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                    <text>Lettre de Callière et Champigny à Phélypeaux&#13;
(Québec, 24 novembre 1701)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Peu de jours après le départ de nos derniers vaisseaux pour retourner en France,&#13;
le feu a pris dans la maison du Séminaire de cette ville, qui, malgré tous les soins&#13;
qu’on s’est donnés, l’a entièrement consommée avec beaucoup de leurs meubles&#13;
et provisions et une chapelle qu’ils avaient fait bâtir depuis quelques années. Tout&#13;
ce qu’on a pu faire dans cette rencontre a été de couper quelques bâtiments qui&#13;
avaient communication avec l’église cathédrale, qui auraient embrasé toute la&#13;
haute-ville si le feu y avait pris, par le vent impétueux qu’il faisait.&#13;
Cette perte est très considérable pour ce Séminaire, mais elle l’est encore plus pour&#13;
ce pays par le grand bien que cette maison faisait, y ayant toujours au moins&#13;
quatre-vingts enfants qu’ils élevaient pour toutes sortes d’états et auxquels ils&#13;
donnaient une très bonne éducation, dont il n’y en avait qu’environ le tiers qui&#13;
payaient une modique pension, le surplus étant à sa charge, outre les petites écoles&#13;
qu’ils tenaient dans deux salles pour les enfants de la ville.&#13;
Les peuples nous ayant représenté le dommage qu’ils souffriraient par l’accident&#13;
arrivé au Séminaire et supplié dans cette vue d’agréer qu’on envoyât une personne&#13;
en France par la Nouvelle-Angleterre pour vous demander, Monseigneur, votre&#13;
protection auprès du roi en sa faveur, le sieur chevalier de Callière, y ayant égard,&#13;
a accordé le sieur Joncaire, maréchal des logis de ses gardes, qu’on a cru un des&#13;
plus propres d’ici à faire ce voyage.&#13;
Vous voulez bien nous permettre, Monseigneur, de nous joindre au public pour&#13;
vous supplier très humblement d’obtenir à ce Séminaire quelque secours annuel&#13;
de Sa Majesté ou de lui faire donner un bénéfice de 3 000 ou 4 000 livres de rente&#13;
pour lui donner moyen de se rétablir et de continuer le bien qu’il fait dans ce pays.&#13;
C’est dans l’espérance de vos bontés, Monseigneur, que M. l’ancien évêque et les&#13;
prêtres de ce Séminaire, qui se sont retirés à l’évêché, vont recommencer les petites&#13;
&#13;
�écoles et reprendre les enfants qu’ils avaient chez eux, se disposant à faire tout leur&#13;
possible pour faire faire, dès cet hiver, par leurs gens, les bois nécessaires pour&#13;
commencer le rétablissement de leur maison.&#13;
Toute la colonie vous sera infiniment obligée, Monseigneur, des grâces que vous&#13;
procurerez à ce Séminaire. Il ne s’est passé autre chose dans ce pays depuis les&#13;
dernières lettres que nous avons eu l’honneur de vous écrire. Nous sommes dans&#13;
un très profond respect, Monseigneur,&#13;
Vos très humbles et très obéissants et très obligés serviteurs,&#13;
Le chevalier de Callière, Champigny.&#13;
&#13;
À Québec, le 24 novembre 1701&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par G.-É. Demers, v. 1930.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
1701 (24 novembre)&#13;
âroh. Nat. C olonies C^* A 19,&#13;
~ff . 29-32.&#13;
&#13;
M.M. de C a lliè re s et de Chsmpigny au M inistre&#13;
5 24. 9bre 1701.&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Peu de jou rs apres le. départ de nos dern iers&#13;
vaisseaux pour retourn er en fra n o e , l e fe u a p r is dans la maison&#13;
du Séminaire de o ette v i l l e , qui malgré tous l e s s o in s q u 'on s 'e s t&#13;
donné, la entièrement consommée aueo beaucoup de leu rs meubles et&#13;
p r o v is io n s , e t une Chapelle q u jls auoient f a i t b â t ir depuis qu el­&#13;
ques années, (tout ce q u 'on a pu f a i r e dans ce rencontre a é té de&#13;
Couper quelques batiments qui auoient Communication aueo l 'E g l i s e&#13;
C athedralle qui auroient embrasé toute l a haute v i l l e s i l e feu&#13;
y a u oit p r is par le vent jmpetueux qu^l f a i s o i t .&#13;
Cette perte est t r è s Considérable pour oe Séminaire, mais&#13;
e l l e l ' e s t encore plus pour oe p als p a r .le grand.bien que. Cette,&#13;
maison f a i s o it y ayant tou jou rs au moins quatre V ingt Enfana q iijls&#13;
E leuoient pour tou tes so rte s d 'E ta ts Et aux quels j l s donnoient&#13;
une t r è s bonne Education, dont j l ny en a u oit qu'enuiron le t i e r s&#13;
qui payolent une modique pention la surplus étant a sa Charge,&#13;
outre l e s p e t it e s E coles qrujls te n d e n t dans deux s a l l e s pour l e s&#13;
Enfans de la T i l l e , l e s peuples nous ayant rep résen té l e dommage&#13;
q u jls so u ffr ô le n t par 1 a ccid en t a r r iu é au Séminaire, Et su p p lié&#13;
&#13;
�2&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
dLsns c e t t e Yeue d ’ agréer qu* on Enuoyast une personne en fra n co par&#13;
l a n ou velle A ngleterre pour vous demander Monseigneur v otre p ro te c­&#13;
t io n auprès du _Roy en sa faueur, "Leu&#13;
&#13;
Ohler de C a llîa re s y ayant&#13;
&#13;
Egard a accord é l e Sr. Tonoaire maréchal des l o g is de ses gardes&#13;
qu’ on a cru un des plus propres d ' j c y a f a ir e ce voyage.&#13;
Tous voulez tie n nous permettre Monseigneur de nous jo in d re&#13;
au pu b lic pour vous su p p lier tr è s humblement d*obtenir a ce Sémi­&#13;
n aire quelque seoours annuelle de Sa M ajesté ou dé lu y fa ir e don­&#13;
ner un b é n é fice de t r o is ou quatre m il liu r e s de ren te pour lu y&#13;
donner.moyen de se r é t a b l i r et de continuer le bien qu*}l f a i t dans&#13;
ce pays.&#13;
Gest dans L'Esperance de vos bontez Monseigneur que M. L'an­&#13;
c ie n Euesque et le s p re tre s de ce Séminaire qui se sont r e t ir e z a&#13;
L'Eues ohé, vont recommancer le s . p e t it e s . Eoholes et reprendre l e s&#13;
Énfans q u jls auoient chez eux, se disposants a f a i r e tou t le u r&#13;
p o s s ib le pour fa ir e f a ir e des c e t h iver par le u rs gens le s b o is&#13;
n eoessaîres peur Commancer le rétablissem ent de le u r maison.&#13;
toute la co lo n ie vous sera jnfinim ent o b lig é e Monseigneur&#13;
des grâces que vous procurerez a o® Séminaire. J1 ne sest passé&#13;
autre Chose dans ce pais depuis l e s d e m ie re s L ettres que nous&#13;
auons eu L'honneur de.vous E cr ir e .&#13;
Nous sommes dans un t r è s profond respeo&#13;
Monseigneur,&#13;
Y ostres humbles tr è s obéissants e t tr è s o b lig e z S eru iteu rs&#13;
Û Y &gt;&#13;
&#13;
Quebeo l e 24 novembre&#13;
1701 *&#13;
&#13;
Le C h- de G a lliè re&#13;
Champigny&#13;
&#13;
Copié sur o r ig in a l aux âroh .N ation ales, J&amp;arls, l e 26 j u i l l e t 1953&#13;
Georges Ed. Semers, p tr e .&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Le gouverneur et l’intendant de la Nouvelle-France informent le secrétaire d’État à la Marine de France qu’un incendie a dévasté le Séminaire de Québec, y compris de nombreux meubles, des provisions et une chapelle. Cette perte est considérable pour la région, car le Séminaire éduquait environ 80 enfants, dont la majorité ne payait pas de pension. Ils lui demandent de solliciter l’aide du roi de France pour obtenir un soutien financier annuel.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 19, f. 29-31&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Pontchartrain, Jérôme Phélypeaux, 1674-1747, comte de</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12964" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12965" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2381/424?r=0&amp;amp;s=1"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2381, p. 424-426&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Extrait de la lettre de Denonville à Seignelay&#13;
(Québec, 10 novembre 1686)&#13;
&#13;
À Québec, le 10e novembre 1686&#13;
Monseigneur,&#13;
Je commencerai, s’il vous plaît, la lettre que j’ai l’honneur de vous écrire par le&#13;
remerciement très humble de ma part et de celle de tous les états du pays de nous&#13;
avoir donné M. de Champigny pour intendant. À présent, Monseigneur, je ne vous&#13;
importunerai plus de plusieurs petits détails de règlements et ordonnances&#13;
nécessaires, lesquelles, sur les premières instructions des intentions du roi, se&#13;
régleront dorénavant de concert dans le pays entre le Conseil souverain,&#13;
M. l’évêque, M. l’intendant et moi, après avoir consulté les plus éclairés et les plus&#13;
sages du pays, afin de ne rien faire qui ne soit bien pesé. À présent, dis-je,&#13;
Monseigneur, vous devez vous assurer que le roi sera servi dans une grande union&#13;
et que l’on suivra vos intentions très exactement, dans le seul et unique intérêt du&#13;
pays. Nous tâcherons, Monseigneur, que vous ne soyez plus fatigué des affaires&#13;
du passé que par les remèdes nécessaires à apporter pour réparer ce qui a été gâté.&#13;
M. notre évêque est de retour de l’Acadie, où il a fait la visite par toutes les&#13;
habitations avec de grandes fatigues. Il vous rendra compte de la grande quantité&#13;
de désordres qui se font dans les bois par les malheureux libertins, qui sont comme&#13;
des Sauvages depuis un long temps, sans avoir rien fait du tout pour la culture des&#13;
terres. J’en ai écrit fortement à M. Perrot. Quand nous serons en repos, il faudra&#13;
bien que M. de Champigny et moi y allions faire un tour : ce que j’apprends de&#13;
tous côtés est qu’il n’y a presque plus de Sauvages et qu’ils sont crevés pour la&#13;
plupart des débauches d’eau-de-vie. M. l’évêque y envoie trois prêtres, avec le&#13;
sieur Petit, qui y est de longue main et dont j’entends dire beaucoup de bien.&#13;
Le dimanche 20e octobre, nous eûmes le triste spectacle de l’incendie de la maison&#13;
et église des pauvres ursulines de cette ville, qui n’ont sauvé que leurs personnes.&#13;
Le feu prit au milieu de leur maison, comme elles étaient au chœur recevant la&#13;
sainte communion et cela fût si subit que l’on ne put rien sauver qu’une grange et&#13;
&#13;
�une petite maison de feu Mme de La Peltrie, leur fondatrice. Elles s’y sont mises&#13;
toutes fort serrées pour ne pas séparer leur communauté, qui est fort sainte. C’est&#13;
une terrible affliction pour tout le pays, qui en tirait de grands secours pour&#13;
l’instruction des filles. Monseigneur saurait croire les charités qui se font en ce&#13;
pays ; chaque particulier et communauté s’est saigné pour les secourir, mais tout&#13;
cela ne saurait aller qu’à les faire vivre. Il n’y a que les secours de France qui les&#13;
puissent faire rebâtir.&#13;
Le fonds de la subsistance des 50 curés de la part des habitants ne saurait&#13;
augmenter que par l’augmentation du nombre des habitants, qui mettra une plus&#13;
grande quantité de terres en labour. En attendant cependant, un évêque soutenu&#13;
par un bon bénéfice, dont il n’emploierait pas les revenus en chiens courants et en&#13;
bonne table, serait d’un grand secours au peuple pour aider les curés et fournir&#13;
aux dépenses absolument nécessaires pour soutenir et entretenir ceux dont on a&#13;
besoin pour l’éducation des enfants, qui est en ce pays l’affaire la plus essentielle&#13;
pour discipliner les peuples et les tirer du grand libertinage où ils sont. Le clergé&#13;
a bien besoin que le roi lui continue le fonds des 8 000 livres pour aider à la&#13;
subsistance des 36 curés. On aura soin que les 1 000 écus que vous avez eu la bonté&#13;
de procurer pour la bâtisse des nouvelles églises soient bien employés. On a besoin&#13;
que cette charité du roi ne cesse pas si tôt. Il ne nous paraît pas encore que l’on ait&#13;
trop de prêtres en ce pays. Il serait fort à souhaiter qu’il y en eût un plus grand&#13;
nombre. Je ne vois pas que l’on retienne longtemps les enfants aux études, si ce&#13;
n’est ceux qui sont dans le dessin de se faire prêtres, mais le nombre en est petit&#13;
par le naturel du pays qui est léger.&#13;
À l’égard des enfants que nous avions dessein d’élever dans un lieu pour éprouver&#13;
leur vocation et leur faire apprendre des métiers, n’ayant pas cette année de congés&#13;
à donner pour contribuer à leur pension, M. notre évêque n’est pas assez riche,&#13;
non plus que notre Séminaire, pour entretenir les écoles qui avaient bien&#13;
commencé et qui finiront, manque de fonds.&#13;
Les bons pères récollets ont prévenu la plainte que j’aurais dû vous faire d’eux l’an&#13;
passé et que j’avais voulu vous épargner en voulant éviter de leur faire aucune&#13;
peine. Je n’ai point d’autre réponse à faire à ce sujet, Monseigneur, si ce n’est que&#13;
très mal à propos, ils se plaignent que je les ai fait sortir du fort de Cataracoui. Il&#13;
&#13;
�me suffit d’envoyer à Monseigneur la copie d’un acte que j’avais proposé de leur&#13;
donner, que le père gardien, qui vint l’an passé avec M. l’évêque, avait accepté et&#13;
que la communauté refusa par les soins du P. Exupère, qui passa en France l’an&#13;
passé pour justifier que je n’ai eu aucun dessein de leur faire tort. Il sera très à&#13;
propos que Monseigneur veuille bien se donner la peine de le lire pour que&#13;
Monseigneur reconnaisse l’esprit de nos bons récollets lorsque l’on désire quelque&#13;
chose d’eux. Les bons pères n’ont aucun juste sujet de se plaindre de moi, qui n’ai&#13;
souhaité que de leur avoir l’obligation de me quitter cette place pour un temps,&#13;
s’agissant du service du roi et du pays.&#13;
J’ai cru qu’il ne convenait pas que le roi payât la subsistance de deux&#13;
ecclésiastiques dans un petit lieu comme celui de Cataracoui. Le bon père récollet&#13;
qui y était lorsque j’y mis le P. Millet, jésuite, peut dire que je ne lui dis pas d’en&#13;
sortir, surtout le bon père ayant ordre de son supérieur d’y rester. Il sait qu’il ne&#13;
tenait qu’à lui d’y demeurer dans leur maison, qui est à un petit demi-quart de&#13;
lieue du fort. Il dira sans doute qu’il n’en partît que parce qu’il était moribond et&#13;
qu’il voyait bien n’y pouvoir vivre si le roi ne le nourrissait ; ce que je n’ai pas cru&#13;
devoir faire sans votre ordre, y étant inutile au service de Sa Majesté, parce qu’il&#13;
ne sait pas deux mots de la langue iroquoise. C’est un fort homme de bien, qui ne&#13;
disconviendra pas de ceci.&#13;
Reste à dire à Monseigneur que tous les interprètes que nous avons dans la colonie,&#13;
hormis le sieur de Sainte-Hélène, fils du feu sieur Le Moyne, qui est à la baie du&#13;
Nord, sont tous coureurs des bois, peu habiles, et la plupart fripons, ne disant rien&#13;
moins que ce que l’on leur fait dire et disant plus qu’on ne veut. Si cette année je&#13;
n’y avais eu le susdit P. Millet, qui est un saint homme fort entendu et qui a&#13;
beaucoup de créance et d’habitude avec ces Sauvages, chez lesquels il a vécu dixhuit ans, on aurait eu bien de la peine à se tirer de toutes les négociations, qui s’y&#13;
sont faites en divers temps et sans lui ; tout aurait été gâté. Je sais qu’en plusieurs&#13;
rencontres, ces mauvais interprètes ont fait des affaires à M. de La Barre.&#13;
Il n’y a, grâce à Dieu, aucun hérétique habitant dans le Canada, si ce n’est quelques&#13;
soldats. Il y en a plusieurs qui, dès l’hiver dernier, ont fait abjuration, pour lesquels&#13;
j’aurais fort souhaité que le roi eût eu la bonté de leur faire quelque gratification,&#13;
entre autres un nommé Floridor, qui s’est marié ici et qui se met dans le commerce&#13;
&#13;
�et vit sagement. S’il en reste quelques-uns, on prendra soin de les faire changer et&#13;
on ne les souffrira pas dans l’exercice de leur religion. Le nombre ne va pas à plus&#13;
de 10 ou 12, dont il y en a 7 ou 8 qui ont fait abjuration. Les pères jésuites font tous&#13;
les jours mission dans les navires venus de France pour les nouveaux convertis.&#13;
Je vous envoie, Monseigneur, un second tableau du recensement de l’an passé, qui&#13;
ne se suivait pas de proche en proche. J’y ai fait ajouter les baptêmes, les morts et&#13;
les mariés de cette année. Vous y verrez aussi l’augmentation des Sauvages de la&#13;
Prairie-de-la-Madeleine et de celui de Sillery, qui a beaucoup augmenté par le&#13;
grand nombre de Sauvages que nous avons attirés des Anglais, à leur grand regret,&#13;
pour la subsistance desquels Sauvages les pères jésuites ont été obligés de faire de&#13;
grands frais pour leur avoir du blé d’Inde, pour les nourrir jusqu’à ce qu’ils aient&#13;
préparé la terre pour y semer des blés et les recueillir. Ces bons pères ont bien&#13;
besoin des grâces du roi pour leur aider à soutenir cette mission, qui est d’autant&#13;
plus de conséquences qu’elle ôte aux Anglais les Sauvages, qui nous serons de&#13;
secours pour la guerre et pour les chasses qu’ils feront.&#13;
J’envoie à Monseigneur un mémoire particulier de l’état des affaires et de ce que&#13;
je crois nécessaire pour la guerre et pour la sûreté du pays. Ayant la guerre comme&#13;
il est impossible de l’éviter, il faut s’étudier absolument et s’appliquer à resserrer&#13;
les habitants ; ce qui ne se fera pas sans de grandes peines et ce qu’on n’ose&#13;
entreprendre que la guerre ne soit déclarée.&#13;
MM. du Séminaire de Montréal, pour favoriser l’augmentation des établissements&#13;
dans l’île de Montréal, ont, à ma prière, concédé au sieur Le Ber le privilège de&#13;
bâtir un moulin de pierres, que j’ai vu commencé, qui nous servira de redoute sur&#13;
une hauteur au bord de l’île de Montréal, qui voit la rivière des Outaouais, le lac&#13;
des Deux-Montagnes et la rivière des Prairies, qui ferme l’île du côté du nord.&#13;
Auprès de celui-là, on travaille à une église pour faire une cure, dont M. l’abbé&#13;
d’Urfé sera le prélat. Au-dessous de cette pointe, au nord de l’île, presque vis-àvis de Ville-Marie, MM. du Séminaire doivent encore bâtir une autre église et un&#13;
moulin, qui sera fait l’an prochain avec ces augmentations. Nous favoriserons de&#13;
nos soins le défrichement des concessions que ces Messieurs donneront et nous&#13;
porterons nos soldats à s’y marier plutôt qu’en aucun autre endroit. Si la guerre&#13;
&#13;
�dure, je crois que les habitants des environs de l’île s’y posteront assez volontiers,&#13;
pour y être plus sûrement. […]&#13;
Il y a bien des choses à dire à Monseigneur sur le sujet de l’article des Sauvages&#13;
que l’on assemble dans nos bourgs et que les pères jésuites et que les MM. du&#13;
Séminaire de Montréal instruisent avec tant de soins. Il y en a un très grand&#13;
nombre de bons chrétiens qui nous font honte par leur zèle et ferveur, surtout&#13;
parmi les gens d’un âge plus avancé. Nous ne devons point appréhender que les&#13;
gens de ces villages gâtent nos Français, mais bien les Sauvages coureurs qui&#13;
s’adonnent à demeurer autour des seigneuries ou habitations particulières ; encore&#13;
ne sont-ce pas ces gens-là qui apprennent les vices à nos Français, mais je puis&#13;
assurer, Monseigneur, que ce sont plutôt nos libertins qui leurs apprennent mille&#13;
vilenies. Le plus grand mal que nos Français tirent de la fréquentation de ces&#13;
Sauvages est que nos enfants de jeunesse s’accoutument à leur exemple de n’avoir&#13;
aucune succession ni obéissance, toujours maîtres de leurs volontés, ne faisant&#13;
autre chose que se promener de côté et d’autre sans dessein. […]&#13;
Je ne vous dis rien Monseigneur de la mission des Sauvages commencée par&#13;
M. notre évêque, parce que lui-même vous en rendra compte, non plus que des&#13;
vues que nous avons eues ensemble pour l’établissement de MM. de Saint-Lazare&#13;
au Port-Royal, d’où ils auraient soin d’envoyer des ecclésiastiques dans les&#13;
endroits où les habitants sont ensemble. Jusqu’ici, il n’y a eu en ce pays-là que le&#13;
bon M. Petit, qui a été officier dans le régiment de Carignan, qui a bien gouverné&#13;
tout ce pauvre peuple, qui était abandonné sans lui. Il a eu beaucoup de fatigues à&#13;
essuyer. M. notre évêque le soulage de trois autres ecclésiastiques, qui n’ont&#13;
d’autre fonds pour leur subsistance que celui que M. notre évêque leur a donné&#13;
du sien. […]&#13;
Je suis avec bien du respect, Monseigneur, votre très humble très obligé et très&#13;
obéissant serviteur,&#13;
Le marquis de Denonville.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-2377, p. 446-529.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1686 (8 novembre)&#13;
Ârcli. N at., C ol. C1î A 8, f.1 3 1 .&#13;
&#13;
E xtrait d ’ un Mémoire de M. de D enonville.&#13;
&#13;
Les bons Peres H ecollects ont p r eue nus la p la in te que J* aua&#13;
&#13;
r o is du vous fa ir e D*eux L’ an passé, et que J’ auois voulu vous&#13;
épargner en voulant e u ite r de leu r f a i r e aucune peine.,&#13;
&#13;
n* ap­&#13;
&#13;
point d ’ autre response a fa ir e a ce su ie t Mgr, s i ce^c’ est que t r è s&#13;
mal a propos i l s se plaign en t que Je l e s ay f a i t s o r t i r du f o r t&#13;
de Cataracoüy, i l me s u f f i t d ’ enuoyer a Mgr la Copie d ’ un a c te&#13;
que J ’ auBis proposé de le u rs donner, que le Pere gardien qui v in t&#13;
l ’ an passé avec M. L’ euesgue auoit a ccep té et que la communauté&#13;
refu sa par l e s soin s du Pere Exupere qui passa en france&#13;
&#13;
l ’ an&#13;
&#13;
passé: pour J u s t ifie r que Je n’ ay eü aucun, dessein de le u rs f a i r e&#13;
to r t i l sera tr è s a propos quaoMgr v e i l l e bien se donner l a peine&#13;
de le l i r e , pour que Mgr reoonnoisse L 'e s p r it de nos bons Eeool—&#13;
l e c t s lorsque l ’ on d e s ire quelque chose d’ eux, le s bons peres&#13;
n’ ont aucun Juste su ie t de se plaindre de moy qui n ’ ay sou h a itté&#13;
que de le u rs auoir l ’ o b lig a tio n de me q u it t e r o e tte place pour un&#13;
temps ...................&#13;
&#13;
Copié sur o r ig in a l aux Archives N ationales, le 1P septembre 1933&#13;
Georges Bd. Demers, p te .&#13;
&#13;
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                    <text>Extrait dactylographié en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Denonville, Jacques-René de Brisay de, 1642-1710</text>
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                <text>Lettre de Denonville à Seignelay (Québec, 10 novembre 1686)</text>
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                <text>Le gouverneur de la Nouvelle-France remercie le secrétaire d’État de la Marine de France pour la nomination de Champigny comme intendant, espérant une meilleure gestion des affaires du pays. Il l’informe qu’un incendie a détruit la maison et l’église des Ursulines à Québec. Il souligne l’importance des gratifications financières pour l’éducation des enfants par le clergé et la subsistance des curés. Il souligne la bonne entente avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, justement de retour d’Acadie, où il envoie trois prêtres aider Petit. Il note qu’il n’y a presque pas d’hérétiques au Canada, à l’exception de quelques soldats, et que les jésuites travaillent à convertir les nouveaux arrivants. Il envoie un tableau de recensement mis à jour et mentionne les efforts pour attirer et nourrir les Autochtones, entre autres, à La-Prairie-de-la-Madeleine.&#13;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 8, f. 129-188&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12555" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12612" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2022926"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Collection des manuscrits… relatifs à la Nouvelle-France&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1883-1885, vol. 1, p. 369-389, via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2377/446?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2377, p. 446-529&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Correspondance avec la Cour de France</name>
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        <name>Cures</name>
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        <name>Écoles</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
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                    <text>Lettre de Tiberge et Brisacier au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, 23 juin 1703)&#13;
&#13;
Paris, 23 juin 1703&#13;
Messieurs,&#13;
Nous avons reçu votre lettre commune sans date, mais qui est assurément de la&#13;
fin de l’année passée. Nous prenons beaucoup de part à la perte de MM. Gagnon,&#13;
Morin et Caton : elle est grande surtout dans un pays où l’on manque de bons&#13;
sujets pour remplir les cures et pour toutes les autres fonctions. Le dessein de&#13;
M. Têtu de s’embarquer comme il a fait, à votre insu, dans le navire du roi est son&#13;
extraordinaire. Dieu veuille qu’il n’ait pas lieu de s’en repentir. Nous ne doutons&#13;
pas que les jeunes ecclésiastiques, à qui vous avez cru dans cette conjoncture&#13;
devoir vous presser de faire donner les ordres, ne répondent par leur bonne&#13;
conduite à la bonne opinion que vous avez conçue d’eux.&#13;
L’état pitoyable où M. Gaulin nous a mandé ici que sa santé était réduite à&#13;
l’Acadie demandait le secours que vous lui avez donné en lui renvoyant&#13;
M. Rageot. M. de Pontchartrain, à qui nous avons donné la lettre de ce premier&#13;
missionnaire, en y joignant un mémoire des dépenses effectives qu’il avait faites&#13;
pour visiter tous les pauvres sauvages chrétiens de ce pays-là et qui montaient à&#13;
plus de 800 livres, n’a obtenu du roi que 300 livres de gratification. Il faut&#13;
pourtant trouver le moyen de payer le reste de ce qui sera dû encore par [ce]&#13;
missionnaire. Vous ferez très bien si vous pouvez envoyer M. Boulanger dans ce&#13;
même pays, pour prendre soin de ces pauvres gens qui, depuis la mort de&#13;
M. Thury, demeurent sans pasteur et méritent par leur fidélité d’être secourus.&#13;
Nous comprenons, comme vous, que 300 livres pour chacun de ces missionnaires&#13;
ne sont pas suffisantes et nous l’avons représenté depuis peu au ministre, qui en&#13;
a parlé au roi et qui nous a répondu que Sa Majesté verrait dans la suite si elle&#13;
augmenterait cette somme.&#13;
&#13;
�Le roi a eu la bonté d’accorder, à la prière de M. Gaulin, la grâce qu’il lui avait&#13;
demandée pour ce Canadien, qui pour son crime est fugitif dans l’Acadie ; mais&#13;
Sa Majesté a jugé à propos de renvoyer à M. votre gouverneur le soin d’examiner&#13;
cette affaire avant que de délivrer la grâce au criminel.&#13;
Quoique ce gouverneur ait écrit conjointement avec notre nouvel intendant à la&#13;
Cour, en conséquence du refus que vous avez fait d’accepter 2 000 livres sur le&#13;
supplément des curés dont vous aviez besoin pour la pension des jeunes clercs&#13;
que vous élevez dans le Séminaire et qu’ils aient demandé au roi un autre fonds&#13;
pour vous mettre en état de soutenir cette dépense, Sa Majesté n’a pas jugé à&#13;
propos de rien faire sur cela cette année ; si la paix se faisait, il serait plus aisé&#13;
d’obtenir ces sortes de grâces.&#13;
Nous avons obtenu le passage pour deux ecclésiastiques et un domestique. Le&#13;
premier est un prêtre qui s’appelle M. Calvarin et qui nous paraît d’un caractère&#13;
tout propre au Canada, non pas pour aller aux Sauvages, dont apparemment il&#13;
n’apprendrait jamais la langue, mais pour desservir quelqu’une des cures les plus&#13;
aisées et où il est moins nécessaire de grands talents. Le second est M. Dupré, qui&#13;
n’est que clerc, neveu de M. votre curé de Québec. Nous avons écrit à M. l’évêque&#13;
de Chartres pour lui demander un dimissoire ad omnes. Nous espérons qu’il&#13;
l’emportera avec lui.&#13;
Nous sommes surpris et consolés du courage que Dieu vous donne pour réparer&#13;
votre maison, autant qu’il a été nécessaire pour loger vos cent enfants. Vous&#13;
achèverez avec le temps et sans vous presser de faire des logements pour vous,&#13;
mais il est à souhaiter que chacun aime à se borner au nécessaire.&#13;
C’est un effet de Providence que M. l’évêque de Québec ne puisse encore repasser&#13;
cette année en Canada, parce que vous pouvez demeurer dans sa maison. Ses&#13;
affaires de Rome pour l’union des abbayes à l’évêché et au chapitre l’arrêtent&#13;
malgré lui au moins pour une année. N’en sait bien ce qui est le plus convenable&#13;
pour lui et pour nous. Dès que vous consentirez à appliquer vos jeunes prêtres&#13;
durant trois ou quatre ans aux missions françaises, on n’aura plus de prétexte&#13;
pour vous refuser la permission générale d’associer qui bon vous semble au&#13;
&#13;
�Séminaire. Peut-être qu’avec un peu de patience, vous obtiendrez ce que vous&#13;
souhaitez tant pour l’union des cures de Beaupré. Nous ne nous lasserons point&#13;
ici d’en parler.&#13;
M. Tremblay vous répond amplement sur ce qui regarde le Mississippi. Nous&#13;
avons peine à croire qu’il soit à propos de conserver M. Bergier aux Tamarois&#13;
pour servir de correspondance à ces nouvelles missions, puisqu’il sera plus aisé&#13;
et de moindre dépense d’y envoyer des secours et des lettres par Paris, non&#13;
seulement pour ce qui partira de France, mais même pour ce qu’on voudra&#13;
envoyer de Canada. La Cour veut absolument soutenir cette nouvelle colonie et&#13;
M. d’Iberville doit y retourner avec tous les agréments du monde.&#13;
Vous faites bien de conserver, autant que vous le pouvez, une parfaite union&#13;
avec les Jésuites, pourvu que de votre part vous demeurez en même temps ferme&#13;
dans les règles de l’Église et dans la bonne morale, qui certainement se relâche&#13;
presque partout. Il n’a pas tenu à nous que nous n’ayons servis MM. Galiffet et&#13;
de Longueuil que vous nous recommandiez si fortement. La cour a ici d’autres&#13;
vues. On tâchera de les servir à la première occasion.&#13;
C’est à vous à juger si les enfants que vous éleviez à Saint-Joachim seront mieux&#13;
au Château-Richer. La raison que vous nous apportez de cette translation nous&#13;
paraît bonne.&#13;
Nous sommes ravis de ne vous être pas trompés en vous faisant espérer&#13;
beaucoup de protection de la part de M. de Beauharnois. Il est heureux pour&#13;
vous que M. le gouverneur et lui vous témoignent d’amitié et qu’ils aient écrit de&#13;
concert au ministre si favorablement pour vous. Il nous a paru ici que&#13;
M. de Champigny ne parle pas moins avantageusement au ministre, qui a&#13;
témoigné prendre confiance en lui pour toutes les affaires du Canada.&#13;
En finissant, nous bénissons Dieu de ce qu’il a plu rendre à M. l’ancien évêque&#13;
assez de santé pour faire encore un voyage à Montréal et pour en revenir avec&#13;
plus de force qu’il n’y était allé. Il faut espérer que Notre-Seigneur, qui a donné&#13;
pour lui à tous les peuples tant de confiance et de vénération, le conservera&#13;
&#13;
�plusieurs années pour le bien commun et pour notre consolation et notre&#13;
édification particulière.&#13;
Pour ce qui regarde l’affaire de la Chine, nous envoyons tout ouverte la lettre que&#13;
M. le supérieur en écrit au P. Bouvart, afin que vous la lisiez. Elle contient en&#13;
abrégé l’état présent de cette grande affaire, qui demande plus de prières que&#13;
jamais. Nous sommes avec toute la cordialité et tout le respect possible,&#13;
Messieurs,&#13;
Vos très humbles et très obéissants serviteurs,&#13;
De Brisacier, supérieur,&#13;
Tiberge.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Arch.du Séminaire de Québec,Lettres&#13;
&#13;
1703(25 juin)&#13;
&#13;
M,no 29*&#13;
&#13;
Miw.tphiberge et Brisaeier au Séminaire de Québec*&#13;
&#13;
En finissant Hous bénissons Dieu de ce quil lui a plu&#13;
rendre a M. L ’ancien Evêque assez de santé pour f ire encore un vol­&#13;
age a Montreal et pour en revenir avec plus de forces qu’il n ’$r e«&#13;
toit allé.Il faut esperer que N.S. qui a donné pour lui a tous les&#13;
peuples tant de confiance et de vénération le conservera encore&#13;
plusieurs années pour le bien commun et pour notre consolation et&#13;
notre édification particulière.&#13;
&#13;
Copié sur original aux Archives du Séminaire de Québec,le&#13;
M&#13;
&#13;
avril 1934,&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1703, 23 juin – Lettre de Tiberge et Brisacier au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 29)&#13;
No 29&#13;
&#13;
Lettres M. no. 29&#13;
&#13;
1&#13;
Paris 23. Juin&#13;
2&#13;
1703.&#13;
3 MeSSieurs&#13;
4 Nous avons receu votrelettre commune Sans&#13;
5 datte, mais qui est assûrement de la fin de&#13;
6 l’année passée. Nous prenons beaucoup de part&#13;
7 a laperte de m.rs gagnon, morin etCaton : Elle&#13;
8 est grande Surtout dans un païs oul’on manque&#13;
9 debons Sujets pour remplir les cures et pour toutes&#13;
10 les autres fonctions. LedeSSein de m. Testu de Sembarquer&#13;
11 commeil a fait avotre insçeu dans le navire du&#13;
12 Roi est Son Extraordinaire; Dieu veuille qu’il n’ait&#13;
13 pas lieu de s’en repentir. Nous ne doutons pas que&#13;
14 les Jeunes Ecclesiastiques a qui vous avez crû dans&#13;
15 cette conjoncture devoir vous preSSer defaire donner&#13;
16 les ordres ne repondent par leur bonne conduite a&#13;
17 labonne opinionque vous avez conceue d’eux.&#13;
18 L’etat pitoyable oum. Gaulin nous a mandé ici&#13;
19 que SaSanté etoit reduite a l’Acadie demandoit&#13;
20 leSecours quevous lui avez donné enlui renvoyant&#13;
21 m. Rageot. M. de Pontchartrain a qui nous&#13;
22 avons donné lalettre de ce premier miSSion.re en y&#13;
23 joignant unmemoire des depenSes effectives qu’il&#13;
24 avoit faites pourvisiter tous les pauvres Sauvages&#13;
25 chretiens de ce païs là et qui montoient aplus&#13;
26 de 800.# n’a obtenu du Roi que 300.# de gratification&#13;
27 Jl fautpourtant trouver le moïen depaïer les d le&#13;
28 reste de ce qui Sera dû encore par miSSion.re&#13;
29 Vous fereztres bien, Si vous pouvez envoïer m.&#13;
30 Boulanger dans ce même païs pour prendre Soin&#13;
31 de ces pauvres gens qui depuis la mort de m.&#13;
32 Tury demeurent sans pasteur et meritent par&#13;
33 leur fidelité d’être Secourus.&#13;
34 Nous comprenons commevous que 300.# pour&#13;
35 chacun de ces miSSion.res ne Sont pas Suffisants&#13;
36 et nous l,avons repreSenté depuis peu au&#13;
37 ministre qui en a parlé au Roi et qui nous a&#13;
38 répondu que Samaj.té verroit dans laSuite Si&#13;
39 Elle augmenteroit cette Somme.&#13;
40 Le Roi a eü labonté d’accorder ala priere de&#13;
&#13;
�41 m. Gaulin la grace qu’il lui avoit demandée&#13;
42 pour ceCanadien qui pour Son crime est&#13;
43 fugitif dans l’Acadie : mais Samaj.té a Jugé&#13;
44 a propos de Renvoïer a m. votre gouverneur&#13;
45 leSoin d’examiner cette affaire avant que de delivrer&#13;
46 la grace au Criminel.&#13;
47 Quoi que ce gouverneur ait écrit conjointement&#13;
48 avec votre Nouvel Jntendant a laCour enConsequence&#13;
49 du refus quevous avez fait d,accepter 2000.# Sur&#13;
50 le Supplément des Curez dont vous aviez beSoin,&#13;
51 pour la penSion des Jeunes Clercs que vous élevez&#13;
52 dans leSemin.re et qu’ils aïent demandé au Roi&#13;
53 un autre fonds pourvous mettre enétat de&#13;
54 Soutenir cette depenSe, Samaj.té n’a pas jugé&#13;
55 apropos de rien faire Sur cela cette année :&#13;
56 silapaix Se faisoit, Jl Seroit plus aiSé d’obtenir&#13;
57 ces Sortes de graces.&#13;
58 Nous avons obtenu lepaSSage pour deux&#13;
59 Ecclesiastiques et un domestique. Le premier est&#13;
60 un prêtre qui s’appelle m. Calvarin et qui&#13;
61 nous paroit d’un caractere tout propre au&#13;
62 Canada, non pas pour aller aux Sauvages.&#13;
4&#13;
&#13;
63 dont apparemment Jln’apprendroit jamais&#13;
64 la langue, mais pour desservir quelqu’une&#13;
65 des Cures les plus aisées et ouil est moins necessaire&#13;
66 de grands talents. Le Second est m. du pré qui n’est&#13;
67 que Clerc neveu dem. votre Curé de Quebec. Nous&#13;
68 avons écrit a m. L’Evêque deChartres pour lui&#13;
69 demander un dimiSsoire ad omnes. Nous&#13;
70 esperons qu’il l’emportera avec lui.&#13;
71 Nous Sommes Surpris et conSolez du courage&#13;
72 que Dieuvous donne pour réparer votre&#13;
73 maiSon autant qu’il aété neceSSaire pour loger&#13;
74 vos cent Enfants. Vous acheverez avecletemps&#13;
75 etSans vous preSSer defairedes logements pour&#13;
76 vous : mais Jlest a Souhaiter que chacun&#13;
77 aime aSeborner au neceSSaire. C’est un&#13;
78 effetde providence quem. lEvêque de Quebec ne&#13;
79 puiSSe encore repaSSer cette année enCanada,&#13;
80 parcequevous pouvez demeures dans samaison&#13;
81 Ses affaires de Rome pour l’union des abbaïes&#13;
82 a l’Evêché et auChapitre l’arrêtent malgré lui&#13;
&#13;
�83 aumoins pour une année. N’en Sçait bien&#13;
5&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
84 Lettres M. no. 20&#13;
85 ce qui est le plus convenable pour lui et pour&#13;
86 nous. Dès quevous consentirez a appliquer&#13;
87 vos Jeunes prêtres durant 3. ou 4. ans aux&#13;
88 miSSions françoises, on n’aura plus de pretexte&#13;
89 pour vous refuserla permiSSion g’rale d’aSSovir&#13;
90 qui bonvous Semblera auSemin.re peut être&#13;
91 qu’avec un peu depatience vous obtiendrez&#13;
92 ce quevous Souhaitez tant pourl’union des&#13;
93 Cures de Beaupré : nous ne nous laSSeront&#13;
94 point ici d’enparler.&#13;
95 M. Tremblai vous repond amplement Sur ce&#13;
96 qui regardelemiSSiSSipi. Nous avons peine a&#13;
97 croire qu’il Soit apropos deconserver m. Bergis&#13;
98 aux Tamaroit pourServir de correspondance&#13;
99 aces Nouvelles miSSions, puis qu’il Sera plus aiSé&#13;
100 et de moindre depenSe d’y envoïer des Secours et&#13;
101 des lettres par paris nonSeulement pour cequi&#13;
102 partira de France mais même pour ce qu’on&#13;
103 voudra envoïer deCanada. LaCourveut&#13;
104 abSolument Soutenir cettenouvelleColonie.&#13;
105 EtmD’Jberville doit y retourner avec tous&#13;
106 les agrémens dumonde.&#13;
107 Vous faites bien de conServer Autant quevous&#13;
108 lepouvez uneparfaite union avec les JeSuites&#13;
109 pourvû que de votre part vous demeurez&#13;
110 enmême temps fermes dans les Regles de&#13;
111 l’EgliSe et dans labonne morale qui&#13;
112 certainement Se relâche pres que partout.&#13;
113 Jl n’a pas tenu a nous que nous n’aïons&#13;
114 Servi m.rs Galiffet et de Longüeil quevous&#13;
115 nous recommandiez Si fortement. La Cour a&#13;
116 ici d’autres vûes. On tachera de les Servir&#13;
117 a lapremiere occaSion. C&#13;
118 C’est avous a Juger Si les enfants quevous&#13;
119 éleviezaS. Joachim Seront mieux aChateau richer&#13;
120 la raiSon quevous nous apportez de cette transSation&#13;
121 Nous parroît bonne.&#13;
122 Nous Sommes ravis denevous être par trompez&#13;
123 envous faiSant esperer beaucoup de protection&#13;
124 delapart de m. de Beauharnois. Jl estheureux&#13;
&#13;
�125 pour vous quem le gouverneur etlui vous&#13;
7.&#13;
&#13;
126 temoignent tant d’amitié et qu’ils aïent&#13;
127 écrit deconcert auministreSi favorablement&#13;
128 pourvous. Jlnous a paru ici quem. de&#13;
129 Champigni neparle par moins avantageuSement&#13;
130 auministre qui a temoigné prendre confiance&#13;
131 enlui pourtoutes les affaires duCanada.&#13;
132 En finiSSant Nous beniSSons Dieu dece&#13;
133 qu’il lui aplû rendre a m L’ancienEvêque&#13;
134 aSSez deSanté pour faireencore unvoïage&#13;
135 a montreal etpour en revenir avecplus&#13;
136 de forces qu’il n’y étoit allé. Jl faut esperer&#13;
137 que N. S. qui a donné pour lui a tous les&#13;
138 peuples tant deConfiance et deveneration&#13;
139 le conServera encore plusieurs années pour&#13;
140 le bien commun et pour notre conSolation&#13;
141 etnotre Edification particuliere&#13;
142 pource qui regardel’affaire de laChine Nous&#13;
143 vous envoyons toute ouverte lalettre quem. le&#13;
144 Sup.r uri en écrit au p Bouvart, afin que&#13;
145 vous la liSiez. elle contient en abbregé l’état&#13;
146 preSentde cette grande affaire qui demande&#13;
147 plus deprieres que Jamais.&#13;
148 Nous Sommes avec toute la cordialité&#13;
149 et tout lerespect poSSible&#13;
150 MeSSieurs&#13;
151&#13;
Vos treshumbles et tres obleSSants&#13;
152 Serviteurs. De Brisacier. Sup.r&#13;
153&#13;
Tiberge&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Brisacier, Jacques-Charles de, 1642-1736</text>
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                <text>Lettre de Tiberge et Brisacier au Séminaire de Québec (Paris, 23 juin 1703)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/267989"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 29&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le supérieur du Séminaire de Paris et son assistant expriment leur compassion pour la perte de plusieurs prêtres au Canada et pour l’état de santé de Gaulin en Acadie. Ils approuvent le choix de donner les ordres à de jeunes ecclésiastiques et de leur confier des cures ou des missions. Ils ont obtenu du roi Louis XIV une gratification pour Gaulin, une grâce pour un Canadien fugitif en Acadie, et le passage pour deux ecclésiastiques et un domestique au Canada. Ils n’ont pas réussi à obtenir un autre fonds pour la pension des jeunes clercs du Séminaire ni à faire avancer à Rome les affaires de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec. Ils louent leur persévérance à rebâtir le Séminaire incendié et leur conseillent de se borner au nécessaire. Ils discutent toujours avec le ministre pour obtenir l’union avec des cures de Beaupré. Ils doutent de l’utilité de conserver Bergier aux Tamarois et ils leur recommandent de conserver une parfaite union avec les Jésuites. Ils sont heureux que Laval, ancien évêque de Québec, recouvre la santé, car tous l’ont en vénération.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12342" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/12344" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12343" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12345" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 11 mai-15 juin 1703)&#13;
&#13;
[Du 11 mai]&#13;
Monsieur,&#13;
Je commence bien tard à répondre à toutes vos lettres et je ne le pourrai faire qu’à&#13;
bâtons rompus, car je suis détourné à tous moments par bien des affaires.&#13;
Je crois avoir reçu toutes vos lettres, tant du mois de juillet que du mois de&#13;
novembre. Je dois vous avertir que par accident, celle que vous écrivez à&#13;
M. de Denonville s’est perdue. Je n’en ai sauvé que la moitié, que je n’ai osé&#13;
montrer à M. de Denonville. J’ai rendu toutes les autres à leur adresse et ai fait&#13;
tenir à Coutances celle qui était pour votre ancien ami. Il y a répondu par la lettre&#13;
que je vous envoie et une autre qu’il m’a écrite et par un paquet bien cacheté de&#13;
toutes parts qu’il m’a fait rendre et que je vous envoie tel qu’il me l’a envoyé. Je&#13;
l’ai mis dans un ballot que je fis fermer hier, 10 mai, et envoyer à La Rochelle. Ce&#13;
ballot est marqué « S.D.K. no 8 ». Il y a aussi pour vous trois paquets venant de&#13;
Rouen, un bréviaire pour M. le curé de Québec, il y en a un pour vous en maroquin&#13;
dans la caisse de livres pour les enfants « S.D.K. no 2 », dont Mme Ango de La&#13;
Mothe vous fait présent.&#13;
Depuis que nos vaisseaux sont partis l’an passé, j’ai eu beau presser nos Messieurs&#13;
plusieurs fois pour une quête pour votre incendie, il ne s’en est point fait. M. notre&#13;
supérieur a 1er remis la chose à l’hiver pour suivre le conseil de M. le curé de SaintSulpice, où les personnes de qualité seraient rassemblées à Paris ; 2e l’hiver, il l’a&#13;
remis au carême, où il espérait que cela irait mieux ; 3e il est tombé malade dans le&#13;
temps qu’il y voulait penser ; 4e nous avons fait un imprimé après Pâques et nous&#13;
l’avons porté en plusieurs endroits assez faiblement, quoique cela nous ait pris&#13;
bien du temps et nous ait beaucoup occupés, mais tous les projets d’une quête,&#13;
&#13;
�d’un entretien, etc., ont manqué jusqu’à présent. « Parturiunt montes, nascetur&#13;
ridiculus mus1. »&#13;
Je crus devoir presser plus fortement la chose quand il me fallut accepter vos&#13;
14 000 livres de lettres de change. On me ferma la bouche en me disant que je&#13;
laissasse faire et qu’on se chargeait de me faire bon de 6 000 livres pour cette quête&#13;
pour le paiement des lettres des change et on m’a toujours fermé la bouche quand&#13;
j’en ai voulu parler. Ce n’est pas assurément manque d’affection, mais on est&#13;
emporté par mille autres affaires et n’a pas le temps de penser à celle-là. Je dois&#13;
dire cependant, à la louange de M. notre supérieur, qu’on ne peut rien ajouter à sa&#13;
charité et à sa compassion pour notre malheur et au désir qu’il a de nous procurer&#13;
du soulagement ; mais il est emporté par tant d’autres affaires que les unes lui font&#13;
oublier les autres ou n’être pas en état d’y fournir. Nous avons peut-être reçu&#13;
2 000 livres d’aumône par tout le mouvement que nous nous sommes donnés.&#13;
Qu’est-ce que cela pour une telle perte ?&#13;
Nous avons cependant sujet de nous louer de la charité de plusieurs personnes&#13;
particulières de Paris, qui, malgré la misère des temps, n’ont pas laissé de faire&#13;
certains efforts. Il est constant qu’en un autre temps, on serait touché de notre&#13;
malheur et on tirerait quelque chose, mais dans ces temps-ci, on pense plutôt à ce&#13;
qui nous touche de plus près en France qu’à ce qui est plus éloigné. Nous vous&#13;
enverrons le mémoire de ceux qui nous auront donné, afin de faire prier Dieu pour&#13;
eux dans le Séminaire.&#13;
Ce qui m’a fait plus de plaisir, c’est que nos Messieurs l’an passé offrirent à&#13;
M. Chamillard, à présent contrôleur général, de ne rien toucher de 36 000 livres&#13;
qui sont dues sur le Trésor royal, où on ne pouvait toucher d’argent, et de convertir&#13;
cette somme en rentes sur l’hôtel de ville, pourvu qu’on nous fît toucher sur le&#13;
Canada tout ce qui nous y était dû. M. Chamillard le promit et à force de&#13;
sollicitations et de voyages, nous avons touché les 4 000 livres pour notre incendie,&#13;
les 3 000 livres pour Mississippi, que je n’appellerai plus que la Louisiane, les 2 000&#13;
livres de Mgr l’Ancien pour l’année 1702 et j’ai encore touché, ce mois d’avril,&#13;
&#13;
« Les montagnes ont accouché d’une souris ridicule. » (Horace, Art poétique, 139). Locution exprimant la&#13;
disproportion entre un projet présenté comme très imposant et son résultat final décevant.&#13;
1&#13;
&#13;
�autres 2 000 livres dues à Mgr l’Ancien sur le Trésor royal pour l’année 1701. Si bien&#13;
que voilà 11 000 livres que j’ai reçues au Trésor royal en une année aussi mauvaise&#13;
que celle-là. Il a fallu payer un liard par livre, à cause d’un droit que le roi a établi&#13;
sur ces sommes, hors celle de 4 000 livres pour notre incendie, qui ne paie rien,&#13;
parce que c’est une aumône ; mais nous sommes trop heureux d’avoir tiré cela et&#13;
ce n’a pas été, je vous assure, sans bien des peines et des difficultés.&#13;
J’ai été obligé, à la fin d’août, d’aller en Berry et en Touraine visiter nos abbayes et&#13;
nos bénéfices, car je vous assure que ces sortes de biens demandent qu’on les voit&#13;
et j’y trouve toujours bien des affaires et il y en aurait bien d’autres si on n’y allait.&#13;
Cela tient en respect les voisins, quand ils voient qu’on vient visiter le bien et les&#13;
empêche de vous faire bien des procès et des usurpations. Je ne sais si je ne serai&#13;
pas obligé d’y retourner cet automne pour faire le recollement de la grande forêt&#13;
de Méobecq avec les marchands de bois, qui veulent nous la vendre. Je tâcherai, si&#13;
j’y suis obligé, de joindre ce voyage à celui que je serai obligé de faire vers Lyon&#13;
pour la succession du père de M. Bergier.&#13;
J’ai oublié, à l’occasion de nos quêtes, de vous dire que les pères jésuites nous y&#13;
ont beaucoup nui, en répandant partout que nous sommes rétablis, que nous&#13;
sommes fort riches, que rien ne nous manque. Il faut louer Dieu de ces bons à&#13;
offres qu’ils nous rendent.&#13;
Peu avant que je partisse pour le Berry, M. d’Iberville était arrivé à La Rochelle et&#13;
M. Le Sueur était venu devant lui à Paris. J’avais appris, par les lettres reçues de&#13;
nos MM. de Mississippi, le mauvais état de leur temporel. Ils m’envoyaient leurs&#13;
grands mémoires pour les exécuter. Ils avaient tiré sur moi plusieurs lettres de&#13;
charge, savoir une de M. de Saint-Cosme à M. de La Ronde de 200 livres ; une autre&#13;
de M. Bouteville à M. Creuse de 121 livres ; une du même à M. d’Iberville de&#13;
1818 livres, 6 sols, 10 deniers ; une autre de M. Bouteville à Romain Buisson de&#13;
524 livres, 16 sols. Voilà près de 2 700 livres de lettres de change. Que pouvais-je&#13;
faire en cette occasion que de payer ces lettres de change sans accomplir leurs&#13;
factures ? C’est le parti qu’on m’a conseillé de prendre et que j’ai pris en effet. J’ai&#13;
même fort honnêtement payé leurs lettres de change avant que d’avoir reçu les&#13;
3 000 livres du Trésor royal pour eux. Ce qui m’a porté à accomplir leurs lettres de&#13;
&#13;
�change plutôt que leurs factures, c’est que, par le premier vaisseau que je savais&#13;
qui ne devait partir que vers janvier ou décembre passé et qui n’est parti que&#13;
longtemps après, il y aurait bien du risque que ce vaisseau ne serait pas escorté,&#13;
que M. d’Iberville devait partir vers juillet ou août de cette année avec une petite&#13;
escadre pour établir cette colonie. J’ai donc pris le parti de n’envoyer par ce&#13;
premier vaisseau, commandé par M. Duguay et dans lequel M. d’Iberville n’est&#13;
pas retourné, que les choses absolument nécessaires pour s’habiller et mandez à&#13;
nos Messieurs que le surplus de leurs 3 000 livres a été employé à accomplir leurs&#13;
lettres de change et je leur ai promis d’accomplir leurs mémoires cette année sur&#13;
les 3 000 livres que je toucherai et d’envoyer sûrement leurs effets par&#13;
M. d’Iberville. C’est pourquoi je n’ai fait qu’un ballot pour nos MM. de&#13;
Mississippi, dans lequel je leur envoie six soutanes, six chapeaux, douze paires de&#13;
souliers, six paires de bas, vingt-huit ou trente chemises, trois douzaines de collets,&#13;
un missel, 10 livres de vermillon ou 12 livres. Voilà à peu près ce que je leur ai&#13;
envoyé.&#13;
Vous remarquerez que ces Messieurs ne s’accordent pas et que M. de Montigny&#13;
m’ayant dit que je devais leur envoyer des farines, du vin et de l’eau-de-vie et de&#13;
l’huile et que cela leur était nécessaire, je leur en ai envoyé par les derniers envois.&#13;
M. de Saint-Cosme m’a mandé depuis que cela était inutile et ne faisait pas que les&#13;
embarrasser. On trouve aisément à s’en défaire dans une nouvelle colonie.&#13;
M. Bouteville, par les lettres venues en juillet 1702 avec M. d’Iberville, me mande&#13;
la même chose et par une lettre que je viens de recevoir de lui de La Mobile du&#13;
12 décembre 1702, par un traversier qui a joint M. Du Casse à Saint-Domingue. Il&#13;
me mande que M. Davion est descendu à La Mobile pour se rétablir et que si on&#13;
n’envoie des vivres pour rétablir les missionnaires et pour faire subsister ceux qui&#13;
sont à La Mobile, ils ne s’y pourront soutenir. Je ne sais comment accorder ces deux&#13;
choses.&#13;
Je ne saurais vous exprimer les combats que nous avons eus à soutenir contre les&#13;
Jésuites pour cette mission depuis le retour de M. d’Iberville. Il est revenu en&#13;
France très prévenu contre eux, à cause de toute la hauteur avec laquelle le P. du&#13;
Rue, jésuite, en a agi pendant son absence en ce pays envers M. de Sauvole,&#13;
commandant, et les autres. M. d’Iberville a déclaré au bureau qu’il ne retournerait&#13;
&#13;
�pas en Canada s’il n’y avait plusieurs corps établis à La Mobile et le P. Gouyé,&#13;
jésuite, qui a enseigné à M. de Pontchartrain ce qu’il sait de mathématiques et qui&#13;
a ensuite obtenu, par son crédit, de succéder au Fr. Saint-Gilles dans la procure&#13;
des îles [d’Amérique française], a déclaré à M. de Pontchartrain qu’il fallait que les&#13;
Jésuites y fussent seuls. Il fit même plus l’an passé, car avant que Mgr de Québec&#13;
partît pour Rome, il sût l’engager à lui donner des pouvoirs pour être curé de&#13;
La Mobile à l’exclusion des autres et Mgr de Québec, qui craignait que le&#13;
P. de La Chaize ne s’opposât à son voyage de Rome, eut la faiblesse, à ce qu’on&#13;
m’a dit, de lui accorder le pouvoir pour les Jésuites d’y être curés, sans cependant&#13;
en exclure les autres. Il a dit depuis que ce n’était que pour leur donner moyen&#13;
d’exercer leurs fonctions avec plus d’autorité auprès des officiers et qu’il avait&#13;
d’ailleurs été bien aise par-là de faire reconnaître son autorité ; mais le P. Gouyé&#13;
s’est servi, pendant son voyage de Rome, de son écrit contre lui et a demandé&#13;
plusieurs fois avec empressement au ministre, qui ayant été son écolier ne lui&#13;
refuse rien et donne à l’aveugle dans toute ses vues, que ces missions fussent&#13;
gouvernées sous l’autorité du roi sans évêque, comme les îles, et qu’ils ne&#13;
dépendissent que de leur supérieur, qu’on les établit seuls à La Mobile et qu’ils&#13;
eussent dans tous ces pays-là un district séparé, où personne ne les allât visiter.&#13;
Nous sûmes que les Jésuites demandaient cela cet automne à Fontainebleau&#13;
pendant que la Cour y était. Nous dressâmes un mémoire pour représenter, ou&#13;
que l’on devait reconnaître dans ces quartiers-là l’autorité de l’évêque de Québec,&#13;
ou que l’on y devait établir un vicaire apostolique qui y formât l’Église, comme&#13;
elle l’a été en Canada. Nous représentions en même temps que nous ne pouvions&#13;
nous passer d’un établissement à La Mobile pour y secourir nos missionnaires&#13;
répandus parmi les Sauvages. Nous y parlions de la conduite des Jésuites aux&#13;
Tamarois et de la division qu’ils ont causée dans cette mission, etc. De plus, nous&#13;
fîmes représenter au ministre, par M. d’Iberville, qu’il se présentait un&#13;
ecclésiastique, qui avait 1 500 livres ou 1 800 livres de revenu, qui s’offrait à aller&#13;
s’établir dans quelqu’une des nations sauvages de ces pays-là, également ami des&#13;
Jésuites et des Missions étrangères et qui ne servirait qu’à les concilier, en cas qu’il&#13;
arrivât quelque chose qui les divisât. Cet ecclésiastique est M. Gervaise, prévôt de&#13;
Suèvres, qui est un bénéfice dépendant de Saint-Martin-de-Tours, qui a été&#13;
emmené à l’âge de 16 ans, en 1681, par feu M. d’Héliopolis, à Siam, qui en revint&#13;
&#13;
�en 1687 avec les ambassadeurs siamois et qui a demeuré depuis au collège des&#13;
Jésuites et conduit par le R. P. Sanadon, jésuite. Cet ecclésiastique s’offrait de venir&#13;
avec nous, mais il craignait la mésintelligence. Nous lui conseillâmes de ne paraître&#13;
pas lié avec nous, comme en effet il ne l’est pas, et d’aller faire le bien par lui-même&#13;
en ce pays-là et que quand il y serait, s’il jugeait qu’il dût avoir son rapport à nous&#13;
et s’y unir, nous nous y offrirons volontiers. Il a en effet plus de 1 800 livres de&#13;
revenu, avec lequel il serait en état d’aller faire un bel établissement à La Mobile&#13;
et s’il survivait une sœur unique qu’il a, il hériterait d’elle plus de 3 000 livres de&#13;
rente et avec tout cela ferait de grands biens en ce pays-là, pour lequel il a un attrait&#13;
particulier, cultivé depuis deux ans, et auquel même le P. Sanadon (jésuite fameux&#13;
pour les retraites du P. Le Valois, auquel il a succédé) l’a fort exhorté de se dévouer.&#13;
M. d’Iberville, à qui j’en avais écrit, doutait fort de ce projet et destinait à ce&#13;
missionnaire la mission des Chicachas ou des Chactas qu’il nous avait offerte.&#13;
Le P. Gouyé ne put réussir à obtenir que cette colonie nouvelle fût gouvernée&#13;
comme les îles. Il changea de batterie et demanda, ce mois de janvier dernier et&#13;
surtout depuis le retour des Mgr de Québec, après avoir appris ce qu’avait fait&#13;
M. Bergier aux Tamarois en interdisant le P. Pinet, dont il fit grand bruit à la Cour,&#13;
et dit partout qu’aucun de leurs pères ne resterait où nous serions et où il y aurait&#13;
des grands-vicaires au-dessus d’eux. Le roi en a été rebattu et on a tâché à nous&#13;
décrier sur cela, tant qu’on a pu, dans son esprit comme des gens qui ne pouvions&#13;
souffrir les Jésuites. Quelque légitime que soit la conduite de M. Bergier, que nous&#13;
avons toujours soutenue contre ces mauvais bruits, ils le faisaient passer pour un&#13;
brouillon, un envieux et ils disaient n’avoir été interdits que pour n’avoir pas&#13;
voulu communiquer à M. Bergier leur dictionnaire de la langue illinoise. Je ne&#13;
saurais vous répéter toutes les faussetés et toutes les sottises etc., que les Jésuites&#13;
ont dites contre nous à ce sujet.&#13;
Il est bien douloureux d’être exposé à la malignité de ces personnes dès qu’on veut&#13;
un peu faire le bien et soutenir l’autorité ecclésiastique. Je vous avoue que toutes&#13;
ces brouilleries me dégoutent tellement que je ne sais plus souvent où j’en suis. Je&#13;
vous admire, vous, Monsieur, qui nous mandez que vous vivez le mieux du&#13;
monde avec les Jésuites, qu’ils sont contents de vous et que vous l’êtes d’eux,&#13;
pendant qu’ils écrivent bien différemment en France, outre tout ce qu’ils disent au&#13;
&#13;
�roi et à son ministre contre nous, pour nous dépeindre comme gens qui ne&#13;
cherchons qu’à les persécuter, ceux de Canada écrivent contre nous très aigrement.&#13;
J’ai vu la lettre du P. Bouvart à Mgr de Québec, où il lui représente tout ce qui s’est&#13;
fait aux Tamarois comme une persécution qui leur a été faite par leurs adversaires&#13;
et dont (dit le P. Bouvart à Mgr de Québec) vous connaissez à présent toute&#13;
l’injustice. Ce père lui mande encore que depuis que leurs pères de France ont&#13;
appris qu’ils étaient mal avec le clergé, il ne se présentait plus personne pour ces&#13;
missions. C’est ce que les pères jésuites, surtout le P. de Lamberville, répandent, à&#13;
ce qu’on m’a dit, partout pour nous rendre odieux par-là, et dans l’esprit du roi et&#13;
de son ministre, à qui ces choses ont été dites, et dans l’esprit de tous ceux qui sont&#13;
dévoués aux Jésuites.&#13;
C’est donc sur ce fondement que le P. Gouyé a demandé, par des mémoires au roi,&#13;
à être seuls à La Mobile et a fortement sollicité, et fait solliciter, Mgr de Québec à&#13;
leur accorder pour leur supérieur dans ces pays-là les pouvoirs de grands-vicaires&#13;
nés2, sur lesquels personne n’eût à voir. Ils ont exposé même que nous&#13;
demandions, de même qu’eux, d’être grands-vicaires nés, comme le prieur de&#13;
Saint-Germain-des-Prés est grand-vicaire né de M. l’archevêque de Paris. Vous&#13;
remarquerez qu’il ne l’est que dans le faubourg Saint-Germain, à l’occasion d’une&#13;
transaction faite entre les évêques de Paris et les abbés de Saint-Germain et leurs&#13;
religieux, qui renoncèrent au privilège qu’ils avaient de ne pas reconnaître&#13;
l’évêque de Paris dans leur faubourg, où ils étaient indépendants par d’anciennes&#13;
concessions des papes, et le reconnurent à condition que leurs prieurs seraient&#13;
grands-vicaires nés. Mgr de Québec a tenu ferme sur cela et n’a pas voulu leur&#13;
accorder de les faire grands-vicaires nés dans le Mississippi, ni en Canada. Il a&#13;
même envoyé au ministre un mémoire, où il expose qu’il ne peut leur accorder&#13;
cela et qu’en ayant demandé avis à plusieurs prélats, surtout à M. de Chartres, ils&#13;
lui ont tous répondu que quelques amis qu’ils fussent des jésuites, ils ne leur&#13;
accorderaient jamais cette grâce.&#13;
« Un vicaire né est celui qui jouit de cette qualité comme étant attachée à quelque dignité dont il est revêtu ;&#13;
tels sont les vicaires de l’Empire, tels sont aussi les prieurs de Saint-Denis en France et de Saint-Germaindes-Prés à Paris, lesquels sont grands-vicaires nés de l’archevêque de Paris, en vertu de transactions&#13;
homologuées au Parlement, l’un pour la ville de Saint-Denis, l’autre pour le faubourg de Saint-Germain de&#13;
la ville de Paris ; l’archevêque ne peut les révoquer, tant qu’ils ont la qualité de prieur de ces deux abbayes.&#13;
(Lois ecclésiastiques de Dhéricourt). » (Boucher d’Argis, « vicaire », L’Encyclopédie, 1re édition, 1751,&#13;
Tome 17, p. 234.)&#13;
2&#13;
&#13;
�Cependant, c’est sur cela qu’ils menacent depuis six mois de quitter le Mississippi&#13;
et d’en rappeler tous leurs pères. Ils sont un. Ils vont même jusqu’à vouloir faire&#13;
entendre qu’ils sortiront tous du Canada et je suis persuadé que le&#13;
R. P. de La Chaize, prévenu par les pères, l’aura dit au roi, quoiqu’ils soient aussi&#13;
éloignés de quitter le Mississippi que le Canada. Le P. Gouyé m’a dit lui-même&#13;
une partie de ces choses que je vous dis qu’ils répandent contre nous, car il m’a&#13;
dit, dans sa chambre à Saint-Louis (où je voudrais par parenthèse que&#13;
M. de Glandelet eut vu comment un religieux qui a fait vœu de pauvreté est logé),&#13;
il m’a, dis-je, exposé que depuis notre division de la Chine, nous ne nous&#13;
accorderions nulle part ; que si nous entrions dans les îles, où sont les missions&#13;
dont il prend soin, il en rappellerait tous les pères ; que nous ne pouvions&#13;
demeurer ensemble au Mississippi ; que leurs pères ne voulaient plus aller en&#13;
Canada ; qu’il ne trouverait personne pour le Mississippi s’ils restaient&#13;
indépendants de l’évêque et de tous grands-vicaires ; et ce père a tellement&#13;
imprimé cela dans l’esprit du ministre qu’il nous a tout à fait brouillés avec lui, de&#13;
sorte qu’il ne se modère pas quand il parle contre nous et en dit les choses les plus&#13;
fortes.&#13;
Cela est d’autant plus fâcheux qu’un ministre fait entendre tout ce qu’il veut au&#13;
roi, qui a d’ailleurs été prévenu par le P. de La Chaize. De plus, ils ont tellement&#13;
décrié M. l’évêque de Québec dans l’esprit de roi que notre cause pour le&#13;
Mississippi étant jointe à la sienne, en sorte que nous n’y sommes que sous la&#13;
protection de l’évêque, nous souffrons de la mauvaise opinion qu’on a de lui,&#13;
comme il dit qu’il souffre de nous avoir à soutenir, parce que nous sommes trop&#13;
décriés par les Jésuites. Il faut avouer qu’on n’ose compter sur ce prélat. Il est&#13;
aujourd’hui d’un avis et demain d’un autre et c’est ce qui nous a tenus dans une&#13;
telle perplexité sur ces missions que je voudrais souvent, après tout ce que nous&#13;
avons à en souffrir, qu’on ne les eut point entreprises.&#13;
On nous menace de ne nous donner aucun secours, ni pour ces missions ni pour&#13;
Canada, de nous ôter les 3 000 livres qu’on y a destinées, de ne nous donner ni&#13;
passage, ni aucune grâce. Nous sommes bien à plaindre d’avoir à lutter avec des&#13;
gens si formidables et qui usent si fortement de leur crédit.&#13;
&#13;
�Les affaires de Mississippi ne sont pas encore réglées. Je crois qu’elles le seront&#13;
conjointement avec celles du Canada ; au moins, on y travaille ensemble.&#13;
M. d’Iberville est ici, qui voudrait bien nous avoir et n’avoir pas les seuls Jésuites.&#13;
Il a même déclaré au ministre qu’il n’irait pas en Canada s’ils restaient seuls à&#13;
La Mobile, mais cependant, je crains que d’ailleurs il ne les favorise pour flatter le&#13;
ministre et se concilier sa protection. Il voit qu’avec nous, il n’y a que des coups et&#13;
des rebuts à espérer. D’ailleurs, Mme de Maintenon ne veut point le commettre en&#13;
tout ceci avec le ministre. Il n’a pas gardé des mesures avec elle en d’autres&#13;
occasions, qui lui ont fait prendre le parti de laisser ce ministre dire et faire. Elle&#13;
sait d’ailleurs que le roi est prévenu en faveur des Jésuites, à cause du&#13;
P. de La Chaize, que d’ailleurs il est frappé contre Mgr de Québec, à cause de son&#13;
faible gouvernement. Tout cela l’oblige à ne nous pas servir aussi efficacement&#13;
qu’elle le pourrait souhaiter.&#13;
Il est arrivé cet hiver une affaire, qui a relevé merveilleusement les cornes des&#13;
Jésuites au sujet du jansénisme. J’en écris à M. de Glandelet, auquel je vous&#13;
renvoie. Cela leur a redonné un nouveau crédit à la Cour et ils sont seuls regardés&#13;
comme gens d’une doctrine pure, jusque-là que le ministre a dit à Mgr de Québec&#13;
[qu’à] l’occasion de La Mobile que le roi était sûr de la doctrine des Jésuites et qu’il&#13;
ne l’était pas de celle de tous les autres ; ce qui ne se peut entendre que de nous. Je&#13;
gage que vous n’auriez pas autrefois pu croire qu’on vous eut cru d’une doctrine&#13;
suspecte, mais il suffit de n’entrer pas aveuglément dans l’esprit des Jésuites. On&#13;
m’a fait remarquer que le roi, quand il parle d’eux, les appelle « nos pères », à&#13;
l’exclusion de tous les autres. Je ne leur envierais pas ce crédit, s’ils laissaient faire&#13;
le bien aux autres, surtout celui qu’ils ne peuvent faire.&#13;
Peut-on rien voir de plus outré que la lettre que le P. de La Chaize a écrite à&#13;
Mgr notre ancien évêque3 ? Si nous n’avions appréhendé que cela n’eût causé de la&#13;
Lettre du P. de La Chaize à Laval du 22 mai 1702, dans laquelle il affirme que les prêtres du Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris publiaient des cahiers injurieux envers les Jésuites et blâment plutôt les premiers&#13;
pour la querelle qui existait entre eux : « Mais j’ose vous dire qu’il est d’autant plus nécessaire que vous&#13;
obligiez ces Messieurs de conserver la paix et l’union et de ne plus inquiéter les pères, qu’il ne faut pas&#13;
attendre qu’on leur inspire ces sentiments du côté de MM. les directeurs du Séminaire de Paris, dont les&#13;
emportements contre notre Compagnie et la conjuration et liaison étroite avec tous ses ennemis et ses&#13;
persécuteurs donnent tous les jours des scènes si scandaleuses dans toute l’Église, par lesquelles ils se font&#13;
assurément plus tort qu’à nous et causent un préjudice extrême au bien de la religion, au salut des âmes et à&#13;
l’édification publique. »&#13;
3&#13;
&#13;
�division en Canada et si Mgr l’Ancien l’eût voulu, nous aurions fait en son nom une&#13;
réponse au P. de La Chaize, qui lui aurait ôté l’envie de jamais écrire des faussetés&#13;
d’une manière si outrée. J’ai été aussi très surpris de ce que le P. de Lamberville&#13;
lui écrit que Mgr de Québec lui a dit que la division se mettrait bientôt dans le&#13;
Canada, dès qu’il serait mort, entre le Séminaire et eux. Si la division s’y met, ils&#13;
en seront bien la cause, car ce sont des gens inquiets et turbulents, qui chercheront&#13;
toujours noise. Je tâche à vivre en paix avec eux. Je vois quelquefois le P. de&#13;
Lamberville. Je le vois, à la vérité, moins que je ne voyais ci-devant, parce que je&#13;
ne veux pas m’exposer à l’entendre me parler selon les idées de ses pères et les&#13;
siennes, parce que je m’engagerais insensiblement à lui en dire trop.&#13;
Prenez garde, je vous prie, comment vous écrivez, ou à ces pères ou à leurs amis,&#13;
comme M. de Denonville, M. de Champigny, car tous ces Messieurs sont tous&#13;
dévoués aux Jésuites, dont ils ont obtenu et attendent encore tout, car ils profitent&#13;
de tout et ne laissent rien échapper. M. d’Iberville voudrait qu’on leur cédât les&#13;
Tamarois et M. de Québec voudrait qu’à la place ils nous cédassent la cure de La&#13;
Mobile, qu’il reconnaît enfin leur avoir trop légèrement donnée. Vous verrez qu’ils&#13;
resteront curés et tâcheront de nous chasser des Tamarois. Nous nous plaindrons&#13;
hautement au roi s’ils le font et nous lui exposerons que c’est une affaire réglée,&#13;
contre laquelle il ne faut pas revenir.&#13;
Quant à la cure de La Mobile, j’ai cependant déclaré que nous ne pourrions nous&#13;
établir en cette ville, qui sera sur La Mobile, que nous n’y exercions nos fonctions&#13;
ecclésiastiques indépendamment des Jésuites et surtout les curiales et l’instruction&#13;
des enfants, mais les Jésuites feront que le ministre nous refusera tout secours et&#13;
n’en donnera qu’aux Jésuites pour bâtir l’Église et que donc le monde se tournera&#13;
vers eux comme les arcs-boutants de la fortune ; et alors, je ne sais si aucun&#13;
missionnaire voudrait y aller et se tenir dans un lieu, où il verrait le clergé ainsi&#13;
traité.&#13;
La lettre de M. Bouteville nous apprend la triste mort de M. Foucault, qui a été tué&#13;
avec son garçon et deux Français que M. d’Iberville avait envoyés vers les nations&#13;
d’En-haut, par une nation de Sauvages appelés Courouais ou Koroas, qui sont en&#13;
descendant le Mississippi, avant que d’arriver à la fourche. On ne nous explique&#13;
&#13;
�pas les circonstances, mais il est bien fâcheux d’avoir perdu un tel missionnaire.&#13;
Sans doute que les Sauvages auront pillé sa chapelle et tout ce qu’il avait.&#13;
M. Bouteville me mande que M. Davion m’en écrit toutes les circonstances.&#13;
Cependant, je n’ai point reçu de lettres de M. Davion. M. d’Iberville en a reçu une&#13;
de M. Davion, qui lui marque qu’allant voir M. Foucault, il avait trouvé ces quatre&#13;
corps massacrés et était revenu sur ses pas. M. Davion est descendu à La Mobile&#13;
pour se rétablir. Je crains que nous ne tirions pas encore un grand usage de ce&#13;
vertueux missionnaire, qui s’est accablé de pénitences, et si M. Bergier quitte sa&#13;
mission, il se trouvera que de tant de dépenses faites pour ces établissements, il&#13;
n’y aura que celui de M. de Saint-Cosme qui subsistera. Nous convînmes l’an passé&#13;
avec Mgr l’évêque de Québec qu’il valait mieux laisser une somme à chaque&#13;
mission, dont elle pourrait disposer ensuite pour tout ce que le missionnaire qui&#13;
la remplirait voudrait et qu’il fallait faire les choses égales, afin d’empêcher le&#13;
murmure ; qu’ainsi on donnerait 600 livres à la mission des Tamarois pour&#13;
M. Bergier, 600 livres à celle des Tonicas pour M. Davion et 600 livres à celle des&#13;
Natchez pour M. de Saint-Cosme, les autres 600 livres, pour remplir les&#13;
3 000 livres, seront employées à l’établissement de La Mobile ou aux frais&#13;
extraordinaires, comme envoi de missionnaires, etc. en cas qu’on obtienne quelque&#13;
autre fond pour La Mobile ; ainsi, j’accomplirai le mémoire de chaque mission&#13;
jusqu’à 600 livres, y compris tous les frais de voiture, etc. qu’il faudra faire et ces&#13;
Messieurs prendront sur cela leurs voyages, s’ils en font, les bâtiments de chapelle&#13;
et de maisons et leurs domestiques, etc.&#13;
J’ai mandé à M. Bouteville qu’il ne devait pas compter que je lui envoyasse des&#13;
domestiques de France. C’est ce que je ne puis trouver pour leur en envoyer de&#13;
tels qu’il faudrait. Si nous envoyons quelques missionnaires, ils pourront peut-être&#13;
mener avec eux quelques domestiques, mais d’en trouver qui y aillent sans que les&#13;
prêtres les conduisent, il n’y faut pas compter.&#13;
J’ai encore écrit à M. Bouteville que vous souhaitiez qu’il s’en retournât en Canada,&#13;
soit en passant par la France, soit en allant par les terres. Je lui en ai marqué les&#13;
raisons de la part de sa famille. Quand il viendra en France, je le recevrai à bras&#13;
ouverts au Séminaire, jusqu’à ce que les vaisseaux partent. Nous voulions même&#13;
lui envoyer un autre prêtre à la place pour le relever, en cas qu’il fût fort occupé,&#13;
&#13;
�mais il me mande par sa dernière qu’il est resté à La Mobile, où il s’est occupé, ditil, à faire bâtir une petite église, qui lui coûte près de 250 livres. C’est encore de&#13;
l’argent qu’il faudra trouver. Je lui ai adressé, et à tous nos Messieurs qui sont au&#13;
Mississippi, un compte de tout ce que j’ai reçu et dépensé pour la mission de&#13;
Mississippi depuis son établissement et je leur marque que dans la triste situation&#13;
où est notre pauvre Séminaire de Québec, ils ne doivent point compter que l’on&#13;
puisse dépenser pour leur mission plus que les 3 000 livres qu’on reçoit pour elle.&#13;
C’est ce qui fera la difficulté de soutenir celle de M. Bergier, car M. d’Iberville et&#13;
M. Le Sueur m’ont voulu persuader qu’il coûtera plus de 500 livres à lui faire tenir&#13;
ses besoins. M. Le Sueur ne les lui portera qu’en payant bien cher tous les frais que&#13;
ses gens feront en remontant le fleuve. Si cela est, vous voyez bien que cette&#13;
mission n’est pas soutenable et qu’il faut nous réduire à faire des missions dans&#13;
les nations voisines les unes des autres, comme les Natchez, les Taentas, les&#13;
Tonicas, les Chactas. Au moins, nos Messieurs se verront, pourront quelques fois&#13;
conférer ensemble et se soutiendront les uns les autres. Il ne faut pas compter sur&#13;
la communication par le Canada : les voyages coûtent trop. Vous n’en pouvez&#13;
avoir que par la France et c’est encore pour cela que nous ne devons pas trop nous&#13;
attacher aux Tamarois. Il vaut mieux secouer la poussière de ses pieds sur les&#13;
Jésuites et leur laisser ces peuples qu’ils ont tant d’envie de garder.&#13;
Mais ce qui m’embarrasse, c’est que je crains qu’en cela, nous ne fassions une&#13;
grande peine à M. Bergier. Il sait la langue tamaroise ; il lui sera difficile, étant âgé,&#13;
d’en apprendre une autre. Il ne nous faut pas mortifier un aussi vertueux&#13;
missionnaire, pour lequel nous avons beaucoup d’estime. Nous vous expliquons&#13;
toutes nos difficultés. Nous sommes encore sur cela à consulter Dieu et peut-être&#13;
aurions-nous le temps d’avoir réponse de vous avant que de nous résoudre,&#13;
puisque nous avons perdu M. Foucault. Je crois que si l’on quitte le poste des&#13;
Tamarois, vous pourriez renvoyer le jeune M. de Saint-Cosme pour remplir la&#13;
place, car on dit que la langue tamaroise n’est pas éloignée de celle des Arkansas.&#13;
D’ailleurs, c’est pour l’embouchure de la rivière où sont les Arkansas qu’on&#13;
prétend attirer les Panis et Panimoas et autres nations sauvages et M. d’Iberville&#13;
m’a dit que l’on devait établir cette rivière plutôt qu’aucune autre pour remonter&#13;
vers les Espagnols et vers les Mines. Le dessein de M. d’Iberville est de rassembler&#13;
&#13;
�les nations et les réunir, afin de les rendre susceptibles d’instruction et de&#13;
discipline.&#13;
M. Bouteville m’écrivait l’an passé que je ne manquasse pas à lui envoyer des&#13;
Nègres et des Négresses et que, par eux, il se mettrait en état de faire un beau bien&#13;
et de n’avoir plus besoin dans la suite d’autre secours, qu’il ferait faire du sucre,&#13;
de l’indigo, etc. Je lui ai mandé que nous ne pouvions et ne devions pas employer&#13;
ces moyens pour subsister dans ces missions : nous ne pouvions, parce qu’il&#13;
faudrait faire pour cela une dépense que nous ne saurions faire ; nous ne devions,&#13;
parce que nous ne devions pas nous emporter dans ces commerces. Il ne nous&#13;
convenait pas de nous immiscer dans ces négoces séculiers, que nous n’étions pas&#13;
faits pour être commis de ces Nègres, qui cependant n’allaient qu’au bâton ; que si&#13;
cependant dans la suite le pays s’établit et qu’il en ait besoin de quelqu’un, alors&#13;
on en pourra avoir facilement de Saint-Domingue et des meilleurs par un de nos&#13;
meilleurs amis, qui va à Saint-Domingue pour être le directeur général de la&#13;
Compagnie de l’Assiente, qui ne fait que ce commerce. J’en parlerai même à cet&#13;
ami avant qu’il parte, afin qu’il en soit prévenu.&#13;
Voilà à peu près tout ce que j’ai à vous écrire du Mississippi. S’il m’en revient&#13;
quelque chose, je l’ajouterai dans la suite de ma lettre. Il me faut à présent vous&#13;
rendre compte de l’état du temporel du Séminaire.&#13;
Quelque peine qu’on ait eue l’an passé à toucher de l’argent au Trésor royal, je n’ai&#13;
pas laissé d’y toucher tout ce que je pouvais espérer dans les meilleurs temps. Il&#13;
est vrai que nous en avons toute l’obligation à nos Messieurs, qui l’ont demandé&#13;
instamment à M. Chamillart, s’offrant même de ne pas toucher eux-mêmes deux&#13;
années des ordonnances des missions qui leur étaient dues, montant à&#13;
36 000 livres, pour que nous touchassions tout, à cause de notre incendie. En effet,&#13;
j’ai touché depuis l’an passé, jusqu’à présent, les 3 000 livres de Mississippi pour&#13;
1702, les 4 000 livres pour notre incendie, les 2 000 livres pour Mgr notre ancien&#13;
évêque pour 1702 et autres 2 000 livres, qui étaient restées en arrière pour 1701 ; si&#13;
bien que j’ai touché 11 000 livres au Trésor royal. Je ne sais si je serai aussi heureux&#13;
cette année. Il y a tout sujet de croire que cela n’ira pas de même. J’ai reçu aussi&#13;
&#13;
�plus d’une année et demie de la pension de Mgr l’Ancien sur Aire, car il ne reste&#13;
pas dû 600 livres, toutes subventions payées pour toute l’année 1702.&#13;
En un mot, vous serez surpris de voir la recette du Séminaire monter si haut qu’elle&#13;
a monté cette année, quoique je n’aie encore pas reçu 2 500 livres d’aumônes pour&#13;
notre incendie. Il est vrai que quoique nous soyons à la veille d’avoir peut-être des&#13;
bulles d’union de nos abbayes et qu’en conséquence nous soyons prêts à payer de&#13;
grosses sommes pour ces bulles, je n’ai pas laissé cependant de mettre sur le&#13;
compte du Séminaire 2 436 livres, 11 sols, dont je suis demeuré redevable au&#13;
chapitre, au 1er mai de cette année, par le compte que je lui envoie et je l’ai fait pour&#13;
me faciliter le paiement des lettres de change que j’ai à payer.&#13;
Vous trouverez, dans ma recette, que j’ai reçu de Mgr de Québec les 600 livres pour&#13;
le billet de M. Maudoux, mais M. Maudoux, que vous appréhendez être de retour&#13;
de l’Acadie et qui, selon toutes les apparences, prendra quelque établissement en&#13;
France, m’a demandé si vous ne m’aviez pas écrit la somme que vous lui deviez,&#13;
dit-il. Je lui ai répondu que vous ne m’en aviez rien écrit et il m’a témoigné sur cela&#13;
que vous lui deviez une somme fort considérable, dont il dit avoir un billet de vous&#13;
et qu’il me priait de vous représenter qu’il avait besoin de ce fonds pour faire ses&#13;
affaires. Je lui ai promis de vous en écrire. Cela vient fort mal à rembourser dans&#13;
un temps comme celui-ci. Peut-être ne refusera-t-il pas que je lui offre de lui en&#13;
payer la rente au retour des vaisseaux, si vous le trouvez à propos et si vous n’êtes&#13;
pas en état de le lui rendre, jusqu’à ce que vous soyez en état de le faire. En ce cas,&#13;
il faudrait que vous envoyassiez une promesse de lui payer la rente de cette&#13;
somme, jusqu’au jour du remboursement. Je ferais mon possible pour le faire&#13;
attendre sur ce pied quelques années.&#13;
J’ai été bien aise de recevoir de Mgr de Québec les 1 200 livres pour trois années des&#13;
écoles. C’est en recevant cette somme et celle ci-dessus, sans bourse de lier, que ce&#13;
prélat en est resté redevable de 1 800 livres et tant de livres, après lui avoir payé&#13;
les 2 000 livres du chapitre échues à Pâques dernier ; mais il nous est survenu une&#13;
difficulté pour l’échéance de cette fondation de 400 livres pour les écoles. M gr de&#13;
Québec prétend que quoique la fondation soit faite de février 1699 ou janvier,&#13;
cependant on n’a commencé à tenir les écoles que vers son retour en France en&#13;
&#13;
�octobre 1700. Ayez la bonté de m’envoyer de bonnes attestations du temps que les&#13;
écoles ont commencé et que ces attestations soient données par M. Le Vallet ou par&#13;
M. de La Colombière ou du moins par M. Dupré, curé.&#13;
Je vous avoue que je n’ai pas été peu surpris de la somme que vous avez tirée sur&#13;
moi en lettres de change, sachant l’avance où j’étais pour le Séminaire, car quoique&#13;
je fasse ces avances par le moyen de plusieurs petites sommes appartenant à&#13;
plusieurs personnes, qui me prient de leur garder les uns 800 livres, les autres&#13;
500 livres, les autres 100 écus, cependant je n’ai pu pousser à une si grosse avance&#13;
qu’en me servant encore des deniers du Séminaire de Paris et d’autres que j’ai à&#13;
ma disposition ; or, je ne puis être si longtemps dans ces avances. Je vous avais&#13;
mandé que je toucherais les 4 000 livres pour notre incendie et que M. l’abbé&#13;
de Brisacier me faisait espérer 6 000 livres pour les quêtes. À la bonne heure que&#13;
vous eussiez tiré sur moi 10 000 livres, mais 14 000, cela est exorbitant.&#13;
Dans l’état présent où sont les choses, je ne vois pas apparence que pour l’année&#13;
prochaine vous eussiez espéré que je vous fasse 10 000 livres, soit pour&#13;
l’accomplissement des factures soit pour des lettres de change. Encore me&#13;
trompais-je fort par le calcul que je viens de faire, car je n’ai que les 4 000 livres&#13;
pour l’incendie à toucher, les 2 000 livres de Mgr l’Ancien au Trésor royal et&#13;
1 500 livres sur l’évêché d’Aire : cela ne fait que 7 500 livres. Ainsi, je ne compte&#13;
vous pouvoir faire toucher à tout aller que 8 000 livres en factures ou lettres de&#13;
change, car j’aurai outre cela à payer la facture de M. Grignon et plusieurs autres&#13;
menus frais et cependant, je ne laisserai pas d’être encore beaucoup en avance&#13;
pour le Séminaire quand je recevrais de M. l’abbé de Brisacier le surplus de ce qu’il&#13;
a promis pour la quête, qui irait à près de 3 000 livres, car pour ce que je recevrai&#13;
du chapitre, vous n’y devez pas compter, puisqu’au contraire, il nous faudra&#13;
emprunter pour ces bulles. Je vous supplie très instamment, Monsieur, ne me&#13;
ménage un peu, de ne pas me pousser à bout sur cela et d’avoir égard à ce que je&#13;
vous représente. Ne croyez pas qu’il soit facile de tirer de l’argent et d’en trouver&#13;
à emprunter. C’est assurément ce que nous ne trouverions pas dans ce temps-ci :&#13;
chacun serre son argent ou on le met à de gros intérêts sur le roi ou sur les&#13;
financiers, mais on ne prête pas à un intérêt ordinaire si aisément.&#13;
&#13;
�Je vous envoie presque tout ce que vous m’avez demandé dans la facture. Je n’ai&#13;
retranché que quelques bagatelles, mais je vous assure que si j’eusse su en février&#13;
que j’ai assemblé ce que je vous envoie qu’il n’y eut qu’un seul vaisseau qui allât à&#13;
Québec, je ne sais si j’aurais hasardé toutes ces choses ; car je vous avoue que je&#13;
suis dans une grande crainte que tout cela ne soit perdu. Mon Dieu que serait-ce&#13;
si après notre perte, nous venions encore à perdre nos ballots ! Il faut être prêt à&#13;
tout ce que la volonté de Dieu en voudra disposer.&#13;
Mme Ango de La Mothe m’a chargé de vous envoyer un bréviaire. Je vous en&#13;
envoie un en maroquin noir et un semblable pour M. Dupré, en veau : le premier&#13;
est dans le ballot no 3 et l’autre dans le ballot no 8.&#13;
Les parents de M. Calon ne m’ont pas encore rien demandé des revenus que j’ai&#13;
reçus de son bénéfice. S’ils voulaient m’en faire rendre, je me défendrais en&#13;
exposant qu’il a été entretenu sain et malade et enterré aux dépends du Séminaire&#13;
de Québec. Nous n’avons point trouvé de lui de testament. N’en aurait-il rien&#13;
laissé ou quelque indice parmi ses papiers en Canada ? Je vous prie de m’en&#13;
mander des nouvelles.&#13;
C’est bien dommage que vous ne m’ayez mandé cette mort de bonne heure et que&#13;
vous n’aviez pris quelques précautions pour empêcher que d’autres ne&#13;
l’écrivissent. Un M. Simon, prêtre de Montréal, l’a mandée à Dijon à&#13;
M. Compasseur et par ce moyen, M. l’évêque de Meaux l’a su, qui a disposé de la&#13;
chapelle en faveur de M. l’abbé Bossuet, son neveu, pour composer un des grains&#13;
de son chapelet de bénéfices et par ce moyen, nous avons laissé échapper cette&#13;
chapelle, qui valait la peine d’être conservée, car elle vaut près de 500 livres dans&#13;
les bonnes années. Il faut bénir Dieu de tout.&#13;
On envoie cette année des Prémontrés à l’Acadie ; mais je crains pour cet&#13;
établissement, qu’on n’ait de la peine à le faire. D’ailleurs, j’appréhende que ces&#13;
Messieurs n’envoient en ces quartiers-là leurs sujets qui auraient fait parler d’eux&#13;
en France ; c’est ce qui perdrait cette colonie.&#13;
&#13;
�Je mande à M. Le Voyer de s’en revenir dans sa famille. Je compte qu’il reviendra&#13;
cet automne. Mgr de Québec m’a dit avoir recommandé à M. Valet de ne vous point&#13;
inquiéter sur ce qui pourrait avoir à prétendre au chapitre. Je mande à&#13;
M. de Glandelet la disposition où l’on est de réduire les chanoines à six. Sur ce&#13;
pied, Monseigneur compte que M. Valet n’aura rien à y prétendre, puisqu’il ne&#13;
sera pas des six premiers qu’on doit conserver préférablement à tous les autres. Il&#13;
est ridicule à M. Valet, qui n’assiste point à l’office, de rien prétendre à ces revenus,&#13;
qui sont si modiques. D’ailleurs, je ne sais si on paie entièrement les bulles, s’il y&#13;
aura rien à partager d’ici à douze ou quinze ans.&#13;
Nous n’avons pas cru, suivant votre sentiment, de voir nous mêler de ces dîmes&#13;
pour nos curés et j’ai mandé à M. de Glandelet que pour que nous en parlassions,&#13;
il faudrait que, par exemple, les curés de Beauport, de la côte de Beaupré, de l’île&#13;
[d’Orléans], de Batiscan et autres se joignissent ensemble, au moins au nombre de&#13;
quatre ou cinq, qu’ils envoyassent une procuration, le nom en blanc, pour ce sujet&#13;
et qu’ils commençassent par en parler à M. de Callière et M. l’intendant et&#13;
qu’ensuite,&#13;
&#13;
ils&#13;
&#13;
chargeassent&#13;
&#13;
quelqu’un&#13;
&#13;
d’en&#13;
&#13;
présenter&#13;
&#13;
un&#13;
&#13;
placet&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain. Mgr de Québec, à qui il conviendrait d’en parler, n’ose le faire&#13;
et il serait ravi que nous prissions cela sur nous pour nous rendre odieux aux&#13;
peuples. J’ai écrit à M. de Glandelet qu’il ne fallait pas que nous espérassions qu’on&#13;
mît sur l’État les 4 000 livres pour notre incendie : je n’y vois nulle apparence.&#13;
Nous n’avons osé proposer de rendre perpétuelle pour le Séminaire de Québec la&#13;
pension de 2 000 livres que le roi a donnée à Mgr l’Ancien sur le Trésor royal ; nous&#13;
aurions été refusés.&#13;
J’envoie à M. Petit l’horloge que vous m’avez demandée. Elle est dans nos ballots.&#13;
Je me suis chargé, avec assez de peine, du soin de nos hospitalières de l’Hôpital&#13;
général, quelque estime et quelque respect que j’aie pour elles, car je vous avoue&#13;
que la pelote d’affaires augmente tellement qu’elle m’accable. Les leurs ne sont&#13;
rien. Cependant, cela ne laisse pas de demander des soins et de m’embarrasser&#13;
avec tout ce que j’ai déjà. Mgr de Québec m’en a aussi fort pressé et a voulu qu’en&#13;
même temps, je me chargeasse de payer à M. Grignon deux lettres de change qu’a&#13;
&#13;
�tirées la mère de Saint-Augustin de 1 100 livres et comme la rente que je dois&#13;
recevoir pour l’Hôpital général ne monte qu’à 1 051 livres, il m’a donné 49 livres&#13;
pour payer ces lettres de change. J’en ai acquitté une sur les six mois de cette rente,&#13;
qui écherront à la fin de juin et que j’ai reçus ce mois-ci. J’acquitterai l’autre au&#13;
mois d’octobre prochain, quand j’aurai touché les six derniers mois de cette année.&#13;
J’ai dépensé seulement pour elles 5 livres pour le dépôt de leur procuration et deux&#13;
expéditions, l’une pour le payeur et l’autre pour moi, et 20 livres de faux frais de&#13;
quittances et perte d’argent, dont je me rembourserai sur ce que je toucherai pour&#13;
elles l’année prochaine. J’ai acquitté la dernière de ces deux lettres et elles sont&#13;
payées toutes les deux. Vous en pouvez assurer la mère de Saint-Augustin, mais il&#13;
faut qu’elles ne comptent par demi-année que 525 livres, 10 sols et qu’elles ne les&#13;
tirent, savoir la première dans le 15 mai, la seconde dans le 15 octobre de&#13;
l’année 1704.&#13;
Vous verrez par mon compte que je n’ai pas reçu d’aumône 2 500 livres en tout. Je&#13;
l’avais prévu et que nos Messieurs n’auraient pas le temps de s’y appliquer. Ceux&#13;
que nous pensions devoir donner n’ont pas donné et nous avons reçu de ceux à&#13;
qui nous ne pensions pas. Il pourra venir encore quelque chose, mais cela n’ira pas&#13;
loin.&#13;
Nous avons reçu le 6 juin un paquet de lettres assez gros de M. Gaulin, qui n’est&#13;
parti au Port-Royal qu’au commencement de janvier. Ces lettres de M. Gaulin sont&#13;
tout à fait raisonnables. J’ai dressé le mémoire, dont je vous envoie copie, et au bas,&#13;
la réponse de M. de Pontchartrain. Ce ministre aurait accordé plus que je n’ai&#13;
demandé aux Jésuites, s’ils avaient, comme M. Gaulin, conservé leurs Sauvages&#13;
dans l’obéissance du roi. Sa Majesté en a été très contente à ce sujet. On m’a appris&#13;
que les Sauvages du P. Rale se sont accommodés avec les Anglais. Si les nôtres en&#13;
avaient fait autant, nous ne serions propres qu’à brûler. Mgr de Québec promet&#13;
d’aider ce missionnaire, mais je n’y fais guère de fond. Le roi fait présent d’une&#13;
gratification de 300 livres à M. Gaulin pour payer ses dettes et M. de Pontchartrain&#13;
fait espérer qu’on verra l’année prochaine ce que l’on pourra faire pour lui.&#13;
&#13;
�Je crois vous devoir mander que nous avons obtenu la continuation de nos&#13;
4 000 livres pour notre incendie et des 3 000 livres pour la Louisiane-Mississippi.&#13;
Je fis convenir M. de Pontchartrain en lui parlant et lui demandant de mettre les&#13;
4 000 livres sur l’État, qu’il fallait du moins cinquante ans de ces 4 000 livres pour&#13;
nous rétablir, mais il n’y a pas apparence qu’on obtienne de les mettre sur l’État.&#13;
On nous a accordé aussi du fret, mais d’une certaine manière que je ne sais si nous&#13;
en pourrons jouir. On ne nous a rien accordé pour la formation des sujets. Je m’y&#13;
suis attendu. On n’a rien fait pour MM. Galifet et de Longueuil, quoique&#13;
M. d’Iberville ait fort agi pour M. de Longueuil et fait agir certaines personnes par&#13;
des vues de récompenses, au moins à ce que je crois. Je ne sais si nous ne vous&#13;
enverrons pas M. Calvarin, prêtre breton, qui est un bon sujet pour remplir une de&#13;
vos missions françaises. Nous avions dessein de l’envoyer à la Louisiane, mais&#13;
nous avons pensé qu’il aurait peine à apprendre une langue sauvage ; mais ces&#13;
frais de voyage pour lui et M. Dupré se feront encore à nos dépens et nous ne&#13;
sommes guère en état de les faire, ce qui nous obligera de faire partir M. Calvarin.&#13;
Ce sera M. Dupré, neveu de M. le curé, que nous ne saurions nous résoudre de&#13;
vous envoyer seul, n’étant pas prêtre, car nous n’avons pas cru devoir si&#13;
promptement le faire ordonner et nous sommes persuadés qu’il est de son bien&#13;
qu’il reçoive les ordres en Canada. Dieu aura, comme je l’espère, conservé&#13;
Mgr l’Ancien pour le promouvoir aux ordres. Nous avons obtenu passage dans le&#13;
vaisseau du roi pour deux ecclésiastiques et j’espère qu’ils seront bien sous le&#13;
commandement de M. de Beauharnois.&#13;
Je persiste à vous conjurer, avant que de finir cette lettre, de ne pas me tirer l’année&#13;
prochaine au-delà de 8 000 ou tout au plus de 10 000 livres pour le Séminaire de&#13;
Québec, soit en factures soit en lettres de change. Ne vous flattez pas qu’il n’y aura&#13;
qu’à emprunter, car nous sommes dans un si mauvais temps que nous ne&#13;
trouverons pas à emprunter, d’autant plus que l’emploi ne vaut rien et que c’est&#13;
pour un Séminaire brûlé dans la Nouvelle-France et quand le Séminaire de Paris&#13;
s’obligeait pour celui de Québec, ce que je ne sais si on m’accorderait au Séminaire,&#13;
y ayant quelques personnes qui auraient peine à le faire, je ne crois pas même&#13;
qu’avec cela, on trouvât de l’argent. Tous ceux qui en ont à présent le font valoir à&#13;
des deniers usuraires à la Caisse des emprunts et ailleurs, où ils sont toujours&#13;
maîtres de retirer leurs fonds et tirent cependant 8 % et 10 % de profit. Ce désordre&#13;
&#13;
�va bien loin dans Paris et les Casuistes exacts n’oseraient presque s’élever contre&#13;
un abus qui a tourné universellement en usage.&#13;
Il faut finir cette lettre déjà assez longue et vous prier de me continuer le secours&#13;
de vos prières et de vous souvenir de moi au saint sacrifice. J’espère trouver&#13;
quelque moment de loisir pour répondre à la lettre de piété que vous m’avez fait&#13;
la grâce de m’écrire. Je vous en remercie par avance et puis vous assurer qu’elle&#13;
me fait beaucoup de bien et je vous prie de me continuer secours. Je suis, avec tout&#13;
l’attachement le plus tendre et le plus respectueux, Monsieur,&#13;
Votre très humble et obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 15 juin 1703&#13;
J’envoie pour tout duplicata une lettre de M. Buisson, où j’ai enfermé copie de mes&#13;
comptes pour le Séminaire, pour le chapitre, de la facture, etc. Je pourrai mettre ce&#13;
paquet dans un autre vaisseau que La Seine en ce qu’il en aille en Canada.&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1703, 15 juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 39)&#13;
1. M Des Maizerais.&#13;
1703&#13;
&#13;
2.&#13;
(quête)&#13;
&#13;
1&#13;
lettre O’&#13;
No 39.&#13;
1703&#13;
2 Monsieur&#13;
3 Je commence bien tard a repondre a toutes vos lettres,&#13;
4 et Je ne le pouray faire qu’a batons rompus, car Je Suis&#13;
5 detourné a tous momens par bien des afaires.&#13;
6 Je crois avoir receu toutes vos lettres, tant du mois de&#13;
7 Juillet que du mois de Novembre. Je dois vous avertir que&#13;
8 par accident celle que vous escrivez a M Denonville&#13;
9 S’est perdu, Jen’en ay Sauvé que la moitié que Je n’ay&#13;
10 ozé montrer a M, De Denonville. Jay rendu toutes les&#13;
11 autres aleur addresse, et ay fait tenir a Coutances, celle&#13;
12 qui estoit p.r v’re ancien ami. Jl y a repondu par la lettre&#13;
13 que Je vous envoie et une autre quil m’a escrit, et par un&#13;
14 paquet bien cacheté de toutes parts quil m’a fait rendre&#13;
15 et que Je vous envoye tel quil me la envoié. Je lay mis&#13;
16 dans un ballot que Je fis fermer hier 10. may et&#13;
17 envoier a la Rochelle ce ballot est marqué S. D. K. N.o 8. Jl y a&#13;
18 aussi p.r vous trois paquets venant de Rouen, un breviaire&#13;
19 p.r M Le Curé de Quebec; Il y en a un p.r vous en maroquin&#13;
20 dans la caisse de livres p.r les enfans S. D. K no 2. dont&#13;
21 Mad.’ De la motte ango vous fait present.&#13;
22 Depuis que Nos vaiss.x Sont partis l’an passé, Jay eu beau&#13;
23 presser nos M.rs plus.rs fois p.r une queste p.r&#13;
24 v’re Jncendie, Jl ne S’en est point fait, M Notre&#13;
25 Sup.r a 1.° remis la chose a lhyver p.r Suivre&#13;
26 le conseil de M Le Curé de S.t Sulpice, où les&#13;
27 personnes de qualité Seroient rassembléez a&#13;
28 Paris. 2.° Lhyver Jl l’a remis au Caresme ou&#13;
29 Jl esperoit que cela iroit mieux. 3.° Jl est&#13;
30 tombé malade dans le temps quil y voulait&#13;
31 penser. 4.° Nous avons fait un Jmprimé apres&#13;
32 Pasque et nous lavons porté en plus.rs endroits&#13;
33 assez foiblem.’ quoiq’ cela nous ait pris bien&#13;
34 du temps et nous ait beaucoup occupé, mais&#13;
35 tous les projets dune queste, dun entretien &amp;.&#13;
36 ont manqué jusqu’a p’nt. Parturiunt Montes&#13;
37 Nascitur ridiculus mus.&#13;
38 Je crus devoir presser plus fortem’ la chose&#13;
39 quand Jl me fallut accepter vos 14000.# de&#13;
40 lettres de change; on me ferma la bouche&#13;
&#13;
�41 en me disant que Je laissasse faire et qu’on&#13;
42 Se chargeoit de me faire bon de 6000.# p.r&#13;
43 cette queste p.r le paiem.’ des lettres des&#13;
44 change, et on m’a toujours fermé la bouche&#13;
45 quand Jen ay voulu parler. Ce n’est pas&#13;
46 asseurem.’ manque daffection, mais on est&#13;
47 emporté par mil autres aff.res et non n’a&#13;
48 pas le temps de penser a celle la Je dois&#13;
49 dire cependant a la louange de Mons.r n’re&#13;
3&#13;
&#13;
aumônes&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
50 Sup.r qu’on ne peut rien ajouter a Sa charité et a&#13;
51 Sa compassion p.r n’re malheur et au desir quil&#13;
52 a de nous procurer du Soulagem’. mais Jl&#13;
53 est emporté par tant dautres affaires que les&#13;
54 unes lui font oublier les autres, ou nestre pas en&#13;
55 estat d’y fournir. Nous avons peut estre receus&#13;
56 deux mil livres d’aumosne par tout le mouvem.t&#13;
57 que nous nous Sommes donnez. Quest ce que cela p.r&#13;
58 une telle perte.&#13;
59 Nous avons cepend.’ Sujet de nous loüer de la&#13;
60 charité de plus.rs personnes particulieres de Paris,&#13;
61 qui malgré la misere des temps n’ont pas laissé&#13;
62 de faire certains efforts. Jl est constant qu’en&#13;
63 un autre temps on Seroit touché de Notre malheur,&#13;
64 et on tireroit quelq.’ chose, mais dans ces temps&#13;
65 cy on pense plutost a ce qui nous touche de&#13;
66 plus prez en france qu’a ce qui est plus&#13;
67 esloigné. Nous vous envoierons le memoire de&#13;
68 ceux qui nous auront donné afin de faire&#13;
69 prier Dieu p.r eux, dans le Sem.re&#13;
70 Ce qui m’a fait plus de plaisir c’est que nos Mess.[rs]&#13;
71 l’an passé offrirent a M Chamillard apn’t&#13;
72 controlleur g’nal de ne rien toucher de 36000.# qui&#13;
73 Sont deües Sur le tresor roial, ou on ne pouvoit&#13;
74 toucher d’argent et de convertir cette So’e en&#13;
75 rentes Sur lhotel de ville, pourveu qu’on nous&#13;
76 fist toucher Sur le canada tout ce qui nous&#13;
77 y estoit deu M. chamillart le promit et a&#13;
78 force de Sollicitations et de voiages nous avons&#13;
79 touché les 4000.# p.r n’re Jncendie, les 3000.#&#13;
80 p.r misissipi que Je napelleray plus quela&#13;
81 Louisiane, les 2000.# de M’gr Lancien p.r lannée&#13;
82 1702. et J’ay encore touché cemois davril&#13;
&#13;
�11000#&#13;
&#13;
5,&#13;
&#13;
Jésuites&#13;
&#13;
Missionnaires&#13;
&#13;
83 autres 2000.# deües a Mgr Lancien Sur le&#13;
84 tresor roial p.r lannée 1701. Si bien que voila&#13;
85 onze mil livres, que J’ay receu au tresor roial&#13;
86 en une année aussi mauvaise que cellela&#13;
87 Jla a fallu paier un liard par livre a cause d’un&#13;
88 droit que Le Roi a Etablj Sur ces So’es hors celle&#13;
89 de 4000.# p.r n’re Jncendie qui nepaie rien,&#13;
90 parce q.’ c’est une aumosne mais nous&#13;
91 Sommes trop heureux davoir tiré cela, et&#13;
92 ce n’a pas esté, Je vous asseure Sans bien des&#13;
93 peines et des difficultez.&#13;
94 J’ay esté obligé a la fin d’aoust d’aller en Berri et&#13;
95 en Touraine visiter nos abbayes et nos benefices,&#13;
96 car Je vous asseure que ces Sortes debiens demand.’&#13;
97 qu’on les voie, et J’y trouve toujours bien des&#13;
98 aff.res et Jl y en auroit bien d’autres Si on n’y&#13;
99 alloit; cela tient en respect les voisins quand&#13;
100 Jls voient quon vient visiter lebien, et les&#13;
101 empesche de vous f.re bien des procez et des&#13;
102 usurpations. Je ne Scay Si Je neSeray pas&#13;
103 obligé d’y retourner cet automne p.r faire&#13;
104 lerecollem.’ de la grande forest de meobec avec&#13;
105 les marchands de bois qui veulent nous&#13;
106 la vendre Je tacheray Si J’y Suis obligé de&#13;
107 Joindre ce voiage a celui que Je Seray obligé&#13;
108 de f.re vers Lion p.r La Succession du Pere&#13;
109 deM. Bergïer.&#13;
110 J’ay oublié a Loccasion denos questes de&#13;
111 vous dire que Les PP. Jesuites nous y ont&#13;
112 beaucoup nuy en repandant partout&#13;
113 que nous Sommes rétablis, que nous Sommes&#13;
114 fort riches, querien ne nous manque. Jl&#13;
115 faut loüer Dieu de ces bons a offres quils&#13;
116 nous rendent.&#13;
117 Peu avant que Je partisse p.r Le Berri, Mons.r&#13;
118 D’Jberville estoit arrivé a la Rochelle, et&#13;
119 M Le Sueur estoit venu devant lui a Paris.&#13;
120 Javois appris par les lettres receües de Nos&#13;
121 Mess.rs de misissipi le mauvais estat de&#13;
122 leur temporel Jls m’envoioient leurs grands&#13;
123 memoires p.r les executer. Jls avoient tiré&#13;
124 Sur moy plus.rs lettre de Charge Scavoir une&#13;
125 deM. S.t cosme a M De la Ronde; de 200# une autre de M.&#13;
&#13;
�126 Bouteville a M. creusse de 121.# une du mesme&#13;
127 a M DJberville de 1818. 6. 10d. une autre de M&#13;
128 Bouteville a Romain Buisson de 524. 16. Voila&#13;
129 prez de 2700.# de lettres de change Que pouvois je&#13;
130 f.re en cette occasion, que de paier ces lettres de&#13;
131 change Sans accomplir leur factures. Cest le&#13;
132 parti qu’on m’a conseillé de prendre et que J’ay&#13;
133 pris en effet, J’ay mesme fort honnestement&#13;
134 paié leurs lettres de change avant que davoir&#13;
6.&#13;
&#13;
135 receu les 3000.# du Tresor roial p.r eux Ce qui&#13;
136 m’a porté a accomplir leurs lettres de change&#13;
137 plutost que leurs factures cest que par le 1.er vaisseau&#13;
138 que Je Scavois qui ne devoit partir que&#13;
139 vers Jan.er ou Decembre passé et qui n’est&#13;
140 parti que longtemps apres, Jl y auroit bien&#13;
141 durisque, que ce vaisseau ne Seroit pas&#13;
142 escorté, et que M. DJberville devoit partir&#13;
143 vers Juillet ou aoust de cette année avec&#13;
144 une petite escadre p.r establir cette colonie&#13;
145 J’ay donc pris le parti de nenvoier par ce 1.er&#13;
146 vaisseau commandé par M. Du Gué et dans&#13;
147 lequel M DJberville n’est pas retourné que les&#13;
148 choses absolument necess.res p.r Shabiller, et mander&#13;
149 a nos Mess.rs que le Surplus de leurs 3000.# aeté&#13;
150 emploié a accomplir leur lettres de change, et Je&#13;
151 leur ay promis daccomplir leurs memoires&#13;
152 cette année Sur les 3000.# que Je toucheray et&#13;
153 d’envoier Seurem’ leurs effets par M D’Jberville&#13;
154 c’est p.r quoy Je n’ay fait qu’un balot p.r nos&#13;
155 mess.rs de misissipi dans lequel Je leur envoye&#13;
156 Six Soutannes Six chapeaux, douze p.res deSouliers&#13;
157 douze Six pres de bas 28. ou 30. chemises 3. douz.nes&#13;
158 de colets, un missel, dix livres de vermillon&#13;
159 ou 12.# voila apeu pres ce que Je leur ay&#13;
160 envoié.&#13;
161 Vous remarquerez que ces Mess.rs ne Saccordent&#13;
162 pas, et que M De montigni m’ayant dit que&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
163 Je devois leur envoier des farines du vin&#13;
164 et de leau de vie, et de lhuile et que cela leur estoit&#13;
165 necess.re, Je leur en ay envoié par les derniers&#13;
166 envois, M. S.t cosme m’a mandé depuis que&#13;
167 cela estoit inutile, et ne faisoit pas que les ambaras=&#13;
&#13;
�Jesuites&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
168 =ser; on trouve aisem’ a S’en defaire dans une&#13;
169 nouvelle colonie, M. Bouteville par Les lettres&#13;
170 venües en Juillet 1702 avec M. DJberville me&#13;
171 mande la mesme chose; Et par une lettre que&#13;
172 Je viens de recevoir de lui dela mobile du&#13;
173 12. x.bre 1702. par un traversier qui a joint&#13;
174 M Ducasse a S.t Domingue Jl me mande&#13;
175 que M. Davion est descendu a la mobile&#13;
176 p.r Se rétablir, et que Si on n’envoye des&#13;
177 vivres p.r retablir les miss.res et p.r faire&#13;
178 Subsister ceux qui Sont a la mobile Jls ne&#13;
179 Sy pouront Soutenir. Je ne Scay comment&#13;
180 accorder ces deux choses. Je&#13;
181 Je ne Scaurois vous exprimer les combats&#13;
182 que nous avons eûs a Soutenir contre les Jesuites&#13;
183 p.r cette mission depuis leretour de M DJberville&#13;
184 Jl est revenu en france tres prevenu contre&#13;
185 eux acause de toute la hauteur avec laquelle&#13;
186 Le P. Du But Jésuite en a agi pend.’ Son absence&#13;
187 en ce pays envers M de Sauvole commandant&#13;
188 et les autres . M DJberville a declaré au bureau&#13;
189 quil ne retourneroit pas en canada Sil n’y&#13;
190 avoit plus.rs corps establis a la mobile, et Le&#13;
191 P. Gouye Jesuite qui a enseigné a M De&#13;
192 Pont chartrrain ce quil Scait de mathematiques, et&#13;
193 qui a ensuite obtenupar Son credit de Succeder au&#13;
194 frere S.t Gille dans la procure des Jsles, a declaré&#13;
195 a M De Pont chartrain quil falloit que les Jesuites&#13;
196 y fussent Seuls. Jl fit mesme plus l’an passé,&#13;
197 car avant que Mgr de Quebec partist p.r&#13;
198 Rome, Jl Sceut lengager a lui donner des&#13;
199 pouvoirs p.r estre Curéz de la mobile a lexclusi[on]&#13;
200 des autres, et M’gr de Quebec qui craignoit&#13;
201 que Le P De la chaize ne Sopposast a Son&#13;
202 voiage de Rome eùt la foiblesse a ce qu’on&#13;
203 m’a dit de lui accorder le pouvoir p.r les&#13;
204 Jesuites d’y estre curez Sans cepend.’ en&#13;
205 exclure les autres, Jl a dit depuis que ce&#13;
206 nestoit que p.r leur donner moien dexercer&#13;
207 leurs fonctions avec plus dauthorité aupres&#13;
208 des officiers, et quil avoit d’ailleurs esté&#13;
209 bien aise parla de faire reconnoistre Son&#13;
210 authorité; mais Le P. Gouye S’est Servi&#13;
&#13;
�211 pend.’ Son voiage de Rome de Son escrit con[tre]&#13;
212 lui et a demandé plus.rs fois avec Empressem&#13;
213 au ministre qui ayant esté Son escolier ne&#13;
214 lui refuse rien, et donne a laveugle dans toute&#13;
215 Les veües que ces missions fussent gouverne&#13;
216 Sous l’authorité du Roi Sans Evesques co’[e]&#13;
217 les Jsles, et quils ne dependissent que de leurs&#13;
218 Sup.rs qu’on les establist Seuls a la mobile,&#13;
219 et quils eussent dans tous ces pays la un&#13;
220 district Separé ou personne ne les allast&#13;
9&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
221 visiter. Nous Sceusmes que les Jesuites&#13;
222 demandoient cela cet automne a fontainebleau&#13;
223 pend.’ que la cour y estoit. Nous dressâmes&#13;
224 un memoire p.r representer ou que l’on&#13;
225 devoit reconnoistre dans ces cartiers la&#13;
226 lauthorité de LEvesq.’ de Quebec, ou que l’on&#13;
227 y devoit establir un vicaire apostolique&#13;
228 qui y formast LEglise co’e elle l’a esté en&#13;
229 Canada. Nous representions en mesme temps&#13;
230 que nous ne pouvions nous passer d’un&#13;
231 Etablissement a la mobile, p.r y Secourir Nos&#13;
232 miss.res repandus parmi les Sauvages, Nous&#13;
233 y parlions de la conduite des Jesuites aux&#13;
234 Tamaroa et de la division quils ont causez dans&#13;
235 cette mission, &amp;. De plus nous fismes&#13;
236 representer au ministre par M D’Jberville&#13;
237 quil Se presentoit un Ecclesiastique qui avoit&#13;
238 1500.# ou 1800.# de revenu qui Soffroit a aller&#13;
239 S’establir dans quelqu’une des nations Sauvages&#13;
240 de ces pays la, également amy des Jesuites et des&#13;
241 missions Etrangeres, et qui ne Serviroit qu’a les&#13;
242 concilier encas quil arrivast quelq.’ chose qui&#13;
243 les divisast. Cet Ecclesiastique est M Gervaise&#13;
244 Prevost de Suevre qui est un benefice dependant&#13;
245 de S.t martin de Tours qui a eté emmené a l’aag[e]&#13;
246 de Seize ans en 1681. par feu M Dheliopolis a&#13;
247 Siam, qui en revint en 16.87. avec les ambassa&#13;
248 deurs Siamois, et qui a demeuré depuis au College&#13;
249 des Jesuites, et conduit par le R. P. Sanadon Jesuite&#13;
250 Cet Ecclesiastiq.’ Soffroit de venir avec Nous&#13;
251 mais Jl craignoit la mesintelligence Nous&#13;
252 lui conseillames de ne paroistre pas lié avec&#13;
&#13;
�253 Nous, co’e en effet Jl ne lest pas, et daller f.re&#13;
254 lebien par lui mesme en ce pays la, et que&#13;
255 quand Jl y Seroit, Sil jugeoit quil dust&#13;
256 avoir Son raport a nous et S’y unir : nous&#13;
257 nous y offrirons volontiers, Jl a en effet&#13;
258 plus de 1800.# de revenu, avec lesquels Jl&#13;
259 Seroit en etat daller f.re un bel etablissem’&#13;
260 a la mobile, et Sil Survivoit une Soeur unique&#13;
261 quil a Jl heriteroit delle plus de 3000.# de&#13;
262 rente, et avec tout cela feroit de grands&#13;
263 biens en ce pays la p.r lequel Jl a un attrait&#13;
264 particulier cultivé depuis deux ans, et auquel&#13;
265 mesme le P Sanadon (Jesuite fameux p.r les&#13;
266 retraites du P Levalois auquel Jl a Succedé) la fort&#13;
267 exhorté de Se devoüer. M DJberville a qui J’en&#13;
268 avois escrit doutoit fort. ce projet et destinoit&#13;
269 a ce miss.re La mission des Chicacha ou des&#13;
270 chatta quil nous avoit offerte&#13;
271 Le P. Gouye ne put reüssir a obtenir que cette&#13;
272 colonie nouvelle fust gouvernée co’e les Jsles,&#13;
273 Jl changea de batterie, et demanda ce mois&#13;
274 de Janvier dernier et Surtout depuis le&#13;
275 retour des Mgr de Quebec apres avoir appris&#13;
276 ce qu’avoit fait M Bergier aux Tamarois&#13;
11.&#13;
&#13;
277 en Jnterdisant le P. Pinet dont Jl fit&#13;
278 grand bruit a la cour, et dit partout quaucun&#13;
279 de leurs Peres ne resteroit ou nous Serions et&#13;
280 ou il y auroit des grands vicaires au&#13;
281 dessus d’eux. Le Roi en a eté rebattu et on&#13;
282 a tasché anous decrier Sur cela tant qu’on&#13;
283 a pu dans Son esprit co’e des gens qui&#13;
284 ne pouvions Souffrir les Jesuites. Quelque&#13;
285 legitime, que Soit la conduite de M Bergier&#13;
286 que nous avons toujours Soutenu contre&#13;
287 ces mauvais bruits, Jls le faisoient passer&#13;
288 p.r un brouillon, un envieux, et Jls disoient&#13;
289 navoir esté interdits que pour navoir&#13;
290 pas voulu communiquer aM Bergier leur&#13;
291 Diction.re de la langue Jlinoise Je ne Scaurois&#13;
292 vous repeter toutes les faussetez et toutes les&#13;
293 Sottises et que les Jesuites ont dit contre Nous a&#13;
294 ce Sujet. Jl est bien douloureux destre exposé&#13;
295 a la malignité de ces personnes dez qu’on&#13;
&#13;
�Jésuites&#13;
en&#13;
Canada&#13;
&#13;
12.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
296 veut un peu f.re le bien, et Soutenir l’authorite&#13;
297 Eclesiastique. Je vous avoüe que toutes ces&#13;
298 brouilleries me dégoutent tellem’ que Je&#13;
299 ne Scay plus Souvent ou J’en Suis.&#13;
300 Je vous admire vous Monsieur qui nous&#13;
301 mandez que vous vivez le mieux du&#13;
302 monde avec les Jesuites, quils Sont contents&#13;
303 de vous et que vous lestes d’eux, pendant&#13;
304 quils escrivent bien differemment en france&#13;
305 outre tout ce quils disent au Roi et a Son&#13;
306 ministre contre Nous, pour nous depeindre co’e&#13;
307 gens qui ne cherchons qu’a les persecuter, ceux&#13;
308 de canada escrivent contre nous tres aigrement.&#13;
309 J’ay veu la lettre du P. Bouvart a Mgr de Q.&#13;
310 ou il lui represente tout ce qui S’est fait aux&#13;
311 Tamarois co’e une presecution qui leur a eté&#13;
312 faite par leurs adversaires, et dont (dit Le P&#13;
313 Bouvard a Mgr de Q.) vous connoissez&#13;
314 a present toute linjustice. Ce Perelui&#13;
315 mande encore que depuis que leurs Peres&#13;
316 de france ont appris quils estoient mal&#13;
317 avec Le clergé Jl ne Se presentoit plus&#13;
318 personne p.r ces missions. Cest ce que Les&#13;
319 PP. Jesuites Surtout le P Lamberville&#13;
320 repand acequ’on m’a dit partout pour nous&#13;
321 rendre odïeux par la et dans lesprit du&#13;
322 Roi et de Son ministre a qui ces choses&#13;
323 ont este dites, et dans lesprit de tous ceux&#13;
324 qui Sont devoüez aux Jesuites.&#13;
325 Cest donc Sur ce fondement que le P. Gouye&#13;
326 a demandé par des memoires au Roi a estre&#13;
327 Seuls a la mobile, et a fortem’ Sollicite et&#13;
328 fait Solliciter M’gr de Quebec a leur&#13;
329 accorder p.r leurs Sup.rs dans ces pays la&#13;
330 les pouvoirs de grands vicaires nez, Sur&#13;
331 les quels personne n’eust a voir. Jls ont&#13;
332 exposez mesme que nous demandions de&#13;
333 mesme qu’eux destre grand vicaires nez,&#13;
334 co’e le Prieur de S.t Germain des Prez est&#13;
335 grand vicaire né de M Larchevesque de&#13;
336 Paris. vous remarquerez quil ne l’est&#13;
337 que dans le faubourg S.t Germain a&#13;
&#13;
�338 loccasion dune transaction faite entre les&#13;
339 Eveques de Paris et les abbez de St Germain&#13;
340 et leurs Relig.x qui renoncerent auprivilege&#13;
341 quils avoient de ne pas reconnoistre lEvesq.’&#13;
342 de Paris dans leur faubourg ou ils etoient&#13;
343 independans par danciennes concessions des&#13;
344 Papes, et le reconnurent a condition que leurs&#13;
345 Prieurs Seroient grand vicaires nez. Mgr&#13;
346 de Quebec a tenu ferme Sur cela et n’a pas&#13;
347 voulu leur accorder de les faire Grands vicaires&#13;
348 nez dans le msissipi ni en Canada Jl&#13;
349 a mesme envoié au ministre un memoire&#13;
350 ou il expose quil ne peut leur accorder cela&#13;
351 et qu’en ayant demandé avis a plus.rs Prelats,&#13;
352 Surtout a M De Chartres, Jls lui ont tous&#13;
353 repondu que quelques amis qu’ils fussent&#13;
354 des Jesuites, Jls ne leur accorderoient jamais&#13;
355 cette grace&#13;
356 Cependant c’est Sur cela quils menacent&#13;
357 depuis Six mois de quitter le misissipi et&#13;
358 den rapeller tous leurs Peres. Ils Sont un&#13;
14.&#13;
&#13;
359 Jls vont mesme jusqu’a vouloir faire entendre&#13;
360 quils Sortiront tous du Canada et Je Suis&#13;
361 persuadé que Le P. P. De la chaize prevenu&#13;
362 par les Peres l’aura dit au Roi, quoi quils&#13;
363 Soient aussi esloignez de quitter le misissipi&#13;
364 que le canada Le P. Gouye m’a dit lui&#13;
365 mesme une partie de ces choses que Je vous&#13;
366 dis quils repandent contre Nous, car Jl m’a&#13;
367 dit dans Sa chambre a S.t Louis, ou Je voudrois&#13;
368 par parenthese que M Glandelet eust veu&#13;
369 comment un Religieux qui a fait voëu de&#13;
370 pauvreté est logé, Jl ma dis je exposé que&#13;
371 depuis n’re division de la chine nous ne nous&#13;
372 accorderions nulle part, que Si nous entrions&#13;
373 dans Les Jles ou Sont les missions dont Jl&#13;
374 prend Soin Jl en rapelleroit tous Les Peres,&#13;
375 que nous ne pouvions demeurer ensemble&#13;
376 au misissipi; que leurs Peres ne vouloient plus&#13;
377 aller en Canada, quil ne trouveroit personne&#13;
378 p.r le misissipi Sils restoient independans de&#13;
379 LEvesque et de tous Grands vicaires Et ce&#13;
380 Pere a tellem’ Jmprimé cela dans lesprit du&#13;
&#13;
�381 ministre quil nous a tout a fait brouillez&#13;
382 avec lui, de Sorte quil ne Se modere pas quand&#13;
383 Jl parle contre Nous, et en dit les choses les&#13;
384 plus forte.&#13;
15&#13;
&#13;
385 cela est dautant plus facheux qu’un ministre&#13;
386 fait entendre tout ce qu’il veut au Roi qui&#13;
387 a dailleurs esté prevenu par Le P. De la chaize&#13;
388 De Plus Jls ont tellem’ decrié M LEvesque&#13;
389 de Quebec dans l’esprit de Roi que Notre&#13;
390 cause p.r le misissipi estant jointe a la Sienne,&#13;
391 enSorte que nous n’y Sommes que Sous la&#13;
392 protection de LEvesque, Nous Souffrons de la&#13;
393 mauvaise opinion qu’on a de lui, comme&#13;
394 Jl dit quil Souffre de nous avoir a Soutenir,&#13;
395 par ceq.’ nous Somme trop decriez par&#13;
396 les Jesuites. Jl faut avoüer qu’on n’ose&#13;
397 conter Sur ce Prelat, Jl est aujourdhui&#13;
398 d’un avis et demain d’un autre, et cest ce&#13;
399 qui nous a tenu dans une telle perplexité&#13;
400 Sur ces missions que Je voudrois Souvent apres&#13;
401 tout ce que nous avons a en Souffrir qu’on&#13;
402 ne les eust point entreprises.&#13;
403 On nous menace de ne nous donner aucun&#13;
404 Secours ni p.r ces missions ni p.r Canada, de&#13;
405 nous oster les 3000.# qu’on y a destineez, de&#13;
406 ne nous donner ni passage ni aucune grace,&#13;
407 Nous Sommes bien a plaindre davoir a luitter&#13;
408 avec des gens Si formidables et qui usent Si&#13;
409 fortement de leur credit.&#13;
410 Les aff.res de misissipi ne Sont pas encore regléez&#13;
411 Je croy quelles le Seront conjointem’ avec celles&#13;
412 du Canada aumoins on y travaille ensemble&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
413 M D’Jberville est icy qui voudroit bien nous&#13;
414 avoir et n’avoir pas les Seuls Jesuites. Jla&#13;
415 mesme declaré au ministre quil niroit pas en&#13;
416 Canada, Sil restoient Seuls ala mobile, mais&#13;
417 cepend.’ Je crains que dailleurs Jl ne les&#13;
418 favorise p.r flatter le ministre et Se concilier&#13;
419 Sa protection; Jl voit qu’avec nous il n’y a&#13;
420 que des coups et des rebuts a esperer.&#13;
421 Dailleurs Mad.’ De m. ne veut point le commet[tre]&#13;
422 en tout cecy avec le ministre; Jl n’a pas&#13;
&#13;
�423 gardé des mesures avec elle en dautres occasion&#13;
424 qui lui ont fait prendre le parti de laisser ce&#13;
425 ministre dire et faire Elle Scait dailleurs&#13;
426 que Le Roi est prevenu en faveur des Jesuites&#13;
427 a cause du P. De la chaize, que Dailleurs Jl&#13;
428 est frapé contre Mgr de Quebec a cause de&#13;
429 Son foible gouvernem.’ : tout cela l’oblige&#13;
430 a ne nous pas Servir aussi efficacem’ quelle&#13;
431 le pouroit Souhaiter.&#13;
432 Jl est arrivé cet hyver une aff.re qui a&#13;
433 relevé merveilleusem.’ les cornes des&#13;
434 Jesuites, au Sujet du Jansenisme, J’en escris a&#13;
435 M Glandelet auquel Je vous renvoye, cela&#13;
436 leur a redonné un nouveau credit a la cour&#13;
437 et Jls Sont Seuls regardez co’e gens dune Doctrine&#13;
438 Pure, Jusque la que le ministre a dit a Mgr de Q. q a&#13;
439 Loccasion dela mobile que le Roi estoit Seur de&#13;
440 la Doctrine des Jesuites et quil ne lestoit pas&#13;
17.&#13;
&#13;
441 de celle de tous les autres. Ce qui ne Se peut&#13;
442 entendre que de Nous. Je gage que vous Nauriez&#13;
443 pas autrefois pu croire qu’on vous eust cru&#13;
444 dune Doctrine Suspecte mais Jl Suffit de&#13;
445 nentrer pas aveuglement sans lesprit des&#13;
446 Jesuites, on m’a fait remarquer que Le Roi&#13;
447 quand Jl parle d’eux les appelle Nos Peres, a&#13;
448 l’exclusion de tous les autres. Je ne leur envierois&#13;
449 pas ce credit Sils laissoient faire le bien&#13;
450 aux autres, Surtout celui quils ne peuvent&#13;
451 faire.&#13;
452 Peut’on rien voir de plus outré que la lettre que&#13;
453 Le P De la chaize a escrit a Mgr Notre ancien&#13;
454 Evesque. Si nous n’avions apprehendé que cela&#13;
455 n’eust causé de la division,encanada et Si Mgr Lancien&#13;
456 leust voulu, nous aurions fait en Son nom&#13;
457 une reponse au P. De la chaize qui lui auroit&#13;
458 osté lenvie dejamais escrire des faussetez&#13;
459 d’une maniere Si outrée. J’ay esté aussi tres&#13;
460 Surpris de ce que Le P Lamber ville lui escrit&#13;
461 que Mgr de Quebec lui a dit que la division&#13;
462 Se mettroit bientot dans le canada dez&#13;
463 quil Seroit mort entre le Sem.re et eux&#13;
464 Si la division S’y met Jls en Seront bien&#13;
465 la cause, car ce Sont des gens inquiets et&#13;
&#13;
�466 turbulens qui chercheront toujours Noise&#13;
467 Je tache a vivre en paix avec eux. Je vois&#13;
468 quelq.’ fois Le P Lamberville, Je le vois ala verite&#13;
18.&#13;
&#13;
M’ Foucault&#13;
Tué&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
469 moins que Je ne voiois cy devant par ceque Je ne veux&#13;
470 pas mexposer a lentendre me parler Selonles Jdéez&#13;
471 de Ses Peres et les Siennes, par ceq.’ Je mengagerois&#13;
472 insensiblem’ a lui en dire trop.&#13;
473 Prenez garde, Je vous prie comment vous escrivez ou a&#13;
474 ces Peres ou a leurs amis co’e M Denonville, M de cham=&#13;
475 pigni, car tous ces M.rs Sont tous devouez aux Jesuites&#13;
