quoiqu’il en soit, pour éviter qu’il ne prenne ce&#13;
prétexte, il faut différer l’établissement de l’hôpital général pour deux ou trois&#13;
années et écrire conformément à cela à la cour, qui déjà témoigne n’y être pas&#13;
portée ; et on prendra son temps pour en faire la proposition une autre fois. Il suffit&#13;
que vous soyez informés de l’état de la chose. Vous verrez ce qu’il y aura à faire.&#13;
2e juin,&#13;
Quoique le F. Luc m’ait dit, il y a dix jours, qu’ils n’enverront point de récollets&#13;
cette année si la cour n’en demandait, j’ai vu néanmoins aujourd’hui sur l’état le&#13;
passage de quatre et leur gratification de 1 800 livres. Il y a aussi sur l’état, pour&#13;
80 Sauvagesses27, qui seront élevées aux Ursulines et qui se marieront aux&#13;
Français, chacune 50 livres. Tous les officiers ont leurs gratifications. M. de La&#13;
Barre m’a dit que le gouverneur de l’Acadie a 2 500 livres. Je ne sais quel il est.&#13;
M. de La Barre et M. de Meulles ont ordre dans leurs instructions de faire avec&#13;
vous la distribution des 6 000 livres que le roi a données pour la subsistance des&#13;
curés. J’ai éclairci le testament, par lequel on disait être donné à l’église SainteEn marge : On s’est mépris en l’article des Sauvagesses. Ce sont les 1 000 écus qu’on a coutume de donner&#13;
pour les mariages.&#13;
27&#13;
&#13;
�Anne de la Côte-de-Beaupré d’une rente due pour la fabrique de Saint-Sulpice.&#13;
Cette donation ne regarde point le Canada, mais une chapelle de Saint-Anne aux&#13;
faubourgs de la Nouvelle-France à Paris.&#13;
Le P. Louis28 fait tous ses efforts pour retourner en Canada. Je n’épargne rien pour&#13;
l’en empêcher, car c’est un esprit extravagant, qui n’est capable que de troubler&#13;
tout. M. Tronson dit hier au gardien des Récollets, en présence du F. Luc, qu’ils ne&#13;
devaient pas souffrir qu’il retournât, qu’il était incapable de tels emplois. Le&#13;
P. de La Chaize en a parlé au roi au sujet des calomnies qu’il répandait. J’en ai&#13;
parlé à M. de Seignelay. En cas qu’il retourne, j’ai dit ici qu’il est interdit et que&#13;
vous ne lui permettrez de faire aucune fonction, n’en étant pas capable et pour sa&#13;
mauvaise conduite, ainsi, je crois, que lui et tous ceux qui ne se comporteront pas&#13;
comme ils doivent. Il faut se servir de votre autorité et leur interdire les fonctions&#13;
dont ils ne sont pas capables et s’ils s’ingèrent de les faire après la défense, en faire&#13;
informer et envoyer l’information. La Cour ne souffre point de telles&#13;
désobéissances et les religieux ne s’exposent pas dans le diocèse de France à agir&#13;
de la sorte. Ils y seraient mal reçus.&#13;
Le P. Gassot vous dira ce qui s’est passé au sujet de l’Assemblée du clergé. Comme&#13;
on a fait enregistrer l’édit du roi et la déclaration de l’Assemblée touchant&#13;
l’infaillibilité du pape dans les parlements, je ne sais s’il pourrait avoir la pensée&#13;
de la faire enregistrer au Conseil souverain de Québec et d’ordonner pour cela à&#13;
M. le gouverneur et à M. l’intendant de faire faire ledit enregistrement. Il est à&#13;
souhaiter que cela ne se fasse pas cette année, d’autant qu’on espère que le pape&#13;
va s’accommoder avec le roi et que l’Assemblée se dissoudra et que le roi ne&#13;
demandera pas l’exécution de son édit et que les choses demeureront comme&#13;
auparavant. S’il arrivait néanmoins qu’on fît cette année cet enregistrement à&#13;
Québec, vous ne pourriez pas l’empêcher, mais il serait à propos que vous n’y&#13;
fussiez pas présent. Il faudrait prendre occasion d’un voyage ou de vos visites et&#13;
ne vous y pas trouver. C’est le sentiment des personnes auxquelles j’en ai parlé&#13;
pour savoir comme vous deviez vous comporter dans cette rencontre.&#13;
&#13;
Louis Hennepin, 1626-v. 1705, missionnaire récollet, explorateur avec La Salle des fleuves Illinois et&#13;
Mississippi&#13;
28&#13;
&#13;
�Pour ce qui est d’obliger ceux qui professent la théologie à enseigner ces&#13;
propositions, je ne crois pas qu’on y obligeât les jésuites de Québec, d’autant que&#13;
ledit [édit] ne parle que des universités ; si néanmoins on les y voulait obliger, c’est&#13;
à eux à voir ce qu’ils auront à faire, quoique le premier président avec le procureur&#13;
général et six conseillers soient allés en [La] Sorbonne et y ait ordonné ledit&#13;
enregistrement. La Faculté néanmoins ne l’a pas encore voulu enregistrer et la&#13;
plupart des docteurs et presque tous ont déclaré qu’ils demandaient que si on&#13;
l’enregistrait, qu’on dit dans le procès-verbal de l’enregistrement que c’était sans&#13;
aucune délibération de La Sorbonne : sine deliberatione facultatis.&#13;
&#13;
4 juin,&#13;
Ainsi, on ne fit point ledit enregistrement mardi dernier à la prima-mensis29.&#13;
L’affaire est remise au mois prochain. Si nous avons là-dessus quelque plus grand&#13;
éclaircissement avant le départ des vaisseaux, je vous en écrirai par la poste.&#13;
[Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Dudouyt, prêtre.]&#13;
&#13;
/Transcription30 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2019&#13;
&#13;
Assemblée des docteurs de la Faculté de théologie de l’Université de Paris, tenue le premier de chaque&#13;
mois.&#13;
30&#13;
Faite à partir de la copie sur original par G.-É. Demers, v. 1930.&#13;
29&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1682, 26 mai- 4 juin – Lettre de Dudouyt à Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 62)&#13;
du 31.e May 1682&#13;
M.r Talon&#13;
&#13;
1&#13;
lettre N. no 62&#13;
Talon&#13;
2 Jay veu auiour dhuy Monsieur&#13;
quj mavoit demandé&#13;
3 de conferer avec luy touchant letabliSsement dun&#13;
4 hospital general en Canada il me vint trouver pour&#13;
5 cet effect il y a deux Jours et meScrivit encorre&#13;
6 hier : Jl ma dit que Monsieur de Seignelay luy&#13;
7 avoit fait connoiStre que le Sentiment du Roy&#13;
8 netoit pas quon etabliSt un hoSpital general&#13;
9 en Canada par ce que cela donneroit lieu&#13;
10 a beaucoup de perSonnes de demeurer dans la&#13;
11 feneantise Satendant a un hoSpital general&#13;
12 ceSt la seule raiSon quon a obiectée du coSté&#13;
13 de la Cour : quj neSt pas difficile a reSoudre&#13;
14 puis qu’on ne souffriroit dans un hospital&#13;
15 general que ceux quj ne seroient pas&#13;
16 en état de travailler : &amp; quon pourroit&#13;
17 obiecter le mesme a legard de tous les&#13;
18 hospitaux de france.&#13;
19 après avoir écouté M.r de Seignelay il luy a&#13;
20 representé toutes les utilités dun hoSpital&#13;
21 g’ral en Canada conforment au memoire que&#13;
22 lon avoit envoy et ce quil a pu y adiouter&#13;
23 Sur tout des Sauvages dont on pourroit y&#13;
24 retirer des viellards etdes orphelins&#13;
25 abandonnés. M.r de seignelay luy a dit&#13;
26 qu’au lieu d’un hospital g’ral on pourroit&#13;
27 Joindre cet œuvre a lhostel dieu de quebec&#13;
28 et y donner du Revenu pour cet effect&#13;
29 Quil falloit examiner cette affaire sur le&#13;
30 lieu Monsieur Talon a paru entrer dans&#13;
31 les penSées de M.r deSeignelay quoy quil&#13;
32 croye que lhospital g’ral doit eStre&#13;
33 Separe de lhostel Dieu&#13;
34 Laffaire en cet état M.r Talon eSt encorre tout&#13;
35 resolu de lentreprendre et de paSser en Canada&#13;
36 pour letablir coniontement avec lhoStel dieu ou&#13;
37 Separement : selon que la Cour le Jugera à propos&#13;
38 Jl dit quil le fera a Ses propres frais Sans rien&#13;
39 demander au Roy que sa protection que Si&#13;
40 sa MajeSté lagrée il y passera lannée&#13;
&#13;
�2e Juin.&#13;
Recollects&#13;
&#13;
on seSt meSpris&#13;
en larticle des&#13;
sauvageSses.&#13;
ce Sont les mille&#13;
eScus quon a&#13;
couStume de&#13;
donner pour les&#13;
mariages.&#13;
&#13;
rente donnée&#13;
a S.te anne&#13;
&#13;
41 prochainne : Jl ma prié de vous en eScrire&#13;
42 et vous en eScrira luy meSme afin quon&#13;
43 en Confere a quebec avec M.r de la barre&#13;
44 et de meule quj en eScriront a la Cour&#13;
45 et on travaillera icy, conformement a ce&#13;
46 quils auront mandé.&#13;
47 Jay peinne a comprendre le deSsein de Mon sieur&#13;
48 Talon voyant que voila un gouverneur et un&#13;
49 Jntendant quj passent et que son Neveu eSt&#13;
50 rapellé Je ne scay sil auroit la penSée que&#13;
51 Monsieur de meule ny sera pas longtems&#13;
52 et quetant tout porte il pourroit prendre&#13;
53 Sa place. Quoy quil en soit pour Eviter&#13;
54 quil ne prenne ce pretexte il faut differer&#13;
55 letabliSsement de lhoSpital g’ral pour deux&#13;
56 ou trois années et eScrire conformement&#13;
57 a cela a laCour quj deja temoigne ny&#13;
58 eStre pas portée : et on prendra sons tems&#13;
59 Pour en faire la propoSition une autre&#13;
60 fois : Jl suffit que vous soyes Jnformé de&#13;
61 l’etat de la chose vous voirrés ce quil y&#13;
62 aura a faire&#13;
63 Quoy que le frere luc mayt dict il y a dix Jours quils&#13;
64 nenvoyeroient point de recollects cette année Si la&#13;
65 Cour nen demandoit Jay veu neant moins auiourdhuy&#13;
66 Sur l’etat le passage de quatre et leur gratifica’on&#13;
67 de 1800.# Jl y a aussy Sur letat pour quatre vingt&#13;
68 SauvageSses quj Seront élevées aux urSulines et quj&#13;
69 Se marieront aux francois chacunne Cinquante&#13;
70 Livres tous les officiers ont leurs gratification&#13;
71 m.r de la barre ma dit que le gouverneur de&#13;
72 lacadie a deux mille cinq centz livres Je&#13;
73 ne scay queel il eSt&#13;
74 Monsieur de la barre et m.r de meule ont ordre&#13;
75 dans leurs JnStructions de faire avec vous&#13;
76 La diStribution des Six mille livres que le&#13;
77 Roy donnee pour la SubSiStence des Curez&#13;
78 Jay eclaircy le TeStament par le quel on&#13;
79 diSoit eStre donné a legliSe de S.te Anne de&#13;
80 la CoSte de beau pré partie dune rente deue&#13;
81 par la fabrique de S.t Sulpice cette donation&#13;
82 ne regarde point le Canada mais une chapelle&#13;
83 de S.te anne aux faux bourg de la nouvelle france&#13;
&#13;
�Le pere Louis&#13;
&#13;
assemblée&#13;
du Clergé.&#13;
&#13;
84 a paris.&#13;
85 fait tous Ses efforts pour retourner en Canada Je&#13;
86 nepargne rien pour len empeScher car ceSt un eSprit&#13;
87 extravagant quj neSt capable que de troubler tout&#13;
88 m.’ TonSon diSt hier au gardien des recollects preSence&#13;
89 du frere luc qu’ils ne devoient pas Souffrir quil&#13;
90 retournaSt quil étoit incapable de tels emplois&#13;
91 Le pere de la ChaiSe en a parlé au Roy au Suiet&#13;
92 des calomnies quil repandoit Jen ay parle a&#13;
93 m.’ de Seignelay. En cas quil retourne Jay&#13;
94 dit icy quil eSt Jnterdit et que vous ne luy&#13;
95 permettrés de faire aucunnes fonctions nen&#13;
96 etant pas capable &amp; pour sa mauvaiSe conduite&#13;
97 ainssy Je croy que luy et tous ceux quj&#13;
98 ne se comporteront pas comme ils doivent&#13;
99 Jl faut se Servir de voStre authorité et&#13;
100 leurs Jnterdire les fonctions dont Jls ne Sont&#13;
101 pas capables &amp; Sils Singerent de les faire&#13;
102 après la defenSe en faire Jnformer &amp;&#13;
103 envoyer linformation La Cour ne Souffre point&#13;
104 de telles desobeiSsances et les religieux ne&#13;
105 Sexposent pas dans les dioceSeS de france&#13;
106 a agir de la sorte ils y Seroient mal&#13;
107 receus.&#13;
108 Le pere gassot vous dira ce qui Sest passé au&#13;
109 suiet de laSsemblée du Clergé. Comme on a fait&#13;
110 enregiStrer ledit du roy et la declaration de laSsemblée&#13;
111 touchant linfaillibilite du pape dans les parlem’&#13;
112 Je ne scay Si pourroit avoir la penSée de la&#13;
113 faire enregiStrer au Conseil souverain de&#13;
114 quebec : et dordonner pour cela a m.’ le gouverneur&#13;
115 et a Monsieur lintendant de faire faire led&#13;
116 enregiStrement. Jl eSt a Souhaitter que cela ne&#13;
117 Se faSse pas cette année dautant qu’on espere&#13;
118 que le pape va Saccommoder avec le Roy&#13;
119 et que laSsemblée Se diSsoudra et que le Roy ne&#13;
120 demandera pas lexecution deSon edit et que les&#13;
121 choSes demeureront comme auparavant. Sil&#13;
122 arrivoit neant moins quon fiSt cette année cet&#13;
123 enregistrement a quebec vous ne pourriés pas&#13;
124 LempeScher mais il Seroit a propos que vous&#13;
125 ny fuSsiés pas preSent il faudroit prendre&#13;
126 occaSion dun voyage ou de vos viSites et ne&#13;
&#13;
�127 vous y pas trouver ceSt le sentiment des&#13;
128 personnes aux quelles Jen ay parlé pour Scavoir&#13;
129 comment vous devies vous comporter dans ce&#13;
130 rencontre.&#13;
131 Pour ce quj eSt dobliger ceux quj profeSSent la&#13;
132 Theologie a enseigner ces propoSitions Je ne&#13;
133 croy pas quon y obligeaSt les JeSuiStes de&#13;
134 quebec dautant que ledit ne parle que des&#13;
135 univerSités si neant moins on les y vouloit&#13;
136 obliger ceSt a eux a voir ce quils auront&#13;
137 a faire quoy que le premier preSident avec&#13;
138 le procureur general et six Conseillers soit&#13;
139 allé en Sorbonne et y ayt ordonné ledit enregiStre’&#13;
140 La faculte neant moins ne la pas encorre&#13;
141 voulu enregiStrer et la plus part des docteurs&#13;
142 et preSque tous ont declaré quils demandoient&#13;
143 que Si on lenregiStroit quon diSt dans le&#13;
144 procez verbal de lenregiStrement que&#13;
145 cetoit Sans aucunne deliberation de la&#13;
146 Sorbonne Sine deliberatione facultatis&#13;
147 xxxxxx ainssy on ne fiSt point le d&#13;
148 enregiStrement mardy dernier au prima&#13;
149 menSis laffaire eSt remiSe au mois prochain&#13;
150 si nous avons la deSsus quel que plus grand&#13;
151 eclaircissement avant le depart des vaisseaux&#13;
152 Je vous en eScriray par la poSte&#13;
&#13;
4. Juin1&#13;
&#13;
du 26.e May 1682&#13;
&#13;
M.r de frontenac&#13;
&#13;
153&#13;
No 62&#13;
Lettres N. no 62&#13;
1&#13;
154 Je vous ay escrit plusieurs lettres Selon les occurrences&#13;
155 lune des quelles eSt tres ample et contient les affaires quj&#13;
156 ne dependent pas de la Cour Je vous en envoye avec&#13;
157 cellecy le duplicata. Maintenant que les affaires&#13;
158 sont reglées Je vous escriray plus preciSement de&#13;
159 de celles quj dependent de la Cour.&#13;
160 a esté fortement soutenu par ses amis Madame de f&#13;
161 M.’ de Mnar M.’ de leStrade et beaucoup dautres Sy Sont&#13;
162 fortement puiSSamment employés et sil n’avoit pas porté les choses a de&#13;
163 si grandes extremités il auroit été continué mais les&#13;
164 Jnformations étoient Si fortes, et en Si bon état quil&#13;
165 na pas este possible de le soutenir. M.’ de Seignelay&#13;
166 a voulu prendre conneSsances des choses a fond et&#13;
167 le Roy mesme a voulu sen inStruire &amp; Riverin a&#13;
&#13;
Ces quatre premières pages semblent avoir été écrites avant le départ des vaisseaux et placées sur le dessus de la lettre. C’est&#13;
pourquoi les dates ne se suivent pas.&#13;
1&#13;
&#13;
�M.r du CheSneau&#13;
&#13;
M.r perrot&#13;
&#13;
M.r delabarre&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
M.r de Meule&#13;
&#13;
168 bien fait son devoir de sorte que la verité a eSté&#13;
169 connüe, et on a Jugé quon ne pouvoit remettre la&#13;
170 paix dans le pais quen rapellant M.’ de frontenac&#13;
171 est aussy revoqué par ce quon na pas voulu revoquer&#13;
172 lun sans lautre apres les differens quils ont eu&#13;
173 pour ne pas paroistre donner atteinte a lauthorité&#13;
174 du gouverneur et cela auroit été trop Sensible aux&#13;
175 amis de M.’ de f. si M.’ du CheSneau euSt eSté&#13;
176 continué, et luy rappellé : cela nempeSche pas que la&#13;
177 revocation de M.’ de front. ne soit la JuStification&#13;
178 de la conduite de M.’ du CheSneau : comme il na&#13;
179 agy et Souffert en tout ce quj sest passé que pour&#13;
180 satiSfaire au deub de sa charge il en est dautant plu[s]&#13;
181 louable devant dieu et devant les hommes. on a dit du bien&#13;
182 de luy a la Cour M.’ Colbert croisy luy procurera&#13;
183 quelque employ et m.’ Tronson le Servira&#13;
184 revient aussy il y a eu de fortes Jnformations&#13;
185 contre luy. M.’ Talon a fait tout le poSsible pour&#13;
186 obtenir que Le Roy donnast des commiSsaires pour&#13;
187 examiner en Canada les choses dont on le chargeoit&#13;
188 et que cependant il demeureroit Jnterdit a quebec&#13;
189 non obstant tout cela on le rapelle.&#13;
190 quj va pour estre gouverneur a de la capacité et de&#13;
191 lexperience dans les affaires Soit de la guerre soit de la&#13;
192 Justice Jl eSt bien Jntentionné, et nest pas JntereSsé&#13;
193 son but eSt de reStablir toutes choSes dans la paix&#13;
194 suivant lintention du Roy quj le veut absolument&#13;
195 et quj la declaré a mon dit sieur de labarre CeSt un&#13;
196 homme doux et qui ne portera pas les affaires aux&#13;
197 extremités Je lay entretenu pluSieurs fois pour luy&#13;
198 faire connoiStre les choses dont Jay creu quil etoit&#13;
199 neceSsaire quil eclaircy car on a taSché de luy&#13;
200 donner, et a M.’ de meule toutes les mauvaiSes&#13;
201 JmpreSsions quon a pu.&#13;
202 va eStre Jntendant. Monsieur begon son beau frere&#13;
203 aeSté long tems nommé pour le Canada et les proviSions&#13;
204 étoient remplies de son nom nom mais on a changé&#13;
205 de reSolution pour lenvoyer aux iSles ceSt un ho’e&#13;
206 quj a tout le merite et toutes les bonnes qualites que&#13;
207 pouvoit desirer pour le Canada quj en auroit receu&#13;
208 de grands biens : Dieu en a disposé autrement. Jay&#13;
209 salué M.’ de Meule quj eSt parent de madame Colbert&#13;
210 il a de la bonte et de la facilité M.’ begon madit&#13;
&#13;
�M.’ deSeignelay&#13;
&#13;
Jl madiouSta&#13;
&#13;
Que pour la&#13;
&#13;
Estant&#13;
&#13;
211 quil luy recommanderoit les JntereSts de leglise&#13;
212 du Canada.&#13;
213 a bien pris les affaires et a voulu les connoiStre a&#13;
214 fond il veut le bien, pourveu qu’on luy fasse connoiStr[e]&#13;
215 Comme Je luy avois demandé une audience Sur les&#13;
216 memoires que Je luy avois preSentés de voStre part&#13;
217 il me fist advertir quil vouloit me parler et&#13;
218 me diSt que la principale affaire de celles que&#13;
219 vous demandies étoit la subSistence des Curez Je lu[y]&#13;
220 dis que cela étoit vray et il me fiSt paroiStre alors&#13;
221 que le Roy nentendroit pas a cela quil ny étoit&#13;
222 pas obligé et quil falloit que le pais fiSt SubSister&#13;
223 les Curez Je luy repreSenté que le pais n’étoit pas en&#13;
224 état dy subvenir, que la Compagnie quj avoit remis&#13;
225 le pays au Roy, y étoit obligée, que le Roy meSme&#13;
226 Sy etoit oblige par sa declaration de 74 en reprenant&#13;
227 le pais de la Compagnie : Jl me repartit quil falloit&#13;
228 mettre la dixme a la treizeieSme des apreSent&#13;
229 Je luy dis quon lavoit miSe a la vingt six’me pour&#13;
230 un tems afin de faciliter letabliSsement de la Colonie&#13;
231 et que quand on la mettroit a la treizeieSme il y&#13;
232 auroit encorre plus de la moitie des Cures quj&#13;
3&#13;
233 nauroient pas de quoy suSsiSter voila ce quj se paSsa&#13;
234 pour lors au suiet de cet article.&#13;
235 quau regard de letabliSsement que les recollects demandoient&#13;
236 dans quebec ils auroient ordre de ny rien faire&#13;
237 quunne Jnfirmerie conformement a ce que le Roy&#13;
238 leur avoit accordé lan passé.&#13;
239 place appellée le magazin du Roy M.’ de frontenac avoit&#13;
240 eScrit que le roy navoit que ce lieu la pour un&#13;
241 magazin et quil ne pouvoit laccorder preSentement&#13;
242 mais quon verroit lan prochain ce qui se pourroit&#13;
243 faire apres avoir examiné la chose Sur les lieux CeSt&#13;
244 pour quoy il faudra voir avec M. de la barre et&#13;
245 avec M. de Meule et quils en escrivent &amp; Sils ny&#13;
246 trouvent pas de difficulté on lobtiendra.&#13;
247 retourné parler a M. de Seignelay au Suiet de letabliSsement&#13;
248 que les Les huguenots veulent faire a lacadie Jl me diSt que&#13;
249 Le Roy avoit accordé deux mille eScus pour la SubSiStence&#13;
250 des Curez et m’adiouta que cela se payeroit Jay apris&#13;
251 depuis que cette Somme eSt sur letat et quelle Se&#13;
252 payera par le ThreSorier de la marine entre les&#13;
253 mains de M.’ Lintendant&#13;
&#13;
�Riverin ma dit&#13;
&#13;
Pour lhoSpital&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Je ne Scay&#13;
&#13;
boiSseau&#13;
&#13;
Ceux quj ont&#13;
Le pere louis&#13;
&#13;
254 aussy quil a veu sur l’etat quinze centz livres que&#13;
255 le Roy accorde pour le clocher de la parroiSse&#13;
256 de quebec le tout se payera argent de france q’&#13;
257 M.’ lintendant portera en espece a quebec de Sorte&#13;
258 que Je voy que M.’ le gouverneur et M.’ lintendant&#13;
259 porteront bien quarante mille livres dargent tant&#13;
260 pour eux que pour toutes les gratifications quj&#13;
261 doivent eStre delivrées par m.’ lintendant ce Sera&#13;
262 un soulagement pour le pais.&#13;
263 general M.’ de Seignelay me diSt que M’&#13;
264 Talon faiSoit des propoSitions quil falloit examiner&#13;
265 avant que de rien regler la dessus. M.’ Talon setoit&#13;
266 offert de paSser en Canada pour y etablir un hoSpital&#13;
267 general sans rien demander au Roy. a preSent que&#13;
268 M.’ perrot eSt revoqué et quil y a un gouverneur&#13;
269 et un Jntendant Je ne croy pas quil perSiSte dy&#13;
270 vouloir aller on ma dit cependant que cela pourra&#13;
271 bien eStre et quil pourra y aller lannée prochainne&#13;
272 pas encorre quj Sera gouverneur de Mont real.&#13;
273 La volonté du Roy est que le gouverneur et lintendant&#13;
274 ne fassent aucun commerce de traitte directement ny&#13;
275 Jndirectement Jl leur a declaré &amp; ils ont dit eux&#13;
276 meSmes quils ne le feroient en aucunne facon le&#13;
277 Roy veut que les peuples profitent du commerce quj se&#13;
278 peut faire dans le pais et quils recoivent de ceux&#13;
279 quj ont lauthorité en main toute la douceur &amp; le&#13;
280 Suport qu’ils en peuvent atendre ceSt ce quil a dit&#13;
281 a Monsieur de la barre.&#13;
282 Les Jnformations faittes contre le S.’ boiSseau ont faict&#13;
283 connoistre sa conduite il a icy publie avec le pere&#13;
284 Louis et M.’ du lut tout ce qu’on a couStume de dire&#13;
285 et deScrire de Calomnies contre leglise les JeSuiStes &amp;&#13;
286 M.’ du cheSneau Mais le s.’ boiSseau en a tant dit&#13;
287 que M les perSonnes aux quelles il taSchoit de&#13;
288 perSuader ces choses ont été obligées de luy dire&#13;
289 que ce quil diSoit ne pouvoit pas eStre vray&#13;
290 nommement au regard de M’ du CheSneau quj&#13;
291 étoit bien connu de ceux a quj il parloit&#13;
292 soutenu M.’ de frontenac ont soutenu le pere louis&#13;
293 boiSseau et du lut.&#13;
294 cependant ne retournera pas en Canada il sen va en&#13;
295 sa province le pere provincial mavoit dit quil le&#13;
296 renvoyeroit des le tems quil arriva en france cependant&#13;
&#13;
�Le pere&#13;
&#13;
Jl nen&#13;
&#13;
EccleSiaStiques&#13;
&#13;
Deux filles&#13;
&#13;
Le P. gassot&#13;
&#13;
Je nay pu&#13;
&#13;
etabliSsement&#13;
des huguenots&#13;
a lacadie&#13;
&#13;
297 Jl ne la pas fait Je croy bien que m’ deleStrade&#13;
298 et d’autres quj luy ont demandé que le pere louis&#13;
299 reStaSt a paris encorre quelque tems iuSques a ce&#13;
300 que La carte de ses nouvelles decouvertes fuSt&#13;
301 faitte en ont été la cauSe, car il y a dejà longtems&#13;
302 que Son provincial du liege luy a envoye un&#13;
303 compagnon pour retourner avec luy en sa province&#13;
304 CommiSsaire revient cette année on dit quil la demandé, que&#13;
305 Ses parens le souhaittent, et que sa Santé eSt beaucoup&#13;
306 alterée&#13;
307 paSsera pas cette année a ce que ma dit depuis trois Jours&#13;
308 le frere luc a moins que la Cour nen demande&#13;
309 Jls ne remueront rien iuSques a ce quils voient comme&#13;
5&#13;
310 Les affaires iront Jetois allé pour voir le pere pro’al&#13;
311 mais il est faire sa viSite et ne reviendra pas&#13;
312 sitost&#13;
313 de S.t Sulpice. M.’ guyotte passe avec deux EccleSiaStiq’&#13;
314 quj Sont de bons suiets il y en a encorre un quj&#13;
315 demande dy aller quj eSt un tres bon Suiet Je ne scay&#13;
316 sil passera cette année. M.r Trouvé ne retourne&#13;
317 pas cette année et Je crains quil ne demeure tout a fait&#13;
318 en france.&#13;
319 pour la sœur Marguerite M.’ guyotte mene&#13;
320 deux filles de Son pays pour la Sœur marguerite&#13;
321 on dit quelles ont du merite Je ne les ay pas&#13;
322 veues&#13;
323 &amp; le pere poncet JesuiStes quj passent cette année&#13;
324 sont des Suiets de merite Nostre Seigneur ayme le&#13;
325 Canada y appellant de Si bons ouvriers&#13;
326 trouver deccleSiaStiques pour nous celuy quj vous&#13;
327 avoit eScrit de la Rochelle a changé de deSsein et&#13;
328 celuy quj avoit escrit au pere vaultier nen a pas&#13;
329 reparlé. Je voy neant moins quil en faut pour&#13;
330 ayder a deServir les cures puis que le Roy donne&#13;
331 le moyen de les faire Subsister &amp; il en faut auSsy&#13;
332 quelques uns pour ayder a Soutenir le Seminaire&#13;
333 Nous y allons travailler cette année et nos meSsieurs&#13;
334 du seminaire de paris sy employeront JeSpere quils&#13;
335 nous en fourniront alavenir&#13;
336 Ayant eu advis que les huguenots de la Rochelle&#13;
337 avoient obtenu un pouvoir detablir une peSche&#13;
338 Sedentere a lacadie Sous le nom de deux ou trois&#13;
339 catholiques de paris, et quils avoient equipe un&#13;
&#13;
�340 vaiSseau avec un petit baStiment ou ils faiSoient&#13;
341 paSser cent hommes dont cinq seulement etoient&#13;
342 catoliques Jay preSenté un memoire a m.’ de&#13;
343 Seignelay dont Je vous envoye copie luy faiSant&#13;
344 voir que cet etabliSsement etoit grandement&#13;
345 preiudiciable a letat la religion a letat et au&#13;
346 pais et contre lintention du Roy quj ordonne&#13;
347 par son edit detabliSsement de la Colonie du Canada&#13;
348 quelle ne sera peuplée que de Catholiques&#13;
6&#13;
&#13;
Le fondement&#13;
&#13;
349 Jl me diSt quil y donneroit ordre : cependant comme&#13;
350 Jay veu que la chose Sexecutoit Jay été voir le&#13;
351 pere de la Chaize et luy ay fait voir le memoire&#13;
352 il en a bien conceu limportance et ma dit quil&#13;
353 liroit le memoire au Roy mot pour mot et quon y&#13;
354 mettroit ordre : Jen ay parlé a m’ de la barre&#13;
355 et a MonSieur de Meule &amp; le pere dela&#13;
356 Chaize en a meSme parlé a m.’ de la barre&#13;
357 quon allegue et ou la pluS part donnent meSmes&#13;
358 pluSieurs de ceux quj Sont aSsez bien Jntentionnez&#13;
359 pour quon permette cet etabliSsement, eSt quils&#13;
360 disent quil faut des hommes en Canada et quil&#13;
361 faut que le pais setabliSse, quil faut pour cela&#13;
362 permettre a toutes Sortes de perSonnes de Sy&#13;
363 établir, que ceux quj ont fait des etabliSsemens&#13;
364 en ont usé de la Sorte : que la republique de&#13;
365 rome étoit au commencement un amas de brigans&#13;
366 &amp;c. Jay repondu que Si le roy veut que le Canada&#13;
367 Shabitüe quil se trouvera des catholiques en aSsez grand&#13;
368 nombre pour cela : que le meSlenge des huguenots avec&#13;
369 les catholiques eSt tres pernicieux Sur tout dans un pais&#13;
370 eloigné : quil corrompra la foy et les mœurs des peuples&#13;
371 Sur tout des nouveaux convertis quj paSsent en Canada&#13;
372 quil causera la diviSion entre les catholiques et les&#13;
373 huguenots dans le pais. quils empeScheront la&#13;
374 converSion des sauvages leur inSpirant laverSion&#13;
375 des catholiques comme font les hollandais de&#13;
376 manate et les anglois de baston en hayne de&#13;
377 la religion, et par JntereSt pour avoir leurs&#13;
378 pelteries. Que Sil arrivoit guerre les heretiques&#13;
379 Se Joindroient aux hollandois de manate et aux&#13;
380 anglois de baSton voiSins du Canada. Quau reSte&#13;
381 Les republiques quon ou Colonies quon dit avoir&#13;
382 été formées du ramas de perSonnes de toute&#13;
&#13;
�CeSt pour quoy&#13;
&#13;
Serment de fidelite&#13;
&#13;
affaire de M.’&#13;
bertot&#13;
&#13;
383 religion etoient ou payennes ou heretiques&#13;
384 mais quil nen va pas demeSme des Colonies&#13;
385 ChreStiennes et catholiques ou la diversite de&#13;
386 religion porte neceSsairement la diviSion on&#13;
387 scait ce que les huguenots ont fait Souffrir ala&#13;
388 france&#13;
7&#13;
389 Quoy que le navire parte avant quon y ayt&#13;
390 mis ordre et quon les ayt empeSchez puiSquil y&#13;
391 a trois Semainnes quils Sont en rade et natendent&#13;
392 que le vent le Roy neant moins donnera des&#13;
393 ordres ou des cette année ou au moins lan prochain&#13;
394 afin quils deSiStent de leur entrepriSe ou quils&#13;
395 ne faSsent leur etabliSsement que de catholiques&#13;
396 suivant ledit du Roy car larreSt quils ont&#13;
397 obtenu pour faire led etabliSsement ne leur&#13;
398 permet pas de le faire de huguenots et la&#13;
399 permiSsion eSt donnée a trois perSonnes de paris&#13;
400 quj sont catholiques.&#13;
401 Jl faut en escrire de quebec ala Cour et en&#13;
402 remontrer fortement les consequences afin quon&#13;
403 y mettre ordre lannée prochainne et quon&#13;
404 accorde cette meSme permiSsion aux catholiques.&#13;
405 Au reSte cela eSt dun grand preiudice a la ferme&#13;
406 du Roy quj Sera prince des peltreries de cette&#13;
407 contrée et tous les garnemens du Canada iront&#13;
408 Se refugier avec les huguenots et divertiront&#13;
409 le Castor&#13;
410&#13;
Vostre serment de fidelité est enregistré a la chambre&#13;
411 des comptes Jen auroy lexpedition dans six Jours et vous&#13;
412 en envoyeray copie dans un autre pacquet Cela Seroit&#13;
413 fait sinon quil a fallu atendre au premier Jour de Juin&#13;
414 pour obtenir la remiSe de ce quil auroit fallu payer&#13;
415 aux auditeurs.&#13;
416 Laffaire de M’ bertot neSt pas encorre terminée&#13;
417 et comme Monsieur dormeSSon le fils quj en etoit&#13;
418 raporteur sen va eStre Jntendant a lion cela&#13;
419 nous retardera outre quil etoit bien inStruit de&#13;
420 la chose et bien affectionné. Nous avons des le&#13;
421 commencement pris la voye que vous me&#13;
422 marques et Soutenu que ceSt un depoSt JeSpere&#13;
423 que nous en retirerons neant moins une&#13;
424 partie. Nous avons bien de lobligation a&#13;
425 Monsieur le duc de beauvilliers quj nous a&#13;
&#13;
�426 protegés en toutte cette affaire&#13;
8&#13;
Vostre niece&#13;
&#13;
celuy quj avoit&#13;
&#13;
dix pour cent&#13;
&#13;
Le Commis dela&#13;
&#13;
MonSieur&#13;
&#13;
Potace&#13;
&#13;
forte,&#13;
&#13;
La Compagnie&#13;
&#13;
rente de&#13;
M.’ des mairéz&#13;
vendües.&#13;
&#13;
427 quj est a Nancy etoit au bout du tems de Son Noviciat&#13;
428 a dit quelle ne vouloit pas eStre religieuse cela a fait&#13;
429 de la peinne a MonSieur de Montigny.&#13;
430 eSte aux benedictins s’étoit reStably mais Son indispoSition&#13;
431 La repris au primtens celuy quj est revenu de Canada eSt en&#13;
432 garnison a Calais.&#13;
433 Monsieur de seignelay a promis a Monsieur Tronson que&#13;
434 Le roy accorderoit pour touiours la gratification que la&#13;
435 compagnie a faitte aux Communautez touchant le dix&#13;
436 pour cent Je nen scais pas encorre liSsüe&#13;
437 Compagnie aura ordre de payer lad gratification&#13;
438 aux communautez quj ne feront pas paSser de vin et quj&#13;
439 Le prendront sur le pais&#13;
440 daullier eScrira a Monsieur de la CheSnaye afin quil&#13;
441 nous donne du tems comme la Compagnie luy en donne&#13;
442 mais comme il eSt maiStre de la chose il ne peut&#13;
443 que le prier de le faire.&#13;
444 Je me suis trouvé ce matin chez M.’ de Meule ou&#13;
445 etoit un homme quj a eu ordre de M’ Colbert&#13;
446 de faire la preuve de la potace du Canada ceSt un&#13;
447 homme quj a de ces Sortes de manufactures a paris&#13;
448 de potace et de scavon : il a dit a M.’ de meule que&#13;
449 La potace du Canada eSt tres bonne si elle etoit bien&#13;
450 faitte et beau coup meilleure que celle de norvege,&#13;
451 quelle ne bruSle point le linge et quelle eSt bien&#13;
452 quon peut en faire de bon scavon et que ceSt&#13;
453 une des bonnes manufactures quon peut tirer du&#13;
454 Canada il faudroit en eScrire lannée prochainne&#13;
455 &amp; taScher de retablir cet ouvrage Si utile au&#13;
456 peuple Cet homme adit que Si on luy en&#13;
457 envoyoit pour cent mille eScus tous les ans il&#13;
458 en feroit le debit et la prendroit.&#13;
459 ne pretend pas porter la perte quj reSultera des&#13;
460 contes du Sieur boiSseau disant quelle a traitté a&#13;
461 forfaict avec Monsieur de la CheSnaye. Elle rapelle&#13;
462 durand mais dune maniere quil ne le Scaura pas&#13;
463 iuSques a ce quil Soit icy ceSt pourquoy il ne&#13;
464 faut pas luy dire : je ne connois pas le Commis quils&#13;
465 envoyeront&#13;
9.&#13;
466 Jay trouvé occaSion par le moyen de Monsieur de&#13;
467 gaurus de vendre la rente de m.’ des maires a la&#13;
&#13;
�Les réparations&#13;
&#13;
Jl faut faut&#13;
&#13;
navire de la Compagnie.&#13;
&#13;
Le P. du lut&#13;
&#13;
Commerce des Jsles.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
468 Caution de m’ de bernieres des maizeretz et de moy&#13;
469 CeSt ce quj ma donne le moyen de fournir nos factures&#13;
470 &amp; il me reStera de largent comme vous voirres&#13;
471 Par le conte que Je vous envoye, quj Servira pour eStre&#13;
472 en etat de commencer de bonne heure a executer de bonne&#13;
473 heure les factures de lannée prochainne car amoins&#13;
474 que davoir quelque argent devant Soy on ne peut&#13;
475 rien faire dautant quon ne scait ce quon pourra&#13;
476 tirer dece quj est deub outre quoy ne peut lavoir&#13;
477 a tems.&#13;
478 de champillon, dESve et de Meaubec Sont tres&#13;
479 conSiderables et conSommeront une bonne partie de ce&#13;
480 quon esperoit tirer il a fallu remettre tous les étangs&#13;
481 en etat a meaubec il en reSte encorre une partie ou&#13;
482 il faut trravailler et atoutes les fermes acause du&#13;
483 changement de fermier la seule seule EgliSe dESve coutera plus&#13;
484 de six centz livres la grange de champillon encorre&#13;
485 davantage.&#13;
486 Comme le seminaire touchera de largent de cequj est&#13;
487 destiné pour la SubsiStance des curez cela luy sera&#13;
488 Un grand soulagement et luy donnera moyen de&#13;
489 payer les Six centz livres prix de france quil faut&#13;
490 delivrer ala fabrique deleglise du port royal&#13;
491 aussy faire tout le possible pour sacquitter : &amp; retrencher&#13;
492 pour cela toute depenSe dont on peut absolument se&#13;
493 paSser&#13;
494&#13;
La Compagnie nenvoye pas de navire et ne fait&#13;
495 pas de commerce elle envoye Seulement les choSes&#13;
496 neceSsaires pour la traitte de tadouSsac&#13;
497 na pas obtenu ce quil pretendoit on renvoye toutes ces&#13;
498 Sortes de demandes au gouverneur et a lintendant sur les&#13;
499 lieux&#13;
500&#13;
Comme Monsieur begon eSt Jntendant aux Jsles il&#13;
501 a deSsein de lier le Commerce des Jsles avec le Canada&#13;
502 Si on correSpond a quebec ceSt une bonne occaSion de&#13;
503 le faire M.’ dela barre lappuyra de Sa part il&#13;
504 faudroit une compagnie a quebec quj prendroit&#13;
505 toutes les denrees propres pour les iSles et un&#13;
506 magazin pour les grains cela Soulageroit le peuple&#13;
507 quj auroit des hardes avec Ses denrées il faudroit&#13;
508 Des correSpondances et magazins aux JSles quj&#13;
509 receuvroient les carguaisons et en prepareroient pour&#13;
510 le retours des vaiSseaux a la Rochelle&#13;
&#13;
�Religieuses&#13;
&#13;
M.’ berthelot&#13;
&#13;
M.’ dauteuil&#13;
&#13;
Le Seminaire&#13;
&#13;
Reglemens.&#13;
&#13;
511 On pourra avoir lannée prochainne des religieuses de&#13;
512 bourges pour les urSelines il y en a quj demandent&#13;
513 et Monsieur larcheveSque en eSt content quelles y aillent&#13;
514 Mais Je ne voy aucun lieu den avoir pour les hoSpitalieres&#13;
515 Jl faudroit quelles eScriviSsent a quelques unes de&#13;
516 leurs Communautés et nous agirions en Suitte pour en&#13;
517 obtenir cependant leur maiSon dequebec en a bon&#13;
518 beSoin.&#13;
519 auroit contribué quelque chose pour ayder a&#13;
520 entretenir un second p’tre a lisle S.t Laurens&#13;
521 Si le Roy ny avoit pas pourveu : Jl Latend &amp; Je&#13;
522 Lay asseuré quil y aura dorenavant deux preStres&#13;
523 dans liSle faittes en sorte que cela soit ceSt une&#13;
524 neceSsité et un seul ne peut aSSiSter SuffiSam’&#13;
525 les peuples quelque travail et soin quil y aporte&#13;
526 seSt bien comporté avec esprit et prudence il ne&#13;
527 ma point demandé dargent le Roy luy avoit&#13;
528 accordé 1200.# mais M.’ de bellinzani a Si bien tourne&#13;
529 Laffaire quil en a fait mettre 400.# pour sa mere&#13;
530 et M.r de seignelay voyant la chose a oSté 200.#&#13;
531 de sorte que sa mère n’a que 200.# &amp; luy 800# cela&#13;
532 bien mortifié. M’ Migeon a 500.#&#13;
533 de Paris Se regle &amp; Se forme peu a peu M Labbe&#13;
534 brisacier sacquitte bien de sa charge de Superieur&#13;
535 et Mon sieur de femanel a notablement changé&#13;
536 et fait tres bien M.’ tiberge est un bon suiet&#13;
537 Jl est vray quils sont trop peu de monde et quils&#13;
538 se consomment ayant plus de travail quils nen&#13;
539 peuvent faire cela est cause qu’ils ne peuvent&#13;
540 pas vacquer a linterieur de la maiSon autant&#13;
541 quil faudroit. M.’ labbé gassot et M.’ du&#13;
542 buiSson y pourront entrer ce Seroit un grand&#13;
543 bien et un grand Soulagement : la Santé de&#13;
544 M.’ labbe briSacier et faible et il travaille au&#13;
545 dessus de ses forces&#13;
546 Nous travaillons aux reglemens mais ils ne&#13;
547 pourront pas eStre achevés cette année M.’&#13;
548 briSacier eSt tombe mala cela nous a beaucoup&#13;
13&#13;
549 retardés. Le temperament quon prend pour&#13;
550 accommoder toutes choses eSt quil y aura des&#13;
551 reglemens communs et generaux pour tous les&#13;
552 Seminaires quj seront unis a celuy de paris&#13;
&#13;
�du vœu&#13;
&#13;
Quant a la&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Le Seminaire&#13;
&#13;
553 &amp; en outre chaque Seminaire aura Son reglement&#13;
554 quj luy sera propre et particulier.&#13;
555 a cause des difficultés qui se trouvent touchant&#13;
