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                    <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI-IV-11&#13;
Lettre du Serviteur de Dieu à l’abbé de Brisacier, 17 avril 1691, d’après&#13;
l’original signé conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du&#13;
Séminaire de Québec, Lettres N, no 97&#13;
&#13;
À Saint-Joachim au Cap-Tourmente,&#13;
Ce 17 avril 1691&#13;
Je vous écris celle-ci de ce lieu où je me suis retiré pour avoir un peu de solitude et&#13;
pour me consoler avec Notre-Seigneur de l’état où je vois cette pauvre Église, qui&#13;
est affligeant et duquel je serais inconsolable si Notre-Seigneur et sa sainte Mère&#13;
ne me donnaient une grande confiance qu’ils en auront compassion et qu’ils la&#13;
secourront dans son extrême besoin. Quoique je fasse tout mon possible, me&#13;
retirant de temps en temps pour diminuer l’ombrage et la peine que je fais à N.*,&#13;
comme il me sait et connaît entièrement opposé de sentiment à la conduite qu’il&#13;
tient, tant envers le Séminaire que les autres ecclésiastiques, je ne puis guérir son&#13;
mal, qui augmente à proportion de ce qu’il reconnaît qu’il ne réussit pas autant&#13;
qu’il le désire dans le dessein et la fin qu’il se propose et qui paraît qu’il a à cœur&#13;
par-dessus toute chose de détruire jusqu’au fondement l’union de grâce qu’il a plu&#13;
à Notre-Seigneur d’établir et [de] conserver depuis tant d’années dans cette pauvre&#13;
Église, en quoi elle a toujours fait consister tout son bonheur.&#13;
N. se déclare ouvertement que c’est le sujet unique qui l’oblige de faire son voyage&#13;
de France et prétend remuer ciel et terre pour y réussir. L’on peut ajouter que, dans&#13;
la malignité de ce dessein, que la passion et l’aveuglement lui cachent le monde et&#13;
l’enfer y auront bonne part et se trouveront unis pour y correspondre. Il a fait toute&#13;
son étude principale et n’omet aucun soin ni application jour et nuit pour en venir&#13;
à bout. Tous les moyens pour cet effet lui sont bons, mais celui par-dessus tout&#13;
qu’il croit et duquel il s’est toujours servi comme le plus efficace est de réduire le&#13;
Séminaire à ne pouvoir subsister et à n’avoir pas, comme il l’a dit souvent, du pain&#13;
à manger. Si Dieu lui permettait de continuer son entreprise, il viendrait sans&#13;
doute à bout de sa fin. Il l’a déjà réduit à une grande extrémité et [si ce] n’était que&#13;
l’on a pris la résolution de tout souffrir dans l’espérance d’un prompt remède, il&#13;
n’y aurait pas eu moyen de s’abstenir d’éclater.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Comme il a vu qu’il n’avait plus l’obstacle de M. de Denonville, qui le retenait et&#13;
l’empêchait, par une prudence et conduite vraiment chrétiennes, d’entreprendre&#13;
tout ce qu’il a fait depuis, il n’y a rien qu’il n’ait accordé à M. de Frontenac et aux&#13;
Récollets pour les gagner à lui. Il leur a donné toutes sortes de libertés dans leur&#13;
chapelle de la haute-ville de Québec et ils prennent leurs mesures pour y bâtir l’an&#13;
prochain une église et un couvent entier et lui font croire qu’ils abandonneront&#13;
leur couvent, qui est proche de Québec pour y établir un hôpital général. Mais il&#13;
n’y a personne qui ne voie clairement qu’ils n’ont aucune volonté de le faire, mais&#13;
seulement de se servir de ce moyen pour venir à bout du dessein qu’ils ont de&#13;
s’établir à Québec et au Montréal ; à quoi N. leur fait espérer qu’il travaillera en&#13;
France conjointement avec eux et M. de Frontenac. L’on dit tous les jours une&#13;
messe publique à 11 heures, où M. de Frontenac ne manque point d’aller avec tout&#13;
le monde. N. lui a accordé cette messe et ne lui refuse quoi que ce soit de ce qu’il&#13;
lui a demandé, quoiqu’au préjudice des droits de l’Église, jusqu’à lui faire adresser&#13;
la parole, lorsque N. est absent ou n’est point au sermon, par les prédicateurs.&#13;
Lorsque j’arrivai de France, les Jésuites qui prêchaient s’offrirent de me l’adresser&#13;
en l’absence de N., n’étant point venu, me disant que lorsque l’évêque n’était point&#13;
au sermon et qu’il y avait un prince, l’on la lui devait adresser et à plus forte raison&#13;
à un évêque, comme prince de l’Église. Mais je ne le voulus pas souffrir et l’ordre&#13;
de l’Église, aussi bien que les ordonnances sont formels pour ne les pas [adresser]&#13;
aux gouverneurs. Mais N., ayant dessein de dresser toutes sortes de batteries&#13;
contre le Séminaire, il croit qu’une des principales pour y réussir est celle de&#13;
gagner les puissances et les Récollets, qu’il croit et connaît capables d’entrer&#13;
aveuglément à toutes ses vues et affidés à toutes les volontés de M. de Frontenac,&#13;
un des meilleurs moyens dont il puisse se servir en France. Il fait passer avec lui&#13;
pour cet effet le père commissaire desdits Récollets avec un autre. Mais NotreSeigneur et sa sainte Mère, qui prennent un soin tout extraordinaire de ce pauvre&#13;
pays, ne permettront pas que la prudence purement humaine et du monde&#13;
prévalent à la vérité et à l’esprit et conduite de Notre-Seigneur, qui a promis de&#13;
détruire la sagesse et prudence des sages et prudents de ce monde. C’est en cela&#13;
que nous établissons et fondons tout notre appui et notre force.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Quoique M. l’intendant connaisse parfaitement bien N., cependant, nonobstant&#13;
tout ce qu’il m’en a témoigné par les ouvertures qu’il m’en a faites plusieurs fois,&#13;
il y a sujet de craindre qu’il ne l’oblige à faire et à dire des choses d’une manière&#13;
dont il puisse tirer avantage, même d’en écrire en France, n’ayant personne qui&#13;
soutienne&#13;
&#13;
son&#13;
&#13;
esprit&#13;
&#13;
comme&#13;
&#13;
faisait&#13;
&#13;
M. de Denonville,&#13;
&#13;
et&#13;
&#13;
craignant&#13;
&#13;
extraordinairement que N. et M. de Frontenac parlent ou écrivent contre lui en&#13;
France. Ne soyez pas surpris s’il paraît en quelque manière que ce soit favoriser&#13;
N., quoiqu’il m’ait parlé souvent avec bien de la confiance de la conduite de l’un&#13;
et de l’autre. Je n’ai pas cru lui devoir parler de la même manière et j’ai toujours,&#13;
aussi bien que le Séminaire, entretenu au-dehors avec lui correspondance, dont il&#13;
a toujours témoigné être satisfait. Mais ce que l’on peut dire à son égard est que la&#13;
politique et la prudence humaine est le principe qui a le plus de part à toute sa&#13;
conduite. Et N. use de tant d’adresse et de déguisement que les personnes les&#13;
mieux intentionnées s’y laissent surprendre et gagner insensiblement. Il a dit à&#13;
plusieurs qu’il se faisait fort de vous gagner et de vous engager à tout ce qu[’il]&#13;
prétend par ses manières ordinaires. Il est vrai qu’il se sert de tant de flatteries, de&#13;
caresses, d’honnêtetés et de promesses que l’on s’y laisse tromper.&#13;
C’est de cette manière qu’il m’engagea à me charger du rétablissement de l’église&#13;
de Sainte-Anne, tombée en ruine, dont il se voulait faire honneur, ayant fait tous&#13;
les marchés des ouvriers en son nom et m’assurant qu’il n’avait pas la moindre&#13;
pensée que cela me fût à charge ni au Séminaire, quoique actuellement il eût le&#13;
dessein formel tout contraire, dont je me défiais et n’avais point exprès voulu tenir&#13;
compte avec le Séminaire, sur lequel il me baillait 1 000 francs à prendre, quoiqu’il&#13;
ne lui dût rien. Cependant, comme il était à son voyage de l’Acadie, je fus obligé&#13;
de prendre dudit Séminaire pour 1 200 à 1 300 francs de choses nécessaires pour&#13;
la bâtisse de ladite église, dont je suis demeuré redevable et qu’il ne m’a voulu&#13;
payer, non plus que 400 francs qui étaient dus des ouvriers, m’alléguant qu’étant&#13;
seigneurs de la Côte-de-Beaupré où cette église est située, le Séminaire et moi&#13;
avions quelque obligation d’y contribuer et je m’étais obligé de faire cet ouvrage&#13;
pour 6 000 francs ; à quoi je n’avais pas pensé, mais au contraire je m’étais voulu&#13;
assurer de lui de 7 000 francs de billets dont, par adresse et prière, il m’engagea à&#13;
son retour de l’Acadie de lui rendre deux billets de 1 800 francs, m’assurant que je&#13;
n’avais qu’à tirer pour autant de billets sur lui et qu’il les paierait. Ce qu’ayant&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�voulu faire, il les refusa, disant aux ouvriers que celui qui les avait employés les&#13;
payât et ne m’a voulu tenir compte de quoi que ce soit de ce que le Séminaire m’a&#13;
fourni, auquel il est encore dû près de 900 francs, ayant défendu au P. Dablon de&#13;
lui en parler et que cette affaire entre lui et moi serait réglée en France, comme si&#13;
c’était une affaire dont l’on pût avoir l’intelligence en France.&#13;
Toute la dépense, de laquelle le compte qui en a été dressé sur les mémoires de&#13;
deux ecclésiastiques a été composée. Ce sont ces deux ecclésiastiques qui ont pris&#13;
tous les soins et sur les billets desquels j’ai fait tous les paiements pendant quatre&#13;
mois que je fus retenu au lit et réduit à l’extrémité. N. veut dans l’écrit qu’il a fait&#13;
signifier au supérieur du Séminaire, à ce que l’on m’écrit ici, que les différends que&#13;
j’ai avec lui conjointement avec le Séminaire l’obligent et [le] forcent pour ainsi&#13;
dire de faire le voyage de France, n’ayant pu, par toutes les voies qu’il dit avoir&#13;
tentées, les régler. Cependant, je ne sache pas avoir eu le moindre démêlé avec lui&#13;
sinon qu’en cette occasion ci-dessus, il me retient ce qu’il me doit de son autorité,&#13;
dont je me suis contenté de lui écrire une lettre cet automne dernier, lorsqu’il était&#13;
prêt de partir pour [la] France, par laquelle je me plains de la manière dont il en&#13;
usait, tant pour ce qu’il me devait de dette qu’au regard des ouvriers pour le travail&#13;
qui leur était dû. Il avait voulu que nous nous rapportassions à M. de Frontenac,&#13;
conjointement avec M. l’intendant, par voie d’arbitrage. Je lui fis réponse que ce&#13;
n’était point une affaire d’arbitrage qui nous engagerait lui ou moi à ne s’en pas&#13;
tenir là, mais que M. l’intendant, nous pouvant régler par l’autorité et pouvoir&#13;
qu’il en a, nous lui remissions la chose à lui seul et qu’il pouvait lui alléguer les&#13;
raisons qu’il prétendait avoir de ne pas vouloir payer ce qu’il retenait par son&#13;
autorité. Il a refusé cette voie et dit à M. l’intendant que si je voulais ne lui rien&#13;
demander des 800 ou 900 francs qui m’étaient dus de reste, qu’il paierait 400 francs&#13;
qui étaient dus aux ouvriers, sinon que je serais obligé de l’attaquer en justice ; à&#13;
quoi je fis réponse que je perdrais 100 fois autant plutôt que donner [vie à] ce&#13;
scandale de voir deux évêques plaider, que je croyais qu’il aurait dû avoir autant&#13;
de confusion que moi d’une chose de cette nature. M. Gricourt a toutes les&#13;
connaissances et instructions nécessaires sur cette affaire, dont je vous prie de lui&#13;
parler, au cas qu’il n’en parlât point de son côté ; ce qui pourra bien être, n’y ayant&#13;
que de la confusion pour lui.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�N. ne paraît avoir aucunement disposition pour se démettre. Au contraire, il a dit&#13;
en bien des occasions qu’il reviendra, dont il fera plutôt un point d’honneur que&#13;
de conscience et selon toutes les marques que l’on peut avoir, il ne va en France&#13;
que dans l’espérance de venir à bout de ses fins.&#13;
Il a témoigné qu’il ne prétend pas que M. de Denonville prenne aucune&#13;
connaissance de tout ce qui regarde ses intérêts et différends qu’il a en vue de faire&#13;
régler, eu égard aux desseins qu’il a et à sa disposition. Il fait bien, parce qu’il le&#13;
connaît juste et équitable et entièrement éclairé de toute sa conduite et de ses&#13;
intentions. Nous ne saurions avoir de plus fortes convictions de son mauvais&#13;
dessein, qu’il n’agit aucunement par l’esprit de Notre-Seigneur, sachant bien que&#13;
M. de Denonville ne se conduit que par cet esprit, duquel il est rempli, sans&#13;
qu’aucune considération humaine l’en puisse détourner. Le père supérieur des&#13;
Jésuites, auquel N. s’en [est] ouvert apparemment ou bien qui l’a appris d’ailleurs,&#13;
m’a parlé dans ces termes : qu’au regard des affaires qui se sont passées en France,&#13;
il ne veut pas entendre parler de mondit sieur de Denonville et qu’il l’a en aversion&#13;
et en horreur. Je crois que cela se doit entendre des affaires, spécialement au regard&#13;
des affaires ; autrement cela ne serait pas chrétien.&#13;
Nous avons su qu’avant son départ il laisse des billets de distribution pour les&#13;
suppléments de l’an prochain jusqu’à son retour, faisant état de faire toucher pour&#13;
lui les 8 000 francs que le roi donne tous les ans, quoiqu’ils ne soient pas encore&#13;
venus de France. Mais c’est afin de s’en rendre le maître et les dispenser comme&#13;
bon lui semble, attribuant à chaque ecclésiastique ce qu’il lui plaira et suivant son&#13;
jugement, sans qu’aucun n’ait droit de lui représenter qu’il ne peut subsister et&#13;
qu’il n’a pas ce que la Cour a réglé, qui est 400 francs de France, les traitant de&#13;
révoltés contre leur évêque, outre qu’il y a beaucoup de lieux marqués dans l’état&#13;
qui en a été dressé par M. de Denonville et [M. l’]intendant et lui qui sont&#13;
abandonnés pour avoir voulu surcharger des ecclésiastiques de ces endroits, qu’il&#13;
leur est impossible d’assister ; à quoi il n’a aucun égard. M. Boucher, qui n’est&#13;
prêtre que depuis deux ans, que l’on a élevé tout petit au Séminaire et qui a de très&#13;
bonnes qualités, est attaqué depuis six mois d’une goutte sciatique1, qui le réduit&#13;
NDLR : La goutte était un mal commun chez la noblesse et les habitants des régions froides à l’époque.&#13;
Elle est une forme aiguë d’arthrite qui se distingue par des crises de vives douleurs dans une ou plusieurs&#13;
articulations.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en état de venir au Séminaire pour voir si l’on pourra apporter du remède ; ce qui&#13;
ne lui est arrivé que pour avoir la première [année] été obligé de passer des rivières&#13;
et des eaux froides et desservir ce qui avait été marqué pour trois missions.&#13;
Ayant voulu représenter la chose à N. et qu’il lui était impossible d’administrer&#13;
que l’étendue de trois lieues ou trois lieues et demie de long et qu’il le priait de&#13;
faire administrer le surplus, qui était une côte [d’]environ quatre lieues de long&#13;
pour lequel il y avait un supplément marqué sur l’état de distribution signé de lui&#13;
et de M. de Denonville et l’intendant, et de l’autre côté où il y avait bien cinq ou&#13;
six lieues de long, il ne mit personne au premier endroit, qui est demeuré sans&#13;
aucune assistance spirituelle que celle qu’ils ont eue des ecclésiastiques qui sont&#13;
passés. Il avait chargé du second endroit de cinq ou six lieues un autre&#13;
ecclésiastique, qui n’est prêtre que de l’automne dernier, qu’il lui avait voulu&#13;
joindre à un autre, qu’il fallait traverser le grand fleuve ; ce qu’il lui représenta ne&#13;
pouvoir sans risquer très souvent de se perdre ; nonobstant quoi, il n’a pourvu ni&#13;
à l’un ni à l’autre. Il met, à ce que l’on a su depuis peu de jours, un récollet au lieu&#13;
d’un de ces deux ecclésiastiques, qu’il charge des mêmes étendues. Et M. Boucher&#13;
est présentement dans le Séminaire aux charges dudit Séminaire, qui est bien en&#13;
danger d’en avoir pour le reste de ses jours, n’étant pas d’une complexion bien&#13;
forte. Cette fluxion ou goutte sciatique l’a attaqué si fortement que l’on fût obligé&#13;
de le porter en chaise le jour de Noël à l’église, quoiqu’il demeurât tout proche.&#13;
L’on a bien sujet de croire que si N. revient, qu’il n’y aura pas de moyen qu’aucun&#13;
ecclésiastique puisse résister à cette manière d’agir, à laquelle néanmoins il ne faut&#13;
pas attendre de changement, si ce n’est de mal en pis, eu égard au caractère de son&#13;
esprit, qui ne se conduit que par sa tête et son propre jugement et incapable, à&#13;
moins que d’un miracle continuel, d’en user autrement.&#13;
N. ne manquera pas de vous parler de M. de Francheville. L’on l’a élevé tout petit&#13;
au Séminaire. Il y a bien, à ce que je puis juger, 14 ou 15 ans qu’il est prêtre. Ayant&#13;
assez de vivacité d’esprit et d’aptitude pour les affaires, je le fis promoteur et&#13;
depuis ce temps, nous l’avons envoyé en plusieurs endroits administrer des&#13;
missions ou cures. Il a été, entre autres lieux pendant sept ans à l’île d’Orléans, où&#13;
il était encore lorsque je me suis démis, et administrait deux paroisses, Saint-Pierre&#13;
et Saint-Paul, assez proches l’une de l’autre. Il y a demeuré jusqu’à il y a environ&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�deux ans [lors]que N. étant en peine de trouver quelqu’un qui allât dans une&#13;
mission éloignée d’environ 15 lieues, M. Francheville s’offrit à lui pour y aller.&#13;
Comme c’est un sujet qu’il a toujours été obligé de maintenir dans un esprit&#13;
d’humilité, ayant de son naturel beaucoup de disposition à s’en faire accroire,&#13;
N. l’a à son ordinaire voulu aliéner du Séminaire, lui faisant beaucoup de&#13;
promesses, pourvu qu’il s’abandonnât entièrement à lui et qu’il n’eût aucun&#13;
rapport au Séminaire.&#13;
Toutes ses caresses et marques d’affection n’étant pas de durée, N. a cru avoir des&#13;
sujets de mécontentement de lui, lui écrivit une lettre de reproches, de menaces,&#13;
dans des termes bien sensibles, qui aigrit si fort cet ecclésiastique que se voyant&#13;
poussé à bout au lieu de l’exécution qu’il attendait des promesses et marques&#13;
d’amitié qu’il lui avait faites, prit résolution de lui répondre suivant sa fierté&#13;
naturelle et prit néanmoins le dessein de m’envoyer cette lettre ; et en effet&#13;
m’envoya cette réponse, me priant que si je la trouvais bien, de l’envoyer d’ici à&#13;
Québec à N. ; sinon de lui marquer les endroits que je désapprouverais, m’assurant&#13;
qu’il se soumettrait comme à son père à ce que j’en jugerais. Je lui renvoyai ladite&#13;
réponse comme manquant de respect en divers endroits que je lui marquai. N. a&#13;
fait connaître qu’il savait que M. Francheville m’a envoyé la lettre qu’il lui écrivait&#13;
et celle qu’il avait écrite à M. Francheville. Il s’en est ouvert à un ecclésiastique,&#13;
auquel il a témoigné un grand grief contre moi, disant que je lui devais envoyer la&#13;
lettre de M. Francheville. Jugez [s’]il ne devrait pas m’avoir obligation d’avoir&#13;
donné cette nature de conseil à une personne qui s’adresse à moi en confiance et,&#13;
si l’on peut en conscience garder un secret naturel, en donnant un conseil tel que&#13;
celui que je vous marque ici. M. Trouvé, qui est celui auquel N. s’en est ouvert, en&#13;
a été surpris. Ce que je trouve de plus étrange est que, n’ayant donné connaissance&#13;
à qui que ce soit, non plus que M. Francheville, N. l’ait néanmoins su. L’on doit&#13;
juger que les lettres ont été ouvertes. Il y a assez de fondement de le croire, N. ne&#13;
faisant aucune difficulté ni scrupule d’ouvrir les lettres des ecclésiastiques quand&#13;
elles tombent entre ses mains. Il le fit même l’an passé d’un paquet qu’il m’envoya&#13;
tout ouvert. Il se fonde sur ce principe, qu’il soutient mordicus, qu’il ne doit y avoir&#13;
rien de caché à un évêque, ce qui regarde même la conscience et direction.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�M. Trouvé, depuis peu de jours, s’est justifié à M. d’Herbéry d’une lettre que N. a&#13;
décachetée et même qu’il a gardée sans lui vouloir montrer, de laquelle il prétend&#13;
tirer un grand avantage contre le Séminaire pour faire voir le préjudice que l’union&#13;
que les curés entretiennent avec le Séminaire est cause [des malheurs] à l’Église du&#13;
Canada. M. d’Herbéry écrivait à M. Trouvé cette lettre pour le prier de faire&#13;
connaître à N. qu’il n’était pas maître du blé qu’il demandait à la fabrique de la&#13;
paroisse, que les marguilliers voulaient le vendre plus cher que N. n’en voulait&#13;
donner. Lui, qui prétend que l’on ne lui doit rien refuser, écrivait à M. d’Herbéry&#13;
qu’il était obligé de lui envoyer un nombre de blé à un certain prix et lui faisait des&#13;
reproches de ce qu’il avait baillé au Séminaire une partie du blé de ses dîmes.&#13;
M. d’Herbéry fait une réponse à M. Trouvé que le Séminaire l’avait nourri et&#13;
entretenu depuis son arrivée de France sans avoir touché un sol même dans sa&#13;
paroisse, que la moindre reconnaissance qu’il lui devait était de l’aider dans le&#13;
besoin qu’il avait de blé, qu’il avait remarqué tant de désintéressement dans le&#13;
Séminaire que bien loin de s’en repentir, comme N. le voulait supposer, si ce n’était&#13;
l’union qu’il a avec ledit Séminaire, jamais le Canada ne lui serait rien. Il avait fait&#13;
cette réponse avant que moi ni aucun du Séminaire le sussent. Cependant, il a&#13;
reproché à M. d’Herbéry que je l’avais fait venir ici pour la lui faire écrire et il l’a&#13;
laissé dans cette persuasion, quoique M. d’Herbéry lui ait assuré qu’il l’avait écrite&#13;
plus de trois semaines auparavant qu’il fût venu ici, où il venait seulement, comme&#13;
il est très vrai, pour avoir un dessin de retable pour son église, que M. Soumande,&#13;
qui sait l’architecture, lui avait promis de dessiner.&#13;
Ce ne serait pas assez pour le contenter que je fusse confiné dans ce lieu ici pour&#13;
le reste de mes jours ; il faudrait, pour lui donner une entière satisfaction et mettre&#13;
son esprit toujours inquiet en repos, que je fusse reclus. Encore ne pourrait-on pas&#13;
guérir la jalousie et peine d’esprit dont il est travaillé nuit et jour à mon sujet. Je&#13;
crois que cette maladie lui sera incurable et que quand je serais en France, il croirait&#13;
encore que [je] serais l’auteur de toute la peine qu’il aurait. Si je ne puis le guérir&#13;
pendant ma vie, je doute qu’il le puisse être après ma mort et, si je n’avais contribué&#13;
avec tout le Séminaire à soutenir les esprits, il aurait vu des renversements et une&#13;
désolation dans cette Église, qui lui auraient bien donné d’autres déplaisirs, et si&#13;
Dieu permet qu’il revienne, comme il y est résolu absolument, il verra d’étranges&#13;
révolutions dans les esprits, qu’il est impossible qu’il n’arrive, n’étant pas résolu&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�de relâcher quoi que ce soit de ses prétentions ni du dessein qu’il [a] de disposer&#13;
despotiquement et à sa volonté de tous les ecclésiastiques pour les envoyer ou&#13;
retirer quand et comme il lui plaira ; à quoi il tient pour principe qu’ils s’obligent&#13;
par l’obéissance qu[’ils] lui rendent quand il les ordonne prêtres.&#13;
M. Tremblay s’étant éclairci avec lui depuis deux jours sur ce chapitre, sur ce qu’il&#13;
avait dit tout récemment à un ecclésiastique qu’il prétendait bien disposer de&#13;
M. Tremblay par cette raison, tout comme il lui plairait (ce qu’en effet il confirma&#13;
à mondit sieur Tremblay), dont lui témoignant son étonnement d’autant qu’il lui&#13;
avait témoigné avant l’ordination qu’il ne pouvait pas se résoudre d’être ordonné&#13;
à ces conditions, N. lui désavoua qu’il lui en eût parlé, persistant à lui dire qu’il ne&#13;
relâcherait jamais rien de ce sentiment, qui était le vrai sentiment de l’Église ; et&#13;
sur ce que M. Tremblay lui dit que les évêques en France ne prétendaient point&#13;
cela et n’en usaient point de cette manière, il lui répondit avec chaleur qu’il&#13;
prétendait l’observer dans son Église et lui cita que M. de Grenoble en usait ainsi&#13;
et que cette disposition qu’il lui témoignait ne serait que de la prévention que moi&#13;
et le Séminaire lui donnaient, mais qu’il ne serait pas plus tôt arrivé en France que&#13;
les choses changeraient bien de face, qu’il verrait en France s’il était évêque ou&#13;
non. Il en dit encore bien plus à M. d’Herbéry sur la désappropriation et&#13;
attachement au Séminaire, lui disant des choses surprenantes en la bouche d’un&#13;
évêque, pour le détourner de ce détachement dans lequel il désirait vivre et&#13;
mourir, comme étant le véritable esprit de Notre-Seigneur et de l’Évangile et&#13;
duquel il avait toujours reconnu que le Séminaire des Missions étrangères faisait&#13;
profession ; sans quoi il ne s’y serait jamais attaché, étant tout son attrait et ce qui&#13;
fait la bénédiction de cette Église et ce qu’il croit [être] le seul motif qui peut&#13;
engager les ecclésiastiques de France à venir en ce pays et d’y demeurer. N. traita&#13;
tout cela et ce que la grâce lui inspire, sujet de passion et de prévention, tant de&#13;
moi que du Séminaire, et lui dit : « Changeons de discours ».&#13;
Voilà le fond de la disposition du cœur et de l’esprit, duquel il n’y a aucun&#13;
changement à espérer, comme il l’a dit souvent lui-même, parce qu’il a pour&#13;
maxime infaillible que, pour être évêque, il faut absolu[ment] qu’il dispose, sans&#13;
aucune restriction ni opposition quelconque, de la liberté et de tous les biens des&#13;
ecclésiastiques et prétend, comme il l’a souvent dit, que l’unique et souverain&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�moyen de les réduire à faire toutes ses volontés sans réplique est d’avoir en son&#13;
pouvoir et maniement tous les biens et revenus, parce qu’il faut qu’ils dépendent&#13;
de lui pour avoir leur besoin, et par force, et [par] nécessité et converse ; qu’il sait&#13;
aussi que, se rendant le maître absolu de disposer des ecclésiastiques comme il lui&#13;
plaira, il lui sera libre de leur donner de l’emploi ou de les en retirer et, par ce&#13;
moyen, de les réduire à se contenter de tout ce qu’il lui plaira pour leur&#13;
subsistance. Mais il se trouvera dans une extrémité qu’il ne saurait se persuader,&#13;
s’assurant, quoiqu’il le voie bien, qu’il en viendra à bout et surmontera, qui est&#13;
cependant très assuré qu’il n’y a aucun ecclésiastique de ceux qui sont employés&#13;
au salut des âmes qui y veuillent demeurer et qui ne s’en retournent en France, ni&#13;
aucun de ceux qui s’élèvent en ce pays qui veuille être ordonné à ces conditions. Il&#13;
se flatte d’en trouver en France ou de se servir des Récollets et, par conséquent,&#13;
point d’Église non plus que de clergé ni de chapitre.&#13;
N. s’est déclaré beaucoup de fois ouvertement qu’il prétend disposer des&#13;
2 000 francs que la Cour donne au Séminaire pour se charger des ecclésiastiques&#13;
usés et qui seront devenus infirmes et incommodés et avoir la nomination desdits&#13;
ecclésiastiques et choisir ceux qu’il lui plaira, dans la vue qu’il acceptera et&#13;
rejettera, selon sa volonté, ceux à qui il ne voudra rien donner pour n’avoir pas été&#13;
souples et soumis à toutes ses volontés, principalement pour priver le Séminaire&#13;
de tout le secours qui peut l’aider à subsister et doit faire voir qu’il abuse de ce&#13;
fonds. Mais sa fin dans la vérité est de le mettre dans sa bourse pour en user&#13;
comme il fait des 8 000 francs que l’on donne pour la subsistance des curés, dont&#13;
il met en bourse une grande partie sous le prétexte de faire voir que ce qu’il prend&#13;
sur ledit fonds, il l’emploie à faire bâtir des presbytères. C’est le prétexte dont il se&#13;
doit servir et prévenir le ministre et le persuader qu’il n’y a point d’opposition&#13;
plus forte à la bâtisse des presbytères que celle qu’y apporte le Séminaire, qui ne&#13;
veut pas de résidence sur les lieux ni de curés, parce que par ce moyen l’union qui&#13;
les tient attachés audit Séminaire se trouvera détruite et éteinte et qu’il n’y a rien&#13;
de plus préjudiciable par conséquent que cette union à cette Église et que l’unique&#13;
moyen de remédier à ce mal, qu’il estime le plus grand et le plus pernicieux,&#13;
comme il le qualifie, est de mettre tout le temporel dans la disposition de N., qui&#13;
saura bien venir à bout de la détruire entièrement. Il est très assuré qu’il se doit&#13;
pourvoir droit au ministre, sachant bien éluder les voies particulières et privées,&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�étant assuré qu’il ne trouvera pas ce qu’il prétend avec des personnes judicieuses&#13;
et équitables et qui jugent et règlent les choses avec désintéressement.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-11&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI&#13;
&#13;
— 476 —&#13;
&#13;
Je suis attaqué depuis deux ans d ’éblouissements accompagnés de&#13;
maux de cœur qui sont très fréquents et augmentent notablement. J ’en ai eu tout récemment un ici, le lundi de la Passion,&#13;
qui me prit à trois heures du matin et me dura jusqu’à neuf heures du soir, sans pouvoir lever la tête du lit.&#13;
Je suis avec un véritable respect, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur.&#13;
&#13;
11&#13;
Epistola Servi Dei ad sacerdotem de Brisacier, 1691, 17 aprilis.&#13;
Ex Autographo in Archivo Seminarii Quebecensis asservato,&#13;
Lettres N, n. 97.&#13;
A St-Joachim au Cap-Tourmente, ce 17 avril 1691.&#13;
Je vous écris celle-ci de ce lieu où je me suis retiré pour&#13;
avoir un peu de solitude et pour me consoler avec Notre-Seigneur de l ’état où je vois cette pauvre Église, qui est affligeant&#13;
et duquel je serais inconsolable si Notre-Seigneur et sa sainte&#13;
Mère ne me donnaient une grande confiance qu’ils en auront&#13;
compassion et qu’ils la secoureront dans son extrême besoin.&#13;
Quoique je fasse tout mon possible, me retirant de temps en&#13;
temps pour diminuer l ’ombrage et la peine que je fais à N.&#13;
(Mgr de Saint-Valier), comme il me sait et connaît entièrement&#13;
opposé de sentiment à la conduite qu’il tient tant envers le Séminaire que les autres ecclésiastiques, je ne puis guérir son mal,&#13;
qui augmente à proportion de ce qu’il reconnaît qu’il ne réussit&#13;
pas autant qu’il le désire dans le dessein et la fin qu’il se propose et qui paraît qu’il a à cœur pardessus toute chose de détruire jusqu’au fondement l ’union de grâce qu’il a plu à Notre-Seigneur d ’établir et conserver depuis tant d ’années dans&#13;
cette pauvre Église, en quoi elle a toujours fait consister tout&#13;
son bonheur.&#13;
N. (Mgr de Saint-Valier) se déclare ouvertement que c ’est le&#13;
sujet unique qui l ’oblige de faire son voyage de France et prétend remuer ciel et terre pour y réussir. L ’on peut ajouter que&#13;
dans la malignité de ce dessein, que la passion et l ’aveuglement&#13;
lui cachent, le monde et l ’enfer y auront bonne part et se trou-&#13;
&#13;
�— 477 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
ver ont unis pour y correspondre. Il a fait toute son étude principale et n ’omet aucun soin ni application jour et nuit pour en&#13;
venir à bout. Tous les moyens pour cet effet lui sont bons, mais&#13;
celui par-dessus tout qu’il croit et duquel il s’est toujours servi&#13;
comme le plus efficace, est de réduire le Séminaire à ne pouvoir&#13;
subsisteret à n ’avoir pas, comme il l ’a dit souvent, du pain à&#13;
manger. Si Dieu lui permettait de continuer son entreprise, il&#13;
viendrait sans doute à bout de sa fin. Il l ’a déjà réduit à une&#13;
grande extrémité et n ’était que l ’on a pris la résolution de tout&#13;
souffrir dans l ’espérance d ’un prompt remède, il n ’y aurait pas&#13;
eu moyen de s’abstenir d ’éclater.&#13;
Comme il a vu qu’il n ’avait plus l ’obstacle de M. de Denonville, qui le retenait et l ’empêcliait par une prudence et conduite&#13;
vraiment•&#13;
chrétiennes d ’entreprendre tout ce qu’il a fait depuis,&#13;
il n ’v a rien qu’il n ’ait accordé à M. de Frontenac et aux Récollets pour les gagner à lui. Il leur a donné toute sorte de libertés&#13;
dans leur chapelle de la haute-ville de Québec, et ils prennent&#13;
leurs mesures pour y bâtir l ’an prochain une église et un couvent entier et lui font croire qu’ils abandonneront leur couvent&#13;
qui est proche de Québec pour y établir un hôpital-général. Mais&#13;
il n ’y a personne qui ne voie clairement qu’ils n ’ont aucune volonté de le faire, mais seulement de se servir de ce moyen pour&#13;
venir à bout du dessein qu’ils ont de s’établir à Québec et au&#13;
Montréal. A quoi N. (Mgr de Saint-Yalier) leur fait espérer&#13;
qu’il travaillera en France conjointement avec eux et M. de&#13;
Frontenac. L ’on dit tous les jours une messe publique à onze&#13;
heures où M. de Frontenac ne manque point d ’aller avec tout le&#13;
monde. N. (Mgr de Saint-Valier) lui a accordé cette messe et ne&#13;
lui refuse quoi que ce soit de ce qu’il lui a demandé, quoique au&#13;
préjudice des droits de l ’Église, jusqu’à lui faire adresser la parole, lorsque N. (Mgr de Saint-Valier) est absent ou n ’est point&#13;
au sermon, par les prédicateurs. Lorsque j ’arrivai de France,&#13;
les Jésuites qui prêchaient s’offrirent de me l ’adresser en l ’absence de N. (Mgr de Saint-Valier) n ’étant point venu, me disant&#13;
que lorsque l ’évêque n ’était point au sermon et qu’il y avait un&#13;
prince, l ’on la lui devait adresser et à plus forte raison à un évêque, comme prince de l ’Église. Mais je ne le voulus pas souffrir et&#13;
l ’ordre de l ’Église aussi bien que les ordonnances sont formels&#13;
pour ne les pas [adresser] aux gouverneurs. Mais N. (Mgr de&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 478 -&#13;
&#13;
Saint-Yalier), ayant dessein de dresser toute sorte de batteries&#13;
contre le Séminaire, il croit qu’une des principales pour y réussir est celle de gagner les puissances et les Récollets, qu’il croit&#13;
et connaît capables d ’entrer aveuglément à toutes ses vues et affidés à toutes les volontés de M. de Frontenac, un des meilleurs&#13;
moyens dont il puisse se servir en France. Il fait passer avec&#13;
lui pour cet effet le P. Commissaire des dits Récollets avec un&#13;
autre. Mais Notre-Seigneur et sa sainte Mère, qui prennent uil&#13;
“sointout extraordinaire de ce pauvre pays, ne permettront pas&#13;
que la prudence purement humaine et du monde prévalent à&#13;
la vérité et à l ’esprit et conduite de Notre-Seigneur, qui a promis de détruire la sagesse et prudence des sages et prudents de&#13;
ce monde. C ’est en cela que nous établissons et fondons tout notre&#13;
appui et notre force.&#13;
Quoique M. l ’Intendant connaisse parfaitement bien N. (Mgr&#13;
de Saint-Yalier), cependant nonobstant tout ce qu’il m ’en a témoigné par les ouvertures qu’il m ’en a faites plusieurs fois, il y&#13;
a sujet de craindre qu’il ne l ’oblige à faire et à dire des choses&#13;
d ’une manière dont il puisse tirer avantage, même d ’en écrire&#13;
en France, n ’ayant personne qui soutienne son esprit comme&#13;
faisait M. [de] Denonville, et craignant extraordinairement que&#13;
N. (Mgr de Saint-Yalier) et M. de Frontenac parlent ou écrivent contre lui en France. Ne soyez pas surpris s’il paraît en&#13;
quelque manière que ce soit favoriser N. (Mgr de Saint-Yalier),&#13;
quoiqu’il m ’ait parlé souvent, avec bien de la confiance de la conduite de l ’un et de l ’autre. Je n ’ai pas cru lui devoir parler de la&#13;
même manière et j ’ai toujours, aussi bien que le Séminaire, entretenu au dehors avec lui correspondance, dont il a toujours témoigné être satisfait. Mais ce que l ’on peut dire à son égard est&#13;
que la politique et la prudence humaine est le principe qui a&#13;
le plus de part à toute sa conduite. Et N. (Mgr de Saint-Yalier)&#13;
use de tant d ’adresse et de déguisement que les personnes les&#13;
mieux intentionnées s’y laissent surprendre et gagner insensiblement. Il a dit à plusieurs qu’il se faisait fort de vous gagner&#13;
et de vous engager à tout ce q u [’il] prétend par ses manières ordinaires. Il est vrai qu’il se sert de tant de flatteries, de caresses,&#13;
d ’honnêtetés et de promesses, que l ’on s ’y laisse tromper.&#13;
C’est de cette manière qu’il m ’engagea à me charger du rétablissement de l ’église de Sainte-Anne, tombée en ruine, dont&#13;
&#13;
�479 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
il se voulait faire honneur, ayant fait tous les marchés des ouvriers en son nom et m ’assurant qu’il n ’avait pas la moindre&#13;
pensée que cela me fût à charge ni au Séminaire, quoique actuellement il eût le dessein formel tout contraire, dont je me défiais&#13;
et n ’avais point exprès voulu tenir compte avec le Séminaire,&#13;
sur lequel il me baillait mille francs à prendre, quoiqu’il ne lui&#13;
dût rien. Cependant comme il était à son voyage de l ’Acadie,&#13;
je fus obligé de prendre du dit Séminaire pour douze à treize&#13;
cents francs de choses nécessaires pour la bâtisse de la dite église,&#13;
dont je suis demeuré redevable et qu’il ne m ’a voulu payer, non&#13;
plus que quatre cents francs qui étaient dus des ouvriers, m ’alléguant qu’étant seigneurs de la côte de Beaupré où cette église&#13;
est située, le Séminaire et moi avions quelque obligation d ’y contribuer et je m ’étais obligé de faire cet ouvrage pour six mille&#13;
francs; à quoi je n ’avais pas pensé, mais au contraire je m ’étais&#13;
voulu assurer de lui de sept mille francs de billets dont par&#13;
adresse et prière il m ’engagea à son retour de l ’Acadie de lui&#13;
rendre deux billets de dix-huit cents francs, m ’assurant que je&#13;
n ’avais qu’à tirer pour autant de billets sur lui et qu’il les paierait. Ce qu’ayant voulu faire, il les refusa, disant aux ouvriers&#13;
que celui qui les avait employés les payât et ne m ’a voulu tenir&#13;
compte de quoi que ce soit de ce que le Séminaire m ’a fourni,&#13;
auquel il est encore dû près de neuf cents francs, ayant défendu au P. Dablon de lui en parler et que cette affaire entre&#13;
lui et moi serait réglée en France, comme si c ’était une affaire&#13;
dont l ’on pût avoir l ’intelligence en France. Toute la dépense,&#13;
de laquelle le compte qui en a été dressé sur les mémoires de&#13;
deux ecclésiastiques, a été composée. Ce sont ces deux ecclésiastiques qui ont pris tous les soins et sur les billets desquels j ’ai&#13;
fait tous les paiements pendant quatre mois que je fus retenu&#13;
au lit et réduit à l ’extrémité. N. (Mgr de Saint-Valier) veut dans&#13;
l ’écrit qu’il a fait signifier au Supérieur du Séminaire, à ce que&#13;
l ’on m ’écrit ici, que les différends que j ’ai avec lui conjointement avec le Séminaire l ’obligent et forcent pour ainsi dire de&#13;
faire le voyage de France n ’ayant pu par toutes les voies qu’il dit&#13;
avoir tenté les régler. Cependant je ne sache pas avoir eu le&#13;
moindre démêlé avec lui sinon qu’en cette occasion ci-dessus il&#13;
me retient ce qu’il me doit de son autorité, dont je me suis contenté de lui écrire une lettre cet automne dernier, lorsqu’il était&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
- 480 —&#13;
&#13;
prêt de partir pour [la] France, par laquellgje me plains de la manière dont il en usait tant pour ce qu’il me devait de dette, qu’au&#13;
regard des ouvriers pour le travail qui leur était dû. Il avait&#13;
voulu que nous nous rapportassions à M. de Frontenac conjointement avec M. l ’Intendant par voie d ’arbitrage. Je lui fis réponse que ce n ’était point une affaire d ’arbitrage qui nous engagerait lui ou moi à ne s’en pas tenir là, mais que M. l ’Intendant nous pouvant régler par l ’autorité et pouvoir qu’il en a,&#13;
nous lui remissions la chose à lui seul et qu’il pouvait lui alléguer les raisons qu’il prétendait avoir de ne pas vouloir payer&#13;
ce qu’il retenait par son autorité. Il a refusé cette voie et dit&#13;
à M. l ’Intendant que si je voulais ne lui rien demander des huit&#13;
ou neuf cents francs qui m ’étaient dûs de reste, qu’il paierait&#13;
quatre cents francs qui étaient dus aux ouvriers, sinon que je&#13;
serais obligé de l ’attaquer en justice; à quoi je fis réponse que&#13;
je perdrais cent fois autant plutôt que donner ce scandale de&#13;
voir deux évêques plaider, que je croyais qu’il aurait dû avoir&#13;
autant de confusion que moi d ’une chose de cette nature. M. de&#13;
Gricour a toutes les connaissances et instructions nécessaires&#13;
sur cette affaire, dont je vous prie de lui parler, au cas qu’il&#13;
n ’en parlât point de son côté; ce qui pourra bien être, n ’y ayant&#13;
que de la confusion pour lui.&#13;
N. (Mgr de Saint-Valier) ne paraît avoir aucunement disposition pour se démettre. Au contraire il a dit en bien des occasions qu’il reviendra, dont il fera plutôt un point d ’honneur que&#13;
de conscience et selon toutes les marques que l ’on peut avoir,&#13;
il ne va en France que dans l ’espérance de venir à bout de&#13;
ses fins.&#13;
Il a témoigné qu’il ne prétend pas que M. de Denonville&#13;
prenne aucune connaissance de tout ce qui regarde ses intérêts&#13;
et différends qu’il a en vue de faire régler, eu égard aux desseins qu’il a et à sa disposition. Il fait bien, parce qu’il le connaît juste et équitable et entièrement éclairé de toute sa conduite et de ses intentions. Nous ne saurions avoir de plus fortes&#13;
convictions de son mauvais dessein, qu’il n ’agit aucunement par&#13;
l ’esprit de Notre-Seigneur, sachant bien que M. de Denonville&#13;
ne se conduit que par cet esprit, duquel il est rempli, sans qu’aucune considération humaine l ’en puisse détourner. Le P. Supérieur des Jésuites, auquel N. (Mgr de Saint-Valier) s ’en [est]&#13;
&#13;
�— 481 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
ouvert apparemment ou bien qui l ’a appris d ’ailleurs, m ’a parlé&#13;
dans ces termes, qu’au regard des affaires qui se sont passées&#13;
en France, il ne veut pas entendre parler de mon dit sieur de&#13;
Denonville et qu’il l ’a en aversion et en horreur. Je crois que&#13;
cela se doit entendre des affaires, spécialement au regard des&#13;
affaires; autrement cela ne serait pas chrétien.&#13;
Nous avons su qu’avant son départ il laisse des billets de&#13;
distribution pour les suppléments de l ’an prochain jusqu’à son&#13;
retour, faisant état de faire toucher pour lui les huit mille francs&#13;
que le Roi donne tous les ans, quoiqu’ils ne soient pas encore&#13;
venus de France. Mais c ’est afin de s ’en rendre le maître et les&#13;
dispenser comme bon lui semble, attribuant à chaque ecclésiastique ce qu’il lui plaira et suivant son jugement, sans qu’aucun&#13;
n ’ait droit de lui représenter qu’il ne peut subsister et qu’il n ’a&#13;
pas ce que la Cour a réglé, qui est quatre cents francs de France,&#13;
les traitant de révoltés contre leur évêque, outre qu’il y a beaucoup de lieux marqués dans l ’état qui en a été dressé par M. de&#13;
Denonville et [M. 1’ ] Intendant et lui, qui sont abandonnés pour&#13;
avoir voulu surcharger des ecclésiastiques de ces endroits qu’il&#13;
leur est impossible d ’assister; à quoi il n ’a aucun égard. M. Boucher, qui n ’est prêtre que depuis deux ans, que l ’on a élevé&#13;
tout petit au Séminaire et qui a de très bonnes qualités, est attaqué depuis six mois d ’une goutte sciatique qui le réduit en&#13;
état de venir au Séminaire pour voir si l ’on pourra apporter du&#13;
remède; ce qui ne lui est arrivé que pour avoir la première [année] été obligé de passer des rivières et des eaux froides et desservir ce qui avait été marqué pour trois missions. Ayant voulu&#13;
représenter la chose à N. (Mgr de Saint-Valier) et qu’il lui était&#13;
impossible d ’administrer que l ’étendue de trois lieues ou trois&#13;
lieues et demie de long et qu’il le priait de faire administrer le&#13;
surplus, qui était une côte environ quatre lieues de long pour&#13;
lequel il y avait un supplément marqué sur l ’état de distribution&#13;
signé de lui et de M. de Denonville et l ’Intendant, et de l ’autre&#13;
côte où il y avait bien cinq ou six lieues de long, il ne mit personne au premier endroit, qui est demeuré sans aucune assistance&#13;
spirituelle que'celle qu’ils ont eue des ecclésiastiques qui sont&#13;
passés. Il avait chargé du second endroit de cinq ou six lieues&#13;
un autre ecclésiastique qui n’est prêtre que de l ’automne dernier, qu’il lui avait voulu joindre à un autre, qu’il fallait traversi&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 482&#13;
&#13;
ser le grand fleuve; ce qu’il lui représenta ne pouvoir sans risquer très souvent de se perdre; nonobstant quoi, il n ’a pourvu&#13;
ni à l ’un ni à l ’autre. Il met, à ce que l ’on a su depuis peu de&#13;
jours, un Récollet au lieu d ’un de ces deux ecclésiastiques qu’il&#13;
charge des mêmes étendues. Et M. Boucher est présentement&#13;
dans le Séminaire aux charges du dit Séminaire, qui est bien&#13;
en danger d ’en avoir pour le reste de ses jours, n ’étant pas d ’une&#13;
complexion bien forte. Cette fluxion ou goutte sciatique l ’a attaqué si fortement que l ’on fût obligé de le porter en chaise le&#13;
jour de Noël à l ’église, quoiqu’il demeurât tout proche. L ’on a&#13;
bien sujet de croire que si N. (Mgr de Saint-Valier) revient, qu’il&#13;
n ’y aura pas de moyen qu’aucun ecclésiastique puisse résister&#13;
à cette manière d ’agir, à laquelle néanmoins il ne faut pas attendre de changement, si ce n ’est de mal en pis, eu égard au&#13;
caractère de son esprit, qui ne se conduit que par sa tête et son&#13;
propre jugement et incapable à moins que d ’un miracle continuel d ’en user autrement.&#13;
N. (Mgr de Saint-Valier) ne manquera pas de vous parler&#13;
de M. de Francheville. L ’on l ’a élevé tout petit au Séminaire;&#13;
il y a bien à ce que je puis juger quatorze ou quinze ans qu’il&#13;
est prêtre. Ayant assez de vivacité d ’esprit et d ’aptitude pour&#13;
les affaires, je le fis promoteur, et depuis ce temps nous l ’avons&#13;
envoyé en plusieurs endroits administrer des missions ou cures.&#13;
Il a été entre autres lieux pendant sept ans à l ’île d ’Orléans,&#13;
où il était encore lorsque je me suis démis, et administrait deux&#13;
paroisses, Saint-Pierre et Saint-Paul, assez proches l ’une de&#13;
l ’autre. Il y a demeuré jusqu’à il y a environ deux ans que N.&#13;
(Mgr de Saint-Valier) étant en peine de trouver quelqu’un qui&#13;
allât dans une mission éloignée d ’environ quinze lieues, M. Francheville s’offrit à lui pour y aller. Comme c ’est un sujet qu’il&#13;
a toujours été obligé de maintenir dans un esprit d ’humilité,&#13;
ayant de son naturel beaucoup de disposition à s’en faire accroire, N. (Mgr de Saint-Valier) l ’a à son ordinaire voulu aliéner du Séminaire, lui faisant beaucoup de promesses, pourvu&#13;
qu’il s’abandonnât entièrement à lui et qu’il n ’eût aucun rapport&#13;
au Séminaire. Toutes ses caresses et marques d ’affection n ’étant&#13;
pas de durée, N. (Mgr de Saint-Valier) a cru avoir des sujets de&#13;
mécontentement de lui, lui écrivit une lettre de reproches, de&#13;
menaces, dans des termes bien sensibles, qui aigrit si fort cet&#13;
&#13;
�— 483 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
ecclésiastique que se voyant poussé à bout au lieu de l ’exécution&#13;
qu’il attendait des promesses et marques d ’amitié qu’il lui avait&#13;
faites, prit résolution de lui répondre suivant sa fièreté naturelle et prit néanmoins le dessein de m ’envoyer cette lettre et&#13;
en effet m ’envoya cette réponse, me priant que si je la trouvais&#13;
bien, de l ’envoyer d ’ici à Québec à N. (Mgr de Saint-Valier);&#13;
sinon de lui marquer les endroits que je désapprouverais, m ’assurant qu’il se soumettrait comme à son père à ce que j ’en jugerais. Je lui renvoyai la dite réponse comme manquant de respect&#13;
en divers endroits que je lui marquai. N. (Mgr de Saint-Yalier)&#13;
a fait connaître qu’il savait que M. Francheville m ’a envoyé la&#13;
lettre qu’il lui écrivait et celle qu’il avait écrite à M. Francheville. Il s’en est ouvert à un ecclésiastique auquel il a témoigné&#13;
un grand grief contre moi, disant que je lui devais envoyer la&#13;
lettre de M. Francheville. Jugez [s’] il ne devrait pas m ’avoir&#13;
obligation d ’avoir donné cette nature de conseil à une personne&#13;
qui s’adresse à moi en confiance, et si l ’on peut en conscience&#13;
garder un secret naturel, en donnant un conseil tel que celui que&#13;
je vous marque ici. M. Trouvé, qui est celui auquel N. (Mgr de&#13;
Saint-Valier) s’en est ouvert, en a été surpris. Ce que je trouve&#13;
de plus étrange est que n ’ayant donné connaissance à qui que&#13;
ce soit, non plus que M. Francheville, N. (Mgr de Saint-Valier)&#13;
l ’ait néanmoins su. L ’on doit juger que les lettres ont été ouvertes. Il y a assez de fondement de le croire, N. (Mgr de Saint- Valier) ne faisant aucune difficulté ni scrupule d ’ouvrir les lettres&#13;
des ecclésiastiques, quand elles tombent entre ses mains. Il le fit&#13;
même l ’an passé d ’un paquet qu’il m ’envoya tout ouvert. Il se&#13;
fonde sur ce principe, qu’il soutient mordicus, qu’il ne doit y&#13;
avoir rien de caché à un évêque, ce qui regarde même la conscience et direction.&#13;
M. Trouvé depuis peu de jours s ’est justifié à M. Herberie&#13;
d ’une lettre que N. (Mgr de Saint-Valier) a décachetée et même&#13;
qu’il a gardée sans lui vouloir montrer, de laquelle il prétend&#13;
tirer un grand avantage contre le Séminaire pour faire voir le&#13;
préjudice que l ’union que les curés entretiennent avec le Séminaire est cause à l ’Église du Canada. M. Herberie écrivait à&#13;
M. Trouvé cette lettre pour le prier de faire connaître à N.&#13;
(Mgr de Saint-Valier) qu’il n ’était pas maître du blé qu’il demandait à la fabrique de la paroisse, que les marguilliers vou-&#13;
&#13;
�Doe. LI&#13;
&#13;
484 —&#13;
&#13;
laient le vendre plus cher que N. (Mgr de Saint-Valier) n ’en&#13;
voulait donner. Lui qui prétend que l ’on ne lui doit rien refuser,&#13;
écrivait à M. Herberic qu’il était obligé de lui envoyer un nombre de blé à un certain prix et lui faisait des reproches de ce&#13;
qu’il avait baillé au Séminaire une partie du blé de ses dîmes.&#13;
M. Herberic fait une réponse à M. Trouvé que le Séminaire l ’avait nourri et entretenu depuis son arrivée de France sans avoir&#13;
touché un sol même dans sa paroisse, que la moindre reconnaissance qu’il lui devait était de l ’aider dans le besoin qu’il avait&#13;
de blé, qu’il avait remarqué tant de désintéressement dans le&#13;
Séminaire que bien loin de s’en repentir, comme N. (Mgr de&#13;
Saint-Valier) le voulait supposer, si ce n ’était l ’union qu’il a&#13;
avec le dit Séminaire, jamais le Canada ne lui serait rien. Il&#13;
avait fait cette réponse avant que moi ni aucun du Séminaire&#13;
le sussent. Cependant il a reproché à M. Herberic que je l ’avais&#13;
fait venir ici pour la lui faire écrire et il l ’a laissé dans cette&#13;
persuasion, quoique M. Herberic lui ait assuré qu’il l ’avait écrite&#13;
plus de trois semaines auparavant qu’il fût venu ici, où il venait&#13;
seulement, comme il est très vrai, pour avoir un dessin de retable pour son église, que M. Soumande, qui sait l ’architecture, lui&#13;
avait promis de dessiner.&#13;
Ce ne serait pas assez pour le contenter que je fusse confiné&#13;
dans ce lieu ici pour le reste de mes jours; il faudrait, pour lui&#13;
donner une entière satisfaction et mettre son esprit toujours inquiet en repos, que je fusse reclus. Encore ne pourrait-on pas&#13;
guérir la jalousie et peine d ’esprit dont il est travaillé nuit et&#13;
jour à mon sujet. Je crois que cette maladie lui sera incurable&#13;
et que quand je serais en France, il croirait encore que [je] serais l ’auteur de toute la peine qu’il aurait. Si je ne puis le guérir pendant ma vie, je doute qu’il le puisse être après ma mort,&#13;
et si je n ’avais contribué avec tout le Séminaire à soutenir les&#13;
esprits, il aurait vu des renversements et une désolation dans&#13;
cette Église, qui lui auraient bien donné d ’autres déplaisirs, et si&#13;
Dieu permet qu’il revienne, comme il y est résolu absolument,&#13;
il verra d ’étranges révolutions dans les esprits, qu’il est impossible qu’il n ’arrive, n ’étant pas résolu de relâcher quoi que ce&#13;
soit de ses prétentions ni du dessein qu’il [a] de disposer despotiquement et à sa volonté de tous les ecclésiastiques pour les envoyer ou retirer quand et comme il lui plaira. A quoi il tient&#13;
&#13;
�— 485&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
pour principe qu’ils s’obligent par l ’obéissance q u [’ils] lui rendent quand il les ordonne prêtres.&#13;
M. Tremblay s’étant éclairci avec lui depuis deux jours sur&#13;
ce chapitre, sur ce qu’il avait dit tout récemment à un ecclésiastique qu’il prétendait bien disposer de M. Tremblay par cette&#13;
raison tout comme il lui plairait (ce qu’en effet il confirma à&#13;
mon dit sieur Tremblay) dont lui témoignant son étonnement&#13;
d ’autant qu’il lui avait témoigné avant l ’ordination qu’il ne pouvait pas se résoudre d ’être ordonné à ces conditions, N. (Mgr de&#13;
Saint-Valier) lui désavoua qu’il lui en eût parlé, persistant à&#13;
lui dire qu’il ne relâcherait jamais rien de ce sentiment qui était&#13;
le vrai sentiment de l ’Église. Et sur ce que M. Tremblay lui dit&#13;
que les évêques en France ne prétendaient point cela et n ’en&#13;
usaient point de cette manière, il lui répondit avec chaleur qu’il&#13;
prétendait l ’observer dans son Église, et lui cita que M. de Grenoble en usait ainsi et que cette disposition qu’il lui témoignait&#13;
ne serait que de la prévention que moi et le Séminaire lui donnaient, mais qu’il ne serait pas plus tôt arrivé en France que les&#13;
choses changeraient bien de face, qu’il verrait en France s ’il&#13;
était évêque ou non. Il en dit encore bien plus à M. Herberic sur&#13;
la désappropriation et attachement au Séminaire, lui disant des&#13;
choses surprenantes en la bouche d ’un évêque, pour le détourner&#13;
de ce détachement dans lequel il désirait vivre et mourir, comme&#13;
étant le véritable esprit de Notre-Seigneur et de l ’Évangrle et&#13;
duquel il avait toujours reconnu que le Séminaire des Missions&#13;
étrangères faisait profession; sans quoi il ne s’y serait jamais&#13;
attaché, étant tout son attrait et ce qui fait la bénédiction de&#13;
cette Église et ce qu’il croit le seul motif qui peut engager les&#13;
ecclésiastiques de France à venir en ce pays et d ’y demeurer. N.&#13;
(Mgr de Saint-Valier) traita tout cela et ce que la grâce lui inspire, sujet de passion et de prévention tant de moi que du Séminaire et lui dit: «Changeons de discours». Voilà le fond de&#13;
la disposition du cœur et de l ’esprit duquel il n ’y a aucun changement à espérer, comme il l ’a dit souvent lui-même, parce qu’il&#13;
a pour maxime infaillible que pour être évêque, il faut absolute qu’il dispose, sans aucune restriction ni opposition quelconque, de la liberté et de tous les biens des ecclésiastiques et prétend, comme il l ’a souvent dit, que l ’unique et souverain moyen&#13;
de les réduire à faire toutes ses volontés sans réplique est d ’avoir&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
486&#13;
&#13;
en son pouvoir et maniement tous les biens et revenus, parce qu’il&#13;
faut qu’ils dépendent de lui pour avoir leur besoin et par force&#13;
et nécessité, et converse qu’il sait aussi que se rendant le maître&#13;
absolu de disposer des ecclésiastiques comme il lui plaira, il lui&#13;
sera libre de leur donner de l ’emploi ou de les en retirer, et par&#13;
ce moyen de les réduire à se contenter de tout ce qu’il lui plaira&#13;
pour leur subsistance. Mais il se trouvera dans une extrémité&#13;
qu’il ne saurait se persuader, s’assurant, quoiqu’il le voie bien,&#13;
qu’il en viendra, à bout et surmontera, qui est cependant très&#13;
assuré qu’il n ’y a aucun ecclésiastique de ceux qui sont employés au salut des âmes qui y veuillent demeurer et qui ne s’en&#13;
retournent en France, ni aucun de ceux qui s’élèvent en ce pays&#13;
qui veuille être ordonné à ces conditions. Il se flatte d ’en trouver en France ou de se servir des Récollets, et par conséquent&#13;
point d ’Église non plus que de clergé ni de Chapitre.&#13;
N. (Mgr de Saint-Valier) s’est déclaré beaucoup de fois ouvertement qu’il prétend disposer des deux mille francs que la&#13;
Cour donne au Séminaire pour se charger des ecclésiastiques&#13;
usés et qui seront devenus infirmes et incommodés, et avoir la&#13;
nomination des dits ecclésiastiques et choisir ceux qu’il lui plaira&#13;
dans la vue qu’il acceptera et rejettera selon sa volonté ceux à&#13;
qui il ne voudra rien donner pour n ’avoir pas été souples et soumis à toutes ses volontés, principalement pour priver le Séminaire de tout le secours qui peut l ’aider à subsister, et doit faire&#13;
voir qu’il abuse de ce fonds. Mais sa fin dans la vérité est de le&#13;
mettre dans sa bourse pour en user comme il fait des huit mille&#13;
francs que l ’on donne pour la subsistance des curés, dont il met&#13;
en bourse une grande partie sous le prétexte de faire voir que&#13;
ce qu’il prend sur le dit fonds, il l ’emploie à faire bâtir des presbytères. C ’est le prétexte dont il se doit servir et prévenir le&#13;
ministre et le persuader qu’il n ’y a point d ’opposition plus forte&#13;
à la bâtisse des presbytères que celle qu’y apporte le Séminaire,&#13;
qui ne veut pas de résidence sur les lieux ni de curés, parce que&#13;
parce moyen l ’union qui les tient attachés au dit Séminaire se trouvera détruite et éteinte et qu’il n ’y a rien de plus préjudiciable&#13;
par conséquent, que cette union, à cette Église, et que l ’unique&#13;
moyen de remédier à ce mal, qu’il estime le plus grand et le&#13;
plus pernicieux, comme il le qualifie, est de mettre tout le temporel dans la disposition de N. (Mgr de Saint-Valier), qui saura&#13;
&#13;
�— 487 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
bien venir à bout de la détruire entièrement. Il est très assuré&#13;
qu’il se doit pourvoir droit au Ministre, sachant bien éluder les&#13;
voies particulières et privées, étant assuré qu’il ne trouvera pas&#13;
ce qu’il prétend avec des personnes judicieuses et équitables et&#13;
qui jugent et règlent les choses avec désintéressement.&#13;
&#13;
12&#13;
Excerpta ex Relations a Directoribus Seminarii Quëbecensis exarata circa difficultates ortas inter eosdem Directores et Episcopum de Saint-Valier, 1691. Ex Exemplo contemporaneo in&#13;
Archivo Seminarii Quehecensis asservato, Affaires et Difficultés, n. 6.&#13;
Lo scopo di questo memoriale dei Direttori del Seminario di Québec&#13;
era di esporre al de Brisacier il loro parere sulla lettera ad essi scritta&#13;
dal de Saint-Yalier in data 20 marzo 1691 (n. 8). Non riproduciamo qui&#13;
per intero questo lungo memoriale, dato che alcune questioni vengono&#13;
ampiamente trattate nel memoriale del de Glandelet (n. 7).&#13;
&#13;
Manifeste du Séminaire des Missions étrangères de Québec&#13;
envoyé à M. l ’abbé de Brisacier, supérieur du corps des Missions étrangères, pour répondre à l ’écrit que Mgr l ’Évêque de&#13;
Québec a fait signifier par deux notaires à M. de Maizerets, supérieur du dit Séminaire de Québec, en date du vingtième mars 1691.&#13;
Le Séminaire de Québec a cru devoir se contenter de répondre à l ’acte de Mgr de Québec par un écrit sous seing privé pour&#13;
éviter tout ce qui peut avoir l ’air d ’un procès en forme et le scandale qui en arriverait, qui n ’est déjà que trop grand par la connaissance que mon dit Seigneur a donnée au public de la division&#13;
qu’il prétend être entre lui et le Séminaire. C’est pour ces mêmes&#13;
raisons que, suivant l ’avis reçu par les lettres de France l ’année&#13;
passée, le Séminaire n’a pas jugé devoir députer aucun sujet de&#13;
son corps pour faire le voyage de France avec Mgr de Québec.&#13;
Le Séminaire s’est pareillement contenté de donner à Mgr de&#13;
Québec une réponse fort succincte et en général seulement, n ’ayant&#13;
pas cru devoir mettre dans l ’écrit qui lui a été présenté, des réponses particulières à chacun des articles de l ’acte ci-dessus, pour&#13;
ne pas donner lieu à des contestations nouvelles. Il s’est réservé&#13;
à le faire par le présent manifeste à M. l ’abbé de Brisacier, supé-&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en italien et en français, publiée dans&lt;em&gt; Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-4-11</text>
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                    <text>1691, 17 avril – Lettre de Laval à Brisacier (Québec)&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 97)&#13;
No 97&#13;
&#13;
1 a st ioachim ou cap tourmante ce 17 avril i691 Lettres N- no. 97&#13;
2 ie vous escris celle cy De ce Lieu ou ie me suis Retiré pour avoir&#13;
3 un peu de solitude et pour me consiler avec nostre seigneur&#13;
4 De Lestat ou ie vois cette pauvre eglise qui est affligeant et&#13;
5 Du quel ie serois inconsolable si nostre seigneur et sa ste mere&#13;
6 ne me donnoint unne grande confiance quils en aurons compassion&#13;
7 et quils La secoureront Dans son extrême Besoin quoy que&#13;
8 ie fasse tout mon possible me Retirant de temps en temps pour&#13;
9 Diminuer Lombrage et La peine que ie faicts a .n. comme il&#13;
10 ma scait et congnoist entierement opposé De sentiment a La&#13;
11 conduitte quil tient tant envers Le seminaire que Les autres&#13;
12 ecclesiastiques ie ne puis guarir son mal, qui augmente a&#13;
13 proportion De ce quil Recongnoist quil ne Reussit pas autant&#13;
14 quil Le Desire Dans Le Dessein et La fin quil se propose, et&#13;
15 qui paroist quil a cœur par dessus toutes choses / de destruire&#13;
16 iusques au fondement Lunion de grace quil a plu a nostre&#13;
17 seigneur Destablir et conserver depuis tant Dannées dans&#13;
18 cette pauvre eglise en quoy elle a tousiours faict consister ts&#13;
19 tout son Bhonneur .n. se declare ouvertement que cest Le&#13;
20 subiet unique qui Loblige de faire son voyage De france&#13;
21 et pretend Remu[er] comme Lon Dict ciel et terre pour y Reussir&#13;
22 Lon peut adiouster que Dans La malignite De ce Dessein que&#13;
23 La passion et Laveuglement Luy cache Le monde et Lenfer&#13;
24 xx y auront Bonne part et se treuveront unis pour y&#13;
25 Correspondre, il a faict toute son estude principalle et&#13;
26 nobmet aucun soin ny application iour et nuit pour en venir&#13;
27 venir a bout tous Les moyens pour cet effect Luy sont Bons&#13;
28 mais celuy par dessus tous quil croit et du quel il sest tousiours&#13;
29 servi comme Dxxxx Leplus efficace est de Reduire&#13;
&#13;
�#/&#13;
&#13;
30 Le seminaire a ne pouvoir subsister et a navoir pas comme il&#13;
31 La dict souvent du pain a manger, si dieu Luy permettoit de&#13;
32 continuer son entreprise il viendroit sans Doute a bout&#13;
33 De sa fin, il La desia Reduit a unne grande extremité&#13;
34 et nestoit que Lon a pris La Resolution De tout souffrir&#13;
35 xx dans LEsperance [d]un prompt Remede, il ny auroit pas&#13;
36 eu moyen De sabstenir Desclatter; comme Jl a veu quil&#13;
37 navoit polus Lobstacle De Mr De denon ville qui Le&#13;
38 Retenoit et Lempeschoit par unne prudence et conduitte&#13;
39 vrayment chrestienne Dentreprendre tout ce quil a faict&#13;
&#13;
2e&#13;
&#13;
40 tout ce quil a faict depuis; il ny a rien quil naye accordé a M De&#13;
41 front : et aux Recollects pour Les gaigner a Luy, il Leur a donne&#13;
42 toute sorte De Liberté Dans Leur chapelle De La haute ville de&#13;
43 quebec et ils prennent Leur mesures pour y Bastir Lan prochain&#13;
44 une eglise, et un convent entier et Luy font croyre quils abandonneront&#13;
45 Leur convent qui est proche De quebec pour y establir&#13;
46 un hospital general mais il ny a personne qui ne voye clairement&#13;
47 quils nont aucunne volonte De Le faire mais seullement De se&#13;
48 servir De ce moyen pour venir about Du dessein quils ont De&#13;
49 sestablir a quebec et au mont real a quoy .n. Leur faict esperer&#13;
50 quil travaillera en france coniointement avec eux et M. De front&#13;
51 Lon Dict tous Les iours unne messe publique a onse heures ou M. De&#13;
52 front. ne manque point daller avec tout Le monde .n. Luy a accorde&#13;
53 et ne Luy Refuse quoy que ce soit de ce qui luy a Demandé quoyque&#13;
54 au preiudice Des droits De Leglise iusques a Luy faire&#13;
55 adresser La parolle / Lors que n. est absent ou neste point au&#13;
56 sermon / par Les predicateurs; Lors que iarrive de france Les&#13;
57 iesuittes qui preschoint soffrirent de me Ladresser en Labsence&#13;
58 De xx n. nestant point venu me disant que Lors que Leves. nestoit&#13;
59 point au sermon et quil y avoit un prince Lon La Luy devoit&#13;
60 adresser et a plus forte a un evesque comme prince de Leglise&#13;
&#13;
cette messe&#13;
&#13;
�Devoir&#13;
&#13;
61 mais ie ne Le voullus pas souffrir et Lordre De Leglise aussi bien&#13;
62 que Les ordonnances sont formelles pour ne Les pas aux gouverneurs&#13;
63 mais n. ayant Dessein De dresser toute x sorte De Basserie contre&#13;
64 Le seminaire, il croit quunne Des principalles pour y Reussir est&#13;
65 celle De gaigner Les puissances et Les Recollects quil croit et xxxx&#13;
66 connoist capables Dentrer aveuglement a toutes ses veues et affider&#13;
67 a toutes Les volontes De M. de front. xxxxxxxx un Des&#13;
68 meilleurs moyens Dont il puisse se servir en france, il faict passer&#13;
69 avec Luy pour cet effect Le p. commissaire Des Dits Recollects avec&#13;
70 un autre mais nostre seigneur et sa ste mere qui prennent un soin&#13;
71 tout extraordinaire De ce pauvre pais ne permettront pas que&#13;
72 La prudence purement humaine et Du monde prevallent a La&#13;
73 verite et a Lesprit et conduitte De nostre seigneur, qui a promis&#13;
74 De destruire La sagesse et prudence Des sages et prudens De ce&#13;
75 monde, cest en cela que nous [es]tablissons et que nous fondons&#13;
76 tout nostre appuy et nostre force quoy que M Lintendant x congnoisse&#13;
77 parfaitement bien .n. cepandant nonobstant tout ce quil men a tesmoigne&#13;
78 par Les ouvertures quil men a faict plusieurs fois il y a subiect de&#13;
79 craindre quil ne Loblige a faire et a dire [de]s choses Dunne maniere&#13;
80 Dont il puisse tirer advantage mesme den escrire en france, nayant&#13;
81 personne qui soustienne son esprit comme faisoit Mr Denonville et&#13;
82 craignant extraordinairement que .n. et M De front. ne parlent ou escrivent&#13;
83 contre Luy en france ne soyes pas surpris sil paroist en quel que maniere&#13;
84 que ce soit favoriser n. quoy que il maye parle souvent avec Bien de&#13;
85 La confiance De la conduitte De Lun et de laurtre ie nay pas cru Luy&#13;
86 parler De La mesme maniere et iay tous iours aussi bien que Le&#13;
87 seminaire entretenu au dehors avec Luy une correspondance Dont il a&#13;
88 tousiours tesmoigne estre satisfaict mais ce que Lon peut dire a&#13;
89 son esgar est que La politique es La prudence humaine est Le&#13;
90 principe De qui a Le plus De part a toute sa conduitte et .n. use de&#13;
91 tant dadresse et De deguisement que Les personnes Les mieux&#13;
&#13;
�3e&#13;
&#13;
faire honneur&#13;
&#13;
quel que&#13;
&#13;
92 Les mieux intentionnées sy Laissent surprendre et gaigner insensiblem[ent]&#13;
93 x il a dict a plusieurs quil se faisoit fort De vous gaigner et de vous angage[r]&#13;
94 a tout ce quil pretend par ses manieres ordinaires, il est vray quil se sert&#13;
95 De tant de falerie De caresses Dhonnestetes et De promesses que Lon sy Laisse&#13;
96 tromper cest De cette maniere quil mangagea a me charger Du Restabileeemennt&#13;
97 De Leglise De cette ste anne tombée en Ruine Dont il se voulloit xxxx&#13;
98 ayant faict tous Les marchés Des ouvriers en son nom et masseurant quil navoit&#13;
99 pas La moindre pensée que cela me fust a charge ny au seminaire quoy que actuellemment&#13;
100 il eust de dessein formel tout contraire Dont ie me defiois et navois point&#13;
101 expres voullu tenir de compte avec Le seminaire sur Lequel il me Bailles mil&#13;
102 frants a prendre quoy que il ne Luy Deust Rien cepandant comme il estoit a&#13;
103 son voyage De Lacadie ie fus oblige De prendre Du dict seminaire pour douse&#13;
104 a treise cent frants De choses necessaires pourLa Bastisse De La ditte eglise&#13;
105 dont ie suis Demeuré Redevable et quil ne ma voullu payier non plus que&#13;
106 quatre cent frants qui estoint Deus a des ouvriers malleguant questant seigneur&#13;
107 Dela co[u]r De Beau pré ou cette eglise est scituee Le seminaire et moy avions&#13;
108 obligation dy contribuer, et que ie mestois oblige De faire, cet ouvrage&#13;
109 pour six mil frants a quoy ie navois pas pense mais au contraire ie mestois&#13;
110 voullu asseurer De Luy De sept mil frants De Billets Dont par adresse et&#13;
111 priere il mangagea a son Retour De Lacadie De Luy xx Rendre Deux&#13;
112 Billets De Dix huit cent frants, masseurant que ie navois qua tirer pour&#13;
113 autant De Billets sur Luy et quil Les payeroit ce quayant voullu faire&#13;
114 il les [r]efusa disant aux ouvriers que celuy qui Les avoit employiés Les&#13;
115 payiastxx et ne ma voullu tenircompte De quoy que ce soit De ce que Le&#13;
116 seminaire m’a fourni auquel il est encor Deu pres De [n]euf cent frants&#13;
117 ayant deffendu au pere Dablon De Luy en parler et que cette affaire entre&#13;
118 Luy et moy seroit Reglée en france comme si cestoit unne affaire Dont Lon&#13;
119 pust avoir Lintelligence en france, toute La depense de Laquelle Le compte&#13;
120 qui en a este dressé sur Les memoires De Deux ecclesiastiques a esté&#13;
121 composé ce sont ses Deux ecclesiastiques qui ont pris tous Les soins et sur Les&#13;
122 Billets Des quels iay faict tous Les payem[en]s pandant quatre mois&#13;
123 que ie fus Retenu au lict et Reduit a Lextremite .n. veut Dans Lescrit&#13;
&#13;
�pû&#13;
&#13;
4e&#13;
&#13;
124 quil a faict signifier au superieur Du seminaire, a ce que Lon mescrit icy&#13;
125 que Les Differens que iay avec Luy coniointement avec Le seminaire Lobligennt&#13;
126 et forcent pour ainsi dire De faire Le voyage De france nayants&#13;
127 par toutes Les voyes quil Dict avoir tente Les Regler, cepandant ie ne&#13;
128 scache pas avoir eu Le moindre demeslé avec Luy sinon quen cette occasion&#13;
129 cy Dessus, il me Retient ce quil me Doit De son authorite Dont ie me suis&#13;
130 contenté de Luy escrire unne Lettre cet automne Dernier Lors quil estoit&#13;
131 prest De partir pour france par Laquelle ie me pleins De La maniere dont&#13;
132 il en usoit tant pour ce quil me Devoit De Deste quau Regard Des ouvriers&#13;
133 pour Le travail qui Leur estoit Deu il avoit voullu que nous nous&#13;
134 Rapportassions a M. De front. coniointement avec M. Lintendant par&#13;
135 voye Darbitrage ie Lluy fis Reponse que ce nestoit point unne affaire&#13;
136 Darbitrage qui nous engageroit Luy ou moy a ne sen pas tenir La mais que&#13;
137 M. Lintendant x nous pouvant Regler par Lauthorite et pouvoir quil en&#13;
138 a nous Luy Remissions La chose a Luy seul et quil pouvoit Luy alleguer&#13;
139 Les Raisons quil pretendoit avoir De ne me pas voulloir payier ce quil Retenoit par son&#13;
140 authorite Jl a Refusé cette voye et Dist que a M. Lintendant que si ie&#13;
141 voullois ne Luy Rien Demander Des huit ou neuf cent frants qui xx&#13;
142 mestoint Deus De Reste quil payieroit quatre cent frants qui estoint Deus&#13;
143 aux ouvriers si non que ie serois obligé De Lattaquer en iustice a quoy&#13;
144 ie fits Reponse que ie perdrois cent fois autant plus tost que Donner&#13;
145 ce scandalle De voir Deux evesques playder que ie croyois quil xx aurois&#13;
146 Deu avoir autant De confusion que moy Dunne chose De cette nature&#13;
147 Mr De gricour a toutes Les connoissances et instructions necessaires&#13;
148 sur cette affaire Dont ie vous pris De Luy parler aucas quil nen&#13;
149 parlas point De son&#13;
150 coste ce qui pourra bien&#13;
151 estre, ny ayant que De La&#13;
152 confusion pour Luy&#13;
153 n. ne paroist avoir aucunne disposition pour se demettre au contraire il a&#13;
154 dict en bien Des occasions quil Reviendra Dont il fera plus tost un point Dhonneur&#13;
&#13;
�speciallemant au Regard des affaires&#13;
entendre autrement&#13;
cela ne seroit pas&#13;
chrestisn&#13;
&#13;
155 que De conscience et selon toutes Les marques que Lon peut avoir il ne va en france&#13;
156 que Dans Lesperance de venir a bout de ses fins il a tesmoigne quil ne pretend&#13;
157 pas que M De denon ville prenne aucunne congnoissance De tout ce qui Regarde&#13;
158 ces interets et differens quil a en veue De faire Regler eu esgard aux desseins&#13;
159 quil a et a sa disposition il faict bien parce que il Le congnoist x iuste et equitable&#13;
160 et entierement esclairé De toute sa conduite et de ses intentions nous&#13;
161 ne scaurions avoir de plus fortes convictions De son mauvais Dessein et quil&#13;
162 nagit aucunnement par Lesprit de nostre seigneur scachant bien que M De&#13;
163 denon ville ne se conduit que par cet esprit Du quel il est Rempli Sans que&#13;
164 aucunne consideration humaine Len puisse destourner Le p. superieurdes&#13;
165 ies auquel x n. sen est ouvert apparemment ou bien qui La appris Dailleurs&#13;
166 ma parlé Dans ses termes quau Regard Des affaires qui Se Sont passer&#13;
167 en france il ne veut pas entendre parler De mon Dit sieur de denon ville et&#13;
168 quil La en aversion, et en horreur ie crois que cela se doit entendre des affaires # xxx&#13;
169 nous avons sceu quavant x son depart il Laisse Des Billets De distribution&#13;
170 pour Les supplemens De Lan prochain iusques a son Retour faisant estat&#13;
171 De faire toucher pour Luy Les huit mil frants que Le Roy donne tous Les&#13;