476 dont Jls ont obtenu et attendent encore tout. car Jls&#13;
477 profitent de tout, et ne laissent rien eschaper.&#13;
478 M DJberville voudroit qu’on leur cedast les Tamaroa,&#13;
479 et M de Q. voudroit qu’a la place cuxx Jls nous cedassent la&#13;
480 cure de la mobile, quil reconnoist enfin leur avoir&#13;
481 trop legerement donnée; vous verrez quils resteront&#13;
482 curez et tascheront de nous chasser des Tamaroa. Nous&#13;
483 nous plaindrons hautem’ au Roi Sils le font et nous&#13;
484 lui exposerons que c’est une aff.re reglée, contre laquelle&#13;
485 Il ne faut pas revenir,&#13;
486 Quant a la cure, dela mobile J’ay cepend.’ declaré que nous ne&#13;
487 pourions nous establir en cette ville qui Sera Sur&#13;
488 la mobile, que nous n’y exercions nos fonctions&#13;
489 Ecclesiastiques independamm.’ des Jesuites, et Sur tout&#13;
490 les curiales et linstruction des enfans, mais les&#13;
491 Jesuites feront que le ministre nous refusera tout&#13;
492 Secours et n’en donnera qu’aux Jesuites p.r batir&#13;
493 LEglise, et que dont le monde Se tournera vers eux&#13;
494 co’e les arcboutans de la fortune, Et alors Je ne&#13;
495 Scay Si aucun miss.re voudroit y aller, et Se tenir&#13;
496 dans un lieu ou il verroit le clergé ainsy traité.&#13;
497 La lettre de M Bouteville nous apprend la&#13;
498 triste mort de M. fou[c]aut qui a eté tué avec Son&#13;
499 garçon et deux francois que M DJberville avoit&#13;
500 envoié vers les nations denhaut, par une Nation&#13;
501 de Sauvages appelllez Coulois ou coroa qui Sont&#13;
502 en descendant le misissipi avant que darriver&#13;
503 a la fourche on ne nous expliquepas les&#13;
504 circonstances, mais Jl est bien facheux davoir&#13;
505 perdu un tel miss.re Sans doute que les Sauvages&#13;
506 auront pillé Sa chapelle et tout ce quil avoit&#13;
507 M Bouteville me mande que M Davion m’en&#13;
&#13;
�508 escrit toutes les circonstances. cepend.’ je n’ay point&#13;
509 receu de lettres de M Davion. M DJberville ena&#13;
510 receu une de M Davion qui lui marque quallant&#13;
511 voir M foucaut, Jl avoit trouvé ces quatre corps&#13;
512 massacrez, et estoit revenu Sur Ses pas. M Davion&#13;
513 est descendu a la mobile p.r Se retablir. Je crains&#13;
514 que nous ne tirions pas encore un grand usage&#13;
515 de ce vertueux miss.re qui Sest accable de penitences.&#13;
516 Et Si M Bergier quitte Sa mission, Jl Se trouvera&#13;
517 que de tant de depenses faites p.r ces Etablissemens,&#13;
518 Jl n’y aura que celui de M S.’ Cosme que Subsistera.&#13;
519 Nous convinsmes l’an passé avec M’gr LEveque&#13;
520 de Quebec quil valoit mieux laisser une So’e a&#13;
521 chaque mission dont elle pouroit disposer ensuite&#13;
522 p.r tout ceque le miss.re qui la rempliroit voudroit.&#13;
523 Et quil falloit faire les choses esgales, afin&#13;
524 dempescher le murmure, Quainsy on donneroit&#13;
525 600.# a la mission des Tamaroa p.r M Bergier&#13;
526 600. a celle des aKanseas p.r M foucaut.&#13;
527 600. a celle des Tonicas p.r M Davion Et&#13;
528 600.# acelle des Natchez p.r M S.t Cosme&#13;
20.&#13;
&#13;
M.r Boutteville&#13;
&#13;
529 Les autres 600.# p.r remplir les 3000.# Seront emploiez&#13;
530 a letablissem’ de la mobile, ou aux frais extraord/&#13;
531 co’e envois de miss.re &amp; encas qu’on obtienne quelq.’&#13;
532 autre fonds p.r la mobile; ainsy Jaccompliray&#13;
533 le memoire de chaq.’ mission jusqu’a 600.# y compris&#13;
534 tous les frais de voiture &amp;. quil faudra faire et&#13;
535 Ces Mess.rs prendront Sur cela leurs voiages. Sils&#13;
536 en font les batimens de chapelle et de maisons, e[t]&#13;
537 leurs domestiques &amp;.&#13;
538 J’ay mandé a M Bouteville quil ne devoit pas conte[r]&#13;
539 que Je lui envoiasse des Domestiques de france. C’est&#13;
540 ce que Je ne puis trouver pour leur en envoier de&#13;
541 tels quil faudroit. Si nous envoions quelques miss.r&#13;
542 DeJls pouront peut estre mener avec eux quelq.’ domestiq.’&#13;
543 mais d’en trouver qui y aillent Sans que des Prestres&#13;
544 les conduisent Jl n’y faut pas conter.&#13;
545 J’ay encore escrit a M Bouteville que vous Souhaiti[ez]&#13;
546 quil S’en retournast en canada, Soit enrepassant par&#13;
547 la france, Soit en allant par les terres. Je lui en ay&#13;
548 marqué les raisons de la part de Sa famille Quand&#13;
549 Jl viendra en france Je lerecevray a bras ouverts&#13;
550 au Sem.re jusqu’a ce que les vaiss.x partent.&#13;
&#13;
�551 Nous voulions mesme lui envoier un autre Prestre&#13;
552 a la place p.r lerelever en cas quil fust fort&#13;
553 occupé, mais Jl me mande par Sa derniere que&#13;
554 Jl est resté a la mobile ou il Sest occupé dit il a&#13;
555 faire batir une petite Eglise qui lui couste xxx prez&#13;
556 de 250.# c’est encore de largent quil faudra trouver.&#13;
557 Je lui ay addressé et a tous nos Mess.rs qui Sont&#13;
558 au misissipi un compte de tout ce que j’ay receu&#13;
21.&#13;
&#13;
559 et depensé p.r la mission de misissipi depuis&#13;
560 Son Etablissem’ Et Je leur marque que dans&#13;
561 la triste Situation ou est Notre pauvre Sem.re&#13;
562 de Quebec, Jls ne doivent point conter que l’on&#13;
563 puisse depenser p.r leur mission, plus que&#13;
564 les 3000.# qu’on reçoit p.r elle&#13;
565 C’est ce qui fera la difficulté de Soutenir celle de&#13;
566 M Bergier, car M D’Jberville et M LeSueur&#13;
567 m’ont voulu persuader quil coutera plus de 500.#&#13;
568 alui f.re tenir Ses besoins. M Le Sueur ne les&#13;
569 lui portera qu’en paiant bien cher tous les frais&#13;
570 que Ses gens feront en remontant le fleuve&#13;
571 Si cela est, vous voiez bien que cette mission&#13;
572 n’est pas Soutenable, et quil faut nous reduire&#13;
573 a faire des missions dans les Nations voisines&#13;
574 les unes des autres co’e les Natchez les Taentas,&#13;
575 les Tonicas les chatta au moins nos Mess.r&#13;
576 Se verront, pouront quelq.’ fois conferer&#13;
577 ensemble, et Se Soutiendront les uns les autres.&#13;
578 Jl ne faut pas conter Sur la communication&#13;
579 par le canada les voiages coutent trop. vous&#13;
580 n’en pouvez avoir que par la france, et c’est&#13;
581 encore p.r cela que nous ne devons pas trop&#13;
582 nous attacher aux Tamaroa. Jl vaut mieux&#13;
583 Secouer la poussiere de Ses pieds Sur les Jesuites&#13;
584 et leur laisser ces peuples quils ont tant d’envie&#13;
585 de garder.&#13;
586 mais ce qui m’ambarasse, c‘est que Je crains qu’en cela&#13;
587 nous ne fassions une grande peine a M Bergier&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
588 Jl Scait la langue tamaroise, Jl lui Sera difficile&#13;
589 estant aagé d’en apprendre une autre, Jl ne&#13;
590 nous faut pas mortifier un aussi vertueux&#13;
591 miss.re p.r lequel nous avons beaucoup d’estime&#13;
592 Nous vous expliquons toutes nos difficultez&#13;
&#13;
�593 Nous Sommes encore Sur cela a consulter Dieu,&#13;
594 et peut estre aurions nous le temps d’avoir&#13;
595 reponse de vous avant que de Nous resoudre&#13;
596 Puis que nous avons perdu M foucaut, Je crois que&#13;
597 Si l’on quitte le poste des Tamaroa vous pouriez&#13;
598 renvoier le Jeune M S.t Cosme p.r remplir La place,&#13;
599 car on dit que la langue tamaroise nest pas esloignée&#13;
600 de celle des aKanseas. Dailleurs cest p.r Lambouchure&#13;
601 de la riviere ou Sont les acanseas qu’on pretend&#13;
602 attirer tel Panis et panimoa et autres nations&#13;
603 Sauvages, et M DJberville ma dit que l’on&#13;
604 devoit establir cette riviere plutost qu’aucune&#13;
605 autre p.r remonter vers les Espagnols et vers les&#13;
606 mines, Le dessein de M DJberville est de rassembler&#13;
607 les nations, et les reünir afin de les rendre Susceptibles&#13;
608 dinstruction et de discipline&#13;
609 M Bouteville, mescrivoit l’an passé que Je ne&#13;
610 manquasse pas a lui envoier des Negres et des&#13;
611 Negresses, et que par eux Jl Se mettroit en etat de&#13;
612 faire un beau bien, et de n’avoir plus besoin&#13;
613 dans la Suite dautres Secours, quil feroit faire&#13;
614 du Sucre, de LJndigo &amp;. Je lui ay mandé que&#13;
23&#13;
&#13;
615 nous ne pouvions et ne devions pas emploier&#13;
616 ces moiens p.r Subsister dans ces misssions.&#13;
617 Nous ne pouvions, parce quil faudroit faire&#13;
618 p.r cela une depense que nous ne Scaurions&#13;
619 faire, Nous ne devions, par ce q.’ nous ne devions&#13;
620 pas nous emporter dans ces commerces, Jl ne&#13;
621 nous convenoit pas de Nous immiscer dans ces&#13;
622 Negoces Seculiers, que nous netions pas fait&#13;
623 p.r etre comises de ces Negres qui cependant&#13;
624 nalloient quau baston, que Si cepend.t dans&#13;
625 la Suite le pays Setablit et quil en ait besoin&#13;
626 de quelquun, alors on en poura avoir facilem.’&#13;
627 de S.t Domingue et des meilleurs par un de Nos&#13;
628 meilleurs amis qui va a S.t Domingue pour&#13;
629 estre le Directeur General de la compagnie&#13;
630 de la Siente qui ne fait que ce commerce&#13;
631 Jen parleray mesme a cet amy avant quil parte,&#13;
632 afin quil en Soit prevenu&#13;
633 voila a peu pres tout ce que J’ay a vous escrire&#13;
634 du misissipi. Sil m’en revient quelq’ chose&#13;
635 Je lajouteray dans la Suite de ma lettre&#13;
&#13;
�636 Jl me faut a present vous rendre compte&#13;
637 de Letat du temporel du Seminaire&#13;
638 Quelque peine qu’on ait eu l’an passé a toucher&#13;
639 de largent au Tresor roial, Je n’ay pas laissé d’y&#13;
640 toucher tout ce que Je pouvois esperer dans les&#13;
641 meilleurs temps. Jl est vray que nous en&#13;
642 avons toute lobligation a nos Mess.rs qui&#13;
24.&#13;
&#13;
25.&#13;
&#13;
643 l’ont demandé instamment a M Chamillard&#13;
644 Soffrans mesme de nepas toucher eux mesmes&#13;
645 deux annéez des ord.ces des missions qui leur&#13;
646 estoient deües montantes a 36000.# p.r que nous&#13;
647 touchassions, tout acause de Notre Jncendie.&#13;
648 En effet J’ay touché depuis l’an passé jusqu’a&#13;
649 present les 3000.# de misissipi p.r 1702. les&#13;
650 4000.# p.r n’re Jncendie, les 2000.# p.r Monseig.r&#13;
651 n’re ancien Evesque p.r 1702. et autres 2000.[#]&#13;
652 qui estoient restéez en arriere p.r 1701. Si bien&#13;
653 que J’ay touche onze mil livres au tresor roial&#13;
654 Je ne Scay Si Je Seray aussi heureux cette&#13;
655 année. Jl y a tout Sujet et de croire que cela&#13;
656 nira pas de mesme, Jay receu aussi plus d’une&#13;
657 année et demie de la pension de M’gr Lancien&#13;
658 Sur aire, car Jl ne reste pas deu 600.# toutes&#13;
659 Subventions paiéz p.r toute Lannée 1702.&#13;
660 En un mot vous Serez Surpris de voir la recette du Sem.re&#13;
661 monter Si haut quelle a montée cette année quoique&#13;
662 Je n’aye encore pas receu 2500.# daumosne p.r Notre&#13;
663 Jncendie, Jl est vray que quoique nous Soions ala&#13;
664 veille davoir peut estre des bulles dunion de Nos&#13;
665 abbayes et qu’en consequence nous Soions prests a&#13;
666 paier de grosses So’es p.r ces bulles, Je n’ay pas laissé&#13;
667 cepend.’ de mettre Sur le compte du Sem.re 2436. 11.s&#13;
668 dont JeSuis demeuré redevable au Chapitre au&#13;
669 1.er may de cette année par le compte que Je&#13;
670 lui envoie et Je l’ay fait p.r me faciliter le&#13;
671 paiement des lettres de change que J’ay a paier.&#13;
672 Vous trouverez dans ma recette que J’ay receu de&#13;
673 Mgr de Quebec les 600.# p.r le billet de M. Maudou,&#13;
674 mais M Maudou que vous apprehendez estre de&#13;
675 retour de lacadie, et qui Selon toutes les aparences&#13;
676 prendra quelq.’ establissemen’ en france, m’a demandé&#13;
677 Si vous ne maviez pas escrit la So’e que vous lui&#13;
&#13;
�678 deviez dit il; Je lui ay repondu que vous ne m’en&#13;
679 aviez rien escrit, et Jl m’a temoigné Sur cela que&#13;
680 vous lui deviez une So’e fort considerable, dont&#13;
681 Jl dit avoir unbillet de vous, et quil me prioit&#13;
682 de vous representer quil avoit besoin de ce fonds&#13;
683 p.r faire Ses affaires. Je lui ay promis de vous en&#13;
684 escrire cela vient fort mal a rembourser dans&#13;
685 un temps co’e celui cy, Peut estre ne refusera til&#13;
686 pas que Je lui offre de lui en paier la rente au&#13;
687 retour des vaiss.x Si vous le trouvez apropos et&#13;
688 Si vous nestes pas en estat de le lui rendre,&#13;
689 Jusqu’a ceque vous Soiez en etat de le faire. En ce cas&#13;
690 Jl faudroit que vous envoiassiez une promesse de&#13;
691 lui paier la rente de cette S’oe Jusquau Jour du&#13;
692 remboursement. Je ferois mon possible p.r lef.re&#13;
693 attendre Sur ce pied quelques anneez.&#13;
694 J’ay esté bien aise de reçevoir de M’gr de Quebec&#13;
695 les 1200.# p.r trois annéez des Escoles. c’est en recev.t&#13;
696 cette So’e et celle cy dessus Sans bourse delier, que&#13;
697 ce Prelat en est resté redevable de 1800. et tant de&#13;
698 livres apres lui avoir paié les 2000.# du chapitre&#13;
699 eschus a Pasques dernier. mais Jl nous est Survenu&#13;
700 une difficulté p.r lescheance de cette fondation de&#13;
26.&#13;
&#13;
701 400.# p.r les Ecoles. Mgr de Q. pretend que quoique&#13;
702 la fondation Soit faite de fevrier 1699 ou Jan.er&#13;
703 cependant on n’a commencé a tenir les escolesque&#13;
704 vers Son retour en france en octobre 1700. aiez la&#13;
705 bonté de menvoier de bonnes attestations dutemps que&#13;
706 les escoles ont commencé, et que ces attestations Soient&#13;
707 donnéez par M valet ou par M dela Colombiere,&#13;
708 ou du moins par M Du Pré curé.&#13;
709 Je vous avoüe que Je n’ay pas esté peu Surpris dela&#13;
710 So’e que vous avez tiré Sur moy en lettres de change,&#13;
711 Scachant l’avance ou Jestois p.r le Sem.re car quoique&#13;
712 Je fasse ces avances par le moyen de plus.rs petites So’es&#13;
713 appartenantes a plus.rs personnes qui me prient de&#13;
714 leur garder les uns 800.# les autres 500.# les autres&#13;
715 cent escus, cependant Je n’ay pu pousser a uneSi&#13;
716 grosse avance qu’en me Servant encore des deniers&#13;
717 du Sem.re de Paris et dautres que J’ay a ma disposition,&#13;
718 or Je ne puis estre Si longtemps dans ces avances.&#13;
719 Je vous avois mandé que Je toucherois les 4000.# p.r&#13;
720 n’re Jncendie, et que M Labbé de Brisacier me faisoit&#13;
&#13;
�721 esperer 6000.# p.r les questes. ala bonne heure que&#13;
722 vous eussiez tiré Sur moi dix mil livres, mais quatorze&#13;
723 cela est exorbitant.&#13;
724 Dans Letat present ou Sont les choses, Je ne vois pas&#13;
725 apparence que p.r lannée prochaine vous puissiez&#13;
726 esperer que Je vous fasse dix mil livres, Soit pour&#13;
727 laccomplissement des factures, Soit p.r des lettres de&#13;
728 changes, Encore me trompaije fort par le calcul&#13;
27.&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
729 que Je viens de faire, car Je n’ay que les 4000 p.r&#13;
730 LJncendie a toucher les 2000.# deMgr Lancien au&#13;
731 tresor roial, et 1500.# Sur LEvesché-Daire. cela ne&#13;
732 fait que 7500.# ainsy Je ne compte vous pouvoir&#13;
733 faire toucher a tout aller que 8000.# en factures&#13;
734 ou lettres de change, car Jauray outre cela a&#13;
735 paier la facture de M Grignon et plus.rs autres&#13;
736 menus frais et cepend.’ Je ne laisseray pas&#13;
737 destre encore beaucoup en avance p.r le Sem.re,&#13;
738 quand Je recevrois de M Labbé de Britacier&#13;
739 le Surplus de ce quil a promis p.r la queste qui&#13;
740 iroit a prez de 3000.# car p.r ce que Je recevray du&#13;
741 chapitre vous n’y devez pas compter puis qu’au&#13;
742 contraire, Jlnous faudra emprunter p.r ces bulles&#13;
743 Je vous Supplie tres instamment, Monsieur de me&#13;
744 mesnager un peu, de ne pas me pousser a bout&#13;
745 Sur cela, et davoir esgard a ce que Je vous represente&#13;
746 Ne croiez pas quil Soit facile de tirer de largent&#13;
747 et den trouver a emprunter, C’est asseurem.’ ceque&#13;
748 nous ne trouverions pas dans ce temps cy, chacun&#13;
749 Serre Son argent, où onlemet a de gros Jnterests&#13;
750 Surle Roi ou Sur les financiers, mais on ne preste&#13;
751 pas a un interest ordinaire Si aisement.&#13;
752 Je vous envoie presque tout ce que vous m’avez&#13;
753 demandé dans la facture, Je n’ay retranché que&#13;
754 quelques bagatelles, mais Je vous asseure que Si&#13;
755 Jeusse Sceu en fevrier que J’ay assemblé ce que Je&#13;
756 vous envoye quil n’y eust qu’un Seul vaisseau&#13;
757 qui allast a Quebec, je ne Scay Si Jaurois hazardé&#13;
758 toutes ces choses. car Je vous avoüe que Je Suis&#13;
759 dans une grande crainte que tout cela ne Soit&#13;
760 perdu mon Dieu que Seroit ce Si apres Notre perte&#13;
761 Nous venions encore a perdre nos ballots. Jl faut&#13;
762 estre prest a tout ce que la volonté de Dieu en voudra&#13;
&#13;
�763 disposer.&#13;
764 Mad.’ De la motte ango m’a chargé de vous envoier&#13;
765 un Breviaire. Je vous en envoye un en maroquin&#13;
766 noir, et un semblable p.r M Du Pré en veau le 1.er&#13;
767 est dans le ballot N.°3. et lautre dans le ballot&#13;
768 N.°8.°&#13;
769 Les Parens de m Calon nem’ont pas encore rien demand[é]&#13;
770 des revenus que J’ay receu deSon benefice Sils vouloient&#13;
771 m’en faire rendre, Je me deffendrois en exposant quil&#13;
772 a esté entretenu Sain et malade et enterré aux depans&#13;
773 du Sem.re de Quebec. Nous n’avons point trouvé de&#13;
774 lui de testament. N’en auroit il rien laissé ou&#13;
775 quelquindice parmi Ses papiers en canada Je&#13;
776 vous prie de m’en mander des Nouvelles.&#13;
777 C’est bien dommage que vous ne maiez mandé&#13;
778 cette mort de bonne heure, et que vous naviez pris&#13;
779 quelques precautions p.r empescher que dautres ne&#13;
780 lescrivissent, un M. Simon prestre de montreal&#13;
781 la mandée a Dijon a M. Compasseur. Et par ce&#13;
782 moyen, M. LEveq.’ de meaux la Sceu qui a dispos/&#13;
783 de la chapelle en faveur de M Lab. Bossuet Son&#13;
784 neveu p.r composer un des grains de Son chapelet&#13;
785 de Benefices. Et par ce moyen Nous avons laissé&#13;
786 eschaper cette chapelle qui valoit la peine destre&#13;
787 conservée, car elle vaut pres de 500.# dans les bonnes&#13;
29.&#13;
&#13;
788 annéez. Jl faut benir Dieu de tout.&#13;
789 On envoie cette année des Premontrez a Lacadie;&#13;
790 mais Je crains que quoique le ministre donne a&#13;
791 larges mains p.r cet etablissemt, qu’on n’ait de lapeine&#13;
792 a le faire. Dailleurs Japprehende que ces Mess.rs&#13;
793 nenvoient en ces quartiers la leurs Sujets qui&#13;
794 auroient fait parler d’eux en france; c’est ce qui&#13;
795 perdroit cette colonie.&#13;
796 Je mande a M Le veyer de S’en revenir dans Sa&#13;
797 famille; Je compte quil reviendra cet automne.&#13;
798 Mgr de Q. m’a dit avoir recommendé a M valet&#13;
799 de ne vous point inquieter Sur ce qui pouroit avoir&#13;
800 a pretendre au chapitre. Je mande a M. Glandelet&#13;
801 la diposition ou l’on est de reduire les chanoines a&#13;
802 Six. Sur ce pied Mgr compte que M valet&#13;
803 naura rien a y pretendre, puisquil ne Sera pas des&#13;
804 Six premiers qu’on doit conserver, preferablem’&#13;
805 a tous les autres. Jl est ridicule a M valet qui&#13;
&#13;
�806 nassiste point a l’office de rien pretendre a ces&#13;
807 revenus qui Sont Si modiques. Dailleurs Je ne Scay&#13;
808 Si on paye entierem.’ les Bulles, Sil y aura rien&#13;
809 a partager dicy a douze ou quinze ans.&#13;
810 Nous n’avons pas cru Suivant votre Sentiment devoir&#13;
811 nous mesler de ces Dixmes p.r Nos curez, et J’ay&#13;
812 mandé a M Glandelet que pour que nous en&#13;
813 parlassions, Jl faudroit que par Exe Les Curez&#13;
30.&#13;
&#13;
31.&#13;
&#13;
814 de Beauport de la coste de beaupré de LJsle, de Batiscan,&#13;
815 et autre Se joignissent ensemble au moins au Nombre&#13;
816 de quatre ou cinq qu’ils envoissent une procuration&#13;
817 le nom en blanc p.r ceSujet, et quils commençassent&#13;
818 par en parler a M De Calliere et M L’Jntendant,&#13;
819 et quensuite Jls chargeassent quelqu’un d’en&#13;
820 presenter un placet a M De Pont chartrain&#13;
821 Mgr de Q a qui Jl conviendroit d’en parler&#13;
822 nose le faire, et Jl Seroit ravi que nous prissions&#13;
823 cela Sur Nous p.r nous rendre odieux aux peuples.&#13;
824 J’ay escrit a M. Glandelet quil ne falloit pas que&#13;
825 nous esperassions qu’on mist Sur letat les 4000.#&#13;
826 p.r n’re Jncendie Je n’y vois nulle aparence&#13;
827 Nous n’avons osé proposer de rendre perpetuelle p.r&#13;
828 le Sem.re de Quebec la pension de 2000.# que Le Roi&#13;
829 donné a M’gr Lancien Sur le tresor roial Nous&#13;
830 aurions esté refusez.&#13;
831 Jenvoye a M Petit l’horloge que vous m’avez&#13;
832 demandée, Elle est dans nos balots.&#13;
833 Je me Suis chargé avec assez de peine duSoin de nos&#13;
834 hospitalieres de lhopital g’nal, quelq.’ estime et&#13;
835 quelq.’ respect que J’aye p.r elles. car Je vous avoüe&#13;
836 que la pelotte daff.res augmente tellem.’ quelle&#13;
837 maccable. Les leurs ne Sont rien cependant&#13;
838 cela ne laisse pas de demander des Soins et de&#13;
839 m’ambarasser avec tout ce que J’ay deja&#13;
840 M’gr de Q. m’en a aussi fort pressé et a voulu&#13;
841 qu’en mesme temps Je me chargeasse de paier&#13;
842 a M Grignon deux lettres de change qu’a&#13;
843 tirée la m S.t Augustin de 1100.# et co’e&#13;
844 La rente que Je dois recevoir p.r l’hopital&#13;
845 g’nal ne monte qua 1051. Jl m’a donné 49.#&#13;
846 p.r paier ces lettres de change. J’en ay aquité&#13;
847 une, Sur les Six mois de cetterente qui escheront&#13;
&#13;
�848 a la fin de Juin, et que J’ay receu ce mois cy.&#13;
849 Jacquiteray lautre au mois doctobre prochain&#13;
850 quand Jauray touché les Six d.ers mois de cette&#13;
851 année, J’ay depensé Seulem’ p.r elles 5.# p.r le&#13;
852 depost de leur procuration et deux expeditions,&#13;
853 lune p.r lepaieur et lautre p.r moy et 20. de faux&#13;
854 frais dequitances, et perte dargent dont Je me&#13;
855 rembourseray Sur ce que Je toucheray p.r elles&#13;
856 lannée prochaine. J’ay acquité la derniere de&#13;
857 ces deux lettres, et elles Sont paiéez toutes des deux.&#13;
858 vous en pouvez asseurer la m S.t augustin&#13;
859 mais Jl faut quelles ne comptent par demie&#13;
860 année que 525.# 10.s et quelles ne les tirent&#13;
861 Scavoir la1.ere dans le 15.e may. La 2.de dans&#13;
862 le 15.e octobre de lannée 1704.&#13;
863 vous verrez par mon compte que Je n’ay&#13;
864 pas receu daumosne 2500.# en tout. Je lavois&#13;
32.&#13;
&#13;
M.&#13;
Gaulin&#13;
&#13;
865 preveu, et que nos Mess.rs nauroient pas le&#13;
866 temps de S’y appliquer. Ceux que nous pensions&#13;
867 devoir donner nont pas donné et nous avons&#13;
868 receu de ceux a qui nous ne pensions pas.&#13;
869 Jl poura venir encore quelq.’ chose mais cela&#13;
870 nira pas loing.&#13;
871 Nous avons receu le 6. Juin un paquet de lettres&#13;
872 assez gros de M Gaulin qui nest parti au&#13;
873 Port roial qu’au commencem’ de Janvier.&#13;
874 Ces lettres de M Gaulin Sont tout a fait raison&#13;
875 nables, J’ay dressé le memoire dont Je vous&#13;
876 envoie copie, et au bas la reponse de M.&#13;
877 De Pont chartrain, Ce ministre auroit accorde&#13;
878 plus que Je n’ay demandé, aux Jesuites, Sils&#13;
879 avoient co’e M Gaulin, consevé leurs Sauvages&#13;
880 dans lobeissance du Roi Sa majesté en a&#13;
881 esté tres contente a ce Sujet. On m’a appris que&#13;
882 les Sauvages du P. Raale Se Sont accomodez&#13;
883 avec les anglois. Si les notres en avoient&#13;
884 fait autant nous de Serions propres qua bruler&#13;
885 Mgr de Q. promet daider ce mission.re&#13;
886 mais Je n’y fais guere de fond. Le Roi fait&#13;
887 present d’une gratification de 300.# a M Gaulin&#13;
888 p.r paier Ses dettes, et M De Pont ch. fait esperer&#13;
889 qu’on verra lannée prochaine ce que l’on&#13;
890 poura faire p.r lui.&#13;
&#13;
�891 Je crois vous devoir mander que nous avons&#13;
33.&#13;
&#13;
892 obtenus la continuation de nos 4000.# p.r n’re&#13;
893 Jncendie et des 3000.# p.r La Louisiane misissipi Je fis conven/&#13;
894 M. de Pont ch. en lui parlant et lui demandant&#13;
895 de mettre les 4000.# Sur l’etat quil falloit du moins&#13;
896 50. ans de ces 4000.# p.r nous retablir, mais Jl n’y&#13;
897 a pas apparence quon obtienne de les mettre&#13;
898 Sur L’etat. On nous a accordé aussi dufret, mais&#13;
899 d’une certaine maniere que Je ne Scay Si nous&#13;
900 en pourons jouir. On ne nous a rien accordé&#13;
901 p.r la formation des Sujets, Je m’y Suis attendu&#13;
902 on n’a rien fait p.r M.r Galifet et de Longueil&#13;
903 quoiq.’ M DJberville ait fort agi p.r M. de Longueil&#13;
904 et fait agir certaines personnes pardes veües de&#13;
905 recompense, au moins ace que Je croy,&#13;
906 Je ne Scay Si nous ne vous envoierons pas Mons.&#13;
907 Calvarin Prestre Breton, qui est un bon Sujet p.r&#13;
908 remplir une de vos missions francoises. Nous avions&#13;
909 dessein de lenvoier a la Louisiane, mais nous&#13;
910 avons pensé quil auroit peine a apprendre une&#13;
911 langue Sauvage mais ces frais de voiages p.r&#13;
912 lui et M Du Pré Se feront encore a nos depens&#13;
913 et nous ne Sommes guere en etat de les faire&#13;
914 ce qui nous obligera de faire partir M Calvarin,&#13;
915 ce Sera M. Du Pré neveu de M LeCuré que&#13;
916 nous ne Scaurions nous resoudre de vous envoier&#13;
&#13;
34.&#13;
&#13;
917 Seul, nestant pas Prestre, car nous n’avons&#13;
918 pas creu devoir Si promptem.’ le faire ordonner&#13;
919 et nous Sommes persuadez quil est de Son&#13;
920 bien quil recoive les ordres en canada&#13;
921 Dieu aura co’e Je lespere conservé M’gr&#13;
922 L’ancien p.r le promouvoir aux ordres.&#13;
923 Nous avons obtenu passage dans le vaisseau&#13;
924 du Roi p.r deux Ecclesiastiques, et Jespere&#13;
925 quils Seront bien Sous le commandement&#13;
926 de M. de Bauharnois.&#13;
927 Je persiste a vous conjurer avant que de&#13;
928 finir cette lettre de ne pas me tirer lannée&#13;
929 prochaine au dela de huit ou tout au plus&#13;
930 de dix mil livres p.r le Sem.re de Quebec, Soit&#13;
931 en factures, Soit en lettres de change, Ne&#13;
932 vous flattez pas quil n’y aura qu’a emprunter&#13;
&#13;
�933 car nous Sommes dans un Si mauvais temps&#13;
934 que nous ne trouverons pas a emprunter,&#13;
935 dautant plus que l’employ ne vaut rien, et&#13;
936 que c’est p.r un Sem.re brulé dans la Nouvelle&#13;
937 France, et quand le Sem.re de Paris Sobligeroit&#13;
938 p.r celui de Quebec, ce que Je ne Scay Si on&#13;
939 maccorderoit au Sem.re y ayant quelques&#13;
940 personnes qui auroient peine a le faire,&#13;
35.&#13;
&#13;
941 Je ne croy pas mesme quavec cela, on trouvast&#13;
942 de l’argent. Tous ceux qui en ont a present&#13;
943 lefont valoir a des deniers usuraires a la&#13;
944 caisse des emprunts et ailleurs, ou ils Sont&#13;
945 toujours maitres de retirer leur fond et tirent&#13;
946 cependant huit et dix p.r cent de profit. ce&#13;
947 desordre va bien loing dans Paris, et les&#13;
948 caSuistes exacts noseroient presque Seslever&#13;
949 contre un abus qui a tourné universellem’&#13;
950 en usage.&#13;
951 Jl faut finir cette lettre deja assez longue&#13;
952 et vous prier de me continuer le Secours de&#13;
953 vos prieres et de vous Souvenir de moy au&#13;
954 S.t Sacrifice. Jespere trouver quelq.’ moment&#13;
955 de loisir p.r repondre a la lettre de pieté que&#13;
956 vous mavez fait la grace de m’escrire. Je&#13;
957 vous en remercie par avance et puis vous&#13;
958 asseurer quelle me fait beaucoup de bien,&#13;
959 et Je vous prie de me continuer Secours.&#13;
960 Je Suis avec tout lattachement le plus tendre&#13;
961 etleplus respectueux Monsieur votre&#13;
962 tres humble obeiss.’ Serviteur.&#13;
963 ce 15 Juin 1703&#13;
Tremblay&#13;
964 Jenvoie p.r tout duplicata une lettre de M&#13;
965 Buisson ou J’ay enfermé copie de mes comptes,&#13;
966 p.r le Sem.re p.r le chapitre de la facture &amp;&#13;
967 et Je pouray de mettre ce paquet dans un&#13;
968 autre vaisseau que la Seine en ce quil en aille&#13;
969 en Canada.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 39&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 11 mai-15 juin 1703)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris rapporte au supérieur du Séminaire de Québec qu’il a touché 11 000 livres au Trésor royal, grâce à la générosité du Séminaire de Paris. Il dit qu’il a reçu peu d’aumônes pour la quête qu’il a faite, à cause de la misère des temps et des Jésuites, qui ont répandu que le Séminaire était rétabli et riche. Il a payé les lettres de change tirées par les missionnaires du Mississippi, mais pas sur toutes leurs factures. Il exprime ses doutes sur la mission de Bergier aux Tamarois, qu’il voudrait abandonner aux Jésuites. Il dénonce la conduite des Jésuites, qui cherchent à s’approprier les missions du Mississippi et à se soustraire à l’autorité de l’évêque de Québec. Il dit qu’ils ont obtenu de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, le pouvoir d’être curés de La Mobile, et qu’ils ont sollicité le roi et son ministre pour être seuls dans ces pays. Il raconte les combats qu’il a eus à soutenir contre eux et les calomnies qu’ils ont répandues contre le Séminaire. Il se plaint de la faiblesse de Saint-Vallier, qui change souvent d’avis, et de la prévention du roi en faveur des Jésuites.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11998" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 39&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11996" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11997" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 12 avril 1706)&#13;
&#13;
12 avril 1706&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous écris, par le vaisseau de M. Jolliet, cette première lettre, ces premiers jours&#13;
d’avril, pour vous donner promptement de nos nouvelles. Nous croyons avoir&#13;
reçu toutes vos lettres et celles de nos Messieurs, soit par M. de La Colombière et&#13;
M. Dupré, soit par les autres voies par lesquelles vous nous avez écrit. Les&#13;
premières que nous reçûmes, ce fut par le Neptune, qui arriva le premier et nous&#13;
apporta la triste nouvelle de notre second incendie. Ce fut par la lettre de&#13;
Mgr l’Ancien à M. l’abbé de Brisacier, qui vint par la poste, et nous fut rendue vers&#13;
le 15 de décembre. J’étais alors plongé dans une grande affliction de la mort de&#13;
M. de Louche, qui était un séculier parent de M. l’abbé Tiberge, qui m’aidait dans&#13;
nos affaires et était toute ma ressource. Il mourut subitement, sans même recevoir&#13;
l’absolution entre nos bras, ce qui nous fut très douloureux. J’avais une autre&#13;
tristesse de voir manquer le voyage de M. Gervaise au Mississippi et celle-là&#13;
survenant par-dessus fit en moi une telle impression de tristesse que je crois devoir&#13;
attribuer la maladie qui m’arriva à la fin de décembre à ces afflictions et au surcroît&#13;
de travail et de peine que j’eus dans ce mois-là ; mais pour prendre les choses de&#13;
plus loin, je vais vous mander ce qui est arrivé depuis le départ des navires et ce&#13;
qu’il faut vous apprendre de la disposition où je vois ces affaires.&#13;
M. l’évêque de Québec est toujours prisonnier en Angleterre. Il est très indisposé&#13;
contre nous, de ce que M. l’abbé de Gergis n’a pas été nommé son coadjuteur. Il&#13;
nous l’attribue, quoique nous n’en soyons pas la cause. Il ne m’a écrit depuis ce&#13;
temps-là que d’une manière très dure et qui fait sentir son aigreur et son&#13;
indisposition. Il n’y a nulle apparence que nous le revoyons en France qu’à la paix.&#13;
Cependant, on parle d’échanges de prisonniers, mais comme on commande&#13;
toujours M. Méan1 et que l’on ne le rendra jamais, il y a sujet de craindre qu’on ne&#13;
&#13;
Jean-Ferdinand de Méan de Beaurieux (1647-1709), ecclésiastique, appelé le baron de Méan, il était proautrichien et considéré ennemi de l’État français.&#13;
1&#13;
&#13;
�retienne longtemps le prélat. Il y a pourtant quelque sujet de croire que si M. le&#13;
duc de Vendôme avait jugé à propos d’échanger les prisonniers du duc de Savoie,&#13;
que nous avons en grand nombre, on aurait obtenu l’échange de Mgr de Québec&#13;
contre quelqu’un d’eux. Mais M. le duc de Vendôme a demandé au roi de ne&#13;
rendre aucun officier du duc de Savoie de cette campagne-ci, parce qu’on suppose&#13;
qu’on achèvera cette année de le ruiner de fond en comble.&#13;
J’ai eu le malheur de perdre, ce mois d’août 1705, un procès pour l’abbaye de&#13;
Méobecq contre M. de Tencosme, qui est un seigneur voisin, faute d’avoir produit&#13;
des titres que je n’ai pu trouver pour une redevance de 18 setiers de blé due au&#13;
prieuré d’Abilly. On me fait tous les jours espérer de retrouver ces titres, mais je&#13;
ne sais si on me tiendra parole. Cela m’a donné bien du déplaisir, après bien du&#13;
mal que la poursuite de ce procès m’avait causé.&#13;
M. d’Iberville ayant obtenu cet été de la cour tout ce qu’il espérait pour l’entreprise&#13;
qu’il avait eu dessein de faire il y a deux ans et qui échoua, il s’est disposé cet&#13;
automne à aller ou envoyer un vaisseau à la Louisiane. Cela nous a engagé de&#13;
reprendre avec M. Gervaise les projets qu’il avait faits pour ce pays-là ; car comme&#13;
M. de La Vente, par ses lettres, nous laissait entrevoir qu’il y aurait du bien à faire&#13;
aux Chactas et Chicachas et que M. Gervaise était en état d’y entretenir une&#13;
mission de son bien. Nous y trouvions un grand avantage pour la religion. Je fus&#13;
donc le voir au mois d’octobre. Nous prîmes nos mesures pour son départ. Il&#13;
emportait avec lui pour 7 000 ou 8 000 livres de bonnes hardes comme linge,&#13;
tapisserie, draps et qu’il espérait vendre aux îles pour en acheter deux ou trois&#13;
nègres et avec trois autres domestiques français qu’il emmenait et un missionnaire&#13;
que nous lui donnions. Il espérait mettre dans peu cette mission qu’il allait&#13;
entreprendre en état de se passer du recours en France et ce solide établissement&#13;
aurait disposé peu à peu à en faire de pareils dans les autres endroits ; mais comme&#13;
M. l’abbé Gervaise n’avait pas d’argent comptant, il me fallut lui en avancer pour&#13;
cette entreprise, que je considérais comme un moyen d’affermir ces missions. Il me&#13;
fallut même payer pour 2 000 livres de dettes qu’il avait contractées et dont il fallait&#13;
qu’il se débarrassât.&#13;
&#13;
�Il partit ainsi de Tours au 15 novembre. J’avais fait partir les ballots pour les autres&#13;
missionnaires au mois d’octobre et celui que devait lui servir de confrère, les&#13;
premiers jours de novembre. On me faisait espérer que les vaisseaux partiraient le&#13;
22 de novembre et s’ils étaient partis alors, tout aurait réussi. Le ministre nous&#13;
avait enfin accordé, pour M. de La Vente et son confrère, 1 500 livres par an et pour&#13;
nous dédommager des années passées, il nous avait fait expédier une ordonnance&#13;
de 4 500 livres pour les années 1703, 1704 et 1705. C’était dans cette espérance que&#13;
j’avais accepté une lettre de change de 700 livres tirée par M. de La Vente et que je&#13;
lui avais envoyée et qu’il m’avait demandée ; mais dans le temps que j’étais accablé&#13;
de la mort de M. Louches, notre homme d’affaires, et que pour surcroît j’appris le&#13;
deuxième incendie de Québec, j’appris pour comble que le roi avait donné ordre&#13;
d’empêcher le voyage de M. l’abbé Gervaise, parce que son oncle, nommé le&#13;
P. Aubereau de Sainte-Geneviève, pour l’empêcher d’aller dans ces missions,&#13;
l’avait fait passer pour un étourdi et pour un brouillon, en sorte que quoique nous&#13;
allassions présenter au ministre le tort qu’on faisait à ces missions par cet obstacle,&#13;
nous ne pûmes rien obtenir et il a fallu rompre tout ce projet. Le prêtre qui devait&#13;
l’accompagner est allé seul là-bas, avec un domestique pour le servir, et&#13;
M. Gervaise, qui avait fait embarquer ses meubles et n’a pu les retirer, a fait suivre&#13;
ses meubles par son valet, qui doit les aller vendre s’il peut dans les îles. Mais cette&#13;
entreprise m’a engagé dans des dépenses bien plus fortes pour la Louisiane que je&#13;
n’espérais en faire, car ce départ du missionnaire, qui devait accompagner&#13;
M. Gervaise, est retombé sur nous, en sorte que je crois que la dépense pour ces&#13;
missions monte à près de 5 000 livres faites l’an passé et je n’espérais en dépenser&#13;
que 3 000 livres. Il est vrai que ce missionnaire, que l’on nomme M. Lemaire et qui&#13;
est connu de M. Calvarin, ayant demeuré longtemps dans notre Séminaire à Paris,&#13;
a laissé quelques livres au Séminaire pour les lui envoyer, en cas qu’il s’accoutume&#13;
bien dans ces missions ; car j’en doute un peu et je crains qu’il ne soit de dépense.&#13;
Il était fort bien établi à Saint-Barthélemy, sa paroisse à Paris, où il avait un grand&#13;
nombre de pénitents et pénitentes et y était assez goûté. Il a assurément quitté&#13;
beaucoup pour aller là, mais je l’aurais cru fort propre en second sous M. Gervaise&#13;
et je ne sais si étant seul il fera bien.&#13;
&#13;
�Outre cette augmentation de dépense pour nous, je me suis encore engagé dans de&#13;
grandes avances pour M. Gervaise pour la même entreprise, car il me doit près de&#13;
5 000 livres pour cette entreprise. Il aurait voulu que, pour m’en payer, j’eusse pris&#13;
un contrat de pareille sorte sur l’hôtel de ville, mais je ne puis m’en accommoder.&#13;
Si son valet revient heureusement, il pourra me rembourser une partie. Il lui a fallu&#13;
bien de la vertu pour soutenir cette épreuve et il est une plaie, qui n’est pas encore&#13;
fermée à l’heure que je vous écris ceci. Il est revenu, par notre conseil, dans son&#13;
bénéfice, dans le dessein, si l’on peut ôter les impressions qu’on a donné de lui au&#13;
roi, de reprendre ce dessein. Sans cela, il se serait retiré dans quelque solitude. Il&#13;
m’a témoigné avoir envie de fonder de son bien une mission dans ces pays-là et&#13;
de donner un revenu de 500 livres pour cela après sa mort. Il n’a qu’une sœur, qui&#13;
est une fille de vertu, fort résolue de ne se jamais marier, qui avait enfin par piété&#13;
consenti à cette entreprise et qui a eu bien de la douleur du déplaisir que son oncle&#13;
a causé à son frère.&#13;
M. de La Colombière et M. Dupré sont arrivés heureusement, après avoir couru&#13;
bien des risques en arrivant en France. Nous avons invité M. de La Colombière à&#13;
venir demeurer chez nous et il nous a fait l’honneur de l’accepter. Mais nous ne&#13;
prévoyons pas que son voyage puisse avoir aucun bon succès, à cause de la triste&#13;
situation où sont les affaires, car, dans l’état où tout est en France, il ne faut pas&#13;
espérer un secours plus fort que celui de 4 000 livres à l’ordinaire pour notre&#13;
incendie et c’est beaucoup ; et quant à ce projet de demander un bénéfice au roi,&#13;
comme une abbaye, et pour l’unir, quand M. le gouverneur et M. l’intendant vous&#13;
ont proposé ce projet, c’est que cela ne leur coûtait rien et vous jetait de la poussière&#13;
aux yeux, mais ils n’y peuvent tout, tant qu’ils sont rien du tout et la chose n’est&#13;
nullement faisable ainsi. Je ne vois pas quelle utilité le voyage de&#13;
M. de La Colombière apportera, car quant aux charges du pays, qui n’ont pas été&#13;
payées l’an passé, ce ne sera pas lui qui trouvera moyen de les faire payer. Nous&#13;
sommes ici très édifiés de son zèle et en particulier de son affection pour vous&#13;
procurer du soulagement, mais il voit bien qu’il n’y a rien à faire. Il a été très mal&#13;
reçu de M. Pontchartrain, qui était pour lors dans sa mauvaise humeur. Il est allé,&#13;
depuis un mois, au Havre-de-Grâce voir, M. l’intendant et Mme son épouse et doit&#13;
revenir avec lui à Paris, où je l’attends tous les jours. Ce qui l’a engagé à ce voyage,&#13;
c’est que M. l’intendant lui a mandé que M. de Pontchartrain lui avait envoyé tous&#13;
&#13;
�les mémoires du Canada pour avoir dessus son avis. Il a cru donc rendre service à&#13;
la colonie d’aller raisonner sur tout cela avec lui au Havre. Je crois qu’ils seront ici&#13;
au premier moment.&#13;
Je ne sais quelles mesures on prendra pour régler les affaires de la Compagnie de&#13;
Canada, qui est dans le plus mauvais état que l’on puisse s’imaginer. On propose&#13;
deux parties. La première, de faire acheter l’ancienne masse de castors par les&#13;
chapeliers de Paris, qui en offrent 600 000 livres et compris tout ce qui est en France&#13;
et laissent la liberté de vendre comme on voudra celui qui est en Canada et ensuite&#13;
le castor ne serait plus en partie, mais chacun aurait la liberté de l’envoyer en&#13;
France et le vendre comme on voudrait ; mais pour exécuter ce projet, il faudrait&#13;
que le roi payât plus de 300 000 ou 400 000 livres pour acquitter les dettes de la&#13;
colonie du Canada, ce qui est demander actuellement l’impossible. La seconde&#13;
proposition est faite par M. Aubert de Hollande, qui propose d’acheter tout le&#13;
castor qui est en France et en Canada à très vil prix et offre de payer [une] partie&#13;
des lettres de change et de faire consommer ce castor et celui qui viendra de&#13;
Canada en six ans, pourvu qu’on n’en apporte qu’une médiocre quantité, en sorte&#13;
qu’après ces six ans, le pays ait ensuite la liberté du commerce. Augusta sunt&#13;
undique2. Je ne sais quel parti on prendra, mais je sais que certainement on ne paiera&#13;
pas la lettre de change de 600 000 livres que M. Buisson m’a envoyée à prendre sur&#13;
cette Compagnie pour paiement de parties des charges, car les agents de change&#13;
n’en veulent accepter aucune.&#13;
Ce sont tous ces embarras de la colonie du Canada qui obligeront&#13;
M. de Pontchartrain à recevoir si mal M. de La Colombière, qui venait pour lui&#13;
représenter les misères de ce pays-là, car ce ministre lui dit que le roi devait&#13;
abandonner ce pays, qui ne lui était d’aucune utilité et ne lui causait que de&#13;
l’embarras et de la dépense, que les plus courtes folies étaient les meilleures, qu’on&#13;
avait engagé Sa Majesté dans de très grosses dépenses pour ce pays-là et qu’elle&#13;
n’en pouvait plus faire. Nous ne croyions pas cependant que le roi veuille encore&#13;
abandonner, comme ce ministre le dit, cette colonie, mais il ne faut pas espérer de&#13;
lui de secours en ce temps-ci. Nous n’avons pas ouvert la bouche sur votre&#13;
incendie depuis que nous le savons, car comme on vous a mal traité en Canada,&#13;
2&#13;
&#13;
Les grandes choses viennent de tous les côtés.&#13;
&#13;
�on vous maltraite aussi ici et il faut entrer dans des justifications sur votre&#13;
conduite, qui n’opèrent rien. On vous taxe de négligence de prendre si peu garde&#13;
à des ouvriers et nous avons beau dire, cela ne sert pas à procurer des aumônes ;&#13;
ce qui fait que nous restons dans le silence. Je n’ai reçu pour votre incendie qu’une&#13;
aumône de 300 livres d’une pénitence de M. l’abbé de Brisacier et 106 livres d’un&#13;
vicaire de la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois. M. l’abbé de Brisacier en a&#13;
voulu parler à Mme de Maintenon, qui s’est excusée même d’accorder une quête&#13;
à Versailles, qui pourrait peut-être produire 100 pistoles ; si bien que nous sommes&#13;
résolus de ne pas ouvrir la bouche, c’est à vous à vous modérer dans vos dépenses&#13;
et à retrancher ce que vous pouvez retrancher pour vous rétablir.&#13;
Quand il se trouverait aisément un bénéfice vacant, qui fût propre à unir à notre&#13;
Séminaire, ce qui n’est pas aisé à trouver, et que le roi eut assez de bonté pour en&#13;
consentir l’union, à quoi il a beaucoup de répugnance, pour ne pas dépouiller la&#13;
couronne de ses collations de bénéfice, croyez-vous qu’étant aussi mal que nous le&#13;
sommes avec les pères jésuites, ils laisseraient passer cette affaire sans y faire&#13;
obstacle, quand on la pouvait faire sans eux ? Comptez que la plaie que notre lettre&#13;
et nos affaires de la Chine leur ont faite est incurable et qu’elle ne se refermera&#13;
jamais. Ce ne sont pas gens à agir par des principes surnaturels. Ils diront de belles&#13;
paroles et sous-main, rompront bras et jambes. Si vous n’avez d’autre ressource&#13;
pour votre rétablissement, n’en espérez aucun avantage.&#13;
Dans quelle consternation ce nouveau malheur m’a-t-il mis pour vos affaires ! Car&#13;
après vous avoir écrit, comme j’avais fait l’an passé, qu’étant autant en avance que&#13;
j’étais pour vous, je ne pouvais vous envoyer rien cette année, ni payer M. Fleury&#13;
pour ses factures de 1704 et 1705 que je l’avais prié de vous avancer et qui montent,&#13;
comme vous le reconnaissez, à plus de 9 000 livres. C’est, je crois, le chagrin que&#13;
j’en eus qui me causa la maladie que j’eus cet hiver et qui vous surprendra, comme&#13;
elle m’a fort surpris. J’avais beaucoup mareté sur le pavé de Paris ce mois de&#13;
décembre dernier. Le 29 de ce mois, je me sentis le matin une petite douleur au&#13;
pouce du pied droit. Je ne laissai pas de courir toute la matinée. Je rentrai chez&#13;
nous à une heure après-midi avec une plus grande douleur, qui me faisait boiter&#13;
tout bas et étant rentré dans ma chambre, je ressentis pendant deux nuits très&#13;
violemment à ce pouce la douleur de la goutte, ce que je ne pouvais pas croire,&#13;
&#13;
�étant encore si jeune et la vie de Séminaire depuis l’âge de 18 ou 20 ans devant&#13;
m’exempter de cette sorte de mal, mais afin que je n’en doutasse pas, le même mal&#13;
me passa ensuite les deux nuits suivantes au pouce du pied gauche, où je souffris&#13;
des douleurs très vives et ces quatre nuits de douleurs me cassèrent si bien les&#13;
jambes que j’ai été presque tout le mois de janvier sans dire la sainte messe, ne&#13;
pouvant me soutenir, et que je n’ai presque pu sortir de tout l’hiver qu’en voiture,&#13;
sentant bien des douleurs aux pieds et une disposition à retomber pour peu que je&#13;
fasse d’efforts. Ce mal ne me convenait guère et je ne m’y serais jamais attendu,&#13;
mais je vois bien que je n’en suis pas quitte et que puisqu’il me prend si jeune, j’en&#13;
serai dans la suite fortement incommodé et que cela me mettra entièrement hors&#13;
de combat.&#13;
Je vois même que, depuis la première semaine de carême, la même humeur qui&#13;
m’a causé la goutte aux deux pieds s’est jetée sur mon épaule gauche et m’y fait&#13;
de cuisantes douleurs à l’épaule, au côté sous l’aisselle, et en haut de la poitrine&#13;
du même côté et m’ôte même souvent la respiration. Tout cela me rend vieux avant&#13;
l’âge et me fait sérieusement penser à mettre bas les armes et à me retirer du soin&#13;
des affaires, car vous ne sauriez comprendre la douleur que je ressens actuellement&#13;
pour écrire une lettre, à cause de mon mal d’épaule. Je vous avoue que ne pouvant&#13;
par-là souvent vaquer aux affaires dont je suis chargé, je me sens porté à m’en&#13;
décharger. C’est pourquoi j’ai écrit à M. l’évêque de Québec que je le prierais&#13;
d’agréer que je remisse à qui il voudrait les soins, tant de son Hôtel-Dieu que son&#13;
Hôpital [général]. Je serai même peut-être obligé de vous prier d’envoyer une&#13;
autre personne prendre ma place et me permettre de me retirer en quelque petit&#13;
coin pour passer le reste de mes jours en pénitence, dans l’exercice de la souffrance.&#13;
Je ne sais pourquoi M. Charon, sans me consulter, m’a envoyé des procurations et&#13;
m’a prié de me charger de ses affaires. Cela ne me convient nullement dans l’état&#13;
d’infirmité où je suis réduit. Je ne manque pas de bonne volonté, mais quand le&#13;
bon Dieu en ôte le moyen, il faut s’y soumettre. Je n’ai pas laissé de faire plusieurs&#13;
voyages pour chercher ceux qui en étaient chargés et leur faire rendre compte. Ils&#13;
n’avaient aucune des deux ordonnances de M. Charon pour 1704 et 1705. Ils ne&#13;
savaient où ils devaient prendre ces ordonnances. Je les ai, par bonheur, trouvés&#13;
dans les bureaux de M. de Pontchartrain et j’en ai ensuite sollicité le paiement chez&#13;
les deux gardes du Trésor royal de ces deux années. Par bonheur que j’en connais&#13;
&#13;
�les premiers commis, qui m’ont promis tous les deux qu’ils feraient leur possible&#13;
pour me payer dans peu ces deux ordonnances de M. Charon par des billets de&#13;
monnaie de 1 000 livres chacun ! Je me servirai de l’un pour payer une lettre de&#13;
change que M. Charon a tirée sur moi et que M. Buisson m’a envoyée et de l’autre,&#13;
pour payer une pareille lettre de change que M. Charon me mande avoir tirée&#13;
encore sur moi, sans savoir si j’aurais du fonds ou n’en aurais pas. Il est vrai qu’on&#13;
ne me l’a pas présentée, mais j’espère que j’y satisferai.&#13;
J’ai eu bien du chagrin d’avoir à traiter d’affaires en l’absence de M. l’évêque de&#13;
Québec avec M. de La Pallière, qui est plus difficultueux et plus intraitable que lui.&#13;
Ce prélat prétend que nous devons lui payer notre part de ses frais du voyage qu’il&#13;
a fait à Rome, qu’il fait monter à 1 000 écus. Il convient, dans la dernière lettre qu’il&#13;
m’écrit, qu’il n’avait pas dessein de nous les faire payer, mais que ce sont des&#13;
grâces que nous n’avons pas méritées, parce que nous avons cautionné&#13;
M. de La Pallière pour la lettre de crédit que nous lui avons envoyée dans sa&#13;
prison, que M. de La Pallière croit que nous devions payer, quoique nous ne lui&#13;
dussions rien.&#13;
En second lieu, ce prélat veut que je continue à lui payer, même depuis l’obtention&#13;
de la bulle, les 2 000 livres portées par le concordat de 1697, quoique ce prélat&#13;
convienne que ce concordat ne subsiste plus, parce qu’il était fait sous le bon plaisir&#13;
du pape et que le pape ne l’a pas agréé, ayant autrement disposé de ces biens et&#13;
revenus ecclésiastiques ; mais il veut qu’il subsiste pour continuer à lui payer ces&#13;
2 000 livres et qu’il ne subsiste plus pour qu’il paie de 5 parts 3 des frais faits ou à&#13;
faire pour l’obtention de la bulle et sur cela, ce prélat menace de nous faire payer&#13;
la meilleure partie des revenus du chapitre aux trois chanoines, qui ne sont pas du&#13;
Séminaire, et de nous ôter ce que la bulle nous accorde pour les manses monacales&#13;
de Méobecq et Bénévent. Je vous avoue que je le trouve encore plus vif, plus ardent&#13;
et plus mal disposé envers nous qu’il n’a jamais été. Sa prison lui fait écrire de la&#13;
manière la plus dure et la plus désagréable et bien loin d’être touché de nos&#13;
malheurs, s’il pouvait arracher la dernière pierre de notre Séminaire, il le ferait.&#13;
&#13;
�Je lui ai offert et à M. de La Pallière de nous en rapporter à deux avocats. Ils s’y&#13;
donnèrent les mains. Ensuite, M. de La Pallière craignit la dépense de payer ces&#13;
avocats. Après, il me dit qu’il n’avait pas de pouvoir de la part de Monseigneur&#13;
pour traiter cette affaire. Il m’a fatigué sur ces affaires plus que vous ne sauriez&#13;
croire.&#13;
Ce bon M. de La Pallière, qui, en homme de son pays, va droit à sa fin, qui est de&#13;
faire encore plus ses affaires que celles de Mgr de Québec, nous a donné bien de&#13;
l’embarras depuis un an pour avoir sa pension de 500 livres, à prendre sur l’abbaye&#13;
de Bénévent. Comme il ne se rebute de rien, il a fait écrire au pape et aux cardinaux&#13;
par toutes les puissances. Le pape a été ferme à refuser de donner une pension de&#13;
500 livres sur l’évêché de Québec. Il a enfin tant fait par ses menées qu’il en a&#13;
obtenu une de 600 livres sur l’abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer. Ainsi, nous en&#13;
voilà débarrassés par cet endroit-là.&#13;
Mais il a joué un autre tour au prélat cet hiver. Il a vu que ce prélat désirait&#13;
employer les 4 000 livres qu’il a obtenues de gratification du clergé et d’autres&#13;
sommes qu’il serait trop long de vous expliquer à faire une fondation de 900 livres&#13;
ou 1 000 livres par an pour les sœurs de la Congrégation [de Notre-Dame] pour&#13;
établir des écoles en plusieurs lieux du diocèse. M. de La Pallière a pris de cet&#13;
argent ce qu’il en fallait pour se payer des arrérages de 500 livres par an échus&#13;
jusqu’à présent de la pension que Mgr de Québec lui avait promise. Il a ensuite bien&#13;
voulu employer cet argent pour acquérir cette rente, à condition de se réserver sur&#13;
cette rente 400 livres de pension sa vie durant. Ainsi, le voilà muni de 1 000 livres&#13;
par an pour avoir rendu au Canada tous les grands services qu’il lui a rendus. Le&#13;
prélat connaît bien le personnage et c’est un bien que cela lui arrive. Je suis sûr que&#13;
ce grand-vicaire, à présent qu’il se voit garni, cherchera quelque prétexte pour ne&#13;
plus se mêler des affaires de Mgr de Québec et vous me direz avant qu’il soit trois&#13;
ans si je fais de mauvais almanachs.&#13;
J’ai accepté les lettres de change, montantes à 6 300 livres, que vous avez tirées sur&#13;
moi au profit de M. Jolliet, quoique je sois si fort en avance. J’ai aussi accepté celle&#13;
de 500 livres, tirées au profit de M. de Lespinay. Je ne sais après cela comment&#13;
vous pourrez espérer quelque chose pour l’année prochaine, car vous jugez bien&#13;
&#13;
�que pour payer ces lettres de change, je ne pourrai accomplir aucune facture, car&#13;
il m’a fallu résoudre à acquitter à M. Fleury tout ce qui lui était dû de ces deux&#13;
dernières années. Vous jugez bien en quel embarras cela m’a mis. Il est vrai que&#13;
j’ai touché pour près de 8 000 livres des ordonnances des années passées, dont j’ai&#13;
tiré le paiement le mieux que j’ai pu en billets de monnaie. Vous me mandez que&#13;
vous avez écrit à M. de Pontchartrain pour être payé de ces ordonnances et que les&#13;
puissances en écrivent fortement qu’enfin M. de Beauharnois s’y emploiera de la&#13;
bonne manière. Trouvez bon que je vous dise que toutes ces personnes n’y ont que&#13;
peu ou point de pouvoir et que cela ne dépend nullement d’eux. J’ai encore pour&#13;
11 500 livres d’ordonnances de l’année 1705, savoir une de 3 000 livres pour la&#13;
Louisiane, une de 4 000 livres pour l’incendie et une de 4 500 livres pour&#13;
M. de La Vente pour 1703, 1704 et 1705, car nous avons enfin obtenu 1 500 livres&#13;
par an pour lui. Je compte de me faire payer de ces ordonnances dans tout le cours&#13;
de cette année et cependant, je prévois que je serai encore beaucoup en avance&#13;
pour vous, sans avoir acquitté les 6 300 livres payables à M. Jolliet en novembre&#13;
1707.&#13;
À la vérité, voyant votre misère causée par l’incendie, j’ai tâché d’accomplir votre&#13;
facture et celle de M. Buisson, à peu d’articles près, dont je crois que vous pouvez&#13;
vous passer comme les plaques de cuivre, la haire [le cilice] et quelques autres&#13;
choses. J’ai dit à M. Fleury de vous envoyer même pour 300 livres de clous, dont&#13;
je n’ai rien trouvé dans votre facture. C’est tout ce que j’ai avancé au-delà de votre&#13;
facture.&#13;
Nos missionnaires de Paris me grondent de ce que, pour les missions de Canada,&#13;
j’incommode toutes les autres et m’incommode fort moi-même, mais je ne sais&#13;
comment faire autrement. Cependant, je vous avoue que si je vois que vous&#13;
reprenez de vos enfants comme auparavant, vous trouverez bon que je ne vous&#13;
envoie plus rien du tout, non seulement pour eux, mais même pour les&#13;
missionnaires, jusqu’à ce que je sois remboursé de toutes mes avances. Je crois fort&#13;
inutile de réfuter ce que vous et M. Buisson me mandez qu’il peut y avoir du profit&#13;
à prendre ces enfants pour 230 livres du pays. Tous ceux qui m’écrivent du Canada&#13;
et ceux qui en reviennent n’en sauraient parler qu’en levant les épaules&#13;
d’étonnement. J’ai prié M. Fleury de vous envoyer les liqueurs par le Neptune, par&#13;
&#13;
�lequel je compte de vous envoyer cette lettre. Je n’écrirai que celle-là seule, car je&#13;
n’ai pas le loisir d’écrire davantage.&#13;
C’est pourquoi je vous prie de dire à la R. M. Saint-Ignace que par la perquisition&#13;
que j’ai faite, j’ai su que la caisse où étaient toutes les drogues prises l’an passé par&#13;
elles et le ballot d’étoffes que je leur ai envoyé de Bayeux n’ont point été perdues,&#13;
puisqu’on les a mis dans la Notre-Dame de Bon Port, qui est arrivée heureusement&#13;
à Québec. J’en ai les connaissements et M. Berry, à qui ce vaisseau appartient, ne&#13;
peut se dispenser de vous les payer. M. Fleury n’avait rien mis pour elles dans le&#13;
Saint-Jean, comme elles le croyaient. Elles ont eu trop de modération pour ne me&#13;
rien demander cette année, s’en remettant à ce que je pouvais faire. J’ai cru pouvoir&#13;
leur envoyer environ pour 500 livres de drogues d’apothicaire et pour environ&#13;
400 livres d’étoffes de Bayeux. Je leur ai acheté aussi des pièces de voile, de la cire&#13;
d’Espagne et deux livres de cannelle et j’ai remis tout cela au P. Lamberville,&#13;
suivant leurs avis. Ces bonnes religieuses se plaignent qu’elles ne reçoivent pas&#13;
fidèlement ce qui leur est envoyé par nos ballots. Cela me fait bien plaisir pour ne&#13;
plus leur rien envoyer par-là. Cependant, vous leur fîtes rendre l’an passé, non&#13;
seulement une chasuble brodée, qui était pour elles, mais une autre que je vous&#13;
envoyais et que je vous prie de retirer d’elles, car elle est pour le Séminaire. Ces&#13;
bonnes religieuses me prient de leur mander comment je leur ai envoyé des&#13;
girofles, muscade, etc., que je leur mandais leur envoyer par la caisse des Jésuites.&#13;
Si elles consultaient leurs lettres, elles verraient qu’elles ne m’ont demandé ces&#13;
épiceries qu’à la fin 1703 et que je les leur ai envoyés en 1704 dans une caisse où&#13;
j’envoyais pour plus de 700 livres d’images à Dubreuil, qui ont été perdues, aussi&#13;
bien que leurs épiceries, dans le vaisseau la Seine.&#13;
J’ai encore plus sujet de me plaindre de la R. M. Saint-Augustin de l’Hôpital&#13;
général. Je lui envoyai l’an passé un compte du reçu que j’avais fait de leur rente&#13;
en 1704 et 1705, car je ne prends soin de leurs affaires que depuis ce temps-là et je&#13;
leur marquais que pour m’acquitter de ce que j’avais reçu pour elles, j’avais payé&#13;
en 1704 deux lettres de change et une en juin 1705 et que je n’avais accepté une&#13;
pour payer en novembre 1705 ; si bien que tout bien compté, j’étais pour elles en&#13;
avance de 8 livres. La R. M. Saint-Augustin me mande qu’elle ne comprend rien à&#13;
mon compte, qu’un enfant comprendrait, et qu’elle n’a pas tiré sur moi une&#13;
&#13;
�quatrième lettre de change pour être payée en novembre 1705, qu’ainsi je dois&#13;
avoir en mes mains 500 livres et qu’elle les tire sur moi pour les payer en janvier&#13;
1706. La bonne mère devait se souvenir des lettres de change qu’elle tire. Elle qui&#13;
en tire si peu, moi, qui en paye tous les ans beaucoup, ne laisse pas de connaître&#13;
fort bien son écriture, car elle a donné à M. Soumande, marchand de Montréal, une&#13;
lettre de change de 500 livres le 13 novembre 1704, payable à la fin de mai 1705.&#13;
Cette lettre est tout écrite de la main de M. de La Colombière, scellée et signée&#13;
Sr. Louise Soumande de Saint-Augustin, supérieure. Elle a été transportée par&#13;
M. Soumande le 18 novembre 1704 à M. Fleury de La Rochelle, qui l’a transportée&#13;
au sieur Bullet et de-là, elle a passé en plusieurs mains. Et outre celle-là, elle a&#13;
encore donné une autre lettre de change de 500 livres du 12 novembre 1704, écrite&#13;
de même par M. de La Colombière, scellée et signée par elle, qui n’est pas une&#13;
seconde de celle ci-dessus, mais une première comme elle et M. Soumande l’a aussi&#13;
transportée à M. Fleury, le 15 novembre 1704. M. Fleury l’a transportée à&#13;
M. d’Iberville et M. d’Iberville à M. Le Moine de Rouen, à qui je l’ai payée. C’est&#13;
pourquoi j’ai laissé protester la lettre qu’elle a tirée sur moi si témérairement pour&#13;
être payée en janvier 1706, mais comme cette lettre est entre les mains de&#13;
Mlle Girardin, je lui ai promis que je la paierais en novembre prochain. Je prie la&#13;
mère Saint-Augustin de penser mieux à ses affaires. Personne n’a parlé ici contre&#13;
l’Hôpital général et si on l’avait fait, j’aurais agi en sa faveur.&#13;
Vous apprendrez que l’on a vendu à M. Aubert d’Amsterdam tout le castor, à&#13;
condition qu’il paiera les dettes de la colonie. Je ne crois pas qu’on tire de cette&#13;
affaire un grand avantage. On prétend que par ce marché, l’on ne sera pas en état&#13;
d’ici à dix ans de payer rien sur les charges indispensables ou au plus que MM. le&#13;
gouverneur et officiers seront payés et l’Église, laissée à quartier.&#13;
Il n’y a nulle apparence que nous obtenions un bénéfice pour notre Séminaire de&#13;
Québec. Je suis sûr que les Jésuites s’y opposeraient fortement s’ils y voyaient&#13;
quelque apparence, mais il n’est pas nécessaire qu’ils s’y opposent.&#13;
Mme Ango de La Mothe eu cet hiver une dangereuse maladie. Elle se porte assez&#13;
bien à présent. Elle a fait acheter nos toiles à l’ordinaire et je l’ai prié encore de&#13;
vouloir faire acheter à Argentan ce que M. Buisson en demande, dont je lui&#13;
&#13;
�enverrais l’argent pour envoyer cela avec nos toiles, en y mettant un « B » pour les&#13;
distinguer de celles qui sont pour le Séminaire.&#13;
J’ai été bien surpris d’apprendre, par les lettres que j’ai reçues de M. Dupré, qu’il&#13;
ne vous ait seulement pas parlé de l’application qu’il a faite de ce qui lui revenait&#13;
pour sa part de la succession de feu M. Dupré, son frère, chirurgien, mort en Italie,&#13;
dont j’ai tiré près de 3 000 livres par les bons services que m’a rendu un officier&#13;
général de l’armée d’Italie, qu’il n’avait pas été possible de tirer sans cela. Or, il&#13;
revient à M. Dupré de Québec de cette succession environ 900 livres en argent et&#13;
le surplus en un fonds sur le canal de Troyes. J’aurais cru que l’incendie de notre&#13;
Séminaire aurait dû déterminer M. Dupré à s’y appliquer ; du moins, j’aurais&#13;
pensé que lui, qui est si zélé pour l’exacte observation des règles, n’aurait pas&#13;
manqué d’en disposer dépendamment du supérieur, comme c’est effectivement la&#13;
règle ; mais il me paraît qu’il n’en a nullement conféré avec vous et qu’il en a fait&#13;
une disposition telle qu’il lui a plu, sans consulter personne. Cette conduite serait&#13;
assez propre à décourager ceux qui s’intéressent pour le soutien du Séminaire,&#13;
mais quoiqu’il y doive concourir, comme moi, je n’aurais point été surpris si pour&#13;
marier quelqu’une de ses nièces, il eut disposé de tout ou de partie de cette&#13;
succession pour cette bonne œuvre ; mais après notre incendie, l’appliquer sans&#13;
l’avis du supérieur à des œuvres telles qu’il lui a plu, je vous avoue que cela m’a&#13;
très fort surpris et que je n’ai eu le cœur fort serré. Comme je suppose qu’il lira&#13;
cette lettre, je ne puis m’empêcher de lui en marquer mon étonnement.&#13;
Ce qui est remarquable, c’est qu’il me renvoya faire les partages de cette succession&#13;
et que, sans s’en embarrasser, il commence à tirer sur moi des lettres de change&#13;
pour ce qui doit lui revenir de cette succession. Il me semble que je n’ai pas grand&#13;
sujet de m’en embarrasser, dès qu’on en agit ainsi. Il aurait du moins dû&#13;
commencer par prendre sur cette succession ce qu’il m’a fait dépenser par son&#13;
neveu, qu’il m’a fait lui envoyer en Canada, quoique je lui eusse assez marqué&#13;
deux années de suite que la faiblesse de ses yeux pourrait être un obstacle à y&#13;
demeurer. Cet envoi n’a pas laissé de coûter au Séminaire aussi bien que son&#13;
retour. Je ne m’en prends pas au neveu ; il n’y peut rien et il m’a assuré qu’il avait&#13;
représenté à son oncle n’approuver pas cette disposition. Je n’en ai pas reçu,&#13;
Monsieur, son neveu avec moins d’affection. Il est actuellement à Envie avec M. le&#13;
&#13;
�curé à élever quelques jeunes gens, qui n’ont plus de rapport au Séminaire, car ils&#13;
paient leur pension. J’avais conseillé à M. Dupré de ne se pas arrêter à cet emploi,&#13;
mais de s’aller présenter à M. de Chartres pour s’offrir à travailler en son diocèse.&#13;
Il n’a pas jugé à propos de le faire et son infirmité peut en être une bonne raison,&#13;
mais on aurait pu lui procurer un emploi bien doux et je crois qu’il eut dû le faire,&#13;
car à quoi le conduit ce qu’il fait à l’envie ? Certainement à rien. Il n’y a nulle&#13;
apparence qu’on le retienne en notre Séminaire de Paris, où il n’y a rien de quoi&#13;
l’occuper. Je le voudrais pour lui personnellement, parce qu’il a de la douceur,&#13;
mais il n’y a rien à Paris pour l’occuper et il n’y a pas de place fondée dans notre&#13;
Séminaire.&#13;
Je crois vous avoir marqué que M. de La Colombière est chez nous, où il nous&#13;
édifie beaucoup. On a mandé de Québec à M. de La Pallière, et je crois que c’est&#13;
[par] M. Le Vallet, qu’il venait en France pour retourner évêque de Québec. Je crois&#13;
que M. de La Pallière a pris des mesures pour le traverser dans ce dessin, mais je&#13;
l’ai fort dissuadé qu’il l’eût. Je souhaiterais bien davantage que l’on donnât à&#13;
M. de La Colombière quelque abbaye, dont il ferait de bonnes œuvres ; mais il n’y&#13;
en a guère apparence, car voilà une grande nomination qui s’est faite à Pâques et&#13;
on n’a pas pensé à lui.&#13;
M. l’évêque de Gap a enfin donné sa démission et on a donné son évêché à un&#13;
jeune homme, qui n’a d’autre bonne qualité que d’être dévoué aux Jésuites. Voilà&#13;
à présent ceux à qui on confère les évêchés et abbayes !&#13;
M. de Beauharnois est allé sur mer exercer son emploi. Il n’a pas été trop bien reçu&#13;
par M. de Pontchartrain. Je crois qu’il n’a seulement pas parlé de nous. Nous ne&#13;
manquerons pas de représenter ce que vous marquez sur ces mats et sur ces&#13;
3 000 livres que vous devez au roi.&#13;
Je demande à la Cour une gratification de 400 livres pour M. Gaulin. Je ne&#13;
désespère pas d’obtenir quelque chose.&#13;
&#13;
�On a donné à M. de Subercase le gouvernement de l’Acadie. Je plains ce pauvre&#13;
pays, qui depuis longtemps n’a pas été en de trop bonnes mains. On a fait le&#13;
lieutenant de M. de Subercase gouverneur de Plaisance.&#13;
J’ai oublié de vous mander l’état de nos controverses pour la Chine. Le pape a&#13;
montré à M. l’évêque de Rosalie la décision qu’il prétend avoir faite sur ces&#13;
affaires, mais ne lui en a pas voulu donner une authentique pour porter avec lui à&#13;
la Chine ; si bien que ce prélat, voyant qu’il ne pouvait pas l’obtenir, est revenu de&#13;
Rome fort mécontent, ayant même refusé d’être fait évêque assistant que lui a&#13;
offert le pape et il est résolu de ne pas retourner à la Chine qu’il ne sache ce qui a&#13;
été décidé. Le pape est tellement dévoué aux Jésuites que quoiqu’il veuille paraître&#13;
père commun, il ne fera jamais rien qui leur fasse de la peine. Nous croyons bien&#13;
que Sa Sainteté aura ordonné au patriarche à la Chine de recommander&#13;
verbalement aux Jésuites de ne plus tolérer ces superstitions, mais il n’en fera pas&#13;
publier de décision authentique, ce qui sera ne rien faire et les Jésuites ne verront&#13;
pas le patriarche hors de la Chine qu’ils continueront de faire ce qu’ils ont fait&#13;
jusqu’à présent.&#13;
Je vous prie de faire trouver bon à Mgr l’Ancien que je vous ai adressé cette lettre&#13;
plutôt qu’à lui, afin que vous la lui fassiez lire et à tous nos Messieurs. Je salue&#13;
M. de Glandelet et M. Dupré et M. Pocquet. Dites, je vous prie, à ce dernier que&#13;
M. l’abbé Tiberge veut lui envoyer quelques sermons pour suppléer à la perte qu’il&#13;
a faite. J’envoie à M. Buisson, que je salue, une Théologie morale de Grenoble3 pour&#13;
lui et pour M. Calvarin, dont ils se serviront conjointement. Je me recommande à&#13;
vos saints sacrifices et prières et suis très parfaitement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 12 avril 1706&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
3&#13;
&#13;
Théologie morale ou résolutions des cas de conscience, selon l’Écriture sainte, les canons et les saints&#13;
Pères, composée par l’ordre de M. l’évêque de Grenoble, écrite par François Genet e 1703.&#13;
4&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1706, 12 avril – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45)&#13;
1.&#13;
12&#13;
avril&#13;
1706&#13;
&#13;
Nouvelle&#13;
de l’Jncendie&#13;
________&#13;
&#13;
Douleur&#13;
&#13;
Maladie&#13;
&#13;
Coadj.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
12 Avril 1706&#13;
o&#13;
r&#13;
2 Lettres O, N 45&#13;
à M. Des Maizerets.&#13;
3 Je vous escris par le vaisseau de M Joliet cette 1.ere lettre&#13;
4 ces 1.ers jours davril p.r vous donner promptem’ de nos Nouvelles.&#13;
5 Nous croions avoir receu toutes vos lettres, et celles denos Mess.rs&#13;
6 Soit par M de la colombiere et M.r DuPré Soit par les autres voies&#13;
7 parlesquelles vous nous avez escrit. Les 1.eres que nous recusmes&#13;
8 cefut parle Neptune qui arriva le 1.er et nous apporta la triste&#13;
9 nouvelle de Notre 2.de Jncendie ce fut parla lettre de Mgr Lancien&#13;
10 aM Labbé de Brisacier qui vint parla poste, et nous fut rendüe vers&#13;
11 le 15. de Decembre J’estois alors plongé dans une grandeafflictionde&#13;
12 lamort de M. de Louche qui estoit un Seculier parent deM L. Tiberge&#13;
13 qui maidoit dans nos aff.re et estoit toute ma ressource Jl mourut&#13;
14 Subitement Sans mesme recevoir labsolution entre nos bras, cequi nous&#13;
15 fut tres douloureux. J’avois une autre tristesse de voir manquer le&#13;
16 voiage de M Gervaise au misissipi, et celle la Survenant pas dessus&#13;
17 fit en moy unetell impression de tristesse que Je crois devoir attribuer&#13;
18 lamaladie qui marriva alafin de Decembre a ces afflictions et au&#13;
19 Surcroist de travail et de peine que Jeus dans ce mois la mais&#13;
20 p.r prendre les choses de plus loing Je vais vous mander cequi est&#13;
21 arrivé depuis le depart des Navires et cequil faut vous apprendre&#13;
22 de la disposition ou Je vois Ces aff.res&#13;
23 M LEveq’ de Quebec est toujours prisonnier en Angleterre Jl est&#13;
24 tres indisposé contre nous deceque MLabbé de Gergis n’a pas&#13;
25 esté nommé son coadjuteur. Jl nous lattribue quoi que nous n’en&#13;
26 soions pas la cause Jl ne m’a escrit depuis cetemps la que d’une&#13;
27 maniere tres dure, et qui fait sentir son aygreur et son indisposition&#13;
28 Jl n’y a nulle apparence que nous le revoions en france qu’a la paix&#13;
29 Cepend.’on parle deschange de prisonniers, mais comme on&#13;
30 demande toujours M mean et que Lon nelerendra jamais&#13;
31 Jl y a Sujet decraindre qu’on ne retienne longtemps le&#13;
32 Prelat, Jl y a pourtant quelq’ Sujet de croire que Si MLeDuc de&#13;
33 vendosme avoit jugé apropos deschanger les prisonniers du duc&#13;
34 de Savoye que nous avons en grand nombre on auroit obtenu&#13;
35 leschangesdeMgr de Quebec contre quelquun deux. mais M Le duc de&#13;
36 vendosme a demandé au Roi de ne rendre aucun officier du Duc de&#13;
37 Savoye de cette campagne cy, parcequ’on Supose qu’on achevera cette&#13;
38 année de le ruiner de fond en comble.&#13;
39 J’ay eulemalheur deperdre ce mois daoust 1705 un procez p.r&#13;
40 Labbaye de meobec contre M de tencosme qui en est un Seigneur&#13;
&#13;
�M.Gervaise&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Lettres O. No 45&#13;
&#13;
41 voisin faute davoir produit des titres que Je n’ay putrouver&#13;
42 p.r une redevance de 18. sebire debled deue au Prieuré&#13;
43 dhabilly. onmefait tous les jours esperer de retrouver ces&#13;
44 titres. mais Je ne Scay Si on me tiendra parole cela m’a&#13;
45 donné bien du deplaisir apres bien dumalque lapoursuite&#13;
46 deceprocez mavoit causé.&#13;
47 M.r D’Jberville ayant obtenu cet esté de la Cour tout cequil&#13;
48 esperoit p.r lentreprise quil avoit eu dessein de faire Jly a deux&#13;
49 ans et qui eschoua, Jl Sest disposé cet automne a aller ou&#13;
50 envoier unvaisseau a la Louisiane cela nous a engagé de&#13;
51 reprendre avec M Gervaise les projets quil avoit faits p.r&#13;
52 cepays la; car co’e M.r Dela vente par ses lettres nous laissoit&#13;
53 entrevoir quil yauroit dubiena faire aux chatta et chicacha,&#13;
54 et queM Gervaise estoit en estat d’y entretenir une mission de&#13;
55 Son bien nous y trouvions un grand avantage p.r la Religion&#13;
56 Jefus donc le voir aumois doctobre nous prismes nos mesures&#13;
57 p.r Son depart. Jl emportoit aveclui p.r 7. ou 8000.# debonnes&#13;
58 hardes co’e linge tapisserie draps &amp;. quil esperoit vendre&#13;
59 aux Jsles p.r enacheter deux ou trois negres, et avec trois autres&#13;
60 domestiques francois quil emmenoit et un miss.re que Nous&#13;
61 lui donnions Jl esperoit mettre dans peu cette missions quil&#13;
62 alloit entreprendre enestat de Se passer du recours enfrance,&#13;
63 et ce Solide establissem.’ auroit disposé peuapeu a enfaire&#13;
64 depareils dans les autres endroits. mais comme M Labbe&#13;
65 gervaise navoit pas dargent comptant Jl me&#13;
66 fallut lui en avancer p.r cette entreprise que Je conside&#13;
67 rois co’e un moien daffermir ces missions. Jlmefallut&#13;
68 mesme paier p.r deux millelivres de dettes quil avoit&#13;
69 contractez et dont Jl falloit quil se debarassast&#13;
70 Jl partit ainsi de Tours au 15. de Novembre Javois fait&#13;
71 partir les ballost p.r les au’ miss.res aumois doctobre et&#13;
72 celui que devoit lui Servir de confrere les 1.ers jours de 9bre&#13;
73 on me faisoit esperer queles vaiss.x partiroient le 22. de&#13;
74 9.bre et Sils estoient partis alors tout auroit reussi. Le&#13;
75 ministre nous avoit enfin accordé p.r M.r Dela vente et&#13;
76 Son confrere 1500.# par an, et p.r nous dédommager des&#13;
77 annéez passéez, Jl nous avoit fait expedier une ord.ce de&#13;
78 4500.# p.r les annéez 1703. 1704. et 1705. cestoit dans cette&#13;
79 esperanceque Javois accepté une lettre de change de 700.#&#13;
80 tirée par M de la vente, et que Jelui avois envoyé etquil&#13;
81 mavoit demandé. mais dans le temps que Jestois accablé de&#13;
82 lamort de M Louche notrehomme daff.re, et que pour&#13;
83 surcroist Jappris la 2.de Jncendie de Quebec Jappris p.r&#13;
&#13;
�84 comble que Le Roi avoit donné ordre dempescher le voiage&#13;
85 de M L. Gervaise parce q’ Son oncle nommé Le P. aubereau de&#13;
86 S.te Genevieve p.r lempescher daller dans ces missions, lavoit fait&#13;
87 passer p.r un estourdi et p.r un brouillon, en Sorte que quoi que&#13;
88 nous allassions representer au ministre letort qu’on faisoit a&#13;
89 ces missions par cet obstacle, nous ne puismes rien obtenir,&#13;
90 et Jlafallu rompre tout ceprojet. Le Prestre qui devoit&#13;
91 laccompagner est allé Seul la bas avec un autre&#13;
92 domestique p.r leServir, et M Gervaise qui avoit fait embarquer&#13;
93 Ses meubles et na pu les retirer afait Suivre ces neubles par&#13;
94 Son valet qui doit les aller vendre Silpeut dans les Jsles.&#13;
95 mais cette entreprise m’a engagé dans des depenses bien&#13;
96 plus fortes p.r LaLouisiane que Jenesperois enfaire, car&#13;
97 ce depart du miss.re qui devoit accompagner MGervaise&#13;
98 est retombé Sur nous enSorte que Je crois que la depense&#13;
99 p.r ces missions monte a prez de 5000.# faites l’an&#13;
100 passé, et Je n’esperoit en depenser que 3000.# Jl est&#13;
101 vray que ce miss.re que l’on nomme M Le maire et&#13;
4.&#13;
&#13;
102 qui est connu de M Calvarin ayant demeuré long temps&#13;
103 dans n’re Sem.re a Paris, alaiSsé quelques livres auSemin.re&#13;
104 p.r les lui envoier encas quil saccoutume bien dans ces missions&#13;
105 car Jen doute un peu, et Je crains quil ne Soit de depense Jl&#13;
106 estoit fort bienestabli a S.’ Barthelemy Sa paroisse a Paris ou&#13;
107 Jlavoit un grand nombre depenitens et penitentes et y estoit&#13;
108 assez gouté. Jl a asseurem’ quitté beaucoup p.r aller la, mais&#13;
109 Jelaurois cru fort propre en second Sous M Gervaise, et Je&#13;
110 neScay Si estant Seul Jl ferabien&#13;
111 outre cette augmentation de depense p.r nous, Je me Suis encore&#13;
112 engagé dans degrandes avances p.r M Gervaise p.r lamesme&#13;
113 entreprise, car Jl me doit prez de 5000.# p.r cette entreprise&#13;
114 Jl auroit voulu que p.r men paier Jeusse pris un contract&#13;
115 de pareille So’e Sur Chatelde ville, mais Je nepuis men accom=&#13;
116 moder. Si Sonvalet revient heureusem’ Jlpoura me rembourser&#13;
117 une partie Jl lui afallu biendela vertu p.r Soutenir cette&#13;
118 espreuve, et Jlest une playe qui n’est pas encore fermée a&#13;
119 lheure que Je vous escris cecy Jl est revenupar nostre&#13;
120 conseil dans Son bebefice dans ledessein Si lonpeutoster les&#13;
121 impressions quon a donné delui auRoi dereprendre ce&#13;
122 dessein. Sans cela Jl SeSeroit retiré dans quelq’ Solitude&#13;
123 Jl m’a temoigné avoir envie defonder de Sonbien une&#13;
124 mission dans ces pays la, et dedonner un revenu de 500.# p.r&#13;
125 cela apres Samort. Jl n’a qu’une Soeur qui est uneffille de&#13;
126 vertu fort resolue de ne Se jamais marier, qui avoit enfin&#13;
&#13;
�127 par pieté consenti a cette entreprise, et qui aeubiendela&#13;
128 douleur du deplaisir que Son oncle a causé a Son frere.&#13;
129 M de la colombiere et M du Pré Sont arrivez heureusem.’&#13;
130 apres avoir couru bien des risques en arrivant enfrance&#13;
131 Nous avons invité M dela colombiere a venir demeurer&#13;
132 chez Nous, et Jlnous afait lhonneur de l’accepter. mais&#13;
133 nous ne prevoions pas que Son voiage puisse avoir aucun&#13;
134 bon Succez a causedela triste Situation ou Sont les aff.res&#13;
5.&#13;
1706.&#13;
&#13;
Lettres O, No 45&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
135 car dans Letat ou tout est en france Jl ne faut pas esperer&#13;
136 unSecours plus fort que celui de 4000.# alordinairep.r&#13;
137 n’re Jncendie, et cest beaucoup, et quant a ce projet de&#13;
138 demander un benefice au Roi co’e une abbaye &amp; p.r&#13;
139 Lunir quand M LeGouverneur et M LJntendant vous ont&#13;
140 proposé ceprojet c’est que cela neleur coutoit rien, et vous&#13;
141 jettoit de la poussiere aux yeux, mais Jls n’y peuvent tout&#13;
142 tant quils Sont rien dutout, et la chose n’est nullem’ faisable&#13;
143 ainsy Je ne vois pas quelle utilité le voiage deMde la colombiere&#13;
144 apportera; car quant aux charges du pays qui n’ont pas esté&#13;
145 paiéez l’an passé, ce neSera pas lui qui trouvera moyen de&#13;
146 les faire paier. Nous Sommes icy tres édifier de Son zele et&#13;
147 en particulier de Son affection p.r vous procurer duSoulagem.’&#13;
148 mais Jlvoit bien quil n’y a rien a faire Jl a esté tres mal&#13;
149 receu de M de Pont chartrain qui estoit p.r lors dans Sa&#13;
150 mauvaise humeur. Jl est allé depuis un mois au havrede&#13;
151 grace voir M.r LJntendant et Mad.’ Son espouse, et doit&#13;
152 revenir avec lui a Paris ou Jelattends tous les jours. cequi&#13;
153 la engagé ace voiage cest que M LJntend.t lui a mandé&#13;
154 queM de Pontchartrain lui avoit envoyé tous les memoires&#13;
155 du Canada p.r avoir dessus Son Avis. Jla cru donc rendre&#13;
156 Service a la Colonie daller raisonner Surtout cela avec&#13;
157 lui au havre. Je crois quils Seront icy au 1.er moment.&#13;
158 Je ne Scay quelles mesures onprendra p.r regler les aff.res de&#13;
159 la compagnie de Canada qui est dans leplus mauvais estat que&#13;
160 l’on puisse Simaginer; Onpropose deux partis. La 1.ere defaire&#13;
161 acheter lancienne masse des castors parles chapeliers de&#13;
162 Paris qui en offrent Sixcent mille livres et compris tout&#13;
163 ce qui est enfrance, et laissent la liberté de vendre co’e&#13;
164 on voudra celui qui est en Canada, et ensuite lecartor&#13;
165 ne Seroit plus en parti, mais chacun auroit la liberté de&#13;
166 lenvoier en france et le vendre comme on voudroit&#13;
167 mais p.r executer ce projet Jl faudroit que Le Roi paiast&#13;
168 plus de 3. ou 400 000.# p.r acquiter les dettes de la colonie du&#13;
&#13;
�169 canada, ce qui est demander actuellem’ limpossible&#13;
170 Le 2.de proposition est faite par M Aubert dehollande&#13;
171 qui propose dacheter tout lecartor qui est en france et en&#13;
172 Canada a tres vilprix, et offre de paier partie des lettres de&#13;
173 change, et de faire consommer ce castor et celui qui viendra&#13;
174 de Canada en Sixans pourveu qu’on n’en apporte qu’une&#13;
175 mediocre quantité enSortequapres ces Sixans lepays ait&#13;
176 ensuite la liberté du commerce. Augusta sunt&#13;
177 undique. Jene Scay quel parti onprendra mais Je&#13;
178 Scay que certainem.’ On ne paiera pas lalettre de change&#13;
179 deSix cent cinq.te livres queM Buisson mâ envoié a&#13;
180 prendre Sur cette compagnie p.r paiem’ de partie des&#13;
181 charges, car les agens de change n’en veulent accepter aucune&#13;
182 Ce Sont tous ces ambaras dela colonie ducanada qui obligeront&#13;
183 M de Pontch. a recevoir Si mal M dela colombiere qui venoit&#13;
184 p.r lui representer les miseres decepays la, car ce ministrelui&#13;
185 dit que Le Roi devoit abandonner cepays qui nelui estoit d’aucune&#13;
186 utilité et nelui causoit quede Lambaras et de ladepense que&#13;
187 les plus courtes folies estoient les meilleures qu’on avoit&#13;
188 engagé Sa majesté dans de tres grosse depenses p.r ce&#13;
189 pays la, et quelle n’en pouvoit plus faire nous ne&#13;
190 croions pas cepend.’ que Le Roi veuille encore aban=&#13;
191 donner co’e ce ministre ledit cette colonie mais Jl&#13;
192 ne faut pas esperer delui de Secours en cetemps cy.&#13;
193 Nous n’avons pas ouvert la bouche Sur votre Jncendie&#13;
194 depuis que Nous la Scavons; car comme on vous a&#13;
195 mal traité en canada, on vous mal traite aussi icy. et&#13;
7.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
196 Jl faut entrer dans des justifications Sur votre conduite&#13;
197 qui noperent rien. on vous taxe de negligence de prendre&#13;
198 Si peu garde a des ouviers &amp;. et nous avons beau dire, cela&#13;
199 ne Sert pas a procurer des aumosnes. cequi fait que&#13;
200 nous restons dans leSilence. Je n’ay receu p.r votre Jncendie&#13;
201 qu’une aumosne de 300.# d’une penitente deM Labbé&#13;
202 de Brisacier et 106.# dun vicaire de laparoisse de S.t&#13;
203 Germain Lauxerrois. M L. de Brisacier en a vouluparler a&#13;
204 Mad.’ de m qui Sest excusée mesme daccorder une queste a&#13;
205 versaillequi pouroit peut estre produire cent pistoles. Si bien&#13;
206 que nous Sommes resolue denepas ouvrir la bouche c’est&#13;
207 a vous a vous moderer dans vos depenses et a retrancher&#13;
208 ce que vous pouvez retrancher p.r vous restablir.&#13;
209 Quand Jl Se trouveroit aisem.’ Un benefice vacant qui fust&#13;
210 propre a unir anotre Sem.re cequi n’est pas aisé a trouver,&#13;
211 et que Le Roi eust assez debonté p.r en consentir Lunion, a&#13;
&#13;
�212 quoy Jla beaucoup de repugnance p.r nepas depoüiller la&#13;
213 couronne de Ses collations debenefice, croiez vous&#13;
214 qu’estant aussi mal que nous leSommes avec Les Peres&#13;
215 Jesuites Jls laisseroient passer cette aff.re Sans y faire&#13;
216 obstacle quand on la pouvoit faire Sans eux Comptez&#13;
217 que Laplaye que Notre lettre et nos aff.res dela chine leur&#13;
218 ont faite est incurable et quelle neSe refermera jamais&#13;
219 Ce ne Sont pas gens a agir par des principes Surnaturell.&#13;
220 Jls diront de belles paroles et Sous main rompront bras&#13;
221 et jambes. Si vous n’avez dautre ressource p.r votre&#13;
222 retablissem’ n’en esperez aucun Avantage&#13;
223 Dans quelle consternation ce nouveau malheur ma til&#13;
224 mis p.r vos aff.res car apres vous avoir escrit comme&#13;
8.&#13;
&#13;
225 Javois fait lan passé questant autant en avance que&#13;
226 Jestois p.r vous Je ne pouvois vous envoier rien cette année,&#13;
227 ni paier M fleury p.r ces factures de 1704. et 1705.&#13;
228 que Je lavois prié de vous avancer et qui montent co’e&#13;
229 vous le reconnoissez aplus de 9000.# C’est Je croy le&#13;
230 chagrin que J’en eus qui me causa la maladie que Jeus&#13;
231 cet hyver, et qui vous Surprendra co’e elle m’a fort Surpris.&#13;
232 Javois beaucoup mareté Sur le pavé de Paris ce mois de&#13;
233 Decembre dernier. Le 29. decemois Je me Sentis le matin&#13;
234 une petitedouleur au pouce du pied droit. Jene laissay pas&#13;
235 de courir toute la matinée. Jerentray chez Nous a une&#13;
236 heure apres midi avec une plus grandedouleur qui me faisoit&#13;
237 boiter tout bas, et estant rentré dans ma chambre, Je&#13;
238 ressentis prend.’ deux Nuits tres violemment a ce pouce&#13;
239 la douleur dela goutte, ce que Je ne pouvois pas croire estant&#13;
240 encore Si Jeune et la vie de Semin.re depuis laage de 18. ou&#13;
241 20. ans devant mexempter de cette Sorte de mal mais&#13;
242 afin que Je nen doutasse pas le mesme mal mepassa ensuite&#13;
243 les deux Nuits Suivantes aupouce du pied gauche ou Je&#13;
244 Souffris des douleurs tres vives, et ces quatre Nuits de&#13;
245 douleurs me casserent Si bien les jambes que j’ay esté presq’&#13;
246 tout lemois de Jan.er Sans dire laS.te messe ne pouvant me&#13;
247 Soutenir, et que Je n’ay presq’ pu Sortir de tout lhyver&#13;
248 qu’en voiture, Sentant bien des douleurs aux pieds, et une&#13;
249 disposition a retomber pour peu que Je fasse defforts. Ce mal&#13;
250 ne me convenoit guere, et Jene m’y Serois jamais attendu&#13;
251 mais Je vois bien que Je n’en Suis pas quitte et que puis&#13;
252 quil me prend Si Jeune, Jen Seray dans laSuite fortement&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
253 incommodé et que cela me mettra entierem.’ hors de combat.&#13;
&#13;
�Lettres O, no 45&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Mgr&#13;
de S.&#13;
Valier&#13;
&#13;
254 Je vois mesmeque depuis la 1.ere Semaine de Caresme lamesme&#13;
255 humeur qui m’a causée la goutte aux deux pieds Sest jettée sur&#13;
256 mon Epaule gauche et m’y fait de Cuisantes douleurs a LEpaule au&#13;
257 costé Sous Laiselle et au haut de la poitrine dumesme costé et moste&#13;
258 mesme Souvent la respiration tout cela me rend vieux avant&#13;
259 laage et me fait Serieusem’ penser a mettre bas les armes, et a me&#13;
260 retirer du Soin des affaires, car vous ne Scauriez comprendre la&#13;
261 douleur que Je ressens actuellem’ p.r escrire unelettre acause&#13;
262 de mon mal d’Epaule Je vous avoüe que ne pouvant parla&#13;
263 Souvent vacquer aux affres dont Je Suis chargé Jeme Sens porté a&#13;
264 m’en descharger. c’est p.r quoy J’ay escrit aM LEveq’ de Quebec que&#13;
265 Jelepriois dagrer que Je remisse aqui Jlvoudroit les Soins tant&#13;
266 de Son hotel Dieu que Sonhopital Je Seray mesme peut estre&#13;
267 obligé de vous prier denvoier une autre personne prendre&#13;
268 ma place et me permettre de me retirer enquelquepetit&#13;
269 coin, p.r passer le reste de mes jours en penitence dans Lexercice&#13;
270 dela Souffrance&#13;
271 Je ne Scay pour quoy M charon Sans me consulter m’a envoié&#13;
272 des procurations &amp;. et m’a prié de me charger de Ses aff.res cela&#13;
273 ne me convient nullem.’ dans Lestat dJnfirmité ou JeSuis&#13;
274 reduit. Je ne manque pas debonne volonté, mais quand lebon&#13;
275 Dieu enoste le moyen, Jl faut S’y Soumettre. Je n’ay pas laissé&#13;
276 de faire plus.rs voiages p.r chercher ceux qui en estoient chargez&#13;
277 etleur f.re rendre compte; Jls navoient aucune des deux ord.ces&#13;
278 de M charon p.r 1704 et 1705. Jls neScavoient ou Jls devoient&#13;
279 prendre ces ord.ces Je les ay par bonheur trouvé dans les bureaux&#13;
280 de M de Pont chartrain, et J’en ay ensuite Sollicité le paiem’&#13;
281 chez les deux gardes du tresor roial de ces deux annéez.&#13;
282 Par bonheur que Jen connois les 1.ers commis qui mont promis&#13;
283 tous les deux quils feroient leur possible p.r me paier&#13;
284 dans peu ces deux ord.ces deM charon par des billets de&#13;
285 monnoye de 1000.# chacun. Je me Serviray del’un pour paier&#13;
286 une lettre de change que M. charon a tiré Sur moy et que M.r&#13;
287 Buisson m’a envoyé et de lautre p.r paier une pareille&#13;
288 lettre de change queM.r charon me mande avoir tiré&#13;
289 encore Sur moy Sans Scavoir Si J’aurois du fonds ou n’en aurois&#13;
290 pas. Jl est vray qu’on ne me lapas presentée. mais Jespere que&#13;
291 J’y Satisferay.&#13;
292 J’ay eu bien du chagrin davoir a traiter daff.re en Labsencede&#13;
293 M LEveq’ de Quebec avec Mdela Palliere qui est plus difficultueux&#13;
294 et plus intraitable quelui. Ce Prelat pretend que nous devons&#13;
295 lui paier Notrepart de Ses frais du voiage quil a fait a Rome&#13;
296 quil fait monter a mille escus. Jl convient dans laderniere&#13;
&#13;
�297 lettre quil mescrit quil n’avoit pas dessein de nous les faire paier,&#13;
298 mais que ce Sont des graces que nous navons pas merité&#13;
299 par ceq’ nous avons cautionné M dela Palliere p.r la lettre&#13;
300 de credit que Nous lui avons envoyé dans Saprison que&#13;
301 M de la Palliere croit que Nous devions paier quoique&#13;
302 Nous nelui deussions rien&#13;
303 En Second lieu ce Prelat veut que Je continue alui paier&#13;
304 mesme depuis lobtention de la bulle les 2000.# portez parle&#13;
305 concordat de 1697. quoi q’ ce Prelat convienne que ce concordat&#13;
306 ne Subsisteplus parce quil estoit fait Sous le bon plaisir&#13;
307 du Pape et que Le Pape ne lapas agrée ayant autrem’ disposé&#13;
308 de ces biens et revenus Ecclesiastiques. mais Jl veut quil&#13;
309 Subsiste p.r continuer alui paier ces 2000.# et quil ne Subsiste&#13;
310 plus p.r quil paye de cinq parts trois des frais faite ou a&#13;
311 faire p.r lobtention de la Bulle Et Sur cela ce Prelat&#13;
312 menace de nous faire paier la meilleure partie des revenus&#13;
313 du chapitre aux trois chanoines qui ne Sont pas du Sem.re et de&#13;
314 nous oster ce que la bulle nous accorde p.r les manses&#13;
315 monacales de meobec et Bennevent. Je vous avoüe&#13;
316 que Je le trouve encoreplus vif, plus ardent et plus mal&#13;
317 disposé envers Nous quil n’a jamais esté. Sa prison lui fait&#13;
11.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
318 escrire dela maniere laplus dure et laplus desagrable et bien&#13;
319 loing destre touché denos malheurs Sil pouvoit arracher la&#13;
320 derniere pierre de Notre Sem.re Jlleferoit.&#13;
321 Je lui ay offert et aM de laPalliere denous enraporteradeux&#13;
322 avocats; Jl Sy donnerent les mains. En suite M delaPalliere&#13;
323 craignit la depense depaier ces avocats. apres Jl medit quil&#13;
324 navoit pas de pouvoir delapart deMgr p.r traiter cette&#13;
325 aff.re Jl m’a fatigué Sur ces aff.res plus que vous ne Scauriez&#13;
326 croire.&#13;
327 Ce bon M.r Dela Palliere qui en homme de Son pays va droit&#13;
328 a Sa fin qui est de faire encore plus Ses aff.res que celles deMgr&#13;
329 de Quebec Nous a donné bien de Lambaras depuis un an p.r avoir&#13;
330 Sa pension de 500.# apprendre Sur Labbaye de Bennevent. comme&#13;
331 Jl ne Serebute derien, Jl a fait escrire au Pape et aux Cardinaux&#13;
332 par toutes les puissances. Le pape a esté ferme a refuser de&#13;
333 donner une pension de 500.# Sur LEvesché de Quebec Jl a enfin&#13;
334 tant fait par Ses menéz quil en a obtenu une de 600.# Sur&#13;
335 Labbaye de S.t Bertin a S.t omer; ainsy nous en voila debarassez&#13;
336 par cet endroit la.&#13;
337 mais Jl a joué un autre tour au Prelat cet hyver. Jl&#13;
338 a veu que ce Prelat desiroit emploier les 4000.# quil a&#13;
339 obtenu de gratification duclergé et dautres So’es quil Seroit&#13;
&#13;
�340 trop long de vous expliquer a faire une fondation de 900.#&#13;
341 ou 1000.# par an p.r les Sœurs de la congregation p.r&#13;
342 establir des escoles enplus.rs lieux du Diocese de M dela Palliere&#13;
343 a pris de cet argent ce quil en falloit p.r Sepaier des&#13;
344 arrerages de 500.# par an eschus jusqua present de la&#13;
345 pension queMgr de Quebec lui avoit promis. Jl a&#13;
346 ensuite bien voulu emploier cet argent p.r acquerir cette&#13;
347 rente a condition de Se reserver Sur cette rente 400.# de&#13;
348 pension Sa vie durant. ainsy Le voila muni de 1000.# par&#13;
349 an p.r avoir rendu au canada tous les grands Services quil&#13;
350 lui a rendu Le Prelat connoist bien le personnage&#13;
12.&#13;
&#13;
351 et c’est un bien que cela lui arrive Je Suis Seur que ce&#13;
352 grand vicaire apresent quil Se voit garni cherchera&#13;
353 quelq’ pretexte p.r ne plus Se mesler des aff.res deMgr de Quebec&#13;
354 et vous me direz avant quil Soit trois ans Si Jefais de&#13;
355 mauvais almanacs.&#13;
356 J’ay accepté les lettres de change montantes a 6300.#&#13;
357 que vous avez tiré Sur moy auprofit de M.r Jolliet,&#13;
358 quoi q’ Je Sois si fort enavance J’ay aussi accepté celle de 500.#&#13;
359 tirée au profit de M De LEpinay. Je ne Scay apres cela&#13;
360 comment vous pourez esperer quelq chose p.r lannée&#13;
361 prochaine, car vous Jugez bien que p.r paier ces letttres de&#13;
362 change Je nepouray accomplir aucune facture.&#13;
363 Car Jl m’a fallu resoudre a acquiter a M fleury tout ce&#13;
364 qui lui estoit deu de ces deux dernieres annéez. vous Jugez bien&#13;
365 en quels ambaras cela m’a mis. Jl est vray que J’ay touché&#13;
366 p.r prez de 8000.# des ord.ces des années passées dont J’ay&#13;
367 tiré le paiem.t le mieux que J’ay pu en billets demonnoye&#13;
368 vous me mandez que vous avez escrit a M dePont chartrain&#13;
369 p.r estre paiez de ces ord.ces et que les Puissances en escrivent&#13;
370 fortem’ quenfin M de Bauharnois Sy emploiera dela bonne&#13;
371 maniere Trouvez bonque Je vous dise que toutes ces personnes&#13;
372 n’y ont quepeuoupoint de pouvoir, et que cela ne depend nullem’&#13;
373 d’eux J’ay encore p.r 11500.# dord.ces de l’année 1705. Scavoir&#13;
374 une de 3000.# p.r LaLouisiane, une de 4000.# p.r LJncendie, et une&#13;
375 de 4500.# p.r M De La vente p.r 1703. 1704. et 1705. car Nous&#13;
376 avons enfin obtenu 1500.# par an p.r lui, Je compte de me&#13;
377 f.re paier de ces ord.ces dans tout le cours de cette année, et&#13;
378 cepand.t Je prevois que Je Seray encore beaucoup en avance p.r&#13;
379 vous Sans avoir acquité les 6300.# paiables aM Jolliet&#13;
380 en Novembre 1707.&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
381 a la verité voiant vostre misere causée par LJncendie&#13;
&#13;
�Lettres O, no 45&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
382 J’ay tasché daccomplir votre facture et celle deM.r&#13;
383 Buisson a peudarticles prez, dont Jecrois que vous&#13;
384 pouvez vous passer co’e les plaques de Cuivre, lahaire&#13;
385 et quelques autres choses. J’ay dit aM fleury de vous&#13;
386 envoier mesme p.r 300.# de clous dont Jenay rien trouvé&#13;
387 dans v’re facture c’est tout ceque J’ay avancé audela&#13;
388 de votre facture.&#13;
389 Nos Miss.re de Paris me grondent deceque p.r les missions de&#13;
390 canada Jincommode toutes les autres et m’incommode&#13;
391 fort moi mesme mais Jene Scay comment faire autrem’&#13;
392 cepend.’ Je vous avoüe que Si Je vois que vous reprenez de&#13;
393 vos enfans comme auparavant vous trouverez bonque Je&#13;
394 ne vous envoye plus rien dutout nonSeulemt p.r eux, mais&#13;
395 mesme p.r les miss.res jusqu’a ce q’ Je Sois remboursé de&#13;
396 toutes mes avances. Je crois fort inutil de refuter ceque&#13;
397 vous et M Buissonme mandez quil peut y avoir du&#13;
398 profit a prendre ces enfans p.r 230.# dupays. Tous ceux&#13;
399 qui mescrivent du canada et ceux qui en reviennent n’en&#13;
400 Scauroient parler qu’en levant les espaules d’estonnem’&#13;
401 J’ay prié M fleury de vous envoier les liqueurs par le&#13;
402 neptune, parle quel Je compte de vous envoier cette&#13;
403 lettre Je nescriray que cellela Seule car Jen’ay pas le&#13;
404 loisir descrire davantage&#13;
405 cest p.r quoy Je vous prie de dire ala R.de mere S.t Jgnace&#13;
406 que parla perquisition que J’ay fait J’ay Sceu que lacaisse&#13;
407 ou Estoient toutes les drogues prises lanpasssé p.r elles&#13;
408 et le ballot destoffe que Je leur ay envoié deBayeux&#13;
409 n’ont point esté perdues, puis qu’on les a mis dans la&#13;
410 Notre Dame de bon Port qui est arrivée heureusem’ a&#13;
411 [Q]uebec Jenay les connoissemens et M Berri a&#13;
412 qui ce vaisseau appartient ne peut Se dispenser de vous&#13;
413 les paier. M fleury navoit rien mis p.r elles dans le&#13;
414 S.t Jean co’e elles le croioient.&#13;
415 Elles ont eu trop de moderationp.r ne me rien demander&#13;
416 cette année, Sen remettant aceque Jepouvois faire J’ay&#13;
417 cru pouvoir leur envoier environp.r 500.# de drogues&#13;
418 dapoticaire et p.r environ 400.# destoffes de Bayeux&#13;
419 Jeleur ay acheté aussi des pieces de voile delaCire&#13;
420 dEspagne et deux livres deCanelle, et Jay remis tout cela&#13;
421 au P. Lamber ville Suivant leur avis&#13;
422 Ces bonnes Relig.ses Seplaignent quelle ne recoivent pas&#13;
423 fidelemt ce qui leur est envoié par nos ballots cela me&#13;
424 fait bien plaisir p.r neplus leur rien envoier parla&#13;
&#13;
�425 cependant vous leur fistes rendre lanpassé non Seulem’&#13;
426 une chasuble brodée qui estoit p.r elles, mais une autreque&#13;
427 Je vous envoiois et que Je vous prie de retirer delles car elle&#13;
428 est p.r leSem.re. ces bonnes Relig.ses me prient de leur mander&#13;
429 comment Je leur ay envoié des Gerofle muscade &amp;c que Je&#13;
430 leur mandois leur envoier parla Caisse des Jesuites. Si&#13;
431 elles consultoient leurs lettres, Elles verroient quelles ne&#13;
432 m’ont demandé ces epiceries qu’a lafin 1703. et que Je&#13;
433 les leur ay envoié en 1704. dans une caisse ou Jenvoiois&#13;
434 p.r plus de 700.# dJmages a Dubreuil qui ont esté perdües&#13;
435 aussi bien que leurs Epiceries dans le vaisseaulaSeine&#13;
436 J’ay encoreplus Sujet de me plaindre dela R.de mere S.t&#13;
437 augustin de lhopital General Je lui envoiay l’an paSSé&#13;
438 un compte du receu que Javois fait deleur rente&#13;
439 en 1704. et 1705. car Je ne prends Soin deleurs aff.res&#13;
440 que depuis ce temps la. et Je leur marquois que pour&#13;
15&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
441 macquiter deceque Javois receu p.r elles Javois paié&#13;
442 en 1704. deux lettres de change, et une en Juin 1705.&#13;
443 et que Jenavois accepté une p.r paier en novembre&#13;
444 1705. Si bienque tout bien compté Jestois p.r elles en&#13;
445 avance de 8.# LaR.de mereS.t augustin me mande quelle&#13;
446 necomprend rien amon compte qu’un enfant comprendroit,&#13;
447 et quelle n’a pas tiré Sur moy une 4.e lettre de change&#13;
448 pour estre paiée en Novembre 1705. quainsy J edois&#13;
449 avoir en mes mains 500.# et quelle les tire Sur moy&#13;
450 p.r les paier en Jan.er 1706. La bonne mere deuvoit&#13;
451 Se Souvenir des lettres de change quelle tire, Ellequi&#13;
452 en tire Si peu moi qui enpaye tous les ans beaucoup&#13;
453 ne laisse pas de connoistre fort bien son escriture, car&#13;
454 Elle adonné a M.r Soumande marchand de montreal&#13;
455 une lettre de change de 500.# le 13. novembre 1704&#13;
456 paiable alafinde may 1705. cette lettre est toute escrite&#13;
457 dela main deM dela colombiere Serré et Signée Sœur&#13;
458 Louise Soumande de S.t Augustin Sup.re Elle a esté&#13;
459 transportée par M Soumande Le 18. 9bre 1704. aM&#13;
460 fleury dela Rochelle qui la transportée au S.r Bullet,&#13;
461 et dela elle a passé en plus.rs mains. Et outre celle la&#13;
462 Elle a encore donnée une autre lettre de change de&#13;
463 500.# du 12. Novembre 1704. escrite demesme par M.&#13;
464 dela colombiere Serré, et Signée par elle, qui n’est&#13;
465 pas une Seconde de celle cy dessus mais une premiere&#13;
466 co’e elle, et M Soumande la aussi transportée a&#13;
467 M fleury le15. novembre 1704. M fleuri la&#13;
&#13;
�468 transportée aM DJberville et M dJberville a M&#13;
469 Le Moine de Rouen a qui Je l’ay paiée.&#13;
16.&#13;
&#13;
Mr&#13;
Dupré&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
470 cest p.r quoy J’ay laissé protester la lettre quelle a tiré&#13;
471 Sur moy Si temerairem’ p.r estre paiée en Jan.er 1706. mais&#13;
472 comme cette lettre est entre les mains deMad.elle Girardin&#13;
473 Jelui ay promis que Jelapaierois en Novembreprochain&#13;
474 Jeprie Lamere S.t Augustin depenser mieux a Ses aff.res&#13;
475 Personne n’a parlé icy contrelhopital General, et Sion&#13;
476 lavoit fait Jaurois agi en Sa faveur,&#13;
477 vous apprendrez que lon a vendu aM Aubert damsterda[m]&#13;
478 tout le castor a condition quil paiera les dettes dela colonie&#13;
479 Je ne crois pas qu’on tire de cette aff.re ungrand avantage&#13;
480 on pretend que par ce marché Lon neSerapas enestat dicy&#13;
481 a dix ans depaier rien Surles charges indispensables ou&#13;
482 auplus que M.rs le gouverneur et officiers Seront paiez&#13;
483 et LEglise laissez aquartier.&#13;
484 Jl ny a nulle apparence que nous obtenions un&#13;
485 benefice p.r notre Sem.re de Quebec. JeSuis Seur queles&#13;
486 Jesuites S’y opposeroient fortem’ Sils y voioient quelq’&#13;
487 apparence, mais Jl n’est pas necess.re quils Sy opposent.&#13;
488 Mad.’ Dela motte ango a eu cet hiver une dangereuse&#13;
489 maladie. ElleSeporte assez bienapresent. Elle a fait acheter&#13;
490 Nos toiles a lordinaire, et Je lay prié encore de vouloir&#13;
491 f.re acheter a argentan ceque M Buisson en demande&#13;
492 dont Jelui envoieray largent p.r envoier cela avec nos&#13;
493 toiles eny mettant un B. p.r les distinguer de celles&#13;
494 qui Sont p.r leSem.re&#13;
495 J’ay esté bien Surpris dapprendre par les lettres que J’ay&#13;
496 receu de M. Du Pré quil ne vous ait Seulem’ pas&#13;
497 parlé de lapplication quil a fait decequi lui revenoit&#13;
498 p.r Sa part dela Succession de feuM Du Pré Son frere&#13;
499 chirurgien mort en Jtalie, dont J’ay tiré prez de 3000.#&#13;
500 par les bons Services que m’a rendu un officier general&#13;
501 de Larmée dJtalie quil navoît pas esté possible de tirer&#13;
502 Sans cela or Jl revient aM DuPré de Quebec de&#13;
503 cette Succession environ 900.# en argent et le Surplus en&#13;
504 un fonds Sur le canal de Troye Jaurois cru que LJncendie&#13;
505 de Notre Sem.re auroit du determiner M Du Pré aS’y appliquer.&#13;
506 Dumoins Jaurois pensé que lui qui est Si zelé p.r lexacte&#13;
507 observation des regles nauroit pas manqué den disposer&#13;
508 dependamment du Sup.r co’e cest effectivem.’ la regle,&#13;
509 mais Jl me paroist quil n’en a nullem’ conferé avec&#13;
&#13;
�510 vous et quil ena fait unedisposition telle quil lui a&#13;
511 plu Sans consulter personne cette conduite Seroit assez&#13;
512 propre a decourager ceux qui Sinteressent p.r le Soutien&#13;
513 duSem.re mais quoi quil y doive concourir co’e moy,&#13;
514 Je naurois point esté Surpris Si pour marier quelqu’une&#13;
515 deSes Nieces Jl eust disposé de tout ou departie de cette&#13;
516 Succession p.r cette bonne œuvre, mais apres Nostre&#13;
517 Jncendie lappliquer Sans lavis du Sup.r a des œuvres&#13;
518 telles quil lui a plu, Je vous avoüe que cela ma&#13;
519 tres fort Surpris, et qu eJenay eu lecoeur fort Serré.&#13;
520 comme Je Supose quil lira cette lettre Je nepuis&#13;
521 mempescher delui en marquer monestonnement.&#13;
522 cequi est remarquable c’est quil me renvoyea faire&#13;
523 les partages de cette Succession, Et que Sans Sen ambarasser,&#13;
524 Jl commence atirer Sur moy des lettres de changepour&#13;
525 ce qui doit lui revenir de cette Succession Jl me Semble&#13;
526 que Je n’ay pas grand Sujet de m’en ambarasser dez&#13;
527 qu’on enagit ainsy. Jl auroit dumoins ducommencer&#13;
528 parprendre Sur cette Succession cequil ma fait depenser&#13;
18.&#13;
&#13;
M.r de&#13;
la Colomb.&#13;
&#13;
529 p.r Son Neveu quil m’a fait lui envoier en canada&#13;
530 quoi q’ Jelui eusse assez marqué deux années de Suite&#13;
531 que la faiblesse de Ses yeux pouroit estre un obstacle&#13;
532 a y demeurer. cet envoy napas laissé de couter&#13;
533 au Sem.re aussi bien que Son retour. Jene m’en pren[d]&#13;
534 pas auNeveu; Jl n’y peut rien, et Jl m’a asseuré quil&#13;
535 avoit representé a Son oncle n’approuver pas cette&#13;
536 disposition, Je n’en ay pas receuMons.r Son Neveu&#13;
537 avec moins daffection Jl est actuellem’ a Envi avec M.r&#13;
538 LeCuré a eslever quelques jeunes gens qui nont plus de&#13;
539 raport au Sem.r car Jls paient leur pension Javois&#13;
540 conseillé aM DuPré de ne Sepas arrester a cet employ&#13;
541 mais de Saller presenter aM de chartres p.r Soffrir a&#13;
542 travailler en Son Dioceze Jl na pas Jugé a propos dele&#13;
543 faire, et Son Jnfirmité peut en estre une bonne raison,&#13;
544 mais on auroit pu lui procurer un employ bien doux&#13;
545 et Jecrois quil eust du lefaire, car aquoy le conduit&#13;
546 cequil fait a Envi. certainem’ a rien Jl n’y a nulle&#13;
547 apparence qu’on le retienne en Notre Sem.re de Paris ou&#13;
548 Jln’y arien dequoy loccuper. Jele voudrois p.r lui&#13;
549 personnellem’ parcequil a dela douceur, mais Jl&#13;
550 n’y arien aParis p.r loccuper. et Jl n’y apas deplace&#13;
551 fondée dans notre Sem.re&#13;
552 Jecrois vous avoir marqué queM dela colombiere&#13;
&#13;
�553 est chez Nous ou Jl nous édifie beaucoup Ona mandé&#13;
554 de QuebecaM.r delaPalliere et Jecrois que cestM vallet&#13;
555 quil venoit en france p.r retourner Evesquede Quebec&#13;
556 Je crois que M de la Palliere apris des mesures&#13;
19&#13;
&#13;
557 p.r le traverser dans ce dessein, mais Jel’ay fort dissuade&#13;
558 quil leust. Je Souhaiterois bien davantage que lon&#13;
559 donnast aM dela Colombiere quelq’ abbaye dont Jl&#13;
560 feroit de bonnes œuvres. Mais Jln’y en aguere apparenc[e]&#13;
561 car voila unegrande nomination qui Sest faite a Pasques,&#13;
562 et on napas pensé alui.&#13;
563 M. LEveq’ de Gap a enfin donné Sa demission et on a&#13;
564 donné Son Evesché a un Jeune homme qui n’a dautre&#13;
565 bonne qualité que destre devoüé aux Jesuites voila a&#13;
566 present ceux a qui on confere les Eveschez et abbayes.&#13;
567 M de Bauharnois est allé Sur mer exercer Sonemploy.&#13;
568 Jl na pas esté trop bien receu par M de Pont chartrain&#13;
569 Jecrois quil n’a Seulem’ pas parlé de Nous. Nous ne&#13;
570 manquerons pas de representer ce que vous marquez Sur&#13;
571 ces mats, et Sur ces 3000.# que vous devez auRoi.&#13;
572 Jedemande ala cour unegartification de 400.# p.r&#13;
573 M Gaulin Jene desespere pas dobtenir quelque&#13;
574 chose on a donné aM.r de tubercas legouvernem’&#13;
575 de Lacadie. Je plains cepauvrepays qui depuis longtemps&#13;
576 napas esté en de trop bonnes mains. on a fait Le Lieuten.t&#13;
577 deM tubercas gouverneur de Plaisance.&#13;
578 J’ay oublié de vous mander Lestat de nos controverses&#13;
579 p.r la chine. Le Pape a montré aM LEvesq’ de Rosalie&#13;
580 la decisionquil pretend avoir faite Sur ces aff.res mais ne&#13;
581 lui ena pas voulu donner une authentique p.r porter avec&#13;
582 lui ala chine, Si bien que ce Prelat voiant quil nepouvoit&#13;
583 pas lobtenir est revenude Rome fort mescontent ayant&#13;
584 mesme refusé destre fait Evesque assistant quelui a&#13;
585 offert Le Pape et Jlest resolu dene pas retourner a la&#13;
586 chine quil ne Scache ce qui a esté decidé. LePape&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
587 est tellemt devoüé aux Jesuites que quoi quil veuille&#13;
588 paroistre pere commun Jl ne fera jamais rien qui&#13;
589 leur fassedelapeine Nous croions bienque Sa Saintete&#13;
590 aura ordonné au Patriarche ala chine de recommander&#13;
591 verbalem’ aux Jesuites de neplus tolerer ces Supertitions&#13;
592 mais Jl n’en fera pas publier dedecision autentique&#13;
593 cequi Sera ne rien faire, et les Jesuites ne verront&#13;
594 pas le Patriarche hors dela chine quils continueron[t]&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
�595 de faire ce quils ont fait jusqu’a present.&#13;
596 Je vous prie de faire trouver bon a Mgr Lancien&#13;
597 que Je vous aye addressé cette lettre plutost qu’a&#13;
598 lui, afin que vous la lui fassiez lire et a tous&#13;
599 nos Mess.rs JeSalüe M Glandelet M Du Pré et&#13;
600 M Pacquet. Dites Je vous prie acedernier que&#13;
601 M L. Tiberge veut lui envoier quelq’ Sermon.s&#13;
602 p.r Supleer alaperte quil a fait. Jenvoye aM&#13;
603 Buisson que Je Salue une Theologie morale de&#13;
604 Grenoble p.r lui et p.r M Calvarin dont Jls Se&#13;
605 Serviront conjointem’ Je me recommande a vos&#13;
606 SS. Sacrifices et prieres et Suis tres parfaitem’&#13;
607 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’&#13;
608 Serviteur. Tremblay&#13;
609 ce 12. avril 1706&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 12 avril 1706)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le supérieur du Séminaire de Québec de la situation de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, prisonnier en Angleterre, des difficultés financières de la colonie, des projets avortés pour la Louisiane. Il se plaint de la perte d’un procès pour l’abbaye de Méobecq. Il annonce qu’il a envoyé des marchandises pour les religieuses et le Séminaire et la décision du pape sur les controverses de la Chine.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/11967" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11965" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11966" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, juin 1706)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu de vous plusieurs lettres l’an passé, une du 25 janvier 1705, une autre de&#13;
8 mai suivant, une assez longue du 13 octobre et une dernière du 21 octobre 1705.&#13;
Je vous en ai écrit une d’avis à vous seul par le Neptune, que Dieu veuille bien&#13;
conduire à bon port, qui est parti au commencement de mai. J’en ai fait charger&#13;
nos liqueurs. Il y a près d’un mois qu’il est parti et on n’en a reçu encore, Dieu&#13;
merci, aucune mauvaise nouvelle.&#13;
Je ne reçus votre lettre du 25 janvier, qui est venue par Plaisance, que peu de jours&#13;
avant l’arrivée de nos vaisseaux. J’ai donné avis à Mme Ango de La Mothe, votre&#13;
sœur, de la mort d’un nommé Barré d’Argentan.&#13;
Vous ne sauriez vous imaginer qu’elle fut ma surprise lorsqu’en lisant la lettre que&#13;
Mgr l’Ancien écrivait à M. l’abbé de Brisacier, nous y apprîmes le second incendie&#13;
du Séminaire de Québec. Tout ce que nous pûmes dire, ce fut avec le saint prêtre&#13;
Élie : « Dominus est quod bonum est in oculis suis faciat1. » Nous n’avons seulement&#13;
pas ouvert la bouche sur ce nouvel accident, surtout depuis que M. l’abbé&#13;
de Brisacier en eut voulu parler à Mme de Maintenon pour la prier de faire quêter&#13;
pour nous à Versailles et qu’elle le refusa. Nous n’en avons parlé à personne. Il y&#13;
a seulement un vicaire de Saint-Germain-de-l’Auxerrois qui nous a envoyé&#13;
108 livres pour aumônes, qui avaient été données, à ce que je crois, pour l’autre&#13;
incendie. Un seul de nos amis, nommé M. d’Héticourt, qui se confesse à M. l’abbé&#13;
de Brisacier, nous a apporté 301 livres pour aumône. Voilà tout ce que j’ai reçu&#13;
pour votre rétablissement.&#13;
Cependant, je vous dirai que ce coup, tout accablant qu’il est, ne m’a pas fait perdre&#13;
cœur et je suis persuadé que Dieu l’a permis pour vous faire rentrer en vous-même&#13;
et vous faire interrompre des dépenses que vous poussez trop loin, soit pour vos&#13;
bâtiments, soit pour votre trop grand nombre d’enfants, dont vous vous êtes trop&#13;
1&#13;
&#13;
« C’est le Seigneur. Qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux ! » (I Samuel 3:18)&#13;
&#13;
�aisément chargés. Il n’est pas impossible que nous nous rétablissions, si vous&#13;
voulez le faire peu à peu et j’espère que sans nous trop incommoder, nous le serons&#13;
en dix ans, pourvu que vous vous modériez ainsi et que vous ne vous rechargiez&#13;
pas de ce grand nombre d’enfants que vous avez renvoyés. Je vous avoue,&#13;
Monsieur, que je ne puis entrer dans votre vue, ni dans celle de M. Buisson, qui&#13;
veut comme vous que si vous aviez jusqu’à 50 enfants, qui payassent pension, hors&#13;
ceux qui sont pour la fondation, cela ne serait pas à charge au Séminaire. Je ne&#13;
saurais m’aveugler jusqu’à ce point-là que de penser une chose si peu fondée, car&#13;
1er si vous vous mettez sur le pied de prendre 50 enfants, je pose en fait que vous&#13;
n’en tirerez pas la pension de 25 ; encore, il y en aura de ces 25 un tiers à demipension et 2e, quand ils paieront tous pension, pouvez-vous entretenir et nourrir&#13;
des enfants pour ce prix-là, à quelque bon marché que soient les vivres ? Les seules&#13;
étoffes pour cette jeunesse absorbent tout ce que vous recevez de ces pensions.&#13;
Mais ce qui fait que M. Buisson donne dans ces idées, c’est que cela lui donne&#13;
quelque argent, sans considérer que l’écu de cet argent lui revient à plus de&#13;
6 livres2.&#13;
Je ne vous ai écrit de tout cela l’an passé, avec toute la confiance que j’ai en vous,&#13;
que pour vous porter à faire cesser cette dépense. Je sais que Mgr l’Ancien vous y&#13;
engage, mais vous y êtes aussi engagé par votre propre inclination. Vous avez de&#13;
l’attrait pour cette jeunesse canadienne. Je ne m’y opposerais pas si nous pouvions&#13;
soutenir cette dépense, mais cela est impossible en l’état où sont nos affaires.&#13;
Trouvez donc bon que je ne vous envoie jamais d’étoffes, de bas, de souliers pour&#13;
enfants que pour douze ou quinze seulement ; vous tirerez l’entretien du surplus&#13;
d’où vous le pourrez, car je ne puis plus être avec vous dans de telles avances.&#13;
Je ne vous écrirai plus rien des capots bleus. Tous ceux que vous me mandez&#13;
devoir m’en écrire, savoir MM. Raudot et Beauharnois, de Glandelet et Pocquet,&#13;
ne m’en ont rien mandé. Vous le voulez ainsi. Cela suffit. Il n’y a pas la moindre&#13;
raison qui autorise cette couleur, mais l’usage doit l’emporter pour le bien de la&#13;
paix.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Un écu d’or équivalait à 3 livres en France ; un écu d’argent valait 0,6 livre française.&#13;
&#13;
�C’est un grand malheur qu’avec la grande perte de notre Séminaire, vous ayez&#13;
porté dans le feu ce que je vous envoyais l’an passé. Cela n’est pas facile à rétablir&#13;
dans un temps comme celui-ci. Je vous plains d’avoir perdu les livres d’Agreda et&#13;
de la sœur de Coutances ; cependant, peut-être qu’à quelque chose, malheur est&#13;
bon, s’il y a, dites-vous, dans ces livres de quoi se soutenir dans les calamités&#13;
présentes. Il me semble qu’il y en a bien plus et de plus solides sans la sainte&#13;
Écriture, qui n’a pas besoin d’un tel commentaire, qui voudrait établir de&#13;
nouveaux points de foi, de nouvelles révélations inconnues à toute l’ancienne&#13;
Église. Je vous avoue que si j’avais le temps, je l’emploierais mieux qu’à lire ces&#13;
livres. Ceux de l’écriture, des Saints-Pères et l’histoire de l’Église me paraissent&#13;
tout autrement nécessaires et si vous en remplissiez bien l’esprit de vos Canadiens,&#13;
vous leur profiteriez tout autrement qu’en leur parlant des sentiments de la mère&#13;
d’Agreda, qui, quelques bons qu’ils soient, seront toujours bien au-dessous de ce&#13;
que nous pouvons apprendre dans l’Écriture sainte et les Saints-Pères.&#13;
Pardonnez-moi si je vous parle peut-être un peu trop librement. Je sais le respect&#13;
que je vous dois et je vous regarde non seulement comme mon supérieur, mais&#13;
comme étant bien plus éclairé que moi dans la vie spirituelle et dans la vertu ; mais&#13;
vous savez que l’on peut aisément se prévenir d’estime par certaines voies et&#13;
révélations particulières, qui peuvent n’être pas du goût de tout le monde et même&#13;
détournées de la solide piété que nous trouvons bien plates dans la sainte Écriture,&#13;
que dans ces livres particuliers. Nous n’en avons pas parlé à M. de La Colombière,&#13;
mais si nous pouvions ici vous entretenir une heure de temps, vous n’auriez plus&#13;
le même goût pour ces livres et n’en seriez pas si occupé.&#13;
J’ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour demander à Monseigneur d’ôter à&#13;
M. de Glandelet le grand-vicariat et la supériorité des Ursulines et je lui en ai fait&#13;
plusieurs instances depuis huit mois. Il m’a toujours refusé nettement et m’en a dit&#13;
la raison dans la dernière lettre. Il prétend que vous vous laissez trop gouverner&#13;
par les Jésuites, que vous leur accordez tout et que vous ne leur sauriez rien&#13;
refuser. Il me cite pour témoignage ce que vous venez de faire tout récemment&#13;
pour la mission de Pentagouet. Il prétend que M. de Glandelet n’est contrarié dans&#13;
cette maison que parce qu’il y soutient l’autorité épiscopale et quoique je lui eusse&#13;
&#13;
�mandé que M. de Glandelet et lui-même me priait de lui demander la décharge de&#13;
ces emplois, il a persisté à l’y laisser au moins jusqu’à son retour en Canada.&#13;
Ce prélat est toujours prisonnier et le sera encore longtemps, selon toutes les&#13;
apparences, car nous ne voyons nulle apparence à la paix. Il s’est donné en Flandre&#13;
une bataille le jour de la Pentecôte, où nous n’avons pas perdu trois mille hommes,&#13;
mais cependant nos troupes y prirent tellement la terreur panique et cette terreur&#13;
s’est tellement communiquée aux villes que notre armée s’est dissipée en désordre,&#13;
tant que les ennemis la poursuivissent et presque toutes les meilleures villes de&#13;
Flandre espagnole et même de la Flandre française ont ouvert les portes à nos&#13;
ennemis, qui ont pris nos magasins, nos munitions ; ce qui les élève horriblement,&#13;
avec encore la honte que nos généraux ont fait avoir au jeune roi d’Espagne,&#13;
Philippe V, qui a été pour prendre Barcelone et une pareille terreur panique en a&#13;
fait lever le siège, lorsqu’il était facile de prendre la ville. Tous ces désavantages&#13;
pour nous enflent tellement nos ennemis que la paix est bien éloignée et tout est&#13;
dans une grande consternation. Je crois que sans ces deux accidents, nous aurions&#13;
eu la paix avec le duc de Savoie et cette paix aurait amené les autres ; mais tout est&#13;
à présent bien reculé.&#13;
J’ai été surpris de la conduite que M. Dupré, curé de Québec, a tenu à votre égard.&#13;
Je lui avais mandé, ces années passées, ce qu’il pourrait tirer de la succession de&#13;
son frère le chirurgien, à peu près, comptant qu’il en conférerait avec vous et&#13;
concerterait l’usage qu’il en voudrait faire. J’ai été fort surpris cet automne qu’il&#13;
ait disposé de cela sans vous en parler et qu’il en ait privé, et sa famille, et le&#13;
