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                    <text>~&#13;
2009&#13;
&#13;
es&#13;
es&#13;
&#13;
Vous-1nê111.es conune pierres vivantes&#13;
prêtez-vous à la construction&#13;
d 'un édifice spirituel.&#13;
l Pierre 2,5&#13;
&#13;
�LIMINAIRE&#13;
&#13;
N&#13;
&#13;
La couleur rouge du titre central symbolise la vie.&#13;
Les deux autres titres, en noir et en creux,&#13;
indiquent le passé et l'avenir.&#13;
&#13;
otre édition de 2008, vous vous souvenez, était consacrée entièrement&#13;
à François de Lava l : 30Qrp,, anniversaire de sa mort, 35ocrrc anniversaire de sa consécration épiscopale.&#13;
En 2009, nos regards se tournent d'abord vers Jérôme LeRoyer de la Dauversière. 350'""" anniversaire de sa mort. Inspirateur de Montréal. li a été déclaré&#13;
Vénérable en 2007. Nous fêtons aussi, en 2009, l'arrivée des hospitalières de&#13;
Saint-Joseph pour fonder l'Hàtel-Dieu de Montréal.&#13;
&#13;
Les lignes ondulantes qui traversent l'ensemble&#13;
- symbolisent le mouvement et la vie qui circulent&#13;
toujours et invitent a continuer l'œuvre commencée.&#13;
&#13;
Je porte à votre attention l'article de Roger Bacon, ofm, éditeur d'un important volume sur les Récollets, les premiers porteurs de l'évangile en NouvelleFrance. Ils sont trop peu connus.&#13;
&#13;
- elles évoquent aussi les files de témoins de la foi&#13;
de toutes les religions au Canada.&#13;
&#13;
Continuons avec les anniversai res. Celui d'Esther Blondin : le 200'""" de sa&#13;
naissance. Jeann ine Serres évoque la fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne.&#13;
&#13;
- elfes rappellent enfin les liens de la Communion&#13;
des saints, véritable «édifice spirituel.,,&#13;
&#13;
Nous nous ra ppelons aussi le 2Q trne anniversaire de deux béatifications: celle&#13;
du bon Père Frédéric et celle de Mère Catherine de Sa int-Augustin.&#13;
Comme d'habitude, Pierres Vivantes vous offre aussi de courts passages&#13;
de réflexion. Ils sont sig nés dans ce numéro par Yves Raguin, j ésuite, et&#13;
Benoît XVI. Le premier répond â la question : ,, Les saints apportent-ils quelque&#13;
chose au monde, en particulier à notre monde d'aujourd'hui ? 11 Le pape, lui,&#13;
nous présente de nouvelles façons d'être saints aujou rd'hui.&#13;
&#13;
Merci à tous nos collaborateurs,&#13;
Profitable lecture.&#13;
&#13;
Roger Leclerc&#13;
Ce bulletin est publie par&#13;
Le Comité des Fondateurs de l'Église au Canada&#13;
Dépôt légal ISSN 0226 3572&#13;
Bibliothèque Nationale du Québec&#13;
Bibliotheque Nationale du Canada&#13;
&#13;
�L'IMPORTANCE DE PROPOSER&#13;
DE NOUVEAUX MODÈLES DE SAINTETÉ&#13;
Le pape Benoît XVI a reçu en audience les postulateurs de la Congrégation pour les&#13;
Causes des Saints le 17 décembre 2007. Après les salutations d'usage, le SaintPère a prononcé le discours suivant :&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
a rencontre d'aujourd'hui a&#13;
lieu pratiquement à la veille&#13;
du 25eanniversaire de la Constitution apostolique Divinus&#13;
perfectionis Magister. Par ce&#13;
document, publié le 25 janvier&#13;
1983, et toujours en vigueur,&#13;
mon bien -aimé prédécesseur, le&#13;
Serviteur de Dieu Jean- Paul Il,&#13;
voulut revoir la procédure des Causes&#13;
des Saints et, en même temps, pourvoir à&#13;
une réorganisation interne de la Congrégation, afin de répondre aux exigences des experts et aux désirs des pasteurs qui, â&#13;
plusieurs reprises, avaient sollicité, dans les&#13;
causes de béatification et de canonisation,&#13;
une plus grande souplesse de procédure,&#13;
tout en conservant la solidité des&#13;
recherches dans ce domaine si important&#13;
pour la vie de l'Êglise. A travers les béatifications et les canonisations, en effet, elle&#13;
rend grâce â Dieu pour le don de ses fils qui&#13;
ont su répondre généreusement à la grâce&#13;
divine, elle les honore et les invoque comme&#13;
intercesseurs. Dans le même temps, elle&#13;
présente ces exemples resplendissants à&#13;
l'imitation de tous les fidéles appelés par le&#13;
baptême à la sainteté, qui est l'objectif proposé à tout état de vie. En confessant par&#13;
leur existence le Christ, sa personne, sa doct rine et en demeurant étroitement unis à&#13;
&#13;
lui, les saints et les bienheureux&#13;
sont comme une illustration vivante de l'un et de l'autre aspect de la perfection du divin&#13;
Maître.&#13;
De même, en considérant tant&#13;
de nos frères et sœurs qui, à&#13;
chaque époque, ont fait d'euxmêmes une offrande tota le à Dieu&#13;
pour son Royaume, les communautés ecclésiales sont amenées â prendre acte de la&#13;
nécessité d'avoir, -à notre époque également, des témoins capables d'incarner la&#13;
vérité permanente de l'Évangile dans les circonstances concrètes de la vie, en en fuisant&#13;
un instrument de salut pour le monde entier. C'est aussi â cela que j'ai voulu faire&#13;
1Hérence en écrivant dans la récente Ency~l1q.~e. Spe Salvi que u notre agir n'est pas&#13;
1nd1fferent devant Dieu et n'est donc pas&#13;
indifférent pour le dérou lement de l'histoire. Nous pouvons nous ouvrir nousmêmes, ainsi que le monde, à l'entrée de&#13;
Dieu : de la vé1·ité, de l'amour, du bien. C'est&#13;
ce qu'ont fait les saints, qui, &lt;&lt; comme collaborateurs de Dieu 11, ont contribué au salut&#13;
du monde 11 (n.35). L'intérêt religieux et culturel pour les champions de la sainteté&#13;
c~rëtienne, qui montrent le vrai vîsage de&#13;
l'Eglise, épouse du Christ 1&lt; sans tache ni&#13;
&#13;
ride ,, (cf. Ep 5,27) s'est accru ces dix&#13;
dernières années. S'ils sont correctement&#13;
présentés dans leur réalité historique, les&#13;
saints contribuent à rendre plus crédibles&#13;
et plus attrayantes la parole de l'Évangile et&#13;
la mission de l'Église. Le contact avec eux&#13;
ouvre la voie â de véritables résurrections&#13;
spirituelles, à des conversions durables et à&#13;
la floraison de nouveaux saints. Normalement, les saints engendrent d'autres saints&#13;
et être proche d'eux, ou simplement dans&#13;
leur sillage, est toujours salutaire : cela purifie et élève l'esprit, ouvre le cœur à l'amour&#13;
envers Dieu et les frères, La sainteté sème la&#13;
joie et l'espérance et répond à la soif de&#13;
bonheur que ressentent aussi les hommes&#13;
de notre temps.&#13;
&#13;
tian préparent avec la collaboration des&#13;
Postulations. La tâche des postulateurs est&#13;
donc fondamentale, aussi bien durant la&#13;
phase diocésaine que durant la phase apostolique du procès ; c'est une tâche qui doit&#13;
se révéler irréprochable, inspirée par la rectitude et empreinte d'une probité absolue.&#13;
Une compétence professionnelle, une capacité de discernement et l'honnêteté pour&#13;
aider les Êvêques diocésains à instruire des&#13;
enquêtes complètes, objectives et va lides,&#13;
tant du point de vue formel que sur le fond,&#13;
sont requises des postulateurs. L'aide qu'ils&#13;
apportent au dicastère pour les Causes des&#13;
Saints dans la recherche de la vérité lors des&#13;
procès, gràce à une discussion appropriée&#13;
qui tienne compte de la certitude morale à&#13;
acquérir et des moyens de preuve&#13;
L'importance ecclésiale et sociale de tou- disponibles de façon réaliste, est tout aussi&#13;
jours proposer de nouveaux modéles de délicate et importante.&#13;
sainteté rend alors particulièrement précieux le travail de ceux qui collaborent à Chers fréres et sœurs, que !'Esprit Saint,&#13;
l'instruction des causes de béatification et source et artisan de la sainteté chrétienne,&#13;
de canonisation. Tous ceux qui travaillent vous illumine dans votre travail et que la&#13;
aux causes des saints, bien qu'avec des rôles Vierge Marie, Mère de l'Église, les saints, les&#13;
différents, sont appelés à se mettre exclu- bienheureux, les serviteurs de Dieu, dont&#13;
sivement au service de la vérité. Pour cette vous suivez les causes, obtiennent pour&#13;
raison, au cours de l'Enquète diocésaine, les vous du Seigneur d'accomplir toujours&#13;
preuves de témoignages et les documents votre service dans la fidélité et l'amour de la&#13;
doivent être recuei llis qu'ils soient favo- vérité. A ma prière pour vous, j'unis volonrables ou contraires à la sainteté et à la tiers le vœu que vous puissiez suivre vousrenommëe de sainteté et de martyre des mêmes les traces des sa ints, comme l'ont&#13;
Serviteurs de Dieu. L'objectîvité et l'exhaus- fait un certain nombre de postulateurs dont&#13;
tivité des preuves recueillies dans cette pre- la cause de béatification est en cours. Et&#13;
mière phase - fondamentale par certains alors que Noël est désormais tout proche,&#13;
aspects - du procès canon ique accompli je forme enfin des vœux fervents pour vous&#13;
sous la responsabilité des Évêques diocé- et pour vos familles, ainsi que pour les persains, doivent évidemment s'accompagner sonnes qui vous sont chères, tout en vous&#13;
de l'objectivité et de l'exhaustîvité des Posi- bénissant de tout cœur.&#13;
tiones, que les rapporteurs de la CongrégaL'Osservatore Romano - 5 février 2008&#13;
&#13;
�Le saint dans ce monde&#13;
YV ES RAGU I N, S.J&#13;
(1912-199 8)&#13;
Yves Raguin est un jésuite fran çais né en 1912. Apres des études à l'Ecole des Langues&#13;
Orientales et au Département de chinois de Harvard, il enseigne à Shangaï et au SudVietnam. Il devient Supérieur des Jésuites deSaigon en 1960. Spécialiste du bouddhisme&#13;
chinois, des religions orientales et de l'histoire de la Chine, il est l'auteur d'une importante&#13;
Histoire de Chine. Le texte qui suit est extrait d'un ouvrage de spiritualité publié en 1969&#13;
sous le titre de Chemins de la contemplation. Ecrit en Orient, ce livre s'appuie sur une expérience chrétienne marquée par plus de vingt ans de présence dans des pays d'Asie et&#13;
en particulier par la culture et la langue chinojses. Le Père Raguin souligne avec à propos comment un saint, une sainte sont, au sein de /'univers, des êtres humains pleinement présents au monde. (J.L)&#13;
&#13;
A&#13;
&#13;
u point où est rendu le contemplatif,&#13;
on peut l'appeler le saint. Il l'est en&#13;
effet, ou bien il n'a parcouru ce long itinéraire qu'en se construisant un monde&#13;
spirituel dans lequel il n'est pas engagé de&#13;
tout son être. Cela peut arriver, car il est des&#13;
vies spirituelles construites sur une fausse&#13;
contemplation intellectuelle qui est le fruit&#13;
d'une belle intelligence et non de l'amour&#13;
de Dieu.&#13;
&#13;
Il sait maintenant, il voit comment l'univers&#13;
est sorti de Dieu... Il le sait sans le comprendre, comme tout ce qu'il sait de Dieu,&#13;
car la plénitude de sa connaissance lui découvre le néant de cette connaissance. li le&#13;
sait, et avance dans la joie entre ces deux&#13;
abimes de non-connaissa nce et de connaissance. Finalement tout se résout dans&#13;
l'union à Dieu et, dans cet acte, il atteint sa&#13;
propre plénitude.&#13;
&#13;
Dans la lumière et la force de Dieu, le saint&#13;
a parcouru les espaces intérieurs de son&#13;
âme. Maintenant son rega rd dépasse les&#13;
hauteurs et les profondeu rs de son être...11&#13;
a traversé tous les éléments du monde,&#13;
comme le Christ et avec lui, pour entrer en&#13;
Lui dans l'intimité divine&#13;
&#13;
Il a saisi, en Dieu, ce moment hors du temps&#13;
où Dieu a placé le monde en face de Lui&#13;
mais pas hors de Lui. En lui, en face de lui&#13;
distinct de lui, ce monde tient de lui et 1~&#13;
ressemblance et l'indépendance qui lui permettront un jour de demander le retou r&#13;
dans l'amour.&#13;
&#13;
On ne peut pas dire qu'il n'y ait plus de&#13;
mystère pour le saint. Pourtant il a&#13;
transpercé toutes les apparences, les illusions, pour saisir la raison d'être de toutes&#13;
choses. Son regard transperce tout ce qui&#13;
existe, les esprits, les âmes comme le reste,&#13;
et au bout de son regard, dans toutes les&#13;
directions, en haut, en bas, à droite, à&#13;
gauche, devant. derrière. au centre de tout,&#13;
il débouche toujours en Dieu. Lui-même se&#13;
trouve avec Dieu au centre de toutes&#13;
choses et partout ailleu rs. Il est en ce point&#13;
éternel où jaillit la création ... Ce qui se mêle&#13;
d'imagination à cette présentation peut la&#13;
faire croire illusoire. Elle ne l'est pas. En sa&#13;
réalité c'est l'acte de l'homme uni à celui de&#13;
&#13;
Dieu dans la création. Évidemment&#13;
l'homme a tout reçu de Dieu dans l'acte&#13;
créateur... Mais la créature, dans cet acte&#13;
même de Dieu qui la crée, répond de tout&#13;
son être à l'acte de Dieu ...à l'image du&#13;
Verbe. Là commence le rôle de l'homme&#13;
dans la création ...et ce rôle devient de plus&#13;
en plus important à mesure que l'homme&#13;
grandit en conscience.&#13;
Le saint est toujours avec Dieu dans un acte&#13;
ou tous les temps sont présents. Dans cet&#13;
acte il comprend la création entière.&#13;
Dans le monde des âmes, le saint participe&#13;
à la charité divine. Il n'est pas d'âme qui ne&#13;
lui soit présente, pas d'âme qui n'ait part en&#13;
&#13;
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&#13;
Le Christ au milieu des élus.&#13;
Tympan du portail central, basilique St-Denis (France)&#13;
&#13;
�lui et par lui aussi au mystère de la miséricorde et de l'amour de Dieu. Nous serions&#13;
stupéfaits si nous pouvions voir quelle est&#13;
l'action des saints dans le monde. Ce que&#13;
quelques-uns ont réalisé aux yeux de tous,&#13;
comme Thérèse de !'Enfant Jésus et tant&#13;
d'autres avant elle qui ont été les grands&#13;
saints populaires pendant des générations&#13;
et des siècles, tous les saints le font sans&#13;
que les hommes le sachent. Ce sont eux qui&#13;
soutiennent le monde des âmes, qui rendent courage à ceux qui désespèrent, qui&#13;
réorientent vers Dieu les âmes qui s'en&#13;
étaient détournées. Ces êtres que l'on regarde trop souvent comme des séparés,&#13;
sont les plus proches de tous les êtres. Ils&#13;
nous sont proches par l'intérieur, c'est&#13;
pourquoi ils semblent être des absents.&#13;
&#13;
Si le saint a tout transpercé, tout pénétré,&#13;
tout embrassé de la manière que je viens&#13;
de dire, il est Je seul étre qui soit vraiment&#13;
libre dans ce monde. Le monde n'est plus&#13;
pour lui un monde hostile. La matière&#13;
même n'est plus pour lui un obstacle à la&#13;
connaissance de Dieu, car elle est transparente de sa présence et de son action. Tout&#13;
ce que ce monde lu i apporte, il le reçoit&#13;
comme témoignage de l'amour divin. Il voit&#13;
la vie divine à l'œuvre dans tout ce qui existe. Il voit bien que la création entière est&#13;
en gestation d'un monde nouveau qui&#13;
trouvera son achèvement en Dieu.&#13;
L'homme est le grand artisan de cette nouvelle naissance. C'est pourquoi le saint n'est&#13;
pas pour prêcher l'abstention dans ce&#13;
monde qui a besoin de lui pour s'achever.&#13;
S'il a paru se retirer du courant du monde&#13;
le voici qui réapparaît dans ses pro~&#13;
fondeurs.&#13;
&#13;
Le grand problème pour celui à qui Dîeu&#13;
demande de se vouer à lui et de renoncer a&#13;
un amour humain est d'aimer d'un amour&#13;
vrai ceux que Dieu met près de lui, et ceux C'est parce qu'il a touché Dieu qu'il a percé&#13;
qu'il lui envoie, sans que cet amour paraisse le mystère de la création et de l'action. Il&#13;
être la simple dispensation d'une compas- peut crier aux hommes: 11 Aidez la création&#13;
sion inattentive, qui s'intéresse plus à son à enfanter des fils de Dieu 11, car enfin, c'est&#13;
acte qu'à celui à qui il s'adresse. Si l'amour par l'humanité que la création se trouve&#13;
humaîn est un don de soi qui force à aimer haussée à l'honneur d'engendrer et de forl'autre pour lui, combien plus l'amour de mer ces fils de Dieu.&#13;
Dieu doit-il apprendre à aimer les autres&#13;
pour eux-mêmes, tels qu'ils sont, dans leurs&#13;
misères et leurs espérances. Le saint peut&#13;
Yves Raguin, sJ.&#13;
aimer tout homme er tout homme peut&#13;
trouver en lui un être qui le comprend.&#13;
&#13;
PRÉSENCE DES RÉCO LLETS&#13;
EN NOUV ELLE-FRANCE&#13;
&#13;
a communauté des&#13;
et en Acadie (Port-Royal,&#13;
Récollets - branche réNipisiquit, Pigiquid, Beaubassin,&#13;
formée de !'Ordre des FranLes Mines]. Après plusieurs&#13;
ciscains - a joué un rôle&#13;
années de mission à Terreim portant en NouvelleNeuve (1689-1713), notamFrance, depuis ses débuts&#13;
ment à Plaisance, les Récollets&#13;
jusqu'à la conquête britandevinrent aussi desservants&#13;
nique, voire jusqu'en 1800.&#13;
attitrés de Louisbourg et de&#13;
Pas moins de 332 Récollets&#13;
toute l'ile Royale (1714-- dont 267 prêtres - y ont&#13;
7 758), ainsi que de l'ile&#13;
travaillé de 1615 à 1645,&#13;
Le frère Didnce Pelletier, rërollet&#13;
Saint-Jean (1721-1758). lis&#13;
1657-1699&#13;
puis de 1670 à 1763. (12&#13;
furent êgalement missionfrères et 1 prêtre viendront&#13;
naires durant plus de 80 ans&#13;
cependant s'ajouter après cette date). À auprès des Micmacs en Gaspésie et en&#13;
noter que 88 de ces Récollets sont nés en Acadie, ainsi chez les Malécites le long du&#13;
Nouvelle- France.&#13;
fleuve Saint-Jean.&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
Ces Franciscains-Récollets eurent des couvents à Québec, Montréal, Trois-Rivières,&#13;
Percé et Plaisance (Terre-Neuve). Cinq Récollets accompagnèrent Robert Cavelier de&#13;
La Salle dans ses voyages de découvertes&#13;
sur le Mississipi, jusqu'à son embouchure.&#13;
Une trentaine furent aumôniers militaires&#13;
auprès des troupes et dans les forts de la&#13;
Nouvelle-France : Frontenac, Niagara,&#13;
Leboeuf, Pontchartrain, ainsi que Chambly,&#13;
Saint-Jean, Saint-Frédéric, Carillon. Un très&#13;
grand nombre travaillèrent, plus ou moins&#13;
longtemps, dans presque toutes les anciennes paroisses du Gué.bec actueL Tels autres&#13;
desservirent la paroisse Sainte-Anne à&#13;
Détroit (1700-1782), ainsi que plusieurs&#13;
postes en Gaspésie (Percé et Restigouche)&#13;
&#13;
Le plus célèbre de ces missionnaires,&#13;
Chrestien Le Clercq, pour raconter son&#13;
apostolat et celui des Récollets, publia coup&#13;
sur coup en 1691, Nouvelle Relation de la&#13;
Gaspésie et Premier établissementde la foy&#13;
en Nouvelle-France. Deux livres classiques&#13;
sur les débuts de notre histoire, auxquels il&#13;
faut ajouter les deux livres - non moins&#13;
classiques - du récollet Gabriel Sagard, qui&#13;
en 1623- 1624 vécut presqu'une année en&#13;
Huronie en compagnie de ses confrères&#13;
Joseph Le Caron et Nicolas Viel. Sagard fit&#13;
paraitre en 1632 Le Grand Voyage du Pays&#13;
des Hurons, puis en 1636 I' Histoire du&#13;
Canada et Voyages que les Freres Mineurs&#13;
Récollets y ont faits pour la conversion des&#13;
infidel/es...&#13;
&#13;
�Après ce survol trop rapide, considérons&#13;
tour à tour les années 7615-1 645, puis&#13;
celles allant surtout de 1670 à 1763. À l'été&#13;
1615, débarquent à Québec, à l'invitation&#13;
de Champlain, quatre religieux de la&#13;
province récollette de Paris : les pères Denys&#13;
Jamet, Jean Dolbeau et Joseph Le Caron,&#13;
ainsi que Pacifique Duplessis, un frère lai. Le&#13;
père Jamet demeure alors à Québec avec le&#13;
frère Duplessis au seNice des Français, tandis que Dolbeau tente d'évangéliser les&#13;
Montagnais à Tadoussac, et que Le Caron&#13;
pa rt pour la Baie Georgienne, devenant&#13;
ainsi le premier apôtre des Hurons. Par la&#13;
suite, on tente aussi d'évangéliser les Algonquins. En 1620, les Récollets se construisent&#13;
à Québec une chapelle et un couvent dédiés&#13;
à Saint-Charles, sur l'emplacement actuel&#13;
de !'Hôpital-Général. Bientôt, l'appellation&#13;
Saint-Charles s'étendra à la rivière qui&#13;
coule tout près.&#13;
&#13;
ser en forêt. Les trois autres décident de rejoindre leurs confreres à Québec et retournent en France en 1625. De 1630 à 1645,&#13;
au moins trois autres Récollets d'Aquitaine&#13;
viendront encore travailler en Acadie, supplantés de 1632 à 1654 par le travail remarquable des Capucins, dig nes fils de&#13;
François d'Assise.&#13;
&#13;
Le 15 juin 1625, cinq Jésuites (3 pères et&#13;
2 freres) arrivent à Québec. En leur couvent&#13;
Saint-Charles, les Récollets offrent très&#13;
volontiers l'hospitalité à ces nouveaux collègues d'apostolat. Et cela durant deux années complètes. Quand, en 1629, les frères&#13;
Kirke exigent la reddition de Québec,&#13;
Champlain envoie le récollet Joseph de La&#13;
Roche-Daillon parlementer avec eux. On&#13;
permet alors aux Récollets et aux Jésuites&#13;
de rentrer en France, via l'Angleterre. De&#13;
1615 à 1629, pas moins de vingt Récollets&#13;
se sont dépensés auprès des Amérindiens&#13;
En Huronie. le père Le Caron s'installe à et au service des Français immigres en&#13;
Caragouha (Tiny, Ont.) près de l'actuelle Nouvelle-France.&#13;
Baie du Tonnerre ; il y demeure presqu'une&#13;
année, s'appliquant à l'étude de la langue et En 191_5.' les autorités civiles et religieuses&#13;
des mœu rs des Hurons. Il y retourne à l'été firent enger sur la Place d'Armes, à Québec,&#13;
un monument pour commémorer le 3,t..-,,&#13;
1623, en compagnie du père Nicolas Viel et&#13;
centenaire de l'établissement de la foi au&#13;
du frere Gabriel Sagard. Les dix mois suivants sont consacrés à l'étude - et à la ca.nada. Le monument_ porte l'inscription&#13;
suivante : 1615-197 5. A nos premiers misconfection d'un dictionnaire - de la langue&#13;
sionnaires, les Récollets DenysJomet, Jean&#13;
huronne. A l'été 1624, les Récollets conDo/~eau, Josep~ Le Coron, Pacifique Dupsacrent le Canada à saint Joseph, qui est&#13;
lessis, les Canadiens reconnaissants&#13;
encore le patron principal du pays.&#13;
De 1632 à 1670, les Récollets ne peuvent&#13;
Entre-temps, de 1619 à 1623, quatre Rérevenir au Canada pour divers motifs que&#13;
collets de la province d'Aquitaine accom les historiens n'ont pas encore pleinement&#13;
pagnent des Français venus fonder un&#13;
réussi à demêler. Conduits par leur provinposte sur le fleuve Saint-Jean, en Acadie.&#13;
cial, cinq Récollets arrivent donc à Québec&#13;
L'un d'eux perit de misère et de faim, avec&#13;
à l'etè 1670 : les pères Gabriel de la Rises compagnons amérindiens partis chas-&#13;
&#13;
bourde, à titre de commissaire provincial, étudie la théologie quelques années en&#13;
Hilarion Guénin et Simple Landon, ainsi que France, le pere Joseph Denis revient en&#13;
le diacre Luc François et le frere lai Anselme Nouvelle- Fra nce se dépenser durant plus&#13;
Bardou. À cette occasion, Mgr de Laval de 50 ans, en divers postes, au service des&#13;
publie une lettre officielle pour 1&lt; donner un Récollets et de l'Ég lise canadienne. Il&#13;
témoignage public de l'allégresse et de la compte assurément parmi les plus belles&#13;
consolation causées en tous et chacun par figures qu'ait produites la mission canadile retour de ceux que les Anglais ont chas- enne des Recollets. Au même noviciat, en&#13;
sés il y a plus de 40 ans 11. Les Récollets, à la 1678, Claude Pelletier, natif de Sainte-Anne&#13;
riviere Saint-Charles, doivent reconstruire de Beaupré, revêt aussi la bure grise des Réentièrement leur couvent et sa chapelle collets. Devenu frere Didace, il accompagne&#13;
qu'ils mettent, cette fois, sous le patronage le përe Joseph Denis â Percé, Plaisance et&#13;
de Notre-Dame des Anges. En 1674, y rési- Montréal, y exerçant avec compétence son&#13;
dent deux Récollets prêtres et un frère ; métier de charpentier et de menuisier, tout&#13;
cependant que quatre autres Récollets tra- en donnant l'exemple d'une vie religieuse&#13;
vaillent au fort Cataracouy (Kingston). al'ile sainte et rayonnante. Peu après sa mort,&#13;
suNenue à Trois-Rivieres le 21 février 1699&#13;
Percée, à Port-Royal et à Trois-Rivières.&#13;
plusieurs miracles se produisent autour d~&#13;
En 1677, les Recollets ouvrent à Quebec un son tombeau, comme l'atteste la Copiede5&#13;
noviciat où Jacques Denis, né à Trois-Ri- actes du très dévot Frère Didace Pelletier. ..,&#13;
vieres, revêt l'habit franciscain, recevant en dont le manuscrit est conservé aux&#13;
religion le nom de Joseph. Apres avoir Archives du Séminaire de Québec (Fonds&#13;
&#13;
---.-..-·-----~,-.,..··~ .&#13;
L'eglise et le couwnt des Rècollel, construits en 1703 à /'ongle des rues Notre-Dome etSainte-Hélèn~ 0 Montréal.&#13;
Ces rdifices ont étê démolis où COIJ/3 dv XIX• sièclr.&#13;
&#13;
�Verreau, carton 13). En 1719, le père Joseph&#13;
Denis écrira que la population du Canada&#13;
a 1&lt; déjà canonisé de vive voix• ce serviteur&#13;
de Dieu. Sa cause de béatification pourrait,&#13;
dans un proche avenir, être introduite en&#13;
cour de Rome.&#13;
En 1687, Mgr de Saint-Vallier note qu'au&#13;
couvent des Récollets à Québec ~ il Y a&#13;
douze ou quinze religieux...t?ujours prêts&#13;
à aller partout où il plaît à l'Evêque de les&#13;
envoyer. J'ai sujet, ajoute-t-il. de me louer&#13;
d'eux dans les emplois que je leur ai commis 11. En 1692, avec l'arrivée de 14 nouveaux religieux, il y a en Nouvelle-France&#13;
28 Récollets, soit 17 prêtres et 11 frères (lais&#13;
ou clercs).&#13;
&#13;
Cette même année 1692, Mgr de SaintVallier achète des Récollets leur couvent et&#13;
leur chapelle pour y établir l'Hôp1talGénéral de Québec. Certaines pa rties du&#13;
couvent, en particulier le réfectoire, sont intégrées aux nouvelles constructions de&#13;
l'Hàpital-Général. Et leur chapelle, qui se&#13;
voit encore de nos jours, est considérée la&#13;
plus ancienne du Canada. C'est le récollet&#13;
Luc François qui en 1670-1671 en avait&#13;
dressé les plans, dessinant le retable et l'ornant d'une Vierge de !'Assomption. Cette&#13;
chapelle témoigne de la présence des Récollets à la rivière Saint-Charles durant plus&#13;
de 30 ans.&#13;
En cédant Notre-Dame de Anges, en 1692,&#13;
les Récollets reçoivent de l'Èvêque la permission de se construire â la Haute-Ville de&#13;
Québec un nouveau couvent avec chapelle,&#13;
qu'on dédie à Saint-Antoine de Padoue. Ce&#13;
couvent abritera jusqu'en 1763 le noviciat&#13;
et le scolasticat de philosophie et de&#13;
théologie des Récollets. En 1784, le Commissaire provincial Félix de Berey rappellera&#13;
que n à la prise du pays, une savante, riche&#13;
et curieuse bibliothèque de plus de quatre&#13;
mille volumes » se trouvait au couvent&#13;
Saint-Antoine.&#13;
&#13;
L'rglise et Je couvent des Recollers&#13;
à Québec se 1rauva1enr sur le site&#13;
actuel de la ca11le(/ra/e anghcune.&#13;
&#13;
En 1692, les Récollets sont aussi autorisés&#13;
à se construire des couvents â Montréal et&#13;
à Trois-Rivières. Ace dernier endroit les Récollets avaient de 1671 à 1682 exercé i&lt; les&#13;
fonctions curiales u auprès de la population&#13;
locale et des alentours. Le couvent qu'ils&#13;
commencent â construire en 1692 est&#13;
dédié à saint Pierre d'Alcantara. Apartir de&#13;
1693, Mgr de Saint-Vallier leur confie la&#13;
cure de la paroisse, charge que les Récollets&#13;
exerceront jusqu'en 1776. Cette année-là,&#13;
par manque de personnel, ils devront abandonner leur couvent et quitter la paroisse.&#13;
Après avoir servi d'hôpital. de cour judiciaire et de prison, l'ex-couvent des Récollets&#13;
et leur chapelle deviendront, à partir de&#13;
1823, propriété des Anglicans. Ceux-ci s'en&#13;
servent encore aujourd'hui comme église&#13;
paroissiale et presbytère...&#13;
&#13;
À Montréal, un modeste couvent avec&#13;
chapelle - consacré â Saint- François d'Assise - est d'abord construit en 1692 ; un&#13;
second, beaucoup plus imposant, avec une&#13;
chapelle assez remarquable, lui succède à&#13;
partir de 1703. En novembre 1796, alors&#13;
que seuls deux Récollets y habitent encore,&#13;
le Gouvernement réquisitionne le couvent&#13;
pour ses troupes. On pourra continuer de&#13;
faire les offices religieux dans une chapelle&#13;
&#13;
adjacente jusqu'en 1813, alors que meurt&#13;
le dernier prêtre récollet au Canada, le père&#13;
Louis Demers. En 1867, le couvent et sa&#13;
chapelle, après avoir appartenu depuis&#13;
1818 aux Sulpiciens et avoir servi aux Irlandais, seront vendus et rasés pour faire&#13;
place à des édifices commerciaux.&#13;
Comme l'a écrit le franciscain Hervé Blais,&#13;
1( les trois couvents de Québec, TroisRivières et Montréal restent durant toutes&#13;
ces années des centres de prière, de counselling spirituel et de diffusion des pratiques de dévotion traditionnelles dans&#13;
l'Ordre franciscain. Le père Hugolin Lemay,&#13;
ajoute-t-il, a déjà publié des études documentaires sur la dévotion des Canadiens&#13;
envers saint Antoine de Padoue dès ces&#13;
temps lointains. Le Tiers-Ordre de SaintFrançois d'Assise est aussi en honneur chez&#13;
les Récollets dès leur retour en 1670. A&#13;
Montréal notamment, il survivra encore&#13;
longtemps à leur extinction ». Ajoutons que&#13;
la vie quotidienne des Récollets à Québec,&#13;
Trois-Rivières et Montréal nous serait&#13;
beaucoup mieux connue si les archives de&#13;
ces couvents n'avaient été détruites par le&#13;
feu ou n'ëtaient, semble-t-il, irrémédiablement disparues.&#13;
&#13;
Le couvent des Rrcollets rel&#13;
qu'il apparait encore n11jourd'hui&#13;
aTrois-Rivières.&#13;
&#13;
-11&#13;
&#13;
~&#13;
&#13;
�Par ailleurs, quand on considère le ministère&#13;
exercé par les Récollets en milieu paroissial,&#13;
à l'époque de la Nouvelle-France et au&#13;
début du Régime britannique, on remarque&#13;
que presque toutes les vieilles paroisses du&#13;
Québec actuel ont eu, plus ou moins&#13;
longtemps, plus ou moins souvent, des Récollets pour desservants et curés. Ainsi, de&#13;
1701 à 1769, ceux-ci exercent les fonctions&#13;
curiales à Rimouski, Trois-Pistoles et l'IsleVerte. Cependant, déjà en 1702, le dévouement des Récollets en paroisse n'avait pas&#13;
échappé au Gouverneur, Louis-Henri de&#13;
Callières, qui écrivait : (1 On ne peut être plus&#13;
exact que les Récollets sont et ont été de&#13;
tous temps à remplir les cures les plus ingrates, les plus abandonnées, et où on attache les moindres suppléments. Je suis&#13;
témoin qu'il ne demeure à leur couvent que&#13;
des infirmes, des vieillards et de jeunes religieux qui ne sont pas encore approuvés&#13;
pour les confessions et les prédications ff.&#13;
À l'époque de la Conquête, on compte environ 45 Rècollets en Nouvelle-France, alors&#13;
qu'en 1739 il y en avait 56. En réalité, la&#13;
proportion est alors de 3 prêtres séculiers&#13;
pour 2 Récollets et de 2 Récollets pour un&#13;
Jésuite. À partir de 1763, les Autorités britanniques interdisent aux Récollets - tout&#13;
comme aux Jésuites - toute forme de recrutement. Entre 1784 et 1790, le Commissaire provincial Félix de Bery osera quand&#13;
même admettre à la profession religieuse&#13;
&#13;
Sources:&#13;
&#13;
11 jeunes recrues. Mais !'Évêque de Québec,&#13;
Mgr Hubert, muni de facultés romaines,&#13;
leur permettra de se séculariser le 14 septembre 1796, soit une semaine après qu'un&#13;
violent incendie eut détruit de fond en&#13;
comble leur couvent et leur chapelle, dont&#13;
la façade donnait sur la Place d'Armes&#13;
actuelle, près du Cl1âteau Frontenac. En&#13;
échange d'une modeste pension aux&#13;
derniers Récollets, le Gouvernement prit&#13;
alors possession des décombres et du terrain des Récollets...&#13;
&#13;
Après 1800, hormis 2 prêtres et 1 frère lai&#13;
décédés respectivement en 1804 et 1813,&#13;
les 11 autres Récollets encore vivants sont&#13;
sécularisés; ils ont donc la permission, tout&#13;
en demeurant religieux, de vivre hors d'un&#13;
couvent religieux. Les derniers frères à disparaître sont Louis Bonami dit Martinet&#13;
mort à Québec en 1848, et Paul Fournier&#13;
trépassé à Montréal la même année, tandis&#13;
que Marc Coutant s'éteindra à SaintThomas de Montmagny en 1849. Avec le&#13;
retour des Franciscains et des Capucins,&#13;
vers 1890, la vie et la spiritualité franciscaines, portées entre-temps par quelques&#13;
membres du Tiers-Ordre de Saint-François,&#13;
reprendra vigueur au Canada et portera des&#13;
fruits jusqu'à nos jours.&#13;
&#13;
René Bacon, o.f.m.&#13;
&#13;
Odoric Jouve et alii, Dictionnaire biographique des Rêco/lers missionnaires&#13;
en Nouvelle-France. 1615-1645 et 7610-1749. Montréal, Bellarmin, 1996.&#13;
LXXXVI + 903 p. Voir surtout, p. XXXV-LXIV&#13;
&#13;
FRÉDÉRIC JANSSOONE o.f.m.&#13;
1838-19 16&#13;
Béatifié le 25 septembre 1988 à Rome, par le Pape JeanPaul Il, Frédéric Janssoone, franciscain, est décédé à Montréal, Canada, le 4 août 1916. Sa grande réputation de&#13;
sainteté a permis que sa cause de béatification débute dès&#13;
1927, par un procès informatif diocésain promulgué par&#13;
l'évêque de Trois-Rivières, Mgr François-Xavier Cloutier.&#13;
&#13;
le bienheureux Pêre Frédér,c&#13;
&#13;
Missionnaire en Terre sainte, il vint au Canada pour un&#13;
premier voyage en 1881 , avec la mission de rencontrer les&#13;
évêques pour l'établissement de la quête du Vendredi-Saint.&#13;
11 y revint défini tivement en l'année 1888, pour ne plus&#13;
jamais retourner dans son pays, avec la mission de fonder&#13;
un Commissariat de Terre sainte, de visiter les fraternités du&#13;
Tiers-Ordre et de préparer le retour des franciscain s au&#13;
Canada.&#13;
&#13;
riginaire de Ghyvelde, petite commune de la Flandre française au nord&#13;
de la France, diocèse de Cambrai, aujourd'hui,&#13;
diocèse de Lille, Frédéric Janssoone est né de&#13;
parents à l'aise, le 19 novembre 1838. Ason&#13;
baptême, il reçoit deux prénoms : Frédéric&#13;
et Cornil. Son père Pierre Janssoone et sa&#13;
mère Marie Bollengier en étaient à leur&#13;
second mariage, de sorte que Frédéric, le&#13;
benjamin de la famille se trouvait être le&#13;
treizième enfant d'une famille très chrétienne.&#13;
&#13;
0&#13;
&#13;
études primaires term inées, le jeune&#13;
Frédéric entre au Collège communal&#13;
d'Hazebrouck, le 6 octobre 1852, Élève&#13;
studieu_x, il reçoit les premiers prix de sa&#13;
classe. A l'automne 1854, il s'oriente vers un&#13;
autre Collège, l'Institut Notre-Dame-desDunes à Dunkerque. Ses succès scolaires&#13;
dépassent ceux des années précédentes.&#13;
Après une année ce collège, une grande&#13;
épreuve l'attendait ; il dut interrompre ses&#13;
études pour subvenir à ses propres nécessités et à celles de sa mère qui venait de perdre son argent dans des prèts boursiers.&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
Dès son enfance, il est éprouvé par la mort&#13;
de son père, il avait 9 ans. Sa mère qu'il 11 travailla comme commis-voyageur de tisqualifiera de (1 sainte mè1e 11, veille sur son sus à Estaires, non loin de Ghyvelde, jusqu'à&#13;
éducation chrétienne, et le prépare soi- la mort de sa mère, survenue le 5 mai 1861.&#13;
gneusement à sa première communion, le Frédéric rêve toujours au sacerdoce. Il se&#13;
dimanche de la Passion, 25 mars 1852, remet aux études et avec son directeur&#13;
quand il eut atteint l'âge de 13 ans. Ses spirituel, l'abbé Dehaene, il approfondit&#13;
&#13;
~13-&#13;
&#13;
�l'appel â la vie religieuse et sacerdotale qui Bourges, Mgr de la Tour d'Auvergne, et l'anl'habitait. Quelques jours de retraite à !'Ab- née suivante le 17 août 1870, le sacerdoce&#13;
baye cistercienne du Mont-des-Cats lui lui est conféré par le même archevêque. Il&#13;
permettent de discerner que ce n'est pas là célèbre sa première messe, le lendemain,&#13;
sa voie. Un incident banal lui fait découvrir dans l'église des franciscains de Bourges,&#13;
saint François d'Assise. La dame chez qui il assisté comme sous-diacre du frère Aupensionnait, revenait de sa réunion d~ gustin Bouynot qui deviendra le comTiers-Ordre ; le grand habit brun muni pagnon inséparable du Père Frédéric à&#13;
d'une corde blanche qu'elle portait eut pour Trois-Rivières, au Commissariat de Terre&#13;
effet d'émeNeiller Frédéric; elle lui parle de sainte.&#13;
François d'Assise. li en est fasciné. 11 sera&#13;
Jeune prêtre, notre Frédéric reçoit sa prefranciscain. Il est admis au noviciat&#13;
d'Amiens, et revêtu de la bure franciscaine mière assignation comme aumônier d'un&#13;
le 26 mai 1864, dans la province Saint- hôpital militaire, récemment aménagé dans&#13;
le pensionnat des Dames du Sacré-Cœur&#13;
Louis d'Anjou de France.&#13;
de Bourges, non loin du couvent des franCette année de noviciat a marqué le jeune ciscains. Dans cet hôpital, sont accueil lis&#13;
Frédéric pour tout le reste de sa vie, par sa des soldats atteints de ma ladies congrande austérité et la pratique de rigou- tagieuses, des blessés de toute sorte.&#13;
reuses mortifications. le Père Léon de Clary, Frédéric s'y dévoue tout entier. Les malades&#13;
maitre des novices, n'avait d'autre but que l'appellent 1, Notre bon petit aumônier». Il&#13;
de former des saints. Apres hésitations, trop se fait un devoir d'accompagner tous les&#13;
conscient de ne jamais parvenir à la sain- soldats décédés, au cimetière, pour leur&#13;
teté. le frère Frédéric émet ses vœux sim- dernier repos. Une fois l'armistice signé, fin&#13;
ples, le 18 juillet 1865.11 est envoyé ensuite janvier 1871, Frédéric quitte son engageau couvent de Limoges pour ses études ment dans l'armée. Il reçoit une obédience&#13;
philosophiques. Après ce stage, il est pour le couvent de Brandy, près de Bornommé au couvent de Bourges, oû il deaux où il occupera les fonctions de souspassera quelques années pour parfaire sa maître des novices et de bibliothécaire. Il a&#13;
théologie. À cet endroit, il prononce ses comme supérieur, le Père Raphaël Delarbre,&#13;
vœux solennels dans l'Ordre de saint&#13;
mais celui-ci est bientôt nommé Provincial&#13;
François. le 26 décembre 1868.&#13;
de la province Saint-Louis d'Anjou Son&#13;
successeur,&#13;
désignè par le Ministre Général,&#13;
La déclaration de la guerre franco-allemande du 17 juillet 1870 oblige les n'est nul autre que le Père Frédéric. Mais la&#13;
supérieurs à devancer l'ordination sacerdo- charge de supérieur lui est très lourde, il intale du frère Frédéric, à cause du siste pour en être démis. Libéré, il s'adonne&#13;
pressant besoin d'aumôniers militaires. à la prédication avec grand succès et en&#13;
Après avoir reçu le sous-diaconat le profite pour organiser de bel les et de&#13;
22 mai 1869, il est admis au diaconat, le grandes fêtes religieuses qui attirent un&#13;
7 novembre 1869, par l'archevêque de grand nombre de fidèles. On lui redonne la&#13;
&#13;
- 14~&#13;
&#13;
charge de la bibliothèque et le nomme directeur de la Revue franciscaine de Bordeaux.&#13;
Un confrère franciscain. le Père Bernard&#13;
d'Orléans, qui avait passé de longues années en Terre sainte était du groupe des&#13;
prédicateurs du couvent de Bordeaux.&#13;
Celui-ci ne put qu'influencer notre jeune&#13;
Frédéric, qui rêvait déjà du pays de Jésus.&#13;
Après avoir longuement prié, sa décision&#13;
est arrêtée. Le 26 avril 1876, Frédéric écrit&#13;
une lettre au Ministre Général demandant&#13;
une obédience pour Jérusalem. À ce moment-là, il résidait au couvent de Paris, rue&#13;
des Fourneaux. Le 29, son bonheur est&#13;
â son comble, il reçoit l'obédience lui per-&#13;
&#13;
mettant de partir. Il quitte Paris, le 9 mai&#13;
1876, faisant route par le sud de la France&#13;
et de l'Italie pour se rendre à Naples où il&#13;
prend le bateau pour la Palestine. Le dimanche 18 juin 1876, Frédéric tout ému&#13;
faisait son entrée dans la ville de Jérusalem.&#13;
Le séjour du Père Frédéric en Terre sainte&#13;
fut celui d'un pèlerin plein de zèle et de&#13;
piéré. Il y demeure 12 années. Il s'est&#13;
d'abord signalé par ses prédications de&#13;
retraites aux différentes communautés&#13;
religieuses. Très apprécié, on disait de lui&#13;
qu'il était« un saint i&gt;. Et comme tout nouveau missionnaire, Frédéric a dû fa ire son&#13;
s~age de service au Saint-Sépulcre, de janvier 1877 à avril de la même année. Son es-&#13;
&#13;
1e Vieux-Sanrtuoire de Cop-de-lo-Modeleine&#13;
&#13;
�prit de mortification, de prière et de contemplation trouvait son compte dans ce&#13;
régime de vie très difficile et très dure.&#13;
L'une des activités de tout franciscain en&#13;
Terre sainte est l'accueil et l'accompagne&#13;
ment des pèlerins. Frédéric était souvent&#13;
retenu d'avance par des groupes comme&#13;
guide pour la visite des lieux saints. Comme&#13;
il s'était fort bien documenté sur les principaux sanctuaires, il savait intéresser au plus&#13;
haut point ses pèlerins. Aussi, il lui revient&#13;
l'initiative d'avoir repris la prédication du&#13;
chemin de la Croix que l'on appelle la Via&#13;
Dolorosa, dans les rues de Jérusalem, aban&#13;
donnée depuis des siècles, à cause des persécutions. En plus, le Père Frédéric a assumé&#13;
de lourdes responsabilités puisqu'il a été élu&#13;
&#13;
Vicaire Custodial, c'est-â-dire, assistant du&#13;
T.R.P. Custode de Terre sainte, le supérieur&#13;
des franciscains de la Custodie de Terre&#13;
sainte. En tant que tel, il a été chargé de la&#13;
à&#13;
construction de l'église Sainte-Catherine&#13;
Bethléem.&#13;
Ce qu'il a laissé de plus précieux comme&#13;
travail, ce sont les deux règlements du&#13;
it&#13;
Saint-Sépulcre et de Bethléem. Il s'ag&#13;
ntes&#13;
ente&#13;
les&#13;
s&#13;
d'une compilation de toute&#13;
survenues entre les différentes dénominations religieuses qui ont des droits et usa&#13;
ts.&#13;
sain&#13;
lieux&#13;
ces&#13;
dans&#13;
ges de célébration&#13;
Ce sont ces règlements qui régissent encore aujourd'hui les relations entre les&#13;
Latins et les rites dissidents dans ces grands&#13;
sanctuaires.&#13;
&#13;
En 1881, la Custodie de Terre sainte est acà&#13;
culée â de grandes difficultés financières&#13;
truc&#13;
cause des dons promis pour la cons&#13;
de&#13;
tion des églises de Bethléem et&#13;
Jérusalem qui n'entrent pas. Des missionnaires sont envoyés pour recueillir des&#13;
aumônes dans diffé rents pays. Pour le&#13;
l,&#13;
Canada, le Père Frédéric, vicaire custodia&#13;
la&#13;
a été délégué après avoir passé par&#13;
France, ou il a rencontré l'abbé Provancher,&#13;
un prêtre canadien qui l'invite à Québec. Le&#13;
;&#13;
24 aoùt 1881, Frédéric arrive â destination&#13;
it&#13;
nda&#13;
le charretier de l'abbé Provancher l'atte&#13;
e&#13;
pour le conduire à Cap-Rouge, un villag&#13;
près de Québec. Il avait comme mission de&#13;
ramasser des offrandes pour la Terre sainte&#13;
et de rencontrer les évêques pour établir la&#13;
quête du Vendredi-Saint, prescrite par les&#13;
Souverains Pontifes. Le Ministre Général lui&#13;
avait demandé aussi de visiter les fraternités du Tiers-Ordre. Frédéric se met aussitôt à l'œuvre, son premier geste a été de&#13;
rencontrer l'archevêque de Québec, Mgr&#13;
Alexandre Taschereau, pour lui faire pa, t de&#13;
&#13;
Hébergé chez le curé de Cap-de-laur&#13;
Made!eine, il a dù prolonger son séjo&#13;
e&#13;
grav&#13;
jusqu'au printemps 1882, suite à une&#13;
maladie. Le premier mai 1882, suffisam&#13;
de&#13;
in&#13;
chem&#13;
le&#13;
ait&#13;
pren&#13;
ment remis, Frédéric&#13;
retour pour Jérusalem.&#13;
&#13;
sa mission.&#13;
Du 4 au 10 septembre 1881, le Père Frédéric&#13;
prêche à l'église des Congréganistes de&#13;
Saint-Roch, Ouèbec, une retraite pour les&#13;
membres du Tiers -Ord re franciscain. Une&#13;
assistance imprévue, jusqu'à 3000 personnes, remplissait l'église â chacun des exer&#13;
»&#13;
cices. On ne parlait que du « saint&#13;
ieurs&#13;
Plus&#13;
te.&#13;
sain&#13;
franciscain de Terre&#13;
guérisons ont attiré de nombreux malades&#13;
qui venaient rencontrer le Pére avec confiance. 11 rédige plusieurs écrits pour les&#13;
journaux de Ouébec, qui font sensation&#13;
~&#13;
avant de se rendre dans le diocése de Trois&#13;
Rivières, où il répétera les mêmes exploits.&#13;
&#13;
au&#13;
Après de longues tractations, le retour&#13;
par&#13;
aité.&#13;
souh&#13;
tant&#13;
Canada du Père Frédéric,&#13;
la population s'est enfin effectué ; l'évêque&#13;
né&#13;
de Trois-Rivières, Mgr Laflèche avait don&#13;
son assentiment à la fondation d'un Com&#13;
épis&#13;
ville&#13;
sa&#13;
dans&#13;
te,&#13;
missariat de Terre sain&#13;
juin&#13;
1&#13;
au&#13;
13&#13;
du&#13;
4&#13;
1888&#13;
copale. Dans la nuit&#13;
le Père Frédéric et son compagnon le frèr~&#13;
Lazare descendaient à la gare Bonaventure&#13;
de Montréal. Le curé Dèsilets de Cap-de-la.&#13;
Madeleine était présent pour les accueillir&#13;
on&#13;
mais&#13;
la&#13;
En attendant la construction de&#13;
du ~ommissariat, Frédéric résidera au pres&#13;
x&#13;
deu&#13;
Ces&#13;
.&#13;
eine&#13;
adel&#13;
la-M&#13;
bytere de Cap-deprêtres se connaissaient bien depuis 1881&#13;
que de fois, ils avaient échangé sur la fon~&#13;
dation éventuelle d'un sanctuaire marial&#13;
'&#13;
dans l'ancienne église paroissiale de 111 4&#13;
'&#13;
maintenant abandonnée.&#13;
Le Père Frédéric arrivé depuis une semaine&#13;
d~&#13;
le cu:é Désilets décide, le 22 juin 1888,&#13;
e,&#13;
églis&#13;
e&#13;
petit&#13;
la&#13;
proceder à la dédicace de&#13;
Très&#13;
-dusous le vocable Notre-Dame&#13;
le&#13;
Samt-Rosaire. Le Père Frédéric prononce&#13;
,&#13;
~er~o_n de circonstance ; en vrai prophète&#13;
11 pred,t que ce sanctuaire deviendra un lieu&#13;
de _Pèlerinage marial qui accueillera des pèlen~s venant de tous les diocèses du&#13;
Quebec et d'ailleurs.&#13;
ie&#13;
Le soir de cette célébration, la Vierge Mar&#13;
un&#13;
a_ voulu manifester sa complicité, par&#13;
signe que les trois témoins, le curé Désilecs,&#13;
&#13;
Lo bas1hqut' Notrt'-Dome-du-Cop&#13;
&#13;
~ 17 -&#13;
&#13;
�l'infirme&#13;
l'infirm e Pierre Lacroix et le Père Frédéric Fatigué, quelque peu vieilli, Frédéric désirait&#13;
ont raconté : 11« Le Prodige des yeux » : la être remplacé au Sanctuaire de Cap-de-lastatue de la Vierge Marie qui ouvre les yeux Madeleine. En juin 1902, la communauté&#13;
et porte son regard sur chacun. Frédéric en des Pères Oblats de Marie-Immaculé&#13;
Marie-Immaculéee qui&#13;
a été marqué : ««Son&#13;
Son impression est restée si avait accepté depuis quelque mois, prend la&#13;
... qu'elle a changé sa vie 11.». relève du Père Frédéric. Voilà que pour lui,&#13;
profonde en /ui&#13;
lui...qu'elle&#13;
Il y avait là pour lui comme un appel de s'ouvre&#13;
s’ouvre une autre période de sa vie qui coucou­&#13;
Marie, à se donner à l'organisation&#13;
l’organisation et à vrira aussi 14 ans, ce sera celle du&#13;
l'animation de ce pèlerinage naissant. Il s'y « Marcheur de Dieu 11,», il marchera des&#13;
est dévoué pendant 14 ans. Il était présent saisons complètes de maison en maison&#13;
à chaque groupe de pèlerins pour les acac­ pour promouvoir de grandes œuvres, en&#13;
cueillir et diriger la prière en l'honneur de visitant chaque famille.&#13;
la Vierge Marie, tout en travaillant pour la&#13;
C’est ainsi qu'il a parcouru to&#13;
ut le diocèse&#13;
tout&#13;
Terre sainte. Beaucoup de faveurs et de C'est&#13;
l'Adora­&#13;
grâces sont accordées, notamment des de Québec, pour le sanctuaire de !'Adoration&#13;
perpétuelle&#13;
à&#13;
Québec,&#13;
le&#13;
diocèse&#13;
de Valguérisons dont certaines sont sensationsensation­&#13;
leyfield,&#13;
pour&#13;
la&#13;
construction&#13;
du&#13;
Monastère&#13;
nelles.&#13;
des Clarisses, le diocèse de Joliette pour les&#13;
Durant cette période, Frédéric a été très Adoratrices du Précieux-Sang, et enfin le&#13;
actif. Dans ses courses de prédication de diocèse de Trois-Rivières, pour la chapelle&#13;
paroisse en paroisse, il faisait "connaître&#13;
«connaîtrele&#13;
le Saint-Antoine du couvent des franciscains.&#13;
Sanctuaire que Marie s'était choisie comme Il offrait un livre « de bonne lecture » qu'il&#13;
lieu de prédilection »,&#13;
11, et il invitait les familles&#13;
avait lui-même écrit, (il en a publié 32) au&#13;
à venir prier au Sanctuaire de Cap-de-la- cours de ses nuits d'insomnie. Beaucoup lui&#13;
Madeleine. Cette grâce mariale qui l'avait donnaient une offrande pour ses œuvres.&#13;
envahi, au soir du 22 juin 1888, l'a accomaccom­ Frédéric avait toujours le souci de faire du&#13;
pagné toute sa vie, et elle est pour beaubeau­ bien ; il écoutait chaque personne, leur par­&#13;
parcoup dans son cheminement spirituel vers lait avec beaucoup de tendresse et savait&#13;
la sainteté. Cet amour pour Marie n'enlève les consoler dans leurs épreuves. Il ne les&#13;
rien à celui qu'il&#13;
qu’il portait à Jésus Christ. Sa laissait jamais sans les bénir. Et c'était une&#13;
prédication était fortement&#13;
fortem ent imprégnée de grande grâce de recevoir la bénédiction du&#13;
cet amour de Jésus pour nous, manifesté «saint Père»&#13;
Père » comme on l'appelait.&#13;
dans sa passion, à ce point qu'il a érigé trois&#13;
Chemins de Croix : un au pèlerinage de la Au cours de ses 28 années de ministère&#13;
Réparation près de Montréal, un à la monmon­ pastoral, il fut un apôtre zélé du Tiers-Ordre&#13;
tagne de Saint-Élie-de-Ca&#13;
Saint-Élie-de-Caxton,&#13;
xton, et un autre franciscain. Il a visité un grand nombre de&#13;
au pèlerinage du Sanctuaire de Cap-de-la- fraternités, année après année et il en a&#13;
Madeleine, qu'il a voulu à l'imitation de la fondé plus d'une centaine. Pour lui c'était&#13;
important, il a publié à plusieurs reprises, la&#13;
Via Dolorosa de Jérusalem.&#13;
&#13;
«&lt;&lt; Règle du Tiers-Ordre » ,, la vie de saint&#13;
François pour instruire les membres de la&#13;
spiritualité franciscaine.&#13;
Cette activité débordante n'a jamais entravé&#13;
sa vie de prière et de contemplation. Dans&#13;
ses temps libres, et même la nuit, on le&#13;
trouvait en prière devant le Saint Sacre­&#13;
Sacrement. Il était très sévère pour lui-même,&#13;
très exigeant, se permettant peu ou pas de&#13;
détente. D'une grande austérité dans le&#13;
manger, jeûnant presque continuellement&#13;
continuellement,,&#13;
il observait la pauvreté la plus absolue dans&#13;
ses habits et les objets à son usage. Au-delà&#13;
de tout, le Père Frédéric était un homme de&#13;
Dieu heureux, et d'une bonté remarquable.&#13;
On l'appelait«&#13;
l'appelait « le Bon Père Frédéric».&#13;
Frédéric ». Il était&#13;
d'une grande patience et devant les con­&#13;
contrariétés, il gardait sa paix intérieure,&#13;
revenant toujours àà son programme de vie :&#13;
se conformer à la volonté du bon Dieu !&#13;
&#13;
gnostique une form&#13;
formee de cancer de&#13;
l'estomac. Après des semaines de souf­&#13;
souffrances indicibles, il s'éteint dans la paix de&#13;
Dieu, répétant les paroles que son ami le&#13;
Père Augustin Bouynot lui dictait à l'oreille :&#13;
« Marana tha - Viens, Seigneur Jésus».&#13;
Jésus ». Ses&#13;
frères franciscains qui ont assisté à sa mort,&#13;
ont été unanimes à tém&#13;
oigner : « Nous&#13;
témoigner&#13;
avons vu mourir un saint».&#13;
saint ». C'était le 4 août&#13;
1916 à seize heures et quarante-cinq de&#13;
l'après-midi. Il avait 77 ans. Sa dépouille&#13;
mortelle a été transportée à Trois-Rivières&#13;
pour ses funérailles qui ont&#13;
o n t rassemblé un&#13;
grand nombre de religieux et de prêtres&#13;
ainsi que des milliers de personnes. Son&#13;
corps, après avoir été déposé sous la&#13;
chapelle conventuelle, repose maintenant à&#13;
l'intérieur, dans un tombeau de pierre, pour&#13;
la vénération des fidèles, depuis la béatifi­&#13;
béatification, le 25 septembre 1988, par le Pape&#13;
Jean-Paul Il.&#13;
II.&#13;
&#13;
Physiquement épuisé, le Père Frédéric, après&#13;
avoir accompagné un pèlerinage à SteAnne-de-Beaup&#13;
ré, entre àà l'infirmerie des&#13;
Anne-de-Beaupré,&#13;
franciscains à Montréal, pour des traitetraite­&#13;
ments, le 16juin&#13;
16 juin 1916. Le médecin diadia­&#13;
&#13;
Bibliographie :&#13;
1) Romain Légaré&#13;
Légaré et&#13;
et Constantin&#13;
Baillargeon, ofm,&#13;
ofm, Le&#13;
Père Frédéric&#13;
Frériérir Éd.&#13;
Paulines, 1988.&#13;
1988.&#13;
1)&#13;
Constantin Baillargeon,&#13;
Le Bon&#13;
Bon Père&#13;
Éd. Paulines,&#13;
2) ~ndré&#13;
André Dumont o.m.i,&#13;
de Dieu,&#13;
Dieu, message&#13;
spirituel du&#13;
Frédéric,&#13;
2)&#13;
o.m.i, Le&#13;
Le août&#13;
goût de&#13;
message spirituel&#13;
du Père&#13;
Père Frédéric&#13;
Éd. Notre-Dame-du-C&#13;
Notre-Dame-du-Cap,&#13;
1989.&#13;
Ed.&#13;
ap, 1989.&#13;
'&#13;
3) Roger Poudrier ofm, Le&#13;
Frédéric. Fd.&#13;
Fd Médiaspaul,&#13;
Médiaspanl ?nm&#13;
Le bienheureux Frédéric,&#13;
2001.&#13;
&#13;
4) Gentil T&#13;
urcotte ofm, Guide et prières,&#13;
Turcotte&#13;
prières. Éd. Les Écrits d'Or, 2003.&#13;
&#13;
(T»&#13;
&#13;
18 « o&#13;
&#13;
Gentil Turcotte, ofm.&#13;
vice-postulateur&#13;
vice-postulateur&#13;
&#13;
c® 19 ""l&#13;
~&#13;
&#13;
�201è111e anniversa ire de la béatificat ion&#13;
DU BIENHEUREUX FRÉDÉRIC JANSSOONE&#13;
ngt ans passés, nous étions les heureux témoins de la béatification du Père Frédéric&#13;
Janssoone, franciscain. Nous attendions instamment cet événement mémorable&#13;
depuis 72 ans. C'est bien ce nombre d'années entre le décès du Père Frédéric, le 4 août&#13;
1916 et sa béatification le 25 septembre 1988.&#13;
&#13;
V&#13;
&#13;
Il y a de quoi en être étonné. Les gens de Trois-Rivières et de Cap-de-la-Madelaine qui l'ont&#13;
bien connu et côtoyé presque quotidiennement, l'ont vite canonisé. Quand cette foule&#13;
innombrable s'est massé pour accueilllir sa dépouille mortelle, puisqu'il est décédé à Montréal, sur toutes les lèvres, on entendait cette phrase : ~ Un saint un grand saint vient de&#13;
mourir"· A ses funérailles, à l'église Notre-Darne-des-Sept-Allégresses, qui n'a pas applaudi à la parole de Mgr François-Xavier Cloutier, évêque du diocèse de Trois-Rivières :&#13;
• Ce n'est pas selon l'usage des franciscains de foire un panégyrique de leurs défunts. Mois&#13;
je ne puis laisser passer cette occasion sans exprimer ce que tous disent:,, Le Révérend Père&#13;
Frédéric est mort en odeur de sainteté ».&#13;
Justement, il fallut toute cette vogue de popularité et de vénération du peuple, du clergé&#13;
et de ses frères franciscains pour que la ,c Congrégation romaine» donne son accord aux&#13;
p~éliminaires du processus de béatification, en vue de la reconnaissance officielle par&#13;
l'Eglise de la« sainteté de Frédéric Janssoone &gt;l.&#13;
&#13;
PREMIÈRES DÉMARCHES&#13;
DE LA CAUSE&#13;
Le premier geste posé pa r Mgr FrançoisXavier Cloutier, évêque du lieu, a été de&#13;
décréter le ccProcès informatif ou Procès&#13;
diocésain», le 23 juillet 1927, soit onze ans&#13;
seulement après le décès du Serviteur de&#13;
Dieu ; ce qui était très tôt pour le temps,&#13;
parce que selon les normes, aucune Cause&#13;
ne pouvait commencer avant un délai de&#13;
dix ans, alors qu'actuellement il est de cinq&#13;
ans.. Cette première procédure de la cause&#13;
de béatification a comporté trois phases : le&#13;
procès informatif, la perquisition des écrits&#13;
et l'enquête de non-culte, pour se terminer,&#13;
le 30 mars 1931. Les documents du Procës&#13;
diocésain ont été portés au Vatican par&#13;
Mgr Alfred-Odilon Comtois qui a succêdé&#13;
à Mgr Cloutier comme évêque de TroisRivières. Les 10,000 pages de manuscrits&#13;
ont été scrutées à fond par la Congréga tion et le cc Promoteur de la foi &gt;) (l'avocat&#13;
du diable), de sorte que l'approbation a été&#13;
votée par un décret louangeur, le 5 mars&#13;
1940. Treize ans se sont donc écoulés pour&#13;
fran chir cette première étape de la Cause.&#13;
Ce qui est très recevable dans la procédure&#13;
des Causes, en général.&#13;
&#13;
LE PROCÈS APOSTOLIQUE&#13;
Au temps de la Cause du Père Frédéric,&#13;
après le 1c Procès diocésain », la cause était&#13;
différée à Rome pour le 1c Procès Apostolique» ; c'était tout simplement la reprise&#13;
du cc Procès diocésain ». Heureusement les&#13;
nouvelles normes éd ictées par le Pape&#13;
Jean-Paul Il, n'obligent plus à recommencer&#13;
le u Procès diocésain ». Les Causes en sont&#13;
de beaucoup allégées.&#13;
&#13;
-20 -&#13;
&#13;
Après un retard de cinq ans, des lettres&#13;
patentes secrètes émanées de la n Congrégation 11 et datées du 7 ma rs 1945, autorisent le nouvel évêque de Trois-Rivières,&#13;
Mgr Maurice Roy, futur archevêque de&#13;
Québec, au nom du Saint Père, de procéder&#13;
à la tenue du u Procès Apostolique 11. Avec&#13;
diligence, le tout a été exécuté dans les&#13;
délais prévus. Et encore une fois, les précieux documents ont été acheminés à&#13;
Rome, par un mandataire spécial en 1951.&#13;
Le 13 décembre 1957, une bonne nouvelle&#13;
parvenait à la Postulation du Père Frédéric,&#13;
le décret d'approbation des 1c Procès diocésain et Apostolique ». C'était un grand&#13;
soulagement pour les tenants de la Cause&#13;
du Père Frédéric. On pensait même que l'issue de la Cause n'était pas tellement&#13;
éloignée.&#13;
Mais n le Promoteur de la foi » n'avait pas&#13;
produit son rapport, on l'a attendu dix-huit&#13;
ans. C'est beaucoup ! L'explication est simple : à la Congrégation, il n'y ava it qu'un&#13;
seul « Promoteur de la Foi » et un grand&#13;
nombre de Causes étaient dans l'attente de&#13;
son verdict. Pour la cause du Père Frédéric,&#13;
il le donnera le 5 février 1975. Son analyse&#13;
critique couvre trente et une pages et est&#13;
rédigé en latin avec les citations en français.&#13;
Il appartenait au Postulateur Général de&#13;
répondre aux objections de l'avocat du&#13;
diable contre la preuve de l'héroïcité. Ses&#13;
réponses et explications ont été présentées&#13;
à la Congrégation, le 7 novembre 1977.&#13;
Heureusement:, ses éclaircissements et justifications ont été suffisamment probantes&#13;
et convaincantes pour permettre à la Cause&#13;
de reprendre son cours, après vingt ans&#13;
d'arrêt.&#13;
&#13;
�DERNIÈRE ÉTAPE DE LA CAUSE&#13;
Au cours de ces années, le Postulateur&#13;
Général travaillait à la « Positio », terme&#13;
technique reçu pour désigner un exposé,&#13;
qui, basé sur les déclarations des témoins,&#13;
veut établir la preuve de l'héroïcité des vertus du Serviteur de Dieu. Terminée le 7 novembre 1978, elle est présentée le jour&#13;
même au Préfet de la « Congrégation des&#13;
Causes des Saints» .l:impression de la« Positio » dans les presses au service du Vatican, a nécessité plus d'une année. Des&#13;
exemplaires ont été distribués pour étude,&#13;
aux Cardinaux qui seront appelés à se&#13;
prononcer en leur âme et conscience si le&#13;
Père Frédéric a été héroïque dans la pratique des vertus chrétiennes. Après un intervalle de sept ans, les Cardinaux se&#13;
prononcent, le 5 mars 1985, en faveur de&#13;
l'héroïcité de vertus, et la confirmation devant le Saint Père en a été promulguée, le&#13;
18 mars suivant puis décrétée par le Vatican, le 21 mars 1985, déci ara nt le Père&#13;
Frédéric Janssoone, «Vénérable».&#13;
&#13;
nonce de la béatification. Enfin, elle a été&#13;
dévoilée au Vatican, le 28 mars 1988, annonçant la béatification du Père Frédéric&#13;
Janssoone, pour le 25 septembre 1988, à la&#13;
place Saint-Pierre de Rome.&#13;
&#13;
LA BÉATIFICATION&#13;
Nous avons parlé de« Procès diocésain» et&#13;
de« Procès Apostolique»; le but de ces assises est de recueillir les témoignages de&#13;
personnes qui de près ou de loin, ont connu&#13;
le Serviteur de Dieu. Assermentés, ils ont à&#13;
répondre à des questions bien précises, devant le Tribunal ecclésiastique concernant&#13;
la renommée de sainteté, les vertus en&#13;
général, les miracles et le comportement de&#13;
vie de celui envers qui ils s'engagent à témoigner. Dans toute Cause, comme on&#13;
vient de le voir, on procède par plusieurs&#13;
« procès successifs» pour prouver à tout jamais et sans l'ombre d'un doute que telle&#13;
personne a vécu et est morte vraiment&#13;
comme un «saint» ou une« sainte».&#13;
&#13;
À la cérémonie de la béatification, cette enCette fois, la Cause du Père Frédéric touche&#13;
vraiment à sa fin ; il reste la reconnaissance&#13;
d'un miracle pour accéder à la béatification.&#13;
Après l'étude de la guérison étonnante d'un&#13;
cancer d'intestins chez un japonais, M. Nywayama, survenue le 29 mars 1948, le Bureau Médical de la Congrégation, par un&#13;
vote unanime déclare cette guérison inexplicable par les moyens médicaux ordinaires. La reconnaissance de cette guérison&#13;
miraculeuse par les Cardinaux, réunis avec&#13;
le Saint Père, a été divulguée le 23 mai&#13;
1987.11 va de soi, les personnes impliquées&#13;
dans la Cause du Père Frédéric, vivaient des&#13;
moments exaltants dans l'attente de l'an-&#13;
&#13;
quête qui a duré 72 ans sur la sainteté du&#13;
Père Frédéric, a permis au Souverain Pontife&#13;
le Pape Jean-Paul Il qui présidait la célébration de faire ressortir les traits marquants&#13;
de la sainteté du bienheureux Frédéric.&#13;
« Dès son enfance, le nouveau Bienheureux&#13;
&#13;
Frédéric Janssoone avait connu la souffrance, il avait dû aussi travailler très tôt.&#13;
Après ces expériences qui l'ont fait mûrir, il&#13;
opta généreusement pour l'idéal de saint&#13;
François d'Assise. Envoyé en Terre Sainte, il&#13;
y vécut avec ardeur dans l'esprit franciscain,&#13;
contemplant le mystère du Christ dans sa&#13;
Passion et sa Résurrection: il célébrait avec&#13;
&#13;
cz:s22""')&#13;
&#13;
une foi impressionnante la présence du&#13;
Sauveur dans le sacrement de !'Eucharistie.&#13;
Il fut de ces témoins qui savent faire&#13;
partager leur intimité avec le Seigneur.&#13;
En vrai fils de saint François, le Père Frédéric&#13;
nous donne l'exemple d'une prière contemplative qui sait embrasser les œuvres de la&#13;
création, les événements de la vie quotidienne, la rencontre de toute personne. Puissions-nous accueillir aussi simplement&#13;
!'Esprit que le Seigneur répand sur son peuple {cf. Nb 11,29) !&#13;
Le « Bon Père Frédéric 11 nous montre que&#13;
l'esprit de contemplation, loin de freiner le&#13;
zèle apostolique, le fortifie. Proche de Dieu,&#13;
il est aussi proche des gens. En Terre Sainte&#13;
et au Canada, il ne cessa d'entraîner ceux&#13;
qui l'écoutaient à s'engager dans la vie&#13;
évangélique selon les voies tracées par le&#13;
Tiers-Ordre franciscain, et tout autant dans&#13;
l'apostolat très concret de la vie familiale et&#13;
professionnelle. Attentif et fraternel envers&#13;
les plus petits, « au nom de son appartenance au Christ 11 (cf. Mt 9,41), le Père&#13;
Frédéric entraîna ses contemporains à être&#13;
des témoins cohérents et ardents de&#13;
l'Évangile. Que sa glorification par l'Église&#13;
contribue à susciter dans /'Ordre de saint&#13;
François et dans l'Église un élan renouvelé&#13;
de sainteté et de zèle apostolique!»&#13;
&#13;
(Jean-Paul Il, le 25 septembre 1988)&#13;
&#13;
Dans l'audience accordée aux pèlerins&#13;
venus assister à la célébration, il a rappelé&#13;
qu'une béatification est une source de joie&#13;
et d'espérance pour toute l'Église. Chers pèlerins, dit-il, laissons-nous saisir par l'ardeur&#13;
du Père Frédéric à vivre le mystère du Christ&#13;
et à le faire découvrir à nos contemporains.&#13;
Puis il a souhaité que son attachement et&#13;
sa dévotion à la Vierge Marie soit une&#13;
caractéristique de notre vie de prière. Après&#13;
vingt ans, ces paroles, ces encouragements&#13;
gardent toujours leur actualité.&#13;
Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
vice-postulateur&#13;
&#13;
�1989 - 2009&#13;
Il y a déjà 20 ans.&#13;
En cette même année du 350• de la fondation du premier hôpital, \'Hôtel-Dieu de&#13;
Québec, en Amérique au Nord du Mexique, les Augustines de la Miséricorde de Jésus&#13;
avaient la joie de recevoir le plus beau cadeau de Rome en assistant à la béatification&#13;
de le~r sœur Marie-Catherine de Saint-Augustin sur la place Saint-Pierre.&#13;
S?n Eminence le Cardinal Louis Albert Vachon, Archevêque de Québec et Primat de&#13;
l'Eglise du Canada la présentait à Sa Sainteté le Pape Jean Paul Il, en ces termes, avant&#13;
qu'il l'a déclare (( Bienheureuse n.&#13;
Thérese Caron a.mJ.&#13;
Directrice du Centre Catherine&#13;
&#13;
/..······.......................................................................................................,&#13;
&#13;
..&#13;
&#13;
:Jvlarie-Catfierine ae Saint-Jl.ugustin&#13;
UN REMARQUABLE EXEMPLE&#13;
POUR NOTRE TEMPS&#13;
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a béatification de Marie-Catherine de&#13;
Saint-Augustin (1632 - 1668) par le&#13;
pape Jean Paul 11 ce 23 avril, à Rome, fait&#13;
surgir, ém~e et vibrante, l'action de grâce&#13;
de cette Eglise de Ouêbec, tout entière&#13;
tournée vers son Seigneur dans la recon naissance et l'allégresse!&#13;
Notre mémoire du passé se pare de fierté&#13;
pour évoquer, naissante et toute jeune encore, l'aube de ce pays que trois s1écles&#13;
d'audace et de persévérance auront marqué à jamais de traits si distinctifs, si singuliers.&#13;
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Avec quelle gratitude, émotion même, rappellerons-nous maintenant pour nous inspirer, le témoignage unique, incomparable&#13;
de celle qui, des l'âge de 16 ans et déjà&#13;
(( poursuivie 11 par une exceptionnel le attention de Dieu avait fait le (( vœu de vivre&#13;
et de mourir au Canada, si Dieu luî en ouvrait la porte IJ.&#13;
Toute l'œuvre et la vie intérieure de MarieCatherine porteront le sceau de cette mission particuliere qui lui a été confiée :&#13;
réparer et expier, par toute sa vie, en faveur&#13;
de cette Église qui s'implante en NouvelleFrance.&#13;
&#13;
...,.., 24 -&#13;
&#13;
L'itinéraire spirituel de cette (( religieuse accomplie et qui gagnait les cœurs à Dieu n&#13;
ne se caractérise aucunement par des&#13;
gestes spectacu laires ou des épisodes retentissants.&#13;
C'est plutôt. et plus profondément, à travers l'humble quotidien des devoirs et&#13;
tâches à remplir que Marie-Catl1erine,&#13;
religieuse et infirmière modèle, &lt;( depuis le&#13;
matin jusqu'au soir traite avec Dieu, lui&#13;
donnant des marques de sa fidélité 11 et vit,&#13;
oui, jusqu'à l'héroïsme le plus grand, sa soif&#13;
et sa quête de Dieu, sa recherche et son adhésion à lui.&#13;
Nous nous émerveillons et nous su rprenons même, de voir cette servante de&#13;
Dieu qui voula it absolument (( être à Dieu&#13;
et n'avoir à cœur que son seNice n si bien&#13;
conjuguer ses obligations et tâches de&#13;
toutes sortes avec une vie intérieure d'une&#13;
pare1\le richesse et profondeur.&#13;
C'est là aussi un caractère remarquable de&#13;
sa vie spirituelle : Catherine de Saint-Augustin est une femme de foi qui ne refermera pas sur elle- même son expérience&#13;
unique et bouleversante de l'amour de Dieu&#13;
mais l'ouvrira aux autres, aux plus pauvres&#13;
surtout, elle qui 11 avait...une charité officieuse et prévenante ... prenant sur soi les&#13;
misères et les ma ux des autres &gt;L&#13;
Permettons-nous de souligner aussi, un aspect essentiel et déterminant : l'amour de&#13;
Catherine pour les pauvres auxquels elle&#13;
rendait service avec tant de promptitude;&#13;
de même, son zèle et son dévouement de&#13;
chaque instant pour les plus petits car sa&#13;
main aussi bien que son cœur n'étaient que&#13;
&#13;
charité, même pour les plus pauvres et pour&#13;
des personnes qui étaient le rebut du&#13;
monde.&#13;
La vie et l'œuvre de Catherine de Saint-Augustin interpellent encore les chrétiennes&#13;
et les chrétiens de ce temps: relever le défi&#13;
de l'Èvangile en donnant priorité a la poursuite inconditionnelle des valeurs spirituelles, chercher le visage de Celui qui est&#13;
&lt;1 le Chemin, la Vérité et la Vie 1&gt;, exprimer&#13;
notre totale sol idarité envers les pauvres,&#13;
les démunis, les exclus de notre société.&#13;
À la suite et à l'exemple de Catherine de&#13;
Sa int-Augustin, l'Église nous presse de&#13;
prendre le parti des sans voix, des malaimés, des laissés pour compte de toutes&#13;
sortes qui sont comme autant de cris, d'appels notre désintéressement, notre sens&#13;
de l'accueil, notre esprit de partage le plus&#13;
effectif.&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
Le chemin tracé par Marie- Catherine de&#13;
Saint-Augustin est une voie libératrice et&#13;
combien actuelle : puissions-nous tous et&#13;
toutes en ces temps de réjouissance et de&#13;
grâce, le marquer de nos pas !&#13;
Cardinal Louis Albert Vachon&#13;
Archevêque de Québec&#13;
et Primat du Canada&#13;
&#13;
Article publiè en italien dans le quotidien&#13;
de Rome : »Osservatore Romano,,&#13;
&#13;
Le 23 avril 1989&#13;
&#13;
-25-&#13;
&#13;
�20Ü' annive rsaire de naissa nce&#13;
&#13;
DE LA BIENHEUREUSE MARI E-ANN E BLON DIN&#13;
1809- 2009&#13;
ée à Terrebonne (Québec), le 18 avril&#13;
1809, dans un milieu modeste, Esther&#13;
Blondin s'engage sur son chemin de vie.&#13;
Issue de parents analphabètes, elle apprend&#13;
les rudiments de la lecture et de l'écriture à&#13;
l'âge de 20 ans. Sa mère l'avait initiée dans&#13;
l'apprentissage des arts ménagers. Un loyal&#13;
essai au noviciat des sœurs enseignantes&#13;
de la Congrégation de Notre-Dame la conduit finalement à Vaudreuil ou elle se consacre à l'enseignement Ouverte aux besoins&#13;
des jeunes privés d'écoles, elle nourrit en elle&#13;
le désir de les instruire et de leur" faire connaitre le bon Dieu,.&#13;
&#13;
N&#13;
&#13;
À l'écoute du souffle de l'Esprit qui l'habite,&#13;
elle rêve de fonder une communauté qui&#13;
assurerait une solide éducation aux jeunes&#13;
les plus défavorisés des campagnes. Son&#13;
projet novateur exprimait déjà une ferme&#13;
option pour la vie. Monseigneur Ignace&#13;
Bourget l'autorise verbalement à essayer, à&#13;
relever ce défi de vie, ce projet téméraire,&#13;
même subversif de l'ordre établi.&#13;
Ains, le 8 septembre 1850, la Congrégation&#13;
des sœurs de Sainte-Anne est fondée à&#13;
Vaudreuil. Esther (Mère Marie-Anne) en devient la première supérieure.&#13;
&#13;
La vitalité de la jeune communauté est telle&#13;
que son recrutement rapide requiert&#13;
un déménagement à Saint-Jacques-del'Achigan, à l'été 1853. La venue de l'abbé&#13;
Louis-Adolphe Maréchal génère des diffi-&#13;
&#13;
cuités multiples en raison de son ingérence&#13;
abusive dans la vie interne de la communauté. A la demande de cet aumônier,&#13;
l'évêque dicte à Mère Marie-Anne de se déposer et de ne plus accepter le mandat de&#13;
«supérieure».&#13;
Nommée directrice au couvent de SainteGeneviève, Mère Marie-Anne est isolée&#13;
ainsi de ses consoeurs d'alors et subit un&#13;
dur ha rcèlement de la part des autorités&#13;
communautaires. Sous le prétexte d'une&#13;
mauvaise administration, quatre ans plus&#13;
tard (1858), elle est de retour à SaintJacques mais avec la consigne de « se reposer sans nuire à personne 1,. Cette année&#13;
11 zèro », sans obédience, sans emploi. s'ouvre sur quelque trente ans où elle sera confinée à d'humbles tâches matèrielles. Loin&#13;
de renoncer à sa vocation d'éducatrice «de&#13;
faire grandir/a vie», dans l'affectation â des&#13;
travaux obscurs, elle rèussira à se laisser&#13;
transformer de l'intérieur et à se hisser à un&#13;
autre niveau de vie. Sans influence apparente, sans son titre de "mère», elle découvrira les étincelles porteuses de vie qui en&#13;
émanent, porteuses du sens ëvangélique.&#13;
Ainsi elle se laisse totalement traversée et&#13;
habitée par le mystère pascal. Elle y cherche&#13;
constamment la volonté divine et bénit la&#13;
Providence pour cette voie de turbulence,&#13;
pour son personnel chemin de croix. Sa vie&#13;
empreinte d'humilit é rayonnera para doxalement sur les novices qu'elle côtoie.&#13;
&#13;
- 26-&#13;
&#13;
Aux dernières heures de sa vie terrestre, elle&#13;
témoignera de la grande miséricorde de&#13;
Dieu en manifestant son pardon â l'abbé&#13;
Maréchal invité par elle-même à son&#13;
chevet. Elle remet paisiblement à Dieu sa&#13;
vie d'ici-bas, le 2 janvier 1890, en léguant à&#13;
ses filles spirituelles son testamem :&#13;
11&#13;
&#13;
Que /'Eucharistie et /'abandon ala Volonté&#13;
de Dieu soient votre ciel sur la terre. 11&#13;
&#13;
Déclarée vénérable le 74 mai 1991 par la&#13;
reconnaissance de l'hèroïcitè de sa vie el de&#13;
ses vertus, elle est proclamée bienheureuse&#13;
le 29 avri l 2001.&#13;
&#13;
Lo bienheureuse Marie-Anne Blondin&#13;
&#13;
Depuis ce jour de glorification, la confiance&#13;
et la foi émergent des prières de tous ceux&#13;
et celles qui la vénèrent. La bienheureuse&#13;
Marie-Anne Blondin s'affirme de plus en&#13;
plus aujourd'hui comme « messagère de vie ,,&#13;
dans la joie comme.dans la douleur. Son identité de« femme d'Evangi/e »s'a, ticule à celle&#13;
d' " educatrice de la vie ., spécialement&#13;
auprès des jeunes, des pauvres et des&#13;
femmes : ces trois lieux d'existence qui motivent et dynamisent ses filles spirituelles&#13;
dans le monde d'aujourd'hui.&#13;
Jeannine Serres, responsable&#13;
Centre Marie-Anne-Blondin&#13;
&#13;
- 27 -&#13;
&#13;
--- ----------&#13;
&#13;
�JÉRÔME LE ROYER DE LA DAU VERSI ÈRE&#13;
Hom me de foi et d 'aud ace&#13;
&#13;
érôme Le Royer de La Dauversière e_st cet H ~omm e&#13;
qui a conçu Montréal n, selon le titre du hvre de&#13;
Dom Guy-Marie Oury, o.s.b. Fondateur des Religieuses&#13;
Hospitalières de Saint-Joseph, il a été un homme d'u~e&#13;
11 piété éminente 11, un homme saisi&#13;
par Dieu, 11 voue 1'.&#13;
à Dieu, mais aussi et surtout un homme d'une fo'.&#13;
inébra nlable, d'une foi qui« croit à l'impossible et qui&#13;
entreprend des choses impossibles u. Chez lui, la contemplation s'épanouit toujours en action.&#13;
&#13;
J&#13;
&#13;
Photographe : Gilbert Langlois.&#13;
Peintre: R.A. Lepage, 1986.&#13;
&#13;
Né à La Flèche en France, le 18 mars 1597, Jérôme a&#13;
vécu au XVII' siècle, appelé« le grand siècle des âmes n,&#13;
car s'y lèveront une pléiade de saints personnages.&#13;
Il s'inscrit dans ce courant spirituel à la fois mystique&#13;
et aposto lique de l'Êcole frança ise, qui suscitera un&#13;
grand élan missionnaire, à l'angine, entre autres, de&#13;
l'évangélisation de la Nouvelle-France.&#13;
Jérôme Le Royer fait ses études au collège des Jésuites&#13;
de sa ville et succède à son père dans la charge de percepteur d'impôts. Marié à Jeanne de Baugé, il aura cinq&#13;
enfants : Jérôme. l'aîné, épouse Louise Brochard des&#13;
Bou rdaines en 1654 et ainsi maintiendra la lignée des&#13;
Le Royer. Depuis 1650, il est lieutenant-général en la&#13;
sénéchaussée et siège présidial de La Flèche; deux&#13;
seront prêtres, Ignace et Joseph; une fille, MarieAngélique, religieuse Visitandine: et l'autre, Jeanne, entrera dans la cong régation fondée par son père.&#13;
Congréganiste de la Sainte Vierge, il mène une vie de&#13;
piété et de charité envers les pa uvres. Un jour, il acceptera que ses convictions de foi bouleversent sa vie&#13;
et lui donnent une orientation nouvelle.&#13;
&#13;
UN DÉVOT ET UN LAÏC ENGAG É&#13;
Selon des témoins de son temps, la vie familiale de Jérôme se transfo rme et sa maison méme devient une 1c école de piété 11.&#13;
Lors des troubles civils en 1652, les Visitandines sont hébergées dans la maison de&#13;
M. Le Royer. Elles rapportent qu'au temps&#13;
du Carême, les dames, parentes et amies&#13;
des sœurs venaient entendre" les beaux et&#13;
dévots entretiens que te très pieux et savant Monsieur de la Dauversière y faisait.»&#13;
&#13;
Apartir de 1630, il sera favorisé de g'.âc~s&#13;
mystiques. Le 2 février de cette_ annee-la,&#13;
en se consacrant à la Sainte Famille avec sa&#13;
femme et ses enfants, animé d'une grande&#13;
ferveur, il lui semble que Dieu lui commande d'instituer une congrégation de&#13;
Filles Hospitalières de Saint Joseph, pour le&#13;
service des pauvres malades. En 1635, l_a&#13;
mission se précise : promouvoir la colonisation et l'évangélisation de l'île de Montréal en Nouvelle- France et y établir un&#13;
Hôtel- Dieu desseNi par les futures Filles de&#13;
Saint- Joseph. Homme de discernement,&#13;
Jérôme Le Royer se confie à son directeur&#13;
spirituel, le père François Chauveau, jé~uite,&#13;
qui l'invite alors à oublier cette cc pieuse&#13;
chimère». 11 obéit, continue de s'occuper de&#13;
l'administration de l'hôpital de la Flèche, et&#13;
le fait réparer.&#13;
Sa grande foi et son abandon à 1~. vol?nté&#13;
de Dieu se manifesteront de ma~1ere e~l~tante quand les échevins de la v,lle_le des,gnent pour solliciter les Augustine~ de&#13;
Dieppe à venir â La Flèche prendre la direction de !'Hôtel-Dieu. Monsieur Le Royer&#13;
&#13;
s'acqu itte si bien de sa mission que les Augustines acceptent. Mais quelques mois&#13;
plus tard, elles se désistent faute de personnel : elles viennent d'envoyer des sœurs&#13;
au Canad a. Alors, les échevi ns de La Flèche&#13;
acceptent que l'embryon de communauté&#13;
constit ué par Marie de la Ferre, collaboratrice de Jérôme Le Royer, d'Anne Foureau&#13;
et des trois servantes de l'hôpital, devienne&#13;
responsable du soin des malades à l'HôtelDieu. C'était en 1636. En 1643, les constitutions du nouvel institu t sont officiellement approuvées par Mgr Claude de&#13;
Rueil, évêque d'Angers.&#13;
&#13;
UN ESPRIT APOSTOLIQUE&#13;
AUX DIMENSIONS D'UN CONTINENT&#13;
Il faut mainte nant mettre en œuvre l'autre&#13;
partie du mandat reçu du ciel, la plus difficile. Comment, lu i, un petit fonctionna ire&#13;
d'État, responsable de famille , sans influence et sans fortune, pourra -t-il s'acquitter&#13;
d'une telle mission7 Mais il est un homme&#13;
de foi. Son petit-fi ls raconte dans ses Mémoires qu'un jour, Dieu ayant permis à&#13;
Jérôme de lui demander une grâce, celui-ci&#13;
lui demande la foi, plutôt que celle de ne&#13;
pas pécher : « ... ce qui n'~s~ ~as l'ét~t de&#13;
l'homme ici-bas», répondit-li a son directeur qui s'étonnait de cette demande. La foi&#13;
lui semblait donc une grâce dont il avait&#13;
particulièrement besoin dans les circonstances. Il va donc de l'avant. Prudent et&#13;
obéissant, il consulte à nouveau le père&#13;
Chauveau pour s'assurer que cette mission&#13;
est bien de Dieu. Celui-ci lui répond : « N'en&#13;
doutez pas, Monsieur, ... employez-vous-y&#13;
tout de bon ».&#13;
&#13;
-29 -&#13;
&#13;
�Son directeur lui conseil le de se rendre à&#13;
Paris se renseigner au prés du père Charles&#13;
Lalemant, procureur des missions des Jesuites au Canada. Jérôme Le Royer se rend&#13;
d'abord à l'église Notre-Dame, y as"Siste à la&#13;
messe et communie. Pendant l'action de&#13;
grâces, il se voit en présence de la Sainte&#13;
Famille et il entend Jésus demander à sa&#13;
Mère : 11 Où trouverais-je un serviteur&#13;
fidèle? 11 En lui désignant Jérôme, Marie&#13;
répond : &lt;• Voici ce serviteur fidèle 11. Et Jésus&#13;
lui dit : &lt;1 Je vous revêtirai de force et de&#13;
sagesse ... Travaillez fortement à mon&#13;
œuvre; ma grâce vous suffit 11. Conforté par&#13;
cette intervention du ciel, il se rend à&#13;
Meudon consulter le Père Claude Bernier,&#13;
jésuite. C'est là qu'il fait la rencontre de&#13;
Jean-Jacques Olier. Sans s'être jamais vus,&#13;
les deux visiteurs se 1&lt; reconnaissent spirituellement 11. Rencontre providentiel le s'il&#13;
en fut. puisque M. Olier a lui aussi reçu du&#13;
Seigneur, le 2 février 1634, la vocation&#13;
d'être 11 une lumière pour éclairer les nations». Ensemble, ils s'entretiennent de leur&#13;
commun désir d'évangéliser en NouvelleFrance et décident de fonder une société&#13;
pour assurer le succès de l'entreprise. Ce&#13;
sera la Société de Notre-Dame de Montréal.&#13;
Cette société, composée presque entièrement de laïcs, devra d'abord se porter acquéreur de l'ile de Montréal qui appartient&#13;
à Jean de Lauson. Les membres s'engageront, en devenant ptopriétaires de l'île,&#13;
à y fonder une colonie et à y é.tablfr: 11 un&#13;
séminaire d'ecclésiastiques destinés à la&#13;
prédication et à la conversion des sauvages;&#13;
une communauté de religieuses ensei-&#13;
&#13;
gnantes pour l'instruction des filles et un&#13;
hôpital et des religieuses pour le service des&#13;
malades. 11 Puis, en 1642, ils consacrent l'île&#13;
à la Sainte Famil le sous la protection de la&#13;
Sainte Vierge, que ces trois congrégations&#13;
voudront honorer et dont elles propageront le culte.&#13;
Cette (( folle entreprise 11, comme elle a été&#13;
appelée, sera financée et soutenue uniquement par fa générosité des membres de la&#13;
Société. À l'instar des premiers chrétiens&#13;
qui, se disent-ils, nous ont transmis la foi,&#13;
nous devons à notre tour transmettre cette&#13;
foi aux habitants de la Nouvelle-France.&#13;
Leur motif est exclusivement spirituel et&#13;
suppose un « zèle apostolique à la dimension d'un continent 11 comme le dit si bien&#13;
Dom Oury, auteur de la Positio de Jérôme Le&#13;
Royer de La Dauversière.&#13;
Au milieu de difficultés de toutes sortes, le&#13;
projet se réalisera. M. de Lauson cèdera l'île&#13;
de Montréal à Jérôme Le Royer et à Pierre&#13;
Chevrier, baron de Fancamp, les deux premiers Sociétaires; M. Olier fondera les&#13;
Sulpiciens et enverra quelques-uns de ses&#13;
fils à Montréal en 1657; l'Hôtel-Dieu sera&#13;
établi, en 1642, par Jeanne Mance qui en&#13;
deviendra l'administratrice, suivie des Hospitalières de Saint-Joseph en 1659, Marguerite Bourgeoys, arrivée à Ville-Marie en&#13;
1653, y fondera la Congrégation de NotreDame pour l'éducation des filles. 11 Entreprise de roi 11 avaient dit les détracteurs de&#13;
la Société. &lt;1 C'est le Roi des rois qui s'en&#13;
mêle 1&gt; avaient répliqué les Associés dans&#13;
Les Véritables Motifs qu'ils publièrent, en&#13;
1643, pour faire connaitre le but proposé.&#13;
&#13;
Ville-Marie a donc été fondée dans la foi et&#13;
la pure charité. Et Jérôme Le Royer en dirigera l'entreprise : choix des colons, du gouverneur de l'ile, responsable de recuei llir les&#13;
fonds et d'acheter le matériel nécessaire à&#13;
une colonie naissante. Bref, un travail&#13;
colossal et épuisant. li y laissera sa santé et&#13;
mus ses biens.&#13;
UNE FOI PURIFIÉE PAR L'ÉPREUVE&#13;
Enfin, en 1659, après bien des oppositions&#13;
de la part des familles, des religieuses, de&#13;
l'évêque et des autorités de la ville de La&#13;
Flèche, M. Le Royer conduit trois de ses&#13;
Filles à La Rochelle où elles s'embarquent, le&#13;
29 juin, pour Montréal. Très malade, déjà, il&#13;
retourne péniblement à La Flèche ou il doit&#13;
s'aliter.&#13;
Jérôme entre dans sa dernière épreuve. Les&#13;
malheurs se sont déjà acharnés sur lui : un&#13;
va isseau de vivres et de matériel pour la&#13;
colonie, équipé à ses frais, avait sombré; il&#13;
y avait perdu toute sa fortune et laissa it sa&#13;
&#13;
S. Corinne Laplante, r.h.sJ., archiviste,&#13;
Maison régionale&#13;
Notre-Dame de /'Assomption,&#13;
Bathurst, N.- 8.&#13;
&#13;
Les références ci-dessous se rapportent à la page 32.&#13;
1&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
-30-&#13;
&#13;
famille dans la misère; il agonisait, persécuté par ses parents et même par ses Filles&#13;
spirituel les, à cause des vœux solennels&#13;
qu'elles voulaient prendre contre les vues&#13;
du fondateur. Intérieurement, ses épreuves&#13;
de foi étaient si intenses qu'il se crut abandonné de Dieu. Comme pour Job, Dieu avait&#13;
permis qu'il soit « criblé par Satan 11. Ma is&#13;
quelques heures avant sa mort, il goûta une&#13;
consolation si grande qu'il dut supplier le&#13;
prêtre qui lui parlait de l'Amour de Dieu de&#13;
s'arrêter car, dit-il : t&lt; Vous mettez le feu&#13;
partout &gt;1. Puis, il expira doucement. « Le&#13;
juste vit de la foi 11, dit !'Écriture. La vie et&#13;
l'œuvre de Jérôme Le Royer en té.moignent&#13;
vraiment.&#13;
&#13;
Nom primitifdes Religieuses Hospitalieres de Saint-Joseph.&#13;
Extrait de fa lettre du Pere Étienne, récollet. Annales de Moulins, copie vers 1740.&#13;
Archives des Hospitafieres de Saint-Joseph de Lo Fleche,&#13;
&#13;
�35011 anniversaire de la mort de&#13;
&#13;
Arrivée à Montréal des t rois premières&#13;
HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH ...&#13;
il y a 350 ans&#13;
&#13;
JÉRÔME LE ROYER DE LA DAUVERSIÈRE&#13;
1659-2009&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
e 6 novembre 1659 mourait à La Flèche, en France, Jérôme Le Royer de La Dauversière. fondateur des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.&#13;
&#13;
Après sa mort, les Filles de Saint-Joseph 1 de l'Hôtel- Dieu de La Flèche s'ad ressent au&#13;
Père Étienne, récollet. son directeur spirituel, afin qu'il leur fasse connaitre n l'état de sa&#13;
vie et de sa précieuse mort. .. n&#13;
li leur écrit le 30 janvier 1660 :&#13;
&#13;
Mesdames, dieu vous donne la paix pour humble salut: vous m'ossurés par la&#13;
vôtre, que /'omede votre bon pere est au ciel;etvous me demandez l'état de so vie&#13;
et de sa precieuse mort: Si la possession de la gloire dans les cieux est le vroy&#13;
héritage de ceux qui ont aimé le seigneur, nous ne pouvons aucunement douter&#13;
qui/ ne jouisse de ce souverain bien;car depuis le moment de sa conversion, il n'a&#13;
cessé d'agir et de patiravec amour et fidélité, selon les dessefns et volonté de Dieu;&#13;
enfin sa pe1severance luy a mis la couronne sur la tête. il o tout emporté avec luy,&#13;
et ne nous a rien laissé que l'exemple de ses vertus; vous en savés, mes dames, une&#13;
bonne partie, tâchons de l'imiter en renonçant a nous même. et en portant la croix.&#13;
11&#13;
&#13;
«... Jene puis vous dire autre chose du defeunt, si non que l'esprit de dieu qui residoit et operoit en luy, a apris a unir le mariage avec la continence; le monde avec&#13;
la religion; les honneurs avec l'humilité; les offices et les charges les plus périlleuses&#13;
pour le salut, avec l'innocence de vie; et enfin les richesses avec la pauvreté; qui&#13;
comme vous me dites, et commeje le crois, l'o mis en possession du royeaume des&#13;
cieux...&#13;