172 ans quoy quils ne soint par encor venus De france, mais cest afin De sen&#13;
173 Rendre Le Maistre et Les Dispenser comme bon Luy semble attribuant a&#13;
174 chaque ecclesiastique ce quil Luy plaira et suivant son iugement, sans que&#13;
175 aucun aye Droit De Luy Representerquil ne peut subsister et quil na&#13;
176 pas ce que La cour a Reglé qui est quatre cent frants De france Les&#13;
177 traittant De Revoltes contre Leur eves. outre quil y a Beaucoup De&#13;
178 Lieux marques Dans Lestat qui en a esté dressé par M. De denon ville et&#13;
179 intendant et Luy qui sont abandonnés pour avoir voullu surcharger&#13;
180 Des ecclesiastiques xxx de ses Differendroits xx quil Leur est impossible&#13;
181 De dassister aquoy il na aucun esgard. Mr Boucher qui nest prestre&#13;
182 que Depuis Deux ans que Lon a esleue tout petit au seminaire et qui a De tres&#13;
183 Bonnes qualites est attaque Depuis six mois Dunne goutte siatique qui Le Reduit&#13;
184 en estat De venir au seminaire pour voir sil Lon pourra y apporterdu Remede&#13;
185 ce qui ne Luy est arrive que pour avoir La premiere este oblige De passerdes&#13;
186 Rivieres et Des eaux froides et de servir ce qui avoit este marque pour trois&#13;
&#13;
�187 missions cxx ayant voullu Representer La chose a .n. et quil Luy estoit&#13;
188 impossible dadministre que Lestendue De trois Lieues ou trois Lieues et demy&#13;
189 De Long et quil Le prioit De faire administrer Le surplus qui estoit dun&#13;
190 coste environ quatre Lieues De Long pour Le quel il y avoit ayavoit un&#13;
191 supplement marqué sur Lestat De distribution signé De Luy et de Mrs de&#13;
192 de non ville et lintendant et de Lautre coste ou il y avoit bien sinq ou six Lieues&#13;
193 De Long, il na mis personne au premier endroit, qui est Demeuré sans aucunne&#13;
194 assistance spirituelle que celle quils ont eue Des ecclesiastiques qui x ont passé&#13;
195 il avoit chargé Du second endroit De sinq ou six Lieues un autre ecclesiastique&#13;
196 qui nest prestre que De Lautomne Dernier quil Luy avoit voullu ioindre&#13;
197 a un autre ou il falloit traverser Le grand fleuve, ce quil Luy Representa&#13;
198 ne pouvoir faire sans Risquer tres souvent De se perdre, nonobstant quoy il na&#13;
199 pourveu ny a Lun ny a Lautre x il met a ce que Lon a sceu depuis peu de iours&#13;
200 un Recollect au Lieu Dun De ses Deux ecclesiastiques quil charge Des mesme&#13;
201 estendues et Mr Boucher est presentement Dans Le seminaire aux&#13;
202 charges Du Dit seminaires qui est bien en danger Den avoir poru Le Reste&#13;
203 De ses iours, nestant par Dunne complexion Bien forte xx Cette fluxion xxxx&#13;
204 ou goutte sciatique La attaque si fortement que Lon fust obligé de Le porter&#13;
205 en chaise le iour De nouel a Leglise quoy quil xx Demeurast tout proche&#13;
206 Lon a Bien subiet De croyre que si .n. Revient quil ny aura pas De moyen&#13;
207 quaucun ecclesiastique puisse Resister, a cette maniere Dagir a La quelle&#13;
208 nean moins il ne fault pas attendre De changement si ce nest de mal en pis&#13;
209 eu esgar au caractere De son es[pr]it qui ne se conduit que par sa teste et son&#13;
210 propre iugement et incapable a moins que Dun miracle continuel Den&#13;
211 user autrement&#13;
212 n. ne manquera pas De vous parler de Mr franche ville Lon La esleue&#13;
213 tout petit au seminaire il y a bien a ce que ie puis iuges quatorse ou quinse&#13;
214 ans quil est prestre x ayant asses De vivacite Desprit et daptitude&#13;
5e&#13;
Lettre N.&#13;
no.97&#13;
&#13;
215 daptitude pourLes affaires ie Le fis promoteur, i et Depuis ce temps nous Lavons&#13;
216 envoyé en divers endroits administrer Des missions ou cures il a este entre&#13;
217 autres Lieus pandant sept ans a Lisle Dorleans ou il estoit encor Lors que ie&#13;
&#13;
�218 me suis Demis, et administroit Deux paroisses st pierre, et st paol asses&#13;
219 proche Lunne de Lautre, il y a Demeure iusques a il y a environ Deus ans&#13;
220 que .n. estant en peine De treuver quel qun qui allast Dans unne mission&#13;
221 esloignée Denviron quinse Lieues M. franche ville soffrit a Luy pour y aller&#13;
222 comme cest un suiet quil ma tous iours este obligé De maintenir Dans un esprit&#13;
223 Dhumilite; ayant De son naturel Beaucoup De Disposition a sen faire a croire&#13;
224 n : La xxx a son ordin. voullu Lallienner Du semin. Luy faisant Beaucoup&#13;
225 De promesses pourveuque sil sabandonnast entierement a Luy et quil neust&#13;
226 aucun Rapport au seminaire toutes ses caresses et marques daffection nestant&#13;
227 pas De duree n. a cru avoir Dessuxxx De mescontetemens De luy Luy escrivist&#13;
228 une Lettre De Reproches et De menaces Dans Des termes bien sensibles qui aigrirent&#13;
229 xx si fort cet ecclesiastique que se voyant poussé a bout au Lieu De Lexecution&#13;
230 quil attendoit Des promesses et marques Damitie quil Luy avoit faict prist&#13;
231 Resolution De Luy Repondre suivant sa fierte naturelle et prist nean moins&#13;
232 Le Dessein De menvoyier cette Lettre et en effect menvoya cette Reponse me&#13;
233 priant que si ie La treuvois Bien De Lenvoyer Dicy a quebec q n. sinon&#13;
234 De Luy marquer Les endroits que ie Desaprouverois masseurant quil se&#13;
235 soumettroit comme a son pere ace que ien iugerois, ie Luy Renvoyé La&#13;
236 Ditte Reponse comme manquant De Respect en divers endroits que ie&#13;
237 Luy marqué ma n. a faict congnoistre quil scavoit que M. franche ville&#13;
238 ma envoyé La Lettre quil Luy escrivoit et celle quil avoit escrit a M franche ville&#13;
239 il san est ouvert a un ecclesiastique au quel il a tesmoingé x un grand grief&#13;
240 contre moy disant que ie Luy Devois envoyer La lattre de Mr franche ville&#13;
241 a iuges sil ne Devroit pas mavoir obligation davoir donné cette nature de&#13;
242 conseil a unne personne qui sadresse a moy en confiance et si lon peut en conscience&#13;
243 ne pas garder un secret naturel en donnant unconseil tel que celuy que&#13;
244 ie vous marque icy Mr trouvé qui est celuy auquel ilsen est ouvert an a este&#13;
245 surpris ce que ie trouve De plus estrange est que nayant donne connoissance&#13;
246 a qui que ce soit non plus que Mr franche ville n. Laye nean moins sceu, Lon x&#13;
247 Doit iuger que Les Lettres ont este ouvertes il y a asses de fondement De Le&#13;
248 croyre n. ne faisant aucunne difficulte ny scrupulle Douvrir Les Lettres&#13;
249 Des ecclesiastiques, quand elles tombent entre ses mains il Le List mesme Lan&#13;
&#13;
�Le prier&#13;
&#13;
6e&#13;
&#13;
250 passé Dun paquet quil menvoya tout ouvert il se fonde sur ce principe&#13;
251 quil soustient mordicus quil ne Doit y avoir rien De cache a un evesque x&#13;
252 ce qui Regarde mesme La conscience et direction Mr trouve Depuis peu&#13;
253 De iours sest iustifie a Mr herberic Dunne Lettre que n; a descachetée&#13;
254 et mesme quil a gardée sans Luy voulloir montrer De La quelle il pretend&#13;
255 tirer un grand avantage contre Le seminaire pour faire voir Le preiudice&#13;
256 que Lunion que Les cures xx entretiennent avec Le seminaire est cause&#13;
257 a leglise Du canada Mr herberie escrivoit a Mr trouvé cette Lettre pour&#13;
258 de faire congnoistre a .n. quil nestoit pas Maistre Du blé quil Demandoit a La&#13;
259 fabrique De La paroisse que Les marguilliers xxx voulloint Le vendre plus cher&#13;
260 que n. nen voulloit donner Luy qui pretend que Lon ne luy Doit rien Refuser&#13;
261 xx escrivoit a M. herberic quil estoit oblige De Luy envoyer un nombre De&#13;
262 Bled a un certain prix et Luy faisoit Des Reproches De ce quil avoit Baillé&#13;
263 au seminaire unne partie Du Bled De ses Dixmes Mr herberic xx faict&#13;
264 unne Reponse a Mr trouve que Le seminaire Lavoit nourri et entretenu&#13;
265 plus Depuis son arrivee De france sans avoir touche un sol mesme Dans sa&#13;
266 paroisse que La moindre reconnoissance quil Luy Devoit estoit De Layder&#13;
267 Dans Le Besoin quil xx avoit De Bled quil avoit Remarque tant De&#13;
268 Desinteressement xx dans Le seminaire que bien loing De sen Repantir comme&#13;
269 n. Le voulloit supposer xx si ce nestoit Lunion quil a [ave]c Le Dit seminaire&#13;
270 iamais Le canada ne Luy seroit rien il [ava]it /&#13;
cette xenonce x&#13;
271 avant que moy ny aucun du seminaire Le sceust, cepandant il a Reproché a Mr&#13;
272 herberic que ie Lavois faict venir icy pourLa Luy faire escrire et il La Laissé&#13;
273 Dans cette persuasion quoy que Mr herberic Luy aye asseuré quil Lavoit escritte&#13;
274 plus De trois sepmaines auparavant quil fust venu icy ou il venoit seullement&#13;
275 comme il est tres vray pour avoir undessein De Retable pourson eglise&#13;
276 que Mr sous mande qui scait Larchitecture Luy avoit promis De designer&#13;
277 ce ne seroit pas asses pour Le contenter que ie fusses confinée Dans ce Lieu&#13;
278 icy pour Le Reste De mes iours il faudroit pour Luy Donner unne entiere&#13;
279 satisfaction et mettre son esprit tous iours inquiet en Repos que iy fusses&#13;
280 Reclus encor ne pourroit on pas guarir La ialousie et peine desprit&#13;
&#13;
�281 Dont il est travaillé nuit et iour a mon suiet, ie crois que cette maladie Luy&#13;
282 sera incurable et que quand ie serois en france il croyroit encor que ie&#13;
283 serois Lauteur De toute La peine quil auroit, si ie ne puis Le guarir pandant&#13;
284 ma vie ie doute bien quil Le puisse estre apres ma mort et si ie navois contribué&#13;
285 avec tout Le seminaire a sous tenir Les esprits il auroit veu Des Renversemens&#13;
286 et unne desolation Dans cette eglise qui Luy auroit bien donne Dautres deplairirs&#13;
287 et si Dieu premet quil Revienne; comme il y est Resolu, absolument il verra&#13;
288 Destranges Revolutions Dans Les esprits quil est impossible quil narrive nestant&#13;
289 pas Resolu De Relascher quoy que ce soit Deses pretentions ny Du dessein&#13;
290 quil De disposer despotiquement, et asa volonte De tous Les ecclesiastiques&#13;
291 pour Les envoyier ou Retirer, quand et comme il luy plaira a quoy il tient&#13;
292 pour principe qu’ils sobligent par Lobeissance qui Luy Rendent quand il Les ordonne&#13;
293 prestres Mr tramblé sestant esclaircy avec Luy Depuis Deux iours surce chapitre&#13;
294 sur ce quil avoit Dict tout Recemment a un ecclesiastique quil pretendoit bien&#13;
295 bien disposer De Mr tremble par cette Raison tout comme il Luy plairoit ce que&#13;
296 en effect il confirma a mon Dit sr tramble Dont Luy tesmoingnant son estonnement&#13;
297 Dautant quil Luy avoit tesmoigne avant Lordination quil ne pouvoit&#13;
298 pas se Resoudre Destre ordonne a ces conditions n. Luy Desavoua quil Luy en&#13;
299 eust parlé persistant a Luy Dire quil ne Relascheroit iamais Rien de ce&#13;
300 sentiment qui estoit Le vray sentiment De Leglise et sur ce que Mr tremble&#13;
301 Luy dist que Les evesques en france ne pretendoint point cela et nen usoint&#13;
302 point De cette maniere; il Luy Repondist avec chaleur quil prentendoit xx&#13;
303 Lobserver Dans son eglise et Luy cita que M. De grenoble en usoit ainsi et&#13;
304 que cette Disposition xx quil Luy tesmoignoit ne venoit que De La prevention&#13;
305 que moy et Le seminaire Luy Donnoint mais quil ne seroit pas plus tost arrive&#13;
306 en france que Les choses changeroint bien De face, quil serroit en france&#13;
307 sil estoit evesque ou non, il en dist encor Bien plus a Mr herberic sur sa&#13;
308 Desapropriation et attechement, au seminaire Luy disant Des choses surpernantes&#13;
309 en La Bouche Dun evesque pour Le destourner de ce Destachement Dans&#13;
310 lequel il Desiroit vivre et mourir comme estant Le veritable esprit de&#13;
311 nostre seigneur et De Levangile et du quel il avoit rous iours Reconnu&#13;
312 que Le seminaire Des missions estrangeres faisoit profession sans quoy il ne&#13;
&#13;
�313 sy seroit x iamais attache estant tout son attraict et ce qui faict La&#13;
314 Benediction De cette eglise et ce quil croit Le seul motif qui peut angager&#13;
315 Les ecclesiastiques De france a venir un ce pais et dy Demeure .n. traitta&#13;
316 tout cela et ce que La grace Luy inspira sur ce suiet De passion et De prevention&#13;
317 tant de moy que Du seminaire et Luy dist changeons De Discours; voyla&#13;
318 Le fonds De La Disposition Du cœur et De Lesprit Duquel, il ny a aucun&#13;
319 changement a esperer; comme il La dict souvent Luy mesme, par ce que,&#13;
320 il a pour maxime infaillible que pour estre evesque il fault absolute&#13;
321 quil Dispose sans aucunne Restriction ny opposition quelconque de&#13;
322 La liberte et De tous Les biens Des ecclesiastiques et pretend comme il La&#13;
323 souvent dict que Lunique et souverain moyien De Les Reduire a faire toutes&#13;
324 ses volontes sans Replique est Davoir en son pouvoir et maniment tous&#13;
325 Les biens et Revenus parce que il fault quils Dependent De Luy pour&#13;
326 avoir Leur Besoins et par force et necessite et e conuerso x quil scait&#13;
327 aussi que se Rendant Le maistre absolu De disposer Des ecclesiastiques&#13;
328 comme [il Luy] plaira il Luy sera Libre De Leur donner de Lemploy ou&#13;
7e&#13;
&#13;
329 De Leur donnerde Lemploy ou de Les en retirer, et par ce moyen de Les Reduire&#13;
330 a se contenter De tout ce quil Luy plaira pour Leur subsistance; mais il se&#13;
331 treuvera Dans unne extremite quil ne scauroit se persuader sasseurant&#13;
332 quoy que il La voye bien quil en viendra x a bout et sur montra qui est&#13;
333 cepandant tres asseurée quil ny a aucun ecclesiastique De ceux qui [son]t&#13;
334 De employes au salut Des ames qui y veillent demeurer et qui ne sen&#13;
335 Retourne en france x ny aucun De ceux qui selevent en ce pais qui veille&#13;
336 estre ordonné a ses conditions il se flatte Den treuver en france ou&#13;
337 De se servir De Recollects et par consequent point deglise xx non plus&#13;
338 que De clerge ny De chapitre .n. sest declaré Beaucoup De fois ouvertement&#13;
339 quil pretend disposer Des Deux mil frants que La cour donne au seminaire pour&#13;
340 se charger Des eclesiastiques usés et qui seront Devenus infirmes et encommodes&#13;
341 et avoir la nomination Des Dicts ecclesiastiques et choysir ceux quil Luy&#13;
342 plaira Dans La veue quil acceptera et Reiettera selon sa volonté ceux aqui&#13;
343 il ne voudra rien donner pour navoir pas esté souples et soumis atoutes ses volontes&#13;
&#13;
�le dit&#13;
&#13;
344 mais principallement pour priver Le seminaire De tout Le secours qui peut&#13;
345 Layder a subsister et Doit faire voir quil abuse De ce fonds, mais sa fin Dans La&#13;
346 verité est De Le mettre dans sa Bourse pour en user comme x il faict Des huit&#13;
347 mil frants que Lon donne pour La subsistance Des curés Dont il met en bourse&#13;
348 unne grande partie sous Le pretexte De faire voir que ce quil xxx prend sur xx&#13;
349 fonds il Lemploye a faire Bastir Des presbitaires; cest Le pretexte Dont il&#13;
350 se doit servir et prevenir Le ministre, et Le persuader quil ny apoint Dopposition&#13;
351 plus forte a La Batisse Des presbitaires que celle qui apporte Le seminaire&#13;
352 qui ne veut point De Residence sur Les Lieux ny De curés parce que par ce&#13;
353 moyien Lunion qui Les tient attaches au Dict seminaire se treuvera detruitte&#13;
354 et esteinte et quil ny a rien De plus preiudiciable par consequent que cette&#13;
355 union a cette eglise et que Lunique moyien De Remedier a ce mal quil estime&#13;
356 Le plus grand et Le plus pernicieux comme il Le qualifie est De mettre tout&#13;
357 Le temporel Dans la Disposition de xx .n; qui scaura bien venir a bout de&#13;
358 La destruire entierement; il est tres asseuré quil se doit pourvoir droit au&#13;
359 ministre scachant bien eluder Les voyes particullieres et privées estant&#13;
360 asseure quil ne treuvera pas x ce quil pretend avec Des personnes iudicieuse&#13;
361 et aquitables et qui iugent et Reglent Les choses avec desinteressement&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
Note : Les lignes 149 à 152 terminent la page 3 dans la marge.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
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                    <text>Copie manuscrite en français classique par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                    <text>Introduction générale à la section DOC. LI-IV de l’ANP1&#13;
Les raisons du Serviteur de Dieu pour intervenir dans les contentieux entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692.&#13;
Les différends nés durant la période du vicariat général de l’abbé de Saint-Vallier et les prêtres du Séminaire&#13;
de Québec au sujet de son administration (1685-1687) avaient occasionné des remontrances en France de la&#13;
part du Serviteur de Dieu, du Séminaire de Paris et d’autres. Mais le tout s’est terminé de façon harmonieuse :&#13;
l’abbé de Saint-Vallier avait promis de tenir compte des suggestions reçues et les prêtres du Séminaire de&#13;
Québec avaient été vivement exhortés par les supérieurs du Séminaire de Paris, avec l’approbation du&#13;
Serviteur de Dieu, à se montrer obéissants et cordiaux envers leur nouvel évêque. Lorsque le Serviteur de&#13;
Dieu revint à Québec, le 3 juin 1688, tout laissait prévoir que la paix serait complète et durable.&#13;
Il n’en fut pas ainsi. La controverse revint très vive et finit par créer une opposition profonde entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire, non seulement sur des questions secondaires ou des sujets imprévus, mais sur&#13;
le modèle même de communauté que le Serviteur de Dieu avait donnée au Séminaire. Après quatre années&#13;
de débats et l’arbitrage de la cour, la position de Mgr de Saint-Vallier triompha.&#13;
Toute cette affaire ne pouvait laisser le Serviteur de Dieu indifférent. Il faut donc en connaître le déroulement&#13;
et déterminer dans quelle mesure et avec quels sentiments le Serviteur de Dieu y prit part, lorsque ce fut le&#13;
cas.&#13;
1° La communauté du Séminaire de Québec&#13;
Commençons par rappeler en quoi consistait la nature de communauté du Séminaire. Dans son mandement&#13;
érigeant le Séminaire de Québec (Doc. XXXI), le Serviteur de Dieu voulut qu’il soit une communauté&#13;
religieuse diocésaine destinée à accueillir non seulement les prêtres chargés de l’éducation des séminaristes,&#13;
mais aussi tous les autres prêtres consacrés au ministère, qui resteraient ensuite unis au Séminaire, tout en&#13;
demeurant dans différents presbytères lorsque nécessaire. Les ecclésiastiques étaient libres d’entrer ou non&#13;
dans la communauté ; et dans les faits, presque tous les prêtres séculiers du Canada, à l’exception de ceux de&#13;
Saint-Sulpice à Montréal, étaient agrégés ou unis au Séminaire des Missions étrangères de Québec. Les&#13;
prêtres affiliés renonçaient à tous leurs biens en faveur du Séminaire et ce dernier s’engageait à les soutenir&#13;
en tout, et pour toute leur vie. Les curés unis versaient une contribution annuelle et, en échange, ils avaient&#13;
l’assurance d’être aidés et soutenus en cas de nécessité, de maladie ou d’invalidité.&#13;
Notons que le fait qu’un prêtre fasse partie de la communauté ne nuisait en rien à l’autorité de l’évêque sur&#13;
ce prêtre, puisque le Séminaire ne pouvait se mêler de l’administration du diocèse. Selon le mandement&#13;
d’érection, lorsqu’il s’agissait de la nomination des prêtres aux différentes charges du ministère, l’évêque&#13;
devait prendre en compte l’opinion du supérieur du Séminaire, mais demeurait libre de procéder pour le&#13;
mieux. (Au sujet de cette question des relations entre le Séminaire et les curés unis à la communauté, voir&#13;
Doc. LI-IV-13).&#13;
Ce système de vie commune était sans doute idéal dans l’esprit du Serviteur de Dieu, puisqu’il apportait de&#13;
grands avantages spirituels et temporels aux prêtres affiliés et facilitait l’obtention de vocations missionnaires&#13;
de la France, puisqu’il assurait l’entretien des missionnaires du Séminaire, même dans la maladie ou la&#13;
retraite (sur l’organisation du Séminaire, sur ses avantages et ses relations avec les curés, voir LI-IV-13 ; LIVI-11 ; La Tour, Mémoires sur M. de Laval, Livre VI).&#13;
Transcription sur la copie collationnée par G.-É. Demers, 1933-1934, publiée dans l’Altera Nova Positio&#13;
de 1956.&#13;
1&#13;
&#13;
�En général, ces avantages étaient reconnus et Mgr de Saint-Vallier lui-même en avait été convaincu, à tel&#13;
point que, à peine arrivé à Québec comme vicaire général en 1685, il s’était uni au Séminaire et avait fait la&#13;
renonciation de ses biens en faveur de la communauté.&#13;
Cependant, malgré ses nombreux avantages, ce système pouvait mener à des controverses, plus ou moins&#13;
justifiées, en certaines circonstances. L’abbé Gosselin écrit à ce propos (Le vénérable François de&#13;
Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, 2e édition, Québec, 1923, p. 176) : « L’état des choses créé&#13;
par Mgr de Laval supposait à la tête du clergé un évêque de sa trempe et de son caractère, jouissant d’un&#13;
ascendant incontestable sur les prêtres de son Séminaire et disposé d’ailleurs à s’entendre toujours&#13;
parfaitement avec eux. » ; mais sous un autre évêque, un qui ne se percevrait pas comme le « père » du&#13;
Séminaire, comme c’était le cas du Serviteur de Dieu, et qui n’aurait pas le même ascendant que son&#13;
prédécesseur sur les membres, les choses pouvaient se dérouler autrement ; et ce fut le cas sous la gouverne&#13;
de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
2° Début des difficultés à l’été et à l’automne 1688&#13;
Mgr de Saint-Vallier débarqua à Québec le 31 juillet 1688. Il se montra d’abord bienveillant envers le&#13;
Séminaire. Il y habita même pendant quelques mois, comme le fit le Serviteur de Dieu. Mais puisque le&#13;
nouvel évêque avait une idée plutôt extrême de son autorité, qu’il croyait sans équivoque et inaliénable, il ne&#13;
tarda pas à percevoir dans le Séminaire un obstacle plus ou moins direct à l’exercice de ses droits épiscopaux&#13;
et il ne laissa passer aucune occasion de faire sentir aux prêtres du Séminaire tout le poids de son autorité.&#13;
Lors de son arrivée, Mgr de Saint-Vallier avait apporté avec lui quelques lettres adressées au Serviteur de&#13;
Dieu et aux prêtres du Séminaire. Comme le souligne le Serviteur de Dieu lui-même (no 1), Mgr de SaintVallier leur remit ces lettres ouvertes et croyait que l’évêque les avait ouvertes lui-même. Cette supposition&#13;
n’était pas sans fondement, puisque Mgr de Saint-Vallier avait pour principe qu’un évêque devait être au&#13;
courant de tout dans son diocèse, y compris les secrets personnels de ses prêtres 2, et qu’il avait ouvert des&#13;
lettres adressées à des membres de son clergé en d’autres occasions (n o 11).&#13;
Peu de temps après, les prêtres apprirent que l’évêque avait l’idée de renvoyer l’abbé des Maizerets, supérieur&#13;
de la communauté du Séminaire de Québec, en France et d’éloigner le Serviteur de Dieu du Séminaire en lui&#13;
proposant de se retirer à l’École des arts et métiers de Saint-Joachim3, à une cinquantaine de kilomètres de&#13;
Québec.&#13;
Tout cela était déjà suffisant pour alarmer les prêtres du Séminaire. La situation parvint à son comble lorsque&#13;
Mgr de Saint-Vallier s’en prit à leur point névralgique, c’est-à-dire lorsque l’on comprit clairement qu’il&#13;
entendait prendre la pleine direction du Séminaire et lui soustraire l’autonomie interne et l’organisation de la&#13;
communauté religieuse dont l’avait doté le Serviteur de Dieu. Il n’y avait aucun doute que M gr de SaintVallier visait ce but : ses diverses actions posées envers le Séminaire durant l’automne 1688 en sont la&#13;
preuve : il refusa de reconnaître l’élection des officiels de la communauté, selon l’arbitrage de 1687, sous&#13;
prétexte qu’il n’y avait pas donné son consentement explicite, puisqu’il n’était que le vicaire général de Mgr&#13;
de Laval lorsqu’il avait approuvé cette élection ; il nia au Séminaire le droit de changer le règlement interne&#13;
À ce sujet, ce que souligne l’abbé de Glandelet dans son mémoire de 1690, conservé aux Archives du&#13;
Séminaire de Québec est intéressant : « C’est une maxime de Monseigneur qu’un ecclésiastique ne doit avoir&#13;
rien de caché pour son évêque et qu’il lui doit ouvrir les plus secrets replis de sa conscience, sans rien réserver&#13;
de ce qu’il fait connaître à son directeur » (no 7)&#13;
3&#13;
En 1975, Peter N. Moogk démontre que ladite École des arts et métiers de la Grande ferme Saint-Joachim&#13;
n’a en fait jamais existé. La Grande ferme fut dotée d’une école élémentaire en 1688 et formait probablement&#13;
des jeunes aux travaux des champs durant l’été, mais on n’y a trouvé aucune trace d’un système de maître à&#13;
apprenti par les artistes, charpentiers, menuisiers, etc. venus de France comme il fut longtemps cru.&#13;
2&#13;
&#13;
�de la maison sans son consentement, droit jusque-là en usage ; il enleva le bénéfice à certains curés unis au&#13;
Séminaire, affirmant que toutes les paroisses créées par son prédécesseur étaient invalides ; il chercha à&#13;
renvoyer du Petit Séminaire quelques élèves maintenus aux frais du Serviteur de Dieu, refusant à ce dernier&#13;
le droit de faire des fondations charitables dans le diocèse sans son consentement explicite ; il voulut désigner&#13;
lui-même les bénéficiaires d’une autre institution du Serviteur de Dieu en faveur du Petit Séminaire, bien que&#13;
ce droit fût strictement réservé au Séminaire selon l’acte de fondation. En ce qui concerne l’administration&#13;
des biens temporels du Séminaire, Mgr de Saint-Vallier soutint qu’ils appartenaient à l’ordinaire et qu’il&#13;
pouvait en disposer selon sa volonté ; et de fait, il demanda un compte-rendu détaillé de l’état financier du&#13;
Séminaire, non seulement pour les biens de la communauté, mais encore pour les biens privés des membres.&#13;
Enfin, il déclara aussi se réserver la distribution des gratifications royales faites annuellement au Séminaire&#13;
(sur ces points, voir nos 2 et 7).&#13;
Une nouvelle difficulté naquit à la même époque au sujet des gratifications royales, qui allait avoir une&#13;
influence décisive sur l’attitude du nouvel évêque envers le Séminaire. Voici comment survint l’affaire. Les&#13;
curés du Canada jouissaient annuellement d’une généreuse pension qui, jusque-là, avait été distribuée par le&#13;
Séminaire selon les besoins de chaque cure. Désormais, M gr de Saint-Vallier se réserva cette distribution et&#13;
sembla procéder d’une manière un peu arbitraire. Les curés s’en plaignirent, mais il n’en tint pas compte. Les&#13;
directeurs du Séminaire, qui étaient directement intéressés par la répartition des gratifications, puisqu’elle&#13;
affectait des curés unis à la communauté, conseillèrent aux curés de provoquer une intervention bienveillante&#13;
du gouverneur (il s’agissait d’une pension royale) pour obtenir une solution pacifique à la question. Cette&#13;
prise de position des directeurs en faveur des curés fournit à l’évêque l’occasion d’accuser le Séminaire d’être&#13;
l’instigateur d’une révolte du clergé contre lui.&#13;
Nous croyons que c’est à ce moment que Mgr de Saint-Vallier prit la résolution de rompre le lien qui unissait&#13;
les curés au Séminaire : en effet, c’est vers la même époque que Mgr de Saint-Vallier quitta le Séminaire, où&#13;
il avait vécu jusque-là, pour s’installer dans une maison privée (le palais épiscopal n’ayant pas encore été&#13;
construit) et qu’il annula l’acte de renonciation à ses biens qu’il avait signé avec tant d’enthousiasme quelques&#13;
années auparavant.&#13;
Les directeurs du Séminaire tentèrent de démontrer à M gr de Saint-Vallier la légitimité de leur décision dans&#13;
cette affaire. Ils protestèrent énergiquement contre les mesures prises par l’évêque, celles-ci étant en&#13;
contradiction plus ou moins directe avec le règlement du Séminaire, qui avait été légitimement approuvé par&#13;
le Serviteur de Dieu en sa qualité d’évêque de Québec.&#13;
3° Compromis suggéré par le gouverneur Denonville et le P. Dablon en novembre 1688&#13;
Au mois de novembre, les relations entre Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire devinrent si tendues que le&#13;
gouverneur Denonville et le P. Dablon, supérieur des jésuites de Québec, qui avaient été mis au courant des&#13;
faits, s’offrirent comme médiateurs pour trouver une solution à l’amiable. Ils provoquèrent une réunion entre&#13;
l’évêque, les directeurs du Séminaire et eux-mêmes, le 12 novembre 16884, chez Mgr de Saint-Vallier. Un&#13;
accord fut stipulé et devait être soumis à l’arbitrage de quelques fiduciaires de Paris choisis de l’évêque ;&#13;
l’avis de ces derniers devait être définitif.&#13;
On envoya donc le texte de cet accord à Paris, avec quelques notes explicatives de l’évêque et du Séminaire.&#13;
Malheureusement, celles de l’évêque ne nous sont pas parvenues. Nous avons cependant un mémoire du&#13;
Séminaire, dans lequel les revendications de l’évêque sont indiquées, en plus des observations du Séminaire.&#13;
Nous croyons donc utile de le reproduire (no 2).&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Glandelet en écrit un rapport, conservé aux Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 30.&#13;
&#13;
�4° Attitude du Serviteur de Dieu en 1688&#13;
Tentons maintenant d’établir quelle fut l’attitude du Serviteur de Dieu face à ces contentieux, de l’arrivée de&#13;
Mgr de Saint-Vallier en juillet à la réunion du 12 novembre 1688 et à l’envoi en France de l’accord.&#13;
Il est difficile de la déterminer exactement, puisque les documents de l’époque nous donnent peu de détails&#13;
sur la question. Nous savons que dans les premiers temps, le Serviteur de Dieu connaissait les affaires du&#13;
Séminaire, car un rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (no 7) nous informe qu’il avait assisté aux&#13;
premières réunions entre les directeurs et Mgr de Saint-Vallier. Ce rapport dit expressément que le Serviteur&#13;
de Dieu eut une attitude calme et respectueuse à l’égard de Mgr de Saint-Vallier dans ces réunions, malgré le&#13;
caractère vif de l’évêque de Québec : « Depuis qu’il [Mgr de Saint-Vallier] est revenu de France, lorsqu’on&#13;
s’est assemblé avec lui, on a eu tout lieu d’en être mécontent, n’ayant vu les affaires se terminer qu’à des&#13;
emportements, des aigreurs et des reproches, où il s’est laissé aller, quoique Mgr l’Ancien et les officiers lui&#13;
parlassent avec beaucoup de respect. ». Par la suite, le Serviteur de Dieu se tint dans l’ombre et s’abstint de&#13;
tout acte que son successeur pouvait interpréter comme une intrusion dans ses affaires. « Pour prévenir toute&#13;
jalousie, dit un rapport de 1696, il se retira à l’écart pour ne se mêler de rien que de mener une vie sainte et&#13;
privée et s’abstint même de se trouver au réfectoire et aux récréations du Séminaire et de faire aucune fonction&#13;
en public. » (LI-VI-11) Le Serviteur de Dieu semble avoir opté pour cette prudente position de retrait et de&#13;
réserve au moment où les différends devinrent les plus aigus et où Mgr de Saint-Vallier fit connaître son projet&#13;
de l’éloigner de Québec. Mgr de Laval, tout en s’occupant de l’administration économique de la communauté&#13;
(no 1), chercha à s’éclipser. On peut toutefois être certain que tout en restant dans l’ombre, il s’intéressât&#13;
prudemment au sort de son cher Séminaire. On peut aussi supposer que, malgré le manque de nouvelles&#13;
directes, il ait prodigué ses conseils aux directeurs dans divers points de la controverse.&#13;
Quels furent les sentiments du Serviteur de Dieu envers Mgr de Saint-Vallier ? Dans une lettre confidentielle&#13;
qu’il écrivit à l’abbé de Brisacier, supérieur du Séminaire des Missions étrangères de Paris (n o 1), quoiqu’il&#13;
ne traitât pas directement des difficultés, il utilisa des expressions et fit des allusions laissant transparaître un&#13;
fond de méfiance envers son successeur. Il n’y a cependant pas de ressentiment personnel. C’est un fait&#13;
d’autant plus éloquent qu’il s’agit d’une lettre, comme nous l’avons dit, confidentielle et très secrète.&#13;
5° Nouvelles difficultés, 1688-1689&#13;
Il faut malheureusement noter que Mgr de Saint-Vallier, en attendant la réponse de Paris au sujet de l’accord,&#13;
continua à agir comme avant, refusant de nouveau aux curés leur rente congrue, imposant au Séminaire de&#13;
nouvelles charges financières et retenant, malgré les protestations orales et écrites des directeurs (10 février&#13;
1689 et 8 avril 16895), la somme de 4 000 livres tournois donnée annuellement par le roi au Séminaire pour&#13;
son maintien et celui des curés de Québec.&#13;
6° Le Règlement6 stipulé par les arbitres, 1689&#13;
Au printemps 1689, la réponse des arbitres de Paris arriva à Québec. Le texte original de ce document ne&#13;
nous est pas parvenu ; nous le connaissons par le rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (n o 7).&#13;
L’accord fut plutôt favorable au Séminaire. Les postulats de l’évêque au sujet de l’administration du&#13;
Séminaire furent déclarés injustifiés sur plusieurs points. Les arbitres établirent que le Séminaire devait&#13;
s’administrer lui-même, soit pour la partie spirituelle, soit pour la partie temporelle, avec la seule obligation&#13;
de fournir annuellement à l’évêque un compte-rendu des états financiers de la communauté. Ils se montrèrent&#13;
Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, nos 27 et 28.&#13;
Afin de distinguer les constitutions ou statuts, les règles de vie et les sentences arbitrages, nous avons&#13;
nommé ces « Règlements » rédigés par Champvallon et La Chaize les « Articles de 1689 » et les « Articles&#13;
de 1692 ».&#13;
5&#13;
6&#13;
&#13;
�aussi favorables à l’affiliation des curés au Séminaire, concédant à ce dernier le droit de s’unir pour les curés&#13;
qui le désireraient et exhortant l’évêque à favoriser une telle union :&#13;
Il est du bien temporel et spirituel des curés, dit le Règlement, qu’ils demeurent autant unis au Séminaire&#13;
qu’ils l’ont jamais été. Ainsi, quoique Mgr l’évêque ne doive pas les y contraindre, il doit les y exhorter autant&#13;
qu’il pourra et laisser le Séminaire chargé du soin de leur distribuer leurs pensions et de leur fournir leurs&#13;
besoins. (no 7)&#13;
Les projets de Mgr de Saint-Vallier d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec et de rappeler en France l’abbé&#13;
des Maizerets furent aussi considérés comme injustifiés et inopportuns par les arbitres.&#13;
Le Séminaire fut particulièrement satisfait de cette réponse et le Serviteur de Dieu s’en fit le porte-parole&#13;
pour remercier un des arbitres, le duc de Beauvilliers, à qui il écrivit personnellement une lettre à&#13;
l’automne 1689 (no 3). Dans cette lettre, il fit allusion à de nouvelles difficultés entre le Séminaire et l’évêque.&#13;
En effet, Mgr de Saint-Vallier avait reçu les décisions des arbitres avec un enthousiasme mitigé. Bien qu’il&#13;
n’osât pas les refuser, il chercha à en diminuer l’importance en soulevant les limites juridiques de l’accord.&#13;
Il dit « que c’était jusqu’à nouvelles lumières, qu’après tout ce n’était que par condescendance et non sur le&#13;
droit que ces décisions avaient été faites » (no 7).&#13;
7° Autres difficultés, 1689-1690&#13;
Une telle prise de position par Mgr de Saint-Vallier devait inévitablement occasionner de nouvelles difficultés&#13;
et prises de bec entre le Séminaire et lui ; et il y en eu, comme le mentionne le Serviteur de Dieu dans sa lettre&#13;
au duc de Beauvilliers.&#13;
Ces nouveaux contentieux étaient dus au fait que Mgr de Saint-Vallier, malgré les Articles de 1689 des arbitres&#13;
sur ses relations avec le Séminaire, qui devait être définitif, ne voulut rien céder : il revint sur la question du&#13;
retour en France de l’abbé des Maizerets et pensa même le destituer et nommer lui-même un autre supérieur,&#13;
sans entente avec le Séminaire des Missions étrangères de Paris, comme le voulait l’accord ; il revint aussi à&#13;
la charge sur l’idée d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec ; et à l’automne 1689, malgré les protestations&#13;
des directeurs et la délicate intervention du gouverneur de Denonville et du P. Dablon, supérieur des Jésuites&#13;
de Québec, il refusa de remettre au Séminaire la gratification annuelle de 4 000 livres tournois en son entier.&#13;
Il semble qu’il justifiât cette dernière mesure en mettant en doute le droit du Séminaire à recevoir&#13;
intégralement cette somme, puisqu’il devait, selon lui, appliquer une partie de celle-ci à la construction des&#13;
églises.&#13;
À la demande des directeurs du Séminaire, Mgr de Laval rédigea une déclaration juridique pour décrire&#13;
l’origine de cette gratification royale et pour expliquer ses raisons, à titre d’évêque de Québec, de l’avoir&#13;
toujours attribuée intégralement au maintien du Séminaire et du curé de Québec (n o 4).&#13;
Vers la même époque, quelques incidents contribuèrent à empirer la situation entre M gr de Saint-Vallier et&#13;
certains prêtres du Séminaire, qui allèrent chercher protection chez leurs supérieurs ; ceci fournit l’occasion&#13;
à Mgr de Saint-Vallier de considérer le Séminaire comme un milieu réfractaire à sa complète autorité (n o 7).&#13;
8° Décision de Mgr de Saint-Vallier de se rendre en France, 1690-1691&#13;
Les relations entre l’évêque et le Séminaire devinrent si tendues qu’à l’automne 1690, Mgr de Saint-Vallier&#13;
décida de se rendre à Paris pour informer la Cour de la situation et demander une solution juridique définitive&#13;
aux querelles. Son but principal, selon sa propre admission, était d’obtenir du roi la suppression complète de&#13;
l’union des curés et de la communauté du Séminaire, comme le souligne un mémoire des directeurs du&#13;
Séminaire de 1691 (no 12) : « Aussi a-t-il déclaré qu’il voulait absolument faire rompre cette union et que&#13;
c’était une des plus fortes raisons qui le faisaient passer en France. » (Sur les prétextes et les raisons qui,&#13;
selon des prêtres du Séminaire de Québec, poussèrent M gr de Saint-Vallier à chercher l’abolition de l’union&#13;
des curés et du Séminaire de Québec, voir LI-VI-11.)&#13;
&#13;
�Son départ pour Paris, prévu pour l’automne 1690, fut repoussé au printemps suivant à cause de&#13;
l’extraordinaire rigueur de l’hiver. En mars 1691, M gr de Saint-Vallier envoya au Séminaire une lettre à&#13;
caractère juridique (no 8), dans laquelle les directeurs du Séminaire étaient officiellement avisés de son départ&#13;
et étaient priés d’envoyer à Paris un délégué pour les représenter auprès de la Cour.&#13;
Avant de répondre à une si grave semonce, l’abbé des Maizerets, au nom des directeurs du Séminaire, crut&#13;
nécessaire d’écrire au Serviteur de Dieu, qui se trouvait alors depuis un mois à Saint-Joachim, à l’École des&#13;
arts et métiers qu’il avait fondée, pour le mettre au courant de l’affaire et demander son avis (n o 9). Nous&#13;
n’avons pas retrouvé la lettre du Serviteur de Dieu, mais on peut être sûr qu’elle exerça une influence décisive&#13;
sur la réponse très prudente qu’envoya le Séminaire à Mgr de Saint-Vallier. Ce document est aussi manquant,&#13;
mais nous en connaissons le contenu par un mémoire de l’époque (n o 12) :&#13;
Le Séminaire de Québec a cru devoir se contenter de répondre à l’acte de M gr de Québec par un écrit sous&#13;
seing privé pour éviter tout ce qui peut avoir l’air d’un procès en forme et le scandale qui en arriverait, qui&#13;
n’est déjà que trop grand par la connaissance que mondit seigneur a donnée au public de la division qu’il&#13;
prétend être entre lui et le Séminaire. C’est pour ces mêmes raisons que, suivant l’avis reçu par les lettres de&#13;
France l’année passée, le Séminaire n’a pas jugé devoir députer aucun sujet de son corps pour faire le voyage&#13;
de France avec Mgr de Québec.&#13;
Le Séminaire n’estima donc pas opportun d’envoyer un représentant en France. Il confia toutefois la charge&#13;
de l’affaire en France à l’abbé de Brisacier et lui envoya quelques rapports comme compléments aux&#13;
informations contenues dans celui envoyé l’année précédente par l’abbé de Glandelet (no 7).&#13;
Nous conservons nombre de ces rapports du Séminaire, mais la documentation correspondante par M gr de&#13;
Saint-Vallier nous manque. Nous reproduisons donc plusieurs extraits des documents susmentionnés et y&#13;
ajouterons des notes au sujet des points forts de la controverse, surtout lorsqu’il est fait allusion à l’attitude&#13;
du Serviteur de Dieu (nos 12 et 13).&#13;
9° Point de vue et attitude du Serviteur de Dieu entre 1688 et 1691&#13;
Nous avons révélé, au point 4, la réserve du Serviteur de Dieu au début de la controverse en 1688. Voyons&#13;
maintenant quelle fut son attitude pendant la seconde phase, durant laquelle le contentieux fut bien plus aigu.&#13;
Notons d’abord que, une fois de plus, Mgr de Laval ne prit aucune part directe ou officielle dans le différend.&#13;
Au contraire, il chercha à demeurer dans l’ombre et, à cette fin, il se retira de Québec et se rendit de sa propre&#13;
initiative à l’École des arts et métiers :&#13;
Je vous écris celle-ci, écrivait le Serviteur de Dieu de Saint-Joachim à l’abbé de Brisacier, le 17 avril 1691,&#13;
de ce lieu où je me suis retiré pour avoir un peu de solitude et pour me consoler avec Notre-Seigneur de l’état&#13;
où je vois cette pauvre Église, qui est affligeant […] Quoique je fasse tout mon possible, me retirant de temps&#13;
en temps pour diminuer l’ombrage et la peine que je fais à N.*, je ne puis guérir son mal […]. (n os 10 et 11)&#13;
À la lecture de ces mots, on ressent la grande peine du Serviteur de Dieu. Quels furent son opinion de la&#13;
situation et ses sentiments personnels envers Mgr de Saint-Vallier ? On peut le déterminer à travers trois lettres&#13;
confidentielles qu’il écrivit entre 1690 et 1691.&#13;
La 1re lettre (no 6) fut écrite de Québec à l’ancien gouverneur de Denonville le 20 novembre 1690, alors Mgr&#13;
de Saint-Vallier se préparait à partir pour la France. M. de Denonville avait toujours manifesté un grand&#13;
attachement envers le Séminaire de Québec et une fois retourné en France, il tenta, autant qu’il le put, d’en&#13;
démontrer l’importance pour le Canada et d’en soutenir les droits à la Cour. Mgr de Laval, dans cette lettre&#13;
écrite en toute simplicité, confia à son vieil ami sa profonde douleur de voir la destruction progressive de son&#13;
œuvre, mais il écrivit tout aussi clairement que les prêtres du Séminaire et lui-même acceptaient la décision&#13;
du roi avec une parfaite résignation, patience et confiance en la divine Providence. Le Serviteur de Dieu nota&#13;
ensuite, peut-être à titre de consolation, que malgré l’opposition de M gr de Saint-Vallier à l’affiliation des&#13;
curés au Séminaire, cet esprit d’union, plutôt que de diminuer, se faisait encore plus fort :&#13;
&#13;
�Plus il semble, écrit-il, que l’on apporte d’opposition à l’union que vous connaissez être si utile et si&#13;
absolument nécessaire pour le bien de cette Église et du salut des âmes, plus il paraît que la grâce de cette&#13;
union prend un nouvel accroissement et se fortifie de plus en plus dans le cœur de tous les ecclésiastiques,&#13;
qui en reconnaissent les avantages et la nécessité.&#13;
Le Serviteur de Dieu souligna, dans la même lettre, les efforts constants de Mgr de Saint-Vallier pour diminuer&#13;
l’influence du Séminaire et que l’évêque partait sous peu pour la France. Il laissa aussi entrevoir le projet,&#13;
nourri par quelques amis de Mgr de Saint-Vallier, de l’inciter à donner sa démission. Tout est dit&#13;
laconiquement, presque à titre de chronique, le tout sans rancœur, même dans les passages où un peu&#13;
d’amertume aurait été tout à fait compréhensible, comme lorsqu’il affirme que M gr de Saint-Vallier avait dit&#13;
vouloir réduire le Séminaire à la famine.&#13;
Les 2e et 3e lettres (nos 10 et 11), écrites les 16 et 17 avril 1691 à l’ancien gouverneur de Denonville et à&#13;
l’abbé de Brisacier, ont un ton plus vif que la première. Le Serviteur de Dieu manifesta alors ouvertement sa&#13;
désapprobation par rapport à l’attitude de M gr de Saint-Vallier envers le Séminaire et ne cacha pas sa grande&#13;
préoccupation pour l’Église de Québec si cet évêque en demeurait responsable. Ce changement se justifie&#13;
facilement.&#13;
Durant l’hiver 1691, Mgr de Laval fut si peiné de voir la situation créée pour le Séminaire par son successeur&#13;
et d’apprendre que ce dernier nourrissait des soupçons envers lui qu’il décida de lui-même de s’éloigner de&#13;
Québec et de se retirer à Saint-Joachim. En effet, il n’eut plus d’illusion quant aux intentions de Mgr de SaintVallier envers le Séminaire lorsque ce dernier déclara ouvertement son désir d’obtenir de la Cour royale la&#13;
suppression de l’union des curés à la communauté du Séminaire, et qu’il entendait même abolir la&#13;
communauté de prêtres. De plus, devant quelques faits, Mgr de Saint-Vallier manifeste son opposition contre&#13;
son prédécesseur. Citons un premier exemple, lorsqu’un jeune prêtre du Séminaire, M. Francheville, se&#13;
plaignit de son évêque dans une lettre qu’il avait d’abord envoyée au Serviteur de Dieu, afin que ce dernier&#13;
juge s’il était opportun ou non de l’expédier. Le Serviteur de Dieu retint la lettre, lui répondant qu’il ne devait&#13;
pas écrire à son évêque sur un ton si irrité. Quiconque en cette circonstance aurait loué la prudence de Mgr de&#13;
Laval, mais lorsque l’affaire parvint aux oreilles de M gr de Saint-Vallier, il n’eut aucune parole de louange ;&#13;
au contraire, il souligna le grave manquement du Serviteur de Dieu à lui remettre cette lettre (n o 11). Dans&#13;
une autre occasion, Mgr de Saint-Vallier ouvrit une lettre qu’il trouva peu agréable et en déduit&#13;
immédiatement que le Serviteur de Dieu devait avoir soit influencé, soit écrit la lettre (ce qui ne fut pas le&#13;
cas), et ce, simplement parce que celle-ci fut rédigée par un curé uni au Séminaire à un autre prêtre du&#13;
Séminaire, alors que ce curé se trouvait à Saint-Joachim, où était Mgr de Laval (no 11). Mais ce qui a dû&#13;
affliger le plus le Serviteur de Dieu, c’est que cette controverse, qui fut d’abord plutôt secrète, devint une&#13;
affaire publique lorsque Mgr de Saint-Vallier l’amena à la Cour de France (no 12).&#13;
En tenant compte de la situation qui se détériorait, nous croyons que le ton plus vif du Serviteur de Dieu et&#13;
ses expressions un peu fortes à l’égard de Mgr de Saint-Vallier sont justifiés.&#13;
Nous pouvons nous demander s’il était prudent pour le Serviteur de Dieu de manifester si ouvertement son&#13;
point de vue sur le contentieux et sur son successeur à des personnes éloignées de Québec. Rappelons d’abord&#13;
que M. de Denonville et l’abbé de Brisacier étaient des personnes prudentes et très proches du Serviteur de&#13;
Dieu, avec lesquels tout se passait dans la plus stricte discrétion. Notons ensuite que les deux avaient déjà été&#13;
informés de la situation et qu’ils s’étaient occupés des affaires du Séminaire, pour M. de Denonville par&#13;
intérêt bienveillant, et pour l’abbé de Brisacier, par devoir d’office à titre de supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Ce dernier avait d’ailleurs été chargé de représenter le Séminaire de Québec auprès de&#13;
la Cour, alors que Mgr de Saint-Vallier allait en traiter personnellement. On comprend donc pourquoi ces&#13;
deux personnes devaient être informées avec précision de toute l’affaire. Indiquons enfin que, dans la lettre&#13;
adressée seulement à M. de Denonville, le ton est plus réservé, justement parce qu’il s’agit d’un laïc, tandis&#13;
qu’avec l’abbé de Brisacier, la phrase est plus ouverte et plus libre, puisqu’il s’agit d’un membre de la même&#13;
affiliation et du supérieur du Séminaire de Québec, puisque celui de Québec était lié et dépendant de celui&#13;
de Paris. Le Serviteur de Dieu pouvait donc lui parler en toute franchise et en toute confiance.&#13;
&#13;
�10° Voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, 1691-1692&#13;
Mgr de Saint-Vallier partit de Québec le 13 mai 1691. À peine arrivé à Paris, il présenta ses plaintes contre le&#13;
Séminaire à la Cour. Le P. de La Chaize, confesseur du roi, et l’archevêque de Paris, M gr François III&#13;
de Harlay de Champvallon (l’ancien archevêque de Rouen, avec qui le Serviteur de Dieu, au début de son&#13;
gouvernement, avait eu tant de difficultés au sujet de la juridiction épiscopale en Nouvelle-France), furent&#13;
chargés par le souverain d’étudier la question. Le 11 janvier 1692, après plusieurs réunions avec Mgr de SaintVallier et les directeurs du Séminaire de Paris, ils présentèrent au roi leur avis sous forme des Articles de&#13;
1692, qui devait être la norme définitive pour les relations entre l’évêque et le Séminaire. Cette convention&#13;
reçut immédiatement l’approbation du roi et fut signée par les deux parties, à savoir par M gr de Saint-Vallier&#13;
et par l’abbé de Brisacier, au nom du Séminaire de Québec. (Sur ce voyage de M gr de Saint-Vallier en France,&#13;
voir Doc. LI-VI-11.)&#13;
11° Articles définitifs de 1692&#13;
Par ces Articles7, l’organisation du Séminaire de Québec telle que l’avait conçue et réalisée le Serviteur de&#13;
Dieu, à savoir celle d’une communauté diocésaine à laquelle pouvaient appartenir tous les prêtres séculiers&#13;
du diocèse, fut substantiellement changée. La communauté elle-même, à laquelle les prêtres pouvaient encore&#13;
s’agréger, n’était pas supprimée ; toutefois, l’union au Séminaire fut abolie pour les curés et les prêtres&#13;
agrégés à la communauté ne purent plus, sauf exception, exercer le ministère paroissial. Cette grande famille&#13;
diocésaine de prêtres aux liens semblables à ceux d’une corporation régulière, à laquelle tenait tant le&#13;
Serviteur de Dieu, fut de fait supprimée. Le travail principal du Séminaire devait désormais se réduire à&#13;
l’éducation de la jeunesse, tout en conservant, à titre de Séminaire des Missions étrangères, le droit d’envoyer&#13;
des missionnaires dans les missions éloignées du Canada, sous la direction de l’évêque.&#13;
12° L’acceptation du Serviteur de Dieu des Articles de 1692&#13;
Nous ne désirons pas ici entrer dans la question à savoir si les changements désirés par M gr de Saint-Vallier&#13;
étaient véritablement opportuns ou nécessaires. Nous dirons simplement que les Articles, obtenus après tant&#13;
de controverse, marquaient un triomphe pour l’évêque8 et on ne peut le nier, un échec pour le Serviteur de&#13;
Dieu. Connaissant le tempérament de Mgr de Laval et sachant tout ce qu’il avait fait pour le Séminaire, nous&#13;
sommes certains que cette solution a dû le blesser profondément. C’est pourquoi il est très intéressant, pour&#13;
l’étude de ses vertus, de découvrir avec quelle attitude il l’a reçue.&#13;
Les documents à ce sujet ne sont pas nombreux ; heureusement, nous en avons suffisamment pour pouvoir&#13;
affirmer que le Serviteur de Dieu reçut cette blessure avec une pleine soumission et résignation. Sa lettre à&#13;
son ami Boudon en 1690 (Doc. XXXVII-5) en fait foi. Cette attitude est aussi confirmée dans la lettre de&#13;
l’abbé de Brisacier au Serviteur de Dieu (n o 14) : conscient de la vertu de Mgr de Laval et de son ascendant&#13;
sur les prêtres du Séminaire, il le pria de préparer les prêtres à accepter les nouvelles dispositions avec pleine&#13;
confiance en la Providence. Mgr l’Ancien ne déçût pas son vieil ami : les prêtres se soumirent pleinement. Le&#13;
Serviteur de Dieu répondit à l’abbé de Brisacier à l’automne suivant, alors que M gr de Saint-Vallier était de&#13;
retour à Québec depuis quelques mois :&#13;
&#13;
Une copie de la main du Serviteur de Dieu se trouve au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives&#13;
du Séminaire de Québec, Chapitre, no 1a.&#13;
8&#13;
Il semble que Mgr de Saint-Vallier ait eu des regrets à la suite de ses disputes avec le Séminaire et que, peu&#13;
à peu, ses préventions contre la fameuse union des curés avec le Séminaire se soient estompées. Il l’affirmait&#13;
lui-même en 1703 à l’abbé Tremblay, procureur à Paris du Séminaire de Québec. Il manifesta même à l’abbé&#13;
Tremblay son désir que le Séminaire accepte la direction de certaines paroisses et que tous les prêtres du&#13;
diocèse s’agrègent à la communauté. Il ajouta qu’il voulait lui-même s’unir de nouveau au Séminaire et y&#13;
prendre le poste du Serviteur de Dieu lorsque celui-ci serait décédé. (Cf. Gosselin, Vie de Mgr de Laval,&#13;
premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 511-512.)&#13;
7&#13;
&#13;
�Je puis vous assurer que de ma part et de celle du Séminaire, l’on a ponctuellement observé tous les bons et&#13;
sages conseils que vous nous avez donnés. Aussi ne paraît-il pas que N. s’en plaint. Il dit au contraire&#13;
beaucoup de bien du Séminaire et en témoigne à tous ceux qu’il croit qu’ils nous le rapporteront. (Doc. LIV-1)&#13;
/Traduction du texte de présentation et des annotations italiennes par le Séminaire de Québec-rl-mdv-2018&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Lettre de Laval à Brisacier (Saint-Joachim, 17 avril 1691)</text>
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                <text>L'ancien évêque de Québec écrit au supérieur du Séminaire de Paris que Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, veut détruire l’union qui existe entre les prêtres et le Séminaire de Québec. Par le Règlement de 1678, chaque prêtre affilié au Séminaire paie 50 écus par an en échange de son entretien à vie : le Séminaire est donc le seul attrait pour un prêtre de venir au Canada et ce qui les conserve dans l'esprit de piété. Cette union n’empêche en rien de faire des cures fixes. Un mémoire a servi à la Cour pour permettre aux arbitres de trouver une solution au contentieux entre le Séminaire et Saint-Vallier, les Articles de 1689, que Saint-Vallier veut changer.</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10488" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14120" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-4 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10490" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-11&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/287" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en italien et en français, &lt;/a&gt;publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-4-11&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/291" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique &lt;/a&gt;par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Extrait typographié en français moderne et publié dans H. Giguère, &lt;em&gt;Les écrits spirituels de François de Laval&lt;/em&gt;, 2014, p. 138-139&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;Extrait typograhié et traduit en anglais par B. Waterhouse, publié dans H. Giguère, &lt;em&gt;The spiritual writings of François de Laval&lt;/em&gt;, 2017, p. 140-141&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/289" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique &lt;/a&gt;par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/508"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l'archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 431-447&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/290" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par A. Rhéaume, v. 1890, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Brisacier, Jacques-Charles de, 1642-1736</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>Codes de vie</name>
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        <name>Correspondance avec le Séminaire de Paris</name>
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        <name>Cures</name>
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                    <text>Introduction générale aux Docs. LI&#13;
Lettres, mémoires, actes et procès-verbaux qui illustrent les relations&#13;
du Serviteur de Dieu avec son successeur&#13;
au sujet de l’évêché de Québec, 1684-1703&#13;
En 1684, le Serviteur de Dieu se rendit en France pour remettre sa démission de l’évêché&#13;
de Québec pour de graves raisons de santé1. Il trouva rapidement un secours en la personne&#13;
de l’abbé Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, aumônier royal, qu’il&#13;
envoya à Québec comme son vicaire général et qui devint par la suite son évêque&#13;
successeur (1688-1727). Toutefois, le Serviteur de Dieu se remit de sa maladie et put&#13;
retourner au Canada en 1688, où il vécut encore 20 ans, principalement à Québec, pendant&#13;
que son successeur était en fonction.&#13;
Ainsi, le Serviteur de Dieu se trouva dans une position plutôt délicate et difficile : alors&#13;
qu’il eût espéré passer les dernières années de sa vie dans le recueillement, le tempérament&#13;
différent et les vues opposées de son successeur lui causèrent de grandes peines. Au cours&#13;
de ses 29 années à la tête de l’Église de Québec, Mgr de Laval l’avait dotée d’une&#13;
organisation qu’il croyait la meilleure pour le pays et selon l’esprit de Dieu. Or, durant sa&#13;
retraite, il dut assister à un changement d’orientation systématique par Mgr de Saint-Vallier&#13;
et à la modification, et parfois la suppression, d’œuvres qui lui étaient chères.&#13;
Il nous semble nécessaire d’étudier les relations entre le Serviteur de Dieu et son&#13;
successeur, puisque jusqu’à maintenant, cet aspect de la Cause n’a pas été considéré et que&#13;
rien n’a été publié à ce sujet.&#13;
Pour ce faire, nous avons recueilli une imposante quantité de nouvelles, de mémoires et de&#13;
lettres au sujet de cette période. Nous avons ensuite analysé tout ce matériel, en grande&#13;
partie nouveau, cherchant toujours à mettre en lumière la position et l’attitude du Serviteur&#13;
de Dieu. Pour la clarté de notre propos, nous avons disposé cette documentation en sept&#13;
thèmes chronologiques.&#13;
1° La part du Serviteur de Dieu dans l’élection de son successeur, 1684-1685&#13;
2° La relation du Serviteur de Dieu avec l’abbé de Saint-Vallier, successeur désigné&#13;
et vicaire général, alors que Mgr de Laval était toujours en fonction, 1685-1688&#13;
3° Le retour du Serviteur de Dieu à Québec après sa démission et les difficultés&#13;
liées à ce retour, 1686-1688&#13;
4° Les raisons du Serviteur de Dieu d’intervenir dans les controverses entre&#13;
Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692&#13;
5° Les raisons d’intervenir dans les controverses entre Mgr de Saint-Vallier, le&#13;
Séminaire de Québec et le chapitre de l’église cathédrale, 1692-1695&#13;
&#13;
NDLR : La raison souvent citée que donna Mgr de Laval pour sa démission était sa santé défaillante.&#13;
Toutefois, nous croyons que les oppositions à ses façons de faire de la part du gouvernement au Canada et&#13;
en France, de plus en plus nombreuses, ainsi que la diminution de son influence à la Cour, qui le jugeait trop&#13;
entêté, notamment au sujet de la traite de l’eau-de-vie, ont probablement contribué à sa décision de se&#13;
démettre. Plutôt que de tenir mordicus à sa position par orgueil, il semblerait qu’il ait eu la réflexion que s’il&#13;
n’était plus jugé comme étant l’homme de la situation, il valait mieux, pour le bien de l’Église, laisser sa&#13;
place à un autre.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�6° Les raisons d’intervenir lorsque plusieurs espéraient la démission de&#13;
Mgr de Saint-Vallier, 1695-1696&#13;
7° Quelques nouvelles sur les relations et la collaboration entre le Serviteur de Dieu&#13;
et son successeur, Mgr de Saint-Vallier, 1698-1703&#13;
En plus de cette introduction générale, chaque thème comporte des notes préliminaires ;&#13;
ainsi, nous croyons qu’un lecteur parcourant les Docs. LI dans en entier sera en mesure de&#13;
se faire une idée assez claire du déroulement des faits et de les évaluer à leur juste mesure.&#13;
Pour ce faire, toutefois, il devra d’abord connaître la personnalité de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
Nous croyons donc opportun de donner quelques notes et appréciations des historiens sur&#13;
le successeur du Serviteur de Dieu.&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble en 1653. Dès&#13;
son ordination à la prêtrise en 1675, il fut nommé chanoine de Grenoble et aumônier du&#13;
roi. Il conserva cette dernière fonction jusqu’en 1684, lorsqu’il fut proposé comme&#13;
successeur à l’évêché de Québec. En 1685, il fut envoyé par le Serviteur de Dieu au Canada&#13;
en qualité de vicaire général. Il revint en France deux ans plus tard, fut nommé évêque de&#13;
Québec en 1687, consacré le 24 janvier 1688, puis retourna au Canada la même année et y&#13;
exerça son ministère épiscopal avec un grand zèle, visitant son immense diocèse, fondant&#13;
diverses œuvres de charité et s’opposant avec énergie à tous les abus. En 1704, à la suite&#13;
d’un voyage en France, il s’embarqua en direction du Canada pendant la guerre de&#13;
succession d’Espagne et son navire fut embusqué par les Britanniques. Il fut fait prisonnier&#13;
de guerre et déporté en Angleterre. Mgr de Saint-Vallier ne put retourner dans son diocèse&#13;
que cinq ans plus tard, après le décès du Serviteur de Dieu (en 1708), où il mourut en 17272.&#13;
On peut croire qu’au cours de son long ministère épiscopal, Mgr de Saint-Vallier fut certes&#13;
animé des meilleures intentions ; malheureusement, il eut aussi certains défauts de&#13;
caractère qui créèrent, tant pour lui que pour ceux œuvrant avec lui, de nombreux&#13;
problèmes et difficultés. Même un historien impartial ne peut cacher que Mgr de SaintVallier agit souvent davantage par zèle que par prudence et équilibre. À ce propos, nous&#13;
croyons utile de reproduire ici le jugement général du P. Camille de Rochemonteix, jésuite,&#13;
de la personne de Mgr de Saint-Vallier, qui correspond à celui que nous avons formé nousmême à la lecture de la documentation recueillie. Cette page est extraite de son livre Les&#13;
Jésuites et la Nouvelle-France au 17e siècle, Paris, 1895-1896, vol. 3, p. 313-315.&#13;
D’une nature ardente au bien, mais inhabile à y tendre par les tempéraments et les&#13;
ménagements nécessaires, jeune, sans expérience, ne se pliant que difficilement à&#13;
l’étude des situations, de leurs ressources et de leurs difficultés, Mgr de Saint-Vallier&#13;
eut le grand tort de ne pas assez s’entourer de conseils. Opiniâtre, en Dauphinois&#13;
qu’il était, dans le maintien de ses droits, ou de ce qu’il se figurait être ses droits, il&#13;
ne reculait devant aucun obstacle quand il s’agissait de les défendre et de les faire&#13;
triompher. Il avait un sentiment si exagéré de la dignité épiscopale qu’il allait&#13;
parfois jusqu’à croire que tout, dans son diocèse, devait céder devant son unique&#13;
volonté. On aurait dit, au début de son épiscopat, qu’il avait adopté pour devise&#13;
le « sit pro ratione voluntas3»4. D’un tempérament excessif, il mettait peut-être,&#13;
2&#13;
&#13;
Mgr de Saint-Vallier et l’Hôpital général de Québec, Québec, 1882 ; H. Têtu, Les évêques de Québec,&#13;
Québec, 1889, p. 78-155 ; Gosselin, L’Église du Canada depuis Mgr de Laval jusqu’à la conquête, 1re partie,&#13;
Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911.&#13;
3&#13;
NDLR : « Hoc volo, sic jubes ; sit pro ratione voluntas! » « Je le veux, je l’ordonne ; la raison, c’est ma&#13;
volonté ! » (Juvénal, Satires no 6, 1.223)&#13;
4&#13;
NDLR : Rochemonteix ajoute cette note : « Mgr de Laval écrivait à l’archevêque de Paris, 1696 : “Vous&#13;
n’aurez pas de peine à juger du caractère de son esprit [de M gr de Saint-Vallier] et de l’impossibilité qu’il&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�sans bien s’en rendre compte, au service de ses volontés impérieuses, quand il&#13;
rencontrait une résistance, des excès de pouvoir regrettables ; alors qu’il avait&#13;
beaucoup de peine à reconnaître les droits d’autrui, il en avait moins à les sacrifier.&#13;
Ceux qui ont tracé ce portrait de Mgr de Saint-Vallier ont relevé d’autres défauts,&#13;
moins saillants, très graves pourtant. Il manquait, disent-ils, d’équilibre et de tact ;&#13;
il ne savait pas faire les choses à propos, ni avec les égards voulus pour les&#13;
personnes. Il y avait à réformer au Canada, il aimait à réformer ; mais les réformes&#13;
exigent un savoir-faire, une habileté que la nature avare lui avait refusée.&#13;
Cette appréciation générale de quelques historiens sur le caractère de Mgr de SaintVallier ressort, en effet, pour une partie notable, de la lecture attentive de sa vie ;&#13;
elle explique les actes les plus blâmés, et quelques fois les plus blâmables, de son&#13;
long épiscopat. Il opéra sans doute des réformes très heureuses dans son Église, il&#13;
créa des œuvres durables ; si, en les faisant, il eût moins blessé, moins froissé, moins&#13;
dépassé la mesure, s’il eût respecté davantage les règles de l’équité, on ne tarirait&#13;
pas d’éloges sur son compte ; lui-même n’eût pas soulevé contre son administration&#13;
ces mécontentements et ces plaintes qui furent la source de ses tristesses et de ses&#13;
déboires.&#13;
Pour être complètement juste envers un prélat, dont les facultés morales ne furent&#13;
pas assez tenues en équilibre, il convient d’ajouter que le prêtre se montra toujours&#13;
régulier, dévoué, rempli du zèle de la Maison de Dieu. On a pu avec raison&#13;
suspecter, en plus d’une circonstance, la pureté de ses intentions et sa franchise ;&#13;
jamais on n’a versé le blâme sur sa vertu sacerdotale. Eut-il toujours conscience de&#13;
la gravité de certaines mesures administratives, où la charité et la justice furent&#13;
également lésées ? La question est plus facile à poser qu’à résoudre. &#13;
On comprend qu’avec un homme animé de principes de gouvernement aussi absolus et&#13;
doté d’une trop grande estime de son autorité, des problèmes et des désaccords ne&#13;
pouvaient que se produire. En effet, plusieurs contentieux surgirent entre le clergé et lui,&#13;
les religieux et les autorités civiles. Le Serviteur de Dieu, tout en étant conscient de ces&#13;
disparités, se tint généralement à l’écart ; toutefois, étant assailli de requêtes pour ses&#13;
conseils par rapport à certaines difficultés, principalement celles liées au Séminaire de&#13;
Québec, il ne put en bonne conscience refuser de les donner et d’entrer par conséquent dans&#13;
la controverse.&#13;
Or, il s’agit là d’un point délicat : même si le lecteur ne cherche pas à évaluer l’héroïcité&#13;
des vertus du Serviteur de Dieu, il peut se questionner à savoir si l’attitude et les actions de&#13;
Mgr de Laval dans ces situations étaient justifiables.&#13;
L’introduction générale, les notes préliminaires de chaque chapitre et tous les documents&#13;
de cette section LI démontreront, selon nous, que le Serviteur de Dieu a pensé et agi de&#13;
façon entièrement justifiable.&#13;
En effet, il nous semble, à la suite de l’étude des nombreux documents que nous avons&#13;
rassemblés ici, que Mgr de Laval chercha constamment à demeurer hors de toute&#13;
discussion et lorsqu’il intervint directement, il le fit avec prudence et avec la certitude&#13;
d’agir pour le bien de la cause. Nous retrouvons cette attitude même dans ses lettres&#13;
personnelles, écrites pour ouvrir son cœur à des gens de confiance et ayant de l’expérience&#13;
change. Il est incapable de ne prendre aucun conseil que de lui-même, ayant des principes et des maximes&#13;
qu’il a assez manifestés en plusieurs fois, de croire que le caractère épiscopal donne des lumières à un évêque&#13;
pour sa conduite, sans avoir besoin d’aucun conseil en ce qui concerne le gouvernement de son Église. […]&#13;
C’est un caractère d’esprit irréversible.” (Gosselin, Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre&#13;
du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 449. » Lettre reproduite en LI-VI-9.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�en la matière. Le fait le plus important, croyons-nous, est que le Serviteur de Dieu, tout en&#13;
n’approuvant pas l’orientation et les actions de Mgr de Saint-Vallier, ne manifesta jamais&#13;
d’aversion ou de rancœur personnelle envers son successeur. Même dans la célèbre lettre&#13;
de 1696 (Doc LI-VI-8), dans laquelle le Serviteur de Dieu répondit à la requête de&#13;
Mgr de Saint-Vallier qu’il lui dise sincèrement ce qu’il pensait de l’œuvre de ce dernier, il&#13;
exprima sa divergence d’opinions, sans expédients inutiles, mais aussi sans animosité&#13;
personnelle, sans aigreur et avec pour seul objectif le bien de l’Église de Québec.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Introduction générale en français moderne aux Docs. 51 de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Doc. LI&#13;
&#13;
490 —&#13;
&#13;
Le Séminaire répond en sixième lien qu’il ne prétend point&#13;
se mêler de ce qui concerne le Chapitre et les missions, le premier&#13;
appartenant au Chapitre même ou à M. le Doyen, et le second&#13;
à M. le Grand-Vicaire, pour lesquels le Séminaire n ’a pas cru&#13;
pouvoir faire aucune réponse à Monseigneur, comme M. de Maizerets l ’a fait connaître de vive voix en recevant la signification&#13;
de son écrit.&#13;
Et touchant 1’article du Séminaire en particulier, le dit Séminaire déclare qu’il n ’y prétend faire aucun changement que suivant son pouvoir et conformément aux articles qui ont été réglés&#13;
par les arbitres ci-dessus.&#13;
Enfin pour répondre à ce que Mgr de Québec demande dans&#13;
son écrit que le Supérieur et Directeurs du Séminaire, qui sont&#13;
les principaux membres du Chapitre et de la cathédrale, fassent&#13;
assembler, s ’il est nécessaire, le dit Chapitre pour lui donner&#13;
incessamment communication du registre des délibérations capitulaires qui y ont été faites depuis son établissement, le Séminaire&#13;
a déjà fait entendre verbalement à Monseigneur qu’il n ’a aucun&#13;
pouvoir sur le Chapitre auquel ou à M. le Doyen, si la demande&#13;
ci-dessus eût été signifiée dans les formes, c ’était à lui et non au&#13;
Séminaire de répondre à Sa Grandeur, qui a voulu que son écrit&#13;
ait été signifié à M. de Maizerets en qualité de Supérieur du dit&#13;
Séminaire, comme il est expressément marqué dans le dit écrit.&#13;
&#13;
13&#13;
Promemoria de Relationibus inter Parrocos Canadenses et Seminarium Quebecense habitis, auctore ignoto, 1691. Ex Exemplo contemporaneo in Archivo Seminarii Quebecensis asservato, Chapitre, n. 7.&#13;
Éclaircissement sur l ’union et le rapport que les curés et les&#13;
missionnaires du Canada ont au Séminaire de Québec.&#13;
Quoique nous ayons déjà donné plusieurs éclaircissements par&#13;
le passé sur le rapport que les curés ont au Séminaire, Mgr de&#13;
Québec ayant fait connaître en diverses occasions que le principal dessein de son voyage en France était pour empêcher le&#13;
dit rapport qu’ils avaient au Séminaire, j ’ai cru être obligé d ’en&#13;
&#13;
�491 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
dresser cet écrit en particulier pour faire voir le grand avantage que cette Église en retire aussi bien que les curés et missionnaires, et répondre à toutes les objections que l ’on pourrait&#13;
faire contre.&#13;
Ce rapport consiste en ce que les curés et missionnaires donnent tous les ans au Séminaire cinquante écus de France, moyennant laquelle somme le Séminaire s’oblige de leur fournir tout&#13;
ce qui est nécessaire à les entretenir honnêtement dans leur état,&#13;
à leur fournir des vivres quand ils vont dans les missions, à les&#13;
recevoir gratis au Séminaire quand ils y viennent pour faire leur&#13;
retraite spirituelle ou pour vaquer à leurs affaires, comme aussi&#13;
lorsqu’ils sont malades.&#13;
Ce rapport que les curés ont au Séminaire a toujours subsisté&#13;
depuis l ’établissement du Séminaire en 1663 et ainsi n ’est pas&#13;
une chose nouvelle.&#13;
Le règlement de la dite somme de cinquante écus de France&#13;
a été fait par M. de Frontenac, gouverneur, M. Duchesneau, intendant, avec Mgr l ’Ancien dans une assemblée où les principaux seigneurs du pays furent appelés comme y étant intéressés, ainsi qu’il paraît par l ’acte signé des trois susdites puissances en date du 7 octobre 1678, dont on envoie copie collationnée sur l ’original qu’on conserve au Séminaire, d ’où l ’on peut&#13;
voir que ce n ’est pas lui (le Séminaire) qui a réglé la somme de&#13;
cinquante écus de France.&#13;
Il est évident que ce n ’est pas un avantage pour le Séminaire,&#13;
puisque, comme l ’on voit par ses comptes, il n ’y a point d ’années&#13;
que le Séminaire n ’ait plus fourni qu’il n ’a reçu des dits curés et que les dernières années la dépense excédait le reçu de&#13;
huit cents et mille livres sans y comprendre un grand nombre&#13;
de choses que l ’on ne marque pas sur les comptes. Monseigneur,&#13;
après avoir vu lui-même et examiné les comptes de plusieurs&#13;
particuliers, est demeuré d ’accord que le Séminaire n ’y gagnait&#13;
pas, comme il l ’a dit en quantité de rencontres, outre tous les&#13;
risques qu’il court pour les maladies des dits curés, dans lesquelles il est obligé de les recevoir et les traiter.&#13;