Séminaire. Cela n’a pas laissé que de me toucher, car il est bien surprenant que&#13;
voyant le Séminaire en l’état ou il est, il ait disposé de cette aubaine, dont il m’a&#13;
toute l’obligation, puisque sans moi, il n’aurait rien tiré de ce que ce frère a laissé&#13;
en Italie, sans en rien donner au Séminaire et sans vous en avoir parlé. Il prétend&#13;
qu’un curé a des besoins qu’il n’est pas obligé de faire connaître. C’est une raison&#13;
assez frivole, car il n’y a nul inconvénient de vous les faire connaître, à vous qui&#13;
êtes grand-vicaire et supérieur du Séminaire. J’avais presque envie de ne pas payer&#13;
les lettres de change qu’il a tirées sur moi, dont j’ai payé près de 1 200 livres et j’en&#13;
avais un prétexte tout spécieux, car il n’y avait pas de partage fait entre ses frères&#13;
et sœurs et lui. Mais il aurait cru que je l’aurais fait par vil sentiment. Il m’a fallu&#13;
&#13;
�faire leurs partages et les envoyer à son frère à Orléans, qui les ayant approuvés,&#13;
je me suis acquitté envers eux de ce que je leur devais, payant ces lettres de change&#13;
à M. Dupré de Québec et envoyant le surplus à son frère, qui m’en a envoyé une&#13;
décharge générale. Nous avons reçu son neveu au Séminaire à son retour de&#13;
Québec. Il y a demeuré quatre mois. Il est allé ensuite demeurer à Évry, où il ne&#13;
restera pas longtemps. Je lui ai conseillé de se présenter à M. l’évêque de Chartres,&#13;
qui lui a offert de l’emploi dans son diocèse et qui après l’avoir fait vicarié, le&#13;
pourra placer.&#13;
Je vous ai mandé parle Neptune que nous avions reçu avec plaisir&#13;
M. de La Colombière au Séminaire. Il y demeure depuis son retour de Canada. Il&#13;
est résolu de ne pas retourner cette année, tant à cause des grands risques de la&#13;
mer que parce que, n’étant pas donné un fonds pour le paiement des charges&#13;
indispensables et au contraire, étant ordonné que ce qu’il faudra pour les payer&#13;
au-dessus de ce que la ferme du roi vaudra, sera levé sur le pays en la manière que&#13;
sera trouvée la plus avantageuse. Il est bien aise de ne se pas trouver à une telle&#13;
imposition, qu’il prévoit devoir être forte désagréable à la colonie. Ainsi, il restera&#13;
en France cette année. Il a travaillé à une petite mission, qui s’est faite dans notre&#13;
faubourg ces jours passés. Je prévois qu’il s’en ira voir M. Bailly quand nos&#13;
vaisseaux seront partis et il pourra travailler avec lui à quelques missions dans le&#13;
diocèse de Chartres. Il doit cet automne aller voir sa famille en Dauphiné et faire&#13;
des nièces religieuses. Nous sommes tous fort édifiés de lui et nous le respectons.&#13;
Nous avons cru, comme vous, qu’il ne fallait pas demander de nouvelles grâces à&#13;
cause de notre incendie. Si vous considérez de près l’état où est la France, vous&#13;
connaîtriez assez nos raisons. Nous nous sommes contentés de demander la&#13;
continuation de la gratification de 4 000 livres pour notre incendie et nous avons&#13;
demandé, sans y faire beaucoup de fonds, que l’on nous accordât l’union de&#13;
quelques bénéfices de 4 000 ou 5 000 livres pour mettre notre maison en état de&#13;
soutenir les dépenses qu’elle fait. C’est contre mon attente que j’ai vu, dans la lettre&#13;
que M. de Pontchartrain a écrite à M. l’abbé de Brisacier, que le roi avait ordonné&#13;
d’écrire au R. P. de La Chaize de prendre son ordre pour cela. Mais quoique cette&#13;
grâce soit accordée par Sa Majesté, ne croyez pas pour cela que ce soit une chose&#13;
faite. Si nous avions le R. P. de la Chaize bien intentionné pour nous, peut-être que&#13;
&#13;
�cela réussirait ; mais dans l’indisposition que les Jésuites ont contre nous, il leur&#13;
sera facile de rendre cette grâce inutile et sans effet et c’est ce que je crains&#13;
beaucoup. Il n’y a qu’un seul endroit qui pourrait nous servir. On prétend qu’ils&#13;
ont acheté la maison du Port-Royal de Paris pour y établir un Séminaire ; les uns&#13;
disent d’étrangers, en sorte que ce sera le Séminaire des Missions étrangères&#13;
(jésuitiques) ; d’autres disent que c’est pour contrebalancer Saint-Magloire et&#13;
élever des ecclésiastiques dans Paris, quoiqu’ils sachent très bien que M. le&#13;
cardinal de Noailles n’y consentira pas ; mais ils espèrent avoir, sous un autre&#13;
archevêque, ce que celui-ci leur refusera. Or, pour cet établissement, il leur faudra&#13;
unir quelques abbayes et pour se frayer le chemin, ils seront peut-être bien aises&#13;
de nous aider à obtenir cette union. J’y crois, je vous assure bien des difficultés à&#13;
surmonter. Nous ne laisserons pas, après nos lettres finies, d’aller voir le&#13;
R. P. de La Chaize, M. de La Colombière et moi, et engagerons le R. P. de&#13;
Lamberville à y aller avec nous. J’entretiens toujours assez de relation avec lui&#13;
quand je me porte bien.&#13;
Il sera bon que Mgr l’Ancien et vous en écriviez, non seulement à&#13;
M. de Pontchartrain, pour le remercier, mais au R. P. de La Chaize, pour l’engager&#13;
à seconder les bonnes intentions de Sa Majesté.&#13;
Je ne sais même si nous ne serons pas traversés dans cette affaire par notre prélat&#13;
même, qui devrait au contraire nous y soutenir ; ou du moins, s’il ne tâchera pas,&#13;
à cause de cette grâce expectative, nous retrancher tout ce qu’il pourra des abbayes&#13;
déjà unies. J’ai eu depuis un an bien des affaires avec lui sur ce sujet. Il faut vous&#13;
en rendre compte.&#13;
Je représenterai à ce prélat par lettres que puisque l’union venait de se faire des&#13;
abbayes tout différemment de ce qui avait été arrêté en 1697, il ne fallait plus suivre&#13;
le concordat de cette année-là, par lequel nous étions chargés de lui payer&#13;
2 000 livres par an. Je lui représentai que nous ne les tirions pas de l’abbaye de&#13;
Méobecq. Il voulut absolument en être payé comme à l’ordinaire et que cela&#13;
continuât jusqu’à la fulmination de la bulle d’union à l’obtention des lettres&#13;
patentes et à l’enregistrement de ces patentes au Parlement ; ce qui ne sera pas&#13;
consommé peut-être d’ici à dix ans. Ce prélat, de plus, prétendait que je devais lui&#13;
&#13;
�allouer les frais de son voyage de Rome, quoiqu’il m’eût assuré plusieurs fois&#13;
verbalement qu’il ne prétendait pas nous en rien faire coûter et que M. Charmot&#13;
eut encore plus agi que lui en cette affaire.&#13;
Enfin, il voulait que le concordat de 1697 subsistât pour 2 000 livres, qui sont à lui&#13;
payer, mais que ce concordat ne subsistât plus, pour ce qui y est dit, que de cinq&#13;
parts des frais qui seront faits par ces unions ; l’évêque en portera trois et chapitre,&#13;
deux. Le prélat a prétendu que le changement arrivé par la bulle qui lui conserve&#13;
la manse abbatiale de Méobecq et icelui donne, dit-il, que l’abbatiale de Bénévent&#13;
devait faire changer cette imputation des frais, dont il ne devait porter qu’un tiers,&#13;
dit-il, le chapitre un tiers et le Séminaire un tiers.&#13;
On ne peut écrire plus durement que ce prélat m’a écrit depuis un an, de sa prison,&#13;
sur toutes ces affaires jusque-là que dans le temps qu’il acquiert des contrats de&#13;
constitutions de rentes jusqu’à la somme de 1 200 livres de rente par an, qu’il a&#13;
acquis depuis sa prison ou fait acquérir par M. de La Pallière. Il a écrit à ce grandvicaire plusieurs lettres pour le prier d’envoyer saisir nos abbayes pour me forcer&#13;
de lui payer ces 2 000 livres par an.&#13;
Vous remarquerez qu’avant Pâques dernier, il ne lui en était dû qu’une année,&#13;
échue à Pâques 1705, et il avait reçu de moi ou M. de La Pallière, par plusieurs&#13;
billets que j’avais d’eux, plus de 150 livres au-delà de ces 2 000 livres. Voyez&#13;
combien me devaient être sensibles ces menaces d’envoyer saisir [les] abbayes.&#13;
Je crois que son grand-vicaire lui soufflait ce feu de division, car j’ai&#13;
malheureusement encouru sa disgrâce et son ressentiment pour m’avoir imputé,&#13;
sans fondement, d’avoir empêché qu’on ne passât en Cour de Rome une pension&#13;
de 500 livres pour lui sur l’abbaye de Bénévent, à cause des grands services qu’il a&#13;
rendus à l’Église du Canada. Il est vrai que j’ai écrit deux fois à M. Charmot pour&#13;
lui marquer qu’il était bien indigne à un grand-vicaire de vouloir faire créer une&#13;
pension sur une abbaye destinée à l’évêché de Québec, vu que cette Église n’était&#13;
pas en état de porter ces sortes de pensions, mais ce que j’ai écrit à M. Charmot n’a&#13;
en rien contribué à empêcher le pape de vouloir passer cette pension. Le pape l’a&#13;
toujours constamment refusée et n’a jamais voulu la passer ; ce qui a engagé ce&#13;
&#13;
�grand-vicaire à en demander une sur une abbaye régulière qui a vaqué en Flandre,&#13;
nommée Saint-Bertin à Saint-Omer, et on la lui a donnée de 600 livres par an, qu’il&#13;
a enfin attrapées pour ses grands services rendus à l’Église du Canada, dit-il, mais&#13;
cette Église pourrait le remercier de ces grands services.&#13;
Il a su encore s’attirer autres 400 livres de rente viagère, par l’endroit que je vais&#13;
vous exposer. Quand il a vu M. l’évêque de Québec résolu à acquérir des rentes&#13;
sur l’hôtel de ville, qu’il prétend devoir être pour fonder des sœurs de la&#13;
Congrégation dans plusieurs endroits de son diocèse, il a ramassé les fonds qu’il a&#13;
reçus pour le prélat. Il a mandé ensuite au prélat qu’il lui était dû huit ans ou dix&#13;
ou quinze ans d’arrérages de cette pension de 500 livres et qu’avec encore&#13;
quelques autres sommes, qu’il prétend lui être dues par ce prélat, cela faisait la&#13;
somme de 8 000 livres ; qu’il avait reçu de la gratification du clergé 4 000 livres, de&#13;
la pension du clergé 2 000 livres et d’autres endroits encore, au-delà de ces 8 000&#13;
livres qu’il pouvait séparer par ses maisons ; mais que voulant faire du bien à son&#13;
Église (par parenthèses, il s’en fait à lui et non à l’Église), il voulait bien employer&#13;
ces 8 000 livres à acquérir des contrats de constitutions pour fonder ces écoles, mais&#13;
qu’il prétendait sur ces fondations, en donnant ce qui lui était dû par Mgr de&#13;
Québec, se réserver 400 livres de pension sa vie durant sur ces nouvelles rentes&#13;
acquises. Ainsi, le voilà assuré de 1 000 livres de rente sa vie durant pour les&#13;
grands services qu’il a rendus à M. l’évêque de Québec. Or, parce que je n’ai pu&#13;
me retenir sur cet intérêt et que j’en ai parlé, il a conçu un ressentiment contre moi&#13;
qu’il me fait sentir toutes les fois qu’il le peut.&#13;
Nous avons enfin pris deux avocats pour nous régler. Il a fallu faire des écritures&#13;
de part et d’autre. J’ai, ce me semble, eu raison d’être piqué de la manière dont il&#13;
me traitait dans ces écritures. Il n’aurait pu parler plus mal du plus grand fripon&#13;
de la terre. M. l’abbé de Brisacier a bien voulu se mêler de finir tout cela et nous&#13;
avons signé une transaction, par laquelle il est réglé que M. l’évêque de Québec&#13;
sera payé de ce qui lui est dû à Pâques dernier sur ces 2 000 livres et je les lui ai&#13;
payées aussitôt. On veut aussi que les frais de voyage du prélat qu’il a fait pour&#13;
aller à Rome lui soient alloués, jusqu’à 3 000 livres, s’il certifie les avoir dépensés&#13;
pour les unions, ce qu’il ne manquera pas de faire. On veut que dans deux mois&#13;
de ce jour, nous venions à compte ensemble de ce que chacun a dépensé pour ces&#13;
&#13;
�unions et qu’en rapportant chacun ce qui doit revenir à un chacun des unions, on&#13;
en porte les frais au sol la livre. On règle aussi que d’ici à Pâques prochain, on fera&#13;
tous les efforts pour parvenir à l’enregistrement de la bulle et que d’ici là,&#13;
M. l’évêque de Québec sera encore payé des 2 000 livres, mais qu’après Pâques&#13;
prochain, chacun entrera en possession du lot qui lui est destiné par la bulle [et]&#13;
paiera les charges. Nous avons eu bien de la peine à en venir là.&#13;
Mais cela nous va faire entrer avec le prélat dans de nouvelles difficultés. Je&#13;
tremble quand je pense qu’il faudra discuter avec lui ou avec son grand-vicaire,&#13;
plus dangereux que lui, étant de la plus fine Normandie, le partage des deux&#13;
abbayes de Méobecq et de Bénévent. J’aurai affaire à forte partie. Je ferai ce que je&#13;
pourrai en prenant conseil pour ne me pas laisser tromper. Il aurait voulu que nous&#13;
lui eussions abandonné la mense monacale de Bénévent pour la mense abbatiale&#13;
de Méobecq ; or, l’une vaut mieux que l’autre, depuis que le prélat enlève surtout&#13;
les rentes sur l’hôtel de ville, provenant de la vente des bois de l’abbaye de&#13;
Méobecq, et qui en font un des plus beaux revenus. Je vous avoue que connaissant&#13;
la dureté du prélat et de son grand-vicaire, je voudrais pour beaucoup me&#13;
décharger de ces discussions. Elles sont plus fortes que moi. J’ai trop d’affaires et&#13;
trop peu de santé et j’aimerais mieux qu’on m’envoyât, ou à l’Acadie, ou à la&#13;
Louisiane, que d’avoir à traiter d’affaires avec eux.&#13;
Il est de la dernière nécessité que vous m’envoyiez cette année une procuration&#13;
pour le Séminaire de Québec, dont je vous en envoie le modèle. Il y a plus de six&#13;
ans que vous ne m’en avez envoyé. Il m’en faut aussi pour le chapitre de Québec&#13;
et si Dieu nous conserve notre ancien prélat, il est bon qu’il nous envoie aussi une&#13;
nouvelle procuration.&#13;
Vous aurez su le malheur que j’ai eu d’être attaqué cet hiver de la goutte aux deux&#13;
pieds. La souche fut si violente que je fus plus de trois semaines sans me pouvoir&#13;
soutenir sur mes pieds et plus de quatre mois sans sortir. Et j’en ai encore été&#13;
attaqué vers l’Ascension, si bien que je courre risque d’en être fort affligé. Ce sont&#13;
des sériosités qui descendent au bout des pieds que demanderaient que je me&#13;
purgeasse tous les mois, mais c’est un étrange assujettissement quand on a des&#13;
affaires. Ces gouttes m’obligeront de me retirer des affaires et seront peut-être&#13;
&#13;
�utiles à ma sanctification en me mettant en état de penser plus sérieusement à mon&#13;
salut. Si elles augmentent, il vous faudra penser à m’envoyer quelqu’un prendre&#13;
ma place. Je le formerai avant que de me retirer. Ce qu’il y a de fâcheux, c’est que&#13;
ce mal me fait craindre d’aller dans un pays froid comme le Canada, qui est fort&#13;
contraire à la goutte. Il faut surtout s’abandonner à la Providence et se remettre à&#13;
Dieu de tout ce qui nous regarde.&#13;
Votre temporel est en mauvais ordre en France. Je m’en suis encore cependant&#13;
mieux tiré que je ne pensais cette année. Vous le verrez en examinant mes comptes.&#13;
Mais ce qui a contribué, c’est que j’ai eu quelque chose de nos abbayes et je me suis&#13;
fait payer de quelque manière que ce soit de 13 000 livres de nos ordonnances. Il&#13;
était inhabile que vous en écriviez à M. de Pontchartrain : il n’y peut rien, votre&#13;
M. de Beauharnois encore moins, mais enfin, j’ai tiré cela le mieux que j’ai pu,&#13;
presque tout en billets de monnaie, sur lesquels, quoiqu’on perde tant, je n’ai tiré&#13;
le paiement et j’en ai payé nos dettes le mieux que j’ai pu.&#13;
Cependant, quoique j’aie poussé ma recette pour le Séminaire à plus de&#13;
22 000 livres, je ne suis guère moins engagé que j’étais l’an passé pour le Séminaire,&#13;
car il m’a fallu payer M. Fleury et ç’a été un gros morceau, puisqu’il lui était dû&#13;
plus de 9 000 livres.&#13;
Il est vrai que je n’ai pas compris les 2 000 livres de lettres de change que vous&#13;
m’avez envoyées sur le sieur Le Vallet, trésorier à Rochefort. Elles ne pouvaient&#13;
être payées quand j’ai arrêté mon compte. Je les mettrai en recette dans le compte&#13;
de l’année prochaine ; mais aussi, M. Fleury vous envoie pour plus de 2 800 livres&#13;
de factures accomplies à La Rochelle, que j’ai payées en la meilleure partie et n’ai&#13;
pas mis cependant sur votre compte cette dépense, la réservant pour l’année&#13;
prochaine, parce que je n’en puis avoir un compte net qu’après le départ de nos&#13;
vaisseaux.&#13;
Le pauvre M. Fleury a fait une grande perte l’année passée après le départ des&#13;
vaisseaux. Sa femme, fille de M. Grignon, est morte à Paris d’accident de grossesse.&#13;
Il l’y avait emmenée pour voir Paradis. Dieu veuille qu’elle ait de là été voir le&#13;
paradis.&#13;
&#13;
�Tout le commerce est si renversé que vous en apprendrez des nouvelles des&#13;
marchands de Québec. Nous ne voyons plus d’argent à Paris. On n’y voit que des&#13;
billets de monnaie ; ce qui fera que je ne crois pas pouvoir une autre année&#13;
accomplir de factures ni payer de lettres de change si elles ne sont de 1 000 livres.&#13;
Vous verrez que tous les marchands, qui ont cru avoir quelque chose de bon que&#13;
d’avoir des lettres de change sur le trésorier de Rochefort, perdront 12 % cette&#13;
année et même 14 % sur leurs lettres de change qu’on ne leur paie qu’en billet de&#13;
monnaie. Tout est dans un état si violent que nous vivons au jour la journée, sans&#13;
avoir rien d’assuré. J’espère que ce que je vous envoie arrivera à bon port ; mais&#13;
s’il y arrive, vous pouvez bien l’y tenir, car je ne vois plus comment vous rien&#13;
envoyer. Les marchands de La Rochelle et de Bordeaux veulent de l’argent&#13;
comptant. Il est impossible de leur en fournir. Ainsi, il faut cesser tout commerce.&#13;
Comme je fais et j’ai fait jusqu’à présent le plus drôle de tous les commerces, vous&#13;
envoyant tous les ans ce que vous m’avez demandé, sans que vous ayez fait aucun&#13;
retour, je serais bien aise de continuer ce commerce s’il était soutenable, mais il n’y&#13;
en a plus moyen. Les billets de monnaie en ôtent la facilité. Je compte que tout ce&#13;
que je recevrai pour vous d’ici à l’année prochaine servira 1er une partie des&#13;
avances où je suis pour vous, 2e à payer les 6 300 livres que vous avez tirées sur&#13;
moi à l’ordre de M. Jolliet. Et ce sera beaucoup pour vous si d’ici là je puis tirer de&#13;
vos revenus de quoi payer ces 6 300 livres et de quoi acquitter 3 000 ou 4 000 livres&#13;
des 13 396 livres 10 sols, dont je suis en avance pour vous. Il est vrai que j’ai à&#13;
toucher pour 11 500 livres d’ordonnances, savoir 4 000 livres pour le&#13;
rétablissement du Séminaire de Québec pour l’année 1705, 3 000 livres pour&#13;
l’ordonnance de la Louisiane pour la même année et 4 500 livres pour le curé de la&#13;
Louisiane et son confrère pour les années 1703, 1704 et 1705. Mais quand puis-je&#13;
espérer de toucher ces 11 500 livres ? Je serai peut-être bienheureux si j’en obtiens&#13;
de paiement en l’année 1707 et encore en billets de monnaie.&#13;
Et quant à tous les autres revenus que vous avez, ils consistent dans la rente sur&#13;
l’hôtel de ville et ce que je puis tirer des abbayes. Quant à la rente sur l’hôtel de&#13;
ville de 500 livres par an, ce n’est pas grand-chose, et à l’égard des revenus des&#13;
abbayes, on ne saurait à présent s’en faire payer. J’ai tremblé depuis cinq ans et&#13;
appréhendé de voir arriver l’année 1707. Il m’y faut renouveler le bail de l’abbaye&#13;
&#13;
�de l’Estrée. Il est impossible de trouver de fermiers tant que la guerre durera.&#13;
Faudra-t-il faire valoir nous-mêmes cinq ou six fermes qui dépendent de cette&#13;
abbaye ? Il me faudrait plus de 25 000 livres pour les monter et j’aime mieux les&#13;
laisser en friche. Il y en a plus des deux tiers du royaume de France qu’on&#13;
abandonne ainsi. Je vous puis assurer que je suis pour Méobecq et pour l’Estrée&#13;
dans des angoisses qui ne sont pas exprimables. On ne fait nul argent du blé, ni&#13;
des autres denrées et quelque bonne année que les fermiers aient, ils n’en sauraient&#13;
avoir assez pour payer les baux et ustensiles et capitations ; si bien que les fermiers&#13;
mettent la clé sous la porte et s’en vont en une belle nuit.&#13;
En voilà assez pour le temporel. Je n’y saurais penser sans en être effrayé. Je dois&#13;
vous avertir que je ne reçus pas l’an passé 100 livres de Mme de Vaubénard, mais&#13;
cette année je les ai touchés au mois d’avril.&#13;
Mme Ango de La Mothe m’a chargé de vous acheter un bréviaire entier de Lyon,&#13;
que j’ai mis dans nos ballots, qui m’a coûté 30 livres et dont elle m’a remis l’argent.&#13;
Elle m’a envoyé 90 livres, que je vous ai portées en recette au compte du Séminaire,&#13;
qu’elle m’a mandé avoir de reste de votre pension. Vous trouverez une caisse&#13;
qu’elle m’a adressée de Rouen pour vous. Ce sont des choses de piété. Je vous en&#13;
envoie aussi autant que j’en ai pu recouvrer. Vous les trouverez dans nos ballots.&#13;
J’ai acheté la Théologie de Grenoble et j’y en ai joint quatre ou cinq volumes&#13;
dépareillés. Je vous prie de vouloir donner cette théologie à M. Buisson et je le prie&#13;
d’en aider M. Calvarin de quelques volumes, les uns après les autres. J’ai senti le&#13;
besoin où se trouve M. Pocquet, ayant perdu tous ses cahiers. Je lui envoie la&#13;
Théologie de l’Herminier, qui est la meilleure qui soit imprimée et qu’on puisse&#13;
suivre dans les séminaires. Il y en a une plus claire composée par le P. Jovanin de&#13;
l’Oratoire, mais elle est suspecte des nouveaux sentiments et il ne faut rien&#13;
enseigner de suspect à nos ecclésiastiques. Celle que j’envoie à M. Pocquet est hors&#13;
de toute suspicion.&#13;
&#13;
�J’envoie à M. de Glandelet un paquet que je vous prie de lui remettre ; il lui est&#13;
adressé. J’ai mandé à M. Ruette et M. de Varennes de retirer une chasuble&#13;
commune, qui fut envoyée l’an passé aux Hospitalières. Elle est pour le Séminaire.&#13;
Je tâcherai, si je puis prendre cet automne une quinzaine de jours pour travailler&#13;
dans la bibliothèque, d’y rechercher tous les livres que nous aurons doubles, afin&#13;
de les mettre à part pour vous les envoyer pour réparer un peu la perte de votre&#13;
bibliothèque ; mais il faut attendre la paix pour vous envoyer cela.&#13;
Nos MM. de Paris n’ont pas sujet d’être contents de ne pouvoir avoir aucun&#13;
compte de vous, depuis six ans qu’ils en demandent. Il semble qu’on pourrait leur&#13;
en envoyer tous les ans pour connaître l’état de vos affaires. J’envoie à M. de&#13;
Glandelet du parchemin, afin qu’il fasse copier nos principaux titres pour nous en&#13;
envoyer des copies bien collationnées et légalisées.&#13;
Il est bien fâcheux que les Jésuites ne vous puissent donner pour régent que le&#13;
P. Germain : c’est le moyen de faire de très mauvais théologiens. Ils mériteraient&#13;
qu’on renfermât les écoliers dans le Séminaire. Cependant, je ne crois pas que cela&#13;
soit de saison, car il est bon que cette année vous pressiez le R. P. de La Chaize, et&#13;
le fassiez presser par ceux de Québec, de nous procurer ce bénéfice de 4 000 à&#13;
5 000 livres.&#13;
Vous voudriez que je vous nommasse ceux que vous avez fait élever au sacerdoce&#13;
et aux ordres sacrés qui n’ont pas de capacité. Je vous prie de m’en dispenser. Je&#13;
les ai cependant très présents à l’esprit et les connais bien. Je n’y renferme pas&#13;
M. de Saint-Cosme le jeune, Plante, Chabot, ni Boulanger. Je ne les connais pas&#13;
assez, mais sans que je vous les nomme, vous les connaissez assez et vous n’avez&#13;
qu’à en demander les noms au moindre du Séminaire. Pouvez-vous douter qu’il&#13;
n’y a eu jusqu’à présent nulle émulation pour l’étude dans le Petit Séminaire ? Ce&#13;
qui a donné occasion à M. l’évêque de Québec qu’on les y élevait pour être&#13;
menuisiers, sculpteurs, joueurs d’orgues, etc., mais non pour étudier. C’est ce que&#13;
vous ne saviez trop rétablir. On me mande de Québec que dans le règlement du&#13;
Séminaire, il n’y a pas une règle où l’on inculque l’étude aux jeunes gens. On&#13;
prétend qu’il n’y a que cet endroit. Ils étudieront quand ils n’auront point d’autre&#13;
&#13;
�affaire à leur emploi. Ce qui marque que l’étude n’est regardée que comme un&#13;
passe-temps, quand on n’a point d’autre affaire. Vous devez assurément,&#13;
Monsieur, y faire attention.&#13;
M. de La Colombière nous a fort pressé de vous envoyer quelqu’un pour vous&#13;
aider à conduire le Séminaire, mais il voit par ses yeux que ce n’est pas un petit&#13;
choix à faire. Je jette les yeux de toutes parts et ne trouve pas ce qu’il vous faut.&#13;
Vous verrez, par la copie de la lettre de M. de Pontchartrain et par le mémoire que&#13;
nous avons présenté, dont j’ai joint les copies, ce qui nous a été répondu sur les&#13;
mats et sur les 3 000 livres que vous devez au roi. Je suis très persuadé que l’on ne&#13;
vous pressera pas. J’ai été bien surpris d’apprendre par d’autres que par vous le&#13;
mauvais traitement que vous a fait M. Raudot. Nous ne nous attendions pas à un&#13;
tel traitement. Vous le verrez sur ces mots. Je serais fort de votre sentiment de ne&#13;
pas encore envoyer M. de Saint-Cosme le jeune aux Tamarois. Si vous retirez&#13;
M. Bergier, qui ferait plus de bien assurément pour les études au Séminaire qu’il&#13;
n’en fait dans cette mission, vous ôterez tout ce qu’il y a de bon en la Louisiane ;&#13;
car, je vous avoue que je suis bien dégouté de cette mission qui ne tient à rien et&#13;
qui n’a nulle liaison. Je crois qu’il n’y aurait rien à craindre d’avoir M. Bergier dans&#13;
le Séminaire. Je suis persuadé qu’il ne se laissera pas emporter par le prélat, en cas&#13;
qu’il revînt. Je vois par ses lettres son bon esprit et je suis persuadé que si on le&#13;
pouvait séparer et en laisser moitié aux Tamarois et moitié au Séminaire, il ferait&#13;
bien du bien partout.&#13;
Je voudrais de tout mon cœur que M. de Saint-Cosme le jeune eut quelques années&#13;
[de] plus qu’il n’a ou qu’il travaillât en second avec M. Bergier encore quelques&#13;
années. Quant à M. Davion et Saint-Cosme l’aîné, je crois que ce serait un grand&#13;
bien qu’ils n’eussent jamais été à la Louisiane, car ils feraient plus de bien cent fois&#13;
dans la colonie qu’ils n’en ont là pour moi. J’ai honte de voir ce qui s’y passe.&#13;
Vous me mandez que le voyage de M. Dupré le jeune ne vous coûte rien. Il vous&#13;
coûterait plus que son oncle me prie de payer ce qu’il a emprunté pour le faire. Si&#13;
je n’avais porté son oncle d’Orléans, qui a voulu m’offrir 200 livres pour les soins&#13;
que j’ai pris pour eux d’appliquer cette somme de 200 livres pour le voyage de&#13;
&#13;
�M. Dupré. Je ne crois pas que nous fassions une grande perte en le perdant. Il est&#13;
trop délicat et se tâte trop. Je doute qu’il fasse grand-chose. Vous serez sans doute&#13;
encore fâché contre moi de toute la dépense que j’ai faite pour la Louisiane. Mais&#13;
il y a bien des choses que nous faisons souvent malgré nous et par un&#13;
enchaînement de Providence, dont nous ne sommes pas les maîtres. J’avais pris de&#13;
bonnes mesures pour en faire peu. Le renversement du voyage de M. Gervaise&#13;
m’en a fait faire beaucoup. Il lui en coûte à lui beaucoup de son côté. J’en mande&#13;
les circonstances à Mgr l’Ancien. Je vous ai mandé que je ne puis en aucune manière&#13;
séparer le compte des missions de la Louisiane de celui du Séminaire de Québec.&#13;
Cela ne dépend pas de moi.&#13;
J’ai eu cet état des cures et missions à remplir, gouvernements de Québec et de&#13;
Trois-Rivières. Il en a trente-et-une actuellement établies et vous en mettez huit à&#13;
remplir. Si j’avais eu des fonds pour ramasser de bons sujets en France, les&#13;
éprouver au Séminaire et vous les envoyer en Canada, je suis sûr que je vous en&#13;
aurais envoyé assez pour les remplir. Mais il faut les y faire subsister. C’est ce qui&#13;
est le plus difficile. Sous un autre évêque, on le pourra faire, mais sous celui-ci, il&#13;
n’y faut pas compter.&#13;
Ce que vous faites pour Danjoul est très bien. J’avais cependant compté en&#13;
l’envoyant là-bas qu’il se mettrait avec les frères et les sentiments de piété qu’il&#13;
m’a marqué ici me faisaient croire qu’il n’y aurait pas la répugnance qu’il y a eu.&#13;
Vous n’êtes obligé à rien à son égard. S’il fait bien dans l’offre où il est, vous l’y&#13;
pouvez laisser. Je n’ai pu lui envoyer pour cette année ces six plaques de cuivre.&#13;
J’ai cru qu’il valait mieux vous envoyer pour 300 livres de clous et que cela pressait&#13;
davantage pour couvrir le Séminaire. J’ai fait accomplir le mémoire de drogues de&#13;
votre chirurgien, que vous trouverez dans nos ballots et sur la facture.&#13;
Vous me demandez de vous envoyer quelques bons sujets comme M. du Côté&#13;
pour répéter la philosophie et la théologie. M. du Côté est curé à 5 lieues de Paris.&#13;
Il n’a jamais eu dépense pour cette vocation, mais quand il l’aurait eue, je ne crois&#13;
pas que s’eût été votre affaire et si je vous avais parlé un quart d’heure, vous en&#13;
seriez aussi persuadé que je le suis.&#13;
&#13;
�Je ne doute pas que le jeune M. Dupré et peut-être même M. de La Colombière&#13;
n’écrivent à M. le curé de Québec la surprise où j’ai été de la conduite qu’il a tenue&#13;
à l’égard de ce qui lui est revenu de la succession de son frère ; mais je lui en écris&#13;
à lui-même et ne lui cache pas que j’en ai été tout à fait blessé.&#13;
Je ne puis m’empêcher de vous demander pardon si je vous ai parlé si&#13;
franchement, et l’an passé, et cette année, en quelques occasions. Je sais ce que je&#13;
vous dois et combien je dois respecter vos lumières. Cependant, je crois vous&#13;
devoir aussi parler avec liberté de ce que l’on pense sur votre chapitre, car peutêtre que les autres ne le font pas. Je tâcherai à vous écrire si je puis sur le spirituel,&#13;
car j’ai bien peu de temps et je suis tout rempli d’infirmités. J’ai beau ne les pas&#13;
écouter, je suis, à l’heure que je vous écris ceci, presque hors d’état de lire d’un de&#13;
mes yeux [et] accablé de fluxions. Il faut en bénir Dieu, quoique je sois attaqué bien&#13;
jeune. Je prends trop à cœur les choses dont je suis chargé. Les mauvais succès&#13;
m’affligent. Je n’en fais plus qu’amasser des humeurs. J’ai peine à ne pas prendre&#13;
sur mon sommeil pour toutes mes affaires. Cela use et amène l’infirmité avant le&#13;
temps. Je me recommande très particulièrement à vos prières et saints sacrifices et&#13;
suis très parfaitement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1706, juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46)&#13;
1.&#13;
Juin&#13;
1706&#13;
&#13;
Jncendie.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Aumône&#13;
&#13;
1&#13;
Lettres O à M. Des maizerets&#13;
2 Monsieur&#13;
No 46&#13;
3 J’ay receu de vous plus.rs lettres l’an passé,&#13;
4 une du 25. Jan.er 1705. une autre de 8. may&#13;
5 Suivant, une assez longue du 13. octobre et&#13;
6 une derniere du 21. octobre 1705. Je vous en ay&#13;
7 escrit une davis a vous Seulpar le Neptune que&#13;
8 Dieu veuille bien conduire a bon port qui est parti&#13;
9 au commencement de may. J’y ay fait charger&#13;
10 nos liqueurs. Jl y a prez d’un mois quil est parti,&#13;
11 et on n’en a receu encore dieu mercy aucune&#13;
12 mauvaise Nouvelle.&#13;
13 Je ne recus votre lette du 25 Jan.er qui est venüe&#13;
14 par Plaisance, que peu de jours avant larrivée&#13;
15 de nos vaiss.x J’ay donné avis a Mad.’ De la motte&#13;
16 ango votre Soeur de la mort d’un nommé Barré&#13;
17 d’argentan&#13;
18 vous ne Scauriez vous imaginer quellefut ma&#13;
19 Surprise lors qu’en lisant la lettre que Mgr Lancien&#13;
20 escrivoit a M L. de Brisacier nous y apprismes la&#13;
21 2.de Jncendie du Sem.re de Quebec Tout ce que Nous&#13;
22 pusmes dire ce fut avec le S.’ Prestre hely Dominus est.&#13;
23 Quod bonum est in oculis Suis faciat. Nous navons&#13;
24 Seulem’ pas ouvert la bouche Sur ce Nouvel accident&#13;
25 M Desmaizerais.&#13;
26 Sur tout depuis que M. L. de Brisacier en eut voulu&#13;
27 parler a Mad.’ dem. p.r la prier de faire quester&#13;
28 pour Nous a versailles et quelle le refusa. Nous&#13;
29 n’en avons parlé a personne Jl y a eu Seulem.’&#13;
30 un vicaire de S.’ Germain de Lauxerrois qui nous&#13;
31 a envoié 108.# p.r aumosnes, qui avoient esté donnés,&#13;
32 aceque Je crois pour lautre Jncendie un Seul&#13;
33 de nos amis nommé M.r Dheticourt qui Se Confesse&#13;
34 a M Labbé de Brisacier nous a aporté 301.# pour&#13;
35 aumosne. voila tout ce que J’ay receu pour&#13;
36 vostre restablissement.&#13;
37 Cependant Je vous diray que ce coup tout accablant&#13;
38 quil est ne m’a pas fait perdre cœur, et Je Suis&#13;
39 persuadé que Dieu la permis pour vous faire rentrer&#13;
40 en vous mesme, et vous faire interrompre des&#13;
&#13;
�41 depenses que vous poussez trop loing Soit pour&#13;
42 vos batimens Soit pour votre trop grand nombre&#13;
43 denfans dont vous vous estes trop aisement&#13;
44 chargé. Jl n’est pas impossible que nous nous&#13;
45 rétablissions, Si vous voulez le faire peu a peu, et&#13;
46 J’espere que Sans nous trop incommoder nous le&#13;
47 Serons en dix ans pour veu que vous vous moderiez&#13;
48 ainSy et que vous ne vous rechargiez pas de ce&#13;
49 grand nombre denfans que vous avez renvoyé&#13;
50 Je vous avoüe Monsieur que Je nepuis entrer dans&#13;
51 votre veüe ni dans celle de M Buisson qui veut&#13;
52 co’e vous que Si vous aviez jusqua 50. enfans,&#13;
3&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
4&#13;
Capot&#13;
bleu.&#13;
&#13;
53 qui paiassent pension hors ceux qui Sont p.r la&#13;
54 fondation, cela ne Seroit pas a charge au Sem.re&#13;
55 Je ne Scaurois m’aveugler jusqua cepoint la&#13;
56 que de penSer une chose Si peu fondée. car 1.° Si&#13;
57 vous vous mettez Surle pied de prendre 50. enfans,&#13;
58 Je pose en fait que vous n’en tireres pas la pension&#13;
59 de 25. encore Jl y en aura de ces 25. un tiers a demi&#13;
60 pension Et 2.° quands Jls paieroient tous pension&#13;
61 Pouvez vous entretenir et Nourir des enfans pour&#13;
62 ceprix la, â quelq’ bon marché que Soient les vivres.&#13;
63 Les Seules estofes p.r cette jeunesse absorbent tout ce que&#13;
64 vous recevez de ces pensions. mais ce qui fait que&#13;
65 M Buisson donne dans ces Jdéez , cest que celalui&#13;
66 donne quelq.’ argent Sans considerer que lescu de&#13;
67 cet argent lui revient aplus de Six livres,&#13;
68 Je ne vous ay escrit de tout cela l’an passé avec toute&#13;
69 la confiance que Jay en vous que pour vous porter&#13;
70 a faire cesser cette depense Je Scay que Mgr Lancien&#13;
71 vous y engage, mais vous y estes aussi engagé par&#13;
72 votre propre Jnclination vous avez de lattrait pour&#13;
73 cette Jeunesse canadienne, Je ne m’y opposerois pas&#13;
74 Si nous pouvions Soutenir cette depense, mais cela&#13;
75 est impossible en lestat ou Sont nos affaires. Trouvez&#13;
76 donc bon que Jene vous envoie jamais destofes de&#13;
77 bas et de Souliers p.r enfans que pour douze ou&#13;
78 quinze Seulement, vous tirerez lentretien du&#13;
79 Surplus dou vous lepourez car Jene puis plus&#13;
80 estre avec vous dans de telles avances.&#13;
81 Je ne vous escriray plus rien des capots bleus, Tous ceux&#13;
82 que vous me mandez devoir m’en escrire, Scavoir Mess.rs&#13;
&#13;
�Agréda&#13;
&#13;
5&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
M.r Gland.&#13;
&#13;
83 Raudot et bauharnois Glandelet et Pocquet ne m’en ont&#13;
84 rien mandé. vous le voulez ainsy. cela Suffit. Il n’y a&#13;
85 pas la moindre raison qui autorise cette couleur, mais&#13;
86 lusage doit l’emporter pr le bien de la paix.&#13;
87 C’est un grand malheur qu’avec la grandeperte de N’re&#13;
88 Semre vous aiez porté dans le feu ce que Je vous envoiois&#13;
89 l’an passé. cela nestpas facile a restablir dans un&#13;
90 temps comme celui cy. Je vous plains davoir perdu&#13;
91 les livres dagreda et de la Sœur de Coutances; Cependant&#13;
92 Peut estre qu’a quelque chose malheur est bon; Sil y a&#13;
93 dites vous dans ces livres de quoy Se Soutenir dans les&#13;
94 calamitez presentes; Jl me Semble quil y en a bien plus&#13;
95 et deplus Solide sans la S.te escriture qui n’a pas besoin&#13;
96 d’un tel commentaire, qui voudroit establir de Nouveaux&#13;
97 points de foy, de nouvelles revelations inconnues&#13;
98 a toute lancienne Eglise Je vous avoüe que&#13;
99 Si Javois le temps Je lemploierois mieux qu’a lire&#13;
100 ces livres. Ceux de Lescriture, des S.ts Peres et lhistoire&#13;
101 de LEglise me paroissent tout autrem’ necessaires, et Si&#13;
102 vous en remplissiez bien lesprit de vos Canadiens,&#13;
103 vous leur profiteriez tout autrem’ qu’en leur parlant&#13;
104 des Sentimens de la m. dAgreda, qui quelque bons quils&#13;
105 Soient Seront toujours bien au dessous de ce que nous&#13;
106 pouvons apprendre dans lescriture S.te et les S.ts&#13;
107 Peres.&#13;
108 Pardonnez moy Si Je vous parle peut estre un peu trop&#13;
109 librement. Je Scay lerespect que Je vous dois, et Je Vous&#13;
110 regarde non Seulem’ co’e mon Superrieur, mais comme&#13;
111 estant bienplus esclairé que moy dans la vie&#13;
112 Spirituelle, et dans la vertu. mais vous Scavez que&#13;
113 lon peut aisement Se prevenir destime p.r certaines&#13;
114 voies et revelations particulieres qui peuvent n’estre&#13;
115 pas du goust de tout le monde, et mesme destourner&#13;
116 de la Solide pieté que nous trouvons bien plat dans la&#13;
117 S.te escriture, quedans ces livres particuliers. Nous n’en&#13;
118 avons pas parlé a M dela Colombiere, mais Si&#13;
119 nous pouvions icy vous entretenir une heure de&#13;
120 temps, vous nauriez plus le mesme goust pour ces&#13;
121 livres, et n’en Seriez pas Si occupé.&#13;
122 J’ay fait tout ce qui a dependu de moy p.r demander a Mgr&#13;
123 d’oster a M Glandelet le grand vicariat et la Superiorité&#13;
124 des ursulines, et Je lui en ay fait plus.rs instances depuis huit&#13;
125 mois, Jl m’a toujours refusé nettement, et m’en a dit la&#13;
&#13;
�126 raison dans la derniere lettre. Jl pretend que vous&#13;
127 vous laisser trop gouverner par les Jesuites, que vous leur&#13;
128 accordez tout, et que vous ne leur Scauriez rien refuser.&#13;
129 Jl me cite p.r temoignage ce que vous venez de faire tout&#13;
130 recemment p.r la mission de Pentagouet. Jlpretend que&#13;
131 M. Glandelet n’est contrarié dans cette maison que&#13;
132 par ce quil y Soutient l’autorité Episcopale, etquoique Jelui&#13;
133 eusse mandé que M Glandelet lui mesme me prioit de&#13;
134 lui demander la descharge de ces emplois Jl a persisté&#13;
135 à ly laisser au moins jusqu’a Son retour en Canada.&#13;
6&#13;
&#13;
M.r Dupré&#13;
&#13;
7&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
136 Ce Prelat est toujours Prisonnier, et le Sera encore&#13;
137 longtemps Selon toutes les apparences; car nous ne&#13;
138 voions nulle apparence a la paix. Jl Sest donné en fland[re]&#13;
139 une bataille le jour de la Pentecoste ou nous n’avons pas&#13;
140 perdu trois mille hommes, mais cepend.’ nos troupes y priren[t]&#13;
141 tellem.’ la terreur panique, et cette terreur Sest tellem’&#13;
142 communiquée aux villes que Notre armée Ses dissipée&#13;
143 en desordre tant queles ennemis la poursuivissent, et&#13;
144 presq’ toutes les meilleures villes dela flandre espagnole&#13;
145 et mesme de la flandre francoise ont ouvert les portes&#13;
146 a nos ennemis, qui ont pris nos magasins, nos munition&#13;
147 ce qui les esleve horriblement, avec encore la honte que&#13;
148 nos generaux ont fait avoir au Jeune Roi despagne&#13;
149 Philipe cinq qui a esté p.r prendre Barcelone et une&#13;
150 pareille terreur panique en a fait lever le Siege,&#13;
151 lors quil estoit facile de prendre la ville. Tous ces&#13;
152 desavantages p.r nous enflent tellement nos&#13;
153 ennemis, que la paix est bien esloignée, et tout est dans&#13;
154 une grande consternation. Je croy que Sans ces deux&#13;
155 accidens nous aurions eûs lapaix avec le Duc de Savoie&#13;
156 et cette paix auroit amenée les autres; mais tout est&#13;
157 a present bien reculé.&#13;
158 J’ay esté Surpris de la conduite que M Du Pré Curé de Quebec&#13;
159 a tenüe a votre esgard. Jelui avois mandé ces annéesz&#13;
160 passéez ce quil pouroit tirer de la Sucession de Son frere&#13;
161 le chirurgien, apeupres, comptant quil en confereroit&#13;
162 avec vous, et concerteroit Lusage quil en voudroit&#13;
163 faire. J’ay esté fort Surpris cet automne quil ait&#13;
164 dispoSé de cela, Sans vous enparler, et quil en ait&#13;
165 privé et Sa famille et le Seminaire cela n’a pas&#13;
166 laiSSé que de me toucher, car Jl est bien Surprenant&#13;
167 que voiant le Sem.re en lestat ou il est, il ait disposé de&#13;
&#13;
�Neveu&#13;
&#13;
M, de&#13;
la&#13;
Colombiere&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
168 cette aubeine dont Jl m’a toute lobligation puis que Sans&#13;
169 moy Jl nauroit rien tiré de ce que ce frere alaissé en&#13;
170 Jtalie Sans en rien donner au Sem.re et Sans vous&#13;
171 en avoir parlé. Jl pretend qu’un Curé ades beSoins&#13;
172 quil nest pas obligé de faire connoistre Cest une&#13;
173 raison assez frivole, car Jl n’y a nul inconvenient de&#13;
174 vous les faire connoistre a vous qui estes Grand vicaire&#13;
175 et Sup.r du Sem.re Javois pres q’ envie de ne pas paier&#13;
176 les lettres de change quil a tiré Sur moy dont J’ay&#13;
177 paié prez de 1200.# et Jen avois un pretexte tout&#13;
178 Specieux, car Jl n’y avoit pas de partage fait entre Ses freres&#13;
179 et Sœurs et lui. mais Jl auroit creu que Je laurois&#13;
180 fait par vil Sentiment; Jl m’a fallu faire leurs&#13;
181 partages, et les envoier a Son frere a orleans qui&#13;
182 les aiant approuvé, Je me Suis acquité envers eux&#13;
183 de ceque Je leur devois, paiant ces lettres de change&#13;
184 a M Du Pré de Quebec et envoiant leSurplus a Son&#13;
185 frere qui m’en a envoié une descharge generale&#13;
186 Nous avons receus Son Neveu au Semi.re a Son retour&#13;
187 de Quebec. Jl y a demeuré quatre mois, Jl est allé ensuite&#13;
188 demeurer a Evri, ou Jl ne restera pas longtemps. Je lui ay&#13;
189 conseillé de Se presenter a M LEveque de chartres qui&#13;
190 lui a offert de lemploy dans Son dioceze, et qui apres&#13;
191 l’avoir fait vicarier le poura placer.&#13;
192 Je vous ay mandé par le Neptune que Nous avions&#13;
193 recus avec plaiSir M de la Colombiere au Semin.re Jl&#13;
194 y demeure depuis Son retour de Canada, Il est resolu&#13;
195 dene pas retourner cette année, tant acause des grands&#13;
196 risques de la mer que par ce que n’estant pas donné un&#13;
197 un fonds p.r le paiement des charges indispensables, et&#13;
198 au contraire estant ordonné que ce quil faudra pour&#13;
199 les paier au dessus dece que la ferme du Roi vaudra Sera&#13;
200 levé Sur le pays en la maniere qui Sera trouvée la plus&#13;
201 avantageuse, Jl est bien aiSe dene Sepas trouver a une&#13;
202 telle imposition, quil prevoit devoir estre forte desagre203 able a la colonie ainsy Jl restera en france cette&#13;
204 année. Jl a travaillé a une petite mission qui S’est faite&#13;
205 dans notre faubourg ces jours passez. Je prevois quil S’en&#13;
206 ira voir M Bailly quand nos vaiss.x Seront partis et&#13;
207 Jl poura travailler avec lui a quelq’ mission dans le&#13;
208 Dioceze de chartres, Jl doit cet automne aller voir Sa&#13;
209 famille en Dauphiné et faire des Nieces Religieuses.&#13;
210 Nous Sommes tous fort édifier de lui, et nous le respectons.&#13;
&#13;
�Jncendie&#13;
&#13;
Promesse&#13;
&#13;
9&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
211 Nous avons creu comme vous quil ne falloit pas&#13;
212 demander de Nouvelles graces a cauSe de Notre Jncendie.&#13;
213 Si vous consideriez depres lestat ou est la france,&#13;
214 vous connoistriez assez nos raisons. Nous nous&#13;
215 Sommes contentez de demander la continuation de&#13;
216 lagratification de 4000.# p.r notre Jncendie et nous&#13;
217 avons demandé Sans y faire beaucoup de fonds que la&#13;
218 lon nous accordast lunion de quelq’ benefice de 4. ou&#13;
219 5000.# p.r mettre notre maison en estat de Soutenir les&#13;
220 depenses quelle fait. cest contre mon attente que&#13;
221 J’ay veu dans la lettre que M De Pont chartrain a&#13;
222 escrit a M. L. de Brisacier que le Roi lui avoit&#13;
223 ordonné descrire au R. P. De la chaize de prendre&#13;
224 Son ordre pour cela. mais quoi que cette&#13;
225 grace Soit accordée par Sa majesté, Ne croiez&#13;
226 pas pour cela que ce Soit une chose faite. Si&#13;
227 Nous avions Le R. P. de la chaise bien intentionné&#13;
228 pour Nous, peut estre que cela reussiroit, mais dans&#13;
229 lindisposition que les Jesuites ont contre Nous Jl leur&#13;
230 Sera facile de rendre cette grace inutile et Sans effet&#13;
231 et cest ce que Je crains beaucoup. Jl n’y a qu’un Seul&#13;
232 endroit qui pouroit nous Servir. on pretend quils&#13;
233 ont acheté la maison du Port roial de Paris pour&#13;
234 y establir un Sem.re les uns disent dEstrangers, en Sorte&#13;
235 que ce Sera le Sem.re des missions Etrangeres (JeSui tiq)&#13;
236 d’autres disent que c’est p.r contre balancer S.t magloire,&#13;
237 et eslever des Ecclesiatiques dans Paris, quoi quils Scachent&#13;
238 tres bien que M LeCard.l de Noailles n’y consentira&#13;
239 pas; mais Jls esperent avoir Sous un autre archevecq’&#13;
240 ceque celui cy leur refusera. or p.r cet establissem.t&#13;
241 Jl leur faudra unir quelq’ abbaye, et pour Se frayer&#13;
242 le chemin Jls Seront peut estre bien aises de nous ayder&#13;
243 a obtenir cette union. J’y crois, Je vous asseure bien des&#13;
244 difficultez a Surmonter. Nous ne laisserons pas apres&#13;
245 Nos lettres finies daller voir le R. P. de la chaise M.r de&#13;
246 la colombiere et moy et engagerons le R P. Lamber&#13;
247 =ville a y aller avec Nous. Jentretiens toujours assez&#13;
248 de relation avec lui quand Je me porte bien.&#13;
249 Jl Sera bon que Mgr. Lancien et vous en escriviez&#13;
250 nonSeulem’ a M. De Pont chartrain p.r leremercier&#13;
251 mais au R. P. de la chaize p.r lengager a Seconder les&#13;
252 bonnes Jntentions de Sa majesté.&#13;
253 Je ne Scay mesme Si nous ne Serons pas traversez dans&#13;
&#13;
�254 cette aff.re par Notre Prelat mesme qui devroit au&#13;
255 contraire nous y Soutenir; ou du moins Sil ne taschera&#13;
10.&#13;
&#13;
Mgr.&#13;
de S.&#13;
Valier,&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
256 pas a cause de cette grace expectative, Nous retrancher&#13;
257 tout ce quil poura des abbayes deja unies. J’ay eu depuis&#13;
258 un an bien des affaires avec lui Sur ce Sujet. Jl faut vous&#13;
259 en rendre compte.&#13;
260 Je representay a ce Prelat par lettres que puis que Lunion&#13;
261 venoit de Se faire des abbayes tout differemment de&#13;
262 cequi avoit esté arresté en 1697. Jl ne falloit plus Suivre&#13;
263 le concordat de cette année la, par le quel nous estions&#13;
264 chargez de lui paier 2000# par an; Jelui representay&#13;
265 que nous ne les tirions pas de Labbaye de meobec. Jl&#13;
266 voulut absolument en estre paié co’e a lordinaire et&#13;
267 que cela continuast jusqu’a la fulmination de la&#13;
268 bulle dunion a lobtention des lettres patentes, et a&#13;
269 lenregistrem’ de ces patentes au Parlement, ce qui ne&#13;
270 Sera pas consommé peut estre dicy a dix ans.&#13;
271 Ce Prelat deplus pretendoit que je devois lui alloüer&#13;
272 les frais de Son voiage de Rome, quoi quil m’eust asseuré&#13;
273 plus.rs fois verbalement quil ne pretendoit pas nous&#13;
274 en rien faire couster, et que M. Charmot eust encore&#13;
275 plus agi que lui en cette affaire.&#13;
276 Enfin Jl vouloit que Je lui paia le concordat de 1697.&#13;
277 Subsistast p.r 2000.# qui sont alui paier, mais que ce&#13;
278 concordast ne Subsistast plus p.r cequi y est dit que de&#13;
279 cinq parts des frais qui Seront faits p.r ces unions&#13;
280 LEvesque en portera trois et chapitre deux. Le Prelat&#13;
281 apretendu que le changem’ arrivé parla bulle qui lui&#13;
282 conserve la manse abbatiale de meobec, et Jcelui&#13;
283 donne dit il que Labbatiale de Bennevent devoit&#13;
284 faire changer cette Jmputation des frais dont Jl ne&#13;
285 devoit porter qu’un tiers ditil, le chapitre un tiers,&#13;
286 et le Sem.re un tiers.&#13;
287 On ne peut escrire plus durement que ce Prelat m’a&#13;
288 escrit depuis un an deSa prison Sur toutes ces aff.res&#13;
289 jusque la que dans le temps quil acquiert des contracts&#13;
290 de constitutions de rentes jusqu’a la So’e de 1200.# de&#13;
291 rente par an quil a acquis depuis Sa prison, ou&#13;
292 fait acquerir par M. de la Palliere, Jl a escrit a ce&#13;
293 grand vicaire plus.rs lettres p.r le prier denvoier&#13;
294 Saisir nos abbayes p.r me forçer de lui paier ces&#13;
295 2000.# par an.&#13;
&#13;
�296 vous remarquerez qu’avant Pasque dernier Jl ne&#13;
297 lui en estoit deu qu’une année escheüe a Pasques&#13;
298 1705. et Jl avoit receu de moy ou M.r de la Palliere&#13;
299 par plus.rs billets que J’avois deux plus de cent cinquante&#13;
300 livres au dela de ces 2000.# voiez combien me devoient&#13;
301 estre Sensibles ces menaces denvoier Saisir&#13;
302 abbayes.&#13;
303 Je crois que Son Grand vicaire lui Souffloit ce feu de&#13;
304 division, car J’ay malheureusemen’ encouru Sa disgrace&#13;
305 etSon ressentiment pour mavoir imputé Sans&#13;
306 fondement d’avoir empesché qu’on ne passast en Cour&#13;
307 de Rome une pension de 500.# p.r lui Sur Labbaye&#13;
308 de Bennevent acause des grands Services quil a&#13;
309 rendu a LEglise du Canada. Jl est vray que J’ay&#13;
310 escrit deux fois a M. charmot p.r lui marquer&#13;
311 quil estoit bien indigne a de Grand vicaire de&#13;
312 vouloir faire creer une pension Sur une abbaye&#13;
313 destinée a LEvesché de Quebec, veu que cette&#13;
12.&#13;
&#13;
314 Eglise nestoit pas en etat deporter ces sortes de pensions,&#13;
315 mais ceque J’ay escrit a M charmot n’a en rien contribué&#13;
316 a empescher le Pape de vouloir passer cette pension Le Pape la&#13;
317 toujours constamment refusée, et n’a jamais voulu la&#13;
318 passer. Ce qui a engagé ce grand vicaire a en demander&#13;
319 une Sur une abbaye Reguliere qui a vaqué en flandre&#13;
320 nommée St Bertin a S.t omer, et on la lui a donnée de&#13;
321 600.# par an quil a enfin attrapé p.r Ses grands&#13;
322 Services rendus a LEglise du Canada dit il, mais cette&#13;
323 Eglise pouroit le remercier de ces grands Services. Jl&#13;
324 a Sceu encore S’attirer autres 400.# de rente viagere par&#13;
325 lendroit que Je vais vous exposer. Quand Jl a veu&#13;
326 M. LEveque de Quebec resolu a acquerir des rentes Sur&#13;
327 lhotel de ville quil pretend devoir estre p.r fonder des&#13;
328 Sœurs de la Cong.on dans plus.rs endroits deSon Dioceze&#13;
329 Jl a ramassé les fonds quil a receus p.r le Prelat. Jl&#13;
330 a mandé ensuite au Prelat quil lui estoit deu Sept&#13;
331 ou huit ans ou dix ou quinze ans darrerages de cette penSion de cinq cent&#13;
332 livres et quavec encore quelque autre So’e quil pretend&#13;
333 lui estre deües par ce Prelat cela faisoit la Somme de&#13;
334 8000.# quil avoit receu de la gratification du clergé 4000.#&#13;
335 de La pension du clergé 2000 # et dautres endroits encore&#13;
336 au dela de ces 8000.# quil pouvoit Separer par Ses&#13;
337 mains, mais que voulant faire du bien a Son Eglise&#13;
338 (Par parenthese Jl Sen fait a lui et non a LEgliSe) Jl&#13;
&#13;
�339 vouloit bien emploier ces 8000.# a acquerir des&#13;
340 contracts de constitutions p.r fonder ces escoles, mais&#13;
341 quil pretendoit Sur ces fondations en donnant ce&#13;
342 qui lui estoit deu par Mgr de Quebec Se reserver&#13;
343 400.# de pension, Sa vie durant Sur ces nouvelles rentes&#13;
344 acquises. ainsy Le voila a asseuré de 1000.# de rente&#13;
13.&#13;
Lettres O, No 46&#13;
Avocats.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
345 Sa vie durant p.r les grands Services quil a rendu a&#13;
346 M. LEveq’ de Quebec or par ce que Je n’ay pu me&#13;
347 retenir Sur cet Jnterest, et que J’en ay parlé. Jl a&#13;
348 conceu un ressentiment contre moy quil me fait&#13;
349 Sentir toutes les fois quil le peut.&#13;
350 Nous avons enfin pris deux avocats p.r pour nous regler.&#13;
351 Jl a fallu faire des escritures de part et dautre. J’ay&#13;
352 ce me Semble eu raison destre piqué de la maniere&#13;
353 dont Jl me traitoit dans ces escritures, Jl n’auroit pu&#13;
354 parler plus mal du plus grand fripon de la terre.&#13;
355 M Labbé de Brisacier a bien voulu Se mesler de&#13;
356 finir tout cela, et Nous avons Signé une transaction&#13;
357 par laquelle Jl est reglé que M. LEveq’ de Quebec Sera&#13;
358 paié de cequi lui est deu a Pasque dernier Sur ces&#13;
359 2000.# et Je les lui ay paié aussi tost. on veut aussi&#13;
360 que les frais du voiage du Prelat quil a fait pour&#13;
361 aller a Rome lui Soient allourez jusqu’a 3000.#&#13;
362 Sil certifie les avoir depensez p.r les unions.&#13;
363 ce quil ne manquera pas de faire. on veut que&#13;
364 dans deux mois de ce jour Nous venions a compte&#13;
365 ensemble de ceque Chacun a depensSé p.r ces unions,&#13;
366 et qu’en raportant chacun cequi doit revenir a&#13;
367 un chacun des unions on en porte les frais au&#13;
368 Sol la livre. on regle aussi que dicy a Paque&#13;
369 prochain on fera tous les efforts pour parvenir a&#13;
370 lenregistrement de la bulle, et que d’icy la M&#13;
371 LEveq’ de Quebec Sera encore paié des 2000.# mais&#13;
372 qu’apres Pasques prochain, chacun entrera en&#13;
373 possession du lot qui lui est destiné par la bulle&#13;
374 paiera les charges, Nous avons eus bien de la peine&#13;
375 a en venir la.&#13;
376 mais cela nous va faire entrer avec le Prelat dans&#13;
377 de Nouvelles difficultez. Je tremble quand Je pense&#13;
378 quil faudra discuter avec lui ou avec Son grand vicaire&#13;
379 plus dangereux que lui estant de laplus fine Normandi[e],&#13;
380 le partage des deux abbayes de meobec et de Benneve[nt]&#13;
&#13;
�381 Jauray affaire a forte partie. Je feray ceque Je pouray&#13;
382 en prenant conseil pour ne me pas laisser tromper.&#13;
383 Jl auroit voulu que nous lui eussions abandonné la&#13;
384 manse monacale de Bennevent p.r la manse abba=&#13;
385 tiale de meobec. or lune vaut mieux que l’autre&#13;
386 depuis que le Prelat enleve Surtout les rentes Sur&#13;
387 lhotel de ville provenant de la vente des bois de&#13;
388 Labbaye de meobec, et qui en font un des plus beaux&#13;
389 revenus. Je vous avoüe que connoissant ladureté&#13;
390 du Prelat et de Son Grand vicaire Je voudrois pour&#13;
391 beaucoup me descharger deces discussions. Elles Sont&#13;
392 plus fortes que moy. J’ay trop daffaires et trop peu&#13;
393 de Santé, et Jaimerois mieux qu’on menvoiast ou a&#13;
394 Lacadie ou a la Louisiane que davoir a traiter daffaire&#13;
395 avec eux.&#13;
396 Jl est de la derniere Necessité que vous menvoiiez cette&#13;
397 année une procuration p.r le Sem.re de Quebec dont&#13;
398 Je Vous en envoie le modele. Il y a plus de Six ans que&#13;
399 vous ne m’en avez envoié Jl m’en faut une aussi&#13;
400 p.r le chapitre de Quebec, et Si Dieu nous conserve&#13;
401 Notre ancien Prelat Jl est bon qu’il nous envoie&#13;
402 aussi une Nouvelle procuration&#13;
15&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
403 Vous aurez Sceu le malheur que J’ay eu destre attaqué&#13;
404 cet hyver de la goute aux deux pieds, La Souche fut Si&#13;
405 violente que Je fus plus de trois Semaines Sans me pouvoir&#13;
406 Soutenir Sur mes pieds et plus de quatre moins Sans Sortir.&#13;
407 et Jen ay encore esté attaqué vers Lascention, Sibien que&#13;
408 Je cours risque d’en estre fort affligé. ce Sont des Serositez&#13;
409 qui descendent au bout des pieds que demanderoient que Je&#13;
410 me purgeasse tous les mois, mais c’est un estrange assujettis&#13;
411 =sement quand on a des affaires. Ces goutes mobligeront&#13;
412 de me retirer des affaires, et Seront peut estre utiles a ma&#13;
413 Santification en me mettant en estat depenser plus&#13;
414 Serieusement a mon Salut. Si elles augmentent Jl vous&#13;
415 faudra penser a menvoier quelqu’un prendre ma&#13;
416 place, Je le formeray avant que de me retirer. ce quil&#13;
416 y a de fascheux c’est que ce mal me fait craindre&#13;
417 d’aller dans unpays froid co’e le canada, qui est fort&#13;
418 contraire a la goute. Jl faut Sur tout Sabandonner&#13;
419 a la providence, et Se remettre a Dieu de tout ce qui&#13;
420 nous regarde.&#13;
421 votre temporel est en mauvais ordre en france. Je&#13;
422 m’en Suis encore cepend.’ mieux tiré que Je ne pensois&#13;
&#13;
�423 cette année. vous le verrez en examinant mes comptes,&#13;
424 mais Cequi y a contribué, c’est que J’ay eu quelq’ chose de&#13;
425 nos abbayes, et Je me Suis fait paier de quelq’ maniere&#13;
426 que ce Soit de 13000.# de nos ord.ces Jl estoit inabile que&#13;
427 vous en escrivistiez a M. de Pont chartrain, Jl n’y peut&#13;
428 rien, votre M de bauharnois encore moins, mais enfin&#13;
429 J’ay tiré cela le mieux que J’ay pu presque tout en&#13;
430 billets de monnoye, Sur les quels quoi qu’on perde tant,&#13;
16.&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
431 Jenay tiré le paiement et J’en ay paié nos dettes&#13;
432 le mieux que Jay peu.&#13;
433 Cependant quoi que Jaye poussé ma recette pour le&#13;
434 Sem.re a plus de 22000.# Je ne Suis guere moins engage&#13;
435 que Jestois l’an passé pour le Semin.re car Jl m’a fallu&#13;
436 paier M fleury et c’a esté ungros morceau, puis=&#13;
437 quil lui estoit dauplus de 9000.#&#13;
438 Jl est vray que Je n’y ay pas compris les 2000.# de&#13;
439 lettres de change que vous mavez envoié Sur le S.r&#13;
440 vialet tresorier a Rochefort Elles nepouvoient estre&#13;
441 paiéez quand J’ay arresté mon compte Je les mettray&#13;
442 en recette dans le compte de lannée prochaine; mais&#13;
443 aussi Mr fleury vous envoie p.r plus de 2800.# de&#13;
444 factures accomplies a la Rochelle, que J’ay paié enla&#13;
445 meilleure partie, et n’ay pas mis cepend.’ Sur votre&#13;
446 compte de cette depense la reservant p.r lannée&#13;
447 prochaine, parceque Je n’en puis avoir un compt[e]&#13;
448 Net quapres le depart denos vaiss.x&#13;
449 Le Pauvre M. fleury afait une grande perte lannée&#13;
450 passée apres le depart des vaiss.x Sa femme fille&#13;
451 de M Grignon est morte a Paris daccident de grossesse&#13;
452 Jl l’y avoit amenée p.r voir Paradis Dieu veuille&#13;
453 quelle ait de la este voir le Paradis.&#13;
454 Tout le commerce est Si renversé que vous en apprendrez&#13;
455 des Nouvelles des marchands de Quebec. Nous ne&#13;
456 voions plus dargent a Paris. on n’y voit que des billets&#13;
457 de monnoye ce qui fera que Je ne crois pas pouvoir&#13;
458 une autre année accomplir de factures ni paier de&#13;
459 lettres de change Si elles ne Sont de 1000.# Vous&#13;
460 verrez que tous les marchands qui ont creu&#13;
461 avoir quelq’ chose de bon que davoir des lettres&#13;
462 de change Sur le tresorier de Rochefort, perdront&#13;
463 douze pour cent cette année et mesme quatorze&#13;
464 Sur leurs lettre deschange qu’on ne leur paie&#13;
&#13;
�Lettres O, No 46&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
465 qu’en billets de monnoye. Tout est dans un&#13;
466 estat Si violent que Nous vivons au jour la&#13;
467 Journée, Sans avoir rien dasseuré. Jespere que&#13;
468 ce que Je vous envoie arrivera a bon port.&#13;
469 mais Sil y arrive, vous pouvez bien l’y tenir,&#13;
470 car Je ne vois plus comment vous rien envoier.&#13;
471 Les marchands de la Rochelle et de Bordeaux&#13;
472 veulent de largent comptant. Jl est Jmpossible&#13;
473 de leur en fournir. sinsy Jl faut cesser tout&#13;
474 commerce.&#13;
475 Comme Je fais et J’ai fait jusqu’a present&#13;
476 le plus drole de tous les commerces, vous&#13;
477 envoiant tous les ans ce que vous mavez&#13;
478 demandé Sans que vous aiez fait aucun&#13;
479 retour, Je Serois bien aise de continuer ce&#13;
480 commerce Sil estoit Soutenable, mais Jl n’y en&#13;
481 a plus moien. Les billets de monnoie en ostent&#13;
482 la facilité. Je compte que toute ceque Je recevray&#13;
483 p.r vous dicy a lannée prochaine Servira&#13;
484 1.° une partie des avances ou Je Suis pour vous.&#13;
485 2.° a paier les 6300.# que vous avez tiré Sur&#13;
486 moy a lordre de M. Jolliet. Et ce Sera&#13;
487 beaucoup p.r vous Si dicy la Je puis tirer&#13;
488 de vos revenus de quoy paier ces 6300. et de quoy&#13;
489 acquitter trois ou quatre mille livres des&#13;
490 13396.# 10.s dont Je Suis en avance pour vous.&#13;
491 Jl est vray que Jay a toucher pour 11500.#&#13;
492 dordonnances Scavoir 4000.# p.r le retablissem’&#13;
493 du Sem.re de Quebec p.r lannée 1705. 3000.#&#13;
494 p.r lord.ce de La Louisiane p.r la mesme année.&#13;
495 et 4500.# pour le Curé de la LouiSiane et Son&#13;
496 confrere p.r les annéez 1703. 1704. et 1705.&#13;
497 mais quand puis je esperer de toucher ces&#13;
498 11500.# Je Seray peut estre bienheureux Si&#13;
499 Jen obtiens de paiem’ en lannée 1707. et encore&#13;
500 en billets de monnoye.&#13;
501 Et quant a tous les autres revenus que vous&#13;
502 avez, Jls consistent dans la rente Sur lhotel&#13;
503 de ville, et ce que Je puis tirer des abbaies. Quant&#13;
504 a la rente Sur lhotel de ville de 500.# par an, ce&#13;
505 nest pas grand choSe, et a lesgard des revenus&#13;
506 des abbayes, on ne Sauroit apresent S’en faire&#13;
507 paier. J’ai tremblé depuis cinq ans et apprehendé&#13;
&#13;
�508 de voir arriver lannée 1707. Jl m’y faut&#13;
509 renouveller le bail de Labbaye de Lestrée. Il est&#13;
510 Jmpossible de trouver de fermiers tant quel a&#13;
19&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
20. 1706&#13;
&#13;
511 guerre durera faudra til faire valoir nous&#13;
512 mesmes cinq ou Six fermes qui dependent de&#13;
513 cette abbaye. Jl me faudroit plus de vingt cinq&#13;
514 mille livres p.r les monter, et Jaime mieux les laisser&#13;
515 en friche. Jly en a plus des deux tiers du Roiaume&#13;
516 de france qu’on abandonne ainsy. Je vous puis&#13;
517 asseurer que Je Suis p.r meobec et p.r Lestrée&#13;
518 dans des angoisses qui ne Sont pas exprimables.&#13;
519 on ne fait nul argent du bled, ni des autres&#13;
520 danréez, et quelq’ bonne année que les fermiers&#13;
521 aient Jls n’en Scauroient avoir assez pour paier&#13;
522 les bailles et ustancilles et capitation Si bien que&#13;
523 les fermiers mettent la clef Sous la porte et S’en&#13;
524 vont en une belle Nuit.&#13;
525 En voila assez pour le temporel. Je n’y Scaurois&#13;
526 penser Sans en estre effraié. Je dois vous avertir&#13;
527que Je ne receus pas l’an passé 100.# deMad’ de&#13;
528 vaubernard mais cette année Je les ay touché&#13;
529 au mois d’avril.&#13;
530 Mad.’ Dela motte ango m’a chargé de vous&#13;
531 acheter un breviaire entier de Lion que J’ay mis&#13;
532 dans nos ballots qui m’a cousté 30.# et dont elle&#13;
533 m’a remis largent.&#13;
534 Elle m’a envoié 90.# que Je vous ay porté en&#13;
535 recette au compte du Sem.re quelle m’a mandé&#13;
536 avoir de reste de votre pension.&#13;
537 vous trouverez une caisse quelle m’a addressée&#13;
538 de Roüen, p.r vous ce Sont des choses depieté.&#13;
539 Je vous en envoie aussi autant que J’en ay pu&#13;
540 recouvrer. vous les trouverez dans nos balots.&#13;
541 J’ay acheté la Theologie de Grenoble et J’y en&#13;
542 ay joint 4. ou 5. volumes depareillez. Je vous&#13;
543 prie de vouloir donner cette Theologie a M&#13;
544 Buissong et Je le prie den ayder M. Calvarin&#13;
545 de quelques volumes les uns apres les autres.&#13;
546 J’ay Senti le besoin ou Se trouve M Pocquet ayant&#13;
547 perdu tous Ses cahiers, Jelui envoie la Theologie de&#13;
548 lherminier qui est la meilleure qui Soit imprimée,&#13;
549 et qu’on puisse Suivre dans les Seminaires, Jly en a&#13;
&#13;
�550 une plus claire composée par le P. Jovanin de&#13;
551 Loratoire, mais elle est Suspecte de Nouveaux&#13;
552 Sentimens, et Jl ne faut rien enseigner de Suspect&#13;
553 a nos Ecclesiastiques. Celle que Jenvoie a M Pocq[uet]&#13;
554 est hors de toute Suspicion.&#13;
555 Jenvoye a M. Glandelet un paquet que Je vous&#13;
556 prie de lui remettre; Jl lui est addressé.&#13;
557 J’ay mandé a M. Ruette et M.r De varennes&#13;
558 de retirer une chasuble commune qui fut&#13;
559 envoiée l’an passé aux hospitalieres. Elle est&#13;
560 p.r le Sem.re&#13;
561 Je taschevay Si Je puis prendre cet automne&#13;
562 une quinzaine de jours p.r travailler dans la&#13;
21&#13;
1706.&#13;
Bibliothèque&#13;
brulée&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
Titres&#13;
à&#13;
copier :&#13;
&#13;
P.&#13;
Germain&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
563 bibliotheque d’y rechercher tous les livres que&#13;
564 nous aurons doubles afin de les mettre apart&#13;
565 p.r vous les envoier p.r reparer un peu la&#13;
566 perte de votre bibliotheque; mais Jl faut&#13;
567 attendre la paix p.r vous envoier cela.&#13;
568 Nos Mess.rs de Paris n’ont pas Sujet destre&#13;
569 contens de ne pouvoir avoir aucun compte&#13;
570 de vous depuis Six ans quils en demandent.&#13;
571 Jl Semble qu’on pouroit leur en envoier tous&#13;
572 les ans p.r connoistre lestat de vos affaires.&#13;
573 Jenvoie a M. Glandelet du Parchemin, afin&#13;
574 quil fasse copier nos principaux titres p.r&#13;
575 nous en envoier des copies bien collationnéz&#13;
576 etlegaliSéez.&#13;
577 Jl est bien fascheux que les Jesuites ne vous puiSSen[t]&#13;
578 donner p.r Regent que Le P. Germain. cest le&#13;
579 moien de faire de tres mauvais Theologiens.&#13;
580 Jls meriteroient qu’on renfermast les Escholiers&#13;
581 dans le Sem.re cepend.’ Je ne crois pas que&#13;
582 cela Soit de Saison car Jl est bon que cette&#13;
583 année vous pressiez Le R. P. de la chaise et le&#13;
584 fassiez presser par ceux de Quebec de nous&#13;
585 procurer ce benefice de 4. a 5000.#&#13;
586 vous voudriez que Je vous nommasse ceux que&#13;
587 vous avez fait eslever au Sacerdoce et aux ordres&#13;
588 Sacrez qui nont pas de capacité. Je vous prie&#13;
589 de m’en dispenser. Je les ay cependant tres presens&#13;
590 alesprit et les connois bien. Je n’y renferme pas&#13;
591 M S.’ cosme lejeune, Plante, chabot, ni Boulanger. Je&#13;
&#13;
�Regle&#13;
&#13;
23.&#13;
Lettres O, N.o 46&#13;
&#13;
M. Bergier&#13;
&#13;
592 ne les connois pas assez, mais Sans que Je vous les&#13;
593 nomme vous les connoissez assez, et vous navez&#13;
594 qu’a en demander les noms au moindre du Semin.re&#13;
595 Pouvez vous douter quil n’y a eu jusqu’a present&#13;
596 nulle émulation p.r lestude dans le petit Sem.re&#13;
597 Ce qui a donné occasion a M LEveq’ de Quebec&#13;
598 qu’on les y eslevoit p.r estre menuisiers, Sculpteurs&#13;
599 joueurs dorgue &amp;. mais non p.r estudier. C’est&#13;
600 ce que vous ne Scaviez trop restablir. on&#13;
601 me mande de Quebec que dans le reglement du&#13;
602 Sem.re Jl n’y a pas une regle ou lon inculque&#13;
603 lestude aux Jeunes gens, on pretend quil n’y&#13;
604 a que cet endroit. Jls estudieront quand Jls&#13;
605 nauront point dautre affaire a leur employ&#13;
606 Ce qui marque que Lestude n’est regardée que&#13;
607 co’e un passe temps quand on n’a point dautre&#13;
608 affaire. vous devez asseurement, Monsieur&#13;
609 y faire attention.&#13;
610 M. de la Colombiere Nous a fort pressé de&#13;
611 vous envoier quelqu’un p.r vous aider a conduire&#13;
612 le Sem.re mais Jl voit par Ses yeux que ce&#13;
613 n’est pas un petit choix a faire. Je jette les&#13;
614 yeux de toutes parts et ne trouve pas ce&#13;
615 quil vous faut.&#13;
616 vous verrez par la copie de la lettre de M.&#13;
617 de Pont chartrain et par le memoire que Nous&#13;
618 avons presenté dont J’ay joint les copies cequi&#13;
619 nous aesté repondu Sur les mats et Sur les&#13;
620 3000.# que vous devez au Roi. Je Suis tres&#13;
621 persuadé que lon ne vous pressera pas.&#13;
622 J’ay esté bien Surpris d’apprendre par&#13;
623 dautres que par vous le mauvais traitem’&#13;
624 que vous a fait M Raudot. Nous ne&#13;
625 nous attendions pas a un tel traitement.&#13;
626 vous le verrez Sur ces mats&#13;
627 Je Serois fort de votre Sentiment de ne pas encore&#13;
628 envoier M S.t Cosme le Jeune aux Tamarois.&#13;
629 Si vous retirez M Bergier qui feroit plus&#13;
630 de bien asseurem’ p.r les estudes au Sem.re&#13;
631 quil n’en fait dans cette mission, vous&#13;
632 osterez tout ce quil y a de bon en la Louisianne,&#13;
633 car Je vous avoüe que Je Suis bien dégouté&#13;
634 de cette mission que ne tient a rien, et qui&#13;
&#13;
�635 n’a nulle liaison.&#13;
636 Je crois quil n’y auroit rien a craindre davoir&#13;
637 M. Bergier dans le Sem.re Je Suis persuadé&#13;
638 quil ne Se laissera pas emporter parle Prelat&#13;
639 en cas quil revinst. Je vois par Ses lettres&#13;
24.&#13;
&#13;
1706&#13;
25&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
640 Son bon esprit, et Suis persuadé que Si on le&#13;
641 pouvoit Separer et en laisser moitié aux&#13;
642 Tamarois et moitié au Sem.re Jl feroit bien&#13;
643 du bien partout.&#13;
644 Je voudrois detout mon cœur que M. S.’ cosme&#13;
645 le Jeune eust quelques annéez plus quil n’a ou&#13;
646 quil travaillast en Second avec M. Bergier&#13;
647 encore quelques annéz. Quant a M.rs Davion&#13;
648 et S.’ Cosme Laisné. Jecrois que ce Seroit un grand&#13;
649 bien quils neussent jamais esté a la Louisiane,&#13;
650 car Jls feroient plus de bien cent fois dans la colonie&#13;
651 quils n’en ont la Pour moy J’ay honte de&#13;
652 voir ce qui S’y passe.&#13;
653 vous me mandez que le voiage de M Du Pré&#13;
654 le Jeune ne vous couste rien. Jl vous cousteroit&#13;
655 puis que Son oncle me prie de paier ce quil a&#13;
656 emprunté p.r lefaire, Si Je navois porté Son&#13;
657 oncle dorleans qui a voulu moffrir 200.#&#13;
658 p.r les Soins que J’ay pris p.r eux dappliquer&#13;
659 cette So’e de 200.# p.r le voiage de M Du Pré&#13;
660 Je ne crois pas que nous fassions une grande perte&#13;
661 en le perdant, Jl est trop delicat et Se taste&#13;
662 trop. Je doute quil fasse grand chose.&#13;
663 vous Serez Sans doute encore fasché contre moy&#13;
664 de toute la depense que J’ay fait p.r La Louisiane&#13;
665 Mais Jl y a bien des choses que nous faisons&#13;
666 Souvent malgré Nous et par un enchainem’&#13;
667 de providence dont Nous ne Somme pas&#13;
668 les maistres. Javois pris de bonnes mesures&#13;
669 p.r en faire peu. Le renversem’ du voiage de&#13;
670 M Gervaise m’en a fait faire beaucoup. Il lui&#13;
671 en couste a lui beaucoup de Son costé. J’en&#13;
672 mande les circonstances a M’gr Lancien&#13;
673 Je vous ay mandé que Je ne puis en aucune&#13;
674 maniere Separer le compte des missions&#13;
675 de la Louisiane de celui du Sem.re de Quebec&#13;
676 cela ne depend pas de moy.&#13;
&#13;
�677 J’ay Eu cet estat des cures et missions a remplir&#13;
678 xxx gouvernemens de Quebec et des trois rivieres.&#13;
679 Jl en a 31. actuellem’ establies et vous en&#13;
680 mettez huit a remplir. Si Javois eu des fonds&#13;
681 p.r ramasser de bons Sujets en france les esprouver&#13;
682 au Sem,re et vous les envoier en Canada, Je Suis&#13;
683 Seur que Je vous ne aurois envoié assez p.r les&#13;
684 remplir. Mais Jl faut les y faire Subsister.&#13;
685 Cest ce qui est le plus difficile. Sous un autre&#13;
686 Evesque on le poura faire, mais Sous celui cy&#13;
687 Jl ny faut pas conter.&#13;
688 Ce que vous faites p.r Danjoul est tres bien. Javois&#13;
26.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
689 cependant conté en lenvoiant la bas quil&#13;
690 Se mettroit avec les freres, et les Sentimens de&#13;
691 pieté quil m’a marqué icy me faisoient croire&#13;
692 quil n’y auroit pas la repugnance quil y a eüe&#13;
693 vous nestes obligé a rien a Son esgard. Sil&#13;
694 fait bien dans loffre ou il est, vous l’y pouvez&#13;
695 laisser. Je n’ay pului envoier p.r cette année&#13;
696 ces Six plaques de Cuivre, J’ay creu quil valoit&#13;
697 mieux vous envoier p.r 300.# de clous, etque&#13;
698 cela pressoit davantage pour couvrir leSemin.re&#13;
699 J’ay fait accomplir lememoire de drogues de&#13;
700 votre chirurgien que vous trouverez dans nos&#13;
701 balots et Sur la facture.&#13;
702 vous me demandez de vous envoier quelque bon&#13;
703 Sujet co‘e M Du costé p.r repeter la Philosophie&#13;
704 et la Theologie. M. Du Costé est Curé a cinq&#13;
705 lieues de Paris. Jl n’a jamais eu depense pour&#13;
706 cette vocation, mais quand Jl lauroit eüe Je ne&#13;
707 crois pas que c’eust esté votre affaire. et Si Je vous&#13;
708 avois parlé un quard heure vous en seriez aussi&#13;
709 persuadé que Je le Suis.&#13;
710 Je ne doute pas que le Jeune Monsr dupré et&#13;
711 peut estre mesme M de la colombiere nescrivent&#13;
712 a M. LeCuré de Quebec la Surprise ou J’ay esté&#13;
713 de la conduite quil a tenüe a legard dece qui lui&#13;
714 est revenu de la Succession de Son frere; mais&#13;
715 Je lui en escris a lui mesme, et ne lui cache pas&#13;
716 que J’en ay esté tout a fait blessé.&#13;
717 Je ne puis m’empescher de vous demander pardon&#13;
718 Si Je vous ay parlé Si franchement et lan passé&#13;
&#13;
�719 et cette année enquelq’ occasions. Je Scay ce que Je&#13;
720 vous dois et combien Je dois respecter vos lumieres,&#13;
721 cependant Je crois vous devoir aussi parler&#13;
722 avec liberté de ce que lon pense Sur votre chapitre&#13;
723 car peut estre que les autres ne le font pas.&#13;
724 Je tascheray a vous escrire Si Jepuis Sur le Spirituel&#13;
725 car J’ay bien peu de temps, et Je Suis tout remply&#13;
726 dJnfirmitez. J’ay beau ne les pas escouter, Je Suis&#13;
727 a lheure que Je vous escris cecy presq’ hors destat&#13;
728 de lire d’un de mes yeux accablé de fluxions. Jl&#13;
729 faut en benir Dieu quoi que Je Sois attaqué bien&#13;
730 Jeune. Je prends trop a cœur les choses dont Je&#13;
731 Suis chargé. Les mauvais Succez maffligent&#13;
732 Je n’en fais plus quamasser des humeurs, J’ay&#13;
733 peine a ne pas prendre Sur mon Sommeil&#13;
734 pour toutes mes affaires. cela use et ameine&#13;
735 linfirmité avant le temps. Je me recommande&#13;
736 tres pariticulierem’ a vos prieres et Saints&#13;
737 Sacrifices et Suis tres parfaitement Monsieur&#13;
738 votre tres humble et tres obeissant Serviteur.&#13;
739&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, juin 1706)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime au supérieur du Séminaire de Québec sa surprise et sa résignation devant le second incendie du Séminaire et dit qu’il n’a pas pu obtenir de secours à Versailles. Il reproche que l’on dépense beaucoup pour les bâtiments du Séminaire et pour le trop grand nombre d’enfants pris en charge. Il lui raconte qu’il a eu beaucoup d’affaires avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, présentement prisonnier en Angleterre, et La Pallière, son grand-vicaire, à propos des unions des abbayes de Méobecq et de Bénévent au chapitre de Québec. Il se plaint de la dureté et de l’intérêt du prélat et de son grand-vicaire, qui se sont fait attribuer des pensions sur des abbayes. Il commente les mauvaises nouvelles de la guerre qui ont eu lieu en Flandre et en Espagne, où les troupes françaises ont été battues et ont perdu plusieurs villes. Il dit qu’il n’y a nulle apparence à la paix. Il espère que la France pourra se relever de ces désastres. Il dit qu’il a envoyé au Canada ce qu’il lui a demandé. Il a eu du mal à payer les factures, à cause du renversement du commerce et de la rareté de l’argent. Il ne pourra plus envoyer grand-chose au Séminaire ni à la Louisiane et il ne peut pas séparer le compte des missions de celui du Séminaire. Il a réussi à lui envoyer les livres d’Agreda et de la sœur de Coutances, perdus dans l’incendie, mais qu’il ne les approuve pas. Il a parlé à La Colombière, grand-chantre du chapitre de Québec, de ces livres et qu’il l’a trouvé de son avis. Il dit aussi qu’il a demandé à Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, d’ôter à Glandelet le grand-vicariat et la supériorité des Ursulines, mais il a refusé, en lui reprochant de se laisser trop gouverner par les Jésuites.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11918" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11919" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11917" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
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        <name>Commerce et industrie</name>
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        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 7 juin 1702)&#13;
&#13;
À M. des Maizerets&#13;
7 juin 1702,&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous écris encore celle-ci ces fêtes de la Pentecôte, qui sera sans doute la dernière&#13;
que vous recevrez de moi. Elle est la troisième que je vous écris à vous directement.&#13;
J’ai mandé ci-devant à vous et à M. de Glandelet, par M. Joncaire, qui est parti il y&#13;
a plus de 12 jours, que nous n’avions pu obtenir que 4 000 livres pour notre&#13;
Séminaire, à cause de notre incendie, lesquelles seront à prendre sur le Trésor&#13;
royal. On ne nous en a pas encore expédié l’ordonnance, mais ce sera une pitié&#13;
pour le faire payer, car on ne saurait tirer d’argent au Trésor royal : tout y est&#13;
consommé pour la guerre et je ne sais si je pourrai tirer l’ordonnance de&#13;
Mississippi, ni celle de Mgr l’Ancien pour l’année dernière. Bien plus, j’ai avancé&#13;
1 000 livres à M. Joncaire pour lui faciliter son retour pour son ordonnance de&#13;
courrier et à présent, je n’en puis tirer d’argent au Trésor royal, quoique ces&#13;
ordonnances soient les plus tôt payées. C’est à présent un triste état que d’avoir à&#13;
tirer de l’argent, car on n’en peut avoir de personne et juger de là de ce que nous&#13;
pouvons espérer de secours pour notre rétablissement. Pour moi, je n’y fais aucun&#13;
fonds, ni à voir augmenter sur des bénéfices ces 4 000 livres que le roi nous a&#13;
accordées. M. l’abbé de Brisacier se fait fort de nous procurer, avant la fin de&#13;
l’année, 2 000 écus, c’est-à-dire 6 000 livres d’aumônes, mais je crois qu’il n’en&#13;
viendra pas à bout, car outre le triste état où est toute la France, il est lui-même&#13;
emporté par tant d’autres affaires qu’il n’a pas le temps d’y penser.&#13;
Nous sommes aussi avancés que le jour que M. Joncaire est arrivé pour vous&#13;
procurer quelque secours des particuliers. Nos Messieurs sont emportés par une&#13;
infinité d’autres affaires, qui leur ôtent le souvenir de celle-ci. À la vérité, M. l’abbé&#13;
de Brisacier persiste à vouloir y travailler, mais je crains qu’on ne regarde ce&#13;
malheur comme de vieilles matines qu’on a oubliées. L’Assemblée du clergé est&#13;
passée. On n’a pu y demander rien, parce qu’en effet cette assemblée&#13;
extraordinaire n’a pas le pouvoir de rien accorder. Il est survenu une nomination&#13;
&#13;
�de quelques bénéfices à la Pentecôte, mais les bénéfices ont vaqué si près de la fête&#13;
qu’on n’a pas eu le temps d’agir pour obtenir rien sur ces bénéfices. Je vous avoue&#13;
que quoique je vous aie mandé par le vaisseau la Perle, qui est parti il y a plus de&#13;
quinze jours, que vous pouviez compter sur les 4 000 livres accordées par le roi sur&#13;
le Trésor royal et sur 6 000 livres de secours des particuliers, que nous espérions&#13;
amasser, je ne sais si je ne dois pas vous mander de compter sur rien, car : 1° je ne&#13;
sais si nous tirerons et quand nous serons payés de cette ordonnance de&#13;
4 000 livres, aussi bien que de 7 000 livres que j’ai encore à tirer sur le Trésor royal ;&#13;
il est à craindre que l’on n’y puisse rien recevoir tant que cette guerre durera ; 2° je&#13;
ne vois point par quels ressorts M. l’abbé de Brisacier pourra tirer 6 000 livres, car&#13;
je n’y vois nulle disposition, quoiqu’il croit toujours en venir à bout ; et quant à ce&#13;
qui regarde vos factures, je suis encore du moins aussi embarrassé, car vous verrez&#13;
de combien je suis en avance pour le Séminaire ; et si je ne puis toucher ce qui est&#13;
dû à Mgr l’Ancien sur le Trésor royal et au Mississippi, il faut que je succombe. La&#13;
procure en ce temps est d’une difficulté étrange.&#13;
Je vous prie de dire à M. Buisson que j’ai remis à M. Joncaire 20 louis, que M. Briot,&#13;
son neveu, m’avait remis pour lui faire tenir, car M. Briot a voulu que je les lui&#13;
remette et encourir les risques.&#13;
On m’a apporté, il y a huit jours, un paquet pour M. Coeurderoi et encore depuis,&#13;
un autre pour M. Boucher, que j’ai cru devoir encore envoyer par le messager, afin&#13;
de faire plaisir à ces Messieurs ; mais il faudra leur en faire payer le port à 5 sols&#13;
de la livre pour ce qu’il a couté de Paris à La Rochelle.&#13;
Je vous prie d’ordonner au frère Hubert de m’envoyer tous les ans près d’un demimuid1 d’herbe de capillaire. Cela est utile et sert à plusieurs amis qui en&#13;
demandent.&#13;
M. Grignon vous mandera la difficulté que nous avons eue pour avoir nos clous&#13;
et je ne sais encore s’il vous en enverra le nombre que vous demandez. Je n’ai rien&#13;
oublié pour vous faire tout tenir et envoyer ce que vous désirez.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Un muid de liquide de Paris contient environ 268 litres.&#13;
&#13;
�M. d’Iberville n’est pas encore de retour. On l’attend tous les jours. Je m’attends à&#13;
avoir bien de la dépense à faire pour le Mississippi quand il arrivera. Encore, passe&#13;
pourvu que j’aie reçu alors l’ordonnance pour cette mission au Trésor royal.&#13;
J’ai oublié de vous prier de dire à M. Bellin que je n’ai pu lui rien envoyer cette&#13;
année. J’ai à lui 77 livres, quelques sous et M. son beau-frère a de plus 30 livres&#13;
qu’il me donnera quand je voudrai, mais je me suis pris trop tard pour lui envoyer&#13;
de la marchandise pour cette somme.&#13;
Nos unions à Rome n’avancent point. Je conseille à Mgr de Québec d’y aller et je&#13;
crois qu’il le fera ce mois de septembre. C’est le seul moyen de les faire réussir. Il&#13;
est cependant incertain qu’il en obtienne la permission. On nous fait peur que sous&#13;
ce pontificat-ci, nous n’obtiendrons rien ; mais c’est le cardinal de Janson qui l’a&#13;
dit, qui est le plus grand ennemi du pape.&#13;
Notre affaire de la Chine ne finit point non plus entre ses mains. On n’attend plus&#13;
que le décret. Il faut qu’il parle. On lui a rapporté les vœux des cardinaux, qui sont&#13;
dix et onze pour nous, de treize, et les Jésuites n’en ont pour eux que deux et trois.&#13;
On vous fait peur de la trop grande amitié qu’on dit que le pape a pour les Jésuites,&#13;
mais nous nous appuyons sur le Saint-Esprit et d’ailleurs, outre qu’on reconnaît&#13;
de la crainte de Dieu dans ce pontife, il est trop jaloux de sa réputation pour ne pas&#13;
prononcer un décret sur cette matière si criante et qui a tant fait de bruit, car chacun&#13;
s’élèverait contre son silence. Il faut l’excuser de son retardement sur les grandes&#13;
affaires qui l’occupent à présent, car il faut avouer qu’elles sont fort&#13;
embarrassantes. Il voit deux puissantes armées en Italie presque aux portes de&#13;
Rome et il n’est pas en état de résister à celle qui serait victorieuse. Il lui faut bien&#13;
de la conduite et du ménagement pour se conserver dans une parfaite neutralité.&#13;
Au reste, quoique je ne vous mande guère de nouvelles, je ne puis m’empêcher de&#13;
vous mander quelques-unes de cette année, parce que le doigt de Dieu s’est fait&#13;
sentir si fortement en plusieurs que nous ne saurions assez le louer.&#13;
Le roi d’Angleterre, Jacques [II], est mort à Saint-Germain-en-Laye vers le mois&#13;
d’août de l’an passé. J’ai mandé à M. de Glandelet quelques circonstances de sa&#13;
mort précieuse devant Dieu et devant les hommes. Notre roi, après sa mort, a&#13;
&#13;
�reconnu le prince de Galles, son fils, pour le roi d’Angleterre. Le prince d’Orange&#13;
s’est servi de ce sujet pour convoquer un nouveau Parlement, composé de ses&#13;
créatures. Ce Parlement a voulu faire le procès au prince de Galles, parce qu’il a&#13;
pris la qualité de roi d’Angleterre et a été fort irrité contre le roi [Louis XIV] de ce&#13;
qu’il lui a donné cette qualité2. Le prince d’Orange3 se servait de ce prétexte pour&#13;
animer les Anglais contre la France. Le roi a trouvé moyen de faire jeter dans les&#13;
chambres hautes et basses des copies d’un traité secret qu’il avait fait avec le prince&#13;
d’Orange pour parvenir à la paix de Ryswick, par lequel le prince d’Orange&#13;
s’obligeait envers le roi de France de faire reconnaître le prince de Galles roi&#13;
d’Angleterre pour lui succéder après sa mort, pourvu qu’on le laissât régner en&#13;
paix sa vie durant. Les Anglais ont vu par-là que le prince d’Orange les trompait&#13;
et que sur ce pied, le roi de France ne pouvait se dispenser de faire reconnaître le&#13;
prince de Galles pour le roi d’Angleterre après la mort du roi son père ; mais cette&#13;
connaissance a causé un tel chagrin dans le cœur du prince d’Orange qu’on croit&#13;
que c’est une des principales causes de sa mort. Pour dissiper son chagrin, il fut à&#13;
la chasse, tomba de cheval et se rompit la clavicule. Comme il était asthmatique, il&#13;
n’en put revenir et son corps, étant déjà tout pourri depuis plusieurs années,&#13;
acheva de mourir cet automne, ou plutôt cet hiver, et cette mort a fort déconcertée&#13;
les Anglais, Hollandais et l’empereur, qui sont unis ensemble contre nous. Les&#13;
Anglais, après sa mort, ont reconnu la princesse de Danemark, fille de feu&#13;
Jacques II, notre saint roi et sœur du prince de Galles du premier lit, pour reine4.&#13;
Ils ont exclu le prince de Galles de la succession et ont résolu de faire passer cette&#13;
couronne dans les parents de la ligne protestante.&#13;
Eux et les Hollandais ont fait déclarer la guerre au roi de France le 15e mai dernier&#13;
par un manifeste tout à fait insolent et injurieux pour la personne du roi, qu’ils&#13;
taxent d’être sans paroles et sans foi. Ils ont entrepris le siège d’une petite place&#13;
dans l’électorat de Cologne, que nous prîmes en quatre jours dans la guerre&#13;
précédente et après six semaines de siège, on croit qu’elle tiendra encore bien un&#13;
mois. Mais Dieu semble se déclarer pour nous en toutes occasions : on a découvert&#13;
James Francis Edward Stuart, dit le Vieux Prétendant, fils de second mariage du roi Jacques II d’Angleterre,&#13;
étant catholique, ne pouvait hériter du trône d’Angleterre, qui était réservé à la descendance protestante&#13;
depuis le Bill of Rights de 1689 et le Act of Settlement de 1701. Il fut « frappé d’indignité » de la traitrise par&#13;
le Parlement le 2 mars 1702.&#13;
3&#13;
Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre du 11 avril 1689 au 8 mars 1702.&#13;
4&#13;
Anne, reine d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, régna du 8 mars 1702 au 1er août 1714.&#13;
2&#13;
&#13;
�cet hiver une conspiration affreuse au royaume de Naples, où on espérait&#13;
renouveler les vêpres siciliennes. Elle a été dissipée. Dieu s’est fait tellement sentir&#13;
pour nous le 1er février, lorsque le prince Eugène s’empara de Crémone, prit&#13;
prisonnier M. de Villeroi, notaire général, et tant d’autres personnes de&#13;
considération que c’est un miracle visible et nos Français y firent des prodiges de&#13;
valeur pour reprendre la ville et en chasser les ennemis. Tout ce qui nous manque,&#13;
c’est l’argent et c’est ce qui rend nos ennemis si orgueilleux. Dieu veuille humilier&#13;
les Hollandais dans cette guerre. Tous les gens de bien le souhaitent, car cette&#13;
canaille de républicains mériterait un bon châtiment et il semble que Dieu ait envie&#13;
de leur faire sentir, car il y a apparence que ce seront eux qui paieront les pots&#13;
cassés. Il faut bien prier pour cela, car sans cela nous n’aurons pas si tôt la paix. Le&#13;
roi est très bien intentionné pour la paix et il la désire avec ardeur, mais les&#13;
Hollandais voudraient que lui et le roi d’Espagne l’achetassent en donnant à&#13;
l’archiduché d’Autriche la Flandre pour leur servir de barrière et tous les états&#13;
d’Espagne qui sont en Italie.&#13;
J’ai cru vous devoir mander tout ceci pour vous engager à prier et à faire prier&#13;
Dieu qu’il nous conserve la personne du roi, qui nous est bien nécessaire dans une&#13;
telle guerre. Or, les Romains sont fort en peine de cette guerre. Ils voudraient d’un&#13;
côté que l’empereur n’eût rien en Italie, où il leur ferait de la peine, et de l’autre&#13;
que la France ne fût pas si unie avec l’Espagne, qui aurait Naples, Sicile et Milan.&#13;
On prétend même que les Romains voudraient qu’on fît de ces États de petites&#13;
républiques, qui n’appartinssent ni aux uns ni aux autres ; mais l’Espagne n’y&#13;
consentira jamais. Le pape a envoyé des nonces extraordinaires pour la paix, mais&#13;
l’empereur n’a pas voulu recevoir le sien et les cartes se brouillent fort entre lui et&#13;
Rome. Le pape craint que si les Français avaient quelque dessous, les impériaux&#13;
[Autrichiens] ne vinssent se présenter devant Rome, où ils entreraient comme dans&#13;
une campagne. Et voilà ce qui occupe extrêmement le pape. Vous voyez que le&#13;
Diable a su bien diviser les esprits. Tous les potentats craignent la trop grande&#13;
puissance de la France.&#13;
J’avais retenu un moulange de l’an passé, qu’on a embarqué dans le vaisseau du&#13;
roi, mais il nous en a bien coûté pour le faire embarquer. On y a aussi déjà&#13;
embarqué tout le fer et tous les clous à plancher et à couvrir que vous m’avez&#13;
&#13;
�demandés, mais je ne sais si nous pourrons avoir plus de 50 milliers de clous à&#13;
bardeau. Il n’y en a actuellement que 43 milliers d’embarqués, parce qu’on n’en&#13;
peut avoir, le roi prenant tous les cloutiers pour travailler pour lui.&#13;
M. de Riverin a eu un fâcheux accident quand il a été à la veille de partir. Il était&#13;
convenu avec ses associés, dont il s’est séparé avec honneur de manière à perdre&#13;
plus de 15 000 ou 16 000 livres. Cela a obligé un de ses créanciers, qui avait de lui&#13;
un billet de près de 7 000 livres, à le faire mettre prisonnier au Châtelet la veille&#13;
qu’il croyait partir. On n’a trouvé moyen de l’en tirer qu’en portant son créancier&#13;
à accepter l’offre qu’il a faite de remettre deux billets sur M. Sauvage, qui montent&#13;
à 5 230 livres, qui sont, dit-il, à Québec chez M. Lazure et il a fallu que Mgr de&#13;
Québec fût caution de l’exécution de cette promesse. Il paraît même l’être de toute&#13;
la dette de M. Riverin, mais la vérité est qu’il n’est obligé qu’à faire exécuter cette&#13;
promesse. Ne le dites à personne, car il n’y a que Mgr de Québec, son créancier et&#13;
moi qui le savent. M. Riverin croit Monseigneur obligé à toute sa dette. J’ai tâché&#13;
à lui rendre en cela tout le service qui a dépendu de moi et en la considération et à&#13;
cause de la famille de Comporté.&#13;
Mgr de Québec s’était oublié de nommer un official. Je l’ai prié de nommer M. de&#13;
La Colombière. Il m’a promis de le lui écrire aujourd’hui. Je vous prie de dire à nos&#13;
bonnes religieuses hospitalières que je n’ai encore pu toucher le principal de leur&#13;
fonds des coches et carrosses, quoique j’aie été plusieurs fois pour cela. Mais nous&#13;
n’y perdons rien, puisque les arrérages courent sur le pied du bail.&#13;
Je n’écris plus à Mgr l’Ancien, à qui j’ai écrit trois lettres, parce que je ne sache plus&#13;
rien à lui mander.&#13;
Je vous prie de dire à M. de Glandelet que je n’ai reçu de M. de Préaux aucune&#13;
lettre. Ces MM. du Mont-Louis ne veulent rien perdre dans la dépense qu’ils ont&#13;
faite l’an passé pour M. Leriche, qui monte à 379 livres, qu’ils m’avaient&#13;
remboursées. Je leur en ai offert d’amitié 250 livres. Je les attends et ne sais quel&#13;
parti ils prendront.&#13;
&#13;
�Nous avons su trop tard que M. Gay était parti pour Plaisance et de là, pour&#13;
l’Acadie ; mais M. de Pontchartrain a ordonné de l’en faire revenir. Je ne sais s’il&#13;
ne cherchera pas des prétextes pour rester. Nous comptons de vous envoyer l’an&#13;
passé le neveu de M. Dupré. Nous pourrons le prendre cet automne au Séminaire&#13;
et je lui ai dit de venir de temps en temps au Séminaire nous voir. Je crois avoir cidevant mandé que j’ai 150 livres en argent prix de France à l’église de SaintThomas, que je remettrai comme on voudra.&#13;
J’ai donné à M. Joncaire un petit paquet des Hospitalières de Dieppe pour celles&#13;
de l’Hôpital général, que je vous prie de lui faire donner et le remettre à ces bonnes&#13;
religieuses. Mgr de Québec voudrait me charger du soin de cet Hôpital. J’ai déjà&#13;
trop d’autres soins. Je n’y puis suffire. On m’a dit que les bénédictins de la&#13;
Congrégation de Saint-Maur pourparlent pour s’aller établir à l’Acadie. Je ne crois&#13;
pas qu’ils le fassent.&#13;
Il faut finir cette lettre en vous demandant bien humblement votre bénédiction, la&#13;
continuation du secours de vos prières et la grâce d’être persuadé qu’on ne peut&#13;
être plus absolument, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 7e juin 1702&#13;
Je vous prie de dire encore à nos religieuses hospitalières que je leur ai compté&#13;
avoir avancé à M. Grignon sur leur facture 1 600 livres et en effet, je les ai avancées,&#13;
parce qu’il me manda en janvier dernier qu’elle monterait à 2 000 livres. Il m’a&#13;
mandé depuis qu’elle n’irait peut-être qu[’à] 1 500 livres et si cela est, je leur&#13;
rendrai 100 livres de trop comptées, ou en un mot, ce qu’il y aura de plus. Je lui ai&#13;
bien encore avancé près de 1 000 livres ou 1 200 livres sur notre facture du&#13;
Séminaire, dont je n’ai encore rien compté dans cette année.&#13;
/Transcription5 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1702, 7 juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 38)&#13;
1702&#13;
7 juin.&#13;
a M. Desmaizerets&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
no 38&#13;
2 Je vous escris encore cellecy ces festes dela&#13;
3 Pentecoste qui Sera Sans doute la derniere que&#13;
4 vous recevrez de moy. Elle est la 3.e que Je vous&#13;
5 escris a vous directem’ J’ay mandé cy devant a&#13;
6 vous et a M. Glandelet par M Jonquaire qui&#13;
7 est parti Jly a plus de douze jours que nous n’avions&#13;
8 pu obtenir que 4000.# p.r n’re Sem.re a cause den’re&#13;
9 incendie, les quelles Seront a prendre Sur le tresor roial&#13;
10 on ne nous en a pas encore expedié l’ordonnance mais&#13;
11 ceSera une pitié p.r le f.re payer; car on no Scauroit tirer&#13;
12 dargent au Tresor roial. Tout y est consommé p.r la guerre,&#13;
13 et Jene Scay Si Je pouray tirer l’ordonnance de misissipi,&#13;
14 ni celle de Mgr Lancien p.r lannée derniere&#13;
15 Bienplus J’ay avancé mil livres a M Jonquaire p.r&#13;
16 lui faciliter Son retour p.r Son ordon.ce de courier et&#13;
17 a present Je n’en puis tirer dargent au Tresor roial,&#13;
18 quoique ces ord.ces Soient les plutost paiéez. Cest apresent&#13;
19 un triste estat que d’avoir a tirer delargent, car on&#13;
20 n’en peut avoir depersonne Et Jugez dela de ceque&#13;
21 nous pouvons esperer de Secours p.r n’re retablissem.’&#13;
22 Pour moy Je ny fais aucun fonds, ny a voir&#13;
23 augmenter Sur des benefices ces 4000.# que Le Roi nous&#13;
24 a accordé; Mons.r L’abbé de Brisacier Se fait fort de&#13;
25 nous procurer avant la fin de lannée deux mil&#13;
26 escus, cest adire Six mil livres daumosnes. mais Je&#13;
27 croy quil n’en viendra pas about. Car outre le triste etat&#13;
28 ou est toute la france, Jl est lui mesme emporté&#13;
29 par tant dautres affaires quil n’a pas le temps dy&#13;
30 penser. Nous Sommes aussi avancez que le jour queM&#13;
31 Jonquaire est arrivé, p.r vous procurer quelque Secours&#13;
32 des particuliers : Nos Mess.rs Sont emportez par une&#13;
33 infinité d’autres affaires qui leur ostent le Souvenir&#13;
34 de cellecy. a La verité M. Labbé de Brisacier persiste&#13;
35 a vouloir y travailler, mais Je crains qu’on ne regarde&#13;
36 ce malheur co’e de vieilles matines qu’on a oubliéez.&#13;
37 Lasssemblée du clargé est passée. on n’a pu y demander&#13;
38 rien, par cequ’en effet cette assemblée extraord.re n’a&#13;
39 pas lepouvoir de rien accorder. Jl est Survenu une&#13;
40 nomination de quelques benefices ala Pentecoste,&#13;
&#13;
�41 mais les benefices ont vaqué Si prez dela feste, qu’on&#13;
42 n’a pas eu le temps d’agir p.r obtenir rien Sur ces&#13;
43 benefices. Je vous avoüe que quoique Je vous aye&#13;
44 mandé par le vaisseau la Perle qui est partie il y a&#13;
45 plus de quinze Jours que vous pouviez conter Sur&#13;
46 les 4000.# accodez par le Roi Sur le tresor roial, et Sur&#13;
47 6000.# de Secours des particuliers quenous esperions&#13;
48 amasser, Je ne Scais Si Je ne dois pas vous mander de&#13;
49 conter Sur rien; car 1.e Je ne Scay Si nous tirerons&#13;
50 et quand nous Seront paiez de cette ord.ce de 4000.# aussi bien&#13;
51 que de 7000.# que J’ay encore a tirer Sur le tresor roial&#13;
52 Jl est a craindre que l’on n’y puisse rien recevoir tant&#13;
53 que cette guerre durera 2.e Je ne vois point par quels&#13;
54 ressorts M. Lab. deBrisacier poura tirer 6000.# car Je&#13;
55 n’y vois nulle disposition, quoiquil croye toujours&#13;
56 en venir a bout.&#13;
57 Et quant a ce qui regarde vos factures, Je suis encore&#13;
58 du moins aussi ambarassé, car vous verrez de combien&#13;
59 Je Suis en avance p.r le Sem.re et Si Je ne puis toucher&#13;
60 ce qui est deu a Mgr Lancien Sur letresor roial,&#13;
61 et au misissipi, Jl faut que Je Succombe La procure&#13;
62 en ce temps est dune difficulté étrange.&#13;
3.&#13;
&#13;
63 Je vous prie de dire a M Buisson que J’ay remis a M&#13;
64 Jonquaire vingt Louis que M. Briot Son neveu m’avoit&#13;
65 remis p.r lui f.re tenir, car M Briot a vouluque Je les&#13;
66 lui remette et encourir les risques.&#13;
67 on m’a aporté Jly a huit jours un paquet p.r M CoeurdeRoi&#13;
68 et encore depuis un autre p.r M Boucher que J’ay cru devoir&#13;
69 encore envoier par le messager afin de faire plaisir a ces&#13;
70 Mess.rs mais Jl faudra leur en faire paier leport a&#13;
71 cinq Sols dela livre p.r ce quil a couté de Paris ala&#13;
72 Rochelle&#13;
73 Je vous prie d’ordonner au frere hubert de menvoier&#13;
74 tous les ans prez d’un demi muid dherbe de capilaire&#13;
75 cela est utile et Sert aplus.rs amis qui en demandent.&#13;
76 M Grignon vous mandera la difficulté que nous&#13;
77 avons eus p.r avoir nos clous, et Je ne Scay encore Sil&#13;
78 vous en envoiera le nombre que vous demandez. Je&#13;
79 n’ay rien oublié p.r vous faire tout tenir et envoier&#13;
80 ce que vous desirez.&#13;
81 M. D’Jber ville n’est pas encore de retour. On lattend tous les&#13;
82 jours. Je m’attens a avoir bien dela depense a faire p.r le&#13;
83 misissipi quand Jl arrivera. Encore passe pour veu que&#13;
&#13;
�84 J’aye receu alors l’ordonnance p.r cette mission au tresor roïal&#13;
85 J’ay oublié de vous prier de dire a M. Belain que Jen’ay&#13;
86 pu lui rien envoier cette année. Jay alui 77.# quelq’ Sols&#13;
87 et Mons.r Son beau frere a deplus 30.# quil me donnera&#13;
88 quand Je voudray. Mais Je me Suis pris trop tard p.r lui&#13;
89 envoier dela marchandise p.r cette So’e.&#13;
90 Nos unions a Rome n’avancent point. Je conseille aMgr&#13;
91 de Q. d’y aller, et Je crois quil le fera cemois de 7.bre c’est&#13;
92 le Seul moyen de les f.re reussir. Jl est cepend.’ incertain&#13;
93 quil en obtienne la permission. on nous fait peur que&#13;
94 Sous ce Pontificat cy nous nobtiendrons rien; mais&#13;
95 c’est le cardinal de Janson qui l’a dit, qui est le plus grand&#13;
96 ennemy du Pape.&#13;
97 Notre aff.re de la chine ne finit point non plus entreSes&#13;
98 mains. on nattend plus que le decret. Jl faut quil&#13;
99 parle. on lui a raporté les vœux des cardinaux qui Sont dix et&#13;
4.&#13;
&#13;
100 onze p.r nous de treize et les Jesuites n’en ont p.r eux&#13;
101 que deux et trois. On vous fait peur dela trop grande&#13;
102 amitié qu’en dit quele Papeap.r les Jesuites, mais&#13;
103 nous nous appuyons Surl eS.t Esprit, et d’ailleurs outre&#13;
104 qu’on reconnoist de la crainte de dieu dans ce Pontife,&#13;
105 Jl est trop jaloux de Sa reputation, p.r nepas prononcer&#13;
106 un Decret Sur cette matiere Si criante etqui a tant&#13;
107 fait de bruit; car chacun S’esleveroit contre Son Silence&#13;
108 Jl faut l’excuser de Son retardement Sur les grandes affaires&#13;
109 qui l’occupent a present. Car Jl faut avouer qu’elles&#13;
110 Sont fort ambarassantes. Jl voit deux puissantes arméez&#13;
111 en Jtalie, presqu’aux portes de Rome, et Jl n’est pas&#13;
112 en estat deresister a celle qui Seroit victorieuse Jllui&#13;
113 faut bien dela conduite et du mesnagement pour Se&#13;
114 conserver dans une parfaite Neutralité. Aureste, quoiq’&#13;
115 Jene vous mande guerede Nouvelles Jenepuis m’empescher&#13;
116 de vous mander quel ques unes de cette année, par ceq’&#13;
117 ledoit de Dieu S’est fait Sentir Si fortem.’ enplus.rs que&#13;
118 nous ne Scaurions assez lelouer.&#13;
119 Le Roi dangleterre Jacque est mort a S.t Germain en&#13;
120 laye vers le mois daoust del’an passé. J’ay mandé aM&#13;
121 Glandelet quelques circonstances deSa mort pretieuse&#13;
122 devant Dieu et devant les hommes. Notre Roi apres Sa&#13;
123 mort a reconnu le Prince de Galle Son fils p.r Roi d’angle=&#13;
124 terre Le Prince dorange S’est Servi de ce Sujet p.r convo=&#13;
125 quer un Nouveau parlem’ composé deSes creatures.&#13;
126 ce Parlem.t a voulu faire le procez au Prince deGalle,&#13;
&#13;
�127 par cequil a pris la qualité de Roi dangleterre, et a eté&#13;
128 fort irrité contrele Roi de ce quil lui a donné cette&#13;
129 qualité. Le Prince dorange SeServoit de ce pretexte&#13;
130 p.r animer les anglois contre lafrance. Le Roi a&#13;
131 trouvé moyen de faire jetter dans les chambres&#13;
132 haute et basse des copies d’un traité Secret quil&#13;
133 avoit fait avec le Prince dorange p.r parvenir&#13;
134 a la paix de Rihewich, par le quel La Princed’orange&#13;
5&#13;
&#13;
135 Sobligeoit envers le Roi de france de faire reconnoitre&#13;
136 Le Prince de Galle Roi d’angleterre p.r lui Succeder&#13;
137 apres Sa mort p.r veu qu’on le laissast regner enpaix&#13;
138 Sa vie durant. Les anglois ont veu par la quele&#13;
139 Prince dorange les trompoit et que Sur ce pied le&#13;
140 Roi de france ne pouvoit Se dispenser de faire&#13;
141 reconnoitre le Prince de Galle p.r Roi dangleterre&#13;
142 apres la mort du Roi Son Pere. mais cette&#13;
143 connoissance a causé un tel chagrin dans le&#13;
144 cœur du Prince dorange qu’on croit que cest une des&#13;
145 principales causes deSa mort. P. dissiper Son chagrin&#13;
146 Jl fut ala chasse, tomba de cheval, et Se rompit la&#13;
147 clavicule; co’e Jl estoit asmatique; Jl n’en put&#13;
148 revenir et Son corps estant déjà tout pouri depuis&#13;
149 plus.rs anneez acheva demourir cet automne ou&#13;
150 plutost cet hyver, et cette mort a fort deconcertée&#13;
151 les anglois hollandois et lempereur qui Sont unis&#13;
152 ensemble contre nous. Les anglois apres Sa mort ont&#13;
153 reconnu la Princesse de Danemarc fille defeu Jacque Second&#13;
154 N’re S.t Roi et Sœur du Prince de Galle du 1.er lit p.r Reine.&#13;
155 Jls ont exclus le Prince de Galle dela Succession et ont résolu&#13;
156 de f.re passer cette couronne dans les parens dela&#13;
157 ligne protestante. Eux et les hollandois ont fait&#13;
158 declarer la guerre au Roi de france le 15. may d.er&#13;
159 par un manifeste tout a fait insolent et injurieux&#13;
160 p.r la personne du Roi quils taxent destre Sans parole&#13;
161 et Sans foy. Jls ont entrepris le Siege d’une petite place&#13;
162 dans LElectorat de cologne que nous prismes en quatre&#13;
163 jours dans la guerre precedente, et apres Six Semaines&#13;
164 de Siege on croit quelle tiendra encore bien un mois.&#13;
165 Mais Dieu Semble Se declarer p.r nous en toutes occasions&#13;
166 on a descouvert cet hiver une conspiration affreuse au&#13;
167 Royaume de Naples, ou on esperoit renouveler les vespres&#13;
168 Siciliennes. Elle a eté dissipée. Dieu S’est fait tellem.’ Sentir&#13;
169 p.r nous les 1.er. fevrier lors que le Prince Eugene Sempara&#13;
&#13;
�170 de cremone, prit prisonnier M. de villeroy n’re Gral,&#13;
6&#13;
&#13;
171 et tant dautre personnes de consideration que cest un&#13;
172 miracle visible, et nos francois y firent des prodiges&#13;
173 de valeur p.r reprendre la ville et en chasser les ennemis.&#13;
174 Tout ce qui nous manque c’est largent et cest ce&#13;
175 qui rend nos ennemis Si orgueilleux Dieu veuille&#13;
176 humilier les hollandois dans cette guerre. Tous les gens&#13;
177 de bien le Souhaitent, car cette canaille de republicains&#13;
178 meriteroit un bon chatiment et Jl Semble que Dieu&#13;
179 ait envie de leur f.re Sentir. car Jly a apparence&#13;
180 que ce Seront eux qui paieront les pots cassez. Jl&#13;
181 faut bien prier p.r cela; car Sans cela nous n’aurons&#13;
182 pas Si tost la paix. Le Roi est tres bien intentionné&#13;
183 p.r la paix et Jl la desire avec ardeur, mais les&#13;
184 hollandois voudroient que lui et le Roi dEspagne l’achetassent&#13;
185 en donnant a larchiduce dautriche laflandre p.r leur&#13;
186 Servir de barriere et tous les Etats dEspagne qui Sont&#13;
187 en Jtalie. J’ay cru vous devoir mander tout cecy p.r&#13;
188 vous engager a prier et a f.re prier Dieu quil nous&#13;
189 conserve la personne du Roi qui nous est bien necess.re&#13;
190 dans une telle guerre&#13;
191 or les Romains Sont fort en peine de cette Guerre; Jls&#13;
192 voudroient d’un coté que lempereur neust rien en&#13;
193 Jtalie, ou Jl leur feroit de lapeine, et de lautre que&#13;
194 la france ne fust pas Si unie avec l’Espagne qui&#13;
195 auroit Naples Sicile et milan. on pretend mesme que&#13;
196 les Romains voudroient qu’on fist de ces etats de petites&#13;
197 republiques qui nappartinssent ny aux uns ny aux&#13;
198 autres. mais LEspagne n’y consentira jamais. Le&#13;
199 Pape a envoié des nonces extraord.re p.r lapaix, mais&#13;
200 LEmprereur n’a pas voulu recevoir le Sien, et les cartes&#13;
201 Se brouillent fort entre lui et Rome. Le Pape craint&#13;
202 que Si les francois avoient quel q.’ dessous; Les Jmperiaux&#13;
203 ne vinssent Se presenter devant Rome ou ils entre&#13;
204 roient co’e dans une campagne, et voila ce qui&#13;
205 occupe extremem.’ Le Pape vous voiez quele Diable&#13;
206 a Sceu bien diviser les esprits. Tous les potentats craignent&#13;
207 la trop grande puissance dela france&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
208 Javois retenu un moulange de l’an passé qu’on a&#13;
209 ambarqué dans le vaisseau de Roi, mais Jl nous ena&#13;
210 bien cousté p.r le f.re ambarquer. ony a aussi déjà&#13;
211 ambarqué tout le fer et tous les clous aplancher et&#13;
&#13;
�212 a couvrir que vous mavez demandé mais Je ne Scay&#13;
213 Si nous pourons avoir plus de cinq.te milliers de&#13;
214 clou a bardeau, Jln’y en a actuellem’ que 43. m.er&#13;
215 dambarquez, par cequ’on n’en peut avoir, le Roi&#13;
216 prenant tous les cloutiers p.r travailler p.r lui.&#13;
217 M. de Riverin à eu un facheux accident quand Jl&#13;
218 a eté ala veille departir. Jl estoit convenu avec Ses&#13;
219 associez dont Jl S’est Separé avec honneur de maniere&#13;
220 ay perdre plus de 15. ou 16000.# cela a obligé un de&#13;
221 Ses creanciers qui avoit delui un billet deprez de 7000.#&#13;
222 a lef.re mettre prisonnier au chatelet la veille quil&#13;
223 croioit partir. On n’a trouvé moyen del’en tirer qu’en&#13;
224 portant Son creanciers a accepter loffre quil a fait de&#13;
225 remettre deux billets Sur M Sauvage qui montent a&#13;
226 5230.# qui Sont dit il a Quebec chez M. Lazur, et Jl a&#13;
227 falluque Mgr de Quebec fust caution delexecution de&#13;
228 cette promesse. Jl paroist mesme lestre detoute la&#13;
229 dette deM. Riverin; mais la verité est quil n’est obligé&#13;
230 qu’a f.re executer cette promesse. Ne le dites apersonne car&#13;
231 Jln’y a que Mgr de Q. Son creancier et moy qui le Scavent&#13;
232 M Riverin croit Mgr obligé atoute Sa dette J’ay taché&#13;
233 a lui rendre en cela tout le Service qui adependu demoy&#13;
234 et en la consideration et acause dela famille de&#13;
235 Comporté.&#13;
236 Mgr de Q. Sestoit oublié de nommer un official; Je&#13;
237 l’ay prié de nommer M dela Colombiere, Jl m’a promis&#13;
238 de le lui escrire aujourdhui.&#13;
239 Je vous prie de dire a Nos bonnes Religieuses hospita=&#13;
240 lieres que Je n’ay encore pu toucher le principal de&#13;
241 leur fonds des coches et carosses, quoiq’ J’aye esté&#13;
242 plu.rs fois p.r cela. mais nous n’y perdons rien,&#13;
243 puisq’ Les arrerages courent Sur le pied du bail.&#13;
244 Je n’escris plus a M’gr. Lancien, aqui J’ay escrit trois&#13;
8&#13;
&#13;
M.’&#13;
Le riche&#13;
&#13;
245 lettres, parce q.’ Jene Scache plus rien alui mander.&#13;
246 Je vous prie de dire a M Glandelet que Je n’ay receu de M.&#13;
247 de Preaud aucune lettre.&#13;
248 ces Mess.rs du mont Louis ne veulent rien perdre dans la&#13;
249 depense quils ont faite l’an passé p.r M Le Riche qui&#13;
250 monte a 379.# quils mavoient remboursez. Jeleur an ay&#13;
251 offert damitié 250.# Jeles attends, et ne Scay quel parti&#13;
252 Jls prendront.&#13;
253 Nous avons Sceu trop tard que M Gay estoit parti p.r&#13;
254 Plaisance, et dela p.r Laccadie, mais M de Pontchartrain&#13;
&#13;
�Acadie&#13;
&#13;
255 a ordonné de l’en faire revenir. Je ne Scay Sil ne cherchera&#13;
256 pas des pretextes p.r rester.&#13;
257 Nous contons de vous envoier l’an passé leneveu deM.&#13;
258 Du Pré. Nous pourons le prendre cet automne au Sem.re et&#13;
259 Je lui ay dit devenir de temps en temps auSem.re nous voir.&#13;
260 Je croy avoir cy devant mandé que J’ay cent cinq.te livres en&#13;
261 argent prix de france a LEglise de S.t Thomas que Je remettray&#13;
262 co’e on voudra&#13;
263 J’ay donné a M Jonquaire un petit paquet des ursulines hospitalieres&#13;
264 de Diepe p.r celles de lhopital g’ral que Je vous prie delui faire&#13;
265 donner et le remettre a ces bonnes Religieuses.&#13;
266 Mgr de Q. voudroit me charger du Soin de cet hopital J’ay&#13;
267 déjà trop d’autres Soins Je n’y puis Suffire&#13;
268 on m’a dit que les Benedictins dela cong.on de S.t maur pourparlent&#13;
269 p.r Saller etablir aLaccadie. Je ne croy pas quils lefassent.&#13;
270 Jl faut finir cette lettre en vous demandant bien humblem/&#13;
271 v’re benediction, la continuation du Secours de vos prieres,&#13;
272 et la grace destrepersuadé qu’on nepeut estre plus absolum’&#13;
273 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’ Serviteur&#13;
274&#13;
ce 7. Juin 1702.&#13;
Tremblay&#13;
275 Je vous prie de dire encore a nos Relig.ses hospitalieres,&#13;
276 que Je leur ay conté avoir avancé aM Grignon Sur&#13;
277 leur facture 1600.# et en effet Je les ay avancé, par cequil me&#13;
278 manda en Jan.er dernier quelle monteroit a 2000.# Jl m’a mandé&#13;
279 depuis quelle niroit peutestre que 1500.# Et Si cela est Je leur&#13;
280 rendray 100.# de trop contez, ou en un mot cequil y aura deplus.&#13;
281 Je lui ay bien encore avancé prez de 1000.# où 1200.# Sur n’re facture&#13;
282 du Seminaire dont Jen’ay encore rien conté dans cette année.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 7 juin 1702)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le supérieur du Séminaire de Québec que le roi a accordé une somme de 4 000 livres à la suite à l’incendie du Séminaire, mais il n’a pas encore reçu l’ordonnance et craint de ne pas pouvoir toucher l’argent à cause de la guerre. Il n’espère pas beaucoup de secours des bénéfices ou des aumônes des particuliers, car la France est dans un triste état. Il commente la guerre, les affaires de Rome, notamment les unions du clergé de Québec, le différend sur la Chine et les craintes du pape face aux armées impériales et françaises en Italie. Il a fait embarquer dans le vaisseau un moulange, du fer, des clous à plancher et à couvrir. Il a recommandé à Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, de nommer La Colombière comme official.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11867" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11865" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11866" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 9-10 mai 1702)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu de vous l’année passée quatre lettres par différentes voies. Je n’ai pu&#13;
encore vous répondre. À la vérité, la lettre que j’ai écrite à Mgr l’Ancien par le&#13;
vaisseau du Nord doit servir de réponse à une bonne partie de vos lettres et je ne&#13;
doute pas qu’il ne vous en ait fait part, comme je l’ai prié.&#13;
Je crois que j’écrirai cette année un peu moins au long que je ne fis l’an passé. Ce&#13;
ne sont pas seulement mes occupations qui en seront la cause, mais je me suis senti&#13;
depuis plus d’un mois d’une infirmité qui m’a mise hors d’état de rien faire. Cela&#13;
a commencé par une grosse fièvre, un gros rhume qui est tombé sur la poitrine,&#13;
d’où j’aurais eu peine à me tirer si je ne l’avais très bonne. Il a causé une extinction&#13;
de voix et une sécheresse de poitrine, dont j’ai peine à revenir. J’espère cependant&#13;
que ce ne sera rien. J’ai besoin de ces visites pour m’avertir de penser à moi et de&#13;
ne me pas trop livrer aux occupations extérieures.&#13;
Je n’ai pas manqué, Monsieur, de faire tenir vos lettres à Mme Ango de La Mothe1&#13;
et celles qui étaient pour Caen à Mme de Vaubénard. Je vous ai assez marqué dans&#13;
ma lettre à Mgr l’Ancien la part que je prenais en la perte que nous avons faite de&#13;
M. de Bernières. J’ai plus regretté la personne que les biens : sa patience, sa&#13;
douceur, sa régularité.&#13;
&#13;
Du 9 mai,&#13;
J’avais, Monsieur, commencé la première page de cette lettre, lorsque M. Joncaire2&#13;
est arrivé, qui nous a jetés dans une étrange consternation. Je vous avoue&#13;
qu’aucune nouvelle3 ne me pouvait plus fortement frapper. J’en fus si touché que&#13;
Sœur de Louis Ango des Maizerets&#13;
Louis-Thomas Chabert de Joncaire, v.1670-1739, membre des gardes du gouverneur et interprète auprès&#13;
des Iroquois&#13;
3&#13;
La nouvelle de l’incendie du Séminaire de Québec, le 15 novembre 1701.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�ce fut plus de huit jours à en revenir et je n’ai pu lire vos lettres sans verser de&#13;
larmes en abondance. Je crois même que l’idée ne s’en effacera pas aisément et que&#13;
les nouveaux embarras où cette affaire me jette m’en retracera souvent le souvenir.&#13;
J’ai cru que le bon Dieu avait permis cette épreuve pour Mgr l’Ancien et pour vous,&#13;
afin qu’elle vous donnât moyen de faire des actes de détachement encore plus&#13;
parfaits. Pour nous, il nous a voulu punir de nos péchés et nous purifier. Dieu&#13;
veuille que ce feu me fasse souvenir de celui que j’ai mérité et que j’apprenne le&#13;
cas qu’on doit faire de tous les établissements de la terre pour bons qu’ils soient,&#13;
puisque Dieu tire sa gloire de leur destruction pour nous apprendre que tout ce&#13;
qui est ici-bas n’est que fumée et qui purifiera ainsi au Jugement dernier tous les&#13;
êtres.&#13;
Ce malheur ne pouvait venir dans un temps plus fâcheux. Le roi est entré dans&#13;
une guerre fâcheuse, qui épuise et lui et tous ses sujets. Ses finances sont très&#13;
épuisées et je ne saurais vous en écrire tout ce que j’en sais. Les peuples sont dans&#13;
la misère et y sont tellement que la charité est entièrement refroidie. D’ailleurs, on&#13;
est peu touché d’une maison qui est au bout du monde quand on en voit plusieurs&#13;
en France qui manquent de tout. Il y a plus de cinquante et même plus de cent&#13;
maisons religieuses qu’on est sur le point de disperser, parce qu’elles n’ont pas de&#13;
pain et sont surchargées de dettes. Nous voyons, et le clergé, et les gens de robe,&#13;
et tous les autres états, surchargés de taxes, de capitations et par-dessus tout cela,&#13;
l’argent est devenu si rare en France que je ne puis vous représenter la misère où&#13;
l’on a été pour en trouver depuis un an.&#13;
Je ne vous dis pas cependant ceci pour vous abattre le courage ni pour vous&#13;
marquer que nous en manquions. Votre exemple nous anime et j’ai été consolé de&#13;
voir votre force à vous déterminer d’envoyer, dès cet hiver, pour faire équarrir des&#13;
bois pour remettre une charpente sur le bâtiment, dont vous me mandez que les&#13;
murailles sont très bonnes. Je n’ai pas de peine à le croire et j’entre fort dans la vue&#13;
de M. Buisson de faire élever la muraille d’un étage et de faire un comble tout&#13;
droit, sans mansarde.&#13;
&#13;
�M. Joncaire arriva à Paris le 26 avril. J’aurais bien souhaité qu’il fût venu un mois&#13;
plus tôt, 1er pour lui, il n’eut pas trouvé toutes les lieutenances données ; 2e pour&#13;
nous, il y avait à Pâques plus de vingt bénéfices vacants ; nous en aurions pu&#13;
obtenir quelqu’un pour nous. Nous le reçûmes au Séminaire avec amitié. Nos&#13;
Messieurs partaient au moment qu’il arriva pour notre petite maison d’Évry. Ils&#13;
me prirent avec eux dans le carrosse pour aller lire vos lettres. J’en revins le&#13;
lendemain. J’allai emporter la nouvelle à Mgr de Québec, qui la prit avec toutes les&#13;
marques de douleur et de ressentiment qu’on peut avoir. Il me conseilla d’envoyer&#13;
M. Joncaire à Marly, où le roi était, et M. de Pontchartrain. Il y arriva le soir à&#13;
10 heures et par bonheur, il lui porta la nouvelle de cet incendie, dont il fit monter&#13;
la perte à 600 000 livres. M. de Pontchartrain la dit le soir même au roi, qui la&#13;
publia à son souper et dit que c’était une perte de près de 600 000 livres. Ce fut un&#13;
bonheur que M. Joncaire y allât ce soir-là et fit comme s’il ne faisait que d’arriver,&#13;
car le lendemain matin, la nouvelle se répandit dans tout Paris, où nous en&#13;
trouvâmes tout le monde imbu en leur allant porter leurs lettres. MM. de SaintSulpice et le P. de Lamberville4 en parurent très touchés.&#13;
Nos Messieurs en écrivirent à Mme de Maintenon et lui adresseront une lettre que&#13;
M. l’évêque de Québec en écrivit au roi. Il était disposé à s’aller jeter à ses pieds&#13;
pour lui représenter la nécessité de cette œuvre. M. de Beauharnois, notre nouvel&#13;
intendant, à qui nous avions donné à dîner deux jours auparavant, nous marqua&#13;
y prendre autant de part qu’on puisse. Nous allâmes le 3 mai avec Mgr de Québec&#13;
et M. de Beauharnois à Versailles voir M. de Pontchartrain, qui était venu de&#13;
Marly y faire un tour. Nous trouvâmes MM. les commis dans les bureaux, surtout&#13;