556 le vœu dont Je vous avois escrit lan passé on&#13;
557 prend resolution de se contenter dun Serment&#13;
558 par le quel on soblige a La Stabilite dans loeuvre&#13;
559 des miSsions car on ne pretendoit pas faire un&#13;
560 vœu dobeiSsance pauvrete et chaSteté mais seulement&#13;
561 un vœu de Stabilité et on se contente auiourdhuy&#13;
562 dun serment touchant la meSme Stabilité a&#13;
563 cause que sil y avoit un vœu les parens&#13;
564 pretendroient que les miSsionnaires ne pourroient&#13;
565 heriter et les parlemens le Jugeroient ainSsy&#13;
566 Jl y aura une formule de ce Serment et peut eStre&#13;
567 quon pouvra passer plus avant avec le tems&#13;
568 et faire un vœu.&#13;
569 Chaque Seminaire aura Ses officiers quj le gouverneront&#13;
570 scavoir un superieur, deux assistans un procureur&#13;
571 un, deux, ou pluSieurs consulteurs, Selon le beSoin&#13;
572 particulier de chque seminaire lexigera, ce Seront&#13;
573 les officiers quj eliront le superieur gouvernernt&#13;
574 le Seminaire et feront toutes choses on ne&#13;
575 Juge pas quil faille faire un secret de&#13;
576 cela ce Sera la maniere de gouvernement des&#13;
577 Seminaires des miSsions etrangeres.&#13;
578 Confirmation du superieur on Juge quil vaut mieux&#13;
579 ne se pas aSsuietir a levesque en cela comme&#13;
580 le pratiquent les corps qui prennent les&#13;
581 Seminaires des Evesques. Messieurs de Sainct&#13;
582 Lazare, de S.t Sulpice et le pere Eudes en USent&#13;
583 ainssy : Et si le Seminaire de paris sy eSt&#13;
584 assuieti ceSt quil na pu faire autrement&#13;
585 Et ce nest pas une raiSon pour y obliger les&#13;
586 autres Seminaires quj luy seront unis, CeSt&#13;
587 pourquoy il faut rectifier les patentes que&#13;
588 vous avés données ou il en eSt fait mention&#13;
589 et en dresser dautres ou il nen fait pas&#13;
590 parle &amp; la Confirmation du Seminaire de&#13;
591 quebec sera reservée au superieur du Seminaire&#13;
592 de Paris.&#13;
593 de paris remet aux Seminaire aux officiers du&#13;
594 seminaire de quebec dy elire et nommer unSuperieur&#13;
595 sen reservant seulement la confirmation; Comme&#13;
&#13;
�M.’ poitevin&#13;
&#13;
Les ambaSsadeurs&#13;
&#13;
596 aussy elle le dit Seminaire remet aux dits&#13;
597 officiers le pouvoir de disposer, acheter vendre&#13;
598 les biens du dit Seminaire ainssy quils trouveront&#13;
599 eStre apropos pour le bien dud seminaire&#13;
600 Et a lieu de remettre ce pouvoir par des patentes&#13;
601 on a Jugé quil étoit plus appropos de paSser&#13;
602 la chose par devant nos le meSme notaire&#13;
603 qui a paSsé le contract de donation que M.&#13;
604 vous avés fait au Seminaire de paris, ca eSte&#13;
605 le Sentiment de Monsieur Carnot quj a&#13;
606 trouve que la ratification de lad donation&#13;
607 eSt bien on la atachée a la minute du contract&#13;
608 &amp; xxx on y Joinct lacte par le quel le&#13;
609 Seminaire de paris remet la nomination du&#13;
610 Superieur aux officiers du Seminaire de quebec&#13;
611 et le pouvoir de disposer des biens dud Seminaire&#13;
612 Je leveray Une grosse quj contiendra le tout&#13;
613 pour vous lenvoyer&#13;
614 est touiours notablement Jndisposé Je ne Scay si&#13;
615 nous laurons long tems veu que ny les remedes ny&#13;
616 la saison ne le retabliSsera pas ce Sera une&#13;
617 grande perte pour Nous et meSme pour le&#13;
618 Seminaire de paris Sil vient a mourir&#13;
619 de sciam ne sont pas encorre arrivés cela met&#13;
620 en peinne dautant qu’un Navire party de&#13;
621 Canton cinq Semainnes apres eux eSt arrivé&#13;
622 M.’ dheliopolis et toute sa troupe fait un&#13;
623 heureux voyage M.r labbe de lyconne quj&#13;
624 etoit le plus faible SeSt le mieux porté Ce Seroit une chose&#13;
13&#13;
625 Une chose trop longue a vous eScrire que&#13;
626 de vous faire un recit de tout ce quj SeSt&#13;
627 passé a loccation de lassemblée du Clerge&#13;
628 Le pere gassot vous dira toutes choses de vive&#13;
629 voix &amp; de ce quj regarde la guerre: on ne&#13;
630 croit pas neant moins que nous en ayons cette&#13;
631 année&#13;
632 Je vous escriray encorre par dautres voyes ce que&#13;
633 Japrendray dicy au depart des vaiSseaux mais&#13;
634 Jay voulu charger le pere gaSsot de mes lettres&#13;
635 il eSt sur Son depart de paris.&#13;
636 Dans le changement et la conioncture des affaires de&#13;
637 cette année ca eSté un grand bien que leglise&#13;
638 et vous particulierement nayés en aucunne&#13;
&#13;
�Auiourdhuy&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Monsieur&#13;
&#13;
M.’ de la&#13;
&#13;
649 part dans touttes les brouilleries quj Sont&#13;
640 arrivées depuis vostre retours en Canada Jl eSt&#13;
641 de consequence que leglise nayt pas de&#13;
642 demeSlé avec Monsieur de la barre et M.’&#13;
643 de meule quel que bonne raiSon que lon euSt&#13;
644 Le Roy et les miniStres le trouveroient mauvais&#13;
645 &amp; Jl sembleroit qu’on ne pourroit Saccommoder&#13;
646 avec perSonne le roy a dit a Monsieur dela barre&#13;
647 quil vouloit que chacun ne Se meSlaSt que&#13;
648 de ce quj le regardoit et il a donné des ordres&#13;
649 exprès pour cela afin que chacun faSse Sa&#13;
650 fonction sans Singerer ny empeScher celle des&#13;
651 autres.&#13;
652 Sil faut demander quelque chose a la Cour lan prochain&#13;
653 pour leglise il ne faut pas en demander&#13;
654 beaucoup a la fois mais une ou deux&#13;
655 des principales et faire en Sorte q’&#13;
656 m.’ de la barre en eScrive Si cela le regarde&#13;
657 30.e May ie viens de chez Monsieur de la barre quj&#13;
658 ma dit quon ne Souffrira pas que les huguenots&#13;
659 setabliSsent en Canada que lan prochain on oStera&#13;
660 tous les huguenots on a faict venir le Sieur&#13;
661 Chevrier au quel on a declare quon ne vouloit pas&#13;
662 quaucuns huguenots SetabliSsent dans lacadie il&#13;
663 a dit quil y mettroit ordre et quil ny en&#13;
664 demeureroit pas m.’ de la barre ma adioutté quil&#13;
665 y avoit un ordre qu’on vous adreSsoit pour y&#13;
666 envoyer un preStre&#13;
667 Talon vint hier pour me parler : étant absent il&#13;
668 dist a M.’ poitevin quil vouloit conferer avec&#13;
669 moy touchant letabliSsement de lhoSpital g’ral a&#13;
670 quebec Ce quj me fait voir quil perSiSte ay&#13;
671 vouloir passer lannée prochainne et quil fera&#13;
672 tous Les efforts pour cela : et on croit meSme quil&#13;
673 pourra bien en venir a bout de lobtenir : CeSt&#13;
674 pour quoy nous n’avons pas preSsé pour obtenir les&#13;
675 lettres du Roy quon demandoit &amp; Jl vault mieux&#13;
676 differer a un autre tems et faire que M.’ de&#13;
677 la barre et m.’ de meule mandaSsent que cette&#13;
678 affaire ne preSse pas.&#13;
679 barre eSt bien intentionné Jl faut avoir beaucoup&#13;
680 dhonneSté pour luy il se gaigne plus par cette&#13;
681 voye que par toutes. Je vous ay marqué par&#13;
&#13;
�Bassse-ville&#13;
&#13;
boisseau&#13;
&#13;
rente de&#13;
&#13;
682 une autre lettre que Monsieur de frontenac&#13;
683 Seignelay mavoit dit que ce quj setoit paSsé&#13;
684 au suiet du magazin du Roy ou lon avoit voulu&#13;
685 dire la messe étoit entreprendre Sur lauthorité&#13;
686 du gouverneur quil avoit fallu y mettre des&#13;
687 Sentinelles a la porte. Je luy dis que Si m.’ de&#13;
688 frontenac en avoit p temoigné la moindre&#13;
689 difficulté ou meSme M.’ le Major en son&#13;
690 absence quon en Seroit demeuré la a meSme&#13;
691 tems : que vous en aviés eScrit a M.’ de&#13;
692 frontenac quj ny luy ny le major nen&#13;
693 avoient rien temoigné du tout que lors quon&#13;
694 temoigna Ne le vouloir pas on en demeura la&#13;
695 et quon ny avoit pas dit la meSse : que ce fut&#13;
696 m.’ le Major quj de Son chef y mit une&#13;
697 Sentinelle sans en avoit dit aucune chose a perSonne&#13;
15&#13;
698 Monsieur de Seignelay me parla de cette affaire&#13;
699 avec un peu de force et demotion ceSt que M.’ de&#13;
700 frontenac en avoit eScrit de telle maniere quil&#13;
701 avoit fait paroiStre la chose comme une&#13;
702 entrepriSe Sur son authorité. Ce quj ma&#13;
703 fait voir que ceSt le poinct sur le quel le Roy&#13;
704 et les miniStres Sont plus delicats et m.’ de la&#13;
705 barre ma dit que cest une des JmpreSsions quon&#13;
706 leur a donnée que leglise veut dominer Je luy ay&#13;
707 dit que Je scavois quil y a long tems qu’on avoit&#13;
708 donné ces JmpreSsions a la Cour quoy quil ny ayt&#13;
709 point de Clerge dans le Royaume quj ayt plus de&#13;
710 respect et de deference pour les perSonnes quj sont&#13;
711 reveStue de lauthorité quil le veoirroit par&#13;
712 experience etant il ma temoigné quil nauroit pas&#13;
713 de differend la dessus.&#13;
714 Le sieur boiSseau fait tout ce quil peut pour eStre&#13;
715 Secretaire on fait tout le poSsible pour parer ce coup&#13;
716 la M.’ de la barre ma dit quil ne croit pas quil le&#13;
717 prenne il luy en a parle Si fortement quon ne&#13;
718 peut pas plus car il connoiSt led S.’ boiSseau.&#13;
719 mademoiselle de beauvais la terre de marSalien ayant été&#13;
720 decretée et largent mis aux conSignations on&#13;
721 a eu beaucoup de peinne a le retirer et meSme&#13;
722 on est en dangé de nestre pas porte il nous en&#13;
723 a couSté 90.# le fond appartenant a labbay au non&#13;
724 de la quelle elle est remplacée il en a couSté&#13;
&#13;
�Jevous envoye&#13;
&#13;
725 50.# a mademoiselle de beau vais pour Ses arrerages&#13;
726 Sans ce quelle en a perdu&#13;
727 avec cellecy la lettre que M’gr dangouleSme&#13;
728 vous escrit et celle de Monsieur labbé brisacier&#13;
729 Le Jeunne leproiect des reglemens Sera dans un&#13;
730 autre pacquet. Monsieur dangouleSme a&#13;
731 prié Monsieur LEveSque de la Rochelle&#13;
732 de parler M.’ de meule et de le prier&#13;
733 davoir pour vous &amp; votre Eglise toute la&#13;
734 conSideration quj se pouvra :&#13;
735 Je vous eScriray par une autre lettre de ce quj&#13;
736 SeSt passé touchant laSsemblée du Clergé&#13;
737 Japrends auiourdhuy quil eSt venu un courcier&#13;
738 de Rome quj a aporté des lettres du pape au&#13;
739 Roy quj font eSperer que les affaires&#13;
740 Saccommoderont et que laSsemblee Se diSsoudra&#13;
741 Je vous demande Sil vous plaiSt vostre&#13;
742 benediction &amp; la continuation de voStre&#13;
743 Souvenir auprès de Nostre seigneur&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-hd-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 26 mai-4 juin 1682)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le 1er évêque de Québec du rappel de Frontenac, Duchesneau et Perrot, et de l’arrivée de La Barre et de Meulles comme nouveau gouverneur et nouvel intendant. Elle lui communique aussi les affaires concernant l’Église, comme la subsistance des curés, l’établissement des Récollets, la demande des huguenots en Acadie, le serment de fidélité et l’Assemblée du clergé. </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11960" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 62&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11956" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11957" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Extrait typographié en français classique publié dans Dubé, Pauline,&lt;em&gt; Les frères insoumis, ou, "L'ombre d'un clocher"&lt;/em&gt;, Québec, 1994, p. 167-168&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11958" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11959" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, MS17, p. 363-36&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 26&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Extrait de la lettre de [Seignelay] à Laval (Paris, 19 novembre 1682)&#13;
&#13;
19 novembre,&#13;
M. l’évêque de Québec,&#13;
Il est important de ne point donner d’atteinte à l’édit qui défend aux huguenots de&#13;
s’établir en Canada et surtout de ne les point souffrir en Acadie.&#13;
Le sieur de Meulles juge à propos de faire venir quatre prêtres de France pour&#13;
l’Acadie.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2019&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans Collection de manuscrits […] relatifs à la NouvelleFrance, vol. 1, p. 291.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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                <text>Lettre de [Seignelay] à Laval (Paris, 19 novembre 1682)</text>
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                <text>Le secrétaire d'État à la Marine en France encourage le 1er évêque de Québec d'empêcher l'installation de huguenots en Acadie. De plus, l'intendant de la Nouvelle-France veut faire venir des prêtres.   </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11304" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2022926"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;em&gt;Collection des manuscrits... relatifs à la Nouvelle-France&lt;/em&gt;, 1883-1885, vol. 1, p. 291 via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original introuvable&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Correspondance de Laval avec la Cour de France</name>
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        <name>Missions d'Acadie</name>
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        <name>Protestants</name>
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              <text>Ce document est mentionné dans le « Catalogue de 1687 » (Séminaire 92, no 25, Liasse O, no 64). Il s’agit d’un inventaire, commencé par l'abbé Glandelet, de documents conservés au Séminaire et aujourd'hui perdus. L’intérêt de ce catalogue est d’y trouver la preuve de l’abondante correspondance de Laval.</text>
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                <text>Lettre introuvable du grand-vicaire en Acadie du 1er évêque de Québec à celui-ci. &lt;br /&gt;Résumé du Catalogue de 1687 : « Au retour de son emprisonnement à Boston, où il marque à nouveau son désir de finir ses jours au Séminaire ; l’état des Anglais à Boston qui ne sont guère en état de fournir une 2e flotte pour Québec et ce qu’ont les habitants de Port-Royal ; dessein des Anglais qui sont venus au mois d’octobre de l’année passée 1690 à Québec était de ruiner la religion, amener les deux évêques, les prêtres, religieux et religieuses et de massacrer tous les jésuites ; le mauvais succès de leur entreprise et dans la perte de leurs gens qui étaient venus nous faire la guerre, qu’ils estiment à douze ou treize cents hommes et dans la grande dépense qu’ils ont faite à Boston pour équiper cette flotte de 32 bâtiments qui parut devant Québec le 16 octobre un lundi 1690 et qui, au rapport de M. Nelson, de qui M. Petit l’a appris, leur revenant chaque jour à 400 pistoles. »</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre introuvable du grand-vicaire en Acadie du 1er évêque de Québec à celui-ci. &lt;br /&gt;Résumé du Catalogue de 1687 : « Indifférence à quitter ou continuer sa demeure au Port-Royal. Le sieur Geoffroy : il demande une concession pour M. de Saint-Castin à la rivière de Pentagouet et qu’on relâche 20 pistoles à une de ses soeurs, qui reste de son patrimoine. Conduite de M. Perrot et de M. Vilbon. Convention de M. Geoffroy avec les habitants contre la traite des boissons. M. de Saint-Castin suspect à M. Perrot. Accès des Anglais prohibé par M. Perrot qui écarte les marchands. »</text>
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                <text>Lettre de Gauthier à Laval (30 mai 1683)</text>
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                <text>Lettre introuvable d'un jésuite missionnaire au 1er évêque de Québec. &lt;br /&gt;Résumé du Catalogue de 1687 : « L’élection du R.P. Charles de Noailles, général des Jésuites (?). Humiliation des huguenots. Menées des jansénistes pour se maintenir. Église d’Angleterre. Missions fondées par l’évêque de (...) »</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Ces documents sont mentionnés dans le « Catalogue de 1687 » (Séminaire 92, no 25, Liasse T). Il s’agit d’un inventaire, commencé par l'abbé Glandelet, de documents conservés au Séminaire et aujourd'hui perdus. L’intérêt de ce catalogue est d’y trouver la preuve de l’abondante correspondance de Laval.</text>
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                <text>Collection de papiers sur les protestants (1660-1760)</text>
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                <text>Articles et édits introuvables sur la religion réformée, demandés par Laval et les prêtres du Séminaire de Québec.</text>
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                    <text>Doc. XXVII-12&#13;
Extraits d’une lettre de l’abbé Dudouyt au Serviteur de Dieu, 1677, d’après&#13;
l’original conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec, Lettres N, no 48c&#13;
À l’époque du document que nous reproduisons ici, le débat au sujet du commerce des&#13;
boissons enivrantes avec les Autochtones avait dépassé les limites de la Nouvelle-France&#13;
et était entré à la Cour de Paris. Pendant qu’au Canada le Serviteur de Dieu, appuyé par ses&#13;
prêtres et par l’intendant Duchesneau, défendait sa thèse de prohibition contre les&#13;
prétentions du gouverneur de Frontenac et des commerçants, à Paris, l’abbé Dudouyt,&#13;
représentant du Serviteur de Dieu, soutenait le point de vue du clergé contre les vues&#13;
utilitaires du ministre Colbert. Ce dernier, conseillé par Talon, penchait pour la liberté du&#13;
commerce. Dans cet extrait de la lettre de l’abbé Dudouyt, l’auteur donne de l’information&#13;
sur deux audiences obtenues avec le ministre à cet effet. Le document est plutôt intéressant,&#13;
puisqu’on y expose les objections ordinaires des administrateurs et les arguments majeurs&#13;
de l’évêque de Québec en faveur d’une telle prohibition.&#13;
&#13;
M. Colbert1 étant sur le point de régler toutes choses et peu disposé à avoir égard&#13;
à tout ce que je lui ai représenté, nommément pour la traite des boissons, à laquelle&#13;
il penchait fort, je me suis présenté à lui à l’audience publique, par l’avis de nos&#13;
amis, et lui ai dit que je le suppliais d’avoir égard à ce que je lui ai remontré&#13;
touchant la modération qui se doit observer dans la traite des boissons aux&#13;
Sauvages* ; que de là dépendait tout leur christianisme et même le bien de la&#13;
colonie ; que s’il avait pour agréable de m’entendre sur ce sujet, que je lui rendrais&#13;
raison de toutes choses.&#13;
Il me repartit d’un ton fort haut et sévère (ce qui ne se fait pas dans les audiences&#13;
publiques) que nous étions des gens qui nous voulions mêler de ce qui ne nous&#13;
regardait pas ; que, parce que nous étions loin du Soleil2, nous voulions&#13;
entreprendre sur l’autorité ; que nous ne devions nous mêler que de prêcher,&#13;
confesser et exhorter.&#13;
Je lui dis que nous ne nous mêlions que de ce qui regardait notre ministère ; que je&#13;
lui représentai les choses afin qu’il y apportât l’ordre qu’il jugerait nécessaire ; et,&#13;
à même temps, je lui présentai la résolution de [La] Sorbonne que j’avais en main,&#13;
NDLR : Dudouyt écrit parfois « M. C. » et « M. F. » pour nommer M. Colbert et M. de Frontenac. Nous&#13;
avons complété les noms lorsque c’était le cas.&#13;
2&#13;
Le roi Louis XIV.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�lui disant : « Voilà la résolution des six professeurs de [La] Sorbonne, où vous&#13;
verrez la vérité du fait clairement exposée et ce qui se peut faire à ce sujet. »&#13;
À quoi il me repartit qu’il y avait dix ans qu’il était instruit de cela ; que M. l’évêque&#13;
de Canada se mêlât de prêcher, exhorter, etc., me témoignant qu’il n’agréait pas&#13;
m’entendre sur ce sujet, etc. […]&#13;
Après avoir attendu l’espace de 15 jours, le temps auquel M. Colbert serait en état&#13;
de m’entendre, il me donna audience à Sceaux mardi 11 mai, où M. Bellinzani&#13;
m’avait mené pour cet effet. Ce fut après que tout le monde fut expédié et parti&#13;
pour retourner à Paris. Il me fit appeler dans la salle proche de son cabinet et sortir&#13;
deux de ses domestiques, qui restaient en cette salle, et je restai seul avec lui près&#13;
de trois quarts d’heure où il me parla et m’entendit avec patience, et même assez&#13;
doucement, excepté quelque chose au sujet du cas réservé.&#13;
Je commençai de lui dire quelque chose, où il prit la parole, me disant qu’il savait&#13;
notre zèle ; que nous voudrions détruire les vices jusque dans la racine ; que nous&#13;
faisions ce que des missionnaires doivent faire ; mais qu’il y avait bien des choses&#13;
qu’il fallait tolérer, comme on fait ailleurs ; que nous voulions porter les choses à&#13;
une grande perfection.&#13;
Je lui répondis que pour ce qui regarde la disposition des Sauvages au regard de&#13;
la boisson, si elle était semblable à celle de tous les autres peuples d’Europe, il ne&#13;
faudrait pas penser à tenir d’autre conduite que celle qui s’observe partout ailleurs,&#13;
mais que toute la difficulté de cette affaire consistait à bien connaître la différence&#13;
qu’il y a entre nos Sauvages et les autres peuples d’Europe au regard de la boisson.&#13;
Sur quoi je lui dis que l’inclination que les Sauvages ont à s’enivrer est beaucoup&#13;
plus grande que celle des peuples d’Europe ; qu’ils ont bien plus de faiblesse pour&#13;
y résister ; qu’elle est universelle ; que les désordres que les Sauvages commettent&#13;
sont bien plus grands ; ce que je lui prouvai de cette sorte :&#13;
— Monseigneur, s’il y a dans une bourgade de la boisson à la discrétion des&#13;
Sauvages, ils s’enivrent ordinairement tous, vieux, jeunes, grands, petits, femmes&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�et enfants, de sorte qu’à peine en reste-t-il quelqu’un qui ne s’enivre ; que s’il y a&#13;
de la boisson pour deux jours, l’ivrognerie durera deux jours ; s’il y en a pour une&#13;
semaine, elle durera une semaine ; s’il y en a pour un mois, elle durera un mois ;&#13;
que nous ne voyons pas que parmi les peuples d’Europe toute une ville s’enivre,&#13;
ni que cela dure les semaines et les mois et que les peuples d’Europe étant civilisés&#13;
ne commettaient pas tant de désordres, ni si grands que les Sauvages, qui étant&#13;
barbares faisaient dans l’ivresse tous les désordres dont un Barbare est capable en&#13;
cet état ; que ce qu’on avait exposé aux six professeurs de [La] Sorbonne était dans&#13;
la vérité.&#13;
À quoi il répartit que nous exagérions les choses, qu’il s’était informé des&#13;
personnes qui avaient eu habitude en Canada3, qui ne le disaient pas de la sorte.&#13;
Je lui dis que toutes les personnes qui n’étaient pas intéressées lui rendraient le&#13;
même témoignage que je faisais.&#13;
— Je n’entends pas, dit-il, ce que cela veut dire : des personnes intéressées.&#13;
— C’est-à-dire, Monseigneur, des personnes qui veulent avoir des castors des&#13;
Sauvages par le moyen de la boisson, sans se mettre en peine des désordres qu’ils&#13;
causent par ce moyen et sans avoir égard à leur salut, ni à celui des Sauvages.&#13;
Il me dit là-dessus qu’il s’en était informé de M. Talon, qui ne disait pas cela, que&#13;
ce n’était pas un homme intéressé.&#13;
Je lui dis que M. Talon était cause de la peine dans laquelle nous nous trouvions&#13;
présentement, d’autant qu’un jour étant prêt de mettre le pied dans le vaisseau&#13;
pour passer en France, il fit lever toutes les peines et ordonnances desquelles la&#13;
justice et ceux qui avaient eu l’autorité en main s’étaient servis pour réprimer les&#13;
désordres, qui étaient causés par la trop grande quantité de boisson que l’on&#13;
baillait aux Sauvages et que l’espace de 30 ans, on s’y était toujours opposé par les&#13;
ordonnances, les peines et amendes, etc. ; que s’il voulait en faire informer sur le&#13;
&#13;
NDLR : Il avait interrogé Jean Talon (v. 1626-1698) et Claude de Bouteroue d’Aubigny (1620-1680),&#13;
anciens intendants au Canada, tous deux en faveur de la traite des boissons pour favoriser le commerce&#13;
(cf. Doc. XXVII-10).&#13;
3&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�lieu, les personnes qui ne seraient pas intéressées lui rendraient le même&#13;
témoignage que je faisais.&#13;
Il me dit qu’il y avait déjà donné ordre ; et en effet, j’avais su qu’il avait fait disposer&#13;
toutes ses consultations et mémoires pour envoyer à M. Duchesneau.&#13;
Je lui dis qu’on pouvait aisément garder la modération dans la traite des boissons,&#13;
d’autant qu’il en avait déjà été le principal empêchement par l’arrêt qui défend les&#13;
congés d’aller dans les bois et que, la traite se faisant dans les habitations, tout se&#13;
passerait à la vue et connaissance du public et qu’ainsi il serait facile de reconnaître&#13;
les désordres et d’y apporter le remède.&#13;
— Mais comment donc faire le commerce avec les Sauvages ? dit M. Colbert.&#13;
— Il faut, Monseigneur, leur bailler des marchandises et de la boisson avec&#13;
modération.&#13;
— Quelle est cette modération ?&#13;
— C’est-à-dire qu’il leur en faut donner en telle quantité qu’il n’y en ait pas pour&#13;
les enivrer.&#13;
— Que veut dire cela ? Comment peut-on faire ?&#13;
— On le peut faire, Monseigneur, comme les fermiers du roi4 le font faire à Tadoussac&#13;
il y a5 plus de 20 ans. On donne, par exemple, une pinte de vin6 à un Sauvage et,&#13;
s’il en veut davantage, on le remet à un autre temps et ainsi on garde la modération&#13;
nécessaire et on ne gâte point le commerce. S’il vous plaît d’ordonner qu’il n’en&#13;
soit pas donné en quantité suffisante pour enivrer les Sauvages et commander au&#13;
Conseil d’y tenir la main, vous aurez la satisfaction de voir la chose observée dans&#13;
tous les autres lieux, aussi bien qu’à Tadoussac.&#13;
M. Colbert — Oui, mais comment faire le commerce avec un Sauvage qui&#13;
apportera au lieu de la traite 50 castors et qui voudra pour paiement la moitié en&#13;
marchandises et la moitié en boisson pour emporter à son village et payer ceux qui&#13;
lui ont baillé du castor, qui veulent de la boisson ?&#13;
&#13;
NDLR : La Compagnie des fermiers généraux, ici appelée « fermiers du roi », fut officiellement créée par&#13;
Louis XIV et Colbert en 1680, à partir d’un principe existant depuis plus de 100 ans. Elle avait la charge des&#13;
recettes des impôts indirects, des droits de douane, des droits d’enregistrement et des produits domaniaux.&#13;
5&#13;
NDLR : depuis.&#13;
6&#13;
Une pinte équivaut à 93 cl.&#13;
4&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Je lui dis que c’était le transport des boissons qui causait les plus grands désordres,&#13;
qu’il fallait accoutumer les Sauvages iroquois à prendre des marchandises et de la&#13;
boisson modérément, comme les Sauvages de Tadoussac, et que souvent ils ont&#13;
témoigné, après s’être enivrés et avoir tout consommé en boisson, qu’ils&#13;
souhaiteraient qu’on ne leur en baillât pas en quantité pour s’enivrer, qu’ils&#13;
aimeraient bien mieux emporter les hardes qui leur sont nécessaires, mais que&#13;
quand on leur baille une telle quantité de boisson, qu’ils ne sauraient s’empêcher&#13;
de s’enivrer. Il y a même eu des Sauvages qui ont représenté requête aux&#13;
gouverneurs pour qu’on ne leur traitât pas une telle quantité de boisson qui les&#13;
enivrât.&#13;
M. Colbert — Mais quoi ! Ils porteront leurs castors aux Hollandais !&#13;
— Cela n’est pas à craindre de la plupart de nos Sauvages. Il n’y a que les Iroquois&#13;
qui pourront y aller et ceux de Sonnontouan, qui sont à 80 lieues de la NouvelleHollande, n’iront pas chercher de la boisson et porter leurs castors si loin, pourvu&#13;
que nous leur portions avec la barque des marchandises et de la boisson avec&#13;
modération, comme on a fait depuis deux ans ; et quand il y en aurait quelqu’un&#13;
qui serait si passionné pour la boisson qu’il y allât pour cet effet, cela ira à très peu&#13;
de choses et les Français n’en feront pas 500 castors [de] moins chaque année pour&#13;
garder la modération nécessaire pour le christianisme et le bien de la colonie ; ce&#13;
qui est très peu de chose pour causer tant de désordres.&#13;
M. Colbert — Mais si un Sauvage emporte un baril d’eau-de-vie, il n’y en aura pas&#13;
pour enivrer un village.&#13;
— Il est vrai, Monseigneur, mais il arrivera que le Sauvage boira avec sa bande&#13;
tout le baril sans le porter au village et s’il l’y porte, les Sauvages, qui ne boivent&#13;
que pour s’enivrer, en prendront en telle quantité qu’il en ait pour s’enivrer ; car&#13;
ils sont tellement passionnés pour s’enivrer que si on leur baille une bouteille à six&#13;
ou sept, qui ne serait pas capable de les enivrer tous, ils l’abandonnent à deux ou&#13;
trois, afin qu’ils se puissent enivrer et les autres s’en privent.&#13;
M. Colbert — Mais pourquoi faire un cas réservé de cela ? En use-t-on de même en&#13;
France et ailleurs ? Les Bretons [ne] s’enivrent-ils pas ? Les Allemands ? etc.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�— C’est, Monseigneur, pour la raison que je vous dis, que nos Sauvages sont dans&#13;
une disposition au regard de la boisson qui est tout autre de celle des peuples&#13;
d’Europe. C’est une chose bien sensible à un évêque de voir périr son Église entre&#13;
ses mains par un pareil désordre et n’y pas apporter tous les remèdes qui peuvent&#13;
servir à l’empêcher.&#13;
M. Colbert — Le christianisme a-t-il péri depuis 12 ans que le roi a pris le soin du&#13;
pays ?&#13;
Je répondis qu’on avait toujours tâché par les ordonnances, les peines et amendes&#13;
d’empêcher les excès et que, dans les lieux où on a abandonné la boisson aux&#13;
Sauvages, le christianisme y a beaucoup souffert ; l’on a même été contraint à&#13;
l’Acadie d’abandonner par deux ou trois fois des églises de Sauvages, d’autant&#13;
qu’il n’y avait point de juge, ni de personne en autorité pour réprimer les&#13;
désordres. Je ne répétai point toutes les raisons et désordres qui sont marqués dans&#13;
l’exposé de la résolution de La Sorbonne. Je dis seulement qu’on avait exposé la&#13;
vérité des choses comme elle est.&#13;
Sur quoi il répondit que nous exagérions ; qu’il ne fallait pas faire un cas réservé&#13;
de cela ; que si M. l’évêque excommuniait pour cela, qu’on en appellerait comme&#13;
d’abus ; qu’il manderait au Conseil d’y tenir la main et que je vous le mandasse ;&#13;
et que je m’informasse si on usait de la sorte en France, que les évêques ne faisaient&#13;
pas cela ; que si on le faisait, on trouverait toujours l’autorité royale qui s’y&#13;
opposerait, etc.&#13;
Je lui dis qu’il n’y avait pas d’évêque ni de clergé plus soumis aux volontés du roi&#13;
qu’en Canada.&#13;
À quoi il me dit qu’il n’en doutait pas, mais que nous voulions porter les choses à&#13;
une plus grande perfection qu’en France.&#13;
Et je lui répondis que si les évêques de France étaient en Canada, ils en useraient&#13;
de la même manière et tout autrement qu’en France, la chose étant si différente.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Il me dit qu’il voyait bien qu’il ne pouvait pas me convaincre sur ce sujet-là ; car il&#13;
s’était disposé et avait résolu de me convaincre s’il pouvait, ainsi qu’il avait dit et&#13;
que je l’avais su.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Altera Nova Positio&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 27-12&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>— 167 —&#13;
&#13;
Doc. XXVII&#13;
&#13;
être bon qu’il n ’eût pas de séance dans le Conseil, vous devez&#13;
bien examiner toutes les occasions et tous les moyens que l ’on&#13;
pourrait pratiquer, pour lui donner à lui-même l ’envi de n ’y&#13;
plus venir. Mais vous devez en cela vous conduire avec beaucoup&#13;
de retenue et de secret, et bien prendre garde que qui que ce&#13;
soit découvre ce que je vous écris sur ce point.&#13;
Vous devez faire voir à M. de Frontenac tous les mémoires&#13;
cl papiers que je vous envoie concernant la traite des boissons.&#13;
Je suis.&#13;
12&#13;
Excerptum ex Epistola Domini Dudouyt ad Servum Dei, 1677,&#13;
Ex Originali in Archivo Seminarii Qnebecensis asservato, Poi.&#13;
IV, n. 48.&#13;
A ll'e p o c a del docum ento qui r ip ro d o tto la contesa intorn o alla questione del com m ercio delle bevande in eb b ria nti coi selvag g i av eva oltrep a ssato i contini d ella N u o v a -F ra n c ia ed era d iven ta ta laboriosa anche nella&#13;
Corte di P a rig i. M entre nel Canada il Servo di D io, a p p o g g iato dai suoi&#13;
sacerdoti e d a U ’in ten dente&#13;
&#13;
D uch esn eau,&#13;
&#13;
d ife n d e va la sua tesi pro ib itiv a&#13;
&#13;
contro le pretensio ni del g ov ernato re de F ron ten a c&#13;
&#13;
e dei com m ercian ti,&#13;
&#13;
a P a rig i, il sac. D u d o u y t, m an d a to da l Serv o di D io com e suo ra p presen tante, sosteneva il pu n to d i&#13;
&#13;
vista del clero&#13;
&#13;
contro&#13;
&#13;
le m ire&#13;
&#13;
p ra tich e del&#13;
&#13;
m inistro C olbert, il qu ale, consigliato d al T a lon , era p rocliv e alla lib er tà&#13;
del comm ercio.&#13;
A bb ia m o desunto da un a lettera del D u d o u y t l ’estra tto, che qui p u b blichiam o, in cui l ’autore dà notizie di due udienze o tten u te d al m in istro&#13;
a questo effetto. I l d ocum en to è assai interessan te, po iché vi v engono esposte&#13;
le obbiezioni ord inarie&#13;
&#13;
degli a m m in istra to ri civ ili&#13;
&#13;
del C an a d à&#13;
&#13;
contro&#13;
&#13;
la&#13;
&#13;
proibizione fa tta dal Servo d i D io , e g li a rgo m en ti p rin cip a li del vescovo&#13;
di Québec in fa vore di ta le proibizio ne.&#13;
&#13;
M. Colbert étant sur le point de régler toute chose, peu disposé&#13;
à avoir égard à tout ce que je lui ai représenté, nommément pour&#13;
la traite des boissons, à laquelle il penchait fort, je me suis présenté à lui à 1’audience publique, par 1’avis de nos amis, et lui&#13;
ai dit que je le suppliais d ’avoir égard à ce que je lui ai remontré&#13;
touchant la modération qui se doit observer dans la traite aux&#13;
sauvages, que de là dépendait tout leur Christianisme et même&#13;
le bien de la colonie, que s’il avait pour agréable de m ’entendre&#13;
sur ce sujet, que je lui rendrais raison de toute chose.&#13;
Il me repartit d ’un ton fort haut et sévère (ce qui ne se fait&#13;
&#13;
�Doc. XXVII&#13;
&#13;
168 —&#13;
&#13;
pas dans les audiences publiques) que nous étions des gens qui&#13;
nous voulions mêler de ce qui ne nous regardait pas, que parce&#13;
que nous étions loin du Soleil (cioè Luigi XIV), nous voulions entreprendre sur l ’autorité, que nous ne devions nous mêler que de&#13;
prêcher, confesser et exhorter.&#13;
Je lui dis que nous ne nous mêlions que de ce qui regardait&#13;
notre ministère, que je lui représentai les choses afin qu’il y apportât l ’ordre qu’il jugerait nécessaire, et à même temps je lui&#13;
présentai la résolution de Sorbonne que j ’avais en mains, lui disant : « Voilà la résolution de six professeurs de Sorbonne, où&#13;
vous verrez la vérité du fait clairement exposée et ce qui se peut&#13;
faire à ce sujet ».&#13;
A quoi il me répartit qu’il y avait dix ans qu’il était instruit&#13;
de cela, que M. l ’Évêque de Canada se mêlât de prêcher, exhorter, et même me témoigna qu’il n ’agréait pas m ’entendre sur ce&#13;
sujet.&#13;
Après avoir attendu l ’espace de quinze jours, le temps auquel M. Colbert serait en état de m ’entendre, il me donna audience à Sceaux mardi le 11 mai, où M. Bellinzany m ’avait mené&#13;
pour cet effet. Après que tout le monde fût expédié et parti pour&#13;
retourner à Paris, il me fit appeler dans la salle proche de son&#13;
cabinet et sortir deux de ses domestiques qui restaient en cette&#13;
salle, et je restai seul avec lui près de trois quarts-d’heure où il&#13;
me parla et m ’entendit avec patience et même assez doucement,&#13;
excepté quelque chose au sujet du cas réservé.&#13;
Je commençai de lui dire quelque chose où il prit la parole&#13;
me disant qu’il savait notre zèle, que nous voudrions détruire les&#13;
vices jusque dans la racine, que nous faisions ce que des missionnaires doivent faire, mais qu’il y avait bien des choses qu’il&#13;
fallait tolérer, comme on fait ailleurs, que nous voulions porter&#13;
les choses à une grande perfection.&#13;
Je lui répondis que pour ce qui regarde la disposition des&#13;
sauvages au regard de la boisson, si elle était semblable à celle&#13;
de tous les autres peuples d ’Europe, il ne faudrait pas penser&#13;
à tenir d ’autre conduite que celle qui s ’observe partout, mais que&#13;
toute la difficulté de cette affaire consistait à bien connaître la&#13;
différence qu’il y a entre nos sauvages et les autres peuples d ’Europe au regard de la boisson.&#13;
Sur quoi je lui dis que l ’inclination que les sauvages ont à&#13;
&#13;
�— 169&#13;
&#13;
Doc. XXVII&#13;
&#13;
s'enivrer est beaucoup plus grande que celle des peuples d ’Europe, qu’ils ont bien plus de faiblesse pour y résister, qu’elle est&#13;
universelle, que les désordres que les sauvages commettent sont&#13;
bien plus grands; ce que je lui prouvai de cette sorte: «Monseigneur, s’il y a dans une bourgarde de la boisson à la discrétion&#13;
des sauvages, ils s’enivrent ordinairement tous, vieux, grands,&#13;
petits, femmes et enfants, de sorte qu’à peine en reste-t-il quelques-uns qui ne s’enivrent; que s’il y a de la boisson pour deux&#13;
jours, l ’ivrognerie durera deux jours; s’il y en a pour une semaine, elle durera une semaine; s’il y en a pour un mois, elle&#13;
durera un mois; que nous ne voyons pas que parmi les peuples&#13;
d ’Europe toute une ville s’enivre, ni que cela dure les semaines&#13;
et les mois, et que les peuples d ’Europe étant civilisés ne commettaient pas tant de désordres, ni si grands, que les sauvages,&#13;
qui étant barbares faisaient dans l ’ivresse tous les désordres dont&#13;
un barbare est capable en cet état; que ce qu’on avait exposé&#13;
aux six professeurs de Sorbonne était dans la vérité.&#13;
A quoi il répartit que nous exagérions les choses, qu’il s ’était&#13;
informé des personnes qui avaient eu habitude en Canada, qui&#13;