« Soyés donc, mes dames, vroyes filles d'un tel pere par l'imitation de ses vertus, et&#13;
par l'observance des pieux reglements et constitutions qui/ vous a donnés; soyés&#13;
persuadés qui/ vous sera vray pereou ciel, ou il vous attend après plusieurs travaux&#13;
que vous devéssouffrir a son exemple, pour a/Ier enfin jouir avec luy de lo couronne&#13;
de gloire, et d'un doux repos durant toute /'étendue de cette agréable et perpétuelle&#13;
éternité. ..2 11&#13;
&#13;
e 20 octobre 1659, Ville-Marie est en&#13;
liesse. Les 30 familles de la petite bourgade accourent à l'arrivée de la barque, afin&#13;
de voir 11 les Filles de Saint-Joseph qui estais&#13;
venue de 1300 [lieues] pour les consoler et&#13;
servir [les] malades 11 1 relate sœur Marie&#13;
Morin dans les Annales de la communauté.&#13;
Reçues par Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur, les trois Hospitalières :&#13;
Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé&#13;
et Marie Maillet sont conduites à la maison&#13;
de mademoiselle Mance. Elles visitent les&#13;
habitants dans leur maison pendant&#13;
deux jours. Une vie toute donnée au service des pauvres malades, membres souffrants de Jésus-Christ, commence pour les&#13;
héroïques Françaises.&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
Les Hospitalières de Saint-Joseph, fondées à&#13;
La Flèche, en France en 1636, par Jérôme Le&#13;
Royer de La Dauversière et Marie de la Ferre,&#13;
viennent établir à Ville-Marie la cinquième&#13;
communauté de leur Institut. Sœur Morin&#13;
rapporte que les anciennes religieuses savent&#13;
que c'est Jérôme Le Royer qui connut par des&#13;
lumières surnaturelles n qu'il y aurait un hospital pour les malades tant français que&#13;
sauvages qui serait deservy par des Filles de&#13;
Saint Joseph qui n'etois encorre que dans les&#13;
dessains de Dieu, ... ll 2&#13;
&#13;
Parties de La Flèche en juin 1659, les trois&#13;
fondatrices s'embarquent sur le c1 SaintAndré n au port de La Rochelle le 29 juin&#13;
après avoir signé une protestation d'appartenance à la communa uté de La Flèche et&#13;
de f idélité à leurs Constitutions. Au moment du départ, monsieur de La Dauversière les bénit et les confie à la Providence.&#13;
Après une traversée houleuse, elles arrivent&#13;
à Québec le 8 septembre. Ayant adoré le&#13;
Saint Sacrement dans la cathédra le de&#13;
Québec, elles se rendent chez Mgr de Laval&#13;
qui ne souhaite pas leu r venue en Nou velle-France. Puis, elles séjournent un mois&#13;
chez les Ursulines qui les accueillent&#13;
comme des sœurs. À ceux qui veulent les&#13;
unir aux Augustines Hospitaliéres ou les retourner en France. sœur de Brésoles. leur&#13;
supérieure, avec courage et fidélité, répond&#13;
qu'elles ne feront ni l'un, ni l'aurre.&#13;
Oui sont ces femmes de foi, de compassion,&#13;
de détermination et d'audace venues servir&#13;
en ce lointain Canada?&#13;
&#13;
Le 6 juillet 2007 fut promulgué à Rome le décret reconnaissant les vertus héroïques du&#13;
vèritable fondateur de Montréal et le pape Benoit XVI le déclarait Vénérable. Puisse-t-il être&#13;
bientôt béatifié et proposè comme modèle aux laïcs de notre temps 1&#13;
S. Nicole Bussières, r.h.sJ., archiviste,&#13;
Maison mère&#13;
&#13;
PI1otograpl1e : Gilben Langt01s.&#13;
Pe1nIre • J Guardo. 1960.&#13;
&#13;
~ 33-&#13;
&#13;
�la&#13;
udith Moreau de Brésoles, fille de son grand désir de servir Dieu et d'être&#13;
sœurs.&#13;
autres&#13;
des&#13;
servante&#13;
la&#13;
et&#13;
dernière&#13;
de&#13;
François Moreau, écuyer, sieur&#13;
Bresolle et de damoiselle Françoise Gaillard, Ces dispositions gagnent le cœur de Mère&#13;
d'une riche famille de Blois, est baptisée le Marie de la Ferre et de ses sœurs et cellesmai25 mars 1620. Toute jeune, elle accompa- ci lui accordent son entrée dans leur&#13;
alors&#13;
a&#13;
Judith&#13;
1645.&#13;
re&#13;
novemb&#13;
8&#13;
le&#13;
son&#13;
e.&#13;
campagn&#13;
gne sa mère à leur maison de&#13;
Elle prend plaisir aux jeux des enfants pau- 25 ans.&#13;
vres du voisinage, leur enseigne le catéNovice, Judith travaille à l'apothicairerie où&#13;
chisme et les initie à la prière. Vers l'âge de&#13;
elle apprend d'un habile chimiste les secrets&#13;
15 ans, elle apprend à saigner et à comla pharmacie. Sur le seul témoignage de&#13;
de&#13;
poser des remèdes. Les pauvres ont recours&#13;
sa vertu et de sa conduite édifiante, Judith&#13;
à ses bons soins. Elle manifeste alors à ses&#13;
Moreau de Brésoles prend l'habit des Filles&#13;
parents son désir de se faire Hospitalière.&#13;
Hospitalières de Saint-Joseph et prononce&#13;
Ceux-ci lui opposent un refus catégorique.&#13;
ses premiers vœux selon les Constitutions&#13;
Judith attendra l'heure de Dieu.&#13;
de cette Congrégation le 12 novembre&#13;
Déterminée à se retirer dans un lieu 1646. Son désir de vivre pour Dieu seul et&#13;
inconnu afin de se consacrer au Seigneur, sa charité envers les pauvres, même dans&#13;
Judith convient avec le père Diet, s.j., son les tâches les plus pénibles, marquent sa vie&#13;
directeur, d'entrer chez les Filles Hospita- d'Hospitalière à !'Hôtel-Dieu de La Flèche.&#13;
lières de Saint-Joseph de La Flèche. À l'aube,&#13;
En 1650, Judith fait partie du groupe des&#13;
accompagnée d'un serviteur et avec pour&#13;
fondatrices de !'Hôtel-Dieu de Laval où elle&#13;
tout bagages les habits qu'elle porte et un&#13;
est nommée maîtresse des novices. En&#13;
petit paq~et de linge, elle fuit la maison de&#13;
1659, elle est choisie par Jérôme Le Royer&#13;
son père. A La Flèche, la fugitive est présenet Mgr Henri Arnauld, évêque d'Angers,&#13;
tée à Mère Marie de la Ferre par le père&#13;
comme fondatrice de la communauté de&#13;
Dubreuil, s.j. avec une lettre de recommanVille-Marie où elle vivra une vie cachée&#13;
dation. Inconnue, sans dot, elle n'offre que&#13;
selon son attrait.&#13;
&#13;
J&#13;
&#13;
elle&#13;
À !'Hôtel-Dieu, hospitalière et pharma- Durant les dernières années de sa vie,&#13;
Le&#13;
.&#13;
portière&#13;
cienne, sœur de Brésoles sert chaque jour remplit l'office de première&#13;
une quinzaine de malades, tant Français 29 juin 1687, après le souper, on la retrouve&#13;
parloir.&#13;
qu'Amérindiens. Elle fait enclore un petit paralysée près de la grille du&#13;
de&#13;
Moreau&#13;
Judith&#13;
sœur&#13;
1687,&#13;
juillet&#13;
1er&#13;
Le&#13;
jardin où elle cultive des plantes médicicomla&#13;
de&#13;
re&#13;
supérieu&#13;
première&#13;
,&#13;
nales pour la composition de ses remèdes Brésoles&#13;
St-Joseph&#13;
auxquels on avait plus confiance qu'à ceux munauté des Hospitalières de&#13;
s'éteint à&#13;
1659,&#13;
d'un habile chirurgien de Ville-Marie. En établie à Ville-Marie depuis&#13;
après 28 anraison de ses mains guérissantes, les !'Hôtel-Dieu à l'âge de 67 ans&#13;
, nous dit&#13;
Amérindiens la surnomment« le soleil qui nées de dévouement. Il faudrait&#13;
historien&#13;
un&#13;
Annales,&#13;
ses&#13;
dans&#13;
Morin&#13;
luit,,. C'est auprès d'elle que la jeune Marie sœur&#13;
confaire&#13;
vous&#13;
pour&#13;
Morin s'initie à l'apothicairerie et aux soins plus habile que moi&#13;
le peuple du&#13;
des malades. Témoin des faits et gestes de naître u la douleur que tout&#13;
la perte de cette&#13;
sœur de Brésoles, sœur Morin nous dévoile Canada fit parestre de&#13;
servante des&#13;
vraye&#13;
et&#13;
iere&#13;
Hospital&#13;
grande&#13;
dans ses Annales la grande dévotion de&#13;
3&#13;
celle-ci à la Sainte enfance de Jésus-Christ. pauvres 11&#13;
&#13;
/&#13;
0535"D&#13;
&#13;
�C&#13;
&#13;
atherine Macé naît à Nantes, port de&#13;
Bretagne, vers 1618. Elle est la fille de&#13;
Guillaume Macé, riche marchand, et de&#13;
Philippes Martineau. Dès sa tendre jeunesse, elle s'entretient avec Dieu dans la&#13;
prière, dans de petits oratoires cachés dans&#13;
la maison. Jusqu'à l'âge de 20 ans, elle&#13;
passe sa vie dans la prière, le silence, la solitude, ne sortant de la maison de son père&#13;
que pour entendre la sainte messe le dimanche et les jours de fête, demandant à&#13;
Dieu qu'il lui fit connaître le lieu où il&#13;
voulait qu'elle se consacre tout à Lui.&#13;
Elle apprend par quelques pères jésuites&#13;
qu'il y avait à La Flèche, en Anjou, une communauté naissante d'Hospitalières mise&#13;
sous la protection de saint Joseph et désire&#13;
se joindre à elles. Dès qu'une réponse favorable lui parvient, elle se prépare diligemment à quitter le toit paternel. Son père,&#13;
très affligé par ce départ, ne voulait pas&#13;
consentir à cet éloignement. Voyant sa fermeté et sous les instances de son fils René,&#13;
jeune ecclésiastique, il accède à la demande&#13;
de Catherine.&#13;
À 25 ans, Catherine Macé est reçue à la&#13;
communauté de La Flèche, le 24 septembre 1643. Elle est la dixième de tout l'Institut. La jeune postulante se met à l'œuvre et&#13;
recherche les travaux les plus pénibles de&#13;
la maison. Le 15 octobre 1644, elle prend&#13;
&#13;
l'habit des Filles Hospitalières de St-Joseph&#13;
et fait ses premiers vœux. Mère Marie de la&#13;
Ferre forme la jeune professe à sa nouvelle&#13;
vie : le service de Jésus-Christ dans ses&#13;
membres souffrants. Elle reconnaît déjà en&#13;
elle les marques d'une âme vertueuse.&#13;
Sœur Morin nous en rapporte le témoignage :&#13;
« Notre premiere mere de la Ferre qui&#13;
avait un tres bon dicernement... la regarda toujours comme un modelle des&#13;
vertus les plus sublimes que Notre&#13;
Seigneur a le plus cheri et pratiqué&#13;
pandant qu'il etoit sur la terre, par sa&#13;
vie inconnue au monde et cachees en&#13;
Dieu. Ce qui fesoit le plus fort et le&#13;
plus doux atrait de son ame ... »4&#13;
En 1650, Catherine fait partie du groupe&#13;
des fondatrices de !'Hôtel-Dieu de Laval.&#13;
Elle y prononce ses vœux pour toute sa vie&#13;
en 1653. Elle est rappelée à La Flèche en&#13;
1658 après avoir rempli la tâche d'assistante. C'est dans la salle des malades que&#13;
Jeanne Mance, en 1658, passant les fêtes&#13;
de Noël avec les sœurs de La Flèche, rencontre sœur Macé et lui dit:« Bon courage,&#13;
ma chere sœur, vous viendré en Canada ». 5&#13;
M. Le Royer, son directeur, ne l'avait-il pas&#13;
pressentie dans sa prière pour cette nouvelle fondation à Ville-Marie! Sœur Macé&#13;
lui manifeste son désir d'aller en Canada.&#13;
&#13;
cr.;36"D&#13;
&#13;
Nommée assistante, sœur Macé s'occupe&#13;
du ménage de la maison et fait défricher&#13;
les terres pour semer du blé et nourrir le&#13;
bétail afin d'aider ses sœurs à vivre. La privation, le dénuement, le froid, la peur des&#13;
Iroquois sont le lot quotidien de la petite&#13;
communauté. Le son du tocsin laisse sœur&#13;
Macé sans parole. Elle prend sa part de la&#13;
peine et du travail : offices de dépensière&#13;
et de cuisinière, elle s'occupe de la bassecour, des lessives de la communauté, sans&#13;
oublier le service des repas et les veilles&#13;
chez les malades.« Modelle de regularité ...&#13;
de patiance ... »6, écrit sœur Morin au sujet&#13;
de sa maîtresse des novices.&#13;
Deuxième supérieure de la communauté,&#13;
sœur Macé allie prudence et amour de ses&#13;
sœurs. Elle a le don de la conduite des&#13;
âmes. Ses années de gouvernement sont&#13;
imprégnées de sagesse, de douceur et de&#13;
fermeté. La jeune Jeanne Leber, filleule de&#13;
Jeanne Mance, lui rend visite presque&#13;
chaque jour. Un commun attrait pour la vie&#13;
intérieure et cachée établit une parenté&#13;
d'âme entre Jeanne et l'humble sœur Macé.&#13;
Ces entretiens vont préciser la vocation de&#13;
recluse chez la jeune Jeanne.&#13;
&#13;
Dans la nuit du 24 février 1695, sœur Macé&#13;
voit brûler !'Hôtel-Dieu et le monastère. On&#13;
peut imaginer la douleur qu'elle ressent de&#13;
voir réduire en cendres une maison qu'elle&#13;
aimait si tendrement, pour laquelle elle&#13;
avait tant travaillé et dont son frère&#13;
M. Macé, sulpicien, est l'insigne bienfaiteur.&#13;
Forte dans l'épreuve, elle fortifie ses sœurs&#13;
par son exemple et ses paroles douces et&#13;
humbles. Durant les trois dernières années&#13;
de sa vie, la prière est son plus doux emploi.&#13;
Sœur Macé meurt le 25 septembre 1698&#13;
après quelques jours de maladie à l'âge de&#13;
81 ans. Elle avait passé 39 ans d'héroïque&#13;
dévouement dans cette contrée lointaine.&#13;
Vénérée et regardée comme une relique vivante par les sœurs, la dernière fondatrice&#13;
les laisse anéanties de douleur. Il n'y avait&#13;
point de caveau ni d'église pour recevoir&#13;
son corps ; on l'enterre donc dans une petite cour qui sera englobée dans l'emplacement de la nouvelle chapelle.&#13;
&#13;
L"'37"D&#13;
&#13;
�M&#13;
&#13;
arie Maillet est de la ville de Saumur&#13;
tant renommée pour sa dévotion à la&#13;
Sainte Vierge dans la chapelle qui lui est&#13;
consacrée. Elle est la fille de Jean Maillet,&#13;
marchand, et de Marie Pinard. Elle vit dans&#13;
l'aisance matérielle jusqu'à l'âge de 36 ans.&#13;
Désireuse de servir Dieu, elle se présente à&#13;
!'Hôtel-Dieu de La Flèche où Mère Marie de&#13;
la Ferre la reçoit le 5 avril 1646. Elle prend&#13;
l'habit et prononce ses premiers vœux le&#13;
15 mai 1647. Elle soigne les malades et&#13;
remplit la tâche de dépositaire, qu'elle assume également à !'Hôtel-Dieu de Laval dès&#13;
sa fondation en 1650. « Monsieur de La&#13;
Dauversiere, qui estait son directeur, la demanda pour 3• dans son etablissement de&#13;
Ville Marie »7 , écrit sœur Morin.&#13;
Au départ, à La Rochelle, où il y eut des&#13;
problèmes financiers avec le capitaine&#13;
Poulet du navire « Saint-André », sœur&#13;
Maillet, nommée dépositaire, demande à&#13;
monsieur Le Royer chez quel débiteur il&#13;
avait placé les biens destinés à leur fondation de Ville-Marie. Comme monsieur Le&#13;
Royer n'avait pas eu le temps de s'en occuper, il répondit que « la Providence pourvoierait à leurs nécessités ». C'est ce qui&#13;
arriva, mais sœur Maillet y pratiqua la pauvreté parfois dans les transes et les inquiétudes.&#13;
&#13;
Sœur Marie Morin relate, dans ses écrits,&#13;
qu'elle exerça ses fonctions d'économe&#13;
avec patience en soumission à la supérieure; qu'elle rendit d'inestimables services&#13;
à l'hôpital par sa compétence dans cet office. Elle ajoute que sœur Maillet était une&#13;
fille d'oraison éminente; que monsieur Olier&#13;
lui était apparu plusieurs fois pour la fortifier et consoler dans ses peines intérieures&#13;
ainsi que monsieur de La Dauversière. Ces&#13;
grands serviteurs de Dieu l'assuraient que&#13;
cette œuvre était de Dieu et qu'elle subsisterait malgré les oppositions des hommes&#13;
et qu'II saurait bien tirer sa gloire de tous&#13;
ces contretemps.&#13;
&#13;
Sa maladie débuta par une forte fièvre et&#13;
un point de côté. Pendant sept jours, la&#13;
malade lutta contre une pneumonie qui finalement la terrassa. Lucide jusqu'au&#13;
dernier moment, sœur Maillet se prépara&#13;
avec joie pour le départ : elle se vêtit de&#13;
blanc, fit mettre ordre dans sa chambre et&#13;
attendit en paix l'appel du Maître. Il vint le&#13;
30 novembre 1677 couronnant 18 ans de&#13;
dur labeur à !'Hôtel-Dieu. Sœur Maillet&#13;
avait 68 ans.&#13;
&#13;
Dans ses Annales, sœur Morin écrit : « J'ay&#13;
eu le bonheur d'estre temoin oculeire de&#13;
presque tout ce qu'elles ont fait et&#13;
soufert, ... toutes trois ... estant les fondemens de cet edifice ou Sa divine Majesté&#13;
doibt estre servie ... »9&#13;
Tel est le roc sur lequel la communauté des&#13;
Hospitalières de Saint-Joseph s'est édifiée&#13;
dès 1659 et la communauté, après 350 ans,&#13;
continue de servir avec compassion les personnes qui lui sont confiées.&#13;
&#13;
Nicole Bussières, r.h.s.j., archiviste&#13;
de la Maison mère&#13;
&#13;
Sœur Morin écrit : « Je peux en parler&#13;
seurement puisque j'ay eu l'advantage&#13;
d'estre sa compagne plusieurs annee. Elle&#13;
ce surpassait elle mesme par les peines&#13;
qu'elle prenait aupres d'eux pour leur&#13;
soulagement. Rien ne luy paressait penible,&#13;
regardant la personne de Notre Seigneur&#13;
en eux tous, particulierement les plus&#13;
malades... , les Sauvages de mesme ... Aussy&#13;
l'eimois ils bau coup et ne l'apellois que leur&#13;
chere mere, »8 Elle avait une grande dévotion à la Sainte Vierge, à saint Joseph, à&#13;
saint Joachim et à sainte Anne ainsi qu'à&#13;
l'ange gardien.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Annales manuscrites de !'Hôtel-Dieu de Montréal, 1659-1725, Sœur Marie Morin r.h.s.j., p. 98.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Ibid, p. 28.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Ibid, p. 189.&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Ibid, p. 192.&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Ibid, p. 83.&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Ibid, p. 196.&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
Ibid, p. 201.&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
Ibid, p. 202-204.&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
Ibid, p. 6-7.&#13;
&#13;
G539~&#13;
!L&#13;
&#13;
�IN MEMORIAM&#13;
&#13;
t&#13;
&#13;
Le Comité des Fondateurs de l'Église au Canada&#13;
&#13;
SŒUR PAU LINE LONGTIN, m.i.c.&#13;
(19 18-2007)&#13;
Sœur Pauline Longtin, vice-postulatrice de la Cause de béatification de Mère Délia&#13;
Tétreault et membre du&#13;
Comité des Fondateurs&#13;
de l'Eglise au Canada pendant plusieurs années, est&#13;
décédée à Pont-Viau le&#13;
25 octobre 2007. Elle était&#13;
âgée de 89 ans et comptait&#13;
71 ans de vie religieuse.&#13;
&#13;
Elle était cependant rappelée bi entôt au pays, en 1981, pour&#13;
devenir la responsable de la&#13;
Cause de canonisation de&#13;
Mère Délia Tétreault. fondatrice des Missionnaires&#13;
de l'immaculée-Conception. C'est â cette tâche&#13;
qu'elle s'est consacrée&#13;
jusqu'en 2003 avec ferveur&#13;
et compétence.&#13;
&#13;
Née à Saint-Philippe de La prairie le&#13;
19 octobre 1918, sœur Longtin entrait au&#13;
noviciat des Missionnaires de l'immaculéeConception en 1936. Elle y faisait sa profession religieuse en 1939.&#13;
&#13;
Au cours de ces mêmes années. elle&#13;
devint membre du Comité des Fondateurs&#13;
de l'Eglise au Canada et s'y fit connaître par&#13;
Sâ personnalité attacl1ante, sa vive intelli~&#13;
gence et son j ugement éclairé.&#13;
&#13;
Après des premières obédiences à la Maison-Mère et â Rimouski, on lui proposait&#13;
des études à !'Hôtel-Dieu de Montréal où&#13;
elle obtenait un diplôme d'infirmière en&#13;
1949. L'année suivante. elle partait pour le&#13;
Malawi où elle devait se dévouer sans&#13;
compter auprès d'une population pauvre et&#13;
démunie.&#13;
&#13;
Sa famille garde d'elle le souvenir d'une&#13;
femme affectueuse et pleine de délicatesse.&#13;
Sa communauté se rappelle une soeur toujours empressée â servir les autres, sans&#13;
cesse désireuse de répondre à tous les appels et de s'investir â fond dans les tâches&#13;
qui lui étaient confiées.&#13;
&#13;
En 1962. elle revenait au Canada pour jouer&#13;
un rôle important dans \'édification et l'organisation du deuxième hôpital chinois de&#13;
Montréal, rue Saint-Denis.&#13;
En 1970, c'est le Chapitre de sa commu nauté qui lui confiait une tâche de confiance au service de toutes les sœurs de&#13;
l'Institut en l'élisant Assistante-générale.&#13;
Puis, en 1979, elle retournait en Afrique.&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Exécutif&#13;
&#13;
Le témoignage d'une amie sur la tombe de&#13;
sœur Long tin, résume très bien le souvenir&#13;
qu'elle laisse à tous. &lt;1 J'admire la plénitude&#13;
de votre vie, disait cette amie en s'adressant à sœur Pauline, j'admire l'ardeur des&#13;
sentiments qui vous ont toujours animée.&#13;
Je rends grâce à la Divine Providence de&#13;
m'avoir permis de vous connaitre. 1&gt;&#13;
Jacques Lemieux, ptre&#13;
&#13;
M. Roger Leclerc, président&#13;
M. le chanoine Jacques Lemieux, vice-président&#13;
M. Maurice da Silva, publiciste&#13;
S. Céline Langelier, c.n.d., secrétaire&#13;
S. Thérèse Payer, r.h.s.j., conseillère&#13;
Madame Marie-Thérèse Chevalier, conseillère&#13;
&#13;
M embres&#13;
S. Rita Bérubé, r.s.r.&#13;
&#13;
S. Louise Martin, r.s.r&#13;
&#13;
S. Huguette Bordeleau, s.c.o.&#13;
&#13;
S. Claire Ménard, s.c.o.&#13;
&#13;
P. Jacques Bruyère, s.j.&#13;
&#13;
Madame Marguerite Morency&#13;
&#13;
S. Rollande Careau, s.c.s.l.&#13;
&#13;
S. Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
S. Thérèse Caron, a.m.j.&#13;
&#13;
M. Jean Normandin&#13;
&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
&#13;
S. Thérèse Pelletier. s.g.m.&#13;
&#13;
P. Robert ( hoquette, c.s.c.&#13;
&#13;
P. Jacques Rinfret, o.m.i.&#13;
&#13;
M. Gérald Durocher&#13;
&#13;
S. Denise Rodrigue, s.c.i.m.&#13;
&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p.&#13;
&#13;
S. Marie-Ghislaine Samson, s.c.s.i.&#13;
&#13;
S. Viola Greene, s.c.q.&#13;
&#13;
S. Jeannine Serres, s.s.a.&#13;
&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
&#13;
Madame Kathleen J. Thompson&#13;
&#13;
S. Fernande L' Heureux, s.c.s.l.&#13;
&#13;
P. Gentil Turcorte, o.f.m.&#13;
&#13;
S. Denise Malo, c.n.d.&#13;
&#13;
P. Robert Wild&#13;
&#13;
Membre hono raire&#13;
M. Urbain lussier, o.s.s.m.&#13;
&#13;
�SOMMAI RIE&#13;
Liminaire&#13;
Roger Leclerc, président .....................................................,............................................ 1&#13;
!.'.importance de proposer de nouveaux modèles de sainteté&#13;
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI .................................................................................... 2&#13;
Le saint dans ce monde&#13;
Yves Raguin, s.j .................................................................................................................. 4&#13;
Présence des Récollets en Nouvelle-France&#13;
René Bacon, o.f.m............., ............................................................................................... 7&#13;
Frédéric Jansoone, franciscain&#13;
Gentil Turcotte, o.f.m .................................................................................................... 13&#13;
20"m' anniversaire de la béatification&#13;
du bienheureux Frédéric Jansoone&#13;
Gentil Turcotte, o.f.m .................................................................................................... 20&#13;
Marie-Catherine de Saint-Augustin,&#13;
un remarquable exemple pour notre temps&#13;
Cardinal Louis-Albert Vachon ...........................,......................................................... 24&#13;
200'.,,,. anniversaire de la naissance&#13;
de la bienheureuse Marie-Anne Blondin&#13;
Jeannine Serres, s.s.a .................................................................................................... 26&#13;
Jérôme Le Royer de la Dauversière, homme de foi et d'audace&#13;
Corinne Laplante, r.h.s.j. ............................................................................................... 28&#13;
350''""' anniversaire de la mort de Jérôme Le Rciyer de la Dauversière&#13;
Nicole Bussières, r.h.s.j ................................................................................................. 32&#13;
Arrivée à Montréal des trois premières hospitalières de Saint-Joseph&#13;
il y a 350 ans&#13;
Nicole Bussières, r.h.s.j ................................................................................................. 33&#13;
IN MEMORIAM&#13;
Sœur Pauline Longtin, m.i.e.&#13;
Jacques Lemieux ............................................................................................................. 40&#13;
&#13;
Ce bulletin est publlié par&#13;
LE COMITÉ DES FON.DATEURS DE IL.'ÊGLISE AU CANADA&#13;
&#13;
�</text>
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                <text>Pierres vivantes, no annuel 2009</text>
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                <text>p. 1 : &lt;em&gt;Liminaire&lt;/em&gt; par Leclerc&lt;br /&gt;p. 2-3 :&lt;em&gt; L'importance de proposer de nouveaux modèles de sainteté&lt;/em&gt; par Benoît XVI&lt;br /&gt;p. 4-6 : &lt;em&gt;Le saint dans ce monde, Yvon Raguin, s.j., (1912-1998)&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;p. 7-12 : &lt;em&gt;Présence des Récollets en Nouvelle-France&lt;/em&gt; par Bacon&lt;br /&gt;p. 13-19 :&lt;em&gt; Frédéric Jansoone, o.f.m., 1838-1916&lt;/em&gt; par Turcotte&lt;br /&gt;p. 20-23 &lt;em&gt;: 20ième anniversaire de la béatification du bienheureux Frédéric Jansoone&lt;/em&gt; par Turcotte&lt;br /&gt;p. 24-25 :&lt;em&gt; Marie-Catherine de Saint-Augustin, un remarquable exemple pour notre temps&lt;/em&gt; par Vachon&lt;br /&gt;p. 26-27 : &lt;em&gt;20ième anniversaire de la naissance de la bienheureuse Marie-Anne Blondin, 1809-2009&lt;/em&gt; par Serres&lt;br /&gt;p. 28-31 : &lt;em&gt;Jérôme Le Royer de la Dauversière, homme de foi et d'audace&lt;/em&gt; par Laplante&lt;br /&gt;p. 32 : &lt;em&gt;350ième anniversaire de la mort de Jérôme Le Royer de la Dauversière, 1659-2009&lt;/em&gt; par Bussières&lt;br /&gt;p. 33-39 : &lt;em&gt;Arrivée à Montréal des trois premières hospitalières de Saint-Joseph il y a 350 ans&lt;/em&gt; par Buissières&lt;br /&gt;p. 40 :&lt;em&gt; In Memoriam. Soeur Pauline Longtin, m.i.c., (1918-2007)&lt;/em&gt; par Lemieux</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15204" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt;collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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        <name>Hospitalières de Montréal</name>
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                    <text>NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
•VOUS-MtMES&#13;
COMME&#13;
&#13;
Pf EQQf SVIVANTES&#13;
PRETEZ-VOUS&#13;
&#13;
AlA&#13;
CONSTRUCTION&#13;
&#13;
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EDIFICE SPIRITUEL.&#13;
&#13;
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16 0 6-16 7 3&#13;
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&#13;
l z jl:/"1.t,U&#13;
&#13;
t/a..i-?&#13;
&#13;
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f/{ JU"L(, I}.[_f.u,ca14~ l n 1599 - 1612&#13;
off~~~ ~#- 9~ ri-~fi,,,_ (.632 -1668&#13;
COMITÉ DES FONDATEURS DE L' ÉGLISE DU CANADA&#13;
&#13;
•. 1. ••&#13;
&#13;
�LIMINAIRE 1&#13;
&#13;
LIMINAIR E&#13;
"La parole d'amour et la parole,&#13;
c'est la même chose. "&#13;
Christian Bobin. *&#13;
&#13;
Depuis sa fondation, en 1942,&#13;
le Comité s'occupait exclusivement&#13;
des SIX causes concernant&#13;
les Fondateurs&#13;
dont les noms figurent en page-couverture.&#13;
Depuis 1980, l'horizon s'est élargi et&#13;
le Comité s'intéresse&#13;
désormais à d'autres saints personnages de chez nous,&#13;
considérés à bon droit comme&#13;
«l'héritage spirituel des premiers».&#13;
&#13;
Marle-Rose Durocher&#13;
ÉrnJUe Gamelin&#13;
Esther Blondin&#13;
O.atherlnt-Aurélle Caouette&#13;
Pè~ Jifé qérlc&#13;
Déna Tétreault&#13;
&#13;
1811-1849&#13;
1800-1851&#13;
&#13;
1809-1890&#13;
1833-1905&#13;
1838-1916&#13;
1865-1941&#13;
&#13;
Dieu était en dehors du temps. La Création inaugura le temps.&#13;
L'Incarnation révéla l'Amour. Ainsi donc, L'aventure humaine se jouerait dans&#13;
le temps et serait un perpétuel cheminement d'amour, un immense pèlerinage.&#13;
C'est ce à quoi me faisait penser la présente livraison de "Pierres Vivantes",&#13;
remplie de dates, d'anniversaires, d'événements petits et grands, passés et&#13;
à venir. Parmi les commémorations de 1998, voici trois moments forts:&#13;
D'abord la ré-ouverture de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, dans&#13;
le Vieux-Montréal, après une importante restauration et des découvertes&#13;
archéologiques impressionnantes, sous ses fondations.&#13;
Notre société prend de plus en plus conscience du rôle capital de&#13;
communautés religieuses dans les conservations et la mise en valeur de notre&#13;
patrimoine culturel et religieux.&#13;
On ne saurait trop exprimer notre admiration et notre reconnaissance&#13;
pour les efforts et investissements importants que les Soeurs de la&#13;
Congrégation Notre-Dame viennent de consacrer à la rénovation d'un bâtiment&#13;
témoin des débuts de notre histoire.&#13;
11 faut aussi exprimer les mêmes sentiments aux Augustines de Québec,&#13;
qui viennent de restaurer le portrait de Catherine de Saint-Augustin. Visiteurs&#13;
de Québec, il vaudra la peine d'aller rencontrer le regard compatissant de cette&#13;
jeune femme, si près de nos angoisses contemporaines.&#13;
En troisième lieu, nous sommes heureux de publier de larges extraits&#13;
d'une importante recherche sur Pierre Leber et la chapelle Sainte-Anne.&#13;
Ce travail a trouvé écoute attentive à !'Hôtel-de-ville de Montréal. Des fouilles&#13;
sont déjà en cours! On peut espérer pour bientôt l'inauguration d'un nouveau&#13;
petit parc, rappel d'une des plus grandes familles de Ville-Marie, rappel également d'une des composantes de notre foi; la dévotion à Sainte Anne.&#13;
&#13;
*****&#13;
Parmi les premiers "coureurs des bois" au Canada, on compte huit&#13;
Jésuites, "aventuriers spirituels", "fous de Dieu". martyrs.&#13;
On commémorera, en 1999, le 350• anniversaire du martyre de quatre&#13;
d'entre eux. Pourquoi ne pas profiter de cette année pour découvrir ces géants&#13;
spirituels, les prier, marcher vers eux? Littéralement. À pied. En visitant l'une&#13;
ou l'autre des nombreuses églises qui leur sont dédiées. Avec Saint Joseph,&#13;
ils sont les patrons du Canada. Notre société quitte le 20° siècle avec un grave&#13;
&#13;
�2 PIERRES VIVANTES NUMtRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
DÉVOILEMENT DU PORTRAIT DE MÈRE CATHERINE 3&#13;
&#13;
problème autochtone. Pourquoi les martyrs canadiens ne seraient-ils pas&#13;
facteurs de compréhension mutuelle et de rapprochement? "Pierres Vivantes"&#13;
leur consacre aujourd'hui plusieurs pages.&#13;
&#13;
*****&#13;
On demandait à Michel Simon, le grand comédien français, pourquoi&#13;
il ne s'était jamais marié?. "Parce que, répondit-il, je cherche une femme&#13;
parfaite ... Et le jour où je l'ai trouvée ... elle cherchait un homme parfait!''&#13;
&#13;
CÉRÉMONIE PARALITURGIQUE À LA C HAPELLE&#13;
DU MONASTÈRE DE L'HÔTEL-DIEU DE QUÉBEC&#13;
LE 17 SEPTEMBRE 1998&#13;
DÉVOILEMENT DU PORTRAIT DE MÈRE CATHERINE&#13;
PEINT EN 1668 ET RESTAURÉ EN 1998.&#13;
POUR LE 350e DE SON ARRIVÉE À QU ÉBEC&#13;
&#13;
Cette anecdote traduit le rêve de tout amoureux sur terre : l'amour&#13;
aspire à la perfection. "Or la perfection n'est pas de ce monde" répétait&#13;
l'ancienne sagesse. La sainteté aspire aussi à la perfection. "Or la perfection ... " On l'oubliait autrefois, lorsque pour édifier on présentait les saints&#13;
comme des êtres presque parfaits.&#13;
Ce ne sont pas les efforts de l'homme vers la perfection qui le rapproche&#13;
de Dieu. C'est la reconnaissance de sa pauvreté et l'abandon à Sa tendresse.&#13;
li le conduit alors où Il veut et lui donne Sa joie. Telle est la petite histoire sainte&#13;
de chacun.&#13;
Que toutes les commémorations de 1999 annoncées, dans ~e ~uméro&#13;
vivent dans cet esprit! Je remercie tous les collaborateurs d avoir laisse parler&#13;
leur coeur.&#13;
"Au commencement le Verbe était&#13;
&#13;
et le Verbe était Dieu.:,&#13;
&#13;
Roger Leclerc&#13;
.&#13;
.&#13;
.&#13;
• Christian&#13;
Bobm,&#13;
c1•t e• en exergue, est un écrivain. français.&#13;
,,&#13;
• d'Assts&#13;
• e •• "Le Tres-8 as •&#13;
un livre retentissant sur François&#13;
&#13;
11 a&#13;
&#13;
publié, chez Gallimard&#13;
&#13;
L'ANNÉE 1999&#13;
&#13;
r&#13;
&#13;
ée 1999 marquera le 350" anniversaire de la mort de Mère MarleR::, (Eulalie Durocher) 1811-1849, fondatrice de la Congrégation des&#13;
so~urs des Saints Noms de Jésus et de Marle.&#13;
Le 6 octobre 1849 est le jour même du 38' anniversaire de sa naissance.&#13;
Cette coïncidence heureuse prend valeur de symbole dans sa vie toute&#13;
axée sur Dieu.&#13;
&#13;
L'arrivée de Mère Catherine en 1648 sur "Le Cardinal", navire aux voiles&#13;
blanches qui traversait !'Océan emportant les trois courageuses femmes&#13;
de France, ce n'est pas il y a trois siècles qu'il faisait le voyage, c'est hier,&#13;
c'est aujourd'hui, il ne s'est jamais arrêté ... Entre le passé et le présent, il continue sa marche triomphale et douloureuse emportant le divin message capable de s'élever assez haut pour entrevoir les cimes, lesquelles peuvent&#13;
conduire au mysticisme. Pour le bénéfice de nos contemporains,&#13;
la Bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin perpétue son voyage&#13;
en naviguant sur le site internet.&#13;
&#13;
Laissons parler les contemporains d'hier!&#13;
Leurs témoignages sont des hommages qui ajoutent à ce que l'on sait&#13;
déjà de cette humble hospitalière qui en si peu de temps, vingt ans, a mené&#13;
une longue et fructueuse carrière à l'époque des "futurs grands saints".&#13;
Les amitiés divines et humaines qui ont présidé à la sainteté de notre chère&#13;
Marie-Catherine de Saint-Augustin depuis son arrivée et qui ont contribué&#13;
à son cheminement jusqu'à sa Béatification sont ceux de:&#13;
&#13;
Monseigneur de Laval, premier évêque de Québec, témoin de la conduite en son âme, écrivait : "J'espère que ce sera un jour un chef-d'oeuvre du&#13;
Saint-Esprit car en vérité tout est extraordinaire en elle".&#13;
&#13;
�4&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
Mère Marie de Saint-Bonaventure, deuxième supérieure à Québec,&#13;
parlait d'elle à la supérieure de Bayeux, son monastère d'origine : "L'arrivée de&#13;
S. Catherine à son petit "Paradis de Kébec" a tout de suite conquis le coeur&#13;
de ceux qui l'entourent. Il n'était pas possible de la voir et de ne pas l'aimer".&#13;
Le Père Ragueneau s.j. son premier biographe relate en 1671 : "Elle&#13;
désirait que sa vie fut un portrait vivant, une image formée sur la vie intérieure&#13;
et sur /'Esprit qui animent le coeur de la très Sainte Vierge".&#13;
&#13;
Par quelques extraits de leur allocution,&#13;
écoutons les témoins d'aujourd'hui.&#13;
S. Berthe Lemay, supérieure du monastère de l'Hôtel-Dieu de Québec,&#13;
nous livre quelques jalons de la vie de notre Bienheureuse. Je la cite : Au début&#13;
de sa mission en ce pays, elle priait ainsi : "Je loue Dieu de tout mon coeur de&#13;
la grâce qu'il m'a faite de m'avoir conduite en Canada". Tout à la fin de sa&#13;
mission, ses dernières paroles de louange à Dieu furent celles du Te Deum,&#13;
qu'elle répéta par trois fois : "C'est en vous Seigneur que j'ai mis mon&#13;
espérance, je vous bénirai éternellement".&#13;
Monsieur le Chanoine Jacques Lemieux, Supérieur Général du&#13;
Séminaire de Québec, nous la présente ainsi : Mère Catherine a compris que&#13;
l'offrande de sa vie faite avec amour lui fait une place de choix auprès du Christ&#13;
Sauveur. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux&#13;
qu'on aime a dit le Seigneur Jésus". Ainsi Catherine veut-elle aimer son pays&#13;
d'adoption jusqu'à donner sa vie pour lui à travers les pauvres, les malades,&#13;
ses chers Indiens et se dévouer pour eux jusqu'à la limite de ses forces. C'est&#13;
bien pourquoi nous n'hésitons pas à demander à Catherine de St-Augustin de&#13;
poser son regard sur nous.&#13;
Madame Françoise Faucher, comédienne de profession, nous trace un&#13;
magistral portrait du "Vrai visage de Marie Catherine". Aujourd'hui ce tableau nous&#13;
offre le privilège d'avoir sous nos yeux non plus un visage posé pour affronter la&#13;
postérité, mais celui d'une petite soeur toute jeune encore qui s'est voulue&#13;
la plus humble de toutes et qui vient de rendre l'âme ... Enfin! ... De si longues&#13;
souffrances, de si cruels tourments. - Ce visage en porte la marque et c'est en&#13;
cela qu'il nous est cher car il est semblable, et nous le reconnaissons à celui&#13;
de l'être aimé, parent ou ami, que nous avons vu lutter contre la maladie.&#13;
Visage fraternel de tous les malades, visage bouleversant dans sa nudité, de la&#13;
souffrance humaine. Elle avait trente-six ans Marie Catherine quand elle rendit&#13;
l'âme le 8 mai 1668 et c'est merveille à présent de retrouver des traces de&#13;
l'enfance dans le sourire qui éclaire délicatement le portrait que nous découvrons&#13;
aujourd'hui. Mais pour peu qu'on y regarde de plus près, on s'aperçoit aussi que&#13;
les yeux se sont embués; larmes de compassion, larmes de tendresse, une façon&#13;
très douce de nous dire: ''Aimez-vous les uns les autres, prenez soin les uns des&#13;
autres". Message entendu petite soeur, notre mère, notre amie, Marie-Catherine&#13;
de Saint-Augustin, Bienheureuse et si présente dans nos vies.&#13;
&#13;
DÉVOILEMENT DU PORTRAIT DE MÈRE CATHERINE 5&#13;
&#13;
L'Honorable Madame Lise Thibault Lieutenant Gouverneur de la&#13;
Province de Québec nous parle avec son coeur.&#13;
Quand la petite Catherine est entrée au Québec, quand elle est venue au&#13;
Canada, quand elle est venue avec les grands d'ici fonder l'Église du Canada,&#13;
quand elle est venue aider à mettre sur pied cette communauté magnifique,&#13;
c'était une femme de vision! C'était une femme qui voulait servir, une femme&#13;
qui voulait être près de ceux qui souffrent, ceux qui ont mal, ceux qui ont peur.&#13;
Il faut juste essayer de retourner 350 ans en arrière pour s'imaginer qu'est-ce&#13;
qu'on avait comme matériel à ce moment pour soigner, comment est-ce qu'on&#13;
pouvait remplacer la famille qui était loin, comment on pouvait aider à guérir le&#13;
coeur en même temps qu'on travaillait à guérir le corps, comment on accompagnait, comment on partageait l'espérance ... Pour ce que vous avez fait,&#13;
pour ce que vous faites et pour ce qu'il vous reste à faire. Merci!&#13;
Suite à ces allocutions chaleureuses nous remémorons l'instant le plus&#13;
émouvant de la fête, celui du dévoilement du "Vrai visage de Mère Catherine".&#13;
Mère Claire Gagnon Supérieure Générale assistée de S. Berthe Lemay&#13;
Supérieure du monastère ont levé le voile sur lequel étaient imprimées les&#13;
armoiries des Delongprey. Nous avons contemplé le vrai visage peint en&#13;
1668 par l'abbé Hugues Pommier au moment de sa mort. Quelle émotion!&#13;
Immédiatement une chorale mixte entonnait la cantate "Fleurons de gloire" écrite&#13;
spécialement pour Marie-Catherine au moment de sa Béatification en 1989.&#13;
La cantate terminée, les applaudissements ont retenti joyeux, animés d'un&#13;
nouveau souffle de vie!&#13;
Puis nous nous sommes dirigés, civils et religieux, à la salle de réception&#13;
pour le partage fraternel. M. Michael O'Malley explique la procédure de la&#13;
restauration du portrait, diapositives à l'appui. Ce fut très instructif et&#13;
scientifique à la fois.&#13;
Avant de quitter le monastère L'Honorable Madame Lise Thibault&#13;
Lieutenant gouverneur de la Province de Québec, est venue prier à la châsse&#13;
de la Bienheureuse. Nous lui avons remis le volume Les Annales de l'HôtelDieu écrit par nos premières Mères et La vie de Mère Catherine de SaintAugustin du Père Paul Raguenau. s.j.&#13;
Puisqu'elle est toujours avec nous, suivons sa trace et son visage.&#13;
Reconnaissons-la sur nos chemins. En s'approfondissant, puissent les liens&#13;
crées nous unir au Christ, lien véritable de toute amitié. C'est dans la joie que&#13;
nous redisons Merci à notre Bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin&#13;
venue en Canada. Et nous, aujourd'hui comme hier, poursuivons notre route&#13;
sur notre voilier d'espoir jusqu'au port de !'Éternelle gloire où nous contemplerons son vrai visage.&#13;
&#13;
S. Simone Ruel a.m.j.&#13;
Monastère des Augustines de&#13;
/'Hôtel-Dieu de Québec&#13;
&#13;
�6&#13;
&#13;
SUR LES PAS DU BX FRÉDÉRIC 7&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
SUR LES PAS DU&#13;
&#13;
ex&#13;
&#13;
FRÉDERIC&#13;
par : Gent11 Turcotte, ofm.&#13;
&#13;
Et en premier, l'église de Ghyvelde! Celle en laquelle Frédéric a été baptisé&#13;
en 1838, et reçu les sacrements de l'initiation chrétienne a fait place à une&#13;
nouvelle église plus vaste, plus élégante. Ce beau temple de style gothique,&#13;
élevé par les habitants de la commune, a aussi été abîmé par les obus de la&#13;
guerre de 1940, mais remis en parfaite condition. À l'extérieur, sur le côté sud&#13;
de l'église, je n'ai pas été sans remarquer, adossé à la construction, un calvaire&#13;
de proportion fort imposante. On m'a dit que c'était une tradition dans les&#13;
Flandres de doter les églises d'une telle croix et de majestueuses sculptures.&#13;
Près de l'entrée principale, à l'intérieur, les "Amis du Père Frédéric" ont aménagé un espace avec triptyque, tableaux, peintures, photos, etc, qui rappellent&#13;
le bienheureux Frédéric. On y a aussi disposé une relique du bienheureux,&#13;
dans le but de favoriser la dévotion à ce saint, originaire d'ici.&#13;
Le lendemain, une promenade à travers les clochers de la région, avec un&#13;
fier connaisseur du patrimoine flamand, M. Jean Joly de Dunkerque,&#13;
guide volontaire, m'a fait découvrir l'art flamand dans toute sa beauté, grâce donc&#13;
à une visite "des grands retables de Flandre"! J'en ai été tout à fait émerveillé&#13;
et j'ai fait des efforts pour bien fixer dans ma mémoire tous ces chefs-d'oeuvre&#13;
qui décorent ces belles églises, disséminées dans la grande plaine du Nord.&#13;
&#13;
Le 25 septembre 1998 marquait le dixième anniversaire de la béatification du P.Frédéric Janssoone, franciscain de Trois-Rivières, originaire de la&#13;
commune de Ghyvelde, située à quelques kilomètres de Dunkerque, dans les&#13;
Flandres françaises.&#13;
Invité par l'association des "Amis du Père Frédéric", j'avais donc le&#13;
bonheur de me joindre aux gens de cette région pour célébrer cet anniversaire ; eux qui portent une grande admiration et dévotion à feur concitoyen,&#13;
élevé sur les autels, le bienhelJreux Frédéric de Ghyvelde.&#13;
Dès mon arrivée, le 22 septembre, ma première visite, je la devais au&#13;
Père Frédéric, en me rendant au lieu où il est né. La maison dans laquelle,&#13;
il vit le jour n'y est plus, complètement rasée par les bombardements, lors de&#13;
la dernière guerre. Pendant quelques années, on pouvait y voir encore&#13;
quelques pans de murs. Aujourd'hui, plus aucun vestige. Sur l'emplacement de&#13;
cette maison, les "Amis du Père Frédéric" ont érigé une stèle qui en marque&#13;
l'endroit précis et rappelle son souvenir. Le site un peu à l'écart, invite au&#13;
recueillement, car icl a vécu un homme exceptionnel qui s'est fait disciple de&#13;
saint François, et qui a accompli dans sa vie le projet de sainteté que le&#13;
Seigneur souhaite à tous ceux et celles qui embrassent l'Évangile. Cette Stèle&#13;
et ses composantes disposées en hémicycle, ainsi que des arbres plantés&#13;
au cours des ans, font en sorte que de ce petit coin de terre se dégage une&#13;
impression de dignité et d'intimité. Les visiteurs qui s'y arrêtent ne peuvent&#13;
qu'éprouver une certaine présence de Frédéric, qui parle au coeur!&#13;
Dans mon projet de visite, je m'étais proposé de me rendre dans les&#13;
différents endroits, école, église, établissement où a passé le jeune Frédéric,&#13;
&#13;
Sur la route, un peu au sud de Ghyvelde, ma curiosité a été piquée&#13;
par un petit village "Les Moëres", dont le nom signifie ''marais", parce qu'ici,&#13;
nous sommes dans une dépression de plusieurs mètres sous le niveau de&#13;
la mer. De nombreux "moulins à vent" pompaient l'eau dans les canaux,&#13;
du temps de l'enfance de Frédéric. Il n'en reste que deux, témoins de leur existence. Le papa du P. Frédéric, Pierre-Antoine Janssoone est né justement dans&#13;
cette plaine basse, et a dû participer au dessèchement des marais afin de&#13;
rendre ces terres propices à la culture.&#13;
Après quelques kilomètres, nous arrivons au Lycée Notre-Dame-desDunes, totalement reconstruit après les ravages de la guerre; collège&#13;
catholique qui fait partie d'un regroupement d'institutions à même vocation,&#13;
et qu'on a nommé "Réseau Frédéric Janssoone"; pour rappeler que le jeune&#13;
Frédéric a fréquenté ce collège, pendant quelques années.&#13;
Continuant notre route à bonne allure, nous avons atteint Hazebrouk,&#13;
avec cet excellent guide M. Jean Joly, qui m'accompagne au Lycée où Frédéric&#13;
a étudié à deux reprises. La visite de la chapelle, la rnême que du temps de&#13;
Frédéric, a été un moment spécial. Elle est très belle avec son retable de style&#13;
flamand et tout l'ensemble qui porte à la prière et au recueillement. J'ai pensé&#13;
alors au jeune Frédéric qui s'est souvent agenouillé, ici, et qui a demandé les&#13;
lumières de l'Esprit pour mieux saisir ce que le Seigneur attendait de lui. Sur le&#13;
mur gauche, une plaque rappelle le passage du P. Frédéric, avec indication de&#13;
la date de sa béatification. Puis dans l'antique cloître des Pères Capucins qui&#13;
ont habité primitivement l'établissement avant qu'il ne devienne collège puis&#13;
Lycée d'État, une belle photo agrandie du P. Frédéric attire l'attention des&#13;
jeunes qui déambulent quotidiennement.&#13;
&#13;
�8 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
Ma tournée dans les Flandres n'aurait pas été complète, sans le Mont&#13;
des Cats (prononcez ka). Un pèlerinage avait justement été prévu, en ce lieu,&#13;
dans le cadre des festivités du Triduum en l'honneur du bienheureux Frédéric,&#13;
samedi le 26 septembre. Le Mont des Cats est une abbaye cistercienne, située&#13;
à une demi-heure d'autobus environ de Ghyvelde. Nous étions près d'une&#13;
centaine à faire l'ascension, jeunes et moins jeunes. En l'année 1862,&#13;
probablement, Frédéric s'y !3St rendu pour quelques jours de retraite, dans le&#13;
but d'étudier sa vocation. A un âge avancé, le Père Frédéric aimait parler&#13;
de cette aventure à !'Abbaye Notre-Dame-du-Mont-des-Cats. C'est qu'avant de&#13;
quitter le monastère, il a voulu rencontrer le Père Abbé pour lui faire part&#13;
de son intérêt à la vie cistercienne. Mais la conversation ne s'est pas orientée&#13;
dans le sens que Frédéric avait prévu. À ce moment-là, il était le jeune&#13;
commis-voyageur, faisant le porte en porte pour vendre de beaux tissus. Il faut&#13;
y voir un jeune homme dont la mise était des plus chics avec la canne et le&#13;
chapeau melon. L'effet produit sur le Père Abbé fut moins que favorable. Il n'a&#13;
pu discerner en Frédéric, un garçon qui a le projet de vouer sa vie à la pénitence et à l'abnégation. D'une manière correcte. Frédéric a bel et bien été&#13;
refusé; c était sans doute un signe que le Seigneur ne le voyait pas cistercien.&#13;
Un historien a écrit : "La Flandre est aussi une terre de rencontre",&#13;
mais également une terre d'accueil, pleine de vie et de chaleur; une terre riche&#13;
de son histoire, écrite principalement dans les murs de ses églises,&#13;
mais surtout dans les coeurs!&#13;
Il m'a été donné de vivre au sein de cette communauté, pendant plus&#13;
d'une semaine; et comme j'ai appris -- ! J'ai goûté le calme de ces campagnes&#13;
aux vastes champs de betteraves à sucre, dont c'était le temps de la récolte.&#13;
Encore là, m'est venu le souvenir de Frédéric, qui dans les années 1894,&#13;
s'est fait promoteur de cette culture au Québec. Je l'ai partagé avec les prêtres&#13;
de la région, lors d'un déjeuner-causerie.&#13;
Le Père Frédéric que l'on a surnommé : "Le Marcheur de Dieu", quand il&#13;
allait de maison en maison, offrir un livre pieux, a souvent été témoin de la&#13;
grande pauvreté de certaines familles. Il a dû se dire : "Que ferais-je pour ces&#13;
familles pauvres?" Se souvenant que dans son pays de la Flandre française,&#13;
la culture de la betterave à sucre était d'un apport important dans l'économie&#13;
familiale, il n'hésite pas à recourir à Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières,&#13;
pour qu' il le nomme "missionnaire agricole pour la betterave à sucre".&#13;
Il en reçut la nomination; alors de village en village, il donne des conférences&#13;
et incite les habitants à faire l'expérience de cette culture, leur assurant&#13;
un revenu certain avec des profits importants, pour ainsi goûter un peu plus&#13;
d'aisance au sein de la vie familiale. Au terme de cette anecdote, les prêtres&#13;
ont été unanimes à déclarer : "Voilà! C'est l'engagement social de Frédéric!"&#13;
Dans un temps où on parle beaucoup de l'option pour les pauvres, on constate&#13;
que Frédéric nous a devancés depuis longtemps, et que son engagement s'est&#13;
vraiment concrétisé par des gestes. Il ne pouvait en être autrement, quand on&#13;
sait que son projet de vie qu' il a lui-même tracé dans une lettre se lit ainsi:&#13;
&#13;
SUR LES PAS DU BX FRÉDÉRIC 9&#13;
&#13;
"... Présence de Dieu partout et en tout temps, ... et une compassion sans&#13;
réserve pour les âmes affligées, les pauvres malades qui viennent de partout!"&#13;
Rien d'étonnant, alors, que dans ce pays, quand il s'est agi de trouver une&#13;
orientation à la dévotion envers leur Bienheureux, on ait choisi de l'invoquer&#13;
sous le vocable : "Père Frédéric, protecteur des familles"! On ne pouvait atteindre meilleure cible, car, quand on s'approche de lui, on ne peut que constater&#13;
toute la sollicitude et l'affection qu' il portait à la vie familiale. N'a-t-il pas attesté&#13;
que sa propre famille a été pour lui une école de sainteté! et que tout son&#13;
cheminement a commencé là! De plus, au Québec, sa patrie d'adoption,&#13;
les témoignages sont unanimes à affirmer que Frédéric, dans ses visites aux&#13;
maisons. était porteur d'espérance et de bénédiction.&#13;
"... Je visiterai toutes les familles, une à une, chez elles. 11 Le commisvoyageur de Dieu passait comme cela, tout bonnement, faisant le bien.&#13;
Maintenant qu' il est avec Jésus, avec Marie, certes qu' il peut continuer son&#13;
soutien, ses bénédictions aux familles qui l'invoquent avec confiance.&#13;
Quand on se trouve, comme par une grâce toute spéciale, dans ce milieu&#13;
de la Flandre, on ne peut taire la mémoire du Père Frédéric, tellement on est&#13;
avide de le connaître ... d'entendre parler de lui.&#13;
Aux enfants du catéchisme, dans l'église de Ghyvelde, j'ai parlé longuement du Père Frédéric, comme l'ami passionné de Jésus. Dans le langage&#13;
d'aujourd'hui, on dirait "tout plein de Jésus", et tellement que ce qu' il faisait,&#13;
c'était comme si c'était Jésus. Voilà pourquoi Frédéric était si bon, si près des&#13;
petits et qu'il pouvait guérir tel ou tel enfant malade, handicapé. Je redis toute&#13;
mon ~mitié à ces quelque deux cents enfants qui m'ont écouté avec tant&#13;
d'égards, et je les invite à bien travailler leurs fiches sur le Père Frédéric.&#13;
Aux adultes de l'Association des Amis du Père Frédéric, réunis à la salle&#13;
polyvalente de Ghyvelde, j'ai développé, comme il m'avait été su~géré le&#13;
thème : "Le Père Frédéric, porteur de la Bonne Nouvelle" Annoncer l'Evangile,&#13;
parler de Jésus Christ. C'est le programme de Frédéric, c'est toute sa vie!&#13;
Au temps de sa formation sacerdotale, c'est à cela qu' il s'est préparé, et on&#13;
peut dire, son vrai charisme, c'est bien "être évangélisateur" Et quelle fougue&#13;
il y mettait, sans arrêt, tantôt ici, tantôt là, toujours le même, en train de&#13;
prêcher Jésus, mettant à profit ses talents d'animateur, de conteur.&#13;
À Monseigneur Laflèche qui s'interrogeait sur sa mission, le Père Frédéric&#13;
a répondu : "J'ai toujours continué à annoncer la parole de Dieu", comme&#13;
pour bien rassurer son évêque où il se loge, malgré la multiplicité de ses&#13;
engagements.&#13;
Ma visite au pays de Frédéric devait se terminer par une grande célébration eucharistique à l'église de Ghyvelde. Puis, geste très édifiant, une dizaine&#13;
de prêtres de la région, bien que ce fut un dimanche, se sont joints à la&#13;
concélébration en l'honneur du bienheureux Frédéric, pour signaler les dix ans&#13;
de sa béatification. Une foule de priants et de priantes remplissaient l'église.&#13;
&#13;
�10 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
Pour la circonstance, j'avais choisi pour thème de la célébration et l'homélie :&#13;
"Tous appelés par le Seigneur à la perfection chrétienne", nous rappelant&#13;
la parole de l'Évangile : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait"!&#13;
On a tous de la difficulté à croire que la parole de Jésus s'adresse à chacun ,&#13;
chacune, et qu'il nous soit possible d'accéder à la sainteté, croyant ce projet&#13;
réservé à des âmes privilégiées. Frédéric y a réussi, mais il a prié, beaucoup&#13;
prié, comme il l'a souvent avoué. Pourquoi ne pas retenir ce mot d'une de&#13;
ses lettres : "La grâce de choix que j'ose désirer, c 'est de devenir un saint"!&#13;
Nous qui vouons une grande admiration à Frédéric, lui un saint aux deux pieds&#13;
sur la terre, pourquoi ce ne serait pas aussi la nôtre?"&#13;
&#13;
ACTUALITÉ DE MARIE·DE·l'INCARNATION 11&#13;
&#13;
ACTUALITÉ DE MARIE-DE-L'INCARNATION&#13;
Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
EN MARCHE VERS LE 400"&#13;
Le 28 octobre 1999 célébrera le 400• anniversaire de naissance de Marie&#13;
Guyart, à Tours, en France.&#13;
Pourtant, en 1599, cette naissance avait provoqué peu de commentaires&#13;
en dehors de la famille Guyart qui accueillait cette 4• enfant. Comment&#13;
expliquer que cet événement prenne de l'importance après quatre siècles?&#13;
C'est que Marie Guyart est actuelle plus que jamais. Ses nombreux Écrits&#13;
la rendent contemporaine. Ceux qui s'adonnent à leur lecture y trouvent des&#13;
réponses à leurs questions ou des satisfactions à leurs attentes.&#13;
&#13;
(jhyvel e, France&#13;
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&#13;
JEAN DE BREBEUF&#13;
ET LE DRAME DE LA HURONIE&#13;
DENISE PEPIN&#13;
Évoque l'homme, ses origines, son cheminement&#13;
et sa vie en Nouvelle•France,&#13;
en ce 350' anniversaire de sa mort.&#13;
1649· 1999&#13;
1010, rue Cherrier app. 1408&#13;
Montréal, Quêbcc, H2L 1H8 (514) 523·5155&#13;
200 pages&#13;
$15.ô0&#13;
&#13;
Vous voulez des renseignements sur les débuts de la Nouvelle-France?&#13;
Ouvrez la Correspondance. Vous y trouverez des détails sur la vie des&#13;
premiers habitants, sur leurs façons de se nourrir, de se vêtir, de se&#13;
loger, de se préserver du froid, de se protéger contre l'~nnemi, sur&#13;
le développement de l'économie et la diffusion de l'Evangile.&#13;
Voilà pour les historiens.&#13;
Certains désirent se distraire en appréciant la beauté&#13;
d'une langue pittoresque, nuancée, harmonieuse.&#13;
Ils goûteront un réel plaisir en se livrant aussi à la&#13;
lecture de la Correspondance, joyau de l'écriture du&#13;
17• siècle. Voilà pour les littéraires.&#13;
Plusieurs de nos contemporains sont en quête&#13;
de Dieu ou d'une manière de prier. Ils seront&#13;
admirablement servis en lisant !'Autobiographie que&#13;
Marie Guyart de l'Incarnation adresse à son fils,&#13;
en 1654. Marie a connu maints états de vie : épouse,&#13;
mère, veuve, femme d'affaires, mystique, missionnaire. Elle a vécu les joies spirituelles les plus hautes&#13;
ainsi que les détresses les plus accablantes. Elle nous&#13;
offre des modèles de prières variés, correspondant&#13;
à chacun de ces états. Voilà pour les spirituels.&#13;
Marie de l'Incarnation a bénéficié de lumières&#13;
exceptionnelles sur les grandes vérités de notre&#13;
foi comme la Sainte Trinité, le Verbe Incarné,&#13;
.&#13;
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les Anges. Ces connaissances infuses, fruits&#13;
du don d'intelli- .....:~ =~ ~~2.::::::- ~~~~---,,.~~~gence sont sus· ••&#13;
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ceptibles de lever&#13;
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&#13;
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&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
VIVANTES NUMÉRO&#13;
NUMÉRO ANNUEL&#13;
1998&#13;
PIERRES&#13;
ANNUEL 1998&#13;
&#13;
le rideau sur plusieurs aspects de nos questionnements. Et voilà la part&#13;
des théologiens.&#13;
Marie de l'Incarnation est plus actuelle, plus universelle que jamais.&#13;
Profitons de cette année préparatoire à la célébration du 28 octobre 1999&#13;
pour plonger dans les écrits de notre Bienheureuse et marcher en sa&#13;
compagnie vers le Jubilé de l'an 2000.&#13;
&#13;
ON PRÉPARE LE 400e&#13;
4008&#13;
L'ouverture officielle de l'année Marie Guyart a eu lieu le 28 octobre&#13;
1998. Mgr Laurent Noël, évêque émérite de Trois-Rivières a célébré une&#13;
Eucharistie solennelle à cette occasion. À&#13;
À la procession d'entrée, on a porté&#13;
une copie de l'extrait de Baptême de Marie Guyart. Deux fillettes, habillées,&#13;
l'une à la française, l'autre à la huronne portaient des gerbes de blé, symbole&#13;
l’accent sur l'équilil'équili­&#13;
de la mission produite après tant d'années. L'homélie a mis l'accent&#13;
bre de vie que l'on peut admirer chez Marie de l'Incarnation entre sa contemcontem­&#13;
plation et son activité apostolique. Le soir du 28 octobre, une conférence de&#13;
Monsieur Hubert Charron, de Versailles, sur la vie de Marie Guyart à Tours&#13;
a intéressé un auditoire composé des Ursulines et des membres de l'organil'organi­&#13;
sation France-Québec.&#13;
Tours se prépare à célébrer cet anniversaire par un colloque international&#13;
qui réunira de grands spécialistes de la Bienheureuse, en mai 1999.&#13;
Pour les Ursulines, le sommet de cette année aura lieu à l'été 1999&#13;
avec un Congrès pour elles et leurs associés. Seront présentes les jeunes&#13;
religieuses et leurs cinq provinces : Québec - Trois-Rivières - Rimouski Japon - Pérou.&#13;
Le CEMI de l'Université Laval prépare, à son tour, un colloque&#13;
International qui se tiendra à Loretteville sur la toujours actualité de Marie&#13;
Guyart. On espère qu'à cette occasion, une ou deux soirées seront ouvertes&#13;
au grand public.&#13;
sans dire que la fête _li!urgique&#13;
liturgique du 30 avril 1999 ainsi que le 28 octo­&#13;
11Il va sa~~&#13;
octorevêtiront une solennite&#13;
solennité particulière.&#13;
bre 1999 revetiront&#13;
&#13;
SUGGESTIONS DE LECTURES:&#13;
Marie de l'Incarnation:&#13;
&#13;
Sa CORRESPONDANCE -- Son TÉMOIGNAGE&#13;
Ses ÉCRITS SPIRITUELS (2 tomes)&#13;
N.B.: Ces livres sont en vente au Centre Marie-de-l'Incarnation&#13;
Marie-de-l'lncarnation&#13;
&#13;
10, rue Donnacona&#13;
C.P. 760&#13;
G1R&#13;
Québec, (Québec) G1&#13;
R 4T1&#13;
&#13;
B0URGE0YS ET LA CHAPELLE N.-0.-DE-BON-SECOURS&#13;
N .-D.-DE-B0N-SEC0URS 13&#13;
13&#13;
MARGUERITE BOURGEOYS&#13;
&#13;
BOURGEOYS&#13;
MARGUERITE BOURGEOVS&#13;
ET LA CHAPELLE NOTRE-DAME-DE-BON-SECOURS&#13;
En cette fin du XX•&#13;
XXe siècle et à l'approche du 300"&#13;
300e anniversaire de la mort&#13;
de Marguerite Bourgeoys le 12 janvier 1700, un témoin tangible de Marguerite&#13;
Bourgeoys et de son labeur avec et pour les premiers Montréalistes a surgi à&#13;
Montréal. Réduite en cendres en 1754, graduellement couverte et cachée sous&#13;
la poussière et les débris des siècles, les fondations de la première Église de&#13;
pierre de Montréal, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, sont de nouveau&#13;
visibles sous la chapelle actuelle érigée par-dessus et non sur les fondations&#13;
de la première chapelle.&#13;
Si aujourd'hui il y a encore une chapelle dédiée à Notre Dame près du fleuve&#13;
dans le Vieux-Montréal, c'est qu'en 1657 dans un Montréal naissant, Marguerite&#13;
Bourgeoys a inspiré aux Montréalistes de créer un site de pèlerinage dédié&#13;
à Notre Dame. Faire un pèlerinage -- entreprendre un voyage, symbole de la vie&#13;
chrétienne elle-même -- était une pratique religieuse importante en ce temps-là.&#13;
Les fondateurs de cette ville ont établi leur premier lieu de pèlerinage, le 6 janvier&#13;
1643 quand Paul de Chomedey de Maisonneuve a porté une croix sur la monmon­&#13;
tagne en action de grâce pour avoir été épargné d'une inondation. Une des&#13;
premières actions de Marguerite, après son arrivée à Ville-Marie en 1653, a été&#13;
de voir au redressement de cette croix tombée au fil des années. Mais en 1657,&#13;
le trajet vers la montagne était si périlleux que Marguerite a cherché&#13;
un lieu de pèlerinage plus près du petit établissement de la ville.&#13;
En ce temps-là, Ville-Marie n'avait pas d'église paroissiale mais était encore&#13;
une mission jésuite. Marguerite a demandé l'autorisation de construire une&#13;
chapelle de pèlerinage dédiée à Notre Dame au Père Claude Pijart,&#13;
missionnaire jésuite alors responsable de Montréal. Cela peut paraître un peu fou&#13;
alors que la vie était si précaire à Ville-Marie, alors que sa survie d'un jour à l'autre,&#13;
tenait parfois du miracle. Mais alors, aux yeux du monde, Montréal n'était-il pas&#13;
une «folle entreprise» ? Le Père Pijart a donné son approbation et en ces temps&#13;
de péril et de danger, il a choisi pour la chapelle le nom approprié de Notre-Damede-Bon-Secours. Immédiatement, Marguerite met en oeuvre son don spécial&#13;
de rassembleuse. Elle fait participer toute la petite population de Montréal à la&#13;
construction de la nouvelle chapelle, du gouverneur, qui non seulement a donné&#13;
le terrain mais a traîné lui-même des troncs d'arbres de la forêt au plus démuni&#13;
des colons pour qui elle faisait de la couture en compensation de son travail.&#13;
Des difficultés surgirent et la construction de la chapelle fut remise à plus tard,&#13;
cependant un petit appentis de bois fut érigé sur les fondations pour abriter la stasta­&#13;
tuette de Notre-Dame de Bon-Secours, de 1673 et jusqu'à ce que la chapelle&#13;
de pierre soit complétée en 1678.&#13;
La construction de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours témoigne&#13;
de plusieurs qualités qui caractérisent Marguerite Bourgeoys : ses talents&#13;
d'organisatrice, son habileté à entraîner les autres à travailler avec elle, son&#13;
sens pratique des affaires, sa sollicitude pour les gens dont le travail est le seul&#13;
moyen de subsistance, son souci de l'harmonie sociale, sa capacité&#13;
&#13;
�DÉLIA TÊTREAULT 15&#13;
&#13;
14 PIERRESVIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
DÉLIA TÉTREAULT&#13;
DÉCLARÉE VÉNÉRABLE&#13;
&#13;
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&#13;
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V&#13;
&#13;
LES RÉCENTES FOUILLES, AU SOUS-SOL DE LA CHAPELLE.&#13;
&#13;
de «compter sur Dieu». Mats, par-dessus tout, la chapelle est un témoignage&#13;
spécifique de sa foi.&#13;
L'aide matérielle que Marguerite Bourgeoys a offerte à son entourage&#13;
dans les premiers temps de Montréal est bien connue : don d'une couverture,&#13;
d'un matelas, de nourriture et d'un refuge. Est connue également soh oeuvre&#13;
d'éducatrice, de conseillère et de soutien moral. Tout cela jaillit et concrétise&#13;
cette foi sur laquelle s'appuiera le jugement final. Dans la chapelle, Marguerite&#13;
a voulu que les Montréalistes trouvent une place où ils puissent expérimenter&#13;
la Présence de Dieu en eux et autour d'eux. Elle savait que cette conscientisation pourrait transformer leur vie quotidienne laborieuse et souvent angoissante. Nous savons d'après les écrits de soeur Marie Morin qu'à la fin du&#13;
siècle, la chapelle était devenue un grand centre de pèlerinage pour tout le&#13;
Canada et Marguerite elle-même a écrit:&#13;
«// se faisait plusieurs mervellles par les prières que l'on faisait dans cette&#13;
chapelle».&#13;
&#13;
Tout au cours des siècles, la chapelle a continué d'inspirer les&#13;
Montréalais, ils furent déterminés à la relever de ses cendres en 1771 et l'ont&#13;
préservée de la démolition quand il s'agissait de prolonger la rue Saint-Denis&#13;
ou de construire une gare ou l'autoroute Ville-Marie. Elle continue de remplir&#13;
sa mission des origines quand un des visiteurs de l'été dernier peut écrire :&#13;
«J~ m_&#13;
e s~n~ près de Dieu dans ce lieu saint.» Parfois il semble que cette foi&#13;
qui a inspire Marguerite Bourgeoys et les premiers Montréalistes a disparu,&#13;
ce n'est pas le cas. Comme les pierres de la première chapelle Notre-Damede-Bon-Se_&#13;
cours, _récemment découvertes, puissent les «pierres vivantes»&#13;
de cette foi devenir davantage perceptibles à nos yeux.&#13;
&#13;
Patricia Simpson, C.N.D.&#13;
Recherche et conservation&#13;
Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours I Musée Marguerite-Bourgeoys&#13;
Traduction : Madeleine Huet&#13;
&#13;
Le 18 décembre 1997, DÉLIA TÉTREAULT fut déclarée vénérable.&#13;
Dans les différents pays de missions confiés à ses filles, sous des climats&#13;
différents et selon des cultures multiples, les célébrations de cet événement&#13;
d'Église se sont succédé tout au long de l'année qui a suivi la reconnaissance&#13;
officielle de l'héroïcité des vertus de celle qui a donné au Canada ses deux&#13;
premières fondations missionnaires,&#13;
11 convenait de donner, dans l'Église d'origine de ces réalisations,&#13;
une couleur particulière à l'événement, et cela se passa, à Montréal le 24 mai&#13;
1998, dans la cathédrale «Marie-Reine-du-Monde». L'église était remplie&#13;
à capacité d'une foule d'amis, de sympathisants, comptant même plus d'une&#13;
centaine de membres de la parenté de la Vénérable, accourus de tous&#13;
les coins du pays et aussi des États-Unis.&#13;
Sept évêques forment une couronne autour de M. le cardinal JeanClaude Turcotte, archevêque de Montréal, et soixante quinze prêtres&#13;
concélèbrent. Fait à souligner, parmi les évêques présents figure celui qui,&#13;
occupant déjà la charge de supérieur général de la Société des MissionsÉtrangères du Québec, vient d'être nommé au siège de St-Hyacinthe, diocèse&#13;
d'origine de la Vénérable Délia Tétreault, Mgr François Lapierre, p.m.é.&#13;
Notre supérieure générale, soeur Évangéline Plamondon, souhaite&#13;
la bienvenue au président et à l'assemblée; elle souligne que «le choix&#13;
de la cathédrale comme lieu de rassemblement de ce jour rappelle le lien&#13;
étroit que Délia Tétreault eut dès les débuts de notre fondatiôn avec son&#13;
Église locale et son archevêque, Mgr Paul Bruchési; et que ce fut de cette&#13;
cathédrale également que partirent en 1909, les premières religieuses&#13;
pour la Chine».&#13;
&#13;
�DIX ANS DE CHARITÉ .. , AU COEUR DE LA VIE 17&#13;
&#13;
16 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
Nous retenons l'extrait suivant de l'homélie de M. le cardinal Jean-Claude&#13;
Turcotte:&#13;
«Depuis qu'elle a été déclarée 'Vénérable' par Jean-Paul Il, D~lia&#13;
Tétreault tait officiellement partie de cet impressionnant et beau cortege&#13;
d'hommes et de femmes de chez nous qui, s'étant laissés rejoindre par Dieu&#13;
et lui ayant consacré toute leur vie, sont devenus pour nous des sources&#13;
d'inspiration et des modèles. Les premières à se réjouir de fa déclaration&#13;
papale du 18 décembre . dernier sont certes les Soeurs Missionnaires de&#13;
/'Immaculée-Conception. A leurs côtés, se trouvent assurément les prêtres des&#13;
Missions-Étrangères qui connaissent quel rôle a joué Délia Tétreault dans&#13;
la fondation de leur Séminaire, en 1921. Puis il y a nous tous, du diocèse&#13;
de Montréal, qui nous réjouissons de constater que cette femme, qui obtint de&#13;
Mgr Paul Bruchési, l'autorisation de fonder la première communauté religieuse&#13;
missionnaire au Canada, est maintenant à compter parmi ces êtres que Dieu&#13;
a choisis pour accomplir de grandes choses».&#13;
&#13;
Au seuil du 21 " siècle, le rêve de la petite fille qui voyait l'immense champ&#13;
de blé mûr se transformer en têtes d'enfants du monde entier devient réalité.&#13;
Centré sur l'universalité de la foi, le message de Délia rejoint les aspirations&#13;
de ceux et celles qui veulent bâtir un monde sans frontières, particulièrement&#13;
les jeunes. Sa famille religieuse de plus en plus internationale - le tiers de ses&#13;
membres sont de différentes nationalités - travaille dans 13 pays. À elles&#13;
se joignent des associés(es) et des missionnaires laïques qui veulent suivre&#13;
l'inspiration de la fondatrice et vivre, avec Marie, la mission de Jésus dans&#13;
un hymne de perpétuelle action de grâces.&#13;
Jean-Paul li a un jour affirmé : «À travers toute l'histoire de l'Église, les&#13;
saints et les saintes ont toujours été source et origine de renouvellement dans&#13;
les moments les plus difficiles. Aujourd'hui nous avons besoin d'avoir des&#13;
saints et sans nous lasser nous devons en demander à Dieu», En présentant&#13;
la vie et l'oeuvre de Délia Tétreault au jugement de l'Église, nous voulons faire&#13;
reconnaître sa personnalité spirituelle particulière, car chaque saint a sa physionomie propre. 7:hérèse de l'Enfant-Jésus, que sa «petite voie» a fait déclarer «Docteur de l'Eglise», s'est un jour écriée heureuse d'avoir enfin découvert&#13;
sa vraie vocation :((Au coeur de l'Église, ma Mère, je serai l'amour l» Délia, elle&#13;
aussi, a longuement sondé le coeur de sa vocation missionnaire et, l'ayant&#13;
pénétré, nous le révèle en disant : .. Que notre vie soit un long Magnificat f,,&#13;
&#13;
Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
Vice-postulatrice&#13;
de la cause de Défia Tétreault&#13;
&#13;
150 ANS DE C HARITÉ ...&#13;
... AU COEUR DE LA VIE&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
SOEURS DE U CHARITÉ DE QUEBEC&#13;
1849-1999&#13;
&#13;
Viola Green, s.c.q.&#13;
&#13;
Le 22 août , 998, s'ouvrait officiellement l'année de notre 150• anniversaire de fondation. Cette journée fut marquée par une messe solennelle&#13;
présidée par Mgr Maurice Couture, Archevêque de Québec, ~t qui fut retran~mise le lendemain, 23 août, dans le cadre du Jour du Seigneur de Radio&#13;
Canada.&#13;
Le 22 août , 849, Mère Marie-Anne-Marcelle Mallet arrivait à Québec&#13;
accompagnée de cinq soeurs. Elle avait vécu ses 25 premières années de&#13;
vie religieuse chez les Soeurs Grises de Montréal et avait été formée selon la&#13;
spiritualité de sainte Marguerite d'Youville.&#13;
Dès le début de sa mission à Québec, elle a vécu profondément la compassion. Une épidémie ravageait la ville. Mère Mallet et ses soeurs ont immédiatement porté secours aux malheureux en hébergeant les orphelines, en ouvrant&#13;
une école pour les enfants pauvres et en visitant les malades à domicile.&#13;
"150 ans de charité ... au coeur de la vie» c'est ce que nous fêtons&#13;
pendant toute cette année. Nous voulons vivre ces jours dans la prière et&#13;
l'action de grâce, et en union avec nos Associé(e)s, les Ami(e)s de Marcelle&#13;
Mallet, nos anciens et anciennes élèves ainsi que nos parents et proches&#13;
collaborateurs. C'est pourquoi nous avons organisé rencontres et retrouvailles.&#13;
Rencontres pour nos familles et retrouvailles pour nos élèves d'hier et pour nos&#13;
employé(e)s. C'est avec beaucoup d'émotion que nos anciens et anciennes se&#13;
rencontrent. Que de souvenirs évoqués! Il en est de même pour les employé(e)s.&#13;
&#13;
Une journée entière a été consacrée à nos compagnes d'hier, les Soeurs&#13;
de la Charité de Québec, qui nous ont quittées. Je me plais à rapporter ici&#13;
un extrait de l'homélie de Monsieur l'Abbé Marcel Dion, aumônier à la Maison&#13;
généraliste.&#13;
&#13;
�18 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
SOEUR JEANNE LAPORTE, S.G.M. -&#13;
&#13;
«Maintenant, compagnes d'hier, dans vos milieux respectifs, vous êtes&#13;
des personnes engagées. À ce titre l'Église compte sur vous. Vous êtes les&#13;
personnes ressources toutes désignées pour participer a l'initiation à la vie&#13;
chrétienne."&#13;
&#13;
1918-1998 19&#13;
&#13;
SOEUR JEANNE LAPORTE. S.G.M.&#13;
1918-1998&#13;
&#13;
Je vous invite, chacun et chacune, à vous joindre à nous pendant cette&#13;
année de célébrations et d'action de grâces. Nous avons vécu pendant ces 150&#13;
ans joies et peines comme dans toute grande famille. Mais dans une année&#13;
comme celle-ci, ce sont surtout les bénédictions du Seigneur qui nous inspirent&#13;
dans notre prière et nous louons le Seigneur pour tout ce qu'il a fait pour nous,&#13;
en nous donnant Marcelle Mallet comme fondatrice, et nous nous souvenons&#13;
aussi de toutes nos devancières qui, façonnées par l'exemple de notre Mère&#13;
fondatrice, ont continué à vivre de son charisme de charité et de compassion.&#13;
N.B. Les personnes intéressées à connaître davantage Mère Mallet et&#13;
la congrégation qu'elle a fondée peuvent se procurer les volumes publiés à&#13;
l'occasion du 150° arnniversaire de la fondation.&#13;
- Histoire des Soeurs de la Charité de Québec. Tome I : L'âme de la fondation Marcelle&#13;
Mallet. Par Nive Voisine et Yvonne Ward, s.c.q.&#13;
- Histoire des Soeurs de la Charité de Québec. Tome Il : Des maisons de charité par&#13;
Francine Roy et Yvonne Ward, s.c.q. avec la collaboration de Nive Voisine.&#13;
Éditions MNH&#13;
&#13;
Viola Green, s.c.q.&#13;
Directrice du Centre Marcelle-Mallet&#13;
2655, rue Le Pelletier, Beauporl (Québec) G1C 3X7&#13;
&#13;
DES ANNIVERSAIRES ... 1998 ... 1999&#13;
1623:&#13;
1648:&#13;
1673:&#13;
1698:&#13;
1848:&#13;
1848:&#13;
1988:&#13;
1499:&#13;
1649:&#13;
1659:&#13;
1799:&#13;
1849:&#13;
1989:&#13;
1989 ;&#13;
&#13;
Naissance de François de Laval.&#13;
Arrivée à Québec de Marie-Catherine-de-St-Augustin.&#13;
Décès de Jeanne Mance&#13;
Les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame prononcent des&#13;
voeux pour la première fols.&#13;
Fondation des Soeurs de Miséricorde.&#13;
Fondation des Soeurs de. la Charité de Québec.&#13;
Béatification du Bon Père Frédéric&#13;
Naissance de Marie Guyart&#13;
Martyre de Jean de Brébeuf et de ses compagnons&#13;
(autres : 1642, 1646, 1648)&#13;
Décès de Jérôme le Royer de la Dauversière&#13;
Naissance de Ignace Bourget (2e évêque de Montréal)&#13;
Décès de Marle.-Rose Durocher&#13;
Béatification de Dina Bélanger&#13;
Béatificatlon de Marie.·Catherlne·de-St-Augustln&#13;
&#13;
Née à Montréal en 1918, soeur Jeanne est la troisième d'une famille de&#13;
douze enfants. Très tôt, elle manifeste un grand esprit de foi et une volonté&#13;
ferme dans sa vie personnelle. À quinze ans, elle se retrouve sur le marché du&#13;
travail à l'hôpital Notre-Dame à titre de comptable. Elle entre dans la communauté des Soeurs Grises et y prononce ses premiers voeux en 1941 .&#13;
Toute sa vie, elle remplira des fonctions de secrétaire, de comptable,&#13;
de trésorière, d'administratrice avec compétence el une grande qualité&#13;
d'être, soit à Chesterfield lnlet, au nord-ouest de la baie d'Hudson, soit au&#13;
Manitoba, en Saskatchewan ou en Alberta. En 1968, des études à&#13;
l'Université d'Ottawa la préparent à son rôle de directrice de l'hôpital SainteJustine pour enfants où elle travaille durant onze années. À compter&#13;
de 1981 , elle se dévoue à la Maison mère comme directrice des services&#13;
administratifs puis au Centre Marguerile-d'Youville comme secrétaire puis&#13;
comme directrice jusqu'au 18 avril 1998. Elle est terrassée par une crise&#13;
cardiaque durant une période de convalescence suite à une opération&#13;
majeure.&#13;
Nous qui avons connu soeur Jeanne Laporte, nous pouvons témoigner&#13;
de la richesse de sa personnalité. Sa qualité relationnelle a marqué toute sa&#13;
vie. Accueillante, attentive, chaleureuse, sensible à la souffrance, disponible&#13;
envers tous, telle fut cette femme exceptionnelle. Elle demeure fidèle aux&#13;
nombreux comités qui revendiquent le privilège de sa collaboration. Comme&#13;
membre de !'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, elle répond bien&#13;
à l'objectif principal, celui de sa sanctification personnelle. Elle voue un culte&#13;
particulier à sainte Marguerite d'Youville qu'elle fait connaître par une carres-·&#13;
pondance personnalisée et par une littérature adaptée.&#13;
&#13;
�20&#13;
&#13;
LES MARTYRS CANADIENS - 350 ANS APRÈS 21&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
Soeur Jeanne Laporte a été pour nous une compagne aimée, une amie&#13;
appréciée, une directrice de grand jugement et une personne d'un dynamisme&#13;
entraînant pour tous ses collaborateurs et collaboratrices. Nous lui disons&#13;
merci pour le bel exemple qu'elle nous a légué. «Pour son apport si précieux,&#13;
au sein du Comité : nous l'avons appréciée comme collègue compétente&#13;
et remplie de sagesse. Adieu chère soeur Jeanne!»&#13;
&#13;
Soeur Marie-Paule Arsenault, s.g m&#13;
&#13;
ÉVÉNEMENTS À VENIR&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
DE&#13;
L'ÉGLISE CANADIENNE&#13;
&#13;
SAltfil MARGUERITE BOURGEOYS&#13;
&#13;
LES MARTYRS CANADIENS&#13;
350 ans après&#13;
René Latourelle, s.j.&#13;
&#13;
CHRONOLOGIE&#13;
Jean de Brébeuf : né le 25 mars 1593, à Condé-sur-Vire,&#13;
en Normandie. Entré chez les Jésuites à Rouen, en 1617. Premier séjour en&#13;
Nouvelle-France, de 1625 à 1629. Missionnaire auprès des Montagnais (1625)&#13;
et des Hurons (1626-1629). Retour en France après la prise de Québec par&#13;
les Kirke. Second séjour en Huronie (1634-1649). Supérieur-fondateur de la&#13;
mission huronne (1634-1638). Voeu du martyre (1637-1639). Mission chez&#13;
les Neutres avec Chaumonot (1640-1641). Procureur de la mission huronne&#13;
à Québec (1641-1644). Retour en Huronie (1644). Voeu du plus parfait (1645).&#13;
Premier mystique de la Nouvelle-France. Martyre (16 mars 1649).&#13;
Gabriel Lalemant : né à Paris, le 3 octobre 161 O. Neveu de Charles&#13;
et de Jérôme Lalemant. Entré dans la Compagnie de Jésus en 1630.&#13;
Professeur de philosophie. Voeu de se consacrer aux missions lointaines.&#13;
Arrivée à Québec en 1646. Ministère à Québec et à Sillery (1646-1648).&#13;
Montée en Huronie avec François Bressani. Remplace Chabanel à la mission&#13;
Saint-Louis comme compagnon de Brébeuf. Sept mois après son arrivée&#13;
en Huronie, martyrisé à Saint-Ignace en même temps que Brébeuf, le 17 mars&#13;
1649. Son corps transporté à Québec, en 1650, avec celui de Brébeuf.&#13;
&#13;
MARIE-ANNE MARCELLE MALLET&#13;
&#13;
la communauté chrétienne de Saint-Ignace-de-Loyola&#13;
3325, rue de Loyola&#13;
Beauport, Québec&#13;
(secteur Giffard)&#13;
Téléphone : (418) 667-1211&#13;
&#13;
PRÉSENTE UNE EXPOSITION DE 40 PHOTOS&#13;
DE NOS « GLOl/2ES DANS LA FOI»&#13;
DU 3 JANVIER AU 2 FÉVRIER 1999&#13;
&#13;
Cette exposition itinérante a été rendue possible grace&#13;
à la collaboration du Centre de Créativité du GESU.&#13;
lnfo : Denise Pepin - 1010 rue Cherrier, Mtl, Qc, H2L 1H8&#13;
téléphone : (514) 523-5155&#13;
&#13;
Antoine Daniel : né à Dieppe en 1601. Avait commencé des études&#13;
de droit avant d'entrer dans la Compagnie de Jésus, en octobre 1621. Arrive&#13;
au Cap-Breton en 1632, puis à Québec, le 24 juin 1633. Départ pour la&#13;
mission huronne avec Brébeuf, en 1634. Un des meilleurs linguistes de&#13;
la Huronie. Apprend aux enfants à chanter le Pater et le Credo en huron.&#13;
Désigné en 1636 pour fonder à Québec un séminaire pour jeunes Hurons :&#13;
expérience de deux ans soldée par un échec. De retour en Huronie jusqu'à sa&#13;
mort. Abattu dans sa mission de Saint-Joseph par un coup d'arquebuse,&#13;
au moment où il achevait de célébrer la messe, le 4 juillet 1648.&#13;
Charles Garnier : né à Paris, en 1601 . Entré dans la Compagnie&#13;
de Jésus en 1624. Ordonné prêtre en 1635 et désigné pour les missions&#13;
de la Nouvelle-France. Arrivé à Québec, le 11 juin 1636, avec monsieur de&#13;
Montmagny. Départ pour la Huronie dès le 21 juillet, avec le Père Pierre&#13;
Chastellain , d'où il ne reviendra jamais. Compagnon de Jogues chez les&#13;
Pétuns (1639-1640) qu'il tente en vain de convertir. De 1641 à 1646,&#13;
employé à la mission de Saint-Joseph. En 1646, de nouveau en mission&#13;
chez les Pétuns où il réussit cette fois à fonder une mission florissante.&#13;
Dévotion au Coeur de Jésus. Voeu de soutenir jusqu'à la mort l'immaculée&#13;
Conception de Marie. Frappé de deux balles dans l'assaut de Saint-Jean,&#13;
le 7 décembre 1649.&#13;
&#13;
�22 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
SOEUR MARGUERITE JEAN (SOEUR MARIE D'ISRAËL) 23&#13;
&#13;
SOEUR MARGUERITE JEAN&#13;
(Soeur Marie d'Israël)&#13;
&#13;
LES&#13;
MARTYRS&#13;
CANADIENS&#13;
&#13;
Jean àê Brébeul&#13;
&#13;
Gabtiel t..,lenranl&#13;
&#13;
Noet Chabanel&#13;
&#13;
Isaac Jogues&#13;
&#13;
Charles Gamler&#13;
&#13;
Noël Chabanel : né Saugues (Haute-Loire), le 2 février 1613. Entré&#13;
au noviciat des Jésuites à Toulouse, le 9 février 1630. Brillant professeur de&#13;
rhétorique. Arrive à Québec le 15 août 1643, où il passe un an avant de&#13;
monter en Huronie. Le seul des martyrs canadiens qui ne parvient pas&#13;
à apprendre le huron. Impuissant à prêcher, il prie et tait le voeu héroïque&#13;
de demeurer en Huronie «afin de mourir en la croix». Au début de 1649, il se&#13;
trouvait à la mission des Pétuns quand il reçut ordre de se rendre à SainteMarie Il de l'lle Saint-Joseph. Parti le 7 décembre, il fut traîtreusement assassiné le lendemain par un Huron apostat.&#13;
Isaac Jogues : né à Orléans 1607 .Entré chez les Jésuites à Rouen&#13;
en 1624, où il eut comme maître des novices le Père Louis Lalemant, grand&#13;
spirituel de l'époque. Parti pour le Canada le 8 avril 1636, arrive en Huronie&#13;
le 11 septembre. On lui donne le surnom de Ondessonk, ou oiseau de proie.&#13;
En 1639, en mission chez les Pétuns, avec Garnier. En 1642, à Québec.&#13;
Au retour (août 1642), fait prisonnier par les Iroquois, avec Guillaume Couture&#13;
et René Goupil. Soumis aux plus horribles tortures : bastonnades, mutilations,&#13;
brûlures. Aidé par les Hollandais, réussit à s'enfuir en 1643. Revient à Québec&#13;
en juillet 1644 et demande à se consacrer à l'évangélisation des Iroquois.&#13;
Assassiné par eux à Ossernenon (Auriesville) le 18 octobre 1646.&#13;
René Goupil : né en 1608. Originaire d'Anjou. Déjà chirurgien à son entrée&#13;
au noviciat des Jésuites de Paris, le 16 mars 1639. Obligé de quitter&#13;
la Compagnie, pour cause de surdité. Devenu missionnaire laïque en qualité de&#13;
«Donné» (service bénévole), arrive au Canada en 1640. À Sillery, de 1640&#13;
à 1642. Le premfer août 1642, monte en Huronie avec Jogues pour y exercer ses&#13;
fonctions de chirurgien. Falt prisonnier, tombe sous la hache d'un Iroquois irrité&#13;
de l'avoir vu faire le signe de la croix sur un enfant (29 septembre 1642).&#13;
Peu auparavant, avait prononcé ses voeux de jésuite entre les mains de Jogues.&#13;
Jean de la Lande : Né à Dieppe vers 1608. «Donné» comme laïque&#13;
missionnaire au service des Jésuites, mais sans voeu de religion.&#13;
Sa présence en Nouvelle-France signalée pour la première fois en 1642.&#13;
De 1642 à 1646, attaché à la résidence de Trois-Rivières, avec le Père Anne&#13;
de Nouë. Le 24 septembre 1646, accompagne le Père Jogues au pays des&#13;
Iroquois. Assassiné avec Jogues, le 18 ou 19 octobre 1646.&#13;
&#13;
Marg uerite Jean, s.c.i.m., :st d~cédée 1~ _2~ jan~ier_ ~ 99~,&#13;
à !'Infirmerie du Bon-Pasteur de Quebec ou elle avait ete hosp1talisee dix&#13;
jours plus tôt. El le comptait, S_?i~ante :t onze an_s d'~ge et ci~qua_~te-quatre&#13;
de vie religieuse, Elle a ete inhumee le 27 Janvier, au c1m_et1ere ,d~ la&#13;
Communauté à Sainte-Foy, près de Québec, non loin de la maison generalice où elle résidaît depuis 1973. Cette religieuse toute de simplicité • très&#13;
personnelle - s'est distinguée de multiples manières, tant au Bon-Pasteur&#13;
de Québec qu'à l'extérieur de la Congrégation. Elle est même devenue,&#13;
aux yeux de plusieurs, une figure exceptionnelle de pa~ s~ _sp_ï_rit~a_lité,&#13;
sa formation intellectuelle et professionnelle, le tout exprime a I inteneur&#13;
de nombreuses fonctions remplies au bénéfice de sa Congrégation,&#13;
de l'Église et de la société civile.&#13;
&#13;
L'admettre, c'est reconnaître l'apport qu'elle a fourni à sa mesure, dans la&#13;
réalisation de tout ce qui a fait son service, sa carrière, sa vie!&#13;
En 1967, sa Communauté jugea bon de l'inscrire ... à l'Université SaintPaul, d'Ottawa, pour des études en Droit canonique. Ces études supérieures&#13;
seront complétées par un doctorat obtenu en 1974, sur présentation d'une&#13;
thèse sur la vie religieuse féminine dans notre pays. Cette recherche intitulée&#13;
«Évolution des Communautés religieuses de femmes au Canada de 1639&#13;
à nos jours)) a été rééditée en 1977, chez Fides. Un grand nombre de&#13;
Communautés religieuses en ont bénéficié. (Au Canada, S. Jean est la première femme, docteur en Droit canonique).&#13;
L'itinéraire de soeur Marguerite Jean, comme soeur du Bon-Pasteur&#13;
et Servante du Coeur Immaculé de Marie, se réfère à la synthèse d'une&#13;
existence marquée au coin de la prière, de la culture, de la rigueur de pensée,&#13;
&#13;
�SOEUR MARGUERITE JEAN (SOEUR MARIE D'ISRAËL) 25&#13;
&#13;
24 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
UNE CONTRIBUTION À DIFFÉRENTS COMITÉS, CONSEILS D'ADMINISTRATION&#13;
&#13;
de la responsabilité, du travail méthodique, du dévouement inlassable, de l'amour&#13;
et de la bonté comme Dieu le veut (suivant l'objectif de la communauté).&#13;
Les travaux de Marguerite Jean, s.c.i.m. témoignent d'une vaste culture&#13;
intellectuelle qui peut être qualifiée d'héritage familial et communautaire. À partir d'un Mémoire en Service social ... la contribution littéraire de ... soeur&#13;
Marguerite s'étend à la Positio et au Défi de l'espérance* en plus de contribuer&#13;
