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                    <text>Lettre de Laval à Seignelay (Québec, 4 juin 1681)&#13;
&#13;
M. de Seignelay,&#13;
Vous apprendrez plus particulièrement par les lettes de M. de La Barre et [M.] de&#13;
Meulles que les Iroquois ont déclaré la guerre et les actes d’hostilité qu’ils ont&#13;
attentés, en divers temps et différents lieux, sur les Français, ce qui oblige de&#13;
dépêcher une barque pour en donner avis à Sa Majesté et la supplier, avec toutes&#13;
les instances possibles, d’envoyer le secours nécessaire pour s’opposer à cet&#13;
ennemi, qui n’omettra rien de tout ce dont il est capable pour empêcher&#13;
l’établissement de cette colonie, laquelle a tout sujet de l’appréhender si l’on ne les&#13;
prévient et que l’on aille dans leurs pays avant qu’ils puissent se répandre dans&#13;
toutes les habitations françaises, dans lesquelles ils apporteraient une grande&#13;
désolation, n’étant pas en état de se secourir, à cause de l’éloignement où elles sont&#13;
les une des autres, dans l’espace de plus de 100 lieues. Ce pauvre pays, ayant reçu&#13;
l’an passé, par vos soins et protections, un secours considérable de Sa Majesté, a&#13;
tout lieu d’espérer que nous n’aurez pas moins de bonté cette année pour lui&#13;
procurer celui dont il a plus de besoin que jamais, dans la nécessité pressante où il&#13;
se trouve réduit.&#13;
La conversion d’un si grand nombre d’infidèles, à laquelle ces barbares s’opposent&#13;
depuis tant d’années, est un motif assez puissant pour y exciter votre zèle et votre&#13;
piété. Le rang que je tiens m’oblige par le même motif, plus étroitement que&#13;
personne, d’y prendre intérêt et de vous supplier, autant qu’il m’est possible,&#13;
d’avoir compassion de ce christianisme, qui est dans un péril très grand de sa&#13;
ruine, s’il n’est puissamment et promptement secouru de Sa Majesté. C’est ce que&#13;
nous attendons de la continuation de vos soins, vous assurant que je suis avec bien&#13;
du respect, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
François, évêque de [Pétrée].&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1681, 4 juin – Lettre de Laval à Seignelay&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 84)&#13;
1 Copie dela lettre de mon Seigneur Ecrite a mr de&#13;
2 Seignelay Le 4e Juin i684. Lettre N.&#13;
3 Monsieur S&#13;
N.o 84&#13;
4 Vous apprendrés plus particulierement par les lettres de&#13;
5 m.rs dela Barre, et demeulles que les Jroquois ont&#13;
6 declaré La guerre, et Les actes d’hostilité quils ont&#13;
7 attenté en divers temps, et differents Lieux, Sur leS&#13;
8 fransois, Ce qui oblige de despecher une barque pour&#13;
9 en donner advis a Sa majesté, et La Supplier avec touteS&#13;
10 Les instanceS poSsibles d’envoyer LeSecours neceSsaire&#13;
11 pour S’oppoSer a cet Ennemy qui n’obmettra rien de tout&#13;
12 ce dont il est capable pour empescher LetabliSSement&#13;
13 de cette Colonie La quelle a tout Suiet de l’apprehender&#13;
14 Si Lon ne les previent. et que Lon aille dans LeurS&#13;
15 pays avant quils puiSSent Se repandre dans toutes les&#13;
16 habitations francoiSes, dans les quelles ils apporteroint&#13;
17 Vne grande deSolation, nestans pas en Estat de Se&#13;
18 Secourir acause de L’eloignement ou elles Sont Les uneS&#13;
19 des autres dans l’espace de plus de cent LieüeS.&#13;
20 Ce pauvre pays ayant receu L’an paSsé par vos SoinS&#13;
21 et protection un Secours considerable de Sa ma.té&#13;
22 atout Lieu d’Esperer que vous n’aurés pas moins&#13;
23 de bonté cette année pour luy procurer celuy dont il&#13;
24 a plus de beSoing que JamaiS dans La neceSsité&#13;
25 preSsante ou il Se trouve reduit.&#13;
26 La converSion dun Si grand nombre dinfidelleS ala&#13;
27 quelle ces barbares Sopposent depuis tant d’annéeS&#13;
28 Est un motif aSsés puiSSant pour y Exciter vostre&#13;
29 zele, et vostre pieté.&#13;
30 Le rang que ietiens m’oblige par le mesme motif pluS&#13;
31 Etroitement que personne dy prendre interest, et&#13;
32 de vous Supplier autant quil m’est possible d’avoir&#13;
33 compaSsion de ce Christianisme qui est dans un&#13;
34 peril tres grand de sa ruine Sil n’est puiSsamment&#13;
35 et promptement Secouru de Sa ma.té Cest ce que&#13;
36 nous attendons de la continuation de vos Soins, et&#13;
37 vous aSSeurant que je Suis avec bien du respect.&#13;
38&#13;
Monsieur&#13;
Vostre tres humble et&#13;
39&#13;
tres obeiSsant Serviteur&#13;
40&#13;
francoiS Evesque de&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-np-lsh-2020&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Lettre de Laval à Seignelay (Québec, 4 juin 1681)</text>
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                <text>Le 1er évêque de Québec informe le secrétaire d’État à la Marine de France que les Iroquois ont déclaré la guerre. Il souligne la nécessité d’envoyer un secours urgent pour s’opposer à cet ennemi, car la colonie est en danger.&#13;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268258"&gt;Copie ancienne en français classique&lt;/a&gt; conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 84&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12754" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12755" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Vaudreuil à Phélypeaux (Montréal, 2 juin 1708)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
J’ai l’honneur de vous écrire, par un petit bâtiment qui part d’ici et qui va à Plaisance,&#13;
et j’en profite avec plaisir pour avoir celui de vous informer de l’état présent de ce&#13;
pays. Tout m’y paraît, Monseigneur, assez tranquille et quoique je n’aie encore reçu&#13;
aucune nouvelle ni du Détroit ni de Michilimakinac, j’ai lieu de croire qu’il ne s’y&#13;
passe rien de contraire au bien du service de Sa Majesté, puisque je n’en ai aucun&#13;
avis.&#13;
Les Flamands ayant toujours une espèce agent chez les Iroquois, j’ai fait repartir ce&#13;
printemps le sieur de Joncaire pour y aller et de là, il doit joindre à Niagara le sieur&#13;
d’Aigremont, suivant vos ordres.&#13;
Je continue toujours d’envoyer ses partis dans le gouvernement de Boston, afin de&#13;
faire des prisonniers et par là, être informé des entreprises qu’ils voudront faire, soit&#13;
sur ce pays ou l’Acadie, et en cas qu’ils aient quelque dessein de retourner au PortRoyal, je donnerai à M. de Subercase tous les secours qui pourront dépendre de moi.&#13;
Je viens de recevoir une lettre de lui, mais elle est du 9e novembre dernier. Il me&#13;
demande de la poudre, du plomb et quelques hardes pour ses soldats. Comme&#13;
M. Raudot fils part d’ici pour se rendre à Québec, je l’ai prié de lui en envoyer par la&#13;
Baie Verte.&#13;
M. de Laval, ancien évêque de Québec, est mort le 6e de mai. Ce prélat a été regretté&#13;
généralement de tout le monde. Le sieur de Granville, capitaine, est mort aussi dans&#13;
le même temps. J’ai fait recevoir le sieur de Montigny, suivant votre ordre, à sa place.&#13;
Je ne vois, Monseigneur, aucune autre nouvelle particulière qui mérite de vous être&#13;
mandée. J’ai l’honneur d’être, avec un respect profond, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Vaudreuil.&#13;
Duplicata du 2.e juin 1708 à Monseigneur&#13;
Côté M.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2022&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1708, 2 juin – Lettre de Vaudreuil à Phélypeaux&#13;
(Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, série C11 A, vol. 28, f. 181-184v)&#13;
1 Duplicata du 2e juin 1708.&#13;
2&#13;
Monseigneur,&#13;
3 J’ay l’honneur de vous escrire, par un petit&#13;
4 batiment qui part d’ycy, et qui va a&#13;
5 Plaisance, et j’en profite avec plaisir&#13;
6 pour avoir celuy de vous Jmformer&#13;
7 de l’Etat present de ce Pays tout m’y&#13;
8 paroist Monseigneur, assez tranquille&#13;
9 et quoy que je n’aye Encore receu&#13;
10 aucune nouvelle, n’y du detroit n’y de&#13;
11 michilimaKina, Jay lieu de croire quil&#13;
12 ne sy passe rien de contraire au bien&#13;
13 du service de sa Majesté, puis que&#13;
14 je n’en ay aucun advis,&#13;
15 Les flamands ayant toujours un espece&#13;
16 d’agent chez les Jroquois, jay fait&#13;
17 repartir ce printems le sieur de Joncaire&#13;
18 pour y aller, et de la il doit joindre a&#13;
19 niagara le sieur d’aigremond Suivant&#13;
20 vos ordres.&#13;
21 Je Continue toujours d’Envoyer ses Partis&#13;
22 dans le gouvernement de baston afin de&#13;
23 faire des prisonniers, et par la estre&#13;
24 jmformé des entreprises quils voudront&#13;
25 faire, Soit Sur ce Pays, ou Sur l’accadie,&#13;
26 et En cas quils ayent quelque dessein&#13;
27 de retourner au port royal, je donneray&#13;
28 a Monsieur de subercaon tous les&#13;
29 Secours qui pouront dependre de moy,&#13;
30 Je vient de Recevoir une lettre de luy&#13;
31 mais elle est du neufvieme novembre&#13;
32 dernier, il me demande de la Poudre; du&#13;
33 Plomb, et quel que hardes pour Ses&#13;
34 Soldats, Comme M.r Raudot fils, par&#13;
35 d’ycy pour se rendre a Quebec, je lay&#13;
36 prie de luy en envoyer par la baye vert[e]&#13;
37 Monsieur de laval, ancien Evesque&#13;
38 de Quebec est mort le sixieme de may&#13;
&#13;
�39 ce Prelat a esté regretté generallement&#13;
40 de tous le monde, le s.r de granville&#13;
41 Capitaine est mort aussy dans le mesme&#13;
42 temps. Jay fait recevoir le Sieur&#13;
43 de montigny Suivant votre ordre.&#13;
44 a sa place, je ne vois Monseigneur,&#13;
45 aucune autre nouvelle particuliere&#13;
46 qui merite de vous estre mandé,&#13;
47 jay Lhonneur destre avec un&#13;
48 profond Respect,&#13;
49&#13;
Monseigneur&#13;
50&#13;
Votre tres humble&#13;
51&#13;
et tres obeissant Serviteur.&#13;
52&#13;
vaudreuil&#13;
53 Duplicata du 2.e juin 1708. a Monseigneur&#13;
54 Cotté M&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Le gouverneur de la Nouvelle-France informe le secrétaire d’État à la Marine de France des différentes actions prises contre les autres colonies européennes. Il l’avise du décès de Laval, ancien évêque de Québec, regretté de tous, précise-t-il.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 28, f. 181-184v&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12719" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
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                    <text>Extrait des instructions de Louis XIV à Tracy&#13;
(Paris, 19 novembre 1663)&#13;
&#13;
[…] Il observera seulement que les Jésuites ont fait nommer l’évêque de Pétrée&#13;
pour avoir la juridiction spirituelle dans toute l’étendue dudit pays et ensuite, à&#13;
leur recommandation, Sa Majesté a nommé le sieur de Mésy, gentilhomme&#13;
normand, qui était [illisible] pour gouverneur et lieutenant-général pour&#13;
Sa Majesté en ledit pays, de sorte que lesdits Jésuites en sont en quelque façon les&#13;
directeurs, tous ceux qui ont autorité, soit pour le spirituel, soit pour le temporel,&#13;
agissant pas leurs avis ; et comme il est à craindre qu’ils ne veuillent un peu trop&#13;
gêner les esprits des habitants de ces colonies aux exercices de piété et les distraire&#13;
par ce moyen de la culture des terres, de leur commerce et des exercices de la&#13;
guerre, qui sont nécessaires, tant pour leur propre défense que pour&#13;
l’augmentation de ces colonies, il est bien que ledit sieur Tracy observera&#13;
soigneusement tout ce qui se passe sur ce sujet, afin d’y apporter les remèdes&#13;
convenables et retrancher ce que le zèle et la piété de ces bons pères pourraient&#13;
obliger lesdits habitants de faire, au-delà du devoir d’un bon chrétien qui doit&#13;
s’appliquer à son travail, tant pour sa subsistance, celle de sa famille, que pour le&#13;
bien universel et de son pays. […]&#13;
Fait à Paris, le 19e jour de novembre 1663&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-12568, p. 1117-1152.&#13;
1&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Louis XIV, Roi de France, 1638-1715</text>
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                <text>Instructions de Louis XIV à Tracy (Paris, 19 novembre 1663)</text>
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                <text>Le roi de France donne au lieutenant-général du Canada des instructions concernant l’influence des Jésuites en Nouvelle-France. Il remarque que les religieux ont fait nommer Laval, vicaire apostolique au Canada, et Mésy, gouverneur de la Nouvelle-France, ce qui leur donne une grande autorité spirituelle et temporelle. Il craint que leur zèle religieux ne détourne les habitants de leurs devoirs pratiques, comme la culture des terres et la défense. Tracy doit donc surveiller cette situation et prendre des mesures pour limiter l’influence excessive des Jésuites.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé au Centre des archives diplomatiques de France, La Courneuve, Mémoires et documents, Amérique, vol. 5, f. 64-74&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Tracy de Prouville, Alexandre, 1603-1670</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12657" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c12568/1117?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-12568, p. 1117-1152 &lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Commerce et industrie</name>
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                    <text>Extrait de la lettre d’Argenson à Morangis&#13;
(Québec, 6 septembre 1658)&#13;
&#13;
[…] Il faut que je commence par l’état ecclésiastique, que j’ai trouvé en paix à mon&#13;
arrivée, l’église des pères jésuites, fort fréquentée et la paroisse, bien remplie et&#13;
bien servie. Les choses auraient pu continuer ce même train par le respect&#13;
réciproque que l’on rendait des deux côtés, mais les RR. PP. jésuites ont cru qu’ils&#13;
devaient faire valoir le mandat de Mgr de Rouen. M. l’abbé de Queylus s’y était&#13;
opposé, sur ce qu’il disait que leurs lettres n’étaient pas en bonne forme, mais&#13;
comme ce n’était pas à moi d’entrer dans la connaissance du fonds et qu’il&#13;
m’apparaissait un mandat, j’ai porté M. de Queylus à se retirer à Montréal ; ce qu’il&#13;
a fait et tout s’est passé avec douceur.&#13;
Je souhaiterais que nous eussions autant de trêves avec les Iroquois, qui nous&#13;
obligent souvent à les suivre et cela me donnerait peu d’inquiétude si nous avions&#13;
dans le magasin de quoi fournir la dépense. Voulez-vous que je vous dise en un&#13;
mot ce qui nous serait absolument nécessaire pour bien établir le pays et&#13;
l’empêcher de craindre les ennemis ? Il nous faudrait cent hommes de travail,&#13;
passés et entretenus ; c’est le plus grand secours qu’on put donner en ce pays et le&#13;
vrai moyen d’appuyer l’Évangile, parce qu’en ce pays, tous les travailleurs en peu&#13;
de temps deviennent soldats, mais les soldats ne viennent pas travailleurs ;&#13;
tellement que lorsqu’il n’y aurait rien à faire pour la guerre, je les emploierais à&#13;
couper les déserts et rendre notre pays hors d’embuscade ; mais cette proposition&#13;
est bien difficile à exécuter, du moins je suis obligé d’en donner les vues et faire&#13;
connaître que c’est la grande charité qu’on peut faire pour le pays, sans laquelle il&#13;
est impossible d’avancer le christianisme. […]&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans le Bulletin des recherches historiques, vol. 27, octobre&#13;
1921, p. 305-307.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Lettre de P. d’Argenson à Morangis (Québec, 6 septembre 1658)</text>
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                <text>Le gouverneur de la Nouvelle-France décrit à un des directeurs de la Compagnie du Saint-Sacrement la situation ecclésiastique et les défis auxquels la colonie de Québec fait face, notamment les conflits avec les Iroquois et le besoin de travailleurs pour renforcer la colonie. </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original détruit dans l'incendie du Louvre de 1871&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Barillon de Morangis, Antoine, 1599-1672</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12649" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2657252"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Bulletin des recherches historiques&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span&gt; (octobre 1921), vol. 27, p.305 via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c13994/614?r=0&amp;amp;s=1"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-13994, p. 614-623 &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Extrait de la lettre de Talon à Colbert&#13;
(Québec, 27 octobre 1667)&#13;
&#13;
[…] Le Château de Québec […] Cependant, en attendant vos ordres et pour&#13;
soutenir le dessein que vous avez de le fortifier et le munir suffisamment de tout,&#13;
j’y ferai mettre les dix pièces de canon qu’on sauva l’an passé à Gaspé. J’y ferai&#13;
pareillement remettre pour 4 000 livres de munition de guerre que j’ai achetée, par&#13;
l’avis de M. Tracy, de M. l’évêque de Pétrée, qu’il a eu en compensation de quelque&#13;
argent que lui devait l’ancienne Compagnie, le prix desquelles je ménagerai sur&#13;
les fonds dont vous me laissez la disposition, sans vous engager à d’autres&#13;
dépenses. […]&#13;
Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur,&#13;
Talon.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans le Rapport de l’archiviste de la province de Québec pour&#13;
1930-1931, p. 77-86.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                <text>L’intendant de la Nouvelle-France informe le secrétaire d’État à la Marine de France des mesures prises pour fortifier Québec. Il mentionne l’installation de dix pièces de canon sauvées à Gaspé et l’achat de munitions à Laval, vicaire apostolique au Canada, qu’il a eues de la Compagnie des Indes occidentales en paiement de dettes.   </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 2, f. 306-320v&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Colbert, Jean Baptiste, 1619-1683</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12626" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2276300"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Rapport de l'archiviste de la province de Québec 1930&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span&gt; (1930-1931), p. 77-86 , via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2374/1121?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2374, p. 1121,-C-2375, p. 20&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Colbert à Laval (Paris, 15 mai 1669)&#13;
&#13;
Le 15 mai 1669&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai rendu compte au roi du contenu en vos dépêches du dernier septembre,&#13;
8 octobre et 8 novembre de l’année dernière. Sa Majesté a été très aise d’apprendre&#13;
que vous vous appliquiez toujours avec le même zèle et la même chaleur à vous&#13;
acquitter de toutes vos fonctions et elle ne doute point que la Nouvelle-France n’en&#13;
reçoive beaucoup d’avantages et que ce ne soit un moyen assuré d’augmenter&#13;
considérablement cette colonie : le nombre des mariages et des baptêmes qui se&#13;
sont faits dans la seule paroisse de Québec pendant l’année dernière en est une&#13;
preuve indubitable et Sa Majesté, aimant et considérant ce pays-là (comme elle&#13;
fait), ainsi qu’il vous paraîtra bien clairement par les grands efforts qu’elle a encore&#13;
faits cette année, elle a lieu d’espérer qu’avec le bon ordre que vous apporterez&#13;
pour le spirituel, cette colonie recevra toute l’augmentation qu’elle désire.&#13;
Sa Majesté vous a accordé 6 000 livres de gratification cette année pour vous aider&#13;
à soutenir les dépenses que vous êtes obligés de faire et particulièrement celle de&#13;
l’instruction des enfants des Sauvages, dont Sa Majesté désire que vous&#13;
augmentiez le nombre autant qu’il vous en sera possible, n’y ayant rien de plus&#13;
important pour l’avantage de cette colonie et pour le salut des Sauvages, qui est le&#13;
principal soin de Sa Majesté, que de les joindre à la vie commune des Français.&#13;
J’ai apporté cette année toute la précaution possible pour ne recevoir que des&#13;
hommes propres au travail pour être transportés dans la Nouvelle-France. Pour&#13;
cet effet, j’ai prié M. Colbert de Terron (mon cousin) de prendre soin des&#13;
200 personnes qui y seront portées sur le vaisseau du sieur Gaigneur ; et sur ce&#13;
sujet, je vous dirai que j’ai traité au nom du roi avec six capitaines pour y mener&#13;
six compagnies de 50 bons hommes chacune, âgés depuis 20 jusqu’à 30 ans,&#13;
lesquels se doivent habituer dans ce pays-là, après 18 mois de paye, en sorte que&#13;
nous devons espérer que les grands que Sa Majesté fait pour le peuple, joints à vos&#13;
soins, produisent les effets et la satisfaction qu’elle s’en promet.&#13;
&#13;
�Après avoir examiné tout ce qui peut concerner le commerce du Canada,&#13;
Sa Majesté a résolu, sur le rapport que je lui en ai fait, de la laisser libre à tous les&#13;
Français, ainsi que je dois espérer que cette liberté pourra contribuer encore&#13;
beaucoup à les porter au commerce, lequel attirera l’abondance dans le pays et par&#13;
l’abondance, la multiplication des peuples.&#13;
Le roi a résolu d’envoyer quatre récollets en Canada et Sa Majesté en a ordonné de&#13;
vous écrire qu’elle ne doute pas que vous ne leur donniez non seulement le&#13;
pouvoir d’administrer les sacrements à tous ceux qui en auront besoin et qui&#13;
auront recours à eux, ce qui servira au soulagement de vos ecclésiastiques, mais&#13;
même que vous ne procuriez leur établissement sur le bien qui leur appartient en&#13;
ce pays-là.&#13;
M. Talon est informé des grâces que le roi a accordé cette année à l’hôpital de&#13;
Québec pour subvenir aux dépenses qu’il est obligé de faire et comme il vous en&#13;
rendra compte. Je me contenterai de vous assurer qu’il ne se peut rien ajouter à&#13;
l’estime que je fais de votre zèle et du mérite que vous vous êtes acquis, tant envers&#13;
Dieu qu’envers le roi et le public, par les soins que vous donnez avec tant de succès&#13;
à l’instruction de ceux qui composent cette colonie, que l’on peut appeler&#13;
naissante, vu qu’elle n’a de vie que depuis le temps que vous vous êtes dévoué à&#13;
elle.&#13;
Je suis, etc.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-3752, p. 223-227&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Colbert, Jean Baptiste, 1619-1683</text>
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                <text>Lettre de Colbert à Laval (Paris, 15 mai 1669)</text>
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                <text>Le secrétaire d’État à la Marine de France informe le vicaire apostolique au Canada des mesures qui ont été prises pour envoyer des hommes aptes au travail en Nouvelle-France, incluant 200 personnes et six compagnies de 50 hommes chacune, afin de s’établir dans la colonie. Le roi est satisfait de l’application que Laval apporte à ses fonctions. La colonie n’a de vie que depuis que Laval s’est dévoué pour elle. Il lui accorde des gratifications pour l’aider à soutenir ses oeuvres, particulièrement l’instruction des jeunes autochtones que le roi souhaite voir augmenter. Le roi a décidé d’envoyer quatre récollets au Canada et demande à Laval de leur permettre d’administrer les sacrements et de les établir sur le bien qui leur appartient.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série B, vol. 1, f. 144r-145v&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12512" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c3752/223?r=0&amp;amp;s=1"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-3752, p. 223-227 &lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>p.284.&#13;
&#13;
l&amp;C9&#13;
&#13;
2 Octobre&#13;
de Quebek.&#13;
Pepier de&#13;
D'Argenson.&#13;
&#13;
Lettre de Hieroame Lallemant&#13;
&#13;
à Mr d'Argenson, C~r d'Eatat.&#13;
Me voicy donc de retour en Canada pour&#13;
la 3 8 tois, une de mes consolations a eaté d•y&#13;
rencontrer Mona~ voatre trère en l'eatat o~ je le&#13;
trouve non seulement p~ ea dignité, maie auaay&#13;
p~ l'estime et l'ettectiou que la pluapert du&#13;
monde a pour aa personne et pour son mérite.&#13;
&#13;
je&#13;
&#13;
voudroia le pouvoir servir, maie ie auia trop&#13;
peu de chose pour ce taire;&#13;
&#13;
au moine luy portea-&#13;
&#13;
ie compassion, le Toyani , obligé de soutenir un&#13;
paya qui est dans son penchant et proche de ae&#13;
ruine, et le yoyant destitué du secours et de&#13;
l'aaaiatance qu'il aToit besoin pour le relever.&#13;
Il vous communiquera sana doute toutes les veües&#13;
qu'on e aur eette atteire, mais 11 y a à craindre&#13;
que l'execution n'en soit tardive:&#13;
&#13;
une teate&#13;
&#13;
moins tarte que la sienne ae trouverait bien&#13;
embarasaée, maia aprèa tout ai on ne luy envoye&#13;
&#13;
�lu secours la partie n'est pae tenable.&#13;
Mona. de Petrée a esté icy le bien venu,&#13;
Mona. Le Gouverneur a'eet comporté en eon endroit&#13;
autant bien qu•on l'euet pu déairar, ayant. tait Yeloir&#13;
une 2m• lettre du Roy qui lui enioignoit de Mettre&#13;
Mon•••sneur de Petrée en poaaeaaion de l•uaage de&#13;
toua ses titres et d'empeecher que les vicaires de&#13;
Monseigneur de Rouen tassent icy aucune fonction;&#13;
cela a donné le paix ecclésiastique pour le présent,&#13;
&#13;
à Dieu qu'il en tust de meame avec les Iroquois .&#13;
&#13;
pleut&#13;
&#13;
mais 11 plaist à Dieu en disposer autrement comme vous&#13;
acavée&#13;
&#13;
par ailleurs;&#13;
&#13;
en tout ei partout;&#13;
&#13;
Sa ate volont é a•accomplisse&#13;
&#13;
je ne doute point Monaî que Tous&#13;
&#13;
n•ayes tout le charité souhaitable pour ce pays,&#13;
c'est ce qui me dispense de vous conjurer d•7 employer&#13;
vos aoina pour taire réussir les Lumières qu•on a&#13;
pour son Sauveme n t, J'espère que voua y adjouterez&#13;
vos saintes prières auxquelles Je me recommande tout&#13;
particulièrement comme estant&#13;
Monsieur,&#13;
Vostre tras humble et très obéissant servite u r&#13;
Hieroame Lalemant&#13;
AU&#13;
&#13;
dos:&#13;
&#13;
A Mo n sieur&#13;
Monsieur d'A:&#13;
Qonseiller -di;ys\\~D&#13;
a Paria.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 444, no 9b&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 2c&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettre de J. Lalemant à R. d’Argenson&#13;
(Québec, 2 octobre 1659)&#13;
&#13;
Me voici donc de retour en Canada pour la troisième fois. Une de mes consolations&#13;
a été d’y rencontrer M. votre frère en l’état où je le trouve, non seulement pour sa&#13;
dignité, mais aussi pour l’estime et l’affection que la plupart du monde a pour sa&#13;
personne et pour son mérite. Je voudrais le pouvoir servir, mais je suis trop peu&#13;
de choses pour ce faire. Au moins lui portais-je compassion, le voyant obligé de&#13;
soutenir un pays qui est dans son penchant et proche de sa ruine et le voyant&#13;
destitué du secours et de l’assistance qu’il avait besoin pour le relever. Il vous&#13;
communiquera sans doute toutes les vues qu’on a sur cette affaire, mais il y a à&#13;
craindre que l’exécution n’en soit tardive. Une tête moins forte que la sienne se&#13;
trouverait bien embarrassée, mais après tout, si on ne lui envoie pas du secours, la&#13;
partie n’est pas tenable.&#13;
M. de Pétrée a été ici le bienvenu. M. le gouverneur s’est comporté en son endroit&#13;
autant bien qu’on l’eût pu désirer, ayant fait valoir une deuxième lettre du roi, qui&#13;
lui enjoignait de mettre Mgr de Pétrée en possession de l’usage de tous ses titres et&#13;
d’empêcher que les vicaires de Mgr de Rouen [ne] fassent ici aucune fonction. Cela&#13;
a donné la paix ecclésiastique pour le présent. Plût à Dieu qu’il en fût de même&#13;
avec les Iroquois, mais il plaît à Dieu en disposer autrement, comme vous savez&#13;
par ailleurs. Sa sainte volonté s’accomplisse en tout et partout. Je ne doute point,&#13;
Monsieur, que vous n’ayez toute la charité souhaitable pour ce pays. C’est ce qui&#13;
me dispense de vous conjurer d’y employer vos soins pour faire réussir les&#13;
lumières qu’on a pour son sauvement. J’espère que vous y ajouterez vos saintes&#13;
prières, auxquelles je me recommande tout particulièrement comme étant,&#13;
Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Jérôme Lalemant.&#13;
Au dos : À Monsieur, M. d’Argenson, conseiller d’État à Paris.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie par G.-É. Demers, v. 1930.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Lettre de J. Lalemant à R. d’Argenson (Québec, 2 octobre 1659)</text>
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                <text>Le supérieur des Jésuites du Canada exprime au frère du gouverneur de la Nouvelle-France sa compassion pour ce dernier, qui doit gérer un pays en difficulté sans le soutien nécessaire, et a besoin de son aide. Laval, vicaire apostolique au Canada, a été bien accueilli, le gouverneur ayant appliqué une lettre royale pour assurer ses titres et limiter les fonctions des vicaires généraux de Champvallon, archevêque de Rouen, apportant ainsi une paix temporaire à l’Église. Les tensions avec les Iroquois persistent.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original détruit dans l'incendie du Louvre de 1871&lt;/li&gt;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13957" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12558" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 444, no 9b&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12559" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 2c&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c13994/632?r=0&amp;amp;s=6"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-13994, p. 632-633&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de la juridiction épiscopale au Canada (1657-1669)</name>
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                    <text>Extraits de la lettre de Duchesneau à Colbert&#13;
(Québec, 1er octobre 1679)&#13;
&#13;
[…] Je n’ai jamais eu non plus la présomption de prétendre aucune égalité avec&#13;
M. le gouverneur pour les honneurs de l’église, où je ne me suis jamais trouvé avec&#13;
lui que pour lui faire honneur en l’accompagnant et le suivant ou bien en&#13;
cérémonie avec le Conseil ; et cela est si vrai, Monseigneur, que même j’ai refusé&#13;
qu’on marquât aucune égalité entre nous, quoique du temps de MM. Tracy, de&#13;
Courcelle et Talon, les choses fussent établies sur le pied que vous avez vu, par le&#13;
mémoire que j’ai pris la liberté d’envoyer à une personne de considération, qui a&#13;
de la bonté pour moi, et ce, de l’aveu de M. le gouverneur, qui l’avait désiré ; lequel&#13;
mémoire avait été tiré sur un autre plus grand, qui vous fut envoyé le&#13;
10e novembre 1675 par M. le gouverneur et par moi, touchant le différend qui était&#13;
entre lui et M. l’évêque, qui contenait les raisons de part et d’autre au sujet des&#13;
honneurs de l’église à l’égard de la personne de M. le gouverneur, de l’intendant,&#13;
des officiers du Conseil souverain, de ceux de la justice, tant dans la ville que dans&#13;
la campagne. Et sur cela je vous disais, Monseigneur, que vous verriez quelques&#13;
articles qui parlaient de l’intendant, dont je remplissais la place, mais que vous n’y&#13;
verriez aucune réponse de ma part, ne désirant rien que ce que vous ordonneriez.&#13;
L’année ensuivante, le 15 avril, vous me fîtes la faveur de me répondre et de me&#13;
mander que Sa Majesté faisait connaître à M. le gouverneur ce qu’il devait faire&#13;
sur ce point et vous me faisiez connaître aussi que n’y ayant rien qui fût plus&#13;
important et plus nécessaire pour le bien et l’avantage de la colonie que tous ceux&#13;
qui doivent agir au nom de Sa Majesté fussent entre eux dans une parfaite&#13;
intelligence, pour concourir ensemble et chacun dans ses fonctions à tout ce qui&#13;
peut être du bien de son service, elle voulait non seulement que j’évitasse toutes&#13;
ces petites contestations, mais même que je m’employasse avec soin à les prévenir&#13;
et à les faire cesser aussitôt qu’elles paraîtraient, sans toutefois préjudicier, avec&#13;
précautions qui sont à prendre et aux mesures à garder, pour empêcher que la&#13;
puissance ecclésiastique n’entreprenne sur la temporelle.&#13;
J’ai ponctuellement obéi, Monseigneur, à ce que vous m’avez commandé,&#13;
puisqu’ensuite je priai M. l’évêque de Québec de vouloir bien ordonner à ses&#13;
&#13;
�ecclésiastiques que, lorsqu’en faisant le prône on prierait Dieu pour M. le&#13;
gouverneur et pour moi, on ne me donnât plus la qualité de Monseigneur, comme&#13;
à lui, quoiqu’on eût usé ainsi pour M. Talon ; ce que M. l’évêque ne voulut pas&#13;
m’accorder que je ne l’en priasse par écrit, ce que je fis et il peut vous le confirmer ;&#13;
ce qui vous fera voir, Monseigneur, que j’ai été bien éloigné d’avoir cette sotte&#13;
vanité de prétendre entrer en concurrence avec M. le gouverneur. […]&#13;
Et encore, avant la réception des ordres du roi et des vôtres à l’égard de la terre du&#13;
Sault, en considération des Iroquois que les pères jésuites ont ramassés en ce lieu&#13;
en fort grand nombre, par la sollicitation de M. Talon, lesquels, étant parmi nous&#13;
comme autant d’otages, ont empêché jusqu’à présent que nous n’ayons eu la&#13;
guerre avec ceux de leur nation ; et c’est dont tous les Français de ce pays&#13;
conviennent. J’ai seulement donné, le 30 juillet 1676, une assurance en ces termes :&#13;
« Nous avons permis au P. Frémin, jésuite, en considération des Sauvages, de faire&#13;
travailler sur l’étendue de deux lieues de terre de front, à commencer à une pointe,&#13;
qui est vis-à-vis les rapides Saint-Louis, en montant le long du lac, sur pareille&#13;
profondeur, avec deux îles, îlets et battures, qui se trouvent au-devant, promettant&#13;
de lui faire expédier contrat en forme lorsqu’il aura plu au roi nous en donner le&#13;
pouvoir. » ; ce que je n’ai pas fait. […]&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-2375, p. 980-989.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Duchesneau de la Doussinière et d'Ambault, Jacques, 1631-1696</text>
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                <text>Lettre de Duchesneau à Colbert (Québec, 1er octobre 1679)</text>
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                <text>L’intendant de la Nouvelle-France répond au secrétaire d'État à la Marine de France concernant des relations et les différends avec les autorités civiles et ecclésiastiques. Il explique qu’il n’a jamais cherché à être considéré comme égal à Frontenac, gouverneur. En conformité à ses ordres, il a demandé à Laval, 1er évêque de Québec, que les prêtres arrêtent de le désigner sous le titre de monseigneur lors des prônes. Il prend des précautions pour empêcher l’ingérence ecclésiastique dans les affaires temporelles. Avant de recevoir les ordres du roi, il avait permis aux Jésuites de travailler sur une terre au Sault-Saint-Louis en raison de la présence des Iroquois, ce qui avait aidé à prévenir la guerre avec cette nation.</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Colbert, Jean Baptiste, 1619-1683</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12553" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2375/980?r=0&amp;amp;s=4"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2375, p. 980-989&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Mandement de Bernières et Maizerets pour la publication du jubilé de 1685&#13;
(Québec, janvier 1685)&#13;
&#13;
Henri de Bernières et Louis Ango [des Maizerets], vicaires généraux de&#13;
Messe François de Laval, premier évêque de Québec, à tous les curés et autres qui&#13;
ont la conduite des âmes en tout ce diocèse, salut en Notre-Seigneur.&#13;
N. S.-P. le pape Innocent XI ayant envoyé cette année à Mgr l’évêque de Québec la&#13;
bulle par laquelle Sa Sainteté accorde à tous les fidèles un jubilé universel, afin que&#13;
toute l’Église unissant ses prières et ses vœux, elle puisse apaiser la colère de Dieu,&#13;
justement irrité contre les chrétiens, et obtenir de la divine bonté qu’il lui plaise&#13;
repousser les efforts des infidèles, mettre en fuite les ennemis de son nom, bénir&#13;
les forces et les conseils des princes chrétiens et donner un heureux succès à leur&#13;
entreprise, nous avons cru que le saint temps de carême, destiné par l’Église aux&#13;
exercices de la pénitence, est un temps très favorable pour fléchir la colère de Dieu&#13;
et attirer sur nous l’abondance de ses grâces et bénédictions ; car si étant excités&#13;
par ses châtiments et sa grâce, nous apportons les dispositions nécessaires pour&#13;
rétablir notre parfaite réconciliation avec sa divine Majesté, en faisant de notre part&#13;
tout ce qui dépend de nous pour l’apaiser et nous rendre agréables à ses yeux,&#13;
comment est-ce que ce Dieu de bonté pourra nous refuser ce que nous lui&#13;
demanderons avec gémissements et larmes et dans l’esprit d’une véritable&#13;
pénitence, lui qui nous a tant aimés que de nous donner son fils unique et qui ne&#13;
nous châtie que pour nous mettre au nombre de ses enfants ?&#13;
Nous savons déjà des heureuses nouvelles qui sont venues, les glorieux avantages&#13;
que l’armée chrétienne a remportés sur celles du Turc, ce que peuvent auprès de&#13;
Dieu les prières des fidèles qui lui ont été adressées de tant d’endroits à cet effet&#13;
depuis la publication du présent jubilé et quoique ce superbe et cruel ennemi du&#13;
nom chrétien, qui ne se rebute jamais des mauvais succès, ne cesse d’employer&#13;
toutes ses forces pour le détruire entièrement, nous espérons néanmoins que ses&#13;
efforts demeureront inutiles, si nous ne cessons point de notre part de recourir à&#13;
la protection toute puissante de notre Dieu, avec les sentiments d’un cœur&#13;
véritablement contrit et humilié et une volonté sincère de satisfaire à sa justice, par&#13;
les exercices de la pénitence.&#13;
&#13;
�Efforçons-nous donc d’entrer dans ces dispositions, auxquelles Dieu nous invite si&#13;
fortement par ses prophètes, que l’Église nous recommande si souvent dans ce&#13;
saint temps de carême et qui sont si propres pour recevoir la grâce du jubilé que&#13;
le Saint-Siège nous présente. C’est à quoi nous exhortons, autant qu’il nous est&#13;
possible, tous les fidèles de ce diocèse et pour leur en faciliter les moyens,&#13;
conformes à la bulle de notre Saint-Père, nous avons ordonné ce qui suit :&#13;
&#13;
Ordre&#13;
pour l’ouverture du jubilé et ce qu’il faut observer pour le gagner&#13;
1° L’ouverture s’en fera le mardi de la première semaine du carême, 13e jour de&#13;
mars, dans l’église cathédrale de Québec par une messe solennelle du Saint-Esprit&#13;
avec une oraison contre le Turc et durera deux semaines entières, dont la première&#13;
commencera ci-dessus, 13e mars, et finira le lundi au soir, de la semaine suivant&#13;
19e dudit mois, jour de Saint-Joseph, et la seconde commencera le mardi&#13;
immédiatement suivant 20 mars et finira le lundi au soir en suivant, 26 mars,&#13;
auquel jour sera transférée la fête de l’Annonciation de la Sainte Vierge, qui sera&#13;
la clôture du jubilé.&#13;
2° L’on n’exposera point le Saint-Sacrement dans aucune église à l’effet du jubilé.&#13;
On y pourra exposer la vraie croix ou autres reliques.&#13;
3° Les stations du jubilé pour la ville de Québec seront l’église cathédrale, celles&#13;
du collège de l’hôpital, des Ursulines et des Récollets dite de Notre-Dame-desAnges, en sorte néanmoins que l’on ne sera obligé de visiter que l’une desdites&#13;
églises et à l’égard des autres villes, bourgs et villages de ce diocèse, nous y&#13;
désignons pour station l’église paroissiale desdits lieux. Les religieuses auront le&#13;
cœur de leur église pour station.&#13;
4° On sera obligé, pour gagner le jubilé, de faire dans l’une des deux dites semaines&#13;
tout ce qui est prescrit dans la bulle de N. S.-P. le pape, savoir : 1er de confesser&#13;
tous ses péchés à un prêtre approuvé dans ce diocèse ; 2e jeûner le mercredi,&#13;
vendredi et samedi de la même semaine ; 3e visiter au moins une fois l’une des&#13;
églises désignées et y prier pendant quelque espace de temps pour les motifs&#13;
&#13;
�exprimés par Sa Sainteté et d’autant que les prières que l’on y doit dire ne sont&#13;
point spécifiées, on y pourra satisfaire en récitant cinq fois Pater et Ave ; 4e faire&#13;
quelques aumônes chacun selon sa dévotion ; 5e communier un des sept jours de&#13;
la même semaine, à compter depuis le mardi jusqu’au lundi suivant&#13;
inclusivement. On doit remarquer qu’il ne suffit de faire une partie des choses&#13;
susdites en la première semaine et réserver le reste à la suivante, mais qu’il faut les&#13;
accomplir dans la même semaine que l’on voudra choisir pour le gagner.&#13;
5° Les confesseurs approuvés dans ce diocèse, qui seront choisis par les pénitents,&#13;
pourront assigner un autre temps et œuvres de piété aux malades et autres qui&#13;
auront quelques empêchements légitimes.&#13;
6° Ceux qui sont en voyage pourront gagner le jubilé à leur retour en visitant&#13;
l’église cathédrale, s’ils demeurent en cette ville, ou leur église paroissiale, s’ils&#13;
demeurent ailleurs, faisant le reste des choses comme elles sont marquées.&#13;
7° Tous les religieux et religieuses pourront choisir des confesseurs&#13;
extraordinaires, séculiers ou réguliers, pendant le temps du jubilé seulement.&#13;
Donné à Québec, janvier 1685,&#13;
H. de Bernières, vicaire-général,&#13;
Louis Ango [des Maizerets], vicaire-général.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Têtu, Mandement des évêques, vol. 1, 1888,&#13;
&#13;
p. 142-145.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>— 142 —&#13;
&#13;
dorénavant observée et chômée dans tout le pays de la Nouvelle-&#13;
&#13;
Frauce, et censée fête de commandement, et que tous les fidèles&#13;
de notre diocèse seront obligés de la garder ainsi que toutes les&#13;
&#13;
autres fêtes qui leur sont commandées ; et afin que les peuples&#13;
soient plus excités à rendre à ce grand Saint le culte et l'honneur&#13;
qui lui est dû, et se rendre dignes de sa protection, Nous enjoi&#13;
&#13;
gnons à tous les curés de notre diocèse et autres y faisant les&#13;
&#13;
fonctions curiales de célébrer et faire célébrer dans les lieux où&#13;
&#13;
ils exerceront les dites fonctions curiales, la dite fête de Saint&#13;
&#13;
Louis en qualité de fête de première classe et avec octave ; et&#13;
leur mandons qu'aussitôt qu'ils auront reçu notre présent&#13;
mandement, ils aient à le publier ou faire publier au prône.&#13;
Donné à Québec le treizième jour de novembre seize cent&#13;
&#13;
quatre vingt quatre.&#13;
FRANÇOIS, Evêque de Québec.&#13;
&#13;
MANDEMENT&#13;
tiE ItESSIEURS lES VICAIRES OiSÉRADX DE MOKSEItlKEVR L'ILLUSTBISSIMB ET BÉvi-&#13;
&#13;
BESDiaSIilE ivSQUB DE QUÉBEC TOUR LA PUBLICaTIOS DU JCBILÉ&#13;
&#13;
Henri de Bernières et Louis Ango, Vicaires Généraux de&#13;
&#13;
Messire François de Laval, premier Evêquo de Québec.&#13;
A tous les curés et autres qui ont la conduite des âmes en tout&#13;
&#13;
ce diocèse, Salut en Notre Seigneur.&#13;
&#13;
Notre Saint Père le Pape Innocent XI ayant envoyé cette&#13;
&#13;
année à Monseigneur l'Evêque de Québec la Bulle par laquelle&#13;
Sa Sainteté accorde à tous les fidèles un jubilé universel, afin&#13;
que toute l'Eglise unissant ses prières et ses vœux, elle puisse&#13;
appaiserla colère de Dieu justement irrité contre les chrétiens,&#13;
et obtenir de la divine bonté qu'il lui plaise repousser les efforts&#13;
des infidèles, mettre en fuite les ennemis de son nom, bénir les&#13;
&#13;
forces et les conseils des princes chrétiens, et donner un heureux&#13;
succès à leur entreprise. Nous avons cru que le saint temps de&#13;
&#13;
carême destiné par l'Eglise aux exercices do la pénitence est un&#13;
&#13;
temps très favorable pour fléchir la colère de Dieu et attirer sur&#13;
&#13;
�r-&#13;
&#13;
— U3 —&#13;
&#13;
nous l'atoudance de ses grâces et bénédictions. Car si étant&#13;
&#13;
excités par ses châtiments et sa grâce nous apportons les dispo&#13;
sitions nécessaires pour rétablir notre parfaite réconciliation&#13;
avec sa divine Majesté,en faisant de notre part tout ce qui dépend&#13;
&#13;
de nous pour l'appaiser et nous rendre agréables à ses yeux ;&#13;
comment est-ce que ce Dieu de bonté poun'a nous refuser ce que&#13;
nous lui demanderons avec gémissements et larmes, et dans&#13;
&#13;
l'esprit d'une véritable pénitence, lui qui nous a tant aimés que&#13;
de nous donner son Fils unique, et qui ne nous châtie que pour&#13;
nous mettre au nombre de ses enfants. Nous savons déjà des&#13;
&#13;
heureuses nouvelles qui sont venues les glorieux avantages que&#13;
l'armée chrétienne a remportés sur celles du Turc ; ce que&#13;
&#13;
peuvent auprès de Dieu les prières des fidèles qui lui ont été&#13;
&#13;
adressées de tant d'endroits à cet effet, depuis la publication du&#13;
présent jubilé ; et quoique ce superbe qt cruel ennemi du nom&#13;
chrétien qui ne se rebute jamais des mauvais succès ne cesse&#13;
&#13;
d'employer toutes ses forces pour le détruire entièrement, nous&#13;
espérons néanmoins que ses efforts demeureront inutiles,si nous&#13;
ne cessons point de notre part de recourir à la protection toutepuissaiitc de notre Dieu avec les sentiments d'un cœur vérita&#13;
blement contrit et humilié et une volonté sincère de satisfaire&#13;
&#13;
à sa justice par les e.xercices de la pénitence. Efforçons-nous&#13;
donc d'entrer dans ces dispositions auxquelles Dieu nous invite&#13;
&#13;
si fortement par ses prophètes, que l'Eglise nous recommande si&#13;
souvent dans ce saint temps de carême et qui sont si propres&#13;
&#13;
pour recevoir la grâce du jubilé que le baint-Siège nous présente;&#13;
c'est à quoi nous exhortons autantqu'il nous est possible tous les&#13;
fidèles de ce diocèse,et pour leur en faciliter les moyens conformes&#13;
à la Bulle do Notre Saint Père, nous avons ordonné ce qui suit:&#13;
ORDRE&#13;
&#13;
Pour l'ouverture du Jubilé et ce qu'il faut observer pour le gagner&#13;
1. L'ouverture s'en fera le mardi de la première semaine du&#13;
carême, treizième jour de mars dans l'église cathédrale de Québec&#13;
par une messe solennelle du Saint-Esprit avec une oraison contre&#13;
&#13;
le Turc, et durera deux semaines entières dont la première com&#13;
mencera ci-dessiis treizième mars et finira le lundi au soir de la&#13;
&#13;
semaine suivante dix-neuvième du dit mois,jour de Saint Joseph,&#13;
et la seconde commencera le mardi immédiatement suivant vingt&#13;
&#13;
�144 —&#13;
&#13;
mars, et finira le lundi au soir en suivant, vingt six mars,auquel&#13;
jour sera transférée la fôte de l'Annonciation delà Sainte Vierge&#13;
qui sera la clôture du Jubilé.&#13;
&#13;
2. L'on n'exposera point le Saint Sacrement dans aucune&#13;
église à l'effet du Jubilé, on y pourra exposer la vraie croix ou&#13;
autres reliques.&#13;
&#13;
3. Les stations du Jubilé pour la ville de Québec seront l'église&#13;
cathédrale, celles du collège, de l'Hôpital, des Ursulines et des&#13;
RécoIIels dite de Notre-Dame des Anges, en sorte néanmoins que&#13;
l'on ne sera obligé de visiter que l'une des dites églises ; et à&#13;
l'égard des autres villes, bourgs et villages de ce diocèse, nous y&#13;
désignons pour station l'église paroissiale des dits lieux. Les&#13;
&#13;
religieuses auront le cliœur de leur église pour station.&#13;
&#13;
4. On sera obligé pour gagner le Jubilé, de faire dans l'(ine des&#13;
deux dites semaines tout ce qui est prescrit dans la Bulle de&#13;
Notre Saint Père le Pape, savoir :(a) de confesser tous ses péchés&#13;
à un prêtre approuvé dans ce diocèse; (é)jeûner le mercredi,&#13;
vendredi et samedi de la même semaine; (c) visiter au moins une&#13;
&#13;
fois l'une des églises désignées et y prier pendant quelque espace&#13;
de temps pour les motifs e.xprimés par Sa Sainteté, et d'autant&#13;
&#13;
que les prières que l'on y doit dire ne sont point spécifiées, on y&#13;
pom-ra satisfaire en récitant cinq fois Paler et Ave; (d) faire&#13;
quelques aumônes chacun selon sa dévotion ; (e) communier un&#13;
&#13;
des sept jours de la môme semaiue à compter depuis le mardi&#13;
jusqu'au lundi suivant inclusivement ; on doit remarquer.qu'il&#13;
ne sufTit de faire une partie des choses susdites en la première&#13;
semaine et réserver le reste à la suivante, mais qu'il faut les&#13;
&#13;
accomplir dans la môme semaine que l'on voudra choisir pour&#13;
&#13;
le gagner.&#13;
&#13;
5. Les confesseurs approuvés dans ce diocèse qui seront choisis&#13;
par les pénitents pourront assigner un autre temps et œuvres de&#13;
&#13;
piété aux malades et autres qui auront quelqu'empôcheraent&#13;
légitime.&#13;
&#13;
6. Ceux qui sont en voyage pourront gagner le Jubilé à leur&#13;
retour en visitant l'église cathédrale s'ils demeurent en cette&#13;
&#13;
ville, ou leur église paroissiale s'ils demeurent ailleurs, faisant&#13;
&#13;
le reste des choses comme elles sont marquées.&#13;
&#13;
�— 145 —&#13;
&#13;
7. Tous religieux et religieuses pourront choisir des confesseurs&#13;
extraordinaires séculiers ou réguliers pendant le temps du Jubilé&#13;
seulement.&#13;
&#13;
, ,&#13;
&#13;
Donné à Québec janvier seize cent quatre-vingt-cinq&#13;
H. DE Bernières,' V. G.&#13;
Louis Ango, V. G.&#13;
&#13;
BULLE&#13;
JUBILi Um7BD8t!L DB NOTRE SAINT PÈSE LE PAPE INNOCENT XI POUR ftfPLO&amp;EB LE&#13;
SECOURS UmK CONTRE LES TUBOS&#13;
&#13;
Innocent Pape XI à tous les fidèles de J. G. qui verront les&#13;
&#13;
présentes Salut et Bénédiction Apostolique.&#13;
Lorsque de ce Siège suprême de l'Eglise militante, sur lequel&#13;
la divine Providence nous a élevé, en ces temps malheureux&#13;
&#13;
nous portons , avec application les yeux de notre vigilance&#13;
&#13;
pastorale sur le troupeau que le Seigneur a voulu confier à nos&#13;
&#13;
soins, et que dans les sentiments d'une charité apostolique nous&#13;
considérons le déplorable état et les calamités extrêmes du&#13;
&#13;
royaume de Hongrie, de l'Archiduché d'Autriche, et des autres&#13;
pays et provinces héréditaires de notre très cher Fils en J.-C.&#13;
&#13;
Léopoid Roi des Romains, et leur Empereur ; que nous faisons&#13;
réflexion sur les prêtres, religieuses et autres fidèles, ou cruelle&#13;
ment massacrés ou obligés de chercher leur salut dans une fuite&#13;
&#13;
précipitée, sur les vierges et les enfants malheureusement&#13;
conduits et traînés en esclavage, et ce qui mérite d'être encore&#13;
&#13;
plus amèrement déploré, qui sont dans le dernier danger de&#13;
&#13;
l'impureté et apostasie; et quand nous nous représentons les&#13;
&#13;
villes ruinées, les bourgades et campagnes pillées et désolées,&#13;
&#13;
les incendies, et autres malheurs presque infinis qui sont les&#13;
suites funestes de l'impitoyable cruauté avec laquelle le perfide&#13;
&#13;
tyran des Turcs emploie sa puissance formidable pour détruire&#13;
&#13;
le nom chrétien. Nous poussons vers le ciel de profonds gémisse&#13;
ments et le saisissement où nous sommes p.aiT'amertumc de notre&#13;
&#13;
douleur, et la violence de nos soupirs nous laissent à peine&#13;
10&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée en français moderne et publiée dans H. Têtu, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec&lt;/em&gt;&lt;span&gt;,&lt;/span&gt;&lt;span&gt; 1888, vol. 1, 142-145&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 39&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>Mandement de Bernières et Maizerets pour publier la bulle du jubilé de 1685 (Québec, janvier 1685)</text>
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                <text>Les vicaires généraux de Laval, 1er évêque de Québec, ordonnent la publication d’un jubilé universel accordé par le pape Innocent XI pour implorer le secours divin contre les Turcs. Nous y retrouvons des instructions et des conditions pour faire pénitence et des exceptions.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original introuvable&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12451" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12452" class="show"&gt;Copie typographiée en français moderne&lt;/a&gt; et publiée dans H. Têtu, &lt;em&gt;Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec&lt;/em&gt;, 1888, vol. 1, 142-145&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12453" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 39&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Extraits du mémoire de Monseignat à La Grange-Trianon&#13;
(Québec, 1690)&#13;
&#13;
[…] Vous avez appris, Madame, par la lettre du R. P. Carheil, dont on vous a&#13;
envoyé la copie par la barque qui est partie le printemps passé, quelles étaient les&#13;
résolutions des Outaouais et Hurons à leur arrivée à Michilimackinac. Cette lettre&#13;
découvre tous leurs sentiments et nous fait voir qu’il est difficile de les tromper :&#13;
la pénétration de leur esprit et les mesures justes qu’ils prennent dans les affaires&#13;
les plus difficiles y sont parfaitement bien marquées. Vous y verrez un petit abrégé&#13;
de leurs manières de parler et de tenir leurs conseils ; ils sont plus éloquents que&#13;
l’on ne pense et quoique leurs harangues soient un peu longues et qu’ils y répètent&#13;
souvent la même chose, ils vont toujours à leur but et ne disent presque rien&#13;
d’inutile. […]&#13;
Il y avait plus de 700 hommes dessus. Il accepta une capitulation assez&#13;
avantageuse, ne le croyant pas en état de pouvoir résister. On lui promettait de le&#13;
laisser sortir avec sa garnison, armes et bagages et de le remettre à Québec. Il se&#13;
rendit, sur la parole du général Phips, à son bord, mais dès que les Anglais furent&#13;
maîtres du fort, ils ne se crurent plus obligés à lui rien tenir. Le gouverneur et toute&#13;
sa garnison furent faits prisonniers avec MM. Petit et Trouvé, prêtres&#13;
missionnaires en ce pays-là. Le magasin de la Compagnie, la maison du&#13;
gouverneur et celles des prêtres furent pillés. L’église, selon leurs bonnes&#13;
coutumes, fut déshonorée par plusieurs moqueries et actions infâmes et tout ce&#13;
qu’il y avait d’ornements en fut enlevé. Ils laissèrent un sergent de la garnison&#13;
pour y commander sous eux les habitants qui avaient signé la convention, par&#13;
laquelle on leur promettait de les laisser jouir paisiblement de leurs biens, pourvu&#13;
qu’ils voulurent le mettre sous la protection du roi Guillaume. Ils firent arborer le&#13;
pavillon anglais, mais depuis les habitants l’ont enlevé à l’arrivée de M. Perrot et&#13;
leurs maisons ont été brûlées pour cette raison et quelques-uns ont été pendus par&#13;
d’autres forbans anglais qui vinrent au même endroit.&#13;
M. de Meneval, la garnison et les prêtres ont été conduits à Boston et ils y sont&#13;
encore pour la plupart présentement. […]&#13;
&#13;
�L’île Percé, qui sont quelques habitations situées à l’entrée du golfe de SaintLaurent, a été aussi pillée des forbans anglais cet été, le lieu est le rendez-vous de&#13;
de plusieurs navires pêcheurs qui y viennent prendre de la morue. Il n’y avait que&#13;
sept à huit habitants, avec une maison de récollets et quelques religieux. Six&#13;
navires pêcheurs y étaient mouillés et faisaient leur pêche dans leurs chaloupes.&#13;
Ils ont été tous pris sans résistance. Les capitaines et la plus grande partie des&#13;
équipages se sont sauvés avec les habitants dans le bois et se sont ensuite rendus&#13;
à Québec en biscayennes. Les maisons ont été brûlées et l’église des Récollets&#13;
déshonorée. Quelques-uns de ceux qui s’étaient sauvés retournèrent s’ici pour voir&#13;
si les ennemis n’avaient rien laissé, mais ils ont été attaqués par l’armée anglaise&#13;
qui venait nous assiéger. Ils abandonnèrent leurs barques et se sauvèrent. […]&#13;
Dimanche dernier, les réjouissances furent faites avec grand appareil. Le grand&#13;
pavillon de l’amiral et un autre que le sieur de Portneuf avait pris à l’Acadie furent&#13;
portés à l’église au son des tambours. Le Te Deum y fut chanté par M. l’évêque et&#13;
l’on fit ensuite une procession solennelle en l’honneur de la Vierge, patronne du&#13;
pays. Toutes les troupes étant sous les armes, on a institué à perpétuité une fête&#13;
sous le nom de Notre-Dame-des-Victoires1 et l’église que l’on a commencée à la&#13;
basse-ville est dédiée sous le même nom pour être une marque éternelle de la&#13;
protection que nous avons reçue du ciel dans cette attaque subite, puisque si les&#13;
ennemis avaient fait toute la diligence qu’ils pouvaient et qu’ils n’eussent point été&#13;
arrêtés par les vents, ils seraient arrivés à Québec devant que l’on eu eût un avis et&#13;
on serait infailliblement rendus les maîtres, se trouvant dépourvus de monde. […]&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
N’ayant pas accès à l’original, nous supposons que nous devions plutôt lire : Notre-Dame-de-la-Victoire.&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-2378, p. 595-700.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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        <name>Dublin Core</name>
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                <text>Lettre de Monseignat à La Grange-Trianon (Québec, 1690)</text>
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                <text>Le secrétaire de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France, décrit à l'épouse de ce dernier, divers événements survenus au Québec en 1690, notamment les interactions avec les Autochtones, les attaques anglaises de Phips sur plusieurs sites et les célébrations religieuses ordonnées par Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, pour remercier la Vierge Marie de la protection divine reçue, incluant une procession et l’institution d’une fête perpétuelle à Notre-Dame-de-la-Victoire.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 11, f. 5-80&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>La Grange-Trianon, Anne de, 1632-1707</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12449" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2022926"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Collection des manuscrits… relatifs à la Nouvelle-France&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1883-1885, vol. 1, p. 482, via Bibliothèque et Archives nationales du Québec&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2378/595?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2378, p. 595-700&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Autochtones</name>
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                    <text>Lettre de Pontchartrain à Saint-Vallier&#13;
(Versailles, 14 juillet 1690)&#13;
&#13;
À Versailles, le 14e juillet 1690,&#13;
À M. l’évêque de Québec&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu les lettres que vous avez pris la peine de m’écrire des 27 et 28 juin,&#13;
24 juillet, 2 août et 17 novembre de l’année dernière.&#13;
Vous êtes assez informé de la bonne volonté du roi en faveur du clergé de Canada&#13;
et surtout dans les choses qui vous regardent plus particulièrement pour devoir&#13;
être persuadé que quand Sa Majesté a retranché l’année dernière leurs&#13;
gratifications et la 3e partie du paiement de la maison épiscopale, il n’a pas été&#13;
possible de faire du fonds pour cela et vous devez croire qu’elle ne le peut encore&#13;
pour cette année&#13;
Je ne manquerai pas de l’en faire souvenir aussitôt que la conjoncture sera plus&#13;
favorable ; ce que nous espérons bientôt, par les efforts que Sa Majesté fait pour&#13;
réduire ses ennemis à la paix et par les avantages que la bénédiction de Dieu sur&#13;
ses armes lui a déjà donnés sur eux.&#13;
Quoique les extraordinaires dépenses qui ont été faites pendant l’année dernière&#13;
pour le Canada n’aient pas produit l’effet que le roi en avait attendu et qu’au&#13;
contraire, les choses y soient en plus mauvais état qu’auparavant, suivant ce que&#13;
vous n’en avez mandé, et que Sa Majesté se trouve encore obligée à de plus&#13;
grandes dépenses pendant cette année, elle a bien voulu, sur le compte que je lui&#13;
ai rendu de vos remontrances, continuer les 8 000 livres pour l’entretien et&#13;
subsistance des curés et les autres gratifications et dépenses, comme elles ont été&#13;
employées dans l’état de l’année dernière, et elle a encore ordonné d’aussi grands&#13;
fonds pour la guerre et pour la subsistance des troupes.&#13;
&#13;
�Le roi donne ses ordres à MM. de Frontenac et de Champigny de continuer leurs&#13;
soins pour concourir avec vous à ce qui peut regarder la religion et pour secourir&#13;
les ecclésiastiques dans les occasions où ils auront besoin de leur autorité,&#13;
Sa Majesté étant persuadée que vous les engagerez de leur part à faire tout ce qui&#13;
dépendra d’eux pour contribuer dans cette conjoncture à maintenir les habitants&#13;
dans l’union dans l’obéissance qu’ils doivent et dans la bonne volonté d’employer&#13;
leurs biens et leurs personnes pour son service et pour leur propre conservation.&#13;
Sa Majesté ayant ordonné à M. de Champigny de fixer les cures, je vous prie de&#13;
contribuer de votre part tout ce qui dépendra de vous pour cet effet, aussitôt qu’il&#13;
sera possible. Elle lui mande aussi de faire jouir les religieuses et l’hôpital de&#13;
Montréal des six congés qui leur ont été promis pour la traite et à M. de Frontenac,&#13;
de les donner dès qu’il y aura lieu de s’en servir.&#13;
Quand vous me ferez savoir les sujets de mécontentement que vous avez des&#13;
religieux récollets, auxquels vous ne pouvez pas remédier. Je prendrai l’ordre du&#13;
roi pour y faire pourvoir par leur supérieur et je les avertirai d’envoyer le nombre&#13;
de religieux que vous demandez, aussitôt que les affaires seront dans un meilleur&#13;
état.&#13;
Tous ceux qui négocient en Canada et la plupart des habitants font des plaintes,&#13;
des empêchements qu’ils rencontrent dans le commerce de l’eau-de-vie, même du&#13;
vin, dans lequel ils sont inquiétés par le zèle immodéré de quelques&#13;
ecclésiastiques, sous prétexte des abus que les Sauvages en font, et comme le roi y&#13;
a déjà pourvu par son ordonnance du 24e mai 1679, il me paraît de grande&#13;
conséquence que vous preniez la peine d’examiner très soigneusement ce qui se&#13;
passe à cet égard de la part desdits ecclésiastiques, afin que vous les réduisiez dans&#13;
les bornes où ils doivent se contenir pour leur ministère et pour ne point tomber&#13;
dans l’inconvénient de troubler les consciences mal à propos et il est bon même&#13;
que vous observiez que leur zèle peut être excité par des vues particulières. Il est&#13;
certain que les sujets du roi ne peuvent faire de commerce en Canada, si utile au&#13;
royaume que celui du vin et de l’eau-de-vie, et qu’il n’y en a point en quoi ils aient&#13;
un si grand avantage sur les Anglais et les Hollandais.&#13;
&#13;
�Vous ne pouviez avoir à me mander rien de plus considérable pour le service du&#13;
roi, ni qui me put faire en mon particulier un plus sensible plaisir, que ce que vous&#13;
m’écrivez de la bonne intelligence qui est entre M. de Frontenac et vous et de&#13;
l’assurance que vous me donnez qu’elle continuera.&#13;
Je vous prie, Monsieur, de trouver bon que je vous y convie encore, ne doutant&#13;
point que vous ne le trouviez toujours disposé de sa part à entretenir avec vous&#13;
une parfaite union.&#13;
Je suis, etc.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives du Canada), C-3753, p. 1319-1324.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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                <text>Le secrétaire d’État à la Marine de France informe le 2e évêque de Québec que Louis XIV, roi de France, n’a pas alloué de fonds pour les gratifications financières et le paiement de la maison épiscopale cette année, mais espère pouvoir le faire à l’avenir. Malgré les dépenses extraordinaires de l’année précédente, le roi continue de financer l’entretien des curés et les dépenses militaires pour le Canada. Le roi a donné des ordres à Frontenac et Champigny, gouverneur et intendant de la Nouvelle-France, pour soutenir les ecclésiastiques et contribuer à la fixation des cures. Le secrétaire aborde les plaintes concernant les restrictions sur le commerce des boissons enivrantes, demandant à Saint-Vallier de modérer le zèle des ecclésiastiques.</text>
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                <text>1690-07-14</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série B, vol.1 5, f. 130v-132v&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Saint-Vallier, Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de, 1653-1727</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12425" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c3753/1319?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-3753, p. 1319-1324&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de la traite des boissons enivrantes (1659-1708)</name>
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        <name>Commerce et industrie</name>
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        <name>Correspondance avec la Cour de France</name>
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                    <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 16 mars 1684)&#13;
Du 16 mars 1684,&#13;
M. de Seignelay nous donna hier audience à M. de Brisacier et à moi et nous&#13;
marqua qu’il n’approuvait pas l’hospice que les Récollets voulaient avoir dans&#13;
Québec, mais il s’entendit beaucoup sur ce que vous ne vouliez pas vous servir&#13;
des Récollets, qu’ils étaient inutiles en Canada, que cette partialité et destination&#13;
n’était pas bien, que le roi n’agréait pas cette conduite. Je lui répartis que vous vous&#13;
serviez des Récollets comme des autres et que vous leur donniez de l’emploi&#13;
jusque dans les lieux les plus éloignés et que ces plaintes des Récollets étaient sans&#13;
fondement. Sur quoi il me dit qu’il le savait, cela par d’autres personnes que les&#13;
Récollets et qu’il était mort plus de 20 personnes sans confession, qu’il fallait se&#13;
servir d’eux dans ces lieux éloignés. Je lui répondis qu’il ne pouvait être qu’il fût&#13;
mort tant de personnes sans confession et qu’il n’y avait pas de lieux où les peuples&#13;
fussent assistés avec plus de soin qu’en Canada et que si vous n’aviez pas voulu&#13;
vous servir de quelques particuliers des Récollets, c’était que leur conduite n’était&#13;
pas celle qu’elle devait être. Il me dit qu’il n’entrait pas là-dedans. Ceci est l’effet&#13;
de ce que les Récollets ont dit et fait dire ici et de ce qu’ils ont fait écrire et&#13;
représenter par quelques habitants du Canada et quoi que ce soit sans fondement,&#13;
cela ne reste pas de faire des impressions qu’il est très difficile d’ôter. Nous&#13;
prierons M. Tronson d’en entretenir à fond M. de Seignelay là-dessus et le&#13;
P. de La Chaize d’en parler au roi.&#13;
Pour la subsistance des curés, il nous dit qu’il y a cinq ou six curés dont le revenu&#13;
monte à 500 livres et que quand il ne se montrerait qu’à 400 livres, ce serait assez.&#13;
Je lui répartis qu’un prêtre et un homme à le servir ne pouvaient subsister à moins&#13;
de 600 livres, qu’il fallait plus de hardes en Canada qu’en France, qu’elles y étaient&#13;
plus chères, que 400 livres prix de Canada n’étant que 300 livres prix de France. Il&#13;
ajouta que le supplément des 6 000 livres ne continuerait pas et qu’il fallait faire en&#13;
sorte que les autres curés fassent comme ceux qui ont 500 livres et que le pays&#13;
fournisse à la subsistance des curés. De ceci, je crois qu’il faut colliger que la Cour&#13;
donnera encore pendant quelques années quelque chose pour suppléer à la&#13;
subsistance des curés, mais ce sera le moins qu’elle pourra et ne le continuera pas&#13;
longtemps : une des raisons pour lesquelles M. de Seignelay nous dit qu’il faudrait&#13;
&#13;
�employer les Récollets et qu’il se persuade qu’il faut peu de choses pour les faire&#13;
subsister.&#13;
Touchant l’exemption du 10 %, il dit qu’il savait bien ce que c’était que cette affaire&#13;
et ne me donna pas lieu de lui expliquer. Je lui mis en main le mémoire qui en&#13;
contenait les raisons.&#13;
Je ne sais pas quel égard il aura pour le clocher. Vos lettres et le mémoire contrementent cet article.&#13;
Nous ne jugeâmes pas à propos de lui parler de ce que l’argent que le roi fait&#13;
délivrer pour la subsistance des curés et autres gratifications ne se paie que prix&#13;
de Canada, d’autant qu’il nous parle en présence de beaucoup de monde. Nous&#13;
prendrons une autre voie pour lui faire connaître.&#13;
Je ne sais pas non plus ce qu’il fera touchant les 4 000 livres que vous avez&#13;
appliquées au Séminaire. Peut-être que voyant la chose faite, il n’y touchera pas.&#13;
Vous savez qu’on n’est pas agréable quand on demande de l’argent au ministre et&#13;
qu’il fait tout ce qu’il peut pour s’en défendre. L’on espère que nous n’aurons pas&#13;
la guerre en France, mais si on l’a, il serait très difficile d’obtenir aucun argent de&#13;
la Cour.&#13;
Tout ceci ne nous empêchera pas d’envoyer nos trois ecclésiastiques. Il faut nous&#13;
confier que Notre-Seigneur pourvoira à leur subsistance d’une façon ou d’une&#13;
autre.&#13;
J’ai vu, avec M. de Brisacier, M. l’archevêque de Paris. Il a parlé au roi et à&#13;
M. de Seignelay touchant l’hospice des Récollets. Il en doit encore parler derechef&#13;
au roi. Il est bien intentionné sur ce sujet et prend bien la chose, dont il est&#13;
pleinement instruit.&#13;
M. Gaultier, curé de Méobecq, est contraint de quitter la cure, ne pouvant rétablir&#13;
sa santé en ce lieu. C’était un secours considérable dont nous serons privés. Ce&#13;
n’est pas manque de bonne volonté de sa part. Il s’en retournera en force chez lui.&#13;
&#13;
�Nous tâcherons d’y mettre une personne capable de satisfaire à son devoir et en&#13;
qui on puisse avoir confiance pour nos affaires.&#13;
M. l’abbé de Brisacier l’oncle1 vous présente ses respects. Il est toujours bien&#13;
affectionné pour le Séminaire et les missions.&#13;
M. Daulier me vient de dire qu’il ne croit pas qu’on envoie de troupes en Canada&#13;
et d’ailleurs, on ne fait aucune démarche qui paraissent pour cela. La Compagnie&#13;
écrira à M. Châlons pour le passage des pauvres gens que vous demandez dans&#13;
les vaisseaux de la Compagnie.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
Laurent de Brisacier, 1609-1690, oncle de Jacques-Charles de Brisacier, 1642-1736. Ce dernier fut&#13;
supérieur du Séminaire de Paris de 1681 à 1694 et de 1700 à 1720.&#13;
2&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2020.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1684, 16 mars – Lettre de Dudouyt à Laval&#13;
(Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 78)&#13;
1 du 16 Mars 1684.&#13;
No 78 Lettres N. no. 78&#13;
2 M. de seignelay nous donna hier audience a M. briSacier et a moy&#13;
3 et nous marqua quil napprouvoit pas lhospice que les recollects&#13;
4 vouloient avoir dans quebec : mais il setendit beaucoup sur ce que&#13;
5 vous ne vouliés pas vous Servir des recollects, quils étoient&#13;
6 inutilles en canada, que cette partialité et distination n’étoit&#13;
7 pas bien, que le Roy n’agreoit pas cette conduite. Je luy&#13;
8 reparty que vous vous Serviés des recollects comme des&#13;
9 autres, et que vous leur donniés delemploy iuSques dans les&#13;
10 lieux les plus eloignez, et que ces plaintes des&#13;
11 recollects étoient Sans fondement sur quoy il me dist quil&#13;
12 Le Scavoit, cela par dautres perSonnes que les recollects&#13;
13 et quil étoit mort plus de vingt perSonnes Sans&#13;
14 confeSsion, quil falloit Se Servir d’eux dans ces lieux&#13;
15 eloignez : Je luy repondy quil ne pouvoit eStre quil fuSt&#13;
16 mort tant deperSonnes Sans confeSsion et quil ny avoit&#13;
17 Point de lieu ou les peuples fussent assiStés avec plus deSoin&#13;
18 quen Canada : et que Si vous naviés pas voulu vous&#13;
19 Servir de quelques particuliers des recollects c’étoit que&#13;
20 leur conduite netoit pas telle quelle devoit eStre : il me diSt&#13;
21 quil nentroit pas ladedans : Cecy eSt leffet de ce que&#13;
22 les recollects ont dit et fait dire icy et de ce qu’ils ont&#13;
23 fait eScrire et representer parquelques habitans duCanada&#13;
24 et quoy que Ce soit Sans fondement cela ne reSte pas de&#13;
25 faire des JmpreSsions quil eSt très difficille doster : nous&#13;
26 prierons Monsieur Tronson den entretenir a fond M. de&#13;
27 Seignelay la dessus, et le pere de la chaize den parler au Roy.&#13;
28&#13;
Pour la subsistence des curez il nous dist quil y avoit&#13;
29 cinq ou six cures dont le revenu se montoit a cinq centz&#13;
30 livres, et que quand il ne se monteroit qu’a quatre&#13;
31 centz livres ce Seroit assez : Je luy reparty quun&#13;
32 preStre et un homme ale servir ne pouvoit SubSiSter a&#13;
33 moins de six cent livres, quil falloit plus dehardes&#13;
34 plus de hardes en Canada quen france, quelles y étoient&#13;
35 plus cheres, que 400.# prix de Canada netoient que 300#&#13;
36 prix de france. Jl adiouta que le supplement des 6000#&#13;
37 ne continueroit pas, et quil falloit faire en sorte que&#13;
38 les autres cures fussent comme celles quj avoient&#13;
39 cinq centz livres, et que le pais fourniSt ala subSistence&#13;
40 des curés. De cecy ie croy quil faut colliger que la&#13;
&#13;
�41 Cour donnera encorre pendant quelques années quelque&#13;
42 chose pour suppléer a la subsiStence des Curez mais&#13;
43 ce sera le moins quelle pourrä et ne le continuera pas&#13;
44 long tems : une des raisons pour les quelles M. de seignelay&#13;
45 nous dist quil falloit employer les recollects eSt quil Se&#13;
46 persuade quil faut peu de chose pour les faire SubSiSter&#13;
47 Touchant lexemption du dix pour cent il dist quil&#13;
48 scavoit bien ce que c’étoit que cette affaire et ne me&#13;
49 donna pas lieu de luy expliquer Je luy mis en main&#13;
50 le memoire quj en contenoit les raiSons.&#13;
51 Je ne scay pas quel egard il aura pour le clocher vos&#13;
52 lettres et le memoire contrement cet article&#13;
53 Nous ne Jugeasmes pas apropos de luy parler de&#13;
54 ce que largent que le Roy fait delivrer pour la subSiStence&#13;
55 des curés et autres gratifications ne se paye que prix&#13;
56 de Canada dautant quil nous parloit preSence de beaucoup&#13;
57 de monde, nous prendrons une autre voye pour luy&#13;
58 faire connoiStre&#13;
59 Je ne Scay pas non plus ce quil fera touchant les&#13;
60 4000.# que vous aves appliquées au Seminaire peuteStre&#13;
61 que voyant la chose faiste il ny touchera pas&#13;
62 Vous Scavés qu’on n’eSt pas agreable quand on demande&#13;
63 delargent au miniStre et quil fait tout ce quil peut&#13;
64 pour Sen defendre. Lon espere que nous naurons pas&#13;
65 pas la guerre en france mais Si on ly avoit il&#13;
66 seroit tres difficille dobtenir aucun argent de la Cour&#13;
67 Tout cecy ne nous empeschera pas denvoyer nos trois&#13;
68 EccleSiaStiques, il faut nous confier que NoStre Seigneur&#13;
69 pourvoirra aleur SubSiStence dune façon ou dautre&#13;
70 Jay veu avec Monsieur briSacier M. larcheveSque&#13;
71 de paris il a parle au Roy et a M. de Seignelay&#13;
72 touchant lhospice des recollects il en doit encorre&#13;
73 parler derechef au Roy il eSt bien intentionné sur&#13;
74 ce suiet et prend bien la chose dont il eSt pleinnement&#13;
75 instruit Jl en doit&#13;
76 Monsieur gaultier Curé de meaubec eSt contrainct&#13;
77 de quitter laCure ne pouvant retablir Sa santé&#13;
78 en ce lieu c’etoit un Secours considerable dont nous&#13;
79 Serons privés ce neSt pas manque de bonne&#13;
80 volonté [de S]a part, il sen retournera en fo[rce]&#13;
81 chez luy nous taScherons dy mettre une perSon[ne]&#13;
82 capable dy satiSfaire a Son devoir et a quj on&#13;
83 puiSse avoir confiance pour nos affaires&#13;
&#13;
�84 Monsieur Labbe brizacier loncle vous preSente&#13;
85 ses reSpects il eSt touiours bien affectionné pour&#13;
86 leSeminaire et les miSsions&#13;
87 M.r daullier me vient de dire quil ne croit pas&#13;
88 quon envoye de troupes en Canada et dailleurs on&#13;
89 ne fait aucunnes demarches quj paroiSsent&#13;
90 pour cela. la Compagnie eScrira a M.r Chalons&#13;
91 pour le paSsage des pauvres gens que vous&#13;
92 demandez dans les vaiSseaux de laCompagnie&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-hd-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Dudouyt, Jean, 1628-1688</text>
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                <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 16 mars 1684)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris raconte au 1er évêque de Québec ses échanges lors de l’audience avec Seignelay, secrétaire d’État à la Marine de France. Ce dernier n’approuve pas le projet des Récollets d’avoir un hospice dans Québec, mais il reproche à Laval de ne pas se servir assez de ces religieux pour le service pastoral et que les curés sont trop payés et qu’il faut réduire le supplément que le roi leur accorde. Il suggère aussi d’employer les Récollets pour diminuer les dépenses. Il ne veut pas discuter de l’exemption du 10 %, qui est une taxe sur les marchandises importées en Canada. Dudouyt ne sait pas si Seignelay acceptera que Laval ait appliqué 4 000 livres du roi au Séminaire de Québec. Il espère que le fait accompli ne sera pas remis en cause. Il craint que la guerre en France réduise les ressources disponibles pour le Canada. Il lui annonce à l’évêque qu’il enverra trois ecclésiastiques au Canada, malgré les difficultés financières.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268252"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 78&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12015" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12016" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'hospice des Récollets (1681-1688)</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Dettes</name>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>Guerres</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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        <name>Recrutement et formation</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 10-28 mai 1701)&#13;
&#13;
10 mai 1701&#13;
Monseigneur,&#13;
Je vous ai déjà envoyé une fort longue lettre d’avis il y a plus de six semaines, que&#13;
je crois à présent partie il y a plus de quinze jours. Je ne répéterai pas beaucoup de&#13;
choses que je vous y ai écrites. Je tâcherai seulement à redire les principales, afin&#13;
que cette lettre serve d’une seconde voie et que si la première était perdue, la&#13;
seconde y supplée.&#13;
Comme cependant je traite fort au long de ce qui s’est passé entre les Jésuites et&#13;
nous en France depuis l’an passé dans la lettre que j’écris à M. de Glandelet,&#13;
Votre Grandeur trouvera bon que je l’y renvoie. Il vous en fera part avec plaisir. Je&#13;
lui envoie aussi trois exemplaires de chacun des écrits que nous avons fait&#13;
imprimer, un des Jacobins et un des Jésuites.&#13;
Je vous ai mandé, Monseigneur, tout ce que j’ai reçu de vous cet hiver, savoir un&#13;
petit billet qui vint par l’Angleterre du 30 janvier 1700, une lettre de trois grandes&#13;
pages du 9 août suivant, une autre semblable du 18 octobre et enfin, votre grande&#13;
lettre de douze pages, qui est sans date.&#13;
Vous saurez déjà, quand vous recevrez celle-ci, que nos Messieurs ont engagé&#13;
Mgr de Québec avec bien de la sagesse d’aller plutôt loger chez M. le curé de SaintSulpice que de demeurer chez nous, en lui représentant qu’ayant des affaires à&#13;
régler avec les Jésuites, ils ne manqueraient pas de dire que nous réunissons leurs&#13;
ennemis dans notre maison et qu’après avoir été séparés d’avec Monseigneur cidevant, nous nous le sommes réunis pour les combattre. Monseigneur a paru se&#13;
rendre aux remontrances qu’on lui en a fait. Nous avons bien vu dans le&#13;
commencement que cela lui faisait beaucoup de peine, mais il a bien connu depuis&#13;
que c’était un bon conseil, pour lui et pour nous, que nous lui donnions. Il n’a pas&#13;
voulu me dire ce qui l’avait fait revenir là-dessus, mais nous avons su depuis de&#13;
lui-même que le père provincial des Jésuites lui avait dit, en présence de&#13;
&#13;
�M. l’archevêque d’Auch, que ses pères de Canada lui mandaient qu’il n’était&#13;
revenu cette année en France que par le conseil de Mgr l’Ancien et des supérieurs&#13;
du Séminaire de Québec, qui lui avaient conseillé ce voyage, afin qu’il vint y crier&#13;
contre eux ; qu’il allait même à Rome y porter ses plaintes contre les Jésuites ; et&#13;
qu’on les rendit par-là odieux. Le père provincial dit sur cela que vous,&#13;
Monseigneur, étiez un ingrat, qui ne reconnaissiez pas qu’ils vous avaient fait&#13;
évêque et vous avaient fait mille plaisirs ; qu’ils avaient formé, soutenu et agrandi&#13;
le Séminaire ; que cependant c’était ce Séminaire qui leur faisait la plus rude&#13;
guerre. Je vous avoue, Monseigneur, que j’aurais eu peine à croire tout ce que m’en&#13;
dit Mgr de Québec il n’y a que trois jours (c’était le 16 mai), si je ne connaissais qu’ils&#13;
parlent de même de nous à Paris pour tout.&#13;
Cependant, je croyais qu’ils ne vous y renfermeraient pas, mais vous y êtes,&#13;
Monseigneur, plus engagé que les autres et sur ce que Mgr de Québec dit au père&#13;
provincial, qu’il était étonné que des Jésuites eussent mandé cela de vous et de&#13;
votre Séminaire et que ce ne pouvait être que des étourdis et des brouillons, mais&#13;
que le P. Bouvart et le P. Germain n’avaient garde d’être si injustes à l’égard de&#13;
votre Séminaire et de vous, le père provincial répondit tout net à Mgr de Québec&#13;
que le P. Bouvart et le P. Germain le mandaient aussi bien que les autres. Jugez&#13;
après si cela est ainsi, Monseigneur, ce que vous devez attendre de leur part&#13;
pendant que vos lettres, celles de M. des Maizerets et de M. de Glandelet sont&#13;
pleines d’honnêtetés pour les Jésuites ; que vous et eux m’écrivez que vous vivez&#13;
bien avec eux ; que les divisions de la Chine n’altéreront pas la charité du Canada ;&#13;
que ces pères doivent écrire à leurs pères en France pour les désabuser des&#13;
sentiments désavantageux qu’ils ont eus de M. de Glandelet ; qu’ils doivent&#13;
marquer la cordialité avec laquelle on vit avec eux. Eux écrivent tout ce que je viens&#13;
de vous dire à leur provincial, qui a dit nettement à Mgr de Québec que nous vous&#13;
avions prié, Monseigneur, d’engager Mgr de Québec de revenir en France, de s’y&#13;
venir plaindre des Jésuites, d’en aller porter ses plaintes à Rome pour les décrier&#13;
de toutes parts. Je vous avoue que je n’en saurais revenir et que je ne puis&#13;
m’empêcher de les accuser d’ingratitude en votre endroit, après tout ce que vous&#13;
avez fait pour eux.&#13;
&#13;
�Ils prétendent que vous devez être leur valet, parce qu’ils ont contribué à vous&#13;
faire évêque et que vous devez en tout dépendre de leur volonté. Ils croient que ce&#13;
sont eux qui font les évêques. Ils y contribuent en effet encore quelquefois trop,&#13;
mais le roi est trop éclairé à présent et trop pieux pour les laisser faire à présent&#13;
autant qu’ils faisaient autrefois. Et nous le voyons actuellement par le nombre de&#13;
très saints prélats que le roi nous a donnés depuis peu et qui ne sont pas&#13;
assurément du choix des Jésuites. C’est une pitié de voir leur arrogance là-dessus.&#13;
M. de Reims contait à M. Tiberge ces jours passés qu’un de ses jésuites de Reims,&#13;
parlant de lui-même, disait : « Celui-là ne durera pas toujours ; quand il sera mort,&#13;
nous y en mettrons un autre. » Je ne suis plus surpris de toute l’ingratitude qu’ils&#13;
nous reprochent, eux qui savent dans leur conscience que la Compagnie s’est&#13;
opposée de toute ses forces à l’établissement de notre Séminaire et en France et&#13;
dans les Indes ; qu’à la vérité, deux de ses enfants y ont contribué, savoir le P. Bagot&#13;
et le P. de Rhodes, mais que de traverses le P. Bagot n’a-t-il pas eue à essuyer en&#13;
France pour cela et ne sait-on pas que pour punir le P. de Rhodes d’avoir contribué&#13;
à l’envoi des évêques, on ne lui a pas voulu permettre de retourner à sa chère&#13;
mission du Tonkin, dont il savait la langue et où il pouvait faire des grands biens,&#13;
et on l’a relégué à Ispahan en Perse, où il devint inutile, n’en sachant pas la langue&#13;
et ne pouvant plus l’apprendre et y mourut en peu d’années.&#13;
Je vous assure, Monseigneur, que je me sentirais porté à vous inspirer d’examiner&#13;
un peu, si vous ne vous croiriez pas en état de révoquer, l’approbation que vous&#13;
avez donnée au livre du P. Le Tellier De la défense des nouveaux chrétiens et&#13;
missionnaires de la Chine. Plus je lis cette approbation, plus je suis surpris de ce que&#13;
vous y dites des jésuites du Canada, car ce que nous mande M. Bergier de ce qu’ils&#13;
font parmi les Sauvages est si différent de ce que vous y dites que je ne sais si vous&#13;
ne devriez pas informer le public que vous avez été prévenu d’une trop grande&#13;
estime pour les Jésuites en donnant cette approbation ; que vous ne les aviez&#13;
connus que par ceux que vous aviez vus dans la colonie, n’ayant pu aller voir ceux&#13;
qui travaillent auprès des Sauvages, à cause de vos infirmités ; que vous n’aviez&#13;
même pu y envoyer aucun prêtre séculier pour ne pas faire de peine aux Jésuites ;&#13;
mais qu’ayant été depuis plus particulièrement informé et par les prêtres séculiers&#13;
et par les laïcs mêmes, qui reviennent de ces missions, vous croyiez devoir exposer&#13;
les sujets de peine que vous avez eus autrefois et que vous avez encore à essuyer&#13;
&#13;
�d’eux. Je ne voudrais pas que Votre Grandeur écoutât cet avis qu’après y avoir&#13;
bien pensé devant Notre-Seigneur et consulté les gens de bien qu’elle a auprès&#13;
d’elle.&#13;
Je ne vous répète pas, Monseigneur, tout ce que j’ai mandé à M. de Glandelet sur&#13;
nos affaires avec les Jésuites à Rome et en France. Je vous dirai seulement que nous&#13;
nous faisons en France et attendons en patience la décision du pape, que les&#13;
Jésuites font leur possible pour reculer jusqu’à l’éternité. Ce sont de puissants&#13;
adversaires. Ils remuent ciel et terre pour empêcher que le pape ne décide, mais&#13;
Sa Sainteté a déclaré qu’elle voulait décider et leur a refusé les délais qu’ils&#13;
demandaient. Cependant, comme il fait bon battre un glorieux, les Jésuites, au&#13;
sortir de ces refus, publient partout que le pape les a parfaitement bien reçus.&#13;
Voici ce qui nous est venu par les dernières lettres venues de Rome. M. Charmot&#13;
alla à l’audience du pape le 28 avril. Le saint pontife le reçut avec une grande bonté&#13;
et lui dit qu’il avait dit aux Jésuites, et qu’il le lui disait, qu’il ne fallait plus écrire,&#13;
faire des libellés ni des livres ; qu’il fallait demander les lumières du Saint-Esprit&#13;
pour lui afin de bien juger ; qu’il faisait faire pour cela ; qu’il avait ordonné aux&#13;
qualificateurs de s’assembler extraordinairement, comme dans l’affaire de&#13;
Cambrai ; qu’il les avait exhortés de donner leurs vœux selon la conscience, afin&#13;
que lui étant rapportés, il put ensuite porter son décret ; qu’il leur avait représenté&#13;
qu’il fallait faire un décret absolu, permanent et qui ne fût plus conditionnel,&#13;
comme avaient été les précédents ; et sur ce que quelques cardinaux, gagnés par&#13;
les Jésuites, lui remontrèrent qu’il était difficile de donner leurs vues sur des faits&#13;
contestés et qu’ils croyaient nécessaire auparavant d’assembler les parties pour&#13;
convenir de ces faits, le pape dit qu’il leur déclara que si on voulait en venir à cette&#13;
vérification de faits, ce serait le moyen de ne jamais finir l’affaire, quand même on&#13;
enverrait des commissaires sur les lieux ; que ces faits avaient été suffisamment&#13;
éclaircis ; que ceux qui les croiraient assez éclaircis donneraient leurs vues suivant&#13;
la certitude qu’ils en auraient et que ceux qui en douteraient le donneraient selon&#13;
leur doute. Nous ne pouvons, Monseigneur, désirer rien de plus d’un si saint&#13;
pontife. En conséquence, nous apprenons chaque semaine que les cardinaux&#13;
s’assemblent. Nous serions heureux si, avant le départ des vaisseaux pour Canada,&#13;
&#13;
�nous pouvions en apprendre la décision ; car peut-être que ces assemblées de&#13;
cardinaux dureront encore plus de deux mois.&#13;
Nous avons encore appris, par nos dernières lettres, certaines choses qui nous font&#13;
connaître l’esprit de ce saint pontife et nous en fait tout à fait bien espérer. On lui&#13;
mena plusieurs missionnaires de l’ordre Saint-Dominique de la réforme de SainteSabine, qui partaient pour les missions de Perse, afin de prendre sa bénédiction.&#13;
Le pape leur fit un sermon sur l’excellence de leur état apostolique ; leur&#13;
recommanda de se proposer pour modèles les apôtres et les hôtes apostoliques des&#13;
premiers siècles et de ne pas imiter ceux qui se servaient de moyens humains pour&#13;
établir l’Évangile ; de n’être ni chirurgiens, ni médecins, ni marchands, ni&#13;
mathématiciens, ni mandarins ; de ne s’appliquer qu’à la prédication de l’Évangile&#13;
et de vivre pour cela selon l’Évangile. Nous ne saurions trop louer sa sagesse en&#13;
cela et nous espérons qu’il saura remédier à bien des choses, si Dieu nous le&#13;
conserve.&#13;
Après vous avoir rendu compte de ces affaires des Indes, je dois vous parler de&#13;
celles des Tamarois. Je ne répète pas ce que je vous en ai écrit dans ma première&#13;
lettre. Je vous dirai seulement que nous en avons parlé fortement à&#13;
M. de Pontchartrain. Mgr de Québec lui a présenté un mémoire sur ce sujet, parce&#13;
que M. d’Auch n’a pas voulu [se] prononcer, peut-être pour ne pas faire de peine&#13;
à Monseigneur s’il eut prononcé contre lui ou aux Jésuites, s’il eut décidé contre&#13;
eux. Mgr de Québec a été fermé sur cette affaire, prétendant que son autorité y était&#13;
commise ; les jésuites y ont été encore plus entêtés ; si bien que Mgr de Québec a&#13;
demandé au roi qu’il en prit connaissance ou nommât quelques prélats qui en&#13;
connussent avec M. d’Auch. Sa Majesté a nommé pour cela M. de Meaux et&#13;
M. de Chartres. Ils sont amis des Jésuites, surtout le dernier ; mais ils sont encore&#13;
plus amis de la vérité. Ce qu’il y a de fâcheux, c’est que cela ne pourra se décider&#13;
qu’après le départ des vaisseaux pour Québec et pour Mississippi, car on y renvoie&#13;
M. d’Iberville dans le dessein qu’il y fasse un établissement permanent et on a&#13;
même envoyé un mémoire au Conseil d’Espagne pour y faire connaître l’utilité&#13;
que les Français s’y établissent pour servir comme de barrière entre les Anglais et&#13;
les Espagnols, afin d’empêcher les premiers de courir sur les derniers.&#13;
&#13;
�C’est dans cette vue que la Cour ne prétend pas y faire une grosse colonie, mais&#13;
seulement y établir un fort qui puisse résister et laisser la colonie s’y former peu à&#13;
peu. On prétend surtout mettre des missionnaires dans toutes les nations sauvages&#13;
qui sont entre les Anglais et le cours du fleuve Mississippi, depuis les Illinois en&#13;
descendant, afin d’engager ces Sauvages dans le parti des Français, après qu’on&#13;
les aura convertis. Il est bon, Monseigneur, que vous recommandiez à M. Bergier&#13;
d’entrer dans ces vues autant qu’il pourra. Plus ces peuples sont près des&#13;
hérétiques, plus il faut s’attacher à les prévenir contre leurs erreurs après leur avoir&#13;
appris la religion, car ce sont des cires molles qui prendront telle impression qu’on&#13;
voudra.&#13;
Vous aurez appris par mes précédentes la mort du père de M. Bergier. Son fils est&#13;
son légataire et son héritier universel, mais il a fait bien des legs particuliers. Il&#13;
faudra que M. Bergier envoie une procuration telle qu’il jugera à propos pour agir&#13;
en ses affaires. On croit qu’il pourra toujours avoir 500 ou 600 livres de rente.&#13;
J’ai tâché, Monseigneur, à faire porter à M. de Montigny sur son compte tout ce&#13;
que j’ai pu de dépenses pour le Mississippi. Je lui ai fait porter 60 livres pour&#13;
habiller Charles, son valet ; 60 livres qu’il a dépensées à La Rochelle, pendant son&#13;
séjour ; plus de 50 livres pour sa pension au Séminaire ; et près de 300 livres que&#13;
j’ai payées à M. d’Iberville, que M. de Montigny avait empruntées de lui pendant&#13;
son voyage. Cependant, quoique je lui ai fait porter toutes ces sommes en les&#13;
faisant mettre sur son compte, vous trouverez, sur celui du Séminaire, bien des&#13;
sommes que j’ai employées pour Mississippi, qui vont à près de 2 700 livres.&#13;
Cependant, il y a peu de choses envoyées à nos Messieurs du mémoire de&#13;
M. Bouteville et de M. Bergier, qui monterait à plus de 3 000 livres s’il était&#13;
entièrement accompli. Si j’ai des lettres de change à payer que nos Messieurs tirent&#13;
sur moi de ce pays-là, je ne pourrai y fournir.&#13;
J’ai cru que le roi ayant accordé cette année la continuation des 3 000 livres pour&#13;
cette mission, sans savoir s’il l’accordera la suivante, M. de Pontchartrain faisant&#13;
entendre qu’on ne s’y doit pas attendre, je devais en employer la moitié pour&#13;
accomplir en partie les factures de MM. Bergier et Bouteville et réserver le surplus&#13;
pour m’aider à rembourser une partie des avances où je suis.&#13;
&#13;
�Je vous ai assez parlé, Monseigneur, dans ma première lettre, de l’extrême&#13;
embarras où je me trouve, à cause de ces avances où je suis pour le Séminaire et je&#13;
vous avoue de bonne foi que j’ai bien de la peine à digérer que vous ayant mandé&#13;
tout cela l’an passé, vous ayez encore tiré sur moi des lettres de change ; car si vous&#13;
voyiez de près la peine où je suis actuellement pour les payer, je suis sûr que vous&#13;
en auriez compassion. Dans la disette d’argent où l’on se trouve actuellement à&#13;
cause de la guerre, où on n’en trouve pas à 11 % de profit, je ne sais comment je&#13;
les paierai et cependant, je dois à tout le monde pour vos factures et à présent tout&#13;
le monde me presse de donner de l’argent. Je vous avoue que je me jette souvent&#13;
en mon particulier dans des chagrins quand j’y pense que si je ne les dissipais, je&#13;
quitterais tout là et m’en irais, car je n’ai même sur cela nulle consolation de nos&#13;
Messieurs, à qui quand je me plains de ce que vous, Monseigneur, et nos MM. de&#13;
Canada ne m’épargnez nullement, ils se contentent de me dire que c’est ma faute,&#13;
que je me rends malheureux par trop de complaisance pour nos Messieurs, que vu&#13;
l’état des affaires de Canada, je ne devais accepter nulle lettre de change et&#13;
n’accomplir aucune facture. Je voudrais que vous vissiez l’état où je me trouve de&#13;
devoir à toute la terre, avoir à payer pour plus de 4 000 livres de lettres de change,&#13;
tant pour Mgr de Québec que pour vous, et ne voir aucun argent à toucher, ne&#13;
savoir de qui en emprunter. Je vous avoue que la pensée me vient de me cacher&#13;
quand ces lettres de change arriveront, car je ne sais où en prendre. Quelques&#13;
lettres que M. l’abbé de Brisacier ait écrites à M. l’évêque d’Aire, nous ne saurions&#13;
en tirer d’argent pour l’année passée. Votre pension au Trésor royal ne saurait se&#13;
tirer pour l’année 1700. La guerre a consommé tout l’argent. Je voudrais que vous&#13;
vissiez cela de près. Je ne sais si nous pouvons tirer notre ordonnance de&#13;
Mississippi quand on nous l’aura expédiée et je serai bien heureux si je la touche&#13;
au mois de septembre ou d’octobre. Je vous avoue simplement, Monseigneur, que&#13;
si un pareil embarras [ne] m’arrive jamais, je quitterai la partie.&#13;
J’ai écrit fort au long à M. de Glandelet pour le prier de représenter à vous,&#13;
Monseigneur, et à nos Messieurs que je croyais devoir attendre tous les ans un&#13;
arrêté de mes comptes pour la dépense du Séminaire, afin de ne rien laisser en&#13;
arrière. Je ne sais pourquoi j’ai laissé passer les premières années. J’ai appréhendé&#13;
que vous et nos Messieurs ne crussiez que je me regardasse comme un membre&#13;
&#13;
�séparé du Séminaire de Québec. J’ai pensé ensuite que vous ne regardiez pas peutêtre ces comptes comme arrêtés entièrement et c’est pour cela que je crois vous&#13;
devoir demander en grâce de les faire examiner, afin que s’il s’y trouve quelque&#13;
difficulté, j’y puisse encore répondre. On se souvient de deux ou trois ans, mais les&#13;
espèces s’effaçant après cela de notre esprit et nous ne pouvons rendre raison de&#13;
rien. Cependant, cela est absolument nécessaire pour mettre en repos les esprits et&#13;
pour liquider les affaires passées. C’est ce qu’on fait à tous ceux qui ont reçu et&#13;
dépensé. C’est ce que Votre Grandeur ne manquait pas d’accorder à M. Dudouyt&#13;
tous les ans. Je vous supplie donc, Monseigneur, de faire arrêter ma recette et&#13;
dépense jusqu’à cette année. S’il y a quelque article en souffrance, ayez la bonté de&#13;
m’en écrire et j’espère vous satisfaire.&#13;
Quoique j’aie fait au-delà de mes forces en acceptant votre lettre de change de&#13;
M. Foucault de 1 300 livres, celle de la même somme à un autre et une autre de&#13;
1 200 livres pour Mgr de Québec, j’en ai refusé une que vous aviez donnée à&#13;
M. de Bénac, mais je n’ai pu faire autrement et je ne sais comment je pourrai m’en&#13;
tirer.&#13;
Nous devons nous attendre que M. d’Iberville favorisera toujours plus les Jésuites&#13;
que nous et Dieu veuille que ces bons pères ne lui ôtent pas le peu de bonne&#13;
volonté qu’il a pour nous. Je compte toujours très certainement qu’il ne balancera&#13;
pas à pencher pour les Jésuites. Il fera son possible pour rompre tout commerce&#13;
du Mississippi avec le Canada, afin d’établir cette colonie nouvelle et la rendre&#13;
indépendante de l’autre.&#13;
Si l’on avait fait un établissement plus considérable, il aurait fallu que nous&#13;
eussions eu soin du spirituel des Français. Les Jésuites s’en sont emparés et je ne&#13;
crois pas que M. de Pontchartrain le leur ôte, ni y laisse d’autres s’y établir sans&#13;
leur consentement. Si nous avions vu jour à cela, nous aurions pensé à y envoyer&#13;
une personne capable et nous avions jeté les yeux sur un. Il serait fort utile,&#13;
Monseigneur, que vous eussiez un prêtre du Séminaire dans ce nouvel&#13;
établissement du Détroit et il faudrait mieux s’incommoder au Séminaire que de&#13;
manquer à y en mettre un. La Cour n’a rien donné pour cela. On laisse aux&#13;
intéressés à cet établissement d’en faire la dépense.&#13;
&#13;
�Mgr de Québec ne compte pas d’envoyer des prêtres pour remplir les places&#13;
vacantes de MM. Deleuze et Coeurderoi, qu’il croit devoir rester en Canada, et je&#13;
crois qu’il n’est pas à propos que, par de nouveaux envois, vous surchargiez ce&#13;
pays-là ; vous n’êtes pas en état de le soutenir. Ce sera beaucoup si vous soutenez&#13;
bien les ouvriers qui y sont. Il semble qu’on n’aurait pas dû y envoyer le jeune&#13;
sieur de Saint-Cosme, n’étant pas prêtre, pour qu’il fût obligé de revenir pour se&#13;
faire ordonner. On perd le temps et on dépense beaucoup en ces voyages. Je crains&#13;
bien que nos Messieurs, en allant et venant, surtout M. de Saint-Cosme, le prêtre,&#13;
n’aient pas fait beaucoup de progrès dans les langues. Il faudrait moins courir et&#13;
s’attacher solidement à quelque chose.&#13;
Ne comptez nullement, Monseigneur, sur les paroles que vous peut avoir donné&#13;
Mgr de Québec de faire du bien au Séminaire : ce prélat a tant d’autres vues qu’il&#13;
ne sera jamais en état de rien faire pour nous. Ne l’ai-je pas vu dans ce que je lui ai&#13;
voulu proposer sur ce que vous me mandez de ses vues pour la pension sur le&#13;
clergé ? Voilà ce qui me donna occasion de m’en expliquer avec lui.&#13;
Il voulut, à la fin d’avril, m’obliger à lui payer les 2 000 livres sur ses abbayes,&#13;
comme j’y suis obligé par le partage. Je lui représentai 1° que celle de l’Estrée étant&#13;
saisie et n’en pouvant rien toucher pour une affaire qui vient de lui (c’est ce traité&#13;
qu’il a fait avec cette religieuse), il ne devrait pas se faire payer pendant que je ne&#13;
le suis pas ; 2° qu’il savait que j’avais un compte à régler avec lui et que je lui avais&#13;
envoyé deux fois en Canada, sans qu’il l’eût réglé et que je prétendais par ce&#13;
compte ne lui devoir pas grand-chose ; 3° que quand je lui devrais, j’espérais qu’il&#13;
aurait égard à l’extrémité où il savait que vos factures et vos lettres de change&#13;
m’avaient réduit et que vous m’aviez même fait espérer que Sa Grandeur&#13;
m’aiderait de tout ou de la meilleure partie de la rente sur le clergé et que je m’y&#13;
attendais. Monseigneur n’eut garde de rien répondre à la 1° ; à la 2°, il dit qu’il&#13;
fallait donc compter sur le champ. J’eus bien de la peine à lui faire comprendre&#13;
qu’il me faudrait plus d’un mois pour dresser ce compte et que s’il voulait que je&#13;
m’y appliquasse, il me faudrait renoncer absolument à écrire aucune lettre en&#13;
Canada. Et quant à la 3°, il me dit qu’à la vérité, il avait promis de destiner les&#13;
2 000 livres du clergé pour nos missions de Mississippi, mais que c’était à&#13;
&#13;
�différentes conditions : 1re que nous ne retirions pas les missionnaires qui y étaient&#13;
destinés, comme nous avions fait M. de Montigny en l’envoyant à Lachine (le&#13;
prélat sait cependant bien de M. de Montigny que nous avons fait ce que nous&#13;
avons pu pour l’en détourner et le renvoyer à Mississippi) ; 2e que nous y&#13;
envoyions un grand nombre de missionnaires pour les missions des Panis,&#13;
Missouris, etc. ; 3e que nous ferions un Séminaire dans le pays d’en-bas. En un mot,&#13;
j’aimerais mieux qu’il gardât les 2 000 livres que d’y apposer les conditions qu’il y&#13;
veut mettre. Quant à ses dispositions où il est pour son retour, il m’a dit deux ou&#13;
trous fois, je ne sais si c’était pour me sonder, qu’il ne penserait pas à s’en retourner&#13;
sans avoir auparavant consulté les serviteurs de Dieu pour savoir leur sentiment.&#13;
Il m’a dit une autre fois qu’il ne savait s’il s’en retournerait de quatre ou cinq ans&#13;
et qu’il voulait finir les unions de ses bénéfices. Dans d’autres occasions, il m’a&#13;
parlé comme s’il devait s’en retourner l’année prochaine et c’est ce que je crois qu’il&#13;
fera. Il me dit pourtant ces jours passés qu’il ne pouvait encore s’en retourner&#13;
l’année prochaine et que ses affaires n’étaient pas faites. Mais je crois que dès qu’il&#13;
aura payé ses lettres de change et qu’il se verra quelque argent devant lui, il&#13;
retournera au Canada. On m’a dit que sa famille aurait voulu le retenir en France&#13;
et que si on lui présentait même une bonne abbaye, il l’accepterait. Je ne le crois&#13;
cependant pas et toute la dépense qu’il a faite en Canada pour se loger l’y&#13;
remmènera.&#13;
Je vous ai mandé que M. de Montigny, interrogé par M. de La Pallière, si dans la&#13;
situation où les choses sont en Canada, selon la connaissance qu’en à&#13;
M. de Montigny, il était plus de la gloire de Dieu que Mgr de Québec se démit de&#13;
l’évêché ou y retournât. M. de Montigny répondit qu’il croyait plus avantageux à&#13;
l’Église et à Monseigneur qu’il se démit. C’est M. de La Pallière qui me l’a dit et&#13;
qui l’a dit à Mgr de Québec, qui n’a pas été content de M. de Montigny à cause de&#13;
son avis.&#13;
Nous avons examiné, Monseigneur, les extraits que vous nous avez envoyés&#13;
touchant le tiers des 4 000 livres au curé de Québec. M. l’abbé de Brisacier a&#13;
toujours remis à en parler à Mgr de Québec et ne l’a pas fait, mais il n’a pas voulu&#13;
souffrir qu’on n’en dit rien au ministre, parce que ç’eût été renouveler la dispute&#13;
et nous n’y aurions rien gagné.&#13;
&#13;
�Je n’ai pu, Monseigneur, faire la dépense que souhaitait le P. Germain pour ces&#13;
thèses. Vous jugez bien que l’état de nos affaires ne me permet pas de faire ces&#13;
avances. Nous avons obtenu le passage pour un moulange dans le vaisseau de roi,&#13;
mais M. Grignon me mande qu’il n’en trouve point. Ainsi, cette grâce deviendra&#13;
inutile ; il faudra la redemander pour une autre année.&#13;
J’ai évité cet hiver de voir M. Berthelot pour ne lui pas parler de cette terre&#13;
d’Argentenay ou plutôt pour qu’il ne m’en parlât pas. Il me vint chercher il y a&#13;
quinze jours avec beaucoup d’empressement et me pria de dîner chez lui. J’y fus,&#13;
mais je remarquai qu’on ne lui a rien mandé de cette affaire et ce n’est pas à moi à&#13;
lui en reparler. Mgr de Québec l’est allé voir pour lui demander s’il voulait vendre&#13;
sa terre. M. Berthelot lui dit que s’il en trouvait tout ce qu’elle lui avait coûtée et&#13;
les améliorations qu’il y avait faites, il la donnerait.&#13;
Je crois, Monseigneur, que vous devez recevoir cette mouvance que Perrot veut&#13;
vous reconnaître. Cela rendra toujours votre terre de Beaupré plus considérable.&#13;
M. Berthelot ne se défera pas de l’île [d’Orléans] sa vie durant. Il n’a point fini avec&#13;
son grand créancier. Il mourra sans y finir et sans jouir de ses biens, car on lui tient&#13;
en France plus de 800 000 livres saisies.&#13;
Je vous ai mandé l’an passé, Monseigneur, que si vous vouliez obtenir une&#13;
approbation de la possession de votre île Jésus en Cour, il fallait vous faire donner&#13;
une approbation de votre concession par M. le gouverneur et M. l’intendant, qui&#13;
marqueront que leur ayant été représenté par vous que le Séminaire possède&#13;
l’île Jésus par l’échange fait avec M. Berthelot et lui, la possédant par la concession&#13;
de M. Talon, qui n’a pas été ratifié par la Cour, quoique vous en soyez paisible&#13;
possesseur. Cependant, à cause de ce défaut de ratification, vous leur demandez&#13;
la reconcession de cette île, avec obligation d’en obtenir la ratification de la Cour.&#13;
C’est le moyen de rebâtir ce qui manque.&#13;
Je suis fâché que vous songiez à vous défaire de l’île Jésus. Il me semble,&#13;
Monseigneur, que c’est la terre dont vous devriez ne vous pas défaire. Il est bon&#13;
d’avoir du bien au haut et au bas. Vous en aurez du regret un jour à venir, ou&#13;
&#13;
�plutôt, ceux qui viendront après nous dans le Séminaire. Il est plus important que&#13;
vous ne pensez de la conserver, quand vous n’en tireriez rien à présent. C’est un&#13;
fonds qui ne peut qu’augmenter et qu’une communauté comme la nôtre doit&#13;
conserver.&#13;
Je crois, Monseigneur, n’avoir pas rendu votre lettre à M. de Denonville. Il était du&#13;
voyage des princes et n’en est revenu que depuis peu. Mais la principale raison,&#13;
c’est qu’il est si vendu aux Jésuites, à cause de tous les biens qu’il a tirés de leur&#13;
Compagnie, qu’il serait capable de montrer votre lettre.&#13;
Il me semble que vous ne devriez pas laisser les pensions des enfants du Petit&#13;
Séminaire si modiques, ne prenant que 230 livres de Canada. Les choses sont&#13;
venues si chères, surtout pour l’entretien, que vous ne sauriez nourrir et entretenir&#13;
un enfant, l’un portant l’autre, qu’il ne vous en coûte plus de 300 livres de Canada.&#13;
J’en suis très assuré. Toutes les pensions ont été augmentées en France. On n’en&#13;
trouve point à Paris pour de petits enfants à moins de 300 livres, dont on était&#13;
quitte de notre temps pour 200 livres et je suis sûr qu’on se sauvait plutôt à&#13;
200 livres autrefois qu’à 300 livres à présent. Si ces pensions enrichissent le&#13;
Séminaire et l’aident à subsister, comme M. des Maizerets a voulu me le faire&#13;
croire, il se fait donc un grand miracle, car nous sommes persuadés à Paris que&#13;
c’est la dépense qui absorbe le Séminaire et qui le ruine.&#13;
Il serait fâcheux, Monseigneur, que vous retirassiez MM. Maudoux et Le Voyer de&#13;
l’Acadie, car Mgr de Québec n’y a pas pourvu autrement. Je croirais que ce serait&#13;
un lieu où le Séminaire pouvait faire du bien par un établissement qui ne lui&#13;
coûterait rien et serait utile à la religion et entretiendrait même et soutiendrait nos&#13;
missions sauvages de l’Acadie. Votre Grandeur aura la bonté de lire ce que j’en&#13;
écris à M. Petit. M. de Chevry est revenu de ses prétentions contre les&#13;
missionnaires et je crois que l’on y pouvait avoir de la consolation.&#13;
Si on y était résolu, j’espère qu’en conservant ceux qui y sont ou en n’ôtant au plus&#13;
que M. Maudoux, nous fournirions de Paris les missionnaires, puisque vous ne&#13;
voulez pas les fournir de Québec ; mais pour faciliter cet établissement, si Votre&#13;
Grandeur et nos Messieurs voulaient me permettre de m’y destiner et me donner&#13;
&#13;
�MM. Calon et de Requeleyne au lieu de M. Maudoux et Leveyer, je mènerais avec&#13;
moi les autres missionnaires dont nous aurions besoin et nous ferions un&#13;
établissement à la porte de la Nouvelle-Angleterre qui serait en état de faire&#13;
honneur à la religion. J’espérerais mener avec moi un docteur de [La] Sorbonne,&#13;
que nous établirions pour notre supérieur et qui nous conduirait et réunirait tous.&#13;
Il ne faudrait, Monseigneur, que m’envoyer M. Buisson pour mettre à ma place et&#13;
j’espère que dans peu, je l’instruirai de tout ce qu’il faut savoir pour nos affaires.&#13;
Je n’ai pas, à la vérité, encore proposé à nos MM. de Paris bien sérieusement la&#13;
chose. J’en ai parlé quelquefois à M. l’abbé de Brisacier, qui me dit en riant qu’il&#13;
n’a[ur]ait de son côté et M. l’abbé Tiberge du sien à prendre ainsi leur parti et&#13;
mettre ensuite la clef du Séminaire sous la porte, mais il me dit cela par raillerie. Il&#13;
s’en faut bien que je sois à 100 lieues loin aussi utile au Séminaire que le sont ces&#13;
deux Messieurs et je suis persuadé qu’en le représentant comme il faut à M. l’abbé&#13;
de Brisacier, si j’ai votre agrément et celui de nos MM. de Québec, il y donnera les&#13;
mains.&#13;
Je vous envoie cette année un bon ecclésiastique que M. l’abbé de Brisacier a voulu&#13;
que je fisse partir pour répondre à ce que M. Landry, curé de Saint-Jacques-de-la&#13;
Boucherie et supérieur des communautés de feu M. Sanciergues, nous a demandé&#13;
de donner un prêtre à ces MM. du Mont-Louis, qui en demandent. Ces Messieurs&#13;
font les frais de sa dépense. Il est encore faible dans ses études, mais il est de&#13;
bonnes mœurs et ne donnera pas du déplaisir comme M. Guay. Il nous vient de&#13;
bonnes mains, et j’espère que nos Messieurs en seront contents. Si l’on pouvait&#13;
donner à ces MM. du Mont-Louis un prêtre propre à s’appliquer aux Sauvages de&#13;
ces quartiers-là, peut-être y aurait-il du bien à faire, si l’on pouvait commodément&#13;
retenir auprès du Séminaire cet ecclésiastique-ci, que je vous envoie, nommé&#13;
M. Le Riche, et y envoyer un autre, ce serait, ce me semble, une bonne affaire ; mais&#13;
comme ces MM. du Mont-Louis m’ont donné de quoi lui fournir ses besoins, il&#13;
faudrait fournir au Séminaire à proportion à celui qu’on y enverrait à sa place, car&#13;
il faut garder à ces Messieurs une justice exacte.&#13;
Je ne vous ai pas envoyé l’an passé le petit Houssart, Monseigneur, parce qu’il était&#13;
malade et n’était pas bien disposé de partir. Je vous l’envoie à présent qu’il se porte&#13;
&#13;
�mieux et qu’il est bien résolu de partir. C’est un bon enfant, dont j’espère que vous&#13;
serez content.&#13;
Je n’ai pas eu le temps, Monseigneur, de faire des lettres pour vous à votre famille.&#13;
Je leur ai seulement mandé de vos nouvelles. M. l’abbé de Laval1 fait fort bien à&#13;
Tournai, où il est chanoine et official, et s’y fait estimer par sa sagesse et par sa&#13;
capacité dans les affaires. M. de Montigny2 est toujours retiré à Montigny et je&#13;
n’entends plus parler qu’il veuille se remarier. M. et Mme de Laval3 vivent assez&#13;
paisiblement ensemble et ont avec eux Mlle de Laval. Sa seconde sœur est morte&#13;
depuis cinq ou six mois. Ils ne nous paient pas les arrérages qu’ils nous doivent,&#13;
ni les anciens, qui vont à plus de 3 000 livres, ni les nouveaux, qui ne sont plus que&#13;
de 333 livres par an. C’est une pitié que d’avoir pour créanciers des noblesses&#13;
obérées. On n’en peut rien tirer qu’avec les sergents. Nous ne leur avons cependant&#13;
encore rien dit.&#13;
On a laissé, Monseigneur, votre fondation sans la régler. Je suis encore en état de&#13;
la régler comme vous le souhaitez et j’espère aller cet été faire un tour en ces&#13;
quartiers-là, si je puis obtenir un arrêt contre cette religieuse de l’Estrée et faire&#13;
lever les saisies qu’elle a mises de toutes parts sur cette abbaye.&#13;
Il faut finir, Monseigneur, cette longue lettre en vous suppliant de faire attention&#13;
à trois choses, qui demandent de nos Messieurs une très particulière considération.&#13;
La 1re [est] que Votre Grandeur voit quels moyens elle peut prendre de soutenir&#13;
les missions de Mississippi avec les 3 000 livres que le roi donne et dont nous&#13;
sommes incertains si nous obtiendrons la continuation, car il ne faut pas nous&#13;
attendre, à ce que je crois, à la pension du clergé, que Mgr de Québec saura toujours&#13;
promettre et ne donnera jamais. Il n’y a rien à demander au clergé, obéré comme&#13;
il est. La dernière Assemblée a retranché des pensions et n’en a accordé aucune&#13;
nouvelle. Le clergé est trop surchargé. Je ne vois guère d’apparence de procurer&#13;
du bien à ces missions par des unions de bénéfices. J’en ai tenté deux ou trois qui&#13;
ont manqué. Il ne faut pas s’attendre aux aumônes des fidèles. Nous ne recevions&#13;
Charles-François-Guy de Laval, neveu cadet de Mgr de Laval, chanoine de l’archevêque de Tournai&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval&#13;
3&#13;
Gabriel de Laval, fils aîné de Jean-Louis, et son épouse, Charlotte-Marie-Thérèse de Bésançon&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�rien en ces malheureux temps ni par les Indes orientales ni par les Indes&#13;
occidentales. Nos Messieurs ne peuvent faire plus qu’ils font et je puis vous&#13;
assurer qu’ils se portent avec la même affection pour ces nouvelles missions que&#13;
pour celles de l’Orient. Il s’agit donc de régler sa dépense sur son revenu, car je&#13;
crains que si vous et nos Messieurs n’y donnez ordre, ces missions n’absorbent&#13;
notre Séminaire de Québec ; car vous ne devez pas vous attendre que le Séminaire&#13;
de Paris prenne sur lui ces dépenses. Il n’a pas de revenu et la bourse des missions&#13;
devient aide à le faire substituer. Si vous n’avertissez ces MM. de Mississippi de&#13;
régler leurs dépenses, ils enverront des factures, ils tireront des lettres de change,&#13;
ils emprunteront de tout le monde et pousseront si loin les choses que je serai&#13;
obligé de refuser de payer pour eux. Cependant, cela ne sera pas agréable pour de&#13;
nouveaux établissements. J’ai été obligé de payer tout ce qui m’en est venu par&#13;
M. d’Iberville pour entretenir leur crédit et j’ai même prié M. d’Iberville d’écrire&#13;
au commandant des Français que si nos missionnaires avaient besoin de quelque&#13;
chose, ils le leur donnassent et que je le paierais. Je fis cela pour contenter&#13;
M. de Montigny, qui aurait voulu que j’eusse envoyé cet hiver pour plus de&#13;
1 000 écus d’effets.&#13;
La 2e chose sur laquelle je vous supplie de faire réflexion est sur l’état où sont vos&#13;
affaires en France et sur les moyens de me faire toucher les avances que j’ai faites&#13;
pour le Séminaire, car la partie n’est plus tenable sur le pied où les choses ont été&#13;
depuis trois ou quatre ans. Vous touchez en Canada les 2 000 livres des prêtres&#13;
usés et vous tirez des 5 400 livres de lettres de change une année et des 4 000 livres&#13;
une autre et voudriez qu’avec cela on accomplit les factures ! Cela ne se peut et je&#13;
vous prie d’être persuadé que si nos Messieurs ne me remettent des fonds pour&#13;
accomplir des factures et pour m’aider à me rembourser, attendu que tout ce que&#13;
j’ai à toucher pour l’année prochaine ne le peut, je refuserai toute lettre de change&#13;
et n’accomplirai aucune facture. Il me semble que j’ai poussé la recette du&#13;
Séminaire de l’année passée aussi loin qu’elle puisse aller. Je ne crois pas perdre&#13;
une occasion de procurer les intérêts du Séminaire. Je crains bien qu’au jugement&#13;
de Dieu, je ne sois plutôt repris de m’être trop donné de mouvement pour ces&#13;
intérêts temporels que de ne m’en être pas donné assez.&#13;
&#13;
�La 3e , Monseigneur, est que je vous supplie et nos Messieurs de faire examiner&#13;
mes comptes, pour le Séminaire et pour vous, et si vous les trouvez comme il faut,&#13;
de m’en envoyer une décharge pour toutes les années passées. Il me serait&#13;
actuellement difficile de répondre à des difficultés qu’on me ferait sur mes&#13;
comptes de 1693, 94 et 95, mais je le ferais aisément sur tous les autres et si&#13;
j’attendais plus longtemps, je le ferais difficilement.&#13;
Je viens d’apprendre aujourd’hui, 25 mai, jour de la Fête-Dieu, que le roi a donné&#13;
à M. de Champigny, intendant de Québec, l’intendance du Havre. Cela va lui faire&#13;
plaisir. Je ne sais encore qui on a nommé pour lui succéder. Je suis après à m’en&#13;
informer. Je vous manderai, après le départ de M. Le Riche, si je l’apprends. Je suis&#13;
obligé de cacheter cette lettre pour la lui donner. Je supplie Votre Grandeur de me&#13;
donner sa bénédiction, de me continuer le secours de ses prières, de se conserver&#13;
pour la consolation de nos Messieurs et pour la mienne, de me continuer ses&#13;
mêmes bontés et de me croire sans réserve, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
28 mai 1701&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1701, 10 mai – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 114)&#13;
1&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1&#13;
MonSeigneur&#13;
10. May 1701. 1&#13;
2 Lettre N.&#13;
M.’ Tremblay&#13;
3 No 114.&#13;
à&#13;
gr&#13;
4&#13;
M de La val&#13;
5 Je vous ay deja envoié une fort longue&#13;
6 lettre D’avis Jl y a plus deSix Semaines que&#13;
7 Je crois apresent partie Jly a plus de quinze&#13;
8 jours. Je ne repeteray pas beaucoup dechoses&#13;
9 que Je vous y ay escrites, Je tascheray Seulem’&#13;
10 a redire les principales afin que cette lettre&#13;
11 Serve d’une Seconde voie et que si la 1.ere estoit&#13;
12 perdue, la 2.de y Suplee.&#13;
13 Comme cependant Je traite fort aulong&#13;
14 de ce qui Sest passé entre les Jesuites et Nous&#13;
15 en france depuis l’an passé dans la lettre que&#13;
16 Jescris a M Glandelet, V. G. trouvera bon&#13;
17 que Je l’y renvoie; Jl vous en fera part&#13;
18 avec plaisir. Je lui envoie aussi trois&#13;
19 exemplaires de chacun des escrits que nous&#13;
20 avons fait Jmprimer, un des Jacobins et un&#13;
21 des Jesuites.&#13;
22 Je vous ay mandé, Monseigneur, tout ce que&#13;
23 J’ay receu de vous cet hiver, Scavoir unpetit&#13;
24 billet qui vint par Langleterre du 30. Jan.er&#13;
25 dernier, 1700. une lettre de 3. grandes pages du 9&#13;
26 aoust Suiv.t une au’ Semblable du 18. Octobre, et&#13;
27 enfin v’re grande lettre de 12 pages qui est&#13;
28 Sans date.&#13;
29 Vous Scaurez deja quand vous recevrez cellecy&#13;
30 que nos Mess.rs ont engagé Mgr de Quebec&#13;
31 avec bien dela Sagesse daller plutost loger chez&#13;
32 M Le curé de St Sulpice, que de demeurer chez&#13;
33 nous en lui representant quayant des aff.res&#13;
34 a regler avec les Jesuites, Jls ne manqueroient&#13;
35 pas de dire que nous reunissons leurs ennemis&#13;
36 dans n’re maison et qu’apres avoir esté&#13;
37 Separez davec M’gr cy devant, Nous nous le&#13;
38 Sommes reunis pr les combattre M’gr a paru&#13;
39 Se rendre aux remontrances qu’on lui en a faites.&#13;
40 Nous avons bien vus dans le commencem’ que cela&#13;
&#13;
�41 lui faisoit beaucoup de peine, mais Jl a bien connu&#13;
42 depuis que c’estoit un bon conseil p.r lui et p.r nous&#13;
43 que nous lui donnions. Jl n’a pas voulu me&#13;
44 dire ce qui l’avoir fait revenir la dessus, mais&#13;
45 nous avons Seus depuis de lui mesme que Le P.&#13;
46 Provincial des Jesuites lui avoit dit en presence de&#13;
3&#13;
&#13;
47 M. Larch. D’auche, que Ses Peres de canada lui&#13;
48 mandoient qu’il n’estoit revenu cette année en&#13;
49 canada france, que par le conseil de Mgr Lancien,&#13;
50 et des Sup.rs du Sem.re de Quebec, qui lui avoient&#13;
51 conseillé ce voiage afin quil vinst y crier contre&#13;
52 eux, qu’il allait mesme a Rome y porter Ses&#13;
53 plaintes afin que de toutes parts Jl revinst&#13;
54 a Rome des plaintes contre les Jesuites et qu’on&#13;
55 les rendist par la odieux, Le P. Provincial dit&#13;
56 Sur cela que vous, Monseigrneur estiez un&#13;
57 ingrat qui ne reconnoisiez pas quils vous&#13;
58 avoient fait Evesque, et vous avoient fait mil&#13;
59 plaisirs quils avoient formé Soutenu, et&#13;
60 agrandi le Sem.re que cepend.t cestoit ce Sem.re&#13;
61 qui leur faisoit la plus rude guerre; Je vous&#13;
62 avoüe Monseigneur, que Jaurois eu peine&#13;
63 a croire tout ce que men dit M’gr de Quebec,&#13;
64 il n’y a que trois jours (c’estoit le 16. May)&#13;
65 Si Je ne connoissois quils parlent de mesme de&#13;
66 Nous a Paris par tout. Cepend.’ Je croiois quils&#13;
67 ne vous y renfermeroient pas, mais vous y&#13;
68 estes Monseigneur plus engagé que les autres,&#13;
69 et Sur ce que M’gr de Q. dit au P. Provincial&#13;
70 quil estoit estonné que des Jesuites eussent mandé&#13;
71 cela de vous et de v’re Sem.re, et que ce ne pouvoit&#13;
72 estre que des estourdis et des brouillons, mais que&#13;
73 Le P. Bouvart et Le P. Germain navoient garde&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
74 destre Si injustes a lesgard de v’re Sem.re et de&#13;
75 vous, Le P. Provincial repondit tout net a Mgr&#13;
76 de Q. que Le P Bouvart et Le P. Germain le&#13;
77 mandoient aussibien que les autres. Jugez apres si cela&#13;
78 cela, est ainsi M’gr, ce que vous devez attendre de&#13;
79 pareils esprits Leur part Pendant que vos lettres celles&#13;
80 de M Des maizerais et de M Glandelet Sont&#13;
81 remplies Sont pleines dhonnestetez p.r les Jesuites,&#13;
82 que vous et eux m’escrivez que vous vivez bien&#13;
&#13;
�83 avec eux, que les divisions de la chine naltererons&#13;
84 pas la charité du Canada, que ces Peres doivent&#13;
85 escrire a leurs Peres en france p.r les desabuser&#13;
86 des Sentimens desavantageux quils ont eu de M&#13;
87 Glandelet, quils doivent marquer la cordialit[e]&#13;
88 avec laquelle on vit avec eux, Eux escriven[t]&#13;
89 tout ce que Je viens de vous dire a leur&#13;
90 Provincial qui a dit nettem’ a Mgr de Q.&#13;
91 que nous vous avions prié Monseigneur&#13;
92 dengager Mgr de Q. de revenir en france,&#13;
93 de S’y venir plaindre des Jesuites d’en aller&#13;
94 porter Ses plaintes a Rome, p.r les descrier&#13;
95 de toutes parts. Je vous avoue que Je n’en&#13;
96 Scaurois revenir, et que Je ne puis m’empescher&#13;
97 de les accuser d’Jngratitude en v’re endroit apres&#13;
98 tous ce que vous avez fait p.r eux.&#13;
5&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
99 Jls pretendent que vous devez estre leur valet&#13;
100 par ce quils ont contribué a vous faire Evesque,&#13;
101 et que vous devez en tout dependre de leur&#13;
102 volonté. Jls croient que ce Sont eux qui&#13;
103 font les Evesques. Jls y contribuent en effet&#13;
104 encore quelq’ fois trop, mais Le Roi est trop&#13;
105 esclairé a present et trop pieux p.r les laisser&#13;
106 faire a present autant quils faisoient autrefois.&#13;
107 et Nous le voyons actuellem’ par le Nombre&#13;
108 de tres S.ts Prelats que le Roi nous a donné&#13;
109 depuis peu et qui ne Sont pas assurem’ du&#13;
110 choix des Jesuites. C’est une pitié de voir leur&#13;
111 arrogance la dessus. M. de Rheims contoit a&#13;
112 M Tiberge ces jours passez qu’un de Ses Jesuites&#13;
113 de Rheims parlant de lui mesme disoit&#13;
114 celui la ne durera pas toujours, quand Jl Sera&#13;
115 mort nous y en mettrons un autre. Je ne&#13;
116 Suis plus Surpris que de toute lingratitude qu’ils&#13;
117 nous reprochent, eux qui Scavent dans leur&#13;
118 conscience que la compagnie S’est opposée de toute&#13;
119 Ses forces a l’establissem’ de n’re Sem.re et en france&#13;
120 et dans les Jndes, qu’a la verité deux de Ses&#13;
121 Enfans y ont contribué Scavoir Le P. Bagot et&#13;
122 le P. de Rhodes, mais que de traverses Le P. Bagot&#13;
123 na til pas eu a essuyer en france p.r cela, et&#13;
124 ne Scait on pas que p.r punir Le P de Rhodes&#13;
&#13;
�6.&#13;
&#13;
125 d’avoir contribué a lenvoy des Evesques, on ne&#13;
126 lui a pas voulu permettre de retourner a Sa&#13;
127 chere Mission du Tonquin, dont Jl Scavoit la&#13;
128 langue, et ou il pouvoit faire des grands&#13;
129 biens, et on la relegué a hispahan en Perse,&#13;
130 ou il devint inutile n’en Scachant pas la&#13;
131 langue et ne pouvant plus l’aprendre et y&#13;
132 mourut en peu danneez.&#13;
133 Je vous assure, Monseigneur que Je me Sentirois&#13;
134 porté a vous inspirer dexaminer un peu Si vous&#13;
135 ne vous croiriez pas en etat de revoquer&#13;
136 lapprobation que vous avez donné au livre du&#13;
137 P. Le Tellier de la Defense des nouveaux Chrestiens&#13;
138 et Miss.res de la chine, Plus Je lis cette approbation,&#13;
139 plus Je suis Surpris de ce que vous y dites des&#13;
140 Jesuites du Canada. car ce que nous mande&#13;
141 M Bergier de ce quils font parmy les Sauvages&#13;
142 est Si different de ce que vous y dites, que Je ne&#13;
143 Scay Si vous ne devriez pas Jnformer le public&#13;
144 que vous avez esté prevenu d’une trop grande&#13;
145 estime p.r les Jesuites en donnant cette approbation,&#13;
146 que vous ne les aviez connus que par ceux&#13;
147 que vous aviez veu dans la colonie, n’ayant&#13;
148 pu aller voir ceux qui travaillent aupres des&#13;
149 Sauvages a cause de vos Jnfirmitez; Que vous n’aviez&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
150 mesme pu y envoier aucun prestre Seculier&#13;
151 p.r ne pas faire de peine aux Jesuites, mais&#13;
152 quayant esté depuis plus particulierem’&#13;
153 Jnformé et par les Prestres Seculiers et&#13;
154 par les laiques mesmes qui reviennent&#13;
155 de ces missions vous croiez devoir exposer&#13;
156 les Sujets de peine que vous avez eu autrefois&#13;
157 et que vous avez encore a essuyer d’eux&#13;
158 Je ne voudrois pas que V. G. escoutast cet&#13;
159 avis qu’apres y avoir bien pensé devant Nre&#13;
160 S’gr et consulté les gens de bien quelle a&#13;
161 aupres d’elle&#13;
162 Je ne vous repete pas, Monseigneur tout&#13;
163 ce que J’ay mandé a M Glandelet Sur nos&#13;
164 aff.res avec les Jesuites a Rome et en france&#13;
165 Je vous diray Seulem’ que nous nous&#13;
166 faisons en france, et attendons en patiance&#13;
167 la decision du Pape que les Jesuites font&#13;
&#13;
�168 leur possible p.r reculer jusqu’à LEternité.&#13;
169 Ce Sont de puissans adversaires. Jls remuent&#13;
170 ciel et terre p.r emprecher que le Pape ne&#13;
171 decide, mais Sa Sainteté a declaré quelle&#13;
172 vouloit decider et leur a refusée les delais&#13;
173 quils demandoient Cependant comme Jl&#13;
174 fait bon battre un glorieux Les Jesuites au&#13;
175 Sortir de ces refus publient partout que&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
176 le Pape les a parfaitem’ bien recus.&#13;
177 voicy ce qui nous est venu par les d.eres&#13;
178 lettres venües de Rome M. charmot alla&#13;
179 a l’audiance du Pape le 28. avril. Le S.t Pontife le&#13;
180 reçut avec une grande bonté, et lui dit&#13;
181 quil avoit dit aux Jesuites, et quille lui&#13;
182 disoit quil ne falloit plus escrire, faire&#13;
183 des libelles ny des livres, quil falloit demand[er]&#13;
184 les lumieres du S.t esprit p.r lui afin de bien&#13;
185 Juger, quil faisoit des prieres en son particu&#13;
186 lier et en faisoit faire p.r cela, quil avoit ordonn[é]&#13;
187 aux qualificateurs de Sassembler extraord.mt co’e&#13;
188 dans laff.re de Cambray, quil les avoit exhorté de&#13;
189 donner leurs vœux Selon la conscience, afin que&#13;
190 lui estant raportéz Jl pust en suite porter Son&#13;
191 decret, quil leur avoit representé quil falloit&#13;
192 faire un Decret absolu, permanent, et qui ne fust,&#13;
193 plus conditionel co’e avoient esté les precedens, et&#13;
194 Sur ce que quelques Cardinaux gagnez par les&#13;
195 Jesuites lui remontrerent quil estoit difficile&#13;
196 de donner leurs vœux Sur des faits contestez.&#13;
197 et quils croioient necess.re auparavant d’assembler&#13;
198 les parties p.r convenir de ces faits, Le Pape dit&#13;
199 quil leur declara que Si on vouloit en venir&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
200 a cette verification de faits, ce Seroit le moyen&#13;
201 de ne Jamais finir laff.re quand mesme on&#13;
202 envoieroit des commiss.res Sur les lieux, que ces&#13;
203 faits avoient esté Suffisamment esclaircis, que&#13;
204 ceux qui les croiroient assez esclaircis donneroient&#13;
205 leurs vœux Suivant la cretitude quils en auroient&#13;
206 et que ceux qui en douteroient le donneroient&#13;
207 Selon leur doute. Nous ne pouvons, Monseigneur&#13;
208 desirer rien de plus d’un si S.t Pontife. En&#13;
209 consequence nous apprenons chaque Semaine&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
�210 que les Card.x S’assemblent. Nous Serions heureux&#13;
211 Si avant le depart des vaisseaux p.r canada&#13;
212 Nous pouvions en apprendre la decision. car&#13;
213 peut estre que ces assembleez de Card.x dureront&#13;
214 encore plus de deux mois.&#13;
215 Nous avons encore appris par nos d.eres lettres&#13;
216 certaines choses qui nous font connoistre&#13;
217 lesprit de ce S.t Pontife et nous en fait tout&#13;
218 a fait bien esperer. On lui mena plus.rs miss.res&#13;
219 de lordre S.t Dominique de la reforme de S.te Sabine,&#13;
220 qui partoient p.r les missions de Perse, afin de&#13;
221 prendre Sa benediction. Le Pape leur fit un&#13;
222 Sermon Sur lexcellence de leur estat apostolique&#13;
223 leur recommanda De Se proposer p.r modeles les&#13;
10.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
224 apotres et les ho’es apostoliques des 1.ers Siecles,&#13;
225 et de ne pas imiter ceux qui Se Servoient de&#13;
226 moyens humains p.r establir LEvangile,&#13;
227 de nestre ni chirurgiens ni medecins, ny&#13;
228 Marchands, ni mathematiciens, ni mandarins,&#13;
229 de ne Sappliquer qu’a la predication de LEvangile,&#13;
230 et de vivre p.r cela Selon lEvangile. Nous ne&#13;
231 Scaurions trop louer Sa Sagesse en cela, et&#13;
232 nous esperons qu’il Scaura remedier a bien&#13;
233 des choses Si Dieu nous le conserve.&#13;
234 apres vous avoir rendu compte de ces aff.res&#13;
235 des Jndes, Je doit vous parler de celle des&#13;
236 Tamarois Je ne repete par ce que Je vous en&#13;
237 ay escrit dans ma 1.ere lettre, Je vous diray&#13;
238 Seulem’ que Nous en avons parlé fortem’&#13;
239 a M. de Pont chartrain; Mgr de Quebec lui&#13;
240 a presenté un memoire Sur ce Sujet parce que&#13;
241 M. Dauche n’a pas voulu prononçer peut estre&#13;
242 p.r ne pas faire de peine a Mgr Sil eust prononcé&#13;
243 contre lui, ou aux Jesuites Sil eust decidé contre&#13;
244 eux Mgr de Quebec a esté ferme Sur cette&#13;
245 aff.re, pretandant que Son authorité y estoit&#13;
246 commise; Les Jesuites y ont esté encore plus&#13;
247 entestez, Si bien que Mgr de Q. a demandé au&#13;
248 Roi qu’il en prist connoissance ou nommast&#13;
249 quelques Prelats qui en connussent avec&#13;
250 M. Dauche Sa Maj. A nommé p.r cela&#13;
251 M de Meaux et M de chartres. Jls Sont&#13;
&#13;
�252 amis des Jesuites Sur tout le dernier. Mais&#13;
253 Jls Sont encore plus amis de la verité; ce quil&#13;
254 y a de facheux, c’est que cela ne poura Se decider&#13;
255 qu’apres le depart des vaiss.x p.r Quebec et p.r&#13;
256 Misissipi.&#13;
257 Car on y renvoye M DJberville dans le dessein&#13;
258 quil y fasse un establissem.’ permanent, et on a&#13;
259 mesme envoié un memoire au conseil dEspagne&#13;
260 p.r y faire connoistre Lutilité que les francois&#13;
261 S’y establissent p.r Servir comme de barriere&#13;
262 entre les anglois et les Espagnols afin dempescher&#13;
263 les 1.ers de courir Sur les derniers.&#13;
264 C’est dans cette veüe que la cour ne pretend&#13;
265 pas y faire une grosse colonie, mais Seulem’&#13;
266 y establir un fort qui puisse resister et laisser&#13;
267 la colonie S’y former peu a peu. On pretend&#13;
268 Sur tout mettre des Miss.res dans toutes les&#13;
269 Nations Sauvages qui Sont entre les anglois&#13;
270 et le cours du fleuve misissipi depuis&#13;
271 les Jlinois en descendant, afin dengager ces&#13;
12.&#13;
&#13;
272 Sauvages dans le parti des francois, apres&#13;
273 qu’on les aura convertis. Jl est bon, Monseig[neur]&#13;
274 que vous recommandiez a M Bergier d’entrer&#13;
275 dans ces veües autant quil poura Plus ces&#13;
276 peuples Sont prez des heretiques plus Jl faut&#13;
277 Sattacher ales prevenir contre leurs erreurs&#13;
278 apres leur avoir appris la religion, car ce Son[t]&#13;
279 des cires molles qui prendront telle Jmpression&#13;
280 qu’on voudra.&#13;
281 vous aurez appris par mes precedentes la&#13;
282 mort du Pere de M Bergier. Son fils est Son&#13;
283 leg.re et Son heritier universel, mais Jl a fait&#13;
284 bien des legs particuliers, Jl faudra que M&#13;
285 Bergier envoye une procuration telle quil&#13;
286 Jugera a propos p.r agir en Ses aff.res on croit&#13;
287 quil poura toujours avoir cinq ou Six cent&#13;
288 livres de rente.&#13;
289 J’ay tasché, Monseigneur a faire porter a&#13;
290 M. de Montigni Sur Son compte tout ce que&#13;
291 Jay pu de depense p.r le misissipi. Je lui ay fait&#13;
292 porter 60.# p.r habiller charles Son valet 60.#&#13;
293 que Je lui ay donné p.r Sen aller 60.# quil a&#13;
294 depensé a la Rochelle, pend.’ Son Sejour plus de&#13;
&#13;
�295 50.# p.r Sa pension au Sem.re et prez de 300.# que&#13;
13.&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
296 J’ay paié a M DJberville que M de Montigni&#13;
297 avoit emprumté de lui pend.’ Son voiage cepend.’&#13;
298 quoiq’ Je lui aye fait porter toutes ces So’es&#13;
299 en les faisant mettre Sur Son compte, Vous&#13;
300 trouverez Sur celui du Sem.re bien des So’es que&#13;
301 J’ay emploié p.r Misissipi, qui vont a prez de&#13;
302 deux mil Sept cent livres. cepend.’ Jl y a peu&#13;
303 de choses envoiéez a nos M.rs du memoire de&#13;
304 M. Bouteville et de M. Bergier qui monteroit&#13;
305 a plus de 3000.# Sil estoit entierem’ accompli.&#13;
306 Si J’ay des lettres de change a paier que nos&#13;
307 Mess.rs tirent Sur moy de ce pays la Je ne&#13;
308 pouray y fournir.&#13;
309 J’ay cru que le Roi ayant accordé cette année&#13;
310 la continuation des 3000.# p.r cette Mission&#13;
311 Sans Scavoir Sil laccordera la Suivante, M&#13;
312 de Pont chartrain faisant entendre qu’on ne S’y&#13;
313 doit pas attendre, Je devois en emploier&#13;
314 la moitié p.r accomplir en partie les factures&#13;
315 de M.re Bergier et Bouteville, et reserver le&#13;
316 Surplus p.r mayder a rembourser une partie&#13;
317 des avances ou Je Suis.&#13;
318 Je vous ay assez parlé, Monseigneur, dans&#13;
319 ma 1.ere lettre de l’extreme ambaras ou je&#13;
320 me trouve a cause de ces avances ou je Suis&#13;
321 p.r le Sem.re, et Je vous avoüe de bonne foy&#13;
322 que J’ay bien de la peine a digerer que vous&#13;
323 ayant mandé tout cela l’an passéz vous&#13;
324 aiez encore tiré Sur moy des lettres de&#13;
325 change, car Si vous voiyez de prez la peine&#13;
326 ou Je Suis actuellem.’ p.r les payer Je Suis&#13;
327 Seur que vous en auriez compassion. Dans&#13;
328 la disette dargent ou l’on Se trouve actuellem.’&#13;
329 a cause de la guerre, ou on n’en trouve pas&#13;
330 a onze p.r cent de profit, Je ne Scay comm.’&#13;
331 Je les paieray, et cepend.’ Je dois a tout le&#13;
332 Monde p.r vos factures, et a present tout&#13;
333 le monde me presse de donner de largent.&#13;
334 Je vous avoüe que Je me jette Souvent&#13;
335 en mon particulier dans des chagrins quand&#13;
336 J’y pense que Si Je ne les dissipois, Je quitterois&#13;
&#13;
�337 tout la, et m’en irois, car Je n’ay mesme&#13;
338 Sur cela nulle consolation de nos Mess.rs&#13;
339 a qui quand Je me plains de ce que vous&#13;
340 Monseigneur et nos Mess.rs de Canada. ne mespargnez&#13;
15&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
341 nullem’, Jls Se contentent de me dire que&#13;
342 c’est ma faute, que Je me rends malheureux&#13;
343 par trop de complaisance p.r nos Mess.rs&#13;
344 que veu l’estat des aff.res de canada Je ne&#13;
345 devois accepter nulle lettre de change et&#13;
346 naccomplir aucune facture. Je voudrois&#13;
347 que vous vissiez l’estat ou je me trouve de&#13;
348 devoir a toute la terre, avoir a paier p.r&#13;
349 plus de 4000.# de lettres de change tant p.r&#13;
350 Mgr de Quebec que p.r vous, et ne voir&#13;
351 aucun argent a toucher, ne Scavoir de&#13;
352 qui en emprunter. Je vous avoüe que la&#13;
353 pensée me vient de me cacher quand ces&#13;
354 lettres de change arriveront, car Je ne Scay&#13;
355 ou en prendre. Quelques lettres que M.&#13;
356 Lab. de Brisacier ait escrit a M Levesque&#13;
357 Daire nous ne Scaurions en tirer&#13;
358 dargent p.r lannée passée. votre pension&#13;
359 au Tresor roial ne Scauroit Se tirer p.r&#13;
360 lannée 1700. La Guerre a consommé tout&#13;
361 largent. Je voudrois que vous vissiez cela&#13;
362 de prez. Je ne Scay Si nous pouvons tirer&#13;
363 n’re ord.ce de misissipi quand on nous&#13;
364 laura expediée et Je Seray bien heureux&#13;
365 Si Je la touche au mois de Septembre ou&#13;
366 d’octobre. Je vous avoüe Simplem’ Monseig[neur]&#13;
367 que Si un pareil ambaras marrive jamais&#13;
368 Je quitteray la partie.&#13;
369 Jay escrit fort au long a M Glandelet&#13;
370 p.r le prier de representer a vous, Monsei[gneur]&#13;
371 et a nos M.rs que Je croiois devoir attendre&#13;
372 tous les ans un arresté de mes comptes p.r&#13;
373 la depense du Sem.re afin de ne rien laisser&#13;
374 en arriere. Je ne Scais p.r quoy J’ay laissé passe&#13;
375 les 1.eres anneez. J’ay apprehendé que vous et nos&#13;
376 Mess.rs ne crussiez que Je me regardasse co’e&#13;
377 un membre Separé du Sem.re de Quebec. J’ay&#13;
378 pensé en Suite que vous ne regardiez pas&#13;
&#13;
�379 peut estre ces comptes co’e arrestez entierem.’,&#13;
380 et c’est p.r cela que Je crois vous devoir&#13;
381 demander en grace de les faire examiner,&#13;
382 afin que Sil S’y trouve quelq’ difficulté,&#13;
383 J’y puisse encore repondre. On Se Souviens&#13;
384 de deux ou trois ans mais les especes&#13;
385 S’effacent apres cela de n’re esprit, et nous&#13;
386 ne pouvons rendre raison de rien cepend.’&#13;
387 cela est absolum.’ necess.re p.r mettre en&#13;
17.&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
+&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
388 repos les esprits et p.r liquider les aff.res&#13;
389 passéez. C’est ce qu’on fait a tous ceux&#13;
390 qui ont receus et depenséz cest ce que&#13;
391 V. G. ne manquoit pas daccorder a&#13;
392 M. Du Douist tous les ans. Je vous Suplie&#13;
393 donc Monseigneur de faire arrester&#13;
394 ma recette et depense Jusqu’à cette&#13;
395 année. Sil y a quelq’ article en Soufrance,&#13;
396 aiez la bonté de m’en escrire et J’espere&#13;
397 vous Satisfaire&#13;
398 Quoi que Jaye fait au dela de mes forces&#13;
399 en acceptant votre lettre de change de M.&#13;
400 foucaut, de 1300. celle de la mesme&#13;
401 So’e a un au’ et ûne autre de 1200.# p.#&#13;
402 M’gr de Quebec, J’en ay refusé une que vous&#13;
403 aviez donnée a M de Benac, mais Je n’ay pu&#13;
404 faire autrement, et Je ne Scay comment Je&#13;
405 pouray m’en tirer.&#13;
406 Nous devons nous attendre que M DJberbille&#13;
407 favorisera toujours plus les Jesuites que Nous,&#13;
408 et Dieu veuille que ces bons Peres ne lui ostent&#13;
409 pas le peu de bonne volonté quil a p.r nous.&#13;
410 Je conte toujours tres certainem’ qu’il ne&#13;
411 balancera pas a pancher p.r les Jesuites.&#13;
412 Jl fera Son possible p.r rompre tout commerce&#13;
413 du misissipi avec le canada, afin destablir&#13;
414 cette colonie nouvelle, et la rendre indepen=&#13;
415 dante de lautre&#13;
416 Si l’on avoit fait un établissem’ plus&#13;
417 considerable, Jl auroit fallu que nous&#13;
418 eussions eus Soin du Spirituel des&#13;
419 francois. Les Jesuites S’en Sont emparez&#13;
420 et Je ne crois pas que M de Pont chartrain&#13;
&#13;
�421 le leur oste, n’y y laisse dautres S’y establir&#13;
422 Sans leur consentem.t Si nous avions&#13;
423 vüs jour a cela nous aurions pensé a y&#13;
424 envoier une personne capable, et nous&#13;
425 avions jettez les yeux Sur un.&#13;
426 Jl Seroit fort utile, Monseigneur que&#13;
427 vous eussiez un Prestre du Sem.re dans ce&#13;
428 nouvel establissem.’ du detroit, et il faudroit&#13;
429 mieux Sincommoder au Sem.re, que de&#13;
430 manquer a y en mettre un La cour n’a&#13;
431 rien donné p.r cela on laisse aux Jnteressez&#13;
432 a cet établissement d’en faire la depense.&#13;
19&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
433 Mgr de Quebec ne compte pas denvoyer&#13;
434 des Prestres p.r remplir les places vacantes de&#13;
435 M.rs de Leuze et cœur de Roi quil croit devoir&#13;
436 rester en canada, et Je crois quil nest pas&#13;
437 a propos que par de nouveaux envois vous&#13;
438 Surchargiez ce pays la; vous nestes pas en&#13;
439 estat de le Soutenir; ce Sera beaucoup Si vous&#13;
440 Soutenez bien les ouvriers qui y Sont. Jl&#13;
441 Semble qu’on nauroit pas du y envoier le&#13;
442 Jeune S.r Cosme n’estant pas prestre p.r, quil&#13;
443 fust obligé de revenir. pr Se f.re ordonner.&#13;
444 on perd le temps et on depense beaucoup&#13;
445 en ces voyages. Je crains bien que nos&#13;
446 M.rs en allant et venant, Surtout M deS.t&#13;
447 cosme le Prestre nayent pas fait beaucoup&#13;
448 de progrez dans les langues. Jl faudroit&#13;
449 moins courir et Sattacher Solidement a&#13;
450 quelque chose.&#13;
451 Ne contez nullem.’, Monseigneur Sur les&#13;
452 paroles que vous peut avoir donné Mgr&#13;
453 de Quebec de faire du bien au Sem.re ce&#13;
454 Prelat a tant dautres veues quil ne Sera&#13;
455 jamais en estat de rien faire p.r nous. Ne&#13;
456 laije pas veu dans ce que Jelui ay voulu&#13;
457 proposer Sur ce que vous me mandez&#13;
458 de Ses veües p.r La pension Sur le clergé.&#13;
459 voila ce qui me donna occasion de m’en&#13;
460 expliquer avec lui.&#13;
461 Jl voulut a la fin d’avril mobliger a lui&#13;
462 paier les 2000.# Sur ces abbayer co’e J’y&#13;
&#13;
�463 Suis obligé par le partage. Je lui rep’ntay&#13;
464 1.e que celle de Lestrée estant Saisie, et n’en&#13;
465 pouvant rien toucher p.r une aff.re qui&#13;
466 vient de lui (cest ce traité quil a fait avec cette&#13;
467 Relig.se) Jl ne devroit pas Se faire payer&#13;
468 pens.t que Je ne le Suis pas.&#13;
469 2.e quil Scavoit que Javois un compte&#13;
470 a regler avec lui que Je lui avois envoie&#13;
471 deux fois en canada, Sans quil l’eust&#13;
472 reglé et que Je pretendois par ce&#13;
473 compte ne lui devoir pas grand chose.&#13;
474 3.e que quand Je lui devrois Jesperois quil&#13;
475 auroit esgard a lextremité ou il Scavoit&#13;
476 que vos factures et vos lettres de chang[e]&#13;
477 mavoient reduit, et que vous maviez&#13;
478 mesme fait esperer que S. Gr. maideroit&#13;
479 de tout ou de la meilleure partie de La&#13;
480 rente Sur le clergé, et que Je m’y attendois&#13;
21.&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
481 M’gr n’eut garde de rien repondre ala&#13;
482 1.ere a la 2.de Jl dit quil falloit donc conter&#13;
483 Sur le champs J’eus bien de la peine a lui&#13;
484 faire comprendre quil me faudroit plus&#13;
485 d’un mois p.r dresser ce compte et que&#13;
486 Sil vouloit que Je m’y appliquasse Jl&#13;
487 me faudroit renonçer absolum.’ a escrire&#13;
488 aucunes lettres en canada. Et quand&#13;
489 a la 3.e Jl me dit qu’a la verité Jl&#13;
490 avoit promis de destiner les 2000.# du&#13;
491 clergé p.r nos Missions de Misissipi,&#13;
492 mais que c’estoit a differentes conditions&#13;
493 1.e que nous ne retirerions pas les Miss.res&#13;
494 qui y estoient destinez, co’e nous avions&#13;
495 fait M de Montigni en lenvoyant&#13;
496 a la chine. Le Prelat Scait cepand.’&#13;
497 bien de M de montigni que nous avons&#13;
498 fait ce que nous avons pu p.r l’en detourner&#13;
499 et le renvoyer a misissipi.) 2.e que nous&#13;
500 y envoierions un grand nombre de miss.res&#13;
501 p.r les missions des Panis missouris &amp;.&#13;
502 3.e que nous ferions un Sem.re dans le pays&#13;
503 d’embas. en un mot Jaymerois mieux&#13;
504 quil gardast Les 2000.# que d’y apposer les&#13;
&#13;
�505 conditions quil y veut mettre&#13;
506 Quant a Ses dispositions ou il est p.r Son&#13;
507 retour, Jl ma dit deux ou trois fois, Je ne Scay&#13;
508 Si cestoit p.r me Sonder quil ne penseroit pas&#13;
509 a Sen retourner Sans avoir auparavant&#13;
510 consulté les Serviteurs de Dieu p.r Scavoir&#13;
511 leur Sentiment. Jl m’a dit une autre fois&#13;
512 quil ne Scavoit Sil Sen retourneroit de quatre&#13;
513 ou cinq ans et quil vouloit finir les unions&#13;
514 de Ses benefices. Dans dautres occasions Jl m’a&#13;
515 parlé, co’e Sil devoit S’en retourner lannée&#13;
516 prochaine, et c’est ce que Je croy quil fera.&#13;
517 Jl me dit pour tant ces jours passez quil&#13;
518 ne pouvoit encore Sen retourner l’année&#13;
519 prochaine, et que Ses aff.res nestoient pas&#13;
520 faites. mais Je croy que dez quil aura&#13;
521 paié Ses lettres de change et quil Se verra&#13;
522 quelq’ argent devant lui, Jl retournera&#13;
523 au canada.&#13;
524 on m’a dit que Sa famille auroit voulu&#13;
525 le retenir en france, et que Si on lui presentoit&#13;
526 mesme une bonne abbaye Jl laccepteroit.&#13;
23.&#13;
&#13;
527 Je ne le crois cepend.’ pas, et toute la&#13;
528 depense quil a fait en canada pr Se&#13;
529 loger l’y remenera.&#13;
530 Je vous ay mandé que M de Montigni&#13;
531 interrogé par M dela Palliere Si dans&#13;
532 la Situation ou les choses Sont en canada&#13;
533 Selon la connoissance qu’en a M de&#13;
534 montigni Jl estoit plus de la gloire de Dieu&#13;
535 que Mgr de Q. Se demist de LEvesché ou y&#13;
536 retournast M de Montigni repondit quil&#13;
537 croioit plus avantageux a LEglise et a M’gr&#13;
538 quil Se demist. C’est M de la Palliere qui&#13;
539 me l’a dit, et qui l’a dit a Mgr de Q.&#13;
540 qui n’a pas esté content de M de Montigni&#13;
541 acause de Son avis.&#13;
542 Nous avons examiné Monseigneur les&#13;
543 extraits que vous nous avez envoié touchant&#13;
544 le tiers des 4000.# au curé de Quebec M Lab.&#13;
545 de Brisacier a toujours remis a en parler&#13;
546 a Mgr de Quebec, et ne la pas fait, mais&#13;
547 Jl na pas voulu Souffrir qu’on en dist rien&#13;
&#13;
�548 au Ministre par ce que c’eust esté&#13;
549 renouveler la dispute, et nous n’y aurions&#13;
550 rien gagné.&#13;
24.&#13;
&#13;
nota&#13;
+&#13;
&#13;
25. 1701&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
+&#13;
&#13;
551 Je n’ay pu, Monseigneur, faire la depense&#13;
552 que Souhaitoit le P. Germain p.r ces Theses&#13;
553 vous Jugez bien que lestat de nos aff.res&#13;
554 ne me permet pas de faire ces avances.&#13;
555 Nous avons obtenus le passage p.r un&#13;
556 moulange dans le vaisseau de Roi, mais&#13;
557 M. Grignon me mande qu’il n’en trouve&#13;
558 point. ainsy cette grace deviendra inutile,&#13;
559 Jl faudra la redemander p.r une autre&#13;
560 année.&#13;
561 J’ay esvité cet hiver de voir M Berthelot&#13;
562 p.r ne lui pas parler de cette terre dargentenay&#13;
563 ou plutost p.r quil ne m’en parlast pas. Jl&#13;
564 me vint chercher il y a quinze jours avec&#13;
565 beaucoup dempressem.’, et me pria de disner&#13;
566 chez lui, J’y fus : mais Je remarquay qu’on&#13;
567 ne lui a rien mandé de cette aff.re, et ce&#13;
568 n’est pas a moy a lui en reparler.&#13;
569 Mgr de Quebec l’est allé voir p.r lui&#13;
570 demander Sil vouloit vendre Sa terre M&#13;
571 Berthelot lui dit que Sil en trouvoit tout&#13;
572 ce quelle lui avoit coutée, et les amelioration&#13;
573 quil y avoit faites, Jl la donneroit.&#13;
574 Je croy, Monseigneur, que vous devez&#13;
575 recevoir cette mouvance que Perrot veut&#13;
576 vous reconnoistre; cela rendra toujours votre&#13;
577 terre de beaupré plus considerable. M Berthelot&#13;
578 ne Se defera pas de LJsle Sa vie durant. Jl&#13;
579 n’a point fini avec Son grand creancier,&#13;
580 Jl moura Sans y finir et Sans jouir de Ses&#13;
581 biens car on lui tient en france plus de&#13;
582 huit cent mil livres Saisis.&#13;
583 Je vous ay mandé l’an passé, Monseigneur&#13;
584 que Si vous vouliez obtenir une approbation&#13;
585 de la possession de v’re Jsle Jesus en Cour, vous deviez&#13;
586 Jl falloit vous faire donner une approbation&#13;
587 de v’re concession par M Le Gouverneur&#13;
588 et M LJntendant qui marqueront que&#13;
589 leur ayant esté representé par vous que&#13;
&#13;
�590 le Sem.re possede LJsle Jesus par leschange&#13;
591 fait avec M Berthelot, et lui la possedant&#13;
592 par la concession de M Talon qui n’a pas&#13;
593 esté ratifiée par la cour, quoique vous&#13;
594 en Soiez paisible possesseur cepend.’ acause&#13;
595 de ce defaut de Ratification vous leur&#13;
596 demandez la reconcession de cette Jsle,&#13;
26.&#13;
&#13;
597 avec obligation d’en obtenir la ratification&#13;
598 de la cour. C’est le moyen de rêtablir ce&#13;
599 qui manque&#13;
600 Je Suis fasché que vous Songiez a vous&#13;
601 defaire de LJsle Jesus. Jl me Semble, Monseig.r&#13;
602 que c’est la terre dont vous devriez ne vous&#13;
603 pas defaire Jl est bon davoir du bien&#13;
604 au haut et au bas. Vous en aurez du&#13;
605 regret un jour avenir ou plutost ceux qui&#13;
606 viendront apres nous dans le Sem.re Jl est&#13;
607 plus Jmportant que vous ne pensez de&#13;
608 la conserver, quand vous nen tireriez&#13;
609 rien a present. Cest un fonds qui ne&#13;
610 peut quaugmenter et qu’une comm.té&#13;
611 co’e la Notre doit conserver.&#13;
612 Je croy, Monseigneur navoir par rendu&#13;
613 v’re lettre a M de Denonville Jl estoit&#13;
614 du voiage des Princes et n’en est revenu que&#13;
615 depuis peu. Mais la pnpale raison, c’est&#13;
616 quil est Si vendu aux Jesuites acause de tous&#13;
617 les biens quil a tirez de leur compagnie&#13;
618 quil Seroit capable de montrer v’re lettre.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
619 Jl me Semble que vous ne devriez pas&#13;
620 laisser les pensions des enfans du petit Sem.re&#13;
621 Si modiques ne prenans que 230.# de Canada&#13;
622 Les choses Sont venues Si chere Sur tout p.r&#13;
623 lentretien que vous ne Scauriez nourrir et&#13;
624 entretenir un enfant lun portant lautre,&#13;
625 quil ne vous en couste plus de 300.# de&#13;
626 Canada. J’en Suis tres asseuré Toutes les&#13;
627 pensions ont esté augmenteez en france.&#13;
628 on n’en trouve point a Paris p.r de petits&#13;
629 enfans a moins de 300.# dont on estoit quite&#13;
630 de n’re temps p.r 200.# et Je Suis Seur qu’on&#13;
631 Se Sauvoit plutost a 200.# autrefois qua&#13;
&#13;
�632 300.# a present. Si ces pensions enrichissent&#13;
633 le Sem.re et l’aydent a Subsister comme&#13;
634 M Des Maizerais a voulu me le faire&#13;
635 croire, Jl Se fait donc un grand miracle,&#13;
636 car nous Sommes persuadez a Paris&#13;
637 que c’est la depense qui absorbe le Semre&#13;
638 et qui le ruine.&#13;
639 Jl Seroit facheux, Monseigneur que&#13;
640 vous retirassiez M.rs Maudoux et Le veyer&#13;
641 de Laccadie. car Mgr de Quebec n’y apas&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
642 pourveu autrement. Je croirois que ce&#13;
643 Seroit un lieu ou le Sem.re pouvoit faire&#13;
644 du bien par un etablieesm.’ qui ne lui couteroit&#13;
645 rien et Seroit utile a la Religion et entretien=&#13;
646 droit mesme et Soutiendroit nos missions&#13;
647 Sauvages de Laccadie V. G. aura la bonté de&#13;
648 lire ce que Jen escris a M Petit. M. de&#13;
649 chevri est revenu de Ses preventions,&#13;
650 contre les miss.res, et Je crois que lon y&#13;
651 pouvoit avoir de la consolation&#13;
652 Si on y etoit resolu J’espere qu’en conservant&#13;
653 ceux qui y Sont ou en n’ostant au plus que&#13;
654 M. Maudoux, nous fournirions de Paris les&#13;
655 miss.res, puis que vous ne voulez pas les&#13;
656 fournir de Quebec, mais p.r faciliter cet&#13;
657 etablissement, Si V. G. et nos M.rs vouloien[t]&#13;
658 me permettre de m’y destiner, et me donner&#13;
659 M.rs Calon et de Requeleyne au lieu de M.r&#13;
660 Maudoux et Le veyer, Je menerois avec&#13;
661 moy les autres miss.res dont nous aurion[s]&#13;
662 besoin, et Nous ferions un etablissem.’ a la&#13;
663 porte de la nouvelle angleterre qui Seroit&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
664 en estat de faire honneur a la Religion&#13;
665 Jespererois mener avec moy un docteur de&#13;
666 Sorbonne que nous establirions p.r notre&#13;
667 Sup.r et qui nous conduiroit et reuniroit&#13;
668 tous. Jl ne faudroit, Monseigneur que&#13;
669 menvoyer M Buisson p.r mettre a ma&#13;
670 place, et Jespere que dans peu Je linstruirois&#13;
671 de tout cequil faut Scavoir p.r nos aff.res&#13;
672 Je n’ay pas a la verité encore proposé a nos M.rs&#13;
673 de Paris bien Serieusem.’ la chose J’en ay parlé&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
�674 quelq’ fois a M Lab. De Brisacier qui me dit&#13;
675 en riant qu’il n’avoit de Son costé et M Lab.&#13;
676 Tiberge du Sien a prendre ainsy leur parti et&#13;
677 mettre ensuite la clef du Sem.re Sous la porte&#13;
678 mais Jl me dit cela par raillerie, Jl S’en&#13;
679 faut bien que Je Sois a cent lieues loing&#13;
680 aussi utile au Sem.re que le Sont ces deux&#13;
681 Mess.rs, et Je suis persuadé qu’en le&#13;
682 representant co’e il faut a M Labede&#13;
683 Brisacier Si J’ay v’re agreement et celui&#13;
684 de nos M.rs de Quebec, Jl y donnera les&#13;
685 mains.&#13;
30.&#13;
&#13;
M.’ Leriche.&#13;
&#13;
31.&#13;
&#13;
686 Je vous envoye cette année un bon Ecclesiastiq’&#13;
687 que M Lab. de Brisacier a voulu que Je fisse&#13;
688 partir p.r repondre a ce que M Landry curé deS.t&#13;
689 Jacque de la Boucherie, et Sup.r des comm.tez de&#13;
690 feu M Sanciergue nous a demandé de donner&#13;
691 un Prestre a ces M.rs du Mont Louis qui en&#13;
692 demandent. Ces M.rs font les frais de Sa&#13;
693 depense. Jl est encore foible dans Ses estudes.&#13;
694 mais Jl est de bonnes mœurs, et ne donnera&#13;
695 pas du deplaisir co’e M Guay. Jl nous vient&#13;
696 de bonne main, et J’espere que nos Mess.rs en&#13;
697 Seront contents. Si l’on pouvoit donner aces&#13;
698 M.rs du mont Louis un Prestre propre a&#13;
699 S’appliquer aux Sauvages deces quartiers la,&#13;
700 Peut estre y auroit il du bien a faire Si l’on&#13;
701 pouvoit commodement retenir aupres du&#13;
702 Sem.re cet Ecclesiastique cy que Je vous&#13;
703 envoye nommé M Le Riche, et y envoier un&#13;
704 autre ce Seroit ce me Semble une bonne&#13;
705 aff.re, mais co’e ces M.rs du mont Louis&#13;
706 m’ont donnez de quoy lui fournir Ses besoins&#13;
707 Jl faudroit fournir au Sem.re aproportion a&#13;
708 celui qu’on y envoieroit a Sa place car Jl&#13;
709 faut garder a ces M.rs une Justice exacte&#13;
710 Je ne vous ay pas envoié lan passé le petit&#13;
711 houssart, Monseigneur, par ce quil estoit&#13;
712 malade, et nestoit pas bien disposé de partir.&#13;
713 Je vous lenvoye a present quil Se porte&#13;
714 mieux, et quil est bien resolu de partir. C’est&#13;
715 un bon enfant dont Jespere que vous&#13;
&#13;
�716 Serez content.&#13;
717 Je n’ay pas eu le temps, Monseigneur de&#13;
718 fairedes lettres p.r vous a votre famille&#13;
719 Je leur ay Seulem.’ mandé de vos Nouvelles.&#13;
720 M Labbé de Laval fait fort bien a Tournay&#13;
721 ou il est chanoine et official, et S’y fait&#13;
722 estimer par Sa Sagesse, et par Sa capacite&#13;
723 dans les aff.res&#13;
724 M de Montigni est toujours retiré a&#13;
725 Montigni, et Je n’entends plus parler&#13;
726 quil veüille Se remarier. Mons.r et Mad.’&#13;
727 de Laval vivent assez paisiblem.’ ensemble,&#13;
728 et ont avec eux Mad.elle De Laval, Sa Seconde&#13;
729 Sœur est morte depuis cinq ou Six mois. Jls&#13;
730 ne nous payent pas leS arrerages quils&#13;
32.&#13;
&#13;
33. 1701&#13;
&#13;
731 nous doivent, ny les anciens qui vont&#13;
732 aplus de 3000.# ny les nouveaux qui ne Sont&#13;
733 plus que de 333.# par an C’est une pitié que&#13;
734 d’avoir p.r creanciers des Noblesses oberéez&#13;
735 on nen peut rien tirer quavec les Sergens.&#13;
736 Nous ne leur avons cepend.’ encore rien dit.&#13;
737 On a laissé Monseigneur, votre fondation&#13;
738 Sans la regler. Je Suis encore en estat de la&#13;
739 regler co’e vous le Souhaitez et J’espere aller&#13;
740 cet esté faire un tour en ces quartiers la Si Je&#13;
741 puis obtenir un arrest contre cette Relig.se de Lestrée&#13;
742 et faire lever les Saisies quelle a mise de toutes&#13;
743 parts Sur cette abbaye&#13;
744 Jl faut finir, Monseigneur, cette longue&#13;
745 lettre en vous Supliant de faire attention&#13;
746 a trois choses qui demandent de nos Mess.rs une&#13;
747 tres particuliere consideration&#13;
748 La 1.ere que V. G. voye quels moyens elle&#13;
749 peut prendre de Soutenir les missions de&#13;
750 Misissipi avec les 3000.# que Le Roi donne,&#13;
751 et dont nous So’es incertains Si nous obtiendrons&#13;
752 la continuation&#13;
753 Car Jl ne faut pas nous attendre a ce que Je&#13;
754 crois a la pension du clergé, que Mgr de&#13;
755 Quebec Scaura toujours promettre, et ne&#13;
756 donnera jamais.&#13;
757 Jl n’y a rien a demander au clergé oberé&#13;
&#13;
�lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
34.&#13;
&#13;
758 co’e il est. Lad.ere assemblée a retranché des&#13;
759 pensions, et n’en a accordé aucunes nouvelles.&#13;
760 Le clergé est trop Sur chargé.&#13;
761 Je ne vois guere daparance de procurer du&#13;
762 bien a ces missions par des unions de&#13;
763 benefices. Jenay tenté deux ou trois qui&#13;
764 ont manqué.&#13;
765 Jl ne faut pas S’attendre aux aumosnes&#13;
766 des fideles. Nous ne recevons rien en ces&#13;
767 malheureux temps ny p.r les Jndes orientales,&#13;
768 ny p.r les occidentales.&#13;
769 Nos Mess.rs ne peuvent faire plus quils font,&#13;
770 et Je puis vous asseurer quils Se portent&#13;
771 avec la mesme affection p.r ces nouvelles&#13;
772 Missions que p.r celles de Lorient.&#13;
773 Jl Sagit donc de regler Sa depense Sur Son&#13;
774 revenu, car Je crains que Si vous et nos M.rs&#13;
775 n’y donnez ordre, ces missions n’absorbent&#13;
776 n’re Sem.re de Quebec; car vous ne devez&#13;
777 pas vous attendre que le Sem.re de Paris&#13;
778 prenne Surlui ces depenses. Jl n’a pas de&#13;
779 revenu, et la bourse des missions devient&#13;
780 ayde a le faire Subsister. Si vous n’avertissez&#13;
781 ces M.rs de misissipi de regler leur depense,&#13;
782 Jls envoieront des factures, Jls tireront des&#13;
783 lettres de change, Jls enprunteront de tout&#13;
784 le monde, et pousseront Si loing les choses que&#13;
785 Je Seray obligé de refuser de payer p.r eux&#13;