ne le disaient pas de la sorte.&#13;
Je lui dis que toutes les personnes qui n ’étaient pas intéressées lui rendraient le même témoignage que je faisais.&#13;
— Je n ’entends pas, dit-il, ce que cela veut dire: des personnes intéressées.&#13;
— C ’est-à-dire, Monseigneur, des personnes qui veulent avoir&#13;
des castors des sauvages par le moyen de la boisson sans se mettre en peine des désordres qu’ils causent par ce moyen et sans&#13;
avoir égard à leur salut ni à celui des sauvages.&#13;
Il me dit là-dessus qu’il s’en était informé de M. Talon, qui&#13;
ne disait pas cela, que ce n ’était pas un homme intéressé.&#13;
Je lui dis que M. Talon était cause de la peine dans laquelle&#13;
nous nous trouvions présentement, d ’autant qu’un jour étant prêt&#13;
de mettre le pied dans le vaisseau pour passer en France, il fit&#13;
lever toutes les peines et ordonnances desquelles la justice et&#13;
ceux qui avaient eu l ’autorité en main s’étaient servis pour réprimer les désordres, qui étaient causés par la trop grande quantité de boisson que l ’on baillait aux sauvages, et que l ’espace de&#13;
trente ans, on s’y était toujours opposé par les ordonnances,, les&#13;
peines et amendes etc.; que s’il voulait en faire informer sur le&#13;
&#13;
�Doc. XXVII&#13;
&#13;
— 170 —&#13;
&#13;
lieu, les personnes qui ne seraient pas intéressées lui rendraient&#13;
le même témoignage que je faisais.&#13;
Il me dit qu’il y avait déjà donné ordre. Et en effet j ’avais&#13;
su qu’il avait fait disposer toutes ses consultations et mémoires&#13;
pour envoyer à M. Duchesneau.&#13;
Je lui dis qu’on pouvait aisément garder la modération dans&#13;
la traite des boissons, d ’autant qu’il en avait déjà été le principal empêchement par l ’arrêt qui défend les congés d ’aller dans&#13;
les bois, et que la traite se faisant dans les habitations, tout se&#13;
passerait à la vue et connaissance du public, et qu’ainsi il serait&#13;
facile de reconnaître les désordres et d ’y apporter remède.&#13;
— Mais comment donc faire le commerce avec les sauvages?&#13;
dit M. Colbert.&#13;
— Il faut, Monseigneur, leur bailler de la marchandise et de&#13;
la boisson avec modération, c ’est-à-dire qu’il leur en faut donner en telle quantité qu’il n ’y en ait pas pour les enivrer.&#13;
— Que veut dire cela? Comment peut-on faire?&#13;
— Monseigneur, comme les fermiers du Roi le font faire&#13;
à Tadoussae il y a plus de vingt ans. On donne par exemple une&#13;
pinte 1 de vin à un sauvage, et s’il en veut davantage, on le remet&#13;
à un autre temps, et ainsi on garde la modération nécessaire et&#13;
on ne gâte point le commerce. S ’il vout plaît d ’ordonner qu’il&#13;
n ’en soit pas donné en quantité suffisante pour enivrer les sauvages et commander au Conseil d ’y tenir la main, vous aurez la&#13;
satisfaction de voir la chose observée dans tous les autres lieux&#13;
aussi bien qu’à Tadoussae.&#13;
M. Colbert. — Oui, mais comment faire le commerce avec un&#13;
sauvage qui apportera au lieu de la traite cinquante castors et qui&#13;
voudra pour paiement la moitié en marchandises et la moitié en&#13;
boisson pour emporter à son village et payer ceux qui lui ont&#13;
baillé du castor, qui veulent de la boisson?&#13;
Je lui dis que c ’était le transport des boissons qui causaient&#13;
les plus grands désordres, qu’il fallait accoutumer les sauvages&#13;
iroquois à prendre des marchandises et de la boisson modérément, comme les sauvages de Tadoussae, et que souvent ils ont&#13;
témoigné, après s’être enivrés et avoir tout consommé en boisson, qu’il souhaiteraient qu’on ne leur en baillât pas en quantité&#13;
Cioè 93 centilitri.&#13;
&#13;
�171 —&#13;
&#13;
Doc. XXYIÎ&#13;
&#13;
pour s’enivrer, qu’ils aimeraient bien mieux emporter les hardes&#13;
qui leur sont nécessaires, mais què quand on leur baille une&#13;
telle quantité de boisson, qu’ils ne sauraient s ’empêcher de s’enivrer. Il y a même eu des sauvages qui ont représenté requête aux&#13;
gouverneurs pour qu’on ne leur traitât pas une telle quantité&#13;
de boisson qui les enivre.&#13;
M. Colbert. — Mais quoi ! ils porteront leurs castors aux Hollandais.&#13;
— Cela n ’est pas à craindre de la plupart de nos sauvages.&#13;
Il n ’y a que les Iroquois qui pourront y aller, et ceux de Tsonnontouan, qui sont à quatre-vingt lieues de la Nouvelle-Hollande,&#13;
n ’iront pas chercher de la boisson et porter leurs castors si loin,&#13;
pourvu que nous leur portions avec la barque des marchandises&#13;
et de la boisson avec modération, comme on a fait depuis deux&#13;
ans; et quand il y en aurait quelqu’un qui serait si passionné&#13;
pour la boisson qu’il y allât pour cet effet, cela ira à très peu&#13;
de chose et les Français n ’en feront pas cinq cents castors moins&#13;
chaque année pour garder la modération nécessaire pour le Christianisme et le bien de la colonie; ce qui est très peu de chose&#13;
pour causer tant de désordres.&#13;
M. Colbert. — Mais si un sauvage emporte un baril d ’eaude-vie, il n’y en aura pas pour enivrer un village.&#13;
— Il est vrai, Monseigneur. Mais il arrivera que le sauvage&#13;
boira avec sa bande tout le baril sans le porter au village, et s’il&#13;
l ’y porte, les sauvages, qui ne boivent que pour s’enivrer, en&#13;
prendront en telle quantité qu’il en ait pour s’enivrer; car ils&#13;
sont tellement passionnés pour s ’enivrer que si on leur baille&#13;
une bouteille à six ou sept, qui ne serait pas capable de les enivrer tous, ils l ’abandonnent à deux ou trois, afin qu’ils se puissent enivrer, et les autres s’en privent.&#13;
M. Colbert. — Mais pourquoi faire un cas réservé de cela?&#13;
En use-t-on de même en France et ailleurs? Les Bretons ne s’enivrent-ils pas? Les Allemands? etc.&#13;
— C’est, Monseigneur, pour la raison que je vous dis, que&#13;
nos sauvages sont dans une disposition au regard de la boisson&#13;
qui est tout autre de celle des peuples d ’Europe. C ’est une chose&#13;
bien sensible à un évêque de voir périr son Église entre ses mains&#13;
par un pareil désordre et n ’y pas apporter tous les remèdes qui&#13;
peuvent servir à l ’empêcher.&#13;
&#13;
�Doc. XXTII&#13;
&#13;
172 —&#13;
&#13;
M. Colbert. — Le Christianisme a-t-il péri depuis douze ans&#13;
que le Roi a pris le soin du pays?&#13;
Je répondis qu’on avait toujours tâché par les ordonnances,&#13;
les peines et amendes, d ’empêcher les excès, et que dans les lieux&#13;
où on a abandonné la boisson aux sauvages, le Christianisme y a&#13;
beaucoup souffert; l ’on a même été contraint à l ’Acadie d ’abandonner par deux ou trois fois des églises de sauvages, d ’autant&#13;
qu’il n ’y avait point de juges ni de personnes en autorité pour&#13;
réprimer les désordres. Je ne répétai point toutes les raisons et&#13;
désordres qui sont marqués dans l ’exposé de la résolution de&#13;
Sorbonne. Je dis seulement qu’on avait exposé la vérité des choses comme elle est.&#13;
Sur quoi il répondit que nous exagérions, qu’il ne fallait pas&#13;
faire un cas réservé de cela, que si M. l ’Évêque excommuniait&#13;
pour cela, qu’on en appellerait comine d ’abus, qu’il manderait au&#13;
Conseil d ’y tenir la main et que je vous le mandasse et que je&#13;
m ’informasse si on usait de la sorte en France, que les évêques&#13;
ne faisaient pas cela, que si on le faisait, on trouverait toujours&#13;
l ’autorité royale qui s’y opposerait etc.&#13;
Je lui dis qu’il n ’y avait pas d ’évêque ni de clergé plus soumis aux volontés du Roi qu’en Canada.&#13;
A quoi il me dit qu’il n ’en doutait pas, mais que nous voulions porter les choses à une plus grande perfection qu’en France.&#13;
Et je lui répondis que si les évêques de France étaient en&#13;
Canada, ils en useraient de la même manière, et tout autrement&#13;
qu’en France, la chose étant si différente.&#13;
Il me dit qu’il voyait bien qu’il ne pouvait pas me convaincre sur ce sujet-là. Car il s’était disposé et avait résolu de me&#13;
convaincre s’il pouvait, ainsi qu’il avait dit et que je l ’avais su.&#13;
13&#13;
Edictum reale de commercio potuum ad ebrietatem provocantium cum sylvestribus populis, 1679, 24 maii. Ex « Édits, Ordonnances royaux, Déclarations et Arrêts du Conseil d’Êtat du&#13;
Roi concernant le Canada» , Québec, 1854, vol. I, pp. 235-236.&#13;
I l R e d i F ra n c ia L u ig i X I V , in v ista di p ren dere u n a decisione defin itiv a in to rno a lla questione del com m ercio delle bevan de inebbrianti coi&#13;
selva gg i, chiese al gov ernatore de F r o n ten a c di scegliere v en tiq u a ttro canadesi, i q uali a vrebb ero do vuto testim o n iare circa g li incon ven ienti del&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 27-12</text>
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                    <text>1677 – Lettre de Dudouyt à Laval (Paris)&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 48c)&#13;
1677&#13;
Ce que m. C. me dist la&#13;
premiere fois que Je luy&#13;
parlé de la moderation&#13;
qu’il falloit observer dans&#13;
la traitte des boiSsons&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
1 Duplicata&#13;
+&#13;
No 482o&#13;
lettre N.&#13;
1&#13;
2 Monsieur Colbert estant Sur le point de regler touttes choses et peu&#13;
3 disposé a avoir esgard a tout ce que Je luy ay representé nommement pour&#13;
4 la traitte des boiSsons a la quelle il panchoit fort, Je me Suis presenté a luy&#13;
5 a l’audiance publique par l’advis de nos amys et luy ay dit que Je le&#13;
6 Suppliois d’avoir egard a ce que Je luy ay remontré touchant la moderation&#13;
7 qui Se doit observer dans la traitte des boiSsons aux Sauvages que de là&#13;
8 dependoit tout leur Christianisme et mesme le bien de la Colonie que&#13;
9 S’il avoit pour agreable de m’entendre Sur ce Suiet que Je luy rendrois&#13;
10 raison de touttes choses. Jl me repartit d’un ton fort haut et Severe&#13;
11 (ce qui ne se fait pas dans les audiances publiques) que nous estions&#13;
12 des gens qui nous voulions mesler de ce qui ne nous regardoit pas : que&#13;
13 parce que nous estions loing du Soleil nous voulions entreprendre sur&#13;
14 L’authorités que nous ne devions nous mesler que de prescher confeSser et&#13;
15 exhorter Je luy dit que nous ne nous meslions que de ce qui regardoit&#13;
16 nostre ministere, que Je luy representois les Choses afin qu’il y apportast&#13;
17 l’ordre qu’il Jugeroit neceSsaire et a mesme temps Je luy presenté la resolution&#13;
18 de Sorbonne que J’avois en main luy disans voila la resolution des six&#13;
19 profeSseurs de Sorbonne ou vous voirez la verité du fait clairement exposée&#13;
20 et ce qui se peut faire sur ce Suiet : a quoy il me repartit qu’il y avoit&#13;
21 dix ans qu’il estoit instruit de cela, que M. l’evesque de Canada se meslast&#13;
22 de prescher exhorter &amp;c. me tesmoignant qu’il n’agréoit pas m’entendre Sur ce&#13;
23 Suiet &amp;c.&#13;
24 Je luy dis ensuite que Je le Suppliois auSsy d’avoir esgard a ce que Je luy&#13;
25 representois touchant la Subsistence des ecclesiastiques qui deservoient la Colonie&#13;
26 et Sans me laiSser paSser outre il me dit que le Roy avoit donné deux&#13;
27 abbayes a m. l’evesque du Canada pour cela Je luy dis qu’elles estoient de si&#13;
28 peu de revenu qu’apeine en avez vous pû retirer deux mille livres par an&#13;
29 a cause des grandes charges et reparations aux qu’elles il a fallu fournir&#13;
30 Sur quoy il me dit que si on croyoit aux memoires de m.r de Quebec il Seroit&#13;
31 encor a retours : qu’il estoit le premier a extenuer les bienfaits du Roy&#13;
32 qu’il y avoit des personnes qui les prendroient bien et qui bailleroient&#13;
33 d’autres revenus Je luy repartis que Si le Roy avoit agreable d’aSsigner&#13;
34 quelque autre revenu Sur le quel vous puSsier Subsister et vostre Clergé vous&#13;
35 estiez tout prest de remettre les deux abbayes entre les mains de Sa majesté&#13;
36 a quoy il ne répondit pas precisement mais Jl me repeta que je vous diSse&#13;
37 que vous ne vous meslaSsier que de prescher exhorter &amp;c. et me congedia La deSsus&#13;
38 Je luy parlé et l’escouté fort doucement quoy qu’il me traittast d’un air fort&#13;
39 austere et qu’il me parust entierement preoccupé contre vous et tout vostre Clergé.&#13;
40 Quelques Jours apres M de Bellinzany me dit que M. Colbert se trouvoit&#13;
&#13;
�audiance de m.r Colbert&#13;
&#13;
41 empesché Sur la traitte des boiSsons et qu’il ne voudroit pas rien faire contre la&#13;
42 relligion et qui fust preiudiciable au christisnisme qu’il avoit fait venir deux&#13;
43 advocats aux quels il avoit deduit tout l’establiSsement du Canada depuis Son&#13;
44 Commencement et avoit fait lire la resolution de Sorbonne toutte entiere disant&#13;
45 qu’il leur demandoit leur advis sur la traitte des boiSsons aux Sauvages en ce qui&#13;
46 regarde la politique et non pas en ce qui regarde la relligion : car il S’en devoit&#13;
47 instruire d’ailleurs : que les advocats demanderent du temps iusque au landemain&#13;
48 Jl dit a m.r de Bellinzany qu’il prist son temps pour me mener chez luy et qu’il&#13;
49 vouloit m’entendre la deSsus et mesme qu’il vouloit consulter des docteurs. Jl&#13;
50 y a quatre ou 5 Jours que Jattens et n’ay pu encor avoir cette audiance ou&#13;
51 Jespere auSsy luy parler de nos autres affaires. MonSieur de bellinzany m’y&#13;
52 mena hier au Soir ou J’attendis Jusques apres de neuf heures du Soir a la porte&#13;
53 de l’antichambre, et m.r de bellinzany me vint dire que M. Colbert ne pouvoit&#13;
54 m’entendre aujourdhuy qu’il estoit fatigué et qu’il Se vouloit encor instruire&#13;
55 avant que d’entrer en conference avec moy afin de se mettre en estat de me&#13;
56 convaincre ou que Je le convainquiSse. Je ne conclu rien de bon de ce&#13;
57 retardement dautant que les autres affaires se reglent et il ne se fait rien pour&#13;
58 nous les 36000# Sont remplie sans que l’on ayt augmenté nostre article car&#13;
59 tout ce que nous pouvons esperer est qu’on remettre la chose Sur le pied qu’estoit&#13;
60 L’estat de la compagnie qu’on luy presenta ce mesme soir avec un nota sur&#13;
61 nostre article, Je ne scay encor ce qui en fera car m.r Colbert est fort&#13;
62 arresté a ne pas vouloir que lestat excede 36000# M.r de Condon a parlé&#13;
63 comme Je croy a M. Colbert touchant nos memoires. M de Paris n’en&#13;
64 a rien fait quoyque Je luy aye donné par deux fois des memoires.&#13;
65 Apres avoir attendu l’espace de 15 Jours le temps au quel M. Colbert&#13;
66 Seroit en estat de m’entendre il me donna audiance a sceaux mardy 11 may&#13;
67 ou m. de Belinzany m’avoit mené pour cet effect : ce fut apres que tout le&#13;
68 monde fut expédié et party pour retourner a Paris. il me fit appeller en&#13;
69 la Sale proche de Son cabinet et sortir deux de ses domestiques qui restoient&#13;
70 en cette Sale et Je resté Seul avec luy pres de trois quarts d’heure ou il me&#13;
71 parla et m’entendit avec patiance et mesme aSsez doucement excepté quelque&#13;
72 chose au Suiet du cas reservé.&#13;
73 Je commencé de luy dire quelque chose ou il prist la parole me disant qu’il&#13;
74 louoit nostre Zele, que nous voudrions destruire les vices Jusque dans la racine&#13;
75 que nous faisions ce que des miSsionnaires doibvent faire, mis qu’il y&#13;
76 avoit bien des chose qu’il falloit tolerer comme on fait ailleurs que nous&#13;
77 voulions porter les choses a une grande perfection. Je luy respondis que&#13;
78 pour ce qui regarde la disposition des Sauvages au regard de la boiSson,&#13;
79 Si elle estoit Semblable a Celle de tous les autres peuples d’Europe il ne&#13;
80&#13;
lettre N. no 48&#13;
3&#13;
81 faudroit pas penser a tenir dautre conduite que celle qui s’observe partout&#13;
82 ailleurs, mais que toutte la difficulté ce cette affaire consistoit a bien&#13;
83 connoistre la difference qu’il y a entre nos Sauvages et les autres peuples&#13;
&#13;
�84 d’Europe au regard de la boiSson.&#13;
85 Sur quoy Je luy dis que l’inclination que les Sauvages ont a s’enyvrer est&#13;
86 beaucoup plus grande que celle des peuples d’Europe : qu’ils ont bien plus&#13;
87 de faibleSse pour y resister : quelle est universelle, que les desordres que les&#13;
88 Sauvages commettent Sont bien plus grands, ce que Je luy prouvé de cette Sorte&#13;
89 Mon Seigneur s’il y a dans une bourgade de la boiSson a la discretion&#13;
90 des sauvages ils s’enyvrent ordinairement tous, vieux Jeunes, grands petits,&#13;
91 femmes et enfans de sorte qu’apeine en reste til qu’elquun qui ne s’enyvre :&#13;
92 que Sil y a de la boiSson pour deux Jours L’yvrongnerie durera deux Jours;&#13;
93 S’il y en a pour une Septmaine elle durera une Septmaine, sil y en a&#13;
94 pour un mois elle durera un mois. Que nous ne voyons pas que parmy&#13;
95 les peuples d’Europe toutte une ville s’enyvre, ny que cela dure les semaines&#13;
96 et les mois et que les peuples d’Europe estant civilisez ne commettoient pas&#13;
97 tant de desordre ny Si grands que les sauvages qui estant barbares faisoient&#13;
98 dans l’yvreSse tous les desordres dont un barbare est capable en cet estat que&#13;
99 ce qu’on avoit exposé au six profeSseurs de Sorbonne estoit dans la verité.&#13;
100 a quoy il repartit que nous exagerions les choses qu’il s’estoit informé des&#13;
101 personnes qui avoient eu habitude en canada qui ne le disoient par dela sorte&#13;
102 Je luy dit que touttes les personnes qui n’estoient pas intereSsées luy rendroient&#13;
103 le mesme tesmoignage que Je faisois : Je n’entend pas dit il ce que cela veut&#13;
104 dire des personnes intereSsée : c’est a dire monseigneur des personnes&#13;
105 qui veulent avoir du castor des sauvages par le moyen de la boiSson&#13;
106 Sans se mettre en peine des desordre qu’ils causent par ce moyen et sans&#13;
107 avoir égard a leur Salut ny a celuy des sauvages.&#13;
108&#13;
Jl me dit la deSsus qu’il s’en estoit informé de m.r Talon qui ne&#13;
109 disoit pas cela que ce n’estoit pas un homme intereSsé Je luy dits que&#13;
110 m.r Tallon estoit cause de la peine dans la quelle nous nous trouvions&#13;
111 presentement dautant qu’un Jour estant prest de mettre le pied dans&#13;
112 Le vaiSseau pour paSser en france il fit lever touttes les peine et les&#13;
113 ordonnance des quelles la iustice et ceux qui avoient eu l’authorité en main&#13;
114 S’estoient Servis pour reprimer les desordres qui estoient causées par la&#13;
115 trop grande quantité de boiSson que l’on bailloit aux Sauvages et&#13;
116 que l’espace de trente ans on s’y estoit tousiours opposé par les&#13;
117 ordonnances les peines et amendes &amp;c. que s’il vouloit en faire&#13;
118 informer sur le lieu, les personnes qui ne seroient pas intereSsées&#13;
119 luy rendroient le mesme tesmoignage que Je faisois il me dit qu’il&#13;
120 y avoit desia donné ordre et en effect J’avois sceu qu’il avoit fait&#13;
121 disposer touttes Ses consultations et memoires pour envoyer a m.r du chesneau&#13;
122 Je luy dis qu’on pouvoit aisement garder la moderation dans la traitte&#13;
123 des boiSsons dautant qu’il en avoit desia osté le principal empeschement&#13;
4&#13;
&#13;
124 par l’arrest qui deffend les congez d’aller dans les bois et que la traitte&#13;
125 se faisant dans les habitations tout se paSseroit a la veüe et a la&#13;
126 connoisSsance du public et qu’ainsy il seroit facile de reconnoistre les&#13;
&#13;
�127 desordres et d’y apporter Le remede.&#13;
128 Mais comment dont faire le commerce avec les Sauvages dit m. C.&#13;
129 Jl fault monseigneur leur bailler des marchandises et de la boiSson avec&#13;
130 moderation. qu’elle est cette moderation ? c’est a dire qu’il leur en fault&#13;
131 donner en telle quantité qu’il n’y en ayt pas pour les enyvrer, que veut&#13;
132 dire cela : comment peut on le faire ? on le peut faire M. comme les&#13;
133 fermiers du Roy le font faire a TadouSsac il y a plus de vingt ans :&#13;
134 on donne par exemple une pinte de vin a un Sauvage et s’il en veut&#13;
135 davantage on le remet a un autre temps et ainsy on garde la modera’on&#13;
136 neceSsaire, et on ne gaste point le commerce s’il vous plaist dordonner&#13;
137 qu’il n’en soit pas donné en quantité Suffisante pour enyvrer les&#13;
138 Sauvages et commander au conseil d’y tenir la main vous aurez la&#13;
139 satisfaction de veoir la chose observée dans tous les autres lieux auSsy bien&#13;
140 qu’a TasouSsac. m. C. ouy mais comment faire le commerce avec un&#13;
141 sauvage qui apportera au lieu de la traitte cinquante castors et qui&#13;
142 voudra pour payement la moitié en marchandise et la moitié en&#13;
143 boiSson pour emporter a Son village et payer ceux qui luy ont baillé&#13;
144 du Castor qui veullent de la boiSson. Je luy dis que c’estoit le transport&#13;
145 des boiSsons qui causoit Les plus grands desordres, qu’il falloit acoutumer&#13;
146 les sauvages Jrocquois a prendre des marchandises et de la boiSson&#13;
147 moderement comme les sauvages de TadouSsac et que Souvent ils ont&#13;
148 tesmoigné apres s’estre enyvréz et avoir tout consommé en boiSson qu’ils&#13;
149 Souhaiteroient qu’on ne leur en baillast pas en quantité pour senyvrer&#13;
150 qu’ils aimeroient bien mieux emporter les hardes qui leur sont neceSsaires&#13;
151 mais que quand on leur baille une telle quantité de boiSson qu’ils ne&#13;
152 scauroient s’empescher de s’enyvrer. il y a mesme eu des Sauvages qui ont&#13;
153 presenté requeste aux gouverneurs pour qu’on ne leur traittast pas une&#13;
154 telle quantité de boiSson qui les enyvrast.&#13;
155&#13;
M. C. mais quoy ils porteront leurs Castors aux Hollandois. Cela n’est&#13;
156 pas a craindre de la plus part de nos sauvages, il n’y a que les Jroquois&#13;
157 qui pourroient y aller et ceux de Sonnontouan qui sont a quatre vingt&#13;
158 lieüe de la nouvelle Hollande n’iront pas chercher de la boiSson et porter&#13;
159 leurs Castors si loin, pourveu que nous leur portions avec la barque&#13;
160 des marchandises et de la boiSson avec moderation comme on a fait&#13;
161 depuis deux ans, et quand il y en auroit quelqu’un qui Seroit si&#13;
162 paSsionné pour la boiSson qu’il y allast pour cet effect cela ira a tres&#13;
163 peu de chose et les francois n’en feront pas cinq cens castors moins&#13;
164 chaque année pour garder la moderation neceSsaire pour le Christiamism[e]&#13;
165 et le bien de la colonie ce qui est tres peu de chose pour causer tant&#13;
166 de desordres.&#13;
167 m.C. Mais Si un Sauvage emporte un baril d’eau de vie il n’y en 5&#13;
168 aura pas pour enyvrer un village. Jl est vray Mon seigneur mais il&#13;
169 arrivera que le sauvage boira avec Sa bande tout le baril sans le&#13;
&#13;
�170 porter au village et s’il l’y porte les sauvages qui ne boivent que&#13;
171 pour s’enyvrer en prendront en telle quantité qu’il y en ayt pour&#13;
172 S’enyvrer car ils sont tellement paSsionnés pour s’enyvrer que si on leur&#13;
173 baille une bouteille a six ou sept qui ne Seroit pas capable de les&#13;
174 enyvrer tous, ils l’abandonnent a deux ou trois afin qu’ils se&#13;
175 puiSsent enyvrer, et les autres s’en privent.&#13;
176&#13;
M. C. Pour quoy faire un cas reservé de cela ? en use t’on demesme&#13;
177 en france et ailleurs ? Les Bretons s’enyvrent ils pas ? Les Allemans ? &amp;c ?&#13;
178 C’est m. pour la raison que Je vous dis que nos Sauvages sont dans&#13;
179 une disposition au regard de la boiSson qui est toutte autre que&#13;
180 celle des peuples d’Europe. C’est une chose bien Sensible a un Evesque&#13;
181 de veoir perir son Eglise entre ses mains par un semblable desordre&#13;
182 et n’y pas aporter x tous les remedes qui peuvent Servir a l’empescher&#13;
183 M. C. le Christianisme a il pery depuis douse ans que le Roy a&#13;
184 pris le Soin du pays, Je repondis qu’on avoit tousiours tasché par les&#13;
185 ordonnances les peines et amendes d’empescher les excez et que dans les&#13;
186 lieux ou on a abandonné la boiSson aux Sauvages le Christianisme&#13;
187 y a beaucoup Souffert l’on a mesme esté contraint a lacadie d’abandonner&#13;
188 par deux ou trois fois des eglises de Sauvages dautant qu’il n’y avoit&#13;
189 point de Juge n’y de personne en authorité pour reprimer ces desordres.&#13;
190 Je ne repeté point touttes les raisons et desordres qui sont marquées&#13;
191 dans l’exposé de la resolution de Sorbonne Je dis Seulement qu’on avoit&#13;
192 exposé la verité des choses comme elle est, sur quoy il repartit que&#13;
193 nous exaggerions, qu’il ne falloit pas faire un cas reservé de cela,&#13;
194 que si m.r l’Evesque excommunioit pour cela qu’on en appelleroit&#13;
195 comme d’abus, qu’il manderoit au Conseil d’y tenir la main et que&#13;
196 Je vous le mandaSse et que Je m’informaSse si on en usoit de la sorte&#13;
197 en françe, que les Evesques ne faisoient pas cela, que si on le faisoit&#13;
198 on trouveroit tousiours l’authorité Royale qui s’y opposeroit &amp;c. Je luy&#13;
199 dis qu’il n’y avoit pas d’Evesque n’y de clergé plus Sousmis aux volontez&#13;
200 du Roy qu’en Canada, a quoy il me dit qu’il n’en doutoit pas, mais&#13;
201 que nous voulions porter les choses a une plus grande perfection&#13;
202 qu’en france, et Je luy respondis que si les Evesques de frances estoient&#13;
203 en Canada ils en useroient de la mesme maniere, et tout autrement&#13;
204 qu’en france, la chose estant si differente. Jl me dit qu’il voyait bien&#13;
205 qu’il ne pouvoit pas me convaincre sur ce Suiect la, car il s’estoit&#13;
206 disposé et avoit resolu de me convaincre s’il pouvoit aisy qu’il&#13;
207 l’avoit dit et que Je l’avois sceu.&#13;
208&#13;
Je luy demandé ensuite s’il auroit agreable que Je luy partaSse&#13;
209 Sur les autres articles que Je luy avois presentés dans mes memoires.&#13;
210 il dit qu’ouy.&#13;
6&#13;
Des huguenots.&#13;
&#13;
211 Je commencé par celuy des huguenots et luy dis qu’il estoit important que&#13;
212 les huguenots ne s’establiSsent et n’hyvernaSsent pas en canada dautant que&#13;
&#13;
�hommes mariés&#13;
&#13;
Des bulles.&#13;
&#13;
des cures amovibles&#13;
&#13;
Subsistence des Ptres&#13;
&#13;
213 nous sommes posés entre trois colonies d’anglois et que s’il arrivoit quelq’&#13;
214 guerre les huguenots ne manqueroient pas de se renger de leur party :&#13;
215 qu’il n’estoit pas apropos de faire un meslange de huguenots avec les&#13;
216 catholique dans un lieu si eloigné, que l’edit du Roy portoit qu’ils ne&#13;
217 s’y establiroient point il repartit qu’on n’y avoit pas encor donné&#13;
218 atteinte, qu’on ne Le fairoit pas. mais comme Je scavois qu’il étoit&#13;
219 resolu de permettre aux marchands d’hyverner Je luy dis que s’il&#13;
220 arrivoit que quelque marchand fut contrainct par quelque neceSsité&#13;
221 preSsante d’yverner en canada qu’il fust obligé de representer ses&#13;
222 raisons a l’intendant qui les examineroit le quel s’il les trouvoit Justes&#13;
223 luy permettroit pour une année seulement et sans consequence ce&#13;
224 qu’il tesmoigna approuver.&#13;
225 Que l’intendant tint la main a ce que les ho’es mariés et qui ont&#13;
226 leurs femmes en france qu’ils y abandonnent les fiSsent venir ou les&#13;
227 allaSsent querir que cela estoit de consequence pour le bien et le bon&#13;
228 ordre de la colonie : il dist que cela estoit raisonnable.&#13;
229 Qu’ilxx estoit vray que l’evesché de Quebec relevoit immediatemen.t&#13;
230 du st Siege, mais que vous aviez tousiours tesmoigné qu’il releveroit&#13;
231 de tel archevesche de france qu’il plairoit au Roy et que dez il y a&#13;
232 plus de dix ans M. de Roüen vous ayant dit qu’il demanderoit&#13;
233 qu’il relevast de son archevesché que vous luy aviez dit que vous en&#13;
234 estiez content si le Roy le vouloit agreer. il dit que c’estoit une&#13;
235 chose contre les droits du Royaume de le faire relever immediatement&#13;
236 du st Siege que le Roy ne le Soufriroit pas qu’il donneroit des&#13;
237 lettres de declaration sur vos bulles, qu’il faudroit les faire registrer&#13;
238 au parlement, qu’il les donneroit en la forme qu’il faudroit, Je luy ay&#13;
239 dit que vous les recevriez en telle maniere que le Roy voudroit les&#13;
240 faire expedier. et comme Je scavois qu’on estoit resolu de Le faire&#13;
241 relever de Paris, Je l’ay demandé a m. C. afin que l’on se conforme&#13;
242 dans la conduite ecclesiastique a la coustume et a l’usage de Paris&#13;
243 comme on fait pour la conduite civile M. de St JoSse en a parlé&#13;
244 a M. de Paris, cela donnera lieu a l’archevesque de Paris de&#13;
245 proteger l’eglise du canada.&#13;
246 Jl me dit que nous voulions faire des cures amovibles que&#13;
247 cela estoit contre les droits du Royaume. Je luy repondis que lors q’&#13;
248 Les paroiSses seroient en estat on establiroit des cures fixes, que&#13;
249 neant moins il y en avoit en des Eveschés du Royaume qui estoient&#13;
250 amovibles; il parut Satisfait de ce que Je luy dis qu’on en établiroit&#13;
251 de fixes. Je vois bien que l’on ne souffrira pas acunne chose qui&#13;
252 ne soit conforme a l’usage le plus commun de la françe et le&#13;
253 plus favorable a la politique.&#13;
254 Je luy parlé enfin de la Subsistence des Ptres qui deservent la&#13;
255 colonie et du dix pour cent, il me dit que Le Roy vous avoit donné&#13;
&#13;
�des congez&#13;
&#13;
remarque&#13;
&#13;
une remontrance&#13;
au Roy&#13;
&#13;
256&#13;
lettre N. no 48&#13;
7&#13;
257 deux abbayes, Je luy répondis qu’elles estoient en tel estat que vous n’en&#13;
258 tiriez pas du revenu pour vostre propre Subsistence et de deux ou trois Ptres&#13;
259 avec vous sur quoy il me dit que pour ces deux articles la Je luy donnaSse&#13;
260 un memoire qu’il y auroit esgard. Je luy dis Sur lheure avant qu’il m’eust&#13;
261 fait cette response que le dix pour cent estoit une imposition que les habitans&#13;
262 s’estoient volontairment imposée pour satisfaire a certaines debtes qu’ils avoient&#13;
263 contractées dont le Seminaire n’estoit pas susceptible et que comme c’estoient des&#13;
264 communautes qui s’estoient consacrés les premieres pour cette colonie qui ne&#13;
265 Subsistoient que par la bonté que le Roy avoit pour elles on esperoit&#13;
266 qu’il leur accorderoit cette grace et les exempteroit de payer cette entrée.&#13;
267 voila a peu pres ce qui s’est paSsé dans l’entretien que J’eus avec m. C.&#13;
268 Je donné le memoire sur la Subsistence de Ptres et le dix pour cent.&#13;
269 J’yray demain a sceaux pour en scavoir la reponse&#13;
270&#13;
J’oubliois l’article des congés, sur quoy il me dit que pour aller dans&#13;
271 Les miSsions il n’en faudroit pas prendre mais que pour paSser en françe&#13;
272 il falloit que le gouverneur le sceust. Je luy dit que pour paSser de la&#13;
273 nouvelle france en l’ancienne on ne Sortoit pas des terres de l’obeiSsance&#13;
274 du Roy et que l’on ne manquoit Jamais d’aller veoir m.r Le gouverneur&#13;
275 avant que de partir, Je luy ay representé dans mon memoire que cela&#13;
276 empescheroit beaucoup decclesiastiques d’aller en canada s’achant qu’ils&#13;
277 n’auroient pas la liberté de revenir quand ils voudroient, et qu’il faudroit&#13;
278 prendre des congez qu’on leur refuseroit quand on voudroit. Je prié&#13;
279 M de Bellinzany de luy faire connoistre la consequence de cet article&#13;
280 et que si M. l’Evesque avoit besoin d’envoyer un ecclesiastique en france&#13;
281 pour les affaires de son eglise cela seroit bien rude qu’un gouverneur&#13;
282 l’empeschast Je ne scay pas encor ce qui sera reglé la deSsus.&#13;
283 Jl fault remarquer que quoy que m. Colbert ayt paru soustenir et pancher&#13;
284 davantage a permettre la traitte des boiSsons qu’a la defendre, il a deub&#13;
285 en user de la sorte ayant a parler a moy qui demandois le contraire.&#13;
286 ainsy si on peut par l’information qui sera faite luy faire connoistre&#13;
287 la verité Je ne croy pas qu’il la permettre car on remarque par Sa&#13;
288 conduite que lors qu’on luy fait connoistre la verité et la Justice il la rend.&#13;
289 Je vois qu’il seroit a propos que vous fiSsiez une remontrance au Roy&#13;
290 qui feroit veoir nettement et Sans exaggeration l’estat de la chose&#13;
291 conformement l’exposé En la resolution de Sorbone qui Coteroit en&#13;
292 particulier les desordres qui sont arrivés dans tout le paSsé, qui feroit&#13;
293 mention de tous les arrests, ordonnances, amendes, chastimens et autres&#13;
294 moyens dont la Justice et ceux qui ont eu authorité se sont Servis pour&#13;
295 reprimer les desordres que la trop grande quantité de boiSson donnée aux&#13;
296 Sauvages a causés, il fault citer les faits et les circonstances en particulier&#13;
297 car les termes generaux ne prouvent rien, il ne fault pas obmettre que&#13;
298 l’on a esté contrainct d’abandonner les eglises de l’acadie a causes des excez&#13;
&#13;
�8&#13;
&#13;
Jntention du Roy&#13;
establiSsant la Colonie.&#13;
&#13;
reglement des boiSsons&#13;
remis a l’année prochaine&#13;
&#13;
response des advocats&#13;
&#13;
arrest des Congez&#13;
&#13;
Eviter l’exco’ica’on&#13;
&#13;
299 de boiSson et autres semblables, il fault citer les articles de baston et nous&#13;
300 envoyer l’imprimé prendre le tesmoignage des personnes dignes de foy sur&#13;
301 les faits qu’on advancera marquer qu’on peut traitter des boiSsons avec&#13;
302 moderation comme on fait a TadouSsac et ailleurs envoyer copie des&#13;
303 arrests et ordonnances les plus considerables, citer les requestes des Sauvages&#13;
304 En un mot ne rien obmettre de ce qui peut efficacement faire connoistre&#13;
305 La verité ne pas dire chose contraire a l’information Juridique de m.r&#13;
306 Du chesneau a moins que de la bien prouver.&#13;
307&#13;
Jl faut commencer cette remontrance faisant veoir que la premiere et&#13;
308 la principale intention du Roy dans l’establiSsement de cette colonie a esté&#13;
309 de procurer a ces pauvres peuples infidelles la connoiSsance du vray Dieu&#13;
310 et les moyens de leur Salut, de les instruire et les maintenir dans&#13;
311 l’exercice du Christianisme, rien de plus glorieux a sa majesté n’y plus&#13;
312 capable d’attirer sur Sa personne sacrée et sur son royaume les benedictions&#13;
313 du ciel &amp;c. Je dis cecy seulement pour exemple car on le mettra beaucoup&#13;
314 mieux.&#13;
315 vous voyez par ce recit que m. C. na point voulu regler icy la chose,&#13;
316 il a fait des consultations et dreSser des memoires et envoyé le tout a M.&#13;
317 du chesneau pour informer sur les lieux si le fait est comme nous l’avons&#13;
318 exposé. MonSieur Talon est dans le mesme esprit qu’il estoit pour la trait[te]&#13;
319 et a parlé a M. Colbert qui la consulté la deSsus conformement a ses&#13;
320 anciennes impreSsions il rendu en cela un mauvais service a l’eglise du&#13;
321 canada Jay sceu qu’il n’en avoit pas parlé comme il devoit outre ce que&#13;
322 M. Colbert m’en avoit dit. Monsieur de la Chesnaye au contraire a dit&#13;
323 la verité fort nettement et efficacement a M. de Bellinzany qui en a&#13;
324 fait le raport a m. C. Le quel comme Je crois ayant pris icy touttes les&#13;
325 connoiSsances et receu l’information de m. du Chesnau L’information il reglera&#13;
326 la chose l’année prochaine ainsy le Succez de cette affaire depend grandemnt&#13;
327 du raport que fera m.r du Chesneau dans son information, J’espere qu’il&#13;
328 rendra iustice et fera connoistre la verité; Je ne doute point que M&#13;
329 de f. et les personnes intereSsée ne façent tout ce qu’elles pourront pou[r]&#13;
330 faire dire et croire le contraire.&#13;
331 Les advocats consultés ont conclud en faveur de la politique qu’il&#13;
332 fault bailler des boiSsons aux Sauvages, mais il ne s’en fault pas étonner&#13;
333 car ils en iugent entierement comme des peuples d’Europe ne faisant de&#13;
334 distinction des uns avec les autres, Jl fault s’il vous plaist envoyer&#13;
335 les affaires touttes dreSsées car icy on ne scaura pas les Choses.&#13;
336 M. de f. a fait tout ce qu’il a pû pour faire rompre l’arrest qui&#13;
337 deffend les congez. l’on a incité diverses personnes a demander des&#13;
338 congez a m. Colbert pour aller aux outaoauak et ailleurs le Sieur le&#13;
339 Barrois faisoit ces sortes de placets : mais avec tout cela l’on na rien&#13;
340 pû obtenir les fermiers n’avoient garde de le Souffrir.&#13;
341 Je pense qu’il seroit bon deviter encor cette année autant que l’on pourra d’en&#13;
342 venir a l’excommunication au regard des traitteurs Jusq’ a ce que l’informa’o[n] soit&#13;
&#13;
�343 faite et la chose reglée pour ne pas irriter M. C. car ce point est un de ceux ou i[l]&#13;
344 ma paru le plus arresté et a preSser qu’on levast le cas reservé.&#13;
Lettre N. no. 482&#13;
&#13;
Papiers de l’abbaye st&#13;
Paul envoyés&#13;
&#13;
De l’abbaye st Paul&#13;
&#13;
Goudronnerie&#13;
&#13;
St aubin&#13;
&#13;
345&#13;
9&#13;
346 lors que l’on auras dreSsé cette remontrance a quebec il nous la fault envoyer par&#13;
347 les premiers vaiSseaux afin que s’il y a encor quelq’ chose a faire que l’on prie&#13;
348 quelqu’un des peres du College de Clermont d’y travailler et si on voit que le Roy&#13;
349 l’agrée on la pourra faire imprimer pour Justifier au public la conduite de&#13;
350 l’eglise et oster les fauSses impreSsions que la Calomnie produict tous les Jours&#13;
351 et faire veoir qu’il n’est pas vray qu’il n’y ayt point de Chrestiens&#13;
352 parmy les Sauvages comme on le publie en france et mesme en Canada&#13;
353 on pourroit Joindre a cette piece la decision de Sorbone.&#13;
354 Je vous envoye les papiers qui concernent les terres de l’abbaye st&#13;
355 Paul et nommement un eclairciSsement sur la requeste de x pitouin que Je&#13;
356 presenté icy, Je garde les deux principales ordonnances dont Je vous&#13;
357 envoye copie en cas qu’il y eust encor quelq’ chose a faire l’année&#13;
358 prochaine sur cette affaire. vous trouverez ces papiers dans un petit pacquet&#13;
359 n.o 5 envoyé de Paris&#13;
360 L’affaire de l’abbaye st Paul est comme Je crois renvoyée au Conseil&#13;
361 M. de Bellinzany ma dit neant moins qu’il ne croyoit qu’on touchast a&#13;
362 l’ordonnance de M. L’intendant et qu’on donne a xx Pitouin le renvoy&#13;