M. de La Touche et M. Bégon, aussi touchés que si ç’eût été leur propre perte. On&#13;
ne peut en parler plus vivement que nous fit M. le chancelier, qui nous dit que ce&#13;
n’était pas notre perte seule, mais celle de toute la colonie ; qu’il était nécessaire&#13;
que le roi contribuât à son rétablissement ; et M. de Pontchartrain, son fils, nous&#13;
parla dans les mêmes termes. Il nous dit qu’il en avait parlé au roi le soir même,&#13;
mais qu’il avait obtenu une somme si modique qu’il n’osait nous le dire ; que son&#13;
sentiment eut été que le roi nous eut donné pendant cinq ou six ans 10 000 livres,&#13;
mais que le roi avait cru qu’on demanderait à continuer une si forte somme et&#13;
n’avait voulu accorder que 4 000 livres, faisant entendre que le roi serait disposé à&#13;
4&#13;
&#13;
Jean de Lamberville, 1633-1714, procureur de la mission jésuite du Canada à Paris de 1689 à 1714&#13;
&#13;
�continuer ces 4 000 livres. Il ajouta qu’il ne croyait pas que nous dussions nous en&#13;
tenir là : que nous devions, par Mme de Maintenon, l’en remercier le roi et ensuite&#13;
lui remonter la modicité de cette somme et qu’il appuierait la chose de tout son&#13;
pouvoir ; que même si Mme de Maintenon n’obtenait pas une somme plus forte,&#13;
M. l’évêque de Québec pouvait ensuite venir à la charge et demander au roi qu’au&#13;
lieu de donner pour cette année des ornements à la cathédrale, comme il en veut&#13;
donner, il applique cette gratification, qui est de plus de 7 000 livres, pour rétablir&#13;
ce Séminaire, dont le public ne se peut passer, et se passera bien d’ici à plusieurs&#13;
années d’ornements.&#13;
Nos Messieurs ne manquèrent pas de recommander ensuite M. Joncaire soit pour&#13;
lui obtenir une gratification que M. de Pontchartrain nous fit espérer soit pour lui&#13;
obtenir un brevet pour une première lieutenance vacante. Il fit quelque difficulté.&#13;
Cependant, je crois qu’il l’accordera. Nous avons retenu chez nous M. Joncaire.&#13;
Nous en sommes demeurés là jusqu’à ce jour. M. de Brisacier est allé hier à SaintCyr, où il doit parler fortement à Mme de Maintenon et l’engager à presser le roi&#13;
de nous accorder cette année 10 000 livres et il doit lui proposer de faire connaître&#13;
au roi que nous ne demanderons plus après cela rien sur ses finances, si Sa Majesté&#13;
veut consentir à l’union de l’abbaye d’Aumale à notre Séminaire de Québec et&#13;
donner à l’abbé de L’Épine, qui en est pourvu, d’un bénéfice de 3 000 ou&#13;
4 000 livres de rente ; que si Sa Majesté consent à cette union, nous nous chargerons&#13;
d’en faire toutes les procédures, sans qu’elle en soit plus importunée ; car&#13;
M. de Pontchartrain nous dit que le roi n’avait pas voulu entendre à ces unions de&#13;
bénéfices, parce que ce sont des difficultés sans nombre qu’on y fait, dont il est&#13;
trop importuné, pour y entrer de nouveau dans notre affaire.&#13;
M. l’abbé de Brisacier en a dit autant à M. le cardinal de Noailles5, qui lui a promis&#13;
d’en parler aussi de son côté fortement au roi, et [ce] doit être aujourd’hui qu’il&#13;
doit lui en parler et ce devait être ce matin que M. de Pontchartrain en devait parler&#13;
de nouveau au roi, au Conseil de Marine ; mais M. de Brisacier a dû hier le prier&#13;
en passant de différer de quelques jours, afin que les deux personnes en puissent&#13;
parler auparavant.&#13;
5&#13;
&#13;
Louis-Antoine de Noailles, 1651-1729, archevêque de Paris de 1695 à 1729&#13;
&#13;
�M. de Brisacier est même résolu, quand nous aurons fini ces démarches auprès du&#13;
roi, de demander une quête dans Paris à M. le cardinal. Il est constant que, dans&#13;
un autre temps, une quête produirait 10 000 écus ; mais je ne sais si dans ce tempsci, elle [ne] produira rien. Il est certain que, comme nous connaissons la plupart&#13;
des curés et des dames de charité, si M. de Brisacier y va les voir, cela pourra faire&#13;
quelque chose. Je ne m’y attends cependant que de la bonne sorte.&#13;
Nous devons même avoir une Assemblée extraordinaire dans ce mois-ci du clergé&#13;
de France pour accorder encore au roi de nouveau secours. Il serait difficile d’y&#13;
rien obtenir dans l’état où le clergé se trouve. Cependant, nous tenterons tout. Je&#13;
ne prévois pas que M. de Québec nous fasse grand bien. Il tirerait plutôt de moi&#13;
que de donner. Il paraît toujours si obéré qu’on n’ose lui rien demander. Ce serait&#13;
beaucoup s’il laissait toucher ce qui est dans le tiers des 4 000 livres pour la bâtisse&#13;
des églises. Nous avons obtenu que M. l’intendant vous fasse toucher, pour une&#13;
année seulement, 2 000 livres sur les 8 000 livres des suppléments pour vous aider&#13;
à élever ces jeunes ecclésiastiques à la prêtrise. Il vous sera facile, comme je&#13;
l’espère, d’obtenir par M. le gouverneur et M. l’intendant la nécessité de continuer&#13;
et de l’appliquer même sur l’état à cet effet, en représentant qu’il y en a toujours&#13;
de nouveaux à élever. Je suis bien aise de vous faire remarquer que nous aurions&#13;
pu demander à la Cour que plusieurs sommes assez fortes, qui sont sur l’État pour&#13;
des affaires imprévues, vous fussent appliquées. Il y en a une de 6 000 livres et&#13;
d’autres de 2 000 livres et de 3 000 livres ; en sorte que vous en pourriez tirer plus&#13;
de 5 000 ou 6 000 livres dans ce malheur, si M. le gouverneur et M. l’intendant le&#13;
veulent bien ; mais nous avons considéré que cette vue empêcherait de nous&#13;
accorder d’autres grâces et qu’ayant M. le gouverneur aussi bien disposé pour&#13;
vous et M. l’intendant, qui y va nous promettant de nous faire tout le bien qui&#13;
dépendra de lui, il vaut mieux en avoir l’obligation à MM. de Callière et de&#13;
Beauharnois que de le demander à la Cour. J’ai été surpris d’apprendre que&#13;
M. l’intendant vous ait fait payer le voyage de M. Joncaire, puisqu’il a des fonds&#13;
pour ces affaires imprévues, sur lesquels il eut pu mettre cette dépense. Il faut&#13;
espérer que voyant que le ministre a agréé cet envoi, il le mettra sur ses comptes&#13;
et vous rendra votre argent, qui est considérable dans un tel malheur.&#13;
&#13;
�Je n’ai pas manqué, dès que j’ai reçu vos lettres, d’écrire à La Rochelle pour y&#13;
acheter le clou et le fer nécessaire et j’ai demandé le fret dans le vaisseau du roi&#13;
pour ces ferrailles. M. Grignon, qui prend bien part à notre malheur, m’a écrit que&#13;
le fer, le clou, à couvrir et à plancher, se trouveraient aisément et m’a promis de&#13;
l’acheter, mais il n’a pu trouver 200 milliers de clous à bardeau, tous faits de la&#13;
longueur qu’on le demande. Il a mis tous les cloutiers de La Rochelle en œuvre&#13;
pour en faire tout ce qu’on pourra jusqu’au départ du navire.&#13;
Je n’ai pas manqué aussi de vous acheter et faire partir, il y a quatre jours, par&#13;
Le Bouthier, un dernier ballot, où sont renfermés tous les outils de corderie et&#13;
menuiserie et tous les nouveaux livres d’humanité et pour les petites écoles qu’on&#13;
me demande par M. Joncaire. Cela est dans un ballot n° 8.&#13;
Je ne vous ai pas écrit, Monsieur, par les premiers vaisseaux. Je me suis contenté&#13;
d’écrire à Mgr l’Ancien et à la R. M. supérieure de l’Hôtel-Dieu. J’ai mis ces lettres&#13;
entre les mains de M. du Lino, qui m’a promis de les envoyer sûrement par le&#13;
vaisseau du Nord. Ce qui m’empêcha d’écrire davantage fut une indisposition que&#13;
j’eus vers le milieu du carême, causé par un gros rhume, qui m’a éteint la voix&#13;
pendant près d’un mois. Je n’en suis pas encore bien remis. Je crus d’ailleurs&#13;
qu’écrivant tout à Mgr l’Ancien, il ne manquerait pas, comme je l’en prie, de vous&#13;
communiquer à tous la lettre et de vous instruire par-là. Je vais répondre à tout ce&#13;
que vous m’avez demandé par vos lettres de l’an passé.&#13;
Je n’ai pas laissé d’être mortifié que vous n’ayez pas envoyé M. Leriche au MontLouis, quoique je goûte et approuve vos raisons, car ces Messieurs m’ont demandé&#13;
de leur rendre 379 [livres] de France, que j’avais dépensées pour son voyage et&#13;
qu’ils m’avaient remboursées. Votre lettre leur donnait gain de cause. Je ne la leur&#13;
ai pas rendue, mais je leur ai proposé que, vu qu’il y avait plus de leur faute que&#13;
de la mienne de ce que M. Leriche n’y était pas allé, parce que leur habitation était&#13;
détruite, je leur offrais de leur en payer les deux tiers et qu’ils portassent en pure&#13;
perte le tiers de cette dépense. Je leur ai offert de leur rembourser 250 livres, ce qui&#13;
ne laisse pas de coûter dans l’état où sont vos affaires temporelles. Ils n’en&#13;
paraissent pas contents. Je les laisserai venir. Ils ont envoyé là un prêtre sorti de&#13;
chez M. de Saint-Lazare, qui a demeuré longtemps à Rochefort et paraît homme&#13;
&#13;
�de bien, mais je crains l’inconstance et je ne saurais trop vous avertir de ne le pas&#13;
recevoir pour notre Séminaire, s’il venait à Québec, que sur le pied de l’hospitalité,&#13;
qu’il est toujours bon d’exercer ; mais nous ne recevons pas ceux qui sont sortis de&#13;
ces congrégations pour être associés avec nous.&#13;
J’ai oublié de vous marquer, au commencement de cette lettre, combien j’ai&#13;
remercié Dieu de ce qu’il nous conservait Mgr l’Ancien. Il a soutenu en saint cette&#13;
épreuve dernière et tout ce qu’il m’en écrit m’a très sensiblement touché ; mais j’ai&#13;
craint que dans la suite, il n’ait pris trop à cœur notre perte et que l’affection ne&#13;
l’ait emporté cet hiver. Si Dieu nous le conserve, je regarderai cette grâce comme&#13;
une de nos grandes consolations dans notre disgrâce.&#13;
Je vous ai écrit par les premiers navires que j’ai fait faire à Caen tous les souliers&#13;
que vous demandiez par votre facture. Cela a monté à 420 livres, dont j’ai fait&#13;
toucher 320 livres au cordonnier et Mme de Vaubénard m’a fait tenir 100 livres&#13;
pour vous envoyer, que j’ai fait payer au cordonnier. Vous aurez la bonté de l’en&#13;
remercier. Vous me mandiez que vous vous efforceriez de m’envoyer, par les&#13;
derniers navires, quelques lettres de change pour me mettre en état de vous&#13;
envoyer la facture que vous désiriez faire accomplir à Paris. Cependant, je n’ai rien&#13;
reçu par les derniers vaisseaux qu’un billet de 100 livres sur M. Gauvin et&#13;
cependant, vous saviez que j’étais l’an passé en avance de 7 184 livres, quelques&#13;
sous, sans avoir encore alors rien payé de plus de 4 000 livres de lettres de change&#13;
que Mgr l’Ancien a tiré sur moi l’an passé. Vous verrez, par le compte que je vous&#13;
envoie, qu’il ne m’a pas été possible de rien épargner sur les 3 000 livres de&#13;
Mississippi, quoique j’aie rejeté près de 300 ou 400 livres de billets payés à&#13;
M. d’Iberville6, sur le compte de M. de Montigny7, que je ne sais s’il allouera, si j’en&#13;
veux croire M. de Saint-Cosme8. Il lui faut à lui 1 200 livres, à M. Davion9,&#13;
600 livres, à M. Foucault, 600 livres et à M. Bergier10, 600 livres. Ainsi, voilà les&#13;
Pierre Le Moyne d'Iberville, 1661-1706, explorateur et commerçant, principalement de la baie d'Hudson&#13;
François de Montigny, 1669-1742, fut missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi de 1698 à 1700,&#13;
puis missionnaire en Chine.&#13;
8&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme, missionnaire du Séminaire&#13;
de Québec au Mississippi de 1698 à 1706&#13;
9&#13;
Albert Davion, m. 1726, curé sur l'île d'Orléans de 1690 à 1698, puis missionnaire du Séminaire de Québec&#13;
au Mississippi avec Saint-Cosme&#13;
10&#13;
Nicolas Foucault, m. 1702 et Marc Bergier, v. 1667-1717, missionnaires du Séminaire de Québec au&#13;
Mississippi&#13;
6&#13;
7&#13;
&#13;
�3 000 livres bien vite employées et je crains bien que si vous ne mettez ordre à&#13;
empêcher que ces Messieurs ne tirent des lettres de change sur moi sans s’entendre&#13;
les uns, les autres, nous ne nous trouvions accablés par les dépenses de cette&#13;
mission.&#13;
Je vous ai mandé ci-devant que je croirais que M. Bergier serait mieux dans le poste&#13;
le plus proche des Français, vers la mer, qu’aux Tamarois pour avoir soin du&#13;
temporel et avoir correspondance avec moi.&#13;
Nous avons offert à M. de Pontchartrain d’envoyer un missionnaire au Détroit, si&#13;
la Cour y voulait destiner sa subsistance. On n’y a pas répondu et nous ne l’avons&#13;
pas pressé. On ne croit pas que cet établissement subsiste. Le ministre l’a fort à&#13;
cœur, mais la colonie n’y veut pas contribuer et le roi n’est pas en état d’en faire&#13;
les frais par lui-même dans ce temps-ci, où on ne veut pas augmenter les dépenses&#13;
de la Marine et du Canada.&#13;
Ne vous attendez pas à Mgr de Québec ni pour les 2 000 livres du clergé ni pour ce&#13;
que je lui dois pour le chapitre. Je crois que je serai obligé, avant le mois de janvier&#13;
prochain, de lui avancer ce qui ne lui sera dû qu’à Pâques. Il n’a pas voulu me rien&#13;
payer pour les petites écoles. Il dit qu’il n’en sera dû que deux années l’année&#13;
prochaine et il n’offre de les payer qu’après Pâques de l’année prochaine.&#13;
Mgr de Québec ne m’a promis que 600 livres pour les missionnaires de l’Acadie,&#13;
savoir 300 livres pour M. Gaulin et 300 pour M. Le Voyer. Il n’a pas mis rien pour&#13;
M. Rageot11, parce qu’il dit qu’on l’a mis sur les suppléments de Québec. M. Gaulin&#13;
ne recevra pas grand-chose de moi cette année. Cependant, je trouve que par le&#13;
compte que je lui ai adressé, y compris les 100 livres que M. Buisson12 m’a données&#13;
à prendre sur son supplément, il me doit 258 livres, 19 sols sur 300 livres que je&#13;
recevrai pour lui et M. Le Voyer, 161 livres, 6 sols. Mgr de Québec a reçu ces&#13;
600 livres des suppléments de l’Acadie et en a payé ses dettes, comme il me l’a dit&#13;
aujourd’hui ; si bien qu’il me faudra l’attendre longtemps avant que je reçoive cette&#13;
somme.&#13;
Antoine Gaulin, 1674-1740, et Le Voyer, et Philippe Rageot, 1678-1729, missionnaires du Séminaire de&#13;
Québec en Acadie&#13;
12&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1660-1712, appelé M. Buisson, procureur du Séminaire de Québec&#13;
11&#13;
&#13;
�M. Gay m’a fort tourmenté pendant deux mois. Cependant, depuis un entretien&#13;
que j’ai eu avec lui de bonne amitié, il m’a laissé en repos et ne me demande plus&#13;
rien. C’était un lutin pour moi. C’est un grand malheur d’avoir en tête un homme&#13;
comme lui. Je vous ai mandé que nous avions demandé à la Cour permission pour&#13;
M. Maudoux13 pour revenir en France ; et nous l’avons obtenu. Nous l’avons fait à&#13;
sa prière, parce qu’il nous a mandé qu’il voulait absolument quitter. Il n’a pas&#13;
d’ailleurs été bien difficile de l’obtenir, car le ministre ne paraît pas prévenu en sa&#13;
faveur. J’espère cependant qu’il le fera goûter de lui et que peut-être, dans la suite,&#13;
on le pourra renvoyer. S’il veut rester au Séminaire à Paris pour retourner à&#13;
Québec, nous le lui offrirons volontiers et lui ferons toute l’amitié qui dépendra de&#13;
nous.&#13;
Quant à M. Le Voyer, il a eu l’an passé des disputes avec M. Gay, qui sont dignes&#13;
de compassion. J’aurais mieux aimé tout perdre que de contester avec lui, comme&#13;
il fait faire saisir son blé et d’autres minuties, qui ne lui convenaient pas et ce qui&#13;
est merveilleux, c’est que M. Le Voyer mande qu’il a cru le devoir faire pour faire&#13;
voir que ceux du Séminaire savent se défendre. Notre vraie défense est de souffrir&#13;
quand on a à faire à un esprit aussi de travers que M. Gay. C’est de M. Gay, et des&#13;
lettres du même M. Le Voyer, que j’ai appris qu’il est attaqué, dit-il, du mal caduc14.&#13;
Je lui envoie d’une certaine racine15 qu’on dit en empêcher les effets. D’ailleurs, je&#13;
lui mande qu’il l’éprouve bien pour voir si en effet il a un tel mal, que si après&#13;
s’être bien éprouvé et s’en être surtout rapporté au jugement de M. Maudoux, il&#13;
voit que c’est véritablement un mal caduc. Il doit tout quitter pour s’en revenir et&#13;
je lui conseille de revenir plutôt en France que de retourner en Canada, parce&#13;
qu’avec ce mal, il ne conviendrait pas qu’il restât dans une maison où il y aurait&#13;
beaucoup de monde, ce mal étant contagieux. Je ne sais quel parti il prendra.&#13;
La Cour a travaillé à établir le temporel de l’Acadie. Le roi a cassé, pour ainsi dire,&#13;
ces compagnies. Il a nommé M. Brouillan pour gouverneur, M. Bonaventure pour&#13;
lieutenant du roi et M. Villieu pour major. Le premier a 4 000 livres, le second,&#13;
1 200 livres et le troisième, 800 livres d’appointement. On a voulu aussi songer au&#13;
spirituel. On a sondé les Bénédictins, les Bernardins, les Barnabites, les&#13;
Abel Maudoux, curé de Port-Royal en Acadie&#13;
L’épilepsie.&#13;
15&#13;
Probablement la racine de valériane, utilisée pour les convulsions.&#13;
13&#13;
14&#13;
&#13;
�Doctrinaires, les pères de Saint-Antoine, les Jésuites et plusieurs autres, comme&#13;
MM. de Saint-Lazare, pour aller s’y établir. Tous ont refusé et M. de Pontchartrain,&#13;
en retirant M. Maudoux, a été obligé de demander un missionnaire à sa place à&#13;
M. l’abbé de Brisacier, qui lui a répondu qu’il n’en avait pas ; si bien qu’on est&#13;
résolu pour cette année d’y laisser un aumônier de vaisseau. Dieu veuille que cela&#13;
les convainque du cas qu’ils devraient faire des missionnaires qui se livrent de bon&#13;
cœur à des emplois si pénibles et les engage à les protéger.&#13;
Je suis vraiment affligé que M. Calon ne s’accommode pas en Canada. J’avais&#13;
espéré qu’il prendrait confiance en vous ou en quelques-uns de nos Messieurs et&#13;
se laisserait conduire. Il m’avait paru disposé à se laisser conduire. L’affaire de&#13;
Beauport l’a aliéné de vous. J’en suis fâché, car il n’a pas de malice et j’espérais que&#13;
vous le tourneriez comme vous voudriez. Cependant, il me mande qu’il est résolu&#13;
de s’en revenir et à moins que notre incendie ne le touche de quelque compassion&#13;
et qu’il n’y reste pour nous aider à nous rétablir, il y a apparence qu’il sera ici cet&#13;
automne. S’il revient, j’appréhende qu’il ne me demande compte de son bénéfice,&#13;
dont j’ai employé ce que j’en ai reçu dans la recette du Séminaire et s’il fallait le lui&#13;
rendre, nous ne laisserions pas d’en être embarrassés. Mandez-moi, je vous prie,&#13;
ce que je dois faire sur ce sujet. J’écris à M. Calon fortement, comme un bon ami,&#13;
pour l’encourager à rester et lui dis ce que je pense, ce qu’il y aurait à désirer de&#13;
lui.&#13;
On dit qu’on a un peu raillé du choix que je faisais l’an passé pour établir l’Acadie&#13;
de M. Calon et de M. Requeleyne16 et l’on dit sur cela que je prenais un aveugle et&#13;
un sourd. Je n’ai pas remarqué que M. Calon n’eut pas de bons yeux et je ne savais&#13;
pas que M. Requeleyne fût sourd. Je n’eus égard dans ce choix, après les avoir crus&#13;
sociables, qu’à ce qu’ils avaient quelque secours en France, qui est d’une grande&#13;
nécessité pour un nouvel établissement, où il y a de la dépense à faire.&#13;
J’ai oublié de vous marquer, en vous parlant de l’Acadie, que nous nous sommes&#13;
offerts à former et tenir prêts les sujets qu’il faudrait y envoyer pour ne desservir&#13;
tous les postes, si la cour voulait nous en avertir un an devant et fournir&#13;
entièrement à la dépense, mais ils s’imaginent qu’ils trouveront quelque&#13;
16&#13;
&#13;
Bernard de Requeleyne, 1660-1724, curé de Riviève-Ouelle&#13;
&#13;
�communauté qui, pour s’y établir, voudra y faire une partie de la dépense par ellemême.&#13;
Nous avons été tout à fait édifiés de votre confiance en la Providence, qui vous a&#13;
fait reprendre tous vos enfants avec vous, malgré le mauvais état de vos affaires&#13;
après l’incendie. Cependant, j’ai peine à concevoir comment vous pouvez soutenir&#13;
cette dépense. Remarquez bien sur vos factures que ce que je vous envoie d’étoffes,&#13;
de bas, de souliers et autres ustensiles, pour vos enfants, va bien plus loin que ce&#13;
que je vous envoie pour vos missionnaires. Pour moi, je ne saurais concevoir&#13;
comment, dans un temps où tout est si cher en Canada et où les étoffes sont fort&#13;
chères en France, vous pouvez même vous tirer sans y mettre plus de moitié du&#13;
vôtre à l’égard des enfants, qui payent pension si modique. Toutes les pensions&#13;
sont augmentées du quart en France et on a plus de peine à nourrir une personne&#13;
pour 400 livres à présent qu’on n’en avait à le nourrir il y a vingt ans pour&#13;
300 livres. Je conviens avec vous que l’on trouve souvent de meilleurs sujets dans&#13;
les enfants qu’on a par charité que dans ceux qui payent pension. C’est pourquoi&#13;
j’en reviens à vous laisser faire ce discernement. Je ne vous fais que de très humbles&#13;
remontrances, car je crains seulement que vous ne vous laissiez aller trop&#13;
facilement à la bonté de votre cœur, à l’égard de tous ces enfants, pour en recevoir&#13;
et en garder au-delà de vos forces.&#13;
Il est constant que si notre incendie ne fut pas arrivé, j’étais très résolu de vous&#13;
mander que je ne puis soutenir un état aussi violent que celui où je suis d’être en&#13;
avance pour vous de plus de 10 000 livres. Si vous saviez ce que j’ai à souffrir pour&#13;
cela, vous auriez compassion de moi. M. l’évêque de Québec le sait, car je n’ai pas&#13;
appréhendé de lui montrer mes comptes du Séminaire et du chapitre, mais votre&#13;
incendie me fait juger que je ne suis pas prêt à voir finir mes peines.&#13;
M. de Glandelet me mande que c’est à vous que je dois rendre compte du temporel&#13;
du chapitre. Je vais vous dire ici en peu de mots ce que je lui mande un peu plus&#13;
au long.&#13;
Vous trouverez que la recette du chapitre, quoiqu’elle monte fort haut, ne vous&#13;
met pas plus au large, parce que la dépense va encore aussi haut, presque.&#13;
&#13;
�Puisqu’il ne me reste entre les mains que 200 livres ou environ au 1er mai, ce qui&#13;
en est cause, c’est : 1er qu’on ne peut tirer exactement les revenus des fermiers ; il&#13;
nous est dû plus de 3 000 livres à l’Estrée ; il n’y a rien à perdre, mais il y a des&#13;
temps où ce serait ruiner les fermiers que de les trop presser ; 2e il y a eu de grosses&#13;
réparations à faire à Méobecq et je vous avoue que c’est ma désolation, parce qu’il&#13;
est survenu en France des espèces d’ouragans ces deux derniers hivers, qui ont&#13;
causé bien des dommages à toutes les maisons ; et 3e nous avons fini une affaire&#13;
avec cette religieuse de l’Estrée, qui nous coûte plus de 3 000 livres pour en sortir.&#13;
Mais après avoir bien pesé tout avec maturité, nous avons été obligés de prendre&#13;
ce parti. Si nous eussions continué à soutenir ce procès, nous serions tombés&#13;
d’abîme en abîme et ne nous serions pas mis de longtemps en état de travailler à&#13;
nos unions. Le temps mûrit toutes choses. Nous avons trouvé des conjonctures&#13;
favorables. M. l’archevêque de Trèves consent à la translation du prieuré de&#13;
La Colombe dans les lieux réguliers de Longwy. M. l’évêque d’Évreux veut bien&#13;
approuver cet établissement. M. Guenet, conseiller du Parlement de Rouen, qui&#13;
soutenait cette religieuse, veut bien entendre à l’accommodement. Nous l’avons&#13;
fait, et au grand contentement de M. l’évêque de Québec, qui avait promis qu’il&#13;
entrerait en considération sur ces dépens, mais qui n’y a pas voulu avoir égard&#13;
pour un denier quand il a vu la chose terminée.&#13;
Depuis cet accord fait, M. l’évêque de Québec, étant revenu à Paris cet hiver, nous&#13;
avons réuni tous les actes et consentements nécessaires pour nos unions. Vous&#13;
auriez peine à croire combien il en a fallu ! Nous avons fait renouveler les brevets&#13;
du roi pour l’union de ces abbayes. Sa Majesté a écrit de nouvelles lettres au pape&#13;
et à son ambassadeur et au cardinal patron pour demander ces unions. Nous avons&#13;
envoyé toutes nos pièces à Rome ; il y a trois mois qu’elles y sont. Le banquier a&#13;
dressé la supplique et la doit présenter au pape au premier jour. En un mot, les&#13;
choses sont en train de bien aller, mais nous avons déterminé Mgr de Québec,&#13;
M. de La Pallière17 et moi, à aller lui-même à Rome et il convint hier18 d’y aller,&#13;
pourvu que nous lui procurions à emprunter quelque argent pour son voyage. Il&#13;
doit donc y aller vers le commencement de septembre. Il compte de n’y être que&#13;
quatre mois, mais j’ai peine à croire qu’en ce temps-là, il puisse finir les affaires. Je&#13;
&#13;
17&#13;
18&#13;
&#13;
Pierre Pitot, sieur de La Pallière, grand-vicaire et procureur de Saint-Vallier à Paris&#13;
En marge : Le 10 mai&#13;
&#13;
�voudrais qu’il y restât plutôt un an qu’un mois. Vous en seriez plus en repos et&#13;
moi aussi. Il est constant que la présence d’un évêque pressera le pape et les&#13;
cardinaux de lui accorder ce qu’il demande et s’il y a moyen d’avoir le gratis, il&#13;
sera plus en état de l’obtenir que personne. Ce que je crains, c’est qu’après avoir&#13;
fait quelque tentative pour obtenir l’union des manses abbatiales et monacales&#13;
toutes ensembles, s’il y trouve de la difficulté, il ne demande seulement l’union&#13;
des abbatiales, à laquelle il n’y a nulle difficulté, et ne laisse en arrière les&#13;
monacales, ce qui ne servirait de rien au chapitre, qui ne se trouverait pas par-là&#13;
établi. Nous ferons la guerre à l’œil et tâcherons de le fortifier dans le dessein qu’il&#13;
a de pousser ensemble toutes les unions. Je vais ramasser tout l’argent du chapitre&#13;
que je recevrai pour les frais de ces unions, car il n’y faut rien épargner pour en&#13;
venir à bout. Ainsi, tout ce que je tirerai des abbayes, je le conserverai pour&#13;
l’employer, dès qu’il en sera nécessaire, pour ces unions.&#13;
J’ai enfin réglé cet hiver un compte avec Mgr de Québec. Il en a fallu passer par où&#13;
il a voulu. Je vous en envoie la copie dans la lettre à M. de Glandelet, qui servira&#13;
de duplicata à celle-ci. Il ne m’a rien voulu allouer, comme je vous l’ai déjà écrit,&#13;
pour les dépenses de ce procès avec cette religieuse, ni pour les réparations de&#13;
Méobecq, ni pour plusieurs autres articles qu’il lui a fallu passer dans mes&#13;
comptes. Cependant, je me suis estimé heureux d’avoir enfin terminé un compte&#13;
avec lui, car je craignais encore plus que tout ce qu’il ne m’a pas alloué. Je craignais&#13;
qu’il ne voulût jouir des revenus dus par les fermiers de Méobecq et de Chezelles,&#13;
jusqu’à la Saint-Jean 1697, quoique nous dussions entrer en jouissance du&#13;
1er janvier, sur le prétexte que ces deniers dus à la Saint-Jean 1697 sont et&#13;
proviennent des fruits perçus en 1696. Cependant, il ne m’a pas fait de difficulté&#13;
sur ce point.&#13;
Je vous prie de prendre bien garde que ce que je vous écris de lui ne revienne pas&#13;
à M. Le Vallet19 ou à d’autres, qui lui mandent exactement tout ce qu’on dit de lui&#13;
là-bas. Je puis vous assurer qu’il n’est nullement changé ; que l’âge n’apporte&#13;
aucune modération à la vivacité de son tempérament ; qu’il a toujours la même&#13;
ardeur sur le temporel ; qu’il est toujours plein de ses vues ; qu’il ne suit pas&#13;
davantage conseil qu’il faisait ; et qu’en un mot, je prévois qu’en retournant à&#13;
19&#13;
&#13;
Étienne Le Vallet, 1669-1719, chanoine du chapitre de Québec&#13;
&#13;
�Québec, il y fera aussi peu de bien et y causera autant de mal qu’il a fait ci-devant.&#13;
Il paraît cependant bien résolu à y retourner et s’il n’eut pas pris la résolution&#13;
d’aller à Rome, il m’avait même communiqué une vue qu’il avait de s’en retourner&#13;
vers le mois d’août ou septembre en Canada par le Mississippi, en passant dans le&#13;
vaisseau de M. d’Iberville, qui pourra, s’il arrive bientôt, comme on l’attend, y&#13;
retourner vers ce temps-là. Je vous assure que si je ne puis l’engager à rester à&#13;
Rome une bonne partie de l’année prochaine, je tâcherai du moins à lui conseiller&#13;
de faire ce tour pour l’année prochaine, afin que pendant qu’il fera cette tournée,&#13;
vous jouissiez au moins du repos.&#13;
Vous seriez surpris de voir que M. de La Pallière, qui était si vif à le soutenir&#13;
autrefois, a aujourd’hui la même vivacité pour le détourner de retourner en&#13;
Canada et pour lui conseiller de se démettre de son évêché. Il lui en a parlé&#13;
plusieurs fois, mais le prélat ne penche pas de ce côté-là et je ne pense pas qu’il le&#13;
fasse.&#13;
Je crois que je serai obligé d’aller faire un tour en Berry après l’octave de la FêteDieu, car il faut y aller tous les deux ans pour bien faire. Il y a toujours là des&#13;
affaires qui demandent la présence du maître. J’ai des fermiers qui sont les enfants&#13;
de M. Bienassis20, que Monseigneur connaît. Je vois que le père s’entend avec les&#13;
enfants pour faire des réparations sans nombre. Il me faudra chercher quelqu’un&#13;
qui puisse être de confiance quand ce bonhomme mourra, car je le laisserai mourir&#13;
chargé du soin de ses affaires, parce qu’il les a depuis longtemps, mais je l’ôterai à&#13;
ses enfants. Ces gens-là sont trop intéressés. Ils voudraient tirer de l’abbaye plus&#13;
que nous n’en tirons. J’aurais eu bien de la consolation dans ce voyage d’aller voir&#13;
M. l’évêque de Poitiers, si Dieu nous l’eut conservé. C’était un saint prélat que&#13;
Dieu a enlevé après trois années d’épiscopat. J’ai perdu en lui un très intime ami.&#13;
Il est mort ce carême, martyr de la charité, ayant pris le pourpre en visitant ses&#13;
malades qui en avaient.&#13;
Je vous remercie très particulièrement de ce que vous avez arrêté mes comptes.&#13;
Cela me met l’esprit en repos. Ce n’est pas que je ne me regarde comme du&#13;
Séminaire et travaillant pour lui. Je ne me chargerais d’aucun soin s’il était&#13;
20&#13;
&#13;
Jacques Matheron de Bienassis, administrateur de l’abbaye de Méobecq&#13;
&#13;
�préjudiciable à ses intérêts et on ne connaît que trop dans le Séminaire à Paris que&#13;
je suis entièrement attaché au Séminaire de Québec. Mais il est bon de régler ses&#13;
comptes année par année. Après cela, tout ce que j’ai appartient au Séminaire de&#13;
Québec et je tâcherai de lui laisser le peu que je pourrai avoir. J’espère même&#13;
toucher quelque petite somme du côté de ma famille dans peu, aux consignations&#13;
que je confondrai dans les deniers du Séminaire avec joie pour aider au&#13;
rétablissement ; mais cela n’empêchera pas que nous ne réglions année par année&#13;
comment nous sommes ensemble.&#13;
On ne peut me répondre avec plus de bonté que l’a fait Mgr l’Ancien sur ce que je&#13;
lui avais représenté mon embarras pour ces lettres de change. J’espère qu’il ne me&#13;
tirera plus de ces lettres de change, comme il a fait, sans savoir auparavant s’il y a&#13;
du fonds.&#13;
J’ai mandé fort au long à Mgr l’Ancien que je n’avais pu m’accommoder avec&#13;
M. Berthelot21. Il voulait de moi de l’argent comptant et même 6 000 livres par&#13;
avance et ne me mettait nullement en état d’acquérir sûrement. Cependant,&#13;
Mlle Pachot a acquis de lui l’île pour 30 000 livres, à ce qu’on dit, et a, dit-on, neuf&#13;
ans pour les payer. Je ne comprends pas en cela M. Berthelot, mais enfin, je ne crois&#13;
pas cette acquisition bonne. Je crois au contraire qu’il est très dangereux d’acheter&#13;
d’un homme comme M. Berthelot, qui tôt ou tard succombera sous le poids de ses&#13;
créanciers. J’ai fort prié Mgr l’Ancien de ne point penser à une telle acquisition. Elle&#13;
est encore moins sûre de Mlle Pachot que de M. Berthelot. D’ailleurs, c’est l’acheter&#13;
tout ce qu’elle vaut et si le blé même vient à bon marché, ce sera l’acheter trop cher.&#13;
D’ailleurs, cette île dépérira quand les bois en seront ôtés. Les chardons la perdent&#13;
tous les jours. J’aimerais mieux établir l’île de Jésus que de penser à cette&#13;
acquisition.&#13;
J’ai consulté la difficulté de Mgr l’Ancien sur le fief d’Argentan à M. Carnot, notaire,&#13;
qui a passé le contrat de vente de l’île que Mgr l’Ancien a fait à M. Berthelot et j’en&#13;
ai encore consulté plusieurs autres. Ceux qui sont bien instruits pensent que cette&#13;
affaire de Mgr l’Ancien ne vaut rien ; qu’il s’en faut tenir à la bonne foi des parties&#13;
encore vivantes ; qu’il paraît que Mgr l’Ancien a eu intention de vendre tout ce qui&#13;
21&#13;
&#13;
En Marge : L’île d’Orléans&#13;
&#13;
�lui appartenait en l’île Saint-Laurent ; que cela est confirmé, parce qu’il lui vend la&#13;
seigneurie de l’île, qui emporte après elle la mouvance de tous les fiefs qui y sont ;&#13;
que Monseigneur déclare que cette île ne relève que du roi et nullement de la&#13;
seigneurie de Beaupré, ni en tout ni en partie. Je crains que Monseigneur n’y&#13;
succombe s’il l’entreprend. Je vous prie de le lui représenter.&#13;
J’ai accompli toute la facture que vous m’avez demandée et j’ai tâché de vous&#13;
envoyer encore de meilleures étoffes bleues et de meilleurs bas que tous ceux que&#13;
je vous avais ci-devant envoyés. Vous y trouverez même une pièce de ratine&#13;
blanche que vous ne m’aviez pas demandée, mais que je n’ai pu me dispenser de&#13;
prendre, parce que j’avais dit à mon drapier que sans doute il en faudrait comme&#13;
les autres années. Je n’ai pu me dispenser de prendre celle-là. Il y a pour plus de&#13;
500 livres de bas et que j’ai fait choisir l’un après l’autre.&#13;
Mme Ango de La Mothe m’a prié d’acheter à Paris de la toile pour cravates. J’en&#13;
ai acheté à plusieurs prix pour 133 livres, 20 sols, que vous trouverez dans nos&#13;
ballots. J’ai tâché de faire prendre en fils, boutons et au tout, ce qu’il y a de meilleur.&#13;
J’ai trouvé que nos gens l’an passé n’avaient pas songé à retirer de la douane les&#13;
six couvertures que Mme Ango de La Mothe m’avait adressées de Rouen pour&#13;
vous. Nous les avons retrouvées à la douane avec bien de la peine et je vous les&#13;
envoie. Elles ne sont pas gâtées.&#13;
J’ai mis dans nos ballots trois grosses22 de chapelets. Il y en a moitié pour vous et&#13;
moitié pour M. Requeleyne, qui trouvera à s’en défaire, aussi bien que d’images.&#13;
S’il en a trop en en faisant part à M. Soumande, qui lui remboursera ce qu’ils&#13;
coûtent. Je vous ai fait payer par M. Requeleyne le mémoire de hardes que vous&#13;
m’avez adressé. Vous le trouverez dans ma recette. Vous trouverez aussi dans nos&#13;
ballots deux petites boîtes de diverses dévotions que je vous envoie pour vos&#13;
enfants. Il y en a encore une de Mme Ango de La Mothe et il y a une boîte d’un&#13;
chartreux ; je crois que ce sont des horloges de sable.&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
Douze douzaines&#13;
&#13;
�J’ai eu bien de la peine à avoir de la cire d’Angers que M. Brulon23 m’y a acheté.&#13;
On la voulait vendre 40 sols à La Rochelle. Elle m’y revient à 37 sols toute vendue&#13;
et 30 sols le jaune. Je n’ai pu trouver que 350 aunes de Lisière de toutes couleurs,&#13;
excepté de rouge, que je n’ai pas pris.&#13;
J’avais fait faire quinze douzaines de collets, que je vous ai envoyées. Je ne sais si&#13;
on s’en accommode.&#13;
Peut-être me gronderez-vous d’avoir fait la dépense de l’impression de l’Office de&#13;
la Sainte-Famille, mais je ne l’ai pu refuser à M. de Glandelet depuis tout le temps&#13;
qu’il me le demande. J’en ai conservé moitié de l’impression à Paris et ai envoyé&#13;
l’autre par les vaisseaux de cette année.&#13;
Dans le compte que je vous envoie pour le Séminaire, vous y verrez pour le&#13;
premier article de dépenses le 7 184 livres, 3 sols, 5 deniers, dont j’étais en avance&#13;
l’an passé. M. Grignon m’a rendu les frais des engagés. Ainsi, le compte est&#13;
demeuré tel que vous l’avez arrêté.&#13;
Vous verrez, dans mon compte pour 4 106 livres, douze de lettres de change&#13;
payées que Mgr l’Ancien avait tirées sur moi. Vous pouvez juger si cela&#13;
n’incommode pas. Vous y trouverez 1 360 livres, 14 sols, 6 deniers que j’ai&#13;
dépensés à Paris pour nos MM. de Mississippi, dont je vous envoyai copie l’an&#13;
passé, et 719 livres, 10 sols, 10 deniers que j’ai alloués à M. Grignon pour la facture&#13;
qu’il leur a envoyée par M. d’Iberville. Vous y trouverez aussi que j’ai payé à&#13;
M. Grignon 1 426 livres, 12 sols, 9 deniers pour les frais de port de ballots, fret et&#13;
facture de ce qu’il envoya l’an passé à Québec ; pour cette année, je ne lui paierai&#13;
ce qu’il aura déboursé pour vous qu’après le départ des navires, aussi bien que ce&#13;
mémoire de clous et de fer que vous avez demandé pour le rétablissement du&#13;
Séminaire.&#13;
Vous serez étonné, comme moi, de voir l’avance où je suis pour le Séminaire de&#13;
Québec de plus de 10 000 livres. Il est difficile de penser dans quel embarras cela&#13;
me jette, mais hélas, l’incendie va en causer bien d’autres. Nous allons faire ce que&#13;
23&#13;
&#13;
Jean Gauthier de Brulon, 1651-1726, chanoine de la cathédrale de Québec de 1684 à 1726&#13;
&#13;
�nous pouvons pour vous procurer quelque charité. M. l’abbé de Brisacier m’a dit&#13;
que vous pouviez compter sur 10 000 livres pour cette année, de quelque part&#13;
qu’elles vous vinssent, soit du roi soit des autres, mais quoique ce qu’il dit soit très&#13;
solide, je crains qu’il ne compte un peu trop sur la bonté de son cœur, car je vous&#13;
avoue qu’il l’a aussi bon qu’on le puisse désirer pour notre pauvre Séminaire de&#13;
Québec dès qu’il en apprit la nouvelle. Il dit qu’il aurait souhaité que notre&#13;
Séminaire de Paris eût plutôt brûlé que celui-là. Il m’a depuis plusieurs fois&#13;
protesté que quelque opposition qu’il ait à demander, il est résolu de s’y mettre&#13;
jusqu’au col et de frapper à toutes les portes pour solliciter du secours et faire le&#13;
possible pour vous soutenir dans votre malheur. Je n’oserais presque penser à la&#13;
manière dont nous pourrons nous faire payer du roi.&#13;
J’ai actuellement entre les mains l’ordonnance de la pension de Mgr l’Ancien sur le&#13;
Trésor royal pour l’année passée. J’ai l’ordonnance de 3 000 livres pour Mississippi&#13;
pour cette année. Je crains en vérité de n’en pouvoir rien retirer, vu la rareté de&#13;
l’argent. C’est tout vous dire que nos MM. pour les Indes orientales n’ont pu rien&#13;
tirer&#13;
&#13;
au&#13;
&#13;
Trésor&#13;
&#13;
royal&#13;
&#13;
pour&#13;
&#13;
leurs&#13;
&#13;
pensions&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
l’an&#13;
&#13;
passé,&#13;
&#13;
quoique&#13;
&#13;
Mme de Maintenon l’ait demandé très incessamment et que M. Chamillart24 ait&#13;
envie de les obliger. Quand le roi nous donnera ou 4 000 ou 10 000 livres pour notre&#13;
rétablissement, à quoi je ne m’attends que de bonne sorte, jugez quelle peine nous&#13;
aurons à tirer ce paiement.&#13;
Cependant, je crois que vous pouvez tirer environ pour 10 000 livres de lettres de&#13;
change ou m’envoyer des mémoires à accomplir jusqu’à la concurrence de cette&#13;
somme et m’envoyer encore pour 3 500 livres ou pour 4 000 livres de factures à&#13;
accomplir. Voilà à peu près ce que nous pouvons faire de France ; que si nous&#13;
avions de plus grands fonds, nous serions toujours bien en état de vous les faire&#13;
tenir. Vous aurez d’ailleurs bien des sommes à toucher à Québec : 1er le tiers des&#13;
4 000 livres ; 2e les 2 000 livres des prêtres hors d’état de servir ; 3e les 2 000 livres&#13;
sur les suppléments, sans y comprendre le chapelain du palais, M. le curé de&#13;
Québec et son vicaire, etc., sans ce que vous pouvez encore retirer de vos terres et&#13;
de vos revenus. C’est une providence que la baie Saint-Paul ne soit pas vendue,&#13;
car elle vous sera nécessaire pour ce rétablissement. J’ai deux conseils à vous&#13;
24&#13;
&#13;
Michel Chamillart, secrétaire d’État de la Guerre et contrôleur général des Finances.&#13;
&#13;
�donner : le 1er, c’est de ne penser pas par le présent à rétablir la couverture de la&#13;
chapelle et de la porterie ; cela peut se différer ; il faut penser à nous loger dans le&#13;
grand corps de logis et les pavillons ; le 2e, c’est que tout le monde nous conseille&#13;
de faire faire de la brique et du carreau pour carreler toutes les salles cuisines,&#13;
chambres et dortoirs. Il faut tâcher de faire cette dépense pour éviter un pareil&#13;
malheur. Vous pourriez faire faire de la brique ou du carreau au Cap-Tourmente&#13;
ou à Château-Richer ; le four à chaux servirait à faire cuire le carreau.&#13;
Si Mgr de Québec voulait faire la dépense, il l’aurait trouvé cette année quatre ou&#13;
cinq prêtres, mais il ne m’arrivera plus d’en envoyer, puisqu’on veut que ce soit à&#13;
nos frais. Nous avons, je vous l’avoue, été un peu surpris que vous eussiez, l’an&#13;
passé, cédé si aisément la mission de Patagonie aux Jésuites. Il me semble que c’est&#13;
trop sacrifier au bien de la paix que de leur céder toutes les missions sauvages. J’ai&#13;
mandé à M. Dupré25 que nous avions cru que n’envoyant aucun prêtre cette année&#13;
en Canada, il ne convenait pas que nous y fissions passer M. son neveu. C’est un&#13;
bon enfant, qui en vaudra mieux de passer encore la troisième année de théologie&#13;
à Paris. Nous l’enverrons au nom du Séminaire et non par le canal de M gr de&#13;
Québec.&#13;
Il y a quatre ou cinq ans que j’avais demandé à M. de Glandelet copie de tous nos&#13;
titres et papiers de Québec. Je lui avais même envoyé du parchemin pour les faire&#13;
copier. Cependant, il ne l’a pas jugé à propos. Cependant, si par malheur nos&#13;
papiers eussent été brûlés, vous auriez été bien aise d’en avoir un double au&#13;
Séminaire de Paris. Cet accident y devrait faire penser. Mgr de Québec m’a dit qu’il&#13;
écrirait fortement à M. Le Vallet pour lui faire entendre qu’il n’entendait pas qu’il&#13;
perçut ce qui pouvait revenir à son canonicat. J’ai dessein de prier M. l’abbé de&#13;
Brisacier d’écrire à M. de Glandelet sur cette manière indépendante dont il agit en&#13;
qualité de grand-vicaire. Je finis en me recommandant très humblement à vos&#13;
prières étant sans réserve, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
/Transcription26 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
François Dupré, v. 1648-1720, curé de Québec de 1687 à 1707&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1702, 1-10 mai – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 37)&#13;
M. Des maizerais&#13;
1.er&#13;
&#13;
1702&#13;
M.r Trembaly&#13;
a&#13;
M.r Demaizerets&#13;
&#13;
M.’ de Bern.&#13;
&#13;
du 9. May&#13;
1702.&#13;
2.&#13;
Jncendie&#13;
&#13;
1&#13;
1702&#13;
2 Monsieur&#13;
No 37&#13;
3 J’ay receu de vous lannée passée quatre&#13;
4 lettres par differentes voyes. Je n’ay pu encore&#13;
5 vous repondre; ala verité lalettre que J’ay&#13;
6 escrit a Mgr Lancien par le vaisseau du Nord&#13;
7 doit Servir dereponse a unebonnepartie de&#13;
8 vos lettres, et Jenedoutepas quil ne vous en ait&#13;
9 fait part co’e Jelenay prié.&#13;
10 Je crois que J’escriray cette année un peu moins au&#13;
11 long que Jenefis l’an passé. Ce neSontpas Seulem.’&#13;
12 mes occupations qui enSeront La cause, mais Je me&#13;
13 Suis Senti depuis plus d’un mois d’une Jnfirmité&#13;
14 qui m’a mise hors détat derien faire cela a&#13;
15 commencé par une grosse fievre, ungros rhume&#13;
16 qui est tombé Surla poitrine d’ou Jaurois eu peine&#13;
17 a me tirer Si je nelavois tres bonne Jl a causé&#13;
18 une extinction de voix et une Secheresse depoitrine&#13;
19 dont jay peine a revenir. Jespere cepend.’ que&#13;
20 ce ne Sera rien. J’ay besoin de ces visites p.r mavertir&#13;
21 de penser a moy et de ne mepas trop livrer aux&#13;
22 occupations exterieures.&#13;
23 Je n’ay pas manqué Monsieur defaire tenir vos lettres&#13;
24 a Mad.’ de lamotte ango, et celles qui estoient p.r&#13;
25 caen a Mad.’ de vaubenard. Je vous ay assez&#13;
26 marqué dans ma lettre a Mgr Lancien lapart&#13;
27 que Jeprenois en laperte que nous avons fait de&#13;
28 M deBernieres J’ay plus regreté lapersonne&#13;
29 que les biens, Sa patiance, Sa douceur, Sa regularité&#13;
30 Javois, Monsieur, commencé la 1.ere page de cette lettre,&#13;
31 lorsque M. Jonquaire est arrivé, qui nous a jetté dans&#13;
32 une etrange consternation. Je vous avoüe quaucune nouvelle&#13;
33 ne me pouvoit plus fortemt fraper. J’en fut Si touché que ce&#13;
34 fut plus de huit jours a en revenir, et Jen’ay pulire vos lettres&#13;
35 Sans verser des larmes en abondance. Jecrois mesme que&#13;
36 LJdée ne S’en effacera pas aisem.’ et que les nouveaux ambaras&#13;
37 ou cette aff.re me jette m’en retracera Souvent le Souvenir.&#13;
38 Jay cru que le bonDieu avoit permis cette espreuve pour M’gr&#13;
39 Lancien et p.r vous afin qu’elle vous donnast moyen de faire&#13;
40 des actes de detachem.’ encore plus parfaits. P.r nous Jl nous a&#13;
&#13;
�41 voulu punir de nos pechez et nous purifier. Dieu veuille que&#13;
42 ce feu me fasse Souvenir de celui que J’ay merité et que&#13;
43 Japprenne le cas qu’on doit f.re detous les etablissement dela&#13;
44 terre p.r bons quils Soient puis q.’ Dieu tire Sa gloire deleur&#13;
45 destruction p.r nous apprendre que tout cequi est icy bas&#13;
46 nest que fumée, et qui purifiera ainsy au Jugem.’ dernier&#13;
47 tous les estres.&#13;
48 Ce malheur ne pouvoit venir dans un temps plus facheux&#13;
49 Le Roi est entré dans une guerre facheuse qui epuise et lui et tous&#13;
50 Ses Sujets. Ses finances Sont tres espuiséez, et Je neScaurois vous&#13;
51 en escrire tout ce que J’en Scay. Les peuples Sont dans la misere,&#13;
52 et y Sont tellem.’ que la charité est entierem.’ refroidie. Dailleurs&#13;
53 on est peu touché d’une maison qui est au bout du monde&#13;
54 quand on en voit plus.rs en france qui manquent de tout. Jl&#13;
55 y a plus de 50. et mesme plus de 100. maisons Relig.ses qu’on est&#13;
56 Surle point de disperser, par ce qu’elles nont pas depain, et Sont&#13;
57 Surchargéez de dettes. Nous voions et le clergé et les gens de&#13;
58 robe, et tous les autres etats Surchargez de taxes, de capitations,&#13;
59 et par dessus tout cela largent est devenu Si rare en france que&#13;
60 Je ne puis vous representer la misere ou l’on a été p.r&#13;
61 en trouver depuis un an&#13;
62 Je ne vous dis pas cepend.’ cecy p.r vous abbatre le courage ny&#13;
63 p.r vous marquer que nous en manquions. votre exemple&#13;
64 nous anime, et J’ay eté consolé devoir v’re force a vous determiner&#13;
65 denvoyer dez cet hyver p.r f.re escarrir des bois p.r remettre&#13;
66 une charpante Sur le batiment dont vous me mandez que&#13;
67 les murailles Sont tres bonnes. Jen’ay pas de peine ale croire,&#13;
68 et J’entre fort dans la veüe deM. Buisson de faire eslever la muraille&#13;
69 d’un Etage et de faire un comble tout droit Sans mansarde&#13;
3&#13;
&#13;
600,000#&#13;
&#13;
70 M. Jonquaire arriva a Paris le 26. avril. Jaurois bien Souhaité&#13;
71 quil fust venu un mois plutost. 1.o p.r lui Jl n’eust pas trouvé&#13;
72 toutes les lieutenances donnéez. 2.o p.r nous. Jl y avoit a Pasques&#13;
73 plus de vingt benefices vacans; nous en aurions pu obtenir&#13;
74 quelquun p.r nous. Nous le receusmes au Sem.re avec amitié.&#13;
75 Nos M.rs partoient au moment quil arriva p.r n’re petite maison&#13;
76 dEvri. Jls me prirent avec eux dans le carosse p.r aller lire&#13;
77 nos lettres. J’en revins le lendemain. Jallay enporter la Nouvelle&#13;
78 a Mgr de Quebec qui la prit avec toutes les marques de douleur&#13;
79 et de ressentiment qu’on peut avoir. Jl me conseilla denvoier&#13;
80 M. Jonquaire a marli ou le Roi etoit et M. de Pont chartrain.&#13;
81 Jl y arriva le Soir adix heures, et par bonheur Jl lui porta&#13;
82 la nouvelledecette Jncendie, dont Jl fit monter laperte a&#13;
83 Six cent mil livres. M de Pontchartrain la dit le Soir mesme&#13;
&#13;
�84 au Roi qui la publia a Son Souper et dit que cestoit une&#13;
85 perte de prez de Six cent mil livres. Ce fut un bonheur que&#13;
86 M. Jonquaire y allast ce Soir la et fist co’e Sil ne faisoit&#13;
87 que d’arriver, car le lendemain matin la Nouvelle Se repandit&#13;
88 dans tout Paris on nous entrouvasmes tout lemonde imbu le&#13;
89 en leur allant porterleurs lettres. M.rs des.t Sulpice et le P. Lamberville&#13;
90 en parurent tres touchez.&#13;
91 Nos M.rs en escrivirent aMad.’ de maintenon et lui addresseront&#13;
92 une lettre que M LEveq’ de Q. en escrivit au Roi. Jl estoit&#13;
93 disposé a Saller jetter a Ses pieds p.r lui representer la Necessité&#13;
94 de cettœuvre M de Bauharnois n’re nouvel Jntend.’ a qui&#13;
95 nous avions donné a disner deuxjours auparavant, nous&#13;
96 marqua y prendre autant depart qu’on puisse. Nous allasmes&#13;
97 le 3. may avec Mgr de Q. etM. de B. a versailles voir M de&#13;
98 Pont char. qui etoit venu de marli y f.re un tour. Nous trouvasmes&#13;
99 M.rs les commis dans les Bureaux Surtout M dela Touche&#13;
100 et M Begon aussi touchez que Si c’eust esté leurpropre&#13;
101 perte. on ne peut en parler plus vivem.’ que nous fit&#13;
102 M LeChancelier qui nous dit que ce n’estoit pas n’re perte&#13;
103 Seule, mais celle de toute la Colonie quil estoit necess.re que&#13;
104 Le Roi contribuast a Son retablissem.’ et M de Pont chartrain&#13;
105 Son fils nous parla dans les mesmes termes. Jlnous dit&#13;
106 quil enavoit parlé au Roi le Soir mesme, mais quil&#13;
4.&#13;
&#13;
107 avoit obtenu une So’e Si modiq’ quil n’osoit nous la dire; que Son&#13;
108 Sentiment eust esté que Le Roi nous eust donné pend.’ cinq ou Six ans dix mil&#13;
109 livres mais que le Roi avoit cru qu’on demanderoit a continuer une Si&#13;
110 forte So’e et n’avoit voulu accorder que 4000.# faisant entendre&#13;
111 que Le Roi Seroit disposé a continuer ces 4000.# Jl ajouta quil ne&#13;
112 croioit pas que nous dussions nous en tenir la, que nous devions&#13;
113 par Mad.’ de maintenon l’en remercier le Roi et ensuite lui remontrer&#13;
114 la modicité de cette So’e, et quil appuieroit la chose detout Son pouvoir.&#13;
115 Que mesme Si Mad.’ de maintenon nobtenoit pas une So’e plus forte M.&#13;
116 LEveq’ de Q. pouvoit ensuite venir ala charge et demander auRoi&#13;
117 quaulieu dedonner p.r cette année des ornements ala cathedrale, co’e Jl&#13;
118 en veut donner, Jl appliq’ cette gratification qui est deplus de 7000.&#13;
119 p.r retablir ce Sem.re dont lepublic ne Sepeut passer, et se passera bien&#13;
120 dicy aplus.rs annéez d’ornemens.&#13;
121 Nos Mess.re ne manquerent pas derecommander ensuite M. Jonquaire&#13;
122 Soit p.r lui obtenir une gratification que M De Pontch. nous fit&#13;
123 esperer, Soit p.r lui obtenir un brevet p.r une 1.ere Lieutenance vacante.&#13;
124 Jl fit quelq’ difficulté; cepend’ Je croy quil laccordera. Nous&#13;
125 avons retenus chez Nous M Jonquaire&#13;
126 Nous en So’es demeurez la jusqu’a cejour. M L. de Bris. est allé hier&#13;
&#13;
�127 a s.t Cir ouil doit parler fortem’ aMad’ de m. et lengager a presser&#13;
128 Le Roi de nous accorder cette année dix mil livres, et Jl doit lui&#13;
129 proposer defaire connoistre au Roi que nous ne demanderons plus&#13;
130 apres cela rienSur Ses finances, Si S. m veut consentir a&#13;
131 Lunion de L’abbaye d’aumale a n’re Sem.re de Q. et donner a&#13;
132 Labbé de LEpine qui enest pourveu un benefice detrois ou quatre&#13;
133 mil livres de rente que Si S. m. consent a cette union nous nous&#13;
134 chargerons den f.re toutes les procedures, Sans quelle enSoit plus&#13;
135 Jmportunée, car M dePont chartrain nous dit que Le Roi navoit pas&#13;
136 voulu entendre a ces unions debenefices, parceq’ ceSontdes difficultez&#13;
137 Sans nombre qu’on y fait, dont Jl est trop importuné p.r y entrer de&#13;
138 nouveau dans n’re aff.re&#13;
139 M. L. de Bris. ena dit autant aM LeCard.l de Noailles qui lui apromis&#13;
140 d’en parler aussi deSon costé fortem.t auRoi: etdoit estre aujourdhui&#13;
141 quil doit lui en parler, et ce devoit estre cematin que M de&#13;
142 Pont char. en devoit parler de Nouveau au Roi au Conseil de&#13;
143 marine, mais M deBris. a du hier le prier en passant de&#13;
144 differer de quelques jours afin que Les deux Personnes en&#13;
145 puissent parler auparavant.&#13;
146 M. de Bris. est mesme resolu quand nous aurons fini ces demarches&#13;
147 aupres du Roi de demander une queste dans Paris aM LeCard.l&#13;
148 Jl est constant que dans un autre temps une queste produiroit&#13;
5&#13;
&#13;
149 dix mil escus. mais Jene Scay Si dans cetemps cy Elle produira&#13;
150 rien. Jl est certain que co’e nous connoissont lapluspart des&#13;
151 curez, et des Dames de charité Si M deBris. y va les voir&#13;
152 cela poura faire quelq’ chose Je ne m’y attends cependant&#13;
153 que de la bonne Sorte&#13;
154 Nous devons mesme avoir une assemblée extraord.re dans ce&#13;
155 mois cy du clergé de france p.r accorder encoreau Roi de&#13;
156 Nouveau Secours. Jl Seroi difficile d’y rien obtenir dans&#13;
157 l’etat oule clergé Setrouve. cepend.t Nous tenterons tout.&#13;
158 Je neprevois pas queM de Q. nous fassegrand bien. Jl tireroit&#13;
159 plutost demoy que de donner. Jl paroist toujours Si oberé qu’on&#13;
160 n’ose lui riendemander. ce Seroit beaucoup Sil laissoit toucher&#13;
161 ce qui est dans le tiers des 4000.# p.r labatisse des Eglises.&#13;
162 Nous avons obtenus queM LJntend.t vous fassetoucher p.r une&#13;
163 année Seulem.t 2000.# Surles 8000.# des Suplement p.r vous aider&#13;
164 a eslever ces Jeunes Ecclesiastiq’ ala Pretrise Jlvous Sera facile&#13;
165 co’e Jelespere dobtenir par M LeGouverneur et M LJntend.’ la&#13;
166 necessité de continuer et de lappliquer mesmeSur letat acet&#13;
167 effet enrepresentant quil y ena toujours de Nouveaux a eslever.&#13;
168 Je Suis bienaise de vous faire remarquer que nous aurions pudemander&#13;
169 a la cour que plus.rs So’es assez fortes qui Sont Sur letat pour des&#13;
&#13;
�170 aff.re imprevües vous fussent appliquéez. Jly en a une de 6000.#&#13;
171 et dau’ de 2000.# et de 3000.# EnSorteque vous en pouriez tirer&#13;
172 plus de 5. ou 6000.# dans ce malheur Si M LeGouverneur&#13;
173 et M LJtend.’ le veulent bien. mais nous avons consideré.&#13;
174 que cette veüe empescheroit de nous accorder dautres graces,&#13;
175 et qu’ayants M LeGouverneur aussi bien dispose p.r vous, etM&#13;
176 LJntend.’ qui y va nous promettant denous f.re tout lebien qui&#13;
177 dependra delui, Jl vaut mieux en avoir lobligation a M.rs&#13;
178 de Callieres etde Bauharnois que dele demander alaCour.&#13;
179 J’ay eté Surpris dapprendre queM LJntend.t vous ait fait&#13;
180 payer le voiage deM Jonquaire, puis quil ades fonds p.r ces&#13;
181 affaires Jmprevenües Sur lesquelJleust pu mettre cette depense.&#13;
182 Jl faut esperer que voiant quele ministre a agrée cet envoy&#13;
183 Jl le mettra Sur Ses comptes et vous rendra v’re argent qui&#13;
184 est considerabledans un tel malheur.&#13;
185 Je n’ay pas manqué dez queJ’ay receu vos lettrres descrire ala Rochelle&#13;
186 p.r y acheter leclou et le fer Necess.re et J’ay demandé lefret dans le&#13;
187 vaisseaude Roi p.r ces ferrailles. M Grignon qui prend bien&#13;
188 part a n’re malheur m’a escrit que le fer, le clou a couvrir&#13;
6.&#13;
&#13;
M. Leriche&#13;
&#13;
189 et aplancher Se trouveroient aisem’ et m’a promis de lacheter,&#13;
190 mais Jl n’a pu trouver deux cent m.ers decloua bardeau tout&#13;
191 fait delalongueur qu’on le demande. Jl amis tous les cloutiers&#13;
192 de La Rochelle en œuvre p.r en f.re tout ce qu’on poura Jusqu’au&#13;
193 depart du Navire&#13;
194 Je n’ay pas manqué aussi de vous acheter et f.re partir Jl y a quatre&#13;
195 Jours par le Routier un dernier balot ouSont renfermez tous&#13;
196 les outils de cord.rie et menuiserie et tous les nouveaux livres&#13;
197 dhumanitez et p.r les petites escoles qu’on me demande par&#13;
198 M. Jonquaire. cela estdans un ballot N.o 8.o&#13;
199 Je ne vous ay pas escrit, Monsieur par les 1.ers vaiss.x Je meSuis&#13;
200 contenté d’escrire aMgr Lancien et a la R.de m. Sup.re delhotel Dieu.&#13;
201 J’ay mis ces lettres entreles mains deM duLino qui m’a promis&#13;
202 de les envoier Seurem.’ par le vaisseau du Nort. cequi menpescha&#13;
203 d’escrire davantage fut une Jndisposition que Jeus vers le&#13;
204 milieu du Caresme causé par ungros Rhume qui ma eteint la&#13;
205 voix pend.t pres d’un mois Jen’en Suis pas encorebien remis.&#13;
206 Je crus dailleurs qu’escrivant tout aMgr Lancien Jl ne&#13;
207 manqueroit pas co’e Jelen priede vous communiquer a&#13;
208 tous lalettre, et de vous Jnstruireparla. Je vais repondre a&#13;
209 tout ceque vous mavez demandé par vos lettres del’an passé&#13;
210 Je nay pas laissé d’estre mortifié que vous naiez pas envoyé M&#13;
211 Le Riche au mont Louis quoiq’ Jegoute et approuve vos raisons, car&#13;
212 ces M.rs m’ont demandé de leur rendre 379. defranceque Javois&#13;
&#13;
�213 depensé p.r Son voiage et quils mavoient renboursé. votre&#13;
214 lettre leur donnoit gain de cause Je nelaleur ay pas rendu,&#13;
215 mais Je leur ay proposé que veu quil y avoit plus deleur faute&#13;
216 quede la mienne deceq’ M LeRiche n’y etoit pas allé, par ceque leur&#13;
217 habitation estoit detruitte, Je leur offrois de leur en payer&#13;
218 les deux tiers et quils portassent enpure perte le tiers de&#13;
219 cette depense. Jeleur ay offertdeleur rembourser 250.#&#13;
220 cequi ne laisse pas de couter dans letat ouSont vos aff.res&#13;
221 temporelles. Jls n’en paroissent pas content. Jeles laisseray&#13;
222 venir. Jl ont envoié la un Prestre Sorti de chez M de S.t&#13;
223 Lazare qui a demeuré longtemps a Rochefort et paroist homme&#13;
224 de bien, mais Je crains linconstance, et Je ne Scaurois trop&#13;
225 vous avertir denele pas recevoir p.r n’re Sem.re Sil venoit&#13;
226 a Quebec que Surle pied delhospitalité quil est toujours&#13;
227 bon dexercer. mais nous ne recevons pas ceux qui Sont&#13;
228 Sortis de ces Congregations, p.r estre associez avec nous.&#13;
7&#13;
Mgr de Laval&#13;
&#13;
229 J’ay oublié de vous marquer au commencem.’ de cette&#13;
230 lettre combien J’ay remercié Dieu de ce quil nous conservoit&#13;
231 Mgr Lancien. Jl a Soutenu en Saint cette Espreuve derniere&#13;
232 et tout ce quil m’en escrit ma tres Sensiblem’ touché; mais&#13;
233 Je crains quedans la Suite Jl nait pris trop a cœur notre&#13;
234 perte, et que laffection ne l’ait emporté cet hyver. Si Dieu&#13;
235 nous le conserve, Je regarderay cette grace co’e une de&#13;
236 nos grandes consolations dans n’re disgrace.&#13;
237 Je vous ay escrit parles 1.ers navires que J’ay fait faire&#13;
238 a caen tous les Souliers que vous demandiez par v’re&#13;
239 facture cela â monté à 420.# dont J’ay fait toucher&#13;
240 320.# au cordonnier et Mad.’ de vaubernard m’a fait&#13;
241 tenir 100.# p.r vous envoier que J’ay fait paier au&#13;
242 cordon.er vous aurez la bonté de l’en remercier.&#13;
243 vous me mandiez que vous vous efforceriez de m’envoier&#13;
244 par les derniers Navires quelques lettres de change p.r&#13;
245 me mettre en êtat de vous envoier la facture que vous&#13;
246 desiriez faire accomplir a Paris. Cepend.t Je n’ay rien&#13;
247 receu par les d.ers vaisseaux qu’un billet de 100.# Sur M&#13;
248 Gauvin, et Cepend.t vous Scaviez que J’estois l’an passé en&#13;
249 avance de 7184.# quelq’ Sols Sans avoir encore alors rien&#13;
250 paié de plus de 4000.# de lettres de change que Mgr Lancien&#13;
251 a tïré Sur moy l’an passé. vous verrez par le compte&#13;
252 que Je vous envoye quil ne m’a pas esté possible de&#13;
253 rien espargner Sur les 3000.# de misissipi, quoiq’ J’aye&#13;
254 rejetté prez de 3. ou 400.# de billets paiez a MD’Jberville&#13;
255 Sur le compte de M Montigni que Je neScay Sil allouera&#13;
&#13;
�Missisipi&#13;
&#13;
8.&#13;
Détroit&#13;
&#13;
M. Guay&#13;
&#13;
M.r Maudoux&#13;
&#13;
256 Si J’en veux croire M. S.t Cosme Jl lui faut alui douze cent&#13;
257 livres, a M Davion 600.# a M foucaut 600.# et a M&#13;
258 Bergier 600.# ainsy voila les 3000.# bien vitte emploiez,&#13;
259 et Jecrains bien que Si vous ne mettez ordre a empescher&#13;
260 que ces M.rs ne tirent des lettres de change Sur moy Sans&#13;
261 S’entendre les uns les autres, nous ne nous trouvions accablez&#13;
262 p.r les depenses decette mission.&#13;
263 Je vous ay mandé cy devant que Je croirois que M Bergier&#13;
264 Seroit mieux dans le poste leplus proche des francois, vers&#13;
265 la mer qu’aux Tamarois pr avoir Soin du temporel, et avoir&#13;
266 correspondance avec moy.&#13;
267 Nous avons offerts a M de Pont char. d’envoier un miss.re au detroit&#13;
268 Si la Cour y vouloit destiner Sa Subsistance on n’y a pas repondu,&#13;
269 et nous ne l’avons pas pressé. on ne croit pas que cet&#13;
270 Etablissem’ Subsiste. Le ministre l’a fort a cœur. mais la Colonie&#13;
271 n’y veut pas contribuer et le Roi nestpas en etat d’en faire&#13;
272 les frais par lui mesme dans cetemps cy ou on ne veut pas&#13;
273 augmenter les depenses dela marine et duCanada.&#13;
274 Ne vous attendez pas a Mgr de Q. ni p.r les 2000.# duclergé,&#13;
275 ni p.r ceque Je lui dois p.r le chapitre. Je crois que Je Seray&#13;
276 obligé avant le mois de Jan.er prochain delui avancer&#13;
277 ce qui nelui Sera deu qu’a Pasque.&#13;
278 Jl n’a pas voulu merien paier p.r les petites escoles. Jl dit quil&#13;
279 n’en Sera deu quedeux anneez lannée prochaine, et Jl noffre&#13;
280 deles paier quapres Pasques delannée prochaine&#13;
281 M’gr de Q. ne m’a promis que 600.# p.r les miss.res de Laccadie&#13;
282 Scavoir 300.# p.r M. Gaulin, et 300.# p.r M. Le veyer. Jl n’a pas mis&#13;
283 rien p.r M. Rageot par ce quil dit qu’on lamis Sur les Suplemens&#13;
284 de Quebec. M. Gaulin ne recevra pas grand chosedemoy cette&#13;
285 année. Cepend.t Je trouve quepar le compte que Jelui ay&#13;
286 addressé y compris les 100.# queM. Buisson m’a donné a&#13;
287 prendre Sur Son Supplem.t Jl me doit 258.# 19. Sur 300.# que Je&#13;
288 recevray p.r lui et M Le vayer 161.# 6.s Mgr de Quebec&#13;
289 a receu ces 600.# des Suplemens de Laccadie et ena paié Ses&#13;
290 dettes co’e Jl me l’a dit aujourdhui; Sibien quil me faudra&#13;
291 attendre longtemps avant que Je recoive cette So’e.&#13;
292 M. Guay m’a fort tourmenté pend.’ deuxmois. cepend.’ depuis&#13;
293 un entretienque J’ay eu avec lui de bonne amitié Jl m’a laissé&#13;
294 en repos et ne me demande plus rien Cestoit un lutin p.r&#13;
295 moy. C’est un grand malheur d’avoir en teste un homme co’e lui.&#13;
296 Je vous ay mandé que nous avions demandé a la Cour permission&#13;
297 pr M Maudoux p.r revenir en france, et nous l’avons obtenu&#13;
298 Nous lavons fait a Sa priere, parce quil nous a mandé&#13;
&#13;
�299 quil vouloit absolum.’ quitter. Jl n’a pas dailleurs esté&#13;
300 bien difficile de lobtenir car Le ministre ne paroit pas&#13;
301 prevenu en Sa faveur. Jespere cepend.’ quil Le fera gouster delui.&#13;
9 1702&#13;
&#13;
M.’ Le vayer&#13;
&#13;
Acadie.&#13;
voj. p. q.&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
302 et que peut estre dans la Suite on le poura renvoier. Sil veut&#13;
303 rester au Sem.re a Paris p.r retourner a Q. nous le lui&#13;
304 offrirons volontiers, et lui ferons toute lamitié qui&#13;
305 dependra de Nous.&#13;
306 Quant a M Le vayer Jl a eu l’an passé des disputes avec&#13;
307 M Gay qui Sont dignes de Compassion, Jaurois mieux&#13;
308 aymé tout perdre que de contester avec lui co’e Jlafait,&#13;
309 faire Saisir Son bled et d’autres minuties qui ne lui&#13;
310 convenoient pas et ce qui est merveilleux cest que M Le&#13;
311 vayer mande quil a cru le devoir faire p.r faire voir&#13;
312 que ceux duSem.re Scavent se deffendre N’re vraye deffense&#13;
313 est de Souffrir quand on a affaire a un esprit aussi de&#13;
314 travers que M. Gay. C’est deM Gay, et des lettres du&#13;
315 mesme M Le vayer que J’ay appris quil est attaqué&#13;
316 dit il dumal caduc Jelui envoyedune certaine racine&#13;
317 qu’on dit en empescher les effets. Dailleurs Je lui mande&#13;
318 quil Lesprouve bien p.r voir Si eneffet Jl a untel mal,&#13;
319 queSi apres S’estre bien esprouvé, et S’en estre Surtout&#13;
320 raporté aujugem’ de M. maudoux Jl voit que c’est&#13;
321 veritablem.’ un mal caduc Jl doit tout quitter p.r S’en&#13;
322 revenir, et Je lui conseille derevenir plutost enfrance&#13;
323 quede retourner encanada; par ce quavec ce mal Jl ne&#13;
324 conviendroit pas quil restast dans une maison ouil&#13;
325 y auroit beaucoup demonde, ce mal estant contagieux&#13;
326 Je ne Scay quel parti Jl prendra.&#13;
327 La cour a travaillé a etablir letemporel de Laccadie. Le&#13;
328 Roi a cassé p.r ainsy dire ces compagnies. Jl a nommé&#13;
329 M Brouillan p.r Gouverneur. M Bonaventure p.r&#13;
330 Lieutent deRoi et M villieu p.r major. Le 1er a 4000.&#13;
331 Le 2.d 1200. et le 3.e 800.# dapointemens. on a voulu&#13;
332 aussy Songer au Spirituel. on a Sondé les Benedictins les&#13;
333 Bernardins Les Barnabites, Les Doctrinaires, les PP. de St&#13;
334 antoine, les Jesuites et plus.rs au’ co’e M.rs de St Lazare&#13;
335 p.r aller S’y etablir. Tous ont refusé et M dePont char.&#13;
336 en retirant M. Maudoux a eté obligé dedemander un&#13;
337 miss.re aSaplace aM L. de Brisac. qui lui a repondu&#13;
338 qu’il n’en avoit pas, Sibien qu’on est resolu pr cette&#13;
339 année d’y laisser un aumonier de vaisseau Dieu&#13;
340 veuille que celales convainque du cas quils devroient&#13;
&#13;
�M.’ Calon&#13;
&#13;
Acadie&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
Enfans&#13;
repris&#13;
après&#13;
incendie.&#13;
&#13;
341 faire des miss.res qui Se livrent de bon cœur a des emplois&#13;
342 Si penibles, et les engage a les proteger.&#13;
343 JeSuis vraiem.’ affligé que M. Calon ne Saccommode&#13;
344 pas en canada. Javois esperé quil prendroit confiance&#13;
345 en vous ou en quelques uns de nos Mre et Se laisseroit&#13;
346 conduire. Jl mavoit paru disposé a Selaisser conduire&#13;
347 Laff.re deBeauport la alliené de vous. JenSuis faché&#13;
348 car Jl na pas demalice, et Jesperois que vous le&#13;
349 tourneriez co’e vous voudriez. cepend.’ Jl memande quil&#13;
350 est resolu de S’en revenir, et a moins que n’re Jncendiene&#13;
351 le touche de quelq’ compassion et quil ny reste pr nous ayder&#13;
352 a nous retablir Jl y a apparence quil Sera icy cet&#13;
353 automne Sil revient, Japprehende quil ne me demande&#13;
354 compte de Son benefice, dont J’ay emploié ce que J’en ay&#13;
355 receu dans la recette du Sem.re et Sil falloit lelui&#13;
356 rendre, nous ne laisserions pas d’en estre ambarassez.&#13;
357 mandez moy Je vous prie ceque Jedois faire Sur ce&#13;
358 Sujet. Jescris a M Calon fortem.t co’e un bon amy&#13;
359 p.r lencourager a rester, et lui dis ceque Jepense ce&#13;
360 quil y auroit a desirer delui.&#13;
361 On dit qu’on a un peu raillé du choix que Jefaisois l’an&#13;
362 passé p.r establir Laccadie deM. calon et de M. Requelegne&#13;
363 et lon dit Sur cela que Jeprenois un aveugle et un Sourd.&#13;
364 Je n’ay pas remarqué que M. calon neust pas de bons yeux.&#13;
365 et ne Scavois pas que M Requelegne fust Sourd. Je n’eus&#13;
366 égard dans ce choix, apres les avoir crus Sociables, qu’a&#13;
367 ce quils avoient quelq’ Secours en france, qui est d’une&#13;
368 grande necessité p.r un nouvel Etablissem.’ ou il y a de la&#13;
369 depense a faire. J’ay oublié de vous marquer en vous&#13;
370 parlant de Laccadie que nous nous So’es offerts a former&#13;
371 et tenir prests les Sujets quil faudroit y envoier p.r en&#13;
372 desservir tous les postes Si la Cour vouloit nous en avertir&#13;
373 un an devant, et fournir entierem.’ a la depense mais&#13;
374 Jls Simaginent quils trouveront quelq’ communauté&#13;
375 qui p.r Sy etablir voudra y faire une partie dela depense&#13;
376 par elle mesme&#13;
377 Nous avons esté tout a fait édifiez de votre confiance&#13;
378 en la providence, qui nous a fait reprendre tous vos enfans&#13;
379 avec vous malgé le mauvais estat denos affaires apres&#13;
380 L’Jncendie Cepend.t J’ay peine a concevoir comment&#13;
381 vous pouvez Soutenir cettedepense Remarquez bien Sur&#13;
382 vos factures que ceque Je vous envoye destofes, de bas&#13;
383 de Souliers et autres ustanciles p.r vos enfans va bien&#13;
&#13;
�384 plus loing que ce que Je vous envoye p.r vos miss.res&#13;
385 Pour moy Je ne Scaurois concevoir comment dans un&#13;
386 temps ou tout est Si cher en Canada, et ou les Etofes Sont&#13;
387 fort cheres enfrance, vous pouvez mesme vous tirer&#13;
388 Sans y mettre plus de moitié du votre a legard des Enfans&#13;
389 qui payent pension Si modique Toutes les pensions&#13;
390 Sont augmentez du quart enfrance, et on a plus de&#13;
391 peine a nourrir une personne p.r 400.# apresent qu’on&#13;
392 nen avoit a le nourir Jl y a vingtans p.r 300.# Je&#13;
393 conviens avec vous que l’on trouve Souvent de meilleurs&#13;
394 Sujets dans les enfans qu’on a par charité que dans ceux&#13;
395 qui payent pension. C’est p.r quoy J’en reviens a vous&#13;
396 laisser faire ce discernem’ Je ne vous fais quede tres humbles&#13;
397 remontrances, car Je crains Seulem.’ que vous ne vous&#13;
398 laissiez aller trop facilem.’ a la bonté de votre cœur&#13;
399 a lesgard de tous ces enfans p.r en recevoir et en&#13;
400 garder au dela de vos forces.&#13;
401 Jl est constant que Si n’re Jncendie ne fust pas arrivée,&#13;
402 J’estois tres resolu de vous mander que Je nepuis Soutenir&#13;
403 un état aussi violent que celui ou JeSuis destre en avance&#13;
404 pour vous deplus de dix mil livres. Si vous Scaviez ce que&#13;
405 J’ay a Souffrir p.r cela, vous auriez compassion de moy.&#13;
406 M. LEveq. de Quebec le Scait, car Je n’ay pas apprehendé&#13;
407 de lui montrer mes comptes du Seminaire et du&#13;
408 chapitre mais v’re Jncendie me fait Juger que Je&#13;
409 ne Suis pas prest a voir finir mes peines.&#13;
12.&#13;
&#13;
410 M Glandelet me mande que c’est a vous que Je dois rendre&#13;
411 compte du temporel du chapitre. Je vais vous dire&#13;
412 icy en peu de mots ceque Je lui mande un peuplus au&#13;
413 long.&#13;
414 vous trouverez que la Recette du chapitre quoiquelle&#13;
415 monte fort haut ne vous met pasplus au large parceque&#13;
416 la depense va encore aussi haut presq’; Puis quil ne me&#13;
417 reste entre les mains que 200.# ou environ au 1.er may.&#13;
418 Cequi en est cause, C’est 1.o qu’on nepeut tirer exactem.’&#13;
419 les revenus des fermiers. Jlnous est du plus de 3000.# a&#13;
420 Lestrée. Jln’y arien a perdre, mais Jly a des temps ou&#13;
421 ce Seroit ruiner les fermiers quedeles trop presser.&#13;
422 2.o Jl y a eu degrosses reparations afaire a meobec, et Je vous&#13;
423 avoüe que c’est ma desolation, par ce quil est Survenu en&#13;
424 france des especes douragans ces deux dernieres hyvers qui&#13;
425 ont causez bien des dommages a toutes les maisons &amp;.&#13;
426 3.o Nous avons fini une aff.re avec cetteReligieuse deLestrée&#13;
&#13;
�Union&#13;
des&#13;
abbayes.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
Le 10. may.&#13;
&#13;
427 qui nous cousteplus de 3000.# p.r enSortir. mais apres avoir&#13;
428 bien pezé tout avec maturité, Nous avons esté obligez&#13;
429 de prendre ce parti. Si nous eussions continué a Soutenir&#13;
430 ceprocez Nous serions tombez d’abismes en abismes, et ne&#13;
431 nous Serions pas mis delongtemps en état de travailler anos&#13;
432 unions. Le temps meurit toutes choses. Nous avons trouvé&#13;
433 des conjonctures favorables. M Larch. de Treves consent&#13;
434 a la Translation du Prieuré dela Colombe dans les lieux&#13;
435 reguliers de Longouy. M LEveq’ d’Evreux veut bien approuver&#13;
436 cet établissemt M Guenet Con.er du Parlemt deRouen qui&#13;
437 Soutenoit cette Religieuse veut bien entendre al’accommo=&#13;
438 dem.’ Nous l’avons fait, et au grand contentem.t deM LEveque&#13;
439 de Q. qui avoit promis quil entreroit en consideration Sur&#13;
440 ces depens, mais qui n’y a pas voulu avoir esgard pour un&#13;
441 denier quad Jl a veu la chose terminée.&#13;
442 Depuis cet accord fait, M LEveq. de Q. estant revenu a Paris&#13;
443 cet hyver, Nous avons reüni tous les actes et consentemens&#13;
444 necessaires p.r nos unions. vous auriez peine a croire combien&#13;
445 Jl en a fallu; Nous avons fait renouveler les Brevets du Roi&#13;
446 p.r Lunion de ces abbayes. Sa Majesté a escrit de Nouvelles&#13;
447 lettres au Pape et a Son ambassadeur et au Cardinal&#13;
448 Patron p.r demander ces unions. Nous avons envoyez&#13;
449 toutes nos pieces a Rome; Jly a trois mois quelles y Sont.&#13;
450 Le Banquier a dressé la Suplique et ladoit presenter au&#13;
451 Pape au 1.er Jour. Enun mot les choses Sont en train&#13;
452 de bien aller. Mais nous avons determiné Mgr de&#13;
453 Q. M dela Palliere et moy a aller lui mesme aRome,&#13;
454 et Jl convint hier dy aller pour veu que nous lui&#13;
455 procurions a emprunter quelq’ argent p.r Son voiage&#13;
456 Jl doit donc y aller vers le commencem’ de Septembre.&#13;
457 Jl compte de n’y estre que quatre mois. mais J’ay peine&#13;
458 a croire qu’en cetemps la Jl puisse finir les affaires. Je&#13;
459 voudrois quil y restast plutost un an qu’un mois. vous&#13;
460 en Seriez plus en repos, et moy aussi. Jl est constant que&#13;
461 la presence d’un Evesque pressera lePape et les card.x de&#13;
462 lui accorder ce qu’il demande, et Sil y a moien davoir le&#13;
463 gratis, Jl Seraplus en état del’obtenir que personne&#13;
464 Ceque Je crains c’est quapres avoir fait quelq’ tentative&#13;
465 p.r obtenir Lunion des manses abbatiales et monacales&#13;
466 tout ensemble, Sjl y trouve dela difficulté, Jl nedemande&#13;
467 Seulem.’ Lunion des abbatiales alaquelle Jl n’y a nulle&#13;
468 difficulté et ne laisse en arriere les monacales cequi&#13;
469 ne Serviroit de rien au chapitre qui ne Se trouveroit pas&#13;
&#13;
�470 parla establi. Nous ferons laguerre a Loeil, et tacherons&#13;
471 de le fortifier dans ledessein quil a depousser ensemble&#13;
472 toutes les unions. Je vais ramasser tout l’argent duchapitre&#13;
473 que Je recevray pr les frais de ces unions, car Jln’y&#13;
474 faut rien espagner p.r en venir about. ainsy tout ceq&#13;
475 Je tireray des abbayes Je le conserveray p.r lemploier&#13;
476 dez quil enSera necess.re p.r ces unions.&#13;
477 J’ay enfin reglé cet hyver un compte avec Mgr de Q.&#13;
478 Jl en a fallu passer par ouil a voulu; Je vous en envoye la&#13;
479 copie dans la lettre a M Glandelet qui Servira de dup.a&#13;
480 a cellecy. Jl ne m’a rien voulu allouer co’e Je vous l’ay&#13;
481 deja écrit p.r les Depens deceprocez avec cetteReligieuse,&#13;
14.&#13;
&#13;
482 ny pr les reparations de meobec, ny p.r plus.rs au’ articles&#13;
483 quil lui afallu passer dans mes comptes. cepend.t Je me&#13;
484 Suis estimé heureux davoir enfin terminé un compte&#13;
485 avec lui. car Je craignois encore plus que tout cequil ne&#13;
486 ma pas alloué. Je craignois quil ne voulust Jouir des&#13;
487 revenus dus par les fermiers demeobec, etde chezelle,&#13;
488 Jusqu’a la S.t Jean 1697. quoiq’ nous dussions entrer en&#13;
489 Jouissance du 1.er Jan.er Sur le pretexte que ces deniers&#13;
490 dus a la S.t Jean 1697. Sont et proviennent des fruits&#13;
491 perceus en1696. Cepend.t Jl ne m’a pas fait dedifficulté&#13;
492 Sur ce point !&#13;
493 Je vous prie de prendre bien garde que ce que je vous&#13;
494 escris delui nerevienne pas aM valet, ou a dautres qui&#13;
495 lui mandent exactem’ tout cequ’on dit delui la bas. Jepuis&#13;
496 vous asseurer quil n’est nullem.’ changé, que l’aage n’aporte&#13;
497 aucune moderation a la vivacité deSontemperament, quil&#13;
498 a toujours la mesme ardeur Sur letemporel, quil est toujours&#13;
499 plein de Ses veües; quil neSuit pas davantage conseil&#13;
500 quil faisoit, et qu’en unmot, Je prevois qu’en retournant&#13;
501 a Quebec, Jl y fera aussi peude bien et y causera autant&#13;
502 de mal quil afait cy devant. Jl paroist cepend.’ bien&#13;
503 resolu a y retourner, et Sil neustpas pris laresolution d’aller&#13;
504 a Rome, Jl m’avoit mesme communiqué une veüe quil&#13;
505 avoit deS’en retourner vers lemois daoust ou 7.bre en&#13;
506 canada par lemisissipi en passant dans le vaisseaude&#13;
507 M DJberville qui poura S’il arrive bientost co’e on&#13;
508 lattend y retourner vers ce temps la. Je vous asseure&#13;
509 que Si Jenepuis lengager a rester a Rome une bonne&#13;
510 partie de lannée prochaine, Je tacheray du moins a&#13;
511 lui conseiller de faire ce tour pour lannée prochaine,&#13;
512 afin que pend.’ quil fera cette tournée vous jouissiez&#13;
&#13;
�513 au moins du repos.&#13;
514 vous Seriez Surpris de voir queM dela Palliere qui estoit&#13;
515 Si vif a le Soutenir autrefois, a aujourdhui la mesme vivacité p.r&#13;
516 ledestourner de retourner en Canada, et pr lui conseiller de Se&#13;
517 demettre de Son Evesché. Jl lui en a parlé plus.rs fois mais&#13;
518 Le Prelat ne panche pas de cecosté la, et Je ne pense pas&#13;
15.&#13;
&#13;
519 quil le fasse.&#13;
520 Je crois que Je Seray obligé daller faire un tour en Berri&#13;
521 apres loctave de la feste Dieu, car Jl faut y aller tous les&#13;
522 deux ans p.r bien faire. Jly a toujours la des affaires qui&#13;
523 demandent la presence du maistre J’ay des fermiers qui&#13;
524 Sont les enfans deM Bienassis queMgr connoist. Je&#13;
525 vois que Le Pere Sentend avec les enfans p.r faire&#13;
526 des reparations Sans nombre. Jl me faudra chercher&#13;
527 quelqu’un qui puisse estre de confiance, quand ce&#13;
528 bonhomme moura, car Je lelaisseray mourir chargé&#13;
529 duSoin de ces affaires parcequil les a depuis long temps&#13;
530 mais Je loteray a Ses enfans. ces gensla Sont trop&#13;
531 Jnteressez. Jls voudroient tirer deLabbaye plus que&#13;
532 nous n’en tirons. Jaurois eu bien dela consolation&#13;
533 dans ce voiage daller voir M. LEveq. de Poitiers Si&#13;
534 Dieu nous leust conservé. Cestoit un S.t Prelat que&#13;
535 Dieu a enlevé apres trois anneez d’Episcopat. J’ay perdu&#13;
536 enlui un tres Jntime ami. Jl est mort ce caresme martir&#13;
537 de lacharité ayant pris lepourpre en visitant Ses malades&#13;
538 qui en avoient.&#13;
539 Je vous remercie tres particulierem.t de ceque vous avez&#13;
540 arresté mes comptes. cela me met lesprit en repos. Ce&#13;
541 n’est pas que Je ne me regarde co’e du Sem.re et travaillant&#13;
542 p.r lui. Je ne me chargerois d’aucuns Soins Sils estoient&#13;
543 prejudiciables a Ses Jnterests, et on ne connoist que trop&#13;
544 dans le Sem.re a Paris que JeSuis entierem.’ attaché au&#13;
545 Sem.re de Quebec. mais Jl est bon de regler Ses comptes&#13;
546 année par année. apres cela Tout ceque J’ay appartient&#13;
547 au Sem.re deQuebec, et Je tacheray de lui laisser lepeu&#13;
548 que Je pouray avoir. J’espere mesme toucher quelq’&#13;
549 petite So’e ducosté de ma famille dans peu aux consigna=&#13;
550 tions que Je confondray dans les deniers du Sem.re avec&#13;
551 Joye p.r ayder au retablissem.t mais cela nempescherapas&#13;
552 que nous ne reglions année par année comment nous&#13;
553 So’es ensemble&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
554 On ne peut me repondre avec plus debonté que l’a fait Mgr&#13;
&#13;
�Jsle&#13;
d’orléans&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
555 Lancien Sur ce que Je lui avois representé mon ambaras p.r&#13;
556 ces lettres de change. J’espere qu’il ne me tirera plus de ces&#13;
557 lettres de change co’e Jl afait Sans Scavoir auparavant&#13;
558 Sil y a du fonds.&#13;
559 J’ay mandé fort au long a M’gr Lancien que Je n’avois&#13;
560 pu maccommoder avec M Berthelot. Jl vouloit de moy&#13;
561 de largent comptant et mesme 6000.# par avance, et ne me&#13;
562 mettoit nullem.’ en état dacquerir Seurem’ cepend.’ M.lle&#13;
563 Pachot a acquis delui LJsle p.r trente mil livres acequ’on dit,&#13;
564 et a diton neuf ans p.r les paier. Je ne comprends pas en&#13;
565 cela M Berthelot. mais enfin Je ne crois pas cette&#13;
566 acquisition bonne Je crois au contraire quil est tres&#13;
567 dangereux dacheter d’un ho’e co’e M. Berthelot qui tost&#13;
568 ou tard Succombera Sous lepoids de Ses creanciers.&#13;
569 J’ay fort prié Mgr Lancien denepoint penser a une&#13;
570 telle acquisition. Elle est encore moins Seure deM.lle Pachot&#13;
571 quedeM Berthelot. Dailleurs c’est lacheter tout ce quelle&#13;
572 vaut, Et Si bled mesme vient abon marché, ceSera&#13;
573 l’acheter trop cher. Dailleurs cette Jsle deperira quand&#13;
574 les bois enSeront otéz. Les chardons la perdent tous les&#13;
575 jours. Jaymerois mieux establir LJsle deJesus que de&#13;
576 penser a cette acquisition.&#13;
577 J’ay consulté la difficulté de M’gr Lancien Sur le fief&#13;
578 d’argentenay a M Carnot Not.re qui a passé lecontract&#13;
579 de vente de LJsle que Mgr Lancien afait aM Berthelot.&#13;
580 et Jenay encore consulté plus.rs autres. Ceux qui Sont&#13;
581 bien Jnstruits pensent que cette affaire de Mgr Lancien&#13;
582 ne vaut rien: Quil Sen faut tenir ala bonne foy des&#13;
583 parties encore vivantes. Quil paroist que Mgr Lancien&#13;
584 a eu Jntention de vendre tout cequi lui apartenoit en&#13;
585 LJsle S.t Laurent. Que cela est confirmé parcequil lui vend&#13;
586 la Seigneurie de LJsle qui emporte apres elle la mouvance de&#13;
587 tous les fiefs qui y Sont, Que Mgr declare que cette Jsle ne&#13;
588 releve que du Roi, et nullem.’ De la Seigneurie de Beaupré,&#13;
589 ni en tout ni en partie. Je crains que Mgr n’y Succombe&#13;
590 Sil lentreprend. Je vous prie de le lui representer.&#13;
591 J’ay accompli toutela facture que vous mavez demandé&#13;
592 et J’ay tasché de vous envoier encore de meilleures Etofes&#13;
593 bleues etde meilleurs bas que tous ceux que Je vous avois&#13;
594 cy devant envoié. vous y trouverez mesme une piece&#13;
595 deratine blanche que vous ne maviezpas demandé,&#13;
596 mais que Je n’ay pu me dispenser de prendre parceq’&#13;
597 Javois dit a mon drapier que Sans doute Jl en faudroit&#13;
&#13;
�598 co’e les autres annéez. Jen’ay pu me dispenser de&#13;
599 prendre celle la. Jl y a pourplus de 500.# de bas et que&#13;
600 J’ay fait choisir lun apres lautre&#13;
601 Mad.e de la motte ango m’a prié dacheter a Paris dela&#13;
602 toile p.r cravates. J’en ay acheté aplus.rs prix p.r 133. 20.s&#13;
603 que vous trouverez dans nos balots. J’ay tasché de faire&#13;
604 prendre en fil boutons et au’ tout ce quil y a demeilleur.&#13;
605 J’ay trouvé que Nos gens l’an passé navoient pas Songez a&#13;
606 retirer dela Douane les Six couvertures queMad.’ dela motte&#13;
607 ango mavoit addressée de Rouen p.r vous. Nous les avons&#13;
608 retrouvé alaDouane avec bien delapeine, et Je vous les&#13;
609 envoye. Elles ne Sont pas gatéez.&#13;
610 J’ay mis dans nos balots trois grosses de chapelets. Jl y ena&#13;
611 moitié p.r vous et moitié p.r M Requeleyne qui trouvera a S’en&#13;
612 defaire aussibien quedJmages Sil en a trop en en faisant&#13;
613 part a MSoumande qui lui remboursera ce quils coustent.&#13;
614 Je vous ay fait payer par M Requeleyne le memoire&#13;
615 de hardes que vous mavez addressé. vous levtrouverez&#13;
616 dans ma recette&#13;
617 vous trouverez aussi dans nos balots deux petites&#13;
618 boestes de diverses devotions que Je vous envoye p.r vos&#13;
619 enfans. Jl y ena encore une de Mad.’ de la motte ango et&#13;
620 il y a une boeste d’un chartreux Je croy que ce Sont des&#13;
621 horloges de Sable&#13;
622 J’ay eu bien de lapeine a avoir de la Cire dangers queM&#13;
623 Brullon m’y a acheté. on la vouloit vendre 40.s ala Rochelle&#13;
624 Elle m’y revient a 37.s toute vendue, et 30s la Jaune&#13;
18.&#13;
&#13;
625 Je n’ay pu trouver que 350. au’ de Lizieres detoutes couleurs&#13;
626 excepté de rouge queJ’ay pas pris.&#13;
627 Javois fait faire quinze douz.nes decolets qu eJe vous ay&#13;
628 envoié. Je ne scay Si on S’en accommode.&#13;
629 Peut estre me gronderez vous davoir fait la depense de LJmpression&#13;
630 de loffre de la S.te famille. mais Jenel’ay purefuser a M&#13;
631 Glandelet depuis tout le temps quil me le demande J’enay&#13;
632 conservé moitié de LJmpression aParis, et ay envoié lautre&#13;
633 parles vaiss.x de cette année.&#13;
634 Dans le compte que Je vous envoye p.r leSem.re vous y verrez&#13;
635 p.r 1.er article de depense les 7184. 3.s 5d. dont Jestois en&#13;
636 avance l’an passé. M Grignon m’a rendu les frais des&#13;
637 engagez ainsy le compte est demeuré tel que vous lavez&#13;
638 arresté.&#13;
639 vous verrez dans mon compte p.r 4106# 12. de lettres de&#13;
640 change paiéez que Mgr Lancien avoit tiré Sur moy.&#13;
&#13;
�641 vous pouvez juger Si cela nincommode pas.&#13;
642 vous y trouvez 1369. 14. 6. Que J’ay depensé a Paris p.r&#13;
643 nos M.rs de misissipi dont Je vous envoiay copie l’an&#13;
644 passé, et 719. 10. 10. que J’ay alloué a M Grignon p.r&#13;
645 la facture quil leur a envoié par M DJberville&#13;
646 vous y trouverez aussi que J’ay paié a M Grignon&#13;
647 1426. 12. 9. p.r les frais ports de ballots fret et facture&#13;
648 de cequil envoia l’an passé a Quebec; P.r cette année&#13;
649 Je ne lui paieray ce quil aura deboursé p.r vous qu’apres&#13;
650 le depart des Navires. aussi bien que ce memoire de&#13;
651 clous et de fer que vous avez demandé p.r le retablissem’&#13;
652 du Sem.re&#13;
653 vous Serez étonné co’e moy devoir l’avance ou JeSuis p.r&#13;
654 Le Sem.re de Quebec de plus de dix mil livres. Jl est difficile&#13;
655 de penser dans quel ambaras cela me jette&#13;
656 mais helas LJcendie va en causer bien dautres. Nous&#13;
657 allons faire ce que nous pouvons p.r vous procurer&#13;
658 quelques charitez. M Lab de Brisacier m’a dit que&#13;
19.&#13;
&#13;
659 vous pouviez conter Sur dix mil livres p.r&#13;
660 cette année dequelq’ part quelles vous vinssent,&#13;
661 Soit duRoi Soit des autres. mais quoique cequil dit&#13;
662 Soit tres Solide, Jecrains quil ne conte un peu trop&#13;
663 Surlabonté de Son cœur, car Je vous avoue quil l’a&#13;
664 aussi bon qu’on lepuisse desirer p.r n’re pauvre&#13;
665 Sem.re de Quebec Dez quil en apprit la nouvelle, Jl&#13;
666 dit quil auroit Souhaité que n’re Sem.re de Paris eust&#13;
667 plutost brulé que celui la; Jl m’a depuis plusrs fois&#13;
668 protesté que quelq’ opposition quil ait a demander,&#13;
669 Jl est resolu de S’y mettrejusqu’au col, et de fraper a&#13;
670 toutes les portes p.r Solliciter du Secours, et faire le&#13;
671 possible p.r vous Soutenir dans v’re malheur.&#13;
672 Je n’oserois presq’ penser a la maniere dont nous&#13;
673 pourons nous faire paier du Roi. J’ay actuellem.’&#13;
674 entreles mais Lord.ce de la pension deMgr Lancien&#13;
675 Surle Tresor roial p.r lannée passée. J’ay lord.ce de 3000.#&#13;
676 p.r mississipi p.r cette année. Je crains en verité de&#13;
677 n’en pouvoir rien retirer veu la rareté delargent.&#13;
678 C’est tout vous dire que Nos Mess.rs p.r Les Jndes&#13;
679 orientales n’ont purien tirer au Tresor roial p.r&#13;
680 leurs pensions del’an passé, quoiq’ Mad.’ de m. lait&#13;
681 demande Tres inssamment, et que MChamillard&#13;
682 ait envie deles obliger. Quand Le Roi nous donnera&#13;
683 ou quatre ou dix mil livres p.r n’re retablissem’ a quoy&#13;
&#13;
�684 Jene mattends quede bonne Sorte Jugez quel peine&#13;
685 nous aurons a tirer cepaiem.’&#13;
686 Cepend.’ Je crois que vous pouvez tirer environ p.r&#13;
687 dix mil livres de lettres de change ou menvoier des&#13;
688 memoires a accomplir Jusqu’a la concurrence de&#13;
689 cette So’e, et menvoier encore p.r 3500.# ou p.r 4000.# de&#13;
690 factures a accomplir. voila a peupres ce que Nous&#13;
691 pouvons faire de france Que Si nous avions de plus grands&#13;
692 fonds nous Serions toujours bien en etat de vous les faires&#13;
693 tenir. vous aurez dailleurs bien des So’es a toucher a&#13;
20.&#13;
&#13;
Conseils&#13;
&#13;
M : Dupré&#13;
&#13;
694 Quebec. 1.o Letiers des 4000.# 2.o les 2000.# des prestres hors&#13;
695 detat de Servir. 3o Les 2000.# Sur les Suplemens, Sans y comprendre&#13;
696 le chapelain du Palais, M Le Curé de Q. etSon vicaire &amp;c.&#13;
697 Sans ce que vous pouvez encoretirer de vos terres et de vos&#13;
698 revenus. C’est une providence que La Baye S.t Paul neSoit&#13;
699 pas vendue, car Elle vous Sera necess.re p.r ce retablissem.’&#13;
700 J’ay deux conseils a vous donner. Le 1.er cest de ne penser&#13;
701 pas p.r le present aretablir la couverture de la chapelle, et&#13;
702 de la porterie cela peut Se differer. Jl faut penser a&#13;
703 nous loger dans legrand corps de logis et les pavillons.&#13;
704 Le Second C’est que tout le monde nous conseille de faire&#13;
705 faire dela brique et du carreau p.r carreler toutes les&#13;
706 Salles cuisines, chambres et dortoirs. Jl faut tascher&#13;
707 de faire cette depense p.r esviter un pareil malheur.&#13;
708 vous pouriez faire f.re de la brique ou du Carreau au&#13;
709 cap tourmente, ou a chateauricher lefour a chaux&#13;
710 Serviroit a f.re cuire lecarreau&#13;
711 Si Mgr de Q. vouloit f.re la depense Jlauroit trouvé cette année&#13;
712 quatre ou cinq Prestres. mais Jl ne marrivera plus d’en&#13;
713 envoier puisqu’on veut que ceSoit a nos frais&#13;
714 Nous avons Je vous lavoüe, esté unpeuSurpris que vous eussiez&#13;
715 lan passé cedé Si aisem.’ La mission de Pentagoet aux Jesuites. Jl&#13;
716 me Semble que cest trop Sacrifier ou biendelapaix quede&#13;
717 leur ceder toutes les missions Sauvages.&#13;
718 J’ay mandé aM Du Pré que Nous avions cru que nenvoiant aucun&#13;
719 Prestre cette année en Canada, Jl ne convenoit pas que nous y fissions&#13;
720 passer M. Son Neveu c’est unbon enfant qui en vaudra mieux depasser&#13;
721 encore la 3.e année de Theologie a Paris. Nous lenvoierons au Nom&#13;
722 du Seminaire et non par le canal de Mgr De Q.&#13;
723 Jl y a quatre ou cinq ans que J’avois demandé aM Glandelet&#13;
724 copie de tous nos titres et papiers de Quebec Jelui avois mesme&#13;
725 envoié du Parchemin p.r les f.re copier. cepend.t Jl ne l’a pas jugé&#13;
726 a propos. cepend.t Si par malheur nos papiers eussent esté&#13;
&#13;
�727 brulez vous auriez esté bienaise d’en avoir un double au&#13;
728 Sem.re de Paris. cet accident y devroit f.re penser.&#13;
729 Mgr de Q. m’a dit quil escriroit fortem.t a M valet p.r lui faire&#13;
730 entendre quil nentendoit pas quil perceust cequi pouvoit&#13;
731 revenir a Son canonicat.&#13;
732 J’ay dessein deprier M Lab. de Brisacier d’escrire aM Glandelet Sur&#13;
733 cette maniere indepand.te dont Jl agit en qualité de Grand vicaire&#13;
734 Je finis en me recommend.’ tres humblem.’ a vos prieres estant Sans&#13;
735 reserve Monsieur v’re tres humble et tres obeiss. Serviteur. Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 9-10 mai 1702)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime au supérieur du Séminaire de Québec qu’il a été très affligé par la nouvelle de l’incendie qui a détruit le Séminaire. Il dit qu’il a fait tout son possible pour solliciter du secours auprès du roi, de Maintenon, seconde épouse du roi, du clergé français et d’autres personnes charitables. Il espère obtenir une somme de 10 000 livres pour cette année et l’union de l’abbaye d’Aumale au Séminaire. Il annonce qu’il a envoyé du clou, du fer, des outils, des livres et des étoffes pour la reconstruction. Il l’informe qu’il a réglé les comptes avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, qu’il a envoyé toutes les pièces nécessaires pour les unions des abbayes à Rome et que Saint-Vallier a résolu d’y aller lui-même. Il a payé les lettres de change tirées par Laval, ancien évêque de Québec, et a envoyé de l’argent aux missionnaires du Mississippi et de l’Acadie. Il exprime sa surprise que l’on ait cédé la mission de Patagonie aux Jésuites.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11846" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 37&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11844" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11845" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Dettes</name>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>Incendies</name>
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        <name>Jésuites</name>
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        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
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        <name>Missions du Mississippi</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 1711)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
Je crois avoir reçu les lettres que vous m’avez écrites, à l’exception de celles que&#13;
vous avez envoyées par Plaisance cet automne. Voici celles que nous avons reçues&#13;
de vous cette année : une lettre de trois pages toute de votre main du 16 mai 1710&#13;
à M. l’abbé de Brisacier, une à moi de quatre pages de la main de M. de Varennes&#13;
du 19 août 1710 et votre grande lettre à moi venue par l’Africain toute de la main&#13;
de M. Guichard et qui est sans date. Je vais répondre à ces lettres, mais avant que&#13;
d’y répondre, je dois vous avertir que je vous ai déjà écrit dès le mois de mars&#13;
dernier sous l’enveloppe de M. Raudot par un vaisseau qui partait de Bayonne.&#13;
J’ai aussi écrit deux lettres en commun à vous et à M. de Glandelet dans les mois&#13;
d’avril et de mai par les vaisseaux le Neptune et le Pontchartrain, qui en devaient&#13;
partir et que je ne sais cependant encore s’ils sont partis. Il faut vous rendre compte&#13;
de ce qu’a fait Mgr l’évêque de Québec depuis le départ des vaisseaux de l’an passé.&#13;
Ce prélat, au lieu de penser à terminer avec nous les affaires, s’empressa, dès que&#13;
les lettres furent finies, d’aller à son abbaye de Bénévent. Je lui demandai s’il&#13;
passerait par Méobecq. Il me dit que non. Cependant, dès qu’il fut à Loches, il alla&#13;
à Èves et de là, à Saint-Gaultier, à Méobecq et à Chezelles avec M. Le Vallet. Il y&#13;
toucha tout ce qu’il put d’argent ; il y fit de grands procès-verbaux de l’état des&#13;
lieux ; il y rechercha toux ceux qui avaient ou avaient eu des affaires contre moi ;&#13;
il s’empara d’un exécutoire de plus de 500 livres que j’avais obtenu contre&#13;
M. de Lancôme, sous prétexte qu’il était sous son nom, lui qui n’ignorait pas que&#13;
par acte devant notaire, il m’avait donné pouvoir d’agir sous son nom pour les&#13;
affaires de Méobecq ; et il fut ensuite de là à son abbaye de Bénévent, où il resta&#13;
trois ou quatre mois. Il en revint encore en confirmant dans les petites villes du&#13;
Berry autour de Méobecq, où il repassa. Il y afferma le prieuré de Chezelles et s’en&#13;
fit donner d’avance une année qui n’écherra qu’à la Saint-Jean 1713. Il est revenu&#13;
à Paris vers la fin de janvier où, quelque instance que je lui aie faite et fait faire de&#13;
terminer à l’amiable nos différends, il trouve toujours des moyens d’éluder, en&#13;
sorte que nous ne sommes pas plus avancés que nous l’étions l’an passé.&#13;
&#13;
�Je crus devoir faire l’an passé quelque procédure, non pas contre lui, mais contre&#13;
ses fermiers de Bénévent, lorsqu’il apprit qui était à Méobecq. Je présentai donc&#13;
requête à M. le lieutenant civil. J’exposai que, par transaction du 21 mai 1706, nous&#13;
devions jouir de la mense conventuelle de Bénévent, [à] commencer à Pâques 1707.&#13;
Je demandai permission de sortir ces revenus de la mense conventuelle et de faire&#13;
assigner au Châtelet les fermiers, afin de les faire condamner à vuider leurs mains.&#13;
J’ajouterai cependant, pour ne pas agir contre le prélat, que c’était sans préjudice&#13;
de ce qui devait lui appartenir de la mense abbatiale, à laquelle je ne prétendais&#13;
pas toucher et que je consentais qu’il touchât. J’ai donc envoyé ces pièces avec un&#13;
parcatis du grand sceau sur les lieux. J’ai fait assigner ces fermiers ; ils n’ont pas&#13;
comparu. Mgr de Québec m’a dit plusieurs fois qu’il prendrait leur fait et cause ;&#13;
cependant, il ne l’a pas fait. J’aurais pu il y a longtemps, et le puis encore, lever&#13;
contre eux une sentence par défaut. Je diffère encore à le faire.&#13;
Le prélat aurait voulu que nous eussions fait un accommodement avec lui, mais&#13;
un accommodement dans lequel il aurait voulu que nous eussions tout mis en son&#13;
côté et rien du nôtre. Je vous avoue que l’amour de la paix et le désir que j’aurais&#13;
de n’avoir jamais d’affaires avec lui m’avaient porté à lui en proposer un dans&#13;
lequel vous perdiez beaucoup, mais vous vous assuriez une paix durable et y&#13;
trouviez le moyen de soutenir les bonnes œuvres commencées, qui est ce qui me&#13;
paraît nécessaire. Voici en quoi il consistait.&#13;
Je l’avais proposé à M. de Montigny, qui l’approuvait fort aussi bien que&#13;
M. Le Vallet, et l’un et l’autre croyaient que c’était un moyen de couper la racine à&#13;
toutes les nouvelles contestations. Je proposais à Mgr l’évêque de Québec de lui&#13;
laisser toute l’abbaye de Bénévent avec les rentes constituées sur l’hôtel de ville,&#13;
qui est tout ce qu’il demande, à condition :&#13;
1° qu’il payerait le service divin jusqu’à la fulmination de la bulle&#13;
dans l’église de Bénévent, les pensions des chanoines encore vivants,&#13;
en un mot toutes les charges de cette abbaye dont nous ne serions&#13;
points chargés ;&#13;
&#13;
�2° que nous jouirions de toute l’abbaye de l’Estrée pour le chapitre&#13;
et de toute l’abbaye de Méobecq pour le Séminaire de Québec et que&#13;
les revenus de Méobecq seraient employés à entretenir de jeunes&#13;
ecclésiastiques au Séminaire qui feraient leur séminaire et y&#13;
dev[r]aient faire l’office de la cathédrale et dont Mgr de Québec aurait&#13;
la nomination de quatre ;&#13;
3° que le chapitre serait tellement uni au Séminaire qu’il n’y aurait&#13;
de chanoines que des ecclésiastiques du Séminaire, qui prendraient&#13;
le doyen de leur nombre et que vacance arrivant de l’une des six&#13;
prébendes,&#13;
&#13;
ils&#13;
&#13;
présenteraient&#13;
&#13;
trois&#13;
&#13;
sujets&#13;
&#13;
du&#13;
&#13;
Séminaire&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
Monseigneur, qui en choisirait un ;&#13;
4° que dans le chœur et les processions de la cathédrale, le grandvicaire de Monseigneur, s’il n’était pas du Séminaire, irait après le&#13;
doyen et que Sa Grandeur pourrait encore nommer un autre&#13;
chanoine honoraire, qui irait après son grand-vicaire (c’est&#13;
Monseigneur qui demandait ces choses et je les lui passais&#13;
volontiers) ;&#13;
5° qu’à l’égard de la fondation faite par Monseigneur en 1685, elle&#13;
serait changée en six enfants du Petit Séminaire, dont l’évêque aurait&#13;
la nomination et qu’après la mort de Monseigneur, où l’on&#13;
commencerait à jouir de cette fondation, on appliquerait un des&#13;
sujets à tenir les petites écoles sur cette fondation ;&#13;
6° enfin, que Monseigneur continuerait sur ses revenus à payer les&#13;
400 [livres] pour les écoles sa vie durant et que nous déchargerions,&#13;
après sa mort, sa succession du fonds de 8 000 livres pour cette&#13;
fondation. Tout cela a commencé de Pâques 1707, en sorte que ce qui&#13;
aurait été touché par Monseigneur de l’abbaye de Méobecq depuis&#13;
Pâques 1707 serait restitué par lui et qu’il en donnerait un transport&#13;
à toucher sur les fermiers de Bénévent.&#13;
&#13;
�Ce qui a fait rompre ce projet, c’est que 1er Monseigneur voulait que nous&#13;
l’indemnisassions sa vie durant de ce qu’il paierait de ce service divin ou des&#13;
pensions des chanoines et disait pour sa raison que nous ne devions pas le traiter&#13;
plus mal que le seraient ses successeurs. Or, ses successeurs n’auront, dit-il, pas à&#13;
payer ces pensions et ce service divin.&#13;
Je lui réponds que pour faire de l’égalité entre lui et ses successeurs, nous nous&#13;
offrons de payer actuellement ces charges jusqu’à leur extinction, mais à condition&#13;
que nous prendrons ce revenu sur la mense monacale de Bénévent, et qu’après&#13;
l’extinction, ce revenu nous appartiendra. Car pour lui faire voir que, pour lui et&#13;
ses successeurs, je leur fais un grand avantage en leur laissant l’abbaye de&#13;
Bénévent, et ne prenant que Méobecq, quoique suivant la bulle nous devions&#13;
partager également, je lui offre de lui donner Méobecq et prendre Bénévent et de&#13;
lui donner 2 000 livres par an de supplément et de payer ces charges des chanoines.&#13;
Or, il ne prétend pas que je lui offre assez, donc je lui laisse au moins 2 000 livres&#13;
de fonds, plus que je n’en prends en lui donnant Bénévent et prenant Méobecq.&#13;
Mgr de Québec ne trouvait aucune difficulté aux 2e et 3e articles.&#13;
Nous lui passions le 4e et 5e, excepté qu’il aurait voulu que dès à présent nous&#13;
l’eussions déchargé de cette fondation ; cependant, il n’insistait pas. Tout ce qui&#13;
restait de difficile à régler c’est qu’il voulait que ce qui était touché fut touché sans&#13;
retour et faire compensation, ce qui allait à lui relâcher 4 000 à 5 000 livres qu’il&#13;
doit au moins restituer. Voici le plan sur lequel nous mettons les choses.&#13;
Je suppose que l’abbaye de Bénévent vaut 8 500 ou 9 000 livres toutes charges&#13;
faites, sans y comprendre les pensions des chanoines et le service divin, et ces&#13;
pensions et service compris, il reste au moins 7 000 livres. C’est 3 500 livres pour&#13;
M. l’évêque et 3 500 livres pour le Séminaire. L’abbaye de Méobecq ne peut aller à&#13;
tout rompre à 3 000 livres par an et jamais je ne les ai retirées. C’est 1 500 livres&#13;
pour Monseigneur et 1 500 livres pour le Séminaire. Or, en lui abandonnant toute&#13;
l’abbaye de Bénévent pour l’abbaye de Méobecq, je lui donne 3 500 livres pour&#13;
1 500 livres. Je vous envoie copie du dernier projet d’accommodement que Mgr de&#13;
Québec a donné à Son Éminence et les réponses que j’y avais faites. Vous verrez&#13;
&#13;
�en cela en quoi consiste la difficulté entre lui et nous. Il paraît à nos Messieurs que&#13;
c’est beaucoup sacrifier que de se réduire à la seule abbaye de Méobecq et lui&#13;
abandonner tout Bénévent et les rentes sur l’hôtel de ville. La bulle nous donne&#13;
moitié dans chaque abbaye et, par la clause supportabis omnibus et singulis&#13;
praedictorum monasteriorum omnibus1, la même bulle assujettit aux charges des&#13;
abbayes de Méobecq et de l’Estrée les rentes qui sont sur l’hôtel de ville à ces deux&#13;
abbayes.&#13;
Je vous avoue, Monsieur, que c’est pour moi une grande mortification d’avoir à&#13;
traiter avec Mgr de Québec, et nos Messieurs, avec tout leur prudence, sont souvent&#13;
au bout de leur volet. On ne sait comment le prendre à moins que de lui accorder&#13;
tout ce qu’il demande : son but est d’ôter au Séminaire tout ce qu’il peut prétendre&#13;
et ce sont tous les jours de nouveaux projets et de nouvelles demandes. D’ailleurs,&#13;
il est d’une violence et d’une colère semblable à celle que vous avez éprouvée&#13;
plusieurs fois en Canada, car il n’en a rien diminué. J’en eu encore un assaut&#13;
violent le 5e de ce mois. Par bonheur, je menai avec moi M. de Montigny, qui en&#13;
fut témoin et qui en fut plus surpris que moi, car j’y suis bien accoutumé.&#13;
M. de Montigny a dit que s’il ne s’y était pas trouvé, il croit que j’aurais été frappé.&#13;
J’y fus traité d’indigne prêtre qui ne devrait pas monter à l’autel, qui ne doit pas&#13;
attendre de récompense de ce que je fais, qui veut être procureur malgré tout le&#13;
monde et bien d’autres choses, et tout cela, parce que je ne voulais pas convenir&#13;
avec lui que j’avais fait expédier la bulle telle qu’elle est. Je lui disais très&#13;
respectueusement que j’avais ses lettres en original, qui disaient au contraire que&#13;
c’était lui qui l’avait ainsi voulu, qu’on avait à Rome le dupliqué de cette bulle&#13;
signée de lui, sur laquelle elle avait été expédiée. C’en fut assez pour émouvoir sa&#13;
bile à un excès qui effraya M. de Montigny.&#13;
Ajoutez à cela que tout retombe sur moi et qu’il me traite de grossier et d’impoli,&#13;
de violent et d’empoté à tous ceux à qui il lui plaît de le dire. Il le dit et l’a écrit à&#13;
M. le cardinal et à plusieurs autres personnes, et comme je lui ai représenté&#13;
souvent très doucement, que m’en revient-il ? En aurai-je une plus grosse portion,&#13;
en serai-je plus gros seigneur ? Si je lui accordais tout ce qu’il demande, je serais&#13;
&#13;
Tu subviendras à tous et à tout et chacun des monastères mentionnés précédemment. (Note du traducteur :&#13;
Le verbe supporto se construit normalement avec l’accusatif et non avec le datif comme ici.)&#13;
1&#13;
&#13;
�l’homme le plus admirable. J’ai plusieurs de ses lettres, où il m’a autrefois donné&#13;
bien des louanges. Aujourd’hui, je ne suis pas bon à noyer et cela, je vous demande&#13;
pourquoi ? Parce que ma conscience ne me permet pas de lui donner tout ce qu’il&#13;
demande.&#13;
Voyez s’il ne serait pas plus à propos de me casser aux gages et d’envoyer à ma&#13;
place une autre personne, car c’est tout ce qu’il désire, et je ne sais si peut-être ce&#13;
ne serait pas un moyen de l’engager à finir et signer quelque chose de raisonnable,&#13;
en lui promettant de me destituer du soin de vos affaires et d’en charger un autre,&#13;
ou en envoyant effectivement un autre à ma place. Je vous dirai volontiers comme&#13;
Jonas, si propter me tempestas haec et projicite me in mare, [illisible]2. Je serai très aise&#13;
d’être déchargé, car l’état où je suis est trop violent. Je ne vous écris cependant pas&#13;
ceci par découragement ; je soutiendrai le plus respectueusement qu’il me sera&#13;
possible vos intérêts. Ce qui est merveilleux, c’est que le prélat croit que c’est moi&#13;
qui veux tout faire régler à la rigueur avec lui et il sent bien qu’il n’y trouverait pas&#13;
son compte. Voilà ce qu’il l’indispose. Cependant, c’est M. l’abbé Tiberge qui&#13;
voudrait ainsi faire régler les affaires et c’est moi qui, au contraire, ai proposé des&#13;
accommodements et qui suis obligé de soutenir contre M. Tiberge que pour finir&#13;
avec un tel esprit que ce prélat, il vaut mieux en sortir par un accommodement en&#13;
perdant beaucoup que de vouloir tout faire juger à la rigueur. Il croit que c’est moi&#13;
qui mène comme je veux MM. de Brisacier et Tiberge. Cependant, nous conférons&#13;
souvent avec eux et M. de Rosalie et je ne fais rien que par leur conseil ; et&#13;
néanmoins je ne puis rien finir.&#13;
J’aurais bien pu rompre entièrement avec ce prélat et présenter requête à M. le&#13;
lieutenant civil pour rendre le pouvoir de faire sortir tous les revenus de Méobecq&#13;
et Bénévent et, sur un parcatis du grand sceau, envoyer, saisir et assigner au&#13;
Châtelet les fermiers. Mais si le prélat est si mécontent de moi, quoique j’aie en ce&#13;
ménagement pour lui, que serait-ce si je l’avais fait ? D’ailleurs, ce qui m’en a le&#13;
plus détourné, c’est que nous nous engagerions par-là dans une affaire difficile et&#13;
épineuse dont je n’oserais me promettre un bon succès. Cependant, il paraît que le&#13;
prélat ne terminera rien qu’il n’y soit forcé, à moins qu’on ne donne dans tout ce&#13;
qu’il veut, et il faut même attendre que quand il aura aujourd’hui obtenu une&#13;
2&#13;
&#13;
Si cette tempête est à cause de moi, jetez-moi à la mer… (cf. Jonas 1 : 12)&#13;
&#13;
�chose, il en voudra demain une autre, et on ne finir jamais rien avec lui. Il a pris&#13;
Son Éminence, M. le cardinal de Noailles, pour nous régler. Cette Éminence lui a&#13;
fait dire qu’elle souhaitait pour cela un compromis ; et c’est ce que j’étais allé lui&#13;
dire avec M. de Montigny quand je fus si bien repassé. Et Son Éminence lui envoya&#13;
ensuite son aumônier. Il n’a pas voulu donner un compromis simple et net, mais&#13;
un simple billet où il dit qu’il suivra l’accommodement tout dressé, par lequel il&#13;
prie Son Éminence de nous faire passer, et lui mande ne pouvoir faire régler cette&#13;
affaire selon l’exactitude de la loi, mais ne vouloir suivre qu’un accommodement&#13;
dont j’envoie copie, avec les réponses à côté que j’y ai faites.&#13;
J’ai fait demander à Son Éminence de lui proposer comme d’elle-même de nous&#13;
engager à laisser nos affaires en suspens pendant trois ans et le laisser jouir de&#13;
Bénévent et nous de Méobecq sans aucun retour de part et d’autre, afin de prendre&#13;
pendant ce temps-là des mesures pour terminer à l’amiable et n’en pas venir à une&#13;
rupture entière. Je ne sais si cela réussira. La principale raison que j’ai eue de&#13;
proposer cela, c’est d’avoir le temps de vous proposer tout ce qu’il demande et&#13;
prendre vos avis pour les suivre. D’ailleurs, j’aurais voulu avoir une nouvelle&#13;
procuration du chapitre pour terminer avec lui, car il nous rejette que nos pouvoirs&#13;
sont révoqués, quand nous voulons en venir avec lui à un règlement, et pour&#13;
l’accommodement qui l’accommode et nous incommode, il suppose que nous ne&#13;
manquons pas de pouvoir. Il faudrait donc que le chapitre nous envoie une&#13;
nouvelle procuration.&#13;
Ce qu’il y a de merveilleux dans le refus qu’il nous fait de faire tout régler&#13;
exactement selon les lois, c’est que quand nous demandons un tel règlement sur&#13;
la bulle, il soutient que la bulle ne peut se soutenir, qu’elle est remplie de nullités,&#13;
qu’on ne la peut faire passer et qu’il en faut nécessairement une autre, et quand il&#13;
propose son accommodement fondé entièrement sur la bulle, elle devient la&#13;
meilleure du monde et on n’en peut avoir de meilleure. S’il était d’humeur à en&#13;
demander en effet une autre, nous la demanderions pendant ces trois ans s’il les&#13;
accordait. Il dit quelques fois que nous devons signer cet accommodement et&#13;
demander ensuite une nouvelle bulle dessus, tant il est vrai qu’il serait bien fâché&#13;
d’abandonner entièrement la bulle, mais par la bulle, nous faire signer son&#13;
&#13;
�accommodement et le faire ensuite homologuer en Cour de Rome. Nous aurons&#13;
bien de la peine à faire avec lui quelque chose de bien net et de bien précis.&#13;
Il nous est survenu une affaire très considérable touchant l’abbaye de l’Estrée. Je&#13;
vous ai mandé dans les années précédentes que la prieure, qui est cette bonne amie&#13;
de Mme la maréchale d’Humières, qui va y passer un temps considérable de&#13;
l’année. Je ne sais qui a donné lieu à faire demander à ces religieuses cet hiver si&#13;
elles avaient des lettres patentes et l’intendant de Rouen a eu l’ordre de la Cour de&#13;
leur déclarer qui si elles n’en avaient pas, elles eussent à quitter cet établissement,&#13;
le roi ne souffrant point de nouveaux établissements dans son royaume sans lettres&#13;
patentes. Cela a donné lieu à Mme la maréchale d’Humières de se remuer pour&#13;
son amie et, comme M. de Pontchartrain et M. de La Vrillière, tous les deux&#13;
conseillers d’État, sont de ses parents et de ses alliés, elle a obtenu de nouvelles&#13;
lettres patentes. Elle les a fait registrer au Parlement de Rouen sans nous y appeler&#13;
et, dans ces lettres patentes, elle y a fait insérer que ces religieuses jouiraient de&#13;
tout ce dont les religieuses jouissent, sans rien en suivre de ce qui avait été fait avec&#13;
tout l’Ordre de Cîteaux et les prieures qui avaient été avant celle-ci. M. l’évêque&#13;
de Québec a été averti de tout ce manège et ne nous en donné connaissance que&#13;
quand il n’était plus temps d’y remédier dans sa source, car sitôt qu’il m’en parla,&#13;
j’écrivis à Rouen et j’appris que les lettres patentes avaient été enregistrées sans&#13;
nous y appeler. Nous avons toujours lieu de nous opposer à l’arrêt, mais c’est une&#13;
procédure longue et incertaine. Or, la prieure n’a pas eu plus tôt ces lettres patentes&#13;
enregistrées qu’elle a fait assigner M. l’évêque de Québec devant le juge royal le&#13;
plus prochain, qui est Héry, pour lui demander partage de l’abbaye et une&#13;
provision sur les fermiers en attendant le partage et elle a ensuite fait saisir sur&#13;
tous les fermiers et sur tous ceux qui avaient relation à l’abbaye de l’Estrée.&#13;
M. l’évêque de Québec a été fort aise de cette nouvelle futée que nous avons à&#13;
démêler.&#13;
Après avoir pris conseil avec des gens habiles, j’ai pris un arrêt de défense sur&#13;
toutes ces saisies au Grand Conseil et j’y ai obtenu permission d’y faire assigner la&#13;
prieure de la Colombe et ses religieuses, défense au juge Héry d’en connaître et&#13;
j’ai obtenu main levée de toutes ces saisies. Je me suis fondé sur les lettres patentes&#13;
que nous obtînmes en 1697 sur le partage que nous fîmes alors avec Mgr de Québec&#13;
&#13;
�et j’espère que ces lettres patentes et les brevets de Sa Majesté que nous avons nous&#13;
tireront de cette affaire. Nous ne sommes cependant pas au bout. Je m’attends&#13;
qu’actuellement la prieure, ou plutôt Mme la maréchale d’Humières, sollicite au&#13;
Parlement de Rouen un arrêt qui casse celui du Grand Conseil, rétablisse les saisies&#13;
et ordonne de procéder à Héry. Il m’en faudra obtenir un nouveau du Grand&#13;
Conseil qui casse celui de Rouen et défendre de procéder à Héry. Et sur ce conflit&#13;
de juridiction, il en faudra venir au Conseil en règlement de juges.&#13;
Je ne laisse pas d’agir au Conseil des dépêches pour y présenter une requête au roi&#13;
et y représenter la contradiction de ces lettres patentes et qu’on a surpris sa religion&#13;
en lui demandant ces revenus des religieux de l’Estrée, que Sa Majesté avait déjà&#13;
donnée plusieurs fois au chapitre de Québec, mais la maladie et la mort de M. le&#13;
dauphin a fait que depuis que j’ai eu connaissance de cette affaire, le roi a toujours&#13;
été à Marly et il n’y a point de Conseil de dépêches pendant que le roi n’est pas à&#13;
Versailles. Nous tenons notre requête toute prête pour la présenter dès qu’il y aura&#13;
un Conseil et tous ceux que j’ai consultés m’ont assuré qu’il n’y avait aucune&#13;
difficulté en cette affaire, que c’était une pure surprise qu’on avait faite au roi et&#13;
que nous en viendrons à bout. Cependant, cela est fort désagréable et me donnera&#13;
bien du mouvement.&#13;
Mme la maréchale d’Humières se plaint bien de moi partout et en dit tout ce&#13;
qu’elle veut. Elle prétend que j’ai appelé son amie la sœur prieure de La Colombe&#13;
et en ai parlé avec mépris. Cependant, je n’ai rien sur cela à me reprocher, car au&#13;
contraire, j’ai toujours eu du respect pour cette prieure, qui en effet est une bonne&#13;
religieuse et toute différente de celle qui l’était ci-devant. Mais j’ai eu le malheur&#13;
de lui déplaire pour deux raisons. La première, qu’un valet qu’elle a, non&#13;
seulement chassait sur les terres de l’Estrée sans permission, mais qu’il menaçait&#13;
même le jeune Rotrou, à qui je permettais d’y porter un fusil. Je trouvai cela fort&#13;
impertinent à ce valet et fort ridicule et j’en écrivis à cette prieure pour m’en&#13;
plaindre. La seconde est que dans deux ou trois visites que je lui ai rendues, elle&#13;
aurait voulu que je lui eusse vendu les domaines qui ne sont pas fort éloignés de&#13;
l’abbaye et qu’elle trouverait à la bienséance et quoique j’aie tâché à lui faire&#13;
comprendre que je n’en avais pas le pouvoir, que M. de Québec ne pouvait aliéner&#13;
les biens de cette abbaye sujet aux décimes et autres charges, elle a cru que je ne la&#13;
&#13;
�faisais pas parce que je ne le voulais pas et cela a suffi pour aliéner Mme la&#13;
maréchale d’Humières, non seulement de moi, mais de M. de Brisacier même, en&#13;
qui elle avait autre fois une entière confiance, parce quand elle aime quelqu’un,&#13;
elle n’y met pas de bornes, et actuellement toute sa famille se plaint de ce qu’elle&#13;
néglige tous ses anciens amis et parents pour s’attacher à cette religieuse.&#13;
Je ne vous ai pas mandé l’an passé que j’avais été obligé d’agir contre la succession&#13;
de feu M. l’abbé de Matha, évêque d’Aire, qui devait encore quelque chose de plus&#13;
qu’une année pour la pension de notre cher ancien évêque de Québec. J’ai fait pour&#13;
cela saisir tout ce qui lui appartenait dans l’abbaye de Saint-Cyran, qui est auprès&#13;
de Méobecq. Enfin, celui qui est son exécuteur testamentaire m’a promis de nous&#13;
faire payer. J’ai envoyé pour cela à Aire notre procuration pour recevoir et donner&#13;
quittance. On m’a promis de me payer pour la pension et les frais faits, qui&#13;
montent bien à 50 livres ou 60 livres, de me payer, dis-je, quelque chose de plus&#13;
que 1 900 livres, car il a fallu déduire la subvention et le don gratuit, qui est un&#13;
quart et un sixième, et on m’a promis de porter cet argent à Bordeaux, car je le&#13;
destine pour aider M. Bourgine à faire les dépenses qu’il fait pour nous&#13;
actuellement. J’espère sortir incessamment de cette affaire.&#13;
Je vous ai mandé que je n’avais encore pu rien finir avec les héritiers de feu&#13;
M. Bergier. Il n’était nullement nécessaire que vous m’envoyassiez son testament&#13;
et ces certificats du P. Marest, car il m’avait envoyé dès 1703 ou 1704 un original&#13;
de ce testament, tout écrit de sa main, que j’avais déposé dès lors chez M. Carnot,&#13;
notaire. Or, par ce testament, M. Bergier y prend la qualité de prêtre agrégé au&#13;
Séminaire des Missions étrangères. Or, c’est cette qualité par laquelle ses héritiers&#13;
prétendent faire annuler le testament, sur ce que les lois défendent de faire un bien&#13;
à un corps auquel on est associé, à cause du danger de séduction. Ils ont des arrêts&#13;
contre les pères de l’Oratoire de ceux qui étaient de leur société. Le second moyen&#13;
dont ils veulent se servir est qu’ils ne croient pas que M. Bergier ait pu nous&#13;
instituer ses héritiers. Je ne crois pas cette seconde difficulté bien fondée en ce que&#13;
le Dauphiné est un pays de droit écrit où l’institution des héritiers est en usage,&#13;
mais la première difficulté peut faire quelque impression. C’est une affaire à&#13;
accommoder avec eux. Ils me font espérer qu’ils viendront incessamment à Paris&#13;
&#13;
�et que nous règlerons cette affaire sans plaider par l’avis des avocats. Je suis assez&#13;
de ce sentiment.&#13;
Car on ne peut pas plus appréhender le procès que je fais et cependant, quelque&#13;
précaution que je prenne, il m’en vient toujours. J’étais très inquiet d’un que j’avais&#13;
avec le chapitre de la cathédrale de Poitiers pour le bénéfice qui est sous le nom de&#13;
M. Leblond (dont par parenthèse vous ne trouverez encore rien reçu, tout se&#13;
consomme en faux frais et réparations). J’avais fait proposer cet automne, par M. le&#13;
supérieur du Séminaire de Poitiers, un accommodement à ces Messieurs, après&#13;
avoir examiné ce procès commencé il y a 20 ans par feu M. Gontier. J’offris à ces&#13;