à Courrier Bon-Pasteur et de rédiger maints articles de revues et journaux.&#13;
&#13;
\&#13;
&#13;
I&#13;
&#13;
UNE CONTRIBUTION APOSTOLIQUE PROFESSIONNELLE&#13;
à la&#13;
&#13;
Assistante et secrétaire générale&#13;
généralice du Bon-Pasteur, Ste-Foy&#13;
&#13;
1985-1986:&#13;
&#13;
Directrice de la revue UISG (Union internationale des&#13;
Supérieures générales) Rome, Italie&#13;
Responsable de la cause de béatification de Marie-Josephte&#13;
Fitzbach (Mère Marie-du-Sacré-Coeur) fondatrice du BonPasteur de Québec - Maison généralice, Sainte-Foy.&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Évolution des Communautés religieuses de femmes au Canada&#13;
de 1639 à nos jours, 1974, Université Saint-Paul Ottawa / Thèse&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
Constitutions et Règles de Servantes du Coeur Immaculé de&#13;
Marie dites Soeurs du Bon-Pasteur de Québec, (Collab.), 1981.&#13;
&#13;
•&#13;
•&#13;
&#13;
Code capitulaire - Bon-Pasteur de Québec, (Collab.), 1985&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Société canadienne d'histoire de l'Église - membre.&#13;
&#13;
•&#13;
•&#13;
•&#13;
&#13;
Société canadienne de Droit canonique - membre.&#13;
Au conseil d'administration : conseillère et vice-présidente .&#13;
Mouvement pour le respect de la vie - membre du Conseil d'administration.&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
La Clairière de Québec Inc. - Présidente du Conseil d'administration de 1979 à 1985.&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Commission historique de la «Positio», 1990-1994.&#13;
&#13;
*Traduit en anglais, en portugais et en sesotho bientôt.&#13;
&#13;
- - ----·-·-- · · - - - - - - - - - -&#13;
&#13;
Femme d'hier, d'aujourd'hui, de demain - Marie-Josephte&#13;
Fitzbach, fondatrice du Bon-Pasteur de Québec, 1989.&#13;
Le Défi de l'espérance - Marie-Josephte Fitzbach, éd. Anne Sigier, 1997&#13;
Position sur les vertus et la renommée de sainteté de Marie-Josephte&#13;
Fitzbach (Mère-Marie-du-Sacré-Coeur, 1806-1885), Rome 1997&#13;
Courrier Bon-Pasteur, Directrice, (1987-1998).&#13;
Revue UISG, Rome, Italie - Coordonnatrice du Bulletin .&#13;
Recherche et Archives.&#13;
Dictionnaire biographique du Canada (Collab.) -Tome VII, p. 284 -&#13;
&#13;
Tome XII, p. 399 - Tome XIII, p.21.&#13;
&#13;
••&#13;
&#13;
--1&#13;
&#13;
-&#13;
&#13;
1&#13;
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&#13;
j&#13;
1&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
•&#13;
•&#13;
&#13;
Comité des fondateurs de l'Église du Canada - 1990-1994.&#13;
(Présidente d'un sous-comité, elle rédige les nouveaux statuts)&#13;
&#13;
Le service social personnel à la maison Sainte-Madeleine,&#13;
Mémoire / Maîtrise en service social, 1950.&#13;
&#13;
de doctorat en Droit canonique.&#13;
&#13;
•&#13;
•&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
*Extraits de la NOTICE BIOGRAPHIQUE rédigée par S. Madeleine Beaulieu, s.c.i.m.,&#13;
Québec, 28 juin 1998 (72e anniversaire de naissance de Marguerite Jean, s.c.i.m.)&#13;
&#13;
UNE CONTRIBUTION LITTÉRAIRE - HISTORIQUE&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Comité d'histoire de la Fondatrice - 1974-1998.&#13;
&#13;
Maison&#13;
&#13;
1973-1985 :&#13;
&#13;
1986-1998 :&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
)P,AROISSES (ET MISSIONS) • • • .&#13;
!EJÉDIÊES AUX SS. MARTYRS· CANADIENS&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
. .·&#13;
&#13;
Re.ëheriehe ,: lrl'ne·- 1GJOllfi.llt'&#13;
-&#13;
&#13;
• ALEXANDRIA-CORNWAL L&#13;
SS. Martyrs-Canadiens (1962)&#13;
800, 12• rue Est&#13;
Cornwall, Ontario&#13;
K6H 385&#13;
Téléphone : (613) 932-8647&#13;
Télécopieur: (613) 932-6963&#13;
&#13;
• CALGARY&#13;
Canadian Martyrs- (1967)&#13;
835, Northmount Drive N.W.&#13;
Calgary, Alberta&#13;
T2L 0A3&#13;
Téléphone : (403) 284-3311&#13;
&#13;
• BATHURST&#13;
SS. Martyrs-Canadiens (1945)&#13;
5239, Route 160&#13;
Pont-Landry, N.-Brunswick&#13;
E1X 2V7&#13;
Téléphone : (506) 395-3451&#13;
Télécopieur: (506) 395-6390&#13;
&#13;
• CHICOUTIMI&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1930)&#13;
1119, boui. Saint-Joseph&#13;
Roberval, Québec&#13;
G8H 2M2&#13;
Téléphone: (418) 275-0734&#13;
&#13;
�OÙ PRIER LES MARTYRS CANADIENS 27&#13;
&#13;
26 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
• CHURCHILL BAIE D'HUDSON&#13;
SS. Martyrs-Canadiens (1930)&#13;
et Reine-des-Martyrs&#13;
P.O. Box 10&#13;
Churchill, M.B.&#13;
ROB 0E0&#13;
Téléphone : (204) 675-2568&#13;
Télécopieur: (204) 675-2140&#13;
&#13;
• GASPÉ&#13;
Saint-Jogues (1954)&#13;
Presbytère&#13;
Saint-Jogues, Québec&#13;
G0C 2Y0&#13;
Téléphone: (418) 752-5919&#13;
• GATINEAU-HULL&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1961)&#13;
85, boui. Archambault&#13;
Gatineau, Québec&#13;
J8T 2N2&#13;
Téléphone : (819) 561-0573&#13;
S.-René-Goupil (1955)&#13;
400, rue Raymond&#13;
Gatineau, Québec&#13;
J8T 5H4&#13;
Téléphone : (819) 663-4240&#13;
&#13;
• GROUARD-McLENNAN&#13;
SS. Martyrs-Canadiens (1929)&#13;
Tangent, Alberta&#13;
T0H 3J0&#13;
Téléphone: (403) 359-3752&#13;
&#13;
• HALIFAX&#13;
Canadian-Martyrs&#13;
5900, lnglis Street&#13;
Halifax, Nouvelle Écosse&#13;
83H 1K8&#13;
Téléphone : (902) 423-2738&#13;
Télécopieur : (902) 425-1185&#13;
&#13;
S.-Antoine-Daniel (1946)&#13;
P.O. Box 221&#13;
Oxford House, Manitoba&#13;
ROB 1C0&#13;
Téléphone: (204) 538-2137&#13;
Télécopieur: (204) 538-2137&#13;
&#13;
• HAMILTON&#13;
SS. Martyrs-Canadiens (1976)&#13;
71, Ainslie Street North&#13;
Cambridge, Ontario&#13;
N1 R 3J7&#13;
Téléphone : (519) 622-4492&#13;
Télécopieur: (519) 622-4492&#13;
&#13;
• LONDON&#13;
St-John-Brebeuf &amp;&#13;
Companions (1935)&#13;
110, Adams Avenue&#13;
Dehli, Ontario&#13;
N4B 1P7&#13;
Téléphone: (519) 582-1312&#13;
Télécopieur : (519) 582-8230&#13;
&#13;
St.-John-Brébeuf&#13;
P.O. Box 269&#13;
Erin, Ontario&#13;
N0B 1T0&#13;
Téléphone : (519) 833-9738&#13;
Canadian-Martyrs (1949)&#13;
38, Emerson Street&#13;
Hamilton, Ontario&#13;
L8S 2X3&#13;
Téléphone : (905) 528-4632&#13;
Télécopieur : (905) 528-9690&#13;
&#13;
St-John-Brebeuf &amp;&#13;
Companions (1930)&#13;
67, Main Street East&#13;
Kingsville, Ontario&#13;
N9Y 1A1&#13;
Téléphone : (519) 733-6591&#13;
Télécopieur: (519) 733-6592&#13;
&#13;
• HEARST&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (mission)&#13;
(1935)&#13;
Island Lake, Pinea! Lake.&#13;
C.P. 98, Sultan, Ontario&#13;
P0M 220&#13;
&#13;
• MONTRÉAL&#13;
s.-Charles-Garnier (1959)&#13;
1195, rue Sauvé Est&#13;
Montréal, Québec&#13;
H2C 128&#13;
Téléphone: (514) 388-4223&#13;
Télécopieur: (514) 388-0731&#13;
&#13;
SS. Martyrs-Canadiens&#13;
Jogues-Coppell, Ontario&#13;
POL 1RD&#13;
Téléphone : (705) 362-8405&#13;
&#13;
• JOLIETTE&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (mission)&#13;
(1961)&#13;
Manawan via&#13;
S. -Michel-des-Saints, Québec&#13;
J0K 1M0&#13;
Téléphone: (819) 971-8845&#13;
&#13;
S.-Gabriel-Lalemant (1961)&#13;
7275, rue Garnier&#13;
Montréal, Québec&#13;
H2E 2A1&#13;
Téléphone: (514) 271-1803&#13;
S.-lsaac-Jogues (1963)&#13;
1335, rue Chabanel Est&#13;
Montréal, Québec&#13;
H2M 2N8&#13;
Téléphone: (514) 389-2742&#13;
Télécopieur: (514) 388-2861&#13;
&#13;
• KEEWATIN-LE PAS&#13;
Canadian-Martyrs&#13;
God's River, Manitoba&#13;
ROB OMO&#13;
Téléphone : (204) 366-2039&#13;
&#13;
- - - -&#13;
&#13;
--&#13;
&#13;
St.-John-Brebeuf (1957)&#13;
7777, George Street&#13;
La Salle, Québec&#13;
H8P 1C8&#13;
Téléphone : (514) 366-0131&#13;
Télécopieur: (514) 366-7469&#13;
SS.-Martyrs-Canadiens (1940)&#13;
10 005, rue Parthenais&#13;
Montréal, Québec&#13;
H8P 1C8&#13;
Téléphone: (514) 388-6529&#13;
S.-Noël-Chabanel (1956)&#13;
8560, rue de l'Église&#13;
Laval, (St-François), Québec&#13;
H7A 1K9&#13;
Téléphone : (450) 665-4111&#13;
Télécopieur: (450) 665-3980&#13;
S.-René-Goupil (1959)&#13;
4251, rue du Parc René-Goupil&#13;
Montréal, Québec&#13;
H12 1X8&#13;
Téléphone: (514) 722-1161&#13;
Télécopieur: (514) 722-7955&#13;
&#13;
• MOOSONEE&#13;
SS.-Martyrs-Canadiens (1975)&#13;
30, rue lberville, C.P. 630&#13;
Radisson, Québec&#13;
J0Y 2X0&#13;
Téléphone : (819) 638-8900&#13;
Télécopieur: (819) 638-7272&#13;
• NELSON&#13;
Canadian-Martyrs (1948)&#13;
P.O. Box 477&#13;
lnvermere, Colombie&#13;
Britannique&#13;
V0A 1K0&#13;
Téléphone : (250) 342-6167&#13;
Télécopieur: (250) 342-9819&#13;
&#13;
�OÙ PRIER LES MARîYRS CANADIENS 29&#13;
&#13;
28 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
S.-Charles-Garnier (1980)&#13;
3645, Benvoulin Road&#13;
Kelowna, Colombie Britannique&#13;
V1Y 8R3&#13;
Téléphone : (250) 860-6776&#13;
Télécopieur : (250) 860-2697&#13;
&#13;
• NICOLET&#13;
S.-Gabriel-Lalemant&#13;
45, boui. Jutras Est&#13;
Victoriaville, Québec&#13;
G6P 4K6&#13;
Téléphone: (819)-752-6156&#13;
SS.-Martyrs-Canadiens (1939)&#13;
245, rue Notre-Dame Est&#13;
Victoriaville, Québec&#13;
G6P 4A2&#13;
Téléphone : (819) 752-4361&#13;
&#13;
• PEMBROKE&#13;
Holy Canadien-Martyrs (1931)&#13;
R.R.2&#13;
Combermere, Ontario&#13;
K0J 1L0&#13;
Téléphone : (613) 756-3606&#13;
• PRINCE-ALBERT&#13;
Canadien-Martyrs (desserte}&#13;
(1941)&#13;
P.O.Box 36&#13;
Garrot River, Saskatchewan&#13;
Canadien-Martyrs (1936}&#13;
Pilger,&#13;
Saskatoon, Saskatchewan&#13;
S0K 3G0&#13;
&#13;
• QUÉBEC&#13;
SS. Martyrs-Canadiens (1928)&#13;
955, avenue de Bienville&#13;
Québec, Québec&#13;
G1S 3C1&#13;
&#13;
Téléphone: (418) 688-0350&#13;
&#13;
S.-Antoine-Daniel (1941)&#13;
Route rurale 3, C.P. 1&#13;
Thetford Mines, Québec&#13;
G6G 5R7&#13;
Téléphone: (418) 422-5892&#13;
&#13;
S.-Jean-de-la-Lande (1964)&#13;
812, rue Principale&#13;
S. -Jean-de-la-Lande, Québec&#13;
G0L 3N0&#13;
Téléphone: (418) 853-2167&#13;
&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1930)&#13;
848, rue de l'Église, C.P. 1&#13;
Thetford Mines, Québec&#13;
G6G 5R5&#13;
Téléphone: (418) 453-2874&#13;
&#13;
S.-René-Goupil (1968)&#13;
157, rue Principale, C.P. 10&#13;
S.-René-de-Matane, Québec&#13;
G0J 3E0&#13;
Téléphone: (418) 224-3744&#13;
&#13;
S.-Jean-de-la-Lande (1932)&#13;
600, rue Principale&#13;
S.-Jean-de-la-Lande, Québec&#13;
G0M 1E0&#13;
Téléphone: (418) 228-5782&#13;
S.-René-Goupil (1941)&#13;
819, rue Principale, C.P. 915&#13;
Saint-René, Québec&#13;
G0M 120&#13;
Téléphone: (418) 382-5932&#13;
S.-Charles-Garnier (1944)&#13;
1215, avenue Chanoine Morel&#13;
Sillery, Québec&#13;
G1S 4B1&#13;
Téléphone: (418) 681-8191&#13;
S.-Noël-Chabanel (1944)&#13;
1213, rue Notre-Dame Nord&#13;
Thetford Mines, Québec&#13;
G8G 2V2&#13;
Téléphone: (418) 335-6969&#13;
&#13;
• REGINA&#13;
Canadien-Martyrs (mission)&#13;
(1931)&#13;
1932, 1st Avenue North&#13;
Regina, Saskatchewan&#13;
S4R 028&#13;
•RIMOUSKI&#13;
S.-Charles-Garnier (1954)&#13;
48, route St-Charles, C.P.9&#13;
S. -Charles-Garnier, Québec&#13;
G0K 1K0&#13;
Téléphone: (418) 798-4549&#13;
&#13;
• STE-ANNE-DE-LA-POCATIÈRE&#13;
S.-Gabriel-Lalemant (1938)&#13;
C.P.37&#13;
S.-Gabriel-Lalemant, Québec&#13;
G0L 3E0&#13;
Téléphone: (418) 852-2880&#13;
• SAINT-BONIFACE&#13;
SS. Martyrs-Canadiens (1961}&#13;
289, avenue Dussault&#13;
Saint-Boniface, Manitoba&#13;
R2J 1N5&#13;
Téléphone: (204) 253-4564&#13;
• ST. CATHARINES&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1951)&#13;
300, Killaly Street East&#13;
Port Colborne, Ontario&#13;
L3K 1N9&#13;
Téléphone : (905) 835-0202&#13;
Télécopieur: (905) 834-7087&#13;
• SAINT-HYACINTHE&#13;
S.-Noël-Chabanel (1950)&#13;
823,2•rue&#13;
lberville, Québec&#13;
J2X 3H9&#13;
Téléphone: (514) 347-4941&#13;
S.-Gabriel-Lalemant&#13;
300, rue du Roi&#13;
Sorel, Québec&#13;
J3P 4P7&#13;
Téléphone : (514) 743-1254&#13;
&#13;
SS.-Martyrs-Canadiens (1939)&#13;
151, 14" avenue Ouest&#13;
Venise-en-Québec, Québec&#13;
J0J 2K0&#13;
Téléphone: (514) 244-5904&#13;
Télécopieur: (514) 244-5904&#13;
&#13;
• SAINT-JEAN-LONGUEUIL&#13;
S.-lsaac-Jogues (1949)&#13;
5310, boui. Mountain View&#13;
Saint-Hubert, Québec&#13;
J3Y 5N6&#13;
Téléphone: (514) 676-1606&#13;
S.-Jean-de-la-Lande (1949)&#13;
4850, rue Quevillon&#13;
Saint-Hubert, Québec&#13;
J3Y 2V4&#13;
Téléphone : (514) 676-1337&#13;
&#13;
• SAINT-PAUL&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1941)&#13;
P.O. BOX 119&#13;
Maillaig, Alberta&#13;
T0A 2K0&#13;
Téléphone : (403) 635-3830&#13;
Télécopieur: (403) 635-3838&#13;
&#13;
• SASKATOON&#13;
SS. -Martyrs-Canadiens&#13;
1011, Windsor Street&#13;
Saskatoon, Saskatchewan&#13;
S7K 021&#13;
Téléphone : (306) 244-6667&#13;
Télécopieur: (306) 665-0449&#13;
• SAULT-STE-MARIE&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1930)&#13;
26, rue Kathleen&#13;
Sudbury, Ontario&#13;
P3C2M&#13;
Téléphone: (705) 675-1343&#13;
Télécopieur: (705) 675-1348&#13;
&#13;
�PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998 31&#13;
&#13;
30 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
• SHERBROOKE&#13;
S.-lsaac-Jogues (1946)&#13;
425, rue Chassé&#13;
Asbestos, Québec&#13;
J1T 286&#13;
Téléphone : (819) 879-2535&#13;
S.-René-Goupil (1947)&#13;
Marsboro, Québec&#13;
J0J 2K0&#13;
Téléphone : (819) 583-1363&#13;
S.-Noël-Chabanel (desserte)&#13;
(1946)&#13;
Téléphone: (418) 486-2616&#13;
S.-Charles-Garnier (1956)&#13;
3710, rue Hamel&#13;
Sherbrooke, Québec&#13;
J1L 1M6&#13;
Téléphone: (819) 563-7754&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1946)&#13;
65, rue Beloeil&#13;
Sherbrooke, Québec&#13;
J1J 2Y6&#13;
Téléphone : (819) 562-4421&#13;
S.-Gabriel-Lalemant (1952)&#13;
89, rue Principale Sud&#13;
Windsor, Québec&#13;
J1S 289&#13;
Téléphone: (819) 845-7421&#13;
&#13;
• TIMMINS&#13;
SS.-Martyrs-Canadiens (1949)&#13;
300, Church Street, C.P. 697&#13;
Iroquois Falls, Ontario&#13;
P0K 1G0&#13;
Téléphone : (705) 232-4626&#13;
Télécopieur: (705) 232-4455&#13;
• TORONTO&#13;
S.-lsaac-Jogues (1983)&#13;
1148, Finch Avenue&#13;
Pickering, Ontario&#13;
L1V 1J6&#13;
Téléphone : (905) 381-3353&#13;
Télécopieur: (905) 420-6365&#13;
&#13;
S. -Noël-Chabanel (mission)&#13;
Wasaga Beach&#13;
Canadian-Martyrs (1949)&#13;
522, Plain Road&#13;
Toronto, Ontario&#13;
M4C 221&#13;
Téléphone: (416) 421-9765&#13;
Télécopieur : (416) 421-9768&#13;
&#13;
• TROIS-RIVIÈRES&#13;
S.-Charles-Garnier (1949)&#13;
2173, avenue de la Madone&#13;
Shawinigan, Québec&#13;
G9N 6G6&#13;
Téléphone : (819) 539-9352&#13;
Télécopieur: (819) 539-9352&#13;
S.-Jean-de-Brébeuf (1954)&#13;
2850, boui. des Forges&#13;
Trois-Rivières, Québec&#13;
G8Z 1V2&#13;
Téléphone : (819) 378-4053&#13;
&#13;
• VALLEYFIELD&#13;
SS.-Martyrs-Canadiens (1955)&#13;
145, rue St-Laurent&#13;
Mple Grove, Québec&#13;
J6N 1K2&#13;
Téléphone: (514) 225-0380&#13;
• WINNIPEG&#13;
Canadian-Martyrs (mission)&#13;
Watherhen, Toutes-Aides&#13;
S.-John-Brebeuf (1955)&#13;
1707, John-Brebeuf Place&#13;
Winnipeg, Manitoba&#13;
R3N 2A2&#13;
Téléphone: (204) 488-4467&#13;
Télécopieur: (204) 489-6097&#13;
• MUENSTER (ABBAYE)&#13;
Canadian Martyrs (1936)&#13;
Pilger, Saskatchewan&#13;
S0K 3G0&#13;
Téléphone: (306) 682-3777&#13;
&#13;
FÉLICITATIONS&#13;
Le 30 septembre dernier, à leur réunion tenue dans&#13;
le Hall d'honneur de l'Hôtel-de-Vllle de Montréal,&#13;
en présence de Monsieur le maire Pierre Bouraue,&#13;
la Société historique de Montréal, par sa présidente,&#13;
Madame Hélène-Louise Dupont-Elle, récompensait&#13;
l'oeuvre de deux de nos membres.&#13;
&#13;
MONSIEUR MAURICE DA SILVA&#13;
était créé membre d'honneur,&#13;
avec remise d'un parchemin, pour les nombreux services&#13;
rendus pendant son double mandat comme président&#13;
et les dix années au cours desquelles&#13;
Il siégea au Consell.&#13;
On peut rappeler !'érection, en France, d'un monument&#13;
à Maisonneuve et le transfert de la Bibliothèque&#13;
de l'ancien édifice des H.E.C.&#13;
&#13;
SOEUR DANIELLE DUBOIS. c.n.d ..&#13;
recevait une médallle pour son apport remarquable&#13;
au tourisme dans le Vieux-Montréal,&#13;
par la· réouverture de la chapelle&#13;
Notre-Dame-de-Bon-Secours&#13;
et la création du Musée Marguerite Bourgeoys,&#13;
à cet endroit&#13;
Cette reconnaissance publlque est une véritable Joie&#13;
pour tout le Comité.&#13;
&#13;
�PIERRE LE BER ET LA CHAPELLE SAINTE-ANNE 33&#13;
&#13;
32 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
PIERRE LE BER ET&#13;
LA CHAPELLE SAINTE-ANNE&#13;
Pieffe Robert&#13;
&#13;
1. LA FAMILLE LE BER ET PIERRE LE BER&#13;
La famille Le Ber est une des plus importantes de Ville-Marie. Jacques&#13;
Le Ber est arrivé en Nouvelle-France en 1657 : il a épousé Jeanne Le Moyne,&#13;
soeur de Charles Le Moyne, père de la célèbre famille des Lemoyne de&#13;
Longueuil, d'Iberville, de Sainte-Hélène ... Les deux beaux-frères. habitai~nt&#13;
des maisons mitoyennes situées au coin des rues Saint-Paul et Saint-Sulpice&#13;
(Saint-Joseph à l'époque)1. Principal marchand de Ville-Marie, Jacques Le Ber&#13;
a amassé, honnêtement faut-il le dire, une fortune considérable.&#13;
Le couple Le Ber a eu cinq enfants. Louis, devenu Le Ber de Saint-Paul,&#13;
baptisé le 24 octobre 1659, est retourné en France à l'âge adulte où il s'est&#13;
marié; établi à La Rochelle, il est devenu l'intermédiaire commercial de son&#13;
père. Jeanne, née le 4 janvier 1661, est connue comme la "recluse de Vil/eMarie". Après avoir reçu son éducation secondaire chez les Ursulines de&#13;
Québec, elle a vécu quinze ans en réclusion dans la maison familiale pour&#13;
ensuite se retirer dans un petit appartement construit pour elle à l'arrière de la&#13;
chapelle de la Congrégation de Notre-Dame où elle a vécu vingt ans : elle est&#13;
décédée au début d'octobre 1714. Jacques, qui deviendra Le Ber de&#13;
Senneville, est baptisé le 26 août 1663 : il succédera à son père dans&#13;
les affaires : il est mort en 1735. Jean-Vincent, baptisé le 8 novembre 1666, est&#13;
mort le 13 août 1691 des suites d'une blessure reçue au combat contre&#13;
les Iroquois : il s'est signalé par sa générosité à l'égard des communautés&#13;
naissantes. Pierre, enfin, baptisé le 11 août 1669, est le cadet de la famille :&#13;
il s'est signalé comme peintre et bienfaiteur des Frères Hospitaliers.&#13;
On ne sait pas grand chose de la formation de Pierre Le Ber&lt;2,. Vers l'âge&#13;
de vingt-deux ans, en 1692, il s'associe à François Charon de La Barre en&#13;
compagnie de Jean Fredin pour former le trio fondateur de !'Hôpital Général de&#13;
Ville-Marie et des Frères Hospitaliers de la Croix et de Saint Joseph. Considéré&#13;
comme le bienfaiteur de !'Hôpital étant donné les sommes considérables qu'il&#13;
a données à la construction de cet édifice et à l'établissement de la communauté, il est demeuré jusqu'à sa mort fidèle à François Charon.&#13;
&#13;
D'autres témoignages de l'époque attestent aussi sa participation à la&#13;
naissance des Frères Hospitaliers, la première communauté masculine fondée&#13;
au Canada. Ainsi à l'entrée de la chapelle de !'Hôpital, se trouvaient deux&#13;
tableaux, "sur l'un desquels est inscrit l'épitaphe du Sieur Charon fondateur&#13;
de cet hôpital et sur l'autre celle du Sieur Le Ber bienfaiteur d'iceluy'f4J&#13;
Par ailleurs, dans une pétition signée le 2 novembre 1738 par des&#13;
notables de la ville en vue du maintien de !'Hôpital, il est dit : "Pour l'établissement «de l'hôpital» le dit feu Sieur Charon a employé environ deux cents mille&#13;
/ivres, et le feu Sieur Le Ber la plus grande partie de son patrimoine très&#13;
considérable". (5) C'est dire l'importance qu'on lui reconnaissait dans l'établissement de cette institution."&#13;
Pierre Le Ber s'est installé dans !'Hôpital Général en 1695, soit peu après&#13;
l'achèvement de la construction de l'édifice 6 • Il désirait y vivre dans une grande&#13;
solitude. Sens doute parce qu'il ne se croyait pas exactement le charisme&#13;
des Hospitaliers, même s'il souhaitait de tout coeur les encourager, il n'a pas&#13;
fait de voeux qui l'auraient intégré à la communauté.&#13;
&#13;
À !'Hôpital Général, il mène une vie de retraite et de silence, consacrée&#13;
pour une part à la peinture qui apparaît pour lui comme une vocation 7 • Pierre&#13;
Le Ber, dit-on, "travaillait lui-même à l'orner intérieurement «/'hôpital général»&#13;
par un grand nombre de tableaux qu'il faisait de sa main'8 • Il est ainsi le&#13;
premier peintre de Ville-Marie, même si ses oeuvres, qu'il ne signait pas et dont&#13;
certaines ont sûrement été retouchées, sont difficiles à identifier.&#13;
Ainsi, c'est à son art qu'on doit le portrait posthume de Mère Bourgeoys,&#13;
considéré maintenant comme un chef-d'oeuvre de l'art canadien des origines9 •&#13;
Ce tableau atteste que son auteur, loin d'être seulement un peintre du&#13;
dimanche, un amateur plutôt naïf, avait un réel talent et amène à penser que&#13;
la découverte d'autres tableaux de sa main présenterait un réel intérêt pour&#13;
notre connaissance des débuts artistiques et religieux de Ville-Marie.&#13;
Or Pierre Le Ber avait une grande dévotion à sainte Anne. C'est ainsi qu'il&#13;
a conçu, ou reçu, le projet d'établir une chapelle dédiée à celle-ci' 0 • Le projet&#13;
a été approuvé par les Sulpiciens et le supérieur à cette époque, Dollier de&#13;
Casson, lui a concédé le 11 mas 1697 pour cette construction un terrain hors&#13;
des limites de la ville en direction de la Pointe Saint-Charles.''&#13;
&#13;
On ne peut qu'écouter là-dessus le très beau témoignage des analystes&#13;
de !'Hôtel-Dieu de Québec:&#13;
&#13;
Construite l'année suivante sous la direction de François Charon,&#13;
sans doute plus habile en cette sorte de travaux, la chapelle fut inaugurée&#13;
le 17 novembre 1698 par l'abbé Joseph de La Colombière, vicaire général&#13;
du diocèse de Québec et conseiller spirituel des Hospitaliers. 12&#13;
&#13;
Plusieurs messieurs de ce pays-ci voulurent se joindre à lui «François&#13;
Charon» et lui consacrer leurs biens et leurs personnes au service des pauvres, mais dans la suite ils se retirèrent de cette entreprise; il n'y eut que M.&#13;
Pierre Le Ber qui fut constant et qui vécut d'une manière très édifiante dans&#13;
cette nouvelle Maison où il est mort en réputation de sainteté. 3&#13;
&#13;
Pierre Le Ber est mort au début d'octobre 1707, à l'âge de trente-huit ans.&#13;
Les chroniques de l'époque racontent qu'il est mort comme un saint; Outre&#13;
le témoignage des Annalistes de Québec, déjà cité, rappelons celui d'Etienne&#13;
Montgolfier. Dans sa vie de Jeanne Le Ber, écrit vers 1775, cet autre supérieur&#13;
des Sulpiciens, relate : "Peu de temps après la mort de son père, elle «Jeanne»&#13;
&#13;
�34 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
perdit encore monsieur Pierre Le Ber, son frère, (...) qu'une conformité de vertu avait&#13;
dû lui rendre plus cher que les autres. Il mourut le huit «le premier» octobre 1707,&#13;
en odeur de sainteté, à /'Hôpital général de cette ville, où il vivait depuis longtemps&#13;
comme un véritable saint." 13 Même s'il est de plusieurs années postérieur aux&#13;
événements, ce témoignage atteste la réputation laissée par le frère de la recluse.&#13;
&#13;
Par testament il a légué la Chapelle aux Sulpiciens avec une rente pour&#13;
subvenir à son entretien. 14&#13;
Pierre le Ber était aussi, faut-il le rappeler, le cousin germain de Pierre&#13;
Le Moyne d'Iberville et de Charles Le Moyne baron de Longueuil. C'est dire&#13;
qu'il compte parmi les artisans des origines. Or rien ne rappelle son existence,&#13;
non plus tellement que celle de la famille Le Ber : aucune plaque par exemple&#13;
à l'emplacement de la maison familiale.&#13;
En effet, on a rappelé la mémoire de François Charon, des Hospitaliers,&#13;
de Mère d'Youville, des Soeurs Grises. Cette mémoire assiste les vivants,&#13;
contribuant à les nourrir, renforcissant leur identité collective. Rappeler la&#13;
mémoire de Pierre Le Ber, de sa contribution à la fondation de !'Hôpital général&#13;
et à la fondation de la chapelle Sainte-Anne mériterait d'être considéré.&#13;
&#13;
2 . LA CHAPELLE SE SAINTE-ANNE&#13;
On sait que les gens d'ici avalent une grande dévotion à sainte Anne,&#13;
comme en témoigne le sanctuaire de Sainte-Anne de Beaupré. Cette dévotion&#13;
était un héritage des marins bretons. Il faut reconnaître de plus que nos pères&#13;
se sont particulièrement attachés aux saints personnages de l'entourage&#13;
de Jésus et particulièrement aux membres de sa famille. C'est un trait de&#13;
la spiritualité de la Nouvelle-France, modelée par la réforme tridentine. 1&#13;
La seule énumération des premières paroisses de Montréal est à cet&#13;
égard très significative. Si on date la fondation par l'ouverture de registres,&#13;
on obtient la liste suivante : Notre-Dame de Montréal en 1642, Saint-EnfantJésus de Pointe-aux-Trembles en 1674, les Saints-Anges de Lachine en 1676,&#13;
Saint-Joseph de Rivières-des-Prairies en 1687, Sainte-Anne de Bellevue&#13;
en_1703, Sain_t-Joachim d~ :ointe-Clair~_en ~7132 • Il est étonnant de voir à quel&#13;
point les paro,~ses des origines sont rehees a la famille de Jésus : Marie, Jésus&#13;
enfant, les saints anges, Joseph, Anne, Joachim ... Et dans un ordre tel qu'il&#13;
semble procéder d'un propos délibéré.&#13;
.Pierre Le Ber a d?~c sou~i~ son_ projet d'établir une chapelle dédiée&#13;
,&#13;
a Sainte Anne aux Sulp1c1ens qui I ont bien accueilli et ont concédé à l'ouest&#13;
des limites de _la ville en direction de la Pointe Saint-Charles, un te~rain pour&#13;
cette construction le 11 mai 1697.3&#13;
Dans l'esprit de son fondateur, cette chapelle s'inspirait de celle que Mère&#13;
Bourgeoys avait élevée à la "Dame de Bon Secours". Écoutons sur cette&#13;
fondation le beau témoignage d'Étienne Montgolfier qui nous parle tout à la fois&#13;
du fondateur et de son oeuvre:&#13;
&#13;
PIERRE LE BER ET LA CHAPELLE SAINTE-ANNE 35&#13;
&#13;
La piété et la religion étaient comme héréditaires dans la famille&#13;
de Monsieur Le Ber «père». Pendant que sa fille, dans la solitude, s'appliquait non&#13;
seulement à pratiquer la vertu par elle-même, mais que de plus, elle employait&#13;
une partie de ses biens à faire des fondations de piété, et le fruit de ses travaux,&#13;
à l'ornement des autels et au soulagement des pauvres, Monsieur Pierre Le Ber,&#13;
le plus jeune de ses frères, âgé alors d'environ vingt-huit ans, imitateur des vertus&#13;
de sa soeur et son émule en bonnes oeuvres,qui par sa piété et la régularité de&#13;
sa conduite s'était déjà acquis dans le public, la réputation et le surnom de Saint,&#13;
sacrifiait pareillement de son côté une partie de ses richesses à construire et&#13;
orner de nouvelles églises. Il avait sous les yeux un monument subsistant du zèle&#13;
qu'avait autrefois la Soeur Bourgeoys pour la bâtisse de Bon-Secours, et celui de&#13;
sa soeur qui venait de faire bâtir l'église de la Congrégation. Il voulut à leur imitation, et dans des vues semblables à celles dont la soeur Bourgeoys avait été&#13;
animée, faire bâtir à ses propres frais, une chapelle de station, de l'autre coté de&#13;
la ville, dans la plaine, ou commune, qui du nom de ce monument et de sa piété,&#13;
a pris le nom de Sainte-Anne. 11 en demanda la permission et le terrain nécessaire&#13;
pour l'exécution de son dessein, à Monsieur Dollier, qui lui accorda volontiers&#13;
l'un et l'autre, et il mit sur le champ la main à l'oeuvre.4&#13;
Les travaux allèrent bon train puisqu'elle fut inaugurée un an et demi plus&#13;
tard, le 17 novembre 1698. C'est dire que le 17 novembre 1998 marquera&#13;
le trois-centième anniversaire de cette inauguration. 5&#13;
On peut imaginer qu'à cette inauguration ont assisté les gens concernés&#13;
par la vie religieuse à Ville-Marie à l'époque. Pierre Le Ber était là bien&#13;
sûr, mais sans doute aussi François Charon, des Frères Hospitaliers, des&#13;
Soeurs de la Congrégation, des Religieuses hospitalières, des Sulpiciens ...&#13;
sans doute des notables de la ville. L'auteur du Sermon inaugural, Joseph de&#13;
La Colombière, était un prédicateur de valeur puisque les Hospitalières&#13;
de l'Hôtel-Dieu de Québec ont conservé ses sermons en six volumes. 6&#13;
Pierre Le Ber a~ait entièrement décoré cette chapelle de sa main,&#13;
de l'epoque l'affirment. On a déjà rapporté le témoignage&#13;
témoignages&#13;
les&#13;
d'un contemporain, Vachon de Belmont, voici celui, postérieur mais sûrement&#13;
authentique, de Montgolfier:&#13;
Retiré dans cette maison «/'Hôpital général», Monsieur Pierre Le Ber était&#13;
à même de pratiquer en son particulier, les plus hautes vertus et de veiller&#13;
en même temps sur la bâtisse de l'église qu'il avait entreprise; et pendant que&#13;
les ouvriers en élevaient les murs extérieurs, il travaillait lui-même à l'orner&#13;
intérieurement par un grand nombre de tableaux qu'il faisait de sa propre main,&#13;
car il s'y entendait en peinture. 7&#13;
Mais on n'a pas de renseignements sur le sujet de ces tableaux.&#13;
Montgolfier rapporte qu'il y en avait "un grand nombre"; on peut penser qu'au&#13;
moins un devait porter sur sainte Anne puisque la chapelle lui était dédiée,&#13;
et sans doute plus précisément sur L'éducation de La Vierge. puisque c'était&#13;
la façon courante de la représenter à l'époque.&#13;
&#13;
�PIERRE LE BER ET LA CHAPELLE SAINTE-ANNE 37&#13;
&#13;
36 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
Il est possible que certains autres soient liés aux récits de l'Enfance&#13;
auxquels Sainte Anne est associée.&#13;
8&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
Quant à l'architecture, deux plans de Montréal à l'époque, l'un de1717,&#13;
l'autre de 1729, en donne quelqu'idée : "la chapelle affecte la forme d'une cr?ix&#13;
latine et se compose d'une nef rectangulaire terminée au sud par une abs1d~&#13;
en cul-de-four planquée de deux transepts à fond plat". 9 Cette chapelle devait&#13;
offrir quelques parentés dans les dimensions avec la première chapell~&#13;
de Bonsecours dont les restes viennent d'être remis au jour et qu'on VOit&#13;
maintenant du sous-sol de la présente chapelle.&#13;
Or cette chapelle était située à l'ouest des limitée de la ville à l'époque.&#13;
Si l'emplacement exact reste incertain (voir plus loin), l'on sait qu'elle a donné&#13;
son nom au quartier environnant, comme Montgolfier le rapporte.&#13;
E.Z. Massicotte conclut de ce fait que si Charles Le Moyne père a donné son&#13;
nom à un quartier de Montréal, la Pointe Saint-Charles, Pierre Le Ber a&#13;
contribué à la désignation d'un autre, le quartier Sainte-Anne. 10&#13;
Cette chapelle est devenue un lieu de pèlerinage. Les gens s'y rendaient&#13;
en nombre : "À cette chapelle, le 26 juillet de chaque année «fête de Sainte&#13;
Anne», il se faisait des pèlerinages considérables", selon Massicotte. 11&#13;
Après la Conquête, comme elle était située à l'extérieur des limites de la&#13;
ville, la chapelle a été exposée au vandalisme, si bien que les autorités durent&#13;
en décider la démolition. Quitte à renouer avec ce culte en des jours meilleurs.&#13;
Écoutons encore Montgolfier:&#13;
La chapelle subsisterait encore aujourd'hui si, dans la révolution arrivée&#13;
dans ce pays par la prise de Montréal, en 1760, ce bâtiment isolé ne s'était pas&#13;
trouvé exposé aux insultes des libertins qui en avaient souvent enfoncé&#13;
les portes et les fenêtres pour en faire un lieu de débauche, ce qui a obligé&#13;
de la détruire presque entièrement : dans des temps plus heureux, la piété&#13;
pourrait bien faire revivre cette ancienne dévotion. 12&#13;
L'auteur mentionne la date de 1760, mais cela a dû prendre quelque&#13;
temps avant qu'il ne devienne manifeste que la dégradation de la situation&#13;
obligeait à la démolition. Il est certain que dans l'esprit de ses responsables.&#13;
On ne s'y résignait que dans l'attente de jours meilleurs où un lieu pourrait être&#13;
redonné à ce culte, comme en témoigne le texte.&#13;
Quant aux décorations et aux tableaux, leur sort mériterait à lui seul une&#13;
enquête. On ne connaît pas le sort des tableaux : aucun tableau connu n'est&#13;
relié à la chapelle Sainte-Anne.&#13;
Démolie, quelque temps après 1760 (autour de 1765?), la chapelle&#13;
compte parmi les premières églises de Montréal. C'est dire qu'elle fait vraiment&#13;
partie de l'histoire de la ville. Elle constitue aussi un élément significatif&#13;
du paysage religieux puisqu'elle atteste que la dévotion à Sainte Anne était&#13;
chère ici comme dans les environs de Québec.&#13;
&#13;
PROJET D'UN PARC STE-ANNE/ST-ANN'S - PIERRE LE BER&#13;
La famille Le Ber a été une des plus importantes de Ville-Marie; elle a&#13;
contribué à l'essart économique et religieux de la ville.&#13;
Pierre Le Ber a été le co-fondateur ou le principal bienfaiteur des Frères&#13;
Hospitaliers de la Croix et de Saint Joseph et de l'Hôpital général de VilleMarie. Il est le premier peintre de cette ville. Il est le fondateur de la chapelle&#13;
Sainte-Anne. Rien n'en rappelle le souvenir.&#13;
La chapelle Sainte-Anne a été durant près de cent ans un lieu de pèlerinage à Montréal, elle faisait pendant à Notre-Dame de Bonsecours.&#13;
Elle témoigne de la foi de nos pères et des dévotions des origines. Cette&#13;
chapelle a même donné son nom à un ancien quartier de la ville. Rien n'en&#13;
rappelle le souvenir.&#13;
Il existe une filiation spirituelle de la chapelle à l'église Ste-Anne. Or cette&#13;
église a desservi pendant plus de cent ans la population Irlandaise des&#13;
environs. Elle a joué un rôle important pour cette communauté. Or il ne reste&#13;
plus qu'un terrain vague.&#13;
Voilà qui amène à penser que le projet de faire de ce terrain un parc&#13;
prenant le nom de Ste-Anne/St-Ann's Pierre Le Ber n'est pas une idée farfelue,&#13;
surtout quand on pense qu'il n'y a rien dans ce coin . Il rappellerait cette longue&#13;
histoire de la chapelle de Ville-Marie inaugurée en 1698, au faubourg auquel&#13;
elle a donné son nom, à l'église et à la population irlandaises du quartier.&#13;
Le 17 novembre 1698, la population locale inaugurait la chapelle SainteAnne. Le 17 novembre de cette année marquera donc le trois-centième&#13;
anniversaire de cette inauguration. Ne serait-ce un bon moment pour en&#13;
rappeler le souvenir en désignant de ce nom le parc héritier de cette tradition?&#13;
&#13;
NOTES DE LA SECTION 1&#13;
(1) Le cite Le Ber - Le Moyne a fait l'objet de fouilles archéologiques.&#13;
(2) Pour une première connaissance de Pierre Le Ber, voir l'article de Jules&#13;
BAZIN dans le Dictionnaire biographique du Canada, Volume Il (de 1701 à&#13;
1740), Québec, PUL, 1969, 392-393La principale étude sur lui fut un mémoire en histoire de l'art fait par Nicole&#13;
CLOUTIER: Pierre Le Ber 1669-1707, Mémoire présenté à la faculté des&#13;
études supérieures en vue de l'obtention de la maîtrise en arts (Histoire de&#13;
l'art), Montréal, Université de Montréal, 1973, ix-199 p.&#13;
Celle-ci a repris les conclusions de son mémoire dans un chapitre sur&#13;
Pierre Le Ber paru dans : François-Marc GAGNON et Nicole CLOUTIER,&#13;
Premiers peintres de la Nouvelle France, Québec, Ministère des Affaires&#13;
culturelles, 1976, volume 1, p. 135-157.&#13;
&#13;
�38 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
Elle est revenue sur le sujet au colloque organisé par la Société historique&#13;
de Montréal lors du 350" anniversaire de la ville, colloque dont les Actes&#13;
furent publiés sous le titre Les origines de Montréal (Montréal, Leméac,&#13;
1993, p. 237-250).&#13;
(3) Mères Juchereau de Saint-Ignace et Duplessis de Sainte-Hélène, Annales&#13;
de !'Hôtel-Dieu de Québec, lntr. et notes par Dom Albert Jamet, Québec,&#13;
À !'Hôtel-Dieu, 1939, p. 271.&#13;
(4) Selon l'inventaire dressé en 1747 lors de la cession de l'établissement&#13;
à Mère d'Youville. (Voir le Mémoire de Nicole Cloutier, p. 135)&#13;
(5) Pétition des officiers, marchands et habitants de ta ville et gouvernement&#13;
de Montréal pour le maintien de !'Hôpital Général, 2 novembre 1738.&#13;
(Archives de Soeurs Grises de Montréal)&#13;
Texte cité dans Georges DELISLE, Les Frères Hospitaliers de la Croix&#13;
et de Saint-Joseph et leurs démarches en France, 1717-1734, thèse&#13;
présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Montréal pour l'obtention du grade de Maître en arts, Montréal, Université de Montréal, 1952.&#13;
131 p, (ici p. 74).&#13;
(6) Dans son récit de la vie de Jeanne Le Ber, François Vachon de Belmont&#13;
signale qu'au moment de l'entrée en réclusion de Jeanne, son père venait&#13;
déjà de voir un de ses fils se retirer dans le silence : "venant de donner un&#13;
de ses fils à une communauté où ce fils promet de passer aussi le reste&#13;
de ses jours dans une très grande solitude." Il s'agit de Pierre, le seul des&#13;
fils qui soit lié à une communauté. Il est donc entré à !'Hôpital Général,&#13;
quelque temps avant le 5 août 1695, date de l'entrée de Jeanne en réclusion chez les CND.&#13;
(François VACHON DE BELMONT. Éloge de quelques personnes mortes&#13;
en odeur de sainteté à Montréal en Canada (... ), publié dans le rapport&#13;
de !'Archiviste de la Province de Québec pour 1929-1930 p. [141 ]-166&#13;
'&#13;
(ici, p. 153).&#13;
communauté,&#13;
la&#13;
de&#13;
supérieur&#13;
le&#13;
été&#13;
a&#13;
Sulpicien&#13;
ce&#13;
1680,&#13;
(Arrivé au pars en&#13;
et donc le seigneur de Montréal, de 1701 à 1732.)&#13;
(7) La vie de Jeanne Le Ber, plus connue, aide à comprendre celle de son frère&#13;
puis9u'el!e était son aîné_e et _qu'il s'en est inspiré. Demeurant elle aussi&#13;
aupr~s d un~ co~munau_te,, mais ~ans en faire directement partie, elle mène&#13;
une vie de reclus,on vouee a la prtere. Chez elle aussi, les travaux artistiques&#13;
occupent une place importante. En effet, elle se consacrait à des travaux&#13;
de broderie et elle a doté les églises de Montréal d'ornements dont tous&#13;
vantaient la beauté: elle faisait aussi des travaux de couture.&#13;
(8) Voir l'article de Jules Babin dans le DBC; ce texte est attribué à l'abbé&#13;
Sattln.&#13;
(9) Sur ce tableau voir entre autres l'article de Jules BABIN. "Le vrai visage de&#13;
Marguerite Bourgeoys", dans Vie des arts, XXXVI (1964), 12-17.&#13;
&#13;
PIERRE LE BER ET LA CHAPELLE SAINTE-ANNE 39&#13;
&#13;
(1 0) "li fit ensuite bâtir une belle chapelle à l'honneur df! sainte Anne qu'il orna de&#13;
peintures faites de sa main. "Vachon de Belmont, Eloges (voir note 6), p. 147.&#13;
(11 )L'acte de concession est toujours conservé aux Archives de Saint-Sulpice&#13;
dans le Vieux Séminaire.&#13;
(12)Cette affirmation se trouve dans la Saberdache de Jacques Viger. Dans sa&#13;
notice sur Pierre Le Ber (Saberdache rouge, Vol. E, p. 187), il le&#13;
signale en note 3, mais sans dire d'où il tire cette information.&#13;
Sur Joseph de La Colombière, voir l'article de Céline DUPRÉ dans&#13;
le DBC. vol Il (1969), p. 340-341. Celui-ci est le frère cadet du Jésuite&#13;
Claude de La Colombière, grand promoteur de la dévotion au Sacré Coeur,&#13;
béatifié en 1929.&#13;
(13)Étienne MONTGOLFIER, La Vie de la Vénérable Soeur Jeanne Le Ber, fille&#13;
recluse dans la maison des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame,&#13;
décédée en odeur de sainteté à Montréal le 3 octobre 1714, selon une&#13;
copie du manuscrit fournie par le Bureau Jeanne Le Ber de la&#13;
Congrégation de Notre-Dame, p. 44.&#13;
Mals la finale du texte de Montgolfier est à retenir : "et fut enterré dans&#13;
l'église de cet hôpital où il avait élu sa sépulture par un testament non&#13;
moins édifiant que celui de son père." (Ibid.)&#13;
Montgolfier complète en disant que son coeur fut retiré, enchâssé dans un&#13;
coeur de pierre de taille et apporté près des restes de son père dans&#13;
l'église de la Congrégation où fut également enterrée Jeanne.&#13;
Si le coeur de Pierre est resté lié au sort de Jeanne et de son père,&#13;
ses restes sont, selon toute vraisemblance, demeurés dans (c'est-à-dire&#13;
sous) la chapelle de l'Hôpital-général.&#13;
Dans sa vie de Jeanne Le Ber parue en 1860, Michel-Étienne Faillon&#13;
(voir plus loin) atteste : "Son corps fut inhumé dans l'Église des Frères&#13;
Hospitaliers, aujourd'hui de /'Hôpital-généra/, où il repose encore." (p. 164)&#13;
Or si les Soeurs Grises ont exhumé les restes de proches de Mère&#13;
d'Youville et de Soeurs lors du transfert de leur maison mère sur la rue Guy&#13;
en octobre 1871 , il n'existe aucune attestation, semble-t-il, qu'elles aient&#13;
retiré d'autres ossements.&#13;
(À partir d'un registre distinct général, à la paroisse Notre-Dame, Jacques&#13;
Viger donne une liste de 37 personnes inhumées à !'Hôpital Général&#13;
de 1747: Saberdache rouge, vol. E, p. 198.)&#13;
Si bien que les restes de Pierre Le Ber se trouveraient toujours sous&#13;
la chapelle, c'est-à-dire quelque part sous le gazon ou sous la rue SaintPierre. On a d'ailleurs retrouvé les restes d'un enfant lors de travaux&#13;
d'excavation effectués en septembre 1991.&#13;
Ne faudrait-il faire quelque chose? ...&#13;
(P.S. D'après des renseignements obtenus auprès des Soeurs Grises,&#13;
il est possible que les restes de Pierre Le Ber aient été retirés avec&#13;
ceux de proches, car on a aussi retiré les restes de quelques autres&#13;
personnes lors du transfert à la crypte de la maison mère actuelle.)&#13;
&#13;
�PIERRE LE BER ET LA CHAPELLE SAINTE-ANNE 41&#13;
&#13;
40 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
(14)Ce testament a été publié par Fernand Lefebvre et Jean-Jacques&#13;
Lefebvre : "Documents inédits. La spiritualité de nos pères. 11 Mars&#13;
1707 / Testament de Sr Pierre Le Ber escuyer", dans Revue d'histoire&#13;
de l'Amérique française, XV, 4 (1962), p. 594-598.&#13;
&#13;
du salut. ainsi Sainte Anne faisant l'éducation de la Vierge ou Joseph avec&#13;
Jésus enfant dans son atelier.&#13;
(9) Nicole CLOUTIER, Mémoire, P. 86. Celle-ci donne une minutieuse description des démarches de la construction.&#13;
(1 0)Notons que si la Pointe Saint-Charles doit son nom à Charles Le Moyne,&#13;
parce que cet immortel colon reçut la première terre "Proche la grande&#13;
anse", le quartier Sainte-Anne doit le sien au Jeune Le Ber, à cause de la&#13;
chapelle qu'il avait fait élever au XVII• siècle. art. cité, P. 53.&#13;
&#13;
NOTES DE LA SECTION 2&#13;
(1) Sur cette question, voir le chapitre de Guy-Marie OURY, "Pèlerinage et&#13;
dévotions populaires. Un remodelage des mentalités", dans la Croix et&#13;
Le Nouveau Monde. Histoire religieuse des francophones d 'Amérique&#13;
du Nord, Montréal, C.M.D.: Chambray, C.L.D., 1987, p . 100-109.&#13;
&#13;
(11)Lors de cette fête, on a permis à des cabaretiers d'ouvrir des comptoirs&#13;
pour sustenter les Pèlerins. Mais certains se mirent à vendre des boissons&#13;
alcooliques, ce qui entraîna des désordres, et les autorités durent&#13;
intervenir à quelques reprises pour en interdire la vente. Voir Massicotte.&#13;
p. 52-52 : Nicole Cloutier, p. 94s.&#13;
&#13;
(2) Puis viennent : Saint-Laurent (1720), Saint-François d'Assise de la&#13;
Longue-Pointe (1724), La Visitation du Sault-au-Récollet (1736) . Sainte&#13;
Geneviève de Pierrefonds (1741). À quoi il faut ajouter : La Purification de&#13;
Repen!igny (1679), Saint-Sulpice (1706), L'Assomption (1724).&#13;
Voir l'Eglise de Montréal, aperçu d'hier et d 'aujourd'hui. 1836-1986.&#13;
Montréal, Fides, 1986, p. 162-169.&#13;
&#13;
(12)Montgolfier, p. 39. Dans sa vie de Jeanne Le Ber, celui-ci décrit ces événements comme étant déjà arrivés, mais il est difficile de dater la rédaction&#13;
de cet ouvrage (1770-1780?).&#13;
On remarquera que Montgolfier est contemporain des événements et&#13;
qu'il est sûrement un témoin fiable puisque, supérieur des Sulpiciens&#13;
à l'époque, c'est sans doute lui qui a dû décider de cette démolition!&#13;
&#13;
(3) Sur la chapelle, voir dans le mémoire de Nicole CLOUTIER le chapitre&#13;
"La Chapelle Sainte-Anne 1697-1707"; il s'agit d'une étude fouillée faite&#13;
à partir des sources. Voir encore E.Z. MASSICOTTE, "La première&#13;
Chapelle de Sainte-Anne à Montréal", dans Bulletin des recherches&#13;
historiques, 48, 2 (1942), p. 51-53.&#13;
(4) Étienne Montgolfier, La vie de la Vénérable Soeur Le Ber (... ), p. 38.&#13;
Cette vie a également été recopiée par Jacques Viger dans sa Saberdache&#13;
bleue. volume 13, p. 100-232.&#13;
Arrivé au pays en 1751, Montgolfier a été supérieur des Sulpiciens&#13;
de 1759 à 1791. Voir l'article de Lucien LEMIEUX, "Montgolfier, Étienne",&#13;
d'.'1ns_ les p~êtres de Saint-Sulpice au Canada. Grandes figures de leur&#13;
histoire. Sainte-Foy, P.U.L., 1992, 430 p. (ici, p. 176-181 ).&#13;
(5) L~, date de l'.inauguration se trouve dans Montgolfier : "En un mot, il [PLBJ&#13;
n _eP_argna rten pour orner et embellir cette chapelle dont on dit la bénéd1ctton, et da_ns _laquelle on dit la messe pour fa première fois, Je dix-sept&#13;
novembre mil s,x cent quatre-vingt-dix-huit." (P. 39)&#13;
&#13;
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&#13;
(6) Si les R~ligieuses ont recopié les Sermons de l'abbé de La Colombière,&#13;
la question se pose : est-ce qu'elles n'auraient pas conservé le Sermon&#13;
inaugural de la Chapelle Sainte-Anne?&#13;
(7) Montgolfier, p. 39&#13;
(8) En effet, il est intéressant de noter que si le XIX• siècle nous a habitués&#13;
à des représentations de saints dans la gloire comme par exemple&#13;
à l'Oratoire Saint-Joseph ou à Sainte-Anne de Beaupré, le XVII• siècle était&#13;
plutôt porté à les représenter en fonction de leur rôle dans l'histoire&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
lÎ&#13;
&#13;
�PIERRE-JOSEPH-MARIE CHAUMONOT 1611-1693 43&#13;
&#13;
42 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
PIERRE-JOSEPH-MARIE CHAUMONOT&#13;
(1611-1693)&#13;
On n'ignore pas que les martyrs canadiens vécurent ici entre 1625 et&#13;
1649 et que donc, en 1999, on célébrera le 350" anniversaire de leur sacrifice&#13;
sanglant. Il importe que le Comité des Fondateurs de l'Église au Canada&#13;
profite de l'occasion pour rappeler leur mémoire à notre attention oublieuse,&#13;
comme s'apprête du reste à le faire la Compagnie de Jésus par une série&#13;
d'événements ponctuels.&#13;
C'est l'occasion ou jamais de se souvenir de ceux qui nous ont enfantés&#13;
dans la foi chrétienne, à l'origine de ce pays. Nos racines religieuses sont là.&#13;
Les années peuvent s'accumuler, les vents contraires souffler, les valeurs que&#13;
nous ont laissées en héritage les martyrs canadiens sont toujours valables :&#13;
amour inconditionnel du Christ au point d'y sacrifier sa propre vie, amour inconditionnel du prochain (ici les autochtones), en dépit des calomnies dont il peut&#13;
se rendre coupable.&#13;
Mais, si l'Église universelle a retenu les noms de huit Martyrs canadiens,&#13;
en les canonisant en 1930 et en les proposant ainsi à l'ensemble des croyants,&#13;
il ne faut pas oublier la trentaine de Jésuites qui se sont consacrés à !'oeuvre&#13;
d'évangélisation des nations autochtones, dès les débuts de la colonie.&#13;
Parmi tous ceux-là, je voudrais souligner aujourd'hui la présence et l'oeuvre&#13;
du Père Pierre-Joseph-Marie Chaumonot qui a oeuvré 54 ans comme&#13;
missionnaire en Nouvelle-France, notamment en Huronie et en lroquoisie.&#13;
Pour le f~ire, je vais m'inspirer du livre que le Père René Latourelle,s.j.&#13;
a publié aux Editions Bellarmin, en 1998, et qui s'intitule Compagnon des&#13;
Martyrs canadiens, Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, 270pp. Chaumonot, mort&#13;
à Québec à l'âge de 82 ans, a été reconnu comme "le plus fameux et le plus&#13;
saint" des missionnaires de la Nouvelle-France. Le Père Claude Dablon,&#13;
son supérieur et compagnon d'apostolat, termine ainsi la notice nécrologique&#13;
qu'il lui consacre:&#13;
&#13;
"f&#13;
&#13;
'écrirais ~n volu~~ entier si je voulais simplement rappeler les&#13;
mervellles que Dieu a operees par son zèle et sa prière».&#13;
Pierre ?hau~on~t naît le 1"' ma~s 1611 dans un petit village de&#13;
Bourgogne, d un pere vigneron et d'une mere, fille d'un maître d'école. Comme&#13;
i) a honte de sa basse extraction, il se déclare plutôt fils d'un procureur du roi.&#13;
A six ans, on le confie à son grand-père qui lui apprend à lire et à écrire et, plus&#13;
tard, à un oncle, prêtre, qui lui fait apprendre le latin pendant six ans.&#13;
Puis, il se dirige en vagabond vers Rome, s'arrêtant au passage à Lorette,&#13;
cette ville d'Italie où, selon la tradition, la maison de la Vierge à Nazareth&#13;
abriterait dans une basilique. Chose certaine, c'est là qu'un mystérieux jeune&#13;
homme lui nettoie la tête et lui coupe les cheveux. Cela a été le commencement d'une révision de sa vie errante et d'une dévotion marquée pour la Vierge.&#13;
&#13;
L'ENTRÉE DE CHAUMONOT CHEZ LES JÉSUITES&#13;
À la suite d'un sermon sur François Borgia, troisième général des&#13;
Jésuites, il entre au noviciat de la Compagnie, à Rome, le 14 mai 1632. Il a 21&#13;
ans. Sa régence terminée, il est envoyé au Collège romain, l'actuelle Université&#13;
Grégorienne où il suit un cours de "cas conscience" préparant au ministère de&#13;
la confession. C'est au cours de cette année d'étude, en 1637, qu'il rencontre&#13;
le Père Joseph Poncet qui lui fit lire une Relation des Jésuites, écrite par Jean&#13;
de Brébeuf , dans laquelle ce dernier, après avoir évoqué les grandeurs et les&#13;
misères de l'apostolat en Huronie, sollicite de l'aide pour travailler avec lui à la&#13;
conversion des autochtones de la Nouvelle-France.li se sent interpelé.&#13;
Avant de gagner la France, Chaumonot et Poncet font un pèlerinage&#13;
à Notre-Dame-de-Lorette où Chaumonot prononce le voeu du plus parfait :&#13;
"Celui de chercher toujours et en toutes choses la plus grande gloire de Dieu",&#13;
en même temps que leur désir commun d'ériger dans leur pays de mission une&#13;
chapelle sous le nom de Notre-Dame-de-Lorette. C'est aussi à cette époque&#13;
qu'il obtient la permission de changer son prénom de Pierre pour celui&#13;
de Joseph-Marie, en raison de ce qu'il doit à ces deux saints.&#13;
&#13;
DE LA FRANCE ALA HURONIE&#13;
Le départ de France est fixé au 4 mai 1639. La flottille, composée de trois&#13;
vaisseaux, met trois mois pour traverser l'océan et arrive à Québec 1 le 1•• août&#13;
1639. Pour la colonie naissante, c'est une véritable aubaine car selon Paul&#13;
Le Jeune, elle recevait par ce seul arrivage, "un collège des Jésuit~s une maison d'Hospitalières et un couvent d'Ursulines". En dépit des f~tigues de&#13;
la traversée, huit jours plus tard, Chaumonot et Poncet s'embarquent pour&#13;
la Huronie où. ils arr!v~nt le 1? _septembre 1639, donc un mois plus tard.&#13;
Chaumonot fait un rec1t des difficultés du voyage au Père Philippe Nappi&#13;
supérieur de la m~i~on ~r~fess~, à ~o~e, e~ concluant par ces mots : "Malgré&#13;
tout cela, nous voila, amves, grace a Dieu, a notre destination, pleins de force&#13;
et de bonne volante, pour consacrer nos vies au service de Celui qui nous&#13;
a donné la sienne. "&#13;
La Huroni~ compte, en 1~40, environ 10,000 âmes. Le sol, pauvre et&#13;
sablonneux, oblige les Hurons a se déplacer tous les sept ans pour trouver,&#13;
selon Latourelle, "de nouveaux terrains propres à la culture du mais l'aliment&#13;
de base, avec le poisson, les citrouilles et les haricots". Ils habitent des&#13;
cabanes d'écorce, sans fenêtres, n'ayant comme ouvertures que celles&#13;
des extrémités et du toit par où s'échappe la fumée. Chaumonot compare&#13;
la bouillie qu'il mange, faite de farine de blé d'inde et de poissons séchés,&#13;
qu'on nomme "sagacité", à de "la colle qui sert à fixer le papier sur les murs."&#13;
&#13;
À l'arrivée de Chaumonot, c'est le Père Jérôme Lalemant qui devient&#13;
le supérieur de la mission. Il a comme stratégie d'ériger pour les missionnaires&#13;
une résidence centrale, celle de Sainte-Marie, qui sert de centre de rayon-&#13;
&#13;
�PIERRE-JOSEPH-MARIE CHAUMONOT 1611-1693 45&#13;
&#13;
44 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
nement, d'hôtellerie, d'école, d'hôpital, de formation pour le~ ~ouve~ux&#13;
chrétiens, alors que, distribués en équipes volantes, les, mIss1onna1res&#13;
rayonnent en Huronie et chez les nations avoisinantes : Petuns, Neutres,&#13;
Nipissiniriens.&#13;
&#13;
MISSION DE LA CONCEPTION&#13;
Chaumonot, Ragueneau et Du Péron sont alors envoyés à Ossoss~né&#13;
ou La Conception, composée d'une douzaine de bourgades. Dans la Relation&#13;
de 1640, rédigée par Jérôme Lalemant, on y dit que les trois missionnaires&#13;
n'ont rencontré la plupart du temps que mépris, persécutions, menaces&#13;
de mort, selon Thwaites. Et Chaumonot, dans son Autobiographie ajoute:&#13;
"Les adultes se bouchaient les oreilles pour ne pas ouïr nos instructions".&#13;
Comment expliquer cette animosité viscérale sans penser que cette épidémie&#13;
de variole dont la nation huronne était infectée était imputable aux missionnaires, selon elle. Chaumonot conclut : "Je n'en finirais point si je racontais&#13;
tous /es mauvais traitements qu'on nous fit, pour nous obliger à quitter notre&#13;
Mission."&#13;
&#13;
MISSION DE SAINT-JOSEPH ET DE SAINT-JEAN-BAPTISTE&#13;
En mars 1640, Chaumonot est envoyé dans ces deux missions jumelées,&#13;
où travaillent déjà les Pères Antoine Daniel et Simon Le Moyne. Là encore,&#13;
on accuse les missionnaires d'être responsables de l'épidémie qui y sévit et&#13;
de vouloir exterminer la nation. Cette mission, par contre, fut l'occasion pour&#13;
Chaumonot de s'initier à la langue huronne, sur le terrain et par immersion.&#13;
Doué pour les langues, Chaumonot est bientôt reconnu comme le plus parfait&#13;
connaisseur de la langue huronne, "/a plus difficile de toutes celles de&#13;
l'Amérique septentrionale", précise-t-il dans son Autobiographie.&#13;
&#13;
MISSION CHEZ LES NEUTRES&#13;
Bréb~uf et Chaumonot, les deux meilleurs linguistes du milieu,&#13;
sont envoyas chez les Neutres pour y établir une demeure fixe et permanente,&#13;
comme celle de Sainte-Marie l'est pour les missionnaires de la Huronie.&#13;
Ils y arriven! à l'hive~ d~- 1640. Estimés à 12,000 âmes, leur appellation&#13;
de Neutres vient du fait qu ils veulent se conserver en paix aussi bien avec les&#13;
Iroquois qu'avec les Hurons, ennemis jurés, selon Latourelle. D'abord bien reçus,&#13;
observe Chaumonot dans son Autobiographie, des Hurons viennent&#13;
dire aux Neutres de se défaire de nous, parce que, disaient-ils nous étions&#13;
des sorciers et que _no~s pr~tendions ruiner la nation neutre. En dépit de cette&#13;
menace, les deux mIssIonnaIres restent au milieu des Neutres durant cinq mois&#13;
visitant 18 des 40 bourgs de la N?tion et s'arrêtant plus longuement dans dix vil~&#13;
!ages auxquels "ils proposent l'Evangile", rapporte Thwaites. Puis, devant leur&#13;
refus obstiné, ils décide~t d'entrer à Sainte-Marie par une forte tempête de neige,&#13;
au cours de laquelle Brebeuf tombe sur la glace et se brise la clavicule gauche.&#13;
&#13;
Rentré au bercail, Brébeuf part se faire soigner à Québec, tandis que&#13;
Chaumonot reprend sa vie errante aux bourgs Saint-M_ichel et Sai~t-Josep~_.&#13;
C'est au cours de cette mission qu'il reçoit une lourde pierre sur la t~te et qu !I&#13;
est sauvé d'un coup de hache par le Père Daniel, qui est fort et adroit. E~ dep1t&#13;
de tous ces obstacles, les missionnaires obtiennent des convers1~ns :&#13;
la Relation de 1642-43 parle d'un nommé Atironta qui déclare aux habitants&#13;
de son village : "Vous savez maintenant que je suis baptisé et que je ne&#13;
rougirai jamais d'être appelé chrétien" (Thwaites).&#13;
&#13;
TÉMOIN DE L'AGONIE DE LA NATION HURONNE&#13;
11 serait trop long de rappeler par le menu détail toutes les activités&#13;
spirituelles de Chaumonot auprès des diverses missions de la Huronie. Disons&#13;
que de 1642 à 1649, l'agressivité des Agniers co~~re les Hurons s'intensifia&#13;
tellement que ces derniers devront se replier à l'ile-Saint-Joseph, située à&#13;
quelque 20 milles sur le lac Huron, Là, ils vivaient sous la tension continuelle&#13;
d'être refoulés de nouveau par les Iroquois, de telle sorte que, n'en pouvant&#13;
plus ils décident de se réfugier à Québec. Pour Chaumonot, c'est la fin d'une&#13;
pre~ière étape de sa mission en Nouvelle-France. Comme l'écrit Latourelle,&#13;
commence alors la deuxième étape de sa carrière, et la plus longue. Il aura&#13;
pour tâche de diriger le reste des Hurons échappés au massacre de la&#13;
Huronie: à l'Ïle d'Orléans (1651-1656), Québec (1656-1666), Beauport (1666),&#13;
Sillery et Notre-Dame-de-Foy (1667-1673), Notre-Dame-de-Lorette (16731693). 11 ne quittera les Hurons que pour trois missions : aux Iroquois (16551658), à Montréal (1661-1663) et au fort Richelieu (1665-1666).&#13;
&#13;
QUELQUES GRANDS TRAITS DE SA FIGURE&#13;
Je voudrais terminer cette brève recension, par quelques grands traits de&#13;
cette figure missionnaire. Au premier abord, Chaumonot n'a rien pour éblouir;&#13;
c'est par l'intérieur qu'il faut le découvrir dans son Autobiographie,&#13;
il révèle "pour instruire et pour convertir ces nations barbares, l'humilité,&#13;
la charité et le zèle des âmes sont plus nécessaires que beaucoup d'esprit&#13;
et de science". Effectivement, le zèle qu'il déploie au service de ses ouailles&#13;
est le plus beau témoignage du don total. Aussi, s'il n'a pas eu la grâce du&#13;
martyre, il mérite le titre de confesseur de la foi et d'être proposé au culte&#13;
de l'Église universelle. C'est la conviction intime du Père Latourelle qui lui a&#13;
consacré un livre choc.&#13;
C'est aussi un linguiste reconnu de la Huronie, à l'exemple de Brébeuf.&#13;
comme ce dernier, il a composé une grammaire et dictionnaire hurons qui ont&#13;
servi à l'initiation des nouvelles recrues. Il avoue lui-même qu'il a reçu le don&#13;
des langues. Il a mis trois semaines à comprendre les Neutres et un mois&#13;
à parler la langue des Iroquois.&#13;
C'est un homme disponible : au début de la mission iroquoise, malgré les&#13;
difficultés pressenties, il écrit dans la Relation de 1655 : "Puisque Dieu nous&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
&#13;
46 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1998&#13;
&#13;
donne ouverture, il faut y aller à corps perdu". Dans une lettre au Père Nappi,&#13;
il explique sa vision des choses : "La manière d'annoncer la parole de Dieu&#13;
aux sauvages n'est pas de monter en chaire ou de prêcher sur une place&#13;
publique. Il nous faut visiter chaque cabane en particulier et, auprès du feu,&#13;
exposer à ceux qui veulent nous écouter les mystères de la foi". Latourelle&#13;
précise ainsi sa méthode : ''plus que par ses catéchèses, Chaumonot prêchait&#13;
par sa vie".&#13;
&#13;
LES FIDÉLITÉS QUI LE FONT AGIR&#13;
Parmi celles-là, il y a sa dévotion envers la Sainte Famille et à chacun&#13;
de ses membres pris séparément. C'est à la Vierge qu'il attribue sa vocation,&#13;
son voeu de chercher toujours la plus grande gloire de Dieu, qu'il consacre&#13;
chacune de ses missions. C'est à saint Joseph qu'il recourt, dès le noviciat,&#13;
pour vaincre les maux de tête qui l'affligent et qui menacent son renvoi de la&#13;
Compagnie de Jésus. C'est en reconnaissance de ces deux fidélités qu'il&#13;
obtient du général de la Compagnie d'ajouter à son prénom de Pierre, ceux de&#13;
Joseph-Marie. Pas étonnant, dès lors, qu'en 1662, après avoir rencontré&#13;
à Montréal madame d'Ailleboust, veuve de l'ancien gouverneur, il ait accepté&#13;
de promouvoir ici la confrérie de la Sainte-Famille dans le but de réformer&#13;
les foyers de la Nouvelle-France. Cela correspondait à une dévotion qui l'avait&#13;
habité toute sa vie.&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
Liminaire .................................................................. R. Leclerc, président&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Cérémonie paraliturgique à la chapelle de !'Hôtel-Dieu de Québec le 17&#13;
septembre 1998 : Dévoilement du portrait de Mère Catherine peint en 1668&#13;
et restauré en 1998 ................................................... Simone Ruel, a.m.j.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Sur les pas du Bienheureux Frédéric ..................... Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Actualité de Marie de l'Incarnation .......................... Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
Marguerite Bourgeoys et la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours ......... .&#13;
Patricia Simpson, c.n.d. 13&#13;
Délia Tétreault déclarée Vénérable ....................... Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
150 ans de charité, au coeur de la vie ....................... Viola Green, s.c.q.&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
Soeur Jeanne Laporte s.g.m. (1918-1998) Marie-Paule Arsenault, s.g.m. 20&#13;
Les Martyrs canadiens 350 ans après ..................... René Latourelle, s.j. 21&#13;
&#13;
Ses affinités vont aussi à !'École française de spiritualité, notamment à&#13;
Jean Eudes quant à sa dévotion à Marie, et à Jean-Jacques Olier quant à&#13;
son culte eucharistique. Il a écrit au moins deux fois au premier et il a vécu&#13;
deux ans à Montréal avec le sulpicien Gabriel Souart, qui était à la fois&#13;
son confesseur et son directeur spirituel.&#13;
&#13;
Soeur Marguerite Jean, s.c.i.m. ................... Madeleine Beaulieu, s.c.i.m. 23&#13;
Où prier les Martyrs canadiens (liste des paroisses qui leur sont dédiées)&#13;
Recherche - Irène Cloutier 25&#13;
&#13;
Pour conclure, cet extrait du Ménologue de !'Assistance de France&#13;
(Paris, 1892, pp. 273-276), consacré au Père Chaumonot : "Vénéré par les&#13;
plus saints apôtres du Canada comme une merveille de sainteté... Marie de&#13;
l'Incarnation assure qu'il endura, parmi les sauvages, autant et plus que les&#13;
grands martyrs du Canada ... "&#13;
&#13;
Félicitations à deux membres du Comité ................................................... 31&#13;
Pierre Leber et la chapelle Sainte-Anne ............................. Pierre Robert 32&#13;
Pierre-Joseph-Marie Chaumonot (1611-1693) .............. Maurice Da Silva 42&#13;
&#13;
Maurice da Silva&#13;
publiciste du Comité des fondateurs.&#13;
&#13;
111·&#13;
&#13;
~&#13;
&#13;
�LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE&#13;
DU CANADA&#13;
EXÉCUTIF&#13;
Président&#13;
&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
&#13;
Réalisateur émérite, Radio-Canada&#13;
&#13;
Vice-présidente&#13;
et trésorière&#13;
&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
&#13;
Cause de Jeanne Le Ber, Montréal&#13;
&#13;
Secrétaire&#13;
&#13;
S. Thérèse Leduc, s.n.j .m.&#13;
&#13;
Maison mère, Outremont&#13;
&#13;
Publiciste&#13;
&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
&#13;
Prof. émérite, CEGEP Ahuntsic, Mt!.&#13;
&#13;
1°' cons.&#13;
&#13;
P. Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
&#13;
Cause du Père Frédéric, Trois-Rivières&#13;
&#13;
2&lt;cons.&#13;
&#13;
S. Doris Lamontagne, p.f.m. Responsable du Centre d'Animation,&#13;
François-de-Laval, Québec&#13;
&#13;
MEMBRES&#13;
S. Marie-Paule Arsenault, s.g.m.&#13;
S. Ghislaine Boucher, r.j.m.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Marguerite-d'Youville, Mt!.&#13;
&#13;
S. Thérèse Caron, a.m.j.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Catherine de St-Augustin, Qc&#13;
&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
&#13;
Historien, Dioc. de Baie-Corneau, Forest ville&#13;
&#13;
Mlle Marie-Thérèse Chevalier&#13;
&#13;
Dir. du journal Jésus Marie et Notre Temps, MtJ&#13;
&#13;
P. Robert Choquette, c.s.c&#13;
&#13;
Vice-post., Cause du frère André, Mt!.&#13;
&#13;
S. Danielle Dubois, c.n.d.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Marguerite-Bourgeoys, Mtl&#13;
&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p.&#13;
&#13;
Centre Émilie-Gamelin, Mtl&#13;
&#13;
S. Agathe Gratton, s.c.o.&#13;
&#13;
Dir. Cause Élisabeth Bruyère. Ottawa&#13;
&#13;
S. Viola Green, s.c.q.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Mère Mallet, Qc&#13;
&#13;
S. Marie-Laure Lalonde, s.s.a.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Ester-Blondin, Lachine&#13;
&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Joliette&#13;
&#13;
M. le chan. Jacques Lemieux&#13;
&#13;
Dir. du Centre Mgr-de-Laval, Qc&#13;
&#13;
S. Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
&#13;
Vice-post., Cause de Délia Tétreault, Laval&#13;
&#13;
S. Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Marie-de-l' Incarnation, Qc&#13;
&#13;
S. Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Jeanne-Mance, Mtl&#13;
&#13;
S. Stella Plante, s.n.j.m.&#13;
&#13;
Dir. du Centre Marie-Rose Durocher, Long.&#13;
&#13;
M. Pierre Robert&#13;
&#13;
Centre de recherche, Oratoire St-Joseph, Mt!&#13;
&#13;
Père Jacques Rinfret, o.m.i&#13;
&#13;
Cause du Père Lelièvre et M. Émond,&#13;
&#13;
Cause de Dina Bélanger, Qc&#13;
&#13;
Cap-de-la-Madeleine&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
Liminaire ................................................................ R. Leclerc, président&#13;
Cérémonie paraliturgique à la chapelle de !'Hôtel-Dieu de Québec le 17&#13;
septembre 1998 : Dévoilement du portrait de Mère Catherine peint en&#13;
1668 et restauré en 1998 ..................................... Simone Ruel, a.m.j. 3&#13;
Sur les pas du Bienheureux Frédéric .................. Gentil Turcotte, o.f.m. 6&#13;
Actualité de Marie de l'Incarnation ....................... Gabrielle Noël, o.s.u. 11&#13;
Marguerite Bourgeoys et la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours .......&#13;
Patricia Simpson, c.n.d. 13&#13;
Délia Tétreault déclarée Vénérable .................... Pauline Langlin, m.i.c. 15&#13;
150 ans da charité, au coeur de la vie .................... Viola Green, s.c.q. 17&#13;
Soeur Jeanne Laporte s.g.m. (1918-1998) Marie-Paule Arsenault, s.g.m. 20&#13;
Les Martyrs canadiens 350 ans après .................. René Latourelle, s.j. 21&#13;
Soeur Marguerite Jean, s.c.i.m. ................ Madeleine Beaulieu, s.c.i.m. 23&#13;
Où prier les Martyrs canadiens (liste des paroisses qui leur sont dédiées) ..&#13;
Recherche - Irène Cloutier 25&#13;
Félicitations à deux membres du Comité ................................................ 31&#13;
Pierre Leter el la chapelle Sainte-Anne .......................... Pierre Robert 32&#13;
Pierre-Joseph-Marie Chaumonot (1611-1693) ........... Maurice Da Silva 42&#13;
&#13;
" " " Dépôt ~gal • mbliotMque Nationale du Québec&#13;
ISSN 0226-3572&#13;
&#13;
~&#13;
&#13;
Ce bulletin est publié par&#13;
L e Comité dts Fondateurs de l 'Église du Canada&#13;
&#13;
1460, boul. Crémazie Est Montréal, Québec H2E JA2&#13;
Tél.: (514) 374-5981&#13;
&#13;
Frais de retour garantis&#13;
&#13;
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                <text>Simpson, Patricia</text>
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                <text>Longtin, Pauline, 1918-2007</text>
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                <text>Greene, Viola</text>
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                <text>Arsenault, Marie-Paule</text>
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                <text>Latourelle, René, 1918-2017</text>
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                <text>Beaulieu, Madeleine</text>
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                <text>Cloutier, Irène</text>
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                <text>Robert, Pierre</text>
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                <text>Da Silva, Maurice</text>
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                <text>p. 1-2 : &lt;em&gt;Liminaire&lt;/em&gt; par Leclerc&lt;br /&gt;p. 3-5 : &lt;em&gt;Cérémonie paraliturgique à la chapelle du monastère de l'Hôtel-Dieu de Québec le 17 septembre 1998. Dévoilement du portrait de mère Catherine de Sainte-Augustin, peint en 1668 et restauré en 1998 pour le 350e de son arrivée à Québec&lt;/em&gt; par Ruel&lt;br /&gt;p. 6-10 : &lt;em&gt;Sur les pas du Bx Frédérec&lt;/em&gt; par Turcotte&lt;br /&gt;p. 11-12 : &lt;em&gt;Actualité de Marie de l'Incarnation&lt;/em&gt; par Noël&lt;br /&gt;p. 13-14 : &lt;em&gt;Marguerite Bourgeoys et la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours&lt;/em&gt; par Simpson&lt;br /&gt;p. 15-16 :&lt;em&gt; Délia Tétreault déclarée vénérable&lt;/em&gt; par Longtin&lt;br /&gt;p. 17-19 :&lt;em&gt; 150 ans de charité au coeur de la vie&lt;/em&gt; par Greene&lt;br /&gt;p. 20-21 : &lt;em&gt;Soeur Jeanne Laporte, s.g.m. 1918-1998&lt;/em&gt; par Arseneault&lt;br /&gt;p. 21-22 : &lt;em&gt;Les martyrs canadiens, 350 après&lt;/em&gt; par Latourelle&lt;br /&gt;p. 23-25 : &lt;em&gt;Soeur Marguerite Jean (Soeur Marie d'Israël)&lt;/em&gt; par Beaulieu&lt;br /&gt;p. 25-30 : &lt;em&gt;Où prier les Martrs canadiens&lt;/em&gt; par Cloutier&lt;br /&gt;p. 31 : Félicitations&lt;br /&gt;p. 32-41 :&lt;em&gt; Pierre Le Ber et la chapelle Sainte-Anne&lt;/em&gt; par Robert&lt;br /&gt;p. 42-46 : &lt;em&gt;Pierre-Joseph-Marie Chaumonot (1611-1693)&lt;/em&gt; par Da Silva</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15196" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt;collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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                    <text>l~l~!i!l,j&#13;
&#13;
'&#13;
NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
• VOUS-MfMES&#13;
COMME&#13;
&#13;
PIEQQf SVIVANTES&#13;
&#13;
PRf Tfl-VOUS&#13;
AtA&#13;
CONSTRUCTION&#13;
&#13;
D'UN&#13;
tDIFICE SPIRITUEL.&#13;
&#13;
·-•.t.•S.&#13;
&#13;
1({e,. r . ~ &amp; ;1t._.., 6;,u.~J/&#13;
(ka.;z.n.e, ~!LCLI&#13;
&#13;
1620- 1TH&#13;
&#13;
16 0 6 -16 7 J&#13;
&#13;
laje-m MU ,/a.-i,-; U-"'"'&lt; y(X,l..,Uilk_ 1101-1111&#13;
~ c q i , J ~~ lk~6-ic... 1623-110~&#13;
q{a,,r ~ IJ..[_Lu,.CDP n,dz,n 1599 -1612&#13;
off~ ~ l &lt; . L , ~ t f l - 9v ti"tA_cY""'fi,,,_ ~632-1668&#13;
/Jc,. ln&#13;
&#13;
COMIT É DES FONDATEURS DE L' ÉGLISE DU CANADA&#13;
&#13;
�LIMINAIRE 1&#13;
&#13;
LIMINAIRE&#13;
S'approcher de la tombe d'un saint devient un pèlerinage,&#13;
c'est-à-dire un voyage vers quelqu'un&#13;
ou quelque mystère.&#13;
F. LANOUE&#13;
&#13;
Depuis sa fondation, en 1942,&#13;
le Comité s'occupait exclusivement&#13;
des SIX causes conc ernant&#13;
les Fondateurs&#13;
dont les noms figurent en page-co uverture.&#13;
Depuis 1980, l' horizon s'est élargi et&#13;
le Co mité s'intéresse&#13;
désormais à d'autres saints personnages de chez nous,&#13;
considérés à bon droit comme&#13;
ccl'héritage spirituel des premiers».&#13;
&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
&#13;
1811-1 849&#13;
&#13;
Émilie Gamelin&#13;
&#13;
1800-1851&#13;
&#13;
Esther Blondin&#13;
&#13;
1809-1890&#13;
&#13;
Catherine-Aurélie Caouette&#13;
&#13;
1833-1905&#13;
&#13;
Père Frédéri c&#13;
&#13;
1838-1 916&#13;
&#13;
Délia Tétreault&#13;
&#13;
1865-1941&#13;
&#13;
N.B. Il s'agit évidemment des causes dont un représentant siège sur&#13;
notre Comité.&#13;
&#13;
RÉ-APPRENDRE LA MARCHE&#13;
Ce jour-là, je revoyais le P. Besnard, à Paris. Durant la conversation,&#13;
il nous confia que, suite à l'apparition et la persistance d'un vilain petit&#13;
bouton dans le dos, son médecin venait de diagnostiquer un cancer de&#13;
la peau. Ce dominicain dont quelques-uns d'entre vous auront entendu&#13;
parler, était un des responsables des homélies du Jour du Seigneur à&#13;
la radio française, et des Cahiers de la Vie Spirituelle aux Éditions du&#13;
Cerf, si ma mémoire est bonne.&#13;
J'évoque sa mémoire aujourd'hui, parce qu'il avait écrit dans sa&#13;
jeunesse, suite à ses montées étudiantes vers Chartres, un petit livre&#13;
intitulé: "LE PÈLERINAGE CHRÉTIEN". Même si le livre était resté sur&#13;
les tablettes, le Père nous disait qu'il était le préféré de tous ceux qu'il&#13;
avait écrits.&#13;
La présente édition de Pierres Vivantes parle beaucoup de pèlerinage. C'est un thème sur lequel le Comité des Fondateurs a commencé&#13;
de réfléchir depuis quelques mois.&#13;
Le pèlerinage est un mot que la sécularisation de nos sociétés&#13;
a hypothéqué.&#13;
L'âge d'or des pèlerinages, pense-t-on. se situe au Moyen Âge,&#13;
alors que des millions de pèlerins circulaient sur les routes d'Europe. En&#13;
Russie, cette extraordinaire mouvance s'est continuée jusqu'à la fin du&#13;
dix-neuvième siècle. Les Récits du pèlerin russe en sont un des plus&#13;
profonds témoignages.&#13;
Néanmoins, je pense que le vingtième siècle aura connu plus de&#13;
pèlerins que le Moyen Âge. Seulement à la petite échelle québécoise,&#13;
trois parmi nos nombreux sanctuaires accueillent annuellement à eux&#13;
seuls 4.5 millions de pèlerins. Deux millions à l'Oratoire Saint-Joseph,&#13;
1.5 million à Sainte-Anne de Beaupré et un million au Cap-de-laMadeleine.&#13;
&#13;
�2 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
Il vaut donc la peine d'approfondir cette réalité profondément&#13;
biblique et ecclésiale du pèlerinage. D'autant plus, comme l'écrivait&#13;
Béchard, que "le pèlerinage est un christianisme complet. Rien n'y&#13;
manque et, chose plus admirable, tout s'y met en ordre". Évidemment&#13;
et malheureusement, les pèlerinages à pied sont plus rares et comme&#13;
tout le reste, ils sont souvent aujourd'hui trop rapides et trop courts.&#13;
Les articles sur ce thème du présent numéro de Pierres Vivantes ont&#13;
une caractéristique commune: ils ont tous été écrits par des praticiens.&#13;
M. l'abbé Lanoue a visité au cours de sa longue vie une quantité&#13;
impressionnante de sanctuaires, de centres, de tombeaux au Québec,&#13;
au Canada et en Europe. Il évoque même une randonnée de jeunesse&#13;
à bicyclette, de Joliette à Sainte-Anne de Beaupré et à l'île d'Orléans.&#13;
Il nous offre ici, des pages claires et riches de vécu et de réflexion.&#13;
Dans une incursion historique détaillée, le P. Gentil Turcotte, pour&#13;
sa part, décrit les origines du sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine et&#13;
rappelle les intuitions spirituelles du P. Frédéric, un des initiateurs de ce&#13;
lieu de pèlerinage.&#13;
Et puis, S. Doris Lamontagne, de retour des Journées Mondiales&#13;
de la Jeunesse, à Paris, résume l'événement. Ses réflexions nourriront&#13;
notre cheminement et nos interrogations sur les besoins spirituels&#13;
d'aujourd'hui. Le vrai pèlerinage auquel personne n'échappe est un&#13;
voyage intérieur. Et on sait comme le dit la sagesse populaire que le&#13;
plus long chemin au monde est le chemin entre la tête et le coeur.&#13;
Enfin, Pierre Robert présente un compte-rendu rigoureux de la conférence du P. Marc Lortie, à l'assemblée générale du Comité des&#13;
Fondateurs, en mai dernier. Son témoignage avait enthousiasmé les&#13;
membres du comité. (Le Père Lortie est le directeur des pèlerinages au&#13;
Sanctuaire).&#13;
&#13;
LIMINAIRE 3&#13;
&#13;
CONCLUSION.&#13;
Dans mes voyages en Afrique, j'ai souvent remarqué le port&#13;
élégant des africaines portant calebasse sur leur tête. J'ai souvent&#13;
pensé alors que l'Afrique pourrait apprendre la marche à l'occident.&#13;
"Le Christianisme aussi, en revalorisant ce thème du cheminement,&#13;
qui traverse toute la Bible et toute son histoire. Le retour à la pratique&#13;
de la marche serait-il le premier défi à proposer à notre civilisation&#13;
anthropocentrique? "Sors-moi de moi" comme titrait en gros caractères&#13;
le Cahier sur les livres, du journal Le Devoir en fin de semaine. La tradition chrétienne de la marche est riche à partir de notre ancêtre direct&#13;
Abraham en route vers Canaan jusqu'aux trois marcheurs vers&#13;
Emmaüs, après la Résurrection&#13;
&#13;
Roger Leclerc&#13;
P.S. Deux ou trois ans après ma dernière rencontre avec le P. Béchard, à Paris,&#13;
j'ai appris sa mort. Avant de mourir, et à la demande de ses amis, il a participé à la correction&#13;
des épreuves d'une nouvelle édition de son premier livre et lui a donné un nouveau titre:&#13;
"PAR UN LONG CHEMIN VERS TOI". Collection Foi Vivante. Éd. du Cerf. 1978. 124 pages.&#13;
&#13;
375e anniversaire de naissance&#13;
&#13;
de François de Laval&#13;
premier évêque de Québec&#13;
&#13;
Nous retrouvons avec plaisir Dom Guy Oury, personne ressource&#13;
du Comité et collaborateur régulier.&#13;
Nous constaterons que les spiritualités de nos Fondateurs rayonnent. Signe d'encouragement pour nous qui croyons que, selon le premier objectif de nos statuts, nos modestes efforts peuvent "contribuer à&#13;
l'élaboration et au renouvellement d'une spiritualité authentiquement&#13;
nôtre". Nos trésors spirituels intéressent d'autres pays et sont l'objet&#13;
d'échanges internationaux.&#13;
Merci aux autres collaborateurs qui contribuent à la qualité de cette&#13;
édition de Pierres Vivantes.&#13;
&#13;
Dimanche le 28 décembre 1997:&#13;
&#13;
Messe de la Sainte-Famille&#13;
(dévotion chère à l'évêque)&#13;
&#13;
Dimanche le 5 avril 1998:&#13;
&#13;
Conférence de Mgr Couture&#13;
&#13;
Mercredi le 6 mai 1998:&#13;
&#13;
Fête commémorative&#13;
&#13;
Du 19 au 21 juin 1998:&#13;
&#13;
Célébrations solenelles&#13;
Activités pour tous les âges&#13;
&#13;
�4 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
COMPTE- RENDU DE LA CONFÉRENCE DU PÈRE&#13;
MARC LORTIE, O.M.I. SUR LA PRÉSENTATION DU&#13;
SANCTUAIRE DE NOTRE-DAME-DU-CAP&#13;
&#13;
CONFÉRENCE DU PtRE MARC LORTIE 5&#13;
&#13;
Il s'agit d'un sanctuaire marial national. Le développement s'est poursuivi&#13;
pendant 300 ans et les prodiges ont confirmé ce choix de Marie.&#13;
Le p. Frédéric a établi la vocation du sanctuaire: "Dorénavant, ce sanctuaire sera celui de Marie". Un "saint" a lancé l'oeuvre, il a donné l'essor.&#13;
&#13;
-Rappel historique&#13;
&#13;
Réinterprétant le prodige des yeux, les animateurs actuels disent:&#13;
La Vierge a les yeux sur nous.&#13;
&#13;
En 1888, le p. Frédéric est devenu le premier directeur des pèlerinages.&#13;
La dévotion mariale toutefois avait commencé il y a trois cents ans. En fait,&#13;
le petit sanctuaire est le plus vieux sanctuaire encore en fonction en Amérique&#13;
du Nord.&#13;
&#13;
En 1901, le p. Frédéric demande aux Franciscains de venir prendre le lieu&#13;
en charge; puis les Franciscains cèdent la place aux Oblats, qui avaient de&#13;
l'expérience, ayant déjà treize sanctuaires en France.&#13;
&#13;
Deux événements exceptionnels, deux prodiges, ont marqué les débuts de&#13;
Notre-Dame-du-Cap : le passage des pierres nécessaires à la construction&#13;
de la rive sud à la rive nord du fleuve sur un pont de glace en 1879 : le prodige&#13;
des yeux, où la statue de la Vierge a ouvert les yeux pendant plusieurs&#13;
minutes devant le p. Frédéric, le curé Désilets et une autre personne, le soir&#13;
même de la consécration du sanctuaire le 22 juin 1888.&#13;
&#13;
-La Vierge est présente en ces lieux.&#13;
&#13;
-La situation actuelle&#13;
Les chiffres de fréquentation d'un sanctuaire sont toujours approximatifs&#13;
car un contrôle est difficile. On compte environ un million de visiteurs par année&#13;
(un et demi à Saint-Anne-de-Beaupré).&#13;
Un phénomène général se dessine, même à Lourdes; alors que les pèlerinages organisés diminuent, ceux qui ne le sont pas augmentent. La fréquentation des jeunes est aussi en hausse. Il y a de plus, augmentation des&#13;
touristes vu la facilité des voyages (ils viennent de partout; ainsi, aujourd'hui,&#13;
de Corée).&#13;
N.B.: La pastorale jeunesse au Cap est assurée par deux responsables&#13;
&#13;
à l'année et sept l'été.&#13;
&#13;
-Facette de la situation actuelle&#13;
Il existe un pèlerinage à pied durant la neuvaine préparatoire à la fête&#13;
de l'Assomption. Un groupe part de Montréal, un autre de Québec, plus récemment, de Joliette, de Sherbrooke ...&#13;
Puisque la fréquentation continue d'augmenter, on est amené à se demander pourquoi les gens viennent. Or, pèlerins et tou ristes ne sont pas la même&#13;
chose I Les pèlerins viennent dans une démarche de foi. Mais les visiteurs ne&#13;
sont pas à regarder de haut, leur passage peut être l'amorce d'une démarche&#13;
de foi. On a préparé un petit feuillet pour les pèlerinages, on donne aux gens&#13;
une demi-heure d'évangélisation.&#13;
Le touriste peut aussi être un pèlerin.&#13;
On a aussi préparé un feuillet à l'usage des non-catholiqu~s qui visitent&#13;
le sanctuaire afin de leur donner des explications minimales. A eux comme&#13;
à d'autres, il est important d'apporter une évangélisation.&#13;
&#13;
-Diversité des motivations&#13;
En fait, quand on s'interroge sur les motivations qui amènent les gens,&#13;
on se rend compte qu'il y a une diversité de motivations. Plusieurs raisons peuvent amener les gens, et les mêmes gens peuvent venir pour diverses raisons.&#13;
&#13;
�CONFÉRENCE DU PÈRE MARC LORTIE 7&#13;
&#13;
6 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
-Un souci d'évangélisation&#13;
Devant la "religion populaire", la première attitude est celle de l'accueil.&#13;
Mais on est appelé à une évangélisation. On part de ce que les gens vivent&#13;
et on essaie de leur faire faire un bout de chemin. Ce souci d'évangélisation&#13;
est important ici.&#13;
&#13;
-Autres facettes&#13;
Il y a encore des miracles. Même si on ne met pas un accent trop grand&#13;
sur cela.&#13;
De façon fort significative, on remarque que dans les intentions écrites,&#13;
les gens demandent surtout pour les autres (un membre de leur famille,&#13;
par exemple... ). L'action de grâce aussi est présente.&#13;
&#13;
N.R: Étant donné le contexte, tout est fait en anglais et en français.&#13;
Mais l'augmentation du tourisme religieux amène à considérer l'espagnol.&#13;
Un dépliant d'accueil est fait en huit langues.&#13;
N.B.: Signe d'un intérêt renouvelé pour le pèlerinage: le département de&#13;
religion de l'UQAM organise une session (?) d'étude sur le sujet.&#13;
N.B.: Il y a, à Saint-Jacques de Compostelle, une augmentation des pèlerinages de 300%. Des gens sont engagés dans un pèlerinage de trois mois en&#13;
direction des lieux.&#13;
&#13;
-Perspectives et projets&#13;
La pastorale est en développement. Vers l'an deux mille; une préparation&#13;
en ce sens.&#13;
Partir des questions que les gens se posent. Souci de l'évangélisation&#13;
populaire.&#13;
La neuvaine est un grand événement. Elle at1ire cent mille personnes.&#13;
La télé communautaire la rediffuse deux fois par jour (Vidéotron).&#13;
Les gens viennent chercher la prédication. On met l'accent sur la qualité&#13;
de celle-ci.&#13;
Un colloque sur l'École française de spiritualité se tiendra ici cet été.&#13;
Autres activités à signaler: les concerts d'orgue. la procession aux&#13;
flambeaux ... Quinze laïcs pratiquent l'écoute de gens qui viennent. ..&#13;
&#13;
-Quelques mots d'ordre&#13;
Que celui qui vient ici en touriste ressorte en pèlerin.&#13;
Devant la diversité des démarches : aider chacun à faire un bout&#13;
de chemin.&#13;
&#13;
-Bibliographie&#13;
Deux ouvrages récents sur les pèlerinages méritent d'être signalés.&#13;
CHELINI. Jean et Henry BRANTHOMME. Les chemins de Dieu.&#13;
Histoire des pèlerinages chrétiens des origines à nos jours.&#13;
Paris. Hachette. 1982. 493p (Pluriel)&#13;
CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PASTORALE DES MIGRANTS&#13;
"Marche vers la splendeur. Ton Dieu marche avec toi".&#13;
Actes du Premier Congrès mondial de la pastorale des sanctuaires et&#13;
des pèlerinages. Rome 26-29 février 1992. Assise. 1"' mars 1992.&#13;
Cité du Vatican. 1992. 302 p.&#13;
&#13;
MONSIEUR L'ABBÉ HONORIUS PROVOST&#13;
1909~1997&#13;
Monsieur l'abbé Honorius Provos!, responsable de la Cause de Monseigneur de Laval&#13;
de 1963 à 1981, est décédé le 19 juin 1997 à l'âge de 87 ans.&#13;
Ses funérailles, célébrées en la Cathédrale de Québec, ont&#13;
été présidées par Monseigneur Clément Fecteau, évêque de&#13;
Sainte-Anne-de-La-Pocatière, et originaire, tout comme&#13;
Monsieur l'abbé Provos!, de Sainte-Marie-de-Beauce.&#13;
Ordonné prêtre en 1934, Monsieur l'abbé Provos! a été&#13;
nommé au Séminaire de Québec dès son ordination. Après&#13;
quelque temps passé à l'enseignement de morale au Grand&#13;
Séminaire et de l'histoire du Canada au Petit Séminaire. on&#13;
le retrouve dès 1936 au Service des archives du Séminaire,&#13;
d'abord comme assistant de l'archiviste puis comme&#13;
responsable de ce Service en 1966.&#13;
Ce milieu de recherche lui a permis de s'intéresser de&#13;
très près à l'histoire de la grande région de Québec et de sa&#13;
régio_n natale, la Beauce. C'est là aussi qu'il a_déve!oppé son ,&#13;
intéret pour les causes de nos Fondateurs. Tre~ actif ~u com[te&#13;
fondé par les évêques ,en 1942 pour promouvo1~la d~vol1?n a ces ,&#13;
, ..&#13;
porteurs de la loi chretienne chez nous, Monsieur 1~~be , Pro_vost _s est ~ar_llcuherement&#13;
dévoué à la Cause de Monseigneur de Laval. Il a eu la 101e d assister a sa beat1f1cat1on le 22&#13;
juin 1980 par le Pape Jean-Paul Il.&#13;
Les dernières années de sa vie, Monsieur l'abbé Provos! les a vécues sereinement&#13;
dans la prière. Il se montr.ait to~jours _in)éressé d~ savoir ce q~i _arrivait aux person~es q~'il&#13;
avait connues et avec qui 11avait travaille. Profondemenl attache a sa famille et au Sem1na1re&#13;
de Québec où il a vécu et travaillé, il laisse le souvenir d'un prêtre fervent, discret, simple et&#13;
dévoué.&#13;
&#13;
M. le chan. Jacques Lemieux&#13;
successeur de M.l'abbé Provost&#13;
&#13;
�8 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