786 cepend.’ cela ne Sera pas agreable p.r de&#13;
787 nouveaux etablissemens. J’ay esté obligé de&#13;
788 paier tout cequi m’en est venu par M D’Jberville,&#13;
789 pour entretenir leur credit. et J’ay mesme&#13;
790 prié M DJberville descrire au commandant&#13;
791 des francois que Si nos miss.res avoient besoin&#13;
792 de quelq’ chose, Jls le leur donnassent et que Je&#13;
793 le paierois. Je fis cela p.r contenter M. de&#13;
794 Montigni qui auroit voulu que Jeusse&#13;
795 envoié cet hiver p.r plus de mil escus deffets.&#13;
796 La 2.de chose Sur la quelle Je vous Suplie de faire&#13;
797 reflexion, est Sur l’estat ou Sont vos aff.res en&#13;
798 france, et Sur les moyens de me faire&#13;
799 toucher les avances que J’ay faites pr le&#13;
800 Seminaire. car la partie n’est plus tenable&#13;
&#13;
�35.&#13;
&#13;
36.&#13;
&#13;
801 Surlepied ou les choses ont esté depuis trois&#13;
802 ou quatre ans. Vous touchez en canada les&#13;
803 2000.# des prestres usez, et vous tirez des 5400.#&#13;
804 de lettres de change une année et des 4000.#&#13;
805 une autre, et voudriez qu’avec cela on&#13;
806 accomplist les factures. cela ne Se peut, et Je&#13;
807 vous prie destre persuadé que Si nos M.rs ne&#13;
808 me remettent des fonds p.r accomplir&#13;
809 des factures et p.r m’ayder a me rembourser&#13;
810 attendu que tout ceque J’ay a toucher p.r&#13;
811 lannée prochaine ne le peut, Je refuseray&#13;
812 toute lettre de change, et naccompliray aucune&#13;
813 facture. Jl me Semble que J’ay poussé la&#13;
814 recette du Sem.re de lannée passée aussi&#13;
815 loing quelle puisse aller. Je ne crois pas&#13;
816 perdre une occasion de procurer les interests&#13;
817 du Sem.re. Je crains bien qu’au Jugement de&#13;
818 Dieu Je ne Sois plutost repris de m’estre&#13;
819 trop donné de mouvement p.r ces interests&#13;
820 temporels, que de ne m’en estre pas donné&#13;
821 assez.&#13;
822 La 3.e Monseigneur, est que Je vous Suplie&#13;
823 et nos M.rs de faire examiner mes comptes&#13;
824 p.r le Sem.re et p.r vous, et Si vous les trouvez&#13;
825 co’e il faut de m’en envoyer une descharge&#13;
826 p.r toutes les annéez passéez. Jl me Seroit&#13;
827 actuellem’ difficile de repondre a des&#13;
828 difficultez qu’on me feroit Sur mes comptes&#13;
829 de 1693. 94. et 95. mais Je le ferois aisem.’&#13;
830 Sur tous les autres et Si Jattendois plus&#13;
831 longtemps Je le ferois difficillement.&#13;
832 Je viens dapprendre aujourdhui 25. May&#13;
833 Jour de la feste Dieu que Le Roi a donné a&#13;
834 M. de champigni Jntendant de Quebec&#13;
835 l’Jntendance du Havre cela va lui faire&#13;
836 plaisir. Je ne Scais encore qui on a&#13;
837 nommé p.r lui Succeder. Je Suis apres a m’en&#13;
838 Jnformer. Je vous le mandreay apres le&#13;
839 depart de M Le Riche Si Je lapprends. Je&#13;
840 Suis obligé de cacheter cette lettre p.r la&#13;
841 lui donner. Je Suplie V. G. de me donner Sa&#13;
842 Benediction, de me continuer le Secours de&#13;
&#13;
�843 Ses prieres de Se conserver p.r la consolation&#13;
844 de nos Mess.rs et p.r la mienne de me&#13;
845 continuer Ses mesmes bontez et de me croire&#13;
846 Sans reserve Monseigneur votre tres&#13;
847 humble et tres obliss.’ Serviteur&#13;
848 28. May 1701.&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 114&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 10-28 mai 1701)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe l’ancien évêque de Québec que les Jésuites sont en conflit avec les autres ordres religieux sur la question des rites chinois. Le pape Clément XI veut trancher l’affaire. De plus, les Jésuites accusent Laval et le Séminaire de Québec de leur faire la guerre, eux qui prétendent avoir fait évêque Laval et avoir soutenu le Séminaire. Il suggère à Laval de révoquer son approbation du livre de Le Tellier, qui défend les Jésuites de la Chine. Le roi a renvoyé Iberville au Mississippi pour y faire un établissement permanent et qu’il faut envoyer des missionnaires. Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, n’a pas voulu se prononcer sur le différend entre les Jésuites et les missionnaires du Séminaire au sujet des Tamarois. Tremblay se plaint des embarras où il se trouve à cause des avances qu’il a faites pour le Séminaire et des lettres de change qu’il a acceptées de Laval et de Saint-Vallier. Il dit que la guerre a consommé tout l’argent et qu’il ne sait comment il paiera. Il demande à Laval de faire arrêter ses comptes et de lui envoyer une décharge. Il dit qu’il ne peut compter sur l’aide de Saint-Vallier. Il recommande à Laval de conserver l’île Jésus.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12013" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 114&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12011" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12012" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Calomnies</name>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Missions du Mississippi</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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                    <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 27 juin 1682)&#13;
&#13;
Comme je ne crois pas que vous avez fait insinuer au Châtelet de Paris l’acte de&#13;
la donation que vous emportâtes il y a deux ans et que MM. du Séminaire de&#13;
Paris ne l’ont pas fait non plus, souvenez-vous, s’il vous plaît, de m’envoyer une&#13;
procuration en blanc portant pouvoir de confirmer et ratifier de votre part ladite&#13;
donation et en consentir l’insinuation au Châtelet de Paris et partout où besoin&#13;
sera, si le retardement des vaisseaux ou autre accident faisait qu’on ne peut faire&#13;
ladite ratification dans les quatre mois. Il en faut exprimer un plus long temps&#13;
dans ladite procuration, y faisant mention du retardement que pourrait causer le&#13;
voyage.&#13;
Il faut écrire copie de ladite donation et de l’insinuation faite à Québec et au pied,&#13;
mettre ladite procuration, le nom en blanc et l’envoyer par deux navires, car sans&#13;
cette insinuation, la donation serait nulle pour le bien qui se trouverait en France&#13;
vous appartenir après votre décès, quoique ce fussent des biens mobiliers&#13;
d’autant que ladite donation est générale.&#13;
Je vous envoie la déclaration de l’Assemblée du clergé touchant l’infaillibilité du&#13;
pape et vous en écris en plusieurs lettres. Il y a huit docteurs de [La] Sorbonne&#13;
exilés du nombre de ceux qui ont parlé plus fortement pour l’infaillibilité du&#13;
pape. Il y en aura encore quelques autres, à ce qu’on dit. On examine à Rome&#13;
cette déclaration et le pape ne pourra pas s’empêcher de parler là-dessus. S’il&#13;
condamne ces propositions, surtout celle qui touche son infaillibilité, et qu’il&#13;
défend, sous peine d’excommunication, de l’enseigner, vous pouvez juger des&#13;
suites.&#13;
Le P. Vaultier1 envoie tous les papiers au sujet de cette Assemblée, qui vous&#13;
feront voir comme[nt] tout s’est passé. Je vous envoie manuscrit le bref du pape à&#13;
l’Assemblée touchant la régale, car il n’a pas été imprimé. J’y ai joint une copie de&#13;
ce que M. Chamillart2 a dit en l’assemblée de [La] Sorbonne, tenue le 19 juin 1682,&#13;
Jacques Vaultier (1646-1709), jésuite, fut missionnaire à Sillery de 1673 à 1681, puis procureur de la&#13;
mission canadienne de 1681-1689.&#13;
2&#13;
Michel Chamillart, 1652-1721, conseiller au Parlement de Paris&#13;
1&#13;
&#13;
�touchant l’enregistrement de cette déclaration. C’est le sujet pour lequel il a été&#13;
éloigné à Issoudun.&#13;
Il y avait un bureau particulier, composé de quelques évêques et docteurs, qui&#13;
examinaient ce qui regarde les réguliers pour en faire leur rapport à l’Assemblée,&#13;
mais comme le roi a vu que cela allait trop avant, il n’a pas voulu qu’on passât&#13;
outre. Si on avait exécuté ce qui avait été projeté, on les réduisait entièrement&#13;
sous la puissance des évêques, presque de même que le sont les prêtres séculiers.&#13;
Il y a un bureau qui examine la morale. L’Assemblée n’a encore rien conclu sur&#13;
cette matière. Il y en a un autre touchant la religion qui regarde les huguenots.&#13;
Nous ne savons pas encore précisément ce qui sera résolu. Tout le monde, pour&#13;
la plupart, a témoigné de la peine de ce qu’on renvoie la question de&#13;
l’infaillibilité du pape et a fait paraître de l’affection du respect et de la&#13;
soumission au pape. Il n’y a que les huguenots et les jansénistes qui tirent&#13;
avantage de cela. Il faut prier Notre-Seigneur qu’il donne la paix à son Église et à&#13;
l’État.&#13;
On ne sait pas encore si nous aurons guerre ou non. La saison avance et le roi ne&#13;
commencera pas si on ne l’attaque. Mgr l’évêque de Faye est décédé. Quoique&#13;
M. Grandin3 ait parlé fortement au sujet de l’infaillibilité du pape, on ne l’a pas&#13;
éloigné, au moins jusqu’à présent. Son grand âge et son mérite a fait qu’on a eu&#13;
quelque égard pour lui. M. Posselier, néanmoins, qui approche de son âge et son&#13;
mérite, est éloigné.&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Martin Grandin (1604-1691), théologien et philosophe français à La Sorbonne. Il refusa de signer la&#13;
Déclaration des Quatre articles.&#13;
4&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2020.&#13;
3&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1682, 27 juin – Lettre de Dudouyt à Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 66)&#13;
1 lettres N. No 66&#13;
du 27.e Juin 1782&#13;
2 Comme Je ne croy pas que vous avés fait JnSinuer&#13;
3 au ChaStelet de paris lacte de la donation que&#13;
4 vous emportaStes il y a deux ans et que M.rs&#13;
5 du seminaire de paris ne lont pas fait non plus&#13;
6 souvenés vous Sil vous plaiSt de menvoyer une&#13;
7 procuration en blanc portant pouvoir de&#13;
8 confirmer et ratifier de voStre part la ditte&#13;
9 donation et en consentir linSinuation au&#13;
10 chaStelet de paris et par tout ou beSoin Sera&#13;
11 Si le retardement des vaiSseaux ou autre&#13;
12 accident faiSoit quon ne peuSt faire lad&#13;
13 ratification dans les quatres mois il en&#13;
14 faut exprimer un plus long tems dans lad&#13;
15 procuration y faiSant mention du retardement que que pourroit&#13;
16 causer le voyage.&#13;
17 Jl faut EScrire copie de lad donation et de&#13;
18 linsinuation faitte a quebec et au pied mettre&#13;
19 lad procuration le nom en blanc &amp; lenvoyer&#13;
20 par deux Navires car sans cette JnSinua’on&#13;
21 la donation Seroit nulle pour les biens quj&#13;
22 Se trouveroient en france vous appartenir&#13;
23 apres voStre decez quoy que ce fuSsent des&#13;
24 biens mobiliers dautant q’ lad donation eSt&#13;
25 generalle.&#13;
26 Je vous envoye la declaration de laSsemblée&#13;
27 du Clergé touchant linfaillibilité du pape&#13;
28 et vous en eScris en plusieurs lettres. il y a&#13;
29 huict docteurs de Sorbonne exilés du nombre&#13;
30 de ceux quj ont parle plus fortement pour&#13;
31 Linfaillibilite du pape Jl y en aura encorre&#13;
32 quelques autres a ce quon dit. on examine&#13;
33 a Rome cette declaration et le pape ne pourra&#13;
34 pas sempeScher de parler la deSsus Sil&#13;
35 condamne ces propoSitions sur tout celle quj&#13;
36 touche Son Jnfaillibilité et quil defend x&#13;
37 Sous peinne dexcommunication de lenseigner&#13;
38 vous pouvés Juger des suittes. le pere&#13;
39 vaultier envoye tous les papiers quj Se&#13;
40 Sont Jmprimés et publiés au Suiet de cette&#13;
&#13;
�41 aSsemblée quj vous feront voir comme tout&#13;
42 SeSt passé Je vous envoye manuScrit le bref&#13;
43 du pape a laSsemblée touchant laregale&#13;
44 car il na pas eSté Jmprimé : Jy ay Joint&#13;
45 une copie de ce q’ MonSieur chamillart a&#13;
46 dit en laSsemblee de Sorbonne tenue le 19&#13;
47 Juin 1682 touchant lenregiStrement de cette&#13;
48 declaration ceSt le Suiet pourlequel il&#13;
49 a eSté eloigné a Jssoudun&#13;
50 Jl y avoit un bureau particulier composé de&#13;
51 quelques EveSques et docteurs quj examinoient&#13;
52 ce quj regarde les reguliers pour en faire&#13;
53 leur raport a laSsemblée mais comme le Roy a&#13;
54 veu que cela alloit trop avant il na pas voulu&#13;
55 quon paSsast outre si on avoit executé ce quj&#13;
56 avoit été proieté on les reduiSoit entierement&#13;
57 sous la puiSsance des EveSques preSque demeSme&#13;
58 que le Sont les p’tres Seculiers&#13;
59 Jl y a encorre un bureau quj examine la&#13;
60 morale laSemblée na encorre rien conclu&#13;
61 sur cette matiere&#13;
62 Jl y en a un autre touchant lareligion&#13;
63 qui regarde les huguenots nous ne Scavons&#13;
64 pas encorre precisement ce quj Sera reSolu&#13;
65 Tout le monde pour lapluSpart a temoigné de la&#13;
66 peinne de ce quon remvoie la queStion de linfailli&#13;
67 bilité du pape : &amp; a fait paroiStre de laffection&#13;
68 du reSpect et de la soumiSsion au pape Jl ny&#13;
69 a que les huguenots et les JanSeniStes&#13;
70 quj tirent avantage de cela Jl faut prier&#13;
71 NoStre seigneur quil donne la paix a son EgliSe&#13;
72 et a leStat. on ne Scait pas encorre Si&#13;
73 nous aurons guerre ou non la saiSon&#13;
74 savance et le Roy ne commencera pas Si&#13;
75 on ne lataque M.r leveSque de faye&#13;
76 eSt decedé. Quoy que M.r grandin ayt par/&#13;
77 fortement au suiet de linfaillibilité du pape&#13;
78 on ne la pas eloigné aumoins iuSques a preSent&#13;
79 son grand aâge et Son merite a fai quon&#13;
80 a eu quelque egard pour luy. monSieur&#13;
81 poSselier neant moins quj aproche de Son&#13;
82 age et de Son merite eSt eloigné&#13;
&#13;
�83 Par nantes Monsieur&#13;
84&#13;
fouvett passxx nantes&#13;
85 Monsieur de lauzon prestre au college&#13;
86 des JeSuiStes pour faire tenir a&#13;
87 Monseigneur leveSque de quebec&#13;
88 port payé iuSques anantes&#13;
89 par nantes A La Rochelle&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Dudouyt, Jean, 1628-1688</text>
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                <text>Lettre de Dudouyt à Laval (Paris, 27 juin 1682)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris demande au 1er évêque de Québec de lui envoyer une procuration pour insinuer l’acte de la donation qu’il a faite, afin d’éviter qu’elle soit nulle pour les biens situés en France. Il lui envoie la déclaration de l’Assemblée du clergé de France, qui affirme la liberté de l’Église gallicane face à l’autorité du pape, et lui rapporte que plusieurs docteurs de La Sorbonne ont été exilés pour avoir soutenu l’infaillibilité du pape. Concernant le projet de réforme des réguliers, le roi avait arrêté le projet qui visait à les soumettre entièrement aux évêques. Il l’informe que le roi ne veut pas commencer la guerre et que l’Assemblée du clergé examine aussi la morale et la religion des huguenots.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268236"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 66&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11976" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11977" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 4 avril 1705)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je commence à vous écrire mes premières lettres à la fin de mars, que j’espère faire&#13;
partir par le Neptune, commandé par M. Jolliet, qui doit partir vers la mi-avril.&#13;
J’ai reçu de vous, Monseigneur, plusieurs lettres cette année. La première est du&#13;
4 août 1704, en réponse à celle que je vous écrivis l’an passé par M. Jolliet, dans&#13;
laquelle vous ne répondez qu’au premier article de ma lettre sur les missions de&#13;
Mississippi. Le deuxième est du 7 novembre, que j’ai reçu par duplicata. J’en ai&#13;
reçu deux autres de recommandation par M. Gaillard et par d’autres, une autre&#13;
pour me faire souvenir de vous envoyer des lunettes cette année, au lieu de celle&#13;
que je vous envoyais l’an passé, perdues dans la Seine, et j’ai de plus reçu un mot&#13;
en chiffres que j’ai jugé venir de vous. Il faut que M. de Glandelet vous ait donné&#13;
le chiffre dont il se sert pour m’écrire. Si vous m’avez envoyé d’autres lettres que&#13;
celles-là, je ne les ai pas reçues.&#13;
L’année dernière, Monseigneur, a été bien malheureuse pour notre Séminaire, qui&#13;
a tout perdu pour le Canada, dont tant de vaisseaux ont été pris, et pour la France&#13;
tout entière par la perte de la bataille d’Höchstädt, qui nous a réduit bien bas.&#13;
J’avais mis dans le vaisseau la Seine toutes les provisions pour le Séminaire. Je&#13;
crois, par le compte que j’en ai fait, qu’il y en avait bien pour 9 000 à 10 000 livres,&#13;
ce qui vous fait tort de plus de 20 000 livres ; nos bonnes religieuses de l’HôtelDieu y perdent aussi plus de 3 000 livres ; mais enfin, je croyais tout ce qui était&#13;
dans ce vaisseau plus en assurance que dans tout autre et en effet, si nous n’avions&#13;
pas eu des officiers étourdis et sans cervelle, nous n’aurions pas fait cette perte.&#13;
Cela m’a causé, je vous l’avoue, une bien grande douleur. Nous apprîmes cette&#13;
nouvelle vers la fin d’août et les premiers jours de septembre, car outre la part que&#13;
j’ai prise en cela à la perte qu’a fait tout le pays, cela nous réduit en des extrémités&#13;
bien fâcheuses. Comme vous le verrez par les efforts que j’avais faits pour vous&#13;
envoyer ce qui était dans la Seine, pour surcroît de malheur, le bon Dieu a permis&#13;
que j’eusse donné toutes mes lettres, dans lesquelles étaient mes comptes à&#13;
M. Bouteville, qui tomba malade à La Rochelle et y pensa mourir. Il ne songea pas&#13;
à mettre mes duplicatas de comptes et de lettres dans un autre vaisseau et il&#13;
&#13;
�emporta tout dans le sien. Ainsi, ni vous ni les Hospitalières n’avez point eu de&#13;
duplicatas de moi, que j’avais faits cependant, mais c’est une suite des chagrins et&#13;
des désagréments que M. Bouteville m’a causés.&#13;
Par les comptes que je vous envoyais l’an passé, vous auriez vu, comme vous le&#13;
verrez cette année par le duplicata que je vous envoie, que j’étais l’an passé, au&#13;
départ des vaisseaux, en avance pour le Séminaire de près de 18 000 livres, sans y&#13;
comprendre ce qui était dû à M. Fleury, dont il avait envoyé ses mémoires en&#13;
Canada, afin que nos Messieurs lui envoyassent des retours en lettres de change,&#13;
comme ils m’avaient prié de l’en presser. Je m’étonne que nos Messieurs n’aient&#13;
pas reçu ces comptes de M. Fleury, dont il avait mis copie dans la bombarde, qui&#13;
cependant est arrivée en Canada. Vous apprendrez cette année qu’outre la Seine,&#13;
prise par les Anglais le jour de Sainte-Anne, le vaisseau du Nord a été pris et tout&#13;
le castor et les pelleteries qui étaient dedans ; que de plus, le vaisseau de&#13;
M. Pascaud a été pris revenant de Bilbao en Espagne, où il avait déchargé les&#13;
castors en France, où il revenait chargé de fer ; et qu’on ne sait encore ce qu’est&#13;
devenu un vaisseau parti de Québec cet automne, dans lequel on prétend qu’il y a&#13;
encore pour 200 000 livres de castor et où sont, par malheur, les enfants de M. de&#13;
Longueuil ; ce qui m’afflige fort.&#13;
Voilà bien des pertes pour une colonie, qui était déjà ruinée par la mauvaise vente&#13;
de castors. La Compagnie de Canada est à bas, sans ressources, mais comme on ne&#13;
sait quel remède y apporter, on la laisse telle qu’elle est, sans faire aucun&#13;
changement.&#13;
Vous nous écrivez que les Malouins seraient propres à rétablir ce pays. On ne le&#13;
juge pas ici et on croit qu’il vaudrait mieux laisser le pays pâtir deux ou trois&#13;
années et redonner ensuite la liberté du castor sans le mettre dans aucun parti. On&#13;
a résolu de ne plus prendre pour la Compagnie, d’ici à trois ans, du castor gras,&#13;
d’en prendre du sec en plus petite quantité et diminuer par là tous les ans la&#13;
quantité de lettres de change qu’on tire en France et qui accablent cette colonie par&#13;
les intérêts qu’elle paie de ces lettres de change.&#13;
Ce qui afflige encore davantage, c’est que tous ceux qui gouvernent cette&#13;
Compagnie sont tous divisés. Ils s’accusent les uns et les autres de n’agir que par&#13;
cabale. Tout royaume divisé sera détruit.&#13;
&#13;
�Nous avons un nouvel intendant, ou plutôt deux pour un, car comme&#13;
M. de Pontchartrain a donné à M. de Beauharnois l’intendance générale de la&#13;
Marine, vacante par la mort de M. d’Hervieux, il a nommé à sa place pour&#13;
intendant de Canada le jeune M. Raudot, qui n’a pas plus de 28 ans et qui était&#13;
inspecteur de la Marine à Dunkerque, et a engagé M. son père, qui est un ancien&#13;
conseiller de la Cour des Aides, d’aller avec lui pour trois ans. Le ministre a eu en&#13;
cela plusieurs vues : 1er, d’avancer ce jeune homme, qui est son parent ; 2e, de faire&#13;
du bien à cette famille qu’on dit n’être pas aisée ; 3e, de faire donner par un&#13;
magistrat, stylé depuis longtemps, à rendre la justice quelque forme au Conseil&#13;
souverain de Québec. Tous les deux, le père et le fils me paraissent de fort honnêtes&#13;
gens. Le fils n’est pas marié. Le père laissera Mme son épouse en France prendre&#13;
soin de leurs affaires et pour amener Mlle sa fille, qui n’a que 17 ou 18 ans, avec&#13;
lui pour prendre soin de sa maison à Québec. On dit que cette demoiselle est fort&#13;
sage. Ce nouvel intendant a pris connaissance des affaires de la colonie et je vois&#13;
qu’il est penché à laisser cette Compagnie couler tout doucement, sans y faire de&#13;
changement qu’en retranchant tous les commis les gages des directeurs et les&#13;
autres frais, la réduire à refuser tout le castor gras, à ne prendre que du sec, à&#13;
n’envoyer tous les ans que pour 100 000 livres de lettres de change et pendant ce&#13;
temps-là, vendre ici tant qu’on pourra le castor et comme la Ferme du roi en&#13;
Canada sera par-là bien diminuée, on a parlé de retrancher les gratifications du roi&#13;
aux communautés et à plusieurs particuliers et même d’établir une espèce de&#13;
capitation dans tout ce pays-là pour y faire des fonds pour payer l’état du roi en&#13;
ce pays-là, car comme le roi n’est plus en état de fournir aux dépenses et que le&#13;
revenu qu’il a dans ce pays-là ne suffit pas, on a proposé ces expédients, que&#13;
M. Raudot espère cependant qu’on ne prendra pas, mais nous n’en sommes pas&#13;
encore sûrs, vu l’extrémité où tout est en France.&#13;
Car le bon Dieu a voulu, Monseigneur, nous humilier l’an passé et il l’a fait bien&#13;
fortement. Pour réprimer nos folles joies de la naissance d’un jeune duc de&#13;
Bretagne, comme s’y disait plaisamment un garçon, nous n’en avions pas déjà&#13;
assez pour nous accabler, le bon Dieu a permis que nous perdissions, le mois&#13;
d’août dernier, une bataille dans le cœur de l’Allemagne, dans laquelle nous&#13;
eûmes plus de 15 000 hommes prisonniers et presque autant tués et ce fut même&#13;
une espèce de miracle que toutes les armées qui y étaient ne le fussent. Cela a&#13;
tellement enflé le cœur de nos ennemis et abattu celui de nos gens qu’on croit que&#13;
&#13;
�si les Allemands, au lieu de s’arrêter à prendre Landau, qu’ils prirent sur nous&#13;
l’automne dernier, avaient poursuivi les Français qu’ils chassaient devant eux&#13;
comme des moutons, ils auraient pu les faire retirer jusque dans la Champagne et&#13;
peut-être jusqu’à Paris. Or, cela a bien gâté nos affaires et attiré une si étrange&#13;
augmentation de taxes et d’impôts sur le peuple et sur le clergé qu’on ne garde&#13;
plus de mesures. C’est ce mauvais état de nos affaires qui empêche que la Cour ne&#13;
puisse en aucune manière aider le Canada. Il y a de plus de là mes intelligences&#13;
entre M. de Chamillart et M. de Pontchartrain, ce qui fait que le dernier étant&#13;
chargé de la colonie, le premier le soucie fort peu de la soulager. En un mot, il ne&#13;
faut pas s’attendre de là à aucun secours.&#13;
Mais comme toutes ces affaires ne nous regardent pas, je crois devoir les passer&#13;
pour répondre à vos lettres. Vous êtes en peine, Monseigneur, de l’usage que je fis&#13;
l’an passé des mémoires et lettres de M. de Lamothe Cadillac. Je ne crus pas&#13;
pouvoir me dispenser de les envoyer en Cour. Le ministre les renvoya à examiner&#13;
à M. de Champigny. On ne crut pas l’an passé devoir écouter ses propositions, qui&#13;
ruinaient la Compagnie, et je crois que vous apprendrez cette année qu’il y a du&#13;
changement pour cet établissement. Je ne sais si vous devez paraître tant soit peu&#13;
entrer dans ses vues, ayant été si décrié par le mauvais commerce qu’on prétend&#13;
qu’il a fait ci-devant aux Sauvages. Vous nous avez-vous-même tant de fois écrit&#13;
contre lui qu’il paraît surprenant qu’à présent vous vouliez vous déclarer pour lui,&#13;
non pas manifestement, mais en secret, pendant qu’il est brouillé avec les&#13;
puissances, ce qui vous brouillera infailliblement avec eux. Nos Messieurs n’ont&#13;
pas cru devoir agir ni pour lui ni pour M. de Ramezay contre les puissances. Ils&#13;
ont seulement prié M. de La Touche de faire attention à ce qui est écrit par eux et&#13;
voir s’il y a quelque remède à y apporter.&#13;
Mme de La Forest nous a dit qu’elle avait apporté une lettre de vous pour le&#13;
ministre et que même il y en avait dedans une pour le roi, dans laquelle vous vous&#13;
plaigniez, disait-elle, du gouvernement. Nous craignons que cela n’indispose, si&#13;
cela est vrai, les puissances contre nous, car il sera difficile que cela ne revienne.&#13;
Pour nous, nous avons agi de manière que l’on ne peut se plaindre de nous. Il nous&#13;
a paru que tout ce qu’on a écrit de Canada n’a pas fait une impression à la cour&#13;
capable de porter du changement. On pourra seulement faire quelque réprimande,&#13;
mais ceux qui ont le pouvoir en pourront faire porter la peine à ceux qui dépendent&#13;
d’eux. On regarde à la cour ces plaintes comme des suites de ces anciennes&#13;
jalousies qui sont entre les familles, dont les unes portent si impatiemment&#13;
&#13;
�l’élévation des autres. Il ne paraît pas que le clergé doive entrer dans toutes ces&#13;
divisions que pour les apaiser, mais il doit se déclarer toujours pour l’autorité.&#13;
On n’a pas, Monseigneur, goûté ce certificat donné à M. de Ramezay et il ne paraît&#13;
pas, en tout cela, autant de droiture qu’on en doit trouver en vous et qu’on y en a&#13;
toujours trouvé. On croit que vous eussiez bien fait de ne pas dire à&#13;
M. de Beauharnois ce qui vous était revenu de Mantet. Si vous pouviez prévoir&#13;
que M. l’intendant en dût parler à M. de Vaudreuil, mais qu’après que vous sûtes&#13;
qu’il lui en avait parlé, vous ne deviez pas donner à M. de Ramezay ce certificat,&#13;
qui n’est pas raccommodé par votre lettre, puisqu’il paraît toujours en cela quelque&#13;
petit détour, qui ne convient pas à une personne de votre rang. Mais il faut avouer&#13;
qu’il y a peu de discrétion dans M. l’intendant et de ménagement dans&#13;
M. de Vaudreuil, qui auraient dû l’un, vous garder le secret et l’autre, ne pas se&#13;
lever contre vous comme il fit ; il aurait dû considérer que votre crainte de mettre&#13;
deux familles aux couteaux tirés vous avait engagé à donner ce certificat pour&#13;
disculper M. de Ramezay. Il est fâcheux que des redites comme celle-là divisent&#13;
les esprits et aliènent surtout les puissances. On a fait assez valoir ici ce désordre&#13;
de la traite d’eau-de-vie. J’ai raisonné sur cela avec Mme de Marson, qui proteste&#13;
fort que M. de Vaudreuil n’y a nulle part et qu’il ne souffrira pas ce désordre, mais&#13;
si un gouverneur et un intendant sont assez mal disposés pour le vouloir faire&#13;
sous-main, il sera bien difficile d’y remédier. Il est surprenant que M. de Cadillac,&#13;
que le P. de Carheil, digne de foi, a accusé de ce désordre, soit à présent ciselé pour&#13;
s’y opposer. Tout cela ne vient dans ces Messieurs que de passion et ils veulent y&#13;
faire entrer les gens de bien pour s’appuyer par eux. Le trop de castor fera qu’on&#13;
s’appliquera davantage à empêcher ce désordre. Je crois que M. Raudot ne&#13;
donnera pas dans ce malheureux commerce.&#13;
Comme toute votre lettre du 4 août 1704, qui est de douze ou treize pages, ne me&#13;
parle que des missions de la Louisiane, je vais y répondre exactement.&#13;
Vous me marquez avoir dessein d’y envoyer par les terres MM. Calvarin et&#13;
Leriche. Je prends la liberté de vous représenter, Monseigneur, les inconvénients,&#13;
qui me feraient croire qu’il ne les y faudrait pas envoyer du mois si tôt.&#13;
1° Dans l’extrémité où l’on est à présent, il me semble qu’il ne&#13;
faudrait pas faire de nouvelles entreprises dans ces missions, mais&#13;
seulement soutenir ce qu’il y a de commencé.&#13;
&#13;
�2° Ces missions ont accablé de dépenses en 1703, comme vous&#13;
pouvez voir par mes comptes.&#13;
3° On ne saurait être payé de l’ordonnance de 3 000 livres pour ces&#13;
missions. J’ai encore celle de 1703 et il y aura bien de la peine à s’en&#13;
faire payer. Or, le Séminaire de Québec est-il en état d’en faire les&#13;
avances ? Non, sans doute.&#13;
4° Tant que la guerre durera, on aura bien de la peine à envoyer des&#13;
effets à ces missionnaires. On courra de grands risques. Les&#13;
dépenses seront fortes et elles ne serviront guère.&#13;
5° Car le bien qu’on fera pendant cette guerre sera bien superficiel.&#13;
M. de Saint-Cosme n’a pas encore converti un seul Sauvage,&#13;
M. Davion encore moins, M. Bergier très peu. Leur plus grand bien&#13;
s’est réduit à baptiser des enfants moribonds. On ne saurait&#13;
rassembler les Sauvages. Ils ne font que courir. Le Français ne peut&#13;
les faire entrer dans ses vues. Le missionnaire y est sans autorité.&#13;
6° Vous ferez tort au Canada de retirer ces deux prêtres, dans la&#13;
disette où l’on y en est.&#13;
7° Ils ne sont pas en état de faire aucun bien dans les missions&#13;
sauvages, car ces deux Messieurs n’ont pas les talents de&#13;
M. Bergier. Ils ont de la verve, mais ils n’ont pas d’étendue d’esprit,&#13;
ils n’ont point de théologie, ils n’ont point de mémoire pour les&#13;
langues, du moins M. Calvarin, et l’autre, à peu près du même.&#13;
Voyez M. Davion quel bien il a fait dans ces missions ! Il n’en sait&#13;
encore pas les langues pour faire un catéchisme et ne les saura&#13;
apparemment jamais. Il aurait fait du bien parmi les Français. Il&#13;
nous a dépensé horriblement et tout cela n’aboutira à rien.&#13;
M. Bergier me mande que quand M. Foucault a été tué, il avait pour&#13;
plus de 1 000 écus d’effets avec lui. Quelle perte, outre celle de la&#13;
personne qui est inestimable ! Je le trouvais aussi trop âgé pour bien&#13;
apprendre les langues. M. de Saint-Cosme ne songe qu’à chercher&#13;
quelque occasion de faire des découvertes et ne s’attache point à sa&#13;
&#13;
�mission. Il n’y fera point de bien. Prenez bien garde aux sujets à&#13;
envoyer dans ces missions.&#13;
8° Les pères jésuites ont abandonné les Houmas, et même toute la&#13;
Louisiane, n’y voyant aucun bien à faire pendant cette guerre.&#13;
9° J’ai écrit à M. l’évêque de Québec de cette vue d’envoyer ces&#13;
Messieurs à Mississippi. Il m’a mandé que son sentiment serait de&#13;
ne faire aucun envoi cette année et de laisser ces prêtres dans la&#13;
colonie, qui y sont si nécessaires pour cette année ; en un mot, de ne&#13;
faire aucun changement pour cette année dans ces missions, y&#13;
laisser ceux qui y sont et n’en envoyer point de nouveaux. Ce serait&#13;
bien aussi notre sentiment.&#13;
J’ai cru, dans cette vue, vous faire plaisir de vous envoyer pour M. Bergier, par le&#13;
premier vaisseau qui partira, de quoi le soutenir dans sa mission, puisqu’il y a&#13;
moyen de lui faire tenir ce qu’il lui faut sans qu’il lui en coûte. J’ai donc tiré du&#13;
mémoire de M. de Saint-Cosme le jeune une partie de ce qui pourrait être propre&#13;
à ces missions et j’ai mis le tout dans le ballot n° 1, que j’ai prié M. Fleury d’envoyer&#13;
par le Neptune et de mettre dans le même vaisseau de la poudre, un baril, pour&#13;
M. Bergier.&#13;
Cependant, si j’avais appris l’heureuse arrivée de M. de La Vente à la Louisiane, je&#13;
n’aurais pas fait cette dépense, car j’apprends, par la lettre que M. Davion a mise&#13;
à part, tout ce qui est pour M. Bergier et qu’en s’en retournant à sa mission, où il&#13;
compte se retourner après le mois de novembre 1704, il doit porter à M. de SaintCosme ce qui est pour lui et emporter aussi ce qui est pour M. Bergier ; de sorte&#13;
que s’il peut lui faire tenir ce qui est pour lui. Il recevra ces provisions de la mer&#13;
cette année, qui sont assez abondantes pour n’en pas avoir besoin si tôt ; mais&#13;
comme c’est un saint missionnaire, qui ne dissipera pas ses effets en présents et&#13;
dépenses inutiles, comme ont fait MM. de Saint-Cosme, Davion et Bouteville, il&#13;
saura toujours bien ménager ce qu’il aura.&#13;
Voici ce que j’apprends par les lettres de nos MM. de la Louisiane. J’ai reçu trois&#13;
lettres de M. Bergier. La première du 3 juillet 1703, la deuxième du 18 octobre 1703&#13;
et la troisième du 2 novembre 1703. Vous voyez que tout cela est fort ancien. Il ne&#13;
me parlait que d’une mine de cuivre que cherchait M. Juchereau et qu’il n’a pu&#13;
&#13;
�trouver. Il me demande 8 ou 10 aunes de toiles à voile et quelques pots d’eau-devie et une chasuble noire, parce que M. Bouteville lui a pris celle qu’il avait, lui&#13;
ayant dit qu’elle était à lui, l’ayant achetée de ses deniers. Selon toutes les&#13;
apparences, cette chasuble sera allée en Angleterre avec M. Bouteville et sa&#13;
chapelle qu’il a toujours voulu porter avec lui.&#13;
Je n’ai reçu de M. de Saint-Cosme qu’une petite lettre des Natchez du 4 mai 1704,&#13;
qui me mande avoir reçu ce que je lui avais envoyé ci-devant, sans doute par le&#13;
vaisseau [de] M. Dugué en 1703, mais que c’était peu de choses et qu’il a pris&#13;
plusieurs autres choses au magasin de La Mobile. (Vous remarquerez que si l’on&#13;
est ainsi en liberté de prendre ce qu’on voudra au magasin des Français pour&#13;
l’envoyer en France, à payer, il n’y aurait ni règle ni mesure.) M. de Saint-Cosme&#13;
me mande qu’il sera fort content du partage de 600 livres pour chaque&#13;
missionnaire, mais qu’il n’a d’embarras que pour les engagés. Il prie qu’on paie&#13;
toutes les dépenses et emprunts qu’il a faits et il ne les explique pas. Il souhaite&#13;
que l’on ne fasse point jusque-là de nouveaux établissements et qu’on imite en cela&#13;
les pères jésuites. Il ajoute que le fruit qu’il a fait ne lui paraît pas encore bien&#13;
grand, qu’il fait consister à avoir sauvé quelques petits enfants, ce qui lui paraît&#13;
encore bien difficile si on ne rassemble les Sauvages ; qu’il faudrait rendre ces&#13;
barbares hommes avant que d’en faire des chrétiens ; qu’on attende que les&#13;
Français soient fortifiés et maîtres des Sauvages et pendant ce temps-là, dit-il,&#13;
payer les faux frais et établir ce qui est déjà entrepris ; que les Jésuites, voyant le&#13;
peu de fruits et les grands frais, ont abandonné les Houmas. Il demande un petit&#13;
moulin de fer. Il voudrait que leurs affaires vinssent tous les ans, car quand on&#13;
retarde, il faut prendre au magasin, où tout est fort cher. Il marque que M. Davion&#13;
a un garçon qui l’a servi sans gages depuis qu’il est au pays, qu’on ne peut lui&#13;
donner moins que 100 écus et que M. Davion doit bien lui en donner un billet. Il&#13;
ne me mande pas s’il me renvoie ces 100 écus à payer ou non. Voilà ce que porte&#13;
sa lettre. Il ajoute seulement qu’il m’écrit peu, parce qu’un mal de doigt qui se&#13;
pourrit l’en empêche.&#13;
La lettre de M. Davion est du 10 septembre 1704 et est un peu plus longue, mais si&#13;
mal écrite et d’un style si haut que je quitterais là tout le soin de ces missions si&#13;
j’avais à recevoir de telles lettres. En voici le précis : que le pays où il est un fort&#13;
bon climat et qu’il s’y trouve de très belles contrées de terres ; que l’essentiel est de&#13;
bien établir la colonie et pour cela, y bien envoyer du monde et du bétail ; qu’il se&#13;
dispose à retourner à la mission après le temps que ses coliques ont coutume de le&#13;
&#13;
�reprendre, qui est au mois de novembre ; qu’on ne manque pas de lui envoyer&#13;
cette année un confrère, qui ait de la disposition à apprendre les langues ; qu’il a&#13;
reçu le mémoire qu’il m’avait envoyé, accompli à l’exception de quelques articles,&#13;
qu’il me prie d’être exact une autre fois à les accomplir entièrement et que jusqu’à&#13;
ce qu’il y ait un Séminaire qui se charge des missionnaires à La Mobile. Je ne puis&#13;
douter que quand je ne leur enverrai pas tout ce qu’ils me demanderont tous les&#13;
ans, je me ferai, et à eux, un très grand tort, parce qu’ils prendront au magasin ce&#13;
qu’il leur faudra à quel prix que ce soit, qui, étant fort cher, fera par conséquent&#13;
plus de dépense et que cela est arrivé à M. de Saint-Cosme et à lui. Il prétend que&#13;
depuis deux ans, je ne le leur ai presque rien envoyé, sinon des soutanes, chemises,&#13;
bas, chapeaux, un peu de vermillon ; voilà, dit-il, tout.&#13;
Je vous avoue, Monseigneur, que cela me met hors de moi quand je considère tout&#13;
ce que je leur ai envoyé et qu’ils ont reçu, dont j’ai le mémoire, car outre ce que&#13;
vous a coûté en Canada leur envoi, que vous fîtes avec M. de Montigny, que vous&#13;
me mandâtes avoir été à près de 15 000 livres, outre ce que vous ont coûté les deux&#13;
autres envois de M. Bergier et de M. Foucault. J’ai payé en 1 700 livres en lettres de&#13;
change pour ces envois, 4 106 livres, 12 sols tirés par vous. J’ai dépensé en 1701&#13;
tant pour les mémoires de ces Messieurs envoyés à La Rochelle que ceux accomplis&#13;
à Paris, 3 717 livres, 3 sols, 5 deniers en 1702. J’ai dépensé de même pour cette&#13;
mission en lettres de changes, billets et mémoires 3 155 livres, 18 sols et 10 deniers&#13;
et l’envoi de M. de La Vente, les factures et mémoires et le retour de M. Bouteville&#13;
me coûtent plus de 6 800 livres. Ces Messieurs s’imaginent que quand ils ne&#13;
tireront des lettres de change et des billets, je leur dois encore envoyer au-delà tous&#13;
leurs mémoires.&#13;
M. Davion continue qu’il a fallu acheter bien cher du plomb, de la poudre et de la&#13;
rassade pour M. de Saint-Cosme, qui vint à La Mobile et fut avec plusieurs&#13;
Sauvages aux dépens de M. Davion et que M. de Saint-Cosme y prit pour 130 et&#13;
quelques livres au magasin de M. d’Iberville, qu’il me prie de payer. Il me prie&#13;
encore de payer à Rocheron 160 et quelques livres, qui lui sont, dit-il, dus pour son&#13;
service de trois ans, dont il n’a dit il était payé que d’une partie. Pour moi,&#13;
Monseigneur, je suis résolu de ne rien payer de tout cela.&#13;
M. Davion ajoute que M. de Saint-Cosme a été encore obligé de prendre des&#13;
marchandises de feu Buisson, qu’il a, dit-il, eu le malheur de perdre en allant par&#13;
terre aux Natchez, où peu s’en fallut qu’ils ne crevassent de faim. Voilà, dit-il, où&#13;
&#13;
�se trouve réduit un pauvre missionnaire, à qui on ne doit pas après cela refuser ce&#13;
qui lui est nécessaire. Je crois que c’est M. Saint-Cosme qui a pris ces marchandises&#13;
de feu Buisson et que c’est le même M. Saint-Cosme qui les a perdues et qui a&#13;
pensé mourir de faim, car M. Davion écrit si mal et si obscurément qu’on n’entend&#13;
rien à ses lettres, outre que le peu qu’on y entend est fort désagréable.&#13;
M. Davion ajoute que depuis qu’il est à La Mobile, il a été obligé de faire pour&#13;
50 écus de dettes et il prétend en cela avoir peu dépensé, quoiqu’il ait reçu ses&#13;
mémoires, sans parler, dit-il, de la maison qu’il a fait bâtir et qu’il laissa&#13;
M. de La Vente à payer, qui m’écrit qu’il a emprunté pour cela du P. Dongé&#13;
700 livres. M. Davion continue que M. Bouteville a laissé 460 livres de dettes au&#13;
magasin de M. d’Iberville. M. Davion ajoute encore que l’Allemand le presse de le&#13;
payer (sans me dire qui est cet Allemand et ce qui lui est dû et pourquoi), mais&#13;
qu’il s’est rejeté sur ce que M. Bouteville ayant été ici, dit-il, en qualité d’aumônier.&#13;
Il fallait tâcher d’obtenir les appointements avec lesquels on paierait les dettes ;&#13;
mais à qui demander ces appointements ? M. d’Iberville dit tout net que la cour ne&#13;
lui a rien donné pour cela. Voilà ce que m’écrit M. Davion.&#13;
Il me demande ensuite bien des choses, qui iront bien à 500 livres ou 600 livres&#13;
pour le moins, et M. de Saint-Cosme autant. Quant à M. de La Vente et Huvé, nous&#13;
en avons reçu trois lettres : une longue pour M. l’abbé de Brisacier et deux plus&#13;
courtes pour moi.&#13;
Ils nous mandent que leur voyage a été plus heureux qu’ils ne pensaient et que la&#13;
conduite de ses filles a été plus facile qu’ils n’avaient appréhendé. Ils se louent fort&#13;
des officiers du vaisseau, qui ont été fort sages et modestes et fort charitables ; que&#13;
le 10 juin 1704, ils prirent terre au Cap-Français à Saint-Domingue et le 7 juillet, à&#13;
La Havane en l’île de Cuba, où l’évêque espagnol le reçut parfaitement bien, logea&#13;
ses filles dans un conservador et les y fit rafraîchir ; qu’ils en partirent le 14 juillet et&#13;
ne laissèrent par en huit jours d’y prendre le mauvais air des îles, qui a fait mourir&#13;
plusieurs de leur équipage ; que le 20 juillet, ils arrivèrent à l’entrée de La Mobile&#13;
et au fort Louis, le 1er jour d’août ; qu’ils ont trouvé, M. Davion logé dans une&#13;
maison neuve, mais sans porte ni fenêtre, qu’il a fait bâtir sur son crédit et où il n’y&#13;
avait encore aucune commodité ; qu’ils y ont trouvé le R. P. Dongé, jésuite, qui les&#13;
a reçus avec cordialité et dont ils le louent fort ; qu’ils ont fait en arrivant quinze&#13;
ou vingt mariages de ces filles, dont trois ou quatre moururent peu après être&#13;
arrivées ; que le 20 août, ils tombèrent malades cinq ou six qu’ils étaient, n’ayant&#13;
&#13;
�que du lard pour faire des bouillons ; qu’ils n’ont point trouvé d’église pour la&#13;
paroisse ; que M. de Pontchartrain a ordonné qu’on en bâtit une et qu’on y fasse&#13;
contribuer les habitants, mais qu’on ne s’en servira pas sitôt et qu’ils se servent de&#13;
la chapelle du fort, trop petite pour tout le monde, qu’ils ont trouvé ; [que]&#13;
M. Davion, fort cassé, résolut cependant de retourner à sa mission ; que par toutes&#13;
les perquisitions qu’il a fait du bien à faire parmi les Sauvages, il a trouvé qu’il y&#13;
en a peu de fait, mais beaucoup à espérer et qu’il croit qu’il y a plus de fonds à&#13;
faire sur ces missions que sur celles de la Chine et des Indes ; qu’il y a surtout&#13;
beaucoup à espérer de la nation des Chactas à sept jours au-dessus d’eux sur&#13;
La Mobile, qui est sept à huit cents familles, qui composent 8 000 huit à 10 000&#13;
âmes, où la polygamie est plus rare et qu’il serait facile de rassembler en deux ou&#13;
trois villages si la cour y mettait quelques familles françaises et engageait ces&#13;
Sauvages à le faire.&#13;
M. de La Vente croit que ce pays-là peut devenir très bon et que si on pouvait y&#13;
envoyer bien du monde et des hommes surtout qui travaillassent à la terre, on en&#13;
tirerait du profit. Il prétend que ces basses terres, qui sont tous les ans inondées&#13;
par les eaux, seraient excellentes à y cultiver des riz, qui y viendraient en&#13;
abondance. Il se loue fort de M. Huvé, son confrère, qui aurait accompagné&#13;
M. Davion aux Tonicas si le P. Dongé ne s’en fût pas allé. Il nous apprend qu’ils&#13;
sont surchargés de travail, quoiqu’infirmes, et surtout par plus de deux cents&#13;
Appalaches, chrétiens espagnols, que les Anglais avec quinze ou seize cents&#13;
Sauvages ont fait fuir de leurs pays ; que ces pauvres Sauvages leur demandent les&#13;
sacrements et leur donnent tous les signes de bons chrétiens, mais qu’ils sont fort&#13;
embarrassés, n’ayant aucun interprète et ne pouvant les entendre.&#13;
Comme le vaisseau le Pélican est parti à la fin de septembre de ce pays-là, il est&#13;
revenu à La Havane, où il s’est fait caréner. Et ayant appris que deux frégates&#13;
anglaises devaient aller attaquer le fort Louis à La Mobile et Pansacola,&#13;
M. du Coudray envoya un brigantin à M. de Brencalle lui en donner avis, ce qui&#13;
nous a procuré encore une lettre de M. de La Vente du 2 janvier 1705. Il m’apprend&#13;
qu’ils ont presque toujours été malades de fièvres et de flux de sang et d’autres&#13;
maladies, dont il croit qu’il aura peine à revenir. Il nous apprend aussi la mort du&#13;
P. Dongé, jésuite, arrivé à La Havane, ce qui est une perte pour ces missions ; que&#13;
M. Davion n’a pas eu ses coliques, mais qu’il a eu d’autres infirmités qui l’ont&#13;
retenu jusqu’alors ; que Charles, son domestique, était venu il y avait un mois le&#13;
chercher avec les principaux des Tonicas et que tout ce monde consomme bien&#13;
&#13;
�leurs vivres ; qu’il avait envoyé le plus jeune des deux petits garçons que je lui ai&#13;
donné à M. de Saint-Cosme, qui l’a renvoyé dès le lendemain qu’il fut arrivé,&#13;
disant qu’il était trop petit, sans écrire seulement un mot à nos Messieurs.&#13;
M. Davion les emmène tous les deux et espère en garder un et envoyer l’autre à&#13;
M. Bergier. (M. de Saint-Cosme agit bien haut et n’a nulle honnêteté.). Il me mande&#13;
que les Sauvages et M. Davion doivent descendre le Mississippi à 80 lieues plus&#13;
près de la mer, dans un lieu où il y a de belles terres, et se rassembler tous&#13;
ensemble. Ils promettent beaucoup aux officiers et aux missionnaires.&#13;
Il ajoute qu’il faudrait savoir si les Jésuites abandonnent les Houmas ; que cette&#13;
mission est belle, bien ramassée et qu’il faudrait ne la pas laisser sans&#13;
missionnaires, les Sauvages étant bien disposés. Il me propose de demander le&#13;
terrain où sont situés les Natchez pour en faire une seigneurie, où le lieu où seront&#13;
les Tonicas, attendu qu’il y a déjà des familles françaises qui s’y établissent ; mais&#13;
cela me paraît bien vaste et d’ailleurs, cela est bien éloigné de La Mobile. Il se plaît&#13;
de nos coureurs des bois, qu’il trouve fort débauchés ; que les filles qu’il a amenées&#13;
sont aussi déchues de leur piété ; et que pour lui, il continue à être si infirme qu’il&#13;
craint que sa machine n’aille pas loin. Il voudrait que je lui envoyasse un bon&#13;
enfant pour être leur économe et prendre soin de tout leur temporel. Il exhorte fort&#13;
M. Gervaise à le venir joindre. Il m’envoie le plan de la ville du fort Louis pour me&#13;
représenter que la place que M. Bouteville est propre pour une communauté,&#13;
excepté qu’il n’y a pas de bonne eau, mais n’est pas propre pour une paroisse, qui&#13;
serait déserte, étant trop éloignée du commerce. Il dit qu’ils ressentent la vigueur&#13;
de l’hiver comme on le fait en France et il finit par demander bien des provisions&#13;
de vivres, des toiles, des couvertures et des étoffes, priant de tâcher à leur obtenir&#13;
les appointements de la cour. Voilà ce qu’il y a de principal dans toutes ces lettres.&#13;
Je vis hier, dernier mars, M. d’Iberville, qui est toujours malade et n’a pas encore&#13;
reçu ses lettres. Il ne croit pas qu’on puisse envoyer de vaisseau là de plus de trois&#13;
mois, parce que le roi n’en a point. Nous devons le voir et raisonner sur tout cela&#13;
avec lui. Vous voyez, Monseigneur, qu’il y a quelque espérance de faire du bien&#13;
en ces pays, mais que les dépenses y seront extrêmes et nous accableront, car ne&#13;
pouvant être payées au Trésor royal pour ces missions et les dépenses étant même&#13;
plus fortes que ce que le roi donne, cela achèvera de ruiner le Séminaire.&#13;
&#13;
�J’ai, après-midi, 1er avril, rendu visite à MM. Riverin et Macard, anciens députés&#13;
de la colonie. Ils m’ont appris des choses bien affligeantes et qui vont à la ruine de&#13;
la colonie entière et de chaque communauté en particulier. Ils prétendent que le&#13;
ministre souhaite qu’on trouve à lever dans le pays même de quoi payer l’état du&#13;
pays, qui monte après de 80 000 livres, ou à retrancher ce qui y est porté ; et comme&#13;
ce sont les communautés qui y ont les plus fortes parties, je trouve qu’elles en&#13;
touchent plus de la moitié et même près de 50 000 livres. Vous jugez quel effet cela&#13;
fera. On parle de lever sur tout le pays une capitation. J’ai fort représenté les&#13;
inconvénients et le faible secours qu’on en retirera, car pour lever 15 000 livres, il&#13;
faudra écorcher 5 000 familles, bonnes et mauvaises, l’une portant l’autre, et il n’y&#13;
en a pas 5 000 dans tout le pays ; car s’il y en a qui paieront bien 50 livres, il y en a&#13;
encore plus qui ne pourront rien payer. Je vois les choses réduites à de fâcheuses&#13;
extrémités et je prévois qu’on pourra bien en venir à un entier retranchement.&#13;
J’ai été fort étonné, Monseigneur, que connaissant l’extrémité où je suis réduit pour&#13;
le Séminaire, vous sembliez me vouloir porter à vous envoyer des étoffes pour les&#13;
pauvres, car quoique ce soit un très bon œuvre et que l’état où sera trouvé le&#13;
Canada ne manquera pas d’y augmenter la misère, vous voyez bien cependant que&#13;
je ne suis pas en état d’y subvenir, car la première charité, c’est de payer ses dettes&#13;
et j’en suis accablé en second lieu. Je ne touche pas même votre pension sur le&#13;
Trésor royal et très peu de celle sur l’évêché d’Aire, dont la subvention et le don&#13;
gratuit consomment la plus grande partie. J’ai actuellement trois ordonnances&#13;
pour votre pension, celle de 1703, celle de 1704 et celle de 1705, et je ne vois aucune&#13;
apparence d’en être payé qu’à la paix. Ne laissez pas cependant à tout hasard de&#13;
m’envoyer une nouvelle procuration cette année, car celle que vous m’avez&#13;
envoyée la dernière est trop surannée.&#13;
Je vous envoie des lunettes, six paires propres pour vous. Elles sont dans le ballot&#13;
n° 5, où il y a deux paquets de corde d’horloge pour M. Doric.&#13;
Toute votre famille, Monseigneur, se porte assez bien, à la réserve de&#13;
Mlle de Laval, qui est toujours languissante. Vous savez que Mlle sa sœur est&#13;
morte les années passées. M. de Montigny, votre frère, a pensé mourir et en est&#13;
revenu. Ce qui est de plus consolant, c’est qu’il était fort bien disposé et qu’il est&#13;
actuellement dans de très bons sentiments. Il pense sincèrement à son salut. M. et&#13;
Mme de Laval se plaignent toujours. Ils ont beaucoup de peine à nous payer ces&#13;
délégations, qui doivent durer neuf ans pour nous payer les anciens arrérages.&#13;
&#13;
�Quant à M. de Laval, il a résigné son canonicat de Tournai contre un de Cambrai&#13;
et cet archevêque qui, comme vous savez, vous est allié, l’a appelé auprès de lui&#13;
pour en faire son grand-vicaire. Il loge et est nourri à l’archevêché et est tout plein&#13;
de respect pour ce prélat, qui l’estime et le chérit.&#13;
La nièce de M. Lamy est en possession de son bien et cette affaire est consommée.&#13;
Le sieur Soulard ne m’est pas venu voir, ainsi je n’ai pu lui rendre service, ne&#13;
sachant s’il est venu à Paris.&#13;
J’ai fait donner au sieur Gaillard, par M. l’abbé de Brisacier, une lettre de&#13;
recommandation pour M. de La Touche, M. d’Iberville et les sieurs de Repentigny&#13;
et autres, qui l’ont vue, en ont été fort choqués, prétendant que le sieur Gaillard ne&#13;
mérite pas une telle recommandation, que ce n’est qu’un maître canonnier qu’on&#13;
a élevé à quelque chose en Canada et qui ne mérite pas d’avoir une Compagnie au&#13;
préjudice de plusieurs familles anciennes de Canada qui en demandent.&#13;
Nous recommandons les sieurs de La Bouteillerie. Je ne sais s’ils obtiendront&#13;
quelque chose, mais comme nous avons obtenus l’an passé une enseigne pour&#13;
M. Joncaire, nous faisons de fortes instances pour lui obtenir une lieutenance.&#13;
Voilà, Monseigneur, tout ce que je vous écrirai par cette voie. Je me recommande&#13;
très particulièrement à vos saints sacrifices et prières et suis très parfaitement,&#13;
Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 4 avril 1705&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1705, 4 avril – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 122)&#13;
1705&#13;
&#13;
Lettres receües&#13;
&#13;
Perte delan&#13;
passé.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
Duplicata&#13;
&#13;
1&#13;
Monseigneur&#13;
No 122&#13;
2&#13;
Lettres N.&#13;
3 Je commence a vous escrire mes 1.eres lettres a lafinde&#13;
4 mars que J’espere f.re partir par le Neptune commandé&#13;
5 par M Jolliet qui doit partir vers la mi avril.&#13;
6 J’ay receu de vous, Monseigneur plus.rs lettres cette année,&#13;
7 La 1.ere est du 4.e aoust 1704 en reponse a celle que Je vous&#13;
8 escrivis l’an passé par Mr Jolliet dans laquelle vous ne&#13;
9 repondez qu’au 1.er article de ma lettre Surles missions de&#13;
10 misissipi.&#13;
11 Le 2.de est du 7. Novembre que J’ay receu par duplicata&#13;
12 Jenay receu daux au’ de recommendation p.r M’ Gaillard&#13;
13 et p.r d’autres, une au’ p.r mef.re Souvenir de vous envoier&#13;
14 des lunettes cette année aulieu de celles que Je vous&#13;
15 envoiois l’an passé perdües dans la Seine, et J’ay de&#13;
16 plus receu un mot en chiffre que J’ay jugé venir&#13;
17 de vous. Jlfaut que M.r glandelet vous ait donné&#13;
18 le chiffre dont Jl Se Sert p.r mescrire&#13;
19 Si vous mavez envoié dautres lettres que celles la&#13;
20 Jeneles ay pas receües&#13;
21 Lannée derniere, Monseigneur, a esté bien malheureuse&#13;
22 p.r Notre Sem.re qui a toutperdu, p.r lecanada dont tant&#13;
23 de vaiss.x ont esté pris, et p.r la france toute entierepar&#13;
24 la perte de la bataille d’hochlet, qui nous areduit bienbas.&#13;
25 Javois mis dans le vaisseau La seine toutes les provisions&#13;
26 p.r leSem.re Je crois par le compte que J’en ay fait&#13;
27 quil y en avoit bien p.r neuf a dix mil livres, cequi&#13;
28 vous fait tort de plus de vingt mil livres. Nos bonnes&#13;
29 Relig.ses de lhotel Dieu y perdent aussi plus de trois&#13;
30 mil livres; mais enfin Jecroiois tout cequi estoit dans&#13;
31 ce vaisseauplus enasseurance que dans tout autre et en&#13;
32 effet Si nous navions pas eu des officiers estourdis etSans&#13;
33 cervelle, nous naurions pas fait cetteperte&#13;
34 cela m’a causé, Je vous l’avoüe, unebien grandedouleur&#13;
35 Nous apprismes cette nouvelle vers la fin daoust et&#13;
36 les 1.ers Jours de 7.bre car outre lapart que J’ay pris encela&#13;
37 a laperte qu’a fait tout lepays, cela nous reduit endes&#13;
38 extremitéz bien facheuses, co’e vous le verrez par les&#13;
39 efforts que J’avois faite p.r vous envoier cequi estoit&#13;
40 dans laSeine Pour Surcroist de malheur LebonDieu&#13;
41 apermis que J’eusse donné toutes mes lettres dans&#13;
&#13;
�perdües.&#13;
&#13;
État ou Jestoit&#13;
lanpassé avecle&#13;
Sem.re de Q.&#13;
&#13;
Sans cequi est&#13;
deuaM fleury.&#13;
&#13;
3:&#13;
Lettres N.&#13;
No. 122&#13;
&#13;
Perte dela colonie&#13;
&#13;
ruinée Sans resource&#13;
&#13;
Malouine.&#13;
Liberté du castor.&#13;
&#13;
Retrancher le&#13;
gras.&#13;
&#13;
42 les quelles estoient mes comptes, aM Bouteville qui&#13;
43 tomba malade ala Rochelle ety pensa mourir. Jl&#13;
44 ne Songea pas a mettre mes duplicata de comptes&#13;
45 et de lettres dans un au’ vaisseau, et Jl emporta&#13;
46 tout dans le Sien ainsy ni vous ni les hospitalieres&#13;
47 navezpoint eu de duplicata de moy que Javois fait&#13;
48 cependant, mais c’est une Suitte des chagrins etdes&#13;
49 desagreemens queMons.r Bouteville ma causé.&#13;
50 Parles comptes que Je vous envoiois l’an passé&#13;
51 vous auriez veu, co’e vous le verrez cette année&#13;
52 par le diplicata que Je vous enenvoye que&#13;
53 Jestois l’an passé au depart des vaiss.x en avance&#13;
54 pour Le Seminaire de prez de dix huit mil livres,&#13;
55 Sans y comprendre cequi estoit deu aMons.r fleury&#13;
56 dont Jlavoit envoié Ses memoires encanada afin&#13;
57 quenos Mess.rs lui envoiassent des retours en&#13;
58 lettres de change, co’e Jls m’avoient prié de l’en&#13;
59 presser. Je mestonne quenos Mess.rs nayent pas receu&#13;
60 ces comptes deMons.r fleury dont Jl avoit mis copie&#13;
61 dans la Bombarde qui cepend.’ est arrivé en canada&#13;
62 vous apprendrez cette année qu’outre la Seine prise&#13;
63 par les anglois lejour des.te anne, le vaisseau du Nord&#13;
64 a esté pris et tout le castor et les pelleteries qui&#13;
65 estoient dedans. Que deplus le vaisseaude M Pascaut&#13;
66 a esté pris revenant de Bilbas en Espagne ouil avoit&#13;
67 deschargé Les castors en france ou Jlrevenoit chargé&#13;
68 de fer, et qu’on ne Scait encore ce qu’est devenu un&#13;
69 vaisseau parti de Quebec ce tautomne dans lequel&#13;
70 on pretend quil yaencore p.r deuxcent millivres&#13;
71 decastor, et ou sontpar malheur les enfans deMons.r&#13;
72 de Longeüil, cequi mafflige fort.&#13;
73 voila bien des pertes p.r une colonie qui estoit déjà ruinée&#13;
74 parla mauvaise vente des castors. La compagnie de&#13;
75 canada est abas Sans resource, mais co’e onnaScait quel&#13;
76 remedey aporter, on la laisse telle quelleest, Sans f.re&#13;
77 aucun changement.&#13;
78 vous nous escrivez que Les maloüine Seroient propres&#13;
79 a retablir ce pays. on ne le juge pas icy, et on croit&#13;
80 qu’il vaudroit mieux laisser le pays patir deux ou&#13;
80 trois annéez et redonner ensuite laliberté du&#13;
81 castor Sans le mettre dans aucun parti. on aresolu&#13;
82 de neplus prendrep.r lacompagnie dicy atrois ans&#13;
83 du castor gras, d’en prendre du sec en plus petite quantité,&#13;
84 et diminuer par la tous les ans la quantité delettres&#13;
&#13;
�divisions dela&#13;
compagnie.&#13;
&#13;
4.&#13;
Nouvel Jntend,’&#13;
&#13;
5.&#13;
lettres N. no. 122&#13;
&#13;
85 de change qu’on tire en france et qui accablent cette&#13;
86 colonie par les Jnterests quellepaye deces lettres&#13;
87 de change&#13;
88 Ce qui afflige encore d’avantage cest que Tous ceux qui&#13;
89 gouvernent cette compagnie Sont tous divisez, Jls&#13;
90 Saccusent les uns et les au’ de nagir que par cabale&#13;
91 Tout roiaume divisé Sera detruit.&#13;
92 Nous avons un nouvel Jntendant, ou plutost deux p.r&#13;
93 un. car co’e M De Pont chartrain a donné a M de&#13;
94 Beauharnois LJntend.ce g’rale de la marine vacantepar&#13;
95 La mort de M Dhervieux, Jl a nommé asa place p.r&#13;
96 Jntend.’ decanada le Jeune Mons.r Rodot qui n’apas&#13;
97 plus de 28. ans et qui estoit inspecteur de la marine&#13;
98 a DunKerque, et a engagé Mons.r SonPere qui est&#13;
99 un ancien conseiller dela cour des aydes daller avec&#13;
100 lui aumoins p.r trois ans. Le ministre a eu encela&#13;
101 plus.rs veües; La 1.ere d’avancer ce Jeune homme qui est&#13;
102 Son parent. La 2.de defaire dubien a cette famille&#13;
103 qu’on dit nestrepas aisée. La 3.e defaire donner par&#13;
104 un magistrat stilé depuis longtemps a rendre la Justice,&#13;
105 quelq’ forme auconseil Souverain de Quebec, Tous&#13;
106 les deux Le Pere et lefils me paroissent defort&#13;
107 honnestes gens. Lefils n’est pas marié. Le Pere laissera&#13;
108 Mad.’ SonEpouse en france prendre soin de leurs&#13;
109 affaires, et poura mener Mad.elle Safille qui n’a&#13;
110 que 17. ou 18. ans avec lui p.r prendre Soin de Sa&#13;
111 maison a Quebec on dit que cette Dem.elle est fort&#13;
112 Sage. Ce Nouvel Jntend’ apris connoissance des&#13;
113 affaires dela colonie, et Je vois quil est panché a laisser&#13;
114 cette compagnie couler tout doucement Sans y faire&#13;
115 de changemt qu’en retranchant tous les commis&#13;
116 les gages des directeurs et les au’ frais, la reduire a&#13;
117 refuser tout le castor gras, a neprendrequedu&#13;
118 Sec, a nenvoier tout les ans quep.r cent millivres&#13;
119 de lettres de change, et pend.’ cetemps la vendreicy&#13;
120 tant qu’on poura le castor, et co’e lafirme du Roi&#13;
121 en canada Seraparla bien diminuée, ona parlé&#13;
122 de retrancher les gratifications du Roi aux Comm.tez&#13;
123 et a plus.rs particuliers, et mesme destablir une espece&#13;
124 de capitation dans tout cepays la, pour y faire&#13;
125 des fonds pourpaier Lestat du Roi encepaysla car&#13;
126 co’e le Roi n’est plus enestat de fournir aux depenses&#13;
127 et que le revenu qu’il adans ce paysla ne Suffit pas&#13;
&#13;
�Batailledallemagne&#13;
&#13;
6&#13;
misJntelligence&#13;
entreles ministres&#13;
&#13;
M dela Motte&#13;
cadillac&#13;
&#13;
Jl Sera peuescouté&#13;
&#13;
128 on a proposé ces expediens, queM Rodot espere&#13;
129 cependant qu’on ne prendra pas, mais Nous n’en&#13;
130 So’es par encore Seurs veu l’extremité outout&#13;
131 est enfrance&#13;
132 Car le bon Dieu a voulu, Monseigneur, nous&#13;
133 humilier lan passé et Jl l’a fait bien fortement.&#13;
134 P.r reprimer Nos folles joyes dela naissance d’un&#13;
135 Jeune Duc de Bretagne, co’e Si disoit plaisamment&#13;
136 un garcon, nous n’en avions par deja assezpour&#13;
137 nous accabler, Le bon Dieu apermis que nous&#13;
138 perdissions le mois daoust dernier unebataille dans&#13;
139 le coeur de Lallemagne dans laquelle nous eusmes&#13;
140 plus de quinze mil ho’es prisonniers et presq’&#13;
141 autant tuez, et ce fut mesme uneespecede miracle&#13;
142 que toutes les arméez qui y estoient nelefussent. cela&#13;
143 a tellem,t enflé le cœur denos ennemis et abbatu&#13;
144 celui de nos gens qu’on croit queSi les allemans&#13;
145 au lieu de Sarrester aprendre Landau quils prirent&#13;
146 Sur nous Lautomne dernier avoient poursuivis&#13;
147 les francois quils chassoient devant eux comme&#13;
148 des moutons Jls auroient pu les faire retirer&#13;
149 jusque dans la champagne etpeutestre jusqu’à&#13;
150 Paris. or cela abien gasté nos affaires et attiré&#13;
151 une Si estrange augmentation de taxes et dJmpost Sur&#13;
152 le peuple et Sur le clergé qu’on ne gardeplus de mesures.&#13;
153 C’est ce mauvais estat de nos affaires, qui empesche&#13;
154 que la cour nepuisse en aucune manière ayder&#13;
155 lecanada Jl y a de plus dela mesJntelligence entre&#13;
156 Mr De Chamillard et M de Pont chartrain, cequi&#13;
157 fait queLedernier estant chargé de la colonie le 1.er Le&#13;
158 Soucie fort peu delaSoulager. Enunmot Jl nefaut&#13;
159 pas Sattendre dela a aucun Secours.&#13;
160 Mais co’e toutes ces aff.res ne nous regardent pas,&#13;
161 Je crois devoir les passer p.r repondre avos lettres.&#13;
162 vous estes enpeine Monseigneur deLusage que Je&#13;
163 fit lan passé des memoires et lettres deM dela motte&#13;
164 cadillac Je necrus pas pouvoir medispenser deles&#13;
165 envoier en cour. Le ministre les renvoia aexaminer&#13;
166 aMr De champigni. on necrutpas lanpassé devoir&#13;
167 escouter Ses propositions qui ruinoient la compagnie,&#13;
168 et Jecrois que vous apprendrez cetteannée quil ya&#13;
169 du changemt p.r cet Etablissem.t Je ne Scay Si vous&#13;
170 devez paroistre tant Soit peu entrer dans Ses veües,&#13;
171 ayant esté Si descrié par le mauvais commerce&#13;
&#13;
�Mad.’ Dela forest&#13;
&#13;
172 qu’on pretend quil afait cy devant aux Sauvages. vous&#13;
173 nous avez vous mesme tant defois escrit contrelui,&#13;
174 qu’il paroist Surprenant qu’a present vous vouliez vous&#13;
175 declarerp.r lui, non pas manifestem.t mais en Secret,&#13;
176 pend.’ quil est brouillé avec les puissances, cequi vous&#13;
177 brouillera infailliblemt avec eux Nos Mess.rs n’ont&#13;
178 pas creu devoir agir ni p.r lui ni p.r M de Ramezay&#13;
179 contre les puissances. Jls ont Seulemt prié M De&#13;
180 La touche de faire attention a cequi est escrit&#13;
181 par eux, et voir Sil y a quelq’ remede a y apporter.&#13;
182 Mad.’ DeLa forest nous adit qu’Elle avoir apportée&#13;
183 une lettre de vous p.r le ministre, etque mesme Jly&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
certificat donné&#13;
a Mde Ramezay&#13;
neparoist pas droit.&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
184 en avoit dedans unep.re le Roi dans laquelle vous&#13;
185 vous plaigniez disoit elle du gouvernemt Nous craignon&#13;
186 que cela n’indispose Si cela est vray les puissances contre&#13;
187 nous, car Jl Sera difficile que cela nerevienne. P.r nous&#13;
188 nous avons agi de manière que lon nepeut seplaindede&#13;
189 nous. Jl nous aparu quetout ce qu’on a escrit de canada,&#13;
190 n’a pas fait une Jmpression ala cour capabledaporter&#13;
191 du changem.t onpoura Seulemt faire quelque repri=&#13;
192 =mande, mais ceux qui ont le pouvoir en pouront faire&#13;
193 porter lapeine a ceux qui dependent deux&#13;
194 on regarde a la cour ces plaintes co’e des Suittes de ces&#13;
195 anciennes jalousies qui Sont entre les familles dont&#13;
196 les unes portent Si impatiammt leslevation des autres.&#13;
197 Jl ne paroist pas que le clergé doive entrer dans&#13;
198 toutes ces divisions quep.r les appaiser, mais Jldoit&#13;
199 Se declarer toujours pr l’authorité.&#13;
200 onn’a pas, Monseigneur, gouté ce certificat donné&#13;
201 aM.r De Ramezay, et Jl ne paroit pas entout cela&#13;
202 autant de droiture qu’on en doit trouver en vous et&#13;
203 qu’on y ena toujours trouvé. On croit que vous&#13;
204 eussiez bien fait dene pas dire aM.r DeBauharnois ce&#13;
205 qui vous estoit revenude mantet, Si vous pouviez&#13;
206 prevoir que Mr LJntendant en dust parler aMr De&#13;
207 vaudreuil, mais qu’apres que vous Sceustes quil lui en&#13;
208 avoir parlé, vous ne deviez pas donner aM de Ramezay&#13;
209 ce certificat qui n’est pas raccommodé par votre&#13;
210 lettre, puis quil paroist toujours encela quelq’ petit&#13;
211 detour qui ne convient pas a une personne de&#13;
212 votrerang. mais Jlfaut avoüer quil ya peu de discr&#13;
213 discretion dans M LJntendant, et demesnagemt dans M.r&#13;
214 de vaudreüil qui auroient deü lun vous garderle&#13;
&#13;
�Sur LEnvoy de M.rs&#13;
calvarin et Le&#13;
Riche a La&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
215 Secret, et l’autre nepas Seslever contre vous comme&#13;
216 Jl fit; Jl auroit deu considerer que votre crainte de&#13;
217 mettre deux familles aux couteaux tirez, vous avoit&#13;
218 engagé a donner ce certificat p.r disculper M de&#13;
219 Ramezay. Jl est fascheux quedes redites comme cellesla&#13;
220 divisent les esprits, et alienent Surtout les puissances.&#13;
221 on a fait assez valoir icy ce desordrede latraite dEaude vie&#13;
222 J’ay raisonné Sur cela avec Mad.’ De marson qui proteste fort&#13;
223 queMr De vaudreüil n’y a nullepart, et quil ne Souffrirapas&#13;
224 ce desordre mais si un Gouverneur et un Jntend.t Sont assez&#13;
225 mal disposez p.r le vouloir faireSous main, Jl Sera bien&#13;
226 difficile d’y remedier. Jl est Surprenant que M de cadillac&#13;
227 que Le P. decareil digne de foy a accusé dece desordre Soit&#13;
228 apresent sizelé p.r Sy opposer. Tout cela ne vient dans&#13;
229 ces mess.rs quede passion, et Jls veulent y faire entrer les&#13;
230 gens de bien p.r Sappuyer par eux Le trop decastor fera&#13;
231 qu’on Sappliquera davantage a empescher cedesordre Je crois&#13;
232 queM Rodot ne donnerapas dans ce malheureux commerce&#13;
233 Co’e toute votre lettre du 4.e aoust 1704. qui est de 12. ou&#13;
234 13. pages ne me parlequedes missions deLa Louisiane, Je&#13;
235 vais y repondre exactemt&#13;
236 vous me marquez avoir dessein d’y envoier par les terres&#13;
237 Mess.rs calvarin et le Riche Jeprends laliberté de vou[s]&#13;
238 representer Monseigneur, les inconveniens qui me feroient&#13;
239 croire quil ne les y faudroit pas envoier dumoins Sitost.&#13;
240 1.e Dans lextremitté oul’on est ap’nt Jl meSemble quil ne&#13;
241 faudroit pas faire de nouvelles entreprises dans ces missions,&#13;
242 mais Seulemt Soutenir ce quil y a de commencé.&#13;
243 2.e ces missions ont accablé de depenses en 1703. comme vous&#13;
244 lepouvez voir par mes comptes.&#13;
245 3.e on ne Scauroit estre paié deLord.ce de 3000.# p.r ces missions.&#13;
246 J’ay encore celle de 1703. et Jl y aura bien de la peine&#13;
247 a Sen faire paier. or LeSem.re de Quebec est il enestat d’en&#13;
248 faire les avances. Non Sans doute&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
249 4.e Tant que laguerre durera on aura bien de lapeine a&#13;
250 envoier des effets aces miss.res on courerade grands risques&#13;
251 Les depenses Seront fortes, et elles neserviront guere&#13;
252 5.e car Le bien qu’on fera pend.’ cette guerre Sera bien Superficiel&#13;
253 M.r DeS.t cosme n’a pas encore converti unSeul Sauvage, M Davion&#13;
254 encore moins, M.r Bergier tres peu, Leurplus grand bien S’est&#13;
255 reduit abatiser des enfans moribonds. onne Scauroit rassembler&#13;
256 les sauvages. Jls ne font que courir. le francois ne peut&#13;
257 les faire entrer dans Ses veües. Le miss.re y est Sans authorité.&#13;
258 6.e vous ferez tort au canada de retirer ces deuxPrestres&#13;
&#13;
�10.&#13;
&#13;
effets p.r M&#13;
Bergier.&#13;
&#13;
arrivée deM&#13;
deLa vente a La&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
259 dans la disette ou l’on y en est.&#13;
260 7.e Jls ne Sont pas enestat de faire aucunbien dans les&#13;
261 missions Sauvages, car ces deux m.rs n’ont pas les talent deM.r&#13;
262 Bergier, Jls ont de la verbre, mais Jls n’ont pas d’estendüe desprit,&#13;
263 Jls n’ont point de theologie, Jls nont point dememoire p.r les&#13;
264 langues, du moins M.r Calvarin, et lautre apeuprez du&#13;
265 mesme voiez, M Davion quel bien Jl a fait dans ces&#13;
266 missions. Jln’en Scait encorepas les langues p.r faire un&#13;
267 catechisme, et ne les Scaura apparemmt jamais. Jl auroit&#13;
268 fait dubien parmi les francois. Jl nous adepensé horriblemt,&#13;
269 et tout cela aboutira a rien M Bergier me mande que&#13;
270 quand M foucaut a esté tué Jlavoit p.r plus demil&#13;
271 escus deffets avec lui. Quelle perte outre cellede lapersonne&#13;
272 qui est inestimable Jele trouvois aussi trop aagé p.r&#13;
273 bienapprendre les langues. M.r DeS.t cosme ne Songe&#13;
274 qu’a chercher quelq’ occasion de faire des descouvertes et&#13;
275 n eSattache point a Sa mission. Jl n’y ferapoint debien&#13;
276 Prenez bien garde aux Sujets a envoier dans ces missions.&#13;
277 8.e Les Peres Jesuites ont abandonné les houmas et mesme&#13;
278 toute la Louisisne n’y voians aucun bien ay faire pend.t&#13;
279 cette guerre&#13;
280 9.e Jay escrit aM.r Levesque de Quebec de cette veüe&#13;
281 d’envoier ces mess.rs a misissipi, Jl m’a mandé queSon&#13;
282 Sentiment Seroit dene faire aucun anvoy cette année&#13;
283 et de laisser ces Prestres dans la colonie qui y Sont Si&#13;
284 necessaires p.r cette année. En un mot de ne faire aucun&#13;
285 changemt pr cette année dans ces missions, y laisser ceu[x]&#13;
286 qui y Sont, et n’en envoier point de nouveaux. ce Seroit&#13;
287 bien aussi notre Sentiment.&#13;
288 J’ay creu dans cette veüe vous faire plaisir de vous&#13;
289 envoier p.r M Bergier par le 1.er vaisseau qui partira&#13;
290 dequoy le soutenir dans sa mission, puis quil y a moyen de&#13;
291 lui faire tenir ce quil lui faut Sans quil lui encoute&#13;
292 J’ay donc tiré du memoire de M.r S.t cosme le Jeune une&#13;
293 partie dece qui pouroit estre propre a ces missions et&#13;
294 J’ay mis letout dans le ballot n.o 1.e que J’ay prié M fleury&#13;
295 denvoier par le Neptune et demettre dans le mesme vaisseau&#13;
296 dela poudre un baril p.r M Bergier.&#13;
297 Cepend.t Si J’avois appris lheureuse arrivée deM.r Dela&#13;
298 vente a La Louisiane, Je naurois pas fait cette&#13;
299 depense car Japprends par la lettre queM.r Davion&#13;
300 a mis apart tout cequi est p.r M Bergier et qu’en&#13;
301 Sen retournant a Sa mission ou il compte de retourner&#13;
302 apres le mois de 9.bre 1704. Jl doit porter a M.r St cosme ce&#13;
&#13;
�Lettres venües&#13;
dela Louisiane&#13;
M. Bergier.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
deM De S.t Cosme&#13;
&#13;
grand depensier&#13;
&#13;
Jl priequonpaye&#13;
Ses depenses.&#13;
&#13;
Sur charles aumont&#13;
&#13;
303 qui est p.r lui et emporter aussi cequi est p.r M Bergier&#13;
304 de Sorte que Sil peut lui f.re tenir cequi est p.r lui Jl recevra&#13;
305 ces provisions de lamer cette année qui Sont assez abondantes&#13;
306 p.r n’en pas avoir besoin Sitost. Mais co’e c’est unS.t miss.re&#13;
307 qui nedissipera pas ses effets enpresens et depenses inutiles co’e&#13;
308 ont fait M.rs S.t cosme Davion et Bouteville, Jl Scaura&#13;
309 toujours bien mesnager cequil aura&#13;
310 Voicy ce que J’apprends par les lettres de nos Mess.rs de La&#13;
311 Louisiane J’ay receu 3. lettres deM Bergier. la 1.ere du 3.&#13;
312 Juillet 1703. la 2. Du 18. 8.bre 1703. et la 3.e du 2. 9.bre 1703.&#13;
313 vous voiez que tout cela est fort ancien Jl ne me&#13;
314 parloit que d’une mine de cuivre que cherchoitM.r Juchereau,&#13;
315 et quil n’a pu trouver. Jl me demande 8. ou 10 au’ de toiles&#13;
316 a voile, et quelques pots dEaude vie et unechasuble noire.&#13;
317 par ceq’ M Bouteville lui apris celle quil avoit lui ayant&#13;
318 dit quelle estoit a lui layant acheté de Ses deniers. Selon&#13;
319 toutes les apparences cette Chasuble sera allée en angleterre&#13;
320 avec Mr Bouteville et Sa chapelle quil a toujours vouluporter.&#13;
321 avec lui.&#13;
322 Je n’ay recu deM.r S.t cosme qu’une petite lettre des Natchez&#13;
323 du 4.e May 1704. qui memande avoir receu ceque Jelui&#13;
324 avoit envoyé cy devant Sans doute, parle vaisseaudeM.r&#13;
325 Du Gué en 1703. mais que cestoit peu de choses et quil apris&#13;
326 plus.rs au’ choses au magazin dela mobile (vous remar=&#13;
327 querez que Si l’on est ainsy en liberté deprendre cequ’on&#13;
328 voudra au magazin des francois p.r lerenvoier en france,&#13;
329 apaier, Jln’y aura ni regle ni mesure) M S.t cosme&#13;
330 me mande quil Sera fort content du partage de 600.# p.r&#13;
331 chaq’ miss.re mais quil n’a dembaras quep.r les engagez,&#13;
332 Il prie qu’on paye toutes les depenses et emprunts quil a&#13;
333 faite et Jl ne les expliquepas. Jl Souhaite que l’on ne&#13;
334 fasse point jusquela denouveaux Etablissem.ts et qu’on&#13;
335 Jmite encela Les P. P. Jesuites. Jl ajoute que lefruit quil a&#13;
336 fait ne lui paroist pas encore bien grand, quil fait consister&#13;
337 a avoir Sauvé quelq’ petits enfans, cequi lui paroit encore&#13;
338 bien difficile Si on ne rassemble les Sauvages, quil faudroit&#13;
339 rendre ces barbares hommes avant que d’en fairedes chrestiens,&#13;
340 Qu’on attende que les francois soient fortifiez et maistres des&#13;
341 Sauvages, et pend.t cetemps la dit il payer les faux frais et&#13;
342 establir ce qui est déjà entrepris. Que les Jesuites voyans&#13;
343 lepeude fruit et les grands frais ont abandonné les oumas.&#13;
344 Jl demande un petit moulinde fer. Jl voudroit queleurs&#13;
345 affaires vinssent tous les ans, car quand on retarde Jl&#13;
346 faut prendre au magazin ou tout est fort cher. Jl marque&#13;
&#13;
�12.&#13;
&#13;
Lettre deM Davion&#13;
&#13;
Sur cequil dit&#13;
avoir peu receu&#13;
&#13;
13.&#13;
Lettre N. no. 122&#13;
&#13;
347 queM Davion a un garçon qui la Servi Sans gages depuis&#13;
348 quil est aupays, qu’on nepeut lui donner moins que cent&#13;
349 escus, et que M Davion doit bien lui en donner unbillet&#13;
350 Jl ne me mandepas Sil me renvoye ces cent escus a&#13;
351 paier, on non. voila ce que porte Sa lettre Jl ajoute&#13;
352 Seulemt quil mescrit peu par ce qu’un mal de doigt qui Se&#13;
353 pourit len empesche&#13;
354 La lettre de M.r Davion est du 10. 7. bre 1704. et est un peu plus&#13;
355 longue, mais Si mal escritte et d’un Stile Si haut, que Je quitterois&#13;
356 la tout le Soin de ces missions, Si Javois a recevoir de telles lettres.&#13;
357 En voicy le precis. Que lepays ou il est est un fort bon climat,&#13;
358 et qu’il S’y trouve de tres belles contréez de terres. Que lessentielest&#13;
359 de bien establir la colonie, et p.r cela y bien envoier du monde&#13;
360 et du bestail. Quil Se dispose a retourner ala mission apres&#13;
361 le temps que Ses coliques ont coutume dele reprendre qui&#13;
362 est aumois de 9.bre Qu’on ne manque pas delui envoier cette&#13;
363 année un confrere qui ait dela disposition a apprendreles&#13;
364 langues. Quil a receu lememoire quil mavoit envoié accompli&#13;
365 alexeption de quelques articles, quil me prie destre exact une&#13;
366 autre fois ales accomplir entieremt et quejusqu’q cequil y ait un&#13;
367 Sem.re qui Se charge des miss.res ala mobile, Je nepuis douter&#13;
368 quequand jene leur enverray pas tout ce quils medemanderont&#13;
369 tous les ans, Je me feray et a eux un tres grand tort, parcequil&#13;
370 prendront au magazin cequil leur faudra aquelq prix que ce&#13;
371 Soit, qui estant fort cher, fera par consequent plus dedepense et que&#13;
372 cela est arrivé aM.r Des.t cosme et alui. Jl pretend que depuis&#13;
373 deux ans, Jele leur ay presq’ rien envoié, sinondes soutannes&#13;
374 chemises bas chapeaux unpeude vermillon voila dit il tout. Je&#13;
375 Je vous avoüe Monseigneur que cela me met hors de moy quand&#13;
376 Je considere tout ce que Jeleur ay envoié et quils ont receu dont&#13;
377 J’ay le memoire, car outre ce que vous a couté en canada&#13;
378 leur envoy que vous fistes avec M.r De montigni que vous&#13;
379 me mendastes avoir esté aprez de 15000.# outre ceque vous&#13;
380 ont couté les deux autres envois deM.r Bergier et deM.r&#13;
381 foucaut, Jay paié en 1700. enlettres de changes p.r ces envois&#13;
382 4106.# 12.s tirez par vous. J’ay depensé en 1701. tant&#13;
383 p.r les memoires de ces M.rs envoiez ala Rochelle que&#13;
384 ceux accomplis a Paris 3717.# 3. 5. En 1702. J’ay&#13;
385 depense de mesme p.r cette mission en lettres de changes&#13;
386 billets et memoires 3155. 18. 10. Et LEnvoy deM.r&#13;
387 Dela vente les factures et memoires et le retour de M.r&#13;
388 Boute ville me couste plus de 6800.# ces mess.rs&#13;
389 Simaginent que quand Jls ne tireront des lettres dechanges&#13;
&#13;
�Dettes contractéez&#13;
par M S.t cosme&#13;
&#13;
par M Davion&#13;
&#13;
par M Dela&#13;
vente p.r la&#13;
maison&#13;
par M Bouteville&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
Lettres deM.rs&#13;
dela vente et&#13;
huvé.&#13;
&#13;
390 et desbillets, Je leur dois encore envoier audela tous leurs&#13;
391 memoires.&#13;
392 M.r Davion continüe quil afallu acheter bien cher duplomb&#13;
393 delapoudre et dela vassade p.r Mr S.t cosme qui vint ala mobile&#13;
394 et fut avec plus.rs Sauvages aux depens deM.r Davion et que&#13;
395 M.r S.t cosme y prit p.r cent trente et quelques livres au magasin&#13;
396 deM DJberville, quil me prie depaier. Jl me prie encore de&#13;
397 paier a Rocheron cent Soixante et quelq’ livres qui lui sont dit il&#13;
398 dûs p.r Son Service de trois ans, dont Jln’a dit il esté paié que&#13;
399 dune partie Pour moy, Monseigneur Je Suis resolu de ne&#13;
400 rien paier de tout cela&#13;
401 M.r Davion ajoute queM.r S.t cosme a esté encore obligé de&#13;
402 prendre des marchandises de feu buisson, quil aditil eu le&#13;
403 malheur deperdre enallant par terre aux Natchez oupeu&#13;
404 Sen falut quils ne crevassent defain, voila dit il ou Se trouve&#13;
405 reduit un pauvre miss.re aqui on ne doit pas apres cela refuser&#13;
406 cequi lui est necess.re Je crois que cest M.r S.t cosme qui a&#13;
407 pris ces marchandises de feu Buisson, et que c’est le mesme&#13;
408 M S.t cosme qui les aperdu et qui apensé mourir de faim&#13;
409 car M Davion escrit Si mal etSi obscuremt qu’on nentend&#13;
410 rien aSes lettres outre que lepeu qu’on y entend est fort&#13;
411 desagreable&#13;
412 M.r Davion ajoute que depuis quil est ala mobile Jl&#13;
413 a eté obligé de faire pour cinq.te escus dedettes, et Jl pretend&#13;
414 en cela avoir peu depensé, quoi quil ait recu ses memoires. Sans&#13;
415 parler dit il dela maison quil afait bastir et qil laissea&#13;
416 M.r De la vente apaier qui m’escrit quil a emprunté p.r cela&#13;
417 du P. Donjé 700.# M Davion continue que M Bouteville&#13;
418 a laissé 460.# de dettes au magasin deM DJberville&#13;
419 M Davion ajoute encore que Lallemand lepresse de&#13;
420 le paier. (sans me dire qui est cet allemand et cequi lui est&#13;
421 deu, et pour quoy) mais quil Sest rejetté Sur ceque M.r&#13;
422 Bouteville ayant esté icy dit il en qualité d’aumosnier&#13;
423 Jl falloit tascher dobtenir les apointemens avec les que[ls]&#13;
424 onpaieroit les dettes; mais aqui demander ces apointem[ents]&#13;
425 Mr DJberbille dit tout net que la cour ne lui a rien don[né]&#13;
426 p.r cela; voila ce que mescrit M Davion.&#13;
427 Jl medemande ensuite bien des choses qui iront bien a&#13;
428 500.# ou 600.# p.r le moins, et M.r S.t cosme autant&#13;
429 Quant aM.r De la vente et huvé nous en avons recu&#13;
430 trois lettres une longue p.r M L. de Brisacire et deux plus&#13;
431 courtes p.r moy.&#13;
432 Jls nous mandent que leur voiage aesté plus heureux&#13;
433 quils nepensoient, et que la conduite De ses filles a esté plus&#13;
&#13;
�15.&#13;
Lettre N.&#13;
No. 122&#13;
&#13;
434 facile quil navoient apprehendé. Jls Se louent fort des&#13;
435 officiers du vaisseau, qui ont esté fort sages et modestes,&#13;
436 et fort charitables. que le 10. Juin 1704. Jls prirent terre&#13;
437 au cap francois ast Domingue et le 7. Juillet alahavane&#13;
438 en LJsle cuba, ou Levesque Espagnol, lereceut parfaitemtbien,&#13;
439 logea Ses filles dans un conservador, et les y fit rafraichir. quils&#13;
440 en partirent le 14. Juillet et nelaisserent par en 8. jours dy&#13;
441 prendre lemauvais air des Jsles, qui a fait mourir plus.rs deleur&#13;
442 esquipage, que le 20. Juillet Jls arriverent a lentrée de la&#13;
443 mobile, et au fort Louis le 1.er Jour d’aoust. quils ont trouve&#13;
444 M Davion logé dans une maison neuve mais Sans porte&#13;
445 ni fenestres quil a fait bastir SurSon credit, et ou iln’y a&#13;
446 avoit encore aucune commodité. Quils y ont trouvé LeR. P.&#13;
447 Donjé Jesuite qui les a receus avec cordialité, et dont Jls Le&#13;
448 loüent fort. quils ont fait en arrivant quinze ou vingt&#13;
449 mariages deces filles dont trois ouquatre moururent peuapres&#13;
450 estre arrivez que le 20. aoust Jls tomberent malades cinq&#13;
451 deSix quils estoient nayans que du lard p.r f.re des bouillon,&#13;
452 quils nont point trouvé dEglisep.r laparoisse, que M.r de&#13;
453 Pont chartrain a ordonné qu’on en bastist une et qu’on y fasse&#13;
454 contribuer les habitans, mais qu’on ne S’en Servira pas Sitost&#13;
455 et quils Se Servent dela chapelledu fort trop petite p.r tout le monde.&#13;
456 quils ont trouvé M Davion fort cassé resolu cepend.’ de&#13;
457 retourner aSa mission; quepar toutes les perquisitions quil&#13;
458 afait du bien a faire parmi les Sauvages, Jl a trouvé quil&#13;
459 y ena peu de fait mais beaucoup a esperer, et quil croit&#13;
460 quil y a plus de fonds a faire Sur ces missions queSur celles de&#13;
461 la chine et des Jndes, quil y a Surtout beaucoup a esperer&#13;
462 de la Nation des chatta a Sept Jours au dessus deux Sur&#13;
463 la mobile qui est de 7. a 800. familles qui composent 8. a&#13;
464 dix mil ames ou la poligamie est plus rare, et quil seroit facile&#13;
465 de rassembler en deux ou trois villages Si la cour y mettoit&#13;
466 quelq’ familles francoises, et engageoit ces Sauvages ale faire&#13;
467 M Dela vente croit quecepays la peut devenir tres bon, et&#13;
468 que Si onpouvoit y envoier bien du monde et des ho’es Surtout&#13;
469 qui travaillassent ala terre, on en tiretoit duprofit. Jl&#13;
470 pretend queces basses terres qui Sont tous les ans inondéez&#13;
471 par les eaux Seroient excellentes a y cultiver des ris qui&#13;
472 y viendroient enabondance Jl Se loüe fort deMon/&#13;
473 huvé Son confrere, qui auroit accompagné M.r Davion&#13;
474 aux Tonica, Si Le P Donjé ne S’en fust pas allé. Jl&#13;
475 nous apprend quils Sont Sur chargez de travail, quoiq’&#13;
476 Jnfirmes, et Surtout par plus de 200. apalaches&#13;
477 chrestiens espagnols que les anglois avec 15 ou 1600.&#13;
&#13;
�16.&#13;
&#13;
autre lettrede&#13;
M deLa vente&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
478 Sauvages ont fait fuir de leurs pays. que ces pauvres&#13;
479 Sauvages leur demandent les sacremens, et leur&#13;
480 donnent tous les Signes de bons chrestiens, mais&#13;
481 quils Sont fort ambarassez nayans aucun Jnterprete,&#13;
482 et nepouvant les entendre&#13;
483 Comme Le vaisseau Le Pelican est parti a la fin de&#13;
484 Septembre, de cepays la, Jl est revenu a la havane,&#13;
485 ou Jl S’est fait carenner. Et ayant appris que deux&#13;
486 fregates angloises devoient aller attaquer lefort&#13;
487 Loüis ala mobile et Pansacola, M Du Coudray&#13;
488 envoia un brigantin a M.r de Brencalle lui en&#13;
489 donner avis cequi nous aprocuré encore une&#13;
490 lettre deM De la vente du 2. Jan.er 1705.&#13;
491 Jl mapprend quils ont presq’ toujours esté malades&#13;
492 de fievres et de flux de Sang et dautres maladies dont&#13;
493 Jl croit quil aura peine arevenir. Jl nous apprend&#13;
494 aussi la mort du P. Donje Jesuite arrivée a la&#13;
495 hanane ce qui est uneperte p.r ces missions. que&#13;
496 Mr Davion napas eu Ses coliques, mais quil a&#13;
497 eu dautres infirmitez qui l’ont retenu jusqu’à lors;&#13;
498 que charle Son domestique estoit venu Jl y avoit un&#13;
499 mois le chercher avec lesprincipaux des Tonicas.&#13;
500 et que tout ce monde consomme bien leurs vivres.&#13;
501 Quil avoit envoié leplus Jeune des deux petits&#13;
502 garçons que Je lui ay donné aMons.r S.t cosme&#13;
503 qui l’a renvoié dez le lendemain quil fut arrivé&#13;
504 disant quil estoit trop petit Sans escrire Seulemt&#13;
505 un mot anos Mess.rs Mr Davion les emmeine&#13;
506 tous les deux, et espere en garder un et envoier&#13;
507 l’autre a M.r Bergier. (M S.t cosme agit bienhaut,&#13;
508 et n’a nulle honnesteté.) JL me mande que les&#13;
509 Sauvages de M Davion doivent descendre le misissipi&#13;
510 a 80. lieües plus prez de la mer dans un lieu ouJl&#13;
511 y a de belles terres, et se rassembler tous ensemble&#13;
512 Jls promettent beaucoup aux officiers et aux&#13;
513 miss.res JL ajoute quil faudroit Scavoir Si les&#13;
514 Jesuites abandonnent les houmas, que cette mission&#13;
515 est belle, bien ramassée et quil faudroit nelapas&#13;
516 laisser Sans miss.res les Sauvages estant bien disposez&#13;
517 Jl me propose de demander le terrain ou Sont&#13;
518 Scituez les Natchez p.r enf.re une Seigneurie, ou&#13;
519 lelieu ou Seront les tonicas, attendu quil y a&#13;
520 deja des familles francoises qui S’y establissent.&#13;
&#13;
�18.&#13;
&#13;
521 mais cela meparoist bien vaste Et dailleurs cela&#13;
522 est bien esloigné de la mobile Jl Seplaint de nos&#13;
523 coureurs debois quil trouve fort debauchez, que&#13;
524 les filles quil a amené Sont aussi decheües deleur&#13;
525 pieté, et que p.r lui Jl continue a estre Si Jnfirme&#13;
526 quil craint que Sa machine naillepas loing. Jl&#13;
527 voudroit que Je lui envoiasse un bon enfantp.r&#13;
528 estre leur oeconome, et prendre Soin de tout leur&#13;
529 temporel Jl exhorte fort M Gervaise a le&#13;
530 venir joindre Jl menvoye le plan dela ville du&#13;
531 fort Louis p.r me representer que laplace que M.&#13;
532 Bouteville est propre p.r une comm.té excepté quil&#13;
533 n’y a pas debonne eau, mais nest pas proprep.r&#13;
534 uneparoisse qui Seroit deserte estant trop esloignée&#13;
535 ducommerce Jl dit quils ressentent lavigueur&#13;
536 de l’hyver co’e on le fait en france, etJl finit par&#13;
537 demander bien des provisions de vivres des toiles des&#13;
538 couvertures et des estofes. priant de tascher a&#13;
539 leur obtenir les apointemens de la cour. voila&#13;
540 cequil y a de principal dans toutes ces lettres.&#13;
541 Je vis hier dernier mars M Dhiber ville&#13;
542 qui est toujours maladeet napas encore receu&#13;
543 Ses lettres. Jl ne croit pas qu’on puisse envoier&#13;
544 de vaisseau la deplus de trois mois, parce que&#13;
545 Le Roi n’en a point. Nous devons le voir et ro&#13;
546 raisonner Sur tout cela avec lui. vous voiez&#13;
547 Monseigneur quil y a quelq’ esperance de faire&#13;
548 du bien ences pays, mais que les depenses y Seront&#13;
549 extresmes et nous accableront, car ne pouvant estre&#13;
550 paiez au tresor roial p.r ces missions et les depenses&#13;
551 estant mesmeplus fortes que ceq’ Le Roi donne, cela&#13;
552 achevera deruiner le Sem.re&#13;
553 J’ay apres midi 1.er avril rendu visite aM.rs&#13;
554 Riverin et macart anciens deputez de la colonie.&#13;
555 Jls m’ont appris des choses bien affligeantes, et qui&#13;
556 vont a laruine de la colonie entiere et de chaque&#13;
557 comm.té en particulier. Jls pretendent que le ministre&#13;
558 Souhaite qu’on trouve a lever dans lepays mesme&#13;
559 dequoy paier L’etat dupays, qui monte aprez de&#13;
560 quatre vingt mil livres, ou aretrancher ce qui y&#13;
561 est porté, et co’e ceSont les comm.tez qui y ont les&#13;
562 plus fortes parties, Je trouve quelles en touchent&#13;
563 plus de la moitié et mesme prez de 50000# vous&#13;
564 Jugez quel effet cela fera on parle de lever Sur&#13;
&#13;
�19.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
565 tout lepays une capitation J’ay fort rep’nté&#13;
566 les inconveniens et le faible secours qu’on enretirera,&#13;
567 car p.r lever quinze mil livres JL faudra escorcher&#13;
568 cinq mil familles bomes et mauvaises lune portant&#13;
569 lautre, et Jl n’y en a pas cinq mil dans tout lepays.&#13;
570 car Sil y en a qui paieront bien 50# Jly en encore&#13;
571 plus qui ne pouront rien paier. Je vois les choses&#13;
572 reduites a de facheuses extremitez, etJe prevois&#13;
573 qu’on poura bien en venir a un entier retranchemt&#13;
574 J’ay esté fort estonné Monseigneur, que connoissant&#13;
575 lextremité ou Je Suis reduit p.r le Sem.re vous Sembliez&#13;
576 me vouloir porter a vous envoier des estofes pour&#13;
577 les pauvres, car quoiq’ ceSoit un tres bon œuvre et&#13;
578 que Letat ou Sera trouver le canada ne manquera&#13;
579 pas d’y augmenter la misere, vous voiez bien cepend.’ que&#13;
580 Je neSuis pas en estat d’y Subvenir. car la 1.ere charité&#13;
581 cest de payer Ses dettes, Et J’en Suis accablé En&#13;
582 Second lieu, Je ne touche pas mesme votre pension&#13;
583 Surle tresor roial, et tres peu decelle Sur LEvesché&#13;
584 d’aire dont la Subvention etle don gratuit consomme&#13;
585 laplus grande partie. J’ay actuellemt 3. ord.ces p.r&#13;
586 votre pension, cellede 1703. celle de 1704. et celle de&#13;
587 1705. Et Je ne vois aucune apparence d’en estrepayé&#13;
588 qu’a la paix Ne laissez pas cepend.’ a tout hazard de&#13;
589 menvoier une nouvelle procuration cette année,&#13;
590 car celle que vous mavez envoyé la derniere&#13;
591 est trop Surannée.&#13;
592 Je vous envoye des Lunettes Sixpaires propres p.r&#13;
593 vous. Elle Sont dans le ballot N.o 5.o ou Jly a deux&#13;
594 paquets de corde Dhorloge p.r M Doric.&#13;
595 Toutes votre famille, Monseigneur Seporte assez&#13;
596 bien a la reserve de Mad.elle De Laval qui est&#13;
597 toujours languissante vous Scavez que Mad.elle&#13;
598 Sa Sœur est morte les anneez passéez. M de montigni&#13;
599 votre frere a pensé mourir et en est revenu ce qui&#13;
600 est deplus consolant, cest quil estoit fort bien&#13;
601 disposé et quil est actuellem.t dans detres bons&#13;
602 Sentimens. Jl pense Sinceremt a Son Salut. Mons.r&#13;
603 et Mad.’ De Laval Seplaignent toujours. Jls ont&#13;
604 beaucoup depeine anous paier ces delegations&#13;
605 qui doivent durer neuf ans p.r nous paier les&#13;
606 anviens arrerages.&#13;
607 Quant aM L. De laval Jl a resigné Son canonicat&#13;
&#13;
�608 de Tournay contre un de cambray, Et cet&#13;
609 archevesq’ qui co’e vous Scavez vous est allié&#13;
610 la appellé auprez de lui p.r en f.re Son Grand vicaire&#13;
611 Jl loge et est nourri a Larchevesché et est tout&#13;
612 plein de respect p.r ce Prelat qui lestime et le&#13;
613 cherit.&#13;
614 La Niece de M Lamy est en possession de Son bien et&#13;
615 cette aff.re est consommée.&#13;
616 Le s.r Soulard ne m’est pas venu voir. ainsy Je n’ay&#13;
617 pu lui rendre Service, ne Scachant Sil est venu a&#13;
618 Paris.&#13;
619 J’ay fait donner au s.r Gaillard par M Labbé&#13;
620 de Brisacier une lettre de recomnadation p.r&#13;
621 de M L. de Brisacier M dela Touche Mr DJber ville et les S.rs&#13;
622 de Repentigni et autres qui l’ont veüe en ont esté&#13;
623 fort choquez pretendant que le S.r Gaillard ne&#13;
624 meritepas une tellerecommandation, que ce n’est&#13;
625 qu’un maitre canonnier quon a eslevé a quelq’&#13;
626 chose en canada, et qui ne merite pas davoir&#13;
627 une compagnie auprejudice deplus.rs familles&#13;
628 anciennes de canada qui En demandent.&#13;
629 Nous recommandons Les S.rs de la Bouteillerie, Je&#13;
630 ne Scay Sils obtiendront quelq’ chose mais&#13;
631 co’e nous avons obtenus l’an passé un Enseigne&#13;
632 p.r M.r Jonquaire, nous faisons defortes Jnstances&#13;
633 p.r lui obtenir une lieutenance&#13;
634 voila Monseigneur tout ceq’ Je vous escriray par&#13;
635 cette voye. Je me recommande tres particulieremt&#13;
636 a vos SS. Sacrifices et prieres et Suis tres parfaitemt&#13;
637 Monseigneur.&#13;
votre tres humble et tres&#13;
638 ce 4.e avril 1705.&#13;
obeiss.’ Serviteur&#13;
639&#13;
Tremblay.&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 4 avril 1705)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe l’ancien évêque de Québec de la situation militaire difficile de la France et qui impacte les coûts des marchandises. Il se désole de la capture de plusieurs vaisseaux par les Anglais, dont la Seine, remplie de matériel pour eux. Le ministre a nommé Raudot comme intendant du Canada, en remplacement de Beauharnois, qui a reçu l’intendance générale de la Marine. Il lui donne des nouvelles de la famille des Laval. Il expose les inconvénients d’envoyer de nouveaux prêtres dans la Louisiane, où l’on a peu de résultats et les dépenses sont grandes. </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11950" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 122&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11948" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11949" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Britanniques</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Famille de Laval</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 18 mars 1707)&#13;
&#13;
Paris, 18 mars 1707&#13;
Messieurs,&#13;
Je vous écris cette lettre par M. Fleury, à qui j’en donne deux copies, dont il me&#13;
promet d’en envoyer une à Nantes et l’autre à Bayonne pour les faire passer par&#13;
Plaisance. Il espère qu’une barque qui est à Québec vous emportera quelqu’une&#13;
des deux lettres. Vous ferez part de ces lettres à Mgr l’Ancien, à qui je crois écrire&#13;
en vous écrivant. Nous avons tous été bien réjouis de sa bonne santé. Dieu nous le&#13;
veuille conserver pour votre consolation et la nôtre.&#13;
Je me suis trouvé, Dieu merci, en état d’agir toute l’année en prenant la précaution,&#13;
tous les mois ou six semaines, de me purger. Ainsi, je ne crois pas que tant que je&#13;
pourrai agir vous devez penser à envoyer ici M. Boucher. Le choix que vous avez&#13;
fait est bon, mais outre les grands risques qu’il y aurait à courir pour lui en ce&#13;
temps-ci, le pauvre Canada est trop dénué de prêtres, et surtout de bons, pour en&#13;
retirer un sans [avoir] de grands besoins. D’ailleurs, nous ne sommes pas en état&#13;
de faire de dépenses, car nous sommes encore cette année plus mal que les&#13;
précédentes. Les ennemis1 sont devenus si puissants qu’ils ne menacent de rien&#13;
moins que de mettre Versailles à contribution cette année et s’il nous arrivait un&#13;
malheur semblable à ceux de l’an passé, tout serait à craindre.&#13;
Nous sommes encore plus mal pour l’argent : on n’en voit plus dans Paris. Tout&#13;
est changé en billets de monnaie, sur lesquels il y a moitié et plus à prendre, en&#13;
sorte que si d’un billet de 1 000 vous voulez de l’argent, vous n’en sauriez trouver&#13;
500 livres. Tous les revenus des campagnes sont devenus à rien. On ne saurait en&#13;
rien toucher. Les denrées sont à un si vil prix et les tailles et aux impôts si hauts&#13;
que les fermiers ne sauraient subvenir à ces taxes et il y a deux ans que par toute&#13;
la France, ils ne paient rien à leurs maîtres. On ne saurait trouver des fermiers&#13;
qu’en diminuant moitié.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), dernière des grandes guerres lancées par Louis XIV.&#13;
&#13;
�Je suis fort embarrassé à présent pour l’abbaye de l’Estrée. M. Rotrou est à bout de&#13;
bail et il est hors d’état de plus tenir cette ferme. Il me faudra la faire régir à grands&#13;
frais. Nous ne saurions rien toucher pour vos charges indispensables. On croit&#13;
l’année 1705 absolument perdue. On espère ne faire perdre qu’un cinquième pour&#13;
l’année 1706 et autant pour 1707, mais quand touchera-t-on cela, on n’en sait rien&#13;
et ce ne sera de plus que de purs billets de monnaie. Nous autres ne saurions rien&#13;
toucher au trésor royal. J’ai toutes les ordonnances de 1706 et je crois que je les&#13;
aurai encore plus d’un an. Je vous prie de dire à M. Charron que j’ai laissé protester&#13;
ses deux lettres de change qu’il a tirées sur moi, chacune de 750 livres, n’ayant nul&#13;
fonds à lui, car je n’ai pu encore rien tirer pour lui de M. de Turmenies, quoique&#13;
j’y aie fait cent voyages, ni son ordonnance de 1706, quoique j’aie plusieurs fois&#13;
pressé de me la payer préférablement à un autre. Et je ne puis savoir si je ne&#13;
toucherai rien pour lui.&#13;
Je prie aussi M. des Maizerets de dire à la mère Saint-Ignace que j’ai reçu ses lettres,&#13;
que j’ai déjà payé pour elles 1 000 livres à M. Aubert et accepté 2 000 livres, dont&#13;
1 000 livres sont prêtes à payer et qu’elle peut compter que je satisferai à ses 3 000&#13;
livres. J’ai laissé protester exprès une des deux lettres de change qu’elle a livrées&#13;
sur moi de 1 000 livres, chacune pour être payée de l’argent de M. Caumartin et&#13;
j’ai envoyé ce porter à M. Duchesne, intendant de M. de Caumartin, pour le&#13;
presser de nous payer ces 2 000 livres. J’espère qu’il les paiera, mais ce sera que les&#13;
trois quarts en billets de monnaie et le quart en argent. Dites aussi à la mère SaintIgnace que je ne vois encore nul jour de toucher rien pour elles [les Hospitalières]&#13;
pour les charges indispensables. Je ne leur enverrai cette année autre chose&#13;
qu’environ autant d’étoffes qu’elles en ont reçues l’an passé de Bayeux. Elles ne&#13;
doivent pas s’attendre à rien davantage.&#13;
Quant à nous, vous jugez bien que nous devons être encore bien plus mal. Je&#13;
croyais qu’ayant reçu autant je vous ai envoyé l’an passé, vous ne me demanderiez&#13;
rien cette année, ayant à payer les deux grosses lettres de change de M. Jolliet.&#13;
Cependant, j’ai été bien surpris que vous ayez tiré sur moi plus de 4 500 livres et&#13;
que vous m’adressiez des factures encore plus fortes pour Paris et pour&#13;
La Rochelle que celles de l’an passé. Je ne puis y satisfaire, quelque effort que j’aie&#13;
fait. Je n’ai pas accepté la lettre de 1 083 livres au profit de M. Jolliet, parce que&#13;
&#13;
�vous dites que vous vous êtes engagés envers lui, que je le pouvais en argent&#13;
comptant ; c’est ce que je ne puis faire. Ainsi, on l’a protestée et je ne la paierai que&#13;
quand la paix aura ramené l’argent comptant. J’ai accepté les trois autres lettres de&#13;
change de 3 000 livres à l’ordre de M. Fornel, parce que je les paierai trois quarts&#13;
en billets de monnaie et un quart en argent. Si l’on vous demandait des&#13;
dédommagements pour cela, vous n’en devez accorder aucun, car cela est ainsi&#13;
jugé ici tous les jours, parce que c’est un fait du prince dont personne n’est garant.&#13;
Outre ces lettres de change, je fais un très grand effort pour vous envoyer cent ou&#13;
cent vingt autre étoffes à soutane, une pièce de Saint-Lô noire, une autre de Salavre&#13;
noire, quatre-vingt autres molletons ou revêches et la petite mercerie de la facture&#13;
de Paris, une partie des bas, chapeaux et souliers, quelques toiles pour collets, deux&#13;
pièces d’étoffe bleue pour enfant et un peu de souliers et de bas et de toile pour&#13;
eux, de la cire blanche, du vin blanc pour les messes, du papier, girofle, muscade,&#13;
poivre, cassonade, raisins, riz, amandes, huile d’olive, deux ou trois tonneaux de&#13;
vin rouge, deux barriques d’eau-de-vie, autant de vinaigre, alun, savon et prunes,&#13;
le tout en moindre quantité que ne demande M. Buisson, une partie de l’étamine&#13;
du Mans et de l’Aumale qu’il demande. Tout le surplus de sa facture et des autres,&#13;
je n’envoie rien et encore ne sais-je comment je me tirerai de dépenses qu’il faut&#13;
payer argent comptant et que je ne vois plus à présent.&#13;
M. Dupré ne sera pas surpris que je n’aie rien payé à Dubreuil. Je n’ai rien touché&#13;
pour lui de sa chapelle. Il est en est dû deux ans. Le fermier refuse de payer. Je le&#13;
prie de m’envoyer une procuration pour le contraindre.&#13;
M. de La Colombière est dans sa famille en Dauphiné depuis le mois d’août&#13;
dernier. On fait l’impossible pour l’empêcher de revenir, retourner au Canada. Sa&#13;
famille s’y oppose fortement. J’espère cependant qu’il y retournera, mais je ne crois&#13;
pas que ce soit pour cette année. Il y a trop de dangers à courir.&#13;
On n’a encore rien réglé sur l’affaire des curés pour les dîmes. Elle ne pouvait venir&#13;
plus mal à propos et M. Dufournel a bien mal fait de remuer cette corde en ce&#13;
temps-ci. Je crains bien qu’on ne fasse pas justice à l’Église, qu’on opprime assez&#13;
partout.&#13;
&#13;
�On n’a pas bien reçu M. d’Auteuil. La mort de M. d’Iberville a bien dérangé ses&#13;
affaires.&#13;
M. l’évêque de Québec est toujours prisonnier en Angleterre. Il n’y est occupé qu’à&#13;
nous faire de la peine. Nous avons essuyé les plus fâcheux coups qu’il pouvait&#13;
nous porter. Après nous avoir obligés l’an passé, contre toutes les paroles&#13;
d’honneur qu’il m’avait données du contraire, de payer deux cinquièmes pour&#13;
notre part des 3 000 qu’il dit avoir dépensées en son voyage de Rome. Il a voulu&#13;
depuis un an ôter au Séminaire de Québec les menses monacales de Bénévent et&#13;
de Méobecq, qui lui sont données par la bulle d’union pour les missions.&#13;
M. l’évêque de Québec a voulu et veut toujours que cela soit appliqué aux curés et&#13;
missions françaises, comme il le jugera à propos. Il a écrit des lettres les plus&#13;
violentes contre moi à M. le cardinal de Noailles, où il dit que je le persécute depuis&#13;
vingt ans, et à M. le comte de Pontchartrain, à qui il demande que le roi nomme&#13;
des commissaires pour régler cette affaire. Il lui envoie un mémoire, par lequel il&#13;
prétend que nous sommes à Québec riches de plus de 36 000 livres de rente et nous&#13;
fait passer pour des ravisseurs du bien d’autrui, des personnes insatiables, etc.&#13;
Tous les termes y sont de la dernière force. M. l’abbé de Brisacier y est traité de la&#13;
manière la plus indigne. Tout cela par les belles manières de M. de la Pallière, son&#13;
grand-vicaire, qui lui a mis dans l’esprit des choses très opposées à la vérité.&#13;
Ce prélat a écrit les mêmes choses à Rome au pape et aux cardinaux, mais le bon&#13;
Dieu a permis que jusqu’à présent, on a reconnu en l’une et l’autre cour que les&#13;
écritures du prélat, soit dans les lettres qu’il m’a écrites et à M. Charmot à Rome,&#13;
soit dans les actes qu’il a signés, sont tout à fait contraires à ses prétentions. Il ne&#13;
revient pas pour cela. Dieu veuille bien lui pardonner tout le mal qu’il nous a fait&#13;
et nous fait encore. Je suis touché de le voir si mal user de la croix de sa prison. On&#13;
ne voit nulle apparence qu’il en sorte avant la paix, non plus que ses&#13;
ecclésiastiques ; ce qui est très fâcheux, car nous croyons que s’il était ici, il ne&#13;
s’occuperait pas à nous tourmenter.&#13;
Vous aurez la bondé de dire à M. de Varennes qu’il ne m’a pas envoyé une&#13;
procuration telle qu’il fallait pour faire payer à Mme sa mère la vente qui lui est&#13;
&#13;
�due par Mme Ango de La Mothe et que je n’ai pu trouver dans les bureaux qu’il&#13;
ait été expédié un brevet de pension pour Mme sa mère.&#13;
J’ai reçu des lettres hier de M. Gaulin. Ce bon missionnaire a bien couru toute&#13;
l’Acadie cet été, mais il me demande bien des choses que je ne pourrai lui envoyer,&#13;
n’ayant reçu pour lui que des billets de monnaie. Il s’est engagé dans un commerce&#13;
pour faire bâtir une église pour sa mission, dont vous le devez détourner. Il&#13;
commence par où il faudrait finir, car il faudrait commencer à édifier une église&#13;
spirituelle parmi ces Sauvages et en bâtir ensuite une matérielle et il ne pense qu’à&#13;
édifier une église, qui sera peut-être fort inutile s’il ne réussit pas à rassembler les&#13;
Sauvages. Il me mande avoir pris d’un habitant 618 martes et a chargé le secrétaire&#13;
de M. Subercat de les vendre et d’employer cet argent en marchandises pour son&#13;
compte, afin sans doute de les revendre et de trouver dans le profit de quoi bâtir&#13;
son église. Cela ne vaut rien.&#13;
Nos missionnaires de la Louisiane sont fort persécutés par les deux frères de&#13;
M. d’Iberville, Bienville et Châteauguay, deux libertins et débauchés qui ont tâché&#13;
à corrompre ce qu’on a envoyé de filles en ces quartiers-là et sont venus à bout de&#13;
plusieurs. À la fin, M. de La Vente a été obligé d’en avertir. M. de Bienville a&#13;
appelé les jésuites des Illinois pour être aumôniers du fort, qui l’ont absous. Il leur&#13;
a fait donner les appointements et a été fort surpris que la cour ordonne que ce soit&#13;
nos missionnaires qui le seraient. Les Jésuites ont appuyé M. de Bienville en tout.&#13;
Ils ont ensemble barré M. de La Vente en toutes ses fonctions. On ne leur a pas&#13;
rendu la moitié des effets que je leur envoyais. Ils sont assurément bien maltraités&#13;
et par-dessus tout cela, on fait d’eux des plaintes à la cour comme si c’étaient des&#13;
criminels et la famille de M. d’Iberville dit partout qu’il faut que M. de La Vente&#13;
en soit chassé ou qu’ils en sortiront. Ils ont fait faire des assemblées et signés des&#13;
requêtes contre ces pauvres missionnaires, de qui, pour achever de les peindre, on&#13;
a surpris les lettres, au moins celles de M. de La Vente, ayant menacé dans le&#13;
vaisseau celui qui en était porteur de lui donner cent coups de corde sur l’affût&#13;
d’un canon s’il ne les donnait [pas] et en effet, je ne les ai pas reçues.&#13;
&#13;
�En voilà bien assez pour ma première lettre. Dieu veuille vous soutenir et nous&#13;
aussi, car nous en avons assez à porter. Nos missionnaires se portent tous assez&#13;
bien. Il n’y a pas encore de nouvelle que le patriarche ait publié la décision à la&#13;
Chine ; il y est arrivé en juillet 1705. Il était parti en décembre 1705 pour aller à&#13;
Pékin. Le P. Visdelou, jésuite, avait soutenu contre le P. Benavente, augustin, en sa&#13;
présence, le mandement de M. Maigrot sur les cultes chinois2. Ce père, qui est le&#13;
plus habile des Jésuites en la langue chinoise, s’est déclaré contre ces pères. Je suis&#13;
avec un profond respect,&#13;
Votre humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2020&#13;
&#13;
Dans son Mandat du 26 mars 1693, Mgr Charles Maigrot, appuyé par d’autres du Séminaire des Missions&#13;
étrangères de Paris, dont Tiberge et Brisacier, s’oppose à la méthode d’évangélisation des Jésuites en Chine,&#13;
attaquant leur pratique de syncrétisme de termes chrétiens et confucéens, ainsi que la pratique de rites&#13;
traditionnels chinois, tels les cultes des ancêtres et de Confucius. Il affirmait que de les préserver entraînerait&#13;
une confusion syncrétique dommageable à l’évangélisation. Ce Mandat sera défendu avec acharnement par&#13;
le Séminaire de Paris pendant cinquante ans.&#13;
3&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1707, 18 mars – Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 36)&#13;
1&#13;
Paris 18. mars 1707.&#13;
o&#13;
2 Messieurs&#13;
N 36, carte M.&#13;
3 Je vous escris cette lettre par Mfleury aqui Jendonne&#13;
4 deuxcopies dont Jl me promet den envoier unea Nantes&#13;
5 et lautre a Bayonne p.r les f.re passer par Plaisance Jl&#13;
6 espere quune barque qui y est de Quebec vous enportera&#13;
7 quelquune des deux lettres. vous ferez part deces lettres aMgr&#13;
8 Lancien aqui Jecrois escrireenvous escrivant. Nous&#13;
9 avons tous esté bienrejouis de Sabonne Santé. Dieunous le&#13;
10 veuille conserver p.r v’re consolationetla Notre Jeme Suis trouvé&#13;
11 Dieumercy en estat assez dagir toute lannée enprenant la&#13;
12 precaution tous les mois ouSix Semaines demepurger. ainsy&#13;
13 Jenecrois pas que tant que Jepouray agir vous devez penser a&#13;
14 envoier icy M Boucher. Lechoix quevous enavezfait estbon&#13;
15 mais outre lesgrands risques quil y auroit a courir pour&#13;
16 lui encetemps cy le pauvre canada esttrop denué de prestres etSur&#13;
17 tout debons p.r enretirer unSans degrands besoins. Dailleurs nous ne&#13;
18 Sommes pas enestat de f.re dedepenses. car nous so’es encore cette&#13;
19 année plus malqueles precedentes. Les ennemis Sont devenus Si puissans&#13;
20 quils ne menacent de rien moins quede mettre versailles a&#13;
21 contributioncette année etSilnous arrivoit unmalheur Semblable&#13;
22 a ceux de lan passé Tout Seroit acraindre Nous So’es encoreplus&#13;
23 malp.r largent. on n’en voit plus dans Paris. Tout est changé en&#13;
24 billets demonnoye Surles quels Jly a moitié et plus aprendre&#13;
25 enSorteque Si d’un billet de 1000. vous voulez delargent, vous&#13;
26 nen Scauriez trouver 500.# Tout les revenus des campagnes&#13;
27 Sont devenus arien. on ne Scauroit enrien toucher. Les danrées&#13;
28 Sont aunSi vilprix, et les tailles et au’ Jmposts Si hault queles&#13;
29 fermiers ne Scauroient Subvenir a ces taxes et Jly a deux ans&#13;
30 quepartoute la france Jls nepaient rienaleurs maitres&#13;
31 on ne Scauroit trouver defermiers qu’en diminuant moitié Je&#13;
32 Suis fort ambarassé apresent p.r Labbaie de Lestrée. MRotrouest&#13;
33 about debail, et Jlest hors destat de plus tenir cette ferme&#13;
34 Jl mefaudra la faire regir a grands frais. Nous ne Scaurions&#13;
35 rien toucher p.r vos charges Jndispensables. oncroit lannée 1705&#13;
36 absolument perdüe. on espere nefaireperdre qu’un cinqieme p.r&#13;
37 lannée 1706. et autant p.r 1707. mais quand touchera ton cela&#13;
38 on n’en Scait rien, et ce neSera deplus quedepure billetsdemonnoye&#13;
39 Nous autres ne Scaurions rien toucher au tresor roial. Jay toutes&#13;
40 les ord.ces de 1706. et Jecrois queJeles auray encoreplus d’unan&#13;
&#13;
�41 Jevous priededire aM. charon que J’ay laissé protester Ses deux lettres&#13;
42 dechangequil atiré Sur moy chacunede 750.# n’ayant nulfonds alui, car&#13;
43 Je n’ay puencorerien tirer p.r lui deM de Turmenies quoique J’y ayefait&#13;
44 cent voiages, ni deSonord.ce de 1706. quoi queJ’aye plus.rs fois pressé deme&#13;
45 lapaier preferablemt a un notres. Et Je ne puis Scavoir Si Jetoucheray&#13;
46 rienp.r lui. Je prie aussi M Des maizerets de dire alamere S.t Jgnace&#13;
47 que J’ay receu Ses lettres queJ’ay déjà paié p.r elle 1000.# aM Aubert.&#13;
48 et accepté 2000.# dont 1000.# Sont preste apaier, et quellepeut&#13;
49 compter que JeSatisferay a ces 3000.# J’ay laissé protester expres&#13;
50 une des 2. lettres de changequellealivrée Sur moy de 1000.# chacune&#13;
51 p.r estre paiée delargent deM deCaumartin, et J’ay envoié ce&#13;
52 protez aM Duchesne Jntend.’ deM de Caumartin p.r lepresser de&#13;
53 nous paier ces 2000.# Jesperequil les paiera mais ce neSera&#13;
54 queles trois quarts enbillets demonnoyeet lequart enargent.&#13;
55 Dites aussy a la Mere S.t Jgnace que Jene vois encore nuljour de toucher&#13;
56 rien p.r elles, p.r les charges Jndispensables. Je ne leur envoieray&#13;
57 cette année autre chose que environ autant destofes quelles en&#13;
58 ont touchées Receues l’an passé de Bayeux. Elles ne doivent pas Sattendre&#13;
59 arien davantage&#13;
60 Quant anous vous Juger bien que nous devons estre encorebien&#13;
61 plus mal Je croiois quaiant recus autant queJevous ay envoié lan&#13;
62 passé vous ne me demanderiez rien cette année, ayant apaier&#13;
63 les deuxgrosses lettres de Change deM Joliet. cepend.t Jay esté&#13;
64 bien Surpris quevous aiez tiré Sur moy plus de 4500.# et que&#13;
65 vous maddressiez des factures encoreplus fortes p.r Paris et&#13;
66 p.r laRochelleque celles delanpassé. Je nepuis y Satisf.re Quelque&#13;
67 effort que Jaye fait Je n’ay pa accepter la lettre de 1083.# au&#13;
68 profit de M Joliet par ceque vous dites quevous vous&#13;
69 estes engagez envers lui que Jelepouvois en argent comptant.&#13;
70 c’est ce que Jenepuis faire ainsy onlaprotestée, et Jene&#13;
71 lapaieray que quand lapaix aura ramené largent contant.&#13;
72 J’ay accepté les trois. au’ lettres de change de 3000.# alordre&#13;
73 de M fornel par cequeJeles paieray trois quarts enbillets&#13;
74 demonnoye et un quart en argent. Si l’on vous demandoit&#13;
75 des dédommagement p.r cela, vous n’en devez accorder&#13;
76 aucun, car celaest ainsy jugé icy tous les jours, parceq’&#13;
77 c’est un fait duPrince dont personne nest garant. outre&#13;
78 ces lettres dechange Je fais untres grand effort p.r vous&#13;
79 envoier 100. ou 120 au’ Etofes a Soutanne , unepce dest Lo&#13;
80 noire une au’ defalavre Noire. 80. au’ molton ou revesche&#13;
81 et lapetite mercerie delafacture deParis, unepartie des bas,&#13;
82 chapeaux et Souliers quelq’ toile p.r collets Deux pieces&#13;
83 dEtofebleüe pr enfans et un peu de Souliers et de bas et de&#13;
&#13;
�84 toile pr eux Dela cireblanche Du vin blanc p.r les messes&#13;
85 du papier Gerofle muscade poivre castonade raisins&#13;
86 ris amandes huile dolive 2. ou 3. tonn.x vin rouge&#13;
87 2. bariq’ eaude vie autant de vinaigre alun Savonet&#13;
88 prune Le tout en moindre quantité que ne demandeM&#13;
89 Buisson une partie de lestamine du mans et de laumale&#13;
90 quil demande. ToutLe Surplus de Safacture et des autres&#13;
91 Jen’envoie rien, et encore ne Scaije comment Je me tireray&#13;
92 de ces depenses quil faut paier argent comptant et que Je&#13;
93 ne vois plus apresent. Mons.r Dupré ne Sera pas Surpris que&#13;
94 Jen’aye rien paié aDuBreüil. Jen’ay rien touché p.r lui de&#13;
95 Sachapelle Jlen est deû deux ans. Le fermier refusedepaier.&#13;
96 Jelepriede menvoier uneprocuration p.r le contraindre M de&#13;
97 la colombiere est dans Safamille enDauphiné depuis lemois d’aoustdernier&#13;
98 on fait limpossible p.r lempescher de revenir tourner en canada. Safamille&#13;
99 S’y oppoSe fortemt Jesperecepend.’ quil y retournera, mais Je necrois&#13;
100 pas que ce Soit p.r cette année. Jly atrop dedangers a courir.&#13;
101 on n’a encore rien reglé Sur laff.re des Curez p.r les dixmes. Ellene&#13;
102 pouvoit venir plus malapropos, et M dufournel a bien mal fait&#13;
103 de remuer cette corde en cetemps cy. Jecrains bien qu’on ne fasse&#13;
104 pas justice a LEglise qu’on opprime aSSez partout on na pas bien&#13;
105 receu M Dauteuil. Lamort de M DJberville a bien derangée Ses&#13;
106 aff.re M. LEveq’ de Quebec est toujours prisonnier en angleterre&#13;
107 Jl n’y est occupé qua nous faire delapeine Nous avons essuyé lesplus&#13;
108 fascheux coups quil pouvoit nous porter. apres nous avoir obligé l’an&#13;
109 passé contretoutes lesparoles dhonneur quil mavoit donné du contraire&#13;
110 de paier deux cinquiemes p.r n’re part de 3000. quil dit avoir depense&#13;
111 en Son voiage de Rome Jlavoulu depuis unan oster au Semin.re&#13;
112 de Quebec les manses monacales de Bennevent et de Meobec qui lui&#13;
113 Sont donnez par la bulle dunion p.r les missions. M LEveque&#13;
114 de Quebec a voulu et veut toujours que cela Soit appliqué aux&#13;
115 Curez et missions francoisesco’e Jl lejugera a propos, Jla&#13;
116 escrit des lettres les plus violentes contre moy aM LeCardinalde&#13;
117 Noailles ou Jl dit que Je le persecute depuis 20. ans, et a M Le&#13;
118 comte de Pontchartrain aqui Jl demande que Le Roi nomme des&#13;
119 commissaires p.r regler cette aff.re Jl lui envoye un memoire&#13;
120 parlequel Jlpretend que nous So’es a Quebec riches de plus de&#13;
121 36000.# de rente, et nous fait passer p.r des ravisseurs du bien&#13;
122 dautruy, des personnes Jnsasiables &amp;c. Tous les termes y Sont&#13;
123 de la derniere force M L. de BriSacier y est traité de la maniere&#13;
124 laplus Jndigne. Tout cela par les belles manieres deM. se&#13;
125 la Palliere songrand vicaire qui lui amis dans lesprit&#13;
&#13;
�126&#13;
Lettres M. no 36&#13;
127 des choses tres apposées alaverité. ce Prelat aescrit les mesmes&#13;
128 choses aRome auPapeet aux Card.x mais lebondieu apermis&#13;
129 quejusqu’apresent on a reconnuen luneet lautre cour que&#13;
130 Les escritures duPrelat Soit dans les lettres quil m’a escrites et&#13;
131 aM charmot a Rome, Soit dans les actes quil aSigné Sont&#13;
132 tout a fait contraires aSes pretentions, Jl nerevientpas&#13;
133 p.r cela. Dieu veuillebienlui pardonner tout lemalquil&#13;
134 nous afait et nous fait encore. Je Suis touché delevoir&#13;
135 Si maluser delacroix de Saprison on nevoit nulle&#13;
136 aparence quil enSorte avant lapaix nonplus que Ses&#13;
137 Ecclesiastiques, cequi est tres facheux, car nous croions que&#13;
138 Silestoit icy, Jl ne Soccuperoit pas anous tourmenter.&#13;
139 vous aurez labonté dedireaM de varenne quil nem’apas&#13;
140 envoié uneprocuration tellequil falloit p.r f.re paier aMad.’&#13;
141 Sa merelaventequi lui est deuepar Mad.’ delamotte ango et&#13;
142 que Je n’ay pu trouver dans les bureaux quil ait esté&#13;
143 expedié unbrevet depensionp.r Mad.’ Samere Jay receu&#13;
144 des lettres hier deM Gaulin. cebon miss.re abiencouru&#13;
145 toute Laccadie cet esté. mais Jl medemande biendeschoses&#13;
146 queJenepouray lui envoier, nayant receu p.r lui quedes&#13;
147 billets demonnoye Jl S’est engagé dans un commerce p.r f.re&#13;
148 bastir une Eglisep.r Sa mission dont vous ledevez detourner&#13;
149 Jl commenceparouJlfaudroit finir car Jl faudroit com=&#13;
150 =mencer a edifier une Eglise Spirituelle parmi ces Sauvages&#13;
151 et enbastir ensuite une materielle, et Jlne pense qu’a LEdificé&#13;
152 dune EgliSe qui Sera peutestre fort nubile Silnereussitpas&#13;
153 a rassemblerles Sauvages. Jl me mande avoir pris d’un habitant&#13;
154 618 martes, et achargé le Secret.re deM de Subercat deles&#13;
155 vendreet demploier cet argent enmarchandises p.r Son&#13;
156 compte, afinSans doutedeles revendreetdetrouver dans&#13;
157 le profit de quoy bastir Son Eglise. Cela nevaut rien&#13;
158 Nos Miss.rs dela Louisiane Sont fortpersecutez parles&#13;
159 deux freres deMdJberville Bienville et chateaugay&#13;
160 deux libertins et debauchez qui ont tasché acorrompre&#13;
161 ce qu’on a envoié de filles ences quartiers la etSont venus&#13;
162 about deplus.rs alafin M delavente aesté obligé d’en&#13;
163 avertir M de Bienville a appellé les Jesuites des Jlinois&#13;
164 p.r estre aumoniers dufort qui lont absous. Jl leura fait&#13;
165 donnerles apointement et aeté fortSurpris quelacour&#13;
166 ordonnoit que ceSeroit nos Miss.rs que le Seroient Les&#13;
167 Jesuites ont appuyé M de Bienville entout. Jls ont enSemb[le]&#13;
168 barré M delavente entoutes Ses fonctions. Onneleura&#13;
&#13;
�169 pas rendu la moitié des effets queJeleur envoioit Jls&#13;
170 Sont assuremt bien maltraitez etpardessus tout cela&#13;
171 onfait d’eux desplaintes ala cour co’e Si cestoient des&#13;
172 criminels et la famillede M dJberville dit partout quil&#13;
173 faut queM dela vente en Soit chassé ou quils en&#13;
174 Sortiront. Jls ont fait faire des aSSembléez et Signer&#13;
175 des requestes contre ces pauvres miss.res dequi pour&#13;
176 acheverdeles peindre on a Surpris les lettres au moins&#13;
177 celles deM delavente ayant menacé dans levaisseau&#13;
178 celui qui en estoit porteur de lui donner cent coups de&#13;
179 corde Sur laffust dun canon Silneles donnoit, Et&#13;
180 en effet Jeneles ay pas receües. Envoila bienassez&#13;
181 p.r ma 1.ere lettre. Dieu veuille vous Soutenir et nous&#13;
182 aussi car nous enavons assez aporter. Nos MiSs.rs Se&#13;
183 portent tous assez bien Jl n’y apas encorede Nouvellequele&#13;
184 Patriarche ait publié ladecision ala Chine Jly est arrivé en&#13;
185 Juillet 1705. Jl estoit parti enX.bre 1705. p.r aller a Pequin Le Pere&#13;
186 vis delou Jesuite avoit Soutenu contre leP. Benavente augustin&#13;
187 en Sa presence le mandemt de M maigrot Sur les cultes chinois.&#13;
188 ce Pere qui est leplus habile des Jesuites enlalangue chinoise Sest&#13;
189 declaré contre Ses Peres. JeSuis avec unprofond respect votre&#13;
190 tres humbleet tres obeiss.’ Serviteur.&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 18 mars 1707)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris mentionne aux directeurs du Séminaire de Québec que lui et le Séminaire de Paris se réjouissent d’apprendre que Laval, ancien évêque de Québec, soit en santé. Il leur décrit la crise économique et militaire que traverse la France. Il mentionne la pénurie d’argent, la baisse des revenus des campagnes, la menace des ennemis et les difficultés à payer les charges du Canada. Il évoque les problèmes de gestion de l’abbaye de l’Estrée, les lettres de change impayées, les marchandises envoyées, les pensions et les ventes dues. Il parle également des difficultés des missionnaires à l’Acadie et en Louisiane, persécutés par les autorités civiles ou les Jésuites. Au sujet des menses monacales de Bénévent et de Méobecq, Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, et prisonnier en Angleterre, veut les appliquer aux curés et aux missions françaises, tandis que le Séminaire de Québec veut les conserver pour les missions étrangères. Tremblay dénonce les lettres violentes et les mémoires mensongers de l’évêque, qui l’accuse de le persécuter depuis 20 ans.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268000"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 36&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11937" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11938" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>Guerres</name>
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        <name>Jésuites</name>
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        <name>Missions d'Acadie</name>
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        <name>Santé de Laval</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 27 avril 1700)&#13;
&#13;
27 avril 1700&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous avoue ingénument que j’ai toutes les peines du monde à me résoudre à&#13;
vous écrire et à tous nos Messieurs cette année, parce qu’il me semble que je n’aie&#13;
que des choses désagréables à vous mander, dès que je n’ai pu satisfaire à toutes&#13;
vos demandes et vous envoyer tout ce que vous avez marqué par vos factures.&#13;
J’espère cependant que vous me ferez assez la justice de croire que la chose n’a pas&#13;
été en mon pouvoir, comme je suis assez porté à croire que s’il ne dépendait que&#13;
de vous, vos affaires temporelles ne seraient pas si délabrées et dans un si mauvais&#13;
ordre ; mais j’en connais assez la source et je n’y vois point d’autre remède que la&#13;
patience. Je ne suis pas même dans le dessein de vous écrire davantage d’épargner,&#13;
de prendre moins d’enfants, de ne point faire de bâtiments. Tous ces avis sont&#13;
inutiles. Il vaut mieux me taire et me contenter de vous dire de quoi il m’a été&#13;
impossible d’accomplir tous vos mémoires.&#13;
J’ai reçu, Monsieur, toutes vos lettres et ai fait tenir celles qui étaient pour d’autres&#13;
et en particulier pour votre famille. J’ai eu l’honneur de les saluer cet été dans deux&#13;
voyages que j’ai faits à Rouen pour les affaires du chapitre et où M. et Mme Ango&#13;
de La Mothe1 ont tâché de me faire tous les plaisirs qu’ils ont pu. J’ai eu l’honneur&#13;
d’aller aussi saluer de votre part dom Ango2 à la chartreuse de Gaillon. Je revins&#13;
de Rouen deux fois par-là, mais j’eus le malheur de ne le pas trouver la première&#13;
et la seconde, qui était la veille de l’Assomption. Je restai avec lui le jour de la fête&#13;
et tâchai dans la solitude à me consoler de la perte que j’avais faite la veille d’un&#13;
procès, qui m’a bien causé du chagrin et de l’affliction. Ce fut pour moi une grande&#13;
consolation d’avoir son entretien presque pendant tout ce jour et je trouvai en lui&#13;
tant d’onction que j’aurais dit volontiers : « Bonum est nos hic esse !3 ». Je lui trouvai,&#13;
dans un âge aussi avancé, la présence d’esprit d’une personne en la force de son&#13;
Sœur de Maizerets&#13;
Frère de Maizerets&#13;
3&#13;
« Il est bon que nous soyons ici ! » (Matthieu 17:4)&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�âge et des forces de corps, qui devraient n’être pas dans une personne qui a mené&#13;
une vie si mortifiée. Vous jugez bien que nous y parlâmes beaucoup de vous et&#13;
dom Ango voulut s’instruire de tout le bien que notre Séminaire produit dans&#13;
notre Canada.&#13;
Je vous dirai, pour votre consolation, que je trouvai aussi M. votre frère4 le&#13;
conseiller dans des dispositions tout-à-fait chrétiennes, aussi bien que Mme et&#13;
Mlle sa fille, qui sont l’exemple de Rouen. Cette maison est d’une bonne odeur et&#13;
d’une entière édification par toute la ville. Je ne pus pas loger chez eux, parce que&#13;
j’espérais que M. de La Mothe serait un de nos juges, et je n’y mangeai même&#13;
qu’une fois, mais je reçus d’eux toutes les marques de bonté que j’en pouvais&#13;
espérer et cela m’a renouvelé le commerce et le rapport avec Mme Ango de La&#13;
Mothe plus que jamais. J’ai été même ravi d’une occasion qui s’est présentée de&#13;
leur faire plaisir. Quoique nous ne recevions pas de pensionnaires, nos Messieurs,&#13;
en votre considération, ont bien voulu recevoir chez nous M. l’abbé Ango de La&#13;
Mothe5, leur fils. Il y eut au commencement quelques difficultés sur ce qu’on nous&#13;
dit qu’il avait un peu l’esprit du monde, mais il a paru disposé à entrer dans tout&#13;
ce qu’on pouvait désirer de lui et j’espère que nous en aurons de la satisfaction. Je&#13;
l’attends au premier jour et je tâcherai à lui adoucir, autant que je pourrai, le séjour&#13;
du Séminaire, afin qu’il le soutienne plus longtemps. Je voudrais qu’il pût un jour&#13;
vous succéder et perpétuer dans nos missions la liaison que votre famille y a eue&#13;
jusqu’à présent.&#13;
J’ai reçu, Monsieur, toutes vos lettres, savoir une du 14 septembre, une du 21 du&#13;
même mois, une autre du 22, une du 26 septembre et une dernière du 20 octobre&#13;
et j’y vais faire réponse par celle-ci. J’ai aussi reçu celle que vous m’écrivez sur mon&#13;
spirituel, dont je vous suis très obligé et à laquelle je répondrai en particulier.&#13;
Je n’ai pu écrire encore cette année par les premiers navires qu’une seule lettre,&#13;
qu’on m’a dit avoir mise dans un vaisseau, qui est parti de Bordeaux avant celui&#13;
de la baie d’Hudson. Je l’avais pourtant destinée pour la donner à M. Juchereau&#13;
ou au P. Joseph, qui sont passés dans ce vaisseau. Je n’écris par cette voie qu’à&#13;
&#13;
4&#13;
5&#13;
&#13;
Second frère de Maizerets&#13;
Il ne fut pas agrégé au Séminaire des Missions étrangères de Paris.&#13;
&#13;
�Mgr l’Ancien seul et je lui mande, en abrégé, tout ce que je dois vous apprendre&#13;
dans celle-ci. En premier lieu, je vous rends compte du mauvais état de mon&#13;
temporel, qui va d’une manière pitoyable par le peu d’ordre qu’on apporte en&#13;
Canada. Je ne m’en rends pas à vous. Je suis persuadé que si vous étiez en état&#13;
d’agir par vous-même et vous mêler du temporel, je ne serais pas poussé à bout&#13;
comme je suis et hors d’état de vous rien envoyer, mais trop de personnes s’en&#13;
mêlent pour que les choses aillent bien : Mgr l’Ancien, M. de Bernières, M. Buisson,&#13;
M. Soumande, chacun de vos magasiniers, etc. Tous ces Messieurs tirent de leur&#13;
côté et personne ne se met en peine d’où l’argent viendra. Comme je suis d’une&#13;
très faible vertu, je vous avoue que je me suis vu poussé à bout quand j’ai lu qu’au&#13;
lieu de m’envoyer des fonds de quoi m’acquitter et faire des factures, on me&#13;
retenait en Canada les 2 000 livres des prêtres hors d’état de servir, on me tirait&#13;
pour 5 000 livres de lettres de change et on m’adressait une facture plus grosse ou&#13;
du moins aussi forte qu’à l’ordre et puis, vous me marquez : « Nous n’y pouvons&#13;
rien retrancher. Si vous omettez quelque chose, nous souffrirons beaucoup. »&#13;
Jugez quel beau plaisir j’ai de me voir forcé de vous retrancher non pas une partie&#13;
de vos factures, mais tout, par l’impossibilité où je suis de les acquitter ; car enfin,&#13;
quelle apparence y avait-il que je pusse le faire ? Je vous envoyais l’an passé un&#13;
compte, par lequel je me voyais en avance pour vous de plus de 6 000 livres, sans&#13;
compter près de 4 000 livres que je devais à M. Grignon pour sa facture. Je ne&#13;
voyais point d’autre fonds que les 2 000 livres des prêtres hors d’état de servir et&#13;
les 4 000 livres de Mgr l’Ancien, bien ou mal payées, avec environ pour 1 200 ou&#13;
1 500 livres de revenu, tant de l’hôtel de ville que des particuliers et des bénéfices.&#13;
Cela est bien éloigné encore de 10 000 livres. Quelle apparence donc que je pusse&#13;
vous rien faire toucher (surtout en touchant en Canada les 2 000 livres des prêtres&#13;
usés) et employer en factures, encore moins payer des lettres de change ? Je vous&#13;
avoue que cela m’a fort découragé et j’eusse bien mieux aimé être confiné dans le&#13;
moindre petit coin de mission que de me voir chargé de ces embarras.&#13;
Nos Messieurs voulaient que je ne vous envoyasse rien de cette année et qu’au&#13;
plus, je me réduisisse à payer vos lettres de change et en vérité, c’est même plus&#13;
que je ne puis faire. Cependant, j’ai tâché à faire plus, car j’ai résolu de vous&#13;
envoyer les étoffes noires et bleues, quelques fils et quelques merceries que vous&#13;
eussiez eu peine à trouver en Canada, quelques autres nécessités, qui ne laissent&#13;
&#13;
�pas de monter, selon le mémoire que j’en ai fait, à plus de 2 500 livres, outre que&#13;
quelque vin pour les messes et de la cire que j’ai prié M. Grignon de vous envoyer.&#13;
Voilà tout ce que j’ai pu faire. Encore me trouverais-je en avance pour le moins&#13;
d’autant que l’an passé et si plusieurs personnes ne m’avaient mis pour plus de&#13;
4 000 ou 5 000 livres entre les mains pour me prier de les employer, sans qu’ils en&#13;
perdissent la diminution, je n’aurais pu faire pour vous ce que j’ai fait. Mais vous&#13;
voyez bien que ce sera un fonds qu’il me faudra trouver l’année prochaine et que&#13;
je ne sais où je prendrai. Il semble que je sois fait pour vivre d’industrie et&#13;
conserver mon crédit. Quoique vous n’ayez garde de me laisser aucun fonds, je&#13;
n’ai pas laissé d’établir si bien mon crédit par tout Paris, par quantité d’autres&#13;
affaires qui me passent par les mains, si j’avais besoin de 20 000 écus chez les&#13;
marchands, je les trouverais ; mais je tâche à mettre ordre à mes affaires et à ne&#13;
laisser jamais de dettes au bout d’une année, car sans cela, je serais perdu.&#13;
Croyez-vous, Monsieur, qu’en comptant vos affaires, celles du chapitre et des&#13;
Hospitalières et du Séminaire de Paris et des missions, dont une partie me passe&#13;
par les mains, parce que l’on me trouve plus aisément que nos Messieurs, des&#13;
bénéfices de M. l’abbé de Lionne et de quelques autres de nos Messieurs dont je&#13;
prends soin et enfin, de quelques particuliers à qui je ne puis refuser de faire&#13;
plaisir, il me passe par les mains pour plus de 70 000 livres d’argent tous les ans&#13;
par les mains ? Il faut bien de l’attention pour ne se pas brouiller dans toutes ces&#13;
affaires et en vérité, j’en ai plus que je n’en puis faire et je cherche le plus que je&#13;
puis à m’en débarrasser.&#13;
Mgr l’Ancien m’écrit que si je ne puis avoir assez de fonds pour acquitter ses lettres&#13;
de change, je dois aliéner les rentes de l’hôtel de ville. Il ne voit pas que cela n’est&#13;
pas si aisé qu’il pense, car 1er pour aliéner un fonds, il faut trouver gens qui le&#13;
veuillent acheter et on n’en trouve d’ordinaire qu’en perdant et souvent assez&#13;
considérablement dessus ; 2e ceux mêmes qui acquièrent des gens de main morte&#13;
veulent une sureté d’emploi ; ce n’en est pas une pour eux que de payer de leur&#13;
argent des lettres de change ; 3e il s’est présenté cette année une occasion que le roi&#13;
a offert le remboursement, mais c’était avec une grosse perte, puisqu’on ne payait&#13;
ceux à qui l’on remboursait qu’en espèce, telles qu’elles valaient avant aucune&#13;
diminution. Cela allait à près du 10e. De plus, on ne remboursait pas agréablement&#13;
&#13;
�aux communautés et c’était faire de la peine au ministre que de demander son&#13;
remboursement. M. de Glandelet, pour qui le temporel n’est rien, me mande que&#13;
je paierai les lettres de change sur les gratifications qui nous seront accordées pour&#13;
Mississippi. Je crois qu’il a voulu railler, à son ordinaire. Cependant, cela se&#13;
trouvera plus vrai qu’il n’a pensé. À la vérité, c’est contre mon attente. Je n’espérais&#13;
rien.&#13;
Nous n’avons pas laissé de donner à M. l’archevêque de Paris la lettre de&#13;
Mgr l’Ancien et de M. l’évêque de Québec. Ce prélat, toujours attentif à nous faire&#13;
plaisir, nous demanda si nous en avions donné une à M. de Pontchartrain et que&#13;
cela était absolument nécessaire. (Je crois que vous savez le changement qui s’est&#13;
fait dans cette famille : le père a été fait chancelier et le fils, ministre et secrétaire&#13;
d’État pour la Marine.) Nous dîmes à M. l’archevêque que nous n’avions pas de&#13;
lettres de nos deux prélats pour lui, mais que j’avais des blancs signés de&#13;
Mgr l’Ancien et que nous pouvions lui en faire une. Il nous le conseilla et nous&#13;
promit d’en parler au roi, après qu’il en aurait conféré avec M. de Pontchartrain,&#13;
quand il aurait reçu sa lettre. Je la fis et M. l’abbé de Brisacier eut la bonté de la&#13;
rendre et de la bien recommander. Le ministre battit froid sur ce point, quoiqu’il&#13;
soit assez bien disposé par M. l’abbé de Brisacier ; mais comme il est assez porté&#13;
par les Jésuites, nous crûmes qu’il ne favoriserait pas cette demande. Nous l’avions&#13;
cet été fait prier de demander pour nos missions de Mississippi, lorsque&#13;
M. d’Iberville rendit compte au roi de sa découverte ; mais comme M. d’Iberville&#13;
n’avait rapporté à la Cour rien qui pût faire prendre la résolution d’y établir une&#13;
colonie, M. de Pontchartrain nous avait fait réponse que le roi n’accorderait rien&#13;
qu’on ne vit apparence d’y faire un établissement. Il nous accorda seulement le&#13;
passage dans le vaisseau de M. d’Iberville pour un missionnaire, si nous y en&#13;
voulions envoyer ; mais celui sur qui nous avions jeté les yeux, qui est cet&#13;
ecclésiastique de la communauté de Saint-Pierre, dont je vous avais écrit l’an&#13;
passé, saigna du nez quand il fallut fondre la cloche. Nous n’avons donc guère&#13;
espéré de rien obtenir qu’au retour de M. d’Iberville, que nous attendons vers le&#13;
mois de mai ou de juin.&#13;
&#13;
�Cependant, nous venons d’apprendre que le roi a eu la bonté de nous accorder&#13;
3 000 livres pour les missions de Mississippi. Je regarde cette faveur comme très&#13;
considérable par rapport à l’état où sont ses finances. Cela vous encouragera dans&#13;
cette entreprise et si à ces 1 000 écus, nous y pouvions joindre quelque pension du&#13;
clergé, dont l’Assemblée se doit tenir au 25 de mai prochain, à laquelle nous&#13;
comptons de donner un petit mémoire, je suis très persuadé que l’on serait bien en&#13;
état de soutenir ces missions. Mais nos Messieurs croient que ces 3 000 livres ne&#13;
sont qu’une gratification passagère. Il faut espérer que le roi aura la bonté de la&#13;
continuer et c’est ce que nos Messieurs tâcheront d’obtenir. Nous prévoyons que&#13;
les Jésuites feront ce qu’ils pourront pour nous traverser en cette entreprise et nous&#13;
le jugeons par tout le mouvement qu’ils se sont donnés pour la mission de&#13;
Tamarois ; car ils ont agi dans cette affaire comme si nous eussions voulu les&#13;
dépouiller des biens qui leur fussent le plus acquis. Ils ont conçu une jalousie&#13;
contre M. de Montigny et M. Bergier qui ne fera que s’augmenter et je suis très&#13;
persuadé que cette jalousie n’est fondée que sur ce que ces personnes ont du mérite&#13;
et sont capables de se passer d’eux, car voilà ce qu’ils ne sauraient souffrir. Je&#13;
n’aurais pu croire que les PP. Bouvart, Carheil, Gravier, Binneteau eussent écrit&#13;
comme ils ont écrit à M. de Denonville et au P. de La Chaize de cette affaire des&#13;
Tamarois. Nos Messieurs avaient cru ne pas devoir trop s’entêter de cette affaire,&#13;
vu que nous en avons d’autres bien plus importantes à leur contester, sur&#13;
lesquelles nous gardons le silence. Comme nous vîmes que M. le marquis de&#13;
Denonville, sous prétexte de conserver la paix entre nos maisons, se donnait tant&#13;
de mouvement pour cette affaire, mais en effet pour faire emporter aux Jésuites&#13;
tout ce qu’ils veulent, nous crûmes devoir renvoyer l’affaire à régler entre vous&#13;
autres sur les lieux, en disant que nous écririons en Canada que si ce poste ne nous&#13;
était pas d’une absolue nécessité, nous prierions nos Messieurs, pour le bien de la&#13;
paix, de le céder aux Jésuites ; bien entendu que si nous ne pouvions nous en&#13;
passer pour le soutien et la correspondance de nos missions, les Jésuites auraient&#13;
assez de charité pour nous céder le prétendu droit qu’ils voulaient y avoir.&#13;
Ce qui obligea nos Messieurs de prendre ce parti fut la vivacité avec laquelle et&#13;
M. de Denonville et le R. P. de Lamberville parlaient de cette affaire et la&#13;
contrariété qui se trouvait entre ce que nos Messieurs de Mississippi mandaient&#13;
des Tamarois et les Jésuites en écrivaient ; car nos Messieurs veulent que ce soient&#13;
&#13;
�deux peuples différents, les Jésuites veulent que ce ne soit qu’un même peuple,&#13;
qui vivent ensemble, qui font leurs champs ensemble, qui chassent ensemble, qui&#13;
s’allient ensemble ; nos Messieurs veulent que le P. Gravier n’y ait été que cinq&#13;
jours, les Jésuites veulent que le P. Marest y ait demeuré, le P. Gravier séjourné&#13;
longtemps, le P. Binneteau passé plusieurs hivers ; nos Messieurs veulent qu’il n’y&#13;
eût, quand ils y sont arrivés, que deux ou trois familles chrétiennes et les Jésuites&#13;
prétendent qu’il y a plus de trois cents chrétiens, que le P. Binneteau était près d’y&#13;
aller quand nos Messieurs y sont arrivés.&#13;
Mais ce qui obligea le plus nos Messieurs à vous renvoyer cette affaire est qu’ils&#13;
ont espéré que, par le délai et le retardement, cette affaire deviendrait meilleure&#13;
pour nous. Nos Messieurs y étant établis, je vous conseille une autre fois de ne pas&#13;
renvoyer davantage d’affaires à régler entre les Jésuites et nous en France. Elles en&#13;
deviendront plus mauvaises. Il faut recommander fort à nos MM. de Mississippi&#13;
de ne pas leur faire de mauvaise difficulté, de souffrir même dans les&#13;
commencements diverses contradictions sans se plaindre et s’aigrir, car il faut&#13;
nous attendre que ces pères pourront chercher noise dans les commencements,&#13;
mais quand il s’agira de se conserver dans les postes qu’ils ont occupés, de s’y&#13;
soutenir avec fermeté, puisqu’ils ont l’autorité légitime de M. l’évêque de Québec,&#13;
je leur conseille même de faire leur possible pour se passer des Jésuites pour la&#13;
correspondance et surtout, de ne pas aller chez eux à Michillimakinac, ni aux&#13;
Illinois, ni de n’y envoyer point leurs gens s’ils peuvent, car rien n’est plus bas que&#13;
les reproches qu’ils font d’avoir reçu nos Messieurs dans ces lieux et de n’en avoir&#13;
que de l’ingratitude. Ils ont produit un certificat devant notaire à Montréal d’un&#13;
coureur des bois, qui dit que les Tamarois sont Illinois et que les Jésuites y ont&#13;
beaucoup de chrétiens. Ils rapportent encore que M. Desilets, parent de&#13;
M. de Tonti, a dit à M. de Saint-Cosme, que ce n’était pas bien de ravir le bien&#13;
d’autrui en s’emparant des Tamarois. Ils veulent encore que M. de Tonti a résolu&#13;
de bâtir une chapelle à M. de Montigny au fort des Illinois, ce que nous leur avons&#13;
déclaré que nous n’approuverions pas, pour ne pas porter la faucille dans le champ&#13;
d’autrui. Les Jésuites ne sont pas contents de MM. de Tonti et La Forest et je suis&#13;
persuadé qu’ils n’ont pas contribué à procurer une compagnie à M. de Tonti. Nos&#13;
Messieurs ont tâché de rendre d’eux un bon témoignage à M. de Pontchartrain.&#13;
&#13;
�Il me paraît que le projet de M. Charron d’établir une compagnie qui ait des&#13;
barques sur les lacs serait des plus utiles pour le soutien de nos missions et pour&#13;
nous tirer de la sujétion des Jésuites. Je crois que vous devez appuyer cette affaire&#13;
le plus que vous pouvez.&#13;
Nous sommes dans une fâcheuse crise avec les RR. PP. [jésuites] au sujet des&#13;
cérémonies chinoises. Ils se sont déclarés contre nous par des imprimés et nous&#13;
serons obligés de le faire contre eux. Mais nous avons un autre dessein, qui, s’il&#13;
réussit, sera bien plus important et fera un plus grand éclat. Vous savez que le&#13;
R. P. de Rhodes proposa à nos premiers missionnaires d’aller dans ces missions&#13;
pour y former un clergé du pays ; nos Messieurs y furent dans ce dessein. Ils y ont&#13;
travaillé, mais les divisions et les révoltes des Portugais les ont empêchés de&#13;
réussir en plusieurs endroits. Ils ont même usé d’adresse à Rome pour ruiner ce&#13;
dessein, en y jetant de la jalousie et faisant craindre aux Romains que nous&#13;
voulions établir une mission nationale ; si bien que le Saint-Siège nous a changé&#13;
nos vicariats apostoliques depuis quelque temps, ce qui ruine le projet d’un clergé&#13;
séculier. Nos Messieurs ont résolu de dresser un mémoire pour présenter au pape,&#13;
et même à l’Assemblée du clergé, pour faire voir la nécessité de ce clergé séculier.&#13;
Les moyens qu’il faut prendre pour y parvenir, les obstacles qu’ils y ont trouvés&#13;
(et c’est sur ces obstacles qu’ils doivent parler des divisions des Jésuites et produire&#13;
des choses, qui, quelques modérées qu’elles soient, leur déplairont infiniment) et&#13;
nous nous offrons de nous réduire à quatre vicariats apostoliques, l’un à Siam,&#13;
l’autre à la Cochinchine, un au Tonkin et un à la Chine, dans une des quinze&#13;
provinces, au lieu de sept vicariats que nous avons à présent, pourvu qu’on nous&#13;
y laisse une centaine d’années de suite et que nous y ayons pendant ce temps-là&#13;
une juridiction qui ne soit pas contestée et nous promettons de laisser ces vicariats&#13;
et tous les établissements que nous y aurons faits dès que nous y aurons formé un&#13;
clergé, ce que nos Messieurs espèrent faire en cent ans, et d’aller en d’autres&#13;
provinces ou royaumes faire le même bien.&#13;
Comme nous avons eu pendant toute l’année ici quatre anciens missionnaires des&#13;
indes, savoir : M. de Cicé, que l’on a fait succéder à M. de Métellopolis à Siam, et&#13;
nous en avons toutes les bulles, mais elles ne sont pas arrivées avant le départ des&#13;
vaisseaux, si bien qu’il restera encore cette année avec nous ; M. Labbé, qui est&#13;
&#13;
�aussi nommé vicaire apostolique de Cochinchine ; M. de Lavigne, qui était notre&#13;
procureur à la côte de Coromandel ; et M. Pocquet, qui est revenu l’été passé, nos&#13;
Messieurs ont travaillé tout l’hiver à des règlements pour ces missions, qui&#13;
établissent quelque uniformité entre elles ; mais il a fallu faire ces règlements&#13;
uniquement pour eux, car ils n’ont pas voulu qu’il y eût aucune relation avec nos&#13;
missions de Canada. Ils ont tous conçu un fond de peine de ce que le Séminaire de&#13;
Paris était uni avec celui de Canada et avait correspondance en Perse. Ils auraient&#13;
voulu que ce Séminaire n’eût été qu’à eux et pour eux et je les ai trouvés sur cela&#13;
dans des sentiments qui ne sont pas aussi parfaits qu’ils devraient, ce me semble,&#13;
être. Nos MM. de Paris ont eu beau leur représenter ce qu’ils en pensent, ils ont&#13;
conçu de même une si grande défiance du Séminaire de Paris, comme s’il voulait&#13;
dominer sur leurs missions, dont ils veulent que l’autorité soit renfermée dans la&#13;
personne des vicaires apostoliques, que nos Messieurs n’ont pu les en faire revenir.&#13;
On a donc fait des règlements, qui, comme je crois, ne seront pas exécutés, parce&#13;
qu’ils ont leurs difficultés. Je n’ai pu encore en tirer une copie pour vous envoyer,&#13;
parce que l’on n’a pas encore arrêté certains principaux articles, qui sont demeurés&#13;
en suspens. Ces affaires nous ont pris cet hiver un temps infini. Il a fallu faire des&#13;
assemblées continuelles. Nos Messieurs ont été pendant plus de trois mois presque&#13;
toujours à la campagne et moi, obligé de rester au logis, ce qui ne m’a pas donné&#13;
peu d’occupation. Nous vous avertissons de prendre garde à ce que vous écriviez&#13;
à M. de Denonville, car vous devez compter qu’il ne cache rien, en premier lieu&#13;
aux Jésuites, en deuxième lieu à M. l’abbé de Préfontaine, qui en instruit&#13;
M. de La Pallière.&#13;
Je n’ai eu garde de dire à M. de La Pallière que l’on se plaignait que tout ce qui lui&#13;
était dit était rapporté à Mgr de Québec, mais M. de Denonville le lui a dit et nos&#13;
Messieurs ont cru devoir s’expliquer avec lui fortement sur ce qu’il avait mandé à&#13;
Mgr de Québec, qu’il se donnât de garde de revenir en France, parce que comme&#13;
on n’y était pas content de sa conduite, on ne le laisserait pas retourner en Canada.&#13;
M. de La Pallière s’est excusé d’avoir mandé ces choses, prétendant ne l’avoir pas&#13;
fait en ce sens. J’ai été fâché que nos Messieurs lui aient fait cette ouverture, en lui&#13;
faisant connaître que quoique nous n’eussions rien en particulier à nous plaindre&#13;
du prélat, nous ne laissons pas de voir qu’il renversait tout le bien de cette pauvre&#13;
&#13;
�Église. Je crains que M. de La Pallière, quelque promesse qu’il ait faite de n’en rien&#13;
croire, ne mande toutes choses et peut-être plus fortement qu’elles ne sont en effet.&#13;
La mort de M. Du Bos, mais encore plus celle de M. Thury, m’a fort touchée. Je&#13;
voudrais mourir comme lui, mais hélas il faudrait vivre comme lui ! On ne goûte&#13;
pas cette cérémonie qu’il fit faire à ses Sauvages. Cependant, pour nous qui le&#13;
connaissions, on voit que c’est dans un esprit de pénitence et de mortification qu’il&#13;
a voulu pratiquer cette cérémonie. Je ne crois point M. Maudoux propre à cette&#13;
mission et il faut que vous jetiez les yeux sur quelque autre. J’écris même à&#13;
M. Maudoux que je lui conseille de quitter entièrement l’Acadie. Ces Messieurs&#13;
[de la Pêche sédentaire] sont si prévenus contre lui, sur ce qu’ils croient et sur de&#13;
bons témoignages qu’il leur est assez difficile de ne pas croire, que M. Maudoux,&#13;
sous prétexte d’en vouloir à M. Villebon, fait son possible pour décrier et ruiner&#13;
leur Compagnie, en dégoûte les peuples. Peu s’en est fallu qu’ils n’aient demandé&#13;
une lettre de cachet pour le rappeler en France. Ils sont choqués de ce qu’il&#13;
s’échappe et ne paraît jamais à Port-Royal lorsque Villebon y va et il fut à l’été&#13;
passé au-devant d’un commissaire, qui y fut dans le vaisseau du roi, en surplis et&#13;
en étole, et le qualifia de libérateur du pays, fit de grandes plaintes de la&#13;
Compagnie. M. le marquis de Chevry, qui passe pour un fort honnête homme, me&#13;
montra ces jours passés des témoignages des officiers des vaisseaux, qui ont été en&#13;
ces quartiers-là depuis deux ou trois ans, qui tous disent que les prêtres sont trop&#13;
opposés à la Compagnie et ne la sauraient souffrir. Il est fâcheux de voir cet&#13;
éloignement. Ces Messieurs, après tout, ont l’autorité royale et il la faut respecter&#13;
en eux. Il serait à souhaiter que nous pussions avoir à l’Acadie quelque&#13;
ecclésiastique qui eut la confiance de M. le marquis de Chevry pour établir là un&#13;
clergé séculier. J’en écris à M. Petit. Je vous prie de lire les vues que je lui propose.&#13;
Si vous y entriez, vous n’auriez qu’à envoyer une personne pour prendre ma place&#13;
et nous envoyer à l’Acadie M. Petit et l’ecclésiastique qui va cette année en Canada&#13;
et nous tâcherions d’y faire du bien.&#13;
Deux choses me font quelques difficultés dans l’exécution de ce projet : la 1re, que&#13;
je ne sais s’il serait bon pour moi d’aller travailler en ces pays-là sous la juridiction&#13;
de M. l’évêque, après les peines que j’ai pu lui faire ; la 2e, que je ne sais si nos deux&#13;
MM. de Paris seraient bien contents que je quittasse. Cependant, je lèverais la&#13;
&#13;
�première difficulté si vous jugiez que je ne dusse pas m’arrêter à la seconde. Nos&#13;
Messieurs, à la vérité, sont bien aises de n’avoir pas de visages nouveaux et d’avoir&#13;
des personnes qui ne soient pas tout à fait neuves dans les affaires, parce que les&#13;
nôtres ont de si grandes relations qu’on n’y est pas fait tout d’un coup ; mais&#13;
j’espérerais qu’en m’envoyant une personne cet automne, je l’instruirais l’hiver et&#13;
le préparerais à me succéder. Après tout, il faudra bien m’envoyer quelqu’un tôt&#13;
ou tard et il me semble que j’aimerais mieux que ce fût tôt que tard, parce que&#13;
j’espère que vous ne voudrez pas me laisser mourir dans un si pitoyable emploi&#13;
que celui-ci. Je vous avoue que j’ai conçu depuis six mois, plus que je n’ai encore&#13;
fait, l’obligation de passer à ce terrible passage et j’en ai eu de forts pressentiments.&#13;
Vous n’avez pas fait attention à ce que je vous avais mandé l’an passé de M. Gay.&#13;
Il n’était nullement propre à aller aux Mines et vous deviez plutôt le mettre à&#13;
Charlesbourg et envoyer M. Doucet aux Mines. Je vous conseille même de l’en&#13;
retirer et de le rappeler auprès de vous. Ce sera un bon ecclésiastique s’il est&#13;
soutenu, mais je n’en voudrais pas répondre de lui s’il était entièrement sur sa&#13;
bonne foi, comme on y doit être aux Mines. Pensez-y, je ne puis vous mander tout&#13;
ce que j’en pense. Je ne pourrais vous le dire que de bouche. J’aurais plus fait de&#13;
fonds sur M. Le Voyer, quoiqu’il fût bien jeune prêtre.&#13;
Nous vous envoyons cette année un prêtre6, dont je crois que vous serez contents.&#13;
Il nous paraît un bon sujet. Il est, à ce que j’ai ouï-dire, un peu parent de&#13;
M. de Meaux, qui lui avait donné un canonicat dans sa cathédrale. Il l’a résigné&#13;
pour une chapelle qu’il a, qui vaut 400 ou 500 livres. Ainsi, comme vous voyez, il&#13;
ne sera pas bien à charge et est d’une humeur fort douce et cherche à bien faire.&#13;
S’il avait été plus jeune, peut-être ne l’aurions-nous pas eu pour nos missions. Je&#13;
vous conseillerais ou de le retenir pour travailler à Québec comme vicaire ou pour&#13;
être dans la côte de Beaupré ; mais il serait bon qu’il nous pratiquât quelque année.&#13;
Nos Messieurs ont été bien aises que vous ayez associé M. Bergier. Il faut espérer&#13;
que Dieu en tirera sa gloire. Comme il est sage et modéré, il ne se fera pas de&#13;
mauvaises affaires avec les Jésuites, mais aussi ne sera-t-il pas d’humeur à ramper&#13;
devant eux, comme ils voudraient voir tous les ecclésiastiques. M. de Denonville&#13;
6&#13;
&#13;
En marge : M. Calon.&#13;
&#13;
�et les pères jésuites ont répandu ici partout, sur les lettres de M. Prévost et d’autres,&#13;
que vous et M. de Glandelet, en un mot tout le Séminaire, perdaient la confiance&#13;
de tout le peuple et n’étaient même regardés qu’avec mépris, parce que vous&#13;
donniez dans les vues de Mgr de Québec et l’autorisiez dans la peine qu’il a faite&#13;
aux Jésuites, aux Hospitalières et aux autres. C’est sur cela que nos Messieurs,&#13;
touchés de ce qu’on leur disait que M. de Glandelet n’était plus aimé comme&#13;
auparavant, qu’ils crurent devoir s’en ouvrir à M. de La Pallière. Il est bon que&#13;
vous en sachiez le sujet, afin que si Mgr de Québec s’en plaint, vous soyez en état&#13;
de lui dire que ce n’est point sur ce que vous nous avez écrit, mais sur ce qui est&#13;
revenu à nos Messieurs de plusieurs séculiers que nos MM. de Québec se faisaient&#13;
haïr et mépriser, parce qu’ils paraissaient donner dans ses vues, qu’ils ont parlé&#13;
comme ils ont fait à M. de La Pallière et non pas sur des plaintes qu’aucun de vous&#13;
lui ait faites de sa conduite.&#13;
M. Herbéry m’a écrit pour me demander si l’on voulait le laisser retourner en&#13;
Canada ou le recevoir au Séminaire. Je lui ai conseillé de rester en ses quartiers et&#13;
comme M. l’évêque de Toul nous en a demandé des nouvelles, nos Messieurs en&#13;
ont rendu un témoignage avantageux et je le lui ai mandé. J’espère qu’il entrera&#13;
auprès de quelques enfants de qualité en Alsace.&#13;
Je vous ai envoyé cette année les 100 aunes d’étoffes bleues que vous avez&#13;
demandées et meilleures que vous n’en avez encore reçues, aussi bien que les&#13;
étoffes à soutane, mais elles coûtent bien cher les unes et les autres. C’est ce que&#13;
vous recevrez de plus net avec des bas et des chapeaux.&#13;
Je vous avoue que je ne puis vous dire ce que je pense du mauvais état de notre&#13;
temporel, parce que je crains que cette lettre ne tombe en d’autres mains qu’en les&#13;
vôtres. Je vois bien avec vous qu’il faut patienter, mais je ne puis m’empêcher de&#13;
penser que notre temporel irait mieux si vous vous mêliez et s’il y avait moins de&#13;
personnes qui s’en mêlassent.&#13;
J’ai oublié de vous marquer, en vous parlant de l’Acadie, que Monseigneur m’avait&#13;
remis seulement 1 100 livres pour l’Acadie par M. de La Pallière. De ces&#13;
1 100 livres, j’en ai retenu 300, comme vous me l’avez mandé, pour M. Rageot, que&#13;
&#13;
�vous avez habillé. J’en ai compté 300 livres pour M. Gaulin et j’en ai envoyé 500 à&#13;
MM. Maudoux et Guay conjointement, en étoffes et toiles qu’ils m’ont demandées&#13;
et en argent que je leur ai fait remettre. Monseigneur en a fait retenir 400 livres&#13;
pour les Récollets, qu’il équipe avant nos missionnaires.&#13;
Les 2 000 livres accordées pour l’établissement de la mission de M. Thury et sur&#13;
lesquelles M. de La Touche avait réservé 300 livres pour M. Thury sont encore à la&#13;
disposition de M. Bégon, qui les remettra en effet au missionnaire qui sera&#13;
appliqué à cette mission, mais il faut une autre personne que M. Maudoux pour&#13;
cela. Nous ne nous sommes pas pressés d’en écrire à M. Bégon, jusqu’à ce que nous&#13;
y voyions un missionnaire capable de reprendre le dessein de M. Thury et de le&#13;
soutenir.&#13;
Vous ne sauriez croire combien ce que Monseigneur a fait aux Hospitalières l’a&#13;
décrié dans les bureaux et partout. Il passe partout pour un brouillon, qui porte la&#13;
division partout et ce qu’il y a en cela de bon pour ces religieuses et pour nous,&#13;
c’est qu’on n’a point fait ces jugements de lui sur nos plaintes et sur celles des&#13;
Hospitalières, qui n’ont écrit à personne, hors à M. de La Touche une petite lettre&#13;
d’honnêteté accoutumée pour le prier de leur continuer sa bienveillance, mais je&#13;
n’ai point produit à la Cour de mémoire de leur part et ne les ai fait parler en&#13;
aucune manière ; mais je savais que tant de gens parlaient pour elles que j’ai cru&#13;
faire leurs affaires que de ne les point commettre. C’est ce qui leur doit faire plaisir&#13;
dans ce que l’on a réglé contre l’Hôpital général que le roi, dans son Conseil, a fort&#13;
désapprouvé, car Monseigneur ne peut se plaindre que les religieuses se soient&#13;
plaintes de sa conduite : elles n’ont dit mot, elles ont souffert avec patience et Dieu&#13;
a pris leur cause en main et les a défendues.&#13;
Je vous ai déjà, ce me semble, écrit que j’ai obtenu le passage d’un missionnaire7 et&#13;
de trois engagés dans le vaisseau du roi. C’est pourquoi je fais partir demain&#13;
M. Calon pour arriver à La Rochelle avant le 10 de mai et j’ai fort prié M. Grignon&#13;
de nous trouver trois engagés pour mettre sur ce vaisseau. On ne trouve pas&#13;
aisément de ces engagés en France vers la Beauce, ni autour de Paris. Je vous&#13;
envoie aussi le neveu du frère Hubert [Houssart] que vous avez voulu que je fisse&#13;
7&#13;
&#13;
En marge : M. Calon.&#13;
&#13;
�passer. Cet enfant est encore trop jeune et trop faible. À cela près, c’est un fort bon&#13;
enfant, qui a une bonne volonté et dont je crois qu’on sera content s’il arrive à&#13;
Québec en bonne santé ; mais il est fort faible.&#13;
Vous avez vos peines dans votre charge et dans l’état où vous voyez nos affaires,&#13;
vous ne doutez pas que je n’aie les miennes, sans avoir votre vertu et votre piété&#13;
pour les sanctifier. Nos Messieurs ont les leurs à Paris. Elles sont différentes des&#13;
vôtres, car nous vivons, par la grâce de Dieu, dans une grande paix dans le&#13;
Séminaire et dans une entière correspondance pour nos affaires du Séminaire de&#13;
Paris et même des missions d’Orient, qui sont en fort bon état, car ce sont les vôtres&#13;
qui sont les plus délabrées. Nous voyons même le Séminaire en bon état pour le&#13;
spirituel et chacun s’y porte assez au bien. Nous avons envie de prendre moins de&#13;
sujets que jamais et de n’en admettre que de bons.&#13;
Nous avons changé de supérieur cet hiver. On a voulu mettre un intervalle dans&#13;
le gouvernement de M. l’abbé Tiberge, qui y reviendra après que M. l’abbé&#13;
de Brisacier aura fait un temps.&#13;
M. de Bernières m’écrit d’un chanoine régulier de Caen qu’on dit être un bon sujet,&#13;
mais nos Messieurs m’ont conseillé de ne pas m’en charger, parce qu’il est&#13;
religieux : cela fait une diversité d’esprit et de sentiments, qu’il faut éviter dans les&#13;
communautés. Il y a peu de ces séculiers qui s’accommodent à vivre en paix avec&#13;
les ecclésiastiques. M. de La Pallière paraît avoir envie de l’envoyer. Il le peut&#13;
prendre sur lui sans que nous nous en mêlions.&#13;
Je dois, au commencement de juillet, faire un voyage avec M. de La Pallière en&#13;
Berry pour les affaires de nos prieurés et encore plus de l’abbaye de Méobecq. Les&#13;
affaires du chapitre me donnent plus d’embarras, quatre fois que celles du&#13;
Séminaire de Paris et de Québec. J’ai surtout une affaire terrible avec une religieuse&#13;
de l’Estrée, qui a gagné son procès contre nous à Rouen par les intrigues d’un&#13;
conseiller, qui a dessein d’y mettre ses filles et de se rendre maître de cette abbaye,&#13;
qui confine une de ses terres. Cette affaire m’a pensé faire perdre l’esprit et j’en ai&#13;
été malade au lit cet automne, au retour d’un voyage que je fis à l’Estrée pour&#13;
tâcher de l’accommoder, où j’offris pour les dépens à ce conseiller jusqu’à&#13;
&#13;
�2 500 livres ; mais la négociation se rompit par son manque de parole et nos&#13;
Messieurs, à mon retour, ne voulurent plus que je parlasse d’accommodement et&#13;