Aussi le Séminaire ne s’y est jamais engagé par d ’autres intérêts que ceux du bien de cette Église et de ceux des ecclésiastiques, car il est évident que c ’est l ’unique attrait que les ecclésiastiques de France trouvent en ce pays, où les cures et mis-&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
m —&#13;
&#13;
sions sont très difficiles à desservir et où par l ’aveu d ’un chacun ils n ’ont d ’autres douceurs que celles qu’ils reçoivent du&#13;
rapport qu’ils ont au Séminaire, où ils sont assurés de trouver&#13;
un refuge dans leurs infirmités. Ceci est une question de fait qui&#13;
n ’a pas besoin d ’autres preuves, personne dans le pays ne pouvant ignorer cette vérité.&#13;
Outre ce premier lien qui est que ce rapport attire plusieurs&#13;
bons ecclésiastiques de France pour remplir les cures et qui n ’y&#13;
viendraient pas sans cela, c ’est ce qui contribue encore à les conserver dans la piété et dans la vertu nécessaires à leur état, comme&#13;
il arrive que l ’on n ’en voie aucun qui ne mène une vie exemplaire et qui ne paraisse dans un grand détachement pour leur&#13;
personne et un grand zèle pour leurs églises et le salut des âmes.&#13;
Ceci est connu de tout le monde depuis l ’établissement du Séminaire et n ’a pas besoin de preuves, et il est évident que la&#13;
chose arriverait au contraire s’ils n ’avaient pas le rapport au&#13;
Séminaire, comme nous l ’allons montrer.&#13;
S ’ils n ’avaient pas cette assurance de pouvoir se retirer au&#13;
Séminaire sans qu’il leur en coûte rien, il est assuré que plusieurs pour épargner ne feraient pas leur retraite, qui est néanmoins tout leur soutien, puisque c ’est là qu’ils reconnaissent&#13;
leurs défauts, qu’ils se renouvellent dans la vertu et prennent&#13;
de nouvelles forces et lumières pour bien s’acquitter de leurs&#13;
fonctions, et c ’est dans ce temps-là qu’on a lieu de les redresser&#13;
et leur donner les avis nécessaires pour leur conduite; et lorsqu’ils viendraient à Québec pour leurs affaires, ils iraient loger&#13;
chez leurs parents et séculiers, surtout les enfants du pays, ce&#13;
qui serait une source de très grands désordres et d ’un très mauvais exemple, car quoique l ’évêque eût bonne volonté de les retirer chez lui, il ne le pourrait pas, étant obligé de passer la&#13;
moitié de l ’année en ses visites, comme l ’exige la nature de cette&#13;
Église.&#13;
S ’ils n ’étaient, pas assurés d ’avoir un refuge dans leurs maladies, la prudence exigerait d ’eux qu’ils amassassent de l ’argent pour subvenir aux frais des dites maladies, aussi bien que&#13;
de plusieurs autres accidents qui peuvent arriver, et deviendraient&#13;
fort à l ’épargne, pour ne pas dire attachés, comme l ’expérience&#13;
le fait assez remarquer dans plusieurs curés de France. Or il&#13;
est difficile, comme dit Notre-Seigneur, de servir à Dieu et à&#13;
&#13;
�493 —&#13;
&#13;
Doc. LI&#13;
&#13;
l'argent. Aussi verrait-on bientôt tout le zèle qu’ils ont pour&#13;
leurs églises et leurs pauvres se refroidir.&#13;
Au contraire, comme ils sont assurés de ne rien manquer dans&#13;
leur entretien non plus que dans les accidents fâcheux qui leur&#13;
peuvent arriver, ils vivent sans inquiétude, et s’ils ont quelque&#13;
chose de reste, ils ne songent qu’à l ’employer pour subvenir aux&#13;
pauvres et orner leurs églises comme on le voit par expérience,&#13;
et ainsi leurs mœurs, suivant le conseil de saint Paul, sont sans&#13;
avarice.&#13;
L ’on peut encore ajouter que s’ils s’entretenaient eux-mêmes, ils le feraient peut-être fort mesquinement, à raison de la&#13;
chèreté des hardes, qui est excessive en ce pays où toutes les&#13;
marchandises doublent le prix de France; ce qui joint au désir&#13;
et à la nécessité qu’ils auraient d ’épargner, les rendrait fort méprisables au peuple et empêcherait le fruit qu’ils font auprès&#13;
d ’eux, qui se paie beaucoup de l ’extérieur, et de qui souvent ils&#13;
seraient obligés de dépendre en faisant plusieurs lâchetés pour&#13;
en tirer quelque secours temporel.&#13;
L ’on ne peut pas dire que le rapport que les curés ont au&#13;
Séminaire empêche celui qu’ils doivent avoir à leur évêque, puisque le Séminaire ne se mêle en rien de ce qui regarde la conduite du diocèse; au contraire il y sert beaucoup, puisqu’il les&#13;
porte sans cesse à lui rendre tout le respect et obéissance qu’ils&#13;
sont obligés de lui rendre, comme on le voit par expérience; ce&#13;
qui n ’arriverait pas assurément s’ils n ’avaient point de rapport&#13;
au Séminaire, outre que le Séminaire ne voudrait pas entretenir aucun commerce avec des ecclésiastiques déréglés et qui ne&#13;
voudraient point de subordination à leur légitime pasteur.&#13;
L ’on ne peut pas non plus alléguer que le dit rapport soit&#13;
opposé aux cures fixes, puisque au contraire c ’est le Séminaire&#13;
qui a toujours recherché avec le plus d ’ardeur que l ’on donnât&#13;
des titres aux curés, ainsi que Mgr l ’Ancien le fit à neuf curés&#13;
avant que de se démettre de son évêché, et il en eût donné davantage s’il y eût eu des paroisses en ce temps-là capables d ’être&#13;
titrées, et l ’on ne peut pas trouver que le Séminaire en ait obligé&#13;
aucun à quitter sa cure, outre que le dit rapport ne donne aueun droit au Séminaire sur les ecclésiastiques qui ne sont pas&#13;
de leur corps en ce qui concerne leur état ou leurs fonctions ecclésiastiques.&#13;
&#13;
�Doc. LI&#13;
&#13;
— 494 —&#13;
&#13;
J ’ajouterai ici que le Séminaire est trop convaincu depuis&#13;
la longue expérience qu’il a de l ’avantage des cures fixes pour&#13;
en empêcher l ’établissement. Il sait les dommages que reçoivent&#13;
les peuples des fréquents changements de pasteurs et la peine&#13;
que cela leur cause pour leur conduite spirituelle. Il sait qu’un&#13;
curé qui n ’est pas fixe dans son église et qui serait près d ’être&#13;
rappelé et changé, ne peut pas s’appliquer avec le même zèle&#13;
à son église et presbytère que s’il y voyait un établissement assuré. Il sait encore qu’un curé ne peut pas faire grand fruit&#13;
dans une paroisse que lorsqu’il connaît les paroissiens; ce qui&#13;
ne se fait que par l ’expérience de plusieurs années dont on ne&#13;
lui donne pas le temps par les changements continuels qui arrivent; et ainsi le Séminaire, outre qu’il n ’a aucun pouvoir sur&#13;
les dites cures, serait bien éloigné d ’y vouloir apporter des changements, dont la meilleure preuve est qu’il ne l ’a pas fait depuis leur établissement, quoique jusqu’à présent toutes les cures&#13;
aient eu leur rapport au dit Séminaire.&#13;
Enfin je puis assurer avec vérité que si l ’on refusait aux&#13;
ecclésiastiques de France l ’entrée au Séminaire et qu’on voulût les empêcher d ’y avoir le rapport qu’ils y ont toujours eu&#13;
jusqu’à présent, qu’il n ’y en a pas un qui ne prît le parti de repasser en France, comme Monseigneur ne le peut pas ignorer,&#13;
et qu’aucun enfant du pays ne s’engagerait dans les ordres, vu&#13;
qu’ils ne le font tous que dans cette vue.&#13;
14&#13;
Epìstola sacerdotis de Brisacier ad Servum Bei, 1692, 18 aprilis.&#13;
Ex Originali in Archivo Seminarii Quebec ensis asservato,&#13;
Lettres N, n. 98.&#13;
Abbiamo già rilevato l ’importanza di questa lettera nella quale il&#13;
Superiore delle Missioni estere di Parigi prega il Servo di Dio a prendere&#13;
con rassegnazione le decisioni ultime a riguardo del Seminario di Quebec&#13;
(p. 431). Oltre a queste decisioni relative al Seminario, il de Brisacier&#13;
accenna alla soluzione di un’altra questione, alla quale il Servo di Dio&#13;
era personalmente interessato, quella cioè della ricostruzione del celebre&#13;
santuario canadese di Sant’Anna di Beaupré.&#13;
A ll’epoca delle dimissioni del Servo di Dio, detto santuario andava&#13;
in rovina e Mons. de Saint-Valier aveva pregato il suo predecessore di&#13;
occuparsi, a nome suo, della ricostruzione. Mons. de Lavai accettò voloiì-&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en italien et en français, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-4-13</text>
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                    <text>Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                    <text>Doc. LI-IV-13&#13;
Éclaircissement sur les relations entre les curés canadiens et le Séminaire de&#13;
Québec, d’un auteur inconnu1, 1691, d’après une copie contemporaine conservée au&#13;
Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec,&#13;
Chapitre, no 7&#13;
&#13;
Éclaircissement sur l’union et le rapport que les curés et les missionnaires&#13;
du Canada ont au Séminaire de Québec&#13;
Quoique nous ayons déjà donné plusieurs éclaircissements par le passé sur le&#13;
rapport que les curés ont au Séminaire, Mgr de Québec ayant fait connaître en&#13;
diverses occasions que le principal dessein de son voyage en France était pour&#13;
empêcher ledit rapport qu’ils avaient au Séminaire, j’ai cru être obligé d’en dresser&#13;
cet écrit en particulier pour faire voir le grand avantage que cette Église en retire,&#13;
aussi bien que les curés et missionnaires, et [pour] répondre à toutes les objections&#13;
que l’on pourrait faire contre.&#13;
Ce rapport consiste en ce que les curés et missionnaires donnent tous les ans au&#13;
Séminaire 50 écus de France, moyennant laquelle somme le Séminaire s’oblige de&#13;
leur fournir tout ce qui est nécessaire à les entretenir honnêtement dans leur état,&#13;
à leur fournir des vivres quand ils vont dans les missions, à les recevoir gratis au&#13;
Séminaire quand ils y viennent pour faire leur retraite spirituelle ou pour vaquer&#13;
à leurs affaires, comme aussi lorsqu’ils sont malades. Ce rapport que les curés ont&#13;
au Séminaire a toujours subsisté depuis l’établissement du Séminaire en 1663 et&#13;
ainsi n’est pas une chose nouvelle. Le règlement de ladite somme de 50 écus de&#13;
France a été fait par M. de Frontenac, gouverneur, M. Duchesneau, intendant, avec&#13;
Mgr l’Ancien, dans une assemblée où les principaux seigneurs du pays furent&#13;
appelés comme y étant intéressés, ainsi qu’il paraît par l’acte signé des trois&#13;
susdites puissances en date du 7 octobre 1678, dont on envoie copie collationnée&#13;
sur l’original qu’on conserve au Séminaire, d’où l’on peut voir que ce n’est pas lui&#13;
[le Séminaire] qui a réglé la somme de 50 écus de France.&#13;
Il est évident que ce n’est pas un avantage pour le Séminaire, puisque, comme l’on&#13;
voit par ses comptes, il n’y a point d’années que le Séminaire n’ait plus fourni qu’il&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : La main est celle de Tremblay, mais nous ne savons s’il en est l’auteur ou simplement le copiste.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�n’a reçu desdits curés et que les dernières années la dépense excédait le reçu de&#13;
1 800 livres, sans y comprendre un grand nombre de choses que l’on ne marque&#13;
pas sur les comptes. Monseigneur, après avoir vu lui-même et examiné les&#13;
comptes de plusieurs particuliers, est demeuré d’accord que le Séminaire n’y&#13;
gagnait pas, comme il l’a dit en quantité de rencontres, outre tous les risques qu’il&#13;
court pour les maladies desdits curés, dans lesquelles il est obligé de les recevoir&#13;
et les traiter.&#13;
Aussi le Séminaire ne s’y est jamais engagé par d’autres intérêts que ceux du bien&#13;
de cette Église et de ceux des ecclésiastiques, car il est évident que c’est l’unique&#13;
attrait que les ecclésiastiques de France trouvent en ce pays, où les cures et&#13;
missions sont très difficiles à desservir et où, par l’aveu d’un chacun, ils n’ont&#13;
d’autres douceurs que celles qu’ils reçoivent du rapport qu’ils ont au Séminaire,&#13;
où ils sont assurés de trouver un refuge dans leurs infirmités. Ceci est une question&#13;
de fait qui n’a pas besoin d’autres preuves, personne dans le pays ne pouvant&#13;
ignorer cette vérité.&#13;
Outre ce premier lien, qui est que ce rapport attire plusieurs bons ecclésiastiques&#13;
de France pour remplir les cures et qui n’y viendraient pas sans cela, c’est ce qui&#13;
contribue encore à les conserver dans la piété et dans la vertu nécessaires à leur&#13;
état, comme il arrive que l’on n’en voie aucun qui ne mène une vie exemplaire et&#13;
qui ne paraisse dans un grand détachement pour leur personne et un grand zèle&#13;
pour leurs églises et le salut des âmes. Ceci est connu de tout le monde depuis&#13;
l’établissement du Séminaire et n’a pas besoin de preuves, et il est évident que la&#13;
chose arriverait au contraire s’ils n’avaient pas le rapport au Séminaire, comme&#13;
nous l’allons montrer.&#13;
S’ils n’avaient pas cette assurance de pouvoir se retirer au Séminaire sans qu’il leur&#13;
en coûte rien, il est assuré que plusieurs pour épargner ne feraient pas leur retraite,&#13;
qui est néanmoins tout leur soutien, puisque c’est là qu’ils reconnaissent leurs&#13;
défauts, qu’ils se renouvellent dans la vertu et prennent de nouvelles forces et&#13;
lumières pour bien s’acquitter de leurs fonctions et [que] c’est dans ce temps-là&#13;
qu’on a lieu de les redresser et leur donner les avis nécessaires pour leur conduite ;&#13;
et lorsqu’ils viendraient à Québec pour leurs affaires, ils iraient loger chez leurs&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�parents et séculiers, surtout les enfants du pays, ce qui serait une source de très&#13;
grands désordres et d’un très mauvais exemple, car quoique l’évêque eût bonne&#13;
volonté de les retirer chez lui, il ne le pourrait pas, étant obligé de passer la moitié&#13;
de l’année en ses visites, comme l’exige la nature de cette Église.&#13;
S’ils n’étaient pas assurés d’avoir un refuge dans leurs maladies, la prudence&#13;
exigerait d’eux qu’ils amassassent de l’argent pour subvenir aux frais desdites&#13;
maladies, aussi bien que de plusieurs autres accidents qui peuvent arriver et&#13;
deviendraient fort à l’épargne, pour ne pas dire attachés, comme l’expérience le&#13;
fait assez remarquer dans plusieurs curés de France ; or, il est difficile, comme dit&#13;
Notre-Seigneur, de servir à Dieu et à l’argent. Aussi verrait-on bientôt tout le zèle&#13;
qu’ils ont pour leurs églises et leurs pauvres se refroidir. Au contraire, comme ils&#13;
sont assurés de ne rien manquer dans leur entretien, non plus que dans les&#13;
accidents fâcheux qui leur peuvent arriver, ils vivent sans inquiétude et s’ils ont&#13;
quelque chose de reste, ils ne songent qu’à l’employer pour subvenir aux pauvres&#13;
et orner leurs églises comme on le voit par expérience et ainsi leurs mœurs, suivant&#13;
le conseil de saint Paul, sont sans avarice.&#13;
L’on peut encore ajouter que s’ils s’entretenaient eux-mêmes, ils le feraient peutêtre fort mesquinement, à raison de la cherté des hardes, qui est excessive en ce&#13;
pays où toutes les marchandises doublent le prix de France ; ce qui joint au désir&#13;
et à la nécessité qu’ils auraient d’épargner, les rendrait fort méprisables au peuple&#13;
et empêcherait le fruit qu’ils font auprès d’eux, qui se paie beaucoup de l’extérieur&#13;
et de qui souvent ils seraient obligés de dépendre en faisant plusieurs lâchetés&#13;
pour en tirer quelque secours temporel.&#13;
L’on ne peut pas dire que le rapport que les curés ont au Séminaire empêche celui&#13;
qu’ils doivent avoir à leur évêque, puisque le Séminaire ne se mêle en rien de ce&#13;
qui regarde la conduite du diocèse ; au contraire, il y sert beaucoup, puisqu’il les&#13;
porte sans cesse à lui rendre tout le respect et obéissance qu’ils sont obligés de lui&#13;
rendre, comme on le voit par expérience ; ce qui n’arriverait pas assurément s’ils&#13;
n’avaient point de rapport au Séminaire, outre que le Séminaire ne voudrait pas&#13;
entretenir aucun commerce avec des ecclésiastiques déréglés et qui ne voudraient&#13;
point de subordination à leur légitime pasteur.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�L’on ne peut pas non plus alléguer que ledit rapport soit opposé aux cures fixes,&#13;
puisque au contraire, c’est le Séminaire qui a toujours recherché avec le plus&#13;
d’ardeur que l’on donnât des titres aux curés, ainsi que Mgr l’Ancien le fit à neuf&#13;
curés avant que de se démettre de son évêché et il en eût donné davantage s’il y&#13;
eût eu des paroisses en ce temps-là capables d’être titrées et l’on ne peut pas&#13;
trouver que le Séminaire en ait obligé aucun à quitter sa cure, outre que ledit&#13;
rapport ne donne aucun droit au Séminaire sur les ecclésiastiques qui ne sont pas&#13;
de leur corps en ce qui concerne leur état ou leurs fonctions ecclésiastiques.&#13;
J’ajouterai ici que le Séminaire est trop convaincu, depuis la longue expérience&#13;
qu’il a, de l’avantage des cures fixes pour en empêcher l’établissement. Il sait les&#13;
dommages que reçoivent les peuples des fréquents changements de pasteurs et la&#13;
peine que cela leur cause pour leur conduite spirituelle. Il sait qu’un curé qui n’est&#13;
pas fixe dans son église et qui serait près d’être rappelé et changé ne peut pas&#13;
s’appliquer avec le même zèle à son église et presbytère que s’il y voyait un&#13;
établissement assuré. Il sait encore qu’un curé ne peut pas faire grand fruit dans&#13;
une paroisse que lorsqu’il connaît les paroissiens ; ce qui ne se fait que par&#13;
l’expérience de plusieurs années, dont on ne lui donne pas le temps par les&#13;
changements continuels qui arrivent ; et ainsi le Séminaire, outre qu’il n’a aucun&#13;
pouvoir sur lesdites cures, serait bien éloigné d’y vouloir apporter des&#13;
changements, dont la meilleure preuve est qu’il ne l’a pas fait depuis leur&#13;
établissement, quoique jusqu’à présent toutes les cures aient eu leur rapport audit&#13;
Séminaire.&#13;
Enfin, je puis assurer avec vérité que si l’on refusait aux ecclésiastiques de France&#13;
l’entrée au Séminaire et qu’on voulût les empêcher d’y avoir le rapport qu’ils y ont&#13;
toujours eu jusqu’à présent, qu’il n’y en a pas un qui ne prît le parti de repasser en&#13;
France, comme Monseigneur ne le peut pas ignorer, et qu’aucun enfant du pays&#13;
ne s’engagerait dans les ordres, vu qu’ils ne le font tous que dans cette vue.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-13</text>
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                    <text>Introduction générale à la section DOC. LI-IV de l’ANP1&#13;
Les raisons du Serviteur de Dieu pour intervenir dans les contentieux entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire de Québec, 1688-1692.&#13;
Les différends nés durant la période du vicariat général de l’abbé de Saint-Vallier et les prêtres du Séminaire&#13;
de Québec au sujet de son administration (1685-1687) avaient occasionné des remontrances en France de la&#13;
part du Serviteur de Dieu, du Séminaire de Paris et d’autres. Mais le tout s’est terminé de façon harmonieuse :&#13;
l’abbé de Saint-Vallier avait promis de tenir compte des suggestions reçues et les prêtres du Séminaire de&#13;
Québec avaient été vivement exhortés par les supérieurs du Séminaire de Paris, avec l’approbation du&#13;
Serviteur de Dieu, à se montrer obéissants et cordiaux envers leur nouvel évêque. Lorsque le Serviteur de&#13;
Dieu revint à Québec, le 3 juin 1688, tout laissait prévoir que la paix serait complète et durable.&#13;
Il n’en fut pas ainsi. La controverse revint très vive et finit par créer une opposition profonde entre M gr de&#13;
Saint-Vallier et le Séminaire, non seulement sur des questions secondaires ou des sujets imprévus, mais sur&#13;
le modèle même de communauté que le Serviteur de Dieu avait donnée au Séminaire. Après quatre années&#13;
de débats et l’arbitrage de la cour, la position de Mgr de Saint-Vallier triompha.&#13;
Toute cette affaire ne pouvait laisser le Serviteur de Dieu indifférent. Il faut donc en connaître le déroulement&#13;
et déterminer dans quelle mesure et avec quels sentiments le Serviteur de Dieu y prit part, lorsque ce fut le&#13;
cas.&#13;
1° La communauté du Séminaire de Québec&#13;
Commençons par rappeler en quoi consistait la nature de communauté du Séminaire. Dans son mandement&#13;
érigeant le Séminaire de Québec (Doc. XXXI), le Serviteur de Dieu voulut qu’il soit une communauté&#13;
religieuse diocésaine destinée à accueillir non seulement les prêtres chargés de l’éducation des séminaristes,&#13;
mais aussi tous les autres prêtres consacrés au ministère, qui resteraient ensuite unis au Séminaire, tout en&#13;
demeurant dans différents presbytères lorsque nécessaire. Les ecclésiastiques étaient libres d’entrer ou non&#13;
dans la communauté ; et dans les faits, presque tous les prêtres séculiers du Canada, à l’exception de ceux de&#13;
Saint-Sulpice à Montréal, étaient agrégés ou unis au Séminaire des Missions étrangères de Québec. Les&#13;
prêtres affiliés renonçaient à tous leurs biens en faveur du Séminaire et ce dernier s’engageait à les soutenir&#13;
en tout, et pour toute leur vie. Les curés unis versaient une contribution annuelle et, en échange, ils avaient&#13;
l’assurance d’être aidés et soutenus en cas de nécessité, de maladie ou d’invalidité.&#13;
Notons que le fait qu’un prêtre fasse partie de la communauté ne nuisait en rien à l’autorité de l’évêque sur&#13;
ce prêtre, puisque le Séminaire ne pouvait se mêler de l’administration du diocèse. Selon le mandement&#13;
d’érection, lorsqu’il s’agissait de la nomination des prêtres aux différentes charges du ministère, l’évêque&#13;
devait prendre en compte l’opinion du supérieur du Séminaire, mais demeurait libre de procéder pour le&#13;
mieux. (Au sujet de cette question des relations entre le Séminaire et les curés unis à la communauté, voir&#13;
Doc. LI-IV-13).&#13;
Ce système de vie commune était sans doute idéal dans l’esprit du Serviteur de Dieu, puisqu’il apportait de&#13;
grands avantages spirituels et temporels aux prêtres affiliés et facilitait l’obtention de vocations missionnaires&#13;
de la France, puisqu’il assurait l’entretien des missionnaires du Séminaire, même dans la maladie ou la&#13;
retraite (sur l’organisation du Séminaire, sur ses avantages et ses relations avec les curés, voir LI-IV-13 ; LIVI-11 ; La Tour, Mémoires sur M. de Laval, Livre VI).&#13;
Transcription sur la copie collationnée par G.-É. Demers, 1933-1934, publiée dans l’Altera Nova Positio&#13;
de 1956.&#13;
1&#13;
&#13;
�En général, ces avantages étaient reconnus et Mgr de Saint-Vallier lui-même en avait été convaincu, à tel&#13;
point que, à peine arrivé à Québec comme vicaire général en 1685, il s’était uni au Séminaire et avait fait la&#13;
renonciation de ses biens en faveur de la communauté.&#13;
Cependant, malgré ses nombreux avantages, ce système pouvait mener à des controverses, plus ou moins&#13;
justifiées, en certaines circonstances. L’abbé Gosselin écrit à ce propos (Le vénérable François de&#13;
Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, 2e édition, Québec, 1923, p. 176) : « L’état des choses créé&#13;
par Mgr de Laval supposait à la tête du clergé un évêque de sa trempe et de son caractère, jouissant d’un&#13;
ascendant incontestable sur les prêtres de son Séminaire et disposé d’ailleurs à s’entendre toujours&#13;
parfaitement avec eux. » ; mais sous un autre évêque, un qui ne se percevrait pas comme le « père » du&#13;
Séminaire, comme c’était le cas du Serviteur de Dieu, et qui n’aurait pas le même ascendant que son&#13;
prédécesseur sur les membres, les choses pouvaient se dérouler autrement ; et ce fut le cas sous la gouverne&#13;
de Mgr de Saint-Vallier.&#13;
2° Début des difficultés à l’été et à l’automne 1688&#13;
Mgr de Saint-Vallier débarqua à Québec le 31 juillet 1688. Il se montra d’abord bienveillant envers le&#13;
Séminaire. Il y habita même pendant quelques mois, comme le fit le Serviteur de Dieu. Mais puisque le&#13;
nouvel évêque avait une idée plutôt extrême de son autorité, qu’il croyait sans équivoque et inaliénable, il ne&#13;
tarda pas à percevoir dans le Séminaire un obstacle plus ou moins direct à l’exercice de ses droits épiscopaux&#13;
et il ne laissa passer aucune occasion de faire sentir aux prêtres du Séminaire tout le poids de son autorité.&#13;
Lors de son arrivée, Mgr de Saint-Vallier avait apporté avec lui quelques lettres adressées au Serviteur de&#13;
Dieu et aux prêtres du Séminaire. Comme le souligne le Serviteur de Dieu lui-même (no 1), Mgr de SaintVallier leur remit ces lettres ouvertes et croyait que l’évêque les avait ouvertes lui-même. Cette supposition&#13;
n’était pas sans fondement, puisque Mgr de Saint-Vallier avait pour principe qu’un évêque devait être au&#13;
courant de tout dans son diocèse, y compris les secrets personnels de ses prêtres 2, et qu’il avait ouvert des&#13;
lettres adressées à des membres de son clergé en d’autres occasions (n o 11).&#13;
Peu de temps après, les prêtres apprirent que l’évêque avait l’idée de renvoyer l’abbé des Maizerets, supérieur&#13;
de la communauté du Séminaire de Québec, en France et d’éloigner le Serviteur de Dieu du Séminaire en lui&#13;
proposant de se retirer à l’École des arts et métiers de Saint-Joachim3, à une cinquantaine de kilomètres de&#13;
Québec.&#13;
Tout cela était déjà suffisant pour alarmer les prêtres du Séminaire. La situation parvint à son comble lorsque&#13;
Mgr de Saint-Vallier s’en prit à leur point névralgique, c’est-à-dire lorsque l’on comprit clairement qu’il&#13;
entendait prendre la pleine direction du Séminaire et lui soustraire l’autonomie interne et l’organisation de la&#13;
communauté religieuse dont l’avait doté le Serviteur de Dieu. Il n’y avait aucun doute que M gr de SaintVallier visait ce but : ses diverses actions posées envers le Séminaire durant l’automne 1688 en sont la&#13;
preuve : il refusa de reconnaître l’élection des officiels de la communauté, selon l’arbitrage de 1687, sous&#13;
prétexte qu’il n’y avait pas donné son consentement explicite, puisqu’il n’était que le vicaire général de Mgr&#13;
de Laval lorsqu’il avait approuvé cette élection ; il nia au Séminaire le droit de changer le règlement interne&#13;
À ce sujet, ce que souligne l’abbé de Glandelet dans son mémoire de 1690, conservé aux Archives du&#13;
Séminaire de Québec est intéressant : « C’est une maxime de Monseigneur qu’un ecclésiastique ne doit avoir&#13;
rien de caché pour son évêque et qu’il lui doit ouvrir les plus secrets replis de sa conscience, sans rien réserver&#13;
de ce qu’il fait connaître à son directeur » (no 7)&#13;
3&#13;
En 1975, Peter N. Moogk démontre que ladite École des arts et métiers de la Grande ferme Saint-Joachim&#13;
n’a en fait jamais existé. La Grande ferme fut dotée d’une école élémentaire en 1688 et formait probablement&#13;
des jeunes aux travaux des champs durant l’été, mais on n’y a trouvé aucune trace d’un système de maître à&#13;
apprenti par les artistes, charpentiers, menuisiers, etc. venus de France comme il fut longtemps cru.&#13;
2&#13;
&#13;
�de la maison sans son consentement, droit jusque-là en usage ; il enleva le bénéfice à certains curés unis au&#13;
Séminaire, affirmant que toutes les paroisses créées par son prédécesseur étaient invalides ; il chercha à&#13;
renvoyer du Petit Séminaire quelques élèves maintenus aux frais du Serviteur de Dieu, refusant à ce dernier&#13;
le droit de faire des fondations charitables dans le diocèse sans son consentement explicite ; il voulut désigner&#13;
lui-même les bénéficiaires d’une autre institution du Serviteur de Dieu en faveur du Petit Séminaire, bien que&#13;
ce droit fût strictement réservé au Séminaire selon l’acte de fondation. En ce qui concerne l’administration&#13;
des biens temporels du Séminaire, Mgr de Saint-Vallier soutint qu’ils appartenaient à l’ordinaire et qu’il&#13;
pouvait en disposer selon sa volonté ; et de fait, il demanda un compte-rendu détaillé de l’état financier du&#13;
Séminaire, non seulement pour les biens de la communauté, mais encore pour les biens privés des membres.&#13;
Enfin, il déclara aussi se réserver la distribution des gratifications royales faites annuellement au Séminaire&#13;
(sur ces points, voir nos 2 et 7).&#13;
Une nouvelle difficulté naquit à la même époque au sujet des gratifications royales, qui allait avoir une&#13;
influence décisive sur l’attitude du nouvel évêque envers le Séminaire. Voici comment survint l’affaire. Les&#13;
curés du Canada jouissaient annuellement d’une généreuse pension qui, jusque-là, avait été distribuée par le&#13;
Séminaire selon les besoins de chaque cure. Désormais, M gr de Saint-Vallier se réserva cette distribution et&#13;
sembla procéder d’une manière un peu arbitraire. Les curés s’en plaignirent, mais il n’en tint pas compte. Les&#13;
directeurs du Séminaire, qui étaient directement intéressés par la répartition des gratifications, puisqu’elle&#13;
affectait des curés unis à la communauté, conseillèrent aux curés de provoquer une intervention bienveillante&#13;
du gouverneur (il s’agissait d’une pension royale) pour obtenir une solution pacifique à la question. Cette&#13;
prise de position des directeurs en faveur des curés fournit à l’évêque l’occasion d’accuser le Séminaire d’être&#13;
l’instigateur d’une révolte du clergé contre lui.&#13;
Nous croyons que c’est à ce moment que Mgr de Saint-Vallier prit la résolution de rompre le lien qui unissait&#13;
les curés au Séminaire : en effet, c’est vers la même époque que Mgr de Saint-Vallier quitta le Séminaire, où&#13;
il avait vécu jusque-là, pour s’installer dans une maison privée (le palais épiscopal n’ayant pas encore été&#13;
construit) et qu’il annula l’acte de renonciation à ses biens qu’il avait signé avec tant d’enthousiasme quelques&#13;
années auparavant.&#13;
Les directeurs du Séminaire tentèrent de démontrer à M gr de Saint-Vallier la légitimité de leur décision dans&#13;
cette affaire. Ils protestèrent énergiquement contre les mesures prises par l’évêque, celles-ci étant en&#13;
contradiction plus ou moins directe avec le règlement du Séminaire, qui avait été légitimement approuvé par&#13;
le Serviteur de Dieu en sa qualité d’évêque de Québec.&#13;
3° Compromis suggéré par le gouverneur Denonville et le P. Dablon en novembre 1688&#13;
Au mois de novembre, les relations entre Mgr de Saint-Vallier et le Séminaire devinrent si tendues que le&#13;
gouverneur Denonville et le P. Dablon, supérieur des jésuites de Québec, qui avaient été mis au courant des&#13;
faits, s’offrirent comme médiateurs pour trouver une solution à l’amiable. Ils provoquèrent une réunion entre&#13;
l’évêque, les directeurs du Séminaire et eux-mêmes, le 12 novembre 16884, chez Mgr de Saint-Vallier. Un&#13;
accord fut stipulé et devait être soumis à l’arbitrage de quelques fiduciaires de Paris choisis de l’évêque ;&#13;
l’avis de ces derniers devait être définitif.&#13;
On envoya donc le texte de cet accord à Paris, avec quelques notes explicatives de l’évêque et du Séminaire.&#13;
Malheureusement, celles de l’évêque ne nous sont pas parvenues. Nous avons cependant un mémoire du&#13;
Séminaire, dans lequel les revendications de l’évêque sont indiquées, en plus des observations du Séminaire.&#13;
Nous croyons donc utile de le reproduire (no 2).&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Glandelet en écrit un rapport, conservé aux Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 30.&#13;
&#13;
�4° Attitude du Serviteur de Dieu en 1688&#13;
Tentons maintenant d’établir quelle fut l’attitude du Serviteur de Dieu face à ces contentieux, de l’arrivée de&#13;
Mgr de Saint-Vallier en juillet à la réunion du 12 novembre 1688 et à l’envoi en France de l’accord.&#13;
Il est difficile de la déterminer exactement, puisque les documents de l’époque nous donnent peu de détails&#13;
sur la question. Nous savons que dans les premiers temps, le Serviteur de Dieu connaissait les affaires du&#13;
Séminaire, car un rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (no 7) nous informe qu’il avait assisté aux&#13;
premières réunions entre les directeurs et Mgr de Saint-Vallier. Ce rapport dit expressément que le Serviteur&#13;
de Dieu eut une attitude calme et respectueuse à l’égard de Mgr de Saint-Vallier dans ces réunions, malgré le&#13;
caractère vif de l’évêque de Québec : « Depuis qu’il [Mgr de Saint-Vallier] est revenu de France, lorsqu’on&#13;
s’est assemblé avec lui, on a eu tout lieu d’en être mécontent, n’ayant vu les affaires se terminer qu’à des&#13;
emportements, des aigreurs et des reproches, où il s’est laissé aller, quoique Mgr l’Ancien et les officiers lui&#13;
parlassent avec beaucoup de respect. ». Par la suite, le Serviteur de Dieu se tint dans l’ombre et s’abstint de&#13;
tout acte que son successeur pouvait interpréter comme une intrusion dans ses affaires. « Pour prévenir toute&#13;
jalousie, dit un rapport de 1696, il se retira à l’écart pour ne se mêler de rien que de mener une vie sainte et&#13;
privée et s’abstint même de se trouver au réfectoire et aux récréations du Séminaire et de faire aucune fonction&#13;
en public. » (LI-VI-11) Le Serviteur de Dieu semble avoir opté pour cette prudente position de retrait et de&#13;
réserve au moment où les différends devinrent les plus aigus et où Mgr de Saint-Vallier fit connaître son projet&#13;
de l’éloigner de Québec. Mgr de Laval, tout en s’occupant de l’administration économique de la communauté&#13;
(no 1), chercha à s’éclipser. On peut toutefois être certain que tout en restant dans l’ombre, il s’intéressât&#13;
prudemment au sort de son cher Séminaire. On peut aussi supposer que, malgré le manque de nouvelles&#13;
directes, il ait prodigué ses conseils aux directeurs dans divers points de la controverse.&#13;
Quels furent les sentiments du Serviteur de Dieu envers Mgr de Saint-Vallier ? Dans une lettre confidentielle&#13;
qu’il écrivit à l’abbé de Brisacier, supérieur du Séminaire des Missions étrangères de Paris (n o 1), quoiqu’il&#13;
ne traitât pas directement des difficultés, il utilisa des expressions et fit des allusions laissant transparaître un&#13;
fond de méfiance envers son successeur. Il n’y a cependant pas de ressentiment personnel. C’est un fait&#13;
d’autant plus éloquent qu’il s’agit d’une lettre, comme nous l’avons dit, confidentielle et très secrète.&#13;
5° Nouvelles difficultés, 1688-1689&#13;
Il faut malheureusement noter que Mgr de Saint-Vallier, en attendant la réponse de Paris au sujet de l’accord,&#13;
continua à agir comme avant, refusant de nouveau aux curés leur rente congrue, imposant au Séminaire de&#13;
nouvelles charges financières et retenant, malgré les protestations orales et écrites des directeurs (10 février&#13;
1689 et 8 avril 16895), la somme de 4 000 livres tournois donnée annuellement par le roi au Séminaire pour&#13;
son maintien et celui des curés de Québec.&#13;
6° Le Règlement6 stipulé par les arbitres, 1689&#13;
Au printemps 1689, la réponse des arbitres de Paris arriva à Québec. Le texte original de ce document ne&#13;
nous est pas parvenu ; nous le connaissons par le rapport de 1690 attribué à l’abbé de Glandelet (n o 7).&#13;
L’accord fut plutôt favorable au Séminaire. Les postulats de l’évêque au sujet de l’administration du&#13;
Séminaire furent déclarés injustifiés sur plusieurs points. Les arbitres établirent que le Séminaire devait&#13;
s’administrer lui-même, soit pour la partie spirituelle, soit pour la partie temporelle, avec la seule obligation&#13;
de fournir annuellement à l’évêque un compte-rendu des états financiers de la communauté. Ils se montrèrent&#13;
Archives du Séminaire de Québec, Chapitre, nos 27 et 28.&#13;
Afin de distinguer les constitutions ou statuts, les règles de vie et les sentences arbitrages, nous avons&#13;
nommé ces « Règlements » rédigés par Champvallon et La Chaize les « Articles de 1689 » et les « Articles&#13;
de 1692 ».&#13;
5&#13;
6&#13;
&#13;
�aussi favorables à l’affiliation des curés au Séminaire, concédant à ce dernier le droit de s’unir pour les curés&#13;
qui le désireraient et exhortant l’évêque à favoriser une telle union :&#13;
Il est du bien temporel et spirituel des curés, dit le Règlement, qu’ils demeurent autant unis au Séminaire&#13;
qu’ils l’ont jamais été. Ainsi, quoique Mgr l’évêque ne doive pas les y contraindre, il doit les y exhorter autant&#13;
qu’il pourra et laisser le Séminaire chargé du soin de leur distribuer leurs pensions et de leur fournir leurs&#13;
besoins. (no 7)&#13;
Les projets de Mgr de Saint-Vallier d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec et de rappeler en France l’abbé&#13;
des Maizerets furent aussi considérés comme injustifiés et inopportuns par les arbitres.&#13;
Le Séminaire fut particulièrement satisfait de cette réponse et le Serviteur de Dieu s’en fit le porte-parole&#13;
pour remercier un des arbitres, le duc de Beauvilliers, à qui il écrivit personnellement une lettre à&#13;
l’automne 1689 (no 3). Dans cette lettre, il fit allusion à de nouvelles difficultés entre le Séminaire et l’évêque.&#13;
En effet, Mgr de Saint-Vallier avait reçu les décisions des arbitres avec un enthousiasme mitigé. Bien qu’il&#13;
n’osât pas les refuser, il chercha à en diminuer l’importance en soulevant les limites juridiques de l’accord.&#13;
Il dit « que c’était jusqu’à nouvelles lumières, qu’après tout ce n’était que par condescendance et non sur le&#13;
droit que ces décisions avaient été faites » (no 7).&#13;
7° Autres difficultés, 1689-1690&#13;
Une telle prise de position par Mgr de Saint-Vallier devait inévitablement occasionner de nouvelles difficultés&#13;
et prises de bec entre le Séminaire et lui ; et il y en eu, comme le mentionne le Serviteur de Dieu dans sa lettre&#13;
au duc de Beauvilliers.&#13;
Ces nouveaux contentieux étaient dus au fait que Mgr de Saint-Vallier, malgré les Articles de 1689 des arbitres&#13;
sur ses relations avec le Séminaire, qui devait être définitif, ne voulut rien céder : il revint sur la question du&#13;
retour en France de l’abbé des Maizerets et pensa même le destituer et nommer lui-même un autre supérieur,&#13;
sans entente avec le Séminaire des Missions étrangères de Paris, comme le voulait l’accord ; il revint aussi à&#13;
la charge sur l’idée d’éloigner le Serviteur de Dieu de Québec ; et à l’automne 1689, malgré les protestations&#13;
des directeurs et la délicate intervention du gouverneur de Denonville et du P. Dablon, supérieur des Jésuites&#13;
de Québec, il refusa de remettre au Séminaire la gratification annuelle de 4 000 livres tournois en son entier.&#13;
Il semble qu’il justifiât cette dernière mesure en mettant en doute le droit du Séminaire à recevoir&#13;
intégralement cette somme, puisqu’il devait, selon lui, appliquer une partie de celle-ci à la construction des&#13;
églises.&#13;
À la demande des directeurs du Séminaire, Mgr de Laval rédigea une déclaration juridique pour décrire&#13;
l’origine de cette gratification royale et pour expliquer ses raisons, à titre d’évêque de Québec, de l’avoir&#13;
toujours attribuée intégralement au maintien du Séminaire et du curé de Québec (n o 4).&#13;
Vers la même époque, quelques incidents contribuèrent à empirer la situation entre M gr de Saint-Vallier et&#13;
certains prêtres du Séminaire, qui allèrent chercher protection chez leurs supérieurs ; ceci fournit l’occasion&#13;
à Mgr de Saint-Vallier de considérer le Séminaire comme un milieu réfractaire à sa complète autorité (n o 7).&#13;
8° Décision de Mgr de Saint-Vallier de se rendre en France, 1690-1691&#13;
Les relations entre l’évêque et le Séminaire devinrent si tendues qu’à l’automne 1690, Mgr de Saint-Vallier&#13;
décida de se rendre à Paris pour informer la Cour de la situation et demander une solution juridique définitive&#13;
aux querelles. Son but principal, selon sa propre admission, était d’obtenir du roi la suppression complète de&#13;
l’union des curés et de la communauté du Séminaire, comme le souligne un mémoire des directeurs du&#13;
Séminaire de 1691 (no 12) : « Aussi a-t-il déclaré qu’il voulait absolument faire rompre cette union et que&#13;
c’était une des plus fortes raisons qui le faisaient passer en France. » (Sur les prétextes et les raisons qui,&#13;
selon des prêtres du Séminaire de Québec, poussèrent M gr de Saint-Vallier à chercher l’abolition de l’union&#13;
des curés et du Séminaire de Québec, voir LI-VI-11.)&#13;
&#13;
�Son départ pour Paris, prévu pour l’automne 1690, fut repoussé au printemps suivant à cause de&#13;
l’extraordinaire rigueur de l’hiver. En mars 1691, M gr de Saint-Vallier envoya au Séminaire une lettre à&#13;
caractère juridique (no 8), dans laquelle les directeurs du Séminaire étaient officiellement avisés de son départ&#13;
et étaient priés d’envoyer à Paris un délégué pour les représenter auprès de la Cour.&#13;
Avant de répondre à une si grave semonce, l’abbé des Maizerets, au nom des directeurs du Séminaire, crut&#13;
nécessaire d’écrire au Serviteur de Dieu, qui se trouvait alors depuis un mois à Saint-Joachim, à l’École des&#13;
arts et métiers qu’il avait fondée, pour le mettre au courant de l’affaire et demander son avis (n o 9). Nous&#13;
n’avons pas retrouvé la lettre du Serviteur de Dieu, mais on peut être sûr qu’elle exerça une influence décisive&#13;
sur la réponse très prudente qu’envoya le Séminaire à Mgr de Saint-Vallier. Ce document est aussi manquant,&#13;
mais nous en connaissons le contenu par un mémoire de l’époque (n o 12) :&#13;
Le Séminaire de Québec a cru devoir se contenter de répondre à l’acte de M gr de Québec par un écrit sous&#13;
seing privé pour éviter tout ce qui peut avoir l’air d’un procès en forme et le scandale qui en arriverait, qui&#13;
n’est déjà que trop grand par la connaissance que mondit seigneur a donnée au public de la division qu’il&#13;
prétend être entre lui et le Séminaire. C’est pour ces mêmes raisons que, suivant l’avis reçu par les lettres de&#13;
France l’année passée, le Séminaire n’a pas jugé devoir députer aucun sujet de son corps pour faire le voyage&#13;
de France avec Mgr de Québec.&#13;
Le Séminaire n’estima donc pas opportun d’envoyer un représentant en France. Il confia toutefois la charge&#13;
de l’affaire en France à l’abbé de Brisacier et lui envoya quelques rapports comme compléments aux&#13;
informations contenues dans celui envoyé l’année précédente par l’abbé de Glandelet (no 7).&#13;
Nous conservons nombre de ces rapports du Séminaire, mais la documentation correspondante par M gr de&#13;
Saint-Vallier nous manque. Nous reproduisons donc plusieurs extraits des documents susmentionnés et y&#13;
ajouterons des notes au sujet des points forts de la controverse, surtout lorsqu’il est fait allusion à l’attitude&#13;
du Serviteur de Dieu (nos 12 et 13).&#13;
9° Point de vue et attitude du Serviteur de Dieu entre 1688 et 1691&#13;
Nous avons révélé, au point 4, la réserve du Serviteur de Dieu au début de la controverse en 1688. Voyons&#13;
maintenant quelle fut son attitude pendant la seconde phase, durant laquelle le contentieux fut bien plus aigu.&#13;
Notons d’abord que, une fois de plus, Mgr de Laval ne prit aucune part directe ou officielle dans le différend.&#13;
Au contraire, il chercha à demeurer dans l’ombre et, à cette fin, il se retira de Québec et se rendit de sa propre&#13;
initiative à l’École des arts et métiers :&#13;
Je vous écris celle-ci, écrivait le Serviteur de Dieu de Saint-Joachim à l’abbé de Brisacier, le 17 avril 1691,&#13;
de ce lieu où je me suis retiré pour avoir un peu de solitude et pour me consoler avec Notre-Seigneur de l’état&#13;
où je vois cette pauvre Église, qui est affligeant […] Quoique je fasse tout mon possible, me retirant de temps&#13;
en temps pour diminuer l’ombrage et la peine que je fais à N.*, je ne puis guérir son mal […]. (n os 10 et 11)&#13;
À la lecture de ces mots, on ressent la grande peine du Serviteur de Dieu. Quels furent son opinion de la&#13;
situation et ses sentiments personnels envers Mgr de Saint-Vallier ? On peut le déterminer à travers trois lettres&#13;
confidentielles qu’il écrivit entre 1690 et 1691.&#13;
La 1re lettre (no 6) fut écrite de Québec à l’ancien gouverneur de Denonville le 20 novembre 1690, alors Mgr&#13;
de Saint-Vallier se préparait à partir pour la France. M. de Denonville avait toujours manifesté un grand&#13;
attachement envers le Séminaire de Québec et une fois retourné en France, il tenta, autant qu’il le put, d’en&#13;
démontrer l’importance pour le Canada et d’en soutenir les droits à la Cour. Mgr de Laval, dans cette lettre&#13;
écrite en toute simplicité, confia à son vieil ami sa profonde douleur de voir la destruction progressive de son&#13;
œuvre, mais il écrivit tout aussi clairement que les prêtres du Séminaire et lui-même acceptaient la décision&#13;
du roi avec une parfaite résignation, patience et confiance en la divine Providence. Le Serviteur de Dieu nota&#13;
ensuite, peut-être à titre de consolation, que malgré l’opposition de M gr de Saint-Vallier à l’affiliation des&#13;
curés au Séminaire, cet esprit d’union, plutôt que de diminuer, se faisait encore plus fort :&#13;
&#13;
�Plus il semble, écrit-il, que l’on apporte d’opposition à l’union que vous connaissez être si utile et si&#13;
absolument nécessaire pour le bien de cette Église et du salut des âmes, plus il paraît que la grâce de cette&#13;
union prend un nouvel accroissement et se fortifie de plus en plus dans le cœur de tous les ecclésiastiques,&#13;
qui en reconnaissent les avantages et la nécessité.&#13;
Le Serviteur de Dieu souligna, dans la même lettre, les efforts constants de Mgr de Saint-Vallier pour diminuer&#13;
l’influence du Séminaire et que l’évêque partait sous peu pour la France. Il laissa aussi entrevoir le projet,&#13;
nourri par quelques amis de Mgr de Saint-Vallier, de l’inciter à donner sa démission. Tout est dit&#13;
laconiquement, presque à titre de chronique, le tout sans rancœur, même dans les passages où un peu&#13;
d’amertume aurait été tout à fait compréhensible, comme lorsqu’il affirme que M gr de Saint-Vallier avait dit&#13;
vouloir réduire le Séminaire à la famine.&#13;
Les 2e et 3e lettres (nos 10 et 11), écrites les 16 et 17 avril 1691 à l’ancien gouverneur de Denonville et à&#13;
l’abbé de Brisacier, ont un ton plus vif que la première. Le Serviteur de Dieu manifesta alors ouvertement sa&#13;
désapprobation par rapport à l’attitude de M gr de Saint-Vallier envers le Séminaire et ne cacha pas sa grande&#13;
préoccupation pour l’Église de Québec si cet évêque en demeurait responsable. Ce changement se justifie&#13;
facilement.&#13;
Durant l’hiver 1691, Mgr de Laval fut si peiné de voir la situation créée pour le Séminaire par son successeur&#13;
et d’apprendre que ce dernier nourrissait des soupçons envers lui qu’il décida de lui-même de s’éloigner de&#13;
Québec et de se retirer à Saint-Joachim. En effet, il n’eut plus d’illusion quant aux intentions de Mgr de SaintVallier envers le Séminaire lorsque ce dernier déclara ouvertement son désir d’obtenir de la Cour royale la&#13;
suppression de l’union des curés à la communauté du Séminaire, et qu’il entendait même abolir la&#13;
communauté de prêtres. De plus, devant quelques faits, Mgr de Saint-Vallier manifeste son opposition contre&#13;
son prédécesseur. Citons un premier exemple, lorsqu’un jeune prêtre du Séminaire, M. Francheville, se&#13;
plaignit de son évêque dans une lettre qu’il avait d’abord envoyée au Serviteur de Dieu, afin que ce dernier&#13;
juge s’il était opportun ou non de l’expédier. Le Serviteur de Dieu retint la lettre, lui répondant qu’il ne devait&#13;
pas écrire à son évêque sur un ton si irrité. Quiconque en cette circonstance aurait loué la prudence de Mgr de&#13;
Laval, mais lorsque l’affaire parvint aux oreilles de M gr de Saint-Vallier, il n’eut aucune parole de louange ;&#13;
au contraire, il souligna le grave manquement du Serviteur de Dieu à lui remettre cette lettre (n o 11). Dans&#13;
une autre occasion, Mgr de Saint-Vallier ouvrit une lettre qu’il trouva peu agréable et en déduit&#13;
immédiatement que le Serviteur de Dieu devait avoir soit influencé, soit écrit la lettre (ce qui ne fut pas le&#13;
cas), et ce, simplement parce que celle-ci fut rédigée par un curé uni au Séminaire à un autre prêtre du&#13;
Séminaire, alors que ce curé se trouvait à Saint-Joachim, où était Mgr de Laval (no 11). Mais ce qui a dû&#13;
affliger le plus le Serviteur de Dieu, c’est que cette controverse, qui fut d’abord plutôt secrète, devint une&#13;
affaire publique lorsque Mgr de Saint-Vallier l’amena à la Cour de France (no 12).&#13;
En tenant compte de la situation qui se détériorait, nous croyons que le ton plus vif du Serviteur de Dieu et&#13;
ses expressions un peu fortes à l’égard de Mgr de Saint-Vallier sont justifiés.&#13;
Nous pouvons nous demander s’il était prudent pour le Serviteur de Dieu de manifester si ouvertement son&#13;
point de vue sur le contentieux et sur son successeur à des personnes éloignées de Québec. Rappelons d’abord&#13;
que M. de Denonville et l’abbé de Brisacier étaient des personnes prudentes et très proches du Serviteur de&#13;
Dieu, avec lesquels tout se passait dans la plus stricte discrétion. Notons ensuite que les deux avaient déjà été&#13;
informés de la situation et qu’ils s’étaient occupés des affaires du Séminaire, pour M. de Denonville par&#13;
intérêt bienveillant, et pour l’abbé de Brisacier, par devoir d’office à titre de supérieur du Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Ce dernier avait d’ailleurs été chargé de représenter le Séminaire de Québec auprès de&#13;
la Cour, alors que Mgr de Saint-Vallier allait en traiter personnellement. On comprend donc pourquoi ces&#13;
deux personnes devaient être informées avec précision de toute l’affaire. Indiquons enfin que, dans la lettre&#13;
adressée seulement à M. de Denonville, le ton est plus réservé, justement parce qu’il s’agit d’un laïc, tandis&#13;
qu’avec l’abbé de Brisacier, la phrase est plus ouverte et plus libre, puisqu’il s’agit d’un membre de la même&#13;
affiliation et du supérieur du Séminaire de Québec, puisque celui de Québec était lié et dépendant de celui&#13;
de Paris. Le Serviteur de Dieu pouvait donc lui parler en toute franchise et en toute confiance.&#13;
&#13;
�10° Voyage de Mgr de Saint-Vallier en France, 1691-1692&#13;
Mgr de Saint-Vallier partit de Québec le 13 mai 1691. À peine arrivé à Paris, il présenta ses plaintes contre le&#13;
Séminaire à la Cour. Le P. de La Chaize, confesseur du roi, et l’archevêque de Paris, M gr François III&#13;
de Harlay de Champvallon (l’ancien archevêque de Rouen, avec qui le Serviteur de Dieu, au début de son&#13;
gouvernement, avait eu tant de difficultés au sujet de la juridiction épiscopale en Nouvelle-France), furent&#13;
chargés par le souverain d’étudier la question. Le 11 janvier 1692, après plusieurs réunions avec Mgr de SaintVallier et les directeurs du Séminaire de Paris, ils présentèrent au roi leur avis sous forme des Articles de&#13;
1692, qui devait être la norme définitive pour les relations entre l’évêque et le Séminaire. Cette convention&#13;
reçut immédiatement l’approbation du roi et fut signée par les deux parties, à savoir par M gr de Saint-Vallier&#13;
et par l’abbé de Brisacier, au nom du Séminaire de Québec. (Sur ce voyage de M gr de Saint-Vallier en France,&#13;
voir Doc. LI-VI-11.)&#13;
11° Articles définitifs de 1692&#13;
Par ces Articles7, l’organisation du Séminaire de Québec telle que l’avait conçue et réalisée le Serviteur de&#13;
Dieu, à savoir celle d’une communauté diocésaine à laquelle pouvaient appartenir tous les prêtres séculiers&#13;
du diocèse, fut substantiellement changée. La communauté elle-même, à laquelle les prêtres pouvaient encore&#13;
s’agréger, n’était pas supprimée ; toutefois, l’union au Séminaire fut abolie pour les curés et les prêtres&#13;
agrégés à la communauté ne purent plus, sauf exception, exercer le ministère paroissial. Cette grande famille&#13;
diocésaine de prêtres aux liens semblables à ceux d’une corporation régulière, à laquelle tenait tant le&#13;
Serviteur de Dieu, fut de fait supprimée. Le travail principal du Séminaire devait désormais se réduire à&#13;
l’éducation de la jeunesse, tout en conservant, à titre de Séminaire des Missions étrangères, le droit d’envoyer&#13;
des missionnaires dans les missions éloignées du Canada, sous la direction de l’évêque.&#13;
12° L’acceptation du Serviteur de Dieu des Articles de 1692&#13;
Nous ne désirons pas ici entrer dans la question à savoir si les changements désirés par M gr de Saint-Vallier&#13;
étaient véritablement opportuns ou nécessaires. Nous dirons simplement que les Articles, obtenus après tant&#13;
de controverse, marquaient un triomphe pour l’évêque8 et on ne peut le nier, un échec pour le Serviteur de&#13;
Dieu. Connaissant le tempérament de Mgr de Laval et sachant tout ce qu’il avait fait pour le Séminaire, nous&#13;
sommes certains que cette solution a dû le blesser profondément. C’est pourquoi il est très intéressant, pour&#13;
l’étude de ses vertus, de découvrir avec quelle attitude il l’a reçue.&#13;
Les documents à ce sujet ne sont pas nombreux ; heureusement, nous en avons suffisamment pour pouvoir&#13;
affirmer que le Serviteur de Dieu reçut cette blessure avec une pleine soumission et résignation. Sa lettre à&#13;
son ami Boudon en 1690 (Doc. XXXVII-5) en fait foi. Cette attitude est aussi confirmée dans la lettre de&#13;
l’abbé de Brisacier au Serviteur de Dieu (n o 14) : conscient de la vertu de Mgr de Laval et de son ascendant&#13;
sur les prêtres du Séminaire, il le pria de préparer les prêtres à accepter les nouvelles dispositions avec pleine&#13;
confiance en la Providence. Mgr l’Ancien ne déçût pas son vieil ami : les prêtres se soumirent pleinement. Le&#13;
Serviteur de Dieu répondit à l’abbé de Brisacier à l’automne suivant, alors que M gr de Saint-Vallier était de&#13;
retour à Québec depuis quelques mois :&#13;
&#13;
Une copie de la main du Serviteur de Dieu se trouve au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives&#13;
du Séminaire de Québec, Chapitre, no 1a.&#13;
8&#13;
Il semble que Mgr de Saint-Vallier ait eu des regrets à la suite de ses disputes avec le Séminaire et que, peu&#13;
à peu, ses préventions contre la fameuse union des curés avec le Séminaire se soient estompées. Il l’affirmait&#13;
lui-même en 1703 à l’abbé Tremblay, procureur à Paris du Séminaire de Québec. Il manifesta même à l’abbé&#13;
Tremblay son désir que le Séminaire accepte la direction de certaines paroisses et que tous les prêtres du&#13;
diocèse s’agrègent à la communauté. Il ajouta qu’il voulait lui-même s’unir de nouveau au Séminaire et y&#13;
prendre le poste du Serviteur de Dieu lorsque celui-ci serait décédé. (Cf. Gosselin, Vie de Mgr de Laval,&#13;
premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708, Québec, 1890, p. 511-512.)&#13;
7&#13;
&#13;
�Je puis vous assurer que de ma part et de celle du Séminaire, l’on a ponctuellement observé tous les bons et&#13;
sages conseils que vous nous avez donnés. Aussi ne paraît-il pas que N. s’en plaint. Il dit au contraire&#13;
beaucoup de bien du Séminaire et en témoigne à tous ceux qu’il croit qu’ils nous le rapporteront. (Doc. LIV-1)&#13;
/Traduction du texte de présentation et des annotations italiennes par le Séminaire de Québec-rl-mdv-2018&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>&lt;p&gt;Puisque Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, veut mettre fin à l’union qui existe entre les prêtres et le Séminaire de Québec, le procureur du Séminaire de Québec à Paris explique en quoi elle consiste. Selon le Règlement de 1678, chaque prêtre verse 50 écus par année en échange de son entretien à vie. Le Séminaire constitue le principal attrait pour les prêtres qui viennent au Canada, les maintient dans un esprit de piété et ne fait nullement obstacle à l’établissement de cures fixes. Ce mémoire devait servir à la Cour afin d’aider les arbitres à trouver une solution au contentieux entre le Séminaire et Saint-Vallier.&lt;/p&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/452285"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; par H.-J. Tremblay et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 7&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10491" class="show"&gt;Introduction générale en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14121" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 51-4 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13930" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 51-4-13&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/292" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en italien et en français&lt;/a&gt;, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 51-4-13&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/294" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique &lt;/a&gt;par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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        <name>Cures</name>
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                    <text>CONCORDE&#13;
&#13;
N"'9-10 — Scptcmbrc-Octobrc 1959&#13;
&#13;
proportionnée à l'évolution des connaissances humai&#13;
nes et des mœurs, l'œuvre de M""" de Laval s'est épa&#13;
nouie en un foyer d'enseignement supérieur qui reçoit&#13;
&#13;
Monseigneur de Laoal&#13;
&#13;
dote l /Lménque d une œuore immortelle,&#13;
&#13;
1#&#13;
&#13;
^&#13;
&#13;
essentielle et féconde: Le SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
par Charles-Marie BOISSONNAULT&#13;
&#13;
La plus belle œuvre, la plus féconde, la plus utile,&#13;
&#13;
la plus importante qu'un homme éclairé et dévoué au&#13;
&#13;
bien commun puisse laisser à une nation, n'est-ce pas&#13;
&#13;
une institution propre à former pendant des siècles&#13;
&#13;
les générations qui se succèdent au cours des âges?&#13;
Le Séminaire de Québec, fondé, il y a plusieurs centai&#13;
&#13;
nes d'années, par M"'' François de Montmorency&#13;
&#13;
Laval, n'cst-il pas, en effet, à la racine du développe&#13;
&#13;
ment et des progrès de l'enseignement en Amérique?&#13;
&#13;
Dès sa fondation, ce fut un foyer catholique et fran&#13;
çais de formation morale, scientifique, littéraire et&#13;
&#13;
sociale, et il imprima un essor sans cesse grandissant&#13;
à la pensée et à la civilisation en cette terre décou&#13;
&#13;
verte par Jacques Cartier et colonisée grâce à la per&#13;
&#13;
sévérance et au génie de Samuel de Champlain, fon&#13;
dateur du Canada.&#13;
&#13;
Lors de son élévation au poste de Vicaire apostoli&#13;
&#13;
que de la Nouvelle-France, M®' de Laval reçoit la&#13;
mission, à titre d'évcque in partibus, de veiller au dé&#13;
&#13;
veloppement spirituel de la colonie. La population&#13;
&#13;
du Canada avait un urgent besoin d'un prélat résidant&#13;
au pays et en mesure de remplir toutes les fonctions&#13;
qu'exige l'épiscopat, d'encourager les missionnaires&#13;
et de pourvoir aux besoins spirituels de tous les fidèles&#13;
&#13;
même dans une collectivité composée d'aborigènes et&#13;
&#13;
d émigrés.&#13;
&#13;
rait très utile aux Français, en les retirant de la vie&#13;
&#13;
désœuvrée et dissipée, naturelle aux enfants ».&#13;
Le oeminatre de Québec a été encore plus utile que&#13;
Louis XIV ne l'avait jamais imaginé. Comment ce&#13;
gran roi eut-il pu prévoir le développement démo&#13;
&#13;
graphique de l'Amérique du nord ? Comment eut-il&#13;
pu soupçonner I essor incommensurable que devaient&#13;
pren re es connaissances humaines au cours des&#13;
&#13;
oTn?&#13;
&#13;
son règne si glorieux? Et ce-&#13;
&#13;
«nn n? t&#13;
&#13;
tmX&#13;
&#13;
^ xviii^ siècle, l'évèque de Québec exerce&#13;
territoire immense bien plus grand&#13;
&#13;
b&#13;
&#13;
fi" du xvin-= siècle,&#13;
&#13;
Pmiste dans le nouveau monde&#13;
&#13;
Quatorze enfants, six Hurons et huit Français, for-&#13;
&#13;
CM le V.r" d&#13;
&#13;
âgé de^'douzetrquTr^'"'&#13;
&#13;
elasse, prirent L T&#13;
Peinguet devint fh&#13;
&#13;
Pe"erin se fit RécoUet.&#13;
&#13;
Laval, neveu du prélat&#13;
Meins de dix an L&#13;
1675, M" de Laval&#13;
^&#13;
&#13;
formation solide aux enfants des colons. C'est pour&#13;
quoi il accorde très tôt de.s pensions à ceux que leurs&#13;
&#13;
parents veulent bien confier aux prêtres du nouveau&#13;
séminaire. Une telle institution, déclare ie roi, «se&#13;
&#13;
prennent le&#13;
&#13;
""entionne Jacques, fds de&#13;
&#13;
d'Amouy.Augustnt n, deur de Repcntigny, Roh'neaii de Bccancourt&#13;
de Tilly, François de&#13;
dix-neuf mai&#13;
&#13;
étrangères celui oi/'v"""" "" -^cminaire des Missions&#13;
Bn agissant ainsi il&#13;
""'re/ois établi à Québec.&#13;
surtout il entend .iJ., ° f ciifférents motifs, mais&#13;
C'est qu'il crée pour rt ^&#13;
de cette institution,&#13;
&#13;
vivra la jeune colonietr""*^"&#13;
&#13;
Laurent, elle bénèfir.-&#13;
&#13;
longtemps que&#13;
&#13;
des bords du Saint-&#13;
&#13;
■ciera de son Séminaire. Dans&#13;
&#13;
français.&#13;
&#13;
L'Amérique ne voit souvent le progrès que dans le&#13;
&#13;
rante des idées dans la genèse et l'évolution des œuvres&#13;
&#13;
humaines. Le verbe ne saurait remplacer l'action,&#13;
mais toujours il la dirige. Chaque civilisation repose&#13;
&#13;
sur les conceptions que lui fournissent les intellectuels&#13;
&#13;
formés par les universités.&#13;
&#13;
C'est également l'intelli&#13;
&#13;
gence, alimentée par la science, qui donne au travail&#13;
&#13;
esprit &amp; celui des Missions, qu'en l'annexant au&#13;
&#13;
œuvre aussi considérable pour son développement&#13;
&#13;
ses meilleures méthodes. Qu'est-ce que l'Amérique&#13;
ne doit pas à une institution qui a accompli une&#13;
&#13;
et son progrès?&#13;
&#13;
Qu'est-ce que le nouveau monde&#13;
&#13;
d'aujourd'hui ne doit pas au prélat qui a su créer&#13;
&#13;
Sage décision que celle-ci, elle a permis au Séminaire&#13;
&#13;
dans le nouveau monde d'hier une institution com&#13;
&#13;
grand bien de l'Église canadienne et de la collectivité&#13;
&#13;
pas d'cnumérer les œuvres qui sont issues de l'ins&#13;
&#13;
partant des revenus, à son institution préférée, il l'a&#13;
&#13;
de la première&#13;
&#13;
Feu, est la réponse la plus éloquente qu'il soit pos&#13;
&#13;
ployées, par nos ordres, dans les Missions : nous&#13;
avons estimé ne pouvoir plus solidement procurer la&#13;
&#13;
de Saint-Amant,&#13;
Pei"g-t, de Quéde Beauport.&#13;
&#13;
2Québec - 'd"!,''&#13;
bL té deT&#13;
&#13;
me à l'éducation des tribus primitives. Dans ses&#13;
&#13;
des indigènes. Il entend aussi que l'on donne une&#13;
&#13;
(( Considérant que le Séminaire de Paris nous a&#13;
fourni bon nombre d'ecclésiastiques pour former&#13;
celui de Québec et le remplir de personnes capables,&#13;
les unes pour gouverner, les autres pour êtres em&#13;
&#13;
de Québec de grandir et de se développer pour le plus&#13;
&#13;
à Trois-Rivières,&#13;
&#13;
chemin du Séminni&#13;
Charles Le Mo&#13;
&#13;
lettres, Louis XIV, en effet, incite le Vicaire apostoli&#13;
que à procurer les hienjails de l'éducalion aux enfants&#13;
&#13;
déclare lui-même en propres termes ;&#13;
&#13;
Pierre et&#13;
&#13;
Sdeciunt '&#13;
&#13;
L'œuvre accomplie dans la provin&#13;
&#13;
ce de Québec, dans ie Canada et môme sur tout&#13;
le continent américain par l'Université Laval dont&#13;
les fils occupent de hautes fonctions dans toutes&#13;
les régions depuis le pôle nord jusqu'à la Terre de&#13;
&#13;
domaine économique. Elle oublie l'action prépondé&#13;
&#13;
D'ailleurs, c'est ce qu'il&#13;
&#13;
Séminaire de Paris. »&#13;
&#13;
premier évêqiie que la pensée&#13;
&#13;
âmes et les sanctuaires, comment aider le jaillissement des&#13;
&#13;
grandes pensées?&#13;
&#13;
saires à l'enseignement?&#13;
&#13;
société qui a fourni à M»' de Laval les prêtres néces&#13;
&#13;
persiste d&#13;
&#13;
gmce au rayon-&#13;
&#13;
Dans le bel ouvrage qu'il a consacré à la réorgani&#13;
sation intellectuelle de la France, dès l'épigraphe,&#13;
Maurice Barrés se demande comment multiplier les&#13;
&#13;
sible de donner à cette question du grand écrivain&#13;
&#13;
conservation du Séminaire de Québec dans le même&#13;
&#13;
t&#13;
&#13;
missionnaires chargés d'évangéliser et de tenir le&#13;
flambeau de la vie spirituelle.&#13;
&#13;
à une institution aussi solide que le Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris? N'est-ce pas cette&#13;
&#13;
dictinnV'V'"-"^"'^^ du continent relèvent de la juri-&#13;
&#13;
Lorsqu'on 1668, M'" de Laval dote la NouvelleFrance d'un petit séminaire, il satisfait à l'un des&#13;
vœux les plus chers de Louis XIV. Le roi de France&#13;
monarque éclairé s'il en fut, estime que les études sont&#13;
&#13;
indispensables à la formation d'un grand peuple com&#13;
&#13;
cette intention, quel meilleur moyen que de l'affilier&#13;
&#13;
aujourd'hui des étudiants de toutes les régions de&#13;
l'Amérique comme autrefois l'évèque de Québec en&#13;
voyait dans toutes les parties du continent des prêtres&#13;
&#13;
tout entière.&#13;
&#13;
Bien plus, en assurant des propriétés,&#13;
&#13;
rendue indépendante pour des siècles, ce qui lui a&#13;
&#13;
permis de poursuivre sa tâche sans jamais faillir.&#13;
&#13;
Depuis 1668, le Séminaire de Québec demeure la sen&#13;
&#13;
tinelle vigilante de la civilisation et de la culture en&#13;
&#13;
Amérique du nord, Le génie latin lui doit sa péren&#13;
nité. L'institution a grandi avec la nation dont elle&#13;
fait partie et dont elle a formé les chefs de file.&#13;
&#13;
A me&#13;
&#13;
sure que les connaissances humaines se développaient,&#13;
&#13;
le Séminaire les intégrait dans son enseignement.&#13;
C'est M'"' Maheux C|ui a relevé toute une foule de&#13;
&#13;
documents montrant que depuis deux siècles les scien&#13;
&#13;
ces ont toujours été bien enseignées au séminaire.&#13;
&#13;
Le couronnement de cette œuvre d'enseignement et&#13;
&#13;
de lormation intellectuelle et morale, n'est-ce pas&#13;
l'université qui porte auiourd'hui le nom du premier&#13;
évoque de Québec? Après la longue préparation des&#13;
premières années, après une croissance naturelle et&#13;
&#13;
parable au Séminaire de Québec?&#13;
&#13;
On n'en finirait&#13;
&#13;
titution créée par M"' de Lavai. C'est le plus beau&#13;
monument, le plus durable, que l'on puisse élever&#13;
&#13;
à un bienfaiteur, au bienfaiteur de la nation cana&#13;
dienne.&#13;
&#13;
Voici bientôt trois siècles que des générations reçoi&#13;
&#13;
vent dans les salles du Séminaire de Québec, non seule&#13;
&#13;
ment l'instruction, mais la formation morale et spiri&#13;
tuelle. Aujourd'hui, l'institution s'est épanouie sur&#13;
&#13;
le plateau de Samtc-Foy et elle se prépare à recevoir&#13;
&#13;
la fraction qui lui revient du million six cent mille&#13;
&#13;
enlants qui vont bientôt réclamer une instruction su&#13;
&#13;
périeure. La province de Québec compte en effet,&#13;
à l'heure actuelle, un million six cent mille enfants de&#13;
quinze ans ou moins. La Cifé universitaire de Laval&#13;
en accueillera une bonne partie, dans ses nouveaux et&#13;
nombreux édifices. Ce sera encore l'œuvre de M"&#13;
de Laval.&#13;
&#13;
Que ne lui devons-nous pas?&#13;
&#13;
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                <text>L’article célèbre l’œuvre fondatrice de Laval, 1er évêque de Québec, en soulignant que sa création du Séminaire de Québec constitue l’une des institutions les plus fécondes de l’histoire de l’Amérique française.</text>
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                    <text>UJl;j!l!l,s&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
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&#13;
1606./673&#13;
&#13;
Lzje-11'L r,u i / ~ 'ircu~ yft.UAi./k..._ 1101-1111&#13;
~ c m t û#?,- tlk~l,.,é_c, 1623-/1()1&#13;
/}(. ht,&#13;
&#13;
q(J1.-r4 lk_l.1nM1-,r,di,n 1599-1612&#13;
off~ ~KL~tµ. 9e.- tf"~fi,,,_ !63 2·/668&#13;
1&#13;
&#13;
COMITÉ DES FONDATEURS DE L' ÉGLISE DU CANADA&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
�LIMINAIRE&#13;
À une fréquence dont on ne peut se lasser, le Comité des Fondateurs connaît, depuis quelques années, des joies bien profondes, à&#13;
mesure que l'une ou l'autre de ses Causes de Béatification ou de&#13;
Canonisation aboutit en Cour de Rome. Mais, cette fois-ci, la joie est&#13;
peut-être plus grande puisque, pour la première fois - avec la&#13;
canonisation de Mère Marguerite d'Youville - c'est une femme de&#13;
chez nous, née sur notre sol, qui se voit conférer les honneurs&#13;
suprêmes.&#13;
&#13;
Depuis sa fondation, en 1942,&#13;
le Comité s'occupait exclusivement&#13;
des SIX causes concernant&#13;
les Fondateurs&#13;
dont les noms figurent en page-couverture.&#13;
Depuis 1980, l' horizon s'est élargi et&#13;
le Comité s' intéresse&#13;
désormais à d'autres saints personnages de chez nous,&#13;
considérés à bon droit comme&#13;
«l'héritage spirituel des premiers».&#13;
&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
&#13;
1811-1849&#13;
&#13;
Émilie Gamelin&#13;
&#13;
1800-1851&#13;
&#13;
Esther Blondin&#13;
&#13;
1809-1890&#13;
&#13;
Catherine-Aurélie Caouette&#13;
&#13;
1833-1905&#13;
&#13;
Délia Tétreault&#13;
&#13;
1865-1941&#13;
&#13;
N.B. 11 s'agit évidemment des causes dont un représenta t · n siege sur&#13;
notre Comité.&#13;
&#13;
D'autre Causes continuent aussi d'avancer à un rythme prometteur. Début juillet '90, un miracle attribué à Dina BÉLANGER (Soeur&#13;
Cécile de Rome, des SS. de Jésus et Marie, de Sillery) était officiellement reconnu à Rome. Ce qui ouvre la voie toute grande à la Béatification. La date n'est pas encore fixée, mais ce sera sans doute en 1991.&#13;
On attend aussi du ·nouveau dans les Causes d'Esther BLONDIN, d'Émilie GAMELIN et d'Alfred PAMPALON. À plus ou moins&#13;
brève échéance, ces trois-là pourraient être déclarés Vénérables.&#13;
Trois autres Causes sont également en pro~rès, au plan diocésain cependant. Ce sont celles du Frère ANDRE, de Mère MARIEROSE et de Mère LEONIE. Dans ces trois cas, on étudie présentement&#13;
des faveurs insignes attribuées à leur intercession, dont l'éventuelle&#13;
reconnaissance officielle pourrait leur mériter les honneurs de la&#13;
Canonisation. Par ailleurs, deux guérisons encore inexpliquées sont&#13;
examinées à Rome dans la cause de Kateri TEKAKWITHA, notre Bienheureuse de 1980. Cette dernière serait-elle, elle aussi, sur la voie&#13;
d' une Canonisation pas trop éloignée?&#13;
11 faut quand même faire ici une place spéciale à l'une de nos&#13;
Causes que nous voudrions voir avancer plus rapidement. Celle de&#13;
JEANNE MANCE. Il est vrai que l'aspect historique de cette Cause a&#13;
rencontré des difficultés majeures, suite à la disparition d'une foule&#13;
de documents importants dans des incendies répétés à !' Hôtel-Dieu.&#13;
Mais on continue de chercher, en France aussi bien qu'ic i, espérant&#13;
trouver des renseignements qui pourraient compenser ces pertes. Présentement, on est à préparer la POSITIO (étude approfondie sur&#13;
l'héroïcité des vertus de Jeanne Mance), et le travail est assez avancé.&#13;
Les 12 et 13 mai dernier, à Langres, en France, avec la participation chaleureuse de l'évêque de l'endroit, on a célébré avec éclat le&#13;
350e anniversaire du départ de Jeanne Mance pour sa mission en&#13;
Canada. Le souvenir de l'héroïque infirmière est toujours vivant là-bas.&#13;
Il l'est aussi ici, en particulier dans la famille des Hospitalières et des&#13;
infirmières de !'Hôtel-Dieu de Montréal comme aussi d' un bon nombre d'amis de Jeanne Mance qui, suit~ à un séjour à l'hôpital, ont&#13;
appris à la connaître et à la prier.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
�Il n'est pas sans intérêt de noter ici que Jeann~ ~ance es~ la&#13;
seule «laïque» de nos six Fondateurs. Quand on relit I Exhortation&#13;
Apostolique de Jean-Paul Il sur LA VOCATION ET LA MISSION DES&#13;
LAÏCS DANS L'ÉGLISE ET DANS LE MONDE (30 déc. '88) et qu'on Y&#13;
remarque l'insistance particulière que le St-Père apporte à souhaiter&#13;
que, de plus en plus, on cherche et trouve de v~ais modèles de vertu et&#13;
de sainteté chez les laïcs (N° 17), on se prend a penser que le moment&#13;
de grâce est peut-être venu pour Jeanne Mance. Surtout qu'à l'approche&#13;
des fêtes du 350e anniversaire de la fondation de Montréal (1992), l'attention de tous se portera spontanément du côté des Fondateurs. Oui,&#13;
plus que jamais, l'heure est à l'espérance dans cette Cause.&#13;
Parlant des Fondateurs, comment ne pas faire allusion à la&#13;
Cause de Jérôme Le Royer de La Dauversière, grand promoteur de la&#13;
fondation de Montréal, qui a permis à Jeanne Mance d'entrer dans son&#13;
projet? Certes, c'est une Cause qui relève en priorité du diocèse de&#13;
MANS, dont fait partie la ville de La Flèche (où a vécu Jérôme Le&#13;
Royer). Mais Mgr Georges GILSON, évêque actuel du MANS, sait déjà&#13;
que nous partageons son espérance de voir un jour officiellement&#13;
reconnus par l'Église les immenses mérites de celui sans qui Montréal ne s'apprêterait pas à célébrer l'anniversaire qui approche.*&#13;
Justement, en prévision de cette année jubilaire (qui marquera&#13;
en même temps le 50e anniversaire du Comité des Fondateurs) notre&#13;
Comité s'est déjà abouché au Comité des Fêtes de Montréal pour&#13;
offrir sa collaboration. Nous avons un projet de «calendrier historique»&#13;
(avec des indications des dates des principaux événements des&#13;
débuts de Montréal) et aussi d'un c«guide touristique» qui permettrait&#13;
aux nombreux visiteurs attirés à Montréal pour l'occasion de se familiariser avec les endroits sanctifiés par l'action apostolique de nos&#13;