Messieurs tout ce que j’ai offert par mes écritures dans le procès et je proposai de&#13;
compenser les dépens. Ces Messieurs n’agréèrent pas mes offres et cependant,&#13;
sans que j’aille solliciter personne, la Cour a admis mes offres et les a suivies et elle&#13;
a condamné ces Messieurs en la moitié des dépens envers moi. J’avais fait très peu&#13;
de frais, mais ces Messieurs en avaient fait pour 500 ou 600 livres, dont ils&#13;
espéraient avoir un exécutoire contre moi. Ils ont été fort trompés.&#13;
Je vous ai mandé les années passées qu’il n’y avait plus d’apparence que l’on fut&#13;
payé des ordonnances sur le Trésor royal et que je n’avais pu me faire payer de&#13;
1707, 1708, et 1709. J’ai encore moins pu tirer 1710. Nos Messieurs qui avaient des&#13;
ordonnances pour les Missions orientales en sont de même. M. Charon pourra&#13;
vous mander que quoiqu’il soit ici, il n’en peut rien tirer, quoiqu’il ait frappé à&#13;
toutes les portes. Cependant, quoique ces ordonnances soient aussi peu utiles&#13;
qu’elles sont, M. le comte de Pontchartrain voulut nous retrancher l’année passée&#13;
celle de 4 000 livres pour le rétablissement de notre Séminaire. Il nous a fallu&#13;
solliciter beaucoup et elle n’a été expédiée que cette année-ci. Je ne sais s’il la&#13;
continuera cette année. Il dit que cette ordonnance ne nous a été donnée que par&#13;
gratification pour un temps, ce qui est vrai. Nous l’avons prié de la continuer&#13;
jusqu’à ce qu’il plaise au roi nous donner un bénéfice de 4 000 à 5 000 livres. Il ne&#13;
nous a pas paru y donner les mains. Au pire aller, nous n’y perdrons pas&#13;
beaucoup, car que faire à présent de ces ordonnances ? C’est du papier qu’on garde&#13;
qui vaut moins que des billets de monnaies sur lesquels on perd à présent les deux&#13;
tiers.&#13;
&#13;
�Je ne vois nulle apparence que, du vivant du roi, nous puissions obtenir un&#13;
bénéfice pour unir le Séminaire comme il nous l’a promis. Car le P. Le Tellier, ayant&#13;
autant de pouvoir qu’il en a auprès du roi et autant de mauvaise volonté contre&#13;
nous, dont il machine la perte avec toutes sortes d’attentions, nous devons nous&#13;
attendre qu’il trouvera toujours des moyens de détourner le roi de nous faire du&#13;
bien. Il faut laisser couler son temps, qui paraît dur à plusieurs personnes qui se&#13;
ressentent de son zèle contre le jansénisme, sous le prétexte duquel il fait souffrir&#13;
qui il lui plaît.&#13;
Comme nos Messieurs se sont vus à la fin de l’année dernière, leurs ordonnances&#13;
des quatre dernières années et que par l’établissement du 10e denier qui le faisait,&#13;
on serait exposé à payer le 10e de ces ordonnances, je leur proposai à la fin de&#13;
l’année un moyen pour nous en faire des contrats de constitution sur l’hôtel de&#13;
ville. Nos Messieurs l’avaient demandé à M. Desmarais il y a deux ans et il l’avait&#13;
refusé. Ils crurent devoir se servir de l’expédient que je leur proposai et nous y&#13;
mîmes tout ce que nous avions pour lors d’ordonnances. J’en avais à vous pour&#13;
l’incendie de l’année 1707, 1708 et 1709, qui faisaient 12 000 livres, et une&#13;
ordonnance de la pension de notre ancien évêque sur le Trésor royal pour&#13;
l’année 1708 qu’on m’avait expédiée, et ayant renvoyé à M. Desgranges cette&#13;
ordonnance après le décès de notre ancien évêque, il me la renvoya et me dit que&#13;
je pouvais m’en faire payer.&#13;
Ces quatre ordonnances faisaient donc 14 000 livres et j’en avais pour les missions&#13;
de la Louisiane les années 1707, 1708, 1709 et 1710 à 4 500 livres par an : c’est&#13;
18 000 livres. Si j’avais eu pour l’ordonnance de 4 000 livres pour notre incendie&#13;
pour 1710, j’aurais eu pour le Séminaire de Québec pareille somme de&#13;
18 000 livres. Nous fîmes passer une somme plus considérable pour nos missions&#13;
orientales et nous fîmes recevoir tout cela au Trésor royal avant la fin de l’année&#13;
passée ; ce qui nous a évité de payer le 10e de ces sommes que nous aurions payé&#13;
au Trésor royal si nous n’avions fait passer ces ordonnances que cette année. C’est&#13;
3 200 livres qu’il nous eut comptées sur 32 000 livres. À la vérité, les intérêts ne&#13;
courent que du 1er janvier de cette année. Cela ne se payera peut-être pas&#13;
exactement, mais après tout, nous avons cru faire en cela une bonne affaire. Je n’ai&#13;
eu garde de dire à Mgr l’évêque de Québec ce que j’avais fait sur cela. Il me paraît&#13;
&#13;
�que vous ne le lui devez pas dire non plus, car je ne vois que ce que je lui ai dit&#13;
quelquefois dans la simplicité, il s’en fait souvent des armes contre moi, et comme&#13;
il ne cesse de dire partout que nous sommes trop riches, nous devons lui cacher&#13;
nos affaires autant que nous le pouvons.&#13;
Mais aussi en employant ainsi les ordonnances des missions de la Louisiane, vous&#13;
vous trouvez chargés de ces missions, qui sont dans un état pitoyable.&#13;
M. de La Vente en est revenu au mois d’août dernier, après avoir couru bien des&#13;
dangers, passant sur plusieurs vaisseaux pour se rendre en France. Il était perclus&#13;
de presque tous ses membres et menacé d’une paralysie de la moitié du corps. Il&#13;
en est à présent un peu remis, mais il a actuellement une fistule à l’anus qu’il&#13;
l’obligera peut-être à faire l’opération. Il est avec nous au Séminaire sur le compte&#13;
de ces missions, pour lesquelles je ne touche rien depuis un très long temps.&#13;
Cependant, je n’ai pas laissé de leur envoyer encore au mois de septembre dernier&#13;
une facture par M. de Rémonville, capitaine de vaisseau, qui a équipé La Renommée&#13;
par cette colonie. Il partit en octobre ou novembre. Il nous a fait payer 200 livres&#13;
du tonneau de fret de ce que j’envoie à nos Messieurs. J’ai en payé pour 400 livres&#13;
et je ne sais s’il se rendra en ce pays-là, car il a relâché trois fois en Espagne et je ne&#13;
sais s’il en est encore parti. Je crains qu’il ne consomme les farines et autres&#13;
provisions que j’envoie à nos Messieurs, qui sont fort à plaindre de se trouver dans&#13;
une colonie si abandonnée et dont on paraît si peu s’embarrasser. Or, j’avais&#13;
quelque chose de reste à ces missions, pour commencer la dépense de ce que j’ai&#13;
envoyée à ces missions, mais il m’est dû plus de 1 000 livres au-delà de ce que&#13;
j’avais et je ne puis me dispenser de le mettre sur le compte du Séminaire de&#13;
Québec, qui a entrepris ces missions, car notre Séminaire de Paris ne s’en est jamais&#13;
voulu charger. Il n’a aucun fonds pour cela et je n’ai pas encore porté cela dans le&#13;
compte du Séminaire pour cette année. Je le ferai dans la suite.&#13;
J’avais voulu vous éviter le paiement des pensions de MM. Thiboult et Guichard&#13;
depuis quelques années, qui ont été payés des deniers des missions de l’Orient, où&#13;
l’on croyait que ces Messieurs iraient, mais comme la Providence les a destinés&#13;
pour le Canada, j’avais cru l’année passée pouvoir les payer avec les fonds d’une&#13;
fondation faite au Séminaire de Paris, par laquelle on devait nommer des sujets&#13;
&#13;
�qu’on n’avait pas nommés pour l’année 1709. J’en avais fait l’imputation et&#13;
l’application dans mes comptes pour la pension de M. Thiboult et de M. Guichard&#13;
en 1709. Nos Messieurs ne me veulent pas passer cet article pour le compte de&#13;
l’année prochaine, comme aussi ce qui est encore dû pour la pension de ces&#13;
Messieurs en 1710, jusqu’à leur départ, que je ne vous ai pas compté. Je fais ce que&#13;
je puis pour vous ménager à cause du mauvais état de vos affaires et je m’en attire&#13;
des reproches des autres missions. Mais vous savez que je ne suis pas le maître.&#13;
Nous tâchons à mettre les choses en état dans la suite, à avoir indépendamment&#13;
d’aucune mission de quoi entretenir au Séminaire de Paris les sujets qui se&#13;
présenteront pour les missions. Mais cela n’est pas encore en état et n’y sera de&#13;
quelques années. Il faut même pour cela qu’il meure auparavant un usufruitier&#13;
d’une succession dont nous devons avoir le 8e pour cette fondation et cela nous&#13;
produira, comme je l’espère, plus de 30 000 livres en fonds d’héritage.&#13;
J’ai tâché à accomplir la plus grande partie de votre facture, mais je n’ai pu vous&#13;
envoyer de vin. Il est en France à un prix excessif et la plupart des communautés&#13;
à Paris se sont réduites les unes à l’eau et les autres à la bière. Il est vrai que le prix&#13;
du vin se modère actuellement à cause de la belle préparation pour les vignes, qui&#13;
sont plus belles qu’on ne les a vues depuis 20 ans, mais il n’est plus temps de&#13;
charger du vin. Il faudra que vous en preniez des marchands ce dont vous ne&#13;
pouvez absolument vous passer. J’ai recommandé qu’on vous envoie à la place&#13;
deux barriques d’eau-de-vie, qui sont très chères en France.&#13;
M. Bourgine me mande que ce qu’il vous envoie par le Neptune et le Pontchartrain&#13;
monte à près de 1 900 livres et ce que je vous envoie monte à près de 4 000 livres&#13;
dans l’envoi de Mme Ango de La Mothe3. Dieu veuille que cela arrive à bon port,&#13;
mais je passerai une année bien inquiète.&#13;
Je ne vous ai pas dit que depuis un an j’ai été obligé de mettre une autre personne&#13;
à la place de M. Rotrou pour prendre soin de l’abbaye de l’Estrée. C’était un fort&#13;
bon homme qui avait été chargé de cette abbaye il y a près de 30 ans par&#13;
Mgr l’Ancien et par M. Dudouyt. Il était rempli d’affection et s’il faisait des fautes,&#13;
ce n’était que faute de lumière, car il ne manquait pas d’affection. J’avais toujours&#13;
3&#13;
&#13;
Sœur de Louis Ango des Maizerets&#13;
&#13;
�renouvelé avec lui les baux jusqu’au dernier, qui finit il y a deux ou trois ans. Il se&#13;
trouve redevable de sommes assez considérables. Elles lui étaient dues par les&#13;
fermiers. Je les pris pour bons afin d’empêcher qu’il ne les ruinât. Je lui laissai à&#13;
recouvrer une quantité de petites sommes et je lui laissai régir l’abbaye de l’Estrée&#13;
sans y mettre un fermier général, en lui donnant 250 livres pour sa régie. J’espérais&#13;
que son fils, qui a 22 ans, se donnerait du mouvement et se formerait à ces sortes&#13;
d’affaires, mais il n’y est pas propre. Le bon homme M. Rotrou est tombé en&#13;
paralysie de presque tout le corps. Il a donc fallu le changer. Je l’ai fait le plus&#13;
doucement qu’il m’a été possible. Cela lui a fait quelque peine ; après cela il a bien&#13;
vu que nos affaires en souffraient trop. En effet, son fil ne faisait pas payer les&#13;
fermiers. Ils l’amusaient et se moquaient de lui. J’ai donc pris une personne qui&#13;
prenait autrefois soin de la commanderie de Villedieu, dont était commandeur un&#13;
des frères de notre ancien évêque, M. de Laval. Son neveu me l’a indiqué et j’ai&#13;
trouvé un homme tel que je pouvais souhaiter, vigilant, actif, fidèle et dont j’ai tout&#13;
lieu d’être content, qui m’a déjà mis l’abbaye sur un meilleur pied et j’espère&#13;
qu’avec lui, je la connaîtrai à fond et mettrai en bon état. Il me faudra y aller de&#13;
temps en temps. Je lui donne 200 livres pour ses peines et soins. C’est assurément&#13;
tout le moins qu’on puisse donner à un honnête homme. Vous verrez par mes&#13;
comptes qu’il m’a déjà tiré de nos fermiers, depuis le mois d’octobre dernier que&#13;
je l’ai établi, plus de 3 000 livres et je ne sais comment je pouvais me tirer de cette&#13;
abbaye si je ne l’avais pas dans l’affaire que nous procure Mme la maréchale&#13;
d’Humières. Dans le mauvais temps où nous sommes, on ne m’offrait que&#13;
2 500 livres de l’abbaye de l’Estrée et j’espère qu’avec un peu de peine et&#13;
d’attention, elle me produira plus de 3 000 livres nets.&#13;
Dans le dernier voyage que j’ai fait dans cette abbaye, j’ai remarqué qu’il y aurait&#13;
dans la suite quelques dépenses à faire pour remettre cette abbaye sur bon pied,&#13;
car toutes les fermes et métairies, à l’exception de trois, ont été entièrement&#13;
détruites avant même que notre ancien évêque en jouisse. C’était sous les abbés&#13;
réguliers. Les terres de ces métairies sont données à ferme par lots de terre et pour&#13;
rétablir cela, il faudra dans la suite faire rebâtir ces métairies, mais ce qu’on y&#13;
dépense se retirera aisément par l’augmentation de la ferme.&#13;
&#13;
�M. Berthelot de Saint-Laurent, fermier général, est venu me proposer d’acheter&#13;
leur île et sans que je lui en fusse parler. Il aimerait beaucoup mieux avoir affaire&#13;
à moi qu’à tout autre. Il compte sur ce que je lui promettrai comme sur quelque&#13;
chose de sûr. Il m’a dit que M. Gaillard était venu me proposer une dame du&#13;
Canada qui la voudrait acheter, qu’il dit avoir son argent prêt, mais qu’elle&#13;
voudrait acheter le comté avec l’île. Je crois que M. Berthelot le met peu en peine&#13;
du comté. Pour moi, si je l’achetais, j’aimerais mieux qu’il n’y eût pas de comté que&#13;
d’y en avoir. M. Berthelot me dit que Mme Laforest en avait donné 30 000 livres et&#13;
qu’il me la donnerait pour 28 000 livres payables en sept ans et cependant, l’intérêt&#13;
au denier 25. C’est son premier mot sur lequel je n’ai rien répondu. Si nous étions&#13;
en paix avec M. l’évêque de Québec et que vous voulussiez efficacement m’aider&#13;
en m’envoyant exactement tous les ans le profit que vous tireriez de cette île pour&#13;
la payer, voici la proposition que je lui ferais. J’aimerais mieux ne lui donner de&#13;
cette île que 24 000 livres et les lui payer plus comptant, savoir en contrats sur bons&#13;
particuliers que je prierais nos MM. de Paris de vouloir bien agréer, que je lui&#13;
transportasse la somme de 12 000 livres en argent comptant dans le cours de&#13;
l’année prochaine 1712, 8 000 et la somme de 4 000 livres dans le cours de&#13;
l’année 1713 avec les intérêts jusqu’au jour du paiement. Je stipulerais la jouissance&#13;
du 1er janvier 1712 et je m’engagerais à retirer ces deux contrats de 12 000 dans sept&#13;
ou huit ans. Ainsi, il faudrait, comme je vous l’ai écrit, que vous fissiez recevoir&#13;
très exactement tout ce qui se tirera de cette île et je vous acquitterais par-là peu à&#13;
peu du principal et des arrérages. Mandez-moi ce que vous pensez de cette&#13;
proposition et si vous étiez d’humeur à la suivre, il faudrait nous envoyer les&#13;
procurations et pouvoirs nécessaires pour cela.&#13;
Il est aussi de la dernière conséquence que vous m’envoyiez de nouvelles&#13;
procurations pour traiter avec Mgr de Québec, s’il y a jour à quelque&#13;
accommodement ou pour poursuivre contre lui. S’il n’y a aucune espérance&#13;
d’accommodement, il me paraît de la dernière conséquence que MM. du chapitre&#13;
et vous m’envoyiez de nouvelles procurations qui stipulent à la bonne heure ce&#13;
que vous voudrez que nous fassions avec lui. M. Bégon me disait ces jours passés&#13;
que vous ne deviez vous engager dans l’affaire que nous avons avec ce prélat, ni&#13;
de près ni de loin. Ainsi, j’attends vos instructions avec bien de l’empressement.&#13;
&#13;
�Je n’irai pas à Méobecq si cette abbaye nous reste que les affaires ne soient&#13;
terminées avec lui de la bonne manière. Je ne sais s’il y a encore quelque chose à&#13;
vous mander. Ce que je vous conjure, c’est de me continuer le secours de vos&#13;
prières et saints sacrifices. Je n’ai un vrai besoin pour me fortifier contre tous les&#13;
mouvements de découragement où je tombe assez souvent. Mgr de Québec ne&#13;
saurait souffrir que je lui dise que je n’envisage que la justice et la volonté de Dieu&#13;
dans ce que je lui propose pour terminer nos différends. Il me traite d’indigne&#13;
prêtre, qui devrait ne pas monter à l’autel et qui ne doit pas attendre que Dieu me&#13;
récompense de tout ce que je fais. Je suis donc bien à plaindre, car il me semble&#13;
que je n’attends pas grande récompense des hommes. Je ne vois pas que ma&#13;
portion en puisse devenir meilleure et que j’en fasse jamais meilleure chère. Il me&#13;
reproche que je fais vos affaires malgré vous et que vous m’en voudriez voir bien&#13;
éloigné. Je lui proteste, et cela est vrai, que je m’en démettrai au moindre signe de&#13;
la volonté de Dieu qui me sera connu par vous. J’ai l’humiliation qu’il fait de moi&#13;
à qui veut l’entendre un portrait fort affreux. Dieu veuille que j’en profite et me&#13;
donner quelque part à ce trésor dont parle Saint-Paul, majores existimant divitias&#13;
improperium Christi4. Ce n’est pas d’aujourd’hui que les bonnes croix sont venues&#13;
de ceux qui devaient être notre soutien. Je crois que si vous prenez quelque&#13;
résolution particulière pour lui relâcher quelque chose, vous la devez tenir secrète&#13;
et tâcher que personne ne la lui mande directement, car il prend droit sur ce qu’il&#13;
prétend qu’on lui a déjà accordé et ne veut se relâcher sur rien de ce que l’on lui&#13;
demande.&#13;
Je viens de dresser un compromis pour le lui proposer encore à signer. Il est aussi&#13;
à son avantage qu’on le puisse. J’y fais entrer l’opposition qu’a formée à la bulle le&#13;
chapitre et nous souhaitons de bonne foi que Mgr le cardinal de Noailles y ait tout&#13;
l’égard possible. Nous croyons que dans ces circonstances, notre procuration du&#13;
chapitre n’est pas révoquée et cela me parait clair. Je vous envoie copie de ce&#13;
compromis. Je souhaite et je demande très instamment au bien Dieu que&#13;
Monseigneur le signe, car s’il le signe pas, il n’y aura plus moyen de se dispenser&#13;
de rompre la paille avec lui et il me faudra résoudre, quelque opposition que je&#13;
tente, à plaider contre un évêque à présenter requête au nom du Séminaire pour&#13;
le faire assigner et faire saisir tout ce qu’il touche de revenus ; c’est le dernier&#13;
4&#13;
&#13;
Ils estiment l’injure subie par le Christ comme de plus grandes richesses. (Hébreux 11 : 26)&#13;
&#13;
�moyen de le mettre à la raison. Il est sujet à bien des inconvénients. Il me donner&#13;
bien de l’embarras, mais nous ne nous en servirons que pour la dernière extrémité.&#13;
Demandez au bon Dieu qu’il veuille m’accorder des forces pour soutenir un état&#13;
aussi violent que celui où je suis.&#13;
J’apprends aussi nouvellement que l’affaire de Mme la maréchale d’Humières&#13;
pour l’Estrée se grossit horriblement. Cette dame cherche les moyens de nous y&#13;
faire un très gros procès. Elle a mis dans son partir le P. Le Tellier, qui est bien aise&#13;
de trouver quelque occasion de nous mortifier. Elle s’est appuyée de&#13;
M. de Pontchartrain et M. de La Vrillière, tous deux secrétaires d’État. Elle prétend&#13;
que quand Mgr l’évêque de Québec a remis en 1691 l’abbaye de l’Estrée à ces&#13;
religieuses, il y avait pris 20 000 écus de réparations à faire et que cependant, ce&#13;
prélat a fait reconnaitre à ces religieuses que les lieux étaient en état. Cette affaire&#13;
n’est pas sur mon compte et cependant, vous verrez que ce prélat, par son&#13;
indisposition contre moi, se déclarera contre ses propres intérêts en faveur de cette&#13;
religieuse contre moi. On ne peut assurément m’imputer rien de ces réparations,&#13;
donc je n’ai jamais été chargé.&#13;
Je vous plains beaucoup d’être chargés de tous ces jeunes gens que vous avez au&#13;
Séminaire pour l’état ecclésiastique. Mgr de Québec ne compte ces dépenses pour&#13;
rien dès que c’est le Séminaire qui les fait. Il croit que nous ne les faisons que pour&#13;
lui aliéner les esprits et les indisposer contre lui. Ainsi, il aimerait mieux que nous&#13;
ne les fissions pas.&#13;
On a été fort contents ici de M. Le Fevre. MM. de Saint-Sulpice se le sont, dit-on,&#13;
associé et M. de Québec l’a ordonné. J’ai vu ce pauvre fort embarrassé. Il voudrait&#13;
bien ne pas retourner si tôt en Canada et rester en France, puisque Mgr de Québec&#13;
y demeure, mais le prélat veut qu’il y retourne, de peur, dit-il, que tous les&#13;
Canadiens ne viennent en France pour y être ordonnés, mais qui sont ceux qui en&#13;
pourrait faire la réponse.&#13;
M. de Lotbinière est devenu un abbé mondain, qui ne fera guère honneur à l’état&#13;
ecclésiastique canadien s’il y veut rester. J’ai conseillé à Mme de Marson de le faire&#13;
étudier en droit. C’est un paresseux qui ne veut rien faire. Ne pourriez-vous pas&#13;
&#13;
�me faire payer de 70 livres que je lui prêtai lorsqu’il arriva en France pour se faire&#13;
habiller. Il se serait mis à genoux devant moi pour les emprunter. Il me promit que&#13;
Mme de Marson, qui n’était pas alors à Paris, me les rendrait dès qu’elle sera&#13;
arrivée, car c’était à Mme de Marson qu’elle les prêtait et non pas à lui, et je crus&#13;
que ce serait faire un affront à Mme de Vaudreuil et à elle de les lui refuser. En&#13;
effet, Mme de Marson me promit verbalement de me les payer et je lui renvoyai le&#13;
billet de M. de Lotbinière il y a deux ans. Je ne puis plus à présent avoir de lui ni&#13;
d’elle ni argent ni billet. Comme c’est une somme que j’ai prêtée en votre&#13;
considération, je ne pourrai me dispenser de la porter sur le compte du Séminaire.&#13;
Tâchez à vous en faire payer de M. d’Esgly, par qui M. de Lotbinière et&#13;
Mme de Marson disent qu’ils croient qu’elle vous a été payée en Canada.&#13;
Je n’entends plus parler du sieur de La Marche. J’ai reçu d’un religieux bénédictin,&#13;
qui est à Saint-Ouen à Rouen, une lettre pleine de reconnaissance de l’éducation&#13;
qu’on lui a donnée au Séminaire. Il s’appelle Hautmesnil. J’ai été fort content de&#13;
cette lettre.&#13;
Mgr de Québec aurait voulu que je me fusse chargé de faire passer en Canada le&#13;
fils d’un des sous-fermiers de Méobecq, qui offrait de donner 1 000 livres en&#13;
plusieurs paiements pour se charger de son fils et le pousser jusqu’à la prêtrise. Je&#13;
n’ai pas cru que cela vous convient. Mgr de Québec veut faire de ces libéralités à&#13;
vos dépens, sans considérer que vous devez plutôt pousser les Canadiens que ceux&#13;
qui sont en France. Je me ferais peine de vous envoyer un de mes neveux, parce&#13;
que je crois que vous devez plutôt aider les Canadiens que tous autres.&#13;
Tâchez, s’il vous plait, à engager M. de Varennes à nous envoyer un compte plus&#13;
exact de recettes et dépenses du Séminaire de Québec, car nos Messieurs n’y&#13;
connaissent rien ; à force de l’avoir abrégé, il l’a rendu inintelligible. Il faudrait&#13;
tâcher à nous faire un état des revenus du Séminaire et comment ils sont reçus, en&#13;
quoi ils sont payés et ensuite faire un état et des dépenses du même Séminaire. Je&#13;
suis persuadé que la manière dont M. de Varennes rend son compte, on pourrait&#13;
tous les ans détourner 20 000 livres ou aliéner pour cette somme de biens par des&#13;
emprunts sans qu’on s’en aperçût. Je voudrais bien vous voir dégagés de vos&#13;
dettes, car soyez persuadés qu’une communauté qui doit 20 000 écus, quelque&#13;
&#13;
�beau bien qu’elle ait, est fort mal en ses affaires. Nous faisons tous nos efforts à&#13;
Paris pour ne devoir rien pour le Séminaire. Il n’y a que vos affaires qui m’obèrent&#13;
et m’engagent avec les marchands.&#13;
J’ai fait pour vous la demande de la goudronnerie, mais je ne vous conseille pas de&#13;
faire un marché pour fournir au roi du goudron, quelque argent qu’on vous en&#13;
donne. On vous le promettra, on vous mettra dans des avances considérables et&#13;
on vous laissera dans le bourbier. Croyez-moi, ne vous engagez point dans cette&#13;
goudronnerie, vous en seriez de mauvais marchands. D’ailleurs, M. Raudot m’a&#13;
dit qu’on avait enlevé de la Baie-Saint-Paul tous les instruments, etc. Ne vous&#13;
engagez pas dans cette affaire.&#13;
J’envoie au frère Hubert tout ce qu’il m’a demandé pour vos manufactures. Je&#13;
souhaite que cela réussisse et que vous puissiez ne plus me demander cette&#13;
quantité d’étoffes qu’il vous faut faire tous les ans.&#13;
Je ne vous écris pas beaucoup sur les affaires de la Chine, car il y a peu de choses&#13;
à vous dire. Cependant, depuis le départ de nos Messieurs l’an passé, l’affaire a&#13;
été décidée absolument et irrévocablement. Comme je vous envoie un exemplaire&#13;
de ce que les Jésuites ont fait et deux ou trois exemplaires de ce que nous leur&#13;
avons répondu l’année passée, vous en serez plus instruits par-là que par tout ce&#13;
que je vous en pouvais écrire. Le pape a cassé et mis au néant l’appel des Jésuites&#13;
du mandement de M. le cardinal de Tournon et l’appel qu’ils en avaient fait faire&#13;
aux évêques de Macao et d’Ascalon. Et comme il plut à ces bons pères de dire en&#13;
plusieurs manières que ce dernier décret de septembre dernier n’était que&#13;
conditionnel et n’était pas absolu, le pape fit écrire les lettres que vous verrez&#13;
imprimées par l’attesteur du Saint-Office, où il déclare que son décret est absolu&#13;
et nullement conditionnel. Cependant, il suffira que cette fuite soit venue dans la&#13;
tête d’un jésuite européen pour que les Jésuites de la Chine, des Indes et même du&#13;
Canada le soutiennent fortement et le pape, qui sur le fait du jansénisme fait partir&#13;
à l’instant toutes les foudres du Vatican, quand il s’agit d’une idolâtrie telle que&#13;
les Jésuites le tolèrent à la Chine, il use d’une condescendance outrée, non pour&#13;
approuver cette idolâtrie, car dans ce qu’il décide, il décide bien, mais pour ne pas&#13;
couper le chemin à une si mauvaise gangrène, à ne pas faire obéir les Jésuites, à&#13;
&#13;
�laisser son légat prisonnier à Macao, où c’est le pape même qu’ils tiennent en&#13;
prisonnier en la personne de son légat. Car depuis le mois de septembre dernier,&#13;
il s’est tenu plusieurs congrégations pour prendre les mesures nécessaires pour&#13;
faire exécuter les décrets et faire élargir le cardinal et on n’a cependant encore rien&#13;
fait. Le pape est indéterminé et il laisse les Jésuites se fortifier dans leurs mauvaises&#13;
pratiques, à présent qu’ils sont les maîtres du champ de bataille et qu’ils en ont&#13;
expulsé tous les autres. Le pape dit tous les jours à M. l’évêque de Canon et à&#13;
M. Charmot qu’il va agir et qu’ils auront toute satisfaction ; cependant, il ne fait&#13;
rien.&#13;
M. le cardinal de Tournon, quoique toujours retenu prisonnier à Macao, destitué&#13;
de tout secours, les Jésuites lui ayant fait ôter par l’empereur de la Chine tous les&#13;
Chinois qui le servaient et par le gouverneur de Macao, tous les Portugais, il&#13;
soutient tout cela avec fermeté et est disposé même au martyre, qui pourra bien à&#13;
la fin lui arriver. Il mande avec fermeté au pape les moyens dont il doit se servir&#13;
pour se faire obéir et ces moyens sont forts, mais il connaît qu’il n’y a que ces&#13;
moyens forts qui pourront faire obéir les Jésuites. Il lui marque, par des lettres de&#13;
la fin de 1709 et des premiers mois 1710, qu’il ne pense point à revenir goûter à&#13;
Rome les douceurs de la pourpre de cardinal, qu’il ne partira pas des Indes, même&#13;
après qu’il sera mis en liberté, que Sa Sainteté ne lui ait envoyé quelqu’un qui fasse&#13;
dans les Indes obéir les Jésuites aux ordres du Saint-Siège et que si son bonnet de&#13;
cardinal ne lui permet pas de demeurer dans les Indes avec bienséance, il le&#13;
renvoie à Sa Sainteté et consent que Sa Sainteté le lui ôte et en dispose en faveur&#13;
de qui il lui plaira.&#13;
Il n’y a plus à présent personne qui doute que les Jésuites ne soient condamnés.&#13;
Ceux d’entre eux qui sont un peu de bonne foi en conviennent, mais ils disent que&#13;
ce sera la perte de la religion de la Chine. Dieu décidera au Jugement dernier qui&#13;
d’eux ou de nous l’a perdu à la Chine et nous espérons alors lever la tête pendant&#13;
qu’ils en auront toute la confusion. Mais cela ne répare pas le mal qui est fait. On&#13;
a donné au pape de bons moyens pour remettre toutes choses en bon état. Le pape&#13;
n’a pas assez de force pour les mettre en usage.&#13;
&#13;
�Je ne laisse pas d’entretenir avec le R. P. de Lamberville l’union qui convient entre&#13;
personnes comme nous. C’est un très bon religieux. Je le vais voir et il me fait&#13;
l’honneur de me venir voir.&#13;
Je ne vous envoie pas pour cette année d’images de notre cher ancien prélat. Le&#13;
frère Hubert prétend que nous avons mal fait de ne nous pas servir du tableau de&#13;
Mme de Champigny, qu’on a fait très grossièrement et que ces images ne lui&#13;
ressemblent pas. Le tableau sur lequel on les a gravées lui ressemblait bien en 1688.&#13;
Je vous en enverrai une autre année où il y aura moins de risques. Tout de même,&#13;
j’attends la paix pour vous envoyer le reste des Offices de la Sainte-Famille, que&#13;
j’ai toujours dans mon armoire.&#13;
Je vous envoie plusieurs images de piété, chapelets et autres dévotions. J’en envoie&#13;
à d’autres missionnaires, qui vous montreront leurs lettres et à qui vous donnerez&#13;
ce que je leur marque leur avoir acheté. J’ai fait aussi acheter pour vos écoles de&#13;
bons petits livres à bon marché, mais mal reliés. J’en aurais voulu donner&#13;
davantage et qu’ils eussent été mieux reliés.&#13;
Je n’ai reçu aucune nouvelle du bon M. Gaulin, qui doit être mal à son aise, car il&#13;
y a plus de quatre ou cinq ans qu’on ne lui envoie rien. Il a tiré sur moi plusieurs&#13;
lettres de change, qui montent à plus de 4 000 ou 5 000 livres. Je les ai toutes laissé&#13;
protester, car je suis pour lui en avant de 300 livres, dont je ne sais comment j’en&#13;
serai payé. Il aurait mieux fait de se retirer à Québec, comme je le lui avais&#13;
conseillé. Il ne faut plus s’attendre à être payé en rien des trésoriers de la Marine&#13;
ni du Trésor royal. Il lui est dû 600 livres par an depuis 1707 ou 1708 ou 1709, mais&#13;
il ne tirera jamais que du papier pour faire, s’il veut, les contrats de constitution&#13;
sur l’hôtel de ville.&#13;
Je vous ai envoyé la grammaire et le dictionnaire espagnol que vous m’avez&#13;
mandés. J’ai envoyé aussi les livres de classe pour les écoliers, mais il me semble&#13;
qu’il n’en faudrait pas tout d’un coup 24 de chaque façon. J’en ai envoyé 18 et je&#13;
crois que c’est encore trop. J’ai été si presté d’écritures que j’ai fait copier mes&#13;
comptes et écritures par un écrivain, que j’ai pris exprès. Je crains qu’il n’y ait des&#13;
fautes, car je n’ai pas le temps de les relire.&#13;
&#13;
�Nous avons donné à manger à M. Bégon, intendant au Séminaire, à M. l’abbé, son&#13;
frère, et à deux de MM. leurs oncles, qui sont des anciens amis de M. l’abbé&#13;
de Brisacier. Je crois qu’il ne va qu’avec peine en Canada, sur le danger qu’on croit&#13;
être très prochain que les Anglais n’y soient allés par mer et par terre. Il a épousé&#13;
la sœur de M. de Beauharnois, qui est une dame très vertueuse et dont j’espère&#13;
qu’on sera content.&#13;
Voilà à peu près tout ce que j’avais à vous écrire sur vos affaires. Je n’ai encore pu&#13;
trouver le temps de vous écrire sur mes dispositions intérieures. Je ne sais si je le&#13;
trouverai. Je vous supplie de prier le bon Dieu qu’il me soutienne dans toutes les&#13;
traverses que j’ai actuellement à essuyer. Foris pugnae intus timores5. Et j’ai bien&#13;
besoin du secours d’en-haut pour en faire un saint usage et me servir surtout de&#13;
ce qui m’humilie et me rabaisse pour attirer sur moi les miséricordes de Dieu et&#13;
me défaire de toute enflure et de tout orgueil. Faites, je vous prie, prier pour moi&#13;
par votre petite jeunesse. Écrivez-moi, avec M. de Glandelet, vos sentiments afin&#13;
que je les suive, mais ne les proposez par à Monseigneur sans nous les avoir&#13;
communiqués. Je ne crois pas qu’on puisse se relâcher plus que nous avons fait&#13;
sans vouloir lui abandonner tout et vous le verrez aisément pour peu que vous y&#13;
pensiez sérieusement.&#13;
Tâchez à renouveler la procuration du chapitre et le pouvoir de transiger sur tout&#13;
ce que je vous ai proposé, si on l’approuve. Je vous prie aussi de me parler toujours&#13;
avec liberté en m’avertissant de tout ce qui vous revient de moi. Je voudrais voir&#13;
M. de La Colombière Serré faire le personnage que je fais ; il en serait bientôt&#13;
rebuté.&#13;
Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
J’oubliais de vous dire qu’on a mandé à nos Messieurs que vous n’agissiez point&#13;
de concert avec M. de Glandelet ni M. Pocquet, qu’il n’y avait entre vous aucune&#13;
assemblée, qu’on ne se communiquait rien les uns aux autres. Je ne sais que penser&#13;
de cela, car cela me surprend très fort. J’espérais qu’après la mort de notre ancien&#13;
5&#13;
&#13;
Au dehors des combats, au-dedans des frayeurs. (2 Corinthiens 7 : 5)&#13;
&#13;
�évêque, les assemblées pour les affaires du Séminaire se tiendraient régulièrement&#13;
et qu’on observerait exactement les règlements. Mandez-moi ce qui en est. J’en&#13;
écris autant à M. de Glandelet.&#13;
&#13;
/Transcription6 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2023&#13;
/Traductions latines par Paul-Hubert Poirier-2024&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 51</text>
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                    <text>1711 – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 51)&#13;
M. Dsmaizerets&#13;
1711&#13;
&#13;
Mgr&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
Lettres O, No 51&#13;
2 Je crois avoir receu les lettres que vous m’avez escrites a lxept lexeption&#13;
3 de celles que vous avez envoié par plaisance cet automne.&#13;
4 voicy celles que nous avons receu de vous cette année. une lettre&#13;
5 de trois pages toute de votre main du 16. may 1710. a M Lab. de Brisacier.&#13;
6 une a moy de quatre pages de la main de M de varennes du 19. aout&#13;
7 1710. et votre grande lettre a moy venüe par Lafricain. toute de la&#13;
8 main de M Guichard et qui est sans date Je vais repondre a ces&#13;
9 lettres. mais avant que d’y repondre Je dois vous avertir que Je vous&#13;
10 ay déjà escrit dez le mois de mars dernier sous lenvelope de M Raudot&#13;
11 par un vaisseau qui partoit de Bayonne Jay aussi escrit deux lettres&#13;
12 en commun a vous et a M Glandelet dans les mois davril et de may&#13;
13 par les vaiss.x le Neptune et le Pont chartrain qui en devoient partir&#13;
14 et que Je ne scay cepend.’ encore sils sont partis. Jl faut vous rendre&#13;
15 compte de ce qu’a fait Mgr LEvesq’ de Quebec depuis le depart des&#13;
16 vaiss.x de l’an passé.&#13;
17 Ce Prelat au lieu de penser a terminer avec Nous les aff.res sempressa&#13;
18 dez que les lettres furent finies d’aller a son abbaye de Bennevent. Je lui&#13;
19 demanday sil passeroit par meobec, Jl me dit que non; cependant&#13;
20 dez quil fut a Loche, Jl alla a Esve, et de la a S.ct Gautier, a meobec et&#13;
21 a chezelles avec M. Valet. Jl y toucha tout ce quil put dargent,&#13;
22 Jl y fit de grands procez verbaux de lestat des lieux; Jl y rechercha&#13;
23 tous ceux qui avoient ou avoient eûs des aff.res contre moy. Jl&#13;
24 sempara d’un execut[oi].re de plus de 500.# que Javois obtenu de contre M&#13;
25 De Lencosme, sous pretexte quil estoit sous son nom lui qui nignoroit&#13;
26 pas que par acte devant Not.re Jl mavoit donné pouvoir&#13;
27 dagir sous son nom p.r les aff.res de moebec, et Jl fut en suite de la&#13;
28 a son abbaye de Bennevent, ou Jl resta trois ou quatre mois. Jl en&#13;
29 revint encore en confirmant dans les petites villes du Berry autour de&#13;
30 meobec, ou Jl repassa. Jl y afferma le prieuré de chezelles et sen fit&#13;
31 donner davance une année qui n’escheera qu’a la S.’ Jean 1713. Jl&#13;
32 est revenu a Paris vers la fin de Jan.er, ou quelquJnstance que Je lui&#13;
33 aye faite et fait faire de terminer a lamiable nos differens, Jl trouve&#13;
34 toujours des moyens desluder, en sorte que nous ne sommes pas plus&#13;
35 avancez que nous lestions l’an passé.&#13;
36 Je crus devoir faire l’an passé quelq’ procedure, non pas contre lui, mais&#13;
37 contre ses fermiers de Bennevent, Lors quil appris, qui estoit a&#13;
38 moebec Je presentay donc requeste a M Le Lieuten’ Civil; Jexposay&#13;
39 que par transaction du 21. may 1706. Nous devions jouir de la&#13;
40 manse conventuelle de Bennevent, Je demandais commencer&#13;
&#13;
�Arrangement&#13;
proposé&#13;
&#13;
1711&#13;
3.&#13;
&#13;
41 a Pasque 1707. Je demanday permission de sortir ces revenus de la&#13;
42 manse conventuelle, et de fre assigner au chatelet les fermiers afin de les&#13;
43 f.re condamner a vuider leurs mains. Jajoutay cepend.’ p.r ne pas agir contr[e]&#13;
44 Le Prelat que cestoit sans prejudice de ce qui devoit lui appartenir de la&#13;
45 manse abbatiale, a laquelle Je ne pretendois pas toucher, et que Je&#13;
46 consentois quil touchast. J’ay donc envoié ces piece avec un parcatir du&#13;
47 grand sceau sur les lieux, J’ay fait assigner ces fermiers, Jls n’ont pas comparu&#13;
48 Mgr de Quebec m’a dit plus.rs fois quil prendroit leur faite et cause. cepend.’ Jl n[e]&#13;
49 la pas fait. Jaurois pu Jl y a longtemps et le puis encore lever contre eux&#13;
50 une sentence par deffaut. Je differe encore a la faire&#13;
51 Le Prelat auroit voulu que nous eussions fait un accommodement avec lui.&#13;
52 mais un accommodem.t dans lequel Jl auroit voulu que nous eussions tout&#13;
53 mis en son costé et rien du notre. Je vous avoüe que Lamour de la paix, et Le&#13;
54 desir que Jaurois de navoir jamais daff.res avec lui, mavoit porté a lui en&#13;
55 proposer un dans lequel vous perdiez beaucoup, mais vous vous&#13;
56 asseuriez une paix durable, et y trouviez le moyen de soutenir les bonnes&#13;
57 œuvres commencez, qui est ce qui me paroist necess.re voicy en quoy&#13;
58 Jl consistoit. Je lavois proposé a M de montigni qui lapprouvoit&#13;
59 fort aussi bien que M Le valet et lun et lautre croioient que cestoit&#13;
60 un moyen de couper la racine a toutes les nouvelles contestations.&#13;
61 Je proposois a Mgr Levesque de Quebec de lui laisser toute Labbaye&#13;
62 de Bennevent avec les rentes constituiez sur lhotel de ville, qui est tout&#13;
63 ce quil demande, a condition 1.o quil paieroit le service divin jusqu’à la&#13;
64 fulmination de la Bulle, dans LEglise de Bennevent, les pensions des chanoines&#13;
65 encore vivans, en un mot toutes les charges de cette abbaye dont nous ne&#13;
66 serions point chargez. 2.o Que nous jouirions de toute Labbaye de Lestrée&#13;
67 p.r Le chapitre, et de toute Labbaye de moebec p.r Le semin.re de Quebec,&#13;
68 et que les revenus de moebec seroient emploiez a entretenir de Jeunes&#13;
69 Ecclesiastiques au semin.re qui feroient leur sem.re a y devoient a f.re loffice&#13;
70 de la cathedrale, et dont Mgr de Quebec auroit la nomination de quatre&#13;
71 3.o Que Le chapitre seroit tellem’ uni au sem.re quil n’y auroit de chanoines&#13;
72 que des Ecclesiastiques du sem.re qui prendroient le Doyen de leur nombre,&#13;
73 et que vacance arrivant de lune des six prebendes, Jls presenteroient trois&#13;
74 sujets du sem.re a Mgr qui en choisiroit un : 4. Que dans le chœur et les procession&#13;
75 de la cathedrale Le Grand vicaire de Mgr sil nestoit pas du sem.re iroit apres&#13;
76 Le Doyen, et que sa Gr.r pouroit encore nommer un autre chanoine&#13;
77 honoraire qui iroit apres son Grand vicaire cest Mgr qui demandoit&#13;
78 ces choses, et Je les lui passois volontiers. 5.o qu’a lesgard de la fond.on&#13;
79 faite par Mgr en 1685. Elle seroit changée en six enfans du petit sem.re&#13;
80 dont Levesque auroit la nomination, et qu’apres La mort de Mgr ou&#13;
81 lon commenceroit a jouir de cette fond.on on appliqueroit un des&#13;
82 sujets a tenir les petites escoles sur cette fond.on 6.o Enfin que&#13;
83 Mgr continueroit sur ses revenus a paier les 400. p.r les escoles&#13;
&#13;
�Valeur des&#13;
abbayes.&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
84 sa vie durant, et que nous deschargerions apres sa mort sa succession&#13;
85 du fonds de 8000.# p.r cette fond.on Tout cela a commencer de&#13;
86 Pasque 1707. En sorte que ce qui auroit esté touché par Mgr de&#13;
87 Labbaye de moebec depuis Pasques 1707. Seroit restitué par lui,&#13;
88 et quil en donneroit un transport a toucher sur les fermiers de&#13;
89 Bennevent.&#13;
90 Ce qui a fait rompre ce projet cest que 1.o Mgr vouloit que nous&#13;
91 lindamnisassions sa vie durant de ce quil paieroit de ce service&#13;
92 divin, ou des pensions des chanoines, et disoit p.r sa raison que&#13;
93 nous ne devions pas le traiter plus mal que le seroient ses successeurs,&#13;
94 or ses successeurs nauront dit il pas a paier ces pensions et ce service&#13;
95 divin. Je lui reponds que p.r f.re de L’egalité entre lui et ses successeurs,&#13;
96 Nous nous offrons de paier actuellem’ ces charges jusqu’à leur&#13;
97 extinction, mais a condition que nous prendrons ce revenu sur la&#13;
98 manse monacale de Bennevent, et quapres lextinction ce revenu&#13;
99 nous appartiendra&#13;
100 Car p.r lui f.re voir que p.r lui et ses successeurs Je leur fais un grand&#13;
101 avantage en leur laissant Labbaye de Bennevent, et ne prenant&#13;
102 que meobec, quoiq’ suivant la Bulle nous devions partager&#13;
103 esgalement, Je lui offre de lui donner moebec et de prendre&#13;
104 Bennevent, et de lui donner 2000.# par an de suplement et de paier&#13;
105 ces charges des chanoines. or Jl ne pretend pas que Je lui offre assez&#13;
106 Donc Je lui laisse au moins 2000.# de fonds plus que Je n’en prends&#13;
107 en lui donnant Bennevent et prenant meobec&#13;
108 Mgr de Quebec ne trouvoit aucune difficulté aux 2.e et 3. article. Nous lui&#13;
109 passions le 4.e et le 5.e excepté quil auroit voulu que dez a present&#13;
110 Nous leussions deschargé de cette fond.on cepend.’ Jl ninsistoit pas. Tout&#13;
111 ce qui restoit de difficile a regler cest quil vouloit que ce qui estoit&#13;
112 touché fust touché sans retour et f.re compensation, ce qui alloit&#13;
113 a lui relascher 4. a 5000.# quil doit au moins restituer. voicy le plan&#13;
114 sur lequel nous mettons les choses.&#13;
115 Je supose que L’abbaie de Bennevent vaut 8500.# ou 9000.# toutes charges&#13;
116 faites sans y comprendre les pensions des chanoines et le service divin&#13;
117 et ces pensions et service comprises Jl reste au moins 7000.# c’est 3500.#&#13;
118 p.r M. Levesque et 3500.# p.r Le semin.re Labbaie de moebec ne peut aller a&#13;
119 tout rompre a 3000.# par an, et Jamais Je ne les ay retiré. cest 1500.#&#13;
120 p.r Mgr et 1500.# p.r Le semin.re or en lui abandonnant toutes Labbaie&#13;
121 de Bennevent p.r Labbaie de moebec, Je lui donne 3500.# p.r 1500.# Je&#13;
122 vous envoye copie du dernier projet d’accommodement que Mgr&#13;
123 de Quebec a donné a son Emin.ce et les reponses que J’y avoir fait. vous&#13;
124 verrez en cela en quoy consiste la difficulté entre lui et Nous. Jl&#13;
125 paroist a nos Mess.rs que c’est beaucoup sacrifier que de se reduire a la&#13;
126 seule abbaye de moebec, et lui abandonner tout Bennevent et les&#13;
&#13;
�vide infrà&#13;
B p. 5.&#13;
&#13;
1711. à M : des&#13;
Maizerets&#13;
5.&#13;
&#13;
127 rentes sur lhotel de ville, La bulle nous donne moitié dans chaq’ abbaie,&#13;
128 et par la clause, supportatis omnibus et singulis pradictoru monasterioru oneribus&#13;
129 La mesme Bulle assujettit aux charges des abbayes de meobec et de Lestrée les&#13;
130 rentes qui sont sur lhotel de ville a ces deux abbayes :&#13;
131 Je vous avoüe Monsieur que c’est p.r moy une grande mortification&#13;
132 d’avoir a traiter avec Mgr de Quebec, et nos Mess.rs avec toute leur prudence&#13;
133 sont souvent au bout de leur volet. on ne scait comment le prendre a moins&#13;
134 que de lui accorder tout ce quil demande : son but est doster au sem.re tout&#13;
135 ce quil peut pretendre et ce sont tous les jours de nouveaux projets et de&#13;
136 nouvelles demandes. Dailleurs Jl est dune violence et du colere semblable&#13;
137 a celle que vous avez esprouvé plus.rs fois en canada, car Jl n’en a rien&#13;
138 diminué. J’en eus encore un assaut violent le 5.e de ce mois. Par&#13;
139 bonheur je menay avec moy M de montigni qui en fut tesmoin, et qui&#13;
140 en fut plus surpris que moy, car J’y suis bien accoutumé. M de montigni&#13;
141 a dit que sil ne s’y estoit pas trouvé Jl croit que Jaurois esté frapé. J’y fut traité&#13;
142 d’Jndigne Prestre qui ne devroit par monter a lautel, qui ne dois pas attendre de recompense&#13;
143 de ce que Je fais, qui veux estre procureur malgré tout le monde, et bien dautres&#13;
144 choses, et tout cela, par ce que Je ne voulois pas convenir avec lui que Javois&#13;
145 fait expedier la bulle telle quelle est. Je lui disois tres respectueusement que&#13;
146 Javois ses lettres en original, qui disoient au contraire que cestoit lui qui&#13;
147 lavoit ainsy voulu, qu’on avoit a Rome le suplique de cette bulle signé de&#13;
148 lui, sur laquelle elle avoit esté expediée. cen fut assez p.r esmouvoir sa&#13;
149 bile a un excez qui effraia M de montigni.&#13;
150 ajoutez a cela que tout retombe sur moy, et quil me traite de grossier et&#13;
151 d’Jmpoli, de violent et d’emporté a tous ceux a qui Jl lui plaist de le dire&#13;
152 Jl le dit et lescrit a M Le Cardinal, et a plus.rs autres personnes, et comme&#13;
153 Je lui ay representé souvent tres doucement, que m’en revient il ? en&#13;
154 aurai je une plus grosse portion, en serai je plus gros seigneur ? si je lui accordois&#13;
155 tout ce quil demande Je serois lhomme le plus admirable J’ay plus.rs de ses&#13;
156 lettres ou Jl m’a autre fois donné bien des louanges. aujourdhui Je ne suis pas&#13;
157 bon a noier, et cela Je vous demande pour quoy ? parce que ma conscience&#13;
158 ne me permet pas de lui donner tout ce quil demande.&#13;
159 voiez sil ne seroit pas plus a propos de me casser aux gages et d’envoier&#13;
160 a ma place une autre personne, car cest tout ce quil desire, et Je ne scay&#13;
161 si peut estre ce ne seroit pas un moien de lengager a finir et signer quelque&#13;
162 chose de raisonnable, en lui promettant de me destituer du soin de vos&#13;
163 aff.res et d’en charger un autre, ou en envoyant effectivement un autre&#13;
164 a ma place. Je vous diray volontiers co’e Jonas, si propter me tempestas&#13;
165 ha’c &amp;. projiesté me in mare, ut vos jactaro desinatis. Je seray tres&#13;
166 aise destre deschargé, car lestat ou Je suis est trop violents Je ne&#13;
167 vous escris cepend.’ pas cecy par descouragement, Je soutiendray&#13;
168 le plus respecturuesm’ quil me sera possible vos Jnterests. Ce qui&#13;
169 est merveilleux c’est que Le Prelat croit que c’est moy qui veux&#13;
&#13;
�B&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
170 tout faire regler a la rigueur avec lui, et Jl sent bien quil n’y&#13;
171 trouveroit pas son compte voila ce qui lindispose. cependant&#13;
172 cest M L. Tiberge qui voudroit ainsy f.re regler les aff.res et c’est&#13;
173 moy qui au contraire ay proposé des accommodemens et qui&#13;
174 suis obligé de soutenir contre M Tiberge que p.r finir avec&#13;
175 un tel esprit que ce Prelat Jl vaut mieux en sortir par&#13;
176 un accommodement en perdant beaucoup que de vouloir&#13;
177 tout f.re Juger a la rigueur. Jl croit que c’est moy qui mèine&#13;
178 co’e Je veux M.rs de Brisacier et Tiberge cepend.’ nous conferons&#13;
179 souvent avec eux et M de Rosalie, et Je ne fais rien que par leur&#13;
180 conseil, et neant moins Je ne puis rien finir.&#13;
181 Jaurois bien pu rompre entierem’ avec ce Prelat, et presenter&#13;
182 requeste a M Le Lieutenant civil, po’ rendre le pouvoir de f.re&#13;
183 sortir tous les revenus de moebec et Bennevent, et sur un parcatis&#13;
184 du grand sceau envoier saisir et assigner au chatelet les fermiers.&#13;
185 mais si Le Prelat est si mescontent de moy quoi q’ J’aye en ce mesnagem’&#13;
186 p.r lui, que seroit ce si Je l’avois fait ? D’ailleurs ce qui m’en a le plus&#13;
187 destourné, c’est que nous nous engagerions par la dans une affaire&#13;
188 difficile et espineuse, dont Je n’oserois me promettre un bon succez.&#13;
189 Cepend.’ Jl paroist que Le Prelat ne terminera rien quil n’y soit forcé,&#13;
190 a moins qu’on ne donne dans tout ce quil veut, et Jl faut mesme&#13;
191 sattendre que quand Jl aura aujourdhui obtenu une chose, Jl en&#13;
192 voudra demain une autre, et on ne finira jamais rien avec lui.&#13;
193 Jl a pris son Emin.ce M Le Cardinal de Noailles p.r nous regler.&#13;
194 Cette Emin.ce lui a fait dire qu’elle souhaitoit p.r cela un compromis.&#13;
195 et c’est ce que Jestois allé lui dire avec M de montigni quand&#13;
196 Je fus si bien repassé. et son Emin.ce lui envoia ensuite son aumosnier&#13;
197 Jl n’a pas voulu donner un compromis simple et net mais un&#13;
198 simple billet ou Jl dit quil suivra laccommodem’ que fera&#13;
199 son Emin.ce et le signera mesme sans le lire, et Jl envoye en&#13;
200 mesme temps un accommodem’ tout dressé, par lequel Jl prie&#13;
201 son Emin.ce de nous f.re passer et lui mande ne pouvoir faire&#13;
202 Regler cette aff.re selon lexactitude de la Loy, mais ne vouloir&#13;
203 suivre qu’un accommodement, dont Je envoye copie,&#13;
204 avec les reponses a costé que J’y ay faites.&#13;
205 J’ay fait demander a son Emin.ce de lui proposer co’e delle mesme&#13;
206 de nous engager a laisser nos aff.res en suspens pend.’ trois ans et&#13;
207 le laisser jouir de Bennevent et nous de moebec sans aucun retour&#13;
208 de part et d’autre, afin de prendre pend.’ ce temps la des mesures&#13;
209 p.r terminer a lamiable et n’en pas venir a une rupture entiere&#13;
210 Je ne scay si cela reussira. La principale raison que J’ay eu de&#13;
211 proposer cela, c’est davoir le temps de vous proposer tout ce&#13;
212 quil demande et prendre vos avis p.r les suivre D’ailleurs&#13;
&#13;
�213 Jaurois voulu avoir une nouvelle procuration du chapitre&#13;
214 p.r terminer avec lui. car Jl nous rejette que nos pouvoirs&#13;
215 sont revoquez, quand nous voulons en venir avec lui a un&#13;
216 reglement, et pour laccommodem’ qui laccommode et nous&#13;
217 incommode Jl supose que nous ne manquons pas de pouvoir&#13;
218 Jl faudroit donc que Le chapitre nous envoient une Nouvelle&#13;
219 procuration&#13;
220 Ce quil y a de merveilleux dans le refus quil nous fait de faire&#13;
221 tout regler exactem’ selon les loix, c’est que quand nous&#13;
222 demandons un tel reglement sur la Bulle, Jl soutient que la&#13;
223 Bulle ne peut se soutenir, quelle est remplie de nullitez, qu’on&#13;
224 ne la peut faire passer, et quil en faut necessairement une&#13;
225 autre, et quand Jl propose son accommodem’ fondé entierem’&#13;
226 sur la Bulle, Elle devient la meilleure du monde, et on n’en peut&#13;
227 avoir de meilleure. Sil estoit d’humeur a en demander en effet&#13;
228 une autre, nous la demanderions pend.’ ces trois ans sil les&#13;
229 accordoit. Jl dit quelq’ fois que nous devons signer cet&#13;
230 accommdem’ et demander ensuite une nouvelle Bulle dessus,&#13;
231 tant Jl est vray quil seroit bien fasché dabandonner&#13;
232 entierem’ la Bulle, mais par la Bulle nous faire signer&#13;
233 son accommodement, et le f.re ensuite homologuer en cour de&#13;
234 Rome. Nous aurons bien de la peine a faire avec lui quelq’ chose&#13;
235 de bien net et de bien precis.&#13;
236 Jl nous est survenu une aff.re tres considerable touchant Labbaie&#13;
237 de L’estrée. Je vous ay mandé dans les annéez precedentes que&#13;
238 La Prieure qui y est cet bonne amis d Mad.’ La marechale&#13;
239 d’humieres qui va y passer un temps considerable de lannée.&#13;
240 Je ne scay qui a donné lieu a faire demander a ces Relig.ses&#13;
241 cet hyver si elles avoient des lettres patentes et LJntendant&#13;
242 de Roüen a eu lordre de la cour de leur declarer que si&#13;
243 elles n’en avoient pas, Elles eussent a quitter cet&#13;
7&#13;
&#13;
244 establissement, Le Roi ne souffrant point de nouveaux Establissemts&#13;
245 dans son Roiaume sans lettres patentes. Cela a donné lieu a&#13;
246 Mad.’ La mareschale dhumiere de se remuer p.r son amie, et&#13;
247 comme M de Pont chartrain, et M de la vrilliere tous les deu[x]&#13;
248 con.ers destat sont de ses parens et de ses alliez; Elle a obtenu&#13;
249 de nouvelles lettres patentes. Elle les a fait registrer au Parlem’&#13;
250 de Roüen sans nous y appeler, et dans ces lettres patentes, Elle&#13;
251 y a fait Jnserer que ces Relig.ses jouiroient de tout ce dont les&#13;
252 Relig.x jouissoient, sans rien suivre de ce qui avoi testé fait avec&#13;
253 tout lordre de cisteaux, et les prieures qui avoient esté avant&#13;
254 cellecy. M LEvesq’ de Quebec a esté averti de tout ce manege&#13;
255 et ne nous en a donné commoiss.ce que quand Jl nestoit plus&#13;
&#13;
�256 temps d’y remedier dans sa source car sitost quil m’en parla&#13;
257 J’escrivis a Roüen, et Jappris que les lettres patentes avoient&#13;
258 esté enregistréez, sans nous y appeler. Nous avons toujours lieu&#13;
259 de nous opposer a larrest, mais cest une procedure longue&#13;
260 et incertaine or la Prieure na pas eu plutost ces lettres&#13;
261 patentes enregistréez quelle nous a fait assigner M Levesque de&#13;
262 Quebec devant le Juge roial le plus prochain qui est Ery pour&#13;
263 lui demander partage de Labbaie, et une provision sur les&#13;
264 fermiers en attendant le partage, et elle a ensuite fait saisir&#13;
265 sur tous les fermiers et sur tous ceux qui avoient relation a&#13;
266 L’abbaie de Lestrée. M LEvesq’ de Quebec a esté fort aise de cette&#13;
267 nouvelle futée que nous avons a démesler. apres avoir pris&#13;
268 conseil avec des gens habiles, J’ay pris un arrest de defense sur&#13;
269 toutes ces saisies au grand conseil, et J’y ay obtenu permission&#13;
270 d’y faire assigner la Prieure de la colombe et ses Relig.ses deffense&#13;
271 au Juge d’ery d’en connoistre et J’ay obtenu main levée de&#13;
272 toutes ces saisies. Je me suis fondé sur les lettres patentes que&#13;
273 nous obtinsmes en 1697. sur le partage que nous fisme alors&#13;
274 avec Mgr de Quebec, et Jespere que ces lettres patentes et les Brevets&#13;
275 de sa majesté que nous avons nous tireront de cette affaire&#13;
276 Nous ne sommes cepend.’ pas au bout, Je mattends quactuellem’&#13;
277 Le Prieure ou plutost Mad.’ La mareschale dhumiere sollicite au&#13;
278 Parlement de Rouen un arrest qui casse celui du grand conseil&#13;
279 restablisse les saisies et ordonne de proceder a Ery. Jl m’en&#13;
280 faudra obtenir un nouveau du grand conseil qui casse&#13;
281 celui de Rouen, et deffende de proceder a Ery. Et sur ce&#13;
282 conflit de jurisdiction, Jl en faudra venir au conseil&#13;
8.&#13;
&#13;
283 en reglement de Juge.&#13;
284 Je ne laisse pas dagir au conseil des depesches pour y presenter&#13;
285 une requeste au Roy et y representer la contradiction de ces&#13;
286 lettres patentes, et qu’on a surpris sa Religion en lui demandant&#13;
287 ces revenus des Relig.x de Lestrée que sa majesté avoit deja&#13;
288 donnée plus.rs fois au chapitre de Quebec mais La maladie et&#13;
289 la mort de M Le Daufin a fait que depuis que J’ay eu connoiss.ce&#13;
290 de cette aff.re Le Roi a toujours esté a marli et Jl n’y a&#13;
291 point de conseil de depesches pend.’ que Le Roi nest pas a&#13;
292 versailles. Nous tenons notre requeste toute preste pour&#13;
293 la presenter dez quil y en aura un conseil, et tous ceux que&#13;
294 J’ay consultez m’ont assurez quil n’y avoit aucune difficulté&#13;
295 en cette aff.re que cestoit une pure surprise qu’on avoit fait au&#13;
296 Roi, et que nous en viendrions a bout. cepend.’ cela est fort&#13;
297 desagerable et me donnera bien du mouvement.&#13;
298 Mad.’ Le mareschale dhumiere se plaint bien haut de moy par&#13;
&#13;
�299 tout, et en dit tout ce quelle veut. Elle pretend que J’ay appellé&#13;
300 son amie La sœur prieure de La colombe et en ay parlé avec&#13;
301 mespris. cepend.’ Je n’ay rien sur cela a me reprocher, car au&#13;
302 contraire J’ay toujours eu du respect pour cette Prieure qui en&#13;
303 effet est une bonne Relig.se et toutes differente de celle qui lestoit&#13;
304 cy devant. mais J’ay eu le malheur de lui deplaire p.r deux raisons, La 1.ere&#13;
305 qu’un valet qu’elle a non seulem’ chassoit sur le terres de Lestrée sans prer&#13;
306 permission, mais quil menaçoit mesme le Jeune Rotrou a qui Je permettois d’y&#13;
307 porter un fusil p.r conserver la chasse, Jl le menaçoit dis je de lui oster son&#13;
308 fusil. Je trouvay cela fort impertinent a ce valet et fort ridicule, et J’en escrivis&#13;
309 a cette Prieure p.r m’en plaindre La seconde est que dans deux ou trois visites que&#13;
310 Je lui ay rendu, Elle auroit voulu que Je lui eusse vendu les domaines qui ne sont pas&#13;
311 fort esloignez de Labbaie et quelle trouveroit a la bienseance, et quoi q’ J’aye tasché&#13;
312 a lui f.re comprendre que Je n’en avois pas le pouvoir, que Mr de Quebec ne&#13;
313 pouvoient aliener les biens de cetta abbaye sujets aux decimes et autres charges,&#13;
314 Elle a cru que Je ne la faisois par parceq’ Je ne le voulois pas, et cela a&#13;
315 suffi p.r aliener Mad.e La mareschale dhumieres, non seulement de moy,&#13;
316 mais de M de Brisacier mesme en qui elle avoit autre fois une entiere&#13;
317 confiance, par ce quand elle ayme quelquun, elle n’y met pas de bornes,&#13;
318 et actuellement toute sa famille se plaint de ce quelle neglige tous ses&#13;
319 anciens amis et parens p.r sattacher a cette Relig.se&#13;
320 Je ne vous ay pas mandé l’an passé que Javois esté obligé dagir contre la&#13;
321 succession de feu M Labbé de matha Evesq’ Daire qui devoit encore quelq’&#13;
322 chose de plus qu’une année p.r la pension de notre cher ancien Evesque de&#13;
323 Quebec J’ay fait p.r cela saisir tout ce qui lui appartenoit dans&#13;
324 Labbaye de S.t Cyran qui est aupres de meobec Enfin celui qui est son&#13;
9&#13;
&#13;
M.’ Bergier&#13;
&#13;
difficulté&#13;
&#13;
325 executeur testamentaire m’a promis de nous f.re paier,. J’ay envoié&#13;
326 p.r cela a aire Notre procuration p.r recevoir et donner quit.ce&#13;
327 on m’a promis de me paier p.r la pension et les frais faits qui montent&#13;
328 bien a 50.# ou 60.# de me paier dis je quelq’ chose de plua que 1900.#&#13;
329 car Jl a fallu deduire la subvention et le don gratuit qui est un quart&#13;
330 et un sixieme, et on m’a promis de porter cet argent a Bordeaux, car&#13;
331 Je le destine p.r ayder M Bourgine a f.re les depenses quil fait p.r nous.&#13;
332 actuellement. Jespere sortir incessamment de cette aff.re&#13;
333 Je vous ay mandé que Je n’avois encore pu rien finir avec les heritiers de&#13;
334 feu M Bergier. Jl nestoit nuellement necess.re que vous menvoiassiez&#13;
335 son testament et ces certificats du P marests, car Jl m’avoit envoié&#13;
336 dez 1703. ou 1704. un original de ce testament tout escrit de sa main&#13;
337 que Javois deposé dez lors chez M Carnot Not.re&#13;
338 or par ce testament M Bergier y prend la qualité de Prestre&#13;
339 aggregé au semin.re des missions Etrangeres. or cest cette qualité&#13;
340 par laquelle ses heritiers pertendent f.re annuler le testament sur&#13;
341 ce que les loix deffendent de f.re un bien a un corps au quel on est associé,&#13;
&#13;
�342 a cause du danger de seduction. Jls ont des arrests contre les Peres de Loratoire&#13;
343 de ceux qui estoient de leur societé. Le second moien dont Jls veulent se&#13;
344 servir est quils ne croient pas que M Bergier ait pu nous instituer ses&#13;
345 heritiers. Je ne crois pas cette seconde difficulté bien fondée en ce que&#13;
346 Le Dauphiné est un pays de droit escrit ou linstitution des heritiers&#13;
347 est en usage mais la 1.ere difficulté peut f.re quelq’ impression cest&#13;
348 une aff.re a accommoder avec eux, Jls me font esperer quils viendront&#13;
349 incessamment a Paris et que nous reglerons cette aff.re sans plaider&#13;
350 par lavis des avocats; Je suis assez de ce sentiment.&#13;
351 Car on ne peut pas plus apprehender le procez que Je fais, et cepend.’&#13;
352 quelq’ precaution que Je prenne Jl m’en vient toujours. J’estois tres&#13;
353 inquiet d’un que Javois avec le chapitre de la cathedrale de&#13;
354 Poitiers p.r le benefice qui est sous le nom de M Le blond, (dont par&#13;
355 parenthese vous ne trouverez encore rien de receu Tout se consomme&#13;
356 en faux frais et reparations.) Javois fait proposer cet automne par&#13;
357 M Le sup.r du sem.re de Poitiers un accommodement a ces Mess.rs&#13;
358 apres avoir examiné ce procez commensé Jl y a 20. ans par feu Mr&#13;
359 Gontier. Joffris a ces Mess.rs tout ce que J’ay offert par mes escritures&#13;
360 dans le procez, et Je proposay de compenser les depans. Ces Mess.rs&#13;
361 nagreerent pas mes offres, et cepend.’ sans que J’aye sollicité&#13;
362 personne La cour a admis mes offres et les a suivies, et elle a&#13;
363 condamné ces Mess.rs en la moitié des depans envers moy.&#13;
364 Javois fait tres peu de frais mais ces Mess.rs en avoient fait&#13;
365 pour cinq ou 600.# dont Ils esperoient avoir un&#13;
366 execut.re contre moy. Jls ont esté fort trompé.&#13;
10&#13;
&#13;
367 Je vous ay mandé les annéez passéez quil n’y avoit plus dapparence que&#13;
368 lon fust paié des ord.ces sur le tresor roial, et que Je navoit pu me&#13;
369 f.re paier de 1707. 1708. et 1709. J’ay encore moins pu tirer 1710.&#13;
370 Nos Mess.rs qui avoient des ord.ces p.r les missions orientales en sont&#13;
371 de mesme M charon poura vous mander que quoi quil soit&#13;
372 icy Jl n’en peut rien tirer quoi quil ait frapé a toutes les portes.&#13;
373 Cepend.’ quoi q’ ces ord.ces soient aussy peu utiles quelles sont&#13;
374 M Le comte de Pont chartrain voulut nous retrancher lannée&#13;
375 passée celle des 4000.# p.r le retablissem’ de notre semin.re Jl nous&#13;
376 a fallu le solliciter beaucoup et elle n’a esté expediée que cette&#13;
377 année cy. Je ne scay sil la continuera cette année. Jl dit que cette&#13;
378 ord.ce ne nous a esté donnée que par gratif.on p.r un temps, ce qui est vray.&#13;
379 Nous l’avons prié de la continuer jusqu’a ce quil plaise au Roi nous&#13;
380 donner un benefice de 4. a 5000.# Jls ne nous a pas paru y donner&#13;
381 les mains. au pis aller nous n’y perdrons pas beaucoup. car que&#13;
382 faire a present de ces ord.ces C’est du papier qu’on garde qui vaut&#13;
383 moins que des billets de monnoye sur les quels on perd a present&#13;
384 les deux tiers. Je&#13;
&#13;
�385 Je ne vois nulle apparence que du vivant du Roi nous puissions&#13;
386 obtenir un benefice p.r unir au sem.re co’e Jl nous la promis. Car&#13;
387 Le P Le Tellier ayant autant de pouvoir quil en a aupres du Roi et&#13;
388 autant de mauvaise volonté contre nous dont Jl machine la&#13;
389 perte avec toute sorte dattention, nous devons nous attendre&#13;
390 quil trouvera toujours des moiens de destourner Le Roi de nous&#13;
391 f.re du bien Jl faut laisser couler son temps qui paroist dur a&#13;
392 plus.rs personnes qui se ressentent de son zele contre Le Jansenisme,&#13;
393 sous le pretexte duquel Jl fait souffrir qui Jl lui plaist.&#13;
394 Comme nos Mess.rs se sont vûs a la fin de lannée derniere leurs ord.ces des&#13;
395 quatre dernieres annéez et que par lestablissem’ du dixieme denier qui le&#13;
396 faisoit on seroit exposé a paier le dixieme de ces ord.ces Je leur proposay a la&#13;
397 fin de lannée un moyen p.r nous en faire des contracts de constitution&#13;
398 sur lhotel de ville Nos Mess.rs lavoient demandé a M Des marais Jl&#13;
399 y a deux ans et Jl lavoit refusé. Jls crurent devoir se servir de l’expedient&#13;
400 que Je leur proposay, et nous y mismes tout ce que nous avions p.r lors&#13;
401 d’ord.ces J’en avois a vous p.r L’Jncendie lannée 1707. 1708. et 1709.&#13;
402 qui faisoient 12000.# et une ordce de la pension de Notre ancien Evesque&#13;
403 sur le tresor roial p.r lannée 1708. qu’on mavoit expediée et ayant&#13;
404 renvoié a M Des Granges cette ord.ce apres le decez de Notre ancien&#13;
405 Evesque, Jl me la renvoia et me dit que Je pouvois m’en faire paier.&#13;
11.&#13;
&#13;
M. de la&#13;
Vente.&#13;
&#13;
406 Ces quatre ord.ces faisoient donc 14000.# et J’en avois p.r les&#13;
407 missions de La Louisiane les annéez 1707. 1708. 1709. et 1710. a&#13;
408 4500.# par an, cest 18000.# si Javois eu p.r lors lord.ce de&#13;
409 4000.# p.r n’re Jncendie p.r 1710. Jaurois eu p.r Le sem.re de&#13;
410 Quebec pareille so’e de 18000.# Nous fismes passer une so’e&#13;
411 plus considerable p.r nos missions orientales, et nous fismes&#13;
412 recevoir tout cela au tresor roial, avant la fin de lannée&#13;
413 passée. Ce qui nous a esvité de paier le dixieme de ces&#13;
414 so’es que nous aurions paié au tresor roial, si nous navions&#13;
415 fait passer ces ord.ces que cette année. Cest 3200.# quil nous&#13;
416 eust conté sur 32000.# a la verité les Jnterests ne courent&#13;
417 que du 1.er Jan.er de cette année. cela ne se paiera peut estre&#13;
418 pas exactement, mais apres tout Nous navons pu trouver un&#13;
419 meilleur usage de ces ord.ces et nous avons crus f.re en cela une&#13;
420 bonne aff.re Je n’ay eu garde de dire a Mgr Levesque de&#13;
421 Quebec ce que Javois fait sur cela, Jl me paroist que vous ne le&#13;
422 lui devez pas dire non plus, car Je vois que ce que Je lui ay dit&#13;
423 quelq’ fois dans la simplicité Jl sen fait souvent des armes&#13;
424 contre moy, et co’e Jl ne cesse de dire par tout que nous sommes&#13;
425 trop riches, nous devons lui cacher nos aff.res autant que nous le pouvons.&#13;
426 mais aussi en emploiant ainsy les ord.ces des missions de La Louisiane&#13;
427 vous vous trouvez chargez de ces missions qui sont dans un Etat&#13;
&#13;
�428 pitoiable M De La vente en est revenu au mois daoust dernier&#13;
429 apres avoir couru bien des dangers passant sur plus.rs vaiss.x&#13;
430 p.r se rendre en france Jl estoit perclus de presq’ tous ses membres,&#13;
431 et menacé dune paralisie de la moitié du corps. Jl en est a present&#13;
432 un peu remis. mais Jl a actuellem’ une fistule a Lanus,&#13;
433 qui lobligera peut estre a f.re Loperation. Jl est avec nous au&#13;
434 semin.re sur le compte de ces missions p.r les quels Je ne touche&#13;
435 rien depuis un tres long temps.&#13;
436 Cepend.’ Je n’ay pas laissé de leur envoier encore au mois de&#13;
437 Septembre dernier une facture par M de Remon ville Capit.ne&#13;
438 de vaisseau qui a esquipé La Renommée p.r cette colonie. Jl&#13;
439 partit en octobre ou Novembre. Jl nous a fait paier&#13;
440 200.# du tonneau de fret de ceq’ Jenvoye a nos Mess.rs&#13;
441 Jen ay paié p.r 400.# et Je ne scay sil se rendra en ce&#13;
442 pays la, car Jl a relasché trois fois en Espagne et Je ne scay&#13;
12.&#13;
&#13;
443 sil en est encore parti. Je crains quil ne consomme les farines et&#13;
444 autres provisions que Jenvoye a nos Mess.rs qui sont fort a plaindre&#13;
445 de se trouver dans une colonie si abandonnéé, et dont on paroist&#13;
446 si peu sambarasser. or Javois quelq’ chose de reste a ces missions&#13;
447 p.r commencer la depense de ce que J’ay envoié a ces missions,&#13;
448 mais Jl m’est deu plus de 1000.# au dela de ceq’ J’avois, et Je ne puis me&#13;
449 dispenser de le mettre sur le compte du semin.re de Quebec qui a&#13;
450 entrepris ces missions, car notre semin.re de Paris ne s’en est jamais&#13;
451 voulu Charger. Jl n’a aucun fonds p.r cela Je n’ay pas encore&#13;
452 porté cela dans le compte du semin.re p.r cette année. Je le feray&#13;
453 dans la suite&#13;
454 Javois voulu vous esviter le paiement des pensions de M.rs Thibout et Guichard&#13;
455 depuis quelques annéez qui ont esté paiéez des deniers des missions de Lorient&#13;
456 ou l’on croioit que ces Mess.rs iroient. mais comme la providence les a&#13;
457 destinez p.r le canada Javois cru lannée passée pouvoir les paier avec&#13;
458 le fonds d’une fondation faite au sem.re de Paris p.r laquelle ont devoit&#13;
459 nommer des sujets qu’on navoit pas nommez p.r lannée 1709. J’en avois&#13;
460 fait limputation et lapplication dans mes comptes p.r la pension de&#13;
461 M Thibout et de M Guichard en 1709. Nos Mess.rs ne me veulent&#13;
462 pas passer cet article que Je voulois vous espargner. Je laisse cela&#13;
463 en suspens p.r le compte de lannée prochaine, co’e aussi ce qui est&#13;
464 encore deu p.r la pension de ces Mess.rs en 1710. jusqu’a leur depart&#13;
465 que Je ne vous ay pas compté. Je fais ce que Je puis p.r vous&#13;
466 mesnager a cause du mauvais estat de vos aff.res, et Je m’en attire des&#13;
467 reproches des autres missions. mais vous scavez que Je ne suis pas&#13;
468 le maistre Nous taschons a mettre les choses en estat dans la suite a&#13;
469 avoir independamm’ d’aucune mission de quoy entretenir au semin.re de&#13;
470 Paris les sujets qui se presenteront p.r les missions. mais cela nest pas encore&#13;
&#13;
�471 en estat et n’y sera de quelq’ annéez. Jl faut mesme p.r cela quil meure&#13;
472 auparavant un usufruitier dune succession dont nous devons avoir&#13;
473 le huititme p.r cette fondation, et cela nous produira co’e Je lespere&#13;
474 plus de 30000.# en fonds d’heritages.&#13;
475 J’ay tasché a accomplir la plus grande partie de votre facture, mais Je&#13;
476 nay pu vous envoier de vin Jl est en france a un prix excessif, et la&#13;
477 pluspart des comm.tez a Paris se sont reduites les unes a leau les autres&#13;
478 a la Biere Jl est vray que Le prix du vin se modere actuellem’ a cause de&#13;
479 la belle preparation p.r les vignes qui sont plus belles qu’on ne les a veües&#13;
480 depuis vingt ans. mais Jl nest plus temps de charger du vin. Jl faudra&#13;
481 que vous en preniez des marchands ce dont vous ne pouvez absolument&#13;
482 vous passer. J’ay recommandé qu’on vous envoye a la place deux&#13;
483 bariques deau de vie qui sont tres cheres en france.&#13;
1711. à M.&#13;
desemaizerets&#13;
13.&#13;
&#13;
484 M Bourgine me mande que ce quil vous envoye par le&#13;
485 Neptune et Le Pont chartrain monte a pres de 1900.# et ce que Je&#13;
486 vous envoye d’ailleurs monte a prez de 4000.# dans lenvoy de&#13;
487 Mad.’ De La motte ango. Dieu veuille que cela arrive a bon&#13;
488 port. mais Je passeray une année bien inquiete&#13;
489 Je ne vous ay pas dit que depuis un an J’ay esté obligé de&#13;
490 mettre une autre personne a la place de M Rotrou p.r prendre&#13;
491 soin de Labbaye de Lestrée. Cestoit un fort bon homme qui&#13;
492 avoit esté chargé de cette abbaye Jl y a prez de trente ans&#13;
493 par Mgr Lancien et par M Du Douit. Jl estoit rempli&#13;
494 d’affection, et sil faisoit des fautes ce nestoit que faute de&#13;
495 lumiere, car Jl ne manquoit pas daffection Javois toujours&#13;
496 renouvelé avec lui les baux jusqu’au dernier qui finit Jl&#13;
497 y a deux ou trois ans. Jl se trouva redevable de so’es assez&#13;
498 considerables. Elles lui estoient deues par les fermiers. Je les&#13;
499 pris p.r bons afin dempescher quil ne les ruinast. Je lui&#13;
500 laissay a recouvrer une quantité de petitre so’es, et Je lui&#13;
501 laissay regir Labbaye de Lestrée sans y mettre un fermier&#13;
502 general en lui donnant 250.# p.r sa regie. Jesperois que&#13;
503 son fils qui a 22. ans se donneroit du mouvement et se&#13;
504 formeroit a ces sortes daff.res mais Jl n’y est pas propre&#13;
505 Le bonhomme M Rotrou est tombé en paralisie de presq’&#13;
506 tout le corps. Jl a donc fallu le changer. Je l’ay fait&#13;
507 le plus doucement quil m’a esté possible. cela lui a fait&#13;
508 quelq’ peine apres cela Jl a bien veu que nos aff.res en&#13;
509 souffroient trop. En effet son fils ne faisoit pas paier les&#13;
510 fermiers. Jls lamusoient et se mocquoient de lui, J’ay&#13;
511 donc pris une personne qui prenoit autre fois soin de&#13;
512 la commanderie de ville Dieu dont estoit commandeur&#13;
513 un des freres de n’re ancien Evesq’ M De Laval son&#13;
&#13;
�514 Neveu me l’a indiqué et J’ay trouvé un homme tel&#13;
515 que Je pouvois souhaiter, vigilant, actif, fidele, et Dont&#13;
516 J’ay tout lieu destre content qui m’a deja mis Labbaye&#13;
517 sur un meilleur pied, et Jespere quavec lui je la connoistray&#13;
518 a fond et la mettray en bon estat. Jl me faudra y aller&#13;
14.&#13;
&#13;
519 de temps en temps. Je lui donne 200.r p.r ses peines et soins. cest asseurem’&#13;
520 tout le moins qu’on puisse donner a un honneste homme vous verrez&#13;
521 par mes comptes quil m’a deja tiré de nos fermiers depuis le mois doctobre&#13;
522 dernier que Je l’ay establi plus de 3000.# et Je ne scay comment Je&#13;
523 pouvois me tirer de cette abbaye si Je ne lavois pas dans laff.re que&#13;
524 nous procure Mad.’ La mareschale d’humiere Dans le mauvais&#13;
525 temps ou nous so’es, on ne moffoit que 2500.# de Labbaye de Lestrée,&#13;
526 et Jespere qu’avec un peu de peine et dattention, Elle me produira&#13;
527 plus de 3000.# Net.&#13;
528 Dans le dernier voiage que J’ay fait dans cette abbaye, J’ay remanqué&#13;
529 quil y auroit dans la suite quelq’ depense a faire p.r remettre cette&#13;
530 abbaye sur un bon pied. car toutes les fermes et metairies a lexception&#13;
531 de trois ont esté entierem’ destruites avant mesme que N’re ancien&#13;
532 Evesque en jouisse. cestoit sous les abbez reguliers; Les terres de ces&#13;
533 metairies sont donnéez a ferme par lots de terres, et p.r restablir cela Jl&#13;
534 faudra dans la suite faire rebastir ces metairies. mais ce qu’on y&#13;
535 depensera se retirera aisem.’ par l’augmentation de la ferme&#13;
536 M Berthelot de S.’ Laurent fermier general est venu me proposer&#13;
537 d’acheter leur Jsle, et sans que Je lui en fusse parler. Jl aymeroit&#13;
538 beaucoup mieux avoir affaire a moy qu’a tout autre. Jl compte&#13;
539 sur ce que Je lui promettray co’e sur quelq’ Chose de seur. Jl m’a&#13;
540 dit que M Gaillard estoit venu proposer une Dame du canada qui&#13;
541 la voudroit acheter, quil dit avoir son argent prest, mais quelle voudroit&#13;
542 acheter La comté avec LJsle Je croy que M Berthelot Le met peu en&#13;
543 peine de la comté. Pour moy si Je lachetois, Jaymerois mieux quil n’y&#13;
544 eust pas de comté que d’y en avoir. M Berthelot me dit que Mad.’ La&#13;
545 forest en avoit donné 30000.# et quil me la donneroit p.r 28000.#&#13;
546 paiables en sept ans, et cepend.’ LJnterest au d.er 25. Cest son 1.er mot&#13;
547 sur lequel Ja n’ay rien repondu. si nous estions en paix avec M.&#13;
548 LEvesqu’ de Quebec, et que vous voulussiez efficacement m’ayder en&#13;
549 menvoiant exactem’ tous les ans le profit que vous tireriez de cette Jsle&#13;
550 p.r la paier, voicy la proposition que je lui ferois. J’aymerois mieux&#13;
551 ne lui donner de cette Jsle que 24000.# et les lui paier plus contans scavoir&#13;
552 en contracts sur bons particuliers que Je prierois nos Mess.rs de Paris de&#13;
553 vouloir bien agreer que Je lui transportasse la soe de 12000.# En argent&#13;
554 comptant dans Le cours de lannée prochaine 1712. 8000. Et la so’e&#13;
555 de 4000.# dans le cours de 1713. avec les Jnterests jusqu’au jour du&#13;
556 paiement. Je stipulerois la jouiss.ce du 1.er Jan.er 1712. et Je&#13;
&#13;
�557 mengagerois a retirer ces deux contracts de 12000. dans sept ou huit&#13;
558 ans. ainsy Jl faudroit co’e Je vous l’ay escrit que vous fissiez&#13;
559 recevoir tres exactem’ tout ce qui se tirera de cette Jsle et&#13;
15.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
560 Je vous acquiterois par la peu a peu du principal et des arrerages&#13;
561 mandez moy ce que vous pensez de cette proposition et si vous&#13;
562 estiez dhumeur a la suivre, Jl faudroit nous envoier les&#13;
563 procur.ons et pouvoirs Necessaires p.r cela.&#13;
564 Jl est aussi de la derniere conseq.ce que vous menvoïez de Nouvelles&#13;
565 procurations, p.r traiter avec Mgr de Quebec sil y a jour a quelq’&#13;
566 accommodement, ou pour poursuivre contre lui, sil n’y a aucune&#13;
567 esperance daccommodem’, Jl me paroist de la derniere conseq.ce&#13;
568 que Mess.rs du chapitre et vous menvoïez de nouvelles procurations&#13;
569 qui stipulent a la bonne heure ce que vous voudrez que nous fassions&#13;
570 avec lui. M Begon me disoit ces jours passez que vous ne&#13;
571 deviez vous engager dans laff.re que nous avons avec ce Prelat ny&#13;
572 de prez ni de loing ainsy Jattends vos Jnstructions avec bien de&#13;
573 Lampressement.&#13;
574 Je niray pas a meobec si cette abbaye nous reste que les aff.res ne&#13;
575 soient terminéez avec lui de la bonne maniere. Je ne scay sil y a&#13;
576 encore quelq’ chose a vous mander. ce que Je vous conjure, cest de&#13;
577 me continuer le secours de vos prieres et SS. sacrifices. Je nay un vray&#13;
578 besoin p.r me fortifier contre tous les mouvemens de descouragem’ ou je&#13;
579 tombe assez souvent. Mgr de Quebec ne scauroit souffrir que Je lui dise&#13;
580 que Je n’envisage que la Justice, et la volonté de Dieu dans ce que Je&#13;
581 lui propose p.r terminer mos differens. Jl me traite dJndigne Prestre,&#13;
582 qui devrois ne pas monter a Lautel, et qui ne dois pas attendre que&#13;
583 Dieu me recompense de tout ce que Je fais. Je suis donc bien a plaindre&#13;
584 car Jl me semble que Je nattends pas grande recompense des hommes.&#13;
585 Je ne vois pas que ma portion en puisse devenir meilleure, et&#13;
586 que Jen fasse jamais meilleure chere Jl me reproche que Je fais&#13;
587 vos aff.res malgré vous, et que vous m’en voudriez voir bien&#13;
588 esloignez. Je lui proteste et cela est vray que Je m’en demettray&#13;
589 au moindre signe de la volonté de Dieu qui me sera connu par vous.&#13;
590 J’ay lhumiliation quil fait de moy a qui veut lentendre un portrait&#13;
591 fort affreux Dieu veuille que Jen profite et me donner quelq’&#13;
592 part a ce tresor dont parle S.’ Paul, majores existimant divitias&#13;
593 improperium christi. Ce n’est pas daujourdhui que les bonnes&#13;
594 croix x sont venues de ceux qui devroient estre Notre soutien&#13;
595 Je crois que si vous prenez quelq’ resolution particuliere&#13;
596 pour lui relascher quelq’ chose, vous la devez tenir secrette&#13;
597 et tascher que personne ne la lui mande directement, car Jl&#13;
598 prend droit sur ce quil pretend qu’on lui a déjà accordé et ne&#13;
&#13;
�599 veut se relascher sur rien de ce que l’on lui demande.&#13;
600 Je viens de dresser un compromis pour le lui proposer encore&#13;
601 a signer. Jl est aussi a son avantage qu’on le puisse. Jy fais&#13;
602 entrer Lopposition qu’a formée a la Bulle le chapitre, et nous&#13;
603 souhaitons de bonne foy que Mgr Le cardinal de Noailles&#13;
604 y ait tout lesgard possible Nous croions que dans ces&#13;
605 circonstances Notre procuration du chapitre n’est pas&#13;
606 revoquée, et cela me paroist clair. Je vous envoye copie&#13;
607 de ce compromis : Je souhaite, et Je demande tres instamm’&#13;
608 au bon Dieu que Mgr le signe, car sil ne le signe pas, Jl&#13;
609 n’y aura plus moien de se dispenser de rompre la paille&#13;
610 avec lui, et Jl me faudra resoudre quelq’ opposition que Je tente&#13;
611 a plaider contre un Evesque a presenter requeste au nom du&#13;
612 semin.re, p.r le f.re assigner et f.re saisir tout ce quil touche de&#13;
613 revenus; cest le dernier moyen de le mettre a la raison; Jl&#13;
614 est sujet a bien des inconveniens. Jl me donnera bien de&#13;
615 L’ambaras, mais nous ne nous en servirons que p.r la derniere&#13;
616 extremité. Demandez au bon Dieu quil veuille maccorder des&#13;
617 forces p.r soutenir un estat aussy violent que celui ou Je suis&#13;
618 Japprends aussi nouvellem’ que Laff.re de Mad.’ La marescha[le]&#13;
619 dhumiere p.r Lestrés se grossit horriblement, Cette Dame cherch[e]&#13;
620 les moiens de nous y faire un tres gros procez. Elle a mis dans son&#13;
621 parti Le P. LeTellier qui est bien aise de trouver quelq’ occasion&#13;
622 de nous mortifier. Elle sest appuyée de M de Pont chartrain&#13;
623 et de M De la vrilliere tous deux secretre Destat. Elle pretend&#13;
624 que quand Mgr LEvesq’ de Quebec a remis en 1691. Labbaye de&#13;
625 Lestrée a ces Relig.ses Jl y avoit p.r vingt mil escus de&#13;
626 reparations a f.re et que cepens.’ ce Prelat a fait reconnoistre&#13;
627 a ces Relig.ses que les lieux estoient en estat. Cette aff.re n’est&#13;
628 par sur mon compte, et cepend.t vous verrez que ce Prelat&#13;
629 par son Jndisposition contre moy se declarera contre ses&#13;
630 propres Jnterests en faveur de cette Relig.se contre moy,&#13;
631 on ne peut asseurem’ m’imputer rien de ces reparations donc&#13;
632 Je n’ay jamais esté chargé.&#13;
1711 à ‘ des m.&#13;
17.&#13;
&#13;
633 Je vous plains beaucoup destre chargez de tous ces Jeunes&#13;
634 gens que vous avez au sem.re p.r lestat Ecclesiastiq’ Mgr de&#13;
635 Quebec ne compte ces depenses p.r rien dez que cest le&#13;
636 semin.re qui les fait. Jl croit que nous ne les faisons que&#13;
637 pour lui aliener les esprits et les indisposer contre lui.&#13;
638 ainsy Jl aimeroit mieux que nous ne les fissions pas.&#13;
639 on a esté fort content icy de M Le fevre Mess.rs de s.t&#13;
640 sulpice se le sont dit on associez, et M de Quebec la ordonné.&#13;
641 J’ay veu ce pauvre fort ambarassé. Jl voudroit bien&#13;
&#13;
�Bénédiction&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
642 ne pas retourner sitost en canada, et rester en france, puisq’&#13;
643 Mgr de Quebec y demeure mais Le Prelat veut quil y&#13;
644 retourne, de peur dit il que tous les canadiens ne viennent&#13;
645 en france p.r y estre ordonnez mais qui sont ceux qui en&#13;
646 pouront f.re la depense. M De Lotbiniere est devenu un&#13;
647 abbé mondain qui ne fera guere honneur a Lestat Ecclesiastiq’&#13;
648 canadien sil y veut rester. J’ay conseillé a Mad.’ De&#13;
649 marson de le f.re estudier en droit. C’est un paresseux qui&#13;
650 ne veut rien faire&#13;
651 Ne pouriez vous pas me faire paier de 70.# que Je lui prestay&#13;
652 lors quil arriva en france p.r se f.re habiller. Jl se seroit mis&#13;
653 a genoux devant moy p.r les emprunter. Jl me promit que&#13;
654 Mad.’ De marson, qui nestoit pas alors a Paris me les&#13;
655 rendroit dez quelle seroit arrivée, car cestoit a Mad.’ De&#13;
656 marson que Je les prestois et non pas a lui, et Je crus que&#13;
657 ce seroit f.re un affront a Mad.’ De vaudreuil et a elle de les lui&#13;
658 refuser. En effet Mad.’ De marson me promit verbalem’&#13;
659 de me les paier, et Je lui renvoiay le billet de M de&#13;
660 Lotbiniere Jl y a deux ans. Je ne puis plus a present avoir&#13;
661 de lui ny delle ny argent ny billet. Comme c’est une&#13;
662 somme que J’ay prestés en votre consideration Je ne pouray me&#13;
663 dispenser de la porter sur le compte du sem.re Taschez a vous&#13;
664 en faire paier de M Desgly par qui M de Lotbiniere et&#13;
665 Mad.’ De marson disent quils croient quelle vous a esté&#13;
666 paiée en canada. Je nentends plus parler du s.r De La marche&#13;
667 J’ay receu d’un Relig.x Benedictin qui est a S.t ouin a Rouen une&#13;
668 lettre pleine de reconnoiss.ce de lesducation qu’on lui a donnée&#13;
669 au sem.re Jl sapelle haut mesnil. J’ay esté fort content&#13;
670 de cette lettre.&#13;
671 Mgr de Quebec auroit voulu que Je me fusse chargé de f.re&#13;
672 passer en canada le fils dun des soufermiers de meobec, qui&#13;
673 offroit de donner 1000.# en plus.rs paiemens p.r se charger de&#13;
674 son fils et le pousser jusqu’a la prestrise Je n’ay pas cru que cela&#13;
675 vous convint. Mgr de Quebec veut f.re de ces liberalitez a vos&#13;
676 depans sans considerer que vous devez plutost pousser les&#13;
677 Canadiens que ceux qui sont en france Je me ferois peine&#13;
678 de vous envoier un de mes Neveux, par ce que Je crois que vous&#13;
679 devez plutost aider les canadiens que tous autres.&#13;
680 Taschez sil vous plaist a engager M de varenne a nous&#13;
681 envoier un compte plus exact de recette et depense du sem.re&#13;
682 de Quebec, car nos Mess.rs n’y connoissent rien a force de&#13;
683 lavoir voulu abreger Jl la rendu inJntelligible Jl faudroit&#13;
684 tascher a nous f.re un estat des revenus du semin.re, et comment Jls sont&#13;
&#13;
�Gaudronnerie&#13;
&#13;
manufacture&#13;
&#13;
À M Des m.&#13;
19&#13;
&#13;
685 recus, en quoy Jls sont paiez, et ensuite f.re un estat et des depenses du&#13;
686 mesme semin.re Je suis persuadé que de la maniere dont M de varennes&#13;
687 rend son compte, on pouroit tous les ans destourner vingt mille livres&#13;
688 ou aliener p.r cette so’e de bien par des emprunts sans quon sen&#13;
689 apperceust, je voudrois bien vous voir desgagez de vos dettes, car soiez&#13;
690 persuadé qu’une comm.té qui doit vingt mille escus, quelq’ beau bien&#13;
691 quelle ait est fort mal en ses aff.res Nous faisons tous nos efforts a&#13;
692 Paris p.r ne devoir rien p.r Le sem.re Jl n’y a que vos aff.res qui m’oberent,&#13;
693 et mengagent avec les marchands.&#13;
694 J’ay fait p.r vous la demande de la goudronnerie, mais Je ne vous conseille&#13;
695 pas de faire un marché p.r fournir au Roi du goudron quelq’ argent qu’on&#13;
696 vous en donne on vous le promettra, on vous mettra dans des&#13;
697 avances considerables, et on vous laissera dans le Bourbier. Croiez&#13;
698 moy ne vous engagez point dans cette goudronnerie, vous en&#13;
699 seriez de mauvais marchands. Dailleurs M Raudot ma dit&#13;
700 qu’on avoit enlevé de la Baye S.’ Paul tous les Jnstrumens. &amp;&#13;
701 Ne vous engagez pas dans cette aff.re&#13;
702 Jenvoye au frere hubert tout ce quil m’a demandé p.r vos manufactures.&#13;
703 Je souhaite que cela reussisse, et que vous puissiez ne plus me demander cette&#13;
704 quantité d’estofes quil vous faut tous les ans.&#13;
705 Je ne vous escris pas beaucoup sur les aff.res de La chine car Jl y a peu de&#13;
706 choses a vous en dire. Cepend.’ depuis le depars de nos Mess.rs l’an&#13;
707 passé L’aff.re a esté decidée absolument, et irrevocablement. Comme&#13;
708 Je vous envoye un exemplaire de ce que les Jesuites ont fait et deux ou&#13;
709 trois exemplaires de ce que nous leur avons repondu lannée passée,&#13;
710 vous en serez plus instruit par la que par tout ce que Je vous en&#13;
711 pouvois escrire. Le Pape a cassé et mis au Neant lappel des&#13;
712 Jesuites du mandem’ de M Le Card.l de Tournon, et lappel quils&#13;
713 en avoient fait f.re aux Evesques de macao et Dascalon, Et&#13;
714 comme Jl plus a ces bons Peres de dire en plus.rs manieres que&#13;
715 ce dernier decret de septembre dernier n’estoit que conditionel,&#13;
716 et n’estoit pas absolu Le Pape fit escrire les lettres que vous verrez&#13;
717 impriméez par Lattesteur du S.t office, ou Jl declare que son&#13;
718 decret est absolu et nullem’ conditionel; cepend.’ Jl suffira que&#13;
719 cette fuite soit venue dans la teste dun Jesuite European, pour que&#13;
720 Les Jesuites de la chine des Jndes et mesme du canada le soutiennent&#13;
721 fortem’ Et Le Pape qui sur le fait du Jansenisme fait partir a&#13;
722 linstant toutes les foudres du vatican, quand Jl sagit d’une Jdolatrie&#13;
723 telle que les Jesuites le tolerent a la chine, Jl use dune condescendance&#13;
724 outrée, non p.r approuver cette Jdolatrie, car dans ce quil decide, Jl&#13;
725 decide bien, mais p.r ne pas couper chemin a une si mauvaise&#13;
726 cangrene, a ne pas f.re obeir les Jesuites, a laisser son Legat prisonnier&#13;
727 a macao, ou c’est Le Pape mesme quils tiennent prisonnier en&#13;
&#13;
�728 la personne de son Legat. Car depuis le mois de septembre dernier, Jl&#13;
729 sest tenu plus.rs cong.ons p.r prendre les mesures necess.res p.r f.re executer&#13;
730 les decrets, et faire eslargir Le cardinal, et on n’a cepend.’ encore rien&#13;
731 fait. Le Pape est indeterminé, et Jl laisse les Jesuites se fortifier dans&#13;
732 leurs mauvaises pratiques a present quils sont les maistres du champ.&#13;
733 de bataille, et quils en ont expulsez tous les autres. Le Pape dit tous&#13;
734 les jours a M LEvesque de canon et a M charmot quil va agir, et&#13;
735 quils auront toute satisfaction cepend.’ Jl ne fait rien&#13;
736 M Le Cardinal de Tournon quoi q’ toujours retenu prisonnier a macao,&#13;
737 destitué de tout secours, les Jesuites lui ayant fait oster par Lempereur&#13;
738 de la chine, tous les chinois qui le servoient, et par Le gouverneur de&#13;
739 macao tous les portugais, Jl soutient tout cela avec fermeté et est&#13;
740 disposé mesme au martire qui poura bien a la fin lui arriver. Jl&#13;
741 mande avec fermeté au Pape les moiens dont Jl doit se servir p.r se faire&#13;
742 obeir, et ces moiens sont forts, mais Jl connoist quil n’y a que ces&#13;
743 moiens forts qui pouront f.re obeir les Jesuites. Jl lui marque par des&#13;
744 lettres de la fin de 1709. Et des 1.ers mois 1710. quil ne pense point a&#13;
745 revenir gouter a Rome les douceurs de la pourpre de cardinal, quil&#13;
746 ne partira pas des Jndes, mesme apres quil sera mis en liberté,&#13;
747 que sa sainteté ne lui ait envoié quelquun qui fasse dans les Jndes&#13;
748 obeir les Jesuites aux ordres du S.’ siege, et que si son bonnet de cardinal&#13;
749 ne lui permet pas de demeurer dans Les Jndes avec bienseance&#13;
750 Jl le renvoye a sa sainteté, et consent que sa sainteté le lui oste,&#13;
751 et en dispose en faveur de qui Jl lui plaira&#13;
752 Jl n’y a plus a present personne qui doute que Les Jesuites ne soient&#13;
753 condamnez Ceux dEntre eux qui sont un peu de bonne foy&#13;
20.&#13;
&#13;
Portrait&#13;
De&#13;
Mgr de&#13;
Laval.&#13;
&#13;
754 en conviennent, mais Jls disent que ce sera la perte de la Religion de&#13;
755 La chine. Dieu decidera au Jugem’ dernier qui d’eux ou de nous&#13;
756 la perdüe a la chine, et nous esperons alors lever la teste, pend.’&#13;
757 quils en auront toute la confusion. mais cela ne repare pas&#13;
758 le mal qui est fait. on a donné au Pape de bons moiens&#13;
759 p.r remettre toutes choses en bon estat. Le Pape na pas assez&#13;
760 de force p.r les mettre en usage.&#13;
761 Je ne laisse pas d’entretenir avec Le R. P. Lamber ville L’union qui&#13;
762 convient entre personnes comme nous. C’est un tres bon Relig.x Je&#13;
763 le vais voir, et Jl me fait lhonneur de me venir voir.&#13;
764 Je ne vous envoie pas p.r cette année dJmages de Notre cher ancien&#13;
765 Prelatj Le frere hubert pretend que nous avons mal fait de ne nous&#13;
766 pas servir du tableau de Mad.’ De champigni qu’on a fait tres&#13;
767 grossierem’ et que ces Jmages ne lui ressemblent pas Le Tableau sur&#13;
768 lequel on les a gravez lui ressembloit bien en 1688. Je vous en&#13;
769 envoieray une autre année ou Jl y aura moins de risques. Tout&#13;
770 de mesme Jattends la paix p.r vous envoier le reste des offices de la&#13;
&#13;
�M.’ Gaulin&#13;
&#13;
1711 à M des&#13;
m.&#13;
21.&#13;
&#13;
771 S.te famille que Jay toujours dans mon armoire&#13;
772 Je vous envoie plus.rs Jmages de pieté chapelets et autres devotions.&#13;
773 J’en envoye a dautres miss.res qui vous montreront leurs lettres,&#13;
774 et a qui vous donnerez ce que Je leur marque leur avoir acheté&#13;
775 J’ay fait aussi acheter p.r vos escoles de bons petits livres a bon marché,&#13;
776 mais mal reliez. Jen aurois voulu donner davantage et quils&#13;
777 eussent esté mieux reliez&#13;
778 Je n’ay reveu aucune Nouvelle du bon Monsr Gaulin qui doit estre&#13;
779 mal a son aise, car Jl y a plus de quatre ou cinq ans qu’on ne lui envoye&#13;
780 rien Jl a tiré sur moy plus.rs lettres de change qui montent a plus de&#13;
781 4. ou 5000.# Je les ay toutes laissé protester. car Je suis p.r lui en&#13;
782 avance de 300.# dont je ne scay comment J’en seray paié. Jl&#13;
783 auroit mieux fait de se retirer a Quebec, co’e Je le lui avois&#13;
784 conseillé. Jl ne faut plus sattendre a estre paié en rien des&#13;
785 tresoriers de la marine, ny du tresor roial Jl lui est deu 600#&#13;
786 par an depuis 1707. ou 1708. ou 1709. mais Jl ne tirera jamais&#13;
787 que du papier p.r f.re sil veut des contracts de constitution sur&#13;
788 lhotel de ville&#13;
789 Je vous ay envoié la grammaire et Le dictionnaire Espagnol que vous&#13;
790 mavez demandé. J’ay envoié aussi les livres de classes p.r les escoliers,&#13;
791 mais Jl me semble quil nen faudroit pas tout d’un coup 24. de chaque&#13;
792 façon, Jen ay envoié 18. et Je crois que cest encore trop. J’ay&#13;
793 esté si presté descritures que J’ay fait copier mes comptes et&#13;
794 escritures par un Escrivain, que J’ay pris expres Je crains quil&#13;
795 n’y ait des fautes. car Je n’ay pas le temps de les relire.&#13;
796 Nous avons donné a manger a M Begon Jntendant au&#13;
797 semin.re a Mons.r Labbé son frere, et a deux de Mess.rs leurs&#13;
798 oncles qui sont des anciens amis de M Labbé de Brisacier.&#13;
799 Je crois quil ne va quavec peine en canada, sur le danger&#13;
800 qu’on croit estre tres prochain que Les anglois n’y soient allez&#13;
801 par mer et par terre Jl a espousé la sœur de M De Bauharnois.&#13;
802 qui est une Dame tres vertueuse, et dont Jespere quon sera&#13;
803 content.&#13;
804 voila a peu prez tout ce que Javois a vous escrire sur vos&#13;
805 aff.res Je n’ay encore pu trouver le temps de vous escrire sur&#13;
806 mes dispositions interieures. Je ne scay si Je le trouveray.&#13;
807 Je vous suplie de prier le bon Dieu quil me soutienne&#13;
808 dans toutes les traverses que Jay actuellem’ a essuyer. foris&#13;
809 pugnà intus timores. Et Jay bien besoin du secours den haut&#13;
810 p.r en f.re un S.t usage, et me servir surtout de ce qui m’humilie&#13;
811 et me rabaisse p.r attirer sur moy les misericordes de Dieu, et me&#13;
812 deffaire de toute enflure et d etout orgueil. faites je vous prie&#13;
813 prier p.r moy par votre petite jeunesse Escrivez moy avec&#13;
&#13;
�Règlement&#13;
&#13;
814 M. Glandelet vos sentimens afin que je les suive mais ne&#13;
815 les proposez pas a Mgr sans nous les avoir communiquez&#13;
816 Je ne crois pas qu’on puisse se relascher plus que nous avons&#13;
817 fait sans vouloir lui abandonner tout, et vous le verrez aisem’,&#13;
818 pour peu que vous y pensiez serieusement.&#13;
819 Taschez a nous renouveller la procuration du chapitre et&#13;
820 le pouvoir de transiger surtout ce que Je vous ay proposé si&#13;
821 on lapprouve. Je vous prie aussi de me parler toujours avec&#13;
822 liberté en mavertissant de tout ce qui vous revient de moy.&#13;
823 Je voudrois voir M de la colombiere serré faire le&#13;
824 personage que Je fais Jl en seroit bientost rebuté.&#13;
825 Je suis tres parfaitem’ Monsieur votre tres humble&#13;
826 et tres obeissant serviteur Tremblay&#13;
827 Joubliois de vous dire qu’on a mandé a nos Mess.rs que vous&#13;
828 nagissiez point de concert avec M Glandelet ny M Pocquet,&#13;
829 quil n’y avoit entre vous aucune assemblée, qu’on le se communiquoit&#13;
830 rien les uns aux autres. Je ne scais que penser de cela car&#13;
831 cela me surprend tres fort. Jesperois quapres la mort de Notre&#13;
832 ancien Evesque Les assemblées p.r les aff.res du sem.re se tiendroient&#13;
833 regulierem’, et qu’on observeroit exactem’ les reglemens.&#13;
834 mandez moy ce qui en est. Jen escris autant a M Glandelet.&#13;
835 M Des maizerais.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 1711)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris expose au supérieur du Séminaire de Québec les différends entre le Séminaire et Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, concernant les abbayes. Il relate les démarches qu’il a faites pour faire valoir les droits du Séminaire sur les abbayes, notamment en obtenant un arrêt du Grand Conseil contre la prieure de l’Estrée, qui voulait partager l’abbaye avec le Séminaire. Il l’informe des problèmes que le Séminaire rencontre pour toucher les ordonnances sur le Trésor royal et la Marine, qui sont impayées depuis plusieurs années. Il a sollicité Pontchartrain, secrétaire d’État à la Marine de France, pour qu’il continue de donner au Séminaire une ordonnance de 4 000 livres pour la construction après l’incendie. Il fait part de la situation des missions de la Louisiane, qu’il a chargées de provisions par un vaisseau. Il parle aussi des affaires de la Chine, où le pape a condamné les pratiques des Jésuites concernant les rituels chinois.</text>
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                <text>&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11827" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 51&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11826" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11828" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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                    <text>Lettre de Lamberville à Laval (Paris, 22 mai 1702)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
J’ai bien de la joie que Dieu vous ait conservé au pays et à tous vos bons amis et&#13;
fidèles serviteurs dans le péril où la maladie vous avait mis. Nous espérons que,&#13;
pour maintenir l’ancienne union, le ciel vous donnera encore plusieurs années.&#13;
Mgr l’évêque de Québec dit avoir quelque sujet de croire qu’après que Dieu vous&#13;
aura appelé à lui, ceux qui composent votre Séminaire, soit qu’ils y demeureront,&#13;
soit ceux qui sont occupés ailleurs en diverses fonctions apostoliques n’hériteront&#13;
pas cet esprit de concorde que vous leur laissez. Sans nous trop inquiéter sur&#13;
l’avenir, jouissons toujours du bien que votre bonne et sincère volonté envers nous&#13;
a eu tant de soin jusqu’ici de maintenir, soit à son égard, soit à l’égard de ceux qui&#13;
sont bien intentionnés (car j’ose le dire, il y a des ecclésiastiques qui ne le sont pas&#13;
tous) et celui qui renvient de Canada en décembre dernier a assez mal parlé devant&#13;
des gens, qui crurent qu’il était de l’édification du prochain et de la gloire de Dieu&#13;
de le reprendre et lui imposer silence. On dit qu’il ne retournera pas au Canada. Je&#13;
le souhaite, s’il ne veut pas changer.&#13;
J’avais prié M. Tremblay l’an passé de ne pas envoyer en Canada les imprimés que&#13;
MM. les ecclésiastiques de la rue du Bac avaient donnés au public contre nous, afin&#13;
de ne point jeter dans le Séminaire aucune semence de désunion. Il crut ne devoir&#13;
pas acquiescer à ce que je lui proposais. Il m’a dit qu’il envoyait encore cette année&#13;
une nouvelle lettre pour détruire ce que quelques jésuites ont dit du témoignage&#13;
de l’empereur de Chine sur les affaires de la Chine en question et que cela ne se&#13;
verrait que dans le Séminaire. Cela n’est nullement croyable, car je sais des laïcs&#13;
du Canada, qui m’ont dit qu’on leur avait donné à lire l’an passé la première lettre&#13;
contre nous. Il en sera de même de cette dernière. Cela m’obligera d’envoyer la&#13;
réponse, non pas à ces laïcs (Dieu m’en garde), mais à nos pères quand elle paraîtra&#13;
et j’ai occasion de l’envoyer. Plaise au Dieu de la paix que ces démêlés, qui&#13;
n’auraient dû s’agiter qu’à Rome, n’altèrent point notre ancienne et sincère union&#13;
au Canada.&#13;
J’ai bien eu du déplaisir de la désolation arrivée par le feu à votre Séminaire. La&#13;
piété des gens zélés pour contribuer à le rétablir à la gloire de Dieu et au bien du&#13;
public me réjouit et il y a lieu d’espérer que Dieu inspirera à plusieurs personnes&#13;
&#13;
�de Paris de vous donner des secours considérables. L’exemple du roi anime Mgr le&#13;
cardinal de Noailles, d’ailleurs assez porté à vous obliger à lui, fait prendre des&#13;
mesures qui vous consoleront. On sait bon gré à nos pères de Québec de vous avoir&#13;
marqué leur sincère reconnaissance de vos anciennes bontés pour nous en cette&#13;
rencontre. Soyez bien persuadé, Monseigneur, que le souvenir que nous en&#13;
gardons vivra longtemps après votre départ de ce monde. Faites-nous-en toujours&#13;
bonne part tandis que vous vivez et agréez que moi, qui suis le moindre de tous&#13;
vos présentes, mes très humbles respects et le dévouement, avec lequel je suis,&#13;
Monseigneur, de Votre Grandeur,&#13;
Le très humble et très obéissant serviteur,&#13;
De Lamberville.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par G.-É. Demers, v. 1930.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre de Lamberville à Laval (Paris, 22 mai 1702)</text>
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                <text>Le procureur à Paris des Jésuites du Canada souhaite à l’ancien évêque de Québec que la maladie lui laisse encore du temps à vivre, car Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, doute que la bonne entente des prêtres et des missionnaires survive à son décès. Le jésuite aimerait que cesse le conflit entre sa Compagnie et les prêtres sur la querelle des rites chinois. Il lui exprime sa désolation à la nouvelle de l’incendie du Séminaire de Québec.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Polygraphie 7, no 66&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11149" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11150" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Correspondance privée de Laval</name>
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        <name>Querelles doctrinales</name>
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        <name>Santé de Laval</name>
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                    <text>Lettre de Brisacier au Séminaire de Québec (Paris, 23 mai 1702)&#13;
&#13;
Jésus, Marie, Joseph et les saints anges&#13;
Paris, 23 mai 1702&#13;
Messieurs,&#13;
Nous avons reçu vos deux lettres communes du 1er octobre et du 23 novembre de&#13;
l’an passé. La première est un compte exact de l’état où était pour lors votre&#13;
Séminaire et nous n’avons qu’à bénir Dieu de tout ce que vous nous marquez, tant&#13;
sur la profonde paix qui régnait entre tous les ouvriers de cette Église, nonobstant&#13;
ce qui est arrivé de la part du P. Rale, jésuite, dont les supérieurs ont désavoué la&#13;
conduite, que sur la disposition que vous avez faite de vos sujets pour la colonie&#13;
et pour les missions et enfin sur l’association de MM. Hamel et de Varennes sur&#13;
l’entrée de plusieurs sujets dans la cléricature et sur le bon succès de vos petites&#13;
écoles, qui seront une source permanente de bénédiction sur le pays.&#13;
Il serait bien fâcheux que le Mont-Louis demeurât sans pasteur et que ni les&#13;
religieux ni nous ne trouvions aucun sujet assez courageux pour y pouvoir&#13;
demeurer. Cela montre le besoin que vous avez de former dès l’enfance de bons&#13;
sujets, qui par vertu soient disposés à tout.&#13;
Il est vrai que le retardement que vous aviez apporté à arrêter les comptes de&#13;
M. Tremblay nous avait fait quelque peine, mais il suffit que vous l’ayez fait cette&#13;
année. Vous nous avez fait grand plaisir de nous mander que des 20 000 livres&#13;
dépensées aux missions de Mississippi, vous n’en deviez plus que le quart ; mais&#13;
vous savez par expérience que depuis plusieurs années, vous faites toujours de&#13;
nouvelles dettes. Nous serons fort aises de voir l’état au juste de votre temporel,&#13;
tant pour les fonds et les revenus que pour les charges. Il est vrai que la Cour a&#13;
exigé cela en France de toutes les communautés.&#13;
Nous ne voyons guère d’apparence qu’on puisse entreprendre aucun&#13;
établissement solide pour l’Acadie. M. Maudoux en doit revenir cette année par la&#13;
permission du ministre et M. Guay, qui y est retourné malgré nous depuis peu en&#13;
&#13;
�qualité d’aumônier de vaisseau, doit être ramené par la même voie et par l’ordre&#13;
du même ministre.&#13;
La Cour continue sa gratification de 3 000 livres pour les missionnaires de&#13;
Mississippi. Il faut soutenir cette mission tant que ce secours durera et on nous fait&#13;
espérer qu’il ne manquera point, si l’établissement des Français y peut réussir.&#13;
On n’a rien retranché de toutes vos factures. Nous ne savons pas si on pourrait&#13;
acquitter toutes vos lettres de change, en cas que vous tirassiez trop sur nous. C’est&#13;
à vous à modérer là-dessus en vous proportionnant aux fonds que vous connaissez&#13;
qui sont en France, surtout dans un temps où l’argent y est très rare et où on ne&#13;
trouve pas aisément à emprunter.&#13;
Votre seconde lettre est tout entière sur l’incendie de votre maison. La vertu que&#13;
Mgr l’Ancien et vous tous avez fait paraître dans cette grande perte est un puissant&#13;
motif pour nous faire entrer dans les mêmes sentiments et nous donne une forte&#13;
espérance que Dieu, qui vous a trouvé fidèles dans cette épreuve, vous ménagera&#13;
des secours au-delà de toutes nos prévoyances et des vôtres. Le roi n’a pu nous&#13;
donner que 4 000 livres. Il les continuera sans doute durant plusieurs années ou&#13;
peut-être nous donnera quelque pension sur des bénéfices, s’il n’aime mieux en&#13;
unir quelqu’un de 3 000 ou 4 000 livres de rente à votre Séminaire. Nous cherchons&#13;
encore d’autres petits moyens pour vous secourir le mieux que nous pourrons.&#13;
L’important est que vous puissiez du moins recouvrir tout votre bâtiment avant&#13;
l’hiver ; après quoi, vous pourrez peu à peu réparer le dedans. Nous croyons que&#13;
M. de Jonquière sera content de nous. Nous l’avons logé avec plaisir. Nous lui&#13;
avons obtenu une taxation de 1 000 livres pour sa course et nous avons parole&#13;
qu’on l’avancera l’année prochaine. [Nous offrons une] part en vos saints sacrifices&#13;
à vos très humbles et très obéissants,&#13;
Fleury, Tiberge,&#13;
De Brisacier, supérieur.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1702, 23 mai – Lettre de Tiberge et Brisacier au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 28)&#13;
1 J.M.J.A. Lettres ``M``&#13;
Paris 23 mai&#13;
o&#13;
2&#13;
N 28&#13;
1702.&#13;
3 Messieurs&#13;
4 Nous avons receu vos deux Lettres communes&#13;
5 du 1.er octob. et du 23. novemb. de lan paSSé. La&#13;
6 premiere est un compte exact del’état ou étoit pour&#13;
7 lors votre Semin.re et nous n’avons qu’a benir Dieu de&#13;
8 tout ce que vous nous marquez, tant sur la profonde paix&#13;
9 qui regnoit entre tous les ouvriers de cette EgliSe,&#13;
10 non obstant ce qui est arrivé dela part du p. Rasle&#13;
11 JeSuite dont les Sup.rs ont deSavoüé la conduite. enles&#13;
12 que Sur la disposition que vous avez faite de vos Sujets&#13;
13 pour la Colonie etpourles missions, et enfin Sur&#13;
14 l’ASSociation de m.rs hamel et devarenne Sur&#13;
15 l’entrée deplusieurs Sujets dans la Clericature&#13;
16 etSur lebonSuccès devos petites Ecoles qui&#13;
17 Seront uneSource permanente debenediction&#13;
18 pour le païs.&#13;
19 Jl Seroit bien facheux quelemont-Loüis demeurât&#13;
20 Sans pasteur etque ni les Religieux ni nous ne&#13;
21 trouvaSSions aucunSujet aSSez courageux poury&#13;
22 pouvoir demeurer. Celamontrele beSoin quevous&#13;
23 avez de former dès l’Enfance debons Suiets qui&#13;
24 par vertu Soient dispoSez a tout.&#13;
25 Jl est vrai quele retardement que vous aviez&#13;
26 apporté a arrêter les comptes de m. Tremblai&#13;
27 nous avoit fait quelquepeine, mais Jl Suffit que&#13;
28 vous l’aïez fait cette année. Vous nous avez fait&#13;
29 grand plaisir de nous mander que des 20000.#&#13;
30 depensées aux miSSions de mississipi vous n’en&#13;
31 deviez plus quele quart : maiS vous Sçavez par&#13;
32 Experience que depuis plusieurs années vous faites&#13;
33 toujours de Nouvelles dettes. Nous Serons fort aises&#13;
34 devoir lEtat aujuste de votre temporel tant pour&#13;
35 les fonds et les revenus que pour les charges. Jl est&#13;
36 vrai quelaCour a exigé cela en france de toutes les&#13;
37 Commun.tes&#13;
37 Nous nevoyons guère d’apparence qu’on puiSSe&#13;
38 entreprendre aucun établiSSement Solide pour&#13;
&#13;
�39 l’Acadie, m. modoux endoit revenir cette année par&#13;
40 la permiSSion du miniStre, et m. guai qui y est&#13;
41 retourné malgré nous depuis peu en qualité&#13;
42 d’Aumonier devaiSSeau doit être ramené par la&#13;
43 meme voye et par l’ordre dumême ministre.&#13;
44&#13;
LaCour continue Sagratification de 3000.# pour&#13;
45 les missionnaires de mississipi : Jl faut Soutenir cette&#13;
46 mission, tant que ceSecours durera et onnous fait&#13;
47 esperer qu’il ne manquera point Si l’établiSSem.t&#13;
48 des françois y peut réuSSir.&#13;
49 On n’a rien retranché de toutes vos factures.&#13;
50 Nous ne Sçavons pas Si on pourroit acquiter toutes vos&#13;
51 lettres de change en cas que vous tirassiez trop Sur&#13;
52 nous; C’est avous a vous modérer là dessus en vous&#13;
53 proportionnant aux fonds que vous connoiSSez qui Sont en&#13;
54 France, Surtout dans un temps oul’argent y est tres=&#13;
55 =rare et ouonne trouvepas aiSément a emprunter.&#13;
56 Votre Secondelettreest toute entiere Sur l’incendie de v’re&#13;
57 MaiSon. lavertu que M’gr lAncien et vous tous avez fait&#13;
58 paroitre dans cette grandeperte est un puiSSant motif&#13;
59 pournous faire entrer dans les mêmes Sentimens, et&#13;
60 Nous donne une forte esperance que Dieu qui vous a&#13;
61 trouvez fidelle dans cette épreuve vous ménagera des&#13;
62 Secours au dela de toutes nos prevoyances et des votres.&#13;
63 Le Roi n’a pû nous donner que 4000.# Jl les continûra&#13;
64 Sans doute durant plusieurs années, ou peutêtre&#13;
65 nous donnera quelque penSion Sur des bénéfices S’il&#13;
66 n’aime mieux en unir qulqu’un de 3. ou 4000.# de rente&#13;
67 avotre Semin.re Nous cherchons encore d’autres petits moïens&#13;
68 pour vous Secourir le mieux que nous pourrons. L’important&#13;
69 est que vous puiSSiez dumoins recouvrir tout votre&#13;
70 batiment avantl’hiver après quoi vous pourrez peua&#13;
71 peu reparer les dedans. Nous croïons que m. de Jonquère&#13;
72 Sera content denous. Nous l’avons logé avecplaiSir. Nous lui&#13;
73 avons obtenu une taxationde 1000.# pour Sa courSe et Nous&#13;
74 avont parole qu’on l’avancera l’année prochaine. Part&#13;
75 envos S.s Sacrifices a vos treshumbles et tres obeiSS.&#13;
76&#13;
Fleury De Brisacier supr&#13;
77&#13;
Tiberge&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-hd-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/267988"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 28&lt;/li&gt;
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                <text>Le supérieur et directeur du Séminaire de Paris félicitent les prêtres du Séminaire de Québec pour la qualité de la formation des nouvelles recrues. Ils les exhortent de diminuer les dépenses : leur dette ne cesse d'augmenter. Il serait à propos d'envoyer les états financiers, comme l'exige aussi la Cour de France pour toutes les communautés. Rien n'a été retranché à leur dette. Il serait avisé de ne pas établir une mission en Acadie et celle du Mississippi sera soutenue tant que l'on s'en tient aux revenus. Ils soulignent la vertu dont a fait preuve Laval, ancien évêque de Québec, lors de l'incendie du Séminaire de Québec de 1701.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11106" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11107" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. LVII&#13;
Diverses lettres au sujet des réactions du Serviteur de Dieu sur les incendies du&#13;
Séminaire de Québec, 1702-1706&#13;
Le 15 novembre 1701, vers 2 heures de l’après-midi, un violent incendie éclata au&#13;
Séminaire de Québec. En quelques heures, tous les édifices construits avec tant de peines&#13;
et de sacrifices par le Serviteur de Dieu furent détruits : chapelle, Grand Séminaire, Petit&#13;
Séminaire et presbytère. Seule la cathédrale fut sauvée des flammes. Mgr de Laval, malade&#13;
depuis quelques jours, fut transporté précipitamment à la maison des Jésuites.&#13;
Il est facile d’imaginer combien ce malheur dut être douloureux au cœur du Serviteur de&#13;
Dieu. Si nous avions quelques lettres écrites de sa main à cette occasion à des amis de Paris,&#13;
on trouverait sans doute toute l’expression de sa douleur. Nous connaissons le contenu des&#13;
réponses à ces lettres (nos 2, 3 et 4), ainsi qu’une lettre du supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris au procureur du même Séminaire à Rome (n o 1), écrite peu&#13;
après l’arrivée des autres lettres au Canada, et ayant le même état d’esprit.&#13;
Dans ces documents, nous voyons clairement que Mgr de Laval resta très peiné de ce&#13;
malheur, mais qu’il l’accepta avec une profonde résignation chrétienne. Il donna même une&#13;
preuve insigne de sa force d’âme, à la grande édification de ceux qui en furent témoins et&#13;
en eurent la nouvelle (no 2) : sans hésiter et en total abandon à la Providence, il ordonna de&#13;
commencer immédiatement la reconstruction d’une nouvelle maison pour le Séminaire,&#13;
bien que ce fût l’hiver.&#13;
Mais l’épreuve n’était pas terminée. Lorsque les travaux étaient sur le point d’être terminés&#13;
et les nouveaux édifices étaient presque prêts, un autre incendie éclata le 1er octobre 1705&#13;
et réduisit tout en cendres.&#13;
Malheureusement, peu de nouvelles nous sont parvenues sur l’attitude du Serviteur de Dieu&#13;
face à ce deuxième événement. Nous avons seulement une réponse de l’abbé Tremblay à&#13;
une lettre du Serviteur de Dieu (no 4). Cependant, il est clair par cette lettre que même en&#13;
ce nouveau malheur, le Serviteur de Dieu se montra résigné à la volonté de Dieu.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 57 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LVII-1&#13;
Extrait de la lettre de l’abbé de Brisacier, supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris, à l’abbé Charmot, procureur de cedit Séminaire&#13;
auprès du Saint-Siège, 1er mai 1702, d’après l’original conservé aux Archives des&#13;
Missions étrangères de Paris, vol. 15, p. 629-630&#13;
&#13;
Mercredi dernier, un courrier de Québec arriva ici envoyé exprès à la Cour pour&#13;
donner avis que le 15 novembre 1701, en trois heures de temps et en plein jour, par&#13;
un grand vent, tout notre Séminaire s’est [illisible] ; tous les dedans et [illisible] du&#13;
bâtiment furent brûlés avec une partie des meubles et des provisions. La perte est&#13;
estimée environ 100 000 écus et nous sommes dans un temps où il est comme&#13;
impossible de la réparer du côté de la France. Nos MM. du Canada ont montré en&#13;
cette occasion une constance qui a [illisible], surtout Mgr l’ancien évêque, qui a vu&#13;
de ses yeux son ouvrage de 40 ans détruit en peu d’heures, en bénissant Dieu sans&#13;
verser une larme ni jeter un soupir, quoiqu’il soit âgé de 80 ans. Vous jugez quelle&#13;
doivent être ici notre affliction et notre embarras pour chercher des moyens de&#13;
remédier à un si grand mal.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 57-1&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc, LYII&#13;
&#13;
— 618 —&#13;
&#13;
praesenti testificatione firmam et ratam esse non sine magna&#13;
animi laetitia volumus. Datum Quebeci, die octava novembris,&#13;
anni millesimi septingentesimi secundi, sub nostra ac secretarii&#13;
nostri subscriptione necnon et sigilli nostri appositione.&#13;
Francisons, antiquus Quebecensis episcopus.&#13;
locus&#13;
&#13;
sigilli&#13;
&#13;
De mandato Dlustrissimi&#13;
D. D. Episcopi,&#13;
Ménage.&#13;
&#13;
DOC. L Y II&#13;
N o t it ia e v a r ia e c ir c a S e r v i D e i a g e n d i r a t io n e m , o c c a s io n e in c e n d io r u m&#13;
&#13;
S e m in a r ii Q u e b e c e n s is ,&#13;
&#13;
1702- 1706.&#13;
&#13;
II 15 novembre del 1701, verso le dne del pomeriggio, scoppiò un&#13;
violento incendio nel Seminario di Québec : in poche ore tutti gli edifìzi&#13;
edificati con tanta fatica e con tanti sacrifici dal Servo di Dio : cappella,&#13;
Seminario Maggiore, Seminario Minore, casa parrocchiale, furono distrutti ;&#13;
solo la cattedrale fu salvata dalle fiamme. Mons. de Lavai, ammalato da&#13;
qualche giorno, fu trasportato precipitosamente nella casa dei Gesuiti.&#13;
Quanto dolorosa dovè essere questa disgrazia al cuore del Servo di&#13;
Dio è facile immaginarlo. Se avessimo alcune lettere da lui scritte in questa occasione ad amici di Parigi, vi troveremmo indubbiamente tutta&#13;
l ’espressione del suo dolore. Ne conosciamo il contenuto dalle risposte&#13;
(nn. 2, 3 e 4) e da una lettera del Superiore del Seminario delle Missioni&#13;
estere di Parigi al Procuratore a Roma del medesimo Seminario (n. 1),&#13;
la quale fu scritta poco dopo l ’arrivo delle lettere dal Canadà, delle quali&#13;
riflette esattamente, come sembra, lo spirito.&#13;
Da questi documenti si apprende chiaramente che Mons. de Lavai&#13;
rimase addoloratissimo di questo infortunio, ma che accettò la disgrazia&#13;
con profonda rassegnazione cristiana. Diede anzi una prova insigne della&#13;
sua forza d ’animo, con grande edificazione di quelli che ne furono testi&#13;
o che ne ebbero notizia (cf. n. 2,&#13;
&#13;
p. 620) : senza punto esitare e con totale&#13;
&#13;
abbandono nella Provvidenza, ordinò di cominciare immediatamente, benché fosse d ’inverno, la ricostruzione di una nuova casa per il Seminario.&#13;
Ma la prova non era terminata. Quando nel 1705 i lavori erano quasi&#13;
ultimati e gli edifici nuovi quasi pronti, un nuovo incendio, scoppiato il&#13;
1° ottobre, ridusse tutto in cenere.&#13;
Sfortunatamente ci sono pervenute poche notizie sull’atteggiamento&#13;
&#13;
�— 619&#13;
&#13;
Doc. LYII&#13;
&#13;
del Servo di Dio in questo secondo momento; abbiamo solamente una risposta del sacerdote Tremblay, ad una lettera del Servo di Dio (n. 4).&#13;
Appare però chiaramente da questa lettera, che anche in questa nuova&#13;
disgrazia il Servo di Dio si mostrò rassegnato alla santa Volontà di Dio.&#13;
&#13;
1&#13;
Excerptum ex Epistola sacerdotis de Brisacier, superioris Seminarii Missionum pro exteris Gentibus Parisiensis, ad sacerdotem Charmot, eiusdem Seminarii penes Sanctam Sedem&#13;
agentis, 1702, 1 maii. E x Originali in Archivo eiusdem Seminarii asservato, vol. X V , pp. 629-630.&#13;
Mercredi dernier, un courrier de Québec arriva ici envoyé&#13;
exprès à la Cour pour donner avis que le 15 novembre 1701, en&#13;
trois heures de temps et en plein jour, par un grand vent, tout&#13;
notre Séminaire s’est... (?); tous les dedans et... (?) du bâtiment furent brûlés avec une partie des meubles et des provisions. La perte est estimée environ cent mille écus, et nous sommes&#13;
dans un temps où il est comme impossible de la réparer du côté&#13;
de la France. Nos Messieurs du Canada ont montré en cette occasion une constance qui a... (?), surtout Mgr l ’ancien Évêque,&#13;
qui a vu de ses yeux son ouvrage de quarante ans détruit en peu&#13;
d ’heures, en bénissant Dieu sans verser une larme ni jeter un&#13;