ayant pris le conseil de M. d’Argenson, lieutenant-général de police, ils m’obligent&#13;
de m’adresser au roi au nom du chapitre de Québec pour demander la cassation&#13;
de cet arrêt. On a admis ma requête au Conseil, où j’ai fait assigner la religieuse, et&#13;
je lui ai fait ensuite divers incidents pour éviter de lui payer ses dépens et l’ai&#13;
encore appelée au Conseil en règlement de juges ; si bien que nous y avons deux&#13;
instances contre elle, l’une en règlement de juges, l’autre en cassation d’arrêt ; et&#13;
comme il coûte très cher à plaider au Conseil, j’ai tout à craindre si l’affaire y tourne&#13;
mal, car les dépens iront peut-être à plus de 5 000 ou 6 000 livres, sans compter tout&#13;
ce qui me coûte et toutes les peines, sollicitations, etc., et pas que cette affaire m’a&#13;
coûtée. On m’en fait espérer une bonne issue au Conseil, mais quelque succès que&#13;
j’y aie, je n’ai rien à gagner contre une religieuse qui n’a que sa guimpe et j’ai&#13;
beaucoup à perdre. Elle tient tous les revenus de l’Estrée saisis et je n’en touche&#13;
rien depuis un an. Voilà ce qu’a fait un mauvais acte que Mgr de Québec a signé en&#13;
1691 sans la participation de son chapitre. Vous me direz peut-être que je devrais&#13;
chercher à accommoder cette affaire. Nous avons pris tous les biais pour en venir&#13;
là, mais après y avoir réfléchi, nous n’y avons pu réussir, car pour parvenir à avoir&#13;
nos bulles d’union, il faut que cette religieuse sorte de l’abbaye. Puisque l’évêque&#13;
d’Évreux ne veut pas consentir à son établissement en son diocèse ni l’archevêque&#13;
de Trèves à ce que son prieuré soit transféré de Longwy à l’Estrée. Je vois que cette&#13;
affaire nous donnera bien de la peine et que ce que l’on a fait pour faciliter l’union&#13;
de cette abbaye y deviendra un obstacle insurmontable.&#13;
Je vous prie très instamment de saluer tous nos Messieurs de ma part et de leur&#13;
faire mes excuses de ce que je ne leur écris pas par cette première voie. J’ai déjà&#13;
écrit à Mgr l’Ancien par un vaisseau, qui est parti de Bordeaux des premiers. Je&#13;
compte lui écrire encore par les derniers navires. Je ne pourrai pas écrire à nos&#13;
Messieurs si au long ni par tant de voies que je voudrais. Je compte que vous leur&#13;
ferez part de ma lettre et qu’ils vous feront part de celle que je leur écrirai, qui&#13;
renfermera une bonne partie de ce que je vous écris dans celle-ci.&#13;
&#13;
�J’ai cru que je vous ferais plaisir, et à tous nos Messieurs, de vous envoyer les livres&#13;
qui ont été imprimés sur cette grande affaire que nous avons à Rome. Je vous&#13;
envoie donc en premier lieu les écrits de M. Charmot, en latin, intitulés [Historia]&#13;
cultus sinensium et la suite intitulée Continuatio cultus sinencium, que j’ai fait relier&#13;
avec un autre imprimé intitulé Conformité des cérémonies chinoises avec l’idolâtrie&#13;
grecque et romaine et l’apologie des Dominicains et sont pour la même cause que nos&#13;
écrits latins. Je vous envoie encore un imprimé latin et français de nos Messieurs,&#13;
qui est un état de la question qui se poursuit à Rome. Si je puis avoir l’écrit du&#13;
P. Le Comte adressé à M. le duc du Maine, qui est fait contre nous, je vous&#13;
l’enverrai. Je plains ce père si Dieu donne assez de santé à nos Messieurs pour y&#13;
répondre, car ils ont de quoi le confondre et toute sa Compagnie et ils y sont&#13;
résolus pour ne pas retenir davantage la vérité captive dans l’injustice. Ils sont&#13;
demeurés dans le silence, tant qu’ils ont pu le faire sans faire tort à la vérité, mais&#13;
ce serait la trahir que de ne pas parler à présent et en vérité, je prévois que ce qu’ils&#13;
ont à dire contre les Jésuites est encore pire que ce qu’on leur a reproché dans les&#13;
provinciales, parce qu’ils auront plus de peine à s’en laver.&#13;
Je vais fermer cette lettre et la remettre à M. Calon, avec copie des factures et&#13;
comptes que je vous envoie. Je ne ferai pas partir ce petit neveu de Hubert&#13;
Houssart, qui s’est trouvé avoir la fièvre depuis dix ou douze jours. Je croyais que&#13;
cela se passerait. Je l’avais fait habiller depuis les pieds jusqu’à la tête et fournir du&#13;
ligne. Tout cela sera une dépense inutile, aussi bien que sa nourriture depuis deux&#13;
mois, qu’il me faudra payer au Séminaire et le renvoyer à ses parents. On m’a dit&#13;
qu’il avait peur de partir et qu’il en était tombé malade. Il était trop jeune et trop&#13;
faible. Il ne faut pas penser à faire passer des enfants. Je vous prie d’assurer&#13;
Mgr l’Ancien de mes très humbles respects, de saluer tous nos Messieurs de ma&#13;
part, de faire mes excuses à Mgr de Québec de ce que je ne lui puis encore écrire&#13;
par cette voie. Je suis très respectueusement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 27 avril 1700&#13;
/Transcription8 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
8&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1700, 27 avril – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 26)&#13;
M. Des Maizerais&#13;
&#13;
1700&#13;
&#13;
27 avril&#13;
M.r Tremblay&#13;
à&#13;
M.r demaizerets&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1&#13;
No 26&#13;
27 avril 1700 I.&#13;
2 Monsieur&#13;
3 Je vous avoüe ingenuement que Jay toutes les&#13;
4 peines du monde a me resoudre a vous escrire et a&#13;
5 tous nos Mess.rs cette année, par ce quil me Semble&#13;
6 que Je n’ay que des choSes desagreables a vous&#13;
7 mander dez que Je n’ay pu Satisfaire a toutes vos&#13;
8 demandes, et vous envoier tout ce que vous avez&#13;
9 marqué par vos factures. Jespere cepend.’ que&#13;
10 vous me ferez assez la Justice de croire que la&#13;
11 choSe n’a pas esté en mon pouvoir, comme Je&#13;
12 Suis assez porté a croire que Sil ne dependoit que&#13;
13 de vous vos aff.res temporelles ne Seroient pas Si&#13;
14 delabréez et dans un Si mauvais ordre. mais&#13;
15 J’en connois assez la Source, et Je n’y vois point&#13;
16 dautre remede que la patiance, Je ne Suis pas&#13;
17 mesme dans le dessein de vous escrire davantage&#13;
18 d’Epargner, de prendre moins dEnfans, de nepoint&#13;
19 faire de bastimens. Tous ces avis Sont inutils,&#13;
20 Jl vaut mieux me taire et me contenter de&#13;
21 vous dire pour quoy Jl m’a esté Jmpossible&#13;
22 daccomplir touts vos memoires.&#13;
23 J’ay reçeu, Monsieur, toutes vos lettres, et ay&#13;
24 fait tenir celles qui estoient p.r dautres, et en particulier&#13;
25 p.r votre famille; J’ay eu lhonneur de les Saluer&#13;
26 cet esté dans deux voiages que Jay fait a Rouen&#13;
27 p.r les affaires du chapitre, et ou M.r et Mad.e Dela&#13;
28 motte ango ont tasché de me faire tous lesplaisirs&#13;
29 quils ont pu. J’ay eu lhonneur daller auSSi&#13;
30 Saluer de votre part Don ango ala chartreuse de&#13;
31 Gaillon Je revins de Rouen deux fois par la, mais&#13;
32 Jeus le malheur de ne le pas trouver la premiere,&#13;
33 et la Seconde qui estoit la veille de laSSomption Je&#13;
34 restay avec lui le jour de la feste, et taschay dans la&#13;
35 Solitude a me consoler de la perte que Javois fait&#13;
36 la veille d’un procez qui m’a bien causé du&#13;
37 chagrain et de l’affliction. Ce fut p.r moy une grande&#13;
38 Consolation davoir Son entretien presque pendant&#13;
39 tout cejour, et Je trouvay enlui tant donction que&#13;
40 J’aurois dit volontiers Bonum est nos hic&#13;
&#13;
�41 eSSe; Je lui trouvay dans un aage auSSi avancé la&#13;
42 presence d’esprit dune personne en la force de Son aage&#13;
43 et des forces de corps qui devroient n’estre pas dans une&#13;
44 personne qui a mené une vie Si mortifiée. vous&#13;
45 Jugez bien que Nous y parlasmes beaucoup de&#13;
46 vous et Dom ango voulut S’instruire de tout le bien&#13;
47 que Notre Sem.re produit dans notre canada&#13;
3.&#13;
&#13;
48 Je vous diray p.r votre consolation que Je trouvay&#13;
49 aussi Mons.r v’re frere le conSeiller dans des&#13;
50 dispositions tout a fait chrestiennes, aussi bien que&#13;
51 Mad.e et Mad.elle Sa fille qui Sont LExemple de&#13;
52 Rouen. Cette maison est dune bonne odeur et&#13;
53 d’une entiere édification par toute la ville; Je ne&#13;
54 pus pas loger chez eux, parceque Jesperois que&#13;
55 Mons.r De La motte Seroit un de Nos Juges, et Je&#13;
56 ny mangeay mesme qu’une fois, mais Je receus&#13;
57 deux toutes les marques de bonté que Jen pouvois&#13;
58 esperer, et cela m’a renouvellé le commerce et le&#13;
59 raport avec Mad.e De La motte ango plus que Jamais.&#13;
60 J’ay esté mesme ravi d’une occasion qui S’est&#13;
61 presentée de leur faire plaisir. Quoique Nous&#13;
62 ne recevions pas de pensionnaires Nos MeSS.rs en&#13;
63 v’re consideration ont bien voulu recevoir chez&#13;
64 nous M Labbé dela motte ango leur fils. Jly&#13;
65 eut au commencem.t quelqu.’ difficulté, Sur ce qu’on&#13;
66 nous dit quil avoit un peu lesprit du monde, mais&#13;
67 Jl a paru disposé a entrer dans tout ce qu’on pouvoit&#13;
68 desirer de lui, et Jespere que Nous en aurons de la&#13;
69 Satisfaction; Je lattends au premier jour, et je tacheray&#13;
70 a lui adoucir autant que je pouray le Sejour du Sem.re,&#13;
71 afin quil le Soutienne plus longtemps. Je voudrois&#13;
72 quil pust un jour vous Succeder, et perpetuer dans&#13;
73 Nos missions la liaison que que votre famille y a eu&#13;
74 jusqu’a present.&#13;
75 J’ay receu Monsieur toutes vos lettres, Scavoir&#13;
76 une du 14. 7.bre deux du 21. Du mesme mois, un au’ du 22.&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
77 une du 26. 7.bre et une derniere du 20.e 8bre et J’y&#13;
78 vais faire reponse par cellecy.&#13;
79 J’ay aussi receu celle que vous mescrivéz Sur mon&#13;
80 Spirituel, dont Je vous Suis tres obligé et a laquelle&#13;
81 Je repondray en particulier.&#13;
82 Jen’ay pu escrire encore cette année par les 1.ers navires&#13;
&#13;
�83 qu’une Seule lettre, qu’on m’a dit avoir mis dans un&#13;
84 vaisseau qui est parti de Bourdeaux avant celui de&#13;
85 la Baye d’hudson Je lavois pourtant destinée p.r la&#13;
86 donner a M Juchereau ou au P. Joseph qui Sont&#13;
87 passez dans ce vaisseau. Je nescris par cette voye&#13;
88 qu’a M’gr Lancien Seul, et Je lui mande en abregé&#13;
89 tout ce que Je dois vous apprendre dans cellecy.&#13;
90 En 1.er lieu Je lui rends conte du mauvais estat de mon&#13;
91 temporel qui va d’une maniere pitoyable par lepeu&#13;
92 d’ordre qu’on apporte en canada. Je ne m’en prends&#13;
93 pas a vous, Je Suis persuadé que Si vous estiez en etat&#13;
94 d’agir par vous mesme, et vous mesler du temporel,&#13;
95 Je ne Serois pas poussé a bout co’e Je Suis, et hors d’etat&#13;
96 de vous rien envoier, mais trop de personnes S’en&#13;
97 meslent pour que les choses aillent bien M’gr Lancien&#13;
98 M de Berniere, M BuiSSon, M Soumande, chacun&#13;
99 de vos magasiniers &amp;. Tous ces Mess.rs tirent de&#13;
100 leur costé, et personne ne Se met en peine d’ou&#13;
101 largent viendra. Co’e Je Suis dune tres foible vertu,&#13;
102 Je vous avoüe que Je me Suis veu poussé a bout&#13;
103 quand J’ay lu qu’au lieu de menvoyer des fonds&#13;
104 de quoy macquiter et faire des factures, on me&#13;
105 retenoit en canada les 2000.# des prestres hors detat de&#13;
5.&#13;
&#13;
Surtout en touchant&#13;
en Canada les 2000&#13;
des prestres usez&#13;
&#13;
106 Servir, on me tiroit p.r cinq mil livres de lettres de&#13;
107 change et on m’adressoit une facture plus grosse ou&#13;
108 du moins aussi forte qu’a lord.re, Et puis vous me&#13;
109 marquéz Nous n’y pouvons rien retrancher, Si vous&#13;
110 obmettez quelq.’ chose, Nous Souffrirons beaucoup Jugez&#13;
111 quel beau plaisir J’ay, de me voir forcé de vous&#13;
112 retrancher n’on pas une partie de vos factures mais&#13;
113 tout, par limpossibilité ou je Suis de les acquitter.&#13;
114 Car enfin quelle aparence y avoitil que Je pusse&#13;
115 le faire; Je vous envoiois lan passé un compte par&#13;
116 lequel Je me voiois en avance p.r vous deplus de Six&#13;
117 mil livres Sans conter prez de quatre mil livres que&#13;
118 Je devois a M Grignon p.r Sa facture; Je ne voiois&#13;
119 point d’autre fonds que les 2000.# desprestres hors detat de&#13;
120 Servir, et les 4000.# de M’gr Lancien bien ou mal&#13;
121 paiez avec environ p.r 12. ou 1500.# de revenu tant&#13;
122 de lhotel de ville, que des particuliers et des benefices.&#13;
123 Cela est bien esloigné encore de dix mil livres.&#13;
124 Quelle apparencedonc que Jepusse vous rien faire&#13;
125 toucher, et emploier en factures encore moins&#13;
&#13;
�126 payer des lettres de change Je vous avoüe&#13;
127 que cela m’a fort decouragé, et J’eusse bien&#13;
128 mieux aymé estre confiné dans le moindre petit&#13;
129 coin de mission que de me voir chargé de ces&#13;
130 ambaras.&#13;
131 Nos Mess.rs vouloient que Jene vous envoiasse&#13;
132 rien de cette année et qu’au plus Je me reduisisse&#13;
133 a payer vos lettres de change, et en verité cest mesme&#13;
134 plus que Jene puis faire, Cependant J’ay tasché&#13;
6.&#13;
&#13;
135 a faire plus car J’ay resolu de vous envoier les&#13;
136 estofes Noires et bleües quelq.’ fil et quelques&#13;
137 merceries que vous eussiez eup eine a trouver&#13;
138 en canada, quelques autres necessitéz qui ne&#13;
139 laissent pas de monter Selon le memoire que&#13;
140 Jenay fait a plus de 2500.# outre que quelq.’ vin&#13;
141 p.r les messes et de la cire que J’ay prié Mons.r&#13;
142 Grignon de vous envoier. voila tout ce que&#13;
143 J’ay pu faire, encore me trouveraije en&#13;
144 avance p.r le moins d’autant que l’an paSSé,&#13;
145 et Si plus.rs personnes ne m’avoient mis p.r plus&#13;
146 de quatre ou cinq mil livres entre les mains p.r&#13;
147 me prier de les employer Sans qu’ils en perdissent&#13;
148 la diminution Je n’aurois pu faire p.r vous ce&#13;
149 que J’ay fait. mais vous voiez bien que ce Sera&#13;
150 un fonds quil me faudra trouver lannée&#13;
151 prochaine et que Je ne Scay ou Je prendray. Jl&#13;
152 Semble que Je Sois fait p.r vivre d’Jndustrie, et&#13;
153 conserver mon credit. Quoi que vous naiez garde&#13;
154 de me laisser aucun fonds Je n’ay pas laissé&#13;
155 d’établir Si bien mon credit par tout Paris par&#13;
156 quantité dautres affaires qui me passent par les&#13;
157 mains que Si Javois besoin de vingt mil escus&#13;
158 chez les marchands Je les trouverois, mais Je&#13;
159 tasche a mettre ordre a mes affaires, et a ne&#13;
160 laisser jamais de dettes au bout d’une année,&#13;
161 car Sans cela Je Serois perdu.&#13;
162 Croiriez vous Mon Sieur qu’en contant vos&#13;
163 affaires, celles du chapitre et des hospitalieres,&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
164 Du Sem.re de Paris etdes missions dont une&#13;
165 partie me passe par les mains parceque lon me&#13;
166 trouve plus aisement que Nos MeSS.rs, des benefices&#13;
167 de M L. De Lionne etde quelques autres de Nos&#13;
&#13;
�168 Mess.rs dont Je prends Soin, et enfin de quelq.’&#13;
169 particuliers aqui Jenepuis refuser de faire&#13;
170 plaisir Jl me passe par les mains pour plus de&#13;
171 Soixante et dix mil livres dargent tous les ans&#13;
172 parles mains. Jl faut bien de lattention p.r ne&#13;
173 Se pas brouiller dans toutes ces affaires, et en verite&#13;
174 J’en ay plus que Je n’en puis faire, et Jecherche le&#13;
175 plus que Je puis a m’en debarasser.&#13;
176 M’gr Lancien m’escrit que Si Jenepuis avoir&#13;
177 assez de fonds p.r acquiter Ses lettres de change Je&#13;
178 dois aliener les rentes de lhotel de ville Jl ne&#13;
179 voit pas que cela n’est pas Si aisé quil pense. Car&#13;
180 1.e p.r aliener un fonds Jl faut trouver gens qui&#13;
181 le veüillent acheter, et on n’en trouve dordinaire&#13;
182 qu’en perdant et Souvent aSSez considerablem’&#13;
183 deSSus. 2.e Ceux mesme qui acquierent degens demain&#13;
184 morte veulent une Seurete demploy. Ce n’en est pas&#13;
185 une p.r eux quedepayer deleur argent des lettres de&#13;
186 change. 3.e Jl S’est presenté cette année une occasion&#13;
187 que Le Roi a offert le remboursem’ mais c’estoit&#13;
188 avec une grosseperte, puisqu’on nepayoit ceux aqui&#13;
189 l’on remboursoit qu’en especes telles qu’elles&#13;
190 valoient avant aucune diminution, cela alloit&#13;
191 a prez dudixieme, de plus on ne remboursoit pas&#13;
192 agreablem.’ aux Comm.téz et cestoit faire dela&#13;
193 peine au ministre que de demander Son remboursem’&#13;
8.&#13;
&#13;
194 Mons.r Glandelet pour qui le temporel n’est&#13;
195 rien me mande que Je paieray les lettres de&#13;
196 change Sur les gratifications qui nous Seront&#13;
197 accordéez p.r missisipi; Je crois quil a voulu&#13;
198 railler a Son ordinaire. cependant cela Se&#13;
199 trouvera plus vray quil n’a penSé. a la verité&#13;
200 Cest contre mon attente. Je n’esperois rien. Nous&#13;
201 navons pas laissé de donner aM Larch. de Paris&#13;
202 la lettre de M’gr Lancien et de M. LEveque de Q.&#13;
203 Ce Prelat toujours attentif a nous faire plaisir&#13;
204 nous demanda Si nous en avions donné une a M&#13;
205 dePont chartrain, et que cela estoit absolum’&#13;
206 Necess.re (Je crois que vous Scavez lechangem’&#13;
207 qui S’est fait dans cette famille, Le Pere a eté fait&#13;
208 chancelier et le fils ministre et Secretaire d’Etat&#13;
209 p.r lamarine) Nous dismes a M. Larch. que Nous&#13;
210 Navions pas de lettres de Nos deux Prelats&#13;
&#13;
�211 p.r lui, mais que Javois des BlancSignéz de Mgr&#13;
212 Lancien et que Nous pouvions lui en faire une&#13;
213 Jl nous le conseilla et nous promit d’en&#13;
214 parler au Roi apres quil en auroit conferé avec&#13;
215 M de Pont chartrain quand Jl auroit receu&#13;
216 Sa lettre, Je la fis et M L. de Brisacier eut&#13;
217 la bonté de la rendre et de la bien recommender.&#13;
218 Le ministre battit froid Sur ce point quoy quil&#13;
219 Soit assez bien disposé p.r M L. de Brisacier,&#13;
220 mais co’e Jl est aSSez porté p.r les Jesuites Nous&#13;
221 crusmes quil ne favoriseroit pas cette demande.&#13;
9.&#13;
&#13;
3000#&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
222 Nous lavions cet esté fait prier de demander&#13;
223 p.r nos missions de misissipi lorsq.’ M DJberville&#13;
224 rendit compte au Roi de Sa descouverte, mais&#13;
225 co’e M DJberville navoit raporté a la cour rien&#13;
226 qui p’ust faire prendre la resolution d’y establir&#13;
227 une colonie, M De Pont chartrain nous avoit&#13;
228 fait reponse que Le Roi naccorderoit rien&#13;
229 qu’on ne vist apparence d’y faire un Etablissem’&#13;
230 Jl nous accorda Seulem.’ lepaSSage dans le&#13;
231 vaisseau de M D’Jberville p.r un miss.re Si nous&#13;
232 y en voulions envoyer. mais celui Sur qui nous&#13;
233 avions jettéz les yeux qui est cet Ecclesiastique de&#13;
234 la comm.té S.t Pierre dont Je vous avois escrit l’an&#13;
235 passé Seigna du Nez quand Jl fallut fondre la&#13;
236 cloche; Nous n’avons donc guere esperé de&#13;
237 rien obtenir qu’au retour de M D’Jberville, que&#13;
238 nous attendons vers le mois deMay ou de Juin,&#13;
239 Cependant Nous venons daprendre que Le Roi&#13;
240 a eu la bonté de Nous accorder trois mil livres&#13;
241 p.r les missions de misissipi; Je regarde cette&#13;
242 faveur co’e tres considerable par raport a l’etat&#13;
243 ou Sont Ses finances. Cela vous encouragera&#13;
244 dans cette entreprise, et Si a ces mil escus,&#13;
245 Nous y pouvions joindre quelq.’ pension du&#13;
246 clergé dont lassemblée Se doit tenir au&#13;
247 vingt cinq de may prochain, a la quelle Nous&#13;
248 comptons de donner un petit memoire, Je Suis tres&#13;
249 persuadé que lon Seroit bien enétat de Soutenir ces&#13;
250 missions. mais nos Mess.rs croyent que ces 3000.&#13;
251 ne Sont qu’une gratification paSSagere; Jl faut&#13;
252 esperer que Le Roi aura la bonté de la continuer,&#13;
&#13;
�253 et c’est ceque Nos Mess.rs tascheront dobtenir&#13;
254 Nous prevoions que les Jesuites pouront feront&#13;
255 cequils pouront p.r nous traverser en cette&#13;
256 entreprise, et Nous lejugeons par tout le mouvem’&#13;
257 quils Se Sont donnez p.r la mission des Tamarois.&#13;
258 Car Jls ont agi dans cette aff.re co’e Si nous&#13;
259 eussions voulu les depouiller des biens qui leur&#13;
260 fussent leplus acquis. Jls ont conçeu une Jalousie&#13;
261 contre M. S.t Cosme, et M. de Montigni et M.&#13;
262 Bergier qui ne fera que S’augmenter et Je Suis tres&#13;
263 persuadé que cette Jalousie n’est fondée que Sur&#13;
264 ce que ces personnes ont du merite, et Sont capables&#13;
265 de Se passer d’eux, car voila ce quils ne Scauroient&#13;
266 Souffrir. Je naurois pu croire que les PP. Bouvart&#13;
267 cholence, Gravier Bineteau eussent écrit co’e Jls&#13;
268 ont escrit a M de Denonville et au P. de la chaize&#13;
269 de cette aff.re des Tamarois. Nos Mess.rs avoient&#13;
270 cru ne pas devoir trop S’entester de cette aff.re&#13;
271 veu que Nous en avons d’autres bien plus Jmpor&#13;
272 tantes aleur contester Sur les quelles nous gardons&#13;
273 le Silence, Comme Nous vismes que M. Le&#13;
11.&#13;
&#13;
274 marquis de Denonville Sous pretexte de&#13;
275 conserver la paix entre Nos Maisons Se donnoit&#13;
276 tant de mouvem’ p.r cette affaire, mais eneffet&#13;
277 p.r faire emporter aux Jesuites tout ce quils veulent,&#13;
278 Nous crusmes devoir renvoier laff.re a regler&#13;
279 entre vous autres Sur les lieux, en disant que Nous&#13;
280 escririons en canada que Si ce poste ne nous&#13;
281 estoit pas d’une absolue necessité nous prierions&#13;
282 nos Mess.rs p.r le bien de lapaix de le ceder&#13;
283 aux Jesuites, Bien entendu que Si nous ne pouvions&#13;
284 nous en passer p.r le Soutien et la correspondance&#13;
285 de Nos missions les Jesuites auroient assez de&#13;
286 charité p.r nous Ceder le pretendu droit quils&#13;
287 vouloient y avoir.&#13;
288 Cequi obligea nos M.rs de prendre ce parti fut la&#13;
289 vivacité avec laquelle et M de Denonville, et le R. P.&#13;
290 Lamberville parloient decette aff.re et la contrarieté&#13;
291 qui Se trouvoit entre ce que nos mess.rs de misissipi&#13;
292 mandoient des Tamarois et le Jesuites en escrivoient&#13;
293 car Nos m.rs veulent que ce Soient deux peuples&#13;
294 differens, les Jesuites veulent que ce neSoit qu’un&#13;
295 mesme peuple, qui vivent ensemble qui font leurs&#13;
&#13;
�296 champs ensemble, qui chassent ensemble, qui Sallient&#13;
297 ensemble; Nos M.rs veulent que le P. Gravier&#13;
298 n’y ait eté que cinq Jours, les Jesuites veulent&#13;
299 que le P. marquez y ait demeuré, le P. Gravier&#13;
300 Sejourné longtemps, le P. Bineteau passé plus.rs&#13;
301 hyvers. Nos m.rs veulent quil ny eust quand Jls&#13;
302 y Sont arrivez que deux ou trois familles Xtiennes&#13;
12.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
303 et les Jesuites pretendent quil y a plus de 300.&#13;
304 chrestiens que le P Bineteau estoit prest d’y aller&#13;
305 quand Nos m.rs y Sont arrivez.&#13;
306 mais cequi obligea le plus nos M.rs a vous renvoier&#13;
307 cette aff.re est quils ont esperé que par le delay et le&#13;
308 retardem.’ cette affaire deviendroit meilleure p.r&#13;
309 nous, Nos m.rs y estant establis, Je vous conseille&#13;
310 une au’ fois de ne pas renvoier davantage&#13;
311 daff.es a regler entre les Jesuites et Nous en france,&#13;
312 Elles en deviendront plus mauvaises. Jl faut&#13;
313 recommender fort a Nos m.rs de misissipi de&#13;
314 nepas leur faire de mauvaise difficulté, de&#13;
315 Souffrir mesme dans les commencemens diverses&#13;
316 contradictions Sans Se plaindre et Saygrir, car&#13;
317 Jl faut nous attendre que ces PP. pouront&#13;
318 chercher Noise dans les commencemens, mais quand&#13;
319 Jl Sagira de Se conserver dans les postes quils&#13;
320 ont occupez de S’y Soutenir avec fermeté puisquils&#13;
321 ont lauthorité legitime de M LEvesque de Quebec.&#13;
322 Je leur conseille mesme de faire leur possible p.r Se&#13;
323 passer des Jesuites p.r la correspondance, et Surtout&#13;
324 de ne pas aller chez eux a missilimachina ny&#13;
325 aux Jlinois n’y de ny envoier point leurs gens&#13;
326 Sils peuvent, car rien n’est plus bas queles&#13;
327 reproches quils font davoir receu nos m.rs dans&#13;
328 ces lieux et de n’en avoir que de l’ingratitude.&#13;
329 Jls ont produit un certificat devant Not.re a&#13;
330 montreal d’un coureur de bois qui dit que les&#13;
331 Tamarois Sont Jlinois et que les Jesuites y ont&#13;
332 beaucoup de chrestiens. Jls raportent encore&#13;
333 que M. des Jllettes parent deM. de Tonti a&#13;
334 dit aM S.t Cosme que ce nestoit pas bien de ravir&#13;
335 le bien dautruy en Semparant des Tamarois. Jls&#13;
336 veulent encore que M. de Tonti a resolu de bastir&#13;
337 une chapelle aM. de montigni au fort des Jlinois&#13;
&#13;
�338 ce que Nous leur avons declaré que Nous n’approu=&#13;
339 =verions pas p.r nepas porter la faucille dans&#13;
340 le champ dautrui. Les Jesuites ne Sont pas contens&#13;
341 de M.r de Tonti et la forest, et Je Suis persuadé&#13;
342 quils n’ont pas contribué a procurer une&#13;
343 compagnie a M de Tonti. Nos M.rs ont&#13;
344 tasché de rendre d’eux un bon temoignage a&#13;
345 M. de Pont chartrain.&#13;
346 Jl me paroist que le projet de M Charron de&#13;
347 destablir une compagnie qui ait des barques Sur&#13;
348 les lacs Seroit des plus vtiles p.r le Soutien de Nos&#13;
349 missions et p.r nous tirer de la Sujettion des&#13;
350 Jesuites. Je croy que vous devez appuyer cette&#13;
351 affaire le plus que vous pouvez.&#13;
352 Nous Sommes dans une facheuse chryse avec&#13;
353 les R. R. &amp; PP. au Sujet des ceremonies chinoises&#13;
354 Jls Se Sont declarez contre Nous par des Jmpriméz&#13;
355 et Nous Serons obligez dele faire contre eux.&#13;
356 mais Nous avons un autre dessein qui Sil&#13;
357 reussit Sera bien plus Jmportant et fera un&#13;
358 plus grand esclat. vous Scavez que Le R. P. de&#13;
359 Rhodes proposa a nos 1.ers mess.es daller dans ces&#13;
14.&#13;
&#13;
360 missions p.r y former un clergé du pays; Nos M.rs&#13;
361 y furent dans ce deSSein Jls y ont travaillé mais&#13;
362 les divisions et les revoltes des xx. Portugais les&#13;
363 ont empesché de reuSSir en plus.rs endroits. Jls ont&#13;
364 mesme usé dadresse a Rome p.r ruiner ce dessein&#13;
365 en y jettant de la Jalousie et faisant craindre aux&#13;
366 Romains que Nous voulions establir une mission&#13;
367 Nationale, Si bien que le S.t Siege nous a changé nos&#13;
368 vicariats aptiques depuis quelq.’ temps ce quî ruine&#13;
369 le projet dun clergé Seculier. Nos Mess.rs ont&#13;
370 resolu de dresser un memoire p.r presenter au&#13;
371 Pape et mesme a lassemblée du clergé p.r faire&#13;
372 voir la necessité de ce clergé Seculier. les moiens&#13;
373 quil faut prendre p.r y parvenir, les obstacle&#13;
374 quils y ont trouvé (et c’est Sur ces obstacles quils&#13;
375 doivent parler des divisions des Jesuites et produire&#13;
376 des choses qui quelques moderéez quelles Soient leur&#13;
377 deplairont infiniment) et nous nous offrons de&#13;
378 nous reduire a quatre vicariats aptiques, l’un a&#13;
379 Siam lautre a la cochinchine un au Tonquin,&#13;
380 et un a la chine, dans une des quinze provinces,&#13;
&#13;
�381 aulieu de Sept vicariats que Nous avons a presen[t,]&#13;
382 pourveu quon nous y laisse une centaine dannéez&#13;
383 de Suite, et que Nous y aions pend.t ce temps la une&#13;
384 jurisdiction qui ne Soit pas contestée, et nous promettons&#13;
385 de laisser ces vicariats et tous les establissemens que Nous&#13;
386 y aurons fait dez que nous y aurons formé un&#13;
387 clergé ceque nos Mess.rs esperent faire en cent&#13;
388 ans, et daller en dautres provinces ou Royaumes faire&#13;
15.&#13;
&#13;
389 le mesme bien.&#13;
390 Comme Nous avons eu pend.t toute lannée icy quatre&#13;
391 anciens miss.res des Jndes, Scavoir M de Cicé que&#13;
392 l’on a fait Succeder a M de metellopolis a Siam, et nous&#13;
393 en avons toutes les Bulles, mais elles ne Sont pas&#13;
394 arrivéez avant le depart des vaisseaux, Si bien quil&#13;
395 restera encore cette année avec Nous, M. Labbé qui&#13;
396 est aussi nommé vicaire aptique de cochinchine, et&#13;
397 M. de la vigne qui estoit n’re procureur ala Coste&#13;
398 de coromandel, et M. Pocquet qui est revenu l’esté&#13;
399 passé Nos Mess.rs ont travaillé tout lhiver a&#13;
400 des reglemens p.r ces missions qui establissent&#13;
401 quelq.’ uniformité entre elles, mais Jl a fallu faire&#13;
402 ces reglemens uniquement p.r eux, car Jls n’ont pas&#13;
403 voulu quil y eust aucune relation avec nos&#13;
404 missions de Canada, Jls ont tous conceu un fonds&#13;
405 de peine de ceque le Sem.re de Paris estoit uni avec&#13;
406 celui de Canada, et avoit correspondance en&#13;
407 Perse, Jls auroient voulu que ce Sem.re neust esté&#13;
408 qu’a eux et p.r eux, et Je les ay trouvé Sur cela&#13;
409 dans des Sentimens qui ne Sont pas aussi parfaits&#13;
410 quils devroient ce me Semble estre; Nos Mess.rs&#13;
411 de Paris ont eu beau leur representer ce quils en&#13;
412 pensent Jls ont conceu de mesme une Si grande&#13;
413 defiance du Sem.re de Paris co’e Sil vouloit dominer&#13;
414 Sur leurs missions dont Jls veulent que lauthorité&#13;
415 Soit renfermée dans la personne des vicaires&#13;
416 aptiques, que Nos Mess.rs n’ont pu les en faire revenir&#13;
417 on a donc fait des reglemens qui co’e Je croy ne&#13;
418 Seront pas executéz par cequils ont leur difficulté&#13;
419 Je n’ay pu encore en tirer une copie p.r vous envoier,&#13;
420 parceque l’on n’a pas encore arresté certains&#13;
421 principaux articles qui Sont demeurez en Suspens.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
422 Ces affaires nous ont pris cet hyver un temps Jnfini&#13;
&#13;
�423 Jl a fallu faire des aSSembléez continuelles. Nos&#13;
424 Mess.rs ont esté pend.t plus de trois mois presque&#13;
425 toujours a la campagne et moy obligé de rester&#13;
426 au logis cequi ne m’a pas donné peu doccupation&#13;
427 Nous vous avertissons de prendregarde ace que vous&#13;
428 escrivez aM De Denonville, car vous devez conter&#13;
429 quil ne cache rien en 1.er lieu aux Jesuites, en 2.e lieu&#13;
430 a M L. de Pre fontaines qui en Jnstruit M. de la&#13;
431 Palliere.&#13;
432 Je nay eu garde de dire a M de la Palliere que l’on Se&#13;
433 plaignoit que tout ce qui lui estoit dit estoit raporté&#13;
434 a M’gr de Quebec, mais M de Denonville le lui a dit,&#13;
435 et Nos Mess.rs ont cru devoir Sexpliquer avec lui&#13;
436 fortement Sur ce quil avoit mandé a M’gr de Q. quil&#13;
437 Se donnast de garde de revenir en france, parceque&#13;
438 co’e on n’y estoit pas content de Sa conduite, on ne le&#13;
439 laisseroit pas retourner en canada. M. de la Palliere&#13;
440 Sest excusé davoir mandé ces choses pretendant ne&#13;
441 lavoir pas fait en ce Sens. J’ay esté fasché que Nos&#13;
442 Mess.rs lui ayent fait cette ouverture, en lui faisant&#13;
443 connoistre que quoique nous neussions rien en&#13;
444 particulier a nous plaindre du Prelat nous ne&#13;
445 laissons pas de voir quil renversoit tout le bien&#13;
446 de cette pauvre Eglise, Je crains que M de la Palliere&#13;
447 quelque promesse quil ait fait de n’en rien croire&#13;
448 Ne mande toutes choses et peut estre plus fortem.’&#13;
449 quelles ne Sont en effet.&#13;
17.&#13;
&#13;
450 La mort de M. du Bos, mais encore plus cellede&#13;
451 M Thuri m’a fort touchée, Je voudrois mourir&#13;
452 co’e lui, mais helas Jl faudroit vivre coe lui.&#13;
453 on ne gouste pas cette ceremonie quil fit faire&#13;
454 a Ses Sauvages, cepend.t p.r nous qui leconnoissions&#13;
455 on voit que c’est dans un esprit depenitence et de&#13;
456 mortification quil a voulu pratiquer cette ceremonie&#13;
457 Je necroy point M. Maudoux propre a cette&#13;
458 mission, et Jl faut que vous jettiez les yeux Sur&#13;
459 quelq.’ autre, Jescris mesme a M Maudoux que Je&#13;
460 lui conseille de quitter entierem.’ Laccadie. ces&#13;
461 M.rs sont Si prevenus contre lui, Sur ce quils croyent&#13;
462 et Sur de bons temoignages quil leur est aSSez&#13;
463 difficile de nepas croire que M. maudoux Sous&#13;
464 pretexte d’en vouloir a M. vilbon fait Son possible&#13;
465 p.r descrier et ruiner leur compagnie, en degouste&#13;
&#13;
�466 les peuples; Peu S’en est fallu quils n’ayent demandé&#13;
467 une lettre de cachet p.r le rapeller en france. Jls Sont&#13;
468 choquez de cequil S’eschape et ne paroist jamais&#13;
469 a Portroial lorsq.’ vilbon y va, et Jl fut l’esté&#13;
470 paSSé audevant d’un commissaire qui y fut&#13;
471 dans le vaisseau de Roi en Surpelis et en Estole,&#13;
472 et lequalifia de liberateur du pays, fit degrandes&#13;
473 plaintes de la compagnie. M. Le marquis de&#13;
474 chevri qui paSSe p.r un fort honneste homme me&#13;
475 montra ces jours passez des temoignages des officier[s]&#13;
476 des vaisseaux qui ont esté en ces quartiers la depuis&#13;
477 deux ou trois ans qui tous disent que les Prestres Sont&#13;
478 trop opposez ala compagnie et ne la Scauroient Souffrir.&#13;
18.&#13;
&#13;
479 Jl est facheux de voir cet esloignem.’ ces Mess.rs&#13;
480 apres tout ont lauthorité roiale et il la faut&#13;
481 respecter en eux, Jl Seroit a Souhaiter que nous&#13;
482 pussions avoir a Laccadie quelq.’ Ecclesiastique qui&#13;
483 eust la confiance de M Le marquis de chevri p.r&#13;
484 establir la un clergé Seculier, J’en escris a M Petit,&#13;
485 Je vous prie de lire les veües que Jelui propose,&#13;
486 Si vous y entriez vous nauriez qu’a envoier&#13;
487 une personne p.r prendre ma place, et nous&#13;
488 envoier a Laccadie M. Petit et LEcclesiastique&#13;
489 qui va cette année en canada, et Nous tacherions&#13;
490 d’y faire du bien&#13;
491 Deux choses me font quelq.’ difficulté dans&#13;
492 LExecution deceprojet. la 1.ere que Je ne Scay Sil&#13;
493 feroit bon p.r moy d’aller travailler en ces pays&#13;
494 la Sous lajurisdiction de M LEvesq.’ apres les peines&#13;
495 que J’ay pu lui faire; la 2.de que Je ne Scay Si nos&#13;
496 deux mess.rs de Paris Seroient bien contens que Je&#13;
497 quittasse; cepend.’ Je leverois la 1.re difficulté&#13;
498 Si vous jugiez que je ne dusse pas marrester a&#13;
499 la 2.de; Nos Mess.es a la verité Sont bienaises de&#13;
500 navoir pas de visages nouveaux et davoir des&#13;
501 personnes qui ne Soient pas tout a fait neuves dans&#13;
502 les aff.res parceque les Notres ont de Si grandes&#13;
503 relations, qu’on n’y est pas fait tout d’un coup&#13;
504 mais Jespererois qu’en menvoyant une&#13;
505 personne cet automne Je linstruirois lhyver et&#13;
506 le preprarerois a me Succeder. apres tout Jl&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
507 faudra bien menvoier quelqu’un tost ou tard,&#13;
&#13;
�M.r Calon.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
M. Bergier&#13;
&#13;
508 et Jl me Semble que Jaymerois mieux que ce&#13;
509 fust tost que tard parceq.’ Jespere que vous ne&#13;
510 voudrez pas me laisser mourir dans un Si&#13;
511 pitoyable employ que celui cy. Je vous avoüe&#13;
512 que J’ay conceu depuis Six mois plus que Je n’ay&#13;
513 encore fait lobligation de passer a ce terrible&#13;
514 paSSage et Jen ay eu de forts preSSentimens.&#13;
515 vous n’avez pas fait attention ace que Je vous&#13;
516 avois mandé l’an passé de M. Guay. Jl n’estoit&#13;
517 nullem.’ propre a aller aux mines, et vous&#13;
518 deviez plutost le mettre a charle bourg et envoier&#13;
519 M Doucet aux mines; Je vous conseille mesme&#13;
520 de l’en retirer et de le rapeller aupres de vous.&#13;
521 Ce Sera un bon Ecclesiastique Sil est Soutenu,&#13;
522 mais Je ne voudrois pas repondre de lui Sil estoit&#13;
523 entierem.’ Sur Sa bonne foy co’e on y doit estre aux&#13;
524 mines. Pensez y, Je ne puis vous mander tout&#13;
525 ce que J’en pense Je ne pourois vous le dire&#13;
526 que de bouche. J’aurois plus fait de fonds Sur M Le&#13;
527 voyer quoiquil fust bien Jeune prestre.&#13;
528 Nous vous envoions cette année un Prestre dont Je&#13;
529 croy que vous Serez contents. Jl nous paroist un&#13;
530 bon Sujet; Jl est aceq.’ J’ay oui dire un peu parent&#13;
531 de M de meaux qui lui avoit donné un Canonicat&#13;
532 dans Sa cathedrale, Jl l’a resigné p.r une chapelle&#13;
533 quil a qui vaut quatre oucinq cent livres, ainsy&#13;
534 co’e vous voiez Jl ne Sera pas bien a charge et est&#13;
535 d’une humeur fort douce et cherche a bien faire&#13;
536 Sil avoit esté plus jeune, peutestre ne l’aurions nous&#13;
537 pas eu p.r nos missions. Je vous conseillerois ou&#13;
538 de le retenir p.r travailler a Quebec co’e vicaire,&#13;
539 ou p.r estre dans la coste de Beaupré. Mais Jl Seroit&#13;
540 bon quil nous pratiquast quelq.’ année.&#13;
541 Nos Mess.rs ont esté bienaises que vous aiez&#13;
542 associez M. Bergier; Jl faut esperer que Dieu en&#13;
543 tirera Sa gloire. Co’e Jl est Sage et moderé, Jl ne Se&#13;
544 fera pas de mauvaises affaires avec les Jesuites, mais&#13;
545 aussi ne Sera til pas dhumeur a ramper devant&#13;
546 eux co’e Jls voudroient voir tous les EcclesiaSsiques.&#13;
547 M. De Denonville et les PP. Jesuites ont repandu icy&#13;
548 par tout Sur les lettres de M Prevost et dautres que&#13;
549 vous et M Glandelet en un mot tout le Sem.re&#13;
550 perdoient la confiance de tout le peuple, et&#13;
&#13;
�551 nestoient mesme regardez quavec mepris parceq.’&#13;
552 vous donniez dans les veües de Mgr de Q. et l’authorisiez&#13;
553 dans la peine quil a fait aux Jesuites aux hospitalieres&#13;
554 et aux autres. C’est Sur cela que nos M.rs touchez&#13;
555 decequ’on leur disoit que M. Glandelet n’estoit plus&#13;
556 aymé co’e auparavant quils crurent devoir Sen&#13;
557 ouvrir a M De la Palliere; Jl est bon que vous&#13;
558 en Scachiez le Sujet afin que Si M’gr de Quebec&#13;
559 Sen plaint vous Soiez en etat de lui dire que ce&#13;
560 n’est point Sur ce que vous nous avez escrit, mais&#13;
561 Sur ce qui est revenu a nos Mess.rs deplus.rs Seculiers&#13;
562 que nos Mess.rs de Q. Se faisoient hayr et mepriser&#13;
563 parce quils paroissoient donner dans Ses veües, qu’ils&#13;
21.&#13;
&#13;
M. Erberie&#13;
&#13;
564 ont parlé co’e Jls ont fait a M. dela Palliere, et&#13;
565 non pas Sur des plaintes quaucun de vous lui ait fait&#13;
566 de Sa conduite&#13;
567 M. Erberie m’a escrit p.r me demander Si l’on vouloit&#13;
568 le laisser retourner en canada ou le recevoir au Sem.re&#13;
566 Je lui ay conseillé de rester en Ses quartiers, et co’e&#13;
570 M LEvesq.’ de Toul nous en a demandé des Nouvelles&#13;
571 Nos M.rs en ont rendu un temoignage avantageux,&#13;
572 et Je le lui ay mandé, Jespere quil entrera aupres&#13;
573 dequelques enfans de Qualité en alsace&#13;
574 Je vous ay envoié cette année les cent aunes&#13;
575 destofes bleues que vous avez demandéez et&#13;
576 meilleures que vous n’en avez encore receues&#13;
577 aussibien que les estofes a Soutanne mais elles&#13;
578 coutent bien cher les unes et les autres. cest ce&#13;
579 que vous recevrez de plus net avec des bas et&#13;
580 des chapeaux.&#13;
581 Je vous avoüe que Je ne puis vous dire ce que Je&#13;
582 pense du mauvais estat de Notre temporel,&#13;
583 parceq.’ Je crains que cette lettre ne tombe en&#13;
584 dautres mains qu’en les votres. Je vois bien&#13;
585 avec vous quil faut patienter, mais Je nepuis&#13;
586 mempescher depenser que Notre temporel iroit&#13;
587 mieux, Si vous vous en mesliez et Sil y avoit&#13;
588 moins de personnes qui Sen meslaSSent.&#13;
589 J’ay oublié de vous marquer en vous parlant&#13;
590 de Laccadie que M’gr m’avoit remis Seulem.’&#13;
591 onze cent livres p.r laccadie par M de la Palliere;&#13;
592 De ces onze cent livres. J’en ay retenu trois cent&#13;
&#13;
�22.&#13;
&#13;
593 co’e vous me lavez mandé p.r M. Rageot que&#13;
594 vous avez habillé. J’en ay compté 300.# p.r M.&#13;
595 Gaulin, et J’en ay envoié cinq cent a M.rs Maudou&#13;
596 et Guay conjointem.’ en estofes et toiles quils mont&#13;
597 demandé et en argent que Je leur ay fait remettre&#13;
598 M’gr en a fait retenir 400.# p.r les Recollets quil&#13;
599 équipe avant nos miss.res&#13;
600 Les 2000.# accordez p.r LetabliSSem.’ De la mission de&#13;
601 M. Thuri, et Sur les quels M. de la Touche avoit reservé&#13;
602 300.# p.r M. Thuri Sont encore a la disposition de M.&#13;
603 Begon qui les remettra en effets au miss.re qui Sera&#13;
604 appliqué a cette mission, mais Jl faut une autre&#13;
605 personne que M. maudoux p.r cela. Nous ne&#13;
606 nous So’es pas pressez d’en escrire aM Begon&#13;
607 Jusqu’a ceque nous y voions un miss.re capable de&#13;
608 reprendre le dessein de M. Thuri et de le Soutenir.&#13;
609 Vous ne Scauriez croire combien ceque M’gr a&#13;
610 fait aux Hospitalieres la decrié dans les Bureaux&#13;
611 et partout. Jl passe partout p.r un brouillon&#13;
612 qui porte la division par tout, et cequil y a en&#13;
613 cela de bon p.r ces Relig.ses et p.r nous c’est qu’on na&#13;
614 point fait ces Jugemens delui Sur nos plaintes&#13;
615 et Sur celles des hospitalieres, qui n’ont escrit a&#13;
616 personne, hors a M de la Touche une petite&#13;
617 lettre dhonnesteté accoutumée p.r leprier de leur&#13;
618 continuer Sa bienveillance, mais Je n’ay point&#13;
619 produit a la cour de memoire de leur part et&#13;
620 ne les ay fait parler en aucune maniere, mais&#13;
621 Je Scavois que tant de gens parloient p.r elles que Jay&#13;
622 creu faire leurs affaires que de ne les point commettre&#13;
&#13;
23.&#13;
&#13;
623 C’est ce qui leur doit faire plaisir dans ceque&#13;
624 l’on a reglé contre lhopital g’nal que le Roi&#13;
625 dans Son conseil a fort desapprouvé, car Mgr&#13;
626 ne peut Se plaindre que les Relig.ses Se Soient&#13;
627 plaintes de Sa conduite, elles n’ont dit mot, elles&#13;
628 ont Souffert avec patiance, et Dieu a pris leur&#13;
629 cause en main et les a defendües.&#13;
630 Je vous ay deja ce me Semble escrit que J’ay&#13;
631 obtenu le paSSage d’un miss.re et de trois engagéz&#13;
632 dans le vaisseau de Roi. c’est p.r quoy Je fais&#13;
633 partir demain M. Calon p.r arriver a la&#13;
634 Rochelle avant le dix de may. et J’ay fort prié&#13;
635 M Grignon de Nous trouver trois engagez p.r&#13;
&#13;
Mr Calon&#13;
&#13;
�636 mettre Sur ce vaisseau; on ne trouve pas aisem’&#13;
637 de ces engagez en france vers la Beauce ni autour&#13;
638 de Paris. Je vous envoye auSSi le Neveu du frere&#13;
639 hubert que vous avez voulu que Je fiSSe paSSer.&#13;
640 Cet enfant est encore trop jeune et trop faible;&#13;
641 a cela prez c’est un fort bon enfant qui a une&#13;
642 bonne volonté et dont Je croy qu’on Sera content&#13;
643 Sil arrive a Quebec en bonne Santé, mais Jl est&#13;
644 fort foible&#13;
645 Vous avez vos peines dans votre charge et dans&#13;
646 letat ou vous voiez nos affaires vous ne doutez&#13;
647 pas que Je n’aye les miennes Sans avoir votre vertu&#13;
648 et votre pieté p.r les Santifier. Nos Mess.rs ont les&#13;
649 leurs a Paris; Elles Sont differentes des votres, car&#13;
650 Nous vivons par la grace de Dieu dans une grande&#13;
651 paix dans le Sem.re et dans une entiere correspondance&#13;
24.&#13;
&#13;
652 p.r nos affaires du Sem.re de Paris et mesme des&#13;
653 missions dorient qui Sont en fort bon estat, car&#13;
654 ce Sont les votres qui Sont les plus delabréez. Nous&#13;
655 voions mesme le Sem.re en bon etat p.r le Spirituel,&#13;
656 et chacun S’y porte aSSez aubien. Nous avons&#13;
657 envie de prendre moins de Sujets quejamais et de&#13;
658 n’en admettre que de bons.&#13;
659 Nous avons changé de Sup.r cet hyver. on a voulu&#13;
660 mettre un intervalle dans legouvernem.’ deM&#13;
661 L. Tiberge qui y reviendra apres que M. L. de&#13;
662 Brisacier aura fait un temps.&#13;
663 M de Berniere m’escrit d’un chanoine Regulier de&#13;
664 Caen qu’on dit estre un bon Sujet mais nos Mess.rs&#13;
665 m’ont conseillé de ne pas m’en charger par cequil&#13;
666 est Religieux, cela fait une diversité desprit et de&#13;
667 Sentimens quil faut esviter dans les comm.ez Jl y a&#13;
668 peu de ces Seguliers qui Saccomodent a vivre enpaix&#13;
669 avec les Ecclesiastiques. M dela Palliere paroist&#13;
670 avoir envie de lenvoyer, Jl le peut prendre Sur lui&#13;
671 Sans que nous nous en meslions.&#13;
672 Je dois au commencem.’ de Juillet faire un voiage&#13;
673 avec M dela Palliere en Berri p.r les affaires de Nos&#13;
674 Prieurez et encore plus de Labbaye de meobec. Les&#13;
675 affaires du chapitre me donnent plus dambaras&#13;
676 quatre fois que celles du Sem.re de Paris et de Quebec&#13;
677 J’ay Surtout une affaire terrible avec une Relig.se&#13;
678 de l’Estrée qui a gagné Son procez contre Nous a Rouen&#13;
&#13;
�679 par les Jntrigues dun conseiller qui a dessein d’y&#13;
680 mettre Ses filles et de Se rendre maistre de cette abbaye,&#13;
681 qui confine une de Ses terres. Cette affaire ma pensé&#13;
25.&#13;
&#13;
682 faire perdre l’esprit, et J’en ay esté malade au&#13;
683 lit cet automne au retour d’un voiage que Je&#13;
684 fis a L’estrée p.r tascher de laccomoder ou Joffris&#13;
685 p.r les depens a ce conseiller jusqu’à 2500.# mais&#13;
686 la Negotiation Se rompit par Son manque deparole&#13;
687 et Nos Mess.rs a mon retour ne voulurent plus que&#13;
688 Je parlaSSe daccommodement, et ayant pris le Conseil&#13;
689 de M Dargenson Lieuten.’ g’nal de Police Jls&#13;
690 mobligerent de m’addreSSer au Roi au Nom du&#13;
691 chapitre de Quebec p.r demander la caSSation&#13;
692 de cet arrest. On a admis ma requeste au&#13;
693 Conseil ou J’ay fait aSSigner la Religieuse, et&#13;
694 Je lui ay fait ensuite divers incidens p.r esviter&#13;
695 de lui payer Ses depens, et l’ay encore appellée&#13;
696 au Conseil en reglem.’ de Juge; Si bien que Nous&#13;
697 y avons deux Jnstances contre elle, l’une en reglem’&#13;
698 de Juge lautre en caSSation d’arrest, et comme&#13;
699 Jl coute tres cher a plaider au Conseil, J’ay tout&#13;
700 a craindre Si laff.re y tourne mal, car les depens&#13;
701 iront peut estre a plus de cinq ou Six mil livres&#13;
702 Sans conter tout ce qui me couste, et toutes les peines&#13;
703 Sollicitations &amp;. et pas que cette affaire m’a coutée.&#13;
704 On m’en fait esperer une bonne Jssue au Conseil,&#13;
705 mais quelq.’ Succez que J’y aye Je n’ay rien a&#13;
706 gagner contre une Relig.se qui n’a que Sa Guimpe,&#13;
707 et Jay beaucoup a perdre. Elle tient tous les&#13;
708 revenus de Lestrée SaiSis et Je n’en touche rien depuis&#13;
&#13;
26.&#13;
&#13;
709 un an. voila ce qu’a fait un mauvais acte&#13;
710 que M’gr de Quebec a Signé en 1691. Sans la&#13;
711 participation de Son chapitre vous me direz&#13;
712 peut estre que je devrois chercher a accommoder&#13;
713 cette aff.re Nous avons pris tous les biais p.r&#13;
714 en venir la, mais apres y avoir reflechi nous&#13;
715 n’y avons pu reuSSir, car p.r parvenir a avoir&#13;
716 Nos Bulles dunion Jl faut que cette Religieuse&#13;
717 Sorte de L’abbaye, puisque lEvesque dEvreux ne veut&#13;
718 pas consentir a Son etablissem.’ en Son dioceze n’y&#13;
719 Larch. de Treves a ceq.’ Son Prieuré Soit transferé de&#13;
720 Longory a Letrée. Je vois que cette aff.re nous&#13;
&#13;
�721 donnera bien de la peine, et que ce que l’on a fait&#13;
722 p.r faciliter Lunion de cette abbaye y deviendra&#13;
723 un obstacle insurmontable.&#13;
724 Je vous prie tres instamment de Saluer tous nos&#13;
725 Mess.rs de ma part et de leur faire mes excuses&#13;
726 de ce que Je ne leur escris pas par cette 1.ere voie;&#13;
727 J’ay deja escrit aM’gr Lancien par un vaisseau&#13;
728 qui est parti de Bourdeaux des premiers. Je compte&#13;
729 lui escrire encore par les derniers Navires, Je&#13;
730 ne pouray pas escrire a nos Mess.rs Si au long ny&#13;
731 par tant de voies que Je voudrois Je compte que&#13;
732 vous leur ferez part de ma lettre, et quils&#13;
733 vous feront part de celle que Je leur escriray&#13;
734 qui renfermera une bonne partie de ce que Je&#13;
735 vous escris dans cellecy.&#13;
736 J’ay cru que je vous ferois plaisir et a tous nos Mess.rs&#13;
27.&#13;
&#13;
737 de vous envoier les livres qui ont esté Jmprimez&#13;
738 Sur cette grande affaire que Nous avons a Rome; Je&#13;
739 vous envoie donc en 1.er lieu les escrits de M. charmot&#13;
740 en latin, Jntituléz cultus SinenSium et la Suite&#13;
741 intitulé continuatio cultus SinenSium que J’ay&#13;
742 fait relier avec un au’ Jmprimé Jntitulé&#13;
743 Conformité des ceremonies chinoises avec LJdolatrie&#13;
744 greque et Romaine, et Lapologie des Dominicains&#13;
745 ces deux livres francois Sont du P. alexandre&#13;
746 Dominicain et Sont p.r la mesme cause que Nos&#13;
747 escrits latins. Je vous envoie encore un au’&#13;
748 Jmprimé Latin et francois de Nos Mess.rs qui est&#13;
749 un état de la question qui Se pourSuit a Rome.&#13;
750 Si Je puis avoir lescrit du P. Le comte addreSSé&#13;
751 a M Le duc du maine qui est fait contre Nous Je&#13;
752 vous lenvoieray. Je plains ce Pere Si Dieu donne&#13;
753 aSSez de Santé a nos Mess.rs p.r y repondre, car&#13;
754 Jls ont de quoy le confondre et toute Sa compagnie&#13;
755 et Jls y Sont resolus p.r ne pas retenir davantage la verité&#13;
756 captive, dans linjustice. Jls Sont demeurez dans le&#13;
757 Silence tant quils ont pu le faire Sans faire tort&#13;
758 a la verité, mais ce Seroit la trahir que de ne pas&#13;
759 parler a present, et en verité Je prevois que ce quils&#13;
760 ont a dire contre les Jesuites est encore pire que&#13;
761 ce qu’on leur a reproché dans les Provinciales&#13;
762 parce quils auront plus de peine a S’en laver.&#13;
763 Je vais fermer cette lettre et la remettre a M.&#13;
&#13;
�28.&#13;
&#13;
764 Calon avec copie des factures et comptes&#13;
765 que Je vous envoie, Je ne feray pas partir&#13;
766 ce petit neveu de hubert houssart qui S’est&#13;
767 trouvé avoir la fievre depuis dix ou douze jours,&#13;
768 Je croiois que cela Se passeroit, Je lavois fait&#13;
769 habiller depuis les pieds jusqu’à la teste et fournir&#13;
770 du linge, Tout cela Sera une depense inutile auSSi bien&#13;
771 que Sa Nourriture depuis deux mois quil me&#13;
772 faudra paier au Sem.re, et le renvoyer a Ses parens&#13;
773 On m’a dit quil avoit peur de partir, et quil&#13;
774 en estoit tombé malade; Jl estoit trop jeune et&#13;
775 trop foible, Jl ne faut pas penser a faire passer&#13;
776 des enfans.&#13;
777 Je vous prie daSSurer Mgr Lancien de mes&#13;
778 tres humbles respects de Saluer tous nos M.rs&#13;
779 de ma part de faire mes excuses a Mgr de Q.&#13;
780 de ce que Je ne lui puis encore escrire par cette&#13;
781 voie, Je Suis tres respectueuSem’&#13;
782&#13;
Monsieur&#13;
783 ce 27. avril&#13;
784&#13;
1700.&#13;
Votre tres humble et&#13;
785&#13;
tres obeiss.t Serviteur&#13;
786&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-hd-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 26&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 27 avril 1700)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris se plaint au supérieur du Séminaire de Québec du manque de fonds pour satisfaire aux demandes du Séminaire de Québec, qui sont trop élevées et trop diverses. Il accuse plusieurs personnes de tirer de leur côté et de ne pas envoyer assez d’argent en France. Il envoie quelques étoffes, fils, merceries, vin et cire, mais il ne peut pas payer toutes les lettres de change. Il a donné à Noailles, archevêque de Paris, et à Pontchartrain, secrétaire d’État à la Marine de France, les lettres de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, et de Laval, ancien évêque de Québec, en faveur des missions du Mississippi. Il conseille aux missionnaires du Mississippi de ne pas faire de difficulté aux Jésuites, mais de conserver les lieux où ils sont déjà établis. Il dit qu’ils ont résolu de présenter un mémoire au pape et à l’Assemblée du clergé pour faire voir la nécessité d’un clergé séculier local dans ces missions, où les Jésuites ont mis des obstacles. Il a des affaires terribles avec le chapitre de Québec, qui lui causent beaucoup de peine et de dépenses, il a perdu un procès à Rouen contre une religieuse de l’Estrée, qui veut s’emparer de cette abbaye. Il a fait appel au Conseil du roi pour demander la cassation de cet arrêt, mais qu’il craint de perdre encore plus d’argent. Il accuse la responsabilité de cette affaire par une mauvaise entente que Saint-Vallier a signée sans la participation de son chapitre.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11923" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 26&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11921" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11922" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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        <name>Chapitre de Québec</name>
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        <name>CONTENTIEUX</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Dépenses</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, juin 1706)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu de vous plusieurs lettres l’an passé, une du 25 janvier 1705, une autre de&#13;
8 mai suivant, une assez longue du 13 octobre et une dernière du 21 octobre 1705.&#13;
Je vous en ai écrit une d’avis à vous seul par le Neptune, que Dieu veuille bien&#13;
conduire à bon port, qui est parti au commencement de mai. J’en ai fait charger&#13;
nos liqueurs. Il y a près d’un mois qu’il est parti et on n’en a reçu encore, Dieu&#13;
merci, aucune mauvaise nouvelle.&#13;
Je ne reçus votre lettre du 25 janvier, qui est venue par Plaisance, que peu de jours&#13;
avant l’arrivée de nos vaisseaux. J’ai donné avis à Mme Ango de La Mothe, votre&#13;
sœur, de la mort d’un nommé Barré d’Argentan.&#13;
Vous ne sauriez vous imaginer qu’elle fut ma surprise lorsqu’en lisant la lettre que&#13;
Mgr l’Ancien écrivait à M. l’abbé de Brisacier, nous y apprîmes le second incendie&#13;
du Séminaire de Québec. Tout ce que nous pûmes dire, ce fut avec le saint prêtre&#13;
Élie : « Dominus est quod bonum est in oculis suis faciat1. » Nous n’avons seulement&#13;
pas ouvert la bouche sur ce nouvel accident, surtout depuis que M. l’abbé&#13;
de Brisacier en eut voulu parler à Mme de Maintenon pour la prier de faire quêter&#13;
pour nous à Versailles et qu’elle le refusa. Nous n’en avons parlé à personne. Il y&#13;
a seulement un vicaire de Saint-Germain-de-l’Auxerrois qui nous a envoyé&#13;
108 livres pour aumônes, qui avaient été données, à ce que je crois, pour l’autre&#13;
incendie. Un seul de nos amis, nommé M. d’Héticourt, qui se confesse à M. l’abbé&#13;
de Brisacier, nous a apporté 301 livres pour aumône. Voilà tout ce que j’ai reçu&#13;
pour votre rétablissement.&#13;
Cependant, je vous dirai que ce coup, tout accablant qu’il est, ne m’a pas fait perdre&#13;
cœur et je suis persuadé que Dieu l’a permis pour vous faire rentrer en vous-même&#13;
et vous faire interrompre des dépenses que vous poussez trop loin, soit pour vos&#13;
bâtiments, soit pour votre trop grand nombre d’enfants, dont vous vous êtes trop&#13;
1&#13;
&#13;
« C’est le Seigneur. Qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux ! » (I Samuel 3:18)&#13;
&#13;
�aisément chargés. Il n’est pas impossible que nous nous rétablissions, si vous&#13;
voulez le faire peu à peu et j’espère que sans nous trop incommoder, nous le serons&#13;
en dix ans, pourvu que vous vous modériez ainsi et que vous ne vous rechargiez&#13;
pas de ce grand nombre d’enfants que vous avez renvoyés. Je vous avoue,&#13;
Monsieur, que je ne puis entrer dans votre vue, ni dans celle de M. Buisson, qui&#13;
veut comme vous que si vous aviez jusqu’à 50 enfants, qui payassent pension, hors&#13;
ceux qui sont pour la fondation, cela ne serait pas à charge au Séminaire. Je ne&#13;
saurais m’aveugler jusqu’à ce point-là que de penser une chose si peu fondée, car&#13;
1er si vous vous mettez sur le pied de prendre 50 enfants, je pose en fait que vous&#13;
n’en tirerez pas la pension de 25 ; encore, il y en aura de ces 25 un tiers à demipension et 2e, quand ils paieront tous pension, pouvez-vous entretenir et nourrir&#13;
des enfants pour ce prix-là, à quelque bon marché que soient les vivres ? Les seules&#13;
étoffes pour cette jeunesse absorbent tout ce que vous recevez de ces pensions.&#13;
Mais ce qui fait que M. Buisson donne dans ces idées, c’est que cela lui donne&#13;
quelque argent, sans considérer que l’écu de cet argent lui revient à plus de&#13;
6 livres2.&#13;
Je ne vous ai écrit de tout cela l’an passé, avec toute la confiance que j’ai en vous,&#13;
que pour vous porter à faire cesser cette dépense. Je sais que Mgr l’Ancien vous y&#13;
engage, mais vous y êtes aussi engagé par votre propre inclination. Vous avez de&#13;
l’attrait pour cette jeunesse canadienne. Je ne m’y opposerais pas si nous pouvions&#13;
soutenir cette dépense, mais cela est impossible en l’état où sont nos affaires.&#13;
Trouvez donc bon que je ne vous envoie jamais d’étoffes, de bas, de souliers pour&#13;
enfants que pour douze ou quinze seulement ; vous tirerez l’entretien du surplus&#13;
d’où vous le pourrez, car je ne puis plus être avec vous dans de telles avances.&#13;
Je ne vous écrirai plus rien des capots bleus. Tous ceux que vous me mandez&#13;
devoir m’en écrire, savoir MM. Raudot et Beauharnois, de Glandelet et Pocquet,&#13;
ne m’en ont rien mandé. Vous le voulez ainsi. Cela suffit. Il n’y a pas la moindre&#13;
raison qui autorise cette couleur, mais l’usage doit l’emporter pour le bien de la&#13;
paix.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Un écu d’or équivalait à 3 livres en France ; un écu d’argent valait 0,6 livre française.&#13;
&#13;
�C’est un grand malheur qu’avec la grande perte de notre Séminaire, vous ayez&#13;
porté dans le feu ce que je vous envoyais l’an passé. Cela n’est pas facile à rétablir&#13;
dans un temps comme celui-ci. Je vous plains d’avoir perdu les livres d’Agreda et&#13;
de la sœur de Coutances ; cependant, peut-être qu’à quelque chose, malheur est&#13;
bon, s’il y a, dites-vous, dans ces livres de quoi se soutenir dans les calamités&#13;
présentes. Il me semble qu’il y en a bien plus et de plus solides sans la sainte&#13;
Écriture, qui n’a pas besoin d’un tel commentaire, qui voudrait établir de&#13;
nouveaux points de foi, de nouvelles révélations inconnues à toute l’ancienne&#13;
Église. Je vous avoue que si j’avais le temps, je l’emploierais mieux qu’à lire ces&#13;
livres. Ceux de l’écriture, des Saints-Pères et l’histoire de l’Église me paraissent&#13;
tout autrement nécessaires et si vous en remplissiez bien l’esprit de vos Canadiens,&#13;
vous leur profiteriez tout autrement qu’en leur parlant des sentiments de la mère&#13;
d’Agreda, qui, quelques bons qu’ils soient, seront toujours bien au-dessous de ce&#13;
que nous pouvons apprendre dans l’Écriture sainte et les Saints-Pères.&#13;
Pardonnez-moi si je vous parle peut-être un peu trop librement. Je sais le respect&#13;
que je vous dois et je vous regarde non seulement comme mon supérieur, mais&#13;
comme étant bien plus éclairé que moi dans la vie spirituelle et dans la vertu ; mais&#13;
vous savez que l’on peut aisément se prévenir d’estime par certaines voies et&#13;
révélations particulières, qui peuvent n’être pas du goût de tout le monde et même&#13;
détournées de la solide piété que nous trouvons bien plates dans la sainte Écriture,&#13;
que dans ces livres particuliers. Nous n’en avons pas parlé à M. de La Colombière,&#13;
mais si nous pouvions ici vous entretenir une heure de temps, vous n’auriez plus&#13;
le même goût pour ces livres et n’en seriez pas si occupé.&#13;
J’ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour demander à Monseigneur d’ôter à&#13;
M. de Glandelet le grand-vicariat et la supériorité des Ursulines et je lui en ai fait&#13;
plusieurs instances depuis huit mois. Il m’a toujours refusé nettement et m’en a dit&#13;
la raison dans la dernière lettre. Il prétend que vous vous laissez trop gouverner&#13;
par les Jésuites, que vous leur accordez tout et que vous ne leur sauriez rien&#13;
refuser. Il me cite pour témoignage ce que vous venez de faire tout récemment&#13;
pour la mission de Pentagouet. Il prétend que M. de Glandelet n’est contrarié dans&#13;
cette maison que parce qu’il y soutient l’autorité épiscopale et quoique je lui eusse&#13;
&#13;
�mandé que M. de Glandelet et lui-même me priait de lui demander la décharge de&#13;
ces emplois, il a persisté à l’y laisser au moins jusqu’à son retour en Canada.&#13;
Ce prélat est toujours prisonnier et le sera encore longtemps, selon toutes les&#13;
apparences, car nous ne voyons nulle apparence à la paix. Il s’est donné en Flandre&#13;
une bataille le jour de la Pentecôte, où nous n’avons pas perdu trois mille hommes,&#13;
mais cependant nos troupes y prirent tellement la terreur panique et cette terreur&#13;
s’est tellement communiquée aux villes que notre armée s’est dissipée en désordre,&#13;
tant que les ennemis la poursuivissent et presque toutes les meilleures villes de&#13;
Flandre espagnole et même de la Flandre française ont ouvert les portes à nos&#13;
ennemis, qui ont pris nos magasins, nos munitions ; ce qui les élève horriblement,&#13;
avec encore la honte que nos généraux ont fait avoir au jeune roi d’Espagne,&#13;
Philippe V, qui a été pour prendre Barcelone et une pareille terreur panique en a&#13;
fait lever le siège, lorsqu’il était facile de prendre la ville. Tous ces désavantages&#13;
pour nous enflent tellement nos ennemis que la paix est bien éloignée et tout est&#13;
dans une grande consternation. Je crois que sans ces deux accidents, nous aurions&#13;
eu la paix avec le duc de Savoie et cette paix aurait amené les autres ; mais tout est&#13;
à présent bien reculé.&#13;
J’ai été surpris de la conduite que M. Dupré, curé de Québec, a tenu à votre égard.&#13;
Je lui avais mandé, ces années passées, ce qu’il pourrait tirer de la succession de&#13;
son frère le chirurgien, à peu près, comptant qu’il en conférerait avec vous et&#13;
concerterait l’usage qu’il en voudrait faire. J’ai été fort surpris cet automne qu’il&#13;
ait disposé de cela sans vous en parler et qu’il en ait privé, et sa famille, et le&#13;
Séminaire. Cela n’a pas laissé que de me toucher, car il est bien surprenant que&#13;
voyant le Séminaire en l’état ou il est, il ait disposé de cette aubaine, dont il m’a&#13;
toute l’obligation, puisque sans moi, il n’aurait rien tiré de ce que ce frère a laissé&#13;
en Italie, sans en rien donner au Séminaire et sans vous en avoir parlé. Il prétend&#13;
qu’un curé a des besoins qu’il n’est pas obligé de faire connaître. C’est une raison&#13;
assez frivole, car il n’y a nul inconvénient de vous les faire connaître, à vous qui&#13;
êtes grand-vicaire et supérieur du Séminaire. J’avais presque envie de ne pas payer&#13;
les lettres de change qu’il a tirées sur moi, dont j’ai payé près de 1 200 livres et j’en&#13;
avais un prétexte tout spécieux, car il n’y avait pas de partage fait entre ses frères&#13;
et sœurs et lui. Mais il aurait cru que je l’aurais fait par vil sentiment. Il m’a fallu&#13;
&#13;
�faire leurs partages et les envoyer à son frère à Orléans, qui les ayant approuvés,&#13;
je me suis acquitté envers eux de ce que je leur devais, payant ces lettres de change&#13;
à M. Dupré de Québec et envoyant le surplus à son frère, qui m’en a envoyé une&#13;
décharge générale. Nous avons reçu son neveu au Séminaire à son retour de&#13;
Québec. Il y a demeuré quatre mois. Il est allé ensuite demeurer à Évry, où il ne&#13;
restera pas longtemps. Je lui ai conseillé de se présenter à M. l’évêque de Chartres,&#13;
qui lui a offert de l’emploi dans son diocèse et qui après l’avoir fait vicarié, le&#13;
pourra placer.&#13;
Je vous ai mandé parle Neptune que nous avions reçu avec plaisir&#13;
M. de La Colombière au Séminaire. Il y demeure depuis son retour de Canada. Il&#13;
est résolu de ne pas retourner cette année, tant à cause des grands risques de la&#13;
mer que parce que, n’étant pas donné un fonds pour le paiement des charges&#13;
indispensables et au contraire, étant ordonné que ce qu’il faudra pour les payer&#13;
au-dessus de ce que la ferme du roi vaudra, sera levé sur le pays en la manière que&#13;
sera trouvée la plus avantageuse. Il est bien aise de ne se pas trouver à une telle&#13;
imposition, qu’il prévoit devoir être forte désagréable à la colonie. Ainsi, il restera&#13;
en France cette année. Il a travaillé à une petite mission, qui s’est faite dans notre&#13;
faubourg ces jours passés. Je prévois qu’il s’en ira voir M. Bailly quand nos&#13;
vaisseaux seront partis et il pourra travailler avec lui à quelques missions dans le&#13;
diocèse de Chartres. Il doit cet automne aller voir sa famille en Dauphiné et faire&#13;
des nièces religieuses. Nous sommes tous fort édifiés de lui et nous le respectons.&#13;
Nous avons cru, comme vous, qu’il ne fallait pas demander de nouvelles grâces à&#13;
cause de notre incendie. Si vous considérez de près l’état où est la France, vous&#13;
connaîtriez assez nos raisons. Nous nous sommes contentés de demander la&#13;
continuation de la gratification de 4 000 livres pour notre incendie et nous avons&#13;
demandé, sans y faire beaucoup de fonds, que l’on nous accordât l’union de&#13;
quelques bénéfices de 4 000 ou 5 000 livres pour mettre notre maison en état de&#13;
soutenir les dépenses qu’elle fait. C’est contre mon attente que j’ai vu, dans la lettre&#13;
que M. de Pontchartrain a écrite à M. l’abbé de Brisacier, que le roi avait ordonné&#13;
d’écrire au R. P. de La Chaize de prendre son ordre pour cela. Mais quoique cette&#13;
grâce soit accordée par Sa Majesté, ne croyez pas pour cela que ce soit une chose&#13;
faite. Si nous avions le R. P. de la Chaize bien intentionné pour nous, peut-être que&#13;
&#13;
�cela réussirait ; mais dans l’indisposition que les Jésuites ont contre nous, il leur&#13;
sera facile de rendre cette grâce inutile et sans effet et c’est ce que je crains&#13;
beaucoup. Il n’y a qu’un seul endroit qui pourrait nous servir. On prétend qu’ils&#13;
ont acheté la maison du Port-Royal de Paris pour y établir un Séminaire ; les uns&#13;
disent d’étrangers, en sorte que ce sera le Séminaire des Missions étrangères&#13;
(jésuitiques) ; d’autres disent que c’est pour contrebalancer Saint-Magloire et&#13;
élever des ecclésiastiques dans Paris, quoiqu’ils sachent très bien que M. le&#13;
cardinal de Noailles n’y consentira pas ; mais ils espèrent avoir, sous un autre&#13;
archevêque, ce que celui-ci leur refusera. Or, pour cet établissement, il leur faudra&#13;
unir quelques abbayes et pour se frayer le chemin, ils seront peut-être bien aises&#13;
de nous aider à obtenir cette union. J’y crois, je vous assure bien des difficultés à&#13;
surmonter. Nous ne laisserons pas, après nos lettres finies, d’aller voir le&#13;
R. P. de La Chaize, M. de La Colombière et moi, et engagerons le R. P. de&#13;
Lamberville à y aller avec nous. J’entretiens toujours assez de relation avec lui&#13;
quand je me porte bien.&#13;
Il sera bon que Mgr l’Ancien et vous en écriviez, non seulement à&#13;
M. de Pontchartrain, pour le remercier, mais au R. P. de La Chaize, pour l’engager&#13;
à seconder les bonnes intentions de Sa Majesté.&#13;
Je ne sais même si nous ne serons pas traversés dans cette affaire par notre prélat&#13;
même, qui devrait au contraire nous y soutenir ; ou du moins, s’il ne tâchera pas,&#13;
à cause de cette grâce expectative, nous retrancher tout ce qu’il pourra des abbayes&#13;
déjà unies. J’ai eu depuis un an bien des affaires avec lui sur ce sujet. Il faut vous&#13;
en rendre compte.&#13;
Je représenterai à ce prélat par lettres que puisque l’union venait de se faire des&#13;
abbayes tout différemment de ce qui avait été arrêté en 1697, il ne fallait plus suivre&#13;
le concordat de cette année-là, par lequel nous étions chargés de lui payer&#13;
2 000 livres par an. Je lui représentai que nous ne les tirions pas de l’abbaye de&#13;
Méobecq. Il voulut absolument en être payé comme à l’ordinaire et que cela&#13;
continuât jusqu’à la fulmination de la bulle d’union à l’obtention des lettres&#13;
patentes et à l’enregistrement de ces patentes au Parlement ; ce qui ne sera pas&#13;
consommé peut-être d’ici à dix ans. Ce prélat, de plus, prétendait que je devais lui&#13;
&#13;
�allouer les frais de son voyage de Rome, quoiqu’il m’eût assuré plusieurs fois&#13;
verbalement qu’il ne prétendait pas nous en rien faire coûter et que M. Charmot&#13;
eut encore plus agi que lui en cette affaire.&#13;
Enfin, il voulait que le concordat de 1697 subsistât pour 2 000 livres, qui sont à lui&#13;
payer, mais que ce concordat ne subsistât plus, pour ce qui y est dit, que de cinq&#13;
parts des frais qui seront faits par ces unions ; l’évêque en portera trois et chapitre,&#13;
deux. Le prélat a prétendu que le changement arrivé par la bulle qui lui conserve&#13;
la manse abbatiale de Méobecq et icelui donne, dit-il, que l’abbatiale de Bénévent&#13;
devait faire changer cette imputation des frais, dont il ne devait porter qu’un tiers,&#13;
dit-il, le chapitre un tiers et le Séminaire un tiers.&#13;
On ne peut écrire plus durement que ce prélat m’a écrit depuis un an, de sa prison,&#13;
sur toutes ces affaires jusque-là que dans le temps qu’il acquiert des contrats de&#13;
constitutions de rentes jusqu’à la somme de 1 200 livres de rente par an, qu’il a&#13;
acquis depuis sa prison ou fait acquérir par M. de La Pallière. Il a écrit à ce grandvicaire plusieurs lettres pour le prier d’envoyer saisir nos abbayes pour me forcer&#13;
de lui payer ces 2 000 livres par an.&#13;
Vous remarquerez qu’avant Pâques dernier, il ne lui en était dû qu’une année,&#13;
échue à Pâques 1705, et il avait reçu de moi ou M. de La Pallière, par plusieurs&#13;
billets que j’avais d’eux, plus de 150 livres au-delà de ces 2 000 livres. Voyez&#13;
combien me devaient être sensibles ces menaces d’envoyer saisir [les] abbayes.&#13;
Je crois que son grand-vicaire lui soufflait ce feu de division, car j’ai&#13;
malheureusement encouru sa disgrâce et son ressentiment pour m’avoir imputé,&#13;
sans fondement, d’avoir empêché qu’on ne passât en Cour de Rome une pension&#13;
de 500 livres pour lui sur l’abbaye de Bénévent, à cause des grands services qu’il a&#13;
rendus à l’Église du Canada. Il est vrai que j’ai écrit deux fois à M. Charmot pour&#13;
lui marquer qu’il était bien indigne à un grand-vicaire de vouloir faire créer une&#13;
pension sur une abbaye destinée à l’évêché de Québec, vu que cette Église n’était&#13;
pas en état de porter ces sortes de pensions, mais ce que j’ai écrit à M. Charmot n’a&#13;
en rien contribué à empêcher le pape de vouloir passer cette pension. Le pape l’a&#13;
toujours constamment refusée et n’a jamais voulu la passer ; ce qui a engagé ce&#13;
&#13;
�grand-vicaire à en demander une sur une abbaye régulière qui a vaqué en Flandre,&#13;
nommée Saint-Bertin à Saint-Omer, et on la lui a donnée de 600 livres par an, qu’il&#13;
a enfin attrapées pour ses grands services rendus à l’Église du Canada, dit-il, mais&#13;
cette Église pourrait le remercier de ces grands services.&#13;
Il a su encore s’attirer autres 400 livres de rente viagère, par l’endroit que je vais&#13;
vous exposer. Quand il a vu M. l’évêque de Québec résolu à acquérir des rentes&#13;
sur l’hôtel de ville, qu’il prétend devoir être pour fonder des sœurs de la&#13;
Congrégation dans plusieurs endroits de son diocèse, il a ramassé les fonds qu’il a&#13;
reçus pour le prélat. Il a mandé ensuite au prélat qu’il lui était dû huit ans ou dix&#13;
ou quinze ans d’arrérages de cette pension de 500 livres et qu’avec encore&#13;
quelques autres sommes, qu’il prétend lui être dues par ce prélat, cela faisait la&#13;
somme de 8 000 livres ; qu’il avait reçu de la gratification du clergé 4 000 livres, de&#13;
la pension du clergé 2 000 livres et d’autres endroits encore, au-delà de ces 8 000&#13;
livres qu’il pouvait séparer par ses maisons ; mais que voulant faire du bien à son&#13;
Église (par parenthèses, il s’en fait à lui et non à l’Église), il voulait bien employer&#13;
ces 8 000 livres à acquérir des contrats de constitutions pour fonder ces écoles, mais&#13;
qu’il prétendait sur ces fondations, en donnant ce qui lui était dû par Mgr de&#13;
Québec, se réserver 400 livres de pension sa vie durant sur ces nouvelles rentes&#13;
acquises. Ainsi, le voilà assuré de 1 000 livres de rente sa vie durant pour les&#13;
grands services qu’il a rendus à M. l’évêque de Québec. Or, parce que je n’ai pu&#13;
me retenir sur cet intérêt et que j’en ai parlé, il a conçu un ressentiment contre moi&#13;
qu’il me fait sentir toutes les fois qu’il le peut.&#13;
Nous avons enfin pris deux avocats pour nous régler. Il a fallu faire des écritures&#13;
de part et d’autre. J’ai, ce me semble, eu raison d’être piqué de la manière dont il&#13;
me traitait dans ces écritures. Il n’aurait pu parler plus mal du plus grand fripon&#13;
de la terre. M. l’abbé de Brisacier a bien voulu se mêler de finir tout cela et nous&#13;
avons signé une transaction, par laquelle il est réglé que M. l’évêque de Québec&#13;
sera payé de ce qui lui est dû à Pâques dernier sur ces 2 000 livres et je les lui ai&#13;
payées aussitôt. On veut aussi que les frais de voyage du prélat qu’il a fait pour&#13;
aller à Rome lui soient alloués, jusqu’à 3 000 livres, s’il certifie les avoir dépensés&#13;
pour les unions, ce qu’il ne manquera pas de faire. On veut que dans deux mois&#13;
de ce jour, nous venions à compte ensemble de ce que chacun a dépensé pour ces&#13;
&#13;
�unions et qu’en rapportant chacun ce qui doit revenir à un chacun des unions, on&#13;
en porte les frais au sol la livre. On règle aussi que d’ici à Pâques prochain, on fera&#13;
tous les efforts pour parvenir à l’enregistrement de la bulle et que d’ici là,&#13;
M. l’évêque de Québec sera encore payé des 2 000 livres, mais qu’après Pâques&#13;
prochain, chacun entrera en possession du lot qui lui est destiné par la bulle [et]&#13;
paiera les charges. Nous avons eu bien de la peine à en venir là.&#13;
Mais cela nous va faire entrer avec le prélat dans de nouvelles difficultés. Je&#13;
tremble quand je pense qu’il faudra discuter avec lui ou avec son grand-vicaire,&#13;
plus dangereux que lui, étant de la plus fine Normandie, le partage des deux&#13;
abbayes de Méobecq et de Bénévent. J’aurai affaire à forte partie. Je ferai ce que je&#13;
pourrai en prenant conseil pour ne me pas laisser tromper. Il aurait voulu que nous&#13;
lui eussions abandonné la mense monacale de Bénévent pour la mense abbatiale&#13;
de Méobecq ; or, l’une vaut mieux que l’autre, depuis que le prélat enlève surtout&#13;
les rentes sur l’hôtel de ville, provenant de la vente des bois de l’abbaye de&#13;
Méobecq, et qui en font un des plus beaux revenus. Je vous avoue que connaissant&#13;
la dureté du prélat et de son grand-vicaire, je voudrais pour beaucoup me&#13;
décharger de ces discussions. Elles sont plus fortes que moi. J’ai trop d’affaires et&#13;
trop peu de santé et j’aimerais mieux qu’on m’envoyât, ou à l’Acadie, ou à la&#13;
Louisiane, que d’avoir à traiter d’affaires avec eux.&#13;
Il est de la dernière nécessité que vous m’envoyiez cette année une procuration&#13;
pour le Séminaire de Québec, dont je vous en envoie le modèle. Il y a plus de six&#13;
ans que vous ne m’en avez envoyé. Il m’en faut aussi pour le chapitre de Québec&#13;
et si Dieu nous conserve notre ancien prélat, il est bon qu’il nous envoie aussi une&#13;
nouvelle procuration.&#13;
Vous aurez su le malheur que j’ai eu d’être attaqué cet hiver de la goutte aux deux&#13;
pieds. La souche fut si violente que je fus plus de trois semaines sans me pouvoir&#13;
soutenir sur mes pieds et plus de quatre mois sans sortir. Et j’en ai encore été&#13;
attaqué vers l’Ascension, si bien que je courre risque d’en être fort affligé. Ce sont&#13;
des sériosités qui descendent au bout des pieds que demanderaient que je me&#13;
purgeasse tous les mois, mais c’est un étrange assujettissement quand on a des&#13;
affaires. Ces gouttes m’obligeront de me retirer des affaires et seront peut-être&#13;
&#13;
�utiles à ma sanctification en me mettant en état de penser plus sérieusement à mon&#13;
salut. Si elles augmentent, il vous faudra penser à m’envoyer quelqu’un prendre&#13;
ma place. Je le formerai avant que de me retirer. Ce qu’il y a de fâcheux, c’est que&#13;
ce mal me fait craindre d’aller dans un pays froid comme le Canada, qui est fort&#13;
contraire à la goutte. Il faut surtout s’abandonner à la Providence et se remettre à&#13;
Dieu de tout ce qui nous regarde.&#13;
Votre temporel est en mauvais ordre en France. Je m’en suis encore cependant&#13;
mieux tiré que je ne pensais cette année. Vous le verrez en examinant mes comptes.&#13;
Mais ce qui a contribué, c’est que j’ai eu quelque chose de nos abbayes et je me suis&#13;
fait payer de quelque manière que ce soit de 13 000 livres de nos ordonnances. Il&#13;
était inhabile que vous en écriviez à M. de Pontchartrain : il n’y peut rien, votre&#13;
M. de Beauharnois encore moins, mais enfin, j’ai tiré cela le mieux que j’ai pu,&#13;
presque tout en billets de monnaie, sur lesquels, quoiqu’on perde tant, je n’ai tiré&#13;
le paiement et j’en ai payé nos dettes le mieux que j’ai pu.&#13;
Cependant, quoique j’aie poussé ma recette pour le Séminaire à plus de&#13;
22 000 livres, je ne suis guère moins engagé que j’étais l’an passé pour le Séminaire,&#13;
car il m’a fallu payer M. Fleury et ç’a été un gros morceau, puisqu’il lui était dû&#13;
plus de 9 000 livres.&#13;
Il est vrai que je n’ai pas compris les 2 000 livres de lettres de change que vous&#13;
m’avez envoyées sur le sieur Le Vallet, trésorier à Rochefort. Elles ne pouvaient&#13;
être payées quand j’ai arrêté mon compte. Je les mettrai en recette dans le compte&#13;
de l’année prochaine ; mais aussi, M. Fleury vous envoie pour plus de 2 800 livres&#13;
de factures accomplies à La Rochelle, que j’ai payées en la meilleure partie et n’ai&#13;
pas mis cependant sur votre compte cette dépense, la réservant pour l’année&#13;
prochaine, parce que je n’en puis avoir un compte net qu’après le départ de nos&#13;
vaisseaux.&#13;
Le pauvre M. Fleury a fait une grande perte l’année passée après le départ des&#13;
vaisseaux. Sa femme, fille de M. Grignon, est morte à Paris d’accident de grossesse.&#13;
Il l’y avait emmenée pour voir Paradis. Dieu veuille qu’elle ait de là été voir le&#13;
paradis.&#13;
&#13;
�Tout le commerce est si renversé que vous en apprendrez des nouvelles des&#13;
marchands de Québec. Nous ne voyons plus d’argent à Paris. On n’y voit que des&#13;
billets de monnaie ; ce qui fera que je ne crois pas pouvoir une autre année&#13;
accomplir de factures ni payer de lettres de change si elles ne sont de 1 000 livres.&#13;
Vous verrez que tous les marchands, qui ont cru avoir quelque chose de bon que&#13;
d’avoir des lettres de change sur le trésorier de Rochefort, perdront 12 % cette&#13;
année et même 14 % sur leurs lettres de change qu’on ne leur paie qu’en billet de&#13;
monnaie. Tout est dans un état si violent que nous vivons au jour la journée, sans&#13;
avoir rien d’assuré. J’espère que ce que je vous envoie arrivera à bon port ; mais&#13;
s’il y arrive, vous pouvez bien l’y tenir, car je ne vois plus comment vous rien&#13;
envoyer. Les marchands de La Rochelle et de Bordeaux veulent de l’argent&#13;
comptant. Il est impossible de leur en fournir. Ainsi, il faut cesser tout commerce.&#13;
Comme je fais et j’ai fait jusqu’à présent le plus drôle de tous les commerces, vous&#13;
envoyant tous les ans ce que vous m’avez demandé, sans que vous ayez fait aucun&#13;
retour, je serais bien aise de continuer ce commerce s’il était soutenable, mais il n’y&#13;
en a plus moyen. Les billets de monnaie en ôtent la facilité. Je compte que tout ce&#13;
que je recevrai pour vous d’ici à l’année prochaine servira 1er une partie des&#13;
avances où je suis pour vous, 2e à payer les 6 300 livres que vous avez tirées sur&#13;
moi à l’ordre de M. Jolliet. Et ce sera beaucoup pour vous si d’ici là je puis tirer de&#13;
vos revenus de quoi payer ces 6 300 livres et de quoi acquitter 3 000 ou 4 000 livres&#13;
des 13 396 livres 10 sols, dont je suis en avance pour vous. Il est vrai que j’ai à&#13;
toucher pour 11 500 livres d’ordonnances, savoir 4 000 livres pour le&#13;
rétablissement du Séminaire de Québec pour l’année 1705, 3 000 livres pour&#13;
l’ordonnance de la Louisiane pour la même année et 4 500 livres pour le curé de la&#13;
Louisiane et son confrère pour les années 1703, 1704 et 1705. Mais quand puis-je&#13;
espérer de toucher ces 11 500 livres ? Je serai peut-être bienheureux si j’en obtiens&#13;
de paiement en l’année 1707 et encore en billets de monnaie.&#13;
Et quant à tous les autres revenus que vous avez, ils consistent dans la rente sur&#13;
l’hôtel de ville et ce que je puis tirer des abbayes. Quant à la rente sur l’hôtel de&#13;
ville de 500 livres par an, ce n’est pas grand-chose, et à l’égard des revenus des&#13;
abbayes, on ne saurait à présent s’en faire payer. J’ai tremblé depuis cinq ans et&#13;
appréhendé de voir arriver l’année 1707. Il m’y faut renouveler le bail de l’abbaye&#13;
&#13;
�de l’Estrée. Il est impossible de trouver de fermiers tant que la guerre durera.&#13;
Faudra-t-il faire valoir nous-mêmes cinq ou six fermes qui dépendent de cette&#13;
abbaye ? Il me faudrait plus de 25 000 livres pour les monter et j’aime mieux les&#13;
laisser en friche. Il y en a plus des deux tiers du royaume de France qu’on&#13;
abandonne ainsi. Je vous puis assurer que je suis pour Méobecq et pour l’Estrée&#13;
dans des angoisses qui ne sont pas exprimables. On ne fait nul argent du blé, ni&#13;
des autres denrées et quelque bonne année que les fermiers aient, ils n’en sauraient&#13;
avoir assez pour payer les baux et ustensiles et capitations ; si bien que les fermiers&#13;
mettent la clé sous la porte et s’en vont en une belle nuit.&#13;
En voilà assez pour le temporel. Je n’y saurais penser sans en être effrayé. Je dois&#13;
vous avertir que je ne reçus pas l’an passé 100 livres de Mme de Vaubénard, mais&#13;
cette année je les ai touchés au mois d’avril.&#13;
Mme Ango de La Mothe m’a chargé de vous acheter un bréviaire entier de Lyon,&#13;
que j’ai mis dans nos ballots, qui m’a coûté 30 livres et dont elle m’a remis l’argent.&#13;
Elle m’a envoyé 90 livres, que je vous ai portées en recette au compte du Séminaire,&#13;
qu’elle m’a mandé avoir de reste de votre pension. Vous trouverez une caisse&#13;
qu’elle m’a adressée de Rouen pour vous. Ce sont des choses de piété. Je vous en&#13;
envoie aussi autant que j’en ai pu recouvrer. Vous les trouverez dans nos ballots.&#13;
J’ai acheté la Théologie de Grenoble et j’y en ai joint quatre ou cinq volumes&#13;
dépareillés. Je vous prie de vouloir donner cette théologie à M. Buisson et je le prie&#13;
d’en aider M. Calvarin de quelques volumes, les uns après les autres. J’ai senti le&#13;
besoin où se trouve M. Pocquet, ayant perdu tous ses cahiers. Je lui envoie la&#13;
Théologie de l’Herminier, qui est la meilleure qui soit imprimée et qu’on puisse&#13;
suivre dans les séminaires. Il y en a une plus claire composée par le P. Jovanin de&#13;
l’Oratoire, mais elle est suspecte des nouveaux sentiments et il ne faut rien&#13;
enseigner de suspect à nos ecclésiastiques. Celle que j’envoie à M. Pocquet est hors&#13;
de toute suspicion.&#13;
&#13;
�J’envoie à M. de Glandelet un paquet que je vous prie de lui remettre ; il lui est&#13;
adressé. J’ai mandé à M. Ruette et M. de Varennes de retirer une chasuble&#13;
commune, qui fut envoyée l’an passé aux Hospitalières. Elle est pour le Séminaire.&#13;
Je tâcherai, si je puis prendre cet automne une quinzaine de jours pour travailler&#13;
dans la bibliothèque, d’y rechercher tous les livres que nous aurons doubles, afin&#13;
de les mettre à part pour vous les envoyer pour réparer un peu la perte de votre&#13;
bibliothèque ; mais il faut attendre la paix pour vous envoyer cela.&#13;
Nos MM. de Paris n’ont pas sujet d’être contents de ne pouvoir avoir aucun&#13;
compte de vous, depuis six ans qu’ils en demandent. Il semble qu’on pourrait leur&#13;
en envoyer tous les ans pour connaître l’état de vos affaires. J’envoie à M. de&#13;
Glandelet du parchemin, afin qu’il fasse copier nos principaux titres pour nous en&#13;
envoyer des copies bien collationnées et légalisées.&#13;
Il est bien fâcheux que les Jésuites ne vous puissent donner pour régent que le&#13;
P. Germain : c’est le moyen de faire de très mauvais théologiens. Ils mériteraient&#13;
qu’on renfermât les écoliers dans le Séminaire. Cependant, je ne crois pas que cela&#13;
soit de saison, car il est bon que cette année vous pressiez le R. P. de La Chaize, et&#13;
le fassiez presser par ceux de Québec, de nous procurer ce bénéfice de 4 000 à&#13;
5 000 livres.&#13;
Vous voudriez que je vous nommasse ceux que vous avez fait élever au sacerdoce&#13;
et aux ordres sacrés qui n’ont pas de capacité. Je vous prie de m’en dispenser. Je&#13;
les ai cependant très présents à l’esprit et les connais bien. Je n’y renferme pas&#13;
M. de Saint-Cosme le jeune, Plante, Chabot, ni Boulanger. Je ne les connais pas&#13;
assez, mais sans que je vous les nomme, vous les connaissez assez et vous n’avez&#13;
qu’à en demander les noms au moindre du Séminaire. Pouvez-vous douter qu’il&#13;
n’y a eu jusqu’à présent nulle émulation pour l’étude dans le Petit Séminaire ? Ce&#13;
qui a donné occasion à M. l’évêque de Québec qu’on les y élevait pour être&#13;
menuisiers, sculpteurs, joueurs d’orgues, etc., mais non pour étudier. C’est ce que&#13;
vous ne saviez trop rétablir. On me mande de Québec que dans le règlement du&#13;
Séminaire, il n’y a pas une règle où l’on inculque l’étude aux jeunes gens. On&#13;
prétend qu’il n’y a que cet endroit. Ils étudieront quand ils n’auront point d’autre&#13;
&#13;
�affaire à leur emploi. Ce qui marque que l’étude n’est regardée que comme un&#13;
passe-temps, quand on n’a point d’autre affaire. Vous devez assurément,&#13;
Monsieur, y faire attention.&#13;
M. de La Colombière nous a fort pressé de vous envoyer quelqu’un pour vous&#13;
aider à conduire le Séminaire, mais il voit par ses yeux que ce n’est pas un petit&#13;
choix à faire. Je jette les yeux de toutes parts et ne trouve pas ce qu’il vous faut.&#13;
Vous verrez, par la copie de la lettre de M. de Pontchartrain et par le mémoire que&#13;
nous avons présenté, dont j’ai joint les copies, ce qui nous a été répondu sur les&#13;
mats et sur les 3 000 livres que vous devez au roi. Je suis très persuadé que l’on ne&#13;
vous pressera pas. J’ai été bien surpris d’apprendre par d’autres que par vous le&#13;
mauvais traitement que vous a fait M. Raudot. Nous ne nous attendions pas à un&#13;
tel traitement. Vous le verrez sur ces mots. Je serais fort de votre sentiment de ne&#13;
pas encore envoyer M. de Saint-Cosme le jeune aux Tamarois. Si vous retirez&#13;
M. Bergier, qui ferait plus de bien assurément pour les études au Séminaire qu’il&#13;
n’en fait dans cette mission, vous ôterez tout ce qu’il y a de bon en la Louisiane ;&#13;
car, je vous avoue que je suis bien dégouté de cette mission qui ne tient à rien et&#13;
qui n’a nulle liaison. Je crois qu’il n’y aurait rien à craindre d’avoir M. Bergier dans&#13;
le Séminaire. Je suis persuadé qu’il ne se laissera pas emporter par le prélat, en cas&#13;
qu’il revînt. Je vois par ses lettres son bon esprit et je suis persuadé que si on le&#13;
pouvait séparer et en laisser moitié aux Tamarois et moitié au Séminaire, il ferait&#13;
bien du bien partout.&#13;
Je voudrais de tout mon cœur que M. de Saint-Cosme le jeune eut quelques années&#13;
[de] plus qu’il n’a ou qu’il travaillât en second avec M. Bergier encore quelques&#13;
années. Quant à M. Davion et Saint-Cosme l’aîné, je crois que ce serait un grand&#13;
bien qu’ils n’eussent jamais été à la Louisiane, car ils feraient plus de bien cent fois&#13;
dans la colonie qu’ils n’en ont là pour moi. J’ai honte de voir ce qui s’y passe.&#13;
Vous me mandez que le voyage de M. Dupré le jeune ne vous coûte rien. Il vous&#13;
coûterait plus que son oncle me prie de payer ce qu’il a emprunté pour le faire. Si&#13;
je n’avais porté son oncle d’Orléans, qui a voulu m’offrir 200 livres pour les soins&#13;
que j’ai pris pour eux d’appliquer cette somme de 200 livres pour le voyage de&#13;
&#13;
�M. Dupré. Je ne crois pas que nous fassions une grande perte en le perdant. Il est&#13;
trop délicat et se tâte trop. Je doute qu’il fasse grand-chose. Vous serez sans doute&#13;
encore fâché contre moi de toute la dépense que j’ai faite pour la Louisiane. Mais&#13;
il y a bien des choses que nous faisons souvent malgré nous et par un&#13;
enchaînement de Providence, dont nous ne sommes pas les maîtres. J’avais pris de&#13;
bonnes mesures pour en faire peu. Le renversement du voyage de M. Gervaise&#13;
m’en a fait faire beaucoup. Il lui en coûte à lui beaucoup de son côté. J’en mande&#13;
les circonstances à Mgr l’Ancien. Je vous ai mandé que je ne puis en aucune manière&#13;
séparer le compte des missions de la Louisiane de celui du Séminaire de Québec.&#13;
Cela ne dépend pas de moi.&#13;
J’ai eu cet état des cures et missions à remplir, gouvernements de Québec et de&#13;
Trois-Rivières. Il en a trente-et-une actuellement établies et vous en mettez huit à&#13;
remplir. Si j’avais eu des fonds pour ramasser de bons sujets en France, les&#13;
éprouver au Séminaire et vous les envoyer en Canada, je suis sûr que je vous en&#13;
aurais envoyé assez pour les remplir. Mais il faut les y faire subsister. C’est ce qui&#13;
est le plus difficile. Sous un autre évêque, on le pourra faire, mais sous celui-ci, il&#13;
n’y faut pas compter.&#13;
Ce que vous faites pour Danjoul est très bien. J’avais cependant compté en&#13;
l’envoyant là-bas qu’il se mettrait avec les frères et les sentiments de piété qu’il&#13;
m’a marqué ici me faisaient croire qu’il n’y aurait pas la répugnance qu’il y a eu.&#13;
Vous n’êtes obligé à rien à son égard. S’il fait bien dans l’offre où il est, vous l’y&#13;
pouvez laisser. Je n’ai pu lui envoyer pour cette année ces six plaques de cuivre.&#13;
J’ai cru qu’il valait mieux vous envoyer pour 300 livres de clous et que cela pressait&#13;
davantage pour couvrir le Séminaire. J’ai fait accomplir le mémoire de drogues de&#13;
votre chirurgien, que vous trouverez dans nos ballots et sur la facture.&#13;
Vous me demandez de vous envoyer quelques bons sujets comme M. du Côté&#13;
pour répéter la philosophie et la théologie. M. du Côté est curé à 5 lieues de Paris.&#13;
Il n’a jamais eu dépense pour cette vocation, mais quand il l’aurait eue, je ne crois&#13;
pas que s’eût été votre affaire et si je vous avais parlé un quart d’heure, vous en&#13;
seriez aussi persuadé que je le suis.&#13;
&#13;
�Je ne doute pas que le jeune M. Dupré et peut-être même M. de La Colombière&#13;
n’écrivent à M. le curé de Québec la surprise où j’ai été de la conduite qu’il a tenue&#13;
à l’égard de ce qui lui est revenu de la succession de son frère ; mais je lui en écris&#13;
à lui-même et ne lui cache pas que j’en ai été tout à fait blessé.&#13;
Je ne puis m’empêcher de vous demander pardon si je vous ai parlé si&#13;
franchement, et l’an passé, et cette année, en quelques occasions. Je sais ce que je&#13;
vous dois et combien je dois respecter vos lumières. Cependant, je crois vous&#13;
devoir aussi parler avec liberté de ce que l’on pense sur votre chapitre, car peutêtre que les autres ne le font pas. Je tâcherai à vous écrire si je puis sur le spirituel,&#13;
car j’ai bien peu de temps et je suis tout rempli d’infirmités. J’ai beau ne les pas&#13;
écouter, je suis, à l’heure que je vous écris ceci, presque hors d’état de lire d’un de&#13;
mes yeux [et] accablé de fluxions. Il faut en bénir Dieu, quoique je sois attaqué bien&#13;
jeune. Je prends trop à cœur les choses dont je suis chargé. Les mauvais succès&#13;
m’affligent. Je n’en fais plus qu’amasser des humeurs. J’ai peine à ne pas prendre&#13;
sur mon sommeil pour toutes mes affaires. Cela use et amène l’infirmité avant le&#13;
temps. Je me recommande très particulièrement à vos prières et saints sacrifices et&#13;
suis très parfaitement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1706, juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46)&#13;
1.&#13;
Juin&#13;
1706&#13;
&#13;
Jncendie.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Aumône&#13;
&#13;
1&#13;
Lettres O à M. Des maizerets&#13;
2 Monsieur&#13;
No 46&#13;
3 J’ay receu de vous plus.rs lettres l’an passé,&#13;
4 une du 25. Jan.er 1705. une autre de 8. may&#13;
5 Suivant, une assez longue du 13. octobre et&#13;
6 une derniere du 21. octobre 1705. Je vous en ay&#13;
7 escrit une davis a vous Seulpar le Neptune que&#13;
8 Dieu veuille bien conduire a bon port qui est parti&#13;
9 au commencement de may. J’y ay fait charger&#13;
10 nos liqueurs. Jl y a prez d’un mois quil est parti,&#13;
11 et on n’en a receu encore dieu mercy aucune&#13;
12 mauvaise Nouvelle.&#13;
13 Je ne recus votre lette du 25 Jan.er qui est venüe&#13;
14 par Plaisance, que peu de jours avant larrivée&#13;
15 de nos vaiss.x J’ay donné avis a Mad.’ De la motte&#13;
16 ango votre Soeur de la mort d’un nommé Barré&#13;
17 d’argentan&#13;
18 vous ne Scauriez vous imaginer quellefut ma&#13;
19 Surprise lors qu’en lisant la lettre que Mgr Lancien&#13;
20 escrivoit a M L. de Brisacier nous y apprismes la&#13;
21 2.de Jncendie du Sem.re de Quebec Tout ce que Nous&#13;
22 pusmes dire ce fut avec le S.’ Prestre hely Dominus est.&#13;
23 Quod bonum est in oculis Suis faciat. Nous navons&#13;
24 Seulem’ pas ouvert la bouche Sur ce Nouvel accident&#13;
25 M Desmaizerais.&#13;
26 Sur tout depuis que M. L. de Brisacier en eut voulu&#13;
27 parler a Mad.’ dem. p.r la prier de faire quester&#13;
28 pour Nous a versailles et quelle le refusa. Nous&#13;
29 n’en avons parlé a personne Jl y a eu Seulem.’&#13;
30 un vicaire de S.’ Germain de Lauxerrois qui nous&#13;
31 a envoié 108.# p.r aumosnes, qui avoient esté donnés,&#13;
32 aceque Je crois pour lautre Jncendie un Seul&#13;
33 de nos amis nommé M.r Dheticourt qui Se Confesse&#13;
34 a M Labbé de Brisacier nous a aporté 301.# pour&#13;
35 aumosne. voila tout ce que J’ay receu pour&#13;
36 vostre restablissement.&#13;
37 Cependant Je vous diray que ce coup tout accablant&#13;
38 quil est ne m’a pas fait perdre cœur, et Je Suis&#13;
39 persuadé que Dieu la permis pour vous faire rentrer&#13;
40 en vous mesme, et vous faire interrompre des&#13;
&#13;
�41 depenses que vous poussez trop loing Soit pour&#13;
42 vos batimens Soit pour votre trop grand nombre&#13;
43 denfans dont vous vous estes trop aisement&#13;
44 chargé. Jl n’est pas impossible que nous nous&#13;
45 rétablissions, Si vous voulez le faire peu a peu, et&#13;
46 J’espere que Sans nous trop incommoder nous le&#13;
47 Serons en dix ans pour veu que vous vous moderiez&#13;
48 ainSy et que vous ne vous rechargiez pas de ce&#13;
49 grand nombre denfans que vous avez renvoyé&#13;
50 Je vous avoüe Monsieur que Je nepuis entrer dans&#13;
51 votre veüe ni dans celle de M Buisson qui veut&#13;
52 co’e vous que Si vous aviez jusqua 50. enfans,&#13;
3&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
4&#13;
Capot&#13;
bleu.&#13;
&#13;
53 qui paiassent pension hors ceux qui Sont p.r la&#13;
54 fondation, cela ne Seroit pas a charge au Sem.re&#13;
55 Je ne Scaurois m’aveugler jusqua cepoint la&#13;
56 que de penSer une chose Si peu fondée. car 1.° Si&#13;
57 vous vous mettez Surle pied de prendre 50. enfans,&#13;
58 Je pose en fait que vous n’en tireres pas la pension&#13;
59 de 25. encore Jl y en aura de ces 25. un tiers a demi&#13;
60 pension Et 2.° quands Jls paieroient tous pension&#13;
61 Pouvez vous entretenir et Nourir des enfans pour&#13;
62 ceprix la, â quelq’ bon marché que Soient les vivres.&#13;
63 Les Seules estofes p.r cette jeunesse absorbent tout ce que&#13;
64 vous recevez de ces pensions. mais ce qui fait que&#13;
65 M Buisson donne dans ces Jdéez , cest que celalui&#13;
66 donne quelq.’ argent Sans considerer que lescu de&#13;
67 cet argent lui revient aplus de Six livres,&#13;
68 Je ne vous ay escrit de tout cela l’an passé avec toute&#13;
69 la confiance que Jay en vous que pour vous porter&#13;
70 a faire cesser cette depense Je Scay que Mgr Lancien&#13;
71 vous y engage, mais vous y estes aussi engagé par&#13;
72 votre propre Jnclination vous avez de lattrait pour&#13;
73 cette Jeunesse canadienne, Je ne m’y opposerois pas&#13;
74 Si nous pouvions Soutenir cette depense, mais cela&#13;
75 est impossible en lestat ou Sont nos affaires. Trouvez&#13;
76 donc bon que Jene vous envoie jamais destofes de&#13;
77 bas et de Souliers p.r enfans que pour douze ou&#13;
78 quinze Seulement, vous tirerez lentretien du&#13;
79 Surplus dou vous lepourez car Jene puis plus&#13;
80 estre avec vous dans de telles avances.&#13;
81 Je ne vous escriray plus rien des capots bleus, Tous ceux&#13;
82 que vous me mandez devoir m’en escrire, Scavoir Mess.rs&#13;
&#13;
�Agréda&#13;
&#13;
5&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
M.r Gland.&#13;
&#13;
83 Raudot et bauharnois Glandelet et Pocquet ne m’en ont&#13;
84 rien mandé. vous le voulez ainsy. cela Suffit. Il n’y a&#13;
85 pas la moindre raison qui autorise cette couleur, mais&#13;
86 lusage doit l’emporter pr le bien de la paix.&#13;
87 C’est un grand malheur qu’avec la grandeperte de N’re&#13;
88 Semre vous aiez porté dans le feu ce que Je vous envoiois&#13;
89 l’an passé. cela nestpas facile a restablir dans un&#13;
90 temps comme celui cy. Je vous plains davoir perdu&#13;
91 les livres dagreda et de la Sœur de Coutances; Cependant&#13;
92 Peut estre qu’a quelque chose malheur est bon; Sil y a&#13;
93 dites vous dans ces livres de quoy Se Soutenir dans les&#13;
94 calamitez presentes; Jl me Semble quil y en a bien plus&#13;
95 et deplus Solide sans la S.te escriture qui n’a pas besoin&#13;
96 d’un tel commentaire, qui voudroit establir de Nouveaux&#13;
97 points de foy, de nouvelles revelations inconnues&#13;
98 a toute lancienne Eglise Je vous avoüe que&#13;
99 Si Javois le temps Je lemploierois mieux qu’a lire&#13;
100 ces livres. Ceux de Lescriture, des S.ts Peres et lhistoire&#13;
101 de LEglise me paroissent tout autrem’ necessaires, et Si&#13;
102 vous en remplissiez bien lesprit de vos Canadiens,&#13;
103 vous leur profiteriez tout autrem’ qu’en leur parlant&#13;
104 des Sentimens de la m. dAgreda, qui quelque bons quils&#13;
105 Soient Seront toujours bien au dessous de ce que nous&#13;
106 pouvons apprendre dans lescriture S.te et les S.ts&#13;
107 Peres.&#13;
108 Pardonnez moy Si Je vous parle peut estre un peu trop&#13;
109 librement. Je Scay lerespect que Je vous dois, et Je Vous&#13;
110 regarde non Seulem’ co’e mon Superrieur, mais comme&#13;
111 estant bienplus esclairé que moy dans la vie&#13;
112 Spirituelle, et dans la vertu. mais vous Scavez que&#13;
113 lon peut aisement Se prevenir destime p.r certaines&#13;
114 voies et revelations particulieres qui peuvent n’estre&#13;
115 pas du goust de tout le monde, et mesme destourner&#13;
116 de la Solide pieté que nous trouvons bien plat dans la&#13;
117 S.te escriture, quedans ces livres particuliers. Nous n’en&#13;
118 avons pas parlé a M dela Colombiere, mais Si&#13;
119 nous pouvions icy vous entretenir une heure de&#13;
120 temps, vous nauriez plus le mesme goust pour ces&#13;
121 livres, et n’en Seriez pas Si occupé.&#13;
122 J’ay fait tout ce qui a dependu de moy p.r demander a Mgr&#13;
123 d’oster a M Glandelet le grand vicariat et la Superiorité&#13;
124 des ursulines, et Je lui en ay fait plus.rs instances depuis huit&#13;
125 mois, Jl m’a toujours refusé nettement, et m’en a dit la&#13;
&#13;
�126 raison dans la derniere lettre. Jl pretend que vous&#13;
127 vous laisser trop gouverner par les Jesuites, que vous leur&#13;
128 accordez tout, et que vous ne leur Scauriez rien refuser.&#13;
129 Jl me cite p.r temoignage ce que vous venez de faire tout&#13;
130 recemment p.r la mission de Pentagouet. Jlpretend que&#13;
131 M. Glandelet n’est contrarié dans cette maison que&#13;
132 par ce quil y Soutient l’autorité Episcopale, etquoique Jelui&#13;
133 eusse mandé que M Glandelet lui mesme me prioit de&#13;
134 lui demander la descharge de ces emplois Jl a persisté&#13;
135 à ly laisser au moins jusqu’a Son retour en Canada.&#13;
6&#13;
&#13;
M.r Dupré&#13;
&#13;
7&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
136 Ce Prelat est toujours Prisonnier, et le Sera encore&#13;
137 longtemps Selon toutes les apparences; car nous ne&#13;
138 voions nulle apparence a la paix. Jl Sest donné en fland[re]&#13;
139 une bataille le jour de la Pentecoste ou nous n’avons pas&#13;
140 perdu trois mille hommes, mais cepend.’ nos troupes y priren[t]&#13;
141 tellem.’ la terreur panique, et cette terreur Sest tellem’&#13;
142 communiquée aux villes que Notre armée Ses dissipée&#13;
143 en desordre tant queles ennemis la poursuivissent, et&#13;
144 presq’ toutes les meilleures villes dela flandre espagnole&#13;
145 et mesme de la flandre francoise ont ouvert les portes&#13;
146 a nos ennemis, qui ont pris nos magasins, nos munition&#13;
147 ce qui les esleve horriblement, avec encore la honte que&#13;
148 nos generaux ont fait avoir au Jeune Roi despagne&#13;
149 Philipe cinq qui a esté p.r prendre Barcelone et une&#13;
150 pareille terreur panique en a fait lever le Siege,&#13;
151 lors quil estoit facile de prendre la ville. Tous ces&#13;
152 desavantages p.r nous enflent tellement nos&#13;
153 ennemis, que la paix est bien esloignée, et tout est dans&#13;
154 une grande consternation. Je croy que Sans ces deux&#13;
155 accidens nous aurions eûs lapaix avec le Duc de Savoie&#13;
156 et cette paix auroit amenée les autres; mais tout est&#13;
157 a present bien reculé.&#13;
158 J’ay esté Surpris de la conduite que M Du Pré Curé de Quebec&#13;
159 a tenüe a votre esgard. Jelui avois mandé ces annéesz&#13;
160 passéez ce quil pouroit tirer de la Sucession de Son frere&#13;
161 le chirurgien, apeupres, comptant quil en confereroit&#13;
162 avec vous, et concerteroit Lusage quil en voudroit&#13;
163 faire. J’ay esté fort Surpris cet automne quil ait&#13;
164 dispoSé de cela, Sans vous enparler, et quil en ait&#13;
165 privé et Sa famille et le Seminaire cela n’a pas&#13;
166 laiSSé que de me toucher, car Jl est bien Surprenant&#13;
167 que voiant le Sem.re en lestat ou il est, il ait disposé de&#13;
&#13;
�Neveu&#13;
&#13;
M, de&#13;
la&#13;
Colombiere&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
168 cette aubeine dont Jl m’a toute lobligation puis que Sans&#13;
169 moy Jl nauroit rien tiré de ce que ce frere alaissé en&#13;
170 Jtalie Sans en rien donner au Sem.re et Sans vous&#13;
171 en avoir parlé. Jl pretend qu’un Curé ades beSoins&#13;
172 quil nest pas obligé de faire connoistre Cest une&#13;
173 raison assez frivole, car Jl n’y a nul inconvenient de&#13;
174 vous les faire connoistre a vous qui estes Grand vicaire&#13;
175 et Sup.r du Sem.re Javois pres q’ envie de ne pas paier&#13;
176 les lettres de change quil a tiré Sur moy dont J’ay&#13;
177 paié prez de 1200.# et Jen avois un pretexte tout&#13;
178 Specieux, car Jl n’y avoit pas de partage fait entre Ses freres&#13;
179 et Sœurs et lui. mais Jl auroit creu que Je laurois&#13;
180 fait par vil Sentiment; Jl m’a fallu faire leurs&#13;
181 partages, et les envoier a Son frere a orleans qui&#13;
182 les aiant approuvé, Je me Suis acquité envers eux&#13;
183 de ceque Je leur devois, paiant ces lettres de change&#13;
184 a M Du Pré de Quebec et envoiant leSurplus a Son&#13;
185 frere qui m’en a envoié une descharge generale&#13;
186 Nous avons receus Son Neveu au Semi.re a Son retour&#13;
187 de Quebec. Jl y a demeuré quatre mois, Jl est allé ensuite&#13;
188 demeurer a Evri, ou Jl ne restera pas longtemps. Je lui ay&#13;
189 conseillé de Se presenter a M LEveque de chartres qui&#13;
190 lui a offert de lemploy dans Son dioceze, et qui apres&#13;
191 l’avoir fait vicarier le poura placer.&#13;
192 Je vous ay mandé par le Neptune que Nous avions&#13;
193 recus avec plaiSir M de la Colombiere au Semin.re Jl&#13;
194 y demeure depuis Son retour de Canada, Il est resolu&#13;
195 dene pas retourner cette année, tant acause des grands&#13;
196 risques de la mer que par ce que n’estant pas donné un&#13;
197 un fonds p.r le paiement des charges indispensables, et&#13;
198 au contraire estant ordonné que ce quil faudra pour&#13;
199 les paier au dessus dece que la ferme du Roi vaudra Sera&#13;
200 levé Sur le pays en la maniere qui Sera trouvée la plus&#13;
201 avantageuse, Jl est bien aiSe dene Sepas trouver a une&#13;
202 telle imposition, quil prevoit devoir estre forte desagre203 able a la colonie ainsy Jl restera en france cette&#13;
204 année. Jl a travaillé a une petite mission qui S’est faite&#13;
205 dans notre faubourg ces jours passez. Je prevois quil S’en&#13;
206 ira voir M Bailly quand nos vaiss.x Seront partis et&#13;
207 Jl poura travailler avec lui a quelq’ mission dans le&#13;
208 Dioceze de chartres, Jl doit cet automne aller voir Sa&#13;
209 famille en Dauphiné et faire des Nieces Religieuses.&#13;
210 Nous Sommes tous fort édifier de lui, et nous le respectons.&#13;
&#13;
�Jncendie&#13;
&#13;
Promesse&#13;
&#13;
9&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
211 Nous avons creu comme vous quil ne falloit pas&#13;
212 demander de Nouvelles graces a cauSe de Notre Jncendie.&#13;
213 Si vous consideriez depres lestat ou est la france,&#13;
214 vous connoistriez assez nos raisons. Nous nous&#13;
215 Sommes contentez de demander la continuation de&#13;
216 lagratification de 4000.# p.r notre Jncendie et nous&#13;
217 avons demandé Sans y faire beaucoup de fonds que la&#13;
218 lon nous accordast lunion de quelq’ benefice de 4. ou&#13;
219 5000.# p.r mettre notre maison en estat de Soutenir les&#13;
220 depenses quelle fait. cest contre mon attente que&#13;
221 J’ay veu dans la lettre que M De Pont chartrain a&#13;
222 escrit a M. L. de Brisacier que le Roi lui avoit&#13;
223 ordonné descrire au R. P. De la chaize de prendre&#13;
224 Son ordre pour cela. mais quoi que cette&#13;
225 grace Soit accordée par Sa majesté, Ne croiez&#13;
226 pas pour cela que ce Soit une chose faite. Si&#13;
227 Nous avions Le R. P. de la chaise bien intentionné&#13;
228 pour Nous, peut estre que cela reussiroit, mais dans&#13;
229 lindisposition que les Jesuites ont contre Nous Jl leur&#13;
230 Sera facile de rendre cette grace inutile et Sans effet&#13;
231 et cest ce que Je crains beaucoup. Jl n’y a qu’un Seul&#13;
232 endroit qui pouroit nous Servir. on pretend quils&#13;
233 ont acheté la maison du Port roial de Paris pour&#13;
234 y establir un Sem.re les uns disent dEstrangers, en Sorte&#13;
235 que ce Sera le Sem.re des missions Etrangeres (JeSui tiq)&#13;
236 d’autres disent que c’est p.r contre balancer S.t magloire,&#13;
237 et eslever des Ecclesiatiques dans Paris, quoi quils Scachent&#13;
238 tres bien que M LeCard.l de Noailles n’y consentira&#13;
239 pas; mais Jls esperent avoir Sous un autre archevecq’&#13;
240 ceque celui cy leur refusera. or p.r cet establissem.t&#13;
241 Jl leur faudra unir quelq’ abbaye, et pour Se frayer&#13;
242 le chemin Jls Seront peut estre bien aises de nous ayder&#13;
243 a obtenir cette union. J’y crois, Je vous asseure bien des&#13;
244 difficultez a Surmonter. Nous ne laisserons pas apres&#13;
245 Nos lettres finies daller voir le R. P. de la chaise M.r de&#13;
246 la colombiere et moy et engagerons le R P. Lamber&#13;
247 =ville a y aller avec Nous. Jentretiens toujours assez&#13;
248 de relation avec lui quand Je me porte bien.&#13;
249 Jl Sera bon que Mgr. Lancien et vous en escriviez&#13;
250 nonSeulem’ a M. De Pont chartrain p.r leremercier&#13;
251 mais au R. P. de la chaize p.r lengager a Seconder les&#13;
252 bonnes Jntentions de Sa majesté.&#13;
253 Je ne Scay mesme Si nous ne Serons pas traversez dans&#13;
&#13;
�254 cette aff.re par Notre Prelat mesme qui devroit au&#13;
255 contraire nous y Soutenir; ou du moins Sil ne taschera&#13;
10.&#13;
&#13;
Mgr.&#13;
de S.&#13;
Valier,&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
256 pas a cause de cette grace expectative, Nous retrancher&#13;
257 tout ce quil poura des abbayes deja unies. J’ay eu depuis&#13;
258 un an bien des affaires avec lui Sur ce Sujet. Jl faut vous&#13;
259 en rendre compte.&#13;
260 Je representay a ce Prelat par lettres que puis que Lunion&#13;
261 venoit de Se faire des abbayes tout differemment de&#13;
262 cequi avoit esté arresté en 1697. Jl ne falloit plus Suivre&#13;
263 le concordat de cette année la, par le quel nous estions&#13;
264 chargez de lui paier 2000# par an; Jelui representay&#13;
265 que nous ne les tirions pas de Labbaye de meobec. Jl&#13;
266 voulut absolument en estre paié co’e a lordinaire et&#13;
267 que cela continuast jusqu’a la fulmination de la&#13;
268 bulle dunion a lobtention des lettres patentes, et a&#13;
269 lenregistrem’ de ces patentes au Parlement, ce qui ne&#13;
270 Sera pas consommé peut estre dicy a dix ans.&#13;
271 Ce Prelat deplus pretendoit que je devois lui alloüer&#13;
272 les frais de Son voiage de Rome, quoi quil m’eust asseuré&#13;
273 plus.rs fois verbalement quil ne pretendoit pas nous&#13;
274 en rien faire couster, et que M. Charmot eust encore&#13;
275 plus agi que lui en cette affaire.&#13;
276 Enfin Jl vouloit que Je lui paia le concordat de 1697.&#13;
277 Subsistast p.r 2000.# qui sont alui paier, mais que ce&#13;
278 concordast ne Subsistast plus p.r cequi y est dit que de&#13;
279 cinq parts des frais qui Seront faits p.r ces unions&#13;
280 LEvesque en portera trois et chapitre deux. Le Prelat&#13;
281 apretendu que le changem’ arrivé parla bulle qui lui&#13;
282 conserve la manse abbatiale de meobec, et Jcelui&#13;
283 donne dit il que Labbatiale de Bennevent devoit&#13;
284 faire changer cette Jmputation des frais dont Jl ne&#13;
285 devoit porter qu’un tiers ditil, le chapitre un tiers,&#13;
286 et le Sem.re un tiers.&#13;
287 On ne peut escrire plus durement que ce Prelat m’a&#13;
288 escrit depuis un an deSa prison Sur toutes ces aff.res&#13;
289 jusque la que dans le temps quil acquiert des contracts&#13;
290 de constitutions de rentes jusqu’a la So’e de 1200.# de&#13;
291 rente par an quil a acquis depuis Sa prison, ou&#13;
292 fait acquerir par M. de la Palliere, Jl a escrit a ce&#13;
293 grand vicaire plus.rs lettres p.r le prier denvoier&#13;
294 Saisir nos abbayes p.r me forçer de lui paier ces&#13;
295 2000.# par an.&#13;
&#13;
�296 vous remarquerez qu’avant Pasque dernier Jl ne&#13;
297 lui en estoit deu qu’une année escheüe a Pasques&#13;
298 1705. et Jl avoit receu de moy ou M.r de la Palliere&#13;
299 par plus.rs billets que J’avois deux plus de cent cinquante&#13;
300 livres au dela de ces 2000.# voiez combien me devoient&#13;
301 estre Sensibles ces menaces denvoier Saisir&#13;
302 abbayes.&#13;
303 Je crois que Son Grand vicaire lui Souffloit ce feu de&#13;
304 division, car J’ay malheureusemen’ encouru Sa disgrace&#13;
305 etSon ressentiment pour mavoir imputé Sans&#13;
306 fondement d’avoir empesché qu’on ne passast en Cour&#13;
307 de Rome une pension de 500.# p.r lui Sur Labbaye&#13;
308 de Bennevent acause des grands Services quil a&#13;
309 rendu a LEglise du Canada. Jl est vray que J’ay&#13;
310 escrit deux fois a M. charmot p.r lui marquer&#13;
311 quil estoit bien indigne a de Grand vicaire de&#13;
312 vouloir faire creer une pension Sur une abbaye&#13;
313 destinée a LEvesché de Quebec, veu que cette&#13;
12.&#13;
&#13;
314 Eglise nestoit pas en etat deporter ces sortes de pensions,&#13;
315 mais ceque J’ay escrit a M charmot n’a en rien contribué&#13;
316 a empescher le Pape de vouloir passer cette pension Le Pape la&#13;
317 toujours constamment refusée, et n’a jamais voulu la&#13;
318 passer. Ce qui a engagé ce grand vicaire a en demander&#13;
319 une Sur une abbaye Reguliere qui a vaqué en flandre&#13;
320 nommée St Bertin a S.t omer, et on la lui a donnée de&#13;
321 600.# par an quil a enfin attrapé p.r Ses grands&#13;
322 Services rendus a LEglise du Canada dit il, mais cette&#13;
323 Eglise pouroit le remercier de ces grands Services. Jl&#13;
324 a Sceu encore S’attirer autres 400.# de rente viagere par&#13;
325 lendroit que Je vais vous exposer. Quand Jl a veu&#13;
326 M. LEveque de Quebec resolu a acquerir des rentes Sur&#13;
327 lhotel de ville quil pretend devoir estre p.r fonder des&#13;
328 Sœurs de la Cong.on dans plus.rs endroits deSon Dioceze&#13;
329 Jl a ramassé les fonds quil a receus p.r le Prelat. Jl&#13;
330 a mandé ensuite au Prelat quil lui estoit deu Sept&#13;
331 ou huit ans ou dix ou quinze ans darrerages de cette penSion de cinq cent&#13;
332 livres et quavec encore quelque autre So’e quil pretend&#13;
333 lui estre deües par ce Prelat cela faisoit la Somme de&#13;
334 8000.# quil avoit receu de la gratification du clergé 4000.#&#13;
335 de La pension du clergé 2000 # et dautres endroits encore&#13;
336 au dela de ces 8000.# quil pouvoit Separer par Ses&#13;
337 mains, mais que voulant faire du bien a Son Eglise&#13;
338 (Par parenthese Jl Sen fait a lui et non a LEgliSe) Jl&#13;
&#13;
�339 vouloit bien emploier ces 8000.# a acquerir des&#13;
340 contracts de constitutions p.r fonder ces escoles, mais&#13;
341 quil pretendoit Sur ces fondations en donnant ce&#13;
342 qui lui estoit deu par Mgr de Quebec Se reserver&#13;
343 400.# de pension, Sa vie durant Sur ces nouvelles rentes&#13;
344 acquises. ainsy Le voila a asseuré de 1000.# de rente&#13;
13.&#13;
Lettres O, No 46&#13;
Avocats.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
345 Sa vie durant p.r les grands Services quil a rendu a&#13;
346 M. LEveq’ de Quebec or par ce que Je n’ay pu me&#13;
347 retenir Sur cet Jnterest, et que J’en ay parlé. Jl a&#13;
348 conceu un ressentiment contre moy quil me fait&#13;
349 Sentir toutes les fois quil le peut.&#13;
350 Nous avons enfin pris deux avocats p.r pour nous regler.&#13;
351 Jl a fallu faire des escritures de part et dautre. J’ay&#13;
352 ce me Semble eu raison destre piqué de la maniere&#13;
353 dont Jl me traitoit dans ces escritures, Jl n’auroit pu&#13;
354 parler plus mal du plus grand fripon de la terre.&#13;
355 M Labbé de Brisacier a bien voulu Se mesler de&#13;
356 finir tout cela, et Nous avons Signé une transaction&#13;
357 par laquelle Jl est reglé que M. LEveq’ de Quebec Sera&#13;
358 paié de cequi lui est deu a Pasque dernier Sur ces&#13;
359 2000.# et Je les lui ay paié aussi tost. on veut aussi&#13;
360 que les frais du voiage du Prelat quil a fait pour&#13;
361 aller a Rome lui Soient allourez jusqu’a 3000.#&#13;
362 Sil certifie les avoir depensez p.r les unions.&#13;
363 ce quil ne manquera pas de faire. on veut que&#13;
364 dans deux mois de ce jour Nous venions a compte&#13;
365 ensemble de ceque Chacun a depensSé p.r ces unions,&#13;
366 et qu’en raportant chacun cequi doit revenir a&#13;
367 un chacun des unions on en porte les frais au&#13;
368 Sol la livre. on regle aussi que dicy a Paque&#13;
369 prochain on fera tous les efforts pour parvenir a&#13;
370 lenregistrement de la bulle, et que d’icy la M&#13;
371 LEveq’ de Quebec Sera encore paié des 2000.# mais&#13;
372 qu’apres Pasques prochain, chacun entrera en&#13;
373 possession du lot qui lui est destiné par la bulle&#13;
374 paiera les charges, Nous avons eus bien de la peine&#13;
375 a en venir la.&#13;
376 mais cela nous va faire entrer avec le Prelat dans&#13;
377 de Nouvelles difficultez. Je tremble quand Je pense&#13;
378 quil faudra discuter avec lui ou avec Son grand vicaire&#13;
379 plus dangereux que lui estant de laplus fine Normandi[e],&#13;
380 le partage des deux abbayes de meobec et de Benneve[nt]&#13;
&#13;
�381 Jauray affaire a forte partie. Je feray ceque Je pouray&#13;
382 en prenant conseil pour ne me pas laisser tromper.&#13;
383 Jl auroit voulu que nous lui eussions abandonné la&#13;
384 manse monacale de Bennevent p.r la manse abba=&#13;
385 tiale de meobec. or lune vaut mieux que l’autre&#13;
386 depuis que le Prelat enleve Surtout les rentes Sur&#13;
387 lhotel de ville provenant de la vente des bois de&#13;
388 Labbaye de meobec, et qui en font un des plus beaux&#13;
389 revenus. Je vous avoüe que connoissant ladureté&#13;
390 du Prelat et de Son Grand vicaire Je voudrois pour&#13;
391 beaucoup me descharger deces discussions. Elles Sont&#13;
392 plus fortes que moy. J’ay trop daffaires et trop peu&#13;
393 de Santé, et Jaimerois mieux qu’on menvoiast ou a&#13;
394 Lacadie ou a la Louisiane que davoir a traiter daffaire&#13;
395 avec eux.&#13;
396 Jl est de la derniere Necessité que vous menvoiiez cette&#13;
397 année une procuration p.r le Sem.re de Quebec dont&#13;
398 Je Vous en envoie le modele. Il y a plus de Six ans que&#13;
399 vous ne m’en avez envoié Jl m’en faut une aussi&#13;
400 p.r le chapitre de Quebec, et Si Dieu nous conserve&#13;
401 Notre ancien Prelat Jl est bon qu’il nous envoie&#13;
402 aussi une Nouvelle procuration&#13;
15&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
403 Vous aurez Sceu le malheur que J’ay eu destre attaqué&#13;
404 cet hyver de la goute aux deux pieds, La Souche fut Si&#13;
405 violente que Je fus plus de trois Semaines Sans me pouvoir&#13;
406 Soutenir Sur mes pieds et plus de quatre moins Sans Sortir.&#13;
407 et Jen ay encore esté attaqué vers Lascention, Sibien que&#13;
408 Je cours risque d’en estre fort affligé. ce Sont des Serositez&#13;
409 qui descendent au bout des pieds que demanderoient que Je&#13;
410 me purgeasse tous les mois, mais c’est un estrange assujettis&#13;
411 =sement quand on a des affaires. Ces goutes mobligeront&#13;
412 de me retirer des affaires, et Seront peut estre utiles a ma&#13;
413 Santification en me mettant en estat depenser plus&#13;
414 Serieusement a mon Salut. Si elles augmentent Jl vous&#13;
415 faudra penser a menvoier quelqu’un prendre ma&#13;
416 place, Je le formeray avant que de me retirer. ce quil&#13;
416 y a de fascheux c’est que ce mal me fait craindre&#13;
417 d’aller dans unpays froid co’e le canada, qui est fort&#13;
418 contraire a la goute. Jl faut Sur tout Sabandonner&#13;
419 a la providence, et Se remettre a Dieu de tout ce qui&#13;
420 nous regarde.&#13;
421 votre temporel est en mauvais ordre en france. Je&#13;
422 m’en Suis encore cepend.’ mieux tiré que Je ne pensois&#13;
&#13;
�423 cette année. vous le verrez en examinant mes comptes,&#13;
424 mais Cequi y a contribué, c’est que J’ay eu quelq’ chose de&#13;
425 nos abbayes, et Je me Suis fait paier de quelq’ maniere&#13;
426 que ce Soit de 13000.# de nos ord.ces Jl estoit inabile que&#13;
427 vous en escrivistiez a M. de Pont chartrain, Jl n’y peut&#13;
428 rien, votre M de bauharnois encore moins, mais enfin&#13;
429 J’ay tiré cela le mieux que J’ay pu presque tout en&#13;
430 billets de monnoye, Sur les quels quoi qu’on perde tant,&#13;
16.&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
431 Jenay tiré le paiement et J’en ay paié nos dettes&#13;
432 le mieux que Jay peu.&#13;
433 Cependant quoi que Jaye poussé ma recette pour le&#13;
434 Sem.re a plus de 22000.# Je ne Suis guere moins engage&#13;
435 que Jestois l’an passé pour le Semin.re car Jl m’a fallu&#13;
436 paier M fleury et c’a esté ungros morceau, puis=&#13;
437 quil lui estoit dauplus de 9000.#&#13;
438 Jl est vray que Je n’y ay pas compris les 2000.# de&#13;
439 lettres de change que vous mavez envoié Sur le S.r&#13;
440 vialet tresorier a Rochefort Elles nepouvoient estre&#13;
441 paiéez quand J’ay arresté mon compte Je les mettray&#13;
442 en recette dans le compte de lannée prochaine; mais&#13;
443 aussi Mr fleury vous envoie p.r plus de 2800.# de&#13;
444 factures accomplies a la Rochelle, que J’ay paié enla&#13;
445 meilleure partie, et n’ay pas mis cepend.’ Sur votre&#13;
446 compte de cette depense la reservant p.r lannée&#13;
447 prochaine, parceque Je n’en puis avoir un compt[e]&#13;
448 Net quapres le depart denos vaiss.x&#13;
449 Le Pauvre M. fleury afait une grande perte lannée&#13;
450 passée apres le depart des vaiss.x Sa femme fille&#13;
451 de M Grignon est morte a Paris daccident de grossesse&#13;
452 Jl l’y avoit amenée p.r voir Paradis Dieu veuille&#13;
453 quelle ait de la este voir le Paradis.&#13;
454 Tout le commerce est Si renversé que vous en apprendrez&#13;
455 des Nouvelles des marchands de Quebec. Nous ne&#13;
456 voions plus dargent a Paris. on n’y voit que des billets&#13;
457 de monnoye ce qui fera que Je ne crois pas pouvoir&#13;
458 une autre année accomplir de factures ni paier de&#13;
459 lettres de change Si elles ne Sont de 1000.# Vous&#13;
460 verrez que tous les marchands qui ont creu&#13;
461 avoir quelq’ chose de bon que davoir des lettres&#13;
462 de change Sur le tresorier de Rochefort, perdront&#13;
463 douze pour cent cette année et mesme quatorze&#13;
464 Sur leurs lettre deschange qu’on ne leur paie&#13;
&#13;
�Lettres O, No 46&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
465 qu’en billets de monnoye. Tout est dans un&#13;
466 estat Si violent que Nous vivons au jour la&#13;
467 Journée, Sans avoir rien dasseuré. Jespere que&#13;
468 ce que Je vous envoie arrivera a bon port.&#13;
469 mais Sil y arrive, vous pouvez bien l’y tenir,&#13;
470 car Je ne vois plus comment vous rien envoier.&#13;
471 Les marchands de la Rochelle et de Bordeaux&#13;
472 veulent de largent comptant. Jl est Jmpossible&#13;
473 de leur en fournir. sinsy Jl faut cesser tout&#13;
474 commerce.&#13;
475 Comme Je fais et J’ai fait jusqu’a present&#13;
476 le plus drole de tous les commerces, vous&#13;
477 envoiant tous les ans ce que vous mavez&#13;
478 demandé Sans que vous aiez fait aucun&#13;
479 retour, Je Serois bien aise de continuer ce&#13;
480 commerce Sil estoit Soutenable, mais Jl n’y en&#13;
481 a plus moien. Les billets de monnoie en ostent&#13;
482 la facilité. Je compte que toute ceque Je recevray&#13;
483 p.r vous dicy a lannée prochaine Servira&#13;
484 1.° une partie des avances ou Je Suis pour vous.&#13;
485 2.° a paier les 6300.# que vous avez tiré Sur&#13;
486 moy a lordre de M. Jolliet. Et ce Sera&#13;
487 beaucoup p.r vous Si dicy la Je puis tirer&#13;
488 de vos revenus de quoy paier ces 6300. et de quoy&#13;
489 acquitter trois ou quatre mille livres des&#13;
490 13396.# 10.s dont Je Suis en avance pour vous.&#13;
491 Jl est vray que Jay a toucher pour 11500.#&#13;
492 dordonnances Scavoir 4000.# p.r le retablissem’&#13;
493 du Sem.re de Quebec p.r lannée 1705. 3000.#&#13;
494 p.r lord.ce de La Louisiane p.r la mesme année.&#13;
495 et 4500.# pour le Curé de la LouiSiane et Son&#13;
496 confrere p.r les annéez 1703. 1704. et 1705.&#13;
497 mais quand puis je esperer de toucher ces&#13;
498 11500.# Je Seray peut estre bienheureux Si&#13;
499 Jen obtiens de paiem’ en lannée 1707. et encore&#13;
500 en billets de monnoye.&#13;
501 Et quant a tous les autres revenus que vous&#13;
502 avez, Jls consistent dans la rente Sur lhotel&#13;
503 de ville, et ce que Je puis tirer des abbaies. Quant&#13;
504 a la rente Sur lhotel de ville de 500.# par an, ce&#13;
505 nest pas grand choSe, et a lesgard des revenus&#13;
506 des abbayes, on ne Sauroit apresent S’en faire&#13;
507 paier. J’ai tremblé depuis cinq ans et apprehendé&#13;
&#13;
�508 de voir arriver lannée 1707. Jl m’y faut&#13;
509 renouveller le bail de Labbaye de Lestrée. Il est&#13;
510 Jmpossible de trouver de fermiers tant quel a&#13;
19&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
20. 1706&#13;
&#13;
511 guerre durera faudra til faire valoir nous&#13;
512 mesmes cinq ou Six fermes qui dependent de&#13;
513 cette abbaye. Jl me faudroit plus de vingt cinq&#13;
514 mille livres p.r les monter, et Jaime mieux les laisser&#13;
515 en friche. Jly en a plus des deux tiers du Roiaume&#13;
516 de france qu’on abandonne ainsy. Je vous puis&#13;
517 asseurer que Je Suis p.r meobec et p.r Lestrée&#13;
518 dans des angoisses qui ne Sont pas exprimables.&#13;
519 on ne fait nul argent du bled, ni des autres&#13;
520 danréez, et quelq’ bonne année que les fermiers&#13;
521 aient Jls n’en Scauroient avoir assez pour paier&#13;
522 les bailles et ustancilles et capitation Si bien que&#13;
523 les fermiers mettent la clef Sous la porte et S’en&#13;
524 vont en une belle Nuit.&#13;
525 En voila assez pour le temporel. Je n’y Scaurois&#13;
526 penser Sans en estre effraié. Je dois vous avertir&#13;
527que Je ne receus pas l’an passé 100.# deMad’ de&#13;
528 vaubernard mais cette année Je les ay touché&#13;
529 au mois d’avril.&#13;
530 Mad.’ Dela motte ango m’a chargé de vous&#13;
531 acheter un breviaire entier de Lion que J’ay mis&#13;
532 dans nos ballots qui m’a cousté 30.# et dont elle&#13;
533 m’a remis largent.&#13;
534 Elle m’a envoié 90.# que Je vous ay porté en&#13;
535 recette au compte du Sem.re quelle m’a mandé&#13;
536 avoir de reste de votre pension.&#13;
537 vous trouverez une caisse quelle m’a addressée&#13;
538 de Roüen, p.r vous ce Sont des choses depieté.&#13;
539 Je vous en envoie aussi autant que J’en ay pu&#13;
540 recouvrer. vous les trouverez dans nos balots.&#13;
541 J’ay acheté la Theologie de Grenoble et J’y en&#13;
542 ay joint 4. ou 5. volumes depareillez. Je vous&#13;
543 prie de vouloir donner cette Theologie a M&#13;
544 Buissong et Je le prie den ayder M. Calvarin&#13;
545 de quelques volumes les uns apres les autres.&#13;
546 J’ay Senti le besoin ou Se trouve M Pocquet ayant&#13;
547 perdu tous Ses cahiers, Jelui envoie la Theologie de&#13;
548 lherminier qui est la meilleure qui Soit imprimée,&#13;
549 et qu’on puisse Suivre dans les Seminaires, Jly en a&#13;
&#13;
�550 une plus claire composée par le P. Jovanin de&#13;
551 Loratoire, mais elle est Suspecte de Nouveaux&#13;
552 Sentimens, et Jl ne faut rien enseigner de Suspect&#13;
553 a nos Ecclesiastiques. Celle que Jenvoie a M Pocq[uet]&#13;
554 est hors de toute Suspicion.&#13;
555 Jenvoye a M. Glandelet un paquet que Je vous&#13;
556 prie de lui remettre; Jl lui est addressé.&#13;
557 J’ay mandé a M. Ruette et M.r De varennes&#13;
558 de retirer une chasuble commune qui fut&#13;
559 envoiée l’an passé aux hospitalieres. Elle est&#13;
560 p.r le Sem.re&#13;
561 Je taschevay Si Je puis prendre cet automne&#13;
562 une quinzaine de jours p.r travailler dans la&#13;
21&#13;
1706.&#13;
Bibliothèque&#13;
brulée&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
Titres&#13;
à&#13;
copier :&#13;
&#13;
P.&#13;
Germain&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
563 bibliotheque d’y rechercher tous les livres que&#13;
564 nous aurons doubles afin de les mettre apart&#13;
565 p.r vous les envoier p.r reparer un peu la&#13;
566 perte de votre bibliotheque; mais Jl faut&#13;
567 attendre la paix p.r vous envoier cela.&#13;
568 Nos Mess.rs de Paris n’ont pas Sujet destre&#13;
569 contens de ne pouvoir avoir aucun compte&#13;
570 de vous depuis Six ans quils en demandent.&#13;
571 Jl Semble qu’on pouroit leur en envoier tous&#13;
572 les ans p.r connoistre lestat de vos affaires.&#13;
573 Jenvoie a M. Glandelet du Parchemin, afin&#13;
574 quil fasse copier nos principaux titres p.r&#13;
575 nous en envoier des copies bien collationnéz&#13;
576 etlegaliSéez.&#13;
577 Jl est bien fascheux que les Jesuites ne vous puiSSen[t]&#13;
578 donner p.r Regent que Le P. Germain. cest le&#13;
579 moien de faire de tres mauvais Theologiens.&#13;
580 Jls meriteroient qu’on renfermast les Escholiers&#13;
581 dans le Sem.re cepend.’ Je ne crois pas que&#13;
582 cela Soit de Saison car Jl est bon que cette&#13;
583 année vous pressiez Le R. P. de la chaise et le&#13;
584 fassiez presser par ceux de Quebec de nous&#13;
585 procurer ce benefice de 4. a 5000.#&#13;
586 vous voudriez que Je vous nommasse ceux que&#13;
587 vous avez fait eslever au Sacerdoce et aux ordres&#13;
588 Sacrez qui nont pas de capacité. Je vous prie&#13;
589 de m’en dispenser. Je les ay cependant tres presens&#13;
590 alesprit et les connois bien. Je n’y renferme pas&#13;
591 M S.’ cosme lejeune, Plante, chabot, ni Boulanger. Je&#13;
&#13;
�Regle&#13;
&#13;
23.&#13;
Lettres O, N.o 46&#13;
&#13;
M. Bergier&#13;
&#13;
592 ne les connois pas assez, mais Sans que Je vous les&#13;
593 nomme vous les connoissez assez, et vous navez&#13;
594 qu’a en demander les noms au moindre du Semin.re&#13;
595 Pouvez vous douter quil n’y a eu jusqu’a present&#13;
596 nulle émulation p.r lestude dans le petit Sem.re&#13;
597 Ce qui a donné occasion a M LEveq’ de Quebec&#13;
598 qu’on les y eslevoit p.r estre menuisiers, Sculpteurs&#13;
599 joueurs dorgue &amp;. mais non p.r estudier. C’est&#13;
600 ce que vous ne Scaviez trop restablir. on&#13;
601 me mande de Quebec que dans le reglement du&#13;
602 Sem.re Jl n’y a pas une regle ou lon inculque&#13;
603 lestude aux Jeunes gens, on pretend quil n’y&#13;
604 a que cet endroit. Jls estudieront quand Jls&#13;
605 nauront point dautre affaire a leur employ&#13;
606 Ce qui marque que Lestude n’est regardée que&#13;
607 co’e un passe temps quand on n’a point dautre&#13;
608 affaire. vous devez asseurement, Monsieur&#13;
609 y faire attention.&#13;
610 M. de la Colombiere Nous a fort pressé de&#13;
611 vous envoier quelqu’un p.r vous aider a conduire&#13;
612 le Sem.re mais Jl voit par Ses yeux que ce&#13;
613 n’est pas un petit choix a faire. Je jette les&#13;
614 yeux de toutes parts et ne trouve pas ce&#13;
615 quil vous faut.&#13;
616 vous verrez par la copie de la lettre de M.&#13;
617 de Pont chartrain et par le memoire que Nous&#13;
618 avons presenté dont J’ay joint les copies cequi&#13;
619 nous aesté repondu Sur les mats et Sur les&#13;
620 3000.# que vous devez au Roi. Je Suis tres&#13;
621 persuadé que lon ne vous pressera pas.&#13;
622 J’ay esté bien Surpris d’apprendre par&#13;
623 dautres que par vous le mauvais traitem’&#13;
624 que vous a fait M Raudot. Nous ne&#13;
625 nous attendions pas a un tel traitement.&#13;
626 vous le verrez Sur ces mats&#13;
627 Je Serois fort de votre Sentiment de ne pas encore&#13;
628 envoier M S.t Cosme le Jeune aux Tamarois.&#13;
629 Si vous retirez M Bergier qui feroit plus&#13;
630 de bien asseurem’ p.r les estudes au Sem.re&#13;
631 quil n’en fait dans cette mission, vous&#13;
632 osterez tout ce quil y a de bon en la Louisianne,&#13;
633 car Je vous avoüe que Je Suis bien dégouté&#13;
634 de cette mission que ne tient a rien, et qui&#13;
&#13;
�635 n’a nulle liaison.&#13;
636 Je crois quil n’y auroit rien a craindre davoir&#13;
637 M. Bergier dans le Sem.re Je Suis persuadé&#13;
638 quil ne Se laissera pas emporter parle Prelat&#13;
639 en cas quil revinst. Je vois par Ses lettres&#13;
24.&#13;
&#13;
1706&#13;
25&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
640 Son bon esprit, et Suis persuadé que Si on le&#13;
641 pouvoit Separer et en laisser moitié aux&#13;
642 Tamarois et moitié au Sem.re Jl feroit bien&#13;
643 du bien partout.&#13;
644 Je voudrois detout mon cœur que M. S.’ cosme&#13;
645 le Jeune eust quelques annéez plus quil n’a ou&#13;
646 quil travaillast en Second avec M. Bergier&#13;
647 encore quelques annéz. Quant a M.rs Davion&#13;
648 et S.’ Cosme Laisné. Jecrois que ce Seroit un grand&#13;
649 bien quils neussent jamais esté a la Louisiane,&#13;
650 car Jls feroient plus de bien cent fois dans la colonie&#13;
651 quils n’en ont la Pour moy J’ay honte de&#13;
652 voir ce qui S’y passe.&#13;
653 vous me mandez que le voiage de M Du Pré&#13;
654 le Jeune ne vous couste rien. Jl vous cousteroit&#13;
655 puis que Son oncle me prie de paier ce quil a&#13;
656 emprunté p.r lefaire, Si Je navois porté Son&#13;
657 oncle dorleans qui a voulu moffrir 200.#&#13;
658 p.r les Soins que J’ay pris p.r eux dappliquer&#13;
659 cette So’e de 200.# p.r le voiage de M Du Pré&#13;
660 Je ne crois pas que nous fassions une grande perte&#13;
661 en le perdant, Jl est trop delicat et Se taste&#13;
662 trop. Je doute quil fasse grand chose.&#13;
663 vous Serez Sans doute encore fasché contre moy&#13;
664 de toute la depense que J’ay fait p.r La Louisiane&#13;
665 Mais Jl y a bien des choses que nous faisons&#13;
666 Souvent malgré Nous et par un enchainem’&#13;
667 de providence dont Nous ne Somme pas&#13;
668 les maistres. Javois pris de bonnes mesures&#13;
669 p.r en faire peu. Le renversem’ du voiage de&#13;
670 M Gervaise m’en a fait faire beaucoup. Il lui&#13;
671 en couste a lui beaucoup de Son costé. J’en&#13;
672 mande les circonstances a M’gr Lancien&#13;
673 Je vous ay mandé que Je ne puis en aucune&#13;
674 maniere Separer le compte des missions&#13;
675 de la Louisiane de celui du Sem.re de Quebec&#13;
676 cela ne depend pas de moy.&#13;
&#13;
�677 J’ay Eu cet estat des cures et missions a remplir&#13;
678 xxx gouvernemens de Quebec et des trois rivieres.&#13;
679 Jl en a 31. actuellem’ establies et vous en&#13;
680 mettez huit a remplir. Si Javois eu des fonds&#13;
681 p.r ramasser de bons Sujets en france les esprouver&#13;
682 au Sem,re et vous les envoier en Canada, Je Suis&#13;
683 Seur que Je vous ne aurois envoié assez p.r les&#13;
684 remplir. Mais Jl faut les y faire Subsister.&#13;
685 Cest ce qui est le plus difficile. Sous un autre&#13;
686 Evesque on le poura faire, mais Sous celui cy&#13;
687 Jl ny faut pas conter.&#13;
688 Ce que vous faites p.r Danjoul est tres bien. Javois&#13;
26.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
689 cependant conté en lenvoiant la bas quil&#13;
690 Se mettroit avec les freres, et les Sentimens de&#13;
691 pieté quil m’a marqué icy me faisoient croire&#13;
692 quil n’y auroit pas la repugnance quil y a eüe&#13;
693 vous nestes obligé a rien a Son esgard. Sil&#13;
694 fait bien dans loffre ou il est, vous l’y pouvez&#13;
695 laisser. Je n’ay pului envoier p.r cette année&#13;
696 ces Six plaques de Cuivre, J’ay creu quil valoit&#13;
697 mieux vous envoier p.r 300.# de clous, etque&#13;
698 cela pressoit davantage pour couvrir leSemin.re&#13;
699 J’ay fait accomplir lememoire de drogues de&#13;
700 votre chirurgien que vous trouverez dans nos&#13;
701 balots et Sur la facture.&#13;
702 vous me demandez de vous envoier quelque bon&#13;
703 Sujet co‘e M Du costé p.r repeter la Philosophie&#13;
704 et la Theologie. M. Du Costé est Curé a cinq&#13;
705 lieues de Paris. Jl n’a jamais eu depense pour&#13;
706 cette vocation, mais quand Jl lauroit eüe Je ne&#13;
707 crois pas que c’eust esté votre affaire. et Si Je vous&#13;
708 avois parlé un quard heure vous en seriez aussi&#13;
709 persuadé que Je le Suis.&#13;
710 Je ne doute pas que le Jeune Monsr dupré et&#13;
711 peut estre mesme M de la colombiere nescrivent&#13;
712 a M. LeCuré de Quebec la Surprise ou J’ay esté&#13;
713 de la conduite quil a tenüe a legard dece qui lui&#13;
714 est revenu de la Succession de Son frere; mais&#13;
715 Je lui en escris a lui mesme, et ne lui cache pas&#13;
716 que J’en ay esté tout a fait blessé.&#13;
717 Je ne puis m’empescher de vous demander pardon&#13;
718 Si Je vous ay parlé Si franchement et lan passé&#13;
&#13;
�719 et cette année enquelq’ occasions. Je Scay ce que Je&#13;
720 vous dois et combien Je dois respecter vos lumieres,&#13;
721 cependant Je crois vous devoir aussi parler&#13;
722 avec liberté de ce que lon pense Sur votre chapitre&#13;
723 car peut estre que les autres ne le font pas.&#13;
724 Je tascheray a vous escrire Si Jepuis Sur le Spirituel&#13;
725 car J’ay bien peu de temps, et Je Suis tout remply&#13;
726 dJnfirmitez. J’ay beau ne les pas escouter, Je Suis&#13;
727 a lheure que Je vous escris cecy presq’ hors destat&#13;
728 de lire d’un de mes yeux accablé de fluxions. Jl&#13;
729 faut en benir Dieu quoi que Je Sois attaqué bien&#13;
730 Jeune. Je prends trop a cœur les choses dont Je&#13;
731 Suis chargé. Les mauvais Succez maffligent&#13;
732 Je n’en fais plus quamasser des humeurs, J’ay&#13;
733 peine a ne pas prendre Sur mon Sommeil&#13;
734 pour toutes mes affaires. cela use et ameine&#13;
735 linfirmité avant le temps. Je me recommande&#13;
736 tres pariticulierem’ a vos prieres et Saints&#13;
737 Sacrifices et Suis tres parfaitement Monsieur&#13;
738 votre tres humble et tres obeissant Serviteur.&#13;
739&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, juin 1706)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime au supérieur du Séminaire de Québec sa surprise et sa résignation devant le second incendie du Séminaire et dit qu’il n’a pas pu obtenir de secours à Versailles. Il reproche que l’on dépense beaucoup pour les bâtiments du Séminaire et pour le trop grand nombre d’enfants pris en charge. Il lui raconte qu’il a eu beaucoup d’affaires avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, présentement prisonnier en Angleterre, et La Pallière, son grand-vicaire, à propos des unions des abbayes de Méobecq et de Bénévent au chapitre de Québec. Il se plaint de la dureté et de l’intérêt du prélat et de son grand-vicaire, qui se sont fait attribuer des pensions sur des abbayes. Il commente les mauvaises nouvelles de la guerre qui ont eu lieu en Flandre et en Espagne, où les troupes françaises ont été battues et ont perdu plusieurs villes. Il dit qu’il n’y a nulle apparence à la paix. Il espère que la France pourra se relever de ces désastres. Il dit qu’il a envoyé au Canada ce qu’il lui a demandé. Il a eu du mal à payer les factures, à cause du renversement du commerce et de la rareté de l’argent. Il ne pourra plus envoyer grand-chose au Séminaire ni à la Louisiane et il ne peut pas séparer le compte des missions de celui du Séminaire. Il a réussi à lui envoyer les livres d’Agreda et de la sœur de Coutances, perdus dans l’incendie, mais qu’il ne les approuve pas. Il a parlé à La Colombière, grand-chantre du chapitre de Québec, de ces livres et qu’il l’a trouvé de son avis. Il dit aussi qu’il a demandé à Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, d’ôter à Glandelet le grand-vicariat et la supériorité des Ursulines, mais il a refusé, en lui reprochant de se laisser trop gouverner par les Jésuites.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11918" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11919" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11917" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Paris, 26 avril-28 mai 1702)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
À tout seigneur, tout honneur. Je ne vous écrivais les années passées que par bonne&#13;
amitié ; celle-ci, c’est par devoir et pour rendre compte à M. le doyen et le prier de rendre&#13;
compte au chapitre des affaires dont je suis chargé pour lui. C’est ce que je ferai dans le&#13;
commencement de cette lettre et je ferai ensuite, à l’ordinaire, succéder l’amitié à ce devoir&#13;
de respect en répondant aux obligeantes lettres que j’ai reçues de vous et vous mandant&#13;
tout ce que vous pouvez souhaiter vous être mandé.&#13;
Vous serez surpris cette année de trouver une si pitoyable recette du chapitre, car&#13;
quoiqu’elle monte fort haut et qu’elle aille à plus de 7 000 livres, la dépense va encore&#13;
plus haut et actuellement que je vous écris ceci, bien loin d’avoir à vous de l’argent entre&#13;
les mains, je me crois en avance pour le chapitre. Je vais vous en expliquer les raisons. Je&#13;
parle ici au moins à M. le doyen et nullement à M. de Glandelet, car je sais que je ne serais&#13;
pas bien venu de parler à ce dernier de temporel, lui qui tient si fort cette maxime que le&#13;
temporel n’est rien et qui la tiendra jusqu’à ce que M. des Maizerets l’ait convaincu du&#13;
contraire par expérience ; mais pour M. le doyen, il sait bien qu’il n’y aurait point de&#13;
chapitre sans chanoines et de chanoines sans prébendes, c’est-à-dire sans un revenu&#13;
affecté pour la subsistance de chaque chanoine. Ce sont les premières notions d’un&#13;
chapitre.&#13;
Vous aurez sans doute à me reprocher cette année encore plus que les autres que nous&#13;
avons bien mal choisi en vous chargeant, par les derniers partages, du revenu des deux&#13;
abbayes, mais cependant je ne saurais en avoir regret pour le bien et l’avantage du&#13;
chapitre. Il n’est pas réel pour le présent, mais il sera sensible dans la suite et j’espère que&#13;
nous le verrons dans peu, si nous réussissions dans nos unions.&#13;
C’est par cette affaire que je crois devoir commencer à vous rendre compte. Je crois vous&#13;
avoir mandé l’an passé que Mgr de Québec me pressait très fort d’accommoder l’affaire&#13;
que j’ai depuis trois ou quatre ans avec la religieuse qui est à l’Estrée. Monseigneur, pour&#13;
m’y engager, avait obtenu l’an passé de M. l’archevêque de Trèves par le moyen de&#13;
&#13;
�M. l’évêque de Toul, qui est des intimes amis de M. l’abbé de Brisacier, un consentement&#13;
par lequel il permettait que le prieuré de La Colombe à Longwy fut transporté dans les&#13;
lieux réguliers de l’Estrée ; si bien que considérant cet obstacle levé, sachant de plus que&#13;
M. l’évêque d’Évreux avait envoyé faire un procès-verbal à l’Estrée pour y faire une&#13;
clôture et avoir permis à cette religieuse de prendre des novices, faisant réflexion que&#13;
quand je serais assuré de gagner au Conseil mon procès contre cette religieuse, ce qui&#13;
était fort douteux, après tous ces obstacles levés, je n’en serais pas plus avancé qu’on nous&#13;
renverrait au Conseil dans un autre parlement, où il faudrait plaider dix ans avant que&#13;
de faire juger cette affaire définitivement et qu’enfin, après que j’aurais ainsi bien plaidé&#13;
toute ma vie dans tous les tribunaux et que j’aurais consommé à cela plus que le fonds de&#13;
l’abbaye, je serais aussi embarrassé que le premier jour à chercher les moyens de&#13;
consommer notre union. On ne voit de près toutes ces choses qu’après qu’on a essuyé de&#13;
près tous les désagréments des procès. Je ne sache pas d’affaire qui m’en puisse donner&#13;
plus que celle-là m’en a donné.&#13;
Mgr de Québec, qui était allé en Dauphiné après le départ des vaisseaux, ne cessait de me&#13;
presser, par M. de La Pallière1, de m’accorder avec la religieuse. Il semblait même&#13;
promettre de porter sa part des frais du procès. Je me résolus enfin dans le mois d’août&#13;
et de septembre à m’accorder. Un maître des requêtes de nos voisins et un conseiller au&#13;
Parlement de Rouen furent les médiateurs de cet accord. Je promis de donner à la&#13;
religieuse, pour tous les frais de son procès, 2 000 livres (vous remarquerez que je lui en&#13;
avais offert 2 500 livres avant que d’obtenir un arrêt au Conseil) et qu’elle rembourserait&#13;
les façons des vignes que notre fermier de l’Estrée avait avancées par mon ordre pendant&#13;
deux ans, dont elle avait recueilli le vin. On convint de faire régler ces façons des vignes&#13;
par nos médiateurs ; cependant, il m’en coûta encore 73 livres au-delà, car ils montaient&#13;
à 1 073 livres et on n’alloua que 1 000 livres et il me fallut porter 73 livres plutôt que de&#13;
les faire perdre au receveur de l’abbaye.&#13;
Mgr de Québec n’a rien voulu allouer de ces 2 073 livres que nous ont coûtées cet&#13;
accommodement et près de 900 livres encore d’ailleurs pour frais de procédures à&#13;
l’avocat au Conseil, au Grand Conseil sur les lieux, dont il a fallu encore tenir compte à&#13;
M. Rotrou et il m’a fallu tout porter pour paix avoir avec lui, mais le bien que nous en&#13;
avons retiré c’est : 1er que nous avons eu main levée des saisies faites sur l’abbaye de&#13;
1&#13;
&#13;
Pierre Pitot, sieur de La Pallière, grand-vicaire et procureur de Mgr de Saint-Vallier à Paris&#13;
&#13;
�l’Estrée, dont j’ai bien reçu de quoi remplir tous ces frais et il nous y est dû encore plus&#13;
d’une année, car cela va à 3 800 livres, sans compter l’année échue à Noël dernier, dont le&#13;
terme de paiement n’échoit qu’à la Saint-Jean prochaine ; 2e le bien qui s’est ensuivi de&#13;
cet accommodement, c’est que nous nous sommes mis en état de travailler efficacement&#13;
à l’union de nos trois abbayes, car nous avons réuni tous les procès-verbaux qu’on nous&#13;
demande à Rome.&#13;
Nous avons obtenu tous les consentements des personnes intéressées et le roi a bien&#13;
voulu écrire de nouvelles lettres au pape, au cardinal patron de France et au cardinal de&#13;
Janson, qui est chargé des affaires du roi à Rome. Nous avons mis toutes nos pièces, il y&#13;
a deux mois, entre les mains d’un banquier très expérimenté en ces unions, qui est mon&#13;
ami, et elles sont arrivées à Rome, d’où on commence à nous écrire, par les deux derniers&#13;
ordinaires, qu’on travaille à notre affaire. Mgr de Québec, ayant vu que le banquier qui en&#13;
avait été chargé ci-devant craignait de perdre ses avances s’il en faisait encore, lui a fait&#13;
remettre par le dernier ordinaire 500 livres pour l’engager à agir. Nous en porterons les&#13;
deux cinquièmes et Monseigneur, les trois autres. Il ne faut donc plus vous attendre que&#13;
je remette à présent au compte du Séminaire aucun des deniers du chapitre. Tout ce que&#13;
je recevrai pour lui sera pour servir aux frais des unions. Il nous faudra peut-être plus de&#13;
8 000 livres de frais pour la part du chapitre seul. Ainsi, trois ou quatre années ne suffiront&#13;
pas pour acquitter cette somme. Nous serions trop heureux si nous pouvions finir cette&#13;
affaire. J’engage tant que je puis Mgr de Québec à aller pour cela à Rome. Je suis persuadé&#13;
que par ses sollicitations très vivres, il emporterait l’affaire et c’est la plus importante de&#13;
l’Église de Québec.&#13;
Vous serez peut-être surpris de ne trouver rien de reçu du prieuré d’Èves dans mon&#13;
compte pour les six mois échus à la Saint-Jean dernière. Il est arrivé l’an passé une telle&#13;
foudre de vent, le jour de la Purification, qu’elle a renversé presque entièrement la grange&#13;
de la métairie d’Èves ; si bien que toute cette demi-année y fut consommée ; et je ne sais&#13;
si elle suffira. On m’a promis de me faire toucher au premier jour la demi-année échue à&#13;
Noël dernier. C’est M. le vicomte d’Argenson qui a fait cette réparation. Cette même&#13;
tempête a causé bien des réparations à Méobecq et à l’Estrée. Quant à Méobecq, vous en&#13;
trouverez pour une bonne somme dans mon compte de fait. J’espère qu’il n’y en aura pas&#13;
tant tous les ans, surtout dans un temps où l’on paye tant de taxes au roi. À l’égard de&#13;
l’Estrée, je suis en contestation avec le receveur. Il est obligé d’entretenir les lieux, mais il&#13;
&#13;
�n’est pas tenu de ces sortes de tempêtes. Je dois aller sur les lieux cet été voir ce qui y est&#13;
arrivé.&#13;
Vous trouverez dans mon compte, en un seul article reçu en argent ou quittances des&#13;
fermiers de Méobecq, 3 676 [livres]. C’est tout le prix de leur ferme, mais il y a bien des&#13;
articles à leur diminuer sur cette somme, outre les 1 358 livres que j’alloue dans ma&#13;
dépense. Ces 1 358 livres sont composées :&#13;
1° d’une somme de 600 livres que j’ai employée dans mon compte de l’an&#13;
passé, reçue le 8e janvier 1701, pour payer les décimes d’octobre 1700 ;&#13;
2° de 300 livres payées pour une année à M. Baraton, pensionnaire de&#13;
Méobecq ;&#13;
3° de 400 livres payées aux curés de Méobecq et Neuilly pour une année&#13;
de leur portion congrue, 50 livres pour le luminaire de Méobecq pour une&#13;
année et 8 livres au curé de Mehun pour l’année 1 700.&#13;
Je vous envoie la copie d’un compte-arrêté avec Mgr de Québec pour être quitte avec lui.&#13;
J’ai eu bien de la peine à finir ce compte et quoiqu’il m’ait refusé de me rien allouer pour&#13;
les réparations de Méobecq, qui étaient à faire en 1697 qu’il nous remit l’abbaye ni des&#13;
frais du procès de la religieuse, ni d’autres demandes que je lui faisais, je me suis encore&#13;
estimé heureux de finir avec lui ainsi, car je craignais bien qu’il n’insistât pas à vouloir&#13;
jouir de ce qui était dû par les fermiers de Méobecq et de Chezelles jusqu’à la SaintJean 1697, car c’était une prétention qu’il avait et sur laquelle je ne sais ce qui aurait été&#13;
réglé s’il l’avait beaucoup soutenu, car il soutient ses intérêts d’une manière si vive qu’il&#13;
force à se faire accorder tout ce qu’il demande. C’est pourquoi, tout maltraités que nous&#13;
sommes, j’ai encore cru un bonheur de finir avec lui quelque chose à un meilleur prix que&#13;
je ne craignais.&#13;
Je vous prie que tout ce que je vous écris de lui ne soit communiqué qu’à nos Messieurs&#13;
et recommandez-leur de ma part de ne le point répandre ailleurs. Je crois qu’il arrive&#13;
souvent qu’on croit parler à une personne de confiance et il va ensuite reporter ce qu’on&#13;
lui dit à [des] gens qui le mandent à Monseigneur. Il m’a reproché en mots couverts&#13;
&#13;
�plusieurs choses que j’ai écrites l’an passé et qu’il dit qu’on lui a mandées de Québec, tant&#13;
sur nos Hospitalières que sur le Séminaire.&#13;
Vous seriez surpris d’apprendre que M. de La Pallière est à présent aussi vif pour&#13;
empêcher s’il pouvait son retour qu’il a été ci-devant pour le procurer. Nous avons été&#13;
quelques jours, ce mois de février dernier, que M. de La Pallière craignait qu’après avoir&#13;
réglé ses affaires, il ne se mît en état de retourner. Il fut voir M. le duc de Beauvilliers 2 et&#13;
le R. P. de La Chaize. Il nous pressa de voir M. le cardinal de Noailles, mais nous&#13;
l’assurâmes qu’il n’y avait nulle apparence pour le retour cette année et qu’il était inutile&#13;
d’agir avant le temps. Ce qui le rend si vif, c’est qu’il ne le croit nullement changé, d’une&#13;
humeur plus difficile que jamais et que son expérience l’a convaincu de la vérité de tout&#13;
ce que nous avons trop éprouvé pendant plusieurs années.&#13;
Cependant, je ne crois pas qu’on puisse l’arrêter quand il voudra retourner. Il compte de&#13;
le faire l’année prochaine et je prévois qu’il le fera. Il passe ici pour un évêque très&#13;
régulier. Il est enfermé chez M. le curé de Saint-Sulpice depuis le matin jusqu’au soir sans&#13;
sortir, dit la messe tous les jours, n’est d’aucun plaisir et vit fort régulièrement. Il n’en&#13;
faut pas tant pour passer pour un saint, car la plupart de nos évêques vivent d’une tout&#13;
autre manière.&#13;
Vous serez surpris d’apprendre l’exil, par une lettre de cachet, de notre M. l’évêque de&#13;
Gap. Après que vous l’avez vu vivre en missionnaire si régulièrement, vous serez surpris&#13;
qu’on l’ait relégué à cause de ses galanteries et qu’il soit devenu un damoiseau. Il y a cinq&#13;
ou six ans qu’il n’a mis le pied en son diocèse. Il a à Paris un des plus beaux équipages et&#13;
il rend des visites aux dames. Je savais cela il y a plus [depuis] de deux ans et je n’ai pas&#13;
voulu vous en rien mander, mais je le fais, puisque cela a éclaté. Il est relégué à Condom,&#13;
où notre cher M. de Condom souffrira beaucoup d’avoir un tel hôte, qui n’a pas su&#13;
profiter de son humiliation, mais porte après sa disgrâce autant de faste en allant en exil&#13;
qu’il en avait auparavant. Que cela doit nous humilier, craignons bien les grandeurs et&#13;
les richesses, puisqu’elles changent si fort les mœurs ! Vous voyez en M. de Gap un&#13;
exemple de ce qui est arrivé en M. Bertot.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Paul-Hippolyte de Beauvilliers Saint-Aignan, 1684-1776, chef du Conseil royal des finances&#13;
&#13;
�Je vous avoue que cette mauvaise odeur m’a empêché de le voir pour faire réussir l’union&#13;
de son petit prieuré de Guéret. C’est pourquoi j’ai laissé tomber l’affaire, qui est échouée.&#13;
J’y ai vu trop de difficultés, parce que les moines n’y ont pas consenti.&#13;
Après cette triste nouvelle de la conduite de ce prélat, je crois vous devoir apprendre la&#13;
mort sainte de notre cher M. l’évêque de Poitiers, qui n’est évêque que depuis trois ans.&#13;
Il nous avait toujours dit qu’un bon évêque ne devait vivre que trois ans. Il jeûna au pain&#13;
et à l’eau pendant les trois jours du carnaval dans son Séminaire, affligé aux pieds de son&#13;
crucifix de ce que les magistrats de sa province n’empêchaient pas une troupe de&#13;
comédiens de jouer dans toutes les villes de son diocèse, m’écrivant qu’il avait dans son&#13;
diocèse plusieurs nouveaux catholiques, qui, étant protestants, avaient été chassés du&#13;
Perche et mis en pénitence publique pour avoir assisté à ces spectacles et qui étaient&#13;
scandalisés qu’on les souffrit dans l’Église catholique. Après avoir jeûné ces trois jours,&#13;
pendant lesquels il souffrait du froid dans son Séminaire, il commença son carême en&#13;
visitant tous les pauvres et les malades dans ses hôpitaux et il trouva des fièvres&#13;
pourpreuses3 dans son Hôtel-Dieu, qu’il prit aisément, parce qui avait l’estomac vide. On&#13;
le pensa pendant quatre jours d’un gros mal de tête et fièvre, comme si ce n’eût été que&#13;
d’un rhume et on le saigna le premier dimanche de carême, ce qui le fit tourner à la mort,&#13;
qui arriva deux jours après, ayant reçu tous ses sacrements et tiré les larmes des yeux de&#13;
ses domestiques et de tout son peuple. Vous ne sauriez vous imaginer jusqu’où tout son&#13;
peuple l’a regretté ; et il avait bien raison, car il perdait un très saint prélat. Je perds en lui&#13;
un très intime ami, qui m’honorait de sa confiance et je n’y saurais penser sans en être&#13;
très vivement touché ; mais cette mort m’a en vérité bien servi à rentrer en moi-même et&#13;
m’a bien convaincue qu’il n’y avait rien de solide en ce monde. Je n’ai pas perdu cette&#13;
vérité de vue depuis sa mort et j’espère que Dieu me le fera la grâce de l’entretenir en&#13;
moi.&#13;
Ces deux évêques ont interrompu le compte que je vous rendais des affaires du chapitre.&#13;
Je vais le reprendre. On nous mande de Rome que ce pontificat n’est point propre à faire&#13;
réussir nos unions. Nous avons un pape très long, qui ne conclut rien, qui ne veut faire&#13;
peine à personne, qui s’arrête sur la moindre difficulté et qui n’agit pas pour la faire lever.&#13;
L’union des menses monacales sera difficile. Je crois cependant qu’après avoir employé&#13;
les sollicitations les plus fortes, si Mgr de Québec y va, il l’emportera et je ne cesserai de&#13;
3&#13;
&#13;
Le typhus&#13;
&#13;
�l’en presser. Il ne faut rien épargner pour ces affaires. Elles demandent une entière&#13;
application.&#13;
Je serai cependant obligé d’aller faire un tour cet été et à Méobecq et à l’Estrée. Ces biens&#13;
sont tels qu’il faut nécessairement les voir de deux ans en deux ans. J’aurais même besoin&#13;
de demeurer à Méobecq une quinzaine de jours. J’y ai plusieurs affaires qui ne vont pas&#13;
comme je voudrais. Je suis obligé de me fier au bon homme, M. de Bienassis, qui a plus&#13;
de 80 ans et est le père de deux fermiers de l’abbaye. Il fait leurs affaires et non pas les&#13;
nôtres. Mgr l’Ancien m’a bien dit que ce vieillard et toute sa famille étaient fort intéressés.&#13;
Ce sont des sangsues, qui voudraient tirer à eux tout le revenu de cette abbaye. C’est le&#13;
malheur [que] Mgr de Québec ait fait un bail à ses enfants. Cependant, il me conseille de&#13;
le laisser mourir en paix, mais je voudrais avant sa mort visiter le chartrier et tous les&#13;
titres et les mettre en bon état. Je voudrais visiter tous les bois, les étangs, les métairies et&#13;
les moulins pour prendre connaissance de tout par moi-même et voir comment je&#13;
pourrais rétablir, surtout les bois. Je compte d’y aller après que je me serai débarrassé de&#13;
mes lettres, c’est-à-dire vers la Saint-Jean au plus tard.&#13;
J’ai aussi à visiter le prieuré d’Èves, où il y a des réparations à faire et à terminer un procès&#13;
à la chapelle de Vauvoyer contre un curé, qui prétend bien des dépens et plusieurs années&#13;
de supplément de portion congrue. C’est une affaire qui n’est bonne qu’à terminer le plus&#13;
tôt qu’il est possible.&#13;
Quant à l’Estrée, il me faut visiter tous les bâtiments pour examiner ce que la tempête y&#13;
a renversé en février 1701. Je n’ai pu me résoudre à aller à cette abbaye depuis la perte du&#13;
procès de la religieuse. Cependant, il y faut aller nécessairement tous les ans.&#13;
Mgr de Québec demande au roi des ornements pour la cathédrale et il espère en obtenir.&#13;
Je ne sais s’il y réussira. Les finances sont si dérangées que quand le roi, par bonté de&#13;
cœur, aurait accordé une somme, je ne sais pas s’il serait facile de la faire payer.&#13;
Voilà, ce me semble, tout le compte que je puis vous rendre sur les affaires du chapitre.&#13;
Je vais à présent répondre aux lettres que vous m’avez fait la grâce de m’écrire et je vous&#13;
écrirai en chemin, faisant tout ce que vous désirez savoir. Je crois avoir reçu toutes vos&#13;
lettres ; cependant, je n’en suis pas bien assuré, car vous devriez à la fin m’envoyer un&#13;
&#13;
�petit catalogue de toutes les lettres que vous m’écrivez, comme vous faisiez ci-devant. J’ai&#13;
reçu cette année des lettres deux mois après le retour des vaisseaux, sans dire par où elles&#13;
me sont venues. Pour vos deux grandes lettres, je les ai reçues. J’ai remis à Mgr de Québec&#13;
les papiers et paquets qui étaient pour lui et ai retenu les duplicatas que vous m’avez&#13;
mandé de retenir. Je me trompe de vous dire que j’ai reçu de vous deux grandes lettres.&#13;
Je n’en ai reçu qu’une de plusieurs écritures de trente-sept pages, dont les cinq ou six&#13;
dernières sont de votre écriture et j’ai reçu environ moitié de cette lettre par une autre&#13;
voie. Sans doute que vous n’ayez pas eu le temps de faire copier le reste. J’ai aussi trouvé,&#13;
dans plusieurs paquets, plusieurs petits billets de vous que j’ai ramassé ensemble. Il y en&#13;
a huit. Je vais répondre à tout ce que vous désirez savoir.&#13;
Vous m’avez fait un très sensible plaisir de me faire allouer mes comptes précédents, afin&#13;
de ne rien laisser en arrière. Vous êtes, à ce que je crois, bien persuadé que je ne prétends&#13;
pas sortir par-là de l’esprit de grâce, qui me doit faire éviter toute propriété ; mais quoique&#13;
je n’agisse que dans cet esprit, ce me semble, il n’en faut pas moins liquider les comptes&#13;
année par année, afin de se tenir l’esprit en repos. Je vous prie d’engager nos Messieurs&#13;
à continuer sur ce pied-là.&#13;
J’ai été vraiment affligé de la mort de M. Doucet4. C’était un bon ouvrier, qui a rendu&#13;
service à l’Église. Ce que vous me mandez de l’état où était le Séminaire avec tout le pays&#13;
dans ces temps-là est surprenant. Nous sommes bienheureux d’en avoir conservé&#13;
Mgr l’Ancien et M. des Maizerets.&#13;
J’ai été tout à fait édifié de ce que Mgr l’Ancien a pris la peine de m’écrire sur deux points&#13;
dont je lui avais écrit l’an passé. Le premier était à l’occasion de ces lettres de change, où&#13;
je lui répondais l’impossibilité où j’étais de les payer des deniers du Séminaire, qui est si&#13;
obéré ; le second est sur ce qu’on n’avait arrêté aucun compte du Séminaire. Monseigneur&#13;
me mande qu’il n’a pas prétendu, en tirant lui-même ces lettres de change, que je les&#13;
payasse d’autres deniers que de ceux du Séminaire et que, pour cela, ses revenus soient&#13;
confondus avec ceux du Séminaire, qu’il n’a rien possédé en propre et veut mourir dans&#13;
cette pratique. On ne peut écrire plus saintement et avec plus de bonté et de charité pour&#13;
moi qu’il l’a fait.&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Alexandre Doucet, 1657-1701, curé de Charlesbourg de 1690 à 1701&#13;
&#13;
�Je vous ai envoyé par le vaisseau du Nord copie de la lettre que j’ai reçue de M. SaintCosme et des mémoires que lui et M. Davion m’envoient. J’ai écrit à Mgr l’Ancien mes&#13;
réflexions sur cette lettre et ces mémoires. Je les répète ici.&#13;