Fondateurs, et ainsi de mieux percevoir la dimension religieuse, voire&#13;
mystique, de nos origines.&#13;
Avant de clore, un mot de notre concours annuel ouvert aux élèves du Secondaire IV. Le dernier portait sur Dina BÉLANGER. Il a provoqué la participation d'un grand nombre de jeunes, avec des travaux&#13;
de bon calibre. Les lauréats ont été couronnés début juin, à Sillery, en&#13;
présence de S.E. Mgr J.-P. LABRIE, qui représentait son archevêque.&#13;
L'an prochain ('90-'91), le concours portera sur Mère GAMELIN.&#13;
Décembre 1990&#13;
&#13;
Louis AUCOIN, prêtre&#13;
Président du Comité&#13;
&#13;
* La cause de Jérôme Le Royer de la Dauversière a débuté avec celle de Marie de la&#13;
&#13;
Ferre, en 1934, sous l'autorité de Monseigneur Georges Grente, évêque du Mans, en&#13;
France. En 1636, ces deux causes ont été introduites à Rome. Après plusieurs années&#13;
de recherches et de travaux, le Conseil général des Religieuses Hospitalières de&#13;
Saint-Joseph confiait à Dom Guy-Marie Oury, o.s.b., en 1987, la rédaction de la&#13;
«positio» de Jérôme Le Royer. Ce document, qui établit les preuves de l'héroïcité des&#13;
vertus du Serviteur de Dieu et sa réputation de sainteté, sera envoyé à la Sacrée Congrégation pour les Causes des Saints, en 1991.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
À L'ÉCOUTE&#13;
DE NOTRE ÉVÊQUE-RESPONSABLE&#13;
Secrétaire: La formule du dialogue semble vous plaire, Excellence.&#13;
Pourquoi ne pas l'utiliser cette fois, encore?&#13;
Mgr Cimichella: Vous le savez, le pape Paul VI, dans son Exhortation&#13;
&#13;
sur l'Église, nous invite à dialoguer: c'est pratiquement un&#13;
sacramental, c'est une manière d'exercer la charité.&#13;
Secr.: Ce mandat qu'on vous a confié, les Causes des Saints du pays,&#13;
vous l'exercez avec intérêt, ainsi vous pouvez renseigner efficacement nos lecteurs.&#13;
Mgr: Depuis le 1er octobre, je ne suis plus curé de la cathédrale. Parmi les charges confiées par S.E. !'Archevêque, celle de m'occuper davantage du Comité des Fondateurs se présente en premier. Je suis vicaire épiscopal pour les causes des saints du diocèse, et, en général, je continue à voir à celles du Québec, du&#13;
Canada. Je désire donc faire rayonner nos causes canadiennes.&#13;
Secr.: c«À tout seigneur, tout honneur,'.· Pouvons-nOLfS ~ous prier_de 1:Jever le voile» pour la 11future» samte de notre Eglise, «cla Mere a la&#13;
charité universelle», comme l'appelait le bon pape Jean XXIII?&#13;
Mgr.: Oui, c'est un événement extraordinaire, bien hors de l'ordinaire.&#13;
C'est la première fois dans l'histoire du Canada, l'histoire de&#13;
chez nous, qu'une femme de chez nous, une Canadienne, une&#13;
Québécoise reçoit les honneurs de la canonisation. Née à&#13;
Varennes, elle a vécu et est morte à Montréal. L'événement est&#13;
historique et il faut le souligner avec beaucoup de fierté et d'action de grâce au Seigneur.&#13;
Secr.: Et la mystique Dina, cette Québécoise si bien douée, que lui&#13;
réserve l'Église?&#13;
Mgr: La mystique Dina, je suis heureux de vous le dire, elle qu'on&#13;
appelait auparavant Soeur Ste-Cécile-de-Rome, par son nom en&#13;
religion. Dans la façon conciliaire de voir les choses, on met&#13;
l'accent sur le baptême et les racines familiales. Or, Soeur SteCécile-de-Rome, des Soeurs Jésus-Marie de Sillery, à ne pas&#13;
confondre avec les Soeurs des Saints Noms de Jésus et de&#13;
Marie, dont la Fondatrice, Mère Marie-Rose, a été béatifiée en&#13;
1982, s'appelait Dina Bélanger. Je pense que c'est une&#13;
heureuse façon de mettre en évidence sa famille qui est une&#13;
grande famille de chez nous, c'est encore un événement très&#13;
significatif.&#13;
En plus, Dina Bélanger était une grande artiste tout comme la&#13;
Carmélite, Elisabeth-de-la-Trinité, que notre pape Jean-Paul II a&#13;
béatifiée le 25 novembre 1984.&#13;
3&#13;
&#13;
�DANS LA GLOIRE DU BERNIN&#13;
&#13;
Avec la musique, on peut aussi atteindre les âmes. On dit&#13;
parfois que «chanter, c 'est prier deux fois»: être musicien&#13;
quand on le fait non seulement avec âme mais encore pl us avec&#13;
foi, là, c'est vraiment prier deux fois.&#13;
Secr.: Le bon Père Pampa/on. L'an dernier, vous parliez d'un intérêt&#13;
renouvelé. Qu'en est-il actuellement?&#13;
Mgr: Je connaissais le Père Alfred Pampalon depuis assez longtemps mais j'ai découvert sa vie à l'occasion de la grande neuvaine de Ste-Anne que j'ai prêchée en 1986. À ce moment, tous&#13;
les jours, j'ai prié le Père Pampalon. Entre les sermons, pendant&#13;
cette retraite, j'ai préparé un petit livre sur la vie de ce Rédemptoriste. Cette neuvaine terminée, j'ai senti un renouveau de&#13;
ferveur, de dévotion envers cette âme d'élite.&#13;
Maintenant, la position des vertus, déposée en 1982 à Rome,&#13;
est à l'étude. Nous sommes en attente de la déclaration de&#13;
l'héroïcité de ses vertus.&#13;
Au mois de juillet, lors de mon séjour à Rome, le père MarcAndré Boulin, c.ss.r., ancien provincial, actuellement supérieur&#13;
à l'Alphonsianum, m'annonçait que les théologiens se sont&#13;
penchés avec beaucoup d'intérêt sur cette position des vertus&#13;
et nous attendons. Se pourrait-il qu'il soit bientôt déclaré&#13;
Vénérable? Nous fondons notre espoir sur la prière.&#13;
Secr.: Les excellents résultats espérés pour Esther Blondin, Mère&#13;
Marie-Anne, répondent-ils à votre attente?&#13;
Mgr: Oui, Mère Marie-Anne, c'est encore une cause très belle de&#13;
chez nous.&#13;
C'est une demoiselle de Terrebonne.&#13;
Comme je l'ai déjà dit, l 'an dernier, la «positio» qu'avait&#13;
rédigée Soeur Marie-Jean-de-Patmos peut être qualifiée de&#13;
travail énorme, colossal. Elle a su mettre en lumière ses vertus;&#13;
cette rédactrice est décédée quelque temps après que la&#13;
«positio» fut présentée à Rome.&#13;
&#13;
Voilà qu'après cinq ans, les théologiens viennent d'approu~er l'héroïcité des vertus. Nous nous attendons que les&#13;
cardinaux et Notre Saint Père le Pape, bientôt - vers Noël ou&#13;
au printemps - se prononcent sur l'héroïcité des vertus de&#13;
cette Servante de Dieu, ainsi la déclarer Vénérable.&#13;
Secr.: Monseigneur, vous nous faites terminer ces lignes sur une note&#13;
bien optimiste. Ces «nouvelles» que nous pouvons transmettre&#13;
sont porteuses de joie.&#13;
&#13;
Elles s'uniront à une action de grâces bien riche envers /a&#13;
Source de tout bien.&#13;
5&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
_..,. - -&#13;
&#13;
�MARGUERITE D'YOUVILLE&#13;
fondatrice des Soeurs de la Charité&#13;
de Montréal, «Soeurs Grises»&#13;
&#13;
pleurésie a terrassé à l'âge de 30 ans. Veuve endettée, main!~nant ins:&#13;
truite de la précarité du bonheur humain, elle s'en remet ent1erement a&#13;
Dieu.&#13;
Chemin du don total&#13;
&#13;
LES CHEMINS DE MARGUERITE&#13;
&#13;
L'Église vient de canoniser Marguerite d'Youville, en la présentant comme modèle au monde entier. Quel chemin Dieu a-t-il voulu&#13;
choisir pour la conduire à la sainteté? Quelle est la démarche de foi de&#13;
cette humble femme de chez nous en réponse à cet appel? Marguerite&#13;
n'a laissé aucun ouvrage de spiritualité décrivant les voies du&#13;
Seigneur. Ses écrits? Quelques lettres d'amitié ou d'affaires, quelques registres, tout au plus. C'est en regardant sa vie et son oeuvre, en&#13;
analysant son charisme de charité, que nous découvrirons la forte personnalité de cette première fondatrice canadienne et l'originalité de&#13;
sa mission.&#13;
Chemin de souffrance&#13;
&#13;
Les routes, comme les appels, diffèrent avec les personnes, les&#13;
époques et les situations. Dès ses jeunes années, Marguerite est marquée par la croix. Orpheline de père à l'âge de 7 ans, elle bénéficie&#13;
grâce à son bisaïeul, le Sieur Pierre Boucher, de deux années d'études&#13;
aux Ursulines de Québec. C'est là que l'adolescente apprend à&#13;
découvrir la voie conduisant au Père. Et vient le jour où elle songe à&#13;
s'établir dans un monde qui semble lui sourire. Lorsque M. de&#13;
Langloiserie demande la main de Marguerite, tout laisse prévoir&#13;
l'issue d'un brillant mariage. Mais la mésalliance de sa mère avec&#13;
Timothée Sullivan, un médecin irlandais, met fin au rêve de la jeune&#13;
fille, profondément blessée dans son amour et sa fierté.&#13;
Chemin de solitude&#13;
&#13;
Marguerite accepte la rude épreuve, mais ne désespère pas de&#13;
trouver enfin le chemin du bonheur. À l'âge de 21 ans, en l'église&#13;
Notre-Dame de Montréal, elle unit sa destinée à celle de François&#13;
Youville. Très tôt, hélas, elle s'aperçoit de sa méprise. Voies étranges&#13;
de Dieu!. .. Entre un époux volage et dissipateur, et une belle-mère&#13;
acariâtre et avaricieuse, elle demeure accrochée à la foi et apprend la&#13;
résignation active. Sa foi robuste lui aide à vivre les premières épreuves de sa vie d'épouse et de mère: la solitude et l'abandon de celui&#13;
qu'elle aime toujours. Et à la mort de François en 1730, elle est en attente d'un sixième enfant. Durant ses huit années de mariage, deux&#13;
garçons seulement souriront à la vie et deviendront prêtres. Épouse&#13;
fidèle, Mme d'Youville entoure de ses soins celui qu'une fausse&#13;
6&#13;
&#13;
Mystère de l'appel de Dieu! C'est à ce moment de sa vie qu'elle&#13;
cherche autour d'elle, pour le soulager, l'être le plus abandonné, ~e&#13;
plus démuni. Elle visite les pauvres de l'hôpital, sans toutefois&#13;
négliger l'éducation de ses deux fils. Madame d'Youville reçoit alors&#13;
un don particulier qui transforme son existence. Parce qu'elle_ se&#13;
laisse envahir par l'amour du Père, parce qu'elle se donne con:,pietement à son emprise, son amour du pauvre va sans cesse grandissant.&#13;
Elle connaît sa souffrance; comme lui elle a éprouvé la faim, l'abandon, l'insécurité. Et elle est assurée que la Providence ne lui m?nquera&#13;
jamais. Sur les routes de Ville-Marie, elle va vers toutes les d~tresses&#13;
humaines pour leur apporter un peu de joie, de chaleur et de reconfort.&#13;
Les yeux sans cesse fixés sur le Père, elle deviendra la mère d'une&#13;
multitude de pauvres. Rien ne pourra désormais l'arrêter!&#13;
Chemin des pauvres&#13;
&#13;
Malgré les critiques et les calomnies de son entourage, Marguerite invite les démunis chez elle. La première, une pauvre aveugle. Elle&#13;
veut accueillir tous les malheureux: infirmes et personnes âgées,&#13;
éclopés de toutes sortes, malades, orphelins, e~fants ab~ndon~.é~,&#13;
filles de rue, soldats blessés. N'a-t-elle pas elle-meme passe par I epIneux chemin de la misère humaine: pauvreté, deuils, privations,&#13;
petitesses, incompréhensions et persécutions? La route qu'elle&#13;
choisit est celle de l'Évangile qui l'a radicalement conquise: «Ce que&#13;
vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le&#13;
faites» (Mt 25, 40).&#13;
Alors, sous le toit de Marguerite, le pauvre devient roi, tout converge vers lui. Il est «le seigneur» à qui elle accorde priorité en tout. Expression vivante de la bonté de Dieu Père, aux pauvres et aux malades&#13;
elle donne non seulement des soins, mais aussi tout son coeur. Et cet&#13;
amour devient contagieux ...&#13;
Chemin d'amour&#13;
&#13;
Pour exécuter son projet, Madame d'Youville s'entoure de personnes avec qui elle se consacrera à Dieu au service des membres&#13;
souffrants du Christ. (31 décembre 1737) Elle exige d'elles que le produit de leur travail soit mis en commun pour fournir à la subsistance et&#13;
à l'entretien des pauvres et de ... «nous». (Engagements primitifs). On&#13;
7&#13;
&#13;
�lui confie alors l'Hôpital Général des Frères Charron qui menace ruine.&#13;
Au prix de mille difficultés et sacrifices, elle le restaure et y installe&#13;
ses «seigneurs» les pauvres. Et voilà le noyau formé et la communauté&#13;
à son berceau. Sa maison devient le refuge de toutes les misères. On&#13;
est en 1747.&#13;
Cependant la mauvaise réputation de son mari s'abat de&#13;
nouveau sur elle. On l'accuse de vouloir mettre la main sur des revenus et de faire le trafic de l'eau-de-vie. La calomnie la couvre de honte&#13;
et, le jour de la Toussaint, la population va jusqu'à accueillir Mme&#13;
d'Youville et ses compagnes avec des pierres et des injures. Et dans&#13;
son coeur, la servante des pauvres souffre en silence ...&#13;
Et au fil des ans, grâce à ses dons naturels, à un dévouement&#13;
inlassable et à un solide jugement, Mère d'Youville parvient à faire survivre son oeuvre à travers la pauvreté, la disette et la famine, la guerre&#13;
et deux incendies. Avec toujours plus de force, elle compte sur la&#13;
Providence du Père Éternel en qui sa confiance est sans bornes. Aux&#13;
pauvres qu'elle vénère, elle apporte tout son génie de femme: une intuition profonde, un regard de tendresse et de bonté, des mains laborieuses et un coeur rempli de charité. On comprend alors leur désarroi&#13;
à l'annonce de sa mort, le 23 décembre 1771: «Nous n'avons plus de&#13;
mère!»&#13;
&#13;
Chemin de gloire&#13;
&#13;
Cette humble femme de chez nous, religieuse d'action et de contemplation dont le coeur est ouvert à toutes les détresses de son&#13;
temps, demeure la grande inspiratrice, non _seulement de toutes se~&#13;
filles spirituelles, mais aussi d'un~ mult1tu?e de personnes qui&#13;
coopèrent à sa mission ou qui admirent sa vie et son oeuvre. Le 9&#13;
décembre dernier, en la Basilique St-Pierre à Rome, le pape_ ~eanPaul 11, à la grande joie et fierté du peuple de Dieu, a reconnu off1c~ellement la sainteté de la vie de cette Mère des pauvres et des affl1g~s.&#13;
Première fondatrice d'origine canadienne, sainte Marguerite&#13;
d'Youville demeurera à jamais l'avocate des démunis, de~. ~alades,&#13;
des mal-aimés et de tous les gens «mal pris» de notre soc1ete.&#13;
Marguerite d'Youville, toi qui as passé par nos&#13;
chemins, toi qui les as arrosés de tes larmes, enrichis de tes oeuvres, embaumés de tes vertus,&#13;
nous levons vers toi nos regards chargés d'espérance. Fais-nous marcher dans tes pas sur la route&#13;
de la fraternité humaine, de la joie et de l'amour.&#13;
Yvette Paquin, s.g.m.&#13;
&#13;
Chemin de la charité universelle&#13;
&#13;
C'est le pape Jean XXIII qui, dans le décret de béatification de la&#13;
servante de Dieu, le 3 mai 1959, déclare: 11 .•• Elle se montra mère pleine&#13;
de bonté. Déversant sur tous les trésors d'un amour surnaturel, elle&#13;
mérita le titre de Mère à la Charité universelle.» Cet amour inlassable&#13;
des petits et des faibles fait de Marguerite d'Youville «la magicienne&#13;
des gens mal pris», selon l'expression de ses biographes.&#13;
C'est dans ce chemin royal de la charité universelle que marchent encore à sa suite ses milliers de Filles spirituelles, les Soeurs&#13;
de la Charité de Montréal, «Soeurs Grises», les Soeurs de la Charité de&#13;
St-Hyacinthe, les Soeurs de la Charité de Québec, les Soeurs de la&#13;
Charité d'Ottawa, les Grey Nuns of the Sacred Heart de Philadelphie&#13;
ainsi que les Grey Sisters of the lmmaculate Conception de Pembroke. Au fil des années et dans le désir de servir leurs frères et&#13;
soeurs, toutes demeurent à l'écoute des besoins de l'heure et s'efforcent d'être présentes avec la même disponibilité et le même enthousiasme que leur Mère fondatrice, selon le charisme qu'elle leur a&#13;
laissé.&#13;
8&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
�MARGUERITE BOURGEOYS ET L'ENFANT&#13;
Soeur Thérése Lambert, c.n.d,&#13;
&#13;
L'article suivant date de 1979, Année internationale de l'enfant, mais il conserve toujours sa pertinence, en notre époque de revendications multiples&#13;
de tous les droits, sans référence, trop souvent, aux devoirs correspondants qu'on laisse s'estomper dans l'oubli d'une conscience irresponsable.&#13;
N'est-li pas à propos de le relire en parallèle avec la récente Charte internationale des Droits de l'enfant que l'O.N.U. adopta le 20 novembre 1989 et qui&#13;
fut signée par soixante (60) nations de cet organisme humanitaire le 26 janvier 1990?&#13;
&#13;
de-Montréal qui était «d'établir des Séminaires11 1 pour instruire les Indiens de la Nouvelle-France.&#13;
Un concours de circonstances avai t présidé à la réalisation de&#13;
cette entreprise; pour Marguerite Bourgeoys, «l'envoi» de la Vierge qui&#13;
lui avait dit un matin de 1652: «Va, je ne t'abandonnerai pas» avait été&#13;
le sceau divin sur une vocat ion partîc ul ière privilégiée. Depuis douze&#13;
ans, dans les petites écoles de Troyes, e lle avait enseigné comme&#13;
membre de la congrégation externe des Chano inesses Rég ulières de&#13;
Saint-Augusti n de la Congrégation Notre-Dame, religieuses cloitrées.&#13;
Parmi elles, se t rouvait la soeur de Paul de Chomedey, sie ur de&#13;
Mai son neuve.&#13;
Dans son pays, elle avait donc appris à aimer l'enfant, à le protéger, à l' instruire. Si les autres oeuvres des membres de la congrégation externe avaien t intéressé Marguerite Bourgeoys, c'est l'éducation&#13;
de l'enfant qui, dans son idéal apostolique, gardait la priorité. À VilleMarie, elle se dévoua sans compter aux dive rses tâches exigées par&#13;
l'établissemen t des co lons français, mai s elle était orientée vers l'enfant. «Elle était venu e pour enseigner les enfants» 2 .&#13;
Marguerite Bourgeoys ouvrit la première école à Montréal, en 1658&#13;
&#13;
Le 22 janvier 1658 où Marguerite Bourgeoys accepta l'étable de&#13;
la Commune, marque une date importante dans l'histoire de l'enseignement à la Cong régation de Notre-Dame et pour l'aveni r de la colonie naissante. Quand il fut possible d'aborder dans la maison. en mars&#13;
peu t-être, Marguerite se mit à l'oeuvre avec ses premiers éfè~es: «Les&#13;
enfants la curèrent, dit-elle, et y travail lèrent en tout ce qu'ils pouvaienh&gt;. 3 En fin, le 30 avri l, la première école de Montréal ouvrit ses&#13;
portes.&#13;
&#13;
Marguerite Bourgeoys est venue de France pou r l'enfant&#13;
&#13;
Le 30 avri l 1658, sans éclat, la Nouvelle-France écrivait la&#13;
p~e~ière page d'une ~popée. Elle connaissait le labeur ardu des&#13;
~efri cheurs et des ~Olsso~neurs; el le bénéficierait de la culture de&#13;
1 intell igence et de I educat1on de la foi, car la première école de VilleMarie venait de s'ouvrir.&#13;
Marguerite Bou rgeoys avait accepté de se rend re au-delà de&#13;
l'~tlantique avec la Gran?e, Recrue de Maisonneuve, en 1653, pour&#13;
repond re dans le concret a I un des buts de la Société de Notre-Dame10&#13;
&#13;
Semence du prin temps que b ientôt le soleil fera germer et&#13;
s'épanoui r! Semenc e du printemps que le zèle d 'une âme de feu&#13;
réchaufferait par sa foi, sa p rière, son attent ion à chaque enfant! Une&#13;
douzaine d'enfants de co lons français, et peut-être déjà des en fants&#13;
ind iens, formaient le personnel étudiant. Dans le c lai r matin de ce mardi, 30 avri l 1658, toute !'oeuvre de l'éducation était en espé rance dans&#13;
la Nouvelle-France. Comme les violettes des bois, les tri l les, les&#13;
sabots de la Vierge et to utes les fleu rs des sous-bois qu i s'ouvrent en&#13;
u n tap is fleuri en cet te saison , l'étable-éco le laisse croire â la floraison&#13;
des éco les avec le déve loppement du pays. Marguerite le pressent&#13;
sûremen t dans l'humilité de son âme, par une sorte de prophétisme,&#13;
1.&#13;
2.&#13;
3.&#13;
&#13;
Relations des Jésuites. 1858, vol. 2, ch. IX&#13;
Jamet, p. 108&#13;
Jamet, p. 184&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
�4&#13;
&#13;
sieur&#13;
par une vision intérieure. «Dieu l’avait&#13;
son empl&#13;
emploi».4&#13;
«Monsieur&#13;
oi». «Mon&#13;
par une vision intérieure. «Dieu l'avait prise à&#13;
lieu&#13;
er&#13;
de Maisonneuve,&#13;
a&#13;
écrit&#13;
Glandelet,&#13;
jugeant&#13;
que&#13;
donner&#13;
à la&#13;
donn&#13;
pour&#13;
nt&#13;
jugea&#13;
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de Maisonneuve, a écrit Gland&#13;
aceer un empl&#13;
Soeurr Bourg&#13;
Bourgeoys&#13;
d’instruire&#13;
les filles,&#13;
filles, il fallai&#13;
fallaitt lui donn&#13;
donner&#13;
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truire les&#13;
eoys d'ins&#13;
Soeu&#13;
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ment, ilil lui&#13;
lui assig&#13;
assigna&#13;
une&#13;
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Ce&#13;
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ce&#13;
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qui&#13;
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en&#13;
ance et en&#13;
fille courageuse&#13;
pleine&#13;
sainte&#13;
puissance&#13;
confi ance en la puiss&#13;
e confiance&#13;
d'une saint&#13;
e d’une&#13;
et plein&#13;
courageuse et&#13;
fille&#13;
s&#13;
toute&#13;
elle&#13;
la libéralité&#13;
de&#13;
son&#13;
Dieu,&#13;
au&#13;
contraire,&#13;
disette&#13;
était&#13;
de&#13;
toutes&#13;
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la&#13;
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la libéralité de son Dieu, au contr&#13;
se&#13;
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libre&#13;
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qu’elle&#13;
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nt&#13;
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trouvait pour lors dans une plus parfaite dépendance du seco&#13;
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trouvait pour lors dans une plus parfaite dépe ndan ce&#13;
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s’appuyait&#13;
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jamais&#13;
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et&#13;
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ait&#13;
trouv&#13;
se&#13;
5 Dans sa liberté intéri&#13;
défiée».5&#13;
intérieure&#13;
et&#13;
Dieu&#13;
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à&#13;
union&#13;
son&#13;
eure&#13;
défiée». Dans sa liberté&#13;
6&#13;
e.&#13;
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l’inspiration&#13;
audace&#13;
évangélique.6&#13;
iratio n de son auda&#13;
l'insp&#13;
Les jours&#13;
serontt peu&#13;
peu confortables&#13;
confo rtable s dans un local mal&#13;
d'hiver seron&#13;
jours d’hiver&#13;
Les&#13;
Bourg eoys usera&#13;
Marg uerite Bourgeoys&#13;
nt, Marguerite&#13;
chauffé,&#13;
peu éclair&#13;
éclairé;&#13;
l’enfant,&#13;
usera&#13;
é; mais, pour l'enfa&#13;
fé, peu&#13;
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elle&#13;
e,&#13;
salair&#13;
sans&#13;
s,&#13;
ses force&#13;
forces&#13;
et&#13;
son&#13;
temps.&#13;
Sans&#13;
programme&#13;
précis,&#13;
salaire,&#13;
préci&#13;
e&#13;
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Sans&#13;
s.&#13;
temp&#13;
s et son&#13;
ses&#13;
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l'enfa&#13;
persévérera&#13;
dans un&#13;
un don&#13;
austère&#13;
souriant&#13;
amourr pour l’enfant,&#13;
ant par amou&#13;
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don austè&#13;
vérera dans&#13;
persé&#13;
conElle&#13;
ées. Elle con­&#13;
fleur vivante&#13;
dont les&#13;
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richesses&#13;
naturelles&#13;
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elles sont illimit&#13;
sses natur&#13;
vivante dont&#13;
fleur&#13;
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du&#13;
pays&#13;
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racine&#13;
peuple&#13;
racin&#13;
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prend&#13;
pays&#13;
du&#13;
les&#13;
sidère que les famil&#13;
nt&#13;
deva&#13;
plus&#13;
tent&#13;
«en herbe&#13;
herbe».&#13;
Les périls&#13;
périls de&#13;
de ses voyages,&#13;
l’exil ne comp&#13;
comptent&#13;
devant&#13;
voyages, l'exil&#13;
». Les&#13;
«en&#13;
é&#13;
confi&#13;
avait&#13;
e, on lui&#13;
l’ampleur&#13;
de ce&#13;
qu’il y&#13;
y avait&#13;
à réalis&#13;
réaliser.&#13;
France,&#13;
confié&#13;
er. En Franc&#13;
avait à&#13;
ce qu'il&#13;
leur de&#13;
l'amp&#13;
elle&#13;
;&#13;
urent&#13;
St-La&#13;
des&#13;
fixeraient leur foyer sur les rives du St-Laurent; elle&#13;
qui fixeraient&#13;
filles qui&#13;
des filles&#13;
et&#13;
joies et&#13;
partageant leurs joies&#13;
suivra&#13;
l’établissement&#13;
ménages,&#13;
ges, partageant&#13;
jeunes ména&#13;
suivra l'étab lissem ent des jeunes&#13;
ts.&#13;
enfan&#13;
des&#13;
ant&#13;
amen&#13;
ir en lui amenant&#13;
leurs&#13;
la chargeait&#13;
l’avenir&#13;
des enfants.&#13;
chargeait de l'aven&#13;
On la&#13;
épreuves. On&#13;
leurs épreuves.&#13;
se sent&#13;
elle&#13;
;&#13;
prière&#13;
sa&#13;
Le&#13;
soir&#13;
«au&#13;
grenier-dortoir»,&#13;
elle&#13;
prolonge&#13;
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sent&#13;
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,&#13;
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Le soir «au greni&#13;
.&#13;
ance&#13;
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l'édu&#13;
responsable&#13;
de&#13;
l’oeuvre&#13;
de&#13;
l’éducation&#13;
en&#13;
puissance.&#13;
re&#13;
!'oeuv&#13;
responsable&#13;
eoys?&#13;
Qui&#13;
Bourgeoys?&#13;
Marguerite Bourg&#13;
l'enfant pour Marguerite&#13;
Oui est l’enfant&#13;
de&#13;
être de&#13;
c'est un être&#13;
devenir; c’est&#13;
Pour&#13;
riche sse en devenir;&#13;
c'est une richesse&#13;
l'enfant, c’est&#13;
elle, l’enfant,&#13;
Pour elle,&#13;
inles&#13;
s&#13;
toute&#13;
peut&#13;
tendresse,&#13;
de&#13;
spontanéité,&#13;
de&#13;
délicatesse&#13;
qui&#13;
subir&#13;
toutes&#13;
les&#13;
in­&#13;
délica tesse&#13;
tendresse, de spontanéité,&#13;
les&#13;
s&#13;
toute&#13;
endre&#13;
surpr&#13;
ifs&#13;
pens&#13;
fluences,&#13;
qui&#13;
peut&#13;
dérider&#13;
les&#13;
fronts&#13;
pensifs&#13;
et&#13;
surprendre&#13;
toutes&#13;
les&#13;
fluences, qui peut dérider&#13;
elle.&#13;
ologie natur&#13;
logiques&#13;
psychologie&#13;
naturelle.&#13;
ues par sa psych&#13;
logiq&#13;
droit de&#13;
nt a tous les droits&#13;
Pour elle,&#13;
elle. ce trésor&#13;
l’enfant&#13;
droits:: droit&#13;
de vivre,&#13;
vivre,&#13;
tréso r de l'enfa&#13;
Pour&#13;
vie&#13;
une&#13;
vers&#13;
guidé&#13;
d'être&#13;
it,&#13;
droit&#13;
d’être&#13;
heureux,&#13;
droit&#13;
d’être&#13;
instruit,&#13;
droit&#13;
d’être&#13;
guidé&#13;
vers&#13;
une&#13;
vie&#13;
instru&#13;
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mesures. Les humbles&#13;
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nos communes&#13;
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4.&#13;
5.&#13;
6.&#13;
6.&#13;
&#13;
Jamet,, p. 182&#13;
Jamet&#13;
Vray Esprit, p. 22&#13;
Glandelet,&#13;
Glandelet, Le Vray&#13;
ire No 28&#13;
Circulaire&#13;
28&#13;
Soeur Louise Côté, Circula&#13;
&#13;
princ ioeuvre sans bruit, une oeuvre&#13;
fut l'une&#13;
l’une des princi­&#13;
Elle a fait une&#13;
Elle a fait une oeuvre sans bruit, une oeuvre qui&#13;
7&#13;
pales assises morales et spirituelles de&#13;
Nouvelle-France».7&#13;
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pales assis es mora les et spirit uelle s de la Nouvelle-F&#13;
Les évêques&#13;
viennent&#13;
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destinée». 8&#13;
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éclat e un monde nouveau. En interp rétan t chari&#13;
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nouveaux.&#13;
tères nouveaux.&#13;
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«(...)&#13;
donn e à son existence&#13;
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«( ...) Jésus-Christ&#13;
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rs&#13;
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tolat&#13;
son apos&#13;
&#13;
Jamet,&#13;
Jamet, p. 791&#13;
Le Message&#13;
des évêques du Québec&#13;
Le Message des évêques du Québec&#13;
1978&#13;
C.N.D., p. 63&#13;
9. Constitutions&#13;
Const itution s C.N.D.,&#13;
10. Sacrée Congrégation pour l ’éducation&#13;
10. Sacrée Congrégation pour l'éduc ation&#13;
35&#13;
11. Mgr Paul Grégoire, L'école catholique&#13;
11. Mgr Paul Grégoire, L'école cathol ique&#13;
7.&#13;
8.&#13;
8.&#13;
&#13;
octobr e&#13;
tion, octoore&#13;
aux responsables&#13;
’éducation,&#13;
respon sables de ll'éduca&#13;
.&#13;
Q77&#13;
catholique, Rome 1977,,&#13;
catholique,&#13;
l'école catholique,&#13;
cathol ique, l’école&#13;
dans&#13;
québécois, 1978&#13;
éduca tif québécois,&#13;
projet éducatif&#13;
le projet&#13;
dans le&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
�La pensée de notre PREMIER ÉVÊQUE&#13;
pour la formation de ses prêtres&#13;
En fondant le Séminai re de Québec quatre années seulement&#13;
après son arrivée en Nouvel le-France comme vicaire apostol ique, Mgr&#13;
de Laval manifeste bien l'importance qu'il accorde à la formation des&#13;
prêtres dont a besoin notre jeune pays.&#13;
&#13;
mettre ainsi à l'Église de con naître le renouveau que tout le peuple&#13;
chrétien attendait depuis longtemps. C'est ainsi qu'en France, saint&#13;
François de Sales, saint Vincent de Paul, saint Jean Eudes et Monsieur Ol ier se signalent par de courageuses initiatives en vue&#13;
d'assurer la réforme souhaitée par le Concile de Trente.&#13;
Il demeure que, malgré le zèle déployé par ces géants de&#13;
l'apostolat, c'est avec bien des lenteurs que l' Église de France, dans&#13;
son ensemble, tente de mettre en application le décret conciliaire du&#13;
15 juil let 1563. Si bien qu'en fondant son Séminaire en 1663, soit cent&#13;
ans après le décret du Concile de Trente, Mgr de Laval place le vicariat&#13;
apostolique de Québec bien en avance sur la plupart des diocèses de&#13;
son pays d'origine.&#13;
Au surplus, s'il sait s'inspirer de l'exemple de ses illustres&#13;
modèles, il n'en va pas moins établir ici, en Nouvelle-France, une institution qui, tout en répondant aux exigences tridentines, voud ra&#13;
satisfaire tout aussi bien aux besoins particuliers d'un pays à construire. Mgr de Laval arrivait dans une contrée démunie qui ne disposait&#13;
d'à-peu-près rien. Dans ces cond itions, il lui fallait se donner un clergé&#13;
sans doute formé aux sacrifices et aux privations, mais qui devait&#13;
pouvoir s'appuyer sur une organisation forte, capable de pourvoi r aux&#13;
nécessités des paroisses comme des missions tout autant qu'aux besoins les plus pressants de chacun des prêtres.&#13;
François de Laval imagine donc une institution d'abord capable&#13;
d'assurer une formation intellectuelle, théologique, morale et spirituelle à ses prêtres. Milieu de culture apostolique, cette fondation doit&#13;
en ou tre const ituer un refuge où les messagers de l'Évangile peuvent&#13;
venir refaire leurs forces défaillantes et trouver réconfort et soutien au&#13;
contact d'amis qui se dépensent à d'autres tâches. C'est donc tout&#13;
son clergé que Mgr de Lav~I entend reg rouper dans ce Sém i naire qui&#13;
va devenir l'âme de cette Eglise naissante et le foyer d' une activité&#13;
pastorale intense. Chaque prêtre s'y retrouve chez lui comme dans&#13;
une maison de famil le chaleureuse et accueillante.&#13;
&#13;
Bienheureux F rançois de Laval&#13;
premier évêque de Québec&#13;
Montigny-sur-Avre 30 avril 1623&#13;
t Québec 6 mai 1708&#13;
&#13;
.&#13;
Sans d_oute faut-il vo_ir dans ce geste posé alors par l'évêque de&#13;
Petrée une reponse aux exigences du Concile de Trente qui demandait&#13;
a~ec_insist~nc: à tous les évê?ues d'établ ir des sémi naires dans leur&#13;
d1ocese, afin d assurer aux pretres une formation adéquate et de per-&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
En fondant le Séminaire de Québec, Mgr de Laval nous laisse&#13;
découvrir la vigueur de son intelligence, la clairvoyance de son jugement et la profondeur de son sens apostol ique. Il n'est que de regarder&#13;
d'une façon un peu attentive les quelques grands principes qui président à cette fondation pour s'en convaincre.&#13;
Tout d'abord, François de Laval fait une grande place au détachement des biens temporels. «Le détachement est l'essentiel , écritil., C_'est en cela que consiste l'esprit de grâce qui soutient le&#13;
Sem,nalre.» Aussi bien, dans les règ lements qu 'i l donne à ses prêtres,&#13;
l'esprit de pauvreté y est-il en grand honneur. Chacun doit renoncer à&#13;
15&#13;
&#13;
�son bien propre pour constituer un fonds commun destiné à l'édification et au développement de l'institution et, surtout, au soutien des&#13;
paroisses et des missions disséminées sur tout le territoire confié à&#13;
l'autorité de l'évêque. C'est ainsi, dans le plus grand désintéressement, que tout le clergé est invité à vivre.&#13;
Dans la pensée de Mgr de Laval, le prêtre ne peut se dispenser&#13;
d'opérer une rupture avec l'esprit du monde pour autant que ce monde&#13;
se referme sur un horizon purement terrestre. Le prêtre, plus que tout&#13;
autre, doit être constamment en quête d'absolu. li doit s'attacher à des&#13;
valeurs supérieures et en inspirer toutes ses actions. Il doit faire connaître ces valeurs qui l'animent, les promouvoir et en être constamment le témoin. «Dans un monde où beaucoup se laissent prendre à&#13;
l'attrait des biens matériels, proclamait Jean-Paul Il au Sénégal en&#13;
1988, le prêtre, par la parole et par l'exemple d'une vie simple, doit attirer l'attention sur des valeurs plus élevées.» C'est, sans peine, ce&#13;
même souci que nous découvrons chez le premier évêque de Québec&#13;
au moment où il fonde son Séminaire. Il appartient au prêtre de faire&#13;
découvrir à son entourage l'existence d'une vie qui transcende la vie&#13;
terrestre. S'il ne peut se trouver étranger à la vie temporelle qu'il partage avec tous les hommes, le prêtre doit s'efforcer de la vivre avec&#13;
confiance pour la surélever; il doit l'assumer entièrement pour lui donner un sens.&#13;
Par ailleurs, l'intérêt que, dès sa jeunesse, François de Laval&#13;
porte aux missions et qu'il développera tout au cours de ses années&#13;
de formation sous la direction des Jésuites, permettra au vicaire apostolique de Nouvelle-France de donner à son Séminaire une orientation&#13;
nettement missionnaire.&#13;
C'est dans l'acte de fondation du Séminaire qu'on peut voir&#13;
l'évêque de Pétrée indiquer clairement sa volonté: «Nous désirons que&#13;
ce soit une continuelle école de vertu et un lieu de réserve d'où nous&#13;
puissions tirer des sujets pieux et capables pour les envoyer à toutes&#13;
rencontres et au besoin dans les paroisses et autres lieux du dit pays&#13;
afin d'y faire les fonctions curiales et autres auxquelles ils auront été&#13;
destinés.» Bertrand de la Tour, premier biographe de Mgr de Laval,&#13;
note, pour sa part, que le Séminaire ne se borne pas à former de bons&#13;
prêtres pour la colonie, mais qu'on y travaille aussi à former des missionnaires pour les Indiens,» ce qu'on a exécuté depuis avec succès&#13;
chez plusieurs nations entr'autres dans celles des Abénakis dans&#13;
!'Acadie, des Tamarois et des Illinois le long du Mississipi.»&#13;
Mgr de Laval voyait la conversion des indigènes de ce pays comme l'une de ses tâches essentielles. Au clergé qu'il entreprend de&#13;
former, il inculque donc un vigoureux esprit missionnaire. Ce faisant,&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
...&#13;
&#13;
il laisse transparaître le sens très aigu qu'il a de la vocation de l'Église&#13;
en même temps que du rôle particulier du prêtre. Le prêtre, c'est en&#13;
rapport avec la mission du Seigneur Jésus que, selon_ la plus pure&#13;
tradition théologique, François de Laval le comprend. Jesus est venu&#13;
sur la terre envoyé par Dieu son Père racheter tous les hommes, l~s&#13;
tirer de l'esclavage du péché et préparer leur sanctifi~atio~ pour les_ introduire finalement au bonheur du ciel. Il est venu ~et~blir en_tre ~1eu&#13;
et l'homme une intimité voulue dès le début de la creatIon, mais bnsée&#13;
par la faute originelle. C'est pourquoi, il manifester~ à l'endroi~ des&#13;
hommes et des femmes qu'il rencontrera un amour de~~rdant qui sera&#13;
le signe de celui de son Père. Que de gestes magnifiques,, que de&#13;
paroles pénétrantes, la Tradition chr~tien~e gar~era comme I expression d'une amitié et d'une affection 1ama1s égalees!&#13;
Le prêtre est l'instrument que le Christ s'est donné po~r ~ontinuer d'intervenir personnellement dans le monde, par son Eglise,&#13;
pour faire resplendir la foi dans l'intelli_gence des ho_mmes, pou~&#13;
dispenser conseil et réconfort à ceux qui s~uffrent_, q~I l~ttent, qu~&#13;
sont dans le doute et pour offrir la paix, le désir de voir Dieu a ceux qui&#13;
vont paraître devant lui.&#13;
François de Laval ne cessera jamais, durant toute sa vie de&#13;
prêtre et d'évêque, de donner l'exemple d'un hom~E; pé~étré de la&#13;
sublimité de sa tâche apostolique. Cette ardeur qui I habite ne peut&#13;
que stimuler ses prêtres et les amener à rép~ndre à leur vocation avec&#13;
une générosité et un enthousiasme sans faille.&#13;
Mgr de Laval apporte encore, au moment où il fonde le&#13;
Séminaire de Québec, le témoignage d'une foi inébranlable dans la&#13;
puissance de la prière. Avant d'être nommé ~icaire apo~toliq_ue en&#13;
Nouvelle-France, François de Laval a connu a Caen et a Pans des&#13;
associations où prêtres et laïcs se regroupaient pour prier et s'adonner à des activités de charité. Il demande donc à tout son clergé de&#13;
s'inspirer de ces exemples dont il a eu l'expérience en France, et il invite ses prêtres à se pénétrer de cet esprit de dévouement et de piété&#13;
dont il s'est lui-même nourri naguère. Le premier évêque de Québec&#13;
entretient la conviction que des âmes généreuses peuvent trouver&#13;
dans la fraternité de la prière et les encouragements réciproques une&#13;
force considérable, capable dèâéployer dans des initiatives apostoliques remarquables.&#13;
En plus de les amener à découvrir le courant extraordinaire d'intensité que la prière peut procurer à leurs actions, il veut encore, toujours par la prière, rattacher ses prêtres à une chaîne ~e frate~nit~&#13;
vivante avec le Séminaire des Missions Etrangères de Pans, les Jesu1tes de la Nouvelle-France, les prêtres de St-Sulpice de Montréal et&#13;
aussi avec des communautés religieuses féminines.&#13;
17&#13;
&#13;
�Maints observateurs de l'époque n'ont pas hésité à donner comme raison des rapides progrès que l'Église a connus en notre pays,&#13;
cette union parfaite entre l'évêque et son clergé. c•~st un souci d'entraide et un souffle de charité qui animent cette Eglise naissante.&#13;
C'est comme une pacte de solidarité spirituelle qui se forge entre&#13;
toutes ces âmes généreuses. François de Laval, par la vigueur de son&#13;
intelligence et la robustesse de sa foi, parvient ainsi à dresser un faisceau de foyers d'amour qui puisent leur vigueur dans le sein même de&#13;
Dieu.&#13;
Mgr de Laval, homme de vision, s'est préoccupé aussi de l'avenir&#13;
de l'Église dont il était le premier pasteur. Cinq ans après avoir fondé&#13;
le Séminaire de Québec, il érige un Petit Séminaire qui n'est pas encore en son temps une maison d'enseignement, mais un pensionnat&#13;
pour des jeunes qui peuvent envisager un jour de poursuivre des études théologiques afin d'accéder à la prêtrise. Au contact de prêtres&#13;
d'expérience, ces jeunes cherchent à découvrir leurs aptitudes, à&#13;
discerner l'appel de Dieu et à s'exercer à la prière. En assistant régulièrement aux offices de la cathédrale, en étant assidus à des exercices de piété, ces jeunes gens grandissent dans un climat propre à&#13;
faire mûrir en eux les germes de la vocation sacerdotale. Mgr de Laval&#13;
éprouve pour cette jeunesse une affection toute spéciale. On l'imagine aisément l'entretenant de l'étendue de ses tâches pastorales, de&#13;
son désir d'atteindre toujours plus profondément les âmes, de ses&#13;
espoirs de voir un jour cette fragile Église qu'on lui a confiée devenir&#13;
un arbre robuste déployant de puissants rameaux.&#13;
&#13;
gnage de B. de la Tour n'a rien pour étonne~ quand on ~e ,rappel_le la&#13;
généreuse attention manifestée par François de Laval a I endroit de&#13;
ses prêtres.&#13;
Dans ('oeuvre de Mgr de Laval, on ne sait ce qu'il faut admirer le&#13;
plus, du désintéressement héroïque dont il a donné l'exemple_, de~&#13;
intuitions magistrales qui imposent le respect ou de la sagesse inspirée par la sainteté qui lui ~ permis d~ m~!tre si habilemen_t en place&#13;
des oeuvres qui ont servi l'Eglise, part1cul1erement en ce qui concerne&#13;
la formation sacerdotale.&#13;
Le bienheureux François de Laval redit encore aujourd'hui_ à&#13;
tous les prêtres qu'ils sont les canaux de l'amour sauv~ur ~u Christ&#13;
dans le monde, qu'ils ont la mission de prolonger sa miséricorde et&#13;
qu'ils doivent chaque jour réfléter toujour~ un peu plus la douceur ?u&#13;
Seigneur Jésus qui a connu la compassion a la vue des foules inquiètes et épuisées.&#13;
Le bienheureux François de Laval rappelle encore à t~us les&#13;
chrétiens qu'ils sont pour une bonne part responsables de'? ~resen~e&#13;
de prêtres au milieu d'eux, qu'ils ont un rôle_ irrempl.~çab!e a Jouer a!m&#13;
qu'il y ait toujours des prêtres pour leur dire en s mspiran~ _d~ saint&#13;
Paul: 11Nous travaillons à votre joie, nous sommes les aux1l1a1res de&#13;
votre bonheur.»&#13;
Jacques Lemieux, prêtre&#13;
Séminaire de Québec&#13;
&#13;
François de Laval ne peut oublier la famille chrétienne quand il&#13;
se préoccupe de relève sacerdotale. Il sait très bien que c'est dans ce&#13;
milieu chaleureux que doit commencer l'expérience spirituelle. L'enfant est appelé à connaître Dieu et à l'aimer au contact de ses parents&#13;
en étant témoin de leur amour mutuel, en les voyant se prodiguer&#13;
autour de lui dans des gestes d'abnégation qui n'attendent pas d'être&#13;
payés de retour.&#13;
Grand dévot de la Sainte Famille, Mgr de Laval veut faire naître&#13;
dans la colonie un élan de ferveur envers la famille bénie de Nazareth.&#13;
Jésus, Marie et Joseph deviennent ainsi des modèles pour toutes les&#13;
familles de la Nouvelle-France. Pour implanter le christianisme en&#13;
notre pays et lui donner tous les moyens de se maintenir et de se&#13;
développer, François de Laval invite, dans un large mouvement de&#13;
solidarité, tous les fidèles de son diocèse à prier la Sainte Famille&#13;
pour lui demander que soit gardé intact et que soit transmis inlassablement l'héritage de la foi.&#13;
,,Jamais évêque n'a plus aimé son clergé, ni n'en a été plus tendrement aimé que Mgr de Laval. C'était un véritable père!» Ce témoi18&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
�POÈMES&#13;
Quand on lit la Bible, on pourrait penser que c'est la mentalité&#13;
orientale des auteurs inspirés qui explique leur recours si fréquent&#13;
aux images, aux figures de style, qui fait que même leur prose est&#13;
nourrie de poésie.&#13;
Pourquoi ne pas reconnaître simplement ce qu'ils nous redisent&#13;
sans le dire, pour peu qu'on les lise avec attention: que le Dieu qui les&#13;
inspire est celui qui sonde les reins et les coeurs, qui est le grand r~sponsable de l'immense trésor de vie qu'on trouve dans toute la ~reation - jusque dans les infiniment petits - et donc le seul et unique&#13;
expert capable de percevoir l'âme des choses et de trouver pour&#13;
l'exprimer l'harmonie des mots et des sons qui habite les poèmes.&#13;
Oui, le grand poète, c'est Dieu. Et c'est pourquoi la Bible e~t&#13;
remplie de poésie. Pas seulement le Cantique des Cantiques, mais&#13;
aussi les Psaumes, et le Livre des Proverbes et celui de la Sagesse, et&#13;
les oracles de tant de Prophètes qui, parlant au nom de Dieu et sous&#13;
son inspiration, émaillent leurs propos des parfums d'une Sagesse&#13;
éternelle étrangère à nos discours éphémères, en des mots chargés&#13;
de sève poétique.&#13;
Serait-ce ce qui expliquerait que tant de Saintes et de Saints ont&#13;
écrit des poèmes? Tant il est vrai que plus on s'approche de Dieu, plus&#13;
on a le goût de s'attacher à l'essentiel. Or c'est justement ce que cherche la poésie par sa forme d'écriture. Saint Bernard, saint François&#13;
d'Assise, sainte Thérèse d'Avila, saint Jean de la Croix, pour ne nommer&#13;
que ceux-là, nous ont laissé de nombreux et admirables cantiques. Et,&#13;
plus près de nous, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus s'est montrée, en&#13;
cette matière, d'une fécondité qui fait bien voir que ses poèmes étaient&#13;
des chants d'amour avant d'être des exercices spirituels. Des chants&#13;
d'amour où, chaque fois, sa «petite âme» essayait de balbutier des&#13;
choses au Dieu ineffable qui lui parlait au coeur.&#13;
Il a déjà été écrit que «pour exprimer l'essence de !'Éternité, il faut&#13;
d'abord renoncer au langage», tant il est vrai que nos mots, même nos&#13;
grands mots, sont plutôt accordés aux choses qui passent et que nous&#13;
tentons vainement de retenir. J'aime mieux suivre Claudel qui nous rappelle que la poésie favorise une approche du mystère: «Tu n'expliques&#13;
rien, ô poète, mais toutes choses par toi nous deviennent explicables».&#13;
C'est dans cet esprit qu'ont été écrits les sonnets qui suivent.&#13;
Les sujets peuvent varier. Chaque fois, l'intention est la même: lever&#13;
des voiles, percer des secrets, écouter des mystères ... pour grandir encore et monter toujours.&#13;
&#13;
Louis Aucoin, prêtre&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
..&#13;
&#13;
MARGUERITE&#13;
&#13;
D'YOUVILLE&#13;
&#13;
(1701 - 1771)&#13;
&#13;
- canonisée le 9 décembre 1990 -&#13;
&#13;
Pour résumer sa vie et chanter ses louanges,&#13;
Pas besoin de chercher ni très loin ni longtemps;&#13;
JI suffit de penser à nos saintes mamans&#13;
Au sourire si beau qu'il fait rêver les anges.&#13;
Digne de figurer au sein de la phalange&#13;
,&#13;
Des femmes au coeur d'or dont le grand devouement&#13;
Les porte à se pencher sur tous les dénuements&#13;
Sans pourtant jamais rien espérer en échange.&#13;
Marguerite d'Youville est de ces grandes dames.&#13;
C'est le Père Éternel, dont elle se réclame,&#13;
Qui dirige sa vie en ses nombreux détours.&#13;
Épouse, mère et veuve, elle achève la gamme&#13;
Au milieu de ses Soeurs, se donnant corps et ame&#13;
Aux pauvres du Seigneur, gourmands de son amour.&#13;
A&#13;
&#13;
«LA MOISSON EST ABONDANTE ... PRIEZ!»&#13;
JI a fallu sa mort et son réveil ensuite&#13;
Pour que vive l'Église, en triomphant du temps,&#13;
Au service du monde et de ses habitants&#13;
Menacés par le Mal que le Bien met en fuite.&#13;
Accomplissant le Bien, sans que rien ne l'ébruite,&#13;
Son Sacerdoce unique, en ses représentants,&#13;
Annonce à l'univers, souvent à contretemps,&#13;
Le saint message auquel il faudrait donner suite.&#13;
Or, ceux qui sont partis rejoindre leur Seigneur,&#13;
Dans la lumière qui baigne leur bonheur,&#13;
Voudraient bien que leur oeuvre en d'autres mains survive...&#13;
«Ô prêtres de toujours que la mort nous a pris,&#13;
Aux jeunes d'aujourd'hui, pour que Son Règne arrive,&#13;
Inspirez de vous suivre après avoir compris.»&#13;
21&#13;
&#13;
�MALGRÉ MES PORTES CLOSES&#13;
Tout en tout, tout en tous, le Dieu de notre foi,&#13;
Immobile moteur de tout ce qui remue,&#13;
Présent bien qu'invisible à notre courte vue,&#13;
Est l'âme de notre âme en lui donnant un MOI.&#13;
&#13;
«Oui, c'est bien son étoile, et nous l'avons bien vue!»&#13;
Arrivés d'Orient, après un long parcours,&#13;
Les trois Mages savants ne tenaient qu'un discours&#13;
Inspiré par la Foi dans sa forme ingénue.&#13;
&#13;
Mais ce Dieu tout-puissant, plus grand que tous les rois,&#13;
Délaissant son pouvoir que rien ne diminue,&#13;
Ne veut être qu'un Père en qui notre âme émue&#13;
Peut placer son espoir sans dénombrer les fois.&#13;
&#13;
«Oui, c'est bien son étoile, et sa lumière nue&#13;
Nous presse de trouver le Dieu de tout amour&#13;
Apportant l'Éternel au plus creux de nos jours,&#13;
Pour donner notre accord à sa douce venue».&#13;
&#13;
Ô Père que j'adore, en mon âme soumise,&#13;
Donne-moi de T'aimer comme font les enfants&#13;
Dont les élans du coeur n'ont rien qui paralyse.&#13;
&#13;
Mais qui donc leur a dit que c'était Son étoile,&#13;
Alors que dans le ciel, comme en mer tant de voiles,&#13;
Tant de petits points d'or scintillaient à l'envi?&#13;
&#13;
Et si jamais ma foi, reniant tant de choses,&#13;
En venait à sombrer... ne te lasse pourtant&#13;
De frapper à mon coeur, malgré mes portes closes.&#13;
&#13;
C'est qu'une autre lumière, à nulle autre pareille,&#13;
Transfigurant leur âme en quête d'infini,&#13;
Leur donnait de pouvoir découvrir des merveilles .••&#13;
&#13;
LE ROYAUME DES ENFANTS&#13;
À l'abri des soucis que connaissent les grands,&#13;
&#13;
GETHSEMANI&#13;
&#13;
Ouvrant leurs beaux yeux neufs, au seuil de l'existence,&#13;
On les voit s'ébaudir, en toutes circonstances,&#13;
Ignorant les dangers qui les guettent pourtant.&#13;
&#13;
Comment donc mesurer le poids de l'abandon&#13;
Dans une âme esseulée, au bord de la déroute,&#13;
Que nul ami ne vient, au détour de la route,&#13;
Consoler et aider de sa compassion?&#13;
&#13;
Un rien les émerveille, un rien leur donne tant.&#13;
Rayonnants de candeur et de belle innocence,&#13;
Les enfants de partout, sans qu'on les influence,&#13;
Témoignent d'un bonheur au pouvoir conquérant.&#13;
&#13;
Et quel nom donner à la déréliction&#13;
Que produit le rejet, le mépris ou le doute,&#13;
Quand on a soupesé tout le prix qu'il en coûte&#13;
Pour qu'un coeur fait pour battre en perde la raison?&#13;
&#13;
Songeait-JI au doux temps de sa prime jeunesse&#13;
Le Seigneur qui lançait cet appel de tendresse:&#13;
«Laissez venir à moi les tout-petits enfants... ».&#13;
&#13;
C'est à Gethsémani, comme en un sanctuaire,&#13;
Que l'angoisse d'un Dieu, suintant de mystère,&#13;
S'exprima J ace au Ciel en un cri douloureux.&#13;
&#13;
«Mon Royaume est pour eux et pour ceux que ma grâce&#13;
Aura conservés tels, en la suite des ans,&#13;
Malgré l'attrait du Mal et ses tristes impasses... ».&#13;
&#13;
Et la sueur de sang, empourprant la victime,&#13;
Proclama dans la nuit, en points rouges de Jeu,&#13;
Que l'amour fou de Dieu peut laver tous nos crimes ..&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
ÉPIPHANIE&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
�DÉRÉLICTION&#13;
Mais où ,donc les trouver, les apôtres craintifs,&#13;
Disparus dans la nuit de la Grande Agonie,&#13;
Quand leur Maître, en proie à toutes les avanies,&#13;
Se répand en prière aux forts accents plaintifs?&#13;
Du premier au dernier, en gestes instinctifs,&#13;
Ils avaient bien promis, sans que nul ne les prie,&#13;
De tenir jusqu'au bout, jusqu'à donner leur vie,&#13;
En témoignage ardent d'un amour exclusif.&#13;
Mais Jésus l'avait dit: «Ils frapperont le Pâtre,&#13;
Et toutes les brebis» - jusque-là près de l'âtre «s'éloigneront de lui», comme on fuit un brasier.&#13;
Car c'est bien ce qu'il est: un brasier, une flamme&#13;
Empruntée à l'Amour qu'Il est venu porter&#13;
Pour embraser un monde attiédi par /'Infâme.&#13;
&#13;
VIGILE&#13;
&#13;
DE&#13;
&#13;
PÂQUES&#13;
&#13;
C'est bien la fin de tout, comme celle d'un songe.&#13;
On avait espéré . .. d'espoirs toujours plus beaux . ..&#13;
Et voici que, soudain, les torches, les flambeaux&#13;
Éclairent une scène où le drame s'allonge.&#13;
Jésus est donc bien mort, et la peur qui les ronge&#13;
A poussé ses amis à tirer les rideaux&#13;
Sur la belle aventure et sur les grands travaux&#13;
Qu'un zèle débordant eût voulu qu'on prolonge.&#13;
&#13;
VIVE(S)&#13;
&#13;
FLAMME(S)&#13;
&#13;
(composée en pensant à l'expression chère à saint Jean de la Croix:&#13;
VIVE FLAMME D'AMOUR)&#13;
&#13;
Comme une vive flamme échappée au brasier,&#13;
La parole de Dieu, sans cesse «esprit et vie»,&#13;
Réveille des échos aux douces harmonies&#13;
Dans les coeurs généreux fidèles à prier.&#13;
Le Saint Esprit d'Amour, tout comme un tisonnier,&#13;
A vive cette flamme, au risque d'incendies,&#13;
À travers jours et nuits de joie ou d'acédie,&#13;
Dans le silence d'or qui fait tout oublier.&#13;
_ «Mais, Seigneur, pourquoi donc cette soif dévorante&#13;
Qui Te presse d'aimer, comme l'amant l'am"ante,&#13;
Ton humble créature aux élans paresseux?»&#13;
_ «Je me nomme l'AMOUR! ... C'est l'Amour qui réclame&#13;
Ces appels et ces dons, ces échanges de feu,&#13;
Se nourrissant toujours de mille vives flammes ... !&#13;
&#13;
C'est la douce Marie, au grand coeur transpercé,&#13;
Qui prendra la relève où d'autres ont flanché ...&#13;
En son âme bondit une grande espérance!&#13;
Et sa joie est plus vive en escomptant demain&#13;
Que son grand deuil d'hier aux sombres fulgurances&#13;
N'a pu ternir l'éclat de son regard serein.&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
Ce poème et les cinq suivants ont èté écrits à l'invitation de ma petite cousine carmélite qui, avec&#13;
ses compagnes du Carmel de Trois-Rivières, prépare présentement la célébration (en 199!) du 4e&#13;
Centenaire de la mort de saint Jean de la Croix.&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
�NUIT&#13;
&#13;
AMOU R&#13;
&#13;
INQU IET&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
« Vous avez pris mon coeur et je vous se11s si loin . .&#13;
&#13;
Comment donc voulez-vous que mon âme respire&#13;
Et que sur mon visage affleure le sourire&#13;
Quand mon regard vous cherche et ne vous trouve point?» 2&#13;
Ainsi la fiancée, esseulée en son coin,&#13;
S'épanche en écrivant ce qu'elle voudrait dire&#13;
À l'oreille et au coeur de celui qu'elle admire .&#13;
Sauf que l'éloignement l'en empêche en tous points.&#13;
- «Seigneur, à certains jours, c'est ainsi que mon lime,&#13;
Brûlant d'amour pour vous, redoute que sa flamme&#13;
Ne puisse Vous atteindre en votre Ciel lointain ... »&#13;
- «Mais mon Ciel est en toi, c'est en toi que Je t'aime!&#13;
Ne cherche pas au loin, )elle un oeil e11 toi-même:&#13;
Tu verras ma lumière ... et mon coeur ... et ma main!»&#13;
&#13;
J. Â l'instar de l'auteur du CANTIQU E DES CANTIQUES&#13;
ré de certains êléments de l'amou h&#13;
.&#13;
.,&#13;
• Jean de la Croix s'est souvent insp1•&#13;
C&#13;
è&#13;
d&#13;
r ~m~in pour uécrirc le~ cheminements de l'âme êprhe de&#13;
D 1eu.&#13;
c po me est c 1a meme msp1ra11on.&#13;
A&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
2. Éte 1918, maman, alors fiancée, étau très inquiète Son fiancé&#13;
.. •&#13;
•&#13;
.&#13;
au Camp de Valcarticr ci fîgur - . ,~ • d . •&#13;
.&#13;
• alors m1hta1rc, êtatl stauonné&#13;
ai 1 sur " 11s1e es prochains partants&#13;
.&#13;
Qu'adv(cndrait -il du mariage prévu pour mai&#13;
pour ou1rc-mer, au Iron!.&#13;
1919?&#13;
A ~on fiancé qui lui avai1 écrit pour la ras)urer mam·•n i&#13;
d •&#13;
•&#13;
,&#13;
q&#13;
r~pon ,111: «Comrneni voufc7.&#13;
vous que Je sms heureuse quand vous avez pri5 mou coeur&#13;
av~c&#13;
.&#13;
•1 •&#13;
,&#13;
.&#13;
.&#13;
~ vous et que vous ë1es 1na1111cnam s1 _oin ... ?,, C est le po1nl&#13;
de deparl de ce po~me.&#13;
Evidemment, l'11rmîstice de novembre 19l8 a tout arrong~. Le riancé n' ,&#13;
·&#13;
e1 le manage a eu lieu en mai 1919.&#13;
est pas paru • • •&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
...&#13;
&#13;
FÉCO NDE&#13;
&#13;
(composé en pensant à l'expression qui revient si souvent sous&#13;
la plume de Jean de la Croix lorsqu'il parle de la «nuit&#13;
obscure» des sens ou de l'esprit .. . nuit dans laquelle il faut&#13;
accepter d'être plongé pour bénéficier de grâces de choix.)&#13;
&#13;
C'est a11 creux d'une nuit silencieuse et nue,&#13;
Alors que tout dormait dans l'espoir d'un demain&#13;
Et que toLll s'estompait en des tons incertains,&#13;
Que ton Fils, ô mon Dieu, 11011s donna sa venue.&#13;
C'est au creux d'une nuit silencieuse et nue&#13;
Que, vainqueur de la mort au nom du genre humain,&#13;
Il conquit une gloire empruntée 011 divi11&#13;
Et promise à ses Saints en céleste ren11e.&#13;
- &lt;&lt;Faut-il croire, ô 111011 Die11, qu'il entre dans ton plan&#13;
Que tes dons les meilleurs, comme les diamants,&#13;
A ient besoin de la nuit pour naître sous les voiles?»&#13;
- «Bien compris, mon enfant; j'admire ra candeur.&#13;
Heureux, heureux es-tu de lire dans mon coeur&#13;
Que c'est toujo11rs la 1111it qu'on voit bien les étoiles!»&#13;
&#13;
PRIÈR E&#13;
&#13;
SILEN CIEU SE&#13;
&#13;
- ,&lt;Ce qu'il m'en faut, Seigneur, des mots pour Te parler .&#13;
Des mots de tous les jours et des mots du dimanclte&#13;
Empmntés à tes sain1s qui, dans leur robe blanche,&#13;
Poursuivent dans le Ciel leurs chants émerveÎ//és .&#13;
Il m'arrive parfois d 'érre triste à pleurer&#13;
Quand 111011 coeur atJiédi, comme 1111e porte étanche,&#13;
Ne sait comment s'ouvrir à ton coeur qui se penche&#13;
Pour déverser en moi le flot de ses bontés.»&#13;
- «Si tu tendais l'oreille au lieu d'ouvrir la bouche,&#13;
Ton âme vibrerait aux ineffables touches&#13;
De mon ~èle brûlam qui ve111 brûler encor .&#13;
Mon silence te parle et te dit mon mystère .&#13;
Donne-moi ton sile11ce et j'en ferai de l'or&#13;
Qui luira dans le ciel de ton âme légère ... »&#13;
27&#13;
&#13;
�CO EUR&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
A&#13;
&#13;
CO EUR&#13;
&#13;
- «De ton coeur à mon coeur si courte est la distance,&#13;
Depuis que, sur la Croix, en un geste éperdu,&#13;
J'ai payé le prix fort de mon sang répandu&#13;
Pour qu'enfi n sur le monde émerge /'Espérance.&#13;
le larron repentant témoigne à l'évidence&#13;
De ce secret d'amou r jusqu'alors inconnu:&#13;
MON PÈRE EST TOUT PARD ON! .. . et, si je suis venu,&#13;
C'est pour le dire à tous en toute connivence.»&#13;
- «De mon coeur à ton coeur je connais le chemin&#13;
Où Tu veux que je marche en te donnant la main;&#13;
Mais, Seigneur, Tu le sais, je me laisse séduire&#13;
Par tant d'appâts trompeurs, trop sournois et malins&#13;
Qui m'emp€chent d'aller oû Tu veux me conduire . .'.&#13;
Oh! Seigneur, prends mon coeur et mets-le dans le tien!»&#13;
&#13;
LA&#13;
&#13;
GR ÂC E&#13;
&#13;
D'U N&#13;
&#13;
SOU RIR E&#13;
&#13;
Quand la lumière naît pour un matin nouveau&#13;
Er que le soleil monte au-delà des nuages,&#13;
On sefrend à nourrir, d tous les niveaux d'âge,&#13;
Des reves de bonheur à ravir les oiseaux.&#13;
Er, pourtant, chaque jour défair son échevea u&#13;
D'; bon_ et ~e moin~ bon, effaçant les mirages&#13;
D ~n b1en-etre factice où les plus beaux visages&#13;
Voilent souvent du noir où l'âme est en lambeaux.&#13;
&#13;
REP OS - CO NTE MP LA TIO N&#13;
Reposant sur la plage, oubliant mes travaux,&#13;
Je me laisse envahir, Seigneur, par ta présence.&#13;
N'est-ce pas un effet de ta munificence&#13;
Qu 'on puisse se détendre en un décor si beau?&#13;
C'est le chant de la brise et celui des oiseaux .. .&#13;
C'est la beauté des fleurs aux suaves fragrances . . .&#13;
Et l'azur de ton ciel et la mer en mouvance&#13;
Sous ton ardent soleil qui luit comme im flambeau ...&#13;
Le monde était ainsi quand ta main le fit naître.&#13;
Or la Bible nous dit qu'admirant 10111 en Maître&#13;
Tu ne pus t'empêcher de trouver tout très bon.&#13;
Quand à mon tour, devant tant de beautés fécondes,&#13;
Mon regard s'extasie en un bonheur profond,&#13;
Je suis comme avec Toi quand Tu créas le monde.&#13;
&#13;
EN&#13;
&#13;
QU ÊTE&#13;
&#13;
DE&#13;
&#13;
PO ÉSI E&#13;
&#13;
C'est la rime qui mène ou bien est-ce l'idée?&#13;
Comment donc le savoir sans avoir fait l'essai&#13;
D'un quatrain sans r11ystère ou d'un sonnet parfait&#13;
À parrir du signal d'une feuille lignée?&#13;
li est vrai q11e, parfois, une image évoquée&#13;
Suscite dans l'esprit de splendides portraits&#13;
Dont on aime à tracer, en artistiques traits,&#13;
Les lignes et les points d'une figure aimée.&#13;
&#13;
Ton regard s'est porté sur ce que nous voyons·&#13;
Et ton âme innocente, où le bonheur éclate, '&#13;
&#13;
Souvent, ce sont les mots, dans leur simple appareil,&#13;
Qui suggèrent des sons à tant d'autres pareils&#13;
Dont la rencontre peut créer des harmonies . . .&#13;
&#13;
Restait toujours sereine, au-delà de nos dires.&#13;
Apprends-nous donc à tous l'importante leçon,&#13;
Et des riches viendront quémander ton sourire . . . »&#13;
&#13;
Au fait, comme nt boucler ce sonnet sans rarder?&#13;
Deux lignes à remplir et la tâche est fin ie . . .&#13;
Foin d'idées et de mots, je n'ai pl11s qu'à signer!&#13;
&#13;
- «ô Marie, autrefois, sur notre terre ingrate,&#13;
&#13;
Louis Aucoin , prêtre&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
�Ces élus que j'aime à regarder&#13;
tel ce Jérôme Le Royer,&#13;
LE ROYER DE LA DAUVERSIÈ RE,&#13;
père de famille,&#13;
fondateur d'une communauté de filles,&#13;
de filles Hospitalières&#13;
comme on n'en voit guère.&#13;
&#13;
EN PRÉPARANT&#13;
1992 ...&#13;
1&#13;
&#13;
'I&#13;
&#13;
Sceau armorié de la Société de NotreDame de Montréal exécuté vers 1650. Il&#13;
authentiqua les actes officiels des seigneurs-!ondateurs.&#13;
&#13;
Des Jérôme,&#13;
il y en a bien peu chez les hommes&#13;
qui, en un jour de Chandeleur,&#13;
se sont donnés à moi de tout leur coeur.&#13;
Il y en a bien peu chez les hommes&#13;
qui, à mon appel, ne se demandent pas&#13;
si j'ai du sens ou si je n'en ai pas.&#13;
Quand je songe à Ville-Marie, dit Dieu,&#13;
Je regarde dans mon paradis.&#13;
Je pense à mes amis du paradis,&#13;
à PAUL DE CHO MEDE Y,&#13;
le véritable «Chevalier&#13;
de la Chambre de la Reine des Anges».&#13;
Oui, Chevalier véritable&#13;
qui joua cartes sur table.&#13;
. Je connais bie~ des célibataires,&#13;
moi qm d'un regard embrasse toute la terre.&#13;
Je connais bien des célibataires qui vivent dans le monde&#13;
mais j'en connais bien peu, sur mon âme,&#13;
qui ne font la cour qu'à Notre-Dame.&#13;
Ah! le magnanime CHOMEDEY DE MAISONNEU VE!&#13;
C'est bien lui qui pourrait refaire une Histoire toute neuve,&#13;
une Histoire du Canada&#13;
d'où l'on ne supprimerait pas ceux-là qui ont fait le Canada.&#13;
&#13;
QUAND DIEU SONGE À VILLE-MA RIE&#13;
(Réflexions . .. un peu à la manière de Péguy)&#13;
Quand je songe à cette ville, dit Dieu,&#13;
quand je songe à Ville-Marie,&#13;
il est vrai qu'il faut dire aujourd'hui Montréal,&#13;
mais je me demande pourquoi.&#13;
Est-ce plus royal?&#13;
Ville-Marie!&#13;
Ce nom faisait si bel écho dans mon paradis.&#13;
Quand donc je songe à Ville-Marie,&#13;
pas au Montréal d'aujourd'hui ,&#13;
Je pense à regarder dans les rangs des élus de mon royaume&#13;
où je trouve la fleur de Ville-Marie, en somme.&#13;
Car je vous le demande, dit Dieu, que serait Ville-Marie&#13;
sans ces élus de mon paradis? .&#13;
Montrlal v11t• dt nit Stt•Hll,nt vtrs 1190.&#13;
C." éi:lise paroissiale&#13;
&#13;
t&#13;
&#13;
LC'.&lt; Jù11irrs&#13;
LA Congrégation&#13;
&#13;
c.·H,iref-Die~ ~&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
l'ointe-d-Cul/l~res&#13;
&#13;
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&#13;
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&#13;
31&#13;
&#13;
�Mais Chomedey, vrai fils de l'Église,&#13;
serait-il resté sans mon Église?&#13;
Il serait parti,&#13;
Je vous le dis.&#13;
Sans mes JÉSUITES réputés si casuistes,&#13;
mais qui sont apôtres avant d'être casuistes.&#13;
Oui, qu'aurait fait Chomedey&#13;
le matin du dix-huit mai?&#13;
Sans Vimont&#13;
au pied du Mont&#13;
pour dire la messe aux quatre vents du ciel,&#13;
sous mon regard, à moi, l'Éternel.&#13;
Qu'aurait fait Ville-Marie&#13;
sans mes JÉSU ITES,&#13;
aux premiers jours tragiques?&#13;
Sans mes Jésuites obéissants&#13;
jusqu'à verser leur sang?&#13;
Tenez ... j'en vois ici&#13;
dans mon paradis:&#13;
J ogues, Btéboeuf et Lalemant&#13;
et bien d'autres du Canada.&#13;
Des martyrs, des missionnaires comme il n'y en a pas.&#13;
Et quand, de Ville-Marie,&#13;
Pijart, le dernier, est parti,&#13;
Je vous le dis,&#13;
c'était encor AD MAJOREM GLORlAM DEI.&#13;
Et que serait Ville-Marie&#13;
sans Jean-Jacques Olier?&#13;
Que serait Ville-Marie sans les SULPICIENS du mystique Olier?&#13;
Je les ai tous vus à Notre-Dame,&#13;
à la Montagne,&#13;
chez les Françajs,&#13;
chez les Iroquois.&#13;
Ah ! mes chers Sulpiciens!&#13;
En ont-ils fondé des paroisses et formé de vrais paroissiens!&#13;
(1s sont de sages prédkateurs&#13;
mais ils n'ont pas rêvé d'être prédicateurs.&#13;
lis sont de doctes professeurs&#13;
mais ils ne cherchent pas les chaires de professeurs&#13;
Ce qu'ils sont,&#13;
•&#13;
et ils le sont pour de bon,&#13;
ce sont des directeurs, des formateurs&#13;
de vrais formateurs de prêtres;'&#13;
en cela, ils sont passés maîtres.&#13;
32&#13;
&#13;
Et je n'ai pas fini, dit Dieu, de revoir Vi~le-Marie&#13;
quand je regarde dans mon paradis.&#13;
Ville-Marie, c'est aussi MARGUERITE BOUROEOYS,&#13;
la fille du maître-chandelier de Troyes.&#13;
Pour celle-là, j'ai un faible, dit Dieu.&#13;
C'est un peu comme pour l'autre Marguerite,&#13;
la propre Marguerite de Ville-Marie,&#13;
Marguerite d'Youville.&#13;
Ces deux Marguerite avec leur coeur innombrable&#13;
me font tellement penser à la Mère de mon Fils, la Mère Admirable.&#13;
Oui, pour MARGUERITE BOURGEOYS,&#13;
J'ai un faible, ma foi.&#13;
Savez-vous ce que c'est que la faiblesse d'un Dieu?&#13;
Ça commence à Bethléem.&#13;
Marguerite, l'institutrice, elle aussi commence à Bethléem&#13;
avec son étable-école.&#13;
Là, elle n'avait ni sou ni maille&#13;
si semblable à mon Fils sur la paille.&#13;
Savez-vous ce que c'est que la fo rce d'un Dieu?&#13;
Elle va jusqu'à prendre la croix, jusqu'à porter la croix.&#13;
Marguerite, elle aussi a épousé la croix.&#13;
Marguerite de Troyes, née le vendredi saint,&#13;
s'est mesurée à la Croix&#13;
de toute la grandeur de sa foi.&#13;
Savez-vous ce que c' est que l'amour d'un Dieu?&#13;
Il a vaincu la mort.&#13;
Marguerite a tellement aimé le prochain&#13;
qu'elle a donné sa vie pour Catherine. la petite soeur ùt' ril:n.&#13;
Tellement aimé, qu'elle en est morte.&#13;
Y en a-t-il beaucoup qui meurent de la sorte?&#13;
Mais, qu'est-ce que je dis? .&#13;
Marguerite n'est pas morte. Elle vit.&#13;
Elle vit dans ses filles,&#13;
les Filles de Notre-Dame.&#13;
Elles sont bien quatre mille 1&#13;
dont l'âme&#13;
est tournée vers Notre-Dame;&#13;
quatre mille pour des milliers d'enfants.&#13;
Mais moi qui suis Dieu, je vous le dis,&#13;
ce que je trouve si beau dans Marguerite&#13;
que je voudrais qu'on imite,&#13;
c'est d'avoir formé des femmes pour les maris,&#13;
des mères pour les enfants,&#13;
des saints pour le paradis.&#13;
33&#13;
&#13;
�Je n'en reviens pas d'étonnement .&#13;
En finirai-je, dit Dieu, de regarder dans mon paradis&#13;
en pensant à Ville-Marie?&#13;
Chaque fois que j'y promène mon re~ard,&#13;
.&#13;
.&#13;
Je n'en finis plus de découvrir ces apotres des premiers Jours,&#13;
des premiers jours de Ville-Marie,&#13;
qui se sont laissé prendre aux filets de mon amour.&#13;
Voici l'intrépide Jeanne&#13;
JEANNE MANCE de Langres en Champagne.&#13;
Elle est là tout près de sa compagne,&#13;
là avec Marguerite Bourgeoys&#13;
dans le pan du manteau de Notre-Dame.&#13;
Près de Marguerite d'Youville aussi&#13;
qui les a connues en paradis.&#13;
Les deux Marguerite rayonnent sous leur auréole.&#13;
Mais au front de Jeanne l'intrépide&#13;
Je ne vois qu'une lueur timide.&#13;
Je pourrais bien moi, dit Dieu, moi dont la puissance&#13;
allume des milliards de soleils dans l'univers immense,&#13;
Je pourrais bien lui mettre une auréole&#13;
même en mettre trois:&#13;
celle de l'amour, de l'espérance et de la foi.&#13;
Mais j'attends que l'armée blanche&#13;
des soeurs de Jeanne me le demande.&#13;
J'attends.&#13;
On a toujours le temps de patienter&#13;
quand on a l'éternité.&#13;
Sans Jeanne Mance l'intrépide&#13;
presque cachée dans le manteau de Marie, son guide,&#13;
pas de Ville-Marie bien sûr.&#13;
Aujourd'hui&#13;
pas de Ville-Marie,&#13;
Je vous le jure.&#13;
Sans Jeanne Mance, l'infirmière&#13;
qui mobilisa de France, même mes Hospitalières&#13;
Moreau, De Brésoles et Macé&#13;
pour l'Oeuvre qu'elle avait commencée.&#13;
Cette Jeanne Mance, dit Dieu,&#13;
qu'elle est bien fille de France!&#13;
Une apôtre sans pareille&#13;
qui ne revient pas sur le don de la veille.&#13;
Une brave fille sans mari à ses côtés,&#13;
une sainte fille sans lien de Communauté.&#13;
&#13;
34&#13;
&#13;
J'en ai bien vu des infirmières . .&#13;
penchées sur toutes les m1seres.&#13;
Si j'en ai vu! ... passer des nuits&#13;
seules auprès d'un lit,&#13;
d'un lit où criait la souffrance&#13;
sans espoir de délivrance.&#13;
Mais des infirmières comme Jeanne Mance,&#13;
dit Dieu, c'est plutôt rare.&#13;
, .&#13;
Des infirmières qui vivent dans la plemtude&#13;
de la solitude,&#13;
des infirmières vêtues de fermeté,&#13;
de tendresse et de charité,&#13;
qui n'attendent rien de la terre&#13;
sinon pour vêtir la misère.&#13;
Qui n'attendent rien des grands&#13;
sinon pour soulager les souffrants.&#13;
Des infirmières qui consentent à l'exil&#13;
au risque du plus grand péril:&#13;
Péril des longs et durs voyages&#13;
en des coques battues par l'o~age.&#13;
Périls des jours cinglés de fr~id.&#13;
Périls du tortionnaire Iroqu01s.&#13;
Péril de l'ingratitude&#13;
et de la solitude&#13;
dans sa plénitude.&#13;
Je ne connais pas beaucoup d'infirmières, dit Dieu,&#13;
qui mettent leur gloire&#13;
et leur devoir&#13;
à se faire marraine de petits Indiens&#13;
au moins vingt-neuf fois,&#13;
et marraine de petits Français&#13;
la quarantaine de fois.&#13;
Jeanne a fait cela, elle, JEANNE MANCE,&#13;
comme si c'était naturel.&#13;
Elle a vécu plus de trente ans là,&#13;
dans la Ville-Marie du Canada,&#13;
plus de trente ans des heures mortelles&#13;
comme si c'était naturel&#13;
avec un coeur virginal et maternel.&#13;
Mais moi, dit Dieu,&#13;
moi qui connais l'âme de la femme&#13;
qui tremble comme un peuplier-tremble&#13;
au moindre frôlement d'âme,&#13;
Je vous le dis, ça me dépasserait,&#13;
35&#13;
&#13;
�si je n'étais pas Dieu,&#13;
de revoir une infirmière&#13;
refaire la route de Jeanne Mance,&#13;
la refaire&#13;
comme si c'était naturel.&#13;
&#13;
Quelques notes&#13;
&#13;
Mais moi, dit Dieu, moi qui connais tout dans ma prescience&#13;
Je vous dis, pour Jeanne Mance&#13;
'&#13;
ce n'était pas naturel.&#13;
Elle a fait cela à cause de l'Amour&#13;
à cause de la petite Espérance&#13;
à cause de sa Foi&#13;
en Moi.&#13;
Marie Barbier&#13;
Montréal, mai, mil neuf cent soixante-deux&#13;
&#13;
SUR LA CROIX DU MONT-ROYAL&#13;
C'est la Société St-Jean-Baptiste (société nationale&#13;
vouée à la promotion et à la défense des causes des&#13;
Canadiens-français) qui l'a fait ériger au sommet du MontRoyal.&#13;
Lors de la célébration de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin&#13;
1874, en l'église Notre-Dame, un certain abbé Alexandre-Marie&#13;
Deschamps avait émis le voeu qu'une croix soit érigée au sommet du Mont-Royal, en mémoire de la plantation d'une croix&#13;
par Jacques Cartier, à Gaspé, en 1534, et d'une autre croix par&#13;
Maisonneuve, à Montréal, en 1643. (Une grave inondation&#13;
menaçait Montréal à peine fondée (1642); M. de Maisonneuve&#13;
fit alors le voeu de planter une croix au sommet du Mont-Royal&#13;
si les eaux se retiraient.)&#13;
Mais ce n'est qu'en 1924 que le pieux désir se réalisa.&#13;
Mise en chantier le 16 mai 1924 - bénédiction officielle des&#13;
travaux le 24 juin 1924 - achèvement des travaux et première&#13;
illumination de la croix en la veille de Noël, le 24 décembre&#13;
1924.&#13;
Cette croix a 100 pieds de hauteur (dont 40 pieds de&#13;
base), 8 pieds de largeur et l'envergure des deux bras est de 32&#13;
pieds.&#13;
Elle pèse 26 tonnes, se composant de 1830 pièces de&#13;
métal reliées par 6376 boulons et rivets. C'est un prêtre sulpicien d'origine française, M. Pierre Dupaigne, qui en a exécuté&#13;
les plans et devis.&#13;
Cette croix est illuminée tous les soirs (240 lampes de 75&#13;
watts à tous les deux pieds - 120 lampes sur chaque façade);&#13;
durant la Semaine Sainte, on place des ampoules de couleur&#13;
violette.&#13;
Cette croix est à 820 pieds au-dessus du niveau du&#13;
fleuve.&#13;
&#13;
I. On l'aura noté: ce texte est de 1962. La réalité actuelle est di'ff'&#13;
. ·1&#13;
•&#13;
d' un service&#13;
• ecclésial.&#13;
.&#13;
erente mais i&#13;
s' agi·t t ouJours&#13;
36&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
Louis Aucoin, prêtre&#13;
&#13;
37&#13;
&#13;
�qu'elle acquit dans sa ville natale, Jeanne Mance la transporte à VilleMarie spécialem ent à la faveur de son implication dans la direction et&#13;
l'administr ation, qui surprend chez. une femme de son temps.&#13;
&#13;
Jeanne&#13;
Mance&#13;
L'APÔTRE&#13;
DU&#13;
SERVIC E PUBLIC&#13;
D'habitude on se représente&#13;
Jeanne Mance avec un uniforme&#13;
d'infirmière bien spécial. Elle&#13;
'fut, en effet , une infirmière de&#13;
.&#13;
.&#13;
, . .&#13;
profession, et plus encore, une&#13;
directrice d hop1tal. Pourtant, ce n'est pas par cet aspect de sa vie que&#13;
no~s commenc~rons notre méditation historique, mais par un autre&#13;
main~ connu qui me semble comporter des leçons qui nous attacheront a elle, plus peut-être que son rôle auprès des malades.&#13;
. Jea~ne Mance a passé une grande partie de son existence sur fa&#13;
scen_e pol1tlq~e, en un sens, elle fut une grande chrétienne de la vie&#13;
p~bl!que. , V~1là .qui devrait la rendre chère à plusieurs femmes&#13;
d a_uJourd h~1 qui ont pris à tàche d'établir la femme moderne sur la&#13;
SCf_:ne publ_1qu_e,_ pour y exercer un rôle qu'elle seule peut remplir:&#13;
a~o~r~ des interets de l' enfance, de la famille, de la paix, qu'un coeur&#13;
fem1nin c~m~rend et _embrasse d'instinct. Ce mouvemen t est bienvenu par_1_Eglise. Plusieurs qui le propagent avec ardeur ont la volon té&#13;
de le vlv1f1 er par l'esprit chrétien.&#13;
c :est à ces apôtres que Jeanne Mance apporte un encouragement, recon fort d'autant plus grand que son exemp le leur causera certai~ement u~e su_rprise. _ca_r ~ien peu de personnes soupçonne nt&#13;