UN PÈLERINAGE CO MMEN CE-T-IL&#13;
LO RSQU'IL FINIT ?&#13;
En août dernier, j'ai accompagné un groupe de jeunes pèlerins lors d'un&#13;
séjour en France. Ce pèlerinage avait pour but de marcher sur les traces de&#13;
François de Laval, premier évêque de Québec, dans le cadre des Journées&#13;
Mondiales de la Jeunesse (JMJ). Le groupe était composé de trente-deux&#13;
personnes dont vingt-cinq jeunes entre 17 et 30 ans et de sept accompagnateurs, trois religieuses, un religieux, un prêtre diocésain et deux pères de famille.&#13;
À mon retour, j'ai lu un article sur le pèlerinage, certains passages m'ont&#13;
interpellée davantage. On y rappelle que «le pèlerinage nécessite une séparation de notre contexte habituel. (...) Le déplacement est la première image&#13;
qui vient à l'esprit lorsque l'on songe au pèlerinage; que ce soit en Europe&#13;
médiévale où pèlerin signifiait étranger, voyageur (pelegrinus), ou en Inde ou&#13;
le pèlerin est celui qui va (yâtrika), la mouvance constitue l'activité principale&#13;
du pèlerin, une démarche sur laquelle plusieurs traditions monastiques ont&#13;
fondé leurs pratiques» ' Comme Abraham, Moïse, les Fondatèurs et&#13;
&#13;
OÙ COMMENECE UN PÈLERINAGE? 9&#13;
&#13;
Fondatrices de notre Église, trente-deux personnes sont parties. «Quitte ton&#13;
pays, ta famille, la maison de ton père, pour le pays que je te montrerai.» 2&#13;
Marie-Josée Lamy, jeune participante de 20 ans, définit ainsi le pèlerinage:&#13;
,,Un pèlerinage, c'est partir pour se rapprocher encore plus de Dieu en laissant&#13;
derrière soi ce qui nous alourdit, ce qui retarde la rencontre avec le Christ.» Un&#13;
pèlerin, dit Richard Daigle, 19 ans, «c'est quelqu'un qui est de passage».&#13;
&#13;
POUR SE PRÉPARER À PARTIR&#13;
Dès l'automne 1996, ce groupe de jeunes a commencé son périple.&#13;
Des activités préparatoires avaient pour but d'initier à la prière, à la vie&#13;
de groupe et de découvrir différentes facettes de l'Église d'ici avant de rencontrer celle de la France et du monde. Pendant presqu'un an, nous nous sommes&#13;
interrogés sur le sens d'un pèlerinage. Nous avons fait la connaissance de&#13;
bâtisseurs et de pèlerins dans la fondation de l'Église canadienne tels que&#13;
François de Laval, Marie de l'Incarnation, Catherine de Saint-Augustin, Marie&#13;
Fitzbach. Des jeunes du diocèse de Québec, de Nicole! et Joliette ont marché&#13;
de Château Aicher à Sainte-Anne de Beaupré. Après plusieurs mois&#13;
de préparation spirituelle et d'efforts pour trouver les fonds au financement du&#13;
voyage, ce groupe, comme bien d"autres au Canada3 , s'est envolé vers&#13;
la France pour poursuivre son expérience. «Le pèlerin se sépare, se retire&#13;
provisoirement de son contexte familial, social, économique et de ses activités&#13;
quotidiennes afin d'entreprendre une démarche individuelle. (...) Le pèlerin&#13;
incarne donc, momentanément, un des idéaux monastiques, car il se dépayse&#13;
en laissant derrière lui l'univers de sens dans lequel il baignait.»• Aller ailleurs&#13;
et vivre un dépaysement, séparé provisoirement de son quotidien, c'est bien ce&#13;
qu'a vécu le groupe. Il serait long de raconter l'expérience qui s'étale sur plus&#13;
de deux semaines, c'est pourquoi nous condenserons ce récit en trois étapes.&#13;
&#13;
PREMIÈRE ÉTAPE VÉCUE ENTRE LE 9 ET LE 14 AOÛT&#13;
Cette période a été caractérisée par la mouvance et le déplacement quasi&#13;
quotidien. Nous avons marché sur les traces de François de Laval en retraçant&#13;
les grands moments de sa vie. Tout d'abord, nous avons vîsité l'abbaye&#13;
St-Germain-des-Prés à Paris où il a été sacré évêque. Nous avons participé à&#13;
une messe en la cathédrale d'Évreux en souvenir de François de Laval comme&#13;
prêtre et archidiacre de ce lieu. Quelques heures à Usieux, ont permis de&#13;
découvrir une sainte plus contemporaine, Thérèse de l'Enfant-Jésus. À Bayeux,&#13;
les Bénédictines nous ont offert leur hospitalité et les Augustines nous ont fait&#13;
visiter le monastère que Catherine de St-Augustin quittait en pèlerine en 1648&#13;
2&#13;
1 BOISVEAT, M., •Le pèlerinage aux limites du religieux el du tourisme». Revue de recherche en tourisme Têoros.&#13;
vol. 16. no 2, èté 1997, pp, 5 •9,&#13;
&#13;
Gn 12. 1&#13;
&#13;
3 La dèlègalion canadienne pour les Journèes Mondiales de la Jeunesse (JMJ) complait 2100 jeunes soit environ 800&#13;
jeunes du Canada francophone et 1300 jeunes du Canada anglophone,&#13;
4 BOIVERT. M., op. cil., p, 6,&#13;
&#13;
�OÙCOMMENECE UN PÈLERINAGE? 11&#13;
&#13;
10 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
pour une terre inconnue très loin là-bas: la Nouvelle-France. Pour apprivoiser&#13;
la vie de silence et de prière du futur évêque de Québec lorsqu'il fréquentait&#13;
l'ermitage de Caen, nous nous sommes rendus au Mont St-Michel, symbole&#13;
indéfectible d'une foi bâtie sur le roc. Ce lieu témoigne de plus de mille ans&#13;
d'histoire humaine et chrétienne. Après tant d'années, malgré le fait que ce mont&#13;
fait plus de place aux touristes qu'aux pèlerins, il interpelle encore. Laissons,&#13;
Luc Goulet, 17 ans, nous en parler: «Avant ma participation aux JMJ, je puis&#13;
dire que je n'allais que très rarement à l'église. Depuis ce pèlerinage et surtout&#13;
depuis l'eucharistie vécue au Mont St-Michel, j'arrive à mieux apprécier&#13;
l'eucharistie. C'était pourtant là une messe comme les autres. Elle avait sûrement quelque chose de différent puisque plusieurs compagnons de voyage&#13;
m'ont avoué y avoir vécu une certaine transformation. C'est à partir de ce&#13;
moment que je me suis senti attiré par les cérémonies religieuses»&#13;
Suite à l'expérience vécue au Mont St-Michel, nous avons bénéficié&#13;
d'un jour de détente et de corvée collective (mise en place d'une scène de&#13;
spectacle) au Château de Vaux près de La Loupe dans le diocèse de Chartres&#13;
où nous avons passé deux nuits. Les employés de ce domaine qui travaillent&#13;
auprès de jeunes en difficulté ont été pour le groupe des témoins d'une&#13;
charité active.&#13;
Au matin du 14 août, dans le cadre d'une eucharistie en la chapelle de&#13;
Montigny-sur-Avre où François de Laval a été baptisé en 1623, nous avons&#13;
rappelé l'importance du baptême dans notre vie. «Pour moi, le baptême&#13;
signifie une ouverture à un nouveau monde, à une vie nouvelle. De plus, ce&#13;
sacrement indique que nous entrons dans une nouvelle et grande famille,&#13;
qui est la famille des enfants de Dieu. Aussi, le baptême est un signe de notre&#13;
croyance, de notre volonté et de notre désir à entrer dans le monde des&#13;
chrétiens.» 5 Nous avons partagé le repas du midi avec les hôtes actuels du&#13;
&#13;
château de Montigny-sur-Avre: monsieur et madame Pol de la Bourdonnaye.&#13;
Ensuite le groupe s'est dispersé dans des familles d'accueil du doye0né de&#13;
Chateauneuf-en-Thymerais. Nous avons actualisé un passage de !'Ecriture&#13;
«J'étais un étranger et vous m'avez accueilli»6&#13;
&#13;
DEUXIÈME ÉTAPE,&#13;
ACCUEIL DANS LE DIOCÈSE DE CHARTRES DU 14 AU 18 AOÛT.&#13;
•&lt;Bien que le pèlerinage exige une rupture, un déplacement, il rend également possible la création d'une nouvelle communauté à l'intérieur de laquelle&#13;
un nouvel univers de sens est partagé. ( ... ) Le pèlerin se soustrait de ses activités quotidiennes pour participer à un autre type de pratiques déterminées,&#13;
cette fois, non pas par la quotidienneté et l'individualité, mais par un enracinement au coeur d'une tradition et partagées par l'ensemble d'une communauté.» 7 Les journées vécues dans le diocèse de Chartres ont favorisé cette&#13;
expérimentation. Aussi, le 15 août, nous avons pris la route de Chartres&#13;
comme le veut la tradition en marchant plusieurs kilomètres à travers les&#13;
champs de la Beauce en Normandie. Au fil de cette marche partagée avec des&#13;
jeunes d'autres pays venus pour les JMJ, des fenêtres se sont ouvertes sur&#13;
le monde. Des liens nouveaux se sont tissés avec des jeunes d'autres cultures,&#13;
races et langues par le biais de chants et de prières. Cette journée a initié&#13;
les jeunes à l'universalité de l'Églis~ en partageant l'expérience avec des&#13;
lithuaniens, des italiens, des polonais, des chinois. En fin d'après-midi, plus&#13;
de 5 000 personnes se sont retrouvées dans la cathédrale de Chartres pour&#13;
célébrer le même Dieu. Durant les journées du 16 et 17 août, nous avons&#13;
visité de petits villages, célébré une fête populaire et vécu des eucharisties&#13;
dans des paroisses avoisinantes. Au matin du 18 août, nous avons repris&#13;
la route, enrichis de nouveaux liens apportant avec nous le souvenir d'une&#13;
culture normande à saveur de campagne, Ainsi en est-il pour le pèlerin tel que&#13;
le rappelle Myriam Benny, 17 ans: «Le pèlerin retourne donc aux racines de sa&#13;
foi, à la source d'eau vive pour s'abreuver de l'amour du Christ. Sur sa route, il&#13;
rencontre des gens, il prie avec eu.x et pour eux ... mais continue son chemin&#13;
aussitôt. Le pèlerin ne fait que passer tout en laissant de bons souvenirs dans&#13;
le coeur des gens qu'il rencontre. Par le pèlerinage, il chemine énormément à&#13;
l'intérieur, puisqu'il prend le temps de faire le point sur sa vie; dans sa relation&#13;
avec Dieu , les autres et lui-même.&#13;
&#13;
TROISIÈME ÉTAPE,&#13;
PARTICIPATION AUX JOURNÉES MONDIALES DE LA JEUNESSE À PARIS&#13;
De retour à Paris, nous nous sommes retrouvés dans de nouvelles familles&#13;
d'accueil de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal pour la dernière partie du&#13;
5 Réflexion tirée du carnet de route du pèlerinage, «Je retourne à la Source,,. de Stéphany Robin, 17 ans. Beauport.&#13;
participante au pèlerinage.&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Ml 25, 35.&#13;
&#13;
7 BOIVERT, M., op. cil., p. 6.&#13;
&#13;
�12&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
OÜ COMMENECE UN PÈLERINAGE? 13&#13;
&#13;
pèlerinage. Si notre lieu d'hébergement n'a pas changé pendant plus d'une&#13;
semaine, la mouvance et les déplacements, ont été vécus quotidiennement&#13;
dans les rues et les métros de Paris. Dans le cadre des JMJ, trois journées de&#13;
catéchèse ont été organisées. Nous avons échangé et fraternisé avec des&#13;
jeunes de langue française venant de la France, du Canada et d'ailleurs. Avec&#13;
eux, nous avons écouté l'enseignement de trois évêques éloquents. Mgr JeanClaude Turcotte, archevêque de Montréal, nous a rappelé que le visage de&#13;
celui que l'on cherche est toujours vivant. Mgr Lacrampe, évêque d'Ajaccio a&#13;
dit «qu'un chrétien isolé est un chrétien perdu» et qu'il ne peut pas vivre sans&#13;
l'écoute et la mise en pratique de la Parole de Dieu. L'évêque de Grenoble, Mgr&#13;
Dufaux, nous a entretenu sur l'importance de la célébration de notre foi et de&#13;
l'eucharistie. Ces catéchèses ont été ponctuées par les rassemblements&#13;
au Champ-de-Mars lors de la liturgie d'ouverture des JMJ et l'accueil du&#13;
Pape Jean-Paul Il. Grâce aux déplacements dans le métro, la visite de lieux&#13;
historiques et touristiques, lors des catéchèses et des grands rassemblements,&#13;
nous avons rompu radicalement avec le quotidien et sommes entrés dans un&#13;
nouveau monde.&#13;
&#13;
s'entraident et s'acceptent dans cette quête de vérité». Jean-François: "Deux&#13;
mots me viennent en tête pour résumer ce que furent les Journées Mondiales&#13;
de la Jeunesse: "découverte et coeur ouvert". J'ai pu, en effet, découvrir comment vivaient les Français, les Lithuaniens, les Italiens et même les&#13;
Américains. J'ai beaucoup appris sur ces peuples pour m'être souvent&#13;
entretenu avec des gens de ces pays respectifs. Ce voyage m'a permis encore&#13;
de me manifester à coeur ouvert. J'ai réalisé que j'avais la foi beaucoup plus&#13;
que je ne le pensais.» Ces témoignages partagés au retour de l'expérience&#13;
confirment ces propos de Mathieu Boisvert: «Tout pèlerinage mène à une&#13;
transformation. (... ) La transformation de l'individu prend place (... ) lorsqu'il&#13;
revient dans sa communauté locale.» 9 Selon monsieur Boisvert, une différence&#13;
existe entre le pèlerin et le touriste. «Le pèlerin rompt les liens avec sa communauté, s'engage dans un périple, tisse de nouveaux liens, interprète son&#13;
expérience en fonction de la nouvelle collectivité à laquelle il participe activement et revient transformé. Le simple touriste, quant à lui, rompt avec son&#13;
environnement, mais ne crée pas nécessairement une nouvelle communauté&#13;
dont les racines se perdent dans l'histoire.»&#13;
&#13;
«Ainsi, par la rupture inhérente à l'activité du pèlerinage, le pèlerin tisse de&#13;
nouveaux liens qui lui permettent de remplacer ceux qui furent temporairement&#13;
sevrés, mais, plus important encore, de percevoir le lieu de pèlerinag~ comme&#13;
sacré.» 8 Par la rencontre progressive du visage universel de l'Eglise, le&#13;
dépaysement et la rupture avec son d.Jnivers familier; indispensables aux&#13;
pèlerins, l'expérience a connu son point culminant dans les dernières journées&#13;
de notre itinéraire lors du 23 et 24 août. Un record pour Guiness, sur 36 km de&#13;
long une chaîne humaine de plus de 600 000 mains tendues et tournées vers&#13;
le monde entier. Laissons Stéphany nous livrer ses impressions: «La chaîne&#13;
de fraternité que nous avons faite en présence de jeunes de plus de 145 pays&#13;
est sans contredit l'événement qui m'a le plus marquée. Il s'agissait de dire au&#13;
monde entier que les jeunes ne veulent plus de ces conflits stupides, de ces&#13;
sales guerres qui font si mal. li me semble, depuis ce moment, que le simple&#13;
mot "fraternité" n'a plus pour moi le même sens.» Un autre record pour Paris,&#13;
avoir rassemblé dans le parc Longchamp plus d'un million de chrétiens.&#13;
Oublions pour un instant les inconvénients des bains de foule, chaleur, inconfort matériel, temps d'attente et d'épreuve pour les impatients. Recueillons&#13;
quelques témoignages qui en disent long. Marie-Josée: «Ce qui m'a marquée&#13;
le plus dans mon pèlerinage, c'est de voir tous ces jeunes venus du monde&#13;
entier, parlant des langues différentes et ayant des cultures différentes s'unir&#13;
au nom de Dieu et fraterniser ensemble.» Myriam :«Ce qui m'a le plus marquée&#13;
durant ce pèlerinage, ce fut de voir tous ces milliers de jeunes rassemblés&#13;
au nom de leur foi. Nous formions une seule et même famille malgré nos&#13;
différences» Richard: «L'Église est immense. C'est un regroupement de&#13;
pèlerins (au sens large) à la recherche de Dieu. Tous ces pèlerins ne marchent&#13;
pas à la même vitesse. Certains sont plus avancés que d'autres mais tous&#13;
&#13;
EN CONCLUSION&#13;
&#13;
8 Ibid, p. 7.&#13;
&#13;
Y a-t-il eu transformation pour tout le monde? Dieu seul connaît les secrets&#13;
du coeur. En réponse à la question, un pèlerinage commence-t-il lorsqu'il finit?&#13;
Chacun peut tirer sa propre conclusion. Pour Jean-François: «Le pèlerinage à&#13;
commencé le 25 août à Québec. C'est à mon retour que j'ai réalisé que ce&#13;
pèlerinage m'a transformé. En France, j'étais trop attiré par le t9urisme mais&#13;
maintenant, à chaque jour, je m'ouvre davantage à Dieu et à son Eglise.» Notre&#13;
vie, un pèlerinage, n'est-ce pas une réalité? François d'Assise l'avait saisi et il&#13;
interpellait souvent ses frères à se conduire comme des pèlerins et des&#13;
étrangers en ce monde. «Être pèlerin, disait-il, c'est être reçu chez les autres,&#13;
avoir la nostalgie de la patrie et rayonner la paix sur son passage.» Être pèlerin&#13;
en ce monde, n'est-ce pas éprouver la nostalgie de sa patrie, la nostalgie de&#13;
Dieu en rayonnant la paix dans l'attente du retour auprès de Lui et&#13;
de porter dans le bagage de son coeur des frères, des soeurs, des situations,&#13;
un monde qui jusque-là nous étaient étrangers.&#13;
&#13;
Soeur Doris Lamontagne, p.f.m.&#13;
Responsable du Centre d'animation François-de-Laval&#13;
Que reste-t-il de ces journées? li faut se Jais$~r&#13;
le temps de décanter l'expérience ... le temps .d~&#13;
mettre à jour les dynamismes qui pousseront ch~pun,&#13;
chacune à prendre un engagement au service ciê $0$&#13;
frères et soeurs en Jésus-Christ.&#13;
•• ••&#13;
&#13;
Donald Tremblay, praire;&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
�NOTRE-DAME-DU-CAP ET LE PÈRE FRÉDÉRIC 15&#13;
&#13;
14 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
NOTRE-DAME•DU-CAP&#13;
ET&#13;
LE PÈRE FRÉDÉRIC&#13;
&#13;
Comme l'affirmait le P. Frédéric, nous sommes ici en un lieu béni où nous&#13;
prions la Vierge Marie, depuis des siècles mème. 300 ans maintenant !&#13;
Gentil Turcotte, o.t.m. vice-postutateur&#13;
&#13;
Quand on remonte à l'origine d'un lieu de&#13;
pèlerinage, on constate qu'il y a toujours eu un&#13;
homme ou une femme exceptionnel - et d'une&#13;
grande sainteté, suscité bien sûr par le&#13;
Seigneur - et qui a permis à l'oeuvre de ce&#13;
pèlerinage de naître et de se développer.&#13;
C'est le cas de l'oratoire St-Joseph à&#13;
Montréal avec le Bx frère André, du Sanctuaire&#13;
de Notre-Dame-du-Saint Rosaire à Cap-de-laMadeleine avec le Bx Père Frédéric, et de la&#13;
Réparation à Pointe-aux-Trembles avec Marie&#13;
de La Rousselière.&#13;
En plus, il y a toujours certains faits providentiels qui s'interprètent comme une garantie de la volonté du Seigneur de&#13;
voir naître tel ou tel lieu de prière et de pèlerinage.&#13;
Pour comprendre le sens de la présence prophétique du P.Frédéric et son&#13;
apport dans le lancement des pèlerinages à Cap-de-la-Madeleine, il nous faut,&#13;
je crois, le situer dans un ensemble de faits qui marquent les étapes d'un&#13;
projet voulu par la Vierge Marie vers sa réalisation dont Frédéric a été l'un&#13;
de ces instruments providentiels.&#13;
Tous les pèlerins et tous les visiteurs connaissent bien la petite église&#13;
historique que l'on appelle maintenant "Le vieux sanctuaire". En ce temple béni&#13;
est l'origine des pèlerinages marials à Cap-de-la-Madeleine."&#13;
Je dis petite église, et non chapelle, parce&#13;
que primitivement, elle était l'église paroissiale,&#13;
et cela du 13 mai 1714, comme on peut le lire&#13;
sur la façade, jusqu'en l'année 1880.&#13;
Des jésuites, des franciscains-récollets,&#13;
des prêtres séculiers se sont succédé comme&#13;
pasteur-curé, tout au long de l'histoire de cette&#13;
église, dédiée dès les débuts à Ste-MarieMadeleine.&#13;
Déjà, du temps même de la toute primitive&#13;
église, celle d'avant 1714, une dévotion mariale s'est implantée, à l'initiative du curé Paul&#13;
Vachon, qui, le 11 mai 1694, érigea une&#13;
Archiconfrérie du Très Saint Rosaire, avec les&#13;
permissions des autorités du temps.&#13;
&#13;
Arrètons-nous en l'année 1876, au moins cinq ans avant la première visite&#13;
du Père Frédéric, le curé du temps Luc Désilets et les fabriciens décident&#13;
de construire une nouvelle église paroissiale. Celle de 1714 était devenue trop&#13;
restreinte pour accueilli r une population qui avait atteint plus de 1,000 fidèles.&#13;
À l'automne 1878, le projet de construction est sufiisamment avancé pour&#13;
commencer à tailler les blocs de pierre qui serviront à la maçonnerie de&#13;
l'église. Le site choisi est la "Rochelle" de Ste-Angèle-de-Laval, situé du coté&#13;
sud du fleuve et juste en face de Cap-de-la-Madeleine. Selon le projet, les&#13;
pierres devaient être transportées grâce à un chemin de glace sur le fleuve,&#13;
au cours de l'hiver 1878-1879. Mais un hiver doux ne permit pas à la glace de&#13;
prendre sur le fleuve. Le curé Désilets, homme d'une grande piété et dévoué&#13;
à la Vierge Marie, puisqu'il s'y est consacré le 5 novembre 1867, eut recours&#13;
à la prière; il se mit à réciter le Rosaire tous les jours avec ses ouailles&#13;
et son vicaire Louis-Eugène Duguay, demandant la faveu r que le gel vienne&#13;
rendre possible la formation d'un chemin de glace sur le fleuve ! Mais rien&#13;
ne se produisait ... et l'hiver tirait sur sa fin!"&#13;
On se rappelle qu'avec les marguilliers, le curé Désilets, en 1876, avait bel&#13;
et bien consenti à ce que cette petite église de 1714 soit démolie dès que la&#13;
nouvelle serait inaugurée ! Alors, au mois de mars 1879, le curé Désilets&#13;
recourt aux grands moyens, il émet le voeu avec l'assentiment de son évêque,&#13;
de-conserver l'ancienne église, si la Sainte Vierge exauçait les prières de ses&#13;
paroissiens, en accordant la grande faveur que le fleuve gelât suffisamment&#13;
pour permettre le transport des pierres. En même temps aussi, le curé Désilets&#13;
promet de dédier la petite église (et je le cite) "à servir à perpétuité à honorer&#13;
la Reine du Ciel sous le vocable de Notre-Dame-du-Rosaire."&#13;
Les prières des paroissiens et le voeu du curé Désilets sont enfin exaucés.&#13;
Vers le 15 mars, le fleuve commence à geler, puis les jours suivants les 17&#13;
et 18, des hommes tracent à leurs risques et périls, un chemin qu'il fallut&#13;
arroser à l'aide de chaudières d'eau pour l'épaissir; et le lendemain, fête de&#13;
saint Joseph, débute le charroyage des pierres qui dura une semaine.&#13;
Et voilà que la petite église, appelée à devenir un sanctuaire marial, venait&#13;
d'être épargnée de la destructlon ! Il ne faut pas hésiter à y voir une intervention&#13;
directe de la Vierge Marie qui déjà préparait son lieu de pèlerinage dédié&#13;
à Notre-Dame-du-Saint-Rosaire.&#13;
L'année suivante 1880, comme le plus gros de la maçonnerie de la&#13;
nouvelle église était terminée, l'ancienne église se trouve une nouvelle&#13;
vocation. Selon le voeu du curé Désilets, on en fait une chapelle de dévotion&#13;
mariale. Mais pour diverses raisons, on remettait toujours le jour de la dédicace&#13;
de ce nouveau sanctuaire; elle n'aura lieu qu'en 1888, soit huit ans plus tard.&#13;
&#13;
�16 PIERRESVIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
Il y a là encore, quelque chose de mystérieux, de providentiel, si l'on veut.&#13;
Et je reste convaincu: c'est la Vierge Marie qui mène les événemen1s. Ici, elle&#13;
voulait son lieu de pèlerinage! Elle permettait que mûrisse le projet et qu'il&#13;
s'installe sur des assises solides; surtout, elle attendait son apôtre. le Père&#13;
Frédéric qui n'arrivera à Cap-de-la-Madeleine que le 15 juin 1888.&#13;
Le 22 juin suivant, Monsieur le curé Désilets et son ami, le Père Frédéric,&#13;
arrivé de Terre Sainte depuis une semaine, organisèrent ce jour-là un grand&#13;
pèlerinage. Il restera à tout jamais mémorable dans les Annales du Sanctuaire&#13;
naissant, car il marque les débuts officiels des pèlerinages.&#13;
C'était le jour désigné pour changer la dédicace de la petite église.&#13;
Jusqu'ici, elle était dédiée à Ste-Marie-Madeleine. mais l'évêque de TroisRivières, Mgr Laflèche, avait fait transporter cette dédicace à la nouvelle église.&#13;
Dès le matin, à bout de bras, on monte la statue de la Vierge au-dessus&#13;
du maître-autel, où elle se trouve toujours. Par ce geste, le sanctuaire de&#13;
Notre-Dame-du-Saint-Rosaire venait de naître!&#13;
J'ouvre une parenthèse pour quelques observations. D'abord, la statue de&#13;
la Vierge Marie qui avait toujours pris place dans l'absidiole, a été remplacée&#13;
par celle de saint Joseph, non seulement parce que saint Joseph est l'époux&#13;
de Marie, mais aussi parce que c'est le 19 mars 1879 que l'on avait commencé&#13;
à transporter les pierres sur le fameux pont de glace, qui valut la conservation&#13;
de ce nouveau sanctuaire.&#13;
Une deuxième observation concerne l'origine de cette statue. Elle a été&#13;
donnée par un nommé Zéphirin Dorval. paroissien de Cap-de-la-Madeleine.&#13;
Nous ne savons presque rien de ce brave type. On sait qu'il fut l'un de ces&#13;
aventuriers qui s'est rendu en Alaska, sur le bord de la rivière Klondyke,&#13;
comme on disait dans le temps, cueillir des pépites d'or à même le courant&#13;
d'eau de la rivière. Notre homme aurait été chanceux et serait revenu avec une&#13;
jolie quantité d'or! Sur le chemin du retour, il arrête à Montréal, à l'atelier&#13;
des Carli, dans le but d'acheter une statue pour son église. Sa manière à&#13;
lui d'exprimer sa reconnaissance! Il aurait certes pu acheter une statue de&#13;
Sie-Marie-Madeleine, c'eût été normal parce que c'était la patronne de son&#13;
église; mais les Carli, fabricants de statues, lui suggèrent une Vierge Marie, en&#13;
souvenir de la proclamation du dogme de l'immaculée-Conception, en cette&#13;
année 1854. Notre bon Zéphlrln Dorval, homme bien ordinaire, sans renommée particulière, a donc eu ce grand privilège d'avoir donné la statue qui&#13;
deviendra la statue miraculeuse, aux pieds de laquelle viendront prier des&#13;
mllliers et des milliers de pèlerins!&#13;
Je ferme cette parenthèse pour revenir au 22 juin 1888, jour comme&#13;
j'ai dit, de l'inauguration des pèlerinages à Cap-de-la-Madeleine. Si l'un des&#13;
premiers gestes a été de placer la statue de la Vierge sur le maître-autel,&#13;
le second aura été la cérémonie de la dédicace à Notre-Dame-du-SaintRosaire, avec la translation au maître-autel des privilèges de la Confrérie&#13;
&#13;
NOTRE-DAME-DU-CAP ET LE PÈRE FRÉDÉRIC 17&#13;
&#13;
du Très Saint Rosaire. Ce décret du Saint-Père&#13;
a été proclamé solennellement par le Curé&#13;
Désilets, parce que c'est lui qui l'avait obtenu le&#13;
14 février 1884, lors d'un séjour à Rome.&#13;
Par la suite, il y eut une messe solennelle&#13;
chantée par le curé Désilets avec diacre et&#13;
sous-diacre selon la coutume du temps. Le&#13;
père Frédéric prononça le sermon. On a été&#13;
unanime à dire que les paroles qu'il a prononcées avaient une note authentiqu ement&#13;
prophétique qui nous émerveille encore&#13;
aujourd'hui. "Dorénavant, a-t-il dit, ce sanctuaire sera celui de Marie. Des pèlerins viendront&#13;
de toutes les familles de la paroisse, de toutes&#13;
les paroisses du diocèse, de tous les diocèses&#13;
du Canada. Oui, cette petite maison de Dieu&#13;
sera trop exiguë pour contenir les foules qui viendront invoquer la puissance et&#13;
la munificence de la douce Vierge du Très Saint Rosaire !"&#13;
Prononcées au moment où on inaugurait ce sanctuaire comme lieu de&#13;
pèlerinage, plusieurs étaient sceptiques, convaincus qu'ils étaient que le Père&#13;
Frédéric rêvait en couleur! L'histoire n'a-t-elle pas donné raison à Frédéric?&#13;
Un fait mérite encore d'être signalé, durant cette même journée, certains&#13;
témoins ont raconté que le Père Frédéric, à plusieurs reprises, a invité les&#13;
pèlerins, à invoquer la Vierge Marie avec confiance, lui demandant de bien&#13;
vouloir donner un signe, comme quoi elle était consentante à ce que cette&#13;
chapelle devienne un sanctuaire marial et un lieu de pèlerinage consacré à&#13;
Notre-Dame-du-Saint-Rosaire. Frédéric a dû être un peu déçu, la journée se&#13;
passe sans que les pèlerins fussent témoins d'aucun signe! Cependant,&#13;
le soir, après le souper, un infirme du nom de Pierre Lacroix qui résidait à proximité des terrains de l'église, se présente au presbytère, déclarant venir se faire&#13;
guérir par le Père Frédéric dont la réputation de sainteté et de thaumaturge&#13;
était déjà faite. On connaît l'histoire: le Père Frédéric suggère à l'infirme de se&#13;
rendre prier avec lui au petit sanctuaire, puis le curé Désilets décide de les&#13;
accompagner. C'est à ce moment-là que se produisit le "prodige des yeux."&#13;
Le visage de la statue se serait animé, et les yeux grandement ouverts&#13;
se sont portés sur chacun d'eux. L'infirme Pierre Lacroix, avant de mourir en&#13;
1895, devant notaire et sous serment en a fait un récit. Ce précieux document&#13;
est conservé aux Archives de Notre-Dame-du-Cap. Quant au curé Désilets,&#13;
il a confié son témoignage à son évêque, à son vicaire Louis-Eugène Duguay,&#13;
et à d'autres prêtres, avant sa mort, survenue soudainement le 30 août suivant,&#13;
à peine deux mois après l'événement.&#13;
Au procès informatif, Louis-Eugène Duguay, dans son volumineux&#13;
témoignage sur le Père Frédéric, s'exprimalt ainsi: "Ce sont les trois témoins,&#13;
&#13;
�18 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
particulièrement Monsieur Désilets, très émotionné qui me l'ont raconté immédiatement, et plusieurs fois par la suite" (Positio p.34)"&#13;
Pour ce qui est du Père Frédéric, il l'a raconté souvent à des groupes de&#13;
pèlerins, à son Provincial franciscain, le Père Colomban-Marie Dreyer, devenu&#13;
par la suite évêque, Vicaire apostolique du Canal de Suez. De plus, le Père&#13;
Frédéric lui-même en a publié le récit dans la Presse en 1897. Les quelques&#13;
témoignages qui suivent en sont très éclairants.&#13;
"J'ai entendu souvent le Père Frédéric y faire allusion." Sur le lieu même,&#13;
il me montra comment la chose s'était passée et de quel côté regardait la&#13;
Vierge. Il voyait en effet dans ce fait une volonté de la Sainte Vierge d'attirer les&#13;
foules en Pèlerinage". (Mgr Dreyer, Positio p.241 )"&#13;
"Je l'ai souvent entendu parler du miracle&#13;
[des yeux]. affirmer qu'il&#13;
avait bien vu la Très&#13;
Sainte Vierge ouvrir les&#13;
yeux à plusieurs reprises.&#13;
Pour lui, c'était évident&#13;
que la Très Sainte Vierge&#13;
voulait être honorée au&#13;
Cap-de-la-Madeleine."&#13;
(Théodoric Paré, Positio&#13;
p.173)&#13;
"Le Père Frédéric&#13;
aimait raconter dans ses&#13;
discou rs aux pèlerins&#13;
comment la statue de&#13;
la Vierge ouvrit les&#13;
yeux." (Léa Bayle, Positio&#13;
p.269)."&#13;
Comme tous ces&#13;
témoignages et particulièrement ceux des témoins concordent parfaitement, on ne peut&#13;
douter du fait surnaturel&#13;
dont ils ont été gratifiés&#13;
de la part de la Vierge&#13;
Marie. Le Père Frédéric&#13;
n'a jamais douté du signe&#13;
de Marie; pour lui ce fut&#13;
un grand moment de&#13;
grâce et un appel incon-&#13;
&#13;
NOTRE-DAME-DU-CAP ET LE PÈRE FRÉDÉRIC 19&#13;
&#13;
testable à se donner à !'oeuvre naissante des pèlerinages. Dans une lettre,&#13;
il écrivait: ''C'est donc la sainte Vierge qui veut, ce me semble, me retenir ici,&#13;
pour publier ses louanges dans son sanctuaire..."&#13;
Ce n'est pas pour rien non plus qu'on l'a appelé le prophète de NotreDame-du-Cap. Pendant quatorze ans, il sera là à l'accueil des pèlerins,&#13;
prêchant les merveilles de Marie, et animant les longues prières de tous ces&#13;
fervents de Marie.&#13;
Pour terminer cet exposé, je clte simplement une page du Père André&#13;
Dumont, dans son livre "Le goüt de Dieu". Ce vendredi 22 juin 1888, "Avec&#13;
Désilets, Duguay et Frédéric, sans trop faire de bruit, sans déranger les historiens, le petit peuple venait de fêter la naissance du "grand sanctuaire marial&#13;
du pays", selon l'expression de Jean-Paul 11, pèlerin de Notre-Dame du Cap un&#13;
siècle après.&#13;
Retrouvant la fougue de l'envolée prophétique de Frédéric au matin du 22&#13;
juin, le Saint-Père criait aux 75,000 personnes complètement détrempées sous&#13;
l'averse obstinée de septembre:&#13;
"Comment annoncer et réaliser !'oeuvre de son Fils, disait-il, sans regarder&#13;
vers sa Mère, sans admirer sa disponibilité et sa foi, sans implorer son intercession? Ce très ancien sanctuaire de Notre-Dame du Cap-de-la-Madeleine&#13;
en est le signe ... "Oui, ce pèlerinage marial demeure une grâce immense faite&#13;
au peuple canadien. Puisse le flot de priants ne jamais tarir en ce lieu !"&#13;
(10 septembre 1984)&#13;
"Pour faire jaillir cette grâce immense, pour attirer ce flot de priants, Marie&#13;
avait eu besoin d'un petit bout d'homme, ancien commis-voyageur, souvent&#13;
malade et toujours en course: Frédéric Janssoone."&#13;
&#13;
MONSIEUR L'ABBÉ JEAN MERCIER&#13;
(1920-1997)&#13;
&#13;
Un autre décès : celui d'un ancien trésorier et secrétaire du Corrùté.&#13;
&#13;
M. l'abbé Jean Merder, né dans la Beauce, a été incardiné au diocèse de&#13;
Sherbrooke. Celui-ci 11a prêté à notre groupe. Son action a été remarquable,&#13;
même s'il doit cumuler quelques mandats simultanément. Pi·ofesseur ou/et&#13;
directeur, il est fidèle aux réunions, comme membre du Comité. Son apport&#13;
est très précieux. Plus tard, devenu curé de la paroisse de St-Claude, il continu à s'intéresser à notre oeuvre. Sa dernière démarcheJ assister à la&#13;
célébration du 50• (1992), malgré des difficultés de déplacement. Il faisait&#13;
bon de la revoir, alors.&#13;
Sa mort, le lüjuin 1997, recommande à nos prières ce serviteur constant en&#13;
tout'temps.&#13;
&#13;
�20 PIERRES VNANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
TOURISME - PtLERINAGE - CHEMINEMENT 21&#13;
&#13;
TOURISME - PÈLERINAGE - CHEMINEMENT&#13;
&#13;
l'islamisme, le catholicisme. Seul, cependant, le Christ pourra se définir:&#13;
"JE SUIS LA ROUTE."&#13;
&#13;
Arrêtez-vous sur les routes pour faire le point,&#13;
renseignez-vous sur les&#13;
sentiers traditionnels&#13;
Où est la route du bonheur?&#13;
Alors suivez-fa et vous trouverez où vous refaire.&#13;
Jérémie, 6, 16&#13;
&#13;
On raconte cette anecdote survenue vers 1950, au Cap-de-la-Madeleine.&#13;
Une famille franco-américaine s'apprêtait à quitter le Sanctuaire. Les hautparleurs égrènent les litanies de la Sainte Vierge. En latin, évidemment.&#13;
Tous les fidèles étaient alors familiers avec les prières en latin. "Turris davidica", "turris eburnea" etc ... , "ora pro nobis". Et le brave "paterfamilias" de dire&#13;
à ses enfants: "Attendons! ils vont peut-être dire: "touristes américains" ...&#13;
&#13;
Voici les circonstances dans lesquelles Jérémie écrit ce verset.&#13;
&#13;
Avait-il raison de se définir "touriste"? - Il se peut. Car un touriste désigne,&#13;
depuis son origine au début du XIX" siècle, un voyageur surtout par plaisir."&#13;
&#13;
Pour qu'ils rectifient leur égarement, le Seigneur lance une invitation&#13;
finale aux Israélites en exil. Comme des voyageurs perdus, ils hésitent et&#13;
cherchent de nouveaux sentiers. Qu'ils s'arrêtent avant de continuer et qu'ils&#13;
fassent le point.&#13;
Ils cherchent des sentiers sûrs? qu'ils regardent les sentiers traditionnels, i.e. les préceptes de la loi de Dieu par lesquels ont cheminé les&#13;
anciens d'Israël.&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
Par-dessus tout, ils doivent réfléchir sur les temps heureux de l'Alliance&#13;
donnée à Moïse sur le Sinaï; quand Israël était comme l'épouse bien-aimée&#13;
de Dieu.&#13;
&#13;
I&#13;
&#13;
\&#13;
&#13;
Les Israélites doivent avant tout suivre la voie du bonheur, celle de la fidélité à la loi du Seigneur, repos pour leur âme s'ils retournent vivre sous la&#13;
protection sûre de Yahwé et de ses bénédictions.&#13;
Pour leur faire retrouver le bonheur, le prophète emploie donc, au nom du&#13;
Seigneur, la comparaison d'une ROUTE. Dans toute la Bible d'ailleurs, la route&#13;
est une comparaison familière et fréquente. Le Seigneur Jésus lui-même,&#13;
ne s'est-il pas défini LE CHEMIN, la ROUTE? i.e. l'endroit où l'on marche dans&#13;
un contact étroit et continu avec le sol. Une route ressemble au Seigneur: Elle&#13;
sert à n'importe qui, n'importe quand et ne fait acception de personne.&#13;
&#13;
Mais il aurait pu tout aussi vraisemblablement se considérer comme un&#13;
pèlerin que je désignerais plutôt de deuxième catégorie, impliquant quand&#13;
même une certaine ascèse, réservant la première catégorie "A" aux pèlerins&#13;
à pied où l'ascèse est plus marquée et quotidienne.&#13;
Depuis le Moyen Âge, le mot pèlerin ou pérégrin décrit un "voyageur à&#13;
l'étranger. Sous l'inspiration chrétienne cette expression s'est rattachée à&#13;
différents types d'exil, notamment à ceux du peuple de !'Exode, aux justes et&#13;
aux prophètes errant dans le désert. Ces modèles sont à la source de la&#13;
marche d'exil du moine quittant son pays sur les traces du Christ et des&#13;
saints ... C'est surtout entre le IX• et le XI• s. que peregrinus désigne le&#13;
voyageur religieux vers un sanctuaire; à partir de la fin du XII• s. le peregrinus&#13;
de Terre Sainte deviendra tout naturellement un croisé" . (LE ROBERT,&#13;
Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey, Paris,1992)."&#13;
En français, le mot "pèlerin" désigne spécialement (1080) celui qui se rend&#13;
par piété dans un lieu saint, et, par métaphore, le chrétien qui, dans sa vie&#13;
terrestre, chemine vers la cité céleste.&#13;
&#13;
Chacun y vient explorer le temps et soi-même. li y puise purification, réconfort et espérance, impérieuses denrées nécessaires à toute vie normale.&#13;
&#13;
La Bible parle souvent de pèlerinages annuels à Jérusalem. Le Moyen Âge&#13;
les multipliera: d'abord, les quatre "grands": Jérusalem, Rome, le Mont SaintMichel en France, Saint-Jacques de Compostelle en Espagne. Parfois imposés&#13;
comme pénitences, ils pouvaient se déployer pendant plusieurs mois, voire&#13;
plusieurs années. À pied, habituellement, le pèlerin devait quêter sa subsistance, se protéger contre les intempéries, les voleurs de grands chemins&#13;
et toutes sortes de dangers comme les insultes des gens hostiles à leur dévotion. Le pèlerinage était vraiment un interminable chemin de croix.&#13;
&#13;
Ainsi Jérémie, cité en exergue, supplie son peuple de revenir au vrai Dieu;&#13;
il exploite le symbolisme de la marche, du pèlerinage ou du cheminement&#13;
lesquels demandent un certain renoncement à soi-même. Toute vie normale,&#13;
n'est-ce pas, doit être ascétique, i.e. s'imposer des exercices de piété et de&#13;
pénitence.&#13;
&#13;
Comme signes distinctifs, le pèlerin du Mont Saint-Michel en France -- le&#13;
michelot -- portait, épinglées à son chapeau, trois petites coquilles, et celui&#13;
d'Espagne, -- le jacquet ou jacquaire --, un bourdon attaché à un bâton et une&#13;
large coquille qui servait d'assiette. C'est "l'ancêtre" de nos coquilles culinaires&#13;
Saint-Jacques, sûrement sans les mêmes apprêts.&#13;
&#13;
Depuis que le monde est monde, du fond des âges, la vie humaine est&#13;
comparée à un pèlerinage avec haltes de sanctuaires où le peuple en marche&#13;
aime à se rencontrer.&#13;
&#13;
Toutes les grandes religions se servent du thème de la route, symbole par&#13;
excellence du service inconditionnel et du dépouillement de soi: le judaïsme,&#13;
&#13;
)&#13;
1&#13;
&#13;
La Compagnie Shell (coquille) a vraiment été bien inspirée en choisissant&#13;
comme logo de publicité cette large coquille de Saint-Jacques qui rappelle au&#13;
&#13;
�TOURISME - PÈLERINAGE - CHEMINEMENT 23&#13;
&#13;
22 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
voyageur que son produit est nécessaire et efficace pour un bon voyage&#13;
comme la grande coquille l'était pour le pèlerin de Compostelle.&#13;
Ces pèlerinages étaient -- ou sont un temps de recherche d'identité chrétienne, de pardon, de climat dévotionnel, de piété personnelle, de préoccupation apologétique ou peut-être une thérapie contre une dépression. Ce pouvait&#13;
être aussi, et souvent, une demande de guérison. Plus prosaïquement c'était&#13;
parfois, parait-il, pour faire du commerce ...&#13;
&#13;
1&#13;
1&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Au XI• s. les endroits de pèlerinage vont se multiplier dans toute la chrétienté, offrant aux fidèles de toute "catégorie", une recherche de retour aux&#13;
sources évangéliques ou un lien entre la foi et un sol témoin de la bienveillance&#13;
du ciel par l'intermédiaire d'un personnage céleste, surtout la Vierge Marie qui,&#13;
elle-même par ses apparitions a manifesté sa préférence, comme à Lourdes,&#13;
à Fatima etc ...&#13;
On estime aujourd'hui à 500,000, chaque année, le nombre de pèlerins à&#13;
Saint-Jacques de Compostelle. C'est là qu'en 1993, Jean-Paul Il a convoqué&#13;
des centaines de milliers de jeunes du monde. De ces milliers de pèlerins, la&#13;
plupart sont de la catégorie "A" dotés d'assez d'énergie pour s'attaquer,&#13;
des semaines durant, aux sombres et mystérieuses Pyrénées, escortées de&#13;
l'immensité des interminables vallées où l'on croirait voir surgir Don Quichotte&#13;
ou Jean de la Croix. Ainsi, cette année, un curé de Joliette et un autre joliettain&#13;
viennent, l'un après l'autre, de parfaire cette harassante, emballante et méritoire odyssée.&#13;
&#13;
UN SANCTUAIRE&#13;
Le mot vient de "sacré", sanctus. "Pour Jean-Paul 11, ce sont des étapes,&#13;
des relais sur la route qui mène au Christ, des cénacles où tous ont la possibilité de s'immerger dans la prière (avec Marie) ... , des lieux de l'essentiel, des&#13;
citadelles de la foi, des centres d'évangélisation, de diffusion et d'application du&#13;
message du Christ, des lieux où on se rend non d'abord pour obtenir des&#13;
grâces, mais LA grâce ... Ce sont des camps de base du cheminement de la foi."&#13;
"Chose remarquable, continue le P. Ed. Hamel, S.J., après cette citation,&#13;
les pèlerinages dans les sanctuaires marials n'ont guère connu de désaffection". "Tout est en déclin, sauf les pèlerinages "(cardinal Marty). (L'Église de&#13;
Montréal, No. 29, 21 août 1997, p. 987)&#13;
Un lieu saint peut être celui sanctifié par la présence du Christ,&#13;
(en Palestine, par exemple, ils foisonnent), ou par la conservation des reliques&#13;
d'un saint ou d'une sainte (ou en voie de le devenir), comme l'oratoire SaintJoseph du Bx Frère André Bessette. Ce peut être celui où se sont opérés des&#13;
miracles, comme à Sainte-Anne de Beaupré ou celui du tombeau d'un saint ou&#13;
d'une sainte. (C'est le cas des Centres de nos fondateurs de l'Église canadienne). Enfin, ce peut être une chapelle qui conserve les reliques insignes&#13;
&#13;
d'un personnage qu~ la piété populaire invoque. Évidemment, tous ne sont pas&#13;
reconnus ainsi par l'Eglise, mais la prière du peuple de Dieu en fait déjà un lieu&#13;
de vénération d'un personnage hors de l'ordinaire, comme à Pointe Navarre,&#13;
près de Gaspé, au tombeau du P. Jean-Marie Watier, O.S.M.&#13;
Un sanctuaire "fait participer par un avant-goût à la liturgie céleste"&#13;
proclame le Catéchisme de l'Église Catholique (No 1090).&#13;
L'Europe fourmille de ces sanctuaires où par milliers affluent des pèlerins&#13;
de tout âge et de toute condition, mais surtout de catégorie "B."&#13;
Ici, au Québec, signalons ceux de Sainte-Anne de Beaupré, à Montréal&#13;
ceux de Notre-Dame de Bonsecours, sainte Marguerite Bourgeoys, sainte&#13;
Marguerite d'Youville, Oratoire Saint-Joseph, La Réparation (Sacré-Coeur),&#13;
Saint-Jude, Notre-Dame-de-Lourdes (Montréal), Notre-Dame-du-Cap de la&#13;
Madeleine, Lac Souchette (saint Antoine), Rigaud (Sainte Vierge), PointeNavarre (Notre-Dame-des-Douleurs), Marie-Reine-des-Coeurs (Chertsey),&#13;
Calvaire Harnois, Saint-Thomas de Joliette, Beauvoir, (Sacré-Coeur) et, bien&#13;
sûr, tous les Centres des Fondateurs de l'Église canadienne&#13;
&#13;
PÈLERIN À PIED&#13;
&#13;
ou DE CATÉGORIE&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
A11&#13;
&#13;
Au siècle du "tout préparé", le scoutisme de Baden Powell a remis à la&#13;
mode la route et sa mystique. Les convocations lancées depuis quelques&#13;
années par Jean-Paul Il à la jeunesse du monde veulent évidemment évoquer&#13;
le christianisme le plus franc avec son ascèse. Comme aussi tous ces groupes&#13;
informels qui, chaque année, partent à pied, par exemple, vers Saint-Jacques&#13;
de Compostelle (qui a ~urvécu à toutes les guerres de religion ... ) ou le Capde-la-Madeleine etc ... Equipés du strict minimum matériel et pétris de bonne&#13;
volonté, ces groupes de tout âge et de toutes conditions martèlent de leurs&#13;
godasses et de leurs Ave nos routes les moins achalandées, soutenus par la&#13;
joie de se retrouver dans un sanctuaire qui sera havre de paix et de rencontre&#13;
avec le Seigneur.&#13;
Ce contact à pied avec notre Mère-terre permet de scruter le paysage où&#13;
s'est organisée la vie d'un groupe humain, de saisir la bataille que les hommes&#13;
ont dû y mener pour s'accorder avec lui. "Un pays est un paysage fabriqué par&#13;
l'homme du pays qui est le paysan" (P. Deffontaines). Il permet de méditer sur&#13;
l'âge des habitations ("Les vieilles maisons sont la jeunesse d'un pays"); il convainc de la précarité d'une vie humaine. Il permet de s'informer sur la migration&#13;
que les habitants ont peut-être dû subir pour venir s'enraciner en tel endroit&#13;
etc., d'avoir toujours présent à l'esprit que le plus beau pèlerinage -- ou&#13;
tourisme -- est celui de la fraternité. Enfin, il permet d'observer que les&#13;
paysages spirituels sont infiniment plus variés que les paysages naturels ...&#13;
"L'observation de géographie humaine fait saisir la notion de caravane&#13;
humaine", qui a dû cheminer, elle aussi. Ce véhicule "pieds-jambes" nous rend&#13;
plus familiers avec "la trame quotidienne de nos vies, faites de terre et de ciel".&#13;
Voilà entre mille les bienfaisantes leçons d'un pèlerinage à pied.&#13;
&#13;
�TOURISME - PÈLERINAGE - CHEMINEMENT 25&#13;
&#13;
24 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
Mais il n'y a pas que les pèlerins-piétons. Évidemment, n'importe qui ne&#13;
peut prétendre devenir pèlerin catégorie "A", de première qualité.&#13;
Il faut ajouter une catégorie mitoyenne entre "A" et "B": celle d'alterner&#13;
quatre ou cinq kilomètres quotidiens à pied avec une centaine d'autres bouffés&#13;
en bagnole. Et le tour est joué ... Il fallait y penser...&#13;
Dans quelle catégorie les classer? ... "AB" peut-être? ...&#13;
&#13;
LA FOI COMME PÈLERINAGE&#13;
La foi est une grande aventure et non&#13;
une recherche de sécurité&#13;
Gustave Thibon.&#13;
&#13;
Y avons-nous songé quelquefois? Notre vie de foi, notre cheminement&#13;
avec le Seigneur est calqué sur l'expérience du pèlerinage, qui, avec le&#13;
minimum de bagage, réduit le confort à sa plus simple expression. Un pèlerinage de qualité devient le grand "dérangement" -- ou "arrangement" de toute&#13;
une vie.&#13;
Même si le pèlerinage de catégorie "B" est tout autre; même si l'ascèse est&#13;
réduite au minimum sinon au vacuum, la piété, évidemment, y trouve sa place:&#13;
prières communautaires, confession, communion, chapelet, lampions, chemin&#13;
de croix (parfois), offrandes, cantiques traditionnels, parole de Dieu avec&#13;
homélie appropriée, rencontres de gens recueillis, atmosphère de paix etc ...&#13;
La grâce du pèlerinage peut y éclore, transformer, pétrir, sculpter notre foi.&#13;
Plusieurs en reviennent convaincus de la nécessité de changer de vie&#13;
et décidés de choisir une échelle de valeurs évangéliques et d'essayer d'y&#13;
monter... Qu'on écoute les impressions de plusieurs pèlerins: "Mon Dieu, que&#13;
ça fait du bien! On devrait y revenir plus souvent! C'est tellement beau!" "Que&#13;
c'était donc dévotieux !"&#13;
Le pèlerinage authentique demande à notre foi de vivre loin du confort et&#13;
d'àccepter, comme Jeanne d'Arc, "en nom Dieu", tous les inconvénients ou&#13;
imprévus du voyage: température, restauration, petites manies agaçantes des&#13;
compagnons, incommodités des transports, petites blessures etc., se disant&#13;
que le Seigneur lui aussi, ses parents également, en ont fait des pèlerinages&#13;
sans confort et que le Seigneur, encore et toujours, saura bien suppléer à notre&#13;
indigence. La fatigue et la souffrance, surtout ces "petits riens" sont appréciés&#13;
du Seigneur. "La foi est burinée ainsi par les épreuves qui lui font évaluer&#13;
les choses et les personnes. Elle libère de l'accessoire pour s'attacher à&#13;
l'essentiel. Elle nous permet de vivre authentiquement le mystère de la croix."&#13;
J'imagine que le plus lourd bagage à supporter doit être l'absence de toute&#13;
nouvelle des "siens". (À moins que le cellulaire ... )&#13;
&#13;
Sans compter toutes les occasions, dans les deux catégories, de peaufiner notre charité et qui, tel que cité plus haut "donne un avant-goût de la&#13;
liturgie céleste."&#13;
Qu'on me permette ici une anecdote. En 1938, au Congrès Eucharistique&#13;
national de Québec, une dame près de moi se fait écraser un orteil. Au lieu&#13;
des mots d'impatience non équivoque sinon l'habituel juron en pareille circonstance, le visage crispé par la douleur, elle s'écrie; "Ah! madame, si vous&#13;
m'aviez écrasé le talon, comme vous m'auriez fait moins mal!".- J'ai attribué&#13;
cette charitable exclamation à l'atmosphère de charité de la circonstance.&#13;
Cette image de la route, si bien exploitée par Baden Powell et Joseph&#13;
Folliet, (Spiritualité de la route, Bloud &amp; Gay, 1936) nous fait exprimer notre foi&#13;
chrétienne qui doit devenir itinérante, comme celle d'Abrahm, "notre père dans&#13;
la foi". Comme lui on finira par s'apercevoir que ce n'est pas nous autres&#13;
les premiers à chercher Dieu; bien avant nous, il s'est mis en marche à notre&#13;
rencontre. Quand on se rend compte de sa présence, il y a longtemps qu'il était&#13;
là dans la salle d'attente de notre coeur.&#13;
Le moindre voyage ou pique-nique, la plus banale excursion, la petite&#13;
marche quotidienne ne peuvent-ils pas prendre ainsi allure de cheminement&#13;
avec le Seigneur? "Cheminement", le mot chante si doux!&#13;
Et que dire de l'enchantement du mot "routier"? Tellement beau que dans&#13;
la biographie d'un frère des Écoles chrétiennes, dont le procès de béatification&#13;
est en cours à Rome, je l'ai adjoint à son nom, ROUTIER DE LA JOIE COMMUNAUTAIRE, ADOLPHE CHATILLON, F.E.C., Montréal, 1992.&#13;
&#13;
MAIS AU TOMBEAU DES SAINTS QUE VA-T-ON FAIRE?&#13;
Pourquoi les communautés -- religieuses ou simplement paroissiales -qui vénèrent le tombeau d'un Saint ou d'un Bienheureux, multiplient-elles les&#13;
invitations à venir y prier? Ne pourrait-on pas les invoquer tranquillement chezsoi sans avoir à se déplacer? -- Bien sûr que oui! Mais puisque les invitations&#13;
nous y sollicitent de toutes parts, il doit certainement y avoir quelque avantage&#13;
à s'y présenter. Dans ses voyages pastoraux à travers le monde, le Pape ne&#13;
s'empresse-Hl pas d'aller prier sur les tombes du plus grand nombre possible&#13;
de ceux et celles que la ferveur populaire -- car c'est elle, l'agent décisif -- a fait&#13;
déclarer dignes d'être honorés publiquement ou dans la liturgie?&#13;
En se rendant auprès de ces tombeaux, est-ce qu'on s'attend d'y voir le&#13;
personnage?- Évidemment, non. Même si son corps est encore en bon état,&#13;
comme celui de sainte Bernadette Soubirous à Nevers, celui des saintes&#13;
Louise de Marillac et Catherine Labouré dans la chapelle de la Médaille miraculeuse à Paris ou celui de saint François de Sales, à Annecy ou celui&#13;
de sainte Claire à Assise, il est évident que ce que l'on voit et vénère n'est&#13;
que l'enveloppe de l'âme invisible et immortelle, l'enveloppe qui a servi cette&#13;
personnalité désormais ailleurs dans le mystère de Dieu&#13;
&#13;
�26 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
Donc, ce n'est que l'enveloppe -- la plupart du temps, des ossements -que l'on entoure de pieux respect dans un tombeau de valeur. N'est-ce pas le&#13;
même esprit qui nous amène dans nos cimetières?&#13;
Étant donné que le corps d'un saint s'est revêtu d'une importance exceptionnelle par sa qualité de vie, l'Église, comme la plupart des grandes religions&#13;
d'ailleurs, -- a toujours vénéré le corps de ceux qu'elle considère comme des&#13;
héros, i.e. des personnages qui ont réussi leur vie uniquement aux yeux du&#13;
Seigneur (pour le monde, c'est souvent le contraire!) C'est cela un Saint ou un&#13;
Bienheureux: quiconque s'est parfaitement ajusté (voilà le sens du mot&#13;
"juste"), à la volonté du Seigneur dans la pratique des vertus de foi,&#13;
d'espérance et de charité, soutenu par les gonds de la prudence, de la justice,&#13;
du courage et de la tempérance. Les saints sont des témoins privilégiés du&#13;
Seigneur, des témoins qui continuent à parler, à nous parler, car n'est-ce pas&#13;
le rôle du témoin que de dire quelque chose?&#13;
S'approcher de la tombe d'un saint devient un pèle_rin?ge, i.e. u,n voyagE:,&#13;
une voie vers quelqu'un ou quelque mystère. De sentir la, tout pres de soi,&#13;
l'enveloppe mortelle de quelqu'un que l'on admire, en qui on a confiance, eh&#13;
bien! cela nous fait penser davantage à lui. Cette proximité engendre le désir&#13;
d'en savoir davantage sur lui et probablement de faire comme lui quelque&#13;
chose de valable pour ses frères, de soulager les misères de ce monde,&#13;
de prier comme lui. En somme, auprès du tombeau d'un saint, surgissent,&#13;
consciemment ou non, une pléiade de bons sentiments qui, ne viendraient-ils&#13;
que de la ferveur même parfois naïve qui règne dans l'atmosphère du lieu,&#13;
deviennent source précieuse.&#13;
On y sent une solidarité, un échange. La tâche qui nous revient est de&#13;
renoncer à tel défaut, à nous souder davantage dans l'amitié du Seigneur.&#13;
On ressent parfois, comme jamais ailleurs, cette possibilité d'action cosmique&#13;
de la communion des saints à travers les ténèbres provisoires de nos isolements ré~iproques. On y risque peut-être ce moment d'émotion que chacun&#13;
ressent lors d'un face à face avec un humble qui a fait de grandes choses pour&#13;
le service du Seigneur.&#13;
Cette émotion imprégnée de simplicité, voire de banalité, invite le pèlerin&#13;
qui s'agenouille devant la châsse ou la statue à se dépouiller de tout ce qui&#13;
lui pèse pour se mette à l'écoute de celui ou celle dont il vient vénérer les&#13;
restes mortels.&#13;
Images, bibelots, médailles, statues, fascicules, volumes etc ... --et qui ne&#13;
souhaite que chacun de ces "souvenirs" soit plus que de la vulgaire&#13;
camelote?-- tout, dis-je, doit concourir à nous faire penser à cet élu du ciel,&#13;
à nous imprégner de son esprit. Par exemple, auprès du tombeau de sainte&#13;
Marguerite Bourgeoys, on aura l'idée d'enseigner aux jeunes des choses&#13;
belles et vraies; chez sainte Marguerite d'Youville, celle de secourir les "mal&#13;
pris de la société"; chez Mgr de Laval, ceJle de se dépenser pour l'Église canadienne; chez Marie-de-l'Incarnation, celle de garder la joie à travers toutes&#13;
&#13;
TOURISME - PÈLERINAGE - CHEMINEMENT 27&#13;
&#13;
sortes de vicissitudes; chez Catherine-de-Saint-Augustin, celle d'être le&#13;
plus possible à l'écoute de la parole de Dieu; chez le Frère André, celle de&#13;
"secouer" le patron de notre pays, saint Joseph; chez Kateri, celle des&#13;
modestes occupations; chez Mère Marie-Rose, celle de travailler avec son&#13;
peu de santé; chez Mère Gamelin, celle de s'occuper des démunis; chez Mère&#13;
Marie-Anne, celle de persévérer à travers les incompréhensions; chez&#13;
Sr Rosalie Cadron-Jetté, celle des mères monoparentales etc ... Ce "menu",&#13;
on le devine, n'est pas exclusif. Chacun y va de son choix"&#13;
Autrefois, notre catéchisme nous enseignait que le culte de dulie est le&#13;
respect dû aux anges et aux saints, tandis qu'à Dieu est dû celui de latrie, à&#13;
la Vierge étant réservé celui de hyperdulie,. Une préface de la _messe des&#13;
saints remercie toujours le Seigneur de "raviver les forces de son Eglise par la&#13;
foi dont témoignent les saints."&#13;
Ceux-ci n'ont pas besoin de nos prières, mais nous, nous avons besoin de&#13;
la reconnaissance de leur gloire. Seule la piété du peuple chrétien peut&#13;
l'obtenir.&#13;
(Cet article a paru dans Jésus Marie et notre temps, nov. 1986, p. 25.)&#13;
&#13;
EXPÉRIENCES PERSONNELLES&#13;
Enfin, conclusions pratiques et expériences personnelles, consignées en&#13;
1944, après une route-pèlerinage , en bicyclette de Joliette à Sainte-Anne de&#13;
Be~upré et à l'ile d'Orléans. Voici donc ce que j'écrivais au retour:&#13;
"À quoi nous a servi cette longue route?"&#13;
D'abord, à bien des choses que chacun s'avoue dans son intimité. Et puis,&#13;
à nous vaincre: il fallait marcher sous la pluie et sous le soleil et sous la fatigue.&#13;
À nous entraider: si quelqu'un était dans le besoin, toute la troupe l'était.&#13;
À nous aimer comme des petits frères; à peine un quart d'heure après le&#13;
départ de trois d'entre nous que les quatre autres s'ennuyaient déjà.&#13;
À nous connaître: l'un d'entre nous avouait que, si jamais il fondait une&#13;
communauté, le noviciat consisterait en une route de quinze jours.&#13;
À devenir simples et joyeux: avec nous, la vie n'a pas été compliquée une&#13;
minute.&#13;
Enfin! Enfin, la route nous a confié des secrets qu'elle ne commet qu'à&#13;
ceux qui ont l'audace et la chance de répondre à son appel."&#13;
"Route, amie stable et vagabonde, hardie et mystérieuse,&#13;
Route, rectiligne ou en lacets, route plane, ascendante ou montante,&#13;
Route, cuite par le soleil ou lavée par la pluie&#13;
Route barrée de croix de chemin, baptême du pays,&#13;
&#13;
�CATHERINEDE ST-AUGUSTIN 29&#13;
&#13;
28 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
Route de la mortification, de la prière, de la charité, de l'éternel amour,&#13;
Route de Sainte-Anne et de l'ile d'Orléans,&#13;
&#13;
F~TE DE LA BIENHEUREUSE&#13;
CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN&#13;
&#13;
«Fais de nous des hommes et des pèlerins de joye. »&#13;
&#13;
CHAPELLE OU MONASTÈRE DE&#13;
L'HÔTEL-DIEU DE QUÉBEC&#13;
LE 8 MAI 1997&#13;
M. le Chanoine Jacques Lemieux&#13;
Supérieur général du Séminaire de Québec&#13;
Préside et prononce /'Homélie&#13;
&#13;
(*) Des sept nous ne sommes que deux survivants ... L'un, l'abbé Constant&#13;
Bouillon, (Amos) mourut à Rome, en 1979, dans une chambre d'hôpital voisine&#13;
de celle de Jean-Paul Il à qui il avait fait dire qu'il offrait sa vie pour lui.&#13;
&#13;
MOTS SAVOUREUX&#13;
"PÈLERIN" en est un qui s'applique à n'importe qui. Dans la vie, ne&#13;
sommes-nous pas tous des pèleri~s chercheurs de vérité "CHEMINANT"&#13;
vers l'éternité? Ou ROUTIERS de l'Evangile? "Routier", le mot chante doux,&#13;
lui aussi.&#13;
Sur la route, l'Église pose des poteaux indicateurs de la bonne route à&#13;
prendre ou à reprendre: les "SANCTUAIRES". Mais gardons-nous d'oublier&#13;
que nos églises paroissiales remplissent la même fonction de lieux saints&#13;
depuis des siècles, d'une façon peut-être plus simple mais efficace quand&#13;
même. Depuis quelques années, nos fidèles (?) ont tendance à l'oublier et à&#13;
délaisser celles-ci, ce qui est très grave pour notre vitalité spirituelle.&#13;
Impossible de mettre de côté, sans conséquences pernicieuses la bimillénaire&#13;
tradition dominicale avec le Seigneur et son peuple.&#13;
Vive encore lès pèlerinages! Sans oublier cette remarque de l'imitation de&#13;
Jésus-Christ: "Nombreux sont les pèlerins mais rares sont ceux que le pèlerinage sanctifie ... ". Plus optimiste, Chateaubriand (1768-1848) écrivait: "I l n'y a&#13;
jamais eu de pèlerin qui soit retourné dans son village sans s'être débarrassé&#13;
d'un préjugé, et sans avoir acquis une idée nouvelle. "&#13;
Daigne le Seigneur nous classer dans les "rares", même en catégorie "B".&#13;
Et soyons assurés -· c'est Jean-Paul Il qui l'atteste que "la Vierge Marie constitue le modèle à suivre pour les pèlerins en route vers le prochain millénaire".&#13;
Après l'Annonciation, quand l'Évangile parle d'elle, elle est toujours en route&#13;
vers quelque part...&#13;
&#13;
Ce soir, nous sommes venus tous ensemble nous rappeler avec vous, chères&#13;
soeurs augustines, les mérites de la bienheureuse Catherine de SaintAugustin.&#13;
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&#13;
Monàstêre des Augustines Boyeux&#13;
&#13;
François Lanoue, ptre&#13;
août 1997, Joliette&#13;
&#13;
li est important pour chacun et chacune d'entre nous de faire mémoire des&#13;
bienheureux et des saints. Cela nous est même indispensable. De même que&#13;
toute famille garde le souvenir de ses parents, nous ne pouvons pas_oublier&#13;
ceux et celles qui ont donné leur vie pour Dieu et nous ont transmis l'Evangile&#13;
comme une bonne nourriture.&#13;
&#13;
PS.- Le sujet de la route ayant été exploité des milliers et des milliers de fois, je n'ai pas la&#13;
prétention d'y ajouter grandes nouveautés. Je m'en excuse. Mais je veux faire comme Louis XIV&#13;
dont l'orateur préféré était Bourdaloue. Celui-ci lui dit un jour: "Sire, pardonnez-moi mes redites"&#13;
et le roi de lui répondre: "Monseigneur. j'aime mieux vos redites que des choses nouvelles&#13;
apprises par d'autres. '&#13;
&#13;
Les chrétiens constituent un peuple qui .,;'applique à taire mémoire. Nous&#13;
aimons nous rappeler le Christ et les grands moments de son e-xistence sur la&#13;
terre. Et nous aimons nous rappeler aussi les bienheureux et les saints qui ont&#13;
si bien su reproduire pour nous la pensée et l'esprit de notre Sauveur, nous&#13;
prouvant ainsi qu'il est possible de l'imiter et de suivre son enseignement .&#13;
&#13;
Comme bouquet, je recommande l'excellent Mentalité d'Exode de M Maurice da Silva dans&#13;
LE CHEMIN, Marguerite Bourgeoys, No 57, 1997&#13;
&#13;
Ce soir, c'est avec ce sentiment que nous nous rassemblons dans cette&#13;
chapelle, tout près des restes de la bienheureuse Catherine de Saint-Augustin,&#13;
pour faire revivre en nous son souvenir, nous rappeler sa vie riche d'oeuvres,&#13;
&#13;
�30 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
CATHERINE DE ST-AUGUSTIN 31&#13;
&#13;
malgré sa brièveté, et tenter de nous inspirer de son amour de Dieu pour&#13;
diriger notre propre vie.&#13;
&#13;
elle n'exprime pas toute son excellence. L'homme a été créé pour posséder&#13;
Dieu, et c'est ce qui rend sa destinée si élevée.&#13;
&#13;
Catherine n'a que 16 ans quand, en 1648, venant de Bayeux, elle arrive&#13;
à Québec pour prêter main forte aux Augustines hospitalières établies ici&#13;
depuis 1639.&#13;
&#13;
Ainsi s'expliquent les aspirations à l'infini qui orientent notre esprit et notre&#13;
coeur. Aucune réalité de ce monde ne suffit à nous satisfaire; notre bonheur ne&#13;
peut être parfait qu'en étreignant l'Être divin lui-même.&#13;
&#13;
Avec courage, elle partage les durs travaux des religieuses, soignant les&#13;
malades avec un dévouement constant et un empressement admirable. À son&#13;
sujet, sa supérieure à Québec pouvait écrire aux hospitalières de Bayeux:&#13;
«Vous nous avez donné en elle un ange de douceur, d'innocence et de&#13;
candeur, un séraphin en amour, zèle et ferveur.» Et le Père Ragueneau, son&#13;
biographe, n'a lui aussi que louanges à son endroit: «Elle se faisait fort aimer&#13;
des pauvres auxquels elle rendait service avec tant de promptitude et de&#13;
charité qu'ils ne se croyaient jamais mieux servis que lorsqu'ils avaient la petite&#13;
soeur Catherine. »&#13;
&#13;
Les bienheureux et les saints sont là pour témoigner que ce bonheur nous&#13;
est possible. Ce qu'on aurait pu croire impossible devient possible par la grâce&#13;
merveilleuse qui nous vient de !'oeuvre rédemptrice du Christ.&#13;
&#13;
Malgré son jeune âge, elle exerce au sein de sa communauté des charges&#13;
importantes; elle est économe, conseillère, maîtresse des novices, directrice&#13;
de l'hôpital.&#13;
Se laissant inspirer par le souffle qui l'anime, désireuse de faire en tout la&#13;
volonté de Dieu, elle offre sa vie pour l'Église et le salut de la Nouvelle-France,&#13;
acceptant des souffrances et des épreuves qui nous sont si peu familières que&#13;
nous restons interdits quand elles nous sont relatées.&#13;
Prodigue envers elle, la nature l'avait dotée de plusieurs dons éclatants&#13;
et de précieuses qualités de coeur et d'esprit. Généreuse à son tour, Catherine&#13;
a mis au service de son entourage tous les privilèges dont elle avait été gratifiée: un charme exquis, une joie rayonnante et, par-dessus tout, une charité&#13;
tellement radieuse que les Hurons l'appelaient: «celle qui rend l'intérieur&#13;
plus beau».&#13;
En 1668, après 20 ans de vie en terre canadienne, Catherine de SaintAugustin meurt à l'âge de 36 ans.&#13;
Certes, la vie de cette petite religieuse provoque notre admiration. Mais si&#13;
nous admirons son héroïsme, ce n'est pas pour fixer notre regard uniquement&#13;
sur elle. C'est pour contempler l'action de la grâce en elle que nous l'honorons,&#13;
afin de nous persuader qu'un même travail peut aussi s'opérer en nous. Car les&#13;
bienheureux et les saints sont pétris de la même pâte que nous; ils ont vécu&#13;
des difficultés comme il nous arrive d'en connaître, même si c'est dans un tout&#13;
autre contexte que nous devons les surmonter.&#13;
Surtout, ils se sont laissé façonner par les dons de Dieu que nous avons&#13;
reçus nous aussi à notre baptême: la foi, l'espérance, la charité. C'est&#13;
pourquoi, il nous est utile de les regarder longuement et attentivement pour&#13;
nous laisser enseigner par leurs exemples.&#13;
Les bienheureux et les saints nous remettent surtout devant une vérité&#13;
essentielle: il n'y a de bonheur pour le coeur humain que dans la possession&#13;
de Dieu. L'être humain n'a pas été seulement créé à la ressemblance de Dieu;&#13;
déjà cette ressemblance révèle sa dignite et la valeur de son existence, mais&#13;
&#13;
Le Sauveur nous a ouvert l'accès au Père dans !'Esprit saint et il nous&#13;
introduit dans le bonheur de la Trinité.&#13;
La possession de Dieu ne se réalise complètement que dans l'au-delà.&#13;
Mais elle commence à s'effectuer pour nous ici-bas dans notre vie quotidienne.&#13;
Dieu se livre à nous et se fond déjà dans notre existence terrestre à notre&#13;
besoin d'amour, à notre soif d'infini. Rappelons-nous la surprise des justes&#13;
invités par le Seigneur à prendre place dans son royaume lors du jugement&#13;
dernier: «Quand est-ce que nous t'avons vu? Tu avais donc faim, tu avais donc&#13;
soif, tu étais nu, tu étais malade?» Entendons une autre fois la réponse qui leur&#13;
est faite: «Chaque fois que vous avez nourri, visité, soutenu, soigné un de ces&#13;
petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.» C'est toute la vie&#13;
de Catherine de Saint-Augustin qui est ainsi résumée!&#13;
Ce soir, cette petite religieuse nous invite à comprendre que c'est là aussi&#13;
que se trouve le bonheur que nous cherchons. La sainteté est faite pour les&#13;
petits, c'est-à-dire pour ceux qui acceptent d'être portés dans les bras de Dieu&#13;
et qui découvrent dans leur capacité d'aimer Dieu et le prochain qui ils sont:&#13;
des fils et des filles de Dieu.&#13;
La sainteté, c'est d'abord d'être des pécheurs pardonnés, des blessés que&#13;
Dieu veut guérir, des faibles à qui Dieu donne la force de l'amour. Catherine&#13;
l'a bien compris. Elle a voulu faire table commune avec les pécheurs pour les&#13;
aimer, les aider et les sauver en s'unissant au Christ Sauveur.&#13;
C'est elle ce soir qui nous rassemble. Comprenons aujourd'hui que nous&#13;
devons nous aussi avoir le courage d'affirmer notre foi en Dieu, la force d'aimer&#13;
les autres comme Jésus les aime, le désir de rendre meilleur le monde qui&#13;
nous entoure.&#13;
En célébrant présentement l'eucharistie, nous sommes assurés de venir&#13;
puiser à la source de l'amour divin que le Seigneur a voulu apporter sur la&#13;
terre, pour imprégner de sa tendresse le coeur de tous les êtres humains et les&#13;
faire vivre jusqu'en éternité.&#13;
&#13;
AMEN.&#13;
&#13;
JACQUES LEMIEUX, ptre&#13;
&#13;
Supérieur général&#13;
&#13;
�32 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
UNE VISITE OU PLUTÔT UN PÈLERINAGE&#13;
À LANGRES&#13;
VILLE NATALE DE JEANNE MANCE&#13;
En juillet 1996, je recevais une invitation à participer à une rencontre internationale «Hôpital et Musée» qui devait avoir lieu les 26 et 27 septembre 1997,&#13;
à Charlieu en France. Organisée par le Musée hospitalier de cette ville s'inscrit&#13;
dans le triple champ scientifique de la muséologie, de l'économie, de la culture&#13;
et de la gestion des structures de la santé. Madame Danièle Miguet du musée&#13;
de Charlieu, me demandait de présenter une conférence sur le Musée des&#13;
Hospitalières de !'Hôtel-Dieu de Montréal, sur son histoire, son contenu, sa&#13;
mission et ses réalisations, comme une expérience d'un autre continent.&#13;
Ayant accepté cette invitation, j'ai voulu profiter de ce déplacement pour&#13;
effectuer un pèlerinage aux sources de notre histoire et en faire un voyage&#13;
apostolique à cause des nombreux contacts qu'il me réserverait. Madame&#13;
Louise Verdant, responsable des services éducatifs au Musée, m'accompagnait. Arrivées à Paris le 11 septembre 1997, nous y sommes demeurées&#13;
quelques jours afin de visiter les lieux en relation avec l'histoire de Montréal et&#13;
celle des Hospitalières de Saint-Joseph. Nous nous sommes rendues, bien&#13;
sûr, à La Flèche, lieu de fondation des Hospitalières et à La Rochelle, d'où sont&#13;
partis Jeanne Mance, M. de Maisonneuve et les premiers colons.&#13;
Nous avons quitté Paris le 18 septembre en route vers Langres, ville natale&#13;
de Jeanne Mance ou nous sommes arrivées en fin d'après-midi. Monsieur&#13;
Jean-Paul Pizelle, président de l'association Langres-Montréal-Québec du&#13;
Centre culturel Jeanne-Mance, nous présenta les activités qui se dérouleront&#13;
durant notre séjour dans la ville langroise.&#13;
Le vendredi, 19 septembre, je rencontrais les journalistes des deux&#13;
journaux de la région qui présenteront des articles sur mon passage à Langres&#13;
en lien avec Jeanne Mance. En soirée je donnai, à la salle de !'Hôtel-de-Ville,&#13;
une causerie sur le Musée des Hospitalières et l'actualité de Jeanne Mance&#13;
dont ce musée présente l'histoire. Cet exposé était accompagné d'une présentation de diapositives.&#13;
Le lendemain, grâce à l'amabilité d'une dame de l'association langroise,&#13;
nous nous dirigions vers Beaune, visiter les célèbres Hospices de cette ville.&#13;
La route fut d'autant plus intéressante que c'était le temps des vendanges.&#13;
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à Dijon visiter les Musées d'art&#13;
sacré et de la vie bourguignonne, et la cathédrale Notre-Dame, construite en&#13;
1230 sous le règne de saint Louis et où nous trouvons une vierge noire.&#13;
Le dimanche, 21 septembre fut une journée de célébration en hommage à&#13;
Jeanne Mance. À la messe célébrée à la cathédrale de Langres, la liturgie met&#13;
l'accent sur le service. Le président de !'Eucharistie, monsieur l'abbé Daniel&#13;
Cousin lors de son homélie présente l'exemple de Jeanne Mance qui a si bien&#13;
&#13;
PÈLERINAGE À LANGRES 33&#13;
&#13;
servi. À l'issue de la messe, je fus invitée à présenter la prière d'action de grâce&#13;
dont voici quelques extraits: «Seigneur, tu nous invites, aujourd'hui, à ton&#13;
exemple, à être serviteurs et servantes de nos frères et soeurs. Tes saints&#13;
ont été des témoins et des modèles du service. Ce matin, nous regardons plus&#13;
particulièrement Jeanne Mance, comme ta servante au coeur plein de charité&#13;
pour ses semblables et que tu as appelée à un service missionnaire extraordinaire. Merci Seigneur de nous avoir donné cette femme d'ici qui a prié dans&#13;
cette cathédrale. Merci pour cette Eucharistie qui nous a réunis en communion&#13;
gens de Langres et_ de Montréal et fais de nous, à notre tour, serviteurs et&#13;
servantes dans ton Eglise et dans notre société.»&#13;
&#13;
À la sortie de la cathédrale, les membres de l'assemblée se retrouvèrent,&#13;
par une température magnifique, autour de la statue de Jeanne Mance où je&#13;
dépose avec ma collaboratrice, au nom du Centre Jeanne-Mance et des&#13;
Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal une gerbe de fleurs,&#13;
puis j'adresse quelques mots aux invités. Le président, monsieur Jean-Paul&#13;
Pizelle fait de même, au nom de son association.&#13;
Après cette cérémonie au monument, tous les participants se dirigent vers&#13;
!'Hôtel-de-Ville pour un vin d'honneur. Nous sommes accueillis par monsieur&#13;
Guy Baillet, maire de Langres qui me remet une magnifique sculpture de ta&#13;
cathédrale de sa ville.&#13;
Je suis invitée à prendre la parole et j'en profite pour remercier monsieur&#13;
le Maire de son geste délicat. Monsieur le président de l'association LangresMontréal-Québec fait le lancement d'une carte postale en l'honneur de Jeanne&#13;
Mance, réalisation de cette association.&#13;
Un repas réunit ensuite plusieurs membres de l'association à l'Hôtel&#13;
Europe. Cette rencontre se veut pour moi une occasion de retrouvailles émouvantes. La journée se termine par une visite du nouveau musée d'art et&#13;
d'histoire de Langres et un concert de chant et d'orgue à la cathédrale.&#13;
&#13;
Cette carte postale&#13;
représente le monument&#13;
à Jeanne Mance, à&#13;
Langres, avec quelques&#13;
monuments historiques:&#13;
Maison Renaissance,&#13;
Corps de garde de la&#13;
Porte de l'Hôtel-de-Ville&#13;
et Cloître de la&#13;
cathédrale Salnt Mammès.&#13;
&#13;
�MALTE ET SON HISTOIRE 35&#13;
&#13;
34 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
Le lendemain, nous nous retrouvons à ('École Jeanne-Mance où nous&#13;
sommes accueillies par le Directeur, monsieur Jean-Michel Mussy qui nous fait&#13;
visiter l'école. Nous rencontrons quelques professeurs et les élèves à qui nous&#13;
présentons deux entretiens, l'un sur Jeanne Mance et l'autre sur les soins aux&#13;
malades du temps de Jeanne Mance. Au terme de l'avant-midi,&#13;
nous prenons le repas avec le directeur et les professeurs qui nous offrent à&#13;
chacune un tableau, oeuvres d'un professeur de ('École Jeanne-Mance;&#13;
madame Nicole Fourtier. Au cours de l'après-midi, une amie langroise nous&#13;
amène visiter deux musées de la coutellerie, spécialité de la région, à Nogent,&#13;
à quelques kilomètres de Langres.&#13;
Mardi, le 23 septembre, nous visitons la petite église de Brevoine qui a été&#13;
restaurée ces dernières années et où l'on retrouve des pierres tombales de&#13;
personnes décédées lors de l'épidémie de la peste au cours de laquelle&#13;
Jeanne Mance avait prodigué ses soins aux victimes de ce fléau. Le lendemain&#13;
midi, nous quittons avec regret nos amis de Langres après un dernier au revoir&#13;
à Jeanne Mance si bellement représentée par son monument.&#13;
Nous arrivons donc à Charlieu, but du voyage où je dois participer au&#13;
colloque: «Hôpital et Musée». En parcourant les rues de cette ville, située à&#13;
environ 90 kilomètres de Lyon, en visitant ses monuments et ses musées, on&#13;
se laisse peu à peu gagner par ce qui constitue l'âme de cette cité et par son&#13;
charme inoubliable. Le colloque fut des plus intéressants et la conférence s'est&#13;
bien déroulée; l'accueil reçu, des plus sympathiques.&#13;
Après le colloque, samedi soir, nous avons pris la route pour Lyon. À cet&#13;
endroit, nous avons eu le privilège de loger chez les Soeurs de Notre-Dame du&#13;
Cénacle qui sont voisines de la basilique Notre-Dame de Fourvière qui fête&#13;
cette année son centenaire. C'est avec beaucoup d'émotion qu'agenouillée&#13;
aux pieds de Notre-Dame, je lui ai présenté tous les grands moments de ce&#13;
voyage hors du commun et où nous avons connu une température magnifique&#13;
semblable à celle du mois de juillet au Canada. Avant de quitter Lyon dont&#13;
nous avons visité la partie du «vieux Lyon» ses édifices et monuments, j'ai eu&#13;
le privilège d'aller me recueillir sur la tombe de Claudine Thevenet, fondatrice&#13;
des soeurs de Jésus Marie, dont le couvent est aussi voisin de la basilique&#13;
Notre-Dame de Fourvière. Et le 30 septembre c'était la rentrée au pays, par le&#13;
vol direct Lyon-Montréal.&#13;
Que le souvenir de ces moments privilégiés se continue et vienne animer&#13;
la transmission de l'histoire, cette belle histoire présentée au musée.&#13;
&#13;
Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
Deux quotidiens, The Gazette (Montréal) et Ottawa Citizen ont publié le nom des héros que nous vénérons.&#13;
&#13;
Le journal outoouois y a consacré 7 pages, le 13 octobre 1997 et le montréolois, 4 pages, le 19 octobre 1997.&#13;
les textes qu'ils nous livrent sont parlants, le message qu'ils présentent est d'une qualité fort volable. Notre reconnaissance et notre admiration.&#13;
•&#13;
&#13;
MALTE ET SON HISTOIRE&#13;
Si le nom de Malte est très connu, l'île elle-même l'est beaucoup moins.&#13;
L'archipel dont Malte est l'île principale se trouve à quatre-vingt-dix km au sud&#13;
de la Sicile.&#13;
Ce lieu est resté dans la mémoire pour différentes raisons, pour l'Ordre de&#13;
Malte, pour son rôle durant les deux grandes guerres du vingtième siècle ...&#13;
Mais qui aborde l'île ne peut qu'être fasciné.&#13;
L'architecture d'abord retient l'attention car tout y est dans les teintes&#13;
de beige, du plus pâle au plus foncé, et surtout, les bâtiments présentent&#13;
toujours comme la réminiscence d'un fort. De plus, Malte a une langue qui lui&#13;
est propre, une langue parlée par 300 mille habitants environ. Le paysage et la&#13;
température méditerranéenne sont splendides. Et surtout, on s'y trouve plongé&#13;
en pleine histoire.&#13;
Située à mi-chemin entre le monde européen et le monde arabe, comme,&#13;
d'ouest en est, à la rencontre de l'occident et de l'orient, l'île a eu pendant&#13;
longtemps une valeur stratégique. Il lui est même arrivé à quelques reprises&#13;
de jouer un rôle important. Rappelons quelques jalons d'une longue histoire.&#13;
On trouve à Malte des traces de civilisation qui remontent à 2800 avant&#13;
Jésus-Christ environ. Des mégalithes, ces grosses pierres disposées pour&#13;
former un bâtiment comme un temple, se retrouvent à quelques endroits sur&#13;
l'archipel.&#13;
Ce furent les Phéniciens qui colonisèrent l'île, suivis par leurs alliés, les&#13;
Carthaginois. Puis les Romains s'y installèrent pour y rester jusqu'à la fin&#13;
de l'Empire.&#13;
La population de Malte est profondément catholique. La foi chrétienne fait&#13;
partie de l'héritage national, et cela sans gêne. Or ce n'est pas sans raison&#13;
que les Maltais sont attachés à leur foi; ils peuvent attester avec fierté que leur&#13;
conversion remonte aux origines du Christianisme. il ne s'agit pas d'une&#13;
légende ... Les Actes des Apôtres, aux chapitres 27 et 28, relatent que saint&#13;
Paul fit naufrage dans les parages et échoue sur Malte. Les habitants traitèrent&#13;
les rescapés "avec humanité peu banale" (Ac 28, 2). L'Apôtre y guérit le père&#13;
du gouverneur romain Publius. Celui-ci se convertit. En un sens, les Maltais ont&#13;
été évangélisés par saint Paul en personne.&#13;
Lors de la chute de l'empire romain de l'Occident, Malte se retrouve sous&#13;
la mouvance de l'empire chrétien d'Orient. Les Byzantins furent délogés par les&#13;
Arabes qui conquérirent l'île en l'an 870.&#13;
L'influence arabe a été marquante, et généralement positive. On en voit&#13;
des traces dans l'architecture, dans les noms de lieux et particulièrement dans&#13;
la langue. C'est l'amalgame de l'arabe et de l'ancienne culture latine qui a&#13;
donné le maltais. La langue maltaise en effet est une langue arabe, mais qui&#13;
&#13;
�MALTE ET SON HISTOIRE 37&#13;
&#13;
36 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
s'écrit avec des caractères latins. Cas unique! À cette langue arabe sur fond&#13;
de latin, se sont ajoutés des éléments de français, d'italien et d'anglais.&#13;
&#13;
Mais les autres forts résistent... Finalement, des renforts arrivent.&#13;
Les Turcs épuisés et sans ravitaillement doivent se retirer. Ils étaient 48,000&#13;
hommes contre 8,000.&#13;
&#13;
Les Arabes restèrent deux siècles environ et furent délogés par les&#13;
Normands. Il s'agit des hommes du Nord installés en Normandie et qui naviguèrent jusqu'en Sicile. L'île revient ainsi dans son orbite ancienne; durant le&#13;
Moyen Âge, Malte se trouve sous la mouvance de la Sicile et de divers souverains européens.&#13;
&#13;
Ce fait d'armes arrêta l'avance turque comme quelques années plus tard&#13;
la victoire de Lépante (1570). Il eut lieu pendant que Jean Parisot de La Vallette&#13;
était grand maître. C'est lui qui fit fortifier pour soutenir d'autres attaques,&#13;
la ville qui porte maintenant son nom: La Vallette (ou Valletta).&#13;
&#13;
Or c'est à cette époque que naît à Jérusalem un ordre hospitalier, l'Ordre&#13;
de Saint Jean. Au début, il s'agit d'un Ordre religieux - les membres prononcent&#13;
les trois voeux - voué aux soins des croisés et pèlerins qui se rendent en Terre&#13;
Sainte. Comme ces gens sont menacés, l'Ordre se double d'une branche militaire. Encore une fois, les Chevaliers sont des religieux prononçant les trois&#13;
voeux, mais dédiés aux armes pour défendre l'Église et les lieux saints. Or peu&#13;
à peu les militaires supplantent les hospitaliers.&#13;
Les Chevaliers hospitaliers de Saint Jean de&#13;
quand les Musulmans prirent le contrôle complet&#13;
Ils se fixèrent à Rhodes dont ils furent expulsés&#13;
Finalement, en 1530, Charles Quint leur accorda&#13;
leur base fixe.&#13;
&#13;
Jérusalem furent expulsés&#13;
des Lieux saints en 1291.&#13;
deux cents ans plus tard.&#13;
l'Île de Malte pour en faire&#13;
&#13;
Plutôt réticents au départ, les Chevaliers s'installèrent à Malte qu'ils&#13;
commencèrent à fortifier pour la défendre contre les Turcs. Or il se trouve que&#13;
les chevaliers de ce qui allait maintenant s'appeler l'Ordre de Malte furent&#13;
les premiers gouvernants de Malte à vivre sur les lieux mêmes. Et le grands&#13;
maîtres de l'Ordre devaient donner un éclat exceptionnel à cette île de taille&#13;
pourtant réduite.&#13;
&#13;
À vrai dire, qui séjourne sur l'île sent bien comment la période des&#13;
Chevaliers est la grande période de Malte.&#13;
C'est partout qu'on trouve des traces de l'Ordre, comme cette croix ~e&#13;
Malte qui est son emblème. Les noms des grands maîtres. Villiers de l'ile&#13;
Adam, de la Vallette, Redin, Cottoner ... viennent à résonner aux oreilles des&#13;
visiteurs comme ils le font à celles de ses habitants.&#13;
11 faut reconnaître que cette période est glorieuse. "Rien n'est plus connu&#13;
que le Grand Siège?" a écrit Voltaire. Or ce grand siège est celui que soutint&#13;
Malte en 1565.&#13;
&#13;
À ce moment, les Turcs veulent envahir le sud de l'Europe par la mer.&#13;
Ils cherchent à s'installer à Malte, y débarquent mais pour se heurter aux&#13;
Chevaliers et à la population. Quelques forts sont déjà construits. Les Turcs font&#13;
le siège du Fort Saint-Elme (à la pointe de La Vallette). Ce siège dure plus d'un&#13;
mois; sous les bombardements, le fort finit par tomber; ses défenseurs sont&#13;
morts jusqu'au dernier.&#13;
&#13;
Pendant les siècles suivants, l'Ordre orna l'île de divers bâtiments, églises,&#13;
auberges, théâtre ... C'est la grande période de Malte, celle qui constitue&#13;
sa référence principale.&#13;
Si on se demande en effet ce qui confère à l'île son identité, on reconnaîtra que la mémoire des Chevaliers y est maintenue. Ils sont toujours présents&#13;
et veillent sur l'île. Leur mémoire est cultivée et donnent une force d'âme à&#13;
la population.&#13;
Les Chevaliers furent finalement chassés de l'île à la fin du XVIII• siècle par&#13;
les armées de Bonaparte qui l'envahirent sans rencontrer de résistance&#13;
(les deux tiers des membres étaient français). Les armées y confisquèrent&#13;
les biens de l'Ordre comme on l'avait fait pour les Ordres religieux en France.&#13;
Mais les troupes révolutionnaires se mirent à dos la population. Celle-ci résista&#13;
et l'île passa sous contrôle britannique.&#13;
L'Angleterre était au départ hésitante à conserver Malte, mais le fit à cause&#13;
de son importance maritime. Il faut signaler que l'archipel se trouve aussi sous&#13;
la mouvance italienne étant donné l'indéniable proximité.&#13;
Durant la première guerre, Malte assista les soldats malades ou blessés,&#13;
au point de mériter le titre "d'infirmière de la Méditerranée". De même, durant&#13;
la seconde guerre mondiale, l'île eut un rôle stratégique qui fut salué par&#13;
Roosevelt.&#13;
En 1964, l'île obtint son indépendance et devint une république. Le pays&#13;
cherche maintenant à adhérer au Marché Commun. Par ailleurs, il se fait&#13;
d'étonnantes tractations. L'Ordre de Malte pourrait revenir sur l'île;&#13;
il recevrait une portion de territoire, l'ancienne citadelle de Birgu, où il continuerait d'être souverain comme il l'est présentement à Rome où il bat sa&#13;
propre monnaie et entretient des ambassades dans soixante pays du&#13;
monde. De retour sur l'île, l'Ordre conserverait ces privilèges mais n'exercerait aucun pouvoir politique direct.&#13;
&#13;
AUTRES INFORMATIONS&#13;
La république de Malte est un archipel composé de trois îles principales:&#13;
Malte, Gozo, Comino ... La plus vaste a donné son nom à l'ensemble.&#13;
Si Malte est l'île la plus importante, Gozo est plus verdoyante et contribue&#13;
à la subsistance de l'archipel en fruits et légumes.&#13;
&#13;
�MALTE ET SON HISTOIRE 39&#13;
&#13;
38 PIERRES VNANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
En taille, Malte fait environ 30 km par 15, c'est-à-dire moins que l'île de&#13;
Montréal (qui est d'environ 45 par 15 km).&#13;
L'ancienne capitale de Malte est Mina. Déjà habitée au temps des&#13;
Romains, elle se trouve au centre de l'île comme le château-fort au centre du&#13;
pays. Quand les Chevaliers arrivèrent, ils s'installèrent plutôt sur les bords de&#13;
la mer, fortifièrent Birgu et fondèrent La Vallette.&#13;
L'Ordre tient son nom de saint Jean le Baptiste et non de saint Jean&#13;