1° Il paraîtrait plus nécessaire que M. Bergier5 fût dans une mission près de Français, afin&#13;
de gouverner le temporel, que de le laisser aux Tamarois, où les Jésuites le rendront&#13;
inutile en débauchant tous ses Sauvages.&#13;
2° M. Saint-Cosme n’a nul ménagement et il parle de se faire appliquer des 400 écus pour&#13;
sa mission des Natchez. Cela est ridicule, car il faut que les missionnaires se mettent en&#13;
état de ne dépenser à deux, dans chaque mission, que 600 livres au plus et s’ils sont seuls&#13;
dans chaque mission, 300 livres ou 350 livres au plus. C’est ce qu’on donne aux&#13;
missionnaires de la Chine, où il y a le plus de dépense à faire.&#13;
3° M. Saint-Cosme voudrait posséder ce qu’on lui donnerait, sans que cela passât par les&#13;
supérieurs de la mission. Je crois que cela rendait les particuliers trop propriétaires.&#13;
Cependant, il ne serait pas mauvais que chacun se fit son mémoire de ses besoins, mais&#13;
cela doit passer ensuite par le supérieur pour être approuvé.&#13;
4° Il faudrait que nos Messieurs réunissent bien leurs missions et ne les avançassent pas&#13;
dans les terres pour être à portée de recevoir leurs besoins de France et d’être soutenus&#13;
par les Français.&#13;
5° Il est fâcheux que le P. de Limoges, de son chef, se doit établi aux Houmas. C’était une&#13;
mission à notre bienséance à 15 lieues des Natchez. Attendez-vous que ces pères vous&#13;
traverseront en tout pour vous dégoûter et vous faire quitter.&#13;
6° Il serait même à souhaiter que nous eussions quelque établissement avec les Français,&#13;
afin de s’en servir de lieu de correspondance ; mais M. d’Iberville préférera les Jésuites à&#13;
nous pour y desservir les Français, qui devraient l’être plutôt par des prêtres. Nous&#13;
saurons à son retour ce qu’il aura fait. On l’attend incessamment.&#13;
&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme, Albert Davion, m. 1726, et Marc&#13;
Bergier, v. 1667-1717, missionnaires du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
5&#13;
&#13;
�7° M. de Montigny6 m’avait dit d’envoyer des demi-barriques de farine à nos Messieurs.&#13;
M. Saint-Cosme dit que cela est inutile. Chacun raisonne selon son idée et à moins que de&#13;
savoir le sentiment de tous, on ne sait à quoi se déterminer.&#13;
8° Mgr de Québec ne pense plus à nous laisser les 2 000 livres du Clergé pour cette mission.&#13;
Je ne voudrais pas jurer que si M. d’Iberville y retourne au mois de septembre, ce prélat&#13;
ne prenne la partie d’aller avec lui et de parcourir de là par terre toutes les missions d’en&#13;
haut. Monseigneur ne nous laissera pas diminuer rien des 3 000 livres qui seront&#13;
accordées pour Mississippi, afin de nous rembourser par-là de toutes les dépenses&#13;
précédentes. Je crains bien qu’il n’y faille au contraire ajouter encore du nôtre.&#13;
9° Nous avons obtenu pour cette année la continuation de la gratification de 3 000 livres&#13;
pour Mississippi, mais ce sera la difficulté d’en être payé au Trésor royal. Je ne crois pas&#13;
en pouvoir rien tirer, ni de la pension de Mgr l’Ancien sur le Trésor royal. C’est ce qui fait&#13;
mon plus grand chagrin.&#13;
10° Un ecclésiastique nommé M. Gervaise, qui est prévôt à Sèvres, un des bons bénéfices&#13;
dépendant de Saint-Martin-de-Tours, et qui a été emmené à Siam par feu Mgr d’Héliopolis&#13;
à l’âge de 16 ans, qui en revint avec les Siamois en 1687 et qui est un ecclésiastique qui a&#13;
du bien de patrimoine et bien du mérite, se sent attiré à aller se dévouer au Mississippi&#13;
pour la conversion de ces infidèles. Il est seul héritier d’une sœur aînée, qui a plus de&#13;
3 000 ou 4 000 livres de rente et ils n’ont tous les deux que des héritiers collatéraux fort&#13;
éloignés. Il espère que s’il se destinait à cette bonne œuvre, sa sœur se retirerait auprès&#13;
de nous et se destinerait elle-même à l’aider dans son dessein. Cependant, j’y vois&#13;
beaucoup de difficultés dans l’exécution et peut-être que Dieu lui en donnera le désir,&#13;
sans lui donner jamais le moyen de l’exécuter. Je lui inspire qu’il devrait établir une&#13;
mission, où il eut un ecclésiastique avec lui, près des Français vers la mer, pour entretenir&#13;
correspondance plus facilement avec nous. Quand il serait résolu d’y aller absolument,&#13;
ce qui n’est pas encore, il lui faudrait plus d’un an pour se débarrasser de plusieurs&#13;
affaires, particulièrement de celles de Saint-Martin-de-Tours, dont il est chargé. Nous&#13;
attendons les nouvelles, qui viendront par M. d’Iberville, que je lui communiquerai. Je&#13;
crois qu’à l’égard de ces choses, il ne faut point d’empressement. Dieu sait le temps de sa&#13;
&#13;
François de Montigny, 1669-1742, missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi de 1698 à 1700, puis en&#13;
Chine&#13;
6&#13;
&#13;
�miséricorde qu’il a déterminé de faire à ces peuples. Il suscitera alors des ouvriers pour&#13;
en être les ministres. Ce M. Gervaise a fait son testament, en cas qu’il fût surpris et nous&#13;
y sommes pour Mississippi, à ce qu’il m’a dit. Je vous prie de ne parler point de ce que je&#13;
vous écris de lui qu’à nos Messieurs et d’en garder un grand secret.&#13;
Je vous ai dit en deux mots que je craignais fort de n’être pas payé de nos 3 000 livres pour&#13;
Mississippi au Trésor royal, aussi bien que des 2 000 livres de Mgr l’Ancien pour sa&#13;
pension. Il faut vous expliquer plus au long le sujet de ma crainte. Les finances sont si&#13;
dérangées en France qu’on ne saurait être payé au Trésor royal. Le roi s’est tellement&#13;
engagé dans les dernières guerres qu’il faut payer tous les ans plus de 30 000 000 [livres]&#13;
de rentes à l’hôtel de ville. C’est ce qui se paie bien, car si on y manquait, le roi perdrait&#13;
son crédit ; si bien que dans cette nouvelle guerre, on ne sait quels fonds faire pour la&#13;
guerre et elle consomme tout l’argent. D’ailleurs, il arriva l’an passé une banqueroute des&#13;
deux Trésoriers de l’Extraordinaire des guerres, que le roi a été obligé de soutenir pour&#13;
ne pas perdre le crédit de leur caisse. Il lui en coûtera plus de 12 000 000. De plus, la&#13;
recherche que M. Chamillart a fait faire des traitants et partisans qu’on a taxés à de&#13;
grosses sommes les a tellement aliénés de lui qu’ils ont renfermé tout leur argent, qui est&#13;
devenu si rare dans le commerce qu’on n’en saurait tirer de personne ; ce qui a causé tant&#13;
de banqueroutes que c’est à présent une chose très ordinaire de laisser protester des&#13;
lettres de change. C’est tout vous dire que M. de Chamillart, qui est des amis anciens de&#13;
nos Messieurs, qui a été prié par Mme de Maintenon et sollicité par eux, ne leur a pas&#13;
encore fait payer leurs ordonnances de l’an passé de 1 800 livres pour la Chine et les Indes&#13;
orientales. Je crains bien de ne pas toucher les miennes.&#13;
[Du 12 mai 1702]&#13;
J’en étais en cet endroit de votre lettre, mon cher Monsieur, lorsque M. Joncaire est arrivé&#13;
le 26e avril. Je n’en reprends la suite que le 12e mai, car vous jugez bien que la nouvelle&#13;
qu’il a apportée a bien achevé de déranger mes affaires. J’ai eu le temps cependant de&#13;
faire une lettre de vingt pages de petite écriture en deux jours pour M. des Maizerets, que&#13;
j’ai envoyée hier par la poste, afin de la mettre dans le vaisseau la Perle qu’on m’a mandé&#13;
devoir partir au premier jour. Ce sera la seconde voie qui instruira de nos affaires et votre&#13;
lettre sera la troisième. Je ne serai en peine de ces trois lettres, toutes les autres ne devant&#13;
être que des lettres particulières.&#13;
&#13;
�Vous pouvez bien croire que je fus sensiblement touché de la perte de notre Séminaire de&#13;
Québec. Quand on connaît le bien et l’utilité de cette bonne œuvre, comme je la connais,&#13;
on ne peut s’empêcher d’y être très sensible. Il paraît que le bon Dieu s’en est mêlé ; c’est&#13;
ce qui nous ferme la bouche et nous empêche de murmurer. J’ai été édifié de la manière&#13;
dont Mgr l’Ancien et M. des Maizerets ont pris la chose. Pour vous, on dit que [vous] ne&#13;
revîntes que quelques jours après. Je suis persuadé que Dieu voulait achever de&#13;
perfectionner ces deux chères personnes. Il ne pouvait les prendre par un endroit plus&#13;
sensible. Ils auraient donné leur vie avec plaisir plutôt que de voir cette bonne œuvre&#13;
détruite, mais nous pensons bien autrement et j’espère que si Dieu nous les conserve,&#13;
nous nous relèverons peu à peu. Je vous avoue que leur courage me donne une force&#13;
toute particulière. Je ne laisse pas de sentir toute la pesanteur du fardeau que Dieu met&#13;
sur nos épaules, mais il nous fortifiera pour le bien porter.&#13;
Je vous ai mandé, par la Perle, en écrivant à M. des Maizerets, que M. Joncaire nous ayant&#13;
rendu nos lettres, nos Messieurs, qui partaient pour Évry, m’emmenèrent avec eux pour&#13;
les lire. J’en revins le lendemain. J’annonçai cette nouvelle à Mgr de Québec, qui parut&#13;
sentir ce malheur aussi vivement qu’on le puisse sentir. Il me conseilla d’envoyer sans&#13;
délai M. Joncaire à Marly, où était le roi. Il y arriva à 10 heures du soir et rendit à&#13;
M. de Pontchartrain ses lettres. Ce ministre fut aussitôt en porter la nouvelle au roi, qui&#13;
en fut touché et l’apprit le soir même, étant à table. M. Joncaire dit au ministre la perte de&#13;
600 000 ou 700 000 livres et le ministre l’a dit aussi grande au roi. Nous en désabusâmes&#13;
cependant le ministre quand nous le vîmes et nous lui dîmes que nous ne croyions avoir&#13;
perdu que 100 000 écus7. C’en est bien assez.&#13;
Il m’a paru que tout le monde a été très touché de notre perte et on voit bien ce que vaut&#13;
une œuvre quand on s’en voit privé. MM. le chancelier et de Pontchartrain nous dirent,&#13;
quand nous les vîmes, que ce n’était pas notre perte, que c’était celle de tout le public,&#13;
que si elle n’était réparée, elle causerait la ruine de toute la colonie ; et chacun a paru&#13;
entrer dans les mêmes sentiments. Nous fûmes obligés de courir deux ou trois jours en&#13;
carrosse avec M. Joncaire pour porter ses lettres et quatre ou cinq jours après, nous fûmes&#13;
à Versailles, avec MM. de Québec, de Brisacier et son frère et M. Joncaire, voir&#13;
M. de Pontchartrain. Nous commençassions par voir ces MM. des bureaux, Des granges,&#13;
de La Touche et Bégon. Ces Messieurs furent fort touchés de notre accident et nous&#13;
7&#13;
&#13;
300 000 livres.&#13;
&#13;
�promirent&#13;
&#13;
bien&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
nous&#13;
&#13;
faire&#13;
&#13;
tous&#13;
&#13;
les&#13;
&#13;
plaisirs&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
dépendraient&#13;
&#13;
d’eux.&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain nous apprit que le soir, il en avait parlé au roi, mais qu’il n’avait pu&#13;
obtenir tout ce qu’il avait espéré ; qu’il aurait voulu que le roi nous eût donné 10 000 livres&#13;
pendant cinq ou six ans ; que le roi avait fait entendre que c’était une somme trop forte et&#13;
qu’on en demanderait la continuation ; qu’il aimait mieux nous donner 4 000 livres&#13;
pendant plusieurs années. Ce ministre ajouta qu’il n’était pas en cela content de cette&#13;
grâce et qu’il nous conseillait d’agir encore ; qu’il fallait que Mme de Maintenon en&#13;
reparlât au roi pour tâcher du moins d’obtenir 10 000 livres pour cette année pour vous&#13;
mettre en état de couvrir le grand corps de logis cet été. On lui recommanda fortement&#13;
M. Joncaire, soit pour lui obtenir un brevet pour la première lieutenance vacante soit pour&#13;
lui procurer une gratification. Le ministre dit qu’il était juste de lui accorder sa course et&#13;
fit quelques difficultés sur le brevet. J’espère cependant qu’il l’accordera. Il a déjà expédié&#13;
l’ordre pour la gratification, qui sera d’environ 750 livres.&#13;
Nous aurions voulu faire plus pour M. Joncaire et je crois qu’il vous dira que nous ne&#13;
sommes pas ingrats des services qu’il nous a rendus. Ce qui est fâcheux, c’est que M. le&#13;
cardinal, qui avait promis d’en parler au roi, l’oublia et nous n’avons pas encore su de&#13;
Mme de Maintenon si elle avait obtenu quelque chose pour cela. M. l’abbé de Brisacier&#13;
lui en a parlé fortement et elle lui a conseillé de lui en écrire une lettre qu’elle lirait au roi.&#13;
M. de Brisacier y remercie le roi de ces 4 000 livres accordées et représente ensuite la&#13;
modicité de cette somme, quand elle devrait être continuée, la nécessité de rétablir la&#13;
charpente cette année et pour cela, d’être aidé d’une somme plus forte de 10 000 livres&#13;
pour cette année seulement ; qu’après cela, pour n’être pas à charge à Sa Majesté, qu’elle&#13;
pourrait destiner un bénéfice pour être uni et que nous nous chargerions de poursuivre&#13;
cette union, sans que Sa Majesté en fût davantage inquiétée ; car M. de Pontchartrain nous&#13;
avait dit que le roi ne voulait point entendre à nous destiner un bénéfice pour être uni,&#13;
parce qu’on y fait à Rome trop de difficultés et qu’il en est trop importuné. Je ne sais pas&#13;
encore à quoi cela se terminera. Je puis seulement vous dire que, de la part de M. l’abbé&#13;
de Brisacier, on ne peut être mieux disposé qu’il est résolu de mettre tout en œuvre pour&#13;
vous secourir et qu’il est résolu de frapper à toutes les portes pour vous procurer du&#13;
secours. Cependant, vu la misère des temps, je fais un très médiocre fonds sur tout cela.&#13;
En un autre temps, nous pourrions espérer quelque chose. En celui-ci, je crains qu’on ne&#13;
nous écoute seulement pas. On est médiocrement touché en France dans la misère où l’on&#13;
est de ce qui se passe en Amérique.&#13;
&#13;
�Il me semble que jusqu’à présent Mgr de Québec a agi aussi bien qu’on puisse souhaiter&#13;
et il est résolu de se joindre à nous en tout ce qui dépendra de lui ; mais d’attendre du&#13;
secours de lui, je n’y vois guère d’apparence. Il est plus disposé à recevoir qu’à donner. Il&#13;
m’a dit, peu de jours après la nouvelle de notre accident, qu’il était fâché qu’elle fût&#13;
arrivée trop tard et que s’il n’avait pas fait la fondation des Ursulines des Trois-Rivières,&#13;
qu’il l’aurait appliqué à nous aider. Il témoigne avoir envie de relever cette œuvre, mais&#13;
de faire fond sur lui, je n’y vois nulle apparence.&#13;
Voici les moyens que nous espérons tenir pour vous procurer quelques secours. M. l’abbé&#13;
de Brisacier doit demander permission à M. le cardinal de faire des quêtes. Il doit engager&#13;
M. le curé de Versailles et quelques dames de piété qui y sont à recueillir ce qu’on voudra&#13;
donner. Il a dessein de faire imprimer la lettre de M. l’intendant de Champigny, qui est&#13;
fort bien faite, et d’y ajouter quelques réflexions. Il engagera MM. les curés de Paris,&#13;
auprès de la plupart desquels nous sommes assez bien, à recommander cette œuvre au&#13;
prône et il doit choisir dans plusieurs paroisses des dames de charité, qui puissent savoir&#13;
ceux qui ont coutume de donner. Il veut même envoyer cet imprimé dans les villes de&#13;
province, où nous avons quelque connaissance, surtout aux évêques et aux chapitres qui&#13;
nous sont connus. MM. de Saint-Sulpice nous ont dit qu’ils voulaient faire quelque chose&#13;
dans leur Grand Séminaire, quoique cela soit nouveau. Si par tous ces moyens, nous&#13;
pouvions ramasser 10 000 livres, nous nous estimerions heureux ; mais cela est fort&#13;
incertain.&#13;
Je n’ai encore reçu que 20 écus, c’est-à-dire 76 [livres], que le frère Grat, notre portier, m’a&#13;
apporté en me priant de n’en rien dire à personne. Je les ai reçus comme une marque de&#13;
sa charité et du désir qu’il aurait de faire plus s’il pouvait. Ne le nommez pas, je vous&#13;
prie. Je vous avoue que le bon Dieu sait faire faire aux gens des personnages bien opposés&#13;
à leurs inclinations. On ne peut avoir une plus grande aversion que j’en aie et que j’ai&#13;
toujours eue pour tout ce qui s’appelle quémanderie. Je ne suis point propre à cela.&#13;
Cependant, m’y voilà engagé bien avant ; Dieu en soit béni. Je ne crois pas y avoir un&#13;
grand succès. Ces MM. des bureaux auraient voulu que l’on eût établi en Canada quelque&#13;
droit nouveau pour le rétablissement de notre Séminaire et ils représentaient que cela&#13;
était naturel, comme les octrois des villes et aux droits qui appartiennent aux villes ; mais&#13;
nous leur avons représenté que nous aimerions [mieux] voir les fondements de notre&#13;
Séminaire renversé que de l’avoir rétabli par de nouveaux droits établis sur le peuple. On&#13;
&#13;
�accorde cela aisément à la Cour et quand le besoin est passé pour lequel on a accordé ce&#13;
droit, on s’en empare pour le roi et il demeure perpétuellement. Ce serait la malédiction&#13;
de notre Séminaire.&#13;
Ce que je crains, malgré la misère des temps, c’est que nos Messieurs ne veuillent trop tôt&#13;
penser au rétablissement de tout le Séminaire, car il semble que s’ils font sagement, ils&#13;
n’entreprendront à rétablir que les deux pavillons et le corps de logis au milieu et&#13;
laisseront la chapelle et la porterie pour la suite des temps. Ils peuvent faire couvrir les&#13;
murailles en attendant pour les conserver. Une autre chose à laquelle ils feront bien de&#13;
prendre garde, c’est que je ferai carreler les chambres, les corridors, les salles, en un mot,&#13;
tous les planchers. Le feu n’y prendrait pas si aisément et ce ne serait pas une grande&#13;
augmentation de dépense.&#13;
Je crois que l’on a raison de ne plus faire de mansardes en ce pays-là. Il vaut mieux faire&#13;
élever d’un étage le bâtiment pour faire un corridor au-dessus de nos chambres, mais je&#13;
voudrais qu’on pût diminuer de l’épaisseur des murailles et qu’on pût ouvrir les fenêtres&#13;
davantage. Cependant, je conçois qu’en ce pays-là, il fait trop froid pour faire de grandes&#13;
ouvertures.&#13;
Nous avons mandé à M. Grignon, dès que M. Joncaire est arrivé, d’acheter le fer plat et&#13;
carré et les clous à plancher, à couvrir et à bardeau de la longueur que M. Buisson&#13;
demande et nous avons demandé le fret de ces choses dans le vaisseau du roi. M. Grignon&#13;
a acheté le fer et les clous à couvrir et à plancher, mais je ne sais combien il aura de clous&#13;
à bardeau, car il n’en a pas trouvé de fait et tous les cloutiers travaillent pour le roi.&#13;
Cependant, il m’a promis d’en faire faire le plus qu’il pourra jusqu’au départ du vaisseau.&#13;
On nous a expédié le brevet de confirmation de la possession de l’île Jésus. Il faut, s’il&#13;
vous plaît, le faire enregistrer au Conseil supérieur. On ne l’appelle plus souverain, parce&#13;
qu’on prétend que le roi a été choqué du terme et a prétendu qu’il n’y avait d’autre&#13;
souverain que lui. On a nommé M. du Lino pour un des conseillers. Nous avons fait ce&#13;
que nous avons pu pour y faire nommer M. Hazeur, mais on a écrit au ministre que c’était&#13;
un esprit très borné. On ne l’a pas encore nommé, mais il semble qu’on ait laissé à la&#13;
disposition de M. l’intendant nouveau de mettre M. de la Martinière pour premier&#13;
conseiller ou M. d’Auteuil, à la charge de faire M. de la Martinière procureur général, à&#13;
&#13;
�quoi je ne crois pas que M. d’Auteuil consente, et de choisir M. Hazeur ou M. Monseignat&#13;
pour conseiller à remplir.&#13;
J’ai fait consulter la question des fiefs de l’île de Saint-Laurent et on est d’avis que&#13;
Mgr l’Ancien, après avoir vendu l’île d’Orléans sans rien retenir ni réserver, n’a pas droit&#13;
de prétendre que les fiefs soient de la mouvance de la seigneurie de Beaupré. Ce serait&#13;
une mauvaise affaire s’il l’entreprenait et elle ne lui ferait pas honneur. Portez-le, je vous&#13;
prie, à l’accommoder. Je le lui ai mandé.&#13;
Nous avons un fort bon intendant et j’espère que vous en serez contents. Il est d’une&#13;
famille fort amie de M. l’abbé de Brisacier. Il nous a paru avoir bien envie de bien faire.&#13;
Je vous en ai écrit peu avantageusement dans les premières nouvelles sur des rapports&#13;
peu certains, mais j’ai eu le temps de me désabuser. Il est jeune, bien fait et est séparé de&#13;
sa femme, mais il paraît sage, a envie de s’avancer et ce n’est pas sa faute s’il n’est pas&#13;
avec Mme son épouse. Nous lui avons donné à dîner, conjointement avec M. l’évêque de&#13;
Québec. Les Jésuites lui en donnent aussi à leur tour. MM. de Saint-Sulpice l’ont aussi&#13;
fait. Il a l’oreille du ministre. Il a de l’esprit. Il paraît bien intentionné. Il est d’une famille&#13;
qui n’est pas jésuite, car Mme sa mère est la grande dévote de l’Oratoire à Orléans. Il&#13;
saura cependant ménager les Jésuites, d’autant plus qu’il sait que le ministre les aime.&#13;
M. l’évêque de Québec l’a prié de ne se pas livrer à la Congrégation et de se réserver pour&#13;
la messe de paroisse. Vous nous direz de ses nouvelles l’année prochaine ; car il faut bien&#13;
un an pour voir ce qu’il en fait espérer en Canada. Il a promis à M. l’abbé de Brisacier de&#13;
vous aider de tout ce qui dépendrait de lui. Nous lui avons fait remarquer qu’il peut nous&#13;
gratifier en bien des manières, car outre qu’il a la disposition des gages des officiers, qui&#13;
manquent, il a, avec M. le gouverneur, certaines sommes à leur disposition, sur lesquelles&#13;
ils peuvent nous faire ménager plus de 3 000 livres. Par exemple, il y a sur l’État à la fin&#13;
6 000 livres pour les cas imprévus et inopinés. Il y a 3 000 livres pour des frais de voyage,&#13;
2 000 livres pour des dépenses vagues, sur lesquelles ces Messieurs pourront bien, s’ils&#13;
veulent nous faire plaisir. On m’avait conseillé de demander au roi ces 6 000 livres, qui&#13;
sont marquées pour les cas imprévus et inopinés et que la Compagnie de Canada paie au&#13;
roi, mais nous avons cru que ce serait faire un préjudice aux gouverneurs et intendants&#13;
et qu’il valait mieux laisser ces Messieurs en état de nous faire cela sur quelque grâce.&#13;
&#13;
�M. de Villebois a beaucoup agi pour avoir l’intendance et si M. de Pontchartrain n’avait&#13;
été déterminé pour nous donner M. de Beauharnois, il y aurait eu bonne part ; mais ce&#13;
ministre l’a fort bien placé en l’envoyant à Madrid pour y être agent de la Cour pour la&#13;
Marine et le Commerce. Il est parti pour y aller et doit nous y servir de correspondant. Il&#13;
sait que nous l’avons servi en tout ce qui a dépendu de nous. Le poste où il est est tout à&#13;
fait de confiance et il pourrait y faire mieux son chemin que dans l’intendance de Canada.&#13;
Nous avons obtenu la continuation des 1 000 livres pour M. Charon, mais nous n’avons&#13;
encore pu obtenir de les faire mettre sur l’état du pays. Cela viendra en son temps. On&#13;
nous a accordé aussi 2 000 livres, à prendre sur les 8 000 livres des suppléments pour les&#13;
jeunes séminaristes qu’on élève au Séminaire qui ont la soutane, mais on n’a pas séparé&#13;
sur l’État cette somme pour nous ; au contraire, on marque que ce n’est que pour un an.&#13;
Nous espérons cependant la faire continuer et la faire mettre sur l’État pour nous. Il faut&#13;
pour cela que vous fassiez représenter par MM. le gouverneur et l’intendant qu’il y a&#13;
toujours un nombre de séminaristes à élever qui ont la soutane. J’aimerais mieux que le&#13;
roi nous donnât pour cela et pour notre incendie un bénéfice de 6 000 livres de rente, dont&#13;
il consentit l’union ; mais j’y vois de grandes difficultés, tant que nous serons comme nous&#13;
sommes avec les Jésuites, car le père confesseur nous donnera toujours des coups auprès&#13;
du roi que nous ne pouvons parer. Il faut en bénir Dieu : cela ne nous fera pas repentir&#13;
de ce que nous avons fait contre eux, car nous nous croirions très criminels si nous ne&#13;
l’avions pas fait. Si nous souffrons quelque chose de leur part, nous croyons souffrir pour&#13;
la justice, car il me semble qu’il n’y a que l’amour que nous avons pour elle qui nous ait&#13;
obligés de nous déclarer contre eux. Croiriez-vous qu’il me revient que jusqu’à leurs&#13;
frères disent tout haut que Dieu nous a punis par notre incendie de ce que nous avons&#13;
fait contre eux. C’est insulter aux malheureux. Dieu le leur veuille pardonner.&#13;
Affaires de la Chine. Puisque nous sommes sur leur chapitre, il faut vous expliquer tout&#13;
ce qui s’est fait depuis l’an passé. Je vous mandai que le pape avait voulu, en janvier 1701,&#13;
faire reprendre les congrégations, comme si rien n’eut été fait sous son prédécesseur. Il&#13;
fit donc faire reprendre aux qualificateurs leur rapport en présence des cardinaux. Je vous&#13;
mandé aussi qu’après leur rapport fini, le Saint-Père avait ordonné aux cardinaux de&#13;
s’assembler ensemble pour ces affaires. Les cardinaux ont tenu des congrégations jusqu’à&#13;
la fin de l’année en leur particulier. Pendant ce temps-là, les Jésuites n’ont cessé de donner&#13;
à Rome tous les mois des écrits contre nous et contre les Dominicains. Nous n’avons&#13;
&#13;
�répondu à rien et depuis la lettre de Mme de Lionne8, il n’avait rien paru de nous ou pour&#13;
nous. Pour les Dominicains, ils ont répondu en italien à tous ces écrits des Jésuites par un&#13;
seul livre, qui porte pour titre Il disinganno, c’est-à-dire le détrompeur, le distilleur des&#13;
yeux qui fait voir clair. C’est un livre très joli, qui démasque les Jésuites et fait voir toute&#13;
la mauvaise foi dont ils ont défendu cette méchante cause.&#13;
Il nous est venu pendant ce temps-là des nouvelles de la Chine, qui nous ont appris qu’en&#13;
1 700, vers Pâques, les Jésuites de Fuzhou, capitale de la province de Fujian, qui est le&#13;
vicariat de M. Maigrot9, ont animé leurs chrétiens contre lui et l’ont maltraité&#13;
indignement. En voici l’histoire en peu de mots. Jusqu’alors, depuis 1689 que M. Maigrot&#13;
en est vicaire apostolique et même depuis 1683 qu’il était revêtu de l’autorité de&#13;
M. d’Héliopolis10, les Jésuites n’ont pas voulu le reconnaître et n’ont point pris de&#13;
pouvoirs de lui. Ils ont prétendu dépendre des Portugais et ont secoué le joug du SaintSiège. Ce fut ce que lui dit le P. Monteiro, jésuite, quand il [Maigrot] fit son Mandement en&#13;
1693 ; qu’il ne s’y soumettrait pas, parce que M. Maigrot n’avait nulle autorité dans cette&#13;
province ; et il lui écrivait qu’il confessait que si M. Maigrot y eut une autorité reconnue,&#13;
il eut été obligé de s’y soumettre. Ils n’ont commencé à reconnaître cette autorité des&#13;
vicaires apostoliques qu’en 1700.&#13;
Le père jésuite qui conduit les chrétiens qu’ils ont en cette ville de Fuzhou reçut une lettre&#13;
de son visiteur, qui lui ordonnait de prendre des pouvoirs de M. Maigrot. Il vint trouver&#13;
M. Maigrot dans la Semaine sainte pour lui demander des pouvoirs pour confesser en ces&#13;
jours-là. Il y avait peu de mois que M. Maigrot avait été sacré évêque. M. Maigrot lui&#13;
représenta qu’il lui donnerait volontiers ses pouvoirs, pourvu qu’il voulût bien observer&#13;
ses ordonnances pour obéir à son Mandement sur les cultes chinois et ce que ce père&#13;
alléguait pour prétexte qu’il craignait que cela ne fît du remuement dans cette nouvelle&#13;
chrétienté. M. Maigrot lui représenta que nos Messieurs, les pères dominicains, augustins&#13;
et franciscains l’avaient fait dans toutes leurs Églises sans que cela eût fait le moindre&#13;
mouvement ; que d’ailleurs il lui donnait du temps pour ôter aux chrétiens ce malheureux&#13;
tableau King-tien, c’est-à-dire « adorer le ciel ». Le père [espace blanc] lui dit qu’il avait&#13;
&#13;
La mère d’Artus de Lionne, vicaire apostolique au Siam, écrivit une lettre publique pour défendre son fils contre les&#13;
accusations des Jésuites portées contre lui.&#13;
9&#13;
Charles Maigrot, 1652-1730, évêque de Fujian, Chine, auteur du Mandat de 1693 sur les rites chinois&#13;
10&#13;
François Pallu, 1626-1684, vicaire apostolique au Tonkin de 1659 à 1679, puis évêque de Fujian (Chine) de 1679&#13;
à 1684&#13;
8&#13;
&#13;
�ordre de son visiteur général de ne s’y pas soumettre et qu’il ne pouvait pas même&#13;
promettre qu’il le ferait dans quelque temps. Peu à peu, M. Maigrot lui dit qu’il ne&#13;
pouvait lui donner ses pouvoirs, étant si mal disposé.&#13;
Le père jésuite se retire et il se fait aussitôt dans son église une assemblée de ses chrétiens,&#13;
convoqués par des chefs de confréries, qui sont les valets de ce père jésuite. Ils y prennent&#13;
résolution de venir trouver M. Maigrot, au nombre de plus de trente. Ils le trouvent, qui&#13;
venait de finir la messe. Il les trouva fort échauffés contre lui, en se plaignant que leur&#13;
père ne pouvait plus les confesser, qu’ils ne pouvaient ni se confesser à d’autres ni même&#13;
entendre leurs messes, etc. M. Maigrot les adoucit cette première fois en leur faisant&#13;
entendre raison. Il leur représenta qu’en qualité de père et d’évêque, il devait être obéi ;&#13;
que c’était à lui à retrancher ce qui lui paraissait mauvais dans son district ; qu’il avait fait&#13;
un Mandement très sage qu’il souhaitait faire observer ; qu’il voulait bien donner du temps&#13;
au père [blanc], leur pasteur, pour ôter peu à peu ces usages superstitieux ; et que ce père&#13;
ne voulait lui rien promettre. Ils convinrent que ce que M. Maigrot proposait était&#13;
raisonnable et ils s’en retournèrent, sans le dessein de le faire entendre à leur jésuite et de&#13;
l’en faire convenir, mais au lieu de cela, on prétend que ces valets des Jésuites leur dirent&#13;
qu’il ne fallait pas raisonner avec lui, mais en venir aux coups ; « cessabunt verba, cum&#13;
ventum fuerit ad verbera11 » : c’est un mot de notre bréviaire qu’on y peut appliquer.&#13;
Les chrétiens des Jésuites reviennent trouver M. Maigrot, au nombre de près de cent, fort&#13;
échauffés, et portent leurs mains sacrilèges sur lui, lui arrachent la barbe, lui déchirent les&#13;
habits, le tirent par force hors de sa chapelle, où ils prirent un crucifix et le mettant sur&#13;
une table, ils le forçaient de se mettre à genoux devant ce crucifix, en lui disant que ce&#13;
crucifix le priait d’approuver leur père. Il y eut même deux malheureux qui tirèrent leurs&#13;
couteaux pour le percer, sans qu’il fît de résistance et le P. Croquer, dominicain, qui avait&#13;
entendu du bruit, vint au secours pour l’arracher de leurs mains et leur représenter&#13;
combien grand était leur péché de porter ainsi leurs mains sur leur prélat ; mais il eut&#13;
aussi sa part du mauvais traitement et ils lui arrachèrent aussi la barbe et le traitèrent&#13;
indignement. Nous sommes persuadés que si M. Maigrot fût mort en cette occasion, il&#13;
eut été un martyr de la vérité et de la pureté de l’Évangile. Il se retira dans une église des&#13;
Dominicains et le soir même, il sortit de la ville pour aller à une ville prochaine, où était&#13;
&#13;
« Les paroles cesseront lorsque viendront les coups de fouet. » (Ecclesiasticum officium secundem ordinem&#13;
fratrum praedicatorum, 4.5)&#13;
11&#13;
&#13;
�l’église de M. Le Blanc12, un de nos Messieurs. Il envoya M. Le Blanc à Fuzhou et sur ce&#13;
qu’il apprit que ces méchants chrétiens, animés contre lui par ces valets des Jésuites, pour&#13;
ne pas dire leurs maîtres, avaient dressé des mémoires très injurieux contre lui et contre&#13;
toute la religion, qui eussent été capables de ruiner entièrement l’Église si on les avait&#13;
présentés aux Mandarins, il fit déclarer à ce père jésuite qu’il s’en regardait plus comme&#13;
dépendant de lui, qu’il ne s’en regardait comme évêque et que pour obvier à tous les&#13;
dangers où la religion était exposée par les tumultes qui s’excitaient, il aimait mieux lui&#13;
donner les pouvoirs ; et les lui donna en effet sans restriction.&#13;
Je vous avoue que nous n’avons pas approuvé en cela M. Maigrot et quoique nous soyons&#13;
persuadés qu’il n’a approuvé ce père que pour éviter un scandale horrible et peut-être le&#13;
renversement entier de la religion, nous sommes dans le principe de saint Paul que « non&#13;
sunt facienda mala ut eveniant bona13 ». C’était un vrai mal d’approuver un homme que&#13;
M. Maigrot est vivement persuadé souffrir à ses chrétiens des usages superstitieux, pour&#13;
ne pas dire idolâtriques, et en commettre lui-même en laissant sur son autel le funeste&#13;
tableau King-tien que le P. Visdelou, jésuite français, et que les Jésuites disent être le plus&#13;
habile de leurs pères en la langue chinoise, a dit et écrit plusieurs fois à M. Maigrot que&#13;
c’était la plus grande idolâtrie de la Chine et la plus marquée. Cependant, c’est une chose&#13;
merveilleuse. M. Maigrot a été frappé qu’on le taxerait dans sa conduite d’être trop ferme.&#13;
Il se justifie sur sa fermeté pour le reste. Il ne se justifie nullement dans sa mollesse pour&#13;
ce fait-là.&#13;
Je ne sais qui a pu, à Rome, avoir copie de ce qui a été écrit de la Chine sur cette affaire,&#13;
mais on a fait imprimer un récit de ce fait en Flandre, sans notre participation, qui n’a pas&#13;
fait plaisir aux Jésuites. Ces pères n’ont cessé à Rome de présenter des livres aux&#13;
cardinaux, qui n’étaient proprement que des réchauffés. Ils en ont même fait imprimer&#13;
un comme pour servir de réponse à la lettre de Mme de Lionne aux Jésuites, où ils disent&#13;
de M. l’abbé de Brisacier les plus grandes impertinences, le comparant à Vulcain parce&#13;
qu’il est boiteux, et avec des termes italiens qui sont infâmes, faisant entendre que dans&#13;
son antre, il forgeait avec Mme de Lionne ou faisait des choses honteuses. Nous nous en&#13;
plaignîmes au pape par une lettre que nous lui écrivîmes au mois de novembre, mais à&#13;
laquelle le pape n’a fait faire aucune réponse. Ils nous ont suscité, et à Rome et à Paris,&#13;
&#13;
12&#13;
13&#13;
&#13;
Philibert Le Blanc, 1644-1720, missionnaire Guangdong (Chine) de 1683 à 1701 et de 1707 à 1720&#13;
« Faisons le mal pour qu’il en sorte du bien. » (Romains 3:8)&#13;
&#13;
�tous les chagrins qu’ils sont pu et nous devons nous attendre à les avoir toujours&#13;
contraires, non seulement là, mais par toute la terre.&#13;
Les cardinaux ont fini leurs congrégations en particulier à la fin de l’année passée et au&#13;
commencement de janvier. Le pape leur en a fait faire le rapport en sa présence, en&#13;
traitant d’un article dans chaque congrégation, dans chacune desquelles tous les&#13;
cardinaux parlaient. Les Jésuites donnèrent au public, vers le mois de novembre, le beau&#13;
certificat de l’empereur de la Chine, que je vous envoie avec cette lettre. Ils le firent voir&#13;
en premier en France au roi, à qui ils firent dire ensuite que c’était une pièce décisive,&#13;
qu’il n’y avait pas de réponse et qu’après cela, le pape n’avait rien à juger. Ils le&#13;
montrèrent aussi à quelques archevêques et évêques de leurs amis et le présentèrent&#13;
ensuite au pape. Ils le firent imprimer à Rome, à Venise, à Naples et ensuite en France, à&#13;
Toulouse, à Bordeaux, à Lion, à Paris et à Rouen. Alors, ils chantaient victoire et même&#13;
nous plaignaient, aux oreilles de leurs pénitents, de nous être jetés dans une si mauvaise&#13;
affaire. Ce fut dans ce temps-là que le pape nomma un de ses camériers d’honneur pour&#13;
être patriarche d’Antioche et pour l’envoyer en qualité de légat en Chine. Alors les&#13;
Jésuites chantèrent une autre victoire. Ils dirent partout, et le P. de La Chaize le dit au roi,&#13;
qui l’en crût sur sa parole, que le pape enfin n’avait pas vu si clairement les idolâtries que&#13;
MM. des Missions étrangères reprochent aux Jésuites, puisque n’en étant pas certain, il&#13;
envoie un visiteur apostolique à la Chine pour s’en informer de nouveau ; mais nous&#13;
étions bien tranquilles en tout ceci, puisque le pape avait ordonné à M. le nonce de dire à&#13;
M. le cardinal de Noailles et à nous que ce visiteur apostolique n’allait pas à la Chine pour&#13;
informer de nouveau, mais pour faire exécuter le décret qu’il aurait porté.&#13;
Nous avons encore reçu l’an passé de la Chine deux gros volumes in folio d’écritures de&#13;
M. Maigrot qu’il adressait au défunt pape. On ne peut rien voir de plus recherché que&#13;
tout ce qui est dans ces livres. M. Maigrot y recherche l’origine de cette nation et de ses&#13;
cérémonies et y développe, d’une manière tout à fait savante, toute la politique et la&#13;
religion des Chinois, en faisant voir, par tous leurs livres les plus certains, qu’ils sont&#13;
athées et idolâtres tous ensemble ; mais comme ces livres, qui sont en latin et fort gros ou&#13;
n’auraient pu être lus ou auraient servi de prétexte à retarder le jugement, tous nos amis&#13;
nous ont conseillés de ne les pas présenter au pape et d’attendre la décision de l’affaire ;&#13;
car quoiqu’elle soit aussi claire qu’on puisse trouver une affaire, cependant, quand on a&#13;
à la soutenir contre des Jésuites, on craint tout ; et d’ailleurs, ces pères ont répandu tant&#13;
&#13;
�de fois du pape qu’il était de leurs meilleurs amis, qu’il leur avait promis non pas de juger&#13;
en leur faveur, car ils n’osent aller jusque-là, mais de ne pas juger cette affaire que nous&#13;
ne sommes pas sans crainte sur le chapitre du pape, car même presque tous ceux qui le&#13;
connaissent nous le représentent comme une personne qui veut faire plaisir à tout le&#13;
monde et ne mécontenter personne et qui pourrait faire un pâté de notre affaire, qui la&#13;
gâterait au lieu de l’avancer, non pas en jugeant contre nous, car nous ne le craignons pas,&#13;
mais en faisant un jugement fourré et embarrassé, qui, en épargnant les Jésuites, les ferait&#13;
s’en relever tôt ou tard.&#13;
Nos Messieurs, voyant en février que les congrégations allaient bien lentement, firent&#13;
écrire au pape par M. Labbé une lettre, dont j’en ai déjà adressé deux exemplaires à&#13;
Mgr l’Ancien et je vous en envoie trois par M. Joncaire. Je vous envoie encore par lui la&#13;
défense de la censure de Sorbonne, qui fut donnée l’an passé au public. Les Jésuites n’y&#13;
ont répondu que par un petit libellé intitulé Jugement doctrinal et que je vous envoie.&#13;
Le pape a reçu cette lettre de M. Labbé fort bien et l’a donnée à lire à M. le patriarche&#13;
d’Antioche, qui en a parlé avec éloge. Les Jésuites en sont outrés. On dit qu’ils y&#13;
répondent. Nous sommes sûrs qu’ils ne le peuvent faire à ce qui est essentiel. Ils pourront&#13;
se répandre en des reproches, à leur ordinaire, mais cela ne mérite pas d’être relevé.&#13;
Le pape, après la mi-carême, ayant fini les congrégations, a nommé trois consulteurs du&#13;
Saint-Office pour recueillir les voix des qualificateurs et des cardinaux dans toutes les&#13;
congrégations qu’ils ont tenues. On a fait ce recueil à Pâques et nous savons que des&#13;
qualificateurs, il y en a deux qui vont plus loin que M. Maigrot et un qui parle comme les&#13;
Jésuites, parce que c’est un homme vendu à eux, qui fît l’affaire de Cambrai le même&#13;
personnage. Pour les cardinaux, il y en a dans toutes les congrégations : de treize qu’ils&#13;
étaient, dix ou onze pour nous et deux ou trois pour les Jésuites, encore pour les Jésuites,&#13;
qui ne sont pas entièrement pour eux, mais qui disent qu’on peut tolérer quelques-unes&#13;
de ces cérémonies, en ôtant et retranchant ce qu’il y a de superstitieux. Nous savons que&#13;
ce recueil était fait dans la semaine d’après Pâques. Nous savons qu’on n’avait encore pu&#13;
le présenter au pape le lundi de Quasimodo, à cause des affaires que le pape a eues en&#13;
ces fêtes, mais qu’on attendait à le présenter au premier moment. Voilà où nous en&#13;
sommes et nous espérons avoir dans peu un jugement.&#13;
&#13;
�Nous savons même, par M. le cardinal de Noailles, qu’une personne lui écrit de Rome&#13;
avoir lu, entre les mains de M. Cassoni, assesseur du Saint-Office, la bulle toute prête, qui&#13;
est telle que nous la pouvons souhaiter et que cet assesseur est résolu de présenter au&#13;
pape pour la lui faire signer. Cependant, nous ne sommes pas sans crainte et nous ne&#13;
nous assurons de rien jusqu’à ce que le pape ait prononcé. Nous craignons qu’il ne donne&#13;
de belles paroles à tout le monde, mais ce qui est meilleur que des paroles, c’est que les&#13;
qualifications des cardinaux sont aussi favorables pour nous que nous les puissions&#13;
souhaiter. Le pape est d’ailleurs fort embarrassé dans les conjonctures présentes. Il voit&#13;
le roi d’Espagne à Naples avec une armée ; il voit à Milan une puissante armée de&#13;
Français ; et dans le Modène, une presque aussi puissante d’Allemands. Tout est même à&#13;
Rome assez en trouble. Les Allemands y font de continuelles algarades aux Français. Les&#13;
Français, qui s’y tiennent fort de leurs armées de Naples et de Milan, se tiennent sous les&#13;
armes. Le pape est fort occupé de toutes ces affaires. C’est ce qui nous fait excuser ses&#13;
lenteurs. Au reste, l’on imprime les homélies et les discours qu’il prononce et compose&#13;
lui-même en présence des cardinaux, qui sont tout à fait beaux et très édifiants. Je tâcherai&#13;
de vous les envoyer. Nous sommes à la veille d’une grande guerre, ou plutôt elle a déjà&#13;
commencé l’an passé et elle continue celle-ci, mais n’est pas encore déclarée avec&#13;
l’Angleterre, à cause de la nouvelle reine14, sœur du prince de Galles15, que le roi a&#13;
reconnu roi d’Angleterre après la mort du prince d’Orange16 et il ne pouvait faire&#13;
autrement.&#13;
Je crois que le roi d’Angleterre Jacques II n’était pas mort l’an passé quand je vous écrivis.&#13;
Le prince est mort avec des sentiments si pieux et si édifiants qu’il apparut au-dessus de&#13;
lui-même dans sa dernière maladie. Rien n’est plus tendre et plus pieux que ce qu’il dit à&#13;
son fils sur le bonheur qu’il avait d’être catholique et sur le généreux mépris qu’il devait&#13;
faire d’une couronne pour conserver sa foi, sur la joie que Dieu avait répandue dans son&#13;
cœur de mourir dans le sein de l’Église, sur le pardon qu’il accordait volontiers au prince&#13;
d’Orange et à tous ses sujets, qui l’avaient outragé. Il est mort en saint, comme il a vécu.&#13;
J’ai retenu surtout ce qu’il dit à un milord, qui est protestant et est auprès de son fils : « Ah&#13;
My Lord, dit-il, si vous pouviez concevoir la joie que mon cœur ressent de mourir dans le&#13;
sein de l’Église et combien, dans ces moments, Dieu console un chrétien, qui pour l’amour&#13;
de lui a méprisé les honneurs du monde ! Il n’y a que dans l’Église catholique où l’on&#13;
Anne, reine d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, régna du 8 mars 1702 au 1er août 1714.&#13;
James Francis Edward Stuart, dit le Vieux Prétendant, fils de second mariage de Jacques II d’Angleterre.&#13;
16&#13;
Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre, régna du 11 avril 1689 au 8 mars 1702.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�goûte cette solide consolation ! Dieu récompense ses amis par avance en se donnant à&#13;
eux. Il les dédommage bien de ce qu’ils ont quitté pour lui ! » Voyant entrer NotreSeigneur qu’on lui apportait pour viatique, il se leva, tout malade qu’il était, et s’écria :&#13;
« Je crois en celui que je vois caché sous les voiles du pain et du vin et j’espère que dans&#13;
peu, il se montrera à moi, sans voile, à visage découvert et qu’il me fera sentir le bonheur&#13;
de le posséder ! » Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que Dieu honore son tombeau de&#13;
plusieurs miracles et on va l’invoquer comme un saint avant que l’Église ait permis de&#13;
l’honorer. Le concours y est fort grand. Je ne doute pas que Dieu n’ait déjà récompensé&#13;
son fidèle serviteur.&#13;
Après sa mort, le roi a reconnu le prince de Galles pour le roi d’Angleterre. Cela a irrité&#13;
furieusement les Anglais et le prince d’Orange s’est servi de ces dispositions pour tirer&#13;
d’eux tous les secours dont il a besoin dans la guerre qu’il a allumée contre nous. Le&#13;
Parlement d’Angleterre a voulu même faire le procès au prince de Galles, roi&#13;
d’Angleterre, et la reine sa mère, mais il a été retenu par la communication qu’on lui a&#13;
donnée d’un traité secret du prince d’Orange avec le roi, fait pour parvenir à la paix de&#13;
Ryswick, qu’on fit en 1696. Ce traité portait que le roi de France s’obligeait de reconnaître&#13;
le prince d’Orange pour roi d’Angleterre tant qu’il vivrait et de ne prêter aucun secours&#13;
pour le détrôner pendant toute sa vie et le prince d’Orange s’obligeait de faire reconnaître&#13;
le prince de Galles après la mort du roi d’Angleterre pour légitime héritier de la couronne&#13;
et permettrait de le reconnaître pour roi. Le décès de son père arrivant et le prince&#13;
d’Orange s’obligeait de plus de disposer les esprits à le faire remonter sur le trône pour&#13;
lui succéder après sa mort, on jeta copie de ces traités sur la table des Communes et de la&#13;
chambre des Pairs. On offrait au bas d’en faire voir les originaux aux députés, que le&#13;
Parlement voudrait envoyer à Calais, à Dunkerque et à Dieppe. Cela a ralenti la haine du&#13;
Parlement contre le nouveau roi d’Angleterre et cela a fait mourir de chagrin le prince&#13;
d’Orange, qui a vu ses ruses et finesses découvertes. Cette mort a fort affaibli les ennemis&#13;
de la France. La jeune sœur du prince de Galles a été couronnée reine en Angleterre, mais&#13;
la guerre entre eux et nous n’est pas encore déclarée. On attend qu’ils la déclarent au&#13;
premier jour, car nous ne voulons pas la déclarer à personne.&#13;
Vous apprendrez ce qui est arrivé à Crémone cet hiver, où les Français ont fait voir leur&#13;
bravoure en reprenant une place que les impériaux [autrichiens] avaient prise, aussi bien&#13;
que leur général. C’est l’action la plus belle qu’on ait faite de longtemps.&#13;
&#13;
�Revenons à présent à parcourir le reste des articles de votre lettre, dont je ne vous ai pas&#13;
encore écrit. Je voudrais bien que vous puissiez retenir avec vous M. Calon. Je sais qu’il&#13;
a un peu de ces airs de bons abbés, qui ne sont pas vicieux, mais qui aiment tuer le temps&#13;
et ne sont pas laborieux, mais j’ai espéré que l’exemple qu’il trouverait dans le Séminaire&#13;
lui donnerait du courage. C’est un grand malheur qu’il se soit indisposé contre nos&#13;
Messieurs, et surtout contre Mgr l’Ancien, pour cette seigneurie de Beauport, car d’ailleurs&#13;
il a de bonnes dispositions et il m’avait marqué que quand il serait dans un lieu où il&#13;
faudrait des ouvriers, qu’il travaillerait de tout son cœur. S’il revient, je ne sais comment&#13;
il en faudra agir avec lui, car je touche tous les ans plus de 400 livres de son bénéfice, dont&#13;
je ne sais s’il ne voudra pas que je les lui rende, en tout ou en partie, car je les ai portés en&#13;
recette pour le Séminaire de Québec jusqu’à présent. Je comptais un peu sur cela en le&#13;
choisissant pour l’Acadie, aussi bien que M. Requeleyne17, car dans les commencements&#13;
d’établissements, un peu d’aide fait grand bien. J’ai su qu’on avait un peu raillé sur ce&#13;
choix, mais Dieu en a disposé autrement. Il n’y faut plus penser.&#13;
Mgr de Québec a envoyé à M. Mathieu ou doit l’envoyer à son abbaye de Bénévent. Il y a&#13;
encore envoyé un autre prêtre qui s’est présenté à lui et qu’il voulait donner à ces MM. du&#13;
Mont-Louis, qui est un grand ignorant. Pour le petit M. Turpin, il édifie à Pontoise et&#13;
M. Fredin en fait des éloges merveilleux. Vous avez bien pensé que Monseigneur nous&#13;
reprocherait ce que le Séminaire a fait à l’égard de M. Mathieu. Il s’en est expliqué à moi&#13;
avec bien de la grosseur sur le cœur et il n’a pas paru recevoir tout ce que je lui ai allégué&#13;
pour nous disculper. Cependant, il a depuis laissé tomber cela par terre et je ne l’ai pas&#13;
relevé. Il a paru aussi très fâché de ce que vous aviez laissé expédier des lettres de prêtrise&#13;
à ces Messieurs et voudrait que vous les leur eussiez refusés ; mais quand on voudra&#13;
retenir par ces sortes de voies un peu violentes les personnes en Canada, on n’en attirera&#13;
guère. Il est, comme vous dites, important de bien choisir les sujets, mais il est difficile&#13;
que dans l’état où Monseigneur a mis les choses les ecclésiastiques se soutiennent aussi&#13;
facilement qu’ils faisaient quand ils étaient tous unis au Séminaire.&#13;
J’ai marqué, par mes premières lettres, notre surprise que vous eussiez cédé aux Jésuites&#13;
la mission de Pentagouet pour le bien de la paix. Je vous conseille, pour le même sujet,&#13;
de rappeler tous vous missionnaires de Mississippi.&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
Bernard de Requeleyne, 1660-1724, curé de Rivière-Ouelle&#13;
&#13;
�Le P. de Lamberville18 est fort embarrassé de ce que le ministre lui a écrit de faire revenir&#13;
le P. Vaillant du Canada, à cause de ce qu’il a fait dans le Détroit. Cela fait bien de la peine&#13;
aux Jésuites. Je ne sais pas comment ils s’en tireront. Nous avons offert d’y envoyer un&#13;
prêtre. On n’a pas répondu à cet article de notre mémoire.&#13;
Vos bonnes ursulines des Trois-Rivières ont des patentes pour leur établissement, tel que&#13;
vous les souhaitez. Mgr de Québec leur a donné 1 000 livres de rente. Je n’ai pu savoir en&#13;
quoi les Ursulines de Québec auraient souhaité être appuyées. Si c’est pour demander au&#13;
roi, elles n’obtiendront rien en ce temps-ci. Vous pouvez compter que nous ferons pour&#13;
elles tout ce qui dépendra de nous. C’est un bien que les Jésuites ne soient plus leurs&#13;
confesseurs ordinaires et si on sait les prendre, on les en détachera aisément peu à peu.&#13;
J’ai été touché de la mort de M. Dollier19 et le sera encore plus si le gouvernement reste&#13;
entre les mains de M. Belmont20. Vous ne sauriez croire combien ces MM. de SaintSulpice se sont retirés de nous depuis nos affaires contre les Jésuites. Ils leur sont à présent&#13;
dévoués, quoique M. de Brisacier ait appris, par la lettre de M. de Pontchartrain, qu’il&#13;
n’avait pu rien obtenir pour M. Sarazin. Cependant, nous avons lu sur l’état qu’il y était&#13;
couché pour 600 livres : c’est donc 300 livres d’augmentation. Mgr de Québec s’est lui seul&#13;
mêlé de ce qui regarde le P. Bale. On ne peut rien de plus hardi et la satisfaction que les&#13;
Jésuites en ont faite n’est pas suffisante, car on aurait dû l’obliger à se rétracter&#13;
publiquement ou lui interdire toute fonction dans le diocèse.&#13;
Vous trouverez, dans nos ballots, plusieurs paquets à vous adressés par M. Thomas,&#13;
conseiller au Châtelet, des livres de M. Boudon21. Ce M. Thomas est un homme de bien,&#13;
qui fait de bonnes œuvres en secret. Mgr de Québec veut que les livres que vous&#13;
distribuerez soient distribués en son nom et il l’est allé demander à M. Thomas. Je&#13;
m’attends que l’année prochaine, il se fera donner par M. Thomas tous ceux qu’il voudra&#13;
envoyer en Canada et il en disposera comme il le jugera à propos quand il les aura.&#13;
&#13;
Jean de Lamberville, 1633-1714, procureur de la mission jésuite du Canada à Paris de 1689 à 1714&#13;
François Dollier de Casson, 1636-1701, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal de 1671 à 1674 et de&#13;
1678 à 1701&#13;
20&#13;
François Vachon de Belmont, 1645-1732, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal de 1701 à 1732&#13;
21&#13;
Henri-Marie Boudon, 1624-1717, grand ami de Laval, archidiacre d’Évreux et auteur de plusieurs livres&#13;
théologiques. Thomas écrivit as biographie.&#13;
18&#13;
19&#13;
&#13;
�Vous aurez enfin cette année l’Office de la Sainte-Famille et bien vous a pris de m’avoir&#13;
piqué vivement par vos lettres et de ce que cette impression était faite, quand la triste&#13;
nouvelle de votre incendie est arrivée. Je vous en envoie moitié cette année. Je vous&#13;
enverrai le reste l’année prochaine. Prenez-vous-en à mes occupations s’il y a quelques&#13;
fautes restées. Je n’ai fait faire que l’impression de l’office et de la messe. Il n’y a rien de&#13;
noté. Il ne faut pas s’attendre que le reste se fasse si tôt.&#13;
Il est vrai que j’ai un peu trop d’embarras, mais cependant il me semble que je tâche à ne&#13;
pas manquer à mes exercices spirituels à la vérité. Je ne crois pas faire autant d’oraisons&#13;
et de lectures spirituelles que vous, mais je tâche à me rendre à nos règles le plus que je&#13;
puis. Ce qui me consomme le plus de temps, ce sont nos confessions, que je voudrais&#13;
avoir entièrement éloignées, car cela laisse toujours de l’ouvrage après soi. Il me semble&#13;
que mes emplois ne m’ont pas entièrement ôté le souvenir de la mort et des fins dernières.&#13;
Je n’ai eu, depuis que je suis en France, que trop de sujets d’afflictions, qui me les ont&#13;
retracées et j’en suis, ce me semble, plus pénétré que jamais. Comme je sens souvent&#13;
certains affaiblissements de santé, ce sont des avertissements de la fin prochaine, à&#13;
laquelle il faut se préparer.&#13;
On s’est moqué de moi quand on vous a dit que je confessais à Saint-Cyr, car cela n’est&#13;
pas vrai. Je n’y mets seulement pas le pied et je vous assure que je ne vais à Versailles&#13;
qu’à mon corps défendant et depuis que j’y vais, je n’ai pas entré dans aucun appartement&#13;
que ceux précisément où j’ai affaire et je n’ai pas même encore été voir les jardins, ni&#13;
Marly, ni partout ailleurs fait aucune visite de plaisir. Je puis vous assurer que Dieu me&#13;
fait la grâce de ne désirer aucune fortune ni aucun bien et que je m’estime plus heureux&#13;
dans ma pauvreté que je ne le serais peut-être dans l’abondance ; car si j’avais du bien, je&#13;
ne serais peut-être pas tel que je suis actuellement et je pourrais me laisser aller à la&#13;
mollesse et à la paresse.&#13;
Je puis vous dire en confiance qu’on se plaint un peu de vous, de ce que vous agissez, ce&#13;
semble, un peu trop indépendamment pour aller dans le diocèse et restez peu au&#13;
Séminaire, où vous savez que votre présence est souvent fort nécessaire.&#13;
&#13;
�Il y a un décret à Rome qui défend à présent d’accorder plus d’un bref d’indulgence dans&#13;
chaque Église. Vous voyez par-là qu’il est inutile de me demander tous ceux que vous&#13;
me demandez. Je ne vous en envoie qu’un bref, que vous trouverez dans mes paquets.&#13;
Nos Messieurs n’ont point été contents que, dans les lettres que vous avez écrites à M. le&#13;
cardinal de Noailles et à M. de Pontchartrain, vous ayez répété plusieurs fois que la&#13;
principale fin de votre Séminaire est d’élever la jeunesse, car cela n’est pas vrai : votre&#13;
première fin, c’est la conversion des infidèles ; la seconde, c’est la formation du clergé ; et&#13;
cette éducation de la jeunesse n’en est qu’une troisième, qui a rapport aussi bien que la&#13;
seconde à la première.&#13;
Comme Mgr de Québec ne veut pas fournir à la dépense des ecclésiastiques qu’on envoie&#13;
en Canada, notre temporel ne permet pas que nous la fassions. Il m’en coûtera pour&#13;
M. Le Riche au moins 250 livres et on m’en demande près de 400 livres. M. Herbéry22 fait&#13;
des merveilles à Anholt en Allemagne, où il est curé. La guerre est bien près de son&#13;
quartier, car Kaiserswerth, que les Hollandais assiègent sur l’électeur de Cologne depuis&#13;
près d’un mois, n’en est pas à 20 lieues.&#13;
Mme la princesse de Salman dit mille biens. Il y a plus de six mois que je n’ai reçu de ses&#13;
lettres, mais un de mes amis en a reçu depuis peu de cette princesse.&#13;
Nous sommes enfin débarrassés de M. Gay. Il m’a bien donné de la peine pendant&#13;
quelque temps et encore plus à Monseigneur, car on craint tout d’un esprit qui n’est pas&#13;
dans une assiette naturelle.&#13;
M. Maudoux revient en France et nous l’attendons au retour du vaisseau qui est allé à&#13;
l’Acadie. Je crois qu’on doit conseiller à M. Le Voyer de repasser en France. S’il est tel&#13;
qu’on le dit, c’est un vrai dommage, car il a écrit avec piété.&#13;
Quant à l’union des cures de Beaupré, pour y parvenir dans les règles, il faudrait&#13;
présenter requête au nom du Séminaire ou des curés qui y sont à M. l’évêque de Québec&#13;
ou son grand-vicaire ; mais il vaudrait mieux que ce fût à Monseigneur. Il faudrait qu’il&#13;
&#13;
Godefroy d’Herbéry, m. 1727, fut curé de Saint-Jean et Saint-Pierre de l’île d’Orléans en 1690, puis de SainteAnne en 1693.&#13;
22&#13;
&#13;
�mît au bas « soit communiqué à notre promoteur ». Le promoteur devrait requérir&#13;
qu’avant faire droit, il sera informé par un ecclésiastique commis à cet effet, comme par&#13;
exemple M. de La Colombière23, de la commodité ou incommodité et ensuite, sur ces&#13;
conclusions, Mgr de Québec donnera une commission pour faire cette information, pour&#13;
laquelle faire, il faut faire assigner par l’appariteur de M. le promoteur, sept ou huit&#13;
principaux habitants de chaque paroisse, qui déposeront que ce sera pour eux une grande&#13;
commodité que le Séminaire fasse desservir leurs cures, parce qu’il y aura toujours dans&#13;
une telle maison des personnes très sages et bien instruites pour leur enseigner le chemin&#13;
du ciel. Le procès-verbal de commodo étant fait, [il] doit être rapporté au promoteur, qui&#13;
doit donner ses dernières conclusions qu’il n’empêche pas que l’union de ces cures ne se&#13;
fasse et alors M. l’évêque de Québec en doit faire dresser le décret en son secrétariat, où&#13;
il doit spécifier toutes ces procédures avant que de prononcer et commencer ainsi : « La&#13;
prononciation toute considérée, le saint nom de Dieu invoqué, nous avons uni et unissons&#13;
lesdites cures, etc. » et ensuite, vous devez faire enregistrer ce décret d’union au Conseil&#13;
souverain de Québec et le Conseil le doit enregistrer par un arrêt, rendu sur la requête&#13;
que le Séminaire lui en doit présenter.&#13;
J’ai reçu ce paquet de lettres de l’an passé, dont vous êtes en peine, où il y avait un projet&#13;
de patentes de ces unions, mais que je n’ai pas présenté, le croyant inutile, et où il y avait&#13;
des lettres de MM. Saint-Cosme et Bouteville24, qui prouvaient qu’ils avaient payé aux&#13;
Jésuites leurs dépenses.&#13;
Vous n’êtes obligés à rien pour ces fêtes de Saint-Benoît et de Saint-Bernard, à cause des&#13;
abbayes de Méobecq et de l’Estrée, jusqu’à ce que le Saint-Siège ait prononcé et ait uni ces&#13;
abbayes au chapitre.&#13;
Je vous prie de savoir de ces habitants de Saint-Thomas ce qu’ils veulent que je fasse de&#13;
ces 150 livres pour leur église. Mgr de Québec m’a déjà pressé bien des fois de les lui&#13;
remettre. J’attends d’eux ce qu’ils veulent que j’en fasse. Je n’ai pas reçu cette année de&#13;
lettre de M. Préaux. Il a peut-être peine à écrire sans vous envoyer de l’argent et dans ces&#13;
années, il est fort rare partout.&#13;
Joseph de La Colombière, 1651-1723, grand-vicaire du 2e évêque de Québec et chanoine de la cathédrale de&#13;
Québec&#13;
24&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, et Lucien Bouteville, v. 1639-1707, missionnaires du&#13;
Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
23&#13;
&#13;
�Vous avez quelqu’un qui vous fait de vaines terreurs sur les pères de l’Oratoire. Il me&#13;
paraît que Monseigneur n’y pense pas et quand il y penserait, je ne crois pas que ces&#13;
Messieurs fussent bien pressés d’y aller, à l’égard de cette Congrégation sur le jansénisme.&#13;
Je vous dirai qu’on n’y souffre aucun enseigner ou soutenir les propositions condamnées ;&#13;
mais si vous appelez jansénisme ne pas suivre les sentiments des Jésuites, cette&#13;
Congrégation l’est et nous le sommes aussi. Du reste, ces Messieurs sont assez libres par&#13;
la doctrine et sont fort savants. Il y en a parmi eux des molinistes et d’autres thomistes&#13;
sur la grâce et je crois qu’ils sont plus thomistes que molinistes ; mais on ne contraint&#13;
personne. Ils sont actuellement les prédicateurs les plus suivis.&#13;
Au sujet de votre catéchisme, vous voulez bien que je vous dise que vous portez trop loin&#13;
votre crédulité sur ces histoires que le pédagogue ou d’aussi méchants auteurs nous ont&#13;
données. Je trouve assurément fort juste tout ce que vous me marquez des remarques&#13;
qu’on a faites sur les histoires que vous avez rapportées de votre catéchisme. Vous n’avez&#13;
pas goûté M. de Tillemont et je devinerais volontiers que vous l’avez soupçonné de&#13;
nouveauté25, parce qu’il n’admet que les histoires assurées. La piété véritable ne peut être&#13;
soutenue par de fausses histoires et une seule bonne histoire bien vraie édifie plus qu’une&#13;
centaine qui auraient quelque apparence de doute de fausseté. Il faut aimer la vérité pour&#13;
établir en nous une solide piété. Ce M. de Tillemont, auteur des mémoires sur l’histoire&#13;
ecclésiastique26, est mort depuis deux ans. C’était un des plus savants hommes que nous&#13;
eussions. Il était frère de M. Le Nain, conseiller à la Grande Chambre et de la femme de&#13;
M. Portail, autre conseiller, qui sont les deux plus intègres juges que nous ayons dans le&#13;
Parlement. Il avait entrepris de revoir tous les mémoires de l’Église des six premiers&#13;
siècles et il espérait que quelque autre entreprendrait la suite. Il avait fait ses collections&#13;
sur les cinq siècles et demi, mais il n’a pu faire imprimer de son vivant que trois siècles et&#13;
demi, c’est-à-dire jusqu’au temps de Constantin et de saint Athanase. Il a laissé les&#13;
Bénédictins héritiers de ses mémoires pour achever son entreprise, qui n’est pas difficile&#13;
à achever, surtout les mémoires. On va nous donner de lui la Vie de saint Augustin. Ses&#13;
ouvrages sont estimés de tous les savants et on y trouve, avec l’érudition profonde, une&#13;
exactitude si grande et tant de piété et d’amour pour l’Église et pour ses saints, qui l’ont&#13;
certainement honoré, qu’on ne peut s’empêcher de l’estimer. Il nous y donne des histoires&#13;
C’est-à-dire de jansénisme&#13;
Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique des six premiers siècles, justifiés par les citations des auteurs&#13;
originaux avec une chronologie où l’on fait un abrégé de l’histoire ecclésiastique et avec des notes pour éclaircir les&#13;
difficultés des faits et de la chronologie par Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, publiés entre 1693 et 1712.&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
�cent fois plus édifiantes que celles du pédagogue et qui sont très assurées. Il nous&#13;
rapporte des saints qui ont été très vénérables et dont il dit des choses merveilleuses, très&#13;
appuyées et sur des autorités sans contredit, dont on ne parlait plus, parce que Dieu a&#13;
permis que les lieux où ils étaient honorés aient tombés entre les mains des ennemis de&#13;
la religion.&#13;
Monseigneur a fait imprimer ce catéchisme et je ne doute pas qu’il ne vous en ait envoyé.&#13;
Il m’a dit qu’il a suivi les réflexions de ce docteur dont vous me parlez, qui est&#13;
M. Petitpied, professeur de [La] Sorbonne et un de nos amis, et M. Durieux, principal du&#13;
Plessis.&#13;
Il me faut ici finir, parce que M. Joncaire part demain, 22e de mai. Je crois qu’il s’en&#13;
retourne assez content de nous et nous sommes résolus d’être ici ses patrons et ses&#13;
procureurs. Il peut compter sur cela. Je vous écrirai encore par la poste. Continuez-moi le&#13;
secours de vos prières, comptez toujours sur mon désir à vous rendre tous les services&#13;
qui peuvent dépendre de moi, assurez nos Messieurs que je ne m’épargnerai en rien pour&#13;
leurs intérêts. Je suis plus que personne et je crois que vous ne doutez pas, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
Ce 21e mai 1702&#13;
Je finis avant-hier, Monsieur, à la page 44, la lettre pour vous que je remis à M. Joncaire.&#13;
Je la continue par celle-ci, qui fera la 45e page, que je vous ferai tenir à La Rochelle par la&#13;
poste pour achever de parcourir les articles de votre lettre, qui demandent quelque&#13;
réponse. Je vous écrivis hier une lettre de l’intérieur que je vous adresse et à M. des&#13;
Maizerets seuls.&#13;
J’ai écrit à M. Calon pour l’engager à vivre avec plus de concert avec le Séminaire et à&#13;
rester en ce pays-là. Je lui écris avec le plus d’amitié que je puis. J’engagerai M. l’abbé de&#13;
Brisacier et M. Tiberge à lui écrire de même. S’il persévérait à prendre sa conduite hors&#13;
du Séminaire, il vaudrait mieux qu’il sortît du Canada.&#13;
&#13;
�Je ris quand je lis dans votre lettre que Mgr de Québec vous a mandé que je suis plus pour&#13;
les missions de l’Orient que pour celles du Canada. Si vous le croyiez, cela serait fort&#13;
agréable que je fusse ainsi ballotté de part et d’autre. Je n’ai garde d’en parler à&#13;
Monseigneur. Cela ne mérite pas être relevé.&#13;
Je crois ne vous avoir pas encore mandé que je n’ai montré à personne cette feuille&#13;
volante, qui contient un récit d’un jésuite, avec quelques-uns de nos jeunes Messieurs.&#13;
Les Jésuites de France en disent bien d’autres que nous ne relevons pas.&#13;
Je ne sais encore si je vous ai mandé que je n’aie pas vu le P. Laurent, parce qu’il a été&#13;
presque toujours à Versailles pendant le jubilé, il m’adressa de là un paquet de lettres&#13;
pour vous, que vous recevrez. Je lui écrivis pour le prier très instamment de la part de&#13;
nos Messieurs de venir dîner avec nous. Il n’y a pas moyen de le ravoir pour le Canada.&#13;
Il va pour être supérieur des Récollets, aumônier d’armée. Ce n’est pas une petite charge.&#13;
Il n’y a pas eu moyen de voir souvent M. le chevalier de Champigny. C’est un jeune&#13;
officier bien fait et tout aimable. Il demeurait trop loin de nous. M. le trésorier, son oncle,&#13;
a dit à M. l’abbé de Brisacier qu’il pleura amèrement quand il apprit le malheur de notre&#13;
pauvre Séminaire.&#13;
Je ne sais pas comment Mgr de Québec n’a pas empêché le P. Élisée27 de retourner en&#13;
Canada après tout ce que vous lui en avez écrit. Je n’ai pas cru lui en devoir parler. Peutêtre qu’il ne retournera pas aux Trois-Rivières et sur ce pied-là, il n’y aurait pas grand&#13;
mal, étant d’ailleurs assez bon religieux.&#13;
J’ai rendu à Monseigneur toutes les lettres que vous m’avez adressées pour lui, excepté&#13;
un duplicata que vous m’avez marqué de retenir.&#13;
Je vous ai déjà mandé que je ne trouvais pas que mes dévotes fussent une ressource pour&#13;
procurer à M. Petit28 une horloge et à vous, des disciplines. Si j’avais bien du bien, je&#13;
trouverais à en faire usage dans le rapport de conscience que j’ai, car il se présente bien&#13;
des misères, sur lesquelles on ne peut souvent que prier pour les misérables. Je n’entends&#13;
&#13;
27&#13;
28&#13;
&#13;
P. Élisée Crey, 1668-1743, récollet&#13;
Louis Petit, 1629-1709, grand-vicaire de Mgr de Laval en Acadie&#13;
&#13;
�pas à faire valoir le talent. J’avais cependant envie cet hiver d’acheter un réveil pour&#13;
M. Petit, mais notre incendie m’en éloigne fort.&#13;
Je n’ai pas non plus pensé à parler à Mgr de Québec d’un official. Je viens de faire une&#13;
remarque pour lui en parler la première fois que je le verrai.&#13;
J’ai mandé à Mgr l’Ancien qu’on avait, par lettre de cachet, fait arrêter cet aumônier&#13;
scandaleux qui fût l’an passé en Canada. Il a cru que c’était Mgr l’Ancien qui l’avait fait&#13;
arrêter et il a bien été contre lui. Son général a prié qu’on l’arrêta et a dit qu’il ne pouvait&#13;
en venir à bout.&#13;
Vous serez bien aise d’apprendre qu’on a défendu pour deux ans la traite d’eau-de-vie.&#13;
On veut en faire un essai avant que de la défendre absolument.&#13;
Je n’ai pas jugé devoir parler à Monseigneur de ce que vous me marquez touchant&#13;
l’infirmité de M. de Laval et la messe qu’il fait dire en sa chambre ; et bien m’en a pris,&#13;
car s’il lui fut revenu quelque chose dans votre malheur, où nous avons besoin de lui, cela&#13;
eut été désagréable. On a grand soin à informer le ministre de tout cela, car il y a toujours&#13;
des flatteurs.&#13;
Depuis que M. Joncaire est parti, j’ai appris que M. le cardinal de Noailles avait parlé au&#13;
roi pour nous. Le roi lui dit : « Eh bien, ils ne sont pas contents ! » Notre prélat lui&#13;
répondit : « Sire, ils le sont très fort et ne le sont pas : ils le sont de ce que Votre Majesté&#13;
prend sur elle dans un temps comme celui-ci, où elle a tant besoin d’argent, mais ils ne le&#13;
sont pas de ce que Votre Majesté pourrait leur donner un secours plus fort, sans&#13;
incommoder ses finances, sur des biens ecclésiastiques ou bénéfices. » Le roi répondit :&#13;
« Mais il n’y en a pas de vacants. » et M. le cardinal lui répondit qu’il en vaquerait et que&#13;
si Sa Majesté trouvait bon, il l’en avertirait quand il en vaquerait ou sur lesquels on put&#13;
nous affecter une pension ou qu’on put nous appliquer entièrement et le roi le lui promit ;&#13;
si bien qu’il est en état de lui en parler quand il sera temps.&#13;
Le même prélat nous a dit qu’il ne fallait pas nous attendre à obtenir rien de l’Assemblée&#13;
du clergé. Il dit que cette Assemblée n’a pas le pouvoir de rien accorder. Il promit à&#13;
M. l’abbé de Brisacier de lui accorder permission de faire une quête à Paris.&#13;
&#13;
�M. de Brisacier espère toujours tirer 2 000 écus de quêtes ou d’aumônes. Pour moi, je n’en&#13;
crois rien. Il est bien difficile de tirer cette somme en ce temps-ci. Je ne sais même si nous&#13;
pourrons être payés à Noël au Trésor royal des 4 000 livres que le roi accorde, ni si nous&#13;
pourrons être payés alors des 3 000 livres de Mississippi et des 2 000 livres de pension de&#13;
Mgr l’Ancien. Tout le monde tremble en ce temps-ci et rien n’est plus rare que de tirer de&#13;
l’argent.&#13;
C’est pourquoi je ne sais ce que je sois mandé à M. des Maizerets. Je lui ai écrit par le&#13;
vaisseau la Perle qu’il pouvait tirer sur nous 10 000 livres pour le bâtiment et faire, outre&#13;
cela, fonds sur 3 500 livres pour les factures, mais je tremble que cela ne soit pas effectif.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’ordonne de le lui mander, mais je ne suis, malgré tout cela, pas&#13;
exempt de crainte. On n’y peut être plus rempli de bonne volonté que M. l’abbé&#13;
de Brisacier, qui compte un peu trop sur son bon cœur. Il voudrait vous consoler et vous&#13;
encourager, mais je ne sais s’il tirera ces sommes.&#13;
J’ai oublié de vous marquer en ma lettre que si vous aviez besoin de quelques contrats&#13;
primitifs, soit qui regardent l’Église et la colonie en général ou le Séminaire en particulier,&#13;
mandez-le-moi ; je les tirerai aisément. Et à ce sujet-là, je crois vous devoir répéter que&#13;
vous auriez dû m’envoyer copie de tout ce que vous avez de titres, afin qu’ils ne soient&#13;
pas tous perdus si un incendie pareil arrivait29.&#13;
M. Gay a usé de finesse pour retourner à l’Acadie, mais Mgr l’évêque de Québec a prié le&#13;
ministre d’empêcher qu’il n’y demeure. Il lui a fait dire qu’il ne lui donnait aucun&#13;
pouvoir, pas même de dire la messe, s’il prétendait rester à l’Acadie. J’espère qu’il s’en&#13;
reviendra. Je ne crois pas aller cette année en Berry à nos bénéfices. Je prévois que je n’en&#13;
aurai pas le temps. Je me recommande de nouveau à vos saints sacrifices et prières et suis&#13;
sans réserve, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 28e mai 1702&#13;
/Transcription30 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
29&#13;
30&#13;
&#13;
Il y eut effectivement un second incendie, en 1705.&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1702, 28 mai – Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettre O, no 36)&#13;
M Glandelet&#13;
1.er&#13;
1702&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
Partage&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
No 36&#13;
2 A tout Seigneur tout honneur. Je ne vous&#13;
3 escrirois les annéez passéez quepar bonne&#13;
4 amitié; cellecy c’est par devoir et pour rendre&#13;
5 compte a M Le Doien et leprier de rendre&#13;
6 compte au chapitre des affaires dont Je Suis&#13;
7 chargé p.r lui. C’est ceque Je feray dans le&#13;
8 commencem’ de cette lettre, et Je feray ensusite&#13;
9 a lordinaire Succeder l’amitié a ce devoir de&#13;
10 respect en repondant aux obligeantes lettres&#13;
11 que J’ay receu de vous et vous mandant tout&#13;
12 ceque vous pouvez Souhaiter vous estre&#13;
13 mandé.&#13;
14 vous Serez Surpris cette année de trouver une&#13;
15 Si pitoiable recette du chapitre; car quoiquelle&#13;
16 monte fort haut et quelle aille aplus de Sept&#13;
17 mil livres la depense va encoreplus haut, et&#13;
18 actuellem.’ que Je vous escris cecy bien loing&#13;
19 davoir a vous de l’argent entre les mains Je me&#13;
20 crois en avancepour le chapitre. Je vais&#13;
21 vous en expliquer les raisons. Je parle icy&#13;
22 au moins a Mons.r Le Doyen, et nullem.’ aM&#13;
23 Glandelet, car Je Scay que Je ne Serois pas bien&#13;
24 venu de parler a ce dernier de temporel, lui&#13;
25 qui tient Si fort cette maxime que le temporel&#13;
26 n’est rien, et qui la tiendra jusqu’à ce que M.&#13;
27 Des maizerais lait convaincu du contraire par&#13;
28 experiance. mais p.r M Le Doien Jl Scait bien&#13;
29 qu’il n’y auroit point de chapitre Sans chanoines&#13;
30 et de chanoines Sans prebendes, c’est adire&#13;
31 Sans un revenu affecté p.r la Subsistance de&#13;
32 chaq.’ chanoine ce Sont les 1.eres Notions d’un&#13;
33 chapitre&#13;
34 vous aurez Sans doute a me reprocher cette&#13;
35 année encoreplus que les autres que nous&#13;
36 avons bien mal choisi en vous chargeant par&#13;
37 les d.ers partages du revenu des deux abbayes. mais&#13;
38 cepend.’ Je ne Scauvois en avoir regret pour le&#13;
39 bien et lavantage du chapitre Jl n’est pas reel&#13;
40 pour le present. mais il Sera Sensible dans la&#13;
&#13;
�Lestrées.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Mgr&#13;
1707.&#13;
&#13;
41 Suite, et J’espere que nous le verrons dans peu&#13;
42 Si nous reussissons dans nos unions.&#13;
43 Cest par cette affaire que Je crois devoir commencer&#13;
44 a vous rendre compte Jecrois vous avoir&#13;
45 mandé l’an passé que M’gr de Quebec mepressoit&#13;
46 tres fort daccommoder laff.re que J’ay depuis&#13;
47 trois ou quatre ans avec laReligieuse qui est a&#13;
48 Lestrée. Mgr p.r m’y engager avoit obtenu&#13;
49 l’an passé de M Larch. de treves par le moien&#13;
50 de M. LEvesque de Toul qui est des intimes amis de&#13;
51 M Labbé de Brisacier un consentem’ par lequel&#13;
52 Jl permettoit que Le Prieuré dela colombe a Longoui&#13;
53 fust transporté dans les lieux reguliers de L’etrée&#13;
54 Si bien que considerant cet obstacle levé, Scachant&#13;
55 de plus que M LEvesque dEvreux avoir envoié faire&#13;
56 un procez verbal a L’estrée p.r y faire une cloture,&#13;
57 et avoir permis a cette Religieuse de prendre&#13;
58 des Novices, faisant reflexion que quand Je&#13;
59 Serois asseuré de gagner au Conseil mon procez&#13;
60 contre cette Religieuse, ce qui estoit fort douteux&#13;
61 apres tous ces obstacles levez, Je n’en Serois pas&#13;
62 plus avancé qu’on nous renvoieroit au Conseil&#13;
63 dans un autre Parlement ou il faudroit plaider&#13;
64 dix ans avant que de faire juger cette affaire&#13;
65 definitivement, et quen fin apres que Jaurois&#13;
66 ainsy bien plaidé toute ma vie dans tous les&#13;
67 tribunaux et que Jaurois consommé a cela&#13;
68 plus quele fonds de L’abbaye, Je Serois aussi&#13;
69 ambarassé que le 1.er Jour a chercher les moiens&#13;
70 de consommer notre union on ne voit deprez&#13;
71 toutes ces choses qu’apres qu’on a essuyé deprez&#13;
72 tous les desagreemens des procez. Je ne Scache pas&#13;
73 daff.re qui men puisse donner plus que cellela m’en a&#13;
74 donnée.&#13;
75 M’gr de Quebec qui estoit allé en Dauphiné apres le&#13;
76 depart des vaiss.x ne cessoit de me presser par M. de&#13;
77 la Palliere de maccorder avec la Relig.se Jl Sembloit&#13;
78 mesme promettre de porter Sa part des frais du&#13;
79 procez. Je me resolus enfin dans le mois daoust et&#13;
80 de Septembre a m’accorder. un maitre des Requetes&#13;
81 de nos voisins et un conseiller au Parlem.’ de Rouen&#13;
82 furent les mediateurs de cet accord. Je promis&#13;
83 de donner a la Relig.se p.r tous les frais de Son procez&#13;
&#13;
�Procès&#13;
arrêté.&#13;
&#13;
4. 1702&#13;
&#13;
Obtacle&#13;
levé.&#13;
&#13;
5.&#13;
&#13;
84 2000.# (vous remarquerez que Je lui en avoit&#13;
85 offert 2500.# avant que d’obtenir un arrest au Conseil)&#13;
86 et qu’elle rembourseroit les facons des vignes que Notre&#13;
87 fermier de Lestrée avoir avancé par mon ordre pend.’&#13;
88 deux ans, dont elle avoit recueilli le vin. on convint&#13;
89 de faire regler ces facons des vignes par nos mediateurs&#13;
90 cepend.’ Jl m’en cousta encore 73.# au dela car Jls&#13;
91 montoient a 1073.# et on n’alloua que 1000.# et il me&#13;
92 fallut porter 73.# plutost quede les f.re perdre au&#13;
93 Receveur de Labbaye.&#13;
94 M’gr de Q. n’a rien voulu allouer de ces 2073.# que&#13;
95 nous a cousté cet accommodem.’, et prez de 900.#&#13;
96 encore dailleurs p.r frais deprocedures aLavocat&#13;
97 au Conseil, au Grand Conseil, Sur les lieux dont&#13;
98 Jl a fallu encore tenir compte a M Rotrou, et&#13;
99 il m’a fallu tout porter p.r paix avoir avec lui.&#13;
100 mais le bien que nous en avons retiré, c’est 1.e que&#13;
101 nous avons eu main levée des Saisies faites Sur&#13;
102 Labbaye de Lestrée, dont J’ay bien receu de quoy&#13;
103 remplir tous ces frais, et Jl nous y est deu encore&#13;
104 plus d’une année, car cela va a 3800.# Sans compter&#13;
105 lannée escheüe a Noel dernier dont le terme de&#13;
106 parem.t neschoit qu’a la s.t Jeanprochaine.&#13;
107 2.e Le bien qui S’est ensuivi decet accommodem’ c’est&#13;
108 que nous nous Sommes mis en état detravailler&#13;
109 efficacem’ a Lunion de nos trois abbayes. car&#13;
110 nous avons reuni tous les procez verbaux qu’on&#13;
111 nous demande a Rome, nous avons obtenu tous les&#13;
112 consentemens des personnes interesséez, et Le Roi&#13;
113 a bien voulu escrire de nouvelles lettres au&#13;
114 Pape au Card.l Patron de france, et au Cardinal&#13;
115 de Jeanson qui est chargé des affaires du Roi a Rome&#13;
116 Nous avons mis toutes nos pieces Jly a deux mois&#13;
117 entre les mains d’un Banquier tres experimenté en&#13;
118 ces unions qui est mon ami, et elles Sont arrivéez a&#13;
119 Rome dou on commence a nous escrire par&#13;
120 les deux derniers ordinaires qu’on travaille a Notre&#13;
121 affaire M’gr de Quebec ayant veu que le&#13;
122 Banquier qui en avoit esté chargé cy devant craignoit&#13;
123 deperdre Ses avances Sil en faisoit encore lui a&#13;
124 fait remettre par le dernier ordinaire cinq cent&#13;
125 livres p.r lengager a agir. nous en porterons&#13;
&#13;
�Mgr à&#13;
Rome&#13;
&#13;
Evesouragan&#13;
&#13;
Jncendie&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
126 les deux cinquiemes et Mgr les trois autres.&#13;
127 Jl ne faut donc plus vous attendre que Je remette&#13;
128 a present au compte du Sem.re aucun des deniers&#13;
129 du chapitre. Tout ceque Je recevray p.r lui Sera&#13;
130 p.r Servir aux frais des unions Jl nous faudra&#13;
131 peut estre plus de 8000.# de frais p.r la part du&#13;
132 chapitre Seul ainsy trois ou quatre annéez ne&#13;
133 Suffiront pas p.r acquitter cette So’e. Nous&#13;
134 Serions trop heureux Si nous pouvions finir cette&#13;
135 affaire. J’engage tant que Jepuis Mgr de Quebec&#13;
136 a aller p.r cela a Rome. Je Suis persuadé que&#13;
137 par Ses Sollicitations tres vives il emporteroit&#13;
138 laffaire; Et cest laplus importantes de LEglise&#13;
139 de Quebec&#13;
140 vous Serez peut estre Surpris dene trouver rien de&#13;
141 receu du prieuré dEsves dans mon compte p.r les&#13;
142 Six mois eschus ala s.’ Jean dernier. Jl est arrivé&#13;
143 l’an passé une telle foudre de vent le Jour de la&#13;
144 Purification quelle a renversé presquentierem.’&#13;
145 la grange de chezelles la metairie dEsve Si bien que toutes cette&#13;
146 demie année y fut consommée; Et Je ne Scais&#13;
147 Si elle Suffira on m’a promis de me f.re toucher&#13;
148 au 1.er Jour la demie année escheue a Noel&#13;
149 dernier. C’est M. Le viconte dargenson qui a ft cette reparation&#13;
150 Cette mesme tempeste a causée bien des&#13;
151 reparations a meobec et a Lestrée. Quant a&#13;
152 meobec, vous en trouverez p.r une bonne So’e&#13;
153 dans mon compte de faites. Jespere quil n’y&#13;
154 en aura pas tant tous les ans, Sur tout dans&#13;
155 un temps ou lon paye tant de taxes au Roi.&#13;
156 a Lesgard de Lestrée Je Suis en contestation&#13;
157 avec le Receveur. Jl est obligé d’entretenir&#13;
158 les lieux, mais Jl n’est pas tenu de ces Sortes&#13;
159 de tempestes. Je dois aller Sur les lieux cet&#13;
160 esté voir ce qui y est arrivé.&#13;
161 vous trouverez dans mon compte en unSeul&#13;
162 article receu en argent ou quittances des fermiers&#13;
163 de meobec 3676. cest tout le prix de leur ferme,&#13;
164 mais Jl y a bien des articles a leur diminuer Sur&#13;
165 cette So’e, outre les 1358.# que Jalloüe dans ma&#13;
166 depense ces 1358.# Sont composéez 1.e dune So’e de&#13;
167 600.# que J’ay emploié dans mon compte de l’an&#13;
168 passé receües le 8. Jan.er 1701. p.r paier les decimes&#13;
&#13;
�Comptes&#13;
réglés&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
secret&#13;
à&#13;
garder.&#13;
&#13;
M.’ dela&#13;
Pallière&#13;
&#13;
169 doctobre 1700. 2e de 300.# paiez p.r une année a&#13;
170 M. Baraton Pension.re de meobec. 3.e de 400.# paiez&#13;
171 aux curez de meobec et neuillay p.r une année de&#13;
172 leur portion congrüe 50.# p.r le luminaire de moebec,&#13;
173 p.r une année et 8# auCuré de mehun p.r lannée 1700.&#13;
174 Je vous envoie la copie d’un compte arresté avec&#13;
175 M’gr de Quebec pour estre quitte avec lui. J’ay eu&#13;
176 bien dela peine a finir ce compte, et quoi quil mait&#13;
177 refusé de me rien allouer pr les reparations de&#13;
178 meobec, qui estoient a faire en 1697. quil nous&#13;
179 remit Labbaye, ni des frais du procez dela Religieuse&#13;
180 ni dautres demandes que Jelui faisois, Je me Suis&#13;
181 encore estimé heureux de finir avec lui ainsy,&#13;
182 car Je craignois bien quil ninsistast a vouloir&#13;
183 Jouir de cequi estoit deû par les fermiers de&#13;
184 moebec et de chezelles jusqu’à la S.t Jean 1697.&#13;
185 car cestoit unepretention quil avoir et Sur&#13;
186 laquelle Je ne Scay ce qui auroit esté reglé&#13;
187 Sil l’avoit beaucoup Soutenu, car Jl Soutient&#13;
188 Ses Jnterests dune maniere Si vive, quil force&#13;
189 a Se faire accorder tout ce quil demande.&#13;
190 c’est p.r quoy tout mal traitez que nous So’es&#13;
191 J’ay encore cru un bonheur de finir avec&#13;
192 lui quelq’ chose a un meilleur prix que&#13;
193 Je ne craignois.&#13;
194 Je vous prie que tout ce que Je vous escris de lui ne Soit&#13;
195 communiqué qu’a nos Mess.rs et recommendez leur de&#13;
196 ma part de ne le point repandre ailleurs; Je croy&#13;
197 quil arrive Souvent qu’on croit parler aune personne&#13;
198 de confiance et il va ensuite reporter cequ’on lui dit a&#13;
199 gens qui le mandent a Mgr. Jl m’a reproché en mots&#13;
200 couverts plus.rs choses que J’ay escrites l’an passé et quil&#13;
201 dit qu’on lui a mandé de Quebec; tant Sur nos hospitalieres&#13;
202 que Sur le Sem.re&#13;
203 vous Seriez Surpris dapprendre que M de la Palliere&#13;
204 est a present aussi vif p.r empescher Sil pouvoit Son retour&#13;
205 quil l’a eté cy devant p.r le procurer. Nous avons esté&#13;
206 quelques jours cemois de fevrier dernier que M de la&#13;
207 Palliere craignoit qu’apres avoir reglé Ses aff.res Jl ne Se&#13;
208 mist en etat de retourner. Jl fut voir M Le Duc de&#13;
209 Beauvilliers et Le R. P dela chaize Jl nous pressa de voir&#13;
210 M. Le cardl de Noailles. mais nous lassurasmes quil n’y&#13;
211 avoit nulle apparence p.r leretour cette année, et quil&#13;
&#13;
�212 estoit inutil dagir avant letemps. cequi lerend Si vif&#13;
213 c’est quil ne le croit nullem.’ changé, d’une humeur plus&#13;
214 difficile que Jamais et que Son experiance la convaincu&#13;
8. 1702&#13;
&#13;
Mgr de&#13;
Québec&#13;
&#13;
Evêque&#13;
de&#13;
Gap.&#13;
&#13;
Ev. De&#13;
Poitiers&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
215 dela verité detout ce que nous avons trop esprouvez&#13;
216 pend.’ plus.rs annéez.&#13;
217 Cepend.’ Je ne crois pas qu’on puisse larrester quand Jl&#13;
218 voudra retourner. Jl conte de le f.re lannée prochaine, et&#13;
219 Je prevois quil le fera. Jl passe icy p.r un Evesque tres regulx&#13;
220 Jl est enfermé chez M Le curé deS.’ Sulpice depuis le matin&#13;
221 Jusqu’au Soir Sans Sortir, dit la messe tous les jours, n’est d’aucun&#13;
222 plaisir et vit fort regulierem.’ Jln’en faut pas tant p.r&#13;
223 passer p.r un Saint. Car la plus pard denos Evesques vivent&#13;
224 d’une toute autre maniere&#13;
225 vous Serez bien Surpris d’apprendre l’exil par une lettre de&#13;
226 cachet de notre Mons.r L’Eveque de Gap; apres que vous lavez&#13;
227 veu vivre en miss.re Si regulierem.’ vous Serez Surpris qu’on&#13;
228 lait relegué acause de Ses galanteries et quil estoit&#13;
229 devenu un Damoiseau; Jl y a cinq ou Six ans quil n’a&#13;
230 mis le pied en son Dioceze. Jl a a Paris un des plus beaux&#13;
231 équipages, et Jl rend des visites aux Dames. Je Scavois&#13;
232 cela il y a plus de deux ans, et Jen’ay pas voulu vous&#13;
233 en rien mander, mais Je lefais puisq.’ cela a esclaté.&#13;
234 Jl est relegué a condom, ou notre cher M de Condom&#13;
235 Souffrira beaucoup davoir un tel hoste qui n’a pas Scu&#13;
236 profiter de Son humiliation, mais porte apres Sa disgrace&#13;
237 autant de faste en allant en exil, qu’il en avoit auparav.t&#13;
238 Que cela doit nous humilier, craignons bien les grandeurs&#13;
239 et les richesses, puis quelles changent Si fort les mœurs.&#13;
240 vous voiez en M deGap un exemple de ce qui est&#13;
241 arrivé en M Bertot.&#13;
242 Je vous avoüe que cettemauvaise odeur m’a empesché&#13;
243 de le voir p.r f.re reussir Lunion de Son petit prieuré de&#13;
244 Gueret : c’est p.r quoy J’ay laissé tomber laff.re qui est&#13;
245 eschouée. J’y ay veu trop de defficultez, parceq.’ les&#13;
246 moines n’y ont pas consentis.&#13;
247 apres cette triste Nouvelle de la conduite de cePrelat&#13;
248 Je crois vous devoir apprendre a mort Sainte de Notre&#13;
249 cher Mons.r Levesque de Poitiers qui n’est Evesque que&#13;
250 depuis trois ans. Jl nous avoit toujours dit qu’un&#13;
251 bon Evesque ne devoit vivre que trois ans. Jl jeuna&#13;
252 au Pain et aleau pend.’ les trois jours du carnaval&#13;
253 dans Son Sem.re affligé aux pieds deSon crucifix de&#13;
&#13;
�254 ce que les magistrats deSa province nempeschoient&#13;
255 pas unetroupe de comediens dejouer dans toutes les&#13;
256 villes deSon Dioceze, m’escrivant quil avoir dans Son&#13;
257 Diocezeplus.rs nouveaux catholiques qui estans&#13;
258 protestans avoient esté chassez du presche et mis&#13;
259 enpenitencepublique p.r avoir assisté a ces Spectacles,&#13;
260 et qui estoient Scandalizez qu’on les Souffrist dans&#13;
261 LEglise catholique apres avoir jeuné ces trois jours&#13;
262 pend.’ les quels Jl Souffrit dufroid dans Son Sem.re Jl&#13;
263 commença Son caresme en visitant tous les pauvres&#13;
264 et les malades dans Ses hopitaux, et Jltrouva des&#13;
265 fievres pourpreuses dans Son hotelDieu quil prit&#13;
266 aisem.’ parcequil avoir l’estomach vuide; on lepensa&#13;
267 pend.’ quatre jours d’un gros mal deteste et fievre co’e&#13;
268 Si ce neust esté que d’un Rhume, et on leSaigna le 1.er&#13;
269 Dimanche de caresme ce qui lefit tourner alamort qui&#13;
270 arriva deuxjours apres ayant receu tous Ses Sacremens,&#13;
271 et tiré les larmes des yeux deSes Domestiques et de&#13;
272 tout Son peuple vous ne Scauriez vous imaginer&#13;
273 Jusqu’ou tout Son peuple l’a regreté, et Jl avoit bien&#13;
274 raison; car il perdoit untres S.’ Prelat. Je perds en&#13;
275 lui un tres intime ami, qui mhonoroit de Sa confiance,&#13;
276 et Je n’y Scaurois penser Sans en estretres vivem’&#13;
277 touché; mais cette mort m’a en verité bien Servie&#13;
278 a rentrer en moi mesme, et m’a bien convaincüe&#13;
279 quil n’y avoit riende Solide en ce monde Je n’ay&#13;
280 pas perdüe cette verité de veüe depuis Sa mort et&#13;
281 J’espere que Dieu me ferala grace delentretenir en moy.&#13;
282 Ces deux Evesques ont interrompu le compte que Je&#13;
283 vous rendois des aff.res du chapitre. Je vais le reprendre&#13;
10.&#13;
&#13;
Pape&#13;
lent.&#13;
&#13;
284 On nous mande de Rome que cePontificat nestpoint&#13;
285 propre a f.re reussir nos unoins. Nous avons un Pape&#13;
286 tres long, qui ne conclud rien, qui ne veut f.re peine a&#13;
287 personne, qui Sarreste Sur la moindredifficulté et qui&#13;
288 n’agit pas p.r lafaire lever. Lunion des manses&#13;
289 monacales Sera difficile. Jecroy cepend.’ qu’apres&#13;
290 avoir emploié les sollicitations les plus fortes Si Mgr&#13;
291 de Quebec y va Jl l’emportera, et Je ne cesseray de&#13;
292 l’en presser. Jl ne faut rien espargner p.r ces aff.res,&#13;
293 Elles demandent une entiere application.&#13;
294 Je Seray cepend.’ obligé daller f.re un tour cet Eté et&#13;
295 a moebec et a Lestrée. ces biens Sont tels, quil&#13;
296 faut necess.rem’ les voir de deux ans en deux ans.&#13;
&#13;
�297 J’aurois mesme besoin de demeurer a meobec une&#13;
298 quinzaine de Jours. J’y ay plus.rs affaires qui ne vont pas&#13;
299 co’e Je voudrois. Je Suis obligé de me fier au bonhomme&#13;
300 M de Bienassis qui a plus de quatre vingt ans, et est lePere&#13;
301 de deux fermiers deL’abbaye; Jl fait leurs affaires et&#13;
302 nonpas les notres. M’gr Lancien m’a bien dit que ce&#13;
303 vieillard et toute Sa famille estoient fort interessez.&#13;
304 ceSont des SangSues qui voudroient tirer a eux tout le&#13;
305 revenu de cette abbayes. C’est le malheur de Mgr de&#13;
306 Quebec ait fait unbail a Ses enfans. cepend.’ Jl me&#13;
307 conseille dele laisser mourir en paix, mais Je voudrois&#13;
308 avant Sa mort visiter le chartrier ettous les titres, et&#13;
309 les mettre en bon etat, Je voudroit visiter tous les&#13;
310 bois, les etangs, les metairies et les moulins, p.r prendre&#13;
311 connoissance detout par moi mesme, et voir comment&#13;
312 Jepourois retablir Sur tout les bois. Je compte d’y&#13;
313 aller apres que Je meSeray debarassé de mes lettres,&#13;
314 c’est adire vers laS.’ Jean auplutard.&#13;
315 J’ai aussi a visiter le Prieuré d’Esve ouil y a des repara=&#13;
316 tions a faire, et a terminer un procez ala chapellede&#13;
317 vauvoier contre un curé qui pretend biendes depens, et&#13;
318 plus.rs annéez de suplement deportion congrüe&#13;
11.&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
ornemens.&#13;
&#13;
319 cest une aff.re qui nest bonne qu’a terminer le&#13;
320 plutost quil estpossible&#13;
321 Quant a LEtrée Jl me faut visiter tous les batimens&#13;
322 pour examiner ceque la tempeste y a renversé&#13;
323 en fevrier 1701. Je n’ay pu me resoudre a aller&#13;
324 a cette abbaye depuis la perte du procez de la Relig.se&#13;
325 Cepend’ Jl y faut aller necessairem.’ tous les ans.&#13;
326 Mgr de Quebec demande auRoi des ornemens p.r&#13;
327 la cathedrale, et il espere en obtenir. Je ne Scay Sil&#13;
328 y reussira. Les finances Sont Si derangéez que&#13;
329 quand Le Roi par bonté de cœur auroit accordé une&#13;
330 So’e, JeneScay Sil Seroit facile delaf.re payer.&#13;
331 voila ce me Semble tout lecompte que Jepuis&#13;
332 vous rendre Sur les aff.res du chapitre Je vais a&#13;
333 present repondre aux lettres que vous mavez&#13;
334 fait lagracede mescrire, et Je vous escriray en&#13;
335 chemain faisant tout ce que vous desirez Scavoir&#13;
336 Je crois avoir receu toutes vos lettres; cepend’ Je&#13;
337 n’en Suis pas bien asseuré, car vous devriez alafin&#13;
338 menvoier un petit catalogue detoutes les lettres que&#13;
339 vous mescrivez co’e vous faisiez cy devant. J’ay receu&#13;
&#13;
�340 cette année des lettres deux mois apres le retour des&#13;
341 vaiss.x Sans dire par ou elles me Sont venües.&#13;
342 Pour vos deux grandes lettres Jeles ay receues. J’ay&#13;
343 remis a Mgr de Q. les papiers et pacquets qui&#13;
344 etoient p.r lui, et ay retenu les duplicata que vous&#13;
345 mavez mandé deretenir. Je me trompe de vous dire&#13;
346 que J’ay receu de vous deux grandes lettres; Je n’en&#13;
347 ay receu qu’une deplus.rs escritures dont 37. pages, dont&#13;
348 les cinq ou Six d.eres Sont de v’re escriture Et J’ay receu&#13;
349 environ moitié de cette lettre par une au’ voie, Sans&#13;
350 doute que vous navez pas eu le temps de faire&#13;
12 1702&#13;
&#13;
Etat du&#13;
séminaire&#13;
veu&#13;
&#13;
Mgr de&#13;
Laval.&#13;
&#13;
351 copier le reste J’ay aussi trouvé dans plus.rs paquets&#13;
352 plus.rs petits billets de vous que J’ay remassé&#13;
353 ensemble, Jly en a huit. Je vais repondre a tout&#13;
354 ce que vous desirez Scavoir.&#13;
355 Vous mavez fait un tres Sensible plaisir de me faire&#13;
356 alloüer mes comptes precedens afin de nerien&#13;
357 laisser en arriere vous estes a ceque Je croy bien&#13;
358 persuadé que Je ne pretends pas Sortir par la de l’esprit&#13;
359 de grace qui me doit faire esviter toute proprieté,&#13;
360 mais quoiq.’ Je nagisse que dans cet esprit, ce me Semble,&#13;
361 Jl n’en faut pas moins liquider les comptes annee par&#13;
362 année afin de Se tenir l’esprit en repos. Je vous prie&#13;
363 dengager nos Mess.rs a continuer Sur cepied la&#13;
364 J’ay esté vraiement affligé dela mort de M Doucet.&#13;
365 cestoit un bon ouvrier qui a rendu Service a LEglise&#13;
366 ce que vous me mandez de letat ou estoit leSem.re&#13;
367 avec tout lepays dans ces temps la est Surprenant.&#13;
368 Nous So’es bienheureux d’en avoir conservé M’gr&#13;
369 Lancien et M Des maizerais&#13;
370 J’ay esté tout afait édifié de ce que M’gr Lancien&#13;
371 apris la peine de mescrire Sur deux points dont Je&#13;
372 lui avois escrit l’an passé. le 1.er estoit a Loccation de&#13;
373 ces lettres de change ou Je lui rep’ntois lJmpossibilite&#13;
374 ou J’estois de les payer des deniers du Sem.re qui est&#13;
375 Si oberé, le Second est Sur ce qu’on navoit arresté&#13;
376 aucun compte du Sem.re M’gr me mande quil&#13;
377 n’a pas pretendu en tirant lui mesme ces lettres&#13;
378 de Change que Je les paiasse dautres deniers que&#13;
379 de ceux du Sem.re, et que p.r cela Ses revenus Soient&#13;
380 confondus avec ceux du Sem.re, quil n’a rien possede&#13;
381 en propre et veut mourir dans cette pratique&#13;
382 on ne peut escrire plus Saintem’ et avec plus&#13;
&#13;
�383 de bonté et de charité p.r moy quil la fait.&#13;
13.&#13;
&#13;
384 Je vous ay envoyé par le vaisseau du Nort copie&#13;
385 de lalettre que Jay receude M S.’ Cosme, et des&#13;
386 memoires que lui et M Davion menvoie. J’ay&#13;
387 escrit a M’gr Lancien mes reflexions Sur cette&#13;
388 lettres et ces memoires. Je les repete icy.&#13;
389 1.e Jl paroitroit plus necess.re que M Bergier fust&#13;
390 dans une mission prez des francois afin de&#13;
391 gouverner le temporel que de le laisser aux&#13;
392 Tamarois ou les Jesuites le rendront inutile en&#13;
393 debauchant tous Ses Sauvages.&#13;
394 2.e M S.t cosme n’a nul menagem.’ et il parle de Se&#13;
395 f.re appliquer des quatre cent escus p.r Sa mission des&#13;
396 Natchez. cela est ridicule car Jl faut que les miss.res&#13;
397 Se mettent en etat de ne depenser a deux dans&#13;
398 chaq’ mission que Six cent livres auplus, et Sils&#13;
399 Sont Seuls dans chaq’ mission 300.# ou 350.# auplus.&#13;
400 cest cequ’on donne aux miss.res dela chine ou il&#13;
401 y ale plus de depense a faire&#13;
402 3.e M S.t cosme voudroit posseder cequ’on lui&#13;
403 donneroit Sans que cela passast par les Sup.rs dela&#13;
404 mission. Je croy que cela rendoit les particuliers&#13;
405 trop proprietaires. cepend.’ Jl ne Seroit par mauvais&#13;
406 que chacun Se fist Son memoire de Ses besoins mais&#13;
407 cela doit passer ensuite parle Sup.r p.r estre approuvé&#13;
408 4.e Jl faudroit que nos Mess.rs reunissent bien&#13;
409 leurs missions et ne les avançassent pas dans&#13;
410 les terres p.r estre a portée de recevoir leurs besoins&#13;
411 de france et destre Soutenus par les francois.&#13;
412 5.e Jl est facheux que Le P. de Limoge de Son chef Se&#13;
413 Soit etabli aux oumas. cetoit une mission a notre&#13;
414 biensceance a quinze lieues des Natchez. attendez&#13;
415 vous que ces Peres vous traverseront en tout pr&#13;
416 vous dégouter et vous faire quitter.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
417 6.e Jl Seroit mesme a Souhaiter que nous eussions&#13;
418 quelq’ établissement avec les francois, afin de Sen Servir&#13;
419 de lieu de correspondance; mais M DJberville preferera&#13;
420 les Jesuites a nous, p.r y deservir les francois qui devroient&#13;
421 lestre plutost par des Prestres. Nous Scaurons a son&#13;
422 retour ce quil aura fait; on lattend incessamment.&#13;
423 7.e M De montigni mavoit dit denvoier des demies&#13;
424 bariques de farine a nos Mess.rs M S.t cosme dit que&#13;
&#13;
�425 cela est inutile; chacun raisonne Selon Son Jdée, et a&#13;
426 moins que de Scavoir le Sentiment de tous, on ne&#13;
427 Scait a quoy Se determiner.&#13;
428 8.e M’gr de Q. ne pense plus a nous laisser les 2000.# du&#13;
429 clergé p.r cette mission Je ne voudroit pas jurer que&#13;
430 Si M DJberville y retourne au mois de 7.bre ce&#13;
431 Prelat ne prenne la parti daller aveclui, et de&#13;
432 parcourir de la par terre toutes les missions&#13;
433 d’Enhaut. M’gr ne nous laissera pas diminuer rien&#13;
434 des 3000.# qui Seront accordez p.r misissipi afin&#13;
435 de nous rembourser par la de toutes les depenses&#13;
436 precedentes. Je crains bien quil n’y faille au contraire&#13;
437 ajouter encore du Notre&#13;
438 9.e Nous avons obtenus p.r cette année la continu=&#13;
439 ation de la gratification de 3000.# p.r misissipi.&#13;
440 mais ce Sera la difficulté d’en estre paié au Tresor&#13;
441 roial, Jene crois pas en pouvoir rien tirer. ni de&#13;
442 la pension de M’gr Lancien Sur le tresor roial c’est&#13;
443 ce qui fait mon plus grand chagrin&#13;
444 10. un Ecclesiastique nommé M Gervaise qui est&#13;
445 Prevost a Sevre, un des bons benefices dependans des.’&#13;
446 martin de Tours, et qui a eté emmené a Siam par&#13;
15.&#13;
&#13;
447 feu M’gr dheliopolis alaage deseize ans, qui en&#13;
448 revint avec les Siamois en 1687. et qui est un&#13;
449 Ecclesiastique qui a du bien depatrimoine et bien&#13;
450 du merite Se Sent attiré a aller Se devoüer au&#13;
451 misissipi p.r la conversion de ces Jnfidels. Jl est Seul&#13;
452 heritier d’une Sœur aisnée qui a plus de trois ou&#13;
453 quatre mil livres de rente, et Jls nont tous les deux&#13;
454 que des heritiers collateraux fort esloignez. Jl espere&#13;
455 que Sil Se destinoit a ce bon œuvre, Sa Sœur Se&#13;
456 retireroit aupres de Nous et Se destineroit elle mesme&#13;
457 a layder dans Son dessein. cepend.’ J’y vois beaucoup&#13;
458 de difficultez dans lexecution, etpeutestre que Dieu&#13;
459 lui endonnera le desir Sans lui donner jamais le&#13;
460 moyen de l’executer. Je lui inspire quil devroit&#13;
461 establir une mission ou il eust un Ecclesiastique&#13;
462 avec lui prez des francois vers la mer pour&#13;
463 entretenir correspondance plus facilem.’ avec Nous.&#13;
464 Quand Jl Seroit resolu dy aller absolum.’ ce qui&#13;
465 n’est pas encore, Jl lui faudroit plus d’un an pour&#13;
466 Se debarasser de plus.rs aff.res particulierem.’ de celles&#13;
467 de S.’ martin de Tours dont Jl est chargé Nous&#13;
&#13;
�468 attendons les nouvelles qui viendront par M.&#13;
469 DJberville que Je lui communiqueray. Je croy&#13;
470 qu’a lesgard de ces choses JL ne faut point d’empres=&#13;
471 Sement. Dieu Scait le temps deSa misericorde quil a&#13;
472 determiné de f.re a ces peuples. Jl Suscitera alors&#13;
473 des ouvriers pour en estre les ministres. ce Mons.r&#13;
474 Gervaise a fait Son testament en cas quil fust&#13;
475 Surpris et nous y Sommes p.r misissipi a ce&#13;
476 quil m’a dit. Je vous prie de ne parler point&#13;
477 de ce que Je vous escris delui qu’a nos Mess.rs et d’en&#13;
478 garder un grand Secret.&#13;
16. 1702&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
479 Je vous ay dit en deux mots que Je craignois fort de&#13;
480 nestrepas paié de nos 3000.# ; p.r misissipi au Trésor&#13;
481 roial, aussi bien que des 2000.# de M’gr Lancien p.r Sa&#13;
482 pension. Jl faut vous expliquerplus au long le Sujet&#13;
483 de me crainte. Les finances Sont Si derangéez en&#13;
484 france qu’on ne Scauroit estre paié. au Tresorroial&#13;
485 Le Roi S’est tellem’ engagé dans les dernieres guerres,&#13;
486 quil faut paier tous les ans plus de trente millions&#13;
487 de rente a l’hotel de ville c’est cequi Sepaye bien, car&#13;
488 Si on y manquoit le Roi perdroit Son credit. Si bien&#13;
489 que dans cette Nouvelle guerre on ne Scait quels fonds&#13;
490 faire p.r la guerre, et elle consomme tout largent.&#13;
491 Dailleurs Jl arriva l’an passé une banqueroute des&#13;
492 deux Tresoriers de lextraord.re des guerres que le&#13;
493 Roi a eté obligé de Soutenir p.r ne pas perdre le&#13;
494 credit de leur caisse, Jl lui en coutera plus de&#13;
495 douze millions. De plus La recherche que M Chamillard&#13;
496 afait f.re des traitans etpartisans qu’on a taxé&#13;
497 ade grosses So’es les a tellem.’ alienez delui quils&#13;
498 ont renfermé tout leur argent qui est devenu Si&#13;
499 rare dans le commerce qu’on n’en Scauroit tirer&#13;
500 de personne, ce qui a causé tant debanqueroutes&#13;
501 que c’est ap’nt une chose tres ord.re de laisser&#13;
502 protester des lettres de change C’est tout vous dire que&#13;
503 M. de chamillard qui est des amis anciens de nos&#13;
504 Mess.rs qui aeté prié par Mad.’ maintenon et&#13;
505 Sollicité par eux, ne leur apas encore fait paier&#13;
506 leurs ordonnances del’an passé de 1800.# p.r la&#13;
507 chine et les Jndes orientales. Je crains biende&#13;
508 nepas toucher les miennes.&#13;
509 J’en etois en cet endroit de v’re lettre, mon&#13;
&#13;
�26 avril&#13;
1702.&#13;
&#13;
Jncendie.&#13;
&#13;
M.r Glandelet.&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
Mgr. De&#13;
Québec&#13;
&#13;
510 cher Monsieur, lors que M. de Jonquaire est&#13;
511 arrivé le 26. avril. Je n’en reprens la Suite que&#13;
512 le 12. may, car vous Jugez bien que la Nouvelle&#13;
513 quil a aporté abien achevé de déranger mes&#13;
514 affaires. J’ay eu le temps cepend.’ de faire une&#13;
515 lettre de vingt pages depetite escriture en deux&#13;
516 jours p.r M Des maizerais que J’ay envoié hier&#13;
517 parla poste afin dela mettredans le vaisseau la&#13;
518 Perle, qu’on m’a mandé devoir partir au 1.er&#13;
519 Jour. Ce Sera la 2.de voie qui instruira de nos&#13;
520 affaires, et v’re lettre Sera la 3.e Je ne Seray&#13;
521 en peine que deces trois lettres; toutes les autres ne&#13;
522 devant estre que des lettres particulieres.&#13;
523 Vous pouvez bien croire que Je fus Sensiblem.’&#13;
524 touché delaperte den’re Sem.re de Quebec. Quand&#13;
525 on connoist le bien et Lutilité de ce bon œuvre, co’e&#13;
526 Je le connois on ne peut S’empescher d’y estre tres Sensible&#13;
527 Jl paroist que le bon Dieu s’en est meslé. c’est ce qui nous&#13;
528 ferme la bouche et nous empesche de murmurer.&#13;
529 J’ay esté edifié dela maniere dont Mgr Lancien et&#13;
530 M Des maizerais ont pris la chose Pour vous on dit&#13;
531 que vous ne revinstes que quelq’ jours apres. Je Suis&#13;
532 persuadé que Dieu vouloit achever deperfectionner&#13;
533 ces deux cheres Personnes. Jl ne pouvoit les prendre&#13;
534 par un endroit plus Sensible, Jls auroient donné leur&#13;
535 vie avec plaisir plutost que de voir ce bon œuvre&#13;
536 destruit. mais nous pensons bien autrem’ et J’espere&#13;
537 que Si Dieu nous les conserve, nous nous releverons&#13;
538 peu a peu. Je vous avoüe que leur courage me donne&#13;
539 une force toute particuliere. Je ne laisse pas de sentir&#13;
540 toute la pesanteur du fardeau que Dieu met Sur nos&#13;
541 espaules, mais Jl nous fortifiera p.r le bien porter.&#13;
542 Je vous ay mandé par la Perle en escrivant aM. Demaizerais&#13;
543 que M. de Jonquaire nous ayant rendu nos lettres, Nos&#13;
544 M.rs qui partoient p.r Evry m’emmenerent avec eux p.r&#13;
545 les lire. J’en revins le lendemain J’annonçay cette&#13;
546 nouvelle a Mgr de Q. qui parut Sentir ce malheur aussi&#13;
547 vivem’ qu’on lepuisse Sentir. Jl me conseilla denvoier Sans&#13;
548 delay M. Jonquaire a marli ou estoit le Roi. Jly arriva&#13;
549 a dix heures du Soir, et rendit aM de Pont chartrain Ses&#13;
550 lettres. Ce ministre fut aussitost enporter la Nouvelle&#13;
551 au Roi qui en fut touché et l’apprit le Soir mesme&#13;
552 estant aTable M. Jonquaire fit au Roi ministre lapertede&#13;
&#13;
�553 Six ou Sept cent mil livres, et Le ministre la dit aussi&#13;
554 grande au Roi Nous en desabusasmes cepend.’ le&#13;
555 ministre quand nous le vismes, et nous lui dismes que&#13;
556 nous necroiions avoir perdu que cent mil escus. C’en&#13;
557 est bien assez.&#13;
558 Jl m’a paru que tout le monde a eté tres touché&#13;
559 den’re perte, et on voit bien ce que vaut un œuvre&#13;
560 quand on S’en voit privé. M Le Chancelier et M de&#13;
561 Pont chartrain nous dirent quand nous les vismes, que&#13;
562 ce n’estoit par n’re perte, que c’estoit celle detout lepublic,&#13;
563 que Si elle n’estoit reparée elle causeroit laruine de&#13;
564 toute la colonie; et chacun a paru entrer dans les&#13;
565 mesmes Sentimens. Nous fusmes obligez de courir deux&#13;
566 ou trois jours en carosse avec M Jonquaire, pour&#13;
567 porter Ses lettres, et quatre ou cinq jours apres nous&#13;
568 fusmes a versailles avec M de Ponta Quebec, M. de&#13;
569 Brisacier et Sonfrere et M Jonquaire, voir M de&#13;
570 Pont chartrain. Nous commençasmes par voir ces&#13;
571 M.rs des Bureaux, M Des Granges, M De La Touche et&#13;
572 M Begon ces M.rs furent fort touchez den’re accidant&#13;
573 et nous promirent bien de nous faire tous les&#13;
574 plaisirs qui dependroient deux M. de Pont chartrain&#13;
575 nous apprit que le Soir Jl en avoit parlé au Roi, mais&#13;
576 quil navoit pu obtenir tout cequil avoir esperé.&#13;
19&#13;
&#13;
577 quil auroit voulu que LeRoi nous eust donné dix&#13;
578 mil livres pend.’ cinq ouSix ans; que Le Roi lui avoit fait&#13;
579 entendre que c’estoit une So’e trop forte et quon en&#13;
580 demanderoit lacontinuation, quil aymoit mieux&#13;
581 nous donner quatre mil livres pend.’ plus.rs annéez&#13;
582 Ce ministre ajouta quil n’estoit par en cela content de&#13;
583 cette grace et quil nous conseilloit d’agir encore;&#13;
584 Quil falloit que Mad.’ de maintenon en reparlast au&#13;
585 Roi p.r tascher du moins dobtenir dix mil livres p.r&#13;
586 cette année p.r vous mettre en etat de couvrir le grand&#13;
587 corps de logis cet esté. On lui recommenda fortement M&#13;
588 de Jonquaire Soit p.r lui obtenir un Brevet p.r la 1.ere&#13;
589 Lieutenance vacante, Soit p.r lui procurer une gratifica&#13;
590 Le ministre dit quil estoit Juste de lui accorderSa&#13;
591 course, et fit quelques difficultez Surle Brevet. Jespere&#13;
592 cepend.’ quil l’accordera; Jl a dejà fait expedier l’ordre&#13;
593 p.r la gratification qui Sera denviron 750.# Nous&#13;
594 aurions voulu faire plus p.r M Jonquaire, et Je croy&#13;
595 quil vous dira que nous ne So’es par ingrats des&#13;
&#13;
�596 Services quil nous a rendus. ce qui est facheux c’est&#13;
597 que M Le Card.l qui avoit promis d’en parler au Roi&#13;
598 loublia, et nous n’avons pas encore Sceu deMad.’&#13;
599 de maintenon Si elle avoit obtenu quelq’ chosep.r&#13;
600 cela M Lab. de Bris. lui en a parlé fortem.’&#13;
601 et elle lui a conseillé de lui en escrire une lettre&#13;
602 quelle liroit au Roi. M de Brisacier y remercie&#13;
603 Le Roi de ces 4000.# accordez, et represente ensuite&#13;
604 la modicité de cette So’e quand elle devroit&#13;
605 estre continuée, repla necessité de retablir la&#13;
606 charpente cette année etp.r cela destre aydé&#13;
607 d’une So’e plus forte de dix mil livres p.r cette&#13;
608 année Seulem.’ quapres cela p.r n’estre pas a&#13;
609 charge a Sa majesté quElle pouroit destiner&#13;
610 un benefice p.r estre uni, et que nous nous&#13;
20. 1702&#13;
&#13;
611 chargerions depoursuivre cette union, Sans que Sa&#13;
612 majesté en fust davantage inquietée; car M de&#13;
613 Pontchartrain nous avoit dit que Le Roi ne vouloit&#13;
614 point entendre a nous destiner un benefice, p.r&#13;
615 estre uni, par ce qu’on y fait a Rome trop de difficultez,&#13;
616 et quil en est trop importuné. Je ne scay pas encore&#13;
617 a quoy cela Se terminera. Je puis Seulem.’ vous&#13;
618 dire que de la part de M. Lab. de Brisacier, on ne peut&#13;
619 estre mieux disposé, quil est resolu de mettre tout en&#13;
620 œuvre p.r vous Secourir, et quil est resolu de fraper&#13;
621 a toutes les portes p.r vous procurer du Secours.&#13;
622 Cependant veu la misere des temps Je fais un&#13;
623 tres mediocre fonds Sur tout cela; En un autre temps&#13;
624 nous pourions esperer quelq’ chose. En celui cy&#13;
625 Je crains qu’on ne nous escoute Seulem’ pas. on&#13;
626 est mediocrem.t touché en france dans la misere ou&#13;
627 l’on est de ce qui Se passe en amerique&#13;
628 Jl me Semble que Jusqu’à pnt Mgr de Quebec&#13;
629 a agi aussi bien qu’on puisse Souhaiter, et Jlest&#13;
630 resolu de Se joindre a nous en tout cequi dependra&#13;
631 de lui. mais dattendre de Secours delui, Je n’y vois&#13;
632 guere d’aparence; Jl est plus disposé a recevoir&#13;
633 qu’a donner. Jl m’a dit peu dejours apres la Nouvelle&#13;
634 de n’re accident quil estoit faché quelle fust&#13;
635 arrivée trop tard et que Sil navoir pas fait la&#13;
636 fondation des ursulines des trois rivieres, quil&#13;
637 l’auroit appliquée a nous ayder. Jl temoigne&#13;
638 avoir envie de relever cet œuvre, mais de&#13;
&#13;
�639 faire fonds Sur lui Je n’y vois nulle apparence&#13;
21.&#13;
&#13;
Lettre de&#13;
l’Jntendans&#13;
&#13;
lettre O. no. 36&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
640 Voicy les moiens que nous esperons tenir p.r vous&#13;
641 procurer quelques Secours. Mons.r Lab. de Brisacier&#13;
642 doit demander permission a M Le Card.l de faire des&#13;
643 questes; Jl doit engager M Le curé de versailles&#13;
644 et quelques Dames depieté qui y Sont a recueillir ce&#13;
645 qu’on voudra donner. Jl a dessein de faire Jmprimer&#13;
646 la lettre de M LJntend.’ de champigni qui est fort&#13;
647 bien faite, et d’y ajouter quelques reflexions. Jl&#13;
648 engagera Mess.rs Les curez de Paris, aupres de laplus part&#13;
649 des quels nous So’es assez bien a recommender cette&#13;
650 œuvre au prosne, et Jl doit choisir dans plus.rs&#13;
651 paroisses des Dames de charité qui puissent Scavoir&#13;
652 ceux qui ont coutume dedonner. Jl veut mesme&#13;
653 envoier cet Jmprimé dans les villes de Province ou&#13;
654 nous avons quelq’ connoissance Surtout aux Evesques&#13;
655 et aux chapitres qui nous Sont connus. M.rs de S.t&#13;
656 Sulpice nous ont dit quils vouloient faire quelque&#13;
657 chose, et mesme quils balancoient a faire quelque&#13;
658 queste dans leur grand Seminaire quoique cela&#13;
659 Soit nouveau Si par tous ces moyens nous pouvions&#13;
660 ramasser dix mil livres, nous nous estimerions&#13;
661 heureux; mais cela est fort incertain.&#13;
662 Je n’ay encore receu que vingt escus c’est a dire 76. que&#13;
663 Le frere Grat n’re portier m’a apporté en me priant&#13;
664 de n’en rien dire apersonne; Je les ay recus, co’e une&#13;
665 marque de Sa charité, et du desir quil auroit de faire&#13;
666 plus, Sil pouvoit. Ne le nommez pas, Je vous prie&#13;
667 Je vous avoüe que le bonDieu Scait faire faire aux&#13;
668 gens des personnages bien opposez aleurs Jnclinations.&#13;
669 on ne peut avoir une plus grande aversion que&#13;
670 J’en ay et que J’ay toujours eu pour tout ce qui&#13;
671 S’appelle caimanderie. Je ne Suis point propre a cela&#13;
672 cepend.’ m’y voila engagé bien avant. Dieu ensoit&#13;
673 beni. Je ne crois pas y avoir un grand Succez&#13;
674 ces Mess.rs des Bureaux auroient voulu que l’on eust&#13;
675 etabli en canada quelq’ droit nouveau p.r le retablissem’&#13;
676 de n’re Sem.re et Jls representoient que cela estoit Naturel,&#13;
677 co’e les octrois des villes etau droits qui appartienn.t&#13;
678 aux villes; mais nous leur avons representé que nous&#13;
679 aimerions voir les fondemens de n’re Sem.re renversez,&#13;
680 que de la voir retabli par de nouveaux droits establis&#13;
&#13;
�681 Sur le peuple. on accorde cela aisem.’ a la cour et&#13;
682 quand le besoin est passé p.r lequel on a accordé ce droit,&#13;
683 on S’en empare p.r le Roi; et il demeureperpetuellem.’&#13;
684 ce Seroit la malediction de n’re Sem.re&#13;
685 Ce que Je crains malgré la misere des temps, c’est que Nos&#13;
686 Mess.rs ne veuillent trop tost penser au retablissem’ de&#13;
687 tout le Sem.re; car Jl me Semble que Sils font Sagem’&#13;
688 Jls nentreprendront a retablir que les deux Pavillons&#13;
689 et le corps delogis au milieu, et laisseront la chapelle&#13;
690 et la porterie p.r la Suite des temps. Jls peuvent faire&#13;
691 couvrir les murailles en attendant p.r les conserver.&#13;
692 une autre chose alaquelle Jls feront bien deprendre&#13;
693 garde, c’est que Je ferois faire carreler les chambres&#13;
694 les corridors, les Sales, en un mot tous les planchers.&#13;
695 Le feu n’y prendroit pas Si aiSem.’ Et ce ne Seroit pas&#13;
696 une grande augmentation de depense&#13;
697 Je crois que L’on a raison de ne plus faire de mansarde&#13;
698 en ce pays la; Jl vaut mieux faire eslever d’un Etage&#13;
699 le batiment p.r faire un corridor au dessus de nos&#13;
700 chambres. mais Je voudrois qu’on pust diminuer de&#13;
701 LEpaisseur des murailles, et qu’on pust ouvrir les&#13;
702 fenestres davantage cepend.’ Je concois qu’en ce pays la&#13;
703 Jl fait trop froid p.r faire de grandes ouvertures.&#13;
704 Nous avons mandé à M Grignon dez que M. Jonquaire&#13;
23.&#13;
&#13;
Jsle. Jésus.&#13;
&#13;
705 est arrivé dacheter lefer plat et carré et les&#13;
706 clous aplancher a couvrir et a bardeau dela&#13;
707 longueur que M Buisson demande, et nous avons&#13;
708 demandé le fret de ces choses dans le vaisseau de Roi.&#13;
709 M Grignon a acheté le fer et les clous a couvrir et&#13;
710 a plancher, mais Je ne Scay combien Jl aura de clou&#13;
711 a Bardeau; car Jl n’en apas trouvé defait et tous&#13;
712 les cloutiers travaillent p.r le Roi. cepend.’ Jl m’a&#13;
713 promis d’en faire faire le plus quil poura Jusqu’au&#13;
714 depart du vaisseau&#13;
715 on nous a expedié lebrevet de confirmation dela&#13;
716 possession de LJsle Jesus. Jl faut, Sil vous plaist, le faire&#13;
717 enregistrer au Conseil Superieur. on ne lappelle plus&#13;
718 Souverain parcequ’on pretend queLe Roi a eté choqué&#13;
719 du terme et a pretendu quil n’y avoit dautre&#13;
720 Souverain quelui. On a nommé M duLino p.r un&#13;
721 des Con.ers : nous avons fait ceque nous avons pup.r y&#13;
722 faire nommer M hazur. mais on a escrit au ministre&#13;
723 que c’estoit un esprit tres borné; on ne la pas encore&#13;
&#13;
�Jsle S.&#13;
Laurent.&#13;
&#13;
24. 1702&#13;
&#13;
724 nommé, mais Jl Semble qu’on ait laissé a la&#13;
725 disposition de M LJntend.’ nouveau de mettre M de&#13;
726 la martiniere p.r 1.er con.er ou M Dauteüil ala&#13;
727 charge de f.re M dela martiniere procureur g’ral.&#13;
728 aquoy Je ne crois pas que M Dauteuil consente;&#13;
729 Et de choisir M hazur ou M Monseignat p.r&#13;
730 con.er a remplir.&#13;
731 J’ay fait consulter la question des fiefs de LJsle de S.t&#13;
732 Laurent, et on est d’avis que Mgr Lancien apres&#13;
733 avoir vendu LJsle dorleans Sans rien retenir ny&#13;
734 reserver, ait n’apas droit de pretendre que les fiefs Soient de&#13;
735 la mouvance de la Seigneurie de Beaupré. ce Seroit&#13;
736 une mauvaise affaire Sil l’entreprenoit, et elle ne&#13;
737 lui feroit pas honneur. Portez le Je vous prie a&#13;
738 laccommoder. Je lelui ay mandé.&#13;
739 Nous avons un fort bon Jntendans, et J’espere&#13;
740 que vous en Serez contents; Jl est d’une famille&#13;
741 fort amie de M L. de Brisacier. Jl nous a paru&#13;
742 avoir bien envie de bien faire Je vous en ay escrit&#13;
743 peu avantageusem.t dans les 1.eres nouvelles Sur des&#13;
744 raports peu certains. mais J’ay eu letemps de&#13;
745 me desabuser. Jl est Jeune, bien fait, et est Separé de&#13;
746 Sa femme; mais Jl paroist Sage, a envie de&#13;
747 S’avancer, et ce n’est pas Sa faute, Sil n’est pas avec&#13;
748 Mad.’ Son Espouse. Nous lui avons donné a disner&#13;
749 conjointem’ avec M LEveq’ de Quebec Les Jesuites&#13;
750 lui en donnent aussi aleur tour. M.rs de S’ Sulpice l’ont&#13;
751 aussi fait. Jl a l’oreille du ministre, Jl a de l’esprit,&#13;
752 Jl paroist bien intentionné. Jl est d’une famille&#13;
753 qui n’est pas Jesuite, car Mad.’ Sa mere est la&#13;
754 grande devote de Loratoire a orleans. Jl Scaura&#13;
755 cepend.’ mesnager les Jesuites, d’autant plus qu’il&#13;
756 Scait que le ministre les ayme, M LEveq.’ de Q.&#13;
757 l’a prié de ne Se pas livrer ala congreg. et de Se&#13;
758 reserver p.r la messe de Paroisse vous nous direz&#13;
759 de Ses nouvelles l’année prochaine; car Jl faut&#13;
760 bien un an p.r voir ce quil en fait esperer en&#13;
761 Canada. Jl a promis a M L. de Brisacier de vous&#13;
762 ayder de tout ce qui dependroit delui. Nous lui&#13;
763 avons fait remarquer quil peut nous gratifier&#13;
764 en bien des manieres; car outre quil a la disposi=&#13;
765 tion des gages des officiers qui manquent, Jl a avec&#13;
766 M Le Gouverneur certaines So’es aleur disposition&#13;
&#13;
�767 Sur les quelles Jls peuvent nous faire menager&#13;
768 plus de 3000.# Par Exemple, Jl y a Surletat a&#13;
769 la fin 6000.# p.r les cas Jmprevus et Jnopinez&#13;
770 Jl y a 3000.# p.r des frais de voiage 2000.# p.r des&#13;
771 depenses vagues, Sur les quelles ces Mess.rs&#13;
25.&#13;
&#13;
Grand&#13;
séminaire&#13;
&#13;
26.&#13;
&#13;
772 pouront bien, Sils veulent nous faire plaisir.&#13;
773 on mavoit conseillé de demander au Roi ces&#13;
774 6000.# qui Sont marquez p.r les cas imprevus et&#13;
775 inopinez, et que la compagnie de canada paye&#13;
776 au Roi, mais nous avons cru que ce Seroit faire&#13;
777 un prejudice aux Gouverneurs et Jntendans et&#13;
778 quil valoit mieux laisser ces Mess.rs en estat de&#13;
779 nous faire Sur cela quelq’ grace&#13;
780 M de vilbois a beaucoup agi p.r avoir LJntendance,&#13;
781 et Si M de Pontchar. navoit esté determiné p.r nous&#13;
782 donner M de Beauharnois, Jl y auroit eubonne part,&#13;
783 mais ce ministrel’a fortbien placé, en l’envoiant&#13;
784 a madrid p.r y estre agent de la cour p.r la marine&#13;
785 et le commerce, Jl est parti p.r y aller et doit nous y&#13;
786 Servir decorrespondant. Jl Scait quenous l’avons Servi&#13;
787 en tout ce qui a dependu de Nous. Le Poste ouil est, est&#13;
788 tout afait de confiance, et Jlpouroit y faire mieux Son&#13;
789 chemin que dans LJntendance de Canada.&#13;
790 Nous avons obtenu la continuation des mil livres&#13;
791 p.r M charon; mais nous n’avons encore puobtenir&#13;
792 deles f.re mettre Surl’etat dupays. cela viendra enSon&#13;
793 temps. on nous a accordé aussi deux mil livres a&#13;
794 prendre Sur les 8000.# des Suplemens p.r les Jeunes&#13;
795 Seminaristes qu’on esleve au Sem.re qui ont laSoutanne.&#13;
796 mais on n’apas Separe Sur letat cetteSo’e p.r nous.&#13;
797 au contraire on marque que cen’est que p.r un an,&#13;
798 Nous esperons cepend.’ laf.re continuer et la faire&#13;
799 mettre Sur letatp.r nous. Jlfaut p.r cela que vous&#13;
800 fassiez representer par M Le Gouverneur et M LJntend.’&#13;
801 quil y a toujours un nombre de Seminaristes a eslever&#13;
802 qui ont la Soutanne. Jaymerois mieux quele Roi&#13;
803 nous donnast p.r cela etp.r n’re Jncendie, un benefice&#13;
804 de Six mil livres de rente dont Jl consentist Lunion&#13;
805 mais J’y vois degrandes difficultez tant que nous&#13;
806 Serons co’e nous So’es avec les Jesuites; car le Pere&#13;
807 confesseur nous donnera toujours des coups aupres&#13;
808 du Roi que nous ne pouvons parer. Jl faut en&#13;
&#13;
�Affaires&#13;
de la&#13;
Chine.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
809 benir Dieu; cela ne nous fera pas repentir de ce que&#13;
810 nous avons fait contre eux. car nous nous croirions&#13;
811 tres criminels Si nous ne lavoins pas fait. Si nous&#13;
812 Souffrons quelq’ chose de leur part nous croions&#13;
813 Souffrir p.r la Justice, car Jlme Semble quil n’y aque&#13;
814 lamour que nous avons p.r elle qui nous ait obligé&#13;
815 de nous declarer contre eux Croiriez vous quil me&#13;
816 revient que Jusqu’a leurs freres disent tout haut que&#13;
817 Dieu nous a punis par n’re Jncendie de ceque nous&#13;
818 avons fait contre eux. C’est insulter aux malheureux&#13;
819 Dieu le leur veüille pardonner.&#13;
820 Puis q’ nous So’es Sur leur chapitre Jlfaut vous&#13;
821 expliquer tout ce qui S’est fait depuis l’an passé.&#13;
822 Je vous mand’ay que Le Pape avoit voulu en Jan.er&#13;
823 1701. faire reprendre les Congregations co’e Si rien&#13;
824 n’eust esté fait Sous Son predecesseur. Jl fit donc faire&#13;
825 reprendre aux Qualificateurs leurs raport enpresence&#13;
826 des cardinaux Je vous manday aussi quapres leur&#13;
827 raport fini le S.’ Pere avaoit ordonné aux Cardinaux&#13;
828 de S’assembler ensemble p.r ces affaires. Les card.x&#13;
829 ont tenus des congregations Jusqu’à la fin delannée&#13;
830 en leur particulier. Pendant ce temps la les Jesuites&#13;
831 n’ont cessé de donner a Rome tous les mois des Escrits&#13;
832 contre nous et contre les Dominicains. Nous n’avons&#13;
833 repondu arien, et depuis la lettre de Mad.’ deLionne&#13;
834 Jl n’avoit rien paru de nous ou p.r nous. P.r les Dominicains&#13;
835 Jls ont repondu en Jtalien a tous ces escrits des Jesuites&#13;
836 par un Seul livre qui porte p.r titre Jl disinganno.&#13;
837 c’est a dire Le detrompeur, le deStilleur des yeux qui fait&#13;
838 voir clair. C’est un livre tres Joli qui demasque les Jesuites,&#13;
839 et fait voir toute la mauvaise foy dont Jls ont deffendu&#13;
840 cette mechante cause&#13;
841 Jl nous est venu pend.’ ce temps la des Nouvelles de la chine,&#13;
842 qui nous ont apprises qu’en 1700 vers Pasques Les Jesuites&#13;
843 de fotcheou, capitale dela province de foKien qui est le&#13;
844 vicariat deM Maigrot ont animé leurs chrestiens contre&#13;
845 lui, et l’ont maltraité indignem.’ En voicy lhistoire en peu&#13;
846 demots. Jusqu’alors depuis 1689. que M Maigrot en est&#13;
847 vicaire aptique et mesme depuis 1683. quil estoit revetu de&#13;
848 lauthorité deM Dheliopolis, Les Jesuites n’ontpas voulu&#13;
849 le reconnoistre, et n’ont point pris depouvoirs delui. Jls&#13;
850 ont pretendu dependredes Portugais et ont Secoué lejoug&#13;
851 du S.’ Siege Jls ont commencé Ce fut ceque lui dit Le P.&#13;
&#13;
�de fotcheou&#13;
&#13;
1702&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
852 monteyro Jesuite quand Jl fit Son mandem.’ en 1693.&#13;
853 quil ne S’y Soumettroit pas parceque M Maigroit&#13;
854 n’avoit nulle authorité dans cette province, et Jl lui&#13;
855 escrivoit quil confessoit que Si M Maigrot y eust&#13;
856 eu une authorité reconnüe, il eust esté obligé deS’y&#13;
857 Soumettre Jls n’ont commencé a reconnoitre cette&#13;
858 authorité des vicaires aptiques quen 1700. Le P.&#13;
859 Jesuite qui conduit les chretiens quils ont en cette ville x receut&#13;
860 une lettre deSon visiteur qui lui ordonnoit de prendre&#13;
861 des pouvoirs de M Maigrot. Jl vint trouver M. Maigrot&#13;
862 dans la Semaine S.te p.r lui demander des pouvoirs p.r&#13;
863 confesser en ces jours la; Jly avoit peudemois que M&#13;
864 Maigrot avoir esté Sacré Evesque. M Maigrot lui&#13;
865 representa quil lui donneroit volontiers Ses pouvoirs&#13;
866 pourveu quil voulust bien observer Ses ordonnances et&#13;
867 p.r obeir a Son mandement Sur les cultes chinois. Et&#13;
868 Sur ceque ce Pere alleguoit p.r pretexte quil craignoit&#13;
869 que cela nefist du remuement dans cette Nouvelle&#13;
870 chrestienté M maigrot lui representa que Nos Mess.rs&#13;
871 Les P. Dominicains augustins et franciscains l’avoient&#13;
872 fait dans toutes leurs Eglises Sans que cela eust fait&#13;
873 le moindre mouvement; que Dailleurs il lui donnoit&#13;
874 du temps p.r oster aux cherstiens ce malheureux&#13;
875 Tableau Kin tien cest a dire a dorez le Ciel La Pere&#13;
876&#13;
lui dit quil avoit ordre deSon visiteur General de&#13;
877 neS’y pas Soumettre; et quil nepouvoit pas mesme&#13;
878 promettre quil le feroit dans quelq’ temps peu apeu&#13;
879 M Maigrot lui dit quil nepouvoit lui donner&#13;
880 Ses pouvoirs, estant Si mal disposé. Le Pere Jesuite&#13;
881 Se retire et Jl Se fait aussitost dans Son Eglise une&#13;
882 assemblée de Ses chrestiens convoquez par des chefs de&#13;
883 confrairies qui Sont les valets de ce Pere Jesuite; Jls&#13;
884 y prennent resolution de venir trouver M Maigrot&#13;
885 au nombre de plus de trente. Jls le trouvent qui venoit&#13;
886 de finir la messe; Jl les trouva fort eschaufez contre&#13;
887 lui en Seplaignant que leur Pere nepouvoit plus les&#13;
888 confesser, quils nepouvoient ni Se confesser adautres,&#13;
889 ni mesme entendre leurs messes &amp;. M Maigrot les&#13;
890 adoucit cette 1.ere fois en leur faisant entendre raison,&#13;
891 Jl leur representa qu’en qualité de Prre et dEvesque&#13;
892 Jl devoit estre obei, que c’estoit alui a retrancher ce&#13;
893 qui lui paroissoit mauvais dans Son district, quil avoit&#13;
894 fait un mandem.’ tres Sage quil Souhaitoit faire&#13;
&#13;
�895 observer, quil vouloit biendonner dutemps au&#13;
896 Pere&#13;
leur Pasteur p.r ostre peuapeu ces&#13;
897 usages Superstitieux, et que ce Pere ne vouloit&#13;
898 lui rien promettre Jls convinrent que ceque M&#13;
899 Maigrot proposoit estoit raisonnable, et Jls S’en&#13;
900 retournerent dans ledessein de lefaire entendre a&#13;
901 leur Jesuite, et del’en faire convenir. mais aulieu&#13;
902 de cela onpretend que ces valets des Jesuites leur&#13;
903 dirent quilne failoit pas raisonner avec lui, mais&#13;
904 en venir aux coups; cessabient verba, cum ventu&#13;
905 fuerit adverbera, cest un mot den’re breviaire qu’on&#13;
906 y peut appliquer. Les chestiens des Jesuites revinrent&#13;
907 trouver M Maigrot au nombre deprez de cent fort&#13;
908 eschauffez etportent leurs mains Sacrileges Surlui,&#13;
29&#13;
&#13;
909 lui arrachent labarbe, lui dechirent les habits, le&#13;
910 tirent par force hors de Sa chapelle ou ils prirent&#13;
911 un crucifix et le mettans Sur une table Jls&#13;
912 le forcoient de Se mettre a genoux devant ce crucifix&#13;
913 enlui disant que ce crucifix leprioit daprouver&#13;
914 leur Pere. Jl y eut mesme deux malheureux qui&#13;
915 tirerent leurs couteaux p.r le percer Sans quil&#13;
916 fist de resistance, et Le P. Croquer Dominicain&#13;
917 qui avoit entendu du bruit vint au Secours p.r&#13;
918 larracherde leurs mains et leur representer&#13;
919 combien grand estoit leur peché deporter ainsy leurs&#13;
920 mains Sur leur Prelat, mais Jl eut aussi Sapart&#13;
921 du mauvais traitement, et Jls lui arracherent&#13;
922 aussi la barbe et le traiterent indignement.&#13;
923 Nous So’es persuadez que Si M Maigrot fust&#13;
924 mort en cette occasion Jl eust eté un martir de&#13;
925 la verité etde la pureté de LEvangile; Jl Se&#13;
926 retira dans une Eglise des Dominicains et leSoir&#13;
927 mesme il Sortit de la ville p.r aller a une ville&#13;
928 prochaine ou estoit LEglise deM LeBlanc un de&#13;
929 nos Mess.rs Jl envoia M Le Blanc a fotcheou,&#13;
930 et Sur cequ’il apprit que ces meschans chrestiens&#13;
931 animez contre lui par ces valets des Jesuites, pour ne&#13;
932 pas dire par leurs maistres avoient dressez des&#13;
933 memoires tres injurieux contre lui et contre toute&#13;
934 la religion qui eussent esté capables de ruiner&#13;
935 entierem.’ LEglise Si onles avoit presentez aux&#13;
936 mandarins, Jl fit declarer a ce Pere Jesuite quil&#13;
937 ne le regardoit plus co’e dependans delui, quil ne&#13;
&#13;
�938 S’en regardoit pas co’e Evesque et que pour obvier&#13;
939 a tous les dangers ou la Religion estoit exposée&#13;
940 par les tumultes qui Sexcitoient, Jl aymoit mieux&#13;
941 lui donner les pouvoirs, et les lui donna en effet&#13;
942 Sans restriction. Je vous avoüe que nous navons&#13;
943 pas approuvez en cela M Maigrot, et quoique nous&#13;
30.&#13;
&#13;
944 Soyons persuadez quil n’a approuvé ce Pere que p.r&#13;
945 esviter un Scandale horrible et peut estre le renversem.’&#13;
946 entier dela Religion, nous So’es dans le principede&#13;
947 S.t Paul que Non Sunt facienda mala, ut eveniant&#13;
948 bona Cestoit un Vray mal daprouver un ho’e que M&#13;
949 maigrot est viven’ persuadé Souffrir a Ses chrestiens&#13;
950 des usages Superstitieux p.r nepas dire Jdolatriques,&#13;
951 et en commettre lui mesme en laissant Sur Son autel&#13;
952 lefuneste tableau Kin tien, que LeP. vis delou Jesuite&#13;
953 francois, et que les Jesuites disent estre leplus habile de&#13;
954 leurs Peres enla langue chinoise adit et escrit plus.rs&#13;
955 fois aM Maigrot que c’estoit laplus grande Jdola=&#13;
956 trie dela chine, et laplus marquée. Cependant c’est&#13;
957 une chose merveilleuse. M. Maigrot a eté frapé qu’on&#13;
958 le taxeroit dans Sa conduite d’estre trop ferme; Jl&#13;
959 Se justifie Sur Safermeté p.r le reste; Jl ne Se justifie&#13;
960 nullem.’ dans Sa mollessep.r ce fait la.&#13;
961 Je ne Scay qui apu a Rome avoir copie de cequi a&#13;
962 eté escrit de la chine Sur cette aff.re mais on a fait&#13;
963 Jmprimer un recit de ce fait en flandre Sans n’re&#13;
964 participation qui napas fait plaisir aux Jesuites.&#13;
965 Ces Peres n’ont cessé a Rome depresenter des livres aux&#13;
966 Card.x qui n’estoient proprem’ que des rechauffez. Jls en&#13;
967 ont mesme fait Jmprimer un co’e p.r Servir de reponse a&#13;
968 la lettre de Mad.’ de Lionne aux Jesuites ou ils disent de&#13;
969 M. Labbé de Brisacier les plus grandes impertinences,&#13;
970 le comparans a vulcain par cequil est boiteux, et avec&#13;
971 des termes Jtaliens qui Sont infames faisans entendre que&#13;
972 dans Son antre Jl forgeoit avec Mad.’ deLionne ou faisoit&#13;
973 des choses honteuses. Nous nous en plaignismes au Pape&#13;
974 par une lettre que nous lui escrivismes au mois de&#13;
975 Novembre, mais ala quelle Le Pape n’a fait faire aucunes&#13;
976 reponses. Jls nous ont Suscité et a Rome et a Paris&#13;
977 tous les chagrins quils ont pu : et nous devons nous&#13;
978 attendre ales avoir toujours contraires, non Seulem’&#13;
979 la, mais par toute la terre&#13;
&#13;
�31.&#13;
&#13;
1702&#13;
&#13;
32.&#13;
&#13;
980 Les card.x ont fini leurs congregations enparticulier&#13;
981 a la fin de lannée passée et au commencem’ de Jan.er&#13;
982 Le Pape leur en a fait faire le raport en Sa presence en&#13;
983 traitant d’un article dans chaq’ congregation, dans&#13;
984 chacune des quelles Tous les cardinaux parloient.&#13;
985 Les Jesuites donnerent au public vers le mois de&#13;
986 Novembre, le beau certificat de LEmpereur de la&#13;
987 chine, que Je vous envoye avec cette lettre; Jls le&#13;
988 firent voir 1.e enfrance au Roi a qui Jls firent dire&#13;
989 ensuite que c’estoit une piece decisive quil n’y avoit&#13;
990 pas dereponse, et qu’apres cela Le Pape n’avoit rien&#13;
991 a juger. Jls le montrerent aussi a quelques archevesq&#13;
992 et Evesques deleurs amis et le presenterent ensuite&#13;
993 au Pape. Jls le firent Jmprimer a Rome, a venise a&#13;
994 Naples, et ensuite en france a Toulouse a Bordeaux&#13;
995 a Lion, a Paris et a Rouen. Alors Jls chantoient&#13;
996 victoire et mesme nous plaignoient aux oreilles de&#13;
997 leurs Penitens de nous estre jettez dans une Si&#13;
998 mauvaise affaire Cefut dans ce temps la que Le&#13;
999 Pape nomma un de Ses cameriers dhonneur p.r estre&#13;
1000 Patriarche d’antioche, et p.r l’envoier en qualité de&#13;
1001 Legat a la chine. alors Les Jesuites chanterent une autre&#13;
1002 victoire. Jls dirent partout et Le Pere dela chaize le&#13;
1003 dit au Roi qui l’en crut Sur Sa parole que LePape&#13;
1004 en fin n’avoit par vu Si clairem’ les Jdolatries que&#13;
1005 M.rs des missions Etrangeres reprochent aux Jesuites,&#13;
1006 puis que n’en estant pas certain Jl envoye un&#13;
1007 visiteur apostolique ala chine p.r S’en Jnformer de&#13;
1008 nouveaux. mais nous estions bien tranquiles entout&#13;
1009 cecy puis q’ LePape avoit ordonné a M Le Nonce&#13;
1010 de dire a M Le Card.l de Noailles et anous que ce&#13;
1011 visiteur apostolique nalloit par a la chine p.r&#13;
1012 Jnformer de Nouveau, mais p.r faire executer le Decret&#13;
1013 quil auroit porté.&#13;
1014 Nous avons encore recus l’an passé dela chine&#13;
1015 deux gros volumes in folio d’escritures deM. Maigrot&#13;
1016 quil addressoit au deffunt Pape. on ne peut rien&#13;
1017 voir deplus recherché que tout ce qui est dans&#13;
1018 ces livres. M. maigrot y recherche l’origine de cette&#13;
1019 Nation, et de Ses ceremonies et y develope d’une&#13;
1020 maniere tout a fait Scavante toute la Politique et&#13;
1021 la Religion des chinois en faisant voir par tous leurs&#13;
1022 livres les plus certains quils Sont atheez et Jdolatres&#13;
&#13;
�1023 tout ensemble. mais co’e ces livres qui Sont en&#13;
1024 Latin et fort gros ou n’auroient pu estre lus ou auroient&#13;
1025 Servis de pretexte a retarder le Jugem’ Tous nos&#13;
1026 amis nous ont conseillez dene les par presenter au&#13;
1027 Pape et dattendre la decision de laffaire&#13;
1028 car quoiqu’elle Soit aussi claire quon puisse trouver&#13;
1029 une affaire, cepend.’ quand on a ala Soutenir contre&#13;
1030 des Jesuites, on craint tout. Et Dailleurs ces Peres&#13;
1031 ont repandus dans de fois du Pape quil estoit de&#13;
1032 leurs meilleurs amis quil leur avoit promis, non&#13;
1033 pas de Juger enleur faveur, car Jls nosent aller jusque&#13;
1034 la mais de ne pas juger cette affaire, que nous&#13;
1035 ne Sommes pas Sans crainte Sur le chapitre duPape&#13;
1036 car mesme presq’ tous ceux qui leconnoissent&#13;
1037 nous le representent co’e une personne qui veut&#13;
1038 faire plaisir a tout le monde et ne mescontenter&#13;
1039 personne, et qui pouroit faire un pasté de notre&#13;
1040 affaire, qui la gasteroit aulieu de lavancer, non&#13;
1041 pas en jugeant contre nous, car nous nele craignons&#13;
1042 pas mais en faisant un’ Jugem.’ fouré et ambarassé&#13;
1043 qui en espargnant les Jesuites, les feroit S’en relever&#13;
1044 tost ou tard.&#13;
1045 Nos Mess.rs voians en fevrier que les congregations&#13;
1046 alloient bien lentem’ firent escrire au Pape par M&#13;
1047 Labbé une lettre dont Jenay déjà addressé deux&#13;
1048 Exemplaires a M’gr Lancien, et Je vous en envoye&#13;
1049 trois pas M Jonquaire.&#13;
1050 Je vous envoye encore parlui la defense dela&#13;
1051 Censure de Sorbonne qui fut donnée l’an passé au&#13;
1052 public. Les Jesuites n’y ont repondu que par un&#13;
1053 petit Libelle Jntitulé Jugem.’ Doctrinal &amp; que Je&#13;
1054 vous envoye&#13;
33.&#13;
&#13;
1055 Le Pape a receu cette lettre deM L’abbé fort bien,&#13;
1056 et la donnée alire a M Le Patriarche dantioche qui&#13;
1057 en a parlé avec Eloge. Les Jesuites en Sont outrez. On&#13;
1058 dit quils y repondent. Nous So’es Seurs quils nele&#13;
1059 peuvent faire a ce qui y est essentiel, Jls pouront&#13;
1060 Se repandre en des reproches a leur ordinaire; mais&#13;
1061 cela ne merite pas d’estre relevé&#13;
1062 Le Pape apres la mi-caresme ayant fini les Congreg.ons&#13;
1063 a nommé trois consulteurs duS.t office p.r receuillir&#13;
1064 Les voix des qualificateurs et des card.x dans toutes&#13;
1065 les congregations quils ont tenus. on a fait ce receuil&#13;
&#13;
�1066 a Pasque et Nous Scavons que des Qualificateurs&#13;
1067 Jl y en a deux qui vont plus loing que M. Maigrot,&#13;
1068 et un qui parle co’e les Jesuites, parce q’ c’est un&#13;
1069 ho’e vendu a eux qui fit dans laff.re de cambray&#13;
1070 le mesme personnage P.r Les card.x Jly en a dans&#13;
1071 toutes les congregations de treize quils estoient&#13;
1072 dix ou onze p.r Nous et deux ou trois p.r les Jesuites,&#13;
1073 encore p.r les Jesuites qui ne Sont pas entierem.’ p.r eux,&#13;
1074 mais qui disent qu’on peut tolerer quelques unes de ces&#13;
1075 ceremonies enostant et retranchant ce quil y a de&#13;
1076 Superstitieux&#13;
1077 Nous Scavons que ce Recueil estoit fait dans la&#13;
1078 Semaine d’apres Pasque; Nous Scavons qu’on n’avoit&#13;
1079 encore pu le presenter au Pape Le Lundi de quasimodo,&#13;
1080 acause des aff.res que Le Pape a eu ces festes. mais&#13;
1081 qu’on attendoit a le presenter au 1.er moment. voila&#13;
1082 ou nous en Sommes, et Nous esperons avoir dans&#13;
1083 peu un Jugement.&#13;
1084 Nous Scavons mesme par M Le card.l de Noailles&#13;
1085 qu’une personne lui escrit de Rome avoir lu entreles&#13;
1086 mains deM Cassoni assesseur du S.t office la Bulle&#13;
1087 toute preste qui est telle que nous la pouvons Souhaiter,&#13;
1088 et que cet assesseur est resolu de presenter au Pape p.r&#13;
1089 la lui faire Signer. Cepend.’ nous ne Sommes pas Sans crainte&#13;
34.&#13;
&#13;
1090 et nous ne nous asseurons derien, jusqu’à ce que Le&#13;
1091 Pape ait prononcé. Nous craignons quil ne donne&#13;
1092 de belles paroles a tout le monde; mais ce qui est&#13;
1093 meilleur que des paroles c’est queles qualifications&#13;
1094 des card.x Sont aussi favorables p.r nous que nous&#13;
1095 les puissions Souhaiter. Le Pape est dailleurs fort&#13;
1096 ambarassé dans les conjonctures presentes. Jl voit&#13;
1097 Le Roi dEspagne a Naples avec une armée, Jl voit&#13;
1098 a milan une puissante armée de francois et&#13;
1099 dans le modenois une presquaussi puissante&#13;
1100 d’allemans. Tout est mesme a Rome assez en&#13;
1101 trouble. Les allemans y font de continuelles&#13;
1102 algarades aux francois; Les francois qui S’y tiennent&#13;
1103 forts de leurs armeez de Napleet de milan Se&#13;
1104 tiennent Sous les armes. Le Pape est fort occupé&#13;
1105 de toutes ces aff.res c’est ce qui nous fait excuser&#13;
1106 Ses lenteurs. Au reste l’on Jmprime les homelies&#13;
1107 et les Discours quil prononce et compose lui mesme&#13;
1108 en presence des Cardinaux qui Sont tout a fait beaux&#13;
&#13;
�Roi&#13;
Jacques II&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
1109 et tres édifians Je tacheray de vous les envoier.&#13;
1110 Nous Sommes ala veille d’une grande guerre ou&#13;
1111 plutost elle a déjà commencée l’an passé et&#13;
1112 elle continüe cellecy, mais n’est pas encore declarée&#13;
1113 avec Langleterre acause de la Nouvelle Reine,&#13;
1114 Sœur du Prince de Galles, que Le Roi a reconnu Roi&#13;
1115 d’angleterre apres la mort du Prince dorange et&#13;
1116 il ne pouvoit faire autrement.&#13;
1117 Je croy que Le Roi dangleterre Jacque Second n’etoit&#13;
1118 pas mort lan passé quand Je vous escrivis. le&#13;
1119 Prince est mort avec des Sentimens Si pieux et Si&#13;
1120 édifians quil a paru au dessus de lui mesme quand dans&#13;
1121 Sa derniere maladie. Rien n’est plus tendre et plus pieux&#13;
1122 que ce quil dit a Son fils Sur le bonheur quil avoit&#13;
1123 destre Catholique, et Sur le genereux mepris quil devoit&#13;
1124 faire d’une couronne p.r conserver Sa foy; Sur la Joye&#13;
1125 que Dieu avoir repandue dans Son cœur de mourir dans&#13;
1126 le Sein de LEglise; Surle pardon quil accordoit volontiers&#13;
1127 au Prince d’orange et a tous Ses Sujets qui l’avoient&#13;
1128 outragé; Jl est mort en Saint comme il a vescu&#13;
1129 J’ay retenu Sur tout ce quil dit a un milord qui est&#13;
1130 protestant et est aupres de Son fils; ah milord, ditil,&#13;
1131 Si vous pouviez concevoir lajoye que mon cœur&#13;
1132 ressent de mourir dans le Sein de LEglise, et combien&#13;
1133 dans ces momens Dieu console un chrestien qui pour&#13;
1134 lamour de lui a meprisé les honneurs du monde Jl n’y&#13;
1135 a que dans LEglise catholique ou l’on goute cette&#13;
1136 Solide consolation. Dieu recompense Ses amis par avance&#13;
1137 En Se donnant aeux Jl les dedommage bien de ce quils&#13;
1138 ont quitté p.r lui. voiant entrer N’re S’gr qu’on lui&#13;
1139 aportoit p.r viatique Jl Se leva tout malade quil&#13;
1140 estoit, et S’escria, Je crois en celui que Je vois caché Sous&#13;
1141 les voiles du Pain et du vin et Jespere que dans peu Jl&#13;
1142 Se montrera a moy Sans voile a visage descouvert et&#13;
1143 quil me fera Sentir le bonheur deleposseder. Ce quil&#13;
1144 y a demerveilleux, C’est que Dieu honore Son tombeau&#13;
1145 deplus.rs miracles, et on va l’invoquer co’e un Saint,&#13;
1146 avant que LEglise ait permis de l’honorer. Le concours&#13;
1147 y est fort grand. Je ne doute par que Dieu n’ait deja&#13;
1148 recompensé Son fidel Serviteur. apres Sa mort Le&#13;
1149 Roi a reconnu le Prince de Galle p.r Roi dangleterre&#13;
1150 cela a irrité furieusem.’ les anglois et Le Prince&#13;
1151 d’orange S’est Servi de ces dispositions p.r tirer deux&#13;
&#13;
�1152 tous les Secours dont Jl a besoin dans la guerre quil&#13;
1153 a allumée contre Nous. Le Parlement dangleterre&#13;
1154 a voulu mesme faire le procez au Prince de Galle Roi&#13;
1155 dangleterre et la Reine Sa mere. mais Jl a esté retenu&#13;
1156 par la communication qu’on lui adonné d’un traité&#13;
1157 Secret du Prince dorange avec Le Roi fait p.r parvenir&#13;
1158 a la paix de RisewicK qu’on fit en 1696. Ce traité portoit&#13;
1702&#13;
&#13;
36.&#13;
&#13;
M.r Calon.&#13;
&#13;
1159 que Le Roi de france Sobligeoit de reconnoistre Le Prince&#13;
1160 d’orange p.r Roi dangleterre tant quil vivroit et de&#13;
1161 ne prester aucun Secours p.r le detrosner pend.’ toute&#13;
1162 Sa vie, et Le Prince d’orange S’obligeoit de faire&#13;
1163 reconnoistre Le Prince de Galles apres la mort du&#13;
1164 Roi dangleterre p.r legitime heritier dela Couronne,&#13;
1165 et permettoit dele reconnoitre p.r Roi le decez deSon&#13;
1166 Pere arrivant et Le Prince dorange Sobligeoit de&#13;
1167 plus de disposer les esprits ale faire remonter Sur&#13;
1168 le trosne p.r lui Succeder apres Sa mort. on jetta&#13;
1169 copie de ces traitez Surla table des communes et de&#13;
1170 la chambre des Pairs. on offroit aubas den faire&#13;
1171 voir les originaux aux deputez que Le Parlement&#13;
1172 voudroit envoier a calais a DunKerque et a Diepe&#13;
1173 cela a rallenti la hayne du Parlement contre le&#13;
1174 nouveau Roi d’angleterre, et cela a fait mourir de&#13;
1175 chagrin Le Prince d’orange qui a veu Ses ruses et&#13;
1176 finesses descouvertes. cette mort afort affoiblie les&#13;
1177 ennemis de la france; La Jeune Sœur du Prince de&#13;
1178 Galles aeté couronnée Reine en angleterre mais&#13;
1179 la Guerre entre eux et Nous n’est pas encore declarée&#13;
1180 on attend quils la declarent au 1.er Jour. car nous ne&#13;
1181 voulons la declarer a personne&#13;
1182 vous apprendrez ce qui est arrivé a cremone cet hyver;&#13;
1183 ou les francois ont fait voir leur bravoure, en&#13;
1184 reprenant une place que les Jmperiaux avoientprise&#13;
1185 aussi bien que leur General C’est laction laplus belle&#13;
1186 qu’on ait fait de longtemps.&#13;
1187 Revenons a present a parcourir lereste des articlesde&#13;
1188 v’re lettre dont Jene vous ay pas encore escrit.&#13;
1189 Je voudrois bien que vous pussiez retenir avec vous&#13;
1190 M Calon. Je Scay quil a un peu de ces airs de bons abbez&#13;
1191 qui nesont pas vicieux, mais qui ayment a tuer le temps&#13;
1192 et neSont pas laborieux; mais J’ay espere que lexemple&#13;
1193 quil trouveroit dans le Sem.re lui donneroit ducourage&#13;
1194 cest un grand malheur quil Se Soit indisposé contre nos&#13;
&#13;
�1195 M.rs et Sur tout contre M’gr lancien p.r ce Seig.r deBeauport.&#13;
37.&#13;
&#13;
M.r Mathieu&#13;
&#13;
38.&#13;
Pentagoet.&#13;
Missisipi.&#13;
&#13;
1196 car d’ailleurs Jl ade bonnes dispositions, et Jl m’avoit&#13;
1197 marqué que quand Jl Seroit dans un lieu ou il faudroit&#13;
1198 des ouvriers quil travailleroit de tout Son cœur.&#13;
1199 Sil revient Je ne Scay comment Jl en faudra agir&#13;
1200 avec lui, car Je touche tous les ans plus de 400.#&#13;
1201 de Son benefice, dont Je ne Scay Sil ne voudra pas&#13;
1202 que Je les lui rende en tout ou partie, car Je les&#13;
1203 ay porté en recette p.r le Sem.re de Quebec Jusqu’à p’nt&#13;
1204 Je comptois un peu Sur cela enle choisissant p.r&#13;
1205 Laccadie, aussi bien que M Requeleyne, car dans les&#13;
1206 commencemens dEstablissemens un peu dayde fait&#13;
1207 grand bien J’ay Sceu qu’on avoir un peu raillé&#13;
1208 Sur ce choix, mais Dieu en a disposé autrem.’ Jl n’y&#13;
1209 faut plus penser.&#13;
1210 M’gr de Quebec a envoié M. mathieu ou doit l’envoier&#13;
1211 a Son abbaye de Bennevent. Jly a encore envoié un&#13;
1212 autre Prestre qui S’est presenté alui et quil vouloit&#13;
1213 donner a ces Mess.rs du mont Louis qui est un grand&#13;
1214 Jgnorant. P.r le petit M. Turpin Jl édifie a Pontoise,&#13;
1215 et M. fredin en fait des esloges merveilleux&#13;
1216 vous avez bien pensé que M’gr nous reprocheroit ce&#13;
1217 que le Sem.re a fait a lesgard de M. mathieu. Jl S’en&#13;
1218 est expliqué a moy avec bien de la grosseur Sur le&#13;
1219 cœur, et Jl na pas paru recevoir tout ce que Je&#13;
1220 lui ay allegué p.r nous disculper. Cepend.’ Jl a&#13;
1221 depuis laissé tomber cela par terre et Je ne l’ay&#13;
1222 par relevé. Jl a paru aussi tres faché de ce que vous&#13;
1223 aviez laissé expedier des lettres de prestrise a ces Mess.rs et&#13;
1224 voudroit que vous les leur eussiez refuséez. mais quand&#13;
1225 on voudra retenir par ces Sortes de voyes unpeu violentes&#13;
1226 les personnes en Canada, on n’en attirera guere. Jl est&#13;
1227 co’e vous dites Jmportant de bien choisir les Sujets,&#13;
1228 mais Jlest difficile que dans lestat ou Mgr a mis les&#13;
1229 choses Les Ecclesiastiques Se Soutiennent aussi facilem.t&#13;
1230 quils faisoient quand Jls etoint tous unis au Sem.re&#13;
1231 Jay déjà marqué par mes 1.eres lettres n’re Surprise&#13;
1232 que vous eussiez cedé aux Jesuites la mission de&#13;
1233 Pentagouet p.r le bien de la paix. Je vous conseille&#13;
1234 p.r le mesme Sujet de rappeller tous vos miss.res de&#13;
1235 misissipi&#13;
1236 Le P. Lamber ville est fort ambarassé de ceque le&#13;
&#13;
�P. Vaillant&#13;
&#13;
Ursulines.&#13;
&#13;
M : dollier&#13;
M : de Belmont&#13;
&#13;
P. Bale.&#13;
&#13;
39&#13;
&#13;
office&#13;
de la&#13;
S.te Famille&#13;
&#13;
1237 ministre lui a escrit de faire revenir Le P. vaillant&#13;
1238 du Canada a cause de ce quil a fait dans le detroit.&#13;
1239 cela fait bien de la peine aux Jesuites. Je neScay pas&#13;
1240 comment Jls Sen tiretont. Nous avons offerts d’y&#13;
1241 envoier un Prestre, on n’a pas repondu a cet article&#13;
1242 de n’re memoire&#13;
1243 vos bonnes ursulines des trois rivieres ont des patentes&#13;
1244 p.r leur etablissem’ telles que vous les souhaitéz. Mgr de&#13;
1245 Quebec leur a donné mil livres de rente&#13;
1246 Je n’ay pu Scavoir en quoy les ursulines de Quebec&#13;
1247 auroient Souhaitéez estre appuyéez. Si c’est p.r demander&#13;
1248 au Roi, elle nobeitndront rien en ce temps cy. vous&#13;
1249 pouvez compter que nous ferons p.r elles tout cequi&#13;
1250 dependra de Nous. Cest un bien queles Jseuites ne Soient&#13;
1251 plus leurs confesseurs ord.res Et Si on Scait les prendre&#13;
1252 on les en detachera aisem.t peu a peu&#13;
1253 J’ay eté touché de la mort de M. Dolier et le Seray encore&#13;
1254 plus Si le gouvernem’ reste entre les mains de M de&#13;
1255 Belmont. vous ne Scauriez croire combien ces&#13;
1256 Mess.rs de s.t Sulpice Se Sont retirez de Nous depuis&#13;
1257 nos aff.res contre les Jesuites. Jls leur Sont ap’nt devouez&#13;
1258 Quoiq’ M de Brisacier ait appris par lalettre deM&#13;
1259 de Pont chartrain quil navoit pu rien obtenir p.r M&#13;
1260 Sarazin, cepend.’ Nous avons lu Sur letat quil y estoit&#13;
1261 couché p.r 600.# cest donc 300.# daugmentation.&#13;
1262 Mgr de Q. S’est lui Seul meslé de ce quiregarde Le P. Bale&#13;
1263 on ne peut rien deplus hardi, et la Satisfaction que les&#13;
1264 Jesuites en ont faite nest pas Suffisante. car on auroit du&#13;
1265 lobliger a Se retracter publiquem’ ou lui interdire toute&#13;
1266 fonction dans le Dioceze.&#13;
1267 vous trouverez dans nos balots plus.rs paquets a&#13;
1268 vous addressez pas M Thomas conseiller au chatelet&#13;
1269 des livres de M Boudon. ce M Thomas est un homme&#13;
1270 de bien, qui fait debonnes œuvres en Secret. Mgr de&#13;
1271 Quebec veut que les livres que vous distribuerez Soient&#13;
1272 distribuez enSon nom, et il l’est allé demander a M&#13;
1273 Thomas. Je mattends que l’année prochaine JlSe fera&#13;
1274 donner par M Thomas tous ceux quil voudra&#13;
1275 envoier en canada, et Jl’en disposera co’e Jl le&#13;
1276 Jugera a propos quand Jl les aura.&#13;
1277 vous aurez enfin cette année l’office dela S.te famille,&#13;
1278 et bien vous apris dem’avoir piqué vivem’ par vos&#13;
1279 lettres, et de ceque cette Jmpression estoit faite, quand&#13;
&#13;
�Santé&#13;
&#13;
40. 1702&#13;
&#13;
1280 Le triste nouvelle den’re Jncendie est arrivée. Je vous&#13;
1281 en envoie moitié cette année. Je vous envoieray le&#13;
1282 reste lannée prochaine. Prenez vous en a mes&#13;
1283 occupations Sil y a quelques fautes restéez. Je n’ay&#13;
1284 fait faire que LJmpression de Loffice et de la messe.&#13;
1285 Jl n’y a rien de Noté. Jl ne faut par Sattendre que&#13;
1286 le reste Se fasse Si tost.&#13;
1287 Jl est vray que J’ay un peu trop d’ambaras, mais&#13;
1288 cepend.’ Jl me Semble que Je tasche a nepas manquer&#13;
1289 a mes exercices Spirituels. a la verité Je ne crois pas&#13;
1290 faire autant doraisons et de lectures Spirituelles que&#13;
1291 vous, mais Je tache a me rendre a nos regles leplus que&#13;
1292 Je puis : ce qui me consomme leplus de temps, ce sont nos&#13;
1293 confessions que Je voudrois avoir entierem.’ esloigné.&#13;
1294 car cela laisse toujours delouvrage apres Soy.&#13;
1295 Jl me Semble que mes emplois ne m’ont pas entierem.’&#13;
1296 osté le Souvenir dela mort et des fins dernieres. Je n’ay&#13;
1297 eu depuis que JeSuis en farnce que trop de Sujets dafflictions&#13;
1298 qui me les ont retracéez, et J’en Suis ce me Semble plus&#13;
1299 penetré que Jamais. co’e Je Sens Souvent certains&#13;
1300 affoiblissemens deSanté ce Sont des avertissemsns de&#13;
1301 la fin prochaine, alaquelle Jl faut Se preparer.&#13;
1302 On S’est mocqué de moy quand on vous a dit que&#13;
1303 Je confessois a S.t Cyr car cela n’est pas vray. Je ny&#13;
1304 mets Seulem’ pas lepied, et Je vous asseure que Je&#13;
1305 ne vais a versailles qu’a mon corps deffendant, et&#13;
1306 depuis que J’y vais, Je n’ay pas entré dans aucuns&#13;
1307 appartemens que ceux precisem.’ ou J’ay affaire, et&#13;
1308 Jen’ay pas mesme encore esté voir les Jardins ni marli,&#13;
1309 ni par tout ailleurs fait aucune visite deplaisir.&#13;
1310 Je puis vous asseurer que Dieu me fait la grace de ne&#13;
1311 desirer aucune fortune ni aucuns biens, et que Je m’estime&#13;
1312 plus heureux dans ma pauvreté que Je ne le Serois&#13;
1313 peut estre dans l’abondance; car si Javois dubien, Je ne&#13;
1314 Serois peut estre pas tel que Je Suis actuellem.’ et Jepourois&#13;
1315 me laisser aller ala mollesse et a la paresse&#13;
1316 Jepuis vous dire en confiance qu’on Seplaint unpeu de&#13;
1317 vous de ceque vous agissez ce Semble un peu trop&#13;
1318 independamm’ p.r aller dans le dioceze et rester peu&#13;
1319 au Sem.re, ou vous Scavez que v’re presence est Souvent&#13;
1320 fort necessaire&#13;
1321 Jl y a un decret a Rome qui deffend ap’nt d’accorder plus&#13;
1322 d’un bref d’Jndulgences dans chaque Eglise vous&#13;
&#13;
�M : Leriche&#13;
&#13;
41.&#13;
M.’ Erberie&#13;
&#13;
M.’ Guay&#13;
&#13;
M.r Maudoux&#13;
&#13;
Mr Le vayer&#13;
&#13;
1323 voiez par la quil est inutile de medemander tous ceux&#13;
1324 que vous me demandez. Je ne vous en envoye qu’un bref&#13;
1325 que vous trouverez dans mes paquets.&#13;
1326 Nos Mess.rs n’ont point esté contens que dans les lettres&#13;
1327 que vous avez escrites a M Le Card.l de Noailles et a M de&#13;
1328 Pont chartrain vous aiez repeté plus.rs fois que la p’npale&#13;
1329 fin de v’re Sem.re est deslever dela Jeunesse car cela n’est&#13;
1330 pas vray. v’re 1.ere fin c’est la conversion des Jnfideles&#13;
1331 La 2.de c’est la formation du clergé, et cette educationdela&#13;
1332 Jeunesse, n’en est qu’une troisieme qui a raport aussibien&#13;
1333 que la 2.de a la 1.ere.&#13;
1334 Co’e Mgr de Quebec ne veut pas fournir ala depense des&#13;
1335 Ecclesiastiques qu’on envoie en canada Notre temporel&#13;
1336 ne permet pas que nous la fassions. Jl m’en coutera p.r M&#13;
1337 Le Riche au moins 250.# et on m’en demande prez de 400.#&#13;
1338 M herberich fait des merveilles a anholt en&#13;
1339 allemagne ou Jl est curé. La Guerre est bien prez de&#13;
1340 Son quartier, car Key Servert que les hollandois&#13;
1341 assiegent Sur LElecteur de cologne depuis prez dun&#13;
1342 mois n’en est pas a vingt lieues. Mad.’ La Princesse&#13;
1343 de Salmen dit mil biens. Jly a plus de Six mois que&#13;
1344 Jenay receu de Ses lettres, mais un de mes amis en a&#13;
1345 receu depuis peu de cette Princesse&#13;
1346 Nous So’es enfin debarassez de M Gay. Jl m’a bien&#13;
1347 donné de la peine pend.’ quelq’ temps et encore plus a&#13;
1348 Mgr; car on craint tout d’un esprit qui nest pas&#13;
1349 dans une assiette Naturelle&#13;
1350 M Maudoux revient en france, et nous lattendons&#13;
1351 au retour du vaisseau qui est allé a Laccadie.&#13;
1352 Je crois qu’on doit conseiller a M Le veyer derepasser en&#13;
1353 france Sil est tel qu’on le dit c’est un vray dommage,&#13;
1354 car Jl escrit avec pieté.&#13;
1355 Quant a Lunion des cures de Beaupré, P.r y parvenir&#13;
1356 dans les regles, Jl faudroit presenter requete au nom du&#13;
1357 Sem.re ou des curez qui y Sont aM LeLEvesque de Quebec&#13;
1358 ou Son Grand vicaire, mais Jl vaudroit mieux que ce&#13;
1359 fust aMgr; Jl faudroit quil mist au bas, Soit communiq’&#13;
1360 a n’re promoteur. Le Promoteur devroit requerir&#13;
1361 qu’avant faire droit Jl Sera Jnformé par un&#13;
1362 Ecclesiastiq’ commis a cet effet co’e par Exe M de&#13;
1363 la colombiere dela commodité ou Jncommodité. Et&#13;
1364 ensuite Sur ces conclusions M de Q. donnera une&#13;
1365 commission p.r faire cette Jnformation, Pour&#13;
&#13;
�1366 la quelle faire, Jl faut faire assigner par lappari=&#13;
1367 seur deM Le Promoteur, Sept ou huit principaux&#13;
1368 habitans de chaq’ paroisse qui deposeront que ce Sera&#13;
1369 p.r eux une grande commodité que le Sem.re fasse&#13;
1370 desservir leurs curez, par ce quil y aura toujours&#13;
1371 dans un telle maison des personnes tres Sages etbien&#13;
1372 Jnstruites p.r leur enseigner le chemin du ciel. Le&#13;
42&#13;
&#13;
43.&#13;
&#13;
1373 procez verbal de commodo estant fait, doit estre&#13;
1374 raporté au Promoteur qui doit donner Ses dernieres&#13;
1375 conclusions qu’il nempeschepas que Lunion de ces&#13;
1376 Cures ne Se fasse et alors M Leveque de Q. en doit&#13;
1377 faire dresser le Decret en Son Secretariat ou il&#13;
1378 doit Specifier toutes ces procedures avant que de&#13;
1379 prononcer et commencer ainsy La prononciation&#13;
1380 Tout consideré le S.t nom de Dieu Jnvoqué Nous&#13;
1381 avons uni et unissons Les d. cures &amp; : Et ensuite&#13;
1382 vous devez faire enregitrer ce Decret dunion au&#13;
1383 conseil Souverain de Quebec et Le conseil Le doit&#13;
1384 enregitrer par un arrest rendu Sur la requeste que&#13;
1385 le Sem.re lui en doit presenter.&#13;
1386 J’ay receu ce paquet de lettres de l’an passé dont vous&#13;
1387 estes en peine ouil y avoit un projet de patentes de&#13;
1388 ces unions, mais que Je n’ay pas presenté lecroiant&#13;
1389 inutile, et ouil y avoit des lettres deM.rs S.t Cosmeet&#13;
1390 Bouteville qui prouvoient quils avoient paiez aux&#13;
1391 Jesuites leurs depenses.&#13;
1392 vous nestes obligez a rien p.r ces festes deS.’ Benoist&#13;
1393 et de S.t Bernard, acause des abbayes de meaubec et&#13;
1394 de Lestrée jusqu’à ce que leS.’ Siege ait prononcé, et&#13;
1395 ait uni ces abbayes au chapitre.&#13;
1396 Je vous prie de Scavoir de ces habitans deS.’ Thomas&#13;
1397 ce quils veulent que Je fasse de ces 150.# p.r leur Eglise&#13;
1398 Mgr de Quebec m’a deja pressé bien des fois de la&#13;
1399 lui remettre. Jattends deux ce quils veulent que J’en fasse.&#13;
1400 Je n’ay pas receu cette année de lettre de M. Preaud. Jl&#13;
1401 a peut estre peine a escrire Sans vous envoier del’arg.t&#13;
1402 et dans ces annéez Jlest fort rare par tout.&#13;
1403 vous avez quelqu’un qui vous fait de vain es terreurs&#13;
1404 Sur les PP. de Loratoire. Jl me paroist que Mgr n’y pense&#13;
1405 pas et quand Jly penseroit Je ne crois pas que ces&#13;
1406 m.rs fussent bien pressez d’y aller. a Legard de cette&#13;
1407 Congregation Sur le Jansenisme, Je vous diray qu’on n’y&#13;
&#13;
�Catéchisme&#13;
&#13;
44.&#13;
&#13;
1408 Souffre aucun enseigner ouSoutenir les propositions&#13;
1409 condamnéez, mais Si vous appellez Jansenisme ne pas&#13;
1410 Suivre les Sentimens des Jesuites, cette cong.on l’est et nous&#13;
1411 le Sommes aussi. Du reste ces Mess.rs Sont assez libres&#13;
1412 p.r la Doctrine et Sont fort Scavans; Jl y en a parmi&#13;
1413 eux de molinistes, et d’autres Thomistes Sur la grace, et&#13;
1414 Je croy quils Sont plus Thomistes que Molinistes,&#13;
1415 mais on ne contraint personne. Jls ont actuellemt&#13;
1416 les predicateurs les plus Suivis.&#13;
1417 au Sujet de votre cathchisme, vous voulez bien que Je&#13;
1418 vous dise que vous portez trop loing votre credulité&#13;
1419 Sur ces histoires que le Pedagogue ou daussi meschans&#13;
1420 autheurs nous ont donné. Je trouve asseurem.’ fort&#13;
1421 juste tout ceque vous me marquez des remarques&#13;
1422 qu’on a fait Sur les histoires que vous avez raportéez&#13;
1423 de v’re catechisme vous n’avez pas gouté M de&#13;
1424 Tillemont, et Je devineroit volontiers quevous lavez&#13;
1425 Soupconné de Nouveauté, parcequil nadmet que&#13;
1426 les histoires asseuréez. La pieté veritable ne peut&#13;
1427 estre Soutenüe par de fausses histoires, et une Seule&#13;
1428 bonne histoire bien vraye edifie plus qu’une centaine&#13;
1429 qui auroient quelq’ apparences de doute defausseté.&#13;
1430 Jl faut aimer la verité, p.r etablir en nous une Solide&#13;
1431 pieté. Ce M de Tillemont autheur des memoires&#13;
1432 Surlhistoire Ecclesiastique est mort depuis deux ans.&#13;
1433 C’estoit un des plus Scavans hommes que nous eussions.&#13;
1434 Jl’estoit frere de M Le Nain Con.er ala grand chambre,&#13;
1435 et de la femme deM Portail autre Con.er qui Sont&#13;
1436 les deux plus Jntegres Juges que nous aions dans&#13;
1437 le Parlem.t Jl avoit entrepris de revoir tout les&#13;
1438 memoires. de LEglise des Six 1.ere Siecles, et Jl esperoit&#13;
1439 que quelqu’autre entreprendroit la Suite. Jl avoit&#13;
1440 fait Ses collections Sur les cinq Siecles et demi, mais&#13;
1441 Jl na pu faire Jmprimer deSon vivant que trois&#13;