qu elle a Joue un r?le public a Ville-Marie . Elle y fut préparée de bonne&#13;
heur~_ dans s~ ville natale, Langres, où elle a passé ses trente&#13;
prem1eres annees. Formation reçue par son rôle de soe&#13;
• • d&#13;
une famïl&#13;
b&#13;
ur a,nee ans&#13;
1 _e nom reuse; de son initiation au travail futur&#13;
d'in firmière&#13;
pa: les soins qu 'elle donnait, avec bien d'autres, aux blessés que fai~a1e_nt les guerr~s _nombreus~s-dont Langres fut si souvent le centre et&#13;
1 enieu et aux v1ct1mes des ep1démies. La formation à la vie publ ique&#13;
38&#13;
&#13;
IL&#13;
&#13;
Choi sie par le grand initiateur du projet de Montréal, Jérôme Le&#13;
Royer de La Dauversièr e, pour être son bras droit, Jeanne s'impose de&#13;
bonne heure par ses qualités de chef et d'administ ratrice. Tout naturellement, c'est elle qui prendra la tête du petit groupe de colons qui&#13;
hiverne à Si ll ery en attendant le moment de monter à Montréal. Une&#13;
fois les premiers travaux d'installati on achevés, Ville-Marie se donne&#13;
un conseil où siège, a côté de Classe, de Le Moyne, Jeanne Mance en&#13;
qualité de uminist re» des finances et des affaires matérielles ,&#13;
première ass istante du gouverneu r le Sieur de Maisonneu ve. En 1651_,&#13;
elle sauve la colonie qui succombe sous les coups des Iroquois. A&#13;
deux autres reprises, les sages décisions qu 'elle prendra assureront la&#13;
survie de Ville-Marie .&#13;
Par toute cette activité, Jeanne Mance se rend bien sympathiqu e&#13;
aux femmes d 'affaires et de vie publique d'aujourd'h ui, en les encourageant par son exemple à rester elles-mêm es, à garder et à cultiver&#13;
leurs quali tés féminines qui ne nuiront pas à leur valeur et â leur efficaci té, bien au contraire! L'ascenda nt exceptionn el de Jeanne était réel,&#13;
comme le prouvent toutes ces grandes dames de 50n temps qui se&#13;
disputaien t sa présence dans leur salon afin de jouir de sa conversation si intéressan te sur les événemen ts et les aspirations de son projet missionna ire en Nouvelle-F rance. La plus célèbre d'entre elles fut&#13;
la reine Anne d'Autriche .&#13;
Il nous faut chercher les motivation s de cette ardeur de Jeanne,&#13;
pour bien en saisi r l'esprit et en tirer le plus grand profit. Sans doute, il&#13;
y avait chez elle, si intelligent e et si réaliste, une vive conscienc e de&#13;
ses dons et de son influence. Elle n'était pas timorée et surtout elle&#13;
avait le sens de ses responsab ilités chrétienne s et missionna i res qui&#13;
la poussait à exploiter ces avantages pour l'extension d u règne du&#13;
Christ. Et nous touchons ici aux motifs profonds qui inspiraient sa vie&#13;
publique, comme toute son existence. Elle s'était donnée corps et&#13;
âme à cette entreprise apostoliqu e en l'honneur de Notre-Dam e et&#13;
entendai t bien exploiter à fond tout ce qui pourrait en aider la cause.&#13;
Comment ne pas reconnaitr e dans cette motivation si noble un attrait&#13;
de plus qui lui attachera le coeur des femmes apôtres dont notre&#13;
société a si grand besoin et qui trouveron t en Jeanne Mance une inspirat ion et un modèle.&#13;
Notes inédites du Père Émile Gervais, s.j. (1979)&#13;
&#13;
39&#13;
&#13;
�CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN&#13;
(1632 - 1668)&#13;
De tous les co-fondateurs de l'Église canadienne, Catherine de SaintAugustin est sûrement la moins connue d'entre eux au pays.&#13;
Humble religieuse dans son cloître et hospitalière auprès des pauvres et&#13;
des malades, son souvenir s'est perpétué dans sa famille religieuse mais n'a&#13;
pu, à l'instar des Marguerite Bourgeoys et Marie de l'Incarnation, bénéficier de&#13;
la diffusion plus facile en milieu d'éducation, tout au long des décennies&#13;
depuis l'époque héroïque des fondations des hôpita_ux et maisons·d'éducation&#13;
aux XVIIe et XV/lie siècles.&#13;
Sa béatification à Rome le 23 avril 1989 a heureusement permis sa sortie&#13;
de l'ombre, mais l'événement passé, le public en général sait peu ou pas du&#13;
tout qui était Marie-Catherine de Saint-Augustin.&#13;
&#13;
SUR LES PAS DE&#13;
CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN&#13;
C'est en Normandie le 28 juin 1987 qu'une délégation canadienne du «SOUVENIR NORMAND» est sensibilisée au devenir des&#13;
immeubles datant du XVIIe siècle, époque toujours vivante dans la&#13;
mémoire collective des Québécois, et abritant depuis plus de 300 ans,&#13;
la communauté des Augustines de !'Hôtel-Dieu de Bayeux.&#13;
(De ce monastère, est partie vers le Canada en 1648,&#13;
Soeur Catherine Simon de Longpré, où elle devait&#13;
s'éteindre vingt ans plus tard, sous le nom de Mère&#13;
Catherine de Saint-Augustin.)&#13;
&#13;
Dès le 4 juillet, une supplique conduite par la supérieure du&#13;
Vieux Monastère de !'Hôtel-Dieu de Québec, appuyée par de nombreux «amis canadiens» est adressée au Préfet de Caën pour la Sauvegarde et_ le_ ~lasseme~t, en qualité de monument historique, du bâtiment pre-c1te. Au mots d'octobre suivant, ce dernier recommande le&#13;
classement intérieur et extérieur à la suite d'une visite au Monastère&#13;
de Bayeux. Le 9 mai 1988, un courrier de la Préfecture du Calvados&#13;
vient co~firme~ que le &lt;~caractère de ce dernier sera définitivement&#13;
conserve». Enfin, le 27 decembre 1989, un arrêté de la Direction régionale des Affaires Culturelles de la Préfecture de Région Basse Normandie, porte l'ancien Hôtel-Dieu de Bayeux sur l'inventaire des&#13;
Monuments historiques.&#13;
40&#13;
&#13;
Une page d'histoire venait d'être signée!&#13;
Simultanément, le procès de Béatification de Marie-Catherine&#13;
de Saint-Augustin suit son cours au Vatican. Bayeux se souvient de sa&#13;
jeune missionnaire et souhaite un partage des rel!ques à la gloi~e de la&#13;
future Bienheureuse. Un «humérus» conserve au Monastere de&#13;
Québec déposé dans un reliquaire, copie exacte de ('oeuvre de Noël&#13;
LEVASSEUR (1717) est généreusement offert au Monastère de&#13;
Bayeux. Le transfert de la relique coïncide avec la Béatification de&#13;
Catherine de Saint-Augustin à Rome le 23 avril 1989.&#13;
La sauvegarde du Monastère étant assurée, une relique insigne&#13;
déposée dans la Chapelle des Augustines, le temps est venu de doter&#13;
la Ville de Bayeux d'une présence publique de sa nouvelle protectrice.&#13;
Un monument (statue en bronze deux mètres) de Catherine de SaintAugustin, oeuvre du sculpteur montréalais Jules LASALLE, sera inauguré dans le jardin du Palais de Justice le 27 septembre 1990. Offert&#13;
avec la générosité des Canadiens, ce témoignage rappellera le&#13;
souvenir de cette jeune Normande, professe de Bayeux, missionnaire&#13;
au Canada et reconnue l'une des co-fondatrices de l'Église canadienne.&#13;
&#13;
CRÉATION D'UNE STATUE EN BRONZE&#13;
Au mois d'août 1989, un jeune sculpteur québécois de 32 ans,&#13;
Jules Lasalle, né dans la région de Lanaudière et professant à Montréal, accepte de modeler une maquette de 20 cm de hauteur, en hommage à Catherine de Saint-Augustin, béatifiée à Rome le 23 avril&#13;
précécent, par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul Il.&#13;
Au crédit du jeune artiste, une «Marguerite Bourgeoys», fondatrice des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, installée depuis quatre ans dans les jardins du Vieux Palais de Justice de&#13;
Montréal, par les soins des autorités municipales.&#13;
Le 21 septembre 1989, Jules LaSalle remet la maquette qui sera&#13;
soumise au Maire de la Ville de Bayeux, qui l'accepte au nom de ses&#13;
concitoyens; il est convenu que la statue de bronze de deux mètres de&#13;
hauteur, sera érigée dans les jardins du Palais de Justice en septembre 1990. Coïncidence ... !&#13;
4 décembre suivant, l'inspecteur général des Institutions financières du Gouvernement du Québec, accorde à l'Association des Amis&#13;
de la Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin Québec-Bayeux, des&#13;
Lettres Patentes selon la Loi sur les Compagnies afin de permettre&#13;
une cueillette de fonds qui assurera le coût du projet. En mars, le Ser41&#13;
&#13;
�vice des dons de charité du Revenu-Canada autoriser a d'émettre des&#13;
reçus pour fins d'impôt.&#13;
Le 20 mars 1990, un contrat de fabricatio n du monume nt est&#13;
signé entre l'artiste et Arthur et Denise Pépin, qui en suivront la réalisation de près. Le 2 mai, les trois phases: glaise, moule et cire sont terminées et acceptées. La statue en cire sera expédiée à Toronto où elle&#13;
sera coulée en bronze, et nous sera remise le 15 août pour être érigée&#13;
à Bayeux le 27 septembre. Mais avant de partir ... elle sera présenté e&#13;
aux Canadiens ... à la chapelle du Bon-Pasteur, à Montréal et chez les&#13;
Augustin es, à Québec.&#13;
HOMMAGE à CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN&#13;
Le 27 septembre dernier, une messe d'action de grâce était&#13;
célébrée par Mgr Pierre Pican, l'évêque de Bayeux-Lisieux, dans la&#13;
chapelle du Monastère où s'étaient réunies près de 300 personnes,&#13;
amies de la communa uté, dont une soixantai ne d'August ines de la&#13;
Fédération française, une quaranta ine de prêtres, religieux et&#13;
religieuses, M. le Sous-Préfet, M. le Maire et les édiles municipa ux et&#13;
d'autres personna lités civiles et religieuse s du diocèse.&#13;
Cette célébratio n eucharist ique précédai t le dévoilem ent de la&#13;
Plaque rebaptisant la Place de Nesmond en Place de Québec par M. le&#13;
Maire et Mme Pepin, suivi du dévoilem ent de la statue de Catherine de&#13;
Saint-Aug ustin par M. Le Carpentie r et M. Pepin qui, avec son épouse,&#13;
fut à l'origine de son installatio n.&#13;
Avec une grande fierté et une émotion évidente, Madame Pepin&#13;
l'a ensuite offerte à la Ville de Bayeux aux noms du «Souvenir Normand, Section canadienne» et de «l'Associ ation des Amis de la&#13;
Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin, Québec-Bayeux».&#13;
La bénédicti on de la statue par Mgr Pican, accompagnée d'action de grâces, termina la cérémonie avec le dépôt de gerbes par M. le&#13;
Maire au nom de la Ville de Bayeux, par Mère Yvonne de Jésus,&#13;
Supérieure générale de la Fédération française et par M. Pepin pour la&#13;
Fédération canadienne des Augustin es de la Miséricor de de Jésus.&#13;
Peu après, à l'Hôtel de ville, dans un silence recueilli, les invités&#13;
écoutaien t M. Le Carpentier évoquer le retour de Catherine dans sa&#13;
ville de Bayeux:&#13;
Elle nous est revenue après une longue absence,&#13;
cette petite soeur de charité,&#13;
dorénavant auréolée d'une gloire éternelle.&#13;
Dès son plus jeune âge, elle avait en elle l'étoffe&#13;
dont se font les saintes.&#13;
&#13;
42&#13;
&#13;
Elle était, déjà, telle qu'on la trouvera toute sa vie:&#13;
.&#13;
âme profonde aux élans violents, capable, sous u~ as~ect fragile&#13;
d'une fermeté virile, avec une attention toute part1cu/Jere&#13;
à la vie quotidienn e des plus humbles&#13;
et une toi intenséme nt vécue.&#13;
Protectric e du Canada, nous ne doutons pas que notre région&#13;
et notre ville soient aussi chères à son coeur et à ses pensées.&#13;
La Communa uté des Augustine s de Bayeux a réservé&#13;
à l'entrée du choeur de sa chapelle,&#13;
.&#13;
e place d'honneur au reliquaire offert par la Ville de Bayeux&#13;
u:i conserve pieuseme nt un ossement de la Bienheureuse,&#13;
:récieux don de la Communa uté des Augustine s de Québec.&#13;
Aujourd'h ui, nous nous sommes réunis, en cette Place de Québec&#13;
à Bayeux,&#13;
pour dévoiler une statue de bronze,&#13;
oeuvre du sculpteur montréala is Jules Lasalle, .&#13;
.&#13;
en hommage à la bienheure use «Catherine de Samt-Augustm»,&#13;
missionna ire au Québec de 1648 à 1668.&#13;
oeuvre remarqua ble par la pureté et /'harmonie des lignes,&#13;
la finesse du visage à l'ovale parfait,&#13;
le mouveme nt des plis du costume et la délicatess e&#13;
e! le délié des mains, la grâce éthérée qui se dégage&#13;
..&#13;
de ce bronze nous tait oublier le poids et l'inertie de la mat1ere •••&#13;
cette statue semble vivante&#13;
et l'espace d'un instant, j'ai pu croire que les plis de la robe&#13;
frémissaie nt au souffle du vent,&#13;
que tes mains admirable s esquissai ent un geste&#13;
et que Catherine de Saint-Aug ustin me souriait ...&#13;
Mais peut-être n'était-ce qu'une illusion?...&#13;
Ce bronze qui symbolise son retour au pays et sa présence à Bayeux&#13;
nous est offert par les Québécois ,&#13;
ici présents en la personne de Monsieur et Madame Pepin,&#13;
Arthur et Denise,&#13;
dont je ne saurais trop souligner /'importan ce du rôle qu'ils ont joué;&#13;
leur foi passionné e et leur volonté agissante&#13;
ont bousculé les pesanteur s administra tives,&#13;
ils ont, véritablem ent, déplacé des montagne s de routine et d'inertie ...&#13;
Nous leur sommes infinimen t reconnais sants d'avoir&#13;
- à travers la personne mystique de Catherine de Longpré contribué à rétablir, entre Québec et Bayeux,&#13;
des liens d'une exception nelle qualité spirituelle ,&#13;
dont le Monastère des Augustine s restera le témoin et le garant...&#13;
&#13;
43&#13;
&#13;
�Hommage à Catherine de Saint-Augustin&#13;
Cet hommage à Catherine de Saint-Augustin se veut être un&#13;
symbole de la jeune Normande partie de Bayeux le 16 avri l 1648 vers&#13;
les Missions lointaines du Canada français.&#13;
L'artiste sculpteur montréalais, J ules Lasalle, a voulu évoquer&#13;
surtout la dualité de la personnalité de Catherine:&#13;
- d'une part, sa ferme résolution de partir,&#13;
envers et contre tous, pour soigner et convertir des peuplades indigènes d'Amérique&#13;
du Nord, est représentée par son attitude&#13;
bien campée sur ses pieds nus, et son&#13;
mouvement de départ révèle également cette&#13;
détermination; elle ne peut cependant&#13;
s'empêcher de se retenir légèrement à la colonne qui rappel le un pilier du Monastère&#13;
qu'elle va quitter et ne reverra plus.&#13;
- d'autre part, à l' instar de Thérèse d'Avila,&#13;
réformatrice du Carmel et de Marie de l'Incarnation, fondatrice des Ursulines canadiennes, Catherine a été une grande mystique&#13;
offrant sa vie en expiation pour les impiétés&#13;
de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
~&#13;
&#13;
- l'ensemble du monument révèle la dualité&#13;
de la jeune missionnaire par le socle et la&#13;
colonne de pierre polie, contrastant avec le&#13;
bronze de la statue auquel s'ajoutent l 'ombre&#13;
portée sur l'élément horizontal et la cassure&#13;
au sommet de l'élément vertical.&#13;
- enfin, le personnage s'inscrit en triangle&#13;
avec la pierre naturel le déposée sur le socle,&#13;
exprimant le symbole de la Trinité au coeur&#13;
de la vie de Catherine.&#13;
&#13;
A l'origine, l'artiste avait souhaité que cette pierre provienne des&#13;
fondat ion s du vieux Monastère de !' Hôtel-Dieu de Québec où elle&#13;
vécut. Des difficultés techniques n'ont pas permis la réalisation de&#13;
cette idée. Par contre, les autorités municipales de Saint-Sauveur-Le&#13;
Vicomte ont accepté de compléter le symbolisme du monument en offrant la pierre, cette pierre provenant du Château Moyenâgeux du l ieu&#13;
de naissance de Catherine de Longpré, dite de Saint-Augustin,&#13;
religieuse au Monastère des Augustines de Bayeux, Missionnaire en&#13;
Nouvelle-France, reconnue co-fondatrice de l'Église canadienne.&#13;
44&#13;
&#13;
Nouvelles C.F.E.C.&#13;
Le 19 mars 1990, décédait subitement le père&#13;
Henri Béchard, s.j., vicepostulateur de la cause&#13;
de Kateri Tekakwitha,&#13;
depuis le 25 septembre&#13;
1949. On sait le magn ifique travail accompl i par&#13;
cet apôtre.&#13;
En 1980, lors de la&#13;
Béatification, à Rome, il&#13;
était radieux: il avait&#13;
tellement contribué à&#13;
cette reconnaissance officiel le par l'Église. Nul&#13;
doute que sa jeune protégée l 'a accuei lli dans&#13;
le Royaume du Père.&#13;
Lors de son séjour à Rome (1955-1965), M. Romuald Bis~onnette'.&#13;
p.s.s., fut un précieux collaborateur du Comité. Que de _taches lui&#13;
furent confiées! Nous lui assurons&#13;
un souvenir pieux, plein de reconnaissance.&#13;
Souvenez-vous devant le Seigneur de&#13;
M. Romuald Bissonnette&#13;
&#13;
f prêtre&#13;
de Saint-Sulpice&#13;
né aux Cèdres, le 23 avril 1899&#13;
ordonné prêtre à Paris, le 23 décembre 1922&#13;
admis à Saint-Sulpice en 1923&#13;
professeur au Grand Séminaire de Montréal&#13;
1925-1943&#13;
économe au Grand Séminaire de Montréal&#13;
1939-1943&#13;
supérieur de la Solitude canadienne&#13;
1943-1 955&#13;
recteur du Collège Pontifical can adien (Rome)&#13;
1955-1965&#13;
aumônier de l'infirmerie de la Congrégation&#13;
'-------~-------de No tre-Dame 1965-1968&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
�aide au ministèr e à la paroisse d'Oka 1970-1983&#13;
retraité au Séminair e de Saint-Su lpice 1983-1990&#13;
décédé au Séminair e de Saint-Su lpice le 27 juillet 1990&#13;
1990&#13;
inhumé dans la crypte du Grand Séminair e de Montréa l le 1er a·oût&#13;
auprès de toi.&#13;
appelé&#13;
as&#13;
tu&#13;
que&#13;
Romuald&#13;
,&#13;
serviteur&#13;
ton&#13;
de&#13;
-toi&#13;
souviens&#13;
_Seigneur,&#13;
tous ensemgloire&#13;
ta&#13;
de&#13;
comblés&#13;
être&#13;
Reçois-le dans ton Royaume où nous espéron s&#13;
ble et pour l'éternité . Amen.&#13;
Prière eucharis tique&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
~e ~oir du 26 juill~t 1990, ~~ la fête de sainte Anne, plus de quatre mille&#13;
f1deles ?nt envahi la bas~llque,de l'Orato ire Saint-Joseph, à Montré al,&#13;
po~r p_ner Esther Blondin (_Mere Marie-Anne), fondatr ice de la congregat1on des Soe~rs de ~ainte-Anne, décédée le 2 janvier 1890.&#13;
?e fut une celébrat1_0~ de ce centenaire, tout emprei nte de foi,&#13;
,&#13;
d esperance, dans la chante de la reconn aissanc e à Dieu pour le d on&#13;
'&#13;
de cette grande Fondatrice, à notre pays.&#13;
, . S._E. M_gr Jean-~laude Turcott e, archevêque de Montréal,&#13;
presIdaIt la fete euchar istique .&#13;
*&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
L~ 16. octobre 1900,__en la fête de la Bienheureuse Margue rite&#13;
la Basiliq ue de Québec ' à 19 h, une messe d'ac t·I0n d e&#13;
e ,dans&#13;
d Youv1ll&#13;
·d,&#13;
•&#13;
graces, pres1 ee pa~ S.~. M~r Marc Leclerc, évêque-auxiliaire.&#13;
Ce fut une vrai~ reu~s1te. Messe pieuse, exécut ion délicat e par&#13;
la chorale_ sous la directio n de M. Claude Duguay: Kyrie, Sanctu s '&#13;
Agnus Dei, chant de la commu nion, en latin.&#13;
Vi~gt:deux p~êtres ~oncélébraient et la cathédrale était remplie.&#13;
':- 1Offertoire, presentation de deux coussi ns de très belles&#13;
marguer~tes p~ur symbo liser les deux «élues» du jour: Sainte&#13;
Marguerite-Mane Alacoque et la «future» sainte Marguerite d'Youv ille.&#13;
*&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
F d , 1·&#13;
Le 6 novembre 1990, visionn ement de deux films de l'O •N••&#13;
, u rea Iin:&#13;
Gossel&#13;
Bernard&#13;
sateur&#13;
DIRE DE COMPAGNONS et EN R'MONTANT L'ESCALIER&#13;
C&#13;
Ce sont des images qui concré tisent l'action d&#13;
o~pag_nons _d~&#13;
_es&#13;
form&#13;
er&#13;
redonn&#13;
Devoir du Tour de France, pour&#13;
al, a ~n v1e1I&#13;
~ontre&#13;
Hô~tD&#13;
l'ancien&#13;
escalie r de 400 ans, provenant de&#13;
La Fleche.&#13;
de&#13;
ieu&#13;
.&#13;
.&#13;
D&#13;
d&#13;
M&#13;
r&#13;
escalie&#13;
cet&#13;
Au haut de&#13;
' • e Ia auversIere receva·It 1es recru_es&#13;
Jeanne&#13;
qui venaie nt peuple r Ville-M arie.&#13;
, Margue rite&#13;
Bourgeoys, Paul de Chomedey sieur de MaisonnMance&#13;
euve,· Y sont montés&#13;
'&#13;
,&#13;
1&#13;
•&#13;
signer eur contrat d engagement qui devait les co nd uire en NouvelleFrance.&#13;
&#13;
46&#13;
&#13;
...&#13;
&#13;
PROCLAMATION DES GAGNANTS DU 12e CONCOURS&#13;
DU&#13;
COMI TÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE CANADIENNE&#13;
le vendredi, 8 juin 1990&#13;
au Collège Jésus-Marie de Sillery&#13;
Le thème 1989-1990 de notre concou rs annuel portait sur Dina&#13;
des&#13;
Bélanger, de Québec, en religion Marie Sainte-Cécile-de-Rome,&#13;
ble,&#13;
Vénéra&#13;
e&#13;
Soeurs de Jésus-Marie de Sillery, que Jean-Paul Il a déclaré&#13;
Comité&#13;
le&#13;
n,&#13;
le 13 mai 1989. En propos ant cette figure à notre attentio&#13;
voulait soulign er que, parmi la jeunes se de notre temps, il y a des&#13;
âmes d'élite qui ne craigne nt pas d'aller au bout de leur foi. Dina est&#13;
une mystiq ue de grande classe. Pour s'en convaincre, on a qu'à lire&#13;
de&#13;
son Autobi ograph ie, qu'elle écrira contre son gré, à la seule deman&#13;
de&#13;
de sa Supéri eure locale qui soupço nne la qualité except ionnell e&#13;
cette vie qui se consum e à l'infirm erie. Le titre qu'elle donne à ses&#13;
mémoi res est évocateur: «Cantique d'actio n de grâces ou chant&#13;
d'amour». Cet ouvrage se répand it rapidement: 450,000 exemplaires,&#13;
écrits en françai s, anglais, allemand, italien, espagn ol et tamoul . «Tu&#13;
au&#13;
feras du bien par tes écrits» lui avait dit le Seigneur, avant d'entre r&#13;
couven t.&#13;
Effectiv ement, en lisant son Autobio graphie , nous somme s&#13;
remués par la profon deur des propos de cette jeune religieu se qui&#13;
meurt à 32 ans. Tirons-en quelqu es passages pour illustre r cette&#13;
déclara tion:&#13;
- «Moins je posséd ais, plus je me sentais libre.» (p. 107)&#13;
«Avant chaque concer t, Jésus me deman dait le sacrific e du succès,&#13;
et le désir de l'insucc ès» (p. 114),&#13;
ln- «La plus longue vie sur terre ne dure en réalité qu'un momen t.&#13;
instant&#13;
cet&#13;
pas&#13;
oyons&#13;
n'empl&#13;
nous&#13;
sensés que nous somme s quand&#13;
qu'est la vie sur terre à la plus grande gloire du MaHre souverain»&#13;
(p. 234),&#13;
a- «Fuyez les distrac tions vaines, les soins inquiet s, les convers&#13;
tions inutiles » (p. 244).&#13;
&#13;
-&#13;
&#13;
Nous pourrio ns multipl ier les citation s de cette veine; qu'il nous suffise de conclu re par ce témoig nage du Père Antoni o Blasuc ci, o.f.m.&#13;
p.&#13;
conv., dans une brochu re qui a pour titre: Une expérie nce de Dieu,&#13;
,&#13;
s'aligne&#13;
...&#13;
74: «l'expé rience mystiq ue de cette Servante de Dieu&#13;
des&#13;
avec&#13;
dans son essence, sur celle des grands mystiq ues du passé,&#13;
notes person nelles qui la renden t présen te à notre temps».&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
�Nous sommes heureux de faire la proclam ation des gagnan ts de&#13;
ce 12e Concou rs du Comité des fondate urs, ici même, à l'audito rium&#13;
qui porte son nom, dans le collège Jésus-M arie de Sillery qui est identifié à son enseign ement de la musique , près de la terre où elle a été&#13;
inhumée et de la chapelle où mainten ant elle repose, dans l'attente de&#13;
la résurrec tion.&#13;
Permettez au Comité des fondate urs de remerci er Soeur Rita&#13;
Gilbert, supérie ure provinci ale des R.J.M., de nous offrir l'hospit alité&#13;
de sa maison, sa présence chaleur euse et le goûter à la fin de notre&#13;
rencontre. Merci égaleme nt à Soeur Ghislain e Boucher, des R.J.M.,&#13;
pour avoir été la personne-ressource tout au long de cette année et la&#13;
collabor ation qu'elle n'a cessé de donner à notre publicis te notam'&#13;
ment pour le bon déroule ment de cette Proclam ation.&#13;
Voici la liste des instituti ons particip antes et le nombre des&#13;
travaux fournis par chacune d'elles: le Collège Margue rite-d'Yo uville,&#13;
de ~t~-Foy (une ban_de dessinée et 15 travaux de recherche, rejoigna nt&#13;
16 eleves), le Pensionnat des Ursuline s de Stanstead (12 travaux de&#13;
rec~erche et_ un diaporama, rejoigna nt 13 élèves), le Collège Jésus~_ane, d~ Sillery. (14 travaux d~ recherche, rejoigna nt 14 élèves),&#13;
1 Ecole Jesus-Mane, de Beaucev1lle-Est (7 travaux de recherche une&#13;
~a_nde d~~sinée, une illustrat ion avec texte et un vidéo, rejoigna'nt 10&#13;
eleves), 1 &lt;:ole des ~rsuline s de Québec (2 travaux de recherche, rejoignan~ 2 eleves), l'Ecole seconda ire Louis-Riel de la C.E.C.M., (un&#13;
travail de recherche rejoigna nt un élève), la polyvale nte SaintAnselme, de la C.S.R. Louis-F réchette (un travail de recherche rejoig~ant un élève), l'école Les Compagnons-de-Cartier, de la C.S.R. des&#13;
Decouvr~urs (un tr~vail de re~herche rejoigna nt un élève), !'École&#13;
sec~nda1re Vaud~eurl (un travail de recherche rejoigna nt 2 élèves), le&#13;
~~llege du ~8:cre-Coeur, de Sherbrooke (un travail de recherche ' reJorgnant un eleve).&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
. Do~c, au total, 61 concu~rents ont pris part au Concours, cette&#13;
annee. est une _n~tte remontee par rapport à l'année dernière où on&#13;
&lt;:ompta1t 25 part1c1pants. De plus, ce concour s a rejoint 10 instit _&#13;
t!ons,_ dont 6_ privées et 4 publique s, alors qu'il n'en rejoigna it que u4&#13;
1 a~nee dernre~e. No~s sommes ~one heureux du résultat obtenu,&#13;
grace en gran e P?r~re au dyn~m1sme déployé par soeur Ghislain e&#13;
Boucher, dans la reg1on de Quebec, pour faire bouger les respons _&#13;
b_les l~caux. Nous ~~t~ns avec inté~ê~ et espoir l'adhési on de 2 co~l~ges 1mporta~ts, dmges p~r les Religieuses de Jésus-Marie: celui de&#13;
Sillery et celui de Beaucev1lle-Est.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
Suscite r chez les élèves un intérêt accru pour l'histoire nat" _&#13;
nale,. notamm ent dans sa dimensi on religieuse, tel est l'objec't~f&#13;
premier de ce concou rs annuel. Promouvoir l'usage du bon français,&#13;
&#13;
48&#13;
&#13;
en se souvena nt que la langue est le matéria u qui permet de forger la&#13;
pensée, tel est l'object if complém entaire que nous poursuivon~. ?omme vous le constat ez c'est une oeuvre d'éduca tion que le ComIte des&#13;
fondate urs poursui t par ce concour s, en invitant les insti!uti o~s! les&#13;
profess eurs et les élèves à remonte r aux sources de le~r Ide~tIte nationale et religieu se. L'éduca tion véritable cherche a atteindr e la&#13;
nature de l'enfant par le dedans, ou plus exactem ent à lui constitu er&#13;
un dedans, une intériori té. Merci à ceux et celles qui ont compris cela&#13;
et qui nous épaulen t à la roue.&#13;
Le jury du concour s, cette année, était compos é de_ Soeur&#13;
Louise Turmel, r.j.m., profess eur de français en Second aire V, a B~~u:&#13;
ceville-O uest; de l'abbé Françoi s Lanoue, préside nt de la SocI~te&#13;
historiq ue de Joliette et de Maurice da Silva, professeu~ ~u Collage&#13;
Ahuntsi c de Montréa l et organis ateur du concour s. Mere, a ces collaborateur~ pour le travail ardu auquel ils se sont astre!nts: lire le~ t~a:&#13;
vaux et faire la sélectio n des 10 gagnan ts représe ntaient un vrai def1&#13;
qu'ils ont relevé au meilleu r de leurs connais s?nces, e~ ~ssayant de&#13;
répartir ces gagnan ts entre les diverses instituti ons partIcIpantes. Enfin, je voudrai s soulign er la collabor ation de Soeur Thérèse Leduc, ~e_s&#13;
SS. Noms de Jésus et Marie, de Montréa l, secrétai re de notre Com1te,&#13;
qui a assuré le suivi de ce concour s.&#13;
La remise des prix s'est faite sous la prés_idence ~e Mon~eigneur Jean-Paul Labrie, évêque auxiliair e de Que~ec, q~I a loue le&#13;
travail de notre Comité. Parmi l'auditoi re, on pouvait auss~ remar~ue~&#13;
Mgr Louis Aucoin, préside nt du Comité des fondateur~, _qui a s~ul!gne&#13;
la qualité des travaux, Soeur Thérèse Poulain, ex-supeneu~e g_enerale&#13;
des R.J.M. et de nombre uses religieu ses de la Maison provinci ale des&#13;
R.J.M., adjacen te au Collège Jésus-Marie. Il y avait égaleme~t un~&#13;
forte délégat ion des membre s du Comité des fond9:teurs qui av?It&#13;
tenu le matin même, sa réunion semi-an nuelle du printem ps. Enfin,&#13;
aprè~ la proclam ation des gagnants, il y eut projecti on d'.un diap~ra ma&#13;
sur la vie de Dina Bélanger, oeuvre de Magalie Drolet, qui a gagne le 3e&#13;
prix du concour s. Puis, Soeur Rachel Four~ier, r.j.m._,_ respon~able de&#13;
la musiqu e au Collège Jésus-Marie, interpre ta une pIece mus,c?l e de&#13;
Dina, intitulée «Ricordanza». Cette pièce fut auparavant analysee par&#13;
Marie-Claude Héroux, qui s'est méritée le 6e prix du concour s. Toute&#13;
la fête s'est terminé e par un goûter offert par la Maison provinci ale de&#13;
Jésus-M arie, dans le sous-bo is des deux maisons précitée s.&#13;
Maurice da SILVA, publicis te du Comité,&#13;
organis ateur du Concou rs&#13;
&#13;
49&#13;
&#13;
�9.- Nathalie GIGUERE, Dina Bélanger (1897-1929) vidéocassette VHS.&#13;
École Jésus-Marie, Beauceville-Est&#13;
10.- Maryline BOUCHARD, La vie de Dina Bélanger.&#13;
Pens. des Ursulines, Stanstead&#13;
*&#13;
&#13;
Lauréats du 12e concours du Comité des fondateurs de l'Église canadienne&#13;
(1989-90), portant sur «Dina Bélanger». Photo prise par le photographe du Centre de postulation, le vendredi, 8 juin 1990, â l'auditorium Dina Bélanger du Collège Jésus-Marie, de Sillery. Au milieu des lauréats, on reconnait â gauche, M.&#13;
l'abbé François Lanoue, membre du jury et Monseigneur Louis Aucoin, président du Comité.&#13;
&#13;
VOICI LA LISTE DES HEUREUX GAGNANTS:&#13;
1.- Nathalie WALSH, Dina Bélanger: une révélation pour la jeunesse&#13;
Collège Jésus-Marie, Sillery&#13;
2.- Nathalie KIN NARD , Mon journal, mon jardin secret&#13;
École des Ursulines, Québec&#13;
3.- Magalie DROLET, Dina Bélanger (diaporama)&#13;
Pens. des Ursulines, Stanstead&#13;
4.- Manaïc CHAMPOUX, le rayonnement de D.B.&#13;
Collège Marguerite-d'Youville, Ste-Foy&#13;
S.- Sandy BOLDUC, La sainteté dans la fidélité&#13;
École Jésus-Marie, Beauceville-Est&#13;
6.- Marie-Claude HEROUX, Dina, la musicienne.&#13;
Collège Jésus-Marie, Sillery&#13;
7.- ~imon HEBERT, Les principaux événements de la vie de D.B.&#13;
Ecole sec. Louis-Riel (C.E.C.M.), Montréal&#13;
8.- Caroline SOULARD, Les principaux événements de la vie de D.B.&#13;
Collège Marguerite-d'Youville, Ste-Foy&#13;
&#13;
50&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
*&#13;
&#13;
:.r&#13;
_,, YI&#13;
Au centre de la photo, la gagnante du premier prix, Nathalie WALSH, du Collège Jésus-Marie, de Sillery, pour un travail intitulé: «Dina Bélanger, une révélation pour la jeunesse... Elle est entourée, de g. à d., de S. Rachel Fournier,&#13;
r.j.m., responsable de la musique au Collège, de S. Paula Bourque, r.j.m., directrice des études au Collège, de Normand Julien, professeur de français au Col•&#13;
lège et celui qui a piloté les travaux présentés par cette institution, de S.&#13;
Louise Richard, r.j.m., qui a réalisé le décor de la salle Dina-Bélanger.&#13;
&#13;
51&#13;
&#13;
�Note des membres du jury:&#13;
Le texte qu'on va lire est celui qui a valu le premie r prix&#13;
du 12e&#13;
CONCOURS DU COMITÉ DES FONDATEURS (1989-1990)&#13;
portan t sur&#13;
Dina Bélanger. Nous avons noté l'exce llence en tous points&#13;
du travail:&#13;
docum entatio n solide et intégré e de façon person nelle,&#13;
introd uction&#13;
joyeus e et admirative, bonne structu re des paragraphes&#13;
, expres sion&#13;
élégan te de la pensée. Import ance de son exemp le pour&#13;
la jeunes se de&#13;
notre temps.&#13;
&#13;
DIN A BÉLANGER:&#13;
UNE RÉVÉLATION POUR LA JEUNESSE&#13;
À Rome, le 13 mai 1989, à la grande joie de millie rs de croya&#13;
nts,&#13;
notre pape Jean-Paul Il décla ra Vénérable Marie Sainte&#13;
-Cécile de&#13;
Rome, religie use de Jésus-Marie. Non seule ment l'euph&#13;
orie gagna-telle les couve nts de cette congr égatio n, éparp illés de&#13;
par le monde,&#13;
mais atteig nit-ell e partic ulière ment les habita nts de la ville&#13;
de Québec&#13;
tout entière. En effet, se cache derrière cette grande&#13;
mysti que, une&#13;
jeune fille, Dina Bélanger, qui, semb lable à tant d'autr es,&#13;
vécut une enfance ensol eillée sous le ciel de la «Vieille Capitale».&#13;
Cette enfance&#13;
est sans conte ste à l'origi ne de la vie future que mènera&#13;
«Sainte Dina»,&#13;
telle que la nomm aient déjà ses comp agnes des classe&#13;
s primaires.&#13;
À une époque où la jeune sse a plus que besoin de s'ass&#13;
ocier à&#13;
un modè le de vertu et de redécouvrir les valeurs vérita&#13;
bles de la vie,&#13;
perdues de vue en majeure partie à cause de la socié té&#13;
dans laque lle&#13;
nous évoluons, le rappel de Dina Bélanger ne peut qu'êtr&#13;
e bénéfique.&#13;
Et c'est princi palem ent par l'évoc ation de sa jeunesse,&#13;
racine de sa vie&#13;
religieuse, que les jeune s d'aujo urd'hu i peuvent tirer un&#13;
consi dérab le&#13;
profit . En effet, adapter notre propre comp ortem ent&#13;
à celui exemplaire, d'un modèle symp athiqu e à nos yeux parce qu'éta&#13;
nt d~ même&#13;
âge que nous, peut donne r des résult ats grandemen&#13;
t satisf aisan ts.&#13;
Dina, jeune fille, const itue, il faut l'avouer, un modè&#13;
le pour les&#13;
adole~~e~ts de son tem~s, mais égale ment pour nos conte&#13;
mpora ins:&#13;
1~ s~c,et~ a _chan~é, mars ,sous d;s extéri eurs différe nts,&#13;
les jeune s&#13;
d auJourd hur, au frn fond d eux-memes, sont restés assez&#13;
simila ires à&#13;
ceux d'if y a quatre-vingts ans.&#13;
Nous survo lerons donc les vingt-quatre années précé&#13;
dant l'entrée de Dina Bélanger en religion, années penda nt&#13;
lesqu elles elle&#13;
appriv oisera tranq uillem ent sa foi en Jésus et Marie. De&#13;
l'âge présco-&#13;
&#13;
faire au statu t d'adu lte, en passant par ses années prima&#13;
ires et s~n&#13;
adole scenc e, nous parco urron s avec cette grande croya&#13;
nte le ~hem~~&#13;
qu'ell e a suivi, qui nous mènera de couve nt en couvent,&#13;
et ce, Jusqu a&#13;
New York.&#13;
Née et baptis ée la veille du mois consacré à la Vierge&#13;
Marie, de&#13;
l'an 1897, Dina Bélan ger est enfan t unique, choyée par&#13;
des parents&#13;
aussi pieux que bons. Ces derniers, dans leur souci&#13;
de donne_r des&#13;
racines chréti ennes solide s à leur enfant, l'initie nt dès&#13;
son plus Jeune&#13;
âge à la prière. Dina appre nd à aimer Marie et son fils&#13;
Jésu~, q~! la&#13;
suivro nt partou t, tout au long de sa vie, et qui veille ron!&#13;
partr~u_l,erement sur ses premi ères années «par deux anges g~rdre&#13;
~s v1s1?les,&#13;
(ses) excel lents parents» 1 . Ils lui forger ont un caractere&#13;
ou se melen t&#13;
leurs qualit és: de son père, Dina hérite ra du goût de&#13;
l'ordr~ et de la&#13;
ténac ité, alors que sa mère lui lèguera sa piété, sa '!1ode&#13;
st1e et son&#13;
étonn ante capac ité de don de soi. Le tout se comp lete&#13;
d_e quelques&#13;
défau ts qui auron t tôt fait d'être annih ilés par une&#13;
methode particuliè re de corre ction de la part de ses parents, qui en&#13;
usaient lorsque&#13;
nécessaire. De plus, ceux-ci, dans leur désir d'évit er&#13;
que _leurAen!ant&#13;
uniqu e ne grand ît égoïs te et capric ieuse , l'initiè rent&#13;
tr~.s tot a la&#13;
charit é dont eux-mêmes faisai ent preuve plus souvent&#13;
qu a leur tour.&#13;
En visita nt les malades, en secou rant les pauvres, en récon&#13;
fortan t les&#13;
affligé s, ils espér aient que Dina dével oppât une ouver&#13;
ture naturelle&#13;
aux autres. Et ce fut une réussite.&#13;
Comm e tous les enfan ts de cet âge, la jeune Dina ne tarit&#13;
pas de&#13;
quest ions de toute s sortes, auxqu elles ses parents&#13;
~•efforcent de&#13;
répondre de leur mieux. Lorsq u'elle leur demande la rarso~&#13;
d~s souffrances de Jésus, et qu'on lui répond que tous, par leurs&#13;
peches, contribue nt à le faire souffr ir, Dina est impre ssion née. Plus&#13;
elle Y songe,&#13;
plus «le désir de réparation, le désir d'~im er e_t de c~nso&#13;
ler le coe~r&#13;
agoni sant de Jésus» 2 grand it en elle. Desormars, les etape&#13;
s de s,a vre&#13;
religie use prend ront une grande impor tance pou~ elle.&#13;
Elle n aura&#13;
d'aille urs pas à attend re longte mps avant de pouvo ir prend&#13;
re pa_rt aux&#13;
activi tés de l'Églis e. À cinq ans, elle fait sa première&#13;
confe ssion et&#13;
reçoit le scapu laire de la Sainte Vierge. De plus, fréque&#13;
m,ment elle se&#13;
rend à l'églis e avec sa mère, pour la messe. Et, preuve&#13;
quell e n_e re~te&#13;
qu'un e enfan t malgré tout, les sermo ns lui semb lent&#13;
parfoi s bren&#13;
longs ; elle s'ingé nie alors à trouve r un moyen de passe&#13;
r le temps !&#13;
À six ans Dina entre à l'écol e avec un peu d'app réhen sion,&#13;
chez&#13;
les religie uses' de la Cong régati on Notre-Dame au couve&#13;
nt d_e_ ~aintRoch. En classe, elle détien t les premi ères place s avec&#13;
facrlrte. De&#13;
1.&#13;
2.&#13;
&#13;
Autobi ograph ie de Mère Marie Sainte- Cécile de Rome,&#13;
p. 17&#13;
Irène Léger, Courage d'aimer, p. 23&#13;
&#13;
52&#13;
53&#13;
&#13;
�l'extérieu r, on la voit évoluer, semblabl e en tout aux autres, «mais la&#13;
vive flamme intérieure qui a commen cé à brûler en elle le jour de son&#13;
3&#13;
baptême ne cesse de grandir» • Chaque jour, elle apprend à connaître&#13;
et à aimer Dieu davantage, et se désespère de ne pas être appelée à se&#13;
rendre auprès de lui immédiat ement.&#13;
Dès l'âge de sept ans, elle prend la décision de donner une&#13;
patronne à toutes celles qui se prénomm eront plus tard Dina. Elle part&#13;
à la conquête de la sainteté, son premier idéal. Lorsqu'e lle atteint sa&#13;
neuvième année, elle manifeste le désir de faire sa première communion, fix~e alors à dix ans. Cette permissio n lui ayant été refusée par&#13;
son cure, elle transform e l'attente en une préparati on plus fervente.&#13;
Finalement, le 2 mai 1907, elle peut accéder à son souhait le plus cher:&#13;
l'eucharis tie. Une foi intense l'anime alors intérieure ment. Elle désire&#13;
viv~e le plus parfaitement possible, fidèle à Dieu jusque dans ses&#13;
mom~res mouvements. Elle rêve déjà au jour où elle pourra prendre&#13;
l'habit et entrer en religion afin de servir Dieu entièrem ent. Ce dernier,&#13;
contre toute attente, se révèle à Dina pour la première fois alors que&#13;
cette dernière est à peine âgée de onze ans. Elle dit de cette expérience: «C'était la première fois que je compren ais aussi bien sa&#13;
voix, intérieurement, c'est entendu, voix douce et mélodieu se qui&#13;
4&#13;
m'inonda de bonheur.» • Elle ne s'ouvre à personne de ses conversation_s avec Dieu, pas même à ses parents, qui, ayant effective ment&#13;
note un changem ent d'attitude chez leur fille, ont la délicates se de ne&#13;
la point questionn er.&#13;
À douze ans,_ Dina migre vers une autre école, plus près de son&#13;
&#13;
foyer, et tenue touJ?urs par les religieuse~ de la Congréga tion NotreDame, _dan~ la paroisse Jacques-Cartier. A treize ans, elle adhère à la&#13;
Congregat10~ des e~fants _de Marie, ce qui lui permet de se consacre r&#13;
plus encore a 1~ Sainte Vierge, qu'elle nomme sa Mère. Elle choisit&#13;
~lors p_our devise:_ «Plutôt la mort que la souillure». L'«Étoile» et&#13;
1 ccHostie» (re~pect1vement Marie et Jésus) ne cesseron t de la guider&#13;
dans sa montee vers Dieu.&#13;
..A:près deux an~ au couvent de Jacques-Cartier, elle aspire à une&#13;
,&#13;
education plus austere, et après avoir pressé ses parents d'accéde r à&#13;
sa demande, elle prend le chemin du pensionn at d e B eIl evue. Des&#13;
' ff&#13;
, Il&#13;
épre ves&#13;
, qu ~ e se orça de surmonte r le plus parfaitem ent possiu&#13;
·&#13;
ble, l'attendai ent, la première de toutes étant l'enn • A •&#13;
avoir&#13;
pr~s&#13;
plusuo1.u&#13;
s&#13;
intervalle&#13;
à&#13;
semaines ,&#13;
pleuré, durant quelques&#13;
moins rap, ,&#13;
proc hes, sa volonte s affermit et elle se consola Elle dut fa·1re f ace en _&#13;
d'ff' lt,&#13;
·t&#13;
sui e aux 1 1cu es que présenta it la vie commun e pour elle qui&#13;
3.&#13;
4.&#13;
&#13;
Ibid., p. 26&#13;
Autobiogra phie... , p. 41&#13;
&#13;
n'avait jamais vécu qu'avec ses parents, n'ayant ni frères ni soeurs.&#13;
Malgré cet inconvén ient, elle retourne à seize ans au foyer familial,&#13;
plus forte, l'expérien ce de ce couvent ayant été bénéfique pour elle. 11&#13;
faut dire que pendant ces deux années, soit de 1911 à 1913, sa vocation religieuse se sera précisée. Elle aura consacré à Dieu sa virginité&#13;
entièrem ent et pour toujours. Pour ses quinze ans, elle aura demandé&#13;
la croix, dans son désir de souffrir pour Jésus, lui qui l'avait justemen t&#13;
sauvée par son supplice. De plus, peu avant sa sortie du collège, elle&#13;
visita le couvent de Jésus-Marie à Sillery et fut étonnée du recueillement qu'elle remarqua chez les postulant es. Mais, à cette époque, elle&#13;
était encore loin de penser qu'elle porterait un jour l'habit des&#13;
religieuse s de cette congréga tion.&#13;
Loin des bonnes soeurs qui, depuis sa tendre enfance lui assuraient une formation religieuse stricte, Dina ne délaisse pas pour autant ses ancienne s habitude s. Prières matin et soir, messe, communion, chapelet, méditatio n, font partie de son horaire journalier. Elle&#13;
évite, par contre, d'en faire trop, pour ne pas paraître, avoue-t-elle, plus&#13;
pieuse que toute excellent e jeune fille. De toute manière, sa foi, elle la&#13;
vit intérieure ment, avec Dieu seul; nul n'a donc besoin d'être mis au&#13;
courant.&#13;
&#13;
À peine sept mois après sa sortie du couvent de Bellevue, Dina&#13;
&#13;
désire entrer au noviciat, ce qui lui est refusé par son curé et ses&#13;
parents qui la considèr ent bien jeune pour prendre une décision semblable. On lui conseille donc d'attendr e quelques années avant de formuler une nouvelle demande. Peinée de ce délai, Dina l'accepte tout&#13;
de même comme une volonté de Dieu: «Je remis mes désirs à Jésus,&#13;
dit-elle. N'ayant pas à me reprocher un manque de générosité, je me&#13;
5&#13;
reposais en paix dans l'obéissance.» •&#13;
Quelques réunions sociales, certaines familiales, qu'elle affectionne particuliè rement, plusieurs oeuvres de charité, occupent son&#13;
temps. Désormais hors de la contraint e d'un horaire scolaire régulier,&#13;
Dina dispose de nombreu ses heures pour s'adonne r à sa passion, la&#13;
musique. Depuis l'âge de huit ans, elle se retrouvait régulièrement sur&#13;
le banc du piano, et l'on disait d'elle qu'elle possédai t un réel talent&#13;
pour cet art. Aussi ne s'étonne-t-on pas lorsqu'en 1915, tous conseillent fortemen t qu'elle parte étudier cet instrume nt dans un conservatoire à l'étranger. Le choix s'arrête sur New York. Ce projet, menacé&#13;
à un certain moment par un accident qui laisse Madame Bélanger&#13;
gravement blessée, finit par prendre forme, et à dix-neuf ans, Dina,&#13;
accompa gnée de deux autres Québécoises, part habiter dans une résidence tenue par les religieuse s de Jésus-Marie, sise tout près du conservatoire.&#13;
5.&#13;
&#13;
Ibid., p. 66&#13;
&#13;
55&#13;
54&#13;
&#13;
�Durant ce séjour à l'étranger qui dura deux ans, Dina vécut une&#13;
phase assez douloureuse dans sa relation avec Dieu: lutte, mortification volontaire, renoncement. Malgré tout, elle retient de ce périple à&#13;
New York une expérience enrichissante. Notamment, elle developpa&#13;
une amitié profonde pour ses deux compagnes du Québec, et surtout,&#13;
perfectionna énormément sa technique pianistique. Cela l'amena à&#13;
participer à maintes reprises à des concerts, qui constituent pour elle&#13;
un véritable martyre, ce que nul ne put jamais soupçonner, tant elle&#13;
gardait pour elle-même ses sentiments.&#13;
De retour chez elle et en attendant de pouvoir enfin entrer au&#13;
noviciat, elle vit une période de formation où Jésus se fait Lui-même&#13;
son guide et son maître intérieur. Au cours d'une de leurs conversations, Jésus lui annonce: «Tes connaissances musicales protégeront&#13;
ta vocation; mais tu feras du bien surtout par tes écrits.» 6 • Perplexe,&#13;
Dina ne comprendra que lorsque, beaucoup lus tard, ses supérieures&#13;
lui demanderont d'écrire son autobiographie.&#13;
&#13;
minute de leur existence, sont ceux-là mêmes qui, justement à cause&#13;
de leur nature, ne l'avoueront peut-être jamais.&#13;
Pour nous, jeunes d'aujourd'hui, l'expérience de Dina ne peut&#13;
être traduite autrement que comme un immense cade9:u _q~e cette&#13;
grande dame nous fait, soit nous indi~~er un pe~ plus pre~1se~ent le&#13;
chemin à suivre pour vivre de la maniere que Die~ souha1te~a1t nous&#13;
voir adopter. Dina, jeune fille, est le meilleur modele que 1~ J~unesse&#13;
n'a jamais pu se donner. Il suffit d'écouter ce qu'elle desire nous&#13;
raconter!&#13;
BIBLIOGRAPHIE&#13;
&#13;
Autobiographie de Mère Marie Sainte-Cécile. d~. Rome, religieuse de&#13;
Jésus-Marie, Québec, 1949: Nouvelle edItIon, 1984, 466 pages.&#13;
LÉGER, Irène. Courage d'aimer, Montréal, 1986, 179 pages.&#13;
&#13;
Maintenant, elle se sent prête à entrer en religion; un seul problème se pose à son esprit, quant à la congrégation sur laquelle jeter&#13;
son dévolu. Finalement, comme le Christ avait acquis l'habitude de&#13;
converser fréquemment avec elle, de lui dicter sa conduite, Il lui impose une seule possibilité: la Congrégation de Jésus-Marie. Elle sera&#13;
donc accueillie au couvent de cette congrégation, à Sillery, le 11 août&#13;
1921, date marquant le début d'une nouvelle aventure pour Dina.&#13;
Tristes de quitter leur fille, M. et Mme Bélanger n'en sont pas pour autant insatisfaits. Fiers du choix de Dina, ils sentent qu'ils ont dûment&#13;
rempli leur rôle: «donner des racines solides à leur enfant et lui ouvrir&#13;
les ailes. C'est maintenant le plein vol vers des sommets encore inconnus.» 7.&#13;
Bien que n'étant pas tous appelés à une vie religieuse aussi intense que celle que connut Dina durant sa jeunesse, et qui ne fit que&#13;
grandi_r constamment, jo~r après jour, suite à son entrée en religion, il&#13;
est évident que chacun d entre nous peut tirer profit de la lecture des&#13;
expérienc_es ainsi qu~ de la personnalité généreuse de Dina Bélanger.&#13;
Sa conduite exemplaire envers ses parents, ses amies et compagnes&#13;
de classe, ses professeurs, pourrait certes avoir beaucoup d'influence&#13;
positive sur la nôtre, si on y prêtait seulement attention.&#13;
Peu de gens peuvent se vanter d'avoir sans cesse recherché la&#13;
perfection en tout, que ce soit dans les résultats scolaires, dans la&#13;
moindre de leurs pensées qu'ils cherchaient toujours la plus pure&#13;
possible. Et ceux qui, comme Dina, vécurent de cette manière chaque&#13;
6.&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
Ibid., p. 115&#13;
Léger, Courage d'aimer, p. 67&#13;
&#13;
Nathalie WALSH&#13;
du collège Jésus-Marie de Sillery&#13;
57&#13;
&#13;
56&#13;
&#13;
�LE COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
DE L' ÉGLISE DU CANADA&#13;
MEMBRES ACTUELS&#13;
Exécu tif:&#13;
&#13;
Évêque-responsable S.E.Mgr André-M. Cimichella&#13;
Président&#13;
Mgr Louis Aucoin, P.H.&#13;
Vice-présidente&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
Publiciste&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
îrèsorlère&#13;
Soeur Thérèse Payer. r.h.s.j.&#13;
Secrétaire&#13;
Soeur Thérèse Leduc. s.n.j.m.&#13;
(Chargée de Secrétariat)&#13;
&#13;
Auxiliaire à Montréal&#13;
Curé, St-Vincent-Ferrier, Mtl&#13;
Dir. du Centre Marg.-Bourgeoys&#13;
Pro( CEGEP, Ahuntsic, Mtl&#13;
Dir. du Centre Jeanne-Mance&#13;
Outremont&#13;
&#13;
Directeur(trice)s des Centres:&#13;
&#13;
Soeur Gabrielle Noêl, o.s.u.&#13;
Soeur Françoise Gariépy. a,m.j,&#13;
M. l'abbé Jacques LemieuK&#13;
Soeur Jeannette Gagnon, s.g.m.&#13;
Soeur Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
Soeur Hélène Tremblay. ,;.n.d.&#13;
&#13;
Centre Marie-de-l'Incarnation, Québec&#13;
Centre Catherine-de-St-August in, Québec&#13;
Centre Monseigneur-de-Laval, Québec&#13;
Centre Marguerlte-d'Youville, Mt l&#13;
(Trés.) Centre Jeanne-Mance, Montréal&#13;
(V.-p.) Centre Marguerite-Bourgeoys, Montréal&#13;
&#13;
Autres membres:&#13;
&#13;
Soeur Ghislaine Boucher, r.j.m.&#13;
M. l'abbé Marc Caron&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
Soeur Thérèse Frigon, s.p.&#13;
Soeur Marguerite Jean, s.c. i.m.&#13;
Soeur Marthe Lacroix, s.n.j.m.&#13;
Soeur Marie-Laure Lalonde. s.s.a..&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
Soeur Pauline Longt in, m.i.c.&#13;
M. Urbai n Lussier&#13;
Père Paul-André Mailhat, o.s.m.&#13;
Frère Réal Prévost, o.l.m.&#13;
M. Donald Tremblay&#13;
&#13;
Biographe, Centre Dina-Bélanger, Québec&#13;
Professeur, Séminaire de Québec&#13;
Recherchiste, diocèse de Baie-Corneau&#13;
Dir. Centre Emilie-Gamelin, Montréal&#13;
Post. au Canada, Cause M.-J. Fitzbach, Oué.&#13;
Dir., Centre Marie-Rose-Durocher, Outremon t&#13;
Dir., Centre Esther-Blondin, Lachine&#13;
Prés. Soc. His!. de Joliette&#13;
Réalisateur émérite à R.-C., Richelieu&#13;
Vice-post., Cause Dèlia-Tétreault, Laval&#13;
Courtier en Ass., MIi&#13;
Provincial O.S.M.: Montréal-Nord&#13;
Cause Didace-Pelletier, MIi&#13;
Ètud. en Hist. eccl., Sie-Dorothée, Laval&#13;
&#13;
59&#13;
&#13;
�••••••••••••••••••••••••••••&#13;
SOMMAIRE&#13;
&#13;
LIMINAIRE... . ............. . . ... . . . ......&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Mgr Louis Aucoin, président&#13;
&#13;
À L'ÉCOUTE DE&#13;
NOTRE ÉVÊQUE-RESPONSABLE . . . . . .&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
S .E . Mgr A.-M. Cîrnichella&#13;
&#13;
H&#13;
H&#13;
&#13;
DANS LA GLOIRE DU BERNIN . . . . . . . . . . . . .&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
MARGUERITE D'YOUVILLE, FONDATRICE&#13;
DES SOEURS DE LA CHARITÉ&#13;
DE MONTRÉAL, «Soeurs Grises» . . . . . . . .&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Yvette Paquin, s.g.m.&#13;
&#13;
MARGUERITEBOURGEOYSETL'ENFANT.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Céline Langelier, c.n.d.&#13;
&#13;
MGR DE LAVAL ET LA FORMATION&#13;
DE SES PRÊTRES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Jacques Lernieux, prêcre&#13;
&#13;
POÈMES ........... . . . .. . .......... . ......&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
Mgr Louis Aucoin&#13;
&#13;
MONTRÉAL 1992 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .&#13;
Gravure - Vue vers 1790&#13;
Notes sur la croix du Mont-Royal&#13;
&#13;
30&#13;
&#13;
L. Aucoin, ptre&#13;
&#13;
Quand Dieu songe ,~ Ville-Marie&#13;
Marie Barbier&#13;
&#13;
JEANNE MANCE, L'APÔTRE DU&#13;
. SGERVICJ!: PUBLIC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .&#13;
&#13;
38&#13;
&#13;
CAT HERI NE DE SAINT-AUGUSTIN ... . . ... . . . .&#13;
&#13;
40&#13;
&#13;
Nouvelles C.F.E.C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
!leM~?r~e~?~1~aS • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
MEMBRES .. . .............................&#13;
&#13;
59&#13;
&#13;
Ê m11e&#13;
&#13;
erva1s, s.J.&#13;
&#13;
M me 0 enise Pépin&#13;
&#13;
Dépôt légal - Bibliothèque Nationale du Québec&#13;
ISSN 0226-3572&#13;
&#13;
Ce bulletin est publié par&#13;
Le Comité des Fondateurs df!; l'Église du Canada&#13;
107/, rue de la Cathédrale, Montréal, Qué. HJB 2V4&#13;
Tél.: (514) 866-1661, poste 214&#13;
Frais de retour garantis&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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              <text>L'article de Jacques Lemieux est repris dans un autre périodique.</text>
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                <text>p. 1-2 :&lt;em&gt; Liminaire&lt;/em&gt; par Aucoin&lt;br /&gt;p. 3-4 :&lt;em&gt; À l'écoute de notre évêque-responsable&lt;/em&gt; par Cimichella&lt;br /&gt;p. 5 : Photo &lt;em&gt;Dans la gloire du Bernin&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;p. 6-9 : &lt;em&gt;Marguerite d'Youville, fondatrice des Soeurs de la Charité de Montréa, "Soeurs grises"&lt;/em&gt; par Paquin&lt;br /&gt;p. 10-13 : &lt;em&gt;Marguerite Bourgeoys et l'enfant&lt;/em&gt; par Lambert&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;p. 14-19 :&lt;em&gt; La pensée de notre premier évêque pour la formation de ses prêtres&lt;/em&gt; par Lemieux&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;p. 20-29 : Poèmes par Aucoin&lt;br /&gt;p. 30-36 : &lt;em&gt;En préparant 1992&lt;/em&gt; par Aucoin et Barbier&lt;br /&gt;p. 37 : &lt;em&gt;Quelques notes sur la croix du Mont-Royal&lt;/em&gt; par Aucoin&lt;br /&gt;p. 38-39 : &lt;em&gt;Jeanne Mance, l'apôtre du service public&lt;/em&gt; par Gervais&lt;br /&gt;p. 40-44 :&lt;em&gt; Catherine de Saint-Augustin (1632-1668)&lt;/em&gt; par Pépin&lt;br /&gt;p. 45-46 : Nouvelles C.F.E.C. &lt;br /&gt;p. 47-58 : Concours par Da Silva&lt;br /&gt;p. 59 : Membres</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/id/15188" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt;collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>Petit Séminaire de Québec</name>
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        <name>Recrutement et formation</name>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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              <text>&lt;span&gt;Nous n'avons aucune copie de ce document pour l'instant. Les résumés ont été créés à partir de ceux publiés dans l'inventaire des Archives apostoliques du Vatican par la Chaire de Recherche en Histoire Religieuse du Canada &lt;a href="https://ustpaul.ca/les-archives-du-vatican-et-le-canada/"&gt;(CRHRC)&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;</text>
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                <text>Mémoire sur les requêtes de Laval, vicaire apostolique au Canada, soit l’érection de la cure de Québec et son union au Séminaire; l'érection des paroisses rurales; et une enquête sur le bref d’approbation des Hospitalières de Montréal, daté du 8 février 1666.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en latin conservé aux Archives apostoliques du Vatican, Propagande, Scritture originali riferite nelle congregazioni generali, vol. 256, f. 93-94&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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                    <text>Introduction générale aux documents concernant&#13;
l’union du Séminaire de Québec et celui de Paris1&#13;
Mgr de Laval, durant son séjour à Paris [de 1662-1663], avait retrouvé avec joie ses&#13;
procureurs et amis Armand Poitevin et Michel Gazil, de même que tous les autres&#13;
confrères de l’Aa, qui faisaient partie des petites cellules missionnaires de la capitale. Il&#13;
s’était plus d’une fois entretenu avec eux de la fondation des Séminaires de Paris et de&#13;
Québec et l’on était tombé d’accord sur la nécessité d’unir les deux instituts dans le plus&#13;
bref délai possible. Il était facile de prévoir, en effet, que dans l’état présent de la colonie,&#13;
le Séminaire de Québec ne pourrait longtemps se maintenir s’il était abandonné à ses&#13;
propres ressources. Or, pour Mgr de Laval, qui avait tant de raisons de lui être&#13;
inviolablement attaché, nulle autre communauté que la Société des Missions étrangères&#13;
de Paris n’était mieux qualifiée pour procurer à l’Église de Québec, non seulement de&#13;
bons sujets, mais aussi en France des correspondants fidèles, dévoués et influents. Certes,&#13;
le concours des dirigeants actuels était pleinement acquis, mais il importait, afin de&#13;
s’éviter des désagréments futurs, d’institutionnaliser des relations, qui ne reposaient pour&#13;
lors que sur l’amitié réciproque. C’est « dans ces vues », dit son historien, que l’évêque&#13;
de Pétrée décida d’unir « son Séminaire de Québec à celui des Missions étrangères, ou&#13;
plutôt » qu’il « le lui donna2 ». Cependant, obligé de regagner le Canada dès le printemps&#13;
de 1663, François de Laval n’eut que le temps d’assister à l’achat des immeubles de la&#13;
rue du Bac. Il fallut donc remettre à l’année suivante de déterminer les modalités d’une&#13;
association que, tout compte fait, l’on considérait de part et d’autre comme déjà réalisée.&#13;
La nouvelle de l’érection définitive du Séminaire de Paris parvint à Québec au milieu de&#13;
l’été de 1664. Aussitôt, le 20 août, Mgr de Laval adressa aux fondateurs une lettre&#13;
débordante d’enthousiasme et de cordialité. Il se réjouissait, disait-il, de ce que « les&#13;
bourrasques et les tempêtes » dont leur entreprise avait été agitée « dès les&#13;
commencements » n’avaient servi qu’à la « rendre plus ferme et plus inébranlable » ; puis&#13;
il ajoutait : « Puisque vous êtes le flambeau des pays étrangers, il est bien raisonnable&#13;
qu’il n’y ait aucune région qui ne ressente votre chaleur et votre zèle. J’espère que notre&#13;
Église sera l’une des premières qui auront ce bonheur ; et d’autant plus qu’elle y possède&#13;
déjà une partie de ce que vous avez de plus cher. Venez donc à la bonheur ; nous vous&#13;
recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour&#13;
commencer un petit établissement, qui ira toujours croissant, comme j’espère3. »&#13;
Deux jours plus tard, l’évêque de Pétrée confirmait cette invitation par une autorisation&#13;
officielle en réponse, assura-t-il cette fois, à la demande que les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire des Missions étrangères lui avaient faite d’agréer l’établissement d’une de&#13;
leurs maisons dans son diocèse. Ces Messieurs recevaient tout pouvoir d’enseigner, ainsi&#13;
que d’aller en mission dans tous les lieux soumis à la juridiction du vicaire apostolique,&#13;
sans plus ample permission que celle des présentes. Ils obtenaient aussi la faculté de&#13;
nommer les supérieurs de leur maison de Québec, sous réserve seulement de&#13;
l’approbation épiscopale. En outre, afin d’affermir le nouvel établissement, concluait&#13;
l’évêque, la paroisse de Québec, le presbytère, ses revenus et autres dépendances lui&#13;
&#13;
NDLR : Tirée de N. Baillargeon, Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 35-42&#13;
et transcrite en français moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2021.&#13;
2&#13;
B. de La Tour, Mémoires sur la vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, 1761, p. 102. Voir aussi&#13;
« Réflexion et réponse de Mgr l’Ancien a un article qui regarde le Séminaire épiscopal comme tel et le pouvoir&#13;
de l’évêque à cet égard, 1692 », Musée de la civilisation de Québec, Fonds d’archives du Séminaire de&#13;
Québec (ASQ), Chapitre, no 12, p. 2.&#13;
3&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, 22 août 1664, ASQ, Paroisse de&#13;
Québec, no 21.&#13;
1&#13;
&#13;
�étaient annexés irrévocablement4. Comme la cure de Québec n’avait pas encore été&#13;
érigée, Mgr de Laval se hâta, avant le départ des derniers navires, de lui conférer&#13;
l’existence canonique. Il signa, le 15 septembre, l’acte d’érection de la paroisse sous le&#13;
titre de l’Immaculée-Conception-de-la bienheureuse-Vierge-Marie, l’unit à perpétuité au&#13;
Séminaire de Paris et, toujours en vertu du même décret, désigna Henri de Bernières,&#13;
« prêtre du Séminaire des Missions étrangères de Paris », pour exercer les fonctions&#13;
curiales « au nom du dit Séminaire5 ».&#13;
Or, nulle part, dans aucun des trois documents précités, le nom ni l’existence du&#13;
Séminaire de Québec n’étaient mentionnés. Les directeurs de Paris, évidemment, ne&#13;
manquèrent pas de s’en apercevoir, mais, connaissant les intentions réelles de l’évêque&#13;
de Pétrée et le sens qu’il fallait donner à ses propositions, ils crurent devoir en faire état&#13;
et exposer en détail les conditions de l’union des deux Séminaires dans un contrat&#13;
d’acceptation en bonne et due forme. À cet effet, le supérieur Vincent de Meur et ses&#13;
assistants, François Bésard, Luc Fermanel, Michel Gazil et Nicolas Lambert, se réunirent&#13;
le 29 janvier 1665 en compagnie des grands-vicaires et procureurs de Mgr de Laval,&#13;
Armand Poitevin et Jacques Bertot. Ils déclarèrent, en présence de Claude Levasseur et&#13;
de Pierre Muret, notaires au Châtelet, que l’évêque de Pétrée, par des lettres patentes&#13;
signées de sa main et scellées de son sceau, leur accordait la permission d’envoyer des&#13;
ecclésiastiques au Canada, ainsi que d’établir un Séminaire dans la ville de Québec. Après&#13;
avoir « sur ce mûrement délibéré », de continuer les directeurs, et « voulant contribuer&#13;
aux pieuses intentions dudit seigneur évêque », ils acceptaient d’incorporer à perpétuité&#13;
le Séminaire établi dans la ville de Québec, la paroisse Notre-Dame dudit lieu, ainsi que&#13;
tous leurs biens et revenus, au Séminaire des Missions étrangères de Paris. Cependant, le&#13;
supérieur et ses collègues n’oubliaient pas que leur institut avait été créé et doté surtout&#13;
en vue des missions d’Orient. Aussi furent-ils d’avis de poser comme conditions à leur&#13;
consentement qu’il n’y aurait entre les deux Séminaires aucune confusion de revenu ni&#13;
de charges et que, en second lieu, la maison de Paris ne serait tenue d’envoyer des sujets&#13;
au Canada que dans la mesure où elle le pourrait. Ces clauses n’ayant soulevé aucune&#13;
objection de la part des grands-vicaires de Mgr de Laval, les parties constituèrent le prévôt&#13;
de Paris leur procureur avec mission de faire insinuer et enregistrer le présent traité&#13;
partout où cela serait nécessaire6.&#13;
Il appartenait maintenant aux directeurs de Paris de donner un supérieur au Séminaire de&#13;
Québec. Ils procédèrent à son élection le 29 mars. Leur choix tomba sur Henri de&#13;
Bernières, qui reçut un mandat de trois ans. Le nouvel élu était chargé, en outre, de&#13;
s’entendre avec ses confrères pour désigner les autres officiers par voie de suffrage7. La&#13;
nomination de M. de Bernières, compagnon de la première heure de Mgr de Laval, était&#13;
prévue et fut accueillie sans opposition. Mais il n’en fut pas de même du contrat d’union,&#13;
qui ne correspondait pas du tout à ce qu’on attendait.&#13;
Ce n’était pas par inadvertance, mais pour une raison bien précise que M gr de Laval avait&#13;
omis de parler de son Séminaire dans ses lettres des 20 et 22 août 1664. L’évêque de&#13;
Pétrée et ses collaborateurs estimaient, en effet, que le Séminaire des Missions étrangères&#13;
devait d’abord s’établir à Québec comme une entité indépendante, sans autres buts avoués&#13;
que d’enseigner les peuples et d’aller en mission. De la sorte, pensaient-ils, si un évêque&#13;
s’avisait un jour de lui enlever la formation des clercs ou la direction de la paroisse, ses&#13;
membres ne se trouveraient pas vis-à-vis de rien. Il importait donc que l’union du&#13;
Séminaire et de la cure de Québec se fît séparément, et non pas en vertu d’un seul et&#13;
même accord. L’abbé Dudouyt, procureur de Mgr de Laval et du Séminaire, se chargea&#13;
Mandement autorisant le Séminaire des Missions étrangères à s’établir à Québec, 22 août 1664, ASQ,&#13;
Séminaire 2, no 28b.&#13;
5&#13;
Décret d’érection de la paroisse de Québec, 15 septembre 1664, ASQ, Paroisse de Québec, no 21.&#13;
6&#13;
Traité d’union du Séminaire de Québec au Séminaire de Paris, 29 janvier 1665, ASQ, Séminaire 2, 28a.&#13;
7&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 10.&#13;
4&#13;
&#13;
�d’en convaincre les confrères de Paris. Il leur écrivit à l’automne de 1666 que, sans égard&#13;
au traité du 29 janvier 1665, on avait jugé bon d’en faire un nouveau, dans lequel il ne fût&#13;
question ni du Séminaire épiscopal ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement de&#13;
l’établissement d’une maison de la congrégation des Missions étrangères. Mgr de Pétrée&#13;
envoyait à ce propos un autre mandement que le procureur recommandait de faire&#13;
approuver, non seulement par des patentes royales, mais encore par un bref du souverain&#13;
pontife. On procéderait ensuite à l’érection de la cure et à son union au Séminaire des&#13;
Missions étrangères. Les deux mesures devaient être confirmées, elles aussi, et par le&#13;
Saint-Siège, et par la Cour de France. Dudouyt insistait pour que Paris s’en occupât « dès&#13;
cette année s’il se peut », car les MM. de Saint-Sulpice de Montréal, disait-il, « travaillent&#13;
puissamment à leur établissement » et « sont entièrement appuyés de la Compagnie8.&#13;
C’est pourquoi il faut au plus tôt et le plus solidement que l’on pourra terminer nos&#13;
affaires9 ». L’annexion du Séminaire de Québec à celui de Paris ne viendrait qu’en&#13;
troisième lieu. Ce dernier acte faisait l’objet d’un mandement particulier de l’évêque de&#13;
Pétrée, auquel on verrait à procurer, comme dans les autres cas, l’approbation des&#13;
autorités religieuses et civiles.&#13;
Mgr de Laval rédigea, le 6 octobre 1666, les deux mandements annoncés par son&#13;
procureur. Le premier document renouvelait les autorisations accordées antérieurement&#13;
aux ecclésiastiques des Missions étrangères de s’établir et d’exercer leur apostolat dans&#13;
tous les lieux de sa juridiction, tandis que le second concernait uniquement l’union du&#13;
Séminaire de Québec. Ces nouvelles lettres furent aussitôt envoyées en France, mais&#13;
avant qu’elles ne partent, Dudouyt prit sur lui de dater de 1665 « la patente d’érection de&#13;
notre maison », afin, confesse-t-il ingénument, d’être sûr « que l’établissement de&#13;
notredite maison » précédât « l’union du Séminaire épiscopal10 ». Le plan élaboré par&#13;
Québec était, à la vérité, fort compliqué. Dudouyt lui-même ne fut pas sans se demander&#13;
si ces procédures étaient toutes nécessaires. « Quoique nous vous mandions vos vues sur&#13;
l’établissement de notre Séminaire, écrivait-il en terminant son mémoire, vous suivrez ce&#13;
que vous y trouverez de bon et jugerez de plus à propos11 ». Les inquiétudes un peu&#13;
tardives du procureur étaient fondées, car il semble bien que la réaction des directeurs de&#13;
Paris fût défavorable. En tout cas, ils ne signeront pas d’autre convention et il n’y eut ni&#13;
patentes royales ni bref de Rome. L’union, du reste, ne s’en trouva nullement affectée.&#13;
Le Séminaire de François de Laval était bel et bien annexé à celui de Paris et fut appelé&#13;
désormais « le Séminaire des Missions étrangères établi à Québec12 ». Les deux&#13;
communautés n’en formaient pas moins des institutions dont les biens, l’administration&#13;
et le régime resteront toujours séparés. Le Séminaire de Québec, à la fois maison de&#13;
formation cléricale et communauté du clergé, conserva son caractère de Séminaire&#13;
diocésain et ne renonça à aucune des fins particulières qui lui avaient été assignées lors&#13;
de sa fondation. Toutefois, par suite de son appartenance à une congrégation vouée aux&#13;
missions, l’apostolat auprès des Autochtones, qui n’était encore qu’implicitement&#13;
formulé dans le décret du 26 mars 1663, lui devint désormais une « obligation principale&#13;
et essentielle13 ».&#13;
Malgré la bonne volonté des parties et leur compréhension mutuelle, l’union des deux&#13;
Séminaires demeurait une entreprise vulnérable, puisque ni le mandement du 22 août&#13;
1664 ni l’entente du 29 janvier 1665 n’avaient reçu la sanction royale. Lorsque le siège&#13;
de Québec eut été érigé en évêché par Clément X, le 1er octobre 1674, Mgr de Laval profita&#13;
La Compagnie des Indes occidentales fondée par le roi en mai 1664.&#13;
Dudouyt aux directeurs des Missions étrangères, 1666, ASQ, Chapitre, no 151, p. 3.&#13;
10&#13;
Ibidem. Voir aussi le mandement autorisant de nouveau les Missions étrangères à s’établir au Canada. La&#13;
correction faite par Dudouyt est évidente, ASQ, Séminaire 1, no 12.&#13;
11&#13;
ASQ, Chapitre, no 151, p. 7.&#13;
12&#13;
Latour, Op. cit., p. 102. Voir aussi la convention du 6 octobre 1666 entre Mgr de Laval et le Séminaire de&#13;
Paris, article 5, ASQ, Séminaire 2, no 57.&#13;
13&#13;
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 18 mars 1687, ASQ, Lettres N, no 86, p.3.&#13;
8&#13;
9&#13;
&#13;
�aussitôt de son titre pour renouveler l’union et lui procurer la reconnaissance légale. Il&#13;
rendit son décret à Paris le 19 mai 1675. Les clauses étaient identiques à celles de 1665.&#13;
Les ecclésiastiques et missionnaires envoyés par le Séminaire de Paris recevaient les&#13;
mêmes facultés qu’auparavant à condition d’être soumis à l’évêque « en toutes les&#13;
fonctions qui regardent l’assistance et l’instruction du prochain ». Pour le reste, ils ne&#13;
dépendraient que « de leur supérieur et dudit Séminaire de Paris14 ». Le décret fut&#13;
approuvé le même jour, 19 mai, par le supérieur Luc Fermanel et ses collègues Louis&#13;
Barat, Armand Poitevin et Michel Gazil15. Mgr de Laval s’en retourna peu après dans son&#13;
diocèse, laissant à son procureur Armand Poitevin le soin de remplir les formalités&#13;
exigées par la loi. La première démarche fut de demander la confirmation royale. Les&#13;
lettres patentes de Louis XIV furent obtenues en avril 167616 et l’évêque de Québec les&#13;
fit enregistrer au Conseil Souverain le 26 octobre17. L’année suivante, les supérieurs de&#13;
Paris, par l’entremise de l’abbé Poitevin, présentèrent une requête à l’archevêque de Paris&#13;
qui, après information au tribunal de son officialité, approuva l’union des deux&#13;
Séminaires le 31 octobre18. On fit procéder enfin à l’enquête de commodo et incommodo&#13;
au for civil le 4 décembre19 et le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes du roi&#13;
le 10 février 167820.&#13;
Pourtant, Mgr de Laval n’était pas encore pleinement rassuré. Il manquait à la série des&#13;
titres le bref ou le diplôme pontifical qu’il avait vainement tenté d’obtenir de la&#13;
Propagande depuis 1666. L’évêque de Québec s’adressa une dernière fois à Innocent XI&#13;
le 13 novembre 1678. Il exposa au pape qu’il avait érigé la cure de Québec sous le titre&#13;
de la Bienheureuse-Vierge-Marie et qu’il l’avait unie, ainsi que son Séminaire épiscopal,&#13;
au Séminaire des Missions étrangères « fondé à Paris, mais ayant un siège permanent à&#13;
Québec ». « Toutes choses, Très Saint-Père, concluait le fondateur, que je supplie&#13;
fortement Votre Sainteté de confirmer par un décret spécial pour que cet arrangement,&#13;
destiné à servir l’Église, demeure solide et reconnu et ne puisse jamais être changé ni par&#13;
moi ni par aucun de mes successeurs ». Le décret souhaité ne vint pas. Néanmoins,&#13;
l’union des deux Séminaires possédait suffisamment de garanties pour qu’il fût à peu près&#13;
impossible d’y porter atteinte. Certes, de temps à autre, il sera nécessaire d’opérer certains&#13;
ajustements, mais les liens résisteront à toutes les tensions et pour les briser, il ne faudra&#13;
rien de moins que la destruction même de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
ASQ, Séminaire 1, no 24.&#13;
Loc. cit., déclaration au bas du décret du 19 mai 1675.&#13;
16&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 2.&#13;
17&#13;
P.-O. Chauveau, Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France, 1885-1891, vol.&#13;
2, p. 85.&#13;
18&#13;
ASQ, Polygraphie 26, no 44.&#13;
19&#13;
ASQ, Séminaire 11, no 31.&#13;
20&#13;
« Extrait des Registres de Parlement », ASQ, Séminaire 41, no 14.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Instructions du Séminaire de Paris au Séminaire de Québec (Québec, 1665-1666)&#13;
&#13;
Instructions touchant les affaires du Séminaire de Québec&#13;
1° L’on a jugé à propos que, sans avoir égard au contrat précédent&#13;
d’établissement, l’on en fasse un nouveau, dans lequel il ne soit point fait&#13;
mention du Séminaire épiscopal, ni d’annexer la cure de Québec, mais seulement&#13;
d’une maison de la congrégation du Séminaire des Missions étrangères, afin&#13;
d’éviter les difficultés que nous pourraient causer à la suite les évêques, ou en&#13;
retirant leurs séminaristes de notre maison en formant un autre Séminaire, ou en&#13;
nous ôtant la cure, s’ils le pouvaient, car en ce cas, nous demeurerions établis et&#13;
bâtis sur un fonds qui nous appartient indépendamment du Séminaire épiscopal&#13;
et de la cure et presbytère ; ainsi étant approuvés de Rome, du roi, de l’évêque et&#13;
notre établissement insinué où besoin sera, un évêque ne pourrait pas nous faire&#13;
quitter notre maison, quand bien il pourrait nous ôter la cure et le Séminaire&#13;
épiscopal.&#13;
2° L’on a pour cet effet acheté un emplacement contenant 13 arpents de terre&#13;
joignant l’église. Ce lieu est très commode pour un Séminaire. Il coûte 8 000&#13;
livres, que Monseigneur paye, à la réserve de 600 livres ; le contrat en est passé&#13;
au nom du Séminaire de Paris et payé comptant. Nous vous en envoyons copie.&#13;
3° Et des lettres patentes de Monseigneur, par lesquelles il agrée l’établissement&#13;
d’une maison de votre congrégation à Québec et tous autres lieux de sa&#13;
juridiction.&#13;
4° Vous dresserez et obtiendrez lettres patentes du roi, qui vous donneront&#13;
pouvoir de faire à Québec le susdit établissement. Il ne fait pas oublier dans ces&#13;
lettres les privilèges que Monseigneur avait obtenus dans son premier&#13;
établissement, dont M. Poitevin a copie. Voici les propres termes qui y sont&#13;
portés : pouvoir d’acquérir tous domaines, droits et actions, recevoir toutes&#13;
donations entre vifs et à cause de morts, testaments, legs et autres dépositions&#13;
qui seront faites en sa faveur, tant en l’ancienne qu’en la Nouvelle-France, sans&#13;
payer aucune finance pour droits d’amortissement et nouveaux acquêts, dont&#13;
&#13;
�nous avons déchargé et déchargeons par ces présentes à perpétuité ladite&#13;
maison, etc.&#13;
5° Une maison de votre congrégation étant ainsi établie indépendamment de&#13;
toute autre chose, on lui annexera par bref spécial du pape la cure de Québec&#13;
avec toutes dépendances et revenus.&#13;
6° Il faut poursuivre à Rome l’érection de la paroisse de Québec en cure et la faire&#13;
par le même bref d’érection annexer à notredite maison. Monseigneur en écrit&#13;
amplement au pape, à la Congrégation et autres cardinaux, à Mgr le nonce, par le&#13;