363 qu’il demande tout son fondement est que la riviere du gouffre n’est&#13;
364 pas la riviere de l’abbaye st Paul. Jay repondu a sa requeste quoyque&#13;
365 Je ne l’aye pas veue mais Seulement son placet Je vous envoye les réponses&#13;
366 Jl a publié par tout que vous aviez fait faire un faux contract par&#13;
367 Becquet disant que la chose n’estoit pas dans le contract de ratification&#13;
368 comme dans le contract primitif a cause de l’explication, Jay expliqué&#13;
369 la chose a m.r de Bellinzany et meme a Pitouin qui ne Souffre aucune&#13;
370 difficulté. si la chose va au conseil il fault produire le livre de&#13;
371 Champlain et si vous ne l’aviez pas il fault demander aux Jesuites un&#13;
372 livre in folio ou la chose se trouve et qui cite Champlain.&#13;
373 Ce qui donnera plus de peine est la goudronnerie que m. C. a dit qu’il&#13;
374 fault faire valloir co’e Je lay veu escrit de sa main a la marge d’un&#13;
375 extrait, si on le fait ce Sera de la depense, si on ne le fait pas on en&#13;
376 prendra occasion de crier. Je remarqué au discours de Pitouin qu’il&#13;
377 voudroit bien qu’on s’accomodast avec luy et en tirer une Somme&#13;
378 comme a fait st aubin mais il en fault demeurer a ce qui est reglé.&#13;
379 Je vous envoye les papiers qui vous pourront Servir Sur ce Suiet.&#13;
380 St aubin a fait icy ou plustost le s.r Barrois luy a fait trois placets&#13;
381 Le premier estoit tout afait outrageux contre vous et m l’intendant&#13;
382 il a esté empesché de le presenter par m Daulier (qu’il ne fault pas&#13;
383 nommer) le second n’estoit pas si mauvais particulierement au&#13;
384 regard de m.r l’intendant, Jay fait une réponse par escrit a ses&#13;
385 calomnies mais m de Bellinzany me dit que ce n’estoit pas la peine de&#13;
&#13;
�386 s’arrester a refuter un homme de cette Sorte et Je crois bien qu’on n’aura&#13;
387 pas pris la peine de lire ma réponse. Lorsq’ st aubin a veu qu’on le&#13;
10&#13;
&#13;
St LuSson&#13;
&#13;
M. de Chamblis&#13;
&#13;
M.r Morand pour&#13;
l’abbaye de l’estrée&#13;
&#13;
388 r’envoyoit a Quebec pour la terre de la heüe qu’il demandoit, il afait&#13;
389 un troisieme placet seulement pour me le faire veoir et se Justifier&#13;
390 disant qu’il n’avoit rien dit contre vous et m. l’intendant car il ne&#13;
391 scavoit pas que J’avois veu les deux autres.&#13;
392 M.De Bellinzany ma dit qu’on estoit tres mecontent de ce qu’on&#13;
393 laiSsoit venir de france des personnes crier et importuner la Cour&#13;
394 que le Roy envoyoit un gouverneur et un intendant et qu’il avoit&#13;
395 estably un conseil pour terminer Les affaires sur Le pays ou L’on en&#13;
396 pouvoit avoir la connoiSsance et non pas a Paris. Je luy respondis que&#13;
397 c’estoit m. de f. qui avoit envoyé ces sortes de gens expres pour crier et&#13;
398 faire du bruit contre m. l’intendant et Contre vous, qu’on avoit&#13;
399 Sollicité st Aubin de signer un escrit et de Publier les Calomnies qu’il&#13;
400 debitoit a Paris pour dans Ses placets et partout ailleurs qu’il me lavoit&#13;
401 dit des aQuebec et qu’il n’avoit garde de faire une telle action cependant il&#13;
402 la fait a Paris par l’instigation du s.r Barrois.&#13;
403 MonSieur de st LuSson repaSse en canada ne scascant icy de quel&#13;
404 bois faire fleche Je ne vois pas de changement en sa conduite, il dit&#13;
405 qu’il veut vivre autrement qu’il na fait, Je n’ay pu me dispenser de luy&#13;
406 donner un mot de lettre pour vous porter il pretend que m. Bazire luy&#13;
407 donnera quelq’ employ.&#13;
408 M. de Chambis a fait co’e lan paSsé et demandé une somme de&#13;
409 quinze milles livre pour lever des hommes et paSser en Lacadie. M. Colb.&#13;
410 a respondu qu’il n’y a rien a faire pour le presens. Je ne vois pas de&#13;
411 changement en luy, il demande a m. Colbert qu’il le nomme&#13;
412 gouverneur du fort Chamblys et qu’il luy donne seulement son&#13;
413 paSsage et de quelques hommes c’est un pretexte pour retourner en&#13;
414 canada, et Je crois que quand mesme on ne luy accorderoit pas cela,&#13;
415 il repaSsera et Se Joindra a m. de f. co’e auparavant; ce sont des&#13;
416 difficultés qu’on ne peut empescher.&#13;
417 Nous ne pouvons travailler a la SuppreSsion des abbayes Jusq’au retour&#13;
418 du Roy car il fault que ce soit luy qui la demande et façe obtenir par&#13;
419 ses embaSsadeurs. Je crois que nous n’aurons pas d’opposition et de la&#13;
420 part de l’ordre de st Benoist et la proposition que M. morand nous&#13;
421 a faite pour un establiSsement de relligieuses de l’ordre de Cisteaux a l’estrée&#13;
422 faira que nous n’aurons pas de peine non plus dautant que l’ordre y&#13;
423 donnera les mains nous devons y aller avec M. de montigny et m.r de st&#13;
424 JoSse auSsy tost que les affaires du canada seront achevées et m. morand s’y&#13;
425 trouvera, il propose des conditions aSsez raisonnables. nous avons veu le&#13;
426 pere martin qui est prieur de st Denis, et le general a Paris qui nous ont&#13;
427 paru aSsez disposés et si le Roy entreprend la chose elle paSsera bien&#13;
428 plustost et avec plus de facilité.&#13;
&#13;
�Lettre N. 48 2&#13;
&#13;
establiSsement du&#13;
Chapitre&#13;
&#13;
reunion des&#13;
prieurés&#13;
&#13;
Mg.r DHelipolis&#13;
&#13;
Le Cardinal d’Estrée&#13;
&#13;
Le Pere de la Cheze&#13;
&#13;
M.r le nonce&#13;
&#13;
M.r l’abbé de&#13;
rochefort&#13;
Privileges&#13;
&#13;
Jubilé&#13;
&#13;
lettres de m.r&#13;
Pallu.&#13;
&#13;
429&#13;
11&#13;
430 Jl faudra establir le chapitre et nous en envoyer l’establiSsement, Je&#13;
431 travaille a trouver un modele pour vous l’envoyer, il faut auSsy que vous&#13;
432 faSsiez l’union de la cure au seminaire M. Cheron m’avoit promis de me&#13;
433 dreSser le modelle de l’un et de lautre. Jay esté bien des fois chez luy sans&#13;
434 pouvoir l’avoir il est acablé d’affaires et la mort de M. l’archevesque de&#13;
435 Bourges la obligé d’y aller, Je luy ay escrit qu’il me les envoye et n’ay pas&#13;
436 encor eu de response.&#13;
437 Jl n’est point neceSsaire d’aller a Rome pour l’union des prieures non&#13;
438 plus que de la cure M. Cheron m’en a aSsuré et que ce Seroit bien de la&#13;
439 peine et de la depense sans neceSsité.&#13;
440 vous nommerez au Chapitre huict chanoines et les trois premieres&#13;
441 dignites et la suppreSsion estant faire on leur attribuera le revenu des&#13;
442 deux manses monachales et les deux abbatiales demeureront pour la&#13;
443 fondation de l’evesché car si on avoit attribué une des manses abbatiales&#13;
444 au Chapitre il auroit esté difficile que le Roy n’eust pretendu nommer&#13;
445 aux canonicats et dignites mais estant fondé des manses monachales&#13;
446 c’est a l’evesque, cette portion estant purement ecclesiastique.&#13;
447 Est allé despagne droit a Rome sans paSser par Paris il nous aydera et&#13;
448 si M Pallu revient Je crois que m.r Gazil ira ou un autre du Seminaire&#13;
449 qui prendra Soin avec le correspondant de m le mere de poursuivre nos SupreSsions&#13;
450 Monseigneur le C. d’Estrée Retournera auSsy a Rome ou nous ferons en&#13;
451 sorte que le Roy le charge de l’execution de cette affaire ce qui nous aydera&#13;
452 beaucoup&#13;
453 Le Pere de la Cheze ma tesmoigné auSsy affection et il agira aupres du Roy&#13;
454 nous veoirrons s’il y a lieu qu’il nous obtienne quelq’ chose car Je luy ay&#13;
455 fait connoistre le peu de revenu de vos abbayes.&#13;
456 vous escrirez au Pape et au Cardinal Cibo et a Monsieur le Nonce au&#13;
457 qu’el vous tesmoignerez vos reconnoiSsances de la protection qu’il Nous donne&#13;
458 pour vos affaires car nous agirons a Rome par son moyen il a de la&#13;
459 consideration pour le seminaire des miSsions estrangeres.&#13;
460&#13;
Escrivez auSsy a M. Labbé de Rochefort et luy mander que la reunion&#13;
461 de son prieuré est faitte au seminaire car il ne le scavoit pas lorsque Je&#13;
462 paSsé a meaubec.&#13;
463 Je vous ay envoyé vos privileges par une autre voye, s’il en arrivoit&#13;
464 faute ils sont conformes aux precedens dont vous pourrez continuer de&#13;
465 vous Servir.&#13;
466 Je vous ay semblablement envoyé le Jubilé par deux voyes, il y en&#13;
467 a une bulle attestée de M. le nonce si elle se trouvoit perdue servez&#13;
468 vous de celle qui est dans le Jubilé de Paris que Je vous ay envoyé.&#13;
469 Je vous ay envoyé les letres de m.r Pallu dont Jay gardé copie, nais Je&#13;
470 ne pense pas que touttes les difficultés qu’il marque nous donnent beaucoup&#13;
471 de peine le Roy entreprend la Chose.&#13;
&#13;
�Jnformation sur la&#13;
neceSsité d’un chapitre&#13;
et qu’il Soit pourveu&#13;
a Sa Subsistence.&#13;
12&#13;
lettres de declara’on&#13;
&#13;
lettres pour le&#13;
Te Deum&#13;
Conte de Lestrée pour&#13;
l’année de regie&#13;
&#13;
M. Dauteuil&#13;
&#13;
Comporté&#13;
&#13;
ratiSsont na rien&#13;
obtenu.&#13;
Jolliet&#13;
&#13;
recollects&#13;
&#13;
472 Jl Seroit bon de faire une information sur la neceSsité d’un Chapitre et qu’il&#13;
473 Soit pourveu a sa subsistence, cela nous pourra Servir a Rome il y fault&#13;
474 exposer les raisons de cette neceSsité y faire signer lintendant les conseillers&#13;
475 et notables du lieu.&#13;
476 vous n’avez point obtenu de lettres de declaration sur vos bulles et elles&#13;
477 Sont absolument neceSsaires il les faudra faire registrer au Parlement de&#13;
478 Paris. M. Colbert ma fort preSsé pour en produire l’enregistrement,&#13;
479 mais apres avoir bien cherché Je me suis Souvenu que vous m’aviez dit&#13;
480 que vous n’aviez que la reception du Serment de fidelité et non pas des&#13;
481 lettres Je demande a M. le premier President qui ma aSsuré que l’on n’en&#13;
482 avoit point reg enregistré au Parlement, ainsy Je dis a m.r du vaubourg&#13;
483 neveu de m. Colbert qui me les demandoit de Sa part qu’il n’y en avoit&#13;
484 point et qu’il fist veoir sur les registres ce qui a fait dire a M. C.&#13;
485 qu’il en faisoit expedier en la forme que le Roy le Souhaite et pour&#13;
486 faire relever l’Evesché de Quebec de L’archevesché de Paris.&#13;
487 on vous escrit cette année pour faire chanter le Te Deum. on l’avoit&#13;
488 fait l’an paSsé aSsurement, mais Je crois que les lettres furent mises&#13;
489 dans les pacquets de M. de frontenac qui ne vous les donna pas.&#13;
490 Je vous envoye copie du conte de l’année de Regie de l’abbaye de l’Estrée&#13;
491 avec un esclairciSsement de m. v’re frere, nous devons examiner ce compte&#13;
492 avec luy a l’estrée, nous n’avons pas pû le faire Jusque a present. nous&#13;
493 tascherons de faire le moins qu’il Se pourra de depence aux reparations. Jusq’&#13;
494 a ce que nous ayons veu si nous nous en accommoderons avec quelque&#13;
495 monastere de relligieuses car pour les Relligieux il n’y a rien a faire d’autant&#13;
496 qu’ils n’ont pas le moyen de payer que du revenu de labbaye ce qu’ils ne&#13;
497 pourraient faire en vivre deSsus. Je vous ay marqué dans mes precedentes que&#13;
498 Je trouvé la Chose reglée avec M. Bertelot touchant l’estrée et qu’il continue&#13;
499 Le traitté que vous aviez avec luy au moyen de la deduction des cinq&#13;
500 cents livres du prix que vous estiez convenu.&#13;
501 M. de f. avoit fortement Sollicité pour faire donner la Charge de&#13;
502 M. Dauteuil au ChaSseur M. de Bellinzany dit a son fils en ma presence&#13;
503 que l’on avoit envoyé des provisions en blanc pour créer un Subsitut&#13;
504 en cas que son pere devint entierement aveugle Jusq’ a ce qu’il fust en&#13;
505 aage et en estat de PoSseder cette Charge.&#13;
506 M. de Comporté est grand Prevost a 500# d’appointement, un&#13;
507 lieutenant 200# et six archers a 60# chacun, il doit la Chose a M.r de la&#13;
508 Chesnaye car M. de frontenac avoit agi puiSsâment pour m.r le moyne.&#13;
509 Le S.r RatiSson na rien obtenu et l’on na pas agrée la proposition&#13;
510 de Jolliet daller aux Jllinois faire un establiSsement aux frais du quel&#13;
511 M de la Chesnaye s’offroit de fournir.&#13;
512 L’on m’avoit dit qu’il paSseroit quatre recollects mais cela est reduict a&#13;
513 deux dont le plus petit est un suiect de grace a ce que ma dit la mere&#13;
514 de ste catherine religieuse urseline de st Denis qui vous en escrit Le Pere&#13;
&#13;
�515 Custode revient. Je vous ay desia escrit que le Pere alart et le premier&#13;
516 provincial et tous les recollects estoient Sensiblement touchés de ce que&#13;
517 vous aviez mandé a m.r Colbert touchant le Pere CommisSaire que cela&#13;
518 leur faisoit grand tort, le Pere alart et le frere Luc me deschargerent&#13;
519 Leur ceur la deSsus, J’adoucis les choses autant que Je le pû. ils ont fait&#13;
520 prescher au Couvent de Paris le Pere Eustache pour retablir sa rep[uta]tion&#13;
Lettre N. no. 482&#13;
&#13;
M.r du fort&#13;
&#13;
M.r de Bruslon&#13;
&#13;
M.r Petit&#13;
&#13;
M.r Dupré&#13;
vente de lisle de&#13;
Jesus.&#13;
&#13;
Contract de lisle&#13;
de Jesus.&#13;
&#13;
EstabliSsement des&#13;
urselines a montreal&#13;
&#13;
521&#13;
13&#13;
522 Jl fault autant qu’il se pourra conserver l’union avec eux, Je leurs dis que&#13;
523 vous aviez rescrit au Roy et a M. C. advantageusement du Pere Custode&#13;
524 et des Relligieux qui sont en canada et que le Pere Eustache avoit par sa&#13;
525 mauvaise conduite causé le scandale qui est arrivé Je dis a son Suiet au&#13;
526 Pere alart les choses comme elles estoient et que quoy qu’il eust agi si mal&#13;
527 que nous n’en avions neant moins rien tesmoigné qu’il s’estoit luy mesme&#13;
528 descrié dans le pays. Je vois qu’ils modereront la ferveur qu’ils avoient&#13;
529 de Se vouloir establir en tant de lieux en canada, le frere luc ma dit&#13;
530 que le Sentiment de M. Colbert estoit qu’il falloit bien establir la maison&#13;
531 de Quebec et se contenter de cela qu’ils feroient seulement une residence&#13;
532 a l’isle Persée dont il faisoit le tableau pour l’envoyer par la rochelle.&#13;
533 Jl n’y a rien a esperer pour tirer quelque chose des Parens de m.r du fort&#13;
534 ils ont perdu un procez ou il s’agiSsoit de dix mille escus le mois paSsé&#13;
535 vous connoiSsez leur maniere dagir s’il n’estoit pas propre pour le canada&#13;
536 ce sera un suiet pour qu’il vienne luy mesme y donner ordre.&#13;
537 Nous n’avons pû encor avoir aucune raison de la sœur de M.r de&#13;
538 Bruslon il faudra la plaider et encor aura on bien de la Peine si Je&#13;
539 puis avoir un committimus pour envoyer touttes les causes du seminaire&#13;
540 de Quebec a Paris Je l’auray&#13;
541 Je tascheray de veoir l’estat ou est le bien de M Petit allant en&#13;
542 normandie l’on avoit parlé a M. de st JoSse pour l’achetter mais la&#13;
543 chose en est demeuré la.&#13;
544 L’on tirera quelq’ chose de ce qui deub a m.r Dupré&#13;
545 Jl ma paru que meSsieurs de st Sulpice se sont refroidis au Suiect de l’achat&#13;
546 de l’isle de Jésus elle leur est neant moins tres commode, et ne peuvent&#13;
547 s’estendre que de ce costé la, Je pense qu’ils n’ont pas d’argent pour le&#13;
548 present, c’est ce que me dit M. de Baluze.&#13;
549 Je donné a M. Talon copie du contract qu’il a faict de lisle de Jesus&#13;
550 a M. Bertelot il ma promis qu’il le mettra en estat et me le donnera.&#13;
551 pour ce qui est des deux contracts de la compagnie par les quels elle avoit&#13;
552 esté concédée aux Peres Jesuistes Je ne crois pas qu’on les puiSse retrouver&#13;
553 Je vous ay envoyé la prise de poSseSsion et un extrait de la compagnie qui&#13;
554 leur accordoit que Je trouvé entre les mains du Pere Ragueneau.&#13;
555 Jl ny a rien a esperer pour l’establiSsement des urselines a montreal&#13;
556 il ne S’est trouvé aucun fond et cette relligieuse de Paris qui preSsoit&#13;
557 cette affaire n’y pense plus, elle Tache d’aller aux Jsles ou l’on pense&#13;
&#13;
�La vie dela mere&#13;
de l’incarnation.&#13;
&#13;
Blanc Signés&#13;
&#13;
14&#13;
general des Jesuistes&#13;
&#13;
emboursement de&#13;
18000#&#13;
Castor gras&#13;
&#13;
gouverneur des&#13;
Jsles.&#13;
&#13;
Jansenistes.&#13;
&#13;
M. Bertot&#13;
&#13;
558 d’envoyer des urSulines il y a une dame qui a l’exemple de Madame de la Pelterie&#13;
559 doit donner cinquante milles livres. pour cette fondation&#13;
560 Nous avons leu a table la vie de mere de l’incarnation, si son fils&#13;
561 ne l’avoit pas faite si longue elle seroit beaucoup mieux. cependant il y&#13;
562 a tout plain de tres bonnes choses, c’estoit une ame d’une grande grace et&#13;
563 d’une grande vocation, on fera estat de cette vie nonobstant Sa longueur&#13;
564 Sa lecture fera conceveoir de l’estime pour le canada.&#13;
565 N’oubliez pas s’il vous plaist de nous envoyer des Blancs signez dans&#13;
566 des papiers de diverse grandeur.&#13;
567 La Coustume est de mettre sur les lettres du general des Jesuistes ReverendiSsime&#13;
568 et Sur celles de l’aSsistant admodum reverendo.&#13;
569 Je pense que M.r de la Chesnaye a trouvé moyen de se faire rembourser&#13;
570 des 18000# que l’on vouloit reietter sur les 36000# et qui nous auroit&#13;
571 fait perdre une demie année.&#13;
572 Jl y a arrest pour changer le prix du castor gras et Sec. ceux qui&#13;
573 ont le Castor en derniere main le vendent encor 8# de bon gras&#13;
574 vaudroit encor davantage. lon en a vendu ces Jours pour cinq centz&#13;
575 mille livres&#13;
576 M.r de Bas gouverneur des Jsles est mort : on a nommé en sa place&#13;
577 m. le compte de Blenac que l’on craint x’estre peu propre pour cela.&#13;
578 M. le compte d’estrée a repris Caienne aSsez heureusement, mais dans&#13;
579 l’expedition qu’il a faitte ensuite pour prendre Tabaco quoy qu’il ayt&#13;
580 Bruslé bien des navires des Hollandois il a perdu quatre des nostres et bien&#13;
581 du monde et na pas pris le fort de Tabaco si les hollandois renvoyent&#13;
582 une flotte aux isles elles sont bien exposées et mal fortifiés.&#13;
583 Les Jansenistes Continuent tousiours et le nombre n’en diminue pas. ils&#13;
584 crient contre la morale des Jesuistes ils ont fait un livre contre m. mallet&#13;
585 plein d’outrages et de calomnies ils en font de mesme contre tous ceux qui&#13;
586 S’opposent a eux. Jl court icy des lettres qui font bien du bruit il y en a&#13;
587 une que le Cardinal cibo escrit a m. arnault au nom du Pape ou il luy&#13;
588 donne touttes les loüanges qu’on pourroit donner a un sainct Pere de L’eglise&#13;
589 il y a mesme quelq’ chose qui semble l’excuser en sa doctrine : on dit que&#13;
590 le Roy en ayant tesmoigné du reSsentiment a M. Le nonce, qu’il a&#13;
591 desadvoüé ces lettres et dit qu’elles estoient Subreplices et de vray elles ne&#13;
592 peuvent avoir esté faites et inspirées que par les Jansenistes. il y en a&#13;
593 une autre a M. de grenoble qui le loûe beaucoup de sa vie austere et&#13;
594 reformée et le propose pour exemple aux prelats. M. Le Cardinal d’estrée&#13;
595 a des personnes du party aupres de luy ce Seroit bien du mal si ces gens la&#13;
596 trouvoient de l’appuy Jusque a Rome, l’on aura ecclairciSsement de Rome&#13;
597 sur ce Suiet. latrapre continue dans sa doctrine et Sa reforme ce qui causera&#13;
598 bien du mal a l’ordre de Cisteaux pour la reforme ou il meslent tousiours&#13;
599 de leurs gens quand il s’agit de reforme quelq’ abbaye.&#13;
600 Jaye vous ay mandé que M.r Bertot avoit une Abbaye en Bretagne aSsez&#13;
&#13;
�601 considerable il ma dit les mesmes choses qu’a vous et n’ay pû en rien&#13;
602 tirer Je ne scay si a l’advenir il y aura lieu desperer davantage, J’y&#13;
603 travailleray et a la rente de M. des noies Je voiray en paSsant s’il&#13;
604 y auroit quelq’ resource pour le fond de la rente de M. de montfort,&#13;
605 il ma dit que les urselines pourront bien le prendre, que les urselines ont&#13;
606 donné un amortiSsement pour la Changer de nom et que M. de montfort&#13;
607 est devenu insolvable il tire auSsy cent francs du loyer de l’Hermitage&#13;
608 Ses amys ont peine a comprendre sa conduite il est bien engagé a la&#13;
609 direction des grandes Dames de la court, madame la grande ducheSse&#13;
610 demeure a montmartre qu’il dirige.&#13;
Lettre N. no. 482&#13;
lettres de M. de&#13;
frontenac&#13;
&#13;
Subsistence des miSsionaires&#13;
&#13;
611&#13;
15&#13;
r&#13;
612 M. de frontenac a escrit ce qu’il a coustume de dire a Quebec&#13;
613 contre vous et vostre Clergé et contre M. l’intendant l’on ne ma&#13;
614 point communiqué ses lettres pour y respondre Je crois que c’estoit&#13;
615 a cause qu’elles estoient remplies de Calomnies trop grandes et que cela&#13;
616 auroit obligé a dire bien des choses. l’on en a communiqué quelque&#13;
617 chose a M. Richez dont on renvoye les memoires a m.r du chesneau&#13;
618 il Sera bon que vous les puiSsiez veoir. Madame de frontenac a&#13;
619 puiSsamment Sollicité, et M. le Barrois na pas perdu de temps a&#13;
620 Soustenir les Sentimens de son maistre, ce qui est plus surprenant&#13;
621 c’est que l’on se sert du mensonge co’e de la verité apres que le dit s.r&#13;
622 a fait dire a st aubin tout ce qu’il a debité, il a esté fort fasché de&#13;
623 ce qu’on m’en avoit donné advis de tout ce que le dit s.r st aubin avoit&#13;
624 dit, et que c’estoit, disoit il, pour le perdre.&#13;
625 Lors que M. Colbert me donna audiance il me dit que Je luy presentaSse un&#13;
626 memoire touchant la Subsistence des Ptres que le Seminaire employe a deservir&#13;
627 les paroiSses et ne donna bonne esperance de la maniere qu’il me parla, Je luy&#13;
628 ay presenté mon memoire et lors que Je suis retourné pour en avoir la&#13;
629 reponse et scavoir sa volonté la deSsus, il ma paru fort froid et dit qu’il&#13;
630 ne scavoit que me dire la deSsus et co’e Je luy ay representé qu’il m’avoit dit la&#13;
631 derniere fois que Jeus lhonneur de luy parler qu’il y auroit esgard, il me&#13;
632 repeta qu’il ne pouvoit que me dire la deSsus et se retira : J’avois veu M. de&#13;
633 vaubourg auparavant qui m’avoit aSsez fait connoistre qu’il n’y avoit rien&#13;
634 a esperer; il n’est quasi pas poSsible de tirer aucun argent de M. Colbert, tout&#13;
635 va pour la guerre, Jay fait le rapport a M. de Bellinzany de ce qui&#13;
636 s’estoit paSsé et l’ay prié de veoir si M. Colbert n’auroit pas d’égard a&#13;
637 l’impuiSsance ou estoit le Seminaire de fournir a la Subsistence des&#13;
638 cures si le Roy ne donnoit du fond pour cela, et qu’il n’eust la&#13;
639 mesme bonté qu’il a pour les Jsles co’e la compagnie y estoit obligée.&#13;
640 M. Colbert ma fait demander ensuite les noms en particulier des&#13;
641 ecclesiastiques du Seminaire pour se determiner en dernier lieu, s’il nous&#13;
642 donneroit quelq’ chose a ce que ma dit M. de Bellinzany, qui m’en devoit&#13;
643 raporter la reponce. mais Jay veu a son retour qu’il n’y avoit rien&#13;
&#13;
�644 a esperer pour le present, il ma rendu mon memoire sur le quel M. C.&#13;
645 avoit eScrit de Sa main, neant. Je luy avois donné dans ce dernier memoire&#13;
646 par nota que depuis le Roy vous avoit donné l’abbaye de l’Estrée le&#13;
647 revenu qui nous faisoit Subsister estoit diminué de dix mille livres scavoir de&#13;
648 6000# de la pension que le Roy vous acorde, dont vous n’avez rien&#13;
649 receu depuis cinq ans. deux mille livre retrenchées sur letat de ce que la&#13;
650 compagnie nous faisoit payer. et 2000# par la vente de lisle d’orleans&#13;
651 que vous avez esté contrainct de vendre pour faire un corps de logis&#13;
652 pour loger vos ecclesiastiques que l’on ne pouvoit ou loger : adioutant a&#13;
653 cela que le Seminaire estoit augmenté de plus du tiers en suiets tant&#13;
654 ecclesiastiques, enfans, que domestiques.&#13;
16&#13;
escrire au Roy et a M. C.&#13;
&#13;
M.r de st Sulpice&#13;
&#13;
Du Seminaire de Paris&#13;
&#13;
655 Jl fault que vous escriviez nettement sur ce Suiect au Roy et a M. Colbert&#13;
656 Sans néant moins dire que vous abandonnez la Chose si le Roy n’y pourveoit&#13;
657 car on vous laiSseroit faire et on diroit qu’il y fault employer des recollects et&#13;
658 peut estre meSsieurs de st Sulpice, il fault tousiours faire de n’re mieux et dieu&#13;
659 nous aydera, ne craignez point d’agir ouvertement pour v’re Seminaire car les&#13;
660 distinctions que nous avons voulu apporter n’ont Servi de rien et co’e L’on&#13;
661 prend pretexte de ne rien acorder dites que vous estes prest de remettre les&#13;
662 abbayes s’il plaist au Roy vous donner quelq’ revenu certain pour vous&#13;
663 faire Subsister, v’re chapitre, et v’re Seminaire et Celuy des enfans.&#13;
664 quoy que MeSsieurs de st Sulpice en ayent tres bien usé a n’re Esgard et&#13;
665 qu’ils Souhaittent parfaitement conserver la paix, Je crains neantmoins qu’ils&#13;
666 n’ayent tousiours quelq’ veüe que quelqu’un qui leur soit acquis vous puiSse&#13;
667 Succeder et que par ce moyen ils pourront avoir la principale conduite&#13;
668 de l’eglise du canada dautant plus qu’ils ne font pas grand estat du&#13;
669 Seminaire des miSsions estrangeres et peut estre du n’re et croiront facilement&#13;
670 qu’ils ne Subsisteront pas, cecy n’est qu’une coniecture mais elle n’est pas sans&#13;
671 fondement veu les efforts que l’on a faits pour empescher l’union des deux&#13;
672 Seminaires de Paris et de Quebec, il y a deux ans&#13;
673 Je ne vois pas que l’on puiSse esperer autre chose du Seminaire de Paris&#13;
674 que ce qui s’y fait presentement Jusq’a ce que n’re Seigneur y mettre la&#13;
675 main et qu’il y donne des suiects pour le former et l’establir dans la&#13;
676 perfection. nos meSsieurs ont bien reconnu que les miSsions du levant ne leur&#13;
677 sont pas bien aSsurées, l’affaire qu’ils ont avec le portugal Souffre de&#13;
678 grandes difficultées et la division avec les Jesuistes est difficile a retablir. Je scay&#13;
679 bien que les Evesques pourront bien estre Soustenus a Rome Soubs ce&#13;
680 pontificat qui n’est pas favorable aux Jesuistes, et cela cause de la peine&#13;
681 aux Jesuistes de france contre les evesques et mesme contre le Seminaire&#13;
682 qui se trouvant obligé de Soustenir les evesques ne peut pas qu’il ne façe&#13;
683 peine aux Jesuistes en plusieurs choses : Je leur ay fait remarquer que&#13;
684 l’union du Seminaire de Quebec rendoit stable leur establiSsement et non&#13;
685 pas les seminaires du levant qui ne sont pas permanents non plus que les&#13;
686 vicariats apostoliques d’ou ils dependent. cela me fait croire qu’ils prendront&#13;
&#13;
�Galpy&#13;
&#13;
Lettre N. no. 482&#13;
un homme a la&#13;
Rochelle&#13;
&#13;
M.r Bertelot&#13;
pour 1200#&#13;
&#13;
gratifications.&#13;
&#13;
urselines&#13;
&#13;
Jl ne fault pas que&#13;
Je reste en france&#13;
davantage.&#13;
&#13;
687 a l’advenir les affaires du canada plus a cœur qu’ils n’ont fait, Je ne&#13;
688 scay si J’y paSseray l’hyver car Je vois cela aSser inutile.&#13;
689 L’affaire de Galpy nous donne de la peine et Je ne scay quel en sera le&#13;
690 Succez car vous luy avez signé un billet sans reserve ny sans preiudice&#13;
691 de ce qu’il vous devoit par le compte precedent; il est vray qu’il y a&#13;
692 un autre billet escrit de v’re main et signé Galpy qui fait mention du&#13;
683 restant deub par le dit compte precedent, mais ce billet n’est pas&#13;
694 conforme a l’autre et il y a plusieurs ratures, nous avons consulté&#13;
695 au Jourdhuy M.r Richard ricard et un autre advocat sans pouvoir rien&#13;
696 conclure et si bien=aSsis a referé la chose au Serment de Galpy et&#13;
697 qu’il en ayt Juré en iustice co’e il me semble que bienaSsis m’en a dit&#13;
698 quelq’ chose, il Sera difficile que nous y puiSsions revenir, J’en escris&#13;
699 a Bien aSsis au premier Jour pour travailler a Sortir de cette affaire.&#13;
700&#13;
17&#13;
701 Je ne vois pas Clair pour un homme a la rochelle pour les communautez&#13;
702 Le Pere Ragueneau et le frere st Gilles ne goustent pas que ce soit un&#13;
703 Jesuiste. M. de la Chesnaye a beaucoup d’autres affaires et voudroit&#13;
704 gaigner beaucoup et par neceSsité il faudroit que nos factures faSsent&#13;
705 Sur le pied des leurs d’y mettre un homme en particulier qui Soit&#13;
706 entierement occupé a cela il coustera notablement et il est difficile d’en&#13;
707 trouver. mandez nous vos pensées apres tout il ne fault pas rompre&#13;
708 avec les fermiers qui auront quast tout le commerce nommement dans&#13;
709 les temps fascheux de la guerre.&#13;
710 Mon Sieur Bertelot estant party des le mois de febvrier pour l’armée&#13;
711 Je n’ay pû avoir les 1200# qu’il me devoit fournir pour le Pbtere de&#13;
712 la ste famille non plus que les 300# pour Denys Roberge et 100#&#13;
713 qu’il donne a l’hospital en consideration du s.r friSon.&#13;
714 L’ordonnance de la gratification de l’hospital est de trois milles&#13;
715 livres. scavoir 1000# pour les religieuses : et 2000# pour les pauvres : quoyque les&#13;
716 autres années elle n’estoit que de 2000# en tout, Je ne scay si elle sera&#13;
717 payée sur ce pied.&#13;
718 MeSsieurs de st Sulpice ont auSsy 3000# pour employer aux petits&#13;
719 Sauvages qu’ils eslevent M. Colb. a fait difficulté de delivrer ces sommes au p.&#13;
720 Ragueneau et a M.rs de st Sulpice disant qu’il falloit que cet argent paSsast&#13;
721 par les mains de l’intendant Je croy neant moins que la Chose se payera&#13;
722 a l’ordinaire, il y a neant moins quelque raison qui a fait penser a ce&#13;
723 changement que Je ne scay pas bien.&#13;
724 Les urselines ont 1000# a l’ordinaire.&#13;
725 M.r de fontenac a obtenu diverses sommes d’argent, des arme et des&#13;
726 munitions.&#13;
727 L’on pourra nous escrire qu’il Seroit a propos que Je restaSse encor quelq’&#13;
728 temps en france, mais il n’y fault pas acquiescer dautant que J’auray&#13;
729 fait tout ce que Je puis faire pour nos affaires d’icy a l’année prochaine&#13;
&#13;
�Etoffes de Chasteau&#13;
roux.&#13;
&#13;
18&#13;
Meaubec&#13;
&#13;
M. Gaultier&#13;
&#13;
Evesché de Quebec&#13;
&#13;
hommes mariez&#13;
&#13;
honneurs.&#13;
&#13;
730 tant en france que pour Celles de Rome, ou il Seroit tres inutile que&#13;
731 J’allaSse; M.r dheliopoli y sera et quelqu’un du seminaire avec n’re&#13;
732 banquier outre que le Roy entreprenant la Chose la fera executer par&#13;
733 ses ambaSsadeurs, et il ne seroit pas d’edification que Je restaSse plus&#13;
734 longt temps en france et quand il seroit neceSsaire que Je retournaSse l’année&#13;
735 prochaine, quand mesme il faudroit revenir y estant contrainct par la&#13;
736 neceSsité des affaires.&#13;
737 vous voirez l’estat de L’envoy dans les memoires que J’adreSse a M.&#13;
738 de mezerest, Jay esté obligé de prendre pour 1110# detoffe de bloche&#13;
739 dont le s.r Guillard a repondu, Je ne pouvois autrement avoir payement&#13;
740 de luy.&#13;
741 vous veoirrez aussy par le memoire de ce que Jay receu et de ce que Jay&#13;
742 payé, l’estat de nos affaires, il fault se mesurer, si l’affaire de M.r&#13;
743 Bertelot nous avoit manqué J’estois tout a fait en peine depuis v’re&#13;
744 depart M.r de st JoSse n’a receu que 900# dEve et 400# de M.r de&#13;
745 la Goniviere et Jay receu 400# pour les meSses de madame d’aiguillon.&#13;
746 J’espere aller cet Esté a Meaubec mais Je prevois que Je feray bien peu&#13;
747 de chose, la guerre est cause que l’on ne peut rien tirer, Jl me paroit inutile que&#13;
748 Roger y seroit peu utile et feroit de la depense, J’avois pensé que si Mon s.r&#13;
749 Gaultier oncle de Mon s.r du Plein y vouloit aller demeurer co’e il entend&#13;
750 fort bien les affaires et le mesnage et que d’ailleurs il s’occuperoit a&#13;
751 ayder M.r le Curé dans ses fonctions qui me demande un Ptre, et si M.r&#13;
752 Salé ne l’aydoit il luy en faudroit Jl un et il en auroit en effet besoin mandez&#13;
753 en moy v’re pensée, M.r Gaultier ma paru disposé a ce que l’on voudroit&#13;
754 quoy que Je ne luy aye pas escrit de cecy en particulier. Je Suis Sur le point&#13;
755 auSsy de Consulter les autres procez de meaubec pour veoir ce qu’il&#13;
756 faudra faire.&#13;
757 L’Evesché de Quebec relevera de l’archevesché de Paris, M.r de bellinzany&#13;
758 me la dit ces Jours paSsez.&#13;
759 on escrira a M. l’intendant qu’il n’est pas permis a aucun huguenot&#13;
760 de s’establir en canada conformement a l’edict du Roy et que s’il&#13;
761 arrivoit que quelq’ marchand huguenot fust contrainct d’yverner en&#13;
762 canada pour quelq’ neceSsité preSsante il Sera obligé de representer Ses&#13;
763 raisons a l’intendant le quel s’il les trouve iustes luy permettra&#13;
764 pour une année Seulement et sans consequence c’est tout ce que nous&#13;
765 avons pu obtenir la deSsus et M. Colbert alloit bien plus advant&#13;
766 mais Je luy ay fait veoir l’edict destabliSsement qui deffend expreSsement&#13;
767 qu’aucun huguenot s’y establiSse et luy ay dit la Consequence du&#13;
768 voiSinage des anglois, aux quels les huguenots se Joindroient dans la&#13;
769 premiere guerre que nous pourrions avoir avec eux.&#13;
770 M. C. ma dit qu’il escriroit auSsy a M.r l’intendant de tenir la&#13;
771 main a ce que les hommes mariez qui abandonnent leurs femmes&#13;
772 en france aillent les querir ou les façent venir.&#13;
&#13;
�fermiers du&#13;
Roy.&#13;
&#13;
Castor vendu&#13;
&#13;
Cures amovibles&#13;
&#13;
Du patronnage.&#13;
&#13;
lettres du Roy&#13;
et de M. Colbert&#13;
&#13;
60# a M. daulie&#13;
&#13;
150#&#13;
remises des lots&#13;
et vente&#13;
&#13;
773 M.r de Bellinzany ma dit que M. C. avoit traitté de ridicule&#13;
774 la demande que le conseil faisoit des honneurs et que la Chose&#13;
775 estoit reglée a l’advantage de l’eglise, J’avois demandé qu’il&#13;
776 fust reglé conformement a l’usage de france et que le conseil&#13;
777 ne se trouvast que dans les convocations publiques et generalles.&#13;
778 Les fermiers sont parfaittement Soustenus l’on a changé la&#13;
779 prix du Castor. Je crains que l’on ne vienne a rabaiSser l’argent&#13;
780 en Canada, et si cela est les marchandises seront tousiours en&#13;
781 mesme prix ainsy ce Sera le quart de hauSse tout d’un coup, il y&#13;
782 fault prendre garde que le ConSeil ne le permette pas&#13;
783 M.r fromont a vendu pour cinq cens milles livres de Castor&#13;
784 a quatre des principaux chapeliers de Paris a 8# 8#10S 9#&#13;
785 MeSsieurs d’aulier et Bertelot voyant qu’il y avoit cinq cens&#13;
786 milles livre a rembourcer pour la moitié d’un traitté n’ont voulu&#13;
787 entrer que pour un quart d’autres ont pris lautre quart&#13;
788 Lettre N. no. 482&#13;
19&#13;
789 La cour ne Souffrira que l’on face des cures et canonicats amovibles. M. C.&#13;
790 me dit que cela estoit contre les droits du Royaume, Je luy dis que l’on&#13;
791 feroit des paroiSses fixes lorsque les choses seroient en estat pour cela&#13;
792 il ne fault pas douter que l’on n’oblige de Suivre l’usage le plus usité&#13;
793 dans la france et le plus favorable a la politique.&#13;
794 Je crois qu’e Sil Se presente des personnes qui veulent doter les cures&#13;
795 bastir et entretenir les eglises ou le cœur des Eglises selon qu’il se&#13;
796 practique en france, il faudra leur acorder le droit de patronnage.&#13;
797 M. C. dit que pourveu qu’ils donaSsent cent escus de rente et&#13;
798 bastiSsent l’eglise, il faudroit les admettre, et qu’on luy en avoit rescrit&#13;
799 de canada qu’il rescriroit sur ce pied la, si on pouvoit reduire la&#13;
800 chose a 400# ie pense que cela Joint a la dixme un curé pourra&#13;
801 Subsister facilement, vous en eScrirez a M. C. ce que vous Jugerez&#13;
802 apropos.&#13;
803 Que vos lettres du Roy et de M. C. soient Courtes et ne parlent de&#13;
804 trop de choses, l’affaire des boiSsons et la Subsistence des Ptres que le&#13;
805 seminaire employe a faire les fonctions curiales, il vaudroit mieux faire&#13;
806 un memoire separé des autres affaires que den faire mention dans la lettre&#13;
807 car ils font faire des extraits ou l’on met fort peu de choses et cela&#13;
808 est cause qu’ils ne peuvent estre bien esclairé d’une affaire.&#13;
809 M.r Daulie a Souhaité que Je luy payaSse les 60# qu’il avoit&#13;
810 fournies et qui luy devoient revenir du paSsage d’une fille.&#13;
811 Jay payé auSsy 150# que devoit M. fillan pour un calice et un&#13;
812 Soleil qu’il emporta lors qu’il paSsa en canada.&#13;
813 nous n’avons pu encor avoir les remises pour les terres de l’hospital,&#13;
814 Jay regardé sur les livres de la compagnie, ou Jay bien trouvé celles&#13;
815 des urselines et de beaupré mais non pas celles de l’hospital les quelles&#13;
&#13;
�M. Guenet&#13;
&#13;
816 aSsurement n’ont pas esté expediées du temps de la compagnie quoy quelle&#13;
817 euSsent esté promises.&#13;
818 M. Guenet est payé de ce qui luy estoit deub de vieux scavoir&#13;
819 La so’e de 4739# 19S dont Le P. Ragueneau a payé 1739# 19S&#13;
820 et moy 3000# on luy doit l’envoy de cette année vous voirez par la&#13;
821 facture a quoy il se monte quj Se monte a pres de 1750.#&#13;
822 Je vous escriray encorre ce quj Se payera &amp; vous&#13;
823 envoyeray le modele de lunion de la cure de Quebec&#13;
824 au seminaire et de lerection du chapitre que&#13;
825 iatends de Monsieur cheron au premier ordinaire&#13;
826 Je vous demande S’il vous plaiSt la continuation de&#13;
827 votre souvenir aupres de Nostre Seigneur &amp;c&#13;
828 suis avec reSpect&#13;
829&#13;
Mon seigneur&#13;
Votre tres humble &amp; tres&#13;
830&#13;
obeiSsant serviteur&#13;
831&#13;
JDD&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 1677)&#13;
&#13;
Sur ce que&#13;
M. Colbert me&#13;
dit la première&#13;
fois que je lui&#13;
parlai de la&#13;
modération&#13;
qu’il fallait&#13;
observer dans la&#13;
traite des&#13;
boissons&#13;
&#13;
M. Colbert1 étant sur le point de régler toutes choses et peu disposé à&#13;
avoir égard à tout ce que je lui ai représenté, nommément pour la traite&#13;
des boissons, à laquelle il penchait fort, je me suis présenté à lui à&#13;
l’audience publique, par l’avis de nos amis, et lui ai dit que je le&#13;
suppliais d’avoir égard à ce que je lui ai remontré touchant la&#13;
modération qui se doit observer dans la traite des boissons aux&#13;