l'Évangéliste malgré ce qu'on pourrait penser au premier abord.&#13;
&#13;
MALTE, UN CAS ET UN EXEMPLE&#13;
On trouve dans Malte et Gozo de nombreuses et souvent magnifiques&#13;
églises. Peintures, sculptures, dorures, velours, statues y abondent. Si l'on est&#13;
peu habitué à ce style au départ, on devient rapidement impressionné sinon&#13;
même ébloui.&#13;
Les organisateurs du Symposium ont préparé pour chaque soir une&#13;
eucharistie dans une église différente, principalement dans celles qui sont&#13;
dédiées à saint Joseph. Une ferveur très expressive et sincère émane de la&#13;
foule. La statue de saint Joseph "lncoronato" (couronnée) est montée sur une&#13;
structure soutenue par des porteurs et sortie de l'église sous les acclamations&#13;
de la foule: "Viva San Gussepp !" C'est un autre monde, mais qui a sa vérité!&#13;
La foi trouve à s'exprimer de différentes manières. Et l'on peut y apprendre,&#13;
malgré tout.&#13;
Car on ne peut que reconnaître la place importante de la religion&#13;
catholique dans l'identité maltaise. Les gens se regroupent pour des processions, des statues sont promenées dans les rues sous les acclamations. Même&#13;
les autobus publics arborent des images de la Vierge Marie ou du Sacré&#13;
Coeur! En fait, on se croirait dans le monde d'avant le Concile. Dans le monde&#13;
du sud de l'Italie aussi sans doute. Mais cette place accordée à la foi n'est pas&#13;
nécessairement archaïque, les racines en sont profondes et elle contribue à&#13;
l'identité nationale.&#13;
En fait, on ne peut s'empêcher de faire quelques rapprochements avec&#13;
le Canada français et le Québec. Ici aussi, la religion y a tenu un rôle collectif.&#13;
Et nous avons nous aussi des ancêtres glorieux.&#13;
Que ce soient les saints Martyrs canadiens, François de Laval, Marie&#13;
de l'Incarnation ou Catherine de Saint-Augustin. Qu'il s'agisse de&#13;
Maisonneuve, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys, Jeanne Le Ber, ou plus&#13;
loin de la Dauversière et Jean-Jacques Olier. Ou encore, de Marguerite&#13;
d'Youville, sinon de Sulpiciens moins connus mais importants comme Dollier&#13;
de Casson ou Vachon de Belmont ... Ces ancêtres dans la foi ont apporté&#13;
la semence d'un pays.&#13;
&#13;
Sans souhaiter directement un retour au passé, on peut se demander&#13;
toutefois s'ils occupent dans nos esprits et nos coeurs la place occupée&#13;
par exemple par les grands maîtres de l'Ordre dans la mémoire maltaise?&#13;
Cet enracinement permet de rouvrir l'avenir en esquissant une trajectoire.&#13;
Plus encore, les prions-nous pour qu'ils nous protègent et que grandisse&#13;
dans la fidélité la semence qu'ils ont plantée sous la conduite du Dieu vivant,&#13;
du Seigneur au service duquel ils s'étaient mis et qui les guidait.&#13;
&#13;
LE SYMPOSIUM&#13;
Le symposium auquel s'est rendu un représentant de l'Oratoire et qui&#13;
se déroulait cette année à Malte, n'en était pas à sa première manifestation.&#13;
C'est depuis 1970 que se réunissent à tous les quatre ans environ des spécialistes des Études sur saint Joseph. Ces gens venus de différents pays ont principalement fait l'étude de la dévotion à saint Joseph au cours des siècles. Rome, Valladolid, Montréal, Kalisch, Mexico et Rome à nouveau furent&#13;
les hôtes de ces rencontres.&#13;
Cette année, la rencontre portait sur saint Joseph à la fin du XIX• et au XX•&#13;
siècles. Elle réunissait des gens de pays européens (Italie, Espagn~, Pologne,&#13;
Allemagne, France), puis d'Amérique du nord (Québec, Canada et Etats Unis)&#13;
et d'Amérique latine (Salvador, Mexique, Chili, Brésil). Quelques membres par&#13;
pays évidemment, mais en tout une soixantaine de personnes.&#13;
Le symposium a duré une semaine, du 21 au 28 septembre. Aux nombreuses communications faites durant le jour. succédaient les célébrations&#13;
euçharistiques du soir dans différentes églises de l'archipel.&#13;
L'Oratoire envoyait cette année le nouveau directeur du Centre de&#13;
recherche mais le p. Gauthier, directeur de 1953 à 1994 était un habitué de ces&#13;
rencontre~ qu'il a même puissamment contribué à organiser.&#13;
Les textes des communications - les Actes - sont publiés dans l'année&#13;
qui suit. Avec les années, ces communications sont venues à ,former un&#13;
ensemble élaboré sur la dévotion à saint Joseph en différentes epoques et&#13;
dans différents pays.&#13;
Le prochain symposium se tiendra au Salv~do_r. Comme l'enquête&#13;
historique est en substance achevée, les commumcat1ons se base~ont ~ur&#13;
!'Exhortation apostolique de Jean-Paul 11, R~demptoris Cus!os. ?~lie-ci s~rv1ra&#13;
de base à la considération de différents suiets, de façon a prec1ser la figure&#13;
de Joseph à l'aube du troisième millénaire.&#13;
(Texte préparé pour la revue l'ORATOIRE, par Pierre Robert)&#13;
&#13;
• • êôtlNËNÔIMUEîn&#13;
••• M.le.cûr~.r~è·•o~to~s.~e•1ti·•pâroisi;i=~~~tJ=:gonise.dan~~~~.~~~~~~,t&gt;;, .• •·•··s•···&#13;
&#13;
· ·.· ·. l)Mlut;le 6dçcëÎlibr~ l99Î-d&amp; 1nh39i 16h30{m~ domintl!re;) . •.&#13;
&#13;
••...••...·•••·· .·.•.••.&#13;
&#13;
'ÛIÜ\E:lt~~ieitl'i;\ç~~~lèi~viltlliÔl'l&#13;
&#13;
• • . ..&#13;
&#13;
�40 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1997&#13;
&#13;
UN RÉPERTOIRE BIBLIOGRAPHIQUE ET DIDACTIQUE&#13;
couvrant un large horizon et qui en intéressera plus d'un&#13;
Comme par le passé, Marie de l'Incarnation a fait l'objet de plusieurs publications de valeur,&#13;
sans parler des "romans' qu'elle a inspirés et qui ne sont pas toujours conformes à l'histoire,&#13;
introduisant de nombreuses distorsions à l'image qu'elle a laissée.&#13;
L'un des grands événements a été la création du CEMI, Centre d'Études sur Marie de&#13;
l'Incarnation. Il est dû à l'initiative de soeur Michelle Leblanc o.s.u. qui a réussi à intéresser&#13;
la faculté de théologie de l'Université Laval, et en particulier Raymond Brodeur. Le premier&#13;
atelier s'est tenu les 6 et 7 avril 1995 à la maison des Ursulines de Loretteville; puis des séminaires de lecture pluridisciplinaire se sont tenus au cours des années académiques 1995-1996,&#13;
puis 1996-1 997; une troisième série est prévue pour 1997-1998. Un résultat des travaux du&#13;
premier atelier a fait l'objet d'un numéro spécial de la revue Laval théologique et philosophique&#13;
au printemps de cette année.&#13;
&#13;
Quelques ouvrage ont été publiés:&#13;
- Claire Gaudreau, Les déljces de nos coeurs, Marie de l'Incarnation et ses pensionnaires&#13;
amérindiennes 1639-1672, Ed. du Septentrion, 1994, qui reprend un mémoire de maîtrise de&#13;
l'Université Laval d'octobre 1992.&#13;
- Pierre Gervais, s.j., Marie de l'Incarnation, Études de théologie spirituelle, coll. Vie consacrée,&#13;
Diffusion Brepols et Anne Sigier, 1996.&#13;
- Anya Mali, Mystic in the New World, Marie de l'Incarnation (1599-1672), Studies in the History&#13;
of Christian Thought, vol. LXXII, E.J. Brill, Leiden, New York, Këln, 1996, reprise d'une thèse de&#13;
l'Université de Jérusalem.&#13;
- Nathalie Zenon Davis, Women on the Margins, Three Seventeeth-Century Lives, Harvard&#13;
University Press, Cambridge Mass., 1996, p. 63-138,&#13;
- Guy-Marie Oury, Marie Guyart en son pays, Abbaye de Solesmes, 1994 (découvertes plus&#13;
récentes sur les années tourangelles, disponibles à Westfield, Benedictine monastery, Vt 05874).&#13;
- René Latourelle, Jean de Brébeuf, Éd. Bellarmin, Montréal, 1993 est une nouvelle présentation du martyr jésuite par un théologien de valeur.&#13;
- L'histoire du Montréal de Dollier de Casson a fait l'objet d'une édition critique à l'occasion du&#13;
350e anniversaire de la fondation de Montréal; elle est due à Marcel Trudel et Marie Baboyant,&#13;
Hurtubise, HMH, 1992.&#13;
Une bonne présentation de Jeanne Mance&#13;
- Françoise Deroy-Pineau, Jeanne Mance, De Langres à Montréal, La passion de soigner,&#13;
Montréal, Bellarmin, 1995.&#13;
- Grâce à John Otto et à la générosité du Centre Catherine de St-Augustin est désormais&#13;
disponible en anglais:&#13;
- Guy-Marie Oury, The spiritual Journey of Catherine de Saint-Augustin, Hôtel-Dieu de&#13;
Québec, 1996.&#13;
- Émile Lamirande, Élizabeth Bruyère ·1816-1876), fondatrice des soeurs de la Charité&#13;
d'Ottawa (Soeurs Grises), Montréal, Bellarmin, 1993, un ouvrage monumental.&#13;
- Christine Mailloux, Une femme dans la tourmente, (Esther Blondin), Les Éd. Sainte-Anne,&#13;
Lachine, 1992, basé sur la Positio pour la béatification.&#13;
- Les écrits de Marguerite Bourgeoys (auto-biographie, testament spirituel) ont été traduits en&#13;
espagnol, Montréal, Congrégation Notre-Dame, 1995.&#13;
- Yvon Langlois, Blanche orchidée; Jeanne Le Ber, Montréal, chez l'A., 1993.&#13;
Dom Guy-M Oury&#13;
&#13;
LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE&#13;
DU CANADA&#13;
EXÉCUTIF&#13;
Président&#13;
&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
&#13;
Réalisateur émérite, Radio-Canada&#13;
&#13;
Vice-présidente&#13;
et trésorière&#13;
&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
&#13;
Cause de Jeanne Le Ber&#13;
&#13;
Secrétaire&#13;
&#13;
S. Thérèse Leduc, s.n.j.m.&#13;
&#13;
Maison mère, Outremont&#13;
&#13;
Publiciste&#13;
&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
&#13;
Prof. émérite, CEGEP Ahuntsic, Mt!.&#13;
&#13;
1« cons.&#13;
&#13;
P. Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
&#13;
Cause du Père Frédéric, Trois-Rivières&#13;
&#13;
2• cons.&#13;
&#13;
S. Doris Lamontagne, p.f.m. Aide au Centre Mgr-de-Laval, Qc&#13;
&#13;
MEMBRES&#13;
S. Ghislaine Boucher, r.j.m.&#13;
&#13;
Cause de Dina Bélanger, Qc&#13;
&#13;
S. Thérèse Caron, a.m.j.&#13;
&#13;
Centre Catherine de St-Augustin, Qc&#13;
&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Baie-Corneau&#13;
&#13;
Mlle Marie-Thérèse Chevalier&#13;
&#13;
Dir. du journal Jésus Marie et Notre Temps, Mû&#13;
&#13;
M. Jérôme Collura&#13;
&#13;
Pers. hosp., N.-D. de la Merci, Mù&#13;
&#13;
S. Danielle Dubois&#13;
&#13;
Dir. du Centre Marguerite-Bourgeoys, Mt!&#13;
&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p.&#13;
&#13;
Centre Émilie-Gamelin, Mtl&#13;
&#13;
S. Agathe Gratton, s.c.o.&#13;
&#13;
Cause Élisabeth Bruyère. Ottawa&#13;
&#13;
S. Marie-Laure Lalande, s.s.a.&#13;
&#13;
Centre Ester-Blondin, Lachine&#13;
&#13;
M. l' abbé François Lanoue&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Joliette&#13;
&#13;
S. Jeanne Laporte, s.g.m.&#13;
&#13;
Centre Marguerite-d'Youville, Mtl&#13;
&#13;
M. le chan. Jacques Lemieux&#13;
&#13;
Cause de Mgr de Laval, Qc&#13;
&#13;
S. Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
&#13;
Vice-post., Cause de Délia Tétreault, Laval&#13;
&#13;
S. Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
Centre Marie-de-l'Incarnation, Qc&#13;
&#13;
S. Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
&#13;
Centre Jeanne-Mance et musée, Mt!&#13;
&#13;
S. Stella Plante, s.n .j.m.&#13;
&#13;
Centre Marie-Rose Durocher, Longueuil&#13;
&#13;
M. Pierre Robert&#13;
&#13;
Dir. du centre de rech. à l'Oratoire St-Joseph&#13;
&#13;
M. l'abbé Donald Tremblay&#13;
&#13;
Vic. à la paroisse de St-Jérôme, prêtre de la&#13;
cté Ste-Françoise-Cabrini, Rosemère&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
Liminaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . R. Leclerc, président 1&#13;
Conférence du Père, Marc Lortie . . . . . . . . . . . . . . . . . .&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Où commence un pèlerinage . . . D. Lamontagne, p.f.m. 8&#13;
Notre-Dame-de-Cap et le P. Frédéric . . G. Turcotte, o.f.m. 14&#13;
Tourisme - Pèlerinage - Cheminement . . . . . . F. Lanoue 20&#13;
Catherine de St-Augustin . . . . . . . . . . . . . . J. Lemieux 29&#13;
Pèlerinage à Langres&#13;
&#13;
T. Payer, r.h.s.j. 32&#13;
&#13;
Malte et son histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P. Robert 35&#13;
Répertoire bibliographique et didactique Dom G.-M. Oury 40&#13;
&#13;
Dépôt légal - Bibliothèque Nationale du Québec&#13;
ISSN 0226-3572&#13;
&#13;
Ce bulletin est publié par&#13;
l e Comité des Fondateurs de l'Église du Canada&#13;
1460, boui. Crémazie Est Montréal, Québec H 2E JA2&#13;
Tél. : (514) 374-5981&#13;
&#13;
Frais de retour garantis&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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                <text>p. 1-3 : &lt;em&gt;Liminaire&lt;/em&gt; par Leclerc&lt;br /&gt;p. 4-7 : Compte-rendu de la conférence du père Marc Lortie, o.m.i., sur la présentation du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap&lt;br /&gt;p. 7 : &lt;em&gt;Monsieur l'abbé Honorius Provost, 1909-1997&lt;/em&gt; par Lemieux&lt;br /&gt;p. 8-13 : Un pèlerinage commence-t-il lorsqu'il finit? par Lamontagne &lt;br /&gt;p. 14-19 :&lt;em&gt; Notre-Dame-du-Cap et le père Frédéric&lt;/em&gt; par Turcotte&lt;br /&gt;p. 20-28 :&lt;em&gt; Tourisme, pèlerinage, cheminement&lt;/em&gt; par Lanoue&lt;br /&gt;p. 29-31 : &lt;em&gt;Fête de la bienheureuse Catherine de Saint-Augustin&lt;/em&gt; par Lemieux&lt;br /&gt;p. 32-34 : &lt;em&gt;Une visite, ou plutôt un pèlerinage, à Langres, ville natale de Jeanne Mance&lt;/em&gt; par Payer&lt;br /&gt;p. 35-39 :&lt;em&gt; Malte et son histoire&lt;/em&gt; par Robert&lt;br /&gt;p. 40 : &lt;em&gt;Un répertoire biblographique et didactique&lt;/em&gt; par Oury&lt;br /&gt;p. 41 : Le Comité</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15195" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt;collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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&#13;
Numéro de l.'an 2002&#13;
&#13;
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le Comité des f~ndat~urs'd~' J•tgUse~~Cana~,a&#13;
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/599-1672&#13;
&#13;
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/701-1771&#13;
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1632-1661&#13;
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&#13;
1623-1701&#13;
&#13;
« Qui me suit ne marchera pas dans&#13;
les ténèbres mais aura la lumière de&#13;
la vie" (Jean 8.12)&#13;
&#13;
/606 - 1673&#13;
&#13;
�LIMINAIRE&#13;
Le comité des Fondateurs de l'Église au Canada a 60 ans.&#13;
Célébrer un anniversaire est toujours&#13;
un événement stimulant, surtout quand il&#13;
s'agit d'un soixantième. Il est l'occasion&#13;
d'un retour sur le chemin parcouru et une&#13;
projection sur l'avenir.&#13;
Dans ces pages. nous écouterons&#13;
l'histoire d'un groupe qui, au cours des&#13;
ans, a voulu donner la parole à de&#13;
nombreux témoins fondateurs et fondatrices de notre Église.&#13;
Révéler « l'expérience de Dieu &gt;&gt; de&#13;
ces héros de la foi, n'est pas une tâche&#13;
facile. Depuis soixante ans, plusieurs&#13;
personnes ont mis leur savoir à faire connaître la spiritualité qui a animé tel ou tel&#13;
fondateur et fondatrice. Cet héritage&#13;
spirituel, ce n'est pas tout de l'analyser, de le rendre abordable, il faut aussi&#13;
lui donner une couleur d'actualité.&#13;
Un article de fond de l'Abbé Hermann Giguére le fait bien ressortir, nous&#13;
invitant à une relecture du témoignage spirituel de nos saints et saintes,&#13;
bienheureux et bienheureuses, afin d'y découvrir ce qui est d'actualité pour&#13;
nous aujourd'hui.&#13;
Nous avons aussi à exprimer notre reconnaissance à Mgr Jean Gagnon,&#13;
évêque auxiliaire de Québec, pour son mot d'appréciation à l'endroit de nos&#13;
fondateurs et fondatrices, comme « source d'inspiration pour l'Église&#13;
d'aujourd'hui. »&#13;
Quant à Pierre Robert, il nous ramène aux origines spirituelles de Montréal et sœur Doris Lamontagne nous promène dans les sanctuaires historiques du Vieux Québec. Les suivre nous est un enrichissement.&#13;
Et nous savons gré à sœur Hélène Tremblay qui nous trace si bien&#13;
l'historique du « Comité des Fondateurs. i&gt; nous décrivant sa création, son&#13;
fonctionnement et son rayonnement.&#13;
Vous avez là la ligne de fond de notre publication de « Pierres Vivantes», à laquelle viennent s'ajouter d'autres collaborations non moins importantes.&#13;
Cette revue vous revient après deux ans, puisque la publication de notre&#13;
Agenda 2000 couvre deux années, 1999 et 2000.&#13;
Bonne lecture,&#13;
Gentil Turcotte ofm. prés.&#13;
&#13;
�2&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 '. 608&#13;
&#13;
ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
NOS FONDATEURS DOIVENT DEMEURER&#13;
UNE INSPIRATION POUR L'ÉGLISE D'AUJOURD'HUI&#13;
Mgr Jean Gagnon&#13;
Évéque auxiliaire à Québec&#13;
&#13;
Il m'arrive chaque année de participer aux fêtes qui soulignent l'anniversaire d'une paroisse de notre Église&#13;
diocésaine et d'avoir à prononcer l'homélie à cette occasion. Je suis alors&#13;
toujours dans l'admiration en retraçant&#13;
les origines de cette communauté et en&#13;
apprenant à connaitre l'esprit chrétien&#13;
et le courage qui ont soutenu ses fondateurs et leur ont permis de léguer un&#13;
tel héritage.&#13;
Suite aux transformations considérables vécues dans notre société&#13;
avec l'arrivée de la modernité, c'est&#13;
avec le même intérêt que nous devons&#13;
nous retourner vers les Fondateurs de&#13;
notre Église. Nous y trouverons un&#13;
éclairage important pour faire face aux&#13;
défis énormes d'avoir à construire chez nous une Église renouvelée qui&#13;
réponde aux besoins des personnes de notre époque,&#13;
On l'a souvent répété, l'histoire est une importante maîtresse de vie.&#13;
Elle est un peu comme le rétroviseur d'une automobile : si on y jette un&#13;
coup d 'œil attentif de temps à autre, c'est parce qu 'il nous guide dans tes&#13;
gestes nécessaires pour avancer en sécurité. Retire notre histoire, c'est&#13;
aussi un moyen puissant de retracer notre identité. Les familles fortes&#13;
sont celles qui sont fières de leurs origines. Les communautés religieuses l'ont découvert depuis Vatican Il. alors que beaucoup de réformes&#13;
chez elles se sont accomplies dans la redécouverte du charisme de leur&#13;
fondation.&#13;
C'est pourquoi il est important pour les croyants et croyantes de chez&#13;
nous de bien connaitre ceux et celles qui furent à l'origine de notre Église&#13;
et du style qu'a pris chez nous pendant quatre siècles la vie chrétienne&#13;
et ecclésiale Il ne faut pas oublier que la Nouvelle-France fut fondée à&#13;
une époque de profonds changements sociaux et ecclésiaux. La fondation de Québec a eu lieu à peine une centaine d'années après le Concile&#13;
&#13;
Nos FONDATEURS ET L'ÉGLISE D'AUJOURD'HUI&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
de Trente. Lequel concile avait été convoqué pour remédier aux très&#13;
importants changements de mentalité provoqués par la Renai~sa_n ce et&#13;
la Réforme protestante et qui avaient grandement ébranlé l'Eglise de&#13;
l'époque.&#13;
Mgr de Laval était lui-même un disciple des Jésuites fondés, quelque&#13;
cent ans auparavant. Il fut contemporain de saint François de S~l:s et&#13;
de saint Vincent de Paul et fut nourri aux mêmes courants spirituels&#13;
qu'eux et qu'il a voulu ensuite implanter dans l'Église nouvelle qui l~i était&#13;
confiée. L'arrivée en Amérique de grandes communautés rel1g1euses&#13;
comme les Augustines et les Ursulines fut inspirée par le fort courant&#13;
mystique et missionnaire de cette époque. On connaît le vœu de Catherine de St-Augustin de vouloir mourir martyre au Canada. Au. n:ême&#13;
moment, on assista à l'introduction de nouvelles formes de vie rel1g1euse&#13;
non-cloîtrées et vouées à l'apostolat auprès des jeunes et des pauvres.&#13;
Ce fut l'inspiration qui guida Marguerite Bourgeois et Mère d'Youville.&#13;
D'autres plus informés que moi sur le dix-neuvième siècle pourraient&#13;
énumérer la longue liste des communautés d'hommes et de femmes&#13;
attirées par Mgr Ignace Bourget ou fondées à son instigation pour répondre aux besoins de la société. A quoi ressemblerait notre Québec sans&#13;
l'œuvre immense de cet évêque de chez nous ?&#13;
Nous vivons aujourd'hui un de ces tournants importants que prend&#13;
parfois l'histoire des sociétés humaines. Le progrès scientifiqu~. _les&#13;
communications et l'instruction généralisée ont transformé cons1derablement, et dans une période de temps très courte, les conditions de vie&#13;
chez nous Mais si la société a changé, les humains, eux, gardent toujours le même désir et le même besoin d'être heureux, de vivre en paix,&#13;
d'être aimés et de donner un sens à leur vie. C'est ici que le message de&#13;
Jésus reste toujours d'actualité.&#13;
Les valeurs de vie de nos Fondateurs, Fondatrices et Celui qui a inspiré leurs engagements ne peuvent-ils pas encore nous écl~irer pou~&#13;
prendre les tournants nécessaires à l'édification d'un style d'Egltse qu,&#13;
saura parler aux gens d'aujourd'hui ? C'est ici qu'un regard dans le rétroviseur de notre histoire peut enrichir notre créativité et notre vision de&#13;
l'avenir. Pourquoi ne pas rêver d'une Église qui, à l'exemple de François&#13;
de Laval, saura encore révéler que « l'homme ne vit pas seulement de&#13;
pain ... »&#13;
D'une Église qui, comme Marie de l'Incarnation, Marguerite Bourgeois et tant d'autres, se préoccupera de l'éducation chrétienne de nos&#13;
jeunes.&#13;
D'une Église qui, éclairée par l'exemple de Brébeuf et ses compagnons, nous inspirera des terrains d'entente et des lieux de guérison&#13;
avec les peuples autochtones .. .&#13;
&#13;
�4&#13;
&#13;
PIERRES VNANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60° ANNNERSAIRE&#13;
&#13;
D'une église qui, comme Mère d'Youville, Marie Fitzbach et beaucoup d'autres nous apprendra à penser aux exclus créés par notre société de consommation ...&#13;
D'une Église qui, comme Mgr Bourget, sera inventive et proactive au&#13;
plan de l'engagement social, intellectuel et religieux ...&#13;
D'une Église qui, comme tous ces croyants et croyantes que furent&#13;
nos ancêtres, témoigne en paroles et en actes que la personne humaine&#13;
est unique et aimée de Dieu et que nous devons vivre en toute vérité&#13;
comme des frères et sœurs ...&#13;
Une formule théologique nous rappelle que l'Église est « semper reformana », toujours à reprendre. A une époque comme la nôtre, un regard sur les Fondateurs de notre Église peut devenir une puissante&#13;
source de courage, d'espérance et de foi dans l'avenir.&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
PRÉSENTATION, OBJECTIFS, FONCTIONNEMEN T ET&#13;
RAYONNEMENT DU C.F.É.C.&#13;
Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
Centre Jeanne-LeBer, Montréal&#13;
&#13;
Le COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE AU CANADA&#13;
(C.F.É.C.) s'apprête à célébrer son soixantième anniversaire : une occasion incontournable de revivre les grands moments de son histoire et de&#13;
rappeler ses réalisations.&#13;
Fondé à Montréal en 1942, tel un écho de « l'épopée mystique » des&#13;
origines de Ville-Marie, la naissance du C.F.É.C. s'inscrivait dans les célébrations du Tricentenaire de Montréal, mais sans pour autant se dissocier de Québec. C'est en effet à l'occasion du 3e centenaire de l'arrivée&#13;
de Marie de l'Incarnation à Québec, donc en 1939, que Son Éminence le&#13;
Cardinal Rodrigue Villeneuve, archevêque de Québec, s'interrogeant sur&#13;
les raisons du retard de la reconnaissance officielle de sa sainteté, émettait l'idée d'un « mouvement national de prière » pour obtenir la béatification de la célèbre Ursuline. Le projet ainsi lancé, n'en reste pas là Dès&#13;
l'année suivante, sur la suggestion de Dom Albert Jamet, o.s.b., on pensait à une « campagne nationale de prières dans la Province de Québec&#13;
pour obtenir la béatification des Fondateurs de l'Église et du pays ».Le&#13;
projet prendra corps en 1942, comme nous le disions plus haut. Mais&#13;
laissons à d'autres le plaisir d'élaborer l'histoire du Comité en question.&#13;
Arrêtons-nous sur ses objectifs et son fonctionnement, sans oublier son&#13;
rayonnement.&#13;
Objectifs du C.F.É.C.&#13;
Ces objectifs sont clairement énoncés dans les Statuts du Comité.&#13;
Au risque d'en atténuer la portée, nous ne saurions mieux les exprimer.&#13;
Les voici donc :&#13;
1- Contribuer à l'élaboration et au renouvellement d'une spiritualité&#13;
authentiquement nôtre en puisant aux sources les plus pures de&#13;
l'Église canadienne.&#13;
2- Faire connaître et apprécier les dons de Dieu dans la vie des&#13;
saints et bienheureux du Canada ; discerner l'actualité de leur&#13;
message spirituel et apostolique et le propager au sein du peuple&#13;
de Dieu.&#13;
3- Favoriser la glorification solennelle des Serviteurs et Servantes&#13;
de Dieu dont les causes sont en marche (ou en voie de l'être), et&#13;
&#13;
�6&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60 8 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
ce, par la prière et les moyens de diffusion appropriés.&#13;
4- Soutenir, encourager, inspirer le travail des Centres et favoriser&#13;
la coordination de leurs activités.&#13;
5- Aider, au besoin, les personnes impliquées dans le processus&#13;
d'une Cause.&#13;
Fonctionnement du C.F.É. C.&#13;
Le Comité des Fondateurs est composé de vingt-cinq membres, représentant(e)s d'un Centre pour la plupart, ou élu(e)s en raison d'une&#13;
compétence ou d'une expérience particulière. Sept de ces membres,&#13;
élu(e)s par l'ensemble du Comité, forment !'Exécutif:&#13;
Le(a) président(e) dirige les activités et préside les réunions du&#13;
Comité. Un(e) vice-président(e) l'assiste et le (la) remplace au&#13;
besoin.&#13;
Le(a) secrétaire garde les archives et le secrétariat, rédige les&#13;
comptes rendus des réunions et assure la publication de la revue&#13;
« Pierres Vivantes ». Au besoin, il (elle) est assisté(e) d'un(e)&#13;
secrétaire d'assemblée.&#13;
Le(a) publiciste est responsable de l'information, de concert&#13;
avec !'Exécutif et, au besoin du Comité dont il contribue pour une&#13;
large part au rayonnement.&#13;
&#13;
PRÉSENTATION, OBJECTIFS, FONCTIONNEMENT ET RAYONNEMENT DU&#13;
&#13;
C.F.É.C.&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
Rayonnement DU C.F.É.C.&#13;
En raison des liens avec les divers Centres, le Comité des Fondateurs ne manque pas de rayonnement. Grâce à lui, les responsables de&#13;
Centre rapprochés les uns des autres s'enrichissent de leurs expériences&#13;
respectives et connaissent mieux l'ensemble des Fondateurs dont les&#13;
Causes sont en cours ou sur le point de l'être. La présence de laïcs engagés n'est pas étrangère au rayonnement du Comité qu'elle ouvre sur&#13;
la communauté ecclésiale. Enfin la revue «Pierres Vivantes», publication&#13;
annuelle du Comité1. «remplie de dates, d'anniversaires, d'événements&#13;
petits et grands, passés et à venir». sans oublier des textes souvent inédits, ouvre un plus grand public à la connaissance et même au culte des&#13;
Fondateurs de notre Église nationale.&#13;
&#13;
Le(a) trésorier(e) administre les finances du Comité, toujours de&#13;
concert avec !'Exécutif et, au besoin du Comité, selon les montants en cause; chaque année, il (elle) présente son rapport ainsi&#13;
que les prévisions budgétaires pour l'année fiscale.&#13;
Deux conseiller(e)s complètent !'Exécutif. Comme les autres&#13;
membres, ils (elles) sont élu(e)s pour trois ans et leur mandat est&#13;
renouvelable une fois, avec réélection possible après trois ans&#13;
hors de !'Exécutif.&#13;
L'Exécutif se réunit au moins quatre fois l'an.&#13;
Selon les besoins, le C.F.É.C. pourra répartir ses tâches à l'intérieur&#13;
de sous-comités formés d'au moins trois membres.&#13;
Tous les membres du C.F.É.C. offrent bénévolement leur temps et&#13;
leur travail.&#13;
Des membres honoraires, personnes-ressources, observateurs et&#13;
invités participent aussi activement aux réunions générales du Comité,&#13;
mais sans droit de vote.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Tirage moyen de 2 000 exemplaires&#13;
&#13;
�8&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60 9 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
JALONS HISTORIQUES SUR LES SOIXANTES ANS DU COMITÉ&#13;
&#13;
de la cause du bienheureux Frédéric&#13;
Janssoone.&#13;
&#13;
JALONS HISTORIQUES SUR LES&#13;
SOIXANTE$ ANS DU COMITÉ&#13;
&#13;
Une recherche de&#13;
Maurice da Silva et sœur Thérèse Leduc&#13;
Le soixantième anniversaire du « Comité des Fondateurs de l'Église&#13;
au Canada » est l'occasion de tracer un bilan de son histoire rappelant&#13;
les personnes qui l'ont incarné et les activités qu'il a suscitées.&#13;
A.&#13;
&#13;
3. Les secrétaires :&#13;
1. de 1941 à 1967:&#13;
&#13;
2.&#13;
3.&#13;
&#13;
Les personnes qui l'ont incarné :&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
1. Les Évêques ponents qui se sont succédé :&#13;
&#13;
5.&#13;
&#13;
évêque de&#13;
Caza,&#13;
Percival&#13;
1. de 1942 à 1965 : Mgr&#13;
Valleyfield, de 1942 à 1960.&#13;
2. de 1965 à 1966 : Mgr Jean-Marie Fortier, évêque de SteAnne-de-la-Pocatière, le 23 janvier&#13;
1961; évêque de Gaspé, le17 février&#13;
1965; archevêque de Sherbrooke, le 19&#13;
mars 1968.&#13;
3. de 1966 à 1991 : Mgr André-Marie Cimichella, o.s.m.,&#13;
évêque auxiliaire de Montréal en 1964.&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
P. Émile Gervais, s.j. pendant les 26&#13;
premières années de la fondation : en&#13;
quittant sa fonction, il demeure au Comité jusqu'en 1978.&#13;
de 1967 à 1969: P. Paul-Émile Racicot, s.j.&#13;
de 1969 à 1975 : M. l'abbé Jean Mercier (professeur à&#13;
Sherbrooke).&#13;
de 1976 à 1980: M. Gilbert Lévesque (pigiste à RadioCanada).&#13;
de 1980 à 2000: soeur Thérèse Leduc, s.n.j.m. (adjointe&#13;
au secrétaire de 1978 à 1980; supérieure du couvent de Verchères de 1980&#13;
à 2000).&#13;
soeur Gabrielle Morin, s.g.m. (directrice&#13;
de 2001 à .. .&#13;
du Sanctuaire de Mère d'Youville, Varennes).&#13;
&#13;
B. Les activités qu'ils ont suscitées :&#13;
Émissions radiophoniques :&#13;
&#13;
2. Les présidents qui se sont succédé:&#13;
1. de 1942-1947 et comité provisoire en 1941 : Mgr Philippe&#13;
Perrier, curé de la paroisse St-EnfantJésus de Montréal.&#13;
2. de 1947 à 1966: Chanoine Lionel Groulx, président de&#13;
l'Institut de l'Amérique française de Montréal.&#13;
3. de 1966 à 1976 : Mgr Jean-Louis Beaumier, de TroisRivières, vice-postulateur de la cause de&#13;
Marie de l'Incarnation.&#13;
4. de 1976 à 1993: Mgr Louis Aucoin, curé de la paroisse&#13;
St-Vincent-Ferrier, à Montréal et président de l'apostolat de la prière.&#13;
5. de 1993 à 1999 : Monsieur Roger Leclerc, réalisateur&#13;
émérite de Radio-Canada.&#13;
Gentil Turcotte o.f.m., vice-postulateur&#13;
6. de 1999 à...&#13;
&#13;
Une première série comportant 32 émissions en 1945 et 1946,&#13;
portant sur Mgr de Laval, Marie de l'Incarnation, Marguerite&#13;
Bourgeoys et Jeanne Mance.&#13;
Une deuxième série d'émissions, au nombre de 162, du 12 octobre 1947 au 25 mars 1956, ayant pour titre: « Le ciel par-dessus&#13;
les toits » ont fait connaître nos premiers fondateurs et fondatrices : Mgr de Laval, Marie de l'Incarnation, Catherine de SaintAugustin, Marguerite Bourgeoys, Jeanne Mance, Marguerite&#13;
1&#13;
d'Youville, Jean de Brébeuf et autres.&#13;
Une troisième série de 60 émissions en 1946 et 1947, « Le vieux&#13;
1&#13;
Textes de Guy Dufresne, dirigées par Guy Mauffette. Les sujets qui ont été traités sont&#13;
les suivants : 1. Marie de l'Incarnation (du 9 au 30 mars 1945), 2. Catherine de St-Augustin&#13;
(du 4 décembre 1945 au 16 janvier 1946), 3. le blason de Marguerite Bourgeoys (en janvier et février 1946), 4. Jeanne Mance (le 17 avril 1960), 5. La minute de vérité (du 2 octobre 1960 à décembre 1961) don't les temps d'antenne se répartissent comme suit : 28&#13;
émissions sur Mgr de Laval, 36 émissions sur Marie de l'Incarnation, 18 émissions sur&#13;
Catherine de St-Augustin, 11 émissions sur Jeanne Mance, 4 émissions sur Bourgeoys et&#13;
Mance, et 21 émissions sur Marguerite d'Youville.&#13;
&#13;
�10&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002: 608 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
Clocher» ont eu pour sujet nos fondateurs et fondatrices. 2&#13;
Une autre série de 21 émissions en 1955 et 1956 ont porté sur&#13;
Marguerite d'Youville.&#13;
C. Excroissances:&#13;
1. « Clocher laurentien »&#13;
emIssIon de trois tableaux historiques,&#13;
écrite par Marie-Claire Daveluy, sur Louis Geoffroy,&#13;
p.s.s. (1660-1707), curé de Champlain, Sorel et&#13;
Contrecoeur (31 janvier et 16 février 1945).&#13;
2. « Les gens sur la presqu'île » : Jeu scénique à Montréal, au Parc&#13;
Lafontaine, le 24 juin 1949.&#13;
3. Résumé de guerre : Jeu scénique mettant en scène Jeanne&#13;
Mance, Maisonneuve, Élizabeth Moyen (Avril 1960).&#13;
4. Collection : Nos Fondateurs, par le Père Émile Gervais, s.j. :&#13;
1. Mgr de Laval&#13;
2. Marie de l'Incarnation&#13;
3. Catherine de St-Augustin 4. Jeanne Mance&#13;
5. Marguerite Bourgeoys&#13;
6. Marguerite d'Youville&#13;
D. Publication du C.F.E. C. :&#13;
&#13;
1.&#13;
2. -&#13;
&#13;
3. 4. 5. 6. 7. 2&#13;
&#13;
Messages des Fondateurs de l'Église au Canada, de mai-juin&#13;
1967 à janvier 1968.&#13;
Émile Gervais, s.j., Au service de l'Église canadienne, 25 ans de&#13;
bon travail (1942-1967), 92 pages.&#13;
Maurice da Silva : « Après 50 ans d'histoire » dans Pierres Vivantes, 1992, pp. 5 et 6.&#13;
L'Aibum des Six (1950-1960).&#13;
Pierres Vivantes (1978-2000) : publication annuelle depuis 1978,&#13;
sauf en 1999 et 2001.&#13;
Folle Avoine: Bulletin de liaison en 1995-1996.&#13;
Hochelaga - 'ville-Marie - Montréal: dépliant bilingue paru en&#13;
1992. 3&#13;
&#13;
Textes d'André Audet et réalisation de Guy Mauffette. Les émissions étaient réparties de&#13;
la façon suivante : 1. La vie des « 4 » (Mgr de Laval, Marie de l'Incarnation, Marguerite&#13;
Bourgeoys, Jeanne Mance) : émission radiophonique d'une demi-heure du 9 mars 1945 au&#13;
19 février 1946 (32 émissions - 1945 : textes par abbé Robert Llewellyn, réalisation de&#13;
Guy Mauffette ; 1946 : textes par Jean-Marie Poirier, réalisation de Roger Daveluy ). 2.&#13;
Marguerite d'Youville (21 émissions du dimanche 9 novembre 1955 au dimanche 25 mars&#13;
1956, de 12h30 à 13h ; textes de Lise Lavallée, réalisation de Guy Mauffette).&#13;
3&#13;
Porte sur 13 endroits historiques de Montréal : 1. le Monument de Maisonneuve ; 2.&#13;
L'église Notre-Dame ; 3. le Vieux Séminaire ; 4. la Place Marguerite Bourgeoys ; 5. la cha-&#13;
&#13;
JALONS HISTORIQUES SUR LES SOIXANTES ANS DU COMITÉ&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
E. Concours sur les fondateurs et leurs héritiers :&#13;
&#13;
Concours annuel organisé par Maurice da Silva, publiciste, de 1979 à&#13;
4&#13;
1991, à l'intention des élèves du Secondaire du Québec.&#13;
F. Membres du comité depuis la fondation :&#13;
M. Aurèle Allard, p.s.s.&#13;
&#13;
S.&#13;
P.&#13;
S.&#13;
M.&#13;
M.&#13;
M.&#13;
M.&#13;
M.&#13;
&#13;
M.-Louise Allard, r.h.s.j.&#13;
Jean Archambault, s.j.&#13;
M.-Paule Arsenault, s.g.m.&#13;
Odilon Arteau&#13;
l'abbé Yvon Barrieau&#13;
Léonidas Bélanger&#13;
l'abbé Pierre Bélanger&#13;
Roland Bélanger&#13;
M. l'abbé St-Georges Bergeron&#13;
M. Romuald Bissonnette, p.s.s.&#13;
S. Ghislaine Boucher, r.j.m.&#13;
P. Antoine Bugeaud, o.m.i.&#13;
Mlle Monique Bureau&#13;
P. Lucien Campeau, s.j.&#13;
M. l'abbé Marc Caron&#13;
S. Thérèse Caron, a.m.j.&#13;
F. Gérard Champagne, é.c.&#13;
P. Gilles Chaussé, s.j.&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
Mlle Marie-Thérèse Chevalier&#13;
P. Robert Choquette, c.s.c.&#13;
M. Jérôme Collura&#13;
M. Jean-Paul Dagenais&#13;
S. Céleste Daigle, c.n.d.&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Moncton&#13;
Chicoutimi&#13;
Rimouski&#13;
Québec&#13;
Québec&#13;
Rome&#13;
Québec&#13;
Edmonton&#13;
Trois-Rivières&#13;
St-Jérôme&#13;
Québec&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Forestville&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
St-Sauveur&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
&#13;
pelle Notre-Dame-du-Bon-Secours ; 6. l'obélisque aux Pionniers ; 7. la Maison Mére&#13;
d'Youville ; 8. la Cathédrale Marie Reine du Monde ; 9. les Tours de la Montagne ; 10.&#13;
l'Hôtel-Dieu de Montréal ; 11. la Basilique Saint-Patrick ; 12. la Maison Saint-Gabriel ; 13.&#13;
la Croix du Mont-Royal.&#13;
4&#13;
En 1979, le concours portait sur les six Fondateurs réunis ; en 1980, sur Marguerite&#13;
Bourgeoys ; en 1981, sur Mgr de Laval ; en 1982, sur Jeanne Mance ; en 1983, sur Marie&#13;
de l'Incarnation ; en 1984 sur Marguerite d'Youville ; en 1985, sur Catherine de SaintAugustin ; en 1986, sur le Frère André ; en 1987, sur Mgr Ignace Bourget ; en 1988, sur&#13;
Marie-Léonie Paradis ; en 1989, sur Mgr Louis-Zéphirin Moreau ; en 1990, sur Dina Bélanger ; en 1991, sur Émilie Gamelin ; et en 1994, sur Esther Blondin (organisé par sœur&#13;
Marie-Laure Lalande, s.s.a.).&#13;
&#13;
�12&#13;
&#13;
PIERRES VNANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
JALONS HISTORIQUES SUR LES SOIXANTES ANS DU COMITÉ&#13;
&#13;
2002: 60° ANNNERSAIRE&#13;
&#13;
Mgr Georges-Édouard Demers&#13;
P. Mathieu Donais, o.f.m.&#13;
P. Yvon d'Orsonnens, s.j.&#13;
S. Danielle Dubois, c.n.d.&#13;
M. Guy Dufresne&#13;
Mlle Monique Duval&#13;
M. André Fontaine&#13;
S. Marguerite-Marie Fortier, c.s.c.&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p.&#13;
Mme Georgette Gagnon&#13;
S. Jeannette Gagnon, s.g.m.&#13;
S. Françoise Gariépy, a.m.j.&#13;
S. Anne-M. Gauthier-Landreville, c.n.d.&#13;
S. Thérèse Gendron, p.s.s.f.&#13;
P. Wilfrid Girouard, s.j.&#13;
M. l'abbé Hermas Glaude&#13;
S. Agathe Gratton, s.c.o.&#13;
S. Viola Greene, s.c.q.&#13;
P. Léa Hudon, s.j.&#13;
Dom Albert Jamet, o.s.b.&#13;
S. Marguerite Jean, s.c.i.m.&#13;
S. Marthe Lacroix, s.n.j.m.&#13;
Mgr Pierre Lafortune&#13;
S. Marie-Claude Lalande&#13;
M. Marcel Lambert&#13;
S. Doris Lamontagne, p.f.m.&#13;
M. Jean Langis, p.s.s.&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
S. Jeanne Laporte, s.g.m.&#13;
M. le ch. Jacques Lemieux&#13;
M. l'abbé Lucien Lemieux&#13;
M. Roland Litalien, p.s.s.&#13;
S. Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
M. Urbain Lussier&#13;
S. Thérèse Maheux, s.g.m.&#13;
P. Paul-Émile Mailhat, o.s.m.&#13;
M. Louis Martin&#13;
S. Élizabeth Moisan, a.m.j.&#13;
M. Philippe Morel&#13;
P. Conrad-M. Morin, o.f.m.&#13;
S. Gabrielle Morin, s.g.m.&#13;
S. Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
M. Robert Oman&#13;
S. Simone Ouellet, s.g.m.&#13;
&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Frelighsburg&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Sherbrooke&#13;
Montréal&#13;
Moncton&#13;
Ottawa&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
France&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Lachine&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Joliette&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Longueuil&#13;
Montréal&#13;
Laval&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Rome&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Trois-Rivières&#13;
Montréal&#13;
&#13;
Ernest Pallasico-Morin&#13;
Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
Laurent Pellegrino, s.j.&#13;
Edgar Peltier, p.s.s.&#13;
Stella Plante, s.n.j.m.&#13;
Antonio Poulin, s.j.&#13;
Léon Pouliot, s.j.&#13;
l'abbé Honorius Provost&#13;
Réal Provost, o.s.m.&#13;
Paul-Émile Racicot, s.j.&#13;
Paul-Émile Ranger, s.j.&#13;
Jacques Rinfret, o.m.i.&#13;
S. Noêlla Rivard, o.s.u.&#13;
M. Pierre Robert&#13;
S. Denise Rodrigue, s.c.i.m.&#13;
S. Odette St-Pierre, s.s.a.&#13;
S. Donalda Savard, r.h.s.j.&#13;
M. Jacques Séguin&#13;
Mme Roberte Séguin&#13;
S. Jeannine Serres, s.s.a.&#13;
S. Patricia Simpson, c.n.d.&#13;
S. Madeleine Tanguay, s.n.j.m.&#13;
M. l'abbé Donald Tremblay&#13;
P. Gérard Tremblay, s.j.&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
M. Michel Thériault&#13;
P. Paul-Eugène Trudel, o.s.m.&#13;
P. Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
M. André Vachon&#13;
M.&#13;
S.&#13;
P.&#13;
M.&#13;
S,&#13;
P.&#13;
P.&#13;
M.&#13;
F.&#13;
P.&#13;
P.&#13;
P.&#13;
&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Québec&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Cap-de-la-Madeleine&#13;
Québec&#13;
Montréal&#13;
Québec&#13;
Lachine&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
Lachine&#13;
Montréal&#13;
Montréal&#13;
St-Jérôme&#13;
Montreal&#13;
Montréal&#13;
Ottawa&#13;
Montréal&#13;
Trois-Rivière&#13;
Québec&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
�14&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
PÈLERINAGE ANNUEL DES BIENHEUREUX AU CŒUR&#13;
DU VIEUX-QUÉBEC, « SANCTUAIRE HISTORIQUE»?&#13;
Soeur Doris Lamontagne, p.f.m.&#13;
Responsable du Centre d'animation François-de-Lava/&#13;
&#13;
En 1984, lors de sa visite au Québec, le pape Jean-Paul Il est venu&#13;
en pèlerinage au berceau de la foi en sol d'Amérique appelé « terre&#13;
sainte québécoise». Une terre sainte commémorant le passage de nombreux témoins ayant donné leur vie en raison de leur foi en Jésus-Christ,&#13;
Sauveur du monde. À la même période, !'Unesco reconnaissait le VieuxQuébec comme joyau du patrimoine mondial.&#13;
Conscientes de cette richesse culturelle et religieuse, en 1984, différentes personnes au sein de l'Église diocésaine de Québec fondaient la&#13;
Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec pour travailler à la mise en valeur de cet héritage collectif. De cette Corporation,&#13;
diverses initiatives ont pris naissance telles que la visite guidée d'églises&#13;
dans l'arrondissement de Québec, circuits aux tombeaux des Fondateurs, Fondatrices de l'Église canadienne, spectacle Feux Sacrés, translation des restes funéraires de François de Laval et l'aménagement d'un&#13;
centre à sa mémoire dans la Cathédrale Notre-Dame de Québec.&#13;
Si des millions de personnes visitent le Vieux-Québec en touriste, on&#13;
ne sait combien rentrent chez-soi en pèlerin. Un journaliste de Toronto&#13;
rapporte ces propos : « Si vous voulez trouver Dieu dans le VieuxQuébec, rendez-vous à la chapelle des Ursulines».&#13;
Est-il possible que ces lieux parlent par eux-mêmes? Peut-on&#13;
conclure qu'ils seraient sacrés voire Sanctuaires! Selon le code du droit&#13;
canonique, un sanctuaire est défini par les termes suivants : « Par Sanctuaire, on entend une église ou un autre lieu sacré où les fidèles se rendent nombreux en pèlerinage pour un motif particulier de piété » (Can&#13;
1230). Cette définition permet-elle de définir le Vieux-Québec comme&#13;
Sanctuaire historique dont la sainteté de ces Fondateurs, Fondatrices en&#13;
fait un lieu unique au monde?&#13;
Dans la lignée de l'intuition de sanctuaire ou encore lieu sacré, en&#13;
1995 le curé de la Cathédrale Notre-Dame de Québec, à ce moment-là,&#13;
l'abbé Gervais Dallaire, décidait avec les responsables des Centres&#13;
d'amorcer le pèlerinage annuel aux tombeaux de François de Laval,&#13;
Catherine de St-Augustin et Marie de l'Incarnation.&#13;
&#13;
PËLERINAGE ANNUEL DES BIENHEUREUX AU CŒUR DU VIEUX-QUÉBEC&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
Par un concours de circonstances historiques, les trois fêtes liturgiques se célèbrent dans la même semaine soit le 30 avr_il pour Marie _de&#13;
l'Incarnation, le 6 mai pour François de Laval et le 8 mai pour Catherm 7&#13;
de St-Augustin. Aussi, pourquoi ne pas s·u~ir pour une Fête c~mm_un~ a&#13;
la mémoire de ces personnes afin de puiser une source d msprratIon&#13;
dans leur spiritualité pour l'Église de ce temps?&#13;
En 1995 l'amorce de cette Fête commune diocésaine coïncidait&#13;
avec le Synode diocésain de Québec. Un programme élaboré fut préparé&#13;
s'étalant sur deux jours. D'abord une célébration de Vêpres en l'~glise ~tRoch suivie d'une nuit d'adoration où, à toutes les heures, était confiee&#13;
une région pastorale. Au lever du jour, la prése_nc~ euch_aristique e~t&#13;
conduite en la petite église de Notre-Dame-des-Victoires ou se poursuit&#13;
l'adoration jusqu'au dîner. En après-midi, se vit le pèlerinage aux tombeaux des bienheureux culminant par une célébration eucharistique en la&#13;
Cathédrale Notre-Dame de Québec présidée par Mgr Maurice Couture.&#13;
L'initiative étant concluante, la décision est prise de renouveler&#13;
l'expérience l'année suivante. Un programme prend forme pour pl_usieurs&#13;
années. Chaque lieu honore et célèbre son bienheureux ou sa bienheureuse le jour de la fête commémorative selon sa couleur propre et les&#13;
événements de l'heure. Mais, le premier dimanche du mois de mai, un&#13;
pèlerinage annuel convie les diocésains à la prière se terminant par_ une&#13;
célébration solennelle en la basilique-cathédrale Notre-Dame de Quebec&#13;
toujours présidée par un évêque.&#13;
D'une année à l'autre, les thèmes varient. En 1996, le pèlerinage&#13;
mettait l'accent sur la dévotion mariale. De 1997 à 1999, les thèmes se&#13;
sont inspirés des années préparatoires à la célébration du Jubilé soit:&#13;
Jésus-Christ, !'Esprit-Saint et le Père ...&#13;
L'année du Jubilé a été marquée par une invitation particulière faite à&#13;
tous les diocésains de venir célébrer cette année de grâce aux tombeaux&#13;
du bienheureux François de Laval et des bienheureuses Marie de&#13;
l'Incarnation et Catherine de St-Augustin. En plus du pèlerinage annuel,&#13;
réparti sur 55 jours de janvier à mai et de septembre à novembre 20?0,&#13;
plus de 188 paroisses du diocèse de Québec et quelque 4350 pèlenns&#13;
ont répondu à l'appel. Pour plusieurs pèlerins, ce pèlerinage fut l'?ccasion de prendre conscience de cet héritage spirituel près de chez-soi.&#13;
À certaines occasions, la Fête commune des bienheureux a ouvert&#13;
sa célébration sur d'autres figures : en 1997, à la bienheureuse Dina&#13;
Bélanger en raison du 100° anniversaire de sa naissance; en 1999, aux&#13;
martyrs canadiens célébrant le 350° anniversaire de Brébeuf et le150°&#13;
anniversaire du retour des Jésuites en sol canadien.&#13;
À l'aube du troisième millénaire, la Fête commune de 2001 a pris un&#13;
nouveau visage. Est-ce un signe de la soif spirituelle des gens qui ont&#13;
&#13;
�16&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN 2002&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
: 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
besoin de retrouver le silence dans le tourbillon du monde? Du 30 avril&#13;
au 8 mai, la population a été invitée à adorer jour et nuit en la chapelle&#13;
Saint-Louis de la Cathédrale en s'inspirant de la vie de ceux qui ont marché dans les pas du Christ et qui ont pris le temps de l'adorer.&#13;
Au cours de l'année 2002, le Canada sera l'hôte de la 17° Journée&#13;
Mondiale de la Jeunesse ayant pour thème : « Vous êtes le sel de la&#13;
terre, vous êtes la lumière du monde». Pour préparer l'événement dans&#13;
le diocèse de Québec, une place importante est faite pour que les jeunes&#13;
puissent découvrir cet héritage de Foi. Déjà à l'automne 2001, plus de&#13;
300 jeunes du diocèse ont participé à une journée de pèlerinage dans le&#13;
Vieux-Québec en guise de préparation spirituelle dans leur démarche&#13;
vers Toronto. Un numéro spécial de la revue Pastorale-Québec offrant&#13;
des pistes de ressourcement a été publié récemment; une page de&#13;
réflexion est proposée pour dix figures marquantes de l'Église diocésaine&#13;
de Québec : les Martyrs canadiens, François de Laval, Marie de&#13;
l'Incarnation, Catherine de St-Augustin, Kateri Tekakwhita, Marguerite&#13;
Bourgeois, Marguerite d'Youville, Dina Bélanger, Marie Fitzbach et Marcelle Mallet.&#13;
À l'occasion de cet événement mondial prévu en juillet 2002, des&#13;
jeunes du monde entier viendront se recueillir aux tombeaux de ceux et&#13;
celles qui ont contribué à implanter la foi depuis la fondation de l'Église&#13;
en sol d'Amérique du Nord.&#13;
Influencés par le renouveau spirituel de leur terre natale, les trois&#13;
bienheureux du Vieux-Québec ont été des piliers dans la fondation de&#13;
l'Église canadienne. L'Église les a donnés comme modèle en raison de&#13;
l'authenticité de leur témoignage vis-à-vis de leurs contemporains. Telle&#13;
une flamme transmise au fil du temps, la vie spirituelle de François de&#13;
Laval, Marie de l'Incarnation et Catherine de St-Augustin brûle encore et&#13;
enflamme la vie de l'Église. La Bonne Nouvelle du Christ est toujours&#13;
d'actualité et le témoignage d'une vie donnée à cette cause peut en être&#13;
le SIGNE éloquent.&#13;
Dans les défis qui sont les nôtres où l'Église se situe de plus en plus&#13;
dans un monde sécularisé, l'héritage spirituel de nos devanciers peutêtre source d'inspiration et d'espérance. Comme le fait écho cette très&#13;
belle chanson de Robert Lebel, oui, « A cause d'une croix posée sur nos&#13;
rivages en signe d'héritage ... À cause de tous ceux qui édifient le temple&#13;
tant de pierres vivantes pour la Cité de Dieu... Debout, n'ayons plus peur&#13;
de vivre notre foi et nous serons un peuple d'Évangile ».&#13;
&#13;
DE L'EFFICACITÉ D'UNE SEMENCE&#13;
A propos des origines spirituelles de Montréal&#13;
Pierre Robert&#13;
Centre de recherche, Oratoire Saint-Joseph&#13;
&#13;
Il existe une tendance aujourd'hui à occulter les origines religieuses&#13;
de Ville-Marie pour ne retenir que l'établissement d'un poste de traite fort&#13;
lucratif, étant donné le côté stratégique de l'endroit.&#13;
Mais cette tendance ne résiste pas à l'examen. Pour ne s'en tenir&#13;
qu'aux aspects extérieurs concrets, on ne peut nier que l'île a été acquise par la Société de Notre-Dame de Montréal qui y a envoyé les premiers colons, que Maisonneuve était le responsable de cette expédition&#13;
et que la fondation a débuté par une première messe célébrée le 17 mai&#13;
1642.&#13;
On dira: mais cela a duré vingt ans, puis Maisonneuve étant parti, les&#13;
choses sont revenues à la normale, c'est-à-dire au commerce et à&#13;
l'argent! On ira même, comme dans une récente émission à RadioCanada, jusqu'à reprendre l'expression « la folle entreprise » dans un&#13;
sens littéral! Alors que si elle était folle, cette entreprise, c'était plutôt de&#13;
cette douce folie qui frappa les Apôtres lors de la Pentecôte.&#13;
Il est difficile d'entrer ici dans la question de l'appréciation des visions&#13;
de La Dauversière et de l'aspect providentiel des différentes rencontres&#13;
qui ont tissé des liens entre les principaux intervenants, retenons pourtant que les premières intuitions de la fondation de la ville est venue à&#13;
quelqu'un qui était en prière, que celui-ci a rencontré de façon fort à propos d'autres personnes qui partagèrent ces intuitions et décidèrent de&#13;
fonder une société religieuse pour les mettre en oeuvre. Cette société a&#13;
préparé une expédition aux objectifs missionnaires avoués, qui au milieu&#13;
de bien des tribulations est venue planter ici une semence d'une rare&#13;
qualité. On la dit d'une rare qualité, notons-le, car elle était composée de&#13;
ce qu'il y avait sans doute de meilleur au plan religieux en France à&#13;
l'époque: le renouveau entourant le Concile de Trente, le mouvement des&#13;
dévots (on dirait grosso modo maintenant des chrétiens engagés\ des&#13;
1&#13;
En effet, si à l'origine François de Sales introduisait à la vie dévote, l'expression est à&#13;
prendre au sens de la vie spirituelle chrétienne, plus précisément de la vie chrétienne dans&#13;
sa pleine actualisation ou sa radicalité. Il s'agit de chrétiens vraiment engagés, clercs et&#13;
laïcs, hommes et femmes.&#13;
&#13;
�18&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
initiateurs de !'École française de spiritualité2 , des Jésuites voués à une&#13;
réforme spirituelle.&#13;
Mais l'idée de semence mérite d'être poursuivie, car elle s'avère féconde (!). Une semence en effet est mise dans le sol. Elle possède un&#13;
ensemble de caractères propres. En terre, elle se dissout, elle meurt.&#13;
Est-ce la fin? Tout le monde le sait: il en sort une fleur, un légume, un&#13;
buisson, un arbre ... Dira-t-on, parce que la semence est morte dans son&#13;
être de semence, qu'elle a connu un échec?&#13;
De même à Montréal. Il est bien certain que les vingt-cinq premières&#13;
années de I'« épopée mystique» ne pouvaient durer de cette façon. Doiton en conclure qu'il s'agit d'un échec? et que cela a été oublié? Non, la&#13;
semence a produit beaucoup de fruit.&#13;
Considérons un instant ce qui a été semé durant cette période. Il y a&#13;
d'abord la ville elle-même, qui est fondée, qui reçoit un nom, la Ville de&#13;
Marie, et ses premiers bâtisseurs. Mais elle allait devenir un grand arbre.&#13;
On visait la rencontre des Blancs et des Amérindiens pour l'élaboration&#13;
d'une culture nouvelle reprenant le meilleur des deux mondes. Mais c'est&#13;
à se demander si ce rêve n'a pas été vivace tout au long de l'histoire et&#13;
s'il ne continue pas encore! On est passé des Blancs et Amérindiens aux&#13;
Français et Anglais, et aux Irlandais, et aux Juifs, et à des gens issus de&#13;
nations européennes, et maintenant à des gens issus d'autres conti3&#13;
nents, mais l'effort pour vivre ensemble a continué.&#13;
Considérons de plus les institutions mises en place à cette époque.&#13;
Dès l'origine, on rencontre Jeanne Mance et les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph qui fondent l'Hôtel-Dieu. Or cette institution a duré et&#13;
dure encore. D'autres ont pris le relais pour le diriger, mais il continue.&#13;
Qu'on pense également aux Soeurs Grises et à !'Hôpital Notre-Dame. Or&#13;
ces grands hôpitaux ont joué un rôle considérable. Peut-être même ontils donné le ton.&#13;
Dès les débuts, on rencontre également Marguerite Bourgeoys et&#13;
ses compagnes. Elles faisaient l'éducation. Mais cela s'est développé.&#13;
Dans combien de paroisses y a-t-il eu des Religieuses de la Congrégation pour tenir une école! Et d'autres personnes, encore une fois, ont pris&#13;
le relais, sans doute même ont-elles suivi jusqu'à un certain point&#13;
l'inspiration.&#13;
Plus tard mais dans cette même ligne, Mère d'Youville, membre&#13;
d'une association des origines, celle de la Sainte-Famille, s'est occupée&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Jean-Jacques Oher est considéré comme un des initiateurs de cette École; les Sulpiciens en font partie; Marguerite Bourgeoys a été influencée par elle.&#13;
3&#13;
Lire à ce suJet l'article de Robin Dancause dans les Cahiers de l'Oratoire Saint-Joseph 10&#13;
(Juillet 2001 ), p 121-130.&#13;
&#13;
DE L'EFFICACITÉ D'UNE SEMENCE&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
des gens en difficulté de toutes sortes. Ce soin des miséreux s'est continué jusqu'à ce que l'État prenne la relève.&#13;
Ces communautés des origines ont été suivies par d'autres au XIXe&#13;
siècle qui continuèrent dans la ligne commencée.&#13;
Considérons maintenant le plan strictement ecclésiastique. Les Sulpiciens sont arrivés en 1659. Ils ont repris et développé la paroisse. Ils&#13;
ont fait l'acquisition de l'île de Montréal; ils sont ainsi devenus les Seigneurs de l'île et le sont restés jusqu'au XIXe siècle, distribuant les terrains et jouant un rôle administratif important. La paroisse de NotreDame a été l'unique paroisse de la ville jusqu'au milieu du XIXe siècle.&#13;
Les Sulpiciens ont également fondé le Séminaire qui a assuré la formation du clergé. Il dure encore. Et la communauté entretient des liens&#13;
nombreux avec l'archevêché.&#13;
C'est dire que si la semence est morte dans son être de semence,&#13;
elle a germé pour devenir un grand arbre qui a poussé dans plusieurs&#13;
directions.&#13;
Mais pourtant on dira: depuis la Révolution tranquille, c'est différent,&#13;
on s'est bien éloigné de ces origines religieuses. Mais cela est-il si sûr? Il&#13;
était sans doute normal que l'État prenne la relève, mais est-ce que les&#13;
mentalités ont à ce point changé ou est-ce que les gènes ne perdurent&#13;
pas malgré tout?&#13;
Ainsi la gratuité des soins hospitaliers a été instaurée. Mais depuis&#13;
l'origine, ces soins sont donnés. De Jeanne Mance et des Hospitalières&#13;
qui soignaient gratuitement aux Religieuses qui ont pris la relève, il n'a&#13;
jamais été question de faire payer pour les soins de cet ordre, qui sont&#13;
dus. On donne des honoraires aux médecins mais on ne les paye pas. Il&#13;
n'y a pas d'argent à faire avec la santé du monde. C'est d'un autre ordre.&#13;
La gratuité actuelle des services de santé n'est-elle pas issue de tout&#13;
cela? N'obéit-on pas à une réminiscence qui s'enracine très loin. Les&#13;
gens s'attendent à ce que ce soit donné, car ça doit l'être. On verra là&#13;
une autre attestation de l'efficacité de la semence.&#13;
La même chose vaut pour le Bien-être social. Une mentalité religieuse veut qu'on aide les gens qui sont dans le besoin. Cela va de soi:&#13;
on ne peut pas les laisser dans la rue. L'État a pris la relève des Religieuses qui accueillaient les gens dans le besoin, mais cela ne s'inscrit-il&#13;
pas dans la ligne d'une semence qui a continué d'agir?&#13;
Et !'Éducation. Mère Bourgeoys ne se faisait pas payer exactement.&#13;
Bien sûr, les gens donnaient pour assurer la subsistance des Religieuses, mais il n'était pas question d'exclure des gens qui ne pouvaient pas&#13;
payer. Comme si le savoir était quelque chose avec quoi on faisait de&#13;
&#13;
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&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
2002 : 60 9 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
l'argent. C'est plutôt un service à rendre que d'amener les gens à se&#13;
débrouiller dans la vie, on ne fait pas payer pour cela: les gens donnent&#13;
ce qu'il faut pour assurer la subsistance. Le savoir ne se transforme pas&#13;
en argent, c'est d'un autre ordre. On s'attend encore à la même gratuité&#13;
maintenant même si elle est aménagée autrement, signe que nous&#13;
sommes façonnés par des gens qui ont donné leur vie sans chercher à&#13;
faire de l'argent avec ce qui était utile au bien d'autrui. 4&#13;
C'est ainsi que durant la Révolution tranquille des années soixante,&#13;
le Gouvernement qui a réformé la santé, le bien-être et l'éducation en&#13;
établissant la gratuité et l'accessibilité générale, allait dans le sens de&#13;
nos racines spirituelles. C'est en s'inspirant d'un modèle européen préconisant la prise en charge par l'État que ces changements ont été réalisés, mais ils allaient sans doute plus qu'on ne pense dans une direction&#13;
que ces racines avaient balisée. Cette constatation assez étonnante&#13;
mériterait d'être approfondie.&#13;
C'est dire que non seulement les institutions issues de la semence&#13;
primitive de Ville-Marie ont duré - et sans doute donné le ton -, la mentalité qu'elles ont engendrée a elle-même été vivace. Elle a entraîné des&#13;
réformes qui allaient dans le sens de ces racines, même si les institutions nouvelles se trouvaient à prendre la place de celles qui précédaient.&#13;
On dirait mieux le relais que la place dans les circonstances, car même&#13;
si ces institutions se substituaient aux communautés religieuses, elles&#13;
continuaient dans un sens qui était déjà donné.&#13;
&#13;
LES FONDATEURS D'HIER À AUJOURD'HUI&#13;
Mutations identitaires, recherche de sens et actualité&#13;
des saints et saintes, bienheureux et bienheureuses&#13;
de l'Église canadienne&#13;
&#13;
Hermann Giguère&#13;
professeur titulaire&#13;
Faculté de théologie et de sciences religieuses&#13;
Université Laval, Québec&#13;
&#13;
Le thème de l'identité, au Québec comme ailleurs, fait couler beaucoup d'encre. Le questionnement sur l'identité est intrinsèquement lié à&#13;
1&#13;
une modernité aux incessantes tribulations selon Jocelyn Maclure . Les&#13;
différentes sources de l'identité du sujet sont nombreuses: genre, sexualité, positionnement générationnel, spiritualité, identité professionnelle,&#13;
ethnicité etc. « Il revient au sujet et non pas aux théoriciens de hiérarchiser et de définir l'importance qu'il accorde à ses différents aspects identitaires ». 2 Un des aspects identitaires auquel nous renvoient les saints,&#13;
saintes et bienheureux, bienheureuses de chez nous est leur expérience&#13;
spirituelle personnelle ou communautaire. Voilà pourquoi, il m'est apparu&#13;
que lorsque nous cherchons à promouvoir l'actualité des saints, saintes&#13;
et bienheureux, bienheureuses de chez nous, nous oeuvrons d'une façon&#13;
positive au surgissement de notre propre identité spirituelle personnelle&#13;
ou partagée dans une famille spirituelle.&#13;
L'actualité au risque de l'interprétation&#13;
&#13;
Nous commencerons par noter la diversité qui fleurit chez ces témoins de la foi qui nous ont précédés en montrant le rôle des sujets qui «&#13;
hiérarchisent » et « définissent » l'importance des diverses facettes de&#13;
telle ou telle expérience spirituelle. Les parcours de recherche d'une&#13;
identité personnelle. ou communautaire seront nécessairement interprétés ou ré-interprétés dans le temps et l'espace. Et c'est principalement&#13;
sur ce registre que se joue l'actualité de tel ou tel parcours d'un devancier&#13;
ou d'une devancière.&#13;
4&#13;
&#13;
Et de la part des Religieuses, c'était le dévouement, l'amour de générosité qui donne&#13;
sans compter. Tel était du moins l'idéal proposé, et suivi, je suppose, autant que possible&#13;
dans la mesure de ses faibles forces.&#13;
&#13;
1&#13;
Cf. Jocelyn Maclure, Récits identitaires. Le Québec à l'épreuve du pluralisme, Éditions&#13;
Québec Amérique, Montréal, p. 19.&#13;
2&#13;
Ibid. p. 29.&#13;
&#13;
�22&#13;
&#13;
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&#13;
LES FONDATEURS D'HIER A AUJOURD'HUI&#13;
&#13;
2002: 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
Prenons un exemple. Il y a quelques années l'Ordre franciscain a&#13;
demandé à l'O.N.U. d'avoir un siège au sein de l'organisme qui s'intéresse aux questions écologiques et environnementales. Pourquoi?&#13;
L'amour de la nature si présent dans l'expérience spirituelle de François&#13;
d'Assise (1282-1326) rejoignait ces questions importantes pour nous. A&#13;
plus de huit siècles de distance, le « poverello » continue ainsi d'être&#13;
~•une actualité surprenante par l'action de ses disciples qui relèvent pertinemment cet aspect de son parcours spirituel.&#13;
Toutefois, on pourrait se demander si son actualité au cours des siècles a toujours eu la même forme. En effet, l'image que retenait le Bienheureux Père Frédéric Jansoone (1838-1916) au siècle dernier était plutôt celle d'un solitaire, dépouillé, mortifié et rigoureux. Marqué par sa&#13;
formation issue de la branche de la famille franciscaine appelée les «&#13;
Observants », c'est l'austérité de vie du « poverello » qui à cette époque&#13;
encore teintée de rigorisme et de jansénisme retenait l'attention du « bon&#13;
Père Frédéric ».&#13;
J'ai choisi François d'Assise pour camper ce thème de l'actualité des&#13;
saints, saintes et bienheureux, bienheureuses de chez nous parce que&#13;
François, revu et corrigé, relu et revisité depuis des siècles continue&#13;
d'exercer un attrait certain dans le monde contemporain. Les saints, saintes et bienheureux, bienheureuses de chez nous suscitent, eux aussi, un&#13;
intérêt non négligeable de nos jours et répondent à leur manière à cette&#13;
quête d'identité dont nous avons parlé au début. Les béatifications de&#13;
Mère Marie-Anne Blondin (1809-1890) et celle de Mère Émilie TavernierGamelin (1800-1851) dernièrement en sont une illustration éloquente. Le&#13;
traitement qui en a été fait dans les médias s'est attaché à relever&#13;
l'avant-gardisme de la première qui prônait déjà à son époque la mixité&#13;
dans les écoles et l'implication sociale auprès des laissés pour compte&#13;
de la seconde.&#13;
Les relectures des expériences des témoins de la foi qui nous ont&#13;
précédés font naître une diversité de visages à partir d'une même expérience fondatrice, car chaque sujet, chaque personne, chaque époque,&#13;
chaque groupe prend le risque de se laisser interpeller au-delà « des&#13;
temps et de l'histoire ».&#13;
&#13;
23&#13;
3&#13;
&#13;
actualité. Il n'y a pas si longtemps le « quod isti et istae, cur non ego »&#13;
stimulait les héroïsmes et les ardeurs du peuple chrétien. La société de&#13;
consommation et l'omniprésence des médias de communication qui ne&#13;
cessent de lancer, de proposer et de construire des « modèles », des&#13;
« vedettes», des « champions » de toutes classes et de toutes catégories, provoquent des questionnements en nous. Des dégoûts, des refus&#13;
se font jour chez nos contemporains, chez les jeunes en particulier. Car&#13;
on identifie « modèle » à « moule », à « carcan » ou encore à « mode ».&#13;
Dans cette dynamique, l'espace intérieur risque de se raréfier et de disparaître au profit des attitudes et des gestes empruntés... vertement&#13;
dénoncés avec raison.&#13;
Cette contestation plus ou moins exprimée, mais vécue avec intensité au Québec et prise dans le mouvement des mutations identitaires qui&#13;
le travaillent, porte à faux hélas! En effet, ce qui rend un saint ou une&#13;
sainte attirant et actuel ce n'est pas ce qu'il a été, mais comment il a été&#13;
témoin de l'Évangile et disciple de Jésus.&#13;
Le « point synthétique » chrétien, pour reprendre l'expression de Balthasar4 est en définitive I'« imitation de Jésus-Christ», le seul et unique&#13;
modèle parce que tout est « par Lui, avec Lui, en Lui» (doxologie de la&#13;
prière eucharistique). Les « imitateurs », comme les saints canonisés et&#13;
tous ceux et celles qui choisissent la norme de l'Évangile comme la référence unique de leur existence, tracent des voies d'actualisation, d'appropriation dans leur histoire et dans le temps que nous appelons des&#13;
« spiritualités ». Celles-ci peuvent devenir des familles spirituelles ou des&#13;
traditions spirituelles qui inspirent de nombreux disciples, mais elles ne&#13;
pourront jamais mettre ces « spiritualités » sur le même pied que la seule&#13;
et unique spiritualité qui compte : imiter Jésus-Christ. Ce faisant, ils acceptent de servir à rendre le Christ, visible, je dirais, dans des figures,&#13;
des réalisations, des gestes, des paroles qui lui donnent un visage pour&#13;
leur temps et leurs milieux. L'évangile de Mathieu ne nous rapporte-t-il&#13;
pas ces paroles étonnantes de Jésus: « Vous êtes le sel de la terre ...&#13;
Vous êtes la lumière du monde ... Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres et glorifient votre&#13;
Père qui est dans les cieux » (Mt, 5, 13-16)? Unité foncière de toutes les&#13;
spiritualités par leur référence au « point synthétique », l'Évangile, mais&#13;
&#13;
Des modèles à suivre?&#13;
&#13;
Rendu au point où nous en sommes dans notre réflexion, nous pourrions nous demander si la pratique traditionnelle qui consiste à présenter&#13;
les saints et les saintes comme des modèles peut toujours favoriser leur&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
« Ce qu'ils ont fait et ce qu'elles ont fait, pourquoi ne pourrais-je le faire moi aussi? » On&#13;
trouve un bel exemple de cette « approche » dans la vie d'Ignace de Loyola. « Que seraitce si je faisais ce que fit saint François et ce que fit saint Dominique? » se demandait-il&#13;
dans sa convalescence après sa blessure à Pampelune. Voir Autobiographie, (Livre de&#13;
Vie, 27), Éditions du Seuil, Paris, 1962, p. 4 7.&#13;
4&#13;
Hans Urs von Balthasar, « L'Évangile comme norme et critique de toute spiritualitè dans&#13;
l'Église » dans Concilium, numèro 9, 1965, pp. 11-24.&#13;
&#13;
�24&#13;
&#13;
PIERRES VNANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60 8 ANNNERSAIRE&#13;
&#13;
très grande diversité comme dans tous les domaines de la créativité&#13;
humaine.&#13;
À la recherche de témoins et de disciples&#13;
&#13;
Non seulement « être », mais « comment être », voilà ce que mettent&#13;
devant nos yeux les saints et les saintes. Pour arriver à entrer dans ce&#13;
« comment être » la lecture de leur vie, la célébration de leur souvenir la&#13;
réminiscence de le~r~ actions, la vénération de leurs restes etc. app'ortent beaucoup, mais IIs ne suffisent pas. Je me dois d'entrer dans un&#13;
processus de relecture spirituelle: Ce processus m'invite à suivre un&#13;
chem(n où se déploie la dynamique du sujet-interprétant qui reçoit et&#13;
recueille à travers des traces de l'expérience passée quelque chose de&#13;
non-dit, d'indicible, un « je ne sais quoi », un murmure de la Source.&#13;
Lorsqu~ je rappelle la vie de Marie de l'Incarnation (1599-1672) ou de&#13;
François de Laval (1623-1708), je puis en dessiner les contours dans&#13;
l'espace et dans le temps, mais je n'ai là que les traces d'un ailleurs qui&#13;
reste sans cesse ouvert pour moi, sujet-interprétant.&#13;
Ainsi l'actualité de Marie de l'Incarnation, par exemple, s'est manifestée dans les années trente du siècle dernier à travers son rôle de fondatrice et d'éducatrice comme en témoigne Pierre Pourrat dans sa fameuse&#13;
Histoire de la spiritualité chrétienne. C'est le mérite de la relecture d'Henri&#13;
Brémond dans L'histoire du sentiment religieux en France à partir des&#13;
guerre~ de. re~igions d'avoir_ ~is l'accent sur l'expérience mystique de&#13;
celle-ci et ainsi amorcer un interêt nouveau qui s'est porté sur les écrits&#13;
de la mystique élevé_s au mêi:ne rang que ceux de Thérèse d'Avila proclamée avec Catherine de Sienne « Docteur de l'Église » par le pape&#13;
Paul VI en 1970.&#13;
La question de l'actualité d'une expérience spirituelle d'un saint ou&#13;
d'une sainte nous renvoie non seulement à lui ou elle, mais elle enclenc~e un pro~essus_ de ~ réce~ti_?n » en_ no~s. C'est le « sujet-lecteur » qui&#13;
fait, pourrait-on dire, 1actuahte de l'h1sto1re d'une vie, d'un saint d'une&#13;
sainte, d'un itinéraire spirituel passé mais redevenu présent so~s une&#13;
forme autre. La mémoire est la condition même de l'actualité de la présence de nos devanciers. C'est à partir de la relecture des traces laissées qu'un visage de saint ou de sainte se dégage avec plus ou moins&#13;
de ne~eté P?Ur nous. Ce visage varie comme peuvent varier les représentations picturales. Les statues et images de Thérèse de l'EnfantJésus e_n sont une très bonne illustration. Elles sont à cent lieux des photographies d'elle que nous avons. Ces variations du visage des saints et&#13;
des saintes conditionnent leur actualité. Pas de variations, pas de relectures, pas de « hiérarchisation » des repères, absence d'actualité, traces&#13;
perdues, saints et saintes ignorés et laissés dans l'oubli.&#13;
&#13;
LES FONDATEURS D'HIER À AUJOURD'HUI&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
Conclusion&#13;
&#13;
Il me paraît logique de terminer ce bref exposé en concluant que l'actualité des saints, saintes et bienheureux, bienheureuses de chez nous&#13;
ne tient pas tant à ce qu'ils ont été, qu'à ce que nous recueillons des&#13;
traces « comment ont-ils été? » En d'autres mots, c'est à nous qu'il revient de relire activement l'expérience des saints, saintes et bienheureux,&#13;
bienheureuses de chez nous. Et m'inspirant des réflexions de Jocelyn&#13;
Maclure que je citais au début de cet exposé, j'ajouterais qu'il en va de&#13;
l'affirmation de notre identité actuelle de chrétien-croyant en ce début du&#13;
troisième millénaire. Un mot résumerait cette tâche urgente chez nous:&#13;
« Faire ,mémoire ». L'oubli marque souvent la rupture et instaure le5 silence de la mort, voilà pourquoi nous sommes invités à faire mémoire de&#13;
ceux et celles qui nous ont précédés dans la foi, ici, dans cet espace et&#13;
cette culture qui sont les nôtres. Le « mémorial des saints et saintes, des&#13;
bienheureux et bienheureuses » ne fait pas que remémorer6 et célébrer&#13;
les faits de leur vie, il « reçoit» maintenant et « raconte » dans notre&#13;
aujourd'hui ce que, grâce à eux et à leur suite, nous pouvons et voulons&#13;
être: des témoins de l'Évangile et des disciples de Jésus.&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Paul Ricoeur, La mémoire, l'histoire, l'oubli, Éditions du Seuil, Paris, 2000, 688 p.&#13;
En s'inspirant de Ricoeur, on pourrait dire que le « mémorial » est comme la « mise en&#13;
intrigue » des histoires de vie et qu'il se concrétise avant tout comme un « récit » dans&#13;
lequel l'homme peut alors se dire quelque chose de lui-même dans les réalisations, les&#13;
joies, les peines, les bouleversements, les inquiétudes et les questionnements de sa vie.&#13;
6&#13;
&#13;
�26&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002: 60 8 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
JEANNE MANCE A MISÉ SUR LE ROC&#13;
DE SA FOI EN DIEU&#13;
Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
&#13;
JEANNE MANCE A MISÉ SUR LE ROC DE SA FOI EN DIEU&#13;
&#13;
\&#13;
&#13;
I&#13;
&#13;
Le Comité des Fondateurs de l'Église au Canada célèbre, en 2002, Je 60e anniversaire de sa création par l'épiscopat du Québec. Les évêques mettaient en&#13;
relief la contribution exceptionnelle de six personnages de notre histoire à notre&#13;
héritage religieux, parmi lesquels on compte une représentante laïque, Jeanne&#13;
Mance. L'année 2006 marquera le 400e anniversaire de sa naissance. C'est en&#13;
songeant à cet événement que je rends hommage au Comité des Fondateurs&#13;
pour avoir fait connaître et populariser les grandes figures de notre « histoire&#13;
sainte».&#13;
&#13;
L'œuvre accomplie par Jeanne Mance dans l'édification de VilleMarie et de son Hôtel-Dieu est si grande que l'on peut se demander où&#13;
elle a puisé l'inspiration et la force pour réaliser une telle mission d'ordre&#13;
apostolique.&#13;
La vie spirituelle qui animait Jeanne Mance était fondée sur une foi&#13;
immense, base première de tout l'édifice surnaturel.&#13;
Pour exposer la foi de cette femme hors du commun, nous emprunterons le texte de Dom Guy-Marie Oury sur la foi de Jeanne Mance.&#13;
Participer à une entreprise missionnaire, la diriger même d'une certaine manière, suppose une foi solide, bien enracinée dans le cœur, qui&#13;
participe à celle des Apôtres.&#13;
La mission de Jeanne Mance est d'ordre apostolique, sans rien de&#13;
militaire ni de politique; c'est celle décrite par la brochure des « Véritables&#13;
motifs » (1643); le titre même du manifeste est révélateur, il parle de&#13;
« conversion des sauvages de la Nouvelle-France », et il mentionne, à&#13;
côté des « Messieurs de Montréal » les« Dames », à cause de Jeanne&#13;
Mance d'abord, parce qu'elle joue un rôle primordial dans l'entreprise.&#13;
La brochure a été composée à Paris, vers la fin de 1643 par M. Olier,&#13;
mais elle reflète bien les propres convictions de la Servante de Dieu :&#13;
« publier le mystère de sa Bonté à toutes les Nations de la terre », « faire&#13;
courir son nom et ses armes par le monde», «coopérer ... à la réduction&#13;
de tous les Infidèles en sa bergerie», « enseigner l'Évangile sans distinction à toute créature raisonnable », « s'acquitter de cette charge ... ainsi&#13;
que saint Paul qui s'écrie : Malheur à moi si je ne prêche l'Évangile ... »&#13;
Ces professions de foi, Jeanne Mance les faisait siennes de tout son&#13;
cœur, « ne souhaitant autre chose que de répandre glorieusement son&#13;
sang pour les desseins de son Général et Capitaine ».&#13;
Jeanne Mance a reçu cette foi à son baptême; elle est née au sein&#13;
&#13;
\&#13;
&#13;
I&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
d'une famille chrétienne et a été formée dans une ville massivement catholique : à Langres même en 1617, la minorité protestante ne dépasse&#13;
pas l'effectif de treize familles déclarées, une centaine de personnes sur&#13;
une population totale de 10 000 habitants.&#13;
De son enfance, on sait qu' « elle vécut dans la grande dévotion&#13;
dans la maison de son père»; « dévotion » implique une vie chrétienne&#13;
profonde, convaincue, qui traduit son intensité par des « pratiques » qui&#13;
sortent de l'ordinaire du commun des chrériens. C'est la raison pour&#13;
laquelle Marie Morin éprouve le besoin de préciser que « Monsieur son&#13;
père ... ne s'y oppposa jamais par l'amour tendre et la complaisance qu'il&#13;
avait pour sa fille », notant en même temps que Jeanne « ne lui causa&#13;
jamais aucun chagrin pour ses dévotions qu'elle ajusta toujours à sa&#13;
volonté».&#13;
Le vocabulaire utilisé et la description semblent faire allusion au traité&#13;
de saint François de Sales, I' Introduction à la vie dévote, « la vraie et&#13;
vivante dévotion ... présume l'amour de Dieu, ainsi elle n'est autre chose&#13;
qu'un vrai amour de Dieu » (Introduction I, 1), elle a son fondement&#13;
premier dans une vie de foi.&#13;
Nous savons que sous le pontificat de Sébastien Zamet (1615-1655),&#13;
la ville de Langres a bénéficié d'un bon encadrement religieux et que la&#13;
vie chrétienne s'y développa dans des conditions exceptionnellement&#13;
favorables. La foi de Jeanne Mance en a profité, mais d'une manière&#13;
active; elle a accueilli ce qui lui a été enseigné et l'a assimilé au plus&#13;
profond de son âme.&#13;
La foi de Jeanne Mance est une foi éclairée, approfondie; dans la&#13;
petite bibliothèque qu'elle a laissée en mourant à Montréal et qui était&#13;
composée de ses livres de chevet, on trouve à côté des livres d'office (le&#13;
Bréviaire en latin et en français) un Nouveau Testament, une partie de la&#13;
Bible en français, les commentaires des Épnres et Évangiles du P.&#13;
Gérard, et, comme livre de formation doctrinale et d'enseignement&#13;
!'Instruction chrétienne (probablement l'instruction du chrétien de&#13;
Richelieu); il y avait également une Paraphrase des Psaumes et deux&#13;
tomes de la Vie des saints; cette petite bibliothèque est celle d'une&#13;
chrétienne qui connaît l'essentiel de sa foi et l'approfondit grâce à&#13;
quelques textes de base lus et relus aux heures de loisir, à l'exclusion de&#13;
tous autres livres. Jeanne Mance a eu en sa possession un autre&#13;
exemplaire de la Bible dont elle a fait cadeau au P. Jérôme Lalemant en&#13;
1649.&#13;
Sa vie spirituelle est fondée sur sa foi, base première de tout l'édifice&#13;
surnaturel; c'est cette foi qui lui a fait découvrir Dieu dans les nécessiteux&#13;
qu'elle a secourus tout au long de sa vie de dévouement, et qui lui a fait&#13;
percevoir ce besoin chez ceux qui n'avaient pas encore reçu la grâce de&#13;
la foi dont elle-même avait bénéficié depuis sa petite enfance.&#13;
&#13;
�28&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN 2002:&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
60" ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
La naissance de sa vocation missionnaire est caractéristique; on&#13;
pense à un courant souterrain qui affleure et qui soudainement sourd au&#13;
grand jour parce qu'un événement lui a donné passage; ce qui était&#13;
implicite devient évident. li lui a suffi d'entendre parler de ce qui se faisait&#13;
en Nouvelle-France, notamment de ce qu'une femme venait d'y faire&#13;
(Madame de la Peltrie) pour que s'ouvre devant elle la perspective d'une&#13;
vie missionnaire; en entrant dans ce champ d'apostolat elle pourra non&#13;
seulement vivre de sa foi, mais elle contribuera à la répandre, en un lieu&#13;
où la Parole de Dieu commence seulement à se faire entendre. Elle voit&#13;
une indication de l'Esprit de Dieu dans cet appel, à la manière de saint&#13;
Paul, voyant en rêve un Macédonien qui l'appelle au secours (Ac 16, 9).&#13;
Il lui faut donc, comme une nécessité interne, porter Dieu à ceux qui&#13;
sont encore loin de lui et qui peuvent lui devenir proches, grâce à elle. Le&#13;
P. Vimont a fait connaître au public son admiration pour cette foi.&#13;
« Quand je vois une jeune demoiselle à qui un frimas donnait le&#13;
rhume en France, traverser l'océan pour venir défier nos grands hivers et&#13;
cela pour dire trois bonnes paroles à quelques sauvages devant sa mort&#13;
et à voir quelqu'un de ses propres yeux invoquer le saint Nom de Dieu ».&#13;
Plus loin, on verra la traduction de sa foi en maintes attitudes,&#13;
principalement les gestes de la vertu de religion et les actes de charité;&#13;
mais il existe un texte où elle affirme fortement sa foi de manière&#13;
explicite, c'est son testament. Il faut le comparer à d'autres documents&#13;
du même genre pour en saisir la portée; le testament comme tel a été&#13;
étudié plusieurs fois comme source de l'histoire des mentalités; l'un des&#13;
derniers qui l'a fait, Michel Vovelle, tout en concédant le fait de&#13;
l'existence de quelques « beaux testaments », comme il dit, reconnait le&#13;
caractère stéréotypé et l'extraordinaire force d'inertie séculaire de cette&#13;
forme juridique, où « nous ne 1encontrons que rarement (parfois&#13;
cependant) les confessions d'une âme qui s'épanche en toute liberté ».&#13;
Le testament de Jeanne Mance porte la marque d'une conviction et&#13;
d'une ferveur personnelle :&#13;
« Je proteste de vivre et mourir dans la vraie foi de la sainte Église,&#13;
catholique, apostolique et romaine, que je tiens et reconnais pour la&#13;
seule vraie Église hors de laquelle il n'y a point de salut. Je crois et&#13;
j'approuve tout ce qu'elle approuve, et je renonce de tout mon cœur à&#13;
tout ce qu'elle désaprouve. Je la révère et honore et la reconnais pour&#13;
ma seule et vraie Mère, vouant une parfaite obéissance comme sa vraie&#13;
fille pour toute ma vie et pour toute l'éternité ... &gt;&gt;&#13;
Ce préambule est une belle affirmation de foi et d'amour qui multiplie&#13;
les termes de totalité ou d'exclusivité, ce qui revient au même. La foi est&#13;
une valeur absolue qui a bouleversé de fond en comble la vie de Jeanne&#13;
Mance et pénétré tous ses aspects&#13;
&#13;
LA BÉATIFICATION DE MÈRE MARIE-ANNE&#13;
Odette Saint-Pierre, s.s.a.&#13;
Vice-postulatrice de la Cause&#13;
&#13;
Quelle allégresse remplit le cœur&#13;
des Sœurs de Sainte-Anne, de leurs&#13;
associés , de leurs familles et de leurs&#13;
amis,&#13;
lorsque le Pape Jean-Paul Il&#13;
proclame « Bienheureuse » la véné-rable&#13;
Marie-Anne Blondin!&#13;
Quelle émotion lorsque le voile, qui&#13;
recouvrait la tapisserie de la nouvelle&#13;
Bienheureuse, se lève et lais-se&#13;
apparaître le visage glorieux de celle qui&#13;
a donné sa vie, à la suite de « Jésus,&#13;
son Amour crucifié»!&#13;
Quelle fierté lorsque résonnent, sur&#13;
la Place Saint-Pierre et jusqu'aux rues&#13;
avoisinantes les voix du chœur de la Cathédrale « Precious Blood » de&#13;
Sault Ste-M~rie, qui interprètent magnifiquement le Gloire au Dieu&#13;
d'Amour composé par Sœur Madeleine Dubé pour la béatification de&#13;
celle qui, en ce jour, est « proclamée Femme BIENHEUREUSE &gt;) 1&#13;
Bienheureuse, cette femme audacieuse qui, à 22 ans, s'asseoit&#13;
sur les bancs de l'école, pour vaincre l'analphabétisme qui l'affecte. elle et ses contemporains.&#13;
Bienheureuse, cette femme prophétique qui fonde une congrégation religieuse pour l'éducation de la foi dans les écoles mixtes, malgré les normes canoniques de son temps qui interdisent&#13;
ce genre d'écoles&#13;
Bienheureuse, cette femme sacrifiée par son évêque et ignorée&#13;
par ses filles, qui est devenue la pierre d'angle de l'édifice spirituel de sa congrégation, qui continue sa mission d'éducation au&#13;
Canada, aux Etats-Unis, en Haïti, au Chili et au Cameroun&#13;
Bienheureuse, cette femme « martyre du silence » qui, par sa vie&#13;
d'obéissance, de charité, d'humilité et de pardon, est devenue&#13;
page d'Êvangile pour l'Église d'aujourd'hui.&#13;
Gloire au Dieu d'Amour, qui nous a donné une telle Bienheureuse, en&#13;
ces jours où nous avons tant besoin d'accueillir le témoignage du seNice&#13;
caché et du pardon généreusement offert!&#13;
&#13;
�30&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 608 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
31&#13;
&#13;
MONTRÉAL COMPTE SA PREMIÈRE BIENHEUREUSE&#13;
« MONTRÉALAISE »&#13;
&#13;
LA PLACE DE LA DÉVOTION AU SACRÉ-CŒUR&#13;
DANS LA SPIRITUALITÉ DE CHEZ-NOUS&#13;
&#13;
Thérèse Frigon, s.p.&#13;
Vice-postulatrice de la Cause&#13;
&#13;
Lucien Pépin, o.m.i.&#13;
&#13;
. Née à Montréal le 19 février 1800&#13;
Emilie Tavernier fut paroissienne d~&#13;
Notre-Dame, jusqu'à son décès, le 23&#13;
septembre 1851.&#13;
Elle connut des heures douloureuses, par la mort de ses parents, puis&#13;
par celle de son époux, Jean-Baptiste&#13;
Gamelin, et de ses trois enfants, entre&#13;
1823 et 1828. C'est alors qu'en contemplant la Vierge des Douleurs elle&#13;
découvrit sa voie : elle renonça â 'toute&#13;
nouvelle alliance matrimoniale pour se&#13;
vouer entièrement â la misère humaine, sous toutes ses formes. Orphelins, vieillards, malades, prisonniers, sans-travail, sourds-muets, veuves&#13;
prêtres infirmes, immigrés, tous avaient une place dans son cœur et&#13;
dans son action de charité compatissante.&#13;
A l'instigation de Mgr Bourget, qui voulut assurer la permanence de&#13;
son œuvre, elle fonda la Communauté des Sœurs de la Providence en&#13;
1843. Elle mourut victime de son dévouement pendant l'épidémi~ de&#13;
choléra, en 1851 .&#13;
Sa Cause de béatîfication a été introduite au diocèse de Montréal le&#13;
31 m~i 1981 ;, e!le sui~it les ét~pes de la procédure canonique p~ur&#13;