1442 Siecles et demi c’est a dire Jusqu’au temps de Constanti&#13;
1443 et de S.t athanase Jl a laissé Les benedictins heritiers&#13;
1444 de Ses memoires p.r achever Son entreprise qui&#13;
1445 n’est pas difficile a achever Sur tout Les memoires.&#13;
1446 on va nous donner de lui la vie de S.’ augustin&#13;
1447 Ses ouvrages Sont estiméz de tous les Scavans et on&#13;
1448 y trouve avec LErudition profonde une exactitude&#13;
1449 Si grande, et tant de pieté et d’amour p.r LEglise et&#13;
1450 p.r Ses Saints qui l’ont certainem.’ honoré, qu’on nepeut&#13;
&#13;
�1451 Sempescher de l’estimer. Jl nous y donne des histoires&#13;
1452 cent fois plus édifiantes que celles du Pedagogue, et&#13;
1453 qui Sont tres asseuréez. Jl nous raporte des Saints&#13;
1454 qui ont esté tres venerables et dont Jl dit des choses&#13;
1455 merveilleuses tres appuyéez etSur des authoritez Sans&#13;
1456 contredit, dont on ne parloit plus, parceque Dieua&#13;
1457 permis que les lieux ouils estoient honorez ayent tombez&#13;
1458 entre les mains des ennemis dela Religion Mgr a&#13;
1459 fait Jmprimer ce catechisme et Jene doute pas quil ne&#13;
1460 vous en ait envoyé. Jl m’a dit quil a Suivi les reflexions&#13;
1461 de ce Docteur, dont vous me parlez qui est M Petit pied&#13;
1462 Professeur de Sorbonne, et unde nos amis, et M Durieux&#13;
1463 Principal du Plessis.&#13;
1464 Jl me faut icy finir, par cequ’ M Jonquaire part&#13;
1465 demain vingt deux de may. Je crois quil S’en retourne&#13;
1466 assez content de Nous. Et nous So’es resolus destre icy&#13;
1467 Ses Patrons et Ses procureurs. Jl peut conter Sur cela. Je&#13;
1468 vous escriray encore par la poste Continuez moy le&#13;
1469 Secours de vos prieres. Contez toujours Sur mon desir&#13;
1470 a vous rendre tous les Services qui peuvent dependre de&#13;
1471 moy. assurez Nos M.rs que Je ne mespargneray en&#13;
1472 rien p.r leurs Jnterests. Je Suis plus que personne et Je&#13;
1473 crois que vous ne doutez pas, Monsieur votre&#13;
1474 tres humble et tres obeiss.’ Serviteur Tremblay&#13;
1475 ce 21. may 1702.&#13;
45. 1702.&#13;
&#13;
M.r Calon.&#13;
&#13;
1476 Je finis avant-hier, Monsieur, a la page 44. la lettre&#13;
1477 p.r vous que Je remis a M Jonquaire Je la continue&#13;
1478 par cellecy qui fera la 45. page que Je vous feray&#13;
1479 tenir a la Rochelle par la poste p.r achever de parcourir&#13;
1480 les articles de v’re lettre qui demandent quelq’ reponse&#13;
1481 Je vous escrivis hier une lettre de LJnterieur que Je vous&#13;
1482 addresse et a Mons.r Des maizerais Seuls.&#13;
1483 J’ay escrit a M. Calon p.r lengager a vivre avec plus de&#13;
1484 concert avec le Sem.re, et a rester en cepaysla. Je lui&#13;
1485 escris avec leplus damitié que Je puis. Jengageray M L&#13;
1486 de Brisacier et M. Tiberge alui escrire de mesme Sil perseveroi&#13;
1487 a prendre Sa conduite hors du Sem.re Jl vaudroit mieux&#13;
1488 quil Sortist du canada.&#13;
1489 Je ris quand Je lis dans v’re lettre que M de Q. vous a mandé&#13;
1490 que JeSuis plus p.r les missions de Lorient que pr celles duCanada&#13;
1491 Si vous le croiiez cela Seroit fort agreable que Je fusse ainsy&#13;
1492 balotté de part et d,autre. Je n’ay garde den parler a Mgr&#13;
1493 cela ne merite pas estre relevé.&#13;
&#13;
�Chevalier&#13;
de champigni.&#13;
&#13;
1494 Je croy ne vous avoir pas encore mandé que Je n’ay montre&#13;
1495 a personne cette feuille volonte qui contient un recit d’un Jesuite&#13;
1496 avec quelques uns de nos Jeunes Mess.rs Les Jesuites de france en&#13;
1497 disent bien dautres que nous ne relevons pas.&#13;
1498 Je ne Scay encore si Je vous ay mandé que Jen’ay pas vu&#13;
1499 Le P. Laurent par ce quil a eté presq’ toujours a versailles&#13;
1500 pend.’ La Jubilé. Jl m’adressa de la un paquet delettres p.r&#13;
1501 vous que vous recevrez. Jelui escrivis p.r le prier tres&#13;
1502 instamm.’ de la part de nos Mess.rs de venir disner avec&#13;
1503 Nous. Jl n’y apas eu moyen de le ravoir p.r le canada,&#13;
1504 Jl va p.r estre Sup.r des Recolets aumosniers darmée. Ce&#13;
1505 n’est pas une petite charge&#13;
1506 Jl n’y apas eu moyen de voir Souvent M. Le Chavalier de&#13;
1507 champigni. Cest un Jeune officier bien fait et tout&#13;
1508 aymable. Jl demeuroit trop loing de Nous. M Le Tresorier&#13;
1509 Son oncle, a dit aM Labbé de Brisacier quil pleura&#13;
1510 amerem’ quand il apprit le malheur de notre pauvre&#13;
1511 Sem.re&#13;
1512 Je neScay pas comm’ Mgr de Q. n’a pas empesché LeP.&#13;
1513 Elizée de retourner en canada apres tout ce que vous&#13;
1514 lui en avez escrit. Je n’ay pas cru lui en devoir parler.&#13;
1515 Peut estre quil ne retournera pas aux trois rivieres, et Sur ce&#13;
1516 pied la Jln’y auroit pas grand mal, estant dailleurs assez&#13;
1517 bon religieux&#13;
1518 J’ay rendu a M’gr toutes les lettres que vous mavez&#13;
1519 addresseez p.r lui excepté un Duplicata que voue mavez&#13;
1520 marqué deretenir.&#13;
1521 Je vous ay deja mandé que Je ne trouvois pas que mes&#13;
1522 devotes fussent uneressource p.r procurer a M Petit une&#13;
1523 horloge et a vous des Disciplines. Si J’avois biendu bien,&#13;
1524 Je trouverois a en faire usage dans leraport de conscience&#13;
1525 que J’ay, car Jl Sepresente biendes miseres, Sur les quelles&#13;
1526 on ne peut Souvent que prier p.r les miserables. Je n’entens&#13;
1527 pas a faire valoir le talent. Javois cepend.’ envie&#13;
1528 cet hyver dacheter un reveil p.r M Petit, mais n’re&#13;
1529 Jncendie m’en esloigne fort.&#13;
1530 Jen’ay pas non plus pensé a parler a Mgr de Q. d’un official&#13;
1531 Je viens de faire une remarque p.r lui enparler la&#13;
1532 1.ere fois que Jele verray.&#13;
1533 J’ay mandé a Mgr Lancien qu’on avoit par lettre de cachet fait&#13;
1534 arrester cet aumosnier Scandaleux qui fut lan passé&#13;
1535 en canada; Jl acru que c’etoit Mgr Lancien qui l’avoit fait&#13;
1536 arrester, et il a bienpesté contrelui. Son General aprié qu’on&#13;
&#13;
�1537 larrestast, et a dit quil ne pouvoit en venir about.&#13;
1538 vous Serez bien aise dapprendre qu’on adeffendu p.r deux&#13;
1539 ans latraite dEaude vie; on veut enfaire un essay avant que&#13;
1540 dela deffendre absolument.&#13;
1541 Je n’ay pas jugé devoir parler a M. de ce que vous me&#13;
1542 marquez touchant linfirmité de M. De C. et la messe quil&#13;
1543 fait dire enSa chambre, et bien m’en apris. car Sil luï&#13;
1544 fust revenu quelq’ chose dans v’re malheur ounous avons&#13;
1545 besoin delui, cela eus testé desagreable; on a grand Soin a&#13;
1546 Jnformer le ministre de tout cela car Jl y a toujours des flateurs.&#13;
47&#13;
&#13;
1547 Depuis que M Jonquaire estparti Jay appris que&#13;
1548 M Le Card.’ de Noailles avoit parlé au Roi p.r nous. Le&#13;
1549 Roi, Lui dit; hebien Jls ne sont pas contens. Notre Prelat&#13;
1550 lui repondit. Sire Jls le Sont tres fort et ne le Sont pas.&#13;
1551 Jls leSont dece que v. m prend Sur elle dans untemps&#13;
1552 co’e celui cy ou elle a tant besoin dargent, mais Jl neleSont&#13;
1553 par de ceq.’ v. m pouroit leur donner un Secours plus&#13;
1554 fort Sans incommoder Ses finances, Sur des biens Ecclesias=&#13;
1555 tiques oubenefices. Le Roi repondit, mais Jl n’y en apas&#13;
1556 de vacans, et M. LeCard.l lui repondit quil en vaqueroit,&#13;
1557 et que Si Sa maj. trouvoit bon Jl l’en avertiroit, quand&#13;
1558 Jl en vaqueroit, ouSur lesquels on pust nous affecter&#13;
1559 une pension, ou qu’on pust nous appliquer entierem.’ Et Le Roi le lui&#13;
1560 promit, Sibien quil est en etat delui enparler quand&#13;
1561 Jl Sera temps.&#13;
1562 Le mesme Prelat nous a dit quil ne falloit pas nous&#13;
1563 attendre a obtenir rien de lassemblée du clergé. Jl dit que&#13;
1564 cette assemblée n’a pas le pouvoir derien accorder.&#13;
1565 Jl promit aM L. de Brisacier delui accorder permission&#13;
1566 defaire une queste dans Paris.&#13;
1567 M de Brisacier espere toujours tirer deux mil escus de&#13;
1568 questes ou daumosnes. P.r moy Jen’en crois rien. Jl est&#13;
1569 bien difficile de tirer cette So’e en cetemps cy. Je ne Scay&#13;
1570 mesme Si nous pourons estre paiez a Noel au Tresor roial&#13;
1571 des 4000.# que Le Roi accorde, ni Si nous pourons estre paiez&#13;
1572 alors des 3000.# de misissipi et des 2000.# de pension deM’gr&#13;
1573 Lancien Tout lemonde tremble en cetemps cy et rien n’est&#13;
1574 plus rare quede tirer delargent.&#13;
1575 C’est p.r quoy Je neScay ceque Je sois mander aM&#13;
1576 Des maizerais. Jelui ay escrit par le vaisseau La&#13;
1577 Perle quil pouvoit tirer Sur nous dix mil livres p.r&#13;
1578 le batiment, et f.re outre cela fonds Sur 3500.# pour les&#13;
1579 factures. mais Je tremble que cela neSoit pas&#13;
&#13;
�1580 effectif. M Lab. deBrisacier m’ordonne delelui&#13;
1581 mander, mais Je ne Suis malgré tout celapas&#13;
1582 exempt de crainte o nni peut estre plus rempli&#13;
1583 de bonne volonté que M Labe de Brisacier, qui&#13;
1584 compte un peu trop Sur Son bon cœur. Jlvoudroit&#13;
48&#13;
&#13;
Titres.&#13;
&#13;
M.r Guay&#13;
&#13;
1585 vous consoler et vous encourager. mais Je&#13;
1586 ne Scay Sil tirera ces So’es.&#13;
1587 J’au oublié de vous marquer en ma lettre que Si&#13;
1588 vous aviez besoin dequelq’ contracts primitifs&#13;
1589 Soit qui regardent LEglise et La colonie engeneral&#13;
1590 ou le Sem.re enpar’lier, mandez lemoy car Jeles&#13;
1591 tireray aisem.’&#13;
1592 Et a ce Sujet la Jecrois vous devoir repeter que&#13;
1593 vos auriez du m’envoier copie detout ceq’&#13;
1594 vous avez detitres afin quils neSoient pas tous&#13;
1595 perdus Si une Jncendie pareillearrivoit.&#13;
1596 M Gay a usé de finessep.r retourner a Laccadie, mais&#13;
1597 M LEveque de Q. a prié le ministredempescher quil&#13;
1598 n’y demeure. Jl lui a fait dire quil nelui donnoit&#13;
1599 aucuns pouvoirs pas mesme dedire la messe Sil&#13;
1600 pretendoit rester a Laccadie. Jespere quil S’en&#13;
1601 reviendra.&#13;
1602 Jene crois pas aller cette année en Berri a nos&#13;
1603 benefices. Je prevoit que Je n’en auray pas le&#13;
1604 temps. Je me recommande de Nouveau a vos&#13;
1605 SS Sacrifices et prieres et Suis Sans reserve&#13;
1606 Monsieur votre tres humbleettres obeiss.’&#13;
1607 Serviteur. Tremblay&#13;
1608 ce 28. May 1702.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 26 avril-28 mai 1702)</text>
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                <text>Le Procureur du Séminaire de Québec à Paris rend compte à son confident de ses démarches pour gérer les biens du chapitre et de l’union des abbayes au chapitre. Il l’informe que Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, est pressé de retourner au Canada et donne des nouvelles des missions du Mississippi et de la Chine. Il lui rapporte les nouvelles de la guerre et les difficultés des finances du royaume.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11913" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11910" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11911" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11912" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
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        <name>Dépenses</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 4 mars-16 avril 1694)&#13;
Pour M. de Glandelet,&#13;
Ce 4e mars 1694&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai suivi votre avis dans la manière d’écrire mes lettres et la lettre commune, que&#13;
je vous envoie conjointement avec celle-ci, vous fera connaître que je ne dois vous&#13;
parler dans celle-ci de ce qui regarde l’intérieur, de quelques affaires qui vous&#13;
regardent en particulier ou dont je dois vous parler pour répondre à vos lettres.&#13;
Pour commencer par ce qui est de principal et dont je voudrais bien m’entretenir&#13;
de bouche avec vous, je puis vous assurer que votre lettre m’a fait un grand plaisir&#13;
en me retraçant en peu de lignes la source de mes peines et inquiétudes intérieures&#13;
et me donnant des remèdes pour les faire cesser. J’ai lu et relu cette lettre que vous&#13;
m’écrivez de l’intérieur et plus je la lis, plus je m’y retrouve et m’y reconnais moimême. J’espère en faire mon profit et me servir des moyens que vous me donnez,&#13;
non tant pour faire cesser que pour faire un saint usage de ces peines, car je crois&#13;
qu’elles ne cesseront pas si tôt et qu’il ne dépend pas de moi de les faire cesser,&#13;
mais le recours continuel que vous me donnez à la prière est le moyen de me servir&#13;
ultimement de toutes ces inquiétudes et d’en faire un saint usage.&#13;
Vous apprendrez un peu, par ce que j’écris dans ma lettre commune et encore plus&#13;
par ce que vous verrez et dans la lettre que j’écris à M. des Maizerets (car je crois&#13;
qu’il vous la voudra bien montrer) et dans celle-ci, que mes peines et mes&#13;
inquiétudes ne cessèrent pas en vous écrivant mes lettres l’année dernière ; au&#13;
contraire, elles s’augmentèrent notablement et je regarde comme une grâce forte&#13;
et puissante que Dieu m’a faite, et des plus spéciales, de les avoir surmontées et&#13;
d’avoir demeuré fidèle dans mon état et ma vocation. Je puis bien dire la vérité :&#13;
« Quam bonus Israel Deus, his qui recto sunt corde ! Mei [autem] paene moti sunt pedes ;&#13;
paene effusi sunt gressus mei1 », car quelque désire que je sentisse de prendre un&#13;
&#13;
« Vraiment, Dieu est bon pour Israël, pour les hommes au cœur pur ! Un rien et je perdais pied, un peu plus&#13;
et je faisais un faux pas. » (Psaume 72 :1-2)&#13;
1&#13;
&#13;
�autre parti, j’en sentais encore un plus grand de faire la volonté de Dieu et je ne&#13;
pouvais, Dieu merci, me résoudre à quitter ma vocation si je ne voyais que ce fut&#13;
la volonté de Dieu et c’est ce qui m’a conservé. J’ai reconnu plus que jamais&#13;
pendant cette année que « mihi [autem] adherere Deo bonum est, ponere in Domino Deo&#13;
spem meam2 » et pour mon salut, qui en vérité courait grand risque si je me retirais&#13;
de la voie de grâce où il m’a mis et pour trouver même la paix dès ce monde-ci,&#13;
que je ne trouverai pas en m’éloignant du Dieu de paix, et même pour mon bien&#13;
temporel, car qui a espéré en Lui et a été confondu ? Après tout, pourquoi suis-je&#13;
sur la terre, me suis-je dit cent fois à moi-même ? Ce n’est ni pour acquérir de&#13;
l’honneur, ni du bien, ni pour prendre mes plaisirs. Dieu m’a fait la grâce de me&#13;
donner depuis longtemps quelque éloignement de ces choses. Il ne faut s’y laisser&#13;
prendre ni à peu ni à beaucoup, « quid enim mihi est in caelo, etc., Deus cordis mei,&#13;
etc.3 ».&#13;
Je me sens depuis quelque temps dans de bonnes dispositions, ce me semble,&#13;
quoiqu’elles sont accompagnées de beaucoup de froideur et de lâcheté et que ces&#13;
dispositions sont si faibles et chancelantes que je craigne à tout moment de les voir&#13;
se perdre et se dissiper. Depuis surtout ce carême, je me sens plus que jamais porté&#13;
à la retraite, au milieu même du tracas où j’ai été pour les factures. Je sens croître&#13;
en moi le désir d’être bien petit, peu estimé, délaissé, de n’avoir que Dieu pour&#13;
mon partage, de mettre en Lui tout mon appui et toute ma confiance, de me&#13;
soumettre en tout à ses divines volontés. J’ai quelques de désirs de participer aux&#13;
souffrances de Notre-Seigneur, à sa vie pauvre cachée, à sa vie mortifiée, mais&#13;
encore plus à sa vie intérieure. Je suis convaincu de ce que vous me dites dans&#13;
votre lettre, que le moyen le plus sûr pour acquérir toutes ces choses est la prière&#13;
et qu’il faut plus attendre de Dieu que de toutes mes industries, quoique je doive&#13;
les employer autant que je connaîtrai que Dieu le demandera de moi. Je ne cesse&#13;
de les lui demander et attends avec soumission le moment auquel il Lui plaira&#13;
m’en accorder quelqu’une. Je ne reconnais assez ne les avoir pas méritées, mais&#13;
avoir fait au contraire tout ce qu’il fallait faire pour m’en rendre indigne. Je&#13;
reconnais bien vrai ce que vous me marquer, que tout empressement même dans&#13;
les bonnes choses, ne vaut jamais rien. Je me suis inquiété bien des fois de me voir&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
« Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu : j’ai pris refuge auprès de mon Dieu. » (Psaume 72:28)&#13;
« Qui d’autre est pour moi dans le ciel ? […] le roc de mon cœur, c’est Dieu […] » (Psaume 72:25-26)&#13;
&#13;
�si peu ferme dans ma vocation et si inconstant dans mon état. J’aurais désiré cette&#13;
stabilité que je remarque dans tant de personnes. Le Diable, se joignant à tout ceci,&#13;
me disait que cette inconstance était une marque que je n’étais pas dans l’ordre de&#13;
Dieu, que je devais chercher un état où je fusse moins sujet à ces inquiétudes et à&#13;
ces agitations, qui m’ont été si ordinaires par le passé. Mais où le trouver cet état&#13;
puisque dans quelque état que ce soit, je me porterai moi-même et par conséquent,&#13;
le plus grand ennemi de mon repos et de ma paix intérieure ? Je ne la trouverai&#13;
que dans une mort entière à toutes mes vues, mes inclinations et mes désirs et dans&#13;
une fidélité entière à suivre mon Sauveur dans tous les états où il lui plaira me&#13;
mettre, de ténèbres ou lumières, de joie ou de tristesse, de goût ou de dégoût, et je&#13;
suis convaincu que je la trouverai même plus avantageusement dans les ténèbres,&#13;
dans les tristesses et dans les dégoûts que dans leurs contraires, parce que ce sont&#13;
les dispositions où il a mis son divin Fils, « me minavit, dit-il, [et adduxit] in tenebras,&#13;
et non in lucem, sed et cum clamavero [et rogavero], exclusit orationem meam4 ». Je trouve&#13;
un goût particulier à méditer ces choses et elles me soutiennent dans la piété. « Ego&#13;
vir videns paupertatem meam5 », voilà ma première disposition ; « peccatum peccavit&#13;
Jerusalem, propterea instabilis facta est6 », voilà la raison de l’état où je me suis trouvé ;&#13;
« bonum est praestolari cum silentio salutare Domini7 », « Bonus est Dominus, si je ne&#13;
me trompe, « speranti[bus] in eum, animae quaerenti illum8 », voilà ce que je veux faire&#13;
et je vous prie de joindre vos prières aux miennes pour demander pour moi la&#13;
fidélité que je dois à Dieu dans toutes ces vues qu’il me donne pour y bien&#13;
correspondre.&#13;
Je suis dans de grandes appréhensions pour le retour de Mgr de Québec. D’un côté,&#13;
je crains qu’il ne revienne pas pour plusieurs raisons ; d’un autre, j’appréhende,&#13;
s’il revient, de n’être pas assez fort pour soutenir bien des attaques que je prévois&#13;
qu’il me donnera dans les affaires que j’aurai à gérer ; car quoique le plus pesant&#13;
fardeau tombera sur M. de Brisacier, cependant je prévois que j’en aurai ma bonne&#13;
part. Il y aura bien des occasions où je prévois en avoir à supporter plus que je ne&#13;
puis, mais j’espère que Dieu me soutiendra. J’espère surtout beaucoup aux prières&#13;
« Moi qu’il a conduit et mené dans les ténèbres et non dans la lumière […] mais j’ai beau crier et supplier,&#13;
il étouffe ma prière. » (Lamentations 3:2 ;8)&#13;
5&#13;
« Je suis l’homme qui a connu la misère. » (Lamentations 3:1)&#13;
6&#13;
« Elle a péché, elle a péché, Jérusalem : elle n’est plus que souillure. » (Lamentations 1:8)&#13;
7&#13;
« Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur. » (Lamentations 3:26)&#13;
8&#13;
« Le Seigneur est bon pour celui qui se tourne vers lui, pour celui qui le cherche. » (Lamentations 3:25)&#13;
4&#13;
&#13;
�de nos Messieurs. Je crains encore bien davantage qu’il ne revienne pas, car vos&#13;
peines seraient encore prolongées. Il est bien juste que je participe à mon tour&#13;
réellement à vos souffrances, après y avoir participé en esprit. Je ne m’appuie pas&#13;
beaucoup sur les créatures et sur toutes les espérances qu’elles peuvent nous&#13;
donner dans nos affaires : il n’y a que Dieu sur qui nous puissions compter ; c’est&#13;
pourquoi, bien loin de compter pour quelque chose tout ce que je vous ai écrit dans&#13;
ma lettre commune et tout ce que je vous écrirai dans la suite, je suis dans de plus&#13;
grandes défiances et de plus grandes appréhensions, voyant quelque espérance&#13;
du côté des hommes que je n’y mette quelque appui et quelque confiance ; cela&#13;
serait capable d’arrêter le cours des grâces de notre bon Dieu dans cette affaire,&#13;
qu’il peut Lui seul faire réussir.&#13;
Si je ne connaissais nos Messieurs aussi bien que je fais, j’aurais sujet&#13;
d’appréhender qu’ils ne se choquassent de l’avis que je leur donne en plusieurs&#13;
endroits de mes lettres de garder un silence profond à l’égard de leurs affaires,&#13;
comme si je doutais par là qu’ils ne l’eussent pas gardé jusqu’à présent et qu’ils ne&#13;
le gardassent pas quand je ne le leur écrirais pas. Ils interpréteront en bonne part&#13;
tout ce que je leur écris et jugeront que je ne leur écris ces choses que pour leur en&#13;
faire remarquer l’importance, afin qu’ils y prennent garde plus que jamais.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’a fort recommandé de vous en écrire, non pas qu’il doute&#13;
que vous ne l’ayez gardé jusqu’à présent, mais afin de vous faire connaître que&#13;
l’on ne puisse dire que vous voulez opprimer un évêque, comme Monseigneur ne&#13;
manquerait pas de le dire, s’il vous voyait faire paraître le moindre signe de joie&#13;
de tout ce qui se passe en France. La vertu de nos Messieurs leur fera, comme je&#13;
n’en doute pas, voir avec la douleur qu’on soit obligé d’en venir à des extrémités&#13;
fâcheuses et mortifiantes pour une personne qui est leur supérieur légitime, afin&#13;
de leur procurer la paix. J’espère aussi que nos Messieurs et vous-même me&#13;
pardonnerez aussi toutes les fautes que j’ai pu faire soit dans ce que j’ai géré en&#13;
France soit dans ce que j’écris en Canada.&#13;
Je vous envoie dans nos ballots beaucoup de thèses, dont vous disposerez avec nos&#13;
Messieurs comme vous le jugerez à propos. Je vous envoie aussi quelques&#13;
chapelets. Ils sont confondus dans ces boîtes du troisième ballot avec des chapelets&#13;
qui appartiennent à MM. de Montigny et Requeleyne. Les choses ne sont pas&#13;
&#13;
�autant dans l’ordre que je le voudrais, parce que les achats se sont faits avec peu&#13;
de précipitation. Il y a aussi des images, assez bien faites de l’intérieur, de Jésus,&#13;
Marie et Joseph, chacune séparément, dont je promets à nos frères donnés, que&#13;
vous leur ferez part. Je vous envoie aussi les Cas de conscience de Sainte-Beuve, les&#13;
Cantiques du P. Surin, un cuisiner français, que vous donnerez à nos frères donnés,&#13;
l’Institution au droit ecclésiastique par M. Fleury pour M. Du Bos, formules d’actes&#13;
et de procédures pour M. de Bernières. Vous trouverez aussi une petite boîte qui&#13;
vous est adressée dans laquelle, outre plusieurs lettres et papiers dont elle est fort&#13;
remplie, il y a deux petites Notre-Dame d’ivoire, l’une pour M. de Requeleyne et&#13;
l’autre pour M. Dufournel. Vous aurez la bonté de retirer tous ces livres et cette&#13;
boîte. Vous trouverez aussi dans nos ballots un tome in-folio des Épitres de&#13;
Mme de Chantal pour Mlle de Glandelet9 qu’elle m’a demandé par un petit billet&#13;
que j’ai reçu d’elle cet automne. Elle me marquait qu’elle avait donné un écu de sa&#13;
sainte pauvreté à M. Guyotte pour me le donner, mais M. Guyotte, par son&#13;
abstraction ordinaire, s’en est oublié. Je vous prie de dire à Mlle de Glandelet qu’il&#13;
n’est pas nécessaire qu’elle donne ainsi de l’argent, que sans qu’elle m’en envoie,&#13;
je lui enverrai l’année prochaine Les tableaux de la pénitence de M. Godeau, qu’elle&#13;
m’avait aussi demandé. Je tâcherai de lui mander ces choses par les derniers&#13;
vaisseaux. Je vous prie en attendant de la bien vouloir saluer de ma part et de me&#13;
recommander à ses prières. Vous trouverez aussi parmi les livres des suppléments&#13;
des saints nouveaux, une condamnation du livre de M. du Pin par M. l’archevêque&#13;
[de Paris], dont je vous parlai l’année dernière, une lettre synodale de l’archevêque&#13;
de Malines. Vous trouverez aussi un paquet de livres que vous envoie M. l’abbé&#13;
de Lingendes. Il vous salue et écrit, M. de l’Encluse, M. Adam, et tous nos anciens&#13;
de l’Assemblée [des Bons Amis].&#13;
Du 15e mars 1694,&#13;
Le P. Bigot est parti pour vous aller rejoindre ; le P. Raffeix était parti longtemps&#13;
avant lui ; M. Fredin est aussi parti de lundi de Pâques de Paris. Ils se hâtent de se&#13;
rendre à La Rochelle avant le 20 [mars], parce que M. d’Iberville espère partir avec&#13;
ses deux vaisseaux seulement dans la fin de ce mois et la flotte sera retardée à six&#13;
semaines après. Je crains bien qu’il n’en parte plus du tout, car nous n’aurons point&#13;
9&#13;
&#13;
Sœur de Charles de Glandelet, elle se joint à la Congrégation de Notre-Dame de Montréal&#13;
&#13;
�cette année d’armée navale en mer sur l’océan ; c’est pourquoi nos ennemis en&#13;
seront les maîtres et empêcheront qu’il ne sorte un seul vaisseau de France. Cela&#13;
rompt et renverse toutes nos mesures. Je fais ce que je puis pour faire embarquer&#13;
dans ces deux premiers vaisseaux tout ce qui est prêt pour nous à La Rochelle,&#13;
mais je ne sais encore ce qui se fera. J’ai cru même devoir vous parler dans cette&#13;
lettre de nos affaires et vous mander l’état où elles sont, quoique j’eusse résolu de&#13;
n’en rien écrire que dans ma lettre commune. J’ai chargé le P. Raffeix de cette lettre&#13;
sous l’enveloppe du P. Bruyas. J’ai mis de plus, dans la boîte des pères jésuites,&#13;
sous la même adresse, des lettres particulières pour Mgr l’Ancien, pour&#13;
M. de Bernières, pour M. des Maizerets. Je n’ai point encore pu écrire à M. Dupré,&#13;
à M. Martin, ni à plusieurs autres de nos Messieurs. J’espérais, après mes lettres&#13;
particulières, faire un duplicata de ma lettre commune et l’envoyer par deux&#13;
vaisseaux différents. [Si] je n’aurai pas le temps de le faire par ces premiers&#13;
vaisseaux-ci, ce sera par les derniers. J’ai dessein seulement de vous marquer en&#13;
peu de paroles dans cette lettre la situation où sont les affaires et j’adresserai&#13;
vendredi cette lettre au P. Bigot, sous adresse ordinaire, pour le prier de placer&#13;
cette lettre en sûreté dans le vaisseau où le P. Raffeix ne passera pas, afin que vous&#13;
puissiez être informé par tous les deux vaisseaux de ce qui s’est ici passé.&#13;
Je vous ai déjà écrit, dans la manière que vous seul pouvez lire, par le vaisseau qui&#13;
est parti pour l’Acadie. J’adresse cette lettre à M. Hazeur. Vous aurez la bonté de&#13;
me marquer si vous l’avez reçue. Je crois avoir reçu toutes vos lettres et tous vos&#13;
papiers. Ils m’ont été rendus de tous côtés en bon ordre. Je crains seulement que&#13;
quelques lettres de Mgr l’Ancien ne soient perdues. Je vois aussi par les vôtres que&#13;
vous reçûtes l’an passé toutes celles que je vous écrivis, car je n’avais point fait de&#13;
duplicata d’aucune de mes lettres, mais je comptais que ma lettre commune&#13;
servirait de duplicata à toutes les autres.&#13;
Dieu, qui veille si particulièrement sur l’Église du Canada, a disposé le cœur du&#13;
roi à remédier aux troubles et aux dissensions qui s’y sont excités. Il a reconnu&#13;
d’où elles procédaient et il est convaincu que le seul moyen de les faire cesser est&#13;
de rappeler Mgr de Québec. De vous dire comment le roi s’est trouvé si bien&#13;
disposé, je n’en sais rien. J’aime mieux même ne le savoir pas que de le savoir, afin&#13;
d’en avoir pour Dieu seul toute la reconnaissance, que je craindrais de partager&#13;
&#13;
�avec les créatures, « prope est Dominus omnibus invocantibus eum, voluntatem&#13;
timentium se faciet10, » etc., « cor regis in manu eius est, quocumque voluerit inclinabit&#13;
illud11 », voilà ce qu’opère la souffrance bien portée. M. le marquis de Denonville&#13;
pourra peut-être vous expliquer comment cela s’est fait. Je l’appris peu après nos&#13;
dernières lettres reçues. Ce fut dans l’octave de l’Épiphanie, temps, comme vous&#13;
savez, consacré à la manifestation des grandeurs du saint Enfant-Jésus. M. l’abbé&#13;
de Brisacier me lut un article de la lettre de Mme de Maintenon, qui lui marquait&#13;
la disposition favorable du roi à cet égard. Le P. de La Chaize et M. le marquis&#13;
de Denonville le lui confirmèrent peu après et M. l’archevêque de Paris le leur fit&#13;
encore plus particulièrement connaître peu de jours après.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’ordonna de garder un silence profond de tout ceci ; ce qui&#13;
m’a empêché d’en parler même avec les pères jésuites. Je ne doute point que&#13;
M. de Denonville ne les en ait informés. Cependant, nous ne nous en sommes&#13;
point les un ni les autres ouverts ensemble. Nous avons obligation à tous ceux&#13;
presque qui sont passés en France, qui tous ont parlé du Séminaire&#13;
avantageusement. Les séculiers se sont bien aperçus que Monseigneur n’était pas&#13;
bien en Cour. Ils jugent bien même que s’il était en France, il ne retournerait pas&#13;
en Canada et qu’on tâcherait de lui donner un autre évêché ; mais je ne crois pas&#13;
qu’aucun sache les intentions du roi. Ils ne manqueront pas de parler ainsi en&#13;
Canada. Vous devez vous tenir dans une grande réserve à cet égard et ne pas faire&#13;
paraître en aucune manière savoir de France rien qui approche de ces choses.&#13;
On ne sait pas encore quelles mesures le roi prendra pour faire réussir la chose. Le&#13;
P. de La Chaize dit à nos Messieurs qu’il ne savait si le roi le retiendrait en France&#13;
sans lui ôter son évêché et en laisserait le gouvernement à Mgr l’Ancien, ou&#13;
Monseigneur le ferait gouverner par des grands-vicaires, ou si Sa Majesté lui&#13;
donnerait un autre évêché, ou enfin si on lui donnerait quelque abbaye pour vivre&#13;
en France et lui, se démettrait de son évêché entre les mains du roi, qui y&#13;
pourvoirait. Le P. de La Chaize est persuadé que si le roi est dans le dessein de&#13;
nous donner un autre évêque, il faut que nos Messieurs jettent les yeux sur une&#13;
« Il est proche de tous ceux qui l’invoquent, de ceux qui l’invoquent en vérité. Il répond au désir de ceux&#13;
qui le craignent. » (Psaumes 144:18-19)&#13;
11&#13;
« Le Seigneur dispose du cœur d’un roi comme d’un canal d’irrigation, il le dirige où il veut. »&#13;
(Proverbes 21:1)&#13;
10&#13;
&#13;
�personne qui puisse d’un côté prétendre à remplir ce poste et qu’on puisse d’un&#13;
autre côté espérer qu’il entrera dans l’esprit de notre Séminaire autant que&#13;
Monseigneur s’en est éloigné. Il leur a lui-même suggéré M. l’abbé Brunet, frère&#13;
du grand Brunet, garde du Trésor royal, qui est ami intime de nos Messieurs et&#13;
qui, comme je le crois, serait bien propre à remplir un tel poste. C’est une personne&#13;
bien unie à Dieu, d’une douceur d’ange, d’une simplicité d’enfant, bien détaché&#13;
des biens de ce monde, qui passe les jours aux pieds d’un crucifix ou dans&#13;
plusieurs autres bonnes œuvres ; ce n’est point un esprit hautain remuant ; et il est&#13;
pacifique, il écoute conseil ; en un mot, il me semble que le Canada serait trop&#13;
heureux s’il avait un tel évêque ; il a de la science, il est docteur de [La] Sorbonne,&#13;
il prêche avec beaucoup d’onction. Vous trouverez dans nos ballots un petit livre&#13;
en parchemin pour l’instruction des confesseurs qu’il fit imprimer l’an passé pour&#13;
le faire distribuer par nos Messieurs dans leurs missions de France aux curés des&#13;
campagnes. Il a autant d’éloignement pour les grandeurs que son frère, qui occupe&#13;
une charge qui lui coûte 800 000 livres et qui le rend considérable auprès de tout&#13;
ce qu’il y a de grand à la Cour, a d’empressement de le voir élevé aux prélatures.&#13;
Il accepterait volontiers un évêché de Canada, à quoi l’on prévoit que son frère&#13;
s’opposerait fortement. Nos Messieurs s’en sont ouverts à lui, en cas que les choses&#13;
tournassent comme il faut. Je prie de bien recommander cette affaire à Dieu. Je ne&#13;
cesse de le faire de mon côté.&#13;
On s’attend que Monseigneur ne manquera pas de crier fort haut l’année&#13;
prochaine et de se plaindre, surtout de M. l’abbé de Brisacier. Il lui a écrit cette&#13;
année que tout le monde voyait bien en Canada qu’il se moquait de lui par la&#13;
nomination qu’il avait faite des officiers du Séminaire, que le gouvernement n’y&#13;
était nullement changé et qu’il chercherait sans s’adresser à lui les remèdes aux&#13;
grands maux que cause la division dans son Église. On craint bien davantage qu’il&#13;
ne se cantonne en Canada et que sentant qu’on n’est pas bien disposé pour lui à la&#13;
Cour, il ne prenne la résolution de rester dans son évêché ; ce qui embarrasserait&#13;
fort, car je ne sais si le roi voudrait l’en faire sortir par quelque voie violente. Il est&#13;
assez difficile d’avoir prise sur lui, étant de bonnes mœurs et ne pêchant que dans&#13;
la conduite et le gouvernement de son Église.&#13;
&#13;
�Le roi a résolu, pour l’obliger de revenir, de ne rien régler jusqu’à son retour en&#13;
France et M. l’archevêque et le P. de La Chaize l’ont dit à M. de La Pallière et à&#13;
nous. On a pris le prétexte qu’il le demandait lui-même et je le mande à nos&#13;
missionnaires en Canada. M. l’archevêque, qui avait paru toujours beaucoup plus&#13;
porté pour Monseigneur que pour nous, pour soutenir la dignité épiscopale, n’a&#13;
pas fait paraître cette année la même chose. Cependant, Monseigneur lui avait écrit&#13;
des lettres de confidences, des mémoires secrets et que M. l’archevêque a tous fait&#13;
lire à nos Messieurs, dans lesquels il nous accuse d’être jésuites. Il dit que vous&#13;
vous vantez de ne rien craindre, parce que vous avez le P. de La Chaize pour vous&#13;
et il n’a pas été difficile à ce prélat de découvrir tout l’artifice de ces lettres. Elles&#13;
n’ont servi qu’à un bien, qui est de lui faire connaître le caractère d’esprit de&#13;
Monseigneur, qui tâche à mettre la division partout, voulant la mettre par ces&#13;
lettres entre M. l’archevêque et le P. de La Chaize.&#13;
Ce prélat a fait paraître à nos Messieurs une affection extraordinaire. Je l’avertis à&#13;
l’arrivée de M. de Merlac à Paris. Il le fit avertir aussitôt de le venir voir, il lui&#13;
défendit de distribuer les lettres de Monseigneur, il ne voulut pas demander au&#13;
roi, comme M. de Merlac l’en priait de la part de Monseigneur, que Sa Grandeur&#13;
pût vous ramener en France avec lui l’année prochaine pour pouvoir dire vos&#13;
raisons ; ce que nous aperçûmes bien être la cause du retardement de son voyage&#13;
pour une année. Au contraire, il parla au roi fort avantageusement pour nous. Il&#13;
pria, dit-il, le roi de ne point donner d’évêché à Monseigneur en France, que c’était&#13;
un esprit dangereux, qu’il pourrait remuer dans les assemblés et qu’il ne le croyait&#13;
pas capable de conduire dKh3Ldph12. Il apporta à nos Messieurs la favorable&#13;
disposition du roi et nous ne doutons point qu’elle n’ait opéré en lui le grand&#13;
changement dans lequel il nous parut être à notre égard. Vous auriez dû écrire une&#13;
lettre à ce prélat et une au P. de La Chaize, et Mgr l’Ancien autant, pour leur&#13;
recommander vos affaires, avec un petit mémoire, le plus abrégé que faire se&#13;
pourrait, de vos différends. Vous aurez la bonté de le faire l’année prochaine, sans&#13;
rien faire paraître de ce que je vous mande ici.&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Nous n’avons pas le code chiffré utilisé par Tremblay et Glandelet.&#13;
&#13;
�M. de Merlac a été fort surpris de ce que tous les esprits n’étaient guère disposés à&#13;
entrer dans ses vues et celles de Monseigneur. Il a voulu passer pour une personne&#13;
qui n’avait point d’intérêt dans toute cette affaire et qui a toujours tâché d’être le&#13;
médiateur de la paix entre les uns et les autres, mais il a trouvé qu’on ne le&#13;
regardait pas ici comme tel et M. de La Pallière lui-même lui a dit qu’il avait bien&#13;
mal fait de jeter Monseigneur dans tous les embarras où il est présentement.&#13;
M. de La Pallière le connaissait déjà dès son premier voyage. Il a eu quelque sujet&#13;
de le soupçonner de nouvelle doctrine, à cause de ses habitudes avec une personne&#13;
qui est sortie de l’Oratoire pour ce sujet13. Je vous prie de garder ceci dans le&#13;
silence. Il a reconnu dans ce bon Monsieur quelque défaut de prudence en&#13;
plusieurs occasions. Il vint dans son dernier voyage demander, à l’insu de&#13;
Monseigneur et de M. de La Pallière, à la supérieure de la Visitation, dont il est le&#13;
directeur, lui demander de dire ses messes pour la rétribution. Il a fait paraître un&#13;
empressement extraordinaire pour obliger Monseigneur à lui procurer sa pension.&#13;
Depuis qu’il est arrivé dans ce dernier voyage, il a décacheté à La Rochelle toutes&#13;
les lettres de M. de La Pallière, lui en a envoyé quelques-unes et en a gardé les&#13;
autres. Il a demandé à venir loger au Séminaire et il y venait descendre en quittant&#13;
le messager si je ne fusse allé au-devant le prier de nous en dispenser, en lui&#13;
alléguant que nous n’avions pas de logement commode pour lui. Il n’a pas laissé&#13;
plusieurs fois de solliciter depuis nos supérieurs de le laisser venir demeurer au&#13;
Séminaire, mais on n’a garde de l’y recevoir, car cela pourrait peut-être attirer&#13;
Monseigneur à son retour et on veut tâcher d’empêcher qu’il n’y vienne pas&#13;
descendre pour l’empêcher de faire davantage à nos Messieurs le compliment :&#13;
« Vous n’êtes pas digne de l’honneur que je vous fais de demeurer dans votre&#13;
Séminaire. ».&#13;
M. de La Pallière nous a dit plusieurs fois qu’il était nécessaire d’empêcher mondit&#13;
sieur de Merlac de retourner en Canada. Je souhaite que cela soit.&#13;
Nous vivons avec une grande union avec mondit sieur de La Pallière.&#13;
Monseigneur l’a effectivement soupçonné de ne soutenir pas ses intérêts assez&#13;
vigoureusement. On ne peut cependant y apporter plus de soin et d’application. Il&#13;
&#13;
Mgr Étienne Le Camus, évêque de Grenoble, fut un ardent réformiste et servit d’intermédiaire entre Rome&#13;
et le roi dans l’affaire de la Régale en 1682.&#13;
13&#13;
&#13;
�nous a paru aller droit ; il cherche le bien, à la vérité, comme il est chargé des&#13;
affaires de Monseigneur ; il croit qu’il est de son devoir d’en soutenir les intérêts ;&#13;
et j’aurais plus sujet de me plaindre qu’il les soutient trop fortement que&#13;
Monseigneur qu’il ne les soutient pas assez. Je lui ai donné votre lettre, après&#13;
l’avoir fait lire à M. l’abbé Milon et aux PP. Bigot et de Lamberville, qui la&#13;
trouvèrent bonne. Je lui donnai même toutes les pièces concernant le procès du&#13;
chapitre. Il les trouva en bonne forme ; cependant, il prétendit qu’à la vérité&#13;
M. de Merlac n’avait pas eu raison de demander ce qui est couché dans sa requête&#13;
et que Monseigneur aurait dû observer les formalités de justice, mais qu’aussi vous&#13;
n’auriez pas dû en appeler comme d’abus, qu’un appel comme d’abus sonne&#13;
toujours très mal, que vous auriez pu arrêter la chose par une autre voie et&#13;
plusieurs autres choses qu’il ajouta à ce sujet. Il ne savait aussi que croire de ce que&#13;
vous marquez dans le journal du chapitre ou de ce que racontait M. de Merlac et&#13;
lui mandait Monseigneur de la manière dont les choses se sont passées dans le&#13;
chapitre. Votre lettre n’a fait aucun mal. Elle a fait du bien, au contraire, et comme&#13;
je ne doute pas qu’il ne vous écrive, je vous prie aussi de ne pas manquer de lui&#13;
écrire.&#13;
Nous n’avons point eu cette année ni lui ni nous à discuter les affaires devant les&#13;
commissaires. Ils ne se sont pas assemblés une seule fois sur ce sujet. Après la lettre&#13;
commune écrite que j’ai donnée au P. Raffeix, M. l’abbé de Brisacier étant allé&#13;
trouver M. l’archevêque à Versailles et ne l’ayant pas trouvé, lui laissa une lettre&#13;
dans laquelle il le priait :&#13;
1° que le P. de La Chaize étant suspect à Mgr de Québec pour lui&#13;
porter la parole au roi (parce que Monseigneur a écrit au&#13;
P. de La Chaize qu’il l’informait mal des sentiments que le roi avait&#13;
de sa conduite, que Sa Révérence écrivait que le roi n’en était pas&#13;
content et que cependant M. de Pontchartrain lui écrivait le&#13;
contraire), on suppliait Sa Grandeur de vouloir lui-même prendre&#13;
les ordres du roi pour écrire à Mgr de Québec de sa part ; c’était faire&#13;
plaisir à M. l’archevêque et à nous de lui donner une pareille&#13;
commission ; tout ce qui donne occasion à ces grands seigneurs&#13;
d’entretenir le roi leur est fort agréable ;&#13;
&#13;
�2° que Sa Grandeur voulût savoir du roi si ce n’était pas l’intention&#13;
de Sa Majesté que Monseigneur revint cette année en France sans&#13;
différer pour régler tous les différends ;&#13;
3° si Sa Majesté ne jugeait pas nécessaire que nos Messieurs&#13;
revinssent avec lui pour dire leurs raisons, s’offrant de les dire par&#13;
écrit dans leurs lettres et de bouche par les personnes qui font leurs&#13;
affaires en France et d’en passer par tout ce que les commissaires&#13;
auront réglé ;&#13;
4° si ce n’était pas l’intention de Sa Majesté que Monseigneur laissât&#13;
toucher ce qui vous est dû pour 94 des charges indispensables et&#13;
que pour l’avenir, l’argent restât entre les mains de l’agent de la&#13;
Compagnie jusqu’à ce que tout eût été réglé entre Monseigneur et&#13;
son Séminaire.&#13;
Du 15e avril 1694,&#13;
M. l’archevêque entretint le roi de toutes ces choses, qui le chargea de les écrire à&#13;
Mgr de Québec. J’en suis allé hier faire ressouvenir Mgr de Paris. Il m’a ordonné de&#13;
revenir le lendemain pour l’en mieux faire souvenir. J’y dois aller demain matin et&#13;
le dois prier de nous faire deux lettres, afin de les envoyer par deux différentes&#13;
voies. Voilà donc tout ce qui s’est fait cette année à ce sujet. M. l’archevêque doit&#13;
écrit à Monseigneur :&#13;
[1°] que le roi juge expédient, et même nécessaire, qu’il fasse cette&#13;
année sans différer un voyage en France pour régler et terminer&#13;
toutes les brouilleries de son Église ;&#13;
2° que Sa Majesté ne juge pas nécessaire, au contraire, croit inutile&#13;
que ces MM. du Séminaire reviennent avec lui ;&#13;
3° qu’il doit laisser toucher ce qui vous est dû pour l’année 94 des&#13;
charges indispensables sur votre simple quittance et que pour les&#13;
&#13;
�années suivantes, on réglera les choses s’il y trouve quelque&#13;
difficulté après son retour.&#13;
J’avais, dans le mémoire que je présentai à M. de Brisacier pour le faire souvenir&#13;
de demander ces choses, ajouté quelques autres articles, entre autres que&#13;
Monseigneur eût à lever l’interdit qu’il a porté contre vous ; mais M. de Brisacier&#13;
ne jugea par en devoir rien dire, parce qu’il savait que le roi ne se mêlerait point&#13;
de ce qui touche la juridiction épiscopale. Il me dit ensuite qu’il valait mieux, si&#13;
Monseigneur le voulait, que vous le fussiez encore un an, que le diocèse, à la vérité,&#13;
en pâtirait, mais qu’aussi cela ferait plus de tort à Monseigneur qu’à vous.&#13;
Si je tire ces deux lettres de Mgr l’archevêque, je vous les enverrai par deux voies,&#13;
les adressant au P. Bigot pour le prier de les mettre dans les deux navires qui vont&#13;
en Canada. On n’a pas voulu que nous envoyassions notre résignation de&#13;
M. Dupré en Cour de Rome. Tout est suspendu jusqu’au retour de Monseigneur.&#13;
Si on juge que l’on doive achever cette résignation, il faudra envoyer une nouvelle&#13;
procuration.&#13;
Il nous faut envoyer aussi une autre procuration du chapitre : celle de cette année&#13;
ne vaut rien. Il faut qu’elle soit signée du plus grand nombre de chanoines qu’il&#13;
est possible. Il serait bon aussi de mettre M. Tiberge et M. l’abbé de Brisacier pour&#13;
procureurs, afin que s’il arrivait un accident à un, l’autre pût toujours agir. Le&#13;
premier s’appelle Louis et le deuxième, Jacques-Charles. Le premier est l’abbé&#13;
d’[espace blanc14] et le second de Flabémont. M. Tiberge est depuis trois mois notre&#13;
supérieur et M. l’abbé de Brisacier, assistant. C’est sur eux que roule tout le&#13;
Séminaire. M. Sevin n’est guère en état d’agir. Le Séminaire continue depuis&#13;
longtemps à n’aller pas trop bien. Nos supérieurs sont chargés de tant d’autres&#13;
affaires que le Séminaire en paraît le moindre ou celle qui les occupe le moins. À&#13;
l’occasion des procurations, je crois que vous devez nous en envoyer une au nom&#13;
du Séminaire, la plus générale que faire se pourra. Nous n’en avons point et on ne&#13;
peut agir pour vous que comme se faisant fort. Mgr l’Ancien aura aussi la bonté de&#13;
nous en envoyer une nouvelle pour lui conjointement et de ne pas oublier son&#13;
certificat de vie. Je prie aussi M. Dupré d’en envoyer une pour affermer et recevoir&#13;
14&#13;
&#13;
Il était l’abbé commendataire d’Andrès.&#13;
&#13;
�les revenus de son prieuré. Le bail finit à la fin de cette année. Il y a deux ans que&#13;
nous n’en avons rien touché.&#13;
Nous fûmes payés l’an passé de la pension de Mgr l’Ancien sur Mgr d’Aire.&#13;
M. de Brisacier la reçut pour se rembourser des avances qu’il a faites. Pour nous,&#13;
je ne sais pas combien nous lui sommes encore redevables. Pour la pension de&#13;
Monseigneur de 2 000 livres sur le Trésor royal, nous n’en avons rien touché&#13;
depuis deux ans et il y a apparence que nous n’en toucherons rien tant que la&#13;
guerre durera. Les ministres d’État et les maréchaux de France ne touchent pas les&#13;
leurs. On aura peine à croire en Canada jusqu’où va la misère de la France,&#13;
combien l’argent y est rare, le pain et toutes les choses qui se consument. On dit&#13;
que nos ennemis ne souffrent pas moins que nous. Cependant, on ne les voit guère&#13;
s’approcher des voies d’accommodement et de paix. Le roi y paraît fort porté ; nos&#13;
ennemis l’attribuent à faiblesse et s’en tiennent plus fiers. Ils devraient cependant&#13;
avoir déjà appris, par leur expérience funeste, que le roi n’est pas d’humeur à plier&#13;
et à recevoir la loi d’eux. Dieu même semble ne le pas vouloir. Dans le temps qu’Il&#13;
nous accable de misère au-dedans, il rend au-dehors le roi triomphant de tous ses&#13;
ennemis. Il bénit la cause juste et sainte de la guerre du roi et châtie au-dedans nos&#13;
péchés avec beaucoup de bonté.&#13;
Nous sommes réconciliés avec le Saint-Siège depuis cinq mois. Nos évêques sont&#13;
nommés, qui avaient assisté à l’Assemblée de 82, ont écrit au Saint-Père qu’ils&#13;
avaient de la douleur de ce qui s’était passé dans cette assemblée contre la&#13;
discipline ecclésiastique et qu’ils se regardaient comme une chose de nulle&#13;
autorité. Tous ensuite ont eu leurs bulles et ont été sacrés.&#13;
Le roi a nommé à l’évêché de [Saint-Bertrand de] Comminges, M. de Brisay, frère&#13;
de M. de Denonville ; M. l’abbé Milon à l’évêché de Condom ; M. l’abbé de La&#13;
Frèrelière à l’évêché de La Rochelle, l’ancien étant mort ; il a donné l’abbaye de&#13;
Val-Richer à M. l’abbé de Camilly, beau-frère de M. de Vaubenard, et l’a choisi&#13;
pour être grand-vicaire de M. le cardinal Fürstenberg, à Strasbourg, à la place de&#13;
M. de La Frèrelière qui l’était. C’est un pas pour aller à l’évêché. Il demeure depuis&#13;
plus d’un an au Séminaire.&#13;
&#13;
�L’édit pour la taxe des bois est révoqué ; cela a été converti en une somme pour le&#13;
don gratuit, qui n’empêchera pas ce qu’on doit lever en l’Assemblée l’année&#13;
prochaine pour ce même don.&#13;
Nous sommes en dette de 12 600 livres à M. Grignon ; de 500 livres à M. Rotrou ;&#13;
550 livres pour lever le décret d’union des bénéfices simples de Méobecq au&#13;
Séminaire ; de 200 livres à M. Carnot ; et de plusieurs autres petites dettes, sans ce&#13;
que nous devons à Mgr l’Ancien. Je ne vois à toucher cette année que 2 000 livres&#13;
pour les prêtres usés, 1 800 livres de M. d’Aire et 400 ou 500 livres d’autre part.&#13;
J’espère aussi depuis quelque temps toucher une somme de 1 800 livres de la&#13;
succession de M. Dudouyt, à quoi il a fallu nous réduire de 3 000 livres qui nous&#13;
sont dues en principal, sans les arrérages. Cette somme nous fera du bien, si elle&#13;
nous vient. J’en attends des nouvelles depuis quelques jours.&#13;
Sur ces sommes, j’ai demandé à M. Grignon de nous accomplir une facture, qui ira&#13;
à plus de 2 500 livres et près de 3 000 livres avec les frais, d’employer plus de&#13;
300 livres en étoffes pour les charités de Mgr l’Ancien et je vous envoie une facture&#13;
de Paris qui monte à 2 450 livres sans 400 livres de toiles, moitié de coton, qui est&#13;
dans ces ballots, que je ne compte point, parce que je ne l’ai pas encore payée. Je&#13;
ne puis vous envoyer un état au juste de mes comptes que dans les derniers&#13;
vaisseaux. J’ai pris toutes choses à Paris à crédit, mais il faut présentement trouver&#13;
de l’argent et c’est ce qui m’embarrasse, car je ne sais d’où en tirer. M. Grignon, de&#13;
son côté, me presse fort. Je tâche à le payer en bonnes paroles, ne pouvant lui&#13;
donner d’argent, mais vous savez que cette monnaie n’est pas toujours bien reçue.&#13;
Il faut que nos Messieurs fassent tous les efforts pour trouver de l’argent pour&#13;
mondit sieur Grignon, car ils en trouvent plutôt à Québec qu’à Paris, où j’ai fait&#13;
mes efforts inutilement pour trouver à emprunter.&#13;
Nous avons entré depuis quelque temps en jouissance du prieuré de SaintSébastien, affermé [à] 500 livres, et qui nous vaudra toujours 400 livres nettes. Le&#13;
titulaire est mort, on me l’a conféré. En attendant que l’union soit consommée,&#13;
nous travaillons présentement à enlever le décret. J’espère que dans peu nous&#13;
l’aurons. Je ferai cet été un tour en ces quartiers pour mettre tous ces prieurés, qui&#13;
sont celui de Bénévent, affermé [à] 725 livres, celui de Saint-Sébastien 500, et celui&#13;
&#13;
�de Parçay 800 livres, en bon état. On me mande tous les jours qu’il y a des&#13;
réparations à des chaussés de moulins à y faire. Il faut en renouveler les baux. On&#13;
m’en offre déjà quelque augmentation sur un chacun. J’ai de plus à faire en ces&#13;
quartiers à cause des 2 000 livres qui sont dues à Mgr l’Ancien par les héritiers d’un&#13;
fermier de Méobecq nommée Galpy. Tout cela mérite bien qu’on aille y faire un&#13;
tour. Nous faisons 300 livres de pension sur celui de Bénévent à M. Gaultier.&#13;
Comme je n’ai point encore répondu à plusieurs choses qui sont répandues dans&#13;
vos lettres, je vais le faire présentement le plus succinctement que je pourrai.&#13;
Je ne sais si je vous ai déjà écrit dans cette lettre que M. l’archevêque a cru que vous&#13;
n’eussiez pas dû appeler comme d’abus à un tribunal séculier de l’ordonnance de&#13;
Monseigneur. Cela n’est pas, dit-il, édifiant dans une nouvelle Église. La cause de&#13;
plus est purement ecclésiastique et il a cru qu’un appel simple eût été suffisant&#13;
pour arrêter l’effet de l’ordonnance de Monseigneur. Je ne sais ce qu’il voulait dire&#13;
par « l’appel simple » et je ne pus me le faire expliquer.&#13;
L’on a été convaincu, tant par le rapport de M. Fredin de la part de M. l’intendant&#13;
que par la lettre de M. d’Auteuil à M. de Brisacier, qui était fort bien faite, qu’il n’y&#13;
avait point eu d’arbitrage. Il sera bon de tâcher d’avoir encore cette année de&#13;
bonnes attestations comme celles-là et d’autres pour les faits qui seront contestés.&#13;
Cela fait de bons effets. On ne s’en servira que d’une manière à ne point faite de&#13;
tort aux personnes qui les donneront. M. de Brisacier eût désiré savoir en quoi il&#13;
eut pu obliger M. d’Auteuil. Il l’aurait fait volontiers. Je crois qu’il lui écrira, mais&#13;
ce ne sera que par les derniers vaisseaux, car quelque soin que j’aie pris de l’en&#13;
avertir, il n’a pu trouver du temps pour écrire par les premiers. J’avais envoyé à&#13;
M. Hazeur une liasse de papiers qu’une personne, à qui j’ai de l’obligation à cause&#13;
de sa famille, m’avait prié d’adresser à quelqu’un en Canada pour susciter un&#13;
procès de conséquence à M. d’Auteuil. M. Hazeur n’a pas voulu se mêler de cette&#13;
affaire, par considération pour M. d’Auteuil. Il m’a fait plaisir et je lui mande de&#13;
me renvoyer les papiers.&#13;
&#13;
�J’ai parlé à M. l’abbé de Brisacier de l’acte de démission de l’emplacement de la&#13;
chapelle succursale dont vous me parlez comme de la pièce la plus forte pour&#13;
obtenir les lettres patentes. M. de Brisacier croit qu’en rigueur, cela ne servirait à&#13;
rien et que sans un secours extraordinaire, comme celui qu’on espère nous donner,&#13;
nous aurions peine à maintenir cette union. Il faut encore espérer qu’on pourra&#13;
dans la suite mieux établir les choses. On n’a pas parlé de ceci en aucune manière.&#13;
Vous m’attribuez l’estimation qui fut faite du revenu de la cure de Québec et elle&#13;
se fit sans moi dans la chambre de M. l’archevêque. Je ne sus que deux jours après&#13;
et il n’était plus temps d’y remédier.&#13;
J’ai vu plusieurs fois M. Fredin, mais pas si souvent que j’eusse voulu, à cause de&#13;
ses affaires et des miennes. C’est un bon ami. Je lui ai promis de le charger de nos&#13;
lettres. Si je ne le fais pas, ce ne sera pas par manque de confiance ; je l’ai tout&#13;
entière en lui. Il vous dira la disposition de la Cour à l’égard du Canada et ce qu’on&#13;
y pense de Monseigneur, car il sait mieux l’air de ces bureaux que moi qui, Dieu&#13;
merci, n’y ai pas mis le pied. C’est ce qui me console dans vos affaires de n’être&#13;
pas obligé de me communiquer beaucoup au-dehors.&#13;
M. de Frontenac a mandé à M. de Brisacier que vous n’aviez pas voulu vous&#13;
soumettre à l’arbitrage que vous aviez choisi ; que par là vous vous étiez engagés&#13;
dans un mauvais pas, dont vous ne sauriez présentement comment vous retirer ;&#13;
qu’il en est fâché pour vous, mais qu’il est plus fâché de la division qui déchire&#13;
l’Église ; que tout le monde sait combien la paix est à désirer dans la colonie et on&#13;
n’a d’égard à ses lettres qu’autant que le demande son rang. Ce qu’il a écrit en&#13;
Cour n’a pas fait beaucoup d’impressions. Je prie Dieu de le combler de ses plus&#13;
spéciales grâces pour la part qu’il prend à nos afflictions.&#13;
M. Dupré a très sagement fait de faire sa résignation en Cour de Rome.&#13;
M. de Brisacier avait exprès mis ce terme, car je lui fis remarquer qu’en prenant&#13;
une autre voie, on s’exposait à quelque danger de perdre la cure.&#13;
Vous verrez, par la lettre que je vous écris par l’Acadie, si j’écris bien en chiffres.&#13;
J’ai tâché à y observer ce que vous me prescriviez.&#13;
&#13;
�J’ai oublié à vous marquer que nous avions bien reçu toutes les lettres de la&#13;
personne que je ne nomme point15, qui ont été exactement rendues, jusqu’à la&#13;
dernière. Nous avons gardé un silence profond à son égard, jusqu’à n’en pas parler&#13;
aux meilleurs amis, excepté ceux à qui il écrit et aux pères jésuites. Cependant, je&#13;
crains qu’on n’ait quelque soupçon de ses lettres. M. de La Pallière un jour tâcha&#13;
en bien des manières de me sonder à son sujet, mais je me tins bien sur mes gardes.&#13;
Cela me fit craindre qu’il n’en eût quelque connaissance. Il serait bien à souhaiter&#13;
que cette personne aussi bien que phghdKhuyzhuLkfgtka4d7hkfdkg72d7hugk2gyh.&#13;
Cela ferait bien, ce me semble. Je le demande bien au bon Dieu.&#13;
Je crains que Monseigneur n’ait remué cet hiver avant sont départ pour établir un&#13;
curé à la basse-ville. Je souhaite que mes pressentiments soient faux. Je ne sais&#13;
comment on pourra empêcher ici la prétention des marguilliers de nommer les&#13;
enfants de chœur. Vous le pouvez faire bien plus aisément sur les lieux en&#13;
demandant que si on en veut la nomination, on en fasse toute la dépense et la&#13;
dépense de tous ceux qui contribuent à la décence du service divin.&#13;
Il est nécessaire de m’envoyer l’année prochaine un mémoire le plus exact que&#13;
faire se pourra de ce qui regarde les chapelles, du nombre que M gr l’Ancien en a&#13;
laissé, de la manière dont Mgr de Québec a voulu qu’il les lui cédât et il est bon&#13;
aussi de remarquer, autant que l’on le pourra, sans que cela paraisse, si ces&#13;
chapelles subsistent encore et si elles sont dans les missions. Toutes ces choses&#13;
peuvent servir en leur temps.&#13;
Je vous prie aussi de m’envoyer des mémoires exacts et les plus concis que faire se&#13;
pourra de tout ce que peut devoir Monseigneur, tant passé que du présent, tant au&#13;
Séminaire qu’au chapitre, des sommes qu’il a payées aux uns et aux autres, des&#13;
ornements qu’il a donnés à la paroisse, des sommes qu’il s’en est fait payer, de ce&#13;
qu’il a payé à MM. Soumande et Gaultier sur leur part du revenu du chapitre. Il&#13;
faut tâcher de n’y rien oublier, quelque ancien qu’il soit. Il faudrait faire un&#13;
mémoire fort abrégé et ensuite un plus étendu qui entrât dans le détail des choses.&#13;
&#13;
L’abbé de La Colombière, grand-chantre du chapitre de Québec, écrivit au sujet du caractère de Mgr de&#13;
Saint-Vallier.&#13;
15&#13;
&#13;
�Je vous ai aussi demandé, par mes lettres précédentes, une copie collationnée du&#13;
règlement et compte arrêté entre Mgr de Québec et le Séminaire par M. l’abbé&#13;
de Choisy, M. de Brisacier stipulant pour le Séminaire. M. de Brisacier vous en&#13;
envoya un original il y a deux ans. Je ne sais si c’est cet original ou une copie que&#13;
je copiai il y a deux ans en revenant en France. Il m’est venu en pensée depuis&#13;
quelques jours que vous n’en aviez qu’une copie et que l’original en avait été&#13;
perdu avec les lettres de M. de Brisacier il y a deux ans. Cela serait fâcheux ;&#13;
cependant, on pourrait toujours revenir à compte.&#13;
Je vous prie de demander pour moi à Mgr l’Ancien de m’envoyer une copie du&#13;
compte que M. de Brisacier vous a envoyé l’année dernière. Je n’ai su que par vos&#13;
lettres le changement de supérieur des Jésuites. J’ai revu du P. Dablon une lettre&#13;
tout à fait obligeante à votre sujet. Il a écrit aussi avantageusement pour vous à&#13;
M. de Brisacier et au P. de La Chaize. Dans sa lettre au P. de La Chaize, il rend de&#13;
M. Dupré un tout autre témoignage que Monseigneur n’en avait rendu. Je sais que&#13;
le P. Bruyas a aussi écrit pour vous. Vous voyez que rien ne m’en convainc&#13;
davantage que l’union qui est entre vous et nous est à l’épreuve de tout ce qu’on a&#13;
fait pour la rompre et qu’elle n’est pas fondée sur l’intérêt et sur des considérations&#13;
humaines. Je vois que c’est une œuvre de Dieu. Quelques personnes en France me&#13;
demandaient si les pères jésuites ne poussaient point Monseigneur à tout ce qu’il&#13;
a fait pour s’emparer et se rendre maître du Séminaire. Je ne me suis pas aisément&#13;
ouvert à toutes sortes de gens à ce sujet, mais aux personnes à qui je ne devais rien&#13;
cacher, je leur ai bien fait voir que, par tout ce que ces pères écrivent, même au&#13;
P. de La Chaize, à l’avantage du Séminaire, et tout ce qu’ils font en Canada, ils sont&#13;
bien éloignés de ces sentiments. Les lettres de ces pères à M. de Brisacier sont tout&#13;
à fait obligeantes, surtout celle du P. Boutart. Il m’écrit de même aussi bien que le&#13;
P. Germain. J’ai tâché à entretenir ici la même union et je l’augmenterai plutôt que&#13;
de diminuer. Les pères ont bien des ennemis en France à cause de leur grande&#13;
autorité. Le parti des jansénistes s’augmente à tous les jours, la Morale pratique&#13;
accuse, à ce qu’on m’a dit, les Jésuites du Canada et les traite aussi mal que ceux&#13;
de la Chine. Je n’ai pu lire de livre pour vous en mieux informer. Vous pouvez le&#13;
savoir des Jésuites, qui passent cette année en assez bon nombre.&#13;
&#13;
�Du 16e avril,&#13;
J’allai hier chez l’archevêque quérir ses lettres pour Monseigneur, dont je vous en&#13;
envoie une par ce paquet, et j’adresse l’autre au P. Bigot pour le prier de vous la&#13;
rendre. Vous aviserez par qui il la faudra faire rendre à Monseigneur. Il serait bon,&#13;
ce me semble, de lui faire rendre celle qui est dans le paquet la première, et ce, par&#13;
M. Fredin. Vous en conférerez. Je ne vous dis rien davantage de ces lettres. Ce que&#13;
je vous en ai écrit vous en instruira assez. Il est nécessaire de garder à cet égard un&#13;
grand secret et quand Monseigneur contreviendrait à ce que lui a écrit&#13;
M. l’archevêque, il ne faudrait en rien faire paraître. J’ai dans la pensée qu’il faudra&#13;
à M. l’archevêque qu’il écrit à M. Dubois, qu’ayant parlé à Sa Majesté de vos&#13;
affaires, elle n’a pas jugé à propos que vous revinssiez, afin que M. de Brisacier&#13;
vous envoyant cette lettre, elle vous autorise pour empêcher votre renvoi, que je&#13;
ne crois pas cependant qu’on ose entreprendre après qu’on aura reçu ces lettres.&#13;
Si cela se peut faire, ce ne pourra être que dans les derniers vaisseaux.&#13;
M. de Brisacier n’est point ici depuis quelques jours et outre qu’il n’a pas le temps&#13;
d’écrire, il m’a dit qu’il n’écrirait point par cette voie exprès, m’ayant ordonné de&#13;
saluer de sa part Mgr l’Ancien, tous nos Messieurs, M. de La Colombière et les&#13;
PP. Bruyas et Dablon, aussi bien que M. l’intendant et M. d’Auteuil, à qui il espère&#13;
bien écrire.&#13;
Je ne vous ai, ce me semble, pas envoyé écrit que j’avais reçu vos lettres pour&#13;
M. de La Pallière ; qu’après l’avoir fait lire à M. l’abbé Milon et aux pères jésuites,&#13;
j’en ai donné l’original à M. de La Pallière et en ai gardé la copie. Cette lettre n’a&#13;
fait que du bien et vous ferez bien de continuer.&#13;
Je ne vous dis rien ici de M. Guyotte, vous en ayant parlé fort au long dans ma&#13;
lettre commune, et la chose ne méritant pas d’être relevée dans cette lettre. Il est&#13;
en son pays, d’où on n’entend point parler de lui en aucune manière. Je vois peu&#13;
de MM. de Saint-Sulpice pour savoir leurs sentiments sur nos affaires. Je n’ai su&#13;
que de M. Guyotte qu’ils n’approuvaient pas la conduite de Monseigneur. Je crois&#13;
qu’ils envoient cette année quelques ecclésiastiques ; je ne sais si c’est à&#13;
Monseigneur ou à son Séminaire. Vous ne devez pas appréhender l’établissement&#13;
&#13;
�d’une nouvelle communauté en Canada, si ce n’est celle de Saint-Sulpice à Québec.&#13;
Il serait facile d’empêcher les autres congrégations de s’y établir.&#13;
J’ai reçu la lettre de Mme Bourdon16 et M. de Brisacier m’a ordonné de la lire, mais&#13;
il n’en a pas eu le temps, non plus que toutes les autres lettres des missionnaires.&#13;
Je ne sais s’il y pourra faire réponse. Mme Bourdon a voulu par sa lettre rendre&#13;
témoignage à la vérité jusque sur le bord du tombeau. J’espère que Dieu la&#13;
récompensera de sa bonne volonté. Je vous prie de me recommander à ses prières&#13;
et toutes celles de la sainte Famille. Vous pouvez croire qu’on n’a pas manqué de&#13;
représenter ce qui se passe au sujet de cette dévotion. Mme de Maintenon a été&#13;
instruite de tout cela, M. l’archevêque, etc., mais il faut attendre le retour de&#13;
Monseigneur pour apporter quelque ordre à toutes ces choses.&#13;
J’ai dessein de vous envoyer un livre qui vient de paraître par les derniers&#13;
vaisseaux, dont voici le titre : Réponse à la lettre du théologien, défenseur de la comédie.&#13;
On en fait de l’estime. Les PP. Bourdaloue, La Rue, Chaussemer et tous les fameux&#13;
prédicateurs n’ont point hésité dans leurs sermons cette année de dire qu’il y avait&#13;
pêché mortel dans l’extrême misère où nous sommes d’assister à ces spectacles.&#13;
On a fort goûté en France votre désistement de poursuites aussitôt que le&#13;
règlement fut arrivé. Je crois que par les termes couchés en ce règlement, qui&#13;
renvoient les nouvelles affaires à régler en France, vous aurez trouvé moyen&#13;
d’éviter la discussion de plusieurs affaires que Monseigneur aura voulu résoudre&#13;
par M. le comte et M. de Champigny. Il sera bon d’avoir si vous pouvez des&#13;
attestations de M. de Champigny et d’autres personnes constituées en dignité de&#13;
votre fidélité à observer ce règlement en tous ses points.&#13;
Je vous envoie dans cette lettre, que j’ai résolu de faire servir de duplicata à ma&#13;
lettre commune, que j’ai donnée au P. Raffeix, et aux particulières que j’ai fait&#13;
mettre dans la caisse des Jésuites, une copie de la facture de cette année et une&#13;
copie du mémoire des papiers que j’ai trouvés dans plusieurs endroits du&#13;
Séminaire. Je ne vous dis rien sur ces papiers, vous renvoyant à ce que je vous en&#13;
ai dit dans ma lettre commune. Il faut examiner quels papiers vous voulez que je&#13;
16&#13;
&#13;
Anne Gasnier, 1611-1698, protectrice des Filles du Roi à Québec&#13;
&#13;
�vous envoie, originaux ou copies, quels papiers vous devez en envoyer. Ce sont,&#13;
ce me semble, des actes authentiques des possessions du Séminaire en Canada.&#13;
Cela ne presse point.&#13;
Si je ne savais que nos Messieurs ne désapprouveront pas que je vous écrire&#13;
comme à vous seul de nos affaires, étant persuadé que je leur écris en vous&#13;
écrivant, le gouvernement n’étant qu’un dans le Séminaire, je n’adresserais pas&#13;
cette lettre à vous seul, mais comme cela s’est fait par occasion et ayant commencé&#13;
à vous écrire et jugé à propos, puisqu’il fallait vous écrire par deux voies et&#13;
m’étendre par conséquent sur tout ce qu’il est bon que vous soyez informé, je crois&#13;
que nos Messieurs ne le trouveront pas mauvais. Vous ne devez point avoir égard&#13;
qu’il n’y ait pas sur l’enveloppe de mes lettres « Duplicata ». Cette lettre que je&#13;
vous écris est un vrai duplicata de ma lettre commune et des particulières et je&#13;
l’adresse au P. Bigot sous l’adresse ordinaire, afin qu’il la mette dans un vaisseau&#13;
où le P. Raffeix ni la caisse des Jésuites ne seront pas. Je ne m’étendrai plus par les&#13;
derniers vaisseaux sur toutes ces matières. Je me contenterai de vous écrire ce qu’il&#13;
y aura de nouveau.&#13;
J’ai trouvé, parmi les derniers papiers qu’on m’a remis du Séminaire, un Office de&#13;
la Saint-Famille assez peu exact. Je me suis informé de ce que cela coûterait bien à&#13;
imprimer : cela n’irait pas, pour 200 ou 300 exemplaires, à plus de 100 ou&#13;
150 livres. Je n’ai pu faire imprimer votre petit livret de prières. Si les temps&#13;
n’eussent pas été aussi mauvais qu’ils sont, j’eusse trouvé quelques charités pour&#13;
cette dépense, mais à présent que les pauvres meurent de faim tous les jours aux&#13;
portes des maisons, il ne faut pas songer à d’autres bonnes œuvres qu’à les&#13;
soulager. Il faudra environ 75 livres pour trois milliers d’exemplaires tous brochés&#13;
en parchemin. Il faudrait y ajouter une petite instruction pour la confession des&#13;
enfants en deux petites pages. Je garde le livre pour quelque occasion.&#13;
Je n’ai pas cru devoir me servir de Mme Ango de La Mothe17. Il faut ménager les&#13;
personnes de cette qualité.&#13;
J’ai fait donner au R. P. de La Chaize toutes les lettres qui lui étaient adressées,&#13;
après en avoir conféré avec M. de Brisacier.&#13;
17&#13;
&#13;
Sœur de Maizerets. Elle lui envoie régulièrement des choses pour le Canada.&#13;
&#13;
�Plusieurs Messieurs ont demandé cette année à M. de Brisacier comment ils&#13;
pourraient être agrégés au Séminaire. J’en ai conféré avec lui. Il croit qu’il faut&#13;
attendre et vous en savez la raison : l’union sera toujours aussi intime que s’ils&#13;
étaient unis au Séminaire.&#13;
Je vous envoie huit petits cachets de dévotion, que vous trouverez dans une petite&#13;
caisse couverte de toile cirée. Il y a, dans cette caisse, vingt bulles imprimées du&#13;
jubilé, que je vous envoie pour vous en servir quand Monseigneur l’aura indiqué&#13;
et les distribuer à nos missionnaires. Il y a de plus dans cette caisse deux montres,&#13;
l’une pour M. Hérault et l’autre pour M. Hazeur, et un mouvement de montre qui&#13;
appartient à M. Claude Chasle, tonnelier à la basse-ville, chez qui M. Pepin logeait.&#13;
Il y a de plus deux livres des examens de Saint-Sulpice, l’un pour M. Herbéry et&#13;
l’autre pour M. Requeleyne. J’envoie à nos missionnaires avec bien de la peine&#13;
presque tout ce qu’ils m’ont demandé. Il y a encore dans cette caisse des verres&#13;
ardents pour M. Dufournel, quelques petites dévotions que vous distribuerez et&#13;
quelques lettres.&#13;
Je ne pourrai pas écrire à plusieurs de nos Messieurs par ces premiers vaisseaux ;&#13;
ce sera par les derniers.&#13;
M. de Préau m’a fait toucher d’avance de quelques jours votre pension de&#13;
150 livres.&#13;
Je ne vous ai pas envoyé le livre De l’éducation des filles, dédié à Mme Maintenon,&#13;
parce que ce livre n’est pas propre pour le Canada. C’est M. l’abbé de Fénelon qui&#13;
en est l’auteur et qui l’a fait pour l’éducation des filles de M. de Beauvilliers, qui&#13;
sont à Montargis, où M. des Maizerets a rapport de lettres. Je n’avais pas songé à&#13;
ce livre en relisant vos lettres. Je tâcherai à vous l’envoyer par les derniers&#13;
vaisseaux.&#13;
Je crois vous avoir déjà écrit que M. Foucques est à Abbeville, fort riche de biens&#13;
de patrimoine, intricatus negotiis saecularibus18, et qu’il est fort éloigné de retourner&#13;
en Canada.&#13;
18&#13;
&#13;
Mêlés des affaires séculières&#13;
&#13;
�M. de Brisacier croit qu’il ne faut point prendre les voies, ni pour son bénéfice ni&#13;
pour celui de M. de Merlac, qu’on me suggère. Il vaut mieux attendre un peu et&#13;
souffrir cependant plutôt que d’introduire dans une nouvelle Église des choses&#13;
odieuses d’elles-mêmes.&#13;
Quoiqu’on marque qu’aucun du Séminaire ne doit repasser avec Monseigneur,&#13;
cela ne doit pas empêcher M. de Brulon de repasser. M. de Brisacier m’a dit à ce&#13;
sujet que son retour ne peut faire de mauvais effets, dès que ses affaires parlières&#13;
le demandent.&#13;
J’ai acheté des pastilles de M. Chomel, qu’il prétend m’avoir données pour rien et&#13;
que je prétends avoir bien payées. C’est un tireur de quintessence qui ne cherche&#13;
qu’à s’instruire et profiter de tout. Il savait une partie de nos différends et il en sait&#13;
plus que je ne voudrais qu’il en sût. Il est cependant un fort honnête homme et fort&#13;
lié à l’assemblée du noviciat.&#13;
Vous pouvez savoir de M. Fredin si on a répondu à la demande que faisait&#13;
M. l’intendant que les deniers des curés, etc., passassent par ses mains et&#13;
nullement pour celles de Monseigneur.&#13;
Je ne vous dis rien sur la bibliothèque, dont on n’a point parlé. Vous pouvez vous&#13;
contenter du mémoire que vous m’avez envoyé sur ce sujet, que je produirai si on&#13;
en parle.&#13;
Il serait bon que la mission de M. Thury fût unie au Séminaire. Je crois que si on&#13;
touchait en France les 600 livres que le roi donne pour les deux missionnaires qui&#13;
la desservent et qu’on les employa en effets en France, dont M. de Chevry promet&#13;
de donner le fret gratis, sur ce pied la mission ne serait pas à charge au Séminaire.&#13;
M. Thury en devrait écrire fortement à M. de Chevry, qui est très bien intentionné&#13;
pour lui et qui lui envoie des présents de farine, lard et vin.&#13;
Les particularités que vous m’avez écrites touchant M. de Merlac m’ont servi en&#13;
temps et lieu à le faire connaître. Les actions particulières servent notablement&#13;
pour cela. J’espère que Dieu nous en délivrera sans que nous nous en empressions&#13;
&#13;
�beaucoup. On le connaît ici mieux qu’on ne faisait dans le dernier voyage, surtout&#13;
Mgr l’archevêque, qui avait de l’estime pour lui et qui, voyant M. de Merlac avec&#13;
son flegme arrêter les saillies de Monseigneur en le tirant par la manche, disait que&#13;
mondit sieur de Merlac était un homme tel qu’il faudrait pour remplir la place de&#13;
Monseigneur ; mais il n’a pas présentement ces sentiments.&#13;
Je vous ai mandé dans mes précédentes que s’il arrivait un accident de mort à M. le&#13;
comte, que je ne lui souhaite pas, mais seulement qu’il se reconnaisse, il serait bon&#13;
de nous en donner avis le plus tôt que vous pourriez. Je vous en dis la raison dans&#13;
ma lettre commune.&#13;
On ne doute point ici que l’évêque a raison des abbayes, est obligé de sa part de&#13;
l’entretien de la sacristie, et sans les abbayes même, aux frais qu’il faut faire pour&#13;
les offices pontificaux. Je vous envoie une consultation de plusieurs articles&#13;
touchant le chapitre, résolus par M. Le Verrier, official de Paris.&#13;
Je ne vous ai pas encore répondu dans celle-ci que les 298 livres que M. de Brisacier&#13;
vous compte avoir fournies à Monseigneur pour ornements du chapitre n’ont&#13;
point été employées à l’ornement dont vous me parlez. C’est une somme que&#13;
M. de Brisacier lui a avancée en plusieurs articles. Il a dit, quand il en a fallu venir&#13;
à compte, qu’il l’avait employée pour le chapitre. Si je puis, je tirerai du livre de&#13;
M. de Brisacier les articles différents de l’emploi de cette somme et vous l’enverrai&#13;
par les derniers vaisseaux.&#13;
L’on ne croit pas que Monseigneur porte ses plaintes à Rome, après s’être adressé&#13;
au roi pour lui demander des commissaires pour régler les différends avec son&#13;
clergé. Il est trop politique pour cela et ce ne serait pas avancer ses affaires, outre&#13;
que Rome ne va guère vite en besogne et que sa coutume est de déléguer un&#13;
commissaire sur les lieux pour informer. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui&#13;
voulussent se charger de cette commission de ceux qui seraient capables de s’en&#13;
bien acquitter.&#13;
&#13;
�J’ai oublié de proposer à Mgr l’Ancien que M. de Grainville, docteur de&#13;
[La] Sorbonne, grand-chantre de l’église de Bayeux, avec qui j’ai un grand&#13;
commerce de lettres, qui était fort connu de Mgr l’Ancien du temps qu’il était à&#13;
Paris, ayant demeuré avec lui deux ans dans le Séminaire, s’est offert plusieurs fois&#13;
à M. de Brisacier pour aller vous aider s’il le jugeait à propos. C’est M. de Brisacier&#13;
qui me l’a dit, car je n’ai pas eu avec lui ces ouvertures. Ce qui arrête&#13;
M. de Brisacier est qu’il craint que mondit sieur de Grainville ne soit un peu entêté&#13;
et entier en ses sentiments et qu’il ne cherche dans la suite à dominer, suivant le&#13;
génie de la nation dont il est (vous remarquerez qu’il est de Caen). Il me semble&#13;
que cela ne serait pas tant à craindre si ce Monsieur passait avec Mgr l’Ancien et&#13;
nos Messieurs quelques années que s’il y allait après leur mort. Leur âge et leur&#13;
expérience lui rendraient leurs sentiments vénérables. Vous en conférerez.&#13;
Mgr l’Ancien peut vous dire ce qu’il en connaît. M. Brisacier ni moi ni ceux qui le&#13;
connaissent n’en peuvent dire que du bien. M. de Bayeux l’emploie souvent dans&#13;
le gouvernement de son diocèse.&#13;
Je crois que M. Hérault sera obligé de revenir en France. Son père le menace de le&#13;
déshériter s’il ne revient.&#13;
Je ne dirai rien ici de tout ce que je vous ai mandé dans ma lettre commune de&#13;
l’union des abbayes à l’évêché de Québec. Je vous dirai seulement que cette union&#13;
n’est pas faite, que celle de Méobecq est passée en Cour de Rome, mais que celle&#13;
de Bénévent et de l’Estrée n’est pas encore passée. On la presse fortement et&#13;
Mme de Maintenon, qui en avait écrit à M. le cardinal de Janson, qui fait les affaires&#13;
de la France à Rome, pour le lui recommander, a envoyé ces jours passés à&#13;
M. de Brisacier une lettre de ce cardinal qui lui mande qui il va faire travailler&#13;
incessamment à cette affaire.&#13;
Je me suis informé de ce que c’est qui appartient au Canada de la fondation de&#13;
M. de Morangis. Il avait laissé 10 000 livres au Séminaire, qu’on avait constituées&#13;
au denier 20, pour distribuer selon la volonté du supérieur du Séminaire aux&#13;
missions des Indes, de Perses et d’Amérique, de Grèce, etc., pour entretenir des&#13;
jeunes séminaristes à Paris. M. de Brisacier en avait toujours appliqué 100 livres&#13;
pour le Canada, mais à présent qu’ils ont consommé ces 10 000 livres pour la&#13;
&#13;
�bâtisse de leur église, je crains bien qu’ils n’en donnent plus rien. Je dois en parler&#13;
à M. de Brisacier, mais il faut encore attendre quelque temps.&#13;
M. de La Pallière a mis à Saint-Nicolas-du-Chardonnet quelques prêtres qui se&#13;
sont présentés à lui pour le Canada. Je ne sais s’il en enverra quelques-uns cette&#13;
année.&#13;
Je ne vous mande rien des nouvelles du temps, surtout de la misère extrême où&#13;
toute l’Europe est réduite. Il y plus de huit mois qu’on dit qu’elle est extrême et&#13;
cependant, elle croit toujours. Vous ne croirez pas ce que l’on pourra vous en&#13;
raconter et cependant, on ne vous fera pas les choses si graves qu’elles le sont. Dieu&#13;
veuille avoir compassion de son peuple et se servir de cette calamité pour nous&#13;
réconcilier tous à Lui. C’est à quoi peu de personnes pensent. Au contraire, dans&#13;
Paris, cette grande nécessité est une source de vices et de crimes énormes. Notre&#13;
bon roi fait ce qu’il peut faire pour donner la paix à son peuple, mais nos ennemis,&#13;
tous battus qu’ils sont, se tiennent fiers de nos misères, quoique les leurs ne soient&#13;
pas moindres. Toutes ces calamités dégoûtent de la vie. C’est une mort continuelle&#13;
de voir les pauvres dans de si grandes souffrances sans les pouvoir soulager ; car&#13;
tel qui pouvait faire l’aumône ne le peut plus par la cherté de toutes choses, par&#13;
les taxes continuelles et par toutes les autres charges qu’il est obligé de porter. On&#13;
a imposé de grosses taxes sur tous les biens des villes et des compagnes pour le&#13;
soulagement des pauvres, mais on ne les fait bien payer qu’aux uns, tandis que les&#13;
autres s’en exemptent.&#13;
Je suis obligé de finir cette lettre, qui est déjà assez longue. Je vous conjure de me&#13;
continuer l’assistance de vos prières et de demander à nos Messieurs et à tous nos&#13;
missionnaires la même chose. Je suis toujours très uni d’esprit à tous leurs travaux&#13;
et à leurs peines. Je voudrais bien les partager avec eux, mais je vois de plus en&#13;
plus que mon affaire consiste à ne rien vouloir et à ne consulter que le bon plaisir&#13;
de Dieu. Je suis persuadé que ma grande affaire consiste à faire mourir en moi ce&#13;
fond d’activité et d’empressement que je reconnais si souvent en moi partir&#13;
d’amour propre et d’orgueil, qui me fait désirer de voir réussir les choses et en voir&#13;
aussitôt la fin que le commencement. Je reconnais bien ce que vous me mandez&#13;
dans vos lettres, que cette incapacité que je ressens en moi pour faire réussir vos&#13;
&#13;
�affaires et ce peu d’ouverture que j’ai pour me communiquer aux grands, est un&#13;
des plus grands biens que Dieu m’ait faits pour ne pas me perdre dans le grand&#13;
monde. Je ne cesse d’en remercier tous les jours de bon Dieu et de le prier de m’ôter&#13;
encore le peu d’esprit qu’il m’a donné pour me conduire, s’il juge que cela soit&#13;
nécessaire pour m’unir intimement à lui, et ne m’en séparer jamais, afin que je&#13;
pusse dire alors « Ut iumentum factus sum apud te et ego temper tecum19 ». Je vois bien&#13;
que ce ne sera point la réussite des affaires, même bonnes, qui nous rendra&#13;
agréables à Dieu, mais qu’au contraire le mauvais succès de ces affaires, bien pris,&#13;
est plus capable de nous unir à lui. Il ne faut pas laisser de lui rendre grâce quand&#13;
il y donne la bénédiction, mais je conçois qu’il ne faut point y mettre d’appui, car&#13;
aujourd’hui les créatures nous flattent et nous applaudissent et demain elles se&#13;
décharneront contre nous. « Mihi [autem] adhaerere Deo bonum est, ponere in Domino&#13;
Deo meo spem meam20 ». Je suis dans l’amour sacré de nos saints patrons avec tout&#13;
le respect possible, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
&#13;
Ce 16e avril 1694,&#13;
Je vous prie de demander excuses pour moi à MM. Dupré et Martin et aux autres&#13;
si je ne leur ai point encore écrit. Je le vais faire au premier jour. Excusez aussi&#13;
toutes les fautes que j’ai pu faire en cette lettre. Je vous parle avec un cœur ouvert&#13;
et sans chercher beaucoup de détours.&#13;
J’ai oublié de prier M. de Bernières de payer à Thomas Gasse, pour lequel il y a&#13;
une lettre dans ce paquet, la somme de 11 livres que Mme Ango de La Mothe a&#13;
reçue pour lui et qu’elle me diminuera sur ce que je dois lui payer pour la toile des&#13;
charités de Mgr l’Ancien.&#13;
&#13;
19&#13;
20&#13;
&#13;
« Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite. » (Psaumes 72:23)&#13;
« Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu ; j’ai pris refuge auprès de mon Dieu. » (Psaumes 72:28)&#13;
&#13;
�Formule de rétraction des évêques de l’Assemblée de 1682 : « Ad pedes Sanctitatis&#13;
una provoluti, declaramus nos vehementer supra id quod dici potest ex corde dolere super&#13;
rebus gestis in qua fatis comitiis qua Sanctitati Vestra eiusque praedecessoribus valde&#13;
displicuerunt ac proinde quod ibidem contra Ecclesiasticam ac Pontificiam authoritatem&#13;
sive in praejudicium ecclesiasticum (quod a mente nostra prorsus alienum esse testamur)&#13;
deliberatum decretum si fuit pro non decreto et non deliberato habemus, et habendum esse&#13;
declaramus21. »&#13;
Les évêques avaient espéré éluder en mettant au lieu de « contra circa » et au lieu&#13;
de « fuit », ils voulaient mettre « videri potent », mais les Romains sont plus raffinés&#13;
que nous et il a fallu donner la rétraction telle quelle est.&#13;
&#13;
/Transcription22 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
&#13;
« Prosternés aux pieds de Votre Sainteté, nous venons lui exprimer l’amère douleur dont nous sommes&#13;
pénétrés dans le fond de nos cœurs et plus qu’il ne nous est possible de l’exprimer, à raison des choses qui&#13;
se sont passées dans l’Assemblée et qui ont souverainement déplu à Votre Sainteté, ainsi qu’à ses&#13;
prédécesseurs. En conséquence, si quelques points ont pu être considérés comme décrétés dans cette&#13;
Assemblée sur la puissance ecclésiastique et sur l’autorité pontificale, nous les tenons pour non décrétées et&#13;
nous déclarons qu’ils doivent être regardés comme tels. »&#13;
22&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
21&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1694, 4 mars – Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5)&#13;
1.ere foeuille&#13;
1694. 4 Mars&#13;
M : Tremblay à&#13;
M. Glandelet.&#13;
&#13;
1 pour m. glandelet ce 4.e mars 1694. 1.&#13;
2 Monsieur No 5 lettres «O»&#13;
3 J’ay Suivi votre avis dans la maniere d’escrire mes lettres, et&#13;
4 la lettre commune que Je vous envoye conjointem.t avec cellecy&#13;
5 vous fera connoistre que Je ne dois vous parler dans cellecy que&#13;
6 de ce qui regarde linterieur, de quelques affaires qui vous&#13;
7 regardent en particulier ou dont Je dois vous parler p.r respondre&#13;
8 a vos lettres; xx&#13;
9 P.r commencer par ce qui est de principal, et dont Je voudrois bien&#13;
10 mentretenir de bouche avec vous, Je puis vous assurer que votre&#13;
11 lettre m’a fait un grand plaisir en me retracant en peu de lignes,&#13;
12 la Source de mes peines et inquietudes interieures, et m’en donnant&#13;
13 des remedes p.r les faire cesser; J’ay lu et relu cette lettre que&#13;
14 vous m’escrivéz de l’interieur, et plus Je la lis plus je m’y&#13;
15 retrouve, et m’y reconnois moy mesme; J’espere en faire mon profit&#13;
16 et me Servir des moyens que vous me donnez, non tant p.r faire&#13;
17 cesser quepr faire un S.t usage de ces peines, car Je crois qu’elles&#13;
18 ne cesseront pas Si tost, et qu’il ne depend pas mesme de moy&#13;
19 de les faire cesser, mais le recours continuel que vous me&#13;
20 donnéz a la priere est le moyen de me Servir utilem.t de toute&#13;
21 ces inquietudes, et d’en faire un S.t usage.&#13;
22 Vous apprendrez un peu par ce que J’escris dans ce que ma lettre commune,&#13;
23 et encore plus par ceque vous verréz et dans la lettre que Jescris&#13;
24 a M. des maizerais, (car Je croy quil vous la voudra bien montrer)&#13;
25 et dans cellecy, que mes peines et mes inquietudes ne cesserent pas&#13;
26 en vous escrivant mes lettres l’année derniere, au contraire elles&#13;
27 Saugmenterent notablem.t, et Je regarde comme une grace forte&#13;
28 et puissante que Dieu m’a fait et des plus Speciales, de les avoir&#13;
29 Sur montéez et davoir demeuré fidelle dans mon estat et ma&#13;
&#13;
�30 Vocation, Je puis bien dire avec verité Quam bonus Israel&#13;
31 Deus, his qui recto sunt corde, mei&#13;
32 paene moti sunt pedes, paene effusi sunt gressus mei, car quelque desir que Je Sentisse de&#13;
33 prendre un autre party, J’en Sentois encore un plus grand de faire la&#13;
2&#13;
&#13;
34 volonté de dieu, et Je ne pouvois, dieu mercy, me resoudre a quitter ma&#13;
35 vocation Si Je ne voyois que ce fust la volonté de dieu, et c’est ce qui m’a&#13;
36 conservé; J’ay reconnu plus que jamais pendant cette année, que mihi&#13;
37 adherere Deo bonum est, ponere in d’no deo spem meam, et p.r mon&#13;
38 Salut, qui en verité courroit grand risque, Si je me retirois de la voye de&#13;
39 grace ou il m’a mis, et pr trouver mesme la paix dèz ce monde cy que Je&#13;
40 ne trouveray pas en m’esloignant du dieu depaix, et mesme p.r mon bien&#13;
41 temporel, car qui a esperé en lui, et a esté confondu; apres tout, pour quoy&#13;
42 Suis je Sur la terre, me Suis je dit cent fois a moy mesme, ce n’est ny p.r&#13;
43 acquerir de lhonneur ny du bien, ny p.r y prendre mes plaisirs; Dieu&#13;
44 m’a fait lagrace de me donner depuis longtemps quelque&#13;
45 esloignem.t de ces choses, Jl ne faut S’y laisser prendre ny apeu&#13;
46 ny a beaucoup, Quid enim mihi est in caelo &amp; Deus cordis mei &amp;&#13;
47 Je me Sens depuis quelque temps dans de bonnes dispositions ce me&#13;
48 Semble, quoy quelles Soint accompagnéez de beaucoup de froideurs&#13;
49 et de lachetéz, et que ces dispositions Soint Si foibles et chancelantes,&#13;
50 que Je craigne a tous momens de les voir Se perdre et Se dissiper.&#13;
51 Depuis Sur tout ce caresme, Je me Sens plus que jamais porté a la&#13;
52 retraite au milieu mesme du tracas ou Jay esté p.r les factures,&#13;
53 Je Sens croistre en moy le desir d’estre bien petit, peu estimé,&#13;
54 delaissé, de n’avoir que Dieu p.r mon partage de mettre en lui tout&#13;
55 mon appuy et toute ma confiance, de me Soumettre en tout a Ses&#13;
56 divines volontéz; J’ay quelques desirs de participer aux Souffrances&#13;
57 de notre Seig.r a Sa vie pauvre cachée, a Sa vie mortifiée, mais&#13;
58 encore plus a Sa vie interieure; Je Suis convaincu de ceque vous&#13;
59 medites dans votre lettre que le moyen leplus Seur p.r acquerir&#13;
60 toutes ces choses est la priere, et qu’il faut plus attendre de Dieu,&#13;
&#13;
�61 que de toutes mes industries, quoy que Je doive les employer&#13;
62 autant que Je connoistray que Dieu le demanderade moy. Je ne&#13;
63 cesse de les lui demander, et attends avec Soumission le moment&#13;
64 auquel Jl lui plaira m’en accorder quelqu’une; Je reconnois asséz&#13;
65 ne les avoir pas meritéez mais avoir fait au contraire tout cequ’il&#13;
66 falloit faire p.r m’en rendre indigne. Je reconnois bien vray ceque&#13;
67 vous me marquéz que tout empressem.t mesme dans les bonnes&#13;
68 choses ne vaut jamais rien, Je me Suis inquieté bien des fois de me&#13;
69 voir Si peu ferme dans ma vocation, et Si inconstant dans mon&#13;
70 estat, J’aurois desiré cette Stabilité queje remarque dans tant de&#13;
71 personnes, Le Diable Se joignant a tout cecy me disoit que cette&#13;
72 inconstance estoit une marque que Je n’estois pas dans l’ordre de&#13;
73 Dieu, que Je devois chercher un estat ou Je fusse moins Sujet a ces&#13;
74 inquietudes, et a ces agitations qui m’ont esté Si ordinaires&#13;
75 par le passé, mais ou le trouver cet estat, puis que dans quelque&#13;
76 estat que ce soit, Je me porteray moy mesme, et par consequent&#13;
3.&#13;
&#13;
77 le plus grand ennemy de mon repos, et de ma paix interieure;&#13;
78 Je ne la trouveray quedans une mort entiere a toutes mes veües&#13;
79 mes inclinations, et mes desirs, et dans une fidelité entiere a suivre&#13;
80 mon Sauveur dans tous les estats ou il lui plaira me mettre,&#13;
81 De tenebres ou de lumieres, de Joye ou de tristesse, de goust ou de&#13;
82 desgoust, et Je Suis convaincu que Je la trouveray mesme plus&#13;
83 avantageusem.t dans les tenebres dans les tristesses et dans les&#13;
84 degousts, que dans leurs contraires, par ce que ce Sont les disposi=&#13;
85 tions ouil a mis Son divin fils; me minavit ditil, in tenebras&#13;
86 et non in lucem, Sed et cum clamevero, exclusit orationem meam.&#13;
87 Je trouve un goust tout particulier a mediter ces choses et&#13;
88 elles me Soutiennent dans la pieté;&#13;
89 Ego vir videns paupertatem meam, voila ma premiere&#13;
90 disposition; Peccatum peccavit Jerusalem, propterea instabilis&#13;
91 facta est, voila la raison de lestat ou je me suis trouve, Bonum&#13;
&#13;
�92 est preastolari cum silentio salutare Dei, Bonum est D’nus&#13;
93 Si je ne me trompe, Spreranti in eum, animae quaerenti illum&#13;
94 Voila ceque Je veux faire, et Je vous prie de joindre vos&#13;
95 prieres aux miennes p.r demander p.r moy la fidelité queje&#13;
96 dois a Dieu, dans toutes ces veües quil me donne p.r y bien corres=&#13;
97 =pondre.&#13;
98 Je Suis dans de grandes apprehentions p.r le retour deM’gr de Quebec&#13;
99 d’un costé, Je crains qu’il ne revienne pas, p.r plus.rs raisons, d’un&#13;
100 autre J’apprehende, S’il revient, de n’estre pas asséz fort p.r Soutenir&#13;
101 bien des attaques que Jeprevoy qu’il me donnera dans les affaires&#13;
102 que J’auray agerer; car quoy que le plus pez.t fardeau tombera&#13;
103 Sur M. de Brisacier, cependant Je prevoy que J’en auray ma&#13;
104 bonne part,, Jl y aura bien des occasions, ou Je prevoy en avoir&#13;
105 a Suporter plus que Je nepuis, mais J’espere que Dieu me&#13;
106 Soutiendra; J’espere Sur tout beaucoup aux prieres de nos&#13;
107 m.rs : Je crains encore bien davantage quil ne revienne pas,&#13;
108 Car vos peines Seroint encore prolongéez; Jl est bien Juste&#13;
109 que je participe a mon tour reellem.t a vos Souffrances,&#13;
110 apres y avoir participé en esprit, Je ne m’appuye pas&#13;
111 beaucoup Sur les creatures, et Sur toutes les esperances&#13;
112 qu’elles peuvent nous donner dans nos affaires, Jl n’y a&#13;
113 que Dieu Sur qui nous puissions compter, C’est p.r quoy, bien&#13;
114 loing de compter p.r quelque chose tout ceque Je vous&#13;
115 ay escrit dans ma lettre commune, et tout ce que Je vous&#13;
116 escriray dans la Suite, Je Suis dans de plus grandes&#13;
117 deffiances et deplus grandes apprehensions, voyant&#13;
4&#13;
&#13;
118 quelque esperance du costé des hommes, que Je n’y mette&#13;
119 quelque appuy et quelque confiance, cela Seroit capable&#13;
120 d’arrester le cours des graces de notre bon Dieu, dans cette affaire,&#13;
121 qu’il peut lui Seul faire reussir.&#13;
122 Si Je ne connoissois nos m.rs aussy bien que Je fais, Jaurois Sujet&#13;
&#13;
�123 d’apprehender quils ne Se choquassent de L’avis que Je leur donne en&#13;
124 plus.rs endroits de mes lettres degarder un Silence profond a Legard&#13;
125 de leurs affaires comme Si Je doutois par la qu’ils ne leussent pas&#13;
126 gardé jusqu’à p’nt, et qu’ils ne legardassent pas quand Je ne le leur&#13;
127 escrirois pas; Jls interpreteront en bonnepart tout ceque Je leur&#13;
128 escris, et jugeront que Je ne leur escris ces choses que p.r leur en&#13;
129 faire remarquer l’importance afin quils y prennent garde plus&#13;
130 que Jamais; M. Labbé de Brisacire m’a xx fort recommandé&#13;
131 de vous en escrire, non pas qu’il doute que vous ne l’ayéz gardé&#13;
132 jusqu’à p’nt, mais afin de vous faire connoistre que dans la&#13;
133 Situation ou Sont les affaires, Jl est Jmportant que l’on ne puisse&#13;
134 dire que vous vouléz opprimer un Evesque, comme M’gr ne manqueroit pas&#13;
135 de le dire, un Evesque, Sil vous voyoit faire paroistre le moindre&#13;
136 Signe de Joye de tout ce qui Se passe en france; La vertu de nos&#13;
137 mess.rs leur fera comme Je n’en doute pas, voir avec douleur,&#13;
138 qu’on Soit obligé d’en venir a des extremitéz facheuses et&#13;
139 mortifiantes p.r une personne qui est leur Sup.r legitime, afin&#13;
140 de leur procurer la paix; J’espere aussy que nos m.rs et vous&#13;
141 mesme me pardonneréz aussy toutes les fautes que J’ay pu&#13;
142 faire, Soit dans ce que J’ay geré en france, Soit dans ceque&#13;
143 J’escris en canada.&#13;
144 Je vous envoye dans nos balots beaucoup de Theses dont vous&#13;
145 disposeréz avec nos m.rs co’e vous le jugeréz a propos; Je vous&#13;
146 envoye aussy quelques chapelets; Jls Sont confondus dans des&#13;
147 boestes du 3.e balot avec des chapelets qui appartiennent a M.rs&#13;
148 de montigny et Requeleyne; Les choses ne Sont pas autant dans&#13;
149 l’ordre que Je le voudrois, parceque les achats Se Sont faits avec&#13;
150 un peu de precipitation; Jl y a aussy des Jmages assez bien&#13;
151 faites de LJnterieur de Jesus marie et Joseph chacune&#13;
152 Separem.t dont Je promets a nos freres donnéz que vous leur&#13;
153 feréz part. Je vous envoye aussy Les cas de conscience de S.te&#13;
154 Beuve, Les cantiques du P. Surin, un cuisinier francois que vous&#13;
&#13;
�155 donneréz a nos freres donnéz, Linstitution au droit Ecclesias=&#13;
156 tique par M. fleury p.r M. du Bos, formules dactes et de&#13;
157 procedures p.r M. de Bernieres. Vous trouveréz aussy une&#13;
158 petite boeste qui vous est addressée dans la quelle outre plus.rs&#13;
159 lettres et papiers dont elle est fort remplie Jl y a deux petites #&#13;
160 # petites nostre Dame d’y voire, l’une p.r M. de Requeleyne, et lautre p.r M. du fournel. Vous auréz la bonté de retirer tous&#13;
161 ces livres et cette boeste; vous trouveréz aussy dans nos balots un tome in 4.e des Epistres de Madame de chantal p.r Made=&#13;
162 =moiselle Glandelet qu’elle m’a demandé par un petit billet que J’ay receu d’elle cet automne; Elle me marquoit quelle avoit&#13;
163 donné un escu de Sa S.te pauvreté a M. Guyotte p.r me le donner, mais M. Guyotte par Son abstraction ord.res S’en est oublié,&#13;
Je vous&#13;
164 prie de dire a Mad.elle Glandelet qu’il n’est pas necessaire qu’elle donne ainsy de l’argent, que Sans qu’elle m’en envoye, Je lui&#13;
165 envoiray l’année prochaine le tableau de la penitence de M. Godeau, qu’elle m’avoit aussy demandé. Je tascheray de lui&#13;
166 mander ces choses par les derniers vaisseaux, Je vous prie en attendant de la Vouloir Salüer de ma part et de me&#13;
167 recommander a Ses prieres. Vous trouveréz aussy parmy les livres des Suplemens des S.ts Nouveaux, une condamnation du&#13;
livre,&#13;
168 de M. du Pin par M. Larch. dont Je vour parlay lannée derniere; une lettre Synodale de Larchevesque de malines; vous&#13;
trouveréz&#13;
169 aussy un paquet de livres que vous envoye M. L’abbé de Lingendes. Jl vous Salüe et escrit, M. de L’encluze, M. adam, et tous&#13;
nos anciens de Lassemblée #&#13;
2.de feuille.&#13;
1694. 15 Mars.&#13;
&#13;
170 page 5.&#13;
lettre O. no. 5&#13;
Du 15.e mars 1694&#13;
171 Le P. Bigot est party p.r vous aller rejoindre, Le P. Rafeix estoit&#13;
172 party longtemps avant lui, M. fredin est aussy party Le Lundy de pasques&#13;
173 de Paris, Jl Se hastent de Se rendre a la Rochelle avant le vingt, par ceque&#13;
174 M. d’Jberbille espere partir avec deux vaisseaux Seulemt dans la fin de ce&#13;
175 mois, et la flotte Sera retardée a 6. Semaines apres; Je crains bien quil&#13;
176 n’en parte plus du tout, car nous naurons point cette année darméé navale&#13;
177 en mer Sur Locean, c’est p.r quoy nos ennemis en Seront les m.tres, et empescheront&#13;
178 quil ne Sorte un Seul vaisseau de france, cela rompt et renverse toutes nos&#13;
179 mesures, Je fais ceque Je puis p.r fare ambarquer dans ces deux 1.ers&#13;
180 vaisseaux tout ce qui est prest p.r nous ala Rochelle; mais Je ne Scay encore&#13;
181 ce qui Se fera; J’ay cru mesme devoir vous parler dans cette lettre de nos&#13;
&#13;
�182 affaires, et vous mander l’estat ou elles Sont, quoy que J’eusse resolu den’en rien&#13;
183 escrire que dans ma lettre commune. J’ay chargé Le P. Rafeix de&#13;
184 cette lettre Sous lenvelope du P. Bruyas; J’ay mis deplus dans la boeste&#13;
185 des P. Jesuites Sous la mesme addresse des lettres particulieres p.r M’gr&#13;
186 Lancien, p.r M. De Bernieres, p.r M. Des maizerais, Je n’ay point encore&#13;
187 pu escrire a M. du Pré, a M. Martin, ny a plus.rs autres de nos m.rs&#13;
188 J’esperois apres mes lettres particulieres faire une Duplicata de ma&#13;
189 lettre commune et l’envoyer par deux vaisseaux differens; Je&#13;
190 nauray pas le temps delefaire par ces 1.ers vaisseaux cy, ce Sera par&#13;
191 les derniers; J’ay dessein Seulem.t de vous marquer en peu de paroles&#13;
192 dans cette lettre la Situation ou Sont les affaires, et Jaddresseray&#13;
193 vendredy cette lettre au P. Bigot Sous addresse ord.re p.r le prier&#13;
194 de donner placer cette lettre en Seureté dans le vaisseau ou Le P. Rafeix ne&#13;
195 passera pas afin que vous puissiez estre Jnformé par tous les deux&#13;
196 vaisseaux de ce qui S’est icy passé;&#13;
197 Je vous ay desja escrit dans la maniere que vous Seul pouvéz lire par&#13;
198 le vaisseau qui est party p.r Laccadie; Jaddresse cette lettre aM.&#13;
199 hazeur, vous auréz la bonté de me marquer Si vous lavéz receüe&#13;
200 Je crois avoir receu toutes vos lettres et tous vos papiers; Jls&#13;
201 m’ont esté rendus de tous costéz en bon ordre; Je crains Seulem.t&#13;
202 que quelques lettres deM’gr Lancien ne Soint perdües&#13;
203 Je voy aussy par les vostres que vous receustes l’an passé toutes&#13;
204 celles que Je vous escrivis; car Je navois point fait de duplicata&#13;
205 daucune de mes lettres, mais Je comptois que ma lettre commune&#13;
206 Serviroit de duplicata a toutes les autres.&#13;
207 Dieu qui veille Si particulierem.t Sur lEglise du canada a disposé&#13;
208 le cœur du Roy a remedire aux troubles et aux dissentions qui Sy&#13;
209 Sont excitéez; Jl a reconnu d’où elles procedoint et il est convaincu&#13;
210 que le Seul moyen de les faire cesser est de rappeler M’gr de Quebec&#13;
211 de vous dire comment Le Roy S’est trouvé Si bien disposé Je n’en&#13;
6&#13;
&#13;
212 Scay rien, J’ayme mieux mesme ne le Scavoir pas que de le Scavoir, afin&#13;
&#13;
�213 d’en avoir p.r Dieu Seul toute la reconnoissance que Je craidrois de&#13;
214 partager avec les creatures, Prope est d’nus o’bus invocantibus eum,&#13;
215 voluntatem timentium se faciet &amp; Cor regis in manu eius est,&#13;
216 quocumque voluerit inclinabit illud, voila ce qu’opere la Souffrance bien&#13;
217 portée; M. Le marquis de Denonville poura peut estre vous expliquer&#13;
218 comment cela S’est fait, Je l’appris peu apres nos dernieres lettres&#13;
219 receües; ce fut dans l’octave de L’Epiphanie, temps, comme vous Scavéz&#13;
220 consacré a la manifestation des Grandeurs du S.t Enfant Jesus; M. L’abbe&#13;
221 de Brisacier me lut un article dela lettre de M.dme de maintenon qui&#13;
222 lui marquoit la disposition favorable du Roy a cet esgard, Le P. de la&#13;
223 chaize, et M. Le marquis de Denonville le lui confirmerent peu apres,&#13;
224 et M. Larchevesque de Paris le leur fit encore plus particulierem.t&#13;
225 connoistre peu de jours apres;&#13;
226 M. Labbé de Brisacier m’ordonna de garder un Silence profond de&#13;
227 tout cecy, ce qui m’a empesché dên parler mesme avec les P. Jesuites, Je&#13;
228 ne doute point que M. de Denonville ne les en ait informéz; cependant&#13;
229 nous ne nous en Sommes point les uns ny les autres ouverts ensemble,&#13;
230 Nous avons obligation a tous ceux presque qui Sont passéz en&#13;
231 france, qui tous ont parlé du Sem.re avantageusem.t les Seculiers&#13;
232 Se Sont bien apperceus que M’gr n’estoit pas bien en cour, Jls Jugent&#13;
233 bien mesme que Sil estoit en france il ne retourneroit pas en canada,&#13;
234 et qu’on tascheroit de lui donner un autre Evesché, mais Je ne croy&#13;
235 pas qu’aucun Scache les intentions du Roy; Jls ne manqueront pas&#13;
236 deparler ainsy en canada, vous devéz vous tenir dans une grande&#13;
237 reserve a cet esgard, et ne pas faire paroistre en aucune maniere&#13;
238 Scavoir de france rien qui approche de ces choses.&#13;
239 On ne Scait pas encore qu’elles mesures le Roy prendra p.r faire reussir&#13;
240 la chose. Le P. de la chaize dit a nos m.rs qu’il ne Scavoit Si le Roy&#13;
241 le retiendroit en france Sans lui oster Son Evesché et en laisseroit le&#13;
242 gouvernem.t a M’gr Lancien, au M’gr le feroit gouverner par des&#13;
243 Grands Vicaires, ou Si S. m. lui donneroit un autre Evesché, ou Enfin&#13;
244 Si on lui donneroit en fin quelques abbayes p.r vivre en france, etlui&#13;
&#13;
�M. Brunet&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
245 Se demetteroit de Son Evesché entre les mains du Roy qui y pourvoiroit&#13;
246 Le P. de la chaize est persuadé que si le Roy est dans le dessein de nous&#13;
247 donner un autre Evesque, Jl faut que nos m.rs jettent les yeux Sur une&#13;
248 personne qui puisse d’un costé pretendre a remplir ce poste, et qu’on&#13;
249 puisse d’un autre costé esperer qu’il entrera dans lesprit de notre&#13;
250 Sem.re autant que M’gr S’en est esloigné; Jl leur a lui mesme Suggeré&#13;
251 M. Labbé Brunet frere du grand Brunet garde du tresor royal, qui est&#13;
252 amy intime de nos m.rs, et qui comme Je le croy Seroit bien propre a&#13;
253 remplir un tel poste, C’est une personne bien unie a Dieu, d’une douceur&#13;
254 d’ange, d’une Simplicité d’Enfant, bien detaché des biens de ce monde, qui&#13;
255 passe les jours aux pieds d’un crucifix ou dans plus.rs autres bonnes œuvres,&#13;
256 ce n’est point un esprit hautain remuant &amp; Jl est pacifique, Jl escoute&#13;
257 conseil, En un mot Jl me Semble que le Canada Seroit trop&#13;
258 heureux Sil avoit un tel Evesque, Jl a de la Science, Jl est Docteur de&#13;
259 Sorbonne, Jl presche avec beaucoup d’onction, Vous trouverez dans&#13;
260 nos balots un petit livre en par chemin p.r linstruction des&#13;
261 confesseurs qu’il fit imprimer l’an passé p.r le faire distribuer&#13;
262 par nos m.rs dans leurs missions de france aux Curéz des&#13;
263 campagnes. Jl a autant d’esloignem.t p.r les grandeurs que Son&#13;
264 frere qui occupe une charge qui lui couste 800000.# et qui le&#13;
265 rend considerable aupres de tout ce qu’il y a de grand a la Cour,&#13;
266 a d’empressem.t de le voir eslevé aux Prelatures; Jl accepteroit&#13;
267 Volontiers un Evesché de canada, a quoy l’on prevoit que Son frere&#13;
268 S’opposeroit fortem.t Nos m.rs S’en Sont ouverts avec lui, en cas que&#13;
269 les choses tournassent comme il faut, Je prie de bien recomman=&#13;
270 der cette affaire a Dieu, Je ne cesse de le faire de mon costé.&#13;
271 on S’attend que M’gr ne manquera pas de crier fort haut l’année&#13;
272 prochaine, et de Se plaindre Sur tout de M. Labbé de Brisacier;&#13;
273 Jl lui a escrit cette année que tout le monde voyoit bien en Canada&#13;
274 qu’il Se mocquoit de lui par la nomination quil avoit faite des&#13;
275 officiers du Sem.re que le gouvernem.t n’y estoit nullem.t changé &amp;&#13;
&#13;
�276 et qu’il chercheroit Sans S’addresser a lui les remedes aux grands&#13;
277 maux que cause la division dans Son Eglise;&#13;
278 on craint bien davantage qu’il ne Se cantonne en canada,&#13;
279 et que Sentant qu’on n’est pas bien disposé p.t lui, a la cour, Jl ne&#13;
280 prenne la resolution de rester dans Son Evesché, ce qui ambaras=&#13;
281 =Seroit fort, car Je ne Scay Si le Roy voudroit l’en faire Sortir&#13;
282 par quelq’ voye Violente, Jl est asséz difficile davoir prise Sur&#13;
283 lui, estant de bonnes mœurs, et ne pechant que dans la&#13;
284 conduite et le gouvernem.t de Son Eglise;&#13;
285 Le Roy a resolu p.r L’obliger de revenir de ne rien regler jusqu’à&#13;
286 Son retour en france, et M. Larchevesque et Le P. dela chaize&#13;
287 l’ont dit a M. de la Palliere et a nous; on a pris le pretexte&#13;
288 qu’il le demandoit lui mesme; et Je le mande a nos miss.res en&#13;
289 canada; M. L’archevesque, qui avoit paru toujours beaucoup&#13;
290 plus porté p.r M’gr que p.r nous, p.r Soutenir la dignité Episcopale&#13;
291 n’a pas fait paroistre cette année la mesme chose; Cependant&#13;
292 M’gr lui avoit escrit des lettres de confidences des memoires&#13;
293 Secrets &amp; que M. Larch. a tous fait lire a nos mess.rs dans&#13;
294 les quels Jl nous accuse destre Jesuites, Jl dit que vous vous vantéz&#13;
295 de ne rien craindre par ce que vous avéz Le P. Dela chaize p.r&#13;
296 vous &amp; Jl n’a pas esté difficile a ce Prelat de descouvrir tout lartifice&#13;
297 de ces lettres, Elles n’ont Servies qu’a un bien, qui est de lui faire&#13;
298 connoiste le caractere d’esprit de M qui tasche a mettre la division&#13;
299 par tout, voulant la mettre par ces lettres entre M. Larch. et Le P. de la chaize&#13;
8.&#13;
&#13;
300 Ce Prelat a fait paroistre a nos mess.rs une affection Extraord.re de les&#13;
301 Je l’avertis de larrivee de M. Merlat a Paris, Jl le fit avertir aussitost&#13;
302 dele venir voir, Jl lui deffendit de distribuer les lettres de M’gr, Jl ne&#13;
303 voulut pas demender au Roy co’e M. Merlat l’en prioit de la part&#13;
304 de M’gr que Sa Gr. pust vous ramenner en france avec lui l’année&#13;
305 prochaine, p.r pouvoir dire vos raisons; ce que nous appreceusmes bien&#13;
306 estre la cause du retar dem.t de Son voyage p.r une année au contraire&#13;
&#13;
�307 Jl parla au Roy fort avantageusem.t p.r nous, Jl pria dit il Le Roy, de&#13;
308 ne point donner d’Evesché a M’gr en france que cestoit un esprit&#13;
309 dangereux, qu’il pouroit remuer dans les assembléez, et quil ne le&#13;
310 croyoit pas capable de conduire; Jl rapporta a nos m.rs la&#13;
311 favorable disposition du Roy, et nous ne doutons point qu’elle n’ait operé&#13;
312 en lui le grand changem.t dans le quel Jl nous parut estre a nostre esgard.&#13;
313 Vous auriez du escrire une lettre a ce Prelat, et une au P. de la chaize,&#13;
314 et M’gr Lancien autant p.r leur recommander vos affaires avec&#13;
315 un petit memoire le plus abregé que faire Se pouroit de vos affaires differens,&#13;
316 vous auréz la bonté de le faire lannée prochaine sans rien faire&#13;
317 paroiste deceque Je vous mande icy.&#13;
318 M. de merlat a esté fort Surpris de ce que tous les esprits n’estoint&#13;
319 guere disposéz a entrer dans Ses veües et celles de M’gr, Jl a voulu&#13;
320 passer p.r une personne qui n’avoit point d’intherests dans toute cette affaire&#13;
321 et qui a toujours tasché destre le mediateur de la paix entre les uns et&#13;
322 les autres, mais il a trouvé qu’on ne le regardoit pas icy comme tel, et&#13;
323 M. de la Palliere lui mesme lui a dit qu’il avoit bien mal fait de&#13;
324 jetter Mon seig.r dans tous les ambarras ou il est p’ntem.t M. de la&#13;
325 Palliere le connoissoit desja dez Son 1.er voyage, Jl a eu quelq’ Sujet&#13;
326 de le Soupconner de nouvelle doctrine acause de Ses habitudes avec une&#13;
327 personne qui est Sorty de loratoire p.r ce Sujet; Je vous prie de&#13;
328 garder cecy dans le Silence; Jl a reconnu dans ce bon Mons.r&#13;
329 quelque deffaut de prudence en plus.rs occasions; Jl vint dans Son&#13;
330 dernier voyage demander a Linsceu de M’gr et de M. de la Pallilere&#13;
331 a la Sup.re de la Visitation, dont il est le directeur lui demander de&#13;
332 dire Ses messes p.r la retribution; Jl a fait paroistre un empressem.t&#13;
333 extraord.re p.r obliger M’gr a lui procurer Sa pension; depuis qu’il&#13;
334 est arrivé dans ce dernier voyage Jl a decacheté a la Rochelle toutes&#13;
335 les lettres de M. de la Palliere, lui en a envoyé quelques unes, et en&#13;
336 a gardé les autres, Jl a demandé a venir loger au Sem.re, et Jl y&#13;
337 venoit descendre en quittant le messager Si je ne fusse allé au devant&#13;
338 le prier de nous en dispenser en lui alleguant que nous n’avions&#13;
&#13;
�339 pas de logem.t commode p.r lui, Jl n’a pas laissé plus.rs fois de&#13;
340 Solliciter depuis nos Sup.rs de le laisser venir demeurer au Sem.re&#13;
3.e feuille.&#13;
page 9.&#13;
&#13;
++&#13;
&#13;
341 lettre O. no. 5&#13;
342 mais on n’a garde de l’y recevoir, car cela pouroit peut estre&#13;
343 attirer M’gr a Son retour, et on veut tascher d’empescher qu’il&#13;
344 n’y vienne pas descendre, p.r l’empescher de faire davantage a nos&#13;
345 m.rs le compliment; Vous nestes pas digne de lhonneur que&#13;
346 Je vous fais de demeurer dans votre Sem.re&#13;
347 M. dela Palliere nous a dit plus.rs fois qu’il estoit necessaire&#13;
348 d’empescher Mond. S.r de merlat de retourner en canada, Je&#13;
349 Souhaitte que cela Soit.&#13;
350 Nous vivons avec une grande union avec Mond. S.r de la Palliere;&#13;
351 M’gr l’a effectivem.t Soupconné de ne Soutenir pas Ses intherests assez.&#13;
352 Vigoureusem.t; on ne peut cependant y apporter plus de Soin et&#13;
353 d’application, Jl nous a paru aller droit, Jl cherche le bien, a La&#13;
354 verité comme il est chargé des affaires de M’gr Jl croit qu’il est&#13;
355 de Son devoir d’en Soutenir les intherests, et Jaurois plus Sujet de&#13;
356 me plaindre qu’il les Soutient trop fortem.t que M’gr qu’il ne les&#13;
357 Soutient pas asséz. Je lui ay donné votre lettre apres l’avoir fait&#13;
358 lire a M. Labbé milon et aux PP. Bigot et Lamber ville qui l’a&#13;
359 trouverent bonne, Je lui donnay mesme toutes les pieces concernantes&#13;
360 le procès du chapitre, Jl les trouva en bonne forme, cependant Jl&#13;
361 pretendit qu’a la verité M. merlat n’avoit pas eu raison de&#13;
362 demander ce qui est couché dans Se requeste, et que M’gr auroit&#13;
363 du observer les formalitéz de Justice, mais qu’aussy vous n’auriez&#13;
364 pas du en appeler comme d’abus, qu’un appel co’e dabus Sonne&#13;
365 toujours tres mal, que vous auriez pu arrester la chose par&#13;
366 une autre Voye, et plus.rs autres choses quil ajouta a ce Sujet, Jl ne Scavoit&#13;
367 aussy que croire de ce que vous marquéz dans le Journal du chapitre;&#13;
368 ou de ceque racontoit M. demerlat et lui mandoit M’gr dela maniere&#13;
369 dont les choses Se Sont passéez dans le chapitre; votre lettre n’a fait aucun mal, elle&#13;
&#13;
�370 a fait du bien au contraire, et comme Je ne doute pas quil ne vous&#13;
371 escrive, Je vous prie aussy de ne pas manquer de lui escrire.&#13;
372 Nous n’avons point eus cette année ny lui ny nous a discuter les&#13;
373 affaires devant les commissaires, Jls ne Se Sont pas assemblez une&#13;
374 Seule fois Sur ce Sujet; apres la lettre commune escrite que J’ay&#13;
375 donné au P. Rafeix, M. Labbé de Brisacier estant allé trouver M.&#13;
376 Larchevesque a Versailles et ne l’ayans pas trouvé lui laissa une&#13;
377 lettre dans la quelle Jl le prioit 1.e que Le P. dela chaize estant&#13;
378 Suspect a M’gr de Quebec p.r lui porter la parole du Roy, (par ceque&#13;
379 M’gr a escrit au P. de la chaize qu’il l’informoit mal des Sentimens que le Roy avoit&#13;
380 de Sa conduite, que Sa Reverence escrivoit que le Roy n’en estoit pas content et&#13;
381 que cepend.t M. de Pont chartrain lui escrivoit le contraire) On Suplioit Sa&#13;
382 Grandeur de vouloir lui mesme prendre les ordres du Roy p.r escrire&#13;
383 a M’gr de Quebec de Sa part. C’estoit faire plaisir a M. larchevesque&#13;
10.&#13;
&#13;
Du 15.e avril 1694&#13;
&#13;
384 et a nous, de lui donner une pareille commission; Tout ce qui donne occasion&#13;
385 a ces grands Seigneurs d’entretenir le Roy leur est fort agreable;&#13;
386 2.e Que Sa grandeur voulust Scavoir du Roy Si ce nestoit pas LJntention&#13;
387 de Sa majesté que M’gr revinst cette année en france Sans differer&#13;
388 p.r regler tous les differens, 3.e Si Sa m. ne jugeoit pas xxx necessaire que&#13;
389 nos m.rs revinssent avec lui p.r dire leurs raisons, Soffans de les&#13;
390 dire par escrit dans leurs lettres, et de bouche par les personnes&#13;
391 qui font leurs affaires en france et d’en passer par tout ce que&#13;
392 les commissaires auront regléz. 4. Si ce n’estoit pas L’Jntention&#13;
393 de S. m. que M.gr laissast toucher ce qui vous est deu p.r 94.&#13;
394 des charges indispensables, et que p.r lavenir largent restast entre&#13;
395 les mains, de l’agent de la Compagnie jusqu’à ce que tout eust&#13;
396 esté reglé entre M’gr et Son Sem.re. et&#13;
397 M. Larch. Entretint le Roy de toutes ces choses chargea M. Larch. qui le chargea&#13;
398 de les escrire a M’gr de Quebec, J’en Suis allé hier faire ressouve=&#13;
399 nir M’gr de Paris, Jl m’a ordonné de revenir le lendemain, p.r&#13;
400 l’en mieux faire Souvenir, J’y dois aller demain matin, et le&#13;
&#13;
�+&#13;
&#13;
401 doit prier de nous faire deux lettres, afin de les envoyer par&#13;
402 deux differentes voyes. Voila donc tout ce qui S’est fait cette année&#13;
403 a ce Sujet M. Larch. doit escrire a M’gr que le Roy juge expedient&#13;
404 et mesme necessaire qu’il fasse cette année sans differer un Voyage&#13;
405 en france p.r regler et terminer toutes les brouilleries de Son&#13;
406 Eglise; 2. que Sa m ne juge pas necessaire au contraite croit&#13;
407 inutil que ces m.rs du Sem.rs reviennent avec lui, 3.e qu’il doit&#13;
408 laisser toucher ce qui vous est deu p.r lannée 94. des charges&#13;
409 indispensables Sur votre Simple quittance et que p.r les annéez Sui=&#13;
410 vantes on reglera les choses Sil y trouve quelque difficulté apres&#13;
411 Son retour; (J’avois dans le memoire que Je presentay a M. de&#13;
412 Brisacier p.r le faire Souvenir de demander ces choses ajouté&#13;
413 quelques autres articles, entrautres que M’gr eust a lever l’interdit&#13;
414 quil a porté contre vous, mais M. de Brisacier ne jugea pas en&#13;
415 devoir rien dire, par cequil Scavoit que le Roy ne Se mesleroit&#13;
416 point de cequi touche la jurisdiction Episcopale, Jl me dit ensuite&#13;
417 qu’il valoit mieux si M’gr le vouloit que vous le fussiez encore&#13;
418 un an, que le Dioceze a la Verité en patiroit, mais qu’aussy&#13;
419 cela feroit plus de tort a M’gr qu’a vous.&#13;
420 Si Je tire ces deux lettres de M’gr Larch. Je vous les envoyeray&#13;
421 par deux voyes. les addressant au P. Bigot p.r le prier de les&#13;
422 mettre dans les deux Navires qui vont en canada&#13;
423 on n’a pas voulu que nous envoyassions nostre resignation de M. du&#13;
424 Pré en cour de Rome, Tout est Suspendu jusqu’au retour deMgr;&#13;
425 Si on juge que l’on doive achever cette resignation, Jl faudra envoyer&#13;
426 une nouvelle procuration.&#13;
427 Jl nous faut envoyer aussy une autre procuration du chapitre&#13;
428 celle de cette année ne vaut rien, Jl faut qu’elle Soit Signée du&#13;
429 plus grand nombre de chanoines qu’il est possible; Jl Seroit bon&#13;
430 aussy de mettre M. Tiberge et M. Labbé de Brisacier p.r&#13;
431 procureurs, afin que Sil arrivoit un accident a un, l’autre&#13;
&#13;
�432 pust toujours agir. Le 1.er Sappelle Loüis, et le 2.e Jacque charle&#13;
433 Le 1.er est abbé d&#13;
et le Second de flabemont&#13;
434 M. Tiberge est depuis trois mois notre Sup.r et M. Labbé de Brisa=&#13;
435 =cier assistant, c’est Sur eux que roule tout le Sem.re; M. Serin&#13;
436 n’est guere en estat d’agir; Le Sem.re continüe depuis longtemps&#13;
437 a naller pas trop bien, Nos Sup.rs Sont chargez de tant d’autres&#13;
438 affaires, que le Sem.re en paroist le moindre ou celle qui les&#13;
439 occupe le moins. a Loccasion des procurations Je croy que&#13;
440 vous devéz nous en envoyer une au nom duSem.re la plus&#13;
441 g’rale que faire Se poura nous n’en avons point et on ne peut&#13;
442 agir p.r vous que comme Se faisans forts. M’gr Lancien aura&#13;
443 aussy la bonté de nous en envoyer une nouvelle p.r lui conjointem.t&#13;
444 et de ne pas oublier Son certificat de vie; Je prie aussy M. duPré d’en&#13;
445 envoyer une p.r affermer et recevoir les revenus de Son Prieuré;&#13;
446 Le Bail finit a la fin de cette année. Jl y a deux ans que nous&#13;
447 n’en avons rien touchéz.&#13;
448 Nous fusmes payéz l’an passé de la pension deM’gr Lancien&#13;
449 Sur M’gr d’aire, M. de Brisacier la receut p.r Se rembourser des&#13;
450 avances qu’il a faites; p.r nous, Je ne Scay pas combien nous lui&#13;
451 Sommes encore redevables; P.r la pension de M’gr de 2000.# Sur le Tresor&#13;
452 royal nous n’en avons rien touchéz depuis deux ans, et Jl y a apparence&#13;
453 que nous n’en toucherons rien tant que la guerre durera; Les ministres&#13;
454 d’etat et les mareschaux de france ne touchent pas les leurs; on&#13;
455 aura peine a croire en canada juqu’ou va la misere de la france,&#13;
456 Combien largent y est rare, le pain, et toutes les choses qui Se consument.&#13;
457 on dit que nos ennemis ne Souffrent pas moins que nous; Cepend.t&#13;
458 on ne les voit guere S’approcher des voyes d’accommodem.t et de pais; Le&#13;
459 Roy y paroist fort porté, nos ennemis lattribuent a foiblesse et S’en&#13;
460 tiennent plus fiers, Jls devroint cepend.t avoir desja appris par leur&#13;
461 experiance funestes que Le Roy n’est pas dhumeur a plier, et a recevoir&#13;
462 la loy d’eux, Dieu mesme Semble ne le pas vouloir; dans le temps qu’il&#13;
463 nous accable de misere au dedans, Jl rend au dehors Le Roy&#13;
&#13;
�464 triomplant de tous Ses ennemis; Jl benir la cause Juste et s.te de&#13;
465 la guerre du Roy, et chatie au dedans nos pechéz avec beaucoup&#13;
466 de bonté;&#13;
467 Nous Sommes reconciliez avec le S.t Siege depuis cinq mois; Nos&#13;
468 Evesques nommez qui avoint assisté a Lassemblée de 82. ont escrit au&#13;
469 S.t Pere quils avoint de la douleur de ce qui S’estoit passé dans cette&#13;
470 assemblée contre la discipline Ecclesiastique, et quils Se regardoint&#13;
471 co’e une chose de nulle authorité. Tous ensuite ont eus leurs bulles&#13;
472 et ont esté Sacréz.&#13;
12.&#13;
&#13;
473 Le Roy a nommé a LEvesché de Cominge M. de Brisay frere de M. de&#13;
474 Denonville; M. L’abbé milon a LEvesché de condom, M. Labbé dela&#13;
475 frereliere a LEvesché de la Rochelle, l’ancien estant mort. Jl a donné&#13;
476 L’abbaye de Val richer a M. Labbé de Camilly beau frere de M. de&#13;
477 vaubesnard, et la choisy p.r estre grand Vicaire de M. Le cardinal&#13;
478 furttamberg a Stras bourg a la place de M. dela frereliere qui lestoit&#13;
479 c’est un pas p.r aller a LEvesché; Jl demeure depuis plus d’un an&#13;
480 au Sem.re Le&#13;
481 LEdit p.r la taxe des bois est revoqué cela a esté converty en une&#13;
482 Somme p.r le don gratuit, qui n’empeschera pas ce quon doit lever en&#13;
483 lassemblée de lannée prochaine p.r ce mesme don;&#13;
484 Nous So’es en dettes de 12600.# aM. Grignon, De 500.# a M. Rotrou,&#13;
485 550.# p.r lever Le decret d’union des benefices Simples de meaubec au&#13;
486 Sem.re de 200.# a M Carnot et deplus.rs autres petites dettes, Sans ceque&#13;
487 nous devons a M’gr L’ancien, Je ne voy a toucher cette année&#13;
488 que 2000.# p.r les prestre uséz 1800.# de M. Daire et 4 ou 500.#&#13;
489 dautre part. Jespere aussy depuis quelque temps toucher une&#13;
490 Somme de 1800.# de la Succession de M. du Douist a quoy Jl a fallu&#13;
491 nous reduire de 3000# qui nous Sont dus en principal Sans les&#13;
492 arrerages; Cette So’ne nous fera bien du bien Si elle nous vient.&#13;
493 J’en attrends des nouvelles depuis quelques jours.&#13;
494 Sur ces So’es J’ay demandé a M. Grignon de nous accomplir une&#13;
&#13;
�495 facture qui ira a plus de 2500.# et pres de 3000.# avec les frais, Dem&#13;
496 d’employer de plus 300.# en estoffes p.r les charitéz de M’gr Lancien&#13;
497 et Je vous envoye une facture de Paris qui monte a 2450.# Sans&#13;
498 400.# de toile moitié coton qui est dans ces balots que Je ne&#13;
499 compte point, par ce que Je ne l’ay pas encore payée. Je ne puis vous&#13;
500 envoyer un estat au juste de mes comptes que dans les derniers&#13;
501 Vaisseaux; J’ay pris toutes choses a Paris a credit, mais Jl faut p’ntem.t&#13;
502 trouver de l’argent et c’est ce qui mambarasse, car Je ne Scay d’où&#13;
503 en tirer; M. Grignon de Son costé me presse fort; Je tasche a&#13;
504 le payer de bonne paroles ne pouvant lui donner dargent, mais&#13;
505 vous Scavéz que cette monnoye n’est pas toujours bien receüe,&#13;
506 Jl faut que nos m.rs fassent tous leurs efforts p.r trouver de&#13;
507 l’argent p.r mond. S.r Grignon, car Jls en trouveront plutost a la&#13;
508 Quebec qu’a Paris, ou J’ay fait mes efforts inutilem.t p.r trouver&#13;
509 a en emprunter.&#13;
510 Nous avons entré depuis quelque temps en Jouissance du Prieuré de S.t&#13;
511 Sebastien affermé 500.# et qui nous vaudra toujours 400.# nets, Le&#13;
512 titulaire est morts on me la conferé en attendant que Lunion Soit&#13;
513 consommée; Nous travaillons p’ntem.t a enlever le decret : J’espere&#13;
514 que dans peu nous l’aurons. Je feray cet esté un tout en ces quartiers&#13;
4.e feuille&#13;
page 13.&#13;
lettre O no 5&#13;
&#13;
515 p.r mettre tous ces prieuréz qui Sont celui de Bienavant affermé&#13;
516 725.# celui de S.t Sebastien 500. et celui de parcay 800.# en bon&#13;
517 estat, on me mande tous les jours qu’il y a des reparations&#13;
518 a des chaussez de moulins a y faire, Jl faut en renouveler les baux,&#13;
519 on m’en offre desja quelque augmentation Sur un chacun, J’ay de&#13;
520 plus affaire en ces quartiers acause de 2000.# qui Sont dus a M’gr&#13;
521 Lancien par les heritiers d’un ancien fermier de meaubec&#13;
522 nommé Galpy; Tout cela merite bien qu’on aille y faire un tour.&#13;
523 Nous faisons 300.# de pension Sur celui de Bien avant a M. Gontier&#13;
524 Comme Je n’ay point encore repondu a plus.rs choses qui Sont&#13;
525 repandües dans vos lettres, Je vais le faire presentem.t le plus&#13;
&#13;
�Basse-ville +&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
526 Succintem.t que Je pouray.&#13;
527 Je ne scay Si je vous ay desja escrit dans cette lettre que M. L’arch. a&#13;
528 cru que vous neussiez pas du appeler comme d’abus a un tribunal&#13;
529 Secculier de L’ordonnance de M’gr, cela n’est pas dit il edifiant dans une&#13;
530 nouvelle Eglise, La cause de plus est purem.t Ecclesiastique, &amp; Jl a cru qu’un&#13;
531 appel Simple eust esté Suffisant p.r arrester leffet de Lord.ce de M’gr Je ne&#13;
532 Scay ce qu’il vouloit dire par lappel Simple, et Je ne pus me le faire&#13;
533 expliquer&#13;
534 Lon a esté convaincu tant par le rapport de M fredin dela part de M&#13;
535 LJntendant, que par la lettre de M. Dauteüil a M. de Brisacier, qui estoit&#13;
536 fort bien faite, qu’il n’y avoit point eu d’arbitrage; Jl Sera bon de tascher&#13;
537 davoir encore cette année de bonnes attestations comme celles la, et&#13;
538 dautres p.r les faits qui Seront contestéz, cela fait de bons effets; on ne&#13;
539 S’en Servira que d’une maniere a ne point faite de tort aux personnes&#13;
540 qui les donneront. M. de Brisacier eust desiré Scavoir en quoy Jl&#13;
541 eust pu obliger M. D’auteüil Jl lauroit fait volontiers, Je croy&#13;
542 qu’il lui escrira, mais ce ne Sera que par les derniers Vaisseaux, car&#13;
543 quelque Soin que J’aye pris de l’en avertir Jl n’a pu trouver du&#13;
544 temps p.r escrire par les 1.ers : Javois envoyé a M. azeur une&#13;
545 Liasse de papiers qu’une personne a qui J’ay de lobligation a cause de&#13;
546 Sa famille m’avoit prié d’addresser a quelqu’un en canada p.r&#13;
547 Susciter un procèz de consequence a M. Dauteuil, M. azeur n’a pas&#13;
548 voulu Se mesler de cette affaire par consideration p.r M. Dauteuil,&#13;
549 Jl m’a fait plaisir, et Je lui mande de me renvoyer les papiers.&#13;
550 J’ay parlé a M. Labbé de Brisacier de l’acte de demission de lemplacem.t de la chapelle Succursale dont vous me parlez&#13;
551 comme de la piece la plus forte p.r obtenir les lettres patentes, M. de&#13;
552 Brisacier croit qu’en rigueur cela ne Serviroit de rien, et que Sans un&#13;
553 Secours extraord.re comme celui qu’on espere nous donner nous aurions&#13;
554 peine a maintenir cette union; Jl faut esperer qu’on pourra dans la&#13;
555 Suite mieux establir les choses; on n’a pas parlé de cecy en aucune maniere&#13;
556 Vous mattribuéz l’estimation qui fut faite du revenu de la Cure&#13;
&#13;
�557 de Quebec, et elle Se fit Sans moy dans la Chambre de M. Larch.&#13;
558 Je ne Sceus que deux Jours apres, et il nestoit plus temps dy&#13;
559 remedier.&#13;
560 J’ay veu plus.rs fois M. fredin mais pas Si Souvent que J’eusse voulu,&#13;
561 a cause de Ses affaires et des miennes; C’est un bon amy Je lui ay&#13;
562 promis dele charger de nos lettres, Si Je ne le fais pas ce ne Sera&#13;
563 pas pas p.rmanque de confiance, Je l’ay toute entiere en lui, Jl vous&#13;
564 dira la disposition dela Cour a LEsgard du canada, et cequ’on y&#13;
565 pense de M’gr, car Jl Scait mieux l’air de ces bureaux que moy qui&#13;
566 Dieu mercy n’y ay pas mis le pied; C’est ce qui me console dans vos&#13;
567 affaires de nestre pas obligé de me communiquer beaucoup au&#13;
568 dehors.&#13;
569 M. De frontenac a mandé a M. de Brisacier que vous naviez pas&#13;
570 voulu vous Soumettre a l’arbitrage que vous aviez choisy, que par la&#13;
571 vous vous estiez engagéz dans un mauvais pas, dont vous ne Scauriez&#13;
572 presentem.t comment vous retirer, quil en est fasché p.r vous, mais qu’il&#13;
573 est plus fasché de la division qui deschire LEglise, que tout le monde Scait&#13;
574 combien la paix est a desirer dans la colonie &amp; on n’a d’esgard a Ses&#13;
575 lettres, qu’autant que le demande Son rang ce quil a escrit en cour n’a&#13;
576 pas fait beaucoup d’impression; Je prie Dieu de le combler de Ses plus&#13;
577 Speciales graces p.r la part quil prends a nos afflictions.&#13;
578 M. du Pré a tres Sagem.t fait de faire Sa resignation en cour de Rom[e]&#13;
579 M. de Brisacier avoit expres mis ce terme, car Je lui fis remarquer&#13;
580 qu’en prenant une autre voye on S’exposoit a quelq’ danger de perdre&#13;
581 la Cure.&#13;
582 Vous verréz par la lettre que Je vous escris par Laccadie Si J’escris&#13;
583 bien en chiffre; Jay tasché a y observer ce que vous me prescrivéz.&#13;
584 Jay oublié a vous marquer que nous avions bien receus toutes les&#13;
585 lettres de la personne que je ne nomme point, qui ont esté exactem.t&#13;
586 rendües, jusqu’à la derniere; Nous avons gardé un Silence profond a Son&#13;
587 esgard, jusqu’à n’en pas parler aux meilleurs amis excepté ceux a qui&#13;
588 Jl escrit, et aux PP. Jesuites, Cependant Je crains qu’on n’ait quelque&#13;
&#13;
�589 Soupçon de Ses lettres, M. de la Palliere un jour tascha en bien des&#13;
590 manieres de me Sonder a Son Sujet, mais Je me tins bien Sur mes gardes,&#13;
591 cela me fit carindre qu’il n’en eust quelq’ connoissance; Jl Seroit bien&#13;
592 a Souhaitter que cette personne aussy bien que phghdKhuyzhuLkfgtka&#13;
593 4d7hkfdkg72d7hugk2gyh. Cela feroit bien ce me Semble. Je le demande&#13;
594 bien au bon Dieu;&#13;
595 Je crains que M’gr n’ait remué cet hyver avant Son depart p.r establir&#13;
596 un curé a la basse ville, Je Souhaitte que mes pressentimens Soint faux;&#13;
597 Je ne Scay comment on poura empescher icy la pretention des marguilliers&#13;
598 de nommer les Enfant de chœur, vous le pouvéz faire bien plus aisem.t&#13;
599 Sur les lieux, en demandant que Si on en veut la nomination on en fasse&#13;
15&#13;
&#13;
600 toute la despense, et la depense de tous ceux qui contribuent a la&#13;
601 duence du Service divin&#13;
602 Jl est necessaire de m’envoyer lannée prochaine un memoire le&#13;
603 plus exact que faire Se poura de ce qui regarde les chapelles, du nombre&#13;
604 que M’gr Lancien en a laissé de la maniere dont M’gr de Quebec a voulu qu’il&#13;
605 les lui cedast et Jl est bon aussy de remarquer autant que l’on le poura&#13;
606 Sans que cela paroisse, Si ces chapelles Subsistent encore, et Si elles Sont dans les&#13;
607 missions; Toutes ces choses peuvent Servir en leur temps.&#13;
608 Je vous prie aussy de m’envoyer des memoires exacts et les plus concis que&#13;
609 faire Se poura de tout ce que peut devoir M’gr tant du passé que du present&#13;
610 tant au Sem.re qu’au chapitre, des So’es quil a payé aux uns et aux autres, des&#13;
611 ornemens qu’il a donné a laparoisse, des So’es qu’il S’en est fait payer, de ce&#13;
612 qu’il a payé a M.rs Soumande et Gautier Sur leur part du revenu du chapitre,&#13;
613 Jl faut tascher de n’y rien oublier quelq’ ancien qu’il Soit; Jl faudroit&#13;
614 faire un memoire fort abregé, et en suitte un plus estendu qui entrast dans le&#13;
615 detail des choses.&#13;
616 Je vous ay aussy demandé par mes lettres precedentes une copie collationnée du reglemt&#13;
617 et compte arresté entre M’gr de Quebec et le Sem.re par M. Labbé de choisy M. de&#13;
618 Brisacier Stipulant p.r le Sem.re M. de Brisacier vous en envoya un original&#13;
619 Jl y a deux ans; Je ne Scay Si c’est cet original ou une copie que Je copiay Jl y a&#13;
&#13;
�620 deux ans en revenant en france, Jl m’est venu en pensée depuis quelques jours&#13;
621 que vous n’en aviez qu’une copie et que Loriginal en avoit esté perdu avec&#13;
622 les lettres de M. de Brisacier Jl y a deux ans; cela Seroit fascheux, cependant on&#13;
623 pourroit toujours revenir a compte.&#13;
624 Je vous prie de demander p.r moy a M’gr L’ancien de menvoyer une copie&#13;
625 du compte que M. de Brisacier vous a envoyé lannée derniere&#13;
626 Je n’ay Sceu que par vos lettres le changem.t de Sup.r des Jesuittes; J’ay&#13;
627 reveu du P. D’ablon une lettre tout a fait obligeante a vostre Sujet; Jl a&#13;
628 escrit aussy avantageusem.t p.r vous a M. de Brisacier et au P. dela chaize&#13;
629 Dans Sa lettre au P. de la chaize Jl rend de M. du Pré un tout autre temoignag’&#13;
630 que M’gr n’en avoit rendu; Je Scay que Le P. Bruyas a aussy escrit p.r&#13;
631 vous; vous voyéz q’ rien ne m’en convainct davantage que Lunion qui&#13;
632 est entre vous et nous est a l’epreuve de tout cequ’on a fait p.r la rompre,&#13;
633 et qu’elle n’est pas fondée Sur L’Jnterests et Sur des considerations humaines,&#13;
634 Je voy que c’est une œuvre de Dieu; Quelques personnes en france en france me demandoint&#13;
635 Si les PP. Jesuites ne poussoint point M’gr a tout ce qu’il fait p.r S’emparer&#13;
636 et Se rendre m.tre du Sem.re, Je ne me Suis pas aisem.t ouvert a toutes Sortes&#13;
637 de gens a ce Sujet; mais aux personnes a qui Je ne devois rien cacher, Je&#13;
638 leur ay bien fait voir, que par tout ce que ces P.P. escrivent mesme&#13;
639 au P. dela chaize a l’avantage du Sem.re et tout ce qu’ils font en canada&#13;
640 Jls Sont bien esloignéz de ces Sentimens; Les lettres de ces Peres a&#13;
641 M. de Brisacier Sont tout a fait obligeantes, Sur tout celle du&#13;
642 P. Bouvart, Jl m’escrit de mesme aussy bien que Le P. Germain&#13;
643 J’ay tasché a entretenir icy La mesme union; et Je l’augmenteray&#13;
16&#13;
&#13;
644 plutost que de diminuer. les Peres ont bien des ennemis en&#13;
645 france a cause de leur grande authorité; Le party des Jansenistes&#13;
646 Saugmente tous les jours, La morale pratique accuse a ce qu’on&#13;
647 ma dit Les Jesuites du Canada; et les traite aussy mal que&#13;
648 ceuxde la chine, Je n’ay pu lire de livre p.r vous en mieux&#13;
649 informer, Vous pouvéz le Scavoir des Jesuites qui passent cette&#13;
650 année en asséz bon nombre&#13;
&#13;
�Du 16.e avril.&#13;
&#13;
5.e feuille.&#13;
&#13;
651 J’allay hier chez M. Larch. querir Ses lettres p.r M’gr dont Je&#13;
652 vous en envoye une par ce paquet et Jaddresse Lautre au P.&#13;
653 Bigot p.r le prier de vous la rendre, Vous aviseréz par qui Jl&#13;
654 la faudra faire rendre aM’gr; Jl Seroit bon ce me Semble de lui&#13;
655 faire rendre celle qui est dans ce paquet la premiere, et ce&#13;
656 par M. fredin, Vous en confererez Je ne vous dis rien davanta[ge]&#13;
657 de ces lettres. ce que Je vous en ay escrit vous Jnstruira asséz. Jl est&#13;
658 Necessaire de garder a cet esgard un grand Secret, et quand M’gr&#13;
659 contreviendroit a ce que lui escrit M. Larch. Jl ne faudroit en&#13;
660 rien faire paroistre; J’ay dans la pensée qu’il faudra demander&#13;
661 a M. Larch. qu’il escrive a M. de Bois. qu’ayant parlé a S. m.&#13;
662 de vos affaires, Elle n’a pas Jugé a propos que vous revinssiez,&#13;
663 afin que M. de Brisacier vous envoyant cette lettre, elle vous&#13;
664 authorise p.r empescher vostre renvoy, que Je ne croy pas&#13;
665 cependant qu’on oze entreprendre apres qu’on aura receu ces&#13;
666 lettres. Si cela Se peut faire ce ne poura estre que dans les&#13;
667 derniers vaisseaux; M. de Brisacier n’est point icy depuis&#13;
668 quelques jours, et outre qu’il n’a pas le temps descrire, Jl m’a&#13;
669 dit qu’il n’escriroit point par cette voye expres, m’ayant ordonné&#13;
670 de Saluer de Sa part M’gr Lancien Tous nos m.rs M. dela&#13;
671 Colombiere, et Les PP Bruyas et Dablon, aussy bien queM&#13;
672 LJntendant et M. Dauteüil a qui Jl espere bien escrire auss&#13;
673 Je ne vous ay ce me Semble pas envoer escrit que Javois receu vos lettres&#13;
674 p.r M. de la palliere, quapres lavoir fait lire aM. Labbé milon et&#13;
675 aux PP Jesuites, Jen ay donné loriginal aM. Dela Palliere, et en ay&#13;
676 gardé la Copie, cette lettre n’a fait que du bien, et vous ferez bien&#13;
677 de continuer.&#13;
678 Je ne vous dis rien icy de M. Guyotte vous en ayant parlé fort&#13;
679 au long dans ma lettre commune et la chose ne meritant par destre&#13;
680 relevée dans cette lettre; Jl est en Son pays, dou on nentend point&#13;
681 parler de lui en aucune maniere, Je voy peu M.rs de S.t Sulpice&#13;
&#13;
�page 17&#13;
&#13;
682 p.r Scavoirleurs Sentimens Sur nos affaires, Je n’ay Sceu que&#13;
683 deM. Guyotte quils napprouvoint pas la conduite de M’gr.&#13;
684 Je croy qu’ils envoyent cette année quelques Ecclesiastiques,&#13;
685 Je ne Scay Si c’est a M’gr ou a Son Sem.re Vous ne devez pas&#13;
686 apprehender l’establissem.t d’une nouvelle comm.te en canada&#13;
687 Si ce n’est celle de S.t Sulpice a Quebec, Jl Seroit facile dempescher&#13;
688 les autres congregations de S’y establir.&#13;
689 J’ay receu la lettre de Mad.e Bourdon, et M. de Brisacier m’a&#13;
690 ordonné de la lire, mais Jl n’en a pas eu le temps, non plus&#13;
691 que toutes les autres lettres des miss.res Je ne Scay Sil y poura&#13;
692 faire response; Mad.e Bourdon a voulu par Sa lettre rendre&#13;
693 temoignage a la verité. jusque Sur le bord du tombeau, J’espere&#13;
694 que Dieu la recompensera deSa bonne volonté, Je vous prie&#13;
695 de me recommander a Ses prieres, et a toutes celles dela S.te&#13;
696 famille; vous pouvez croire qu’on n’a pas manqué de&#13;
697 representer ce qui Se passe au Sujet de cette devotion; Mad.e&#13;
698 de maintenon a esté instruite de tout cela, M. Larch. &amp; mais&#13;
699 Jl faut attendre le retour deM’gr p.r apporter quelq’ ordre&#13;
700 a toutes ces choses; J’ay dessein de vous envoyer un livre qui&#13;
701 vient de paroistre par les derniers vaisseaux dont voicy le titre&#13;
702 Reponse a la lettre du Theologien defenseur dela Comedie en&#13;
703 en fait de l’estime; Les PP. Bourdaloüe de la Rüe chaussemer &amp;&#13;
704 et tous les fameux predicateurs n’ont point hesité dans leurs&#13;
705 Sermons cette année de dire qu’il y avoit peché mortel dans l’extreme&#13;
706 misere ou nous So’es dassister a ces Spectacles &amp;&#13;
707 On a fort gousté en france vostre edesistem.t de poursuites aussitost&#13;
708 que le reglem.t fut arrivé, Je croy que par les termes couchez en&#13;
709 ce reglem.t qui renvoyent les nouvelles affaires a regler en&#13;
710 france, vous auréz trouvé moyen d’esviter la discussion de&#13;
711 plusrs affaires queM’gr aura voulu resoudre par M Le&#13;
712 Comte ette M. de champigny. Jl Sera bon davoir Si vous pouvez&#13;
713 des attestations de M. de champigny et dautres personnes&#13;
&#13;
�714 constituéez en dignité de vostre fidelité a observer ce reglem.t&#13;
715 en tous Ses points.&#13;
716 Je vous envoye dans cette lettre, que J’ay resolu de faire Servir&#13;
717 de duplicata a ma lettre commune que J’ay donnée au P.&#13;
718 Rafeix et aux particulieres que J’ay fait mettre dans la caisse&#13;
719 des Jesuites, une copie dela facture de cette année et une copie&#13;
18&#13;
&#13;
720 du memoire des papiers que J’ay trouvéz dans plus.rs endroits du&#13;
721 Sem.re Je ne vous dis rien Sur ces papiers, vous renvoyant a ce&#13;
722 que Je vous en ay dit dans ma lettre commune; Jl faut&#13;
723 examiner quels papiers vous vouléz que Je vous envoye,&#13;
724 originaux ou copies. Quels papiers Vous devéz enenvoyer Ce Sont&#13;
725 ce me Semble des actes authentiques des possessios duSem.re en&#13;
726 Canada, cela ne presse point.&#13;
727 Si je ne Scavois que nos m.rs nedesapprouveront pas que Je vous&#13;
728 escrire comme a Vous Seul de nos affaires estant persuadé que&#13;
729 Je leur escris en vous escrivant; Le gouvernem.t n’estant qu’un dans&#13;
730 le Sem.re , Je naddresserois pas cette lettre a vous Seul; mais comme&#13;
731 cela S’est fait pas occasion, et ayant commencé a vous escrire,&#13;
732 et jugé a propos puis qu’il falloit vous escrire par deux Voyes&#13;
733 et m’estendre par consequent Sur tout cequil est bon que vous&#13;
734 Soyez Jnformé Je croy que nos m.rs ne le trouveront pas&#13;
735 mauvais; Vous ne devéz point avoir esgard qu’il n’y ait pas&#13;
736 Sur l’envelope de mes lettres Duplicata; Cette lettre que Je vous&#13;
737 escris est un vray duplicata de ma lettre commune et des&#13;
738 particulieres, et Je laddresse au P. Bigot Sous ladresse ord.re&#13;
739 afin quil la mette dans un vaisseau ou Le P. Rafeix ny&#13;
740 la caisse des Jesuites ne Seront pas; Je ne m’estendray plus&#13;
741 par les derniers vaisseaux Sur toutes ces matieres, Je me&#13;
742 contenteray de vous escrire cequil y aura de nouveau&#13;
743 J’ay trouvé parmy les derniers papiers qu’on m’a remis du&#13;
744 Sem.re un office de la S.te famille assez peu exact. Je me Suis&#13;
&#13;
�745 Jnformé ceque cela cousteroit bien a Jmprimer cela n’iroit pas&#13;
746 p.r deux ou trois cens exemplaires a plus de 100 ou 150.# Je n’ay&#13;
747 pu faire Jmprimer vostre petit livre de prieres, Si les temps&#13;
748 n’eussent pas esté aussy mauvais quils Sont Jeusse trouvé&#13;
749 quelques charitéz p.r cette depense, mais ap’nt que les pauvres&#13;
750 meurent de fain tous les jours aux portes des maisons, Jl ne&#13;
751 faut pas Songer a dautres bonnes œuvres, qu’a les Soulager.&#13;
752 Jl faudra environ 75.# p.r 3000.ers dexemplaires tous brochéz&#13;
753 en par chemin, Jl faudroit y ajouster une petite instruction p.r la&#13;
754 confession des Enfans en deux petites pages. Je garde le livre&#13;
755 p.r quelq’ occasion. Je n’ay pas cru devoir me Servir de Mad.e&#13;
756 De la motte; Jl faut mesnager les personnes de cette qualité.&#13;
757 J’ay fait donner au R. P De la chaize toutes les lettres qui lui&#13;
758 estoint addresséez apres en avoir conferé avec M de Brisacier.&#13;
19&#13;
&#13;
759 Plus.rs miss.res ont demandé cette année a M de Brisacier&#13;
760 comment Jls pouroint estre aggregéz au Sem.re J’en ay conferé&#13;
761 avec lui, Jl croit qu’il faut attendre, et Vous en Scavéz la raison,&#13;
762 Lunion Sera toujours aussy intime que Sils estoint unis au Sem.re&#13;
763 Je vous envoye huit petits cachets de devotion que vous trouverez&#13;
764 dans une petite caisse couverte de toile circé; Jl y a dans cette Caisse&#13;
765 vingt bulles Jmpriméez du Jubilé que Je vous envoye p.r vous en&#13;
766 Servir quand M’gr L’aura Jndiqué et les distribuer a nos miss.res&#13;
767 Jl y a de plus dans cette caisse deux montres, L’une p.r M Heraut&#13;
768 et lautre p.r M. azeur, et un mouvement de montre qui appar=&#13;
769 tient a M. claude chasle tonnelier a la basse ville, chez qui&#13;
770 M. Pepin logeoit. Jl y a deplus deux livres des examens de S.t Sulpice&#13;
771 L’un p.r M. Erbery et lautre p.r M. de Requeleyne; J’envoye a nos&#13;
772 miss.res avec bien de la peine presque tout ce quil m’ont demandé&#13;
773 Jl y a encore dans cette caisse des verres ardens p.r M. du fournel;&#13;
774 quelques petites devotions que vous distribueréz et quelques lettres&#13;
775 Je ne pouray pas escrire a plus.rs de nos m.rs par ces 1.ers&#13;
&#13;
�776 vaisseaux ce Sera par les derniers.&#13;
777 M. de Preaud m’a fait toucher d’avance dequelques jours vostre&#13;
778 pension de 150.#&#13;
779 Je ne vous ay pas envoyé le livre de L’education des filles dedié&#13;
780 a Mad.e maintenon, par ceque ce livres n’est pas propre pr le&#13;
781 canada, c’est M. Labéée de fenelon qui en est lautheur, et qui l’a&#13;
782 fait p.r l’education des filles de M. de Beauvilliers qui Sont&#13;
783 a montargis ouM. des maizerais a raport de lettres. Je&#13;
784 n’avois pas Songé a ce livres qu’en relisant vos lettres, Je&#13;
785 tacheray a vous lenvoyer par les derniers vaisseaux&#13;
786 Je croy vous avoir desja escrit que M. foulques est a abbeville&#13;
787 fort riche de bien de patrimoine, Jntricatus negotiis Saecularibus,&#13;
788 et quil est fort esloigné de retourner en canada; M. de Brisacier&#13;
789 croit qu’il ne faut point prendre les Voyes ny p.r Son benefice&#13;
790 ny p.r celui de M. Merlat qu’on me Suggere, Jl vaut mieux&#13;
791 attendre un peu et Souffrir cependant plutost que d’intro=&#13;
792 duire dans une nouvelle Eglise des choses odieuses delles mesme&#13;
793 Quoy qu’on marque qu’aucun du Sem.re ne doit repasser avec&#13;
794 M’gr cela ne doit pas empescher M. de Brullon de repasser&#13;
795 M. de Brisacier m’a dit a ce sujet que Son retour ne peut&#13;
796 faire de mauvais effets, dez que Ses affaires parlieres le&#13;
797 demandent.&#13;
798 J’ay achetté des pastilles de M. chomel, qu’il pretend m’avoir&#13;
20.&#13;
&#13;
799 donnéez p.r rien, et que Je pretens avoir bien payéez; cest un&#13;
800 tireur de quint’essence qui ne cherche qu’a Sinstruire et profiter&#13;
801 de tout, Jl Scavoit unepartie de nos differens, et il en Scait plus&#13;
802 que Je ne voudrois qu’il en Sceust, Jl est cependant un fort&#13;
803 honneste homme et fort lié a Lassemblée du noviciat.&#13;
804 Vous pouvéz Scavoir deM. Fredin Si on a respondu a la&#13;
805 demande que faisoit M. LJntendant que les deniers des&#13;
806 curez &amp; passassent par Ses mains et nullem.t par celles de&#13;
&#13;
�807 M’gr.&#13;
808 Je ne vous dis rien Sur la Bibliotheque dont on n’a point parlé.&#13;
809 vous pouvez vous contenter du memoire que vous mavéz&#13;
810 envoyé Sur ce Sujet, que Je produiray Si on en parle.&#13;
811 Jl Seroit bon que la mission de M. Thury fust unie au Sem.re&#13;
812 Je croy que Si on touchoit en france les 600.# que Le Roy donne&#13;
813 p.r les deux miss.res qui la desservent, et qu’on les employast en&#13;
814 effets en france dont M de chevry promet de donner le fret&#13;
815 gratis, Sur cepied la mission ne Seroit pas a charge au Sem.re&#13;
816 M. Thury en devroit escrire fortem.t a M. de chevry qui est&#13;
817 tres bien intentionné p.r lui, et qui lui envoye des presens de&#13;
818 farine lard et vin.&#13;
819 Les particularitéz que vous mavéz escrites touchant M. de merlat&#13;
820 m’ont Servy en temps et lieu a le faire connoistre, Les actions particu=&#13;
821 lieres Servent notablem.t p.r cela; J’espere que Dieu nous en&#13;
822 deslivrera Sans que nous nous en empressions beaucoup. on le&#13;
823 connoist icy mieux qu’on ne faisoit dans le dernier voyage Sur tout&#13;
824 M’gr Larch. qui avoit de L’estime p.r lui, et qui voyant M. de&#13;
825 mer lac avec Son phlegme arrester les Saillies deM’gr en le&#13;
826 tirant par la manche disoit que Mond. S.r merlat estoit un&#13;
827 ho’e tel qu’il faudroit p.r remplir la place deM’gr, mais Jl n’a&#13;
828 pas p’ntem.t ces Sentimens.&#13;
829 Je vous ay mandé dans mes percedentes que S’il arrivoit un&#13;
830 accident de mort a M. Le Comte que Je ne lui souhaitte pas, mais&#13;
831 Seulem.t quil Se reconnoisse, Jl Seroit bon de nous en donner avis&#13;
832 le plutost que vous pourriez Je vous en dis la raison dans ma&#13;
833 lettre commune&#13;
834 On ne doute point icy que Levesque a raison des abbayes est&#13;
835 obligé a Sa part de lentretien dela Sacristie, et Sans les abbayes&#13;
836 mesme, aux frais qu’il faut faire p.r les offices Pontificaux&#13;
837 Je vous envoye une consultation de plus.rs articles touchant&#13;
838 le chapitre, resolus par M. Le verrier official de Paris.&#13;
&#13;
�6.e feuille&#13;
page 21.&#13;
lettre O. no 5&#13;
&#13;
839 Je ne vous ay pas encore repondu dans cellecy que Les deux&#13;
840 quatre vingt dix huit livres que M. de Brisacier vous comptes&#13;
841 avoir fourny a M’gr p.r ornemens du chapitre n’ont point esté&#13;
842 employez a lornem.t dont voues me parléz, Cest une Somme&#13;
843 que M. de Bris. lui a avancé en plus.rs articles, Jl a dit quand&#13;
844 Jl en a fallu venir a compte quil l’avoit employé p.r le&#13;
845 chapitre, Si Je puis Je tireray du livre de M de Brisacier les&#13;
846 articles differens de lemploy de cette So’e et vous lenvoyeray&#13;
847 par les derniers vaisseaux&#13;
848 L’on ne croit pas que M’gr porte Ses plaintes a Rome apres&#13;
849 Sestre addressé au Roy p.r lui demander des commissaires p.r&#13;
850 regler les differens avec Son clerge, Jl est trop politique p.r&#13;
851 cela, et ce ne Seroit pas avancer Ses affaires, outre que Rome&#13;
852 ne va guere viste en besogne, et que Sa Coustume est de&#13;
853 deleguer un commissaire Sur les lieux p.r Jnformer, Jl n’y a&#13;
854 pas beaucoup de personnes qui voulussent Se charger de cette&#13;
855 commission de ceux qui Seroint capables de S’en bien&#13;
856 acquitter.&#13;
857 J’ay oublié de proposer a M’gr Lancien que M. de Grainville&#13;
858 Docteur de Sorbonne Grand chantre de LEglise de Bayeux avec qui&#13;
859 J’ay un grand commerce de lettres, qui estoit fort connu de M’gr&#13;
860 Lancien du temps quil estoit a Paris, ayant demeuré avec lui&#13;
861 deux ans dans le Sem.re S’est offert plus.rs fois aM. de Brisacier&#13;
862 p.r aller vous ayder Si Jl le jugeoit a propos; c’est M. de Brisacier&#13;
863 qui me l’a dit, car Je n’ay pas eu avec lui ces ouvertures. ce qui&#13;
864 arreste M. de Brisacier, est quil craint que Mond. S.r de Grain ville&#13;
865 ne Soit un peu entesté, et entier en Ses Sentimens, et quil ne vous&#13;
866 cherche dans la Suite a dominer Suivant le genie de la nation&#13;
867 dont il est (vous remarqueréz qu’il est de Caën) Jl me Semble&#13;
868 que cela ne Seroit pas tant a craindre Si ce Mons.r passoit&#13;
869 avec M’gr Lancien, et nos m.rs quelques annéez que Sil y alloit&#13;
&#13;
�870 apres leur mort; Leur aage et leur experiance, lui rendroit&#13;
871 leurs Sentimens venerables; Vous en confereréz M’gr L’ancien&#13;
872 peut vous dire ce qu’il en connoist, M. de Brisacier ny moy&#13;
873 ny ceux qui le connoissent n’en peuvent dire que du bien;&#13;
874 M. de Bayeux lemploye Souvent dans le gouvernem.r de Son&#13;
875 dioceze.&#13;
876 Je croy que M. Heraut Sera obligé de revenir en france; Son Pere&#13;
877 Le menace de le desheriter Sil ne revient.&#13;
22&#13;
&#13;
878 Je ne vous diray rien icy de tout ce que Je vous ay mandé dans&#13;
879 ma lettre commune de Lunion des abbayes a LEvesché de Quebec,&#13;
880 Je vous diray Seulem.t que cette union n’est pas faite, que celle de&#13;
881 meaubec est passée en cour de Rome, mais que celle de Benevent&#13;
882 et L’estréez n’est pas encore passée; on la presse fortem.t et Mad.e&#13;
883 de maintenon qui en avoit escrit a M Le cardinal de Jeanson&#13;
884 qui fait les affaires de la france a Rome, p.r le lui recommander,&#13;
885 a envoyé ces jours passez a M. de Bris. une lettre de ce dardinal a M de&#13;
886 Brisacier qui lui mande qu’il va faire travailler incessamm.t&#13;
887 a cette affaire;&#13;
888 Je me Suis Jnformé de ce que c’est qui appartient au canada de&#13;
889 la fondation de M. de morangis; Jl avoit laissé 10000.# au&#13;
890 Sem.re qu’on avoit constituéez au denier Vingt p.r distribuer&#13;
891 Selon la volonté du Sup.r du Sem.re aux missions des Jndes de Perses&#13;
892 et d’amerique de Grece &amp; et p.r entretenir des jeunes Seminaristes a&#13;
893 Paris; M. de Brisacier en avoit toujours appliqué 100.# p.r le&#13;
894 Canada, mais ap’nt quils ont consomméz ces 10000.# p.r la batisse&#13;
895 de leur Eglise, Je crains bien qu’ils n’en donnent plus rien, Je dois&#13;
896 en parler a M. de Brisacier, mais Jl faut encore attendre&#13;
897 quelque temps.&#13;
898 M. de la Palliere a mis a S.t Nicolas du chardonnet quelques&#13;
899 Prestres qui SeSont presentéz a lui p.r le canada; Je ne Scay Sil&#13;
900 en enverra quelques uns cette année.&#13;
&#13;
�901 Je ne vous mande rien des Nouvelles du temps, Sur tout dela&#13;
902 misere extreme ou toute LEurope est reduite, Jl y a plus de huit mois&#13;
903 qu’on dit qu’elle est extreme, et cependant elle croist toujours. Je ne&#13;
904 vous ne croirez pas ce que l’on poura vous en raconter, et cependant&#13;
905 on ne vous fera pas les choses Si grieves quelles le Sont. Dieu&#13;
906 veüille avoir compassion de Son peuple, et Se Servir de cette calamite&#13;
907 p.r nous reconcilier tous a lui; C’est a quoy peu depersonnes pensent.&#13;
908 au contraire dans Paris cette grande necessité est une Source&#13;
909 de vices et de crimes énormes : Notre bon Roy fait ce qu’il peut&#13;
910 faire p.r donner la paix a Son peuple, mais nos ennemis tous&#13;
911 battus qu’ils Sont Se tiennent fiers de nos miseres, quoy que les&#13;
912 leurs ne Soint pas moindres; Toutes ces Calamitéz degoustent&#13;
913 de la Vie, C’est une mort continuelle de voir les pauvres dans de&#13;
914 Si grandes Souffrances Sans les pouvoir Soulager. car tel qui&#13;
915 pouvoit faire laumosne ne le peut plus par la cherté de toutes choses&#13;
916 par les taxes continuelles et par toutes les autres charges qu’il est&#13;
23&#13;
&#13;
917 obligé de porter. on a Jmposé de grosses taxes Sur tous les biens des&#13;
918 villes et des Campagnes p.r la Soulagem.t des pauvres, mais on ne les&#13;
919 fait bien payer qu’aux uns, tandis que les autres S’en exemptent.&#13;
920 Je Suis obligé de finir cette lettre qui est desja asséz longue&#13;
921 Je vous conjure de me continuer L’assistance de vos prieres, et de&#13;
922 demander a nos mess.rs et a tous nos miss.res la mesme chose;&#13;
923 Je Suis toujours tres uny d’esprit a tous leurs travaux et a leurs&#13;
924 peines, Je voudrois bien les partager avec eux, mais Je vois&#13;
925 de plus en plus que mon affaire consiste a ne rien vouloir,&#13;
926 et a ne consulter que le bon plaisir de Dieu; Je suis persuadé&#13;
927 que ma grande affaire consiste a faire mourir en moy ce&#13;
928 fonds d’activité et d’empressem.t que Je reconnois Si Souvent en&#13;
929 moy partir d’amour propre, et d’orgueil, qui me fait desirer&#13;
930 de voir reussir les choses et en voir aussitost la fin que le&#13;
931 commencem.t Je reconnois bien ce que vous me mandez dans&#13;
&#13;
�ce 16.e avril 1694.&#13;
&#13;
932 vos lettres que cette incapacité que Je ressens en moy p.r faire&#13;
933 reussir vos affaires, et ce peu douvertures que J’ay p.r me commu=&#13;
934 niquer aux grands est un des plus grands biens que Dieu mait&#13;
935 fait p.r ne pas me perdre dans le grand monde, Je ne cesse d’en&#13;
936 remercier tous les jours le bon Dieu, et de le prier de moster&#13;
937 encore le peu d’esprit qu’il m’a donné p.r me conduire Sil juge&#13;
938 que cela Soit necessaire p.r m’unir Jntimem.t a lui, et ne m’en&#13;
939 Separer jamsis afin que Je pusse dire alors Ut iumentum factus&#13;
940 Sum apud te et ego temper tecum. Je vois bien que ce ne Sera&#13;
941 point la reussite des affaires mesme bonnes qui nous rendra&#13;
942 agreables a Dieu, mais qu’au contraire le mauvais Succez de ces&#13;
943 affaires bien pris est plus capable de nous unir a lui, Jlne&#13;
944 faut pas laisser de lui rendre grace quand Jl y donne La&#13;
945 benediction, mais Je concois qu’il ne faut point y mettre&#13;
946 dappuy car aujour dhuy les creatures nous flattent et&#13;
947 nous applaudissent, et demain elles Se decharneront contre&#13;
948 nous; mihi adhaerere Deo bonum est ponere in D’no Deo meo&#13;
949 spem meam. Je Suis dans lamour Sacré de nos Saincts&#13;
950 patrons avec tout le respect possible&#13;
951 Je vous prie de demander&#13;
952 excuse p.r moy a M.rs du&#13;
Monsieur&#13;
953 Pré et Martin et aux autres&#13;
954 Si Je ne leur ay point encore escrit&#13;
955 Je le vais faire au 1.er Jour.&#13;
956 Excuséz aussy toutes les fautes&#13;
957 que J’ay pu faire en cette lettre&#13;
vostre tres humble et&#13;
958 Je vous parle avec un cœur ouvert.&#13;
tres obeiss.t Serviteur&#13;
959 et Sans chercher beaucoup de detours. Tremblay p. J.&#13;
960 Jay oublié de prier M. de Bernieres de payer a&#13;
961 Thomas Gasse p.r lequel Jl y a une lettre dans&#13;
962 cepaquet la So’e de onze livres que Mad.me de&#13;
&#13;
�Les Evesques avoint esperé&#13;
esluder en mettant au&#13;
lieu de contra circa&#13;
et au lieu de videri&#13;
pal est fuit, Jls&#13;
vouloint mettre&#13;
videri potest, mais&#13;
les Romains Sont&#13;
plus raffinez que&#13;
nous, et il a fallu&#13;
donner la retracta=&#13;
tion telle quelle est.&#13;
&#13;
963 la motte ango a receu p.r lui, et quelle me&#13;
964 diminuera Sur ceque Je dois lui payer p.r la Toile&#13;
965 des charitéz de M’gr Lancien.&#13;
966 formule de retractation des Evesques de Lassemblée de 1682.&#13;
967 ad pedes ___&#13;
968 de le Supra id ___&#13;
969 Pra patis ___&#13;
970 displicucrunt ___&#13;
971 Pontificiam ___&#13;
972 n’ra ___&#13;
973 fuit ___&#13;
974 este ___&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Le postulateur du Séminaire de Québec à Paris exprime à son confident sa reconnaissance pour ses conseils spirituels. Il lui rapporte que le roi a décidé de rappeler Saint-Vallier, 2e évêque de Québec. Il lui fait part des difficultés qu’il rencontre pour payer les dettes du Séminaire, pour toucher les pensions et les revenus des bénéfices et pour envoyer les factures et les livres demandés. Il lui dit qu’il a mis en ordre les prieurés de Bénévent, de Saint-Sébastien et de Parçay, qu’il a reçu la confirmation de l’union du prieuré de Méobecq au Séminaire et qu’il espère recevoir celle des prieurés de Bénévent et de l’Estrée. Il raconte que la France est dans une grande misère à cause de la guerre et que le roi cherche à faire la paix. Il lui dit aussi qu’il a envoyé des bulles du jubilé et un livre contre la comédie.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11900" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11898" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11899" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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                    <text>Extrait de la lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, 3-6 avril 1694)&#13;
[En marge : La première feuille vous l’informe.]&#13;
[…]1 que je prenne. Je suis persuadé que quelque chose que je vous mande, vous&#13;
faites toujours les choses pour le mieux et cherchez avec encore plus d’application&#13;
que moi les moyens de sortir de l’embarras où nous nous trouvons. Vous ne devez&#13;
pas vous attendre, l’année prochaine, que tout ce que pourra nous devoir&#13;
Monseigneur soit de l’argent comptant. Il tire en lettres de change plus qu’il n’a&#13;
vaillant. Il n’est pas si pauvre en Canada et si dénué qu’il vous le paraît. Il a de&#13;
l’argent comptant en Canada. Ses finesses, pour paraître pauvre et attirer de tous&#13;
côtés, ne sont pas connues de ceux mêmes qui font les affaires temporelles. Il n’y&#13;
a que lui en Canada qui ait son secret. Je sais qu’il avait cet automne plus de&#13;
10 000 livres en argent comptant chez lui. Il serait difficile de trouver une personne&#13;
qui l’entendit mieux que lui pour en imposer dans ces affaires. Nous ne toucherons&#13;
rien, ou très peu de choses, des abbayes jusqu’à son retour et après qu’il sera arrivé,&#13;
il se passera bien du temps avant que nous [ne] recevions rien de lui.&#13;
Vous ne devez point vous attendre à emprunter de nos MM. de Paris quelque&#13;
somme dans ces temps-ci, encore moins de procurer de l’argent à emprunter en&#13;
France à intérêts. J’y ai fait ce que j’ai pu cette année. Il est vrai que l’argent est&#13;
d’une rareté présentement qu’on n’a encore jamais vue. Il y a plus de huit mois&#13;
que le roi ne paye point les troupes. Tout est dans la misère. Rien n’est plus&#13;
fréquent que les banqueroutes des plus riches marchands. Nos ennemis ne sont&#13;
guère mieux que nous, à ce qu’on nous dit, et Dieu se plaît à nous bien humilier&#13;
tous pour nous obliger à nous reconnaître. Or, si la guerre continue, ce sera encore&#13;
bien pire l’année prochaine, car l’argent devient toujours plus rare. S’il faut en&#13;
emprunter, vous le ferez plus aisément en Canada.&#13;
M. de Brulon sera obligé de faire un voyage en France l’année prochaine. Ce sera&#13;
encore de la dépense, car je ne crois pas qu’il reçoive bien de l’argent de son&#13;
patrimoine. Je n’ai pu rien tirer de sa sœur et ses frères n’attendent son retour&#13;
1&#13;
&#13;
Les pages 1 à 4 de la lettre sont manquantes.&#13;
&#13;
�qu’afin de le prier 1er de mettre la paix dans sa famille en les aidant à régler sans&#13;
procès tous leurs différends et leurs partages, 2e de leur céder ses biens&#13;
patrimoniaux, car son frère, qui est jacobin et qui est un saint religieux, pour&#13;
entretenir la paix entre ses frères, leur a promis qu’il engagerait mondit sieur&#13;
de Brulon à donner ses biens à ceux qui seraient pacifiques. Il eut été à souhaiter&#13;
que mondit sieur de Brulon fût revenu l’année dernière. Il aurait encore pu voir&#13;
M. son père, qui n’est mort que vers la fin de janvier. M. de Brulon a cru que j’avais&#13;
de lui une procuration pour agir en ses affaires, mais je n’en ai point d’autres que&#13;
celle qui est remplie du nom de M. Dudouyt. Je suis surpris de ce qu’il m’écrit que&#13;
vous lui avez dit que j’avais mandé l’an passé que ses parents ne désiraient pas&#13;
son retour. Je crois avoir mandé ces choses de M. de Caumont et non pas de lui.&#13;
Je m’étais oublié de répondre à ce que vous m’écriviez que vous ne savez de quels&#13;
biens je parle, dont on eût pu faire des fonds en France. [En marge : On a encore,&#13;
les années dernières, dépensé les 4 000 livres de M. de Bernières.] Vous savez&#13;
qu’on a chargé le Cap-Tourmente de la fondation de M. Hazeur de celle du bon&#13;
homme Soumande et qu’on a employé à cette terre de très grosses sommes, car,&#13;
avec le respect que je vous dois, je ne saurais convenir avec vous qu’on ait fait les&#13;
dépenses du Cap-Tourmente à même la terre, le fossé. Je suis assuré, et ce, par la&#13;
connaissance que j’ai prise de vos comptes et de vos dépenses, que vous avez&#13;
employé de très grosses sommes tous les ans pour augmenter cette terre, qui rend,&#13;
comme vous me le marquez, très peu de choses. Si nous avions un fonds en France,&#13;
ce serait un revenu fixe et assuré, car il n’est pas vrai ce que M. Soumande me&#13;
mande qu’on lui a dit qu’on ne trouve pas d’endroits assurés pour mettre son&#13;