Sauvages ; que de là dépendait tout leur christianisme et même le bien&#13;
de la colonie ; que s’il avait pour agréable de m’entendre sur ce sujet ;&#13;
que je lui rendrais raison de toutes choses.&#13;
Il me répartit d’un ton fort haut et sévère (ce qui ne se fait pas dans les&#13;
audiences publiques) que nous étions des gens qui nous voulions&#13;
mêler de ce qui ne nous regardait pas ; que, parce que nous étions loin&#13;
du Soleil2, nous voulions entreprendre sur l’autorité, que nous ne&#13;
devions nous mêler que de prêcher, confesser et exhorter.&#13;
Je lui dis que nous ne nous mêlions que de ce qui regardait notre&#13;
ministère ; que je lui représentai les choses afin qu’il y apportât l’ordre&#13;
qu’il jugerait nécessaire ; et, à même temps, je lui présentai la résolution&#13;
de La Sorbonne que j’avais en main, lui disant : « Voilà la résolution&#13;
des six professeurs de La Sorbonne, où vous verrez la vérité du fait&#13;
clairement exposée et ce qui se peut faire à ce sujet. »&#13;
À quoi il me répartit qu’il y avait dix ans qu’il était instruit de cela ; que&#13;
M. l’évêque de Canada se mêlât de prêcher, exhorter, etc., me&#13;
témoignant qu’il n’agréait pas m’entendre sur ce sujet, etc.&#13;
Je lui dis ensuite que je le suppliais aussi d’avoir égard à ce que je lui&#13;
représentais&#13;
&#13;
touchant&#13;
&#13;
la&#13;
&#13;
subsistance&#13;
&#13;
des&#13;
&#13;
ecclésiastiques&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
Dudouyt écrit parfois « M. C. » et « M. F. » pour nommer M. Colbert et M. Frontenac. Nous avons complété les&#13;
noms lorsque c’était le cas.&#13;
2&#13;
Le roi Louis XIV&#13;
1&#13;
&#13;
�desservaient la colonie et, sans me laisser passer outre, il me dit que le&#13;
roi avait donné deux abbayes à M. l’évêque du Canada pour cela. Je lui&#13;
dis qu’elles étaient de si peu de revenu qu’à peine en avez-vous pu&#13;
retirer 2 000 livres par an, à cause des grandes charges et réparations&#13;
auxquelles il a fallu fournir.&#13;
Sur quoi il me dit que si on croyait aux mémoires de M. de Québec, il&#13;
serait encore à retour qu’il était le premier à exténuer les bienfaits du&#13;
roi ; qu’il y avait des personnes qui les prendraient bien et qui&#13;
bailleraient d’autres revenus.&#13;
Je lui repartis que si le roi avait agréable d’assigner quelque autre&#13;
revenu sur lequel vous puissiez subsister et votre clergé, vous étiez tout&#13;
prêt de remettre les deux abbayes entre les mains de Sa Majesté.&#13;
À quoi il ne répondit pas précisément, mais il me répéta que je vous&#13;
dise que vous ne mêlassiez que de prêcher, exhorter, etc., et me&#13;
congédia là-dessus. Je lui parlai et l’écoutai fort doucement, quoiqu’il&#13;
me traitât d’un air fort austère et qu’il me parut entièrement préoccupé&#13;
contre vous et tout votre clergé.&#13;
Quelques jours après, M. Bellinzani3 me dit que M. Colbert se trouvait&#13;
empêché sur la traite des boissons et qu’il ne voudrait pas rien faire&#13;
contre la religion et qui fut préjudiciable au christianisme ; qu’il avait&#13;
fait venir deux avocats, auxquels il avait déduit tout l’établissement du&#13;
Canada depuis son commencement et avait fait lire la résolution de&#13;
La Sorbonne tout entière, disant qu’il leur demandait leur avis sur la&#13;
traite des boissons aux Sauvages en ce qui regarde la politique et non&#13;
pas en ce qui regarde la religion, car il s’en devait instruire d’ailleurs ;&#13;
que les avocats demandèrent du temps jusqu’au lendemain. Il dit à&#13;
M. Bellinzani qu’il prît son temps pour me mener chez lui et qu’il&#13;
voulait m’entendre là-dessus et même qu’il voulait consulter les&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Francesco Bellinzani, 1619-1684, conseiller du roi et intendant-général des manufactures en France&#13;
&#13;
�docteurs. Il y a quatre ou cinq jours que j’attends et n’ai pu encore avoir&#13;
cette audience, où j’espère aussi lui parler de nos autres affaires.&#13;
M. Bellinzani m’y mena hier au soir, où j’attendis jusqu’à près de&#13;
9 heures du soir à la porte de l’antichambre et M. Bellinzani me vint&#13;
dire que M. Colbert ne pouvait m’entendre aujourd’hui ; qu’il était&#13;
fatigué ; et qu’il se voulait encore instruire avant que d’entrer en&#13;
conférence avec moi, afin de se mettre en état de me convaincre ou que&#13;
je le convainquisse. Je ne conclus rien de bon de ce retardement,&#13;
d’autant que les autres affaires se règlent et il ne se fait rien pour nous.&#13;
Les 36 000 livres sont remplies sans que l’on ait augmenté notre article,&#13;
car tout ce que nous pouvons espérer est qu’on remette la chose sur le&#13;
pied qu’était l’état de la Compagnie qu’on lui présenta ce même soir&#13;
avec un nota sur notre article. Je ne sais encore ce qu’il en fera, car&#13;
M. Colbert est fort arrêté à ne pas vouloir que l’état excède&#13;
36 000 livres. M. de Condom4 a parlé, comme je crois, à M. Colbert&#13;
touchant nos mémoires. M. de Paris n’en a rien fait, quoique je lui ai&#13;
donné par deux fois des mémoires.&#13;
Audience de&#13;
M. Colbert&#13;
&#13;
Après avoir attendu l’espace de quinze jours, le temps auquel&#13;
M. Colbert serait en état de m’entendre, il me donna audience à Sceaux&#13;
mardi 11 mai, où M. Bellinzani m’avait mené pour cet effet. Ce fut&#13;
après que tout le monde fut expédié et parti pour retourner à Paris. Il&#13;
me fit appeler dans la salle proche de son cabinet et sortir deux de ses&#13;
domestiques, qui restaient en cette salle, et je restai seul avec lui près&#13;
de trois quarts d’heure où il me parla et m’entendit avec patience, et&#13;
même assez doucement, excepté quelque chose au sujet du cas réservé.&#13;
Je commençai de lui dire quelque chose, où il prit la parole, me disant&#13;
qu’il savait notre zèle ; que nous voudrions détruire les vices jusque&#13;
dans la racine ; que nous faisions ce que des missionnaires doivent&#13;
faire ; mais qu’il y avait bien des choses qu’il fallait tolérer, comme on&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Jacques Goyon de Matignon, 1643-1727, évêque de Condom, qui succéda dans cette charge à Bossuet.&#13;
&#13;
�fait ailleurs ; que nous voulions porter les choses à une grande&#13;
perfection.&#13;
Je lui répondis que pour ce qui regarde la disposition des Sauvages au&#13;
regard de la boisson, si elle était semblable à celle de tous les autres&#13;
peuples d’Europe, il ne faudrait pas penser à tenir d’autre conduite que&#13;
celle qui s’observe partout ailleurs, mais que toute la difficulté de cette&#13;
affaire consistait à bien connaître la différence qu’il y a entre nos&#13;
Sauvages et les autres peuples d’Europe au regard de la boisson.&#13;
Sur quoi je lui dis que l’inclination que les Sauvages ont à s’enivrer est&#13;
beaucoup plus grande que celle des peuples d’Europe ; qu’ils ont bien&#13;
plus de faiblesse pour y résister ; qu’elle est universelle ; que les&#13;
désordres que les Sauvages commettent sont bien plus grands ; ce que&#13;
je lui prouvai de cette sorte :&#13;
— Monseigneur, s’il y a dans une bourgade de la boisson à la discrétion&#13;
des Sauvages, ils s’enivrent ordinairement tous, vieux, jeunes, grands,&#13;
petits, femmes et enfants, de sorte qu’à peine en reste-t-il quelqu’un qui&#13;
ne s’enivre ; que s’il y a de la boisson pour deux jours, l’ivrognerie&#13;
durera deux jours ; s’il y en a pour une semaine, elle durera une&#13;
semaine ; s’il y en a pour un mois, elle durera un mois ; que nous ne&#13;
voyons pas que parmi les peuples d’Europe toute une ville s’enivre, ni&#13;
que cela dure les semaines et les mois et que les peuples d’Europe étant&#13;
civilisés ne commettaient pas tant de désordres, ni si grands que les&#13;
Sauvages, qui étant barbares faisaient dans l’ivresse tous les désordres&#13;
dont un barbare est capable en cet état ; que ce qu’on avait exposé aux&#13;
six professeurs de La Sorbonne était dans la vérité.&#13;
À quoi il répartit que nous exagérions les choses, qu’il s’était informé&#13;
des personnes qui avaient eu habitude en Canada5, qui ne le disaient&#13;
pas de la sorte.&#13;
&#13;
Il avait interrogé Jean Talon (v. 1626-1698) et Claude de Bouteroue d’Aubigny (1620-1680), anciens intendants au&#13;
Canada, tous deux en faveur de la traite des boissons (cf. Doc. XXVII-10).&#13;
5&#13;
&#13;
�Je lui dis que toutes les personnes qui n’étaient pas intéressées lui&#13;
rendraient le même témoignage que je faisais.&#13;
— Je n’entends pas, dit-il, ce que cela veut dire : des personnes&#13;
intéressées.&#13;
— C’est-à-dire, Monseigneur, des personnes qui veulent avoir des&#13;
castors des Sauvages par le moyen de la boisson, sans se mettre en&#13;
peine des désordres qu’ils causent par ce moyen et sans avoir égard à&#13;
leur salut, ni à celui des Sauvages.&#13;
Il me dit là-dessus qu’il s’en était informé de M. Talon, qui ne disait pas&#13;
cela, que ce n’était pas un homme intéressé.&#13;
Je lui dis que M. Talon était cause de la peine dans laquelle nous nous&#13;
trouvions présentement, d’autant qu’un jour étant prêt de mettre le&#13;
pied dans le vaisseau pour passer en France, il fit lever toutes les peines&#13;
et ordonnances desquelles la justice et ceux qui avaient eu l’autorité en&#13;
main s’étaient servis pour réprimer les désordres, qui étaient causés&#13;
par la trop grande quantité de boisson que l’on baillait aux Sauvages et&#13;
que l’espace de trente ans, on s’y était toujours opposé par les&#13;
ordonnances, les peines et amendes, etc. ; que s’il voulait en faire&#13;
informer sur le lieu, les personnes qui ne seraient pas intéressées lui&#13;
rendraient le même témoignage que je faisais.&#13;
Il me dit qu’il y avait déjà donné ordre ; et en effet, j’avais su qu’il avait&#13;
fait disposer toutes ses consultations et mémoires pour envoyer à&#13;
M. Duchesneau6.&#13;
Je lui dis qu’on pouvait aisément garder la modération dans la traite&#13;
des boissons, d’autant qu’il en avait déjà été le principal empêchement&#13;
par l’arrêt qui défend les congés d’aller dans les bois et que, la traite se&#13;
faisant dans les habitations, tout se passerait à la vue et connaissance&#13;
Jacques Duchesneau de la Doussinière et d’Ambault, 1631-1696, intendant du Canada du 16 septembre 1675 au&#13;
9 octobre 1682&#13;
6&#13;
&#13;
�du public et qu’ainsi il serait facile de reconnaître les désordres et d’y&#13;
apporter le remède.&#13;
— Mais comment donc faire le commerce avec les Sauvages ? dit&#13;
M. Colbert&#13;
— Il faut, Monseigneur, leur bailler des marchandises et de la boisson&#13;
avec modération.&#13;
— Quelle est cette modération ?&#13;
— C’est-à-dire qu’il leur en faut donner en telle quantité qu’il n’y en ait&#13;
pas pour les enivrer.&#13;
— Que veut dire cela ? Comment peut-on faire ?&#13;
— On le peut faire, Monsieur, comme les fermiers du roi7 le font faire&#13;
à Tadoussac il y a [depuis] plus de vingt ans. On donne, par exemple,&#13;
une pinte de vin8 à un Sauvage et, s’il en veut davantage, on le remet à&#13;
un autre temps et ainsi on garde la modération nécessaire et on ne gâte&#13;
point le commerce. S’il vous plaît d’ordonner qu’il n’en soit pas donné&#13;
en quantité suffisante pour enivrer les Sauvages et commander au&#13;
Conseil d’y tenir la main, vous aurez la satisfaction de voir la chose&#13;
observée dans tous les autres lieux, aussi bien qu’à Tadoussac.&#13;
M. Colbert — Oui, mais comment faire le commerce avec un Sauvage&#13;
qui apportera au lieu de la traite cinquante castors et qui voudra pour&#13;
paiement la moitié en marchandises et la moitié en boisson pour&#13;
emporter à son village et payer ceux qui lui ont baillé du castor, qui&#13;
veulent de la boisson ?&#13;
&#13;
La Compagnie des fermiers généraux, ici appelée « fermiers du roi », fut officiellement créée par Louis XIV et&#13;
Colbert en 1680, mais le terme « fermiers du roi » était déjà en usage. Elle avait la charge les recettes des impôts&#13;
indirects, les droits de douane, droits d’enregistrement et les produits domaniaux.&#13;
8&#13;
Note de Demers de l’ANP : Une pinte équivaut à 93 cl.&#13;
7&#13;
&#13;
�Je lui dis que c’était le transport des boissons qui causaient les plus&#13;
grands désordres, qu’il fallait accoutumer les Sauvages iroquois à&#13;
prendre des marchandises et de la boisson modérément, comme les&#13;
Sauvages de Tadoussac, et que souvent ils ont témoigné, après s’être&#13;
enivrés et avoir tout consommé en boisson, qu’ils souhaiteraient qu’on&#13;
ne leur en baillât pas en quantité pour s’enivrer, qu’ils aimeraient bien&#13;
mieux emporter les hardes qui leur sont nécessaires, mais que quand&#13;
on leur baille une telle quantité de boisson, qu’ils ne sauraient&#13;
s’empêcher de s’enivrer. Il y a même eu des Sauvages qui ont&#13;
représenté requête aux gouverneurs pour qu’on ne leur traitât pas une&#13;
telle quantité de boisson qui les enivrât.&#13;
M. Colbert — Mais quoi ! Ils porteront leurs castors aux Hollandais !&#13;
— Cela n’est pas à craindre de la plupart de nos Sauvages. Il n’y a que&#13;
les Iroquois qui pourraient y aller et ceux de Sonnontouan, qui sont à&#13;
80 lieues de la Nouvelle-Hollande, n’iront pas chercher de la boisson&#13;
et porter leurs castors si loin, pourvu que nous leur portions avec la&#13;
barque des marchandises et de la boisson avec modération, comme on&#13;
a fait depuis deux ans ; et quand il y en aurait quelqu’un qui serait si&#13;
passionné pour la boisson qu’il y allât pour cet effet, cela ira à très peu&#13;
de choses et les Français n’en feront pas cinq cents castors moins&#13;
chaque année pour garder la modération nécessaire pour le&#13;
christianisme et le bien de la colonie ; ce qui est très peu de chose pour&#13;
causer tant de désordres.&#13;
M. Colbert — Mais si un Sauvage emporte un baril d’eau-de-vie, il n’y&#13;
en aura pas pour enivrer un village.&#13;
— Il est vrai, Monseigneur, mais il arrivera que le Sauvage boira avec&#13;
sa bande tout le baril sans le porter au village et s’il l’y porte, les&#13;
Sauvages, qui ne boivent que pour s’enivrer, en prendront en telle&#13;
quantité qu’il en ait pour s’enivrer ; car ils sont tellement passionnés&#13;
pour s’enivrer que si on leur baille une bouteille à six ou sept, qui ne&#13;
&#13;
�serait pas capable de les enivrer tous, ils l’abandonnent à deux ou trois,&#13;
afin qu’ils se puissent enivrer et les autres s’en privent.&#13;
M. Colbert — Mais pourquoi faire un cas réservé de cela ? En use-t-on&#13;
de même en France et ailleurs ? Les Bretons [ne] s’enivrent-ils pas ? Les&#13;
Allemands ? etc.&#13;
— C’est, Monsieur, pour la raison que je vous dis, que nos Sauvages&#13;
sont dans une disposition au regard de la boisson qui est tout autre de&#13;
celle des peuples d’Europe. C’est une chose bien sensible à un évêque&#13;
de voir périr son Église entre ses mains par un pareil désordre et n’y&#13;
pas apporter tous les remèdes qui peuvent servir à l’empêcher.&#13;
M. Colbert — Le christianisme a-t-il péri depuis douze ans que le roi a&#13;
pris le soin du pays ?&#13;
Je répondis qu’on avait toujours tâché, par les ordonnances, les peines&#13;
et amendes, d’empêcher les excès et que, dans les lieux où on a&#13;
abandonné la boisson aux Sauvages, le christianisme y a beaucoup&#13;
souffert ; l’on a même été contraint à l’Acadie d’abandonner par deux&#13;
ou trois fois des églises de Sauvages, d’autant qu’il n’y avait point de&#13;
juge, ni de personne en autorité pour réprimer les désordres. Je ne&#13;
répétai point toutes les raisons et désordres qui sont marqués dans&#13;
l’exposé de la résolution de La Sorbonne. Je dis seulement qu’on avait&#13;
exposé la vérité des choses comme elle est.&#13;
Sur quoi il répondit que nous exagérions ; qu’il ne fallait pas faire un&#13;
cas réservé de cela ; que si M. l’évêque excommuniait pour cela, qu’on&#13;
en appellerait comme d’abus ; qu’il manderait au Conseil d’y tenir la&#13;
main et que je vous le mandasse ; et que je m’informasse si on usait de&#13;
la sorte en France, que les évêques ne faisaient pas cela ; que si on le&#13;
faisait, on trouverait toujours l’autorité royale qui s’y opposerait, etc.&#13;
Je lui dis qu’il n’y avait pas d’évêque, ni de clergé plus soumis aux&#13;
volontés du roi qu’en Canada.&#13;
&#13;
�À quoi il me dit qu’il n’en doutait pas, mais que nous voulions porter&#13;
les choses à une plus grande perfection qu’en France.&#13;
Et je lui répondis que si les évêques de France étaient en Canada, ils en&#13;
useraient de la même manière et tout autrement qu’en France, la chose&#13;
étant si différente.&#13;
Il me dit qu’il voyait bien qu’il ne pouvait pas me convaincre sur ce&#13;
sujet-là ; car il s’était disposé et avait résolu de me convaincre s’il&#13;
pouvait, ainsi qu’il avait dit et que je l’avais su.&#13;
Je lui demandai ensuite s’il avait agréable que le lui parlasse sur les&#13;
autres articles que je lui avais présentés dans mes mémoires. Il dit que&#13;
oui.&#13;
Des huguenots&#13;
&#13;
Je commençai par celui des huguenots et lui dis qu’il était important&#13;
que les huguenots ne s’établissent point et n’hivernassent pas en&#13;
Canada, d’autant que nous sommes posés entre trois colonies&#13;
d’Anglais et que s’il arrivait quelque guerre, les huguenots ne&#13;
manqueraient pas de se ranger de leur parti ; qu’il n’était pas à propos&#13;
de faire un mélange de huguenots avec les catholiques dans un lieu si&#13;
éloigné ; que l’édit du roi portait qu’ils ne s’y établiraient point. Il&#13;
répartit qu’on n’y avait pas encore donné atteinte, qu’on ne le ferait&#13;
pas ; mais comme je le savais qu’il était résolu de permettre aux&#13;
marchands d’hiverner, je lui dis que s’il arrivait que quelque marchand&#13;
fût contraint par quelque nécessité pressante d’hiverner en Canada,&#13;
qu’il fût obligé de représenter ses raisons à l’intendant, qui les&#13;
examinerait ; lequel, s’il les trouvait justes, lui permettrait pour une&#13;
année seulement et sans conséquence. Ce qu’il témoigna approuver.&#13;
&#13;
Hommes mariés&#13;
&#13;
Que l’intendant tînt la main à ce que les hommes mariés et qui ont leur&#13;
femme en France, qu’ils y abandonnent, les fissent venir ou les&#13;
allassent quérir ; que cela était de conséquence pour le bien et le bon&#13;
ordre de la colonie. Il dit que cela était raisonnable.&#13;
&#13;
�Qu’il était vrai que l’évêché de Québec relevait immédiatement du&#13;
Saint-Siège, mais que vous aviez toujours témoigné qu’il relèverait de&#13;
tel archevêque de France qu’il plairait au roi et que dès [depuis] il y a&#13;
plus de dix ans, M. de Rouen vous ayant dit qu’il demanderait qu’il&#13;
relevât de son archevêché, que vous lui aviez dit que vous en étiez&#13;
content si le roi le voulait agréer. Il dit que c’était une chose contre les&#13;
droits du royaume de le faire relever immédiatement du Saint-Siège ;&#13;
que le roi ne le souffrirait pas ; qu’il donnerait des lettres de déclaration&#13;
sur vos bulles ; qu’il faudrait les faire registrer au Parlement ; qu’il les&#13;
donnerait en la forme qu’il faudrait. Je lui ai dit que vous les recevriez&#13;
en telle manière que le roi voudrait les faire expédier et comme je savais&#13;
qu’on était résolu de le faire relever de Paris, je l’ai demandé à&#13;
M. Colbert, afin que l’on se conforme dans la conduite ecclésiastique à&#13;
la coutume et à l’usage de Paris, comme on fait pour la conduite civile.&#13;
M. de Saint-Josse9 en a parlé à M. de Paris10. Cela donnera lieu à&#13;
l’archevêque de Paris de protéger l’Église du Canada.&#13;
Il me dit que nous voulions faire des cures amovibles, que cela était&#13;
contre les droits du royaume. Je lui répondis que lorsque les paroisses&#13;
seraient en état, on établirait des cures fixes ; que néanmoins il y en&#13;
avait en des évêchés du royaume qui étaient amovibles. Il parut&#13;
satisfait de ce que je lui dis qu’on en établirait de fixes. Je vois bien que&#13;
l’on ne souffrira pas aucune chose qui ne soit conforme à l’usage le plus&#13;
commun de la France et le plus favorable à la politique.&#13;
Subsistance des&#13;
prêtres&#13;
&#13;
Je lui parlai enfin de la subsistance des prêtres qui desservent la colonie&#13;
et du 10 %11. Il me dit que le roi vous avait donné deux abbayes. Je lui&#13;
répondis qu’elles étaient en tel état que vous n’en viviez pas du revenu&#13;
pour votre propre subsistance et de deux ou trois prêtres avec vous.&#13;
Sur quoi il me dit que pour ces deux articles-là, je lui donnasse un&#13;
mémoire qui y avait égard. Je lui dis sur l’heure, avant qu’il m’eût fait&#13;
cette réponse, que le 10 % était une imposition que les habitants&#13;
&#13;
Armand Poitevin, 1635-1682, un des directeurs du Séminaire de Paris, ami et procureur de Laval et curé de SaintJosse à Paris&#13;
10&#13;
François III de Harlay de Champvallon, 1625-1695, archevêque de Rouen de 1651 à 1672, puis archevêque de Paris&#13;
11&#13;
La dîme&#13;
9&#13;
&#13;
�s’étaient volontairement imposés pour satisfaire à certaines dettes&#13;
qu’ils avaient contractées, dont le Séminaire n’était pas susceptible, et&#13;
que comme c’étaient des communautés qui s’étaient consacrées les&#13;
premières pour cette colonie, qui ne subsistaient que par la bonté que&#13;
le roi avait pour elles, on espérait qu’il leur accorderait cette grâce et&#13;
les exempterait de payer cette entrée.&#13;
Voilà à peu près ce qui s’est passé dans l’entretien que j’eus avec&#13;
M. Colbert. Je donnai les mémoires sur la subsistance des prêtres et le&#13;
10 %. J’irai demain à Sceaux pour en savoir la réponse.&#13;
Des congés&#13;
&#13;
J’oubliais l’article des congés, sur quoi il me dit que pour aller dans les&#13;
missions, il n’en faudrait pas prendre, mais que pour passer en France,&#13;
il fallait que le gouverneur le sût. Je lui dis que pour passer de la&#13;
Nouvelle-France à l’ancienne, on ne sortait pas des terres de&#13;
l’obéissance du roi et que l’on ne manquait jamais d’aller voir M. le&#13;
gouverneur avant que de partir. Je lui ai représenté dans mon mémoire&#13;
que cela empêcherait beaucoup d’ecclésiastiques d’aller en Canada&#13;
sachant qu’ils n’auraient pas la liberté de revenir quand ils voudraient&#13;
et qu’il faudrait prendre des congés qu’on leur refuserait quand on&#13;
voudrait. Je priai M. Bellinzani de lui faire connaître la conséquence de&#13;
cet article et que si M. l’évêque avait besoin d’envoyer un ecclésiastique&#13;
en France pour les affaires de son Église, cela serait bien rude qu’un&#13;
gouverneur l’empêchât. Je ne sais pas encore ce qui sera réglé làdessus.&#13;
Il faut remarquer que quoique M. Colbert ait paru soutenir et pencher&#13;
davantage à permettre la traite des boissons qu’à la défendre, il a dû en&#13;
user de la sorte ayant à parler à moi, qui demandais le contraire. Ainsi,&#13;
si on peut, par l’information qui sera faite, lui faire connaître la vérité,&#13;
je ne crois pas qu’il la permette, car on remarque par sa conduite que&#13;
lorsqu’on lui fait connaître la vérité et la justice, il la rend.&#13;
&#13;
Une remontrance&#13;
au roi&#13;
&#13;
Je crois qu’il serait à propos que vous fissiez une remontrance au roi,&#13;
qui ferait voir nettement et sans exagération l’état de la chose,&#13;
&#13;
�conformément à l’exposé en la résolution de La Sorbonne, qui noterait&#13;
en particulier les désordres qui sont arrivés dans tout le passé, qui&#13;
ferait mention de tous les arrêts, ordonnances, amendes, châtiments et&#13;
autres moyens dont la justice et ceux qui ont eu autorité se sont servis&#13;
pour réprimer les désordres que la trop grande quantité de boisson&#13;
donnée aux Sauvages a causés. Il faut citer les faits et les circonstances&#13;
en particulier, car les termes généraux ne prouvent rien. Il ne faut pas&#13;
omettre que l’on a été contraint d’abandonner les églises de l’Acadie, à&#13;
cause des excès de boisson et autres semblables. Il faut citer les articles&#13;
de Boston et nous envoyer l’imprimé, prendre le témoignage des&#13;
personnes dignes de foi sur les faits qu’on avancera, marquer qu’on&#13;
peut traiter des boissons avec modération, comme on fait à Tadoussac&#13;
et ailleurs, envoyer copie des arrêts et ordonnances les plus&#13;
considérables, citer les requêtes des Sauvages. En un mot, ne rien&#13;
omettre de ce qui peut efficacement faire connaître la vérité, ne pas dire&#13;
chose contraire à l’information juridique de M. Duchesneau, à moins&#13;
que de la bien prouver.&#13;
Intention du roi&#13;
établissant les&#13;
colonies&#13;
&#13;
Il faut commencer cette remontrance [en] faisant voir que la première&#13;
et principale intention du roi dans l’établissement de cette colonie a été&#13;
de procurer à ces pauvres peuples infidèles la connaissance du vrai&#13;
Dieu et les moyens de leur salut, de les instruire et les maintenir dans&#13;
l’exercice du christianisme, rien de plus glorieux à Sa Majesté, ni plus&#13;
capable d’attirer sur sa personne sacrée et sur son royaume les&#13;
bénédictions du ciel, etc. Je dis ceci seulement pour exemple, car on le&#13;
mettra beaucoup mieux.&#13;
&#13;
Règlement des&#13;
boissons remis à&#13;
l’année prochaine&#13;
&#13;
Vous voyez par ce récit que M. Colbert n’a point voulu régler ici la&#13;
chose. Il a fait des consultations et dresser des mémoires et envoyer le&#13;
tout à M. Duchesneau pour informer sur les lieux si le fait est comme&#13;
nous l’avons exposé. M. Talon est dans le même esprit qu’il était pour&#13;
la traite et a parlé à M. Colbert, qui l’a consulté là-dessus&#13;
conformément à ses anciennes impressions et rendu en cela un&#13;
mauvais service à l’Église du Canada. J’ai su qu’il n’en avait pas parlé&#13;
comme il devait, outre ce que M. Colbert m’en avait dit. M. de&#13;
&#13;
�La Chesnaye12, au contraire, a dit la vérité fort nettement et&#13;
efficacement à M. Bellinzani, qui en a fait le rapport à M. Colbert,&#13;
lequel, comme je crois, ayant pris ici toutes les connaissances et reçu&#13;
l’information de M. Duchesneau, il règlera la chose l’année prochaine.&#13;
Ainsi, le succès de cette affaire dépend grandement du rapport que fera&#13;
M. Duchesneau dans son information. J’espère qu’il rendra justice et&#13;
fera connaître la vérité. Je ne doute point que M. de Frontenac et les&#13;
personnes intéressées ne fassent tout ce qu’elles pourront pour faire&#13;
dire et croire le contraire.&#13;
Réponse des&#13;
avocats&#13;
&#13;
Les avocats consultés ont conclu en faveur de la politique qu’il faut&#13;
bailler des boissons aux Sauvages, mais il ne s’en faut pas étonner, car&#13;
ils en jugent entièrement comme des peuples d’Europe, ne faisant de&#13;
distinction des uns avec les autres. Il faut, s’il vous plaît, envoyer les&#13;
affaires toutes dressées, car ici on ne saura pas les choses.&#13;
&#13;
Arrêt des congés&#13;
&#13;
M. de Frontenac a fait tout ce qu’il a pu pour faire rompre l’arrêt qui&#13;
défend les congés. L’on a incité diverses personnes à demander des&#13;
congés à M. Colbert pour aller aux Outaouais et ailleurs. Le sieur&#13;
Le Barrois faisait ces sortes de placets. Mais avec tout cela l’on n’a rien&#13;
pu obtenir, les fermiers n’avaient garde de le souffrir.&#13;
Je pense qu’il serait bon d’éviter encore cette année, autant qu’on le&#13;
pourra, d’en venir à l’excommunication au regard des traiteurs, jusqu’à&#13;
ce que l’information soit faite et la chose réglée pour ne pas irriter&#13;
M. Colbert, car ce point est un de ceux où il m’a paru le plus arrêté et a&#13;
pressé qu’on levât le cas réservé.&#13;
Lorsque l’on aura dressé cette remontrance à Québec, il nous la faut&#13;
envoyer par les premiers vaisseaux, afin que s’il y a encore quelque&#13;
chose à faire, que l’on prie quelqu’un des pères du collège de Clermont&#13;
d’y travailler et si on voit que le roi l’agrée, on la pourra faire imprimer&#13;
pour justifier au public la conduite de l’Église et ôter les fausses&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Charles Aubert de La Chesnaye, 1632-1702, principal homme d’affaires de la Nouvelle-France&#13;
&#13;
�impressions que la calomnie produit tous les jours et faire voir qu’il&#13;
n’est pas vrai qu’il n’y ait point de chrétiens parmi les Sauvages,&#13;
comme on le publie en France, et même en Canada. On pourrait joindre&#13;
à cette pièce la décision de La Sorbonne.&#13;
Je vous envoie les papiers qui concernent les terres de la baie Saint-Paul&#13;
et nommément un éclaircissement sur la requête de Pitoin que je&#13;
présentai ici. Je garde les deux principales ordonnances, dont je vous&#13;
envoie copie, en cas qu’il y eut encore quelque chose à faire l’année&#13;
prochaine sur cette affaire. Vous trouverez ces papiers dans un petit&#13;
paquet no 5, envoyé de Paris.&#13;
Papiers de la baie&#13;
Saint-Paul&#13;
envoyés&#13;
&#13;
L’affaire de la baie Saint-Paul est, comme je crois, renvoyée au Conseil.&#13;
M. Bellinzani m’a dit néanmoins qu’il ne croyait qu’on touchait à&#13;
l’ordonnance de M. l’intendant et qu’on donne à Pitoin le renvoi qu’il&#13;
demande. Tout son fondement est que la rivière du Gouffre n’est pas&#13;
la rivière de la baie Saint-Paul. J’ai répondu à sa requête, quoique je ne&#13;
l’aie pas vue, mais seulement son placet. Je vous envoie les réponses. Il&#13;
a publié partout que vous aviez fait faire un faux contrat par Becquet,&#13;
disant que la chose n’était pas dans le contrat de ratification comme&#13;
dans le contrat primitif, à cause de l’explication. J’ai expliqué la chose&#13;
à M. Bellinzani et même à Pitoin, qui ne souffre aucune difficulté si la&#13;
chose va au Conseil. Il faut produire le livre de Champlain et si vous&#13;
ne l’aviez pas, il faut demander aux Jésuites un livre in folio où la chose&#13;
se trouve et qui cite Champlain.&#13;
&#13;
Goudronnerie&#13;
&#13;
Ce qui donnera plus de peine est la goudronnerie que M. Colbert a dit&#13;
qu’il faut faire valoir. Je l’ai vu écrit de sa main à la marge d’un extrait.&#13;
Si on le fait, ce fera de la dépense ; si on ne le fait pas, on en prendra&#13;
occasion de crier. Je remarquai au discours de Pitoin qu’il voudrait bien&#13;
qu’on s’accommodât avec lui et en tirer une somme, comme a fait de&#13;
Saint-Aubin, mais il en faut demeurer à ce qui est réglé. Je vous envoie&#13;
les papiers qui vous pourront servir sur ce sujet.&#13;
&#13;
�Saint-Aubin&#13;
&#13;
De Saint-Aubin13 a fait ici, ou plutôt le sieur Le Barrois lui a fait, trois&#13;
placets. Le premier était tout à fait outrageux contre vous et&#13;
M. l’intendant ; il a été empêché de le présenter par M. Daulier14 (qu’il&#13;
ne&#13;
&#13;
faut&#13;
&#13;
pas&#13;
&#13;
nommer).&#13;
&#13;
Le&#13;
&#13;
second&#13;
&#13;
n’était&#13;
&#13;
pas&#13;
&#13;
si&#13;
&#13;
mauvais,&#13;
&#13;
particulièrement au regard de M. l’intendant. J’ai fait une réponse par&#13;
écrit à ses calomnies, mais M. Bellinzani me dit que ce n’était pas la&#13;
peine de s’arrêter à réfuter un homme de cette sorte et je crois bien&#13;
qu’on n’aura pas pris la peine de lire ma réponse. Lorsque de SaintAubin a vu qu’on le renvoyait à Québec pour la terre de La Hève qu’il&#13;
demandait, il a fait un troisième placet, seulement pour me le faire voir&#13;
et se justifier, disant qu’il n’avait rien dit contre vous et M. l’intendant,&#13;
car il ne savait pas que j’avais eu les deux autres.&#13;
M. Bellinzani m’a dit qu’on était très mécontent de ce qu’on laissait&#13;
venir en France des personnes crier et importuner la Cour ; que le roi&#13;
envoyait un gouverneur et un intendant et qu’il avait établi un Conseil&#13;
pour terminer les affaires sur le pays, où l’on pouvait en avoir la&#13;
connaissance et non pas à Paris. Je lui répondis que c’était&#13;
M. de Frontenac qui avait envoyé ces sortes de gens exprès pour crier&#13;
et faire du bruit contre M. l’intendant et contre vous ; qu’on avait&#13;
sollicité de Saint-Aubin de signer un écrit et de publier les calomnies&#13;
qu’il débitait à Paris dans ses placets et partout ailleurs ; qu’il me l’avait&#13;
dit à Québec ; et qu’il n’avait garde de faire une telle action. Cependant,&#13;
il l’a fait à Paris par l’instigation du sieur Le Barrois.&#13;
Sieur Lusson&#13;
&#13;
M. de Saint-Lusson15 repasse en Canada, ne sachant ici de quel bois&#13;
faire flèche. Je ne vois pas de changement en sa conduite. Il dit qu’il&#13;
veut vivre autrement qu’il n’a fait. Je n’ai pu me dispenser de lui&#13;
donner un mot de lettre pour vous porter. Il prétend que M. Bazire16&#13;
lui donnera quelque emploi.&#13;
&#13;
Jean Serreau de Saint-Aubin, 1621-1705, soldat, marin et seigneur, il contesta les terres de Laval à la baie SaintPaul&#13;
14&#13;
André Daulier Deslandes, 1621-1715, un des directeurs de la Compagnie française des Indes occidentales&#13;
15&#13;
Simon-François Daumont de Saint-Lusson, m. 1677, un officier des troupes françaises au Canada et explorateur&#13;
16&#13;
Charles Bazire, 1624-1677, receveur général des droits et du Domaine du roi et agent de la Compagnie des Indes&#13;
occidentales&#13;
13&#13;
&#13;
�M. de Chambly&#13;
&#13;
M. de Chambly17 a fait comme l’an passé et demande une somme de&#13;
15 000 livres pour louer des hommes et passer en l’Acadie. M. Colbert&#13;
a répondu qu’il n’y a rien à faire pour le présent. Je ne vois pas de&#13;
changement en lui. Il demande à M. Colbert qu’il le nomme&#13;
gouverneur du fort de Chambly et qu’il lui donne seulement son&#13;
passage et quelques hommes. C’est un prétexte pour retourner en&#13;
Canada et je crois que quand même on ne lui accorderait pas cela, il&#13;
repassera et se joindra à M. de Frontenac comme auparavant ; ce sont&#13;
des difficultés qu’on ne peut empêcher.&#13;
&#13;
M. Morand pour&#13;
l’abbaye de&#13;
l’Estrée&#13;
&#13;
Nous ne pouvons travailler à la suppression des abbayes jusqu’au&#13;
retour du roi, car il faut que ce soit lui qui la demande et fasse obtenir&#13;
par ses ambassadeurs. Je crois que nous n’avons pas d’opposition et de&#13;
la part de l’ordre de Saint-Benoît et la proposition que M. Morand nous&#13;
a faite pour un établissement de religieuses de l’Ordre de Cîteaux à&#13;
l’Estrée fera que nous n’aurons pas de peine non plus, d’autant que&#13;
l’ordre&#13;
&#13;
y&#13;
&#13;
donnera&#13;
&#13;
les&#13;
&#13;
mains.&#13;
&#13;
Nous&#13;
&#13;
devons&#13;
&#13;
y&#13;
&#13;
aller&#13;
&#13;
avec&#13;
&#13;
M. de Montigny18 et M. de Saint-Josse aussitôt que les affaires du&#13;
Canada seront achevées et M. Morand s’y trouvera. Il propose des&#13;
conditions assez raisonnables. Nous avons vu le P. Martin, qui est&#13;
prieur de Saint-Denis et le général à Paris, qui nous [a] paru assez&#13;
disposé et si le roi entreprend la chose, elle passera bien plus tôt et avec&#13;
plus de facilité.&#13;
Établissement du&#13;
chapitre&#13;
&#13;
Il faudra établir le chapitre et nous en envoyer l’établissement. Je&#13;
travaille à trouver un modèle pour vous l’envoyer. Il faut aussi que&#13;
vous fassiez l’union de la cure au Séminaire. M. Chéron m’avait promis&#13;
de me dresser le modèle de l’un et de l’autre. J’ai été bien des fois chez&#13;
lui, sans pouvoir l’avoir. Il est accablé d’affaires et la mort de&#13;
&#13;
Jacques de Chambly, m. 1687, capitaine au régiment de Carignan-Salières, seigneur de Chambly et gouverneur de&#13;
l’Acadie&#13;
18&#13;
Jean-Louis de Laval, m. 1708, frère cadet de Mgr de Laval, seigneur de Montigny&#13;
17&#13;
&#13;
�M. l’archevêque de Bourges19 l’a obligé d’y aller. Je lui ai écrit qu’il me&#13;
les envoie et n’ai pas encore eu de réponse.&#13;
Réunion des&#13;
prieurés&#13;
&#13;
Il n’est point nécessaire d’aller à Rome pour l’union des prieurés, non&#13;
plus que de la cure. M. Chéron m’en a assuré et que ce serait bien de la&#13;
peine et de la dépense sans nécessité.&#13;
Vous nommerez au chapitre huit chanoines et les trois premières&#13;
dignités et la suppression étant faite, on leur attribuera le revenu des&#13;
deux menses monacales et les deux abbatiales demeureront pour la&#13;
fondation de l’évêché, car si on avait attribué une des menses&#13;
monacales au chapitre, il aurait été difficile que le roi n’eût prétendu&#13;
nommer aux canonicats et dignités, mais étant fondés des menses&#13;
monacales,&#13;
&#13;
c’est&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
l’évêque,&#13;
&#13;
cette&#13;
&#13;
portion&#13;
&#13;
étant&#13;
&#13;
purement&#13;
&#13;
ecclésiastique.&#13;
Mgr d’Héliopolis&#13;
&#13;
Mgr d’Héliopolis20 est allé d’Espagne droit à Rome, sans passer par&#13;
Paris. Il nous aidera et si M. Pallu21 revient, je crois que M. Gazil22 ira&#13;
ou un autre du Séminaire, qui prendra soin avec le correspondant de&#13;
M. Lemaire23 de poursuivre nos suppressions.&#13;
&#13;
Le cardinal&#13;
d’Estrées&#13;
&#13;
Mgr le cardinal d’Estrées24 retournera aussi à Rome, où nous ferons en&#13;
sorte que le roi le charge de l’exécution de cette affaire, ce qui nous&#13;
aidera beaucoup.&#13;
&#13;
Michel Poncet de La Rivière, 1609-1677, archevêque de Bourges du 17 juin 1675 au 21 février 1677. Il fut remplacé&#13;
le 18 juin 1677 par Michel Phélypeaux de La Vrillière, v. 1642-1694.&#13;
20&#13;
François Pallu, 1626-1684, grand ami de Mgr de Laval, était l’agent des Missions orientales liées au Séminaire de&#13;
Paris à Rome. Il fut fait prisonnier des Espagnols de 1674 à1677. De retour, il devint le procureur de Laval à Rome&#13;
jusqu’en 1681.&#13;
21&#13;
Étienne Pallu, 1643-1687, procureur des vicaires apostoliques français à Rome et neveu de Mgr François Pallu. Il&#13;
retourna à Paris en 1677.&#13;
22&#13;
Michel Gazil de la Bernardière, 1624-1679, ancien supérieur du Séminaire de Paris, devint procureur à Paris de&#13;
Laval.&#13;
23&#13;
L’ambassadeur du Séminaire de Paris à Rome&#13;
24&#13;
César d’Estrées, 1628-1714, évêque de Laon et ambassadeur français à Rome&#13;
19&#13;
&#13;
�Le P. de&#13;
&#13;
Le P. de La Chaize m’a témoigné aussi affection et il agira auprès du&#13;
&#13;
La Chaize&#13;
&#13;
roi. Nous verrons s’il y a lieu qu’il nous obtienne quelque chose, car je&#13;
lui ai fait connaître le peu de revenu de nos abbayes.&#13;
&#13;
M. le nonce&#13;
&#13;