connaitre la VenerabIhte, le 23 decembre 1993, et le décret du miracle le&#13;
18 décembre 2000, qui permettait la béatification de la Servante de Di~u&#13;
le 7 octobre 2001 .&#13;
'&#13;
. Elle était, pendant sa v1e, comme la Providence des Pauvres sa&#13;
maIso~ fut appelée « Maison de la Providence }&gt; et ses contempor~ins&#13;
eux-~emes ont nommé la communauté qu'elle fondait : les Sœurs de la&#13;
Providence.&#13;
Depuis le 25 mai 2000 un monument, dû au sculpteur Raoul Hunter&#13;
~~ne_l'entrée de I~ stati_o~ de métro Berri-UQAM, Place Émilie-Gamelini&#13;
1Eglise _de__Montreal _celebrera cette grande montréalaise, la Bienheureuse EmIl1e Tavernier-Gamelin, le 4 mai 2001, à !'Aréna MauriceRicha~d, o_ù sont conviés tous ceux qui gardent souvenir de cette grande&#13;
montreala1se.&#13;
&#13;
Introduction&#13;
Prière liturgique de la fête de Marie-de-1'/ncamation&#13;
&#13;
Seigneur Dieu, tu as conduit la Bienheureuse Marie-de-l'Incarnation jusqu'à la contemplation du mystère de la Trînité, et tu as fait d'elle un apôtre au&#13;
cœur de feu. Accorde-nous par son intercession et suivant son exemple, de&#13;
vivre en témoins de ton amour, pour que soient toujours plus nombreux ceux&#13;
qui parviennent à te connaître. t'aimer et te servir. Par Jésus Christ...&#13;
&#13;
C'est en ces termes que la liturg ie nous fait prier Marie-de- l'Incarnation . On sait sans doute qu'elle est celle qui, la première, apporta chez&#13;
nous la dévotion au Sacré-Cœur.&#13;
Le sujet que nous traiterons ensemble sera présenté en deux grandes parties :&#13;
- d'abord, l'enseignement de l'Èglise en relation avec la dévotion&#13;
au Sacré-Cœur.&#13;
- ensuite, quelques jalons d'histoire pour le Québec.&#13;
On sait bien qu'une dévotion doit toujours se situer dans la spiritualité&#13;
de l'Église. Le mouvement d'ensemble de l'enseignement de l'Église a&#13;
toujours gardé une place de choix la dévotion au Sacré-Cœur.&#13;
On pourrait facilement placer la dévotion au Sacré-Cœur au même tïtre que toutes les dévotions que nous trouvons dans la vie spirituelle.&#13;
Cependant. â la suite de Thomas d'Aquin, il apparaît clairement que c'est&#13;
un culte rendu au Cœur de Jésus. À ce titre, dans la vie de foi, sa place&#13;
vient du fait que Jésus est l'icône du Père, et en ce sens, il propose à&#13;
l'humanité la miséricorde de Dieu. Cette expression vient de Jean-Paul Il&#13;
lui-même, dans son encyclique sur la Miséricorde. Cependant, toute dévotion peut être située dans l'évolution historique d'un peuple, C'est ce&#13;
que nous essaierons de voir ensemble. en parlant de la dévotion au Sacré-Cœur au Québec.&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
�32&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 608 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
1. QUELQUES JALONS D'HISTOIRE DE L'ÉGLISE&#13;
Introduction&#13;
&#13;
Paray-le-Monial&#13;
&#13;
. . La simple le~ture de l'enseignement des papes dans l'Église nous&#13;
r~vel~ qu~, d~pu1s les événements de Paray-le-Monial, à travers les révela~1ons a s1ainte Margu~rite-~ arie, jusqu'à ce jour, c'est une révélation&#13;
continue de I amour de Dreu qur se manifeste.&#13;
. Le début ~e cett~ dévotion trouve sa place dans les révélations à&#13;
sainte Marguerite-Mane Alacoque (1599-1672) qui fut soutenue par sai t&#13;
Claude La Colombière, jésuite. Le père Claude a forgé sa spiritualité nà&#13;
l'école des Ex~rcices de saint Ignace. Il se consacre d'abord à médit&#13;
beaucoup l_a vre de Jésus-~hrist qui est le modèle de la nôtre. Conte~~&#13;
pler le Christ permet de vivre en familiarité avec lui pour lui apparten·&#13;
rr&#13;
totalement.&#13;
~a dévotion au Cœ~r d~. Christ ~·après. le message de Paray-leMonral sera un fact~ur d équ_rhbre et d affermissement spirituel pour les&#13;
communautés ~~rétrenn~s. bientôt affrontées à l'incroyance qui progressera. dans les ,s,ecles sur~an_ts: une connaissance impersonnelle de Dieu&#13;
se repandra; 1homme, s éloignant de la rencontre personnelle du Christ&#13;
et des s?ur?es_de la grâ?~• vou~ra être seul maître de son histoire et se&#13;
don~~r a lur-meme sa 101, JUSqu a se montrer impitoyable pour servir ses&#13;
amb1t1ons. Le message de Paray, acceptable aux humbles comme aux&#13;
grands de ce monde, répond à de tels égarements en éclairant la relation&#13;
d~ l'homme avec D~eu, et de l'homme avec le monde par la lumière qui&#13;
vient du Cœur de Dr~u ; conformément à la tradition de l'Église, il oriente&#13;
le regard vers la croix du Rédempteur du monde, vers « Celui qu'ils ont&#13;
tra_nspercé » (Jn 19,37). (Jean-Paul Il, homélie de la canonisation de&#13;
saint Claude La Colombière)&#13;
&#13;
1. L'enseignement de l'Église par l'intermédiaire des papes&#13;
&#13;
Dans l'enseignement d~ l'Église, nous retrouvons la lecture des événements vécus dans la société. C'est toujours en introduisant le culte ou&#13;
encor~ en se proposant de lire les événements que l'enseignement&#13;
s'établit.&#13;
Bien sOr, no~s po.~rrions revoir toute l'histoire de l'Église en partant&#13;
de Clém~~t XIII Jusqu a Jean-Paul Il. Nous retiendrons quelques événements qur Jalonnent la vie de l'Église.&#13;
&#13;
LA PLACE DE LA DÉVOTION AU SACRÉ-CŒUR&#13;
&#13;
33&#13;
&#13;
a) Clément XIII : 1765, il autorise le culte liturgique au Sacré-Cœur.&#13;
b) Pie IX : 1856, il établit le culte dans toute l'Église.&#13;
1875, il lui consacre toute la catholicité.&#13;
c) Léon XIII : 1899, il institue la fête du Sacré-Cœur dans son encyclique Annum Sanctum où il fait la consécration du monde au Cœur de&#13;
Jésus.&#13;
d) Pie XII: Haurietis aquas.&#13;
e) Jean-Paul Il: « La valeur de ce qui s'est passé, le 11 juin 1899, a&#13;
d'une manière autorisée par ce qu'ont écrit mes prédécesconfirmé&#13;
été&#13;
seurs qui ont apporté un approfondissement doctrinal au sujet du culte&#13;
envers le Sacré-Cœur et qui ont décrété le renouvellement périodique de&#13;
l'acte de consécration. Parmi eux, il m'est agréable de rappeler: le saint&#13;
successeur de Léon XIII, le Pape Pie X, qui décida, en 1906, de renouveler la consécration tous les ans; le Pape XI, de vénérée mémoire, qui la&#13;
mentionna dans les encycliques Quas primas, dans le cadre de l'année&#13;
sainte 1925, et Miserentissimus Redemptor, son successeur, le Serviteur&#13;
de Dieu Pie XII, qui traita ce sujet dans les encycliques Summi Pontificatus et Haurietis aquas. Le Serviteur de Dieu Paul VI, à la lumière du&#13;
Concile Vatican Il, voulut en parler dans la lettre apostolique lnvestigabiles divitias et dans la lettre Diserti interpretes, adressée aux Supérieurs&#13;
majeurs des Instituts qui prennent leur nom du Cœur de Jésus, le 25 mai&#13;
1965 ».&#13;
Jean-Paul 11, dans son encyclique sur la Miséricorde divine, ajoute&#13;
une teinte qui nous projette à la fois en Dieu-Amour et dans notre rôle de&#13;
chrétiens dans le monde d'aujourd'hui.&#13;
Nous reprendrons encore des points majeurs dans les conclusions&#13;
de cette partie, et avec Jean-Paul Il, nous retiendrons l'orientation qu'entend donner au culte du Sacré-Cœur l'enseignement de l'Église, aujourd'hui.&#13;
&#13;
2. Quelques conclusions sur l'enseignement de l'église&#13;
&#13;
a) « L'Église semble professer et vénérer d'une manière particulière&#13;
la miséricorde de Dieu, quand elle s'adresse au Cœur de Jésus. En effet,&#13;
nous approcher du Christ dans le mystère de son Cœur nous permet de&#13;
nous arrêter sur ce point - point central en un certain sens et en même&#13;
temps le plus accessible sur le plan humain - de la révélation de l'amour&#13;
miséricordieux du Père, qui a constitué le contenu central de la mission&#13;
messianique du Fils de l'homme». (no.13) À l'occasion de la solennité du&#13;
Sacré-Cœur et du mois de juin, j'ai souvent exhorté les fidèle à persévé-&#13;
&#13;
�34&#13;
&#13;
PIERRES VNANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60 8 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
rer dans la pratique de ce culte qui contient « un message qui est, de nos&#13;
jours, d'une extraordinaire actualité, car du Cœur du Fils de Dieu, mort&#13;
sur la Croix, a jailli la source éternelle de la vie qui donne l'espérance à&#13;
tout homme. Du Cœur de Jésus crucifié naît la nouvelle humanité, rachetée du péché. L'homme de l'An 2000 a besoin du Cœur du Christ pour&#13;
connaître Dieu et pour se connaître lui-même; il a besoin de Lui pour&#13;
construire la civilisation de l'amour » (Audience du 8 juin 1994 ).&#13;
b) Une spiritualité d'actualité&#13;
Certes, l'expression et la sensibilité évoluent, mais l'essentiel demeure. Lorsqu'on a découvert dans l'adoration eucharistique et la méditation le Cœur de Jésus « toujours brûlant d'amour pour les hommes»,&#13;
comment pourrait-on se laisser séduire par des formes de méditation qui&#13;
replient sur soi sans accueillir la Présence du Seigneur? Comment pourrait-on être attiré par la prolifération de conceptions du sacré, qui ne font&#13;
que masquer un tragique vide spirituel?&#13;
Certes, cet enseignement de Jean-Paul Il nous invite fortement à ne&#13;
pas laisser tomber le culte au Sacré-Cœur. Mais la recherche de l'adaptation à notre temps appara~t clairement et nous trouvons déjà une orientation profonde dans la MISERICORDE DE DIEU.&#13;
c) Le cœur est l'un des symboles anthropologiques les plus employés par les auteurs bibliques (Osée, Jérémie). Les livres prophétiques&#13;
et les psaumes l'emploient abondamment, car il révèle beaucoup sur les&#13;
dimensions profondes de l'homme et il évoque toutes les joies et les misères de la relation de l'homme avec son Dieu. Le Nouveau Testament&#13;
rattache le symbole du cœur à la personne du Christ. Mais cela ne diminue en rien la richesse de ce symbole et de ce qu'il peut révéler du Verbe&#13;
incarné.&#13;
d) L'option de la dévotion au Sacré-Cœur est christologique. Elle&#13;
centre la foi des chrétiens sur la pierre angulaire de l'Église, le Christ ressuscité. Le mystère considéré dans la personne du Christ, c'est l'amour&#13;
qu'il voue à son Père et à l'humanité. La dévotion est ainsi l'accueil de la&#13;
dimension la plus fondamentale du Christ. Toute sa mission en est marquée: il est venu pour sauver, non pour juger. Il est celui qui est venu appeler les pécheurs et les laissés-pour-compte; il est le Bon Berger qui&#13;
donne sa vie pour ses brebis.&#13;
e) Le chrétien découvre, dans cette dévotion, le visage de bonté du&#13;
Père et son plan de salut envers l'humanité.&#13;
f) Pour l'évangélisation d'aujourd'hui, il faut que le Cœur du Christ&#13;
soit reconnu comme le cœur de l'Église : c'est Lui qui appelle à la&#13;
conversion, à la réconciliation. C'est Lui qui entraîne sur la voie des Béatitudes les cœurs purs et les affamés de justice. C'est Lui qui réalise la&#13;
communion chaleureuse des membres du Corps unique. C'est Lui qui&#13;
&#13;
LA PLACE DE LA DÉVOTION AU SACRÉ-CŒUR&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
permet d'adhérer à la Bonne Nouvelle et d'accueillir les promesses de la&#13;
vie éternelle. C'est Lui qui envoie en mission. Le cœur à cœur avec Jésus élargit le cœur de l'homme aux dimensions du monde. (Jean-Paul Il)&#13;
11. QUELQUES JALONS DANS L'HISTOIRE AU QUÉBEC&#13;
Introduction&#13;
&#13;
Maintenant, nous allons prendre le temps de voir comment la dévotion au Sacré-Cœur s'est établie au Québec. Il est entendu que ce mouvement prend ses racines dans les premiers temps de la colonie française, avec Marie-de-l'Incarnation. Mais sur une période de 100 ans&#13;
(1860-1960), c'est l'âge d'or de cette dévotion, qui a eu ses apôtres, les&#13;
Jésuites et les Oblats de Marie Immaculée, dans la personne du Père&#13;
Lelièvre.&#13;
1. Origine de la dévotion au Canada&#13;
&#13;
Marie-de-l'Incarnation (1599-1672)&#13;
S. Jean-Eudes (1601-1680)&#13;
Ste Marguerite-Marie (1647-1690)&#13;
Au Canada, la dévotion la plus populaire et la plus solide reste la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Entendu qu'on y trouve aussi la dévotion à la Sainte-Famille, à Mère d'Youville, protectrice contre les incendies si fréquents à cette époque.&#13;
Dans la période de 1599 à 1690, soit une période de près de cent&#13;
ans, nous retrouvons trois grandes figures qui sont à l'origine de la dé~otion au Sacré-Cœur. D'abord Marie-de-l'Incarnation (1599-1672), saint&#13;
Jean-Eudes (1601-1680) et la grande voyante, sainte Marguerite-Marie&#13;
(1647-1690)&#13;
« Quelques apôtres, envoyés par la Providence sur nos rives,&#13;
s'étaient appliqués à la faire fleurir. Au premier rang, la Thérèse du N~~veau-Monde Marie-de-l'Incarnation. Favorisée, bien avant l'humble V1sItandine de P~ray, des faveurs du Sacré-Cœur, elle s'emploie ardem~ent&#13;
à propager son culte. Puis, c'est le premier évêque de Québec, l'ami du&#13;
Vénérable Jean~Eudes, Mgr de Montmorency-Laval; c'est la pieuse Hospitalière Catherine de St-Augustin; ce sont les missionnaires et les martyrs de l'époque: Lejeune, Ragueneau, Brébeuf, Lalemant. Une note&#13;
trouvée parmi les papiers de ce dernier, après sa mort, nous révèle les&#13;
motifs qui l'avaient poussé à demander les missions canadiennes. Avant&#13;
tout, c'est le contentement qu'il veut donner au « Cœur sacré de JésusChrist », de « faire adorer son nom et étendre son royaume » ». (JosephPapin Archambault, s.j., in L'Action catholique, 17 juin 1942)&#13;
&#13;
�36&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60 8 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
2. Société et religion&#13;
&#13;
Si nous nous exprimons en termes contemporains sur la période où&#13;
se vit cet engagement au Sacré-Cœur, il faut bien dire que les promoteurs de la dévotion en faisaient aussi une cause sociale. N'avait-on pas&#13;
compris ainsi, en France, le vœu national que fut l'érection du SacréCœur de Montmartre? En réparation et aussi pour faire naître un ordre&#13;
nouveau dans la société française. Ici, dans cette période d'une centaine&#13;
d'années, soit de 1840-1950 environ, l'Église québécoise était de tous les&#13;
combats et prises de décision dans la société. C'est ainsi que naquit le&#13;
grand mouvement des jeunesses ouvrières, du syndicalisme catholique&#13;
dont nous avons été, nous les Oblats de mon âge, les derniers porteurs&#13;
du flambeau, dans les années 1950.&#13;
Un événement à souligner, à cette période, fut le Concile de Québec.&#13;
Là, les évêques avaient consacré le Canada au Sacré-Cœur. On rapporte que le dévouement des Jésuites du Gésu de Montréal dénombraient près de 41,000 familles consacrées au Sacré-Cœur, en 1889.&#13;
3. Pères Jésuites&#13;
&#13;
Introduction&#13;
Pour comprendre les trois dates retenues et l'œuvre des Jésuites&#13;
dans cette dévotion au Sacré-Cœur qui exprime avec une telle intensité&#13;
la plénitude du mystère du Christ, il faudrait revenir à la base, qui est la&#13;
vie de saint Ignace, la spiritualité ignatienne. De plus, il est évident que,&#13;
dans leur querelle contre le jansénisme, les Jésuites mettront fortement&#13;
l'accent sur cette dévotion.&#13;
Sur ce point, il suffit de signaler saint Claude La Colombière, s.j., celui qui devint le conseiller spirituel de Marguerite-Marie et propagea le&#13;
message qu'elle révélait au monde. C'est de lui que Jean-Paul Il dit simplement : « Puisse la canonisation de Claude La Colombière être pour&#13;
l'Église un appel à vivre la consécration au Cœur de Jésus, consécration&#13;
qui est un don de soi pour laisser la charité du Christ nous aimer, nous&#13;
pardonner et nous entraîner dans son ardent désir d'ouvrir à tous nos&#13;
frères les voies de la vérité et de la vie. » (Jean-Paul Il, homélie)&#13;
A ce point, j'ajoute aussi ce qu'est le Sacré-Cœur pour les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. C'est de saint Eugène lui-même que&#13;
nous tenons cette dévotion et de sa grande estime pour saint Ignace et&#13;
les Exercices spirituels, qu'il a faits lui-même sous la direction du Père&#13;
Nepveu. C'était déjà les Exercices dans la Vie Courante avant peut-être&#13;
la forme que nous connaissons aujourd'hui.&#13;
&#13;
LA PLACE DE LA DÉVOTION AU SACRÉ-CŒUR&#13;
&#13;
37&#13;
&#13;
Sous trois traits, nous retiendrons le centre de la personne de JésusChrist, chez saint Eugène :&#13;
- s'attacher à Jésus-Christ&#13;
- aimer avec le Christ (la miséricorde tant demandée à ses&#13;
confesseurs)&#13;
- conformer sa vie à celle du Christ.&#13;
« Quelqu'un qui n'a pas expérimenté en sa propre vie ce que c'est&#13;
d'avoir été aimé par le Christ et d'avoir coûté le prix de son sang, ne&#13;
pourra jamais saisir parfaitement tout le contenu de la _voc~tion oblate.&#13;
(... ) il n'y a pas d'homme apostolique, il ne peut y en avoir, sI cet homme&#13;
n'a pas d'abord rencontré personnellemen~ le Christ_ dans sa ~ie et n_'a&#13;
pas connu personnellement l'amour du Christ pour lw » (F.Jette, Le missionnaire, pp. 47-48).&#13;
Ces quelques lignes nous amènent à comprendre un p~u mi~ux l'a~~&#13;
deur du Père Lelièvre pour le Sacré-Cœur. De pauvre theolog1en qu 11&#13;
était il s'abandonnait entièrement au Sacré-Cœur. Déjà on sent cette&#13;
orie~tation dans la rencontre du Père Lemius, faite à Montmartre en&#13;
1902.&#13;
On comprendra qu'il faudrait faire une étude de fond pour comprendre l'influence du Sacré-Cœur pour la période qui nous préoccupe.&#13;
Beaucoup de faits sont rapportés, mais la synthèse de l'histoire a besoin&#13;
de réflexion tant historique que théologique.&#13;
Coup d'œil sur l'œuvre&#13;
&#13;
1883 : fondation des Ligues du Sacré-Cœur&#13;
Les Ligues du Sacré-Cœur, fondées en 1883 par le Père Édouar?&#13;
Hamon, embrigadent les hommes dans l'espoir de propager un esprit&#13;
chrétien dans la famille et la société.&#13;
1890 : fondation des Cadets du Sacré-Cœur&#13;
Les Cadets du Sacré-Cœur, nés vers 1890, encadrent les jeunes de&#13;
douze à seize ans· pour les préparer à devenir ligueurs; de ~ultiples&#13;
confréries et archiconfréries, telles !'Archiconfrérie du Cœur agonisant et&#13;
de la bonne mort, etc. regroupent les âmes pieuses.&#13;
1892 : publication du Messager du Sacré-Cœur&#13;
En 1892, les Jésuites commencent la publication du Messager du&#13;
Sacré-Cœur dont la mission est de propager la dévotion au Sacré-Cœur&#13;
par l'Apostol~t de la prière, le culte de la Sainte Vierge, la vie des saints.&#13;
&#13;
�38&#13;
&#13;
PIERRES VNANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
La revue devient l'âme d'un mouvement fort complexe dont les assises&#13;
sont paroissiales, mais la direction fortement centralisée aux mains des&#13;
Jésu_i!es. ?e mouvE:ment se ramifie en plusieurs branches : !'Apostolat de&#13;
la pnere s adresse a tous les fidèles et entretient par des mots d'ordre un&#13;
climat spirituel.&#13;
4. Pères Oblats (1903)&#13;
a) L'Heure sainte des ouvriers (après la visite des manufactures)&#13;
, Nous énumérons les oeuvres faites par le Père Lelièvre, toutes inspirees de son amour pour le Sacré-Cœur. Déjà nous savons qu'il vint au&#13;
Canada après l'expulsion des religieux de France, en 1903. Chez le Père&#13;
Lemius qui avait été son conseiller pour son entrée chez les Oblats il&#13;
retient deux points de vie: amour du Sacré-Cœur, amour des pauvr~s&#13;
•&#13;
Déjà c'était l'orientation donnée, à Montmartre, par le Père Lemius.&#13;
&#13;
De la famille à l'école, la dévotion au Sacré-Cœur a pénétré dans&#13;
l'usine, l'atelier, le magasin. Elle a débordé naturellement de la vie privée&#13;
dans la vie professionnelle. (... )&#13;
Le mou~ement, cependant, ne commença à se généraliser qu'en&#13;
19~5- Un apotre a~ cœur de feu, le Père Lelièvre, o.m.i., en fut l'initiateur.&#13;
Il v1s1ta, cette _annee-là, con:,me prélude de son action, vingt manufactures et gagna a sa cause huit cents ouvriers, première recrue du magnifique bataillon chrét!en que tout le monde du Canada connaît maintenant&#13;
sous le nom d'ouvriers du Sacré-Cœur...&#13;
Déjà dans ses premières activités, le Père Lelièvre passe de la dévoti?n à I:activité soc!ale. Ce _sera là une teinte forte de toute sa vie de miss1o~n~ire. Il faut dire aussi que t_o~te la période était fortement marquée&#13;
et eta,t sous la coupole du catholicisme et particulièrement du clergé.&#13;
Auprès des o~vriers, il a une réputation solide. C'est celui qui parle&#13;
comme nous et qu on peut comprendre. Ce sera sa force constante.&#13;
b) Les Fêtes du Sacré-Cœur&#13;
À Qu~bec_, depuis la retraite prêchée par le Père Esther, s.j., en&#13;
1871, la devot,on au Sacré-Cœur caractérise la paroisse ouvrière de StS~uveur que l_es Ob!ats desservent. L'arrivée en 1903 du Père Lelièvre&#13;
lui donne un~ 1mpulsIon nouvelle. Le nouveau vicaire organise l'adoration&#13;
devant l_e Samt-Sac~ement, le premier vendredi du mois, et va recruter&#13;
les ouvriers sur les lieux de leur travail. En 1906, c'est deux mille ouvriers&#13;
qui se rendent à l'église, le jour de la fête du Sacré-Cœur.&#13;
&#13;
Le Sacré-Cœur du Père Lelièvre n'est pas qu'un Dieu de la fête c'est&#13;
'&#13;
d'abord un Dieu pour hommes, le Dieu des travaillants...&#13;
On dira aussi que la force du Père Lelièvre, ce fut de rendre leur&#13;
&#13;
LA PLACE DE LA DÉVOTION AU&#13;
&#13;
SACRÉ-CŒUR&#13;
&#13;
39&#13;
&#13;
Dieu aux citadins.&#13;
Le génie du Père Lelièvre est d'avoir donné au peuple un Dieu du&#13;
quotidien et réinventé la fête au profit des citadins.&#13;
c) Les monuments et statues du Sacré-Cœur&#13;
... À partir de 1914, il devient une véritable mode: les maisons sont intronisées, les monuments s'érigent devant les églises et sur les places&#13;
publiques, les tramways de la ville de Québec ont tous leur effigie. Vers&#13;
1930, rapporte le biographe du Père Lelièvre, « tenir feu et lieu sans Sacré-Cœur équivaudrait à se promener en auto sans plaque d'immatriculation ».&#13;
d) L'Oeuvre de la jeunesse&#13;
Encore un don du Sacré-Cœur à la paroisse où son culte est à l'honneur. Fondée en 1911, elle a compté jusqu'à 250 jeunes gens. Ces jeunes gens trouvent, tous les soirs et le dimanche, une belle salle pourvue&#13;
de jeux et d'amusements qui leur permettaient de se distraire.&#13;
e) Les retraites fermées et le Comité du Sacré-Cœur&#13;
Disons que, vers 1923, le p. Lelièvre subit une épreuve de communauté qu'il appela « sa tribulatio magna », ce fut pour lui la plus difficile&#13;
épreuve qu'il eut à subir. Ainsi intériorisé, c'est par cette épreuve qu'il&#13;
trouvera la voie nouvelle pour son salut et celui de ses ouvriers: les retraites fermées.&#13;
Comble de malheurs ou parachèvement de son action apostolique,&#13;
la création des retraites fermées reste, dans le cheminement "spirituel"&#13;
du Père Lelièvre, tout de même ambiguë. Le Père des ouvriers en est&#13;
incontestablement l'instigateur, mais savait-il qu'en lançant cette oeuvre&#13;
parmi tant d'autres, il serait confiné pour le restant de ses jours? Ça,&#13;
nous en doutons ...&#13;
Le mouvement des retraites fermées fut principalement instauré par&#13;
les Jésuites, en 1909. Le jeune Père Archambault initia les Oblats aux&#13;
bienfaits de la cause, et Rodrigue Villeneuve emprunta la formule des&#13;
Jésuites pour la reprendre lors de camps d'été pour les jeunes La formation du Comité du Sacré-Cœur allait faciliter la tâche de l'implantation&#13;
d'un tel mouvement en favorisant le recrutement de fonds et de retraitants. le Père Lelièvre arrache une permission épiscopale qui se résume&#13;
ainsi: « Essayez, Père Lelièvre, essayez».&#13;
Dans cette oeuvre, le Père Lelièvre fut accompagné de Louis Émond&#13;
qu'il appelait son Louis d'or. En fait, les membres de ce Comité était&#13;
constamment sur la brèche, à tel point qu'on appelait leurs épouses les&#13;
« veuves » du Sacré-Cœur.&#13;
&#13;
�40&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60 8 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
On peut dire que cette oeuvre, en plus de l'originalité de la prédication du Père Lelièvre, avait des origines chez les Jésuites, dans les Exercices, et les Rédemptoristes, qui avaient la réputation de répandre un&#13;
certain rigorisme. Le Père Lelièvre s'accomode de tout. Il faut bien dire&#13;
qu'à l'origine de notre Institut, les Jésuites, avec s.lgnace et les Rédemptoristes, avec s.Alphonse de Liguori, ont marqué profondément notre&#13;
Fondateurs.Eugène de Mazenod.&#13;
f) Les vocations&#13;
Ce sera l'œuvre ultime du Père Lelièvre. Ici, dans cette maison, il se&#13;
forma un collège pour vocations sacerdotales et religieuses. Comme StVictor-de-Beauce, on recevait des personnes ayant dépassé l'âge du&#13;
collège. Cependant, le Père Lelièvre savait insérer son monde dans&#13;
l'œuvre du Sacré-Cœur de Jésus-Ouvrier. On dit que cette maison a&#13;
donné au moins 150 vocations sacerdotales. Que dire aussi des religieux&#13;
et religieuses que le Père Lelièvre a orientés dans les communautés du&#13;
temps.&#13;
&#13;
41&#13;
&#13;
L'AVENIR DU COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
&#13;
En vue de ce numéro anniversaire, le Comité exécutif par la voix&#13;
de son président a proposé à des personnes impliquées d'une façon&#13;
ou d'une autre dans le Comité des Fondateurs et soucieuses de son&#13;
avenir d'exprimer en quelques paragraphes leurs réflexions sur les&#13;
persp·ectives d'avenir. Voici les réponses reçues à cette occasion.&#13;
&#13;
L'AVENIR DU COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
DE~ÉGLISEAUCANADA&#13;
CONCLUSION&#13;
&#13;
J'aimerai conclure, non en résumant tout ce que nous avons vu,&#13;
mais en disant simplement que la vie de l'Église a toujours su s'adapter à&#13;
la période de vie de la société. En révisant ce qui s'est vécu ici, c'est&#13;
toute la société d'une centaine d'années que nous retrouvons dans cette&#13;
dévotion au Sacré-Cœur. Bien sûr, nous avons à poser des pas aujourd'hui et à faire des ajustements. C'est là l'œuvre des baptisés.&#13;
Jean-Paul Il nous y invite: « Conscients du grand défi qui nous attend, invoquons l'aide de la Vierge sainte, Mère du Christ et Mère de&#13;
l'Église. Que ce soit elle qui guide le Peuple de Dieu au-delà du seuil du&#13;
Millénaire qui va commencer. Qu'elle l'éclaire sur le chemin de la foi, de&#13;
l'espérance et de la charité. Qu'elle aide en particulier chaque chrétien à&#13;
vivre avec générosité » (Varsovie, le 11 juin 1999, solennité du SacréCœur de Jésus).&#13;
&#13;
Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
&#13;
Tel que je l'entrevois, le C.F.E.C. a un avenir pour autant que nous,&#13;
les membres actuels, y croyions et le préparions.&#13;
Pour qu'il dure, d'une part, il faut y intéresser tous et toutes les responsables de « Cause » et de « Centre » ; d'autre part, il importe quE: ces&#13;
mêmes personnes pensent à intéresser des « plus jeunes » susceptibles&#13;
de leur succéder. Notons que d'autres membres du Comité : prêtre~_,&#13;
laïcs et religieux, sans être liés à une Cause ou à un Centre, ont déJa&#13;
contribué et contribueront pour beaucoup à la vie du Comité, par leur&#13;
objectivité, leur ferveur et leur compétence.&#13;
De plus, il faudrait que tous sachent que le C.F.E.C. n'a pas po_ur but&#13;
de promouvoir les « Causes » elles-mêmes mais de faire connaitre et&#13;
prier nos Fondateurs i.e. les Fondateurs et Fondatrices de communautés&#13;
ou d'œuvres qui ont enrichie l'Église d'ici et d'ailleurs... Pensons au&#13;
Bienheureux Frère André ... Aussi, une canonisation n'exclut pas le nouveau saint ou la nouvelle sainte de la vénération du Comité, loin de là !&#13;
Notons enfin que le C.F.E.C. permet aux responsables concerné(e)s&#13;
de se connaître mutuellement et partant de s'entr'aider par le partage de&#13;
leurs expériences respectives.&#13;
Longue vie au C.F.E.C. !&#13;
*******&#13;
&#13;
�42&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 608 ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
COMMENT JE VOIS L'AVENIR&#13;
DU COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE AU CANADA&#13;
Ghislaine Boucher, r.j.m.&#13;
&#13;
Il convient d'abord de féliciter le Comité et Novalis-Prions en Église&#13;
d'avoir présenté à un large public L'HISTOIRE DE LA SAINTETÉ EN&#13;
NOTRE PAYS. Nos saints et saintes, nos bienheureux et bienheureuses,&#13;
sont les PLUS BEAUX JOYAUX de notre pays. Il faut continuer à les&#13;
faire connaître et re-connaître par l'Église et par les instances publiques&#13;
du pays. Ce sont nos HÉROS et nos FIGURES IMPORTANTES DE&#13;
NOTRE HISTOIRE.&#13;
Au sujet des efforts pour faire béatifier ou canoniser ces personnes, il&#13;
serait bon de tenir compte de l'orientation romaine sur le sujet : « À&#13;
Rome, la Congrégation pour les causes des saints accorde une priorité,&#13;
selon le désir du Pape, pour les causes relatives aux LAÏCS ayant vécu&#13;
dans le MONDE MODERNE ».&#13;
Quant à dire s'il faut continuer à maintenir le Comité des Fondateurs&#13;
ou à le dissoudre, il n'est pas si simple de se prononcer Ce qui m'incite à&#13;
le continuer SOUS UN AUTRE NOM, c'est le grand nombre de membres, personnes-ressource, invités, etc. qui en font partie. Ce n'est certes&#13;
pas un mince mérite que de réunir toutes ces personnes d'expérience,&#13;
de compétence et d'intérêt marqué pour la CAUSE DE LA SAINTETÉ EN&#13;
NOTRE PAYS et pour NOTRE HISTOIRE.&#13;
*******&#13;
&#13;
QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LE RÔLE ET L'AVENIR&#13;
DU COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
Pierre Dufresne&#13;
&#13;
Le rôle du Comité des Fondateurs est de faire connaître les « saints&#13;
de chez nous» par différents moyens: publication dans les revues (ce&#13;
qui a été fait dans Prions en Église depuis le début de l'année 1999), livres, brochures, vidéos, films, programmes de télévision, etc. Il est également, bien sûr, de faire avancer à Rome les différentes Causes.&#13;
Le Comité des Fondateurs devrait faire des démarches pour qu'il y&#13;
ait dans nos universités, un cours sur les « saints de chez nous », leur&#13;
histoire, leur spiritualité.&#13;
Le Comité des Fondateurs devrait avoir son site Internet sur lequel&#13;
&#13;
L'AVENIR DU COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
&#13;
43&#13;
&#13;
on retrouverait des informations sur le Comité lui-même : histoire, rôle,&#13;
membres etc., ainsi que sur chacun des« saints de chez nous» tel qu'on&#13;
les retrouve actuellement sur le site Internet du diocèse d'Edmundston.&#13;
Le Comité des Fondateurs compte actuellement parmi ses membres&#13;
les responsables de presque toutes les Causes des « saints de chez&#13;
nous». Il devrait aussi y avoir un évêque répondant auprès de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).&#13;
*******&#13;
QUELQUES RÉFLEXIONS SUR L'AVENIR&#13;
DU COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
Pierre Robert&#13;
&#13;
On nous demande comment nous voyons l'avenir du Comité des&#13;
Fondateurs... Peut-être faudrait-il commencer par se demander si le&#13;
Comité a un avenir ou s'il ne risque pas de s'étioler tranquillement sinon&#13;
de se dissoudre.&#13;
Une première raison montrant que le Comité est susceptible de durer&#13;
est l'existence même des Causes de béatification-canonisation. Tant qu'il&#13;
y aura des causes et tant que les responsables de ces causes souhaiteront partager entre eux sur leur travail, le Comité aura une base stable&#13;
permettant d'espérer qu'il dure.&#13;
Une seconde raison consiste dans le gain d'intérêt pour les Fondateurs auquel on assiste depuis quelque temps. Ce besoin de renouer&#13;
avec nos racines se fait jour un peu partout. Et le Comité retrouve une&#13;
actualité ; il peut être porté par ce regain. Évidemment, cet intérêt peut se&#13;
développer sans lui, mais il a tout avantage à se développer avec lui, au&#13;
moins pour une part, car le Comité a mis en place une institution qui a&#13;
une histoire, une reconnaissance publique et des ressources disponibles&#13;
pour qui veut les mettre à contribution. Sans doute est-il préférable de&#13;
renouveler que de laisser tomber pour ensuite recommencer à neuf. 1&#13;
Venons-en maintenant au comment. Si le Comité risque de se dissoudre, la première chose est de maintenir l'unité. Cette unité ne saurait&#13;
être maintenue de force, elle doit venir de plein gré ; et elle viendra dans&#13;
la mesure du respect des différences. C'est ainsi qu'il est heureux que se&#13;
fassent des activités régionales de façon à ce que les intérêts particuliers&#13;
1&#13;
A vrai dire les deux options sont possibles. Comme le bon intendant qui tire de son trésor&#13;
du neuf et du vieux, le Comité peut se renouveler. S'il se fige, il devient comme ces outres&#13;
vieilles dans lesquelles on n'est plus capable de mettre le vin nouveau.&#13;
&#13;
�44&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002 : 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
soient rencontrés. Ces régions auront le goût de partager, de mettre en&#13;
commun leurs activités, comme elles pourront compter sur les ressources du comité« général»: un même esprit les rassemble.&#13;
Pour que le Comité dure, il importe qu'il y ait un renouvellement et&#13;
que des jeunes soient impliqués. Il n'est pas nécessaire qu'ils appartiennent à des Causes, ils peuvent appartenir aux catégories de chercheur&#13;
ou de promoteur. Ici on pense davantage à des « jeunes » de trente et&#13;
quarante ans! Ce sont eux d'ailleurs qui pourront réunir des jeunes de&#13;
niveaux secondaire ou collégial ; ils sont souvent mieux placés pour le&#13;
faire.&#13;
Une règle d'or dans la participation de jeunes. Il faut que la relation&#13;
aille dans les deux sens ; c'est-à-dire, d'un côté, qu'ils soient intéressés&#13;
et attentifs à accueillir ce que nous avons à leur offrir ; de l'autre en retour, que nous soyons prêts à accueillir ce qu'ils peuvent nous offrir, eux.&#13;
C'est dans la mesure où le rapport va dans les deux sens que cette intégration de jeunes est réalisable.&#13;
Ce rapport signifiera sans doute des négociations et un ajustement&#13;
réciproque, mais elles tourneront au plus grand bien de tous si elles sont&#13;
vécues dans l'amour - particulièrement celui des Fondateurs qui nous&#13;
rassemble et pour lesquels nous voulons travailler.&#13;
*******&#13;
&#13;
UNE CONJONCTURE PROPICE AU COMITÉ&#13;
Roger Leclerc&#13;
&#13;
Penser globalement, agir localement&#13;
Pierre Dansereau&#13;
&#13;
Après l'anticléricalisme et la morosité, j'entends, ici au Québec, dans&#13;
le silence de l'indifférence, de multiples appels à un renouveau. Selon&#13;
moi, la conjoncture est propice au Comité. À condition qu'il réponde à&#13;
ses fonctions de prophétisme et de service.&#13;
Voici donc quelques remarques. Mais disons, en remarque préliminaire, que les objectifs du Comité et ceux des Centres ne sont pas nécessairement les mêmes; c'est ce qu'affirmait clairement le père Émile&#13;
Gervais dans l'élaboration des premiers statuts que j'étudie actuellement.&#13;
1. Le Comité est un organisme sans équivalent, voué aux valeurs&#13;
authentiquement nôtres. Elles nous ont façonnés et assureront notre&#13;
avenir. Il faut recentrer le Comité sur son objectif fondamental : faire&#13;
&#13;
L'AVENIR DU COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
connaitre les expériences de foi des bâtisseurs de notre pays et de&#13;
l'Église catholique au Canada.&#13;
Je souhaite à chacun des membres une vision globale et la disponibilité pour de petites réalisations communes et créatrices.&#13;
2. Nécessité de la prière. La prière était la première priorité du Comité au moment de sa fondation, toujours selon le père Gervais. Il s'agit&#13;
ici d'un engagement, d'une prière quotidienne de chacun des membres.&#13;
Une prière d'abord et explicitement pour les Québécois et les Canadiens.&#13;
Une prière aussi pour les membres. Que !'Esprit approfondisse leur&#13;
conviction que l'humanité vit désormais dans un Univers de Miséricorde&#13;
où le mal ne peut plus faire rater la libération des hommes sincères.&#13;
Que sous l'inspiration de !'Esprit, ils entrent davantage dans les projets de Dieu et lui laissent davantage les résultats. Se peut-il que pour&#13;
cette période actuelle, agitée, mais pleine de promesses et de défis, Dieu&#13;
n'ait pas un plan de renouveau? Quel est-il? Quelle place veut-il donner,&#13;
par exemple, à Marie de l'Incarnation? A Jeanne Mance et Jeanne LeBer? Et aux autres pionniers qu'il a si admirablement comblés pour le&#13;
bien de tous?&#13;
3. En 1992, l'année de son cinquantenaire, le Comité connaissait&#13;
un tournant important engageant son avenir et dont il faut tenir compte&#13;
encore aujourd'hui.&#13;
Jusque-là, le Comité figurait dans l'organigramme de l'Êpiscopat&#13;
québécois : Section théologique. Sous-section pastorale. En 1992, les&#13;
évêques décidaient de lui donner une autonomie complète. C'était, en&#13;
quelque sorte un envoi « sur la place publique », selon l'expression du&#13;
Petit Mandat de Catherine Hueck. Peut-être aussi, une occasion&#13;
d'accroître le nombre de laïcs au Comité?&#13;
4. Les anniversaires sont occasion de souhaits. J'en formule deux&#13;
derniers. Un pour les jeunes, un autre pour les évêques.&#13;
Que les jeunes en mal ·d'amour, si nombreux à se suicider, rencontrent quelqu'un qui leur parle de l'itinéraire spirituel douloureux de&#13;
Catherine de Saint-Augustin ou de Catherine Hueck, ou des évêques&#13;
héroïques : Ovide Charlebois et Vital Grandin.&#13;
Que les évêques actuels nourrissent leur pastorale des expériences&#13;
de Dieu si actuelles, si fécondes et si profondes des pionniers de notre&#13;
Foi. Leur prédication témoignera alors, avec plus de force et de crédibilité, de la Joie d'être sauvé!&#13;
*******&#13;
&#13;
�46&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
2002 : 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
COMMENT JE VOIS L'AVENIR DU&#13;
COMITÉ DES FONDATEURS&#13;
&#13;
t&#13;
Dom Guy-Marie Oury, o.s.b.&#13;
Solesmes, France&#13;
1929-2000&#13;
&#13;
Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
&#13;
Admis au Comité des Fondateurs comme membre en 1990, j'ai été&#13;
des plus heureux de rencontrer un groupe de personnes intéressées à la&#13;
recherche et à l'approfondissement de la spiritualité de nos devanciers.&#13;
Après avoir été nommé vice-postulateur de la cause du bienheureux&#13;
Frédéric Janssoone, j'avais tout à gagner de partager les expériences de&#13;
personnes qui, comme moi, avaient la responsabilité de faire connaître la&#13;
spiritualité d'un serviteur ou d'une servante de Dieu. J'ai toujours gardé&#13;
une excellente satisfaction pour ce que j'ai acquis dans ces rencontres.&#13;
Trois ans ont passés, dans un esprit de service, j'ai accepté la présidence du Comité. En cours de route, j'ai pris conscience que c'était&#13;
beaucoup pour moi. Heureusement que j'étais soutenu et éclairé par un&#13;
excellent exécutif à qui je rends hommage. On s'est imposé un nombre&#13;
important de réunions; ensemble nous avons prié l'Esprit Saint, nous&#13;
avons réfléchi, nous avons partagé nos visions des événements, surtout&#13;
nous avons mis du temps et des énergies.&#13;
Quand je pense à l'avenir du Comité, je me dis que s'il veut accomplir pleinement sa mission, il faut s'ajuster à l'heure actuelle. Souvent,&#13;
j'avais l'impression que l'on marchait sur un élan . .. Mais avec cela, on&#13;
ne va jamais très loin. Il faut s'arrêter, se poser des questions et avoir&#13;
l'audace des mises à jour.&#13;
Un point qui revient souvent dans nos échanges : rajeunir le Comité,&#13;
lui donner un élan neuf. Plusieurs diront, il est temps de passer de la parole aux actes. Mais ouvrir les portes à des plus jeunes, c'est toujours un&#13;
risque. Accepter l'autre tel qu'il est n'est jamais facile. C'est que les jeunes ont des formations différentes, des idées neuves, pleins d'énergie et&#13;
d'audace. Ce qui nous manque souvent à nous qui avançons sur la piste.&#13;
Nos devanciers dans le Comité ont réalisé d'excellents projets dans leur&#13;
temps. Nous en avons mis sur pied d'excellents aussi, mais pour l'avenir,&#13;
connaissons-nous suffisamment le monde de l'information pour nous&#13;
lancer dans des projets nouveaux?&#13;
Avec tout ce qui s'est réalisé depuis une dizaine d'années, on a le&#13;
droit d'être optimiste et de se dire qu'on a fait quelque chose de bien, et&#13;
que le Comité des Fondateurs doit rester et continuer sa mission de faire&#13;
connaître la spiritualité de nos grands témoins.&#13;
&#13;
IN MEMORIAM&#13;
&#13;
Gilbert Lévesque,&#13;
ex-scripteur-recherchiste&#13;
1&#13;
SECOND REGARD, SOCIÉTÉ RADIO-CANADA&#13;
&#13;
Un homme s'est éteint subitement à Solesmes, en l'Abbaye SaintPierre : un moine, un homme de Dieu, un érudit, un chercheur, un historien chevronné, un écrivain prolifique. Pour sûr que nous le regretterons.&#13;
Nous lui devions une science des faits religieux du XVIIe siècle qu'il&#13;
possédait comme d'autres vivent avec la certitude du f~it v~cu. 11 nous.~&#13;
relaté des faits et gestes des grandes figures de notre histoire comme s 11&#13;
les avait connues personnellement. Les grandes communautés religieuses, fondatrices et co-fondatrices de ce pays, lui doivent un tribut colossal, en ce qu'il sut rendre le crédit à leur fondateur. JÉRÔME LE R~YER&#13;
DE LA DAUVERSIÈRE, percepteur de tailles (impôts) de LA FLECHE,&#13;
CATHERINE SIMON DE LONGPRÉ, cette adorable petite normande d_e&#13;
St-Sauveur-le Vicomte, qui s'est offerte pour son « p'tit paradis de Kebec ». MARGUERITE BOURGEOYS, fille d'un marchand de TROYES,&#13;
fondatrice des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame, et MARIE DE&#13;
L'INCARNATION, fondatrice des Soeurs Ursulines, de Québec, d_ur~nt&#13;
bien l'accueillir, à son arrivée au paradis. Car par ses écrits, il sut sI b~en&#13;
faire ressortir leur courage et leurs vertus, que nous devons reconn~Itr~&#13;
là l'héritage historique qu'il nous laisse. Une oeu~re considérable qui fart&#13;
de JEANNE MANCE la co-fondatrice de MONTREAL.&#13;
Travailleur intrépide, ses compétences étaient surtout recherchées et&#13;
sollicitées de toutes parts. Et pas une once de prétention dans sa personne effacée Seuls ses écrits s'imposent par leur rigueur.&#13;
C'était un super-doué, capable jusqu'à illustrer remarquablement ses&#13;
1&#13;
&#13;
N'ayant pas publié de revue en l'an 2001, ce numéro serait incomplet sïl ne citait pas le&#13;
texte de M. Lévesque dans sa présente publication&#13;
&#13;
�48&#13;
&#13;
P IERRES VIVANTES NUMÉRO DE L'AN&#13;
&#13;
2002: 60° ANNIVERSAIRE&#13;
&#13;
ouvrages. On recherchera ses encres et ses aquarelles exécutées à&#13;
main levée.&#13;
Son départ subit m'affecte considérablement. Et comme tant&#13;
d'autres, pour le retrouver, je devrai relire ses ouvrages, sa correspondance, continuer d'admirer ce qu'il fut en rendant grâce au Seigneur de&#13;
nous l'avoir prêté comme un bien précieux; il est parti libre, les mains&#13;
vides et le coeur plein de tout ce qu'il fit pour correspondre aux multiples&#13;
talents que son Seigneur et Maitre lui avait donnés.&#13;
La liturgie du jour de son décès donne à reconnaître ce qui fait la&#13;
qualité des ANCIENS : « ... ami du bien, raisonnable, juste, saint, maitre&#13;
de lui. Il doit être attaché à la parole sûre et conforme à la doctrine, pour&#13;
être capable, à la fois, d'exhorter les autres en leur donnant un enseignement solide, et de répondre aux opposants.. &gt;&gt; ( 1, 1-9) c·e~t&#13;
l'enseignement de saint Paul à Tite; mais c'est aus~I le protot~pe parfait&#13;
de Dom Guy-Marie OURY osb à qui j'offre ce témoignage am ical et fraternel, dans la fidélité du souvenir.&#13;
&#13;
49&#13;
&#13;
BIBLIOGRAPHIE D'OUVRAGES RÉCENTS&#13;
SUR LES FONDATEURS&#13;
( 2000-2001 )&#13;
&#13;
PÉPIN, Denise B., Héritage des fondateurs de l'Église au Canada, 16421995, Montréal, Éditions du Long-Sault, 2001 , 119 p.&#13;
POUDRIER, Roger, Le Bienheureux Frédéric. D'après des témoins de sa&#13;
vie et des extraits de ses lettres, Montréal, Medispaul, 2001, 118 p.&#13;
TARDIF, S. Estelle, Marguerite d'Youville. Le Cri des pauvres, Montréal,&#13;
Bellarmin, 2001, 194 p.&#13;
Jeanne Le Ber, recluse en Nouvelle-France, lampe ardente, sentinelle&#13;
dans la nuit, numéro 10 des Cahiers de l'Oratoire Saint-Joseph (Juillet 2001 ), 214 p.&#13;
&#13;
La collection L 'Expérience de Dieu mérite d'être signalée, car y prendront place bon nombre de saints et bienheureux d'ici. Elle est publiée&#13;
chez Fides sous la direction de Fernand Ouellette. Voici les volumes sur&#13;
ceux-ci parus jusqu'à ce jour.&#13;
&#13;
BRIÈRE, Émile-Marie, L'Expérience de Dieu avec Catherine de HueckDoherty, 2001 , 139 p.&#13;
FOISY, Richard, L'Expérience de Dieu avec Julien Green, 2000, 143 p.&#13;
GAG NON, Philippe, L 'Expérience de Dieu avec Pierre Teilhard de Chardin, 2000, 144 p.&#13;
GIGUÈRE, Hermann, L'Expèrience de Dieu avec François de Laval,&#13;
2000, 143 p.&#13;
LANGLOIS, Yvon, L 'Expérience de Dieu avec Catherine de SaintAugustin, 1999, 127 p.&#13;
MARCOTTE, Gilles, L'Expérience de Dieu avec Paul Claudel, 2001 ,&#13;
141 p.&#13;
OUELLETTE, Fernand, L'Expérience de Dieu avec Délia Tétreault, 2000,&#13;
141 p.&#13;
OUELLETTE, Fernand, L'Expérience de Dieu avec Dina Bélanger, 1998,&#13;
127 p.&#13;
OURY, Guy-Marie, L 'Expérience de Dieu avec Marie de l'Incarnation,&#13;
1999, 144 p.&#13;
&#13;
�LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE AU CANADA&#13;
&#13;
Exécutif&#13;
Président&#13;
Vice-prés.&#13;
Secrétaire&#13;
et trésorière&#13;
Publiciste&#13;
1er cons.&#13;
2e cons.&#13;
&#13;
Père Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
S. Gabrielle Morin, s.g.m.&#13;
&#13;
Cause du Père Frédéric&#13;
Cause de Jeanne Le Ber&#13;
Résidence Eulalie-Perrin&#13;
&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
S. Doris Lamontagne, p.f.m.&#13;
M. Pierre Robert&#13;
&#13;
Resp. du Centre F-de-Laval&#13;
Centre de recherche, OSJ&#13;
&#13;
Prof. émérite, CÉGEP Ahuntsic&#13;
&#13;
Membres&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
S. Thérèse Caron, a.m.j.&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
Mlle Marie-Thérèse Chevalier&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p.&#13;
S. Claire Ménard, s.c.o.&#13;
&#13;
Réalisateur émérite, Radio-Canada&#13;
Centre Catherine de Saint-Augustin, Qc&#13;
&#13;
M. le chan. Jacques Lemieux&#13;
S. Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Baie-Corneau&#13;
Dir. du journal Jésus Marie et Notre Temps&#13;
Centre Émilie-Gamelin, Mtl&#13;
Cause Élizabeth Bruyère, Ottawa&#13;
Centre Esther Blondin, Lachine&#13;
Historien, Diocèse de Joliette&#13;
Cause de Mgr de Laval, Qc&#13;
Cause de Délia Tétreault, Laval&#13;
&#13;
S. Gabrielle Noêl, o.s.u.&#13;
S. Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
S. Stella Plante, s.n.j.m.&#13;
S. Simone Ouellette, s.g.m.&#13;
&#13;
Centre Marie-de-l'Incarnation&#13;
Centre Jeanne Mance et musée, Mtl&#13;
Centre Marie-Rose Durocher, Longueuil&#13;
Centre Marguerite d'Youville&#13;
&#13;
Père Robert Choquette, c.s.c.&#13;
S. Viola Greene, s.c.q.&#13;
&#13;
Cause du Frère André&#13;
Centre Mère Mallet, Qc&#13;
&#13;
Père Jacques Rinfret, o.m.i.&#13;
S. Odette Saint-Pierre, s.s.a.&#13;
&#13;
Cause du Père Lelièvre&#13;
Cause Esther Blondin, Mtl&#13;
&#13;
S. Jeannine Serres, s.s.a.&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
&#13;
�Depuis sa fondation, en 1942,&#13;
le Comité s'occupait exclusivement&#13;
des SIX causes concernant&#13;
les Fondateurs&#13;
dont les noms figurent en page-couverture.&#13;
Depuis 1980, l'horizon s'est élargi et&#13;
le Comité s'intéresse&#13;
désormais à d'autres saints personnages de chez nous,&#13;
&#13;
« l'héritage spirituel des premiers ».&#13;
&#13;
Ce bulletin est publié par&#13;
Le Comité des Fondateurs de l'Église du Canada&#13;
1460, boui. Crémazie Est Montréal, Québec H2E 1A2&#13;
Tél. : (514) 374-5981&#13;
&#13;
ISSN 0226-3572&#13;
Dépôt légal Bibliothèque Nationale du Québec&#13;
Bibliothèque Nationale du Canada&#13;
Page couverture • Isabelle Bourbon&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
Liminaire&#13;
P. Gentil Turcotte, o.f.m., président .......................................................................... 1&#13;
Nos fondateurs doivent demeurer une inspiration pour l'Église d'aujourd'hui&#13;
Mgr Jean Gagnon ...................................................................................................... 2&#13;
Présentation, objectifs, fonctionnement et rayonnement du C.F.E.C.&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d......................................................................................... 5&#13;
Jalons historiques sur les soixante ans du Comité&#13;
Une recherche des. Thérèse Leduc, s.n.j.m., et Maurice da Silva ............................ 8&#13;
Pèlerinage annuel des Bienheureux au cœur du Vieux Québec, « sanctuaire historique »&#13;
S. Doris Lamontagne, p.f.m.....................................................................................14&#13;
De l'efficacité d'une semence. A propos des origines spirituelles de Montréal&#13;
Pierre Robert .......................................................................................................... 17&#13;
Les Fondateurs d'hier à aujourd'hui: Mutation identitaire, recherche de sens et actualité&#13;
des saints et saintes, bienheureux et bienheureuses de l'Église canadienne&#13;
Hermann Giguère .... ................................................................................................ 21&#13;
Jeanne Mance a misé sur le roc de sa foi en Dieu&#13;
S. Thérèse Payer, r.h.s.j .......................................................................................... 26&#13;
La Béatification de Mère Marie-Anne&#13;
S. Odette Saint-Pierre, s.s.a.................................................................................... 29&#13;
Montréal compte sa première bienheureuse « Montréalaise »&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p............................................................................................. 30&#13;
La Place de la dévotion au Sacré-Cœur dans la spiritualité de chez-nous&#13;
Lucien Pépin, o.m.i. ................................................................................................ 31&#13;
L'Avenirdu Comité des Fondateurs&#13;
À la demande du président, des réflexions de Pierre Dufresne, s. Hélène Tremblay,&#13;
s. Ghislaine Boucher, Pierre Robert, Roger Leclerc et Gentil Turcotte.................... 41&#13;
ln Memoriam, Dom Guy-Marie Oury, o.s.b&#13;
Gilbert Lévesque ............ ............................................................................. ... ...... 47&#13;
Bibliographie ... .. ............... ......... ................ ....... .. .... .. ....... .. .......... .. ......... ... .... ......... . ...... 49&#13;
&#13;
Numéro de /'An 2002&#13;
&#13;
N.B. Il n'y a pas eu de numéro en 1999 et le Numéro Spécial à l'occasion du Jubilé&#13;
de l'an 2000 a compté pour deux ans.&#13;
La numérotation de Pierres Vivantes se fait donc comme suit: 1998, 2000, 2002.&#13;
&#13;
�</text>
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                <text>Turcotte, Gentil, 1927-2010</text>
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                <text>Gagnon, Jean, 1941-2016</text>
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                <text>Tremblay, Hélène</text>
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                <text>Leduc, Thérèse, 1919-2002</text>
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                <text>Da Silva, Maurice </text>
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                <text>Lamontagne, Doris</text>
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                <text>Robert, Pierre</text>
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                <text>Giguère, Hermann</text>
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                <text>Payer, Thérèse</text>
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                <text>Saint-Pierre, Odette, 1935-2004</text>
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                <text>Frigon, Thérèse</text>
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                <text>Pépin, Lucien</text>
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                <text>Boucher, Ghislaine</text>
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                <text>Lévesque, Gilbert</text>
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                <text>Dufresne, Pierre</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15198" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>p. 1 : &lt;em&gt;Liminaire&lt;/em&gt; par Turcotte&lt;br /&gt;p. 2-4 : &lt;em&gt;Nos fondateurs doivent demeurer une inspiration pour l'Église d'aujourd'hui&lt;/em&gt; par Gagnon&lt;br /&gt;p. 5-7 :&lt;em&gt; Présentation, objectifs, fonctionnement et rayonnement du C.F.É.C.&lt;/em&gt; par Tremblay&lt;br /&gt;p. 8-13 :&lt;em&gt; Jalons historiques sur les soixante ans du Comité&lt;/em&gt; par Leduc et Da Silv&lt;br /&gt;p. 14-16 : &lt;em&gt;Pèlerinage annuel des Bienheureux au coeur du Vieux-Québec, "sanctuaire historique"?&lt;/em&gt; par Lamontagne&lt;br /&gt;p. 17-20 : &lt;em&gt;De l'efficacité d'une semence. À propos des origines spirituelles de Montréal&lt;/em&gt; par Robert&lt;br /&gt;p. 21-25 : &lt;em&gt;Les Fondateurs d'hier à aujourd'hui : Mutation identitaire, recherche de sens et actualité des saints et saintes, bienheureux et bienheureuses de l'Église canadienne&lt;/em&gt; par Giguère&lt;br /&gt;p. 26-28 : &lt;em&gt;Jeanne Mance a misé sur le roc de sa foi en Dieu&lt;/em&gt; par Payer&lt;br /&gt;p. 29 : &lt;em&gt;La béatification de mère Marie-Anne&lt;/em&gt; par Saint-Pierre&lt;br /&gt;p. 30 : &lt;em&gt;Montréal compte sa première bienheureuse "montréalaise"&lt;/em&gt; par Frigon&lt;br /&gt;p. 31-40 : &lt;em&gt;La place de la dévotion au Sacré-Coeur dans la spiritualité de chez-nous&lt;/em&gt; par Pépin&lt;br /&gt;p. 41-46 : &lt;em&gt;L'avenir du Comité des Fondateurs&lt;/em&gt; par Dufesne, Tremblay, Boucher, Robert, Leclerc et Turcotte&lt;br /&gt;p. 47-48 :&lt;em&gt; In Memoriam, Dom Guy-Marie Oury, o.s.b.&lt;/em&gt; par Lévesque &lt;br /&gt;p. 49 : Bibliographie</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt; collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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                    <text>ljl~!i!I,~&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
• VOIJS-MfMES&#13;
COMME&#13;
PIERRf SVIVANTES&#13;
&#13;
P~f TEZ-VOUS&#13;
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CONSTRUCTION&#13;
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&#13;
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&#13;
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&#13;
1606-1673&#13;
&#13;
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&#13;
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&#13;
U"u~ yth-&lt;.U.i//.,_ 1701-1111&#13;
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&#13;
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&#13;
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&#13;
~KL,~tf&gt;l-9(,I&#13;
&#13;
1s99 - 1612&#13;
&#13;
/'J-tA_c:;:f"'li,,,_&#13;
&#13;
!632-1668&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
COMITÉ DES FONDATEURS DE L' ÉGLISE AU CANADA&#13;
11&#13;
&#13;
�LIMINAIRE&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
LIMINAIRE&#13;
'Voir Je jour se lever est plus utile&#13;
que d'entendre la Symphonie Pastorale"&#13;
&#13;
Parmi les bonnes revues de spiritualité qui nous sont accessibles ici, au Québec,&#13;
notre modeste "Pierres Vivantes", au service d'une spiritualité d'aujourd'hui, inspirée&#13;
des Fondateurs de l'Église au Canada, occupe une place privilégiée. Que je sache,&#13;
elle est, en effet, sans équivalent. Nous en prenons conscience en essayant d'en&#13;
relever les défis, et courageusement en essayant de la renouveler.&#13;
&#13;
Depuis sa fondation, en 1942,&#13;
le Comité s'occupait exclusivement&#13;
des SIX causes concernant&#13;
les Fondateurs&#13;
dont les noms figurent en page-couverture.&#13;
&#13;
La vie spirituelle chez l'homme est première. Elle l'unifie, le pacifie, le met en contact avec un Être aimant qui habite, selon les termes de la liturgie, son présent et déjà&#13;
son avenir, ses jours et ses nuits.&#13;
Vous avez peut-être attribué l'exergue de ce liminaire à un amoureux de la nature&#13;
ou un écologiste convaincu mais sans bon goût musical. Détrompez-vous, il est d'un&#13;
important musicien du début du 20° siècle! Que voulait-il alors souligner? Sans doute,&#13;
que les oeuvres du Créateur transcendent les plus belles réalisations de l'homme; que&#13;
les émotions et les expériences puisées à même la nature et la vie sont plus complètes et enrichissantes que les seules jouissances esthétiques. J'en fais mon profit&#13;
dans la présentation du numéro de cette revue, en rappelant que si la spiritualité est&#13;
première, c'est qu'elle est vie globale, sagesse du coeur, selon la conception biblique.&#13;
&#13;
Depuis 1980, l'horizon s' est élargi et&#13;
le Comité s'intéresse&#13;
désormais à d' autres saints personnages de chez nous,&#13;
considérés à bon droit comme&#13;
ccl'hérltage spirituel des premiers».&#13;
&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
&#13;
1811-1849&#13;
&#13;
Émilie Gamelin&#13;
&#13;
1800-1851&#13;
&#13;
Esther Blondin&#13;
&#13;
1809-1890&#13;
&#13;
Catherine-Aurélie Caouette&#13;
&#13;
1833-1905&#13;
&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
1838-1916&#13;
&#13;
Délia Tétreault&#13;
&#13;
1865-1941&#13;
&#13;
La livraison d'aujourd'hui se présente comme une galerie de portraits ou mieux&#13;
d'esquisses spirituelles. En tout, sept tableaux ou figures importantes de notre histoire&#13;
comme peuple.&#13;
Merci à chaque collaborateur d'avoir su dégager de leur personnage des traits&#13;
spirituels profonds et actuels. Je vous exhorte en particulier à lire les articles de&#13;
Françoise Gariépy et Monique Préfontaine. Deux regards intérieurs très riches! Deux&#13;
levers de soleil resplendissant!. .. 'Voir le jour se lever...".&#13;
Mon épouse et moi accompagnons depuis plusieurs mois ma mère, âgées de 91&#13;
ans, vers la mort, à travers tes voies incompréhensibles et pénibles de la souffrance.&#13;
En la quittant l'autre soir, à l'hôpital, après une crise d'angine récente, et une journée&#13;
de confusion, épuisée, elle nous dit : "Laissez-moi maintenant dormir jusqu'au Ciel!".&#13;
Sans le savoir, elle révélait la qualité de sa vie intérieure et se rapprochait, dans&#13;
un acte d'abandon et d'espérance, d'un autre grand priant qui avait vu dans le petit&#13;
enfant Jésus "la lumière des nations" et qui avait dit : "Maintenant, ô Maître, tu peux&#13;
laisser ton serviteur s'en aller en paix:· (Luc 2,29)&#13;
Nos maîtres spirituels sont essentiels!&#13;
&#13;
N.B. Il s'agi t évidemment des causes dont un représentant siège sur&#13;
notre Comité.&#13;
&#13;
Vous comprenez pourquoi j'aime maman, j'aime Syméon et les Fondateurs de&#13;
l'Église au Canada, et j'aime Debussy!&#13;
&#13;
Roger Leclerc&#13;
&#13;
- .l&#13;
&#13;
�2&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
MARIE-CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN&#13;
&#13;
Hommage à notre Saint-Père,&#13;
&#13;
le Pape Jean-Paul II&#13;
CHEF SPIRITUEL DES CHRÉTIENS&#13;
qui célèbre le l" novembre 1996&#13;
le cinquantième anniversaire&#13;
de son ordination sacerdotale.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
UNE JEUNE AUGUSTINE DÉSIREUSE DE BIEN&#13;
CONNAÎTRE&#13;
MARIE-CATHERINE DE SAINT-AU GUSTIN&#13;
Au temps de mes études chez les&#13;
Mères Ursulines, j'ai entendu parler, vous&#13;
vous en doutez bien, de Marie de&#13;
l'Incarnation, et nos Maîtresses de divisions nous entretenaient souvent de notre&#13;
vocation. Pour obtenir le brevet. il fallait&#13;
enseigner un certain nombre d'heures&#13;
aux élèves de l'externat. Après expérience, j'ai conclu que jamais je&#13;
deviendrais une enseignante; pas même&#13;
chez les Ursulines que, pourtant, j'appréciais beaucoup : c'était déjà une lumière&#13;
par la négative!&#13;
Je continuai à prier, à regarder. Un&#13;
soir, je viens à Québec avec un groupe&#13;
d'amis. Au retour, nous passons devant&#13;
!'Hôtel-Dieu et là, ma pensée s'est portée&#13;
aux malades hospitalisés, souffrants,&#13;
angoissés sans doute, loin de leur famille,&#13;
. et aussi aux religieuses qui demeuraient&#13;
toute la nuit à leur chevet pour les surveiller, les soulager, les assister : ça été&#13;
le coup de la grâce! Peu après, j'ai fait une retraite où j'ai décidé d'entrer chez&#13;
les Augustines de la Miséricorde de Jésus.&#13;
&#13;
Existe-il plus grande marque de gloire pour L'Amérique que de pouvoir présenter à tous, Les témoins de sainteté qui, au cours d e&#13;
l 'histoire de ces cinq siècles, ont fait vivre au Nouveau Monde le&#13;
message de Jésus-Christ? C'est là que se trouve cette admirable&#13;
pléiade de saints et de bienheureux qui. ornent la quasi-totalité de&#13;
la géographie américaine, dont les vies représentent les plus&#13;
beauxfleurons de l'évangélisation et sont un modèle et une source&#13;
d ' inspiration pour les nouveaux évangélisateurs.&#13;
Jean-Paul II, homélie,&#13;
Saint Domingue, 11 octobre 1992&#13;
&#13;
Pendant mon année de Noviciat, on fit la lecture de la Vie de&#13;
Marie Catherine de Saint-Augustin par Léonidas Hudon S.J. L'auteur citait souvent des extraits de Paul Ragueneau, S.J. La curiosité m'amena à désirer lire&#13;
Ragueneau. Ma Maîtresse de Novices en fut fort surprise et me présenta&#13;
même quelques objections, mais devant mon insistance, elle acquiesça à ma&#13;
demande. Comme on peut le deviner, j'ai trouvé cela difficile à lire. Je l'avoue,&#13;
je n'ai pas compris grand-chose, sauf les hésitations de ma Mère Maîtresse!&#13;
Quoi faire? Je recommençai à lire, laissant de côté les visions, les tentations,&#13;
pour m'arrêter davantage, cette fois-ci, à son désir de faire la volonté de Dieu,&#13;
à son amou r envers Marie, à sa charité, à sa fidélité.&#13;
Nous avions un Aumônier qui nous répétait souvent : «Soyez contente du&#13;
bon Dieu». Voici, me dis-je, une belle réponse à la question de&#13;
Catherine : «Que faut-il faire pour plaire à Dieu»? Être contente de tout ce qui&#13;
m'arrive de beau et de moins beau , n'est-ce pas lui faire plaisir? Je trouvais&#13;
cette réponse plus stimulante que celle du Père Malherbe : «C'est une chose&#13;
qui plaît à Dieu que d'endurer et prier pour son prochain». Endurer, mot sévère&#13;
pour une enfant de trois ans. N'empêche que cette réponse réveilla chez&#13;
&#13;
�4&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
MARIE-CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
de Bayeux puisque, affirme-t-elle, «la Volonté de Dieu demandait cela de moi».&#13;
Ainsi, elle répond à un premier appel.&#13;
&#13;
Catherine le désir de souffrir pour les autres. Ce n'était pas un désir éphémère,&#13;
au contraire, comme l'écrit Dom Oury : «L'unique souci de l'enfant va donc être&#13;
désormais l'accomplissement de la volonté de Dieu, principalement par la voie&#13;
du renoncement».&#13;
&#13;
Dès le début du noviciat, le Père Barthélémy Vimont,S.J. se présente au&#13;
monastère, demandant du renfort pour la mission du Canada. En l'entendant,&#13;
S.Catherine se sentit battre le coeur. N'avait-elle pas déjà confié à sa Mère&#13;
Maîtresse: «Vous ne m'ôterez point l'habit et je ne sortirai point d'ici sinon pour&#13;
aller en Canada». Attirée par ce second appel, elle s'offre comme missionnaire, convaincue de faire en cela la volonté de Dieu. Elle n'avait que quinze&#13;
ans. Toute sa famille s'objecte, jugeant. la résolution insensée. Son père en&#13;
tombe malade, mais la lecture du martyre du Père Isaac Jogues lui apporte la&#13;
guérison et la grâce de partager la générosité de sa fille bien-aimée.&#13;
&#13;
L'entretien avec le Père Malherbe fut le point de départ d'une montée spirituelle. Une lumière s'est faite dans le coeur de Catherine, lumière capable de&#13;
donner un sens à toute sa vie. Elle a compris que la souffrance, volontairement&#13;
assumée par désir de conformité à la volonté de Dieu, est rédemptrice; elle a&#13;
une valeur salvifique pour toute l'Église. Et c'est à trois ans que Catherine&#13;
recevra cette grâce exceptionnelle.&#13;
Pour mieux réussir dans son dessein de souffrir pour les autres, elle se&#13;
confie à la Sainte Vierge, lui demandant de lui envoyer bien des maladies. Sa&#13;
dévotion à Marie est de tous les instants. On se rappelle la conversation qu'elle&#13;
entretenait avec une statue de Marie qu'elle appelait «ma sainte Vierge». À lire&#13;
entre les lignes, on a l'impression que, même si la grand-mère est très bonne&#13;
pour elle, sa maman lui manque beaucoup et qu'elle reporte toute son affection à la Vierge Marie. C'est sans doute la première grande souffrance qu'elle&#13;
eut à offrir au Seigneur. De son côté, la sainte Vierge ne lui ménage pas ses&#13;
marques de prédilection. N'est-ce pas à l'occasion des fêtes de l'lmmaculée&#13;
Conception et de !'Assomption que, quelques années plus tard, Catherine sera&#13;
comblée de grâces mystiques? Dans ses joies comme dans ses épreuves, la&#13;
protection de Marie ne lui manque jamais, «comme elle le lui avait promis au&#13;
jour de sa Confirmation» .&#13;
&#13;
S.Catherine relate. ensuite dans son journal sa rencontre avec M. de&#13;
Bemays, supérieur ecclésiastique. «Il me mit en garde que je trouverais peutêtre bien du changement dans le nouveau pays, que les personnes seraient&#13;
différentes et, ajoute-t-il, si Dieu, plein de bonté à votre égard aujourd'hui, se&#13;
met contre vous, et s'il permet aux démons de vous tourmenter, que direzvous? Pensez-y, rien ne vous oblige à partir». Il me semble que je conçus&#13;
assez bien ce qu'il me disait, mais Dieu m'attirait si fortement que je ne pouvais résister à son appel sans une grande infidélité, et je lui répondis : «Mon&#13;
Père, vous savez la peine de mon coeur quand je pense à faire ce voyage;&#13;
cependant je sens que Dieu veut cela de moi, et quand tout ce que vous me&#13;
dites arriverait, si Dieu le permet, j'espère que sa bonté me soutiendra, et dès&#13;
à présent, je m'y soumets».&#13;
&#13;
Au coeur de cette dévotion filiale envers Marie, il y a un aspect que je veux&#13;
relever : c'est le silence. L'Évangile nous rapporte peu de paroles de Marie : elle&#13;
gardait tout dans son coeur. Ce n'est qu'après la mort de Jésus que Marie&#13;
raconte les événements se rapportant à la vie de Jésus, de sa naissance à sa&#13;
mort. S.Catherine, elle aussi, a gardé le silence. Durant toute sa vie, elle n'a&#13;
rien dit de tout ce qu'elle vivait intérieurement, pas même à sa supérieure. Ses&#13;
compagnes croyaient que, pour Catherine, la vertu était bien facile puisqu'elle&#13;
était toujours douce et sereine. Ses directeurs et Mgr de Laval seulement&#13;
étaient au courant de ses joies spirituelles comme de s~s luttes ouvertes avec&#13;
le diable. Comme Marie a tout souffert en silence pour l'Eglise que Jésus venait&#13;
établir sur la terre, ainsi S.Catherine a tout souffert en silence pour l'établissement de l'Église en NouvelleFrance.&#13;
&#13;
Peu de jours après, S.Catherine dit adieu à son pays natal et prend la route&#13;
de sa nouvelle patrie, sans espoir de retour puisque, devant Dieu, dans le&#13;
secret de sa cellule, elle avait fait le voeu de vivre et de mourir en Canada.&#13;
S.Catherine est certaine que Jésus l'appelle au Canada, pressentant&#13;
quelque chose de particulier en ce pays, mais quoi? Sur le bateau, elle va l'apprendre. Au cours de la traversée, elle a sa première expérience satanique.&#13;
Atteinte de la peste, elle se prépare à mourir quand survint à ses côtés un&#13;
dragon, griffes levées comme pour la saisir sitôt qu'elle serait jugée. Elle voit&#13;
tous les péchés qu'elle a pu commettre durant sa courte vie. La réaction de&#13;
Catherine est celle de l'acceptation inconditionnelle de la volonté de Dieu, d'abandon à son bon plaisir. «Mon Jésus, dit-elle, même en enfer, j'y ferai votre&#13;
sainte volonté».&#13;
&#13;
Un jour, elle dira : «J'ai découvert ma vocation sous le visage concret d'un&#13;
pauvre, malade et démuni, qu'on m'a donné en exemple au temps de mon&#13;
enfance : c'est là que j'ai compris, malgré mon jeune âge, la valeur de la souffrance». C'est ainsi que Dom Oury nous dévoile l'éveil de la vocation religieuse&#13;
chez Catherine. La maison des grands-parents est comme un Hôtel-Dieu et la&#13;
charité de la grand-mère Jourdan est sans bornes envers tous les malheureux.&#13;
La jeune Catherine ne peut trouver meilleure préparation à sa vie d'hospitalière. Aussi, le 7 octobre 1644, à douze ans et demi, elle entre au monastère&#13;
&#13;
La Vierge lui apparaît et lui demande : «Que veux-tu» ?&#13;
«Ce que je veux, vous le savez, sainte Vierge, que la volonté de votre Fils&#13;
et la vôtre soient faites en moi».&#13;
«Vous resterez encore au monde, lui dit Marie, mais avec l'incertitude du&#13;
salut, pensez-y».&#13;
«Hélas! chère Mère, je n'ai rien à choisir que ce que vous aimerez le mieux».&#13;
&#13;
l,&#13;
&#13;
�6 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
Incertitude du salut : cela veut dire que la vie de S.Catherine sera désormais une lutte continuelle contre la tentation de désespoir. Elle s'abandonne.&#13;
Et la Vierge la guérit, laissant son âme comblée de douceur. Cette première&#13;
expérience mystique est comme une sorte de vision inaugurale sur ce que&#13;
sera sa vie missionnaire au Canada. Son acceptation ne rejoint-elle pas celle&#13;
de Jésus au Jardin des Oliviers?&#13;
Après trois mois de dure traversée, le navire atteint Québec, chargé de&#13;
malades qui envahissent !'Hôtel-Dieu. Dès son arrivée, seize ans, S.Catherine&#13;
va déployer ses qualités d'hospitalière. Autant par son regard et ses paroles&#13;
que par son habileté à les servir, elle apporte aux malades secours et consolation. Elle s'empresse d'apprendre la langue huronne, pour parler de Dieu et&#13;
de sa sainte Mère aux pauvres Indiens.&#13;
Mais comme dans toute famille, les Communautés ont leurs preuves. La&#13;
compagne de voyage de S.Catherine, Mère de l'Assomption, ne pouvant&#13;
s'adapter, doit retourner en France. C'est une grosse peine pour Catherine&#13;
parce qu'elle lui demeure toujours reconnaissante pour l'avoir assistée comme&#13;
une mère durant la traversée, principalement au cours de sa maladie. Mais&#13;
voyant la souffrance de cette chère mère, le trouble de sa conscience, c'est&#13;
elle, S.Catherine, qui va l'exhorter à ne pas se culpabiliser devant ce qui semble se terminer par un échec. Partageant son épreuve, elle l'encourage à entrer&#13;
docilement dans ce qui paraît être, pour elle, le plan de Dieu.&#13;
Sans le laisser voir, ce départ bouleverse Catherine. En outre, sa santé est&#13;
languissante. Elle s'accroche pour rester au Canada et tenir en dépit de l'ennui&#13;
et des souffrances qu'elle expérimente. Aux offres de retour qu'elle reçoit de&#13;
Bayeux, elle répond à la supérieure : «Ma chère tante, ne doutez pas de ma&#13;
stabilité en ce pays. Il faut être fidèle à Dieu jusqu'à la1in. Je suis attachée à la&#13;
croix du Canada par trois clous : la volonté de Dieu, le salut des âmes, ma&#13;
vocation et le voeu que j'ai fait d'y vivre et d'y mourir».&#13;
Peu de temps après, commencent les incursions des Iroquois tandis qu'arrive à Québec la nouvelle du martyre des Pères Jésuites en Huronie. Suite à&#13;
ces événements, des Hurons chrétiens viennent se réfugier dans des cabanes&#13;
dressées autour de l'hôpital. Ils sont accompagnés du Père Paul Ragueneau,&#13;
lequel deviendra le directeur spirituel de S.Catherine de Saint-Augustin. «Durant&#13;
douze ans, écrit-il, Dieu m'a fait la grâce de recevoir les communications qu'elle&#13;
me donnait elle-même sur tout ce qui se passait dans le plus secret de son âme,&#13;
dont je bénissais Dieu qui, vraiment, est admirable dans ses Saints».&#13;
De son côté, S.Catherine peut dire : «Le Révérend Père me connaît mieux&#13;
que moi-même, j'ai une totale confiance en lui. C'est l'unique consolation que j'ai&#13;
en ce· pays. Quand je lui ai dit toutes mes misères, je demeure en repos quoi&#13;
qu'il puisse m'arriver». S.Catherine a eu cette grâce d'être comprise par ses&#13;
confesseurs, ses directeurs de conscience et même Mgr de Laval. Ils ont toujours pris le temps de l'écouter, ils ont cru à sa sincérité, ils ne l'ont jamais troublée par un doute, une parole désobligeante.&#13;
&#13;
MARIE-CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
S.Catherine montrant d'excellentes qualités d'administration, on lui confie&#13;
la charge d'économe des Pauvres. C'est bien dit: économe des Pauvres. C'est&#13;
sous son mandat que commencent les constructions de l'église, du choeur,&#13;
d'un bâtiment pour la Communauté et pour les malades. Comptant sur les&#13;
secours de la France, on bénit la première pierre. Trois navires arriveront bientôt, chargés de promesses et de provisions. Mais un des vaisseaux prit dans les&#13;
glaces tandis que les deux autres sont pris par les Anglais et les Hollandais.&#13;
S.Catherine accepte l'épreuve comme l'expression de la volonté de Dieu et confie son économat à saint Joseph. Les constru~tions s'élèveront avec le temps,&#13;
les privations, les aumônes des pauvres du pays ... et les dots des religieuses.&#13;
Les premiers appels de Dieu ont suscité en S.Catherine une réponse&#13;
généreuse, prémices d'un oui toujours plus lucide à tous les vouloirs divins.&#13;
Ainsi, le Christ Sauveur a pu l'identifier progressivement, tout au long de sa vie,&#13;
à son mystère de souffrance et d'amour. Au cours d'une retraite, S.Catherine&#13;
entend un troisième appel. En réponse, elle s'offre comme victime volontaire&#13;
pour le salut des âmes. Elle semble avoir compris de façon exceptionnelle, et&#13;
la malice du péché et la sainteté de Dieu. «Le mot victime, écrit Dom Oury, est&#13;
bien celui qui exprime le mieux cette fonction d'intercession en communion&#13;
avec la Passion du Christ Jésus.»&#13;
Quand, vers la fin de sa vie, S.Catherine veut faire un rapprochement entre&#13;
l'anniversaire de sa naissance, le 3 mai, et ·1a fête de l'invention de la Sainte Croix,&#13;
elle ne trouve rien de mieux que de remonter à son enfance où s'est produit ce&#13;
premier fait spirituel de sa vie consciente où elle connut un désir très grand de&#13;
faire la volonté de Dieu et de souffrir pour les autres. «Ce désir que Dieu me&#13;
donne dans sa bonté est si grand encore aujourd'hui qu'il me semble que j'en suis&#13;
toute pénétrée. Ce n'est pas que les croix et les souffrances ne me soient pas sensibles présentement, mais nonobstant la peine que la nature y ressent, je les&#13;
goûte avec une certaine joie qui a quelque chose de l'avidité. Il me semble qu'il&#13;
n'est pas juste qu'étant née le jour de la Sainte-Croix, je vive et meure autrement&#13;
que crucifiée». Voilà la charité de son coeur qui n'a jamais dit: c'est assez.&#13;
&#13;
À travers ses souffrances, le Seigneur lui fait goûter des joies toutes spirituelles, des expériences mystiques qui coïncident avec des fêtes liturgiques : Noël, la Vierge lui remet l'Enfant-Jésus entre les bras; !'Ascension,&#13;
S. Catherine voit le Christ Roi monter au ciel accompagné de tout son cortège&#13;
céleste. Sa vie de contemplation est en continuité avec la vie de toute l'Église.&#13;
C'est au Canada que, à l'âge de vingt-sept ans, S. Catherine sera confirmée&#13;
par Mgr de Laval. À cette occasion, elle eut cette vision : la Sainte Vierge et&#13;
saint Joseph la présentent à Notre-Seigneur pour recevoir une onction sacrée&#13;
de sa main, ce qu'il accepta avec beaucoup de bonté. Avec un baume d'une&#13;
odeur excellente, il oignit le front de S.Catherine en disant : «La grâce de&#13;
Jésus-Christ aura son effet en toi». Par cette onction, elle reçut la force de suivre les exemples de Jésus. «Il m'est resté, dit-elle, un solide désir d'être toute&#13;
à Notre-Seigneur et de suivre avec fidélité ce chemin royal de la sainte croix».&#13;
&#13;
�8&#13;
&#13;
UNE MERVEILLEUSE HARMONIE 9&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
Jusque là, soutenue et encouragée par le R. Père Ragueneau voilà que&#13;
celui-ci doit s'embarquer définitivement pour la France, le 12 août 1662, laissant $.Catherine assez désemparée! Mais le Seigneur lui donne comme&#13;
directeur céleste le Père de Brébeuf afin de la guider dans ce chemin si difficile où la Divine Providence la voulait conduire en haute sainteté. L'assistance&#13;
du Père de Brébeuf fut donnée à S. Catherine pour vaincre les assauts de l'enfer. À mesure que les tourments augmentaient, les communications célestes&#13;
devenaient de plus en plus fréquentes. Au plus fort de ses tourments, Brébeuf&#13;
la rassurait, la faisait prier, lui suggérant mot à mot ce qu'elle devait dire durant&#13;
la messe et l'oraison. Elle explique : &lt;1Lui-même disait à Dieu pour moi ce que&#13;
pour lors il ne m'était pas possible de proférer, et je disais, aux pauses qu'il faisait : Je le veux et l'agrée de tout mon coeur. Pourtant, aucun sentiment d'agrément n'accompagnait ces paroles; au contraire, c'est par violence et par force&#13;
que le Père me les faisait répéter.&#13;
C'est au Père de Brébeuf que $.Catherine confiera ses malades lorsqu'elle&#13;
sera nommée première hospitalière : «Je m'adressai au Père de Brébeuf, lui&#13;
demandant de prendre pour moi le soin de cet office et d'aider si efficacement&#13;
tous ceux qui mourraient dans notre hôpital pendant que j'en aurais le soin&#13;
qu'aucun ne mourût hors de la grâce de Dieu». Plusieurs fois, elle avertit le&#13;
Confesseur que certaines confessions n'étaient pas complétées, par une vue&#13;
que lui en donnait le Père de Brébeuf. Quelques pénitents ont dû recommencer&#13;
leurs aveux jusqu'à trois fois à la satisfaction du Confesseur. Conduite par le&#13;
Père de Brébeuf, elle assiste à la consécration de l'Église de Québec par&#13;
Mgr de Laval, le 11 juillet 1666. Il me semblait qu'à chaque action de la cérémonie, le Père me faisait approcher pour y recevoir la même part que l'Église.&#13;
li me faisait ressouvenir de la signification de ces cérémonies et me dit ces&#13;
paroles : «Dispose-toi à une action si sainte par une très profonde humilité, un&#13;
grand respect et un abandon total de toi pour le temps et pour l'éternité&gt;,.&#13;
Au jour de sa première communion, Catherine eut la conviction que Dieu&#13;
la voulait sainte. Elle avoue que cela lui sera difficile. Mais sa fidélité la rendit&#13;
victorieuse de toutes les difficultés, si bien qu'au dernier moment de sa vie, elle&#13;
peut dire encore : «Ô Jésus, j'adore votre divine volonté, je m'y abandonne de&#13;
tout coeur» .&#13;
&#13;
Françoise Gariépy, a.m.j.&#13;
Sources principales&#13;
- La vie de Mère Catherine de Saint-Augustin, Paul Ragueneau S.J.&#13;
- L'ltinèraire mystique de Catherine de Saint-Augstin. Dom Guy Marie Oury o.s.b.&#13;
&#13;
Cette adorable majesté me dit ces paroles :&#13;
"C'est le Canada que je t'ai fait voir; il faut que tu y ailles faire&#13;
une maison à Jésus et à Marle''.&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
&#13;
UNE MERVEILLEUSE HARMONIE&#13;
Que faut-il admirer le plus chez Marie&#13;
de l'Incarnation? En quoi peut-elle devenir&#13;
un modèle pour tous?&#13;
Serait-ce son extraordinaire activité&#13;
missionnaire ou sa prière enflammée? Ses&#13;
multiples courses au service du prochain ou&#13;
ses remarquables entretiens avec l'lnvisible? Sa capacité à répondre à toute&#13;
détresse ou ses longues heures de contemplation? Sa spiritualité apostolique ou sa&#13;
spiritualité mystique? Sqn exigente fidélité&#13;
de présence aux autres par l'action ou sa&#13;
présence privilégiée à Dieu par la prière?&#13;
Marie de l'Incarnation répond ellemême à notre interrogation, quand elle&#13;
écrit : ''Je ne me trouve jamais mieux en&#13;
Dieu que lorsque je quitte mon repos pour&#13;
son amour afin de parler à quelque bon&#13;
sauvage et de lui apprendre à faire quelque acte de chrétien", et encore: "Quand&#13;
Dieu appelle une âme, Il lui donne son double esprit pour vaquer au dedans et&#13;
au dehors, en Lui et pour Lui.''&#13;
Chez cette mystique missionnaire, on ne peut choisir l'une ou l'autre réalité&#13;
parce qu'en elle, se retrouve une merveilleuse harmonie.&#13;
Deux événements dans sa vie déterminent cette double vocation. Dans un&#13;
rêve, lorsque Marie a sept ans, le Seigneur lui fait cette demande : "Veux-tu être&#13;
à moi?" La réponse est spontanée, définitive : "Oui!" Ces paroles de fiançailles&#13;
la conduiront plus tard, au mariage spirituel : "Mon Bien-Aimé est à moi et je suis&#13;
toute à Lui." L'autre événement se présente sous forme de vision également. À&#13;
l'âge de 35 ans, !'Ursuline entrevoit un grand pays couvert de forêts, de montagnes, enveloppé d'un épais brouillard. Puis ces paroles percent son&#13;
coeur : "C'est le Canada! Je veux que tu ailles y faire une maison à Jésus et à&#13;
Marie." Cette maison, c'est l'Église du Canada, qu'elle est invitée à construire, "à&#13;
ses dépens" et dont elle devient la Mère.&#13;
Marie de l'Incarnation est donc, à la fois, une contemplative au coeur de feu&#13;
et une missionnaire infatigable. Son action est prière et sa prière, apostolat. Voilà&#13;
sa grâce! Sa caractéristique éclate dans une extraordinaire capacité de concilier les tâches matérielles les plus astreignantes et un entretien continuel avec&#13;
Celui qu'elle appelle son "Grand Dieu". Voilà pourquoi Marie de l'Incarnation est&#13;
digne de notre admiration et en quoi elle peut servir à tous de modèle.&#13;
&#13;
Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
�10&#13;
10&#13;
&#13;
PIERRES&#13;
VIVANTES NUMÉRO&#13;
NUMÉRO ANNUEL&#13;
ANNUEL 1996&#13;
19 96&#13;
PIERRE&#13;
S VIVANTES&#13;
&#13;
L'HÊROISME&#13;
11&#13;
l ' h é r o ïs m e CHRÉTIEN&#13;
c h r é t ie n DE&#13;
d e JEANNE&#13;
j e a n n e MANCE&#13;
mance&#13;
11&#13;
&#13;
&lt;tLAISSE&#13;
!))&#13;
«LAISSE TOUT,&#13;
TOUT. VIENS ET SUIS-MOI&#13;
SUIS-MOI!»&#13;
&#13;
L’ HÉROÏSME CHRÉTIEN&#13;
C H R É T IE N DE JEANNE&#13;
J E A N N E MANCE&#13;
MANCE&#13;
L'HÉROÏSME&#13;
&#13;
l’Église de Saint-Jérôme&#13;
Saint-Jérôm e&#13;
Devenir prêtre pour l'Église&#13;
&#13;
Le XVIIe siècle français a produit de&#13;
nombreux modèles de vie chrétienne&#13;
dans la condition séculière_&#13;
séculière. M. de Renty et&#13;
M. de la Dauversière en sont d'admirables&#13;
d’admirables&#13;
exemples. Les femmes ont aussi leur&#13;
place, fort impressionnante quand on&#13;
mesure la stature spirituelle de personnapersonna­&#13;
lités comme Marie Rousseau, Marie des&#13;
Vallées, Claudine Moine ("la&#13;
(“la couturière&#13;
mystique"),&#13;
mystique”), Armelle Nicolas.&#13;
Nicolas, liil en est&#13;
d'autres,&#13;
d’autres, elles sont légion!&#13;
&#13;
Peut-on faire une&#13;
une trouée dans l'histoÎre&#13;
l'histoire pour y insérer un&#13;
un texte,&#13;
rempli de promesse ?&#13;
M.&#13;
M. Donald Tremblay,&#13;
Tremblay, qui sera ordonné prêtre le 25 avril prochain&#13;
et qui est "redevenu"&#13;
“redevenu" membre du Comité,&#13;
Comité,&#13;
nous permet de reproduire ce message, paru dans&#13;
dans la revue&#13;
L'AVENTURE&#13;
L’AVENTURE D'UNE VIE ... AVEC LE CHRIST&#13;
CHRIST&#13;
&#13;
Comme plusieurs jeunes de ma génération,&#13;
moi aussi je suis un marginal. Pourtant, je&#13;
ne suis ni itinérant, ni décrocheur, ni skin,&#13;
ni yo ... je me prépare à devenir prêtre&#13;
après avoir voulu d'abord&#13;
d’abord être avocat.&#13;
«Quel gaspillage!» m'ont&#13;
m’ont dit quelques perper­&#13;
sonnes. Je peux donc être perçu comme&#13;
un marginal dans notre société occidentale&#13;
qui prône la recherche du bonheur dans la&#13;
réussite matérielle,&#13;
matérielle, l'accumulation&#13;
l’accumulation de&#13;
biens, le prestige, l'égocentrisme.&#13;
l’égocentrisme. Alors,&#13;
consacrer sa vie à Dieu pour le service de&#13;
ses frères et soeurs, quelle absurdité pour&#13;
le monde!&#13;
monde !&#13;
&#13;
Jeanne Mance est l'une&#13;
l’une de ces&#13;
représentantes de la sainteté laïque mais,&#13;
mais,&#13;
chez elle, sur celle-ci s'est&#13;
s’est greffée en outre&#13;
une vocation missionnaire assez excepexcep­&#13;
tionnelle. Au Canada, Madame de la Peltrie&#13;
et Madame d'Ailleboust&#13;
d’Ailleboust ont partagé cette&#13;
vocation missionnaire, mais elles n'ont&#13;
n’ont pas&#13;
laissé une réputation de sainteté aussi&#13;
grande et aussi permanente.&#13;
Parmi les lettres du Baron de Renty, s'en&#13;
s’en trouve une en date du 26 juin&#13;
1642, adressée à une amie intime de Jeanne Mance, Mademoiselle de la&#13;
Chevalerie,future Madame Séguin, alors fille d'honneur&#13;
d’honneur de la Reine Anne&#13;
d'Autriche.&#13;
d’Autriche. Elle hésitait à ce moment sur sa vocation : couvent, mariage ou&#13;
autre chose. Cette ''autre&#13;
“autre chose"&#13;
chose” était la vocation laïque au milieu du monde,&#13;