argent. On en trouve, Dieu merci, toujours. Je conseille à M. Soumande, et ce, par&#13;
l’avis de M. l’abbé de Brisacier, d’envoyer l’argent qu’il destine pour la fondation&#13;
en France. On le placera sûrement et ce sera un revenu fixe sur lequel on pourra&#13;
toujours compter.&#13;
M. de Brisacier croit que vous devriez avoir ainsi 2 000 livres de rente à Paris, dont&#13;
vous vous servirez pour vos factures et si vous aviez quelques besoins&#13;
extraordinaires, vous vous en servirez pour emprunter de l’argent en engageant&#13;
vos contrats pour un temps, car ce n’est pas seulement la rareté de l’argent qui&#13;
nous empêche d’en trouver, mais de ce que nous n’avons pas d’assurance à donner&#13;
&#13;
�à ceux de qui nous en voudrions emprunter. Les pères jésuites, comme vous le&#13;
savez, ont bien plus de conduites que nous en cela. Ils n’ont jamais fait en Canada&#13;
que des dépenses absolument nécessaires et ont toujours envoyé en France ce&#13;
qu’ils pouvaient avoir d’argent. Ils font faire la même chose à nos religieuses.&#13;
Je n’ai pas osé représenter à Monseigneur qu’il me semble qu’on n’eût pas dû, dans&#13;
un temps de crise comme celui-ci, augmenter si fort le Petit Séminaire à Québec et&#13;
en faire un au Cap-Tourmente. Outre que ce sont des charges que nous ne saurions&#13;
porter en ce temps-ci, cela fait croire à tout le monde que ce que nous disions de&#13;
nos misères et de notre pauvreté n’est pas vrai. Il n’y a aucun de dehors qui ne&#13;
pense, en voyant cela, que nous avons des fonds cachés.&#13;
Il ne me reste plus qu’à vous prier de continuer pour moi vos charitables soins, de&#13;
me recommander dans la prière et surtout au saint autel à Notre-Seigneur par&#13;
l’entremise de sa Très Sainte Mère, de saint Joseph et de nos bons Anges, de rendre&#13;
grâce à Dieu de tous les biens qu’il me fait et le prier de me les continuer, de vouloir&#13;
enfin ne me pas priver de vos bons avis, qui me seront, je vous assure, d’une très&#13;
grande utilité. Je sens au fond de mon cœur un désir sincère d’être à Dieu plus que&#13;
jamais. Je me sens porté au détachement, [à] la vie cachée et à l’amour de la retraite&#13;
au milieu du tracas et des affaires, mais mes troubles et mes agitations passées me&#13;
tiennent beaucoup dans la défiance de moi-même. Je ne regarde ces choses que&#13;
comme des petits boutons qui à peine ont poussé, que la moindre gelée, le moindre&#13;
vent froid fait mourir. Plaise à Dieu [de] m’établir dans cette solidité d’amour et&#13;
de tendresse pour lui, qui me procure un soin spécial de la divine Providence,&#13;
comme en parle l’Église, Quia nunquam tua gubernatione destituit, quo in solididate&#13;
sua delectionis instituit2.&#13;
Je suis persuadé que c’est là une œuvre de Dieu et un des plus grands. Tous mes&#13;
efforts ne me procureront pas cette stabilité, cette fermeté que je vois et que j’envie&#13;
si fort dans les autres. Il la faut demander instamment et l’attendre patiemment. Je&#13;
vous prie de me pardonner, et de vouloir le demander à nos Messieurs pour moi,&#13;
des fautes, des manières de parler peut-être pas assez respectueuses que j’ai pu&#13;
lâcher dans leurs lettres et les vôtres. Je puis dire que mon cœur n’a point de part&#13;
2&#13;
&#13;
Parce que jamais il n’enlève à ta gouverne que pour l’établir dans la solidité de son amour.&#13;
&#13;
�à ces fautes, quelles qu’elles soient, car il a pour nos Messieurs et pour vous tout&#13;
le respect et la vénération possible, étant autant qu’on le peut être et sans retenue,&#13;
Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
Ce 6e avril 1694&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1694, 3 avril – Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 17)&#13;
Note : Les pages 1 à 4 sont manquantes&#13;
La 1ere feuille&#13;
Vous L’Jnforme&#13;
1694&#13;
Lettres M.&#13;
No 17&#13;
&#13;
en canada&#13;
&#13;
deParis&#13;
&#13;
1 que je prenne; Je suis persuadé que quelque chose que Je 5&#13;
2 vous mande, vous faites toujours les choses p.r le mieux, et&#13;
3 cherchéz avec encore plus dapplication que moy les moyens&#13;
4 de Sortir de L’ambarras ou nous nous trouvons. Vous ne devéz&#13;
5 pas vous attendre lannée prochaine que tout ceque poura&#13;
6 nous devoir M’gr Soit de l’argent comptant, Jl tire en&#13;
7 lettres de changes plus qu’il n’a vaillant. Jl n’est pas Si pauvres&#13;
8 et Ei desnué quil vous le paroist, Jl a de largent comptant en&#13;
9 Canada, Ses finesses p.r paroistres pauvre et attirer de tous&#13;
10 costéz ne Sont pas connües de ceux mesmes qui font les&#13;
11 affaires temporelles, Jl n’y a que lui en Canada qui ait&#13;
12 Son Secret. Je Scay qu’il avoit cet automne plus de 10000.#&#13;
13 en argent comptant chéz lui. Jl Seroit difficile de trouver une&#13;
14 personne qui l’entendist mieuxque lui, p.r en Jnposer dans&#13;
15 ces affaires. Nous ne toucherons rien, ou tres peu dechoses des&#13;
16 abbayes jusqu’a Son retour, et apres quil sera arrivé Jl Se&#13;
17 passera bien du temps avant que nous recevions rien de&#13;
18 lui.&#13;
19 Vous ne devéz point vous attendre a emprunter de nos m.rs&#13;
20 quelque Somme dans ces temps cy, encore moins de procurer de&#13;
21 largent a emprunter en france a Jnterests. J’y ay fait ce&#13;
22 que J’ay pu cette année, Jl est vray que largent est d’une&#13;
23 rareté p’ntem.t qu’on n’a encore Jamais veu. Jl y a plus de&#13;
24 huit mois que LeRoy ne paye point les troupes; Tous est dans&#13;
25 la Misere, Rien n’est plus frequent que les banqueroutes des&#13;
26 plus riches Marchands. Nos ennemis ne Sont guere mieux que&#13;
27 nous a ce qu’on nous dit, Et Dieu Seplaist a nous bien humilier tous,&#13;
28 p.r nous obliger a nous reconnoistre.&#13;
29 Or Si la guerre continüe Ce Sera encore bien pis lannée prochaine&#13;
30 car l’argent devient toujours plus rare; S’il faut en emprunter vous le&#13;
31 feréz plus aisemt en canada.&#13;
32 M. deBrullon sera obligé de faire unvoyage en france l’année&#13;
33 prochaine, ce Sera encore deladepense, car Je ne crois pas qu’il recoive&#13;
34 bien de largent de Son Patrimoine, Je n’ay pu rien tirer de Sa Sœur,&#13;
35 et Ses freres n’attendent Son retour qu’afin deleprier 1.e de mettre la&#13;
36 paix dans Sa famille en les aydant a regler Sans procez tous leurs&#13;
37 differens, et leurs partages, 2.e de leur ceder Ser biens patrimonieux, car&#13;
38 Son frere qui est Jabocin, et qui est un S.t Religieux, p.r entretenir la&#13;
39 paix entre Ses freres leur a promis quil engageroit mond. S.r de&#13;
&#13;
�40 Brullonadonner Ses biens a ceux qui seroint pacifiques. Jl eust esté&#13;
41 a Souhaiter que mond. S.r de Brullon fust revenu lannée derniere, Jl&#13;
42 auroit encore pu voir M. Son Pere, qui n’est mort que vers la fin de&#13;
Lettres M&#13;
No 17 p. 6&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
on a encore les annéez&#13;
dernieres depensé les 4000#&#13;
deM. deBernieres &amp;&#13;
&#13;
43 Janvier. M. de Brullon a cru que Javois delui une procuration&#13;
44 p.r agir en Ses affaires mais Je n’en ay point dautre que celle qui est&#13;
45 remplie du nom de M. du Douist Je Suis Surpris de cequil m’escrit, que&#13;
46 vous lui avéz dit que Javois mandé l’an passé que Ses parens ne&#13;
47 desiroint pas Son retour, Je crois avoir mandé ces choses de M. de&#13;
48 Caumont et non pas de lui.&#13;
49 Je m’estois oublié de repondre aceque vous m’escriviéz que vous ne&#13;
50 Scavéz de quels biens Je parle dont on eust pu faire des fonds en&#13;
51 france; Vous Scavéz qu’on a chargé le cap Tourmente de la fondation&#13;
52 de M. azeur de celle dubon homme Soumande &amp; qu’on a employé&#13;
53 a cette terre de tres grosses Sommes, car avec le respect que Je vous dois&#13;
54 Je ne Scaurois convenir avec vous qu’on ait fait les depenses du&#13;
55 cap tourmente a mesme la terre le fossé. Je Suis assuré et ce parla&#13;
56 connoissance que J’ay pris de vos contes et de vos depenses que&#13;
57 vous avez employé de tres grosses Sommes tous les ans p.r augmenter&#13;
58 cette terre qui rend comme vous me le marquéz tres peu dechoses.&#13;
59 Si nous avions un fonds en france ce seroit un revenu fixe et&#13;
60 assuré, car Jl n’est pas vray ceque M. Soumande me mande qu’on&#13;
61 lui adit qu’on ne trouve pas d’endroits assuréz p.r mettre Son argent.&#13;
62 on en trouve Dieu mercy toujours. Je conseille a M. Soumande, et ce&#13;
63 par Lavis de M. Labbé de Brisacier denvoyer l’argent qu’il destine&#13;
64 p.r la fondation en france, on leplacera Seurem.t et ce Sera un&#13;
65 revenu fixe Sur lequel on poura toujours compter.&#13;
66 M. de Brisacier croit que vous devriez avoir sinsy 2000.# de&#13;
67 Rente a Paris dont vous vous Serviriez p.r vos factures &amp; et Si&#13;
68 vous aviez quelques besoins extraordinaires vous vous en Serviriez p.r&#13;
69 emprunter de l’argent en les engageant vos contracts p.r un temps, car ce nest pas&#13;
70 Seulem.t larareté del’argent qui nous empesche d’en trouver, mais&#13;
71 de ce que nous navons pas d’assurance adonner a ceux dequi&#13;
72 nous en voudrions emprunter. Les Peres Jesuites omme vous le&#13;
73 Scavéz ont bien plus de conduite que nous en cela, Jl n’ont jamais fait&#13;
74 en canada que des depenses absolum.t necessaires et ont toujours envoyéz&#13;
75 en france cequils pouvoint avoir d’argent. Jls font faire la mesme&#13;
76 chose a nos Religieuses.&#13;
77 Je n’ay pas oze representer a M’gr quil me Semble qu’on n’eust pas&#13;
78 du dans un temps de chryse comme celui cy augmenter Si fort le petit&#13;
79 Sem.re a Quebec, et en faire un au Cap tourmente; outre que ce Sont des&#13;
80 charges que nous ne Scaurions porter en ce temps cy, cela fait croire&#13;
81 a tout le monde que ce que nous disons de nos miseres et de nostre&#13;
82 pauvreté n’est par vray; Jl n’y a aucun de dehors, qui ne pense&#13;
&#13;
�83 en voyant cela que nous avons des fonds cachéz.&#13;
84 Jl ne me reste plus qua vous prier de continuer p.r moy vos&#13;
85 charitalbles Soins, de me recommander dans lapriere et sur tout&#13;
86 au S.t Autel, a N. S. par lentremise de Sa tres S.te mere de St Joseph&#13;
87 et denos bons anges, de rendre graces adieu de tous les biens 7&#13;
88 qu’il me fait, et le prier de me les continuer, devouloir enfin ne&#13;
89 me pas priver de vos bons avis, qui me Seront, Je vous assure,&#13;
90 d’une tres grande utilité. Je Sens au fonds de mon cœur un desir&#13;
91 Sincere destre a Dieu plus que Jamais, Je me Sens porté au detachem.t&#13;
92 la vie cachée et a l’amour dela retraite, au milieu du tracas et des affaires,&#13;
93 mais mes troubles, et mes agitations passéez me tiennent beaucoup dans la&#13;
94 defiance, de moy mesme, Je ne regarde ces choses que comme des petits&#13;
95 boutons qui apeine ont poussez, que la moindre gelée, le moindre vent&#13;
96 froid fait mourir; Plaise a Dieu m’establir dans cette Solidité damour et&#13;
97 de tendresse p.r lui, qui me procure Vn soin special de la divine providence,&#13;
98 comme On parle LEglise, Quia nunquam tua gubernatione destituit, quo&#13;
99 in soliditate sua delectionis instituit; Je Suis persuade que cest la&#13;
100 un œuvre de Dieu, et un des plus grands. Tous mes efforts ne me&#13;
101 procureront par cette Stabilité cette fermeté que Je vois et que&#13;
102 Jenvie Si fort dans les autres. Jl la faut demander inssamm.t et&#13;
103 lattendre patiamm.t Je vous prie de me pardonner, et de vouloir&#13;
104 le demander a nos Mesrs p.r moy des fautes, des manieres de parler&#13;
105 peut estre pas asséz respectueuses que J’ay pu lascher dans leurs&#13;
106 lettres et Les votres, Je puis dire que mon cœur n’a point de part&#13;
107 a ces fautes quelles quelles Soint, car Jl a p.r nos m.rs et p.r vous&#13;
108 tout le respect et la veneration possible, estant autant qu’on&#13;
109 le peut estre et Sans retenue&#13;
110 ce 6.e Avril 1694.&#13;
111&#13;
Mon sieur /&#13;
112&#13;
Votre tres humble&#13;
113&#13;
et tres obeiss.t Serviteur&#13;
114&#13;
Tremblay p. Jndigne&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 40f&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 3-6 avril 1694)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe les directeurs du Séminaire de Québec que Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, ne lui paye pas ce qu’il leur doit, qu’il est difficile d’emprunter de l’argent en France à cause de la guerre, et il leur conseille  de créer un fonds en France pour assurer un revenu fixe. Il reproche à Brulon, trésorier, de ne  pas être revenu en France plus tôt pour régler sa succession et de ne pas lui avoir donné de procuration pour agir en son nom. Il estime que les dépenses pour le Cap-Tourmente sont excessives et inutiles. Il suggère de placer l’argent des fondations en France, comme le font les jésuites et les religieuses. </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/id/13034"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 17&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11869" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11870" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11871" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 40f&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 7 juin 1702)&#13;
&#13;
À M. des Maizerets&#13;
7 juin 1702,&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous écris encore celle-ci ces fêtes de la Pentecôte, qui sera sans doute la dernière&#13;
que vous recevrez de moi. Elle est la troisième que je vous écris à vous directement.&#13;
J’ai mandé ci-devant à vous et à M. de Glandelet, par M. Joncaire, qui est parti il y&#13;
a plus de 12 jours, que nous n’avions pu obtenir que 4 000 livres pour notre&#13;
Séminaire, à cause de notre incendie, lesquelles seront à prendre sur le Trésor&#13;
royal. On ne nous en a pas encore expédié l’ordonnance, mais ce sera une pitié&#13;
pour le faire payer, car on ne saurait tirer d’argent au Trésor royal : tout y est&#13;
consommé pour la guerre et je ne sais si je pourrai tirer l’ordonnance de&#13;
Mississippi, ni celle de Mgr l’Ancien pour l’année dernière. Bien plus, j’ai avancé&#13;
1 000 livres à M. Joncaire pour lui faciliter son retour pour son ordonnance de&#13;
courrier et à présent, je n’en puis tirer d’argent au Trésor royal, quoique ces&#13;
ordonnances soient les plus tôt payées. C’est à présent un triste état que d’avoir à&#13;
tirer de l’argent, car on n’en peut avoir de personne et juger de là de ce que nous&#13;
pouvons espérer de secours pour notre rétablissement. Pour moi, je n’y fais aucun&#13;
fonds, ni à voir augmenter sur des bénéfices ces 4 000 livres que le roi nous a&#13;
accordées. M. l’abbé de Brisacier se fait fort de nous procurer, avant la fin de&#13;
l’année, 2 000 écus, c’est-à-dire 6 000 livres d’aumônes, mais je crois qu’il n’en&#13;
viendra pas à bout, car outre le triste état où est toute la France, il est lui-même&#13;
emporté par tant d’autres affaires qu’il n’a pas le temps d’y penser.&#13;
Nous sommes aussi avancés que le jour que M. Joncaire est arrivé pour vous&#13;
procurer quelque secours des particuliers. Nos Messieurs sont emportés par une&#13;
infinité d’autres affaires, qui leur ôtent le souvenir de celle-ci. À la vérité, M. l’abbé&#13;
de Brisacier persiste à vouloir y travailler, mais je crains qu’on ne regarde ce&#13;
malheur comme de vieilles matines qu’on a oubliées. L’Assemblée du clergé est&#13;
passée. On n’a pu y demander rien, parce qu’en effet cette assemblée&#13;
extraordinaire n’a pas le pouvoir de rien accorder. Il est survenu une nomination&#13;
&#13;
�de quelques bénéfices à la Pentecôte, mais les bénéfices ont vaqué si près de la fête&#13;
qu’on n’a pas eu le temps d’agir pour obtenir rien sur ces bénéfices. Je vous avoue&#13;
que quoique je vous aie mandé par le vaisseau la Perle, qui est parti il y a plus de&#13;
quinze jours, que vous pouviez compter sur les 4 000 livres accordées par le roi sur&#13;
le Trésor royal et sur 6 000 livres de secours des particuliers, que nous espérions&#13;
amasser, je ne sais si je ne dois pas vous mander de compter sur rien, car : 1° je ne&#13;
sais si nous tirerons et quand nous serons payés de cette ordonnance de&#13;
4 000 livres, aussi bien que de 7 000 livres que j’ai encore à tirer sur le Trésor royal ;&#13;
il est à craindre que l’on n’y puisse rien recevoir tant que cette guerre durera ; 2° je&#13;
ne vois point par quels ressorts M. l’abbé de Brisacier pourra tirer 6 000 livres, car&#13;
je n’y vois nulle disposition, quoiqu’il croit toujours en venir à bout ; et quant à ce&#13;
qui regarde vos factures, je suis encore du moins aussi embarrassé, car vous verrez&#13;
de combien je suis en avance pour le Séminaire ; et si je ne puis toucher ce qui est&#13;
dû à Mgr l’Ancien sur le Trésor royal et au Mississippi, il faut que je succombe. La&#13;
procure en ce temps est d’une difficulté étrange.&#13;
Je vous prie de dire à M. Buisson que j’ai remis à M. Joncaire 20 louis, que M. Briot,&#13;
son neveu, m’avait remis pour lui faire tenir, car M. Briot a voulu que je les lui&#13;
remette et encourir les risques.&#13;
On m’a apporté, il y a huit jours, un paquet pour M. Coeurderoi et encore depuis,&#13;
un autre pour M. Boucher, que j’ai cru devoir encore envoyer par le messager, afin&#13;
de faire plaisir à ces Messieurs ; mais il faudra leur en faire payer le port à 5 sols&#13;
de la livre pour ce qu’il a couté de Paris à La Rochelle.&#13;
Je vous prie d’ordonner au frère Hubert de m’envoyer tous les ans près d’un demimuid1 d’herbe de capillaire. Cela est utile et sert à plusieurs amis qui en&#13;
demandent.&#13;
M. Grignon vous mandera la difficulté que nous avons eue pour avoir nos clous&#13;
et je ne sais encore s’il vous en enverra le nombre que vous demandez. Je n’ai rien&#13;
oublié pour vous faire tout tenir et envoyer ce que vous désirez.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Un muid de liquide de Paris contient environ 268 litres.&#13;
&#13;
�M. d’Iberville n’est pas encore de retour. On l’attend tous les jours. Je m’attends à&#13;
avoir bien de la dépense à faire pour le Mississippi quand il arrivera. Encore, passe&#13;
pourvu que j’aie reçu alors l’ordonnance pour cette mission au Trésor royal.&#13;
J’ai oublié de vous prier de dire à M. Bellin que je n’ai pu lui rien envoyer cette&#13;
année. J’ai à lui 77 livres, quelques sous et M. son beau-frère a de plus 30 livres&#13;
qu’il me donnera quand je voudrai, mais je me suis pris trop tard pour lui envoyer&#13;
de la marchandise pour cette somme.&#13;
Nos unions à Rome n’avancent point. Je conseille à Mgr de Québec d’y aller et je&#13;
crois qu’il le fera ce mois de septembre. C’est le seul moyen de les faire réussir. Il&#13;
est cependant incertain qu’il en obtienne la permission. On nous fait peur que sous&#13;
ce pontificat-ci, nous n’obtiendrons rien ; mais c’est le cardinal de Janson qui l’a&#13;
dit, qui est le plus grand ennemi du pape.&#13;
Notre affaire de la Chine ne finit point non plus entre ses mains. On n’attend plus&#13;
que le décret. Il faut qu’il parle. On lui a rapporté les vœux des cardinaux, qui sont&#13;
dix et onze pour nous, de treize, et les Jésuites n’en ont pour eux que deux et trois.&#13;
On vous fait peur de la trop grande amitié qu’on dit que le pape a pour les Jésuites,&#13;
mais nous nous appuyons sur le Saint-Esprit et d’ailleurs, outre qu’on reconnaît&#13;
de la crainte de Dieu dans ce pontife, il est trop jaloux de sa réputation pour ne pas&#13;
prononcer un décret sur cette matière si criante et qui a tant fait de bruit, car chacun&#13;
s’élèverait contre son silence. Il faut l’excuser de son retardement sur les grandes&#13;
affaires qui l’occupent à présent, car il faut avouer qu’elles sont fort&#13;
embarrassantes. Il voit deux puissantes armées en Italie presque aux portes de&#13;
Rome et il n’est pas en état de résister à celle qui serait victorieuse. Il lui faut bien&#13;
de la conduite et du ménagement pour se conserver dans une parfaite neutralité.&#13;
Au reste, quoique je ne vous mande guère de nouvelles, je ne puis m’empêcher de&#13;
vous mander quelques-unes de cette année, parce que le doigt de Dieu s’est fait&#13;
sentir si fortement en plusieurs que nous ne saurions assez le louer.&#13;
Le roi d’Angleterre, Jacques [II], est mort à Saint-Germain-en-Laye vers le mois&#13;
d’août de l’an passé. J’ai mandé à M. de Glandelet quelques circonstances de sa&#13;
mort précieuse devant Dieu et devant les hommes. Notre roi, après sa mort, a&#13;
&#13;
�reconnu le prince de Galles, son fils, pour le roi d’Angleterre. Le prince d’Orange&#13;
s’est servi de ce sujet pour convoquer un nouveau Parlement, composé de ses&#13;
créatures. Ce Parlement a voulu faire le procès au prince de Galles, parce qu’il a&#13;
pris la qualité de roi d’Angleterre et a été fort irrité contre le roi [Louis XIV] de ce&#13;
qu’il lui a donné cette qualité2. Le prince d’Orange3 se servait de ce prétexte pour&#13;
animer les Anglais contre la France. Le roi a trouvé moyen de faire jeter dans les&#13;
chambres hautes et basses des copies d’un traité secret qu’il avait fait avec le prince&#13;
d’Orange pour parvenir à la paix de Ryswick, par lequel le prince d’Orange&#13;
s’obligeait envers le roi de France de faire reconnaître le prince de Galles roi&#13;
d’Angleterre pour lui succéder après sa mort, pourvu qu’on le laissât régner en&#13;
paix sa vie durant. Les Anglais ont vu par-là que le prince d’Orange les trompait&#13;
et que sur ce pied, le roi de France ne pouvait se dispenser de faire reconnaître le&#13;
prince de Galles pour le roi d’Angleterre après la mort du roi son père ; mais cette&#13;
connaissance a causé un tel chagrin dans le cœur du prince d’Orange qu’on croit&#13;
que c’est une des principales causes de sa mort. Pour dissiper son chagrin, il fut à&#13;
la chasse, tomba de cheval et se rompit la clavicule. Comme il était asthmatique, il&#13;
n’en put revenir et son corps, étant déjà tout pourri depuis plusieurs années,&#13;
acheva de mourir cet automne, ou plutôt cet hiver, et cette mort a fort déconcertée&#13;
les Anglais, Hollandais et l’empereur, qui sont unis ensemble contre nous. Les&#13;
Anglais, après sa mort, ont reconnu la princesse de Danemark, fille de feu&#13;
Jacques II, notre saint roi et sœur du prince de Galles du premier lit, pour reine4.&#13;
Ils ont exclu le prince de Galles de la succession et ont résolu de faire passer cette&#13;
couronne dans les parents de la ligne protestante.&#13;
Eux et les Hollandais ont fait déclarer la guerre au roi de France le 15e mai dernier&#13;
par un manifeste tout à fait insolent et injurieux pour la personne du roi, qu’ils&#13;
taxent d’être sans paroles et sans foi. Ils ont entrepris le siège d’une petite place&#13;
dans l’électorat de Cologne, que nous prîmes en quatre jours dans la guerre&#13;
précédente et après six semaines de siège, on croit qu’elle tiendra encore bien un&#13;
mois. Mais Dieu semble se déclarer pour nous en toutes occasions : on a découvert&#13;
James Francis Edward Stuart, dit le Vieux Prétendant, fils de second mariage du roi Jacques II d’Angleterre,&#13;
étant catholique, ne pouvait hériter du trône d’Angleterre, qui était réservé à la descendance protestante&#13;
depuis le Bill of Rights de 1689 et le Act of Settlement de 1701. Il fut « frappé d’indignité » de la traitrise par&#13;
le Parlement le 2 mars 1702.&#13;
3&#13;
Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre du 11 avril 1689 au 8 mars 1702.&#13;
4&#13;
Anne, reine d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, régna du 8 mars 1702 au 1er août 1714.&#13;
2&#13;
&#13;
�cet hiver une conspiration affreuse au royaume de Naples, où on espérait&#13;
renouveler les vêpres siciliennes. Elle a été dissipée. Dieu s’est fait tellement sentir&#13;
pour nous le 1er février, lorsque le prince Eugène s’empara de Crémone, prit&#13;
prisonnier M. de Villeroi, notaire général, et tant d’autres personnes de&#13;
considération que c’est un miracle visible et nos Français y firent des prodiges de&#13;
valeur pour reprendre la ville et en chasser les ennemis. Tout ce qui nous manque,&#13;
c’est l’argent et c’est ce qui rend nos ennemis si orgueilleux. Dieu veuille humilier&#13;
les Hollandais dans cette guerre. Tous les gens de bien le souhaitent, car cette&#13;
canaille de républicains mériterait un bon châtiment et il semble que Dieu ait envie&#13;
de leur faire sentir, car il y a apparence que ce seront eux qui paieront les pots&#13;
cassés. Il faut bien prier pour cela, car sans cela nous n’aurons pas si tôt la paix. Le&#13;
roi est très bien intentionné pour la paix et il la désire avec ardeur, mais les&#13;
Hollandais voudraient que lui et le roi d’Espagne l’achetassent en donnant à&#13;
l’archiduché d’Autriche la Flandre pour leur servir de barrière et tous les états&#13;
d’Espagne qui sont en Italie.&#13;
J’ai cru vous devoir mander tout ceci pour vous engager à prier et à faire prier&#13;
Dieu qu’il nous conserve la personne du roi, qui nous est bien nécessaire dans une&#13;
telle guerre. Or, les Romains sont fort en peine de cette guerre. Ils voudraient d’un&#13;
côté que l’empereur n’eût rien en Italie, où il leur ferait de la peine, et de l’autre&#13;
que la France ne fût pas si unie avec l’Espagne, qui aurait Naples, Sicile et Milan.&#13;
On prétend même que les Romains voudraient qu’on fît de ces États de petites&#13;
républiques, qui n’appartinssent ni aux uns ni aux autres ; mais l’Espagne n’y&#13;
consentira jamais. Le pape a envoyé des nonces extraordinaires pour la paix, mais&#13;
l’empereur n’a pas voulu recevoir le sien et les cartes se brouillent fort entre lui et&#13;
Rome. Le pape craint que si les Français avaient quelque dessous, les impériaux&#13;
[Autrichiens] ne vinssent se présenter devant Rome, où ils entreraient comme dans&#13;
une campagne. Et voilà ce qui occupe extrêmement le pape. Vous voyez que le&#13;
Diable a su bien diviser les esprits. Tous les potentats craignent la trop grande&#13;
puissance de la France.&#13;
J’avais retenu un moulange de l’an passé, qu’on a embarqué dans le vaisseau du&#13;
roi, mais il nous en a bien coûté pour le faire embarquer. On y a aussi déjà&#13;
embarqué tout le fer et tous les clous à plancher et à couvrir que vous m’avez&#13;
&#13;
�demandés, mais je ne sais si nous pourrons avoir plus de 50 milliers de clous à&#13;
bardeau. Il n’y en a actuellement que 43 milliers d’embarqués, parce qu’on n’en&#13;
peut avoir, le roi prenant tous les cloutiers pour travailler pour lui.&#13;
M. de Riverin a eu un fâcheux accident quand il a été à la veille de partir. Il était&#13;
convenu avec ses associés, dont il s’est séparé avec honneur de manière à perdre&#13;
plus de 15 000 ou 16 000 livres. Cela a obligé un de ses créanciers, qui avait de lui&#13;
un billet de près de 7 000 livres, à le faire mettre prisonnier au Châtelet la veille&#13;
qu’il croyait partir. On n’a trouvé moyen de l’en tirer qu’en portant son créancier&#13;
à accepter l’offre qu’il a faite de remettre deux billets sur M. Sauvage, qui montent&#13;
à 5 230 livres, qui sont, dit-il, à Québec chez M. Lazure et il a fallu que Mgr de&#13;
Québec fût caution de l’exécution de cette promesse. Il paraît même l’être de toute&#13;
la dette de M. Riverin, mais la vérité est qu’il n’est obligé qu’à faire exécuter cette&#13;
promesse. Ne le dites à personne, car il n’y a que Mgr de Québec, son créancier et&#13;
moi qui le savent. M. Riverin croit Monseigneur obligé à toute sa dette. J’ai tâché&#13;
à lui rendre en cela tout le service qui a dépendu de moi et en la considération et à&#13;
cause de la famille de Comporté.&#13;
Mgr de Québec s’était oublié de nommer un official. Je l’ai prié de nommer M. de&#13;
La Colombière. Il m’a promis de le lui écrire aujourd’hui. Je vous prie de dire à nos&#13;
bonnes religieuses hospitalières que je n’ai encore pu toucher le principal de leur&#13;
fonds des coches et carrosses, quoique j’aie été plusieurs fois pour cela. Mais nous&#13;
n’y perdons rien, puisque les arrérages courent sur le pied du bail.&#13;
Je n’écris plus à Mgr l’Ancien, à qui j’ai écrit trois lettres, parce que je ne sache plus&#13;
rien à lui mander.&#13;
Je vous prie de dire à M. de Glandelet que je n’ai reçu de M. de Préaux aucune&#13;
lettre. Ces MM. du Mont-Louis ne veulent rien perdre dans la dépense qu’ils ont&#13;
faite l’an passé pour M. Leriche, qui monte à 379 livres, qu’ils m’avaient&#13;
remboursées. Je leur en ai offert d’amitié 250 livres. Je les attends et ne sais quel&#13;
parti ils prendront.&#13;
&#13;
�Nous avons su trop tard que M. Gay était parti pour Plaisance et de là, pour&#13;
l’Acadie ; mais M. de Pontchartrain a ordonné de l’en faire revenir. Je ne sais s’il&#13;
ne cherchera pas des prétextes pour rester. Nous comptons de vous envoyer l’an&#13;
passé le neveu de M. Dupré. Nous pourrons le prendre cet automne au Séminaire&#13;
et je lui ai dit de venir de temps en temps au Séminaire nous voir. Je crois avoir cidevant mandé que j’ai 150 livres en argent prix de France à l’église de SaintThomas, que je remettrai comme on voudra.&#13;
J’ai donné à M. Joncaire un petit paquet des Hospitalières de Dieppe pour celles&#13;
de l’Hôpital général, que je vous prie de lui faire donner et le remettre à ces bonnes&#13;
religieuses. Mgr de Québec voudrait me charger du soin de cet Hôpital. J’ai déjà&#13;
trop d’autres soins. Je n’y puis suffire. On m’a dit que les bénédictins de la&#13;
Congrégation de Saint-Maur pourparlent pour s’aller établir à l’Acadie. Je ne crois&#13;
pas qu’ils le fassent.&#13;
Il faut finir cette lettre en vous demandant bien humblement votre bénédiction, la&#13;
continuation du secours de vos prières et la grâce d’être persuadé qu’on ne peut&#13;
être plus absolument, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 7e juin 1702&#13;
Je vous prie de dire encore à nos religieuses hospitalières que je leur ai compté&#13;
avoir avancé à M. Grignon sur leur facture 1 600 livres et en effet, je les ai avancées,&#13;
parce qu’il me manda en janvier dernier qu’elle monterait à 2 000 livres. Il m’a&#13;
mandé depuis qu’elle n’irait peut-être qu[’à] 1 500 livres et si cela est, je leur&#13;
rendrai 100 livres de trop comptées, ou en un mot, ce qu’il y aura de plus. Je lui ai&#13;
bien encore avancé près de 1 000 livres ou 1 200 livres sur notre facture du&#13;
Séminaire, dont je n’ai encore rien compté dans cette année.&#13;
/Transcription5 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1702, 7 juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 38)&#13;
1702&#13;
7 juin.&#13;
a M. Desmaizerets&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
no 38&#13;
2 Je vous escris encore cellecy ces festes dela&#13;
3 Pentecoste qui Sera Sans doute la derniere que&#13;
4 vous recevrez de moy. Elle est la 3.e que Je vous&#13;
5 escris a vous directem’ J’ay mandé cy devant a&#13;
6 vous et a M. Glandelet par M Jonquaire qui&#13;
7 est parti Jly a plus de douze jours que nous n’avions&#13;
8 pu obtenir que 4000.# p.r n’re Sem.re a cause den’re&#13;
9 incendie, les quelles Seront a prendre Sur le tresor roial&#13;
10 on ne nous en a pas encore expedié l’ordonnance mais&#13;
11 ceSera une pitié p.r le f.re payer; car on no Scauroit tirer&#13;
12 dargent au Tresor roial. Tout y est consommé p.r la guerre,&#13;
13 et Jene Scay Si Je pouray tirer l’ordonnance de misissipi,&#13;
14 ni celle de Mgr Lancien p.r lannée derniere&#13;
15 Bienplus J’ay avancé mil livres a M Jonquaire p.r&#13;
16 lui faciliter Son retour p.r Son ordon.ce de courier et&#13;
17 a present Je n’en puis tirer dargent au Tresor roial,&#13;
18 quoique ces ord.ces Soient les plutost paiéez. Cest apresent&#13;
19 un triste estat que d’avoir a tirer delargent, car on&#13;
20 n’en peut avoir depersonne Et Jugez dela de ceque&#13;
21 nous pouvons esperer de Secours p.r n’re retablissem.’&#13;
22 Pour moy Je ny fais aucun fonds, ny a voir&#13;
23 augmenter Sur des benefices ces 4000.# que Le Roi nous&#13;
24 a accordé; Mons.r L’abbé de Brisacier Se fait fort de&#13;
25 nous procurer avant la fin de lannée deux mil&#13;
26 escus, cest adire Six mil livres daumosnes. mais Je&#13;
27 croy quil n’en viendra pas about. Car outre le triste etat&#13;
28 ou est toute la france, Jl est lui mesme emporté&#13;
29 par tant dautres affaires quil n’a pas le temps dy&#13;
30 penser. Nous Sommes aussi avancez que le jour queM&#13;
31 Jonquaire est arrivé, p.r vous procurer quelque Secours&#13;
32 des particuliers : Nos Mess.rs Sont emportez par une&#13;
33 infinité d’autres affaires qui leur ostent le Souvenir&#13;
34 de cellecy. a La verité M. Labbé de Brisacier persiste&#13;
35 a vouloir y travailler, mais Je crains qu’on ne regarde&#13;
36 ce malheur co’e de vieilles matines qu’on a oubliéez.&#13;
37 Lasssemblée du clargé est passée. on n’a pu y demander&#13;
38 rien, par cequ’en effet cette assemblée extraord.re n’a&#13;
39 pas lepouvoir de rien accorder. Jl est Survenu une&#13;
40 nomination de quelques benefices ala Pentecoste,&#13;
&#13;
�41 mais les benefices ont vaqué Si prez dela feste, qu’on&#13;
42 n’a pas eu le temps d’agir p.r obtenir rien Sur ces&#13;
43 benefices. Je vous avoüe que quoique Je vous aye&#13;
44 mandé par le vaisseau la Perle qui est partie il y a&#13;
45 plus de quinze Jours que vous pouviez conter Sur&#13;
46 les 4000.# accodez par le Roi Sur le tresor roial, et Sur&#13;
47 6000.# de Secours des particuliers quenous esperions&#13;
48 amasser, Je ne Scais Si Je ne dois pas vous mander de&#13;
49 conter Sur rien; car 1.e Je ne Scay Si nous tirerons&#13;
50 et quand nous Seront paiez de cette ord.ce de 4000.# aussi bien&#13;
51 que de 7000.# que J’ay encore a tirer Sur le tresor roial&#13;
52 Jl est a craindre que l’on n’y puisse rien recevoir tant&#13;
53 que cette guerre durera 2.e Je ne vois point par quels&#13;
54 ressorts M. Lab. deBrisacier poura tirer 6000.# car Je&#13;
55 n’y vois nulle disposition, quoiquil croye toujours&#13;
56 en venir a bout.&#13;
57 Et quant a ce qui regarde vos factures, Je suis encore&#13;
58 du moins aussi ambarassé, car vous verrez de combien&#13;
59 Je Suis en avance p.r le Sem.re et Si Je ne puis toucher&#13;
60 ce qui est deu a Mgr Lancien Sur letresor roial,&#13;
61 et au misissipi, Jl faut que Je Succombe La procure&#13;
62 en ce temps est dune difficulté étrange.&#13;
3.&#13;
&#13;
63 Je vous prie de dire a M Buisson que J’ay remis a M&#13;
64 Jonquaire vingt Louis que M. Briot Son neveu m’avoit&#13;
65 remis p.r lui f.re tenir, car M Briot a vouluque Je les&#13;
66 lui remette et encourir les risques.&#13;
67 on m’a aporté Jly a huit jours un paquet p.r M CoeurdeRoi&#13;
68 et encore depuis un autre p.r M Boucher que J’ay cru devoir&#13;
69 encore envoier par le messager afin de faire plaisir a ces&#13;
70 Mess.rs mais Jl faudra leur en faire paier leport a&#13;
71 cinq Sols dela livre p.r ce quil a couté de Paris ala&#13;
72 Rochelle&#13;
73 Je vous prie d’ordonner au frere hubert de menvoier&#13;
74 tous les ans prez d’un demi muid dherbe de capilaire&#13;
75 cela est utile et Sert aplus.rs amis qui en demandent.&#13;
76 M Grignon vous mandera la difficulté que nous&#13;
77 avons eus p.r avoir nos clous, et Je ne Scay encore Sil&#13;
78 vous en envoiera le nombre que vous demandez. Je&#13;
79 n’ay rien oublié p.r vous faire tout tenir et envoier&#13;
80 ce que vous desirez.&#13;
81 M. D’Jber ville n’est pas encore de retour. On lattend tous les&#13;
82 jours. Je m’attens a avoir bien dela depense a faire p.r le&#13;
83 misissipi quand Jl arrivera. Encore passe pour veu que&#13;
&#13;
�84 J’aye receu alors l’ordonnance p.r cette mission au tresor roïal&#13;
85 J’ay oublié de vous prier de dire a M. Belain que Jen’ay&#13;
86 pu lui rien envoier cette année. Jay alui 77.# quelq’ Sols&#13;
87 et Mons.r Son beau frere a deplus 30.# quil me donnera&#13;
88 quand Je voudray. Mais Je me Suis pris trop tard p.r lui&#13;
89 envoier dela marchandise p.r cette So’e.&#13;
90 Nos unions a Rome n’avancent point. Je conseille aMgr&#13;
91 de Q. d’y aller, et Je crois quil le fera cemois de 7.bre c’est&#13;
92 le Seul moyen de les f.re reussir. Jl est cepend.’ incertain&#13;
93 quil en obtienne la permission. on nous fait peur que&#13;
94 Sous ce Pontificat cy nous nobtiendrons rien; mais&#13;
95 c’est le cardinal de Janson qui l’a dit, qui est le plus grand&#13;
96 ennemy du Pape.&#13;
97 Notre aff.re de la chine ne finit point non plus entreSes&#13;
98 mains. on nattend plus que le decret. Jl faut quil&#13;
99 parle. on lui a raporté les vœux des cardinaux qui Sont dix et&#13;
4.&#13;
&#13;
100 onze p.r nous de treize et les Jesuites n’en ont p.r eux&#13;
101 que deux et trois. On vous fait peur dela trop grande&#13;
102 amitié qu’en dit quele Papeap.r les Jesuites, mais&#13;
103 nous nous appuyons Surl eS.t Esprit, et d’ailleurs outre&#13;
104 qu’on reconnoist de la crainte de dieu dans ce Pontife,&#13;
105 Jl est trop jaloux de Sa reputation, p.r nepas prononcer&#13;
106 un Decret Sur cette matiere Si criante etqui a tant&#13;
107 fait de bruit; car chacun S’esleveroit contre Son Silence&#13;
108 Jl faut l’excuser de Son retardement Sur les grandes affaires&#13;
109 qui l’occupent a present. Car Jl faut avouer qu’elles&#13;
110 Sont fort ambarassantes. Jl voit deux puissantes arméez&#13;
111 en Jtalie, presqu’aux portes de Rome, et Jl n’est pas&#13;
112 en estat deresister a celle qui Seroit victorieuse Jllui&#13;
113 faut bien dela conduite et du mesnagement pour Se&#13;
114 conserver dans une parfaite Neutralité. Aureste, quoiq’&#13;
115 Jene vous mande guerede Nouvelles Jenepuis m’empescher&#13;
116 de vous mander quel ques unes de cette année, par ceq’&#13;
117 ledoit de Dieu S’est fait Sentir Si fortem.’ enplus.rs que&#13;
118 nous ne Scaurions assez lelouer.&#13;
119 Le Roi dangleterre Jacque est mort a S.t Germain en&#13;
120 laye vers le mois daoust del’an passé. J’ay mandé aM&#13;
121 Glandelet quelques circonstances deSa mort pretieuse&#13;
122 devant Dieu et devant les hommes. Notre Roi apres Sa&#13;
123 mort a reconnu le Prince de Galle Son fils p.r Roi d’angle=&#13;
124 terre Le Prince dorange S’est Servi de ce Sujet p.r convo=&#13;
125 quer un Nouveau parlem’ composé deSes creatures.&#13;
126 ce Parlem.t a voulu faire le procez au Prince deGalle,&#13;
&#13;
�127 par cequil a pris la qualité de Roi dangleterre, et a eté&#13;
128 fort irrité contrele Roi de ce quil lui a donné cette&#13;
129 qualité. Le Prince dorange SeServoit de ce pretexte&#13;
130 p.r animer les anglois contre lafrance. Le Roi a&#13;
131 trouvé moyen de faire jetter dans les chambres&#13;
132 haute et basse des copies d’un traité Secret quil&#13;
133 avoit fait avec le Prince dorange p.r parvenir&#13;
134 a la paix de Rihewich, par le quel La Princed’orange&#13;
5&#13;
&#13;
135 Sobligeoit envers le Roi de france de faire reconnoitre&#13;
136 Le Prince de Galle Roi d’angleterre p.r lui Succeder&#13;
137 apres Sa mort p.r veu qu’on le laissast regner enpaix&#13;
138 Sa vie durant. Les anglois ont veu par la quele&#13;
139 Prince dorange les trompoit et que Sur ce pied le&#13;
140 Roi de france ne pouvoit Se dispenser de faire&#13;
141 reconnoitre le Prince de Galle p.r Roi dangleterre&#13;
142 apres la mort du Roi Son Pere. mais cette&#13;
143 connoissance a causé un tel chagrin dans le&#13;
144 cœur du Prince dorange qu’on croit que cest une des&#13;
145 principales causes deSa mort. P. dissiper Son chagrin&#13;
146 Jl fut ala chasse, tomba de cheval, et Se rompit la&#13;
147 clavicule; co’e Jl estoit asmatique; Jl n’en put&#13;
148 revenir et Son corps estant déjà tout pouri depuis&#13;
149 plus.rs anneez acheva demourir cet automne ou&#13;
150 plutost cet hyver, et cette mort a fort deconcertée&#13;
151 les anglois hollandois et lempereur qui Sont unis&#13;
152 ensemble contre nous. Les anglois apres Sa mort ont&#13;
153 reconnu la Princesse de Danemarc fille defeu Jacque Second&#13;
154 N’re S.t Roi et Sœur du Prince de Galle du 1.er lit p.r Reine.&#13;
155 Jls ont exclus le Prince de Galle dela Succession et ont résolu&#13;
156 de f.re passer cette couronne dans les parens dela&#13;
157 ligne protestante. Eux et les hollandois ont fait&#13;
158 declarer la guerre au Roi de france le 15. may d.er&#13;
159 par un manifeste tout a fait insolent et injurieux&#13;
160 p.r la personne du Roi quils taxent destre Sans parole&#13;
161 et Sans foy. Jls ont entrepris le Siege d’une petite place&#13;
162 dans LElectorat de cologne que nous prismes en quatre&#13;
163 jours dans la guerre precedente, et apres Six Semaines&#13;
164 de Siege on croit quelle tiendra encore bien un mois.&#13;
165 Mais Dieu Semble Se declarer p.r nous en toutes occasions&#13;
166 on a descouvert cet hiver une conspiration affreuse au&#13;
167 Royaume de Naples, ou on esperoit renouveler les vespres&#13;
168 Siciliennes. Elle a eté dissipée. Dieu S’est fait tellem.’ Sentir&#13;
169 p.r nous les 1.er. fevrier lors que le Prince Eugene Sempara&#13;
&#13;
�170 de cremone, prit prisonnier M. de villeroy n’re Gral,&#13;
6&#13;
&#13;
171 et tant dautre personnes de consideration que cest un&#13;
172 miracle visible, et nos francois y firent des prodiges&#13;
173 de valeur p.r reprendre la ville et en chasser les ennemis.&#13;
174 Tout ce qui nous manque c’est largent et cest ce&#13;
175 qui rend nos ennemis Si orgueilleux Dieu veuille&#13;
176 humilier les hollandois dans cette guerre. Tous les gens&#13;
177 de bien le Souhaitent, car cette canaille de republicains&#13;
178 meriteroit un bon chatiment et Jl Semble que Dieu&#13;
179 ait envie de leur f.re Sentir. car Jly a apparence&#13;
180 que ce Seront eux qui paieront les pots cassez. Jl&#13;
181 faut bien prier p.r cela; car Sans cela nous n’aurons&#13;
182 pas Si tost la paix. Le Roi est tres bien intentionné&#13;
183 p.r la paix et Jl la desire avec ardeur, mais les&#13;
184 hollandois voudroient que lui et le Roi dEspagne l’achetassent&#13;
185 en donnant a larchiduce dautriche laflandre p.r leur&#13;
186 Servir de barriere et tous les Etats dEspagne qui Sont&#13;
187 en Jtalie. J’ay cru vous devoir mander tout cecy p.r&#13;
188 vous engager a prier et a f.re prier Dieu quil nous&#13;
189 conserve la personne du Roi qui nous est bien necess.re&#13;
190 dans une telle guerre&#13;
191 or les Romains Sont fort en peine de cette Guerre; Jls&#13;
192 voudroient d’un coté que lempereur neust rien en&#13;
193 Jtalie, ou Jl leur feroit de lapeine, et de lautre que&#13;
194 la france ne fust pas Si unie avec l’Espagne qui&#13;
195 auroit Naples Sicile et milan. on pretend mesme que&#13;
196 les Romains voudroient qu’on fist de ces etats de petites&#13;
197 republiques qui nappartinssent ny aux uns ny aux&#13;
198 autres. mais LEspagne n’y consentira jamais. Le&#13;
199 Pape a envoié des nonces extraord.re p.r lapaix, mais&#13;
200 LEmprereur n’a pas voulu recevoir le Sien, et les cartes&#13;
201 Se brouillent fort entre lui et Rome. Le Pape craint&#13;
202 que Si les francois avoient quel q.’ dessous; Les Jmperiaux&#13;
203 ne vinssent Se presenter devant Rome ou ils entre&#13;
204 roient co’e dans une campagne, et voila ce qui&#13;
205 occupe extremem.’ Le Pape vous voiez quele Diable&#13;
206 a Sceu bien diviser les esprits. Tous les potentats craignent&#13;
207 la trop grande puissance dela france&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
208 Javois retenu un moulange de l’an passé qu’on a&#13;
209 ambarqué dans le vaisseau de Roi, mais Jl nous ena&#13;
210 bien cousté p.r le f.re ambarquer. ony a aussi déjà&#13;
211 ambarqué tout le fer et tous les clous aplancher et&#13;
&#13;
�212 a couvrir que vous mavez demandé mais Je ne Scay&#13;
213 Si nous pourons avoir plus de cinq.te milliers de&#13;
214 clou a bardeau, Jln’y en a actuellem’ que 43. m.er&#13;
215 dambarquez, par cequ’on n’en peut avoir, le Roi&#13;
216 prenant tous les cloutiers p.r travailler p.r lui.&#13;
217 M. de Riverin à eu un facheux accident quand Jl&#13;
218 a eté ala veille departir. Jl estoit convenu avec Ses&#13;
219 associez dont Jl S’est Separé avec honneur de maniere&#13;
220 ay perdre plus de 15. ou 16000.# cela a obligé un de&#13;
221 Ses creanciers qui avoit delui un billet deprez de 7000.#&#13;
222 a lef.re mettre prisonnier au chatelet la veille quil&#13;
223 croioit partir. On n’a trouvé moyen del’en tirer qu’en&#13;
224 portant Son creanciers a accepter loffre quil a fait de&#13;
225 remettre deux billets Sur M Sauvage qui montent a&#13;
226 5230.# qui Sont dit il a Quebec chez M. Lazur, et Jl a&#13;
227 falluque Mgr de Quebec fust caution delexecution de&#13;
228 cette promesse. Jl paroist mesme lestre detoute la&#13;
229 dette deM. Riverin; mais la verité est quil n’est obligé&#13;
230 qu’a f.re executer cette promesse. Ne le dites apersonne car&#13;
231 Jln’y a que Mgr de Q. Son creancier et moy qui le Scavent&#13;
232 M Riverin croit Mgr obligé atoute Sa dette J’ay taché&#13;
233 a lui rendre en cela tout le Service qui adependu demoy&#13;
234 et en la consideration et acause dela famille de&#13;
235 Comporté.&#13;
236 Mgr de Q. Sestoit oublié de nommer un official; Je&#13;
237 l’ay prié de nommer M dela Colombiere, Jl m’a promis&#13;
238 de le lui escrire aujourdhui.&#13;
239 Je vous prie de dire a Nos bonnes Religieuses hospita=&#13;
240 lieres que Je n’ay encore pu toucher le principal de&#13;
241 leur fonds des coches et carosses, quoiq’ J’aye esté&#13;
242 plu.rs fois p.r cela. mais nous n’y perdons rien,&#13;
243 puisq’ Les arrerages courent Sur le pied du bail.&#13;
244 Je n’escris plus a M’gr. Lancien, aqui J’ay escrit trois&#13;
8&#13;
&#13;
M.’&#13;
Le riche&#13;
&#13;
245 lettres, parce q.’ Jene Scache plus rien alui mander.&#13;
246 Je vous prie de dire a M Glandelet que Je n’ay receu de M.&#13;
247 de Preaud aucune lettre.&#13;
248 ces Mess.rs du mont Louis ne veulent rien perdre dans la&#13;
249 depense quils ont faite l’an passé p.r M Le Riche qui&#13;
250 monte a 379.# quils mavoient remboursez. Jeleur an ay&#13;
251 offert damitié 250.# Jeles attends, et ne Scay quel parti&#13;
252 Jls prendront.&#13;
253 Nous avons Sceu trop tard que M Gay estoit parti p.r&#13;
254 Plaisance, et dela p.r Laccadie, mais M de Pontchartrain&#13;
&#13;
�Acadie&#13;
&#13;
255 a ordonné de l’en faire revenir. Je ne Scay Sil ne cherchera&#13;
256 pas des pretextes p.r rester.&#13;
257 Nous contons de vous envoier l’an passé leneveu deM.&#13;
258 Du Pré. Nous pourons le prendre cet automne au Sem.re et&#13;
259 Je lui ay dit devenir de temps en temps auSem.re nous voir.&#13;
260 Je croy avoir cy devant mandé que J’ay cent cinq.te livres en&#13;
261 argent prix de france a LEglise de S.t Thomas que Je remettray&#13;
262 co’e on voudra&#13;
263 J’ay donné a M Jonquaire un petit paquet des ursulines hospitalieres&#13;
264 de Diepe p.r celles de lhopital g’ral que Je vous prie delui faire&#13;
265 donner et le remettre a ces bonnes Religieuses.&#13;
266 Mgr de Q. voudroit me charger du Soin de cet hopital J’ay&#13;
267 déjà trop d’autres Soins Je n’y puis Suffire&#13;
268 on m’a dit que les Benedictins dela cong.on de S.t maur pourparlent&#13;
269 p.r Saller etablir aLaccadie. Je ne croy pas quils lefassent.&#13;
270 Jl faut finir cette lettre en vous demandant bien humblem/&#13;
271 v’re benediction, la continuation du Secours de vos prieres,&#13;
272 et la grace destrepersuadé qu’on nepeut estre plus absolum’&#13;
273 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’ Serviteur&#13;
274&#13;
ce 7. Juin 1702.&#13;
Tremblay&#13;
275 Je vous prie de dire encore a nos Relig.ses hospitalieres,&#13;
276 que Je leur ay conté avoir avancé aM Grignon Sur&#13;
277 leur facture 1600.# et en effet Je les ay avancé, par cequil me&#13;
278 manda en Jan.er dernier quelle monteroit a 2000.# Jl m’a mandé&#13;
279 depuis quelle niroit peutestre que 1500.# Et Si cela est Je leur&#13;
280 rendray 100.# de trop contez, ou en un mot cequil y aura deplus.&#13;
281 Je lui ay bien encore avancé prez de 1000.# où 1200.# Sur n’re facture&#13;
282 du Seminaire dont Jen’ay encore rien conté dans cette année.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 7 juin 1702)</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le supérieur du Séminaire de Québec que le roi a accordé une somme de 4 000 livres à la suite à l’incendie du Séminaire, mais il n’a pas encore reçu l’ordonnance et craint de ne pas pouvoir toucher l’argent à cause de la guerre. Il n’espère pas beaucoup de secours des bénéfices ou des aumônes des particuliers, car la France est dans un triste état. Il commente la guerre, les affaires de Rome, notamment les unions du clergé de Québec, le différend sur la Chine et les craintes du pape face aux armées impériales et françaises en Italie. Il a fait embarquer dans le vaisseau un moulange, du fer, des clous à plancher et à couvrir. Il a recommandé à Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, de nommer La Colombière comme official.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11867" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11865" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11866" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Dépenses</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>Missions d'Orient</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 22 mai 1710)&#13;
&#13;
Paris, 22 mai 1710&#13;
Monsieur,&#13;
Je ne ferai réponse cette année à aucune de vos lettres de l’an passé, car pendant&#13;
toute l’année je n’en ai reçu aucune de vous. J’ai seulement appris par une lettre&#13;
de M. de Varennes du 12 octobre 1709, qui m’a été rendue par la poste deux mois&#13;
après que M. Pugibault, qui en était chargé, est arrivé en France, que vous aviez&#13;
reçu mes lettres de l’an passé. J’ai aussi su de vos nouvelles par tous ceux qui ont&#13;
passé en France et surtout par M. Plassan et par Mme la gouvernante, qui nous en&#13;
a appris de très précises de chacun de vous en particulier.&#13;
Elle nous a fort affligés en nous apprenant que vous aviez eu de très fortes&#13;
maladies depuis deux ans et que ces maladies vous avaient donné un degré de&#13;
faiblesse dont vous aviez peine à revenir. Nous aurions, ce semble, besoin que&#13;
Dieu vous conservât encore pour nous pendant quelques années dans des temps&#13;
si fâcheux. Il faut espérer qu’il aura égard à nos désirs et à nos prières et non à&#13;
votre empressement que vous avez de votre dissolution pour être avec JésusChrist. Nous pourrions vous dire, comme les disciples de saint Martin à ce saint,&#13;
que sa vie sainte le mettait en assurance, autant qu’on y peut être, en cette vie de&#13;
bienheureuse éternité, mais que son troupeau avait encore besoin de lui.&#13;
En effet, c’est un des motifs qui nous a le plus pressé à vous envoyer cette année,&#13;
malgré la guerre et la disette d’argent, deux de nos Messieurs pour vous aider à&#13;
conduire le Séminaire et à desservir la paroisse et nous souhaitons que vous les&#13;
puissiez former pendant quelques années et leur inspirer l’esprit de grâce et de&#13;
détachement que vous avez tâché d’inspirer aux autres, afin qu’ils conservent&#13;
après vous et transmettent à d’autres le premier esprit du Séminaire.&#13;
Il y a plus de trois ans que si j’avais pu, je vous aurais envoyé celui qui est le plus&#13;
ancien des deux prêtres que nous vous envoyons, qui s’appelle M. Thiboult. Il est&#13;
de la ville de Rouen et il est un prêtre tout formé. Il y a quatre ou cinq ans qu’il&#13;
&#13;
�demeure au Séminaire. M. l’évêque de Rosalie, qui l’avait pris pour l’emmener&#13;
avec lui et lui avait fait apprendre par avance les principes de la langue chinoise,&#13;
ne nous l’a enfin que quand il a vu que, par les autres venus de la Chine, la porte&#13;
était fermée pour longtemps aux ouvriers de l’Évangile. C’est un bon esprit et dont&#13;
je crois que vous serez contents. Il a une poitrine délicate et malgré cela, il est&#13;
capable de s’accabler de mortifications, de jeûner avec trop peu de ménagement si&#13;
vous n’y prenez garde, car il a pensé mourir au Séminaire en ne voulant faire qu’un&#13;
repas par jour en jeûnant. Tâchez, je vous prie, à le retenir et à le ménager. Je crois&#13;
qu’il vous sera propre soit dans le Séminaire pour les conférences, soit à la paroisse&#13;
pour les instructions et confessions, soit dans les communautés pour les&#13;
confessions.&#13;
L’autre, qui s’appelle M. Guichard, vient d’être fait prêtre. Il est du pays de défunt&#13;
M. Duplein. C’est un bon sujet, bien recueilli, amateur de la vie cachée, laborieux,&#13;
pénitent et qui vous conviendra, étant un bon esprit, sociable et bien humble. Nous&#13;
avons déclaré à Mgr l’évêque de Québec que nous les envoyons tous les deux pour&#13;
vous soulager, vous aider à conduire le Séminaire et rester à Québec. Or, quoique&#13;
nos Messieurs pensent qu’ils vous seront propres pour la conduite du Séminaire,&#13;
ils n’ont cependant pas jugé à propos de les associer, étant mieux aimé vous les&#13;
envoyer afin que vous les connaissiez et soyez ensuite en état de les associer à&#13;
vous.&#13;
J’ai tâché de leur fournir du linge et autres hardes pour plus de deux ans, afin&#13;
qu’ils ne vous fussent pas à charge. Je ne sais si nous obtiendrons leur passage, que&#13;
nous avons demandé. Si nous ne pouvons pas l’obtenir, il faudra bien le payer. Ils&#13;
passent avec un père jésuite et deux récollets et deux MM. de Saint-Sulpice. Je&#13;
crains qu’il n’y ait qu’un seul vaisseau pour les passer tous. Si on ne nous accorde&#13;
pas leur passage, je tâcherai à les faire passer dans un vaisseau marchand ; s’il y en&#13;
a un bon, car ils seront trop de prêtres dans un même vaisseau. M. Bouteville&#13;
sonde aussi à y passer. Il demande son passage par Mgr de Québec. Je ne sais s’il&#13;
l’obtiendra.&#13;
&#13;
�Vous saurez sans doute que Mgr de Québec revint en France et fut délivré de sa&#13;
prison vers le mois d’août de l’année passée. J’étais allé faire un assez long voyage&#13;
lorsqu’il arriva à Paris. Je le trouvai à mon retour logé rue de l’Université dans une&#13;
chambre garnie. Il est allé depuis loger chez M. le curé de Saint-Sulpice, où il avait&#13;
logé ci-devant.&#13;
Je trouvai aussi à mon retour M. Bouteville, qui s’était allé loger au Séminaire&#13;
Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Je vous avoue que dans un aussi mauvais temps&#13;
que celui-ci, où vous n’êtes guère en état de payer de grosses pensions, je crus ne&#13;
le devoir pas presser de venir au Séminaire. Je le laissai où il était logé et ne l’invitai&#13;
pas à venir chez nous. Il aurait dû y venir descendre par-dessus cela. Je crois que&#13;
comme il pouvait n’être pas content de ce que je ne lui avais pas fourni de l’argent&#13;
pendant sa prison d’Angleterre, lui à qui sa mère était assez en état d’en fournir,&#13;
je devais lui laisser prendre la maison qu’il voudrait. Il me vint voir peu après avec&#13;
M. Olivier, autre prêtre, son cocaptif, et me dit qu’ils allaient à Nantes pour y vivre&#13;
à meilleur marché. Je les laissai faire et il y est resté jusqu’à présent sans m’écrire&#13;
et me rien faire dire. J’ai cependant appris par Mgr de Québec et par d’autres qu’il&#13;
se plaignait fort de moi et de ce qu’étant du Séminaire, on ne l’avait pas voulu&#13;
recevoir. M. de Québec disait que cela ferait un mauvais effet dans les autres&#13;
Canadiens. Je ne lui ai rien refusé : il ne m’a rien demandé et ne m’a rien fait&#13;
demander. Mais je crois avoir plus de sujet de me plaindre de lui que lui de moi.&#13;
Mais il faut laisser tout tomber par terre et ne rien relever.&#13;
D’ailleurs, vous ne m’avez rien répondu sur son sujet quand je vous en ai écrit&#13;
depuis quatre ou cinq ans et quand je vous ai demandé comment j’en devais user&#13;
avec lui, après que son père ne vous a pas payé les 300 livres qu’il avait promis de&#13;
donner pour lui tous les ans. Il s’est déchargé de son Sauvage sur M gr de Québec,&#13;
qui en a été aussi déchargé, étant mort en allant à l’abbaye de Bénévent où on&#13;
l’envoyait.&#13;
De tous les sujets qui ont été prisonniers avec lui en Angleterre, il n’y en a aucun&#13;
qui ait conservé sa vocation. Tous s’en sont séparés, la plupart assez mécontents&#13;
et disant du prélat des choses assez désagréables. Il y avait cependant deux ou&#13;
&#13;
�trois bons sujets, entre autres l’abbé de Sangean, que j’aurais espéré s’il était allé&#13;
en Canada, qu’il aurait pu s’attacher à vous, n’ayant pas d’autres liaisons.&#13;
Quant au prélat, il avait déjà fait, avant que j’arrivasse de mon voyage, une&#13;
démarche qui me déplut très fort. Il avait trouvé à Paris un de nos fermiers de&#13;
Méobecq, qui m’y apportait l’année échue à la Saint-Jean 1709, dont j’avais avancé&#13;
pour lui la plus grande partie pour l’acquis des charges de cette abbaye. Ce prélat,&#13;
qui avait une fort grande avidité de toucher de l’argent, fit faire un&#13;
commandement à ce fermier de lui payer son année. Ce fermier n’eut garde de le&#13;
faire et quoique le prélat le tentât par les promesses d’un nouveau bail, de remises,&#13;
etc., il garde son argent jusqu’à mon retour. Je me plaignis au prélat de cette&#13;
démarche. Je lui dis, et de vive voix et par écrit, que j’aurais pu depuis 1707 faire&#13;
saisir son abbaye de Bénévent et que je n’avais pas voulu le faire pour qu’il ne pût&#13;
me reprocher d’avoir commencé le premier et d’avoir appesanti sa captivité que je&#13;
le pouvais encore et que je ne le voulais pas faire et aimait mieux souffrir ces&#13;
procédures que de lui en faire. Je pris seulement le parti de faire défense à ce&#13;
fermier de payer à d’autre qu’à moi, à peine de payer deux fois.&#13;
Ce fermier ne laissât pas, en s’en allant de Paris, de me laisser 1 200 livres à recevoir&#13;
pour lui et le prélat lui a mandé trois ou quatre mois après qu’il pouvait me payer&#13;
entièrement, car j’avais donné un mémoire ou compte à Mgr de Québec, par lequel&#13;
je lui faisais voir que de quelque manière qu’il voulût prendre les choses. Il était&#13;
lui-même plutôt redevable au Séminaire que de prétendre que je lui dusse quelque&#13;
chose. Je comptais la redevance de 400 livres pour les écoles et autres dont je n’ai&#13;
pas compté avec lui depuis 1707.&#13;
Dans les visites que je rendis au prélat depuis son retour, il me témoigna être fâché&#13;
d’avoir écrit en Cour et ailleurs tout ce qu’il avait écrit contre nous. Il s’excusa sur&#13;
ce qu’il prétendit que c’était M. de la Pallière qui avait aigri son esprit et qui lui&#13;
avait fait entendre les choses autrement qu’elles n’étaient. Il me dit qu’il était aisé&#13;
de se concilier sur l’application des menses monacales de Méobecq et Bénévent ;&#13;
que comme nous n’avions nul fonds pour entretenir les jeunes gens qui, en sortant&#13;
du Petit Séminaire, entraient dans le Grand pour y être promus aux ordres, il&#13;
consentirait volontiers que le Séminaire y appliquât ces revenus et qu’il soutînt,&#13;
&#13;
�avec ces jeunes, le service de la cathédrale pour y faire le service comme il faut ;&#13;
qu’il me priait de lui en donner quelque mémoire ; que j’étais plus en état que&#13;
personne de concilier toutes choses ; et il me dit mille autres choses obligeantes qui&#13;
ne me gagnèrent pas à son égard, persuadé qu’il voulait toujours venir à ses fins,&#13;
etc.&#13;
Cependant, je lui donnai un ou deux mémoires pour en venir à quelque&#13;
accommodement. Je proposais que, pour sa vie durant seulement et sans préjudice&#13;
du droit de ses successeurs et du droit du Séminaire sur les menses monacales&#13;
pour l’avenir, il pourrait s’il voulait garder entièrement l’abbaye de Bénévent, à&#13;
condition d’acquitter toutes les charges pour toutes les pensions des chanoines et&#13;
le service divin, tant que les chanoines vivraient et que le service divin subsisterait&#13;
et que nous nous contenterions, de notre côté, de garder l’abbaye de Méobecq,&#13;
prieurés d’Èves et Chezelles, afin d’éviter d’avoir pendant sa vie aucune&#13;
contestation avec lui pour le temporel et que le Séminaire emploierait le revenu&#13;
qui en proviendrait à élever de jeunes ecclésiastiques dans le Grand Séminaire. À&#13;
la vérité, je ne croyais pas en devoir spécifier le nombre, parce que je ne pouvais&#13;
savoir 1er combien on toucherait net de cette abbaye par an et 2e ce qu’il faudrait&#13;
pour entretenir et nourrir chaque ecclésiastique au Séminaire de Québec, mais que&#13;
je pouvais assurer que bon an mal an, cela y servirait l’un portant l’autre.&#13;
Après que le prélat eut mon mémoire et après l’avoir gardé quelque temps, il nous&#13;
fit avertir de nous trouver chez M. le cardinal de Noailles, où il devait se trouver&#13;
avec M. Dubourg, son avocat. Nous y menâmes aussi M. Baille, qui était le nôtre,&#13;
M. l’abbé de Brisacier et moi. Nous écoutâmes avec respect le prélat en présence&#13;
de Son Éminence, qui parla pendant deux heures avec beaucoup de véhémence et&#13;
de feu sur tant d’affaires que je ne puis actuellement m’en souvenir. Nous n’y&#13;
étions nullement préparés et nous ne nous y attendions pas ; ainsi, nous nous&#13;
contentâmes de répondre peu de choses à tout ce qu’il nous dit. Je me souviens&#13;
qu’il se plaignit qu’on ne voulait lui rendre aucun compte des revenus du&#13;
Séminaire. Nous lui dîmes qu’on ne lui refusait pas le compte des revenus de son&#13;
séminaire épiscopal, mais que quand il voudrait même agir avec nous avec un peu&#13;
de bonté, nous lui montrerions bientôt tous nos comptes et que je lui montrerais&#13;
&#13;
�s’il le voulait dès le lendemain, faisant attention à ce compte que vous m’avez&#13;
envoyé de l’année 1708, dressé par M. Buisson.&#13;
Dans cette conférence, nous ne crûmes pas devoir soutenir l’opposition du&#13;
chapitre à la bulle d’union et la révocation que vous nous aviez signifiée de vos&#13;
procurations. M. l’évêque s’efforça de soutenir que c’était un jeu joué entre nous&#13;
et vous et que vous ne faisiez tout cela que pour nous donner lieu de revenir contre&#13;
la transaction de 1706 que nous avons passée entre son grand-vicaire et nous. Nous&#13;
protestâmes que nous nous en tenions pour le Séminaire à cette transaction, mais&#13;
que nous ne pouvions empêcher le chapitre de soutenir ses droits. Nous assurâmes&#13;
que nous n’aurons nulle part à l’opposition formée par le chapitre et qu’au&#13;
contraire, elle nous avait fait beaucoup de peine et que nous ne pouvions en&#13;
aucune manière stipuler les intérêts du chapitre, qui avait révoqué sa procuration,&#13;
mais que nous étions en état d’agir pour le Séminaire de Québec et de demander&#13;
pour lui l’exécution de la transaction de 1706, que nous lui demandions en effet&#13;
très sincèrement et voulions exactement la suivre.&#13;
M. l’évêque y proposa lui-même la vue d’appliquer les revenus de ses menses&#13;
conventuelles de Méobecq et Bénévent pour la subsistance des jeunes&#13;
séminaristes. Il assura que quand il avait pensé que cela devait être employé pour&#13;
les missions du diocèse, il n’avait jamais pensé que ce fût pour d’autres que pour&#13;
celles qui seraient desservies par des sujets du Séminaire, car M. le cardinal et tous&#13;
les autres trouvèrent qu’il était ridicule de penser que ces revenus ne dussent que&#13;
passer par les mains du Séminaire de Paris et du supérieur de Québec pour être&#13;
ensuite distribués par M. l’évêque de Québec aux Jésuites ou aux Récollets ou à&#13;
MM. de Saint-Sulpice ou à tels autres prêtres qu’il voudrait. Ils convinrent tous, et&#13;
le prélat même, que si cela était appliqué aux missions du diocèse et devait être à&#13;
celles qui seraient desservies par des prêtres du Séminaire, mais le prélat convint&#13;
en même temps qu’on ne pouvait faire une meilleure application que celle qu’il&#13;
proposait et qu’il fallait que le Séminaire de Québec se chargeât d’entretenir dix&#13;
sujets en y comprenant, disait-il, les quatre de sa fondation, dont deux pouvaient&#13;
être chargés des écoles, pour lesquels il donnerait sa vie durant 400 livres sans être&#13;
obligé à faire un fonds de 400 livres, dont il demandait que nous nous&#13;
désistassions. Il demandait aussi que nous renonçassions à une donation à cause&#13;
&#13;
�de morts qu’il avait faite au Séminaire de Québec et cent autres demandes qu’il fit&#13;
alors, dont je ne me souviens plus.&#13;
Nous nous contentâmes d’exposer que nous ne nous étions pas attendus à toutes&#13;
ces demandes, dont on ne nous avait pas prévenus et sur lesquelles on ne pouvait&#13;
répondre précisément, à moins que Monseigneur de donnât un mémoire où il les&#13;
expliquât, mais que l’on examinerait comment se devait faire le partage des&#13;
abbayes pour les menses abbatiales et conventuelles, parce que Monseigneur&#13;
prétendait que nous ne devions jouir à Bénévent uniquement que de ce dont&#13;
avaient joui jusqu’alors les religieux et que nous prétendions y partager par tiers&#13;
l’abbaye ou par moitié, comme on le faisait de Méobecq, savoir un tiers pour&#13;
l’abbé, un tiers pour les religieux et un tiers pour acquitter les charges, ou la moitié&#13;
à l’abbé et moitié aux religieux à condition d’acquitter également les charges. M. le&#13;
cardinal de Noailles dit que c’était là une difficulté nécessaire à régler et remit à&#13;
une autre fois à examiner les affaires sur les membres qui seraient donnés de part&#13;
et d’autre.&#13;
M. l’évêque de Québec nous envoya donc 15 jours après, par le canal de&#13;
Son Éminence, un mémoire qui contenait six articles ou environ, dont je vous&#13;
envoie copie.&#13;
Par le 1er article, il demande à venir loger au Séminaire, prétendant y avoir droit&#13;
comme évêque de Québec. Nous répondîmes sur cet article que nous ne&#13;
connaissions pas ce droit et nous crûmes même devoir le faire souvenir d’une&#13;
parole qu’il dit à nos Messieurs en 1691 ou 1692.&#13;
Par le 2e article, il demandait que nous renonçassions à une donation à cause de&#13;
morts qu’il avait fait de tous ses biens en 1685. Je vous avoue que je ne connaissais&#13;
que la seule fondation qu’il fit cette année-là de ce qui lui restait des deniers de sa&#13;
charge et comme cela est trop bien cimenté et insinué, nous lui répondîmes que&#13;
nous ne pouvions y renoncer.&#13;
&#13;
�Il serait trop long de vous détailler toutes ces difficultés. Je vous envoie la copie du&#13;
premier mémoire que nous avons présenté, de la réponse que nous y avons faite,&#13;
des observations qu’il a faites sur notre réponse et des répliques que nous y avons&#13;
faites. Vous y verrez encore des expédients d’accommodement qu’il me fit&#13;
proposer par son procureur et la réponse que j’y ai faits. Tout cela s’est trouvé&#13;
entre les mains de M. le cardinal lorsque l’Assemblée du clergé a commencé et il a&#13;
été trop occupé en ce temps-ci pour la régler. Je ne prévois pas même qu’il la règle&#13;
et je crains bien qu’il ne faille en venir à un procès, car ce prélat ne veut absolument&#13;
pas accorder le partage par tiers ou par moitié de l’abbaye de Bénévent et&#13;
cependant, il ne la peut refuser et on ne peut juger autrement et je ne crois pas que&#13;
nous devions nous relâcher sur ce point.&#13;
On pourrait, à la vérité, pour sa vérité durant, se relâcher en quelque chose et c’est&#13;
ce que j’avais proposé dès le commencement en lui faisant garder son abbaye de&#13;
Bénévent et nous, l’abbaye de Méobecq, bien entendu qu’il en payerait toutes les&#13;
charges, même celles des pensions des religieux et cela reviendrait à peu près au&#13;
même pour le présent. Il n’y aurait que cet avantage pour Monseigneur qu’à&#13;
mesure qu’à l’avenir les religieux mouraient, cela tournerait à son profit, au lieu&#13;
que cela doit revenir au profit du Séminaire, mais on aurait pu, pour le bien de la&#13;
paix, faire cela sa vie durant, saluo juve animus1, jusqu’après son décès.&#13;
Je ne doute pas qu’il ne vous en écrive et ne se plaigne beaucoup de moi, car il&#13;
prétend qu’il n’y a que moi qui sois difficile et que M. l’abbé de Brisacier et nos&#13;
MM. de Paris, aussi bien que ceux de Québec, signeraient tout ce que je voudrais.&#13;
Il m’accable aussi quelques fois de louanges, mais je ne suis sensible ni aux unes,&#13;
ni aux autres. Je lui ai dit cent fois que je n’avais en tout cela aucun intérêt&#13;
particulier, que je n’y regardais que la justice et mon obligation de veiller à vos&#13;
intérêts, mais sans aucun entêtement prêt à suivre l’avis des plus habiles avocats.&#13;
Je lui ai représenté que nous ne pouvions pour l’avenir renoncer à ces droits acquis&#13;
par la bulle et que c’était en suivant exactement le droit commun qu’on évitait les&#13;
procès et toutes les mauvaises affaires pour l’avenir.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Je salue son âme.&#13;
&#13;
�Vous verrez si vous avez quelques instructions à me donner sur tout cela. Je sens&#13;
que le prélat est aussi rempli de difficultés que jamais ; que celles-là ne seront pas&#13;
plus tôt résolues qu’il s’en présentera une fourmilière d’autres ; que s’il retourne&#13;
en son diocèse, il faut s’attendre à avoir avec lui à disputer sur la pointe d’une&#13;
aiguille, à moins que de se résoudre à lui relâcher insensiblement toutes choses et&#13;
jusqu’à ce qu’il ait surtout réduit le Séminaire à se dépouiller de tout ce qui lui sera&#13;
le plus acquis.&#13;
Je m’attends que nous ne serons pas les seuls qui souffrirons dans le Séminaire et&#13;
qu’il ne sera pas plus tôt à Québec que les Hospitalières et les Ursulines auront de&#13;
l’exercice. Il se ménage à présent fort avec les Jésuites, mais cela ne durera, selon&#13;
toutes les apparences, que jusqu’à ce qu’il soit en son diocèse, car je m’aperçois&#13;
bien qu’il ne les aime pas plus qu’il faisait. Il a besoin d’eux pour s’en retourner. Il&#13;
paraît que M. de Pontchartrain ne goûte pas beaucoup son retour jusqu’à la paix,&#13;
mais à la paix, je ne vois pas comment il peut en être empêché. Il ne songe pas à&#13;
s’en retourner de l’année. J’ai cependant cru qu’il pouvait bien, à la veille du&#13;
départ, partir à l’improviste et se rendre à La Rochelle pour s’embarquer. Je n’ai&#13;
pu régler aucun compte avec lui et ne sais quand on le pourra faire. C’est encore&#13;
un grand malheur que des difficultés entre lui et nous ne soient pas réglées par&#13;
M. le cardinal, car pendant ce temps-là, il jouit de tout Bénévent et ne manquera&#13;
pas dans la suite de toucher tout ce qu’il pourra de Méobecq. Tout sera dans la&#13;
confusion et on n’en sortira pas aisément. Cela, je vous assure, me déplaît fort. Je&#13;
n’aime guère ces disputes et contestations. Cependant, je ne vois pas comment les&#13;
éviter. La vie entière se passe et je sentirais plus que jamais de l’attrait pour le&#13;
débarrassement des affaires, car il est, ce me semble, temps pour moi de m’en&#13;
décharger. Si vous le pouviez, vous me feriez plaisir, pourvu que vous ayez&#13;
quelqu’un qui puisse finir avec le prélat comme il faut. J’aurais envie d’attendre la&#13;
fin de ces affaires. Cependant, je ne la vois point arriver et il en survient toujours&#13;
de nouvelles.&#13;
Par-dessus cela, l’état des affaires devient toujours plus mauvais et le temporel ne&#13;
se peut plus soutenir. Je ne sais plus quel arrangement apporter, car cette cruelle&#13;
guerre dérange toutes choses de plus en plus. Je crois qu’elle entraînera avec elle&#13;
la ruine du royaume, des communautés et des particuliers. On ne trouve plus de&#13;
&#13;
�crédit ; on ne tire plus rien des bénéfices ; on ne touche plus rien du roi, non&#13;
seulement des ordonnances, mais même des rentes ; et il y a toutes les apparences&#13;
que c’en est fait pour les gratifications et qu’une ordonnance du Trésor royal et&#13;
une feuille de chêne seront à peu près la même chose. Comment donc soutenir vos&#13;
affaires en cet état ? Je ne saurais trouver de fermiers pour vos bénéfices qu’en les&#13;
diminuant de moitié et encore après cela, ils ne paient pas. Ce que je vous dis de&#13;
vos affaires, je les prouve de toutes les autres. Nous sommes réduits à l’état le plus&#13;
violent qu’on puisse s’imaginer.&#13;
Et pour surcroît, nous avons l’inquiétude de ce que nous pouvons devenir, car si&#13;
les ennemis continuent leurs progrès, nous avons tout à craindre. Je dis, les&#13;
dernières extrémités. Nous avons vu ces misères venir d’une armée à l’autre et à&#13;
présent, il n’y a plus de remède. Ajoutez une autre inquiétude ou nous sommes de&#13;
ce que vous deviendrez vous-mêmes, car on nous fait craindre une entreprise&#13;
violente de nos ennemis sur vous. Leurs gazettes, que je ne lis point, disent qu’il&#13;
se fait un grand armement et comme il ne faut attendre aucun secours de la France,&#13;
qui n’est pas en état de se soutenir elle-même, que ne devons-nous pas craindre&#13;
pour vous.&#13;
Quoique j’en aie fait l’an passé tout ce qui avait dépendu de moi pour vous&#13;
envoyer ce que je vous avais disposé et remis à La Rochelle, cependant quand je&#13;
vis que, par différents ressorts de providence, cela n’avait pu partir, je crus que le&#13;
bon Dieu nous donnerait la paix cette année et que cela irait à vous en plus grande&#13;
assurance, mais il n’est plus possible de se dispenser de vous l’envoyer, quelque&#13;
risque que cela coure. Et si cela vient à être perdu, comment le réparer ? Cela n’est&#13;
nullement possible. Cependant, je ne saurais me résoudre à payer des assurances&#13;
et en prendre d’autres que la divine Providence, qui sait ce qu’elle veut faire de&#13;
nous. Ainsi, je vous envoie tous nos effets et nos deux missionnaires à La Garde&#13;
de Dieu et sous les assurances de sa divine protection.&#13;
Comme je sens l’extrémité où vous pouvez être réduits pour les étoffes, j’ai trouvé&#13;
un marchand de Beauvais qui a bien voulu me prêter ou avancer pour un an,&#13;
moyennant l’intérêt que je lui paierai pour plus de 1 500 livres d’étoffes telles que&#13;
nous avons cru qu’elles vous conviendraient, soit pour vos habits des&#13;
&#13;
�ecclésiastiques, soit pour vos enfants du Petit Séminaire, soit pour vos [frères]&#13;
donnés et vos fermes, et il en a fait deux ballots que je n’ai pu visiter en passant&#13;
par Paris, parce qu’on n’a pas permis de les y arrêter pour éviter d’en payer les&#13;
droits. Ils sont en deux ballots bien accommodés, que vous ferez bien visiter et&#13;
vous me ferez écrire si ces étoffes vous conviennent pour une autre année, suivant&#13;
le prix que je vous envoie. Si cela arrive à bon port avec ce que je vous ai acheté&#13;
l’an passé, vous aurez des étoffes au moins pour trois ans.&#13;
Mais je ne vous ai acheté cette année aucune autre chose et parce que je ne savais&#13;
si vous en auriez besoin et parce que je n’avais pas le moyen de vous l’acheter. Ce&#13;
sera beaucoup si vous recevez ce que je vous envoie et j’aurais bien de la peine à&#13;
faire la dépense qu’il convient faire pour le départ de nos Messieurs et pour payer&#13;
le fret de tous ces effets qui va à un prix excessif.&#13;
J’ai été l’an passé visiter nos prieurés et je n’ai pas laissé d’y ramasser différentes&#13;
sommes que vous trouverez dans mon compte, mais il m’a fallu faire plusieurs&#13;
dépenses pour le prieuré de Fort-Mahon, qui ne rendra rien, presque, que nous&#13;
n’ayons la paix. Ce prieuré était délabré et tout à fait en mauvais état et je n’aurais&#13;
pu trouver à l’affermer si je n’avais fait ces dépenses.&#13;
Il m’a été encore plus à charge par deux procès que j’ai trouvé qu’avait le défunt&#13;
prieur qu’il me faut soutenir, dont l’un ne vaut rien et ne se peut défendre. C’est&#13;
pourquoi je cherche les voies de l’accommoder. C’est une redevance qu’on&#13;
demande à ce prieuré de 24 boisseaux2 de seigle, dont il est dû 21 années et les&#13;
frais, ce qui ira en une somme. L’autre procès, comme j’espère, dédommagera en&#13;
partie de ce que l’autre coûtera, mais il faut faire de la dépense et que cela donne&#13;
bien du travail et de la peine.&#13;
J’ai tiré l’an passé bien des sommes de l’abbaye de Méobecq, mais il faut s’attendre&#13;
à n’en presque rien tirer cette année à cause de l’embrouillement ou nous sommes&#13;
avec Mgr de Québec, qui tâchera qui tâchera à titrer tout ce qu’il pourra de cette&#13;
abbaye, sous prétexte qu’il jouit de cette abbaye pour la mense abbatiale et ne nous&#13;
voudra rien donner de la mense conventuelle de Bénévent. Cependant, je crois&#13;
2&#13;
&#13;
Tonneau de 12,67 litres&#13;
&#13;
�qu’il vaut mieux souffrir cette vexation que de faire tort à nos droits pour l’avenir&#13;
sur ces deux abbayes. Je pourrais bien, si je le voulais, et je l’aurais pu dès Pâques&#13;
1707, le mettre à raison en faisant saisir l’abbaye de Bénévent pour ce qui nous en&#13;
est dû et je l’aurais alors bientôt réduit à finir, mais j’ai cru qu’il valait mieux&#13;
souffrir de lui tout ce qu’il lui plaît nous faire souffrir que d’agir avec lui par les&#13;
voies de la justice et faire contre lui la moindre procédure, ce que je n’ai pas encore&#13;
fait jusqu’à présent, m’étant contenté de répondre à ses mémoires devant M. le&#13;
cardinal de Noailles. Je crois que vous ne désapprouverez pas ma modération en&#13;
cette affaire, car quand je lui partage de ces abbayes, je lui demande quelque chose&#13;
de si juste que si cela était porté en justice réglée, cela ne toucherait pas à terre.&#13;
J’aurais aussitôt une condamnation contre lui pour partager ou par tiers ou par&#13;
moitié et il est de la dernière conséquence de ne pas affaiblir notre droit sur cela.&#13;
Vous trouverez dans mon compte en recette la somme de 118 livres que j’ai reçue&#13;
pour M. Requeleyne3, à qui il vous sera faute de les déduire sur son entretien. J’ai&#13;
aussi reçu 50 livres pour le fils de M. Delisle, que connaît M. Pocquet4. Vous aurez&#13;
la bonté de fournir cet argent à M. Pocquet à mesure qu’il jugera en devoir donner&#13;
à ce jeune homme, car cela doit uniquement passer par les mains de M. Pocquet,&#13;
selon les intentions de M. Delisle, qui m’a donné ces 50 livres.&#13;
Quoi que je porte sur mon compte en dépenses ces étoffes de Beauvais que je vous&#13;
envoie, je vous ai déjà marqué que je ne les avais pas payées et que je ne les dois&#13;
pas payer si tôt, mais payer la demeure, car je n’ai pu trouver de l’argent pour cela.&#13;
Vous trouverez en recette peu de choses reçues de l’abbaye de l’Estrée. Je n’en&#13;
saurais rien tirer et les fermiers me doivent tant que j’en suis honteux. Je vais y&#13;
aller dès que nos Messieurs seront partis sans espérance d’en rien tirer, car il ne&#13;
faut leur rien demander qu’après la récolte, ou plutôt avant Noël. C’est beaucoup&#13;
pour nous de les avoir mis en état d’ensemencer leurs terres après la triste année&#13;
passée sans leur fournir des semences, comme tant d’autres maîtres ont été obligés&#13;
de faire. Il faudra nécessairement perdre beaucoup sur ce qui est dû en cette&#13;
abbaye. Cependant, on ne peut y donner plus de soin que j’en donne pour le bien&#13;
de cette abbaye et je n’y ai pas encore laissé faire aucuns faux frais.&#13;
&#13;
3&#13;
4&#13;
&#13;
Bernard de Requeleyne, 1660-1724, curé de Riviève-Ouelle&#13;
Pierre Pocquet, 1667-1711, curé de Québec&#13;
&#13;
�Je vous envoie les lettres de Mme de La Mothe-Ango5. Le sieur Plassan vous avait&#13;
dépeint si faible et si abattu qu’elle ne savait si elle devait vous envoyer des toiles&#13;
cette année. Je l’ai cependant prié de le faire et elles sont parties pour La Rochelle.&#13;
Je suis bien aise que M. Sarrazin6 ait pris le parti de retourner cette année en&#13;
Canada. Je crois que M. Charon7 y retourne aussi et sera une bonne compagnie&#13;
pour nos Messieurs.&#13;
Vous saurez que M. Raudot a une intendance des classes à la place de&#13;
M. de Beauharnois, qui est fait intendant de Rochefort. On dit que le fils reviendra&#13;
cette année et le père, l’année prochaine. Vous aurez pour intendant M. Bégon le&#13;
fils, qui était ordonnateur à Rochefort sous M. son père. Je crois que nous n’en&#13;
pouvons désirer un meilleur et qu’il nous rendra toutes sortes de bons offices, car&#13;
il est ami particulier de M. l’abbé de Brisacier. Je crois qu’on y trouvera de la piété&#13;
et de la sagesse et qu’on ne dira pas de lui ce qu’on dit ici des autres, dont on nous&#13;
dit d’étranges choses. Nous ne nous en mêlons point.&#13;
Vous saurez par nos Messieurs que nous sommes plus mal que nous n’avons&#13;
jamais été avec les Jésuites et que ces pères, ayant poussé les choses à la Chine à la&#13;
dernière extrémité pour faire emprisonner M. le légat, à présent cardinal de&#13;
Tournon, et en faire chasser tous nos Messieurs et les autres missionnaires, qui ne&#13;
sauraient être de leurs sentiments, ne gardent non plus ici aucune mesure pour&#13;
nous perdre et ne se contentent pas de décrire ici avec la dernière hauteur dans le&#13;
temps qu’ils devaient se cacher de confusion, mais ils ont fait et font tout ce qu’ils&#13;
peuvent auprès du roi pour nous perdre en nous voulant faire passer pour liés&#13;
avec le parti des jansénistes, sous l’unique prétexte que M. Charmot8, qui est à&#13;
Rome, a montré les écrits qu’il y faisait contre eux à un abbé qui était en cette Cour&#13;
et savait mieux que lui le style de la Cour romaine. Les Jésuites prétendent que cet&#13;
abbé était l’ami et le confident du P. Quesnel, qu’ils prétendent être le chef du parti&#13;
des jansénistes, et quoique nous n’ayons jamais eu commerce de lettres ni aucune&#13;
relation directe ou indirecte avec aucun de ceux qu’ils font de ce parti, il suffit que&#13;
Sœur de Louis Ango des Maizerets&#13;
Michel Sarrazin, 1659-1734, chirurgien à Québec&#13;
7&#13;
François Charon de La Barre, 1654-1719, marchand, fondateur des frères hospitaliers de la Croix et de&#13;
Saint-Joseph, ainsi que de l’Hôpital général de Montréal&#13;
8&#13;
Nicolas Charmot, 1655-1714, procureur du Séminaire de Paris à Rome de 1695 à 1714&#13;
5&#13;
6&#13;
&#13;
�M. Charmot, sans notre participation, ait montré ses écrits à cet abbé pour les lui&#13;
faire corriger pour que nous passions pour fauteurs de jansénistes. Ils ne cessent&#13;
de nous rebattre cela dans tous leurs écrits et coudraient nous faire prendre le&#13;
change sur cette affaire et ce qui est de pis, ils ne cessent d’inspirer au roi ces&#13;
faussetés, dont on prétend qu’il a été déjà deux ou trois fois ébranlé ; si bien que ce&#13;
ne serait pas une merveille si vous appreniez tout d’un coup qu’on nous a envoyé&#13;
à Quimper ou ailleurs chacun séparément et que les Jésuites se sont rendus maîtres&#13;
de notre Séminaire, car c’est ce qu’ils désirent avec passion depuis 30 ou 40 ans.&#13;
Cela cependant n’intimide aucun de nos Messieurs et ne les empêche pas de&#13;
travailler pour éclaircir l’affaire de la Chine, qu’il plaît aux Jésuites de chercher de&#13;
plus en plus à embrouiller. Nous ne doutons pas que vous ne vous ressentiez de&#13;
cette horrible aliénation où ils sont de nous et que vous n’en ayez à souffrir. Il faut&#13;
espérer qu’après cette tempête, il se fera un temps de bonace, mais nous sommes&#13;
bien agités de toutes parts.&#13;
Si je pouvais confier au papier certaines choses, je vous apprendrais aussi les&#13;
petites agitations que nous avons à souffrir au-dedans, soit pour le Règlement des&#13;
missions orientales, soit pour le Règlement du Séminaire de Paris que nous&#13;
voudrions voir plus établi et plus stable qu’il n’est. Ce qui nous console à l’égard&#13;
de ces dernières affaires, c’est qu’elles n’altèrent en aucune manière la charité et&#13;
l’union des cœurs entre tous tant que nous sommes.&#13;
Nous avons perdu depuis 15 jours un de nos confrères, M. de La Vigne de Vernon,&#13;
qui a demeuré autrefois avant moi à la petite communauté de Saint-Hilaire, qui&#13;
est allé au Tonkin avec M. l’évêque d’Héliopolis en 1681, qui était à Siam en 1688&#13;
avec Mgr de Rosalie pendant la révolution et depuis ce temps-là, jusqu’en 1697, a&#13;
été notre procureur à Pondichéry, d’où il était revenu au Séminaire pour nous&#13;
aider. C’était un saint prêtre bien intérieur, bien détaché de toutes choses, bon&#13;
esprit, bien doux, bien charitable et j’y perds un très bon ami. Je le recommande à&#13;
vos prières.&#13;
&#13;
�M. de Montigny9 est revenu de la Chine et demeure à présent avec nous. Il a fort&#13;
bien fait en ces pays-là. Il a été d’un grand secours pour M. le cardinal de Tournon&#13;
dans les persécutions et il a été chassé comme les autres par ordre de l’empereur&#13;
de la Chine. Je voudrais bien qu’il voulût se mettre à la tête de l’établissement de&#13;
la Louisiane, s’il s’y faisait quelque chose d’un peu solide, mais il ne nous parait&#13;
pas y avoir de penchant. Cela viendra peut-être.&#13;
J’ai payé ma lettre de change de 214 livres tirée par vous à l’ordre du sieur Plassan,&#13;
qu’il m’a fait entendre être pour le fret de la farine que vous m’envoyez pour la&#13;
Louisiane et qui a été prise. Vous voyez comment le bon Dieu se joue de ma&#13;
prudence. J’ai porté cette lettre sur le compte des missions de la Louisiane.&#13;
Je crois qu’il n’y a pas d’autre parti à prendre que d’en rappeler nos Messieurs. Si&#13;
les choses continuent à aller comme elles vont, car je n’ai pour le soutien de ces&#13;
missions que l’ordonnance de 3 000 livres et une autour de 1 500 livres10 pour le&#13;
curé du fort Louis et un autre prêtre et je ne suis pas payé de ces ordonnances&#13;
depuis la fin de 1706 et il n’y a nulle apparence qu’on puisse en être payé. J’ai&#13;
cependant encore cette année à nos Messieurs des soutanes et soutanelles,&#13;
chemise, bas, souliers et chapeaux, mais je ne pourrai plus, dans la suite, rien leur&#13;
envoyer. Je ne reçois aucune de leurs lettres. Ils ont de la modération à ne rien tirer&#13;
sur moi, car s’ils le faisaient, je ne pourrais payer, mais il ne leur sera pas possible&#13;
de soutenir un tel état.&#13;
D’ailleurs, je crois qu’ils ont toujours bien à souffrir de M. de Bienville, qui a fait&#13;
venir un jésuite avec lui. Ce n’est qu’un bien s’il voulait laisser nos missionnaires&#13;
en repos et ne les pas barrer en tout autant qu’il fait. Je ne doute pas que ce ne soit&#13;
lui qui fasse intercepter toutes les lettres que nos Messieurs nous écrivent, car il y&#13;
a trois ou quatre ans que je n’en ai reçu. Jugez si la partie est soutenable.&#13;
&#13;
François de Montigny, 1669-1742, grand-vicaire de Mgr de Saint-Vallier à Québec de 1694 à 1698, puis&#13;
devient missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi de 1698 à 1700, et missionnaire en Chine de&#13;
1701 à 1709.&#13;
10&#13;
Dans la marge : M. de Pontchartrain nous a ordonné, de la part du roi, de rappeler M. de La Vente, qu’il&#13;
accuse de négocier et de survendre les marchandises.&#13;
9&#13;
&#13;
�M. l’évêque de Québec parle d’aller à son abbaye de Bénévent. Il y en a qui croient&#13;
qu’au lieu d’y aller, il pourra se rendre à La Rochelle au départ des vaisseaux et&#13;
s’embarquer tout d’un coup. Pour moi, je ne le crois pas ; mais cependant, quand&#13;
il le ferait, je n’en serais pas surpris. Je vous avoue que s’il partait ainsi de France,&#13;
avant que nous terminassions ce qu’il y a de difficultés entre lui et nous pour le&#13;
partage des abbayes, j’aurais peine à ne pas aussitôt faire arrêter les revenus de&#13;
son abbaye de Bénévent pour lui demander ce qui nous en doit revenir depuis&#13;
Pâques 1707. Cependant, je souhaite fort que nous puissions convenir ensemble&#13;
dans faire de part et d’autre aucune procédure. Je crois que vous aurez le temps&#13;
de nous donner vos avis avant que rien soit réglé entre nous. C’est pour cela que&#13;
je vous ai envoyé copie des demandes et mémoires du prélat et de ses observations&#13;
et de nos réponses.&#13;
Il sera bon aussi de faire assembler le chapitre et de faire prendre à tous les&#13;
chanoines des résolutions de ce qu’il y aura à faire pour leurs intérêts et les leur&#13;
faire signer. Vous pourriez, si vous le jugiez à propos, adresser un mémoire à M. le&#13;
cardinal de Noailles, à qui le prélat s’est adressé pour nos affaires. C’est un tribunal&#13;
que non seulement nous ne saurions récuser, mais qui nous doit être très agréable,&#13;
étant notre supérieur majeur et étant d’ailleurs aussi bien intentionné et aussi&#13;
rempli de piété qu’il est éminent. Si nous avions à vivre encore longtemps avec le&#13;
prélat, comme il y a trop d’apparences, il serait à souhaiter que Son Éminence&#13;
réglât auparavant tout ce qui nous pourrait brouiller ensemble.&#13;
Vous ferez bien d’insister sur l’emploi des revenus des deux abbayes : 1er pour&#13;
aider à soutenir l’office divin de la cathédrale, 2e pour entretenir les jeunes&#13;
séminaristes qui passent du Petit Séminaire au Grand. Donnez un mémoire de ce&#13;
que vous avez dépensé pour ce dernier bon œuvre depuis l’épiscopat du prélat et&#13;
de ce que vous avez reçu pour cela de lui. Il se vante fort de vous avoir donné des&#13;
sommes pour cela pendant qu’il était en Canada. Mandez-moi ce qui en est.&#13;
Voilà deux années des comptes du Séminaire que vous me devez au moins&#13;
envoyer, sans la dernière. Je suppose que comme les blés se sont bien vendus l’an&#13;
passé et que vous en avez assez recueillis, vous aurez diminué vos dettes. C’est à&#13;
quoi, je vous assure, il faut tendre et vous ne devez rien faire que vous ne vous&#13;
&#13;
�soyez entièrement acquittés. Il n’est pas permis d’endetter si fort une&#13;
communauté. Il faut la libérer de tant de dettes et je crois qu’à présent que vous&#13;
n’êtes plus forcés par notre cher ancien prélat à faire des bâtiments, etc., il vous est&#13;
facile de vous libérer peu à peu de vos dettes.&#13;
Si je pouvais, dans cette année et la prochaine, recevoir quelque somme pour vous,&#13;
à quoi je ne vois guère d’apparence, je voudrais bien aussi vous pouvoir libérer en&#13;
France, car je ne saurais plus y avoir de crédit sans payer de gros intérêts. Je fais&#13;
ce que je puis auprès de M. l’évêque, d’avec qui nous doit, pour notre ancien&#13;
évêque, encore près de 2 000 livres pour en être payés et je n’en puis rien tirer. Il&#13;
voudrait se faire relâcher tout cela pour les mauvaises années qu’il prétend avoir&#13;
eues. C’est une mauvaise page avec qui je crains que nous ne soyons obligés&#13;
d’avoir un procès. Je n’ai pu rien faire encore pour la succession de M. Bergier&#13;
quoique j’aie à Saint-Vallier un très homme de bien qui s’en mêle. Les parents et&#13;
héritiers de feu M. Bergier, et qui sont en même temps ses débiteurs, m’ont écrit&#13;
plusieurs lettres assez honnêtes. Cependant, comme ils ne finissent point, j’ai prié&#13;
le R. P. procureur général de l’Oratoire de nous faire demander la délivrance de ce&#13;
legs fait par le père de M. Bergier au Séminaire de Vienne, conduit par l’Oratoire,&#13;
et de nous appeler pour cela au Grand conseil, afin que nous y fassions aussi venir&#13;
les parents et héritiers de feu M. Bergier.&#13;
Mlle de Vaubénard m’a mandé de vous faire tenir 100 livres encore cette année. Je&#13;
les ai portées sur votre compte. Elle était surprise de n’avoir reçu l’an passé aucune&#13;
de vos lettres. Je lui ai mandé la prise du vaisseau qui en peut être la cause.&#13;
J’ai un procès du Châtelet depuis deux ans avec les héritiers Galpy, qui était un&#13;
ancien fermier de Méobecq, dont un nommé Poiron, du Blanc-en-Berry, est un&#13;
franc chicaneur. Il a voulu revenir sous le nom d’une petite mineure par des lettres&#13;
de rescision contre un contrat qu’il avait passé avec moi en 1694, par lequel on lui&#13;
faisait des remises. Je m’étais restreint à 1 800 livres, pour lesquelles il avait&#13;
constitué, en faveur de notre ancien évêque, une rente de 90 livres qu’il ne veut&#13;
plus payer, prétendant avoir recouvré des quittances de notre ancien évêque, ce&#13;
qui n’est qu’une mauvaise chicane qu’il veut nous faire et à laquelle il succombera.&#13;
&#13;
�J’ai un autre procès au Parlement contre le marquis de Lancôme, voisin de&#13;
Méobecq, pour des chênes qu’il a fait abattre pour usurper peu à peu les domaines&#13;
de cette abbaye. Je les tiens au pied du mur. Il est venu demander miséricorde et&#13;
offrir de payer les frais. S’il les paie, nous nous en tiendrons là, mais je crains qu’il&#13;
n’y ait bien de la peine.&#13;
J’en ai un autre plus considérable contre les marchands de bois de la forêt de&#13;
Méobecq, qui ont dégradé entièrement ces bois. Je leur ai offert de les en quitter&#13;
pour 6 000 livres s’ils voulaient les donner pour en faire un fonds pour payer deux&#13;
gardes pour conserver les bois qui restent de cette abbaye. Ils ne les ont pas voulu&#13;
donner. Il leur en coûtera plus de 20 000 livres. Je leur ai fait saisir pour plus de&#13;
6 000 [livres] de bois merrain, que j’ai enfin découvert leur appartenir et provenir&#13;
de cette abbaye. Ainsi, je saurai les réduire en plaidant avec eux la main garnie.&#13;
Mme de La Forest ne manquera pas de faire écrire en Canada, qu’elle va faire&#13;
revoir son procès avec M. Berthelot et peut-être même pourra-t-elle écrire que ce&#13;
procès a été revu et qu’elle a obtenu à ses fins, mais n’écoutez point tout cela et&#13;
comptez qu’elle ne se reverra jamais la maîtresse de l’île Saint-Laurent, que&#13;
M. Berthelot de Saint-Laurent croit à présent être si bien revenue à M. son père&#13;
qu’il pense à la vendre.&#13;
En effet, comme M. Gaillard lui mande que s’il la veut vendre, il écoutera des&#13;
offres qu’on a voulu lui faire en Canada. M. de Saint-Laurent m’a envoyé&#13;
demander si nous y pensions encore et je crois que si je la voulais, j’en aurais la&#13;
préférence sur beaucoup d’autres. Mais je lui ai représenté que le temps ne&#13;
permettait pas d’acheter des terres à présent, que je lui conseillais d’écrire à&#13;
M. Gaillard d’écouter les offres qu’on lui fera pour son île et que, de mon côté, je&#13;
vous écrirai pour savoir si vous en voulez et quels moyens vous pouvez prendre&#13;
pour payer cette île, au retour des vaisseaux. Nous verrons de part et d’autre ce&#13;
qu’on nous écrira sur cela. Vous pourriez même voir M. Gaillard, si vous pensiez&#13;
à cette île, pour savoir ce qu’on en offre en Canada et me mander votre sentiment.&#13;
Nous avons enfin obtenu une lieutenance pour M. Joncaire, qui l’a bien méritée. Je&#13;
ne vous écris pas toutes les autres promotions d’officiers ; vous les saurez assez tôt&#13;
&#13;
�par ceux qui passent. Je ne sais si vous avez disposé des effets de feu M. Bergier,&#13;
qui étaient restés en les mains du P. Marest après son décès. Je ne sais si ce père&#13;
n’aura pas trouvé toutes les lettres qu’on aura écrites à feu M. Bergier et tous ses&#13;
papiers. Il est très fâcheux que ce qu’on lui aura écrit en confiance tombe entre les&#13;
mains d’un jésuite. Cela me persuade de plus en plus que si nous envoyons des&#13;
missionnaires parmi les Sauvages, il sera bon qu’ils soient toujours deux&#13;
ensembles et nous ne les devons jamais mettre comme ils étaient seul à seul.&#13;
Je vous envoie quelques dévotions d’Agnus. Je ne puis plus avoir de thèses. Il ne&#13;
m’en vient point. Vous trouverez dans les ballots de l’an passé une chasuble dont&#13;
Mme de Fourvey m’a fait présent pour notre Canada.&#13;
Je crois que nous aurons de la protection de la part de M. Bégon, qui est nommé à&#13;
l’intendance du Canada. Je l’ai connu pendant qu’il était dans les bureaux sous&#13;
M. son oncle, qui était dans un bureau semblable à celui de M. de La Touche. Il&#13;
était très sage et très modéré. Il a depuis encore appris à mieux se conduire sous&#13;
feu M. Bégon son père, mort intendant de Rochefort, dont il était ordonnateur, car&#13;
depuis cinq ou six ans il faisait tout sous lui. Vous savez que toute cette famille est&#13;
très affectionnée à M. l’abbé de Brisacier. Il a un frère abbé, qui est doyen de&#13;
La Rochelle et actuellement député de cette province à l’Assemblée du clergé. Il a&#13;
été élevé à Saint-Sulpice et loge chez M. le curé de Saint-Sulpice, actuellement sous&#13;
l’appartement de M. de Québec. Je ne sais pourquoi M. de La Pallière a fait courir&#13;
le bruit que l’on enverrait les deux frères en Canada, l’un pour être intendant et&#13;
l’autre pour être évêque. Je ne vois nulle apparence au dernier, car M. Bégon l’abbé&#13;
est très délicat et aurait peine à supporter la fatigue de la mer. D’ailleurs, quoiqu’il&#13;
ait bien de la piété, je ne sais s’il est entièrement mort à sa fortune et s’il ne songe&#13;
pas encore à faire son chemin et à avoir quelque chose de meilleur que l’évêché du&#13;
Canada quand la chose serait faisable et que notre prélat serait disposé à se&#13;
démettre en sa faveur, à quoi je ne vois aucune apparence. Nous avons perdu&#13;
M. de La Touche, commis de M. de Pontchartrain, qui est mort il y a six mois.&#13;
Toutes les colonies y perdent et surtout les ministres du Seigneur, car c’était un&#13;
homme solidement pieux et qui ne s’était pas élevé et n’avait rien fait d’indigne de&#13;
lui dans cette place qu’il occupait dès le temps de M. de Seignelay. Je le&#13;
recommande à vos prières.&#13;
&#13;
�M. de Pontchartrain a écrit une lettre à M. l’abbé de Brisacier fort désagréable sur&#13;
les affaires de la Louisiane. Il lui marque que M. de La Vente, étant reconnu pour&#13;
un homme qui fait commerce et vend à des prix excessifs ses marchandises en cette&#13;
nouvelle colonie, contre les intentions de Sa Majesté, nous devons le retirer de là&#13;
pour y en mettre un autre et que nous devons bien prendre garde au choix que&#13;
nous en ferons. Il joute que Sa Majesté est surprise qu’il n’y ait qu’un seul&#13;
missionnaire parmi les Sauvages de ce pays-là, y en devant avoir davantage,&#13;
suivant les intentions de Sa Majesté. Comme j’étais à la campagne quand M. l’abbé&#13;
de Brisacier reçut cette lettre, il répondit à M. de Pontchartrain qu’il ne pouvait&#13;
faire réponse à sa lettre qu’il n’en eût conféré avec moi et nous devons nous&#13;
assembler pour y répondre, car il est juste de demander qu’on ne condamne pas&#13;
M. de La Vente sans l’entendre. Nos missionnaires sont dans un état trop violent&#13;
sous des officiers libertins et concubinaires, qui font eux-mêmes tout le commerce&#13;
et un commerce d’eau-de-vie très défendu. Je n’ai rien envoyé depuis cinq ans à&#13;
M. de La Vente. Ce n’est pas là le moyen qu’il y fasse commerce. Ils ne sauraient&#13;
me faire tenir aucune de leurs lettres, qui sont toutes interceptées et supprimées.&#13;
On y envoie des officiers ou parents de ceux qui y gouvernent, comme&#13;
M. de Noyan, ou qui sont en société avec eux pour le commerce, comme ceux qui&#13;
y ont été depuis et qui, soutenant leurs confrères, accablent des prêtres sans&#13;
protection, soulevant les peuples contre eux et font des procès-verbaux sans&#13;
aucune forme de procès pour condamner les innocents. Nous ne sommes pas&#13;
disposés à envoyer d’autres personnes à la place de M. de La Vente, à moins que&#13;
le gouvernement ne change. Nous sommes plutôt disposés à en rappeler tous ceux&#13;
qui y sont. On ne saurait rien toucher pour ces missions. Vous ne les pouvez&#13;
soutenir, ni le Séminaire de Paris non plus.&#13;
Je n’ai pu recevoir de vous l’an passé aucune remarque ni réflexion sur ce que je&#13;
vous mandais qu’on désirait de savoir pour achever de dresser l’éloge de notre&#13;
cher ancien évêque de Québec. Je vous envoie cette année, par deux voies, copies&#13;
de ce que l’on avait commencé à dresser de cet éloge. Vous aurez la bonté de nous&#13;
envoyer quelques mémoires sur ce que vous croyez qu’on y doit ajouter ou&#13;
diminuer. Marquez-nous les époques le mieux que vous le pouvez des principales&#13;
actions de sa vie, de la fondation du Séminaire, des établissements du Conseil si&#13;
c’est de son temps, du chapitre de Québec, etc. On prendra sur ce que vous&#13;
&#13;
�enverrez et sur ce que nous avons déjà de quoi achever cet éloge, que je crois que&#13;
nous devons toujours faire imprimer, quand ce serait un peu tard, pour conserver&#13;
le souvenir de ce saint prélat. Je vous ai envoyé de ses images l’an passé qui&#13;
restèrent à La Rochelle, dont je fus fort mortifié. J’en ai donné encore cette année à&#13;
nos Messieurs. Je souhaite qu’ils arrivent à bon port et vous pouvez les répandre,&#13;
car je vous en enverrai à mesure que vous en aurez besoin.&#13;
Je demande très instamment au bon Dieu de vous conserver encore [de] longues&#13;
années, ou au moins quelques-unes, pour l’utilité de son Église. Je souhaite surtout&#13;
que nos deux missionnaires qui partent puissent vivre quelques années avec vous&#13;
et soient édifiés de vos exemples. Je me recommande très particulièrement à vos&#13;
saints sacrifices et prières. Je vous demande humblement votre bénédiction et vous&#13;
prie de m’honorer de vos conseils et de vos bons avis, que je respecterai toujours&#13;
et dont je tâcherai à user comme il faut. Je suis très respectueusement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription11 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2023&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1710, 22 mai – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 50)&#13;
M Des maizerais.&#13;
1.&#13;
&#13;
Maladie&#13;
&#13;
Mr thiboult&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1&#13;
Lettres O,&#13;
Paris 22 May 1710.&#13;
2 Monsieur&#13;
N’ 50&#13;
3 Je ne feray reponse cette année a aucune de vos lettres de l’an&#13;
4 passé, car pendant toute lannée Je n’en ay receu aucune de&#13;
5 vous. J’ay seulem.t appris par une lettre de M de varenne du&#13;
6 12. octobre 1709 qui m’a esté rendüe par la poste deux mois&#13;
7 apres que M. Pugibaut qui en estoit chargé est arrivé en france&#13;
8 que vous aviez receu mes lettres de l’an passé. J’ay aussi sceu de vos&#13;
9 nouvelles par tous ceux qui ont passé en france et sur tout par&#13;
10 M Plassant et par Mad.e La Gouvernante qui nous en a appris&#13;
11 de tres precises de chacun de vous en particulier.&#13;
12 Elle nous a fort affligé en nous apprenant que vous aviez&#13;
13 eu de tres fortes maladies depuis deux ans, et que ces maladies&#13;
14 vous avoient donné un degré de foiblesse dont vous aviez&#13;
15 peine a revenir. Nous aurions ce semble besoin que Dieu vous&#13;
16 conservast encore p.r nous pend.’ quelques annéez dans des temps&#13;
17 Si facheux Jl faut esperer quil aura esgard a nos desirs et a&#13;
18 nos prieres, et non a votre empressem’ que vous avez de votre&#13;
19 dissolution p.r estre avec Jesus christ. Nous pourions vous dire&#13;
20 co’e les disciples de s.’ martin a ce S.t que sa vie S.te le mettoit&#13;
21 en assurance autant quon y peut estre en cette vie de sau&#13;
22 bienheureuse eternité, mais que son troupeau avoit encore&#13;
23 besoin de lui.&#13;
24 En effet c’est un des motifs qui nous ont le plus pressé a vous&#13;
25 envoier cette année malgré la guerre et la disette dargent&#13;
26 deux de nos Mess.rs pour vous aider a conduire le&#13;
27 seminaire et a desservir la paroisse et nous souhaitons que&#13;
28 vous les puissiez former pend.’ quelques annéez et leur&#13;
29 inspirer lesprit de grace et de detachem’ que vous avez taché&#13;
30 dinspirer aux autres, afin quils conservent apres vous et&#13;
31 transmettent a dautres le 1.er esprit du seminaire.&#13;
32 Jl y a plus de trois ans que si J’avois pu Je vous aurois envoié&#13;
33 celui qui est le plus ancien des deux Prestres que nous vous&#13;
34 envoions qui s’apelle M. Thibout. Jl est de la ville de Rouen,&#13;
35 et Jl est un Prestre tout formé. Jl y a quatre ou cinq ans&#13;
36 quil demeure au seminaire M Leveque de Rosalie qui&#13;
37 lavoit pris p.r lemmener avec lui et lui avoit fait&#13;
38 apprendre par avance les principes de la langue chinoise ne&#13;
39 nous la enfin cedé que quand Jl a veu que par les lettres&#13;
40 venus de la chine la porte estoit fermée p.r longtemps aux&#13;
&#13;
�M. Guichard&#13;
&#13;
M.r Boutteville&#13;
&#13;
Mgr S, Valier&#13;
&#13;
1710&#13;
3.&#13;
&#13;
41 ouvriers de LEvangile. c’est un bon esprit, et dont Je crois que&#13;
42 vous serez content. Jl a une poitrine delicate, et malgré cela&#13;
43 Jl est capable de saccabler de mortifications, de jeuner avec trop peu&#13;
44 de mesnagement si vous n’y prenez garde car Jl a pensé mourir&#13;
45 au semin.re en ne voulant faire quun repas par jour en Jeusnan&#13;
46 Taschez je vous prie a le retenir, et a le mesnager. Je crois quil vous&#13;
47 sera propre, soit dans le semin.re p.r les conferences soit a la paroisse&#13;
48 p.r les Jnstructions et confessions, soit dans les communautez&#13;
49 p.r les confessions.&#13;
50 Lautre qui sapelle M Guichard vient destre fait Prestre Jl est&#13;
51 du pays de deffunt Mons.r Duplein, C’est un bon sujet bien&#13;
52 recueilly, amateur de la vie cachée, laborieux, penitent, et qui&#13;
53 vous conviendra estant un bon esprit sociable et bien humble&#13;
54 Nous avons declaré a M’gr LEvecq’ de Quebec que nous les&#13;
55 envoions tous les deux p.r vous soulager, vous aider a conduir&#13;
56 le semin.re et rester a Quebec or quoi que nos Mess.rs pensent quils&#13;
57 vous seront propres p.r la conduite du semin.re, Jls n’ont cependant&#13;
58 pas Jugé a propos de les associer, etant mieux aymé vous les&#13;
59 envoier afin que vous les connoissiez et soiez ensuite en estat&#13;
60 de les associer a vous.&#13;
61 J’ay tasché de leur fournir du linge et autres hardes p.r plus de&#13;
62 deux ans, afin quils ne vous fussent pas a charge. Je ne scay&#13;
63 si nous obtiendrons leur passage que nous avons demandé.&#13;
64 si nous ne pouvons pas lobtenir, Jl faudra bien le paier. Jls&#13;
65 passent avec un Pere Jesuite et deuc Recollets et deux Mess.rs&#13;
66 de St Sulpice. Je crains quil n’y ait quûn Seul vaisseau p.r les&#13;
67 passer tous. Si on ne nous accorde pas leur passage Je tascheray&#13;
68 a les faire passer dans un vaisseau marchand. Sil y en a&#13;
69 un bon, car Jls seront trop de Prestres dans un mesme vaisseau&#13;
70 M Bouteville songe aussi a y passer. Jl demande son passage&#13;
71 par M’gr de Quebec Je ne scay sil l’obtiendra.&#13;
72 vous scaurez sans doute que Mgr de Quebec revint en france et&#13;
73 dfut delivré de sa prison vers le mois daoust de lannée passée.&#13;
74 Jestois allé faire un assez long voiage lors quil arriva a Paris.&#13;
75 Je le trouvay a mon retour logé rüe de Luniversité dans une&#13;
76 chambre garnie. Jl est allé depuis loger chez M Le curé de&#13;
77 S.t Suplice ou Jl avoit logé cy devant.&#13;
78 Je trouvay aussi a mon retour M Bouteville qui sestoit allé&#13;
79 loger au semin.re S.t Nicolas du chardonnet. Je vous avoüe&#13;
80 que dans un aussi mauvais temps que celui cy ou vous&#13;
81 nestes guer en estat de payer de grosses pensions, Je crus ne&#13;
82 le devoir pas presser de venir au semin.re Je le laissay&#13;
83 ou Jl sestoit logé, et ne linvitay pas a venir chez Nous&#13;
&#13;
�84 Jl auroit du y venir descendre Par dessus cela Je crus&#13;
85 que co’e Jl pouvoit nestre pas content de ce que Je ne lui&#13;
86 avois pas fourni de largent pend.’ sa prison dangleterre,&#13;
87 lui a qui sa mere estoit assez en estat den fournir, Je&#13;
88 devois lui laisser prendre la maison quil voudroit.&#13;
89 Jl me vint voir peu apres avec M ollivier autre Prestre&#13;
90 son concaptif et me dit quils alloient a Nantes p.r y vivre a&#13;
91 meilleur marché. Je les laissay faire, et Jl y est resté&#13;
92 jusqu’à present sans mescrire et me rien faire dire J’ay&#13;
93 cepend.’ appris par Mgr de Quebec et par dautres quil se plaignoit&#13;
94 fort de moy, et de ce qu’estant du semin.re on ne lavoit pas voulu&#13;
95 reçevoir. M de Quebec disoit que cela feroit un mauvais effet&#13;
96 dans les autres canadiens. Je ne lui ay rien refusé. Jl ne m’a&#13;
97 rien demandé, et ne m’a rien fait demander. mais Je crois avoir&#13;
98 plus de sujet de me plaindre de lui que lui de moy. mais Jl faut&#13;
99 laisser tout tomber par terre, et ne rien relever.&#13;
100 Dailleurs vous ne mavez rien repondu sur son sujet quand Je vous&#13;
101 en ay escrit depuis quatre ou cinq ans, et quand Je vous ay&#13;
102 demandé comment Jen devoir user avec lui, apres que son&#13;
103 Pere ne vous a pas paié les 300.# quil avoit promis de donner&#13;
104 p.r lui tous les ans. Jl sest dechargé de son sauvage sur Mgr de&#13;
105 Quebec qui en a esté aussi deschargé estant mort en allant&#13;
106 a Labbaye de Bennevent ou on l’envoioit.&#13;
107 De tous les sujets qui ont esté prisonniers avec lui en Angleter&#13;
108 Jl n’y en a aucun qui ait conservé sa vocation Tous s’en sont&#13;
109 separez la plus part assez mescontents et disans du Prelat des&#13;
110 choses assez desagreables. Jl y avoit cepend.’ deux ou trois&#13;
111 bons sujets entrautres Labbé de sangeon, que Jaurois esperé&#13;
112 Sil estoit allé en canada quil auroit pu sattacher a&#13;
113 vous, n’ayant pas dautres liaison&#13;
114 Quant au Prelat, Jl avoit déjà fait avant que Jarrivasse&#13;
115 de mon voiage une démarche qui me déplut tres fort. Jl&#13;
116 avoit trouvé a Paris un de nos fermiers de meobec qui&#13;
117 m’y apportoit lannée escheüe a la s.’ Jean 1709. dont&#13;
118 Javois avancé p.r lui la plus grande partie p.r lacquit&#13;
4.&#13;
&#13;
119 des charges de cette abbaye ce Prelat qui avoit une&#13;
120 fort grande avidité de toucher de largent fit faire un&#13;
121 commandem’ a ce fermier de lui paier son année ce&#13;
122 fermier n’eut garde de le faire, et quoi que Le Prelat le&#13;
123 tentast par les promesses dun nouveau bail, de remises &amp;&#13;
124 Jl garde son argent jusqu’à mon retour. Je me plaignis au Prelat de&#13;
125 cette demarche Je lui dis et de vive vois et par escrit que Jaurois pu&#13;
126 depuis 1707. faire saisir son abbaye de Bennevent et que Je n’avoit&#13;
&#13;
�Propositions&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
127 pas voulu le faire p.r quil ne pust me reprocher davoir commencé&#13;
128 le premier, et davoir appesanti sa captivité que je le pouvoir encore, et que Je ne le voulois pas&#13;
129 faire et aymois mieux souffrir ses procedures que de lui en faire&#13;
130 Je pris seulem’ le parti de faire deffense a ce fermier de paier&#13;
131 a dautre qu’a moy a peine de paier deux fois.&#13;
132 Ce fermier ne laisssa pas en s’en allant de Paris de me laisser&#13;
133 1200.# a recevoir pr lui, et Le Prelat lui a mandé trois ou quatre&#13;
134 mois apres quil pouvoir me paier entierem’, car J’avois&#13;
135 donné un memoire ou compte a Mgr de Quebec par lequel&#13;
136 Je lui faisons voir que de quelq’ maniere quil voulust&#13;
137 prendre les choses, Jl estoit lui mesme plutost redevable au&#13;
138 semin.re que de pretendre que Je lui dusse quelq’ chose Je comptois&#13;
139 la redevance de 400.# p.r les escoles et au’ dont Je n’ay pas&#13;
140 compté avec lui depuis 1707.&#13;
141 Dans les visites que Je rendis au Prelat depuis son retour Jl me&#13;
142 tesmoigna estre faché davoir escrit en cour et ailleurs tout&#13;
143 ce quil avoit escrit contre nous. Jl sexcusa sur ce quil pretendit&#13;
144 que cestoit M De la Palliere qui avoit aigri son esprit et qui&#13;
145 lui avoit fait entendre les choses autrem’ quelles nestoient. Jl&#13;
146 me dit quil estoit aisé de se concilier sur lapplication des&#13;
147 manses monacales de meobec et Bennevent, que comme nous&#13;
148 navions nul fonds p.r entretenir les Jeunes gens qui en&#13;
149 sortant du petit sem.re entroient dans le grand p.r y estre&#13;
150 promeus aux ordres. Jl consentiroit volontiers que le sem.re y&#13;
151 appliquast ces revenus, et quil soutinst avec ces Jeunes gens&#13;
152 le service de la cathedrale p.r y faire le service co’e Jl faut; quil&#13;
153 me prioit de lui en donner quelq’ memoire, que J’estois plus en&#13;
154 estat que personne de concilier toutes choses, et Jl me dit mille&#13;
155 autres choses obligeantes qui ne me gagnerent par a son esgard&#13;
156 persuadé quil vouloit toujours venir a ses fins &amp;.&#13;
157 Cepend.’ Je lui donnay un ou deux memoires p.r en venir a&#13;
158 quelq’ accommodement. Je proposois que p.r sa vie durant seulem’&#13;
159 et sans prejudice du droit de ses successeurs et du droit du&#13;
160 seminaire sur les manses monacales p.r lavenir, Jl pouroit&#13;
161 sil vouloit garder entierem’ Labbaye de meoBennevent&#13;
162 a condition dacqueter toutes les charges pour toutes&#13;
163 les pensions des chanoines et le service divin tant que les&#13;
164 chanoines vivroient et que le service divin subsisteroit, et que&#13;
165 nous nous contenterions de notre cotté de garder Labbaye de&#13;
166 meobec, Prieuré dEsve et chezelles, afin desviter davoir&#13;
167 pend’ sa vie aucune contestation avec lui p.r le temporel, et&#13;
168 que Le sem.re emploieroit le revenu qui en proviendroit a&#13;
169 eslever de Jeunes Ecclesiastiq’ dans le grand sem.re&#13;
&#13;
�conférence&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
170 a La verité Je ne croiois pas en devoir specifier le nombre,&#13;
171 parce q’ Je ne pouvois scavoir 1.o combien on toucheroit&#13;
172 Net de cette abbaye par an, et 2.o ce quil faudroit pour&#13;
173 entretenir et nourrir chaq’ Eclesisatique au sem.re de Quebec&#13;
174 mais que Je pouvois asseurer que bon an mal an cela&#13;
175 y serviroit lun portant lautre&#13;
176 apres que Le Prelat eust veu mon memoire et apres l’avoir&#13;
177 gardé quelq’ temps, Jl nous fit avertir de nous trouver chez&#13;
178 M Le Card.l de Noailles ou Jl devoit Se trouver avec M.&#13;
179 du bourg son avocat. Nous y menasmes aussi M Baille&#13;
180 qui estoit le notre, M Lab. de Brisacier et moy. Nous&#13;
181 escoutasmes avec respect Le Prelat en presence de son Emin.ce&#13;
182 qui parla pend.’ deux heures avec beaucoup de vehemence&#13;
183 et de feu sur tant daff.res que Je ne puis actuellem’ m’en&#13;
184 souvenir. Nous ny estions nullem’ preparez et nous ne&#13;
185 nous y attendions pas; ainsy nous nous contentasmes&#13;
186 de repondre peu de choses a tout ce quil nous dit. Je me&#13;
187 souvïens quil se plaignit qu’on ne vouloit lui rendre aucun&#13;
188 compte des revenus du sem.re Nous lui dismes qu’on ne lui&#13;
189 refusoit pas le compte des revenus de son sem.re Episcopal,&#13;
190 mais que quand Jl voudroit mesme agir avec nous avec une&#13;
191 peu de bonté, nous lui montrerions bientost tous nos comptes,&#13;
192 et que Je lui montrerois sil le vouloit dez le lendemain, faisant&#13;
193 attention a ce compte que vous mavez envoié de l’année&#13;
194 1708. dressé par M Buisson&#13;
195 Dans cette conference nous ne crusmes pas devoir soutenir&#13;
196 lopposition du chapitre a la bulle dunion, et la revocation&#13;
197 que vous nous aviez fait signifier de vos procurations. M&#13;
198 LEveq’ sefforça de soutenir que cestoit un jeu joué entre nous&#13;
199 et vous, et que vous ne faisiez tout cela que p.r nous donner&#13;
200 lieu de revenir contre la transaction de 1706. que nous avons&#13;
201 passée entre son grand vicaire et nous. Nous protestames&#13;
202 que nous nous en tenions p.r le sem.re a cette transaction,&#13;
203 mais que nous ne pouvions empescher le chapitre de soutenir&#13;
204 ses droits. Nous asseurasmes que nous naurons nulle part&#13;
205 a Lopposition formée par le chapitre et qu’au contraire elle&#13;
206 nous avoit fait beaucoup de peine, et que nous ne pouvions en&#13;
207 aucune maniere stipuler les Jnterests du Chapitre qui avoit&#13;
208 revoqué sa procuration, mais que nous estions toujours en estat&#13;
209 d’agir p.r le semin.re de quebec et de demander p.r lui lexecution de&#13;
210 la transaction de 1706. que nous la demandions en effet tres&#13;
211 sincerem’ et voulions exatem’ la suivre&#13;
212 M Levesque y proposa lui mesme la veüe dappliquer les revenus&#13;
&#13;
�213 de ces manses conventuelles de meobec et Benevent p.r la&#13;
214 Subsistance des Jeunes Seminaristes, Jl asseura que quand Jl&#13;
215 avoit pensé que cela devoit estre employé p.r les missions du&#13;
216 Dioceze Jl n’avoit jamais pensé que ce fust p.r dautres que p.r&#13;
217 celles qui Seroient desservies par des Sujets du Sem.re car M Le&#13;
218 Cardinal et tous les autres trouverent quil estoit ridicule de&#13;
219 penser que ces revenus ne dussent que passer par les mains du&#13;
220 Semin.re de Paris et du Sup.r de Quebec p.r estre ensuite&#13;
221 distribuez par M LEveq’ de Quebec, aux Jesuites ou aux&#13;
222 Recollets ou a M.rs de S.’ Sulpice ou a tel au’ prestre quil voudroit.&#13;
223 Jls convinrent tous et Le Prelat mesme que si cela estoit&#13;
224 appliqué aux missions du dioceze, et devoit estre a celles&#13;
225 qui seroient desservies par des Prestres du Sem.re&#13;
226 mais Le Prelat convint en mesme temps qu’on ne pouvoit faire&#13;
227 une meilleure application que celle quil proposoit et quil&#13;
228 falloit que Le sem.re de Quebec Se chargeast dentretenir dix&#13;
229 sujets en y comprenant disoit il les quatre de sa fondation dont&#13;
230 deux pouvoient estre chargez des escoles p.r les quels Jl donneroit sa&#13;
231 vie durant 400.# sans estre obligé a faire un fonds de 400.# dont&#13;
232 Jl demandoit que nous nous desistassions. Jl demandoit aussi que&#13;
233 nous renonçassions a une donation a cause de mort quil avoit&#13;
234 fait au sem.re de Quebec et cent autres demandes quil fit alors&#13;
235 dont Je ne me souviens plus.&#13;
236 Nous nous contentasmes d’exposer que nous ne nous estions pas&#13;
237 attendus a toutes ces demandes dont on ne nous avoit pas&#13;
238 prevenus, et sur les quelles on ne pouvoit repondre precisement&#13;
239 a moins que Mgr ne donnast un memoire ou Jl les expliquast, mais&#13;
240 que nous ne nous estions assemblez uniquem’ que dans la pensée que&#13;
241 lon examineroit comment Se devoit faire le partage des abbaies&#13;
242 p.r les manses abbatiales et conventuelles, parce que Mgr pretendoit&#13;
243 que nous ne devions jouir a Benevent uniquem.t que de ce dont&#13;
244 avoient joui jusqualors les Relig.x et que nous pretendions&#13;
245 y partager par tiers Labbaye ou par moitié co’e on le faisoit&#13;
246 de meobec, scavoir un tiers p.r Labbé un tiers p.r les Religieux&#13;
7.&#13;
&#13;
247 et un tiers p.r acquiter les charges, ou moitié a Labbé et&#13;
248 moitié aux Religieux a condition dacquiter egalement les&#13;
249 charges. M Le cardl de Noailles dit que cestoit la une difficulte&#13;
250 necess.re a regler, et remit a une autre fois a examiner les aff.res sur&#13;
251 les mem.res qui seroient donnez de part et d’autre&#13;
252 M Leveque de Quebec nous envoia donc quinze Jours apres&#13;
253 par le canal de son Emin.ce un memoire qui contenoit Six&#13;
254 articles ou environs dont Je vous envoie copie.&#13;
255 Par le 1.er article Jl demande a venir loger au semin.re pretendant&#13;
&#13;
�256 y avoir droit comme Evesque de Quebec Nous repondismes&#13;
257 sur cet article que nous ne connoissions par ce droit et nous&#13;
258 crusmes mesme devoir le fre Souvenir dune parole quil dit a nos&#13;
259 M.rs en 1691. ou 1692.&#13;
260 Par le second article Jl demandoit que nous renonçassions a&#13;
261 une donation a cause de mort quil avoit fait de tous ses biens&#13;
262 en 1685. Je vous avoüe que Je ne connoissois que la seule&#13;
263 fondation quil fit cette année la de ce qui lui restoit des deniers de sa&#13;
264 charge, et co’e cela est trop bien cimenté et Jnsinué nous lui&#13;
265 repondismes que nous ne pouvions y renoncer.&#13;
266 Jl seroit trop long de vous détailler toutes ces difficultez Je vous&#13;
267 envoye la copie du 1.er memoire que nous avons presenté, de la&#13;
268 reponse que nous y avons fait, des observations quil a fait sur&#13;
269 notre reponse et des repliques que nous y avons faites. vous y verrez&#13;
270 encore des expediant daccommodem’ quil me fit proposer par son&#13;
271 Procureur, et la reponse que J’y ay fait. Tout cela sest trouvé&#13;
272 entre les mains de M Le Cardinal lors que Lassemblée du clergé&#13;
273 a commencée, et Jl a esté trop occupé en ce temps cy p.r la regler.&#13;
274 Je ne prevois pas mesme quil la reigle et Je crains bien quil&#13;
275 ne faille en venir a un procez, car ce Prelat ne veut absolum’ pas&#13;
276 accorder le partage par tiers ou par moitié de Labbaye de Bennevent&#13;
277 et cepend.’ Jl ne la peut refuser et on ne peut juger autrement, et Je ne&#13;
278 crois pas que nous devions nous relascher sur ce point.&#13;
279 on pouroit a la verité p.r sa vie durant Se relascher en quelq’ chose et&#13;
280 cest ce que Javois proposé dez le commencem’ en lui faisant garder&#13;
281 son abbaye de Bennevent et Nous Labbaye de meobec, bien entendu&#13;
282 quil en paieroit toutes les charges mesme celles des pensions&#13;
283 des Relig.x et cela reviendroit a peu pres au mesme p.r le present. Jl&#13;
284 n’y auroit que cet avantage p.r Mgr qu’a mesure qu’a lavenir&#13;
285 les Relig.x mouroient cela tourneroit a son profit, au lieu que cela&#13;
286 doit revenir au profit du sem.re mais on auroit pu p.r le bien&#13;
287 de la paix faire cela Sa vie durant Saluo jure animum jusque&#13;
288 apres Son decez.&#13;
289 Je ne doute pas quil ne vous en escrive, et ne se plaigne beaucoup de&#13;
290 moy, car Jl pretend quil n’y a que moy qui sois difficile, et que M&#13;
291 Labbé de Brisacier et nos M.rs de Paris aussi bien que ceux de&#13;
292 Quebec signeroient tout ce que Je voudrois. Jl maccable aussi&#13;
8.&#13;
&#13;
293 quelq’ fois de louanges, mais Je ne suis sensible ny aux unes&#13;
294 ny aux autres. Je lui ay dit cent fois que Je navois en tout cela&#13;
295 aucun Jnterest particulier, que Je ny regardois que la Justice&#13;
296 et mon obligation de veiller a vos Jnterests, mais sans aucun&#13;
297 entestem’ prest a suivre lavis des plus habiles avocats. Je lui ay&#13;
298 representé que nous ne pouvions p.r lavenir renonçer a ces&#13;
&#13;
�299 droits acquis par la Bulle et que cestoit en suivant exactem’&#13;
300 le droit commun, qu’on evitoit les procez et toutes les mauvaises&#13;
301 aff.res p.r Lavenir.&#13;
302 vous verrez si vous avez quelques instructions a me donner sur&#13;
303 tout cela Je sens que Le Prelat est aussi remply de difficultez que&#13;
304 jamais, que celles la ne seront par plutost resolües quil sen presentera&#13;
305 une fourmilere dautres, que sil retourne en son dioceze Jl faut&#13;
306 sattendre a avoir avec lui a disputer sur la pointe dune Eguile,&#13;
307 a moins que de se resoudre a lui relascher insensiblem’ toutes choses,&#13;
308 et jusqu’a ce quil ait surtout reduit le semin.re a se depouiller&#13;
309 de tout ce qui lui sera le plus acquis.&#13;
310 Je m’attens que nous ne seront pas les seuls qui souffrirons dans le&#13;
311 sem.re et quil ne sera pas plutost a Quebec que les hospitalieres et les&#13;
312 ursulines auront de lexercice. Jl se mesnage a present fort avec&#13;
313 les Jesuites. mais cela ne durera selon toutes les apparences que&#13;
314 jusqu’à ce quil soit en son dioceze car Je mappercois bien quil&#13;
315 ne les ayme pas plus quil faisont. Jl a besoin deux p.r sen retourner.&#13;
316 Jl paroist que M de Pontchartrain ne gouste pas beaucoup son&#13;
317 retour jusqu’a la paix mais a la paix Je ne vois pas comment Jl&#13;
318 peur en estre empesché. Jl ne songe pas a s’en retourner de lannée.&#13;
319 J’ay cepend.’ cru quil pouvoit bien a la veille du depart partir a&#13;
320 LJmproviste et se rendre a la Rochelle pr s’ambarquer.&#13;
321 Je n’ay pu regler aucun compte avec lui, et ne scais quand on le poura&#13;
322 faire cest encore un grand malheur que des difficultez entre lui&#13;
323 et Nous ne soient pas regléez par M Le Cardinal car pend’ ce&#13;
324 temps la Jl jouit de tout Bennevent et ne manquera pas&#13;
325 dans la suite de toucher tout ce quil poura de meobec Tout&#13;
326 sera dans la confusion et on n’en sortira pas aisem.’&#13;
327 cela Je vous asseure me deplaist fort. Je n’ayme guere ces disputes&#13;
328 et contestations. cepend.’ Je ne voit pas comment les eviter.&#13;
329 La vie entiere Se passe, et Je sentirois plus que jamais de lattrait&#13;
330 p.r le debarassem’ d’affaires. car Jl est ce me semble temps&#13;
331 p.r moy de m’en descharger. Si vous le pouviez vous me feriez&#13;
332 plaisir, pour veu que vous aiez quelqu’un qui puisse finir&#13;
333 avec Le Prelat co’e Jl faut. Jaurois envie dattendre la fin&#13;
334 de ces aff.res cepend’ Je ne la vois point arriver et Jl en&#13;
335 survient toujours de Nouvelles.&#13;
336 Par dessus cela Lestat des aff.res devient toujours plus mauva[ises]&#13;
1710&#13;
9&#13;
&#13;
337 et le temporel ne se peut plus soutenir. Javois toujours esperé de&#13;
338 voir arriver la paix, et elle ne vient point. Je ne scay plus quel&#13;
339 arrangement apporter. car cette cruelle guerre derange toutes&#13;
340 choses de plus en plus. Je crois quelle entraisnera avec elle la ruine&#13;
341 du Roiaume, des communautez et des particuliers. on ne trouve&#13;
&#13;
�Projets des&#13;
ennemis&#13;
&#13;
Factures&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
341 plus de credit. on ne tire plus rien des benefices, on ne touche&#13;
342 plus rien du Roi, non seulem’ des ord.ces mais mesme des rentes.&#13;
343 et Jl y a toutes les apparences que c’en est fait p.r les gratificat&#13;
344 =tions et qu’une ord.ce du tresor roial, et une feuille de chesne,&#13;
345 seront a peu pres la mesme chose comment donc soutenir vos&#13;
346 aff.res en cet estat. Je ne scaurois trouver de fermiers p.r vos&#13;
347 benefices qu’en les diminuant de moitié, et encore apres cela&#13;
348 Jls ne payent pas. Ce que Je vous dis de vos aff.res Je les prouve&#13;
349 de toutes les autres. nous so’es reduits a lestat le plus violent&#13;
350 qu’on puisse s’imaginer.&#13;
351 Et p.r surcroist nous avons l’inquietude de ce que nous pouvons&#13;
352 devenir, car si les ennemis continuent leurs progrez nous&#13;
353 avons tout a craindre. Je dis les dernieres extermitez&#13;
354 Nous avons veu ces miseres venir d’une armée a lautre, et&#13;
355 a present Jl n’y a plus de remede. ajoutez une autre Jnquietude&#13;
356 ou nous so’es de ce que vous deviendrez vous mesmes. car on&#13;
357 nous fait craindre une entreprise violente de nos Ennemis&#13;
358 sur vous. Leurs gazettes que Je ne lis point disent quil se fait un&#13;
359 grand armem’, et co’e Jl ne faut attendre aucun secours de la&#13;
360 france, qui n’est par en estat de se soutenir elle mesme, que ne&#13;
361 devons nous pas craindre p.r vous.&#13;
362 Quoi que J’aye fait l’an passé tout ce qui avoit depandu de moy&#13;
363 p.r vous envoier ce que Je vous avois disposé et remis a la&#13;
364 Rochelle, cepand.’ quand Je vis que par differens ressorts de providence&#13;
365 cela navoit pu partir, Je crus que Le bon dieu nous donneroit la&#13;
366 paix cette année et que cela iroit a vous en plus grande assurance&#13;
367 mais Jl nest plus possible de se dispenser de vous lenvoier, quelq’&#13;
368 risque que cela coure. Et si cela vient a estre perdu, comment&#13;
369 le reparer. cela n’est nullem’ possible Cepend.’ Je ne scaurois&#13;
370 me resoudre a paier des assurances, et en prendre dautres&#13;
371 que la divine providence qui scait ce quelle veut faire&#13;
372 de Nous. ainsy Je vous envoye tous nos effets et nos deux&#13;
373 miss.res a La Garde de Dieu, et sous les assurances de Sa&#13;
374 divine protection&#13;
375 Comme Je sens lextremité ou vous pouvez estre reduits pour&#13;
376 les estofes, J’ay trouvé un marchand de Beauvais qui a bien&#13;
377 voulu me prester ou avancer p.r un an, moiennant Jnterest&#13;
378 que Je lui paieray p.r plus de 1500.# DEstofes telles que nous&#13;
379 avons creu quelles vous conviendroient, soit p.r vos habits&#13;
380 des Ecclesiastiques, soit p.r vos enfans du petit sem.re soit&#13;
381 p.r vos donnez et vos fermes et Jl en a fait deux ballots&#13;
382 que Je n’ay pu visiter en passant par Paris, parce qu’on n’a&#13;
383 par permis de les y arrester, p.r esviter den paier les droits.&#13;
&#13;
�384 Jls sont en deux ballots bien accommodez, que vous ferez&#13;
385 bien visiter et vous me ferez escrire si ces estofes vous&#13;
386 conviennent p.r une autre armée suivant le prix que&#13;
387 Je vous envoye si cela arrive a bon port avec ce que&#13;
388 Je vous ay acheté de l’an passé, vous aurez des estofes au&#13;
389 moins p.r trois ans.&#13;
390 Mais Je ne vous ay acheté cette année aucune autre&#13;
391 chose, et parceq’ Je ne scavois si vous en auriez besoin,&#13;
392 et parce que Je n’avois pas le moyen de vous lacheter. ce&#13;
393 sera beaucoup si vous recevez ce que Je vous envoye&#13;
394 et Jauray bien de la peine a faire la depense quil convient&#13;
395 faire p.r le depart de nos M.rs et pr paier le fret de tous&#13;
396 ces effets qui va a un prix excessif.&#13;
397 J’ay esté l’an passé visiter nos Prieurez et Je n’ay pas laissé&#13;
398 d’y remasser differentes so’es que vous trouverez dans&#13;
399 mon compte mais Jl m’a fallu faire plus.rs depenses p.r&#13;
400 Le Prieuré de font moron qui ne rendra rien presq’ que nous&#13;
401 n’aions la paix ce Prieuré estoit délabré et tout a fait en&#13;
402 mauvais estat, et Je naurois pu trouver a laffermer si&#13;
403 Je navois fait ces depenses.&#13;
404 Jl m’a esté encore plus a charge par deux procez que J’ay&#13;
405 trouvé qu’avoit le deff.t Prieur quil me faut soutenir, dont&#13;
406 l’un ne vaut rien, et ne se peut deffendre. cest p.r quoy&#13;
407 Je cherche les voies de laccommoder. Cest une redevance qu’on&#13;
408 demande a ce Prieuré de 24 boiss.x seigle dont Jl est deu vingt&#13;
409 et une année et les frais ce qui ira en une so’e.&#13;
410 Lautre procez co’e Jespere dedommagera en partie de ce que&#13;
411 lautre coutera, mais Jl faut f.re de la depense, et que&#13;
1710.&#13;
11&#13;
&#13;
Mgr.&#13;
&#13;
412 cela me donne bien du travail et de la peine&#13;
413 J’ay tiré lan passé bien des so’es de Labbaye de moebec, mais&#13;
414 Jl faut sattendre a nen presque rien tirer cette année a cause de&#13;
415 Lambrouillem’ ou nous so’es avec Mgr de Quebec, qui taschera&#13;
416 a tirer tout ce quil poura de cette abbaye, sous pretexte quil&#13;
417 jouit de cette abbaye, p.r la manse abbatiale, et ne nous voudra rien&#13;
418 donner de la manse conventuelle de Benenvent. Cepend.’ Je&#13;
419 crois quil vaut mieux souffrir cette vexation que de faire&#13;
420 tort a nos droits pr lavenir sur ces deux abbaies. Je pourois&#13;
421 bien si Je le voulois, et Je laurois pu dez Pasques 1707. le&#13;
422 mettre a la raison, en faisant saisir Labbaye de Bennevent&#13;
423 p.r ce qui nous en est deu, et Je laurois alors biendost reduit&#13;
424 a finir, mais J’ay creu quil valoit mieux souffrir de lui tout&#13;
425 ce quil lui plaist nous faire souffrir que dagir avec lui&#13;
426 par les voies de la Justice, et faire contre lui la moindre&#13;
&#13;
�427 procedure, ce que Je nay pas encore fait jusque present,&#13;
428 mestant contenté de repondre a ses memoires devant M Le&#13;
429 Card.l de Noailles. Je crois que vous ne desapprouverez pas&#13;
430 ma moderation en cette aff.re&#13;
431 Car quand Je lui demande le partage de ces abbayes Je lui&#13;
432 demande quelq’ chose de si juste que si cela estoit porté en Justice&#13;
433 reglée cela ne toucheroit pas a terre. Jaurois aussitost une&#13;
434 condamnation contre lui p.r partager ou par tiers ou par moitié&#13;
435 et Jl est de la derniere consequence de ne pas affoiblir notre droit&#13;
436 sur cela&#13;
437 vous trouverez dans mon compte en recette la so’e de 118.#&#13;
438 que J’ay receu p.r M Requeleyne a qui Jl vous sera faute de les&#13;
439 deduire sur son entretien J’ay aussi receu 50.# p.r Le fils de&#13;
440 M De LJsle que connoist M Pocquet, vous aurez la bonté de&#13;
441 fournir cet argent a M Pocquet a mesure quil Jugera en&#13;
442 devoir donner a ce jeune homme, car cela doit uniquem’ passer&#13;
443 par les mains de M Pocquet selon les Jntentions de M De LJsle&#13;
444 qui m’a donné ces 50.#&#13;
445 Quoi que Je porte sur mon compte en depense ces estofes de&#13;
446 Beauvais que je vous envoye, Je vous ay déjà marqué que Je ne&#13;
447 les avois pas paié et que Je ne les dois pas paier si tost mais&#13;
448 paier la demeure, car Je n’ay pu trouver de largent p.r cela&#13;
449 vous trouverez en recette peu de chose receue de Labbaye de Lestrée.&#13;
450 Jen n’en scaurois rien tirer et les fermiers me doivent tant que&#13;
451 J’en suis honteux Je vais y aller dez que nos Mess.rs seront partis&#13;
452 sans esperance d’en rien tirer, car Jl ne faut leur rien&#13;
12.&#13;
&#13;
453 demander qu’apres la recolte, ou plutost avant Noel, c’est&#13;
454 beaucoup p.r nous de les avoir mis en estat d’ensemencer leurs&#13;
455 terres apres la triste année passée sans leur fournir des&#13;
456 semences co’e tant dautres maistres ont esté obligez de faire&#13;
457 Jl faudra necessrem’ perdre beaucoup sur ce qui est deu en cette&#13;
458 abbaie cepend.’ on ne peut y donner plus de soin que J’en&#13;
459 donne p.r le bien de cette abbaye, et Je n’y ay pas encore&#13;
460 laissé faire aucuns faux frais.&#13;
461 Je vous envoye les lettres de Madame De la motte ango.&#13;
462 Le sr Plassant vous avoir depeint si foible et si abbatu,&#13;
463 quelle ne scavoit si elle devoir vous envoier des toiles cette&#13;
464 année. Je l’ay cepend.’ prié de le faire, et elles sont parties&#13;
465 p.r La Rochelle&#13;
466 Je suis bien aise que M Sarrazin ait pris le parti de retourner&#13;
467 cette année en canada Je crois que M charron y retourne&#13;
468 aussi. et sera une bonne compagnie p.r nos Mess.rs&#13;
469 vous scaurez que mons.r Raudot a une Jntend.ce des classes a la&#13;
&#13;
�470 place de M de Bauharnois qui est fait Jntend.’ de Rochefort. on&#13;
471 dit que Le fils ne reviendra cette année et le Pere lannée prochaine&#13;
472 vous aurez p.r Jntend.’ Mons.r Begon Le fils qui estoit ordonnateur&#13;
473 a Rochefort sous Mons.r Son Pere Je crois que nous n’en pouvons&#13;
474 desirer un meilleur et quil nous rendra toutes sortes de bons&#13;
475 offices. car Jl est ami particulier de M Labbé de Brisacier. Je crois&#13;
476 qu’on y trouvera de la pieté et de la sagesse, et qu’on ne dira pas&#13;
477 de lui ce qu’on dit icy des autres, dont on nous dit destranges&#13;
478 choses. Nous ne nous en meslons point.&#13;
479 vous scaurez par nos Mess.rs que nous sommes plus mal que nous&#13;
480 n’avons jamais esté avec Les Jesuites, et que ces Peres ayans poussé&#13;
481 les choses a la chine a la derniere extremité p.r faire emprisonner&#13;
482 M Le Legat a present cardinal de Tournon et en faire chasser tous&#13;
483 nos Messrs et les autres miss.res qui ne scauroient estre de leur&#13;
484 sentiment, ne gardent non plus icy aucunes mesures pour&#13;
485 nous perdre et ne se contentent pas descrire icy avec la derniere&#13;
486 hauteur dans le temps quils deuvoient se cacher de confusion&#13;
487 mais Jls ont fait et font tout ce quils peuvent aupres du Roi&#13;
488 p.r nous perdre en nous voulant faire passer p.r liez avec le&#13;
489 parti des Jansenistes, sous Lunique pretexte que M Charmot&#13;
490 qui est a Rome a montré les escrits quil y faisoit contre eux&#13;
491 a un abbé qui estoit en cette Cour, et scavoir mieux que&#13;
492 lui le stile de la cour Romaine Les Jesuites pretendent&#13;
493 que cet abbé estoit l’amy et le confident du Pere Quesnel&#13;
494 quils pretendent estre le chef du parti des Jansenistes et&#13;
13&#13;
&#13;
495 quoi que nous n’aions jamais eu commerce de lettres ny aucun&#13;
496 relation directe ou Jndirecte avec aucun de ceux quils font&#13;
497 de ce parti, Jl suffit que M charmot sans notre participation&#13;
498 ait montré ses escrits a cet abbé p.r les lui f.re corriger pour&#13;
499 que nous passions p.r fauteurs de Jansenistes. Jls ne cessent&#13;
500 de nous rebatre cela dans tous leurs escrits et voudroient&#13;
501 nous faire prendre le change sur cette aff.re et ce qui est&#13;
502 depit, Jls ne cessent dinspirer au Roi ces faussetez, dont&#13;
503 on pretend quil a esté déjà deux ou trois fois esbranlé. Si bien&#13;
504 que ce ne seroit pas une merveille, si vous apremiez tout&#13;
505 d’un coup qu’on nous a envouié a Quimper ou ailleurs&#13;
506 chacun separem’, et que Les Jesuites se sont rendus maitres&#13;
507 de notre semin.re car cest ce quils desirent avec passion&#13;
508 depuis trente ou quarante ans.&#13;
509 Cela cepend.’ n’intimide aucun de nos Messrs et ne les&#13;
510 empesche pas de travailler p.r esclaircir laff.re de la chine,&#13;
511 quil plaist aux Jesuites de chercher de plus en plus a embrouiller&#13;
512 Nous ne doutons pas que vous ne vous ressentiez de cette&#13;
&#13;
�513 horible alienation ou Jls sont de nous, et que vous n’en&#13;
514 aiez a souffrir. Jl faut esperer quapres cette tempeste Jl se&#13;
515 fera un temps de bonace mais nous so’es bien agitez de&#13;
516 toutes parts.&#13;
517 Si Je pouvois confier au papier certaines choses Je vous&#13;
518 apprendrois aussi les petites agitations que nous avons a&#13;
519 souffrir au dedans, soit p.r le reglement des missions orientales,&#13;
520 soit p.r le reglement du sem.re de Paris que nous voudrions&#13;
521 voir plus establi et plus stable quil n’est. ce qui nous&#13;
522 console a lesgard de ces dernieres aff.res, c’est quelles nalterent&#13;
523 en aucune maniere la charité et Lunion des cœurs entre&#13;
524 tous tant que nous so’es.&#13;
525 Nous avons perdu depuis quinze Jours un de nos confreres M&#13;
526 de La vigne de vernon qui a demeuré autre fois avant moy&#13;
527 a la petite comm.té de S’ hylaire qui est allé eu Tonquin avec&#13;
528 M LEveq’ dheliopolis en 1681. qui estoit a siam en 1688.&#13;
529 avec Mgr de Rosalie pend.’ la revolution et depuis ce temps la&#13;
530 jusqu’en 1697. a esté notre procureur a Pondicheri dou Jl&#13;
531 estoit revenu au sem.re p.r nous aider. Cestoit un S.t Prestre&#13;
532 bien Jnterieur, bien détaché de toutes choses, bon esprit, bien&#13;
533 doux, bien charitable et Jy perds un tres bon amy. Je le&#13;
534 recommande a vos prieres.&#13;
14.&#13;
M’ Montigni&#13;
&#13;
M de Pont chartrain nous&#13;
a ordonné de la part du Roi&#13;
de rappeler M de la vente&#13;
quil accuse de Negocier&#13;
et de Sur vendre les marchan=&#13;
=dises&#13;
&#13;
535 M de montigni est revenu de la chine, et demeure a present&#13;
536 avec Nous. Jl a fort bien fait en ces pays la Jl a esté dun grand&#13;
537 secours p.r M Le card.l de Tournon dans Les persecutions, et Jl a&#13;
538 esté chassé co’e les autres par ordre de LEmpereur de la&#13;
539 chine Je voudrois bien quil voulust se mettre a la teste&#13;
540 de lestablissem’ de La Louisiane, sil s’y faisoit quelq’ chose&#13;
541 d’un peu solilde mais Jl ne nous paroist pas y avoir&#13;
542 de penchant. cela viendra peut estre.&#13;
543 J’ai paié la lettre de change de 214.# tirée par vous a&#13;
544 lorde du s.r Plassant quil m’a fait entendre estre pr le fret&#13;
545 de la farine que vous menvoiiez p.r La Louisiane et qui&#13;
546 a esté prise vous voiez co’e le bon Dieu se joüe de ma&#13;
547 prudence. J’ay porté cette lettre sur le compte des&#13;
548 missions de La Louisiane.&#13;
549 Je crois quil n’y a pas dautre parti a prendre que d’en&#13;
550 rappeler nos Mess.rs si les choses continuent a aller co’e&#13;
551 elles vont, car Je n’ay p.r le soutien de ces missions que&#13;
552 Lord.ce de 3000.# et une au’ de 1500.# p.r Le curé du fort Louis&#13;
553 et un autre Prestre Et Je ne suis pas paié de ces ord.ces&#13;
554 depuis la fin de 1706. Et Jl n’y anulle apparence qu’on&#13;
555 puisse en estre payé. J’ay cepend.’ encore encore cette&#13;
&#13;
�556 année a nos Mess.rs des soutanes et soutanelles, chemises&#13;
557 bas souliers et chapeaux, mais Je ne pouray plus dans&#13;
558 la suite leur rien envoier. Je ne recois aucune de leurs&#13;
559 lettres. Jls ont de la moderation a ne rien tirer sur moy,&#13;
560 car sils le faisoient Je ne pourois paier. mais Jl ne leur sera&#13;
561 pas possible de soutenir un tel estat.&#13;
562 Dailleurs Je crois quils ont toujours bien a souffrir de M.r de&#13;
563 Bienville, qui a fait venir un Jesuite avec lui. ce n’est qu’un&#13;
563 bien sil vouloit laisser nos miss.res en repos et ne les pas&#13;
564 barrer en tout autant quil fait. Je ne doute pas que ce&#13;
565 ne soit lui qui fasse Jntercepter toutes les lettres que nos&#13;
566 M.rs nous escrivent car Jl y a trois ou quatre ans que Je n’en ay&#13;
567 receu. Jugez si la partie est soutenable&#13;
568 M Levesque de Quebec parle daller a son abbaye de Bennevent.&#13;
569 Jl y en a qui croient qu’au lieu d’y aller, Jl poura se rendre a&#13;
570 La Rochelle au depart des vaiss.x et sambarquer tout d’un&#13;
571 coup. Pour moy Je ne le crois pas. mais cepend.’ quand Jl&#13;
15&#13;
&#13;
572 le feroit Je n’en serois pas surpris.&#13;
573 Je vous avoüe que sil partoit ainsy de france, avant que&#13;
574 nous terminassions ce quil y a de difficulté entre lui et nous&#13;
575 p.r la partage des abbaies, Jaurois peine a ne pas aussitost&#13;
576 faire arrester les revenus de son abbaie de Bennevent pour&#13;
577 lui demander ce qui nous en doit revenir depuis Pasques&#13;
578 1707. cepend’ Je souhaite fort que nous puissions convenir ensemble&#13;
579 sans faire de part et dautre aucune procedure. Je crois que vous&#13;
580 aurez le temps de nous donner vos avis avant que rien&#13;
581 soit reglé entre nous. cest p.r cela que Je vous ay envoié copie&#13;
582 des demandes et memoires du Prelat et de ses observations et de&#13;
583 nos reponses.&#13;
584 Jl sera bon aussi de faire assembler le chapitre, et de faire prendre&#13;
585 a tous les chanoines des resolutions de ce quil y aura a faire p.r&#13;
586 leurs Jnterests et les leur faire signer. vous pouriez, si vous&#13;
587 le Jugiez a propos addresser un memoire a M Le Card.l de Noailles&#13;
588 a qui Le Prelat sest addressé p.r nos aff.res : C’est un tribunal que non&#13;
589 seulem’ nous ne scaurions recuser, mais qui nous doit estre tres&#13;
590 agreable, estant notre sup.r majeur, et estant d’ailleurs aussi&#13;
591 bien intentionné et aussi rempli de pieté quil sxxxest Eminence&#13;
592 si nous avions a vivre encore longtemps avec Le Prelat co’ Jl y a&#13;
593 trop dapparance, Jl seroit a souhaiter que son Em.ce reglast auparavant&#13;
594 tout ce qui nous pouroit broüiller ensemble.&#13;
595 vous ferez bien d’Jnsister sur lemploy des revenus des deux abbayes&#13;
596 1.o p.r ayder a soutenir loffice divin de la cathedrale, 2.o p.r entretenir&#13;
597 les Jeunes seminaristes qui passent du petit semin.re au grand. Donnez&#13;
&#13;
�598 un mem.re de ce que vous avez depensé p.r ce dernier bon œuvre depuis&#13;
599 LEpiscopat du Prelat, et de ce que vous avez receu p.r cela de lui. Jl se vante&#13;
600 fort de vous avoir donné des so’es p.r cela pend.’ quil estoit en canada.&#13;
601 mandez nous ce qui en est.&#13;
602 voila deux annéez des comptes du semin.re que vous me devez au&#13;
603 moins envoier sans la derniere. Je supose que comme Les bleds se&#13;
604 sont bien vendus l’an passé, et que vous en avez assez recueillis vous&#13;
605 aurez diminué vos dettes. cest a quoy Je vous asseure Jl faut tendre&#13;
606 et vous ne devez rien faire que vous ne vous soiez entierem’ acquité&#13;
607 Jl n’est pas permis d’endetter si fort une communauté. Jl faut la&#13;
608 liberer de tans de dettes, et Je crois qu’a present que vous nestes&#13;
609 plus forcez par notre cher ancien Prelat, a faire des bastimen &amp;&#13;
610 Jl vous est facile de vous liberer peu a peu de vos dettes.&#13;
611 si Je pouvois dans cetta année et la prochaine recevoir quelq’&#13;
612 so’e p.r vous a quoy Je ne vois guere daparence, Je voudrois bien&#13;
613 aussi vous pouvoir liberer en france, car Je ne scaurois plus&#13;
614 y avoir de credit sans payer de gros Jnterests. Je fais ce que&#13;
16.&#13;
&#13;
Procès&#13;
&#13;
615 Je puis aupres de M Levesque davec qui nous doit p.r notre&#13;
616 ancien Evesque encore prez de 2000.# p.r en estre paie et Je nen puis&#13;
617 rien tirer. Jl voudroit se faire relascher tout cela p.r les mauvaises&#13;
618 annéez quil predend avoir eu c’est une mauvaise page avec&#13;
619 qui Je crains que nous ne soions obligez d’avoir un procez&#13;
620 Je n’ay pu rien faire encore p.r la succession de Monsr Bergier quoiq’&#13;
621 Jaya s.t vallier un tres homme de bien qui s’en mesle Les Parent et&#13;
622 heritiers de feu M Bergier et qui sont en mesme temps ses debiteurs&#13;
623 m’ont escrit plus.rs lettres assez honnestes. cepens’ co’e Jls ne&#13;
624 finissent point, J’ay prié Le R P. Procureur General de L’oratoire&#13;
625 de nous faire demander la delivrance de ce legs fait par Le Pere&#13;
626 de M Bergier au semin.re de vienne conduit par Loratoire, et de&#13;
627 nous appeler p.r cela au Grand conseil, afin que nous y fassions&#13;
628 aussi venir ces parens et heritiers de feu M Bergier.&#13;
629 Mad.’ De vaubesnard m’a mandé de vous faire tenir cent livres&#13;
630 encore cette année. Je les ay porté sur votre compte Elle estoit&#13;
631 surprise de n’avoir receu l’an passé aucune de vos lettres. Je lui&#13;
632 ay mandé la prise du vaisseau qui en peut estre la cause&#13;
633 J’ay un procez au chatelet depuis deux ans avec les heritiers Galpi&#13;
634 qui estoit un ancien fermier de moebec dont un nommé Poiron du&#13;
635 blanc en berri est un franc chicanneur. Jl a voulu revenir sous le&#13;
636 nom d’une petite mineure par des lettres de rescizion contre un contrat&#13;
637 quil avoit passé avec moy en 1694. par lequel en lui faisant des&#13;
638 remises Je m’estois restraint a 1800.# p.r les quels Jl avoit constitué&#13;
639 en faveur de notre ancien Evesque une rente de 90.# quil ne veut plus&#13;
640 payer pretendant avoir recouvré des quit.ces de notre ancien&#13;
&#13;
�Procès.&#13;
&#13;
1710&#13;
17.&#13;
&#13;
Feu M’&#13;
Bergier&#13;
&#13;
641 Evesque, ce qui nest qu’une mauvaise chicanne quil veut nous faire&#13;
642 et a la quelle Jl succombera.&#13;
643 J’ay un autre procez au Parlem’ contre le marquis de Lencosme voisin&#13;
644 de moebec p.r des chesnes quil a fait abbatre p.r usurper peu a peu les&#13;
645 domaines de cette abbaye. Je le tiens au pied du mur. Jl est venu&#13;
646 demander misericorde et offrir de paier les frais. Sil les paye nous&#13;
647 nous en tiendrons la mais Je crains quil n’y ait bien de la peine&#13;
648 J’en ay un autre plus considerable contre les marchands de bois de la forest&#13;
649 de moebec qui ont degradé entierem’ ces bois. Je leur ay offert de les en&#13;
650 quitter p.r 6000.# sils vouloient les donner p.r en faire un fonds pour&#13;
651 paier deux gardes p.r conserver les bois qui restent de cette abbaye. Jls&#13;
652 ne les ont pas voulu donner, Jl leur en coutera plus de vingt mille livres.&#13;
653 Je leur ay fait saisir p.r plus de 6000. de bois merrain que Jay enfin&#13;
654 descouvert leur appartenir et provenir de cette abbaye, ainsy Je&#13;
655 scauray les reduire en plaidant avec eux la main garnie&#13;
656 Mad’ De La forest ne manquera pas de faire escrire en canada, quelle va&#13;
657 faire revoir son procez avec M Berthelot et peut estre mesme&#13;
658 poura telle escrire que ce procez a esté reveu et quelle&#13;
659 a obtenu a ses fins, mais nescoutez point tout cela et comptez&#13;
660 qu’elle ne se reverra jamais la maitresse de LJsle S.t Laurent,&#13;
661 que M Berthelot de St Laurent croit a present estre si bien&#13;
662 revenue a Mons.r son Pere quil pense a la vendre.&#13;
663 En effet co’ M Gaillard lui mande que sil la veut vendre,&#13;
664 Jl escoutera des offres qu’on a voulu lui faire en canada,&#13;
665 M de S.t Laurent m’a envoié demander si nous y pensions&#13;
666 encore, et Je crois que si Je la voulois J’en aurois la&#13;
667 preference sur beaucoup dautres. mais Je lui ay representé&#13;
668 que le temps ne permettoit pas dacheter des terres a present,&#13;
669 que Je lui conseillois descrire a M Gaillard descouter les&#13;
670 offres qu’on lui fera p.r son Jsle, et que de mon coté Je vous&#13;
671 escriray p.r scavoir si vous en voulez et quels moyens&#13;
672 vous pouvez prendre p.r paier cette Jsle, au retour des&#13;
673 vaiss.x Nous verrons depart et dautre ce qu’on nous&#13;
674 escrira sur cela vous pouriez mesme voir M Gailard&#13;
675 si vous pensiez a cette Jsle p.r scavoir ce qu’on en offre en canada,&#13;
676 et me mander votre sentiment.&#13;
677 Nous avons enfin obtenus une Lieutenance p.r M Jonquaire&#13;
678 qui la bien meritée. Je ne vous escris pas toutes les au’ promotions&#13;
679 d’officiers, vous les scaurez assez tost par ceux qui passent&#13;
680 Je ne scay si vous avez disposez des effets de feu M Bergier qui&#13;
681 estoient restez ez mains du Pere marets apres son decez. Je&#13;
682 me scais si ce Pere n’aura pas trouvé toutes les lettres qu’on&#13;
683 aura escrites a feu M Bergier et tous ses papiers. Jl est&#13;
&#13;
�684 tres facheux que ce qu’on lui aura escrit en confiance tombe entre&#13;
685 les mains d’un Jesuite cela me persuade de plus en plus que si&#13;
686 nous envoions des miss.res parmi les sauvages Jl sera bon quils&#13;
687 soient toujours deux ensemble, et nous ne les devons jamais&#13;
688 mettre co’e Jls estoient seuls a seuls.&#13;
689 Je vous envoye quelques devotions dagnus. Je ne puis plus avoir&#13;
690 de theses. Jl ne men vient point. Vous trouverez dans les balots&#13;
691 de l’an passé une chasuble dont Mad.’ De fouvey m’a fait&#13;
692 present p.r notre canada&#13;
693 Je crois que nous aurons de la protection de la part de M&#13;
694 Begon qui est nommé a LJntendance du canada Je l’ay&#13;
18.&#13;
&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
695 connu pend.’ quil estoit dans les Bureaux sous Mons.r son&#13;
696 oncle qui estoit dans un bureau semblable a celui de M.r&#13;
697 de la Touche. Jl estoit tres sage et tres moderé. Jl a depuis&#13;
698 encore appris a mieux se conduire sout feu M Begon son&#13;
699 Pere mort Jntend’ de Rochefort, dont Jl estoit ordonnateur,&#13;
700 car depuis cinq ou six ans Jl faisoit tout sous lui. vous&#13;
701 scavez que toute cette famille est tres affectionnée a M Labbé&#13;
702 de Brisacier. Jl a un frere abbé qui est Doyen de la Rochelle,&#13;
703 et actuellem’ deputé de cette province a Lassemblée du clergé. Jl&#13;
704 a esté eslevé a S.’ Sulpice, et loge chez M Le Curé de S.’ Sulpice&#13;
705 actuellem’ sous lapartem’ de M de Quebec. Je ne scay&#13;
706 pourquoy M de la Palliere a fait courir le bruit que l’on&#13;
707 envoieroit les deux freres en canada l’un p.r estre Jntend.’&#13;
708 et lautre p.r estre Evesque Je ne vois nulle apparence au&#13;
709 dernier, car M Begon Labbé est tres delicat et auroit&#13;
710 peine a suporter la fatigue de la mer. Dailleurs quoi quil&#13;
711 ait bien de la pieté Je ne scay sil est entierem’ mort a sa&#13;
712 fortune, et sil ne songe pas encore a faire son chemin, et a&#13;
713 avoir quelq’ chose de meilleur que LEvesché du Canada,&#13;
714 quand la chose seroit faisable et que notre Prelat seroit&#13;
715 disposé a se demettre en sa faveur, a quoy Je ne vois&#13;
716 aucune apparence. Nous avons perdus M de la Touche&#13;
717 commis de M de Pont chartrain qui est mort Jl y a six mois&#13;
718 Toutes les colonies y perdent et surtout les ministres du&#13;
719 seig.r car cestoit un homme solidem’ pieux et qui ne&#13;
720 sestoit pas eslevé, et navoit rien fait dJndigne de lui dans&#13;
721 cette place quil occupoit dez le temps de M de Seigneley&#13;
722 Je le recommande a vos prieres.&#13;
723 M de Pont chartrain a escrit une lettre a M L. de Brisacier fort&#13;
724 desagreable sur les aff.res de La Louisiane Jl lui marque que M. de&#13;
725 la vente estant connu p.r un ho’e qui fait commerce et vend a des&#13;
726 prix excessifs ses marchandises en cette nouvelle colonie contre les&#13;
&#13;
�727 Jntentions de sa majesté nous devons le retirer de la p.r y en mettre&#13;
728 un autre, et que nous devons bien prendre garde au choix que&#13;
729 nous en ferons. Co’e Jestois en camp Jl ajoute que sa maj. Est&#13;
730 surprise quil n’y ait quun seul miss.re parmi les sauvages de&#13;
731 ce pays la, y en devant avoir davantage suivant les Jntentions&#13;
732 de sa majesté. Co’e Jestois a la campagne quand M Lab.&#13;
733 de Brisacier recut cette lettre, Jl repondit a M de Pont ch. quil&#13;
734 ne pouvoit faire reponse a sa lettre quil n’en eust conferé avec&#13;
19&#13;
&#13;
Eloge de&#13;
Mgr de&#13;
Laval&#13;
&#13;
Portraits&#13;
&#13;
735 moy, et nous devons nous assembler p.r y repondre, car&#13;
736 Jl est juste de demander qu’on ne condamne pas M de la&#13;
737 vente sans lentendre, que nos miss.res sont dans un estat&#13;
738 trop violent sous des officiers libertins et concubinaires, qui&#13;
739 font eux mesmes tout le commerce et un commerce deau de vie&#13;
740 tres deffendu. Je n’ay rien envoié depuis cinq ans a M de la&#13;
741 vente. ce nest pas le moyen quil y fasse commerce. Jls&#13;
742 ne scauroient me faire tenir aucunes de leurs lettres&#13;
743 qui sont toutes Jnterceptéez et supriméez. on y envoye&#13;
744 des officiers ou parens de ceux qui y gouvernent, co’e M de&#13;
745 Noyans ou qui sont en societé avec eux p.r le commerce&#13;
746 co’e ceux qui y ont esté depuis, et qui soutenans leurs confreres&#13;
747 accablent des prestres sans protection, soulevent les peuples&#13;
748 contre eux; et font des procez verbaux sans aucune forme&#13;
749 de procez, p.r condamner des Jnnocens. Nous ne so’es pas&#13;
750 disposez a envoier d’autres personnes a la place de M&#13;
751 de la vente, a moins que le Gouvernem’ ne change. Nous&#13;
752 so’es plutost disposez a en rapeler tous ceux qui y sont.&#13;
753 on ne scauroit rien toucher p.r ces missions. vous ne les&#13;
754 pouvez soutenir ny le semin.re de Paris non plus.&#13;
755 Je n’ay pu recevoir de vous lan passé aucune remarque&#13;
756 ny reflexions sur ce que Je vous mandois quon desiroit de&#13;
757 scavoir p.r achever de dresser LEloge de notre cher ancien&#13;
758 Evesque de Quebec Je vous envoye cette année par deux&#13;
759 voies copie de ce que lon avoit commencé a dresser de&#13;
760 cet Eloge. vous aurez la bonté de nous envoier quelques&#13;
761 memoires sur ce que vous croiez qu’on y doit ajouter ou&#13;
762 diminuer. marquez nous les Epoques le mieux que vous&#13;
763 le pouvez des principales actions de sa vie, de la fondation du&#13;
764 sem.re des establissemens du conseil si cest de son temps, du&#13;
765 chapitre de Quebec &amp;. on prendra sur ce que vous envoirez&#13;
766 et sur ce q’ nous avons deja de quoy achever cet Eloge&#13;
767 que Je crois que nous devons toujours faire Jmprimer&#13;
768 quand ce seroit un peu tard p.r conserver le souvenir de&#13;
769 ce S.t Prelat. Je vous ay envoié de ses Jmages lan passé&#13;
&#13;
�770 qui resterent a la Rochelle dont Je fus fort mortifié Jen&#13;
771 ay donné encore cette année a nos Mess.rs Je souhaite&#13;
772 quils arrivent a bon port, et vous pouvez les repandre.&#13;
20.&#13;
&#13;
773 car Je vous en envoieray a mesure que vous en aurez&#13;
774 besoin&#13;
775 Je demande tres instamm’ au bon Dieu de vous conserver&#13;
776 encore longues annéez ou au moins quelques unes p.r Lutilité de&#13;
777 son Eglise Je souhaite sur tout que nos deux mission.res qui&#13;
778 partent puissent vivre quelq’ annéez avec vous, et soient&#13;
779 édifiez de vos exemples. Je me recommande tres particulierem.’&#13;
780 a vos SS. Sacrifices et prieres. Je vous demande humblem’&#13;
781 votre benediction, et vous prie de mhonorer de vos conseils&#13;
782 et de vos bons avis que Je respecteray toujours, et dont Je&#13;
783 tascheray a user co’e Jl faut. Je suis tres respectueusem.’&#13;
784 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’ Serviteur&#13;
785&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
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                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à  Paris informe  le supérieur du Séminaire de Québec de l'envoi de deux  missionnaires. Il rapporte qu'il n'a pas pu régler avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, le partage des revenus des  abbayes de Méobecq et de Bénévent, malgré l'intervention du cardinal de Noailles. Il se plaint des démarches injustes et avides du prélat, qui veut garder tout Bénévent et ne rien donner de Méobecq. Il souhaite que le chapitre de Québec soutienne ses droits et lui donne des mémoires sur la fondation du Séminaire. Il déplore l'état  de la France, qui souffre de la guerre. Il dit qu'il ne peut plus soutenir le temporel du Séminaire, ni toucher les rentes du roi, ni trouver des fermiers pour les bénéfices. Il exprime aussi son inquiétude pour le Canada, qui risque d'être attaqué par les ennemis. Il mentionne quelques affaires du Séminaire de Paris et attend toujours de recevoir les éloges funèbres sur Laval,  l'ancien évêque de Québec.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11805" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 50&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11803" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11806" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du chapitre de Québec (1685-1695)</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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        <name>Chapitre de Québec</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
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        <name>Décès de Laval</name>
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        <name>Grâces pécuniaires</name>
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        <name>Guerres</name>
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        <name>Mention de Laval</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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        <name>Recrutement et formation</name>
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                    <text>Lettre de Glandelet à Boudon (Québec, 15 novembre 1689)&#13;
&#13;
De Québec, ce 15 novembre 1689&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire avec l’éclaircissement&#13;
sur les doutes que je vous avais proposés. Je vous en remercie très humblement.&#13;
En voici quelques autres en moindre qualité, auxquels je vous supplie de vouloir&#13;
répondre séparément dans une feuille à part, comme vous avez eu la bonté de le&#13;
faire cette année, ou bien à la marge de la feuille que je vous envoie.&#13;
Vous avez raison, Monsieur, de dire que le démon fera ses efforts pour cribler cette&#13;
Église ; il dresse de grandes et terribles batteries pour cela et j’entrevoie une grande&#13;
secousse, que cette pauvre Église naissante pourrait avoir, si Dieu tout bon ne la&#13;
protégeait ; mais il faut espérer qu’il le fera. Je pressens au reste un grand et&#13;
admirable bien qui peut nous venir par l’humiliation. J’ai seulement besoin d’une&#13;
grande force et j’espère que Notre-Seigneur, par les intercessions de son aimable&#13;
Mère, ne me la refusera pas.&#13;
Je vous réjouirai, Monsieur, de vous dire que nous avons fait des dévotions cette&#13;
année assez particulières pour honorer les saints Anges, quoiqu’elles soient dans&#13;
l’esprit de l’Église. J’avais lu auparavant votre petit livre qui est composé à la gloire&#13;
de ces bienheureux esprits. Voyez ce que j’inspirai à nos femmes de la SainteFamille, après leur avoir fait faire des dévotions extraordinaires à l’honneur de&#13;
Notre-Seigneur et de sa Très Sainte Mère, dans un temps où la main terrible de&#13;