Vous écrirez au pape et au cardinal Cibò et à M. le nonce, auquel vous&#13;
témoignerez vos reconnaissances de la protection qu’il nous a donnée&#13;
pour vos affaires, car nous agirons à Rome par son moyen. Il a de la&#13;
considération pour le Séminaire des Missions étrangères.&#13;
&#13;
M. l’abbé de&#13;
Rochefort&#13;
&#13;
Écrivez aussi à M. l’abbé de Rochefort25 et lui mandez que la réunion&#13;
de son prieuré est faite au Séminaire, car il ne le savait pas lorsque je&#13;
passai à Méobecq.&#13;
&#13;
Privilèges&#13;
&#13;
Je vous ai envoyé vos privilèges par une autre voie ; s’il en arrivait&#13;
faute, ils sont conformes aux précédentes, dont vous pourrez continuer&#13;
de vous servir.&#13;
&#13;
Jubilé&#13;
&#13;
Je vous ai semblablement envoyé le jubilé par deux voies. Il y en a une&#13;
bulle attestée de M. le nonce ; si elle se trouvait perdue, servez-vous de&#13;
celle qui est dans le jubilé de Paris, que je vous ai envoyée.&#13;
&#13;
Lettres de&#13;
&#13;
Je vous ai envoyé les lettres de M. Pallu, dont j’ai gardé copie, mais je&#13;
&#13;
M. Pallu&#13;
&#13;
ne pense pas que toutes les difficultés qu’il marque nous donnent&#13;
beaucoup de peine. Le roi entreprend la chose.&#13;
&#13;
Information sur&#13;
la nécessité d’un&#13;
chapitre et qu’il&#13;
soit pourvu à sa&#13;
subsistance&#13;
&#13;
Il serait bon de faire une information sur le nécessité d’un chapitre et&#13;
&#13;
Lettres de&#13;
déclaration&#13;
&#13;
Vous n’avez point obtenu de lettres de déclaration sur vos bulles et&#13;
&#13;
qu’il soit pourvu à la subsistance ; cela nous pourra servir à Rome. Il y&#13;
faut exposer les raisons de cette nécessité, y faire signer l’intendant, les&#13;
conseillers et notables du lieu.&#13;
&#13;
elles sont absolument nécessaires. Il les faudra faire registrer au&#13;
Parlement de Paris. M. Colbert m’a fort pressé pour en produire&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
Antoine d’Allonguy de Rochefort, m. 1686, prieur de Bénévent, prieuré de l’abbaye de Méobecq&#13;
&#13;
�l’enregistrement, mais après avoir bien cherché, je me suis souvenu que&#13;
vous m’aviez dit que vous n’aviez que la réception du serment de&#13;
fidélité et non pas des lettres. Je demandai à M. le premier président,&#13;
qui m’a assuré que l’on n’en avait point enregistré au Parlement. Ainsi,&#13;
je dis à M. de Vaubourg, neveu de M. Colbert, qui me les demandait&#13;
de sa part qu’il n’y en avait point et qu’il fît voir sur les registres, ce qui&#13;
a fait dire à M. Colbert qu’il en ferait expédier en la forme que le roi le&#13;
souhaite et pour faire relever l’évêché de Québec de l’archevêché de&#13;
Paris.&#13;
Lettres pour le&#13;
Te Deum&#13;
&#13;
On vous écrit cette année pour faire chanter le Te Deum. On l’avait fait&#13;
l’an passé assurément, mais je crois que les lettres furent mises dans les&#13;
paquets de M. de Frontenac26, qui ne vous les donna pas.&#13;
&#13;
Compte de&#13;
l’Estrée pour&#13;
l’année de régie&#13;
&#13;
Je vous envoie copie du compte de l’année de régie de l’abbaye de&#13;
l’Estrée, avec un éclaircissement de M. votre frère27. Nous devons&#13;
examiner ce compte avec lui à l’Estrée. Nous n’avons pas pu le faire&#13;
jusqu’à présent. Nous tâcherons de faire le moins qu’il le pourra de&#13;
dépenses aux réparations, jusqu’à ce que nous ayons vu si nous nous&#13;
en accommoderons avec quelque monastère de religieuses, car pour les&#13;
religieux, il n’y a rien à faire, d’autant qu’ils n’ont pas le moyen de&#13;
payer que du revenu de l’abbaye, ce qu’ils ne pourraient faire et vivre&#13;
dessus. Je vous ai marqué dans mes précédentes que je trouvai la chose&#13;
réglée avec M. Berthelot28 touchant l’Estrée et qu’il continue le traité&#13;
que vous aviez fait avec lui au moyen de la déduction des 500 livres du&#13;
prix que vous étiez convenus.&#13;
&#13;
M. d’Auteuil&#13;
&#13;
M. de Frontenac avait fortement sollicité pour faire donner la charge&#13;
de M. d’Auteuil à Lechasseur29 M. Bellinzani dit à son fils, en ma&#13;
présence, que l’on avait envoyé des provisions en blanc pour créer un&#13;
&#13;
Louis de Buade de Frontenac, gouverneur du Canada&#13;
Henri de Laval, 1629 -, frère cadet de Laval, prieur de l’abbaye de La Croix Saint-Leufroy et administrateur de&#13;
l’abbaye de l’Estrée, que Mgr de Laval avait louée à Berthelot&#13;
28&#13;
François Berthelot, 1626-1712, il échangea l’île Jésus pour l’île d’Orléans de Mgr de Laval et loua l’abbaye de&#13;
l’Estrée&#13;
29&#13;
François-Madeleine-Fortuné Ruette d’Auteuil de Monceaux, 1657-1737, procureur général au Conseil souverain de&#13;
Québec, charge qu’il voulait donner à Jean Lechasseur, v. 1633-1713, son secrétaire.&#13;
26&#13;
27&#13;
&#13;
�substitut en cas que son père devînt entièrement aveugle, jusqu’à ce&#13;
qu’il fût en âge et en effet de posséder cette charge.&#13;
Comporté&#13;
&#13;
M. de Comporté30 est grand prévôt, a 500 livres d’appointement, un&#13;
lieutenant, 200 livres, et six archers à 60 livres chacun. Il doit la chose à&#13;
M. de La Chesnaye, car M. de Frontenac avait agi puissamment pour&#13;
M. Le Moyne31.&#13;
&#13;
Radisson n’a&#13;
rien obtenu.&#13;
Jolliet&#13;
&#13;
Le sieur Radisson32 n’a rien obtenu et l’on n’a pas agréé la proposition&#13;
de Jolliet33 d’aller en Illinois faire un établissement aux frais duquel&#13;
M. de La Chesnaye s’offrait de fournir.&#13;
&#13;
Récollets&#13;
&#13;
L’on m’avait dit qu’il passerait quatre récollets, mais cela est réduit à&#13;
deux, dont le plus petit est un sujet de grâce, à ce que m’a dit la mère&#13;
de Saint-Catherine, religieuse ursuline de Saint-Denis, qui vous en&#13;
écrit. Le P. custode revient. Je vous ai déjà écrit que le P. Allart34 et le&#13;
premier provincial et tous les récollets étaient sensiblement touchés de&#13;
ce que vous aviez mandé à M. Colbert touchant le père commissaire35,&#13;
que cela leur faisait grand tort. Le P. Allart et le F. Luc36 me&#13;
déchargèrent leur cœur là-dessus. J’adoucis les choses autant que je le&#13;
pus.&#13;
Ils ont fait prêcher au couvent de Paris le P. Eustache37 pour rétablir sa&#13;
réputation. Il faut, autant qu’il se pourra, conserver l’union avec eux.&#13;
Je leur dis que vous aviez réécrit au roi et à M. Colbert&#13;
avantageusement du P. custode et des religieux qui sont en Canada et&#13;
que le P. Eustache avait, par sa mauvaise conduite, causé le scandale&#13;
qui est arrivé. Je dis à son sujet au P. Allart les choses comme elles&#13;
&#13;
Philippe Gaultier de Comporté, 1641-1687, commissaire des magasins du roi, devint le premier prévôt de la&#13;
Maréchaussée.&#13;
31&#13;
Pierre Le Moyne d’Iberville, 1661-1706, explorateur et commerçant, principalement de la baie d’Hudson&#13;
32&#13;
Pierre Esprit Radisson, v. 1636-1710, explorateur et commerçant de fourrures à la baie d’Hudson&#13;
33&#13;
Louis Jolliet, 1645-1700, explorateur, cartographe et hydrographe, il découvrit le Mississippi pour la France&#13;
34&#13;
Germain Allart, 1618-1685, provincial des Récollets de la province de Saint-Denis&#13;
35&#13;
Henri Le Roy, 1639-1708, commissaire des Récollets de Québec&#13;
36&#13;
Luc François, baptisé Claude, 1614-1685, appelé Frère Luc, récollet architecte et peintre&#13;
37&#13;
P. Eustache Maupassant, 1627-1692, récollet&#13;
30&#13;
&#13;
�étaient et que quoiqu’il eût agi si mal que nous n’en avions néanmoins&#13;
rien témoigné qu’il s’était lui-même décrié dans le pays. Je crois qu’ils&#13;
modèreront la ferveur qu’ils avaient de se vouloir établir en tant de&#13;
lieux en Canada. Le F. Luc m’a dit que le sentiment de M. Colbert était&#13;
qu’il fallait bien établir la maison de Québec et se contenter de cela,&#13;
qu’ils feraient seulement une résidence à l’île Percée, dont il faisait le&#13;
tableau pour l’envoyer par La Rochelle.&#13;
M. Dufort&#13;
&#13;
Il n’y a rien à espérer pour tirer quelque chose des parents de&#13;
M. Dufort. Ils ont perdu un procès, où il s’agissait de 10 000 écus le&#13;
mois passé. Vous connaissez leur manière d’agir. S’il n’était pas propre&#13;
pour le Canada, ce sera un sujet pour qu’il vienne lui-même y donner&#13;
ordre.&#13;
&#13;
M. de Brulon&#13;
&#13;
Nous n’avons pu encore avoir aucune raison de la sœur de&#13;
M. de Brulon38. Il faudra la plaider et encore aura-t-on bien de la peine.&#13;
Si je puis avoir un committimus39 pour envoyer toutes les causes du&#13;
Séminaire de Québec à Paris, je l’aurai.&#13;
&#13;
M. Petit&#13;
&#13;
Je tâcherai de voir l’état où est le bien de M. Petit40, allant en&#13;
Normandie. L’on avait parlé à M. de Saint-Josse pour l’acheter, mais la&#13;
chose en est demeurée là.&#13;
&#13;
M. Dupré&#13;
&#13;
L’on tirera quelque chose de ce qui est dû à M. Dupré41.&#13;
&#13;
Vente de l’île&#13;
&#13;
Il m’a paru que MM. de Saint-Sulpice se sont refroidis au sujet de&#13;
&#13;
Jésus&#13;
&#13;
l’achat de l’île de Jésus. Elle leur est néanmoins très commode et [ils]&#13;
ne peuvent s’étendre que de ce côté-là. Je pense qu’ils n’ont pas&#13;
d’argent pour le présent ; c’est ce que me dit M. de Bélise.&#13;
&#13;
Jean Gauthier de Brulon, 1651-1726, s’unit au Séminaire de Québec. Il fut curé de Boucherville (1678-1680), de&#13;
Trois-Rivières (1680-1689), avec desserte de la Baie-du-Febvre (1686-1689) et chanoine de la cathédrale de Québec&#13;
(1684-1726).&#13;
39&#13;
Privilège accordé par le roi.&#13;
40&#13;
Louis Petit, 1629-1709, grand-vicaire de Mgr de Laval en Acadie&#13;
41&#13;
François Dupré, v. 1648-1720, curé de Champlain et Batiscan, puis de Québec&#13;
38&#13;
&#13;
�Contrat de l’île&#13;
Jésus&#13;
&#13;
Je donne à M. Talon copie du contrat qu’il a fait de l’île de Jésus à&#13;
M. Berthelot. Il m’a promis qu’il le mettra en état et me le donnera.&#13;
Pour ce qui est des deux contrats de la Compagnie, par lesquels elle&#13;
aurait été concédée aux pères jésuites, je ne crois pas qu’on les puisse&#13;
retrouver. Je vous ai envoyé la prise de possession et un extrait de la&#13;
compagnie qui leur accordait, que je trouvai entre les mains du&#13;
P. Ragueneau42.&#13;
&#13;
Établissement&#13;
des Ursulines à&#13;
Montréal&#13;
&#13;
Il n’y a rien à espérer pour l’établissement des Ursulines à Montréal. Il&#13;
ne s’est trouvé aucun fonds et cette religieuse de Paris qui pressait cette&#13;
affaire n’y pense plus. Elle parle d’aller aux îles [d’Amérique française],&#13;
où l’on pense d’envoyer dix ursulines. Il y a une dame qui, à l’exemple&#13;
de Mme de La Peltrie43, doit donner 50 000 livres pour cette fondation.&#13;
&#13;
La Vie de la&#13;
mère de&#13;
l’Incarnation&#13;
&#13;
Nous avons lu à table la Vie de la mère de l’Incarnation. Si son fils ne&#13;
l’avait pas faite si longue, elle serait beaucoup mieux. Cependant, il y&#13;
a tout plein de très bonnes choses. C’était une âme d’une grande grâce&#13;
et d’une grande vocation. On fera état de cette Vie nonobstant la&#13;
longueur. Sa lecture fera concevoir de l’estime pour le Canada.&#13;
&#13;
Blancs signés&#13;
&#13;
N’oubliez pas, s’il vous plaît, de nous envoyer des blancs signés dans&#13;
des papiers de diverses grandeurs.&#13;
&#13;
Général des&#13;
Jésuites&#13;
&#13;
La coutume est de mettre sur les lettres du général des Jésuites&#13;
&#13;
Remboursement&#13;
de 18 000 livres&#13;
&#13;
Je pense que M. de La Chesnaye a trouvé moyen de se faire rembourser&#13;
&#13;
« reverendissimi » et sur celles l’assistant, « admodum reverendo ».&#13;
&#13;
des 18 000 livres que l’on voulait rejeter sur les 36 000 livres et qui nous&#13;
aurait fait perdre une demi-année.&#13;
&#13;
Paul Ragueneau, 1608-1680, jésuite chargé des intérêts des missions jésuites canadiennes à Paris de 1662 à 1680,&#13;
très estimé de Laval&#13;
43&#13;
Madeleine de La Peltrie, 1603-1671, bienfaitrice et co-fondatrice des Ursulines de Québec avec Marie de&#13;
l’Incarnation&#13;
42&#13;
&#13;
�Castor gras&#13;
&#13;
Il y a un arrêt pour changer le prix du castor gras et sec. Ceux qui ont&#13;
le castor en dernière main le vendent 8 livres de bon gras – [il] vaudrait&#13;
encore davantage. L’on en a vendu [à ce] jour pour 500 000 livres.&#13;
&#13;
Gouverneur des&#13;
îles [d’Amérique&#13;
française]&#13;
&#13;
M. de Baas, gouverneur des îles, est mort. On a nommé en sa place&#13;
M. le comte de Blénac, que l’on craint être peu propre pour cela. M. le&#13;
comte d’Estrées a repris Cayenne, assez heureusement. Mais dans&#13;
l’expédition qu’il a faite ensuite pour prendre Tabaco, quoiqu’il ait&#13;
brûlé bien des navires des Hollandais, il a perdu quatre des nôtres et&#13;
bien du monde et n’a pas pris le fort de Tabaco. Si les Hollandais&#13;
renvoyaient une flotte aux îles, elles sont bien exposées et mal&#13;
fortifiées.&#13;
&#13;
Jansénistes&#13;
&#13;
Les jansénistes continuent toujours et le nombre n’en diminue pas. Ils&#13;
crient contre la morale des Jésuites. Ils ont fait un livre contre&#13;
M. Mallet44 plein d’outrages et de calomnies ; ils en font de même&#13;
contre ceux qui s’opposent à eux. Il court ici des lettres qui font bien du&#13;
bruit. Il y en a une que le cardinal Cibò45 écrit à M. Arnauld46 au nom&#13;
du pape, où il lui donne toutes les louanges qu’on pourrait donner à&#13;
un saint Père de l’Église. Il y a même quelque chose qui semble&#13;
s’excuser en sa doctrine : on dit que le roi en ayant témoigné du&#13;
ressentiment à M. le nonce47, qu’il a désavoué ces lettres et dit qu’elles&#13;
étaient subreptices et de vrai, elles ne peuvent avoir été faites et&#13;
inspirées que par les jansénistes. Il y en a une autre à M. de Grenoble48&#13;
qui le loue beaucoup de sa vie austère et réformée et le propose pour&#13;
exemple aux prélats. M. le cardinal d’Estrées a des personnes du parti&#13;
auprès de lui ; ce serait bien du mal si ces gens-là trouvaient de l’appui&#13;
jusqu’à Rome. L’on aura éclaircissement de Rome sur ce sujet. La&#13;
Trappe continue dans sa doctrine et sa réforme, ce qui causera bien du&#13;
&#13;
Charles Mallet, 1608-1680, grand-vicaire de Harley de Champvallon, archevêque de Paris, avec mission&#13;
d’examiner les affaires concernant le jansénisme : il devient un ennemi implacable du Grand Arnauld.&#13;
45&#13;
Alderano Cib�, 1613-1700, secrétaire d’État à Rome&#13;
46&#13;
Antoine Arnauld, 1612-1694, prêtre, théologien et l’un des chefs de file des jansénistes.&#13;
47&#13;
Pompeo Varese, 1624-1678, nonce à Paris du 27 janvier 1677 au 4 novembre 1678&#13;
48&#13;
Étienne Le Camus, 1632-1707, évêque de Grenoble de 1671 à 1707. Il fut associé à l’abbaye de Port-Royal-desChamps, de courant janséniste. Il influença plus tard l’abbé de Saint-Vallier, qui deviendra le 2e évêque de Québec.&#13;
44&#13;
&#13;
�mal à l’Ordre de Cîteaux pour la réforme, où ils mêlent toujours de&#13;
leurs gens quand il s’agit de réformer quelque abbaye.&#13;
M. Bertot&#13;
&#13;
Je vous ai mandé que M. Bertot49 avait une abbaye en Bretagne assez&#13;
considérable. Il m’a dit les mêmes choses qu’à vous et [je] n’ai pu en&#13;
rien tirer. Je ne sais si, à l’avenir, il y aura lieu d’espérer davantage. J’y&#13;
travaillerai et à la rente de M. des Noyes. Je verrai en passant s’il y avait&#13;
quelque ressource pour le fonds de la rente de M. de Montfort. Il m’a&#13;
dit que les Ursulines pourront bien le prendre, que les Ursulines ont&#13;
donné un amortissement pour la changer de nom et que&#13;
M. de Montfort est devenu insolvable. Il tire aussi 100 francs du loyer&#13;
de l’ermitage. Ses amis ont peine à comprendre sa conduite. Il est bien&#13;
engagé à la direction des grandes dames de la Cour. Mme la grande&#13;
duchesse50 demeure à Montmartre, qu’il dirige.&#13;
&#13;
Lettre de&#13;
M. de Frontenac&#13;
&#13;
M. de Frontenac a écrit ce qu’il a coutume de dire à Québec contre vous&#13;
et votre clergé et contre M. l’intendant. L’on ne m’a point communiqué&#13;
ses lettres pour y répondre. Je crois que c’était à cause qu’elles étaient&#13;
remplies de calomnies trop grandes et que cela aurait obligé à dire bien&#13;
des choses. L’on en a communiqué quelque chose à M. Richer, dont on&#13;
renvoie les mémoires à M. Duchesneau. Il sera bon que vous les&#13;
puissiez&#13;
&#13;
voir.&#13;
&#13;
Mme de Frontenac&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
puissamment&#13;
&#13;
sollicité&#13;
&#13;
et&#13;
&#13;
M. Le Barrois n’a pas perdu de temps à soutenir les sentiments de son&#13;
maître. Ce qui est plus surprenant, c’est que l’on se sert du mensonge&#13;
comme de la vérité. Après que ledit sieur a fait dire à de Saint-Aubin&#13;
tout ce qu’il a débité, il a été fort fâché de ce qu’on m’en avait donné&#13;
avis de tout ce que ledit sieur de Saint-Aubin avait dit et que c’était,&#13;
disait-il, pour le perdre.&#13;
Subsistance des&#13;
missionnaires&#13;
&#13;
Lorsque M. Colbert me donna audience, il me dit que je lui présentasse&#13;
un mémoire touchant la subsistance des prêtres que le Séminaire&#13;
emploie à desservir les paroisses et me donna bonne espérance, de la&#13;
manière qu’il me parla. Je lui ai présenté mon mémoire et lorsque je&#13;
&#13;
49&#13;
50&#13;
&#13;
Jacques Bertot, 1622-1681, mystique français, il servit de procureur de Laval à Paris&#13;
Marguerite Louise d’Orléans, 1670-1721, fille de Gaston de France, frère de Louis XIII.&#13;
&#13;
�suis retourné pour en avoir la réponse et savoir sa volonté là-dessus, il&#13;
m’a paru fort froid et dit qu’il ne savait que me dire là-dessus et comme&#13;
je lui ai représenté qu’il m’avait dit, la dernière fois j’eus l’honneur de&#13;
lui parler qu’il y aurait égard, il me répéta qu’il ne pouvait que me dire&#13;
là-dessus et se retira. J’avais vu M. de Vaubourg auparavant, qui&#13;
m’avait assez fait connaître qu’il n’y avait rien à espérer ; il n’est quasi&#13;
pas possible de tirer aucun argent de M. Colbert, tout va pour la guerre.&#13;
J’ai fait le rapport à M. Bellinzani de ce qui s’était passé et j’ai prié de&#13;
voir si M. Colbert n’aurait pas d’égard à l’impuissance où était le&#13;
Séminaire de fournir à la subsistance des curés si le roi ne donnait du&#13;
fonds pour cela et qu’il n’eut la même bonté qu’il a pour les îles, comme&#13;
la Compagnie y était obligée. M. Colbert m’a fait demander ensuite les&#13;
noms en particulier des ecclésiastiques du Séminaire pour le&#13;
déterminer en dernier lieu s’il nous donnerait quelque chose, à ce que&#13;
m’a dit M. Bellinzani, qui m’en devait rapporter la réponse. Mais j’ai&#13;
vu à son retour qu’il n’y avait rien à espérer pour le présent. Il m’a&#13;
rendu mon mémoire, sur lequel M. Colbert avait signé de sa main&#13;
« Néant ». Je lui avais donné, dans ce dernier mémoire, par nota, que&#13;
depuis que le roi vous avait donné l’abbaye de l’Estrée, le revenu qui&#13;
nous faisait subsister était diminué de 10 000 livres, savoir de 6 000 de&#13;
la pension que le roi vous accorde, dont vous n’avez rien reçu depuis&#13;
cinq ans, 2 000 livres retranchées sur l’état de ce que la Compagnie&#13;
nous faisait payer et 2 000 livres par la vente de l’île d’Orléans, que&#13;
vous avez été contraint de vendre pour faire un corps de logis pour&#13;
loger vos ecclésiastiques que l’on ne pouvait où loger ; ajoutant à cela&#13;
que le Séminaire était augmenté de plus du tiers en sujets, tant&#13;
ecclésiastiques, enfants, que domestiques.&#13;
Écrire au roi et à&#13;
M. Colbert&#13;
&#13;
Il faut que vous écriviez nettement sur ce sujet au roi et à M. Colbert,&#13;
sans néanmoins dire que vous abandonnez la chose si le roi n’y&#13;
pourvoit, car on vous laisserait faire et on dirait qu’il y fallut employer&#13;
des récollets et peut-être MM. de Saint-Sulpice. Il faut toujours faire de&#13;
notre mieux et Dieu nous aidera. Ne craignez point d’agir ouvertement&#13;
pour votre Séminaire, car les distinctions que nous avons voulu&#13;
apporter n’ont servi de rien et comme l’on prend prétexte de ne rien&#13;
&#13;
�accorder, dites que vous êtes prêt de remettre les abbayes s’il plaît au&#13;
roi vous donner quelque revenu certain pour vous faire subsister, votre&#13;
chapitre et votre Séminaire et celui des enfants.&#13;
MM. de SaintSulpice&#13;
&#13;
Quoique MM. de Saint-Sulpice en aient très bien usé à notre égard et&#13;
qu’ils souhaitent parfaitement conserver la paix, je crains néanmoins&#13;
qu’ils n’aient toujours quelque vue que quelqu’un qui leur soit acquis&#13;
vous puisse succéder et que, par ce moyen, ils pourront avoir la&#13;
principale conduite de l’Église du Canada, d’autant plus qu’ils ne font&#13;
pas grand état du Séminaire des Missions étrangères et peut-être du&#13;
nôtre et croiront facilement qu’ils ne subsisteront pas. Ceci n’est qu’une&#13;
conjecture, mais elle n’est pas sans fondement, vu les efforts que l’on a&#13;
faits pour empêcher l’union des deux Séminaires de Paris et de Québec&#13;
il y a deux ans.&#13;
&#13;
Du Séminaire de&#13;
Paris&#13;
&#13;
Je ne vois pas que l’on puisse espérer autre chose du Séminaire de Paris&#13;
que ce qui s’y fait présentement, jusqu’à ce que Notre-Seigneur y mette&#13;
la main et qu’il y donne des sujets pour le former et l’établir dans la&#13;
perfection. Nos Messieurs ont bien reconnu que les missions du Levant&#13;
ne leur sont pas bien assurées, l’affaire qu’ils ont avec le Portugal&#13;
souffre de grandes difficultés et la division avec les Jésuites est difficile&#13;
à rétablir. Je sais bien que les évêques pourront bien être soutenus à&#13;
Rome sous ce pontificat, qui n’est pas favorable aux Jésuites, et cela&#13;
cause de la peine aux Jésuites de France, contre les évêques et même&#13;
contre le Séminaire, qui, se trouvant obligé de soutenir les évêques, ne&#13;
peut pas qu’il ne fasse peine aux Jésuites en plusieurs choses. Je leur ai&#13;
fait remarquer que l’union du Séminaire de Québec rendait stable leur&#13;
établissement et non pas les séminaires du Levant, qui ne sont pas&#13;
permanents, non plus que les vicariats apostoliques d’où ils&#13;
dépendent. Cela me fait croire qu’ils prendront à l’avenir les affaires&#13;
du Canada plus à cœur qu’ils n’ont fait. Je ne sais si j’y passerai l’hiver,&#13;
car je vois cela assez inutile.&#13;
&#13;
�Galpy&#13;
&#13;
L’affaire de Galpy51 nous donne de la peine et je ne sais quel en sera le&#13;
succès, car vous lui avez signé un billet sans réserve, ni sans préjudice&#13;
de ce qu’il vous devait par le compte précédent ; mais ce billet n’est pas&#13;
conforme à l’autre et il y a plusieurs ratures. Nous avons consulté&#13;
aujourd’hui M. Rivard et un autre avocat, sans pouvoir rien conclure,&#13;
et si Bienassis52 a référé la chose au serment de Galpy et qu’il en ait juré&#13;
en justice, comme il me semble que Bienassis m’en a dit quelque chose,&#13;
il sera difficile que nous y puissions revenir. J’en écris à Bienassis au&#13;
premier jour pour travailler à sortir de cette affaire.&#13;
&#13;
Un homme à&#13;
La Rochelle&#13;
&#13;
Je ne vois pas clair pour un homme à La Rochelle pour les&#13;
communautés. Le P. Ragueneau et le F. Saint-Gilles ne goûtent pas que&#13;
ce soit un jésuite. M. de La Chesnaye a beaucoup d’autres affaires et&#13;
voudrait gagner beaucoup et par nécessité, il faudrait que nos factures&#13;
fussent sur le pied des leurs, d’y mettre un homme en particulier qui&#13;
soit entièrement occupé à cela. Il coûtera notablement et il est difficile&#13;
d’en trouver. Mandez-nous vos pensées ; après tout, il ne faut pas&#13;
rompre avec les fermiers, qui auront quasi tout le commerce,&#13;
nommément dans les temps fâcheux de la guerre.&#13;
&#13;
M. Berthelot&#13;
pour 1 200 livres&#13;
&#13;
M. Berthelot étant parti dès le mois de février pour l’armée. Je n’ai pu&#13;
avoir les 1 200 livres qu’il me devait fournir pour le prêtre de la&#13;
[paroisse] Sainte-Famille, non plus que les 300 livres pour Denis&#13;
Roberge et 100 livres qu’il donne à l’hôpital en considération du sieur&#13;
Frisson.&#13;
&#13;
Gratifications&#13;
&#13;
L’ordonnance de la gratification de l’hôpital est de 3 000 livres, savoir&#13;
1 000 livres pour les religieuses et 2 000 livres pour les pauvres,&#13;
quoique les autres années, elle n’était que de 2 000 livres en tout. Je ne&#13;
sais si elle sera payée sur ce pied.&#13;
MM. de Saint-Sulpice ont aussi 3 000 livres pour employer aux petits&#13;
Sauvages qu’ils élèvent. M. Colbert a fait difficulté de délivrer ces&#13;
&#13;
51&#13;
52&#13;
&#13;
Ancien fermier de Méobecq. Sa succession causa des problèmes pendant des années.&#13;
Jacques Matheron de Bienassis, bailli de Saint-Gauthier, régisseur de l’abbaye de Méobecq&#13;
&#13;
�sommes au P. Ragueneau et à MM. de Saint-Sulpice, disant qu’il fallait&#13;
que cet argent passât par les mains de l’intendant. Je crois néanmoins&#13;
que la chose se payera à l’ordinaire. Il y a néanmoins quelque raison&#13;
qui a fait penser à ce changement, que je ne sais pas bien.&#13;
Ursulines&#13;
&#13;
Les Ursulines ont 1 000 livres, à l’ordinaire.&#13;
M. de Frontenac a obtenu diverses sommes d’argent, des armes et des&#13;
munitions.&#13;
&#13;
Il ne faut pas&#13;
que je reste en&#13;
France&#13;
davantage&#13;
&#13;
L’on pourra vous écrire qu’il serait à propos que je restasse encore&#13;
quelque temps en France, mais il n’y faut pas acquiescer, d’autant que&#13;
j’aurai fait tout ce que je puis faire pour nos affaires d’ici à l’année&#13;
prochaine, tant en France que pour celles de Rome, où il serait très&#13;
inutile que j’allasse. Mgr d’Héliopolis y sera et quelqu’un du Séminaire,&#13;
avec notre banquier, outre que le roi entreprenant la chose la fera&#13;
exécuter par ses ambassadeurs et il ne serait pas d’édification que je&#13;
restasse plus longtemps en France et il serait nécessaire que je&#13;
retournasse l’année prochaine, quand même il faudrait revenir, y étant&#13;
contraint par la nécessité des affaires.&#13;
&#13;
Étoffes de&#13;
Château Rolin&#13;
&#13;
Vous verrez l’état de l’envoi dans les mémoires que j’adresse à&#13;
M. des Maizerets53. J’ai été obligé de prendre pour 1 000 livres d’étoffes&#13;
de bloche, dont le sieur Guillard a répondu. Je ne pouvais autrement&#13;
avoir paiement de lui.&#13;
Vous verrez aussi par le mémoire de ce que j’ai reçu et de ce que j’ai&#13;
payé l’état de nos affaires. Il faut se mesurer si l’affaire de M. Berthelot&#13;
nous avait manqué. J’étais tout à fait en peine depuis votre départ.&#13;
M. de Saint-Josse n’a reçu que 900 livres d’Èves et 400 livres de&#13;
M. de La Gonnivière et j’ai reçu 400 livres pour les mêmes de&#13;
Mme d’Aiguillon.&#13;
&#13;
53&#13;
&#13;
Louis Ango des Maizerets, 1636-1721, grand-vicaire de Laval&#13;
&#13;
�Méobecq&#13;
&#13;
J’espère aller cet été à Méobecq, mais je prévois que je ferai bien peu de&#13;
choses ; la guerre est cause que l’on ne peut rien tirer. Il me paraît que&#13;
Roger y serait peu utile et ferait de la dépense. J’avais pensé que si&#13;
M. Gauthier54, oncle de M. Duplein, y voulait aller demeurer, comme il&#13;
entend fort bien les affaires et le ménage et que d’ailleurs, il&#13;
s’occuperait à aider M. le curé dans ses fonctions, qui me demande un&#13;
prêtre, et si M. Sallé55 ne l’aidait, il lui en faudrait un et il en aurait en&#13;
effet besoin. Mandez en moi votre pensée.&#13;
&#13;
M. Gauthier&#13;
&#13;
m’a paru disposé à ce que l’on voudrait, quoique je ne lui ai pas écrit&#13;
de ceci en particulier. Je suis sur le point aussi de consulter les autres&#13;
procès de Méobecq pour voir ce qu’il faudra faire.&#13;
&#13;
Évêché de&#13;
&#13;
L’évêché de Québec relèvera de l’archevêché de Paris. M. Bellinzani&#13;
&#13;
Québec&#13;
&#13;
me l’a dit ces jours passés. On écrira à M. l’intendant qu’il n’est pas&#13;
permis à aucun huguenot de s’établir en Canada, conformément à&#13;
l’édit du roi, et que s’il arrivait que quelque marchant huguenot fût&#13;
contraint d’hiverner en Canada pour quelque nécessité pressante, il&#13;
sera obligé de représenter les raisons à l’intendant, lequel, s’il les&#13;
trouve justes, lui permettra pour une année seulement et sans&#13;
conséquence. C’est tout ce que nous avons pu obtenir là-dessus et&#13;
M. Colbert allait bien plus avant, mais je lui ai fait voir l’édit&#13;
d’établissement, qui défend expressément qu’aucun huguenot s’y&#13;
établisse et lui ai dit la conséquence du voisinage des Anglais, auxquels&#13;
les huguenots se joindraient dans la première guerre que nous&#13;
pourrions avoir avec eux.&#13;
&#13;
Hommes mariés&#13;
&#13;
M. Colbert m’a dit qu’il écrirait aussi à M. l’intendant de tenir la main&#13;
à ce que les hommes mariés qui abandonnent leurs femmes en France&#13;
aillent les quérir ou les fassent venir.&#13;
&#13;
Honneurs [dans&#13;
&#13;
M. Bellinzani m’a dit que M. Colbert avait traité de ridicule la demande&#13;
&#13;
les églises]&#13;
&#13;
que le Conseil faisait des honneurs et que la chose était réglée à&#13;
&#13;
54&#13;
55&#13;
&#13;
Gabriel Gauthier, oncle du prêtre du Séminaire de Québec, Benoît Duplein, et fermier de Méobecq&#13;
Antoine Sallé, notaire apostolique de Bourges, diocèse dont dépendait Méobecq&#13;
&#13;
�l’avantage de l’Église. J’avais demandé qu’il fût réglé conformément à&#13;
l’usage de France et que le Conseil ne se trouvait que dans les&#13;
convocations publiques et générales.&#13;
Fermiers du roi&#13;
&#13;
Les fermiers sont parfaitement soutenus. L’on a changé le prix du&#13;
castor et si cela est, les marchandises seront toujours en même prix ;&#13;
ainsi ce sera le quart de hausse tout d’un coup. Il y faut prendre garde&#13;
et que le Conseil ne le permette pas.&#13;
&#13;
Castor vendu&#13;
&#13;
M. Fromont a vendu pour 500 000 livres de castor à quatre des&#13;
principaux chapeliers de Paris à 8 livres, 10 sols, 9 livres.&#13;
MM. Daulier et Berthelot, voyant qu’il y avait 500 000 livres à&#13;
rembourser pour la moitié d’un traité, n’ont voulu entrer que pour un&#13;
quart ; d’autres ont pris l’autre quart.&#13;
&#13;
Curés amovibles&#13;
&#13;
La Cour ne souffrira que l’on fasse des cures et canonicats amovibles.&#13;
M. Colbert me dit que cela était contre les droits du royaume. Je lui dis&#13;
que l’on ferait des paroisses fixes lorsque les choses seraient en état&#13;
pour cela. Il ne faut pas douter que l’on n’oblige de suivre l’usage le&#13;
plus usité dans la France et le plus favorable à la politique.&#13;
&#13;
Du patronage&#13;
&#13;
Je crois que s’il se présente des personnes qui veulent doter les cures,&#13;
bâtir et entretenir les églises ou le chœur des églises, selon [ce] qu’il se&#13;
pratique en France, il faudra leur accorder le droit de patronage.&#13;
M. Colbert dit que pourvu qu’ils donnassent 100 écus de rente et&#13;
bâtissent l’église, il faudrait les admettre et qu’on lui en avait récrit de&#13;
Canada ; qu’il récrirait sur ce pied-là. Si on pouvait réduire la chose à&#13;
400 livres, je pense que cela, joint à la dîme, un curé pourra subsister&#13;
facilement. Vous en écrirez à M. Colbert ce que vous jugerez à propos.&#13;
&#13;
Lettres du roi et&#13;
de M. Colbert&#13;
&#13;
Que vos lettres du roi et de M. Colbert soient courtes et ne parlent de&#13;
trop de choses : l’affaire des boissons et la subsistance des prêtres que&#13;
le Séminaire emploie à faire les fonctions curiales. Il vaudrait mieux&#13;
faire un mémoire séparé des autres affaires que de faire mention dans&#13;
&#13;
�la lettre, car ils font faire des extraits où l’on met fort peu de choses et&#13;
cela est cause qu’ils ne peuvent être bien éclairés d’une affaire.&#13;
60 livres à&#13;
M. Daulier&#13;
&#13;
M. Daulier a souhaité que je lui payasse les 60 livres qu’il avait fournies&#13;
&#13;
150 livres&#13;
&#13;
J’ai payé aussi 150 livres que devait M. Fillon56 pour un calice et un&#13;
&#13;
et qui lui devaient revenir du passage d’une fille.&#13;
&#13;
soleil57, qu’il emporta lorsqu’il passa en Canada.&#13;
Remises des lots&#13;
et vente&#13;
&#13;
Nous n’avons pu encore avoir les remises pour les terres de l’hôpital.&#13;
J’ai regardé sur les livres de la Compagnie, où j’ai bien trouvé celles des&#13;
Ursulines et de Beaupré, mais non pas celles de l’hôpital, lesquelles&#13;
assurément n’ont pas été expédiées du temps de la Compagnie,&#13;
quoiqu’elles eussent été promises.&#13;
&#13;
M. Guenet&#13;
&#13;
M. Guénet58 est payé de ce qui lui était dû de vieux, savoir la somme&#13;
de 4 739 livres, 19 sols dont le P. Ragueneau a payé 1 439 livres, 19 sols&#13;
et moi, 3 000 livres. On lui doit l’envoi de cette année. Vous verrez par&#13;
la facture qui se monte à près de 1 750 livres.&#13;
Je vous écrirai encore ce qui se passera et vous enverrai le modèle de&#13;
l’union de la cure de Québec au Séminaire et de l’érection du chapitre,&#13;
que j’attends de M. Chéron au premier ordinaire. Je vous demande, s’il&#13;
vous plaît, la continuation de votre souvenir auprès de Notre-Seigneur&#13;
et suis avec respect, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Jean Dudouyt59.&#13;
&#13;
[Au dos :]&#13;
Lettre de M. Dudouyt à Monseigneur, 1677&#13;
Grande audience que M. Colbert a donnée à M. Dudouyt, à Sceaux, après bien des refus&#13;
François Fillon (1629–1679), curé de Saint-Anne&#13;
Un ostensoir&#13;
58&#13;
Jean Guénet, contrôleur des domaines du roi au Canada&#13;
59&#13;
Signé « J.D.D. » : Jean Du Douyt, ancienne orthographie de Jean Dudouyt&#13;
56&#13;
57&#13;
&#13;
�1° sur la traite des boissons&#13;
2° sur les huguenots en Canada&#13;
3° sur la subsistance des missionnaires&#13;
4° sur les curés amovibles&#13;
5° sur les hommes mariés en France&#13;
6° sur les congés qu’on prétend que les missionnaires aient du gouverneur : aller en&#13;
mission ou repasser en France&#13;
______________________________________________&#13;
Remarques de la manière dont [il] faut écrire en Cour sur la traite des boissons, [en]&#13;
spécifiant [les] cas particuliers&#13;
______________________________________________&#13;
M. Colbert a demandé de voir l’union du Séminaire de Québec à celui des Mission&#13;
étrangères&#13;
______________________________________________&#13;
Dessein vraisemblable de Saint-Sulpice d’avoir le gouverneur de Callière&#13;
1677&#13;
Lettre à Mgr de Québec par J. Dudouyt, son agent à Paris&#13;
&#13;
/Transcription60 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans le Rapport de l’archiviste de la province, 1885, p xcvii-cxiii, et&#13;
la copie collationnée conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no&#13;
48c.&#13;
60&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>Introduction générale aux DOC. XXVII de l’ANP1&#13;
Quelques documents au sujet du commerce de boissons enivrantes avec les peuples&#13;
autochtones de Nouvelle-France, 1660-1668&#13;
Dès le début de la colonie française, la question du commerce des boissons alcooliques avec les&#13;
Autochtones donna lieu à plusieurs discussions sur la licéité d’un tel commerce. Le débat se&#13;
compliqua et dura longtemps, puisque divers intérêts étaient en jeu.&#13;
D’un côté, les commerçants français troquaient les fourrures des Autochtones contre une petite&#13;
quantité d’alcool. Les généreux profits poussaient donc les Européens à favoriser ce qu’ils&#13;
appelaient le penchant des Sauvages pour les boissons. Ils cherchaient à justifier leur conduite&#13;
en prétextant que ce commerce faciliterait les rapprochements entre les colons et les natifs et&#13;
ainsi accélérait leur adoption de la culture française.&#13;
De l’autre côté, les missionnaires et plusieurs administrateurs civils, qui n’étaient pas influencés&#13;
par ces intérêts commerciaux et qui avaient à cœur d’abord les graves désordres causés parmi&#13;
les Autochtones par l’usage abusif de l’alcool, se croyaient obligés en bonne conscience de&#13;
combattre et d’interdire ce commerce.&#13;
En effet, dès les premiers temps de la colonie, Champlain, fondateur de Québec, l’avait prohibé.&#13;
Son exemple fut suivi par certains de ses successeurs, soit Montmagny, d’Ailleboust et le&#13;
fondateur de Montréal, Maisonneuve. Un décret du Conseil d’État du 7 mars 1657 confirma cette&#13;
prohibition. Le 31 mars 1658, l’abbé de Queylus, alors vicaire général de l’archevêque de Rouen,&#13;
déclara dans une prédication que donner ou vendre des boissons enivrantes aux Autochtones&#13;
constituait un péché grave, puisque ces derniers n’en demandaient que pour s’enivrer.&#13;
Quand le Serviteur de Dieu arriva au Canada en 1659, il trouva ce problème déjà bien enraciné.&#13;
Il comprit immédiatement la gravité de la situation. Après avoir pris conseil auprès de son clergé&#13;
(cf. Doc. XX2), il prit la ferme résolution de combattre ce néfaste commerce, d’abord par la&#13;
douceur et la conviction, puis, si cela devenait nécessaire, par des mesures contraignantes.&#13;
En menant de front ce courageux combat, il n’eut peur de rien : ni de la force du pouvoir civil,&#13;
ni des insistances du roi et du ministre de France, ni de la menace des commerçants, ni de la&#13;
fatigue de deux voyages3 en France. Il démontra toute sa force d’âme dans l’accomplissement&#13;
de son devoir.&#13;
Il est important de noter que ses successeurs, surtout Mgr de Saint-Vallier et Mgr Dosquet,&#13;
continuèrent la lutte en maintenant les interdictions imposées par le Serviteur de Dieu.&#13;
Nous avons rassemblé ci-dessous les principaux documents concernant cette épineuse question&#13;
et le vigoureux combat mené par le Serviteur de Dieu. Mais il faut se rappeler que plusieurs&#13;
autres documents, éparpillés çà et là dans la présente Positio, y font allusion occasionnellement,&#13;
comme on le voit dans le Summarium4.&#13;
Transcription faite à partir de la copie sur original par G.-É. Demers, v. 1930, publiée dans l’Altera Nova&#13;
Positio de 1956.&#13;
2&#13;
Le Journal des Jésuites mentionne une rencontre à ce sujet les 26 novembre et les 4 et 5 décembre 1659.&#13;
3&#13;
Les voyages de 1662 et de 1679.&#13;
4&#13;
Une excellente œuvre présentant l’esprit de la lutte de Mgr de Laval pour la justice humaine, mais comprenant&#13;
les modérations, a été rédigée par David Levack, L’œuvre antialcoolique de Mgr de Laval : 25 ans de lutte&#13;
héroïque, 1659-1685, Québec, 1952.&#13;
1&#13;
&#13;
�Nous dressons ici une liste schématique des documents choisis et avons inclus, dans&#13;