moyen duquel vous appuierez cette affaire à Rome. S’il était nécessaire de&#13;
spécifier en particulier le revenu de la cure de Québec, elle vaut en terre, maisons&#13;
et casuel 1 200 livres de rente ; et la seule fabrique a 2 000 livres de revenu annuel.&#13;
7° La chose étant passée à Rome, il la faut ensuite faire agréer au roi. Vous les&#13;
ferez dès cette année s’il se peut. La Compagnie donnera peut-être un peu de&#13;
peine là-dessus, à cause de sa qualité de seigneur du pays, mais la chose étant&#13;
passée à Rome et à la cour, on lèvera facilement les autres obstacles. Il se fait&#13;
précautionner à ce que la Compagnie et M. Béchamel n’aient connaissance de nos&#13;
affaires, qu’elles ne soient faites spécialement au regard de la cure, quoique par&#13;
leurs articles, le roi ne donne aucun droit à la Compagnie sur les cures si elle ne&#13;
le fonde ; ce qu’elle ne fera pas.&#13;
8° MM. de Saint-Sulpice travaillent puissamment à leur établissement. Ils sont&#13;
huit ecclésiastiques au Montréal, dont un repasse en France pour leurs affaires.&#13;
Ils espèrent plusieurs prêtres de France l’an prochain. Ils sont entièrement&#13;
appuyés de la Compagnie : c’est pourquoi il faut, au plus tôt et le plus&#13;
solidement que l’on pourra, terminer nos affaires.&#13;
9° Nous vous envoyons lettres patentes de Monseigneur, par lesquelles il annexe&#13;
et donne à perpétuité son Séminaire épiscopal à notre maison, établie à Québec,&#13;
sur quoi vous remarquerez que l’établissement de notredite maison doit précéder&#13;
l’union du Séminaire épiscopal : c’est pourquoi je laisse dater la patente&#13;
d’érection de notre maison de 1665 et celle de l’union du Séminaire épiscopal de&#13;
1666.&#13;
&#13;
�10° Nous ne vous envoyons point la forme des lettres patentes du roi pour&#13;
l’union du Séminaire épiscopal à notre maison. Vous les ferez dresser,&#13;
conformément à la patente de Monseigneur, par laquelle il réunit ledit Séminaire&#13;
épiscopal à notre maison.&#13;
11° Nous avons cru qu’il fallait demeurer d’accord de toutes choses avec&#13;
Monseigneur et par écrit : c’est pourquoi nous avons dressé et signé&#13;
réciproquement des articles dont j’envoie copie.&#13;
12° Quand on dressera le contrat d’établissement d’une maison de votre&#13;
Congrégation à Québec, il faut omettre la clause que vous aviez insérée dans le&#13;
contrat précédent, savoir que le Séminaire de Paris ne s’obligeait pas d’envoyer&#13;
des sujets en Canada qu’autant qu’il s’en trouverait de capables. Cette clause n’est&#13;
pas nécessaire pour la sureté de la Congrégation, d’autant que la maison de&#13;
Québec ne sera tenue par obligation qu’à desservir la cure de Québec et diriger le&#13;
Séminaire épiscopal, ce qui ne demandera pas beaucoup d’ouvriers. Pour toutes&#13;
nos autres fonctions de missionnaires, soit au regard des Français ou des&#13;
Sauvages, elles nous seront entièrement libres et nous n’en embrasserons que&#13;
suivant nos forces.&#13;
13° Nous commencerons à la Saint-Michel1 1667 à entrer en possession de la&#13;
maison et des meubles et tenir le Séminaire à nos frais, car jusque-là, c’est sur le&#13;
compte de Monseigneur.&#13;
14° Voici le revenu annuel avec lequel nous espérons le faire subsister :&#13;
-la paroisse, y comprenant les messes, vaudra&#13;
&#13;
1 000 livres&#13;
&#13;
-la pension de M. Pommier et Morel&#13;
&#13;
1 200&#13;
&#13;
-les pères Jésuites nous donnent de leur pension qui est payée par la&#13;
Compagnie sur les deniers du pays, la somme de&#13;
&#13;
1 000&#13;
&#13;
-de ce que la Compagnie donne pour les prêtres qui desservent les&#13;
paroisses, il y en aura 900 livres pour le Séminaire, à cause qu’il dessert la&#13;
cure de Québec&#13;
1&#13;
&#13;
Le 29 septembre.&#13;
&#13;
900&#13;
&#13;
�-la pêche donnée par Monseigneur vaut&#13;
&#13;
100&#13;
&#13;
-la pension de M. de Bernières vaut&#13;
&#13;
1 200 livres&#13;
&#13;
-celle de M. des Maizerets autant&#13;
&#13;
1 200&#13;
&#13;
-de M. Dudouyt, 200 livres&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
-la pension de MM. Caignet, Morin et Jolliet vaut 1 800 livres&#13;
&#13;
1 800&#13;
&#13;
ce qui fait en tout&#13;
&#13;
8 000 livres&#13;
&#13;
Sur quoi il faut faire subsister 8 ecclésiastiques et 3 serviteurs et porter toutes les&#13;
charges d’un Séminaire, quoique ce soit peu, vu l’état de ce pays où tout est de&#13;
moitié plus cher qu’en France. Nous tâcherons de nous mesurer à ce que nous&#13;
aurons pour ne pas faire des dettes.&#13;
15° Le roi et M. Colbert font espérer quelque chose pour Monseigneur et pour&#13;
son Séminaire et nos amis, nous voyant établis, travailleront à nous procureur&#13;
quelque fonds en France.&#13;
16° Nota que le revenu ci-dessus n’est pas permanent, puisqu’il consiste pour la&#13;
plupart en pension et que les 1 000 livres des Jésuites sont pour autant de temps&#13;
que leur pension sera payée, ce qui peut manquer. Le revenu de l’église n’est pas&#13;
assuré qu’elle ne soit annexée au Séminaire ; mais afférer tout, il faut commencer&#13;
avec ce que Dieu nous donne et nous confier qu’il aura soin pour l’avenir. Il est&#13;
notre père et nous sommes ses enfants.&#13;
17° Le revenu de Monseigneur consiste :&#13;
-en la seigneurie de Beaupré et île d’Orléans, qui vaut 3 000 livres de&#13;
revenu et augmentera tous les ans à mesure que les terres non&#13;
concédées s’habitueront&#13;
&#13;
3 000 livres&#13;
&#13;
-son abbaye est quitte de pension et vaut&#13;
&#13;
4 000&#13;
&#13;
-la rente et la pension de son frère&#13;
&#13;
1 200&#13;
&#13;
-il prend 1 300 livres de 2 000 livres que la Compagnie donne pour les&#13;
prêtres qui desservent les paroisses&#13;
&#13;
1 300&#13;
&#13;
ce qui fait en tout&#13;
&#13;
9 500 livres&#13;
&#13;
18° Il emploiera son revenu au paiement de la pension de MM. Pommier, Morel,&#13;
Caugnet, Morin et Jolliet, à entretenir des enfants du pays aux études et le&#13;
&#13;
�surplus, à l’acquis de ses dettes, qui se montent à 28 000 livres. C’est pour cet effet&#13;
qu’il vend le fonds de 1 200 livres qui est au nom du Séminaire de Paris, qui lui&#13;
vaudra prix d’ici 1 600 livres.&#13;
19° Il n’a donné au Séminaire qu’une pêche valant 100 livres et payé pour&#13;
l’emplacement du Séminaire 7 400 livres. Son dessein est de laisser après sa mort&#13;
le bien qu’il aura en Canada pour payer la pension de quelques enfants du pays&#13;
au Séminaire. Il a témoigné que si le Séminaire ne s’était pas accommodé, il lui en&#13;
laisserait la moitié sans charge.&#13;
20° Écrivez au R. P. Le Mercier, supérieur des missions à Québec, une lettre&#13;
d’acceptation et de remerciement pour les 1 000 livres de revenu que la maison&#13;
de Québec donne à notre Séminaire, en considération de l’union que la&#13;
Compagnie désire avoir avec notre Congrégation. Cette union et bonne&#13;
intelligence des uns avec les autres produits de très grands biens, édifie&#13;
beaucoup le peuple et nous est une singulière consolation. Il faut en écrire aussi&#13;
au P. Lalemant, qui était supérieur lors de la donation.&#13;
21° Nous faisons venir tous nos mémoires séparément de ceux de Monseigneur&#13;
et marqués de la marque suivante qu’il fait mettre sur tous les ballots, caisses et&#13;
futailles qui seront envoyés pour le Séminaire : + S D K +&#13;
22° Quoique nous vous mandions nos vues sur l’établissement de notre&#13;
Séminaire, vous suivrez ce que vous y trouverez de bon et jugerez à propos,&#13;
quand bien vous ne pourrez pas cette année obtenir l’annexe de la cure, ni des&#13;
lettres du roi pour l’union du Séminaire épiscopal, il ne faut pas différer&#13;
l’établissement d’une maison de votre Congrégation. C’est le point important et&#13;
une des raisons pour lesquelles nous avons cru qu’il la fallait établir&#13;
indépendamment de tout le reste. Comme ces trois choses doivent être agréées&#13;
du roi, vous l’obtiendrez par une ou plusieurs lettres patentes, ainsi que le&#13;
jugerez plus convenable.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
2&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1665-1666 – Instructions du Séminaire de Paris au Séminaire de Québec (Québec)&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 151)&#13;
No 151&#13;
&#13;
1.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
3.&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
1&#13;
Chapitre No 151&#13;
2&#13;
Jnstruction touchant les affaires du seminaire&#13;
3&#13;
de Quebec.&#13;
4 Lon a iuge appropos que, sans avoir égart au contract&#13;
5 precedent destablissement, lon en fasse un nouveau, dans le&#13;
6 quel il ne soit point faict mension du seminaire&#13;
7 episcopal n’y de annexer la cure de quebec : mais seulem’&#13;
8 dune maison de la congregation duseminaire des miSsions&#13;
9 estrangeres; afin d’eviter les difficultés que nous pourroient&#13;
10 causer a lasuitte les Evesques; ou en retirant leurs&#13;
11 SeminariStes de nostre maison et formant une autre&#13;
12 Seminaire; ou en nous ostant la cure sils le pouvoient&#13;
13 Car en ce cas nous demeurerions eStablis et baStis sur&#13;
14 un fond qui nous appartient independamment du&#13;
15 Seminaire episcopal et de la cure et presbytere : ainsy&#13;
16 eStant approuvés de Rome, du Roy de levesque et noStre&#13;
17 eStablissement insinué ou besoin Sera un Evesque ne&#13;
18 pourroit pas nous faire quitter nostre maison quand&#13;
19 bien il pourroit nous oster la cure et le seminaire&#13;
20 episcopal.&#13;
21 Lon a pour cet effect achetté un emplacement contenant&#13;
22 treize arpens de terre Joignant leglise : ce lieu est&#13;
23 tres commode pour un seminaire. Il couste huict&#13;
24 mil livres, que monseig.r paye a la reserve de&#13;
25 Six centz livres; le contract en eSt paSsé au non du&#13;
26 Seminaire de Paris et payé contant nous vous en&#13;
27 envoyons coppie.&#13;
28 &amp; des lettres patentes de Monseig.r, par les quelles il&#13;
29 agréé leStablissement d’une maison de voStre Congrega’on&#13;
30 a Quebec et tous autres lieux de Sa JuriSdiction&#13;
31 Vous dresserés et obtiendrés lettres patentes du Roy&#13;
32 qui vous donneront pouvoir de faire a quebec le sus dict&#13;
33 establissement. Jl ne faut pas oublier dans&#13;
34 ces lettres les privileges que monseig.r avoit obtenus&#13;
35 dans Son premier eStablissement dont m.r poitevin&#13;
36 a coppie. voicy les propres termes qui y Sont&#13;
37 portés. pouvoir dacquerir tous domaines, droicts&#13;
38 et actions, recevoir toutes donations entre vifs, et&#13;
39 a cause de mort, testaments laiz et autres depositions&#13;
40 qui seront faittes en sa faveur tant en lancienne&#13;
41 qu’en la nouvelle france, Sans payer aucunes&#13;
&#13;
�5.&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
42 finansses pour droits damortissement et nouveaux&#13;
43 acquez dont nous avons descharge et déchargeons&#13;
44 par ces presentes a perpetuité lad maison &amp;c.&#13;
45 Vne maison de vostre congregation eStant ainsy eStablie&#13;
46 independamment de toute autre chose on luy annexera&#13;
47 par bref special du pape la cure de Quebec avec&#13;
48 toutes dependances et revenus.&#13;
49 Jl faut poursuivre a Rome l’erection de la parroisse&#13;
50 de quebec en cure et la faire par le meSme bref derection&#13;
51 annexer à nostre ditte maison. Monseigneur en eScrit&#13;
52 amplement au pape, a la Congrega’on et autres Cardinaux&#13;
53 a mon s.r le Noroe par le moyen du quel vous appuyres&#13;
54 cette affaire a rome. s’il eStoit neceSsaire de&#13;
55 specifier en particulier le revenu de la cure de&#13;
56 quebec elle vaut en terre maisons et casuel douze&#13;
57 centz livres de rente; et la seule fabrique a deux&#13;
58 mille livres de revenu annuel.&#13;
59 La chose eStant paSsée a rome il la faut en suitte&#13;
60 faire agreer au Roy. vous le ferés dès cette&#13;
61 année sil se peut. la compagnie donnera&#13;
62 peut estre un peu de peinne la deSsus a cause de&#13;
63 sa qualité de Seigneur du pais : mais la chose eStant&#13;
64 paSsée a Rome et a la Court on levera facilement&#13;
65 les autres obstacles. Jl se faut precautionner a&#13;
66 ce que la compagnie et monsieur bechamel n’ayent&#13;
67 connoissance de nos affaires quelles ne soient faictes&#13;
68 Specialement au regart de la cure quoy que par leurs&#13;
69 articles le roy ne donne aucun droit a la compagnie&#13;
70 Sur les cures si elle ne le fonde ce quelle ne&#13;
71 fera pas.&#13;
72 Mess.rs de s.t S. travaillent puiSsamment a leur&#13;
73 establissement ils sont 8. eccleSiaStiques au mont real&#13;
74 dont un repaSse en france pour leurs affaires ils&#13;
75 esperent pluSieurs p’tres de france lan prochain.&#13;
76 Jls sont entierement appuyés de la compagnie ceSt&#13;
77 pour quoy il faut au plus tost et le plus solidement&#13;
78 que lon pourra terminer nos affaires.&#13;
79 Nous vous envoyons lettres patentes de mon seigneur&#13;
80 par les quelles il annexe et donne a perpetuité Son&#13;
81 seminaire episcopal a noStre maiSon eStablie a&#13;
82 quebec sur quoy vous remarquerés que leStabliSsement&#13;
83 de noStre ditte maiSon doit preceder l’union du&#13;
84 Seminaire epiScopal ceSt pour quoy ie laisse en&#13;
85 blanc le date dans la patente de mon seigneur&#13;
&#13;
�xxation&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
86 daté la patente derection de nostre maison de 1665 et celle&#13;
87 de lunion du seminaire episcopal de 66.&#13;
88 Nous ne vous envoyons point la forme des lettres&#13;
89 patentes du Roy pour lunion du seminaire epiScopal&#13;
90 a nostre maison vous les ferés dreSser conformem’&#13;
91 a la patente de mon seigneur par la quelle il&#13;
92 reunit le dict seminaire episcopal a noStre&#13;
93 maiSon.&#13;
94 Nous avons cru qu’il falloit demeurer daccors de&#13;
95 touttes choses avec monseig.r et par escrit ceSt pourquoy&#13;
96 nous avons dreSsé et signé reciproquemene des articles&#13;
97 dont Jenvoye coppie.&#13;
98 Quan on dreSsera le contract destablissem’ d’une&#13;
99 maison de vostre Congrega’on a quebec il faut&#13;
100 obmettre la clause que vous aviés inserée dans le&#13;
101 contract precedent. Scavoir que le seminaire&#13;
102 de Paris ne sobligeoit pas d’envoyer des suiets&#13;
103 en Canada qu’autant qu’il sen trouveroit de capables :&#13;
104 Cette Clause nest pas neceSsaire pour la seureté&#13;
105 de la Congregation dautant que la maiSon de&#13;
106 quebec ne sera tenüe par obligation qu’a deservir&#13;
107 la cure de Quebec et diriger le seminaire&#13;
108 episcopal : ce quj ne demandera pas beaucoup&#13;
109 douvriers. pour toutes nos autres fonctions de&#13;
110 miSsionnaires soit au regart des francois ou des&#13;
111 Sauvages elles nous seront entierement libres et&#13;
112 nous n’en embraSseront que suivant nos forces.&#13;
113 Nous commencerons a la sainct michel 1667.&#13;
114 a entrer en poSsiSsion de la maiSon et des meubles&#13;
115 et tenir le seminaire a nos fraitz Car iusques la&#13;
116 c’est sur le compte de monseigneur. voicy le revenu&#13;
117 annuel avec le quel nous eSperons le faire subsiSter&#13;
118 La parroiSse y comprenant les meSses vaudra 1000#&#13;
119 la pension de m.r pommier et morel - - 1200&#13;
120 les peres Jesuittes nous donnent de leur penSion&#13;
121 quj eSt payée par la compagnie sur les deniers&#13;
122 du pais la somme de - - - - - - - 1000&#13;
123 De ce que la compagnie donne pour les p’tres&#13;
124 quj deservent les parroiSses il y en aura neuf&#13;
125 centz livres pour le seminaire a cauSe quil&#13;
126 deSert la cure de quebec 0900&#13;
127 La peSche donnée par monSeig.r vaut 0100&#13;
128 La penSion de M.r de bernieres vaut&#13;
&#13;
1200#&#13;
&#13;
�15.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
129 Celle de m.r des Mezeretz autant 1200&#13;
130 de m.r du douyt deux centz livres 0200&#13;
131 la penSion de m.r Caignet Morin et&#13;
132 Jolliet vaut dix huict centz livres – 1800&#13;
133 Ce quj faict en tout 8000.#&#13;
134 Sur quoy il faut faire SubsiSter huict EccleSiaStiques&#13;
135 et trois serviteurs et porter toutes les charges dun&#13;
136 Seminaire : quoy que se soit peu veu leStat de&#13;
137 ce païs ou tout eSt de moitie plus cher quen&#13;
138 france nous taScherons de nous meSurer a ce&#13;
139 que nous aurons pour ne pas faire de debtes&#13;
140 le Roy et m.r Colbert font eSperer quelques choSe&#13;
141 pour mon seigneur et pour son seminaire, et&#13;
142 nos amys nous voyant eStablis travailleront a nous&#13;
143 procurer quel que fond en france.&#13;
144 Nota. Que le revenu cy deSsus n’est par permanent&#13;
145 puis quil consiste pour la pluS part en penSions&#13;
146 et que les mil livres. des JeSuittes sont pour autant&#13;
147 de temps que leur penSion Sera payée ce quj&#13;
148 peut manquer, le revenu de leglise nest pas&#13;
149 asseuré quelle ne soit annexée au seminaires&#13;
150 mais afferés tout il faut commencer avec ce que&#13;
151 dieu nous donne et nous confier quil aura soin&#13;
152 pour ladvenir; il est nostre pere et nous sommes&#13;
153 Ses enfans.&#13;
154 Le revenu de mon seigneur conSiSte en la&#13;
155 Seigneurie de beaupray et JSle dorleans quj&#13;
156 qui vaut trois mil livres de revenu et&#13;
157 augmentera tous les ans a mesure que les&#13;
158 terres non concedées shabitueront 3000#&#13;
159 Son abbaye eSt quitte de penSion et vaut 4000&#13;
160 la rente et la pension de son frere 1200&#13;
161 Jl prend treize centz livres de deux&#13;
162 mil livres que la Compagnie donne pour&#13;
163 les p’tres quj deservent les parroiSses – 1300&#13;
164 Ce quj faict en tout 9500#&#13;
165 Jl employra son revenu au payement&#13;
166 de la pension de m.rs pommier morel Caignet&#13;
167 morin et Jolliet, a entretenir des enfans du pais aux&#13;
168 eStudes, et le sur plus a lacquit de ses debtes quj se&#13;
169 montent a vingt huict mil livres cest pour cet&#13;
170 effect quil vent le fond de douze mil livres&#13;
171 quj est au non duseminaire de Paris qui luy&#13;
172 vaudra prix dicy seize mil livres.&#13;
&#13;
�19.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
21.&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
173 Jl n’a donné auseminaire qu’une peSche vallant&#13;
174 100.# et payé pour lemplacement duseminaire&#13;
175 sept mil quattre centz livres. son deSsein eSt&#13;
176 delaiSser apprès sa mort le bien qu’il aura&#13;
177 en Canada pour payer la penSoin de quel ques&#13;
178 enfant dupais au seminaire. Il ateSmoigné&#13;
179 que si le seminaire neStoit par accommodé&#13;
180 il luy en laiSseroit la moitie Sans charge&#13;
181 Escrivés au R. pere le mercier superieur&#13;
182 des miSsions a Quebec une lettre dacceptation&#13;
183 et de remerciment pour les mil livres&#13;
184 de revenu que la maiSon de quebec donne&#13;
185 a noStre seminaire en consideration de lunion&#13;
186 que la compagnie desire avoir avec noStre&#13;
187 Congrega’on. Cette union et bonne intelligence&#13;
188 des uns avec les autres produit de tres grands&#13;
189 biens, edifie beaucoup. le peuple, et nous eSt une&#13;
190 singuliere consolation. Jl faut en eScrire auSsy&#13;
191 au pere lalemant quj eStoit superieur lors dela donation&#13;
192 Nous faiSons venir tous nos memoires&#13;
193 Separement de ceux de Monseigneur et&#13;
194 marqués de la marque suivante quil faut&#13;
195 mettre Sur tous les ballotz Caisses et&#13;
196 futailles quj seront envoyes pour le&#13;
197 Seminaire.&#13;
198&#13;
+SDK+&#13;
199 Quoy que nous vous mandions nos veües sur leStabliSSem’&#13;
200 de nostre seminaire vous suivres ce que vous y&#13;
201 trouverés de bon et iugeres de plus appropos. quand bien&#13;
202 vous ne pourriés pas cette année obtenir lannexe de&#13;
203 la cure ny des lettres du roy pour lunion du Seminaire,&#13;
204 epiScopal il ne faut pas differer leStabliSement&#13;
205 d’une maison de voStre Congregation cest le&#13;
206 poinct important et Une des raiSons pour les quelles&#13;
207 nous avons cru quil la falloit eStablir Jndepen=&#13;
208 damment de tout le reste. Comme ces trois choSes&#13;
209 doivent eStre agrées du roy vous lobtiendrés&#13;
210 par une ou plusieurs lettres patentes ainsy&#13;
211 que le Jugerés plus convenable&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
Note : Ligne 13, fête de Saint-Michel correspond au 29 septembre.&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/452440"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 151&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8270" class="show"&gt;Introduction sur l'union des Séminaires de Québec et de Paris&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8271" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8272" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Le Séminaire de Paris donne aux responsables du Séminaire de Québec des recommandations pour son établissement et sa gestion : refaire un nouveau contrat d'établissement comme une succursale de celui de Paris, sans mention d'un séminaire épiscopal pour s'assurer de la pleine possession des lieux, puisque Paris leur a déjà acheté un terrain de 13 arpents pour coûtant 8000 livres; des lettres patentes de l'évêque et du roi sont nécessaires; une fois le Séminaire établi, la cure de Québec sera annexée par un bref spécial du pape; il est urgent de terminer les affaires, car les Sulpiciens travaillent également à leur établissement à Montréal. Le document inclut un plan financier détaillé pour assurer la subsistance du Séminaire et de ses membres.</text>
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                    <text>Lettre de Saint-Vallier à La Chaize (Peterhead, 17071)&#13;
Mémoire de la conduite que j’ai gardée&#13;
depuis vingt-deux ans d’épiscopat avec MM. des Missions étrangères&#13;
et de celle que ces Messieurs ont gardée avec moi&#13;
Feu M. Dudouyt, prêtre, directeur principal du Séminaire des Missions étrangères&#13;
de Paris et procureur de celui de Québec, ayant fait entendre au feu P. Le Valois,&#13;
par les avis duquel je me conduisais, qu’il était nécessaire (si je voulais faire du&#13;
bien dans ce pays-là) de me réunir au Séminaire des Missions étrangères de Paris&#13;
et d’entrer dans l’esprit de communauté et de désappropriation de celui de&#13;
Québec, qui lui est particulier et qui ne se pratique point au Séminaire de Paris. Il&#13;
me conseilla de me mettre du corps de celui de Paris et d’essayer la&#13;
désappropriation de celui de Québec. Je suivis ce conseil du P. Le Valois avec tant&#13;
de latitude de cœur que m’étant désisté du prix de ma charge d’aumônier du roi,&#13;
qui rapporte 5 000 francs, mes dettes payées, je leur fis remettre cette somme, dont&#13;
je fis don au Séminaire de Québec, en retenant seulement l’usufruit durant ma vie.&#13;
J’ai demeuré environ trois ans dans cette désappropriation, durant lesquels j’ai&#13;
reconnu que l’esprit de cette désappropriation se terminait à prendre pour le&#13;
Séminaire tout le revenu du clergé séculier du Canada, sans en faire de part à&#13;
personne, et à m’empêcher de pouvoir répandre sur les pauvres de la campagne&#13;
et sur les communautés pauvres du diocèse le peu de moyens que je pouvais avoir,&#13;
qui se dépensaient tous au Séminaire, où je remarquai que, dans une seule année,&#13;
il se fit pour 100 000 francs de dépenses, comme il me parut par le premier compte&#13;
que je leur engageai de faire, n’en ayant pas fait jusque-là2.&#13;
Le P. Le Valois, ayant su par moi et par d’autres comment les choses se&#13;
conduisaient dans ce pays-là, il me dit qu’il n’y avait pas à hésiter et qu’il fallait&#13;
quitter cette désappropriation pour pouvoir aider de mes revenus les autres&#13;
communautés et les pauvres du diocèse. La grâce d’un évêque devant être&#13;
Les notes qui suivent sont de Provost : Sans date et sans destinataire spécifié, ce mémoire se situe cependant&#13;
de façon certaine en 1707 et l’abbé Ivanhoë Caron prétend qu’il était destiné au R. P. de La Chaize, le&#13;
confident fidèle de Mgr de Saint-Vallier, jouissant de la faveur du roi.&#13;
2&#13;
[…] le Séminaire tenait déjà des comptes de débit et de crédit pour toutes ses relations d’affaires. Un « livre&#13;
de raison », le plus ancien de la série conservée, commence en 1674 et réfère à un autre antérieur,&#13;
malheureusement disparu.&#13;
1&#13;
&#13;
�commune et égale à tous, et non particulière à une seule, je suivis ce deuxième&#13;
conseil, d’où s’en suivirent deux choses. La première [est] que MM. des Missions&#13;
étrangères voulurent me faire passer en France pour un esprit particulier qui&#13;
donnait dans les erreurs des illuminés et qu’après m’être mis en oraison, je suivais,&#13;
disaient-ils, mes propres pensées, croyant suivre ce que le Saint-Esprit m’avait&#13;
inspiré. Ce fut ce que j’eus à souffrir en France dès mon premier voyage ; mais il&#13;
arriva bien d’autres choses en Canada à mon retour, où l’on me refusa les&#13;
missionnaires pour mettre dans les missions et où l’on ôta les chapelles des&#13;
missions où elles étaient nécessaires pour dire la messe et où elles étaient&#13;
auparavant. L’on voulut de plus garder ma bibliothèque et ne me laisser aucun&#13;
livre ni logement.&#13;
[La seconde est que] cette conduite fut cause que j’achetai une maison, dont le roi&#13;
eut la bonté de payer la plus grande partie de ce qu’elle coûta, et je demandai au&#13;
roi le règlement qui fut fait par feu Mgr l’archevêque de Paris et le R. P. de&#13;
La Chaize. L’un et l’autre purent remarquer, pour lors, les tours et détours&#13;
différents que M. l’abbé de Brisacier prit pour empêcher qu’on ne fît ce règlement.&#13;
Je sais comment feu Mgr l’archevêque de Paris fut obligé de s’expliquer pour&#13;
marquer sa peine et son indignation des ruses et des obstacles qu’il remarquât&#13;
qu’on tâchait d’apporter pour empêcher qu’on ne procédât à ce règlement, lequel&#13;
mit les choses en bon état dans ce pays-là en rendant à chacun ce qui lui&#13;
appartenait et faisant connaître à tout le monde comment les choses devaient être&#13;
conduites. Il est indubitable que s’il avait été exécuté dans toute son étendue, l’on&#13;
n’eût plus vu le Séminaire faire de temps en temps de nouvelles tentatives comme&#13;
il fait pour se rendre de nouveau le maître du spirituel et du temporel de cette&#13;
Église. Mais ce que l’évêque d’aujourd’hui n’a pas osé faire, par considération pour&#13;
des personnes qui lui ont bien su faire sentir le poids de leur faveur et de leur&#13;
crédit, le pourra être par ses successeurs qui trouveront peut-être, à l’avenir, des&#13;
esprits plus humbles et plus dociles. Au moins, on le doit espérer de la bonté de&#13;
Dieu. L’établissement et l’exécution de ce règlement firent prendre aux supérieurs&#13;
du Séminaire de Paris le parti d’exclure et de chasser de leurs corps ledit évêque,&#13;
lequel depuis ce temps n’a pu y être reçu pour y loger, comme on le verra mieux&#13;
dans les suites. Il a logé, les deux derniers voyages qu’il a faits en France, au&#13;
Séminaire de Saint-Sulpice.&#13;
&#13;
�Pour rien oublier, je dois remarquer ici qu’ayant trouvé occasion au milieu de ces&#13;
contestations de faire deux biens considérables au Séminaire de Québec : l’un, de&#13;
lui unir sept petits bénéfices de mon abbaye de Méobecq3 et l’autre, de lui attacher&#13;
les 2 000 francs de pension que le roi m’avait accordée pour donner moyen de&#13;
vivre aux missionnaires usés du diocèse4, qui ne pouvaient plus travailler. Je n’en&#13;
ai pas laissé échapper l’occasion. Ces deux articles font encore 4 500 livres de rente.&#13;
Ayant été engagé, par une personne considérable en dignité et en vertu, avant mon&#13;
dernier retour en Canada, de promettre de profiter avec attention de toutes les&#13;
occasions qui se présenteraient de faire plaisir à ceux du Séminaire de Québec,&#13;
voici ce que j’ai fait :&#13;
1° je leur ai accordé les patentes qu’ils m’ont demandées pour&#13;
s’établir dans le Mississippi ;&#13;
2° j’ai contribué d’une partie des frais de leur premier envoi de&#13;
missionnaires audit pays, qui leur a coûté beaucoup ;&#13;
3° je leur ai donné, en deux ans que j’ai resté en mon diocèse,&#13;
2 000 écus, 1 000 écus chaque année, pour leur aider à entretenir les&#13;
jeunes ecclésiastiques ;&#13;
4° et sur le point de mon dernier départ pour France, m’ayant&#13;
demandé de mettre chez eux les petites écoles et de les fonder, je leur&#13;
ai promis par acte public de leur créer une rente sur la maison de ville&#13;
de Paris, de 400 livres par année, que je leur paie cependant toutes&#13;
les années sur mes revenus.&#13;
J’ai cru avec quelque fondement que ces grâces multiples, les unes sur les autres,&#13;
et beaucoup d’autres dont je ne veux pas faire ici mention, les auraient tout à fait&#13;
&#13;
[…] il apparaît que Mgr de Saint-Vallier n’a fait que compléter, dans cette union des prieurés de Méobecq&#13;
au Séminaire, l’œuvre commencée par Mgr de Laval.&#13;
4&#13;
Il s’agit du règlement royal du 20 janvier 1692 entre l’évêque et le Séminaire ; mais ce même règlement&#13;
enlevait au Séminaire la disposition des deux tiers d’une autre rente de 4 000 livres, dont il jouissait&#13;
auparavant.&#13;
3&#13;
&#13;
�gagnés. J’ai même lieu de le penser, ainsi de ceux de Québec, lesquels écrivaient&#13;
plusieurs choses obligeantes de moi et prièrent les supérieur et directeurs du&#13;
Séminaire de Paris de me recevoir dans leur maison pour y loger. Mais ceux de&#13;
Paris n’en ont pas agi ainsi, au contraire.&#13;
Voici les marques d’amitié que j’ai reçues d’eux, en différents temps, et surtout ce&#13;
dernier voyage. La première [fut] de parler et de faire parler de moi au roi en des&#13;
termes si désavantageux que Sa Majesté crut devoir regarder comme une œuvre&#13;
agréable à Dieu de m’empêcher de retourner dans mon diocèse 5. Notre-Seigneur,&#13;
ne voulant pas tenir longtemps le pasteur séparé de son troupeau, inspira au roi&#13;
de le renvoyer au bout d’une année de retardement. Oh ! qu’un pas comme celuilà, fait par un prince si modéré et si religieux à l’égard des évêques, est capable de&#13;
faire comprendre de paroles avancées et d’impressions données contre un évêque&#13;
qui a eu longtemps l’honneur d’être son domestique et qui a reçu des marques si&#13;
particulières de ses bontés en tant d’occasions ! Ce fait se passa dans le pénultième&#13;
séjour que je fis en France6.&#13;
Voici, dans le dernier séjour que j’y ai fait7, les trois ou quatre marques d’amitié&#13;
que MM. des Missions étrangères de Paris ont jugé à propos de me donner :&#13;
1° de me refuser l’entrée et le logement dans leur maison, qu’ils&#13;
accordent cependant aux plus simples prêtres ;&#13;
2° de s’opposer secrètement, à Rome, aux clauses justes et&#13;
raisonnables que je tâchais d’engager le pape et les cardinaux de faire&#13;
insérer dans la bulle qui m’était promise8 ;&#13;
&#13;
En effet, cela prit toute la persistance de l’évêque pour vaincre l’opposition du roi et de tous les intéressés&#13;
à son retour en Canada, en 1697.&#13;
6&#13;
Voyage en France de 1695 à 1697.&#13;
7&#13;
Voyage de 1700 à 1704, après lequel il fut capturé sur mer par les Anglais et retenu prisonnier jusqu’à 1709.&#13;
C’est donc de son lieu de captivité en Angleterre, à Peterhead, qu’il écrivit ce plaidoyer.&#13;
8&#13;
Mgr de Saint-Vallier était allé à Rome en 1702-1703 pour avancer cette affaire ; mais il ne paraît pas qu’il&#13;
ait obtenu de bulle selon ses intentions.&#13;
5&#13;
&#13;
�3° de demander et d’obtenir à mon insu une deuxième bulle&#13;
subreptice et obreptice, qui attribue le revenu de ces deux menses&#13;
conventuelles au seul Séminaire9 ;&#13;
4° qu’enfin, pour couvrir l’opprobre qui suit naturellement d’une&#13;
conduite éloignée de la droiture, de vouloir me faire passer pour une&#13;
personne changeante, pleine de variation et qui fait le froid et le&#13;
chaud de la même bouche.&#13;
Voilà la récompense pour les 7 000 livres de rente que je leur ai procurées, dont il&#13;
y a environ 3 000 de mon fonds. Je ne dis pas tout ceci pour me plaindre, mais&#13;
seulement pour mettre en état, Votre Révérence, de pouvoir donner une juste idée&#13;
au roi de ma conduite.&#13;
Vous devez l’assurer que je suis prêt à la rendre encore meilleure en leur endroit&#13;
s’il est possible de le faire ; mais je lui demande en même temps la permission de&#13;
me permettre d’étendre les grâces que je peux faire de mes petits revenus sur des&#13;
œuvres plus nécessaires et des communautés plus pauvres et plus nécessiteuses&#13;
que ne l’est pas celle-là. Surtout, je la conjure de conserver les 4 000 livres de rente&#13;
de ces menses conventuelles aux missions générales de mon diocèse, qui ne sont&#13;
réunies à aucun corps, qui sont en plus grand nombre que les leurs particulières,&#13;
puisqu’ils n’en ont que deux ou trois, et plus pauvres et plus dénuées.&#13;
Transcription10 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-al-mdv-2020&#13;
&#13;
Cette bulle de Clément XI du 7 septembre 1704 unissait les menses conventuelles de Méobecq et de&#13;
Bénévent au Séminaire de Québec « pour les missions du même diocèse ». Le Séminaire en avait alors au&#13;
Mississippi et en Acadie, mais il fut obligé de renoncer à ces bénéfices par acte du 10 mai 1708 (Musée de&#13;
la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 220), parce que leur disposition allait&#13;
à l’encontre des libertés gallicanes. L’affaire ne s’est réglée définitivement qu’au mois de septembre 1713,&#13;
par lettres patentes du roi (Chapitre, no 213).&#13;
10&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 175-179.&#13;
9&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Saint-Vallier, Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de, 1653-1727</text>
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                <text>Lettre de Saint-Vallier à La Chaize (1707)</text>
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                <text>Le 2e évêque de Québec décrit au confesseur du roi sa conduite depuis 22 ans en Nouvelle-France. Alors coadjuteur de Laval, il s'était uni au Séminaire de Paris et agrégé au Séminaire de Québec. Cependant, il a dû les quitter parce la désappropriation l'empêchait de distribuer des ressources aux pauvres et aux communautés nécessiteuses. Malgré cela, il a continué à soutenir le Séminaire de Québec en contribuant aux frais des missionnaires et en leur promettant une rente annuelle. Il exprime sa déception que les prêtres ont tenté de le discréditer auprès du roi de France et de l'empêcher de retourner à Québec.</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8246" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/8245" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographies&lt;/em&gt;, 1964, p. 175-179&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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                    <text>Doc. XXIII-21&#13;
Lettre aux cardinaux de la Sacrée congrégation de la propagande,&#13;
29 août 1667, d’après l’original conservé aux Archives apostoliques du Vatican,&#13;
Propagande, Scritture originali riferite nelle congregazioni generali, vol. 256, fos 85-88&#13;
Traduction de l’original en latin&#13;
Dans cette lettre, le Serviteur de Dieu demande quelques explications aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande concernant l’approbation des Hospitalières de&#13;
l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de Montréal. En septembre 1659, trois sœurs hospitalières de&#13;
Saint-Joseph, petite congrégation fondée depuis peu à La Flèche par un pieux laïc, M. de&#13;
La Dauversière, débarquèrent à Québec. Elles étaient venues à la demande de Jeanne&#13;
Mance, fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal, pour prendre la direction de cet hôpital.&#13;
Le Serviteur de Dieu s’opposa à ce projet, peut-être parce qu’il ne comprenait pas tout à&#13;
fait la position juridique de cette congrégation, ou parce que, comme l’abbé de Queylus&#13;
avant lui, il désirait avoir dans son vicariat une seule congrégation religieuse&#13;
d’hospitalières, celle des Augustines, déjà présentes à l’Hôtel-Dieu de Québec.&#13;
Il proposa donc aux trois sœurs de s’unir à cette dernière. Devant leur refus, le Serviteur&#13;
de Dieu finit par leur accorder la permission de se rendre à Montréal. Lorsque la&#13;
Congrégation de Saint-Joseph obtint l’approbation pontificale par le bref Ad perpetuam&#13;
d’Alexandre VII le 8 février 1666, les sœurs de Montréal demandèrent à Mgr de Laval la&#13;
reconnaissance définitive de leur communauté dans son vicariat. À ce moment-là, les&#13;
hésitations du Serviteur de Dieu reprirent et il les exposa, dans la lettre qui suit, adressée à&#13;
la Sacrée congrégation de la propagande. Nous n’avons pas la réponse de la Propagande,&#13;
qui a dû être favorable aux sœurs. Nous avons en effet une lettre du Serviteur de Dieu datée&#13;
du 7 octobre 1671 (Archives de l’Hôtel-Dieu de Montréal1) dans laquelle il donne aux&#13;
sœurs la permission de faire des vœux solennels, ce qui, comme le dit Sr Morin dans les&#13;
Annales de l’Hôtel-Dieu de Montréal, au chapitre 4, premier paragraphe, avait la même&#13;
valeur qu’une approbation définitive de la communauté.&#13;
&#13;
Mgrs éminentissimes2,&#13;
Puisque je n’ai reçu de Vos Éminences aucune lettre, je ne ferai aucune mention de&#13;
celles-ci dans les présentes. Comme je sais déjà par ailleurs combien fut généreuse&#13;
la volonté de Vos Éminences à mon égard, je ne puis me retenir plus longtemps de&#13;
vous épancher mon âme en action de grâce. Il a donc plu à Son Éminentissime&#13;
cardinal Antonio de me répondre que Vos Éminences avaient enfin jugé opportun&#13;
d’ériger l’église de Québec au rang de cathédrale et, entre-temps, si quelque chose&#13;
arrivait de la part des hommes de donner la faculté de constituer l’un de nos&#13;
ecclésiastiques comme vicaire apostolique et, bien plus, d’instituer des curés&#13;
amovibles, jusqu’à ce qu’il semble devoir être fait autrement, selon les canons, il&#13;
&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
NDLR : Une copie existe aux Archives de l’Archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 139.&#13;
NDT : Littéralement : Éminentissimes Seigneurs.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�ne put arriver rien de plus convenable pour cette Église, surtout s’il s’agit d’un&#13;
premier pas ; en effet, puisqu’en même temps la paix avec les Barbares*, qui fut&#13;
antérieurement engagée, est plus solide, ceci apporte un nouveau motif d’insister&#13;
pour que le vicariat soit transformé en épiscopat en titre dudit lieu ; puisqu’en&#13;
effet, il advient de cela que plusieurs colonies ont été fondées récemment, qu’il&#13;
faut en même temps penser à de nombreuses paroisses et à des curés, qui seront&#13;
d’autant plus convenablement institués et maintenus dans leur charge s’ils&#13;
aperçoivent une cathédrale dans laquelle siège un évêque en titre.&#13;
Il reste une chose qui n’a peut-être pas été proposée assez clairement par nous à&#13;
Vos Éminences, à savoir qu’il nous paraît de la plus haute importance, pour&#13;
affermir la chrétienté3 dans ces régions, que l’église de Québec, maintenant&#13;
solennellement dédicacée et consacrée, qui possède même maintenant plus de&#13;
1 000 livres de revenu annuel, soit élevée au titre d’église paroissiale par&#13;
Sa Sainteté et soit ainsi érigée par un bref et, par un autre [bref] qui nous serait&#13;
transmis, qu’elle soit unie et affiliée à perpétuité au Séminaire des Missions&#13;
étrangères que nous avons constitué ici avec des hommes du Séminaire de Paris&#13;
pour les mêmes Missions étrangères. Si cela se produit, la Sacrée congrégation aura&#13;
de quoi se reposer pour toujours en ce qui concerne la situation chrétienne et&#13;
catholique dans ces régions. Cette paroisse est maintenant administrée par ceux-ci&#13;
[les prêtres du Séminaire] par délégation, non cependant en tant que paroisse,&#13;
mais comme une cathédrale insigne, dans laquelle rien ne laisse à désirer pour&#13;
exciter la piété et pour la splendeur de l’Église.&#13;
Au sujet de l’établissement fixe des dîmes qui est en train de se faire, je vous en&#13;
assurerai dans mes lettres à venir. Vos Éminences jugeront-elles, une fois que&#13;
celles-ci auront été parfaitement consolidées, que même des paroisses rurales&#13;
pourraient être érigées en titre par Sa Sainteté ? Nous attendrons déféremment et&#13;
humblement votre réponse au sujet de tout cela.&#13;
Il y a maintenant une chose qui me semble valoir tout à fait la peine d’en référer à&#13;
la Sacrée congrégation. Au cours de l’année 1661 est venue dans ces régions une&#13;
communauté de femmes, au nombre de trois, pour habiter une maison de&#13;
3&#13;
&#13;
NDT : Littéralement : La chose chrétienne.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Montréal et prendre soin, à cet endroit, d’un hôpital, dont la fondation avait été&#13;
envisagée en France. Sollicité pour donner [mon] approbation, j’ai fait savoir que&#13;
je voulais d’abord connaître leur institut. Par conséquent, quelques constitutions&#13;
et règles imprimées m’ont été transmises, dont l’auteur, comme je l’ai compris,&#13;
était un homme marié, le sieur de La Dauversière, receveur royal en Anjou, qui,&#13;
quelques années auparavant, avait introduit la première famille4 de cette sorte à&#13;
l’hôpital de La Flèche, laquelle, par la suite, s’est étendue à d’autres villes de&#13;
France et a été reçue, à ce qu’on dit, par quelques évêques.&#13;
Mais en vérité, dans ces constitutions et règles, tant de choses me sont parues&#13;
inhabituelles et peu usitées pour des femmes dans l’Église de Dieu que j’hésiterais&#13;
longtemps à les approuver, d’autant qu’elles [ces femmes] prétendent être&#13;
approuvées comme religieuses, même si, dans ces constitutions, nulle sorte de&#13;
vœux n’apparaît, sauf des vœux simples, et que leur habit non plus n’est en aucune&#13;
manière distinct d’un habit séculier. Mais voici que, alors que j’étais ballotté par&#13;
ces réflexions, est arrivé un prêtre du Séminaire Saint-Sulpice de Paris, toute&#13;
l’habitation du susdit Montréal étant maintenant dans les mains de cedit&#13;
Séminaire, produisant un bref du souverain pontife daté du 8e février de&#13;
l’année 1666, par lequel cette société des susdites femmes de l’habitation de&#13;
Montréal, en même temps que quelques autres monastères en France, était&#13;
déclarée être de vraies religieuses. S’il en a été décidé ainsi par le Siège suprême,&#13;
je n’ai rien à y opposer.&#13;
Mais plusieurs choses me conduisent à soupçonner ce bref d’être un faux :&#13;
1° je n’ai pu obtenir une copie de ce bref ;&#13;
2° il est présupposé, dans ce bref, qu’elles sont de vraies religieuses,&#13;
mais seulement pour lever les scrupules de quelques-uns qui&#13;
penseraient que le bref doive être admis autrement ; il s’est avéré&#13;
qu’elles&#13;
&#13;
n’étaient&#13;
&#13;
auparavant&#13;
&#13;
d’aucune&#13;
&#13;
manière&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
vraies&#13;
&#13;
religieuses, puisqu’elles n’ont été engendrées par aucune profession,&#13;
dans aucun Ordre ou règle, et qu’il n’en apparaît vraiment rien par&#13;
l’habit ou le vêtement ou par quelques bulles antécédentes ;&#13;
4&#13;
&#13;
NDLR : communauté religieuse.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�3° parce que la Sacrée congrégation m’avait avisé qu’elle ne&#13;
donnerait aucun rescrit pour ces régions sans que j’en sois averti.&#13;
Toutes ces choses m’ont amené à croire que les Sulpiciens ont machiné cela pour&#13;
se jouer de mon opposition ; et puisqu’ils ont senti que j’avais de tels soupçons, ils&#13;
semblent vouloir prévenir auprès de vous la déclaration de ma suspicion et aller&#13;
au-devant des conséquences fâcheuses qui pourraient survenir contre eux du fait&#13;
de cette friponnerie ; et telle est la raison pour laquelle je vous ai adressé par avance&#13;
cette mienne lettre, car si j’ai les coudées franches, rien n’ayant encore été décidé à&#13;
ce sujet par vous, je dirais ici librement ce que je pense : toutes les Hospitalières de&#13;
cette sorte qui servent sous la règle de saint Augustin doivent être vêtues d’un seul&#13;
et même habit et costume, régies, autant que possible, par les mêmes constitutions&#13;
et règles, à tout le moins celles se trouvant dans un même diocèse. Nous avons ici&#13;
d’anciennes Hospitalières, qui s’accordent, en grande partie, par les manières&#13;
d’être et les règles, avec les autres qui sont en France. Il paraîtrait certainement&#13;
fâcheux que soient admises ici à nouveau d’autres Hospitalières, qui ne&#13;
s’accordent pas à l’usage commun à toutes les autres Hospitalières, surtout de&#13;
celles qui sont ici. Si toutefois il en a été décidé autrement par le Très Saint-Père5&#13;
et par vous, nous estimons que c’est juste et bon.&#13;
Voilà les choses au sujet desquelles j’ai pensé devoir écrire à Vos Éminences. Pour&#13;
le reste, la chrétienté6 ancienne et nouvelle suit son cours et progresse : ancienne,&#13;
je veux dire celle des Français, dont le nombre augmente chaque année et au salut&#13;
desquels on pourvoit, autant que faire se peut ; nouvelle, celle des Barbares&#13;
convertis, dont les pères de la Compagnie [de Jésus] en ont ajouté cette année à&#13;
l’Église plus de 400 dans les diverses missions proches et éloignées et ils ont fondé,&#13;
cette année, une mission fixe distante de plus de 500 lieues vers l’ouest, à partir de&#13;
laquelle certains pensent que pas plus de 500 lieues la séparent de la mer de Chine.&#13;
Nous espérions vous transmettre, cette année, quelque chose de plus au sujet de&#13;
toute la chrétienté dans ces régions, depuis le commencement ; mais, en raison des&#13;
difficultés du moment, il n’a pas été possible de le faire cette année. La chose est&#13;
&#13;
5&#13;
6&#13;
&#13;
NDT : Littéralement : Le Très Bienheureux Père.&#13;
NDT : Littéralement : la chose chrétienne.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�donc remise à l’année prochaine. Entre-temps, qu’il plaise à Vos Éminences&#13;
d’agréer mes sentiments de gratitude à votre égard pour tant de bienfaits et de&#13;
m’accompagner jusqu’au terme par votre bienveillance habituelle. De Vos&#13;
Éminences,&#13;
Le très humble et très obéissant serviteur,&#13;
François, évêque de Pétrée, vicaire apostolique.&#13;
À Québec, en Nouvelle-France, le 4e des calendes de septembre en l’année 1667&#13;
&#13;
J’avais à peine écrit ces choses que l’affaire des dîmes, depuis longtemps débattue,&#13;
a fait l’objet d’un décret et a été réglée ; duquel il ressort que, dans les paroisses&#13;
dont la création sera décidée, lorsque les dîmes se trouveront être suffisantes pour&#13;
la subsistance d’un curé titulaire, il sera nécessaire que j’aie entre les mains la&#13;
faculté d’en instituer de tels, si cela est exigé de moi, et ceci nous paraît [approprié]&#13;
pour la chrétienté, s’il vous plaît que je sois pourvu efficacement pour ceci par&#13;
Sa Sainteté et la Sacrée congrégation. Je voudrais qu’elle soit à nouveau avertie&#13;
qu’elle se méfie de la façon de faire des susdits Sulpiciens, dont l’un, à ce que j’ai&#13;
entendu, est parti en France. Il nous est par ailleurs apparu qu’ils ont ourdi&#13;
beaucoup d’autres choses par tromperie et friponnerie, entre autres que les&#13;
paroisses de Québec et de Montréal, et peut-être d’autres, leur soient attribuées ;&#13;
toutes choses qui, en fin de compte, contreviendraient à la subordination due à&#13;
l’évêque ou l’affaibliraient, après avoir été déchus de l’espoir de l’épiscopat. Il&#13;
apparaît être tout à fait avantageux pour le bien de la paix que Sa Sainteté décide&#13;
de considérer comme suspectes ou fausses toutes bulles ou brefs qui suggéreraient&#13;
quelque indépendance que ce soit de ce genre et qu’elle ait cette confiance en nous&#13;
que nous n’abuserons pas du plein pouvoir qu’elle daignerait nous conférer en ces&#13;
matières, de sorte que toutes les choses qui regarderaient cette Église nous soient&#13;
remises ou ne soient pas décidées à Rome avant que je présente [moi-même], ce&#13;
qui paraît devoir nous être présenté.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Traduction typographiée en français classique par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 23-21&lt;/span&gt;</text>
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&#13;
—&#13;
&#13;
112&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
19&#13;
Ad Cardinales S. Congregationis de Propaganda Fide, 1666,&#13;
mense octobris. Originale in Ardi, eiusdem Congregationis&#13;
asservatum, Scritt. Ant., voi. 256, ff. 133-134.&#13;
Lettera dello stesso argomento che quella al n. 16.&#13;
&#13;
20&#13;
A d Cardinalem Piccolomini, nuntium Ravennae, 1666.&#13;
Questa lettera del Servo di Dio, il cui testo non è stato ritrovato,&#13;
è conosciuta soltanto dalla risposta del Cardinale Piccolomini del gennaio 1667, conservata nell’Archivio del Seminario di Québec. Piccolomini,&#13;
in quel tempo Nunzio a Ravenna, era stato dapprima Nunzio a Parigi&#13;
(1656-1662) ed è proprio lui che aveva consacrato il Servo di Dio l ’8 dicembre del 1658. Nel 1668, egli faceva parte della S. Congregazione di&#13;
Propaganda.&#13;
&#13;
21&#13;
Ad Cardinales S. Congregationis de Propaganda Fide, 1667,&#13;
mense septembris. Ex Originali in Ardi, eiusdem Congregationis asservato, Scritt. Ant., voi. 256, ff. 105-108.&#13;
In questa lettera il Servo di Dio domanda ai Cardinali della S. Congregazione di Propaganda qualche spiegazione intorno a ll’approvazione&#13;
delle Religiose Ospitaliere dell’ospedale dell’Hôtel-Dieu di Montréal.&#13;
Nel settembre del 1659, sbarcarono a Québec tre suore delle Ospitaliere&#13;
di San-Giuseppe, piccola congregazione fondata da poco a La Flèche da un&#13;
pio laico, il signor de La Dauversière. Erano venute dietro richiesta di&#13;
Jeanne Mance, fondatrice dell’Hòtel-Dieu di Montréal per prender la direzione di questo ospedale. Il Servo di Dio s ’oppose a questo progetto, sia perchè non vedeva chiaro sulla posizione giuridica della loro congregazione, sia&#13;
anche perchè, seguendo in ciò le vedute del sacerdote de Queylus, desiderava avere nel suo vicariato una sola congregazione religiosa di ospitaliere, quella delle Agostiniane già esistente nell’Hôtel-Dieu di Québec.&#13;
Propose quindi alle tre suore di unirsi a questa ultima congregazione. Ma&#13;
dato il loro rifiuto, il Servo di Dio finì per accordare loro la permissione&#13;
di andare a Montréal. Quando poi nel 1666, la Congregazione di San Giuseppe ottenne l'approvazione pontificia col Breve Ad perpetuam di Alessandro V II, 8 gennaio 1666, le suore di Montréal chiesero a Mons. de Lavai&#13;
il riconoscimento definitivo della loro comunità nel suo vicariato. Il Servo&#13;
&#13;
�113&#13;
&#13;
Doc. XXIII&#13;
&#13;
di Dio riassunse allora i suoi dubbi e li espose con la seguente lettera&#13;
a Propaganda Fide. Non abbiamo la risposta di Propaganda, la quale però&#13;
dovè essere favorevole alle suore; abbiamo infatti una lettera del Servo&#13;
di Dio in data 7 ottobre 1671 (Archivio dell’Hòtel-Dieu di Montréal), nella&#13;
quale diede alle suore la permissione di fare voti solenni, ciò che, come dice&#13;
la suora Morin negli Annales de VHôtel-Dieu de Montréal, ha lo stesso valore che un’approvazione definitiva della comunità.&#13;
&#13;
Eminentissimi Domini.&#13;
Cum nullas adirne ab Eminentiis Vestris litteras acceperim,&#13;
de iis in praesentibus mentionem nullam facio. Cum iam tamen&#13;
aliunde resciverim quam prolixa fuerit erga me Eminentiarum&#13;
Vestrarum voluntas, diutius me continere non potui, quin animum in gratiarum actionem effunderem. Itaque placuit Eminentissimo Cardinali Antonio ad me rescribere Eminentias Vestras&#13;
opportunum tandem iudicasse Quebeeensem Ecclesiam in cathedra lem evehere et interim, si quid humanitus accideret, facultatem facere unum ex ecclesiasticis nostris in vicarium apostolicum&#13;
constituendi, quin et amovibiles ad nutum parochos instituendi,&#13;
donec aliud visum fuerit iuxta canones faciendum ; nihil Commodium huic Ecclesiae accidere potuit, praesertim si de primo agitur; cum enim hoc eodem tempore, pax cum barbaris firmior,&#13;
ut apparet, quam antea fuerit inita, haec res novum motivum&#13;
affert urgendi ut vicariatus in episcopalem dignitatem loci propriam commutetur; cum enim ex eo fiat ut plures de novo instituantur coloniae, de pluribus simul parochiis et parochis cogitandum, qui et quae multo convenientius instituentur et in officio&#13;
continebuntur, si cathedralem in his locis in qua proprius episcopus sedeat conspexerint.&#13;
Unum superest quod forte a nobis non satis distincte Eminentiis Vestris propositum est, videlicet videri nobis maxime e re&#13;
Christiana rite stabilienda in his regionibus, si ecclesia Quebeeensis, iam nunc solemniter dedicata et consecrata, quae etiam&#13;
nunc plus bis mille libras annuas possidet, a Sanctitate Sua in&#13;
titulum erigatur ecclesiae parocliialis et sic erecta per unum&#13;
breve, per aliud ad nos transmittendum uniatur et attribuatur&#13;
in perpetuum Seminario Missionum exterarum quod hic habemus conflatum ex viris Seminarii Parisiensis pro lmiusmodi missionibus externis. Hoc si fiat, habebit Sacra Congregatio in quo&#13;
&#13;
�Doc. XXIII&#13;
&#13;
114 —&#13;
&#13;
de re christiana et catholica in perpetuum in his regionibus conquiescat. Ah ipsis nunc ex commissione parochia haec cum omnium&#13;
satisfactione administratur, nec tamen quasi parochia, sed velut&#13;
insignis cathedralis, in qua nihil ad pietatem excitandam et splendorem Ecclesiae desideratur.&#13;
De stabilimento fixo decimarum quod nunc perficitur, posterioribus meis litteris certiores vos faciam. Annon, iis perfecte&#13;
stabilitis, iudicabunt Eminentiae Vestrae ut rurales etiam parochiae a Sua Sanctitate in titulum erigantur? Responsum vestrum de iis omnibus reverenter et submisse praestolabimur.&#13;
Iam unum est de quo referre ad Sacram Congregationem operae pretium mihi omnino visum est. Sub anno 16611 venit in&#13;
has regiones societas quaedam feminarum, trium numero, ut Montisregalis habitationem incolerent et ibi nosocomium curarent,&#13;
quibus de fundatione in Gallia provisum fuerat. Rogatus ego&#13;
ut approbationem darem, significavi velle me prius de instituto&#13;
earum cognoscere. Ab ipsis itaque constitutiones quaedam et regulae impressae mihi sunt traditae, quarum auctor, ut accepi,&#13;
fuerat vir uxoratus, Dominus de la Dauversière, quaestor regius&#13;
apud Andegavenses, qui primam huius ingenii familiam in hospitale Flexiensi ante aliquot annos induxerat, quae postea ad&#13;
alias urbes Galliae est propagata et ah episcopis quibusdam, ut&#13;
dicitur, recepta. Verum in huiusmodi constitutionibus et regulis&#13;
tam multa extraordinaria et parum usitata in Ecclesia Dei pro&#13;
feminis praesertim mihi visa sunt, ut dubitarem diu an expediret eas a me approbari, praesertim cum se ut religiosas approbari intenderent, etsi in huiusmodi constitutionibus nulla nisi&#13;
votorum simplicium natura appareat nec vestitus ulla ratione&#13;
ab saeculari distinctus. Sed ecce mihi dum in his cogitationibus&#13;
fluctuarem, occurrit sacerdos e Seminario S. Sulpitii Parisiensis, penes quod Seminarium est nunc tota habitatio praedicti&#13;
Montisregalis, prae se ferens breve a Summo Pontifice octavo&#13;
februarii datum anni 1666, quo haec societas praedictarum feminarum habitationis Montisregalis una cum aliis aliquot monasteriis in Gallia, veras esse religiosas declaratur. Si ita a Suprema&#13;
Sede definitum est, nihil habeo quod opponam. Verum multa me&#13;
1 Questa data è erronea: le Ospitaliere di San Giuseppe arrivarono nel Canada&#13;
nel 1659.&#13;
&#13;
�115 —&#13;
&#13;
Doc. XXIII&#13;
&#13;
inducunt ut suspicer breve subréptitillili esse: l u Exemplar huius&#13;
brevis obtinere non potui; 2° Praesupponitur in eo veras fuisse&#13;
religiosas, sed ad tollendos solum scrupulos aliquorum qui aliter&#13;
sentirent breve esse concessum; veras ante fuisse religiosas nullo&#13;
modo constat, cum a nulla professa in ullo ordine aut regula sint&#13;
progenitae nec quidem de eo ex habitu seu vestitu appareat nec&#13;
ex alia antecedente bulla; 3° Quia Sacra Congregatio me monitum voluerat nullum a se datum iri rescriptum pro his regionibus, me non monito. Quae omnia effecerunt ut crederem hoc&#13;
molitos esse Sulpitianos ut oppositionem meam eluderent. Et&#13;
quoniam ita me suspicari senserunt, videntur velle praevenire&#13;
declarationem apud vos suspicionis meae et occurrere incommodis quae ex hac subreptione contra ipsos sequuntur. Et haec&#13;
est ratio cur in antecessum hanc epistolam meam ad vos destinarim. Quod si in integro res est, nondum de ea quidquid a vobis&#13;
statutum, dicerem hic libenter quod sentio, nempe huiusmodi hospitalarias omnes sub regula Sti Augustini militantes uno et eodem&#13;
habitu et ornatu vestiendas, iisdemque constitutionibus et regulis, quantum potest, informandas, eas saltem quae in eodem episcopatu versantur. Antiquas hospitalarias hic habemus, habitu&#13;
et regulis, ex magna parte, cum aliis in tota Gallia convenientes.&#13;
Certe incommodum videtur hospitalarias alias de novo hic admitti, habitu et regulis a communi hospitalariarum omnium aliarum usu discrepantes, maxime earum quae hic sunt; si tamen&#13;
a Sanctissimo et a vobis aliter est constitutum, aequi bonique&#13;
consulemus.&#13;
Haec sunt de quibus ad Eminentias Yestras scribendum mihi&#13;
putavi. l)e coetero, res christiana vetus et nova suum cursum et&#13;
progressum tenet; vetus impiam Gallorum, quorimi numerus in&#13;
annos singulos crescit et quibus omnibus, quantum fieri potest,&#13;
de salute providetur; nova vero barbarorum neophytorum, quorum plus quadringentos Patres Societatis in variis missionibus&#13;
longinquis et propinquis, hoc anno Ecclesiae aggregarunt, et missionem fixam quingentas hinc leucas distantem occidentem versus, hoc anno instituerunt, a qua ad Mare Sinieum non amplius&#13;
quam leucas trecentas intercedere aliqui opinantur. Sperabamus&#13;
ad vos hoc anno amplius aliquid transmittere de tota re christiana&#13;
in his regionibus ab initio ; sed prae angustiis temporis, hoc anno&#13;
id perfici non potuit. In proximum itaque remissa res est. Interim&#13;
&#13;
�Doc. XXIIÏ&#13;
&#13;
— 116&#13;
&#13;
placeat Eminentiis Vestris gratum erga vos animum meum pro&#13;
tot beneficiis acceptis habere et solita benevolentia in finem prosequi. Eminentiarum Vestrarum,&#13;
Humillimus et obsequentissimus servus,&#13;
Francisons Petreensis episcopus,,&#13;
Vicarius Apostolicus.&#13;
Quebeei, in Nova-Franeia, quarto calendas septembris, anno 1667.&#13;
Vix haec a me scripta erant, cum agitatum iampridem de decimis negotium in Concilio Regio decretum et stabilitum est. Ex&#13;
quo fit ut cum in parochiis destinatis decimae reperientur sufficientes ad sustentationem parochi unius titularis, penes me sit&#13;
facultas neeesse est tales instituendi, si id a me exigetur et e re&#13;
christiana nobis visum fuerit. Huic itaque rei, si placeat, efficaciter providebitur a Sua Sanctitate et Sacra Congregatione, quam&#13;
etiam ex nova occasione rursus monitam velim, ut suspectum ha beat processum praedictorum Sulpitianorum, quorum unus, ut&#13;
audivi, in Galliam proficiscitur; aliunde enim etiam nobis apparuit multa alia molitos esse per fraudem et subreptionem, inter&#13;
alia ut sibi parochiae Quebecensis et Montisregalis et forte aliae&#13;
sibi attribuerentur, ea denique omnia quae dependentiam episcopo debitam infringerent aut debilitarent, postquam a spe episcopatus deciderunt. Expedire omnino ad bonum pacis videtur,&#13;
ut Sua Sanctitas decerneret litteras omnes seu brevia pro suspectis seu subreptitiis habenda, quae quamcumque huiusmodi independentiam insinuarent, et eam de nobis fiduciam haberet non&#13;
abusuros nos plenitudine potestatis, quam in his initiis conferre&#13;
dignaretur, ita ut quaecunque ad hanc Ecclesiam spectarent, ad&#13;
nos remitterentur vel non decernerentur Romae, priusquam quae&#13;
repraesentanda nobis viderentur repraesentassem.&#13;
&#13;
22&#13;
Ad Summum Pontificem Clementem I X , 1667.&#13;
Non abbiamo il testo di questa lettera conosciuta soltanto dalla seguente n. 23.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en italien et en latin, publiée dans Altera Nova Positio, 1956, Doc. 23.21</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie dactylographiée en latin par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée en latin et publiée dans &lt;em&gt;Nova Positio&lt;/em&gt;, 1918, p. 272-277&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. XXIII&#13;
Lettres du Serviteur de Dieu au Saint-Siège, 1659-1685&#13;
La volumineuse correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège constitue une&#13;
collection de première importance. À travers elle, nous connaissons plusieurs détails de sa&#13;
vie apostolique, de son caractère, de son ministère, de son zèle pour les âmes et l’état de&#13;
l’Église naissante. D’un autre côté, celle-ci prouve avec clarté la vénération, le respect et&#13;
l’inaltérable soumission de Mgr de Laval envers le Saint-Siège. Afin de mieux évaluer cette&#13;
disposition d’âme du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique, on devra se rappeler&#13;
qu’il a vécu en plein siècle de gallicanisme. Lorsqu’il partit pour le Canada, le jeune&#13;
Louis XIV commençait un règne qui laissait prévoir une influence toujours plus grande du&#13;
pouvoir royal dans le domaine politique et religieux.&#13;
Au Canada, Mgr de Laval rencontra des gouverneurs imbus des mêmes principes politiques,&#13;
désireux d’imiter sur leur territoire la puissance qu’avait le roi dans la mère-patrie et&#13;
d’étendre ce pouvoir dans les affaires ecclésiastiques.&#13;
Quelle fut la conduite du Serviteur de Dieu en cette situation délicate ? Sa correspondance&#13;
avec le Saint-Siège le révèle et montre le soin qu’il mit à établir son Église naissante sur&#13;
les bases solides de l’union avec Rome.&#13;
Le caractère officiel de ces lettres implique certaines expressions imposées par le protocole,&#13;
mais, mises à part ces formules de chancellerie et ces termes de respect et d’obéissance en&#13;
usage dans la correspondance de tous ceux qui écrivaient au Saint-Siège, ces lettres mettent&#13;
en évidence les sentiments de dévotion du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique.&#13;
L’importante quantité de lettres démontre le désir de M gr de Laval de rester uni à Rome.&#13;
En effet, nous avons pu retrouver 46 lettres et 4 relations écrites en moins de 25 ans ; et&#13;
nous sommes d’avis qu’il en manque. Ce chiffre est considérable, si l’on pense aux&#13;
difficultés que rencontraient alors les communications entre l’Amérique et l’Europe. Parmi&#13;
ces blocs de correspondance, 18 sont adressés au souverain pontife, 8 à divers cardinaux&#13;
romains et le reste à la Congrégation de la propagande. Nous avons ajouté à ces documents&#13;
deux lettres écrites au nonce de Paris, les considérant comme faisant partie de la&#13;
correspondance avec le Saint-Siège. Mgr de Laval maintint toujours une bonne relation avec&#13;
les représentants du pape à Paris, même après leur départ de cette ville. En font foi les&#13;
lettres qu’il écrivit aux cardinaux et à d’anciens nonces, ainsi que les réponses de ces&#13;
derniers.&#13;
Cette correspondance avec Rome s’étend sur toute la période du gouvernement spirituel du&#13;
Serviteur de Dieu au Canada : de 1659, date de sa nomination comme vicaire apostolique,&#13;
jusqu’à 1685, année de son dernier voyage en France pour présenter sa démission. Durant&#13;
tout ce temps, il se montra fidèle à rédiger un rapport annuel, lorsque des circonstances&#13;
exceptionnelles ne l’en empêchèrent pas. Il envoie parfois jusqu’à quatre lettres en une&#13;
seule année.&#13;
Après sa démission, il se retira au Séminaire, où il demeura jusqu’à sa mort, survenue en&#13;
1708. Durant sa retraite, il ne s’intéressa plus directement aux affaires ecclésiastiques du&#13;
Canada ; on ne trouve donc plus aucune lettre adressée au Saint-Siège.&#13;
Cette collection de lettres nous démontre que le Serviteur de Dieu, soumis à l’autorité du&#13;
pape et de la Sacrée congrégation de la propagande, s’est affairé à toutes les questions&#13;
épineuses de son diocèse. Il traite du commerce des boissons enivrantes avec les&#13;
&#13;
�Autochtones, de l’implantation de l’hôpital de Montréal, etc. Ses suppliques se font plus&#13;
assidues et plus insistantes quand il s’agit de sa juridiction spirituelle au Canada. Il désire&#13;
imposer en Nouvelle-France le respect et la soumission totale au Saint-Siège ; d’où ses&#13;
remontrances contre l’archevêque de Rouen, qui prétendait avoir droit de gouverner au&#13;
Canada, et contre l’abbé de Queylus, qui représentait les intérêts de cet archevêque en&#13;
Amérique ; d’où aussi ses suppliques pour la fondation d’un évêché titulaire, qui lui&#13;
donnerait plus d’autorité que le titre de vicaire apostolique face au pouvoir civil ; d’où&#13;
enfin, son insistance pour obtenir que la nouvelle Église de Québec soit totalement&#13;
indépendante des archevêchés français et directement dépendante de Rome.&#13;
Pour toutes ces raisons, la correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège a une&#13;
grande valeur pour l’étude de ses vertus et de ses activités à titre de fondateur de l’Église&#13;
canadienne.&#13;
La majeure partie de cette correspondance est tirée des originaux conservés aux Archives&#13;
générales du Vatican et aux Archives de la Propagande. Ces originaux sont écrits avec&#13;
grand soin par un secrétaire et signés par Mgr de Laval ; seulement deux sont entièrement&#13;
de sa main. Les autres pièces sont des copies de l’époque ou des minutes conservées dans&#13;
lesdites archives ou au Séminaire de Québec. Pour chaque document, nous indiquerons la&#13;
source d’où il provient.&#13;
Il ne nous a pas paru nécessaire de reproduire en entier toutes les lettres, afin de ne pas&#13;
créer de répétitions. Ainsi, certaines lettres ont été entièrement omises, tandis que d’autres&#13;
ont été partiellement reproduites ; dans ce cas, nous donnons un bref résumé des passages&#13;
éliminés.&#13;
Ce dossier comprend seulement les lettres adressées par le Serviteur de Dieu au SaintSiège. Nous possédons plusieurs réponses à ces lettres, mais en général elles n’apportent&#13;
rien de plus à cette Positio. Les autres documents émis par le Saint-Siège sont plutôt d’ordre&#13;
public, comme les bulles, les rescrits, etc., et ont été inclus dans la Positio dans leur ordre&#13;
chronologique.&#13;
&#13;
Nous avons préparé une présentation générale cette correspondance,&#13;
avec indication de la date et du destinataire. Celles qui comportent&#13;
un astérisque ne furent pas prises en considération pour la Cause&#13;
jusqu’à maintenant.&#13;
Note de la rédaction (NDLR)&#13;
En 1977, le Centre de recherche en histoire religieuse du Canada (CRHRC), en&#13;
collaboration avec les Archives nationales du Canada, à l’époque les Archives publiques&#13;
du Canada, débutèrent un projet de longue haleine intitulé Inventaire de documents&#13;
d’intérêt canadien dans les archives et bibliothèques de Rome, sous la direction de Pierre&#13;
Hurtubise, oblat de Marie Immaculée, titulaire de la Chaire de recherche en histoire&#13;
religieuse du Canada. En 1981 s’ajouta la participation du Centre académique canadien en&#13;
Italie (CACI). Entre 1977 et 2009, ils ont inventorié et résumé tous les documents relatifs&#13;
au Canada. Luca Codignola a recensé 2 441 documents aux Archives de la Propagande&#13;
pour les années 1622 à 1799. L’inventaire complet1 a été publié sur leur site web.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : Site web du CRHRC : https://ustpaul.ca/les-archives-du-vatican-et-le-canada/&#13;
&#13;
�À partir de ces recherches, nous avons inclus, dans cette nouvelle édition, les nouvelles&#13;
cotes des documents copiés par l’abbé Demers dans les années 1930, quelques corrections&#13;
de dates et de destinataires, avons rapatrié les textes de son Annexe I-Doc. A et avons&#13;
ajouté des documents dont Laval est l’auteur.&#13;
Afin de rendre ce chapitre plus fluide, nous présenterons les documents, avec leur date et&#13;
leur cote archivistique actuelle, dans leur version corrigée et traduite en français. Lorsque&#13;
nous n’avons pas de copie d’un document, nous nous sommes inspirés du résumé publié&#13;
par le CRHRC pour indiquer la teneur de la lettre. Sauf indication, toutes les traductions&#13;
du latin vers le français ont été faites par M. Paul-Hubert Poirier, professeur émérite de&#13;
l’Université Laval&#13;
&#13;
Lettres de Mgr de Laval à Rome&#13;
Tableau de concordance&#13;
Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
1&#13;
2&#13;
3&#13;
4&#13;
5&#13;
6&#13;
7&#13;
8&#13;
9&#13;
10&#13;
11&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. A. Après le 8 décembre 16582, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 juin 1660, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 4. Octobre 1660, Relation sur&#13;
les missions canadiennes, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 janvier 1660, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 7. 24 octobre 1663, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 8. Novembre 1663, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 9. 1663, Relation sur les&#13;
missions auprès des Algonquins,&#13;
adressée au souverain pontife&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 4. 29 octobre 1660, Relation sur les&#13;
missions canadiennes, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Voir ligne 15&#13;
Doc. 8. 26 octobre 1663, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 14&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : Puisque l’ordination épiscopale de Mgr de Laval fut le 8 décembre 1658, la lettre a probablement&#13;
été écrite au cours de ce mois.&#13;
2&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Doc. 9. [26 août 1664], Relation sur les missions&#13;
auprès des Algonquins, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Doc. 11. 1664, Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée&#13;
au souverain pontife&#13;
&#13;
17&#13;
18&#13;
19&#13;
&#13;
Doc. 11. [26 août 16643], Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
Doc. 7. 24 octobre 1665, au cardinal [Barberini],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
15&#13;
16&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 15. [26 août 1664], Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 12. Novembre 1665, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 13. Novembre 1665, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 12. 25 octobre 1665, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 13. 26 octobre 1665, à [Barberini4],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 14. 8 novembre 1665, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 15. 1665, Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 14. 26 octobre 1665, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 12&#13;
&#13;
Doc. 16. Octobre 1666, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 17. Octobre 1666, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. B. 1666, au cardinal Casanate, secrétaire&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 16. 14 octobre 1666, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 17. 15 octobre 1666, à [Barberini], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
Doc. 18. Octobre 1666, au même&#13;
&#13;
Doc. 18. 15 octobre 1666, au même&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
Doc. 19. Novembre 1666, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 19. 15 octobre 1666, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
20&#13;
21&#13;
22&#13;
&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
*Doc. 20. 1666, au cardinal&#13;
Piccolomini, nonce à Ravenne&#13;
&#13;
27&#13;
28&#13;
&#13;
Doc. 21. 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. C. Octobre [1666], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la Propagande&#13;
Doc. 20. 1666, au cardinal Piccolomini, nonce à&#13;
Ravenne&#13;
Doc. D. 26 août 1667, à Leslie, son procureur à&#13;
Rome&#13;
Doc. 21. 29 août 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : L’abbé Demers et le CRHRC donnent deux dates différentes pour ce rapport. Toutefois, comme&#13;
le rapport de la Propagande, dans une congrégation de 1665, résume les n os 9, 11 et 15 ensemble, il est&#13;
probable qu’ils portent tous la même date.&#13;
4&#13;
NDLR : Les Docs. 13 et 14 ne portent pas de destinataires, mais il est fort probable, comme l’indique l’abbé&#13;
Demers, qu’ils aient été envoyés au cardinal préfet de la Propagande et son secrétaire.&#13;
3&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
29&#13;
30&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 22. 1667, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 22. 29 août 16675, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
*Doc. 24. 26 octobre 1668, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 25. 30 septembre 1669, au&#13;
souverain pontife Clément IX&#13;
*Doc. 26. 30 septembre 1669, au&#13;
cardinal préfet de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 24. 26 octobre 1668, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