Dieu, juste vengeur des crimes, était appesantie sur nous par le moyen des&#13;
Iroquois, qui ont tué, emmené captifs, brûlé et fait des cruautés inouïes à plus de&#13;
300 Français, étant venus fondre au nombre de 1 500, le 5 d’août dernier, sur les&#13;
extrémités de l’île de Montréal, où les MM. de Saint-Sulpice ont leur Séminaire, et&#13;
ravagèrent 5 lieues toutes entières de pays, s’étant répandus en chaque maison le&#13;
long de cet espace de chemin, sans qu’on s’en donnait de garde. Je fis faire une&#13;
neuvaine à nos femmes de l’Association de la Sainte-Famille, qui est la dévotion&#13;
de ce pays pour les filles et femmes, comme la Congrégation l’est pour les hommes&#13;
et garçons. L’on brûle un cierge chaque jour, l’on dit six messes par jour à&#13;
&#13;
�l’honneur des saints Anges, à l’une desquelles toute l’assemblée se trouve chaque&#13;
jour, trois firent la visite à chaque jour devant la chapelle où sont honorés les saints&#13;
Anges, trois firent une pratique de mortification et une aumône et, le jour de la&#13;
neuvaine, toutes firent leur communion ensemble, le jour de Saint-Michel. Je suis&#13;
bien aise de vous dire cela, parce que je sais que vous aimez ces esprits célestes.&#13;
Priez-les, Monsieur, qu’ils obtiennent la grâce du dégagement, qu’ils ont par leur&#13;
condition d’esprit en quelque manière.&#13;
Je suis dans les occupations ici bien avant, cela m’étouffe souvent. Je sens de&#13;
certaines approches de solitude, qui me porteront, comme je l’espère, une grâce de&#13;
séparation. J’ai toujours le goût des bonnes choses, mais ce n’est que le goût, car&#13;
assurément la pratique est contraire. Je vois toujours que le défaut d’oraison est&#13;
mon grand mal ; je me fais trop d’occupations et cela me retranche de mon temps&#13;
pour prier. Voyez, Monsieur, que je ne suis pas devenu plus sage depuis tant&#13;
d’années. Si la Très Sainte Vierge vous donne le mouvement de prier pour moi,&#13;
faites-le, je vous prie, et j’espère m’en repentir. Je veux être à jamais dans son&#13;
amour, avec respect, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Glandelet.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2019&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par C.-O. Gagnon, v. 1900.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
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                <text>Lettre de Glandelet à Boudon (Québec, 15 novembre 1689)</text>
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                <text>Le théologal du chapitre de Québec remercie l'auteur mystique d'Évreux et docteur en théologie de ses réponses à ses questions théologiques. Il lui partage les avancements de la dévotion à la sainte Famille et aux saints Anges et de la guerre iroquoienne.</text>
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                <text>Boudon, Henri-Marie, 1624-1702</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11185" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/370044"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 6 no 73r&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Seignelay à Laval (Versailles, 31 juillet 1684)&#13;
&#13;
À M. l’évêque de Québec&#13;
À Versailles, le 31 juillet 1684&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai rendu compte au roi du contenu aux lettres que vous avez pris la peine de&#13;
m’écrire le 4e juin dernier. Sa Majesté a donné ordre d’armer l’Émerillon, sur lequel&#13;
il sera embarqué 300 soldats entretenus dans les ports de Rochefort et Bresse, avec&#13;
les officiers nécessaires pour les commander. Et comme il est parti par les derniers&#13;
vaisseaux des soldats et les autres secours dont la colonie de la Nouvelle-France a&#13;
besoin, Sa Majesté s’assure que M. de La Barre sera en état de terminer&#13;
promptement la guerre qu’il a été obligé de faire aux Iroquois.&#13;
Elle m’ordonne encore de vous répéter qu’étant informée qu’il y a nombre&#13;
considérable de ses sujets audit pays qui sont privés des secours spirituels et de la&#13;
nécessité qu’il y a d’augmenter le nombre des curés, elle veut que vous examiniez&#13;
avec le sieur de Meulles tous les endroits où on en peut établir.&#13;
Sa Majesté vous recommande aussi de réduire les cures sur les pieds de 400 livres&#13;
et si les prêtres ne veulent pas s’en charger sur ce pied, il faut que vous vous&#13;
serviez, s’il vous plaît, des religieux qui sont en Canada et elle prendra même la&#13;
résolution, en ce cas que ces prêtres demandent pour subsister une somme trop&#13;
considérable, d’en faire passer de France qui se contenteront desdites 400 livres et&#13;
par ce moyen, elle donnera les secours spirituels à ses sujets qui sont dans des lieux&#13;
éloignés, où il n’y a point d’ecclésiastiques.&#13;
Je suis.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par G.-É. Demers, v. 1930.&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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                <text>Le secrétaire d’État à la Marine de France écrit au 1er évêque de Québec au sujet de soldats envoyés au Canada pour combattre les Iroquois. Le roi demande d'augmenter le nombre de cures et de diminuer la rente des curés et, si ce n'est pas possible, d'utiliser les religieux.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11147" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11146" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c3753/110?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-3753, p. 110-111&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Lettre mentionnée dans la lettre de Seignelay à Laval du 31 juillet 1684.</text>
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                <text>Lettre introuvable du 1er évêque de Québec au secrétaire d'État à la Marine de France au sujet de l'envoi de soldats au Canada pour défendre la colonie et sur la portion congrue des curés fixes.</text>
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                <text>Lettre de Laval à Seignelay (Québec, 4 juin 1684)</text>
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                <text>Seignelay, Jean-Baptiste Antoine Colbert, 1651-1690, marquis de</text>
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                    <text>Extrait de la lettre de Marie de l’Incarnation à son fils&#13;
(Québec, octobre 1669)&#13;
&#13;
La tourmente a été si violente partout que notre maison tremblait comme aux&#13;
tremblements de terre. Le toit et les chevrons du logis de nos domestiques ont été&#13;
emportés. Nos clôtures de charpente et celles de Mgr l’évêque, des Hospitalières,&#13;
des révérends pères et les autres de cette nature ont été renversées. On estime la&#13;
perte que cette tempête a causée dans Québec à plus de 100 000 livres. […]&#13;
Ce qui fait le plus de mal, c’est le trafic des boissons de vin et d’eau-de-vie. On&#13;
déclame contre ceux qui en donnent aux Sauvages, on les excommunie, l’évêque&#13;
et les prédicateurs publient en chaire que c’est un péché mortel ; et nonobstant tout&#13;
cela, plusieurs se sont formés une conscience que cela se peut et sur cette erreur&#13;
volontaire, ils vont dans les bois et portent des boissons aux Sauvages, afin d’avoir&#13;
leur pelleterie pour rien quand ils sont enivrés. Il s’ensuit de là des impuretés, des&#13;
violements, des larcins, des meurtres ; et le désordre a été si loin cette année que&#13;
nous avons été à la veille de voir toutes les nations sauvages en combustion entre&#13;
elles ou de s’unir ensemble pour venir fondre sur les Français. […]&#13;
Pour travailler plus fortement à cette affaire et calmer les autres remuements dont&#13;
tout le Canada était menacé, Mgr le gouverneur s’est transporté à Montréal, où&#13;
était le rendez-vous de toutes les nations intéressées. Cependant, l’affaire a paru si&#13;
importante à Mgr notre évêque qu’il a fait faire des prières publiques et des&#13;
oraisons de Quarante heures à l’alternative dans toutes les églises de Québec.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie publiée dans Oury, Marie de l’Incarnation (1599-1672). Correspondance,&#13;
Solesmes, 1971, p862-866.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                <text>La fondatrice des Ursulines de Québec mentionne les dommages occasionnés par une tempête un peu partout dans la ville, dont ceux pour Laval, vicaire apostolique au Canada. Mais l’évêque se désole davantage de la traite des boissons enivrantes avec les Autochtones. Les altercations entre différentes factions autochtones et françaises risquent de dégénérer, si bien que l’évêque demande des prières et des oraisons dans toutes les églises.</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9755" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://archive.org/details/trent_0116300951831/mode/2up"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; publiée dans G. Oury, &lt;em&gt;Marie de l'Incarnation (1599-1672). Correspondance&lt;/em&gt;, Solemnes, 1971, Lettre 254, p. 862-866 (Ce livre peut être emprunté, une heure à la fois via Internet Archives. Nécessite un abonnement à Internet Archives.)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Extrait de la lettre de Marie de l’Incarnation à son fils&#13;
(Québec, 18 août 1664)&#13;
&#13;
Au même temps que cette troupe faisait son ravage, plusieurs des principaux des&#13;
nations iroquoises approchaient de Montréal pour demander la paix aux Français&#13;
et du secours contre leurs ennemis. Ils étaient chargés de grands et riches présents&#13;
pour des Sauvages, car on tient qu’il y en avait pour 8 000 ou 10 000 livres.&#13;
Mgr notre évêque et M. le gouverneur y étaient allés pour les recevoir et pour&#13;
entendre leurs propositions1.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
Note d’Oury : « Partis de Québec les 25 et 29 avril, ils y revinrent les 21 et 25 mai. L’échauffourée des&#13;
Algonquins dont va parler la lettre se produisit pendant leur séjour à Montréal (Journal des Jésuites, 326).&#13;
L’ambassade iroquoise était conduite par Garakontié. »&#13;
2&#13;
Faite à partie de la copie publiée dans Oury, Marie de l’Incarnation (1599-1672). Correspondance,&#13;
Solesmes, 1971, p. 727-733.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>La fondatrice des Ursulines de Québec mentionne que Laval, vicaire apostolique au Canada, est à Montréal avec Mésy, gouverneur de la Nouvelle-France, pour entendre la proposition de paix de l’ambassade iroquoise menée par Garakontié. Le 26 mars 1663, l’évêque avait conféré le sacrement de la confirmation à leur chapelle.</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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&lt;li&gt;&lt;a href="(Ce%20livre%20peut%20%C3%AAtre%20emprunt%C3%A9,%20une%20heure%20%C3%A0%20la%20fois%20via%20Internet%20Archives.%20N%C3%A9cessite%20un%20abonnement%20%C3%A0%20Internet%20Archives.)"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; publiée dans G. Oury, &lt;em&gt;Marie de l'Incarnation (1599-1672)&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Correspondance&lt;/em&gt;, Solemnes, 1971, Lettre 212, p. 727-733. (Ce livre peut être emprunté, une heure à la fois via Internet Archives. Nécessite un abonnement à Internet Archives.)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. XXI&#13;
Extraits de lettres de sainte Marie de l’Incarnation, ursuline&#13;
du monastère de Québec, 1659-1668&#13;
La vénérable mère Marie de l’Incarnation, dont les vertus héroïques furent reconnues par&#13;
le pape Pie X en 19111, naquit à Tours en 1599. Elle se maria à 17 ans, à la demande de&#13;
ses parents. Elle devint veuve en 1619, avec un enfant de six mois et sans fortune. Illuminée&#13;
d’un éclat surnaturel, elle désira entrer au monastère des Ursulines de Tours ; ce qu’elle a&#13;
pu faire en 1631. En 1639, elle partit pour le Canada, où elle fonda le couvent des Ursulines&#13;
de Québec. Elle mourut en 1672, favorisée par de remarquables grâces du Ciel. Bossuet&#13;
l’appelait « la Thérèse [d’Avila] de nos jours et du Nouveau-Monde2 ».&#13;
Son fils, Claude Martin, entra dans un couvent de Bénédictins en 1642 et mourut à l’abbaye&#13;
de Marmoutier en 1696.&#13;
Les lettres de Marie de l’Incarnation sont considérées par les historiens comme des sources&#13;
sûres et impartiales. Elles sont surtout adressées à dom Claude et aux supérieures des&#13;
Ursulines de Tours et revêtent un caractère d’intimité, tout en relatant les actualités&#13;
canadiennes. Bien qu’elle ait été cloîtrée, ses fonctions de supérieure et d’enseignante de&#13;
jeunes filles dans son couvent lui assurèrent un bon apport en informations. De plus, sa&#13;
perception des personnes et des événements laisse transparaître un équilibre d’esprit tout à&#13;
fait singulier ; et c’est pour cela que ses témoignages sont étudiés.&#13;
Une minime partie de son courrier fut publiée par son fils quelques années après la mort&#13;
de sa mère, chez Billaine à Paris, en 1681. Il s’agit d’un volume in-quarto, divisé en deux&#13;
parties ; la première contient les lettres spirituelles et la seconde, les lettres historiques de&#13;
la vénérable ursuline. Richaudeau fit réimprimer ces lettres à Tournai en 1816, selon&#13;
l’édition précédente. Une édition définitive est actuellement en élaboration par les soins de&#13;
dom Albert Jamet, bénédictin de Solesmes3.&#13;
&#13;
NDLR : Elle fut béatifiée avec Mgr de Laval en 1980 par Jean-Paul II, puis ils furent tous deux canonisés&#13;
en 2014 par le pape François.&#13;
2&#13;
NDLR : Instructions sur les états d’oraison, où sont exposées les erreurs des faux mystiques de nos jours&#13;
avec les actes de leur condamnation, Tome 1, Livre IX.&#13;
3&#13;
NDLR : Cette édition fut terminée par dom Guy Oury de l’abbaye de Saint-Pierre : Marie de l’Incarnation&#13;
(1599-1672). Correspondance, Solesmes, 1971, 1071 p. C’est selon celle-ci que nous citerons les lettres et&#13;
les notes de l’auteur (NDA).&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 21 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span&gt;Altera Nova Positio&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. XXI-4&#13;
Extraits de la lettre au P. Claude Martin, bénédictin, son fils, 2 novembre 1660,&#13;
(Lettre 192), p. 648-651&#13;
Dans cette lettre, Marie de l’Incarnation nous fait connaître l’opinion du Serviteur de Dieu&#13;
au sujet de la résolution prise par des Français du Canada de détruire la nation iroquoise,&#13;
qui mettait continuellement la colonie en danger.&#13;
&#13;
[…] Il est vrai que si l’on ne va humilier ces Barbares [les Iroquois], ils perdront le&#13;
pays et nous chasseront tous par leur humeur guerrière et carnassière […] Il n’y a&#13;
nulle assurance à leur paix, car ils n’en font que pour allonger le temps et prendre&#13;
l’occasion de faire leur coup et d’exécuter leur dessein […]&#13;
Toutes ces connaissances ont tellement animé les Français qu’ils sont résolus de&#13;
détruire ces misérables par eux et par le secours qu’ils attendent de France. Ils ne&#13;
peuvent plus différer leur perte après tant d’hostilités et de rupture de paix.&#13;
Autant qu’ils en prennent, ils les mettent entre les mains des Algonquins, qui sont&#13;
gens de cœur, fort bons chrétiens et très fidèles aux Français, qui les traitent comme&#13;
ils sont traités quand ils sont pris. Vous vous étonnez de cette résolution et vous&#13;
dites que cela répugne à l’esprit de l’Évangile et des apôtres qui ont exposé leur&#13;
vie pour sauver les infidèles et ceux mêmes qui les faisaient souffrir. Mgr notre&#13;
prélat a été de votre sentiment ; il a même fait apprendre la langue à M. [Henri]&#13;
de Bernières pour les aller instruire. Vous savez combien de fois nos révérends&#13;
pères y sont allés pour le même sujet. Tout nouvellement ils ont voulu y aller pour&#13;
faire un dernier effort ; mais on les a retenus comme par violence, le péril étant&#13;
trop évident et inévitable. Après tant d’efforts inutiles et d’expériences de la&#13;
perfidie de ces infidèles, Monseigneur a bien changé de sentiment et il tombe&#13;
d’accord avec toutes les personnes sages du pays, ou qu’il les faut exterminer, si&#13;
l’on peut, ou que tous les chrétiens et le christianisme du Canada périssent. Quand&#13;
il n’y aura plus de christianisme ni de missionnaires, quelle espérance y aura-t-il&#13;
de leur salut ? […]&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 21-4</text>
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                    <text>Doc. XXI&#13;
&#13;
— 51 —&#13;
&#13;
1664&#13;
Septembre :&#13;
Le 18. Ce même jour fut dissout le Conseil par M. le Gouverneur (M. de Mésy) et M. Bourdon, maltraité par lui.&#13;
Le 24. fut établi un nouveau Conseil sans participation de&#13;
M. l ’Évêque, qui envoya son opposition au greffe.&#13;
Le 28, l ’établissement de ce nouveau Conseil fut publié par&#13;
affiche à la porte de l ’église sans faire mention de l ’opposition.&#13;
Le 29, Mgr l ’Évêque la fit signifier au prône.&#13;
Octobre :&#13;
Le 5, M. le Gouverneur fit publier à son de tambour une pancarte d ’injures contre M. l ’Évêque et autres, ce qui donna sujet&#13;
aux ecclésiastiques de voir en leur conscience ce qu’ils étaient&#13;
obligés de faire ; de hoc alibi. M. le Gouverneur se plaignait partout tout haut qu’on lui refusait la confession et l ’absolution;&#13;
mais notre réponse était que Dieu savait tout.&#13;
En ce temps commencèrent diverses congrégations de la&#13;
Sainte-Famille institutore et promotore P. Chaumonot et Domina&#13;
d ’Ailleboust, pour laquelle on loua la maison des Ursulines 150&#13;
livres pour une année.&#13;
1665&#13;
Octobre :&#13;
Le 8, un capitaine d ’une des compagnies de M. de Tracy faitabjuration d ’hérésie dans la grande église entre les mains de&#13;
Monseigneur habillé pontificalement, de tout le clergé en surplis,&#13;
en présence de Mgr de Tracy, M. de Courcelles, gouverneur, et&#13;
M. l ’Intendant et quatre de nos Pères.&#13;
DOC. XXI&#13;
E xc e r pt a&#13;
&#13;
E p is t o l a r u m&#13;
&#13;
n a t io n e&#13;
&#13;
, U r s u l in a e&#13;
&#13;
V e n e r a b il is&#13;
M o n a s t e r ii&#13;
&#13;
M a t r is&#13;
&#13;
M a r ia e&#13;
&#13;
Q u e b e c e n s is ,&#13;
&#13;
ab&#13;
&#13;
I nc ar -&#13;
&#13;
1659-1668.&#13;
&#13;
La Venerabile Madre Maria dell’Incarnazione, le cui virtù eroiche&#13;
furono dichiarate dal Sommo Pontefice Pio X nel 1911, nacque a Tours&#13;
nel 1599. A diciassette anni, cedendo al desiderio dei suoi parenti, si unì&#13;
in matrimonio. Rimasta vedova nel 1619 con un bambino di sei mesi, senza&#13;
&#13;
�Doc. XXI&#13;
&#13;
— 52&#13;
&#13;
beni di fortuna, illuminata di luce soprannaturale, finì per entrare nel&#13;
monastero delle Orsoline di Tours nel 1631. Nel 1639, partì per il Canadà,&#13;
dove fondò il convento delle Orsoline di Québec. Morì nel 1672, favorita&#13;
dalle più rilevanti grazie celesti. Bossuet la chiamava la Thérèse de son&#13;
&#13;
siècle et de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
Suo figlio Claudio entrò in un convento di Benedettini nel 1642 e&#13;
morì nell 'abbazia di Marmoutiers nel 1696.&#13;
Le lettere di Maria dell ’Tncarnazione sono state sempre considerate&#13;
come fonti storiche sicure ed imparziali. Certamente esse non riguardano&#13;
in particolare tutti gli avvenimenti dell’epoca. Indirizzate per lo più a&#13;
Don Claudio e alle Superiore delle Orsoline di Toiurs, rivestono un carattere d’intimità che non obbligano l ’autrice a delle relazioni complete di&#13;
tutto ciò che avviene nel paese; ma, quello ch’esse riferiscono deve certamente essere considerato come veridico. La Venerabile religiosa è rinchiusa&#13;
in un chiostro, ma le sue relazioni come superiora e insegnante di giovanette nel suo convento, le forniscono molte informazioni. I suoi giudizi&#13;
poi su persone e su avvenimenti riflettono il singolare equilibrio del suo&#13;
spirito ed è per questo che tutti gli storici canadesi hanno apprezzato&#13;
sempre grandemente le sue testimonianze.&#13;
Una minima parte del suo epistolario fu pubblicata dal figlio qualche anno dopo la morte della Venerabile, presso Biliaine a Parigi, nel 1681.&#13;
E un volume in-quarto, diviso in due parti : la prima contiene le lettere&#13;
spirituali e le seconda le lettere storiche della Venerabile Orsolina. Richaudeau ristampò queste lettere a Tournai nel 1816, secondo l ’edizione precedente. Un’edizione definitiva è attualmente in corso per cura di Doni Alberto Jamet, benedettino di Solesmes.&#13;
Per alcune lettere che riportiamo qui, abbiamo seguito l ’edizione di&#13;
Parigi del 1681. Altre, già deposte nell’incartamento della Causa, vengono riprodotte secondo l ’edizione di Richaudeau del 1816.&#13;
&#13;
1&#13;
Ex Epistola ad P. Claudium Martin, O. S. B., suum filium, 1659.&#13;
Ex edit. Parisienm, pp. 640-544.&#13;
Mon très cher et bien-aimé fils.&#13;
Ce m ’a été tute grande privation de voir un navire arrivé et&#13;
de ne point recevoir de lettres de votre part. J ’ai pourtant été&#13;
toujours persuadée que vous m ’aviez écrit; mais j ’ai cru, et je&#13;
ne me suis pas tro;mpée, que vos lettres étaient dans le premier&#13;
vaisseau, qui nous apportait la nouvelle que nous aurions un évê-&#13;
&#13;
�— 57 —&#13;
&#13;
Doc. XXI&#13;
&#13;
parce cpie la règle dit quelque chose de semblable qui souffre interprétation ; et enfin il faut garder quelque forme qui fasse voir&#13;
qu’une supérieure peut toujours user de sa liberté.&#13;
4&#13;
Ex Epistola ad P. Claudium Martin, O. S. B., filium suum, 1660,&#13;
2 novembris. Ex edit. Parisiensi, pp. 557-559.&#13;
In questa lettera, Maria dell'Incarnazione ci fa conoscere l'opinione&#13;
del Servo di Dio intorno alla risoluzione presa dai Francesi del Canada&#13;
di distruggere la tribù degli Iroquesi, i quali, come abbiamo veduto sopra,&#13;
mettevano la colonia in costante pericolo.&#13;
&#13;
Il est vrai que si l ’on ne va humilier ces barbares (les Iroquois), ils perdront le pays et nous chasseront tous par leur humeur guerrière et carnassière... Il n ’y a nulle assurance à leur&#13;
paix, car ils n ’en font que pour allonger le temps et prendre l ’occasion de faire leur coup et d ’exécuter leur dessein...&#13;
Toutes ces connaissances ont tellement animé les Français&#13;
qu’ils sont résolus de détruire ces misérables par eux et par le&#13;
secours qu’ils attendent de France. Ils ne peuvent plus différer&#13;
leur perte après tant d ’hostilités et de rupture de paix. Autant&#13;
qu’ils en prennent, ils les mettent entre les mains des Algonquins,&#13;
qui sont gens de cœur, fort bons chrétiens et très fidèles aux Français, qui les traitent comme ils sont traités quand ils sont pris.&#13;
Vous vous étonnez de cette résolution et vous dites que cela répugne à l ’esprit de l ’Évangile et des Apôtres qui ont exposé leur&#13;
vie pour sauver les infidèles et ceux même qui les faisaient souffrir. Mgr notre Prélat a été de votre sentiment; il a même fait&#13;
apprendre la langue à M. de Bernières pour les aller instruire.&#13;
Vous savez combien de fois nos Révérends Pères y sont allés pour&#13;
le même sujet. Tout nouvellement ils ont voulu y aller pour faire&#13;
un dernier effort; mais on les a retenus comme par violence, le&#13;
péril étant trop évident et inévitable. Après tant d ’efforts inutiles et d ’expériences de la perfidie de ces infidèles, Mgr a bien&#13;
changé de sentiment et il tombe d ’accord avec toutes les personnes sages du pays, ou qu’il les faut exterminer, si l ’on peut, ou&#13;
que tous les Chrétiens et le Christianisme du Canada périssent.&#13;
Quand il n ’y aura plus de Christianisme ni de missionnaires,&#13;
quelle espérance y aura-t-il de leur salut?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait dactylographié en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Bernières, Henri de, v. 1635-1700; </text>
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                <text>Marie de l'Incarnation, sainte, 1599-1672</text>
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                <text>Lettre de Marie de l’Incarnation à son fils (Québec, 2 novembre 1660)</text>
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                <text>La fondatrice des Ursulines de Québec souligne que Laval, vicaire apostolique au Canada, partage les sentiments de plusieurs du grand danger que représentent les Iroquois, qui mettent à mal le pays et les missions autochtones.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original détruit, après copie par C. Martin&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Martin, Claude, 1619-1696</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10732" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 21&lt;/a&gt; de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/1073" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10734" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 21-4&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/1073" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9936" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français&lt;/a&gt;, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 21-4&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://archive.org/details/trent_0116300951831/mode/2up"&gt;Copie typograhiée et annotée en français classique publiée&lt;/a&gt; dans G. Oury, &lt;em&gt;Marie de l'Incarnation (1599-1672)&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Correspondance&lt;/em&gt;, Solemnes, 1971, Lettre 192, p. 648-65. (Ce livre peut être emprunté, une heure à la fois via Internet Archives. Nécessite un abonnement à Internet Archives.)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9938"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Amour de Laval envers les Autochtones</name>
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        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
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        <name>Guerres</name>
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        <name>Mention de Laval</name>
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        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
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        <name>Ursulines</name>
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                    <text>Extrait de la lettre de Marie de l’Incarnation à son fils&#13;
(Québec, 25 juin 1660)&#13;
&#13;
[…] Ce même jour, le Saint-Sacrement était exposé dans notre église, où la&#13;
procession de la paroisse vint pour continuer les dévotions qu’on avait&#13;
commencées pour implorer le secours de Dieu, dès qu’on sut qu’il y avait des&#13;
Iroquois en campagne. Mais la nouvelle de cette grosse armée, qu’on estimait&#13;
proche, donna une telle appréhension à Mgr notre évêque qu’il n’arrivât mal aux&#13;
religieuses, qu’il fit emporter le Saint-Sacrement de notre église et commanda à&#13;
notre communauté de le suivre. Nous ne fûmes jamais plus surprises ; car nous&#13;
n’eussions pu nous imaginer qu’il y eut eu sujet de craindre dans une maison forte&#13;
comme la nôtre. Cependant, il fallut obéir. Il en fit de même aux Hospitalières. Le&#13;
Saint-Sacrement fut pareillement ôté de la paroisse. […]&#13;
Quand les habitants nous virent quitter une maison aussi forte que la nôtre, car&#13;
celle de l’hôpital est mal située au regard des Iroquois, ils furent si épouvantés&#13;
qu’ils crurent que tout était perdu. Ils abandonnèrent leurs maisons et se retirèrent,&#13;
les uns dans le fort, les autres chez les révérends pères, les autres chez Mgr notre&#13;
évêque, et les autres chez nous, où nous avions six ou sept familles logées, tant&#13;
chez nos domestiques que dans nos parloirs et offices extérieurs. Le reste se&#13;
barricada de tous côtés dans la basse-ville, où l’on posa plusieurs corps de garde.&#13;
Le lendemain, qui fut le jeudi de la Pentecôte, le R. P. supérieur ramena notre&#13;
communauté. C’était le jour auquel nous devions élire une supérieure, si le trouble&#13;
ne nous eut obligées de le différer. L’on en usa de même huit jours de suite. Le&#13;
soir, on emmenait les religieuses et le matin, sur les six heures, on les ramenait ;&#13;
mais nous fûmes privées du Saint-Sacrement jusqu’au jour de Sa fête1 que&#13;
Mgr notre évêque eut la bonté de nous le rendre, parce que la visite de notre&#13;
monastère ayant été faite, on jugea que les religieuses y pouvaient demeurer en&#13;
sureté et sans crainte des Iroquois et néanmoins qu’on ne laisserait pas d’y faire la&#13;
garde jusqu’à ce que l’on eut reçu des nouvelles des habitations supérieures, que&#13;
l’on croyait assiégées. […]&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Soit la Fête-Dieu, le 27 mai.&#13;
&#13;
�Nous avons ici un Onneiteronnon2. Je serais d’avis de l’envoyer à ses parents avec&#13;
de beaux présents, afin de les adoucir, et d’obtenir d’eaux quelque bonne&#13;
composition. Son sentiment fut suivi et deux Hurons des plus considérables&#13;
s’offrirent à le remmener. […]&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
Note d’Oury : « Sans doute l’Onneiout qui s’était évadé du fort de Québec le soir du 7 septembre 1659 et&#13;
qui, repris quelques jours plus tard, avait été racheté par Mgr de Laval et les Jésuites pour 1000 grains de&#13;
porcelaine (Journal des Jésuites, 265-267). »&#13;
3&#13;
Faite à partie de la copie publiée dans Oury, Marie de l’Incarnation (1599-1672). Correspondance,&#13;
Solesmes, 1971, p. 619-630.&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Lalemant, Jérôme, 1593-1673</text>
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                <text>Lettre de Marie de l’Incarnation à son fils (Québec, 25 juin 1660)</text>
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                <text>La fondatrice des Ursulines de Québec décrit les mesures prises devant la menace imminente d’une attaque iroquoienne. Le vicaire apostolique au Canada, Laval, et les Jésuites ont acheté un prisonnier autochtone. </text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original détruit, après copie par C. Martin&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Martin, Claude, 1619-1696</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9944" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservé au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://archive.org/details/trent_0116300951831/mode/2up"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; publiée dans G. Oury, &lt;em&gt;Marie de l'Incarnation (1599-1672)&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Correspondance&lt;/em&gt;, Solemnes, 1971, Lettre 184, p. 619-630. (Ce livre peut être emprunté, une heure à la fois via Internet Archives. Nécessite un abonnement à Internet Archives.)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Amour de Laval envers les Autochtones</name>
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                    <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. LI-VI&#13;
Les raisons d’intervenir du Serviteur de Dieu lorsque la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier était désirée, 1695-1696&#13;
En 1694, Mgr de Saint-Vallier se rendit en France pour régler certains de ses contentieux à&#13;
la Cour du roi et au Séminaire des Missions étrangères de Paris ; mais lorsqu’il voulut&#13;
retourner dans son diocèse, il rencontra des difficultés, puisque de nombreuses lettres&#13;
réclamant sa démission avaient été reçues. Mentionnons que la même requête avait été faite&#13;
lors de ses deux autres voyages en France, soit en 1687 et en 1691 ; et il s’agit là d’un fait&#13;
grave.&#13;
Vérifions d’abord si le Serviteur de Dieu a joué un rôle dans les deux premières instances&#13;
et si oui, de quel ordre, car nous savons qu’il intervint en 1694.&#13;
Lorsque l’abbé de Saint-Vallier revint à Paris en 1687, après son administration du diocèse&#13;
de Québec en qualité de vicaire général, les directeurs du Séminaire de Québec avaient&#13;
manifesté à ceux de Paris la ferme volonté que ces derniers fassent des démarches auprès&#13;
de la Cour pour empêcher la nomination de l’abbé comme évêque de Québec.&#13;
Mgr de Laval se trouvait alors à Paris. Il est difficile de déterminer si, et dans quelle mesure,&#13;
il prit part à l’affaire, puisque nous n’avons trouvé aucun document l’affirmant. Bien qu’on&#13;
puisse facilement croire qu’il ne fut pas indifférent à la proposition des directeurs du&#13;
Séminaire de Québec et qu’il y fut peut-être même favorable, il serait malhonnête de lui&#13;
attribuer une participation active ou, comme le fit l’abbé Gosselin (Vie de Mgr de Laval :&#13;
premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, vol. 2, p. 371), l’en faire&#13;
l’instigateur de l’affaire.&#13;
Lors du second voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, en 1691, le Serviteur de Dieu se&#13;
trouvait au Canada. Son point de vue sur le sujet est révélé dans sa lettre à l’ancien&#13;
gouverneur de Denonville à l’automne de 1691 : « Si Dieu permet que les vues qu’ont eues&#13;
ses amis ne réussissent pas et qu’il revienne en ce pays, il est comme impossible que cette&#13;
Église ne tombe pas dans un renversement total. Notre-Seigneur et sa sainte Mère en&#13;
disposeront comme il leur plaira. » (LI-IV-6) D’après ce texte, il semble clair que&#13;
Mgr de Laval était convaincu de la nécessité de la démission de son successeur pour le bien&#13;
de l’Église du Canada. Rappelons que Mgr de Saint-Vallier se rendait en France avec la&#13;
ferme intention de changer toute la constitution du Séminaire ; il n’est donc pas étonnant&#13;
que le Serviteur de Dieu soit arrivé à cette conclusion, qu’il ne communiqua qu’à quelquesuns de ses amis intimes. Il n’intervint pas directement pour provoquer la démission de son&#13;
successeur ; du moins, on n’en trouve aucune preuve dans les documents de l’époque.&#13;
Dans ces deux instances, Mgr de Saint-Vallier put revenir tranquillement à Québec, mais&#13;
en 1695, à l’époque concernée par les documents dans cette section, la question fut si&#13;
épineuse que le roi Louis XIV et la Cour demandèrent la démission de l’évêque.&#13;
On peut déduire l’opinion du Serviteur de Dieu sur l’affaire dans trois documents qui n’ont&#13;
pas été pris en considération jusqu’à maintenant. Il s’agit de lettres de l’abbé Tremblay,&#13;
adressées au Séminaire de Québec et à Mgr de Laval, dans lesquelles l’ancien évêque fit&#13;
des annotations dans les marges, que nous avons reproduites en deux colonnes aux n os 1, 6&#13;
et 7. Ces lettres sont conservées au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire&#13;
de Québec.&#13;
Ces annotations montrent que le Serviteur de Dieu était pleinement convaincu que Mgr de&#13;
Saint-Vallier devait démissionner, et ce, pour le bien de l’Église du Canada. On pourrait&#13;
soupçonner que Mgr de Laval nourrissait le désir de reprendre le gouvernement du diocèse ;&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Mgr de Saint-Vallier le pensât certainement, car il cherchât à le faire croire à d’autres en&#13;
France. Cependant, cette idée est sans fondement ; alors que des proches du Serviteur de&#13;
Dieu semblèrent réellement vouloir un tel retour, l’ancien évêque ne fit rien dans ce sens.&#13;
En 1692, lorsque l’on crut que Mgr de Saint-Vallier donnerait sa démission, Mgr de Laval&#13;
proposa l’abbé de La Colombière pour être administrateur du diocèse, tandis qu’il se&#13;
consacrerait lui-même aux seules fonctions épiscopales : &#13;
Que si Notre-Seigneur a pitié de cette pauvre Église et qu’il inspire au roi et à tous&#13;
ceux qui y peuvent contribuer de lui [Mgr de Saint-Vallier] en ôter la conduite,&#13;
comme le P. de La Chaize l’a fait positivement espérer à M. de La Colombière,&#13;
supposé qu’il n’y eût point de changement en sa conduite, l’on pourrait en ce cas,&#13;
en attendant que l’on eût trouvé un autre évêque, établir mondit sieur de&#13;
La Colombière grand-vicaire de tout le diocèse […]. Si Dieu faisait cette grâce et&#13;
grande miséricorde à cette Église, tant qu’il lui plaira me laisser en ce monde, je&#13;
ferai volontiers les fonctions épiscopales jusqu’à ce que celui sur lequel l’on jettera&#13;
les yeux soit sacré. C’est tout le soulagement que l’on peut attendre de moi, à l’âge&#13;
où je suis, et d’aider du peu de vues et de lumières que Notre-Seigneur me donne&#13;
ceux qu’il lui plaira employer à la conduite de cette Église. (LI-V-1)&#13;
Cette même idée se retrouve dans une note à l’abbé Tremblay :&#13;
Il serait bien plus expédient pour la gloire de Dieu et le bien de cette Église que l’on&#13;
choisit un autre que moi pour la conduire. Tout ce que j’y pourrais faire au regard&#13;
du Séminaire serait estimé bien suspect, y étant ce que je suis. Il nous faut laisser&#13;
conduire à la providence de Dieu. Il n’y a que l’extrême besoin et nécessité dont&#13;
l’on se trouverait pressé qui peut obliger d’avoir cette vue. (LI-VI-1)&#13;
Il semble suffisamment clair que le Serviteur de Dieu désirait la démission de Mgr de SaintVallier, non pas en sa faveur, mais uniquement pour le bien de l’Église de Québec.&#13;
Nous constatons tout de même qu’en manifestant ses pensées, il utilisa des termes plutôt&#13;
forts si on les prend en elles-mêmes : « Si Notre-Seigneur affligeait cette Église par le&#13;
retour de Monseigneur […] » (Doc. LI-V-1) ; « Son retour est le plus grand mal qui puisse&#13;
arriver à cette Église » ; « l’on doit regarder Monseigneur comme un fléau et un châtiment,&#13;
le plus grand et le plus certain pour cette Église qui puisse arriver » ; « son humeur prompte,&#13;
comme il dit, ne change que pour entrer dans de plus mauvais sentiments » (Doc. LI-VI7) ; « [l’Église] […] est entièrement ruinée, si Monseigneur y revient, étant ennemi&#13;
irréconciliable de la paix, de changer de nature de son esprit, qui est incessamment occupé&#13;
à brouiller et diviser les choses les plus unies » ; « […] des suites funestes et infaillibles du&#13;
retour de Monseigneur […] » ; « il est du tout impossible qu’il change jusqu’à la mort, quoi&#13;
que ce soit qu’il promette et fasse, tout n’étant qu’un pur artifice et déguisement » (Doc. LIVI-6).&#13;
Ces expressions paraissent peut-être démesurées, mais elles reflètent la conviction de tous&#13;
ceux qui connaissaient les affaires du Canada à l’époque, incluant les amis de Mgr de SaintVallier. Il faut aussi tenir compte du fait que nous ne savons pas à qui ces annotations&#13;
étaient adressées. Il semble qu’il s’agisse de notes personnelles, peut-être pour la rédaction&#13;
de réponses aux lettres ; si c’est le cas, nous ne savons si celles-ci furent envoyées et encore&#13;
moins si elles furent rédigées en ces termes1.&#13;
NDLR : L’abbé Tremblay, dans sa grande lettre au Séminaire de Québec écrite entre juin 1696 et le 17 avril&#13;
1697, demande aux MM. du Séminaire de rayer la note que le Serviteur de Dieu écrivit dans la marge de la&#13;
lettre du 3 juin 1696. Cela nous porte à croire que l’abbé Tremblay reçut ces lettres avec annotations de&#13;
Mgr de Laval, ou du moins celle du 3 juin 1696.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Regardons maintenant les circonstances du troisième voyage de Mgr de Saint-Vallier en&#13;
France. En arrivant à Paris à la fin de 1695, l’évêque sentit immédiatement que&#13;
l’atmosphère lui était défavorable et qu’il rencontrerait de sérieuses difficultés pour&#13;
retourner à Québec, dues aux maintes lettres reçues pour réclamer sa démission.&#13;
Notons que ni le Serviteur de Dieu ni le Séminaire de Québec ne prirent part à ces requêtes,&#13;
du moins pas directement. Seul l’abbé de La Colombière, prêtre non affilié mais très&#13;
attaché au Séminaire, écrivit en France sur l’affaire ; et bien qu’il fût l’ami de Mgr de SaintVallier et son vicaire général, il demanda ouvertement sa démission :&#13;
Il faudrait que le roi lui proposât d’abandonner son évêché pour le garder près de&#13;
lui, mais pas pour lui en offrir un autre. Si on lui donne un autre évêché, on lui fera&#13;
tort. J’ose assurer qu’il n’y a personne qui aime plus que moi M gr de Québec, ni qui&#13;
ait plus prié pour son salut. Le roi ne saurait lui faire un bien comparable à celui de&#13;
le laisser sans évêché, parce que la conduite des âmes lui est une occasion infaillible&#13;
de se perdre. (Cité dans Gosselin, Vie de Mgr de Laval : premier évêque de Québec&#13;
et apôtre du Canada, 1622-1708, vol. 2, p. 4432)&#13;
Mus par ces nombreuses instances, les gens intéressés aux affaires du Canada furent&#13;
convaincus qu’il était absolument nécessaire d’empêcher le retour de l’évêque à Québec.&#13;
Le ministre de Pontchartrain dit :&#13;
Il ne faut pas qu’il retourne au Canada, de peur qu’il n’achève de bouleverser&#13;
l’Église et l’État politique d’un pays où l’on a besoin d’un grand flegme pour&#13;
gouverner et où il ne peut recevoir de conseils que de ceux dont il ne veut point en&#13;
prendre. (Cité dans Gosselin, Ibid., vol. 2, p. 446-4473)&#13;
Certaines personnes, dont Mme de Maintenon, seconde épouse du roi, le ministre de&#13;
Seignelay, le P. de La Chaize, confesseur du roi, l’abbé de Brisacier, supérieur du&#13;
Séminaire des Missions étrangères de Paris, et l’abbé Tremblay, procureur du Séminaire&#13;
de Québec à Paris, firent pression pour que le roi oblige Mgr de Saint-Vallier à renoncer à&#13;
son diocèse. D’autres, plus proches de l’évêque, cherchèrent à le convaincre d’offrir sa&#13;
démission. Comme l’évêque se prépara malgré tout à partir pour Québec au printemps de&#13;
1696, Louis XIV, impressionné par le nombre de requêtes, lui ordonna de retarder son&#13;
départ jusqu’à l’année suivante. Mgr de Saint-Vallier comprit désormais que son retour était&#13;
sérieusement compromis. Il fit donc une intervention auprès des communautés religieuses&#13;
de son diocèse, les suppliant d’écrire à la Cour pour demander son retour. Mgr de SaintVallier se résolut aussi à écrire à Mgr de Laval (n° 5), sachant bien que sa requête était&#13;
délicate, mais qu’une réponse favorable du Serviteur de Dieu serait un atout.&#13;
De toutes les personnes interpellées, seulement trois répondirent en faveur du retour de&#13;
Mgr de Saint-Vallier : le supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, la supérieure&#13;
de l’Hôtel-Dieu de Montréal et la supérieure de la Congrégation de Notre-Dame de&#13;
Montréal. Mgr de Laval, de son côté, refusa nettement d’entamer quelconque démarche&#13;
auprès de la Cour.&#13;
Dans sa lettre au Serviteur de Dieu, Mgr de Saint-Vallier se dit surpris du motif invoqué&#13;
pour retarder son retour, soit ses dissensions avec le clergé canadien. Il l’interrogea donc&#13;
sur les moyens possibles pour rétablir la paix et faire oublier le passé à ceux qu’il aurait pu&#13;
offenser. Mgr de Laval se permit de lui répondre ouvertement et de lui dire clairement ce&#13;
qu’il pensait de son gouvernement. Nous reproduisons cette lettre au n° 8.&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
NDLR : Nous n’avons pas encore trouvé cette lettre citée par Gosselin.&#13;
NDLR : Idem.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Celui qui lirait cette lettre hors de son contexte, sans connaître ni se souvenir de tout ce qui&#13;
était arrivé à Québec depuis le début du gouvernement de Mgr de Saint-Vallier, pourrait&#13;
avoir une impression défavorable du Serviteur de Dieu. Celui qui se réfère aux&#13;
introductions précédentes des Docs. LI, documentant les relations entre le second évêque&#13;
et son clergé, en tirerait une impression bien différente.&#13;
Mgr de Laval fut franc et explicite, comme il se devait de l’être. Il exposa sans détour sa&#13;
pensée et les choses reprochées à Mgr de Saint-Vallier. Il dit les choses crûment, mais sans&#13;
l’intention d’offenser et surtout sans cacher la grande douleur qu’il ressentait et qu’il avait&#13;
accumulée depuis tant d’années. Il conserva tout le long un ton calme et digne, sans jamais&#13;
descendre dans l’amertume personnelle ou irrévérencieuse. Cette lettre, par son contenu et&#13;
sa forme, nous porte à penser que Mgr de Laval était parfaitement sincère lorsqu’il écrivait :&#13;
Je crois être obligé devant Dieu de vous parler avec toute la liberté et la confiance&#13;
que doit une personne qui a des obligations très particulières de vous honorer, qui&#13;
est près, étant à l’âge de 75 ans, de paraître au jugement de Dieu et qui n’a&#13;
uniquement en vue que les intérêts d’une Église qui vous doit être, et à moi&#13;
également, chère. &#13;
Cette lettre ne fut pas expédiée directement à Mgr de Saint-Vallier. Elle fut d’abord remise&#13;
à l’abbé Tremblay, afin qu’il la lise et la montre à des personnes judicieuses, prudentes et&#13;
surtout bien informées de l’affaire. Ces dernières devaient juger s’il était bon et opportun&#13;
de la remettre à l’évêque. Ainsi, la lettre du Serviteur de Dieu fut lue par plusieurs gens&#13;
éminents, comme Mme de Maintenon, le ministre de Seignelay, le P. de La Chaize,&#13;
l’archevêque de Paris, l’abbé de Brisacier, l’abbé Tronson, supérieur du Séminaire SaintSulpice de Paris, les directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, l’ancien&#13;
gouverneur du Canada Denonville et d’autres. Elle fut même portée à la connaissance du&#13;
roi. Ils furent unanimes : elle devait être remise à Mgr de Saint-Vallier (cf. no 10). L’abbé&#13;
Tremblay, qui la lui donna puis relata tous les détails, affirme que Mgr de Saint-Vallier en&#13;
resta profondément impressionné (cf. no 10).&#13;
La même année, en 1696, le Serviteur de Dieu écrivit au cardinal de Noailles, archevêque&#13;
de Paris (no 9), qui lui avait demandé des informations sur l’Église du Canada. Cette lettre&#13;
est parallèle à celle envoyée à Mgr de Saint-Vallier et doit donc être évaluée avec les mêmes&#13;
critères.&#13;
Si Mgr de Saint-Vallier avait pris en considération les sentiments des personnes intéressées&#13;
et interrogées sur la question, peut-être aurait-il perdu tout espoir de retourner à Québec ;&#13;
au contraire, il fit de nouvelles pressions pour recevoir la permission désirée.&#13;
L’affaire se conclut au printemps 1697. D’autres mémoires furent rédigés pour le ministre&#13;
et le roi (nous reproduisons celui de l’abbé Tremblay au no 11). Louis XIV accorda donc&#13;
une audience à Mgr de Saint-Vallier, pour l’inviter à offrir sa démission, sans l’y obliger,&#13;
suivant ainsi les recommandations d’autorités ecclésiastiques éminentes approchées sur ce&#13;
sujet, dont l’archevêque de Paris et Mgr Bossuet. Mgr de Saint-Vallier refusa, avec beaucoup&#13;
de modestie et de révérence. Le roi lui aurait alors répondu :&#13;
Alors, puisqu’il en est ainsi, vous retournerez dans votre diocèse. Mais voyez à y&#13;
rétablir entièrement la paix ; parce que si j’entends encore parler de vous, je saurai&#13;
bien vous rappeler, pour ne plus, cette fois, vous y laisser retourner. (Taschereau,&#13;
Histoire du Séminaire de Québec, Archives des Missions étrangères de Paris, vol.&#13;
45, cité par Gosselin, vol. 2, p. 4614)&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
NDLR : Idem.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Mgr de Saint-Vallier avait gagné. En mai 1697, il partit de la France et arriva à Québec en&#13;
août.&#13;
Durant les 20 ans qu’il dirigea encore l’Église de Québec (1697-1727), son comportement&#13;
envers son prédécesseur et le Séminaire de Québec fut beaucoup plus serein. Mais il&#13;
continua à avoir des difficultés avec diverses communautés religieuses et avec plusieurs&#13;
individus ; et cela contribua à conserver des oppositions latentes contre lui et d’autres&#13;
interventions auraient été faites auprès de la Cour pour provoquer sa démission. En 1709,&#13;
lorsqu’il retourna en France, après cinq ans passés en Angleterre comme prisonnier de&#13;
guerre, la Cour de Paris fit de nouvelles pressions pour qu’il remette sa démission ; en&#13;
conséquence, Mgr de Saint-Vallier n’obtint la permission de rentrer dans son diocèse qu’en&#13;
1713, soit quatre ans plus tard (cf. Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval&#13;
jusqu’à la conquête, 1re partie, Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911, p. 245-252).&#13;
*********************&#13;
En plus de la longue et délicate affaire des négociations pour obtenir la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, il est nécessaire d’aborder brièvement une autre question, qui revient&#13;
dans plusieurs documents de cette section et dans laquelle le Serviteur de Dieu fut&#13;
directement impliqué : durant l’absence de Mgr de Saint-Vallier, le Serviteur de Dieu,&#13;
maintenant appelé Mgr l’Ancien, conseilla aux directeurs du Séminaire de Québec de&#13;
donner l’habit clérical à certains jeunes étudiants du Petit Séminaire, auxquels il conféra&#13;
ensuite les ordres sacrés, y compris le sacerdoce.&#13;
Voici comment se déroulèrent les choses. Lorsque Mgr de Saint-Vallier partit de Québec le&#13;
29 octobre 1694, il n’avait laissé aucune juridiction au Serviteur de Dieu pour faire des&#13;
ordinations. Après 15 jours de voyage, le 13 novembre, il envoya une lettre au supérieur&#13;
du Séminaire sur ce qu’il y aurait à faire durant son absence (LI-V-3). Parmi ses volontés,&#13;
il y avait celle que les directeurs du Séminaire attendent son retour pour donner l’habit&#13;
clérical à ceux qui auraient terminé leurs études : « Comme je me suis réservé à moi seul&#13;
l’examen de ceux qui sont appelés à l’état ecclésiastique, écrivait l’évêque, je les supplie&#13;
[les directeurs du Séminaire] de différer à donner l’habit ecclésiastique à ceux de leur&#13;
Petit Séminaire jusqu’à mon retour. »&#13;
Or, nous savons que le 29 novembre, les directeurs donnèrent la soutane aux jeunes en&#13;
question, comme il était de coutume durant l’absence de l’évêque. La lettre de Mgr de SaintVallier du 13 novembre était-elle parvenue aux directeurs ? Il nous manque les éléments&#13;
pour offrir une réponse définitive. En tenant compte des dates, tout nous porte à croire que&#13;
la lettre n’était pas arrivée et que si elle avait été reçue, le Serviteur de Dieu devait avoir&#13;
d’excellentes raisons pour conseiller aux directeurs de procéder. En effet, à la suite de la&#13;
controverse que provoquèrent ces ordinations, même Mgr de Saint-Vallier, si jaloux de son&#13;
autorité épiscopale, approuva pleinement la façon de procéder de son prédécesseur dans sa&#13;
lettre du 25 mars 1696 (no 5).&#13;
Chronologiquement, nous savons qu’au début de mai 1695, Mgr de Saint-Vallier présenta&#13;
à l’abbé Tremblay la lettre qu’il avait rédigée au Serviteur de Dieu, dans laquelle il&#13;
l’autorisait clairement à examiner les jeunes aspirants à l’état clérical et à conférer les&#13;
ordres aux méritants. Mais cette lettre, mystérieusement, ne fut jamais envoyée (n o 1). Dans&#13;
une seconde lettre au même, du 18 mai 1695 (no 2), qui cette fois fut bel et bien expédiée,&#13;
Mgr de Saint-Vallier écrivit :&#13;
S’il se présentait quelque ordination à faire ou quelque consécration de calice et&#13;
autre bénédiction, je vous supplie de vouloir bien vous y rendre favorable. Accordez&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�à M. Dollier [alors vicaire général] ce qu’il pourra vous demander sur ces sortes de&#13;
choses, que je ne saurais prévoir ni marquer en particulier.&#13;
Ayant reçu cette concession et ayant sondé l’abbé Dollier et les Jésuites, Mgr de Laval, à la&#13;
suite de la sollicitation du vicaire général, conféra donc aux jeunes la tonsure le&#13;
3 décembre 1695, les ordres mineurs le 17 mars 1696, le sous-diaconat le 7 avril, le&#13;
diaconat le 21 avril et le sacerdoce le 6 et le 17 juin de la même année5.&#13;
Toutefois, lorsque Mgr de Saint-Vallier fut informé de ces ordinations, il s’en montra&#13;
vivement surpris et mécontent. Dans une conversation qu’il eut avec les directeurs du&#13;
Séminaire des Missions étrangères de Paris, qui lui rendirent visite, il accusa Mgr de Laval&#13;
d’avoir illégalement célébré ces ordinations. Il leur montra comme preuve diverses lettres&#13;
qu’il avait écrites au Serviteur de Dieu, mais cacha probablement celle où il lui permettait&#13;
les ordinations, puisque l’abbé Tremblay, plus tard interrogé par ces directeurs et très&#13;
étonné de la réaction de l’évêque, leur montra une copie de la lettre du 18 mai. Ils&#13;
l’examinèrent avec soin, mais ne jugèrent pas que le texte était suffisamment clair pour&#13;
pouvoir mettre un terme à la discussion. Selon eux, le Serviteur de Dieu avait peut-être trop&#13;
largement interprété les mots de Mgr de Saint-Vallier. Il semblerait que l’affaire n’eut pas&#13;
d’autres suites.&#13;
En considérant que le Serviteur de Dieu avait sollicité l’avis des pères jésuites et du vicaire&#13;
général Dollier, on peut affirmer qu’il devait être pleinement convaincu de pouvoir faire&#13;
ces ordinations, puisqu’il est fait mention de l’autorisation donnée par Mgr de Saint-Vallier&#13;
dans les actes officiels, insérés dans les registres épiscopaux (n o 3). De plus, lorsque ce&#13;
dernier fut de retour à Québec, il apposa sa signature à ces actes, approuvant ainsi&#13;
implicitement que son autorisation eût été donnée.&#13;
&#13;
Nous avons pris ces informations chez l’abbé Gosselin, Vie de Mgr de Laval : premier évêque de Québec et&#13;
apôtre du Canada, 1622-1708, vol. 2, p. 688-696, dans la liste des ordinations faites par Mgr de Laval.&#13;
5&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                </elementTextContainer>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction en français moderne aux Docs. 51-6 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, 3 juin 1696)&#13;
Lettre de Tremblay&#13;
&#13;
Notes de Laval&#13;
&#13;
3 juin 1696&#13;
Messieurs,&#13;
Je commence à mon ordinaire cette lettre longtemps&#13;
avant que nos vaisseaux partent, afin que j’aie le loisir&#13;
de vous mander le plus exactement que je pourrai tout&#13;
ce dont vous serez bien aises d’être informés.&#13;
Monseigneur fait proposer par M. de&#13;
&#13;
Nos vaisseaux n’ont pas été plutôt partis que Mgr de&#13;
&#13;
La Pallière1 un voyage à Rome pour&#13;
&#13;
Québec, faisant réflexion sur l’importance de finir à&#13;
&#13;
travailler à la réunion des abbayes et&#13;
la contribution du chapitre.&#13;
&#13;
Rome l’affaire de nos unions, fit proposer, pendant qu’il&#13;
&#13;
Il a désavoué M. de La Pallière de&#13;
&#13;
était en retraite à Issy, où demeure M. Tronson2, sous la&#13;
&#13;
cette proposition et depuis a proposé&#13;
&#13;
conduite de M. Bouin, fit, dis-je, proposer à nos&#13;
&#13;
M. de La Pallière pour ce voyage de&#13;
&#13;
Messieurs par M. de La Pallière qu’il était important&#13;
&#13;
Rome.&#13;
&#13;
d’envoyer à Rome cette affaire et que si on voulait&#13;
contribuer aux frais de son voyage pour la part du&#13;
chapitre,&#13;
&#13;
il&#13;
&#13;
l’entreprendrait&#13;
&#13;
volontiers,&#13;
&#13;
espérant,&#13;
&#13;
ajoutait-il, par sa présence, faire vuider en peu cette&#13;
affaire et même obtenir le gratis. À la vérité,&#13;
Monseigneur, à son retour de retraite, désavoua la&#13;
demande de M. de La Pallière en disant qu’il avait fait&#13;
cette proposition sans lui en parler ; nos Messieurs se&#13;
contentèrent de répondre que Monseigneur pouvait&#13;
aller à Rome s’il l’avait agréable, mais que pour solliciter&#13;
cette affaire pour le chapitre, nous y avions des&#13;
procureurs qui le feraient suffisamment et sans frais. Il&#13;
proposa ensuite d’y envoyer M. de La Pallière, mais&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
Pierre Pitot, sieur de La Pallière, grand-vicaire de Saint-Vallier en France&#13;
Louis Tronson, 1622-1700, supérieur général de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice&#13;
&#13;
�comme on lui représenta que le chapitre n’avait pas de&#13;
revenu pour faire ces dépenses, il n’en a plus reparlé.&#13;
9p2dyl9fdldpdrdlkphd7f&#13;
3y9hz2phy2yluhhflxfhkdp23hyug79lk&#13;
8h7flgfdkhl8d32f9lk2tyh2xph8hfh2kh&#13;
u297lkk23278ydphzhdl9y429yh3ldy3pd79hy7y297lk73&#13;
Monseigneur a fait imprimer un&#13;
&#13;
Monseigneur a trouvé le moyen de s’occuper quatre&#13;
&#13;
rituel, un catéchisme et ses&#13;
&#13;
mois entiers de cet été, c’est-à-dire depuis le départ de&#13;
&#13;
ordonnances.&#13;
&#13;
nos vaisseaux jusqu’à la fin d’août, à dresser un rituel,&#13;
un catéchisme et un recueil de ses ordonnances. Il fait&#13;
actuellement imprimer toutes ces choses et les doit&#13;
emporter avec lui en Canada.&#13;
&#13;
Monseigneur a terminé, avec le&#13;
&#13;
Il termina ses affaires avec les Récollets vers le temps du&#13;
&#13;
P. Potentien, provincial des&#13;
&#13;
départ de nos vaisseaux et je crois qu’on ne put envoyer&#13;
&#13;
Récollets, tous les différends qu’ils&#13;
&#13;
cet&#13;
&#13;
ont eus ici.&#13;
&#13;
reconnaissent enfin l’interdit de Montréal. Vous verrez&#13;
&#13;
accommodement&#13;
&#13;
en&#13;
&#13;
Canada.&#13;
&#13;
Les&#13;
&#13;
Récollets&#13;
&#13;
assez cet accommodement ; c’est pourquoi je n’en dis&#13;
rien. C’est avec le P. Potentien, qui a été autrefois en&#13;
Canada et qui est à présent provincial, qu’il a transigé.&#13;
On dit que c’est un homme de bien et qu’il aime la paix.&#13;
&#13;
Monseigneur publia et le dit&#13;
à Mgr de Harlay et au P. de La Chaize&#13;
&#13;
Monseigneur se servit de ce nouvel accommodement&#13;
pour publier de nouveau partout qu’il était bien avec&#13;
&#13;
qu’il s’était accommodé avec tous&#13;
&#13;
tout son clergé, qu’il s’était raccommodé avec tous ceux&#13;
&#13;
ceux qui étaient mal avec lui.&#13;
&#13;
qui étaient mal avec lui et il en parle surtout à&#13;
M. l’archevêque de Paris, Harlay, au R. P. de La Chaize&#13;
et à plusieurs autres personnes et je me souviens d’un&#13;
bon mot qu’il dit à ce sujet.&#13;
p2y8mhdh7vdhzh32y9779pthy28lulzh2dh8&#13;
phxlk7hk78h7hy29x9hkfylu3h&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Nous n’avons pas retrouvé la clé de ce message chiffré.&#13;
&#13;
�L’évêché de Limoges vacant et ce qui&#13;
&#13;
Nous avons perdu, dans le mois de juillet, M. l’évêque&#13;
&#13;
s’est dit sur cela qui regarde&#13;
&#13;
de Limoges. C’était un saint prélat, très zélé et très&#13;
&#13;
Monseigneur.&#13;
&#13;
charitable. M. de La Pallière m’apprit, peu de temps&#13;
après, que le bruit courrait qu’on allait donner cet&#13;
évêché à M. de Québec. Je lui dis que nous étions bien&#13;
éloignés de faire courir de tels bruits, que nous savions&#13;
être faux ; car outre qu’on savait qu’on n’était pas&#13;
disposé à la Cour à le lui donner, ceux qui connaissent&#13;
Saint-Sulpice assurent qu’ils auraient fait leur possible&#13;
pour s’y opposer, parce qu’ils ne s’accorderont pas de sa&#13;
conduite. On l’a donné à M. de Canisy4, fils du&#13;
gouverneur d’Avranches.&#13;
J’ai terminé, dans la fin du mois de juillet, avec celui qui&#13;
&#13;
L’affaire du prieuré de SaintSébastien et l’enregistrement au&#13;
Parlement différé jusqu’à&#13;
l’enregistrement des bulles d’union&#13;
de l’abbaye de Méobecq à l’évêché&#13;
de Québec et du décret de Mgr de&#13;
Bourges des prieurés en dépendant&#13;
au Séminaire de Québec.&#13;
M. de Glandelet5 ne trouve point les&#13;
bulles d’union de l’abbaye de&#13;
Méobecq ou d’érection dudit évêché&#13;
en titre parmi les papiers de&#13;
Monseigneur, enregistrés à la&#13;
Chambre des comptes, où il faut&#13;
chercher l’enregistrement et s’en&#13;
servir. Si les bulles ne se trouvent&#13;
[on] l’aura prise apparemment dans&#13;
les papiers en France après la mort&#13;
de M. Dudouyt6.&#13;
&#13;
me contestait le prieuré de Saint-Sébastien. On me&#13;
conseilla de lui rembourser la moitié des frais qu’il avait&#13;
faits, afin de pouvoir ensuite, de concert avec lui, faire&#13;
rendre un arrêt contradictoire pour l’exclure, et moi&#13;
aussi, des prétentions que nous avions à ce bénéfice et&#13;
pour en assurer la possession au Séminaire, en faisant&#13;
homologuer le décret d’union et confirmer ensuite par&#13;
cet arrêt contradictoire. J’espérais finir cette affaire dans&#13;
le dernier parlement, avant les vacances. Je me donnai&#13;
pour cela bien du mouvement. Je fis bien des frais, car il&#13;
me fallait payer le procureur de M. Pauchin notre partie,&#13;
le mien et celui du Séminaire. Je donnai à notre avocat&#13;
seul 3 louis d’or en plusieurs fois pour le récompenser&#13;
d’avoir étudié notre affaire, de s’être disposé à la plaider,&#13;
de l’avoir ensuite terminée, soit pour l’engager à la finir.&#13;
Cependant, les derniers jours du parlement, que nous&#13;
espérions la finir, il eut en ma présence un long discours&#13;
avec l’avocat général, qui ne voulut point nous faire&#13;
&#13;
François Carbonnel de Canizy,1646-1723, évêque de Limoges&#13;
Charles de Glandelet, 1645-1725, procureur de Saint-Vallier et du chapitre de Québec et théologal&#13;
6&#13;
Jean Dudouyt, 1628-1688, ancien procureur du Séminaire de Québec à Paris&#13;
4&#13;
5&#13;
&#13;
�rendre notre arrêt, quoique toutes les parties y&#13;
consentissent, jusqu’à ce que les bulles de l’union de&#13;
Méobecq à l’évêché de Québec et le décret d’union de&#13;
M. l’archevêque de Bourges des bénéfices en dépendant&#13;
à ce Séminaire fussent enregistrés au greffe du&#13;
Parlement et homologués. Ce sera une dépense de 200&#13;
ou 300 livres que nous voulions éviter et qu’il nous&#13;
faudra faire. Je n’ai pas encore fini cette affaire. J’y&#13;
travaille actuellement. Si elle est finie avant le départ des&#13;
vaisseaux, je vous le manderai. Il faudra sacrifier les&#13;
deux ou trois premières années de ce bénéfice à ces frais.&#13;
Comme vous êtes bien aises que je vous mande les&#13;
nouvelles principales de la guerre, je crois vous devoir&#13;
marquer dans le commencement de cette lettre ce qui&#13;
s’est passé en gros dans la dernière campagne.&#13;
Nos ennemis ont presque toujours été supérieurs à nous&#13;
pendant toute l’année soit sur mer soit sur terre ;&#13;
cependant, ils n’ont pas eu de trop grands avantages et&#13;
hors de la prise de Namur, qu’on aurait pu leur&#13;
empêcher de prendre, ils ne doivent guère faire de cas&#13;
de leurs victoires. Ils ont par mer intimidé toutes nos&#13;
villes maritimes par leur grande flotte qui était dans la&#13;
Méditerranée et a tenu M. de Tourville7 avec presque&#13;
tous nos vaisseaux enfermés dans le port de Toulon et&#13;
par une autre flotte considérable qui dans l’océan était&#13;
destinée à bombarder toutes nos places maritimes. Ils&#13;
ont commencé à bombarder Saint-Malo, où ils n’avaient&#13;
pas réussi l’an passé. Ils y ont fait un peu plus de mal&#13;
cette année ; cependant, tout le dégât ne monte pas à&#13;
100 000 écus et ils ont dépensé pour cela plus de&#13;
3 000 000. Ils ont jeté ensuite quelques bombes à&#13;
7&#13;
&#13;
Anne-Hilarion Costentin de Tourville,1642-1701, vice-amiral de la marine de France&#13;
&#13;
�Granville, à Boulogne, à Calais et à Dunkerque, mais&#13;
partout avec peu de succès. Ce n’est pas la centième&#13;
partie du dégât qu’ils firent l’an passé à Dieppe. Ils n’ont&#13;
tenté aucune descente et on ne croit pas qu’ils en tentent&#13;
jamais.&#13;
Le roi fit signifier à M. de Bavière qu’il eût à faire cesser&#13;
ces sortes de bombardement de places qu’il ne veut ni&#13;
prendre ni garder, faute de quoi il traiterait de même les&#13;
villes de Flandre, d’Allemagne et d’Espagne qu’il peut&#13;
bombarder sans être en état de les garder. Le prince&#13;
d’Orange fit réponse que le roi pouvait faire du pis qu’il&#13;
pourrait, comme il était de son côté résolu de faire.&#13;
Nos ennemis nous étaient tout à fait supérieurs en&#13;
troupes en Flandre et en Piémont. Ils y entreprirent&#13;
presque en même temps deux sièges fameux. Le premier&#13;
fut celui de Casal qu’ils devaient bloquer depuis plus de&#13;
quatre ans. Le siège a duré près de trois mois et comme&#13;
nos gens ne pouvaient être secourus, parce qu’il faut&#13;
passer tout le Piémont pour y aller, les Vénitiens et&#13;
autres potentats d’Italie qui s’intéressaient que cette&#13;
place&#13;
&#13;
ne&#13;
&#13;
tombât&#13;
&#13;
en&#13;
&#13;
les&#13;
&#13;
mains&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
l’empereur&#13;
&#13;
s’employèrent pour faire remettre la place au duc de&#13;
Mantoue, son maître, qui nous l’avait donnée autrefois.&#13;
Après en avoir détruit toutes les fortifications, le traité&#13;
s’est fait. Les Français ne s’en sont retirés que quand les&#13;
fortifications en ont été entièrement détruites. Il ne s’est&#13;
rien fait dans ces quartiers-là de bien considérable cette&#13;
année.&#13;
Le siège de Namur a bien plus fait parler de lui. Il a duré&#13;
près de quatre mois, attaqué et défendu avec un feu et&#13;
une vigueur qui n’a guère d’exemple. Le prince&#13;
&#13;
�d’Orange faisait donner des attaques avec 20 000&#13;
hommes à la fois. Il s’était fortifié de manière contre ceux&#13;
qui voudraient lui faire lever le siège que quand en effet&#13;
on l’a voulu faire, on ne l’a pu. Nos troupes étaient trop&#13;
faibles pour l’empêcher d’y mettre le siège. On fit des&#13;
détachements&#13;
&#13;
des&#13;
&#13;
troupes&#13;
&#13;
d’Allemagne&#13;
&#13;
et&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
Normandie pour aller renforcer l’armée de Flandres. On&#13;
forma alors un corps d’armée de plus de 100 000&#13;
hommes, mais au lieu d’aller droit à Namur, on s’amusa&#13;
à prendre deux ou trois petites villes, Furnes, Dixmude&#13;
et Deinze, où on prit près de 10 000 prisonniers de&#13;
guerre. On alla ensuite bombarder Bruxelles, qu’on&#13;
brûla tout, hors un quartier, et la femme du duc de&#13;
Savoie en eut l’alarme si chaude (quoique quand l’armée&#13;
fut arrivée à Bruxelles, on lui eut donné six heures pour&#13;
se retirer ailleurs) qu’elle en accoucha avant terme d’un&#13;
fils qui reçut le baptême et mourut.&#13;
Ensuite, on eut une occasion favorable pour battre et&#13;
défaire entièrement l’armée du prince de Vendôme8, ce&#13;
qui aurait fait lever leur siège de Namur si on l’avait&#13;
battu. On prétend que M. le duc du Maine y mit obstacle&#13;
par un sentiment de jalousie pour M. de Villeroy, qui&#13;
commandait l’armée, à qui toute la gloire en serait&#13;
revenue. C’était un coup de partie. On aurait levé le&#13;
siège de Namur et selon toutes les apparences, nous&#13;
aurions eu la paix cet hiver, parce que nos ennemis se&#13;
seraient rebutés de la guerre, dont ils sont plus las que&#13;
nous, s’ils n’avaient été encouragés par la prise de&#13;
Namur, qui est la seule ville que le prince d’Orange ait&#13;
encore prise de la guerre. On fut ensuite à Namur, où on&#13;
trouva les ennemis si bien retranchés qu’on ne put être&#13;
&#13;
Il faut plutôt lire : le prince de Vaudémont, qui commandait sous le prince de Savoie. Le duc de Vendôme était du&#13;
côté français et se battait alors en Catalogne.&#13;
8&#13;
&#13;
�que spectateurs de la reddition de la place, qui se rendit&#13;
avec une honorable capitulation quand elle se vit hors&#13;
d’espérance d’être secourue. Nous y avons perdu 11 000&#13;
hommes en la défendant, car de 15 000 qui y étaient&#13;
entrés, il n’en est sorti que 4 000. Pour les ennemis, ils en&#13;
ont du moins perdu 30 000, sans y comprendre ceux qui&#13;
sont morts de maladies ordinaires.&#13;
Le roi a été très mortifié de voir prendre cette place :&#13;
c’était le premier échec qui lui soit arrivé, il ne s’y&#13;
attendait pas et on ne doutait point qu’elle ne fut&#13;
secourue. On dit qu’on emploiera toutes choses pour la&#13;
reprendre. Ce lieu sera le cimetière du genre humain. Il&#13;
a déjà bien coûté du sang et en coûtera bien encore. On&#13;
prétend que si le roi la reprend, il en fera raser toutes les&#13;
fortifications. La prise de cette place a rehaussé le cœur&#13;
de nos ennemis et a mis le prince d’Orange en état de&#13;
leur demander tout de nouveau des subsides et des&#13;
impôts considérables pour soutenir la guerre.&#13;
Il ne s’est rien fait de considérable en Allemagne et en&#13;
Catalogne. Le Grand Seigneur9 a eu quelques avantages&#13;
en Hongrie contre l’empereur, dont nous sommes&#13;
obligés de nous réjouir. Nous avons fait des prises&#13;
considérables sur mer. On en a fait surtout deux dans les&#13;
mois de septembre et d’octobre : la première de deux&#13;
vaisseaux, la deuxième de trois si richement chargés&#13;
qu’on estime ces prises à près de 18 000 000 [livres].&#13;
C’étaient&#13;
&#13;
des&#13;
&#13;
gros&#13;
&#13;
vaisseaux&#13;
&#13;
des&#13;
&#13;
Indes,&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
appartenaient à la Compagnie d’Angleterre. Plusieurs&#13;
particuliers qui ont contribué à l’équipement des&#13;
vaisseaux qui les ont pris ont fait par là leur fortune.&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
Le sultan ottoman, Moustapha II, dit le Batailleur, 1664-1703.&#13;
&#13;
�Tout le monde est bien las de la guerre. Les peuples sont&#13;
dans la dernière misère. On ne sait plus quels nouveaux&#13;
moyens prendre pour tirer de l’argent. Il semble qu’on&#13;
ait tout mis en œuvre ; cependant, on en invente toujours&#13;
de nouveaux. Je vous envoyai l’an passé [partie brûlée]&#13;
pour la capitation. On la paye exactement. Le clergé s’y&#13;
est aussi assujetti dans la dernière Assemblée générale.&#13;
Outre 10 000 000 [livres] qu’il a offertes au roi, il s’est&#13;
taxé à 4 000 000 par an de capitation. On ne sait comment&#13;
lever ces sommes. Tous les petits bénéfices sont&#13;
absorbés. Le roi en retirera tous les revenus.&#13;
C’est en Flandres où tout l’effort de la guerre a été le plus&#13;
grand. On avait appréhendé tout l’hiver que le prince&#13;
d’Orange ne formât le siège de Dunkerque et on s’était&#13;
précautionné contre ses desseins. Il en fit en effet&#13;
diverses tentatives le printemps. On se tint assez&#13;
longtemps sur la défensive de part et d’autre, sans oser&#13;
se toucher, jusqu’à ce qu’enfin le prince d’Orange, ayant&#13;
joint toutes ses troupes, alla fondre sur Namur, où&#13;
M. de Boufflers se jeta avec 6 000 ou 7 000 dragons. Le&#13;
siège a duré jusqu’à cet automne. Il a été l’un des plus&#13;
beaux qu’on ait vu bien attaqué, bien défendu. Nous&#13;
espérions faire lever le siège aux ennemis quand nous&#13;
voudrions, mais ils s’étaient si bien retranchés que notre&#13;
armée ne s’est approchée de Namur que pour voir&#13;
rendre la place sans la pouvoir secourir.&#13;
On fait présentement des efforts extraordinaires de part&#13;
et d’autre pour être supérieur en force la campagne&#13;
prochaine. On ne voit aucun acheminement à la paix ; au&#13;
contraire, on est de part et d’autre plus acharné à la&#13;
guerre. Da pacem, Domine, quam mundus non potest dare10.&#13;
10&#13;
&#13;
Donne-nous la paix, Seigneur, […] cette paix que le monde ne peut donner. (Prière pour la paix du Missel romain)&#13;
&#13;
�Nos Messieurs ont obtenu, dans l’Assemblée du clergé&#13;
qui se tint cet été à Saint-Germain, une pension de&#13;
2 000 livres. Feu M. l’archevêque de Paris11 leur avait&#13;
promis que, comme président de l’Assemblée, il leur&#13;
ferait avertir quand il serait temps de solliciter cette&#13;
affaire. Lorsque l’Assemblée examina, comme elle fait&#13;
tous les cinq ans, les pensions particulières qu’elle fait,&#13;
M. l’archevêque y remarqua la pension de Mgr de&#13;
Québec de 2 000 livres. Il crut qu’il suffisait, pour le bien&#13;
de nos missions, de continuer cette pension, si bien qu’il&#13;
Pension de 2 000 livres pour les&#13;
&#13;
écrivit à côté du registre : « continué pour les Missions&#13;
&#13;
missions d’Orient par l’Assemblée&#13;
&#13;
étrangères ».&#13;
&#13;
du clergé&#13;
&#13;
Cependant,&#13;
&#13;
quelques&#13;
&#13;
amis&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
nos&#13;
&#13;
missions, à qui on avait parlé de cette pension qu’on&#13;
devait demander, surpris qu’il ne paraissait personne&#13;
pour la solliciter, envoyèrent exprès avertir nos&#13;
Messieurs. Ils y furent, mais il était trop tard ; les choses&#13;
étaient réglées. Mais une lettre de Mme de Maintenon,&#13;
qui, en remerciant l’Assemblée de quelque grâce&#13;
accordée à sa prière, ajoutait qu’elle recommanderait&#13;
l’œuvre des Missions étrangères à leurs charités, si elle&#13;
n’était persuadée que cette œuvre est plus chère à tout le&#13;
clergé qu’aucun autre, fit tout changer. On accorda pour&#13;
les missions d’Orient la pension de 2 000 livres. Si cela&#13;
est continué, ce qu’on espère, tant qu’on aura du crédit,&#13;
ce sera une bonne chose. Jusqu’à présent, on n’avait&#13;
obtenu que des gratifications [à] chaque Assemblée.&#13;
Cette pension est quelque chose de bien plus&#13;
avantageux. On n’a pas laissé de tirer des extraits de la&#13;
note qui est faite sur la pension de Mgr de Québec, non&#13;
pas qu’on [n’]en espère jamais rien, mais afin du moins&#13;
de lui faire voir qu’on en avait quelque sujet.&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
François III de Harlay de Champvallon, 1625-1695&#13;
&#13;
�Peu&#13;
Mort de M. l’archevêque de Paris,&#13;
Harlay, le 6 août 1695&#13;
&#13;
après&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
l’Assemblée&#13;
&#13;
générale&#13;
&#13;
fut&#13;
&#13;
finie,&#13;
&#13;
M. l’archevêque de Paris, Harlay, mourut à la maison de&#13;
Conflans d’une mort subite et peut-être imprévue. Il se&#13;
portait bien le matin. Il s’était promené dans ses jardins&#13;
sur les 11 heures. Il se sentit attaqué d’un grand&#13;
étourdissement, perdit peu après connaissance et&#13;
quelques remèdes qu’on lui fit prendre, quelque effort&#13;
qu’on fit pour le faire revenir, il mourut le jour de la&#13;
Transfiguration, 6 août, après avoir été six ou sept&#13;
heures bien tourmenté par tous ces remèdes. Cette mort&#13;
fait trembler. Il eut besoin d’avoir quelque temps de&#13;
jugement sain pour se préparer à la mort, car il avait&#13;
donné sujet de dire de lui des choses qui méritaient&#13;
d’être reconnues par lui avant sa mort. Ç’a été un grand&#13;
homme de cabinet, de conseil et de lettres. Il avait de très&#13;
belles qualités. Au reste, il pensait plus à conserver son&#13;
autorité à la Cour et dans les grandes affaires qu’à&#13;
gouverner son diocèse et sa conduite l’empêcha de&#13;
remédier à aucun désordre, craignant qu’on lui&#13;
reprochât ce qu’il faisait. Il a toujours eu si peur de la&#13;
mort que personne n’a jamais osé lui en parler. Il était&#13;
sur le point d’être dans peu cardinal et c’était sa dernière&#13;
prétention. Dieu n’a pas permis qu’il ait vécu jusqu’à ce&#13;
moment. Pourvu qu’il lui ait fait miséricorde, cela vaut&#13;
mieux que tous les cardinalats.&#13;
&#13;
Mgr de Châlons est fait archevêque&#13;
&#13;
Le roi a différé près de deux mois à remplir cette place.&#13;
&#13;
de Paris deux mois après.&#13;
&#13;
Enfin, il a choisi M. l’évêque de Châlons, frère de M. le&#13;
duc de Noailles, comme le sujet le plus propre pour bien&#13;
remplir cette place. M. de Châlons, qui avait eu toutes&#13;
les peines du monde de se voir transféré de l’évêché de&#13;
Cahors à celui de Châlons, n’en a eu pas moins&#13;
d’accepter l’archevêché de Paris. Il ne se rendit qu’aux&#13;
pressantes sollicitations du roi et de ses amis. On ne&#13;
&#13;
�saurait dans ce choix trop admirer la piété du roi et son&#13;
sage discernement. Tous les peuples sont dans une joie&#13;
extraordinaire de ce choix. En effet, c’est un homme tel&#13;
qu’il faut pour remédier aux grands désordres qui sont&#13;
dans Paris, avec la prudence que Dieu et les hommes&#13;
demandent. Quand il quitta Cahors, tous les peuples le&#13;
Il fut regretté et pleuré à Cahors et&#13;
non à Châlons de plusieurs à cause&#13;
&#13;
pleurèrent amèrement. Il n’a pas été regretté tant à&#13;
Châlons, parce qu’il succéda à feu M. de Vialart, qui&#13;
&#13;
du jansénisme qu’il a combattu et&#13;
&#13;
appuyait les jansénistes, qu’il a eu en tête en plus de ses&#13;
&#13;
l’on s’y est consolé par la promotion&#13;
&#13;
affaires. Cependant, il y était tout à fait aimé et on ne s’y&#13;
&#13;
de son frère, l’abbé de Noailles, à&#13;
&#13;
est consolé de la perte qu’on en a fait que par le choix&#13;
&#13;
l’évêché de Châlons.&#13;
&#13;
que le roi a fait de son frère, l’abbé de Noailles, qui a à&#13;
peine 28 ans, pour remplir sa charge.&#13;
C’est un des meilleurs amis qu’aient nos missions. On ne&#13;
&#13;
C’est un bien d’avoir M. de Paris.&#13;
C’est une providence pour toute&#13;
l’Église. Vous tâcherez de vous en&#13;
&#13;
pouvait faire un choix qui nous convint davantage. Il a&#13;
demeuré, étant abbé, dans notre Séminaire. Il y a encore&#13;
&#13;
servir pour le bien de celle-ci, qui est&#13;
&#13;
demeuré depuis qu’il est évêque et il a fait faire, pendant&#13;
&#13;
entièrement ruinée si Monseigneur y&#13;
&#13;
deux ou trois années de suite, en 1685, 1686 et 1687, par&#13;
&#13;
revient, étant incapable de pouvoir&#13;
&#13;
nos MM. des Missions dans Châlons, Vitry, Sainte-&#13;
&#13;
changer d’esprit et de conduite.&#13;
&#13;
Menehould et les principaux lieux de son diocèse.&#13;
Il vint voir nos Messieurs peu après qu’il fut nommé.&#13;
Nous avions les prières des Quarante-Heures. Il y dit la&#13;
messe et demeura deux ou trois heures chez nous. Il&#13;
témoigna qu’il savait ce que nos Messieurs avaient fait&#13;
pour le faire mettre en cette place et nous marqua à tous&#13;
toute la bonté qu’on pouvait désirer.&#13;
Je ne vous dis pas du bien de lui à cause de cette bonté&#13;
particulière qu’il a pour nous. Il se fait aimer également&#13;
de tout le monde. Il est si affable, si doux, si modeste, il&#13;
vit si régulièrement, dit sa messe tous les jours et les&#13;
samedis à la chapelle de la Sainte-Vierge-de-Notre-&#13;
&#13;
�Dame, que tous les peuples ont pour lui un respect&#13;
extraordinaire. Sa maison est tout à fait réglée. Il a&#13;
envoyé en entrant en possession des aumônes&#13;
considérables dans toutes les paroisses de Paris. On&#13;
espère de lui qu’il fera cesser bien des abus et des&#13;
désordres qui règnent dans Paris, mais il prend&#13;
présentement toutes les connaissances sans rien remuer.&#13;
Il a continué tout ce que son prédécesseur avait fait ou&#13;
plutôt il n’a rien changé. Il a besoin d’une grande&#13;
sagesse, car il aura de fortes têtes à combattre.&#13;
&#13;
Il faut faire tout le possible pour&#13;
obtenir Mgr de Paris pour&#13;
commissaire, comme l’était son&#13;
prédécesseur, et il est nécessaire de&#13;
le bien instruire à fond des suites&#13;
funestes et infaillibles du retour de&#13;
Monseigneur et lui bien faire&#13;
connaître la nature de l’esprit et de&#13;
sa conduite, qu’il est du tout&#13;
impossible qu’il change jusqu’à sa&#13;
mort, quoique ce soit qu’il promette&#13;
et fasse, tout n’étant qu’un pur&#13;
artifice et déguisement.&#13;
&#13;
Il a pris dans le chapitre tous les officiers de l’officialité.&#13;
Il a choisi pour grands-vicaires M. Pirot, M. le curé de&#13;
Saint-Laurent et un de ses grands-vicaires de Châlons&#13;
qu’il a amené avec lui. Les Jésuites ont appréhendé qu’il&#13;
ne leur fut pas favorable, mais je crois que leurs craintes&#13;
seront mal fondées et qu’il aura pour eux beaucoup de&#13;
considération. Nous avons perdu en la mort de feu&#13;
M. l’archevêque&#13;
&#13;
une&#13;
&#13;
personne&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
connaissait&#13;
&#13;
parfaitement l’Église de Canada. On espère, s’il est&#13;
besoin, être en état d’instruire celui qui remplit sa place,&#13;
car il n’a aucune connaissance de ces affaires.&#13;
Nous avons eu bien des fausses alarmes tout cet été au&#13;
sujet de nos vaisseaux. Nous reçûmes, à la fin de&#13;
septembre, nouvelle par un bateau pêcheur du grand&#13;
banc que la Charente avait été prise et le capitaine disait&#13;
lui avoir vu amener ses huniers sans rien dire davantage&#13;
des autres vaisseaux, que cette nouvelle nous faisait&#13;
croire tous pris. À la fin d’octobre, nous apprîmes, par&#13;
des lettres de M. Benac et du capitaine de la Perle, que&#13;
nos vaisseaux s’étaient trouvés dans une flotte&#13;
d’ennemis de 80 voiles et qu’on ne savait ce que les&#13;
autres étaient devenus, mais que pour eux, ils s’étaient&#13;
&#13;
�échappés. Nous reçûmes des lettres à la fin de novembre&#13;
de M. de Bonaventure, qui marquait qu’il y avait autres&#13;
frégates anglaises dans la rivière au commencement de&#13;
septembre et cela nous fit juger que nos vaisseaux&#13;
auraient de grands risques à courir. Nous reçûmes vers&#13;
ce temps-là les lettres que vous m’avez écrites et celles&#13;
de Mgr l’Ancien à M. l’abbé de Brisacier par le fils de&#13;
M. de La Chesnaye12. Enfin, le 19 décembre, nous fûmes&#13;
surpris lorsque j’étais avec le P. de Lamberville13 dans la&#13;
salle du collège d’y voir entrer M. Fredin14 qui nous&#13;
rendit vos premiers paquets et nous donna beaucoup de&#13;
joie.&#13;
Nous reçûmes peu après toutes nos lettres que vous&#13;
aviez mises dans le Ville-Marie, on rendit à leur adresse&#13;
celles que vous envoyez.&#13;
Depuis le concordat fait avec les&#13;
moines de l’abbaye de Bénévent, le&#13;
chapitre de Québec a autant de&#13;
droits de jouir de ce qui revient de la&#13;
mort des religieux que des abbayes&#13;
de Méobecq et de l’Estrée, puisque,&#13;
également, on ne remplace aucun&#13;
religieux dans toutes les trois et que&#13;
le roi, par tous les brevets des trois&#13;
abbayes, les donne pour être réunies&#13;
à l’évêché et l’Église du Canada. Il&#13;
faut demander au roi de nouveaux&#13;
commissaires et ne pas relâcher rien&#13;
de cet article, Monseigneur n’ayant&#13;
pas plus de droits de jouir du revenu&#13;
de ce qui appartient à l’évêque que&#13;
le chapitre de Québec en a de jouir&#13;
de ce qui appartient aux religieux&#13;
pendant leur vie, en attendant que&#13;
l’union se fasse à Rome, qui ne sera&#13;
possible et selon toute apparence&#13;
&#13;
Mgr de Québec était alors à l’abbaye de Bénévent, après&#13;
avoir composé son catéchisme qu’il a fait imprimer, à ce&#13;
qu’on m’a dit. Il partit vers le mois d’août pour aller à&#13;
Méobecq et de là, à Bénévent. Il y est resté jusqu’au&#13;
4 janvier de cette année, qu’il est arrivé à Paris. Il a fait&#13;
deux ou trois missions dans son abbaye de Bénévent et&#13;
il prétend avoir employé à cela ce qu’il tire de la part des&#13;
moines et qui devrait appartenir aux chanoines si&#13;
l’abbaye était réunie à l’évêché et chapitre de Québec.&#13;
Cette union n’a guère avancé cette année. Après bien des&#13;
lettres écrites, on a enfin reçu de M. le cardinal de Janson&#13;
un mémoire de l’état où est cette affaire, par lequel il&#13;
paraît qu’on n’a pas jusqu’à présent fourni au SaintSiège les éclaircissements qu’il demande sur cette&#13;
&#13;
François Aubert de La Chesnaye, 1659-1725, marchand de Québec&#13;
Jean de Lamberville, 1633-1714, procureur de la mission jésuite du Canada à Paris&#13;
14&#13;
Secrétaire de l’intendant Champigny&#13;
12&#13;
13&#13;
&#13;
�d’ici à beaucoup d’années. L’on n’a&#13;
pas le moyen, sans cela, d’accomplir&#13;
le service divin dans la cathédrale de&#13;
Québec. Ce qui revient au chapitre&#13;
de Québec des abbayes de Méobecq&#13;
et de l’Estrée ne se montant, comme&#13;
l’on voit, qu’à peu de choses, qui&#13;
n’est pas suffisant à beaucoup près&#13;
pour l’entretien du service divin et&#13;
ce qui revient présentement de&#13;
l’abbaye de Bénévent par la mort des&#13;
religieux, qui n’appartient&#13;
aucunement à Monseigneur, ne&#13;
laissera pas d’aider beaucoup à&#13;
soutenir le service divin.&#13;
Monseigneur retiendra autant qu’il&#13;
pourra ce fonds, son ordinaire étant&#13;
de faire des libéralités et d’employer&#13;
les fonds dont il s’empare à d’autres&#13;
œuvres, aux dépens du bien&#13;
d’autrui. Les commissaires que le roi&#13;
nommera ne refuseront point&#13;
assurément cette application, qui&#13;
n’appartient en façon quelconque à&#13;
l’évêque, le chapitre de Québec&#13;
ayant [autant] de droit sur l’abbaye&#13;
de Bénévent que celle de Méobecq et&#13;
de l’Estrée, lesquelles Monseigneur&#13;
ne conteste pas, puisque l’on en a&#13;
fait le partage. Il faut faire en sorte&#13;
que ce qui reviendra au chapitre ne&#13;
demeure pas entre les mains de&#13;
Monseigneur, ni à sa disposition, s’il&#13;
revient ; même s’il ne revient, pour&#13;
obvier à toutes supercheries dont il&#13;
se sert pour s’approprier tout ce qu’il&#13;
peut. Vous me marquez qu’il a&#13;
cherché et trouvé le moyen d’être le&#13;
maître et de jouir seul de cette&#13;
abbaye en faisant une pension&#13;
modique à cinq ou six chanoines&#13;
réguliers qui restent. Il le peut bien&#13;
pendant que le chapitre de Québec&#13;
ne lui dit rien sur cette jouissance,&#13;
mais les commissaires, que l’on doit&#13;
demander au roi pour examiner cette&#13;
affaire et pour connaitre qu’il&#13;
&#13;
affaire, par la faute des banquiers qui ont négligé de la&#13;
faire savoir. On a su précisément ce qu’on demande à&#13;
Rome. On n’attend plus que le temps où M. de Limoges&#13;
soit sacré pour faire faire, par son autorité, un procèsverbal de l’état de l’abbaye de Bénévent, qu’on demande&#13;
comme toutes les deux autres abbayes ; après quoi, on&#13;
enverra à Rome toutes les pièces, du moins celles qu’on&#13;
peut avoir, et on fera alors solliciter fortement cette&#13;
affaire.&#13;
On demande, par exemple, le consentement des trois&#13;
généraux de Saint-Benoît, de Saint-Bernard et de SaintAugustin, d’où dépendent ces abbayes, à ce qu’on croit.&#13;
Le général de la Congrégation de Saint-Maur ne veut&#13;
pas le donner pour Méobecq. On croit qu’on s’en peut&#13;
passer : 1° parce que cette abbaye n’a jamais été de la&#13;
Congrégation&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
Saint-Maur&#13;
&#13;
et&#13;
&#13;
qu’on&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
les&#13;
&#13;
consentements des religieux qui y avaient droit, ce qui&#13;
suffit ; 2° en cas que Rome ne veuille pas passer cette&#13;
abbaye sans ce consentement, nous ne laisserons pas&#13;
d’en jouir, car nous en avons une union faite par&#13;
l’archevêque de Bourges sur les patentes du roi, laquelle&#13;
est registrée et homologuée au Parlement, de sorte qu’en&#13;
vertu de cette union ainsi confirmée, nous en jouirons&#13;
toujours et aucun religieux n’y pourront jamais rentrer.&#13;
L’abbé général de Sainte-Geneviève a donné fort&#13;
honnêtement son consentement pour l’union de&#13;
l’abbaye de Bénévent. Ainsi, il n’y aura pas d’obstacle de&#13;
ce côté-là. Il n’y a que l’abbé général de Cîteaux qui ne&#13;
veut pas consentir à l’union de l’Estrée, quoiqu’on lui ait&#13;
fait voir que son prédécesseur y avait consenti à des&#13;
conditions avantageuses à son ordre, par la translation&#13;
du prieuré de La Colombe dans les bâtiments de l’Estrée.&#13;
Quelques-uns croient que le Saint-Siège, informé de&#13;
&#13;
�s’approprie un bien qui ne lui&#13;
appartient pas et dont il ne peut&#13;
avoir aucun droit de jouir, ne&#13;
souffriront même jamais à Rome une&#13;
chose de cette nature. Il n’y a pas&#13;
lieu de douter qu’il n’ait l’adresse et&#13;
la ruse de faire insérer dans le&#13;
concordat et acte de décret ou autre&#13;
nature d’écrit qu’il a fait à ce qu’il&#13;
nous a dit passer par feu M. de&#13;
Limoges tout ce qu’il aura pu pour&#13;
tendre à la fin de jouir de ce revenu,&#13;
desquels écrits il a dit de vive voix&#13;
qu’ils étaient avantageux pour le&#13;
chapitre de Québec, sans néanmoins&#13;
faire voir ce qu’ils contiennent.&#13;
Quoiqu’il en soit, il ne faut pas&#13;
assurément demeurer en repos sur&#13;
cette affaire, mais la représenter&#13;
fortement au roi et aux commissaires&#13;
et l’aliénation que Monseigneur fait&#13;
du revenu des religieux, qui ne peut&#13;
être employé, n’ayant point de&#13;
religieux à la place de ceux qui sont&#13;
morts, qu’au chapitre de Québec,&#13;
attendant que l’union se fasse et c’est&#13;
uniquement et absolument au roi&#13;
d’ordonner de ce revenu, n’y ayant&#13;
point de religieux, jusqu’à ce que&#13;
l’union soit faite. La première chose&#13;
qu’il faut faire est de lever autant de&#13;
ce qui a été fait par feu M. de&#13;
Limoges et du concordat fait avec les&#13;
religieux. Si Monseigneur ne veut&#13;
pas le faire voir, l’on y verra les&#13;
clauses et conditions pour répondre.&#13;
Je crois qu’il ne vous sera pas&#13;
difficile.&#13;
&#13;
l’utilité de l’Église en cette union, pourrait bien n’avoir&#13;
point d’égard à cette union. Nous ferons cet été ce que&#13;
nous pourrons.&#13;
Mgr de Québec, se lassant de voir ces affaires s’avancer&#13;
si peu, nous dit ces jours passés qu’il avait écrit depuis&#13;
peu à Rome pour demander du moins l’union des&#13;
menses abbatiales, à laquelle on ne fait aucune difficulté.&#13;
Nous lui témoignâmes qu’il était le maître de faire ce&#13;
qu’il voulait, mais que nous ne nous dégoûterions pas&#13;
de demander l’union des menses abbatiales avant que&#13;
d’avoir examiné si celle de la monacale se doit faire ou&#13;
non. Nous voyons en cela que Monseigneur prend peu&#13;
à cœur les intérêts du chapitre ; s’il les avait à cœur, il&#13;
aurait fait pour Bénévent ce que Mgr l’Ancien a fait pour&#13;
Méobecq, mais il a cherché et trouvé le moyen d’être seul&#13;
le maître de cette abbaye, dont il jouit en faisant pension&#13;
très modique à cinq ou six chanoines qui restent encore.&#13;
Je crois que nous avons gagné une de nos pensions de&#13;
moines qu’on fait à Méobecq. On a payé encore jusqu’ici&#13;
à M. Baraton 300 livres par an et à M. Bouzitat,&#13;
200 livres. Le sieur Baraton vit encore et demeure à&#13;
quelques lieues de Méobecq, mais le sieur Bouzitat ne se&#13;
présente plus depuis un an. Ce sera une augmentation&#13;
pour le chapitre. J’ai cru devoir vous faire cette&#13;
digression à l’occasion du voyage que Mgr de Québec a&#13;
fait cet été dans ses abbayes, afin de vous instruire de&#13;
l’état où est l’affaire de l’union. Revenons présentement&#13;
à nos lettres reçues.&#13;
M. de Denonville15 nous écrivit le 26 décembre qu’il&#13;
croyait, après avoir bien pensé à cela devant Dieu, que&#13;
&#13;
Jacques René de Brisay de Denonville, 1642-1710, fut gouverneur du Canada du 1er août 1685 au 12 août 1689,&#13;
puis vice-précepteur des enfants de Louis XIV.&#13;
15&#13;
&#13;
�nous devions faire quelque chose pour prévenir les&#13;
lettres que Mgr de Québec a fait écrire à M. de&#13;
Pontchartrain,&#13;
&#13;
qu’il&#13;
&#13;
était&#13;
&#13;
nécessaire&#13;
&#13;
d’instruire&#13;
&#13;
M. l’archevêque de Paris de ces affaires en faisant&#13;
ressouvenir le P. de La Chaize de tout ce qui s’était&#13;
passé, de le mettre en état d’instruire Sa Majesté pour&#13;
savoir sa résolution sur Monseigneur. Il ajoutait dans sa&#13;
lettre que s’il lui était permis de quitter son poste, il&#13;
viendrait volontiers passer trois jours chez nous pour ne&#13;
rien négliger dans cette affaire ; mais que ne pouvant&#13;
quitter, il priait nos Messieurs de venir chez lui ou du&#13;
moins de m’y envoyer. Nous y allâmes, M. de Brisacier&#13;
et moi. Nous apprîmes de lui de vive voix que le P. de&#13;
La Chaize était convenu avec lui qu’il fallait dresser un&#13;
mémoire instructif de l’état où était les choses autrefois&#13;
et de celui où elles sont présentement. Nous y&#13;
travaillâmes avec lui dans le cabinet qu’il a au-dessus de&#13;
la Chambre des princes, où nous fûmes près de trois&#13;
jours enfermés. M. de Brisacier y contracta un rhume,&#13;
qui l’a bien fait souffrir depuis. On y dressa un grand et&#13;
un&#13;
&#13;
petit&#13;
&#13;
mémoire ;&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
grand&#13;
&#13;
pour&#13;
&#13;
instruire&#13;
&#13;
M. l’archevêque et le révérend père et le petit pour&#13;
pouvoir le lire à Sa Majesté. Il fallut faire des copies au&#13;
net et les porter ensuite au père confesseur.&#13;
Monseigneur16 parla et vous écrivit&#13;
ce qui était au plus loin de sa pensée&#13;
et de son sentiment. Vous le&#13;
connaîtrez, autant que je puis juger,&#13;
lorsqu’il apprendra que j’ai conféré à&#13;
plusieurs d’entre eux les ordres&#13;
sacrés. Si vous lui aviez écrit ou&#13;
parlé pour avoir de lui la permission&#13;
de les leur conférer, cela serait à&#13;
contretemps, car nous nous sommes&#13;
&#13;
Monseigneur était revenu de ses abbayes à Paris le&#13;
4 janvier. Je reçus de lui une lettre le jour qu’il arriva,&#13;
qu’il m’avait écrite de Châteauroux pour répondre à une&#13;
que je lui avais écrite pour le pressentir sur ce qu’il&#13;
pensait de votre conduite à l’égard des six théologiens.&#13;
Je lui marquais les raisons de Mgr l’Ancien et j’ajoutais&#13;
que cependant, lui et vous étiez prêts de condamner&#13;
&#13;
Dans sa grande lettre au Séminaire de Québec écrite entre juin 1696 et le 17 avril 1697, Tremblay demande aux&#13;
MM. du Séminaire de rayer cette note de Laval.&#13;
16&#13;
&#13;
�fondés sur la lettre qu’il m’écrivit&#13;
l’an passé, où il est formellement&#13;
porté qu’il me prie de conférer les&#13;
ordres sacrés quand l’occasion s’en&#13;
présentera et me prie ensuite que si&#13;
M. Dollier17 me prie de quelque&#13;
chose sur cela, de le lui accorder ; en&#13;
conséquence de quoi, j’écrivis à&#13;
mondit sieur Dollier et lui ai fait&#13;
offre de mon ministère. Nous avons&#13;
conféré et concerté ensemble et avec&#13;
les Jésuites et l’on a été de ce&#13;
sentiment, en vertu de sa lettre.&#13;
&#13;
cette conduite s’il ne l’approuvait pas, etc. Il me&#13;
&#13;
Possible aura-t-il intention de gloser&#13;
et de donner une autre interprétation&#13;
à sa lettre. Nous avons eu sujet de le&#13;
présumer, de ce que nous apprîmes&#13;
qu’avait dit M. Vallet, soi-disant Le&#13;
Vallet, auquel apparemment&#13;
Monseigneur avait écrit ses pensées&#13;
et sentiments sur cela, qui en dit&#13;
assez pour nous le faire juger.&#13;
Quoiqu’il en soit et que&#13;
Monseigneur ait eu sur cela une&#13;
double entente, il y est formellement&#13;
porté dans sa lettre. Vous m’aviez&#13;
même confirmé par vos lettres l’an&#13;
passé que Monseigneur vous avait&#13;
dit qu’il me priait, par ses lettres&#13;
qu’il vous avait lues, de conférer les&#13;
ordres et même de prendre la&#13;
conduite de son diocèse. Nous avons&#13;
tout sujet de croire que l’un et l’autre&#13;
étaient au plus loin de sa pensée.&#13;
Mais en tout cas, il n’est aucunement&#13;
parlé du second. Aussi ne me suis-je&#13;
ingéré de quoique ce soit que de ce&#13;
qui est contenu dans ses lettres.&#13;
&#13;
Il m’envoya chercher le lendemain qu’il fut arrivé, me&#13;
&#13;
répondait dans cette lettre qu’il était parfaitement&#13;
content de la conduite que Mgr l’Ancien et vous aviez&#13;
tenue et à l’égard de cela et à l’égard de toute autre&#13;
chose, qu’il était bien aise qu’on eût en cela prévenu la&#13;
permission qu’il avait envoyée, etc. J’ai été bien aise&#13;
d’avoir cela écrit de sa main et ce fut une des raisons qui&#13;
me fit lui écrire, afin que si dans la suite il désapprouvait&#13;
cette action, j’eusse en main de quoi la justifier.&#13;
&#13;
témoigna être tout à fait satisfait de ce que l’on lui&#13;
marque de vous dans les lettres qu’il a reçues. Jugez si je&#13;
dois l’en croire, lorsque je vois le style avec lequel&#13;
M. Vallet, soi-disant Le Vallet18, m’a écrit : « Vous me&#13;
mandez, dit-il, que Monseigneur paraît avoir envie de&#13;
bien vivre avec vous. Je crois comme vous que non&#13;
seulement il en a envie, mais que ç’a toujours été son&#13;
dessein. Cependant, continue-t-il, il court un bruit que je&#13;
ne veux pas croire, que des gens aussi vertueux que ceux&#13;
qui gouvernent vos Séminaires de Québec et de Paris et&#13;
même les Jésuites, car on les y comprend aussi, fussent&#13;
capables d’une chose aussi épouvantable, etc. ».&#13;
Jugez s’il a écrit favorablement de vous avec les pensées&#13;
qu’il a que nous retenons Monseigneur, etc. Je ne doute&#13;
pas que M. de Montigny19 ne lui ait écrit de même style.&#13;
Cependant, il ne m’en a rien témoigné, mais il m’a&#13;
plusieurs fois assuré qu’il était tout à fait content de&#13;
vous, que je lui faisais plaisir de lui marquer en quoi il&#13;
pouvait vous faire plaisir, etc. Deux jours après, qui était&#13;
&#13;
François Dollier de Casson, 1636-1701, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal et grand-vicaire de&#13;
Saint-Vallier&#13;
18&#13;
Étienne Le Vallet, 1669-1719, chanoine du chapitre de Québec&#13;
19&#13;
François de Montigny, 1669-1742, grand-vicaire de Saint-Vallier à Québec&#13;
17&#13;
&#13;
�le jour des Rois, il vint à notre Séminaire. On avait prié&#13;
M. l’abbé de Noailles, nommé à l’évêché de Châlons et&#13;
frère de M. l’archevêque de Paris, de dire la grandmesse. Il se trouva enrhumé, si bien qu’on en pria Mgr de&#13;
Québec, qui officia tout le jour. Il se servit de cela depuis&#13;
pour faire croire qu’il est parfaitement réconcilié avec&#13;
nous. Cependant, c’était en ce temps-là même que je&#13;
faisais mettre ces mémoires au net. Nous les allâmes&#13;
porter au R. P. de La Chaize, à qui nous les lûmes&#13;
entièrement. Il nous les trouva bien, promit d’y faire ses&#13;
remarques, d’en instruire à fond M. l’archevêque de&#13;
Paris et d’en rendre compte ensuite au roi. Il nous&#13;
promet surtout un grand secret.&#13;
M. l’archevêque de Paris juge très&#13;
&#13;
Nos Messieurs prévinrent M. l’archevêque de Paris sur&#13;
&#13;
bien du remède, qui est de lui&#13;
&#13;
ces affaires. Il n’en avait pas encore entendu parler et ne&#13;
&#13;
donner un évêché en France, où il ne&#13;
pourrait pas faire grand mal, lequel&#13;
&#13;
savait pas même qu’il y eût eu des contestations entre&#13;
&#13;
l’on peut réprimer plus facilement&#13;
&#13;
Mgr de Québec et nous. Il inclinait à faire donner un autre&#13;
&#13;
qu’ici. La fermeté qu’il fait paraître&#13;
&#13;
évêché et je voudrais que tout le monde fût de ce&#13;
&#13;
(si l’on le mettait hors d’espérance de&#13;
&#13;
sentiment, mais je ne sais s’il en est encore après qu’on&#13;
&#13;
son retour) n’étant point de grâce,&#13;
&#13;
lui a lu les mémoires. Toujours le R. P. de La Chaize et le&#13;
&#13;
mais seulement un point d’honneur&#13;
et une politique, il changerait de&#13;
&#13;
roi surtout n’y veulent point entendre.&#13;
&#13;
sentiment. Comme il n’y a aucun&#13;
changement à espérer de sa&#13;
&#13;
Quelques jours après que nous eûmes mis ces mémoires&#13;
&#13;
conduite, l’on peut s’attendre qu’il&#13;
&#13;
entre les mains du père confesseur, M. Geoffroy20 vint&#13;
&#13;
ruinera cette pauvre Église, qu’il est&#13;
&#13;
nous voir. Il nous parla conformément à ce qu’il était&#13;
&#13;
plus incapable de gouverner à cause&#13;
spécialement de l’éloignement de la&#13;
France.&#13;
&#13;
convenu avant son départ, marqua être fort embarrassé&#13;
de la lettre de M. Dollier à M. de Pontchartrain et qu’il&#13;
était absolument résolu de ne la point présenter. Il fut à&#13;
Issy consulter M. Tronson, qui lui dit qu’il était fort&#13;
embarrassé lui-même à l’égard de cette lettre, que si&#13;
M. Dollier la lui avait envoyée directement, sans en&#13;
donner&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
aucune&#13;
&#13;
connaissance&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
personne,&#13;
&#13;
Louis Geoffroy, v. 1660-1707, curé sulpicien de Port-Royal et grand-vicaire de Saint-Vallier en Acadie&#13;
&#13;
il&#13;
&#13;
la&#13;
&#13;
�supprimerait, mais que Mgr de Québec en ayant&#13;
connaissance, parce que M. Dollier l’avait envoyée&#13;
ouverte à M. Montigny, qui en avait donné avis à&#13;
Monseigneur. Il ne pouvait l’empêcher de la lui remettre&#13;
pour qu’il en fît ce qu’il jugerait à propos, mais que&#13;
M. Geoffroy pouvait et devait même s’exempter de la&#13;
présenter lui-même à la personne à qui elle était écrite.&#13;
Ces pourparlers de M. Geoffroy et la lecture que nous&#13;
fîmes de cette lettre, qui nous parut être capable de faire&#13;
quelque impression sur l’esprit du ministre, nous&#13;
obligea à dresser un petit mémoire de deux pages pour&#13;
servir de préservatif à cette lettre et à celles des autres&#13;
communautés. Je fus le lire au P. de La Chaize et le lui&#13;
laissai. Je lui demandai s’il ne serait pas à propos de&#13;
prévenir là-dessus M. de Pontchartrain et par qui il nous&#13;
conseilla de nous adresser à M. l’abbé Bignon, neveu de&#13;
M. de Pontchartrain, et qu’il écoute volontiers, comme il&#13;
est sous la conduite du P. Le Valois et amis de nos&#13;
Messieurs. Il jugea qu’il serait plus à propos que tout&#13;
autre à parler à ce ministre. Nous allâmes le voir,&#13;
M. Tiberge et moi, deux fois sans le trouver. Enfin, avec&#13;
une lettre de sa part, je fis si bien que j’eus de lui une&#13;
audience très longue. Je l’instruisis de tout sans&#13;
cependant lui découvrir encore que nous eussions&#13;
donné de longs mémoires, parce que je ne me proposais&#13;
que de l’engager à prévenir le ministre sur les lettres.&#13;
Comme il voulut être éclairé de tout, je lui dis&#13;
verbalement une partie des choses renfermées dans ces&#13;
mémoires. Je fus surpris de le trouver tout à fait instruit&#13;
du caractère d’esprit de Mgr de Québec. Il le connaissait&#13;
C’est un bien que Monseigneur ait&#13;
été connu de longue main de&#13;
M. l’abbé Bignon. Ce qui fut&#13;
21&#13;
&#13;
non seulement par le P. Le Valois21, quoiqu’il ne m’en fît&#13;
rien connaître, mais même pour l’avoir entendu parler&#13;
&#13;
Louis Le Valois, 1639-1700, confesseur de Saint-Vallier et du duc de Bourgogne petit-fils de Louis XIV&#13;
&#13;
�combattu par le P. de Mouchy contre&#13;
&#13;
dès 1685 en présence du P. de Mouchy, prêtre de&#13;
&#13;
lui est le véritable caractère de son&#13;
&#13;
l’Oratoire, où M. l’abbé Bignon22 était pour lors. Mgr de&#13;
&#13;
esprit, de toute sa conduite, qui est&#13;
incapable de changer et c’est encore&#13;
présentement son vrai esprit.&#13;
&#13;
Québec était en ce temps-là nommé à l’évêché de&#13;
Québec. Il était prêt d’aller comme vicaire général de son&#13;
prédécesseur. Il témoigna dans la conversation des&#13;
empressements pour recevoir le caractère épiscopal,&#13;
parce qu’il était persuadé qu’à ce caractère était attaché&#13;
toute la lumière nécessaire pour gouverner sans conseil&#13;
de qui que ce soit. Le P. de Mouchy, qui était très sage,&#13;
combattit ce sentiment de Mgr de Québec fortement. Il ne&#13;
le détruisit pas, car nous n’en avons que trop&#13;
expérimenté les fâcheux effets. M. l’abbé Bignon me&#13;
promit de voir M. de Pontchartrain et de nous rendre&#13;
compte de ses dispositions.&#13;
Comme le R. P. confesseur fut très longtemps à aller à&#13;
Versailles, à cause que le roi allait toujours à Marly, nous&#13;
eûmes de M. l’abbé de Bignon des connaissances avant&#13;
que d’en avoir de lui. Il nous dit qu’il avait lu à&#13;
M. de Pontchartrain ce petit mémoire sur ces lettres,&#13;
qu’il dit n’avoir point encore reçues. Ce ministre lui&#13;
parut d’abord dans la disposition de ne point se mêler&#13;
de ces affaires et d’y demeurer purement passif, par&#13;
respect pour l’encensoir, d’autant plus que les choses&#13;
n’étaient plus comme l’an passé, vu qu’on ne lui écrivait&#13;
rien contre Monseigneur. Il avoua cependant qu’il était&#13;
très aisé de juger que Mgr de Québec était incapable de&#13;
gouverneur, non seulement cette Église, mais toute&#13;
autre et qu’il n’y aurait jamais de paix tant qu’il y serait,&#13;
mais qu’il jugeait être très difficile de le retenir en&#13;
France, encore plus de tirer de lui une démission et que&#13;
de lui trouver un successeur propre pour pacifier toutes&#13;
&#13;
Jean-Paul Bignon, 1662-1743, neveu de M. de Pontchartrain, abbé de Saint-Quentin, grand commis de l’État,&#13;
prédicateur de Louis XIV&#13;
22&#13;
&#13;
�choses et capable et par son bien et par sa naissance de&#13;
soutenir ce caractère avec dignité, ce n’était pas une&#13;
chose sans difficulté. Il lui dit en finissant que si le roi lui&#13;
demandait son avis, il ne manquerait pas de lui marquer&#13;
qu’il le croyait incapable de gouverner et de faire jamais&#13;
aucun bien dans cette Église.&#13;
Nous allâmes le dimanche suivant voir le P. de&#13;
La Chaize, le P. de Lamberville et moi. Il nous apprit&#13;
qu’il avait lu au roi les deux mémoires, dont le second&#13;
n’est qu’un abrégé du premier, mais contient bien des&#13;
particularités qui valent la peine d’être observées ; que&#13;
le roi était résolu de ne pas laisser retourner la personne&#13;
dont il s’agissait ; et que, comme ledit père confesseur&#13;
n’avait pas voulu se charger d’en porter la parole,&#13;
Sa Majesté&#13;
&#13;
lui&#13;
&#13;
avait&#13;
&#13;
recommandé&#13;
&#13;
d’en&#13;
&#13;
instruire&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain et de lui dire qu’elle lui donnerait&#13;
l’ordre de la faire savoir à Mgr de Québec. Le père&#13;
confesseur ajouta qu’en conséquence, il avait parlé à&#13;
M. de Pontchartrain et qu’il avait laissé entre les mains&#13;
de ce ministre les deux mémoires en lui recommandant,&#13;
de la part du roi, un grand secret ; qu’il fallait&#13;
présentement que nous sussions de mondit sieur de&#13;
Pontchartrain en quel état était l’affaire et s’il avait parlé&#13;
à Mgr de Québec.&#13;
Le R. P. confesseur nous dit encore que Mgr de Québec&#13;
l’était venu trouver depuis quelques jours, qu’il lui avait&#13;
protesté un attachement entier pour sa Compagnie, qu’il&#13;
venait se jeter entre ses bras, qu’il devint son protecteur&#13;
et qu’il lui promettait de n’agir que selon ses vues, etc.&#13;
Sentiment de M. de Pontchartrain&#13;
&#13;
Le révérend père nous dit qu’il lui avait dit les choses du&#13;
&#13;
que Monseigneur est incapable de&#13;
&#13;
monde les plus fortes, sans mettre à la vérité sa&#13;
&#13;
gouverner cette Église.&#13;
&#13;
�Compagnie en jeu. « Vous retournerez, dit-il, et vous&#13;
serez le même à l’égard de ces Messieurs que vous avez&#13;
toujours été. Vous vous sanctifieriez et sanctifieriez les&#13;
autres en une manière en les faisant des martyres. Vos&#13;
impétuosités que vous divinisez par vos bonnes&#13;
intentions feront souffrir tout le monde, etc. Nos pères&#13;
ne se plaignent pas de vous, ils ne s’en plaindront&#13;
jamais ; ils sont faits pour souffrir sans murmurer. S’ils&#13;
se plaignent, il faudrait les jeter à la rivière, etc. Mais&#13;
comment empêcher tous vos prêtres de ne pas se&#13;
plaindre de vous, etc. »&#13;
Quoique je ne témoignasse pas ma pensée au&#13;
R. P. confesseur, je fus très fâché qu’il eût renvoyé la&#13;
balle à M. de Pontchartrain. Je fus aussi surpris qu’après&#13;
cette&#13;
&#13;
conversation&#13;
&#13;
du&#13;
&#13;
révérend&#13;
&#13;
père,&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
P. de Lamberville me parut tout étonné de ce que le&#13;
révérend père avait si peu ménagé Mgr de Québec. Il fut&#13;
encore davantage lorsqu’il eut lu ces mémoires, qu’il&#13;
n’avait pas encore vus jusqu’alors, et qu’il y eut trouvé&#13;
ses pères mêlés, quoiqu’on l’ait fait que le moins qu’on a&#13;
pu. Il me les demanda pour les montrer au&#13;
R. P. provincial. Je les lui donnai. Je ne doute pas qu’il&#13;
ne les ait aussi montrés au P. Le Valois.&#13;
Je ne crois pas vous avoir encore marqué que le roi a&#13;
choisi ce révérend père pour confesseur des petits&#13;
princes. C’est une entrée pour succéder au P. de&#13;
La Chaize s’il venait à manquer. Ce R. P. Le Valois&#13;
connaît Mgr de Québec autant qu’on le peut à présent. De&#13;
ses amis et des nôtres veulent même qu’il l’a connu tel&#13;
qu’il est depuis longtemps, mais quoiqu’à l’extérieur il&#13;
le soutint, il lui disait en particulier ses vérités le plus&#13;
fortement qu’on puisse, espérant toujours le faire&#13;
&#13;
�revenir.&#13;
&#13;
Il&#13;
&#13;
l’a&#13;
&#13;
présentement&#13;
&#13;
abandonné&#13;
&#13;
comme&#13;
&#13;
incorrigible et depuis qu’il est en France, il ne se confesse&#13;
qu’à M. Bouin.&#13;
Vous n’avez pas dû être surpris des&#13;
&#13;
Puisque j’ai fait une digression pour le P. Le Valois,&#13;
&#13;
sentiments de M. Bouin pour&#13;
&#13;
permettez-moi d’en faire encore une au sujet de&#13;
&#13;
Monseigneur, non plus que de la&#13;
conduite de M. Tronson et de tous&#13;
&#13;
M. Bouin. Lorsque M. Geoffroy arriva, j’avais inspiré à&#13;
&#13;
ses Messieurs après ce que nous&#13;
&#13;
nos Messieurs, et ils étaient assez d’avis d’aller trouver&#13;
&#13;
vous avons écrit l’an passé ; vous&#13;
&#13;
M. Tronson, de s’aller confesser à lui en lui disant dans&#13;
&#13;
avez eu trop de simplicité de croire&#13;
&#13;
le secret tous les sujets de peine qu’on avait contre Mgr de&#13;
&#13;
qu’ils puissent entrer dans le&#13;
&#13;
Québec. Ils crurent même qu’il était bon d’instruire&#13;
&#13;
désintéressement nécessaire pour le&#13;
bien de cette Église. Vous serez&#13;
&#13;
M. Bouin, afin de voir si on ne pourrait pas porter le&#13;
&#13;
encore confirmé dans ce sentiment&#13;
&#13;
prélat par lui à se démettre. M. de Brisacier me chargea&#13;
&#13;
par tout ce que vous apprendrez&#13;
&#13;
d’un petit billet pour M. Bouin pour le prier s’il ne&#13;
&#13;
cette année d’ici.&#13;
&#13;
pouvait pas venir un petit tour en notre Séminaire et me&#13;
dit de lui en dire les raisons verbalement. Je lui fis donc&#13;
connaître que jusqu’à présent, nous n’avions pas fait la&#13;
moindre démarche contre Mgr de Québec ; que nous&#13;
étions cependant surpris tout à fait que dans le temps&#13;
qu’il nous témoignait tant d’amitié extérieurement, il eût&#13;
écrit au Canada que c’étaient les Jésuites et nous qui&#13;
l’arrêtions en France ; que nos Messieurs voulaient&#13;
conférer avec mondit sieur Bouin des mesures qu’ils&#13;
devaient prendre, etc. Il me pria de l’en dispenser, qu’il&#13;
n’avait pas une tête et un esprit assez fort pour donner&#13;
de tels conseils et avec son humilité et sa douceur&#13;
ordinaires, il s’en excusa et nous renvoya à M. Tronson,&#13;
dont il suivait tous les avis dans sa conduite qu’il avait à&#13;
tenir à l’égard de Mgr de Québec. Il m’écrivit et me dit de&#13;
venir lui parler deux ou trois fois ensuite pour me&#13;
protester que Mgr de Québec était bien disposé ; que&#13;
nous devions prendre garde de ne le pas empêcher de&#13;
retourner en son diocèse, etc. ; que ce serait un trop&#13;
grand scandale, etc. Comme je lui avais demandé le&#13;
&#13;
�secret, je ne feignis pas de lui dire qu’il ne connaissait&#13;
pas Mgr de Québec ; que jusqu’à présent aucun de ses&#13;
confesseurs ne l’avait connu, parce que étant plein de ses&#13;
bonnes intentions, il ne se connaissait pas lui-même et&#13;
n’avait garde, par conséquent, de se faire connaître à ses&#13;
confesseurs ; que nous autres qui le voyons agir depuis&#13;
dix ans le connaissons mieux que qui que ce soit ; qu’à&#13;
l’œuvre, on connaît l’ouvrier.&#13;
M. Bouin persista à dire que Mgr de Québec était très&#13;
bien disposé, qu’après tout c’était aux inférieurs à obéir.&#13;
Il m’alla citer sur cela la conduite qu’ils tenaient dans&#13;
leurs séminaires à l’égard des évêques. J’avais assez à lui&#13;
répliquer sur toutes ces choses, mais je crus qu’il valait&#13;
mieux se retirer. Je le priai même de ne m’envoyer pas&#13;
quérir si souvent, parce que Mgr de Québec me voyant&#13;
souvent avec lui entrerait en de grandes défiances. Je le&#13;
laissai&#13;
&#13;
très&#13;
&#13;
prévenu&#13;
&#13;
pour&#13;
&#13;
Mgr&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
Québec,&#13;
&#13;
lui&#13;
&#13;
recommandant le secret sur tout ce que nous avions dit.&#13;
Depuis ce temps-là, nos Messieurs ont cru qu’il était&#13;
inutile de parler ni à M. Tronson ni à M. Bouin. Nous&#13;
verrons dans la suite si on juge qu’on doive faire quelque&#13;
démarche de ce côté-là. Je ne doute pas que nous ne&#13;
passions dans l’esprit de plusieurs de ces Messieurs, qui&#13;
ne voient rien de que d’édifiant dans Mgr de Québec,&#13;
agissant en particulier pour des persécuteurs, etc. Il faut&#13;
adorer sur cela la conduite de Dieu à notre égard.&#13;
Il ne faut pas s’étonner de la&#13;
&#13;
Après cette digression, revenons à ce que nous avait dit&#13;
&#13;
conduite des personnes que vous&#13;
&#13;
le R. P. de La Chaize. Je fus tout d’un coup frappé d’une&#13;
&#13;
m’écrivez, qui se ménagent, et dans&#13;
la conduite desquels il paraît de la&#13;
&#13;
juste crainte, lorsqu’il nous dit qu’il avait mis ces&#13;
&#13;
politique. Nous expérimentons ici la&#13;
&#13;
mémoires entre les mains de M. de Pontchartrain, qu’ils&#13;
&#13;
même manière d’agir.&#13;
&#13;
ne viennent à la connaissance de Mgr de Québec. Je lui en&#13;
parlai et il me dit qu’il avait fort recommandé le secret à&#13;
&#13;
�M. de Pontchartrain de la part du roi. Je ne laissai pas,&#13;
étant de retour chez nous, de dire à nos Messieurs qu’il&#13;
serait bon de tâcher à les retirer soit par le&#13;
R. P. confesseur soit par M. l’abbé Bignon. Nous allâmes&#13;
le lendemain voir M. Bignon, M. Tiberge et moi, (car&#13;
M. de Brisacier était alors à Blois et il n’était pas fâché&#13;
que la mine jouât pendant son absence). Nous portâmes&#13;
à M. Bignon ces mémoires pour les lui lire ; il nous pria&#13;
de les lui laisser, parce qu’il était alors malade, que dès&#13;
qu’il serait remis, il irait à Versailles et saurait de&#13;
M. de Pontchartrain en quel état étaient les choses.&#13;
Il nous apprit alors une chose qui nous surprit tout à&#13;
fait : après nous avoir demandé si les Jésuites étaient&#13;
instruits de toutes nos demandes et s’ils étaient aussi&#13;
intéressés&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
nous&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
empêcher&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
retour&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
Monseigneur, nous lui dîmes que notre intérêt et le leur&#13;
n’étaient point différents et que nous n’agissions que de&#13;
Les pères jésuites ont expérimenté&#13;
cette année que si Monseigneur a usé&#13;
&#13;
concert. « Cependant, dit-il, les Jésuites n’agissent pas&#13;
ainsi&#13;
&#13;
avec&#13;
&#13;
vous&#13;
&#13;
dans&#13;
&#13;
cette&#13;
&#13;
affaire&#13;
&#13;
auprès&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
envers eux de quelque manière qui&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain et [M.] Phélypeaux. » Et ils ont dit&#13;
&#13;
leur a paru obligeante au regard de&#13;
&#13;
au dernier (M. l’abbé Bignon crut, et nous aussi, que&#13;
&#13;
leurs missions par le passé, qu’il a&#13;
&#13;
c’était le P. de Lamberville) qu’ils avaient sujet de se&#13;
&#13;
bien d’autres sentiments. La&#13;
&#13;
plaindre de Mgr de Québec pour plusieurs peines qu’il&#13;
&#13;
conduite et les propositions de&#13;
M. Dollier et [M.] de Montigny faites&#13;
à nous-mêmes le font bien connaître.&#13;
&#13;
avait faites à leurs pères ; qu’ils avaient aussi sujet de se&#13;
louer de lui pour plusieurs plaisirs qu’il leur avait faits ;&#13;
et que comme les Jésuites font profession de se laisser&#13;
écraser sans dire mot, ils n’auraient garde de se plaindre&#13;
de lui pour les peines qu’il leur avait faites, surtout&#13;
d’empêcher les Récollets d’aller aux missions sauvages,&#13;
où M. de Frontenac voulait les envoyer. M. l’abbé de&#13;
Bignon nous dit que, de là, M. Phélypeaux et, par lui,&#13;
M. de Pontchartrain, son père, avaient jugé que les&#13;
Jésuites n’étaient pas mécontents de Mgr de Québec et l’y&#13;
&#13;
�verraient retourner sans peine. M. de Pontchartrain crut&#13;
même que le P. de La Chaize ne lui en avait parlé&#13;
fortement que pour faire plaisir à ces MM. des Missions&#13;
étrangères ; cela nous fit beaucoup de peine, car cela&#13;
nous fit craindre que M. de Pontchartrain ne fût pas&#13;
persuadé de l’incapacité de Monseigneur pour le&#13;
gouvernement. Nous ne savions cependant comment&#13;
accorder cela avec ce qu’il avait dit au roi plusieurs fois&#13;
l’an passé, qu’il était incapable de gouverner, qu’il&#13;
renverserait la religion et la colonie si on l’y laissait, etc.,&#13;
car des personnes qui le lui avaient entendu dire au roi&#13;
l’avaient&#13;
&#13;
rapporté&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
nos&#13;
&#13;
Messieurs&#13;
&#13;
(c’était&#13;
&#13;
Mme de Maintenon). Un ministre ne revient guère&#13;
quand il a pris de telles impressions et qu’il en a&#13;
entretenu Sa Majesté.&#13;
La manière d’agir des Jésuites nous faisait encore plus&#13;
de peine. Nous assurâmes M. l’abbé Bignon que l’intérêt&#13;
des Jésuites, autant et peut-être plus que le nôtre, était&#13;
que Mgr de Québec ne retournât pas ; que proprement ce&#13;
n’était ni le nôtre ni le leur que nous cherchions en&#13;
particulier ; que nous n’envisagions que l’intérêt général&#13;
de toute cette Église, parce que si on venait à balancer&#13;
l’intérêt de notre Séminaire et des Jésuites mêmes avec&#13;
celui de la personne dont il s’agit en séparant ces intérêts&#13;
particuliers de celui de l’Église en général, il était&#13;
évident que tous ces intérêts particuliers devaient céder&#13;
à celui de la personne qui a l’autorité en main. Nous lui&#13;
dîmes&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
nous&#13;
&#13;
pouvions&#13;
&#13;
l’assurer&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
si&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
P. de Lamberville ne parlait pas conformément à nous,&#13;
il serait désavoué par ses pères de Canada ; que nous&#13;
avions des lettres, et même de cette année, qui faisaient&#13;
connaître les sentiments de ces pères, etc. M. Bignon&#13;
nous dit qu’il savait lui-même par le P. Le Valois que les&#13;
&#13;
�Jésuites de Canada étaient très mécontents de Mgr de&#13;
Québec et qu’ils désiraient fort qu’il n’y revînt jamais.&#13;
Nous jugeâmes que si le P. de Lamberville avait ainsi agi&#13;
avec M. Phélypeaux, c’était par politique pour ne pas&#13;
s’attirer ouvertement à dos Mgr de Québec de peur qu’il&#13;
ne se servît du mécontentement qu’il aurait d’eux&#13;
comme d’un prétexte pour leur ôter les missions&#13;
sauvages et les donner aux Récollets. M. Bignon crut que&#13;
si nous avions quelques lettres des Jésuites de Canada&#13;
qui fissent connaître leurs sentiments, il ne serait pas&#13;
mauvais de les montrer au ministre pour le désabuser&#13;
de sa pensée qu’il n’y a que nous qui nous opposions à&#13;
son retour. Je cherchai parmi les lettres que j’ai reçues&#13;
cette année et je n’en trouvai qu’une du P. Bruyas23 tout&#13;
à fait obligeante, où il me mande qu’il a été jusqu’à&#13;
présent impossible de vivre en paix avec [Monseigneur],&#13;
que sa communauté et la nôtre passeraient le mois de&#13;
janvier en prières pour demander le bon succès de nos&#13;
affaires, qui devaient se traiter dans ce temps-là. Nous&#13;
entendons fort bien ce langage, mais cette lettre ne&#13;
parlait pas assez clairement pour le ministre. Je cherchai&#13;
les lettres de M. de Brisacier, que je ne pus trouver dans&#13;
sa chambre.&#13;
M. Tiberge crut que comme il n’y avait pas de temps à&#13;
perdre, je ferais bien d’aller cet après-dîner-là même à&#13;
Versailles&#13;
&#13;
et&#13;
&#13;
en&#13;
&#13;
revenir&#13;
&#13;
pour&#13;
&#13;
demander&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
M. de Denonville s’il n’avait pas quelques lettres qui&#13;
expliquassent les sentiments des pères de Canada pour&#13;
les faire voir à M. Bignon, afin qu’il en informât&#13;
incessamment M. de Pontchartrain. Je fus à Versailles et&#13;
en revins en un après-dîner, mais j’eus le malheur de ne&#13;
pas trouver M. de Denonville. Il était allé à la chasse et&#13;
23&#13;
&#13;
Jacques Bruyas, 1635-1712, alors supérieur des jésuites au Canada&#13;
&#13;
�ne devait revenir que le soir fort tard. Je fus voir le&#13;
lendemain matin le P. de Lamberville et lui demandait&#13;
s’il y avait longtemps qu’il avait vu M. de Pontchartrain&#13;
ou M. Phélypeaux. Il m’assura qu’il y avait près d’un an&#13;
qu’il n’avait vu ni l’un ni l’autre. Je ne crus pas devoir&#13;
m’ouvrir à lui davantage, ni lui dire encore la raison&#13;
pour laquelle je lui faisais cette question. Je rapportai ce&#13;
qu’il m’avait dit à M. l’abbé Bignon, qui continua à&#13;
m’assurer&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
M. Phélypeaux&#13;
&#13;
lui&#13;
&#13;
avait&#13;
&#13;
dit&#13;
&#13;
si&#13;
&#13;
affirmativement le sentiment du procureur des Jésuites&#13;
de Canada sur Mgr de Québec qu’il ne pouvait douter ou&#13;
qu’il ne l’eût vu ou qu’il ne lui eût fait parler par&#13;
quelqu’un.&#13;
M. de Pontchartrain ne répondit pas aux lettres de&#13;
M. l’abbé Bignon sur cette affaire, mais nous sûmes l’état&#13;
où elle était par une voie plus prompte. En allant à&#13;
Versailles, M. Tiberge m’avait chargé d’une lettre pour&#13;
Mme de Maintenon. Je lui avais fait mettre dedans que&#13;
le P. de La Chaize avait renvoyé cette affaire à&#13;
M. de Pontchartrain et que le roi lui en devait parler,&#13;
qu’on la priait d’appuyer la chose, etc. Elle répondit dès&#13;
le&#13;
&#13;
lendemain&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
roi&#13;
&#13;
en&#13;
&#13;
avait&#13;
&#13;
parlé&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain le dimanche au soir dans sa&#13;
chambre, que Sa Majesté avait parlé aussi bien qu’on&#13;
peut parler, mais que M. de Pontchartrain, après lui&#13;
avoir représenté qu’à la vérité, il était à croire que Mgr de&#13;
Québec [ne] pût jamais s’accorder avec nos MM. des&#13;
Missions étrangères, mais qu’il croyait qu’il pourrait&#13;
Cette conduite politique et de&#13;
&#13;
bien vivre avec les Jésuites. Il dit sur cela tout ce que&#13;
&#13;
prudence humaine est extrêmement&#13;
&#13;
nous avons dit ci-dessus. Il ajouta qu’il croyait très&#13;
&#13;
préjudiciable à cette Église et les&#13;
pères jésuites expérimenteront plus&#13;
&#13;
difficile de porter et à se démettre. En un mot, elle&#13;
&#13;
que tout autre que c’est en vain et&#13;
&#13;
mandait que M. de Pontchartrain n’avait point bien pris&#13;
&#13;
fort inutilement qu’ils croient par&#13;
&#13;
la chose et qu’elle n’en augurait rien de bon. Elle ne&#13;
&#13;
�cette conduite gagner Monseigneur&#13;
&#13;
manqua pas d’ajouter : les Jésuites n’agissent pas de&#13;
&#13;
et conserver leurs missions et&#13;
&#13;
concert en cette occasion.&#13;
&#13;
empêcher que les Récollets n’y&#13;
aillent. Ils le connaitront&#13;
manifestement par tout ce qui s’est&#13;
&#13;
En effet, nous avons appris depuis que le P. de La Chaize&#13;
&#13;
passé cette année. Ils feraient bien&#13;
&#13;
même, quoique très bien intentionné et qu’il fasse&#13;
&#13;
mieux de se déclarer ouvertement&#13;
&#13;
profession d’aller droit, n’avait parlé à M. de&#13;
&#13;
sans politique, autant qu’il est&#13;
&#13;
Pontchartrain en lui remettant les mémoires que d’une&#13;
&#13;
nécessaire pour le bien universel de&#13;
cette Église ; Notre-Seigneur ne&#13;
&#13;
manière à le confirmer dans la pensée qu’il n’y avait que&#13;
&#13;
donnera de bénédictions à cette&#13;
&#13;
nous qui nous plaignions de Monseigneur, que les&#13;
&#13;
conduite et ils ressentiront tôt ou&#13;
&#13;
Jésuites n’avaient rien à démêler avec lui et qu’ils le&#13;
&#13;
tard les mauvais effets de&#13;
&#13;
verraient retourner sans peine en Canada, car ce&#13;
&#13;
Monseigneur.&#13;
&#13;
révérend père l’avait assuré que les Jésuites ne se&#13;
plaignent pas de lui ; que si quelqu’un s’en plaignait, il&#13;
serait le premier à l’abandonner ; que ce n’était pas à eux&#13;
à résister aux évêques, etc. Il est aisé de voir la fin pour&#13;
laquelle ce révérend a parlé ainsi à ce ministre. Il sait&#13;
qu’il n’est pas bien disposé pour les Jésuites et qu’il ne&#13;
les aime nullement (et je crois même que l’union qu’il&#13;
voit entre nos communautés en Canada lui donne&#13;
l’opposition qu’il paraît avoir pour nous). Le P. de&#13;
La Chaize ne veut pas, à cause de cela, mettre les Jésuites&#13;
en jeu et d’ailleurs, il n’est pas fâché de se servir de nous&#13;
pour porter les coups de M. de Pontchartrain, s’il y en a&#13;
à essuyer. Il est bien aise d’éloigner Mgr de Québec du&#13;
Canada, mais il aime mieux le faire par nous que par sa&#13;
Compagnie.&#13;
Nous fûmes quelque temps sans entendre parler de rien.&#13;
M. de Brisacier revint de Blois la veille de la Purification.&#13;
Nous fûmes ensemble le lendemain à Versailles. Nous&#13;
parlâmes à M. de Denonville que nous savions que les&#13;
pères jésuites ne parlaient pas à M. de Pontchartrain de&#13;
Mgr de Québec comme nous. Il en fut surpris. Il nous&#13;
apprit que Mgr de Québec avait été depuis deux jours en&#13;
&#13;
�Cour. Nous le sûmes aussi de M. l’abbé Bignon, qui était&#13;
alors à Versailles et qui nous dit que M. de Pontchartrain&#13;
avait eu une conversation de plus de deux heures avec&#13;
Mgr de Québec, mais qu’il n’avait pas encore pu bien&#13;
savoir ce qui avait été dit. Il nous promit de le revoir&#13;
l’après-dîner,&#13;
&#13;
mais&#13;
&#13;
M.&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
prince&#13;
&#13;
vint&#13;
&#13;
voir&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain à l’heure qui était destinée pour&#13;
M. l’abbé Bignon, si bien qu’il revint à Paris sans rien&#13;
savoir davantage. J’y revins aussi le soir et laissai&#13;
M. l’abbé de Brisacier à Versailles, qui n’en revint que&#13;
deux jours après.&#13;
À son retour, il nous apprit que M. de Pontchartrain,&#13;
ayant reçu l’ordre du roi de parler à Mgr de Québec, avait&#13;
cru devoir avoir un entretien avec lui avant que de lui&#13;
intimer cet ordre pour le pressentir. Il rapporta au roi&#13;
qu’il avait trouvé le prélat dans un empressement&#13;
extraordinaire de retourner à son Église ; qu’il l’avait&#13;
assuré que s’il y trouvait de l’opposition, il irait se jeter&#13;
aux pieds du roi pour lui demander justice ; qu’il était&#13;
étonnant que pendant qu’on laisse en France plusieurs&#13;
évêques dans leurs diocèses très déréglés pour les&#13;
mœurs et pour leur mauvaise conduite, on s’opposait au&#13;
retour d’un qui n’avait fait d’autre mal que de vouloir le&#13;
bien, peut-être avec un peu trop d’empressement.&#13;
Il se dit plusieurs choses dans cet entretien que je n’ai pu&#13;
savoir de M. de Brisacier. J’ai su seulement ceci : quoique&#13;
le P. de La Chaize eût recommandé le secret touchant les&#13;
mémoires qu’il lui remettait entre les mains de la part du&#13;
roi et qu’il lui eût fait connaître que Sa Majesté désirait&#13;
que non seulement ces mémoires ne fussent pas&#13;
communiqués, mais qu’on ne sût pas même qu’on en&#13;
avait présenté, encore moins de qui ils venaient,&#13;
&#13;
�cependant M. Phélypeaux s’avisa, dans la conversation&#13;
qu’il eut avec Mgr de Québec avant qu’il vît&#13;
M. de Pontchartrain, de lui dire qu’on avait présenté des&#13;
mémoires contre lui. M. de Pontchartrain éluda la&#13;
question en disant qu’il ne savait ce qu’il voulait dire,&#13;
etc. Mgr de Québec insista en lui disant : « Je suis surpris&#13;
que vous m’en fassiez un mystère : M. Phélypeaux me&#13;
l’a&#13;
&#13;
dit. »&#13;
&#13;
« Si&#13;
&#13;
mon&#13;
&#13;
fils&#13;
&#13;
vous&#13;
&#13;
l’a&#13;
&#13;
dit&#13;
&#13;
(lui&#13;
&#13;
dit&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain, poussé à bout avec son feu&#13;
ordinaire), c’est un sot. » C’était une chose capable de&#13;
faire connaître à M. de Pontchartrain le peu de prudence&#13;
de Mgr de Québec, s’il n’eût été tout à fait prévenu pour&#13;
lui.&#13;
M. de Brisacier apprit aussi alors le canal par lequel&#13;
M. Phélypeaux avait été instruit des sentiments des&#13;
Jésuites à l’égard de Mgr de Québec : c’était par le&#13;
P. Gouit,&#13;
&#13;
mathématicien,&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
les&#13;
&#13;
montra&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
M. Phélypeaux, à qui ce jeune ministre demandant ce&#13;
qu’il pensait au sujet de Monseigneur et dans quels&#13;
sentiments étaient ses pères de Canada, celui-ci dit qu’il&#13;
savait que Mgr de Québec avait fait en plusieurs&#13;
rencontres de la peine à leurs pères en ce pays-là, mais&#13;
qu’aussi il leur avait fait plaisir en d’autres, comme entre&#13;
autres en empêchant les Récollets d’aller dans les&#13;
missions des Outaouais, etc. ; qu’ils ne savaient ce que&#13;
c’était d’avoir du ressentiment, surtout contre un&#13;
évêque ; que les Jésuites avaient coutume de tout souffrir&#13;
plutôt que de se plaindre ; qu’ainsi ils n’avaient rien à&#13;
dire contre Mgr de Québec ; et qu’ils le verraient&#13;
retourner avec joie, d’autant plus que les plaisirs qu’il&#13;
leur a faits ont effacé les peines qu’il leur a faites.&#13;
&#13;
�Le P. de Lamberville et tous les&#13;
jésuites peuvent bien s’assurer que&#13;
Monseigneur, s’il revient, enverra les&#13;
récollets à toutes les missions des&#13;
Outaouais. L’affaire eût été exécutée&#13;
cette année, sans un ordre exprès de&#13;
la Cour de n’y point envoyer aucun&#13;
Français. Et précédemment, les pères&#13;
jésuites étaient empêchés d’y aller et&#13;
les Récollets y étaient actuellement et&#13;
le P. Gravier24, qui y était nommé&#13;
supérieur et qui en revenait&#13;
actuellement, ayant représenté la&#13;
chose à M. de Frontenac, il lui&#13;
déclara que les Récollets iraient dans&#13;
ce lieu-là même et que si les Jésuites&#13;
y allaient et lui-même, P. Gravier, il&#13;
y aurait un ordre de les en chasser.&#13;
Le P. Bruyas, supérieur, et ledit&#13;
P. Gravier se pourvurent à&#13;
M. Dollier, grand-vicaire de&#13;
Monseigneur, et lui firent connaître&#13;
que Monseigneur avait donné des&#13;
lettres de grand-vicaire audit&#13;
P. Gravier ; à quoi M. Dollier fit&#13;
réponse qu’en ce temps-là, il était&#13;
mal avec les Récollets, mais qu’il&#13;
serait accommodé avec eux et qu’il&#13;
n’empêcherait pas les Récollets&#13;
d’aller dans toutes les missions et n’a&#13;
point voulu permettre audit&#13;
P. Gravier, quoique supérieur de&#13;
toutes les missions de ces nations,&#13;
d’y retourner et à un autre père&#13;
jésuite, qui devait y aller avec lui.&#13;
M. Dollier ne s’est pas contenté de ce&#13;
qui s’est passé en cette démarche. Il a&#13;
écrit de Montréal, où la chose s’est&#13;
passée, à M. de Montigny, qui faisait&#13;
ici les fonctions de grand-vicaire, les&#13;
vues qu’ils ont pour l’avenir ; en&#13;
conséquence desquelles, mondit&#13;
sieur de Montigny est venu s’ouvrir&#13;
à M. de Glandelet et savoir si l’on&#13;
voulait dans le Séminaire se joindre&#13;
à ceux de Saint-Sulpice et se servir&#13;
24&#13;
&#13;
Le P. de Lamberville, à qui M. de Denonville parla de ce&#13;
que nous lui avions dit, a cru se disculper en disant que&#13;
ce n’était pas lui qui avait dit cela à M. Phélypeaux, mais&#13;
tenez pour certain que le P. Gouit le lui a dit de sa part,&#13;
car c’est là le langage du P. de Lamberville : il me l’a tenu&#13;
lui-même. Le bon père craint terriblement que Mgr de&#13;
Québec, retournant, n’ôte à ses pères les missions des&#13;
Outaouais et c’est ce qui le fait pateliner et il ne voit pas&#13;
que c’est ce qui devrait le faire parler comme nous, etc.&#13;
Tout ce qu’il a fait n’a de rien servi, car Mgr de Québec a&#13;
très bien su que les pères jésuites ne favorisaient pas son&#13;
retour et qu’ils étaient tout à fait opposés et il en a eu une&#13;
conversation avec le P. Le Valois, ce qui doit faire&#13;
connaître au P. de Lamberville que s’il retourne en&#13;
Canada, il doit s’attendre à ce qu’il craint tant et qu’ainsi&#13;
il est de son véritable intérêt de ne point biaiser, mais de&#13;
parler à M. de Pontchartrain comme il faut.&#13;
Il faut avouer que le P. de La Chaize, n’ayant pas voulu&#13;
se charger de porter à Mgr de Québec la parole du roi et&#13;
ayant renvoyé la chose à M. de Pontchartrain et cela,&#13;
selon qu’on le pense, parce que sa famille étant dans le&#13;
même pays que Mgr de Québec, il n’a pas voulu se&#13;
l’attirer à dos, a mis l’affaire en un état de ne pas réussir,&#13;
au lieu qu’elle était immanquable qu’il se fût chargé de&#13;
parler lui-même à Mgr de Québec. Il va droit, mais je ne&#13;
sais, si soufflé qu’il est par ceux qui ne sauraient revenir&#13;
à l’égard de nos missions et qui avaient inspiré l’an passé&#13;
au P. de Lamberville que la division d’entre Mgr de&#13;
Québec et nous n’était qu’apparente et n’était qu’un&#13;
leurre pour les faire tomber dans le piège en leur faisant&#13;
encourir la disgrâce de Mgr de Québec. Il n’est peut-être&#13;
pas fâché que nous portions toute l’humiliation qui peut&#13;
&#13;
Jacques Gravier, 1651-1708, jésuite missionnaire au Mississippi&#13;
&#13;
�de l’occasion qui se présentait de la&#13;
division et conflit entre les Jésuites et&#13;
les Récollets, lui alléguant ce qui est&#13;
porté non pas dans les maximes de&#13;
l’Évangile et se servant pour exciter&#13;
à ce dessein que inter duos litigantes&#13;
tertius gaudet25.&#13;
&#13;
revenir de cette affaire-là ; qu’elle réussit, ils en&#13;
profiteront comme nous ; si elle ne réussit pas, ils&#13;
sauront s’en laver les mains et faire connaître à Mgr de&#13;
Québec qu’ils n’y ont pas trempé et que ce n’est pas eux&#13;
qui ont dressé les mémoires, etc. Je vous dis tout ceci&#13;
comme à des personnes sages pour que vous connaissiez&#13;
&#13;
Mondit de Glandelet n’ayant pas&#13;
satisfait mondit sieur de Montigny, il&#13;
se résolut de s’ouvrir à moi de ce&#13;
dessein et me proposa les mêmes&#13;
vues et, l’ayant laissé parler et&#13;
l’ayant aussi interrogé de ce qui&#13;
regardait ce dessein, il me dit qu’il&#13;
était nécessaire que les Récollets y&#13;
allassent ; que c’était un bien et un&#13;
avantage ; que les disputes et&#13;
contestations qui se passeront entre&#13;
les Jésuites et eux donneraient le&#13;
moyen aux autres de cette dispute&#13;
pour y aller ; et [il] m’allégua la&#13;
même maxime que inter duos&#13;
litigantes tertius gaudet. Je lui dis&#13;
ensuite de toute cette ouverture que&#13;
je ne pouvais convenir que ce fût&#13;
l’esprit de Notre-Seigneur qui, dans&#13;
toutes les conjonctures qui s’étaient&#13;
passées, eût inspiré ce dessein ; que&#13;
ne remarquant au contraire qu’il&#13;
n’était formé que dans l’esprit de&#13;
division, que c’était purement&#13;
l’esprit du démon qui en était&#13;
l’auteur et que l’on ne pouvait en&#13;
attendre aucune bénédiction ; que&#13;
lorsque je verrais que l’on formerait&#13;
un dessein avec un même cœur et un&#13;
esprit d’union et de charité, je croirai&#13;
que ce sera l’esprit de Dieu, mais je&#13;
trouve dans tout ce projet qu’il n’est&#13;
aucunement fondé sur les principes&#13;
et maximes du christianisme, mais&#13;
qu’il ressent plutôt les maximes de&#13;
Machiavel. Je suis même surpris&#13;
qu’il puisse être formé par des&#13;
ecclésiastiques qui font profession&#13;
25&#13;
&#13;
l’air du bureau. N’allez nullement me commettre avec le&#13;
P. de Lamberville, ni faire connaître que j’ai de lui la&#13;
moindre défiance. La charité avec son feu sacré doit&#13;
consumer ces bagatelles et étouffer ces semences de&#13;
petite mésintelligence.&#13;
Nous sûmes, quelques jours après, que Mgr de Québec&#13;
avait été mandé par M. de Pontchartrain pour lui venir&#13;
parler et qu’il était chargé, de la part du roi, de nouveau&#13;
de lui dire que l’intention de Sa Majesté était qu’il ne&#13;
retournât pas en Canada. Nous crûmes que les choses&#13;
allaient le mieux du monde et que c’était enfin une&#13;
affaire presque finie. M. de Brisacier craignit cependant&#13;
quelque esclandre de la part de Mgr de Québec et qu’il&#13;
ne prît, comme il avait dit à M. de Pontchartrain,&#13;
quelque résolution de s’aller jeter aux pieds du roi, etc.,&#13;
mais les choses avaient pris un autre tour. Nos&#13;
Messieurs furent quelques jours après à Saint-Cyr.&#13;
M. Tiberge remercia Mme de Maintenon des soins&#13;
qu’elle avait pris dans cette affaire. Il fut fort surpris&#13;
lorsqu’elle lui dit que cette affaire ne pouvait aller plus&#13;
mal&#13;
&#13;
qu’elle&#13;
&#13;
avait&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain,&#13;
&#13;
été.&#13;
&#13;
Elle&#13;
&#13;
lui&#13;
&#13;
raconta&#13;
&#13;
en&#13;
&#13;
suite&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
la&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
première&#13;
&#13;
conversation qu’il avait eue avec Mgr de Québec, en avait&#13;
rapporté au roi le résultat, qu’il avait lu même au roi un&#13;
mémoire tout entier, fort long des merveilles que Mgr de&#13;
Québec a faites en Canada depuis qu’il est évêque, dans&#13;
&#13;
Entre deux combattants, le troisième est heureux.&#13;
&#13;
�d’être tout à Dieu dans un pays&#13;
comme celui-ci. Cependant, ce bon&#13;
M. de Montigny veut que ce soit un&#13;
bien. Je ne doute pas même que&#13;
M. Dollier et lui n’aient reçu de&#13;
M. de Saint-Vallier des ordres et&#13;
instructions, parce quoique j’aie dit à&#13;
M. de Montigny mes sentiments sur&#13;
ce dessein, il est encore revenu pour&#13;
la deuxième ou troisième fois&#13;
trouver M. de Glandelet et l’a&#13;
sollicité d’exciter le Séminaire à se&#13;
joindre avec les ecclésiastiques de&#13;
Montréal pour aller dans ces&#13;
missions et se servir de l’occasion&#13;
des contestations entre les Récollets&#13;
et les Jésuites, que lui,&#13;
M. de Montigny, était tout disposé&#13;
d’y aller. Voilà, en effet, comme vous&#13;
me le marquez, ce que les Jésuites&#13;
gagnent en usant de politique et de&#13;
prudence humaine au regard de&#13;
Monseigneur. Ils doivent bien&#13;
s’attendre qu’il aura toujours le&#13;
même esprit d’entretenir la division,&#13;
comme il l’a si souvent fait.&#13;
&#13;
lequel Mme de Maintenon, qui l’entendit (car c’était de&#13;
sa chambre que tout ceci se passa), et elle dit qu’elle&#13;
voyait M. de Pontchartrain embarrassé, sachant assez&#13;
que ce n’était pas lui faire plaisir que de faire entendre&#13;
ces choses à Sa Majesté, dans lequel mémoire, dis-je,&#13;
Mme de Maintenon assume qu’il y avait des choses&#13;
surprenantes. Le roi en parut édifié ; il fut ébranlé par&#13;
tout ce que lui dit M. de Pontchartrain en faveur de&#13;
Mgr de Québec et dit par une manière de petit dépit :&#13;
« Eh, est-ce que des saints ne sauraient vivre en paix&#13;
ensemble ? ».&#13;
&#13;
[Fin des notes de Laval]&#13;
&#13;
Vous remarquerez que M. de Pontchartrain dit, entre autres choses, au roi qu’il ne savait&#13;
comment on s’y prenait pour arrêter Mgr de Québec en France ; que MM. des Missions&#13;
étrangères ne voulaient pas paraître ; que les Jésuites ne se plaignaient pas, mais au&#13;
contraire qu’ils se louaient de lui et que cependant, on agissait sous-main pour l’arrêter.&#13;
Le roi fut ébranlé par toutes ces choses. Mme de Maintenon ne voulut pas, dans cette&#13;
occasion, faire paraître trop d’attachement pour nos intérêts. Elle dit même qu’elle pensa&#13;
alors qu’il lui était important de ne se pas trop déclarer pour arracher un évêque de son&#13;
diocèse, de peur que cet exemple ne fût pernicieux pour de bons évêques que l’on&#13;
voudrait violenter dans le gouvernement de leurs églises sur des plaintes de gens mal&#13;
intentionnés, comme il ne s’en trouve que trop, et quoiqu’elle fût très persuadée des&#13;
bonnes raisons qu’on avait de retenir Mgr de Québec, elle ne voulut pas que cela vînt&#13;
directement d’elle. Elle ne savait si M. l’archevêque de Paris était instruit. Cependant, elle&#13;
&#13;
�crut devoir lui renvoyer les choses. Comme elle vit Sa Majesté dans quelque perplexité,&#13;
elle lui dit que, comme il avait un archevêque, il pouvait en sûreté de conscience suivre&#13;
ses avis dans cette affaire. Le roi se résout de suivre cet avis. Il consulta M. l’archevêque,&#13;
qui lui dit qu’il pouvait, sans crainte de blesser sa conscience, retenir Mgr de Québec et&#13;
l’empêcher de retourner dans son diocèse.&#13;
Vous remarquerez en cela un trait tout particulier de la protection du ciel : le&#13;
P. de La Chaize s’était chargé, comme je crois vous l’avoir marqué ci-dessus, d’instruire&#13;
M. l’archevêque de Paris. Il avait pour cela demandé un long mémoire. Il me dit même,&#13;
un jour que je le fus voir, qu’il avait fait des remarques sur ces mémoires et les avait&#13;
préparés en liasses sur sa table, en me les montant, pour aller le lendemain matin en&#13;
instruire M. l’archevêque. Cependant, il ne l’avait pas fait. Nous avons su depuis que&#13;
M. l’archevêque n’avait pas lu ces mémoires et qu’il n’avait pas été que très&#13;
superficiellement instruit par quelques paroles que lui dit M. de Brisacier, une fois qu’ils&#13;
étaient ensemble à Saint-Cyr, de la conduite de Mgr de Québec à l’égard de son clergé et&#13;
des sujets qu’on avait de se plaindre de lui, dont mondit sieur l’archevêque n’avait point&#13;
été informé jusqu’alors. Cependant, sur le peu que lui en avait dit M. de Brisacier, il ne&#13;
balança pas de dire au roi qu’il pouvait le retenir et ce fut en conséquence que Sa Majesté&#13;
chargea M. de Pontchartrain de le lui dire de sa part.&#13;
Jusqu’alors, c’est-à-dire jusqu’au 18e de février, (car ce fut ce jour-là que&#13;
M. de Pontchartrain manda Mgr de Québec de lui venir parler à Versailles), mondit sieur&#13;
de Québec avait toujours compté de s’en retourner. Il faisait pour cela tous ses préparatifs,&#13;
il le disait partout, croyant par cela même empêcher d’agir contre ceux qui auraient désiré&#13;
s’opposer à son retour, l’y voyant si déterminé. Il reçut l’ordre du roi par la bouche de&#13;
M. de Pontchartrain et le reçut en saint, selon le rapport qu’en fit mondit sieur de&#13;
Pontchartrain au roi, qui dit à Sa Majesté qu’on ne peut recevoir ses ordres avec plus de&#13;
respect, de soumission et de déférence ; que Mgr de Québec lui avait fait paraître un désir&#13;
extrême de retourner à son Église, non pas pour y vivre à son aise, mais pour y souffrir&#13;
encore plus qu’il n’avait fait ; que cependant il avait acquiescé humblement aux ordres&#13;
du roi sur ce sujet ; qu’il avait connu par là la volonté de Dieu. M. de Pontchartrain lui&#13;
adoucit la pilule en cette occasion, car il lui dit que l’intention de Sa Majesté était qu’il&#13;
restât en France pour cette année, qu’il devait par sa sagesse, etc. mériter de retourner&#13;
l’année prochaine. Cependant, ce discours, qui a fait impression sur Mgr de Québec, ne&#13;
&#13;
�laissera pas de faire tort au dessein qu’on aurait de l’en retirer entièrement. J’ai oublié de&#13;
vous dire que M. de Pontchartrain avait encore ajouté au roi, en lui rendant compte de la&#13;
manière dont Mgr de Québec avait pris la chose, qu’il souhaitait qu’il eût en France&#13;
plusieurs évêques comme Mgr de Québec. Tout cela laisse des impressions tout à fait&#13;
fâcheuses. Le roi craint toujours (et c’est un effet de sa sagesse et de sa prudence dans le&#13;
gouvernement) d’être prévenu par ceux qui l’approchent et qui ont sa confiance. Comme&#13;
il sait le crédit que nos Messieurs ont auprès de Mme de Maintenon, il est à craindre qu’il&#13;
ne pense qu’on ne soit un peu appuyé sur ce crédit pour tout ce qu’on en ait et que&#13;
M. de Pontchartrain ne lui fasse regarder Mgr de Québec comme un persécuté, parce qu’il&#13;
est sans appui. Il en a eu cependant un très fort en la personne de M. de Pontchartrain et&#13;
il est à craindre que ce ministre, qui parle tous les jours au roi, ne le fléchisse enfin sur ce&#13;
sujet, surtout dans une autre année, si on n’obtient pas de Mgr de Québec volontairement&#13;
sa démission, car il faut s’attendre à avoir tous les ans de nouvelles scènes sur ce sujet,&#13;
qui seront rudes à essuyer si elles sont aussi fortes que celles de cette année.&#13;
Mgr de Québec vint au Séminaire avec M. de La Pallière à son retour de Versailles. Il ne&#13;
parla qu’à M. le supérieur et lui parla presque dans les mêmes termes qu’il avait parlé à&#13;
M. de Pontchartrain de sa soumission aux ordres de Dieu, d’acquiescement à&#13;
l’humiliation qui revenait de ce retardement, de pardon pour ceux qui le lui avaient&#13;
procuré sans faire connaître sur qui il faisait tomber son soupçon, du désir de bien vivre&#13;
avec vous et de vous faire plaisir en ce que M. le supérieur lui ferait connaître que vous&#13;
pourriez désirer de lui. Il alla voir de même le P. de La Chaize, le père provincial et le&#13;
P. Le Valois, à qui il tint le même langage. Il a affecté depuis ce temps-là une grande&#13;
modération dans toute sa conduite, un grand désir de la paix. Il a voulu, par ce désir de&#13;
la paix, faire le partage des deux abbayes de Méobecq et de l’Estrée, afin d’ôter, dit-il, tout&#13;
sujet de noise en séparant les intérêts temporels les uns des autres. Il me dit quelque&#13;
temps après que, puisqu’il ne retournerait pas cette année, il n’écrirait que trois ou quatre&#13;
lettres en Canada. J’ai peine à croire qu’il tienne cette conduite et, en effet, dans quelques&#13;
visites que je lui ai rendues, j’ai aperçu des piles de lettres particulières qu’il avait déjà&#13;
écrites.&#13;
Il me montra dans une de ses visites l’état des distributions qu’il fait des 8 000 livres de&#13;
supplément et des deux tiers des 4 000 livres. Il me dit qu’il accordait au vicaire de Québec&#13;
sa part sur ces deux tiers des 4 000 livres, comme nous l’avions, disait-il, désiré et qu’il&#13;
&#13;
�destinait, sur les 8 000 livres de supplément, 1 000 livres au supérieur du Séminaire de&#13;
Québec pour les pensions des jeunes ecclésiastiques. À l’égard de cet article, nous nous&#13;
sommes bien donnés de garde d’en parler cette année à Mgr de Québec, non plus que de&#13;
toute autre affaire ; il faut voir le bout de cette fusée et savoir si on ne pourra absolument&#13;
se débarrasser de lui avant de rien régler sur toutes ces affaires. À l’égard du second, nos&#13;
Messieurs croient que je dois lui dire qu’ils ne sont pas d’avis que vous touchiez cette&#13;
somme de 1 000 livres sur ces suppléments : 1° parce qu’il rendra par-là le Séminaire&#13;
odieux et rejettera sur lui les plaintes que lui feront les missionnaires des retranchements&#13;
qu’il leur aura faits en disant que c’est pour contenter l’avidité du Séminaire, etc. ; 2° il&#13;
donnera 1 000 livres pour six ou sept ecclésiastiques qui sont au Séminaire, ce qui n’est&#13;
pas le tiers de ce qu’il faut et sur ce prétexte, il croira être en droit de disposer absolument&#13;
de ces ecclésiastiques indépendamment du Séminaire, qui aura le plus contribué à leur&#13;
dépense. Je dois prendre mon temps pour lui porter cette parole et vous manderai ce qui&#13;
aura été dit dans cet entretien.&#13;
Nous avons su depuis quelque temps qu’il a fait de grandes perquisitions pour savoir qui&#13;
a présenté ces mémoires et pour les voir. Il les a fait demander par M. de La Pallière, qui&#13;
lui inspire ces airs de modération d’humilité, etc. et qui, quoique le P. Le Valois ne prenne&#13;
plus soin de Mgr de Québec, ne laisse pas de le servir de toutes ses forces, je ne l’ai pas vu&#13;
depuis plus de trois mois, car il n’y a rien à gagner auprès de lui.&#13;
Nous avons aussi appris par M. l’abbé Bignon qu’il a eu une longue conversation avec&#13;
M. de Pontchartrain et M. Phélypeaux sur ces affaires tout le long du chemin.&#13;
M. de Pontchartrain assura M. l’abbé Bignon qu’il avait jeté les mémoires qui lui avaient&#13;
été remis par le P. de La Chaize au feu après les avoir lus, que M. Phélypeaux ne les avait&#13;
pas lus et que lui seul en aurait pris les connaissances nécessaires. Il lui ajouta que,&#13;
quoiqu’il est tenu tous les discours qu’il avait tenus au roi, il était cependant persuadé&#13;
que c’était un homme incapable de gouverner et propre à faire souffrir tout le monde. Il&#13;
lui dit plus que tout cela, car il l’assura que Mgr de Québec ne retournerait plus en Canada&#13;
et que c’est une affaire résolue. Je ne savais pas la chose quand j’ai écrit ce qui est ici ; c’est&#13;
pourquoi j’ai voulu vous ajouter ceci, qui fait voir en deux mots l’état où sont les choses.&#13;
Il ne faut pas pour cela se dispenser de prier, car nous avons plus besoin que jamais de&#13;
recourir à Dieu pour lui demander une paix stable qu’il s’en faut bien que nous ayons&#13;
encore. Ces sentiments de M. de Pontchartrain qu’il a fait connaître à M. l’abbé Bignon&#13;
&#13;
�nous font espérer qu’il ne prendra pas aussi fortement que nous l’avons appréhendé les&#13;
intérêts de Mgr de Québec une autre année.&#13;
J’ai oublié de vous marquer ci-dessus que Mme de Maintenon, dans le rapport qu’elle fit&#13;
à M. Tiberge de la conversation que M. de Pontchartrain avait eue avec le roi au sujet de&#13;
Mgr de Québec, lui avait fait connaître que M. de Pontchartrain avait dit à Sa Majesté qu’il&#13;
avait lu les mémoires qu’on avait présentés contre mondit sieur de Québec au roi et que&#13;
Sa Majesté lui avait renvoyés et qu’il les avait trouvés fâcheux, mauvais et outrés. Ce&#13;
furent les trois épithètes qu’il leur donna. Il était resté de Mme de Maintenon que ces&#13;
mémoires, qu’elle n’avait pas lus, étaient artificieux, qu’on y déguisait ses sentiments,&#13;
que parmi bien de bonnes choses qu’on disait de Mgr de Québec, on y glissait quelques&#13;
paroles pour le décrier, en un mot, elle n’en avait que des idées très désavantageuses.&#13;
M. de Brisacier, à qui il importait qu’elle en eût d’autres et qui le croyait nécessaire pour&#13;
le bien de nos affaires, porta ces mémoires la première fois qu’il retourna à Saint-Cyr et&#13;
pria Mme de Maintenon de lui permettre de les lui lire. Elle voulut renvoyer cette lecture&#13;
à un autre temps qu’on parlerait de cette affaire, mais il la pria de vouloir juger elle-même&#13;
si ces mémoires étaient tels qu’on les lui avait dépeints ; si bien qu’il lui en fit la lecture&#13;
entière. Elle avoua qu’elle n’avait pas conçu qu’on eût parlé aussi clairement et qu’elle&#13;
n’en avait pas conçu des idées aussi justes qu’il fallait de la manière dont elle en avait&#13;
entendu parler au roi. M. de Brisacier la pria de vouloir détruire dans l’esprit du roi les&#13;
idées désavantageuses qu’on en avait donné, si elle en trouvait l’occasion, car elle pense&#13;
que le P. de La Chaize ne les lui a pas lus comme il l’a dit au moins. Il ne lui a pas paru,&#13;
par la manière dont le roi écouta M. de Pontchartrain, lui en parler sans lui rien répondre.&#13;
J’ai aussi oublié de vous dire que, lorsque Mme de Maintenon parla à M. Tiberge, elle lui&#13;
dit que depuis qu’elle avait renvoyé le roi à M. l’archevêque de Paris, elle avait aussi&#13;
demandé à M. l’abbé de Fénelon, à présent archevêque de Cambrai, ce qu’il pensait de&#13;
Mgr de Québec et que cet archevêque lui avait dit qu’il croyait du bien de l’Église de ne le&#13;
pas laisser retourner au Canada, ce qu’elle a rapporté au roi.&#13;
Voilà à peu près tout ce qui s’est passé dans cette affaire. Vous n’y trouverez pas&#13;
beaucoup d’ordre ni de netteté dans la manière dont je vous le rapporte. J’ai mieux aimé&#13;
vous expliquer tout un peu au long que de manquer quelque circonstance. Vous jugerez&#13;
&#13;
�par tout ce que je vous écris de l’air du bureau. Quant à Mgr de Québec, il est résolu plus&#13;
que jamais de retourner.&#13;
&#13;
Du 4e juin,&#13;
Tout ce qui est ci-devant, Messieurs, a été écrit dès la fin d’avril. Je n’ai pu y rien ajouter&#13;
tout le mois de mai. Je vous en ai envoyé copie par les premiers vaisseaux. J’ajouterai&#13;
seulement, pour finir cette lettre, parce que M. Fredin part demain matin et qu’il n’y a&#13;
que lui à qui je la veuille confier, que toutes les démarches de Monseigneur tendent à se&#13;
procurer son retour pour l’année prochaine. Je ne doute pas que la grande quantité de&#13;
lettres qu’il écrit cette année ne tendent à cela. On ne peut voir une personne plus&#13;
modérée, plus sage, plus régulière ; il s’attire par cet extérieur, que je crois même&#13;
accompagné de l’intérieur, l’estime de tout le monde et se fait ainsi regarder comme un&#13;
évêque persécuté, etc. Je ne sais si c’est cette réputation qui lui attire des présents. On l’en&#13;
accable : tantôt ce sont des livres, tantôt du linge, tantôt de l’argent même, tous les biens&#13;
lui viennent en dormant. S’il demeure ici quelques années et que cela continue, il sera&#13;
riche en présents.&#13;
Il cherche tous les moyens de gagner les Jésuites et surtout le P. de La Chaize. Il dit au&#13;
P. de Lamberville que si les Jésuites lui procurent son retour, il sera tout dévoué à leur&#13;
Compagnie, qu’il leur conservera à eux seuls les missions sauvages, qu’il n’agira que par&#13;
leurs conseils, etc. ; qu’au contraire, s’il ne retourne pas, il enverra l’année prochaine des&#13;
Récollets dans leurs missions. Je n’ai pas encore trouvé que cela ait fait une grande&#13;
impression dans l’esprit de l’un ni de l’autre, mais ce qui peut y faire quelque chose est&#13;
cette forte résolution qu’il dit avoir de retourner en son diocèse et il paraît que comme il&#13;
ne cesse de le dire partout, cela fait craindre à ces pères qu’en effet il ne le fasse. On a&#13;
remarqué que le P. de La Chaize [était] extrêmement faible sur ce sujet la dernière fois&#13;
que Messieurs le virent. Il ne parut pas assez ferme quand on lui en parla pour le retenir&#13;
toujours en France. Il parut même penser qu’après quelques années d’épreuves, il serait&#13;
en était de bien faire. Vous savez combien les ménagements de ce révérend père nous ont&#13;
fait d’affaires cette année. Le sort de Mgr de Québec est tout entre ses mains. Le roi ne fera&#13;
rien à cet égard que par son organe, comme l’intérêt de l’état n’est point ou de retenir ou&#13;
de laisser aller Monseigneur. Si le roi n’est excité par [des] motifs de conscience, il est à&#13;
craindre qu’il ne se laisse encore fléchir. Cependant, s’il retourne, il n’est pas difficile de&#13;
&#13;
�penser que les pères jésuites seront aussi maltraités que nous, car Monseigneur est bien&#13;
persuadé qu’ils ont du moins autant influencé que nous pour le retenir et il ne leur a pas&#13;
caché.&#13;
Vous nous apprendrez les stratagèmes qu’il joue par ses lettres en Canada pour procurer&#13;
son retour. Si je vous parle comme je fais en quelques endroits de Monseigneur, ce n’est&#13;
pas que j’aie, en mon particulier et pour ma personne, sujet de me plaindre de lui, ni&#13;
même pour les affaires qui regardent notre Séminaire, car je suis tout confus des&#13;
honnêtetés qu’il a pour moi. Ce sont des accolades continuelles qui me font honte,&#13;
d’autant plus que je crains qu’en m’embrassant, il ne pense se considérer comme NotreSeigneur et me regarder comme Judas, mais il y a 1° cette différence que ce fut Judas qui&#13;
fut embrasser Notre-Seigneur et 2° que je lui ai donné assez de marques que je ne suis&#13;
point à son égard de deux sentiments, et qu’en arrière aussi bien qu’en sa présence,&#13;
quoique je désapprouve entièrement le gouvernement, j’estime toujours beaucoup la&#13;
personne. C’est ce que je lui fis connaître dans sa chambre, il y a trois semaines, que&#13;
prenant congé de lui, après plusieurs amitiés, cordialités, etc. qu’il m’avait faites, il me&#13;
dit qu’il espérait que je vous écrirais favorablement pour lui procurer son retour ; car&#13;
après lui avoir représenté que je n’étais qu’un zéro pour une œuvre comme celle-là et que&#13;
vous-mêmes influeriez peu là-dedans, je m’avançai de l’un à l’autre à lui dire que je ne&#13;
croyais pas qu’une personne comme lui, qui avait entrepris toutes les affaires qu’il avait&#13;
entreprises contre son clergé et l’avait tellement indisposé, fût en état de regagner sa&#13;
confiance et qu’il paraissait incroyable à six personnes qui le connaissaient plus que luimême [qu’il] fût capable de revenir de ses anciennes préventions, que comme on était&#13;
persuadé qu’il avait eu de bonnes intentions ou doutait qu’il pût prendre les choses du&#13;
biais qu’il eût été à souhaiter, qu’il les eût prises pour le bien de cette Église.&#13;
Il eut beau me protester qu’il était revenu de ces préventions et entièrement changé, qu’il&#13;
avait dessein de mettre les choses sur un bon pied, etc., je lui dis que je croyais sur ses&#13;
paroles qu’il le serait à Paris, mais qu’en même temps, je ne douterais pas qu’à la moindre&#13;
mouche qui lui passerait devant les yeux au Canada, il ne reprît ses anciennes idées et ne&#13;
continuât ce qu’il avait fait dix ans de suite. Je lui alléguai sur cela son dernier voyage de&#13;
1692, les promesses qu’il avait faites au roi, etc., et je ne pris, pour lui faire voir le peu de&#13;
fond qu’il fallait faire sur ses promesses, que ce qui s’était passé au sujet de l’agrégation&#13;
des ecclésiastiques au Séminaire, contre ce qu’il avait toujours pensé, avait eu la&#13;
&#13;
�modération de n’en avoir pas agrégé un seul avant ce temps-là, qu’alors comme le&#13;
règlement lui donnait la liberté d’en agréger, avec le consentement de M. l’évêque,&#13;
plusieurs lui avaient demandé ce consentement, sans qu’il l’eût voulu accorder à aucun.&#13;
Il nia l’avoir fait. Je lui dis qu’il me serait aisé de le prouver par leurs lettres s’il était&#13;
nécessaire, sans cependant en nommer aucun et plusieurs même me l’avaient dit de vive&#13;
voix avant mon départ. Je le poussai et sur cela et sur mon chapitre jusqu’au bout et il me&#13;
dit plusieurs fois que je ne l’épargnais pas et que je lui faisais plaisir de lui découvrir ce&#13;
que j’avais dans l’âme, que quoique je le bourrasse (c’est son terme), je lui faisais plaisir.&#13;
La conversation finit de sa part en me protestant un changement entier, une résolution&#13;
de corriger ce qui s’était passé et de la mienne, en le priant de me laisser la liberté de&#13;
croire que tout irait comme par le passé, sinon un peu plus mal. Je dis ces paroles en riant,&#13;
mais de manière cependant à lui faire penser que je les croyais très vraies.&#13;
Il me parla dans cette conversation des mémoires présentés contre lui. Il dit qu’il&#13;
pardonnerait de bon cœur à ceux qui avaient rendu ce mauvais office, mais je fis&#13;
l’ignorant et laissai tomber ces choses sans les relever.&#13;
Je n’ai pas laissé d’avoir depuis autant de relation qu’auparavant avec lui. Il a eu la bonté&#13;
de venir voir trois ou quatre fois nos Messieurs pour certaines affaires et je l’ai, de mon&#13;
côté, prié d’agir pour nos affaires en trois ou quatre occasions, où il s’est employé avec&#13;
une bonté et une affection toute particulière.&#13;
J’eus hier, 2 juin, une assez longue conversation avec M. de La Pallière. Il y avait plus de&#13;
deux mois que je ne l’avais vu chez lui. Comme on m’apprit qu’il avait pensé mourir&#13;
d’une colique, je fus lui rendre visite. Nous liâmes la conversation sur les affaires de&#13;
Mgr de Québec. Il me demanda si je n’avais pas ces mémoires, qu’il savait qu’il y en avait&#13;
deux ; qu’ils étaient tout à fait outrés, injurieux, atroces, etc., et ainsi des autres épithètes&#13;
qu’il leur donna ; que c’était le jugement qu’en avaient porté des personnes très élevées&#13;
et très sages de la Cour ; qu’on avait blâmé des ecclésiastiques qui traitaient ainsi un&#13;
évêque ; que ces mémoires avaient couru dans les mains de plusieurs ; qu’on lui avait&#13;
promis de les lui montrer, mais qu’il n’avait pu se trouver au rendez-vous qu’on lui avait&#13;
donné pour cela ; qu’un évêque lui avait dit qu’il fallait que tous les évêques se joignissent&#13;
ensemble pour se plaindre au roi d’une telle conduite, qu’ils étaient tous exposés à être&#13;
ainsi diffamés par des libellés diffamatoires s’ils n’y apportaient remède ; que ce qui&#13;
&#13;
�s’était passé en conséquence avait, à la vérité, obligé le roi de lui faire dire, par&#13;