l’introduction de chaque texte, les notes historiques nécessaires pour mettre en évidence leur&#13;
lien logique.&#13;
1° 5 mai 1660 : Mandement d’excommunication promulguée par le Serviteur de Dieu&#13;
contre les commerçants de boissons enivrantes avec les Autochtones&#13;
[Octobre 1661 : 1re levée de la sentence d’excommunication]&#13;
2° 1er février 1662 : 1re délibération de La Sorbonne au sujet de la légitimité d’une telle&#13;
excommunication&#13;
3° 24 février 1662 : 1er renouvellement de l’excommunication&#13;
4° 30 avril 1662 : 2e renouvellement de l’excommunication&#13;
5° 28 septembre 1663 : Défense par le Conseil souverain de Québec du commerce des&#13;
boissons enivrantes avec les Autochtones&#13;
6° 9 février 1668 : 2e levée de la sentence d’excommunication&#13;
7° 21 avril 1669 : Cas d’absolution réservés à l’évêque&#13;
8° 26 juin 1669 : Arrêt du Conseil souverain à propos dudit commerce&#13;
9° 8 mars 1675 : 2e délibération de La Sorbonne au sujet de ladite réserve&#13;
10° 28 juin 1675 : Délibération de l’Université de Toulouse sur ledit sujet&#13;
11° 1er mai 1677 : Lettre de Colbert, secrétaire d’État de la Marine de France, à&#13;
Duchesneau, intendant du Canada&#13;
12° 12 mai 1677 : Lettre de l’abbé Dudouyt au Serviteur de Dieu&#13;
13° 24 mai 1679 : Édit royal au sujet dudit commerce&#13;
14° 24 mai 1679 : Lettre du ministre Colbert à l’intendant Duchesneau&#13;
15° 1er juin 1679 : Lettre de l’abbé Tronson à l’abbé Dollier de Casson, sulpicien&#13;
16° 12 novembre 1682 : Rapport du gouverneur de La Barre&#13;
17° environ 1688 : Témoignage de M. Dulhut au sujet des désordres causés aux&#13;
Autochtones par les boissons enivrantes&#13;
/Traduction du texte de présentation et des annotations italiennes par le Séminaire de Québec-rl-mdv-2018&#13;
&#13;
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                    <text>Introduction en français moderne aux Docs. 27 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11514" class="show"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 48c&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;span&gt;Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le 1er évêque de Québec du résultat des audiences avec Colbert, secrétaire d’État à la Marine de France, concernant la subsistance des prêtres canadiens et la traite de l’eau-de-vie. Les avis de la Cour sont présentement défavorables à l’évêque. La lettre fait état de l’évolution de différents dossiers, comme l’union des menses abbatiales avec le chapitre de Québec, les huguenots en Acadie, la goudronnerie, les cures fixes, la dîme et l’union de la paroisse de Québec au Séminaire.&lt;/span&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14074" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 27 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10914" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 27-12&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11308" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4682" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 27-12&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9766" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.canadiana.ca/view/oocihm.8_03506_5/98?r=0&amp;amp;s=1"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans Rapport sur les archives publiques, 1885, p xcvii-cxiii, Note C, via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
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        <name>Chapitre de Québec</name>
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        <name>Commerce et industrie</name>
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                    <text>Lettre de Laval au Séminaire de Québec (Paris, 30 mai 1687)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
Ayant eu avis que les huguenots de La Rochelle avaient obtenu un pouvoir de&#13;
tenir la Pêche sédentaire en Acadie sous le nom de deux ou trois catholiques de&#13;
Paris et qu’ils avaient équipé un vaisseau avec un petit bâtiment, où ils faisaient&#13;
passer cent hommes, dont cinq seulement étaient catholiques, j’ai présenté un&#13;
mémoire à M. de Seignelay, dont je vous envoie copie, lui faisant voir que cet&#13;
établissement était grandement préjudiciable à la religion, à l’État et au pays et&#13;
contre l’intention du roi, qui ordonne, par son édit d’établissement de la colonie&#13;
du Canada, qu’elle ne sera peuplée que de catholiques. Il me dit qu’il y donnerait&#13;
ordre ; cependant, comme j’ai vu que la chose s’exécutait, j’ai été voir le&#13;
P. de La Chaize et lui ai fait voir le mémoire. Il en a bien conçu l’importance et m’a&#13;
dit qu’il lirait le mémoire au roi mot pour mot et qu’on y mettrait ordre.&#13;
J’en ai parlé à M. de La Barre et à M. de Meulles et le P. de La Chaize en a même&#13;
parlé à M. de La Barre. Le fondement qu’on allègue, et où la plupart donnent&#13;
même plusieurs de ceux qui sont assez bien intentionnés pour qu’on permette cet&#13;
établissement, est « qu’il faut des hommes en Canada et qu’il faut que le pays&#13;
s’établisse ; qu’il faut pour cela permettre à toutes sortes de personnes de s’y&#13;
établir ; que ceux qui ont fait des établissements en ont usé de la sorte ; que la&#13;
république de Rome était au commencement un amas de brigands, etc. » J’ai&#13;
répondu que si le roi veut que le Canada s’habitue, qu’il se trouvera des&#13;
catholiques en assez grand nombre pour cela ; que le mélange des huguenots avec&#13;
les catholiques est très pernicieux, surtout dans un pays éloigné ; qu’il corrompra&#13;
la foi et les mœurs des peuples, surtout des nouveaux convertis qui passent en&#13;
Canada ; qu’il causera la division entre les catholiques et les huguenots dans le&#13;
pays ; qu’ils empêcheront la conversion des Sauvages, leur inspirant l’aversion des&#13;
catholiques, comme font les Hollandais de Manhattan et les Anglais de Boston, en&#13;
haine de la religion et par intérêt pour avoir leurs pelleteries ; que s’il arrivait&#13;
guerre, les hérétiques se joindraient aux Hollandais de Manhattan et aux Anglais&#13;
de Boston, voisins du Canada ; qu’au reste, les républiques ou colonies qu’on dit&#13;
avoir été formées du ramas des personnes de toute religion étaient ou païennes ou&#13;
hérétiques, où la diversité de religion porte nécessairement la division. On sait ce&#13;
que les huguenots ont fait souffrir à la France.&#13;
&#13;
�Quoique le navire parte avant qu’on y ait mis ordre et qu’on les ait empêchés,&#13;
puisqu’il y a trois semaines qu’ils sont en rade et n’attendent que le vent, le roi&#13;
néanmoins donnera les ordres ou dès cette année ou au moins l’an prochain, afin&#13;
qu’ils désistent de leur entreprise ou qu’ils ne fassent leur établissement que de&#13;
catholiques, suivant l’édit du roi, car l’arrêt qu’ils ont obtenu pour faire leur&#13;
établissement ne leur permet pas de le faire de huguenots et la permission est&#13;
donnée à trois personnes de Paris, qui sont catholiques.&#13;
Je me suis trouvée ce matin chez M. de Meulles, où était un homme qui a eu ordre&#13;
de M. Colbert de faire la preuve de la potasse du Canada. C’est un homme qui a&#13;
de ces sortes de manufactures à Paris de potasse et de savon. Il a dit à&#13;
M. de Meulles que la potasse du Canada est très bonne, si elle était bien faite, et&#13;
beaucoup meilleure que celle de Norvège, qu’elle ne brûle point le linge et qu’elle&#13;
est bien forte, qu’on peut en faire de bon savon et que c’est une des bonnes&#13;
manufactures qu’on peut tirer du Canada. Cet homme a dit que si on lui en&#13;
envoyait pour 100 000 écus tous les ans, il en ferait le débit et la prendrait.&#13;
Aujourd’hui, 30 mai, je viens de chez M. de La Barre, qui m’a dit qu’on ne souffrira&#13;
pas que les huguenots s’établissent en Canada, que l’an prochain on ôtera tous les&#13;
huguenots. On a fait venir le sieur Chevrier1, auquel on a déclaré qu’on ne voulait&#13;
pas qu’aucun huguenot s’établisse dans l’Acadie. Il a dit qu’il y mettrait ordre et&#13;
qu’il n’y en demeurerait pas. J’ai vu depuis M. de Chevry2, de qui dépend&#13;
principalement la pêche sédentaire qu’on établit à l’Acadie, qui m’a dit qu’il n’y&#13;
hivernera que trente hommes cette année, qu’il ne s’y établira pas de huguenots.&#13;
Le sieur Bergier3 a ordre de bâtir une chapelle pour l’an prochain. Si on avait un&#13;
prêtre à leur donner, ils le prendraient volontiers. Le sieur Bergier, qui a la&#13;
direction de l’établissement de la Pêche sédentaire à l’Acadie, a fait abjuration&#13;
entre les mains du P. de La Chaize. Il espère que ses enfants suivront sa conduite.&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Pierre Chevrier, baron de Fancamp, 1608-1692, aida la Société Notre-Dame à acheter l’île de Montréal et&#13;
était un proche de Bretonvilliers, second supérieur des Sulpiciens de Paris.&#13;
2&#13;
Charles Duret de Chevry de La Boulay, m. 1712, lieutenent du roi et directeur de la Compagnie de la Pêche&#13;
sédentaire de l’Acadie.&#13;
3&#13;
Clerbaud Bergier, huguenot, initiateur de la Compagnie de la Pêche sédentaire de l’Acadie&#13;
4&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans Langevin, Notice biographique sur François de Laval de&#13;
Montmorency, 1874, p. 128-130.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>128&#13;
vous j'avois manqué en quelque chose,j'en aurois un sensible déplai­&#13;
sir et je vous prie d'estre bien persuadé que si je retourne, ce n'est&#13;
uniquement que pour y achever de finir mes jours en repos et avoir&#13;
la consolation de mourir dans le sein de mon Eglise. J'espère que&#13;
bien loin d'y mettre obstacle à la paix, j'y seray un moyen de par­&#13;
faite union comme vous le connaîtrez dans la suite. Ayez donc la&#13;
bonté de m'accorder vostre protection. J'attends une réponse favo­&#13;
rable, et suis&#13;
Votre, etc.,&#13;
&#13;
LE MEME AU MEME.&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
Ayant eu advis que les huguenots de La Rochelle avoient obte­&#13;
nu un pouvoir de tenir une pesche sédentaire à l'Acadie sous le&#13;
nom de deux ou trois catholiques de Paris et qu'ils avoient équi­&#13;
pé un vaisseau avec un petit bâtiment où ils faisaient passer cent&#13;
hommes dont cinq seulement étoient catholiques, j'ay présenté un&#13;
mémoire à M. de Seignelay dont je vous envoyé copie luy faisant&#13;
voir que cet establissement étoit grandement préjudiciable à la re­&#13;
ligion, à l'état et au pays, et contre l'intention du Roy qui ordonne&#13;
par son édit d'établissement de la Colonie du Canada qu'elle ne sera&#13;
peuplée que de catholiques. Il me dit qu'il y donneroit ordre :&#13;
cependant comme j'ay veu que la chose s'exécutoit, j'ay été voir le&#13;
Père de la Chaize et luy ay tait voir le mémoire. Il en a bien&#13;
conceu l'importance et m'a dit qu'il liroit le mémoire au Roy mot&#13;
pour mot et qu'on y mettroit ordre. J'en ay parlé à M. de la Barre&#13;
et à M. de Meule, et le Père de la Chaize en a mesme parlé à M. de&#13;
la Barre. Le fondement qu'on allègue et où la pluspart donnent&#13;
mesmes plusieurs de ceux qui sont assez bien intentionnez pour&#13;
qu'on permette cet establissement, est " qu'il faut des hommes en&#13;
-Canada et qu'il faut que le pais s'établisse, qu'il faut pour cela per­&#13;
mettre à toutes sortes de personnes de s'y établir, que ceux qui ont&#13;
fait des établissements en ont usé de la sorte ; que la république de&#13;
Rome étoit au commencement un amas de brigans, etc." J'ay ré­&#13;
pondu que si le Roy veut que le Canada s'habitue qu'il se trouvera&#13;
des catholiques en assez grand nombre pour cela : que le meslange&#13;
des huguenots avec les catholiques est très pernicieux surtout dans&#13;
un pais éloigné: qu'il corrompra la fby et les moeurs des peuples,&#13;
surtout des nouveaux convertis qui passent en Canada ;qu'il cause­&#13;
ra la division entre les catholiques et les huguenots dans le pais :&#13;
&#13;
�129&#13;
&#13;
qu'ils empêcheront la conversion des sauvages, leur inspirant l'a­&#13;
version des catholiques comme font les hollandais de Manateet&#13;
les anglais de Boston en hayne de la religion, et par intérest pour&#13;
avoir leurs pelleteries. Que s'il arrivoit guerre, les hérétiques se&#13;
joindroient aux hollandais de Manate et aux anglais de Boston&#13;
voisins du Canada. * Qu'au reste les républiques ou colonies qu'on&#13;
dit avoir été formées du ramas des personnes de toute religion&#13;
étoient oupayennes on hérétiques, mais qu'il n'en va pas demesme&#13;
des colonies chrétiennes et catholiques où la diversité de religion&#13;
porte nécessairement la division. On sait ce que les huguenots&#13;
ont fait souffrir à la France.&#13;
Quoyque le navire parte avant qu'on y ayt mis ordre et qu'on&#13;
les ayt empeschés puisqu'il y a trois semaines qu'ils sont en rade&#13;
et n'attendent que le vent, le Boy néantmoins donnera des ordres ou&#13;
dès cette année ou aumoins l'an prochain afin qu'ils désistent de&#13;
leur entreprise ou qu'ils ne fassent leur establissement que de ca­&#13;
tholiques suivant l'édit du Roy, car l'arrest qu'ils ont obtenu pour&#13;
faire leur establissement ne leur permet pas de le faire de huguenots&#13;
-et la permission est donnée à trois personnes de Paris qui sont ca­&#13;
tholiques.&#13;
Je me suis trouvé ce matin chez M. de Meule où estoit un homme&#13;
qui a eu ordre de M. Colbert de faire la preuve de la potasse du&#13;
Canada. C'est un homme qui a de ces sortes de manufactures à Paris&#13;
de potasse et de savon : il a dit à M. de Meule que la potasse du&#13;
Canada est très-bonne, si elle étoit bien faite et beaucoup meilleure&#13;
que celle de Norvège, qu'elle ne brusle point le linge et qu'elle est&#13;
bien forte, qu'on peut en faire de bon savon et que c'est une des&#13;
bonnes manufactures qu'on peut tirer du Canada. Cet homme a&#13;
dit que si on lui en envoyoit pour 100,000 éscus tous les ans, il en&#13;
feroit le débit et la prendroit. y&#13;
Aujourd'hui, 30 may, je viens de chez M. de la Barre qui m'a&#13;
dit qu'on ne souffrira pas que les huguenots s'établissent en Cana­&#13;
da, que l'an prochain on estera tous les huguenots ; on a fait venir&#13;
le Sr. Cheurier auquel on a déclaré qu'on ne voulait pas qu'aucuns&#13;
* L'exemple de la Tour était trop récent pour avoir été oublié. " Il était en&#13;
rapport constant avec ses amis de Boston." [Hist. delà Nouv. Ec. t. 1, p. 59.]&#13;
t On voit par ces détails que Haliburton, dans son Hist. de la Nouv. Ecosse&#13;
n'est pas exact, lorsqu'il dit qu'on ne donnai g-uo jpen attention awz avantages yno&#13;
l'on pouvait &amp;'rer &amp; Za Colonie, on sncowayoant et anymontant son conMMrM&#13;
l,p. 67.)&#13;
I&#13;
&#13;
�130&#13;
huguenots s'établissent dans l'Acadie il a dit qu'il y mettroit ordre&#13;
*&#13;
et qu'il n'y en demeureroit pas. J'ay vu depuis peu M. de Chevry&#13;
de qui dépend principalement la pesche sédentaire qu'on établit à&#13;
l'Acadie qui ^m'a dit qu'il n'y hivernera que trente hommes eette&#13;
année, qu'il ne s'y établira pas de huguenots. Le Sr. Berger a or­&#13;
dre de bastir une chapellepour l'an prochain. Si on avoit un prêtre&#13;
à leur donnerais le prendroient volontiers. Le Sr. Berger qui a la&#13;
direction de l'établissement de la pesche sédentaires à l'Acadie a&#13;
tait abjuration entre les mains du Père de la Chaize. Il espère que&#13;
ses enfans suivront sa conduite.&#13;
M. DE ST. VALIER A MGR. DE LAVAL.&#13;
&#13;
* De l'Isle Percée ce 16 juillet (1685).&#13;
&#13;
C'est en arrivant à l'Isle Percée que je vous escris, mon très cherpère et prélat, pour vous dire que nous sommes venus de la Ro­&#13;
chelle icy en cinq semaines et encore si nous n'avions pas cherché&#13;
* M. de St. Valier s'était embarqué le 8 mai 1685 pour venir à Québec, où il arriva&#13;
le 30 juillet. Le lieu du départ était La Rochelle: sur le même vaisseau étaient&#13;
le marquis de Denonville, sa femme et une partie de sa famille ainsi que deux prê­&#13;
tres. Cinq autres prêtres qui avaient pour chef M. l'abbé D'Urfé, ci-devant Doyen&#13;
du Chapitre du Puy s'embarquèrent sur un autre vaisseau, avec 500 soldats. La&#13;
maladie se mit dans les troupes, et enleva 150 hommes. Un des prêtres mourut&#13;
dans la traversée, et un autre languit encore quelques jours après être arrivé à&#13;
Québec.&#13;
&#13;
" J'avoue," écrivait le prélat quelques années après, j* " que je fus&#13;
sensiblement touché de la mort de ces deux ouvriers évangéliques,&#13;
sur lesquels j'avois beaucoup compté pour le bien de la Colonie,&#13;
parce que je connoissois leur vertu et leur grâce : mais après tout&#13;
je leur portay plus d'envie que de compassion, et bénissant mille&#13;
fois Dieu de l'honneur qu'il leur avoit fait de les appeller à luy par&#13;
une espèce de Martyre de charité, j'entray autant que je le pûs en&#13;
esprit dans leurs saintes dispositions, pour avoir quelque part au&#13;
mérite de leur sacrifice, puisque je n'avois pas esté jugé digne de&#13;
participer à leurs souffrances et à leur sort. Quel bonheur pour&#13;
moy, si j'avois suivi mon premier instint qui me portoit à la Ro­&#13;
chelle à m'embarquer avec eux, et si ayant couru les mêmes&#13;
risques sur la mer j'avois eu la même fortune ! Mais il fallut qu'on&#13;
m'en empêchât, sous prétexte de prudence, en s'opposant à mon&#13;
désir, et je ne méritois pas de terminer si tôt mes jours par une fin&#13;
si glorieuse."&#13;
f Etat présent de l'Eglise et de la Colonie Française. Québec Aug. Côté,&#13;
1857.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Extrait typographiée en français classique et publiée dans E. Langevin,&lt;em&gt; Notice biographique sur François de Laval de Montmorency&lt;/em&gt;, 1874, p. 128-130</text>
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                    <text>Extrait manuscrit par A. Rhéaume, v. 1890, en français classique et conservé au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>Lettre de Laval au Séminaire de Québec (Paris, 30 mai 1687)</text>
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                <text>Le 1er évêque de Québec exprime ses préoccupations concernant les huguenots de La Rochelle qui ont obtenu l'autorisation de participer à la Pêche sédentaire en Acadie. Il souligne que cela est préjudiciable à la religion et à l'État et va à l'encontre de l'intention du roi, qui souhaite que la colonie du Canada soit peuplée uniquement de catholiques. Il a présenté un mémoire sur ce sujet à Seignelay, secrétaire d'État à la Marine de France, et a également discuté de la situation avec La Chaize, confesseur du roi, La Barre et Meulles, ancien gouverneur et ancien intendant de la Nouvelle-France. Enfin, Laval rapporte que finalement, des mesures seront prises pour empêcher les huguenots de s'établir en Acadie.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original introuvable&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/7188" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2376" class="show"&gt;Extrait typographiée en français classique &lt;/a&gt;et publiée dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;premier évêque de Québec&lt;/em&gt;, 1874, p. 128-130&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/615"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 359-362&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2375" class="show"&gt;Extrait manuscrit en français classique&lt;/a&gt; par A. Rhéaume, v. 1890, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Séminaire de Québec</text>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Missions d'Acadie</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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        <name>Protestants</name>
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                    <text>2e lettre de Laval à Seignelay (Québec, 12 novembre 1682)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu par les mains de M. de Meulles la lettre du roi et celle que vous m’avez&#13;
fait l’honneur de m’écrire. Le pays vous est extrêmement obligé des soins que vous&#13;
avez la bonté de prendre pour son accroissement et d’avoir bien voulu informer&#13;
Sa Majesté de son état et de ses besoins. Il en ressent les effets et il est redevable à&#13;
votre ministère des bienfaits qu’il en a reçus cette année et spécialement de la grâce&#13;
qu’elle lui a faite d’y envoyer M. de La Barre pour gouverneur et M. de Meulles&#13;
pour intendant. Ils s’appliquent tous deux, depuis le 1er jour d’octobre qu’ils sont&#13;
arrivés, avec beaucoup de soin et de vigilance, à tout ce qui regarde le bien du pays&#13;
et particulièrement à tâcher de détourner la guerre des Iroquois, qu’il paraît&#13;
manifestement qu’ils ont dessein d’entreprendre contre la colonie. M. de La Barre&#13;
a pour cet effet dépêché aussitôt un canot vers cette nation, duquel il ne peut&#13;
attendre la réponse que sur les glaces. J’ai eu la bien[veillance] de communiquer&#13;
plusieurs fois avec ces Messieurs sur tout ce qui concerne l’état de l’Église et&#13;
spécialement sur les dîmes et l’établissement des curés [fixes], mais quelque&#13;
connaissance que j’aie pu leur donner sur cette matière, ils ne peuvent pas en avoir&#13;
de suffisante que par un transport dans tous les lieux, après quoi ils pourront&#13;
porter un jugement plus solide et remarquer la différence qu’il y a entre les&#13;
établissements de cette colonie et ceux de l’ancienne France. Je puis vous assurer&#13;
que j’aurai toujours tout le respect et la soumission que je dois aux ordres du roi et&#13;
que j’agirai avec ces Messieurs en toutes choses avec l’intelligence que Sa Majesté&#13;
et vous pouvez désirer. Ils peuvent l’un et l’autre vous rendre témoignage de ma&#13;
correspondance en tout ce qui est de mon ministère et qu’ils jugent à propos.&#13;
M. de Meulles travaille avec assiduité et une affection particulière et je me joins&#13;
volontiers à ses soins pour trouver les moyens de rendre les curés fixes et&#13;
sédentaires en chaque lieu.&#13;
L’ordre que vous me faites l’honneur de m’écrire, que MM. de La Barre et&#13;
de Meulles ont reçu d’examiner conjointement et avec soin ce qui regarde&#13;
l’établissement des dîmes nécessaires pour la subsistance desdits curés, me donne&#13;
d’autant plus de sujets d’espérer que cette affaire aura un bon succès que ces&#13;
Messieurs y doivent coopérer de concert et d’union et que je n’y épargnerai rien&#13;
&#13;
�de mon côté. Les 2 000 écus que vous avez eu la bonté d’obtenir du roi pour partie&#13;
de la dépense à faire pour leur entretien [sont] un secours qui contribuera&#13;
beaucoup à faire réussir ce pieux dessein. Je puis vous dire avec vérité (et je le dois&#13;
par le devoir de ma charge, Dieu m’ayant commis le soin de cette Église) que c’est&#13;
une chose d’une nécessité absolue et que, sans cet établissement, il est assuré que&#13;
les peuples s’élèvent dans une si grande ignorance de leur salut que, quelque soins&#13;
et fatigues que l’on puisse prendre pour leur instruction, il y a tout sujet de&#13;
présumer qu’il n’y resterait à la suite du temps que fort peu de teinture du&#13;
christianisme. Ainsi, Sa Majesté ne saurait faire une dépense plus utile et plus&#13;
nécessaire pour la colonie, ni vous, Monsieur, coopérer à une œuvre plus digne de&#13;
votre piété. Le roi continuera autant qu’il lui plaira ce bienfait signalé à ce&#13;
christianisme, mais vous me permettrez de vous dire qu’il n’y a pas d’apparence&#13;
que cet ouvrage se puisse soutenir si Sa Majesté ne l’appuie de ce secours, tant à&#13;
raison de la distance des lieux les uns des autres que de la pauvreté d’une grande&#13;
partie des peuples.&#13;
Lorsque ces Messieurs auront reconnu les choses par eux-mêmes, ils jugeront&#13;
mieux de ce que peuvent valoir les dîmes et de ce que nous pourrons faire en&#13;
conséquence. M. de Meulles m’a témoigné qu’il serait d’avis de faire venir quatre&#13;
ecclésiastiques de France, voyant que ce qu’il y en a ici ont autant de travail et plus&#13;
qu’ils n’en peuvent faire. Celui qui prend soin des affaires de cette Église aura&#13;
l’honneur de vous le représenter. J’ai entretenu MM. de La Barre et de Meulles de&#13;
ce que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire de l’emplacement appelé le vieux&#13;
magasin dans la vue d’y pouvoir édifier une chapelle pour le soulagement de la&#13;
basse-ville, l’incendie arrivé, ayant consommé tout ce qui en pouvait rester, n’a&#13;
laissé que le terrain, duquel ils m’ont témoigné qu’ils ne jugent point à propos de&#13;
disposer jusqu’à ce qu’ils vous aient informé du besoin qu’ils croient qu’il y aurait&#13;
de réédifier un autre magasin sur le même emplacement et que, au cas que le roi&#13;
ne voulût pas faire cette dépense, ils ne trouvent aucun inconvénient de le remettre&#13;
pour y pouvoir construire une chapelle et jugent même qu’il y a assez de terrain&#13;
sur cet emplacement pour exécuter l’un et l’autre dessein, si Sa Majesté l’a pour&#13;
agréable.&#13;
L’on n’a point pu écrire avec vérité que je n’aie jamais fait la moindre difficulté de&#13;
permettre de dire la messe dans les églises de bois, puisqu’il n’y a pas de moyen&#13;
&#13;
�dont je ne me serve pour faire en sorte qu’il y ait au moins, quelque réduit pour&#13;
petit qu’il puisse être (qui soit séparé des maisons), pour y pouvoir dire la sainte&#13;
messe et n’être pas [en] nécessité comme je suis de permettre de la célébrer dans&#13;
les maisons des habitants dans lesquelles, à cause de la petitesse et pauvreté des&#13;
lieux, ils sont souvent tout proche de l’autel que l’on y dresse, la marmite au feu et&#13;
où les volailles et autres animaux causent la dernière indécence, ce que je ne&#13;
pourrais pas permettre en conscience, si je ne m’y voyais obligé par l’extrême&#13;
nécessité où l’on se trouve pour le salut des pauvres gens. La grâce que je vous&#13;
supplie très humblement de m’accorder est de ne point ajouter foi à ce qui peut&#13;
vous être mandé à mon insu, jusqu’à ce que j’aie eu l’honneur de vous éclaircir de&#13;
la vérité.&#13;
Je vous rends mes très humbles actions de grâces pour la gratification qu’il a plu à&#13;
Sa Majesté de nous accorder par votre moyen pour le clocher de l’église de Québec,&#13;
lequel n’étant que de bois s’est trouvé entièrement perdu et ruiné par les neiges et&#13;
la rigueur des saisons de ce pays et ne se peut aucunement réparer, ce qui fait que&#13;
l’on se voit dans la nécessité d’en construire un qui soit de pierre. L’incendie de la&#13;
basse-ville ayant réduit les habitants de Québec à n’y pouvoir aucunement&#13;
contribuer, à moins que le roi n’ait la bonté de vouloir nous accorder encore&#13;
quelque grâce, je ne vois pas qu’il soit possible de l’entreprendre. Cependant, il y&#13;
a déjà plus de dix-huit mois que l’on n’ose sonner les cloches de crainte que le&#13;
clocher ne tombe sur l’église dont il fait une partie. Si j’osais prendre la liberté, je&#13;
vous supplierais très humblement de nous obtenir cette grâce. Enfin, je vous&#13;
supplie de ne vous point lasser de nous donner votre protection. J’ai tant de&#13;
confiance en votre vertu que je m’adresse toujours très volontiers en toutes&#13;
occasions, si vous voulez bien me le permettre, et je serai toute ma vie avec autant&#13;
de reconnaissance que de respect, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
François, évêque de Québec.&#13;
À Québec, le 12 novembre 1682&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-fj-mdv-2019&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste de l’archidiocèse de Québec, v. 1900.&#13;
&#13;
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, MS 17, p. 371-376</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>2e lettre de Laval à Seignelay (Québec, 12 novembre 1682)</text>
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                <text>Le 1er évêque de Québec avise le secrétaire d'État à la Marine de France qu'il a discuté longuement avec le nouveau gouverneur, de la Nouvelle-France La Barre, et le nouvel intendant, Meulles, au sujet des cures fixes, de la chapelle de la basse-ville, des huguenots d’Acadie, de la traite des boissons enivrantes, de la gratification royale, du clocher de l’église de Québec et de l’envoi d’autres prêtres.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://nouvelle-france.org/eng/Pages/item.aspx?IdNumber=7018&amp;amp;"&gt;Extraits collationnés en français classique&lt;/a&gt; conservés aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11A, vol.6, fol. 106-114v&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6572" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2657475"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;em&gt;Le&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Bulletin des recherches historiques&lt;/em&gt; (mars 1940), vol. 46, no 3, p. 68-70, via la Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/612"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 213-218&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11689" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, MS 17, p. 371-376&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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        <name>Affaire de la traite des boissons enivrantes (1659-1708)</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec la Cour de France</name>
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        <name>Église Vs État</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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                    <text>1re lettre de Laval à Seignelay (Québec, 12 novembre 1682)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu par les mains de M. de Meulles la lettre du roi et la vôtre sur le&#13;
changement de gouverneur et d’intendant de ce pays et je suis persuadé que nous&#13;
[devons] à votre crédit et à votre piété l’ordre que Sa Majesté a donné à l’un et à&#13;
l’autre de vivre avec moi en parfaite intelligence et de m’appuyer de leur autorité&#13;
en tout ce qui pourra dépendre de leurs fonctions. On ne peut être plus&#13;
reconnaissant que je le suis de cette nouvelle marque de votre bonté, Monsieur, et&#13;
je tâcherai de contribuer de ma part tout ce qui me sera possible pour agir de&#13;
concert avec ces Messieurs dans les choses qui regardent mon ministère.&#13;
Nous avons déjà conféré plusieurs fois ensemble sur les moyens de rendre nos&#13;
curés fixes, mais ces Messieurs attendent à se déterminer qu’ils aient pris par euxmêmes la connaissance exacte de l’état des dîmes. Cependant, le secours que&#13;
Sa Majesté nous donne de la somme de 6 000 livres pour aider à la subsistance des&#13;
curés est absolument nécessaire jusqu’à ce que le pays puisse les faire subsister.&#13;
Autrement, les peuples demeureraient sans pasteurs et les enfants seraient élevés&#13;
dans l’ignorance des choses les plus essentielles.&#13;
On a aussi examiné la proposition que j’avais faite de bâtir une chapelle succursale&#13;
dans l’emplacement du vieux magasin, qui a été entièrement brûlé par le dernier&#13;
incendie. Ces Messieurs n’y trouvent pas beaucoup de difficultés et ils croient que,&#13;
quand bien même Sa Majesté voudrait réédifier le magasin, il y aurait assez de&#13;
place pour construire la chapelle, dont la ville basse a fort grand besoin.&#13;
Je suis surpris qu’on ait osé dire, Monsieur, que je refuse la permission de dire la&#13;
messe dans les églises qui ne sont que de bois. Il est de notoriété publique que je&#13;
permets qu’on la dise dans toutes sortes de bâtiments, pourvu qu’ils soient un peu&#13;
séparés des maisons des habitants et qu’on y puisse célébrer avec décence nos&#13;
saints mystères. Je vous supplie, Monsieur, d’avoir la bonté de suspendre un peu&#13;
votre jugement, lorsqu’on m’imputera de certains faits qui paraîtront&#13;
déraisonnables ; je serai toujours prêt à vous rendre raison de ma conduite.&#13;
&#13;
�Nous rendons très humbles grâces à Sa Majesté de la gratification qu’elle nous a&#13;
accordée de 1 500 livres pour le clocher de Québec, comme le dernier incendie a&#13;
mis les habitants hors d’état de contribuer à cet ouvrage. Il ne nous sera pas&#13;
possible de l’achever, à moins que vous ne nous obteniez, Monsieur, si vous le&#13;
jugez à propos, quelque augmentation l’année prochaine.&#13;
Il est arrivé cette année plusieurs grands maux de la traite des boissons chez les&#13;
Sauvages, mais j’espère que M. notre nouveau gouverneur et M. l’intendant feront&#13;
observer exactement à l’avenir les ordonnances sur ce point et que vous aurez la&#13;
bonté de vous en faire informer avec tout le soin que mérite l’importance de cette&#13;
affaire.&#13;
Il est aussi fort important qu’on ne donne point d’atteinte à l’édit du roi qui défend&#13;
aux huguenots de s’établir en ce pays, surtout qu’on ne le souffre pas dans&#13;
l’Acadie, à cause de la proximité des Anglais et des Hollandais.&#13;
M. de Meulles, par l’application qu’il a au bien de cette Église naissante, juge à&#13;
propos que je fasse venir de France au plus tôt quatre prêtres, n’en ayant pas&#13;
encore assez ici pour desservir nos cures, et il me fait espérer que Sa Majesté&#13;
voudra bien leur faire fournir ce qui leur sera nécessaire, avec les frais de leur&#13;
passage, si vous avez la bonté de lui représenter le besoin que nous en avons.&#13;
Enfin, je vous supplie, Monsieur, de ne vous lasser point de nous donner votre&#13;
protection. J’ai tant de confiance en votre vertu que je m’adresserai toujours&#13;
volontiers à vous en toutes occasions, si vous voulez bien me le permettre, et je&#13;
serai toute ma vie avec autant de reconnaissance que de respect, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
[François, évêque de Québec.]&#13;
À Québec, le 12 novembre 1682&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans le Bulletin des recherches historiques, mars 1946, vol. 46,&#13;
no 3, p. 78-82.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>Archives du Sémin. de&#13;
&#13;
1682(12 nov. )&#13;
&#13;
Québec,Lettres R,no68.&#13;
&#13;
Egr de Laval au Ministre de Seignelay&#13;
&#13;
Lettre a M.De S.&#13;
&#13;
M.,&#13;
iay Receu par Les mains De M.De N*La Lettre Du R. et celle&#13;
&#13;
que voua manda galet Lhcnneur De meserlre Le pais vous est extrêmement&#13;
&#13;
obligé Des soins que vous aués La Bonté De prehdre pour son accroisse­&#13;
ment et Dauoir Bien voullu informer sa M.De son estât et De ses Be­&#13;
&#13;
soins,il en Ressent Les effects et il est Redeuable a vostre ministère&#13;
De La grâce quelle Luy a iaiete üy enuoyer M.De La B. pour gouuemeur&#13;
&#13;
et M.De M. pour intendant ils sappliquent tous {Deux Depuis Le premier&#13;
leur Doctobre quils sont arriués auec Beaucoup Re soin et De vigilance&#13;
&#13;
a tout ce qui Regarde Le Bien Du pays et particullierement a taacher&#13;
De deatourner La guerre Des iroquols quil paroist manifestement quils&#13;
&#13;
ont Dessein ^entreprendre contre La colonie .M.De La. B. a pour cet effect&#13;
&#13;
Despesché aussitost un canot vers cette nation Duquel il ne peut atten­&#13;
dre la Réponse que sur Les glaces;i*ay eu le Bien de communiquer plu­&#13;
sieurs fois aueç ces Mrs.sur tout ce qui concerne lestât De leglise&#13;
et spécialement sur les Dixmes et Leatabltsaement Des cures mais quel­&#13;
&#13;
que cognoissance que iaye pu Leur Donner sur cette matière Ils ne peuuent&#13;
&#13;
pas en auoir de suffisante que par un transportDans tous Les Lieux apres&#13;
Wy&#13;
&#13;
pourvut porter w lugeme^t plus solide et Ra^quey la digferea-&#13;
&#13;
cequil y a entre Les establissemens De cette colonie et ceux Dé Langien^&#13;
&#13;
�puis vous asseuror que iauragr tousiours tout Le Respect et&#13;
&#13;
ne&#13;
&#13;
La soumission que le Dois aux æpdrea Du Boy et que Régira^ âges ces MTs&#13;
&#13;
sa toutes choses suce Liateiiaggaoe que sa 38+et vous pæm&amp;s Désirer ils&#13;
&#13;
peuuent&#13;
&#13;
et L'autre vous Rendre tessoignage De ma eorrespondauce sa&#13;
&#13;
tout ee qui est De mou ministère et quils Ragent apropos&#13;
E&amp;nsienr Demeulles travaille auec assiduité et une affection parti&amp;ul&amp;&amp;-&#13;
&#13;
are,et ie ne Raina volontiers a ses soins pour treuner les moyens De Ban*&#13;
&#13;
dre ^es cures fixes et ga&amp;entaires en change Lieu.Iordre que voua me faic-&#13;
&#13;
tes Lhonnsur De ^esarlre que M^De La B* et De H*ont Becea DesæmRner sonRofntenBnt et anee soin ce qui Regarde Lestablissement Des Dixaea ne-&#13;
&#13;
ceesa&amp;res DCMæ la sahaistenaa Des Dits curés me Danse Sautant ping De&#13;
sniet Desperer que cette affaire aura un Ban ææges que ses Messieurs&#13;
y Do Ruent coopérer De ccnsert et DanRcn et qpe le ny espargneray Rien de&#13;
&#13;
conté Les Deux mil sscua que vous auéa La Bonté Da&amp;tsnir Du H&amp;y&#13;
pour partie De La Dépensé a faire pour Leur entretien est un secours&#13;
&#13;
qui centrlture Beananup a ihire Réussir se pieux Dessein ieyuis væœ&#13;
Dire sues vérité et ie &amp;e Dois par Le Deu&amp;ir De ma charge Bisuingyant&#13;
coamis Le soin De cette eglise que sest w^e chose Daame nécessité abso­&#13;
&#13;
lue et qpe sans cet est&amp;bliwcment il est asseuré que Les peuples segieuent Dans uane si grande ignorance De Leur salut que quelques soins que&#13;
&#13;
ion puisse prendre^ que quelques soins et fatigues que Lan puisse pren­&#13;
dra pour Leur ins^uctioa il y a ^rt suiet De présumés ^R1 ny Reste­&#13;
rait De teinture Wjchristiaaimne ;alnsi sa Mb ns sowroit faire wne Re­&#13;
&#13;
pense plus utllle et plus necassaira pour la colonie ny vous Monsieur&#13;
coopérer a un oeuure plus aigne De vosWê pieté Le Roy ccntHmra mtant&#13;
&#13;
plaira w Bienfait sig^lé s ce christianisme mais vous me per-'&#13;
se&#13;
mettæéa Do vous Dire quü w a point Depparen&amp;e que cet ounr&amp;ge puisse&#13;
qui!&#13;
&#13;
soustenir si^a^kne Lappuye De ce secours tant a Raison De La distance&#13;
&#13;
..&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
. ...........&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