34&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, à Barberini,&#13;
cardinal de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
*Doc. 28. 30 septembre 1669, au&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 28. 30 septembre 1669, à [Colonna],&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
*Doc. 30. 16 septembre 1670, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr&#13;
Francesco Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 30. 16 septembre 1670, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 32. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 33. 1672, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
*Doc. 34. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 35. 1672, au cardinal Caraffa&#13;
&#13;
Doc. 32. [14 mars 1672], au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
Doc. 33. [14 mars 1672], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 36. 1672, au secrétaire de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 36. [14 mars 1672], à [Altieri], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
31&#13;
32&#13;
33&#13;
&#13;
36&#13;
37&#13;
38&#13;
39&#13;
40&#13;
41&#13;
42&#13;
43&#13;
&#13;
Doc. 25. 30 septembre 1669, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
Doc. 26. 30 septembre 1669, à [Barberini et&#13;
Piccolomini], cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Voir ligne 46&#13;
&#13;
Voir ligne 47&#13;
Doc. 35. [14 mars 1672], au cardinal [Colonna]&#13;
&#13;
44&#13;
&#13;
Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
Doc. 34. 1672, au souverain pontife Clément X&#13;
&#13;
46&#13;
&#13;
Doc. E. 24 octobre 1672, Mémoire sur l’état de&#13;
l’abbaye de Méobecq, adressée à la Propagande&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
*Doc. 37. 8 décembre 1673, au&#13;
cardinal Altieri, premier ministre du&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 37. 8 décembre 1673, au cardinal Altieri,&#13;
cardinal préfet de la Propagande&#13;
&#13;
NDLR : Le CRHRC indique la date du 4 septembre, mais la lettre est signée du 4 des calendes de septembre,&#13;
ce qui donne le 29 août.&#13;
5&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
48&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 38. 1673, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
49&#13;
50&#13;
51&#13;
52&#13;
53&#13;
&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à un cardinal&#13;
à Rome&#13;
Doc. 40. Octobre 1675, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 41. 5 novembre 1675, au&#13;
cardinal Spada, de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
54&#13;
55&#13;
56&#13;
&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au&#13;
souverain pontife Clément X&#13;
Doc. 43. Novembre 1675, au cardinal&#13;
Nerli, premier ministre du souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
57&#13;
58&#13;
&#13;
Doc. 44. Octobre 1676, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
59&#13;
60&#13;
61&#13;
62&#13;
63&#13;
64&#13;
65&#13;
66&#13;
67&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 38. 12 juillet 1673, à Mgr Francesco Nerli,&#13;
nonce à Paris&#13;
Doc. F. 1673, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. G. 30 mars 1674, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la consistoriale&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à Altieri, cardinal préfet&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 56&#13;
Doc. 41. 5 novembre 1675, au cardinal Spada,&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 40. 13 novembre 1675, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au souverain&#13;
pontife Clément X&#13;
Doc. 43. 1675, au cardinal Nerli, premier&#13;
ministre du souverain pontife&#13;
Doc. H. 1675, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. 44. 15 octobre 1676, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 46. 15 octobre 1676, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 46. 1677, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
*Doc. 47. 30 mai 1678, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 48. 13 novembre 1678, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
Voir ligne 59&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au&#13;
même&#13;
Doc. 51. 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au même&#13;
&#13;
Doc. 47. 30 mars 1678, réponse du cardinal&#13;
Cibò, secrétaire d’État&#13;
Doc. 48. 13 novembre 1678, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 51. 13 novembre 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Introduction en français moderne aux Docs. 23 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
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                <text>Lettre de Laval à la Propagande (Québec, 29 août 1667)</text>
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                <text>Le vicaire apostolique au Canada remercie les cardinaux pour la permission accordée d’ériger l’église de Québec en cathédrale et d’instituer des cures amovibles en attendant l’érection d’un évêché en titre. Il leur demande que cette église soit aussi érigée en église paroissiale et de l’associer au Séminaire de Québec. Il demande des explications concernant l’approbation donnée à trois hospitalières de Saint-Joseph de diriger l’Hôtel-Dieu de Montréal, alors qu’il y a déjà des hospitalières de Saint-Augustin bien établies à l’Hôtel-Dieu de Québec. Les missions des Jésuites continuent à se développer.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en latin conservé aux Archives apostoliques du Vatican, Propagande, Scritture originali riferite nelle congregazioni generali, vol. 256, f. 85-88&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Église catholique. Congregatio de propaganda fide</text>
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                <text>&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/9074" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14033" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 23 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10819" class="show"&gt;Traduction typographiée en français moderne&lt;/a&gt; par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 23-21&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9074" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en italien et en latin&lt;/a&gt;, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 23-21&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9122" class="show"&gt;Copie dactylographiée en latin&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9354" class="show"&gt;Copie typographiée en latin&lt;/a&gt; et publiée dans&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Nova Positio&lt;/em&gt;, 1918, p. 272-277&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/752"&gt;Copie manuscrite en latin&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 55&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>Augustines de Québec</name>
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        <name>Correspondance de Laval avec la Cour de Rome</name>
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        <name>Cures</name>
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        <name>Hospitalières de Montréal</name>
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        <name>Jésuites</name>
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        <name>Nécessité d'ériger un évêché en titre (1660-1674)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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        <name>Recrutement et formation</name>
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                    <text>Doc. XXIII-48&#13;
Lettre au souverain pontife Innocent XI, 13 novembre 1678, d’après l’original&#13;
conservé aux Archives apostoliques du Vatican. Propagande, Congressi (America&#13;
Settentrionale), vol. 1, fos 51-54&#13;
Le Serviteur de Dieu demande au pape de ratifier l’union qu’il avait faite entre la paroisse&#13;
de Québec et le Séminaire de Québec. La bulle d’érection du diocèse de Québec&#13;
(1er octobre 1674) avait supprimé la paroisse et avait confié le soin des âmes au Serviteur&#13;
de Dieu. Ce dernier devait pourvoir à la paroisse, soit par le chapitre, soit par le moyen&#13;
qu’il jugeait le plus approprié, comme le dit la bulle.&#13;
&#13;
Très Saint-Père1,&#13;
Depuis le moment où je suis parti vers les colonies françaises, qui sont établies&#13;
dans la province canadienne, par un mandat du Siège apostolique, toute l’affaire&#13;
s’est heureusement passée, Dieu aidant, au point où les Français conservent la foi&#13;
ancestrale et les Barbares* passent au culte du Dieu Très Grand2 et sont plus&#13;
nombreux de jour en jour. Mais en réalité, Très Saint-Père, j’ai besoin de votre&#13;
autorité pour établir plus fermement la position de la religion : que vous&#13;
confirmiez par votre assentiment ce qui a été fait et que vous prescriviez, dans&#13;
votre sagesse et votre prudence, ce qui doit être fait pour la suite. Comme le&#13;
troupeau de Dieu s’accroît, j’ai estimé de mon devoir, à l’exemple des apôtres,&#13;
d’établir des prêtres dans différents lieux, qui auraient en titre le soin des âmes,&#13;
afin que le pasteur connaisse ses brebis et que les brebis, entendant de plus près la&#13;
voix de leur pasteur, s’habituent plus facilement à la discipline du salut. Je me suis&#13;
appliqué à cette tâche d’autant plus consciencieusement que le Roi Très Chrétien&#13;
m’a signifié plus d’une fois que cela lui serait très agréable et que tous les peuples&#13;
appelaient très vivement, de leurs vœux et de leurs prières communes, une telle&#13;
consolation pour leurs âmes.&#13;
La dévotion envers le Siège apostolique et le respect unique qui lui sont dus ont&#13;
occasionné cette première création de paroisses dans le diocèse de Québec, au&#13;
point où je la vouerai et la consacrerai à Votre Sainteté3 comme les premiers et les&#13;
principaux fruits de nos labeurs ; mais l’amour de la discipline ecclésiastique me&#13;
NDT : Littéralement : Très Bienheureux Père.&#13;
NDT : Littéralement : Dieu le meilleur et le plus grand.&#13;
3&#13;
NDT : Littéralement : Votre Béatitude.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�pousse à prier instamment Votre Sainteté de tenir ladite création pour ratifiée et&#13;
de la renforcer par un bref. Car jamais rien ne fut pour moi plus approprié pour&#13;
jeter les bases de l’Église de Québec que d’affermir ainsi, correctement et&#13;
solidement, toutes choses de manière qu’elles ne puissent être détruites de quelque&#13;
façon par le passage du temps, surtout en ce qui concerne l’installation des curés&#13;
paroissiaux, qui collaborent avec l’évêque pour faire paître les brebis du Christ.&#13;
Rien n’est plus convenable que le fait qu’ils soient choisis par l’évêque et confiés à&#13;
son autorité pastorale. Il a donc été prévu que la recommandation [aux bénéfices]&#13;
des paroisses érigées, la présentation et le fait de conférer [des bénéfices] de&#13;
quelque genre que ce soit nous soient attribués de droit, ainsi qu’à nos successeurs,&#13;
à partir de tous les biens de l’Église, à savoir des dîmes qui sont recueillies depuis&#13;
l’année 1663.&#13;
Si toutefois il se trouvait dans l’avenir des lieux où il n’y aurait aucune dîme ou si&#13;
faibles qu’on ne pourrait subvenir grâce à celles-ci aux besoins des ministres des&#13;
églises, j’ai décidé, pour exciter le zèle des fidèles, comme les saints canons le&#13;
disent, qu’à ceux qui construiraient ou doteraient des églises ne soient autrement&#13;
concédés des droits de patronage. Pour le reste, et ce que je pense ne sera pas&#13;
désagréable à Votre Sainteté, pour que les clercs qui sont formés à la discipline&#13;
ecclésiastique puissent être instruits plus facilement et plus commodément de ce&#13;
qui relève de la charge pastorale, j’ai confié au Séminaire des Nations4 étrangères&#13;
(fondé certes à Paris, mais ayant aussi un siège fixe à Québec, auquel j’ai aussi&#13;
confié le séminaire épiscopal) la paroisse de Québec, qui doit être érigée sous le&#13;
titre de la bienheureuse Marie, et je l’y ai unie à perpétuité ; car on ne peut à peine&#13;
dire à quel point les prêtres du susdit Séminaire ont contribué au bien et à&#13;
l’édification de l’œuvre et du travail de notre Église.&#13;
Toutes ces choses, Très Saint-Père, je demande ardemment à Votre Sainteté&#13;
qu’elles soient confirmées par un décret propre pour que ce qui a été réalisé par&#13;
cette institution pour l’utilité de l’Église demeure fixe et approuvé et ne puisse être&#13;
modifié, ni par moi ni par aucun de mes successeurs. Vous m’excuserez, comme&#13;
je l’espère, Très Saint-Père, si je trouble Votre Sainteté5, retenue par ailleurs par&#13;
&#13;
4&#13;
5&#13;
&#13;
NDLR : Il faut plutôt lire : des Missions.&#13;
NDT : Littéralement : Votre Béatitude.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�tant d’affaires, par mes lettres peut-être trop fréquentes, mais vers qui, pour des&#13;
choses si graves, puis-je chercher refuge sinon auprès du père très aimant et&#13;
soucieux au plus haut point de la discipline ecclésiastique ? Je prie donc Votre&#13;
Sainteté pour que, par la même bienveillance dont elle nous a accompagné jusqu’à&#13;
maintenant, elle nous protège, nous et nos entreprises, et que, par sa bénédiction&#13;
apostolique, elle rende nos labeurs plus agréables et plus féconds. Très Saint-Père,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur et fils,&#13;
François, évêque de Québec.&#13;
À Québec, aux ides de novembre 1678&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Traduction typographiée en français classique par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 23-48&lt;/span&gt;</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en italien et en latin, publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1956, Doc. 23-48&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Copie dactylographiée en latin par Conrad Morin, v. 1940, conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 446 p. 31-35</text>
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                    <text>Introduction aux Docs. XXIII&#13;
Lettres du Serviteur de Dieu au Saint-Siège, 1659-1685&#13;
La volumineuse correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège constitue une&#13;
collection de première importance. À travers elle, nous connaissons plusieurs détails de sa&#13;
vie apostolique, de son caractère, de son ministère, de son zèle pour les âmes et l’état de&#13;
l’Église naissante. D’un autre côté, celle-ci prouve avec clarté la vénération, le respect et&#13;
l’inaltérable soumission de Mgr de Laval envers le Saint-Siège. Afin de mieux évaluer cette&#13;
disposition d’âme du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique, on devra se rappeler&#13;
qu’il a vécu en plein siècle de gallicanisme. Lorsqu’il partit pour le Canada, le jeune&#13;
Louis XIV commençait un règne qui laissait prévoir une influence toujours plus grande du&#13;
pouvoir royal dans le domaine politique et religieux.&#13;
Au Canada, Mgr de Laval rencontra des gouverneurs imbus des mêmes principes politiques,&#13;
désireux d’imiter sur leur territoire la puissance qu’avait le roi dans la mère-patrie et&#13;
d’étendre ce pouvoir dans les affaires ecclésiastiques.&#13;
Quelle fut la conduite du Serviteur de Dieu en cette situation délicate ? Sa correspondance&#13;
avec le Saint-Siège le révèle et montre le soin qu’il mit à établir son Église naissante sur&#13;
les bases solides de l’union avec Rome.&#13;
Le caractère officiel de ces lettres implique certaines expressions imposées par le protocole,&#13;
mais, mises à part ces formules de chancellerie et ces termes de respect et d’obéissance en&#13;
usage dans la correspondance de tous ceux qui écrivaient au Saint-Siège, ces lettres mettent&#13;
en évidence les sentiments de dévotion du Serviteur de Dieu envers le Siège apostolique.&#13;
L’importante quantité de lettres démontre le désir de M gr de Laval de rester uni à Rome.&#13;
En effet, nous avons pu retrouver 46 lettres et 4 relations écrites en moins de 25 ans ; et&#13;
nous sommes d’avis qu’il en manque. Ce chiffre est considérable, si l’on pense aux&#13;
difficultés que rencontraient alors les communications entre l’Amérique et l’Europe. Parmi&#13;
ces blocs de correspondance, 18 sont adressés au souverain pontife, 8 à divers cardinaux&#13;
romains et le reste à la Congrégation de la propagande. Nous avons ajouté à ces documents&#13;
deux lettres écrites au nonce de Paris, les considérant comme faisant partie de la&#13;
correspondance avec le Saint-Siège. Mgr de Laval maintint toujours une bonne relation avec&#13;
les représentants du pape à Paris, même après leur départ de cette ville. En font foi les&#13;
lettres qu’il écrivit aux cardinaux et à d’anciens nonces, ainsi que les réponses de ces&#13;
derniers.&#13;
Cette correspondance avec Rome s’étend sur toute la période du gouvernement spirituel du&#13;
Serviteur de Dieu au Canada : de 1659, date de sa nomination comme vicaire apostolique,&#13;
jusqu’à 1685, année de son dernier voyage en France pour présenter sa démission. Durant&#13;
tout ce temps, il se montra fidèle à rédiger un rapport annuel, lorsque des circonstances&#13;
exceptionnelles ne l’en empêchèrent pas. Il envoie parfois jusqu’à quatre lettres en une&#13;
seule année.&#13;
Après sa démission, il se retira au Séminaire, où il demeura jusqu’à sa mort, survenue en&#13;
1708. Durant sa retraite, il ne s’intéressa plus directement aux affaires ecclésiastiques du&#13;
Canada ; on ne trouve donc plus aucune lettre adressée au Saint-Siège.&#13;
Cette collection de lettres nous démontre que le Serviteur de Dieu, soumis à l’autorité du&#13;
pape et de la Sacrée congrégation de la propagande, s’est affairé à toutes les questions&#13;
épineuses de son diocèse. Il traite du commerce des boissons enivrantes avec les&#13;
&#13;
�Autochtones, de l’implantation de l’hôpital de Montréal, etc. Ses suppliques se font plus&#13;
assidues et plus insistantes quand il s’agit de sa juridiction spirituelle au Canada. Il désire&#13;
imposer en Nouvelle-France le respect et la soumission totale au Saint-Siège ; d’où ses&#13;
remontrances contre l’archevêque de Rouen, qui prétendait avoir droit de gouverner au&#13;
Canada, et contre l’abbé de Queylus, qui représentait les intérêts de cet archevêque en&#13;
Amérique ; d’où aussi ses suppliques pour la fondation d’un évêché titulaire, qui lui&#13;
donnerait plus d’autorité que le titre de vicaire apostolique face au pouvoir civil ; d’où&#13;
enfin, son insistance pour obtenir que la nouvelle Église de Québec soit totalement&#13;
indépendante des archevêchés français et directement dépendante de Rome.&#13;
Pour toutes ces raisons, la correspondance du Serviteur de Dieu avec le Saint-Siège a une&#13;
grande valeur pour l’étude de ses vertus et de ses activités à titre de fondateur de l’Église&#13;
canadienne.&#13;
La majeure partie de cette correspondance est tirée des originaux conservés aux Archives&#13;
générales du Vatican et aux Archives de la Propagande. Ces originaux sont écrits avec&#13;
grand soin par un secrétaire et signés par Mgr de Laval ; seulement deux sont entièrement&#13;
de sa main. Les autres pièces sont des copies de l’époque ou des minutes conservées dans&#13;
lesdites archives ou au Séminaire de Québec. Pour chaque document, nous indiquerons la&#13;
source d’où il provient.&#13;
Il ne nous a pas paru nécessaire de reproduire en entier toutes les lettres, afin de ne pas&#13;
créer de répétitions. Ainsi, certaines lettres ont été entièrement omises, tandis que d’autres&#13;
ont été partiellement reproduites ; dans ce cas, nous donnons un bref résumé des passages&#13;
éliminés.&#13;
Ce dossier comprend seulement les lettres adressées par le Serviteur de Dieu au SaintSiège. Nous possédons plusieurs réponses à ces lettres, mais en général elles n’apportent&#13;
rien de plus à cette Positio. Les autres documents émis par le Saint-Siège sont plutôt d’ordre&#13;
public, comme les bulles, les rescrits, etc., et ont été inclus dans la Positio dans leur ordre&#13;
chronologique.&#13;
&#13;
Nous avons préparé une présentation générale cette correspondance,&#13;
avec indication de la date et du destinataire. Celles qui comportent&#13;
un astérisque ne furent pas prises en considération pour la Cause&#13;
jusqu’à maintenant.&#13;
Note de la rédaction (NDLR)&#13;
En 1977, le Centre de recherche en histoire religieuse du Canada (CRHRC), en&#13;
collaboration avec les Archives nationales du Canada, à l’époque les Archives publiques&#13;
du Canada, débutèrent un projet de longue haleine intitulé Inventaire de documents&#13;
d’intérêt canadien dans les archives et bibliothèques de Rome, sous la direction de Pierre&#13;
Hurtubise, oblat de Marie Immaculée, titulaire de la Chaire de recherche en histoire&#13;
religieuse du Canada. En 1981 s’ajouta la participation du Centre académique canadien en&#13;
Italie (CACI). Entre 1977 et 2009, ils ont inventorié et résumé tous les documents relatifs&#13;
au Canada. Luca Codignola a recensé 2 441 documents aux Archives de la Propagande&#13;
pour les années 1622 à 1799. L’inventaire complet1 a été publié sur leur site web.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
NDLR : Site web du CRHRC : https://ustpaul.ca/les-archives-du-vatican-et-le-canada/&#13;
&#13;
�À partir de ces recherches, nous avons inclus, dans cette nouvelle édition, les nouvelles&#13;
cotes des documents copiés par l’abbé Demers dans les années 1930, quelques corrections&#13;
de dates et de destinataires, avons rapatrié les textes de son Annexe I-Doc. A et avons&#13;
ajouté des documents dont Laval est l’auteur.&#13;
Afin de rendre ce chapitre plus fluide, nous présenterons les documents, avec leur date et&#13;
leur cote archivistique actuelle, dans leur version corrigée et traduite en français. Lorsque&#13;
nous n’avons pas de copie d’un document, nous nous sommes inspirés du résumé publié&#13;
par le CRHRC pour indiquer la teneur de la lettre. Sauf indication, toutes les traductions&#13;
du latin vers le français ont été faites par M. Paul-Hubert Poirier, professeur émérite de&#13;
l’Université Laval&#13;
&#13;
Lettres de Mgr de Laval à Rome&#13;
Tableau de concordance&#13;
Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
1&#13;
2&#13;
3&#13;
4&#13;
5&#13;
6&#13;
7&#13;
8&#13;
9&#13;
10&#13;
11&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. A. Après le 8 décembre 16582, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 juin 1660, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 4. Octobre 1660, Relation sur&#13;
les missions canadiennes, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 1. 31 juillet 1659, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 2. 13 janvier 1660, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
*Doc. 7. 24 octobre 1663, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
Doc. 8. Novembre 1663, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 9. 1663, Relation sur les&#13;
missions auprès des Algonquins,&#13;
adressée au souverain pontife&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux&#13;
de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 5. 21 octobre 1661, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 3. 29 octobre 1660, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 4. 29 octobre 1660, Relation sur les&#13;
missions canadiennes, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 6. 22 octobre 1661, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Voir ligne 15&#13;
Doc. 8. 26 octobre 1663, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 14&#13;
Doc. 10. 26 août 1664, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : Puisque l’ordination épiscopale de Mgr de Laval fut le 8 décembre 1658, la lettre a probablement&#13;
été écrite au cours de ce mois.&#13;
2&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Doc. 9. [26 août 1664], Relation sur les missions&#13;
auprès des Algonquins, adressée au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Doc. 11. 1664, Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée&#13;
au souverain pontife&#13;
&#13;
17&#13;
18&#13;
19&#13;
&#13;
Doc. 11. [26 août 16643], Relation sur les&#13;
missions auprès des Hurons, adressée au&#13;
souverain pontife&#13;
Doc. 7. 24 octobre 1665, au cardinal [Barberini],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
15&#13;
16&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 15. [26 août 1664], Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
Doc. 12. Novembre 1665, au&#13;
souverain pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 13. Novembre 1665, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 12. 25 octobre 1665, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 13. 26 octobre 1665, à [Barberini4],&#13;
cardinal préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 14. 8 novembre 1665, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
Doc. 15. 1665, Informations sur l’état&#13;
de l’Église du Canada, adressées au&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 14. 26 octobre 1665, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 12&#13;
&#13;
Doc. 16. Octobre 1666, au souverain&#13;
pontife Alexandre VII&#13;
Doc. 17. Octobre 1666, au cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. B. 1666, au cardinal Casanate, secrétaire&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 16. 14 octobre 1666, au souverain pontife&#13;
Alexandre VII&#13;
Doc. 17. 15 octobre 1666, à [Barberini], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
Doc. 18. Octobre 1666, au même&#13;
&#13;
Doc. 18. 15 octobre 1666, au même&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
Doc. 19. Novembre 1666, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 19. 15 octobre 1666, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
20&#13;
21&#13;
22&#13;
&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
*Doc. 20. 1666, au cardinal&#13;
Piccolomini, nonce à Ravenne&#13;
&#13;
27&#13;
28&#13;
&#13;
Doc. 21. 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. C. Octobre [1666], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la Propagande&#13;
Doc. 20. 1666, au cardinal Piccolomini, nonce à&#13;
Ravenne&#13;
Doc. D. 26 août 1667, à Leslie, son procureur à&#13;
Rome&#13;
Doc. 21. 29 août 1667, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
NDLR : L’abbé Demers et le CRHRC donnent deux dates différentes pour ce rapport. Toutefois, comme&#13;
le rapport de la Propagande, dans une congrégation de 1665, résume les n os 9, 11 et 15 ensemble, il est&#13;
probable qu’ils portent tous la même date.&#13;
4&#13;
NDLR : Les Docs. 13 et 14 ne portent pas de destinataires, mais il est fort probable, comme l’indique l’abbé&#13;
Demers, qu’ils aient été envoyés au cardinal préfet de la Propagande et son secrétaire.&#13;
3&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
29&#13;
30&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 22. 1667, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 22. 29 août 16675, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 23. 26 octobre 1668, au même&#13;
&#13;
*Doc. 24. 26 octobre 1668, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 25. 30 septembre 1669, au&#13;
souverain pontife Clément IX&#13;
*Doc. 26. 30 septembre 1669, au&#13;
cardinal préfet de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 24. 26 octobre 1668, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
34&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 27. 30 septembre 1669, à Barberini,&#13;
cardinal de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
*Doc. 28. 30 septembre 1669, au&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
Doc. 28. 30 septembre 1669, à [Colonna],&#13;
secrétaire de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
*Doc. 30. 16 septembre 1670, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr&#13;
Francesco Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
Doc. 29. 27 août 1670, au souverain pontife&#13;
Clément IX&#13;
Doc. 30. 16 septembre 1670, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 32. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 33. 1672, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
*Doc. 34. 1672, au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
*Doc. 35. 1672, au cardinal Caraffa&#13;
&#13;
Doc. 32. [14 mars 1672], au souverain pontife&#13;
Clément X&#13;
Doc. 33. [14 mars 1672], aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
&#13;
*Doc. 36. 1672, au secrétaire de la&#13;
Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
Doc. 36. [14 mars 1672], à [Altieri], cardinal&#13;
préfet de la Sacrée congrégation de la&#13;
propagande&#13;
&#13;
31&#13;
32&#13;
33&#13;
&#13;
36&#13;
37&#13;
38&#13;
39&#13;
40&#13;
41&#13;
42&#13;
43&#13;
&#13;
Doc. 25. 30 septembre 1669, au souverain&#13;
pontife Clément IX&#13;
Doc. 26. 30 septembre 1669, à [Barberini et&#13;
Piccolomini], cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
Voir ligne 46&#13;
&#13;
Voir ligne 47&#13;
Doc. 35. [14 mars 1672], au cardinal [Colonna]&#13;
&#13;
44&#13;
&#13;
Doc. 31. 8 septembre 1672, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
Doc. 34. 1672, au souverain pontife Clément X&#13;
&#13;
46&#13;
&#13;
Doc. E. 24 octobre 1672, Mémoire sur l’état de&#13;
l’abbaye de Méobecq, adressée à la Propagande&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
*Doc. 37. 8 décembre 1673, au&#13;
cardinal Altieri, premier ministre du&#13;
souverain pontife&#13;
&#13;
Doc. 37. 8 décembre 1673, au cardinal Altieri,&#13;
cardinal préfet de la Propagande&#13;
&#13;
NDLR : Le CRHRC indique la date du 4 septembre, mais la lettre est signée du 4 des calendes de septembre,&#13;
ce qui donne le 29 août.&#13;
5&#13;
&#13;
�Ligne&#13;
48&#13;
&#13;
Liste originale de l’abbé Demers&#13;
Doc. 38. 1673, à Mgr Francesco&#13;
Nerli, nonce à Paris&#13;
&#13;
49&#13;
50&#13;
51&#13;
52&#13;
53&#13;
&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à un cardinal&#13;
à Rome&#13;
Doc. 40. Octobre 1675, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 41. 5 novembre 1675, au&#13;
cardinal Spada, de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
&#13;
54&#13;
55&#13;
56&#13;
&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au&#13;
souverain pontife Clément X&#13;
Doc. 43. Novembre 1675, au cardinal&#13;
Nerli, premier ministre du souverain&#13;
pontife&#13;
&#13;
57&#13;
58&#13;
&#13;
Doc. 44. Octobre 1676, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
&#13;
59&#13;
60&#13;
61&#13;
62&#13;
63&#13;
64&#13;
65&#13;
66&#13;
67&#13;
&#13;
Liste révisée du Centre de recherche en&#13;
histoire religieuse du Canada (CRHRC)&#13;
Doc. 38. 12 juillet 1673, à Mgr Francesco Nerli,&#13;
nonce à Paris&#13;
Doc. F. 1673, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. G. 30 mars 1674, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la consistoriale&#13;
Doc. 39. 8 février 1675, à Altieri, cardinal préfet&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Voir ligne 56&#13;
Doc. 41. 5 novembre 1675, au cardinal Spada,&#13;
de la Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 40. 13 novembre 1675, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 42. 13 novembre 1675, au souverain&#13;
pontife Clément X&#13;
Doc. 43. 1675, au cardinal Nerli, premier&#13;
ministre du souverain pontife&#13;
Doc. H. 1675, aux cardinaux de la Sacrée&#13;
congrégation de la propagande&#13;
Doc. 44. 15 octobre 1676, aux cardinaux de la&#13;
Sacrée congrégation de la propagande&#13;
Doc. 46. 15 octobre 1676, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 46. 1677, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
*Doc. 47. 30 mai 1678, aux&#13;
cardinaux de la Sacrée congrégation&#13;
de la propagande&#13;
*Doc. 48. 13 novembre 1678, au&#13;
souverain pontife Innocent XI&#13;
*Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 45. 15 octobre 1677, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
Voir ligne 59&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au&#13;
même&#13;
Doc. 51. 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
&#13;
Doc. 50. 13 novembre 1680, au même&#13;
&#13;
Doc. 47. 30 mars 1678, réponse du cardinal&#13;
Cibò, secrétaire d’État&#13;
Doc. 48. 13 novembre 1678, au souverain&#13;
pontife Innocent XI&#13;
Doc. 49. 27 janvier 1679, au même&#13;
&#13;
Doc. 51. 13 novembre 1681, au cardinal Cibò,&#13;
secrétaire d’État&#13;
Doc. 52. 20 mai 1685, au souverain pontife&#13;
Innocent XI&#13;
&#13;
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                    <text>Introduction en français moderne aux Docs. 23 de Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Le 1er évêque de Québec informe le pape qu’il a érigé quelques paroisses en titre et uni l’église de Sainte-Marie au Séminaire de Québec. Il demande que ces paroisses soient approuvées par un bref apostolique.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en latin conservé aux Archives apostoliques du Vatican, Propagande, Congressi (America Settentrionale), vol. 1, f. 51-54&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Innocent XI, pape, 1611-1689</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14057" class="show"&gt;Introduction en français moderne&lt;/a&gt; aux Docs. 23 de &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10864" class="show"&gt;Traduction typographiée en français moderne&lt;/a&gt; par P.-H. Poirier, 2020-2022, et publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio &lt;/em&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 23-48&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/9101" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en italien et en latin&lt;/a&gt;, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 23-48&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10063" class="show"&gt;Copie dactylographiée en latin&lt;/a&gt; par C. Morin, v. 1940, conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Séminaire 446 p. 31-35&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/757"&gt;Copie manuscrite en latin&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Copies de lettres, vol. 1, p. 80&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Décisions des missionnaires et des curés sur leur union au Séminaire&#13;
(Québec, 7 octobre 1678)&#13;
&#13;
Projet pour la conduite du Séminaire à l’égard des missionnaires&#13;
Tous les ecclésiastiques qui veulent conserver l’union et avoir leur rapport au&#13;
Séminaire le doivent considérer comme leur chef, dont ils sont les membres et&#13;
comme la maison de leur père et mère et par conséquent, sont obligés de concourir&#13;
autant qu’il est en eux à le soutenir et spirituellement et temporellement et tant&#13;
plus, ils renonceront à leurs intérêts particuliers pour le bien commun ; tant plus&#13;
les supérieurs chargés de la conduite générale sont aussi obligés de prendre les&#13;
intérêts des particuliers, cela devant être réciproque. Celui-là est justement privé&#13;
du bien commun qui ne regarde que son bien particulier, qui est conjoint au bien&#13;
public. Les curés et missionnaires doivent donc observer que leur union ne soit&#13;
point ad destructionem sed ad aedificationem1 et ne point prévaloir de la bonté et&#13;
facilité des supérieurs et officiers qui d’autre part doivent entrer dans leurs&#13;
obligations et pour faire quelque règle universelle et permanente qui débrouille&#13;
les esprits et les consciences.&#13;
Voici ce qui se peut observer pour le temporel qui, quoiqu’il soit le moindre, est&#13;
néanmoins le fondement du spirituel qui en dépend :&#13;
1° que les ecclésiastiques donnassent toutes les 200 livres au&#13;
Séminaire pour leur entretien, sans en demander la diminution,&#13;
réglant leurs dépenses sur leurs moyens ;&#13;
2° que sur cette somme, le Séminaire ne soit obligé de leur fournir&#13;
que l’entretien selon l’usage, c’est-à-dire d’habits, linges, souliers,&#13;
chapeaux et tout ce qui concerne l’habillement du corps et non pas&#13;
le lit, qui est un meuble, plus la nourriture dans le Séminaire,&#13;
[qu’ils] soient sains ou malades et non par les vivres pour les&#13;
voyages ;&#13;
1&#13;
&#13;
Pour la destruction, mais pour l’édification&#13;
&#13;
�3° le Séminaire leur doit laisser la disposition du surplus, afin qu’ils&#13;
puissent, leur nourriture prise, avoir de quoi acheter d’autres&#13;
petites commodités, donner aux pauvres et à leur église ;&#13;
4° le Séminaire ne devrait point s’embarrasser de vendre ni&#13;
d’acheter leurs dîmes, à moins qu’il n’en ait besoin pour&#13;
l’édification publique et s’ils achètent quelque chose du Séminaire,&#13;
qu’ils le paient en argent, comme chez les marchands, ce qui ôtera&#13;
la confusion et l’embarras des officiers qui n’auront point de&#13;
compte avec eux et il leur sera libre d’acheter en ville où ils&#13;
voudront ; si quelqu’un prenait plus que les 200 livres, l’officier en&#13;
doit faire le rapport au supérieur pour examiner s’il ne demande&#13;
point au-dessus du nécessaire, à quoi l’on ne doit avoir égard quand&#13;
cela est et que c’est une première année, les faibles récompensant&#13;
les forts, mais lorsque l’on verra des esprits avides qui ne sont&#13;
jamais contents et croient qu’on leur fait tort, l’on les doit laisser en&#13;
leur particulier ; ce qui paraît juste tous les ans est une soutane,&#13;
deux paires de bas, un chapeau, une paire de souliers français, deux&#13;
paires sauvages, deux paires de chaussons d’étoffe, une calotte une&#13;
chemisette de deux ans, l’un une culotte d’hiver et d’été de deux&#13;
ans, l’un un justaucorps ou casaque ou robe de chambre, quatre&#13;
chemises quatre caleçons, six collets, six mouchoirs, six paires de&#13;
chaussons, quatre coiffes de nuit, bonnet, tapabord, mitaines et ce&#13;
l’on peut ajouter ou diminuer à ce mémoire qui n’est fait qu’à peu&#13;
près.&#13;
Il faut remarquer qu’afin que le Séminaire ne soit trop chargé et n’y perde point, il&#13;
faut mettre à part 50 livres pour la nourriture au Séminaire, le logement, les&#13;
maladies et autres faux frais et accidents imprévus, l’un dépensera plus, l’autre&#13;
moins. Il ne reste donc que 150 livres pour l’entretien, sur quoi tout le bénéfice que&#13;
l’on y peut trouver est lorsque l’on peut avancer l’argent pour faire venir les&#13;
marchandises de France et qu’elles arrivent bien conditionnées et à bon port, sans&#13;
en payer les risques ; mais aussi si l’on vient à perdre, il faut plusieurs bonnes&#13;
années pour s’en relever. Si les missionnaires ne paient en argent avant les départs&#13;
&#13;
�des navires pour faire les avances d’argent en France. Il n’y aura pas de profit s’il&#13;
faut payer de gros intérêts. L’on ne parle point ici des livres qu’il faut prêter des&#13;
hommes qu’ils amènent avec eux et autres choses qui sont sur les faux frais. L’on&#13;
pourrait faire un bon règlement sur ce plan le communiquer aux cures et&#13;
missionnaires. Ceux qui ne s’y voudraient assujettir pourraient prendre en leur&#13;
particulier leurs affaires où ils voudraient en payant leur nourriture au Séminaire.&#13;
Il faut obliger tous ceux qui ont leur rapport au Séminaire à y faire tous les ans leur&#13;
retraite spirituelle, car c’est tout le fruit que cette union doit produire qui ne&#13;
s’entretiendra que par le spirituel.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>v. 1678 - Décisions des missionnaires et des curés sur leur union au Séminaire (Québec, 7 octobre 1678)&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 95, no 39)&#13;
1&#13;
No 71&#13;
2&#13;
proiet pour La conduite du seminaire&#13;
3&#13;
a Legard des missionnaires&#13;
4 tous Les ecclesiastiques qui veulent conserver Lunion&#13;
5 et avoir Leur rapport au seminaire. Le doibvent&#13;
6 considerer comme Leur chef dont ils sont Les membres&#13;
7 et comme La maison de Leur pere et mere, et Le&#13;
8 par consequent sont obligés de concourir autant quil&#13;
9 est en eux a Le soustenir et spirituellement et&#13;
10 temporellement, et tant plus ils renonceront a&#13;
11 Leurs interes particuliers pour Le bien commun.&#13;
12 tant plus Les superieurs chargés de La conduite generale&#13;
13 sont aussy obligé de prendre Les interes des particuliers&#13;
14 cela debvant estre reciproque, ceLuy La est &amp; L Justement&#13;
15 privé du bien commun, qui ne regarde que son&#13;
16 bien particulier qui est conioint au bien public.&#13;
17 Les Curés et missionnaires doibvent donc observer&#13;
18 que Leur union ne soit point ad destructionem sed&#13;
19 ad aedificationem et ne se point prevaloir de la&#13;
20 bonté et facilité des superieurs et officiers. qui dautre&#13;
21 part doibvent entrer dans Leurs obligations, et&#13;
22 pour faire quelque regle universelle, qu et&#13;
23 permanente qui debrouille Les esprits et Les&#13;
24 consciences voicy ce qui se peut observer pour&#13;
25 Le temporel qui quoy quil soit le moindre est&#13;
26 neantmoins Le fondement du spirituel qui en depend.&#13;
27 1o que Les ecclesiastiques donnassent tout Les&#13;
28 deux cents Livres au seminaire pour Leur entretien&#13;
29 sans en demander La diminution. reglant Leur depenses&#13;
30 sur Leurs moyens.&#13;
31 2o que sur cette somme Le seminaire ne soit obligé&#13;
32 de Leur fournir que Lentretien, selon Lusage, d cest&#13;
33 a dire le dhabits Linge soulliers chappeaux et&#13;
34 tout ce qui concerne Lhabillement du corps et non&#13;
35 pas Le Lict qui est un meuble. plus La nourriture&#13;
36 dans Le seminaire soit quil sains ou malades&#13;
37 et non pas les vivres pour Les voyages.&#13;
38 3o Le seminaire Leur doibt Laisser La diposition&#13;
39 du sur plus affin quil puissent Leur nourriture&#13;
40 prise avoir de quoy d achepter dautres petites&#13;
&#13;
�41 commodités, donner aux pauvres et a Leur eglise.&#13;
42 4o Le seminaire ne debvroit point sembarasser&#13;
43 de vendre, ny dachepter Leur dixmes a moins qu’il&#13;
44 nen aye besoin pour La dification publique, et sils&#13;
45 acheptent quelque chose du seminaire qu’ils Le&#13;
46 payent en argent comme ches les marchands.&#13;
47 ce qui ostera La confusion et Lembaras des officiers&#13;
48 qui nauront point de compte avec eux et il leur&#13;
49 sera Libre dachepter en ville ou ils voudront.&#13;
50 Si quelquun prenoit plus que Les deux cents&#13;
51 Livres Lofficier en doibt faire le rapport au&#13;
52 superieur pour examinaier sil ne demande point&#13;
53 au dessus du necessaire. a quoy Lon ne doibt avoir&#13;
54 egard quand cela est, et que cest une premiere année&#13;
55 Les autres foibles recompensant Les fortes. mais Lors que&#13;
56 Lon verra des esprits avides qui ne sont Jamais&#13;
57 contents et croyent qu’on Leur fait tort, Lon Les&#13;
58 doibt Laisser en Leur particulier.&#13;
59 ce qui paroist Juste tous Les ans est.&#13;
60 une soustanne. deux peres de bas, un chappaut&#13;
61 une pere de soulliers francois. deux peres sauvages&#13;
62 deux peres de chaussons destoffe. une calotte.&#13;
63 une chemisette de deux ans Lun une culote&#13;
64 dhyver et desté de deux ans lun. un Justaucorps&#13;
65 ou casaque ou robbe de chambre. quatre chemises&#13;
66 quatre calçons 6. collets. 6. mouchoirs. 6. peres&#13;
67 de chaussons. 4. coiffes de nuict : bonnet tapabord&#13;
68 mitaines et ce Lon peut adiouster ou diminuer a ce memoire&#13;
69 qui nest fait qu’a peu pres.&#13;
70 Jl faut remarquer qu’affin que Le seminaire ne soit&#13;
71 trop chargé et n’y perde point, Jl faut mettre a part&#13;
72 cinquante Livres pour La nourriture au seminaire&#13;
73 le Logement Les maladies et autres fauts frais et accidens&#13;
74 impreveus. Lun depensera plus Lautre moins.&#13;
75 JL ne reste dont que cent cinquante Livres pour lentretien&#13;
76 sur quoy tout le benefice que Lon y peut trouver est&#13;
77 Lorsque Lon peut avancer Largent en france pour faire venir&#13;
78 Les marchandises de france, et quelles arrivent bien&#13;
79 conditionnées et a bon port. sans en payer Les risques.&#13;
80 mais aussy si Lon aussy vient a perdre, Il faut plusieurs&#13;
81 bonnes années pour sen relever.&#13;
82 si Les missionnaires ne payent en argent avant les&#13;
&#13;
�83 depart des navires, pour faire venir les avances dargent&#13;
84 en france. Jl ny aura pas de proffit de peerta sil&#13;
85 faut payer de gros interest.&#13;
86 Lon ne parle point icy des Livres qu’il faut&#13;
87 prester. des Leurs hommes quils amenent avec eux et&#13;
88 autres choses qui sont sur les faux fraits.&#13;
89 Lon pouroit faire un bon reglement sur ce plan&#13;
90 Le communiquer, aux cures et missionnaires ceux&#13;
91 qui ne sy voudroient assuiettir pouroient prendre&#13;
92 en Leur particulier Leur affaires ou ils voudroient&#13;
93 en payant leur nourriture au seminaire.&#13;
94 Il faut obliger tous ceux qui ont leur rapport au&#13;
95 seminaire a y faire tous Les ans Leur retraitte spirituelle&#13;
96 car cest tout Le fruict que cette union doibt produire&#13;
97 qui ne sentretiendra que par Le spirituel.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11218" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11219" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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                    <text>1692, 28 septembre – Quittance réciproque entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 36b)&#13;
1 Le Seminaire est comptable a&#13;
2 Monseigneur deQuebec sur les 1000.#&#13;
3 prix de france et 500.# en argent prix de&#13;
4 france receûe de mon S.r de Mer lac&#13;
5 Sçavoir fourny&#13;
6 pour le Missionnaire de Repentigny&#13;
7 pour le Missionnaire de s.t ours&#13;
8 pour Celuy de Saurel&#13;
9 pour celuy des trois rivieres&#13;
10 pour celuy de Champlain&#13;
11 pour celuy de Port neuf&#13;
12 pour celuy de Lotbinieres&#13;
13 pour celuy de la pointe de Levy&#13;
14 pour celuy de neuville&#13;
15 pour celuy de Charles bourg&#13;
16 pour celuy de Beauport&#13;
17 pour celuy de Lange gardien&#13;
18 pour celuy du Chasteau richer&#13;
19 pour celuy de S.te anne&#13;
20 a Celuy de S.t Joachim&#13;
21 pour Celuy de la Baye s.t paul&#13;
22 pour Celuy de la Bouteillerie&#13;
23 pour Celuy de S.t Jgnace&#13;
24 pour Celuy de S.t francois deSalles&#13;
25 pour Celuy de S.t pierre et S.t pauL&#13;
26 pour Celuy du Cap de la Magdeleine&#13;
27&#13;
28 Reste deüe par Mon d.’ seig.r la somme de&#13;
&#13;
36 b&#13;
&#13;
1689.&#13;
febvrier&#13;
15.&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
Mars 6.&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
23.e&#13;
&#13;
29 Monseigneur de Quebec doit&#13;
30 au Seminaire depuis Le dernier Compte arresté&#13;
31 avec luy le 10.e fevrier 1689 fourny ce qui suit&#13;
32 pour dix jours de pension d’un augustin a&#13;
33 20.s par jour&#13;
34 pour des raccommodages po.’ baillon’ fourny de fil&#13;
35 pour des racommodages de hardes a M.r Mer lac fourny&#13;
36 3 d’nes deBoutons et deux eSchevaux de soje&#13;
37 pour un pot et demiart deau devie livré a baillon a 50.s&#13;
38 pour deux paires de chaussons l’une de cicuseau&#13;
39 lautre d’Jroquoise&#13;
40 pour avoir payé son billet a M.r Du bos prestre&#13;
&#13;
250#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
150#&#13;
250#&#13;
150#&#13;
350#&#13;
350#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
250#&#13;
150#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
250#&#13;
200#&#13;
200#&#13;
4700#&#13;
200#&#13;
&#13;
010#&#13;
002#&#13;
002#&#13;
002# 16s08d&#13;
001# 10s&#13;
200#&#13;
&#13;
�avril 11.e&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
30.e&#13;
&#13;
41 pour 20 loüis d’or pour la fondation du Salut qui&#13;
42 se fait le Dimanche infra octavam Corporis Christi&#13;
43 pour façon et fourniture de deux porte croix&#13;
44 pour Marchandises a son ordre fournies a m.r Thury&#13;
45 obmis sur le dernier compte rendu fourny au sieur&#13;
46 la Riviere architecte deux planches deBordage a&#13;
47 4.# piece&#13;
48 fourny a baillon 30 planches de pin et 20 madriers&#13;
49 que ie ne Compte que pour des planches pour&#13;
50 estre un peu vitiez&#13;
51 pour la pension de m’r guiotte 9 jours a 20.s&#13;
52 pour deux iours dicto de m’r chabot&#13;
53 pour des raccommodages de hardes po.’ M’r Thury&#13;
54 racommodages de hardes a 1 culotte pour Mon se’gr&#13;
55 autres racommodages de hardes po.’ m’r Mer lac&#13;
56 pour racommodages de bas a Roc&#13;
57 fourny au pere theodore augustin 1 paires semelles cuir france&#13;
58 pour un minot de pois verds livrez a baillon&#13;
59 4 d’nes doeufs et 7# livres deBeurre fourny a mr guyotte&#13;
60 fourny au mesme six pains blans a 10.s&#13;
61 la piece&#13;
62&#13;
&#13;
63 Montent Les parties en la&#13;
64 Page precedente a&#13;
65 pour un canot descorce fourny a M’gr a son arrivée&#13;
66 de france par M’r gaignon qui n’a pas esté payé&#13;
67 dans le premier compte&#13;
May 6 68 pour hardes fournies a son ordre a m.r sennemaud&#13;
69 qui sen content avec la façon a la somme&#13;
70 pour 21 iour de la pension du d’ sieur a 20s par iour&#13;
71 pour façon de hardes de Thierry fourny un quart&#13;
72 de toile de Mesly&#13;
73 pour 64 pains de 5s piece fournies jusqu’au 13 may&#13;
74 pour 20 madriers un peu vitiez a 10s piece&#13;
75 fourny a baillon 1 paire de souliers du Cordonnier&#13;
76 pour 3 pains de 5s fournies jusqu’au 17.e May&#13;
77 pour une botte de Soye noire a 33# et fil de rennes&#13;
Juin 28 78 pour deux jours nourriture de m.r Chabot&#13;
79 fourny a baillon 150 planches a 45# Le 100&#13;
80 payé sur le billet du d s.r a Michel Boucher m.e&#13;
81 de barque pour port de briques a Des chambaux&#13;
82 pour une Culotte de ratine et raccommodage&#13;
83 de hardes a M.r Chabot&#13;
&#13;
300#&#13;
001# 05s&#13;
036# 13s 06d&#13;
&#13;
008#&#13;
&#13;
025#&#13;
009#&#13;
002#&#13;
003# 10s&#13;
002#&#13;
001# 17s 06d&#13;
000# 10s&#13;
002#&#13;
002# 10s&#13;
002#&#13;
003#&#13;
616# 06s 20d&#13;
&#13;
616# 06s 20d&#13;
&#13;
400#&#13;
083# 01s&#13;
021#&#13;
005#&#13;
016#&#13;
010#&#13;
005#&#13;
000# 15s&#13;
035#&#13;
002#&#13;
067# 10s&#13;
035#&#13;
013#&#13;
&#13;
�Aoust.&#13;
84 pour 100 planches fournies au s.’ Baillon&#13;
bre&#13;
7 10 85 fourny a M.r Bauldouin miss.n’re laccadie&#13;
86 un chapeau&#13;
87 une paire de Souliers de normandie&#13;
88 3. chemises a 4.# 10.s piece&#13;
89 un Calçon de toile hubée&#13;
90 demie au.e jroquoise a 4.# 10.s Lau’&#13;
91 pour six jours de sa nourriture&#13;
92 et de ses deux Sauvages avant&#13;
93 son depart de MontreaL&#13;
94&#13;
95 Montent Les parties en la page cy côtre&#13;
7bre 10 96 Suite de ce qui a esté foutny a M.r Bauldoüin&#13;
97 pour 12 iours de nourriture d’un de ses&#13;
98 sauvages pendant le voyage de montreal&#13;
99 pour 11 jours ditto avec ses deux Sauvages&#13;
100 avant jusqua son départ&#13;
101 pour 8 pots deau de vie avec le baril&#13;
102 pour façon et racommodage de hardes&#13;
103 fourny a Mr Thiery une Sotanne de Sarge&#13;
104 de Londres&#13;
105 une paire de bas de dreux d’hyver&#13;
106 deux Chemises a 4.# 10.s piece&#13;
107 deux Calcons de toile a 2.# 10.s&#13;
108 Cinq mouchoirs a 24.s piece&#13;
109 6. Coletz a 7.# 4s la d’naine&#13;
110 un bonnet de nuict et 1 coeffe&#13;
111 3 quartiers d’iroquoise a 4.# 10.s&#13;
112 une ceinture et deux peignes de buier&#13;
113 deux livres et demye depoudre a 25.s&#13;
114 pour 12 iours d sa nourriture a 20.s&#13;
115 pour 7 pots eau de vie avec le baril&#13;
116 fourny en commun a tous les deux avant&#13;
117 leur départ 7 pots et demye de vin, dont&#13;
118 M.r de Mer lac a fourny la baril&#13;
119 pour 16.# fleur farine a 3.s la livre&#13;
120 pour deux pains blans et un bis à 12.s&#13;
121 pour 6.# de ris a 10.s piece&#13;
122 deux pastées dont Monsieur deMer lac&#13;
123 a fourny la viande&#13;
124 fourny a baillon une paire de&#13;
125 souliers de normandie&#13;
126&#13;
&#13;
045#&#13;
006#&#13;
006#&#13;
013# 10s&#13;
002# 05s&#13;
002# 05s&#13;
&#13;
012#&#13;
1037# 05s 20d&#13;
1037# 05s 20d&#13;
&#13;
006#&#13;
022#&#13;
014#&#13;
004# 10s&#13;
040#&#13;
005#&#13;
009#&#13;
005#&#13;
006#&#13;
003# 12s&#13;
002#&#13;
003# 07s 06d&#13;
001# 10s&#13;
002# 10s&#13;
012#&#13;
012# 010s&#13;
&#13;
005# 12s 06d&#13;
002# 08s&#13;
001# 10s&#13;
003#&#13;
004#&#13;
006#&#13;
1209# 01s 20d&#13;
&#13;
�127 Montent les parties en la page precedéte&#13;
128 pour frais du voyage de m.r richard de paris&#13;
129 a la rochelle appert par le memoire de&#13;
130 m’r Gricourt 50.# 1.s 6.d argent defrance&#13;
131 font argent du pays&#13;
132 pour les menus frais et dépenses de mondS.r&#13;
133 durant son seiour a la Rochelle 22.# 9s xd de frace&#13;
134 pour les d menus fraiz pour m’r e la Mothe&#13;
135 pour un maltelas, Couverte et traversin&#13;
136 fourny aMre la Motthe 16.# 10.s de france&#13;
137 font cy&#13;
138 pour un chapeau fourny a mr de la moushe&#13;
139 3.# 10.s arg.t de france&#13;
140 pour 63 jours de nourriture de M.r e la&#13;
141 Motthe a 25.s par jour 98# 15.s de france&#13;
142 33 jours ditto de m.r Richard 41.# 5s font&#13;
143 pour deux chemisettes aux d sieurs&#13;
144 a 4.# piece font&#13;
145 pour 4.# 10.s en argent fournie a M.r&#13;
146 e la Motthe&#13;
147 pour avoir esté receû par Monseigneur&#13;
148 du prieuré de parcé 330.# de france font&#13;
149 pour la Somme de 1800# prix de france des&#13;
150 abbays pour le chapitre&#13;
151 pour le charroy des effects de mon seigneur&#13;
152 venus de Paris&#13;
153 a la rochelle dans les balotz du seminaire&#13;
154 pesant 200.# a 6.# du Cent arg.’ de france&#13;
155 pour fraiz et fret e la Rochelle a Quebec 15.# de fra’ce&#13;
156 livré a M.r deMer lac 7 au’ ½ de ratine noire a 6.# au’&#13;
157 pour 12 voyages de fumier a lhospital a 8.s&#13;
158 pour 4 au.’ un quart Serge abville a 6.# lau’&#13;
159 pour 5. quarts de ratine a 6.# pa’ doublem’&#13;
160 pour 20.s de soye, le Tout Livré&#13;
161 a Langlois pour M’r Mer lac&#13;
162&#13;
163 Le seminaire doit a Mon seigneur&#13;
164 de Quebec Suivant Le compte arresté et&#13;
165 signé de luy et de m.r Tremblay le 10.e fevrier&#13;
166 1689 la Somme cy&#13;
167 pour 10 au.’ drap berry pris a 8# lau.’&#13;
168 pour trop peû compté sur un billet de 112.# 4.s&#13;
&#13;
1209# 01s 20d&#13;
&#13;
068# 15s 04d&#13;
029# 18s 10d&#13;
&#13;
022#&#13;
004# 13s 08d&#13;
105#&#13;
055#&#13;
010# 13s 04d&#13;
006#&#13;
306# 13s 06d&#13;
2400#&#13;
&#13;
016#&#13;
020#&#13;
015#&#13;
004# 16s&#13;
027#&#13;
007# 10s&#13;
001#&#13;
4337# 00s 08d&#13;
&#13;
2258# 16s 03d&#13;
080#&#13;
&#13;
�169 dun Pere recollect, qui n’a esté passé au dernier&#13;
170 compte que pour 100.# partant reste ci&#13;
171 pour une facture de Marchandises pour la&#13;
172 fabrique montant a 237.# 5s prix e france&#13;
173 qui font&#13;
174 pour 91# 20s de Cire blanche a 3.#&#13;
175 pour 5 pieces de serge de berry noire&#13;
176 contenant 84.l au.’ s 8.#&#13;
177 pour une piece ditto grize 19l ½ lau’ a 8.#&#13;
178 pour 44 au.’ frize a 52.s&#13;
179 pour 12. au.’ berry gris a 8.#&#13;
180 pour une piece de frize rouge&#13;
181 contenant 27 au.’ a 2.# 14.s&#13;
182 pour trop peû compté sur les&#13;
183 ettoffes cy dessus&#13;
184 demye au.’ besrry noir et 2l par&#13;
185 au.’ sur les 44 au.’ frize&#13;
186&#13;
187 Sur les Comptes reciproque. qui ont esté&#13;
188 par le passé entre Monseigneur L’Evesque&#13;
189 de quebec et le Seminaire des missions&#13;
190 estrangeres de quebec Jusques au 15. d’aouSt&#13;
191 de l’année mil Six cens quatre vingt douze&#13;
192 que Monseigneur est revenu de france,&#13;
193 nous sommes convenus de nous quitter&#13;
194 reciproquement de toutes les pretentions&#13;
195 que nous pourrions avoir les uns envers&#13;
196 les autres en ce qui regarde precisement&#13;
197 Le Seminaire de quebec Sans y comprendre parler&#13;
198 des affaires du Chapitre. fait a quebec&#13;
199 ce 28. Septembre 1692.&#13;
200&#13;
Jean evesque de quebec&#13;
201&#13;
Louis Ango superieur.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
012# 04s&#13;
&#13;
316# 06s 08d&#13;
274# 10s&#13;
672#&#13;
156#&#13;
114# 08s&#13;
096#&#13;
072# 12s&#13;
&#13;
008# 08s&#13;
4061# 10s 11d&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Quittance réciproque entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec&#13;
(Québec, 28 septembre 1692)&#13;
&#13;
Le Séminaire est comptable à Mgr de Québec, sur les 1 000 livres prix de France et&#13;
500 livres en argent prix de France, reçues de mondit sieur de Merlac, savoir&#13;
fourni :&#13;
[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Pour le missionnaire de Repentigny :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour le missionnaire de Saint-Ours :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Sorel :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Trois-Rivières :&#13;
&#13;
150&#13;
&#13;
Pour celui de Champlain :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Portneuf :&#13;
&#13;
150&#13;
&#13;
Pour celui de Lotbinière :&#13;
&#13;
350&#13;
&#13;
Pour celui de la Pointe-de-Lévis :&#13;
&#13;
350&#13;
&#13;
Pour celui de Neuville :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de Charlesbourg :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de Beauport :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de l’Ange-Gardien :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Château-Richer :&#13;
&#13;
150&#13;
&#13;
Pour celui de Sainte-Anne :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
À celui de Saint-Joachim :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui de la Baie-Saint-Paul :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de la Bouteillerie :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Saint-Ignace :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Saint-François-de-Salles :&#13;
&#13;
250&#13;
&#13;
Pour celui de Saint-Pierre et Saint-Paul :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour celui du cap de la Madeleine :&#13;
&#13;
200&#13;
4 7001&#13;
&#13;
Reste due par mondit seigneur la somme de :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Erreur de calcul : la somme est de 4 800 livres.&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indication&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
M de Québec doit au Séminaire, depuis le dernier compte&#13;
arrêté avec lui le 10e février 1689, fourni ce qui suit :&#13;
gr&#13;
&#13;
1689&#13;
Février&#13;
15e&#13;
&#13;
Mars 6e&#13;
23e&#13;
&#13;
Pour 10 jours de pension d’un [P.] Augustin, à 20 sols par jour :&#13;
Pour des raccommodages pour bâillons, fournis de fils :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Pour des raccommodages de hardes à M. Merlac, fourni trois&#13;
douzaines de boutons et deux écheveaux de soie :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Pour 1 ½ pots d’eau-de-vie, livré à bâillon, à 50 sols :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
Pour deux paires de chaussons, l’une d’écusson, l’autre&#13;
d’iroquoise :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Pour avoir payé son billet à M. du Bos, prêtre :&#13;
&#13;
200&#13;
&#13;
Pour 20 louis d’or pour la fondation du Salut, qui se fait le&#13;
dimanche infra octavam [sanctisimi] Corporis Christi 2 :&#13;
&#13;
300&#13;
&#13;
Pour façon et fourniture de deux porte-croix :&#13;
Avril 11e&#13;
&#13;
16e&#13;
30e&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Pour marchandise, à son ordre, fournies à M. Thury :&#13;
Omis sur le dernier compte rendu, fourni au sieur Larivière,&#13;
architecte, deux planches de bordage à 4 livres [par] pièce :&#13;
Fourni à bâillons, 30 planches de pin et 20 madriers, que je ne&#13;
compte que pour des planches, pour être un peu viciés :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
36&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
Pour la pension de M. Guyotte, neuf jours à 20 sols :&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
Pour deux jours dito3 de M. Chabot :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Pour des raccommodages de hardes pour M. Thury :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Raccommodages de hardes à une culotte, pour Monseigneur :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Autres raccommodages pour M. de Merlac :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Fourni au P. Théodore Augustin, une paire [de] semelles [de]&#13;
cuir [de] France :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Pour un minot de pois verts livré à bâillon :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Quatre douzaines d’œufs et 7 livres de beurre fourni à&#13;
M. Guyotte :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Fourni au même, six pains blancs à 10 sols la pièce :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Le dimanche dans l’octave de la fête du Saint-Sacrement.&#13;
Pareil&#13;
4&#13;
La somme devrait être de 617 livres 11 sols 20 deniers.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
616&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
Pour raccommodages de bas à Roc :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
204&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Montent les parties en la page précédente à :&#13;
&#13;
Mai 6e&#13;
&#13;
Pour un canot d’écorce fourni à Monseigneur, à son arrivée de&#13;
France, par M. Gagnon, qui n’a pas été payé dans le premier&#13;
compte :&#13;
Pour hardes fournies à son ordre à M. Sennemaud, qui s’en&#13;
contente avec la façon, à la somme :&#13;
Pour 21 jours de la pension dudit sieur, à 20 sols par jour :&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
616&#13;
&#13;
83&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Pour 64 pains de 5 sols [par] pièce, fournis jusqu’au 13 mai :&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
Pour 20 madriers, un peu viciés, à 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Fourni à bâillon, une paire de souliers du cordonnier :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Pour deux jours de nourriture de M. Chabot :&#13;
Fourni à bâillon, 150 planches à 45 livres la cent[aine] :&#13;
Payé sur le billet dudit sieur à Michel Boucher, maître de barque,&#13;
pour port de briques à Deschambault :&#13;
Pour une culotte de ratine et raccommodage de hardes à&#13;
M. Chabot :&#13;
&#13;
Août&#13;
Sept. 10e&#13;
&#13;
Pour 100 planches fournies au sieur Baillon :&#13;
&#13;
15&#13;
35&#13;
2&#13;
67&#13;
&#13;
13&#13;
45&#13;
6&#13;
&#13;
Une paire de souliers de Normandie :&#13;
&#13;
6&#13;
13&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Un caleçon de toile huppé&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
½ autre iroquoise à 4 livres, 10 sols l’aune :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Pour six jours de sa nourriture et de ses deux Sauvages, avant&#13;
son départ de Montréal :&#13;
&#13;
12&#13;
1 037&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
Fourni à M. Beaudoin, missionnaire [de] l’Acadie, un chapeau :&#13;
&#13;
Trois chemises à 4 livres, 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
Pour 3 pains de 5 sols, fournis jusqu’au 17 mai :&#13;
&#13;
Juin 28e&#13;
&#13;
Le total devrait être de 1 040 livres 17 sols 20 deniers.&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
40&#13;
&#13;
Pour façon de hardes de Thierry, fourni ¼ de toile de Mesly :&#13;
&#13;
Pour une botte de soie noire, à 33 livres, et fil de rennes :&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
205&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Montent les parties en la page ci-contre :&#13;
Sept. 10e&#13;
&#13;
Suite de ce qui a été fourni à M. Beaudoin pour 12 jours de&#13;
nourriture d’un de ses Sauvages pendant le voyage de&#13;
Montréal :&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
1 037&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
Pour 8 pots d’eau-de-vie, avec le baril :&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Fourni à M. Thiery, une soutane de serge de Londres :&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
40&#13;
&#13;
Une paire de bas de Dreux d’hiver :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
2 chemises à 4 livres, 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
2 caleçons de toile à 2 livres, 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
5 mouchoirs à 24 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
6 collets à 7 livres, 4 sols la douzaine :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Un bonnet de nuit et une coiffe :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
¾ d’iroquoise à 4 livres, 10 sols [l’aune] :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
Une ceinture et deux peignes de Buyer :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
2 ½ livres de poudre à 25 sols :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Pour 12 jours de sa nourriture, à 20 sols :&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Pour 7 pots [d’]eau-de-vie, avec le baril :&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Fourni en commun à tous les deux, avant leur départ, 7 ½ pots&#13;
de vin, dont M. de Merlac a fourni le baril :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Pour 16 livres [de] fleur [de] farine, à 3 sols la livre :&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
Pour 2 pains blancs et un bis[cuit], à 12 sols :&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Pour 6 livres de riz à 10 sols [par] pièce :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
2 pâtés dont M. de Merlac a fourni la viande :&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Fourni à bâillon, une paire de souliers de Normandie :&#13;
&#13;
6&#13;
1 209&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Le total devrait être de 1 212 livres 5 sols 32 deniers.&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Pour 11 jours dito avec ses deux Sauvages, jusqu’à son départ :&#13;
&#13;
Pour façon et raccommodage de hardes :&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
206&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Montent les parties en la page précédente :&#13;
Pour frais du voyage de M. Richard, de Paris à La Rochelle,&#13;
appert par le mémoire de M. Gricourt, 50 livres, 1 sou,&#13;
6 derniers, argent de France, font argent du pays :&#13;
Pour les menus frais et dépenses de mondit sieur, durant son&#13;
séjour à La Rochelle, 22 livres, 9 sols, 10 deniers de France :&#13;
Pour lesdits menus frais pour M. Lamothe, pour un matelas,&#13;
couverte et traversin fourni à M. Lamothe, 16 livres, 10 sols de&#13;
France, font ci :&#13;
Pour un chapeau fourni à M. de Lamouche, 3 livres, 10 sols&#13;
argent de France :&#13;
Pour 63 jours de nourriture de M. Lamothe à 25 sols par jour,&#13;
98 livres, 12 sols de France :&#13;
33 jours dito de M. Richard, 41 livres, 5 sols font :&#13;
Pour 2 chemisettes auxdits sieurs, à 4 livres [par] pièce font :&#13;
[prix de France]&#13;
Pour 4 livres, 10 derniers en argent fourni à M. Lamothe : [prix&#13;
de France]&#13;
Pour avoir été reçu par Mgr du Prieuré-de-Percé, 330 livres de&#13;
France font : [prix de France]&#13;
Pour la somme de 1800 livres prix de France des abbayes pour le&#13;
chapitre : [prix de France]&#13;
Pour le chariot des effets de Monseigneur, venu de Paris livres, à&#13;
6 livres du cent[aine], argent de France :&#13;
Pour frais et fret La Rochelle à Québec, 15 livres de France&#13;
Livré à M. de Merlac, 7 ½ aunes de ratine noire à 6 livres&#13;
[l’]aune : [prix de Canada]&#13;
Pour 12 voyages de fumier à l’hôpital à 8 sols : [prix de Canada]&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
1 209&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
68&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
22&#13;
4&#13;
105&#13;
55&#13;
10&#13;
6&#13;
3067&#13;
2 400&#13;
16&#13;
20&#13;
158&#13;
4&#13;
&#13;
Pour 4 ¼ aunes [de] serge [d’]Abbeville à 6 livres l’aune : [prix&#13;
de Canada]&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
Pour 5/4 de ratine à 6 livres par doublement : [prix de Canada]&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
Pour 20 sols de soie, le tout livré à Langlois pour M. Merlac :&#13;
[prix de Canada]&#13;
&#13;
1&#13;
4 337&#13;
&#13;
Erreur de conversion : le prix de Canada serait de 440 livres.&#13;
Erreur de conversion : le prix de Canada serait de 45 livres.&#13;
9&#13;
Le total monterait donc à 4476 livres 3 sols 64 deniers.&#13;
7&#13;
8&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
0&#13;
&#13;
89&#13;
&#13;
�[Dates&#13;
&#13;
Indications&#13;
&#13;
Livres&#13;
&#13;
Le Séminaire doit à M de Québec, suivant le compte arrêté et&#13;
signé de lui et de M. Tremblay, le 10e février 1689, la somme-ci :&#13;
&#13;
Sols&#13;
&#13;
Deniers]&#13;
&#13;
gr&#13;
&#13;
Pour 10 aunes [de] draps de Berry, pris à 8 livres l’aune :&#13;
Pour trop peu compté sur un billet de 112 livres, 4 sols d’un père&#13;
récollet, qui n’a été passé au dernier compte que pour 100 livres&#13;
partant, reste-ci :&#13;
Pour une facture de marchandises pour la fabrique montant à&#13;
237 livres, 5 sols prix de France, qui font :&#13;
&#13;
2 258&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
80&#13;
12&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
316&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Pour 91 livres, 20 sols de cire blanche, à 3 livres :&#13;
&#13;
274&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Pour 5 pièces de serge de Berry noire contenant 84 aunes [à]&#13;
8 livres :&#13;
&#13;
672&#13;
&#13;
Pour une pièce dito grise 19 ½ aunes à 8 livres :&#13;
&#13;
156&#13;
&#13;
Pour 44 aunes de Frise, à 52 sols :&#13;
&#13;
114&#13;
&#13;
Pour 12 aunes [de] Berry grises à 8 livres :&#13;
Pour une pièce de frise rouge contenant 27 aunes, à 2 livres,&#13;
14 sols :&#13;
Pour trop peu compté sur les étoffes ci-dessus, ½ aune de Berry&#13;
noire et 2 sols sur les 44 aunes [de] Frise :&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
96&#13;
72&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
4 061&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
1110&#13;
&#13;
Sur les comptes réciproques qui ont été par le passé entre Mgr l’évêque de Québec&#13;
et le Séminaire des Missions étrangères de Québec, jusqu’au 15e d’août de&#13;
l’année 1692 que Monseigneur est revenu de France, nous sommes convenus de&#13;
nous quitter réciproquement de toutes les prétentions que nous pourrions avoir&#13;
les uns envers les autres en ce qui regarde précisément le Séminaire de Québec,&#13;
sans y parler des affaires du chapitre.&#13;
Fait à Québec, ce 28e septembre 1692,&#13;
Jean, évêque de Québec,&#13;
Louis Ango, supérieur.&#13;
&#13;
/Transcription11 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
&#13;
10&#13;
11&#13;
&#13;
Le total est de 4 061 livres 4 sols 11 deniers.&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>Quittance réciproque entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec (Québec, 28 septembre 1692)</text>
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                <text>Quittance réciproque entre le 2e évêque de Québec et Maizerets, supérieur du Séminaire de Québec. Les Articles de 1692 qu'il a obtenus du roi stipulent que tous les membres du clergé diocésain relèvent uniquement de l'évêque, qui les emploiera de la manière qu'il jugera à propos. L'union des paroisses au Séminaire de Québec est supprimée. Seule la cure de Québec échappe à la règle et demeure au Séminaire, dont le rôle désormais se réduit à la formation des candidats au sacerdoce. L'union au Séminaire de Paris est maintenue et, à l'avenir, c'est de Paris que les directeurs de Québec seront informés de leur nomination. Saint-Vallier devra désormais approuver les nouvelles affiliations.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369538"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1 no 36b&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15397" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11165" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>Arbitrages</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>Curés (prêtres)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
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        <name>Subordination du Séminaire de Québec à celui de Paris</name>
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                    <text>Après 1678 – Explication de la rupture entre le Séminaire de Québec et les curés&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 5, no 15)&#13;
&#13;
1o&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
do&#13;
&#13;
1&#13;
no 15&#13;
2 On demande sil est a propos de rompre avec Les&#13;
3 curés Le rapport qu’ils ont au seminaire pour Leur&#13;
4 temporel.&#13;
5 a quoy ie respons que ce rapport a esté necessaire&#13;
6 dans Les commencements, qu’il ny avoit point de&#13;
7 cures fixes et que Les eglises estoient desservies&#13;
8 par des missionnaires, qui n’avoient aucun estalis9 sement, et que La grace de cette eglise commençeante&#13;
10 a eu beaucoup de rapport a celle des premiers&#13;
11 chrestiens qui avoient tous Leurs biens en commun&#13;
12 mais il est a remarquer que cette communauté&#13;