M. de Pontchartrain, [que] Sa Majesté désirait qu’il ne retournât pas pour cette année,&#13;
mais qu’il espérait y retourner l’année prochaine ; que la manière dont Monseigneur avait&#13;
reçu la chose avait édifié tout le monde et attiré les cœurs d’un chacun pour lui. Je laissai&#13;
dire toute cette séquelle de paroles à plusieurs reprises, ne les interrompant que de&#13;
quelques petits mots. Il me dit encore qu’il était persuadé que ce n’était pas les personnes&#13;
de Paris qui avaient dressées ces libellés, mais que cela venait tout fabriqué de Canada,&#13;
etc. Il me pria enfin fortement de lui faire voir ces mémoires, me faisant des serments que&#13;
personne ne les verrait que lui, qu’il ne s’en servirait que pour se désabuser des fâcheuses&#13;
idées qu’on lui en avait données et pour faire connaître à Monseigneur les fautes qu’il a&#13;
faites pour le disposer à s’en corriger.&#13;
Je lui répondis en riant qu’il faudrait avoir ces mémoires pour les lui montrer ; que je me&#13;
ferais un plaisir de lui donner cette satisfaction si je le pouvais ; que j’étais surpris qu’il&#13;
jugeait des pièces sur des ouï-dire ; qu’étant passés en tant de mains, comme il disait, elles&#13;
ne fussent pas venues dans les siennes ; que j’en avais ouï, porté un sentiment différent&#13;
du sien à des personnes très sages et très élevées ; que j’avais su de personnes qui l’avaient&#13;
ouï de la bouche de M. de Pontchartrain qu’il ne s’était pas expliqué avec lui pour une&#13;
année, mais pour toujours ; que j’étais surpris qu’il me demandât ces personnes ; que si je&#13;
connaissais quelqu’un de ce grand nombre de personnes entre les mains de qui il disait&#13;
qu’elles étaient passées, je l’irais prier de me le communiquer pour le lui montrer, afin de&#13;
lui faire plaisir, mais que je n’en connaissais aucun et que je le priais, si elles tombaient&#13;
entre ses mains, de m’en faire part.&#13;
Toute la conversation se passa en railleries. Je ne laissai pas de lui dire en passant, sur des&#13;
protestations de sincérité qu’il me faisait, que je n’en avais pas encore fait expérience, que&#13;
j’avais eu trop de preuves qu’il était tout dévoué à Monseigneur. Il me dit qu’il n’écrirait&#13;
à personne cette année, afin de ne se point faire d’affaires. Il me pria enfin de procurer&#13;
autant qu’il serait en moi son retour ; que Monseigneur était résolu de bien vivre, etc. ;&#13;
qu’il fallait l’y renvoyer pour trois ans avec promesse que, s’il fait parler de lui dans ces&#13;
trois ans, il reviendra aussitôt pour n’y plus retourner, etc. Je riais avec M. de La Pallière&#13;
sur toutes ces propositions et je lui en faisais voir le faible assez aisément. Il vous est aisé&#13;
de voir par toutes ces choses, Messieurs, que Monseigneur compte absolument de&#13;
retourner l’année prochaine. Il va passer en Dauphiné jusqu’à cet automne, qu’il viendra&#13;
&#13;
�faire mission à Méobecq et de là, reviendra à Paris à la fin de l’année pour se préparer à&#13;
son retour. J’ai ouï-dire (je ne sais si cela est vrai) qu’il avait envoyé plusieurs&#13;
ecclésiastiques, dont il paierait la pension au Séminaire de Saint-Sulpice, quand il se vit&#13;
arrêté, leur disant qu’il ne pouvait plus continuer de payer leur pension, puisqu’il ne s’en&#13;
allait plus.&#13;
Il serait à souhaiter que le P. de La Chaize voulût lui donner quelque évêché qui servit à&#13;
l’occuper, car on ne croit pas qu’il se démette sans qu’on lui donne rien. C’est ce que me&#13;
disait encore hier M. de La Pallière. Il faudrait que le P. de Lamberville en rafraîchît la&#13;
mémoire audit révérend père.&#13;
Nos Messieurs n’ont pas voulu s’adresser à MM. de Saint-Sulpice sur ces affaires. Ils&#13;
m’avaient plusieurs fois promis de s’en aller confesser à M. Tronson en lui expliquant les&#13;
choses telles qu’elles sont. Ils ont toujours envie d’y aller, sans en espérer grand bien.&#13;
&#13;
Ce 3e juin 1696,&#13;
Je finis ceci en vous priant d’excuser ce qui peut n’être pas bien dit dans cette longue&#13;
lettre. Je n’ai pas le temps d’écrire à Mgr l’Ancien ni à nos Messieurs de nouveau. Je suis&#13;
cependant pressé de cacheter. Je ferai aux uns et aux autres des lettres particulières, si je&#13;
puis, après le départ de M. Fredin. N’oubliez pas dans vos prières et saints sacrifices,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
[Tremblay, prêtre indigne26].&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
Nous avons complété sa signature habituelle.&#13;
&#13;
�[Feuillet ajouté à la lettre, qui commence à la page 13]&#13;
Lettre de Tremblay&#13;
&#13;
Notes d’un prêtre&#13;
Voyez la lettre de 64&#13;
&#13;
[…] nous avons présentement. C’est pourquoi j’en ai écrit à Mgr de&#13;
&#13;
pages 1696 et 97,&#13;
&#13;
Québec, qui fait une mission à Méobecq, afin que pendant qu’il est&#13;
&#13;
page 8 etc.&#13;
&#13;
sur les lieux, il fasse le marché des choses avec quelqu’un qui veuille&#13;
l’entreprendre s’il en trouve, sinon qu’il fasse toujours couper et&#13;
tailler le bois nécessaire pour la charpente.&#13;
Je ne puis rien tirer des Poiron, qui nous doivent encore près de&#13;
100 francs du reste de leur ferme, mais seront consommés par&#13;
40 livres dont j’ai promis de leur tenir compte pour des titres qu’ils&#13;
ont retirés en payant ces 40 livres et parce que je leur ai aussi promis&#13;
d’allouer les frais qu’ils feront pour faire condamner en première&#13;
instance certains débiteurs du prieuré qui refusent de payer leurs&#13;
devoirs. J’arrêtai un compte exact avec eux. Ils ont payé le surplus&#13;
de ce qu’ils doivent en payant réparations qu’il a fallu leur allouer&#13;
et 250 livres que je reçus d’eux l’an passé et que j’ai portés dans mon&#13;
compte de 1696.&#13;
&#13;
Décimes du prieuré&#13;
de Bénévent vont à&#13;
près de 500 livres.&#13;
On doit payer 300&#13;
livres de pension à&#13;
M. Gontier et n’est&#13;
affermé que 800&#13;
livres.&#13;
Papier terrier et&#13;
maison à y réparer&#13;
au plus tôt&#13;
&#13;
Celui qui est présentement fermier, dont je suis assez content, ne me&#13;
doit rien. Il paye même les charges à présent par avance, car il m’a&#13;
fallu dépenser plus de 250 livres pour remettre le moulin. Les&#13;
décimes de ce prieuré vont à près de 500 livres. On doit payer&#13;
300 livres de pension à M. Gontier et il n’est affermé que 800 livres.&#13;
Il faut nous résoudre à y mettre du nôtre pour faire ce papier terrier&#13;
et cette maison, qu’il faut ne pas remettre à un autre temps. Si j’avais&#13;
du temps l’année prochaine après le départ de nos vaisseaux, j’irais&#13;
y passer un mois pour faire l’une et l’autre de ces choses.&#13;
Je ne pus non plus rien tirer des héritiers Galpy pour une année de&#13;
rente de 90 livres qu’ils nous font échue à Noël 1695. J’ai eu&#13;
compassion d’eux à cause d’un procès très fâcheux que leur suscite&#13;
le prieur de Fontgombault. Ils m’ont promis de l’argent vers Noël.&#13;
La somme est peu considérable.&#13;
&#13;
�Au prieuré d’Abilly&#13;
&#13;
Si tôt que je fus arrivé au Blanc, j’envoyai quérir M. le bailli de Saint-&#13;
&#13;
en Buzançais&#13;
&#13;
Gaultier, qui demeure à 6 lieues. J’avais besoin de lui pour toutes ces&#13;
&#13;
Ce que vaut ce&#13;
prieuré&#13;
&#13;
affaires. Il m’accompagna à Méobecq, à Buzançais et à Châteauroux.&#13;
À Méobecq, nous fîmes, avec M. le curé de Saint- Gaultier, le procèsverbal de l’état de l’abbaye pour l’envoyer à Rome ; à Buzançais,&#13;
nous vîmes le prieuré d’Abilly, qui est tout proche ; à Châteauroux,&#13;
nous tâchâmes d’affermer le prieuré de Chezelles, comme Mgr de&#13;
Québec m’en avait prié.&#13;
Nous jouissons à présent de ce prieuré d’Abilly. Il ne nous rend&#13;
guère plus de 60 francs par an. Il en est dû une année, quoique je ne&#13;
l’aie affermée que ce mois de janvier dernier. J’ai destiné cette&#13;
&#13;
Ornements que&#13;
&#13;
première année à y faire des ornements : j’ai résolu aussi d’envoyer&#13;
&#13;
Tremblay a envoyés&#13;
&#13;
au prieuré de M. Dupré un devant d’autel ; au prieuré de Parçay un&#13;
&#13;
à tous ces bénéfices&#13;
&#13;
petit calice ; à Bénévent un devant d’autel et une chasuble avec&#13;
quelque pièce de tapisserie garnie d’images pour servir de tableau ;&#13;
à Saint-Sébastien un devant d’autel et quelques images ; car ces&#13;
chapelles sont si nues que c’est une indécence d’y laisser dire la&#13;
messe ainsi.&#13;
Je fus loger à Châteauroux chez la veuve Beloche et son fils aîné, qui&#13;
me reçurent fort bien. Je fis ce que je pus pour leur faire reprendre&#13;
le prieuré de Chezelles et voyant qu’ils n’y voulaient entendre pour&#13;
trouver un autre fermier à Monseigneur, je n’y pus réussir.&#13;
&#13;
Au prieuré de Saint-&#13;
&#13;
Je fus ensuite voir notre prieuré de Saint-Sébastien. Il est en bonne&#13;
&#13;
Sébastien, qui est en&#13;
&#13;
disposition. Je chargeai seulement le fermier de faire renduire quatre&#13;
&#13;
bon état&#13;
&#13;
pignons qui sont au midi et que la pluie a fort gâtés, comme aussi&#13;
de faire planter une rangée de noyers le long d’un grand chemin,&#13;
qui va vers Châteauroux à la porte de la ferme.&#13;
Je trouvai surtout le moulin en bon état, bien différent de celui où je&#13;
l’avais laissé lorsque j’y vins en 1694. J’ai fait une bonne affaire&#13;
&#13;
�d’avoir chargé le fermier des réparations de ce moulin. Hors de&#13;
grands accidents, il ne nous coûtera aucune réparation. Je chargeai&#13;
le fermier de faire remplir une grande fosse qui est restée en brèche,&#13;
qui nous a coûté plus de 150 livres à reboucher. Cette fosse, si on ne&#13;
la remplissait, entraînerait tôt ou tard la réparation. J’y ai fait&#13;
apporter des terres pour la combler en talus, afin de soutenir la&#13;
chaussée. Cette réparation nous coûtera bien 60 francs, mais elle est&#13;
nécessaire et le fermier n’y est pas obligé.&#13;
Procès que veulent&#13;
&#13;
J’allai voir ceux qui sont les maîtres des forges de M. Le Prince, qui&#13;
&#13;
intenter les maîtres&#13;
&#13;
sont à ½ lieue au-dessus de notre moulin, parce qu’ils voulaient me&#13;
&#13;
des forges&#13;
&#13;
faire un procès, prétendant que nous avions haussés nos&#13;
emplacements et nos chaussées. J’y fus défendre notre droit. Je ne&#13;
sais s’ils nous attaqueront, mais s’ils le font, il faudra nous défendre.&#13;
Je comptai avec notre fermier qu’il me restait redevable toutes&#13;
choses allouées, hors 25 livres des premières réparations et celles de&#13;
cette brèche, d’environ 300 livres, qu’il me promit d’envoyer vers la&#13;
Saint-Martin. Je ne trouvai pas un denier à toucher sur toute ma&#13;
route, par bonheur que j’avais pris suffisamment de quoi faire&#13;
entièrement mon voyage et me rendre à Paris.&#13;
&#13;
Il va à Bourges, où il&#13;
&#13;
J’allai de Châteauroux à Bourges. J’y avais plusieurs affaires pour&#13;
&#13;
voit M. Guyot.&#13;
&#13;
notre Séminaire, mais j’eus le malheur de n’y trouver pas une seule&#13;
personne des sept ou huit que j’avais à y voir. Je n’y vis que&#13;
M. Guyot, qui y est curé d’une paroisse unie au Séminaire de&#13;
Bourges. Il me fit bien des amitiés. Il pense toujours au Canada et&#13;
espère y retourner. Je repris de Bourges mon chemin vers Paris et&#13;
quoique mon cheval fût fort las, je ne laissai pas de lui faire faire ce&#13;
chemin, qui est de plus de 60 lieues en quatre jours.&#13;
&#13;
À l’Estrée et&#13;
&#13;
Je m’en suis encore servi pour aller à l’Estrée et à Montigny, lieu de&#13;
&#13;
Montigny&#13;
&#13;
naissance de Mgr notre ancien évêque. J’étais bien aise de connaître&#13;
par moi-même l’abbaye de l’Estrée et de parler à Mme la prieure de&#13;
&#13;
�L’abbaye de l’Estrée&#13;
bien délabrée depuis&#13;
qu’on y a introduit&#13;
les religieuses&#13;
&#13;
La Colombe qui y demeure. Les fermes sont dans un état passable,&#13;
mais l’abbaye est fort délabrée depuis qu’on y a introduit les&#13;
religieuses. Il n’y a que la prieure, une sœur converse, une&#13;
demoiselle et un religieux, avec quatre valets. La prieure se plaignit&#13;
d’avoir été grêlée depuis deux ans. Elle s’excuse par là d’avoir laissé&#13;
dépérir le moulin. Si l’union n’était disposée à se consommer au&#13;
premier jour, il faudrait exclure ces religieuses de ces lieux, car elles&#13;
&#13;
Plainte de la prieure,&#13;
Mme de La Colombe,&#13;
contre Mgr de Québec&#13;
d’avoir enlevé un&#13;
beau ciboire et les&#13;
ornements de&#13;
l’église.&#13;
&#13;
n’y font pas de bien. La prieure se plaignit fort à moi que&#13;
Monseigneur eût enlevé un beau ciboire d’argent et tous les&#13;
ornements de l’église, contre les articles du concordat passé entre lui&#13;
et l’ordre de Cîteaux. M. l’abbé de Cîteaux et l’abbé de La Charité&#13;
nous firent la même plainte et nous apprirent qu’ils l’avaient portée&#13;
au P. de La Chaize en 1691, qui reprit fort M. de Québec. Je voudrais&#13;
&#13;
Demande l’usage&#13;
que Monseigneur en&#13;
a fait&#13;
&#13;
savoir l’usage qu’il a fait de ce ciboire et s’il en pouvait ainsi&#13;
disposer.&#13;
Je ne pus tirer de l’argent de M. Rotrou et j’ai toutes les peines du&#13;
monde à en tirer. Les temps sont mauvais.&#13;
Je ne vous apprendrai rien de la paix de Savoie, du mariage du duc&#13;
de Bourgogne avec la princesse de Savoie et de la neutralité de tous&#13;
les princes en Italie. La voix publique vous en dira plus que je ne&#13;
pourrais vous en mander. On espère cet hiver une paix générale.&#13;
&#13;
Bonnes nouvelles des&#13;
&#13;
Mais je crois devoir vous mander exactement les bonnes nouvelles&#13;
&#13;
missions d’Orient&#13;
&#13;
qui nous sont venues de Rome à l’égard de nos missions. Je sais&#13;
l’intérêt que vous y prenez. Vous avez appris, par mes lettres écrites&#13;
cette année, l’état violent où sont nos missions d’Orient depuis&#13;
quatre ou cinq ans. Depuis 1691, M. Quémener27 est à Rome et&#13;
sollicite le pape à renverser les prétentions frivoles du roi du&#13;
Portugal pour le droit de patronage qu’il prétend avoir sur toutes&#13;
les Indes et toute la Chine. Le pape avait toutes les peines du monde&#13;
à se déclarer contre ce prétendu droit, de crainte de choquer cette&#13;
&#13;
Louis Quémener, 1643-1704, missionnaire en Inde et Chine, député en 1689 à Rome par les vicaires apostoliques&#13;
d'Extrême-Orient pour que le pape ne cède par les lieux aux Portugais.&#13;
27&#13;
&#13;
�couronne, et M. Quémener nous mandait au mois de mai dernier&#13;
qu’il désespérait de l’y résoudre. Cependant, le propre jour de SaintIgnace, le pape, après avoir entendu la messe chez les Jésuites, alla&#13;
tenir une congrégation solennelle à la Propagande. Ce saint pape y&#13;
parla en saint Grégoire et comme ces papes des premiers siècles. Il y&#13;
exalta la charge qui lui était imposée d’étendre la religion jusqu’aux&#13;
extrémités de la terre. Il bénit Dieu des bonnes dispositions où se&#13;
trouvait pour la religion le grand empire de Chine. Il loua la foi et la&#13;
piété du Roi Très Chrétien qui, non content d’épuiser ses trésors&#13;
pour soutenir la foi en Europe, étendait ses libéralités jusqu’aux&#13;
extrémités du monde pour y établir cette même foi. Il dit qu’il ne&#13;
pouvait se dispenser de suivre un si bel exemple, mais qu’il devait&#13;
même, passant le roi dans ses libéralités, l’animer à les redoubler et&#13;
engager tous les rois chrétiens dans un emploi de leurs biens si&#13;
avantageux à la religion.&#13;
Il ajouta qu’il estimerait tous les trésors de Saint-Pierre bien&#13;
employés à une si bonne œuvre et qu’il s’estimerait heureux d’y&#13;
employer tous ses biens pendant son pontificat ; que pour&#13;
commencer, il faisait présent à la Congrégation pour le soutien des&#13;
missions de la Chine de 300 000 livres romaines, qui font près de&#13;
350 000 livres de France, pour en faire un fonds pour ces missions.&#13;
Il loua ensuite le zèle des vicaires apostoliques qui avaient avancé&#13;
les affaires de la religion et soutenus l’autorité du Saint-Siège aux&#13;
dépends de leur repos et de tous leurs biens. Il déclara qu’il voulait&#13;
soutenir ces missionnaires, et dans cette congrégation et [dans les]&#13;
deux suivantes qu’il tint sur ce sujet. Il déclara toutes les missions&#13;
de la Chine, Tonkin, Cochinchine, Ciampa, Laos et Siam&#13;
dépendantes immédiatement du Saint-Siège et exemptes de toute&#13;
autre juridiction que de celle des vicaires apostoliques envoyés par&#13;
Sa Sainteté. Il distribua ensuite toute la Chine et comme elle est&#13;
divisée en quinze provinces, il en laissa deux à l’évêque de Pékin,&#13;
deux à celui de Nankin et deux à celui de Macao, à la charge que ces&#13;
&#13;
�évêques qui ont été nommés par le roi du Portugal après leur mort&#13;
seront nommés par le pape, qui y placera qui il voudra, excepté à&#13;
Macao. Des neuf provinces, il en donna trois à nos vicaires&#13;
apostoliques français, celle de Fujian à M. Maigrot, celle de Se-Ciuen&#13;
à M. l’abbé de Lionne et celle de Yunnan à M. Le Blanc, avec le titre&#13;
d’évêque in partibus, et il en a donné quatre aux Dominicains&#13;
français et Augustins italiens et deux aux Dominicains espagnols.&#13;
On n’a encore rien réglé de particulier pour les missions de Tonkin,&#13;
Cochinchine et Siam, sinon qu’on les a déclarées indépendantes des&#13;
Portugais, sujettes au Saint-Siège, et qu’on a nommé le P. Lezzoli,&#13;
dominicain, pour succéder à feu M. Deydier, évêque d’Auren, et&#13;
M. Bélot pour coadjuteur de M. de Bourges, évêque d’Ascalon28.&#13;
Voilà de grandes nouvelles. Jamais les jésuites portugais et italiens&#13;
n’ont perdu plus solennellement leur procès. Dieu veuille qu’on ne&#13;
soit pas obligé d’y comprendre aussi ceux de France et toute la&#13;
Société. Ceux de Paris nous assurent qu’ils sont très aisés de ce qui&#13;
a été réglé et qu’ils y ont contribué. Ils voudraient même que nous&#13;
leur en eussions toute l’obligation. Cependant, s’il en faut croire&#13;
M. Quémener qui est à Rome, les Jésuites de Paris ont envoyés à&#13;
Rome de très fâcheux mémoires contre notre Séminaire de Paris et&#13;
nos missionnaires des Indes. M. Quémener en doit apporter des&#13;
copies. Ils ont même fait courir depuis deux ans que l’on allait&#13;
donner une abbaye ou un évêché considérable à chacun de nos deux&#13;
Messieurs et qu’ils céderaient le Séminaire et tous ses revenus aux&#13;
Jésuites, qui s’y établiraient. C’est ce que des jésuites ont dit en&#13;
province à quelques-uns de nos amis. Ce serait alors que nous&#13;
aurions été faits jésuites en dormant ! On nous aurait apporté à notre&#13;
réveil une robe de jésuite et tous nos missionnaires auraient quitté&#13;
le collet pour revêtir l’habit de saint Ignace, comme plusieurs de&#13;
leurs pères ont dit plusieurs fois qu’il fallait faire réunir toutes les&#13;
missions dans leur Société.&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
Inversion : Deydier était évêque d’Ascalon et Bourges évêque d’Auren.&#13;
&#13;
�P. Le Comte&#13;
&#13;
Je vous enverrai les mémoires que le P. Le Comte, jésuite revenu&#13;
depuis deux ans de la Chine, a donné au public un vaste empire. Ces&#13;
mémoires l’ont tellement fait goûter du roi qu’il l’a choisi pour&#13;
confesseur de Mlle la petite duchesse de Bourgogne. Ce père paraît&#13;
y louer Mgr d’Héliopolis et nos missionnaires, mais à ceux qui&#13;
l’entendent bien, c’est partout la plus sanglante ironie qu’on en&#13;
puisse faire. Ils nous font juger par là de leurs dispositions. C’est la&#13;
reconnaissance qu’ils rendent à nos missionnaires pour les services&#13;
qu’ils leur ont rendus dans les persécutions qu’ils ont eues à souffrir&#13;
de leurs pères portugais, qui ont été jusqu’à excommunier les&#13;
Jésuites français, les chasser de la Compagnie, etc., ce qui a obligé le&#13;
P. Le Comte d’abandonner la Chine. Le P. Bouvet est sorti pour le&#13;
même sujet et on croit que les trois autres qui y étaient restés en&#13;
seront partis depuis. Ces pères mandent au P. Verjus : « Nous étions&#13;
partis de France pour soutenir nos pères portugais contre les&#13;
missionnaires français. Nous n’avons à souffrir que de ceux que&#13;
nous étions allés dépendre et ils nous persécutent à toute outrance&#13;
et nous n’avons de soutien et de consolation que de ceux que nous&#13;
étions allés inquiéter. Cependant, ils font en Europe ce qu’ils&#13;
peuvent contre nous et on s’attend de les avoir toujours à dos, sinon&#13;
ouvertement, du moins sous-main. »&#13;
M. Quémener fait expédier à Rome tous les décrets qu’il a obtenus&#13;
pour les apporter avec lui en France à la fin de cette année, afin d’en&#13;
partir au commencement de la suivante pour les Indes. M. Charmot&#13;
et M. Guilhem sont partis de Rome afin de le relever. Je les ai chargés&#13;
d’une partie de nos papiers pour l’union de nos abbayes et ils m’ont&#13;
promis de s’y employer fortement.&#13;
&#13;
Mort de&#13;
&#13;
J’ai appris au commencement de novembre la mort de&#13;
&#13;
M. Duchesneau&#13;
&#13;
M. Duchesneau. Il s’était retiré à Ambrault-près-Issoudun en Berry,&#13;
où il vivait en solitaire et se préparait à mourir depuis longtemps. Il&#13;
n’est pas nécessaire de le recommander à vos prières. J’ai de lui un&#13;
&#13;
�billet de 250 livres fait à feu M. Dudouyt pour argent prêté, que je&#13;
n’ai qu’à déchirer car nous n’en serons jamais payés.&#13;
Les premières nouvelles qui me sont venues du Canada me furent&#13;
apprises au commencement de novembre par M. Fredin pendant&#13;
que j’étais en retraite. Il me dit que tout le monde se portait bien et&#13;
que nos vaisseaux étaient arrivés à bon port ; ce qui me réjouit fort.&#13;
Premières lettres&#13;
&#13;
Je reçus vers le 15e novembre les lettres que vous m’avez écrites dans&#13;
&#13;
reçues&#13;
&#13;
le mois d’août et qui sont venues par un brigantin venu à Plaisance&#13;
dans le paquet de M. l’intendant sous l’enveloppe de M. le marquis&#13;
de Denonville. J’appris le retour de tous ces navires en France le&#13;
11e ou le 12e décembre et le 15e je reçus un paquet de lettres venues&#13;
par la poste, dans lequel j’en trouvai une en chiffres, une autre de&#13;
M. de Glandelet pour moi du 25e ou 29e octobre dernier, une de&#13;
Mgr l’Ancien pour le R. P. de La Chaize, une autre pour le même de&#13;
la personne, etc.,29 et une de M. de Glandelet pour M. le marquis de&#13;
Denonville.&#13;
&#13;
Dispositions du&#13;
&#13;
Avant que nous eussions reçu ces lettres, nos Messieurs avaient vu&#13;
&#13;
R. P. confesseur sur&#13;
&#13;
le R. P. de La Chaize. Il leur parut froid sur M. de Québec et [à]&#13;
&#13;
le retour de&#13;
Monseigneur&#13;
&#13;
consentir même à le voir retourner. Ils firent ce qu’ils purent pour le&#13;
remettre dans ses premiers sentiments et médirent de porter le&#13;
P. de Lamberville à lui parler fortement sur ce sujet. Ils&#13;
réinstruisirent&#13;
&#13;
aussi&#13;
&#13;
M.&#13;
&#13;
l’archevêque&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
Paris&#13;
&#13;
et&#13;
&#13;
lui&#13;
&#13;
communiquèrent les mémoires, que je crois n’avoir point été vus par&#13;
Monseigneur, ni par M. de La Pallière. Ils sont allés hier à Saint-Cyr&#13;
et ils doivent voir en passant le R. P. de La Chaize et M. le marquis&#13;
de Denonville, à qui ils doivent rendre les lettres ci-dessus.&#13;
[21 décembre]&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
Il faut lire : de la personne que vous savez, c’est-à-dire l’abbé de La Colombière.&#13;
&#13;
�M. de Québec est toujours en campagne. Il donne demain,&#13;
22 décembre, les ordres à Limoges en Berry et part aussitôt pour&#13;
revenir à Paris, où il doit tout remuer pour retourner en Canada. Je&#13;
m’attends à voir de belles scènes.&#13;
M. de La Pallière, sa&#13;
&#13;
M. de La Pallière me dit ces jours passés, avec un épanouissement&#13;
&#13;
joie sur les premières&#13;
&#13;
de joie extraordinaire, que M. le comte [de Frontenac] recherchait à&#13;
&#13;
nouvelles qu’il reçut&#13;
&#13;
présent l’amitié de Monseigneur et qu’il devait, avec les Récollets,&#13;
mettre toute pierre en œuvre pour le faire retourner au Canada. Il&#13;
m’apprit aussi la mésintelligence de M. le comte et des pères jésuites&#13;
et il en inféra que les pères jésuites devaient penser à se réunir à&#13;
Monseigneur, de peur qu’il ne se joignît à M. le comte [et] aux&#13;
Récollets. « Quasi vero, etc. »30 Je fis paraître n’avoir point encore reçu&#13;
mes lettres ; je ne les avais pas encore en effet. M. de La Pallière allait,&#13;
en me quittant, raconter ces bonnes nouvelles au R. P. de La Chaize,&#13;
qui les savait déjà. Je ne sais comment il aura pris la chose venant de&#13;
lui.&#13;
&#13;
M. Charmot bien&#13;
&#13;
L’absence de Monseigneur a cité cause qu’on n’a point jusqu’à&#13;
&#13;
reçu du pape&#13;
&#13;
[maintenant] avancé l’affaire des unions. M. Charmot est arrivé à&#13;
&#13;
touchant l’union des&#13;
abbayes&#13;
&#13;
Rome, d’où il me mande qu’il attend, pour agir en cette affaire, nos&#13;
derniers papiers que je ne puis lui envoyer qu’après le retour de&#13;
Monseigneur. Ce missionnaire a été parfaitement bien reçu du pape,&#13;
qui avait fait expédier tout récemment toutes les bulles qu’il a&#13;
accordées aux vicaires apostoliques, mêmes [ceux] qui ne sont ni de&#13;
notre corps, ni de notre nation. Nous les reçûmes tous à Paris il y a&#13;
huit jours.&#13;
&#13;
Mort du jeune&#13;
&#13;
J’ai perdu, à la fin de novembre, le jeune Beloche, fermier du prieuré&#13;
&#13;
Beloche, fermier du&#13;
&#13;
de Saint-Sébastien, que je regrette fort. Il a été étouffé par un abcès&#13;
&#13;
prieuré de SaintSébastien&#13;
&#13;
qui est tombé dans sa gorge et l’a étouffé.&#13;
&#13;
« Quasi vero mihi difficile sit quamvis multos nominatim profere », « Comme s’il m’était difficile d’en citer&#13;
nominativement autant qu’on voudra » (Cicéron, Orationes, Pro Roscio Amrino, 47)&#13;
30&#13;
&#13;
�Argent provenu des&#13;
&#13;
Nous avons reçu une lettre de change de 8 333 livres pour le dernier&#13;
&#13;
bois neufs en rente&#13;
&#13;
paiement des bois, qui n’est payable qu’au 18 de janvier ; si bien que&#13;
&#13;
sera de 25 840 livres&#13;
en principal et&#13;
&#13;
pour convertir les deux contrats des bois, l’un de 424 livres de rente&#13;
&#13;
1 848 livres de rente&#13;
&#13;
et l’autre de 500 livres, en tout 924 livres de rente, et en faire&#13;
&#13;
au dernier 14, moitié&#13;
&#13;
1 848 livres de rente au denier 14, il nous faut emprunter de l’argent&#13;
&#13;
pour l’évêque et&#13;
&#13;
avant la fin de décembre pour profiter de six mois d’arrérages. Nos&#13;
&#13;
moitié pour le&#13;
&#13;
Messieurs me prêtent 4 000 livres et M. de La Pallière empruntera&#13;
&#13;
chapitre&#13;
&#13;
les autres 4 000 livres et des deux contrats, nous n’en ferons qu’un,&#13;
dans lequel je ferai déclarer que le chapitre a la moitié et l’évêque,&#13;
l’autre. Ce contrat sera de 25 840 livres en principal venant des bois.&#13;
&#13;
Lettre de 1696&#13;
&#13;
/Transcription31 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
31&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Séminaire de Québec, v. 1900.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval &lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI-VI-6&#13;
Extraits de la lettre de l’abbé Tremblay aux directeurs du Séminaire de&#13;
Québec, avec annotations du Serviteur de Dieu, 3 juin 1696, d’après&#13;
l’original conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du&#13;
Séminaire de Québec, Lettres M, no 22&#13;
Ceci est la deuxième lettre de Tremblay avec des annotations du Serviteur de Dieu (voir&#13;
LI-VI-4).&#13;
&#13;
Notes du serviteur de Dieu&#13;
&#13;
C’est un bien d’avoir M. de Paris.&#13;
C’est une providence pour toute&#13;
l’Église. Vous tâcherez de vous en&#13;
servir pour le bien de celle-ci, qui est&#13;
entièrement ruinée si Monseigneur y&#13;
revient, étant incapable de pouvoir&#13;
changer d’esprit et de conduite.&#13;
&#13;
Lettre de M. Tremblay&#13;
[Le nouvel archevêque de Paris] C’est un des&#13;
meilleurs amis qu’aient nos missions. On ne&#13;
pouvait faire un choix qui nous convint&#13;
davantage. Il a demeuré, étant abbé, dans&#13;
notre Séminaire. Il y a encore demeuré&#13;
depuis qu’il est évêque et il a fait faire,&#13;
pendant deux ou trois années de suite, en&#13;
1685, 1686 et 1687, par nos MM. des Missions dans Châlons, Vitry, Sainte-Menehould&#13;
et les principaux lieux de son diocèse.&#13;
Il vint voir nos Messieurs peu après qu’il&#13;
fut nommé. Nous avions les prières des&#13;
Quarante-heures. Il y dit la messe et&#13;
demeura deux ou trois heures chez&#13;
nous. Il témoigna qu’il savait ce que nos&#13;
Messieurs avaient fait pour le faire&#13;
mettre en cette place et nous marqua à&#13;
tous toute la bonté qu’on pouvait&#13;
désirer.&#13;
Je ne vous dis pas du bien de lui à cause de&#13;
cette bonté particulière qu’il a pour nous. Il&#13;
se fait aimer également de tout le monde. Il&#13;
est si affable, si doux, si modeste, il vit si&#13;
régulièrement, dit sa messe tous les jours et&#13;
les samedis à la chapelle de la Sainte-Vierge-&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Il faut faire tout le possible pour&#13;
obtenir Mgr de Paris pour&#13;
commissaire, comme l’était son&#13;
prédécesseur, et il est nécessaire de&#13;
le bien instruire à fond des suites&#13;
funestes et infaillibles du retour de&#13;
&#13;
de-Notre-Dame, que tous les peuples ont&#13;
pour lui un respect extraordinaire. Sa maison&#13;
est tout à fait réglée. Il a envoyé en entrant&#13;
en possession des aumônes considérables&#13;
dans toutes les paroisses de Paris. On espère&#13;
de lui qu’il fera cesser bien des abus et des&#13;
désordres qui règnent dans Paris, mais il&#13;
prend présentement toutes les connaissances sans rien remuer. Il a continué tout&#13;
ce que son prédécesseur avait fait ou plutôt&#13;
il n’a rien changé. Il a besoin d’une grande&#13;
sagesse, car il aura de fortes têtes à&#13;
combattre.&#13;
&#13;
Monseigneur et lui bien faire&#13;
connaître la nature de l’esprit et de&#13;
sa conduite, qu’il est du tout&#13;
impossible qu’il change jusqu’à sa&#13;
mort, quoi que ce soit qu’il promette&#13;
et fasse, tout n’étant qu’un pur&#13;
artifice et déguisement.&#13;
&#13;
Il a pris dans le chapitre tous les officiers de&#13;
l’officialité. Il a choisi pour grands-vicaires&#13;
M. Pirot, M. le curé de Saint-Laurent et un de&#13;
ses grands-vicaires de Châlons qu’il a amené&#13;
avec lui. Les Jésuites ont appréhendé qu’il ne&#13;
leur fut pas favorable, mais je crois que leurs&#13;
craintes seront mal fondées et qu’il aura&#13;
pour eux beaucoup de considération. Nous&#13;
avons perdu en la mort de feu&#13;
M. l’archevêque&#13;
&#13;
une&#13;
&#13;
personne&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
connaissait parfaitement l’Église de&#13;
Canada. On espère, s’il est besoin, être&#13;
en état d’instruire celui qui remplit sa&#13;
place, car il n’a aucune connaissance de&#13;
ces affaires. […]&#13;
Depuis le concordat fait avec les moines&#13;
de l’abbaye de Bénévent, le chapitre de&#13;
Québec a autant de droits de jouir de ce&#13;
qui revient de la mort des religieux que&#13;
des abbayes de Méobecq et de l’Estrée,&#13;
puisque, également, on ne remplace&#13;
aucun religieux dans toutes les trois et&#13;
que le roi, par tous les brevets des trois&#13;
&#13;
Mgr de Québec était alors à l’abbaye de&#13;
Bénévent, après avoir composé son&#13;
catéchisme qu’il a fait imprimer, à ce qu’on&#13;
m’a dit. Il partit vers le mois d’août pour aller&#13;
à Méobecq et de là, à Bénévent. Il y est resté&#13;
jusqu’au 4 janvier de cette année, qu’il est&#13;
arrivé à Paris. Il a fait deux ou trois missions&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�abbayes, les donne pour être réunies à&#13;
l’évêché et l’Église du Canada. Il faut&#13;
demander au roi de nouveaux&#13;
commissaires et ne pas relâcher rien de&#13;
cet article, Monseigneur n’ayant pas&#13;
plus de droits de jouir du revenu de ce&#13;
qui appartient à l’évêque que le chapitre&#13;
de Québec en a de jouir de ce qui&#13;
appartient aux religieux pendant leur&#13;
vie, en attendant que l’union se fasse à&#13;
Rome, qui ne sera possible et selon&#13;
toute apparence d’ici à beaucoup&#13;
d’années. L’on n’a pas le moyen, sans&#13;
cela, d’accomplir le service divin dans la&#13;
cathédrale de Québec. Ce qui revient au&#13;
chapitre de Québec des abbayes de&#13;
Méobecq et de l’Estrée ne se montant,&#13;
comme l’on voit, qu’à peu de choses, qui&#13;
n’est pas suffisant à beaucoup près pour&#13;
l’entretien du service divin et ce qui&#13;
revient présentement de l’abbaye de&#13;
Bénévent par la mort des religieux, qui&#13;
n’appartient aucunement à&#13;
Monseigneur, ne laissera pas d’aider&#13;
beaucoup à soutenir le service divin.&#13;
Monseigneur retiendra autant qu’il&#13;
pourra ce fonds, son ordinaire étant de&#13;
faire des libéralités et d’employer les&#13;
fonds dont il s’empare à d’autres&#13;
œuvres, aux dépens du bien d’autrui.&#13;
Les commissaires que le roi nommera ne&#13;
refuseront point assurément cette&#13;
application, qui n’appartient en façon&#13;
quelconque à l’évêque, le chapitre de&#13;
Québec ayant [autant] de droit sur&#13;
l’abbaye de Bénévent que celle de&#13;
Méobecq et de l’Estrée, lesquelles&#13;
Monseigneur ne conteste pas, puisque&#13;
l’on en a fait le partage. Il faut faire en&#13;
sorte que ce qui reviendra au chapitre&#13;
ne demeure pas entre les mains de&#13;
Monseigneur, ni à sa disposition, s’il&#13;
revient ; même s’il ne revient, pour&#13;
obvier à toutes supercheries dont il se&#13;
sert pour s’approprier tout ce qu’il peut.&#13;
&#13;
dans son abbaye de Bénévent et il prétend&#13;
avoir employé à cela ce qu’il tire de la part des&#13;
moines et qui devrait appartenir aux&#13;
chanoines si l’abbaye était réunie à l’évêché&#13;
et chapitre de Québec.&#13;
Cette union n’a guère avancé cette année.&#13;
Après bien des lettres écrites, on a enfin reçu&#13;
de M. le cardinal de Janson un mémoire de&#13;
l’état où est cette affaire, par lequel il paraît&#13;
qu’on n’a pas jusqu’à présent fourni au SaintSiège les éclaircissements qu’il demande sur&#13;
cette affaire, par la faute des banquiers qui&#13;
ont négligé de la faire savoir. On a su&#13;
précisément ce qu’on demande à Rome. On&#13;
n’attend plus que le temps où M. de Limoges&#13;
soit sacré pour faire faire, par son autorité, un&#13;
procès-verbal de l’état de l’abbaye de&#13;
Bénévent, qu’on demande comme toutes les&#13;
deux autres abbayes ; après quoi, on enverra&#13;
à Rome toutes les pièces, du moins celles&#13;
qu’on peut avoir, et on fera alors solliciter&#13;
fortement cette affaire.&#13;
On demande, par exemple, le consentement&#13;
des trois généraux de Saint-Benoît, de SaintBernard et de Saint-Augustin, d’où dépendent ces abbayes, à ce qu’on croit. Le général&#13;
de la Congrégation de Saint-Maur ne veut pas&#13;
le donner pour Méobecq. On croit qu’on s’en&#13;
peut passer : 1° parce que cette abbaye n’a&#13;
jamais été de la Congrégation de Saint-Maur&#13;
et qu’on a les consentements des religieux&#13;
qui y avaient droit, ce qui suffit ; 2° en cas que&#13;
Rome ne veuille pas passer cette abbaye sans&#13;
ce consentement, nous ne laisserons pas d’en&#13;
jouir, car nous en avons une union faite par&#13;
l’archevêque de Bourges sur les patentes du&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Vous me marquez qu’il a cherché et&#13;
trouvé le moyen d’être le maître et de&#13;
jouir seul de cette abbaye en faisant une&#13;
pension modique à cinq ou six chanoines&#13;
réguliers qui restent. Il le peut bien&#13;
pendant que le chapitre de Québec ne&#13;
lui dit rien sur cette jouissance, mais les&#13;
commissaires, que l’on doit demander&#13;
au roi pour examiner cette affaire et&#13;
pour connaître qu’il s’approprie un bien&#13;
qui ne lui appartient pas et dont il ne&#13;
peut avoir aucun droit de jouir, ne&#13;
souffriront même jamais à Rome une&#13;
chose de cette nature. Il n’y a pas lieu de&#13;
douter qu’il n’ait l’adresse et la ruse de&#13;
faire insérer dans le concordat et acte&#13;
de décret ou autre nature d’écrit qu’il a&#13;
fait à ce qu’il nous a dit passer par feu&#13;
M. de Limoges tout ce qu’il aura pu pour&#13;
tendre à la fin de jouir de ce revenu,&#13;
desquels écrits il a dit de vive voix qu’ils&#13;
étaient avantageux pour le chapitre de&#13;
Québec, sans néanmoins faire voir ce&#13;
qu’ils contiennent.&#13;
Quoiqu’il en soit, il ne faut pas&#13;
assurément demeurer en repos sur&#13;
cette affaire, mais la représenter&#13;
fortement au roi et aux commissaires et&#13;
l’aliénation que Monseigneur fait du&#13;
revenu des religieux, qui ne peut être&#13;
employé, n’ayant point de religieux à la&#13;
place de ceux qui sont morts, qu’au&#13;
chapitre de Québec, attendant que&#13;
l’union se fasse et c’est uniquement et&#13;
absolument au roi d’ordonner de ce&#13;
revenu, n’y ayant point de religieux,&#13;
jusqu’à ce que l’union soit faite. La&#13;
première chose qu’il faut faire est de&#13;
lever autant de ce qui a été fait par feu&#13;
M. de Limoges et du concordat fait avec&#13;
les religieux. Si Monseigneur ne veut pas&#13;
le faire voir, l’on y verra les clauses et&#13;
conditions pour répondre. Je crois qu’il&#13;
ne vous sera pas difficile.&#13;
&#13;
roi, laquelle est registrée et homologuée au&#13;
Parlement, de sorte qu’en vertu de cette&#13;
union ainsi confirmée, nous en jouirons&#13;
toujours et aucun religieux n’y pourront&#13;
jamais rentrer. L’abbé général de SainteGeneviève a donné fort honnêtement son&#13;
consentement pour l’union de l’abbaye de&#13;
Bénévent. Ainsi, il n’y aura pas d’obstacle de&#13;
ce côté-là. Il n’y a que l’abbé général de&#13;
Cîteaux qui ne veut pas consentir à l’union de&#13;
l’Estrée, quoiqu’on lui ait fait voir que son&#13;
prédécesseur y avait consenti à des&#13;
conditions avantageuses à son ordre, par la&#13;
translation du prieuré de La Colombe dans les&#13;
bâtiments de l’Estrée. Quelques-uns croient&#13;
que le Saint-Siège, informé de l’utilité de&#13;
l’Église en cette union, pourrait bien n’avoir&#13;
point d’égard à cette union. Nous ferons cet&#13;
été ce que nous pourrons.&#13;
Mgr de Québec, se lassant de voir ces affaires&#13;
s’avancer si peu, nous dit ces jours passés&#13;
qu’il avait écrit depuis peu à Rome pour&#13;
demander du moins l’union des menses&#13;
abbatiales, à laquelle on ne fait aucune&#13;
difficulté. Nous lui témoignâmes qu’il était le&#13;
maître de faire ce qu’il voulait, mais que nous&#13;
ne nous dégoûterions pas de demander&#13;
l’union des menses abbatiales avant que&#13;
d’avoir examiné si celle de la monacale se doit&#13;
faire ou non. Nous voyons en cela que&#13;
Monseigneur prend peu à cœur les intérêts&#13;
du chapitre ; s’il les avait à cœur, il aurait fait&#13;
pour Bénévent ce que Mgr l’Ancien a fait pour&#13;
Méobecq, mais il a cherché et trouvé le&#13;
moyen d’être seul le maître de cette abbaye,&#13;
dont il jouit en faisant pension très modique&#13;
à cinq ou six chanoines qui restent encore. Je&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�crois que nous avons gagné une de nos&#13;
pensions de moines qu’on fait à Méobecq. On&#13;
a payé encore jusqu’ici à M. Baraton&#13;
300 livres par an et à M. Bouzitat, 200 livres.&#13;
Le sieur Baraton vit encore et demeure à&#13;
quelques lieues de Méobecq, mais le sieur&#13;
Bouzitat ne se présente plus depuis un an. Ce&#13;
sera une augmentation pour le chapitre. J’ai&#13;
cru devoir vous faire cette digression à&#13;
l’occasion du voyage que Mgr de Québec a fait&#13;
cet été dans ses abbayes, afin de vous&#13;
instruire de l’état où est l’affaire de l’union.&#13;
Revenons présentement à nos lettres reçues.&#13;
M. de Denonville&#13;
&#13;
nous&#13;
&#13;
écrivit&#13;
&#13;
le&#13;
&#13;
26 décembre qu’il croyait, après avoir&#13;
bien pensé à cela devant Dieu, que nous&#13;
devions&#13;
&#13;
faire&#13;
&#13;
quelque&#13;
&#13;
chose&#13;
&#13;
pour&#13;
&#13;
prévenir les lettres que Mgr de Québec a&#13;
fait écrire à M. de Pontchartrain, qu’il&#13;
était nécessaire d’instruire M. l’archevêque de Paris de ces affaires en faisant&#13;
ressouvenir le P. de La Chaize de tout ce&#13;
qui s’était passé, de le mettre en état&#13;
d’instruire Sa Majesté pour savoir sa&#13;
résolution sur Monseigneur. Il ajoutait&#13;
dans sa lettre que s’il lui était permis de&#13;
quitter son poste, il viendrait volontiers&#13;
passer trois jours chez nous pour ne rien&#13;
négliger dans cette affaire ; mais que ne&#13;
pouvant quitter, il priait nos Messieurs&#13;
de venir chez lui ou du moins de m’y&#13;
envoyer. Nous y allâmes, M. de Brisacier&#13;
et moi. Nous apprîmes de lui de vive voix&#13;
que le P. de La Chaize était convenu avec&#13;
lui qu’il fallait dresser un mémoire&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�instructif de l’état où était les choses&#13;
autrefois et de celui où elles sont&#13;
présentement. Nous y travaillâmes avec&#13;
lui dans le cabinet qu’il a au-dessus de la&#13;
Chambre des princes, où nous fûmes&#13;
près de trois jours enfermés. M. de Brisacier y contracta un rhume, qui l’a bien&#13;
fait souffrir depuis. On y dressa un grand&#13;
et un petit mémoire ; le grand pour&#13;
instruire M. l’archevêque et le révérend&#13;
père et le petit pour pouvoir le lire à&#13;
Sa Majesté. Il fallut faire des copies au net&#13;
et les porter ensuite au père confesseur.&#13;
Monseigneur1 parla et vous écrivit ce&#13;
&#13;
Monseigneur était revenu de ses abbayes&#13;
&#13;
qui était au plus loin de sa pensée et&#13;
&#13;
à Paris le 4 janvier. Je reçus de lui une&#13;
&#13;
de son sentiment. Vous le&#13;
&#13;
lettre le jour qu’il arriva, qu’il m’avait&#13;
&#13;
connaîtrez, autant que je puis juger,&#13;
lorsqu’il apprendra que j’ai conféré à&#13;
&#13;
écrite de Châteauroux pour répondre à&#13;
&#13;
plusieurs d’entre eux les ordres&#13;
&#13;
une que je lui avais écrite pour le&#13;
&#13;
sacrés. Si vous lui aviez écrit ou&#13;
&#13;
pressentir sur ce qu’il pensait de votre&#13;
&#13;
parlé pour avoir de lui la permission&#13;
&#13;
conduite à l’égard des six théologiens. Je&#13;
&#13;
de les leur conférer, cela serait à&#13;
&#13;
lui marquais les raisons de Mgr l’Ancien et&#13;
&#13;
contretemps, car nous nous sommes&#13;
fondés sur la lettre qu’il m’écrivit&#13;
&#13;
j’ajoutais que cependant, lui et vous étiez&#13;
&#13;
l’an passé, où il est formellement&#13;
&#13;
prêts de condamner cette conduite s’il ne&#13;
&#13;
porté qu’il me prie de conférer les&#13;
&#13;
l’approuvait pas, etc. Il me répondait&#13;
&#13;
ordres sacrés quand l’occasion s’en&#13;
&#13;
dans cette lettre qu’il était parfaitement&#13;
&#13;
présentera et me prie ensuite que si&#13;
&#13;
content de la conduite que Mgr l’Ancien et&#13;
&#13;
M. Dollier me prie de quelque chose&#13;
sur cela, de le lui accorder ; en&#13;
&#13;
vous aviez tenue et à l’égard de cela et à&#13;
&#13;
conséquence de quoi, j’écrivis à&#13;
&#13;
l’égard de toute autre chose, qu’il était&#13;
&#13;
mondit sieur Dollier et lui ai fait&#13;
&#13;
bien aise qu’on eût en cela prévenu la&#13;
&#13;
offre de mon ministère. Nous avons&#13;
&#13;
permission qu’il avait envoyée, etc. J’ai&#13;
&#13;
conféré et concerté ensemble et avec&#13;
&#13;
été bien aise d’avoir cela écrit de sa main&#13;
&#13;
NDLR : Dans sa grande lettre au Séminaire de Québec écrite entre juin 1696 et le 17 avril 1697, Tremblay&#13;
demande aux MM. du Séminaire de rayer cette note de Laval.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�les Jésuites et l’on a été de ce&#13;
&#13;
et ce fut une des raisons qui me fit lui&#13;
&#13;
sentiment, en vertu de sa lettre.&#13;
&#13;
écrire, afin que si dans la suite il&#13;
&#13;
Possible aura-t-il intention de gloser&#13;
et de donner une autre interprétation&#13;
&#13;
désapprouvait cette action, j’eusse en&#13;
main de quoi la justifier.&#13;
&#13;
à sa lettre. Nous avons eu sujet de le&#13;
présumer, de ce que nous apprîmes&#13;
&#13;
Il m’envoya chercher le lendemain qu’il&#13;
&#13;
qu’avait dit M. Vallet, soi-disant&#13;
&#13;
fut arrivé, me témoigna être tout à fait&#13;
&#13;
Le Vallet, auquel apparemment&#13;
Monseigneur avait écrit ses pensées&#13;
&#13;
satisfait de ce que l’on lui marque de vous&#13;
&#13;
et sentiments sur cela, qui en dit&#13;
&#13;
dans les lettres qu’il a reçues. Jugez si je&#13;
&#13;
assez pour nous le faire juger.&#13;
&#13;
dois l’en croire, lorsque je vois le style&#13;
&#13;
Quoiqu’il en soit et que&#13;
&#13;
avec lequel M. Vallet, soi-disant Le Val-&#13;
&#13;
Monseigneur ait eu sur cela une&#13;
&#13;
let, m’a écrit : « Vous me mandez, dit-il,&#13;
&#13;
double entente, il y est formellement&#13;
porté dans sa lettre. Vous m’aviez&#13;
&#13;
que Monseigneur paraît avoir envie de&#13;
&#13;
même confirmé par vos lettres l’an&#13;
&#13;
bien vivre avec vous. Je crois comme&#13;
&#13;
passé que Monseigneur vous avait&#13;
&#13;
vous que non seulement il en a envie,&#13;
&#13;
dit qu’il me priait, par ses lettres&#13;
&#13;
mais que ç’a toujours été son dessein.&#13;
&#13;
qu’il vous avait lues, de conférer les&#13;
&#13;
Cependant, continue-t-il, il court un bruit&#13;
&#13;
ordres et même de prendre la&#13;
conduite de son diocèse. Nous avons&#13;
&#13;
que je ne veux pas croire, que des gens&#13;
&#13;
tout sujet de croire que l’un et l’autre&#13;
&#13;
aussi vertueux que ceux qui gouvernent&#13;
&#13;
étaient au plus loin de sa pensée.&#13;
&#13;
vos Séminaires de Québec et de Paris et&#13;
&#13;
Mais en tout cas, il n’est aucunement&#13;
&#13;
même les Jésuites, car on les y comprend&#13;
&#13;
parlé du second. Aussi ne me suis-je&#13;
&#13;
aussi, fussent capables d’une chose aussi&#13;
&#13;
ingéré de quoi que ce soit que de ce&#13;
qui est contenu dans ses lettres.&#13;
&#13;
épouvantable, etc. ».&#13;
Jugez s’il a écrit favorablement de vous&#13;
avec les pensées qu’il a que nous retenons&#13;
Monseigneur, etc. Je ne doute pas que&#13;
M. de Montigny ne lui ait écrit de même&#13;
style. Cependant, il ne m’en a rien&#13;
témoigné, mais il m’a plusieurs fois&#13;
assuré qu’il était tout à fait content de&#13;
vous, que je lui faisais plaisir de lui&#13;
marquer en quoi il pouvait vous faire&#13;
plaisir, etc. Deux jours après, qui était le jour&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�des Rois, il vint à notre Séminaire. On avait&#13;
prié M. l’abbé de Noailles, nommé à l’évêché&#13;
de Châlons et frère de M. l’archevêque de&#13;
Paris, de dire la grand-messe. Il se trouva&#13;
enrhumé, si bien qu’on en pria&#13;
Mgr de Québec, qui officia tout le jour. Il se&#13;
servit de cela depuis pour faire croire qu’il est&#13;
parfaitement réconcilié avec nous. Cependant, c’était en ce temps-là même que je&#13;
faisais mettre ces mémoires au net. Nous les&#13;
allâmes porter au R. P. de La Chaize, à qui&#13;
nous les lûmes entièrement. Il nous les trouva&#13;
bien, promit d’y faire ses remarques, d’en&#13;
instruire à fond M. l’archevêque de Paris et&#13;
d’en rendre compte ensuite au roi. Il nous&#13;
promet surtout un grand secret.&#13;
M. l’archevêque de Paris juge très&#13;
&#13;
Nos Messieurs prévinrent M. l’arche-&#13;
&#13;
bien du remède, qui est de lui&#13;
&#13;
vêque de Paris sur ces affaires. Il n’en&#13;
&#13;
donner un évêché en France, où il ne&#13;
pourrait pas faire grand mal, lequel&#13;
&#13;
avait pas encore entendu parler et ne&#13;
&#13;
l’on peut réprimer plus facilement&#13;
&#13;
savait pas même qu’il y eût eu des&#13;
&#13;
qu’ici. La fermeté qu’il fait paraître&#13;
&#13;
contestations entre Mgr de Québec et&#13;
&#13;
(si l’on le mettait hors d’espérance de&#13;
&#13;
nous. Il inclinait à faire donner un autre&#13;
&#13;
son retour) n’étant point de grâce,&#13;
&#13;
évêché et je voudrais que tout le monde&#13;
&#13;
mais seulement un point d’honneur&#13;
et une politique, il changerait de&#13;
&#13;
fût de ce sentiment, mais je ne sais s’il en&#13;
&#13;
sentiment. Comme il n’y a aucun&#13;
&#13;
est encore après qu’on lui a lu les&#13;
&#13;
changement à espérer de sa&#13;
&#13;
mémoires. Toujours le R. P. de La Chaize&#13;
&#13;
conduite, l’on peut s’attendre qu’il&#13;
&#13;
et le roi surtout n’y veulent point&#13;
&#13;
ruinera cette pauvre Église, qu’il est&#13;
&#13;
entendre.&#13;
Quelques jours après que nous eûmes mis ces&#13;
mémoires entre les mains du père&#13;
confesseur, M. Geoffroy vint nous voir. Il&#13;
nous parla conformément à ce qu’il était&#13;
convenu avant son départ, marqua être fort&#13;
embarrassé de la lettre de M. Dollier à&#13;
M. de Pontchartrain et qu’il était absolument&#13;
résolu de ne la point présenter. Il fut à Issy&#13;
&#13;
plus incapable de gouverner à cause&#13;
spécialement de l’éloignement de la&#13;
France.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�consulter M. Tronson, qui lui dit qu’il était fort&#13;
embarrassé lui-même à l’égard de cette&#13;
lettre, que si M. Dollier la lui avait envoyée&#13;
directement, sans en donner aucune&#13;
connaissance à personne, il la supprimerait,&#13;
mais que Mgr de Québec en ayant connaissance, parce que M. Dollier l’avait envoyée&#13;
ouverte à M. Montigny, qui en avait donné&#13;
avis à Monseigneur. Il ne pouvait l’empêcher&#13;
de la lui remettre pour qu’il en fît ce qu’il&#13;
jugerait à propos, mais que M. Geoffroy&#13;
pouvait et devait même s’exempter de la&#13;
présenter lui-même à la personne à qui elle&#13;
était écrite.&#13;
&#13;
C’est un bien que Monseigneur ait été&#13;
connu de longue main de&#13;
M. l’abbé Bignon. Ce qui fut combattu&#13;
par le P. de Mouchy contre lui est le&#13;
véritable caractère de son esprit, de&#13;
&#13;
Ces pourparlers de M. Geoffroy et la lecture&#13;
que nous fîmes de cette lettre, qui nous parut&#13;
être capable de faire quelque impression sur&#13;
l’esprit du ministre, nous obligea à dresser un&#13;
petit mémoire de deux pages pour servir de&#13;
préservatif à cette lettre et à celles des autres&#13;
communautés. Je fus le lire au P. de La Chaize&#13;
et le lui laissai. Je lui demandai s’il ne serait&#13;
pas à propos de prévenir là-dessus&#13;
M. de Pontchartrain et par qui il nous&#13;
conseilla de nous adresser à M. l’abbé&#13;
Bignon, neveu de M. de Pontchartrain, et&#13;
qu’il écoute volontiers, comme il est sous la&#13;
conduite du P. Le Valois et amis de nos&#13;
Messieurs. Il jugea qu’il serait plus à propos&#13;
que tout autre à parler à ce ministre. Nous&#13;
allâmes le voir, M. Tiberge et moi, deux fois&#13;
sans le trouver. Enfin, avec une lettre de sa&#13;
part, je fis si bien que j’eus de lui une&#13;
audience très longue. Je l’instruisis de tout&#13;
sans cependant lui découvrir encore que&#13;
nous eussions donné de longs mémoires,&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�toute sa conduite, qui est incapable de&#13;
changer et c’est encore présentement&#13;
son vrai esprit.&#13;
&#13;
parce que je ne me proposais que de&#13;
l’engager à prévenir le ministre sur les lettres.&#13;
Comme il voulut être éclairé de tout, je lui dis&#13;
verbalement une partie des choses&#13;
renfermées dans ces mémoires. Je fus surpris&#13;
de le trouver tout à fait instruit du caractère&#13;
d’esprit de Mgr de Québec. Il le connaissait&#13;
non seulement par le P. Le Valois, quoiqu’il ne&#13;
m’en fît rien connaître, mais même pour&#13;
l’avoir entendu parler dès 1685 en présence&#13;
du P. de Mouchy, prêtre de l’Oratoire, où&#13;
M. l’abbé Bignon était pour lors. Mgr de Québec était en ce temps-là nommé à l’évêché de&#13;
Québec. Il était prêt d’aller comme vicaire&#13;
général de son prédécesseur. Il témoigna&#13;
dans la conversation des empressements&#13;
pour recevoir le caractère épiscopal, parce&#13;
qu’il était persuadé qu’à ce caractère était&#13;
attaché toute la lumière nécessaire pour&#13;
gouverner sans conseil de qui que ce soit. Le&#13;
P. de Mouchy, qui était très sage, combattit&#13;
ce sentiment de Mgr de Québec fortement. Il&#13;
ne le détruisit pas, car nous n’en avons que&#13;
trop expérimenté les fâcheux effets.&#13;
M. l’abbé Bignon me promit de voir&#13;
M. de Pontchartrain et de nous rendre&#13;
compte de ses dispositions.&#13;
&#13;
Comme le R. P. confesseur fut très longtemps&#13;
à aller à Versailles, à cause que le roi allait&#13;
toujours à Marly, nous eûmes de M. l’abbé&#13;
Bignon des connaissances avant que d’en&#13;
avoir de lui. Il nous dit qu’il avait lu à&#13;
M. de Pontchartrain ce petit mémoire sur ces&#13;
lettres, qu’il dit n’avoir point encore reçues.&#13;
Ce ministre lui parut d’abord dans la&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�disposition de ne point se mêler de ces&#13;
affaires et d’y demeurer purement passif, par&#13;
respect pour l’encensoir, d’autant plus que&#13;
les choses n’étaient plus comme l’an passé,&#13;
vu qu’on ne lui écrivait rien contre&#13;
Monseigneur. Il avoua cependant qu’il était&#13;
très aisé de juger que Mgr de Québec était&#13;
incapable de gouverneur, non seulement&#13;
cette Église, mais toute autre et qu’il n’y&#13;
aurait jamais de paix tant qu’il y serait, mais&#13;
qu’il jugeait être très difficile de le retenir en&#13;
France, encore plus de tirer de lui une&#13;
démission et que de lui trouver un successeur&#13;
propre pour pacifier toutes choses et capable&#13;
et par son bien et par sa naissance de&#13;
soutenir ce caractère avec dignité, ce n’était&#13;
pas une chose sans difficulté. Il lui dit en&#13;
finissant que si le roi lui demandait son avis, il&#13;
ne manquerait pas de lui marquer qu’il le&#13;
croyait incapable de gouverner et de faire&#13;
jamais aucun bien dans cette Église.&#13;
Nous allâmes le dimanche suivant voir le&#13;
P. de La Chaize, le P. de Lamberville et moi. Il&#13;
nous apprit qu’il avait lu au roi les deux&#13;
mémoires, dont le second n’est qu’un abrégé&#13;
du premier, mais contient bien des&#13;
particularités qui valent la peine d’être&#13;
observées ; que le roi était résolu de ne pas&#13;
laisser retourner la personne dont il&#13;
s’agissait ; et que, comme ledit père&#13;
confesseur n’avait pas voulu se charger d’en&#13;
porter la parole, Sa Majesté lui avait&#13;
recommandé d’en instruire M. de Pontchartrain et de lui dire qu’elle lui donnerait&#13;
l’ordre de la faire savoir à Mgr de Québec. Le&#13;
père confesseur ajouta qu’en conséquence, il&#13;
avait parlé à M. de Pontchartrain et qu’il avait&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�laissé entre les mains de ce ministre les deux&#13;
mémoires en lui recommandant, de la part du&#13;
roi, un grand secret ; qu’il fallait présentement que nous sussions de mondit sieur de&#13;
Pontchartrain en quel état était l’affaire et s’il&#13;
avait parlé à Mgr de Québec. Le R. P. Confesseur nous dit encore que Mgr de Québec&#13;
l’était venu trouver depuis quelques jours,&#13;
qu’il lui avait protesté un attachement entier&#13;
pour sa Compagnie, qu’il venait se jeter entre&#13;
ses bras, qu’il devint son protecteur et qu’il&#13;
lui promettait de n’agir que selon ses vues,&#13;
etc.&#13;
Sentiment de M. de Pontchartrain que&#13;
Monseigneur est incapable de&#13;
gouverner cette Église.&#13;
&#13;
Le révérend père nous dit qu’il lui avait dit les&#13;
choses du monde les plus fortes, sans mettre&#13;
à la vérité sa Compagnie en jeu :&#13;
Vous retournerez, dit-il, et vous&#13;
serez le même à l’égard de ces&#13;
Messieurs que vous avez toujours&#13;
été. Vous vous sanctifieriez et&#13;
sanctifieriez les autres en une&#13;
manière en les faisant des martyres.&#13;
Vos impétuosités que vous divinisez&#13;
par vos bonnes intentions feront&#13;
souffrir tout le monde, etc. Nos&#13;
pères ne se plaignent pas de vous, ils&#13;
ne s’en plaindront jamais ; ils sont&#13;
faits pour souffrir sans murmurer.&#13;
S’ils se plaignent, il faudrait les jeter&#13;
à la rivière, etc. Mais comment&#13;
empêcher tous vos prêtres de ne&#13;
pas se plaindre de vous, etc. &#13;
Quoique je ne témoignasse pas ma pensée au&#13;
R. P. confesseur, je fus très fâché qu’il eût&#13;
renvoyé la balle à M. de Pontchartrain. Je fus&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�aussi surpris qu’après cette conversation du&#13;
révérend père, le P. de Lamberville me parut&#13;
tout étonné de ce que le révérend père avait&#13;
si peu ménagé Mgr de Québec. Il fut encore&#13;
davantage lorsqu’il eut lu ces mémoires, qu’il&#13;
n’avait pas encore vus jusqu’alors, et qu’il y&#13;
eut trouvé ses pères mêlés, quoiqu’on l’ait&#13;
fait que le moins qu’on a pu. Il me les&#13;
demanda pour les montrer au R. P. provincial. Je les lui donnai. Je ne doute pas qu’il&#13;
ne les ait aussi montrés au P. Le Valois.&#13;
Je ne crois pas vous avoir encore marqué que&#13;
le roi a choisi ce révérend père pour&#13;
confesseur des petits princes. C’est une&#13;
entrée pour succéder au P. de La Chaize s’il&#13;
venait à manquer. Ce R. P. Le Valois connaît&#13;
Mgr de Québec autant qu’on le peut à&#13;
présent. De ses amis et des nôtres veulent&#13;
même qu’il l’a connu tel qu’il est depuis&#13;
longtemps, mais quoiqu’à l’extérieur il le&#13;
soutint, il lui disait en particulier ses vérités le&#13;
plus fortement qu’on puisse, espérant&#13;
toujours le faire revenir. Il l’a présentement&#13;
abandonné comme incorrigible et depuis&#13;
qu’il est en France, il ne se confesse qu’à&#13;
M. Bouin.&#13;
&#13;
Vous n’avez pas dû être surpris des&#13;
sentiments de M. Bouin pour&#13;
Monseigneur, non plus que de la&#13;
conduite de M. Tronson et de tous ses&#13;
Messieurs après ce que nous vous avons&#13;
écrit l’an passé ; vous avez eu trop de&#13;
simplicité de croire qu’ils puissent entrer&#13;
dans le désintéressement nécessaire&#13;
pour le bien de cette Église. Vous serez&#13;
encore confirmé dans ce sentiment par&#13;
&#13;
Puisque j’ai fait une digression pour le P. Le&#13;
Valois, permettez-moi d’en faire encore une&#13;
au sujet de M. Bouin. Lorsque M. Geoffroy&#13;
arriva, j’avais inspiré à nos Messieurs, et ils&#13;
étaient assez d’avis d’aller trouver M. Tronson, de s’aller confesser à lui en lui disant&#13;
dans le secret tous les sujets de peine qu’on&#13;
avait contre Mgr de Québec. Ils crurent même&#13;
qu’il était bon d’instruire M. Bouin, afin de&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�tout ce que vous apprendrez cette&#13;
année d’ici.&#13;
&#13;
voir si on ne pourrait pas porter le prélat par&#13;
lui à se démettre. M. de Brisacier me chargea&#13;
d’un petit billet pour M. Bouin pour le prier&#13;
s’il ne pouvait pas venir un petit tour en notre&#13;
Séminaire et me dit de lui en dire les raisons&#13;
verbalement. Je lui fis donc connaître que&#13;
jusqu’à présent, nous n’avions pas fait la&#13;
moindre démarche contre Mgr de Québec ;&#13;
que nous étions cependant surpris tout à fait&#13;
que dans le temps qu’il nous témoignait tant&#13;
d’amitié extérieurement, il eût écrit au&#13;
Canada que c’étaient les Jésuites et nous qui&#13;
l’arrêtions en France ; que nos Messieurs&#13;
voulaient conférer avec mondit sieur Bouin&#13;
des mesures qu’ils devaient prendre, etc. Il&#13;
me pria de l’en dispenser, qu’il n’avait pas&#13;
une tête et un esprit assez forts pour donner&#13;
de tels conseils et avec son humilité et sa&#13;
douceur ordinaires, il s’en excusa et nous&#13;
renvoya à M. Tronson, dont il suivait tous les&#13;
avis dans sa conduite qu’il avait à tenir à&#13;
l’égard de Mgr de Québec. Il m’écrivit et me&#13;
dit de venir lui parler deux ou trois fois&#13;
ensuite pour me protester que Mgr de Québec était bien disposé ; que nous devions&#13;
prendre garde de ne le pas empêcher de&#13;
retourner en son diocèse, etc. ; que ce serait&#13;
un trop grand scandale, etc. Comme je lui&#13;
avais demandé le secret, je ne feignis pas de&#13;
lui dire qu’il ne connaissait pas Mgr de Québec ; que jusqu’à présent aucun de ses&#13;
confesseurs ne l’avait connu, parce que étant&#13;
plein de ses bonnes intentions, il ne se&#13;
connaissait pas lui-même et n’avait garde, par&#13;
conséquent, de se faire connaître à ses&#13;
confesseurs ; que nous autres qui le voyons&#13;
agir depuis dix ans le connaissons mieux que&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�qui que ce soit ; qu’à l’œuvre, on connaît&#13;
l’ouvrier.&#13;
M. Bouin persista à dire que Mgr de Québec&#13;
était très bien disposé, qu’après tout c’était&#13;
aux inférieurs à obéir. Il m’alla citer sur cela la&#13;
conduite qu’ils tenaient dans leurs séminaires&#13;
à l’égard des évêques. J’avais assez à lui&#13;
répliquer sur toutes ces choses, mais je crus&#13;
qu’il valait mieux se retirer. Je le priai même&#13;
de ne m’envoyer pas quérir si souvent, parce&#13;
que Mgr de Québec me voyant souvent avec&#13;
lui entrerait en de grandes défiances. Je le&#13;
laissai très prévenu pour Mgr de Québec, lui&#13;
recommandant le secret sur tout ce que nous&#13;
avions dit. Depuis ce temps-là, nos Messieurs&#13;
ont cru qu’il était inutile de parler ni à&#13;
M. Tronson ni à M. Bouin. Nous verrons dans&#13;
la suite si on juge qu’on doive faire quelque&#13;
démarche de ce côté-là. Je ne doute pas que&#13;
nous ne passions dans l’esprit de plusieurs de&#13;
ces Messieurs, qui ne voient rien de que&#13;
d’édifiant dans Mgr de Québec, agissant en&#13;
particulier pour des persécuteurs, etc. Il faut&#13;
adorer sur cela la conduite de Dieu à notre&#13;
égard.&#13;
Il ne faut pas s’étonner de la&#13;
conduite des personnes que vous&#13;
m’écrivez, qui se ménagent, et dans&#13;
la conduite desquels il paraît de la&#13;
politique. Nous expérimentons ici la&#13;
même manière d’agir.&#13;
&#13;
Après cette digression, revenons à ce que&#13;
nous avait dit le R. P. de La Chaize. Je fus tout&#13;
d’un coup frappé d’une juste crainte, lorsqu’il&#13;
nous dit qu’il avait mis ces mémoires entre les&#13;
mains de M. de Pontchartrain, qu’ils ne&#13;
viennent à la connaissance de Mgr de Québec.&#13;
Je lui en parlai et il me dit qu’il avait fort&#13;
recommandé le secret à M. de Pontchartrain&#13;
de la part du roi. Je ne laissai pas, étant de&#13;
retour chez nous, de dire à nos Messieurs&#13;
qu’il serait bon de tâcher à les retirer soit par&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�le R. P. confesseur soit par M. l’abbé Bignon.&#13;
Nous allâmes le lendemain voir M. Bignon,&#13;
M. Tiberge et moi, (car M. de Brisacier était&#13;
alors à Blois et il n’était pas fâché que la mine&#13;
jouât pendant son absence). Nous portâmes&#13;
à M. Bignon ces mémoires pour les lui lire ; il&#13;
nous pria de les lui laisser, parce qu’il était&#13;
alors malade, que dès qu’il serait remis, il irait&#13;
à Versailles et saurait de M. de Pontchartrain&#13;
en quel état étaient les choses.&#13;
&#13;
Les pères jésuites ont expérimenté cette&#13;
année que si Monseigneur a usé envers&#13;
eux de quelque manière qui leur a paru&#13;
obligeante au regard de leurs missions&#13;
par le passé, qu’il a bien d’autres&#13;
sentiments. La conduite et les&#13;
propositions de M. Dollier et&#13;
[M.] de Montigny faites à nous-mêmes&#13;
le font bien connaître.&#13;
&#13;
Il nous apprit alors une chose qui nous surprit&#13;
tout à fait : après nous avoir demandé si les&#13;
Jésuites étaient instruits de toutes nos&#13;
demandes et s’ils étaient aussi intéressés que&#13;
nous à empêcher le retour de Monseigneur,&#13;
nous lui dîmes que notre intérêt et le leur&#13;
n’étaient point différents et que nous&#13;
n’agissions que de concert. « Cependant, ditil, les Jésuites n’agissent pas ainsi avec vous&#13;
dans cette affaire auprès de M. de Pontchartrain et [M.] Phélypeaux. » Et ils ont dit au&#13;
dernier (M. l’abbé Bignon crut, et nous aussi,&#13;
que c’était le P. de Lamberville) qu’ils avaient&#13;
sujet de se plaindre de Mgr de Québec pour&#13;
plusieurs peines qu’il avait faites à leurs&#13;
pères ; qu’ils avaient aussi sujet de se louer de&#13;
lui pour plusieurs plaisirs qu’il leur avait faits ;&#13;
et que comme les Jésuites font profession de&#13;
se laisser écraser sans dire mot, ils n’auraient&#13;
garde de se plaindre de lui pour les peines&#13;
qu’il leur avait faites, surtout d’empêcher les&#13;
Récollets d’aller aux missions sauvages*, où&#13;
M. de Frontenac voulait les envoyer.&#13;
M. l’abbé Bignon nous dit que, de là,&#13;
M. Phélypeaux et, par lui, M. de Pontchartrain, son père, avaient jugé que les&#13;
Jésuites n’étaient pas mécontents de&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Mgr de Québec et l’y verraient retourner sans&#13;
peine. M. de Pontchartrain crut même que le&#13;
P. de La Chaize ne lui en avait parlé fortement&#13;
que pour faire plaisir à ces MM. des Missions&#13;
étrangères ; cela nous fit beaucoup de peine,&#13;
car cela nous fit craindre que M. de Pontchartrain ne fût pas persuadé de l’incapacité&#13;
de Monseigneur pour le gouvernement. Nous&#13;
ne savions cependant comment accorder&#13;
cela avec ce qu’il avait dit au roi plusieurs fois&#13;
l’an passé, qu’il était incapable de gouverner,&#13;
qu’il renverserait la religion et la colonie si on&#13;
l’y laissait, etc., car des personnes qui le lui&#13;
avaient entendu dire au roi l’avaient rapporté&#13;
à nos Messieurs (c’était Mme de Maintenon).&#13;
Un ministre ne revient guère quand il a pris&#13;
de telles impressions et qu’il en a entretenu&#13;
Sa Majesté.&#13;
La manière d’agir des Jésuites nous faisait&#13;
encore plus de peine. Nous assurâmes&#13;
M. l’abbé Bignon que l’intérêt des Jésuites,&#13;
autant et peut-être plus que le nôtre, était&#13;
que Mgr de Québec ne retournât pas ; que&#13;
proprement ce n’était ni le nôtre ni le leur&#13;
que nous cherchions en particulier ; que nous&#13;
n’envisagions que l’intérêt général de toute&#13;
cette Église, parce que si on venait à balancer&#13;
l’intérêt de notre Séminaire et des Jésuites&#13;
mêmes avec celui de la personne dont il s’agit&#13;
en séparant ces intérêts particuliers de celui&#13;
de l’Église en général, il était évident que tous&#13;
ces intérêts particuliers devaient céder à celui&#13;
de la personne qui a l’autorité en main. Nous&#13;
lui dîmes que nous pouvions l’assurer que si&#13;
le P. de Lamberville ne parlait pas conformément à nous, il serait désavoué par ses&#13;
pères de Canada ; que nous avions des lettres,&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�et même de cette année, qui faisaient&#13;
connaître les sentiments de ces pères, etc.&#13;
M. Bignon nous dit qu’il savait lui-même par&#13;
le P. Le Valois que les Jésuites de Canada&#13;
étaient très mécontents de Mgr de Québec et&#13;
qu’ils désiraient fort qu’il n’y revînt jamais.&#13;
Nous jugeâmes que si le P. de Lamberville&#13;
avait ainsi agi avec M. Phélypeaux, c’était par&#13;
politique pour ne pas s’attirer ouvertement à&#13;
dos Mgr de Québec de peur qu’il ne se servît&#13;
du mécontentement qu’il aurait d’eux&#13;
comme d’un prétexte pour leur ôter les&#13;
missions sauvages et les donner aux&#13;
Récollets. M. Bignon crut que si nous avions&#13;
quelques lettres des Jésuites de Canada qui&#13;
fissent connaître leurs sentiments, il ne serait&#13;
pas mauvais de les montrer au ministre pour&#13;
le désabuser de sa pensée qu’il n’y a que nous&#13;
qui nous opposions à son retour. Je cherchai&#13;
parmi les lettres que j’ai reçues cette année&#13;
et je n’en trouvai qu’une du P. Bruyas tout à&#13;
fait obligeante, où il me mande qu’il a été&#13;
jusqu’à présent impossible de vivre en paix&#13;
avec [Monseigneur], que sa communauté et&#13;
la nôtre passeraient le mois de janvier en&#13;
prières pour demander le bon succès de nos&#13;
affaires, qui devaient se traiter dans ce&#13;
temps-là. Nous entendons fort bien ce&#13;
langage, mais cette lettre ne parlait pas assez&#13;
clairement pour le ministre. Je cherchai les&#13;
lettres de M. de Brisacier, que je ne pus&#13;
trouver dans sa chambre.&#13;
M. Tiberge crut que comme il n’y avait pas de&#13;
temps à perdre, je ferais bien d’aller cet&#13;
après-dîner-là même à Versailles et en&#13;
revenir pour demander à M. de Denonville&#13;
s’il n’avait pas quelques lettres qui&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�expliquassent les sentiments des pères de&#13;
Canada pour les faire voir à M. Bignon, afin&#13;
qu’il en informât incessamment M. de Pontchartrain. Je fus à Versailles et en revins en un&#13;
après-dîner, mais j’eus le malheur de ne pas&#13;
trouver M. de Denonville. Il était allé à la&#13;
chasse et ne devait revenir que le soir fort&#13;
tard. Je fus voir le lendemain matin le P. de&#13;
Lamberville et lui demandai s’il y avait&#13;
longtemps qu’il avait vu M. de Pontchartrain&#13;
ou M. Phélypeaux. Il m’assura qu’il y avait&#13;
près d’un an qu’il n’avait vu ni l’un ni l’autre.&#13;
Je ne crus pas devoir m’ouvrir à lui davantage,&#13;
ni lui dire encore la raison pour laquelle je lui&#13;
faisais cette question. Je rapportai ce qu’il&#13;
m’avait dit à M. l’abbé Bignon, qui continua à&#13;
m’assurer que M. Phélypeaux lui avait dit si&#13;
affirmativement le sentiment du procureur&#13;
des Jésuites de Canada sur Mgr de Québec&#13;
qu’il ne pouvait douter ou qu’il ne l’eût vu ou&#13;
qu’il ne lui eût fait parler par quelqu’un.&#13;
M. de Pontchartrain ne répondit pas aux&#13;
lettres de M. l’abbé Bignon sur cette affaire,&#13;
mais nous sûmes l’état où elle était par une&#13;
voie plus prompte. En allant à Versailles,&#13;
M. Tiberge m’avait chargé d’une lettre pour&#13;
Mme de Maintenon. Je lui avais fait mettre&#13;
dedans que le P. de La Chaize avait renvoyé&#13;
cette affaire à M. de Pontchartrain et que le&#13;
roi lui en devait parler, qu’on la priait&#13;
d’appuyer la chose, etc. Elle répondit dès le&#13;
lendemain que le roi en avait parlé à&#13;
M. de Pontchartrain le dimanche au soir dans&#13;
sa chambre, que Sa Majesté avait parlé aussi&#13;
bien qu’on peut parler, mais que M. de Pontchartrain, après lui avoir représenté qu’à la&#13;
vérité, il était à croire que Mgr de Québec [ne]&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�pût jamais s’accorder avec nos MM. des&#13;
Cette conduite politique et de prudence Missions étrangères, mais qu’il croyait qu’il&#13;
humaine est extrêmement préjudiciable&#13;
pourrait bien vivre avec les Jésuites. Il dit sur&#13;
à cette Église et les pères jésuites&#13;
cela tout ce que nous avons dit ci-dessus. Il&#13;
expérimenteront plus que tout autre&#13;
ajouta qu’il croyait très difficile de porter et à&#13;
que c’est en vain et fort inutilement&#13;
qu’ils croient par cette conduite gagner&#13;
se démettre. En un mot, elle mandait que&#13;
Monseigneur et conserver leurs missions M. de Pontchartrain n’avait point bien pris la&#13;
et empêcher que les Récollets n’y aillent.&#13;
chose et qu’elle n’en augurait rien de bon.&#13;
Ils le connaîtront manifestement par&#13;
Elle ne manqua pas d’ajouter : les Jésuites&#13;
tout ce qui s’est passé cette année. Ils&#13;
n’agissent pas de concert en cette occasion.&#13;
feraient bien mieux de se déclarer&#13;
ouvertement sans politique, autant qu’il&#13;
est nécessaire pour le bien universel de&#13;
cette Église ; Notre-Seigneur ne donnera&#13;
de bénédictions à cette conduite et ils&#13;
ressentiront tôt ou tard les mauvais&#13;
effets de Monseigneur.&#13;
&#13;
En effet, nous avons appris depuis que le&#13;
P. de La Chaize même, quoique très bien&#13;
intentionné et qu’il fasse profession d’aller&#13;
droit, n’avait parlé à M. de Pontchartrain en&#13;
lui remettant les mémoires que d’une&#13;
manière à le confirmer dans la pensée qu’il&#13;
n’y avait que nous qui nous plaignions de&#13;
Monseigneur, que les Jésuites n’avaient rien&#13;
à démêler avec lui et qu’ils le verraient&#13;
retourner sans peine en Canada, car ce&#13;
révérend père l’avait assuré que les Jésuites&#13;
ne se plaignent pas de lui ; que si quelqu’un&#13;
s’en plaignait, il serait le premier à&#13;
l’abandonner ; que ce n’était pas à eux à&#13;
résister aux évêques, etc. Il est aisé de voir la&#13;
fin pour laquelle ce révérend a parlé ainsi à ce&#13;
ministre. Il sait qu’il n’est pas bien disposé&#13;
pour les Jésuites et qu’il ne les aime&#13;
nullement (et je crois même que l’union qu’il&#13;
voit entre nos communautés en Canada lui&#13;
donne l’opposition qu’il paraît avoir pour&#13;
nous). Le P. de La Chaize ne veut pas, à cause&#13;
de cela, mettre les Jésuites en jeu et&#13;
d’ailleurs, il n’est pas fâché de se servir de&#13;
nous pour porter les coups de M. de Pontchartrain, s’il y en a à essuyer. Il est bien aise&#13;
d’éloigner Mgr de Québec du Canada, mais il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�aime mieux le faire par nous que par sa&#13;
Compagnie.&#13;
Nous fûmes quelque temps sans entendre&#13;
parler de rien. M. de Brisacier revint de Blois&#13;
la veille de la Purification. Nous fûmes&#13;
ensemble le lendemain à Versailles. Nous&#13;
parlâmes à M. de Denonville que nous&#13;
savions que les pères jésuites ne parlaient pas&#13;
à M. de Pontchartrain de Mgr de Québec&#13;
comme nous. Il en fut surpris. Il nous apprit&#13;
que Mgr de Québec avait été depuis deux&#13;
jours en Cour. Nous le sûmes aussi de&#13;
M. l’abbé Bignon, qui était alors à Versailles&#13;
et qui nous dit que M. de Pontchartrain avait&#13;
eu une conversation de plus de deux heures&#13;
avec Mgr de Québec, mais qu’il n’avait pas&#13;
encore pu bien savoir ce qui avait été dit. Il&#13;
nous promit de le revoir l’après-dîner, mais&#13;
M. le prince vint voir M. de Pontchartrain à&#13;
l’heure qui était destinée pour M. l’abbé&#13;
Bignon, si bien qu’il revint à Paris sans rien&#13;
savoir davantage. J’y revins aussi le soir et&#13;
laissai M. l’abbé de Brisacier à Versailles, qui&#13;
n’en revint que deux jours après.&#13;
À son retour, il nous apprit que&#13;
M. de Pontchartrain, ayant reçu l’ordre du roi&#13;
de parler à Mgr de Québec, avait cru devoir&#13;
avoir un entretien avec lui avant que de lui&#13;
intimer cet ordre pour le pressentir. Il&#13;
rapporta au roi qu’il avait trouvé le prélat&#13;
dans un empressement extraordinaire de&#13;
retourner à son Église ; qu’il l’avait assuré que&#13;
s’il y trouvait de l’opposition, il irait se jeter&#13;
aux pieds du roi pour lui demander justice ;&#13;
qu’il était étonnant que pendant qu’on laisse&#13;
en France plusieurs évêques dans leurs&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�diocèses très déréglés pour les mœurs et&#13;
pour leur mauvaise conduite, on s’opposait&#13;
au retour d’un qui n’avait fait d’autre mal que&#13;
de vouloir le bien, peut-être avec un peu trop&#13;
d’empressement.&#13;
Il se dit plusieurs choses dans cet entretien&#13;
que je n’ai pu savoir de M. de Brisacier. J’ai su&#13;
seulement ceci : quoique le P. de La Chaize&#13;
eût recommandé le secret touchant les&#13;
mémoires qu’il lui remettait entre les mains&#13;
de la part du roi et qu’il lui eût fait connaître&#13;
que Sa Majesté désirait que non seulement&#13;
ces mémoires ne fussent pas communiqués,&#13;
mais qu’on ne sût pas même qu’on en avait&#13;
présenté, encore moins de qui ils venaient,&#13;
cependant M. Phélypeaux s’avisa, dans la&#13;
conversation qu’il eut avec Mgr de Québec&#13;
avant qu’il vît M. de Pontchartrain, de lui dire&#13;
qu’on avait présenté des mémoires contre&#13;
lui. M. de Pontchartrain éluda la question en&#13;
disant qu’il ne savait ce qu’il voulait dire, etc.&#13;
Mgr de Québec insista en lui disant : « Je suis&#13;
surpris que vous m’en fassiez un mystère :&#13;
M. Phélypeaux me l’a dit. » « Si mon fils vous&#13;
l’a dit (lui dit M. de Pontchartrain, poussé à&#13;
bout avec son feu ordinaire), c’est un sot. »&#13;
C’était une chose capable de faire connaître&#13;
à M. de Pontchartrain le peu de prudence de&#13;
Mgr de Québec, s’il n’eût été tout à fait&#13;
prévenu pour lui.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Le P. de Lamberville et tous les jésuites&#13;
peuvent bien s’assurer que&#13;
Monseigneur, s’il revient, enverra les&#13;
récollets à toutes les missions des&#13;
Outaouais. L’affaire eût été exécutée&#13;
cette année, sans un ordre exprès de la&#13;
Cour de n’y point envoyer aucun&#13;
Français. Et précédemment, les pères&#13;
jésuites étaient empêchés d’y aller et les&#13;
Récollets y étaient actuellement et le&#13;
P. Gravier, qui y était nommé supérieur&#13;
et qui en revenait actuellement, ayant&#13;
représenté la chose à M. de Frontenac, il&#13;
lui déclara que les Récollets iraient dans&#13;
ce lieu-là même et que si les Jésuites y&#13;
allaient et lui-même, P. Gravier, il y&#13;
aurait un ordre de les en chasser. Le&#13;
P. Bruyas, supérieur, et ledit P. Gravier&#13;
se pourvurent à M. Dollier, grand-vicaire&#13;
&#13;
M. de Brisacier apprit aussi alors le canal par&#13;
lequel M. Phélypeaux avait été instruit des&#13;
sentiments des Jésuites à l’égard de&#13;
Mgr de Québec : c’était par le P. Gouit,&#13;
mathématicien, qui les montra à M. Phélypeaux, à qui ce jeune ministre demandant ce&#13;
qu’il pensait au sujet de Monseigneur et dans&#13;
quels sentiments étaient ses pères de&#13;
Canada, celui-ci dit qu’il savait que&#13;
Mgr de Québec avait fait en plusieurs&#13;
rencontres de la peine à leurs pères en ce&#13;
pays-là, mais qu’aussi il leur avait fait plaisir&#13;
en d’autres, comme entre autres en&#13;
empêchant les Récollets d’aller dans les&#13;
missions des Outaouais, etc. ; qu’ils ne&#13;
savaient ce que c’était d’avoir du ressentiment, surtout contre un évêque ; que les&#13;
Jésuites avaient coutume de tout souffrir&#13;
plutôt que de se plaindre ; qu’ainsi ils&#13;
n’avaient rien à dire contre Mgr de Québec ; et&#13;
qu’ils le verraient retourner avec joie,&#13;
d’autant plus que les plaisirs qu’il leur a faits&#13;
ont effacé les peines qu’il leur a faites.&#13;
Le P. de Lamberville, à qui M. de Denonville&#13;
parla de ce que nous lui avions dit, a cru se&#13;
disculper en disant que ce n’était pas lui qui&#13;
avait dit cela à M. Phélypeaux, mais tenez&#13;
pour certain que le P. Gouit le lui a dit de sa&#13;
part, car c’est là le langage du P. de Lamberville : il me l’a tenu lui-même. Le bon père&#13;
craint terriblement que Mgr de Québec,&#13;
retournant, n’ôte à ses pères les missions des&#13;
Outaouais et c’est ce qui le fait pateliner et il&#13;
ne voit pas que c’est ce qui devrait le faire&#13;
parler comme nous, etc. Tout ce qu’il a fait&#13;
n’a de rien servi, car Mgr de Québec a très&#13;
bien su que les pères jésuites ne favorisaient&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�de Monseigneur, et lui firent connaître&#13;
que Monseigneur avait donné des&#13;
lettres de grand-vicaire audit P. Gravier ;&#13;
à quoi M. Dollier fit réponse qu’en ce&#13;
temps-là, il était mal avec les Récollets,&#13;
mais qu’il serait accommodé avec eux et&#13;
qu’il n’empêcherait pas les Récollets&#13;
d’aller dans toutes les missions et n’a&#13;
point voulu permettre audit P. Gravier,&#13;
quoique supérieur de toutes les missions&#13;
de ces nations, d’y retourner et à un&#13;
autre père jésuite, qui devait y aller avec&#13;
lui. M. Dollier ne s’est pas contenté de&#13;
ce qui s’est passé en cette démarche. Il&#13;
&#13;
pas son retour et qu’ils étaient tout à fait&#13;
opposés et il en a eu une conversation avec le&#13;
P. Le Valois, ce qui doit faire connaître au&#13;
P. de Lamberville que s’il retourne en&#13;
Canada, il doit s’attendre à ce qu’il craint tant&#13;
et qu’ainsi il est de son véritable intérêt de ne&#13;
point biaiser, mais de parler à M. de Pontchartrain comme il faut.&#13;
&#13;
Il faut avouer que le P. de La Chaize, n’ayant&#13;
pas voulu se charger de porter à Mgr de Québec la parole du roi et ayant renvoyé la chose&#13;
a écrit de Montréal, où la chose s’est&#13;
à M. de Pontchartrain et cela, selon qu’on le&#13;
passée, à M. de Montigny, qui faisait&#13;
pense, parce que sa famille étant dans le&#13;
ici les fonctions de grand-vicaire, les&#13;
même pays que Mgr de Québec, il n’a pas&#13;
vues qu’ils ont pour l’avenir ; en&#13;
voulu se l’attirer à dos, a mis l’affaire en un&#13;
conséquence desquelles, mondit&#13;
état de ne pas réussir, au lieu qu’elle était&#13;
sieur de Montigny est venu s’ouvrir&#13;
immanquable qu’il se fût chargé de parler luià M. de Glandelet et savoir si l’on&#13;
même à Mgr de Québec. Il va droit, mais je ne&#13;
voulait dans le Séminaire se joindre&#13;
à ceux de Saint-Sulpice et se servir&#13;
sais, si soufflé qu’il est par ceux qui ne&#13;
de l’occasion qui se présentait de la&#13;
sauraient revenir à l’égard de nos missions et&#13;
division et conflit entre les Jésuites et qui avaient inspiré l’an passé au P. de Lamles Récollets, lui alléguant ce qui est&#13;
berville que la division d’entre Mgr de Québec&#13;
porté non pas dans les maximes de&#13;
et nous n’était qu’apparente et n’était qu’un&#13;
l’Évangile et se servant pour exciter&#13;
leurre pour les faire tomber dans le piège en&#13;
à ce dessein que inter duos litigantes&#13;
leur faisant encourir la disgrâce de&#13;
tertius gaudet2.&#13;
Mgr de Québec. Il n’est peut-être pas fâché&#13;
que nous portions toute l’humiliation qui&#13;
Mondit de Glandelet n’ayant pas&#13;
peut revenir de cette affaire-là ; qu’elle&#13;
satisfait mondit sieur de Montigny, il&#13;
réussit, ils en profiteront comme nous ; si elle&#13;
se résolut de s’ouvrir à moi de ce&#13;
ne réussit pas, ils sauront s’en laver les mains&#13;
dessein et me proposa les mêmes&#13;
et faire connaître à Mgr de Québec qu’ils n’y&#13;
vues et, l’ayant laissé parler et&#13;
ont pas trempé et que ce n’est pas eux qui&#13;
l’ayant aussi interrogé de ce qui&#13;
regardait ce dessein, il me dit qu’il&#13;
ont dressé les mémoires, etc. Je vous dis tout&#13;
était nécessaire que les Récollets y&#13;
ceci comme à des personnes sages pour que&#13;
allassent ; que c’était un bien et un&#13;
vous connaissiez l’air du bureau. N’allez&#13;
avantage ; que les disputes et&#13;
2&#13;
&#13;
NDLR : Entre deux combattants, le troisième est heureux.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�contestations qui se passeront entre&#13;
les Jésuites et eux donneraient le&#13;
moyen aux autres de cette dispute&#13;
pour y aller ; et [il] m’allégua la&#13;
même maxime que inter duos&#13;
litigantes tertius gaudet. Je lui dis&#13;
ensuite de toute cette ouverture que&#13;
&#13;
nullement me commettre avec le P. de Lamberville, ni faire connaître que j’ai de lui la&#13;
moindre défiance. La charité avec son feu&#13;
sacré doit consumer ces bagatelles et&#13;
étouffer ces semences de petite mésintelligence.&#13;
&#13;
je ne pouvais convenir que ce fût&#13;
&#13;
Nous sûmes, quelques jours après, que&#13;
Mgr de Québec avait été mandé par&#13;
toutes les conjonctures qui s’étaient&#13;
M. de Pontchartrain pour lui venir parler et&#13;
passées, eût inspiré ce dessein ; que&#13;
ne remarquant au contraire qu’il&#13;
qu’il était chargé, de la part du roi, de&#13;
n’était formé que dans l’esprit de&#13;
nouveau de lui dire que l’intention de&#13;
division, que c’était purement&#13;
Sa Majesté était qu’il ne retournât pas en&#13;
l’esprit du démon qui en était&#13;
Canada. Nous crûmes que les choses allaient&#13;
l’auteur et que l’on ne pouvait en&#13;
le mieux du monde et que c’était enfin une&#13;
attendre aucune bénédiction ; que&#13;
affaire presque finie. M. de Brisacier craignit&#13;
lorsque je verrais que l’on formerait&#13;
cependant quelque esclandre de la part de&#13;
un dessein avec un même cœur et un&#13;
Mgr de Québec et qu’il ne prît, comme il avait&#13;
esprit d’union et de charité, je croirai&#13;
dit à M. de Pontchartrain, quelque résolution&#13;
que ce sera l’esprit de Dieu, mais je&#13;
de s’aller jeter aux pieds du roi, etc., mais les&#13;
trouve dans tout ce projet qu’il n’est&#13;
choses avaient pris un autre tour. Nos&#13;
aucunement fondé sur les principes&#13;
Messieurs furent quelques jours après à&#13;
et maximes du christianisme, mais&#13;
qu’il ressent plutôt les maximes de&#13;
Saint-Cyr.&#13;
l’esprit de Notre-Seigneur qui, dans&#13;
&#13;
Machiavel. Je suis même surpris&#13;
qu’il puisse être formé par des&#13;
ecclésiastiques qui font profession&#13;
d’être tout à Dieu dans un pays&#13;
comme celui-ci. Cependant, ce bon&#13;
M. de Montigny veut que ce soit un&#13;
bien. Je ne doute pas même que&#13;
M. Dollier et lui n’aient reçu de&#13;
M. de Saint-Vallier des ordres et&#13;
instructions, parce que quoique j’aie&#13;
dit à M. de Montigny mes&#13;
sentiments sur ce dessein, il est&#13;
encore revenu pour la deuxième ou&#13;
troisième fois trouver&#13;
M. de Glandelet et l’a sollicité&#13;
d’exciter le Séminaire à se joindre&#13;
&#13;
M. Tiberge remercia Mme de Maintenon des&#13;
soins qu’elle avait pris dans cette affaire. Il fut&#13;
fort surpris lorsqu’elle lui dit que cette affaire&#13;
ne pouvait aller plus mal qu’elle avait été. Elle&#13;
lui raconta que M. de Pontchartrain, en suite&#13;
de la première conversation qu’il avait eue&#13;
avec Mgr de Québec, en avait rapporté au roi&#13;
le résultat, qu’il avait lu même au roi un&#13;
mémoire tout entier, fort long des merveilles&#13;
que Mgr de Québec a faites en Canada depuis&#13;
qu’il est évêque, dans lequel Mme de Maintenon, qui l’entendit (car c’était de sa chambre que tout ceci se passa), et elle dit qu’elle&#13;
voyait M. de Pontchartrain embarrassé,&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sachant assez que ce n’était pas lui faire&#13;
pour aller dans ces missions et se&#13;
plaisir que de faire entendre ces choses à&#13;
servir de l’occasion des contestations Sa Majesté, dans lequel mémoire, dis-je,&#13;
entre les Récollets et les Jésuites, que&#13;
Mme de Maintenon assume qu’il y avait des&#13;
lui, M. de Montigny, était tout disposé&#13;
choses surprenantes. Le roi en parut édifié ; il&#13;
d’y aller. Voilà, en effet, comme vous me&#13;
fut ébranlé par tout ce que lui dit M. de Pontle marquez, ce que les Jésuites gagnent&#13;
chartrain en faveur de Mgr de Québec et dit&#13;
en usant de politique et de prudence&#13;
humaine au regard de Monseigneur. Ils&#13;
par une manière de petit dépit : « Eh, est-ce&#13;
doivent bien s’attendre qu’il aura&#13;
que des saints ne sauraient vivre en paix&#13;
toujours le même esprit d’entretenir la&#13;
ensemble ? ». […]&#13;
avec les ecclésiastiques de Montréal&#13;
&#13;
division, comme il l’a si souvent fait.&#13;
[Fin des notes de Laval]&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-6-6&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI&#13;
&#13;
538 —&#13;
&#13;
6&#13;
Excerpta ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Directores Seminarii Quebecensis cum adnotationibus Servi Dei, 1696, 3 rumi. Ex Originali in Archivo Seminarii Quebecensis asservato, Lettres M, n. 22.&#13;
Questa è la seconda lettera del Tremblay con le postille del Servo di&#13;
Dio (cf. supra pp. 514, 520).&#13;
&#13;
Note del Servo di Dio&#13;
&#13;
Testo del Tremblay&#13;
&#13;
C’est un bien d ’avoir M. de&#13;
Paris; c ’est une providence&#13;
pour toute l ’Église. Vous tâcherez de vous en servir pour le&#13;
bien de celle-ci, qui est entièrement ruinée, si M. [de SaintValier] y revient, étant entièrement incapable de changer&#13;
d ’esprit et de conduite.&#13;
&#13;
Il (Mgr de Noailles, nouvel&#13;
archevêque de Paris) vint voir&#13;
nos Messieurs peu après qu’il&#13;
fut nommé. Nous avions les&#13;
prières de Quarante-Heures. Il&#13;
y dit la messe et demeura deux&#13;
ou trois heures chez nous; il témoigna qu’il savait ce que nos&#13;
Messieurs avaient fait pour le&#13;
taire mettre en cette place et&#13;
nous marqua à tous toute la&#13;
bonté qu’on pouvait désirer.&#13;
Nous avions avant la mort de&#13;
feu M. l ’Archevêque une personne qui connaissait parfaitement l ’Église de Canada. On&#13;
espère, s ’il est besoin, être en&#13;
état d ’instruire celui qui remplit la place, car il n ’a aucune&#13;
connaissance de ces affaires...&#13;
&#13;
Il faut faire tout le possible&#13;
pour obtenir Mgr de Paris pour&#13;
commissaire, comme l ’était son&#13;
prédécesseur et il est nécessaire&#13;
de le bien instruire à fond des&#13;
suites funestes et infaillibles du&#13;
retour de M. [de Saint-Valier]&#13;
et lui bien faire connaître la nature de l ’esprit et de sa conduite, qu’il est du tout impossible qu’il change jusqu'à sa&#13;
mort, quoi que ce soit qu’il promette et fasse, tout n ’étant&#13;
qu’un pur artifice et déguisement.&#13;
&#13;
�—&#13;
&#13;
539 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
M. le marquis de Denonville&#13;
nous écrivit le 26ème de décembre&#13;
qu’il croyait, après avoir bien&#13;
pensé à cela devant Dieu, que&#13;
nous devions faire quelque chose&#13;
pour prévenir les lettres que&#13;
M. de Québec a fait écrire à&#13;
M. de Pontchartrain, qu’il était&#13;
nécessaire d ’instruire M. l ’Archevêque de Paris de ces affaires et en faisant ressouvenir le&#13;
P. de La Chaise de tout ce qui&#13;
s’était passé, de le mettre en&#13;
état d ’instruire Sa Majesté pour&#13;
savoir sa résolution sur M. [de&#13;
Saint-Valier]. Il ajoutait dans&#13;
sa lettre que s’il lui était permis de quitter son poste, il viendrait, volontiers passer trois&#13;
jours chez nous pour ne rien&#13;
négliger dans cette affaire, mais&#13;
que ne pouvant quitter, il priait&#13;
nos Messieurs de venir chez lui&#13;
ou du moins de m ’y envoyer.&#13;
Nous y allâmes M. de Brisacier&#13;
et moi. Nous apprîmes de lui&#13;
de vive voix que le P. de La&#13;
Chaise était convenu avec lui&#13;
qu’il fallait dresser un mémoire&#13;
instructif de l ’état où étaient&#13;
les choses autrefois et de celui&#13;
où elles sont présentement. Nous&#13;
*y travaillâmes avec lui dans le&#13;
cabinet qu’il a au-dessus de la&#13;
chambre des Provinces, où nous&#13;
fûmes près de trois jours enfermés. M. de Brisacier y contracta un rhume qui l ’a bien&#13;
fait souffrir depuis. On y dressa&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 540&#13;
&#13;
un grand et un petit mémoire 1,&#13;
le grand pour instruire M. l ’Archevêque et le' R. Père, et le&#13;
petit pour pouvoir le lire à Sa&#13;
Majesté. Il fallut faire des copies au net et les porter ensuite&#13;
au P. Confesseur.&#13;
M. [de Saint-Valier] était reM. [de Saint-Valier] parla et&#13;
vous écrivit ce qui était au plus venu de ses abbayes à Paris le&#13;
loin de sa pensée et de son sen- 4ème janvier. Je reçus de lui une&#13;
timent. Vous le connaîtrez, au- lettre le jour qu’il arriva, qu’il&#13;
tant que je puis juger, lorsqu’il m ’avait écrite de Châteauroux&#13;
apprendra que j ’ai conféré à pour répondre à une (pie je lui&#13;
plusieurs d ’entre eux les ordres avais écrite pour le pressentir&#13;
sacrés. Si vous lui aviez écrit ou sur ce qu’il pensait de votre conparlé pour avoir de lui la per- duite à l ’égard des six théolomission de les leur conférer, giens. Je lui marquais les raicela serait à contre-temps, car sons de Mgr l ’Ancien et j ’ajounous nous sommes fondés sur la tais que cependant lui et vous&#13;
lettre qu’il m ’écrivit l ’an passé, étiez prêts de condamner cette&#13;
où il est formellement porté conduite, s’il ne l ’approuvait&#13;
qu’il me prie de conférer les pas, etc. Il me répondait dans&#13;
ordres sacrés quand l ’occasion cette lettre qu’il était parfaites’en présentera, et me prie en- ment content de la conduite que&#13;
suite que si M. Dollier me prie Mgr l ’Ancien et vous aviez tede quelque chose sur cela de le nue et à l ’égard de cela et&#13;
lui accorder ; en conséquence de à l ’égard de toute autre choquoi j ’écrivis à mon dit sieur se, qu’il était bien aise qu’on&#13;
Dollier et lui ai fait offre de eût en cela prévenu la permismon ministère. Nous avons con- sion qu’il avait envoyée, etc.&#13;
féré et concerté ensemble et avec J ’ai été bien aise d ’avoir cela&#13;
les Jésuites et l ’on a été de ce écrit de sa main, et ce fut une&#13;
sentiment en vertu de sa lettre. des raisons qui me fit lui écrire,&#13;
Possible aura-t-il intention de afin que si dans la suite il désapgloser et de donner une autre prouvait cette action, j ’eusse en&#13;
interprétation à sa lettre. Nous main de quoi la justifier.&#13;
Il m ’envoya chercher le lenavons eu sujet de le présumer&#13;
ii primo di questi due memoriali viene riprodotto al n. 11.&#13;
&#13;
�— Ò4J -&#13;
&#13;
de ce que nous apprîmes qu’avait dit M. Valet, soi-disant&#13;
le Valet, auquel apparemment&#13;
M. [de Saint-Valier] avait écrit&#13;
ses pensées et sentiments sur&#13;
cela, qui en dit assez pour nous&#13;
le faire juger. Quoi qu’il en soit&#13;
et que M. [de Saint-Valier] ait&#13;
eu sur cela une double entente,&#13;
il y est formellement porté dans&#13;
sa lettre. Vous m ’aviez même&#13;
confirmé par vos lettres l ’an&#13;
passé que M. [de Saint-Valier]&#13;
vous avait dit qu’il me priait&#13;
par ses lettres qu’il vous avait&#13;
lues, de conférer les ordres et&#13;
même de prendre la conduite de&#13;
son diocèse. Nous avons tout&#13;
sujet de croire que l ’un et l ’autre étaient au plus loin de sa&#13;
pensée. Mais en tout cas, il n ’est&#13;
aucunement parlé du second.&#13;
Aussi ne me suis-je ingéré de&#13;
quoi que ce soit que de ce qui&#13;
est contenu dans ses lettres.&#13;
&#13;
M. l ’Archevêque de Paris juge&#13;
très bien du remède, qui est de&#13;
lui donner un évêché en France,&#13;
où il ne pourrait pas faire grand&#13;
mal, lequel l ’on peut réprimer&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
demain qu’il fut arrivé, me témoigna être tout à fait satisfait&#13;
de ce que l ’on lui marque de&#13;
vous dans les lettres qu’il a reçues. Jugez si je dois l ’en croire,&#13;
lorsque je vois le style avec lequel M. Valet, soi-disant le&#13;
Valet, m ’a écrit: «V ous me&#13;
mandez, dit-il, que Monseigneur&#13;
paraît avoir envie de bien vivre&#13;
avec vous. Je crois comme vous&#13;
que non seulement il en a envie,&#13;
mais que ça toujours été son dessein. Cependant, continue-t-il,&#13;
il court un bruit que je ne veux&#13;
pas croire, que des gens aussi&#13;
vertueux que ceux qui gouvernent vos séminaires de Québec&#13;
et de Paris et même les Jésuites,&#13;
car on les y comprend aussi, fussent capables d ’une chose aussi&#13;
épouvantable, etc.». Jugez s’il&#13;
a écrit favorablement de vous&#13;
avec les pensées qu’il a que nous&#13;
retenons Monseigneur, etc. Je&#13;
ne doute pas que M. Montigny&#13;
ne lui ait écrit de même style.&#13;
Cependant il ne m ’en a rien témoigné, mais il m ’a plusieurs&#13;
fois assuré qu ’il était tout à fait&#13;
content de vous, que je lui faisais plaisir de lui marquer en&#13;
quoi il pouvait vous faire plaisir, etc...&#13;
Nos Messieurs prévinrent&#13;
M. l ’Archevêque de Paris sur&#13;
ces affaires. Il n ’en avait pas&#13;
encore entendu parler et ne savait pas même qu’il y eût eu&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
542&#13;
&#13;
plus facilement qu’ici. La fermeté qu’il fait paraître (si l ’on&#13;
le mettait hors d ’espérance de&#13;
son retour) n ’étant point de&#13;
grâce, mais seulement un point&#13;
d ’honneur et une politique, il&#13;
changerait de sentiment. Comme il n ’y a aucun changement à&#13;
espérer de sa conduite, l ’on peut&#13;
s’attendre qu’il ruinera cette&#13;
pauvre Église, qu’il est plus incapable de gouverner à cause&#13;
spécialement de l ’éloignement&#13;
de la France.&#13;
M. Dollier ... a écrit de Montroyal ... à M. de Montigny, qui&#13;
fait ici les fonctions de grandvicaire, les vues qu’ils ont pour&#13;
l ’avenir, en conséquence desquelles mon dit sieur de Montigny est venu s ’ouvrir à M. de&#13;
Glandelet et savoir si l ’on voulait dans le Séminaire se joindre à ceux de Saint-Sulpice et&#13;
se servir de l ’occasion qui se&#13;
présentait de la division et conflit entre les Jésuites et les Récollets, lui alléguant ce qui est&#13;
porté non pas dans les maximes&#13;
de l ’Évangile et s’en servant&#13;
pour exciter à s ’unir à ce dessein que inter duos litigantes&#13;
tertius gaudet. Mon dit Glandelet n ’ayant pas satisfait mon dit&#13;
sieur de Montigny, il se résolut&#13;
de s’ouvrir à moi de ce dessein&#13;
et me proposa les mêmes vues,&#13;
et l ’ayant laissé parler et l ’ayant&#13;
aussi interrogé de ce qui regar-&#13;
&#13;
des contestations entre M. de&#13;
Québec et nous. Il inclinait à&#13;
faire donner un autre évêché,&#13;
et je voudrais que tout le monde&#13;
fût de ce sentiment, mais je ne&#13;
sais s ’il en est encore après&#13;
qu’on lui a lu les mémoires. Toujours le K. P. de La Chaise et&#13;
le Roi surtout n ’y veulent point&#13;
entendre...&#13;
&#13;
�— 543 —&#13;
&#13;
dait ce dessein, il me dit qu’il&#13;
était nécessaire que les Récollets y allassent, que c ’était un&#13;
bien et un avantage, que les disputes et contestations qui se&#13;
passeront entre les Jésuites et&#13;
eux donneraient le moyen aux&#13;
autres de cette dispute pour y&#13;
aller, et m ’allégua la même maxime que inter duos litigantes&#13;
tertius gaudet. Je lui dis ensuite&#13;
de toute cette ouverture que je&#13;
ne pouvait convenir que ce fût&#13;
l ’esprit de Notre-Seigneur qui&#13;
dans toutes les conjonctures&#13;
qui s’étaient passées, eût inspiré ce dessein, que ne remarquant&#13;
au contraire qu’il n ’était formé&#13;
que dans l ’esprit de division,&#13;
que c ’était purement l ’esprit du&#13;
démon qui en était l ’auteur et&#13;
que l ’on ne pouvait en attendre&#13;
aucune bénédiction, que lorsque&#13;
je verrais que l ’on formerait un&#13;
dessein avec un même cœur et&#13;
un esprit d ’union et de charité,&#13;
je croirai que ce sera l ’esprit&#13;
de Dieu, mais je trouve dans&#13;
tout ce projet qu’il n ’est aucunement fondé sur les principes&#13;
et maximes du Christianisme,&#13;
mais qu ’il ressent plutôt les maximes de Machiavel. Je suis&#13;
même surpris qu’il puisse être&#13;
formé par des ecclésiastiques&#13;
qui font profession d ’être tout&#13;
à Dieu dans un pays comme&#13;
celui-ci. Cependant ce bon&#13;
M. de Montigny veut que ce soit&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
�— 544 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
un bien. Je ne doute pas même&#13;
que M. Dollier et lui n ’aient&#13;
reçu de M. de Saint-Valier dæ&#13;
ordres et instructions, parce&#13;
quoique j ’aie dit à M. de Montigny mes sentiments sur ce dessein, il est encore revenu pour&#13;
la deuxième ou troisième fois&#13;
trouver M. Glandelet et le solliciter d ’exciter le Séminaire à&#13;
se joindre avec les ecclésiastiques de Montroyal pour aller&#13;
dans ces missions et se servir&#13;
de l ’occasion des contestations&#13;
entre les Récollets et les Jésuites.&#13;
7&#13;
Excerpta ex Epistola sacerdotis Tremblay ad Servum Dei quibus accedunt adnotationes eiusdem Servi Dei, 1696, 5-14 iunii. Ex Originali in Archino Seminarii Quebecensis asservato, Lettres N, n. 106.&#13;
Questa è la terza lettera del sacerdote Tremblay, postillata dal Servo&#13;
di Dio, di cui sopra (pp. 514, 520).&#13;
&#13;
Note del Servo di Dio&#13;
&#13;
Dispositions de M. [de SaintValier]. N ’y avoir aucune&#13;
croyance.&#13;
&#13;
Testo del Tremblay&#13;
&#13;
Cependant M. de Québec&#13;
compte qu’il retournera l ’année&#13;
prochaine. Il le dit à tout le&#13;
monde. Il me le dit à moi-même&#13;
en toute occasion. Il croit bien&#13;
que nous y pourrons mettre&#13;
obstacle, mais il espère qu’à force de me faire des amitiés dont&#13;
il me comble, il viendra à bout&#13;
de nous persuader qu’il est le&#13;
meilleur ami du Séminaire.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en italien et en français, publié dans&lt;/span&gt;&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc. 51-6-6&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1696 – Feuillet incomplet ajouté à la lettre de Tremblay au Séminaire de Québec du 3 juin 1696, débutant à&#13;
la page 13&#13;
(Musée de civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 22)&#13;
13. 1696.&#13;
voy la lettre&#13;
de 64 pages&#13;
1696 et 97.&#13;
page 8 Ecu&#13;
&#13;
DecimeS&#13;
du prieuré&#13;
de bienavant&#13;
vont a prez&#13;
de 500# on&#13;
doit payer&#13;
300# de penS.&#13;
a mr gontier&#13;
et n’eSt affer&#13;
mé q’ 800#&#13;
papier&#13;
terrien et&#13;
maiSon a y&#13;
reparer au&#13;
plutôt&#13;
14.&#13;
&#13;
au prieuré&#13;
d’habilly&#13;
en buzancoiS&#13;
&#13;
1&#13;
No 22 M&#13;
t&#13;
r&#13;
2 nous avons p’ntem. C’est p. quoy J’en ay escrit a M’gr de&#13;
3 Q. qui fait une mission a meobec, afin que pend.t quil&#13;
4 est Sur les lieux, Jl fasse le marché de ces choses avec&#13;
5 quelqu’un qui veille lentreprendre sil en trouve, sinon&#13;
6 quil fasse toujours couper et tailler le bois necess.re p.r la&#13;
7 charpante.&#13;
8 Je ne pus rien tirer des Poirons qui nous doivent encore&#13;
9 prez de cent frans du reste de leur ferme, mais qui seront&#13;
10 consomméz par 40# dont Jay promis de leur tenir compte&#13;
11 p.r des titres quils ont retiréz en payant ces 40. et parce q’&#13;
12 Je leur ay aussi promis dallouer les frais quils feront p.r&#13;
13 faire condamner en 1.ere instance certains debiteurs du&#13;
14 Prieuré qui refusent de paier leurs devoirs. J’arrestay&#13;
15 un compte exact avec eux, Jls ont paiéz le surplus de ce&#13;
16 quils devoient en paiant la pention de M Gontier, les&#13;
17 decimes les fausses reparations quil a fallu leur allouer&#13;
18 et 250.# que Je receus d’eux lan passé et que J’ay porté&#13;
19 dans mon compte de 1696.&#13;
20 Celui qui est pntem.t fermier et dont Je Suis assez content&#13;
21 Ne me doit rien, Jl paye mesme les charges a pnt&#13;
22 par avance, car Jl m’a fallu depenser plus de 250.# p.r&#13;
23 remettre le moulin, Les Decimes de ce prieuré vont&#13;
24 aprez de 500.# on doit paier 300.# de pension a M.&#13;
25 Gontier, et Jl n’est affermé que 800.# Jl faut nous&#13;
26 resoudre a y mettre du notre p.r faire ce papier terrier&#13;
27 et cette maison quil faut ne pas remettre a un autre&#13;
28 temps. Si J’avois du temps lannée prochaine&#13;
29 apres le depart de nos vaisseaux, Jirois y passer un&#13;
30 mois p.r faire l’une et l’autre de ces choses.&#13;
31 Je ne pus non plus rien tirer des heritiers Galpis p.r une&#13;
32 année de la rente de 90.# quils nous font escheûe a Noel&#13;
33 1695. Jay eu compassion deux a cause d’un procez tres&#13;
34 facheux que leur suscite le Prieur de foncombaut. Jls&#13;
35 m’ont promis de largent vers Noel, la so’e est peu&#13;
36 considerable&#13;
37 Si tost que Je fus arrivé au Blanc Jenvoiay querir M.&#13;
38 Le Bailly de S.t Gautier qui demeure a six lieue, Javois besoin&#13;
39 de lui p.r toutes ces aff.res Jl m’accompagna a meobec, a&#13;
&#13;
�ce quaut&#13;
ce prieuré&#13;
&#13;
ormenens&#13;
preSens&#13;
qui trembl’&#13;
a envoyer&#13;
a tous ces&#13;
benefices.&#13;
&#13;
15. 1696&#13;
&#13;
au prieuré&#13;
de St Sebastien&#13;
qui est en&#13;
bon êtat&#13;
&#13;
40 Buzancois et a chateauroux. a meobec Nous y fismes&#13;
41 avec M. Le curé de S.t Gautier le procez verbal de letat de&#13;
42 Labbaie p.r lenvoier a Rome; a Buzancois nous&#13;
43 vismes le prieuré d’habilly qui en est tout proche, a&#13;
44 chateauroux Nous tachasmes d’affermer le prieuré de&#13;
45 chezelles co’e M’gr de Q. m’en avoit prié.&#13;
46 Nous Jouissons a p’nt de ce prieuré dhabilly. Jl ne&#13;
47 nous rend guere plus de soixante francs par an, Jl en&#13;
48 est du une année quoiq’ Je ne laye affermé que ce mois&#13;
49 de Janvier dernier, J’ay destiné cette 1.ere année a y faire&#13;
50 des ornemens. J’ay resolu aussi denvoier au Prieuré&#13;
51 de M du Pré un devant dautel, au Prieuré de Parcay&#13;
52 un petit calice, a Bien avant un devant dautel et une&#13;
53 chasuble, avec quelq’ xxxx piece de tapisserie&#13;
54 garnie d’Jmages p.r servir de tableau, a s.t sebastien&#13;
55 un devant dautel, et quelques Jmages car ces chapelles&#13;
56 sont si nües, que c’est un Jndecence d’y laisser dire&#13;
57 la messe ainsy.&#13;
58 Je fus loger a chateauroux chez la veuve Beloche&#13;
59 et son fils aisné qui me receurent fort bien. Je fis&#13;
60 ce que Je pus p.r leur faire reprendre le prieuré de&#13;
61 chezelles et voyant quils n’y vouloient entendre p.r&#13;
62 trouver un autre fermier a M’gr. Je n’y pus reussir.&#13;
63 Je fus ensuite voir notre prieuré de s.t sebastien. Jl&#13;
64 est en bonne disposition, Je chargeay seulem.t le fermier&#13;
65 de faire renduir quatre pignons qui sont au midy, et&#13;
66 que la pluye a fort gastéz, co’e aussi de faire planter&#13;
67 une rangée de Noiers le long d’un grand chemin qui&#13;
68 va vers chateauroux a la porte de la ferme.&#13;
69 Je trouvay sur tout le moulin en bon estat bien&#13;
70 different de celui ou Je lavois laissé lors que J’y vins&#13;
71 en 1694. J’ay fait une bonne aff.re davoir chargé le&#13;
72 fermier des reparations de ce moulin hors de grands&#13;
73 accidens Jl ne nous coutera aucune reparation&#13;
74 Je chargeay le fermier de faire remplir une grande&#13;
75 fosse qui est restée d’une breche qui nous a coustée&#13;
76 plus de cent cinq.te livres a reboucher. Cette fosse, sy&#13;
77 on ne la remplissoit entraisneroit tost ou tard la&#13;
78 reparation J’y ay fait apporter des terres p.r la&#13;
79 combler en talus afin de soutenir la chaussée.&#13;
80 cette reparation Nous coutera bien soixante francs&#13;
81 mais elle est Necess.re et le fermier n’y est pas&#13;
82 obligé.&#13;
&#13;
�procez que&#13;
veulent&#13;
Jntenter&#13;
Les maitres&#13;
deS forges&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
Jl va a&#13;
bourges&#13;
ou Jl voit&#13;
Mr guyot&#13;
&#13;
a L’Estrée&#13;
et montigny&#13;
&#13;
abbaye de&#13;
L’estrée&#13;
bien delabrée, depuis&#13;
qu’on y a&#13;
Jntroduit&#13;
Les religieuses.&#13;
&#13;
17. 1696&#13;
&#13;
plainte&#13;
de la prieure&#13;
made Ste&#13;
Colombe&#13;
contre mg&#13;
de queb&#13;
d’avoir en-&#13;
&#13;
83 Jalloy voir ceux qui Sont les M.tres des forges de&#13;
84 M. Le Prince qui sont a demie lieue au dessus de&#13;
85 Notre moulin, parce quils vouloient me faire un&#13;
86 procez pretendans que Nous avions hausséz nos&#13;
87 empalemens et nos chausséez; J’y fus deffendre&#13;
88 n’re droit. Je ne scay sils nous attaqueront, mais&#13;
89 Sils le font Jl faudra nous defendre.&#13;
90 Je comptay avec n’re fermier qui me resta&#13;
91 redevable toutes choses allouéez hors 25.# des 1.eres&#13;
92 reparations et celles de cette breche denviron trois&#13;
93 cent livres quil me promit denvoier vers la s.t martin&#13;
94 Je ne trouvay pas un denier a toucher sur toute ma&#13;
95 route, par bonheur que J’avois pris Suffisamm.t de quoy&#13;
96 faire entierem.t mon voiage et me rendre a Paris.&#13;
97 Jallay de chateauroux a Bourges, J’y avois plus.rs aff.res&#13;
98 p.r n’re sem.re mais J’eus le malheur de ny trouver&#13;
99 par une seule personne de sept ou huit que Javois a&#13;
100 y voir. Je n’y vis que M. Guyot qui y est Curé&#13;
101 dune paroisse unie au sem.re de Bourges. Jl me fit&#13;
102 toutes bien des les amitiéz. Jl pense toujours au canada,&#13;
103 et espere y retourner. Je repris de Bourges mon&#13;
104 chemin vers Paris, et quoiq’ mon cheval fust fort&#13;
105 las, Je ne laissey pas de lui faire faire ce chemin&#13;
106 qui est de plus de soixante lieues en quatre jours.&#13;
107 Je m’en suis encore servi p.r aller a Lestrée et a&#13;
108 montigni lieu de la naissance de M’gr n’re ancien&#13;
109 Evesque. J’estois bien aise de connoistre par moi mesme&#13;
110 Labbaie de Lestrée, et de parler a Mad.e La prieure de&#13;
111 la colombe qui y demeure. Les fermes sont dans&#13;
112 un estat passable, mais Labbaie est fort delabrée depuis&#13;
113 qu’on y a Jntroduit les Relig.ses Jl n’y a que la&#13;
114 Prieure, une sœur Converse une demoiselle, et un&#13;
115 Religieux avec quelques valets. La prieure se plaignit&#13;
116 d’avoir esté greslée depuis deux ans. Elle sexcuse par&#13;
117 la davoir laissé deperir le moulin. si Lunion n’estoit&#13;
118 preste disposée a se consommer au 1.er Jour, Jl faudroit exclure&#13;
119 ces Relig.ses de ces lieux, car elles n’y font pas de bien&#13;
120 La Prieure se plaigit fort a moy que M’gr eust&#13;
121 enlevé un beau ciboire dargent et tous les ornemens&#13;
122 de LEglise, contre les articles du concordat passé entre&#13;
123 lui et Lordre de Citeaux. M. Labbé de cisteaux et&#13;
124 Labbe de la charité nous firent la mesme plainte,&#13;
&#13;
�Levé un&#13;
beau ciboire&#13;
et LeS ornemenS de `&#13;
L’EgliSe.&#13;
Demande&#13;
L’uSage&#13;
q’ mg en&#13;
a fait&#13;
&#13;
bonneS&#13;
nouvelleS&#13;
des miSsions&#13;
dorient&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
125 et nous apprirent qu’ils lavoient portée au P. de la&#13;
126 chaize en 1691. qui reprit fort M. de Q. Je voudrois&#13;
127 scavoir Lusage quil a fait de ce ciboire, et sil en&#13;
128 pouvoit ainsy disposer&#13;
129 Je ne pus tirer de l’argent de M. Rotrou, et J’ay toutes les&#13;
130 peines du monde a en tirer. Les temps sont mauvais.&#13;
131 Je ne vous apprendray rien de la paix de savoye du&#13;
132 mariage du Duc de Bourgogne avec la Princesse de savoye&#13;
133 et de la Neutralité de tous les Princes en Jtalie. La&#13;
134 voix publique vous en dira plus que Je ne pourrois&#13;
135 vous en mander. on espere cet hyver une paix&#13;
136 g’rale.&#13;
137 Mais Je crois devoir vous mander exactem.t les&#13;
138 bonnes nouvelles qui nous sont venües de Rome a&#13;
139 legard de nos missions. Je scay linterest que vous y&#13;
140 prenéz. vous avéz appris par mes lettres escrites cette&#13;
141 année l’etat violent ou sont nos missions dorient. depuis&#13;
142 quatre ou cinq ans. Depuis 1691. M. de Quemener est&#13;
143 a Rome, et sollicite le Pape a renverser les pretentions&#13;
144 frivoles du Roy de Portugal p.r le Droit de Patronage quil&#13;
145 pretend avoir sur toutes les Jndes et toute la chine&#13;
146 Le Pape avoit toutes les peines du monde a se declarer&#13;
147 contre ce pretendu droit crainte de choquer cette couronne,&#13;
148 et M. de Quemener Nous mandoit au mois de May&#13;
149 dernier qu’il desesperoit de l’y resoudre, cepend.t Le propre&#13;
150 Jour de s.t Jgnace Le Pape apres avoir entendu la messe&#13;
151 chez les Jesuites alla tenir une congregation solemnelle&#13;
152 a la propagande. Ce s.t Pape y parla en s.t Grégoire&#13;
153 et co’e ces papes des 1ers siecles, Jl y exalta la charge qui&#13;
154 lui estoit Jmposée destendre la Religion jusqu’aux&#13;
155 extremitéz de la terre, Jl benit Dieu des bonnes&#13;
156 dispositions ou se trouvoit p.r la Religion le grand&#13;
157 Empire de la chine, Jl loüa la foy et la pieté du Roy&#13;
158 tres x’tien qui non content despuiser ses tresors p.r soutenir&#13;
159 la foy en Europe, estendoit ses liberalitéz jusqu’aux&#13;
160 extremitéz du monde p.r y establir cette mesme foy.&#13;
161 Jl dit qu’il ne pouvoir se dispenser de suivre un si&#13;
162 bel exemple, mais quil devoit mesme xxxxpassant le&#13;
163 Roy dans Ses liberalitéz l’animer a les redoubler,&#13;
164 et engager tous les rois x’tiens dans un employ de&#13;
165 leurs biens si avantageux a la Religion, Jl ajouta&#13;
166 quil estimeroit tous les tresors de s.t Pierre bien empoliés&#13;
167 a un si bon œuvre, et quil s’estimeroit heureux d’y&#13;
&#13;
�168 emploier tous ses biens pend.t son Pontificat. Que&#13;
169 p.r commencer Jl faisoit present a la congrg.on p.r le&#13;
170 soutien des missions de la chine de trois cent mil livres&#13;
171 Romaines qui font prez de 350000.# de france p.r en&#13;
172 faire un fond p.r ces missions.&#13;
19.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
173 Jl loua ensuite le zele des vv. aa. francois qui&#13;
174 avoient avancéz les aff.res de la Religion et soutenus&#13;
175 lauthorité du s.t siege au depens de leur repos et de tous&#13;
176 leurs biens. Jl declara quil vouloit soutenir ces&#13;
177 miss.res et dans cette cong.on et deux suivantes quil&#13;
178 tint sur ce sujet, Jl declara toutes les missions de&#13;
179 la chine, Tunquin, Cochinchine, Ciampa, Laos et&#13;
180 Siam dependantes immediatem.t du s.t siege et&#13;
181 exemptes de toute autre jurisdiction que de celle des&#13;
182 vicaires apliques envoiez par sa sainteté. Jl&#13;
183 distribua ensuite toute la chine en quinze vicariats et co’e elle est divisée&#13;
184 en quinze apliques provinces. Jl en laissa deux a LEvesque&#13;
185 de PeKin, deux a celui de NanKin, et deux a celui de&#13;
186 macao a la charge que ces Evesques qui ont esté&#13;
187 nommez par le Roy de Portugal apres leur mort&#13;
188 seront nomméz par Le Pape qui y placera qui Jl&#13;
189 voudra excepté a macao. Des Neuf provinces Jl en&#13;
190 donna trois a nos vicaires apliques francois,&#13;
191 celle de fokien et M Maigret, celle de chensy a&#13;
192 M. Labbé de Lionne, et celle de Junang a M Le&#13;
193 Blanc, avec le titre dEvesque in partibus &amp; Jl en&#13;
194 a donné quatre aux D’nicains, franciscains et&#13;
195 augustins Jtaliens, et deux aux Dnicains Espagnols.&#13;
196 On n’a encore rien reglé de particulier p.r les&#13;
197 missions de Tonquin, cochinchine, et siam, sinon&#13;
198 qu’on les a declaréez independantes des Portugais, sujette&#13;
199 au s.t siege, et qu’on a nommé Le P. Lezzoli Dnicain p.r&#13;
200 succeder a feu M. Deydier Evesque Davren, et M.&#13;
201 Belot p.r coadjuteur de M. de Bourges Evesques d&#13;
202 Dascalon, Tous deux vicaires apliques du Tonquin&#13;
203 Voila de grandes Nouvelles. Jamais les Jesuites&#13;
204 Portugais et Jtaliens n’ont perdus plus solemnellem.t&#13;
205 leur procéz. Dieu veuille qu’on ne soit par obligé d’y&#13;
206 comprendre aussi ceux de france, et toute la societé&#13;
207 Ceux de Paris nous assurent qu’ils sont tres aises de&#13;
208 ce qui a esté reglé, et quils y ont contribuéz. Jls voudroient&#13;
209 mesme que Nous leur en eussions toute Lobligation&#13;
&#13;
�P. Le comte,&#13;
&#13;
21.&#13;
&#13;
210 Cepend.t sil en faut croire M. Quemener qui est a&#13;
211 Rome Les Jesuites de Paris ont envoiez a Rome de&#13;
212 tres fascheux memoires contre n’re Sem.re de Paris,&#13;
213 et nos miss.res des Jndes. M. de Quemener en doit&#13;
214 apporter des copies. Jls ont mesme fait courir&#13;
215 depuis deux ans que l’on alloit donner une abbaye&#13;
216 ou une Evesché considerable a chacun de nos deux&#13;
217 m.rs et quils cederoient le sem.re et tous ses revenus&#13;
218 aux Jesuites qui s’y establiroient, c’est ce que des&#13;
219 Jesuites ont dit en Province a quelques uns de nos&#13;
220 amis; ce seroit alors que Nous aurions esté&#13;
221 faits Jesuites en dormant. On nous auroit apporté&#13;
222 a n’re reveil une robe de Jesuite et tous nos miss.s&#13;
223 auroient quitt;z le colet p.r revestir de lhabit de&#13;
224 S.t Jgnace, co’e plus.rs de leurs Peres ont dit plus.rs fois&#13;
225 qu’il falloit faire p.r reunir toutes les missions dans&#13;
226 leur societé.&#13;
227 Je vous envoieray les memoires que le P. Le conte&#13;
228 Jesuite revenu depuis deux ans de la chine a donné&#13;
229 au public de ce vaste empire. Ces memoires&#13;
230 l’ont tellem.t fait gouter du Roy quil la choisy p.r&#13;
231 Confesseur de Mad.e la petite Duchessse de Bourgogne&#13;
232 Ce Pere paroist y loüer M’gr dheliopolis et nos miss.res&#13;
233 mais a ceux qui lentendent bien, c’est partout la&#13;
234 plus Sanglante Jronie qu’on en puisse faire Jls nous&#13;
235 font juger par la de leur dispositions. C’est la&#13;
236 reconnoissance quils rendent a nos miss.res p.r&#13;
237 les Services quils leur ont rendus dans les&#13;
238 persecutions quils ont eu a souffrir de leurs PP.&#13;
239 Portugais qui ont esté jusqu’à excommunier les&#13;
240 Jesuites françois les chasser de la compagnie &amp;.&#13;
241 ce qui a obligé le P. Le conte dabandonner la&#13;
242 chine, Le P. Bouvet est sorti p.r le mesme sujet, et&#13;
243 on croit que les trois autres qui y estoient restez en&#13;
244 seront partis depuis. Ces PP. mandent au P. verjus&#13;
245 Nous estions partis de france p.r soutenir nos PP.&#13;
246 Portugais contre les miss.res francois, Nous n’avons&#13;
247 a souffrir que de ceux que nous estions alléz dependre,&#13;
248 et Jls nous persecutent a toute outrance, et nous&#13;
249 navons de soutien et de consolation que de ceux&#13;
250 que nous estions alléz inquieter. Cepend.t Jls&#13;
251 font en Europe ce quils peuvent contre Nous, et&#13;
252 on sattend de les avoir toujours a dos, si non&#13;
&#13;
�253 ouvertem.t du moins sous main;&#13;
254 M. Quemener fait expedier a Rome tous les&#13;
255 decrets qu’il a obtenus p.r les apporter avec lui&#13;
256 en france a la fin de cette année afin d’en partir,&#13;
257 au commencem.t de la suivante p.r les Jndes.&#13;
22.&#13;
&#13;
mort de&#13;
M.r du Chêneau&#13;
&#13;
1.eres&#13;
LettreS&#13;
receuëS&#13;
&#13;
diSpoS. du p.&#13;
p. ConfeSSeur&#13;
sur le retour&#13;
de m.&#13;
23.&#13;
&#13;
258 M. charmot et M. de Guilhem sont partis p.r&#13;
259 Rome, afin de le relever. Je les ay chargéz d’une&#13;
260 partie de nos papiers p.r Lunion de nos abbayes&#13;
261 et ils m’ont promis de s’y emploier fortem.t&#13;
262 Jay appris au commencem.t de Novembre la mort de&#13;
263 M. du chesneau; Jl s’estoit retiré a ambraut prez&#13;
264 Jssoudun en Berry ou il vivoit en solitaire et se&#13;
265 preparoit a mourir depuis longtemps. Jl n’est pas necess.re&#13;
266 de le recommander a vos prieres. J’ay de lui un billet&#13;
267 de 250.# fait a feu M. dudouist p.r argent presté, que Je&#13;
268 n’ay qu’a deschirer, car Nous n’en serons jamais paiéz.&#13;
269 Les 1.eres Nouvelles qui me sont venües du canada me&#13;
270 furent apprises au commencem.t de 9.bre par M. fredin&#13;
271 pend.t que J’estois en retraite. Jl me dit que tout le&#13;
272 Monde Se portoit bien, et que Nos vaisseaux estoient&#13;
273 arrivez a bon port, ce qui me rejouit fort.&#13;
274 Je receus vers le 15.e 9.bre les lettres que vous m’avez&#13;
275 escrites dans le mois d’aoust et qui sont venues par un&#13;
276 brigantin venu a Plaisance dans le paquet de M&#13;
277 Lintend.t sous lenvelope de M Le marquis de Denonville&#13;
278 Jappris le retour de tous ces Navires en france le&#13;
279 11.e ou le 12.e x.bre et le 15.e Je receus un paquet de lettres&#13;
280 venües par la poste dans lequel J’en trouvay une en&#13;
281 chiffre une au’ de M. Glandelet p.r moy du 25 ou 29.e&#13;
282 8.bre dernier, une de Mgr Lancien p.r Le RP. Lachaize&#13;
283 une au’ p.r le mesme de la perSonne &amp;. et une de M&#13;
284 Glandelet p.r M. Le marquis de Denonville.&#13;
285 Avant que nous eussions receus ces lettres, nos&#13;
286 m.rs avoient vus Le R. P. de la chaize Jl leur parut&#13;
287 froid sur M. de Q. et consentir mesme a Le voir retourner.&#13;
288 Jls firent ce quils purent p.r le remettre dans ses&#13;
289 1.ers sentimens, et medirent de porter Le P. Lamber ville&#13;
290 a lui parler fortem.t sur ce sujet. Jls reinstruisirent&#13;
291 aussi M. Larch. de P. et lui communiquerent les memoire&#13;
292 que Je crois navoir point encore esté vus par Mgr&#13;
293 ny par M. de la Palliere. Jls sont allez hier a S.t Cir&#13;
294 et ils doivent voir en passant Le RP. de la chaize&#13;
&#13;
�M. De la&#13;
palliere&#13;
Sa Joye&#13;
sur les 1eres&#13;
nouvelleS&#13;
eu’Jl receut&#13;
&#13;
24e&#13;
m.r Charmot&#13;
bien receu&#13;
du pape.&#13;
touchant&#13;
L’union des&#13;
abbayes&#13;
&#13;
mort du&#13;
Jeune beloche&#13;
fermier du&#13;
prieuré de&#13;
St SebaStien&#13;
&#13;
argent&#13;
provenu&#13;
des bois&#13;
neuf en rente&#13;
Sera de&#13;
25840#&#13;
en principal&#13;
&#13;
295 et M. le marquis de Denonville a qui ils doivent rendre&#13;
296 les lettres cy dessus.&#13;
297 M. de Q. est toujours en campagne. Jl donne demain&#13;
298 22. x.bre les ordres a Limoge en Berry et part aussitost&#13;
299 p.r revenir a Paris ou il doit toue remüer p.r retourner&#13;
300 en canada. Je mattends a voir de belles Scenes.&#13;
301 M. de la Palliere me dit ces jours passéz avec un&#13;
302 espanouissem.t de Joie extraord.re que M Le comte recherchoit a&#13;
303 p’nt lamitié de M’gr, et quil devoit avec les&#13;
304 Recollets mettre toute pierre en œuvre p.r le faire&#13;
305 retourner en canada. Jl mapprit aussi la mesintelli&#13;
306 =gence de M. le comte et des PP. Jesuites, et il en&#13;
307 Jnfera que les PP. Jes. devoient penser a se reunir a&#13;
308 M’gr de peur quil ne se joignist a M Le comte aux&#13;
309 Recollets. Quasi vero &amp;. Je fis paroistre navoir point&#13;
310 encore receu mes lettres, Je ne les avois pas encore&#13;
311 en effet. M. de la Palliere alloit en me quittant&#13;
312 raconter ces bonnes nouvelles au R P. de la chaize&#13;
313 qui les scavoit déjà Je ne scay comment Jl aura&#13;
314 pris la chose avec lui venant de lui.&#13;
315 LabSence de M’gr a cité cause qu’on na point jusqu’a&#13;
316 avancé laff.re de nos unions M. charmot est&#13;
317 arrivé a Rome, dou il me mande quil attend p.r&#13;
318 agir en cette aff.re nos derniers papiers que Je ne&#13;
319 puis lui envoier qu’apres le retour de M’gr. Ce&#13;
320 miss.re a esté parfaitem.t bien receu du Pape qui avoit&#13;
321 fait expedier tout recemm.t toutes les Bulles quil&#13;
322 a accordéez aux vv. aa. qu’il a establis dans les&#13;
323 Jndes, et il fit communiquer ces bulles a M. Quemener&#13;
324 avant que de les signer p.r voir si ces Bulles estoient&#13;
325 co’e Jl faut. Jl les a voulu toutes envoier par&#13;
326 n’re sem.re aux vv. aa. mesme qui ne sont ni de&#13;
327 n’re corps ny de n’re nation. Nous les receusmes&#13;
328 tous a Paris il y a huit jours.&#13;
329 J’ay predu a la fin de 9.bre Le Jeune Beloche fermier&#13;
330 du Prieuré de s.t sebastien que Je regrette fort Jl a&#13;
331 esté estouffé par un abcèz qui est tombé dans sa&#13;
332 gorge et la estouffé.&#13;
333 Nous avons reçus une lettre de change de 8333.#&#13;
334 p.r le dernier paiem.t des bois qui n’est paiable&#13;
335 qu’au 18. de Janvier. si bien que p.r convertir les&#13;
336 deux contracts des bois l’un de 424.# de rente, et&#13;
337 l’autre de 500.# en tout 924.# de rente et en faire&#13;
&#13;
�et 1848#&#13;
de rente au&#13;
denier 14.&#13;
moitié pour&#13;
L’evêq’ et&#13;
moitié p’&#13;
Le Chapitre&#13;
&#13;
338 1848.# de rente au denier quatorze, Jl nous faut&#13;
339 emprunter de largent avant la fin de x.bre p.r&#13;
340 profiter de six mois darrerages. Nos m.rs me&#13;
341 prestent 4000.# et M. de la Palliere empruntera&#13;
342 les au’ 4000.# et des deux contracts nous n’en ferons&#13;
343 qu’un, dans lequel Je feray declarer que le chapitre&#13;
344 a la moitié et Levesque L’autre. Ce contract Sera&#13;
345 de 25840.# en principal provenant des bois.&#13;
346&#13;
Lettre de 1696.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre du procureur du Séminaire de Québec à Paris, annotée par Laval, ancien évêque de Québec. Il fait un compte-rendu des travaux de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, concernant l’affaire de l’union des abbayes avec le chapitre de Québec et l’impression d’un nouveau rituel et d’un catéchisme. Cet évêque fait courir en France que le conflit avec les Récollets est terminé et qu’il y a une bonne entente avec le clergé canadien, ce qui contrarie les efforts d’un front commun organisé avec les témoignages recueillis en Nouvelle-France contre ce prélat, afin de le destituer du diocèse de Québec pour le nommer dans un diocèse plus important en France. Mais rien ne fonctionne et les Jésuites de France se sont retirés du groupe. On mentionne l’évolution de la guerre en cours et les différentes nominations religieuses.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12032" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 22&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10565" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10566" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-6 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9579" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10567" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-6-6&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12031" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en italien&lt;/a&gt; et en français, publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-6-6&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9586" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12028" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12029" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Lettres M, no 22a&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12030" class="show"&gt;Extrait manuscrit en français classique&lt;/a&gt; par C. Gagnon, v. 1890, et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 56b&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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        <name>Abbayes et prieurés</name>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
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        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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        <name>Conseils pastoraux</name>
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        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
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                    <text>Doc. XXIII-22&#13;
au souverain pontife Clément IX, 29 août 1667, d’après l’original conservé&#13;
aux Archives apostoliques du Vatican, Sacra Congregatio Consistorialis, Acta&#13;
congregationis consistorialis, vol. 1668, t. 1, fos 88r-90v&#13;
Traduction de l’original en latin&#13;
&#13;
Lettre1&#13;
&#13;
NDLR : L’abbé Demers avait initialement indiqué : « Nous n’avons pas le texte de cette&#13;
lettre, qui est connue seulement par la suivante, n o 23 ». Lorsqu’il l’a trouvée, il était trop&#13;
tard pour l’ajouter à la section XXIII et l’a incluse en Annexe I, Doc. A-1. Par souci de&#13;
préserver l’ordre chronologique des textes souhaitée par l’abbé Demers, nous la&#13;
reproduisons ici.&#13;
&#13;
Très Saint-Père2,&#13;
La paix dans ces régions, que la victoire de l’année dernière a générée et ramenée,&#13;
aux dépens des Iroquois par l’illustrissime marquis de Tracy, légat suprême du&#13;
Roi Très Chrétien dans ces régions, homme qu’on ne louera jamais assez en tout&#13;
et, entre ses autres excellents mérites, de [grande] piété et dévotion pour Dieu, a&#13;
enlevé un obstacle à une propagation plus avancée de l’Évangile ; ce qui, comme&#13;
de raison, a aussitôt été mis à profit par les pères de la Compagnie [de Jésus] et&#13;
même chez ceux qui avaient représenté jusque-là la plus grande part de cet&#13;
obstacle ; et comme ceci ne peut qu’être des plus agréables à Votre Sainteté3, nous&#13;
espérons être soutenus de votre piété pour en rendre grâce à Dieu. Cette paix&#13;
permet, en outre, un grand développement à la colonie et de nombreuses&#13;
personnes travaillent désormais pour se construire de nouvelles demeures et bâtir&#13;
des places fortes, pour lesquelles il me faut donc penser à ériger des paroisses et à&#13;
installer des curés ; de là surgit le motif, certainement de conséquence, pour mettre&#13;
de l’avant trois choses auprès de Votre Sainteté.&#13;
La 1re [chose] est la réalisation du projet, approuvé depuis longtemps par Votre&#13;
Sainteté, de transformer le vicariat de ce pays-ci en évêché en titre. En effet, comme&#13;
de nombreuses paroisses doivent être érigées à tour de rôle et des curés installés,&#13;
cela se ferait plus convenablement et avec une plus grande autorité s’il y avait dans&#13;
NDT : La transcription dactylographiée de cette lettre est manifestement défectueuse à plusieurs endroits,&#13;
ce qui en rend la traduction incertaine, même si le sens général est relativement clair.&#13;
2&#13;
NDT : Littéralement : Très Bienheureux Père.&#13;
3&#13;
NDT : Littéralement : De Votre Béatitude.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�ces régions une église cathédrale, dans laquelle l’évêque siégerait et ordonnerait&#13;
toutes choses de façon stable, selon la doctrine et l’usage de l’Église romaine ; c’est&#13;
pourquoi il serait nécessaire que Votre Sainteté, par un bref ou des bulles, nous&#13;
accorde la faculté générale d’ériger ces paroisses et [d’installer] en titre des curés.&#13;
Je n’ai d’autre intention que d’user de cette faculté selon le besoin et ce qui&#13;
semblera le mieux pour la chrétienté4. Il serait vraiment difficile, à moins que&#13;
quelque chose d’autre n’y fasse obstacle, de désormais refuser cela à ses&#13;
demandeurs, alors que les dîmes sont déjà assurées et qu’elles se trouvent même&#13;
être suffisantes pour l’entretien d’un curé titulaire. Que pourrais-je apporter de&#13;
plus pour soutenir la détermination des demandeurs ? Qu’il plaise donc à&#13;
Votre Sainteté de considérer cela.&#13;
&#13;
La 2e chose est que la paroisse de Québec, que j’ai récemment consacrée par une&#13;
dédicace solennelle et qui, outre les dîmes susdites, possède [une rente de] plus de&#13;
2 000 livres annuelles, soit érigée en titre et soit unie à perpétuité au Séminaire des&#13;
Missions étrangères, que nous avons constitué avec des hommes dudit Séminaire&#13;
de Paris, qui, depuis cinq ou six ans, administrent cette église de Québec avec tant&#13;
de splendeur et de somptuosité qu’à cause de nous, elle paraît être une paroisse&#13;
cathédrale plutôt qu’une simple paroisse.&#13;
C’est dans cedit Séminaire, [rempli] d’hommes de saine doctrine et de mœurs&#13;
éprouvées, que repose tout espoir d’affermir, de conserver et de promouvoir la&#13;
chrétienté dans ces régions. De plus, ils sont tous occupés à mettre sur pied des&#13;
missions dans les paroisses, qui manquent d’assistance spirituelle, et ils assument&#13;
eux-mêmes le soin de la formation des jeunes gens aux réalités ecclésiastiques, ce&#13;
qui, par la suite, pourra être confié au Séminaire épiscopal, et ceux-ci demeureront&#13;
alors stables et fixes, peu importe la succession des évêques, et pourront conserver&#13;
la chrétienté saine et intacte et toujours égale à elle-même ; ce qui nous conduit [à&#13;
demander] instamment que l’administration de ladite paroisse de Québec leur soit&#13;
confiée à perpétuité.&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
NDT : Littéralement : La chose chrétienne.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�La 3e [chose] est que, pour faire face à divers troubles dans cette Église, il me paraît&#13;
nécessaire que Votre Sainteté ait connaissance des agissements d’une certaine&#13;
communauté de prêtres qui s’est établie dans ces régions, qui est originaire du&#13;
Séminaire Saint-Sulpice de Paris, communauté ou famille dont provient l’abbé&#13;
de Queylus, qui nous a causé tant d’embarras. De concert avec l’archevêque de&#13;
Rouen, il aurait manigancé une affaire lorsqu’il s’est agi de nous envoyer ici : ledit&#13;
abbé, avec ses sulpiciens, lorsqu’il se vit déchu de l’espoir de l’épiscopat, aurait&#13;
fait tout ce qu’il a pu à Rome pour au moins occuper les paroisses de ces régions ;&#13;
ainsi munis de ces titres, ils exerceraient quelque domination et auraient de quoi&#13;
s’opposer à l’évêque, sous prétexte qu’ils auraient reçu du Saint-Siège le soin de&#13;
ces âmes ; d’où j’avoue craindre vivement des troubles graves de la part de ces&#13;
hommes, qui sont dotés d’un esprit tout à fait étranger et agité.&#13;
Bien plus, la rumeur a couru qu’ils auraient d’ailleurs obtenu des bulles pour cela ;&#13;
et il m’a plu de signaler à Son Éminentissime cardinal Antonio que, si elles ont&#13;
réellement existé, elles sont fausses. Par ailleurs, s’il plaisait à Votre Sainteté de&#13;
trancher et de me faire signifier que toutes les bulles de ce genre, qui encouragent&#13;
l’indépendance à notre égard en quelque manière que ce soit, doivent être tenues&#13;
pour frauduleuses et nulles, elle ferait une chose absolument profitable à cette&#13;
Église et de nature à sauvegarder grandement la paix et l’union ; si, bien sûr, en ce&#13;
qui nous concerne, elle a confiance que nous n’abuserons pas des pleins pouvoirs&#13;
qu’elle daignerait nous conférer à cette occasion.&#13;
Telles sont les choses que, pour le moment présent, j’ai estimé de ma responsabilité&#13;
de faire voir à Votre Sainteté. Que Dieu Très Grand conserve Votre Sainteté pour&#13;
de nombreuses années. De Votre Sainteté,&#13;
Le très humble et très obéissant serviteur et fils,&#13;
François, évêque de Pétrée, vicaire apostolique en Nouvelle-France.&#13;
De Québec, en Nouvelle-France, le 4 des calendes de septembre de l’année 1667&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Traduction typographiée en français classique par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 23-22&lt;/span&gt;</text>
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&#13;
./&#13;
&#13;
As&#13;
&#13;
1667, septembre&#13;
&#13;
Lf i d--&#13;
&#13;
AA-0&#13;
&#13;
Arch 4 Vat., Acta Cong.&#13;
Cone•istoria lis, an 1668, tômo&#13;
&#13;
I, fol. 88-906)&#13;
&#13;
gr de Laval au Pape .&#13;
&#13;
eatissime Pater,&#13;
ax j_n his regionibus qu--..i,m via oria superioris anni&#13;
peperi t et quam ex Iroq_uiis retuli t Illua. tri simus&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
archio&#13;
&#13;
de Tracy, supx·emus in his regionibus Regis Christianissimi&#13;
&#13;
legatus, vir nunquam satis in omnibus laudatus et&#13;
&#13;
ximia in-&#13;
&#13;
ter coetera in D um pietatis et religionis, obicem sustulit&#13;
propagandi ultcrius Ev ngelii, quod statim a P~tribus S ci~&#13;
tatis susceptum pro mor. est; i, mo et apud eos ipson qui hactenus magna pars huius ibicis forant; haec res cum non possit Sa1-c-tik.ti Vestrae n n ess~e gratissima, ab&#13;
&#13;
ius pieki.te&#13;
&#13;
s ~ vramus non adiutos fore ad gratias pro ea Dei rep ndendas .&#13;
Affert p aeterea haec pax m,,,gnum col niae increme tum,&#13;
&#13;
certati&#13;
&#13;
h&#13;
&#13;
1 bor·nt plerique ut novas&#13;
&#13;
sedes sibi constitu. . . nt&#13;
&#13;
ot oppida oompo ant, pro quibus de parochiis et parochis&#13;
ins ti tuet dis ex cousequenti cogi te.ndum; o&#13;
&#13;
te&#13;
&#13;
x eo non leve&#13;
&#13;
mo tivum consurbi t ad tria apud ~anctitJtem Vostram ur ·enda.&#13;
&#13;
Primum 0st conswrrnatio oonsilii a&#13;
&#13;
ancti t ate Vestrc. i am-&#13;
&#13;
pridem probati Vicariatum in epi~copalem dignit~tem huius&#13;
&#13;
�loc&#13;
&#13;
propriam comr ut~·ndi .. Cum enim p"'..rochiae p·,ures deinceps&#13;
&#13;
sint ,rige dae et parocht instituendi, id conv&#13;
ttai ri cum auot ritate&#13;
thedr~lis in qua&#13;
&#13;
tius fiet et&#13;
&#13;
si in his rogionibus sit&#13;
&#13;
cclesia ca-&#13;
&#13;
i copus sedeat, cunsta ordinans stabiliter&#13;
&#13;
expraescripto et usu .!icclesiae RoIIUmae; pro quo ex consequenti opus erit ut Sunotitas Ve~tra per .Br ve aut Bullam facul-&#13;
&#13;
tat m nobia faciat g n0ral0m has pro hi ,set&#13;
&#13;
pxrochos in&#13;
&#13;
·titulum 0rici0ndi; q a facul ta"t0 uti non est animus nisi ubi&#13;
&#13;
opus fucrit et e&#13;
&#13;
r0&#13;
&#13;
christi~na molius nobis vism;i fuerit.&#13;
&#13;
Varum difficile erit nisi aliud obstet, d inceps istud&#13;
petentibus ne~are, cum iam decimae si1t&#13;
&#13;
tabilitae; cum enim&#13;
&#13;
tales re crientur quae sufficiant ad susteutati nem parochi&#13;
unius titul~ris, quid qf erre potero ut mq q petentium i&#13;
portutinite,te vin icom? Plac at itaque Sanctitê...ti Vestraa&#13;
&#13;
istud considcrare.&#13;
Alt rum&#13;
&#13;
s t u ·t parochi&#13;
&#13;
uebo&#13;
&#13;
nsis, 1upcr&#13;
&#13;
me solenmi&#13;
&#13;
dedicç,,tione consecrata, que praetor pra.edictas decimas plus&#13;
bis mille libras anuu~s etiam nunc possidet, in titulum erecta&#13;
unia cur in )Crpetuum Se; i ttrio I ; ssionum extor arum quod hic&#13;
hn.bemus co1 flatum ex viris Semil ltrii huiusmodo Pé.-risiensis,&#13;
&#13;
qui a qui que aut scx aL is ha c&#13;
mini:ttrant tantos lei.dore e&#13;
&#13;
ccl(Sib.-&#13;
&#13;
ue ece sem ad-&#13;
&#13;
L:pparatu, ut nostri causa ca-&#13;
&#13;
thedra.lis potius videatur quam simplex paroohia. in huiusmodi&#13;
Semin~rio hominum sanae doctri ae et morun prcbatorum rep sita&#13;
&#13;
st tot.::.. spes roi christianae in his re ionibus stabilienda,&#13;
&#13;
�conservandae et&#13;
&#13;
romevend e.&#13;
&#13;
raeterquam quod ednim toti sunt&#13;
&#13;
in missionibus i1stitue_dis in parodhiis q&#13;
tuali auxilio; cur~m et ipsi su ..,cipiunt&#13;
&#13;
clesi stious&#13;
&#13;
I!lin rium co&#13;
&#13;
~0&#13;
&#13;
inCigent spiri-&#13;
&#13;
for and rum ad ros ec-&#13;
&#13;
dolescentium, cui ex conse ueuti&#13;
&#13;
pi copale Se-&#13;
&#13;
oterit et i_si in quacumque episcoporum&#13;
&#13;
itti&#13;
&#13;
vicissitudine stabiles et fixi permanentes rem christi .nam&#13;
salval et incolumem et sibi semper aequalem s-rvare poterunt;&#13;
&#13;
qd auod vchementer cor.ducô.t si parochia ha c&#13;
ministranda ip is i&#13;
Tertium&#13;
&#13;
perpe uum attribu&#13;
&#13;
uebecex.1sis Eld-&#13;
&#13;
r&#13;
&#13;
st ut variis -turb uionibus in hac .î!ùOClesia ob-&#13;
&#13;
v· stra&#13;
&#13;
viam ea tur, videri nec sse u·t Sancti t ~s&#13;
&#13;
susceptum&#13;
&#13;
ha.bea t processum cuiusdam cornu 'U..Ji ta tis sacerd t"'llill u&#13;
&#13;
his reg.;..onibus s&#13;
P&#13;
de&#13;
&#13;
i.&#13;
&#13;
isiensis, ,.,x&#13;
~l&#13;
&#13;
:fixi t,&#13;
&#13;
01:-&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
ex S min rio&#13;
&#13;
uo Seminario seu famili&#13;
&#13;
r:&#13;
&#13;
ex-~i-'11i t&#13;
&#13;
e in&#13;
&#13;
c i&#13;
&#13;
lpi tii&#13;
&#13;
bb ,. . ille&#13;
&#13;
ylus, qui ilntum qliqs nobis f c~ssivito N0 ptium&#13;
&#13;
iunctus Archiepiscopo&#13;
dis ag retur. I ...&#13;
&#13;
othome.gensi cum de nobis hue mitt-n-&#13;
&#13;
igitur Abb,.1. .... euro suis Sulpi tia is, ubi&#13;
&#13;
vidit se a) episcopatus spe deiectus nihil non egit Romae ut&#13;
saltom pa rochi~s istarum regionl&#13;
&#13;
occup ret; quarum titulo&#13;
&#13;
freti domin~ tu.ri aliquem ex rcerent et ha b e re1 ·t&#13;
&#13;
opponerent, _ rae&#13;
&#13;
uod episcopo&#13;
&#13;
xtu curae qu..:.m de a i. bus a S. . . ncta Sede ~c-&#13;
&#13;
copissent. Unde f~teor tirnere me vehe&#13;
ab hominibus illis peregrin&#13;
di Gis, quin eG liv eras a&#13;
&#13;
nter tur~s gr ves&#13;
&#13;
omnino spiri tu et in .ui .. o praeillud&#13;
&#13;
obtinui~se alias rumor fuit&#13;
&#13;
~uas subreptitias fuisse, vi quue fuerunt,&#13;
&#13;
dina.li J ntu1io pla ui t mihi si&#13;
&#13;
minentissimo 6_r-&#13;
&#13;
ificar • Si i taq_uo placeret&#13;
&#13;
�Sanotitati V strae decernere et mihi declaratum facere omnes huiusmodo litteras quae indep nden~iam a nobis in quacumqu&#13;
&#13;
materia souarent pro subroptitias et nullas .muœ habendas&#13;
&#13;
esse, rem h&#13;
&#13;
du.m huis EccleNiae proficuam faceret et ad pa-&#13;
&#13;
cem - ·t uni a·tem conservandrun plurimv.m; maxime autem si eam&#13;
do nobis fiduciam haberet no_&#13;
&#13;
busuros nos pleni tudine po-&#13;
&#13;
tJs'tatis quam in his i litiis con:ferre dign:1.r tur .&#13;
&#13;
Haec sunt quae in praesenti :anc itati Vestra&#13;
sentar&#13;
&#13;
mearum p&#13;
&#13;
D.. O.&#13;
&#13;
·.11tium ss&#13;
&#13;
reprae-&#13;
&#13;
duxi.&#13;
&#13;
nctitatem Vestr~m ad multos annos conoervet.&#13;
&#13;
Rumilli us at.ue obsequentissimus servus ac filius, .t!r ciscus, P traeensis epiocopus, Vicarius Apo tolicuG in rlov~ Franci~.&#13;
1ctuebec in Nova&#13;
a~"lO&#13;
&#13;
1667.&#13;
&#13;
a.,;il,illida,&#13;
&#13;
q_uarto kalendas sept,mbris&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie dactylographiée en latin par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 442, no 4e</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. XXIII&#13;
Lettres du Serviteur de Dieu au Saint-Siège, 1659-1685&#13;
La volumineuse correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège constitue une&#13;
collection de première importance. À travers elle, nous connaissons plusieurs détails de sa&#13;
vie apostolique, de son caractère, de son ministère, de son zèle pour les âmes et l’état de&#13;
l’Église naissante. D’un autre côté, celle-ci prouve avec clarté la vénération, le respect et&#13;
l’inaltérable soumission de Mgr de Laval envers le Saint-Siège. Afin de mieux évaluer cette&#13;
disposition d’âme du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique, on devra se rappeler&#13;
qu’il a vécu en plein siècle de gallicanisme. Lorsqu’il partit pour le Canada, le jeune&#13;
Louis XIV commençait un règne qui laissait prévoir une influence toujours plus grande du&#13;
pouvoir royal dans le domaine politique et religieux.&#13;
Au Canada, Mgr de Laval rencontra des gouverneurs imbus des mêmes principes politiques,&#13;
désireux d’imiter sur leur territoire la puissance qu’avait le roi dans la mère-patrie et&#13;
d’étendre ce pouvoir dans les affaires ecclésiastiques.&#13;
Quelle fut la conduite du Serviteur de Dieu en cette situation délicate ? Sa correspondance&#13;
avec le Saint-Siège le révèle et montre le soin qu’il mit à établir son Église naissante sur&#13;
les bases solides de l’union avec Rome.&#13;
Le caractère officiel de ces lettres implique certaines expressions imposées par le protocole,&#13;
mais, mises à part ces formules de chancellerie et ces termes de respect et d’obéissance en&#13;
usage dans la correspondance de tous ceux qui écrivaient au Saint-Siège, ces lettres mettent&#13;
en évidence les sentiments de dévotion du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique.&#13;
L’importante quantité de lettres démontre le désir de M gr de Laval de rester uni à Rome.&#13;
En effet, nous avons pu retrouver 46 lettres et 4 relations écrites en moins de 25 ans ; et&#13;
nous sommes d’avis qu’il en manque. Ce chiffre est considérable, si l’on pense aux&#13;
difficultés que rencontraient alors les communications entre l’Amérique et l’Europe. Parmi&#13;
ces blocs de correspondance, 18 sont adressés au souverain pontife, 8 à divers cardinaux&#13;
romains et le reste à la Congrégation de la propagande. Nous avons ajouté à ces documents&#13;
deux lettres écrites au nonce de Paris, les considérant comme faisant partie de la&#13;
correspondance avec le Saint-Siège. Mgr de Laval maintint toujours une bonne relation avec&#13;
les représentants du pape à Paris, même après leur départ de cette ville. En font foi les&#13;
lettres qu’il écrivit aux cardinaux et à d’anciens nonces, ainsi que les réponses de ces&#13;
derniers.&#13;
Cette correspondance avec Rome s’étend sur toute la période du gouvernement spirituel du&#13;
Serviteur de Dieu au Canada : de 1659, date de sa nomination comme vicaire apostolique,&#13;
jusqu’à 1685, année de son dernier voyage en France pour présenter sa démission. Durant&#13;
tout ce temps, il se montra fidèle à rédiger un rapport annuel, lorsque des circonstances&#13;
exceptionnelles ne l’en empêchèrent pas. Il envoie parfois jusqu’à quatre lettres en une&#13;
seule année.&#13;
Après sa démission, il se retira au Séminaire, où il demeura jusqu’à sa mort, survenue en&#13;
1708. Durant sa retraite, il ne s’intéressa plus directement aux affaires ecclésiastiques du&#13;
Canada ; on ne trouve donc plus aucune lettre adressée au Saint-Siège.&#13;
Cette collection de lettres nous démontre que le Serviteur de Dieu, soumis à l’autorité du&#13;
pape et de la Sacrée congrégation de la propagande, s’est affairé à toutes les questions&#13;
épineuses de son diocèse. Il traite du commerce des boissons enivrantes avec les&#13;
&#13;
�Autochtones, de l’implantation de l’hôpital de Montréal, etc. Ses suppliques se font plus&#13;
assidues et plus insistantes quand il s’agit de sa juridiction spirituelle au Canada. Il désire&#13;
imposer en Nouvelle-France le respect et la soumission totale au Saint-Siège ; d’où ses&#13;
remontrances contre l’archevêque de Rouen, qui prétendait avoir droit de gouverner au&#13;
Canada, et contre l’abbé de Queylus, qui représentait les intérêts de cet archevêque en&#13;
Amérique ; d’où aussi ses suppliques pour la fondation d’un évêché titulaire, qui lui&#13;
donnerait plus d’autorité que le titre de vicaire apostolique face au pouvoir civil ; d’où&#13;
enfin, son insistance pour obtenir que la nouvelle Église de Québec soit totalement&#13;
indépendante des archevêchés français et directement dépendante de Rome.&#13;
Pour toutes ces raisons, la correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège a une&#13;
grande valeur pour l’étude de ses vertus et de ses activités à titre de fondateur de l’Église&#13;
canadienne.&#13;
La majeure partie de cette correspondance est tirée des originaux conservés aux Archives&#13;
générales du Vatican et aux Archives de la Propagande. Ces originaux sont écrits avec&#13;
grand soin par un secrétaire et signés par Mgr de Laval ; seulement deux sont entièrement&#13;
de sa main. Les autres pièces sont des copies de l’époque ou des minutes conservées dans&#13;
lesdites archives ou au Séminaire de Québec. Pour chaque document, nous indiquerons la&#13;
source d’où il provient.&#13;
Il ne nous a pas paru nécessaire de reproduire en entier toutes les lettres, afin de ne pas&#13;
créer de répétitions. Ainsi, certaines lettres ont été entièrement omises, tandis que d’autres&#13;
ont été partiellement reproduites ; dans ce cas, nous donnons un bref résumé des passages&#13;
éliminés.&#13;
Ce dossier comprend seulement les lettres adressées par le Serviteur de Dieu au SaintSiège. Nous possédons plusieurs réponses à ces lettres, mais en général elles n’apportent&#13;
rien de plus à cette Positio. Les autres documents émis par le Saint-Siège sont plutôt d’ordre&#13;
public, comme les bulles, les rescrits, etc., et ont été inclus dans la Positio dans leur ordre&#13;
chronologique.&#13;
&#13;
Nous avons préparé une présentation générale cette correspondance,&#13;
avec indication de la date et du destinataire. Celles qui comportent&#13;
un astérisque ne furent pas prises en considération pour la Cause&#13;
jusqu’à maintenant.&#13;
Note de la rédaction (NDLR)&#13;
En 1977, le Centre de recherche en histoire religieuse du Canada (CRHRC), en&#13;
collaboration avec les Archives nationales du Canada, à l’époque les Archives publiques&#13;
du Canada, débutèrent un projet de longue haleine intitulé Inventaire de documents&#13;
d’intérêt canadien dans les archives et bibliothèques de Rome, sous la direction de Pierre&#13;
Hurtubise, oblat de Marie Immaculée, titulaire de la Chaire de recherche en histoire&#13;
religieuse du Canada. En 1981 s’ajouta la participation du Centre académique canadien en&#13;
Italie (CACI). Entre 1977 et 2009, ils ont inventorié et résumé tous les documents relatifs&#13;
au Canada. Luca Codignola a recensé 2 441 documents aux Archives de la Propagande&#13;
pour les années 1622 à 1799. L’inventaire complet1 a été publié sur leur site web.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : Site web du CRHRC : https://ustpaul.ca/les-archives-du-vatican-et-le-canada/&#13;
&#13;
�À partir de ces recherches, nous avons inclus, dans cette nouvelle édition, les nouvelles&#13;
cotes des documents copiés par l’abbé Demers dans les années 1930, quelques corrections&#13;
de dates et de destinataires, avons rapatrié les textes de son Annexe I-Doc. A et avons&#13;
ajouté des documents dont Laval est l’auteur.&#13;
Afin de rendre ce chapitre plus fluide, nous présenterons les documents, avec leur date et&#13;
leur cote archivistique actuelle, dans leur version corrigée et traduite en français. Lorsque&#13;
nous n’avons pas de copie d’un document, nous nous sommes inspirés du résumé publié&#13;
par le CRHRC pour indiquer la teneur de la lettre. Sauf indication, toutes les traductions&#13;
du latin vers le français ont été faites par M. Paul-Hubert Poirier, professeur émérite de&#13;
l’Université Laval&#13;
&#13;
Lettres de Mgr de Laval à Rome&#13;
Tableau de concordance&#13;
Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
1&#13;
2&#13;
3&#13;
4&#13;
5&#13;
6&#13;
7&#13;
8&#13;
9&#13;
10&#13;
11&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. A. Après le 8 décembre 16582, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 juin 1660, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 4. Octobre 1660, Relation sur&#13;
les missions canadiennes, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 janvier 1660, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 7. 24 octobre 1663, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 8. Novembre 1663, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 9. 1663, Relation sur les&#13;
missions auprès des Algonquins,&#13;
adressée au souverain pontife&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 4. 29 octobre 1660, Relation sur les&#13;
missions canadiennes, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Voir ligne 15&#13;
Doc. 8. 26 octobre 1663, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 14&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : Puisque l’ordination épiscopale de Mgr de Laval fut le 8 décembre 1658, la lettre a probablement&#13;
été écrite au cours de ce mois.&#13;
2&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Doc. 9. [26 août 1664], Relation sur les missions&#13;
auprès des Algonquins, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Doc. 11. 1664, Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée&#13;
au souverain pontife&#13;
&#13;
17&#13;
18&#13;
19&#13;
&#13;
Doc. 11. [26 août 16643], Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
Doc. 7. 24 octobre 1665, au cardinal [Barberini],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
15&#13;
16&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 15. [26 août 1664], Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 12. Novembre 1665, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 13. Novembre 1665, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 12. 25 octobre 1665, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 13. 26 octobre 1665, à [Barberini4],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 14. 8 novembre 1665, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 15. 1665, Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 14. 26 octobre 1665, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 12&#13;
&#13;
Doc. 16. Octobre 1666, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 17. Octobre 1666, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. B. 1666, au cardinal Casanate, secrétaire&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 16. 14 octobre 1666, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 17. 15 octobre 1666, à [Barberini], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
Doc. 18. Octobre 1666, au même&#13;
&#13;
Doc. 18. 15 octobre 1666, au même&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
Doc. 19. Novembre 1666, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 19. 15 octobre 1666, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
20&#13;
21&#13;
22&#13;
&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
*Doc. 20. 1666, au cardinal&#13;
Piccolomini, nonce à Ravenne&#13;
&#13;
27&#13;
28&#13;
&#13;
Doc. 21. 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. C. Octobre [1666], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la Propagande&#13;
Doc. 20. 1666, au cardinal Piccolomini, nonce à&#13;
Ravenne&#13;
Doc. D. 26 août 1667, à Leslie, son procureur à&#13;
Rome&#13;
Doc. 21. 29 août 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : L’abbé Demers et le CRHRC donnent deux dates différentes pour ce rapport. Toutefois, comme&#13;
le rapport de la Propagande, dans une congrégation de 1665, résume les n os 9, 11 et 15 ensemble, il est&#13;
probable qu’ils portent tous la même date.&#13;
4&#13;
NDLR : Les Docs. 13 et 14 ne portent pas de destinataires, mais il est fort probable, comme l’indique l’abbé&#13;
Demers, qu’ils aient été envoyés au cardinal préfet de la Propagande et son secrétaire.&#13;
3&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
29&#13;
30&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 22. 1667, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 22. 29 août 16675, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
*Doc. 24. 26 octobre 1668, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 25. 30 septembre 1669, au&#13;
souverain pontife Clément IX&#13;
*Doc. 26. 30 septembre 1669, au&#13;
cardinal préfet de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 24. 26 octobre 1668, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
34&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, à Barberini,&#13;
cardinal de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
*Doc. 28. 30 septembre 1669, au&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 28. 30 septembre 1669, à [Colonna],&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
*Doc. 30. 16 septembre 1670, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr&#13;
Francesco Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 30. 16 septembre 1670, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 32. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 33. 1672, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
*Doc. 34. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 35. 1672, au cardinal Caraffa&#13;
&#13;
Doc. 32. [14 mars 1672], au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
Doc. 33. [14 mars 1672], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 36. 1672, au secrétaire de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 36. [14 mars 1672], à [Altieri], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
31&#13;
32&#13;
33&#13;
&#13;
36&#13;
37&#13;
38&#13;
39&#13;
40&#13;
41&#13;
42&#13;
43&#13;
&#13;
Doc. 25. 30 septembre 1669, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
Doc. 26. 30 septembre 1669, à [Barberini et&#13;
Piccolomini], cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Voir ligne 46&#13;
&#13;
Voir ligne 47&#13;
Doc. 35. [14 mars 1672], au cardinal [Colonna]&#13;
&#13;
44&#13;
&#13;
Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
Doc. 34. 1672, au souverain pontife Clément X&#13;
&#13;
46&#13;
&#13;
Doc. E. 24 octobre 1672, Mémoire sur l’état de&#13;
l’abbaye de Méobecq, adressée à la Propagande&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
*Doc. 37. 8 décembre 1673, au&#13;
cardinal Altieri, premier ministre du&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 37. 8 décembre 1673, au cardinal Altieri,&#13;
cardinal préfet de la Propagande&#13;
&#13;
NDLR : Le CRHRC indique la date du 4 septembre, mais la lettre est signée du 4 des calendes de septembre,&#13;
ce qui donne le 29 août.&#13;
5&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
48&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 38. 1673, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
49&#13;
50&#13;
51&#13;
52&#13;
53&#13;
&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à un cardinal&#13;
à Rome&#13;
Doc. 40. Octobre 1675, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 41. 5 novembre 1675, au&#13;
cardinal Spada, de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
54&#13;
55&#13;
56&#13;
&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au&#13;
souverain pontife Clément X&#13;
Doc. 43. Novembre 1675, au cardinal&#13;
Nerli, premier ministre du souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
57&#13;
58&#13;
&#13;
Doc. 44. Octobre 1676, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
59&#13;
60&#13;
61&#13;
62&#13;
63&#13;
64&#13;
65&#13;
66&#13;
67&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 38. 12 juillet 1673, à Mgr Francesco Nerli,&#13;
nonce à Paris&#13;
Doc. F. 1673, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. G. 30 mars 1674, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la consistoriale&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à Altieri, cardinal préfet&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 56&#13;
Doc. 41. 5 novembre 1675, au cardinal Spada,&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 40. 13 novembre 1675, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au souverain&#13;
pontife Clément X&#13;
Doc. 43. 1675, au cardinal Nerli, premier&#13;
ministre du souverain pontife&#13;
Doc. H. 1675, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. 44. 15 octobre 1676, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 46. 15 octobre 1676, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 46. 1677, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
*Doc. 47. 30 mai 1678, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 48. 13 novembre 1678, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
Voir ligne 59&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au&#13;
même&#13;
Doc. 51. 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au même&#13;
&#13;
Doc. 47. 30 mars 1678, réponse du cardinal&#13;
Cibò, secrétaire d’État&#13;
Doc. 48. 13 novembre 1678, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 51. 13 novembre 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
&#13;
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                    <text>Introduction en français moderne aux Docs. 23 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023</text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>Thubières de Levy de Queylus, Gabriel, 1612-1677</text>
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              <text>Barberini, Antonio, 1607-1671</text>
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              <text>Harlay de Champvallon, François III de, 1625-1695</text>
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        <name>Dublin Core</name>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>Lettre de Laval à Clément IX (Québec, 29 août 1667)</text>
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                <text>Le vicaire apostolique au Canada informe le pape que le lieutenant-général Tracy a réussi à faire régner la paix au Canada avec les Iroquois. Il demande d’obtenir l’érection d’un évêché en titre et l’union de la cure de Québec au Séminaire. Il lui expose l’opposition de Champvallon et Queylus, l’archevêque de Rouen et son vicaire-général en Nouvelle-Frane. Barberini, préfet de la Propagande, a plus d’informations sur la juridiction des Sulpiciens sur Montréal.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en latin conservé aux Archives apostoliques du Vatican, Sacra Congregatio Consistorialis, Acta congregationis consistorialis, vol. 1668, t. 1, f. 88r-90v&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Clément IX, pape, 1600-1669 (Rospigliosi, Giulio)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14034" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 23 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10822" class="show"&gt;Traduction typographiée en français moderne&lt;/a&gt; par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova&lt;/em&gt;&lt;em&gt; Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 23-22&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mention dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 23-22&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11624" class="show"&gt;Copie dactylographiée en latin&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 442, no 4e&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de la juridiction épiscopale au Canada (1657-1669)</name>
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        <name>Autochtones</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Territoire)</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec la Cour de Rome</name>
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        <name>Diocèse de Rouen</name>
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        <name>Nécessité d'ériger un évêché en titre (1660-1674)</name>
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        <name>Sulpiciens</name>
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