....&#13;
&#13;
.&#13;
j&#13;
&#13;
J&#13;
&#13;
�—3—&#13;
&#13;
Des Lieux Les ans Ses autres que De La pauurete Dgæae gFaaâe partis Des&#13;
peupl en,I^SQU e ces Ws. auront&#13;
&#13;
Les choses par eux mesaes ils in-&#13;
&#13;
geroat aïeux De ce que pEuaent vallolr Les D&amp;zaes et De ce que aæus&#13;
P30XWR&amp; faire en conséquence&#13;
lay entretenu Hrs De La Barre et De Heulles Dece que vous sangs faict&#13;
&#13;
Ihonnour De messrire De L^aplacement appelé Le vieux ^atgasin Dans la v$ne&#13;
&#13;
Dy pouuoir aeâlfier u^e chapelle pour Le seulag^Ba&amp;t le La Bassevilla&#13;
LincanËie arrimes ayant &amp;an&amp;sæ&amp;* tout ce qui en pew&amp;ît Rester na lais­&#13;
&#13;
se que Le terrain Duquel ils ment tesm&amp;lgnê qulls ne lugrnt point âpre-&#13;
&#13;
pas De Disposer iusqae a ce que ils voua sywt RæÊermÊ Du Besoin qsils&#13;
ereyent quü y aurait De Bea&amp;ifier un autre magasin sur leaesne enlace­&#13;
ment et que au cas que Le Rcy ne vcullust pas ^ire cette Dopeasë ils ne&#13;
&#13;
træguoigt aucun mconuenient Dé Le Remettre pour y psæuoir construire&#13;
&#13;
wne Chapelle et iugeant m&amp;srne qui! y a esses De terrain sur set&#13;
cameat pour Lan et Lautre Dessein si sa na+lg. pour agrwhle&#13;
&#13;
Lan ns pplnt pu ewrire sues vérité que laye iaaais galet La&#13;
&#13;
moindre Difficulté De permettre De Dire la masse Dans Des églises De Bols&#13;
puisque il ay a pas De moyens Dont le ne me sgruo pour faire en sorte&#13;
&#13;
qui! y aye au moins quelque Malt peur petit quil puisse astre qui&#13;
y&#13;
mit séparé- Des gsiim&amp;s peur pmnoir Dire La messe et nestre pas n@ae&amp;*&#13;
slté ceææo le suis De permettre De La eélétrer D§ns les maisons Des.&#13;
hahltam Dans Les quelles a emme&#13;
&#13;
In petitesse/^/^ La psugreté&#13;
&#13;
Des Lieux ils ont souvent tout proche De L&amp;utel quen y Rresse'Lajaarmit-&#13;
&#13;
et eu Les wolallla s et autres&#13;
causent Le Derniers inpas&#13;
decense es que le ne pourrait permettre m uéwuien&amp;e si le ne wwy-&#13;
&#13;
re eu&#13;
&#13;
oit 0^1^ per&#13;
&#13;
n^ésslW w L§^ se trisme p^r Le mlut Des&#13;
&#13;
pwarw gens La gra&amp;e que le vous supplie trssl&amp;uBblssçnt Do wswr&amp;w&#13;
&#13;
wt âc ne peint .g^âl^oter&#13;
&#13;
a ee q^ se pwt wus estra&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
�insgeu iHsg&amp;es a se que iaye Ihenaeur De vous eso%gæ%y De La yerüd&#13;
le vous BeBAa æss très Ræa&amp;lea estions De gæee pour Xa gratificati&amp;n qpü a pin a sa Wiesté De nous accorder par v&amp;stres&amp;ya&amp;&#13;
&#13;
pour le cloche De qpobee lequel Restant que De Bois sest treuue entiè­&#13;
&#13;
rement perdu et Buiné par Les neiges et la Rigueur Des saisons Dé es&#13;
pais et ne se peut anæænæaent Reparer ce qui falot que Lon serolt Dans&#13;
La nécessité Den construire un qui soit&#13;
&#13;
De pierre L&amp;æenâle De La&#13;
&#13;
Basæeville ayant Rodait Les ha&amp;itans De que&amp;ee a ny pouuoir aucunnement&#13;
&#13;
contribuer a mtdns que Le Roy naye La B(mté De wtAM&amp;P asus assumer quel­&#13;
&#13;
le graee le ne vois pas quü soit possible De Laatrepren&amp;re oépaaRaat&#13;
il y a Desia plus De Dis huit mois que Lan nose sonner La cloche De&#13;
crainte que Le clouer ne tombe sur Leglise Dont il jMbt unne partie&#13;
&#13;
ai assois prendre la Liberté le vous suppliroin très humblement De asus&#13;
obtenir nette grage&#13;
&#13;
Replê sur minute de la main &amp;e Bgr de Laval,aux Archives du Sdæ&amp;naige &amp;§ QUëbecsle 18 février 18S&amp;,&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                    <text>122&#13;
M. de Meule va estre intendan t ; M. Begon son beau-frère a été&#13;
longtemps nommé pour le Canada e t les provsions étaient remplies&#13;
de son .nom, mais on a changé d e résolution pour l’envoyer aux&#13;
Isles.—J ’ai salué M. de Meule q u i est parent de Mde. Colbert. Il a&#13;
de la bonté et de la facilité, M. lie g o n m ’a dit qu’il luy recommanderoitles intérêts do l’Eglise du Canada.&#13;
Le P. Gassot et le P. Poncet&#13;
Jésuites qui passent cette année&#13;
sont des sujets de mérite. [Notre Seigneur ayme le Canada en y&#13;
appelant de si bons ouvriers.&#13;
M.&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
La&#13;
&#13;
v a l&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
M,&#13;
&#13;
d e&#13;
&#13;
Se ig&#13;
&#13;
n el a y&#13;
&#13;
, 1682.&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J ’ay reçue par les mains d e M. de M. f la lettre du B. t et&#13;
celle que vous m’avez fait l ’ho n n eu r de m’oscrire. Le pais vous&#13;
est extrêmement obligé des soin s que vous avez la bonté de prendre&#13;
pour son accroissement, et d’av o ir bien voulu informer sa Majesté&#13;
de son estât ot de ses besoins ; il on ressenties offects et il est redevable à votre ministère des b ion faicts qu’il on a reçeu cotte année&#13;
«t spécialement de la grâce qu’e llo luy a faict d’y envoyer M. de la&#13;
B. || pour gouverneur ot M. do M , § pour intendant.&#13;
Ils s’appliquent tous deux d e p u is le premier jour d’Octobre qu’ils&#13;
sont arrivés avec beaucoup de so in et de vigilance à tout ce qui&#13;
regarde le bien du pais, et particulièrem ent à tascher do détourner&#13;
la guerre des Iroquois qu’il p a r o ist manifestement qu’ils ont dessein d’entreprendre contre la C olon ie. M. de la B. a pour cet efi'ect&#13;
despesché aussitost un canot v e r s cette nation duquel il ne peut&#13;
attendre de réponse que sur les g la ces. J ’ay eu le bien de communiquer plusieurs fois avec ces M rs. surtout ce qui concerne l’estât de&#13;
Léglisc et spécialement sur les d ix m e s et l’establissement des cures,&#13;
mais quelque connaissance que j ’aye pu leur donner sur cette*&#13;
§&#13;
* Ces deux Pères ne sont m en tion n és ni dans l’Abrégé chronologique de M&#13;
.&#13;
Noiseux, ni dans la Liste du clergé. C e P è r e Poncct ne peut être le même que celui qui vint en 1639, ni que celui du No 297, appelé faussement L’omet au lieu do&#13;
Poncelet.&#13;
t De Meulles intendant,&#13;
î Louis XIV.&#13;
|| De la Barre.&#13;
§ De Meulles.&#13;
&#13;
�123&#13;
matière, ils ne peuvent pas en a v o ir de suffisante que par un transport dans tous les lieux, après q u o y ils pourront porter un jugement plus solide, et remarquer la dxfférence qu’il y a entre les&#13;
establissemens de cette colonie ©t ceux de 1 Ancienne France, Je&#13;
puis vous assurer que j’auray toujours tout le respect et la soumission que je dois aux ordres du R o y et que j’agiray avec ces Mrs.&#13;
en toutes choses avec l’intelligence que Sa Majesté et vous pouvés&#13;
désirer. Ils peuvent l ’un et l ’a u tre vous rendre témoignage de ma&#13;
correspondance en tout ce q u i est de mon ministère et qu ils&#13;
jugent à propos.&#13;
Monsieur Domeulles travaille avec assiduité et une affection&#13;
particulière, et je me joins volontiers à ses soins pour trouver les&#13;
moyens de rendre les curés fix e s et sédentaires en chaque lieu.&#13;
L’ordre que vous me faictes l ’h onneur de mescrire que Mrs. de la&#13;
B. et de M. ont reçue d’exam iner conjointement et avec soin ce&#13;
qui regardo l’ostablissoment d es dixmos nécessaires pour la subsistance des dits curés me donne d ’autant plus de sujets d’espérer&#13;
que cette affaire aura un bon su ccès, que ces Messieurs doivent&#13;
coopérer de concert et d’union, e t que je n’y espargneray rien de&#13;
mon costé.&#13;
Los doux mil écus que vous avez eu la bonté d’obtenir du&#13;
Roy pour partie de la dépense à faire pour leur entretien est un&#13;
secours qui contribura beaucoup à faire réussir ce pieux dessein.&#13;
Je puis vous dire avec vérité ( o t je le dois par le devoir, Dieu&#13;
m’ayant commis le soin de cette église) que c’est une chose d’une&#13;
nécessité absolue, et que sans c e t ©établissement il est asseuré que&#13;
les peuples s’oslèvont dans une si grande ignorance de leurs salut&#13;
que quelques soins et fatigues qu© l’on puisse prendre pour leur&#13;
instruction, il y a tout sujet de présumer qu’il n’y resterait à la&#13;
suite du temps que fort peu de teinture du christianisme ; ainsi sa&#13;
Majesté no scauroit faire une dépense plus utile et plus nécessaire&#13;
pour la colonie, ny vous M qnsieur coopérer à un œuvre plus&#13;
digne do vostro piété. Le Roy continuera autant qu’il luy plaira&#13;
ce bienfait signalé à ce christianisme, mais vous me permettrés&#13;
do vous dire qu’il n ’y a pas d'apparence que cet ouvrage se puisse&#13;
soustenir si Sa Majesté ne l’a p p ü ye de ce secours, tant à raison de&#13;
la distance des lieux les uns d es autres que de la pauvreté d’une&#13;
grande partie des peuples. L orsqu e ces Mrs. auront reconnu les&#13;
choses par eux-mêmes, ils ju g er o n t mieux de ce que peuvent&#13;
valoir les dixmos et de ce que n o u s pourrons faire en conséquence.&#13;
Mr. de M. m’a témoigné qu’il sera it (d’avis) de faire venir qua-&#13;
&#13;
�124&#13;
tre ecclésiastiques de France, vo yan t que ce qu’il y en a icy ont&#13;
autant de travail et plus qu ils n ’en peuvent faire. Celuy qui&#13;
prend soin des affaires de cette é g l i s e aura l’honneur de vous le&#13;
représenter.&#13;
J’ay entretenu Mrs. de la B. e t d e M. de ce que vous m’avés&#13;
faict l’honneur de mescrire de l ’emplacement appelé lo vieux&#13;
Magasin dans le voue d y pouvoir éd ifier une chapelle pour le soulagement de la Basse Ville, l’incendie arrivée, ayant consommé tout&#13;
ce qui en pouvait rester n’a laissé q u e le terrain duquel ils m’ont&#13;
tesmoigné qu’ils ne jugent point à prop os de disposer jusques à ce&#13;
qu’ils vous ayent informé du b eso in q u ’ils croyent qu’il y auroit&#13;
de réedifier un autre magasin sur l e m esm e emplacement et que au&#13;
cas que le Koy ne voulust pas fa ire cette dépense, ils no trouvent&#13;
aucun inconvénient de lo remettre p ou r y pouvoir construire une&#13;
chapelle et jugent mesme qu’il y a assés de terrain sur cet emplument pour exécuter l’un et l’a u tre dessein si Sa Majesté l’a pour&#13;
agréable.&#13;
L’on na poiut pu esorire avec v é rité que j’aye jamais faict la&#13;
moindre difficulté de permettre d e dire la messe dans des églises de&#13;
bois, puisqu’il n’y a pas de moyens dont je ne me serve pour faire&#13;
en sorte qu’il y aye au moins q u elq u e réduit pour petit qu’il puisse&#13;
estre (qui soit séparé des maisons) pour y pouvoir dire la sainte messe,&#13;
et n’estre pas nécessité comme je s u is de permettre de la célébrer&#13;
dans les maisons des habitans dans lesquelles, à cause de la petitesse&#13;
et pauvreté des lieux, ils ont souvent to u t proche de l’autel que l ’on&#13;
y dresse une marmitte au feu, et o ù le s volailles et autres animaux&#13;
causent la dernière indécence, ce q u e je ne pourrois pas permettre&#13;
en conscience si je ne m’y voyois o b lig é par l’extresmo nécessité où&#13;
l’on se trouve pour le salut des p a u v r es gens. La grâce que je vous&#13;
supplie très-humblement de m’accorder est de ne point adjouster&#13;
foy à ce qui peut vous estre m andé à mon inseeu, jusqu’à ce que&#13;
j’aye eu l’honneur de vous esclaircir d e la vérité.&#13;
Nous rendons très-humbles g râ c e s à S. M. de la gratification&#13;
qu’elle nous a accordée de 1500 fr a n c s pour le clocher de Québec.&#13;
Comme le dernier incendie a m is les habitans hors d’état de&#13;
contribuer à cet ouvrage, il ne nous se ra pas possible de l’achever,&#13;
à moins que vous, ne nous obteniez, Monsieur, si vous le jugez&#13;
à propos, quelque augmentation l ’a n n é e prochaine.&#13;
Il est arrivé cette année p lu sie u rs grands maux de la traite&#13;
des boissons chez les sauvages, m a is j 'espère que M. notre nouveau&#13;
Gouverneur et M. l’Intendant fe ron t observer exactement à l’avenir&#13;
&#13;
�125&#13;
les ordonnances sur ce point, et que vous aurez la bonté de vous&#13;
en faire informer avec tout le soin que mérite l’importance de cette&#13;
affaire.&#13;
Il est aussy fort important qu on ne donne point d’atteinte à&#13;
l’édit du roy quy défend aux Huguenots de rétablir en ce pais,&#13;
surtout qu’on ne le souffre pas dans l’Acadie, à cause de la proximité des Anglois et des H ollandois.&#13;
Enfin je vous supplie, Monsieur, de ne vous lasser point do nous&#13;
donner vostro protection. J ’a y tant de confiance en vostre vertu,&#13;
que je m’adressoray toujours très-volontiers à vous en toutes&#13;
occasions, si vous voulez bien m e le permettre, et je seray toute&#13;
ma vie avec autant de reconnaissance que de respect,&#13;
Monsieur,&#13;
Vostre très-humble et très-obéissant serviteur.&#13;
P.&#13;
A Québec le 12 novembre 1682.&#13;
LE&#13;
&#13;
M E M E ATT MEME.&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ay reçeu les deux lettres que vous m’avés fait l’honneur de&#13;
m'écrire cette année, et je n e puis assez vous témoigner la joye&#13;
qu’elles m’ont donnée, quand j ’y a y lu que V. M. est satisfaite de la&#13;
bonne intelligence que je conserve pour les intérests de son&#13;
service avec M. le Gouverneur * et M, l’Intendant f. M. le&#13;
Gouverneur a passé tout l’été au Montréal, où il a connu à fond les&#13;
désordres que cause le comm erce des boissons enyvrantes chez les&#13;
sauvages, ce qui l’a obligé d e faire des ordonnances très-sévères&#13;
qui arresteront le mal, pourvu qu’on les exécute. Il a aussy eu&#13;
dans ce même lieu, l’adresse e t le bonheur de suspendre jusqu’à&#13;
présent l’exécution du dessein que les Iroquois ont de nous&#13;
envoyer déjà quelques troupes d ont nous sommes obligés à vostre&#13;
crédit. Auparavant ce petit voy ag e, il m’avoit remis de la part&#13;
do S. M., suivant vos ordres, l’emplacement du vieux magasin&#13;
pour y bâtir une chapelle succursale de la paroisse, et je vous dois&#13;
sur cela, des remorciemens particuliers.&#13;
M. l’Intendant a parcouru en personne la plupart des habita* M, Lefebvre de la Barre.&#13;
I M. de Meulles.&#13;
&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>1re lettre de Laval à Seignelay (Québec, 12 novembre 1682)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268238"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 68a&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le 1er évêque de Québec avise le secrétaire d'État à la Marine de France qu'il a discuté longuement avec La Barre, nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, et avec Meulles, nouvel intendant, au sujet des cures fixes, de la chapelle de la basse-ville, des huguenots d’Acadie, de la traite des boissons enivrantes, de la gratification royale, du clocher de l’église de Québec et de l’envoi d’autres prêtres.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6570" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2657475"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans&lt;em&gt; Le Bulletin des recherches historiques&lt;/em&gt; (mars 1940), vol. 46, no 3, p. 66-67, via la Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2349" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique &lt;/a&gt;par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2350" class="show"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec,&lt;/em&gt; 1874, p. 122-125&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/611"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 209-211&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2351" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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        <name>Affaire de la traite des boissons enivrantes (1659-1708)</name>
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                    <text>Lettre de Dudouyt à Laval&#13;
(Paris, 12 mai 1677)&#13;
&#13;
Du 12 mai 1677,&#13;
Je vous écris dans la pensée que cette lettre pourra encore trouver M. Dombourg à&#13;
La Rochelle pour vous dire quelque chose de l’audience que M. Colbert me donna&#13;
hier à Sceaux sur l’affaire des boissons et les autres articles que j’avais à lui&#13;
proposer, en attendant que je vous en dirai le détail avec plus de loisirs. Je marque&#13;
seulement les points dont il est bon que vous soyez audits de bonne heure.&#13;
L’affaire des boissons ne se terminera point cette année. M. Colbert a pris ici toutes&#13;
les connaissances qu’il a pu en avoir, il a fait des consultations et des mémoires et&#13;
adresse le tout à M. Duchesneau pour [l’]en informer sur le lieu et savoir s’il est&#13;
vrai que le fait soit comme nous l’exposons, car, si cela est, il convient lui-même&#13;
que nous avons raison. Je lui ai dit que toutes les personnes qui ne sont pas&#13;
intéressées lui rendront le même témoignage que je fais ainsi. Si M. Duchesneau&#13;
fait l’information selon la vérité du fait, comme j’espère qu’il le fera, il y a&#13;
apparence que l’on n’abandonnera pas facilement la boisson aux Sauvages. Si&#13;
j’avais eu une bonne information, elle m’aurait beaucoup servi. M. Colbert tend&#13;
principalement à ce qu’il soit permis d’en donner à transporter, conformément à&#13;
ce qui est exposé dans la requête, qui n’est signée que des personnes intéressées et&#13;
créatures de M. de Frontenac et de quatre ou cinq qui ne devraient pas le faire,&#13;
[tels] M. Le Ber, M. de Granville, M. Jolliet, etc. Il y en a peu en tout qui exposent&#13;
qu’il faut chercher tous les moyens d’empêcher l’ivrognerie des Sauvages, mais&#13;
que si l’on ne baille de l’eau de vie à transporter, que c’est perdre tout le commerce.&#13;
Voilà en substance tout ce que contient la requête. M. de Bellinzani a bien&#13;
remarqué qu’elle se détruit d’elle-même, disant qu’il faut empêcher l’ivrognerie et&#13;
qu’il faut bailler des barils de boisson aux Sauvages.&#13;
M. Colbert a fort appuyé sur le cas réservé : que l’on ne faisait point cela en France,&#13;
que si l’on excommuniait et que l’on mit hors de l’Église, qu’il écrirait au Conseil&#13;
que l’on en appelât comme d’abus et que l’on casserait tout cela et que l’on&#13;
trouverait toujours l’autorité du roi qui s’opposerait. Et comme je n’ai pas manqué&#13;
de lui repartir à toutes choses avec respect, mais librement et autant efficacement&#13;
&#13;
�que je l’ai pu. M. Talon nous a rendu un mauvais office à l’Église dans le&#13;
témoignage qu’il a donné, conforme à son ancienne impression. M. de&#13;
La Chesnaye a dit librement la vérité à M. de Bellinzani, qui l’a rapporté à&#13;
M. Colbert.&#13;
Les huguenots n’auront point liberté de s’établir en Canada que s’il arrive que&#13;
quelque marchand [ne] soit contraint pour quelque nécessité pressante d’hiverner&#13;
une année. Il représentera ses raisons à M. l’intendant, lequel, s’il les trouve&#13;
bonnes, lui permettra pour une année seulement, sans que cela tire à conséquence.&#13;
Voilà la disposition dans laquelle je vois M. Colbert sur ce point.&#13;
Le roi donnera des lettres de déclaration sur vos bulles de l’évêché de Québec et&#13;
veut qu’il relève d’un archevêché de France. M. Colbert a dit que cela était contre&#13;
les droits du royaume qu’il releva de Rome immédiatement. L’évêché du Puy,&#13;
cependant, en relève. Je répondis que vous n’aviez jamais fait difficulté qu’il releva&#13;
d’un archevêché de France. Je demande qu’il releva de l’archevêché de Paris, afin&#13;
de se conformer dans la conduite ecclésiastique à l’usage et à la coutume de Paris,&#13;
comme on fait pour la civile, et je prévoyais d’ailleurs que quand [même] je&#13;
n’aurais pas demandé cela, qu’on l’avait fait relever de Paris. Je portai copie des&#13;
bulles à M. Colbert. Il a aussi demandé les lettres patentes d’union des deux&#13;
Séminaires, de Paris et de Québec. Je ne sais pas encore le sujet pour quoi les&#13;
honneurs que le Conseil prétendait sont [désormais des] règles. M. de Bellinzani&#13;
m’a dit que c’est à l’avantage de l’Église.&#13;
M. Colbert m’a répondu au sujet des passeports qu’il n’en faudra pas pour aller&#13;
dans les missions, mais je crois qu’il voudra qu’on en prenne pour passer en&#13;
France. M. Colbert m’a dit qu’il fallait mettre les curés fixes, que cela [les curés&#13;
amovibles] était contre les droits et l’usage du royaume et je crois qu’on le voudra&#13;
de la sorte. Il a dit qu’il faut admettre des patrons pour les cures. Je lui ai répondu&#13;
que lorsqu’ils doteront les églises que cela se fera. Il m’a dit que nous leur&#13;
demandions 900 francs, que c’était trop. Je lui ai dit qu’il fallait au moins 800 francs&#13;
pour faire subsister un prêtre et un homme à le servir ; à quoi il a reparti qu’ils&#13;
feraient bâtir les églises et qu’ils donneraient 100 écus de rente et qu’il fallait les&#13;
admettre, à cette condition qu’on lui en avait écrit, et qu’il récrirait sur ce pied-là,&#13;
&#13;
�etc. ; qu’au regard de la subsistance de prêtres, que le Séminaire emploie à&#13;
desservir les paroisses et pour l’exemption du 10 %, [que] je lui donnasse un&#13;
mémoire et qu’il y aurait égard. J’ai donné mon mémoire et, samedi, j’irai à Sceaux&#13;
pour en savoir la réponse. Il y a pour plus de quatre heures d’écriture à vous dire&#13;
tout ce qu’il m’a dit et tout ce que moi je lui ai répondu, que je ne manquerai pas&#13;
de vous écrire. Je vois les affaires en meilleur état que je ne les croyais, vu ce que&#13;
M. Colbert m’avait dit et ce que je prenais d’ailleurs, car je l’avais trouvé tellement&#13;
prévenu contre vous et le clergé que je craignais tout.&#13;
L’on a répondu à M. de Chambly qu’il n’y a rien à faire pour l’Acadie à présent. Il&#13;
a demandé, comme l’an passé, une trop grande somme. Il demande [à] retourner&#13;
en Canada [comme] gouverneur du fort de Chambly, sans gages. Je crains qu’il ne&#13;
se lie et n’entre dans les sentiments de M. de Frontenac. [M.] de Saint-Lusson se&#13;
dispose à repasser en Canada, sans savoir ce qu’il y fera. J’appréhende&#13;
semblablement qu’il ne soit ce qu’il a été.&#13;
M. Richer est décédé à Paris il y a huit jours.&#13;
M. de Frontenac a tellement agi contre M. Duchesneau que la chose allait à le faire&#13;
rappeler. Il s’est beaucoup fait tort à lui-même et à toutes les affaires par la trop&#13;
grande condescendance qu’il a eue pour M. de Frontenac et plusieurs autres. S’il&#13;
avait marché avec l’autorité et la fermeté que sa charge demande au regard de&#13;
M. de Frontenac et autres, tout aurait bien été pour lui et le bien du pays. Il faut&#13;
nécessairement qu’il en use autrement à l’avenir. Ses amis ne manqueront pas de&#13;
lui en écrire. Mme Duchesneau arrive aujourd’hui à Paris, ayant appris par ma&#13;
lettre l’état où était M. Richer. Mme de Montigny est à Paris. Je ne l’ai appris que&#13;
ce matin. Je ne manquerai pas de la voir.&#13;
Nous espérons aller, entre l’Ascension et la Pentecôte, à l’Estrée. L’on nous a fait&#13;
une proposition pour un monastère de religieuses de l’ordre qui pourra prendre&#13;
l’abbaye entière. L’ordre y consentira. Si cette affaire réussit, cela facilitera la&#13;
succession à Rome.&#13;
&#13;
�M. Colbert est résolu de ne plus vider les affaires des particuliers qui se viennent&#13;
plaindre en France, mais de renvoyer tout en Canada. C’est un de ses griefs contre&#13;
M. de Frontenac et M. Duchesneau, qui devraient régler toutes choses sur le pays ;&#13;
que M. Duchesneau y prenne garde pour ce qui regarde l’intendant. J’ai répondu&#13;
que c’était M. de Frontenac qui avait sollicité ces gens-là à venir faire du bruit en&#13;
France. M. de Bellinzani n’a pas eu peine à le [re]connaître.&#13;
Mme de Seneré est décédée il y a trois ou quatre jours et le P. Dubreuil, jésuite.&#13;
Quoique M. Colbert ait paru me parler comme s’il voulait que l’affaire des&#13;
boissons penchât davantage à la permettre qu’à la défendre, néanmoins je sus que&#13;
cela lui a bien donné de la peine et qu’il a dit qu’il ne voudrait pas rien faire contre&#13;
le bien de la religion et qu’au reste, il voit bien qu’il y a une bonne partie de ce que&#13;
l’on dit [qui est] véritable. Je crois qu’il sera à propos que vous fassiez une&#13;
remontrance sur ce sujet au roi dans un papier particulier, qui soit une pièce forte&#13;
et achevée et que l’on puisse faire imprimer. S’il est nécessaire, cela sera d’un grand&#13;
poids avec l’information juridique de M. Duchesneau. Je sais que M. de Frontenac&#13;
et les intéressés diront le contraire, mais il ne faut pas s’en mettre en peine : la&#13;
vérité connue est bien forte. Voilà ce que je vous puis marquer pour le présent.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-fj-mdv-2019&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1677, 12 mai – Lettre de Dudouyt à Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres S, no 93)&#13;
1&#13;
no 93, carton S du 12. may. 1677.&#13;
2 Je vous escrits dans la pensée que cette lettre pourra&#13;
3 encore trouver M. dom bourg ala Rochelle pour vous&#13;
4 dire quelque chose de laudience que M. Colbert&#13;
5 me donna hier a sceaux sur laffaire des boiSsons&#13;
6 et les autres articles que Javois aluy propoSer&#13;
7 en attendant que Je vous en diray le detail avec&#13;
8 plus de loiSir ie marque seul[e]ment les poincts dont&#13;
9 il eSt bon que vous soyes audits de bonne heure&#13;
10 Laffaire des boiSsons ne se terminera point cette&#13;
11 année m.r Colbert a pris icy toutes les connoiSsances&#13;
12 quil a pu en avoir, il a faict des conSultations et&#13;
13 des memoires et adreSse le tout a M. du ChreSneau&#13;
14 Pour en Jnformer sur le lieu &amp; scavoir sil eSt vray&#13;
15 que le faict soit comme nous lexpoSons car si&#13;
16 cela eSt il convient luy meSme que nous avons&#13;
17 raiSon ie luy ay die que toutes les perSonnes&#13;
18 qui ne sont pas JntereSsées luy rendront le&#13;
19 mème temoignage que Je faicts ainssy Si M.r du&#13;
20 CheSneau faict linformation selon la verité du&#13;
21 faict co’e ieSpere quil le fera il y a aparence&#13;
22 que lon nabandonnera pas facilement la boiSson aux&#13;
23 sauvages Si iavois eu une bonne information elle&#13;
24 mauroit beaucoup Servy. MonSieur Colbert tend&#13;
25 principalement a ce quil soit permis den donner&#13;
26 a transporter conformement a ce quj eSt expoSé&#13;
27 dans la requeste quj neSt signée que des perSonnes&#13;
28 intereSsees et creatures de M de frontenac &amp; de&#13;
29 4 ou 5. quj ne devroient pas le faire M. le ber. M.&#13;
30 de gran ville M. Jolliet &amp;C. il y en a peu en&#13;
31 tout qui expoSent quil faut chercher tous les moyens&#13;
2&#13;
&#13;
32 dempeScher lyvrongnerie des sauvages mais que&#13;
33 si lon ne baille de leau de vie a transporter que&#13;
34 ceSt perdre tout le commerce voila en SubStance&#13;
35 tout ce que contient la requeSte M. de bellinzany&#13;
36 a bien remarque quelle se detruit delle meSme&#13;
37 disant quil faut empeScher lyvrongnerie &amp; quil&#13;
38 faut bailler des barils de boiSson aux Sauvages.&#13;
39&#13;
Mon sieur Colbert a fort apuyé sur le cas&#13;
40 reServé que lon ne faiSoit point cela en&#13;
&#13;
�41 france que Si lon excommunioit et que lon&#13;
42 mit hors de leglise quil eScriroit au ConSeil&#13;
43 que lon en appellaSt comme dabus et que lon&#13;
44 casseroit tout cela &amp; que lon trouveroit toujours&#13;
45 lauthorité du Roy quj sopposeroit &amp;C. ie nay&#13;
46 pas manque de luy repartir atoutes choses&#13;
47 avec reSpect mais librement et autant efficacement,&#13;
48 que Je lay pu. M. Talon nous a rendu un&#13;
49 mavais office a leglise dans le temoingnage quil&#13;
50 a donné conforme a Son ancienne impreSsion M.&#13;
51 de la CheSnaye a dit librement la verité a m.r de&#13;
52 bellinzany quj la raporté a m.r Colbert.&#13;
53 Les huguenots n’auront point liberte de setablir en&#13;
54 Canada que sil arrive que quelque marchand&#13;
55 Soit contrainct pour quelque neceSsite preSsante&#13;
56 dyverner une année il repreSentera Ses raiSons&#13;
57 a M. Lintendant le quel Sil les trouve bonnes&#13;
58 Luy permettra pour une année seulement&#13;
59 Sans que cela tire a consequence voila la&#13;
60 dippoSition dans la quelle ie voy M. Colbert&#13;
61 sur ce poinct.&#13;
62 Le Roy donnera des lettres de declaration Sur vos&#13;
3&#13;
deleveSche de Quebec&#13;
63 bulles&#13;
et veue quil releve d’un archeveSche de&#13;
64 france m. Colbert adit que cela eStoit contre&#13;
65 les droits du royaume quil relevaSt de Rome&#13;
66 immediatement, leveSche du Puy cependant en&#13;
67 releve, Je respondu que vous n’aviés Jamais faict&#13;
68 difficulté quil relevaSt d’un archeveSchede france&#13;
69 Je demande quil relevaSt de larcheveSche de&#13;
70 Paris affin deSe conformer dans la conduite&#13;
71 eccleSiaStique alusage &amp; alaCoustume de&#13;
72 paris comme on faict pour la civile &amp; ie&#13;
73 prevoyois dailleurs que quand ie naurois pas&#13;
74 demandé cela qu’on lavoit fait relever de paris.&#13;
75 Je porté Copie des bulles a M. Colbert il a&#13;
76 aussy demandé les lettres patentes d’union&#13;
77 des deux seminaires deparis et dequebec&#13;
78 ie ne scay pas encorre le suiet pour quoy&#13;
79 Les honneurs que le ConSeil pretendoit Sont regles&#13;
80 m.r de bellinzany ma dit que ceSt alavantage&#13;
81 deleglise&#13;
82 M. Colbert ma reSpondu au Suiet des paSseports&#13;
83 quil nen faudra pas pour aller dans&#13;
&#13;
�84 Les miSsions mais ie croy quil voudra&#13;
85 qu’on en prenne pour paSSer en france&#13;
86 M. Colbert ma dit quil falloit mettre les&#13;
87 cures fixes que cela etoit contre les&#13;
88 droits et lusage du Royaume et ie croy quon&#13;
89 le voudra de la Sorte&#13;
4&#13;
&#13;
90 Jl a dit quil faut admettre des patrons&#13;
91 Pour les Cures Je luyay reSponduque&#13;
92 Lors quils doteront les EgliSes que cela&#13;
93 Se fera il madit que nous leurs demandions&#13;
94 neuf cent francs que cetoit trop Je luy&#13;
95 ay dit quil falloit au moins huict cent&#13;
96 francs pour faire SubSiSter un p’tre&#13;
97 et un homme ale servir a quoy&#13;
98 il a reparty quils feroient baStir&#13;
99 les EgliSes et quils donneroient Cent eScus&#13;
100 de rente et quil falloit les admettre,&#13;
101 acette condition quon luy en avoit eScrit&#13;
102 et quil reScriroit sur cepied la &amp;C&#13;
103 Quau regard de la subSiStence de p’tres&#13;
104 que le seminaire employe adeServir&#13;
105 les parroiSse - &amp; pour lexemption&#13;
106 du dix pour cent Je luy donnaSse un&#13;
107 memoire et quil y auroit egart Jé&#13;
108 donne nom memoire et samedy Jyray a&#13;
109 sceaux pour en scavoir la reSponSe&#13;
110 Jl y a pour plus de quattre heures&#13;
111 deScriture a vous dire tout ce quil ma&#13;
112 dit et tout ce que ma ie luy ay reSpondu que&#13;
113 ie ne manqueray pas de vous eScrire&#13;
114 Je voy les affaires en meilleur etat que Je 5&#13;
115 ne les croyois veu ce que m. Colbert&#13;
116 mavoit dit et ce que Jeprenois dailleurs&#13;
117 car ie lavois trouvé tellement prevenu Contre&#13;
118 vous &amp; leClergé que ie craignois tout&#13;
119 Lon a reSpondu a M. deChamblys quil&#13;
120 ny a rien a faire pour lacadie a preSent&#13;
121 il a demande comme lan passe une trop&#13;
122 grande somme Jl demande retourner en&#13;
123 Canada gouverneur du fort deChamblys sans&#13;
124 gages ie crains quil ne se lie et nentre&#13;
125 dans les Sentiments de M. de frontenac&#13;
&#13;
�126 Sainct LuSson se dispose à repaSser en&#13;
127 Canada sans scavoir ce quil y fera&#13;
128 Japrehende semblablement quil ne Soit&#13;
129 ce quil a été&#13;
130 M.r Richez eSt decedé a paris il y&#13;
131 a huict jours&#13;
132 Monsieur de frontenac a tellement agy&#13;
133 contre m.r du CheSneau que la chose alloit&#13;
134 a le faire rapeller. il seSt beaucoup&#13;
135 fait tor a luy mesme et a toutes les&#13;
136 affaires par le trop grande condeScendance&#13;
137 quil a eüe pour m.r de frontenac, &amp;&#13;
138 pluSieurs autres Sil avoit marché avec&#13;
6&#13;
&#13;
139 lauthorite et la fermeté que sa charge&#13;
140 demande au regart de m.r defrontenac&#13;
141 &amp; autres tout auroit bien été pour luy &amp;&#13;
142 le bien du pais il faut neceSsairement&#13;
143 quil en use autrement a ladvenir ses&#13;
144 amys ne manqueront pas deluy en eScrire&#13;
145 Madame duCheSneau arrive auiourdhuy&#13;
146 aparis ayant apris par Ma lettre&#13;
147 Letat ou étoit m.r Riché&#13;
148 Madame de montigny eSt a paris Je&#13;
149 ne lay apris que ce matin ie ne&#13;
150 manqueray par de la veoir.&#13;
151 Nous esperons aller entre laScenSion&#13;
152 etla pentecoSte a leStrée lon nous&#13;
153 afaict une propoSition pour un&#13;
154 monaStere de religieuSes de lordre&#13;
155 quj pourra prendre labbaye entierre&#13;
156 lordre y conSentira si cette affaire&#13;
157 reuSsit cela facilitera la suCceSSion&#13;
158 a Rome&#13;
159 M. Colbert eSt reSolu de ne plus&#13;
160 vuider les affaires des particuliers quj&#13;
161 se viennent plaindre en france mais&#13;
162 de renvoyer tout enCanada CeSt un de&#13;
163 Ses griefs contre m.r de frontenac et m.r&#13;
164 du cheSneau quj deveroient regler toutes&#13;
165 choses Sur le pais que m.r du CheSneau&#13;
166 y prenne garde pour ce quj regarde&#13;
167 Lintendant. Je reSpondu que ceStoit&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
�168 Monsieur de frontenac quj avoit Solicité&#13;
169 ces gents la avenir faire dubruit&#13;
170 en france m.r debellinzany na pas&#13;
171 eu peinne a le connoiStre&#13;
172 Madame de Seneré eSt decedée il y a&#13;
173 trois ou quattre Jours &amp; le pere du breuil&#13;
174 JeSuiSte&#13;
175 Quoy que Monsieur Colbert ayt paru me&#13;
176 parler comme sil vouloit que laffaire des&#13;
177 boiSsons panchaSt davantage ala permettre&#13;
178 qua la deffendre neant moins Je sceu que&#13;
179 cela luy a bien donne de la peinne et quil&#13;
180 adit quil ne voudroit pas rien faire&#13;
181 contre le bien dela religion et quau reSte&#13;
182 il voit bien quil y a une bonne partye&#13;
183 de ce que lon dit veritable. ie croy&#13;
184 quil sera apropos que vous facies une&#13;
185 remonStrance sur ce quiet au Roy dans un&#13;
186 papier particulier quj soit une piece&#13;
187 forte et achevée et que lon puiSSe faire&#13;
188 imprimer Sil eSt neceSsaire cela Sera&#13;
189 dun grand poids avec linformation&#13;
190 Juridique de mr du CheSneau JeScay&#13;
8&#13;
&#13;
191 Que M. de f. et les intereSSes diront&#13;
192 le contraire mais, il ne faut pas Sen&#13;
193 mettreen peinne la verité conue eSt&#13;
194 bien forte. voila ce que ie vous puis&#13;
195 marquer pour le preSent.&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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          <name>Index nominum</name>
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              <text>Bourdon de Dombourg,  Jean-François Bourdon de 1647-1690</text>
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              <text>Frontenac, Louis de Buade de, 1622-1698</text>
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              <text>Duchesneau de la Doussinière et d'Ambault, Jacques, 1631-1696</text>
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              <text>Bellinzani, Francesco, 1619-1684</text>
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              <text>Aubert de La Chesnaye, Charles, 1632-1702</text>
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              <text>Daumont de Saint-Lusson, Simon-François, -1677</text>
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                <text>Dudouyt, Jean, 1628-1688</text>
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                <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 12 mai 1677)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris résume au 1er évêque de Québec son audience avec le secrétaire d'État à la Marine de France concernant la traite des boissons enivrantes avec les Autochtones. Colbert a pris des mesures pour enquêter sur la situation et a demandé à Duchesneau, intendant en Nouvelle-France, de vérifier les faits sur place. Les huguenots n'auront pas la liberté de s'établir au Canada, sauf en cas de nécessité pressante pour un marchand d'hiverner une année. Le roi de France donnera des lettres de déclaration sur les bulles de l'évêché de Québec et il est souhaité que cet évêché relève d'un archevêché de France. Colbert insiste sur le fait qu'il faut mettre des cures fixes.</text>
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            <description>Date of submission of the resource. Examples of resources to which a Date Submitted may be relevant are a thesis (submitted to a university department) or an article (submitted to a journal).</description>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/id/12079" class="show"&gt;Original en français classique &lt;/a&gt;conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres S, no 93&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9625" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne &lt;/a&gt;par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/1037" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.canadiana.ca/view/oocihm.8_03506_5/98?r=0&amp;amp;s=1"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;em&gt;Rapport sur les archives publiques&lt;/em&gt;, 1885, note C, p. 97-103, publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de la traite des boissons enivrantes (1659-1708)</name>
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        <name>Commerce et industrie</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Nécessité d'ériger un évêché en titre (1660-1674)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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                <text>Accédez à la &lt;a href="http://www.worldcat.org/oclc/299965003"&gt;notice catalographique&lt;/a&gt; via WorldCat</text>
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                <text>&lt;span&gt;Empruntez en &lt;/span&gt;&lt;a href="https://openlibrary.org/works/OL10773969W/Une_Nouvelle-France_inconnue"&gt;version numérique&lt;/a&gt;&lt;span&gt; via Open Library, une heure à la fois. Requiert la création d'un compte gratuit.&lt;/span&gt;</text>
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