13 de biens n’a pû subsister quand Les chrestiens ont&#13;
14 commencé à se multiplier et quelle sest seulement&#13;
15 conservée dans un petit nombre de ceux qui&#13;
16 faisoient profession de tendre a La perfection.&#13;
17 Jl faut aussy remarquer, que La vie apostolique&#13;
18 et pauvreté evangelique a n’a perserveré que&#13;
19 dans peu de personnes, et que L’eglise avec&#13;
20 Le temps a voulu que Les evesques curéz et autres&#13;
21 pasteurs fussent titrés, tant pour avoir de quoy&#13;
22 subsister que pour assister Les pauvres et orner&#13;
23 Leurs eglises. Lon peut dire Le mesme a proportion&#13;
24 de Leglise du canadas qui a changé de face&#13;
25 de puis que Les curez ont esté titrés.&#13;
26 Je dis donc que veu L’estat present de cette&#13;
27 eglise, du seminaire, et La disposition des&#13;
28 curez L’o Jl on ne peut et on ne doibt&#13;
29 continuer Le rapport temporel qu’ils ont&#13;
30 eu iusques a present au seminaire.&#13;
31 parce qu’ils sont obligés de faire Leur possible&#13;
32 pour menager quelques chose pour assister les&#13;
33 pauvres de Leurs paroisses, et pour Leurs eglises,&#13;
34 ce que La plus part ne pouroient pas faire estant&#13;
35 obligés par iustice de payer Leurs debtes avant&#13;
36 que de faire La charité; et La 1re de leurs debtes&#13;
37 est celle qu’ils contractent ave envers Leseminaire&#13;
38 qui Leur avance Leurs besoins.&#13;
39 Le seminaire de son costé ne Le peut pas 1o&#13;
40 a raison qu’il na plus Le moyen de faire en&#13;
&#13;
�3o&#13;
&#13;
41 france toutes Les avances necessaires, de risquer&#13;
42 les marchandises apres Les grandes pertes quil&#13;
43 a faittes. 2do a raison de L’embaras et distraction&#13;
44 que cela cause dans Le seminaire, ou Les curéz&#13;
45 ne doibvent venir que pour se renouveller faire&#13;
46 Leur retraittes et y parler de Dieu, ce qui&#13;
47 ne se peut a raison de ce rapport temporel qui&#13;
48 absorbe tout. comme Lexperience Le fait voir.&#13;
49&#13;
On dira que ce rapport temporel entretient&#13;
50 Le spirituel, degage Les curez, de bien des soins&#13;
51 et communication avec Les seculiers, et enfin&#13;
52 Les conserve dans La desapropriation, qui est&#13;
53 une des regles des associez, et pas une a suitte&#13;
54 necessair dans La charité et Lunion des caurs&#13;
55 qui n’est alterée Le plus souvent que par ce meze&#13;
56 et tecum&#13;
57 A quoy ie respons que ce rapport temporel&#13;
58 destruict plûtost Le rapport spirituel comme&#13;
59 on Le peut remarquer, La plus part ny venant que&#13;
60 pour Leur besoins temporels; qui qui absorbent le&#13;
61 spirituel.&#13;
62 2o bien Loin de Les degager chaqu’un n’ayant&#13;
63 que son interest particulier ne songe pas au&#13;
64 commun mais bien a tirer Le plus qu’il peut&#13;
65 du seminaire et croit suivre en cela L’ordre&#13;
66 de dieu qui L’attacha particulierement a sa&#13;
67 paroisse et a son eglise x comme a son premier&#13;
68 obligation, ce qui est aussy veritable, et cest ca&#13;
69 soubs ce pretexte qu’ils sont beaucoup plus interresses&#13;
70 a Leurs bien particulier, et dégagez de L’intesrest&#13;
71 commun sans en avoir aucun Strupule&#13;
72 3o cela ne Les degage nullement de la communica73 tion avec Les seculiers veu qu’il y a mil autres&#13;
74 choses qui Les oblige a entre tenir ce m com75 merce soit pour vendre Leur blez ou aChepter&#13;
76 dautres provisions que Le seminaire ne&#13;
77 Leur fournit pas&#13;
78 4o pour La dezapropriation Jay desia fait&#13;
79 remarquer que cette regle ne se peut garder&#13;
80 entre Les curez a raison qu’ils ont un menage&#13;
81 particulier a soustenir, Leurs pauvres et eglises&#13;
82 a assister.&#13;
83 5o La charité et L’union des cœurs se conservera&#13;
&#13;
�4o&#13;
&#13;
5o&#13;
&#13;
6.o&#13;
&#13;
84 mieux et plus parfaitte Lorsqu’il ny aura aucun&#13;
85 temporel a demesler, dans Le quel il est impossible&#13;
86 que L’interes ne se mesle de part et dautre, qui&#13;
87 altere infalliblement La charité.&#13;
88 Jl est certain que plusieurs x ne peuvent pas&#13;
89 payer douse cents francs pour Leur entretien, et que&#13;
90 le seminaire nest pas assez riche pour Les entre91 tenir a moins, on est donc obligé de faire de&#13;
92 La distinction entre eux, ce qui n’est pas un&#13;
93 petit obstacle a La charité qui veut Légalité entre&#13;
94 tous, et ne fait aucune distinction.&#13;
95 affin que L’union spirituelle n’en souffre point&#13;
96 et que dautre part Le seminaire ne soit trop sur97 chargé de Leurs frequentes visites L’on peut leur&#13;
98 accorder tous les ans quinze iours dans Le temps&#13;
99 qu’ils fairont Leur retraitte, quils y seront bien&#13;
100 receus sans rien payer, et que Lors quils y viendron[t]&#13;
101 hors ce temps La ou seiourneront plus Long temps&#13;
102 pour Leurs affaires ils payront 20S par iour&#13;
103 et 10S pour Leur garçons qu’ils decitaront dame104 ner au seminaire.&#13;
105 Pour conserver La bonne renommée du&#13;
106 seminaire, L’esloigner de Lesprit davarice et&#13;
107 de tout se qui pouroit alterer La charité il&#13;
108 n’est pas a propos que Le seminaire leur vende&#13;
109 rien, L’on peut seulement Les soulager en&#13;
110 leur donnant quelqu’un qui Les puisse ayder&#13;
111 a et achepter chez Les marchants Leur besoins.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Mémoire de Maizerets sur la rupture entre le Séminaire de Québec et les curés&#13;
(Québec, après 1678)&#13;
&#13;
On demande s’il est à propos de rompre avec les curés le rapport qu’ils ont au&#13;
Séminaire pour leur temporel ; à quoi je réponds que ce rapport a été nécessaire&#13;
dans les commencements, qu’il n’y avait point de curés fixes et que les églises&#13;
étaient desservies par des missionnaires qui n’avaient aucun établissement et que&#13;
la grâce de cette Église commençante a eu beaucoup de rapport à celle des&#13;
premiers chrétiens, qui avaient tous leurs biens en commun, mais il est à&#13;
remarquer que cette communauté de biens n’a pas pu subsister quand les chrétiens&#13;
ont commencé à se multiplier et qu’elle s’est seulement conservée dans un petit&#13;
nombre de ceux qui faisaient profession de tendre à la perfection. Il faut aussi&#13;
remarquer que la vie apostolique et pauvreté évangélique n’a persévéré que dans&#13;
peu de personnes et que l’Église, avec le temps, a voulu que les évêques, curés et&#13;
autres pasteurs fussent titrés, tant pour avoir de quoi subsister que pour assister&#13;
les pauvres et orner leurs églises. L’on peut dire le même à proportion de l’Église&#13;
du Canada, qui a changé de face depuis que les curés ont été titrés.&#13;
Je dis donc que vu l’état présent de cette Église, du Séminaire, de la disposition&#13;
des curés, on ne peut et on ne doit continuer le rapport temporel qu’ils ont eu&#13;
jusqu’à présent au Séminaire :&#13;
1er parce qu’ils sont obligés de faire leur possible pour ménager&#13;
quelque chose pour assister les pauvres de leurs paroisses, et pour&#13;
leurs églises, ce que la plupart ne pourraient pas faire, étant obligés&#13;
par justice de payer leurs dettes avant que de faire la charité, et la&#13;
première de leurs dettes est celle qu’ils contractent envers le&#13;
Séminaire, qui leur avance leurs besoins ;&#13;
2e le Séminaire, de son côté, ne le peut pas :&#13;
1o à raison qu’il n’a plus le moyen de faire en France toutes&#13;
les avances nécessaires, de risquer les marchandises après&#13;
les grandes pertes qu’il a faites ;&#13;
&#13;
�2o à raison de l’embarras et distraction que cela cause dans&#13;
le Séminaire, où les curés ne doivent venir que pour se&#13;
renouveler, faire leurs retraites et y parler de Dieu, ce qui&#13;
ne se peut à raison de ce rapport temporel qui absorbe&#13;
tout, comme l’expérience le fait voir ;&#13;
3e on dira que ce rapport temporel entretien le spirituel, dégage les&#13;
curés de bien des soins et communications avec les séculiers et&#13;
enfin, les conserve dans la désappropriation, qui est une des règles&#13;
des associés et pas une suite nécessaire dans la charité et l’union des&#13;
cœurs, qui n’est altérée le plus souvent que par ce meum et tuum ; à&#13;
quoi je réponds :&#13;
[1°] que ce rapport temporel détruit plutôt le rapport&#13;
spirituel, comme on le peut remarquer, la plupart n’y&#13;
venant que pour leurs besoins temporels, qui absorbent le&#13;
spirituel ;&#13;
2o bien loin de les dégager, chacun n’ayant que son intérêt&#13;
particulier, ne songe pas au commun, mais bien à tirer le&#13;
plus qu’il peut du Séminaire et croit suivre en cela l’ordre&#13;
de Dieu, qui l’attacha particulièrement à la paroisse et à&#13;
son église comme à sa première obligation, ce qui est aussi&#13;
véritable, et c’est sous ce prétexte qu’ils sont beaucoup&#13;
plus intéressés à leur bien particulier et dégagés de&#13;
l’intérêt commun sans en avoir aucun scrupule ;&#13;
3o cela ne les dégage nullement de la communication avec&#13;
les séculiers, vu qu’il y a mille autres choses qui les oblige&#13;
à entretenir ce commerce, soit pour vendre leur blé ou&#13;
acheter d’autres provisions que le Séminaire ne leur&#13;
fournit pas ;&#13;
&#13;
�4o pour la désappropriation, j’ai déjà fait remarquer que&#13;
cette règle ne se peut garder entre les curés, à raison qu’ils&#13;
ont un ménage particulier à soutenir, leurs pauvres et&#13;
églises à assister ;&#13;
5o la charité et l’union des cœurs se conservera mieux et&#13;
plus parfaites lorsqu’il n’y aura aucun temporel à&#13;
démêler, dans lequel il est impossible que l’intérêt ne se&#13;
mêle de part et d’autre, qui altère infailliblement la&#13;
charité ;&#13;
4e il est certain que plusieurs ne peuvent pas payer 1 200 francs pour leur entretien&#13;
et que le Séminaire n’est pas assez riche pour les entretenir à moins ; on est donc&#13;
obligé de faire de la distinction entre eux, ce qui n’est pas un petit obstacle à la&#13;
charité, qui veut l’égalité entre tous et ne fait aucune distinction ;&#13;
5e afin que l’union spirituelle n’en souffre point et que d’autre part le Séminaire ne&#13;
soit trop surchargé de leurs fréquentes visites, l’on peut leur accorder tous les ans&#13;
quinze jours dans le temps qu’ils feront leur retraite, qu’ils y seront bien reçus sans&#13;
rien payer ; et que lorsqu’ils viendront hors ce temps-là où séjourneront plus&#13;
longtemps pour leurs affaires, ils payeront 20 sols par jour et 10 sols pour leurs&#13;
garçons qu’ils décideront d’amener au Séminaire ;&#13;
6e pour conserver la bonne renommée du Séminaire, l’éloigner de l’esprit d’avarice&#13;
et de tout ce qui pourrait altérer la charité, il n’est pas à propos que le Séminaire&#13;
leur vende rien : l’on peut seulement les soulager en leur donnant quelqu’un qui&#13;
les puisse aider à acheter chez les marchands leurs besoins.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne2 par le Séminaire de Québec-ol-al-mdv-2021&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
Pour alléger la lecture, nous avons omis les ratures. Quant aux mots ajoutés en interlignes, en marges ou&#13;
en fin de pages, nous les avons intégrés aux bons endroits dans le texte.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
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                <text>Mémoire de Maizerets sur la rupture entre le Séminaire de Québec et les curés (Québec, après 1678) </text>
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                <text>Le procureur à Québec du Séminaire de Québec explique la nécessité d'une rupture entre le Séminaire de Québec et les curés en titre.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369945"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 5, no 15&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14207" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11251" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
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                    <text>1687 – Considération de Saint-Vallier sur l'union des prêtres au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 63)&#13;
1&#13;
1687&#13;
Pour la Desapropriation&#13;
o&#13;
2 Séminaire 1, N 63&#13;
3 1.e Elle à esté expliquée pouvoir SubSister de cette maniere par&#13;
4 vos meSsieurs comme on lepeut voir par le 1.er acte et par le Second&#13;
5 qu’ils ont fait librement. Et la distribution des biens par portion&#13;
6 ne luy est point contraire, ainsy que l’on voit par celle qui S’est fait&#13;
7 a la miSsion de Siam.&#13;
8 2. Jl faut qu’une Eveque Soit dans un tel estat qu’il puiSse en meSme&#13;
9 temps estre le pere commun de tout le monde, ors S’il donne tout&#13;
10 a l’un il n’à plus rien a donner a l’autre, et il ne faut pas que&#13;
11 l’on dise que tout le monde concourrat au mesme bien puis que&#13;
12 Dieu ne donne cet esprit de paternité et cette estendüe de cœur&#13;
13 qu’a ceux qu’il met dans les places&#13;
14 3.e Il faut qu’il Soit dans un tel estat ou il ne puiSse pas devenir inutile&#13;
15 a touttes Sortes de biens, ors Sil estoit dans l’eStat ou l’on desirs&#13;
16 qu’il Soit et qu’on vint a l’apprendre, il Seroit inutile et du&#13;
17 Costé de la Cour qui n’approuve et ne veut point cela, et du CoSté&#13;
18 des autres communeautés qui le Souffrieroint impatiemment&#13;
19 donc&#13;
20 4.e Lon ne veut pas pour cela diSpoSer de ce bien Selon la fantaSie&#13;
21 mais par ConSeil. l’on ne veut pas non plus ne point faire&#13;
22 de part de cette portion au Seminaire, puis qu’il est toujours&#13;
23 vray de dire qu’il eSt le fils aisné et qu’en maintenant on&#13;
24 SouStient le fondement de tous les autres biens. ainSy l’on&#13;
25 n’à qu’à Se confier a l’amour que N. S. luy à donné pour&#13;
26 ce Seminaire et l’estime qu’il à conceu pour ceux qui le conduiSent,&#13;
27 lon à pû dejà connoiStre cela par les fondations quil à fait,&#13;
28 qui Sont a la diSpoSition du Seminaire, par tous les autres&#13;
29 temoignages d’affection qu’il à donné, et Sur tout par le&#13;
30 et seminaire deSir veritable qu’il à de les ayder a Sortir de&#13;
31 leurs debtes, l’on Sçait ce qu’il a voulu faire pour cela qui n’à&#13;
32 point reuSsy, il S’aviSera peut eStre d’autres expediens qui Seront&#13;
33 plus heureux, il ne demande que du temps, et de la patience,&#13;
34 pour faire connoiStre l’eStime, l’affection, l’attachement,&#13;
35 et la tendreSse toutte particuliere qu’il à pour cette&#13;
36 maiSon, dont il Se conSidere comme un des Ses membres.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-hd-lsh-2021&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Mémoire de Saint-Vallier sur l'union des prêtres au Séminaire de Québec&#13;
(Québec, 1687)&#13;
Pour la désapprobation&#13;
1° Elle a été expliquée pouvoir subsister de cette manière par vos Messieurs,&#13;
comme le peut voir par le premier acte et par le second qu’ils ont fait librement. Et&#13;
la distribution des biens par portion ne lui est point contraire, ainsi que l’on voit&#13;
par celle qui s’est faite à la mission de Siam.&#13;
2° Il faut qu’un évêque soit dans un tel état qu’il puisse en même temps être le père&#13;
commun de tout le monde ; or, s’il donne tout à l’un, il n’a plus rien à donner à&#13;
l’autre et il ne faut pas que l’on dise que tout le monde concourra au même bien,&#13;
puisque Dieu ne donne cet esprit de paternité et cette étendue de cœur qu’à ceux&#13;
qu’il met dans les places.&#13;
3° Il faut qu’il soit dans un tel état où il ne puisse pas devenir inutile à toutes sortes&#13;
de biens ; or, s’il était dans l’état où l’on désire qu’il soit et qu’on vint à l’apprendre,&#13;
il serait inutile et du côté de la Cour, qui n’approuve et ne veut point cela, et du&#13;
côté des autres communautés, qui le souffrirait impatiemment donc.&#13;
4° L’on ne veut pas pour cela disposer de ce bien selon la fantaisie, mais par&#13;
conseil. L’on ne veut pas non plus ne point faire de part de cette portion au&#13;
Séminaire, puisqu’il est toujours vrai de dire qu’il est le fils aîné et qu’en [le]&#13;
maintenant, on soutient le fondement de tous les autres biens. Ainsi, l’on n’a qu’à&#13;
se confier à l’amour que Notre-Seigneur lui a donné pour ce Séminaire et l’estime&#13;
qu’il a conçue pour ceux qui le conduisent. L’on a pu déjà connaître cela par les&#13;
fondations qu’il a faites qui sont à la disposition du Séminaire, par tous les autres&#13;
témoignages d’affection qu’il a donnés et surtout par le désir véritable qu’il a de&#13;
les aider à sortir de leurs dettes. L’on sait ce qu’il a voulu faire pour cela, qui n’a&#13;
point réussi. Il s’avisera peut-être d’autres expédients qui seront plus heureux. Il&#13;
ne demande que du temps et de la patience pour faire connaître l’estime,&#13;
l’affection, l’attachement et la tendresse toute particulière qu’il a pour cette&#13;
maison, dont il se considère comme un de ses membres.&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Saint-Vallier, Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de, 1653-1727</text>
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                <text>Mémoire de Saint-Vallier sur l'union des prêtres au Séminaire de Québec (Québec, 1687)</text>
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                <text>Le vicaire général coadjuteur de Laval, 1er évêque de Québec, concernant l'union des prêtres au Séminaire de Québec et la désappropriation.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369588"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 63&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/14160" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11227" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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                    <text>Liste des prêtres agrégés au Séminaire de Québec en 1692&#13;
(Québec, 28 septembre 1692)&#13;
&#13;
Liste de ceux qui sont agrégés au Séminaire de Québec&#13;
M. Morin&#13;
M. de Caumont&#13;
M. Lamy&#13;
M. Martin&#13;
M. de Brulon&#13;
M. de Basset&#13;
M. Soumande&#13;
M. Thury&#13;
M. Pinguet&#13;
M. Gagnon&#13;
M. Buisson&#13;
M. Boulard&#13;
M. Du Bos&#13;
M. Tremblay&#13;
M. Pocquet&#13;
Pour satisfaire à la demande que nous a faite Mgr de Québec, que nous ayons à lui&#13;
déclarer ceux que nous avons agrées au Séminaire de Québec, nous avons mis&#13;
leurs noms ci-dessus et reconnaissons que nous n’en avons point agrégé d’autres,&#13;
étant au surplus disposés d’exécuter le règlement du roi.&#13;
Fait à Québec, le 28e jour de septembre 1692,&#13;
Louis Ango [des Maizerets], supérieur,&#13;
Charles de Glandelet.&#13;
Jean, évêque de Québec&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>1692, 28 septembre – Liste des prêtres agrégés au Séminaire de Québec en 1692&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 41)&#13;
Liste&#13;
&#13;
1&#13;
Liste de Ceux qui sont agregez au 345.&#13;
2&#13;
Seminaire de Quebec&#13;
3 Monsieur Morin&#13;
4 Monsieur de Caumont&#13;
5 Monsieur Lamy&#13;
6 Monsieur Martin&#13;
7 Monsieur De Bruslon&#13;
8 Monsieur Basset&#13;
9 Monsieur Soumande&#13;
10 Monsieur Thury&#13;
11 Monsieur Pinguet&#13;
12 Monsieur Gaignon&#13;
13 Monsieur Buisson&#13;
14 Monsieur Boulard&#13;
15 Monsieur Du Bos.&#13;
16 Monsieur Tremblay&#13;
17 Monsieur Poquet&#13;
18 Pour Satisfaire ala demande que nous à faite Mgr de quebec que nous ayons&#13;
19 a luy declarer Ceux que nous avons agregez au Seminaire de quebec nous avons mis&#13;
20 leurs noms Cy dessus et reconnoissons que nous nen avons point agregé dautres&#13;
21 estant au Surplus disposez dexecuter le Reglemt du Roy fait aquebec Le 28’ jour&#13;
22 de Septembre 1692. Signé Louis ango Superieur, Charles glandelet&#13;
23&#13;
L&#13;
Jean evesque de quebec&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Saint-Vallier, Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de, 1653-1727</text>
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                <text>Liste des prêtres agrégés au Séminaire de Québec en 1692 (Québec, 28 septembre 1692)</text>
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                <text>Une liste des prêtres agrégés au Séminaire de Québec a été établie pour répondre à la demande de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/928"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé aux Archives de l'archidiocèse de Québec, Registre A, p. 345&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369657"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 2, no 41&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12569" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12570" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Affiliation au Séminaire de Québec</name>
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        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
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        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
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                    <text>66&#13;
&#13;
HISTOIRE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
année mais 1 on attendra que 1 experience aye fourni des connoissances&#13;
suffisantes pour faire quelque chose de juste et de fixe.&#13;
L on a iugé apropos de donner au franc un habit gris qui ne 1empeschera&#13;
de porter le capot les iours de travail.&#13;
Tous les Articles cy dessus ont esté proposés et conclus unaniment,&#13;
comme ils sont rapportés icy et on y a adiousté que los quil surviendroit&#13;
quelque difficulté dans lexecution des choses 1on auroit recours au superieur&#13;
ou Assistans pour en recevoir lesclaircissiment, ou 1on differeroit a la proposer&#13;
en la première assemblée.&#13;
[L'assemblée suivante a eu lieu« le 5 d avril» 1679]&#13;
&#13;
XXXI. - CONTRAT D'UNION&#13;
DES CURÉS AVEC LE SÉMINAIRE 1&#13;
1678&#13;
&#13;
ASQ Carton Séminaire V, n° 14 2 .&#13;
L'An gbjc soixante dix huit le ... du mois ... Messire N. Prestre du&#13;
Seminaire de la Sainte Famille des missions etrangeres estably a Quebec&#13;
estant sur le point de partir pour aller prendre possession de la Cure de N.&#13;
de laquelle il auroit esté pourveu par le titre qu'il auroit plu a Monseigneur&#13;
L'Illustrissime et Reverendissime Evesque de Quebec luy en accorder. Ayant&#13;
desir de se debarasser des soins et inquiétudes que luy pourrait causer le&#13;
maniement du revenu temporel de laditte Cure, laquelle il auroit mesme eu&#13;
peine a se resoudre d'accepter, pour les raisons qui ensuivent.&#13;
Premierement de se voir obligé den prendre le soin et estre chargé de se&#13;
nourrir et entretenir du revenu de laditte Cure a cause de la modicité dudit&#13;
revenu, qu'il prevoit bien qui ne serait pas suffisant de pourvoir a tous ses besoins,&#13;
tant en santé quen maladie, dans ce pays icy ou il est tres difficile de trouver et&#13;
achepter les choses convenables et necessaires pour la nourriture et entretien d'un&#13;
Ecclesiastique, et que les fatigues et le travail dans l'administration des sacremens et&#13;
1. Le Séminaire était sur le point de se faire enlever le droit aux dîmes des paroisses,&#13;
qu'il avait eu par son acte de fondation, et MS' de Laval, pressé par la Cour de France,&#13;
érigeait quelques cures fixes, en 1678. Le projet de convention sous seing privé entre les&#13;
curés en titre et le Seminaire avait pour but de maintenir au moins une union facultative&#13;
et de pallier aux inconvénients prévus de la nouvelle formule . Nous n'avons pu retracer&#13;
une seule convention signée effectivement, selon les termes de ce projet. Mais nous savons&#13;
que ce système a été appliqué dans le cas de plusieurs curés et pendant assez longtemps.&#13;
2. Document en papier, 3 pages in-folio, de l'écriture de l'abbé de Francheville, secrétaire&#13;
de MS' de Laval.&#13;
&#13;
�DOCUMENTS&#13;
&#13;
67&#13;
&#13;
autres fonctions curiales y sont tres penibles et consomment les forces en&#13;
tres peu d'années.&#13;
Secondement que s'il se chargeoit de l'administration des biens&#13;
temporels il ne seroit pas dans la liberté comme il desire estre de vacquer&#13;
uniquement au salut des ames qui sont commises a sa conduite.&#13;
Pour ces causes et voulant avoir un refuge asseuré dans le seminaire en&#13;
cas d'infirmité et maladie pour avoir la consolation de vivre et mourir dans&#13;
l'esprit et les sentimens que luy a inspiré ledit seminaire depuis le temps&#13;
qu'il y a esté receu. Ledit Sieur N. a demandé avec instance aux Superieur,&#13;
Assistant, et autres Ecclesiastiques dudit seminaire, s'offre et s'engage de&#13;
donner et delaisser entierement audit seminaire le revenu de tout son bien&#13;
temporel present ou avenir, soit qu'il provienne du gros ou casuel de la&#13;
Cure, ou de son patrimoine, ou titre, et de quelque autre maniere que ce soit&#13;
qu'il luy puisse appartenir, sans en rien reserver, moyennant que Ion luy&#13;
accorde cette grace. Ce que le superieur, assistant et autres Ecclesiastiques&#13;
dud seminaire ayant meurement examiné, et trouvé qu'il n'y a rien dans led&#13;
engagement qui ne soit avantageux pour la gloire de Dieu, le salut des ames&#13;
et le bien particulier spirituel et temporel dud Sieur N. et en consideration&#13;
de l'union et affection que ledit seminaire a touiours eu pour led Sieur N.&#13;
depuis tant d'années (ou bien, depuis le temps qu'il y a qu'il y demeure) a&#13;
bien volontiers consenti audit engagement. Et a cet effet led superieur,&#13;
assistant et autres Ecclesiastiques dudit seminaire ont accepté son offre et&#13;
engagement susdit, et sbbligent envers luy au nom de tout le seminaire de luy&#13;
fournir tant en santé quèn maladie et en quelque estat d'infirmité ou il puisse&#13;
tomber ce qui luy sera necessaire pour sa nourriture et entretien, iusques a la&#13;
mort en la maniere neantmoins qui sera possible aud seminaire, et selon qu'il&#13;
a eu de coutume den user envers les missionnaires qui ont esté unis iusqu'a&#13;
present audit seminaire, comme aussy de luy rendre apres sa mort tous les&#13;
devoirs et secours qui doivent estre rendus aux prestres, et auxquels l'esprit&#13;
d'union et de charité engage mutuellement tous ceux qui sont unis audit&#13;
seminaire ; Le tout neantmoins a condition de la part dud seminaire que ledit&#13;
Sieur N. sera ponctuel et fidelle a garder inviolablement tout ce qu'il promet&#13;
par ce present escrit, ne s'appropriant et retenant quoique ce soit, et sous&#13;
quelque pretexte que ce soit de la iouissance de tout le revenu soit casuel ou&#13;
certain qu'il peut avoir ou pourrait percevoir a l'avenir iusqu'à la mort, sans&#13;
l'aggreement et consentement dudit seminaire. Et qu'au cas que ledit Sieur N.&#13;
resigne, permute, ou se demette de sa Cure, ledit present escrit demeurera&#13;
nul, et tant ledit seminaire que led Sieur N. demeureront dechargez&#13;
reciproquement dudit engagement; Celuy auquel led Sieur N. aura resigné,&#13;
et se sera demis, ou permuté, demeurant obligé a luy payer pension ou&#13;
subvenir par quelque autre voye que ce soit a sa subsistance ; Ledit seminaire&#13;
&#13;
�68&#13;
&#13;
HISTOIRE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
demeurant entierement dechargé ; Car ainsy a esté convenu entre lesdites&#13;
parties, qui ont signé le present acte Les iour et an que dessus./.&#13;
[endossé:] projet de la&#13;
convention et union du Seminaire&#13;
avec les curés en 1679 3&#13;
XXXII. - DONATION PAR Mgr DE LAVAL&#13;
DE I..:EMPLACEMENT DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC 1&#13;
8 avril 1680&#13;
&#13;
ASQ, carton Seigneuries AA, n° 18 2•&#13;
PAR DEVANT LES CONSEILLERS DU RoY Notaires Gardenotes au&#13;
Chastelet de Paris soussignez furent presens Illustrissime et Reverendissime&#13;
Pere en Dieu Messire FRANÇOIS DE LAVAL premier Evesque de Quebek en&#13;
la nouvelle France estant de present a Paris pour les affaires de son eglize&#13;
logé a la comunauté de Monsieur le curé de !Eglise et parse Saint Josse d'une&#13;
part, Et Messires François Bezard, Armand Poitevin docteur en theologie&#13;
curé delad. parroisse de Saint Josse, Jacques Charles de Brisacier aussy&#13;
docteur en theologie, Jacques Dufresne docteur en theologie de la faculté&#13;
de Paris, Estienne Pallu et Louis Barat tous prestres Superieur et directeurs&#13;
du sem'• des missions estrangeres estably a Paris rue du bac et y residens&#13;
a l'exeption dud. S'. Poitevin qui demeure en la maison presbiterale dud&#13;
St Josse d'autre part. LESQUELS se sont volontairement par ces pntes&#13;
desistez du contrat de vente faicte par led. Seig' Evesque aud. Seminaire&#13;
pour le Seminaire de Quebek uny aud. Seminaire de Paris par lettres&#13;
patentes de Sa Majesté du mois d'avril mil six cens soixante seize, veriffiees&#13;
en parlement le dix fevrier mil six cens soixante dix huit, passé par devant&#13;
3. Celte date, à l'endos, est évidemment en opposition avec celle du texte même ; mais elle&#13;
peut signifier que le projet a été élaboré vers la fin de 1678.&#13;
1. Normalement, on ne peut pas donner ce qu'on a déjà vendu. Or, Mgr de Laval avait déjà&#13;
vendu cet emplacement au Seminaire de Paris, le 5 octobre 1666 (cf. Documents, n° XVII) .&#13;
Mais la donation ici reproduite comporte d'abord une rétrocession à Mgr de Laval, par les&#13;
Messieurs de Paris, agissant en leur propre nom, avant d'agir comme procureurs des Messieurs&#13;
de Québec, pour recevoir la donation. À première vue, tout cela semble un petit jeu à donne-moi&#13;
que je te donne. Mais Mgr de Laval avait d'autres intentions que de s'amuser.&#13;
2. Expédition originale en parchemin, formant un cahier de 12 pages, format 11 pouces&#13;
et demi par 9. La donation elle-même couvre sept pages et demie; la procuration du 28 sept.&#13;
1679, recopiée à la suite, mais que nous omettons, couvre deux pages et demie. Enfin, sur les&#13;
dernières pages restées en blanc, le notaire Becquet a transcrit l'acte d'acceptation passé devant&#13;
lui, à Québec, par les Supérieurs du Seminaire de Québec, le 26 octobre 1680. Le tout a été&#13;
insinué le 5 novembre dans les registres de la Prévôté de Québec, ainsi qu'en témoigne le&#13;
certificat du greffier Gilles Rageot, placé en dernier lieu.&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique, publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et biographies, 1964, p. 66-68&lt;/span&gt;</text>
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                    <text>Projet d’affiliation des curés avec le Séminaire de Québec&#13;
(Québec, 1678)&#13;
&#13;
L’an 1678, le … du mois …, Messe N., prêtre du Séminaire de la Sainte-Famille des&#13;
Missions étrangères établi à Québec, étant sur le point de partir pour aller prendre&#13;
possession de la cure de N., de laquelle il aurait été pourvu par le titre qu’il aurait&#13;
plus à Mgr l’illustrissime et révérendissime évêque de Québec lui en accorder,&#13;
ayant désir de se débarrasser des soins et inquiétudes que lui pourrait causer le&#13;
maniement du revenu temporel de ladite cure, laquelle il aurait même eu peine à&#13;
se résoudre d’accepter, pour les raisons qui ensuivent :&#13;
1° de se voir obligé d’en prendre le soin et être chargé de se nourrir&#13;
et entretenir du revenu de ladite cure, à cause de la modicité dudit&#13;
revenu, qu’il prévoit bien qui ne serait pas suffisant de pourvoir à&#13;
tous ses besoins, tant en santé qu’en maladie, dans ce pays ici, où il&#13;
est très difficile de trouver et acheter les choses convenables et&#13;
nécessaires pour la nourriture et entretien d’un ecclésiastique, et que&#13;
les fatigues et le travail dans l’administration des sacrements et&#13;
autres fonctions curiales y sont très pénibles et consomment les&#13;
forces en très peu d’années ;&#13;
2° que s’il se chargerait de l’administration des biens temporels, il ne&#13;
serait pas dans la liberté, comme il désire être, de vaquer uniquement&#13;
au salut des âmes qui sont commises à sa conduite.&#13;
Pour ces causes et voulant avoir un refuge assuré dans le Séminaire, en cas&#13;
d’infirmité et maladie, pour avoir la consolation de vivre et mourir dans l’esprit et&#13;
les sentiments que lui a inspiré ledit Séminaire depuis le temps qu’il a été reçu,&#13;
ledit sieur N. a demandé avec instance aux supérieur, assistant et autres&#13;
ecclésiastiques dudit Séminaire, s’offre et s’engage de donner et délaisser&#13;
entièrement audit Séminaire le revenu de tout son bien temporel, présent ou à&#13;
venir, soit qu’il provienne du gros ou casuel de la cure ou de son patrimoine ou&#13;
titre et de quelque autre manière que ce soit qu’il lui puisse appartenir, sans en&#13;
rien réserver, moyennant que l’on lui accorde cette grâce ;&#13;
&#13;
�ce que le supérieur, assistant et autres ecclésiastiques dudit Séminaire, ayant&#13;
mûrement examiné et trouvé qu’il n’y a rien dans ledit engagement qui ne soit&#13;
plus avantageux pour la gloire de Dieu, le salut des âmes et le bien particulier&#13;
spirituel et temporel dudit sieur N. et en considération de l’union et affection que&#13;
ledit Séminaire a toujours eu pour ledit sieur N. depuis tant d’années (ou bien&#13;
depuis le temps qu’il y a qu’il y demeure), [ont] bien volontiers consenti audit&#13;
engagement et, à cet effet, ledit supérieur, assistant et autres ecclésiastiques dudit&#13;
Séminaire ont accepté son offre et engagement susdit et s’obligent envers lui, au&#13;
nom de tout le Séminaire, de lui fournir, tant en santé qu’en maladie et en quelque&#13;
état d’infimité où il puisse tomber, ce qui lui sera nécessaire pour sa nourriture et&#13;
entretien, jusqu’à la mort, en la manière néanmoins qui sera possible audit&#13;
Séminaire et selon qu’il a eu de coutume d’en user envers les missionnaires qui&#13;
ont été unis jusqu’à présent audit Séminaire, comme aussi de lui rendre après sa&#13;
mort tous les devoir et secours qui doivent être rendus aux prêtres et auxquels&#13;
l’esprit d’union et de charité engage mutuellement tous ceux qui sont unis audit&#13;
Séminaire ;&#13;
le tout néanmoins à condition, de la part dudit Séminaire, que ledit sieur… sera&#13;
ponctuel et fidèle à garder inviolablement tout ce qu’il promet par ce présent écrit,&#13;
ne s’appropriant et retenant quoique ce soit, et sous quelque prétexte que ce soit,&#13;
de la jouissance de tout le revenu, soit casuel ou certain qu’il peut avoir ou pourrait&#13;
percevoir à l’avenir jusqu’à la mort, sans l’agrément et consentement dudit&#13;
Séminaire ;&#13;
et qu’au cas que ledit sieur N. résigne, permute ou se démette de sa cure, ledit&#13;
présent écrit demeurera nul et tant ledit Séminaire que ledit sieur… demeureront&#13;
déchargés réciproquement dudit engagement, celui auquel ledit sieur N. aura&#13;
résigné et se sera démis ou permuté demeurant obligé à lui payer pension ou&#13;
subvenir par quelque autre voie que ce soit à sa subsistance, ledit Séminaire&#13;
demeurant entièrement déchargé, car ainsi a été convenu entre lesdites parties, qui&#13;
ont signé le présent acte les jour et an que dessus.&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 66-68.&#13;
1&#13;
&#13;
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                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369944"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 5, no 14&lt;/li&gt;
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12970" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12969" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost,&lt;em&gt; Le Séminaire de Québec. Documents et biographies&lt;/em&gt;, 1964, p. 66-68&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Acte de communauté de biens entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec&#13;
(Québec, 24 décembre 1685)&#13;
&#13;
Le 24e décembre 1685, les officiers du Séminaire, du chapitre, des curés et&#13;
missionnaires s’étant assemblés avec Mgr de Saint-Vallier, nommé par le roi à&#13;
l’évêché de Québec, mondit seigneur a témoigné, d’un côté la joie qu’il sentait&#13;
d’être incorporé à ce Séminaire, où l’on fait profession de se désapproprier du&#13;
revenu des biens temporels, que l’on met tous en commun, et le désir qu’il avait&#13;
d’y vivre toujours dans la pratique de ce dégagement, comme a fait Mgr de Laval,&#13;
premier évêque de Québec, il a souhaité, d’autre part, d’être éclairci sur quelques&#13;
difficultés qui pourraient naître dans la suite de cette communauté de biens&#13;
temporels, vu les obligations indispensables qu’il avait en qualité d’évêque d’avoir&#13;
un fonds destiné pour les aumônes et le soutien de plusieurs bonnes œuvres qui&#13;
se présenteront à faire pour le bien du diocèse.&#13;
Après avoir sérieusement examiné la chose, voici les principes dont mondit&#13;
seigneur et les officiers sont convenus et ensuite les conclusions qu’ils ont arrêtées&#13;
sur ce sujet.&#13;
1° L’un des plus grands biens qui soit à désirer, pour avancer le royaume de JésusChrist dans l’établissement et le progrès de l’Église du Canada, est que l’évêque&#13;
demeure toujours uni à son Séminaire en la manière et selon l’esprit de grâce qu’il&#13;
a vécu jusques à présent. Les choses s’entretiennent pour l’ordinaire par celles qui&#13;
leur ont donné l’être et l’expérience a toujours fait voir que cette union a été la&#13;
source des bénédictions que Dieu a versées sur cette Église naissante.&#13;
2° L’esprit de grâce, qui a uni si étroitement Mgr Laval, premier évêque de Québec,&#13;
avec le Séminaire, consiste en ce que l’ayant institué pour conspirer conjointement&#13;
avec lui à une même fin, qui est d’étendre le royaume du Fils de Dieu, en&#13;
établissant l’Église du Canada, il s’est toujours considéré comme une même chose&#13;
avec son Séminaire et le Séminaire, réciproquement, s’est toujours regardé comme&#13;
une même chose avec lui. C’est pour cela qu’à l’exemple du Séminaire de JésusChrist, premier et fondamental Séminaire des Missions étrangères, tous les biens&#13;
temporels ont été communs entre eux, mondit seigneur ni le Séminaire n’ayant pas&#13;
&#13;
�jugé devoir rien posséder en propre, pour contribuer ainsi plus efficacement tous&#13;
ensemble au bien de l’œuvre.&#13;
3° Cette désappropriation ou communauté de biens temporels, ayant été jusqu’à&#13;
présent le fondement et le soutien de toutes les entreprises que l’on voit réussir à&#13;
la gloire de Dieu dans tout le diocèse et qui n’aurait pu, selon toutes les&#13;
apparences, être exécutées avec beaucoup plus de biens possédés en propre, Dieu,&#13;
ce semble, fait assez connaître par là que c’est le moyen qu’il désire être employé&#13;
pour l’accroissement de son ouvrage. C’est pourquoi il est extrêmement à désirer&#13;
que les évêques conservent toujours cet esprit de dégagement avec le Séminaire,&#13;
que le chapitre nouvellement établi et les curés fixés depuis peu, aussi bien que les&#13;
missionnaires, qui tous y ont été élevés dans ce même esprit, ne s’en départent&#13;
jamais, non plus que ceux qui viendront après eux et que suivant la règle de la&#13;
désappropriation, ils ne disposent ni les uns ni les autres d’aucun revenu que par&#13;
l’avis du conseil, composé des officiers du Séminaire, du chapitre, des curés et&#13;
missionnaires, auquel Mgr l’évêque présidera.&#13;
4° Mais parce que cette communauté de biens ne serait plus dans l’ordre si elle&#13;
devait mettre obstacle aux obligations qu’a un évêque d’employer ses revenus en&#13;
aumônes, œuvres pieuses et autres entreprises qui seraient jugées très&#13;
avantageuses pour le bien du diocèse, ainsi que Mgr de Saint-Vallier a très bien&#13;
représenté, et qu’il pourrait arriver dans la suite que des officiers, divertissant trop&#13;
leurs soins et leur application du bien universel pour songer à leur œuvre&#13;
particulière, n’entreront pas assez dans les obligations générales de l’évêque, l’on&#13;
a trouvé à propos, pour prévenir ces inconvénients, de conclure les articles&#13;
suivants :&#13;
1er article. Tous les biens, tant de l’évêque et du chapitre que du&#13;
Séminaire et des curés et missionnaires, resteront en commun&#13;
comme ils sont présentement.&#13;
2e article. Le conseil, composé des officiers susnommés, auquel&#13;
Monseigneur présidera, distinguera la dispensation desdits biens en&#13;
cinq portions. La 1re sera destinée pour toutes les choses auxquelles&#13;
&#13;
�le chapitre est obligé de pourvoir ; la 2e pour la subsistance du&#13;
Séminaire ; la 3e pour celle des curés ; la 4e pour celle des&#13;
missionnaires ; et la 5e servira de fonds pour les aumônes,&#13;
établissements et œuvres pies du diocèse.&#13;
3e article. Ces fonds ou portions seront dispensés par trois&#13;
procureurs distingués : l’un de Mgr l’évêque et du chapitre, qui n’a&#13;
pas d’affaires qui demandent un procureur particulier ; l’autre des&#13;
curés et missionnaires ; et le 3e du Séminaire qui aura sous lui autant&#13;
de procureurs subalternes et d’économes qu’il en sera jugé&#13;
nécessaire.&#13;
4e article. Ces trois procureurs seront obligés tous les ans une fois, à&#13;
compter du mois de janvier, de rendre compte devant le conseil de&#13;
leur administration au regard du temporel, dont ils auront été&#13;
chargés.&#13;
5e article. Quand le Séminaire sera obligé de faire des dépenses&#13;
extraordinaires, soit en bâtiment ou augmentation de terres, soit&#13;
pour accroître le nombre des ecclésiastiques ou des enfants, etc., ce&#13;
sera aux officiers du Séminaire, conjointement avec Monseigneur,&#13;
d’y pourvoir sur un autre fonds que celui qui aura été destiné pour&#13;
l’entretien du Séminaire.&#13;
6e article. Pour donner au dessein qu’on vient de conclure l’ordre qui&#13;
est convenable pour son exécution, l’assemblée a chargé M. des&#13;
Maizerets de dresser d’abord un état de la dépense annuelle du&#13;
Séminaire pour commencer à prévoir les fonds qu’on y pourrait&#13;
appliquer.&#13;
Et afin que la présente délibération touchant la communauté des biens temporels&#13;
et la dispensation qui s’en fera, laquelle a paru d’une grande importance, puisse&#13;
avoir dans la suite toute la recommandation et toute la force qu’elle doit avoir,&#13;
Mgr de Saint-Vallier a proposé d’en dresser le présent acte, qui serait signé de lui&#13;
&#13;
�et de tous les officiers susdits, pour être gardé dans les archives du Séminaire ; ce&#13;
qui a été jugé très à propos et conclu ainsi et ont signé audit Séminaire les jours et&#13;
an que dessus, 24e décembre 1685,&#13;
Jean-Baptiste de la Croix de Saint-Vallier, nommé à l’évêché de Québec&#13;
H. de Bernières, doyen du chapitre et supérieur du Séminaire&#13;
L. Ango des Maizerets, grand-archidiacre, assistant et procureur du Séminaire&#13;
Charles de Glandelet, théologal, syndic du chapitre et procureur de Mgr l’évêque&#13;
et du chapitre&#13;
Benoît Duplein, chanoine et procureur de MM. les curés et missionnaires.&#13;
&#13;
Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partie de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 91-94.&#13;
1&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                    <text>DOCUMENTS&#13;
&#13;
91&#13;
&#13;
exprimées, et d'employer le surplus des deniers qui proviendront &lt;lesdits&#13;
fruits et revenus, fermages et arrerages de rente, ensemble les autres&#13;
meubles et effects mobiliers donnez a ce qu'ils jugeront de plus a propos&#13;
pour le bien des missions et la conversion des sauvages, et autres infideles&#13;
dans les lieux les plus esloignez et abandonnez, et outre parce que telle est&#13;
la vollonté et intention dudit Sieur donnateur. Promettant &amp; obligeant &amp;&#13;
Renonçant &amp;. fait et passé a Paris en la maison de Carnot l'un des notaires&#13;
soussignez LAN MIL SIX CENT QUATRE VINGT CINQ, le dixiesme jour de May&#13;
apres midy et a signé la minutte des presentes demeurée vers et en la&#13;
possession de Carnot l'un &lt;lesdits notaires soussignez. / /.&#13;
BOURDIN [avec paraphe]&#13;
&#13;
CARNOT [avec paraphe]&#13;
&#13;
[endossé] Donnaon. par m.' de Saint valier au seminaire de Quebec de ses&#13;
effets mobiliers 10 may 1685. La minutte devers m.' Carnot nor a paris.&#13;
XL. - COMMUNAUTÉ DE BIENS ENTRE LÉVÊQUE, LE&#13;
SÉMINAIRE, LE CHAPITRE ET LES CURÉS&#13;
24 décembre 1685&#13;
ASQ, carton Séminaire 1, n° 59B 1&#13;
&#13;
Le vingt quatriesme Decembre 1685, les officiers du seminaire du&#13;
Chapitre, des Curés et Missionnaires sestants assemblez avec Monseigneur&#13;
de st vallier nommé par le Roy a l'Evesché de Quebec. Mond. Seigneur a&#13;
tesmoigné d'un costé la ioye qu'il sentoit destre incorporé a ce seminaire ou&#13;
Ion fait profession de se desapproprier du revenu des biens temporels que&#13;
Ion met tous en commun ; et le desir qu'il avoit d'y vivre tousjours dans la&#13;
pratique de ce desgagement, comme a fait Monseigneur de Laval premier&#13;
Evesque de Quebec : Il a souhaitté d'autre part destre esclairci sur quelques&#13;
difficultés qui pourroint naistre dans la suitte de cette communauté de biens&#13;
temporels veules obligations indispensables qu'il avoit en qualité d'Evesque&#13;
d'avoir un fond destiné pour les Aumosnes et le soutien de plusieurs bonnes&#13;
œuvres qui se presenteront a faire pour le bien du Diocese.&#13;
Apres avoir serieusement examiné la chose voicy les principes dont&#13;
Mond. Seigneur et les officiers sont convenus et ensuitte les conclusions&#13;
qu'ils ont arrestées sur ce suiet.&#13;
1. Original en parchemin, de 5 pages, dimensions 11 pouces et demi par 9. Le texte est&#13;
entièrement de la main très soignée de l'abbé Benoît Duplein, ancien curé et pour lors chanoine&#13;
et prêtre du Séminaire.&#13;
&#13;
�92&#13;
&#13;
HISTOIRE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
1. I.:un des plus grands biens qui soit a desirer pour avancer le Royaume&#13;
&#13;
de Jesus Christ dans l'establissement et le progrez de l'Eglise du Canada, est&#13;
que l'Evesque demeure tousiours uni a son seminaire en la maniere et selon&#13;
l'esprit de grace qu'il y a vescu jusques a present: Les choses s'entretiennent&#13;
pour l'ordinaire par celles qui leur ont donné l'estre, et l'experience a&#13;
tousjours fait voir que cette union a esté la source des benedictions que&#13;
Dieu a versées sur cette Eglise naissante.&#13;
2. I.:esprit de grace qui a uni si estroitement Monseigneur de Laval&#13;
premier Evesque de Quebec avec le seminaire consiste en ce que l'ayant&#13;
institué pour conspirer coniointement avec Luy a une mesme fin, qui est&#13;
d'estendre le royaume du fils de Dieu, en establissant l'Eglise du Canada, il&#13;
s'est tousjours consideré comme une mesme chose avec son seminaire, et le&#13;
seminaire reciproquement s'est toujours regardé comme une mesme chose&#13;
avec luy. Cest pour cela qu'a l'exemple du seminaire de Jesus Christ premier&#13;
et fondamental seminaire des Missions Estrangeres, tous les biens temporels&#13;
ont esté communs entre eux, Mond. Seigneur ny le seminaire n'ayant pas&#13;
jugé devoir rien posseder en propre, pour contribuer ainsi plus efficacement&#13;
tous ensemble au bien de lœuvre.&#13;
3. Cette desapropriation ou communeauté de biens temporels ayant&#13;
esté jusques a present le fondement et le soutien de toutes les entreprises&#13;
que l'on voit reüssir a la gloire de Dieu dans tout le Dioceze, et qui n'auroint&#13;
peu selon toutes les apparences estre exécutées avec beaucoup plus de biens&#13;
possedés en propre ; Dieu ce semble fait assez connoistre par la que c'est le&#13;
moyen qu'il desire estre employé pour l'accroissement de son ouvrage. C'est&#13;
pourquoy il est extremement a desirer que les Evesques conservent&#13;
tousjours cet esprit de degagement avec le seminaire, que le Chapitre&#13;
nouvellement estably et les curés fixés despuis peu, aussi bien que les&#13;
missionnaires qui tous y ont esté elevez dans ce mesme esprit ne s'en&#13;
departent jamais, non plus que ceux qui viendront apres eux et que suivant&#13;
la regle de la desappropriation ils ne disposent ny les uns ny les autres&#13;
d'aucun revenu que par l'avis du conseil composé des officiers du Seminaire, du&#13;
Chapitre, des curés et missionnaires auquel Monseigneur l'Evesque presidera.&#13;
4. Mais parceque cette communeauté de biens ne seroit plus dans l'ordre&#13;
si elle devoit mettre obstacle aux obligations qu'a un Evesque d'employer ses&#13;
revenus en aumosnes, œuvres pies, et autres entreprises qui seroint jugées&#13;
tres avantageuses pour le bien du dioceze, ainsi que Monseigneur de&#13;
s.1 Vallier a tres bien representé, et qu'il pourroit arriver dans la suitte que&#13;
des officiers divertissants trop leurs soins et leur application du bien&#13;
universel pour songer a leur œuvre particuliere, n'en- treroint pas assez&#13;
dans les obligations generalles de l'Evesque, l'on a trouvé a propos pour&#13;
prevenir ces inconveniens de conclure les articles suivants.&#13;
&#13;
�DOCUMENTS&#13;
&#13;
93&#13;
&#13;
1er article, tous les biens tant de l'Evesque et du Chapitre que du&#13;
seminaire et des curés et missionnaires resteront en commun comme ils&#13;
sont presentement.&#13;
2° article le conseil composé des officiers susnommés auquel&#13;
Monseigneur presidera distinguera la dispensation desd. biens en cinq&#13;
portions. La 1re sera destinée pour toutes les choses auxquelles le Chapitre&#13;
est obligé de pourvoir, la 2• pour la subsistance du seminaire. La 3° pour&#13;
celle des curés. La 4° pour celle des missionnaires et las• servira de fonds&#13;
pour les aumosnes, establissemens, et œuvres pies du Dioseze.&#13;
3° article. Ces fonds ou portions seront dispensés par trois procureurs&#13;
distingués, l'un de Monseigneur l'Evesque et du Chapitre qui n'a pas&#13;
d'affaires qui demandent un procureur particulier. L'autre des curés et&#13;
missionnaires, et le troisiesme du seminaire qui aura sous luy autant de&#13;
procureurs subalternes et d'economes qu'il en sera jugé necessaire.&#13;
4° article. Ces trois procureurs seront obligés tous les ans une fois à&#13;
compter du mois de Janvier de rendre compte devant le conseil de leur&#13;
administration au regard du temporel dont ils auront esté chargés.&#13;
s• article quand le Seminaire sera obligé de faire des despenses&#13;
extraordinaires soit en bastiments ou augmentation de terres, soit pour&#13;
accroistre le nombre des ecclesiastiques ou des enfants etc. ce sera aux&#13;
officiers du Seminaire coniointement avec Monseigneur d'y pourvoir sur&#13;
un autre fond que celuy qui aura esté destiné pour l'entretien du seminaire.&#13;
6° article pour donner au dessein qu'on vient de conclure !ordre qui est&#13;
convenable pour son execution, l'assemblée a chargé Mr des Maizerets de&#13;
dresser d'abord un estat de la despense annuelle du Seminaire pour&#13;
commencer a prevoir les fonds quon y pourroit appliquer. Et affin que la&#13;
presente deliberation touchant la communeauté des biens temporels et la&#13;
dispensation qui s'en fera laquelle a paru d'une grande importance puisse&#13;
avoir dans la suitte toute la recommandation et toute la force quelle doit&#13;
avoir, Msgr. de s.t Vallier a proposé d'en dresser le present acte qui seroit&#13;
signé de luy et de tous les officiers susd. pour estre gardé dans les archives&#13;
du seminaire ce qui a esté jugé tres apropos et conclu ainsi et ont signé aud.&#13;
seminaire les jours et an que dessus vingt quatriesme Decembre 1685.&#13;
JEAN-BAPTISTE DE LA CROIX DE ST VALIER n. a levesché de quebec&#13;
Il. DE BERNIERES Doyen du Chapitre et Superieur du Sernin:•&#13;
L. ANGO DES MAIZERETS grand Archidiacre Assistant et procureur&#13;
du Seminaire.&#13;
CHARLES GLANDELET, Theologal Scindicq du Chapitre et procureur&#13;
de Monseigneur l'Evesque et du Chapitre.&#13;
BENOIST DuPLEIN Chanoine et procureur de Messieurs les curés et&#13;
missionnaires.&#13;
&#13;
�94&#13;
&#13;
HISTOIRE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC&#13;
&#13;
XLI. - PRÉCISIONS APPORTÉES&#13;
À LACTE DE COMMUNAUTÉ DE BIENS DU 24 DÉC. 1685&#13;
8 novembre 1686&#13;
ASQ, carton Séminaire 1, n° 62 1&#13;
&#13;
Le huictiesme jour de novembre mil six cens quatre vingt six les&#13;
officiers du Seminaire des Missions estrangeres establi a Quebec, du&#13;
Chapitre, des Curez et Missionnaires, s'estant assemblez avec Monseigneur&#13;
de S1 Vallier nommé par le Roy a l'Evesché dud. Quebec ; fon a representé&#13;
qu'en consequence de l'acte fait et passé le vingt quatriesme decembre&#13;
dernier mil six cens quatre vingt cinq entre les dits officiers conjointement&#13;
avec Mon dit Seigneur, touchant la communauté des biens temporels, par&#13;
lequel il est declaré que les biens tant de l'Evesque, et du Chapitre, que du&#13;
Seminaire, et des curez et missionnaires, resteront en commun, comme ils&#13;
ont esté jusqu'à present, et que le conseil composé des officiers susnommez&#13;
au quel Monseigr l'Evesque presidera, distinguera la dispensation des dits&#13;
biens en cinq portions, dont la première sera destinée pour toutes les choses&#13;
aux quelles le Chapitre est obligé de pourvoir, la seconde pour la subsistance&#13;
du Seminaire, la troisiesme pour celle des curez, la quatriesme pour celle&#13;
des missionnaires, et la cinquiesme pour les aumosnes, establissemens, et&#13;
œuvres pies du dioceze, il seroit a propos que cette cinquiesme et derniere&#13;
portion qui regarde Mon dit Seigneur, fust presentement reglée et&#13;
determinée, pour voir au juste les œuvres qu'il peut entreprendre dans la&#13;
suitte, sans faire tort au Seminaire :&#13;
Ton est convenu des articles suivans.&#13;
1. Mondit Seigneur laissera ioüir le dit Seminaire des missions&#13;
estrangeres de quebec du revenu de ses abbayës pour le nourrir et entretenir,&#13;
luy, un Ecclesiastique, et un valet, en la manière qu'il l'a esté jusques a&#13;
present, soit qu'il demeure au Sewminaire soit qu'il loge ailleurs.&#13;
2. Mondit Seigneur sera libre de disposer de ses autres biens et revenus&#13;
pour toutes les aumosnes, establissemens, et autres œuvres pies du dioceze.&#13;
3. Toutes les despenses extraordinaires, comme sont d'entretenir des&#13;
Ecclesiastiques en france et les faire passer en Canada, missions, aumosne,&#13;
et generalement toutes les œuvres qui n'entrent point dans les obligations&#13;
du Seminaire, ou aux quelles le dit Seminaire ne jugera pas devoir sengager,&#13;
seront prises sur les biens cydessus destinez pour les œuvres pies de cette Eglise.&#13;
1. Original en papier, de trois pages, dimensions de 12 pouces par 7 et trois quarts, de la&#13;
main de l'abbé Charles Glandelet.&#13;
&#13;
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français classique, publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et biographies, 1964, p. 91-94</text>
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                    <text>m.rch. au Séminaire;de Québec .&#13;
&#13;
1585 (24 d e c . )&#13;
&#13;
Acte de communauté de biens entre iigr de St-Valier&#13;
et le Séminaire de Québec, 24 décembre 1585.&#13;
&#13;
Le vingt quatrième décembre 1585, les Officiers du Séminai­&#13;
re, du Chapitre, des Curés et missionnaires s ’étant assemblés avec monsei­&#13;
gneur de Saint-Valier nommé par le Roi à 1 ’évêché de Québec, ^on dit Sei­&#13;
gneur a témoigné d lun coté la joie q u ’il sentait d'etre incorporé à ce&#13;
séminaire où l ’on fait profession de se déuaproprier du revenu des biens&#13;
temporels que l ’on met tous en commun;&#13;
&#13;
et le désir q u ’il avait d ’y vivre&#13;
&#13;
toujours dans la pratique de ce dégagement, comme a fait iigr de Laval pr e ­&#13;
mier éveque de Québec..&#13;
&#13;
Il a souhaité d ’autre part d ’etre éclairci sur&#13;
&#13;
quelques difficultés qui pourrient naître dans la suite de cette commu­&#13;
nauté de biens temporels veu les obligations indispensables qu’il avait&#13;
en qualité d ’éveque d ’avoir un fonds destiné pour xea aumônes et le sou­&#13;
tien de plusieurs bonnes oeuvres qui se présenteraient à faire pour le&#13;
bien du diocèse.&#13;
Après avoir sérieusement examiné la chose voici les princi­&#13;
pes dont mon dit Seigneur et les officiera sont convenu* et ensuite les&#13;
conclusions q u ’ils ont arretées sur ce sujet:&#13;
I&#13;
&#13;
L ’un des plus grands biens qui soit à désirer pour avan­&#13;
&#13;
cer le royaume de Jésus-Christ dans l ’établissement et le progrès de l ’é­&#13;
glise du Canada est que l ’évoque demeure toujours uni à so# séminaire&#13;
en la manière et selon l'esprit de grâce qu'il a vécu jusqu'à présent.&#13;
Le* choses s ’entretiennent pour l ’ordinaire par celles qui leur ont don­&#13;
né l ’etre et l ’expérience a toujours fait voir que cette union a été la&#13;
source des bénédictions que Lieu a versées sur cette Eglise naissante*&#13;
&#13;
�-&#13;
&#13;
II&#13;
&#13;
8-&#13;
&#13;
L ’esprit de grâce qui a uni si étroitement Monseigneur de&#13;
&#13;
Laval premier évêque de ^uébec avec le séminaire consiste en ce que&#13;
l ’ayant institué pour conspirer conjointement avec lui à une meme fin&#13;
qui est d ’étendre le royaume du fila de iuieu en établissant l'Eglise&#13;
du Canada.&#13;
&#13;
Il s ’est toujours considéré comme une meme chose avec son&#13;
&#13;
séminaire et le séminaire réciproquement s ’est toujours regardé comme&#13;
une meme chose avec lui.&#13;
&#13;
C ’est pour cela qu ’à l ’exemple du séminaire&#13;
&#13;
de Jésus-Christ premier et fondamental séminaire des missions Etrangères,&#13;
tous les biens temporels ont été communs entre eux, Mon dit Seigneur ni&#13;
le séminaire n ’ayant pas jugé devoir rien posséder en propre pour con­&#13;
tribuer ainsi plus efficacement tous ensemble a u bien de l ’oeuvre.&#13;
&#13;
III&#13;
&#13;
Cette désapropriution ou communauté de biens temporels ayant&#13;
&#13;
été jusque# à présent le fondement et le soutien de toutes leu entre­&#13;
prises que l'on voit réu?ssir à la gloire de Lieu dans tout le diocèse&#13;
et qui n ’auraient pu selon toutes les apparences être exécutée# avec&#13;
beaucoup plus de biens possédé# en propre»&#13;
^ Tbifgrmirpetao&#13;
&#13;
Lieu ce semble fait assez&#13;
&#13;
connaître par là que c'eut le moyen q u ’il désire etre&#13;
&#13;
employé pour 1'accroissement de son ouvrage.&#13;
&#13;
C ’est pourquoi il est ex­&#13;
&#13;
trêmement à désirer que les evêques conservent toujours cet esprit de dé­&#13;
gagement avec le séminaire que le Chapitre nouvellement établtyet les curés&#13;
fixés depuis peu aussi bien que&#13;
&#13;
e &gt;■ les missionnaires&#13;
&#13;
qui tous y ont été élevés dans ce meme esprit ne s'en déq&gt;artent jamais non&#13;
plus que ceux qui viendront après eux et que suivant la kègle de la dLésapropriation ils ne disposent ni les uns ni les autres d'aucun revenu que&#13;
par l ’avis du Con.seil composé des officiers du Séminaire,&#13;
&#13;
du Chapitre, des&#13;
&#13;
Curée et Missionnaires auquel Monseigneur l'évêque présidera „&#13;
17&#13;
&#13;
Mais parce que cette communauté de biens ne serait plu» dans&#13;
&#13;
l ’ordre si elle devait mettre obstacle %ux obligations qu ’a un évêque&#13;
&#13;
�— 3 «&#13;
&#13;
d ’employer ses revenus en aumônes, oeuvres pies et autres entreprises qui&#13;
seraient jugées très avantageuses pour le Dien du diocèse ainsi que Monsei­&#13;
gneur de Saint-Vallier a très "bien représenté et qu ’il pourrait arriver dans&#13;
la suite que des officiers divertissant trop leurs soins et leur- application&#13;
du 'bien universel pour songer à leur OBUvre particulière n ’entreront pas&#13;
assez dans les obligations générales de l ’évêque, l ’on a trouvé à propos pour&#13;
prévenir les inconvénients de conclure les articles suivants :&#13;
Ier Article :&#13;
&#13;
Tous.le® biens tant de l ’Evêque et du Chapitre que&#13;
&#13;
du Séminaire et des Curés et Missionnaires rèsteront en commun comme ils&#13;
sont présentement .&#13;
Ile Article j&#13;
Mgr Présidera&#13;
&#13;
le Conseil composé des Officiers susnommés auquel&#13;
&#13;
distinguera la&#13;
&#13;
dispensation de® dits biens en cinq portions :&#13;
&#13;
Iq Iere, sera destinée pour toutes les choses auxquelles le Chapitre est obligé de pourvoir : la 2e, pour la subsistance du séminaire; la 3e, pour&#13;
celle des Curés; la 4e, pour celle des Missionnaires et la 5e servira de&#13;
fonds pour les aumônes, établissements et oeuvres pies du diocèze .&#13;
III© Article :&#13;
&#13;
Ces fonds ou portions seront dispensés par trois&#13;
&#13;
procureurs distingués : H u n de Monseigneur l ’Evêque et du Chapitre,&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
n ’a pas d ’affaires qui demandent un procureur particulier; l ’autre, des cu­&#13;
rés et missionnaires et le troisième du séminaire qui au3?a sou© lui autant&#13;
de procureurs&#13;
&#13;
subalternes et d ’économes qu ’il en sera j#gé nécessaire .&#13;
&#13;
IV© Article :&#13;
&#13;
Ces trois Procureurs seront obligés tous les ans un©&#13;
&#13;
fois à compter du mois de janvier de rendre compte devant le Conseil de leur&#13;
administration au regard du temporel dont ils auront été chargés „&#13;
V© Article ;&#13;
&#13;
Quand le séminaire ©era obligé de faire de® dépen­&#13;
&#13;
ses extraordinaires soit en bâtiment® ou augmentation de terres, soit pour ’&#13;
accroître le nombre des ecclésiastiques Êu des enfants etc, ce sera aux of­&#13;
ficiers du Séminaire conjointement avec Monseigneur d ’y pourvoir sur un au­&#13;
tre fonds que celui qui aura été destiné pour l ’entretien du séminaire «&#13;
&#13;
�¥Ie Article : Pour donner au dessein qu'on vient de conclure l'or­&#13;
dre qui est convenable pour son exécution, l ’Assemblée a chargé il Desmaiaerets de dresser d ’abord un état de la dépemse annuelle du séminaire pour com­&#13;
mencer à prévoir les fonds qu'on y pourrait appliquer .&#13;
Et afin que la présente délibération touchant la Communauté des&#13;
biens temporels et la dispensation qui s ’en fera laquelle a paru d ’une gran­&#13;
de importance, puisse avoir dans la suite toute le, recommandation et toute&#13;
la force qu’elle doit avoir, Mgr de St Valiiet a proposé d'en dresser le p r é ­&#13;
sent acte qui serait signé de lui et de tous, les officiers sus dits pour jetre&#13;
gardé dans les Archives du Séminaire ce qui a été jugé très à propos et con­&#13;
clu ainsi&#13;
&#13;
et ont signé au dit séminaire les jour et an que des­&#13;
&#13;
sus, vingt quatrième décembre 1685 .&#13;
(signé)&#13;
Jean Baptiste de la Croix de St Vaalier, n„à 1 ’évêché de&#13;
Québec&#13;
H.De Bernières Doyen du Chapitre et Supérieur du Séminaire&#13;
L.Ango Des Maizerets grand archidiacre* assistant et pro­&#13;
cureur' du Séminai© .&#13;
Charlès Glandelet,&#13;
&#13;
*&#13;
Théologal Scindic^ du Chapitre et pro­&#13;
&#13;
cureur de Monsieur l ’Evêque et du Chapitre&#13;
Benoist Duplein Chanoine et procureur de Messieurs les&#13;
Curés et Missionnaires /&#13;
Copie certifiée de l ’original en parchemin oonservé aux&#13;
Archives du Séminaire de Québec „&#13;
&#13;
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                    <text>Copie dactylographiée en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval</text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Acte de communauté de biens entre Saint-Vallier et le Séminaire de Québec (Québec, 24 décembre 1685)</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369585"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 59b&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>Les officiers du Séminaire de Québec agrègent le grand-vicaire coadjuteur de Laval, 1er évêque de Québec, avec des conditions et obligations mutuelles.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13365" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13364" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographies&lt;/em&gt;, 1964, p. 91-94&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13366" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservée au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
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                    <text>Donation de Saint-Vallier au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, 10 mai 1685)&#13;
&#13;
Par-devant les conseillers du roi, notaires au Châtelet de Paris, soussignés, fut&#13;
présent Messe Jean-Baptiste de la Croix de Saint-Vallier, nommé par Sa Majesté à&#13;
l’évêché de Québec, demeurant dans le Séminaire Saint-Sulpice, lequel a&#13;
volontairement donné, cédé et transporté par ces présentes, par donation entre vifs&#13;
pure, simple et irrévocable, en la meilleure forme que faire se peut, au Séminaire&#13;
des Missions étrangères établi pour la conversion des Sauvages à Québec en la&#13;
Nouvelle-France et uni au Séminaire des Missions étrangères établi à Paris rue du&#13;
Bac, ce acceptant par Messe Jean Dudouyt, prêtre, l’un des directeurs dudit&#13;
Séminaire établi à Paris et y résidant, au nom et comme fondé de procuration&#13;
générale de MM. les supérieur dudit Séminaire de Québec et directeurs d’icelui du&#13;
28e septembre 1679, passée par-devant Becquet, notaire royal à Québec, déposée à&#13;
Carnot, notaire, le 2 de ce mois, à ce présent, ce qui restera à la succession dudit&#13;
sieur de Saint-Vallier de tous et chacun ses meubles, livres et hardes, ensemble sa&#13;
chapelle d’argent et généralement tout ce qui se trouvera lui appartenir au jour de&#13;
son décès de meubles et effets mobiliers, fruits et revenus de ses bénéfices,&#13;
fermages, arrérages de rente et autres revenus qui pourront lui être dus lors de&#13;
sondit décès, les gages de ses domestiques, frais de maladie et autres dettes payées,&#13;
frais funéraires, un annuelle1 et 500 messes acquittées, pour, par ledit Séminaire de&#13;
Québec, exiger et recevoir lesdits fruits et revenus, fermages et arrérages de rente&#13;
et en faire et disposer, ainsi que des autres meubles et effets mobiliers donnés et&#13;
délaissés comme de choses lui appartenant ;&#13;
à l’effet de quoi, ledit sieur donateur met et subroge ledit Séminaire de Québec en&#13;
ses lieux et places, droits et actions, privilèges et hypothèques, ces donations,&#13;
cessions et transports ainsi faits à la charge, par lesdits sieurs supérieur et&#13;
directeurs dudit Séminaire de Québec, de payer et acquitter les choses ci-dessus&#13;
exprimées et d’employer le surplus des deniers qui proviendront desdits fruits et&#13;
revenus, fermages et arrérages de rente, ensemble les autres meubles et effets&#13;
mobiliers donnés, à ce qu’ils jugeront de plus à propos pour le bien des missions&#13;
1&#13;
&#13;
Note de Provost : Un annuelle signifie un service anniversaire.&#13;
&#13;
�et la conversion des Sauvages et autres Infidèles dans les lieux les plus éloignés et&#13;
abandonnés et outre, parce que telle est la volonté et intention dudit sieur&#13;
donateur, promettant, etc., obligeant, etc., renonçant, etc.&#13;
Fait et passé à Paris en la maison de Carnot, l’un des notaires soussignés, l’an 1685,&#13;
le 10e jour de mai, après-midi, et a signé la minute des présentes, demeurée vers et&#13;
en la possession de Carnot, l’un des notaires soussignés,&#13;
Bourdin [avec paraphe]&#13;
Carnot [avec paraphe].&#13;
[Au dos :] Donation par M. de Saint-Vallier au Séminaire de Québec de ses effets&#13;
mobiliers, 10 mai 1685. La minute devers M. Carnot, notaire à Paris.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2024&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original publiée dans H. Provost, Le Séminaire de Québec. Documents et&#13;
biographies, 1964, p. 90-91.&#13;
2&#13;
&#13;
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Le grand-vicaire coadjuteur de Laval, 1er évêque de Québec, cède tous ses biens mobiliers, livres, hardes, chapelle d'argent, fruits et revenus de ses bénéfices, fermages, arrérages de rente et autres revenus au Séminaire de Québec. Cette donation est faite pour soutenir les missions et la conversion des Autochtones dans les régions éloignées.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/369586"&gt;Expédition en français classique&lt;/a&gt; conservée au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Séminaire 1, no 60&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/989" class="show"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; par H. de Bernières et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Registre A, p. 362, no 360&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13414" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13413" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt;, publiée dans H. Provost, &lt;em&gt;Le Séminaire de Québec. Documents et biographies&lt;/em&gt;, 1964, p. 90-91&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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                    <text>Mémoire des choses à régler entre Saint-Vallier et les Séminaires de Paris et de&#13;
Québec (Paris, 18 mars 1692)&#13;
&#13;
Mémoire des choses à régler entre Mgr l’évêque de Québec&#13;
et MM. du Séminaire de Missions étrangères de Paris,&#13;
tant pour eux que pour MM. du Séminaire de Québec&#13;
&#13;
1°&#13;
&#13;
1°&#13;
&#13;
MM. du Séminaire de Paris demandent à&#13;
&#13;
Ils en donneront à Mgr de Québec&#13;
&#13;
Mgr de Québec 600 écus pour trois années&#13;
&#13;
une quittance pure et simple.&#13;
&#13;
de la pension des ecclésiastiques qu’ils ont&#13;
envoyés ou dû envoyer à Québec&#13;
2°&#13;
M&#13;
&#13;
gr&#13;
&#13;
de Québec demande le paiement de&#13;
&#13;
2°&#13;
Il reconnaîtra qu’il en a été payé.&#13;
&#13;
5 000 francs qu’il a prêtés au Séminaire.&#13;
3°&#13;
&#13;
3°&#13;
&#13;
Mgr de Québec demande qu’on lui donne un&#13;
&#13;
Mgr de Québec le désistera de cette&#13;
&#13;
billet par lequel on oblige le Séminaire de&#13;
&#13;
demande pour le bien de la paix.&#13;
&#13;
Québec de faire raison aux curés qui&#13;
réclameront leurs pensions des années&#13;
passées.&#13;
4°&#13;
&#13;
4°&#13;
&#13;
Mgr de Québec demande qu’à l’avenir le&#13;
&#13;
M. le supérieur du Séminaire de&#13;
&#13;
revenu du chapitre de Québec soit distribué&#13;
&#13;
Paris écrira à MM. du Séminaire&#13;
&#13;
aux chanoines et chapelains, soit qu’ils&#13;
soient dans le Séminaire ou non, en prenant&#13;
sur le tout les petites dépenses qui se&#13;
pourront être à la charge du chapitre.&#13;
&#13;
de Québec que cela est juste et&#13;
doit être exécuté.&#13;
&#13;
�5°&#13;
&#13;
5°&#13;
&#13;
M de Québec demande que les terres du&#13;
&#13;
M&#13;
&#13;
Séminaire de Québec paient les dîmes&#13;
&#13;
exempter de dîmes les terres du&#13;
&#13;
gr&#13;
&#13;
comme les autres, nonobstant l’exemption&#13;
que Mgr l’ancien évêque leur en a donnée.&#13;
&#13;
gr&#13;
&#13;
l’ancien&#13;
&#13;
évêque&#13;
&#13;
n’a&#13;
&#13;
pu&#13;
&#13;
Séminaire sans lettres patentes du&#13;
roi,&#13;
&#13;
mais&#13;
&#13;
Mgr de&#13;
&#13;
Québec&#13;
&#13;
ne&#13;
&#13;
souffrira point qu’on parle de&#13;
cette affaire de quatre ans, afin&#13;
qu’elle se fasse doucement et&#13;
lesdits quatre ans passés, lesdites&#13;
dîmes se pourront si on a point&#13;
obtenu de lettres patentes.&#13;
&#13;
6°&#13;
&#13;
6°&#13;
&#13;
Le chapitre de Québec demande que&#13;
&#13;
Mgr l’évêque de Québec convient&#13;
&#13;
Mgr l’évêque de Québec lui paie 675 livres&#13;
&#13;
qu’il doit toutes ces sommes et&#13;
&#13;
qu’il lui doit pour un ancien compte, plus&#13;
&#13;
promet de les lui payer.&#13;
&#13;
700 livres ou environ pour reste de&#13;
l’année 1690, plus l’année 1691.&#13;
7°&#13;
&#13;
7°&#13;
&#13;
Mgr l’ancien évêque demande le paiement de&#13;
&#13;
Il s’en remboursera sur la fabrique&#13;
&#13;
800 livres ou environ qu’il a employées au&#13;
bâtiment de l’église Saint-Anne.&#13;
&#13;
et revenus de ladite église de&#13;
Sainte-Anne que Mgr l’évêque de&#13;
Québec consent qu’il touche et&#13;
reçoive&#13;
&#13;
jusqu’à&#13;
&#13;
son&#13;
&#13;
entier&#13;
&#13;
remboursement.&#13;
&#13;
Mgr l’évêque de Québec et MM. les supérieur et directeurs du Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris sont convenus de ce que dessus et ont promis de&#13;
l’exécuter fidèlement. Fait en double à Paris, le 18e mars 1692,&#13;
Jean, évêque de Québec,&#13;
J.-C. de Brisacier, Tiberge.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2024&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie collationnée des Archives de l’archidiocèse de Québec.&#13;
&#13;
�</text>
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            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
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                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Mémoire des choses à régler entre Saint-Vallier et les Séminaires de Paris et de Québec (Paris, 18 mars 1692)</text>
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                <text>Ce document traite des accords financiers et administratifs entre le 2e évêque de Québec, d'un côté, et le Séminaire de Paris et celui de Québec, de l'autre.</text>
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                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Sous-série F5, vol. 7, f. 80-81&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://aaq.omeka.net/items/show/988" class="show"&gt;Copie collationnée en français classique&lt;/a&gt; par H. de Bernières et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Registre A, p. 343&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
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&lt;/ul&gt;</text>
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