soupir, quoiqu’il soit âgé de quatre-vingts ans. Vous jugez quelle&#13;
doit être ici notre affliction et notre embarras pour chercher&#13;
des moyens de remédier à un si grand mal.&#13;
&#13;
2&#13;
Excerptum ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Servum Dei,&#13;
1702, 11 maii. Ex Originali in Archivo Seminarii Quebecensis asservato, Lettres N, n. 119.&#13;
Du 11 mai 1702.&#13;
Monseigneur.&#13;
Je vous ai écrit une assez longue leittre par le vaisseau du&#13;
Nord, que j ’ai remise à M. de Lino, qui doit vous l ’avoir fait&#13;
remettre. Elle était pour vous instruire de nos affaires par les&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc. 57.1&lt;/span&gt;</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Brisacier, Jacques-Charles de, 1642-1736</text>
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                <text>Lettre de Brisacier à Charmot (Paris, 1er mai 1702)</text>
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                <text>Le supérieur du Séminaire de Paris informe le procureur du Séminaire de Paris à Rome de la destruction du Séminaire de Québec par un incendie et de la digne réaction de Laval, ancien évêque de Québec.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Copie collationnée en français classique conservée aux Archives des Missions étrangères de Paris, MG17, A3, vol. 15, p. 628-630&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Charmot, Nicolas, 1655-1714</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10644" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 57 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10645" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 57-1&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9927" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 57-1&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c14010/1109?r=0&amp;amp;s=1"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-14010, p. 1109&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Compliments</name>
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        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Incendies</name>
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                    <text>Introduction aux Docs. LVII&#13;
Diverses lettres au sujet des réactions du Serviteur de Dieu sur les incendies du&#13;
Séminaire de Québec, 1702-1706&#13;
Le 15 novembre 1701, vers 2 heures de l’après-midi, un violent incendie éclata au&#13;
Séminaire de Québec. En quelques heures, tous les édifices construits avec tant de peines&#13;
et de sacrifices par le Serviteur de Dieu furent détruits : chapelle, Grand Séminaire, Petit&#13;
Séminaire et presbytère. Seule la cathédrale fut sauvée des flammes. Mgr de Laval, malade&#13;
depuis quelques jours, fut transporté précipitamment à la maison des Jésuites.&#13;
Il est facile d’imaginer combien ce malheur dut être douloureux au cœur du Serviteur de&#13;
Dieu. Si nous avions quelques lettres écrites de sa main à cette occasion à des amis de Paris,&#13;
on trouverait sans doute toute l’expression de sa douleur. Nous connaissons le contenu des&#13;
réponses à ces lettres (nos 2, 3 et 4), ainsi qu’une lettre du supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris au procureur du même Séminaire à Rome (n o 1), écrite peu&#13;
après l’arrivée des autres lettres au Canada, et ayant le même état d’esprit.&#13;
Dans ces documents, nous voyons clairement que Mgr de Laval resta très peiné de ce&#13;
malheur, mais qu’il l’accepta avec une profonde résignation chrétienne. Il donna même une&#13;
preuve insigne de sa force d’âme, à la grande édification de ceux qui en furent témoins et&#13;
en eurent la nouvelle (no 2) : sans hésiter et en total abandon à la Providence, il ordonna de&#13;
commencer immédiatement la reconstruction d’une nouvelle maison pour le Séminaire,&#13;
bien que ce fût l’hiver.&#13;
Mais l’épreuve n’était pas terminée. Lorsque les travaux étaient sur le point d’être terminés&#13;
et les nouveaux édifices étaient presque prêts, un autre incendie éclata le 1er octobre 1705&#13;
et réduisit tout en cendres.&#13;
Malheureusement, peu de nouvelles nous sont parvenues sur l’attitude du Serviteur de Dieu&#13;
face à ce deuxième événement. Nous avons seulement une réponse de l’abbé Tremblay à&#13;
une lettre du Serviteur de Dieu (no 4). Cependant, il est clair par cette lettre que même en&#13;
ce nouveau malheur, le Serviteur de Dieu se montra résigné à la volonté de Dieu.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 57 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 18 juin 1706)&#13;
&#13;
Paris, 18 juin 1706&#13;
Monseigneur,&#13;
&#13;
J’ai reçu de vous cette année une lettre de trois pages et demie du 16 octobre, une&#13;
autre du 23 et un billet du 26 octobre dernier. J’y vais répondre exactement.&#13;
Nous apprîmes, par votre lettre à M. l’abbé de Brisacier, que nous reçûmes par la&#13;
poste, le second incendie de notre Séminaire. Le coup a été dur à porter, mais la&#13;
manière dont Dieu vous a fait la grâce de le soutenir nous a fort encouragés&#13;
nous-mêmes à ne pas perdre confiance en Notre-Seigneur, qui n’a permis ces&#13;
accidents que pour vous sanctifier davantage, vous qui portez plus que personne&#13;
ce malheur, dont vous connaissez mieux les fâcheuses suites. Il faut espérer&#13;
qu’après que Notre-Seigneur nous a tant mortifiés, il nous vivifiera et ne permettra&#13;
pas que cette œuvre, qui est si utile à l’Église, périsse entièrement.&#13;
Nous avons appris, par vos lettres et par celles de tout le monde, votre grande&#13;
faiblesse et la privation où vous êtes à présent de dire la sainte messe. Vous avez&#13;
la consolation du moins de l’entendre. J’ai écrit à Mgr de Québec sur ce que vous&#13;
me proposiez, Monseigneur, si ayant près de votre chambre une chapelle bien&#13;
ornée, vous n’y pourriez pas avoir le Saint-Sacrement pour votre consolation, ne&#13;
pouvant plus aller à l’église. Ce prélat trouve très bon, Monseigneur, que vous l’y&#13;
ayez et on convient que cela se peut, en pareille occasion, pour un évêque comme&#13;
vous. Je souhaite que le Bon Dieu vous veuille conserver encore plusieurs années&#13;
pour que vous ayez la consolation de voir rétablir notre Séminaire.&#13;
Vous me reprochez, Monseigneur, que je ne me suis pas appliqué à vous choisir&#13;
des lunettes pour votre âge. Je ne puis faire autre chose que de recommander au&#13;
lunettier de vous en choisir pour cet âge. C’est un homme qui ne veut pas tromper&#13;
et qui n’y trouve pas de profit, car je lui dis que je lui paierai tout ce qu’il voudra&#13;
des lunettes pour votre âge. Je vous en envoie encore cette année et je souhaite&#13;
qu’elles vous soient plus propres que celles de l’an passé.&#13;
&#13;
�Vous me reprochez, Monseigneur, les grandes dépenses que je fais pour les&#13;
missions de la Louisiane. Vous aurez encore plus lieu de me les reprocher cette&#13;
année. Cependant, je ne puis faire autrement, à moins que de détruire ces missions.&#13;
C’est vous qui les avez voulues établir ; c’est à vous à les détruire si vous le jugez&#13;
à propos et non pas à moi. J’en suis assez fatigué et d’autant plus que ce sont de&#13;
furieuses dépenses, qui ne produisent que peu ou point du tout de fruit, car&#13;
jusqu’à présent tous les sujets que vous y avez envoyés, hors M. Bergier, n’y ont&#13;
rien fait que beaucoup dépenser. Où est le fruit de M. de Montigny, de M. Davion,&#13;
de M. Foucault, de M. Saint-Cosme, de M. Bouteville1 ? J’ai beau en chercher, je&#13;
n’en trouve aucun. J’en suis plus las que vous, mais il ne m’appartient pas de&#13;
rappeler ces Messieurs. J’en avais assez écrit à M. Davion, s’il eut jugé à propos de&#13;
le faire. Je n’ai nulle autorité de le faire.&#13;
J’avais pris, l’an passé, des mesures pour n’envoyer à nos Messieurs que pour&#13;
3 000 livres, y compris M. de La Vente ; cependant, le renversement du voyage de&#13;
M. Gervaise m’a jeté dans de bien plus grandes dépenses. Ce sont des événements&#13;
qui coûtent à supporter. Je n’ai pas beaucoup de courage pour tous ces nouveaux&#13;
établissements.&#13;
Il faut pourtant vous faire remarquer que j’ai fait un calcul très exact de tout ce que&#13;
j’ai dépensé pour ces missions, en y comprenant même les 4 000 ou 5 000 livres de&#13;
lettres de change que vous tirâtes sur moi pour le second envoi que vous fîtes de&#13;
M. Foucault et autres, et qu’en mettant d’un côté ces dépenses et de l’autre les&#13;
ordonnances que j’ai touchées ou que je toucherai et qui sont expédiées de l’an&#13;
passé, je ne trouve pas que ces missions nous aient encore été fortes à charge, hors&#13;
le premier envoi que vous avez fait, dans lequel je ne suis pas entré. J’aurais&#13;
Monseigneur, plus à me plaindre sur ces missions qu’on ne le peut faire de moi :&#13;
on envoie des missionnaires et puis on me renvoie à en obtenir la subsistance, à la&#13;
procurer ce qui assurément est au-delà de mes forces.&#13;
Quand nous reçûmes des lettres l’an passé de ces missions, par le vaisseau de&#13;
M. du Coudray qui y alla, et par lesquelles M. de La Vente nous mandait qu’il y&#13;
avait du bien à faire aux Chactas ou aux Chicachas, nous en écrivîmes à&#13;
M. Gervaise, dont je vous ai parlé les années passées. Il me pria de le venir trouver&#13;
Marc Bergier, v. 1667-1717 ; François de Montigny, 1669-1742 ; Albert Davion, m. 1726 ; Nicolas&#13;
Foucault, m. 1702 ; Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme ; et&#13;
Lucien Bouteville, v. 1639-1707 : tous missionnaires du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
1&#13;
&#13;
�à son bénéfice, proche de Blois. J’y fus et restai quatre jours avec lui. Nous y&#13;
concertâmes toutes choses. Il me fît voir son revenu, qui montait à plus&#13;
de 3 000 livres, y compris son bénéfice. Il est vrai qu’il devait près de 8 000 ou&#13;
10 000 livres, mais il avait pour plus que cela de meubles et il lui était d’en 3 000&#13;
ou 4 000 livres. Il espérait emporter ces meubles avec lui, dont il devait se défaire&#13;
d’une partie aux îles et en faire de l’argent pour acheter quelques nègres. Ils&#13;
emportaient avec lui de quoi subsister trois ans. Il menait un prêtre que nous lui&#13;
donnions, nommé M. Lemaire, avec deux ou trois valets ou gens de travail pour&#13;
faire un établissement. Il jugea devoir partir sans en rien dire au P. Aubereau, son&#13;
oncle, religieux de Sainte-Geneviève, quoique j’eusse voulu qu’il eût concerté ce&#13;
voyage avec lui. Il se rend à La Rochelle avec tout son équipage, sans que personne&#13;
le sache, mais les vents contraires ayant retenu M. d’Iberville, qui devait partir à&#13;
la fin de novembre et n’est parti qu’à la fin de janvier, le P. Aubereau, son oncle, a&#13;
eu le temps de clabauder et il s’est servi d’un moyen qui a gâté son neveu dans&#13;
l’esprit du roi et l’a fait retenir, car comme ce neveu avait été député du chapitre&#13;
de Saint-Martin-de-Tours trois ans auparavant pour défendre un grand procès que&#13;
fait à ce chapitre M. l’archevêque de Tours, qui veut s’assujettir cette église, qui&#13;
avait été jusqu’alors sujette à Rome sans milieu, le chapitre jugea que M. Gervaise&#13;
devait parler aux nonces du pape de cette affaire et en écrire à Rome pour engager&#13;
le Saint-Siège à les soutenir. M. l’archevêque de Tours noircit cette action à la cour,&#13;
où on n’est pas bien aise qu’on recoure à aucune puissance étrangère, et fit donner&#13;
ordre par le roi à M. l’abbé Gervaise de se retirer à son bénéfice et n’être plus&#13;
député du chapitre. M. Gervaise prit alors ce parti avec plaisir, étant bien aise de&#13;
se débarrasser de ce procès. Son oncle a été remuer cette corde dans cette occasion&#13;
et il a fait dire au roi, par M. de Torcy et par M. de Pontchartrain, que c’était un&#13;
esprit remuant et brouillon, qui irait la porter le trouble, après l’avoir causé à Paris&#13;
dans l’affaire du chapitre de Tours ; ce qui fit révoquer l’ordre qui avait été donné&#13;
pour son embarquement ; et il est revenu à Tours sur ses pas, ce qui lui a été bien&#13;
sensible.&#13;
Il avait dessein de se bien établir dans cette mission, de faire son possible avec&#13;
quelques nègres, de la faire subsister sans aucun recours en France, en faisant&#13;
cultiver la terre et lui faisant porter 1° des vivres, de quoi se nourrir, 2° du cacao,&#13;
du sucre ou de l’indigo, de quoi en envoyer en France, et en retirer ce qui leur&#13;
serait nécessaire. Je crois qu’il aurait réussi. Il nous laissait gouverner son bien,&#13;
dont il n’aurait tiré que 1 500 livres chaque année, et le surplus aurait servi à&#13;
s’acquitter. Son dessein était de fonder de son patrimoine une mission à perpétuité.&#13;
&#13;
�Il nous avait fait promettre qu’en cas que, par quelque infirmité ou autrement, il&#13;
fût obligé de revenir en France après quelques années, nous le recevrions au&#13;
Séminaire non en qualité de directeur, mais de pensionnaire perpétuel. Il est&#13;
encore près de reprendre cette affaire, mais je crains qu’on ne puisse faire revenir&#13;
le roi et le ministre de la prévention qu’ils ont prise contre lui.&#13;
Cette révolution m’a été fort sensible, parce que j’espérais voir par-là quelques&#13;
établissements solides pour la religion en ce pays-là. Cela m’a dérangé dans toutes&#13;
mes mesures. Il a fallu nous charger d’envoyer M. Lemaire tout seul. C’est un bon&#13;
prêtre, mais je ne le crois pas bon en premier. Il eut été bon en second. J’ai mandé&#13;
à M. de La Vente que l’on pourrait le donner pour second à M. Davion, s’il avait&#13;
assez de santé pour retourner avec lui à sa mission. Je ne sais ce qu’ils auront fait.&#13;
M. Lemaire est donc parti le 19 janvier avec l’escadre de M. d’Iberville, qui a six&#13;
ou sept vaisseaux armés avec lui. C’est une entreprise de 800 000 livres, pour&#13;
laquelle il est, dit-on, pour un quart. Il faut qu’il soit bien sûr de son fait. Nous&#13;
avons appris que son dessein était de piller les îles anglaises. Il a trouvé, en arrivant&#13;
à la Martinique, que M. de Chabanais avait déjà pillé Saint-Christophe. Ils se sont&#13;
joints ensemble et ont pillé l’île de Niévès le jour de Pâques. J’ai reçu de M. Lemaire&#13;
une lettre de la rade de Niévès, qui me mande tout ce pillage. M. Lemaire croyait&#13;
que M. de Sévigny irait avec lui à la Louisiane. Il me mande que le dessein est&#13;
changé et que c’est un autre capitaine ; sans doute que M. d’Iberville a besoin de&#13;
son frère pour quelque autre entreprise, mais enfin, nous n’avons encore aucune&#13;
nouvelle de l’arrivée de M. Lemaire à la Louisiane, ni d’aucun de nos Messieurs&#13;
qui y sont.&#13;
Je n’ai nulle bonne opinion de ces incursions sur ces îles anglaises, car les Anglais,&#13;
qui sont bien plus forts que nous, vont sans doute user de représailles et pilleront&#13;
les îles françaises.&#13;
J’aurais souhaité que M. d’Iberville se fut jeté sur le Brésil, où les Portugais sont&#13;
forts riches et sont des gavaches, dont on aurait bon marché. Il y aurait eu plus de&#13;
profits pour lui et les Anglais ne s’en seraient pas vengés.&#13;
Je ne sais donc aucune nouvelle de nos missions de la Louisiane depuis que je vous&#13;
ai écrit l’an passé. J’ai appris, par les lettres de M. Bergier, que le P. Marest, jésuite,&#13;
était descendu au fort Louis de La Mobile pour y prendre la place de P. Dongé.&#13;
&#13;
�J’en fis un mémoire pour M. de Pontchartrain, où j’exposais ce que j’avais appris&#13;
et priais M. de Pontchartrain de régler, avant le départ des vaisseaux pour la&#13;
Louisiane, qui est-ce qui devait toucher les appointements d’aumôniers du fort,&#13;
afin d’ôter tout prétexte de mes intelligences entre les Jésuites et nous.&#13;
M. de Pontchartrain communiqua mon mémoire aux Jésuites, qui répondirent que&#13;
j’avais eu de mauvaises nouvelles et qu’il n’y avait et n’y aurait aucun jésuite à la&#13;
Mobile. C’est ce que M. de La Touche m’a mandé. M. Lemaire m’a cependant écrit&#13;
de Niévès qu’on avait appris, à la Martinique, des nouvelles de la Louisiane que&#13;
tout y allait à l’ordinaire et qu’il y avait des jésuites avec M. de La Vente. Pour moi,&#13;
je ne leur disputerai pas le poste d’aumônier s’ils le veulent contester ; s’ils ne le&#13;
veulent pas garder, comme on suppose à la cour, que ce sont nos ecclésiastiques&#13;
qui le doivent être, il faudra peut-être un troisième prêtre à La Mobile.&#13;
Je ne sais pas, Monseigneur, si vous aurez bien fait de retirer encore M. Bergier&#13;
cette année. Je sais qu’il serait très utile à nos jeunes théologiens pour animer leurs&#13;
études, mais aussi vous ferez tomber la mission des Tamarois en n’y laissant que&#13;
le jeune M. Saint-Cosme. Il est encore trop jeune pour être seul. Ce poste aurait&#13;
besoin d’une meilleure tête. J’en ai écrit au prélat en Angleterre, qui serait aussi de&#13;
mon sentiment. Il aurait mieux valu tirer M. Gauthier et le mettre auprès de vos&#13;
théologiens quelques années.&#13;
Lorsque je reçus vos lettres, Monseigneur, j’étais malade, accablé de la goutte, qui&#13;
m’empêcha de dire la messe le premier jour de l’an et le jour des Rois et plus de&#13;
trois semaines après. Je n’étais point en état alors de faire usage de vos blancs&#13;
signés pour faire des lettres pour vous. Je me suis contenté d’écrire, après que j’ai&#13;
été guéri, aux personnes qui vous avaient écrit pour leur mandater que votre&#13;
infirmité vous avait empêché de leur écrire et que vous m’aviez recommandé de&#13;
leur en faire vos excuses.&#13;
Je vous envoie une lettre de M. l’abbé de Laval2, votre neveu. Il est toujours auprès&#13;
de M. l’archevêque de Cambrai et y fait fort bien. M. de Montigny, votre frère, se&#13;
porte passablement bien et se soutient encore fort bien. M. de Laval3, son aîné, est&#13;
aussi fort tourmenté des gouttes ; il ne vivra pas longtemps. Ils ne font aucun effort&#13;
&#13;
Charles-François-Guy de Laval, 5e fils de Jean-Louis, frère cadet de Mgr de Laval et seigneur de Montigny,&#13;
grand-vicaire de Cambrai&#13;
3&#13;
Gabriel de Laval, 1er fils de Jean-Louis&#13;
2&#13;
&#13;
�pour payer au Séminaire la rente qui y est due. Je crains que cela n’ait à la fin de&#13;
fâcheuses suites.&#13;
Nous avons actuellement au Séminaire M. l’évêque de Rosalie4, qui est revenu de&#13;
Rome cet hiver. Ce prélat nous édifie beaucoup. Il a quitté Rome depuis six mois,&#13;
après avoir fait ce qu’il a pu pour obtenir du pape un authentique de la décision&#13;
sur les affaires de la Chine. Sa Sainteté la lui communiqua en juillet 1705 et permit&#13;
qu’il pût dire qu’elle la lui avait communiquée, mais lui imposa le secret du SaintOffice sur ce qu’elle contenait. M. l’évêque de Rosalie a représenté au pape qu’il&#13;
ne pouvait retourner à la Chine sans emporter avec lui un authentique de cette&#13;
décision, pour plusieurs raisons qui lui en a données. Le pape n’a pas voulu lui&#13;
donner cet authentique, prétendant que cette décision serait publiée à la Chine par&#13;
le patriarche d’Antioche avant que M. l’évêque de Rosalie y arrivât. M. de Rosalie&#13;
a donc résolu d’attendre en France des nouvelles de cette publication, avant que&#13;
de sortir d’Europe pour retourner à la Chine.&#13;
Cependant, depuis que ce prélat est revenu en France, les Jésuites, même les plus&#13;
considérables, ne cessent de publier de lui trois choses très fausses : la 1°, que le&#13;
pape a dit qu’il était faux qu’il lui eût communiqué cette décision ; la 2°, que ce&#13;
prélat ne se contentait pas de dire que le pape lui avait fait cette communication,&#13;
mais disait même qu’elle était à notre avantage ; la 3°, que ce prélat était sorti de&#13;
Rome fort mécontent du pape, parce que Sa Sainteté n’avait pas voulu le faire&#13;
évêque assistant, comme il avait fait M. l’évêque de Québec. Trois choses opposées&#13;
directement à la vérité, car à l’égard de la 1°, il en a fait faire ses plaintes au pape&#13;
par M. Charmot5 et le pape lui a promis de faire dire au roi, par M. le nonce, et à&#13;
M. le cardinal de Noailles qu’il était vrai que Sa Sainteté avait fait part à&#13;
M. l’évêque de Rosalie de ce qui avait été décidé sur l’affaire de la Chine ; à l’égard&#13;
de la 2°, rien n’est plus faux que M. l’évêque de Rosalie dise qu’elle soit à notre&#13;
avantage. Il est vrai que tout le monde en tire cette conséquence, mais ce prélat est&#13;
d’une retenue entière sur ce point. Il est vrai que le P. Daubenton même, qui est ce&#13;
jésuite confesseur du roi d’Espagne, qui a quitté cette place et est actuellement à&#13;
Rome, dit à un prélat que s’il était vrai que M. de Rosalie avait en communication&#13;
de la décision, c’était une marque qu’ils avaient perdu leur procès ; mais&#13;
cependant, M. de Rosalie est d’une retenue entière sur ce chapitre ; et quant à la&#13;
dernière [3°], c’est précisément tout le contraire : le pape a offert et envoyé ses&#13;
4&#13;
5&#13;
&#13;
Artus de Lionne, 1655-1713, évêque de Rosalie, vicaire apostolique au Siam&#13;
Nicolas Charmot, 1655-1714, missionnaire du Séminaire de Paris en Chine&#13;
&#13;
�officiers offrir à M. l’évêque de Rosalie, avant son départ de Rome, de le faire&#13;
évêque assistant, mais ce prélat fit réponse à Sa Sainteté, après en avoir pris l’avis&#13;
de nos amis et des personnes sages, qu’il n’était point venu à Rome y chercher des&#13;
honneurs, mais la décision de la grande affaire de la Chine ; mais que puisque Sa&#13;
Sainteté ne jugeait pas à propos de le charger d’un authentique de cette décision,&#13;
il la remerciait de ces honneurs et s’en retournait en France très affligé du refus&#13;
qu’on lui faisait dans le siège de la religion, de ce qu’on n’avait jamais refusé en&#13;
quelque tribunal que ce fût de donner, après un jugement fait sur une affaire,&#13;
l’arrêt ou la décision qu’on ait porté. Le pape, avant son départ, lui envoya encore&#13;
des présents, qu’il ne refusa pas, de dévotions et entre autres, d’une croix de cristal&#13;
avec des filigranes d’or et un Christ fait du bois de la vraie croix, avec toutes les&#13;
authentiques, où le pape marque que c’est à lui qu’il fait ce présent, faisant son&#13;
éloge dans cet authentique du reliquaire. M. l’évêque de Rosalie s’est plaint au&#13;
P. Guimont, supérieur de la maison professe, de ces mauvais bruits que semaient&#13;
ses pères. Ce supérieur lui a répondu fort honnêtement qu’il s’était informé de ses&#13;
pères et que s’ils avaient répandu de tels bruits, c’était sans sa participation ; mais&#13;
que pour lui, il croyait que le pape lui avait communiqué cette décision dès qu’il&#13;
le disait. Cela donna lieu à M. de Rosalie d’envoyer sa lettre au P. Guimont, la&#13;
réponse qu’il avait faite et une autre qu’il écrivait au P. de La Rue, qui est, comme&#13;
vous savez, le plus habile prédicateur que les Jésuites aient et que M. de Rosalie&#13;
savait avoir le plus parlé de lui à ses dévotes et même à M. le cardinal de Noailles&#13;
et M. d’Argenson. Le P. de La Rue lui a répondu très mal à propos et je dirais&#13;
même très insolemment. Cela donnera peut-être occasion à ce prélat d’écrire une&#13;
lettre aux Jésuites, dans laquelle il rendra compte de ce qui s’est passé en cette&#13;
affaire. Cela ne plaira pas aux Jésuites, mais ils s’attirent cela par la hardiesse à&#13;
parler à tort et à travers.&#13;
Nous nous conjurons, Monseigneur, de vouloir arrêter nos Messieurs, en cas qu’ils&#13;
voulussent reprendre un plus grand nombre d’enfants que douze ou treize, d’ici à&#13;
ce qu’ils se soient rétablis et aient payé leurs dettes et de les empêcher d’aller trop&#13;
vite à se rétablir, mais de faire peu à peu ce qu’il faudra pour leur rétablissement.&#13;
Je ne suis plus en état d’être avec eux en de si grandes avances ; cependant, il y a&#13;
longtemps qu’elles durent. Je suis encore pour eux en avance de plus&#13;
de 13 000 livres, sans ce que coûtera la facture de La Rochelle, car il m’a fallu payer&#13;
à M. Fleury plus de 9 000 livres, qui lui étaient dues des deux dernières factures.&#13;
J’ai de plus accepté pour 6 300 livres de lettres de change à M. Jolliet à payer dans&#13;
l’année prochaine. Je ne saurais vous exprimer combien tout est dérangé dans les&#13;
&#13;
�affaires et quelle difficulté il y a de bien conduire sa barque dans de si fâcheux&#13;
temps. Il faut que nos Messieurs se modèrent s’ils veulent que nous ne tombions&#13;
pas à la renverse dans de si fâcheux temps.&#13;
J’ai plus de peine à présent à tirer quelque chose des bénéfices et des abbayes que&#13;
je n’ai jamais eu, car depuis trois ans, le blé ne se vend pas, ni toutes les autres&#13;
denrées et l’argent ne se voit plus, ni dans les provinces, ni à Paris. Ainsi, les&#13;
fermiers à la campagne vous abandonnent leur équipage et leurs effets et font&#13;
banqueroute, parce qu’ils ne sauraient tirer même de quoi payer leurs tailles,&#13;
taillons, ustensiles et capitation ; et les maîtres ne sauraient rien toucher d’eux. S’ils&#13;
leur font des frais, ces fermiers s’en vont et il faut soi-même faire valoir son bien ;&#13;
ce qui engage à d’horribles dépenses et à de grands embarras. Voilà ce qui me fait&#13;
ménager M. Rotrou pour l’Estrée, quoiqu’il doive plus de 6 000 livres. Je sais qu’il&#13;
lui est dû plus que cela par les sous-fermiers de Champillon, de la Moinerie, du&#13;
Fayet, de Ver, du moulin [Le] Hode et de la ferme qui est près [de] Lépare. Si je le&#13;
presse, il poursuivra ses sous-fermiers, ces gens s’en iront et nous serons obligés&#13;
de faire valoir ces terres. Il faudrait plus de 20 000 livres pour le faire. Cependant,&#13;
son bail finit en 1707. Je tremble si nous n’avons pas la paix, à quoi il n’y a nulle&#13;
apparence. J’en suis de même pour le prieuré de Parçay, d’Èves, de Bénévent et les&#13;
autres. Dans la paix, cela était aisé à conduire ; à présent, j’en suis accablé.&#13;
Vous apprendrez que, contre mon attente, le roi a accordé qu’on unisse au&#13;
Séminaire de Québec un bénéfice de 4 000 ou 5 000 livres, mais il faut à présent que&#13;
le R. P. de La Chaize le veuille et il lui sera bien facile de rendre cette grâce inutile ;&#13;
car il faut à présent trouver un bénéfice qui nous convienne pour cela et cela n’est&#13;
pas facile à trouver. Vous ferez bien, Monseigneur, d’en remercier&#13;
M. de Pontchartrain et le prier de faire exécuter la grâce du roi, et au P. de&#13;
La Chaize, le prier de nous faire ce plaisir, que nous le voulons tenir de lui et lui&#13;
en avoir toute l’obligation. Vous devez aussi en écrire ou faire écrire une petite&#13;
lettre au R. P. Lamberville. Nous allons suivre cette affaire après le départ des&#13;
vaisseaux et voir si nous pouvons en tirer quelque chose.&#13;
Vous nous demandez, Monseigneur, dans toutes vos lettres de demander pour&#13;
vous à Notre-Seigneur la grâce d’une bonne mort. Nous avons sujet d’espérer que&#13;
Dieu vous l’accordera, mais nous ne saurions nous empêcher de demander votre&#13;
conservation pour la consolation et le soutien de vos enfants. Il faut espérer que&#13;
Dieu, qui a voulu accroître votre couronne en vous faisant passer par le feu deux&#13;
&#13;
�fois l’œuvre qui vous est la plus chère, vous donnera le temps d’en voir le&#13;
rétablissement avancé avant que de vous appeler à lui. Je me recommande très&#13;
particulièrement à vos prières et à vos souffrances, puisque je ne puis plus me&#13;
recommander à vos saints sacrifices et je suis très respectueusement, Monseigneur,&#13;
&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription6 en français moderne par le Séminaire de Québec-md-mdv-2021&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LVII-4&#13;
Extraits de la lettre de l’abbé Tremblay au Serviteur de Dieu, 18 juin 1706, d’après&#13;
l’original conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec, Lettres N, no 124&#13;
&#13;
Paris, 18 juin 1706&#13;
Monseigneur,&#13;
J’ai reçu de vous cette année une lettre de trois pages et demie du 16 octobre, une&#13;
autre du 23 et un billet du 26 octobre dernier. J’y vais répondre exactement. Nous&#13;
apprîmes, par votre lettre à M. l’abbé de Brisacier, que nous reçûmes par la poste,&#13;
le second incendie de notre Séminaire. Le coup a été dur à porter, mais la manière&#13;
dont Dieu vous a fait la grâce de le soutenir nous a fort encouragés nous-mêmes à&#13;
ne pas perdre confiance en Notre-Seigneur, qui n’a permis ces accidents que pour&#13;
vous sanctifier davantage, vous qui portez plus que personne ce malheur, dont&#13;
vous connaissez mieux les fâcheuses suites. Il faut espérer qu’après que NotreSeigneur nous a tant mortifiés, il nous vivifiera et ne permettra pas que cette&#13;
œuvre, qui est si utile à l’Église, périsse entièrement.&#13;
Nous avons appris, par vos lettres et par celles de tout le monde, votre grande&#13;
faiblesse et la privation où vous êtes à présent de dire la sainte messe. Vous avez&#13;
la consolation du moins de l’entendre. J’ai écrit à Mgr de Québec sur ce que vous&#13;
me proposiez, Monseigneur, si ayant près de votre chambre une chapelle bien&#13;
ornée, vous n’y pourriez pas avoir le Saint-Sacrement pour votre consolation, ne&#13;
pouvant plus aller à l’église. Ce prélat trouve très bon, Monseigneur, que vous l’y&#13;
ayez et on convient que cela se peut, en pareille occasion, pour un évêque comme&#13;
vous. Je souhaite que le Bon Dieu vous veuille conserver encore plusieurs années&#13;
pour que vous ayez la consolation de voir rétablir notre Séminaire. [...]&#13;
Vous nous demandez, Monseigneur, dans toutes vos lettres de demander pour&#13;
vous à Notre-Seigneur la grâce d’une bonne mort. Nous avons sujet d’espérer que&#13;
Dieu vous l’accordera, mais nous ne saurions nous empêcher de demander votre&#13;
conservation pour la consolation et le soutien de vos enfants. Il faut espérer que&#13;
Dieu, qui a voulu accroître votre couronne en vous faisant passer par le feu deux&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�fois l’œuvre qui vous est la plus chère, vous donnera le temps d’en voir le&#13;
rétablissement avancé avant que de vous appeler à lui. Je me recommande très&#13;
particulièrement à vos prières et à vos souffrances, puisque je ne puis plus me&#13;
recommander à vos saints sacrifices et je suis très respectueusement, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 57-4&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc, LYII&#13;
&#13;
— 618 —&#13;
&#13;
praesenti testificatione firmam et ratam esse non sine magna&#13;
animi laetitia volumus. Datum Quebeci, die octava novembris,&#13;
anni millesimi septingentesimi secundi, sub nostra ac secretarii&#13;
nostri subscriptione necnon et sigilli nostri appositione.&#13;
Francisons, antiquus Quebecensis episcopus.&#13;
locus&#13;
&#13;
sigilli&#13;
&#13;
De mandato Dlustrissimi&#13;
D. D. Episcopi,&#13;
Ménage.&#13;
&#13;
DOC. L Y II&#13;
N o t it ia e v a r ia e c ir c a S e r v i D e i a g e n d i r a t io n e m , o c c a s io n e in c e n d io r u m&#13;
&#13;
S e m in a r ii Q u e b e c e n s is ,&#13;
&#13;
1702- 1706.&#13;
&#13;
II 15 novembre del 1701, verso le dne del pomeriggio, scoppiò un&#13;
violento incendio nel Seminario di Québec : in poche ore tutti gli edifìzi&#13;
edificati con tanta fatica e con tanti sacrifici dal Servo di Dio : cappella,&#13;
Seminario Maggiore, Seminario Minore, casa parrocchiale, furono distrutti ;&#13;
solo la cattedrale fu salvata dalle fiamme. Mons. de Lavai, ammalato da&#13;
qualche giorno, fu trasportato precipitosamente nella casa dei Gesuiti.&#13;
Quanto dolorosa dovè essere questa disgrazia al cuore del Servo di&#13;
Dio è facile immaginarlo. Se avessimo alcune lettere da lui scritte in questa occasione ad amici di Parigi, vi troveremmo indubbiamente tutta&#13;
l ’espressione del suo dolore. Ne conosciamo il contenuto dalle risposte&#13;
(nn. 2, 3 e 4) e da una lettera del Superiore del Seminario delle Missioni&#13;
estere di Parigi al Procuratore a Roma del medesimo Seminario (n. 1),&#13;
la quale fu scritta poco dopo l ’arrivo delle lettere dal Canadà, delle quali&#13;
riflette esattamente, come sembra, lo spirito.&#13;
Da questi documenti si apprende chiaramente che Mons. de Lavai&#13;
rimase addoloratissimo di questo infortunio, ma che accettò la disgrazia&#13;
con profonda rassegnazione cristiana. Diede anzi una prova insigne della&#13;
sua forza d ’animo, con grande edificazione di quelli che ne furono testi&#13;
o che ne ebbero notizia (cf. n. 2,&#13;
&#13;
p. 620) : senza punto esitare e con totale&#13;
&#13;
abbandono nella Provvidenza, ordinò di cominciare immediatamente, benché fosse d ’inverno, la ricostruzione di una nuova casa per il Seminario.&#13;
Ma la prova non era terminata. Quando nel 1705 i lavori erano quasi&#13;
ultimati e gli edifici nuovi quasi pronti, un nuovo incendio, scoppiato il&#13;
1° ottobre, ridusse tutto in cenere.&#13;
Sfortunatamente ci sono pervenute poche notizie sull’atteggiamento&#13;
&#13;
�— 619&#13;
&#13;
Doc. LYII&#13;
&#13;
del Servo di Dio in questo secondo momento; abbiamo solamente una risposta del sacerdote Tremblay, ad una lettera del Servo di Dio (n. 4).&#13;
Appare però chiaramente da questa lettera, che anche in questa nuova&#13;
disgrazia il Servo di Dio si mostrò rassegnato alla santa Volontà di Dio.&#13;
&#13;
1&#13;
Excerptum ex Epistola sacerdotis de Brisacier, superioris Seminarii Missionum pro exteris Gentibus Parisiensis, ad sacerdotem Charmot, eiusdem Seminarii penes Sanctam Sedem&#13;
agentis, 1702, 1 maii. E x Originali in Archivo eiusdem Seminarii asservato, vol. X V , pp. 629-630.&#13;
Mercredi dernier, un courrier de Québec arriva ici envoyé&#13;
exprès à la Cour pour donner avis que le 15 novembre 1701, en&#13;
trois heures de temps et en plein jour, par un grand vent, tout&#13;
notre Séminaire s’est... (?); tous les dedans et... (?) du bâtiment furent brûlés avec une partie des meubles et des provisions. La perte est estimée environ cent mille écus, et nous sommes&#13;
dans un temps où il est comme impossible de la réparer du côté&#13;
de la France. Nos Messieurs du Canada ont montré en cette occasion une constance qui a... (?), surtout Mgr l ’ancien Évêque,&#13;
qui a vu de ses yeux son ouvrage de quarante ans détruit en peu&#13;
d ’heures, en bénissant Dieu sans verser une larme ni jeter un&#13;
soupir, quoiqu’il soit âgé de quatre-vingts ans. Vous jugez quelle&#13;
doit être ici notre affliction et notre embarras pour chercher&#13;
des moyens de remédier à un si grand mal.&#13;
&#13;
2&#13;
Excerptum ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Servum Dei,&#13;
1702, 11 maii. Ex Originali in Archivo Seminarii Quebecensis asservato, Lettres N, n. 119.&#13;
Du 11 mai 1702.&#13;
Monseigneur.&#13;
Je vous ai écrit une assez longue leittre par le vaisseau du&#13;
Nord, que j ’ai remise à M. de Lino, qui doit vous l ’avoir fait&#13;
remettre. Elle était pour vous instruire de nos affaires par les&#13;
&#13;
�Doc. LYII&#13;
&#13;
dire, Monseigneur, que c ’est cette charité qui a fait le plus d ’impression à la Cour et qui vous attirera peut-être dans la suite&#13;
plus d ’aumônes de notre France. Nous avons dessein de faire&#13;
quêter et j ’espère qu’on nous aidera. C ’est par le sieur Joncaire&#13;
que je vous écris celle-ci, qui vous sera commune avec nos Messieurs, et cela n ’empêchera pas que je ne leur écrive par les postes suivantes. Nous avons logé avec plaisir ce Monsieur dans&#13;
notre maison et je l ’ai servi en tout ce que j ’ai pu tant en votre&#13;
considération que pour son propre mérite. J ’espère qu’on l ’avancera l ’année prochaine dans les troupes. Je serai son solliciteur.&#13;
Je suis, Monseigneur, avec tout le respect possible, votre&#13;
très obéissant serviteur,&#13;
De Brisacier.&#13;
4&#13;
Excerpta ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Servum Dei, 1706,&#13;
18 iunii. Ex Originali in Archivo Seminarii Quebecensis asservato, Lettres N, n. 124.&#13;
Paris, 18 juin 1706.&#13;
Monseigneur.&#13;
J ’ai reçu de vous cette année une lettre de trois pages et&#13;
demie du 16 octobre, une autre du 23 octobre dernier. J ’y vais&#13;
répondre exactement.&#13;
Nous apprîmes par votre lettre à M. l ’abbé de Brisacier,&#13;
que nous reçûmes par la poste, la seconde (sic) incendie de notre Séminaire. Ce coup a été dur à porter; mais la manière dont&#13;
Dieu vous a fait la grâce de le soutenir, nous a fort encouragés&#13;
nous-mêmes à ne pas perdre confiance en Notre-Seigneur, qui&#13;
n ’a permis cet accident que pour vous sanctifier davantage, vous&#13;
qui portez plus que personne ce malheur dont vous connaissez&#13;
mieux les fâcheuses suites. Il faut espérer qu’après que NotreSeigneur nous a tant mortifiés, il nous vivifiera et ne permettra&#13;
pas que cette œuvre, qui est si utile à l ’Église, périsse entièrement.&#13;
Nous avons appris par vos lettres et par celles de tout le&#13;
monde votre grande faiblesse et la privation où vous êtes à présent de dire la sainte messe. Vous avez la consolation du moins&#13;
de l ’entendre. J ’ai écrit à Mgr de Québec sur ce que vous me&#13;
&#13;
�— 623 —&#13;
&#13;
Doc. LVIII&#13;
&#13;
proposiez, Monseigneur, si ayant près de votre chambre une&#13;
chapelle bien ornée, vous ne pourriez pas avoir le Saint-Sacrement pour votre consolation, ne pouvant aller à l ’église. Ce prélat trouve très bon, Monseigneur, que vous l ’y ayez et on convient que cela se peut en pareille occasion pour un évêque comme&#13;
vous. Je souhaite que le bon Dieu vous veuille conserver encore&#13;
plusieurs années pour que vous ayez la consolation de voir rétablir notre Séminaire...&#13;
Vous nous demandez, Monseigneur, dans toutes vos lettres&#13;
de demander pour vous à Notre-Seigneur la grâce d ’une bonne&#13;
mort. Nous avons sujet d ’espérer que Dieu vous l ’accordera.&#13;
Mais nous ne saurions nous empêcher de demander votre conservation pour la consolation et le soutien de vos enfants. Il faut&#13;
espérer que Dieu qui a voulu accroître votre couronne en vous&#13;
faisant passer par le feu deux fois l ’œuvre qui vous est la plus&#13;
chère, vous donnera le temps d ’en voir le rétablissement avancé&#13;
avant que de vous appeler à lui. Je me recommande très particulièrement à vos prières et à vos souffrances, puisque je ne puis&#13;
plus me recommander à vos saints Sacrifices, et je suis très respectueusement,&#13;
Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
DOC. L V III&#13;
A c t u s S e p u l t u r a e S e r v i D e i , 1708, 9 maii. Ex Registro Se-&#13;
&#13;
pulturarum Paroeciae Dominae Nostrae Quebecensis.&#13;
N ell’atto di donazione di tutti i suoi beni al Seminario di Québec&#13;
fatto il 6 ottobre del 1684 (copia autentica nell’Archivio del Seminario di&#13;
Québec, Séminaire II, n. 37), il Servo di Dio aveva espresso il desiderio&#13;
che la sua salma fosse sepolta nella erigenda cripta della cappella del&#13;
Seminario. Ora nel 1708, quando Mons. de Lavai venne a morire, la cappella, distrutta n ell’incendio del 1701, non era ancora stata ricostruita.&#13;
Fu dunque deciso che la salma del Vescovo sarebbe tumulata nella cripta&#13;
della cattedrale.&#13;
Riproduciamo qui l ’atto ufficiale di questa tumulazione, quale è conservato nell’Archivio della parrocchia di Notre-Dame-de-Québee.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc. 57-4&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1706, 18 juin – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 124)&#13;
1&#13;
&#13;
Jncendie.&#13;
&#13;
2.&#13;
Chapelle&#13;
privée.&#13;
&#13;
Lunettes.&#13;
&#13;
1&#13;
Paris 18. Juin 1706&#13;
2 Monseigneur&#13;
à Mgr de Laval&#13;
3&#13;
No 124&#13;
4 J’ay receu de vous cette année une lettrede trois&#13;
5 pages et demie du 16. octobre, une autre du&#13;
6 23. et un billet du 26. octobre dernier. J’y&#13;
7 vais repondre exactement.&#13;
8 Nous apprismes par votrelettre a M.r Labbé deBrisacier&#13;
9 que nous receusmes par laposte la 2.de Jncendiede&#13;
10 Notre Sem.re le Coup a esté dur a porter, mais la&#13;
11 maniere dont Dieu vous afait lagracede le Soutenir,&#13;
12 Nous a fort, encouragez nous mesmes a nepas&#13;
13 perdre confiance en Notre Seigneur qui n’a&#13;
14 permis ces accidens quepour vous Santifier&#13;
15 davantage, vous qui portez plus que personne&#13;
16 ce malheur dont vous connoissez mieux&#13;
17 les facheuses Suites. Jl faut esperer quapres que&#13;
18 N’re Seig.r nous a tant mortifiez, Jlnous vivifiera&#13;
19 et nepermettrapas que cet œuvre qui est Si&#13;
20 utile a LEglise perisse entierem.’&#13;
21 Nous avons appris par vos lettres et par celles&#13;
22 de tout le monde votre grande faiblesse, et la&#13;
23 privation ou vous estes a preSent de dire&#13;
24 la s.te messe Vous avez la consolation du moins&#13;
25 de l’entendre. J’ay escrit a Mgr de Quebec Sur ce&#13;
26 que vous me proposiez, Monseigneur, Si ayant prez&#13;
27 de votre Chambre une chapelle bien ornée vous n’y&#13;
28 pouriez pas avoir le S.t Sacrem.’ p.r votre consolation,&#13;
29 ne pouvant plus aller a LEglise ce Prelat trouve tres bon,&#13;
30 Monseigneur, que vous l’y aiez, et on convient que&#13;
31 cela Sepeut en une pareille occasion pour un Evesque&#13;
32 comme vous. Je Souhaite que le bon Dieu vous&#13;
33 veuille conserver encore plus.rs annéez pour que&#13;
34 vous aiez la consolation de voir restablir Notre&#13;
35 Sem.re&#13;
36 vous me reprochez, Monseigneur, que Je ne me Suis&#13;
37 pas appliqué a vous choisir des lunettes pour votre&#13;
38 aage Jenepuis faire autre chose que de recommander&#13;
39 au Lunettier de vous en choisir p.r cet aage c’est&#13;
40 un homme qui ne veut pas tromper et qui n’y&#13;
&#13;
�_______&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
3.&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 124&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
41 trouve pas de profit, car Je lui dit que Jelui paieray&#13;
42 tout cequil voudra des lunettes p.r votre aage Je&#13;
43 vous en envoye encore cette année, et Je Souhaite&#13;
44 quelles vous Soient plus propres quecelles del’an&#13;
45 paSSé.&#13;
46 vous me reprochez, Monseigneur, les grandes depenses&#13;
47 que Jefais pour les missions dela Louisiane, vous aurez&#13;
48 encore plus lieude me les reprocher cette année, cependant&#13;
49 Jene puis faire autrement a moins quede destruire ces&#13;
50 missions. C’est vous qui les avez voulu establir.&#13;
51 C’est a vous a les destruire Si vous lejugez apropos&#13;
52 et non pas a moi. Jen suis aSSez fatigué et&#13;
53 dautant plus que ce Sont de furieuses depenses&#13;
54 qui ne produisent quepeu oupoint du tout de fruit,&#13;
55 car jusqu’a present tous les Sujets que vous y avez&#13;
56 envoié hors M Bergier n’y ont rien fait que beaucoup&#13;
57 depenser : ou est lefruit deM. de Montigni, de M. Davion&#13;
58 deM foucaut, deM. S.t cosme, deM Bouteville. J’ay&#13;
59 beau en chercher. Je n’en trouveaucun. J’en Suis&#13;
60 plus las que vous, mais Jl ne mappartient pas&#13;
61 de rappeler ces Mess.r J’en avois assez escrit a&#13;
62 MDavion Sil eust jugé a propos de le faire&#13;
63 Je n’ay nulle autorité dele faire&#13;
64 Javois pris l’an passé des mesures pour nenvoier&#13;
65 a nos Mess.rs que p.r 3000# y compris M de la&#13;
66 vente cepend.’ le renversem.’ du voiage de M&#13;
67 Gervaise m’a jetté dans de bien plus grandes depenses.&#13;
68 ceSont des évenemens qui coutent a Suporter.&#13;
69 Je n’ay pas beaucoup de courage pour tous&#13;
70 ces nouveaux establissemens.&#13;
71 Jl faut pourtant vous faire remarquer que&#13;
72 J’ay fait un calcul tres exact de tout ceque J’ay&#13;
73 depensé p.r ces missions eny comprenant&#13;
74 mesme les 4. ou 5000.# de lettres de change que&#13;
75 vous tirastes Sur moy p.r le Second envoy que&#13;
76 vous fistes de M foucaut et autres, et qu’en&#13;
77 mettant d’un costé ces depenses et de lautres&#13;
78 les ordonnaces que J’ay touché ou que Je&#13;
79 toucheray et qui Sont expedieez de lan passé,&#13;
80 Je ne trouve pas que ces missions nous ayent encore&#13;
81 esté fort acharge hors leSecond premier envoy que vous&#13;
82 avez fait dans lequel Jene Suis pas entré.&#13;
&#13;
�M.r Gervaise&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
83 Jaurois Monseigneur, plus a me plaindre Sur ces&#13;
84 Missions qu’on nele peut faire demoy, onenvoye&#13;
85 des Miss.res et puis on me renvoye a en obtenir&#13;
86 la Subsistance, a la procurer, cequi asseuremt&#13;
87 est au dela de mes forces.&#13;
88 Quand Nous recusmes des lettres l’an passé de ces&#13;
89 missions parle vaisseau deM du Coudray qui y&#13;
90 alla, et parlesquelles M Dela vente nous mandoit&#13;
91 quil y avoit du bien a faire aux chatta ou aux&#13;
92 chicacha, Nous en escrivismes aM Gervaise dont&#13;
93 Je vous ay parlé les annéez passéez. Jl me pria&#13;
94 de le venir trouver a Son benefice proche de Blois.&#13;
95 J’y fut et restay quatre jours avec lui. Nous y&#13;
96 concertasmes toutes choses. Jl me fit voir Son revenu&#13;
97 qui montoit a plus de 3000.# y compris Son revenu benefice&#13;
98 Jl est vray quil devoit prez de 8. ou dix mil livres,&#13;
99 mais Jl avoit p.r plus que cela de meubles et Jllui&#13;
100 estoit den trois ou quatre mille livres. Jl esperoit&#13;
101 emporter ces meubles avec lui, dont Jl devoit Se&#13;
102 defaire dune partie aux Jsles et enfaire delargent pour&#13;
103 acheter quelques Negres. Jl emportoit aveclui dequoy&#13;
104 Subsister trois ans. Jl menoit un Prestre que nous&#13;
105 lui donnions nommé M Le Maire avec deux&#13;
106 ou trois valets ou gens de travail p.r f.re unétabliSSem’&#13;
107 Jl jugea devoir partir Sans en rien dire au P. aubereau&#13;
108 Sononcle Relig.x de S.te Genevieve quoique Jeusse&#13;
109 vouluquil eust concerté ce voiage avec lui. Jl Se&#13;
110 rend ala Rochelle avec tout Son équipage Sans que&#13;
111 personne le Scache, mais les vents contraires ayans&#13;
112 retenus M DJberville qui devoit partir alafin de&#13;
113 Novembre et n’est parti qu’a lafin de Janvier, LePere&#13;
114 aubereau Son oncle a eu letemps de clabauder, et&#13;
115 Jl S’est Servi d’un moyen qui a gasté Son Neveu dans&#13;
116 lesprit du Roi et la fait retenir.&#13;
117 car comme ce Neveu avoit esté deputé du chapitre&#13;
118 deS.t martinde Tours trois ans auparavant pour&#13;
119 deffendre un grand procez que fait a ce chapitre&#13;
120 M Larchevesq’ de Tours, qui veut Sassujettir cette Eglise&#13;
121 qui avoit esté jusqualors Sujette a Rome Sans milieu&#13;
122 lechapitre Jugeaque M Gervaise devoit parler aux&#13;
123 Nonces du Pape decette affaire, et en escrire a Rome&#13;
124 p.r engager le St Siege a les Soutenir. M Larchevesq’&#13;
125 de Tours noircit cette action ala cour ou on n’est&#13;
&#13;
�126 pas bienaise qu’on recoure a aucune puissance&#13;
127 estrangeres, et fit donner ordre par Le Roi a M&#13;
128 L. Gervaise de Se retirer a Son benefice, et n’estre&#13;
129 plus deputé du chapitre M Gervaise prit alors&#13;
130 ce parti avec plaisir estant bienaise de Se&#13;
131 débarasser de ce procez. Son oncle a esté remuer&#13;
132 cette corde dans cette occasion, et Jl a fait dire au&#13;
133 Roi par M. de Torsi et par M de Pont chartrain&#13;
134 que cestoit un esprit remuant et brouillon qui&#13;
135 iroit la porter le trouble apres lavoir causé a&#13;
136 Paris dans laff.re du chapitre de Tours, cequi fit&#13;
137 revoquer Lordre qui avoit esté donné pour Son&#13;
6&#13;
&#13;
138 ambarquement; et Jl est revenu a Tours Sur Ces&#13;
139 pas, cequi lui a esté bien Sensible&#13;
140 Jl avoit dessein de Sebien establir dans cette mission,&#13;
141 de faire Son possible avec quelques Negres de la faire&#13;
142 Subsister Sans aucun recours enfrance en faisant&#13;
143 cultiver la terre, et lui faisant porter, 1.e des vivres&#13;
144 dequoy Se Nourrir. 2.e du cacao, du Sucre ou de&#13;
145 lindigo de quoy en envoier en france, et en retirer&#13;
146 cequi leur Seroit necessaire. Je crois quil auroit reussy.&#13;
147 Jl nous laissoit gouverner Son bien, dont Jl nauroit&#13;
148 tiré que 1500.# chaq’ année, et le Surplus auroit Servi&#13;
149 a Sacquiter. Son dessein estoit de fonder de Son&#13;
150 patrimoine une Mission a perpetuité. Jl nous&#13;
151 avoit fait promettre qu’en cas que par quelque&#13;
152 Jnfirmité ou autrement Jl fust obligé de revenir&#13;
153 en france, apres quelq’ annéez nous le recevrions&#13;
154 au Sem.re non enqualité de directeur mais de&#13;
155 Pentionnaire perpetuel. Jl est encore prest de&#13;
156 reprendre cette affaire, mais Je crains qu’on ne&#13;
157 puisse faire revenir le Roi et le Ministre de la&#13;
158 prevention quils ont prise contrelui.&#13;
159 Cette revolution m’a esté fort Sensible par ceque&#13;
160 Jesperois voir parla quelq’ establissem’ Solide&#13;
161 p.r la Religion ence pays la cela m’a derangé&#13;
162 dans toutes mes mesures. Jl a fallu nous&#13;
163 charger denvoier M Le Maire tout Seul&#13;
164 c’est un bon Prestre, mais Je ne le crois pas&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
165 bon en premier. Jl eust esté bon en Second. J’ay&#13;
166 mandé aMde la vente que lon pouroit le donner&#13;
167 p.r Second a M Davion Sil avoit assez de Santé&#13;
&#13;
�1706.&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
Mobile&#13;
&#13;
168 p.r retourner avec lui a Sa Mission Je ne Scay&#13;
169 cequils auront fait.&#13;
170 M Le Maire est doncparti le 19. Jan.er avec lescadre&#13;
171 deM DJberville qui a Six ou Sept vaiss.x armez&#13;
172 avec lui. C’est une entreprise de huit cent mille livres,&#13;
173 p.r laquelle Jlest diton, p.r un quart. Jl faut&#13;
174 quil Soit bien Seur de Son fait. Nous avons appris&#13;
175 que Son dessein estoit de piller les Jsles angloises.&#13;
176 Jl a trouvé en arrivant a la Martinique que M.e&#13;
177 dechabanac avoit dejapillé S.’ Chistophe. Jls&#13;
178 Se Sont jonts ensemble et ont pillé LJsle de&#13;
179 Nieves lejour dePasques. J’ay receu de M Le&#13;
180 Maire unelettrede larade de Nieves qui me&#13;
181 mande tout ce pillage. M Le maire croioit que&#13;
182 M de Sevigni iroit avec lui a la Louisiane. Jl&#13;
183 me mandequele dessein est changé, et que c’est&#13;
184 un autre capitaine; Sans doute que M DJberville&#13;
185 abesoin de Son frere p.r quelquautre entreprise&#13;
186 Mais enfin Nous n’avons encore aucune Nouvelle&#13;
187 de larrivée deM Le maire ala Louisianne ni d’aucun&#13;
188 de nos Mess.rs qui y Sont.&#13;
189 Je n’ay nulle bonne opinion de ces Jncursions&#13;
190 Sur ces Jsles angloises, car les anglois qui Sont bien&#13;
191 plus forts que Nous vont Sans doute user de&#13;
192 represailles et pilleront les Jsles francoises.&#13;
193 Jaurois Souhaité que M DJberville Se fust jetté&#13;
194 Sur le bresil ou les Portugais Sont fort riches,&#13;
195 et Sont des gavaches dont on auroit bon marché Jl&#13;
196 y auroit euplus de profit p.r lui, et les anglois&#13;
197 ne S’en Seroientpas vangez.&#13;
198 Je ne Scay donc aucune Nouvelle de nos Mission[s]&#13;
199 dela Louisiane depuis que Jevous ay escrit l’an&#13;
200 passé. J’ay appris par les lettres de M Bergier&#13;
201 que Le P. Marais Jesuite estoit descendu au fort&#13;
202 Louis de la Mobile p.r y prendre laplace de P.&#13;
203 Dongé. J’en fis un memoire p.r M de Pontchartr[ain]&#13;
204 ou Jexposois ceque Javois appris et priois M de&#13;
205 Pontchartrain de regler avant le depart des&#13;
206 vaisseau p.r la Louisiane qui est ce qui devoit touche&#13;
207 les apointemens d’aumosnier du fort afin doster tou[s]&#13;
208 pretexte de mes intelligence entre les Jesuites et&#13;
209 Nous. M de Pont chartrain communiqua mon&#13;
210 memoire aux Jesuites qui repondirent que&#13;
&#13;
�211 Javois eu demauvaiSes Nouvelles, et quil n’y&#13;
212 avoit et n’y auroit aucun Jesuite a la Mobile&#13;
213 C’est cequeMdela Touche m’a mandé. M Le&#13;
214 Maire m’a cependant escrit de Nieves qu’on&#13;
215 avoit appris ala Martinique des Nouvelles&#13;
216 de la Louisiane que tout y alloit a lordinaire,&#13;
217 et quil y avoit des Jesuites avec M de la vente&#13;
218 P.r moy Je ne leur disputeray pas le poste&#13;
219 daumosnier Sils le veulent contester. Que&#13;
9.&#13;
lettre N.&#13;
no. 124&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
220 Sils ne le veulentpas garder, co’e onSupose&#13;
221 a la cour que ce Sont nos Ecclesiastiques qui&#13;
222 le doivent estre, Jlfaudra peut estre un 3.e&#13;
223 Prestre a la Mobile.&#13;
224 Je ne Scay Monseigneur Si vous aurez bien&#13;
225 fait de retirer encore M Bergier cette année&#13;
226 Je Scay quil Seroit tres utile a nos Jeunes&#13;
227 Theologiens p.r animer leur estudes, mais aussy&#13;
228 vous ferez tomber la Mission des Tamarois&#13;
229 en ny laissant que le jeune Mon S.r St Cosme&#13;
230 Jl est encore trop jeune pr estre Seul. Ce poste&#13;
231 auroit besoin dune meilleure teste Jen ay&#13;
232 escrit au Prelat en angleterre qui Seroit&#13;
233 auSsi de mon Sentiment. Jl auroit mieux valu&#13;
234 tirer M Gautier et le mettre aupres de vos Theologiens&#13;
235 quelques annéez.&#13;
236 Lors que Je receus vos lettres, Monseigneur, J’estois&#13;
237 malade accablé de la Goute, qui mempescha de&#13;
238 dire la messe le 1.er Jour de lan et le jourdes Rois et&#13;
239 plus de trois Semaines apres, Je nestois point en&#13;
240 estat alors de faire usage de vos blancSignez p.r&#13;
241 faire des lettres p.r vous. Je me Suis contenté&#13;
242 descrire apres que J’ay esté gueri aux personnes qui&#13;
243 vous avoient escrit p.r leur manderque vostre&#13;
244 Jnfirmité vous avoit empesché de leur escrire,&#13;
245 et que vous maviez recommandé de leur en faire&#13;
246 vos excuses.&#13;
247 Je vous envoie une lettre de Mon s.r Labbe de&#13;
248 Laval votre Neveu Jl est toujours au prez de M&#13;
249 Larchevesque de Cambray et y fait fort bien&#13;
250 M de Montigni vostre frere Se porte passablem’&#13;
251 bien, et Se Soutient encore fort bien Mons.r de&#13;
252 Laval Son aisné est aussi fort tourmenté des&#13;
&#13;
�253 goutes; Jl ne vivra pas longtemps. Jls ne font&#13;
254 aucun effort p.r paier au Sem.re la rente qui&#13;
255 y est deüe. Je crains que cela n’ait alafin de&#13;
256 facheuses Suites.&#13;
257 Nous avons actuellem’ au Sem.re M LEvesque de&#13;
258 Rosalie qui est revenu de Rome cet hyver. CePrelat&#13;
259 nous édifie beaucoup; Jl a quitté Rome depuis&#13;
260 Six mois apres avoir fait ce quil apupour obtenir&#13;
261 du Pape une autentique de la decision Surles affaires&#13;
262 de la Chine Sa Sainteté la lui communiqua&#13;
263 en Juïllet 1705. et permit quil pust dire quelle&#13;
264 la lui avoit communiquée mais lui imposa le&#13;
265 Secret du St office Sur ce quelle contenoit. Mr&#13;
266 LEveque de Rosalie a representé au Pape quil nepouvoit&#13;
267 retourner a la chine Sans emporter avec lui une autentique&#13;
268 de cette decision, pourplus.rs raisons qui lui en a donné.&#13;
269 Le Pape n’a pas voulu lui donner cet autentique&#13;
270 pretendant que cette decision Seroit publiée ala chine&#13;
271 par le Patriarche dantioche avant que MLEveque&#13;
272 de Rosalie y arrivast. M de Rosalie a donc resolu&#13;
273 dattendre enfrance des Nouvelles ce cette publication&#13;
274 avant que de Sortir d’Europe pour retourner a la chine.&#13;
11&#13;
&#13;
275 Cependant depuis que ce Prelat est revenu en france&#13;
276 les Jesuites mesme les plus considerables ne cessent de&#13;
277 publier de lui trois choses tres fausses. la 1.ere que&#13;
278 Le Pape a dit quil estoit faux quil lui eust commu=&#13;
279 niqué cette deciSion La 2.de que ce Prelat ne Se&#13;
280 contentoit pas dedire que Le Pape lui avoit fait&#13;
281 cette communication, mais disoit mesme quelle&#13;
282 estoit anotre avantage. La 3.e que ce Prelat estoit&#13;
283 Sorti de Rome fort mescontent du Pape, parce que&#13;
284 Sa Sainteté navoit pas voulu le faire Evesque assistant&#13;
285 co’e Jl avoit fait M LEvesque de Quebec trois choses&#13;
286 opposéez directem’ a la verité. car a lesgard de la&#13;
287 1.ere Jl en a fait faire Ses plaintes au Pape par M&#13;
288 charmot et Le Pape lui a promis de faire dire au&#13;
289 Roi par M Le Nonce, et a M Le Cardinal de&#13;
290 Noailles quil estoit vray que Sa Sainteté avoit&#13;
291 fait part aM LEveque de Rosalie de ce qui avoit&#13;
292 esté decidé Sur laff.re de la chine a legard de&#13;
293 la 2.de rien nest plus faux que M lEveq’ de Rosalie&#13;
294 dise quelle Soit a Notre avantage. Jl est vray que&#13;
295 tout le monde en tire cette consequence, mais ce&#13;
&#13;
�296 Prelat est d’une retenüe entiere Sur cepoint. Jl est&#13;
297 vray que Le P. Daubenton mesme qui est ce Jesuite&#13;
298 confesseur du Roi dEspagne qui a quitté cette place et&#13;
299 est actuellemt a Rome dit a un Prelat que Sil estoit&#13;
300 vray que M.r De Rosalie avoit en communication&#13;
301 de la decision cestoit une marque quils avoient&#13;
302 perdu leur procez. Mais cepend.t M de Rosalie&#13;
12.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 124&#13;
&#13;
303 est dune retenue entiere Sur ce chapitre Et quan[d]&#13;
304 ala derniere cest presisem’ tout le contraire Le&#13;
305 Pape a offert et envoié Ses officiers offrir a M&#13;
306 LEvesque de Rosalie avant Son depart de Rome de le fair[e]&#13;
307 Evesque assistant. mais ce Prelat fit reponSe a S[a]&#13;
308 Sainteté apres enavoir pris l’avis de nos amis et d[es]&#13;
309 personnes Sages, quil n’estoit point venu a Rome y&#13;
310 chercher des honneurs, mais la decision de la grand[e]&#13;
311 affaire de la chine, mais que puis q’ Sa Saintetté ne&#13;
312 jugeoit pas a propos de le charger d’un autentiquede&#13;
313 cette decision, Jl la remercioit de ces honneurs et S’en&#13;
314 retournoit en france tres affligé du refus qu’on lui&#13;
315 faisoit dans le Siege de la Religion, de ce qu’on n’avoit&#13;
316 jamais refusé en quelq’ tribunal que ce fust de&#13;
317 donner apres un Jugement fait Sur une affaire larres[t]&#13;
318 ou la decision qu’on a porté. Le Pape avant Son&#13;
319 depart lui envoia encore des preSens quil ne refusa&#13;
320 pas de devotions et entrautres dune croix deCristal&#13;
321 avec des filagrames dor, et un crist fait du bois de&#13;
322 la vraye croix avec toutes les authentiques, oule&#13;
323 Pape marque que c’est alui qui fait cepresent&#13;
324 faisant Son éloge dans cet autentique du reliquaire&#13;
325 M LEveq’ de Rosalie S’est plaint auP. Guimont&#13;
326 Sup.r de la maison professe deces mauvais bruits&#13;
327 que Semoient ces Peres. ce Sup.r lui a repondu&#13;
328 fort honnestement quil S’estoit informé de Ses&#13;
329 Peres, et que Sils avoient repandu de tels bruits&#13;
330 cestoit Sans Sa participation, mais que pour lui&#13;
331 Jl croioit que Le Pape lui avoit communiqué cette&#13;
332 decision dez quil le disoit. cela donna lieu&#13;
333 aM de Rosalie denvoier Sa lettre au P. Guimont&#13;
334 la reponse quil avoit fait et une autre quil&#13;
335 escrivoit au P. de la Rüe qui est comme vous&#13;
336 Scavez leplus habile predicateur que les Jesuites&#13;
337 aient et que M de Rosalie Scavoit avoir leplus&#13;
&#13;
�338 parlé de lui a ses devotes, et mesme a M Le Cardl de&#13;
339 Noailles et M Dargenson; Le P. de la rüe lui a&#13;
340 repondu tres mal a propos et Je dirois mesme tres&#13;
341 insolemment. cela donnera peut estre occasion a ce&#13;
342 Prelat descrire une lettre aux Jesuites dans la quelle&#13;
343 Jl rendra compte de ce qui Sest passé en cette affaire&#13;
344 cela ne plaira pas aux Jesuites, mais Jls Sattirent&#13;
345 cela par leur hardiesse a parler a tort et a travers.&#13;
346 Nous vous conjurons Mon seigneur, de vouloir&#13;
347 arrester nos Mess.re en cas quils voulussent reprendre&#13;
348 unplus grand nombre denfans que douze ou treize&#13;
349 dicy a ce quils Se Soient retablis et ayent paiez&#13;
350 leurs dettes, et de les empescher daller trop viste&#13;
351 a Se restablir, mais de faire peu a peucequil&#13;
352 faudrapr leur restablissement. Je ne Suis plus&#13;
353 en estat destre avec eux en de Si grandes avances&#13;
354 Cependant Jl y a longtemps quelles durent. Je&#13;
355 Suis encore pour eux en avance de plus de Treize&#13;
356 mille livres Sans ce que coustera la facture de&#13;
357 la Rochelle, car Jl m’a fallu paier a M fleury&#13;
358 plus de 9000.# qui lui estoient dûs des deux dernieres&#13;
14.&#13;
&#13;
359 factures. J’ay deplus accepté p.r 6300.# de lettres&#13;
360 de change aM Jolliet a paier dans lannée&#13;
361 prochaine. Je ne Scaurois vous exprimer combien&#13;
362 tout est dérangé dans les affaires, et quelle difficulté&#13;
363 Jl y ade bien conduire Sa barque dans de Si facheux&#13;
364 temps. Jl faut que nos Mess.rs Se moderent Sils&#13;
365 veulent que nous ne tombions pas ala renverse dans&#13;
366 deSi fascheux temps.&#13;
367 J’ay plus depeine a present a tirer quelq’ choses des&#13;
368 benefices et des abbaies que Je n’ay jamais eu car&#13;
369 depuis trois ans le bled neSe vend pas ni toutes les&#13;
370 autres danréz, et largent ne Se voit plus ni dans&#13;
371 les Provinces ni a Paris. ainsy les fermiers ala&#13;
372 campagne vous abandonnent leur équipage et&#13;
373 leurs effets et font banqueroute parcequils ne&#13;
374 Scauroient tirer mesme dequoy paier leurs tailles&#13;
375 taillons, ustancilles et Capitation; et les maistres&#13;
376 ne Scauroient rien toucher d’eux. S’ils leur font des&#13;
377 frais ces fermiers S’en vont, et Jl faut Soi mesme faire&#13;
378 valoir Son bien cequi engage a dhorribles depenses&#13;
379 et a de grands ambarras. voila cequi me fait mesnager&#13;
380 M Rotrou p.r Lestrée, quoi quil doive plus de 6000.#&#13;
&#13;
�381 Je Scay quil lui est deu plus que cela par les Sous fermiers&#13;
382 de champillon, dela Moinerie, du fayet, de ver, du&#13;
383 moulin hodé, et de la ferme qui est prez le Pxre Si&#13;
384 Je le presse Jl poursuivra ces Sous fermiers, ces gens&#13;
385 S’en iront, et nous Serons obligez de faire valoir ces&#13;
386 terres, Jl faudroit plus de vingt mille livres pour le&#13;
387 faire&#13;
15.&#13;
&#13;
Bénéfice&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
388 Cependant Son bail finit en 1707. Je tremble Si&#13;
389 nous n’avons pas la paix, a quoy Jl n’y a nulle&#13;
390 apparence J’en Suis demesme p.r le Prieuré de&#13;
391 Parçay dEsve, de Bennevent et les autres. Dans la&#13;
392 paix cela estoit aiSé a conduire apresent J’en Suis&#13;
393 accablé.&#13;
394 vous apprendrez que contre mon attente Le&#13;
395 Roi a accordé qu’on unisse au Sem.re de Quebec&#13;
396 un benefice de 4. ou 5000.# Mais Jl faut a present&#13;
397 que Le R P. de la chaise le veuille et Jl lui Sera&#13;
398 bien facile de rendre cette grace inutile; car Jl&#13;
399 faut apresent trouver un benefice qui nous&#13;
400 convienne pour cela, et cela nestpas facile a&#13;
401 trouver. vous ferez bien, Monseigneur d’en&#13;
402 remercier M de Pont chartrain, et le prier de faire&#13;
403 executer lagrace du Roi, et au P dela chaize le&#13;
404 prier denous faire ce plaisir, que Nous le&#13;
405 voulons tenir delui et lui en avoir toute&#13;
406 lobligation vous devez aussi en escrire ou&#13;
407 faire escrire une petite lettre au R P. Lamberville,&#13;
408 Nous allons Suivre cette affaire apres le depart&#13;
409 des vaiss.x et voir Si nous pouvons en tirer&#13;
410 quelq’ chose&#13;
411 vous nous demandez, Monseigneur dans toutes&#13;
412 vos lettres de demander pour vous a Notre Seig.r&#13;
413 la grace dune bonne mort. Nous avons Sujet&#13;
414 desperer que Dieu vous laccordera, mais Nous&#13;
415 ne Scaurions nous empescher de demander votre&#13;
416 conservation p.r la consolation et le Soutien&#13;
417 de vos enfans. Jl faut esperer que Dieu qui a&#13;
418 voulu accroistre votre couronne en vous&#13;
419 faisant paSSer par le feu deux fois Loeuvre&#13;
420 qui vous est le plus cher, vous donnera le&#13;
421 temps d’en voir le restablissement avancé&#13;
422 avant que de vous appeler a lui. Je me&#13;
&#13;
�423 recommande tres particulierement a vos&#13;
424 prieres et a vos Souffrances puisque Jene&#13;
425 puis plus me recommander a vos SS. Sacrifice&#13;
426 et Je Suis tres respectueusement&#13;
427&#13;
Monseigneur&#13;
428&#13;
votretres humble et tres&#13;
429&#13;
obeiSSant Serviteur&#13;
430&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>168&#13;
M. de la Tente se p la in t d u choix que M. Bouteville * a fait&#13;
d’un emplacement à la M o b ile pour le Séminaire, et il prétend&#13;
qu’il faut passer un lieu inaccessible pendant les pluies pour y&#13;
Tenir. Il expose que M. L e Sueur f étant mort et ayant un&#13;
emplacement sur la place p u b liq u e près le fort, il y faudrait mettre la paroisse.&#13;
M. de la Tente a acheté u n e vache à la Havane et l ’a amenée&#13;
avec lui: elle lui sera tro s-u tile pour subsister.&#13;
Il prétend que ces p a y s no yés de la Louisiane le long de la&#13;
Mobile et du Mississipi s e r a ie n t excellents à y faire du riz et à en&#13;
recueillir de grandes q ua n tité s, si on si appliquait. Il a aussi&#13;
acheté à la Havane un noir.&#13;
M. T b e m&#13;
&#13;
b l a y&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
Mgk.&#13;
&#13;
d e&#13;
&#13;
La&#13;
&#13;
v a l&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
Paris, 18 juin ÎYOG.&#13;
Monseigneur,&#13;
Nous avons appris par v o s lettres et par celles de tout le monde&#13;
votre grande foi blesse et l a privation où vous estes à présent de&#13;
dire la sainte messe. T o u s a v e z la consolation du moins de l’entendre.&#13;
J’ay escrit à Mgr. de Q u éb ec sur ce que vous me proposiez, Mgr.&#13;
si ayant près de votre c h a m b r e une chapelle bien ornée, vous n’y&#13;
pouviez pas avoir le St. S acrem en t, pour votre consolation ne pouvant plus aller à l’Eglise ; c e p réla t trouve très-bon, Mgr., que vous&#13;
l'y aiez, et on convient q u e c e la se peut en une pareille occasion&#13;
pour un Evesque comme v o u s . Je souhaite que le bon Dieu vous&#13;
veuille conserver encore p lu sieu rs années pour que vous aiez la consolation de voir rétablir n o tr e Séminaire.&#13;
M. le Maire est parti le 1 9 janvier avec l ’escadre de M. d’iberville qui a 6 ou 7 vaisseaux arm ez avec lui. J C’est une entreprise de 800,000 livres p ou r la q u elle il est, dit-on, pour un quart,&#13;
’&gt; Balthasar Michel Bouteville, o rd o n n é prêtre en 1696. Il revint à Québec et&#13;
y mourut à 39 ans en 1711.&#13;
t C’est de lui qu’il est parlé d a n s la lettre précédente de M. Tremblay : on&#13;
eroit qu’il fut Sulpicien et m ou ru t à. M ontréal en 1752, Il était remarquable pour&#13;
l ’austérité et la simplicité de sa v ie .&#13;
t “ D’Iberville tira la Louisiaue d e l ’ou bli en s’offrant poui son second fondateur:&#13;
on ne lui refusa rien de ce qui p o u v a it être utile à ses desseins, et personne nétait plus propre que lui à faire fl e u rir la province qu’on lui confiait: mais !&#13;
ne vécut pas assez pour remplir le s id ées que l’on avait à justes titres de son&#13;
expérience et de son courage ” (D e T erg enn es, Mémoire sur la Louisiane.)&#13;
&#13;
�169&#13;
Il faut qu’il soit bieu seu r de son fait. Nous avons appris que son&#13;
dessein estoit do piller les I s le s Anglaises. Il a trouvé en arrivant&#13;
à la Martinique que M. de Cabanac avoit déjà pillé St. Christophe.&#13;
Ils se sont joints onsemble e t o n t pillé l’Isle de Nièves le jour de&#13;
Pasques. J ’ayreceu deM . L e M aire une lettre delà rade de Nièves&#13;
qui me mande tout ce p illag e.&#13;
M. le Maire * croyoit q u e M. de Sevigni iroit avec lui à la&#13;
Louisiane. Il me mande q u e le dessein est changé et que c’estun&#13;
autre Capitaine. Sans do u te que M. d’Iberville a besoin de son&#13;
frère pour quelque autre entrep rise, mais enfin nous n’avons aucune&#13;
nouvelle de l ’arrivée de M. le Maire à la Louisiane ni d'aucun de&#13;
nos Messrs qui y sont.&#13;
J’ay appris par les lettres de M. Bergier que le P. Marais, Jésuite f estoit descendu au fo r t Louis de la Mobile pour y prendre&#13;
la place du P. Dongé.&#13;
Vous nous demandez, M gr., dans toutes vos lettres de demander&#13;
pour vous à N.S. la grâce d ’une bonne mort. Nous avons sujet d’espérer que Dieu voue l ’accordera, mais nous ne scaurions nous empescher de demander votre conservation pour la consolation et le&#13;
soutien de nos enfans. Il fa u t espérer que Dieu qui a voulu accroistre votre couronne en vou s faisant passer par le feu deux fois, J&#13;
l’œuvre qui vous est le plus cLer, vous donnera le temps d’en voir&#13;
le rétablissomont avancé a v a n t que de vous appeler à lui. Je me&#13;
recommande très particulièrem ent à vos prières et à vos souffrances, puisque je ne puis plus m e recommander à vos saints sacrifices.&#13;
* “ P re m ie r C h a p e la in s u r l ’I l e D a u p h i n . ”&#13;
C a n a d a , ii, 6 4 0 .&#13;
&#13;
O h a r le v o ix .&#13;
&#13;
D o c u m . d e P a r is su r l e&#13;
&#13;
t L e n o m d u P .M a ra is n e s e t r o u v e p a s d a n s l a lis te d e s m iss io n n a ir e s d e l a L o u isiane d o n n é d a n s&#13;
lacu n e.&#13;
&#13;
E û t. o f Cath. M is s io n s .&#13;
&#13;
L a p rése n te le ttr e r em p lit e n co re c e tt e&#13;
&#13;
C ’e s t c e m ê m e J é s u i te q u i a l l a à l a B a i e d ’H u d s o n e t d o n t d e u x r e l a t io n s s o n t&#13;
p u b liées d a n s l e s Lettres édifiantes. I l y r a o o o n t e le s c ir c o n sta n c e s é d ifia n te s d e la&#13;
m ort d e M g r. B erg ier , c ’é t a i t e n 1 7 1 2 .&#13;
t “ D e p u is 4 a n s o n t r a v a i l l a i t &amp; r e m e t t r e l e S é m in a ir e ; o n n ’é p a r g n a it r ie n p o u r lefaire a v a n c e r, o n a c h e v a it l e d e d a n s a v e c d e g r a n d e s d é p e n s e s q u a n d , p a r l a n é g li ge a n ce d ’u n o u v r ier q u i f u m a it , l e f e u p r i t d a n s u n e c h a m b re o u é t a ie n t le s m en u isiers.&#13;
&#13;
I l é v e n t a l e feu a u l i e u d e l ’é t e i n d r e ........M. d e L a v a l, a n c ie n E v êq u e , e u t e n&#13;
&#13;
Cette o c c a s io n u n g r a n d s a c r i fi c e&#13;
vrag e.&#13;
&#13;
à, f a i r e p a r c e q u ’il v o y a it en c o re d é tru ir e s o n o u -&#13;
&#13;
11 p r it c e t t e a f f l ic t io n e n s a i n t . O n l e p o r ta c h e z les J é s u ite s o u i l d e m e u r a&#13;
&#13;
q u elq u es j o u r s p en d a n t q u ’o n l u i d r e s s a i t u n p e t i t a p p a rt em e n t d a n s 1 e n d r o it d u&#13;
S ém in a ire q u e le s fla m m e s a v o i e n t é p a r g n é . ”&#13;
(H ist. d e l’H o t e l- D i e u , p - 4 2 3 . )&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié en français classique et publié dans E. Langevin, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, 1er évêque de Québec&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1874, p. 168-169&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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              <text>Gervaise, Nicolas, v.1662-1729</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 18 juin 1706)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris partage à l’ancien évêque de Québec son affliction concernant le deuxième incendie du Séminaire de Québec. Il s’explique sur le choix des lunettes envoyées, sur les grandes dépenses pour les missions de la Louisiane. Il aurait préféré que Bergier reste avec Saint-Cosme à la mission des Tamarois et l’informe des missions orientales.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12045" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 124&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10650" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 57 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9712" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10651" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 57-4&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12041" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien&lt;/a&gt; et en français, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 57-4&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9719" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12042" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12044" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, MS17, p. 889-890&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12043" class="show"&gt;Extrait typographié en français classique&lt;/a&gt; et publié dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec&lt;/em&gt;, 1874, p. 168-169&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Incendies</name>
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      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
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      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
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        <name>Missions du Mississippi</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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        <name>Santé de Laval</name>
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                    <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. LI-VII&#13;
La relation et la collaboration du Serviteur de Dieu avec son successeur,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
Les graves dissensions qui avaient divisé le clergé canadien durant plus de dix ans&#13;
étaient enfin apaisées. Rentré à Québec à l’été 1697, Mgr de Saint-Vallier y fut&#13;
reçu avec bienveillance et l’on s’aperçut bien vite que son attitude fut&#13;
profondément différente de celle qu’il avait eue auparavant. Comme le remarque&#13;
l’abbé Gosselin :&#13;
Le prélat venait de passer par une dure épreuve dans ce séjour prolongé&#13;
qu’on l’avait obligé de faire en France : cette épreuve avait adouci les côtés&#13;
un peu âpres et difficiles de son caractère. On allait entrer dans une ère de&#13;
paix que n’avait pas connue depuis longtemps l’Église du Canada ; et&#13;
Mgr de Laval, qui y avait tant contribué par sa patience, sa douce&#13;
résignation et sa prière fervente, aurait eu bien raison de s’écrier :&#13;
« Quorum pars magna fui1 ! » (Vie de Mgr de Laval, premier évêque de&#13;
Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, vol. 2, p. 462)&#13;
En effet, de 1697 à sa mort en 1727, les rapports de Mgr de Saint-Vallier avec ses&#13;
diocésains furent, dans l’ensemble, pacifiques, de même que ses relations avec le&#13;
Serviteur de Dieu durant les quatre années qu’ils vécurent ensemble, c’est-à-dire&#13;
jusqu’en 1701, lorsque Mgr de Saint-Vallier partit pour la France. Il ne put&#13;
retourner qu’en 1713, cinq ans après le décès de Mgr de Laval (1708).&#13;
Nous reproduisons dans cette section quelques documents illustrant la cordialité&#13;
des relations entre les deux évêques durant cette dernière période (1697-1708), en&#13;
plus des divers faits relatés dans les autres parties de cette Positio. On peut même&#13;
dire que leurs rapports furent inspirés par un véritable désir de paix et de parfaite&#13;
entente ; cela ressort des lettres du ministre de Pontchartrain (nos 3, 4 et 7) et de&#13;
l’intendant de Champigny (no 5).&#13;
D’autres documents révèlent qu’ils travaillèrent ensemble à diverses œuvres qui&#13;
leur étaient particulièrement chères. Cette collaboration est d’autant plus&#13;
remarquable de la part du Serviteur de Dieu qu’il continuait à arriver de France&#13;
de nouvelles manœuvres contre Mgr de Saint-Vallier. À ce sujet, dans sa lettre du&#13;
28 avril 1700 (Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec,&#13;
Lettres N, no 110), l’ancien gouverneur de Denonville exprimait le désir que de&#13;
Québec se manifestent aussi des voix contre Mgr de Saint-Vallier. À notre&#13;
connaissance, le Serviteur de Dieu n’adhéra pas à ces machinations et appuya&#13;
pleinement son successeur dans toutes ses initiatives, de sorte que l’harmonie&#13;
entre les deux évêques ne se manifesta pas seulement en paroles, mais aussi en&#13;
faits.&#13;
Quelques cas en témoignent : l’intervention bienveillante du Serviteur de Dieu,&#13;
sur la demande expresse de Mgr de Saint-Vallier, pour résoudre une difficulté&#13;
administrative née entre les Jésuites et les Autochtones de la mission de Lorette&#13;
(no 1) ; sa participation active dans les graves difficultés rencontrées par son&#13;
successeur dans l’établissement définitif de l’Hôpital général de Québec, œuvre&#13;
particulièrement chère à Mgr de Saint-Vallier et pour laquelle le Serviteur de Dieu&#13;
manifesta plusieurs fois sa grande sympathie (no 6) ; leur collaboration, en 1698,&#13;
pour l’érection d’une mission confiée au Séminaire de Québec auprès des&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : « Où je n’ai eu que trop de part. » (Virgile, Énéide, liv. 2, v. 6)&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Autochtones du Mississippi (no 2) ; et l’appui du Serviteur de Dieu à Mgr de SaintVallier dans l’institution des Frères hospitaliers, dits Frères Charon, dans la&#13;
fondation d’un monastère d’ursulines à Trois-Rivières, dans la création à Québec&#13;
d’une école confiée aux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal,&#13;
etc.&#13;
Tout ceci se réalisa avant que Mgr de Saint-Vallier quitte Québec en 1701. Après&#13;
ce départ, nous n’avons aucun document traitant de leur collaboration, mais tout&#13;
porte à croire que leurs rapports ont continué à être cordiaux.&#13;
Ainsi, les nombreuses relations longtemps tendues entre Mgr de Saint-Vallier et le&#13;
Serviteur de Dieu se terminèrent en une période de bonne entente. Est-ce que le&#13;
retour de cette concorde était dû uniquement au changement d’attitude de&#13;
Mgr de Saint-Vallier – changement qui fut d’une certaine façon réel – ou est-ce&#13;
que le Serviteur de Dieu, qui avait depuis longtemps perdu espoir que son&#13;
successeur puisse adoucir son caractère, y avait contribué en désirant conserver la&#13;
paix à tout prix ? Il serait difficile de nous prononcer. Contentons-nous de dire&#13;
que cette harmonie jeta une lumière favorable sur toutes les affaires antérieures.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 51-7 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 15 juin 1703)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Vous ne recevrez cette année de mes nouvelles que par une seule voie. Ainsi, je&#13;
serai, malgré moi, dispensé de vous faire de duplicata ou de vous écrire plusieurs&#13;
lettres, car nous n’avons cette année qu’un seul vaisseau qui va en Canada ; ce qui&#13;
va bien affliger toute la colonie, qui sera dans cette année dans un état digne de&#13;
compassion, car au lieu de l’espérance que M. de Lino1 avait donné l’an passé que&#13;
la Compagnie de la Colonie pour le castor allait être très à son aise, elle se trouve&#13;
réduite à faire banqueroute, à laisser protester toutes ses lettres de change et à&#13;
avoir recours à des arrêts du Conseil pour arrêter toutes les poursuites de ceux qui&#13;
ont des lettres de change.&#13;
Si M. Riverin2 n’eut pris seul connaissance, j’aurais appréhendé que comme ce n’a&#13;
pas été son avis qu’on formât cette colonie pour le castor autrefois, il aurait été&#13;
bien aise de voir ce commerce ruiné, suivant ses vues ; mais M. de Champigny, qui&#13;
a vu et examiné toutes les affaires de cette Compagnie, a jugé que son commerce&#13;
ne se pouvait soutenir et que les intérêts qu’on paie absorbent non seulement tout&#13;
le profit, mais même le fonds capital et ruinent cette Compagnie.&#13;
Les trois agents de change lui ont avancé plus de 700 000 livres et cependant, il&#13;
leur en faudrait encore presque avancer autant pour payer les lettres de change&#13;
tirées et tous les frais pour faire la vente du castor. Toutes ces lettres de change&#13;
protestées ont tellement décrié le commerce du Canada que, cette année, il n’y aura&#13;
pas un seul marchand qui y aille et il n’y aura d’autre vaisseau que celui du roi,&#13;
qui encore sera équipé par M. de La Chesnaye Aubert3 pour aller chercher les mâts&#13;
et les apporter en France.&#13;
&#13;
Mathieu-François Martin de Lino, 1657-1731, avait été envoyé en France pour défendre les intérêts des&#13;
anciens intéressés de la Compagnie du Nord. Une crise économique due à la surproduction des fourrures de&#13;
castor força les marchands coloniaux à créer, le 9 juin 1700, la Compagnie de la Colonie. Toutefois, elle ne&#13;
fut pas en mesure de faire face à la crise, s’endetta terriblement et dut être liquidée en 1706.&#13;
2&#13;
François Hazeur, v. 1638-1708, et Denis Riverin, v. 1650-1717, achetèrent les droits de pèche et de&#13;
commerce dans les postes de Tadoussac de la nouvelle Compagnie.&#13;
3&#13;
François Aubert de La Chesnaye, 1659-1725, marchand de Québec, comme son père&#13;
11&#13;
&#13;
�M. Riverin a fait ce qu’il a pu pour procurer au pays quelques secours de la Cour,&#13;
comme qu’on eût prêté à cette Compagnie 500 000 ou 600 000 livres, mais le roi&#13;
n’est pas actuellement en état de prêter. Dès que M. Riverin me le proposa, je lui&#13;
dis qu’il ne l’obtiendrait pas. Il me dit qu’on le lui faisait espérer. Cependant, il a&#13;
vu depuis que ses espérances se sont évanouies, car il n’a pas même pu obtenir&#13;
qu’on prêtât 200 000 livres.&#13;
Ce qui fait aussi notre malheur, c’est que le ministre de la Mer n’a presque aucune&#13;
considération. Il n’est en état que de conduire les affaires dans un train ordinaire,&#13;
mais dans ces sortes de rencontres, où il s’agirait de représenter fortement la perte&#13;
inévitable de toute une colonie, il n’oserait prendre cela sur lui. Il parle faiblement&#13;
ou ne parle point du tout. Je ne sais à quoi tout cela aboutira.&#13;
Pour moi, je vous avoue que je plains beaucoup le Canada dans l’état où il se&#13;
trouve. Quel secours peut-il tirer d’un seul vaisseau comme la Seine, qui encore&#13;
court bien risque d’être pris et par conséquent, le pays d’être privé de tout&#13;
secours ?&#13;
J’ai longtemps balancé si je vous envoyais nos ballots par ce vaisseau, mais quand&#13;
je considère l’embarras où vous seriez si ce vaisseau arrivait à bon port, lorsque&#13;
vous ne recevriez rien par lui, je m’abandonne à la divine Providence. Je crains&#13;
seulement que Dieu ne punisse mes péchés par ce malheur, qui me serait très&#13;
sensible dans le triste état où est notre Séminaire et achèverait de nous accabler.&#13;
J’ai les mêmes embarras pour nos bonnes Hospitalières de l’Hôtel-Dieu.&#13;
Je ne crois pas cependant que malgré le danger, nous devions faire assurer nos&#13;
effets. Nous n’avons pas encore commencé à le faire ; ce serait, ce semble, nous&#13;
méfier de la divine Providence. D’ailleurs, cela renchérirait bien tous nos effets que&#13;
nous n’envoyons pas pour vendre, mais pour user dans notre Séminaire. Toutes&#13;
ces considérations m’ont obligé à tout abandonner à la divine Providence.&#13;
M. Aubert est convenu avec le ministre d’équiper le vaisseau, d’en faire tous les&#13;
frais, à condition d’avoir le fret pour lui et de rapporter des mâts au roi pour un&#13;
&#13;
�prix. Cela nous empêchera d’obtenir le gratis du fret que nous avons demandé&#13;
pour nous et pour nos religieuses.&#13;
J’ai reçu, Monseigneur, de vous une petite lettre de Montréal, qui me surprit de&#13;
vous voir entreprendre ce voyage dans un âge aussi avancé. Mgr de Québec m’a&#13;
dit qu’il vous était très obligé d’avoir été confirmer dans ce voyage et que cela le&#13;
met en repos sur le séjour qu’il est obligé de faire en France pour les unions4.&#13;
Il n’y avait que cette seule lettre de Montréal, écrite de votre main. J’en ai reçu une&#13;
autre par deux voies différentes, écrites aussi de deux différentes mains. Comme&#13;
j’ai écrit fort au long à M. de Glandelet de diverses affaires qu’il me serait inutile&#13;
de vous répéter ici, étant persuadé qu’il vous communiquera tout ce que je lui&#13;
mande, vous voulez bien, Monseigneur, que je prenne la liberté de vous y&#13;
renvoyer et de m’épargner de vous les répéter ici.&#13;
Je vous avoue que je ne suis pas sans crainte sur votre santé après la maladie que&#13;
vous avez eue cet automne et ces faiblesses de jambes qu’on me marque que vous&#13;
avez. Rien ne m’inquiète davantage, Monseigneur, que la crainte de vous perdre.&#13;
Vous nous êtes trop nécessaire, dans l’état où nous nous trouvons. J’espère que&#13;
Dieu aura égard à nos besoins et aux prières que nous lui en faisons et vous&#13;
conservera comme le saint homme Job pour voir le rétablissement de votre œuvre5,&#13;
dont il a voulu de vous le sacrifice, afin de vous élever, par sa grâce, au-dessus de&#13;
tout ce qui est sur la terre.&#13;
J’ai déjà mandé, Monseigneur, tout ce que j’ai fait pour avoir un briquetier. Comme&#13;
je confesse une maîtresse de ce métier à Paris, qui est des plus adroites, je l’ai prié,&#13;
dès le mois de janvier, de me chercher un ouvrier, mais elle n’a pu m’en trouver&#13;
que certains qui me demandaient 1 000 livres pour trois ans, à compter du jour que&#13;
je les arrêterais. Je n’ai voulu faire venir de province, comme de Normandie et&#13;
Note de Demers dans l’ANP : Les abbés de Brisacier et Tiberge du Séminaire des Missions étrangères de&#13;
Paris écrivirent aux directeurs du Séminaire de Québec au sujet de ce voyage du Serviteur de Dieu à&#13;
Montréal : « En finissant, nous bénissons Dieu de ce qu’il lui a plu rendre à l’ancien évêque assez de santé&#13;
pour faire encore un voyage à Montréal et pour en revenir avec plus de forces qu’il n’y était allé. Il faut&#13;
espérer que Notre-Seigneur, qui a donné pour lui à tous les peuples tant de confiance et de vénération, le&#13;
conservera encore plusieurs années pour le bien commun et pour notre consolation et notre édification&#13;
particulière. » (Archives du Séminaire de Québec*, Lettres N, no 29)&#13;
* Les Archives du Séminaire de Québec ont été confiées au Musée de la civilisation de Québec. La majorité&#13;
des documents de ce Fonds a été numérisée et est disponible en ligne.&#13;
5&#13;
À la suite de l’incendie du Séminaire en 1701.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’ailleurs, mais aucun n’a voulu aller en Canada. J’en chercherai encore cet hiver,&#13;
afin d’en envoyer par un vaisseau, qui pourrait partir de bonne heure, car quand&#13;
j’en aurais trouvé un cette année, je n’aurais pu me résoudre à l’envoyer par ce&#13;
vaisseau la Seine, qui partira si tard. D’ailleurs, ce n’est pas une petite peine de&#13;
trouver un homme fidèle, laborieux, point débauché et qui ait la crainte de Dieu.&#13;
Je crois, Monseigneur, que vous devez tâcher à vous passer de ceux que vous avez&#13;
en Canada, car nous n’en trouverons pas facilement en France.&#13;
Le sieur de La Joue, qui est à Paris, est trop grand seigneur pour se mêler de faire&#13;
ces recherches. J’ai été le voir deux fois. J’ai parlé une fois à sa femme, qui m’a dit&#13;
qu’il n’en avait pu trouver. Il ne m’est pas venu voir, mais j’en aurais mieux trouvé&#13;
que lui si on en eut pu trouver.&#13;
J’ai mandé assez au long, Monseigneur, à M. de Glandelet tout ce qui s’est fait sur&#13;
les missions de Mississippi. Nous y aurons bien à labourer, tant que nous y aurons&#13;
des jésuites. Je ne répète pas ici ce que j’en ai dit, mais Votre Grandeur verra que&#13;
nous aurions fort souhaité que M. Bergier6 n’eût pas donné son interdit avant que&#13;
de recevoir le règlement de la Cour ; que cependant, nous avons cru que toute sa&#13;
conduite était bonne et son interdit très légitime ; que par conséquent, il devait&#13;
traiter le P. Pinet7 comme suspect pour ne l’avoir pas gardé ; qu’en effet, les Jésuites&#13;
ont dit qu’ils enverraient à Rome pour cela ; que nous ne croyions pas la mission&#13;
des Tamarois soutenable, et à cause de son éloignement d’en haut et d’en bas et à&#13;
cause de son éloignement même de nos autres missions ; qu’il coûterait des 500 ou&#13;
600 livres à porter aux missionnaires leurs besoins tous les ans ; que Mgr de Québec&#13;
a offert de lui-même aux Jésuites cette mission s’ils cédaient la cure de Mobile ;&#13;
qu’en ce cas, M. Bergier pourrait descendre dans le centre de nos missions et en&#13;
être le supérieur ; que nous avons dessein de ne pas entreprendre un grand&#13;
nombre de missions, jusqu’à ce que nous ayons des fonds suffisants pour cela ; que&#13;
nous pensons comme vous, Monseigneur, à réunir ces missions et les mettre près&#13;
les unes des autres, afin qu’un supérieur puisse aller visiter les missionnaires ; que&#13;
nous nous attachons aux Natchez, Tunicas, Taensas et mêmes aux Arkansas, aux&#13;
Chactas et Chicachas, à proportion des fonds que nous aurons ; que nous avons&#13;
destiné 600 livres pour chaque mission sauvage pour ces commencements, jusqu’à&#13;
6&#13;
7&#13;
&#13;
Marc Bergier, v. 1667-1717, missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
Pierre François Pinet, 1660-1704 ?, jésuite missionnaire au Mississippi&#13;
&#13;
�ce qu’elles soient entièrement établies ; qu’en cela, on ne sortira pas de là des&#13;
appropriations, puisqu’on travaillera avec détachement pour le bien, mais que cela&#13;
rendra ménagers les missionnaires et les empêchera de dépenser à tort et à travers ;&#13;
que nous nous conservons toujours une ouverture pour les missions éloignées des&#13;
Panis, quand nous aurons des ouvriers et des fonds ; que nous espérons que&#13;
M. Gervaise, prévôt de Suèvres, ira s’établir aux Chactas et soutiendra cette&#13;
mission de son bien qu’il portera, ayant près de 1 500 livres de revenu par an ; qu’il&#13;
aura un second prêtre avec lui, que nous espérons envoyer par M. d’Iberville, un&#13;
prêtre pour demeurer à Mobile et être notre correspondant ; que nous jetons pour&#13;
cela les yeux sur M. de La Vente que vous avez, à ce que je crois, vu au Séminaire&#13;
en 1688, qui est un bon sujet, qui a du talent, qui est propre à instruire les Français,&#13;
qui sait vivre, qui cependant est fort détaché.&#13;
Vous apprendrez encore que nous ferons notre possible, outre le prêtre que nous&#13;
aurons à Mobile et celui de M. Gervaise, qui ne nous coûtera rien, d’en envoyer un&#13;
à M. Davion8 pour le seconder ; mais ce troisième n’est pas si sûr, n’ayant pas&#13;
encore les moyens de faire cet envoi. Vous saurez encore que Mgr de Québec donne&#13;
des paroles que quand nous établirons, dit-il, de nouvelles missions, outre les&#13;
quatre, qu’il nous donnera à prendre sur les 2 000 livres du clergé de quoi les faire&#13;
subsister ; mais outre que ce ne sont que des paroles sur lesquelles je ne m’appuie&#13;
pas beaucoup, il a engagé cette somme de 2 000 livres jusqu’à la fin de l’année 1704&#13;
pour payer, à un nommé M. de La Touche, 3 000 livres qu’il lui devait. Nous&#13;
recommandons fort à nos Messieurs de vous écrire en Canada et vous mander&#13;
l’état de ces missions, qui ne me donnent pas assurément un petit embarras.&#13;
Vous apprendrez la triste mort de notre cher M. Foucault9 que des Sauvages d’une&#13;
nation au-dessous des Arkansas, nommés Koulois10, qu’il avait pris pour le&#13;
descendre aux Français, avec trois autres Français malades, et qu’il avait aux&#13;
Arkansas, ont été massacrés pour avoir sans doute leur butin ou poussés peut-être&#13;
par les Arkansas de dépit de ce qu’il les abandonnait. Nous nous attendons que le&#13;
jeune M. de Saint-Cosme11 sera revenu cet été à Québec, aura été ordonné par vous&#13;
et sera renvoyé aux missions de Mississippi et si M. Bergier quittait les Tamarois&#13;
Albert Davion, m. 1726, missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
Nicolas Foucault, m. 1702, curé de Batiscan&#13;
10&#13;
Les Corrois&#13;
11&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme, missionnaire du Séminaire&#13;
de Québec au Mississippi&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�et descendait plus bas, ce serait un bon second pour M. Davion ou pour M. de&#13;
Saint-Cosme, son frère12.&#13;
Nous attendons cet hiver M. Bouteville13 en France et il retournera au Canada&#13;
l’année prochaine. Nous avons reconnu cette année que M. d’Iberville n’est pas&#13;
plus porté pour les Jésuites que pour nous ; qu’au contraire il s’est hautement&#13;
déclaré contre les Jésuites, jusqu’à faire de la peine au ministre pour demander que&#13;
nous soyons établis à Mobile avec eux, déclarant qu’il n’y retournera pas s’il n’y a&#13;
que des jésuites seuls. Il sait ce qui s’est passé les années dernières entre le&#13;
P. Dongé14, jésuite, et le commandant du fort en son absence. Vous ne sauriez&#13;
croire Monseigneur, combien j’ai été sifflé par M. de Saint-Cosme et M. Bouteville,&#13;
à ce qu’il me mande, pour avoir proposé à nos MM. de Mississippi de se servir de&#13;
Sauvages. Ils veulent que cela soit du tout impossible. J’espère que Dieu le rendra&#13;
faisable. Ils me demandent des domestiques. Je ne me chargerai jamais de leur en&#13;
envoyer. J’aurais peut-être bien de la peine à en choisir un bon pour moi si j’en&#13;
avais besoin.&#13;
Je crois qu’il faut tâcher à laisser MM. Gaulin et Rageot15 dans les missions de&#13;
Pentagouet. Ce qui m’en fait le plus de peine, c’est qu’on ne donne pas à ces&#13;
missionnaires de quoi subsister : car assurément pour 300 livres chacun, il leur est&#13;
impossible d’y vivre. Nous n’avons pu en rien représenter à M. de Pontchartrain&#13;
cette année. Ce ministre a été trop indisposé contre nous au sujet de notre&#13;
établissement à Mobile, que nous demandions et dont il voulait nous exclure, pour&#13;
le laisser aux Jésuites seuls. J’en ai parlé qu’à Mgr de Québec, jusqu’à l’assurer que&#13;
ces missionnaires seraient obligés de quitter, ne pouvant subsister. Il a entre ses&#13;
mains des fonds qu’il a touchés les années passées dans les 1 500 livres de l’Acadie&#13;
et qu’il n’a pas employés entièrement, car, par exemple, cette année, il ne m’en a&#13;
données que 600 livres et il ne m’en donna que cette somme l’an passé et 300 livres&#13;
qui furent donnés à M. Rageot. Il en a donc gardé l’an passé 600 livres et cette&#13;
année. Il destinait les 900 livres pour les pères prémontrés, mais je ne sais s’il en&#13;
aura cependant. Il ne m’a rien donné pour ces Messieurs. J’ai payé trois lettres de&#13;
change, triées par M. Gaulin, montantes à 277 livres, 15 derniers. J’ai envoyé à ces&#13;
Messieurs quelques hardes les plus nécessaires pour près de 150 livres ou 160 et le&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1660-1712, appelé M. Buisson, procureur du Séminaire de Québec&#13;
Lucien Bouteville, v. 1639-1707, missionnaire au Mississippi&#13;
14&#13;
Pierre Dongé, 1670- , jésuite missionnaire à Mobile&#13;
15&#13;
Antoine Gaulin, 1674-1740, et Philippe Rageot, 1678-1729, missionnaires du Séminaire de Québec en&#13;
Acadie&#13;
12&#13;
13&#13;
&#13;
�surplus, j’ai prié M. Grignon de l’employer en poudre et plomb et l’envoyer à&#13;
M. Gaulin, parce que cela leur ferait plus de plaisir que de l’argent. Je n’ai pas reçu&#13;
d’eux de facture ni de mémoire. Cependant, Monseigneur n’a pas même voulu&#13;
payer à M. Maudoux16 un billet de 158 livres qu’il a de M. Gaulin. On dit que&#13;
M. Gaulin doit encore de grosses sommes à M. de Saint-Castin. Il faudrait qu’il se&#13;
retirât plutôt que de s’endetter ainsi. Monseigneur, à la fin, m’a promis qu’il me&#13;
donnerait 150 livres ou 200 livres par an pour les voyages que M. Gaulin est obligé&#13;
de faire aux Micmacs et par toute l’Acadie, mais ce sont des paroles et vous jugez,&#13;
Monseigneur, quels fonds il y faut faire.&#13;
M. le comte de Pontchartrain et Mgr de Québec ont bien travaillé cette année à faire&#13;
le projet d’un établissement de Prémontrés à l’Acadie. Il avait relation pour cela à&#13;
M. l’abbé de Saint-André, abbé prémontré de la Flandre. C’est un saint, mais qui&#13;
n’a pas, à ce qu’on dit, de tête pour gouverner. Je crois que M. de Pontchartrain lui&#13;
aurait plus accordé qu’il ne ferait à nous autres si nous y eussions voulu aller.&#13;
Quand il a fallu partir, l’abbé de Saint-André, qui le croyait en état de mener cent&#13;
religieux, disait-il, s’il les eut fallu, n’a pu en trouver cinq qu’on lui demandait&#13;
pour établir le Port-Royal, les Mines, Beaubassin, la Hève et un autre lieu. Ainsi,&#13;
tout a échoué et je ne sais qu’on y enverra. Ce que je crains le plus, c’est que&#13;
M. l’abbé de Saint-André, qui est un saint, n’ait pas assez de discernement pour ne&#13;
mener que des religieux réguliers et que peut-être son ordre ne lui donne certains&#13;
dont on sera bien aise de se défaire, qui n’auront pas édifié en France, ce qui serait&#13;
tout à fait à craindre à la porte des Anglais. Je ne sais ce qui arrivera à M. Le Voyer,&#13;
car assurément je ne lui conseille pas de rester quand personne n’irait le relever.&#13;
M. Maudoux m’en a trop dit pour que M. Le Voyer puisse, sous quelque raison&#13;
qu’on lui allègue, continuer de célébrer après les accidents qui lui sont arrivés&#13;
même en célébrant.&#13;
J’ai toujours regret de ce que nous n’établissons pas l’Église de l’Acadie, car je crois&#13;
qu’il y aurait du bien à y faire si on était soutenu par les puissances. Si j’avais une&#13;
année devant moi, je ne désespérerais pas de ramasser quatre ou cinq prêtres pour&#13;
cette bonne œuvre, mais j’en suis entièrement dégouté par le libertinage de ceux&#13;
qui ont l’autorité, qui sont cependant plus écoutés que des sieurs missionnaires&#13;
par le ministre, toujours disposé à les préférer à eux et à condamner les gens de&#13;
bien pour soutenir l’autorité, en quelques mauvaises mains qu’il l’ait mise.&#13;
16&#13;
&#13;
Abel Maudoux, curé à Port-Royal en 1702&#13;
&#13;
�Et ce qui est fâcheux, c’est que le chef de l’Église ne se soutient pas assez également&#13;
pour y remédier. On le compte pour rien, même dans les choses où l’Église devrait&#13;
être écoutée. On se fait au contraire un plaisir d’abaisser ses ministres pour lui faire&#13;
de la peine. L’Acadie est à présent dans un état où je ne saurais croire que Dieu ne&#13;
la livre entre les mains des Anglais pour en punir ceux qui la gouvernent, car ils&#13;
sont peut-être moins ses ennemis que ceux qui se disent catholiques et sont plus&#13;
corrompus de mœurs que les hérétiques.&#13;
Si plusieurs curés ont écrit pour demander la dîme à la 13e, il faut que ce soit à&#13;
Mgr de Québec, car aucun ne m’en a écrit. D’en écrire à Monseigneur n’est pas pour&#13;
eux le moyen d’y réussir. Monseigneur n’en a pas dit un mot à la Cour, ni nous&#13;
non plus, n’étant chargés de personne de le demander. Les curés n’y parviendront&#13;
qu’en présentant requête sur cela à M. le gouverneur et à M. l’intendant et ce&#13;
devrait être ceux à qui on a retranché le supplément et à qui on n’en donne point.&#13;
Je suis persuadé qu’ils l’obtiendraient s’ils poussaient la chose comme il faut, c’està-dire qu’après avoir présenté requête à MM. les puissances, où ils exposeraient&#13;
qu’il y a longtemps que le temps est expiré et ils ne peuvent subsister si on ne leur&#13;
paie la dîme à la 13e ; si on leur refusait justice, ils demanderaient permission de&#13;
s’adresser au ministre, enverraient leur procuration en blanc et je ferais alors&#13;
présenter au roi des placets, qui donneraient matière à un arrêt du Conseil d’État,&#13;
qui règlerait la chose. Je crois même qu’il est à présent temps d’agir sur cela, de&#13;
peur qu’on ne prescrive contre l’Église, qu’on réduira toujours sur ce pied-là, si on&#13;
ne s’y oppose.&#13;
On ne paie pas à Paris, Monseigneur, la dîme du foin : on la paie la dîme du saint&#13;
foin et de la luzerne, parce que cela se sème ; mais les anciennes prairies ne paient&#13;
rien pour tous les autres grains [où] on en paie [la] dîme ; mais dans une paroisse&#13;
où il n’y aurait que des foins, où même on ne subsisterait que de la perche17, on&#13;
obtiendrait d’en faire payer la dîme au curé s’il n’y avait pas un autre moyen pour&#13;
le faire subsister.&#13;
Ainsi, selon toutes les apparences, vous n’aurez pas plus moyen de prendre cette&#13;
année 2 000 livres pour l’éducation des jeunes élèves sur les 8 000 livres de&#13;
supplément que l’année passée. Nous avons demandé un autre fonds, mais je ne&#13;
17&#13;
&#13;
Le saint foin, la luzerne et la perche, de la famille des pois, servaient de forage.&#13;
&#13;
�crois pas que nous l’obtenions. Nous avons aussi fait notre possible pour&#13;
persuader M. de Pontchartrain de mettre nos 4 000 livres pour l’incendie sur l’État&#13;
du pays, mais il nous a fort bien fait entendre que le roi ne voulait pas nous rendre&#13;
perpétuelle cette gratification. Nous lui avons représenté qu’il nous faudrait au&#13;
moins plus de cinquante ans pour nous acquitter, dont il est convenu. Nous&#13;
n’avons pas cru devoir insister pour cette année. Nous représenterons l’année&#13;
prochaine que le Séminaire n’a pu s’empêcher de s’obérer et de prendre à rente&#13;
pour le rétablir et qu’ainsi, cette rente devant toujours durer, nous supplions le roi&#13;
de nous rendre ces 4 000 livres perpétuels pour payer cette rente, comme ce qui a&#13;
été emprunté de M. Soumande18, etc.&#13;
Je ne désespère pas que nous n’obtenions dans un temps de paix 2 000 livres pour&#13;
nos jeunes élèves, mais ce temps-ci est trop rigoureux et je ne sais si la Compagnie&#13;
de la Colonie pourra cette année payer aucune des charges de l’État du pays, vu le&#13;
mauvais état de ses affaires.&#13;
Vous avez eu raison de penser, Monseigneur, que je ne serais pas peu embarrassé&#13;
à payer les 14 000 livres de lettres de change que vous avez tirées sur moi. Je vous&#13;
avoue que j’en fus en balance longtemps si je les accepterais, mais enfin M. l’abbé&#13;
de Brisacier m’ayant promis qu’il me ferait toucher 6 000 livres de notre quête et&#13;
m’ayant fait toucher dans l’année passée tout ce qui m’était dû au Trésor royal sur&#13;
vos ordonnances, dont j’ai touché la courante et une en arrière, je m’y suis hasardé.&#13;
Cependant, cette quête n’a pas encore produit, à l’heure qu’il est, 3 000 livres et je&#13;
ne sais si elle ira beaucoup plus loin. J’ai cependant poussé la recette du Séminaire&#13;
aussi loin qu’on la puisse pousser. J’ai même, encore cette année, remis au&#13;
Séminaire le fonds du chapitre qui me reste au mois de mai, quoique nous soyons&#13;
à la veille d’en avoir besoin pour nos lettres de changes, qui pourront venir de&#13;
Rome si on accorde nos bulles. Cependant, malgré toute cette recette, je n’ai pu&#13;
parvenir qu’à être encore dans la même avance de 10 000 livres ou environ, où&#13;
j’étais l’an passé pour le Séminaire. Ce qui me facilite cette avance, c’est la&#13;
confiance que plusieurs personnes ont en ma probité et me remettent des dépôts&#13;
libres, dont ils me permettent de me servir pour éviter la diminution des espèces.&#13;
Cependant, ces personnes peuvent avoir besoin de leurs fonds du jour au&#13;
lendemain et il me le faudrait trouver très exactement ; mais ce qu’il y a de bon,&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
Louis Soumande, 1652-1706, curé de Cap-Tourmente&#13;
&#13;
�c’est que cela ne se fait pas tout ensemble. Ainsi, j’ai remarqué que la Providence&#13;
a permis que quand on me retirait son fonds, un autre m’en apportait.&#13;
Il n’y a pas d’apparence, Monseigneur, que nous trouvions de l’argent à emprunter&#13;
pour le Séminaire de Québec, pour lequel on fait des quêtes, qu’on déclare être&#13;
ruiné par son incendie et qui est en Canada, où le recours est difficile ; mais ce qui&#13;
y est le plus grand obstacle, c’est que la France est si misérable, l’argent y est si&#13;
rare, le roi y en demande tant à tout le monde, il fait valoir le denier à un si gros&#13;
intérêt pour en avoir qu’on ne s’avisera pas de prêter à un Séminaire de&#13;
l’Amérique. Il ne nous y faut pas penser. Je crois cependant avoir retenu 1 600 ou&#13;
1 800 livres, dont j’ai promis de faire la rente à quelques personnes particulières,&#13;
qui m’avaient mis des dépôts et voulaient les retirer pour les constituer ; mais cela&#13;
est compris dans l’avance que je fais au Séminaire et d’ailleurs, je ne fais pas un&#13;
grand fond sur cela, car si absolument ces personnes me venaient demander leurs&#13;
fonds pour se marier, je ne pourrais honnêtement le leur refuser, quoique je le&#13;
puisse, selon la justice, leur ayant promis de leur en payer l’intérêt. J’ai donc&#13;
mandé, Monseigneur, à M. des Maizerets que quelque effort que vous fissiez pour&#13;
couvrir les murailles et achever de mettre la charpente, je ne pouvais pour l’année&#13;
prochaine présente[ment] compter que sur les 4 000 livres pour un incendie que&#13;
j’espère toucher.&#13;
Sur les 2 000 livres de votre pension au Trésor royal et sur environ 1 500 livres ou&#13;
1 800 livres que j’espère toucher de votre pension sur M. l’évêque d’Aire, cela fera&#13;
autour de 8 000 livres que nos missionnaires pourront tirer sur moi,&#13;
indépendamment de ce dont je suis en avance ; soit qu’ils le tirent en lettres de&#13;
change, soit qu’ils le demandent en factures et autres besoins, car vous&#13;
remarquerez, Monseigneur, qu’outre vos 14 000 livres dont vous m’avez tirées de&#13;
lettres de change, j’ai payé à M. Grignon pour les dépenses qu’il a faites pour nous&#13;
l’an passé, plus de 2 000 livres, et j’ai dépensé plus de 3 500 livres pour la facture&#13;
que je vous envoie. Il sera bien encore dû près de 2 000 livres à M. Grignon pour&#13;
les dépenses qu’il fait actuellement pour nous. Il ne nous a pris l’an passé aucune&#13;
commission pour nos affaires, à cause de notre incendie, ayant laissé cela par&#13;
aumône.&#13;
Je puis vous assurer, Monseigneur, que si nos Messieurs me demandent pour&#13;
l’année prochaine plus que ces 8 000 livres, soit en factures soit en lettres de&#13;
change, je le leur refuserai, car enfin ils doivent considérer que je fais ce que je puis&#13;
&#13;
�et ils ne doivent pas me pousser à bout dans un temps aussi mauvais que celui-ci.&#13;
Mon Dieu que je crains que la Seine qu’on destine à aller en Canada ne soit prise !&#13;
Cependant, si elle est prise, où en serons-nous de perdre tout ce que je vous y&#13;
envoie ? On va être bien embarrassé pour subsister en Canada ! Le vin et le reste y&#13;
sera hors de prix et je ne sais même si la colonie sera en état de payer l’état des&#13;
charges du pays après avoir ici laissé protester toutes les lettres de change.&#13;
Si le Saint-Siège nous accorde nos bulles, il me faudra employer tout le revenu du&#13;
chapitre à les payer et emprunter pour le surplus, ce qui ne sera pas facile.&#13;
Cependant, on trouvera plus aisément de l’argent pour cela qu’on n’en trouverait&#13;
pour d’autres choses et surtout pour rétablir un Séminaire ruiné. Je ne vous&#13;
répéterai pas ici, Monseigneur, tout ce que j’écris à M. de Glandelet sur ces unions.&#13;
Il vous en fera part. Je vous avoue que quelques positives que soient les paroles&#13;
que le pape a données d’accorder ces bulles, je n’y compte que de la bonne sorte,&#13;
car on est si accoutumé dans cette Cour à ne rien tenir de ce qu’on promet que je&#13;
n’y fais guère de fonds.&#13;
J’ai oublié, Monseigneur, à vous faire remarquer que si vous tirez quelques lettres&#13;
de change, ou nos Messieurs, l’année prochaine, je les prie de tirer la lettre payable&#13;
au 15 du mois au lieu de mettre dans tout le mois. Par exemple, si on tirait comme&#13;
a fait cette année dans tout le mois de mai, j’aimerais mieux qu’on tirât au 15e de&#13;
mai, car nous sommes si embarrassés dans le commerce, à cause qu’à la fin de&#13;
chaque mois, on nous fait courir les risques d’une diminution, que dans les&#13;
commencements du mois, nous n’avons plus d’argent pour éviter la diminution.&#13;
J’ai actuellement dans mon coffre plus de 3 000 livres ce jour d’hui, 31e mai, et si&#13;
les louis d’or diminuent de 10 sols et les écus de 2 sols, comme on nous menace&#13;
par un arrêt que ce sera demain, je perdrai beaucoup sur la diminution, quoique&#13;
j’aie prévenu actuellement le paiement de plus de 9 000 livres de lettres de change,&#13;
à cause de cela. Or, pour l’éviter, il faut mettre la lettre de change au 15e du mois&#13;
et je la paierai au 25e, parce que nous avons dix jours à Paris pour payer les lettres&#13;
de change.&#13;
J’ai fait ce qui a dépendu de moi pour MM. Galiffet et de Longueuil19, sans égard&#13;
à ce qu’ils offraient pour le rétablissement du Séminaire, mais, Monseigneur,&#13;
comme ils espéraient peut-être que Mme de Maintenon demanderait directement&#13;
François de Galiffet de Caffin, 1666-1746, gouverneur de Trois-Rivières, et Charles Le Moyne de&#13;
Longueuil, 1687-1755, gouverneur de Montréal&#13;
19&#13;
&#13;
�au roi ce qu’ils souhaitent, j’ai expliqué à M. d’Iberville que M. l’abbé de Brisacier&#13;
m’avait dit qu’elle ne demanderait jamais des emplois dont le ministre disposait&#13;
sous l’autorité du roi et qu’elle lui en laissait l’entière disposition. Je lui ai d’ailleurs&#13;
expliqué que nous n’avions nulle espérance de la faveur du ministre et que tout ce&#13;
que M. l’abbé de Brisacier avait pu faire avait été de recommander fortement cette&#13;
affaire à M. de La Touche, qui a promis de faire connaître que ces deux personnes&#13;
étaient désirées dans ce pays-là, à cause de leur piété et de leurs bonnes qualités.&#13;
J’ai dit même à M. d’Iberville qu’il ne devait compter que comme rien&#13;
l’engagement d’honneur que ces Messieurs avaient voulu prendre à notre égard&#13;
pour notre Séminaire ; que nous n’y comptions rien et les en tenions très quittes et&#13;
que s’il pouvait agir par quelque canal plus efficace en offrant, etc., nous serions&#13;
ravis que, de quelque manière que ce fût, M. de Longueuil fut avancé.&#13;
M. d’Iberville ne voudrait point de majorité pour M. de Longueuil. Cependant,&#13;
j’aurais toujours cru que du moins on en eut eu pour lui. Ç’eut été un pas pour&#13;
avancer. Nous avons aussi recommandé M. de Langloiserie20 à M. de La Touche et&#13;
je lui ai aussi fait entendre que nous ne pouvions faire davantage.&#13;
On parle aux bureaux de faire trois conseillers au Conseil supérieur de Québec&#13;
d’augmentation et Mgr de Québec a demandé que l’on en fît un conseiller élève et&#13;
a proposé pour cela M. de La Colombière. Je ne crois pas qu’il l’obtienne. On&#13;
propose M. Aubert et M. de La Cardonnière pour remplir les deux places vacantes.&#13;
On croit que M. de Pontchartrain veut faire M. de Lotbinière premier conseiller et&#13;
donner les deux autres charges à M. Hazeur et à M. Monseignat. Je ne sais si on ne&#13;
parle pas de M. Duplessis, trésorier, pour remplir la place de M. Lotbinière. Le&#13;
temps nous éclaircira toutes choses. Je ne crois pas, Monseigneur, que&#13;
l’établissement du Détroit subsiste. La Cour ne veut point y entrer. La colonie ne&#13;
le soutiendra pas, étant si obérée, et nous verrons M. de La Mothe Cadillac revenir&#13;
peut-être cet automne en France, où il ne réussira pas pour le Détroit si la guerre&#13;
continue, car le ministre de la Marine n’a pas de fonds à employer et on tourne&#13;
tout du côté des armées de terre.&#13;
On croit aussi, Monseigneur, que vous ne pouvez avoir de communication avec&#13;
[le] Mississippi que par la France. Je vous ai déjà dit qu’on ne pensait pas que la&#13;
mission de M. Bergier fût soutenable, ni par Québec ni par le bas du Mississippi,&#13;
par l’un ou l’autre bout. Il coûterait plus à envoyer à un missionnaire les nécessités&#13;
20&#13;
&#13;
Charles-Gaspard Piot de Langloiserie, 1655-1715&#13;
&#13;
�qu’il n’aurait à dépenser. Tout ce que j’ai recommandé à nos MM. de Mississippi&#13;
est de vous écrire par toutes les voies en Canada en m’envoyant leurs lettres.&#13;
J’ai, Monseigneur, parmi nos papiers la quittance de Mme la veuve et héritière&#13;
Berruyer, mais je ne trouve rien de ce qui est dû au sieur Cheffault, comme aux&#13;
autres. J’ai déjà fait plusieurs perquisitions pour savoir qui sont les héritiers ou les&#13;
créanciers du sieur Cheffault. J’en ai donné des mémoires à plusieurs personnes,&#13;
sans expliquer pourquoi, mais je n’en ai pu encore avoir de nouvelles assurées. Je&#13;
vous promets, Monseigneur, que j’en ferai de si exactes perquisitions que je saurai&#13;
à qui sera dû ce que nous pouvons lui devoir, supposé que vous le croyiez ainsi.&#13;
Je conduirai cette affaire sans nous engager.&#13;
M. l’abbé de Laval21 est venu cet hiver à Paris et nous avons consommé la&#13;
révocation de la fondation que vous aviez faite à Montigny. Ce qui nous a empêché&#13;
de la finir a été que je désirais être payé par M. de Laval22 de 300 livres que je lui&#13;
avais fait prêter par M. Rotrou23 et dont j’étais demeuré sa caution et 75 livres que&#13;
je prêtai à Mme de Laval il y a cinq ou six ans. Ce ne devait être que pour un an.&#13;
Ils ne se contentent pas de ne nous [pas] payer la rente qu’ils doivent au Séminaire,&#13;
ils ne nous paient pas même ces emprunts qu’ils sont venus faire dans certaines&#13;
nécessités, où je ne pus leur refuser de les aider. J’ai eu besoin cette année de tout&#13;
pour payer tant de lettres de change que j’ai acquittées, car M. Rotrou, à&#13;
proportion, ne paie pas.&#13;
J’ai fait auprès de M. de Montigny24 et de M. de Laval tout ce que j’ai pu pour les&#13;
porter à rendre à cette nièce de M. Lamy l’héritage qui lui appartient, mais ils&#13;
éloignent toujours la chose. J’ai adressé la procuration à M. le curé de Montigny,&#13;
qui est un fort honnête homme, qui agit de concert avec moi pour cela ; mais il est&#13;
fort surpris que M. de Montigny fasse tous les jours certaines restitutions et qu’il&#13;
ne pense pas à celle-ci, qui est la plus essentielle. M. de Montigny m’écrivit au&#13;
commencement qu’il valait mieux employer ce bien à aider à la fondation d’une&#13;
maîtresse d’école, mais je lui répondis que je n’étais pas le maître de disposer du&#13;
bien de M. Lamy, après qu’il l’avait destiné à sa nièce.&#13;
&#13;
Charles-François-Guy de Laval, 5e fils de Jean-Louis&#13;
Gabriel de Laval, fils aîné de Jean-Louis&#13;
23&#13;
Fermier et administrateur de l’abbaye de l’Estrée&#13;
24&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval et seigneur de Montigny&#13;
21&#13;
22&#13;
&#13;
�Je ne sais pas comment M. de Laval et les autres gouvernent leurs biens, car outre&#13;
qu’on leur a laissé en arrière 2 743 livres d’anciens arrérages qu’ils doivent au&#13;
Séminaire en 1696, ils n’ont payé que 454 livres depuis ce temps des arrérages de&#13;
la rente qu’ils y doivent encore de 333 livres, 6 deniers, 8 sols ; si bien qu’à l’heure&#13;
que je vous écris, ils nous doivent plus de 4 500 livres d’arrérages. Ils donnent des&#13;
paroles et n’en tiennent aucune. M. l’abbé de Laval les a un peu échauffés et ils se&#13;
proposent de nous déléguer 600 ou 700 livres par an et quand nous les toucherions,&#13;
ce que j’ai peine à croire, il faudra attendre près de dix ou douze ans avant qu’ils&#13;
soient quittes de leurs anciens arrérages et qu’ils ne doivent plus que le courant.&#13;
Mme de Laval est toujours malade et ne peut presque avoir d’enfants qui vivent.&#13;
M. de Laval, son mari, est fort tourmenté de la pierre [à la vessie] et il vint cet hiver&#13;
pour se faire sonder, mais il ne voulut pas qu’on lui fît l’opération. Il souffre&#13;
beaucoup. Je crains fort qu’il n’en meure.&#13;
Quant à M. l’abbé de Laval, il se fait toujours fort estimer à Tournai, où il est&#13;
chanoine et official, mais il est toujours malade et l’air de Flandres ne lui vaut rien.&#13;
Il est cependant obligé d’y rester. Il a fait ce qu’il a pu fort honnêtement pour nous&#13;
procurer quelque secours pour notre rétablissement dans son quartier, mais les&#13;
temps sont si mauvais qu’il n’a pu faire grand-chose. Il n’a pas tenu à lui.&#13;
Je n’ai point adressé à M. Bonnet l’attestation que vous avez envoyée sur feu&#13;
M. Vincent [de Paul]. J’en ai gardé un exemplaire et j’ai envoyé l’autre directement&#13;
à Saint-Lazare, de quoi ces Messieurs vous sont fort obligés. Vous apprendrez la&#13;
mort du bon M. Boudon, dont M. Thomas a fait graver le portrait et vous en envoie&#13;
des estampes par M. de Glandelet.&#13;
Je n’ai point vu à Paris M. Thierri. Je ne sais s’il y est venu. Je crois, Monseigneur,&#13;
que voilà la réponse que je dois faire à tous les articles de votre lettre.&#13;
Nous n’avons pas cru devoir rendre au R. P. de La Chaize votre réponse à sa lettre&#13;
très outrée et nous avons cru qu’il valait mieux n’y point répondre du tout que de&#13;
ne pas relever ce qu’il y dit contre nous, mais nous avons cru qu’il valait mieux&#13;
garder le silence pour ne pas faire passer en Canada les dissensions qui ne sont&#13;
que trop fâcheuses en Europe et en Asie. Vous verrez que le R. P. de La Chaize a&#13;
écrit une autre lettre aux évêques de France, à laquelle nous avons été obligés de&#13;
&#13;
�répondre par des notes courtes pour les envoyer à tous les évêques. Je ne vous&#13;
répète pas ici ce que j’en écris à M. de Glandelet, qui pourra vous en faire part.&#13;
Vous apprendrez aussi par sa lettre tout ce qui s’est passé cette année sur le&#13;
jansénisme, qui a fait bien du bruit depuis six mois.&#13;
Vous trouverez, Monseigneur, dans le compte du Séminaire que j’ai reçu pour&#13;
vous, deux années de votre pension sur le Trésor royal, on y prend un liard par&#13;
livre, à cause d’une charge que le roi a créée au Trésor royal pour ce droit. Cela va&#13;
de 12 livres, 10 sols pour 1 000 livres qu’on paie. Vous y remarquerez aussi que j’ai&#13;
reçu pour vous, de M. l’évêque d’Aire, 2 466 livres, 6 sols, 8 deniers pour les&#13;
années 1701 et 1702. Tout le surplus a été consommé en don gratuit et subvention.&#13;
Or, environ 500 livres ou 600 livres au plus, qui sont encore dues de l’année&#13;
dernière, vous devez juger par-là, Monseigneur, combien sont surchargés les&#13;
bénéfices. M. l’évêque d’Aire n’a voulu en rien rabattre de ce qui pouvait s’exiger&#13;
en vigueur et il n’a pas non plus voulu contribuer en rien à notre rétablissement.&#13;
Il s’est contenté de nous payer et nous estimons que c’est encore beaucoup.&#13;
Je vous ai envoyé, Monseigneur, le camelot de moindre prix que vous avez&#13;
demandé, puisque vous avez fait présent à l’église de celui qui était plus propre&#13;
que je vous envoyai l’an passé. J’ai aussi envoyé ce qu’il faut de boutons et autres&#13;
garnitures.&#13;
Je vous envoie, Monseigneur, une copie des Règlements qu’on a proposé de faire&#13;
pour le rapport des missions orientales avec le Séminaire de Paris. On les a dressés&#13;
il y a près de trois ans. On n’en est pas encore convenu absolument, parce qu’il y&#13;