mais aussi&#13;
aussi,, sans que l'on&#13;
l’on puisse se faire une idée tout à fait certaine à ce sujet,&#13;
sujet,&#13;
une vocation du type de Jeanne Mance. Renty lui écrit:&#13;
&#13;
(j’avais alors 21&#13;
21&#13;
À une époque de ma vie, U'avais&#13;
ans), j'ai&#13;
j ’ai vraiment ressenti un premier&#13;
·devenir prêtre. Je dois&#13;
appel du Christ à&#13;
à-devenir&#13;
admettre que j’ai&#13;
j'ai été confus et même épeuré devant ce que mon âme a&#13;
ressenti. Pourquoi moi? Je ne me voyais pas assez&#13;
assez bon pour devenir prêtre et&#13;
j'ai&#13;
j’ai fait la sourde oreille. Mais le Bon Pasteur, qui connaît et protège ses brebis&#13;
(Jn 10:14), n'a&#13;
n’a pas abandonné son projet pour moi. Quatre ans plus tard, alors&#13;
que j'étudiais&#13;
j’étudiais en Faculté de Droit, jj'ai&#13;
’ai pris la décision de réorienter ma vie.&#13;
Après avoir beaucoup prié, j'ai&#13;
enfin&#13;
pu dire oui au Seigneur. J'ai&#13;
j’ai&#13;
J’ai compris qu'il&#13;
qu’il&#13;
m'avait&#13;
m’avait fait un cadeau en m'appelant,&#13;
m’appelant, en me choisissant,&#13;
choisissant, et que seule une&#13;
réponse affrimative à son appel pouvait me rendre heureux.&#13;
&#13;
"Il&#13;
‘‘Il est certain que cet état et cette grâce est bien extraordinaire, et&#13;
je ne m 'étonne&#13;
’étonne non plus que je ne me fâche que vous soyez bien&#13;
Je vous dirai que ces vocations extraordinaires, comme&#13;
éprouvée ...&#13;
...Je&#13;
je crois la vôtre jusqu'ici,&#13;
jusqu’ici, sont très difficiles à connaUre&#13;
connaître ... Cette&#13;
filles&#13;
Église naissante et relative à la primitive nous peut donner des fi/les&#13;
de sainte Madeleine et de sainte Marthe, qui, mêlant ces deux&#13;
deux vies,&#13;
imiteront celle de Jésus-Christ qui est le modèle et la vie de tous les&#13;
chrétiens,&#13;
chrétiens, et c'est&#13;
c ’est là&#13;
ià la meilleure part, mais qui ne se choisit pas, la&#13;
miséricorde la départant à qui il lui plaît&#13;
..."&#13;
plaît..."&#13;
&#13;
Voilà dèjà&#13;
déjà six ans que je fais route avec le Seigneur en préparatfon&#13;
préparation du jour où&#13;
je serai prêtre. Je suis très heureux du tournant qu'a&#13;
pris&#13;
ma vie. Ayant désorqu’a&#13;
désor­&#13;
mais terminé mes études théologiques,&#13;
je&#13;
suis&#13;
présentement&#13;
stagiaire en&#13;
théologiques,&#13;
paroisse. Il est vrai qu'au&#13;
qu’au long du parcours, j'ai&#13;
j’ai vécu des périodes difficiles.&#13;
Cependant, j'en&#13;
j ’en suis toujours ressorti plus fort en tant que chrétien et encore&#13;
plus convaincu de ma vocation&#13;
vocation à devenir prêtre.&#13;
&#13;
Que Mlle de la Chevalerie ait pensé en 1642 rejoindre Jeanne Mance à&#13;
Montréal ou qu'il&#13;
qu’il s'agisse&#13;
s’agisse d'un&#13;
d’un autre type de vocation, l'enseignement&#13;
l’enseignement de&#13;
de Renty s'applique&#13;
s’applique parfaitement au cas de Jeanne Mance,&#13;
Mance, appelée à être&#13;
“Église naissante et relative à la primitive".&#13;
primitive”.&#13;
Marthe et Marie à la fois, dans une "Église&#13;
&#13;
Donald Tremblay, diacre&#13;
&#13;
1,&#13;
&#13;
�12&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
"L.:Esprit de Dieu étant donné généralement à tous les chrétiens, il&#13;
est évident qu'il n'est pas donné principalement pour faire de&#13;
grandes actions et des oeuvres toutes divines, mais pour faire les&#13;
actions humaines divinement et les communes non communément,&#13;
mais saintement. Le Saint Esprit prend chacun dans sa condition et&#13;
ne l'en retira pas."&#13;
Jeanne Mance est demeurée dans sa condition laïque; elle ne s'est pas&#13;
faite religieuse; elle a rempli d'humbles grâces dans la nouvelle Église du&#13;
Canada, elle a fait des oeuvres simples : administrer les provisions du petit&#13;
groupe des colons, avoir soin de l'intendance, soigner les malades et les&#13;
blessés, faire construire un petit Hôtel-Dieu, administrer ses biens, seconder&#13;
l'oeuvre des Hospitalières une fois celles-ci arrivées à Montréal (1659),&#13;
adopter des orphelins, relancer le zèle des Associés de France... Mais elle a&#13;
tout accompli "divinement" et "saintement".&#13;
Elle n'a pas fait choix du champ d'apostolat où elle a exercé ces bonnes&#13;
oeuvres, elle l'a reçu de Dieu par une vocation particulière dont l'évidence s'est&#13;
imposée à elle et à ses directeurs.&#13;
On pourrait parler à son propos de spiritualité de l'événement; non qu'elle se&#13;
soit laissée aller au gré des circonstances, mais elle était très attentive aux signes&#13;
de la Providence et aux indications de la volonté de Dieu qui lui venaient à travers&#13;
les événements. Dans chaque situation imprévue, mais voulue de Dieu, elle a&#13;
recherché quelle était l'attitude évangélique pour y répondre afin d'adopter celle-ci.&#13;
Humblement, elle a travaillé, dans le champ missionnaire, à étendre les limites du Royaume visible de Dieu, revendiquant sa souveraineté sur le&#13;
Nouveau Monde. Et sa spiritualité a pris la forme d'un abandon total à la&#13;
Providence divine. La lettre qu'elle écrivit en 1643 au P. Saint-Jure est un texteclé, qui a impressionné beaucoup celui qui l'a reçu : "Il n'y a rien au monde que&#13;
je fisse pour accomplir cette divine et tout adorable volonté qui est le seul amour&#13;
et désir de mon coeur ... C'est mon seul amour et unique paradis; en un mot,&#13;
c'est mon Dieu; la volonté de mon Dieu est mon Dieu, et si Dieu se pouvait quitter pour faire son bon plaisir, je làisserais Dieu pour faire sa volonté".&#13;
On ne peut manquer d'être impressionné par la récurrence continuelle&#13;
d'un thème dans tous les documents émanés de Jeanne Mance ou ceux qui&#13;
parlent d'elle : celui de l'abandon à la Providence divine; c'est comme un motif&#13;
musical qui accompagne chacune des démarches, chacun des événements,&#13;
chacune des étapes.&#13;
Le récit de l'éveil de sa vocation missionnaire à Langres est déjà placé&#13;
sous ce signe, Dollier écrit qu'elle sentit un grand attrait pour le Canada, mais&#13;
sans connaître exactement ce qui l'y attendait; elle déclara : "qu'elle s'abandonnait pour tout ce qu'il (Dieu) y voudrait faire d'elle, aveuglément...". À Paris,&#13;
le P. Rapine, Récollet, à qui elle s'adresse d'abord, approuve "son dessein et&#13;
son abandon entre les mains de Dieu".&#13;
&#13;
L'HÉROISl'v1E CHRÉTIEN DE JEANNE MANCE&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
Madame de Bullion est frappée elle aussi par ce trait de sa physionomie&#13;
spirituelle; elle en est heureuse, "se conjouissant entièrement avec elle de&#13;
l'abandon où elle se trouvait au bon plaisir de Dieu". Cela se produit au cours&#13;
d'échanges spirituels, car Madame de Bullion se contente alors d'observer,&#13;
sans se déclarer; lorsqu'elle fait connaître à Jeanne Mance son plan et lui propose de s'occuper de l'Hôtel-Dieu : "Mademoiselle Mance lui avoua que la faiblesse de sa complexion (était un obstacle) ... , que néanmoins elle s'abandonnait entre les mains de Dieu pour l'exécution de ses bons plaisirs, tant à l'égard&#13;
des pauvres que de tout ce qu'il lui parlait".&#13;
Il y a donc chez elle une docilité foncière à la grâce, une volonté de conformité au bon vouloir de Dieu et comme une religion de la sainte volonté de Dieu;&#13;
il lui suffit de voir où se trouve cette volonté pour être prête à s'y conformer, laissant de côté toute autre considération. Mais la dépendance à l'égard de la&#13;
Providence donne une couleur particulière à cette disposition de l'âme.&#13;
&#13;
À la Rochelle, elle hésite à se joindre à la colonie de Montréal, parce&#13;
qu'elle croit que les moyens humains qui sont derrière l'entreprise (la puissante&#13;
Compagnie de Saint-Sacrement), offrent trop de sécurité; M. de la Dauversière&#13;
la détrompe vite; elle lui disait : "Si je fais cela, j'aurai plus d'appui sur la créature, et j'aurai moins à attendre du côté de la Providence", M. de la Dauversière&#13;
lui révèle l'état exact de la trésorerie et lui dit : "Vous ne serez pas moins fille&#13;
de la Providence".&#13;
Les protestations d'abandon à la Providence divine sont rapportées par les&#13;
témoins de sa vie, mais on les trouve également dans les écrits de Jeanne&#13;
Mance, et cela est d'autant plus remarquable qu'on ne possède qu'un petit&#13;
nombre de documents émanés de sa plume.&#13;
Dans une lettre à Madame de Bullion à l'automne 1644, citée par Dollier, elle&#13;
lui rend compte de la construction des premiers bâtiments de l'Hôtel-Dieu, qui&#13;
s'est trouvé aussitôt plein; "D'abord que la maison où je suis a été faite, elle a été&#13;
garnie et le besoin qu'on en a, fait voir la conduite de Dieu en cet ouvrage"; dans&#13;
chacun des événements, elle a coutume de découvrir "la conduite de Dieu", de&#13;
lire sa providence à travers les circonstances qui l'entourent. Une autre lettre, de&#13;
l'automne 1650, citée aussi par Dollier, où elle rend compte de démarches faites&#13;
par d'autres pour orienter autrement les préoccupations des sociétaires,&#13;
auxquelles elle a dû s'opposer : "Tout cela m'a bien fait adorer la Providence&#13;
divine quand j'ai su" que le but que l'on proposait s'était révélé chimérique".&#13;
La mention de l'abandon de la Providence divine se retrouve à la fin de sa&#13;
vie, dans son Testament qui est comme le sceau de son itinéraire spirituel :&#13;
"J'abandonne mon âme à sa Très adorable et divine Providence, me soumettant et agréant la mort qu'il lui plaira de m'envoyer et le temps et la manière d'icelle."&#13;
En quelques paragraphes, ce texte livre beaucoup sur l'âme de Jeanne&#13;
Mance: "Je remets mon esprit et mon âme entre les mains de mon Dieu, mon&#13;
&#13;
�14&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉROANNUEL 1996&#13;
&#13;
LA CONGRÉGATION DE NOTRE-DAME 15&#13;
&#13;
souverain Seigneur et Créateur, me soumettant très humblement et dans le&#13;
plus profond respect qu'il m'est possible, à l'ordre sacré de sa Très adorable,&#13;
Très sainte, Très juste etTrès aimable volonté ..."&#13;
&#13;
LA CONGRÉGATION DE NOTRE-DAME SUR LES PAS&#13;
DE MARGUERITE BOURGEOYS&#13;
&#13;
Il faudrait citer à nouveau ici le texte en son entier et l'on a scrupule à n'en&#13;
donner qu'un passage.&#13;
&#13;
La fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame est venue de France en&#13;
1653 pour ouvrir la première école de Ville-Marie (Montréal). Convaincue de&#13;
l'importance de sa mission éducative, elle n'hésite pas à faire un aller-retour&#13;
sur l'Océan pour ramener de Troyes, dès 1659, quatre compagnes avec&#13;
&#13;
Dans sa chambre, après sa mort, les livres n'étaient pas nombreux : livres&#13;
d'offices, livres de formation chrétienne. Le petit nombre rend particulièrement&#13;
significative la présence des deux ouvrages du P. Saint-Jure qui ont été lus et&#13;
relus, qui étaient dans tout le sens du terme des livres de chevet : La connaissance de l'amour de Dieu, et trois autres petits livres en parchemin contenant&#13;
la Vie de Monsieur de Renty.&#13;
li est donc normal de renvoyer d'abord à la doctrine du P. Saint-Jure, si l'on&#13;
veut se faire une idée plus précise de la spiritualité et de la forme particulière&#13;
de sainteté de Jeanne Mance.&#13;
&#13;
Dom Guy-Marie Oury, o.s.b.&#13;
Extrait de:&#13;
Sommaire des Vertus&#13;
&#13;
Dans Montréal, qui respirait alors&#13;
une atmosphére d'épreuves, de bravoure&#13;
et d'abnégation, une femme gardait&#13;
son sang-froid et sa foi dans&#13;
la Providence.&#13;
Le dévouement de Jeanne,&#13;
son savoir-faire, son don de commander&#13;
sans heurt étaient le soutien de tous&#13;
les colons.&#13;
Soeur Marie-Morin dit de Jeanne-Mance&#13;
qu'elle était, des colons,&#13;
l'infirmière et la mère.&#13;
&#13;
lesquelles elle mène une vie communautaire qui constitue les origines de&#13;
l'Institut des "Filles Séculières", approuvé civilement par Louis XIV, et canon iquement par Mgr de Laval en 1676.&#13;
Marguerite Bourgeoys avait voulu répondre à l'appel de Dieu. Elle proposait&#13;
à ses compagnes une spiritualité d'inspiration mariale. En fidélité au charisme&#13;
fondateur, voici en quels termes l'objectif de la Communauté a été formulé : "La&#13;
Congrégation Notre-Dame veut honorer et imiter 'la vie que la Sainte Vierge a&#13;
menée tout le temps qu'elle a été sur la terre'. À la lumière du mystère de la&#13;
Visitation, retenu comme inspiration spéciale pour la Congrégation et de la vie&#13;
de Marie au milieu des Apôtres, dans la première communauté chrétienne, elle&#13;
voit dans la vie de Marie, un modèle de la vie d'apôtre".&#13;
Venue pour "faire l'école", Marguerite avait vite découvert les besoins de&#13;
ses contemporains. Dans les faits, elle accueille les "filles du Roi", s'occupe&#13;
des familles et devient en quelque sorte initiatrice du service social et des&#13;
écoles de métiers pour jeunes filles. Cet héritage d'ouverture aux appels du&#13;
monde et de l'Église entraîna l'expansion de la Congrégation au Canada, aux&#13;
États-Unis, puis au Japon, en Amérique Centrale, en France et au Cameroun;&#13;
il favorise aussi l'élargissement du concept d'éducation afin de permettre aux&#13;
&#13;
�16&#13;
&#13;
FRANÇOIS DE LAVAL&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
Soeurs de répondre aux signes des temps. Les projets et les expérimentations&#13;
tendent à répondre toujours davantage aux appels qui viennent de toute les&#13;
formes de pauvreté, et favorisent l'action concentrée avec les personnes associées et les laïques pour la promotion des valeurs de justice.&#13;
&#13;
TRAITS SPIRITUELS DU PREMIER ÉVÊQUE&#13;
DE QUÉBEC&#13;
FRANÇOIS DE LAVAL&#13;
&#13;
La canonisation de sainte Marguerite Bourgeoys par le pape Jean-Paul 11,&#13;
en 1987, a mis en lumière la foi et l'audace de cette femme d'action. Puisse&#13;
son témoignage inviter à la solidarité et au partage des valeurs essentielles!&#13;
&#13;
Pour définir les traits de la vie spirituelle du bienheureux François de Laval,&#13;
nous devons scruter ce que des gens ont dit de lui, lui-même étant demeuré&#13;
très discret sur sa vie intérieure. Comme il a refusé d'écrire son testament spirituel , il nous faut puiser dans les écrits de témoins que la mémoire du temps a&#13;
su conserver et dans quelques lettres encore accessibles. En effectuant cette&#13;
lecture, j'ai découvert trois traits qui me semblent dévoiler quelques aspects de&#13;
son mystère intérieur: une vie de prière assidue, une pauvreté vécue parmi les&#13;
pauvres et un service tout entier consacré à la plus grande gloire de Dieu.&#13;
&#13;
Simonne Poissant, c.n.d.&#13;
"C'est par amour de Marie que Marguerite Bourgeoys a fait,&#13;
au Canada, son champ d'apostolat et son pays d'adoption. Et tous,&#13;
qui que nous soyons, du Canada français, nous lui devons une part&#13;
substantielle de notre héritage patriotique : la FOI.&#13;
Reconnue. comme Fondatrice de l'Église canadienne, elle a, avec les&#13;
pionniers de Ville-Marie, contribué à la fructueuse mise à jour de nos&#13;
entités humaines, cultureJles et religieuses."&#13;
("Marguerite Bourgeoys - Traits spirituels et mystiques",&#13;
de FERNANDE CHARBONNEAU, c,n,d,)&#13;
&#13;
Notre intention est de remercier&#13;
Dieu des grandes faveurs qu'il a bien&#13;
voulu déverser sur ce diocèse,&#13;
par la médiation de Marie,&#13;
qui a été prouvée par des traits&#13;
si touchants de sa bonté, que vraiment,&#13;
elle a pris cette Église sous&#13;
sa protection.&#13;
&#13;
I&#13;
&#13;
(Circulaire, 02, 02, 1841)&#13;
&#13;
Mgr -Ignace Bourget&#13;
Chapelle funéraire de Mgr de Laval (Québec)&#13;
&#13;
�18&#13;
&#13;
FRANÇOIS DE LAVAL&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
liturgiques brodés d'or ou d'argent offerts par la Couronne. À peine arrivé en&#13;
Nouvelle-France, en septembre 1660, Marie de l'Incarnation écrit à son fils en ces&#13;
termes : "C'est bien l'homme au monde le plus austère et le plus détaché des biens&#13;
de ce monde (...); il est mort à tout cela."4 Faut-il rappeler qu'en 1653, il renonce au&#13;
patrimoine familial en faveur de son frère cadet, et que le 12 avril 1680, il cède a~&#13;
Séminaire de Québec tous les biens qu'il a acquis ici, en Nouvelle-France. Ce souci&#13;
des pauvres, son service empressé auprès d'eux et la mise en commun des biens&#13;
qu'il propose aux prêtres du Séminaire de Québec incarnent bien la spiritualité des&#13;
Confréries de laïcs et de prêtres qui ont tissé sa formation initiale. Du début de sa&#13;
vie jusqu'à la fin, la cohérence de ses engagements manifeste l'authenticité de son&#13;
option pour le Christ en embrassant le pauvre. Le témoignage de son fidèle serviteur, le frère Houssart, confirme ce trait important de son existence:&#13;
&#13;
UNE VIE DE PRIÈRE ASSIDUE&#13;
&#13;
De son enfance jusqu'à sa mort, François de Laval ne s'est jamais démenti sur sa vie de prière. Si les années gardent en sourdine le contenu de sa&#13;
prière, des gens témoignent l'avoir vu prier. ~près sa n:iort survenue en 1708,&#13;
De la Colombière dira : "... passer tous les Jours plusieurs heures devant le&#13;
Saint Sacrement (... ), c'était la manière dont le premier évêque se délassait&#13;
des fatigues que lui procurait son zèle."1 Comment priait-il? Que disait-il a&#13;
Dieu? Son héritage spirituel fait mémoire des dévotions à la Sainte Famille et&#13;
-aux Saints Anges. Dans une lettre qu'il a écrite à son ami, Henri-Marie&#13;
Bourdon, on constate l'importance que François de Laval accorde à Marie, à&#13;
Joseph et aux anges. Il écrit: "Priez sa sainte Mère, son saint époux, tous les&#13;
anges et bienheureux esprits, qu'ils me fassent la grâce de ne jamais rien&#13;
vouloir que l'accomplissement de cette divine et aimable volonté." 2 Ces dévotions, il les cultive très jeune, grâce aux Congrégations mariales des Jésuites&#13;
qu'il épousera tout au long de ses études; jeune prêtre, il les raffermit dans les&#13;
Confréries. La "Société des Bons Amis" l'invitera à modeler sa vie intérieure sur&#13;
celle de Jésus et de Marie; et !'Ermitage de Caen favorisera cet enracinement&#13;
intérieur par la dévotion aux coeurs de Jésus et de Marie. Influencé ou inspiré,&#13;
dès qu'il fonde le Séminaire de Québec en 1663, il le confie à la Sainte Famille;&#13;
quelques années plus tard, il donne comme protecteurs au Petit Séminaire de&#13;
Québec, !'Enfant Jésus et la Sainte Famille. Rappelons également qu'à peine&#13;
arrivé au Canada, dès 1664, il fonde la Confrérie de la Sainte Famille et la propose comme modèle à toute la colonie française.&#13;
&#13;
j&#13;
&#13;
Animé par un esprit missionnaire et pastoral, à peine âgé de 36 ans,&#13;
François de Laval arrive en Nouvelle-France le 16 juin 1659.&#13;
&#13;
Si le silence de la mort garde à jamais son mystère à l'intérieur, il nous&#13;
reste l'écho de ceux qui l'ont connu et qui témoignent de ce qu'ils ont vu ou&#13;
entendu. Parmi ceux-là, nous retenons le témoignage du frère Hubert&#13;
Houssart, qui a partagé les vingt dernières années de sa vie : il nous communique dans le passage suivant le balbutiement d'une prière entendue de la&#13;
bouche de celui qu'il appelle sa Grandeur:&#13;
&#13;
UNE PAUVRETÉ VÉCUE PARMI LES PAUVRES&#13;
&#13;
Il peut sembler incohérent d'affirmer, à propos de François de Laval, qu'il a été&#13;
pauvre parmi les pauvres, surtout lorsqu'on revêt la mitre d'évêque et les manteaux&#13;
&#13;
~automne dernier avant sa mort, se voyant sans avoir de quoi faire&#13;
/'aumône, elle (Sa Grandeur) fit tout son possible pour en avoir du&#13;
Séminaire; mais le Séminaire étant lui-même à l'extrémité, n'ayant la&#13;
moitié de ses besoins les plus essentiels et ne pouvant rien donner à&#13;
Sa Grandeur pour faire ses aumônes, elle me dit d'une manière fort&#13;
triste et fort touchante qu'elle ne pouvait pas vivre longtemps si elle&#13;
n'avait pas de quoi donner aux pauvres, et effectivement Sa&#13;
Grandeur n'a plus vécu que six mois après, et elle s'est trouvée si&#13;
dénuée des biens de ce monde qu'elle n'avait pas en mourant la&#13;
valeur d'un sou dont elle pût dispo~er en faveur des pauvres.5&#13;
UN SERVICE TOUT ENTIER CONSACRÉ À LA PLUS&#13;
GRANDE GLOIRE DE DIEU&#13;
&#13;
Le 4 novembre 1684, Monseigneur de Laval établit, pour tout le dio~èse de&#13;
Québec, une fête liturgique en l'honneur de la Sainte Famille. E~êque&#13;
précurseur puisque cette fête sera inscrite au calendrier universel de l'Eglise&#13;
par le pape Léon XIII en 1893.&#13;
&#13;
ô mon Dieu, que je souffre ! Ayez pitié de moi, mon Dieu ! ô Dieu&#13;
d'amour! ô Dieu de bonté! ô Dieu de miséricorde! Faites-moi&#13;
miséricorde, mon Dieu! Votre volonté soit faite, ô mon Dieu!&#13;
C'étaient les plaintes ordinaires que Sa Grandeur réitérait une&#13;
infinité de fois, les mains jointes et les yeux levés vers le ciel, avec&#13;
ùne dévotion merveilleuse... 3&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
l&#13;
&#13;
II consolide l'Église implantée en ce pays au début du siècle. Il érige ce&#13;
diocèse aux limites de l'Amérique du Nord. Dans sa tâche épiscopale, ses&#13;
biographes sont unanimes à dire qu'en toute chose il recherche le bien commun&#13;
de l'Église et des gens. Toujours en quête de la gloire de Dieu, il ne sert pas ses&#13;
intérêts personnels. Voici ce que Marie de l'Incarnation écrit à la Supérieure du&#13;
monastère de Tours, en septembre 1661 : "Nous avons affaire à un Prélat qui,&#13;
étant d'une très haute piété, s'il est une fois persuadé qu'il y va de la gloire de&#13;
Dieu, il n'en reviendra jamais."6 En 1677, dans une lettre qu'il écrit à son ami,&#13;
Henri Boudon, François de Laval laisse échapper ces propos : "Tout ce que la&#13;
main de Dieu fait nous sert admirablement, quoique nous n'en voyions pas sitôt&#13;
les effets. Il y a bien des années que la Providence conduit cette Église, et nous&#13;
par conséquent, par des voies fort pénibles et crucifiantes, tant pour le spirituel&#13;
que pour le temporel. Pourvu que sa sainte volonté soit faite, il ne nous importe. 111&#13;
Malheureusement, il reste très peu de discours prononcés par le premier&#13;
Évêque. "Or la foi sans les oeuvres, nous dit l'épître de Jacques, est une foi&#13;
morte." 8 Cet extrait de l'oraison funèbre prononcée par l'abbé Charles&#13;
Glandelet témoigne de ce que le_s gens ont retenu de sa vie exemplaire:&#13;
&#13;
�20&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
Je vois avec une grande consolation (...) ce concours nombreux de&#13;
personnes de tous les états, de tous les ordres, de toutes les professions, qui sont venues rendre leur devoir à cet illustre défunt&#13;
avec des marques d'honneur, de respect, de piété et de religion. Ce&#13;
concours si universel publie hautement la réputation qu'il s'est&#13;
acquise parmi nous d'un saint évêque (. ..}, d'un pasteur vigilant et&#13;
zélé, qui aimait tendrement son troupeau, et d'un père affectionné,&#13;
qui n'a rien omis pour donner à cette Église et à cette colonie l'être&#13;
et la forme où nous voyons aujourd'hui l'un et l'autre. 1&#13;
&#13;
Pasteur vigilant, zélé, n'omettant rien pour le bien du peuple et de l'Église, ces&#13;
paroles de l'abbé Glandelet confirment bien, à mon avis, les traits spirituels de la&#13;
vie du premier évêque de Québec que nous avons voulu sommairement décrire.&#13;
&#13;
Soeur Doris Lamontagne, p.f.m.&#13;
responsable du Centre d'animation François-de-Laval&#13;
Notes&#13;
1. Monsieur de la Colombière, Oraison funèbre. 6 juin 1708&#13;
2. Lettre de François de Laval à Henri Baudon, 6 novembre 1677. Positlo. p.207&#13;
3. Monseigneur de Laval vu par son serviteur, Hubert Houssart, septembre 1708, p.18&#13;
4 . Lettre de Marie de l'Incarnation à son fils, Claude, 17 septembre 1660, E2filliQ1 p.54&#13;
5. Monseigneur de Laval vu par son serviteur, Hubert Houssar1, p.29&#13;
6. Lettre de Marie de l'Incarnation à la Supérieure de Tours. 13 septembre 1661 , Positio, p.58&#13;
7 . Lettre de François de Laval à Henri Baudon, 6 novembre 1677, Positio. p.207&#13;
8.Jc.2,17&#13;
9. Abbé Charles Glandelet, Oraison funèbre, 9 mai 1708&#13;
&#13;
MARGUERITE O'YOUVILLE 21&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
MARGUERITE D'YOUVILLE&#13;
Une image du monde nouveau''&#13;
&#13;
Quand , en 1727, par une grâce&#13;
extraordinaire le Père se révèle à&#13;
Marguerite, il devient le point central de sa&#13;
vie, "l'objet de toute sa confiance". Le&#13;
regard d'amour du Père sur elle transforme sa vie et lui faît découvrir en tous les&#13;
humains, des frères et des soeurs à aimer..&#13;
Le charisme de Mère d'Youville est de&#13;
manifester aux pauvres la tendresse de&#13;
Dieu-Père. Cette manifestation se traduit&#13;
dans un service plein de compassion pour&#13;
les démunis.&#13;
Le service des pauvres est la motivation profonde de Marguerite. Dans ses&#13;
écrits comme en toutes ses entreprises,&#13;
elle défend la cause et les droits des pauvres. Elle accepte pour eux l'humiliation,&#13;
les injures, les soupçons. Rien n'ébranle&#13;
cette femme forte dans son option pour les pauvres. Marguerite a vécu en plénitude cette Parole de Dieu: "Je suis venu pour servir et non pour être servi".&#13;
Pour Marguerite, l'unité et la charité sont des éléments indispensables au&#13;
service. Elle voyait, dans l'unité des membres, une condition essentielle au&#13;
service des pauvres.&#13;
&#13;
1997~1997-1997~1991-1997-1991~1997-1997-1997&#13;
DE TOUT COEUR, UNIS POUR CÉLÉBRER&#13;
- avec la commu nau té religieuse, pionnière des r eligieuses&#13;
enseignantes, les Ursulines : pour fêter le 325&lt; anniversaire de la&#13;
mor t de MARIE DE L'INCARNATION;&#13;
- avec la dynamique communaut é des Relîgieuses de Jésus et de&#13;
Marie, pour fêter le / 00' anniversaire de la naissance de DINA&#13;
&#13;
BÉLANGER.&#13;
&#13;
1997~1997-1997w1997-1991-1991•1997~1997-1997&#13;
&#13;
Au soir de sa vie, Marguerite d'Youville confie à ses filles son ultime&#13;
recommandation : "Mais surtout, faites en sorte que l'union la plus parfaite&#13;
règne parmi vous".&#13;
La plus pure charité avait établi entre elle et ses compagnes, des liens&#13;
assez forts pour leur permettre de vivre pleinement un ministère d'amou r&#13;
auprès des démunis, de surmonter ensemble bien des difficultés.&#13;
Le miracle d'amour qui s'est accompli en la vie de Marguerite d'Youville a&#13;
connu un rayonnement qui a traversé le temps. Des milliers de femmes se sont&#13;
inspirées de sa vie et des milliers de pauvres ont été rejoints dans leur détresse.&#13;
En 1959, l'Église reconnaît, en la béatifiant, l'élan spirituel qu'elle a suscité&#13;
comme un chemin de sainteté pour le peuple de Dieu et Jean XXII I lui décerne&#13;
le titre de Mère à la charité universelle.&#13;
Lors de la canonisation, en 1990, Jean-Paul Il affirme: "Sainte Marguerite&#13;
d'Youville nous donne, avec tous les saints, une image du monde nouveau où&#13;
règnent l'Amour, la Vérité, la Justice et la Paix. Pour elle, c'est la charité con-&#13;
&#13;
�22 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
DÉLIA TÉTREAULT 23&#13;
&#13;
crète de chaque jour qui fait triompher la justice selon Dieu et révèle la&#13;
présence du monde nouveau".&#13;
A nous, qui vivons aujourd'hui cet héritage, de servir l'Église en aimant&#13;
Jésus-Christ et \es pauvres.&#13;
&#13;
Jeanne Laporte, s.g.m.&#13;
Extraits de:&#13;
Voyage spirituel sur les pas de Marguerite d'Youvi\le.&#13;
&#13;
MARGUERITE&#13;
&#13;
o'YOUVILLE&#13;
&#13;
L'ACTION DE GRÂCES ET LA JOIE&#13;
(Â la lecture, on se rendra compte qu'il s'agit d'une conférence&#13;
donnée lors de l'assemblée générale du Comité,&#13;
le 22 octobre 1996, chez les M.I.C.)&#13;
&#13;
Selon l'ordre du jour que vous avez reçu, le thème de ma conférence portait le titre de : "L'.action de grâces et la joie" à partir de la spiritualité de l'action&#13;
de grâces missionnaire mariale léguée par Délia Tétreault. Une mention suivait : Bel antidote à la morosité actuelle".&#13;
En réfléchissant sur le contenu de mon intervention, j'ai reformulé la commande donnée, par votre président M. Roger Leclerc, en une question en&#13;
laquelle j'essaierai de répondre sous le style causerie: Comment la spiritualité&#13;
d'action de grâces, selon Délia Tétreault, peut être un antidote à la morosité&#13;
actuelle.&#13;
LA MOROSITÉ ACTUELLE&#13;
&#13;
SOEURS GRISES DE MONTRÉAL&#13;
&#13;
"Imitatrice du Père Éternel, l'âme de Mère d'Youville voudra&#13;
rivaliser, avec son Exemplaire divin, de tendresse et de miséricorde. Elle puisera, dans cette dévotion envers le Père Éternel,&#13;
toutes les inspirations de charité qu'elle réalisera dans les oeuvres. Sa spiritualité d'action rejoint par là la plus haute mystique chrétienne et le plus pur Évangile : 'Soyez parfait~ comme&#13;
votre Père du ciel'. Est-il un message plus actuel que ce rappel&#13;
au monde de Ja Paternité divine et du primàt de la charité?"&#13;
&#13;
Père Marie-Michel Philipon, O.P.&#13;
&#13;
La littérature des dernières années&#13;
parle beaucoup de morosité et d'espérance. Dans Le défi des générations, écrit&#13;
sous la direction de Jacques de Grand&#13;
Maison, il nous est rappelé " que nous&#13;
vivons la débâcle du siècle le plus prestigieux de l'histoire. Nous découvrons&#13;
notre incapacité à gérer la démesure&#13;
humaine. Problème déjà posé dans la&#13;
Bible (Babel) et dans la tragédie grecque.&#13;
Ce drame a atteint, en cette fin de siècle,&#13;
une acuité sans précédent et, de par son&#13;
ampleur planétaire, il bouleverse les conscience des petits et des grands".'&#13;
C'est sans doute de là que surgit la&#13;
morosité chez les gens qui ne portent leur&#13;
regard que sur cette surface sociale très&#13;
agitée. Et cette tristesse dégénère en un&#13;
état affectif pénlble, calme et durable.&#13;
L'.envahissement de la conscience par une douleur dont on ignore l'origine&#13;
empêche de se réjouir de la vie et de s'engager à transformer le monde en vue&#13;
d'une paix durable.&#13;
Mais c'est aussi dans cet énorme creux que surgit une quête de salut, de&#13;
transcendance. Ce Dieu caché ne cesse de creuser la soif afin de l'étancher&#13;
dans la résurrection de Jésus.&#13;
Avec une lucidité déconcertante, l'on remarque que ces quêtes de transcendance sont en manque de guides spirituels éprouvés, dans la lignée de notre&#13;
&#13;
�24&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
héritage chrétien. Et pour y remédier apparaissent, à l'échelle de la planète, une&#13;
multitude de sectes rivalisant avec le Nouvel Âge. Et l'Église et les chrétiens d'ici,&#13;
les communautés religieuses que nous représentons aujourd'hui, face aux défis&#13;
de leur propre survie dans la société actuelle, ont la tentation de se replier sur&#13;
leur héritage et de ce céder au réflexe de ''forteresse auto-protectrice".&#13;
UNE SPIRITUALITÉ D'ACTION DE GRÂCES&#13;
&#13;
Délia Tétreault, elle, a vu naître le siècle : elle avait trente-cinq ans. Elle a&#13;
connu les grands changements : passage d'une société agricole à une société&#13;
industrialisée. La pauvreté des ruraux et leur marche d'exil vers les villes qui&#13;
entraînèrent le phénomène d'émigration et d'immigration, avec leurs conséquences morales et religieuses, ont marqué l'histoire familiale des Tétreault.&#13;
C'est dans ce contexte de transformation profonde que Délia a eu son&#13;
choc johannique; elle a compris le don de Dieu : "Dieu a tant aimé le monde&#13;
qu'il a donné son Fils unique" (Jn 3, 16). Désormais son regard ne se porte que&#13;
sur ~ie~-qui-aime-le-monde. En 1902, dans l'esquisse de nos Constitutions,&#13;
elle ecnt : "Envers Dieu d'abord, nos actions de grâces doivent être incessantes ... L.:on doit offrir sa vie comme une hymne de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu'en celui de tous les hommes."&#13;
Chez Délia, c'est comme si les vertus théologales étaient inversées. Elle a&#13;
profondément saisi que c'est Dieu qui croit en nous, qui nous fait confiance et&#13;
nous espère, qui nous aime le premier envers et contre tout.&#13;
En 1916, elle écrit dans une lettre : "Dieu nous a tout donné, même son&#13;
propre Fils! ..." La spiritualité d'action de grâces léguée, aux générations&#13;
futures, dépasse le stade de la reconnaissance admirative : "Quel meilleur&#13;
moyen de payer de retour( ... } que de lui donner des enfants, des élus qui, eux&#13;
aussi, chanteront ses bontés dans les siècles des siècles !"2&#13;
Comme son nom l'indique, cette spiritualité d'action de grâces est d'abord&#13;
action, i.e. mouvement. Ce mouvement n'est rien de moins que celui du&#13;
dynamisme trinitaire. Entre le Père, le Fils et !'Esprit ne cesse de s'établir une&#13;
relation vivante à laquelle nous accédons par la foi, qui nous permet de rendre grâces, de redonner à Dieu ce qu'il nous donne. C'est ce qui se passe&#13;
d'une façon réelle dans !'Eucharistie : recevoir de Dieu le pouvoir de donner&#13;
Dieu à Dieu, en célébrant l'offrande de !'Eucharistie.&#13;
Pour elle, tout est DON en Jésus Christ et elle affirme sa conviction profonde : "Plus Notre-Seigneur me fait pénétrer dans l'esprit de notre vocation,&#13;
et plus il me semble que la principale raison d'être de notre Société, c'est&#13;
vraiment l'action de grâces, en union avec notre Immaculée Mère et tous les&#13;
bienheureux du ciel". 3&#13;
Elle ajoutera huit ans plus tard : "Magnificat, c'est notre chant de prédilection. Que toute notre vie soit un Magnificat perpétuel". 4&#13;
&#13;
DÉLIA TÉTREAULT&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
JOIE ET ACTION DE GRÂCES&#13;
&#13;
C'est dans cette vision de foi que les SS. Missionnaires de l'immaculéeConception ont approfondi le lien entre Action de grâces et Joie, lien dont leur&#13;
fondatrice a témoigné tout au cours de sa vie : son FIAT et son MAGNIFICAT&#13;
ont été inséparables parce qu'imbriqués l'un dans l'autre.&#13;
&#13;
À notre tour, attentifs à notre vécu ou aux expériences de certaines personnes, nous pouvons prendre conscience que la Joie peut cohabiter avec la souffrance. Elle est ce bonheur extraordinaire qui n'est pas lié à ce qui nous arrive.&#13;
Les yeux du coeur, ce regard d'émerveillement, voient avec étonnement&#13;
que le monde entier et tout ce qu'il contient est, en vérité, un don gratuit. Cette&#13;
reconnaissance de la présence du Créateur en tout est la racine d'une joie que&#13;
nul ne peut ravir.&#13;
Souvent on a tendance, dans notre monde actuel, à mal saisir le lien qui&#13;
existe entre la joie et l'action de grâces. On constate que les personnes joyeuses&#13;
ont la reconnaissance facile. On déduit que la joie est source d'action de grâces.&#13;
Mais c'est le contraire : la joie jaillit de leur action de grâces, en tout temps et en&#13;
tout lieu, comme le dirait Paul. Et C.M. Martini le rappelle en ces termes : "Nous&#13;
avons d'emblée l'intuition : faire partie de l'Église, c'est avoir la grâce de la joie ...&#13;
La façon parachevée d'être Église, c'est de se réjouir du DON de Dieu". 5&#13;
Si notre vie d'hommes et de femmes est dépendante de Dieu, si être&#13;
humain, c'est devenir enfant de Dieu dans le Fils, il est normal que la grâce de&#13;
notre Dieu AMOUR restructure notre existence et vienne de dedans critiquer&#13;
les apparences de notre monde, de les relativiser.&#13;
Si le dogme de l'immaculée Conception de Marie nous ramène à des&#13;
débats fondamentaux sur notre histoire en humanité, il nous est permis de&#13;
croire que l'histoire de notre origine n'est pas seulement une histoire de&#13;
péchés mais une histoire de grâce. Ce qui est originel dans notre histoire,&#13;
d'Eve à Marie, c'est une histoire de grâces. 6&#13;
Paul le proclame à qui veut l'entendre : "Dieu nous a tous comblés en Jésus&#13;
Christ" car le mystère de la grâce originelle qui se joue en Marie est aussi celui&#13;
de toute l'Église et de toute l'humanité. C'est une question de FOI, de REGARD...&#13;
La grâce originelle est le seul avenir d'une humanité aimée de Dieu. Un avenir&#13;
reconnu dans la foi et qui suscite l'action de grâces et dont la joie est la facette&#13;
visible. Cette épiphanie de l'action de grâces, nommée la joie, est la clef d'un bonheur durable et peut sûrement constituer un antidote à la morosité actuelle.&#13;
Mais la joie ne s'insinue pas dans nos vies sans notre collaboration. Il faut&#13;
la choisir et refaire ce choix jour après jour. Et si nous pouvons faire ce choix&#13;
c'est que nous savons que nous sommes créatures créées à la ressemblance&#13;
de Dieu, capables de témoigner des valeurs de gratuité, de vérité et de liberté.&#13;
&#13;
Monique Préfontaine, m.i.c.&#13;
&#13;
�26&#13;
&#13;
LA DÉVOTION À LA SAINTE FAMILLE EN NOUVELLE-FRANCE, AU 17' SIÈCLE&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
Notes&#13;
1. En collaboration, sous la direction de Jacques Grand'Maison, de Lise Baroni et de Jean-Marc&#13;
&#13;
Gauthier, Le défi des générations, p.443&#13;
2. Tétreault, Délia, Lettre. 4 sept. 1916.&#13;
3. lb.d.&#13;
4. Tétreault, Délia, Lettre. 2 avril 1624.&#13;
5. Martini, C.M., Peuple en marche, p.26&#13;
6. Cf Matthew Fox, La grâce originelle. version française.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
LA DÉVOTION À LA SAINTE FAMILLE&#13;
EN NOUVELLE-FRANCE AU XVIIe SIÈCLE&#13;
PAR ROLAND GAUTHIER, C.S.C.&#13;
&#13;
.Jlilli~::~i~~:/~•~···&#13;
&gt;oénâ Tétrêanit • •&#13;
&#13;
LA CROIX ET LE NOUVEAU MONDE&#13;
Histoire religieuse des francophones d'Amérique du Nord, sous la direction de&#13;
Dom Guy-Marie OURY, Chambray, C.L.D.; Montréal, C.M.D. 1987, 253 pages.&#13;
Ce livre a-t-il été remarqué lors de se parution?&#13;
Chose certaine, il aurait mérité de l'être. Cette fresque porte non seulement&#13;
sur la Nouvelle-France et le Canada, elle englobe !'Acadie, la Louisiane, les&#13;
provinces de l'Ouest, les Franco-Américains, en les considérant des débuts&#13;
jusqu'à nos jours. Des historiens connus ont collaboré à cette vue d'ensemble :&#13;
Jean Hamelin, Nive Voisine, Lucien Lemieux et d'autres.&#13;
&#13;
La contribution de Dom Oury est importante. C'est à sa plume qu'on doit les&#13;
chapitres sur la Nouvelle-France. Son regard tout à la fois informé et extérieur&#13;
nous offre une relation fort positive de nos débuts religieux. Conscient des&#13;
réserves récentes, l'auteur rétablit en effet la valeur de cette histoire. Un paragraphe donne l'esprit de ces chapitres:&#13;
Le Canada des origines compte à lui seul un bon quart des saints et bienheureux de l'Église de France au XVIIe siècle sinon davantage; plus à lui seul&#13;
qu'aucune province française, autant que Paris, le centre principal des initiatives&#13;
religieuses du siècle : ce n'est pas là l'effet d'une simple coïncidence. Des historiens pour qui le réflexe patriotique ne jouait pas ont été fascinés par cette&#13;
richesse : Étienne-Marie Faillon, Francis Parkham, Georges Goyau,Albert Jamet,&#13;
Bernard de Vaulx, Daniel Rops, André Rayez et bien d'autres. Inversement, au&#13;
Canada, la crise antireligieuse récente a porté de nombreux esprits à nier ou à&#13;
min'imiser l'importance du phénomène. (p. 13)&#13;
L'auteur traite des débuts, des efforts des Jésuites, de Marie de l'Incarnation, de&#13;
la fondation de Ville-Marie ... Ce regard favorable permet de renouer avec nos&#13;
racines par-delà une réaction dont on espère qu'elle viendra à être dépassée.&#13;
&#13;
Le texte qu'on va lire est extrait d'une conférence donnée à Barcelone, lors&#13;
d'un Congrès sur la Sainte Famille au xviie siècle. Cette conférence a été publiée dans les Actes de ce congrès et elle a été reprise dans une petite collection appelée Lumière sur la montagne, lancée par le Centre de recherche de&#13;
l'Oratoire Saint-Joseph.&#13;
L'auteur, le P. Roland Gauthier, a été le fondateur et longtemps le directeur&#13;
de ce Centre, dédié aux études sur saint Joseph. Il a pris sa retraite en 1994.&#13;
Le mandat du Centre de recherche a été élargi pour s'ouvrir aux questions&#13;
de théologie relatives à l'existence d'un sanctuaire (prière, intercession, expérience des saints, dévotions, guérisons, miracles... ). De plus, le Centre a toujours&#13;
manifesté un intérêt particulier pour la spiritualité d'ici; cet intérêt se poursuit.&#13;
Le Centre a publié récemment de nouveaux Cahiers de l'Oratoire SaintJoseph. Il s'agit d'une revue de spiritualité et de recherche. Le premier numéro&#13;
porte sur l'Oratoire et sa mission.&#13;
Il est intéressant d'apprendre que la dévotion de la Sainte Famille est une dévotion relativement récente. En fait, elle apparaît comme telle au XVII• siècle. Et c'est&#13;
en Nouvelle France qu'elle s'est répandue explicitement pour la première fois. Voilà&#13;
ce que représente la conférence du P. Gauthier. Nous donnons ici de larges extraits&#13;
du premier chapitre où l'auteur rappelle "Les prémices de cette dévotion" (p. 4-10).&#13;
&#13;
LES PRÉMICES DE CETTE DÉVOTION&#13;
Les historiens de la spiritualité connaissent déjà l'existence, durant cette période, d'une importante confrérie de la Sainte-Famille au Canada, l'une des plus anciennes de ce genre au monde, et certainement la plus vivante. Mais il est bon de&#13;
signaler, en premier lieu, plusieurs faits qui ont précédé, et peut-être suscité l'érection de cette confrérie. Notons toutefois que, au cours de ce travail, l'utilisation des&#13;
trois mots : Jésus, Marie et Joseph, fait partie de la dévotion à la Sainte Famille, du&#13;
moins comme le premier pas d'une dévotion qui s'oriente vers le groupe même de&#13;
la famille de Nazareth, considéré comme un tout organique ou interrelié.&#13;
En 1634, "Monsieur de Plessis Bochart, pour lors général de la flotte, a donné&#13;
(à la chapelle de Notre-Dame-de-Recouvrance à Québec) deux tableaux en cuivre&#13;
de médiocre grandeur, l'un de la Nativité de Notre-Seigneur, l'autre qui représente&#13;
Notre-Dame, saint Joseph, et l'Enfant-Jésus au milieu"2• Malheureusement, cette&#13;
chapelle fut réduite en cendres lors d'un incendie du 15 juin 1640.&#13;
À partir de l'octave de Noël 1633, l'ursuline Marie de l'Incarnation a joui de&#13;
plusieurs visions dont le sens demeurait parfois énigmatique. Mais, à la fin&#13;
d'avril ou au début de mai 1635, "la divine Majesté" lui rév.éla plus clairement&#13;
sa vocation de missionnaire dans la Nouvelle-France, et lui demanda "de faire&#13;
une maison en Canada, en laquelle il 'le Père éternel' fût loué et adoré avec&#13;
Jésus et Marie et qu'il n'en séparât point le grand saint Joseph". Et alors, pen-&#13;
&#13;
�28&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
LA DÉVOTION À LA SAINTE FAMILLE EN NOUVELLE-FRANCE, AU 17' SIÈCLE&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
dant ses extases, Marie de l'Incarnation se disait en elle-même : "Ô mon&#13;
Amour, il faut que cette maison soit pour Jésus, Marie et Joseph" 3 • Notre ursuline vint réaliser son oeuvre à Québec, à compter de 1639.&#13;
&#13;
tretirer sur elles-mêmes la modestie et la tempérance tant intérieures qu'extérieures, et les saintes et amoureuses intentions qu'avaient ces saintes et&#13;
sacrées personnes pendant le temps de leur repas.&#13;
&#13;
Durant l'hiver 1636-1637, il y eut une contagion quasi universelle au pays des&#13;
Hurons. Aux chefs d'lhonatiria réunis le 29 novembre 1636, le P. Jean de Brébeuf,&#13;
supérieur de la mission, fit promettre de bâtir au printemps une petite chapelle. Et&#13;
de leur côté, les missionnaires émirent, le lendemain, un autre voeu par l'entremise&#13;
de leur supérieur : "Nous nous obligeâmes de dire chacun trois messes, l'une en&#13;
l'honneur de Notre-Seigneur, l'autre de la bienheureuse Vierge, et la troisième de&#13;
saint Joseph". La maladie diminua graduellement jusqu'au printemps suivant'.&#13;
&#13;
Nous rencontrons trois autres faits chez les Ursulines de Québec. Le&#13;
5 septembre 1647, Mme de la Peltrie, la grande bienfaitrice de cette communauté, voulut bien garantir la dot de sa fidèle servante, Mlle Charlotte Barré, qui&#13;
désirait entrer au noviciat des Ursulines; elle lui assura la somme de trois mille&#13;
livres par un acte écrit qui commençait par cette invocation : Jésus, Marie,&#13;
Joseph 8 • Un peu plus tard, Mme de la Peltrie décida de bâtir la première église&#13;
des Ursulines. Le 25 mai 1656, le jour de !'Ascension, M. Jean de Lauzon, quatrième gouverneur du pays, posa la première pierre «au nom de Jésus, Marie&#13;
et Joseph» 9 • Ajoutons enfin que, vers 1660 et durant les années suivantes, les&#13;
Ursulines dressaient à l'époque de Noël, dans leur nouvelle église, «une grande&#13;
et belle crèche où figuraient de hauts sapins verts ... ; à l'ombre de ces sapins&#13;
paraissaient les trois personnes de la Sainte Famille, Jésus, Marie et Joseph 1110 •&#13;
&#13;
La piété envers la Sainte Famille se manifesta de façon encore plus spectaculaire. Le premier jour de mai 1637, le gouverneur du pays, M. de&#13;
Montmagny, fit dresser, en face de l'église de Québec, un grand arbre embelli&#13;
d'une triple couronne, "au bas de laquelle il y avait trois grands cercles l'un sur&#13;
l'autre, enrichis de festons qui portaient ces trois beaux noms, écrits comme&#13;
dans un écusson, Jésus, Marie, Joseph" 5 • Pendant de nombreuses années,&#13;
l'usage de l'arbre de mai s'est maintenu en Nouvelle-France.&#13;
Un autre événement mérite d'être souligné d'une manière toute particulière, même s'il a ses antécédents en France. Rappelons que, le 2 février&#13;
1630, Jérôme Le Royer de la Dauversière, de La Flèche, se consacra à la&#13;
Sainte Famille, lui, sa femme et ses enfants; qu'en 1634, il fonda la "Confrérie&#13;
de la Sainte Famille sous le nom et invocation du glorieux Confesseur saint&#13;
Joseph"; qu'en 1635, alors qu'il se trouvait en prière en l'église Notre-Dame de&#13;
Paris, il vit distinctement Jésus, Marie et Joseph; qu'en mars 1639, au moment&#13;
d'une entrevue avec Jean-Jacques Olier, ils décidèrent tous les deux de fonder&#13;
la Société Notre-Dame de Montréal. Cette Société a pu réunir en peu de temps&#13;
plusieurs membres éminents. Le 27 février 1642, tous ces Messieurs et Dames&#13;
- soit 27 hommes et 8 femmes - s'assemblèrent à Notre-Dame de Paris pour&#13;
participer à !'Eucharistie, et là, "tous ensemble, ils consacrèrent l'île de&#13;
Montréal à la Sainte Famille de Notre Seigneur, Jésus, Marie et Joseph, sous&#13;
la protection particulière de la Sainte Vierge" 6 • D'où le nom de Ville-Marie qui&#13;
fut alors attribué à la Ville de Montréal, mais la consécration de l'île avait été&#13;
faite à la Sainte Famille. C'est là un fait mémorable qui mérite d'être écrit en lettres d'or dans les annales religieuses de la Nouvelle-France.&#13;
Quelques années plus tard, Marie de l'Incarnation demanda au Père jésuite&#13;
Jérôme Lalemant de bien vouloir rédiger des Constitutions particulières pour la&#13;
communauté de Québec, parce qu'elle avait une entière confiance en sa&#13;
sagesse spirituelle et en sa connaissance précise des coutumes et des besoins&#13;
du pays. Le 31 juillet 1647, le chapitre des Ursulines adopta le texte de ces nouvelles constitutions. On y remarque que l'invocation Jésus, Marie Joseph se trouve au frontispice du manuscrit et au début du livre des Règlements. Et c'est dans&#13;
c~tte dernière section qu'on lit un texte révélateur pour notre propos:&#13;
... tant les unes que les autres (Soeurs) conserveront soigneusement l'idée&#13;
de la sainte et sacrée famille de Jésus, Marie et Joseph, étant en table et&#13;
prenant leur repas, et sur ce beau modèle et patron, elles s'efforceront de con-&#13;
&#13;
Un livre consacré à la dévotion à la Sainte Famille fut publié à Paris en&#13;
1675, et nous aurons à le mentionner plusieurs fois un peu plus loin. Il fut réimprimé, en partie seulement, à Montréal, chez Fleury Mesplet, en 1787; on a&#13;
toutefois ajouté à la fin (p. 54-56) un texte anonyme intitulé : «Instruction sur&#13;
l'établissement de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, en Canada,&#13;
environ l'an 1650». Voici le début de cet exposé historique:&#13;
Ville-Marie, dans l'île de Montréal, fut le lieu où la Confrérie de la Sainte&#13;
Famille de Jésus, Marie et Joseph prit naissance. Le Révérend Père (Claude)&#13;
Pijart, de la Compagnie de Jésus, qui desservait les nouveaux habitants&#13;
français par voie de Mi_ssion, av~nt que Mes:5ieu~s les ecclésiastiques du&#13;
Séminaire de Saint-Sulpice de Pans y fussent etabhs (en 1657), en dressa le&#13;
premier plan environ vers l'an 1750 (sic. pour 1650). (p.54).&#13;
Cette affirmation fut répétée à diverses reprises, même au vingtième siècle 11 ,&#13;
mais il est impossible de trouver un seul document historique pour la corroborer.&#13;
En 1963, j'ai l'avis de deux historiens jésuites bien connus, le P. Adrien Pouliot de&#13;
Québec et le P. Léon Pouliot de Montréal, et aucun des deux n'a pu justifier cette&#13;
assertion.&#13;
En 1656, on commença la construction de la chapelle de l'Hôtel-Dieu de&#13;
Montréal; la pierre d'assise portait l'inscription suivante sur une plaque de&#13;
plomb : «Cette première pierre a été posée en l'honneur de saint Joseph l'an&#13;
MDCLVI 1• XXVIII d'août. Jesus Maria, Joseph» 12 • L'année suivante, Antoinette&#13;
Hyacinthe du Tartre entra gratuitement au monastère des Religieuses&#13;
Augustines de l'Hôtel-Dieu de ~uébec. Elle fut reçue sans dot «pou~ h~norer 1~&#13;
Sainte Famille de Jésus, de Mane et Joseph, en observant une constItutIon ... qui&#13;
porte que des monastères de l'institut peuvent recevoir quelques filles véritablement pauvres, par une spéciale dévotion vers cette adorable famille» 13•&#13;
Il est une autre religieuse de l'Hôtel-Dieu de Québec qu'il ne faut pas oublier&#13;
de signaler dans cette énumération; c'est Catherine de Saint-Augustin, qui avait&#13;
à peine seize ans quand elle arriva à Québec en 1648, qui demanda ensuite de&#13;
s'appeler Marie-Catherine, et enfin Marie-Catherine-Joseph de Saint-Augustin.&#13;
&#13;
�30&#13;
&#13;
On sait qu'elle bénéficia durant sa vie de plusieurs visions et extases. Le jour de&#13;
!'Ascension en 1657, elle vit Notre-Seigneur en vêtements royaux qui montait au&#13;
ciel, suivi dune multitude d'âmes bienheureuses. «Saint Joseph était le plus&#13;
proche à l'entrée des.portes éternelles». Elle s'entretint avec le «grand saint», et&#13;
on lui indiqua le lieu qui lui était destiné dans la cour céleste, un lieu «qui était&#13;
disposé en sorte que facilement je serais vue et pourrais voir Jésus, Marie et&#13;
Joseph&gt;,. La même année, en la vigile de !'Assomption, alors que Catherine se&#13;
préparait à recevoir le sacrement de confirmation, elle sentit que Notre-Seigneur&#13;
lui était intimement présent et qu'il était entouré de plusieurs saints et saintes. Et&#13;
~lie ajouta : «La Sainte Vierge et saint Joseph me présentèrent à Notre-Seigneur,&#13;
pour recevoir une onction sacrée de sa main ... Et ils lui dirent (à Jésus): «Celleci est votre épouse, étant ainsi ointe par vous de votre grâce» 1•.&#13;
Voilà une liste de faits, sûrement incomplète d'ailleurs, qui nous dévoile&#13;
l'existence d'une certaine dévotion envers la Sainte Famille. On a pu remarq uer&#13;
que la spiritualité des premiers colons du Canada réservait une place aux trois&#13;
membres du saint foyer de Nazareth : Jésus, Marîe et Joseph. Selon eux, il ne&#13;
fallait pas séparer ceux que Dieu lui-même avait unis (cf. Mt 19,6; Mc 10,9).&#13;
Notes&#13;
&#13;
1-&#13;
&#13;
ALA MÉMOIRE DE MGR LOUIS AUCOIN, P.H.&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
Texte latin du bref dans Acta Sanctoe Sedis 25 (1892) 9; traduction française des Annales de&#13;
l'Association de Saint-Joseph (Neuilly) 23 (août 1892) 168-169.&#13;
2- Catalogue des bienfaiteurs de Notre-Dame-de-Recouvrance de Kébec, dans The Jesuit&#13;
Relatlons and Allied Documents, éd. Thwaites, Cleveland 1891-1901, t. 42, p. 270.&#13;
3- Marie de l'Incarnation, relation de 1654, dans les Ecrits spirituels et historiques, éd. Dom&#13;
Albert Jamet, t. 2, Paris-Québec 1930, p. 323-324.&#13;
5- Op. cil., t. 12, p. 166-169.&#13;
6- Op. cit 22, p, 208. Pour ce qui concerne Jérôme le Royer, voir en particulier les études suivantes :&#13;
Soeur Maria Mondoux, r.h.s.j., La dévotion â S.. Joseph dans la Congrégation des&#13;
Religieuses Hospitalières de St-Joseph, dans Le Patronage de saint Joseph, Montréal-Paris&#13;
1956, p. 418-421; Guy-Marie Oury, o.s.b., L'homme qui a conçu .Montréal, Jérôme Le Royer.&#13;
Sieur de la Dauversière, (Montréal 1991 ), 235p.; Henri Béchard, s.j., Les audacieuses&#13;
entreprises de Le Royer de la Dauversière, Montréal (1992), 401 p.&#13;
7- Constitutions et Règlements des Ursullnes de Québec, manuscrit conservé au monastère de&#13;
Québec, fol. 114r. Texte cité par Mère Saint-Joseph Barnard, o.s.u., Un pèlerinage des&#13;
Ursulines de Québec dans le domaine de saint Joseph. dans Cahiers de Josephologie (=CJ)&#13;
13 (1965) 39.&#13;
8- Cet acte de donation se trouve aux Archives du Vieux Monastère de Québec. Texte cité par&#13;
Mère Saint-Joseph Barnard, art. cité, p. 37. note 23.&#13;
9- Cf. art. cité, p 43.&#13;
10- Art. cité. p. 44.&#13;
11- Le même texte reparut dans certaines rééditions de la brochure de 1787, comme dans&#13;
celles de Québec en 1809, et de Montréal en 1841. Il a servi de source d'inspiration à&#13;
d'autres auteurs '. cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, lettre pastorale sur la dévotion â. la&#13;
Sainte Famille, le premier dimanche de l'Avent (27 novembre) 1892, daris Mandements,&#13;
Lettres pastorales ... des évêques de Québec (=MEO), t. 7, p. 330; Mgr Edouard-Charles&#13;
Fabre, Lettre pastorale ... au sujet de l'élablissement de l'Association universelle de la Sainte&#13;
Famille, le 27 décembre 1892, dans Mandements ... publiés dans le diocèse de Montréal, t, 11,&#13;
p. 128; Joseph-Papin Archambeaull, s.j., La dévotion à la Sainte Famille, Montréal 1941,&#13;
p.3 (coll. l'Oeuvre des Tracts, 270); Paul Desjardins, s.j., Les Jésuites à Montréal. Le P. Claude&#13;
Pijan, Montréal 1941, p. 27(coll. Ville-Marie, 9).&#13;
12- Soeur M. Mondoux. art. cîté, p. 424. La plaque ori~inale est conservée aux Archives des&#13;
Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Montreal.&#13;
.&#13;
13- Textes des Archives de !'Hôtel-Dieu de Québec, cité par Dom Albert Jamet, dans Les Annales&#13;
de !'Hôtel-Dieu de Québec, Québec 1939, p. 94. note 2.&#13;
14- Voir les textes complets de ces visions cités par Adrien Pouliot, s.j., L'extraordinaire dévotion&#13;
de la Nouvelle-France envers saint Joseph, dans Le Patronage de saint Joseph, MontréalParis 1956, p. 381-382.&#13;
&#13;
31&#13;
&#13;
1996&#13;
- NOUVELLES DU COMITÉ Celui qui a assuré un service de plus de&#13;
vingt ans, dont dix-sept à la Présidence, est&#13;
allé recevoir sa récompense le 7 octobre&#13;
1996. Il fait bon se remémorer:&#13;
&#13;
- sa façon de diriger une assemblée :&#13;
l'humour n'y était pas absent;&#13;
- son souci d'un français dans la rédaction des procès-verbaux, des articles&#13;
pour la revue PIERRES VIVANTES;&#13;
. Son intérêt profond pour la survie du&#13;
Comité : qu'il était heureux quand il&#13;
découvrait un sujet pour la relève!&#13;
De 1976 à 1993, le Comité s'est réjoui par&#13;
la glorification:&#13;
- de trois béatifications, en 1980 : (Mgr de Laval, Marie-de-l'Incarnation,&#13;
Kateri Tekakwitha)&#13;
- de deux béatifications, en 1982 : (Le Frère André, Marie-Rose Durocher)&#13;
- d'une canonisation, en 1982 : (Marguerite Bourgeoys)&#13;
- d'une béatification (/a première au Canada), en 1984 : (Marîe-Léonie&#13;
Paradis)&#13;
- d'une béatification, en 1987 : (Mgr Louis-Zéphirin Moreau)&#13;
- d'une béatification, en 1988 : (Le Père Frédéric)&#13;
- d'une béatification, en 1989 : (Made-Catherine de Saint-Augustin)&#13;
- d'une béatification, en 1990 : (Marguerite d'Youville)&#13;
- d'une béatification, en 1993 : (Dina Bélanger)&#13;
Deux décrets déclarent VÉNÉRABLES, Marie-Esther Blondin et Émilie&#13;
Gamelin: QUATORZE HÉRAUTS POUR L'ACCUEILLIR!&#13;
à mentionner:&#13;
- la publication d'un dépliant pour le 350e anniversaire de Ville-Marie, en&#13;
1992;&#13;
- la célébration du 50e anniversaire de la fondation du Comité, à la Basilique&#13;
Notre-Dame de Montréal, le 13 septembre 1992;&#13;
- les fêtes si bien réussies, à Québec, lors de la "SEMAINE DES BIENHEUREUX".&#13;
&#13;
�32 PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
SAINTS ET SAINTES DU CANADA 33&#13;
&#13;
On ne peut passer sous silence, la publication de nombreux sonnets, dans&#13;
la revue.&#13;
Celui-ci attire l'attention:&#13;
r&#13;
&#13;
ENCORE UN PEU DE TEMPS ...&#13;
Pourquoi tant s'attacher à ce qui passe et meurt&#13;
Quand le coeur ne sait battre en sa fibre profonde&#13;
Que pour les idéaux venus d'un autre monde,&#13;
Seuls capables d'ouvrir la voie au vrai bonheur?&#13;
Nos horizons fermés, pourtant ornés de fleurs,&#13;
Ne sauraient contenir, serait-ce une seconde,&#13;
Ce qu'un ardent désir de notre âme féconde&#13;
Veut voir durer toujours en un climat meilleur.&#13;
Heureusement qu'un jour est venu l'Êternel&#13;
S'enfermer dans le Temps pour nous parler du Ciel,&#13;
Nous tenant le discours d'un ami, mieux, d'un frère.&#13;
"Qui me voit, voit le Père", aimait-Il répéter&#13;
"Et mon Père est le vôtre, en dépit des frontières"&#13;
"Encore un peu de temps ... et c'est l'Êternité !"&#13;
&#13;
Louis Aucoin, ptre&#13;
14 janvier 1989&#13;
&#13;
Son intérêt, après la béatification, ne devait pas demeurer un pieux désir.&#13;
Il la traduisit par un service à la cause! Il s'intéressa aux archives du&#13;
P. Frédéric, au musée, lors de la restauration et à l'accueil des pèlerins.&#13;
Bilingue, il était doublement apprécié. Six saisons passées près du Bx Frédéric&#13;
lui ont permis de cheminer, d'agrandir son champ d'intérêt, de s'ouvrir aux&#13;
valeurs spirituelles et de développer ses talents d'artistes.&#13;
Le Seigneur est venu le cueillir et lui demander le sacrifice de sa vie! Plus&#13;
d'un se serait révolté devant une échéance que tu vois venir en toute lucidité.&#13;
Il n'y a pas de rémission quand tu es atteint de trois tumeurs au cerveau!&#13;
Les personnes qui l'ont accompagné, principalement sa mère, dans ce&#13;
chemin vers l'autre Vie, n'ont été que très édifiées de sa sérénité, de la solidité&#13;
de sa foi... Nous retiendrons longtemps cette parole émouvante qui lui revenait : "J'ai confiance dans-le Seigneur''! Jamais, il ne s'est plaint et jamais, il n'a&#13;
voulu avouer sa souffrance !&#13;
Avant de mourir, il a souhaité qu'une Eucharistie soir célébrée près de lui,&#13;
alors qu'il était encore pleinement lucide, pour que le Seigneur lui donne la&#13;
force d'aller jusqu'au bout et, dans l'événement terrible qu'il vivait, goûter sa&#13;
présence réconfortable !&#13;
Après, il a tenu à causer de la dernière assemblée du Comité des&#13;
Fondateurs de l'Église canadienne, à Montréal, que j'avais manquée, disant&#13;
combien il en avait été intéressé, et ajoutant : "C'est ma dernière!"&#13;
Cette notice n'a pas besoin de conclusion, elle parle par elle-même. Ce qui&#13;
importe, c'est le souvenir! Et il voulait qu'il soit beau!&#13;
&#13;
Gentil Turcotte,ofm.&#13;
ROBERT OMAN&#13;
Partir à vingt-sept ans, c'est mourir jeune! Son amour pour le Bx Frédéric&#13;
Janssoone l'avait conduit jusqu'au Comité des Fondateurs de l'Église canadienne, dont il était membre depuis cinq ans. Avec quelques autres jeunes, on&#13;
pouvait compter sur une relève pleine d'espérance. Tout s'est évanoui brusquement, le 18 mars 1996.&#13;
Ce jeune serait tout étonné que l'on parle de lui, tellement il se voyait peu&#13;
important, n'ayant produit aucun geste éclatant. D'une nature affable, marqué&#13;
d'une bonté attachante, il ne passait pas inaperçu. En fait, il n'était pas comme&#13;
les autres! Il est vraiment nouveau qu'un jeune homme vienne frapper à la porte&#13;
d'un monastère et manifester son intérêt, après avoir lu dans le journal local que&#13;
le P. Frédéric venait d'être déclaré "Vénérable". C'était en 1986. Robert avait dixsept ans! Étudiant en histoire à l'Université du Québec à Trois-Rivières, il tenait&#13;
à connaître les étapes d'une canonisation, et si possible satisfaire sa curiosité&#13;
devant une éventuelle ouverture de la tombe du P. Frédéric.&#13;
&#13;
UN TROISIÈME DES NÔTRES!&#13;
Le 16 août, à Edmonton, décédait le père Antoine Bugeaud, o.m.i.,&#13;
chargé des causes oblates de l'Ouest.&#13;
Il s'était présenté au Comité, riche de son mandat et comme un&#13;
précieux conseiller. Il nous faisait ainsi mieux connaître ceux des&#13;
nôtres qui ont évangélisé cette partie du Canada.&#13;
La distance ne lui permettait pas une présence régulière; tenu au&#13;
courant de nos activités, il s'y intéressait.&#13;
Son aide nous sera maintenue; nous avons confiance en son intercession.&#13;
&#13;
�34&#13;
&#13;
SAINTS ET SAINTES DU CANADA 35&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
CONNAISSEZ-VOUS LES&#13;
11&#13;
Il SAINTS ET SAINTES&#13;
DU CANADA?&#13;
Parmi nos parents, éducateurs et amis, plusieurs sont saints et ne seront&#13;
jamais· canonisés. Ceux dont nous énumérons les noms sont des "tirés à part",&#13;
pour nous servir d'exemples.&#13;
Voici les Saints et Saintes:&#13;
- Les Martyrs canadiens, qui ont vécu au Canada entre 1625 et 1649. Il y avait&#13;
six Jésuites et un laïc : Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Isaac Jogues,&#13;
Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, prêtres Jésuites; René&#13;
Goupil, novice et Jean de la Lande, laïc. Leur fête est célébrée le 19 octobre.&#13;
*- Marguerite Bourgeoys (1620-1700)&#13;
Co-fondatrice de Montréal. Fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.&#13;
Canonisée le 31 octobre 1982.&#13;
Fête célébrée le 12 janvier.&#13;
*- Marguerite d'Youville (1701-1771)&#13;
Fondatrice des Soeurs de la Charité, dites "Soeurs Grises". Canonisée le&#13;
9 décembre 1992.&#13;
Fête célébrée le 23 décembre.&#13;
Voici les Bienheureux et Bienheureuses:&#13;
*- Marie de l'Incarnation (1599-1672)&#13;
Fondatrice des Ursulines à Québec. Béatifiée le 22 juin 1980.&#13;
Fête: le 30 avril.&#13;
*- Mgr François de Montmorency-de-Laval (1623-1708)&#13;
101 évêque de Québec. Béatifié le 22 juin 1980.&#13;
Fête: le 6 mai.&#13;
*- Catherine de Saint-Augustin (1632-1668)&#13;
Fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Québec. Béatifiée le 23 avril 1989.&#13;
Fête: le 8 mai.&#13;
*- Kateri Tekakwitha, laïque (1656-1680)&#13;
Béatifiée le 22 juin 1980.&#13;
Fête: le 17 avril.&#13;
&#13;
- André Grasset, p.s.s. (1758-1792)&#13;
Martyrisé à Paris. Béatifié le 17 octobre 1926.&#13;
*- Marie-Rose Durocher (1811-1849)&#13;
Fondatrice des Soeurs des SS. NN. de Jésus Marie. Béatifiée le 23 mai 1982.&#13;
Fête: le 6 octobre.&#13;
*- Frère André (Bessette) c.s.c. (1845-1937)&#13;
Béatifié le 23 mai 1982.&#13;
Fête: le 6 janvier.&#13;
&#13;
- Marie-Léonie Paradis (1840-1912)&#13;
Fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Béatifiée à Montréal&#13;
le 11 septembre 1984.&#13;
'&#13;
Fête: le 4 mai.&#13;
- Mgr Louis-Zéphirin Moreau (1824-1901)&#13;
4• évêque de Saint-Hyacinthe. Béatifié le 10 mai 1987.&#13;
Fête: le 24 mai.&#13;
*- Dina Bélanger (1897-1929)&#13;
Religieuse de Jésus-Marie de Sillery. Béatifiée le 17 avril 1993.&#13;
Fête: le 4 septembre.&#13;
*- Frédéric Janssoone, franciscain (1838-1916)&#13;
Béatifié le 21 septembre 1988.&#13;
Fête: le 4 août.&#13;
Autres personnages dont les "causes" sont en marche ou sur le point&#13;
de l'être:&#13;
*- Emilie Gamelin (1800-1851)&#13;
Fondatrice des Soeurs de la Providence. Déclarée Vénérable le 23 décembre 1993.&#13;
&#13;
- Jérôme LeRoyer-de-la-Dauversière (1597-1659)&#13;
Fondateur de Montréal. Laïc.&#13;
*- Jeanne Mance (1606-1673)&#13;
Co-fondatrice de Montréal. Laïque. Fondatrice de l'Hôtel-Dieu.&#13;
&#13;
·•- Didace Pelletier, récollet (1657-1699)&#13;
*- Jeanne Leber (1662-1714). Recluse laïque.&#13;
&#13;
- Rosalie Jetté (1794-1832)&#13;
Fondatrice des Soeurs de Miséricorde.&#13;
*- Marcelle Mallet (1805-1871)&#13;
Fondatrice des Soeurs de la Charité de Québec.&#13;
*- Esther Blondin (1809-1890)&#13;
Fondatrice des Soeurs de Sainte-Anne.&#13;
*- Marie Fitzbach (1806-1885)&#13;
Fondatrice des Soeurs du Bon-Pasteur de Québec.&#13;
*- Élisabeth Bruyère (1818-1876)&#13;
Fondatrice des Soeurs Grises de la Croix.&#13;
&#13;
- Mgr Vital Grandin, o.m.i. (1829-1902)&#13;
Évêque de St-Albert, Alberta.&#13;
*- DéliaTétreault (1865-1941)&#13;
Fondatrice des Soeurs Missionnaires de l'immaculée-Conception&#13;
*- Catherine-Aurélie Caouette (1833-1905)&#13;
Fondatrice des Soeurs du Précieux-Sang, Saint-Hyacinthe&#13;
&#13;
- Élisabeth Turgeon (1840-1881)&#13;
Fondatrice des Soeurs du Saint-Rosaire, Rimouski.&#13;
&#13;
�36&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES NUMÉRO ANNUEL 1996&#13;
&#13;
*- Élisabeth Bergeron (1851-1936)&#13;
Fondatrice des Soeurs de Saint-Joseph, Saint-Hyacinthe.&#13;
- Mgr Ovide Charlebois, o.m.i. (1862-1933)&#13;
Évêque de Keewatin.&#13;
- Alfred Pampalon (1867-1896).&#13;
Rédemptoriste.&#13;
*- Théophanius-Léo (Léa Chatillon) (1871-1929)&#13;
Frère des Écoles Chrétiennes.&#13;
*- Gérard Raymond (191 2-1932)&#13;
Séminariste.&#13;
- Antoine Kowalczyk, o.m.i. (1866-1947)&#13;
&#13;
. Le christianisme complet, c'est&#13;
une union personnelle avec Notre' Seigneur, mais on n'y arrive pas&#13;
sans une dévotion illimitée envers&#13;
la Très Sainte Vierge. Il faut être&#13;
persuadé que Marie occupe une&#13;
ylàce u·n ique au coeur du christianis:mè ,· un rôle immence dans le&#13;
dévelp;ppement de cette vi e selon&#13;
le Christ.&#13;
Frère Théophanius-Lé o&#13;
(Léo Chatillon)&#13;
&#13;
LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE&#13;
DU CANADA&#13;
EXÉCUTIF&#13;
Président .&#13;
&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
&#13;
Réalisateur émérite, Radio-Canada&#13;
&#13;
Vice-présidente&#13;
et trésorière&#13;
&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
&#13;
Cause de Jeanne Le Ber&#13;
&#13;
Secrétaire&#13;
&#13;
S .• Thérèse Leduc, s.n.j.m.&#13;
&#13;
Sup. d'une Résiçlence, Longueuil&#13;
&#13;
Publiciste&#13;
&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
&#13;
Prof. émérite, CEGEP Ahuntsic, Mtl.&#13;
&#13;
I" cons.&#13;
&#13;
P. Gentil Turcotte, o.f.m.&#13;
&#13;
Cause du Père Frédéric, Trois-Rivières&#13;
&#13;
2• cons.&#13;
&#13;
S. Doris Lamontagne, o.f.s. Aide au Centre Mgr-de-Laval, Qc&#13;
&#13;
MEMBRES&#13;
S.E. Mgr André-M. Cimichella, o.s.m.&#13;
&#13;
Évêque-auxiliaire émérite, dioc. de Mtl&#13;
&#13;
S. Ghislaine Boucher, r.j.m.&#13;
&#13;
Cause de Dina Bélanger, Qc&#13;
&#13;
S. Thérèse Caron, a.m.j.&#13;
&#13;
Centre Catherine de St-Augustin, Qc&#13;
&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Baie-Corneau&#13;
&#13;
Mlle Marie-Thérèse Chevalier&#13;
&#13;
Dir. du journal Jésus-Marie et Notre Temps, Mtl&#13;
&#13;
M. Jérôme Collura&#13;
&#13;
Pers. hosp., N.-D. de la Merci, Mt!&#13;
&#13;
S. Danielle Dubois&#13;
&#13;
Dir. du Centre Marguerite-Bourgeoys, Mtl&#13;
&#13;
S. Marguerite-Marie Fortier, c.s.c.&#13;
&#13;
Vice-post., Cause du Frère André, Mt!&#13;
&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p.&#13;
&#13;
Centre Émilie-Gamelin, Mtl&#13;
&#13;
S. Agathe Gratton. s.c.o.&#13;
&#13;
Cause Élisabeth Bruyère. Ottawa&#13;
&#13;
S. Marie-Laure Lalonde, s.s.a.&#13;
&#13;
Centre Ester-Blondin, Lachine&#13;
&#13;
M . l'abbé François Lanoue&#13;
&#13;
Historien, Diocèse de Joliette&#13;
&#13;
S. Jeanne Laporte, s.g.m.&#13;
&#13;
Centre Marguerite-d'Youville, Mtl&#13;
&#13;
M. le chan. Jacques Lemieux&#13;
&#13;
Cause de Mgr de Laval, Qc&#13;
&#13;
S. Pauline Longtin, m.i.c.&#13;
&#13;
Vice-post., Cause de Délia Tétreault, Laval&#13;
&#13;
S. Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
Centre Marie-de-l 'Incarnation, Qc&#13;
&#13;
S. Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
&#13;
Centre Jeanne-Mance et musée, Mt!&#13;
&#13;
S. Stella Plante, s.n.j .m.&#13;
&#13;
Centre Marie-Rose Durocher, Longueuil&#13;
&#13;
M. Donald Tremblay, diacre&#13;
&#13;
St-Eustache&#13;
&#13;
OMISSIONS&#13;
Dans la Revue de 1995:&#13;
&#13;
À la page 30; il faudrait lire en dessous de la gravure:&#13;
"L'image de Maisonneuve a été prêtêe par M. M. da Silva".&#13;
&#13;
À la page 40, le nom de M. Pierre Robert est omis.&#13;
&#13;
Nos excuses!&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
Liminaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . R. Leclerc, président&#13;
50&lt;Anniversaire ... . . . . . . ...... .. . . . . . . . . . . . . .&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Une jeune Augustine, désireuse de connaître&#13;
Catherine de St-Augustin . . . . . . F Gariépy, a.m.j.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Une merveilleuse harmonie . . . . . . . . . G. Noël, o.s.u.&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
L' héroïsme chrétien de&#13;
Jeanne Mance. . . . . . . . . . Dom G.-M. Oury, o.s.b. 11&#13;
La Congrégation de Notre-Dame , . . . S. Poissant, c.n.d. 15&#13;
Traits spirituels de François de Laval . . D. lAmontagne, pjm. 17&#13;
Marguerite d'Youville, une image&#13;
du monde nouveau . . . . . . . . . . J. La.porte, s.g.m. 2 1&#13;
L'action de grâces et la joie . . . . M. Préfontaine, m.i.c. 23&#13;
La dévotion à la Sainte Famille en&#13;
Nouvelle-France au 17&lt;siècle . . R. Gauthier, c.s.c. 27&#13;
Nouvelles du Comité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .&#13;
&#13;
31&#13;
&#13;
Connaissez-vous les "Saintes et les Saints" du Canada&#13;
Extraitdel'Almanachdu " Peuple de Dieu" 1995 . . 33&#13;
&#13;
Dépôt légal - Bibliothèque Nationale du Québec&#13;
ISSN 0226-3572&#13;
&#13;
Ce bulletin est publi! par&#13;
Le Comité des Fondateurs de l 'Eglise au Canada&#13;
1460, boul. Crémaûe Est, Montréal (Québec) H2E 1A2&#13;
Tél.: (514) 374-5981&#13;
F rais de r etour garantis&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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              <text>L'article de Doris Lamontagne est reproduit dans un autre périodique.</text>
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                <text>Leclerc, Roger</text>
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                <text>Gariépy, François ✝</text>
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                <text>Noël, Gabrielle, 1924-2016</text>
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                <text>Oury, Guy-Marie, 1929-2000</text>
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                <text>Poissant, Simonne</text>
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                <text>Lamontagne, Doris</text>
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                <text>Laporte, Jeanne, 1918-1998</text>
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                <text>Préfontaine, Monique</text>
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                <text>Gauthier, Roland, 1915-2005</text>
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                <text>Pierres vivantes, no annuel 1996</text>
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            <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
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                <text>Pierres vivantes</text>
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                <text>p. 1 :&lt;em&gt; Liminaire&lt;/em&gt; par Leclerc&lt;br /&gt;p. 2 :&lt;em&gt; Hommage à notre Saint-Père le pape Jean-Paul II&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;p. 3-8 :&lt;em&gt; Une jeune augustine désireuse de bien connaître Marie-Catherine de Saint-Augustin&lt;/em&gt; par Gariépy&lt;br /&gt;p. 9 : &lt;em&gt;Une merveilleuse harmonie&lt;/em&gt; par Noël&lt;br /&gt;p. 10 : &lt;em&gt;"Laisse tout, viens et suis-moi!"&lt;/em&gt; par Tremblay&lt;br /&gt;p. 11-14 :&lt;em&gt; L'héroïsme chrétien de Jeanne Mance&lt;/em&gt; par Oury&lt;br /&gt;p. 15-16 :&lt;em&gt; La Congrégation de Notre-Dame sur les pas de Marguerite Bourgeoys&lt;/em&gt; par Poissant&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;p. 17-20 : &lt;em&gt;Traits spirituels du premier évêque de Québec, François de Laval&lt;/em&gt; par Lamontagne&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;p. 21-22 : &lt;em&gt;Marguerite d'Youville, "une image du monde nouveau"&lt;/em&gt; par Laporte&lt;br /&gt;p. 23-256 : &lt;em&gt;L'action de grâces et la joie&lt;/em&gt; par Préfontaine&lt;br /&gt;p. 27-30 : &lt;em&gt;La dévotion à la sainte Famille en Nouvelle-France au XVIIe siècle&lt;/em&gt; par Gauthier&lt;br /&gt;p. 31-33 :&lt;em&gt; 1996. Nouvelles du Comité&lt;/em&gt; par Turcotte&lt;br /&gt;p. 34-36 : &lt;em&gt;Connaissez-vous les saints et saintes du Canada?&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;p. 37 : Le Comité</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15194" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt; collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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        <name>Assemblée des Amis et Ermitage de Caen</name>
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        <name>Esprit des Jésuites</name>
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      <tag tagId="973">
        <name>Esprit du Concile de Trente</name>
      </tag>
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        <name>SPIRITUALITÉ DE LAVAL</name>
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                    <text>Numéro spécial&#13;
à l'occasion du Jubilé&#13;
de l'an 2000&#13;
&#13;
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COMITÉ DES FONDATEURS DE l'.ÉGLISE AU CANADA&#13;
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Agenda permanent&#13;
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&#13;
Page couverture :&#13;
Dessin :&#13;
Sœur Claire Thibeault, f.m.m.&#13;
Graphiste : Madame Lucie Savoie&#13;
Secrétariat : Madame Barbara Villeneuve&#13;
Imprimeur :&#13;
&#13;
Imprimerie Le Renouveau&#13;
&#13;
Textes :&#13;
&#13;
Collaboration des responsables des Centres et des Causes&#13;
&#13;
Ml-venue avec eJnjt;JteJoemeJll et C(),JJyiéteJ?,,Ge, now letMt e'Jl,, jav&lt;J,7?,4&#13;
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&#13;
Production : Le Comité des Fondateurs de l'Église au Canada&#13;
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Montréal, OC&#13;
H2E 1A2&#13;
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&#13;
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&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Historique du&#13;
Comité des Fondateurs de l'Église au Canada&#13;
«Il était parti chercher l'âme d'un vieil indien dans la forêt&#13;
[de l'Amazone] et c'est la sienne qu'il a trouvée.»&#13;
Dernière phrase du narrateur dans le film français «Le Jaguar» (1996).&#13;
Elle s'applique bien aux Martyrs canadiens, aux Fondateurs&#13;
et à tous ceux qui croient aux grandes valeurs humaines&#13;
et acceptent de faire le voyage intérieur.&#13;
&#13;
Le Comité des Fondateurs de l'Église au Canada a été fondé le 25 juillet&#13;
1942. De par ses statuts, il est composé de vingt-cinq membres: hommes, femmes, laïcs, religieux et prêtres. Son principal objectif est de «contribuer à l'élaboration et au renouvellement d'une spiritualité authentiquement nôtre en puisant aux sources les plus pures de l'Église canadienne.» (statuts, art.2.1)&#13;
Ce Comité origine d'abord de l'intuition du Cardinal Villeneuve de Québec.&#13;
&#13;
Suite à la canonisation des Martyrs canadiens en 1930, il déplore le peu d'intérêt porté aux autres Pionniers de la foi. En mai 1936, il prononce une vigoureuse allocution devant la Société canadienne de l'Histoire de l'Église catholique. Il déclare: «Nos saints n'ont pas été envoyés pour des missions privées,&#13;
leurs charismes sont ceux de fondateurs de peuples ... Ils sont liés au pays. Et&#13;
par un juste et nécessaire retour, le pays aussi est lié à eux.»&#13;
Après cette conférence, Dom AlbertJamet, un bénédictin de Solesmes, spécialiste de Marie de l'Incarnation, installé au pays depuis quelques années et&#13;
ami du Cardinal, rédige à l'intention des Évêques du Québec un mémoire où il&#13;
suggère quatre choses :&#13;
1 - Une lettre pastorale collective&#13;
pour lancer une campagne en faveur des Fondateurs.&#13;
2 - La création d'un «bureau de propagande» confié aux Jésuites.&#13;
3 - Une journée d'action de grâce et de prières&#13;
pour inaugurer cette campagne.&#13;
4 - Une «glorification collective des Fondateurs».&#13;
&#13;
HISTORIQUE&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Dom Albert Jamet désigne quatre Fondateurs déjà cités par le Cardinal Villeneuve dans une lettre diocésaine : François de Laval, Marie de l'Incarnation,&#13;
Catherine de St-Augustin et Marguerite Bourgeoys.&#13;
Les Évêques approuvent ce mémoire et nomment un comité provisoire de&#13;
direction composé de six ecclésiastiques qui se mettent au travail le 28 janvier&#13;
1941. Quelques mois plus tard, les Évêques donnent à ce comité un statut permanent.&#13;
Le 25 juillet 1942, leur lettre collective lance la «campagne de propagande»&#13;
pour les Fondateurs et annonce officiellement l'existence du Comité des Fondateurs dont Mgr Philippe Perrier est le premier président.&#13;
Les Évêques justifient le premier choix de ces quatre Fondateurs dans les&#13;
termes suivants : « [Leurs causes] sont les plus anciennes et les plus célèbres.&#13;
[Ce sont] des causes qui, par leur universalité, ne sont le bien ni d'une collectivité religieuse fermée, ni d'un diocèse seulement, mais de toute la nation canadienne-française. [Enfin, elles ont été] désignées à notre attention par la trame&#13;
des événements.»&#13;
Plus tard, on ajoute les noms de Jeanne Mance et Marguerite d'Youville.&#13;
Pendant plusieurs années, le Comité s'occupe de ces six Fondateurs. Or, comme&#13;
l'Église continue de s'édifier, d'autres noms et d'autres causes s'ajoutent. On parle&#13;
alors d'héritiers des Fondateurs. On compte aujourd'hui une trentaine de personnes dont les causes sont introduites ou devraient l'être éventuellement.&#13;
En 1992, l'Assemblée des Évêques du Québec décide que, désormais, le&#13;
Comité ne sera plus sous sa dépendance. Depuis, le Comité élit son président. Il&#13;
a refondu ses statuts et revu ses priorités pour se consacrer surtout à faire connaître la richesse et l'actualité de l'expérience de Dieu vécue par plusieurs Pionniers de la Foi. Ces derniers ont construit non seulement l'Église d'ici mais ont&#13;
contribué à édifier le pays. Ils font partie du patrimoine culturel, social et religieux du Québec. Leur exemple s'impose en ce temps où la soif de témoins&#13;
spirituels authentiques est si grande.&#13;
•&#13;
&#13;
Roger Leclerc&#13;
Président de 199 3-1999&#13;
&#13;
�4&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
La procédure de canonisation&#13;
À la question posée à un enfant: «Qu'est-ce qu'un saint?»&#13;
&#13;
Il a répondu: «C'est quelqu'un qui laisse passer la lumière.»&#13;
&#13;
On peut parler de sainteté de deux manières différentes : la sainteté&#13;
personnelle et celle reconnue par l'Église. Cette reconnaissance officielle est le&#13;
fruit d'un long processus d'examen. Avant de proposer des personnes en exemple&#13;
au peuple chrétien, les autorités ecclésiales veulent s'assurer de l'authenticité&#13;
de leur vécu évangélique. Les saints, rappelons-le, sont à la fois modèles et&#13;
intercesseurs; ils constituent de plus pour les chrétiens une famille. Ces trois&#13;
aspects sont signalés dans la Préface de la messe des saints.&#13;
En 1983, le pape Jean-Paul II fixait de nouvelles normes de reconnaissance&#13;
officielle. Les démarches sont simplifiées et donnent plus de responsabilités aux&#13;
évêques diocésains. Il revient de droit à l'évêque du lieu d'enquêter et d'entamer les procédures exposées ici.&#13;
&#13;
Notons qu'il existe deux types de causes : les «causes hlstoriques» qui&#13;
concernent les personnes décédées depuis longtemps et qui ont une réputation&#13;
de sainteté ; les «causes récentes» qui exigent un délai de cinq ans après la mort&#13;
avant d'amorcer le processus composé de trois étapes : héroïcité des vertus,&#13;
béatification, canonisation.&#13;
Tout d'abord, une première enquête sur la vie est menée par le postulateur&#13;
de la cause. Celle-ci doit donner les raisons motivant d'entreprendre la cause de&#13;
canonisation. À partir de quoi, quand les autorités diocésaines jugent qu'il y a&#13;
des raisons suffisantes pour le faire, elles commencent les démarches. Plusieurs&#13;
témoins sont entendus sous serment. Les écrits de la personne sont examinés.&#13;
Une enquête sur les miracles est faite séparément.&#13;
Lorsque ces enquêtes sont terminées, les documents sont envoyés à Rome.&#13;
La Sacrée Congrégation pour les Causes des Saints vérifie si les enquêtes ont&#13;
bien été conduites selon les normes. Le tout constitue un dossier appelé Positio.&#13;
L'examen de ce dossier est confié à des spécialistes théologiens. Par vote, ceux-&#13;
&#13;
LA PROCÉDURE DE CANONISATION&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
ci donnent leurs conclusions aux cardinaux et aux évêques qui donnent leur&#13;
avis sur le sujet.&#13;
Cette première étape débouche sur le Décret d'héroïcité des vertus.&#13;
Les cardinaux de la Congrégation et le Pape ont à se prononcer sur la question&#13;
suivante : Le candidat a-t-il vécu de façon éminente la foi chrétienne de telle&#13;
sorte qu'il puisse être proposé en exemple? Les cardinaux se prononcent, puis&#13;
le Pape, à lui seul revient le droit de déclarer l'héroïcité des vertus d'un serviteur de Dieu. Si la réponse est positive, ce serviteur est déclaré Vénérable.&#13;
Pour qu'un Vénérable soit déclaré Bienheureux, un miracle est requis, non un miracle survenu du vivant de la personne mais après son décès. Ce&#13;
phénomène exceptionnel atteste que le serviteur de Dieu a sa place comme intercesseur auprès de Dieu. Des médecins ayant examiné une guérison exceptionnelle, s'ils ne peuvent pas expliquer scientifiquement l'amélioration de la&#13;
santé, ils soumettent leur jugement à la Congrégation des Saints. Celle-ci réunit&#13;
certains cardinaux et évêques invités pour étudier la recommandation des médecins et constater l'intervention surnaturelle. S'ils en arrivent à un jugement&#13;
favorable, ils proposent au Saint Père la reconnaissance du miracle. Le Pape&#13;
déclare alors le candidat Bienheureux. Celui-ci est inscrit au calendrier officiel de l'Église locale.&#13;
La dernière phase du processus est la déclaration de la sainteté. Ce n'est&#13;
&#13;
pas l'Église qui fait les saints, mais elle reconnaît à partir des signes, leur présence auprès de Dieu. Ce processus requiert un autre miracle survenu après la&#13;
béatification. Une fois déclarée Sainte par le pape, la personne est inscrite au&#13;
calendrier de l'Église universelle.&#13;
&#13;
Pierre Robert&#13;
Centre de recherche et de documentation&#13;
Oratoire Saint-Joseph&#13;
&#13;
�6&#13;
&#13;
PIERRES VIVAI\ITES&#13;
&#13;
JANVIER&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Janvièr&#13;
1&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
4&#13;
En 1662, naissance de Jeanne Le Ber à Montréal.&#13;
Bref portrait de Jeanne Le Ber (1662-1714)&#13;
&#13;
Fête de sainte Marie Mère de Dieu&#13;
&#13;
?e&#13;
&#13;
Dè~ le dé?ut&#13;
la c~lonie, la ~évoti?n à la Vierge Marie est présente à&#13;
Quebec, a Ville-Mane (Montreal), a Cap-de-la-Madeleine et en bien&#13;
d'autres endroits. Cette dévotion est un des traits de la spiritualité de la&#13;
Nouvelle-France.&#13;
&#13;
2&#13;
En 1890, décès de Mère Marie-Anne&#13;
Blondin (Marie-Esther Sureau) à Lachine.&#13;
&#13;
Jeanne Le Ber naît à Ville-Marie le 4 janvier 1662. Fille de Jacques Le Ber et de&#13;
Jeanne LeMoyne, elle est aussi filleule de Maisonneuve et de Jeanne Mance.&#13;
Très tôt. elle témoigne d'une grande dévotion au Saint-Sacrement et d'un attrait&#13;
marqué pour le silence et la prière. Recluse dans la maison paternelle de 18 à&#13;
32 ans, elle parfait sa réclusion le 5 août 1695 en se retirant auprès des soeurs&#13;
de la Congrégation de Notre-Dame. Jusqu'à sa mort, elle vivra dans un petit logis adossé au sanctuaire de la chapelle. Sans cesser de prier, dans le silence&#13;
absolu, elle coud et brode pour les autels ou travaille pour les pauvres.&#13;
&#13;
5&#13;
Je désire Jaire en tout le bo11 plaisir de Dieu.&#13;
K.aler.i T ek:tl•.'Whita&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Mère Marie-Anne&#13;
&#13;
Passionnée de la Gloire de Dieu, Mère Marie-Anne&#13;
fonde la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne&#13;
(S.S.A). Elle veut «faire connaître Dieu aux pauvres&#13;
enfants qui n'ont pas le bonheur de le connaître». Fidèle&#13;
à la Volonté de Dieu, elle y communie amoureusement&#13;
toute sa vie malgré les difficultés et les obstacles qu'elle&#13;
rencontre. Se faisant obéissante jusqu'à la négation de ses&#13;
droits les plus légitimes, Mère Marie-Anne «s'attache fortement à cette Volonté&#13;
de Dieu pour ne pas perdre la paix du cœur, bien précieux par dessus tous les&#13;