a deux ou trois petites choses qui arrêtent et comme nous pouvons bien ne pas&#13;
encore en parler si tôt, je serais bien aise que vous et nos Messieurs les eussiez lus&#13;
et nous en disiez votre sentiment ; car quoique ce ne soit que pour les missions&#13;
d’Orient, cependant il y a quelques intérêts à prendre pour celles d’Occident. La&#13;
principale difficulté est sur l’article 1 du chapitre 4, car les vicaires apostoliques&#13;
voudraient que ce fussent eux seuls qui fussent regardés comme le centre des&#13;
missions, le lien qui les unit et le fondement qui les soutient. Les vicaires&#13;
apostoliques voudraient être ce fondement et ce centre et quoiqu’on leur ait&#13;
représenté qu’on peut nous ôter tous les vicariats apostoliques et qu’alors le corps&#13;
des missions ne subsisterait plus selon eux. Ils ont pris dans les Indes de si fortes&#13;
impressions contre le Séminaire de Paris qu’ils ont peine à en revenir.&#13;
&#13;
�Je vois, Monseigneur, par ce que MM. de Montigny et de Laval m’écrivent, qu’ils&#13;
ne veulent pas se charger, ni l’un ni l’autre, de payer ces dettes, desquelles&#13;
M. de Montigny vous a écrit. Bien m’en a pris, Monseigneur, de n’avoir pas encore&#13;
signé la remise de la fondation. Elle est toute dressée, signée de M. l’abbé de Laval&#13;
et datée du jour qu’il l’a signée à Paris. Il ne tient plus qu’à moi de la signer. Je ne&#13;
l’ai voulu faire que M. de Laval n’ait payé 300 livres qu’il a empruntées de&#13;
M. Rotrou pour un an seulement, il y en a cinq ou six, et dont je suis devenu&#13;
caution à M. Rotrou et je ne la signerai pas qu’ils ne se soient chargés de cette&#13;
obligation, que vous marquez à la fin de cette lettre.&#13;
Je suis obligé, Monseigneur, de finir celle-ci, qui est déjà assez longue, et je vous&#13;
conjure de me donner votre bénédiction, comme les patriarches la donnaient à&#13;
leurs enfants, et de m’obtenir, par vos prières, cette force intérieure dont j’ai besoin&#13;
pour vivre comme un bon prêtre au milieu de tous mes embarras. Je me&#13;
recommande très particulièrement à vos saints sacrifices et suis avec un très&#13;
profond respect, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 15e juin 1703&#13;
&#13;
/Transcription25 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI-VII-8&#13;
Extraits de la lettre de l’abbé Tremblay au Serviteur de Dieu, 15 juin 1703, d’après&#13;
l’original conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec,&#13;
Lettres N, no 121&#13;
&#13;
J’ai reçu, Monseigneur, de vous une petite lettre de Montréal, qui me surprit de&#13;
vous voir entreprendre ce voyage dans un âge aussi avancé. Mgr de Québec m’a&#13;
dit qu’il vous était très obligé d’avoir été confirmer dans ce voyage et que cela le&#13;
met en repos sur le séjour qu’il est obligé de faire en France pour les unions1. [...]&#13;
et je vous conjure de me donner votre bénédiction, comme les patriarches la&#13;
donnaient à leurs enfants, et de m’obtenir, par vos prières, cette force intérieure&#13;
dont j’ai besoin pour vivre comme un bon prêtre au milieu de tous mes embarras.&#13;
&#13;
Les abbés de Brisacier et Tiberge du Séminaire des Missions étrangères de Paris écrivirent aux directeurs&#13;
du Séminaire de Québec au sujet de ce voyage du Serviteur de Dieu à Montréal : « En finissant, nous&#13;
bénissons Dieu de ce qu’il lui a plu rendre à l’ancien évêque assez de santé pour faire encore un voyage à&#13;
Montréal et pour en revenir avec plus de forces qu’il n’y était allé. Il faut espérer que Notre-Seigneur, qui a&#13;
donné pour lui à tous les peuples tant de confiance et de vénération, le conservera encore plusieurs années&#13;
pour le bien commun et pour notre consolation et notre édification particulière. » (Musée de la civilisation,&#13;
Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 29)&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                </elementTextContainer>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-7-8&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>— 587 —&#13;
&#13;
Doc. LII&#13;
&#13;
s’il est possible, étant persuadée que c ’est de ce bon exemple que&#13;
doivent suivre l ’union et le concert entre les principaux officiers&#13;
et les habitants de la colonie.&#13;
8&#13;
Excerpta ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Servum Dei, 1703,&#13;
15 iunii. Ex « Vie de Mgr de Lamad » auctore sacerdote Augusto Gosselin, Quebec, 1890, vol. II, pp. 506-507.&#13;
J ’ai reçu de vous une petite lettre de Montréal. J ’ai été surpris de vous voir entreprendre ce voyage dans un âge aussi&#13;
avancé. Mgr de Québec m ’a dit qu’il vous était très obligé d ’avoir été confirmer dans ce voyage, et que cela le met en repos sur&#13;
le séjour qu’il est obligé de faire en France pour les unions ...1&#13;
Je vous conjure de me donner votre bénédiction, comme les&#13;
Patriarches la donnaient à leurs enfants, et de m ’obtenir par&#13;
vos prières cette force intérieure dont j ’ai besoin pour vivre&#13;
comme un bon prêtre au milieu de tous mes embarras.&#13;
&#13;
DOC. L U&#13;
E x c e r p t a e x E p is t o l a S e r v i D e i a d D ir e c t o r e s S e m i n a r ii Q u e , 1685. Ex Autographo in Archivo eiusdem Seminarii asservato, Séminaire V, n. 130.&#13;
&#13;
b e c e n s is&#13;
&#13;
Nell 'incartamento&#13;
&#13;
relativo&#13;
&#13;
alle&#13;
&#13;
relazioni&#13;
&#13;
del Servo&#13;
&#13;
di Dio&#13;
&#13;
col suo&#13;
&#13;
successore Mons. de Saint-Valier, abbiamo già riprodotto tre lettere di&#13;
Mons. de Lavai, scritte durante il suo soggiorno in Francia negli anni 16841688 ai Direttori del Seminario di Québec { D oc. L I , I I , n. 1, pp. 384-394 :&#13;
n. 3, pp. 3 9 7-40 0; I II , n. 7, pp. 410-416). Abbiamo in mano u n ’altra lunghis-&#13;
&#13;
1 Intorno a questo viaggio del Servo di Dio a Montréal, i sacerdoti de Brisacier&#13;
e Thiberge, del Seminario delle Missioni estere di Parigi, scrivevano ai Direttori del&#13;
Seminàrio di Québec: « En finissant nous bénissons Dieu de ce qu’il lui a plu rendre&#13;
à M. l’ancien Évêque assez de santé pour faire encore un voyage à Montréal et pour&#13;
en revenir avec plus de forces qu'il n'y était allé. Il faut espérer que Notre-Seigneur. qui a donné pour lui à tous les peuples tant de confiance et de vénération,&#13;
le conservera encore plusieurs années pour le bien commun et pour notre consolation et notre édification particulière » (Archivio del Seminario di Québec, Lettres N,&#13;
n. 29).&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc. 51-7-8&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1703, 15 juin – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 121)&#13;
1 Monseigneur Lettre N. No 121&#13;
2 Vous ne recevrez cette année de mes Nouvelles que&#13;
3 par une Seule voie, ainsy Je Seray malgré moy&#13;
4 dispensé de vous faire de duplicata, oude vous escrire,&#13;
5 plus.rs lettres, car nous n’avons cette année qu’un Seul&#13;
6 vaisseau qui va en canada, cequi vabien affliger toute&#13;
7 la colonie qui Sera dans cette année dans un état&#13;
8 digne de compassion&#13;
9 car au lieu de l’esperance que M DuLino avoit donné&#13;
10 l’an passé que lacompagnie delacolonie p.r le castor&#13;
11 alloit estre tres a Son aise, elle Setrouve reduite a faire&#13;
12 banqueroute, a laisser protester toutes Ses lettres de&#13;
13 change, et a avoir recours a des arrests du conseil p.r&#13;
14 arrester toutes les poursuites de ceux qui ont des&#13;
15 lettres de change&#13;
16 Si M Riverin eneust pris Seul connoissance&#13;
17 Jaurois apprehendé que co’e cen’a pas esté Son&#13;
18 avis qu’on formast cette colonie p.r le castor autrefois,&#13;
19 Jl auroit esté bienaise de voir ce commerce ruiné&#13;
20 Suivant Ses veües, mais M DeChampigni qui&#13;
21 a veu et examiné toutes les aff.res decette compagnie&#13;
22 a Jugé que Son commerce neSepouvoit Soutenir et&#13;
23 queles Jnterests qu’on paye absorbent non&#13;
24 Seulem.’ tout leprofit mais mesme le fonds capital,&#13;
25 et ruinent cette compagnie&#13;
26 Les Trois agens dechange lui ont avancé plus&#13;
27 de 700000.# et cependant Jl leur enfaudroit&#13;
28 encore presq; avancer autant p.r paier les lettres&#13;
29 de change tireéz, et tous les frais p.r faire la&#13;
&#13;
1&#13;
1703 4&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
30 vente du castor. Toutes ces lettres de change protestéez ont&#13;
31 tellemt decriéez lecommerce du canada que cette année&#13;
32 il n’y aurapas un Seul marchand qui y aille, et il n’y aura&#13;
33 d’autre vaisSeau que celui du Roi qui encore Sera équipé par&#13;
34 M De lachenaye aubert p.r aller chercher les Mats etles&#13;
35 aporter en france&#13;
36 M Riverin a fait cequil a peu p.r procurer aupays&#13;
37 quelq’ Secours dela cour, co’e qu’on eust presté acette&#13;
38 compagnie cinq ou Six cent mil livres. mais Le Roi&#13;
39 nest pas actuellemt en estat de prester. Dez que M Riverin&#13;
40 me le proposa Je lui dis quil ne lobtiendroit pas, Jl me&#13;
&#13;
�41 dit qu’on le lui faisoit esperer. Cepend.t Jl a veudepuis&#13;
42 que Ses esperances Se Sont esvanouies, car Jln’apas mesme&#13;
43 pu obtenir qu’on prestast deux cent mil livres.&#13;
44 Cequi fait aussi Notremalheur c’est que le Ministredela&#13;
45 mer n’a presqu’aucune consideration Jl n’est enestat que&#13;
46 de conduire les aff.res dans untrain ord.re, mais dans ces Sortes&#13;
47 de rencontres, ou il Sagiroit de representer fortement laperte&#13;
48 inevitable detoute une colonie, Jl n’oseroit prendre cela&#13;
49 Sur lui, Jl parle faiblem’ ou neparlepoint du tout; Je&#13;
50 ne Scay aquoy tout cela aboutira&#13;
51 Pour moy Je vous avoüe que Je plains beaucoup le&#13;
52 canada dans Letat ouil Setrouve Quel Secours peutil&#13;
53 tirer d’un Seul vaisseau co’e laSeine, qui encore court&#13;
54 bien risque destre prise, et par consequent le pays destre&#13;
55 privé de tout Secours.&#13;
56 Jay longtemps balancé Si Je vous envoierois Nos balots&#13;
57 par ce vaisseau, mais quand Je considere Lambaras ou&#13;
58 vous Seriez Si ce vaisseau arrivoit abon port, lorsque&#13;
59 vous ne recevriez rien par lui, Je m’abandonne a la&#13;
60 divine providence Je crains Seulem’ queDieu ne punisse&#13;
61 mes pechez par ce malheur qui me Seroit tres Sensible&#13;
62 dans le triste estat, ou est Notre Sem.re et acheveroit de&#13;
63 Nous accabler. J’ay les mesmes ambaras pour nos&#13;
64 bonnes hospitatieres delhoteDieu&#13;
3.&#13;
&#13;
65 Je ne crois pas cepend.’ que malgré le danger, Nous&#13;
66 devions faire asseurer nos effets. Nous n’avons pas&#13;
67 encore commencé ale faire, ce Seroit ce Semble nous&#13;
68 meffier dela divine providence Dailleurs cela&#13;
69 rencheriroit bien tous nos effets que nous n’envoions&#13;
70 pas p.r vendre mais pr user dans Notre Sem.re Toutes ces&#13;
71 considerations m’ont obligé a tout abandonner a&#13;
72 ladivine providence&#13;
73 M aubert est convenu avec le ministre d’Equiper le&#13;
74 vaisseau, d’en faire tous les frais, a condition d’avoir&#13;
75 le fret p.r lui et deraporter des mats au Roi p.r un&#13;
76 prix. cela nous empeschera dobtenir legrabis du&#13;
77 fret que nous avons demandé p.r nous et p.r nos Relig.ses&#13;
78 Jay receu, Monseigneur de vous une petite lettre du&#13;
79 Montreal, qui me Surprit de vous voir entreprendre ce&#13;
80 voiage dans un aage Si avancé Mgr de Quebec m’a&#13;
81 dit quil vous estoit tres obligé d’avoir esté confirmer dans&#13;
82 ce voiage, etque cela le met en repos Sur leSejour quil&#13;
83 est obligé defaire en france p.r ces unions.&#13;
&#13;
�84 Jl n’y avoit que cette Seulelettre de Montreal escrite de&#13;
85 votre main. J’en ay receu une autre par deux voies&#13;
86 differentes escrites aussi de deux differentes mains.&#13;
87 Comme J’ay escrit fort au long a M Glandelet de&#13;
88 diverses aff.res quil me Seroit inutile de vous repeter icy&#13;
89 estant persuadé quil vous communiquera tout ceque Je&#13;
90 lui mande, vous voulez bien Monseigneur, que Je&#13;
91 prenne laliberté de vous y renvoier, et de mespargner&#13;
92 de vous les repeter icy.&#13;
93 Je vous avoüe que Je neSuis pas Sans crainte Sur votre&#13;
94 Santé apres la Maladie que vous avez eûe cet automne,&#13;
95 et ces faiblesses de Jambes qu’on me marque que vous&#13;
96 avez. Rien ne minquiete davantage, Monseigneur,&#13;
97 que la crainte de vous perdre vous nous estes trop&#13;
98 Necessaire dans l’estat ou nous nous trouvons. J’espere&#13;
4.&#13;
&#13;
99 que Dieu aura egard a Nos besoins et aux prieres que Nous&#13;
100 lui en faisons et vous conservera co’e leS.t homme Job,&#13;
101 p.r voir lerétablissement de votre œuvre, dont Jl a voulu de&#13;
102 vous le Sacrifice afin de vous eslever par Sa grace audeSSus&#13;
103 de tout cequi est Sur la terre&#13;
104 J’ay deja mandé Monseigneur tout ceque J’ay fait p.r&#13;
105 avoir un briquetier. co’e Je confesse une Maitresse dece&#13;
106 metier a Paris qui est des plus adroites, Je l’ay prié dez le mois&#13;
107 de Janvier deme chercher un ouvrier; mais ellen’apu m’en&#13;
108 trouver que certains qui medemandoient Millivres p.r&#13;
109 trois ans, a compter du Jour que Jeles arresterois. Jenay&#13;
110 vouluf.re venir de Province; co’e de Normandie et d’ailleurs&#13;
111 mais aucun n’a voulu aller en canada. J’en chercheray&#13;
112 encore cet hyver afin d’en envoier par un vaisseau qui&#13;
113 pouroit partir de bonne heure, car quand J’en aurois trouvé&#13;
114 un cette année Jen’aurois pu me resoudre a lenvoier&#13;
115 par ce vaisseau dela Seine qui partira Si tard. D’ailleurs&#13;
116 cen’est pas unepetite peine detrouver un homme fidel,&#13;
117 laborieux point debauché, et qui ait lacrainte deDieu&#13;
118 Jecrois Monseigneur que vous devez tascher a vous&#13;
119 passer de ceux que vous avez en canada, car Nous n’en&#13;
120 trouveront pas facilem’ enfrance&#13;
121 Le S.r dela Joüe qui est aParis est trop grand Seig.r p.r Se&#13;
122 mesler de faire ces recherches. Jay esté le voir deux fois. Jay&#13;
123 parlé une fois aSa femme, qui m’a dit quil n’en avoit&#13;
124 pu trouver. Jl ne m’est pas venu voir, mais J’en aurois&#13;
125 mieux trouvé quelui Si on en eust pu trouver.&#13;
126 J’ay mandé assez au long, Monseigneur aM Gland&#13;
&#13;
�M. Bergier&#13;
&#13;
5.&#13;
lettre N.&#13;
no. 121&#13;
&#13;
Tamarois&#13;
&#13;
Mr dela&#13;
Vente&#13;
&#13;
127 Glandelet tout ce qui S’est fait Sur les missions de&#13;
128 Misissipi. Nous y aurons bien a labourer tant que nous&#13;
129 y aurons des Jesuites. Je ne repete pas icy ceque Jen ay&#13;
130 dit, mais V. G. verra que Nous aurions fort Souhaité&#13;
131 que M Bergier n’eust pas donné Son Jnterdit avant que&#13;
132 de recevoir le reglem’ de la cour, que cepend.t Nous avons&#13;
133 cru que toute Sa conduite estoit bonne et Son Jnterdit tres&#13;
134 legitime, quepar consequent Jl devoit traiter Le P. Pinet&#13;
135 co’e Suspens pour nelavoir pas gardé, qu’en effet les&#13;
136 Jesuites ont dit qu’ils envoieroient a Rome p.r cela, que Nous&#13;
137 ne croions pas la mission des Tamaroa Soutenable, et&#13;
138 acause deSon esloignem’ denhaut et denbas, et acause&#13;
139 de Son esloignem’ mesme denos autres missions; quil&#13;
140 couteroit des cinq ouSixcent livres ay porter aux miss.res&#13;
141 leurs besoins tous les ans, queMgr deQ. a offert delui&#13;
142 mesme aux Jesuites cette mission, Sils cedoient lacure&#13;
143 dela Mobile; qu’en ce cas M. Bergier pouroit descendre&#13;
144 dans lecentre denos missions et en estreleSup.r : que&#13;
145 nous avons dessein dene pas entreprendre ungrand&#13;
146 nombre de missions jusqu’à ceque nous aions des fonds&#13;
147 Suffisans p.r cela, que nous pensons co’e vous, Monseigneur&#13;
148 a reünir ces missions et les mettre prez les unes des&#13;
149 autres afin qu’un Superieur puisse aller visiter les&#13;
150 miss.res : que nous nous attachons aux Natchez Tonicas,&#13;
151 Taensas, et mesme aux acanscas, aux chattas et chicachas,&#13;
152 a proportion des fonds que nous aurons, que nous avons&#13;
153 destiné 600.# p.r chaq; mission Sauvage p.r ces commencemens&#13;
154 jusqu’a cequelles Soient entierem’ établies. Qu’en cela on ne&#13;
155 Sortira pas dela des apropriation, puisqu’on travaillera avec&#13;
156 detachem.t p.r le bien, mais que cela rendra menagers les&#13;
157 miss.res et les empeschera de depenser atort et atravers.&#13;
158 Que nous nous conservons toujours une ouverture&#13;
159 p.r les Missions esloignéez des Panis quand nous aurons&#13;
160 des ouvriers et des fonds : que nous esperons que M Gervaise&#13;
161 Prevost de Suevre ira S’establir aux Chatta et Soutiendra&#13;
162 cette mission de Son bien quil portera, ayant prez de 1500.#&#13;
163 de revenupar an : quil aura un Second Prestre avec lui,&#13;
164 que nous esperons envoier par M d’Jberville un Prestre&#13;
165 p.r demeurer ala Mobile et estre Notre correspondant :&#13;
166 Que nous jettons p.r cela les yeux Sur Mons.r dela vente&#13;
167 que vous avez a ce que Je croy veu au Seminaire en 1688&#13;
168 qui est un bon Sujet qui adutalent, qui est propre a Jnstruire&#13;
169 les francois, qui Scait vivre, qui cependant est fort détaché.&#13;
&#13;
�6.&#13;
&#13;
Mr&#13;
Foucault&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
Acadie&#13;
&#13;
170 Vous apprendrez encore que nous ferons Notre possible,&#13;
171 outre Le Pretre que nous aurons ala Mobile, et celui de M&#13;
172 Gervaise qui nenous coutera rien, d’en envoier unaMDanion&#13;
173 p.r le Seconder, mais ce 3e nest pas Si Seur, nayans pas encore&#13;
174 les moiens de faire cet envoy. vous Scaurez encore que&#13;
175 Mgr de Q. donne des paroles que quand nous establirons&#13;
176 dit il de nouvelles missions outre les quatre quil nous&#13;
177 donnera a prendre sur les 2000# duclergé de quoy les faire&#13;
178 Subsister, mais outre que ceneSont que des paroles Sur les quelles&#13;
179 Je ne m’appuye pas beaucoup, Jl a engagé cette So’e de 2000#&#13;
180 Juqu’a la fin delannée 1704. p.r paier a un nommé M dela&#13;
181 Touche 3000# quil lui devoit. Nous recommendons fort a nos&#13;
182 M.rs de vous escrire en canada, et vous mander letat de ces missions&#13;
183 qui ne me donnent pas asseurement un petit ambaras. vous&#13;
184 apprendrez la triste mort de Notre cher M foucaut que des&#13;
185 Sauvages d’une nation audessous des aKanscas nommez Coulois&#13;
186 quil avoit pris p.r le descendre aux francois avec trois autres&#13;
187 francois malades et quil avoit aux AKanscas, a Eté ont massacré&#13;
188 p.r avoir Sans doute leur butin, oupoussez peutestre par les aKanscas&#13;
189 de depit decequil les abandonnoit. Nous nous attendons&#13;
190 que Le Jeune M S.t cosme Sera revenu cet esté a Quebec, aura&#13;
191 eté ordonné par vous, et Sera renvoié aux missions de Misissipi,&#13;
192 et Si M. Bergier quittoit les Tamaroa etdescendoit plus bas,&#13;
193 ce Seroit un bon Second p.r M Davion, ou p.r M S.t cosme Sonfrere&#13;
194 Nous attendons cet hiver M Bouteville, enfrance, et Jlretournera&#13;
195 au Canada, l’année prochaine. Nous&#13;
196 Nous avons reconnus cette année que M. d’Jberville n’est pas plus&#13;
197 porté p.r les Jesuites quep.r Nous, qu’au contraire Jl Sest hautement&#13;
198 declaré contre les Jesuites, Jusqu’a faire delapeine au Ministre, p.r&#13;
199 demander que Nous Soions etablis ala Mobile avec eux,&#13;
200 Declarant quil n’y retournera pas Sil n’y aque des Jesuites Seuls.&#13;
201 Jl Scait cequi Sest passé les annéz dernieres entreLe P Du Bo&#13;
202 Jesuites, et le commandant du fort enSon absence&#13;
203 Vous ne Scauriez croire, Monseigneur combien J’ay esté Sifflé&#13;
204 par M S.t Cosme et M Bouteville, acequil me mande p.r avoir&#13;
205 proposé a nos M.rs de Misissipi de Se Servir de Sauvages. Jls veulent&#13;
206 que cela Soit dutout Jmpossible. Jespere que Dieu lerendra faisable&#13;
207 Jls me demandent des Domestiques Jeneme chargeray jamais&#13;
208 de leur en envoier. J’aurois peutestre bien de lapeine aen choisir&#13;
209 un bon p.r moy Si J’en avois besoin&#13;
210 Je crois quil faut tascher a laisser M.rs Gaulin et Rageot dans les&#13;
211 missions de Pentagoet. ce qui m’en fait leplus depeine, c’estqu’on ne&#13;
&#13;
�x aM deS.t&#13;
castin. Jl faudroit&#13;
quil Seretirast&#13;
plutost quede&#13;
Sendetter ainsy.&#13;
&#13;
Prémontréz&#13;
en&#13;
Acadie.&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
212 donnepas a ces miss.res dequoy Subsister car asseurement p.r 300#&#13;
213 chacun, Jl leur est Jmpossible d’y vivre. Nous n’avons pu en rien&#13;
214 representer aM. de Pontchar. cette année. Ce ministre a été trop&#13;
215 indisposé contre nous auSujet de Notre établissem’ ala Mobile que&#13;
216 nous demandions et dont Jl vouloit nous exclure p.r le laisser aux&#13;
217 Jesuites Seuls. Jen’en ay parlé qu’a Mgr de Q. Jusqu’a lasseurer que&#13;
218 ces miss.res Seroient obligez dequitter nepouvans Subsister. Jl a entre&#13;
219 Ses mains des fonds quil atouché les annéez passéez dans les 1500.#&#13;
220 de Laccadie, et quil n’a pas emploié entierem’ : car par Ex cette&#13;
221 année Jl ne m’en adonné que 600.# et J lnem’en donna quecette&#13;
222 So’e l’an passé et 300.# qui furent donnez aM. Rageot. Jl ena donc&#13;
223 gardé l’an passé 600.# Et cette année Jl destinoit les 900.# p.r&#13;
224 les PP Premontrez, mais JeneScay Sil en aura cependant Jlne&#13;
225 m’a rien donné p.r ces Mess.rs Jay paié trois lettres de change&#13;
226 tiréez par M Gaulin; montantes à 277. 15. J’ay envoié aces&#13;
227 M.rs quelques hardes les plus necess.res p.r prez de 150.# ou 160. Et le&#13;
228 Surplus J’ay prié M. Grignon de lemploier enpoudreet plomb &amp;.&#13;
229 et l’envoier aM Gaulin parceque cela leur feroit plus deplaisir&#13;
230 quede largent. cepend.’ Jen’ay pas receu d’eux de facture ni de&#13;
231 memoire cependant Mgr n’a pas mesme voulu paier aM&#13;
232 Maudoux un billet de 158. quil a deM Gaulin. on dit queM&#13;
233 Gaulin doit encore de grosses Sommes. x M’gr alafin m’a promis&#13;
234 quil medonneroit 150.# ou 200.# par an p.r les voiages queM&#13;
235 Gaulin est obligé de faire aux Michmacs et partoute Laccadie,&#13;
236 mais ce Sont des paroles, et vous Jugez, Monseigneur quel fonds&#13;
237 Jl y faut faire&#13;
238 M Lecomte de Pont ch. et M’gr de Q. ont bien travaillé cette&#13;
239 année a faire le projet d’un établissement de Prémontrez a&#13;
240 Laccadie, Jl avoit relation p.r cela a M Labbé de S.t André abbé&#13;
241 Prémontré de la flandre c’est un Saint, mais qui napas ace&#13;
242 qu’on dit de teste p.r gouverner. Je croy queM De Pontch lui&#13;
243 auroit plus accordé quil ne feroit a nous autres Si nous y eussions&#13;
244 voulu aller. Quand Jl a fallu partir Labbe deS.t André qui Le&#13;
245 croioit en’état de mener cent Relig.x disoitil Sil les eust fallu,&#13;
246 n’a pu en trouver cinq qu’on lui demandoit p.r establir le Portroial&#13;
247 les mines Beaubassin, la heve, et un autre lieu ainsy tout a&#13;
248 eschoué et Jene Scay qu’on y envoiera Ce que Je crains leplus&#13;
249 cest que M Labbé deS.t andré qui est un Saint, nait pas assez&#13;
250 de discernem’ p.r ne mener que des Relig.x reguliers, et&#13;
251 que peutestre Son ordre ne lui donne certains dont onSera&#13;
252 bienaise de Se defaire, qui nauront pas édifier en france, et&#13;
253 ce qui Seroit tout afait a craindre ala porte des anglois.&#13;
254 Je ne Scay ce qui arrivera aM Le veyer, car asseurem.’&#13;
&#13;
�255 Jene lui conseille pas de rester, quand personne niroit le&#13;
256 relever. M. Maudoux m’en atrop dit p.r que MLe veyer&#13;
257 puisse Sous quelq’ raison qu’on lui allegue continüer de&#13;
258 celebrer apres les accidens qui lui Sont arrivez, mesme&#13;
259 en celebrant.&#13;
260 Jay toujours regret dece que nous n’establissons pas L’Eglise&#13;
261 de Laccadie, car Je croy quil y auroit dubien a y faire Si on&#13;
262 estoit Soutenu par les puissances; Si Javois une année devant&#13;
263 moy, Jenedesespererois pas deramasser quatre ou cinq Pretres&#13;
264 p.r ce bon œuvre, mais J’en Suis entierem.’ dégouté par le&#13;
265 libertinage de ceux qui ont lauthorité qui Sont cependant&#13;
266 plus escoutez que de S.rs Miss.res par le ministre toujours&#13;
267 disposé a les preferer a eux, et a condamner les gens debien&#13;
268 p.r Soutenir lauthorité enquelq’ mauvaise main quil&#13;
269 lait mise&#13;
270 Et ce qui est facheux, c’est quele chef de LEglise ne Se Soutient&#13;
271 pas assez esgalem’ p.r y remédier. on le compte p.r rien,&#13;
272 mesme dans les choses ou LEglise devroit estre escoutée on&#13;
273 Se fait au contraire un plaisir d’abaisser Ses ministres p.r&#13;
274 lui faire de la peine Laccadie est apresent dans un estat&#13;
275 ou Je ne Scaurois croire que Dieu nela livre entreles mains&#13;
276 des anglois p.r en punir ceux qui la gouvernent car Jls&#13;
277 Sont peutrestre moins Ses ennemis que ceux qui Sedisent&#13;
278 catholiques, et Sont plus corrompus de mœurs que les&#13;
279 heretiques.&#13;
280 Si plus.rs curez ont escrit p.r demander la dixme ala treizieme,&#13;
281 Jl faut que ceSoit aMgr de Q. car aucun ne m’en a&#13;
9.&#13;
lettre N.&#13;
no. 121&#13;
&#13;
282 escrit: D’en escrire a Mgr n’est pas p.r eux lemoyen&#13;
283 d’y reussir. Mgr n’en apas dit un mot ala cour ni nous&#13;
284 non plus, n’estans chargez depersonne dele demander.&#13;
285 Les curez n’y parviendront qu’en presentant requeste&#13;
286 Sur cela aM LeGouverneur et a MLJntendant, Et&#13;
287 ce devroient estre ceux aqui on a retranché le Suplement&#13;
288 et aqui on n’en donne point. Je Suis persuadé quils&#13;
289 lobtiendroient Sils poussoient la chose co’e Jl faut, c’est&#13;
290 a dire qu’apres avoir presenté requeste aM.rs les&#13;
291 Puissances ou ils exposeroient quil y a longtemps que&#13;
292 le temps est expiré &amp;. Jls ne peuvent Subsister Si on&#13;
293 ne leur paie la dixme a la 13.e Si onleur refusoit&#13;
294 Justice Jls demanderoient permission de S’addresser&#13;
295 au Ministre envoieroient leur procuration en&#13;
296 blanc, et Je ferois alors presenter au Roi desplacets&#13;
297 qui donneroient matiere a un Arrerst du conseil d’etat&#13;
&#13;
�298 qui regleroit la chose. Je croy mesme quil est&#13;
299 apresent temps dagir Sur cela depeur qu’on ne&#13;
300 prescrive contre LEglise, qu’on reduira toujours Sur ce&#13;
301 pied la Si on ne S’y oppose.&#13;
302 On ne paie pas a Paris, Monseigneur, la dixme du foin&#13;
303 on paye la dixme du Saint foin et dela Luzerne, parceque cela&#13;
304 SeSeme mais les anciennes prairies nepayent rien Pourtouts&#13;
305 les autres grains on en paye dixme, mais dans une paroisse,&#13;
306 ou il n’y auroit que des foins, ou mesme on ne Subsisteroit&#13;
307 que dela perche, on obtiendroit d’en fairepaier la dixme&#13;
308 au Curé, Sil n’y avoit pas un autre moyen p.r lefaire&#13;
309 Subsister.&#13;
310 ainsy selon toutes les apparences vous naurezpas plus&#13;
311 moyen deprendre cette année 2000.# p.r Leducation des&#13;
312 Jeunes eleves Sur les 8000.# de Suplemens que l’année&#13;
313 passée. Nous avons demandé un autre fonds. Mais&#13;
314 Je ne croy pas que Nous l’obtenions.&#13;
315 Nous avons aussi fait Notre possible p.r persuader M&#13;
10.&#13;
&#13;
316 de Pont chartrain de mettre nos 4000# p.r LJncendie Sur L’etat&#13;
317 dupays, mais Jl nous a fort bien fait entendre que Le Roi&#13;
318 ne vouloit pas nous rendre perpetuelle cette gratification,&#13;
319 Nous lui avons representé quil nous faudroit au moins&#13;
320 plus de cinquante ans p.r nous acquiter dont Jl est convenu,&#13;
321 Nous navons pas cru devoir insister p.r cette année.&#13;
322 Nous representerons lannée prochaine que le Sem.re n’a&#13;
323 pu Sempescher de Soberer et de prendre a rente p.r le&#13;
324 rétablir, et quainsy cette rente devant toujours durer,&#13;
325 Nous Suplions le Roi denous rendre ces 4000# perpetuels&#13;
326 p.r paier cette rente, co’e ce qui a été emprunté deM&#13;
327 Soumande &amp;.&#13;
328 Je ne desesperepas que nous n’obtenions dans un temps&#13;
329 de paix 2000.# p.r nos Jeunes eleves. mais ce temps cy est&#13;
330 trop rigoureux, et Jene Scay Si la compagnie delacolonie&#13;
331 poura cette année paier aucune des charges de Letat&#13;
332 dupays, veu lemauvais etat deSes affaires.&#13;
333 Vous avez eu raison depenser, Monseigneur, que Jene&#13;
334 Serois pas peu ambarassé apaier les 14000.# de lettres de&#13;
335 change que vous avez tiréez Sur moy. Je vous avoüe que&#13;
336 J’en fus en balance longtemps Si Je les accepterois. mais&#13;
337 enfin M L’abbé de Brisacier mayant promis quil me&#13;
338 feroit toucher 6000.# de Notre queste, et m’ayant fait&#13;
339 toucher dans l’année passée tout ce qui m’estoit deu&#13;
340 au Tresor roial Sur vos ord.ces dont Jay touché la courante,&#13;
&#13;
�341 et une en arriere, Je m’y Suis hazardé. Cependant cette&#13;
342 queste n’a pas encore produit a lheure quil est 3000.# et&#13;
343 Je ne Scay Si elle ira beaucoup plus loin. J’ay cependant&#13;
344 poussé larecette du Sem.re aussi loing qu’on lapuisse&#13;
345 pousser. J’ay mesme encore cette année remis au&#13;
346 Sem.re le fonds du chapitre qui mereste au mois&#13;
347 de May quoiq’ nous Soions ala veille d’en avoir besoin&#13;
348 p.r nos lettres de change qui pouront venir de Rome&#13;
349 Si on accorde Nos bulles. Cependant malgré toute&#13;
350 cette recette, Je n’ay pu parvenir qu’a estre encore&#13;
11&#13;
&#13;
351 dans la mesme avance de dix mil livres ou environ&#13;
352 ou J’estois l’an passé p.r le Seminaire. ce qui me facilite&#13;
353 cette avance, cest la confiance que plus.rs personnes&#13;
354 ont en ma probité et me remettent des deposts libres&#13;
355 dont Jls me permettent de me Servir p.r esviter la&#13;
356 diminution des especes. Cependant ces personnes&#13;
357 peuvent avoir besoin de leurs fonds dujour au&#13;
358 lendemain, et Jl me le faudroit trouver tres exactem’,&#13;
359 mais cequil y a debon c’est que cela neSe fait pas&#13;
360 tout ensemble ainsy J’ay remarqué que la providence&#13;
361 apermis que quand on me retiroit Son fonds un&#13;
362 autre m’en aportoit.&#13;
363 Jl n’y apas d’apparence Monseigneur que nous&#13;
364 trouvions de largent a emprunter p.r le Sem.re de Quebec,&#13;
365 p.r lequel on fait des questes, qu’on declare estre ruiné&#13;
366 par Son Jncendie, et qui est en Canada, oule recours est&#13;
367 difficile Mais ce qui y est leplus grand obstacle, cest&#13;
368 que la france est Si miserable, largent y est Si rare, le&#13;
369 Roi y en demande tant a tout le monde, Jl fait valoir&#13;
370 le denier a un Sigros interests p.r en avoir qu’on ne&#13;
371 Savisera pas de prester a un Sem.re de lamerique&#13;
372 Jl ne nous y faut pas penser. Je croy cependant avoir&#13;
373 retenu Seize ou dix huit cent livres dont J’ay promis de&#13;
374 faire la rente aquelques personnes particulieres qui&#13;
375 mavoient mis des depost et vouloient les retirer p.r&#13;
376 les constituer. mais cela est compris dans lavance que&#13;
377 Je fais au Seminaire, et dailleurs Je nefais pas un&#13;
378 grand fonds Sur cela, car Si absolument ces personnes&#13;
379 me venoient demander leur fonds p.r Se marier Je ne&#13;
380 pourois honnestement le leur refuser quoiq’ Jelepuisse&#13;
381 Selon la Justice leur ayant promis deleur enpaier&#13;
382 linterest. J’ay donc mandé, Monseigneur aM&#13;
383 Des maizerais que quelq’ effort que vous fissiez p.r&#13;
&#13;
�384 couvrir les murailles et achever de mettre la&#13;
385 charpante, Je ne pouvois p.r lannée prochaine presente compter,&#13;
386 queSur les 4000.# p.r une Jncendie que Jespere toucher.&#13;
12.&#13;
&#13;
387 Sur les 2000.# de votre pension au tresor roial, et Sur environ&#13;
388 1500.# ou 1800.# que Jespere toucher de votre pension Sur&#13;
389 MLEveq’ Daire cela fera autour de 8000.# que Nos&#13;
390 Mess.res pouront tirer Sur moy independamment de ce&#13;
391 dont Je Suis en avance, Soit qu’ils le tirent en lettrres&#13;
392 de change, Soit qu’ils le demandent en factures et&#13;
393 autres besoins. Car vous remarquerez Monseigneur&#13;
394 qu’outre vos 14000.# dont vous mavez tiré delettres de&#13;
395 change J’ay paié aM Grignon p.r les depenses quil&#13;
396 afait p.r nous l’an passé plus de 2000.# et J’ay Depensé&#13;
397 plus de 3500.# p.r la facture que Je vous envoie. Jl&#13;
398 Sera bien encore deu prez de 2000.# a MGrignon&#13;
399 p.r les depenses quil fait actuellem’ pour nous. Jl ne&#13;
400 nous a pris l’an passé aucune commission p.r nos&#13;
401 aff.res acause denotre Jncendie, ayant laissé cela par&#13;
402 aumosne.&#13;
403 Je puis vous asseurer, Monseigneur que Si nos Mess.res&#13;
404 me demandent p.r l’année prochaine plus que ces 8000#&#13;
405 Soit en factures Soit en lettres de Change, Je le leur&#13;
406 refuseray, car enfin Jls doivent considerer que Je fais&#13;
407 ce que Je puis et ils ne doivent pas me pousser a bout&#13;
408 dans un temps aussi mauvais que celui cy. Mon&#13;
409 Dieu que Je crains que la Seine qu’on destine a aller&#13;
410 en canada ne Soit prise cepend.t Si elle est prise ou&#13;
411 en Serons nous deperdre tout ce que Je vous y envoie&#13;
412 on va estre bien ambarassé p.r Subsister en canada&#13;
413 Le vin et le reste y Sera hors de prix et Je ne Scay&#13;
414 mesme Si la colonie Sera en estat de paier Letat des&#13;
415 charges du pays apres avoir icy laissé protester toutes&#13;
416 les lettres de change&#13;
417 Si le S.t Siege nous accorde nos bulles, Jl me faudra&#13;
418 emploier tout le revenu du chapitre a les paier, et&#13;
419 emprunter p.r le Surplus, cequi neSera pas facile&#13;
420 cepend.’ on trouvera plus aisement delargent p.r cela,&#13;
421 qu’on nen trouveroit p.r d’autres choses, et Surtout p.r&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
422 rétablir un Seminaire ruiné. Je ne vous repeteray pas&#13;
423 icy Monseigneur tout ce que Jescris a M Glandelet Sur&#13;
424 ces unions Jl vous en fera part. Je vous avoüe que&#13;
425 quelques positives que Soient les paroles que le Pape a&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 121&#13;
&#13;
�426 donnéez daccorder ces bulles Je n’y compte que de la&#13;
427 bonne Sorte, car on est Si accoutumé dans cette cour a&#13;
428 nerien tenir decequ’on promet que Je n’y fais guere&#13;
429 de fonds.&#13;
430 Jay oublié Monseigeur a vous faire remarquer&#13;
431 que Si vous tirer quelq’ lettre dechange ou nos&#13;
432 Mess.rs lannée prochaine Je les prie de tirer la lettre&#13;
433 paiable au quinze du mois, au lieu de mettre dans&#13;
434 tout le mois. Par exemple Si on tiroit co’e afait&#13;
435 cette année dans tout lemois de May. Jaimerois mieux&#13;
436 qu’on tirast au 15.e demay, car nous Sommes Si&#13;
437 ambarassez dans le commerce a cause qu’a lafin de&#13;
438 chaque mois on nous fait courir les risques dune&#13;
439 diminution que dans les commencemens dumois&#13;
440 nous navons plus dargent p.r esviter la diminution&#13;
441 J’ay actuellem’ dans mon coffre plus de 3000.# ce&#13;
442 jour dhui 31. May. Et Si les Louis dor diminuent de&#13;
443 dix Sols et les escus de Deux Sols co’e on nous menace&#13;
444 par un arrest que ce Sera demain Je perdray beaucoup&#13;
445 Surla diminution quoiq’ J’aye prevenu actullem’&#13;
446 le paiem’ de plus de 9000.# de lettres de change a cause&#13;
447 de cela; or p.r L’eviter Jl faut mettre la lettre de&#13;
448 change au 15.e du mois, et Jela paieray au 25.&#13;
449 parceq’ nous avons dix jours a Paris p.r paier les&#13;
450 lettres de change&#13;
451 J’ay fait cequi a dependu demoy p.r M.re Galifet et de&#13;
452 Longueil, Sans esgard a ce qu’ils offroient p.r lerétablissem’&#13;
453 du Sem.re Mais Monseigneur, co’e Jls esperoient peutetre&#13;
454 que Mad.e DeM. demanderoit directement au Roi cequils&#13;
455 Souhaittent, J’ay expliqué aM DJberville que M Labbé&#13;
456 de Brisacier m’avoit dit qu’elle ne demanderoit jamais&#13;
14.&#13;
&#13;
457 des emplois dont le ministre disposoit Sous lauthorité du&#13;
458 Roi, et qu’elle lui enlaissoit lentiere disposition Je lui ay&#13;
459 dailleurs expliqué que nous navions nulle esperance&#13;
460 delafaveur du ministre, Et que tout ceque M Labbé de&#13;
451 Brisacier avoit pu faire avoit esté de recommander fortem’&#13;
452 cette aff.re aM Dela Touche qui a promis defaire connoistre&#13;
453 que ces deux personnes estoient desiréez dans cepays la acause&#13;
454 deleur piete et de leurs bonnes qualitez. J’ay dit mesme a&#13;
455 M DJberville quil ne devoit conter Sur que co’e rien lengagem’&#13;
456 dhonneur que ces M.rs avoient vouluprendre a Notre egard&#13;
457 p.r n’re Sem.re, que nous n’y contions rien, et les entenions&#13;
458 tres quittes, et que Sil pouvoit agir par quelq’ canal plus&#13;
&#13;
�459 efficace en offrant &amp;. Nous Serions ravis que de quelq’&#13;
460 maniere que ce fust M De Longueil fust avancé. M DJberville&#13;
461 ne voudroit point de majorité p.r M DeLongueil cependant,&#13;
462 Jaurois toujours cru que du moins on en eust eu p.r lui ceust&#13;
463 esté un pas p.r avancer. Nous avons aussi recommandé M&#13;
464 de Langloiserie aM dela Touche, et Je lui ay aussi fait&#13;
465 entendre que nous ne pouvions faire davantage&#13;
466 On parle aux Bureaux de faire trois conseillers au conseil&#13;
467 Sup.r de Quebec d’augmentation, et Mgr de Q. a demandé que&#13;
468 l’on en fist un conseiller eleve et a proposé p.r cela M&#13;
469 Dela colombiere. Je ne crois pas quil l’obtienne On&#13;
470 propose M aubert et M De la cardonniere p.r remplir les&#13;
471 deux places vacantes, on croit queM de Pont ch. veut faire&#13;
472 M De Lobiniere 1.er con.er et donner les deux autres charges&#13;
473 a M hazur et a M Monseignat. Je ne Scay Si onne&#13;
474 parle pas deM Du Plessis Tresorier p.r remplir laplace&#13;
475 deM Lobiniere. Le temps nous esclaircira toutes choses.&#13;
476 Je ne crois pas Monseigneur, que letablissement du détroit&#13;
477 Subsiste La cour ne veut point y entrer. La colonie ne&#13;
478 le Soutiendra pas estant Si oberée, et nous verrons M dela&#13;
479 Motte cadillac revenir peutestre cet automne en france, ou&#13;
480 il ne reussira pas p.r ledetroit Si la guerre continüe, car&#13;
481 Le Ministre dela Marine n’a pas de fonds a emploier&#13;
482 et on tourne tout du costé des arméez de terre&#13;
15&#13;
&#13;
483 On croit aussi Monseigneur, que vous nepouvez&#13;
484 avoir de communication avec Misissipi quepar la&#13;
485 france, Je vous ay déjà dit qu’on ne pensoit pas que la&#13;
486 Mission de M Bergier fust Soutenable, ni par Quebec,&#13;
487 ni par le bas du Misissipi. Par lun ou lautre bout&#13;
488 Jlcouteroit plus a envoier a un Miss.re Les Necessitez&#13;
489 quil nauroit a depenser. Tout ceque J’ay recommandé&#13;
490 a nos Mess.es de MiSisSipi est de vous escrire par toutes&#13;
491 les voies en canada en menvoioent leurs lettres.&#13;
492 J’ay Monseigneur parmi nos papiers la quitance de&#13;
493 Mad.’ La veuve et heritiere Berruyer, Mais Je ne trouve rien&#13;
494 de cequi est deu auS.r cheffaut co’e aux autres. J’ay dejà&#13;
495 fait plus.rs perquisitions pour Scavoir qui Sont les heritiers&#13;
496 ou les creanciers du S.r cheffaut. J’en ay donné des&#13;
497 memoires, a plu.rs personnes Sans expliquer pourquoy,&#13;
498 mais Je n’en ay pu encore avoir de Nouvelles asseuréez&#13;
499 Je vous promets, Monseigneur que J’en feray de Si exactes&#13;
500 perquisitions que Je Scauray aqui Sera deu ce que Nous&#13;
501 pouvons lui devoir, Suposé que vous le croiez ainsy. Je&#13;
&#13;
�502 conduiray cette affaire Sans nous engager&#13;
503 M Labbé deLaval est venu cet hyver a Paris et nous&#13;
504 avons consommé la revocation dela fondation que&#13;
505 vous aviez faite a Montigni. ce qui nous a empesché&#13;
506 dela finir a eté que Je desirois estre paié par M de&#13;
507 Laval de 300.# que Je lui avois fait prester par M Rotrou,&#13;
508 et dont J’estois demeuré Sa caution, et 75.# que Je prestay&#13;
509 aMad. De Laval Jly a cinq ou Six ans. Ce nedevoit estre&#13;
510 que p.r un an Jls ne Secontentent pas denenous pas&#13;
511 paier la rente qu’ils doivent auSem.re, Jls ne nous paient&#13;
512 pas mesme ces emprunts qu’ils Sont venus faire dans&#13;
513 certaines necessitez, ou Je nepus leur refuser de les&#13;
514 aider. J’ay eu besoin cette année de tout p.r paier&#13;
515 tant de lettres de change que J’ay acquittéez. car M&#13;
516 Rotrou aproportion nepaye pas.&#13;
16.&#13;
&#13;
517 J’ay fait aupres deM de Montigni et deM De Laval tout ce&#13;
518 que J’ay pu p.r les porter a rendre a cette Niece deM&#13;
519 Lami lheritage qui lui appartient, mais Jls esloignent&#13;
520 toujours la chose J’ay addressé la procuration aM Le&#13;
521 Curé de Montigni qui est un fort honneste homme qui&#13;
522 agit de concert avec moy p.r cela, mais Jl est fort&#13;
523 Surpris queM de montigni fasse tous les jours certaines&#13;
524 restitutions, et quil nepense pas a celle cy qui est laplus essentielle&#13;
525 M de Mongigni m’escrivit au commencement quil valoit&#13;
526 mieux emploier ce bien a ayder a la fondation d’une Maitresse&#13;
527 descole, mais Je lui repondis que Je n’estois pas le maitre de&#13;
528 disposer du bien deM Lami apres quil lavoit destiné aSa&#13;
529 Niece.&#13;
530 Je neScay comment M.r DeLaval, et les autres gouvernent&#13;
531 leur bien, car outre qu’on leur a laissé en arriere 2743.#&#13;
532 danciens arrerages qu’ils doivent au Sem.re en 1696. Jls n’ont&#13;
533 paié que 454.# depuis ce temps des arrerages de larente&#13;
534 quils y doivent encore de 333. 6. 8. Sibien qu’à lheure&#13;
535 que Je vous escris Jls nous doivent plus de 4500.#&#13;
536 d’arrerages. Jls donnent des paroles et n’en tiennent&#13;
537 aucune; M Labbé de Laval les a un peu eschaufer, et&#13;
538 Jls Se proposent de nous deleguer Six ou Sept cent livres&#13;
539 par an; Et quand nous les toucherions ceque J’ay peine&#13;
540 a croire, Jl faudra attendre prez de dix ou douze ans&#13;
541 avant qu’ils Soient quittes deleurs anciens arrerages,&#13;
542 et qu’ils ne doivent plus que le courant.&#13;
543 Mad.e De Laval est toujours malade, et ne peut presque&#13;
544 avoir d’enfans qui vivent. M deLaval Son Mari est&#13;
&#13;
�545 fort tourmenté dela pierre, et Jl vint cet hyver p.r&#13;
546 Se faire Sonder, mais Jl ne voulut pas qu’on lui fist&#13;
547 loperation Jl Souffre beaucoup. Je crains fort quil&#13;
548 n’en meure&#13;
549 Quant aM L’abbé de Laval Jl Se fait touiours fort&#13;
550 estimer a Tournay ou il est chanoine et official,&#13;
551 mais Jl est toujours malade et lair deflandres ne&#13;
552 luj vaut rien. Jl est cependant obligé d’y rester.&#13;
553 Jl a fait cequil a pu fort honnestem’ p.r nous&#13;
17.&#13;
lettre N.&#13;
no. 121&#13;
&#13;
554 procurer quelq’ Secours p.r notre retablissement dans&#13;
555 Son quartier, mais les temps Sont Si mauvais quil n’a&#13;
556 pu faire grand chose. Jl n’a pas tenu alui.&#13;
557 Je n’ay point addressé aM Bonnet lattestation que vous&#13;
558 avez envoié Sur feu M vincent. J’en ay gardé un&#13;
559 exemplaire, et J’ay envoié lautre Directement a S.t&#13;
560 Lazare, dequoy ces Mess.rs vous Sont fort obligez.&#13;
561 Vous apprendrez la mort du bon Mons.r Boudon&#13;
562 dont M Thomas afait graver le portrait et vous&#13;
563 en envoye des estampes par M Glandelet.&#13;
564 Jen’ay point veu a Paris M Thierri. JeneScay Sil&#13;
565 y est venu Jecrois Monseigneur que voila la&#13;
566 reponse que Je dois faire a tous les articles de vostre&#13;
567 lettre.&#13;
568 Nous n’avons pas cru devoir rendre au R. P. dela&#13;
569 chaize votre reponse a Sa lettre tres outrée, et nous&#13;
570 avons cru quil valoit mieux n’y point repondre du&#13;
571 tout que de ne pas relever cequil y dit contre nous.&#13;
572 mais nous avons cru quil valoit mieux garder le&#13;
573 Silence, p.r ne pas faire passer en canada les dissensions&#13;
574 qui neSont que trop facheuses en Europe et en asie&#13;
575 vous verrez que le R P. delachaize a escrit une autre&#13;
576 lettre aux Eveques de france a laquelle nous avons&#13;
577 esté obligez derepondre par des Notes courtes p.r les&#13;
578 envoier a tous les Evesques. Je ne vous repete pas icy&#13;
579 ceque j’en escris aM Glandelet qui poura vous en&#13;
580 faire part.&#13;
581 Vous apprendrez aussi par Sa lettre tout ce qui S’est&#13;
582 passé cette année Sur le Jansenisme qui a fait bien&#13;
583 du bruit depuis Six mois.&#13;
584 vous trouverez Monseigneur dans le compte du&#13;
585 Seminaire que J’ay receu p.r vous deux annéez&#13;
586 de votre pension Sur le Tresor roial. on y prend&#13;
587 un liard par livre acause d’une charge que le Roi a&#13;
&#13;
�18.&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
588 a creé au Tresor roial p.r ce droit cela va de douze&#13;
589 livres dix Sols p.r Mil livres qu’on paye&#13;
590 vous y remarquerez aussi que J’ay receu p.r vous de&#13;
591 M LEveq.’ Daire 2466# 6. 8d. p.r les annéez 1701. et&#13;
592 1702. Tout le Surplus a été consommé en Don gratuit,&#13;
593 et Subvention, hors environ 500.# ou 600.# auplus qui&#13;
594 Sont encore dûs delannée derniere vous devez Juger&#13;
595 parla, Monseigneur combien Sont Surchargez les&#13;
596 benefices. M LEveq D’aire n’a voulu enrien rabatre&#13;
597 de cequi pouvoit S’exiger envigueur. et il n’a pas&#13;
598 nonplus voulu contribuer enrien anotre retablissem’,&#13;
599 Jl S’est contenté de nous paier; Et nous estimons que&#13;
600 c’est encore beaucoup.&#13;
601 Je vous ay envoié Monseigneur le camelot de&#13;
602 moindreprix que vous avez demandé, puisque vous&#13;
603 avez fait present a LEglise de celui qui estoit plus propre&#13;
604 que Je vous envoiay l’an passé. J’ay aussi envoié ce&#13;
605 quil faut de boutons et autres garnitures.&#13;
606 Je vous envoye Monseigneur une copie des reglemens&#13;
607 qu’on a proposé defaire p.r leraport des missions orientales&#13;
608 avec le Sem.re de Paris. On les a dressé Jl y a prez de&#13;
609 trois ans. On n’en est pas encore convenu absolum’,&#13;
610 parcequil y a deux ou trois petites choses qui&#13;
611 arrestent. Et co’e nous pouvons bien nepas&#13;
612 encore en parler Si tost, Je Serois bienaise que&#13;
613 vous et nos Mess.ts les eussiez lus et nous en&#13;
614 dissiez votre Sentiment. car quoique ce neSoit&#13;
615 quep.r les Missions d’orient, cependant Jl y a&#13;
616 quelq’ interest a prendre p.r celles doccident.&#13;
617 La principale difficulté est Sur larticle 1.er du&#13;
618 chapitre 4.e car Les vicaires apostoliques voudroient&#13;
619 que ce fussent eux Seuls qui fussent regardez co’e le&#13;
620 centre des missions, le lien qui les unit et le&#13;
621 fondem.t qui les Soutient. les vicaires apostoliq.’&#13;
622 voudroient estre cefondem’ et cecentre, et&#13;
623 quoiqu’on leur ait representé qu’on peut nous&#13;
624 oster tous les vicariats aptiques et qualors Le&#13;
625 corps des Missions neSubsisteroit plus Selon eux,&#13;
626 Jls ont pris dans les Jndes de Si fortes impressions&#13;
627 contre leSem.re deParis, qu’ils ont peine a en&#13;
628 revenir.&#13;
629 Je vois Monseigneur, par ceque M de Montign[i]&#13;
&#13;
�630 et M de Laval m’escrivent qu’ils ne veulent pas Se&#13;
631 charger ni l’un ni l’autre de paier ces dettes des quelles&#13;
632 M de Montigni vous a escrit. Bien m’en apris,&#13;
633 Monseigneur, den’avoir pas encore Signé la remise&#13;
634 dela fondation; Elle est toute dressée, Signée deM Lab.&#13;
635 de Laval et dattée dujour quil la Signe aParis, Jl ne&#13;
636 tient plus qu’a moi dela Signer. Je ne l’ay voulu faire&#13;
637 que M DeLaval n’ait paié 300.# quil a emprunté de&#13;
638 M Rotrou p.r un an Seulem.’ Jl y en a cinq ou Six, et dont&#13;
639 Je Suis devenu caution aM Rotrou; Et Je nela Signeray&#13;
640 pas qu’ils ne SeSoient chargez de cette obligation&#13;
641 que vous marquez alafin decette lettre.&#13;
642 Je Suis obligé Monseigneur, de finir cellecy qui&#13;
643 est deja assez longue, et de vous conjurer auparavant&#13;
644 de medonner v’re Benediction, co’e les Patriarches la&#13;
645 donnoient aleurs enfans et de mobtenir par vos prieres&#13;
646 cette force intérieure dont Jay besoin p.r dvivre co’e un&#13;
647 bon Prestre au milieu de tous mes ambaras. Je me&#13;
648 recommande tres particulierem’ avos SS. Sacrifices&#13;
649 et Suis avec un tres profond respect&#13;
650&#13;
Monseigneur&#13;
votre tres humble et&#13;
651&#13;
tres obeiss.t Serviteur.&#13;
652 ce 15. Juin 1703.&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-hd-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>170&#13;
Le&#13;
&#13;
meme a u m e m e .&#13;
&#13;
1703, Juin 15.&#13;
Cette année il n’y aura pas un seul marchand qui aille au Canada, et il n’y aura d’autro vaisseau que celui du Koi qui encore sera&#13;
équipé par M. de la Chenaye-Aubert pour aller chercher les mats&#13;
et les apporter en France.&#13;
Je plains beaucoup le Canada; dans l’état où il se trouve, quel&#13;
secours peut-il tirer d’un seul vaisseau comme la Seine qui encore&#13;
court bien risque d’estre pris et par conséquent le pais d’ostre&#13;
privé de tout secours ? J ’ay longtemps balancé si je vous envoierais nos ballots par ce vaisseau, mais quand je considère l’embarras&#13;
où vous seriez si ce vaisseau arrivait à bon port, lorsque vous ne&#13;
recevriez rien par lui, je m’abandonne à la divine providence. Je&#13;
crains seulement que Dieu ne punisse mes pescbez par ce malheur&#13;
qui me seroit très sensible dans le triste estât où est notre Séminaire et acheveroit de nous accabler. Mon Dieu 1que je crains que&#13;
la Seine ne soit prise !&#13;
J’ay receu, Monseigneur, de vous une petite lettre du Montréal&#13;
qui me surprit de vous voir entreprendre ce voyage dans un âge si&#13;
avancé. Mgr. de Québec m’a dit qu’il vous estoit très-obligé d’avoir&#13;
été confirmer dans ce voiage, et que cela le mot en repos sur le séjour qu’il est obligé de faire en France pour les unions.&#13;
Je vous avoue que je ne suis pas sans crainte sur votre santé&#13;
après la maladie que vous avez eue cet automne et ces faiblesses&#13;
de jambes qu’on me marque que vous avez. JRion ne m’inquiète&#13;
trop nécessaire dans l’estât où nous nous trouvons. J ’espère que&#13;
Dieu aura égard à nos besoins et au prières que nous lui en faisons&#13;
et vous conservera comme le St. homme Job pour voir le rétablisse&#13;
ment de votre œuvre dont II a voulu de vous le sacrifice, afin de&#13;
vous eslever par la grâce au-dessus de tout ce qui est sur la terre.&#13;
Vous apprendrez la triste mort de notre cher M. Foucault que&#13;
des sauvages d’une nation au-dessous des Akansas nommez Coulois&#13;
* qu’il avait pris pour le descendre aux français avec trois autres&#13;
1JM. S h e a n o m m e ces s a u v a g e s&#13;
d ’o c t . 1 7 0 2 .&#13;
&#13;
Koroas : I l p l a c e l a m o r t d e M. F a u c a u l t a u mois&#13;
&#13;
C e t e x c e l le n t p r ê tr e a v a i t é té o r d o n n é à Q u é b ec le 3 d éc em b re 1689,&#13;
&#13;
e t fu t p lu s ie u r s a n n é e s cu ré d e B a t is c a n a v a n t d e p a rtir p o u r la L o u is ia n e . “ D e la&#13;
L o u is ia n e , é c r iv a it p lu s ta r d M. T r e m b la y il M gr. d e L a v a l, M. B e r g ie r m e m a nde&#13;
q u e q u a n d M. F o u c a u lt a e s t é t u é il a v o it p ou r p lu s de 10 00 e s c u s d 'effets a v e c lui&#13;
Q u e lle p e r te o u tr e c e l le d e l a p e r so n n e q u i e s t i n e s ti m a b le .”&#13;
&#13;
�171&#13;
frimçRis multidcs qu b RvRit Rux Ako/nstis, ont mtissticrés pour fivoir&#13;
sans doute leur butin ou poussez peut-estre par les Akansas de&#13;
dépit de ce qu’il les abandonnoit. ]Nous nous attendons que le&#13;
jeune M. St. Cosme sera revenu cet esté à Québec et aura été ordonné par vous et sera renvoiê aux missions du Mississipi et, si M.&#13;
Bergier quittoit les Tamaroa et descendait plus bas, ce seroit un&#13;
bon second pour M. Davion, ou pour M. St. Cosme son frère.&#13;
Nous attendons cet hiver M. Boutevillo * en France, et il'retournera en Canada l ’année prochaine. Je crois qu’il fauttascîier&#13;
à laisser Mrs. Gaulin + et Rageot J dans les missions de Pentagoet ; ce qui m’en fait le plus de peine,c’est qu’on ne donne pas à ces&#13;
missionnaires de quoi subsister,car asseuroment pour 3001b chacun&#13;
il leur est impossible d’y vivre.&#13;
M. l’abbé de Laval se fait toujours fort estimer à Tournay où il&#13;
est chanoine et official, mais il est toujours malade et l’air do Flandre ne luy vaut rien. Il est cependant obligé de rester.&#13;
Je n’ay point adressé à M. Bonnet l’attestation que vous avoz&#13;
envoié sur feu M. Vincent. J ’en ay gardé un exemplaire et j’ay&#13;
envoié l’autre directement à St Lazare, de quoy ccs messieurs vous&#13;
sont fort obligez.&#13;
Vous apprendrez la mort du bon M. Boudon dont M. Thomas a&#13;
fait graver le portrait et vous en envoie des estampes par M. Glandelet.&#13;
Je suis obligé, Mgr. de finir celle-cy qui est déjà assez longue et&#13;
do vous conjurer auparavant de me donner votre bénédiction comme&#13;
les patriarches la donnoient à leurs enfans et de m’obtenir par vos&#13;
prières cette force intérieure dont j’ay besoin pour vivre comme&#13;
un bon prêtre au milieu de tous mes embarras.&#13;
T&#13;
&#13;
r e m b l a y&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
* M. B o u t e v i l l e q u i a v a i t é t é o r d o n n é p r ê tr e à Q u é b e c en 1696, p a s s a e n F ra n c e&#13;
e t fu t d e s tin é a u x M issio n s d e l a L o u is ia n e , m a is il to m b a m a la d e a v a n t d e s’em barquer.&#13;
&#13;
I l p a r o it ê tre r e v e n u b i e n t ô t e n C a n a d a ou i l m ou ru t e n 1711 à 39 a n s,e t&#13;
&#13;
fu t in h u m é â l a c a t h é d r a le .&#13;
t M. G a u l in n a t i f d e l a S t e . F a m il le , I s le d’O r lé a n s, f u t .o rd o n né l e 21 d écem b re,&#13;
1697.&#13;
&#13;
I l d e s s e r v it B e a u m o n t en 1698 e t fu t e n v o y é à la m issio n d e P e n t a g o ë t . E n&#13;
&#13;
1700 i l s e r e n d it à l a L o u i s i a n e : II r e v in t en 1 7 02 ,fit n a u fr a g e su r le s c o te s d u Maine;&#13;
ce q u i l u i d o n n a o c c a s io n d e t r a v a ille r à l a m is s io n A b e n a k ise , e t a p rès p lu sieu rs&#13;
années, ü r e v i n t à Q u é b e c o ù i l m o u ru t le 6 m ar s 1740 à 67 an s, e t f u t in h u m é d an s&#13;
la c a th é d r a le .&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
î P h ilip p e R a g e o t fils d e G ille s , f u t o r d o n n é à Q u éb e c e n 1701, i l d e s s e r v it P e a ta g o e t ju sq u 'e n 1704,e t fit d e s m is s io n s au C a p S t .I g n a c e e t à l ’Is le t d e 17 04 à 1707,&#13;
à K a m o u ra sk a d e 1709 à 1711.&#13;
&#13;
I l p a r o it ê tr e m o r t d a n s c e tte a n n é e .&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié en français classique et publié dans E. Langevin, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, 1er évêque de Québec&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1874, p. 170-171&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait manuscrit en français classique par C. Gagnon, v. 1890, et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, MS17, p. 883-884&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 15 juin 1703)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris avoue à l’ancien évêque de Québec son inquiétude sur son état de santé. Il partage son opinion sur les missions du Séminaire au Mississippi, en Pentagouet, au Tamarois et en Acadie.     </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12040" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 121&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10605" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10606" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-7 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9683" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10607" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-7-8&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12037" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien&lt;/a&gt; et en français, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-7-8&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9689" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12039" class="show"&gt;Extrait manuscrit en français classique&lt;/a&gt; par C. Gagnon, v. 1890, et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, MS17, p. 883-884&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12038" class="show"&gt;Extrait typographié en français classique&lt;/a&gt; et publié dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec&lt;/em&gt;, 1874, p. 170-171&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de la juridiction des missions du Mississippi (1698-1703)</name>
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                    <text>Lettre de Levasseur de Néré à Pontchartrain&#13;
(Québec, 24 novembre 1701)&#13;
Monseigneur,&#13;
Je profite de la triste occasion causée par l’incendie arrivé au Séminaire de cette&#13;
ville pour vous assurer de la continuation de mon profond et respectueux&#13;
attachement en rendant un très fidèle compte à Votre Grandeur de ce qui causa ce&#13;
malheureux accident et la manœuvre que l’on fît pour en arrêter le cours.&#13;
Le lundi 15e novembre, la plus grande partie des séminaristes était allée, dès le&#13;
matin, à Saint-Michel, qui est à une petite lieue de Québec, où ils ont une maison&#13;
et un assez beau jardin sur le bord du fleuve Saint-Laurent, ce qui rend ce lieu&#13;
agréable et ce qui invite ces Messieurs toutes les semaines à y aller prendre l’air.&#13;
Ce jour malheureux, il n’était resté que peu de domestiques et qu’un très petit&#13;
nombre de prêtres, lesquels, entre une heure et deux après dîner, sortirent de leur&#13;
maison pour aller dire les vêpres à la paroisse et M. Petit, l’un de ces prêtres qui&#13;
resta le dernier, voulût par précaution accommoder le feu du poêle de la grande&#13;
salle, afin que lorsqu’ils reviendraient de l’église, ils trouvassent cet endroit chaud ;&#13;
et en effet, il n’y réussit que trop bien, car il tomba un charbon fort allumé sur le&#13;
plancher sans qu’il s’en aperçût, ce qui y mit assez vite le feu, lorsqu’un nommé&#13;
M. Boucher, curé de la pointe de Lévis, qui arrivait, voulut s’aller chauffer à la&#13;
salle, qu’il trouva déjà assez embrasée. Il cria au feu, ce qui fît rassembler quelques&#13;
domestiques de la maison, qui voulurent prudemment aller sonner le tocsin. Ledit&#13;
sieur Boucher les en empêcha et voulut par lui-même, avec eux, éteindre ce feu&#13;
avec de l’eau, mais comme il vantait assez fort norois et que ce feu avait pris au&#13;
commencement de ce bâtiment sous le vent, ce feu les gagna promptement par&#13;
l’ouverture qu’ils firent des portes et des fenêtres et pour lors, il fallut sonner&#13;
toutes les cloches de la ville pour demander des secours, mais un peu tard,&#13;
quoiqu’il y eût encore du remède s’il y avait eu des gens entendus et que la&#13;
confusion, jointe au désordre, ne s’en fut pas mêlée.&#13;
J’étais pour lors à dîner chez M. l’intendant, d’où nous n’entendions aucune&#13;
rumeur et nous fûmes tous fort étonnés d’apprendre par une voix lamentable, qui&#13;
s’écrira : « M. l’ingénieur, le séminaire est tout embrasé, on vous cherche de toutes&#13;
parts ! ». J’y courus à grands pas et je trouvai que ce feu était d’un si affreux&#13;
embrasement qu’il ne fallait plus songer qu’à couper au droit d’un mur de refend&#13;
&#13;
�pour en sacrifier une partie et sauver l’autre. Je criais en entrant : « À moi, des&#13;
charpentiers ! ». Je fus suivi de quatre hommes seulement que je mis en travail,&#13;
sans avoir personne pour veiller à leur conduite, pendant lequel temps je fus en&#13;
chercher d’autres, qui étaient répandus dans différents endroits de ce bâtiment, les&#13;
uns à couper des croisés, les autres des poutres et des chevrons inutiles et à jeter&#13;
des hardes par les fenêtres. J’en amenai quelques-uns dans ce moment et pour lors,&#13;
les autres n’y étaient plus. Le feu les avait un peu gagnés et leur avait fait peur,&#13;
quoiqu’il ne fût pas encore temps d’abandonner l’endroit où je les avais occupés.&#13;
Je plaçai de nouveau ceux que j’avais avec moi, mais inutilement, les mauvais&#13;
outils qu’ils avaient et le petit nombre qu’ils étaient n’étant pas suffisant pour faire&#13;
ce travail assez diligemment. D’ailleurs, un mélange de voix infinies, qui criaient&#13;
qu’on allait faire sauter le bâtiment avec de la poudre, les uns se sauvaient d’un&#13;
côté, les autres criaient de l’autre, quoique je prisse soin de les raffermir. Cela&#13;
provenait de ce que quelques particuliers avaient proposé de faire sauter le corps&#13;
de logis de face pour couper la communication au feu, à quoi je m’opposai,&#13;
prévoyant plusieurs malheurs sans apparence de réussite, les dedans de cette&#13;
maison et la couverture n’étant presque tous bois de sapin et d’épinette, dont les&#13;
pores sont délicats et gommeux. Aussi, à moins de cinq heures de temps, tout fut&#13;
consommé. J’eus beaucoup d’attention, lorsque je ne vis plus de remède à sauver&#13;
aucune partie de ce bâtiment, d’aller au-devant pour faire couper une&#13;
communication qu’il y avait de cette maison à la paroisse et j’y réussis, ce qui était&#13;
d’une extrême conséquence pour tout le reste de la haute-ville et peut-être même&#13;
pour la basse, pour laquelle il n’y aurait pas eu grande sécurité.&#13;
Je me suis récriai sur le peu d’ordre qu’il y avait eu dans cette affaire, m’étant&#13;
trouvé à quelques feux dont l’importance était bien considérable et j’ai toujours vu&#13;
faire prendre les armes et mettre des sentinelles à toutes les portes, passages et&#13;
avenues avec un certain nombre d’officiers pour faire agir les gens nécessaires, en&#13;
pareille occasion, sous le commandement d’un seul homme entendu. Les choses&#13;
en cet était ont réussi par quelques endroits et on a lieu même de s’y attendre.&#13;
Il y avait plus de trois cents personnes à ce feu, mais tout ce peuple ne valait pas&#13;
trente hommes choisis.&#13;
J’estime le dommage de cette maison à 30 000 livres pour son rétablissement&#13;
seulement, la plupart des murs pouvant resservir. D’ailleurs, ce qui a pu leur être&#13;
&#13;
�pillé ou volé peut encore aller aux environs de 2 000 livres, ce qui fait en tout&#13;
32 000 livres.&#13;
Trois choses conviennent absolument en cette ville, si on ne lui veut la voir prendre&#13;
fin par quelque incendie général :&#13;
la 1° est un puit royal et commun à toute la haute-ville : nous en&#13;
commençâmes un en 1695 ; ce puits est resté à 13 pieds de&#13;
profondeur ;&#13;
la 2° est d’avoir 200 sceaux de cuir bouilli ;&#13;
la 3°, 100 bonnes haches, 30 pics et 15 pinces ; ces deux derniers&#13;
articles devraient être renfermés dans un magasin en cas de besoin&#13;
et sous la conduite de quelqu’un qui les délivrassent en tout temps&#13;
et qui eusse soin de les retirer ; cela serait d’un très grand et très&#13;
prompt secours.&#13;
C’est une très petite levée, qui se pourrait prendre sur les habitants de ce lieu, sans&#13;
que personne y puisse trouver à redire, ni en murmurer ; et le plus tôt ne serait que&#13;
le mieux.&#13;
Voilà, Monseigneur, de la manière dont s’est passé cette affaire, qui m’a fait former&#13;
mille regrets de n’avoir pu y être à temps pour y apporter le remède nécessaire. Je&#13;
prends la liberté de supplier Votre Grandeur de faire attention aux demandes&#13;
contenues dans mes premières lettres, en cherchant par toutes sortes d’endroits&#13;
qu’à mériter l’honneur de sa protection. J’ai l’honneur d’être avec un très profond&#13;
respect, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Levasseur de Néré.&#13;
À Québec, le 24e novembre 1701&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 166-168.&#13;
1&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 7 no 83&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Boucher, Philippe, 1665-1721</text>
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                <text>Levasseur de Néré, Jacques, 1662-1723</text>
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                <text>Lettre de Levasseur de Néré à Pontchartrain (Québec, 24 novembre 1701)</text>
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                <text>L’ingénieur du roi en Nouvelle-France décrit au  secrétaire d’État à la Marine de France l’incendie du Séminaire de Québec.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 19. f. 266-272&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Pontchartrain, Louis Phélypeaux, 1643-1727, comte de</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8833" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8834" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost,&lt;em&gt; Le Séminaire de Québec. Documents et biographies&lt;/em&gt;, 1964, p. 166-168&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8832" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 7, no 83&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Correspondance avec la Cour de France</name>
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        <name>Incendies</name>
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                    <text>Introduction aux Docs. XX&#13;
du Journal des Jésuites, 1659-1678, d’après les originaux conservés au&#13;
Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, MS48&#13;
&#13;
Extraits1&#13;
&#13;
Le Journal des Jésuites est un registre dans lequel les supérieurs des Jésuites du Canada&#13;
écrivaient jour après jour, sans aucun artifice littéraire, les faits les plus marquants se&#13;
déroulant en Nouvelle-France. À l’époque, ces écrits, de caractère plutôt privé, rapportent&#13;
quantité de détails ne pouvant intéresser que les membres de la Compagnie de Jésus ; mais&#13;
aujourd’hui, ils jettent une lumière considérable sur l’histoire du Canada du 17e siècle.&#13;
Ce caractère intime donne au Journal une valeur documentaire incontestable. Il n’était pas&#13;
destiné au grand public et n’avait pas pour but de protéger les intérêts de la Compagnie ou&#13;
de défendre une cause. Il voulait seulement transmettre aux futures générations un compterendu des choses les plus remarquables s’étant déroulées au Canada. Le relationniste&#13;
pouvait parfois laisser entrevoir son point de vue ou donner quelques appréciations&#13;
personnelles ; mais les extraits que nous reproduisons ici, à propos des activités de&#13;
Mgr de Laval, n’en contiennent pas, n’étant que de sobres et simples indications de faits.&#13;
Ce qui reste des originaux du Journal est conservé aux Archives du Séminaire de Québec&#13;
en un volume in-folio de 189 pages, d’où proviennent les extraits reproduits ici, qui étaient&#13;
absents, nous ne savons pas pourquoi, dans les procès et le volumineux Summarium&#13;
Additionale2.&#13;
Les extraits ci-dessous se réfèrent au ministère du Serviteur de Dieu, aux controverses avec&#13;
l’abbé de Queylus et avec le gouverneur d’Argenson et à la question des nominations au&#13;
Conseil souverain de Québec faite par le gouverneur de Mésy sans le consentement requis&#13;
du Serviteur de Dieu3.&#13;
&#13;
NDLR : Vu l’importance du Journal des Jésuites, nous avons choisi d’inclure tous les passages mentionnant&#13;
Mgr de Laval. Le Journal a été transcrit et annoté dans R. G. Thwaites, The Jesuit Relations and Allied&#13;
Documents, Cleveland, 1896-1901. C’est à partir de cette édition que nous avons complété les extraits dans&#13;
cette nouvelle édition.&#13;
2&#13;
NDLR : Il s’agit des Copia publica publiées en 1885, 1892, 1896, 1920 et 1904, ainsi que de la Nova&#13;
Positio Summarium Additionale de 1918.&#13;
3&#13;
NDLR : Le consentement de Mgr de Laval était requis, puisqu’il était un membre ayant une autorité égale&#13;
à celle du gouverneur selon les lettres patentes du Conseil souverain (cf. Doc. L).&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 20 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Altera Nova Positio&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait dactylographié en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>-&#13;
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)far~:&#13;
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1\-!-) -&#13;
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2r.&#13;
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,h•ml i- Nni11 t. L ;•alnt se fit ici n l'i.·s11 d e~ l énèbr e ·.&#13;
,omme 011 11e i-o ,me poinl 110111· (•ela . .ie 11 111 'y t rouvai p a:- a. ez&#13;
it tPmpi;:;; rPla {i1 uu pr11 nltemll' , 011 :1vait prépnr{• &lt;lenx c0 ussi11.&#13;
J t·o·h e du IJalnstJ•( &lt;111 .1 ·&lt;.•1 111i::o i1·, llll p o nr M. l '~Jvêp1e, I 'n1 1trc&gt; pour&#13;
.\'I. le 0-onvrrn 11l'. l\:l. le U uyernem· y étant ve1111 le p rem.ier et&#13;
. 'étant 111i · il g 1110 11. p1·&lt; die de ·1:1lui de M. l'Êvi·cpw. sans pren&lt;lre g;at·dr au sicu, ju~ea plus à propo: de . ' n aller to11t à fait&#13;
que &lt;le &lt;'bauger de pJar r1 se retirer où NaH le· ," i e11. Lr 11 e :111t1·&#13;
fois, il firnt 1nettn• lt' c•a1·1•f'au de l 'rv rq ne dàllt:ï l&lt;. ~1.wetunir d11&#13;
1·rposoir.&#13;
Lr&#13;
&#13;
NoYC'1nllre:&#13;
&#13;
Le 2 M.0'1• l 'h:\'&lt;}qne a., ant te1rn a. e-emblée des marg1tillerl'- et&#13;
clél'lari• M. Je Onu -e1'11f'ttr n '01:J.-P phv mar~niller houomire, et&#13;
(·11 s1m· lni e11 uvoh' parlé. Ir&#13;
~ninmt. ~r. le Gonvernenr .·t•&#13;
from·n ù l 'a:s.--c•rnhlé dl'~ marp:11illrn; avc&lt;&gt; rc-nx de ,' a ·nite 01·rli11H itt&gt;, o i1 il préte11di1· .~e m ai ut e1iil' eu R::I l'harge, clé lnraut i1&#13;
M. l 'J~v~ q11 r q11 'i1 n 'avaH paf- &lt;'e ponn•Ü' ù' le dénrnttr ; plu:ieu1·:-. paroles se dirent IH'll 1·cspef•tur11ses :, 1 'emlroit de I\I. l 'l~vPqnP, q11î do11na .·11jet ck 111éf•1rnterne11t de pal't e1 &lt;1 'a11 t1•r. 1&#13;
&#13;
ao&#13;
&#13;
1661&#13;
&#13;
a&lt;·1io11 s'-taiJt renc uvelée où 11. le (fom·t.\rnf'ul' Pl l. I '(~y[,que r 1cl ie11l, , j- M. If' c+onvrrn m· ayant témoif{n[.&#13;
11 '. v01iloi 1• a . .-ister &lt;'li ua.- cl n 'tm .·ah iâ f M. l '.Êvrr1 nf' devuHt lui.&#13;
011 111i fit tro1n-e1· 11011 q ne le.· enfantr;: -'Hssent l .- rnai n._· oecnp ~e:1)0111' 11r : al11 l' ni 1·1111 ni l'nnt1·C', r-e q111 .' 'r11tr11fl du prologue et&#13;
ilP l 'l1pilo 1·11&lt;'; 1·c&gt; qni l'u t ~ignifié· Pt ron1111 r1 11rl&amp; a 11 ,· e11fants . Mais&#13;
h'. e11ff1n t~ 'ta11t l 'harle~ Cm1ill:.ml et Igna&#13;
de&gt; R cpe uti gn)',&#13;
p 11s.:. {-p. et ~éduit. 1 ar lem ·; JHn·c•nü,, fu·&lt;'nt tout Il• (•m itnlil'e et . ul11èl· nt M. l fo11 ,·er11P111· Ir pl'emier ; re qni offen,1 pni . sanum 11t&#13;
:\L l 'l~Y~que q1w 11011~ tâell ,îmex l 'apaiia;er et l es deux f'Ufaut~ f'111·c&gt;11r I ïourt I&lt;• kmkrnai11 lll.ati11 po111· avoit- (l'_, ol éi.&#13;
K •... ('Pttl' J &lt;'titf'&#13;
&#13;
' JI Uovornalorc tl 'A l'I,( llSO II 11011 :\\'t'l'I\ lirillo 1d ti!ùl0 (li 1'11 bbl'ic iel'll d 'o 1\0 r1 •.&#13;
1i lolo 1•011cesso person11l ment r ad uu ~110 11n•1lr1·&lt;•.: ·on•. il .:ip:1101· 11' :\ i llPIJ0 11 sl, 111•1&#13;
lfi:YI (rL (iosi.e!i11, rnl. l, pp. _li-1:!~0).&#13;
' Ln'« p lit,• al'tlo11 " 11011 1•ru allrn l'ht• 111111 sp1·r.iP 1li es11111e caled1i. t il'o 11111,hli co l'a tlo ne! Co llt•gio tlci Gesuil i.&#13;
&#13;
�Doc. XX&#13;
&#13;
-&#13;
&#13;
50 -&#13;
&#13;
Le rn, jour de la Septuagésime, comme on était an catéchisme&#13;
sole1mel on petite action, le hrnit vint que le feu était à la hasseville. Eu effet, la maison de Bontentrein hrfüa tonte entière et&#13;
tont ce q 11 'il Rnüt dedans à la réserve des personnes. Mgr l '1tvêq11e y porta le Saint-Sacrement, à la préseuee duquel qnelqnesn ns eenun·qnPre11t qiie le fo u s 'a baiss::i. Le rl it :sienr É vêque envoya&#13;
dès lP soir tlllt' eoHvPrtnre à la fetHl ll l' et 11 Hi'\ }Hl,rolc&gt; (l :nn • piè&lt;'e&#13;
le.- li y1•es pou r pn di. p ser rn &lt;·P qn 'ellr voud r ait. ll l 11r 1·e. tait&#13;
(l'ai llc11 n, dn bien.&#13;
Avril :&#13;
L e jon1' des rame.aux ... ù lü paroi e, i l H'y e111 ni pr c·e:sioH&#13;
ni distri1,n1iou .·oJeuuellr drs rmueaux pm1r évite,· la c-onte. trition&#13;
iles ra11g:::. M. le (lo11vt&gt;rnen r vonl::mt (_ne 1 lrnüeurs ro1·p. pa~sa, . nt devant le,· rnargui'll ers et M. l 'i&lt;;vr.qne .:;outewrnt le droit de.&#13;
marguiller. . S 1en uivi1 l 1i11tcnlicti011 tl s prn ·e,.)-;ion~ et lef; )'.ll:µen. ions d • ·crn1Jlah1eR eérémonicR j m,(Jll ?1 er jfrnr.&#13;
,Tnin:&#13;
&#13;
~c Hi, joul' Je Ja F$tc-Di.rll, le 1 'ni.11t-8acl'en1ent f nt cxposr&#13;
,·liez nous ... fje di maucl.Je ... à la procession, le tol!I' se fit eomm e&#13;
l 'a11 l aR é. :Vfai , ani.vP q 11 'on fut an rcpo1-wir du fort , M . 1' 1&lt;'.:vê1ue aym1t térnoigu r- a11pm·nnrnt qn'H pé\R ' C'rait &lt;mh'e si les i-;uhlut. ·&#13;
n se tenaient lécouvert.&#13;
l 'anivér d n ~aint- am·rrnent, 11 s't&gt;tant pour lors déclar!'i davantage, M . le Oo11ve1·nr11 r ayant acquiescé à ce point, M . ! 'Évêque y étant anivé, ne c contrnta pas&#13;
de cela et m · Je refus que füent lt•s ~oldat rle se mettre à genoux.&#13;
il eJtvoya di.rr à ..M. le 'ouve me11r, 1111i µ~u· incurnrnodité ùe santé&#13;
11e :,;e t1·011vaii pas i.t Ja ,Pl'OCes, ·ion el t'itait nu fort, &lt;)He i les ollfat,· l)f' RE' nwt.ta ic11t à ge noux, il passerait ouh-e. La réponse&#13;
a.yant étf q1w le1' ,.::oldut~ étajent à leur dPv ir {, ani rlPh&lt;rnt.&#13;
"M. 1 Ëvf&gt;qn e lJH . a outre e1 u 'apporta poin t lo Si1(•1·em 11t au n•posoh-; hi~1t' 1111I.r1mI.m loquench nt rint]it f'. nr_()lrnuml 1m1 . &lt;'e '1_ui pamt de p J11R tC'ifain par }p rapporf &lt;lign (le foi (Ra int~ \ mlr1&gt; ctc&#13;
:\ lontriial), C:'it q11 'c·n sent blahk 1•f' 11ront rc les ._oldats dcR gardr"&#13;
&lt;ln Hoi nwtknt Jill geuou en terl'e sans se découvrir et Jwr H(' t•idi. se p1·01,riis 1H·1tlis r1 111111tis rurnis tliN.brd illP l'i rrtfiou r Jirmr1ri&#13;
1111 / ('s/. ( ' 1C'~t cl&lt;" 1p1!1i il rut fall11 s'ée lai.rcir a n paran111t ('t Pn ,·nnYemr.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc 20&lt;/span&gt;</text>
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ilP l 'l1pilo 1·11&lt;'; 1·c&gt; qni l'u t ~ignifié· Pt ron1111 r1 11rl&amp; a 11 ,· e11fants . Mais&#13;
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:\L l 'l~Y~que q1w 11011~ tâell ,îmex l 'apaiia;er et l es deux f'Ufaut~ f'111·c&gt;11r I ïourt I&lt;• kmkrnai11 lll.ati11 po111· avoit- (l'_, ol éi.&#13;
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dès lP soir tlllt' eoHvPrtnre à la fetHl ll l' et 11 Hi'\ }Hl,rolc&gt; (l :nn • piè&lt;'e&#13;
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L e jon1' des rame.aux ... ù lü paroi e, i l H'y e111 ni pr c·e:sioH&#13;
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iles ra11g:::. M. le (lo11vt&gt;rnen r vonl::mt (_ne 1 lrnüeurs ro1·p. pa~sa, . nt devant le,· rnargui'll ers et M. l 'i&lt;;vr.qne .:;outewrnt le droit de.&#13;
marguiller. . S 1en uivi1 l 1i11tcnlicti011 tl s prn ·e,.)-;ion~ et lef; )'.ll:µen. ions d • ·crn1Jlah1eR eérémonicR j m,(Jll ?1 er jfrnr.&#13;
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l 'anivér d n ~aint- am·rrnent, 11 s't&gt;tant pour lors déclar!'i davantage, M . le Oo11ve1·nr11 r ayant acquiescé à ce point, M . ! 'Évêque y étant anivé, ne c contrnta pas&#13;
de cela et m · Je refus que füent lt•s ~oldat rle se mettre à genoux.&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>&lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; des Jésuites de l'année 1661 (Québec, 1661)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/319511"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, MS48&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10637" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Introduction en français moderne &lt;/a&gt;aux Docs. 20 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11621" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 20-3&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11620" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 20&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8361" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=hvd.32044041887852&amp;amp;view=1up&amp;amp;seq=164"&gt;Copie typographiée en français classique et en anglais&lt;/a&gt; publiée dans R.G. Thwaites, &lt;em&gt;The Jesuits relations and allied documents travels and explorations of the Jesuit missionaries in New France, 1610-1791&lt;/em&gt;, Cleveland, 1896-1901, vol. 46, p. 158-189, via Hathi Trust&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire des honneurs dans les églises (1659-1708)</name>
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        <name>Amour de Laval envers les Autochtones</name>
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        <name>Autochtones</name>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Église Vs État</name>
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                <text>Lettre introuvable de l’ancien évêque de Québec au secrétaire d’État à la Marine de France. &lt;br /&gt;Résumé d’une lettre de Mgr de Laval avec commentaires dans la marge - secours sollicités pour le Séminaire de Québec; Beauharnois « aurait fait son possible » pour rétablir cette institution.</text>
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              <text>Ce document est mentionné dans le « Catalogue de 1687 » (Séminaire 92, no 25, Liasse R, no 65). Il s’agit d’un inventaire, commencé par l'abbé Glandelet, de documents conservés au Séminaire et aujourd'hui perdus. L’intérêt de ce catalogue est d’y trouver la preuve de l’abondante correspondance de Laval.</text>
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                <text>Lettre de Dollier à Laval (28 décembre 1683)</text>
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                <text>Lettre introuvable du supérieur du Séminaire Saint-Sulpice de Montréal au 1er évêque de Québec. &lt;br /&gt;Résumé du Catalogue de 1687 : « Navré de l’incendie de la maison des Soeurs de la Congrégation arrivée la nuit du 6e à 7e novembre 1683, sur les onze heures du soir, où deux desdites soeurs, savoir la soeur Geneviève du Rosaire, assistante, et la soeur Marguerite, nièce de la soeur Bourgeoys, supérieure, ont été brûlées. »</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Ce document est mentionné dans le « Catalogue de 1687 » (Séminaire 92, no 25, Liasse R, no 14). Il s’agit d’un inventaire, commencé par l'abbé Glandelet, de documents conservés au Séminaire et aujourd'hui perdus. L’intérêt de ce catalogue est d’y trouver la preuve de l’abondante correspondance de Laval.</text>
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                <text>Lettre introuvable d'un missionnaire jésuite au 1er évêque de Québec. &lt;br /&gt;Résumé du Catalogie de 1687 : « sur l’incendie de la maison des Soeurs de la Congrégation. »</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. LVII&#13;
Diverses lettres au sujet des réactions du Serviteur de Dieu sur les incendies du&#13;
Séminaire de Québec, 1702-1706&#13;
Le 15 novembre 1701, vers 2 heures de l’après-midi, un violent incendie éclata au&#13;
Séminaire de Québec. En quelques heures, tous les édifices construits avec tant de peines&#13;
et de sacrifices par le Serviteur de Dieu furent détruits : chapelle, Grand Séminaire, Petit&#13;
Séminaire et presbytère. Seule la cathédrale fut sauvée des flammes. Mgr de Laval, malade&#13;
depuis quelques jours, fut transporté précipitamment à la maison des Jésuites.&#13;
Il est facile d’imaginer combien ce malheur dut être douloureux au cœur du Serviteur de&#13;
Dieu. Si nous avions quelques lettres écrites de sa main à cette occasion à des amis de Paris,&#13;
on trouverait sans doute toute l’expression de sa douleur. Nous connaissons le contenu des&#13;
réponses à ces lettres (nos 2, 3 et 4), ainsi qu’une lettre du supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris au procureur du même Séminaire à Rome (n o 1), écrite peu&#13;
après l’arrivée des autres lettres au Canada, et ayant le même état d’esprit.&#13;
Dans ces documents, nous voyons clairement que Mgr de Laval resta très peiné de ce&#13;
malheur, mais qu’il l’accepta avec une profonde résignation chrétienne. Il donna même une&#13;
preuve insigne de sa force d’âme, à la grande édification de ceux qui en furent témoins et&#13;
en eurent la nouvelle (no 2) : sans hésiter et en total abandon à la Providence, il ordonna de&#13;
commencer immédiatement la reconstruction d’une nouvelle maison pour le Séminaire,&#13;
bien que ce fût l’hiver.&#13;
Mais l’épreuve n’était pas terminée. Lorsque les travaux étaient sur le point d’être terminés&#13;
et les nouveaux édifices étaient presque prêts, un autre incendie éclata le 1er octobre 1705&#13;
et réduisit tout en cendres.&#13;
Malheureusement, peu de nouvelles nous sont parvenues sur l’attitude du Serviteur de Dieu&#13;
face à ce deuxième événement. Nous avons seulement une réponse de l’abbé Tremblay à&#13;
une lettre du Serviteur de Dieu (no 4). Cependant, il est clair par cette lettre que même en&#13;
ce nouveau malheur, le Serviteur de Dieu se montra résigné à la volonté de Dieu.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 57 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LVII-2&#13;
Extrait de la lettre de l’abbé Tremblay au Serviteur de Dieu, 11 mai 1702, d’après&#13;
l’original conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec, Lettres N, no 119&#13;
&#13;
Du 11 mai 1702&#13;
Monseigneur,&#13;
Je vous ai écrit une assez longue lettre par le vaisseau du Nord, que j’ai remise à&#13;
M. de Lino, qui doit vous l’avoir fait remettre. Elle était pour vous instruire de nos&#13;
affaires par les premiers vaisseaux. Je vous écris celle-ci par La Perle, comme je&#13;
l’espère, pour vous apprendre ce que nous avons fait depuis l’arrivée de&#13;
M. Joncaire en France. Il arriva au Séminaire le 26 avril et apporta la plus triste&#13;
nouvelle que nous puissions apprendre. Cependant, quand on me dit qu’un&#13;
courrier venait d’arriver de Canada et apportait de fâcheuses nouvelles du&#13;
Séminaire, j’appréhendai, Monseigneur, que nous vous eussions perdu et je fus&#13;
plus disposé à soutenir la triste nouvelle de l’incendie de notre Séminaire, quand&#13;
je sus que Votre Grandeur se portait bien et avait vu en saint la destruction d’un&#13;
ouvrage de 40 ans, qui avait rendu tant de gloire à Dieu et était capable de lui en&#13;
rendre.&#13;
J’ai été convaincu, dans les diverses réflexions que j’ai faites sur un si grand&#13;
accident, que Dieu voulait de vous avant votre mort ce grand sacrifice. Vous ne lui&#13;
en pouviez faire un plus grand. Le feu consumait votre cœur en consumant ce&#13;
bâtiment, mais c’était un feu bien différent. Vous sacrifiez une œuvre de Dieu aux&#13;
ordres de Dieu et votre sacrifice en cela alla plus loin que celui du Père des&#13;
croyants, en ce que Dieu ne lui demanda que la préparation du cœur. Vous l’aviez&#13;
depuis longtemps. Il a demandé de vous la réalité du sacrifice. Ce que vous m’avez&#13;
mandé m’a beaucoup fait d’impression que l’œuvre que Dieu vous a fait la grâce&#13;
d’édifier n’est pas un œuvre de pierre et de bois, mais d’esprit et de grâce, qui se&#13;
conserve encore tout entier et même plus parfait depuis que notre Séminaire est&#13;
brûlé. Votre courage pendant le sacrifice et votre force après m’ont fortifié moimême, tout faible que je sois, et j’ai admiré votre ardeur à vouloir dès cet hiver&#13;
travailler au rétablissement de cette œuvre.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 57-2&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 11 mai 1702)&#13;
&#13;
Du 11 mai 1702&#13;
Monseigneur,&#13;
Je vous ai écrit une assez longue lettre par le vaisseau du Nord, que j’ai remise à&#13;
M. de Lino, qui doit vous l’avoir fait remettre. Elle était pour vous instruire de nos&#13;
affaires par les premiers vaisseaux. Je vous écris celle-ci par La Perle, comme je&#13;
l’espère, pour vous apprendre ce que nous avons fait depuis l’arrivée de&#13;
M. Joncaire en France. Il arriva au Séminaire le 26 avril et apporta la plus triste&#13;
nouvelle que nous puissions apprendre. Cependant, quand on me dit qu’un&#13;
courrier venait d’arriver de Canada et apportait de fâcheuses nouvelles du&#13;
Séminaire, j’appréhendai, Monseigneur, que nous vous eussions perdu et je fus&#13;
plus disposé à soutenir la triste nouvelle de l’incendie de notre Séminaire, quand&#13;
je sus que Votre Grandeur se portait bien et avait vu en saint la destruction d’un&#13;
ouvrage de quarante ans, qui avait rendu tant de gloire à Dieu et était capable de&#13;
lui en rendre. J’ai été convaincu, dans les diverses réflexions que j’ai faites sur un&#13;
si grand accident, que Dieu voulait de vous avant votre mort ce grand sacrifice.&#13;
Vous ne lui en pouviez faire un plus grand. Le feu consumait votre cœur en&#13;
consumant ce bâtiment, mais c’était un feu bien différent. Vous sacrifiez une&#13;
œuvre de Dieu aux ordres de Dieu et votre sacrifice en cela alla plus loin que celui&#13;
du Père des croyants, en ce que Dieu ne lui demanda que la préparation du cœur.&#13;
Vous l’aviez depuis longtemps. Il a demandé de vous la réalité du sacrifice. Ce que&#13;
vous m’avez mandé m’a beaucoup fait d’impression que l’œuvre que Dieu vous a&#13;
fait la grâce d’édifier n’est pas une œuvre de pierre et de bois, mais d’esprit et de&#13;
grâce, qui se conserve encore tout entier et même plus parfait depuis que notre&#13;
Séminaire est brûlé. Votre courage pendant le sacrifice et votre force après m’ont&#13;
fortifié moi-même, tout faible que je sois, et j’ai admiré votre ardeur à vouloir dès&#13;
cet hiver travailler au rétablissement de cette œuvre.&#13;
Aussi, dès que je reçus des nouvelles de ce fâcheux accident, j’écrivais à&#13;
M. Grignon pour le prier d’exécuter le mémoire pour le clou et le fer que&#13;
M. Buisson demande. M. Grignon enverra tout le fer et tout le clou à plancher et à&#13;
couvrir, mais pour le clou à bardeau, il faut le faire exprès et par malheur,&#13;
M. l’intendant de Rochefort emploie tous les cloutiers de La Rochelle, qui ne&#13;
&#13;
�peuvent travailler pour les particuliers qu’en cachette. Il m’a promis d’en faire&#13;
faire le plus qu’il pouvait et il le chargera dans le vaisseau du roi avec le moulange&#13;
que je ne pus nous envoyer l’année passée.&#13;
Je vous avoue cependant ma faiblesse. Cette nouvelle fit beaucoup d’impressions&#13;
sur moi et me jeta dans un fond de tristesse, dont j’ai eu bien de la peine à sortir,&#13;
car tout m’y paraissait accablant. Cependant, pourvu que Dieu vous ait conservé&#13;
pour notre consolation, j’espère tout, car comme je suis industrieux à me faire de&#13;
la peine, j’en ai ressenti une plus vive de l’appréhension que j’ai eue que cet hiver&#13;
vous ne nous soyez laissé abattre par l’affliction du renversement d’une si bonne&#13;
œuvre, que de la perte du Séminaire. Si Dieu vous conserve pour nous, j’espère&#13;
que nous nous relèverons et malgré la misère des temps qui est très grande et le&#13;
peu de secours qu’il y a à espérer, nous tâcherons peu à peu à nous remettre.&#13;
On peut dire qu’il faut quelques fois que de semblables malheurs arrivent pour&#13;
connaître les sentiments des personnes. Je n’ai vu aucun de ceux qui connaissent&#13;
le bien que cette bonne œuvre produit qui n’en ait été très vivement touché. M. le&#13;
chancelier [et] M. de Pontchartrain nous ont dit que c’était la perte du public et&#13;
non pas la nôtre, que ce serait la ruine de la colonie si cette œuvre [ne] se&#13;
rétablissait et que tout le monde y devait contribuer. Il serait à souhaiter que ce&#13;
rétablissement se pût faire par ces belles paroles.&#13;
Je ne vous répète pas, Monseigneur, dans cette lettre, tout ce que j’ai écrit à&#13;
M. Desmarais des mouvements que nous nous sommes donnés en conséquence&#13;
de cette nouvelle et de ceux que nous sommes résolus de vous donner. Je puis vous&#13;
assurer que nous n’épargnerons aucun des moyens, que nous jugerons vous&#13;
devoir procurer quelque secours.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’a apporté la confirmation de la concession de l’île Jésus.&#13;
Je vous l’enverrai par M. l’intendant. Cela vous sort d’affaire, par rapport à la&#13;
garantie de M. Berthelot. Il faut faire enregistrer cet acte du roi au Conseil&#13;
supérieur de Canada. On ne l’appelle plus Conseil souverain ; ce terme a choqué&#13;
le roi, qui ne reconnait que lui de souverain en tous ses états.&#13;
Nous sommes, Monseigneur, très mal satisfaits de M. de Laval, qui vous paie aussi&#13;
mal que faisait M. de Montigny. Je les ai cependant assurés, pour les presser, que&#13;
&#13;
�nous ne leur relâcherions point de votre part des 7 000 livres de la fondation qu’ils&#13;
n’eussent payé les arrérages de leur vente.&#13;
Dieu a permis que les Jésuites aient été en état de nous faire plaisir dans notre&#13;
incendie. Nous n’en aurions pas moins fait pour eux si pareil malheur leur fût&#13;
arrivé et s’ils n’avaient fait ce qu’ils ont fait, ils se seraient attiré le blâme de tout le&#13;
monde. Nous avons cru leur devoir marquer notre reconnaissance. Je priai le&#13;
P. de Lamberville de savoir du P. de La Chaize et du père provincial s’ils&#13;
trouveraient bon que nous leur en marquassions notre reconnaissance. Le&#13;
P. de Lamberville me fit dire par M. Joncaire verbalement que nous y pouvions&#13;
aller. Nous fûmes à Saint-Louis, M. l’abbé de Brisacier et moi, mais on nous dit que&#13;
le père provincial était malade et ne pouvait nous parler et que le P. de La Chaize&#13;
était à Mont-Louis. Nous vîmes le confesseur du duc de Lorraine, un Allemand, et&#13;
en sortant nous rencontrâmes le P. Heraut, que vous connaissez, et qui nous fit un&#13;
mauvais compliment sur notre malheur en nous disant qu’il souhaitait que la&#13;
bonté de leurs pères de Canada servît à réunir les esprits en France, que c’est ainsi&#13;
qu’ils savaient se venger et d’autres bagatelles qui tendaient à les faire valoir de ce&#13;
qu’ils avaient fait comme si c’était quelque chose. J’ai ouï-dire que d’autres jésuites&#13;
avaient dit que Dieu nous avait punis d’avoir tant écrit contre leurs pères et d’avoir&#13;
voulu les chasser des missions orientales et occidentales. C’est insulter aux&#13;
malheureux, mais il ne faut pas s’arrêter à ces sottises.&#13;
Notre affaire de la Chine n’est pas encore terminée. Les cardinaux ont tenu&#13;
pendant six mois de l’an passé des congrégations entre eux sur cette affaire et&#13;
depuis le mois de janvier, ils en ont tenu une toutes les semaines devant le pape,&#13;
qui y a assisté exactement, malgré les grands embarras que lui donnent les affaires&#13;
d’Italie au sujet de la succession d’Espagne. Il a ordonné avant Pâques de recueillir&#13;
les voix des congrégations. Nous avons gagné, car les Jésuites n’ont eu au plus que&#13;
deux cardinaux pour eux et en quelques rencontres trois, et il y en a toujours eu&#13;
neuf et souvent dix pour nous dans chaque congrégation. Mais comme le pape n’a&#13;
pas prononcé, nous ne saurions encore nous assurer sur rien. Il nous revient de&#13;
toutes parts que le pape est entièrement porté pour eux et qu’il aura bien de la&#13;
peine à les condamner. Mais il est jaloux de la réputation et il est persuadé qu’il&#13;
sera regardé avec le dernier mépris par tous les bons catholiques si, par des&#13;
considérations humaines, il n’ose dire la vérité. Il sait que les hérétiques ont les&#13;
yeux ouverts sur le parti que prendra la Cour romaine en cette occasion pour lui&#13;
insulter si elle en prend un mauvais. Nous sommes sûrs qu’il ne peut prononcer&#13;
&#13;
�contre nous, mais nous craignons qu’il n’ose prononcer contre les Jésuites et qu’il&#13;
ne fasse un pâté et une réponse ambiguë ou qu’il ne remette encore cette décision.&#13;
Je ne puis mieux vous instruire de l’état où en est l’affaire qu’en vous envoyant la&#13;
lettre que M. l’abbé nommé au vicariat de Cochinchine et qui est avec nous depuis&#13;
trois ans a écrit au pape au mois de février dernier. Vous y verrez encore plus&#13;
clairement de quoi il s’agit. Les bons pères sont bien animés contre nous. S’ils&#13;
pouvaient nous renverser, ils ne s’y épargneraient pas. Peut-être qu’à l’heure qu’il&#13;
est, cependant, l’affaire est jugée à Rome, car nous en attendons à tout moment la&#13;
décision.&#13;
Je puis même vous mander, Monseigneur, à vous ce que nous savons sous un&#13;
dernier secret, qui est que M. le cardinal de Noailles a une lettre de Rome de son&#13;
correspondant, qui lui écrit que M. Casoni, assesseur du Saint-Office, lui a montré&#13;
et lu le bref qu’il en a dressé qui est tel que nous le pouvons souhaiter et M. Casoni&#13;
est résolu de le présenter au pape et de le lui faire signer tel qu’il est. Mais nous ne&#13;
laissons pas de craindre que le pape ne veuille y modifier quelque chose, ce qui&#13;
serait tout gâter, parce qu’on nous le dépeint comme trop mou et trop porté à&#13;
vouloir ne faire peine à personne, ce que nous souhaiterions si avec cela la vérité&#13;
était bien établie.&#13;
Nous avons, Monseigneur, fait ce que nous avons pu auprès du ministre en faveur&#13;
de M. Hazeur, afin de le faire conseiller et nous en avons prié M. l’intendant qu’on&#13;
nous donne qui est un aussi honnête homme qu’on pût nous donner et très disposé&#13;
à nous obliger. Nous avions fortement agi pour M. de Villebois, mais le ministre&#13;
l’a envoyé à Madrid pour être son agent pour le commerce et la marine. Il nous y&#13;
doit servir de correspondant et m’a fort chargé de vous bien assurer de ses&#13;
respects.&#13;
Recevez, Monseigneur, les assurances des miens et me croyez très absolument le&#13;
plus humble et le plus obéissant de vos serviteurs,&#13;
Tremblay.&#13;
Je prends la liberté de me recommander à vos saints sacrifices et prières.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>1702, 11 mai – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 119)&#13;
1&#13;
du 11. May 1702&#13;
2 Monseigneur&#13;
(a Mgr de Laval)&#13;
o&#13;
3&#13;
N 119&#13;
4&#13;
Lettres N.&#13;
5 Jevous ay escrit un assez longue lettre parle&#13;
6 vaissseauduNort queJ’ay remis a M. delino&#13;
7 qui doit vous lavoir fait remettre. Elle estoit&#13;
8 p.r vous instruirede nos affaires parles 1.ers vaiss.x&#13;
9 Jevous escrit cellecy parla Perle, co’e Jelespere,&#13;
10 p.r vous apprendrece que nous avons fait depuis&#13;
11 le depart l’arrivée deM Jonquaire enfrance Jl x arriva&#13;
12 auSem.re le 26. avril, et nous aporta laplus triste&#13;
13 nouvelle quenous pussions apprendre. Cepend.t&#13;
14 quand on me dit qu’un courier venoit darriver de&#13;
15 canada et apportoit defacheuses nouvelles du&#13;
16 Sem.re Japprehenday Monseigneur, que nous ne&#13;
17 vous eussions perdu, et Jefus plus disposé a Soutenir&#13;
18 latriste nouvelle deLJncendieden’re Sem.re quand Je&#13;
19 Sceus que V. G. Seportoit bien et avoit veu en&#13;
20 Saint ladestruction d’un ouvragedequaranteans&#13;
21 qui avoit rendutant degloire aDieu et estoit&#13;
22 capabledelui enrendre. J’ai esté convaincudans&#13;
23 les diverses reflexions queJ’ay faite Sur unSi&#13;
24 grand accident queDieu vouloit devous avant&#13;
25 v’re mort cegrand Sacrifice vous nelui en&#13;
26 pouviezfaire unplus grand. Lefeu consumoit&#13;
27 v’re cœur enconsumant cebatiment, mais&#13;
28 cestoit un feu bien different. vous Sacrifiez&#13;
29 un oeuvredeDieu aux ordres deDieu, et votre&#13;
30 Sacrifice en cela allaplus loing que celui duPere&#13;
31 des croians en cequeDieu nelui demanda quela&#13;
32 preparation ducoeur, vous laviezdepuis&#13;
33 longtemps. Jlademandé devous la realité du&#13;
34 Sacrifice. cequevous mavez mandé ma beaucoup&#13;
35 fait dJmpressionque LoeuvrequeDieu vous a fait&#13;
36 lagracedédifier n’est pas un oeuvredePierre etde&#13;
37 Bois mais desprit etdegrace qui Se conserve encore&#13;
38 tout entier et mesmeplus parfait depuis quen’re&#13;
39 Sem.re est bruslé. v’re courage pend.t le Sacrifice&#13;
40 et votre force apres m’ont fortifié moi mesmetout&#13;
&#13;
�41 faiblequeJeSois, et Jay admiré v’re ardeur avouloir&#13;
42 dez cet hyver travailler auretablisSem.t de cet&#13;
43 œuvre. aussi dez queJe recus des Nouvelles de ce&#13;
44 facheux accident J’escrivis aM Grignon p.r leprier&#13;
45 d’executer le memoire p.r leclouet lefer que&#13;
46 M Buisson demande M. Grignon envoiera tout&#13;
47 lefer, et tout leclouaplancher et a couvrir, mais&#13;
48 p.r leclou a bardeau Jlfaut le faire expres etpar&#13;
49 malheur M. LJntend.’ deRochefort employe tous les&#13;
50 cloutiers dela Rochelle qui nepeuvent travailler&#13;
51 p.r les particuliers qu’en cachette Jl m’a promis d’en&#13;
52 fairefaire leplus quil pouvoit, et il le chargera&#13;
53 dans levaisseau de Roi avec lemoulange queJene&#13;
54 pus vous envoier lannée passée.&#13;
55 Jevous avoüe cepend.t ma faiblesse. cette Nouvelle&#13;
56 fit beaucoup dJmpression Sur moy, et me jettadans&#13;
57 unfonds detristesse dont J’ay eubiendelapeine a&#13;
58 Sortir. cartout m’y paroissoit accablant Cepend.’&#13;
59 pour veuque Dieu vous ait conservé p.r n’re consolation&#13;
60 J’espere tout. car co’e JeSuis industrieuxa me faire&#13;
61 delapeine J’en ay ressenti uneplus vivedelapprehension&#13;
62 queJ’ay eu que cet hyver vous nevous Soiez laissé&#13;
63 abbatre par lafflution du renverSemt d’un Sibon&#13;
64 œuvre, que delaperte duSem.re Si Dieu vous conserve&#13;
65 p.r nous J’espere que nous nous releverons et malgré&#13;
3&#13;
&#13;
66 la miseredes temps qui est tres grande, et lepeude&#13;
67 Secours quil ya a esperer, Nous tacherons peuapeu&#13;
68 a nous remettre&#13;
69 On peut dire quil faut quelq’ fois quede Semblables&#13;
70 malheurs arrivent p.r connoistre les Sentimens des&#13;
71 personnes. Je n’ay veuaucundeceux qui connoissent&#13;
72 lebien quece bon oeuvreproduit qui n’en ait eté&#13;
73 tres vivem.’ touché. M. Le Chancelier, Mde Pont74 chartrain nous ont dit que cestoit la perte du publie&#13;
75 et nonparlaNotre, queceSeroit laruine dela Colonie&#13;
76 Si cet oeuvrene Se retablisSoit, et que tout lemonde&#13;
77 y devoit contribuer. JlSeroit a Souhaiter que ce&#13;
78 retablisSem.’ Sepust faire par ces belles paroles.&#13;
79 Je nevous repete pas Monseigneur, dans cette&#13;
80 lettre, tout ceque J’ay escrit a M Desmarrerais&#13;
81 des mouvement quenous nous Sommes donnez&#13;
82 enconsequence de cettenouvelle, et deceux que&#13;
83 nous sommes resolus devous donner. Je puis vous&#13;
&#13;
�Jsle-Jésus.&#13;
&#13;
Jésuites&#13;
&#13;
84 asseurer quenous n’espargnerons aucundes&#13;
85 moiens quenous Jugerons vous devoir procurer&#13;
86 quelqueSecours.&#13;
87 M Labbé deBrisacier m’a aporté la confirmation&#13;
88 dela concession de LJsleJesus. Jevous lenvoieray&#13;
89 par M LJntendant. cela vous Sort daffaire,&#13;
90 par raport ala garantiedeM Berthelot. Jlfaut&#13;
91 f.re enregistrer cet acte duRoi auconseil&#13;
92 Superieur de Canada. onnelapelleplus Conseil&#13;
93 Souverain ce terme a choqué Le Roi qui ne reconnois&#13;
94 quelui de Souverain en tous Ses etats.&#13;
95 Nous Sommes, Monseigneur, tres mal Satisfait&#13;
96 de M.r deLaval qui vous paye aussi mal que&#13;
97 faisoit Mdemontigni. Jeles ay cependt assuré&#13;
98 p.r les presser que nous ne leur relacherions point&#13;
99 dev’re part les 7000# dela fondation quils n’eussent&#13;
100 paié les arrerages deleur vente.&#13;
101 Dieu apermis que les Jesuites ayent esté en etat denous&#13;
102 faireplaiSir dans n’re Jncendie. Nous n’en aurions&#13;
103 pas moins fait p.r eux Si pareil malheur leurfust&#13;
104 arrivé, et Sils navoient fait cequils ont fait Jls Se&#13;
105 Seroient attirer leblamedetout lemonde. Nous avons&#13;
106 cruleur endevoir marquer n’re reconnoissance.&#13;
107 Jepriay Le P. Lamberville de Scavoir duP. La chaize&#13;
108 et duP. Provincial Sils trouveroient bon quenous&#13;
109 leur en marquassions n’re reconnoissance. LeP.&#13;
110 Lamberville mefit dire par M Jonquaire verbale111 ment quenous y pouvions aller. Nous fusmes a&#13;
112 S.t Louis MLabbé deBrisacier et moy, mais on nous&#13;
113 dit queLeP. Provincial estoit malade et ne pouvoit&#13;
114 nous parler, et que LeP. La chaize estoit a MontLouis.&#13;
115 Nous vismes leconfesseur duDucdeLoraine un allemand,&#13;
116 et enSortant nous rencontrâmes LeP. heraut quevous&#13;
117 connoissez, et qui nous fit un mauvais compliment Sur&#13;
118 n’re malheur, en nous disant quil Souhaitoit quela&#13;
119 bonté de leurs Peres de Canada Servist a reünir les&#13;
120 esprits enfrance, que c’est ainsy quils Scavoient Se&#13;
121 vanger, etdautres bagatelles, qui tendoient ales faire&#13;
122 valoir de cequils avoient fait co’e Si c’estoit quelque&#13;
123 chose J’ay oui dire qued’autres Jesuites avoientdit&#13;
124 queDieu nous avoit puni d’avoir tant escrit contre&#13;
125 leurs Peres et davoir voulules chasser des Missions&#13;
126 orientales et occidentales. C’est Jnsulter aux malheureux&#13;
&#13;
�chine&#13;
&#13;
5.&#13;
&#13;
1702&#13;
&#13;
Lettres N.&#13;
no. 119&#13;
&#13;
127 mais Jl nefaut pas Sarrester a ces Sottises.&#13;
128 Notre affaire dela chine n’est pas encore terminée&#13;
129 Les cardinaux ont tenus pend’ Six mois del’an passsé&#13;
130 des congregations entreuxSur cette affaire et&#13;
131 depuis lemois deJanvier Jls en ont tenu une toutes&#13;
132 les Semaines depuis lecommendevant LePape qui y a&#13;
133 assister exactemt malgré les grands ambaras quelui&#13;
134 donnent les affaires dJtalie auSujet dela Succession&#13;
135 d’Espagne Jl a ordonné avant Pasque de receuillir les&#13;
136 voixdecescongregations. Si onsuit lenombre&#13;
137 des voix, Nous avons gagné, car les Jesuites n’ont&#13;
138 eu auplus que deux cardinaux p.r eux et enquelq’&#13;
139 rencontre trois, et Jl y ena toujours eu neuf et&#13;
140 Souvent dix p.r Nous dans chaq’ congregation&#13;
141 Mais co’e LePape n’a pas prononcé Nous ne&#13;
142 Scaurions encore nous asseurer Sur rien&#13;
143 Jl nous revient de toutes parts que LePape est&#13;
144 entieremt porté p.r eux, et quil aura bien delapeine&#13;
145 ales condamner. Mais Jl est jalouxdela reputa&#13;
146 tion, et Jlest persuadé quil Sera regardé avec le&#13;
147 dernier mepris partous les bons catholiques Si&#13;
148 pardes considerations humaines Jl n’ose dire la&#13;
149 verité. Jl Scait que les heretiques ont les yeux&#13;
150 ouverts Sur leparti queprendra la cour Romaine&#13;
151 en cette occasion p.r lui insulter Si elle enprend&#13;
152 un mauvais. Nous So’es Seurs quil nepeut prononcer&#13;
153 contrenous, mais nous craignons quil n’ose&#13;
154 prononcer contreles Jesuites, et quil ne fasse un&#13;
155 paté et unereponse ambigüe ouquil neremette&#13;
156 encore cettedecision. Je nepuis mieux vous&#13;
157 intruire del’etat ouenest laff.re quenvous&#13;
158 envoiant lalettrequeM Labbé nommé au&#13;
159 vicariat decxchenchine etqui est avec nous depuis&#13;
160 trois ans a escrit auPape aumois de fevrierdernier.&#13;
161 vous y verrez encoreplus clairement dequoy Jl&#13;
162 Sagit. Les bons Peres Sont bien animez contre&#13;
163 Nous. Sils pouvoient nous renverser, Jls ne S’y&#13;
164 espargenroient pas. Peut estre qu’a lheurequil est&#13;
165 cepend.’ laffre est Jugée aRome, car nous en attendons&#13;
166 a tous moment la decision.&#13;
167 Je puis mesme vous mander, MonSeigneur a vous&#13;
168 ceque nous Scavons Sous un dernier Secret, qui&#13;
169 est que M Le Card.l deNoailles a une lettre de&#13;
&#13;
�6&#13;
&#13;
Mr Hazeur.&#13;
&#13;
170 Romede Son correspondant qui lui escrit que M.&#13;
171 Cassoni assesseur duSt office lui a montré et lu le&#13;
172 Bref quil enadressé qui est tel que nous lepouvons&#13;
173 Souhaiter, et M Cassoni est resoludelepresenter&#13;
174 au Papeet delelui faire Signer tel quil est.&#13;
175 Mais nous nelaissons pas decraindre que&#13;
176 Le Pape neveuille y modifier quelques chose&#13;
177 cequi Seroit tout gaster. parcequ’on nous le&#13;
178 depeint co’e trop mol, et trop porté avouloir&#13;
179 nefaire peine a personne, ce que nous Souhaiterions&#13;
180 Si avec cela laverité estoit bien établie&#13;
181 Nous avons Monseigneur fait ceque nous avons pu&#13;
182 aupres duMinistre en faveur deM hazur, afin de&#13;
183 lef.re conseiller et nous enavons prié M LJntend.’ quon&#13;
184 nous donne qui est unaussi honneste hommequ’on&#13;
185 pust nous donner, et tres disposé a nous obliger.&#13;
186 Nous avions fortemt agi p.r M devilbois mais&#13;
187 leMinistrel’a envoyé aMadrid p.r estreSon agent&#13;
188 p.r le commerce etlaMarine. Jl nous y doit Servir&#13;
189 de correspondant et m’a fort chargé de vous bien&#13;
190 asseurer de Ses respects.&#13;
191 Recevez, MonSeigneur, les assurances des miens&#13;
192 et me croiez tres absolument Le plus humble&#13;
193 et leplus obeiss.’ devos Serviteurs. Tremblay&#13;
194 Je prends laliberté de me recommander avos SS.&#13;
195 Sacrifices et prieres.&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-mm-lsh-2019&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Paléographie typographiée par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, en français classique et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
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                    <text>Doc, LYII&#13;
&#13;
— 618 —&#13;
&#13;
praesenti testificatione firmam et ratam esse non sine magna&#13;
animi laetitia volumus. Datum Quebeci, die octava novembris,&#13;
anni millesimi septingentesimi secundi, sub nostra ac secretarii&#13;
nostri subscriptione necnon et sigilli nostri appositione.&#13;
Francisons, antiquus Quebecensis episcopus.&#13;
locus&#13;
&#13;
sigilli&#13;
&#13;
De mandato Dlustrissimi&#13;
D. D. Episcopi,&#13;
Ménage.&#13;
&#13;
DOC. L Y II&#13;
N o t it ia e v a r ia e c ir c a S e r v i D e i a g e n d i r a t io n e m , o c c a s io n e in c e n d io r u m&#13;
&#13;
S e m in a r ii Q u e b e c e n s is ,&#13;
&#13;
1702- 1706.&#13;
&#13;
II 15 novembre del 1701, verso le dne del pomeriggio, scoppiò un&#13;
violento incendio nel Seminario di Québec : in poche ore tutti gli edifìzi&#13;
edificati con tanta fatica e con tanti sacrifici dal Servo di Dio : cappella,&#13;
Seminario Maggiore, Seminario Minore, casa parrocchiale, furono distrutti ;&#13;
solo la cattedrale fu salvata dalle fiamme. Mons. de Lavai, ammalato da&#13;
qualche giorno, fu trasportato precipitosamente nella casa dei Gesuiti.&#13;
Quanto dolorosa dovè essere questa disgrazia al cuore del Servo di&#13;
Dio è facile immaginarlo. Se avessimo alcune lettere da lui scritte in questa occasione ad amici di Parigi, vi troveremmo indubbiamente tutta&#13;
l ’espressione del suo dolore. Ne conosciamo il contenuto dalle risposte&#13;
(nn. 2, 3 e 4) e da una lettera del Superiore del Seminario delle Missioni&#13;
estere di Parigi al Procuratore a Roma del medesimo Seminario (n. 1),&#13;
la quale fu scritta poco dopo l ’arrivo delle lettere dal Canadà, delle quali&#13;
riflette esattamente, come sembra, lo spirito.&#13;
Da questi documenti si apprende chiaramente che Mons. de Lavai&#13;
rimase addoloratissimo di questo infortunio, ma che accettò la disgrazia&#13;
con profonda rassegnazione cristiana. Diede anzi una prova insigne della&#13;
sua forza d ’animo, con grande edificazione di quelli che ne furono testi&#13;
o che ne ebbero notizia (cf. n. 2,&#13;
&#13;
p. 620) : senza punto esitare e con totale&#13;
&#13;
abbandono nella Provvidenza, ordinò di cominciare immediatamente, benché fosse d ’inverno, la ricostruzione di una nuova casa per il Seminario.&#13;
Ma la prova non era terminata. Quando nel 1705 i lavori erano quasi&#13;
ultimati e gli edifici nuovi quasi pronti, un nuovo incendio, scoppiato il&#13;
1° ottobre, ridusse tutto in cenere.&#13;
Sfortunatamente ci sono pervenute poche notizie sull’atteggiamento&#13;
&#13;
�— 619&#13;
&#13;
Doc. LYII&#13;
&#13;
del Servo di Dio in questo secondo momento; abbiamo solamente una risposta del sacerdote Tremblay, ad una lettera del Servo di Dio (n. 4).&#13;
Appare però chiaramente da questa lettera, che anche in questa nuova&#13;
disgrazia il Servo di Dio si mostrò rassegnato alla santa Volontà di Dio.&#13;
&#13;
1&#13;
Excerptum ex Epistola sacerdotis de Brisacier, superioris Seminarii Missionum pro exteris Gentibus Parisiensis, ad sacerdotem Charmot, eiusdem Seminarii penes Sanctam Sedem&#13;
agentis, 1702, 1 maii. E x Originali in Archivo eiusdem Seminarii asservato, vol. X V , pp. 629-630.&#13;
Mercredi dernier, un courrier de Québec arriva ici envoyé&#13;
exprès à la Cour pour donner avis que le 15 novembre 1701, en&#13;
trois heures de temps et en plein jour, par un grand vent, tout&#13;
notre Séminaire s’est... (?); tous les dedans et... (?) du bâtiment furent brûlés avec une partie des meubles et des provisions. La perte est estimée environ cent mille écus, et nous sommes&#13;
dans un temps où il est comme impossible de la réparer du côté&#13;
de la France. Nos Messieurs du Canada ont montré en cette occasion une constance qui a... (?), surtout Mgr l ’ancien Évêque,&#13;
qui a vu de ses yeux son ouvrage de quarante ans détruit en peu&#13;
d ’heures, en bénissant Dieu sans verser une larme ni jeter un&#13;
soupir, quoiqu’il soit âgé de quatre-vingts ans. Vous jugez quelle&#13;
doit être ici notre affliction et notre embarras pour chercher&#13;
des moyens de remédier à un si grand mal.&#13;
&#13;
2&#13;
Excerptum ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Servum Dei,&#13;
1702, 11 maii. Ex Originali in Archivo Seminarii Quebecensis asservato, Lettres N, n. 119.&#13;
Du 11 mai 1702.&#13;
Monseigneur.&#13;
Je vous ai écrit une assez longue leittre par le vaisseau du&#13;
Nord, que j ’ai remise à M. de Lino, qui doit vous l ’avoir fait&#13;
remettre. Elle était pour vous instruire de nos affaires par les&#13;
&#13;
�Doc. LVII&#13;
&#13;
620 —&#13;
&#13;
premiers vaisseaux. Je vous écris celle-ci par La Perle, comme&#13;
je l ’espère, pour vous apprendre ce que nous avons fait depuis&#13;
l ’arrivée de M. Joncaire en France. Il arriva au Séminaire le&#13;
26 avril et apporta la plus triste nouvelle que nous puissions&#13;
apprendre. Cependant quand on me dit qu’un courrier venait&#13;
d ’arriver de Canada et apportait de fâcheuses nouvelles du Séminaire, j ’appréhendai, Monseigneur, que nous vous eussions&#13;
perdu, et je fus plus disposé à soutenir la triste nouvelle de l ’incendie de notre Séminaire, quand je sus que Votre Grandeur&#13;
se portait bien et avait vu en saint la destruction d ’un ouvrage&#13;
de quarante ans, qui avait rendu tant de gloire à Dieu et était&#13;
capable de lui en rendre. J ’ai été convaincu dans les diverses&#13;
réflexions que j ’ai faites sur un si grand accident, que Dieu voulait de vous avant votre mort ce grand sacrifice. Vous ne lui en&#13;
pouviez faire un plus grand. Le feu consumait votre cœur en&#13;
consumant ce bâtiment, mais c ’était un feu bien différent. Vous&#13;
sacrifiez une œuvre de Dieu aux ordres de Dieu et votre sacrifice&#13;
en cela alla plus loin que celui du Père des croyants, en ce que&#13;
Dieu ne lui demanda que la préparation du cœur. Vous l ’aviez&#13;
depuis longtemps. Il a demandé de vous la réalité du sacrifice.&#13;
Ce que vous m ’avez mandé m ’a beaucoup fait d ’impression que&#13;
l ’œuvre que Dieu vous a fait la grâce d ’édifier n ’est pas un œuvre&#13;
de pierre et de bois, mais d ’esprit et de grâce, qui se conserve encore tout entier et même plus parfait depuis que notre Séminaire&#13;
est brûlé. Votre courage pendant le sacrifice et votre force après&#13;
m ’ont fortifié moi-même, tout faible que je sois, et j ’ai admiré&#13;
votre ardeur à vouloir dès cet hiver travailler au rétablissement&#13;
de cette œuvre.&#13;
&#13;
3&#13;
Epistola sacerdotis de Brisacier ad Servimi Dei, 1702, 20 maii.&#13;
Ex Originali in Archivo Seminarii Quebecensis asservato,&#13;
Lettres N, n. 120.&#13;
A Paris, 20 mai 1702.&#13;
Monseigneur.&#13;
Le ton sur lequel vous m ’avez fait l ’honneur de m ’écrire par&#13;
M. Joncaire l ’accident arrivé à notre chère maison de Québec,&#13;
m ’a beaucoup moins donné de tristesse que de consolation. La&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Extrait typographié et annoté, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, en italien et en français, Doc 57-2</text>
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                    <text>162&#13;
donné le Charpentier du Roy qui est à la Baye St. Paul de fairecharger sur ces vaisseaux avec les mats qu’on porte de ce lieu là.&#13;
en France, du bordage et des planches.&#13;
Je suis, etc.,&#13;
De Br&#13;
&#13;
M. Tr&#13;
&#13;
embl a y&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
Mg r .&#13;
&#13;
d e&#13;
&#13;
La&#13;
&#13;
v a l&#13;
&#13;
is a c ie r&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Nous apprismes l’an passé par la voye d’Angleterre la mortalité&#13;
qui s’estoit répandue dans le Canada à la fin de 1700, dans laquelle&#13;
nous avons perdu M. de Bernières * et M. Doucet. f C’est assurément une grande perte et je l ’ay ressentie vivement.. Dès que&#13;
j’en fus seur je l’escrivis à la Supre. des Ursulines de Caen pour&#13;
procurer à M. de Bernières des prières de sa famille et nous nemanquasmes pas d’en faire dans le Séminaire à Paris pour lui coe&#13;
nous y sommes obligés.&#13;
Du 11 may 1702,.&#13;
&#13;
D u&#13;
&#13;
M EM E AU M EM E.&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je vous escris celle cy par fia Perle coe je l’espère, pour voua&#13;
apprendre ce que nous avons fait depuis l ’arrivée de M. Jonquaire&#13;
en France. Il arriva au Séminaire le 26 avril, et nous apporta la&#13;
plus triste nouvelle que nous pussions apprendre. Cependant&#13;
quand on me dit qu’un courrier venoit d’arriver de Canada et&#13;
apportait de fâcheuses nouvelles du .Séminaire, J j’appréhonday&#13;
que nous ne' vous eussions perdu et je fus plus'disposé à soutenir la&#13;
* Henri de Bernières, Supérieur du Séminaire de Québec, Grand Vicaire, Official et Doyen du Chapitre de la Cathédrale, mourut le 4 Décembre 1780 à 68 ans..&#13;
Son corps enterré dans la chapelle du Séminaire, fut transporté à la cathédrale le&#13;
21 Juillet 1728.&#13;
f Alexandre Doucet, curé de Charlebourg.&#13;
t 1 Quoique les vaisseaux ne fussent pas loiD, (le 15 nov. 1701) il fut impossible&#13;
1&#13;
de se servir d’eux pour faire savoir en France cet accident; ces Messieurs envoyèrent par l’Angleterre un courrier.”&#13;
(Hist. de l’Hôtel Dieu, p, 397.)&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Extrait typographié en français classique et publié dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency&lt;/em&gt;, 1874, p. 162</text>
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                    <text>Archives du Séminaire de&#13;
&#13;
1702(11 mai)&#13;
&#13;
j&#13;
&#13;
Québec,lettres N,no 119*&#13;
M.^Tembloy à Mgr de laval*&#13;
&#13;
du 11 May 1702&#13;
&#13;
Monseigneur&#13;
le uous ay escrit une assez longue lettre par&#13;
&#13;
le vaisseau du Sort que l'ay remis a M*de Lino qui doit vous l*auoir fait resettrc.Elle estait pr vous instruire de nos affaires par&#13;
&#13;
les lers vaisseaux le vous escris caUecy par la Perle,coe le lespere^&#13;
pr vous apprendre ce que nous auons fait depuis l'arriuée de M Ion—&#13;
quaire en franco.Il arriua au Sem+re le 26 auril,et apæg^a la plus&#13;
triste nouuello que nous puissions apprendre.Cependt quand on me dit&#13;
&#13;
qu'un couriær venait darriuer de^anada er apportait de fâcheuses nou-&#13;
&#13;
celles durgem+re I&amp;ppehenday Monseigneur que nous ne uous eussions&#13;
perdu,et le fus plus disposé a soutenir la triste nouualle de Llncandie de nre Sem.re quand le^Céus que V.G* se portait bien et auoit&#13;
&#13;
veu en saint la destruction d'un ouurage de quarante ans qui auoit&#13;
rendu tant de gloire a Dieu et estoit capable de lui en rendre.l'ay&#13;
&#13;
esté eommlncu dans les diuersas réflexions que l'ay faite sur un&#13;
si grand accident que Dieu vouloit de vous suant we mort ce grand&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
:&#13;
&#13;
sacrifies- Vous no lui en pouulez faire un plus grand.Le feu consumait&#13;
Votre coeur en consumant ce batiment*æais costoit un feu bien diffo-&#13;
&#13;
ront+Vous sacrifiiez uh oeuure de Dieu aux ordres de Dieu,et Votre&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
!&#13;
&#13;
sacrifice- en cela alla plus loing que celui du Pere des crcians en&#13;
&#13;
j&#13;
&#13;
ee que Dieu ne lui demanda que la préparation de coeur,Vous laules&#13;
&#13;
;&#13;
J&#13;
&#13;
�depuis longtesps.IL a demandé de Vous la réalité du sacrifice ce que&#13;
'Vous mauez mandé ma beaucoup fait dlsrpression que Loeuure que Dieu&#13;
vous a fait la grâce dtAedifier n'est pas un oeuure de Pierre et de&#13;
&#13;
Bois mais desprit et de grâce qui se conserue encore tout entier wt&#13;
&#13;
messe plus parfait depuis que gre Sem.re est brusl^.Vre courage&#13;
pendt le Sacrifient Votre force apres m'ont fortifié moi messie&#13;
&#13;
tout faible que le sois,et lay admiré vre ardeur a vouloir des cet&#13;
hyver travailler au rétablissement de cet oeuure.æ&amp;ssi des que le re-&#13;
&#13;
eeus des Nouuelles do ce fâcheux accident l'escrluis a M Grignon pr&#13;
le prier d'eæcenter le mémoire pr le clou et le fer que K Buisson&#13;
demande si Grignon enuoira tout le fer,et tout le clou a plancher&#13;
&#13;
et a eouurir,Emis pr le clou a bardeau II faut le faire exprès et&#13;
&#13;
par malheurs Ilntendaat de Rochefart employé tous les cloutiere de&#13;
la Rochelle ********.****#***************.****..***********&#13;
&#13;
copié sur cr^g^nal aux Archives du séminaire de&#13;
&#13;
le 3 avril 19&amp;A,&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Extrait dactylographié par G.-É. Demers, v. 1930, en français classique et conservé au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 11 mai 1702)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268299"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 119&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;span&gt;Le procureur du Séminaire de Québec à Paris compatit avec l’ancien évêque de Québec à propos de l’incendie du Séminaire de Québec. Il l’informe des difficultés rencontrées dans les missions orientales, entre autres, de la Querelle des rites chinois.&lt;/span&gt;</text>
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                <text>&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6862" class="show"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10646" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 57 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10647" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 57-2&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6862" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4896" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4893" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 57-2&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4892" class="show"&gt;Extrait typographié en français classique&lt;/a&gt; et publié dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec&lt;/em&gt;, 1874, p. 162&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4895" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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de Mo1Lei a neur Conrov.-Le P apc.-Projet de réunion d&#13;
• ·es du Séminaire de t. H ,acinthe.-J\. ctions de grüces à&#13;
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ln Bonne 'te. Ano .-Dons à la Bonn e 8te. nne.-H cornrnnndnLion aux prï'• r es,&#13;
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Québ c et qui vi ent de r essusciter par les soins&#13;
zélés des Directeurs d e c tte maison, publi ,&#13;
sous 1 titre indiqué plus haut, une notice tresintér ssante.&#13;
e trav2 il s r ecommande à tous&#13;
1 anadiens tant au point de yue de l'histoire&#13;
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nationale que de la religion ; ca.r, n e l 'oublions&#13;
pa , Ionseigneur de Lava], en j etant les fondem nts d'une église aillante et dévouée sur les&#13;
bord du t. Laurent. assurait par la m m .&#13;
omme nous l'a prouvé, l 'histoire, la arandeur&#13;
1 r sp" rité du Canada.&#13;
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1munaut' .&#13;
c mmunaut ' r ligieu · s ayant té1noi. n ' un O'rand d é ir d e voir le r t s Yénér'. ·&#13;
· du pr' lat défunt, le Mes ieur du 1éminaire&#13;
nous accordèr nt c tte fa ur. On t endit les&#13;
·· 6°·1i e de noir et 1 on fit au milieu une&#13;
· ' l'vation, toute entourée de lumières pouT&#13;
: po er 1 précieux dépôt. Le troisième jour&#13;
·· donc, six celé ia tiqu s qui se chana-eaient à&#13;
haque tation, porterent le aint corps dans&#13;
.. le quatre én-li e de la haut e vill , savoir :&#13;
.. ch&lt;: z 1 RR. PP. Franci ·cains dan no Te&#13;
· p vtite chapell , a 1 éo·lise de RR. PP. Jé uites,&#13;
t enfin à l'Hotel -Dieu d où le onYoi e diri( gea yers la cathédTale pouT 1 inhumation. Le&#13;
' cl TO'é y compri l e· n fants de chœnT était&#13;
:, bien de cent cinquante per 01111es ; tou l e&#13;
cur ' d trente lieu e. à la rond s '\taient&#13;
" rendu a Québec et le Religieux s étaient&#13;
.. joint· au cort' o-e. Jamais 1 on n'ayait vu en&#13;
· ce pays de convoi de pompe funèbTe semblable.&#13;
, u ssi était-ce la pompe funebre du saint&#13;
1 mi r Ev A&#13;
que de la Non elle Franc !&#13;
ons y non, cl --voir qu 10'r d .., Laya} après&#13;
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                    <text>~l:l!i!l,j&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
NUMÉRO ANNUEL 1994&#13;
&#13;
•VOUS-MfMfS&#13;
COMME&#13;
&#13;
PIEQQf SVIVANTES&#13;
PRf TEZ-VOUS&#13;
&#13;
AlA&#13;
CONSTRUCTION&#13;
&#13;
D'UN&#13;
fDIFICE SPIRITUf L.&#13;
&#13;
· - •. 1 -S.&#13;
&#13;
�LIMINAIRE&#13;
"Dans notre fébrilité, nous n'avons pas vu&#13;
les goélands s'amuser dans le vent".&#13;
&#13;
Depuis sa fondation, en 1942,&#13;
le Comité s'occupait exclusivement&#13;
des SIX causes concernant&#13;
les Fondateurs&#13;
dont les noms fig urent en page-couvert ure.&#13;
&#13;
Sur la carte d'accueil à une messe, lors de la célébration religieuse&#13;
de l'anniversaire d'une de mes cousines, la semaine dernière, on lisait la&#13;
phrase que j'ai placée en exergue. Le vent.&#13;
&#13;
Depuis 1980, l'horizon s'est élargi et&#13;
le Comité s'intéresse&#13;
désormais à d'autres saints personnages de chez nous,&#13;
considérés à bon droit comme&#13;
«l'héritage spirituel des premiers».&#13;
&#13;
Le vent des goélands, l'air du large, deux images évoquant le souffle&#13;
de !'Esprit dans la liberté.&#13;
&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
&#13;
1811-1849&#13;
&#13;
Émilie Gamelin&#13;
&#13;
1800-1 851&#13;
&#13;
Esther Blondin&#13;
&#13;
1809-1890&#13;
&#13;
Catheri ne-Aurélie Caouette&#13;
&#13;
1833-1905&#13;
&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
1838-191 6&#13;
&#13;
Délia Tétreault&#13;
&#13;
1865-1941&#13;
&#13;
N.B. Il s'agit évidemment des causes dont un représentant siège sur&#13;
notre Comité.&#13;
&#13;
Au liminaire de l'an passé, je parlais de notre effort pour renouveler&#13;
cette petite revue e t j'écrivais: "Vous sentirez sur votre joue, un petit air&#13;
du large."&#13;
&#13;
Le présent numéro de "Pierres Vivantes" présente ce souffle et cette&#13;
liberté par l'évocation de plusieurs courants spirituels des Fondateurs. II&#13;
se situe ainsi très bien dans les objectifs du Comité qui sont de "contribuer&#13;
à l'élaboration et au renouvellement d'une spiritualité authentiquement&#13;
nôtre".&#13;
En plus de l'apport éclairé fourn i par nos membres, ce numéro&#13;
accueille avec joie une collaboration extérieure abondante et de qualité:&#13;
Hermann Giguère, Raymond Brodeur, Denise Pépin, René Latourelle,&#13;
Bob Wild, Estelle Mitchell.&#13;
Merci à tous. Égale ment à la revue "Cap aux diamants " dont on ne&#13;
saurait dire trop de bien.&#13;
Ce "Pierres Vivantes" est donc riche de spiritualité.&#13;
Vittorio Messori, mon ami, citait dans son Introduction au livre de&#13;
Jean-Paul II, "Entrez dans !'Espérance " cette phrase de Pascal: "Tout Je&#13;
malhe ur des hommes vient d'une seule chose qui est de ne pas savoir&#13;
demeurer dans une chambre." La contemplation. Voilà la grandeur et&#13;
l'urgence du message de Jeanne LeBe r, qu'Hélène Tremblay nous livre&#13;
d'une façon si limpide, si concrè te, si bien documentée. Elle le fait&#13;
également en montrant comment Jeanne est restée, dans son ermitage, en&#13;
communion quotidienne avec la société d'alors.&#13;
On va parler aussi de la désappropriation, de la fidélité et de l'abandon&#13;
de François de Laval. Vertus qui pacifieraient tant notre monde moderne.&#13;
Suite aux réflexions de Dom Guy-Marie Oury, l'an dernier, le père&#13;
Latou relie est venu nous parler, lors de la dernière assemblée générale du&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
�Comité, de l'héritage légué par les Martyrs Canadiens. Nous reproduisons&#13;
intégralement cette solide conférence.&#13;
Madame Pépin, reprenant dans un style alerte, les récits de Catherine&#13;
de St-Augustin, nous raconte la fondation du monastère de Bayeux. Une&#13;
affaire de famille, où la ferveur et la piété semblaient héréditaires, sans&#13;
perdre pour autant le sens du réalisme.&#13;
&#13;
LE PAPE JEAN-PAUL Il A NOMMÉ&#13;
MONSIEUR LE CARDINAL JEAN-CLAUDE TURCOTTE&#13;
MEMBRE DE LA CONGRÉGATION&#13;
POUR LES CAUSES DES SAINTS&#13;
&#13;
Soeur Mitchell évoque la richesse intérieure de la noble et simple&#13;
Marguerite d'Youville vouée "au soulagement de toute souffrance".&#13;
Spiritualité dont le charisme est certainement d'amener nos contemporains&#13;
à la Miséricorde et à la Tendresse d'un Dieu Père.&#13;
La spiritualité des Fondateurs rayonne, en même temps qu'on la&#13;
connaît mieux et qu'on l'approfondit. Nous nous réjouissons, entre autres&#13;
de la fondation du Centre d'Études Marie-de- l'Incarnation, fondé sur des&#13;
assises sérieuses.&#13;
Le Comité rayonne aussi: au-delà de 300 jeunes participants à son&#13;
14e concours. Merci à Marie-Laure Lalonde qui a pris la relève de&#13;
Madeleine Tanguay, atteinte par la maladie.&#13;
Je n'ignore pas les autres contributions, même si je ne les signale&#13;
pas, il ne vous reste qu'à les découvrir par vous-mêmes et à partager mon&#13;
enthousiasme.&#13;
Si vous avez le goût de commenter, de dialoguer, de critiquer, écriveznous, n'hésitez pas. Nous croyons, au Comité, que le dialogue est&#13;
enrichissant.&#13;
Roger Leclerc&#13;
&#13;
NOS FÉLICITATIONS BIEN RESPECTUEUSES L'ACCOMPAGNENT&#13;
NOS PRIÈRES LUI SONT ASSURÉES&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
�JEANNE LEBER, LA RECLUSE DE VILLE-MARIE&#13;
Hélène Tremblay, C.N.D.&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
e 5 août 1995 marquera le 300c&#13;
anniversaire de la réclusion&#13;
solennelle de Jeanne LeBer à la&#13;
Congrégation de Notre-Dame. Rappeler&#13;
cet événement, c'est certes évoquer le&#13;
bonheur de sainte Marguerite Bourgeoys&#13;
d'accueillir la sainte recluse dans la&#13;
maison de Marie, mais c'est aussi rappeler&#13;
la joie du tout-Montréal de 1695.&#13;
Dollier de Casson, supérieur du&#13;
Séminaire, et à ce titre seigneur de&#13;
Montréal et grand vicaire du Diocèse, qui&#13;
présidait la cérémonie au nom de l'évêque&#13;
de Québec, note, en effet, qu'il était&#13;
RéclusiondeJeanneLeBeràlaCongrégation&#13;
"assisté des prêtres du clergé et aussi de&#13;
de Notre-Dame le 5 août 1695&#13;
toutes les filles de la Congrégation et&#13;
autres personnes du dehors". Et il poursuit en racontant comment la fête&#13;
se prolongea jusqu'au lendemain par la bénédiction de la chapelle, suivie&#13;
de "la grande Messe qu'on accompagna de toute la symphonie dont le&#13;
Canada pouvait être capable, où il y eut grand monde". oi&#13;
Mais qui est do!1c JEANNE LEBER? Un bref rappel biographique&#13;
accompagnait "L'INEDITE HISTOIRE DE SES RESTES" publiée dans&#13;
PIERRES VIVANTES 1993, (p. 13-15). Une nouvelle occasion nous est&#13;
offerte d'en connaître davantage.&#13;
&#13;
premiers apprentissages scolaires sous l'oeil maternel de Marguerite&#13;
Bourgeoys ou d'une de ses soeurs. Des liens privilégiés la rattachent toujours&#13;
à !'Hôtel-Dieu où elle rejoint souvent sa marraine, Jeanne Mance, et ses&#13;
amies, les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, notamment Soeur Macé&#13;
qu'elle affectionne beaucoup.&#13;
Puis de 1674 à 1677, nous la retrouvons à Québec, au Monastère des&#13;
Ursulines, où elle parfait son éducation et se prépare à sa première&#13;
communion, comme le veut la coutume, chez les familles à l'aise du pays.&#13;
L'enseignement y est de haute qualité et l'on ajoute "aux matières purement&#13;
scolaires des leço_ns sur l'art de "parler correctement et avec facilité" et sur&#13;
la façon de "se présenter avec grâce( ... ) et une initiation à tricoter, coudre,&#13;
filer, se tenir proprement et confectionner ses hardes", &lt;3l sans oublier l'art&#13;
de broder. Là, comme plus tôt à Montréal, d'une nature gaie, d'une élocution&#13;
facile, la jeune LeBer se distingue pourtant de ses compagnes par un attrait&#13;
marqué pour la solitude, le silence et la prière, par une dévotion profonde à&#13;
Jésus présent dans !'Eucharistie et _une répulsion notoire pour toute&#13;
mondanité. Sera-t-elle religieuse? Les Urs.ulines, sa tante Marie LeBer &lt;4l&#13;
en tête, le croient fermement. Elles comptent même l'accueillir dans leur&#13;
noviciat, le moment venu. Mais non. Sitôt ses études achevées, Jeanne rentre&#13;
définitivement à Montréal.&#13;
UNE FILLE À MARIER OU... ?&#13;
&#13;
Ses parents, heureux de la retrouver formée telle une femme de son&#13;
rang, entrevoient pour elle un brillant avenir. Peine perdue! Jeanne refuse&#13;
"les plus beaux partis". De concert avec les Messieurs de Saint-Sulpice,&#13;
responsables de la Paroisse, et notamment de Monsieur François Séguenot,&#13;
son guide spirituel, ils se rendent finalement aux instances de leur fille et&#13;
1' autorisent à vivre en RECLUSE sous le toit familial, pour cinq années de&#13;
probation d'abord, puis dans un engagement perpétuel.&#13;
RECLUSE CHEZ SES PARENTS&#13;
&#13;
SA FAMILLE, SON ÉDUCATION&#13;
&#13;
Jeanne naissait à Ville-Marie, le 4 janvier 1662. Ce jour même, elle&#13;
était baptisée par Monsieur Gabriel Souart, sulpicien, premier curé de la&#13;
Paroisse. Fille de Jacques LeBer, un des plus riches marchands de la&#13;
Nouvelle-France, ·et de Jeanne LeMoyne, elle est aussi filleule de&#13;
Maisonneuve et de Jeanne Mance. Elle grandit, rue Saint-Joseph, actuelle&#13;
rue Saint-Sulpice, peu à peu entourée de ses quatre frères et douze cousins&#13;
LeMoyne, "colombe", dans "le nid d'aiglons", selon l'expression de LéoPaul Desrosiers, un de ses biographes. &lt;2&gt; Comme tous les enfants du bourg,&#13;
très tôt, la fillette fréquente 1' étable-école de la Commune et y fait ses&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Ainsi, de dix-huit à trente deux ans, soit de 1680 à 1695, complètement&#13;
retirée du monde, vouée au Seigneur par les voeux de chasteté, d'obéissance&#13;
à son directeur spirituel, et de réclusion, Jeanne prie ou travaille en priant,&#13;
dans un silence quasi absolu. Elle ne quitte sa chambre que pour assister à&#13;
la messe quotidienne à la Paroisse, où elle se rend dès l'aurore, accompagnée&#13;
d'une domestique, les yeux baissés en silence.&#13;
... PUIS À LA CONGRÉGATION&#13;
&#13;
Enfin, le 5 août 1695, âgée de trente-trois ans, elle s'enfonce encore&#13;
davantage dans la vie érémitique: en ce jour de la fête de Notre-Dame des&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
�Neiges, elle quitte le foyer familial pour se retirer dans un minuscule&#13;
appartement adossé au sanctuaire de l'église conventuelle à peine achevée,&#13;
et construite en grande partie grâce à sa générosité. Nous le savons déjà:&#13;
tout-Montréal était présent à cette émouvante cérémonie présidée par le&#13;
Grand Vicaire, François Dollier de Casson, P.S.S., entouré du clergé local.&#13;
Après avoir béni sa cellule et exhorté la Recluse à y persévérer comme&#13;
jadis sainte Madeleine dans sa grotte, au chant des litanies de la Sainte&#13;
Vierge, il la conduit à son ermitage où elle s'enferme elle-même à jamais.&#13;
Publiquement, elle ouvrait ainsi la voie à la contemplation eucharistique et&#13;
mariale qui a marqué la spiritualité en notre pays. &lt;5&gt; Soeur LeBer, tel sera&#13;
désormais son nom. Sa cousine Anne Barroy &lt;6&gt; lui portera, avec ses maigres&#13;
repas, les fournitures nécessaires à son travail, et en hiver, le bois de chauffage&#13;
dont elle n'usera toujours que parcimonieusement: tout cela sans ne jamais&#13;
interrompre le silence.&#13;
SA VIE DE PRIÈRE ET DE TRAVAIL&#13;
&#13;
Plutôt que de se laisser décourager par&#13;
la faiblesse de ses moyens, le baron de&#13;
Longueuil se tourna vers la sainte Recluse&#13;
sa cousine, pour lui demander de lui fabrique;&#13;
un étendard qu'il porterait au combat, à la&#13;
tête de sa troupe.&#13;
Jeanne acquiesça à cette demande et&#13;
écrivit sur une image de la Vierge peinte par&#13;
son frère Pierre:&#13;
Cette image de la Vierge,&#13;
conservée à la Congrégation de&#13;
Notre-Dame, (Maison Saint•&#13;
Gabriel), porte en arrière-plan la&#13;
prière composée par Jeanne&#13;
LeBer lors du danger imminent&#13;
qui menace Ville-Marie en 1711.&#13;
&#13;
"Nos ennemis mettent toute leur&#13;
confiance en leurs armes, nous mettons la&#13;
nôtre au nom de la reine des Anges que nous&#13;
invoquons. Elle est terrible comme une armée&#13;
rangée en bataille: sous sa protecuon, nous&#13;
espérons vaincre nos ennemis". oo&gt;&#13;
&#13;
Et sa vie se poursuit, perpétuel hommage au Saint-Sacrement, en union&#13;
avec la Vierge et les Anges gardiens. Entre ses heures d'adoration, d'oraison&#13;
ou de repos, sans cesser de prier, elle coud ou brode linges et ornements&#13;
liturgiques, ou travaille pour les pauvres. Les seules visites qui lui sont permises&#13;
sont celles de l'évêque et, une fois l'an, celles de son père et de la supérieure&#13;
de la Congrégation. Mais même pratiquement coupée de tout contact extérieur,&#13;
Soeur LeBer ne se désintéresse pas pour autant de ses proches ni de ses&#13;
concitoyens: elle offre pour eux sa vie mortifiée et porte dans sa prière leurs&#13;
soucis et leurs souffrances.Ainsi prie-t-elle pour la paix du pays, déjà engagé,&#13;
on le sait, dans une lutte à finir entre la France et l'Angleterre.&#13;
&#13;
De cette image, on fit un étendard que Monsieur De Belmont bénit&#13;
et remit solennellement au Baron dont la~ confiance ne fut pas vaine. La&#13;
flotte anglaise, en effet, se brisa près del 'Ile-aux-Oeufs, dans la nuit du 2&#13;
et 3 septembre. Aussitôt informée du désastre, l'armée de terre rebroussa&#13;
chemin. Cette déroute fut considérée par tous les Canadiens comme un&#13;
effet certain de la protection mariale, et par les Montréalais en particulier,&#13;
tel le fruit des prières de leur Recluse. "Comme une autre SainteGeneviève, elle était destinée à procurer, dans cette extrémité alarmante,&#13;
le salut et la délivrance de sa patrie", écrit Faillon. 0 1&gt;&#13;
&#13;
NOUVELLE "SAINTE GENEVIÈVE"...&#13;
&#13;
SA PAUVRETÉ ET SA CHARITÉ&#13;
&#13;
On attribue même en bonne partie à ses prières, tout au long de cette&#13;
guerre, la protection des colons et de leurs biens, ainsi que le retrait inespéré&#13;
des envahisseurs., en 1711. "La Sainte Vierge est la gardienne de cette ville,&#13;
nous ne devons rien craindre", répondait-elle à sa cousine, soeur Saint-Charles,&#13;
C.N.D., venue l'informer de la menace ennemie. m&#13;
&#13;
Sans avoir fait voeu de pauvreté, Jeanne vivait néanmoins dans un&#13;
dépouillement total. Au fil des ans, elle se désiste de sa fortune au profit&#13;
des pauvres, des églises de la région et enfin, de la Congrégation de NotreDame. Elle pourvoit les pauvres de vêtements, leur tricotant des bas ou&#13;
tissant des étoffes: "... elle paraissait faire ces choses avec de si grands&#13;
transports de joie qu'il était aisé de juger qu'elle n'avait pas de plus grand&#13;
plaisir que de les soulager de bon coeur, elle se fut dépouillée pour les&#13;
vêtir", écrit son premier biographe, Vachon de Belmont, P.S.S. &lt;12 &gt; Elle fait&#13;
aussi instruire leurs filles dont elle défraie les pensions à la Congrégation.&#13;
qu~nt aux églises, "à mesure que se structurait la vie paroissiale de la&#13;
re~10_n montréalaise, (elle) utilisait son temps, son argent, ses dons&#13;
artistiques pour broder des ornements d'une rare beauté" o3&gt; afin de les en&#13;
pourvoir: elle leur procurait aussi les vases sacrés nécessaires au culte.&#13;
Reste la Congrégation: elle seconde ou suscite ses oeuvres, v.g. la&#13;
construction de la chapelle et celle du pensionnat, toutes deux réalisées&#13;
&#13;
Monsieur de Belmont poursuit: "Elle lui donna ensuite une de ses&#13;
images sur laquelle elle avait écrit une petite prière pour lui recommander&#13;
les bâtiments de la Congrégation qui étaient à la campagne (i.e. à la Pointe&#13;
Saint-Charles), pleins de blé. Cette image fut attachée sur la porte (de la&#13;
grange de la métairie)". &lt;8&gt; Vers le même temps, son cousin, le baron de&#13;
Longueuil, commandant un détachement de Montréal, s'apprêtait à dresser&#13;
"une embuscade avec une poignée de monde, contre les Anglais qui&#13;
venaient avec toutes les forces assiéger Ville-Marie, tandis que, de l'autre&#13;
côté, ils prétendaient prendre Québec" &lt;9&gt;&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
�en grande partie grâce à sa générosité; la fondation de pensions pour des&#13;
élèves pauvres; enfin, l 'adoration diurne du Saint-Sacrement et ]' Oeuvre&#13;
des Tabernacles. Rappelons que ces deux dernières oeuvres sont encore&#13;
vivantes dans la Communauté et y perpétuent son souvenir.&#13;
&#13;
SA MORT&#13;
Jeanne LeBer s'ét ei gnait le&#13;
3 octobre 1714, à cinquantedeux ans , en gr ande r ép utation&#13;
de s aint eté, v i ctime d ' un e&#13;
mal adi e pulmonaire . Aussitôt&#13;
s'é_lè~e un ~~ncert de l ouange ~&#13;
qu i . n eu_t&#13;
egal que celui q u i&#13;
ava i t su1v1 l e d écès de sa inte&#13;
Marguerite Bourgeoy s, quatorze&#13;
ans plus tôt. "Son corps a é té&#13;
exposé deux jours, dan s la&#13;
chape l le de la Conor éoation&#13;
pour sati sfa i re l a dé~otion de~&#13;
peupl es qui l ui ve naient faire&#13;
touche r de s chape l ets " écri t&#13;
Jeanne LeBer&#13;
M o n Si e u r De B e I m o n t. E t i 1&#13;
1&#13;
1availlantauservice desau1e1s&#13;
po_ur s u 1t :&#13;
e 5 octobre , on&#13;
presenta so n corps à l a Paroisse&#13;
accompagné du clergé et d ' un gra nd concours. On fit un se r vi '&#13;
ce&#13;
sol ennel et son oraison fun èbre" . ri~,&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Il&#13;
&#13;
Au ~endemai n de ces fun~rai _lles, _so~ur.~arg uerite Trotti er,&#13;
C .N.D. . , econome de l a Congregat1on, ecnva1t a un ecc lés iastiq&#13;
'b&#13;
,.&#13;
d,&#13;
.&#13;
,&#13;
ue&#13;
de Q ue ec: nou s venons&#13;
assi st er a so n se r vice qui a&#13;
beaucoup de r apport avec une messe de réjou i ssa nc e. Les âmeu&#13;
•&#13;
• ; car on ne cr o it pas es&#13;
du pu r ga tolfe&#13;
en auront tout 1e ·f ru1t&#13;
f'll&#13;
1&#13;
•&#13;
•&#13;
que&#13;
•&#13;
cette sa rn te J e eur ait t enu un rnstant compaon&#13;
1::, i e • ( • •. ) 0 n ne&#13;
peut aller sur so n tombeau, non plus qu e devant l e coeur de n t&#13;
(M arg uente&#13;
• B ourgeoys ) , sa ns en r ecevoir de gra od r e&#13;
Mere&#13;
·&#13;
d&#13;
"&#13;
n es&#13;
assi stances . e toutes man1eres pour 1e. corps&#13;
. et pou r l' âme. C ' es·t&#13;
ce que p 1us1eurs p er sonnes et ce que Je pu i s assurer moi -mr,5 1 L e concours de fidèles acco urus pour véné rer l a cétmb e.&#13;
•&#13;
e rl e&#13;
e&#13;
ment qu , on en parl a dan s tout&#13;
de' f unte eut un te 1 rete ntisse&#13;
pays.&#13;
&#13;
DÉSÉQUILIBRE OU CRÉATIVITÉ ?&#13;
U ne v ie comme ce ll e de Jea nne L eBer peut semb l er étr ange&#13;
à be auco up de nos conte mporain s. Certa i ns verraient mê me dans&#13;
ce c hoix l 'indice d'un déséqu ilibre p sychologi que. Qu'on se&#13;
rassure! L es examens auxquel s l a sou met t en t l es autori t és&#13;
ecc lés ia stiques avant de l'autoriser à franchir chacune des étapes&#13;
de sa r éc lu sio n, i mpliquent l a vérifi cation de son éq uilibre&#13;
intéri eur, même s'i l n'était pas questi 0 n de "test psyc hologique",&#13;
à l 'épo q ue. Or, aucun doc umen t ne fait état de qu elque anomal i e&#13;
de cet o rdre chez Mademoi se ll e LeBer.&#13;
D 'aut r e part, s'il s'était tro uvé en Nou ve ll e- France, au 17°&#13;
si èc le, des r e l igieuses contemplative s, v .g. des Carmélites ou&#13;
de s C l arisses, n'y aura i t-il pas lieu de croire que Jeann e se serait&#13;
jointe à elles pour vivre sa v i e de prière et de pénite nce? Mais&#13;
comme ce ne fut pas le cas, avec l 'a id e de son gu ide spirituel,&#13;
e ll e s'e st el le-même crée un mil i eu de vie confo rme à sa&#13;
vocation. Elle s'inspirait en cela des ermites et des reclu s du&#13;
Moyen-Âge, notamment de sainte-Ca t herine de Sienne, r eclu se&#13;
dans la ma i so n paterne l l e, dont elle avait lu la v i e. Aussi, au&#13;
li eu de nous inqu i éter de la santé mentale d e notre héroïne,&#13;
admirons plutôt son i nitiative , sa _c réati v i té et sa fidélité à&#13;
!'E spr i t-Sai nt.&#13;
&#13;
QUELLE VOCATION EUCHARISTIQUE?&#13;
Qu e dire enfin de l a vocati on eucharistique de Jea nne ? E l l e&#13;
s' in sè r e tout naturellement dan s le co ntex t e re li gieu x de la&#13;
France du 17" sièc l e, cel ui de L' ÉCOLE F RANÇAISE DE&#13;
SPIRI TUALITÉ, co urant qu i sous-tend to ute "l 'épopée m ystiqu e&#13;
de M o ntréal" dont notre Recluse constitue le suave fleuron. Pour&#13;
!' Éco le fran ça i se, en e ffet, l 'Euc bari stie est l a dévotion par&#13;
ex ce l l ence, l ' adoration , l a grande occupation du chrétien et l e&#13;
Christ, l e modè l e du parfait adorateur de la Trinité. A j outon s à&#13;
ce l a l a pl ace prépo nd érante de la Vierge et de s A n ges, ces&#13;
parfaits adorate urs, et cel l e du cu l t e envers l'Intérieur de Jés us&#13;
et de Marie . Notons que la spiritualité de l'Écol e fran ~aise es t&#13;
toujo u rs vivan t e el qu'elle co ntinu e d ' in sp i re r l'E g li se à&#13;
l 'a pproche de l ' an 2000, souven t à notre insu et en dépit des&#13;
vents co ntraire s.&#13;
&#13;
UN EX EM PLE À SUIVRE&#13;
L 'exemp l e de Jea nn e L eB er r este toujours actuel. À preuve:&#13;
l es R ec lu ses Missionnai r es, un e communauté de religieuses&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
�fondées&#13;
ccontemplatives&#13;
o n te m p la tiv e s fo&#13;
n d é e s il y a eu ccinquante&#13;
in q u a n te ans,&#13;
an s, s'en&#13;
s ’en inspirent;&#13;
in s p ir e n t;&#13;
Communauté&#13;
jeunes&#13;
la C&#13;
o m m u n a u té chrétienne&#13;
c h ré tie n n e Lajeunesse,&#13;
L a je u n e sse , groupe&#13;
g ro u p e de je&#13;
u n e s ppriants&#13;
ria n ts&#13;
et&#13;
e t priantes,&#13;
p r ia n te s , ll'a&#13;
’a cchoisie&#13;
h o is ie pour&#13;
p o u r ppatronne;&#13;
a tro n n e ; des&#13;
d es membres&#13;
m em b res aassociés&#13;
s s o c ié s à&#13;
la C.N.D.&#13;
Quant&#13;
C .N .D . la prennent&#13;
p re n n e n t pour&#13;
p o u r modèle.&#13;
m o d èle . Q&#13;
u a n t à l'adoration&#13;
l ’a d o ra tio n diurne&#13;
d iu rn e&#13;
et&#13;
e t à !'Oeuvre&#13;
l ’O e u v re des Tabernacles&#13;
T a b e rn a c le s dont&#13;
d o n t elle&#13;
e lle est&#13;
e s t l'initiatrice,&#13;
l ’in itia tr ic e , nous&#13;
nous&#13;
ll'avons&#13;
’a v o n s ddéjà&#13;
é jà dit,&#13;
d it, elles&#13;
e lle s perpétuent&#13;
p e rp é tu e n t sa mémoire&#13;
m ém o ire à la Congrégation&#13;
C o n g ré g a tio n&#13;
de&#13;
d e Notre-Dame.&#13;
N o tre -D a m e .&#13;
&#13;
( 22&gt;&#13;
Aiglons,&#13;
Colombe,&#13;
&lt;&#13;
) Léo-Paul DESROSIERS, Dans le-Nid&#13;
le Nid dd'’A&#13;
iglons, la Colom&#13;
be.&#13;
Fides, 1963.&#13;
&#13;
U N E CÉLESTE&#13;
C É L E S T E AMIE&#13;
A M IE À PRIER&#13;
P RIER&#13;
UNE&#13;
&#13;
(3)&#13;
COU RSIÈRE et Claude BOUCHARD, N&#13;
otre&#13;
(3l Jacques LA&#13;
LACOURSIÈRE&#13;
Notre&#13;
Histoire Québec-Canada,&#13;
Québec-Canada. T.I I, Montréal, édition Format, p. 185.&#13;
&#13;
Voilà&#13;
V o ilà autant&#13;
a u ta n t de&#13;
d e souvenirs&#13;
s o u v e n ir s qu'il&#13;
q u ’ il nous&#13;
n o u s semblait&#13;
s e m b l a it devoir&#13;
d e v o ir&#13;
la veille&#13;
rrappeler&#13;
a p p e l e r à la&#13;
v e i l l e du&#13;
d u 300c&#13;
3 0 0 e ANNIVERSAIRE&#13;
A N N I V E R S A I R E DE&#13;
D E LA&#13;
LA&#13;
R&#13;
É C L U S I O N SOLENNELLE&#13;
S O L E N N E L L E DE&#13;
D E JEANNE&#13;
JE A N N E L&#13;
E B E R à la&#13;
RÉCLUSION&#13;
LEBER&#13;
la&#13;
Congrégation&#13;
C&#13;
o n g ré g a tio n de Notre-Dame.&#13;
N o tre -D a m e . Qu'il&#13;
Q u ’il nous suffise&#13;
su ffise pour&#13;
p o u r terminer,&#13;
te rm in e r,&#13;
de&#13;
d e dire&#13;
d ire qque&#13;
u e la SAINTE&#13;
S A IN T E RECLUSE&#13;
R E C L U S E DE&#13;
D E VILLE-MARIE&#13;
V IL L E -M A R IE nnous&#13;
ous&#13;
demeure&#13;
toujours&#13;
d e m e u re to&#13;
u jo u rs présente&#13;
p ré s e n te et&#13;
e t qu'elle&#13;
q u ’e lle s'intéresse&#13;
s ’ in té re s s e à nnous&#13;
o u s ccomme&#13;
om m e&#13;
elle&#13;
e lle s'intéressait&#13;
s ’in té r e s s a it à ses ccontemporains,&#13;
o n te m p o ra in s , pportant&#13;
o rta n t dans&#13;
d a n s sa prière&#13;
p riè re&#13;
leurs&#13;
joies&#13;
leurs&#13;
le&#13;
u rs jo&#13;
ie s et le&#13;
u rs souffrances.&#13;
s o u ffra n c e s .&#13;
, O&#13;
Onn peut&#13;
p e u t venir&#13;
v e n ir prier&#13;
p rie r près&#13;
p rès de son TOMBEAU,&#13;
T O M B E A U , en la MAISON&#13;
MÈRE C.N.D., 4873, avenue Westmount, Westmount,&#13;
Westmount ac&#13;
QC&#13;
MERE&#13;
H3Y 1 X9.&#13;
(177)&gt;&#13;
X 9 .(1&#13;
&#13;
1 DO LLIER&#13;
(1)&#13;
D E BELM&#13;
ONT, Éloges de&#13;
DOLLIER DE CASSON, cité par DE&#13;
BELMONT,&#13;
quelques personnes m&#13;
mortes&#13;
ortes en odeur de sainteté,&#13;
sainteté. R.A.P.Q.,&#13;
(1929-1930), V. 10, p.153.&#13;
&#13;
&lt; &gt;&#13;
&#13;
Marie&#13;
&lt;4) M&#13;
arie LeBer, soeur de Jacques LeBer. Arrivée à Montréal&#13;
M ontréal vers&#13;
1667, elle entra chez les Ursulines de Québec et y reçut le&#13;
nom de soeur de ll'’Annonciation.&#13;
Annonciation.&#13;
&#13;
&lt;4 )&#13;
&#13;
(5 &gt; G&#13;
Ghislaine&#13;
Contemplatives&#13;
marial,&#13;
(5)&#13;
hislaine BOUCHER, Des Contem&#13;
platives au coeur m&#13;
arial.&#13;
C&#13;
ollection&#13;
"Aux&#13;
sources&#13;
m&#13;
ariales&#13;
de&#13;
l&#13;
’Église&#13;
canadienne"&#13;
Collection&#13;
mariales&#13;
l'Église&#13;
&#13;
no 9, p. 6&#13;
6 &gt; Anne Barroy,&#13;
&lt;&#13;
Barro y, (1677-1768),&#13;
(1677-17 68), petite fille de François Le&#13;
Ber&#13;
(6)&#13;
LeB&#13;
er et&#13;
nièce de Jacques. Entrée à la C.N.D., en 1703, elle y recevra&#13;
le nom de soeur Saint-Charles.&#13;
7&#13;
&lt;&#13;
7&gt;&#13;
DE&#13;
BELMONT, Éloges, p. 160&#13;
&lt;&gt;&#13;
(R)&#13;
&lt;8&gt; Ibid., p. 160&#13;
(9l Ibid., p. 161&#13;
(9)&#13;
(IOJ Histoires de la Congrégation de Notre-Dame,&#13;
(H.C.N.D.), Vol,&#13;
(10)&#13;
Notre-Dame. (H.C.N.D.).&#13;
Vol. 3,&#13;
3.&#13;
p.218&#13;
p. 218&#13;
(Il) (FAILLONL&#13;
(PAILLON), Vie de Mlle&#13;
LeBer, (C.N.D.&#13;
&lt;"&gt;&#13;
M lle LeBer.&#13;
fC.N.D. 1860), p. 218&#13;
&#13;
2i DE&#13;
D E BELMONT, Éloges, p. 158&#13;
n(12)&#13;
3&#13;
(13)&#13;
M arie-Paule DION, La Recluse de M&#13;
ontréal. "Église et&#13;
(i i Marie-Paule&#13;
Montréal,&#13;
Théologie", 22 (1991), p. 56&#13;
admirer&#13;
On peut adm&#13;
irer des ornements&#13;
ornem ents liturgiques brodés par Jeanne&#13;
LeBer, et des vases liturgiques donnés par elle: au Musée de la&#13;
(Vieux-M ontréal); au Musée SaintBasilique Notre-Dame (Vieux-Montréal);&#13;
Gabriel, 2142, Place Dublin, (Pointe Saint-Charles), Montréal;&#13;
M ontréal;&#13;
- au Centre Marguerite Bourgeoys - vases liturgiques&#13;
seulem&#13;
ent.&#13;
seulement.&#13;
4 &gt; DE BELMONT,&#13;
n14&gt;&#13;
&lt;&#13;
BELM ONT, éloges, p. 161&#13;
15&#13;
( 15)&#13;
&gt; H.C.N.D., Vol. 3, p. 209&#13;
&lt;&#13;
&#13;
( 16 l On peut aussi s'adresser&#13;
(16)&#13;
s’adresser au Centre Marguerite Bourgeoys,&#13;
4877, avenue W&#13;
Westmount,&#13;
estmount, tél. (514) 489-3167.&#13;
J E A N N E LEBER&#13;
LEB ER&#13;
JEANNE&#13;
&#13;
recluse à Ville-Marie&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
17&#13;
( l7&gt;&#13;
&gt; Prendre rendez-vous, s.v.p.&#13;
&lt;&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
�111&#13;
&#13;
UN MOT DE PRÉSENTATION&#13;
par Maurice da Silva, publiciste d~ Comité&#13;
&#13;
Je suis d'abord sollicité par la coïncidence des dates:&#13;
- le 19 octobre 1940, le Pape Pie XII proclame les Saints Martyrs&#13;
Jésuites comme patrons secondaires du Canada;&#13;
- le 19 octobre 1993, le Père Latourelle lance une biographie&#13;
remarquable sur l'un d'entre eux, Jean de Brébeuf, devant le&#13;
public cultivé de Montréal, dont plusieurs membres de notre&#13;
Comité, tous réunis au Collège du même nom, pour célébrer&#13;
le 400e anniversaire de sa naissance.&#13;
- le 20 octobre 1994, le Comité des Fondateurs de l'Église au&#13;
Canada demande au même Père Latourelle de l'aider à réfléchir&#13;
avec lui sur l'article 2.1 de ses objectifs, remis à jour, à savoir:&#13;
"comment contribuer à l'élaboration et au renouvellement d'une&#13;
spiritualité authentiquement nôtre, en puisant aux sources les&#13;
plus pures de l'Église d'ici". Et, par un heureux hasard de la&#13;
divine Providence, il le fait ici, dans une maison consacrée à&#13;
la prière, celle du Monastère du Précieux-Sang de S.-Hyacinthe.&#13;
Vous savez tous comme moi que le Père Latourelle n'est pas un novice&#13;
en la matière: il est docteur en histoire et en t~éologie. Il a d'abord enseigné&#13;
la théologie fondamentale aux Facultés Jésuites de Montréal puis, pendant&#13;
30 ans à l'Université Grégorienne de Rome où il a été doyen de la Faculté&#13;
de thé~logie, pendant douze ans. Vous n'ign~rez pas aussi qu'il est l'auteur&#13;
d'une quinzaine d'ouvrages, la plupart traduits dans plusieurs langues.&#13;
Mais où le Père Latourelle nous rejoint, surtout, nous du Comité des&#13;
Fondateurs, c'est qu'il a écrit un livre n:iagistral sur Jea~ de Brébeuf, comme&#13;
il en a été fait mention plus tôt. Il y souligne que ce dernier a puisé le meilleur&#13;
de son armature spirituelle dans les "Exercices" de saint Ignace qui nous&#13;
parlent du Christ crucifié mais glorieux, lesquels "Exercices" furent&#13;
commentés, en son temps, par un maît~e spi~ituel hors du commun, le Père&#13;
Louis Lallemant qui, faute _de ne ~ou~01r ve,?tr en ,N,?uv~lle-France, aura une&#13;
influence décisive sur plus1eur~ Jesuit~s et do~nes qui ont oeuvré ici: Jean&#13;
de Brébeuf, Isaac Jogues, Antoine Dame!, G~bnel Lalemant, Noël Chabanel,&#13;
Jean de la Lande, René Goupil, Charles Garnier, Paul Le Jeune, Joseph-Marie&#13;
Chaumonot, François Bressani, Paul Ragueneau, Jérôme Lalemant et&#13;
plusieurs autres moins connus.&#13;
C'est donc à une redéc?uverte de ce~ lointains fondateurs de l'Église&#13;
d'ici que nous sommes conviés, sans oublier les autres qui ont marqué nos&#13;
assises religieuses dans son enfanteme~t: Catherine de S.-Augustin, Marie&#13;
de l'Incarnation et Mgr de Laval. Dermè~ement, le Père Latourelle a donné&#13;
une conférence-choc, à la salle du Gésu, laquelle était intitulée; "De la&#13;
morosité à l'espérance". Cette conférence, maintenant publiée, nous~&#13;
de la nécessité urgente de secouer notre apathie pour retrouver la vitalité&#13;
religieuse de nos origines, de ceux et celles qui nous ont enfantés dans la&#13;
foi.&#13;
Car il n'est pas possible que tout un peuple ait rompu ses racines&#13;
chrétiennes, édifiées pendant quatre siècles. Avec son ardeur et sa foi&#13;
profonde, demandons, au Père _Latourelle de ra~iver notre croyance dans les&#13;
fondateurs de notre Eglise, afm que, par la suite, nous soyons capables de&#13;
l'actualiser pour les hommes et les femmes de notre temps.&#13;
Le Père Latourelle!&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
HÉRITAGE LÉGUÉ PAR LES MARTYRS&#13;
CANADIENS AUX HOMMES ET AUX FEMMES&#13;
D'AUJOURD'HUI&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
e comité des Fondateurs de l'Église du Canada m'a posé la question:&#13;
"Dans l'héritage que nous ont légué les Martyrs Canadiens, quels&#13;
sont les éléments que nous pouvons retenir comme toujours actuels,&#13;
toujours valables pour revivifier une société tombée dans un état de tiédeur&#13;
et d'indifférence? Une société qui a besoin d'une nouvelle évangélisation,&#13;
voire d'une première évangélisation?" Ces éléments sont nombreux, mais&#13;
pour être bref et pour faire oeuvre utile, nous en avons retenu cinq: 1. le&#13;
détachement de soi et la pureté du coeur; 2. l'attachement au Christ; 3. le&#13;
zèle apostolique; 4. la magnanimité; S. l'esprit de prière.&#13;
Ces éléments, il est relativement aisé de les extraire de leur vie, car&#13;
les Martyrs Canadiens représentent un groupe homogène; non seulement&#13;
ils sont tous Jésuites, ou des hommes au service des Jésuites, comme les&#13;
Donnés René Goupil et Jean de La Lande, mais ils constituent un groupe&#13;
qui partage une même formation, celle des Exercices de Saint Ignace, et&#13;
qui a été marqué par un maître spirituel commun: le Père Louis Lallemant,&#13;
qui a inspiré toute la génération des Jésuites français de la première moitié&#13;
du XVIIe siècle. L'ouvrage publié sous le titre de Doctrine spirituelle du&#13;
Père Louis Lallemant reproduit des notes de retraites et d'exhortations&#13;
spirituelles recueillies par ses disciples.&#13;
Le Père Lallemant a été maître des novices d'Antoine Daniel et&#13;
d'Isaac Jogues. Brébeuf lui-même l'a eu comme directeur spirituel, alors&#13;
qu'il faisait ses débuts dans l'enseignement au Collège de Rouen; puis ,&#13;
comme professeur de morale ou de "cas de conscience", comme on disait&#13;
à l'époque; il l'a retrouvé enfin, après son premier retour de la NouvelleFrance, au moment de prononcer ses derniers voeux. Cette influence de&#13;
Lallemant s'est prolongée chez les missionnaires de la Huronie, grâce à&#13;
la présence de plusieurs autres de ses disciples, tels Simon Le Moyen, Le&#13;
Jeune, Vimont, Ragueneau. En 1638, à la fin des quatre années de supériorat&#13;
de Brébeuf, sur huit missionnaires de la Huronie, quatre ont été formés&#13;
par Lallemant ou ont vécu dans son entourage. On peut donc justement&#13;
parler d'un milieu Lallemant, groupant des hommes qui partagent une&#13;
même vision spirituelle.&#13;
DÉTACHEMENT DE SOI ET PURETÉ DU COEUR&#13;
&#13;
Disons tout de suite que la doctrine de Lallemant n'est pas un produit&#13;
insolite, différent de l'esprit des Évangiles ou de celui des Exercices de&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
�Saint Ignace. Ce qui caractérise cette spiritualité, c'est d'abord le&#13;
détachement de soi et la pureté du coeur, afin de mieux s'attacher au&#13;
Cgrist. Dialectique du détachement-attachement que nous retrouvons dans&#13;
l'Evangile de la messe pour la fête des martyrs: "Celui qui aime sa vie la&#13;
perd; celui qui s'en détache en ce monde, la garde pour la vie éternelle".&#13;
Et, d'autre part, l'attachement au Christ, que nous retrouvons dans les&#13;
paroles fortes et martelées de saint Paul, dans la lecture du même jour. Au&#13;
début: "Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ?" Et, à la fin: "Rien&#13;
ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ NotreSeigneur?"&#13;
Dans la doctrine spirituelle de Lallemant, le détachement évangélique&#13;
s'exprime à travers le thème de la deuxième conversion: il faut franchir le&#13;
pas, disait Lallemant, c'est-à-dire sortir de soi, de son égoïsme, faire le&#13;
pas décisif de la velléité à la volonté du don total de soi à Dieu et à JésusChrist. "Nous combattons contre Dieu des années entières. Nous résistons&#13;
aux mouvements de la grâce, accablés de notre amour-propre; nous n'osons&#13;
franchir le pas et nous donner pleinement à Dieu".&#13;
Nous avons tous assez vécu pour prendre à notre compte ces paroles&#13;
de Lallemant. Nous savons combien cette radicalité du détachement de&#13;
soi, du déracinement accepté de nos vues personnelles, de nos positions&#13;
arrêtées sur tout et sur tous, de nos préjugés, de nos intérêts propres, de&#13;
nos habitudes de vie intouchables, est le lien ultime le plus résistant qui&#13;
nous empêche de nous donner totalement au Christ, comme saint Paul.&#13;
Le détachement de soi dans une société fondée sur le règne du moi&#13;
n'est-il pas le plus urgent des impératifs? Dans cette société, il n'y a plu~&#13;
de place pour les autres, et encore moins pour l'Autre (avec une&#13;
majuscule). II ne reste plus que le moi promu au rang de valeur suprême:&#13;
mesure de tout, y compris de Dieu lui-même, qui doit régler ses initiatives&#13;
sur les décrets del' homme. Le symbole des années 90-94, c'est Narcisse&#13;
épris de lui-même, qui se penche sur son idole insaisissable et stérile. C;&#13;
surinvestissement du moi conduit aux phénomènes de désintégration de&#13;
la famille et de la société: celle-ci est incapable de conscience collective&#13;
.&#13;
.&#13;
....&#13;
,, ,,&#13;
.&#13;
'&#13;
impmssante a generer un proJet commun.&#13;
À cette société qui a perdu tout sens de l'altérité vraie, de l'amour&#13;
vrai, les Martyrs Canadiens apportent les valeurs chrétiennes d'ouverture&#13;
aux autres, de don de soi jusqu'au martyre; de respect aussi des autres&#13;
fondé sur leur relation à Dieu et au Christ, sur leur dignité de fils de Dieu,&#13;
destinés à partager sa vie. En Jésus-Christ, il n'y a plus de moi isolé et&#13;
isolant, hermétique aux autres, mais la famille des enfants de Dieu, tous&#13;
unis pour former un même Corps dans un même Esprit.&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
ATTACHEMENT AU CHRIST&#13;
&#13;
Le détachement du moi narcissique n'a de sens qu'en vue d'un&#13;
attachement au Christ. Quand nous découvrons l'intensité de cet&#13;
attachement chez nos martyrs, nous en avons le souffle coupé. Nous&#13;
n'avo_ns d'autre point de ~omparaison, pour le comprendre, que l'amour&#13;
de sa~n~ Paul p_ou~ le C_hnst. C'est_ c~t amour passionné du Christ qui a&#13;
permis a nos miss10nnaires de perseverer dans l'une des missions les plus&#13;
dures de toute !'Histoire de l'Eglise. Comme saint Paul, ils ont été saisis,&#13;
empoignés par le Christ (Phil 3, 12). Jogues, dans le récit qu'il a fait de sa&#13;
captivité et _des effrorables t?rtures qu'il a endurées, n'a de pensée que&#13;
pour le Chnst bafoue, frappe, torturé, suspendu au bois de sa croix. De&#13;
même, toute la vie de Brébeuf est centrée sur le Christ. Ses réactions les&#13;
~lus spontanées, ses moindres décisions, ses pensées, ses désirs, ses&#13;
Jugements vont au Christ, s'inspirent de lui. De Brébeuf on peut dire ce&#13;
qu'on disait de Bérulle: "II ne voulait que Jésus-Christ; il ne s'entretenait&#13;
que ~e Jésus~Christ; ~a langue ne parlait que de Jésus-Christ; sa plume ne&#13;
traçait que J esus-Chnst; sa conduite ne tendait qu'à établir Jésus-Christ".&#13;
Cette expérience continuelle de vie avec Jésus-Christ s'exprime dans son&#13;
extraordinaire dévotion au Christ de !'Eucharistie, spécialement dans la&#13;
célébration quotidienne de la messe et dans ses longues heures d'adoration&#13;
d~va~t 1~ Saint-Sacrement. Voici une note de son Journal spirituel qui&#13;
decnt bien le mouvement christocentrique de son âme: "Comme je&#13;
m'apprêtais à mé_diter su~ les perfections de Jésus-Christ, estimant que&#13;
tous ses autres titres doivent se ramener, comme à un centre, à son&#13;
extraordinaire amour pour nous, aussitôt je crus voir une rose immense&#13;
merveilleuse de grandeur et de variété, dont toute la diversité procédai~&#13;
du même centre" (E 2: 222). C'est déjà, avant la lettre, la dévotion au&#13;
Coeur de Jésus.&#13;
Chez Brébeuf, comme chez Jogues, cet amour du Christ s'adresse&#13;
avant tout au Christ de la Passion: "Je ne vois rien de plus fréquent, dans&#13;
ses mémoires, écrit Ragueneau, que les sentiments qu'il avait de mourir&#13;
pour la gloire de Jésus-Christ, désirs qui lui continuaient des huit ou dix&#13;
jours de suite" (JR 34: 164. I94 ). Brébeuf estimait n'avoir jamais assez&#13;
fait pour le Christ; conviction qui s'exprime dans son voeu de martyre.&#13;
À notre grand étonnement, l'aspect de la Résurrection du Christ&#13;
comme événement eschatologique du mystère pascal, n'est pas souligné&#13;
par nos missionnaires. Louis Lallemant lui-même n'a que trois pages sur&#13;
la "vie glorieuse" du Christ qu'il identifie avec la période qui s'étend de&#13;
la Résurrection à l' Ascension. Cette attention, voire cette fixation sur la&#13;
Passion trouve une première explication dans le fait que les missionnaires&#13;
?e la Huronie vivent dans un climat de violence, où le martyre de tous les&#13;
Jours peut devenir en un instant le témoignage ultime du plus grand amour.&#13;
La vérité est que les missionnaires étaient des martyrs à plein temps. À&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
�son arrivée en Huronie, Jérôme Lalemant estimait que s'il n'y avait pas&#13;
de chrétiens en Huronie, c'est qu'il n'y avait pas encore eu de martyrs. Il&#13;
dut bientôt corriger ses vues. "J'avoue, dit-il, que depuis que je suis ici et&#13;
que je vois ce qui s'y passe, à savoir les combats, les batailles, les attaques&#13;
et les assauts de toute la nature que souffrent ici les ouvriers de&#13;
l'Évangile, ... je commence à douter si quelque autre martyre est nécessaire&#13;
que celui-ci pour l'effet que nous prétendons; et je ne doute pas qu'il ne&#13;
se trouvât plusieurs personnes qui aimassent mieux tout d'un coup recevoir&#13;
un coup de hache sur la tête que de mener des années durant la vie qu'il&#13;
faut mener ici tous les jours". (JR 17: 12). Rappelons aussi que le vademecum de l'époque est l' Imitation de Jésus-Christ, toute centrée sur la&#13;
Passion. À vrai dire, une réflexion théologique élaborée sur la résurrection,&#13;
tout comme sur la révélation, est chose toute récente.&#13;
Ce thème de l'attachement au Christ Seigneur et Sauveur est au&#13;
coeur de la crise religieuse de notre société. Autrefois, on disait: "Le Christ&#13;
oui, mais l'Église, jamais". Aujourd'hui, on en vient à dire: "Le Christ, u~&#13;
homme, un prophète, oui, mais le Christ, Verbe incarné, vrai Dieu comme&#13;
le Père, au sein de la Trinité, ce discours est vraiment trop dur à entendre"!&#13;
Dans notre société, on ne voit plus en Jésus qu'un homme, bon,&#13;
compatissant, ami des pauvres et des pécheurs, brave prédicateur et&#13;
guérisseur efficace, mais évidemme,nt rien de plus, et surtout pas le Fils&#13;
de Dieu. Si, d'aventure; on lit les Evangiles, c'est pour les délester de&#13;
tous les éléments qu'on dit mythiques, à savoir ses miracles, sa divinité,&#13;
sa résurrection. Le Christianisme lui-même n'est qu'une voie de salut&#13;
parmi tant d'autres. On en arrive ainsi à un Christianisme délavé, aplati,&#13;
sans attrait; une planète perdue dans la galaxie des religions, des sectes,&#13;
des idéologies. La grande pierre d'achoppement pour nos contemporains,&#13;
c'est l'Incarnation de Dieu dans l' Histoire, la chair et le langage de Jésus.&#13;
Or le Christianisme repose essentiellement sur ce mystère de base qu'est&#13;
l'Incarnation. "Le Ver~e s'est fait chair et il a habité parmi nous" (Jn 1,&#13;
14). Le discours chrétien n'est pas une gnose, une idéologie, mais une&#13;
Histoire, ou un discours dont les mots sont des événements libres et&#13;
signifiants, articulés entre eux par Dieu même. Si l'Incarnation ne passe&#13;
pas au tribunal de la raison, rien ne passe.&#13;
La grande faille du Nouvel Âge, c'est précisément d'avoir éliminé&#13;
le Christ et d'avoir remplacé un Dieu personnel par l'énergie cosmique&#13;
anonyme: on se donne à une personne, mais pas à une énergie anonyme!&#13;
Impossible, pour notre peuple, de sortir de son néo-paganisme sans un&#13;
retour au Jésus historique, mais identifié comme Christ, Seigneur et&#13;
Sauveur, Fils de Dieu, ressuscité et glorifié, assurance et garantie de notre&#13;
gloire. L'homme de notre société ne peut échapper à la mort spirituelle&#13;
que s'il se refonde sur Jésus-Christ, seul capable de le régénérer et de lui&#13;
donner son dynamisme de propulsion.&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
La clé du mystère de l'homme, c'est que Dieu, en Jésus-Christ, veut&#13;
ré-engendrer en chaque homme un fils et lui inspirer, lui insuffler son&#13;
esprit d'amour. Qu'il le sache ou non, l'homme est aimé et sauvé par le&#13;
Christ Sauveur. L'attachement au Christ, chez nos martyrs, n'a rien perdu&#13;
de son actualité. L'homme de notre société, qui a renié ou délaissé le&#13;
Christ, doit renouer avec lui. Tel est le message qu'il faut proclamer avec&#13;
toute l'intrépidité des apôtres. Proclamer le Christ, c'est la grande urgence&#13;
d'aujourd'hui, au Québec.&#13;
ZÈLE APOSTOLIQUE&#13;
&#13;
Le zèle apostolique, chez nos martyrs, jaillit spontanément de leur&#13;
amour du Christ. Rien ne traduit mieux l'ardeur de ce zèle que&#13;
l 'Avertissement d'importance rédigé par Brébeuf à l'intention des Jésuites&#13;
de France qui rêvent de se consacrer aux missions de la Nouvelle-France.&#13;
Si le tableau des souffrances qui les attendent, loin de les effrayer, les&#13;
enflamme davantage, Brébeuf leur dit: "Venez, mon cher frère, ce sont&#13;
des ouvriers tels que vous êtes, que nous demandons ici". "Jésus-Christ,&#13;
dit-il encore, est notre vraie grandeur; c'est lui seul et sa croix qu'on doit&#13;
chercher courant après ces peuples" (JR 12: 122). Et dans son Journal,&#13;
nous trouvons ce texte stupéfiant d'audace: "Ô mon Dieu, que n'êtesvous pas connu! Que ce pays n'est-il tout converti à vous! Oui, mon Dieu,&#13;
si tous les tourments que les captifs peuvent endurer en ces pays, devaient&#13;
tomber sur moi,je m'y offre de tout mon ceeur".&#13;
Les Pères Brébeuf, Daniel, Jogues et Lalemant, écrit Marie de&#13;
l'Incarnation, avaient reçu l'Esprit du Verbe incarné, "cet Esprit, dit-elle,&#13;
qui fait courir, par terre et par mer, les ouvriers de l'Évangile et qui les&#13;
fait des martyrs vivants avant que le fer et le feu les consument". Ce zèle&#13;
apostolique de nos martyrs rejoint, par delà les mers et les continents,&#13;
celui de François Xavier. Comme lui, ils aiment le Christ éperdument, et&#13;
tous les hommes rachetés par lui.&#13;
Il faut y insister, si ces hommes poursuivent leur quête des âmes,&#13;
dans l'union à Dieu et dans l'union entre eux, c'est qu'une même passion&#13;
les réunit: ils se sont donnés, consacrés au Christ, dans un amour&#13;
inconditionné.&#13;
Notre peuple et nos communautés d'ici ont besoin de l'exemple de&#13;
ce zèle ardent de nos martyrs. Les missionnaires canadiens qui nous&#13;
reviennent périodiquement d'Afrique, d'Asie ou del' Amérique Latine,&#13;
sont attristés, voire scandalisés par le contraste qu'ils observent entre la&#13;
prodigieuse vitalité des nouvelles chrétientés et la léthargie d'un trop grand&#13;
nombre de nos communautés occidentales. Nous avons besoin de lire et&#13;
relire les témoignages de nos martyrs devant des situations tragiques où&#13;
leur vie est en péril, comme dans la crise de 1637, où la mission faillit&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
�sauter: "Nous sommes peut-être, écrit Brébeuf, sur le point de répandre&#13;
notre sang et d'immoler nos vies pour le service de notre bon Maître&#13;
Jésus-Christ... S'il veut que dès cette heure nous mourions, ô la bonne&#13;
heure pour nous! S'il veut nous réserver à d'autres travaux, qu'il soit&#13;
béni!". Cent fois, nos missionnaires auraient eu raison de tout abandonner&#13;
devant une mission impossible. Et pourtant, ils sont restés, ils sont même&#13;
revenus. Bressani et Jogues, torturés et martyrisés, sans avoir toutefois&#13;
reçu le coup fatal, ont été sauvés et conduits en France par les Hollandais.&#13;
Humainement parlant, ils auraient pu, ou même dû rester en France. Mais&#13;
leur zèle est si grand qu'ils ont décidé de revenir en Huronie: J ogues pour&#13;
y être capturé et martyrisé par les Iroquois; Bressani, pour évangéliser,&#13;
moins par sa parole que par sa présence: "par ses mains mutilées, ses&#13;
doigts coupés, qui l'ont rendu meilleur prédicateur que nous le sommes,&#13;
observe Ragueneau, ... et ont servi plus que toutes nos langues à faire&#13;
concevoir plus que jamais à nos chrétiens hurons les vérités de la foi" (JR&#13;
30; 68).&#13;
SOUCI D'INCULTURATION&#13;
&#13;
Un trait important de ce zèle apostolique est le souci d'inculturation&#13;
des Martyrs Canadiens. Il va sans dire que le terme d'inculturation était&#13;
rigoureusement inconnu au XVIIe siècle, mais les missionnaires en ont&#13;
vécu la réalité bien avant la lettre. L'inculturation, hier comme aujourd'hui,&#13;
est comme une réplique de cette première inculturation qui, en Jésus,&#13;
s'est réalisée existentiellement. Enraciné dans la culture et les traditions&#13;
de son temps et de son pays, Jésus les assume et les confirme dans tout ce&#13;
qu'elles ont d' évangéliquement valide, mais il maintient à leur égard une&#13;
liberté critique. Il corrige et réoriente ce qui est dévié ou perverti, puis il&#13;
conduit son peuple à un dépassement que seul il peut apporter comme&#13;
Verbe de Dieu.&#13;
Sans avoir élaboré une théorie de l'inculturation, les missionnaires&#13;
en ont perçu et _vécu les exigences. Dans une première étape, ils se sont&#13;
appliqués à étudier et à comprendre les traditions et les coutumes des&#13;
Hurons, conscients qu'ils arrivent dans une nation où l'action salvifique&#13;
de Dieu s'est déjà exercée. Cette étape représente la contribution majeure&#13;
de Brébeuf. Dans ses Relations de 1635 et 1636, il décrit ce qu'il observe,&#13;
mais en même temps il cherche les vestiges de Dieu, les marques visibles&#13;
ou latentes de son amour dans l'Histoire des Hurons. Il souligne notamment&#13;
leur croyance à un Super-Esprit, à une survie, à l'immortalité des âmes&#13;
leur culte des morts. Il cherche partout des entrées pour l'Évangile et&#13;
met en valeur, comme il dit, les bons déportements de ses ouailles.&#13;
&#13;
ïi&#13;
&#13;
Au chapitre de l'inculturation, il faut souligner l'acceptation par les&#13;
missionnaires du régime alimentaire des Hurons, à base de maïs, de poisson&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
et d'eau claire. Ils en adoptent aussi le mode de logement, la cabane, en&#13;
modifiant seulement l'aménagement intérieur. Et surtout ils se consacrent&#13;
à l'étude de la langue. À la différence de tant de missionnaires modernes&#13;
ou contemporains qui ont cherché à franciser ou à angliciser les&#13;
autochtones, pas un instant les missionnaires de la Huronie n'ont songé à&#13;
franciser les Hurons. À un peuple de tradition orale, sans écriture, ils ont&#13;
fait le don d'un dictionnaire et d'une grammaire. Cette maîtrise de la&#13;
langue a été en bonne partie le fruit du labeur acharné de Brébeuf, d'abord&#13;
seul durant trois ans, puis en équipe. En 1639, c'est-à-dire après huit ou&#13;
neuf ans d'étude, la conquête de la langue est chose accomplie. Une&#13;
entreprise titanesque, car ils' agit d'une langue sans point de comparaison&#13;
avec les langues européennes. On estime qu'il fallait une moyenne de six&#13;
ans aux candidats les plus doués pour maîtriser la langue: ce fut le cas de&#13;
Brébeuf, Chaumonot, Daniel et Garnier. Après sept ans, le supérieur&#13;
Jérôme Lalemant ne s'exprimait qu'imparfaitement. Enfin, toujours au&#13;
chapitre de l'inculturation, notons le souci d'utiliser, au service de la&#13;
catéchèse, les images et les tableaux, mais en les adaptant à l'imaginaire&#13;
amérindien particulièrement sensible à la suggestion del' image, en raison&#13;
probablement de leur croyance aux songes.&#13;
Dans la présentation du message évangélique, les missionnaires ont&#13;
tâtonné, reconnu leurs erreurs, modifié leurs attitudes pour s'adapter à&#13;
une réalité toujours mieux comprise: trop sévères au début, plus tolérants&#13;
vers la fin.&#13;
Cet effort d'inculturation, en un temps record (quinze ans) est un&#13;
puissant incitatif pour nous qui vivons de plus en plus au sein d'une&#13;
population bigarrée. Chacune des ethnies nous arrive avec sa culture, sa&#13;
religion, souvent différente, ou avec un christianisme déjà inculturé.&#13;
Pensons notamment aux Portugais, aux Hispanophones, aux Italiens, aux&#13;
Haïtiens. Nous-mêmes vivons d'une foi culturellement qualifiée. D'où la&#13;
nécessité d'un renoncement quotidien, d'une ouverture à l'autre, de la&#13;
conscience aussi d'états conflictuels possibles, résultant de tentations&#13;
subtiles de domination, qui ne sauraient se résorber sans beaucoup&#13;
d'humilité et de charité.&#13;
MAGNANIMITÉ&#13;
&#13;
Le groupe des missionnaires de la Huronie se caractérise par une&#13;
charité fraternelle qui est de l'ordre de la magnanimité; une qualité&#13;
particulièrement chère à saint Ignace qui invitait chaque retraitant qui&#13;
allait entreprendre les Exercices à la demander à Dieu comme la plus&#13;
précieuse des grâces.&#13;
Effectivement, il n'y a chez nos missionnaires aucune petitesse. On&#13;
chercherait en vain dans leurs écrits l'indice d'une ranco~ur, d'une jalousie.&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
�mm ent, de nom breu x pass ages&#13;
O? ~rouve au cont raire , chez Bréb euf nota&#13;
0&#13;
de trav ail et ses supé rieu rs - par exem ple&#13;
~ ~l exal te ses com pagn ons&#13;
epti on de la mis sion et qui en&#13;
Jero me Lalem~n~ qui ne part age pas sa conc&#13;
cieu x acha rnem ent à se faire&#13;
chan_ge l~ strat ~gie -, tand is qu'i l met un déli&#13;
grou pe des mis sion nair es de&#13;
oub her, 8: trava~ller dans le rang . Parl ant du&#13;
la Com pag nie, en 164_1 : "To us&#13;
1~ Hu_rome__, Breb euf écri t au Gén éral de&#13;
à l'ab nég atio n prop re, au poin t&#13;
s ex~i tent a la vertu, à la mor tific atio n et&#13;
part aille urs auta nt de vert us&#13;
que Je dou te qu'i l puis se se trou ver quel que&#13;
dans un grou pe auss i restr eint " (E 2: 91).&#13;
mes qui se don nen t corp s&#13;
~ Q~e l est 1~ li~n de cohé sion entr e ces hom jour s? Qu' est- ce qui les&#13;
les&#13;
et ~m~ a une miss10n qui est un défi de tous&#13;
abo ratio n sans riva lité sans&#13;
mai ntie nt dans la paix et dans une coll&#13;
e eux, de cett e mag nan, imit é,&#13;
mes quin erie ? Le secr et de cette unio n entr&#13;
Chr ist don t ils se proc lam ent&#13;
est leur _amour pass ionn é et part agé pou r le&#13;
les serv iteu rs.&#13;
ESP RIT DE PRI ÈRE&#13;
&#13;
doiv ent beau cou p à leur&#13;
~ Sur ce ~oin t enco re, les Mar tyrs Can adie ns men t et la priè re son t&#13;
eille&#13;
m_,aitre, _le Pe~e Lou is Lall ema nt. Le recu&#13;
veut prod uire des frui ts:&#13;
qui&#13;
tion&#13;
d'ac&#13;
e&#13;
mm&#13;
l'ho&#13;
~eces~aires, disa it-il à&#13;
proc hain , de recu eille men t,&#13;
~ss~ ison non~ nos_ ~o~cti?ns à l'ég ard du&#13;
nou s pou r de gran des cho ses,&#13;
d o~aison et d hum ihte .. Dieu se serv ira de&#13;
ts". Et enco re: "Un hom me&#13;
~u~i~ue nous n'ay ons pas de gran ds talen&#13;
rs par un seul mot anim é de&#13;
i?tene_ur fera plus d'im pres sion sur les coeu&#13;
ours enti er qui lui aura coû té&#13;
l Esp nt de Dieu _qu'un autr e par un disc&#13;
e la forc e de son rais onn eme nt".&#13;
beau&lt;:_oup ~e travail, et où il aura épui sé tout&#13;
n apos toliq ue don t il cher che&#13;
Les refle:u_ons de Lall ema nt vise nt une actio&#13;
nou s situ ent au coe ur de la&#13;
le~ ~on~it_i&lt;:&gt;ns d_e féco ndit é. Ses paro les&#13;
l'act ion. Il n'y a pas che z nos&#13;
spm tual ite ig':13:tienne: cont emp latif s dans&#13;
e et apos toliq ue, mai s unit é&#13;
mar tyrs , duah te de voca tion ; cont emp lativ&#13;
dans l'act ion, et l'ac tion elle pr?f ond e, la cont emp latio n se prol ong eant&#13;
mem e deve nant cont emp latio n.&#13;
Bré beu f, plus que ses&#13;
Par tem péra men t et par goû t inté rieu r,&#13;
cont emp lativ e, mai s il a été&#13;
com pagn ons, sem blai t dest iné à une vie&#13;
s de la mys tiqu e apo stol ique ,&#13;
emp orté , com me mal gré lui, sur les voie&#13;
don t la vie mys tiqu e a reçu de&#13;
se_mblable e_n cel~ à son père sain t Igna ce&#13;
eme nt, tout e la vie de Bré beu f,&#13;
Dieu une onen tatio n apos toliq ue. Effe ctiv&#13;
apos toliq ue: adm inis trati on,&#13;
m~~ e s~ vie mrs tiqu e, est liée à son activ ité&#13;
toliq ues. Son voeu de mar tyre&#13;
pred icau on, som des mala des, cour ses apos&#13;
erse . Son voeu du plus parf ait&#13;
est insp iré par les pers écut ions qu'i l trav&#13;
serv ir le Chr ist dan s le vécu&#13;
lui-m ême est celu i d'un apôt re souc ieux de&#13;
acre r à l'ora ison com me telle&#13;
quot idie n; ce qui ne l'em pêch e pas de cons&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
u, disait-il, nous a do~ ~&#13;
de longues heures et d'empiéter sur ses nuits. "Die&#13;
pour converser avec lm&#13;
le jour pour être au service du prochain, et la nuit&#13;
(JR 34; 180).&#13;
un d'aille~~s}&#13;
Ce trait de spiritualité des Martyrs Canadiens- comm&#13;
urgent de no!re so~iete_.&#13;
toute forme de spiritualité - répond à un besoin&#13;
forme qm consi~te a&#13;
Ne pourrions-nous pas, tout au moins pratiquer cette&#13;
Dieu au coeur meme&#13;
ne pas cloisonner action et prière mais à rencontrer&#13;
les "événements", ces&#13;
de notre action: ~ans le travail, le~ épreuves et dans&#13;
Dieu en toutes choses et&#13;
maîtres que Dieu nous donne? disait Pascal. Voir&#13;
toutes choses en Dieu.&#13;
&#13;
\&#13;
I&#13;
&#13;
CONCLUSION&#13;
&#13;
constatons que la&#13;
Si nous remontons à la source de ces traits, nous&#13;
ment ignatienne, avec&#13;
spiritualité des Martyrs Canadiens est rigoureuse&#13;
e de Louis Lallemant.&#13;
certains aspects plus accusés dus à l'influenc&#13;
On y retrouve même&#13;
L'essentiel procède des Exercices spirituels.&#13;
ignatienne. Au départ,&#13;
l'itinéraire des quatre semaines de la démarche&#13;
nt de soi, l' indifféren_c:&#13;
l'horreur du péché, la pureté du coeur, le détacheme&#13;
culière sur la nécessite&#13;
de la première semaine, avec une insistance parti&#13;
. En deuxième lieu,&#13;
d'un e conversion radicale: "franchir le pas"&#13;
à l'instauration de son&#13;
l'attachement inconditionnel au Christ du règne et&#13;
ièmement, un regard&#13;
royaume: l'équivalent de la deuxième semaine. Trois&#13;
ine) suivi jusqu'_au&#13;
prolongé sur le Christ de la Passion (troisième sema&#13;
e se1!1aine)_ ~st m~ms&#13;
martyre. Le thème de la Résurrection (quatrièm&#13;
, ce theme a ete repns et&#13;
élaboré que chez saint Ignace. Fort heureusement&#13;
rant du même coup ~t&#13;
approfondi au cours des dernières décennies, éclai&#13;
l'influence de Loms&#13;
renouvelant la théologie du martyre elle-même. Sous&#13;
t en valeur la prière&#13;
Lallemant, la spiritualité des martyrs remet justemen&#13;
qui fructifie dans l'action.&#13;
Christ, le zèle&#13;
Bref, le détachement de soi, l'attachement au&#13;
sont les traits essentiels&#13;
apostolique, la magnanimité, l'esprit de prière: tels&#13;
yrs Canadiens.&#13;
et toujours actuels de l'héritage reçu de nos Mart&#13;
René Latourelle, s.j.&#13;
à Saint-Hyacinthe, à l'occasion&#13;
20 octobre 1994, au Monastère du Précieux-Sang,&#13;
de l'Église du Canada.&#13;
del' Assemblée générale du Comité des Fondateurs&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
�CONFÉRENCE DU PÈRE LATOURELLE&#13;
REMERCIEMENTS&#13;
&#13;
U&#13;
&#13;
n hasard sans doute providentiel veut qu'on m'ait confié le soin&#13;
et la joie de vous remercier au nom du Comité, alors qu'en 1970,&#13;
comme Doyen de la Faculté de Théologie de la Grégorienne, vous&#13;
approuviez mon sujet de thèse de d?ctorat: le sym?ol~ dans l'expérience&#13;
spirituelle de Marie d~ l'I~~-amatio_n: Da~s, les ecnts ~e ce~te wande&#13;
mystique, je découvrais deJa la spiptuahte des premiers Jesuites de&#13;
Nouvelle-France, ces "ouvriers de l'Evangile", comme elle les nommait&#13;
après les avoir reçus au parloir de Québec.&#13;
Mais aujourd'hui, Père Latourelle, vous nous les faite~ co~naître&#13;
directement dans leur inspir~tion profo~~e pu~s!e aux, source~ ignatiennes&#13;
les plus pures de France: l'Ecole de ~pmtua_h!e du Pere Loms Lallemant&#13;
avec sa réinterprétation des Exercic~~ spmt~~l~ et son_ remarq~abl~&#13;
christocentrisme. Merci de faire la lumiere sur I ideal de f 01 et de samtete&#13;
de nos premiers martyrs, lumière rayonnante et attirante pour notre Québec&#13;
noyé dans l'égocentrisme et endormi dans un coma mortel.&#13;
Comme vous le faisiez remarquer, les premiers supérieurs de la&#13;
mission du Canada, des hommes de grande envergure humaine et&#13;
spirituelle, les Pères Paul le Jeune, Jérôme Lallemant et Paul Ragueneau,&#13;
orientaient nos martyrs dans le même sens que leur Maître spirituel, le&#13;
Père Louis Lallemant. C'est avec joie que je vous offre ,mon étude sur le&#13;
sujet parue chez Bellarmin 1986: Lç premier visage de l'Eglise du Canada.&#13;
La Nouvelle-France, Profil d'une Eglise naissante 1608-1688.&#13;
Oui, comme vous le souligniez, Père Latourelle, nos premiers Jésuites&#13;
imprimaient à notre Église une spiritualité apostolique et missionnaire&#13;
remarquable, peut-être ... unique au monde! Et si, dans les siècles suivants,&#13;
des milliers de missionnaires canadiens ont fait rayonner cet héritage de&#13;
foi et de sainteté à travers le monde, c'est sans doute grâce à ces origines&#13;
uniques. Merci Père Latourelle, de nous le rappeler si bien aujourd'hui.&#13;
Merci de réveiller dans le coeur des gens aujourd'hui le sens et l'estime&#13;
de cet héritage si actuel comme vous nous le montrez par votre entretien.&#13;
Merci de vivre au Québec avec nous et de donner un coup de barre&#13;
lucide et courageux moulé dans une parole prophétique apte à nous&#13;
conduire "de la morosité à l'espérance".&#13;
Père Latourelle, merci de nous aider!&#13;
Ghislain Boucher, R.J.M.&#13;
Le 20 octobre 1994,&#13;
Monastère du Précieux-Sang, St-Hyacinthe.&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
UN NOUVEAU CENTRE UNIVERSITAIRE: LE CENTRE&#13;
D'ÉTUDES MARIE-DE L'INCARNATION (CEMI)&#13;
Le 30 septembre 1993, une entente de collaboration fut signée entre&#13;
)'Université Laval et la Province des Ursulines de Québec relative à la création&#13;
du Centre d'Études Marie-de- l'Incarnation (CEMI). Ce centre&#13;
universitaire vise trois objectifs principaux. Il veut développer et diffuser les&#13;
connaissances sur Marie-de-l'Incarnation, sa spiritualité et son influence dans&#13;
l'histoire du Québec. Il cherche à favoriser la recherche tant au plan de&#13;
l'histoire culturelle, religieuse et catéchistique qu'au plan de la théologie&#13;
spirituelle et mystique. Il travaille à rendre accessibles aux chercheurs et aux&#13;
chercheuses les documents et archives sur Marie-de-l'Incarnation conservés&#13;
au monastère des Ursulines de Québec.&#13;
Un bureau de direction préside à la gestion du CEMI. Il est formé du&#13;
doyen de la Faculté de théologie, monsieur René-Michel Roberge, du&#13;
responsable scientifique, monsieur Raymond Brodeur, de la supérieure&#13;
provinciale des Ursulines, soeur Michèle Leblanc, et de la responsable&#13;
administrative, soeur Gabrielle Noël.&#13;
Le programme de recherche proprement dit relève d'un comité&#13;
scientifique composé de six universitaires de disciplines et d'universités&#13;
diverses. De l'Université Laval, il y a d'une part trois théologiens, Raymond&#13;
Brodeur (théologie catéchétique et histoire religieuse), Hermann Giguère&#13;
(théologie spirituelle) et Marcel Viau (théologie pratique) et d'autre part une&#13;
professeure du Département d'histoire, Brigitte Caullier. De l'Université de&#13;
Montréal, Dominique Deslandres (histoire). Enfin, une professeure du&#13;
Département des littératures de l'Université Laval est adjointe à ce Comité,&#13;
soit Chantal Théry.&#13;
Le Comité scientifique travaille actuellement à la réalisation de deux&#13;
projets de démarrage. D'une part, il a entrepris les démarches d'analyse en&#13;
vue de la constitution d'une base de données informatiques des documents&#13;
sur Marie-de-l'Incarnation disponibles au Monastère des Ursulines. D'autre&#13;
part, il a pris en main l'organisation d'un atelier scientifique sur l'état des&#13;
recherches qui se font actuellement sur Marie-de-l'Incarnation et les&#13;
mystiques. Cet atelier, envisagé dans une perspective multidisciplinaire, se&#13;
tiendra au printemps de 1995. Les résultats du travail donneront lieu à une&#13;
publication qui, en plus d'indiquer les voies actuelles de la recherche et leurs&#13;
pertinences, présentera également les perspectives de travail à développer.&#13;
Dès le printemps de 1995, le CEMI sera officiellement localisé au Monastère&#13;
des Ursulines dans le Vieux-Québec. Il mettra à la disposition des chercheurs et&#13;
des chercheuses un sympathique local réaménagé à neuf. Ils pourront consulter&#13;
sur place, aux heures d'ouverture, la base de données informatisées et les&#13;
documents répertoriés. Ils auront également accès au fichier bibliographique de&#13;
l'Université Laval. Enfin, pour ceux qui le voudront, il sera possible d'interroger,&#13;
depuis l'ordinateur relié au système Internet, la base de données du CEMI.&#13;
Raymond Brodeur&#13;
(Prof. de Théologie, Un. Laval)&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
�L'ITINÉRAIRE SPIRITUEL D'UN BIENHEUREUX&#13;
&#13;
NOUSREGARDANTTOUSCOMMEDESFRÈRES&#13;
&#13;
Héritier de M. de Bernières,&#13;
François de Laval a donné à la&#13;
désappropriation une place&#13;
importante dans sa vie, à Caen&#13;
d;abord, puis dans son ministère&#13;
pastoral au Canada. Malgré&#13;
l'ambiguïté du thème dans la&#13;
littérature spirituelle, la&#13;
désappropriation garde chez&#13;
François de Laval une signification&#13;
intéressante encore aujourd'hui.&#13;
&#13;
Au printemps 1993, on procédait en la cathédrale Notre-Dame&#13;
de Québec, à la bénédiction d'une nouvelle chapelle funéraire où&#13;
venaient d'être déposés les restes du Bienheureux François de&#13;
Laval. Pour marquer cet événement, le Séminaire de Québec avait&#13;
demandé à la Revue Cap-aux-Diamants de préparer un numéro&#13;
spécial sur le premier évêque de Québec. Avec l'autorisation de la&#13;
Revue, nous reproduisons des extraits d'un article de M. l'abbé&#13;
Giguère, prêtre du Séminaire de Québec et professeur à la Faculté&#13;
de Théologie de l'Université Laval.&#13;
Jacques Lemieux, ptre.&#13;
MS' de Laval a consacré ses énergies à la tâche pastorale,&#13;
partageant avec ses prêtres un esprit de dénuement ascétique et&#13;
demeurant à l'écoute de la volonté de Dieu, qui s'exprime à travers&#13;
les événements de la vie.&#13;
par Hermann Giguère&#13;
LE FIL CONDUCTEUR D'UNE VIE&#13;
&#13;
. François de Laval fait partie de ces prêtres du XVII" siècle qui, à la&#13;
smte de François de Sales, de Vincent de Paul et de Pierre de Bérulle&#13;
surtout, ont choisi de vivre leur sacerdoce plutôt que de se contenter de&#13;
jouir des revenus et du prestige qu'il apportait, du moins pour les nobles.&#13;
C'est pourquoi ces "nouveaux prêtres", pourrait-on dire, vont se laisser&#13;
prendre tout entiers par leur ministère de pasteur. Ce service généreux de&#13;
la ~~mmunauté chré~ienne et de ses membres est au coeur de l'expérience&#13;
spmtuelle de Françms de Laval. Toute sa vie a été continuellement modelée&#13;
par la tâche pastorale qu'il a choisie ou qui s'est imposée à lui.&#13;
Ayant fréquenté durant ses études les jésuites auxquels il resta&#13;
toujours très attaché, les milieux des "Aa" (l"'Assemblée des Amis" ou&#13;
"des Bons Amis", en abrégé "Aa"), puis comme jeune prêtre l'Ermitage&#13;
de Jean de Bernières à Caen en Normandie, il puise ses sources des&#13;
inspirations, des élans et des orientations, mais il garde toujours une&#13;
?eureuse liberté vis-.~-vis c~s influences. C'est son ministère qui&#13;
importe le plus. Et s 11 est bien un homme du XVII" siècle par ses&#13;
pratiques de mortification, par exemple, que le frère Hubert Houssart&#13;
se plaît à répertorier d'une façon minutieuse ou encore par ses dévotions&#13;
comme la dévotion à la Sainte Famille et aux saints Anges, François&#13;
de Laval est aussi un pasteur comme le souhaite le Concile Vatican II&#13;
accomplissant son ministère "dans la sainteté, avec élan, humilité e~&#13;
courage" et y trouvant "un moyen idéal de sanctification".&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
Au service de la communauté d'abord, lvP Laval&#13;
s'emploie plusieurs fois à faire la visite pastorale&#13;
dans son vaste diocèse. Illustration de Maun"ce&#13;
Petit-Didier. Émile Gervais, s.j. Le vénérable&#13;
François de Montmorency-_Laval. Montréal:&#13;
Comité des fondateurs de l'Eglise canadienne,&#13;
1952.&#13;
(Collection "Gravures n° 3 ")&#13;
&#13;
L'essentiel de la&#13;
désappropriation pour François de&#13;
Laval réside dans le partage et la&#13;
mise en commun des biens. Dans&#13;
les conditions rudes de la vie des&#13;
pionniers, il arrive souvent qu'on&#13;
&#13;
ne jouisse même pas du nécessaire.C'est pour cette raison même que François&#13;
de Laval va insister sur la mise en commun des ressources et des biens pour&#13;
les prêtres de son Séminaire. Bertrand de L_a Tour rapporte ces propos de&#13;
Louis Ango des Maizerets, second supérieur du Séminaire, qui disait que: "le&#13;
prélat ne faisait rien de considérable que de concert avec nous tous. Nos biens&#13;
étaient communs avec les siens. Je n'ai jamais vu faire panni nous aucune&#13;
distinction du pauvre et du riche, ni examiner la naissance et la condition de&#13;
personne, nous regardant tous comme frères." La désappropriation est donc&#13;
chez François de Laval un partage matériel auquel se joint le partage fraternel.&#13;
C'est le sens profond de la donation de ses biens au Séminaire en 1680,&#13;
quoiqu'il n'abandonnât point ses prérogatives de seigneurusufruitier. Il voulait&#13;
"que tout le clergé ne fit qu'une famille" et qu'on ne se départisse jamais "de&#13;
la désappropriation qui laisse tout en commun entre les mains du supérieur."&#13;
FIDÉLITÉ ET ABANDON À DIEU&#13;
&#13;
"Il y a longtemps que Dieu me fait la grâce de regarder tout ce qui m'arrive&#13;
en cette vie comme un effet de sa providence. "Cette phrase est des plus&#13;
révélatrices d'une dimension del' itinéraire spirituel de Mg' de Laval. Il la laisse&#13;
tomber dans une lettre au père de la Chaise en 1687 au moment où,&#13;
démissionnaire, il sollicite du Roi la permission de revenir au Canada. Cette&#13;
ouverture attentive aux événements où François de Laval s'efforce de lire la&#13;
volonté de Dieu se manifeste en plusieurs occasions. C'est une attitude d'âme&#13;
fondamentale dans l'expérience spirituelle de François de Laval. Elle nous livre&#13;
un peu de son "intérieur."&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
�rs les événements&#13;
L'écoute attentive de la volonté de Dieu à trave&#13;
... que nous ne vivions&#13;
provoque un abandon confiant. "Il est bien juste&#13;
de au dedans comme au&#13;
que de la vie du pur abandon en tout ce qui regar&#13;
er partir pour le Canada&#13;
dehors", dira-t-il après le refus du Roi de le laiss&#13;
vie, François de Laval&#13;
en 1687. Dans les principaux événements de sa&#13;
e soit pour son oeuvre&#13;
recherche promptement leur signification spirituell&#13;
nnel. Ainsi, écrira-t-il à&#13;
pastora~e. soit dans son itinéraire spirituel perso&#13;
de Dieu fait nous sert&#13;
son ?-1111 Baudon en 1677: "Tout ce que la main&#13;
les effets. II y a bien&#13;
adrmra~lement, quoique nous n'en voyion~pas sitôt&#13;
et nous par conséquent,&#13;
des annee~ que la Providence conduit cette Eglise,&#13;
le spirituel que pour le&#13;
par des voies fort pénibles et crucifiantes tant pour&#13;
il ne nous importe."&#13;
temporel. Pourvu que sa sainte volonté soit faite,&#13;
de Laval vivra les&#13;
C'es t dans cette attitude d'abandon que François&#13;
sa démission celles&#13;
difficultés concernant son retour au Canada après&#13;
Séminaire (en 701 et&#13;
causées p~r son successeur, les deux incendies du&#13;
vingt dernières années&#13;
1705), les mfinnités dont il a été affligé pendant les&#13;
personnels de M&amp;r de&#13;
de sa vie. Nous avons à ce sujet les textes les plus&#13;
sa spiritualité.&#13;
Laval et aussi, selon moi, les plus révélateurs de&#13;
que le Roi ne lui&#13;
Alor_s qu'il venait d'apprendre de façon officieuse&#13;
Canada, François de&#13;
permet!ra~t Ras pour le moment de retourner au&#13;
inaire: "Adorons les&#13;
Sém&#13;
du&#13;
es&#13;
prêtr&#13;
Laval ecnva1t le 9 juin 1687 aux&#13;
res, nos très chers&#13;
oeuv&#13;
ses&#13;
s&#13;
cond~ites de Dieu sur nous et sur toute&#13;
me donnerait la&#13;
qu'il&#13;
re&#13;
entiè&#13;
Messieurs. J'espérais et j'ava is confiance&#13;
rit; mais son&#13;
d'esp&#13;
suis&#13;
le&#13;
je&#13;
e&#13;
c?nsolation de m'un ir à vous de corps comm&#13;
bon plaisir,&#13;
son&#13;
selon&#13;
et&#13;
au~ab~e providence en dispose tout autrement&#13;
l'éternité."&#13;
et&#13;
s&#13;
temp&#13;
le&#13;
pour&#13;
paix&#13;
qm doit etre tout notre bonheur et notre&#13;
inaire et le nouvel&#13;
Et devant des tensions qui se font jour entre le Sém&#13;
retenu à Paris se&#13;
naire&#13;
8&#13;
ssion&#13;
démi&#13;
eveque,_ M_ r de Saint-Vallier, l'évêque&#13;
des Missions&#13;
naire&#13;
Sémi&#13;
du&#13;
n&#13;
Milo&#13;
sonfie ams1, durant l'automne 1689, à M.&#13;
de prendre&#13;
re&#13;
inspi&#13;
vous&#13;
qui&#13;
,&#13;
Dieu&#13;
de&#13;
Etrangères de Paris: "La Providence&#13;
e plus&#13;
oblig&#13;
nous&#13;
êts,&#13;
intér&#13;
nos&#13;
à&#13;
ave~ t~t de bonté part à notre peine et&#13;
uite&#13;
cond&#13;
able&#13;
ador&#13;
son&#13;
à&#13;
nt&#13;
reme&#13;
entiè&#13;
er&#13;
part1cuhèrement de nous abandonn&#13;
bien,&#13;
rez&#13;
juge&#13;
s&#13;
"Vou&#13;
inue:&#13;
~ont&#13;
il&#13;
~t&#13;
et d'y mettre to~te notre c~~fiance."&#13;
croix amère pour moi&#13;
mon cher Monsieur, que s 11 y a eu Jamais une&#13;
dû être le plus sensible'&#13;
urs&#13;
toujo&#13;
j'ai&#13;
où&#13;
c'est celle-ci, puisque c'est l'endroit&#13;
j'ai toujours considéré'.&#13;
je veux dire le renversement du Séminaire, que&#13;
en de cette Église et tout&#13;
comme en effet qu'il l'est, comme l'uni que souti&#13;
ces agitations, nous ne&#13;
s&#13;
toute&#13;
de&#13;
u&#13;
le bien qui s'y fait( ... ). Mais au milie&#13;
oir pour détruire, la&#13;
devons pas nous abattre, si les hommes ont du pouv&#13;
ante pour édifier. Nous&#13;
main de Notre-Seigneur est infiniment plus puiss&#13;
."&#13;
faire&#13;
er&#13;
laiss&#13;
n'avons qu'à lui être fidèles et le&#13;
&#13;
i&#13;
&#13;
,&#13;
&#13;
A&#13;
&#13;
rieur de Paris&#13;
Après le prem ier incen die du Sém inair e, le supé&#13;
du Canada"&#13;
ieurs&#13;
Mess&#13;
témoignera de la constance qu'o nt montrée "nos&#13;
ouvrage de&#13;
son&#13;
yeux&#13;
ses&#13;
et "surtout M&amp;r l'An cien Évêque, qui a vu de&#13;
verser une&#13;
sans&#13;
Dieu&#13;
t&#13;
quarante ans détruit en peu d'heu res, en bénissan&#13;
ans."&#13;
gts&#13;
e-vin&#13;
larme ni jeter un soupir, quoiqu'il soit âgé de quatr&#13;
de Laval avance&#13;
On le constate par ces textes, à mesure que François&#13;
à la volonté de Dieu se&#13;
en âge, les fruits d'un e ouverture amoureuse&#13;
et un aban don qui&#13;
man ifest ent dans une cons tanc e, une patie nce&#13;
que François de Laval&#13;
gran disse nt.C 'est cette expérience de foi confiante&#13;
événements la "main de&#13;
a vécue au long de sa vie. Découvrir à travers les&#13;
lui être fidèl e, voilà&#13;
Notr e-Se igne ur... puis sant e pour édifi er" et&#13;
de François de Laval.&#13;
certainement une dominante de l'itinéraire spirituel&#13;
UN MOD ÈLE PROPOSÉ&#13;
&#13;
çois de Laval nous&#13;
La physionomie spirituelle du bienheureux Fran&#13;
e différemment&#13;
prim&#13;
"s'ex&#13;
ienne&#13;
révèle encore une fois que la sainteté chrét&#13;
nt en édifiant&#13;
ienne&#13;
parv&#13;
vie,&#13;
leur&#13;
de&#13;
en chacun de ceux qui, dans la conduite&#13;
titution sur&#13;
Cons&#13;
la&#13;
dit&#13;
le&#13;
e&#13;
comm&#13;
té"&#13;
le prochain, à la perfection de la chari&#13;
nombreux&#13;
de&#13;
celui&#13;
à&#13;
e&#13;
ajout&#13;
'&#13;
ples&#13;
exem&#13;
l'Egl ise du Concile Vatican Il. Son&#13;
en esprit et en vérité&#13;
chrétiens qui apprennent au fil des ans à accueillir&#13;
igna it à Québec le 6&#13;
l'am our du Père. Le vieil évêque de 85 ans qui s'éte&#13;
frappe par sa stabilité,&#13;
mai 1708 avait suivi un itinéraire spirituel qui nous&#13;
éclat. C'es t pourquoi&#13;
mais où les fruits de l'Esp rit se sont manifestés avec&#13;
1980) confirmant&#13;
juin&#13;
22&#13;
(le&#13;
x&#13;
eureu&#13;
l'Égl ise l'a mis au rang des bienh&#13;
de la Nouvelle-France,&#13;
ainsi la sainteté d'un pasteur que les chrétiens&#13;
François de Laval nous&#13;
ré.&#13;
véné&#13;
puis le Canada, par la suite, ont toujours&#13;
tuelle enracinée dans&#13;
spiri&#13;
et&#13;
aine&#13;
présente l'ima ge d'un e bonne santé hum&#13;
consacrées. Il est,&#13;
sont&#13;
ies&#13;
énerg&#13;
des valeurs solides auxquelles toutes les&#13;
coeur généreux,&#13;
au&#13;
s,&#13;
rude&#13;
ans&#13;
tout noble qu'il fût, de cette race de pays&#13;
cette partie du&#13;
dans&#13;
bâti,&#13;
sont&#13;
travailleurs et "craignant Dieu" qui se&#13;
Nouveau-Monde, une nouvelle patrie.&#13;
Théologie de l'Université Laval.&#13;
Hermann Giguère est professeur à la faculté de&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
�SAINTE MARGUERITE D'YOUVILLE ... ET SA&#13;
MISSION D'ÉTERNITÉ...&#13;
&#13;
E&#13;
&#13;
lie naissait à Va rennes,&#13;
en Québec, le 15 octobre&#13;
J 701. Comme la fleur des champs&#13;
aux blanches ai les et au coeur&#13;
ensoleillé, elle s'appelait Marguerite.&#13;
&#13;
aux "pèlerins de l'infini" que nous sommes, le dogme de 1~&#13;
Paternité divine et nous incitera à la con fiance totale eo la bonte&#13;
de notre Père des cieux, N'a-t-elle pas, elle-même, lors de son&#13;
existence terrestre, sol licité faveurs temporelles et spirituelles?&#13;
L orsque, en 1737, résonne en son coeur, la pressante invite&#13;
de consacrer sa vie aux pauvres, madame d 'Yo uville cherche la&#13;
lumière dans une retraite comportant une neuvaine au tombeau&#13;
de monsieur du Lescoat, mort en odeu r de sainteté. Sa prière est&#13;
exaucée et dès le 21 nove mbre, elle ouv re sa demeure à l'aveugle&#13;
François Auzon.&#13;
&#13;
Dès le berceau, l'attendaient&#13;
des titres de noblesse. Les Dufrost&#13;
de la J em merais, de Médréac, en&#13;
Bretagne, b lasonnaient depuis&#13;
1288. Du côté m ate rn e l, el l e&#13;
descendait de l ' illu stre Pierre&#13;
Boucher, homme d'honneur et de&#13;
valeur, ano bli par Sa Majesté&#13;
Louis XIV dès 1661.&#13;
&#13;
Atteinte d'un mystérieux mal de genou au début_ d~ 173~.&#13;
alors que son I nsti tut nai ssa nt est en pro~e aux ~1ff1cu ltes&#13;
matérielles et à la pe rsécution d'une population hostile, e lle _se&#13;
rend 'en barge' à Québec prier au près des restes de ~gr Fra~ço1sLouis Pourroy de Lauberivière. Le jeune pré lat de v1ngt- hu1 t ans&#13;
a été vict ime de so n zèle auprès des pestiférés du "Rubis" vaisseau&#13;
gui l'amenait à Québec. On devine_l'attir.~n~e ~.urnaturell e 9ue&#13;
devait exercer sur l'âme de Marguente un satnt ayant donne sa&#13;
vie pour ses brebis.&#13;
&#13;
Une a utr e noblesse,&#13;
in comparab le ment su pé ri eure,&#13;
allait lu i être conférée de par le&#13;
c h o ix de Di e u: Elle deviendra&#13;
"cette première fleur de sainteté,&#13;
éclose en terre canadien n e".&#13;
Première fille de notre so l et de&#13;
notre sang à prendre place officiellement parmi les élus de Die u ;&#13;
pure g loire du pays de ]'érab le à la sève d'or, du pays sillonné&#13;
par un fieu ve géant.&#13;
&#13;
En 1741 encore monsieur Louis Normant, le second guide&#13;
de son â me est en pr~ie à une mal ad ie mort~lle. A_fin d'obtenir sa&#13;
ouérison madame d'Youville promet de fa ire pe111dre en France&#13;
~n tabl;au représentant le Père éternel e t de .fai r e brûler&#13;
annuellement un cierge devant l' a utel de la Vierge, le 21&#13;
no ve mbre. Cette fois , le Ciel se laisse touc her.&#13;
&#13;
Comb lée tant au point de vue naturel que s urnature l, elle&#13;
s'épa nouira en beauté: traits ciselés, regard express if, port de&#13;
reine "la plus belle femme de so n temps''disent ses contemporains.&#13;
Intelligence vive, esprit organisateur, femme de génie, constateront&#13;
ses biographes . Femme fo rte, Mère des pauvres, la 'de Chantal&#13;
canadienne.' Mère à la charité universelle, dira son fils cadet,&#13;
l ' abbé Charles.&#13;
&#13;
Un peu plus tard, vers 1743, "un crucifi x, oeuvre de Jo~rdain&#13;
Labrosse, es t porté processionnellement et installé en l'églI~~ de&#13;
la p aroisse" . Marouerite&#13;
assiste :'t la cérémonie. Preuve que 1 e tat&#13;
0&#13;
de so n geno u ne s ' est pas amé lioré, "elle s'y fait transporter".&#13;
Nouveau silence de Di eu et la fondatrice doit accepter ce paradoxe&#13;
d 'être réduite à l' inaction a lo rs qu'elle met en oeuvre une&#13;
communauté aux multiples activités. Ce que le Ciel lui acc~rde&#13;
cepe ndant - grâce infinimen t plus précieuse - c'est l 'ac~eptat100,&#13;
l' amo ur de la croix au point qu'elle e n explo itera, sa vie durant,&#13;
les insondables richesses.&#13;
&#13;
"Coeur sans front iè res " voué au sou lagemen t de to ute&#13;
souffrance; coeur dépouillé de tout bonheur humain, mais rich e&#13;
de s a p auv r eté mê me qui lui ouvrait les trésors de Di e u ,&#13;
Marguerite a livré au monde un précieux message d'espoi r e n la&#13;
Providence du P è r e céles t e. Promue à l'honneur d e l a&#13;
canoni sation, e lle poursuivra sa mission d'éternité: e lle rappellera&#13;
&#13;
Le mal de genou dure sept longues an nées puis disparaît&#13;
subitement, au déclin de 1744. Cette cure miraculeuse es t-elle&#13;
att ribuabl e à l'effet rétroactif des prières, neuvaines et&#13;
pèlerinage s ? Qui pourrait le nier ou l ' aff!rm~r? Une c~?se&#13;
demeure cependant: Dieu a exaucé ses su pplicat10ns lorsqu il a&#13;
jugé SON heure venue.&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
�À plus d'une reprise, en sa vie, notre Marguerite canadienne&#13;
constatera l'intervention du surnaturel. Son humilité s'en&#13;
étonnera et s'écriera certain jour: "Mon Dieu, je suis une&#13;
misérable". Combien plus se serait-el_Ie ét?nnée, confondue, si,&#13;
écartant le voile de l'avenir, Dieu lui avait permis de voir que&#13;
l'Église honorerait sa mémoire et la proposerait à l'admiration&#13;
universelle!&#13;
Ce jour est pourtant venu et l'on devine que, du sein de la&#13;
gloire éternelle, l'humble mais grande Marguerite magnifie le&#13;
Seigneur "d'avoir daigné accomplir en elle et par elle de grandes&#13;
choses". On la devine, bienveillante et accessible comme jadis,&#13;
prêtant une oreille attentive aux suppliques qui montent de la&#13;
terre et les appuyant de son crédit auprès du Père des&#13;
miséricordes.&#13;
Ô vous, les petits et les humbles, qui peinez "sous le poids&#13;
du jour", souvenez-vous qu'elle a porté vos fardeaux. Épouses&#13;
frustrées de bonheur, souvenez-vous qu'elle aussi a été délaissée.&#13;
Mères chrétiennes qui pleurez sur des tombes d'enfants, à quatre&#13;
reprises, elle a expérimenté votre deuil. Et vous, veuves&#13;
besogneuses, aux prises avec les difficultés de la vie, sachez&#13;
qu'elle a connu vos angoisses, éprouvé vos lassitudes.&#13;
Et vous, les choisis de Dieu appelés au Sacerdoce, rappelezvous que soeur, mère et protectrice de prêtres, elle s'est imposé&#13;
tous les sacrifices pour donner des lévites à l'Église de Dieu.&#13;
Vous enfin, les âmes conviées à l'immolation de la vie religieuse,&#13;
voyez-la vous frayant la route austère du don total.&#13;
Orphelins, enfants abandonnés, malades, infirmes, vieillards,&#13;
pécheurs désespérés, tournez vers elle votre regard, votre appel.&#13;
Elle se pe_?cher~ s~r vo~re ~solemen~, votre misère et, par elle,&#13;
vous renaitrez a 1 espoir, a la confiance. Sa main maternelle&#13;
pansera vos plaies, guérira vos blessures et vous conduira à&#13;
l'abîme de miséricorde et d'amour qu'est le Coeur de notre Père&#13;
céleste.&#13;
Estelle Mitchell, s.g.m.&#13;
Historienne&#13;
&#13;
EN REMONTANT LE TEMPS ...&#13;
Le 7 octobre 1994 marque le 350e anniversaire de l'entrée de&#13;
Catherine de Saint-Augustin au monastère de Bayeux.&#13;
Le 14 mai précédent, les Augustines fêtaient le 350e anniversaire de&#13;
leur fondation.&#13;
En effet, le 14 mai 1644, une cousine de Catherine avait accepté&#13;
d'assumer la responsabilité de l'Hôtel-Dieu et fondé la communauté des&#13;
Hospitalières de la Miséricorde de Jésus. Cinq mois plus tard, à l'âge de&#13;
douze ans et demi, Catherine de Longpré, devenue Catherine de SaintAugustin entre dans la nouvelle communauté. Laissons-lui le plaisir d'en&#13;
raconter l'histoire.&#13;
"... Dans mon milieu familial, on parle beaucoup de la création d'un&#13;
monastère d'Hospitalières qui assumera le soin des malades de l'HôtelDieu de Bayeux.&#13;
Depuis 1639, à la demande de l'évêque Mgr Jacques d' Angennes,&#13;
des pourparlers sont engagés avec les Chanoines réguliers de SaintAugustin responsables de l'hôpital depuis trois siècles ... et qui l'ont&#13;
fortement négligé.&#13;
Une nièce de ma grand-mère, à peine âgée de dix-neuf ans, habite à&#13;
Caen avec sa mère où elle s'occupe des pauvres depuis la fin de ses études&#13;
chez les Ursulines de Bayeux. Orpheline à l'âge de douze ans, indépendante&#13;
de fortune, elle songe à fonder une maison religieuse dans son pays natal.&#13;
Son directeur spirituel, Michel Rocher, chanoine de Bernesq et&#13;
vicaire général du diocèse, l'incite plûtôt à venir prendre la direction de&#13;
l'hôpital. Elle accepte par dévouement et malgré la répugnance qui&#13;
contrarie ses projets.&#13;
Madeleine Julien de la Hennodière, native de Colomby, bourg voisin&#13;
de Saint-Sauveur où je suis née, devient la fondatrice du Monastère des&#13;
Augustines de Bayeux. Cousin par alliance, Papa comme avocat, la&#13;
représente dans toutes les démarches légales requises pour cette fondation.&#13;
Le 30 mai 1641, Monsieur de Bernesq conduit ma cousine au berceau&#13;
de l'Ordre à Dieppe, où elle fait son noviciat et devient Soeur MarieMadeleine de Saint-Augustin.&#13;
La transaction ne se fait pas sans difficultés. Il faudra trois ans de&#13;
délibération pour la conclure: ce qui donnera tout le temps à la future&#13;
fondatrice de se bien préparer aux tâches qui l'attendent.&#13;
&#13;
30&#13;
&#13;
31&#13;
&#13;
�Le 25 avril 1644, avec deux compagnes que lui cède la communauté,&#13;
sa mère et une amie qui l'ont suivie dans son projet, e lle quitte Dieppe,&#13;
s'arrête en pèlerinage sur la route de Caen et sera à Bayeux le 1er mai&#13;
suivant.&#13;
Supervi sé par Papa, qui accompagne les c inq religieuses durant leur&#13;
voyage, le transfert des pouvoirs se fait le 12 mai suivant.&#13;
Deux jours plus tard, nous sommes nombreux, la fa mille et les amis,&#13;
venus partager la joie de, la fondatrice qui pro nonce ses voeux solennels&#13;
e n l'église Saint-Jean-J'Evangé liste.&#13;
Cet événement heureux se double de mon projet de venir la rejoindre.&#13;
Ma soeur Françoise a aussi manifesté le désir d'entrer dans la nouvelle&#13;
communauté. Bientôt, la soeur de Grand· Mère-Re née, tante Catherine&#13;
Avice, mère de la fondatrice et qui a fait son novic iat avec e lle, rev ie ndra&#13;
partager ses travaux, sous le nom de Soeur Catherine de Saint-Joseph,&#13;
lorsqu'elle aura réglé ses affaires de famille. Elle sera suivie d'une autre&#13;
de ses fi lles.&#13;
&#13;
religieuses. On m·habille de vêtements assortis aux leurs; mais je demeure&#13;
une gamine avec ma robe noire, mon petit bonnet et mon tablier blanc.&#13;
Finalement, l' inauguration solennelle a lieu le 29 octobre 1644. La&#13;
Fondatrice souhai te la vivre dans un é lan de fraternité et de solidarité.&#13;
"M.M. do Chapitre, les enfants de choeur et la mus ique de la cathédrale"&#13;
seront de la cérémonie. L' assistance est considérable. Les portes demeurent&#13;
ouvertes. Bo n nombre des invités n' ont pas "e nte ndu le sermon"! ... "&#13;
&#13;
u~ ~~&#13;
&#13;
&gt;t,&#13;
&#13;
p-./-6tr~&#13;
&#13;
Marie-Catherine de Saint-Augustin&#13;
*extrait d' un livre en préparation:&#13;
CATHERINE SE RACONTE...&#13;
&#13;
Denise PEPIN&#13;
&#13;
Enfin, à son tour, libérée de ses responsabilités fami lia les, le 28&#13;
janvier 1647, Grand'Mère- Renée recev ra l'habit des Chanoinesses de&#13;
Saint-Augustin sous le nom de Soeur-Renée-de-l'lncarnation .&#13;
En attendant, la communauté des Augustines de Bayeux est fondée.&#13;
La vie s'organise. Dans leur monastè re délabré. la fo ndatrice et ses&#13;
compagnes vivent la vie conventuelle avec les moyens du bord.&#13;
L'été se passe à organiser l' hôpital qui s'est avéré dans un état de&#13;
dé labre ment plus lamentable encore que les locaux vétustes que lui o nt&#13;
cédés les Chanoines de Saint-Augustin, pas très heure ux d'être évincés et&#13;
qui se sont gardé la meilleure part dans le partage des biens;&#13;
... pas de lit, pas de mobilie r, pas de linge, pas d'argent.. ,&#13;
La supérieure prêtée par Dieppe s'oblige à mend ier, lits, vaisselle,&#13;
fe nêtres e tc ...&#13;
Six mois ne sont pas de trop pour préparer la salle de ses premiers&#13;
malades.&#13;
Le sept octobre, avec ma soeur aînée, nous rejoigno ns les ra ngs de&#13;
la communauté. Par l'accueil qui le ur est réservé, les deux jeunes rec rues&#13;
sont immédiatement intégrées dans le mouveme nt.&#13;
&#13;
UNE FÊTE MISSIONNAIRE SOUS LA PRÉSIDENCE&#13;
DE S.E. MGR JEAN-CLAUDE TURCOTTE,&#13;
ARCHEVÊQUE DE MONTRÉAL,&#13;
DANS LA VILLE NATALE DE JEANNE MANCE&#13;
&#13;
Le dimanche, 24 avril 1994, dans la cathédrale de&#13;
Langres, Mgr Turcotte présidait la messe solennelle dans&#13;
le cadre des festivités du VIIIe cente naire de la&#13;
Cathédrale, cathédrale qu'a fréquentée Jeanne M ance, la&#13;
Langroise courageuse, audacieuse, intrépide ... la vraie&#13;
fo ndatrice de Montréal par sa foi , sa persévérance, son&#13;
courage, mais aussi l'infirmière attentive et proche ... Se&#13;
basant sur l'exemple de Jeanne Mance, qui a osé traverser&#13;
la mer pour a ller témoigner du C hrist, Monseig ne ur a&#13;
rappelé que chacun, aujourd'hui comm~ hier, est appelé&#13;
à participer à l'effort missionnaire de l'Eglise.&#13;
&#13;
Les quinze ans de Françoise lui permettent d'être admise au Noviciat.&#13;
Mes douze ans e t demi semblent un peu j ustes pour me donne r l' habit des&#13;
&#13;
32&#13;
&#13;
33&#13;
&#13;
�JEANNE MANCE,&#13;
FEMME D'ESPÉRANCE&#13;
&#13;
'\. ,•&#13;
&#13;
"'I&#13;
&#13;
F&#13;
&#13;
ace à la morosité et à la désespérance de notre&#13;
monde, nous sommes invités, comme nous y&#13;
presse Jean-Paul II, à entrer dans l'espérance.&#13;
&#13;
Pour nous guider, regardons Jeanne Mance femme des&#13;
origines de Ville-Marie, qui fut habitée par une indéfectible espéra~ce laquelle&#13;
prenait son assise sur sa grande foi.&#13;
Jeanne Mance est d'abord une femme de foi qui avait abandonné ses&#13;
sécurité~ pour répondre à une vocation missionnaire dans des conditions qui&#13;
supposaient un courage et un dévouement sans cesse renouvelés. Et cette vocation&#13;
particulière_ l'a conduite_à l'extr~me limite au-delà de laquelle un apostolat féminin&#13;
ne semblait pas possible, m pensable. La vocation de Jeanne Mance est&#13;
exceptionnelle et a été jugée telle en son temps par les missionnaires eux-mêmes;&#13;
elle suppose de ce fait dans sa réalisation un héroïsme quotidien.&#13;
Participer à une entreprise missionnaire comme le fit Jeanne Mance la&#13;
diriger même d'une certaine manière, suppose une foi solide bien enracinée d;ns&#13;
le coeur, q~i part_icipe à c~lle ~es Apôtres. _Oui sa mission est d'ordre apostolique.&#13;
Elle~ voue sa v_1e a !a_ d1ffus1on de la foi. Jeanne Mance a reçu cette foi à son&#13;
b~pteme et sa ~1e s~mtuell~ en est le fruit. C'est sa foi qui lui a fait découvrir&#13;
Dieu _da~s les ~ecess1teu_x quelle~ secourus tout au long de sa vie de dévouement&#13;
et qm lm a fait percevoir ce besoin de Dieu chez ceux qui n'avaient pas encore&#13;
reçu la grâce de la foi dont elle-même avait bénéficié depuis sa tendre enfance.&#13;
La naissan~e de_ sa vocation missi?nnaire est caractéristique, on pense à un&#13;
e;o~rant soutei:rain qm ?ffieure et souda~n~~e~t surgit au grand jour parce qu'un&#13;
evenement lm a donne passage; ce qui eta1t implicite devient évident. II lui a&#13;
suffi d'entendre parle~ de ~e qui _se f~is~it en _Nouvelle-France pour que s'ouvre&#13;
devant elle la perspective dune vie m1ss10nnaire, elle pourra non seulement vivre&#13;
de sa foi mais elle contribuera à la répandre, en un lieu où la Parole de Dieu&#13;
commence seulement à se faire entendre.&#13;
Il l~i faut.d~nc, co_mme une né~essité interne, porter Dieu à ceux qui sont&#13;
encore loin de Lm et qm peuvent Lm devenir proches grâce à elle.&#13;
~oi et espérance s~nt intime~ent liées._ Il est certain que Jeanne Mance&#13;
,&#13;
n aurait pu entreprendre I oeuvre quelle a réalisée en un pays entièrement neuf&#13;
sans une espérance inconditionnell e pour le temps et pour l'éternité. Se~&#13;
motivations sont d'ordre r~li~i~ux _et spirituels. Jeanne Mance n'est pas partie en&#13;
Nouvelle-France par besoin d evas1on, elle a voulu répondre à un appel impérieux&#13;
qui lui semblait venir de Dieu.&#13;
L'espérance ne lâche pas facilement. En fait, elle ne lâche jamais Jeanne&#13;
Mance avait cette espérance qui croyait qu'il y a toujours une lumière au.bout de&#13;
tous les tunnels.&#13;
C'est toute sa vie qui est pénétrée d'espérance, elle y trouve Ja source&#13;
per~ane~te de s_on dynamisme qui ne co~naît pas de fléchissement quelque soient&#13;
les situations ou elle se trouve, celles-ci ont souvent été tragiques, soit pour la&#13;
&#13;
34&#13;
&#13;
colonie de Montréal, en général surtout jusqu'en 1663, mais aussi pour elle-même&#13;
et pour !'Hôtel-Dieu qu'elle avait charge de créer et d'organiser.&#13;
Étant donné la nature et la durée des épreuves qu'elle a traversées, il est&#13;
difficile de trouver une explication autre que l'espérance à sa constance, à son&#13;
optimisme, à sa fidélité au projet initial qui semble se développer si mal et décevoir&#13;
l'attente; elle a foi en sa mission.&#13;
L'espérance contre toute espérance était une nécessité quotidienne pour&#13;
persévérer et travailler à maintenir Montréal sous la menace iroquoise qui devient&#13;
extrême et permanente.&#13;
N'oublions pas que c'est au cours des années critiques, qu'elle a travaillé&#13;
avec l'aide de ceux qui partageaient son optimisme surnaturel, à implanter à&#13;
Montréal les deux institutions de l'avenir: le séminaire des messieurs de SaintSulpice et la communauté des Filles de Saint-Joseph pour le service de l'HôtelDieu, respectivement en 1657 et en 1659.&#13;
Son espérance a gardé sa fermeté lorsque survient l'accident du 28 janvier&#13;
1657 qui en fait une invalide alors qu'elle a la pleine charge de l'hôpital, non&#13;
encore desservi par les religieuses; elle se voit du jour au lendemain dépendante&#13;
d'autrui et incapable de remplir ses fonctions. Elle ne pense pourtant pas à&#13;
abandonner la partie; elle se rend en France à la fin de 1658, ce n'est pas pour y&#13;
rester. Elle compte bien continuer son oeuvre à Montréal envers et contre tout;&#13;
malgré ce handicap. Quand elle est assurée qu'aucune amélioration n'est possible,&#13;
elle prie monsieur Olier, mort depuis deux ans, d'intercéder pour elle et demande&#13;
un peu de soulagement. Sa prière sera exaucée le 2 février 1659 alors qu'elle est&#13;
guérie miraculeusement.&#13;
Chez Jeanne Mance, l'espérance est aussi certitude d'être aimée de Dieu,&#13;
protégée par Lui et d'être capable par Lui de venir à bout de tout ce qu'il demande.&#13;
L'espérance a pris chez elle la forme que recommandait si fortement le père&#13;
Saint-Jure, son directeur, et que l'on nommerait aujourd'hui l'abandon à la divine&#13;
Providence. Les grandes et longues épreuves de sa vie n'ont jamais ébranlé son&#13;
espérance; au contraire, elles l'ont enracinée plus profondément.&#13;
Jeanne Mance aurait youlu donner priorité aux Indiens à qui elle venait, à&#13;
sa manière propre, porter l'Evangile; les circonstances ont fait qu'elle les a servis&#13;
moins qu'elle l'aurait désiré, et que les colons français ont été les premiers à&#13;
bénéficier-de sa présence. Mais ce glissement reflète celui de toute l'Eglise de la&#13;
Nouvelle-France, dont la destination a été d'abord missionnaire, et qui en fait est&#13;
devenue peu à peu une Église d'immigrants en provenance de l'Europe. Cela ne&#13;
retire rien au mérite des fondateurs et entre dans les voies de la Providence à&#13;
laquelle Jeanne Mance s'abandonnait complètement.&#13;
Le testament de Jeanne Mance est, au soir de sa vie, une profession&#13;
d'espérance: "Espérant de son infinie bonté et miséricorde le pardon de mes péchés&#13;
que je jette dans l'abîme infini du Précieux-Sang et mérites infinis de Jésus-Christ,&#13;
mon Sauveur et Rédempteur, qui est le seul et unique appui de toutes mes&#13;
espérances et de la béatitude que j'espère de le voir et de l'aimer éternellement."&#13;
Le mot "infini" revient trois fois en trois lignes, avec celui d'abîme. C'est&#13;
sur cet infini que Jeanne Mance prend son "seul et unique appui".&#13;
(extrait de "Jeanne Mance, sommaire des vertus" par Dom Guy-Marie Oury, o.s.b.)&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
�PROCLAMATION DES GAGNANTS (E)S DU 14E&#13;
CONCOURS DU COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
&#13;
--r.&#13;
25 mai 1994, C.F.E.C&#13;
Les Invités "de marque •: M . l'abb é&#13;
François Lanoue, Yvelle Bel/erose,&#13;
M. Roger leclerc, président du C.F.E.C.,&#13;
Hélène Tremblay c.n.d. de Centre M.B.&#13;
&#13;
Après une année de relâche pour&#13;
laisser libre-champ aux initiatives lancées à&#13;
l 'occasion du 350ede Ville-Marie, le Comité&#13;
des Fondateurs a relancé son Concours&#13;
Lradi tionnel aux élèves de nos institutions&#13;
scolaires, pour les inviter à mieux c9nnaître&#13;
un Fondateur, une Fondatrice de l'Eglise du&#13;
Canada, témoin pour les jeunes de notre&#13;
temps. Le Comité ad hoc, présidé pnr Soeur&#13;
Madeleine Tanguay, s.n.j.m. avait élargi la&#13;
cible du Concours: deux sections de parlicipants&#13;
étaient ouvertes: les 3e et 4e du secondaire,&#13;
comme à l 'accoutumée et l a Se du primaire,&#13;
une innovation.&#13;
&#13;
L e couronnement du Concours, la proclamation des lauréats ont eu lieu le&#13;
26 mai dernier, à la Maison mère d~s S9eurs de Sain.te-Anne, à Lachi ne, auprès du&#13;
Tombeau de la F ondalrice, la VENERABLE MERE MARIE- ANNE (Esther&#13;
Blondin); sa vie, son oeuvre, constituaient le thème du Concours 1993- 1994.&#13;
Sous des formes variées: bande dessinée, poème. afi iche, maquette, etc. (pour&#13;
le secondaire), illustration en couleurs d'un événement idenlifié de la vie de la&#13;
Fondatrice (pour le primaire), les concurrents étaient appelés à traduire cc qui les&#13;
frappait davantage dans la vie d'Esther Blondin, comment ce témoin de la foi les&#13;
encourageait à s'engager aujourd'hui.&#13;
L e primaire a mobilisé 197 concurrents de six écoles urbaines ou rurales qui&#13;
ont présenté autant de dessins, accompagnés de réflex i ons touchantes et&#13;
significatives. Le secondaire a présenté des créations de l 11 concurrents issus de&#13;
Lachine, Montréal, Saint-Jacques, Port-au-Prince.&#13;
Soeur Y vette Bellerose, supérieure générale des SSA a souhaité la bienvenue&#13;
à l 'assistance. Parmi elle, on comptait M . Roger L eclerc, président du C.F.E.C.,&#13;
M onsieur l'abbé François ~anoue, un vétéran du Comité, Soeur H élène Tremblay,&#13;
c.n.d., du Centre Marguente B ourgeoys, des professeurs, animatrices des écoles&#13;
participantes, entournnt les lauréats du secondaire. L e primaire n'avait pas répondu&#13;
à l'invitation.&#13;
Les j uges des deux sections ont confessé avoir été louchées émerveillées.&#13;
impressionnées: elles ont réalisé que ksjeunes peuvent aller loin da~s la créativité,&#13;
jusqu'où ils peuvent pousser leur rénexion, combien ils sont francs sincères&#13;
ouver ts. Elles ont tenu à rendre hommage à l 'engagement des laïcs qui ~nt stimuld&#13;
l es j eunes au travail, à la réflexion. à l'action.&#13;
La fête s'est terminée par un arrêt priant au Tombeau de Ja Fondatrice puis&#13;
par un partage spontané autour d'une table bien garnie.&#13;
Ce ne peut être qu' une bonne semence jet6e en terre meuble!&#13;
&#13;
Marie-Laure Lalonde, s.s.a.&#13;
&#13;
36&#13;
&#13;
CATHERINE DE HUECK DOHERTY, UNE&#13;
"PIEUSE LAÏQUE CATHOLIQUE&#13;
11&#13;
&#13;
Communiqué spécial à THIS WEEK, 29 janvier 1991&#13;
par Robert Wild, de Madonna House, COMBERMERE (traduction)&#13;
&#13;
"Parmi les catholiques, Catherine Doherty fut le pionnier de la justice&#13;
inter-raciale aux États-Unis" me di sait il y a quelques années, le père Paul&#13;
Furfy. Et il était bien placé pour le savoir, lui qui fut son directeur spirituel&#13;
pendant plusieurs années e t pionnier lui-mê me des affaires inter-raciales&#13;
au sein du clergé. Voulez-vous dire "LE PIONNIER"? demandai-je pour&#13;
bie n préciser. Oui, "LE PIONNIER", dit-il même avec emphase.&#13;
"Lorsque Catherine vint à Harlem, à la fin des années '30 , elle ignorait&#13;
tout de nous, les Nègres", me dit une fois une femme qui avait travaillé&#13;
avec Catherine pendant ces années. " Il lui fallait une énorme dose de&#13;
courage, aussi ai-je compris qu'elle était de Dieu".&#13;
Vo ilà seu lement quelques exemples des nombreux témoignages&#13;
rendus à Catherine Doherty qui mourait le 14 décembre 1985. Elle é tait&#13;
très bien connue dans la vallée d ' Ottawa, spécialement dans la région&#13;
Bancroft-Combermere-Ban-y's Bay. De puis son arrivée en 1947, elle avait&#13;
passé une grande partie de sa vie à aider les gens dans divers champs&#13;
d'ac tion: soins à domi c ile, vestiaires, biblioth èques d e prê ts et&#13;
particu lièrement par la fondation d ' une communauté catholique MAOONNAHOUSEACOMBERMEREco mrnun auté qui essaie de vivre&#13;
l' Évangile dans la s implicité inspirée par&#13;
sa vie e t son enseignement.&#13;
Récemment ( 1990), des millions&#13;
de Canadiens ont s uivi à la télévision,&#13;
les cérémonies de canonisation de la&#13;
pre mi è re sa inte , ca n adie nn e d e&#13;
naissance, Marguerite d'Youville. Cet&#13;
évé nement éveilla l ' i ntérêt s ur la&#13;
ques ti o n d e savoir co mm e nt de s&#13;
personnes en, viennent à être déclarées&#13;
saintes par l'Eglise catholique. Et nous,&#13;
de Madonna 1-louse, sommes souvent&#13;
inte1rngés par nos amis: "Qu'en est-il de&#13;
Cath e rine? Y-a- t-i l quelque chose&#13;
d 'officiel au sujet d ' une cause possible&#13;
&#13;
NOTRE-DAME DE COMBERE&#13;
&#13;
37&#13;
&#13;
�en vue de sa canonisatio}l?''. Tout d'abo rd, il faut qu'il soit&#13;
clair que Dieu&#13;
seul "fait" les saints. L'Eglise, par un examen minutieux&#13;
et précis, tâche&#13;
loyalement de constater et de confir'!1e~ ~e q?i, par la grâce&#13;
de Dieu, est&#13;
advenu dans la vie d'une personne. Amsi ecla1ré, on peut alors&#13;
demander:&#13;
"Qu 'y-a-t -il d'offi ciel dans le cas Mado nna House ou&#13;
le diocè se de&#13;
Pembroke pour amorcer quelqu~ _action?" Brièvement, je&#13;
vous indiquerai&#13;
quelles sont les démarches qm s imposent pour que s'ouv&#13;
re une "cause",&#13;
avant de vous dire où nous en sommes pour le moment.&#13;
Actuellement, n 'import_e qui ou n'importe quel groupe dans&#13;
l'Égli se&#13;
peut proposer à l'évêque du heu, une personne à la vénération&#13;
des fidèles&#13;
Inutile de le préciser: il s'a~it d'une démarche sérieuse qui&#13;
se fait aprè~&#13;
beaucoup de prières et de discernement.&#13;
&#13;
EN VENTE AU CENT RE MAR GUER ITE -BOURGEO&#13;
YS&#13;
&#13;
Poissant, Simone, C.N.D., MARGUERITE BOURGEOY&#13;
S, Montréal,&#13;
Bellarmin, 1993, 105p. -réédition corrigée - 6$&#13;
Blatrix, Moïse, Sainte MARG UERI TE BOURGEOYS de Montr&#13;
éal et de&#13;
Troyes, Chambray, C.L.D., 1982, 155p. - 7$&#13;
Quigl ey, Flore nce, C.N.D ., En comp agnie de MAR&#13;
GUER ITE&#13;
BOURGEOYS, Montréal, Éditions Paulines, 1982, l l0p.&#13;
- 1$&#13;
Caza, Lorraine, C.N.D., La vie voyagère, conversant avec&#13;
Je proch ain&#13;
MARGUERITE BOURGEOYS, Montréal, Bellarmin, 1982,&#13;
215p. - 8$&#13;
Létourneau, Lorraine, Jeann e LeBer , coll. Célébrités&#13;
canadiennes,&#13;
Montréal, Lidec inc. 1990, 62p. - 10$&#13;
Lambert, Thérèse, C.N.D., MARGUERITE BOURGEOY&#13;
S Éducatrice,&#13;
Mère d'un pays et d'une Église , Mont réal, Bellar min,&#13;
1978, 14lp.&#13;
- 2e édition. - 2$&#13;
Berni er, Hélène, MAR GUER ITE BOUR GEOY S, coll.&#13;
Class iques&#13;
canadiens, Montréal, Fides, 1974, 94p. - 2$&#13;
Breton Bernadette, C.N.D., MAR GUER ITE BOUR GEOY&#13;
S chez les&#13;
autochtones, coll. HÉRITAGE, brochure, C.N.D., 1992,&#13;
20p. - 1$&#13;
Sévigny, Jannine, C.N.D., Le contexte social et religieux&#13;
de la mission&#13;
de MARGUERITE BOURGEOYS comme éducatrice, coll.&#13;
HÉRITAGE,&#13;
brochure, C.N.D., 1993, 64p. - 1$&#13;
Scott, M. Eileen Scott, C.N.D ., Une spirit ualité de comp&#13;
assio n,&#13;
brochure C.N.D., 1979, 24p. - 1$&#13;
Paradis, Colette, C.N.D., Il était une/o is MARGUERITE BOUR&#13;
GEOYS&#13;
(pour enfants), brochure C.N.D. - 0,25$&#13;
Martel, Suzanne, Au temps de MAR qUER ITE BOURGEOY&#13;
S quand&#13;
Montréal était un village, Montréal, Ed. du Méridien, 1982,&#13;
331 p. - 7$&#13;
Alexandre, Marie-Jeanne, C.N.D., Un Nom de Lumière, brochu&#13;
re C.N.D.,&#13;
1991.- 2$&#13;
&#13;
Elle ne peut être entreprise avant que ne se soient écoul&#13;
ées cinq&#13;
années depuis la mort de la personne concernée. Or Cathe&#13;
rine est décédée&#13;
en 1985. Madonna House se prépare à enclencher le processus&#13;
de sa Cause&#13;
mais ce n'est pas encore fait (1991). D'aill eurs certains docum&#13;
ents et de~&#13;
témoignages sont requis, au préalable, et il faut encore du&#13;
temps pour les&#13;
recueillir.&#13;
Alors }'Évêque lui-même dev~a étudier la matière qu'on lui&#13;
fournira.&#13;
Il invitera des spécialistes: théologiens, historiens, etc. à l'assi&#13;
ster dans le&#13;
jugem ent à porter. Plusieurs années Y seront consacrées,&#13;
comme c'est&#13;
normalement le cas.&#13;
Ainsi, il serait faux de dire que quelq ue déma rche ait&#13;
déjà été&#13;
entreprise en vue de la canonisation de Catherine. Nous&#13;
en sommes au&#13;
stage de la cueillette des documents; mais nous avons bien&#13;
l'inte ntion de&#13;
porter cette cause à la pieuse considération de l'Évêque.&#13;
Nous, de Madonna House, et quantité d'autr es personnes&#13;
de par le&#13;
monde, croyons que Catherine fut une des grandes femm&#13;
es catholiques&#13;
de notre siècle. Elle s'est elle-même décrite comme une&#13;
bonne "laïque&#13;
catholique". Ses écrits, actuellement recueillis, et les témoi&#13;
gnages de ses&#13;
connaissances présentés à !'Ordinaire, serviront à aider l'Égli&#13;
se à établir&#13;
à quel point cette personne fut une catholique exemplaire&#13;
.&#13;
J'ai été nommé, moi-même, :•postulateur", c'est- à-dire&#13;
"agent de&#13;
li~ison" entre Mad~nna H_ouse et l'E~êque. ~ous faisons&#13;
un petit pas à la&#13;
fois, essayant,de decou vnr la Volonte de Dieu et de rendr&#13;
e possible une&#13;
dé,cision del 'Eglise dans une affaire qui pourrait concerner&#13;
la vie de toute&#13;
l'Egli se.&#13;
&#13;
Glandelet, Charles de, Le Vray Esprit (1700-1701), Montr&#13;
éal, C.N.D.,&#13;
1976, 94p. - 5$&#13;
Glandelet, Charles de, La vie de la soeur MARGUERITE BOUR&#13;
GEOYS&#13;
(1715), Montréal, C.N.D., 168p. - 5$&#13;
Les Écrit s de Mère BOUR GEOY S, autob iogra phie&#13;
et testam ent&#13;
spirituel, Montréal, C.N.D., 1964, 302p. - 5$&#13;
&#13;
Lamoureux, Michelle, C.N.D., Quand l'Évangile s'empare&#13;
d'une vie,&#13;
brochure C.N.D., 1982, 30p. - 1$&#13;
&#13;
38&#13;
39&#13;
&#13;
IL&#13;
&#13;
�Paradis, Colette e t Derome, C écile, C.N.D., MARGUERITE&#13;
BOURGEOYS, une fleur de chez nous, (pour enfa nts), Saint-Jean-surRichelieu, Éd. du Richelieu, 63p. - 1$&#13;
&#13;
LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE&#13;
DU CANADA&#13;
&#13;
Roque, A.J., Étude caractériologique de Mère MARGUERITE&#13;
BOURGEOYS d 'après douze documents autographes de I 651 à 1695,&#13;
brochure C.N.D., 32p. - 0,50$&#13;
&#13;
Sur les pas de MARGUERITE BOURGEOYS à Troyes, à Paris, à&#13;
Québec, à Montréal, 4 fascicules C.N.D. - 0,50$&#13;
Chicoi ne, Émilia, C.N.D., La métairie de MARGUERITE BOURGEOYS&#13;
à la Poi11te-Saint-Clzarles, Montréal, Fides, 1986, 359p. - 10$&#13;
Langlois, Yvon, Bla11che orchidée: Jeanne LeBer, Cap-Saint-Ignace,&#13;
Ateliers Marc Veilleux, 1994, l 35p. - 15$&#13;
Lafortune, Claude et Major, Henriette, MARGUERITE BOURGEOYS,&#13;
LaSalle, Éd. Hurtibise HMH, 1983, 56p. - 2$&#13;
MARGUERITE BOURGEOYS, (bande dessinée) coll. Les grands moments de l'Église canadienne, Paris, Éd. Fleurus, 1989, 49p. - 2$&#13;
&#13;
Laudes et vêpres en l'/zo1111eur de MARGUERITE BOURGEOYS,&#13;
&#13;
EXÉCUTIF&#13;
Président&#13;
&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
&#13;
Réalisateur émérite, Radio-Canada&#13;
&#13;
Vice-présidente&#13;
&#13;
S. Thérèse Caron, a.m.j.&#13;
&#13;
Dir. du centre Catherine-de-StAugustin, (Québec)&#13;
&#13;
Trésorière&#13;
&#13;
S. Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Jeanne-Mance, Mtl.&#13;
&#13;
Publiciste&#13;
&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
&#13;
Prof. émérite, CEGEP, Ahuntsic, Mtl.&#13;
&#13;
Secrétaire&#13;
&#13;
S. Thérèse Leduc, s.n.j.m. Sup. de Rés., à Longueuil&#13;
&#13;
J•' Cons.&#13;
&#13;
Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
&#13;
Cause de Jeanne LeBer, Montréal&#13;
&#13;
2°Cons.&#13;
&#13;
P. Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
&#13;
Cause du Père Frédéric, Trois-Rivières&#13;
&#13;
MEMBRES&#13;
&#13;
brochure C.N.D., 1993, - 0,50$&#13;
&#13;
Célébration eucharistique de sainte MARGUERITE BOURGEOYS,&#13;
brochure de l'Office national de liturgie, 1990, - 2$&#13;
&#13;
INFORMAT/ON&#13;
Gourdeau, C laire, Les délices de nos coeurs Marie-del'Incamation et ses pensionnaires amérindiennes, Sillery,&#13;
Éd. du Septentrion, 1994, l 29p.&#13;
Oury, Guy-Marie, Marie Guyart en son pays, Abbaye de&#13;
Solesmes, 1994, 82p.&#13;
Deux publications récentes (au moins) lancent les noms de&#13;
nos Fondateurs.&#13;
Voca-Sillon, de l'Office des Vocations du diocèse de Shebrooke,&#13;
dans le no 1, du vol. 4, invite les jeunes à&#13;
!'"ÉCOLE DE NOS ANCÊTRES".&#13;
Le Journal Jésus-Marie et Notre Temps de novembre 1994&#13;
propose un "petit mot" des saints, saintes,&#13;
bienheureux, bienheureuses, vénérables, en&#13;
marche vers la glorification de l'Église, pour&#13;
"STOPPER LA DÉGRINGOLADE: LA SAINTETÉ".&#13;
&#13;
40&#13;
&#13;
S.E. Mgr André-MarieChimichella, o.s.m. Évêque auxilliaire à Montréal&#13;
Mgr Louis Aucoin, P.H.&#13;
&#13;
Curé, St-Vincent-Ferrier, Montréal&#13;
&#13;
S. Ghislaine Boucher, r.j.m.&#13;
&#13;
Cause de Dina Bélanger, Québec&#13;
&#13;
M . l'abbé Jean Chevalier&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Baie-Corneau&#13;
&#13;
Mlle M.-Thérèse Chevalier&#13;
&#13;
b ir. du journal Jésus-Marie et N.T., Mù.&#13;
&#13;
M. Jérôme Collura&#13;
&#13;
Pe rs., hosp., N-D.-de-la-Merci, Mtl.&#13;
&#13;
S. Da nielle Dubois, c.n.d.&#13;
et Sr. Patricia Simpson, c.n.d.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Marguerite Bourgeoys, Mù.&#13;
&#13;
S. Thérèse Frigon&#13;
&#13;
Dir. du Centre Émilie-Gamelin, Mtl.&#13;
&#13;
S. Marguerite Jean, s.c.i.m.&#13;
&#13;
Vice-post., Cause Marie-Fitzbach, Québec&#13;
&#13;
S. M.-Laure Lalande, s.s.a.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Esther-Blondin, Lachine&#13;
&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Joliette&#13;
&#13;
S. Jeanne Laporte, s.g.m.&#13;
&#13;
Centre Marguerite-d'Youville, Montréal&#13;
&#13;
M. le chan. Jacques Lemieux&#13;
&#13;
Cause Mgr-de-Laval, Québec&#13;
&#13;
S. Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
&#13;
Vice-post., Cause Délia-Tétreault, Laval&#13;
&#13;
S. Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
Dir. du centre M .-de-l'Incarnation, Québec&#13;
&#13;
M. Robert Oman&#13;
&#13;
Étudiant, UQTR, Trois-Rivières&#13;
&#13;
Frère Réal Prévost, o.f.m.&#13;
&#13;
Cause de Didace Pelle tier, Montréal&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
1- Liminaire ........................................................&#13;
2-&#13;
&#13;
Photo de M. le cardinal J.-C. Turcotte ...... ...... 3&#13;
&#13;
3-&#13;
&#13;
Jeanne Le Ber ................................................. 4&#13;
&#13;
4-&#13;
&#13;
Héritage légué par les Martyrs Canadie ns&#13;
(conférence)&#13;
présentation ... .............. .. .... .... ......... .... ..... ....... 12&#13;
13&#13;
texte&#13;
22&#13;
remerciements&#13;
&#13;
5-&#13;
&#13;
Un nouveau centre universitaire ..................... 23&#13;
&#13;
6- L'itinéraire spiritue l d'un bienheureux .......... . 24&#13;
7-&#13;
&#13;
Sainte Marguerite d'Youville .......................... 28&#13;
&#13;
8- En re montant le temps .......... ................... ....... 31&#13;
9- Jeanne Mance, femme d'espérance ................ 34&#13;
&#13;
Dépôt légal - Bibliothèque Nationale du Québec&#13;
ISSN 0226-3572&#13;
&#13;
Ce bulletin est publié par&#13;
L e Comilé des Fondateurs de l'Église du Canada&#13;
1460, boui. Crémazie Est Montréal, Québec H2E /A2&#13;
Tél.: (514) 374-5981&#13;
&#13;
Frais de retour garantis&#13;
&#13;
�</text>
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                <text>p. 1-2 :&lt;em&gt; Liminaire&lt;/em&gt; par Leclerc&lt;br /&gt;p. 3 : Photo&lt;em&gt; Le pape Jean-Paul II a nommé Monsieur le cardinal Jean-Claude Turcotte membre de la Congrégation pour les Causes des saints&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;p. 4-11 :&lt;em&gt; Jeanne Le Ber, la recluse de Ville-Marie&lt;/em&gt; par Tremblay&lt;br /&gt;p. 12-22 : &lt;em&gt;Héritage légué par les martyrs canadiens aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui&lt;/em&gt; par Da Silva, Latourelle et Boucher&lt;br /&gt;p. 23 : &lt;em&gt;Un nouveau centre universitaire : Le Centre d'études Marie-de-l'Incarnation&lt;/em&gt; par Brodeur&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;p. 24-27 : &lt;em&gt;L'itinéraire spirituel d'un bienheureux&lt;/em&gt; par Giguère&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;p. 28-30 : &lt;em&gt;Sainte Marguerite d'Youville et sa mission d'éternité&lt;/em&gt; par Mitchell&lt;br /&gt;p. 31-33 : &lt;em&gt;En remontant le temps...&lt;/em&gt; par Pépin&lt;br /&gt;p. 34-35 : &lt;em&gt;Jeanne Mance, femme d'espérance&lt;/em&gt; par Oury&lt;br /&gt;p. 36 : Concours par Lalonde&lt;br /&gt;p. 37-38 : &lt;em&gt;Catherine de Hueck Doherty, une "pieuse laïque catholique"&lt;/em&gt; par Wild</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15192" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt; collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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              <text>Leblond de Latour, Jacques, 1671-1715</text>
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              <text>Baillif, Claude, v. 1635-v. 1698</text>
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                <text>L’article analyse l’état de l’éducation en France au 17e siècle, puis son implantation en Nouvelle‑France, avant de présenter le rôle spécifique de Laval.  Il soutient activement les petites écoles et la formation des maîtres, encourage l’implantation des communautés enseignantes (Ursulines, Congrégation de Notre‑Dame, Sulpiciens, Jésuites), favorise l’enseignement technique pour les jeunes sans vocation ecclésiastique, veille à la moralité et la compétence des enseignants et contribue à structurer un système scolaire adapté à la colonie.</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="http://id.erudit.org/iderudit/1007443ar" target="_blank" rel="noreferrer noopener"&gt;texte intégral&lt;/a&gt; via Érudit</text>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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