autres». Femme de paix, selon l'esprit des béatitudes, Mère Marie-Anne se révèle&#13;
aussi femme de pardon. Elle met en pratique la béatitude de la misérlcorde,&#13;
particulièrement à l'endroit du chapelain, avec qui elle se réconcilie avant de&#13;
mourir. Comme les femmes rassemblées autour de Jésus qu'elle donne en modèle&#13;
à ses filles. Mère Marie-Anne trouve tout son bonheur dans la compagnie du bon&#13;
Maître.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
6&#13;
En 1937, décès du frère André&#13;
(Alfred Bessette) à Montréal.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle du frère André&#13;
&#13;
La force dans la faiblesse, selon la parole de Jésus à&#13;
Paul: «Ma puissance donne toute sa mesure dans la&#13;
faiblesse» (2 Co 12,9). Habité par une foi vive et par&#13;
une totale confiance en Dieu, le frère André prie&#13;
beaucoup et associe les gens à sa prière. Il vit&#13;
constamment dans une atmosphère surnaturelle. Il sait&#13;
allier sérieux et gaieté avec un brin d' humour. Le frère&#13;
André ne se plaint jamais de ses troubles de santé ni des&#13;
nombreuses tâches qui lu[ sont imposées . Sa vie de prière s'articule de la façon&#13;
suivante: Dieu le Père, Jésus dans sa Passion, !' Eucharistie, le Sacré-Cœur. le&#13;
Saint Esprit, la Vierge Marie. et surtout saint Joseph dont il admire l'humilité et la&#13;
discrétion.&#13;
&#13;
En 1943, Kateri Tekakwitha est déclarée vénérable par le pape Pie XII.&#13;
&#13;
7&#13;
Voulo11s-uo11s que l 'mmée que nous comme11ço11s soif heureuse, e111t·o11s&#13;
d,ms l es 1111es de Dieu à notre égm·d et soyons telles qu'il nous désire.&#13;
Marie-,\J1ne&#13;
&#13;
�8&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
JANVIER&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
En 1850, ouverture de l'Asile Sainte-Madeleine par Madame Roy&#13;
(Marie-Josèphte Fitzbach), fondatrice des Soeurs du Bon-Pasteur&#13;
à Québec.&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
En 1996, Élisabeth Bergeron est déclarée vénérable par le pape&#13;
Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
La porte ,tu Ciel, c'est le Cœur de Jésus.&#13;
La clé de cette porte, c'est la prière et /'amom:&#13;
frère André&#13;
&#13;
Vous savez, la sai1lteté, ça 11'arri11e pas comme&#13;
&#13;
1111&#13;
&#13;
coup de vent.&#13;
Frère André&#13;
&#13;
10&#13;
la vie que la Sainte Vierge a menée, tout le temps qu'elle a été sur la&#13;
&#13;
terre, doit avoir ses imitatrices.&#13;
Marg u erite Bourgcoys&#13;
&#13;
Il&#13;
&#13;
14&#13;
Si la prière ne pt1rt pas 1/11 cœur qui doit êlre s011 celltre, elle 11'est qu'un&#13;
songe qui 11e produit rien, car la prière doit être tlaus la pensée, la p,irole&#13;
et / 'exéc11tio11.&#13;
Marguer i te Bourgeoys&#13;
&#13;
l"' pierre d'aimant qui m 'a attirée dans cette cellule et qui me garde&#13;
éloignée des jo1tissatlces tle la vie, c'est la personne adorable de NotreSeig11em; vùita.blement et réellement présent dans la Sainte E11cbaristie,&#13;
qui m'eng11ge à 1'e11011cer à toutes cboses pour avoir le bonheur ,te vivre&#13;
auprès de Lui : sa Personne a pom· moi un attmit il-résistible.&#13;
Jeanne Le Ber à deux visiteurs anglais&#13;
qui s'étonnent d e son style de v ie.&#13;
&#13;
12&#13;
En 1700, décès de Marguerite Bourgeoys&#13;
à Montréal.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Marguerite Bourgeoys&#13;
&#13;
Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation•&#13;
de Notre-Dame (C.N.D.), considère la Mère de Jésus&#13;
dans le mystère de sa Visitation et au milieu des&#13;
apôtres de la première commu nauté chrétienne&#13;
comme le type même de la vie apostolique féminine.&#13;
Elle et ses compagnes imitent la «vie voyagère» de&#13;
Marie par leur engagement en éducation. Elles vivent dans&#13;
une «charité cordiale», menant une «vie de simplicité, de&#13;
petitesse, de pauvreté, de dégagement de toutes choses, et d'abandon à Dieu» .&#13;
Elles sont «non-cloîtrées... vraiment religieuses, sans voile ni guimpe» , afin d'être&#13;
libres d'aller là où l'annonce de l'Évangile requiert leur présence.&#13;
&#13;
15&#13;
16&#13;
En 1848, Rosalie Cadron-Jetté, devenue «Mère de la Nativité», fonde&#13;
l'Institut des Soeurs de Miséricorde de Montréal.&#13;
En 1876, ordination épiscopale de Louis-Zéphirin Moreau, quatrième&#13;
évêque de St-Hyacinthe.&#13;
&#13;
17&#13;
18&#13;
Tous mes tréso1's i1~fiuis sont à toi. Pa1' ma ll'ès sainte Mère, do,zne-les,&#13;
tlo11ne-les au.\· limes.&#13;
Jésus à Dina BEianger&#13;
&#13;
�10&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
JANVIER&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
On gagne toujours à être bien doux dans ses expressions.&#13;
&#13;
La douceur renferme en elle un ascendant qui enlève les cœurs.&#13;
&#13;
Plus un arbre enfonce profondément ses racines dans le sol,&#13;
pluss il a de chance de grandir et de porter du fruit.&#13;
plu&#13;
&#13;
Louis-Zéphirin Moreau&#13;
&#13;
20&#13;
2°&#13;
L'esprit de Jésus persuade, convainc et attire si doucement qu’il&#13;
qu'il n'est&#13;
L’esprit&#13;
n’est pas&#13;
possible de lui rien refuser.&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
l’Incarnation&#13;
&#13;
Marie-Anne&#13;
&#13;
27&#13;
En 1794, naissance de Rosalie Cadron (Mère de la Nativité) à SaintAntoine de Lavaltrie.&#13;
Bref portrait de Rosalie Cadron-Jetté (1794-1864)&#13;
&#13;
21&#13;
21&#13;
Le cœur me dit que si jj'ai&#13;
’ai le bien dd'être&#13;
’être employé en cette mission [iroquoise], jj'irai&#13;
Sei’irai et ne reviendrai pas, mais jJe&#13;
e serai heureux si&#13;
s i Notre Sei­&#13;
gneur voulait achever le sacrifice où il l'a&#13;
l ’a commencé, et que ce peu de&#13;
sang que jj'ai&#13;
’ai répandu en cette terre ffût&#13;
û t comme les arrhes de celui que jje&#13;
e&#13;
lui donnerai de toutes les veines de mon corps et de mon cœur.&#13;
Isaac Jogues&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
Rosalie Cadran&#13;
Cadron est née et baptisée à Lavaltrie le 27 janvier 1794. Le 7 octobre&#13;
1811, à 17 ans, elle épouse Jean-Marie Jetté, âgé de 33 ans. De leur union,&#13;
naissent douze enfants dont cinq meurent en bas âge. Rosalie et Jean-Marie,&#13;
témoins d'une&#13;
d’une tendre compassion, se complètent bien dans l'éducation&#13;
l’éducation chrétienne&#13;
de leurs enfants. En juin 1832, Jean-Marie est victime du choléra. Veuve à 38&#13;
ans, Rosalie assume seule la responsabilité de ses sept enfants. Sa dernière n'a&#13;
n’a&#13;
qu'un&#13;
qu’un mois. Devant l'exceptionnel&#13;
l’exceptionnel dévouement de Rosalie, Mgr Ignace Bourget&#13;
- son guide spirituel depuis 13 ans - lui demande d'assister&#13;
d’assister les mères célibataicélibatai­&#13;
res. Le 1er mai 1845, elle fonde la Maternité de Sainte-Pélagie où elle commence&#13;
son postulat avec quelques associées. Le 26 juillet 1846, Mgr Bourget ouvre le&#13;
noviciat. Malgré l'opposition&#13;
d'une société rigoriste, l'Institut&#13;
l’opposition tenace d’une&#13;
l’Institut des Soeurs&#13;
de Miséricorde (S.M.) voit le jour le 16 janvier 1848. Dans la nuit du 5 avril 1864,&#13;
Mère de la Nativité s'éteint&#13;
s’éteint au chant des litanies de la Vierge.&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
23&#13;
Quand vous dites tout bas:&#13;
... »,&#13;
bas : «Notre Père, qui êtes aux cieux&#13;
deux...»,&#13;
Dieu a l'oreille&#13;
Voreille collée à votre bouche.&#13;
&#13;
On peu&#13;
peutt prier partout, même en travaillant,&#13;
sans qu'on&#13;
qu’on ait besoin de se rendre à l'église.&#13;
l ’église.&#13;
Frère André&#13;
&#13;
Frère André&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
24&#13;
La Sainte Vierge a reçu, avec même affection, les rois et les bergers, et ne&#13;
s'est attribuée aucun de ces honneurs qui étaient rendus à son Fils.&#13;
&#13;
Quand le cœur est ouvert au soleil de la grâce, on voit des fleurs d'une&#13;
font&#13;
bonne odeur s'épanouir, quifo&#13;
n t voir qu'on a profité de la parole de Dieu.&#13;
Marguerite Bourgeoys&#13;
&#13;
Marguerite Bourgeoys&#13;
&#13;
25&#13;
l’Incarnation) entre chez les UrsuEn 1631, Marie Guyart (Marie de l'Incarnation)&#13;
lines à Tours en France.&#13;
&#13;
30&#13;
Je suis décidée à laisser faire «tranquillement le bon Dieu». À quoi bon&#13;
tourmenter en pure perte? C'est&#13;
C’est Dieu qui conduit toutes choses et II&#13;
se touNnenter&#13;
Il sait&#13;
mieux que nous ce qu'il&#13;
qu’il nous faut.&#13;
Marie-Léonie Paradis&#13;
&#13;
�12&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
JANVIER - FÉVRIER&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
33&#13;
&#13;
31&#13;
En 1981, Marie-Léonie Paradis est déclarée vénérable par le pape&#13;
Jean-Paul Il.&#13;
II.&#13;
&#13;
Février&#13;
1&#13;
1&#13;
En 1630, Jérôme Le Royer est inspiré de fonder la Congrégation&#13;
aujourd’hui sous l'appell’appel­&#13;
des Filles de Saint-Joseph mieux connue aujourd'hui&#13;
lation des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.&#13;
Il Y&#13;
y a longtemps que le Seigneur m'a&#13;
m ’a ffait&#13;
a it connaître que vous devez être&#13;
la pierre angulaire d'une&#13;
d’une nouvelle Congrégation que nous devons ériger&#13;
e t la&#13;
à sa gloire et qui doit être dédiée à la Sainte Famille sous le nom et&#13;
protection spéciale de saint Joseph.&#13;
Jérôme Le Royer à Marie de la Ferre au début de la fondation&#13;
de la&#13;
la Congrégation&#13;
Congrégation des&#13;
des Filles&#13;
Filles de&#13;
de Saint-Joseph&#13;
Saint-Joseph en&#13;
en 1636&#13;
1636&#13;
de&#13;
&#13;
22&#13;
En 1613, naissance de Noël Chabanel à Saugues, France.&#13;
Bref portrait de Noël Chabanel (1613-1649)&#13;
no­&#13;
Noël Chabanel est né à Saugues (Haute-Loire) le 2 février&#13;
février 1613. Il entre au noviciat des Jésuites à Toulouse le 9 février 1630 et ilil devient un brillant professeur&#13;
de rhétorique.&#13;
rhétorique. Noël&#13;
Noël Chabanel&#13;
Chabanel arrive&#13;
arrive à&#13;
à Québec&#13;
Québec le&#13;
le 15&#13;
15 août&#13;
août 1643&#13;
1643 où&#13;
où ilil passe&#13;
passe un&#13;
un an&#13;
an&#13;
de&#13;
ayant&#13;
de&#13;
se&#13;
rendre&#13;
en&#13;
Huronie.&#13;
Il&#13;
est&#13;
le&#13;
seul&#13;
des&#13;
martyrs&#13;
canadiens&#13;
qui&#13;
ne&#13;
par­&#13;
avant&#13;
parvient pas&#13;
pas à&#13;
à apprendre&#13;
apprendre le&#13;
le huron.&#13;
huron. Impuissant&#13;
Impuissant à&#13;
à prêcher,&#13;
prêcher, ilil prie&#13;
prie et&#13;
et fait&#13;
fait le&#13;
le voeu&#13;
voeu héroïhéroï­&#13;
vient&#13;
que de demeurer en Huronie «afin de mourir en la croix». Au début de 1649, il se&#13;
trouvait à la mission des Pétuns quand ilil reçoit ordre de se rendre à Sainte-Marie&#13;
nie Saint-Joseph. Noël Chabanel part le 7 décembre et il est assassiné le&#13;
Il de l'lle&#13;
lendemain par un Huron apostat.&#13;
&#13;
En 1856, Marie-Josèphte Fitzbach fonde officiellement la CongréCongré­&#13;
Cœ ur Immaculé de Marie (S.C.I.M.),&#13;
(S .C .I.M .), dites&#13;
gation des Servantes du Cœur&#13;
Soeurs du Bon-Pasteur de Québec.&#13;
&#13;
- - - - -----··----·--·--&#13;
&#13;
--- - - · - - - - - -&#13;
&#13;
--------------&#13;
&#13;
4&#13;
4&#13;
En 1865, naissance de Délia Tétreault&#13;
(Mère&#13;
Tétreauit (M&#13;
ère Marie-du-Saint-Esprit)&#13;
à Marieville.&#13;
à&#13;
Bref portrait de Délia Tétreauit&#13;
Tétreault (1865-1941)&#13;
L’Église canadienne doit à Délia Tétreault&#13;
Tétreauit ses deux premières fondations mis­&#13;
L'Église&#13;
missionnaires: les Missionnaires de !'Immaculée-Conception&#13;
l’Immaculée-Conception (M.I.C.) et les Prêtres&#13;
des Missions-Étrangères (P.M.É.). Les idées novatrices de cette femme ont été&#13;
perçues comme un «remue-ménage» par les esprits de son temps. Femme&#13;
d'œuvres audacieuses; mystique dont la contemplation débouche sur un aposto­&#13;
apostod’œuvres&#13;
lat sans frontières; personnalité en qui s'harmonisent&#13;
s’harmonisent force et tendresse: telle&#13;
apparaît Délia Tétreault.&#13;
Tétreauit. En tout, elle demeure fidèle à !'Esprit&#13;
l’Esprit Saint. Malgré la&#13;
faible santé dont elle fut toujours affligée, Délia Tétreault&#13;
Tétreauit a su faire fructifier les&#13;
d'action de&#13;
talents dont elle était douée. Elle a suscité à travers le monde un élan d’action&#13;
d'apostolat missionnaire. Sa communauté œuvre aujourd’hui&#13;
aujourd'hui dans quagrâce et d’apostolat&#13;
qua­&#13;
torze pays et compte dix-sept nationalités parmi ses membres.&#13;
&#13;
55&#13;
faut&#13;
Il fa&#13;
u t aller tout simplement au bon Dieu, lui faire part de toutes nos&#13;
petites affaires, comme à un père ou à une mère qu’&#13;
on aime et dont on&#13;
qu'on&#13;
se sent aimé.&#13;
Délia Tétreauit&#13;
Tétreault&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
7&#13;
1&#13;
En&#13;
1840, naissance&#13;
naissance de&#13;
Marie Élisabeth&#13;
Élisabeth Turgeon&#13;
Turgeon à&#13;
En 1840,&#13;
de Marie&#13;
à Beaumont.&#13;
Beaumont.&#13;
Bref portrait de Marie Élisabeth Turgeon (1840-1881)&#13;
Marie Élisabeth Turgeon, fondatrice des Soeurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire&#13;
jeu(R.S.R.), exerce sa mission dans l'instruction&#13;
l’instruction et l'éducation&#13;
l’éducation chrétienne des jeu­&#13;
nes dans les milieux défavorisés. Elle a toujours eu une prédilection pour les&#13;
&#13;
�14 PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
enfants. Au foyer familial, elle prenait soin de ses jeunes sœurs. Devenue institutrice, elle fait preuve d'aptitudes exceptionnelles pour l'éducation en même temps&#13;
que d'une grande maturité humaine et spirituelle. C'est pourquoi Mgr Jean Langevin lui demande de collaborer à l'œuvre d'éducation qu'il a entreprise dans&#13;
son diocèse. Placée à la tête d'un groupe de femmes qui, tout en se préparant à&#13;
tenir des écoles, désirent comme elle être religieuses, Élisabeth attend plus de&#13;
quatre années la réalisation de son idéal de consécration totale au Seigneur. Pour&#13;
la stabilité de l'œuvre, devenir religieuse est pour elle une condition indispensable. Sa foi profonde, son courage, sa patience et sa ténacité lui permettent de&#13;
vaincre tous les obstacles.&#13;
&#13;
FÉVRIER&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
Il&#13;
12&#13;
Son humilité était si profonde qu'il s'estimait toujours serviteur inutile,&#13;
quoique doué d'esprit et de pénétration pour les arts.&#13;
Témoignage recueilli sur le frère Didace Pelletier&#13;
&#13;
8&#13;
En 1829, naissance de Vital Grandin à Saint-Pierre-sur-Orthe&#13;
(Sarthe), France.&#13;
Bref portrait de Mgr Vital Grandin (1829-1902)&#13;
&#13;
Né le 8 février à Saint-Pierre-sur-Orthe en France, Vital est consacré à Marie dès&#13;
son baptême. Il fut berger jusqu'à son entrée au noviciat des Oblats de Marie&#13;
Immaculée (O.M.I.) à Notre-Dame-de-l'Osier le 28 décembre 1851. Il prononce&#13;
ses voeux perpétuels le 1er janvier 1853. Il est ordonné prêtre à 25 ans à Marseille par le fondateur des Oblats de Marie Immaculée, Eugène de Mazenod. La&#13;
même année, en 1854, on l'envoie dans les missions du Grand-Nord canadien.&#13;
Ordonné évêque à 30 ans, Vital Grandin devient le premier titulaire du diocèse&#13;
de Saint-Albert en Alberta créé le 22 septembre 1871. Il est le bon berger, attentif, dévoué. Dans ses courses incessantes pour rejoindre les chrétiens, il se déplace en traîneau à chiens ou en canot. Il endure le froid, la famine, la vermine,&#13;
les moustiques, etc. Il souffre de l'opposition des protestants, de la déchéance&#13;
des tribus amérindiennes et des promesses stériles des gouvernements. Il aime&#13;
s'appeler «l'évêque sauvage». Après une carrière missionnaire de 48 ans, il décède avec une réputation de sainteté le 3 juin 1902.&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
13&#13;
Ne craignez rien, tant que vous serez entourées des pauvres, la Providence&#13;
sera votre nourrice et votre fidèle économe; rien, croyez-le, ne vous manquera.&#13;
Émilie Gamelin&#13;
&#13;
14&#13;
Mon Dieu! Qu'aimerions-nous donc, si nous n'aimions pas l'Amour.&#13;
Marie Fitzbach&#13;
&#13;
15&#13;
À cette heure et à toutes les heures du jour et de la nuit, que le Bon Jésus&#13;
&#13;
soit dans mon cœur. Béni soit le moment dans lequel mon Sauveur s'est&#13;
incarné, est mort et est ressuscité pour sauver les âmes.&#13;
Émilie Gamelin&#13;
&#13;
16&#13;
-------------------------------&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
En 1862, naissance d'Ovide Charlebois à Oka.&#13;
&#13;
Ayons toujours en vue la sainte présence de Dieu et rien ne nous paraîtra&#13;
trop difficile ou impossible.&#13;
Élisabeth Turgeon&#13;
&#13;
Bref portrait de Mgr Ovide Charlebois (1862-1933)&#13;
&#13;
Fils de cultivateur, Ovide naît le 17 février 1862 à Oka. Grâce à la générosité&#13;
d'une bienfaitrice, il peut faire des études et entrer chez les Oblats de Marie&#13;
Immaculée. Il devient prêtre en 1887 à 25 ans. On l'envoie alors au Keewatin,&#13;
&#13;
�16&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
FÉVRIER&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Manitoba-Nord. Ordonné évêque à 48 ans, il choisit comme devise: «À Jésus&#13;
par Marie». Suite à l'initiative de Mgr Charlebois, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus sera désignée patronne des missions. Tout comme Mgr Vital Grandin, Mgr&#13;
Charlebois redoute de devenir fou à cause de l'isolement et des privations du&#13;
Grand Nord canadien. Il trouve bien lourde sa charge de pasteur, et épuisants,&#13;
les interminables et dangereux voyages en traîneau à chiens ou en canot. On l'a&#13;
surnommé l'évêque errant. Martyr du devoir, Mgr Ovide Charlebois décède à 71&#13;
ans. Sa cause est introduite à Rome en 1952.&#13;
&#13;
18&#13;
19&#13;
En 1800, naissance d'Émilie Tavernier (Mère Émilie Gamelin) à&#13;
Montréal.&#13;
Bref portrait d'Émilie Tavernier (1800-1851)&#13;
&#13;
Fille d'un milieu modeste, où la foi et la pratique chrétienne se côtoient, Émilie&#13;
Gamelin, fondatrice des Soeurs de la Providence (S.P.), parcourt les divers états&#13;
de la condition féminine. Émilie Tavernier naît à Montréal le 19 février 1800. Elle&#13;
est gratifiée plus particulièrement d'un amour ardent pour les personnes les plus&#13;
abandonnées. Toute jeune. elle aime distribuer des aumônes aux pauvres. Sa foi&#13;
héroïque se manifeste par la continuité de son action et par son espérance. Le 4&#13;
juin 1823, Émilfe Tavernier épouse Jean-Baptiste Gamelin. Après avoir vécu le&#13;
deuil de ses trois enfants et la perte de son mari, le 4 mars 1828, Émilie Gamelin&#13;
f?nde un refuge pour accueillir les pauvres. En 1843, Mgr Ignace Bourget autorise la prise d'habit des premières postulantes et le 25 mars l'Institut de la Providence est fondé officiellement. Mère Gamelin s'illustre par son invincible confiance en la Providence. Sa charité est féconde en oeuvres de bienfaisance et se&#13;
concrétise au pr1x d'un oubli complet de soi. Le 23 septembre 1851 Émilie Gamelin meurt du choléra.&#13;
'&#13;
&#13;
20&#13;
En_ 1845, Élisabeth Bruyère, Sœur Grise de Montréal (S.G.M.) et&#13;
trois compagnes religieuses arrivent à Bytown (Ottawa).&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
21&#13;
En 1699, décès du frère Didace Pelletier&#13;
à Trois-Rivières.&#13;
Tralits majeurs de la vie spirituelle&#13;
du frère Didace Pe lletier&#13;
&#13;
«Lat règle de vie des Frères Mineurs est la suivante:&#13;
observer le saint Évangile de notre Seigneur Jésus&#13;
Christ, en vivant dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté.» Le frère Didace Pelletier,&#13;
récollet, disait aimer «mieux mourir dix ans plus tôt et avoir&#13;
la consolation d'avoir observé sa Règle que de vivre dix ans&#13;
de plus et d'avoir à se reprocher de s'être épargné. Son obéissance était parfaite&#13;
dams les petites choses comme dans les plus grandes et sa pauvreté extrême.»&#13;
Quant à la chasteté : &lt;• Il a conservé toute sa vie non seulement la première ferveur de son noviciat, mais encore la première grâce de son baptême. Son humilité était si profonde qu'il s'estimait toujours serviteur inutile quoique doué de&#13;
bea1ucoup d'esprft et de pénétration pour les arts.» Dans sa dévotion eucharistique:, «il portait un si grand respect aux prêtres et à tout ce qui pouvait les regarder qu'il voulait céder le pas même aux novices clercs, les fêtes et les dimanche,s, il servait autant de messes qu'il pouvaît ( ... ). Il avait une grande et solide&#13;
dévotion à la très sainte Vierge, Mère de Dieu, il lui rendait continuellement des&#13;
tribiuts comme un esclave à sa maîtresse (... ). Il a vécu d'une manière si religieIJse et si édifiante au dedans et au dehors du cloitre que, après sa mort, étant&#13;
connu dans tout le pays, un chacun disait qu'il s'étonnerait plus s'il ne faisait pas&#13;
de miracles que de lui en voir faire.»&#13;
&#13;
2,,,&#13;
&#13;
l..1&#13;
&#13;
Je me suis mise en présence du Seigneur&#13;
et j'ai mis ma confiance en sn grande miséricorde.&#13;
Énlilic Ga.mdin&#13;
&#13;
23&#13;
Pro dig11ez vos tendresses et 110s sourires, semez le boubeur à pleines 111ai11s;&#13;
c'e~ll eucore I.e pain qui manque le plus sur uotre pauvre terre.&#13;
1&#13;
&#13;
Dél ia Tétreault&#13;
&#13;
Tous les bieus de la terre n 'npproc/Jeut pas rlu boubeur rie vilire bien unis.&#13;
Mricgueritc d'Yo u\'ille&#13;
&#13;
�18&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
FÉVRIER- MARS&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
25&#13;
Incomparable Marie! Qui avez tant aimé Jésus,&#13;
faites que je l'aime comme vous sans partage et à jama~.&#13;
Elisabeth Turgeon&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
En 1876, naissance de Victor Lelièvre (Père Lelièvre) à Vitré, France.&#13;
&#13;
27&#13;
En 1642, lors d'une célébration à l'église Notre-Dame de Paris, les&#13;
membres de la Société de Notre-Dame consacrent l'île de Montréal&#13;
à la sainte Famille sous la protection particulière de la Vierge Marie.&#13;
&#13;
28&#13;
Comme le bon Dieu est bon! Ces guérisons font du bien à la personne qui&#13;
est guérie et aux autres qui en entendent parler. Cela augmente leur foi.&#13;
Frère André&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
Bref portrait de Victor Lelièvre (1876-1956)&#13;
Victor Lelièvre naît le 4 mars 1876 à Vitré en France. Après avoir travaillé cinq&#13;
ans dans une imprimerie, il entre au noviciat des Oblats de Marie Immaculé à&#13;
Angers en France en 1806. Il est ordonné prêtre le 24 juin 1902. En 1903, il quitte&#13;
la France et est envoyé à la paroisse Saint-Sauveur. Il arrive à Québec le 8 juin&#13;
de cette même année. On lui confie !'Heure Sainte des ouvriers. Constatant le&#13;
peu de monde qui y assistait, le père Lelièvre se rend dans les usines pour parler aux ouvriers et les inviter à venir à l'église immédiatement après leur travail&#13;
tout en demeurant en habit de travail. En 1908, le Père Lelièvre installe une grande&#13;
statue du Sacré-Cœur devant l'église Saint-Sauveur. En 1910, il organise une&#13;
première procession du Sacré-Cœur dans les rues de la ville de Québec. Neuf&#13;
ans plus tard, il fonde le Comité du Sacré-Cœur: ces hommes s'engagent à assister à la messe quotidienne, à réciter le rosaire tous les jours et à assister à&#13;
une heure sainte mensuelle. Il leur confie mille et une tâches en lien avec la&#13;
dévotion au Sacré-Cœur. Le 7 octobre 1923, il fonde l'œuvre de sa vie: la Maison Jésus-Ouvrier, centre de retraites fermées pour les ouvriers. Dans cette&#13;
maison, il prêchera à 75 000 retraitants au cours de sa vie. Il décède à Québec&#13;
le 29 novembre 1956.&#13;
&#13;
5&#13;
Mars&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
1&#13;
Sourire à l'amour. .. Rayonner la joie.&#13;
Dina Bélanger&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
ô mon Dieu, que n'êtes-vous connu! Que ce pays barbare n'est-il tout&#13;
converti à vous! Que le péché n'est-il aboli! Que n'êtes-vous aimé! Oui,&#13;
mon Dieu, si tous les tourments que les captifs peuvent endurer en ces&#13;
pays, dans la cruauté des supplices, devaient tomber sur moi,je m'y offre&#13;
de tout mon cœur, et moi seul je les souffrirai.&#13;
Jean de Brébeuf&#13;
&#13;
Avec Dieu, rien ne se perd.&#13;
Marguerite d'Youville&#13;
&#13;
�20 PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
MARS&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
Tout ce que la main de Dieu fait nous sert 1ulmimbleme11t, quoique nous&#13;
n'en 'Vo_yio11s pas sitôt les effets.&#13;
&#13;
En 1665, Mgr de Laval érige par mandement la fondation de la Confrérie de la Sainte Famille. Cette Confrérie a pour but d'honorer la&#13;
Sainte Famille en la proposant comme modèle et exemple aux familles présentes en Nouvelle-France.&#13;
&#13;
fr.mçois de Laval&#13;
&#13;
8&#13;
Il faut ·v eiller à ce que 11,otre zèle et ,zotre désir du bien soient toujours&#13;
accompagnés de la plus tendre cbarité.&#13;
Louis-Zéphirin Moreau&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
15&#13;
Avoir une grmule prudeuce pour le cbofr et l'ordre des choses qu'il faut&#13;
faire, soit pour éclafrer l 'e11/e11deme11/. soit pour flécbfr ltl volonté; tout&#13;
ce qui ne porte point là sont paroles perdues.&#13;
Fr,m çoi s de Laval&#13;
&#13;
10&#13;
Je n'ai rien à crai11dre pom· mes filles tant qu'elles auront l'esprit de&#13;
prière et cette foi vive qui fait des merveilles.&#13;
Élisabeth Bruyère&#13;
&#13;
16&#13;
En 1649,&#13;
Jean de Brébeuf&#13;
est martyrisé en Huronie.&#13;
&#13;
11&#13;
Mon camr tlébonle de grâce pour les âmes.&#13;
Ame1iez-Les à mon Cœ111· Eucbaristique.&#13;
Jésus à Dinn Bélanger&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
17&#13;
En 1649, Gabriel Lalemant est martyrisé&#13;
en Huronie.&#13;
&#13;
L'Éva.11gile est le passe-partout du Bon Dieu,.&#13;
Victor Lelièvre&#13;
&#13;
13&#13;
En 1989, Dina Bélanger est déclarée vénérable par le pape JeanPaul 11.&#13;
&#13;
18&#13;
À l'e~:emple de Marie, il 11011s faudra .fnmcbir mon/agiles et vallées pour&#13;
secourh- le cber procbnin, el 110/re vie 11e sera plus désormais qu'tm loug&#13;
MAGNIFICA'/'.&#13;
Délia Té treaull aux novîC1.::;&#13;
&#13;
�22&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
MARS&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
Fête de saint Joseph, patron principal du Canada&#13;
&#13;
Ne séparez jamais le Fils de la Mère, ayez une confiance vraiment filiale&#13;
envers Marie, et par elle, allez à Jésus.&#13;
&#13;
En 1624, saint Joseph est déclaré «patron du Canada» ou de la Nouvelle-France grâce principalement à l'œuvre des missionnaires récollets.&#13;
&#13;
En 1818, naissance d'Élisabeth Bruyère à !'Assomption.&#13;
&#13;
Marcelle Mallet&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
Bref portrait d'Élisabeth Bruyère (1818- 1876)&#13;
&#13;
Élisabeth Bruyère est femme au cœur de feu qui se voue au soulagement de&#13;
toute misère. En 1845, âgée de 26 ans, elle se voit confier une lourde mission à&#13;
Bytown (Ottawa), petite localité à triste réputation et centre de ravitaillement des&#13;
chantiers. Avec détermination et compétence, elle y fait œuvre de pionnière. Elle&#13;
se donne sans compter à l'enseignement bilingue et dispense des soins aux&#13;
malades à domicile et à l'hôpital. Élisabeth Bruyère accueille des orphelins et&#13;
des vieillards et porte secours aux pauvres. Audacieuse et forte, elle surmonte&#13;
maintes difficultés. Elle doit vivre séparée de sa congrégation d'origine, les Soeurs&#13;
Grises de Montréal. Elle besogne avec un personnel restreint, peu d'argent et au&#13;
sein de tensions communautaires, sociales et diocésaines. Le 4 septembre 1854,&#13;
dans une lettre, les Soeurs Grises de Montréal annoncent la séparation définitive&#13;
avec les ~oeurs Grises d'Ottawa, nouvelle congrégation confiée à sœur Elisabeth&#13;
Bruyère. A sa mort, survenue le 5 avril 1876, les Soeurs de la Charité d'Ottawa&#13;
sont présentes au Canada et aux États-Unis et sont réparties en une vingtaine&#13;
d'oeuvres éducatives et caritatives.&#13;
&#13;
Jean de Brébeuf est né le 25 mars 1593 à Condé-sur-Vire en Normandie. Il entre&#13;
chez les Jésuites à Rouen en 1617. Son premier séjour en Nouvelle-France a&#13;
été vécu de 1625 à 1629 où il est missionnaire auprès des Montagnais et des&#13;
Hurons. Jean de Brébeuf retourne en France après la prise de Québec par les&#13;
frères Kirke. Il revient en Huronie en 1634 où il est supérieur-fondateur de la&#13;
mission huronne jusqu'en 1638. Il fait voeu de mourir martyr. De 1641 à 1644, il&#13;
est procureur de la mission huronne à Québec. Reconnu comme premier mystique de la Nouvelle-France, le 16 mars 1649, Jean de Brébeuf est martyrisé en&#13;
Huronie.&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
En 1679, Kateri Tekakwitha prononce en privé le voeu de virginité&#13;
et se consacre à Notre-Dame qu'elle aime éperdument.&#13;
&#13;
En 1993, Dina Bélanger (religieuse de Jésus-Marie) est béatifiée&#13;
par le pape Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
21&#13;
En 1993, Claudine Thévenet, fondatrice des Religieuses de JésusMarie, est canonisée par le pape Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
25&#13;
En 1593, naissance de Jean de Brébeuf à Condé-sur-Vire, Normandie.&#13;
Bref portrait de Jean de Brébeuf (1593-1649)&#13;
&#13;
En 1843, fondation officielle de l'Institut de la Providence par Émilie&#13;
Gamelin.&#13;
&#13;
26&#13;
En 1663, Monseigneur François de Laval signe l'acte de fondation&#13;
du Séminaire de Québec.&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
En 1805, naissance de Marcelle Mallet à la Côte-des-Neiges, Montréal.&#13;
&#13;
Pour le moment, contentons-nous de ce que la Providence envoie&#13;
et ayons confiance en elle pour l'avenir.&#13;
&#13;
Bref portrait de Mère Marcelle Mallet (1805-1871)&#13;
&#13;
Élisabeth Bruyère&#13;
&#13;
Marcelle Mallet naît dans une famille modeste mais très chrétienne. Ses parents&#13;
déménagent à I' Assomption peu après sa naissance. Le 6 mai 1824, elle entre&#13;
au Noviciat des Soeurs Grises de Montréal. Après deux années de formation,&#13;
&#13;
�24 PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Marcelle Mallet s'engage dans la vie religieuse le 18 mai 1826. Entre 1826 et&#13;
1849, différents emplois lui sont confiés. Elle met tous ses dons et toute sa bonne&#13;
volonté à remplir sa mission en communiant toujours plus profondément à la&#13;
spiritualité compatissante de Marguerite d'Youville qu'elle aime de tout son cœur.&#13;
Quand Marcelle entend la demande de l'archevêque de Québec, Mgr Signay,&#13;
elle souhaite voir des Soeurs Grises prendre en charge l'orphelinat de la rue des&#13;
Glacis à Québec. Elle arrive dans la capitale avec quatre jeunes religieuses et&#13;
une novice le 22 août 1849 pour fonder les Soeurs de la Charité de Québec&#13;
(S.C.Q.). La qualité qui décrit le mieux Mère Mallet est sa bonté. Peu de temps&#13;
après son arrivée à Québec, les gens la nomment «la bonne Mère Mallet». Elle&#13;
décède le 9 avril 1861, un matin de Pâques, selon son désir: «Que je serais&#13;
heureuse de fêter Pâques au ciel!».&#13;
&#13;
En 1983, ouverture de la cause de Mère Mallet dans le diocèse de&#13;
Québec.&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
MARS -AVRIL&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
1&#13;
En 1824, naissance de Louis-Zéphirin Moreau à Bécancour.&#13;
Bref portrait de Monseigneur Louis-Zéphirin Moreau (1824-1901)&#13;
&#13;
Monseigneur Louis-Zéphirin Moreau est le premier évêque canadien qui accède&#13;
à la béatification. Dès son plus jeune âge, on devine chez lui l'appel au sacerdoce. De santé délicate, son parcours scolaire est ardu et sa vocation est éprouvée rudement. Mgr Ignace Bourget le prend sous sa protection. Dans la cathédrale de Montréal, Louis-Zéphirin Moreau est ordonné prêtre par Mgr Bourget en&#13;
1846. En 1852, il est nommé secrétaire de Mgr Jean-Charles Prince, premier&#13;
évêque de Saint-Hyacinthe. En 1876, il devient le quatrième évêque de SaintHyacinthe. Monseigneur Moreau aime les pauvres. Aussi, on l'appelle à juste titre: «le bon Monseigneur Moreau». li est co-fondateur des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe et des Soeurs de Sainte-Marthe. li meurt le 24 mai 1901.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
28&#13;
Aimons et chérissons la Sainte Vierge comme notre Mère; confions-lui&#13;
toutes nos peines, tous nos projets. Faisons-la connaître à ceux que nous&#13;
avons l'occasion de voir et d'entretenir.&#13;
Marcelle Mallet&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
Dieu est ma force, mon appui, mon espérance et l'âme de mes désirs,&#13;
pourvu qu'il soit content, je le suis et ne veux vivre et souffrir que pour&#13;
Lui dans l'accomplissement de sa très sainte volonté.&#13;
Catherine de St-Augustin&#13;
&#13;
3&#13;
En 1758, naissance d'André Grasset à Montréal.&#13;
&#13;
Continuez à faire toujours vaillamment l'œuvre du Seigneur;&#13;
une belle récompense vous attend là-haut.&#13;
Élisabeth Bergeron&#13;
&#13;
30&#13;
Ayons toujours en vue la sainte présence de Dieu et rien ne nous paraîtra&#13;
trop difficile ou impossible.&#13;
Élisabeth Turgeon&#13;
&#13;
31&#13;
Ne négligez point le soin des pauvres.&#13;
Marcelle Mallet&#13;
&#13;
Bref portrait d'André Grasset (1758-1792)&#13;
&#13;
Né à Montréal le 3 avril 1758, fils d'André Grasset senior et de Marie-Josèphte&#13;
Quesnel, André Grasset est le deuxième de leurs cinq enfants. Après la fin du&#13;
régime français de 1760, la famille Grasset retourne en France et arrive à Calais&#13;
le 9 décembre 1764. André Grasset junior a six ans et demi. li fréquente le collège Sainte-Barbe à Paris. En 1772, la famille s'installe à Sens, au sud de Paris.&#13;
André a 14 ans. Ses études classiques terminées, il s'oriente vers le sacerdoce.&#13;
À 23 ans, il est nommé chanoine de la cathédrale de Sens et il est ordonné prêtre à 25 ans. En 1789, éclate la Révolution française. En 1790, l'Assemblée nationale constituante supprime les chapitres de cathédrales et André Grasset&#13;
avec ses confrères doit se rendre à Paris. li est alors arrêté et on le conduit à la&#13;
prison des Carmes, l'actuel Institut catholique de Paris. Le 2 septembre 1792,&#13;
devant son refus de souscrire à la Constitution civile du clergé, comme 191 de&#13;
ses confrères, il est tué à bout portant. André Grasset n'a que 34 ans.&#13;
&#13;
�26&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
AVRIL&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
En 1876, décès d'Élisabeth Bruyère&#13;
à Ottawa.&#13;
&#13;
Nous sommes votre p ère, nous a urons p our vous l'amour et l a tendresse&#13;
que dontze ce ti h'e.&#13;
&#13;
Traits maj eurs de la vie spirituelle&#13;
&#13;
Lo uis-Zéphirin M o reau&#13;
&#13;
5&#13;
En 1676, baptême de Kateri Tekakwitha&#13;
Bret portrait de Kateri Tekakwitha (1656-1 680)&#13;
&#13;
En 1656, à Auriesville, New-York, Kateri Tekakwitha naît d'une mère algonquine&#13;
chrétienne et d'un père agnier. En 1675, Jacques de Lamberville, jésuite, prend&#13;
la direction de la Mission Saint-Pierre de Gandaouagué. Kateri confie à ce pasteur le secret de son cœur: devenir chrétienne 1 Six mois plus tard, le dimanche&#13;
de Pâques 1676, le missionnaire la baptise à l'âge de vingt ans. Jusqu'à ce&#13;
moment-là, on l'appelait Tekakwitha. Au baptême, elle reçoit le prénom de Catherine, en iroquois Kateri. Au cours de l'automne 1677, pour éviter la persécution, Kateri s'évade de son canton agnier pour aller vivre à la Mission FrançoisXavier sur le Saint-Laurent. Le 25 mars 1679, elle prononce en privé le voeu de&#13;
virginité et décide de se consacrer à Notre-Dame qu'elle aime éperdument. Grâce&#13;
à son intercession, partout à travers la Nouvelle-France, les Indiens et les colons&#13;
commencèrent presque aussitôt après sa mort, survenue en 1680, à obtenir des&#13;
faveurs du Ciel.&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
d'Élisa beth Bruyère&#13;
&#13;
La v ie spirituelle d'Élisabeth Bruyère plonge ses&#13;
racines dans l'esprit de Marguerite d'Youville. Nourrie&#13;
de cette sève, source d'élan filial vers le Père, la&#13;
Servante de Dieu manifeste la ferveu r de son amour&#13;
dans une recherche constante de la volonté de Dieu .&#13;
Dans la foi, elle y adhère en réponse aux appels qui la&#13;
livre.nt au service du prochain. Devant les exigences et&#13;
les difficultés des oeuvres à entreprendre et à maintenir, elle&#13;
puise force et persévérance dans une inébranlabl~ confiance&#13;
,&#13;
.&#13;
en la Dlvine Providence. Femme de prière, fille de l'Eglise, son audace de temoin&#13;
de l'Évangile s'appuie sur une grande intimité avec le Christ. La ?l~c~ de Mane&#13;
dans sa spiritualité est celle d'une mère attentive, secourable, veneree.&#13;
&#13;
6&#13;
Le bon Dieu sait ce qu'il f ait&#13;
et j e m'abmul01me bumble111e11t à sa sa i11te Volonté.&#13;
Élisabeth Bruyère&#13;
&#13;
En 1864, Rosalie Cadron-Jetté&#13;
décède à Montréal.&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Rosalie Cadron-Jetté&#13;
&#13;
Saint Joseph est notre plus gram/ po11r1Joye111;&#13;
c01ifio11s-11011s e11 ln Providence el prions.&#13;
&#13;
Par sa vie , Rosalie Cadron-Jetté incarne les&#13;
Béatitudes. Elle est la femme du ,, Notre-Père». C'est&#13;
ainsi que se résume sa spiritualité. À la suite de Jésus,&#13;
elle embrasse joyeusement la pauvreté, les mépris,&#13;
les humiliations pour sauver du désespoir les filles&#13;
enceintes. La maîtrise d'elle-même la rend capable&#13;
d'aimer les personnes qui rejettent son œuvre d'assistance .......___&#13;
à la mère cé libata fre et à son enfant. On l' accuse&#13;
«d'encou rager le vice ». Elle porte ses souffrances mora les, physiques et&#13;
apostoliques en union avec Jésus. Fondatrice des Soeurs de la Miséricorde, elle&#13;
vit la miséricorde avec un amour de tendresse et de compassion, surtout auprès&#13;
des femmes en détresse et de leurs enfants. Elle encourage les mères célibataires&#13;
à aimer la vie et à la faire grandir dans le respect et la liberté. Rosalie CadronJetté est une femme de foi et d'espérance, elle souhaite que «vive la vie&gt;&gt; .&#13;
&#13;
Élisabeth Bergeron&#13;
&#13;
8&#13;
Mes e11ftm ts,&#13;
,&#13;
le bien que le bo11 Die11, 110 11s rlon,ie n'est p as a 11011s;&#13;
il 1zous l'ôte qumul i l lui plaît.&#13;
Soyons 1lo11c beu.reu.'\· tle tout ce qui 11011s arrille&#13;
et sachons en remercier Dieu; c'est le secret du boubeur.&#13;
&#13;
_&#13;
&#13;
Rosalie CadronJecte&#13;
&#13;
�28&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
AVR IL 29&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
En 1861, décès de Marcelle Mallet à Québec.&#13;
&#13;
Confiez tout&#13;
&#13;
fm&#13;
&#13;
Bo11 Dieu, il va tout arm11ger avec sa bonté de Père.&#13;
Élisabeth Bergeron&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Marcelle Mallet&#13;
&#13;
Héritière de Marguerite d'Youville, comme elle,&#13;
Marcelle Mallet, fondatrice des Soeurs de la Charité&#13;
de Québec, a une confiance inébranlable en la Divine&#13;
Providence. Elle se distingue de Marguerite d'Youville&#13;
par sa dévotion au Cœur de Jésus. Le mystère de&#13;
l'amour du Christ pour le Père et pour les hommes semble avoir particulièrement marqué sa vie spirituelle. Après&#13;
sa mort, quelques bouts de papiers ont été trouvés sur lesquels&#13;
elle avait écrit ces mots: «Allons en toutes nos peines, nous consoler dans le&#13;
divin Cœur de Jésus, siège de toutes les vertus. Si j'aime le Cœur de Jésus, rien&#13;
ne me coûtera». Mère Mallet a aussi une dévotion profonde envers Marie, la Mère&#13;
de Dieu . Pour elle, contempler et prier Marie, c'est le meilleur moyen de connaître et d'aimer son divin Fils. La vie de Marcelle Mallet se résume ainsi: écoute de&#13;
Dieu, accomplissement de sa volonté, amour des pauvres.&#13;
&#13;
15&#13;
16&#13;
La Sœur de la Cbarité, qui est-e lle sillon u11e mère pour les pa11lJres e t les&#13;
tlélaissés tle ce momie?&#13;
Élisabeth Bruyère&#13;
&#13;
17&#13;
En 1620, naissance de Marguerite Bourgeoys à Troyes, France&#13;
Bref portrait de Marguerite Bourgeoys (1620-1700)&#13;
&#13;
10&#13;
11&#13;
En 1861 , Catherine-Aurélie Caouette fonde à St-Hyacinthe une nouvelle communauté contemplative, les Adoratrices du Précieux-Sang.&#13;
&#13;
12&#13;
Nous sommes votre évêque et nous dépenserous toutes nos forces et nous&#13;
llOllS 11sem11s pour VOIIS.&#13;
Louis-Zéphirin Moreau&#13;
&#13;
13&#13;
La Providence ne nous fait jamais attendre; à mesure que 11011s 1mtltiplions les bonnes oeuvres, le bon Dieu multiJJle les ftm11ônes.&#13;
Élisabeth Bruyèr&lt;::&#13;
&#13;
À l'âge de 20 ans. touchée en voyant une image de pierre de la Vierge, Marguerite Bourgeoys décide de se donner au service de Dieu. En 1653, elle accepte&#13;
d'aller à Ville-Marie, terre missionnarre. Rassurée par le «Va, je ne t'abandonnerai pas» de la Vierge, elle quitte la France. Sous la conduite de Monsieur de&#13;
f:'1aisonneuve, elle va porter l'Évangile aux premières nations du Nouveau-Monde.&#13;
A Montréal, elle ouvre la première école et fonde la Chapelle Notre-Dame-deBon-Secours. Marguerite Bourgeoys donne naissance à la Congrégation de N?treDame, première communauté de femmes non-cloîtrées en Amérique. Arme et&#13;
confidente des premiers Montréalistes, elle porte bien le nom qu'ils l~ i ?onn~~-t&#13;
de &lt;,Mère de la colonie». Après sa mort, le 12 janvier 1700, on la venere deJa&#13;
comme «sainte Marguerite du Canada». Elle a été canonisée le 31 octobre 1982 •&#13;
&#13;
En 1680, décès de Kateri Tekakwitha&#13;
en Nouvelle-France.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Kateri Tekakwitha&#13;
&#13;
Dès son bas âge, même avant son baptême, Kateri&#13;
contemple son Dieu créateur en tout. On l'appelle «la&#13;
Mystique des Forêts». Kateri a une foi profonde qui&#13;
la fait déjà vivre comme un ange. Ses Pères spirituels&#13;
n'hésitent pas à la comparer aux meilleurs chrétiens&#13;
de la primitive Église. Sa douceur inaltérable, son&#13;
&#13;
�30&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
humilité, sa bonté foncière, sa bonne humeur et même un certain humour gagnent rapidement le cœur de toute la population. Ayant fait un voeu de virginité&#13;
à Marie, Mère du ciel, elle mène une vie de pureté. Avant de mourir, elle dit comment du haut du ciel, elle continuera à aider les siens. Grâce à son intercession,&#13;
partout à travers la Nouvelle-France, les Indiens et les colons obtiennent aussitôt&#13;
après sa mort des faveurs du Ciel et même des miracles.&#13;
&#13;
18&#13;
En 1809, naissance de Marie-Esther Sureau dit Blondin (Mère&#13;
Marie-Anne) à Terrebonne.&#13;
Bref portrait de Marie-Esther Blondin (1809-1890)&#13;
Analphabète à l'âge de 22 ans, Esther Blondin s'inscrit au Pensionnat de&#13;
Terrebonne pour y apprendre à lire et à écrire. Devenue institutrice, elle découvre que l'une des causes de l'analphabétisme est un règlement d'Église. Ce règlement interdit aux femmes d'enseigner aux garçons et aux hommes d'enseigner aux filles. En 1848, avec l'audace du prophète, elle demande à Mgr Bourget&#13;
de fonder une Congrégation «pour l'instruction des enfants pauvres des campagnes dans les écoles mixtes que l'État permet». La Congrégation des Soeurs de&#13;
Sainte-Anne (S.S.A.) est fondée le 8 septembre 1850. Devenue Mère Marie-Anne,&#13;
Esther connaît le sort tragique souvent réservé aux prophètes. Dès 1854, l'évêque lui demande de démissionner comme supérieure à cause de difficultés avec&#13;
le_ chapelain. Malgré les persécutions dont elle est victime, Mère Marie-Anne&#13;
defend toujours les droits des soeurs et des élèves. Elle termine sa vie dans un&#13;
silence fécond qui assure la vie de sa Congrégation.&#13;
&#13;
AVRIL&#13;
&#13;
31&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
22&#13;
Je vous nomme toutes, une à une, aux pieds de Notre-Seigneur, et je le prie&#13;
de vous bénir ainsi que vos chers élèves.&#13;
Élisabeth Bergeron&#13;
&#13;
23&#13;
En 1989, Marie-Catherine de Saint-Augustin est béatifiée par le pape&#13;
Jean-Paul 11.&#13;
&#13;
24&#13;
Il me semble que je ne veux, ou ne veux vouloir autre chose que l'accomplissement de sa sainte volonté. J'y trouve ma paix et mon repos et une&#13;
joie qui ne peut être ravie de qui que ce soit au monde.&#13;
Catherine de St-Augustin&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
En 1845, fondation officielle de la Communauté des Soeurs de la&#13;
Charité d'Ottawa par Élisabeth Bruyère.&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
19&#13;
Cnntinuez d'être romme par le passé remplies de charité les unes pour les autres,&#13;
que votre petite maison soit l'image du ciel où la paix n'est jamais troublée.&#13;
&#13;
En cette année sainte, ne devons-nous pas nous serrer près de la croix, cet&#13;
arbre béni aux fruits savoureux et tout pleins d'éternité.&#13;
Élisabeth Bergeron&#13;
&#13;
Marcelle Mallet&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
20&#13;
La régularité est comme le gouvernail qui maintient la proue du navire&#13;
dans la direction du but à atteindre.&#13;
Frère Théophanius&#13;
&#13;
Il est vrai que cette chapelle de bois n'est pas ce que Dieu demande le&#13;
plus, mais ce qu'il demande, c'est d'être en nous. Je ne mérite pas d'être&#13;
dans l'église avec les autres ayant chassé très souvent Notre-Seigneur de&#13;
mon cœur. Je mérite d'être mise hors de l'église avec les chiens.&#13;
Réflexion de Kateri après que les Jésuites aient construit une nouvelle chapelle&#13;
et avoir indiqué à Kateri l'endroit où les femmes pourraient s'asseoir.&#13;
&#13;
�32 PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
AVRIL 33&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
30&#13;
&#13;
En 1929, décès du frère Théophanius-Léo&#13;
(Adolphe Chatillon) à Laval.&#13;
&#13;
En 1623, naissance de François de Laval à Montigny-sur-Avre, France&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
du frère Théophanius-Léo&#13;
&#13;
François de Laval naît le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre, petit village rural&#13;
situé dans le diocèse de Chartres. À la recherche d'un évêque pour prendre en&#13;
charge le diocèse naissant de la Nouvelle-France, les Jésuites proposent au roi&#13;
leur ancien élève. François devient évêque de Pétrée le 8 décembre 1658 et il&#13;
est nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Au printemps 1659, il s'aventure sur les eaux de l'océan Atlantique et il est accueilli au port de Québec le 16&#13;
juin. Le titre ofiiciel d'évêque de Québec lui sera donné en 1674. Son épiscopat&#13;
a été marqué par des fondations importantes tels le Sén,inaire de Québec, le&#13;
petil Séminaire, le conseil souverain, la Confrérie de la Sainte-Famille. Vingt ans&#13;
après avoir donné sa démission comme évêque, il meurt à Québec le 6 mai 1708.&#13;
&#13;
Il y a un principe en ascèse dont il ne faut jamais&#13;
s'éloigner: la sanctification passe par l'accomplissement de ses responsabilités. À ce point important, le&#13;
frère Théophanius en ajoute un autre: «Dieu veut que&#13;
je me sanctifie avec les choses qui m'entourent». Par&#13;
son action, Théophanius voit Dieu présent dans les personnes et les événements. Parmi toutes les vertus pratiquées&#13;
par le frère Théophanius, la bonté semble avoir été l'inclination de son grand&#13;
cœur. N'a-t-il pas pris comme devise: «Rendre heureux pour rendre meilleur?»&#13;
Dans ses notes spirituelles, deux mots reviennent souvent sous sa plume: humilité et mortification. Le Sacré-Cœur, !'Eucharistie et la Très Sainte Vierge constituent ses dévotions privilégiées.&#13;
&#13;
29&#13;
En 1936, décès d'Élisabeth Bergeron&#13;
à Saint-Hyacinthe.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
d'Élisabeth Bergeron&#13;
&#13;
Un des traits marquants de la vie spirituelle d'Élisabeth Bergeron réside dans le service des autres et le&#13;
dévouement en Église. Son engagement comme&#13;
catéchète aux États-Unis en témoigne. Elle accepte de&#13;
fonder une communauté enseignante alors qu'elle ne&#13;
possède qu' une instruction plus qu'élémentalre. Ce courage révèle son esprit de foi. Élisabeth manifeste toute sa vie&#13;
une prédilection pour les pauvres et les petits. Lorsqu'elle apprend qu'elle est&#13;
démise de ses fonctions comme supérieure générale, c'est avec humilité qu'elle&#13;
se soumet au désir de l'évêque fondateur. Au sein des pires épreuves que traverse sa communauté, Élisabeth Bergeron demeure sereine et confiante.&#13;
&#13;
Bref portrait de François de Laval (1623-1708)&#13;
&#13;
En 1658, Marguerite Bourgeoys ouvre la première école à Ville-Marie&#13;
(Montréal).&#13;
En 1672, décès de Marie de l'Incarnation&#13;
(Marie Guyart) à Québec.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Marie de l'Incarnation&#13;
&#13;
Marie de l'Incarnation est à la fois une grande contemplative et une apôtre au cœur de feu. Elle est gratifiée de trois visions trinitaires. Au Père, elle confie&#13;
sa mémoire, au Fils, son intelligence, et à l'Esprit&#13;
Saint, sa volonté. Sa contemplation du Mystère de la&#13;
Trinité en fait une âme d'adoration . De plus, sa dévotion au Verbe Incarné stimule son zèle pour l'avènement&#13;
du Royaume de Dieu. Comment pourrait-elle accepter que&#13;
le Sang de Jésus ait été versé inutilement? Sa prière, ses activités sont au ser·&#13;
vice du salut des âmes. Toute la vie de prière et de service du prochain se vit&#13;
sous la mouvance de l'Esprit Saint. «Je sentais l'Esprit de Dieu s'insinuer en moi»&#13;
dira Marie de l'Incarnation.&#13;
&#13;
En 1897, naissance de Dina Bélanger à Québec.&#13;
Bref portrait de Dina Bélanger (1897-1929)&#13;
&#13;
Dina Bélanger est née en 1897 dans la paroisse Saint-Roch à Québec. Enfant&#13;
unique, Dina est choyée par ses parents. Ils savent l'aimer tout en se montrant&#13;
soucieux de lui donner une formation chrétienne à l'abri de tout égoïsme. Auprès&#13;
&#13;
�34&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
AVRIL - MAI&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
de sa mère, elle apprend l'amour de Dieu, le goût de la prière. Douée pour toutes les matières scolaires, elle l'est particulièrement pour la musique qui l'a conduite au conservatoire de New-York. Ses parents sont des modèles de charité&#13;
chrétienne effective. Les parents de Dina lui apprennent l'art de donner, de partager et de consoler. Elle entre dans la Congrégation des Religieuses de JésusMarie en 1921 . Sa carrière d'enseignante prend fin rapidement puisqu'elle meurt&#13;
à l'âge de 32 ans.&#13;
&#13;
Mai&#13;
&#13;
1&#13;
En 1647, François de Laval est ordonné prêtre en France.&#13;
En 1845, fondation de la maternité «Hospice de Sainte-Pélagie» par&#13;
Rosalie Cadron-Jetté.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
En 1912, décès de Marie-Léonie Paradis&#13;
(Élodie Paradis) à Sherbrooke.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Marie-Léonie Paradis&#13;
&#13;
Marie-Léonie Paradis demeure simple avec les&#13;
grands comme les petits. Sa charité pour tous se fait&#13;
remarquer particulièrement auprès des nécessiteux.&#13;
Sa foi profonde l'a fait tout risquer pour Dieu et le bien&#13;
des prêtres. Marie-Léonie est une femme de cœur,&#13;
portée à aider tous ceux qu'elle rencontre. Femme courageuse, malgré sa santé fragile, elle accomplit une&#13;
œuvre étonnante pour les besoins des prêtres de son&#13;
temps. L'humilité est une vertu caractéristique dans son&#13;
service quotidien. Ferme et bonne, elle forme les religieuses de sa communauté,&#13;
les Petites Soeurs de la Sainte-Famille (P.S.S.F.), à l' humble service, à l'amour&#13;
de !'Eucharistie, à la prière sincère envers Jésus, Marie et Joseph . La sainte&#13;
Famille est son modèle pour tous les services rendus tant spirituels que matériels.&#13;
&#13;
En 1959, Marguerite d'Youville est la première canadienne béatifiée par le pape Jean XXIII.&#13;
&#13;
4&#13;
Fête liturgique en l'honneur de Marie-Léonie Paradis.&#13;
&#13;
3&#13;
En 1632, naissance de Catherine de Longprey (Catherine de SaintAugustin) à Saint-Sauveur-le-Vicomte, France.&#13;
Bret portrait de Marie-Catherine de Saint-Augustin (1632-1668)&#13;
&#13;
Née en Normandie, Catherine de Longprey entre chez les Augustines hospitalières de Bayeux dès l'âge de douze ans et demi. Novice, elle s'offre pour la mission du Canada et fait le voeu " de vivre et de mourir en ce pays si Dieu lui en&#13;
ouvre la porte». En 1648, son désir se réalise de sorte qu'à seize ans elle est&#13;
déjà du nombre des premières missionnaires qui viennent implanter l' Église en&#13;
1erre canadienne. Mue par la toi et la charité du Christ, elle excelle dans le don&#13;
spécial d'inspirer l'espoir et d'apporter la consolation aux malades et à tous ceux&#13;
qu'elle rencontre. Sa vie de souffrance s'explique surtout par la mission qu'elle&#13;
reçut du ciel et qu'elle accomplit en s'offrant comme victime pour le salut de la&#13;
Nouvelle-France. Consumée par l'ardeur de sa charité plus que par la maladie,&#13;
elle meurt le 8 mai 1668 à l'âge de 36 ans.&#13;
&#13;
5&#13;
Qu'ils { les missionnaires] se souviemze11t que fa semence de la parole ,le&#13;
Dieu porte son fruit dans la patie11ce.&#13;
&#13;
François de Laval&#13;
&#13;
6&#13;
En 1708, décès de Monseigneur&#13;
François de Laval à Québec.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de François de Laval&#13;
&#13;
Pour trouver les traits de la vie spîrituelle du premier&#13;
évêque de Québec, il nous faut lire ce que les gens&#13;
disent de lui. François de Laval est demeuré discret&#13;
sur sa vie intérieure. Son abandon continu à la volonté&#13;
&#13;
�36&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
de Dieu, sa vie de prière, son esprit de détachement et son affection pour les&#13;
plus démunis furent remarqués par ses contemporains. Soucieux de l'éducation,&#13;
François de Laval a tout donné pour que des maisons d'enseignement soient&#13;
présentes au cœur de la colonie . Il ne ménage aucun sacrifice et il cède tout son&#13;
avoir en faveur des oeuvres qu'il a fondées. Il exhorte les prêtres du Séminaire&#13;
au partage et lui-même en donne l'exemple. De son enfance jusqu'à sa mort,&#13;
François de Laval ne s'est jamais démenti. Jusqu'au bout, il a été au service de&#13;
Dieu. Il avait bien saisi que toutes les actions sont vaines si elles ne sont pas&#13;
soutenues par une recherche constante de la volonté de Dieu.&#13;
&#13;
MAI 37&#13;
&#13;
9&#13;
Embarquement au port de La Rochelle, en 1641 , de monsieur de&#13;
Maisonneuve, de Jeanne Mance et de la recrue pour Montréal.&#13;
Monsieur Jérôme Le Royer présent à ce départ leur déclare: «Il est&#13;
vrai que je suis certain que ceci est l'œuvre de Dieu et qu'il le fera,&#13;
mais comment, je n'en sais rien .»&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
7&#13;
A31ez confiance au bo11 Dieu co111111e à un bo11, Père. N'allez }Jas croire que&#13;
le bon Dieu vous p erdra si vous mettez en lui tout votre co11fi"11ce. Tenezvous en }Jflfa- quoiqu'il arrive.&#13;
Mar ie-Léonie Paradis&#13;
&#13;
8&#13;
En 1668, décès de Marie-Catherine&#13;
de Saint-Augustin à Québec.&#13;
&#13;
En 1987, Mgr Louis-Zéphlrin Moreau, quatrième évêque de SaintHyacinthe, est béatifié par le pape Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Catherine de Saint-Augustin&#13;
&#13;
En 1840, naissance d 'Élodie Paradis (Mère Marie-Léonie) à&#13;
&#13;
Les expériences spirituelles de Marie-Catherine de&#13;
Saint-Augustin vont dans le sens de l'approfondissem_ent contemplatif du mystère de Dieu, révélé par&#13;
Jesus-Chnst dans !'Esprit-Saint. La Sainte Trinité, le&#13;
don de l'humanité très sainte du Fils de Dieu, la mission visible et invisible de !'Esprit-Saint, l'Église épouse&#13;
de !'Esprit vivant dans le martyre son pèlerinage, voilà&#13;
ce que l'on trouve au centre de l'expérience de Catherine.&#13;
Il t.audrait souligner son culte pour la Mère de Dieu en vue d'une communion&#13;
theologale avec le Christ et avec la Sainte Trinité. Cette vie de vertus solides&#13;
s'appuie sur un équilibre psychique qu'il n'est pas possible de mettre en doute.&#13;
Quant à la vie mystique, il semble hors de doute que dans le cas de Marie-Catherine l'expérience devient exigence d'une transformation toujours plus grande&#13;
dans le Christ, par une vie selon l'Évangile portée jusqu'à ses ultimes conséquences, chose qui n'est pas possible sans une vie théologale et morale poussée jusqu'à l'héroïsme.&#13;
&#13;
Ce que Je veu.,·, $ainte Vierge, vous le savez, que la volonté de votre Fils&#13;
et la 11ôtre soient faites en moi. Je n't1i rien à cboisir que ce que l/011$&#13;
aimerez le 111ie11:\· .&#13;
•&#13;
Cath e rine de Saint-Augustin&#13;
&#13;
l'Acadie.&#13;
Bref portrait d 'Élodie Paradis ( 1840-19 12)&#13;
&#13;
Dans un milieu rural, Élodie Paradis naît le 12 mai 1840 à l'Acadie au Québec.&#13;
Ayant connu la Congrégation des Marianites de Sainte-Croix, elle y entre comme&#13;
postu lante. À l'âge de 17 ans, Élodie prononce ses voeux en dépit d'une faible&#13;
santé. Jusqu'en 1862, elle s'adonne à l'éducation à Montréal puis on l'envoie à&#13;
!'Orphelinat Saint-Vincent-de-Paul de New York. En 1870. elle choisit de passer&#13;
à la brancl1e américaine des Soeurs de Sainte-Croix en Indiana. À l' automne de&#13;
1874, elle part pour Memramcook (N.-8.) pour aider les religieuses en charge&#13;
des travaux domestiques du Collège des Pères de Sainte-Croix. Dans ce coin de&#13;
!'Acadie Française, plusieurs filles se regroupent autour de sœur Léonie. En 1880,&#13;
le chapitre général des Pères de Sainte-Croix accepte que ces filles, portant le&#13;
nom de «Petites Soeurs de la Sainte-Famille», s'organisent en institut autonome&#13;
sous la direction de sœur Léonie. En 1895, la mort du Père Lefebvre laisse sans&#13;
approbation canonique cette œuvre chargée de promesses. C'est alors qu'intervient Mgr Paul LaRocque, évêque de Sherbrooke. Il cherche des religieuses pour&#13;
son séminaire et son évêché. Sœur Léonie décide de transférer la maison-mère&#13;
des Petites Soeu1·s de la Sainte-Famille à Sherbrooke. Le 3 mai 1912, Mère Léonie&#13;
âgée de 72 ans décède subitement après avoir dirigé sa Communauté pendant&#13;
32 ans.&#13;
&#13;
�38 PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
MAI 39&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
13&#13;
Élevez votre cœur vers Dieu ... Dites-lui de temps en temps que c'est pour&#13;
Lui que vous travaillez .&#13;
&#13;
En 1669, Marguerite Bourgeoys fonde la Congrégation Notre-Dame&#13;
approuvée par Mgr de Laval.&#13;
&#13;
r\llaril:-Lèonie Paradis&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
14&#13;
En 1991 , Alfred Pampalon et Marie-Anne Blondin sont déclarés&#13;
vénérables par le pape Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
15&#13;
Dieu, ne se contente pas que l'on conserve l'amour que l 'on doit li son&#13;
prochain mais que l'on conserve le prochflin dans l 'amour qu'il nous ,!oit&#13;
porter. Il faut donc do1Z11e,- le 111a11tea11 à qui veut avoir la robe, plutôt que&#13;
tle plaide,:&#13;
Margut::rire Bourgeoys&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
Quoique mon cœm· ressente de peines et de crai11tes, j e ne laisse pas&#13;
tzéamuoius ,l'espérer q1te Dieu se contentera de mes faiblesses et agréera&#13;
la volonté qu'il me do1111e de le servit:&#13;
Catherine de Saim-Augusrin&#13;
&#13;
23&#13;
En 1982, Marie-Rose Durocher et le frère André sont béatifiés par&#13;
le pape Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
17&#13;
En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Mance et&#13;
une quarantaine de colons débarquent dans l'île de Montréal pour y&#13;
fonder Ville-Marie.&#13;
&#13;
18&#13;
Première messe dominicale à Ville-Marie marquant la fondation de&#13;
la ville.&#13;
&#13;
19&#13;
bonne IJ1ère Marie, vous dont le cam,· est plein de bonté, ,te miséricorde et d.e charité, vous ne pouvez rien refuser à votre e11fant.&#13;
&#13;
Mtt&#13;
&#13;
Alfred Pamp.tlon&#13;
&#13;
En 1901, décès de Monseigneur Louis-Zéphirin&#13;
Moreau à Québec.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Mgr Louis-Zéphirin Moreau&#13;
&#13;
Dans toutes les fonctions attachées à son ministère&#13;
sacerdotal, Mgr Moreau se fait toujours remarquer par&#13;
sa parfaite obéissance à ses supérieurs ecclésiastiques. Il est aussi d 'une bonté et d'une douceur proverbiales. Malgré la confiance que ses évêques lui accordent, il a toujours vécu dans l'ombre et dans&#13;
l'effacement. Sa dévotion à Jésus doux et humble de cœur&#13;
témoigne de son humilité. Sa prudence et sa discrétion lui&#13;
gagnent la confiance de ses confrères et l'affection de ses diocésains. Il s'est&#13;
toujours appliqué à rendre sa vie conforme à celle de son divin Maître qui disait&#13;
à ses apôtres: «Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur." (Mt 11,29)&#13;
&#13;
�40 PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
MAI-JUIN 41&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
31&#13;
&#13;
En 1851, naissance d' Élisabeth Bergeron à La Présentation.&#13;
&#13;
En 1648, Catherine de Saint-Augustin quitte la France en direction&#13;
de la Nouvelle-France.&#13;
&#13;
Bref portrait d'Élisabeth Bergeron (1851 -1 936)&#13;
&#13;
Élisabeth Bergeron naît le 25 mai 1851 à La Présentation au Québec. Avec sa&#13;
famille, elle vit aux États-Unis de 1865 à 1870. Théophile Bergeron et Basiliste&#13;
Petit, parents d'Élisabeth, vivent du produit de leur terre. Aux États-Unis, Élisabeth s'engage comme ouvrière et s'improvise catéchète bénévole au sein de sa&#13;
paroisse. De retour au pays, elle est attirée par la vie relig ieuse et entre chez les&#13;
religieuses Adoratrices du Précieux-Sang. Elle regagne sa fam ille après quatre&#13;
mois de postulat. Elle fait deux autres essais ailleurs tout aussi infructueux. Mgr&#13;
Louis-Zéphirin Moreau lui demande de s'adjoindre des compagnes afin de fonder une communauté enseignante. Élisabeth sait lire mais elle a de la difficulté à&#13;
écrire. Elle recrute trois jeunes filles, plus instruites , pour la seconder et elle fonde&#13;
l'Institut des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Pendant 46 ans, elle&#13;
est membre de l'administration générale de l'Institut. Elle meurt le 29 avri l 1936.&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
En 1880, Marie-Léonie Paradis fonde la communauté des Petites&#13;
Soeurs de la Sainte-Famille à Memramcook, Nouveau-Brunswick.&#13;
&#13;
Juin&#13;
1&#13;
La cro;x reçue a u j our ,te mon oblation m 'est i11fi nimenl c/Jère. Elle est&#13;
mou 1111iq11e compagne et 111011 1111iq11e co11soflltio11.&#13;
Vital Gr.tndin&#13;
&#13;
En 1842, Mère Marie-Rose Durocher fonde à Beloeil, Québec, la&#13;
congrégation des Filles de Marie-Immaculée mieux connu sous le&#13;
nom des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.&#13;
&#13;
2&#13;
Mes bo1111es dames, l e Sacré-Camr a besoin ,te 1,011s.&#13;
Vo11s êtes l es atro111J1elles r/11 Sacré-Camr ,,.&#13;
Victo r Lelihre&#13;
&#13;
27&#13;
Continuez à faire l ot{fours vai llame11t l'œ1wre du, Seigneur; une belle&#13;
récompense vous attend là -baut.&#13;
Élis;1bc:th Bergeron&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
3&#13;
En 1902, Délia Tétreault fonde la Société des Soeurs Missionnaires de l'immaculée-Conception à Montréal.&#13;
En 1902, décès de Mgr Vital Grandin en Alberta.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Mgr Vital Grandin&#13;
&#13;
29&#13;
.Daus la pt'ière,&#13;
&#13;
011&#13;
&#13;
p a,-/e à Di eu comme&#13;
&#13;
011&#13;
&#13;
p arle à un ami.&#13;
Frère André&#13;
&#13;
30&#13;
Si Dieu 11e nous ex1111ce pas, que not,·e soumission&#13;
et notre co11fiance soient pmfaites.&#13;
Marie-Rose Ouroche r&#13;
&#13;
Mgr Grandin s'est donné jusqu'au bout dans ses convictions les plus profondes. Il a vécu dans l'isolement&#13;
et la privation. C'est à genoux qu'il écrivait à son supérieur général : «Je désire être enterré à l'endroit&#13;
où je mourrai. Je ne veux ni fleurs ni couronnes. Je&#13;
dois être une victime pour mon peuple, nous n'arriverons au ciel que par le chemin de la croix.» Dans la&#13;
plus grande pauvreté, toute sa vie, il a gardé sa ferveur&#13;
de novice.&#13;
&#13;
�42&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
JUIN&#13;
&#13;
43&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
En 1866, naissance d'Antoine Kowalczyk à Dziersanow, Pologne.&#13;
&#13;
Qu'est-ce qui m'apprendra ce qu'il y a de plus agréable à Dieu afin que&#13;
je le/asse?&#13;
&#13;
Bref portrait d'Antoine Kowalczyk (1866-1947)&#13;
&#13;
Antoine Kowalczyk naît à Dziersanow en Pologne le 4 juin 1866. Jovial et débrouillard, Antoine garde les animaux. À 16 ans, apprenti forgeron, il devient&#13;
soudainement aveugle, mais il guérit miraculeusement. À 24 ans, il entre chez&#13;
les Oblats de Marie Immaculée. Six ans plus tard, il arrive en Alberta et perd un&#13;
bras dans une scierie. En raison de la prothèse qu'il porte, on l'appelle le frère&#13;
Crochet. Il prie continuellement. Toujours le chapelet à la main, on lui donne le&#13;
surnom de frère Ave. Toute sa vie se passe en présence de Dieu. Il quête pour&#13;
défrayer le coût d'une grotte à Notre-Dame de Lourdes. Tout son temps est consacré aux humbles besognes. Bienveillant et sympathique, il se laisse taquiner&#13;
facilement. Après 51 ans de mission au Canada, il meurt à l'âge de 81 ans. Déjà&#13;
de son vivant, on lui attribue beaucoup de faveurs. Cela se poursuit après sa&#13;
mort. Sa cause est introduite à Rome en 1952.&#13;
&#13;
Kateri Tekakwhita&#13;
&#13;
10&#13;
Vivons, usons-nous pour Dieu, marchons en sa présence.&#13;
Vital Grandin&#13;
&#13;
Il&#13;
Laisse Dieu le Père presser ses deux mains dans ton dos et te coller sur&#13;
son cœur; sa chaleur fera fondre tous tes péchés.&#13;
Victor Lelièvre&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
En 1978, le frère André est déclaré vénérable par le pape Paul VI.&#13;
&#13;
Avec le bon Dieu, on ne s'ennuie jamais.&#13;
Antoine Kowalczyk&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
13&#13;
Jamais, non jamais, la Divine Providence n'abandonne ceux qui se confient&#13;
en elle.&#13;
&#13;
Que votre pardon soit complet et sans regret.&#13;
&#13;
Marcelle Mallet&#13;
&#13;
Vital Grandin&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
7&#13;
Que notre vie à toutes soit un chant perpétuel de reconnaissance pour&#13;
nous-mêmes et pour tous ceux qui oublient de remercier Celui à qui ils&#13;
doivent tout.&#13;
Délia Tétreault&#13;
&#13;
8&#13;
En 1903, le Père Victor Lelièvre arrive à la paroisse de SaintSauveur à Québec.&#13;
&#13;
15&#13;
Dieu ne m'a jamais conduite par un esprit de crainte, mais par celui de&#13;
l'amour et de la confiance.&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
&#13;
16&#13;
En 1659, François de Laval arrive à Québec.&#13;
&#13;
�44&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
JU IN&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
45&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
17&#13;
Les talents qui font les bons missiomwires sont : être rempli de l'esprit&#13;
.de Dieu. Cet esprit doit animer nos paroles et 110s cœm·s. la bouche&#13;
&#13;
En 1980, Marie de l'Incarnation, Kateri Tekakwitha et François de&#13;
Laval sont béatifiés par le pape Jean-Paul Il .&#13;
&#13;
pm·lmzt de l'abo11da11ce d11 cœ111:&#13;
François de Laval&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
En 1888, naissance du Sanctuaire marial à Cap-de-la-Madeleine.&#13;
Le soir de ce jour: «Le Prodige des yeux». La statue de la Vierge ouvre&#13;
les yeux sous le regard de trois témoins: Pierre Lacroix, le Curé Luc&#13;
Désilets et le Père Frédéric.&#13;
&#13;
En 1673, décès de Jeanne Mance&#13;
à Ville-Marie.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle de Jeanne Mance&#13;
&#13;
La vie spirituelle de Jeanne Mance prend la forme d'un&#13;
abandon total à la Providence divine. La recherche&#13;
du bon plaisir de Dieu, de sa volonté accompagne&#13;
chacune de ses démarches et chacun des événements de sa vie. On peut parler à son propos de&#13;
spiritualité de l'événement non que Jeanne Mance se&#13;
laisse aller au gré des circonstances mais parce qu'elle&#13;
est très attentive aux signes et aux intentions de la volonté de Dieu qui lui viennent à travers les événements.&#13;
Dans chaque situation imprévue mais voulue de Dieu, elle&#13;
recherche quelle est l'attitude évangélique pour y répondre et l'adopter. De plus,&#13;
sa vie est consacrée à la réalisation d'un extraordinaire projet d'évangélisation&#13;
sous l'égide de Notre-Dame.&#13;
&#13;
23&#13;
Il faut mettre tottte notre co11Jia11ce et notre force en Dieu...&#13;
Il faut se laisser c01ul11il'e par la Provitlence.&#13;
Frnnçois ùe Laval&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
25&#13;
les grâces qtte Dieu me fait m 'obligent à me rendre plus fidèlement attachée à sou bon pfoisfr. JI 11)1a rie11 au mollde que Je ne fisse pou,. accomplir celle divine et tout adomble volonté, qui est le seul désir et amour&#13;
de 111011 cœm: C'est là toute ma passion.&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
Jeanne Mance&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
20&#13;
Je veutr user ma vie au service de Die11,.&#13;
Vi1:1I Grandin&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
C'était lui faire pifiisil' que de lui parler de cboses spirituelles; quelquefois elle se c01~fiait à 11ous, mais jamais pour Jaire paraître les dons de&#13;
Dieu e11 elle; souvent elle se bomait à 11ous dire : «Que le bon Dieu est&#13;
&#13;
On peut tlfre d'elle avec vérité qu'elle n'a pas été 11ovice tlmzs l 'e.wrcice de&#13;
la vertu, et qu'elle a été sava11te dès le comme11ce111e11t et qu'elle it'y a eu&#13;
d'autre maître que l'Esprit-Sai11t tant elle courut à gra11d pas dans la&#13;
JJetfection.&#13;
&#13;
l,onf,, Et un gros soupir s'éc/J11ppait ile son cœ111·.&#13;
Témoignage tle religieLJses au sujet de Rosalie Cadron-Je1:1é&#13;
&#13;
Père Cholenec au sujt't tlt: Kmeri&#13;
&#13;
�46&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
28&#13;
Da11s sa bonté, Dieu m'a pourvu de mansuétude, tle doucettr et tle cbarilé&#13;
pour tous; d'indifférence à l'égard de toutes c/Joses et de patiellce pour&#13;
supporter les contrariétés.&#13;
Jean de Brébeuf&#13;
&#13;
29&#13;
En 1675, la chapelle Notre-Dame du Bon-Secours est érigée par&#13;
Marguerite Bourgeoys.&#13;
En 1930, canonisation des Martyrs canadiens par le pape Pie XI.&#13;
&#13;
30&#13;
&#13;
JUIN- JUILLET&#13;
&#13;
47&#13;
&#13;
4&#13;
En 1648, Antoine Daniel est martyrisé&#13;
à la mission Saint-Joseph en Huronie.&#13;
Bref portrait d'Antoine Daniel (1601 -1648)&#13;
&#13;
Antoine Daniel est né à Dieppe en 1601 . Il commence&#13;
des études de droit avant d'entrer dans la Compagnie&#13;
de Jésus en octobre 1621. Il arrive au Cap-Breton en&#13;
1632, puis à Québec, le 24 juin 1633. Antoine Daniel&#13;
part pour la mission huronne avec Jean de Brébeuf en&#13;
1634. Il est un des meilleurs linguistes de la Huronie. Il&#13;
apprend aux enfants à chanter le Pater et le Credo en huron.&#13;
En 1636, Antoine Daniel est désigné pour fonder à Québec un séminaire pour&#13;
jeunes Hurons. Cette expérience de deux ans se solde par un échec. Il retourne&#13;
en Huronie jusqu'à sa mort. Il est abattu dans la mission Saint-Joseph par un&#13;
coup d'arquebuse au moment où il achevait de célébrer la messe le 4 juillet 1648.&#13;
&#13;
Ceu.\: qui tmront sacrifié le11r tJie entière à l'instruction de la je11nesse&#13;
brilleront comme des étoiles dans le Royaume tles cie1t.."I:.&#13;
M arie-Anne&#13;
&#13;
5&#13;
En 1932, décès de Gérard Raymond.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Gérard Raymond&#13;
&#13;
1&#13;
La religion s'est bien passé de moi avant que je sois. Elle s'en passera&#13;
encore après ma mort. Le tmvail qui fait plus d'bomzem· est tle devenir un&#13;
Sttint.&#13;
Frère Didace&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
J'ai toujours aimé le bou Dieu et mon plus grnud bon/Je11,r&#13;
était de le fttire aime,:&#13;
Marie Fitzbach&#13;
&#13;
Sa renommée posthume, Gérard Raymond la doit à&#13;
son journal intime publié par les prêtres du Séminaire&#13;
de Québec. Son plus ardent désir était de devenir prêtre missionnaire et martyr. Son modèle est François&#13;
d'Assise : «Je crois avoir l'attrait pour la vie franciscaine:&#13;
vie cachée, vie de pénitence, vie toute à Dieu». Aussi,&#13;
souvent il se recommande à la petite Thérèse de Lisieux qu'il&#13;
aime beaucoup : «Apprenez-moi à devenir un saint». Comme Thérèse, a-t-il écrit,&#13;
je m'offre comme victime d'amour. Ce qui explique sa devise : «Aimer! Souffrir!&#13;
Aimer!». Il y a là l'évolution spirituelle de sa brève vie. Malgré la souffrance, il a&#13;
aimé et il a souffert sans cesser d'aimer.&#13;
&#13;
�48&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
JUILLET 49&#13;
&#13;
NUMÊRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
En 1905, décès de Mère Catherine-Auréliedu-Précieux-Sang (Aurélie Caouette)&#13;
à Saint-Hyacinthe.&#13;
&#13;
En 1947, décès du frère Antoine Kowalczyk&#13;
en Alberta.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Mère Catherine-Aurélie-du-Précieux-Sang&#13;
&#13;
v&#13;
&#13;
Chez Catherine-Aurélie-du-Précieux-Sang, c'est bien&#13;
l'amour; «cette flamme toute spirituelle, qui paraît soutenir sa course mystique» vers les sommets. (Cf. P.-H&#13;
Barabé, o.m.i.) C'est là le trait dominant de sa vie: glorifier le Précieux Sang, lui trouver des coeurs qui lui rendent&#13;
amour pour AMOUR et qui brûlent du désir de s'unir à Lui pour réparer et pour&#13;
sauver des âmes. En retour, Jésus, dans le secret du sanctuaire, l'inonde de&#13;
lumière sur la valeur infinie de son Sang. Elle est comblée d'insignes faveurs&#13;
mystiques. L'Eucharistie fait ses délices! Aurélie a une âme de feu, elle pratique&#13;
à un degré rare les vertus chrétiennes et religieuses. Elle a une FOI aimante et&#13;
rayonnante «une foi bien vive en la Providence divine, au dire de son directeur&#13;
spirituel, Mgr Raymond». Elle se distingue par sa douce humilité, son amour pour&#13;
Dieu, pour le Précieux Sang et pour le prochain quel qu'il soit! Cette disposition&#13;
intéri_eure l'amène à pardonner toujours et à déposer ses peines «dans la mer de&#13;
MISERICORDE, qu'est le Sang de Jésus».&#13;
&#13;
7&#13;
Si vous i,ou,/ez nppre,zdre à aimer, regardez l'hostie;&#13;
si vous voulez apprendre à souffrb; regardez la, croi:-c;&#13;
si vous voulez apprendre à vous donne,; regm·tlez le Sang&#13;
qui s'écoule J11sq1t't1 la tlemière goutte.&#13;
Aurélie Caoucnc&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
d'Antoine Kowalczyk&#13;
&#13;
Nanti par l'Esprit Saint des dons de sagesse. de force,&#13;
de science et de piété, toute sa vie se déroule en présence de Dieu. Sa foi est toute simple et sa confiance&#13;
sans limite. Comme il a toujours le chapelet à la main,&#13;
on le surnomme le frère Ave. Par sa seule attitude, le frère&#13;
en apprend plus aux jeunes sur la spiritualité que par bien&#13;
des cours. Énergique, tenace, patient et d'un dévouement inlassable, il a toujours l'entière confiance de ses supérieurs. Chez cet homme, candide comme un&#13;
enfant, se cache une âme d'élite, l'étoffe d'un saint.&#13;
&#13;
Il&#13;
En 1833, naissance d'Aurélie Caouette (Mère Catherine-Aurélie-duPécieux-Sang) à Saint-Hyacinthe.&#13;
Bref portrait d'Aurélie Caouette (1833~1905)&#13;
&#13;
Aurélie naît le 11 juillet 1833 à Saint-Hyacinthe. Dès sa jeunesse, le Seigneur fait&#13;
pour elle de grandes choses! À 21 ans, le 30 août 1854. elle devient la première&#13;
tertiaire dominicaine au Canada. En mars 1857, quand Mgr J.-S. Raymond érige&#13;
la Confrérie du Précieux-Sang, elle s'y engage. Elle se fait l'apôtre zélée du Précieux-Sang en recueillant des centaines de noms pour la nouvelle confrérie. Le&#13;
14 septembre 1861 , dans sa ville natale, elle fonde l'Institut des Adoratrices du&#13;
Précieux-Sang. Comme fondatrice, elle implante des monastères au Canada, aux&#13;
États-Unis et même à Cuba ; onze en tout. Âgée de 72 ans, elle meurt le 6 juillet&#13;
1905.&#13;
&#13;
12&#13;
S'il n'y a qu'une place tians votre école el que tle11.,· élè11es se présentent,&#13;
l'une 1·ic/Je et l 'autre pauvre, à celle-ci, donnez ln préfére11ce.&#13;
Marie Fitzbacb&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
Ô Jésus, je veux passer nu, vie à tm11ailler ,, swlpter&#13;
&#13;
votre i1nt1ge en moi.&#13;
Gémrd Raymo nd&#13;
&#13;
�50&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
JUILLET&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
51&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
14&#13;
En 1881, le Père Frédéric, franciscain, missionnaire en Terre Sainte,&#13;
est envoyé au Canada pour établir la quête du Vendredi-Saint en&#13;
faveur des Lieux-Saints.&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
ô mon Jésus, par la sainteté de vos actions, sanctifiez les miennes, je veux&#13;
absolument qu'elles soient pour Vous et qu'elles dépendent de Vous.&#13;
&#13;
C'est au grand Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers en sa vigne;&#13;
toute notre industrie humaine et nos soins empressés n'avancent point&#13;
l'œuvre du Bon Dieu.&#13;
François de Laval&#13;
&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
&#13;
23&#13;
Faites que j'approche de vous ceux qui s'approchent de moi.&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
La très Sainte-Vierge n'a pas encore de Sanctuaire au Canada.J'ai un désir&#13;
irrésistible qu'elle en ait un ici.&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
17&#13;
Quand je serai mort, je vais être rendu au ciel; je vais être bien plus près&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
du bon Dieu que je ne le suis actuellement; j'aurai beaucoup plus de&#13;
pouvoir pour vous aider.&#13;
Frère André&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
En 1942, fondation du Comité des Fondateurs de l'Église au Canada.&#13;
&#13;
26&#13;
Il y a plus de bonheur à pardonner qu'à se venger.&#13;
&#13;
Souhaitons à Jésus que son Eucharistie attire un grand nombre d'adorateurs et que son Nom soit béni!&#13;
Aurélie Caouette&#13;
&#13;
Marie-Anne&#13;
&#13;
27&#13;
Jetez vos ennuis et vos anxiétés dans le sang de Jésus et demeurez en paix!&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
Aurélie Caouette&#13;
&#13;
28&#13;
En 1657, naissance de Claude Pelletier (frère Didace Pelletier) à&#13;
Sainte-Anne-de-Beaupré.&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
Bref portrait de Claude Pelletier (1657-1699)&#13;
&#13;
Qu'on est donc heureux lorsqu'on aime le bon Dieu&#13;
et qu'on le sert dans toute la simplicité de son cœur.&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
Georges Pelletier et Catherine Vannier viennent de Dieppe en Normandie pour&#13;
s'établir en Nouvelle-France. Leur enfant, Claude Pelletier est né et baptisé le 28&#13;
juillet 1657. Il ouvre le registre des baptêmes de Sainte-Anne-de-Beaupré.&#13;
&#13;
�52&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Menuisier-charpentier, il travaille en 1676 à la nouvelle chapelle que l'on construit à Sainte-Anne. Le 3 février 1679, il revêt à Québec l'habit gris des récollets&#13;
et devient le frère Didace. Après sa profession religieuse célébrée le 5 février&#13;
1680, le frère Didace missionne à Québec, Percé, l'ile-Bonaventure, Plaisance,&#13;
Montréal et Trois-Rivières. Le père Joseph Denis de la Ronde, son supérieur et&#13;
confesseur, dira du frère Didace après plus de vingt ans de vie commune: «son&#13;
obéissance était parfaite dans les plus petites choses comme dans les plus grandes et sa pauvreté si extrême qu'il n'a jamais voulu avoir seulement qu'une&#13;
tunicelle pour changer dans les plus grandes chaleurs de l'été où il était continuellement exposé, travaillant à la charpente de toutes les églises et maisons de&#13;
nos établissements, non plus que de s'exempter du jeûne dans les plus grands&#13;
et pénibles travaux, et de se lever à minuit pour prier.» Le frère Didace meurt à&#13;
Trois-Rivières le samedi 21 février à l'âge de 41 ans.&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
JUILLET - AOÛT 53&#13;
&#13;
2&#13;
la Commmwuté éternelle. c'est la Tritzité. Elle e.Yiste de toute éternité,&#13;
n 'ayrmt ui com111e11ceme11t 11i fin. Cette co1111111111auté qu'est lll Trinité est&#13;
simJJlement la co111111111u111té rle l'Amour: Dieu le Père aime Dieu le Fils et&#13;
cet tmwur suscite le Saiut-Esprit. Pour constituer 1111e co11111wua11té, il&#13;
flmt commencer par entrer en contact avec la 'I'riuité.&#13;
C:itllerinc c.lc J-Jueck Doher ty&#13;
&#13;
3&#13;
J'e:\'j)érimente que c'est le Saint-Esprit qui me lie au Père et tlll Fils.Je me&#13;
trouve fréq1,e111!11e11t lui disant: Dilli11 Esprit, dirigez-moi dans les voies&#13;
de mon tliuin Epoux.&#13;
Marie c.le l'Incarnation&#13;
&#13;
4&#13;
En 1916, décès de Père Frédéric&#13;
(Frédéric Janssoone) à Montréal.&#13;
&#13;
30&#13;
Dès l'âge de t,·ois ans et demi, j 'avais mi désir très grmul tle «faire lfl&#13;
volonté de Dieu» et qu'il la fasse en moi absolument.&#13;
Catherine c.le Saint-Augustin&#13;
&#13;
31&#13;
Ô bonne sainte Anne, vous que Dieu a cboisie pour être la mère de la Mère&#13;
&#13;
de son Fils, daignez intercéder pour nous qui recourons à&#13;
co11fiance.&#13;
&#13;
fJOIIS&#13;
&#13;
avec&#13;
&#13;
Alfrec.l Pampalon&#13;
&#13;
Août&#13;
1&#13;
En 1639, arrivée à Québec de Marie de l'Incarnation accompagnée&#13;
d~ d~ux compagnes Ursulines et des trois premières Augustines hosp,talleres. En terre d'Amérique, les Ursulines ouvrent la première&#13;
école pour filles et les Augustines fondent le premier hôpital.&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
du Père Frédéric (1838-1916)&#13;
&#13;
Frédéric est un passionné de Jésus. Il apprend à le&#13;
contempfer à Jérusalem, au lieu de la Croix dans le&#13;
St-Sépulcre, tout en portant son regard sur la Vierge&#13;
des Douleurs qu'il appelle du doux nom: «Notre-Dame&#13;
de la Compassion». Frédéric se met à l'école de l'Évangile. Jésus est vraiment son compagnon de route dans&#13;
ses courses apostoliques et dans les pèlerinages qu'il&#13;
anime . Toujours, il prêche le Chemin de Croix, rappel visuel&#13;
de l'amour qui a sauvé tous les humains. Il a une confiance un peu folle, illimitée&#13;
en la puissance du Seigneur et une foi vive, absolument sûre qui lui fait opérer&#13;
des merveilles. Il vit tout cela dans une grande résignation à la «Volonté de Dieu»&#13;
et «une grande compassion pour les affligés et les pauvres malades qui viennent&#13;
de partout.»&#13;
&#13;
5&#13;
En 1695, Jeanne Le Ber entre en réclusion auprès des sœurs de la&#13;
Congrégation de Notre-Dame.&#13;
En 1895, la Congrégation des Petites Sœurs de la Sainte-Famille,&#13;
fondée par Marie-Léonie Paradis, s'établit à Sherbrooke.&#13;
&#13;
�54&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
AOÛT&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Il&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
En 1921, Dina Bélanger entre au noviciat des Religieuses de JésusMarie à Sillery.&#13;
&#13;
L'humanité d'aujourd'hui est un homme qui doit toucher les blessures du&#13;
Christ pour croire, pour se convertir. La seule façon de montrer aux gens&#13;
ces blessures du Christ, c'est de vivre l'Évangile sans transiger. Cela veutil dire qu'il faut tout mettre sens dessus dessous dans notre vie? Eh bien,&#13;
tout simplement, oui.&#13;
Catherine de Hueck Doherty&#13;
&#13;
8&#13;
En 1641, Jeanne Mance débarque à Québec.&#13;
&#13;
g&#13;
En 1845, naissance d'Alfred Bessette (frère André) à Saint-Grégoire&#13;
d'Iberville.&#13;
Bref portrait du frère André (1845-1937)&#13;
&#13;
Alfred Bessette est un homme simple, humble, intelligent mais peu instruit à cause&#13;
de son état de santé. 11 exerce plusieurs métiers successivement et connaît la&#13;
misère. En dépit d'un état de santé déficient, il est accepté dans la Congrégation&#13;
de Sainte-Croix «parce qu'il prie très bien». Très tôt sa mission de thaumaturge&#13;
s'affirme. En 1904, la construction d'un petit «oratoire» va devenir le plus grand&#13;
sanctuaire au monde dédié au chef de la Sainte Famille, saint Joseph. Homme&#13;
d'accueil et d'écoute, par sa simplicité, le frère André a su, dès les débuts de&#13;
l'Oratoire, s'assurer la collaboration de bénévoles laïcs. D'une très grande humilité, il ne s'attribue rien, retournant à Dieu et à saint Joseph toutes les guérisons&#13;
physiques et spirituelles reçues par des milliers de gens. Depuis sa mort, survenue le 6 janvier 1937, de partout en Amérique, des millions de pèlerins viennent&#13;
à l'Oratoire.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
55&#13;
&#13;
La grâce de choix que j'ose demander, c'est de devenir un saint.&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
13&#13;
Je puis vous assurer que la nature ne trouve aucune satisfaction en ce&#13;
pays, il ny faut chercher que Dieu seul, et en Lui on trouve toutes les&#13;
choses plus douces et plus agréables.&#13;
Lettre de Marie-Catherine de Saint-Augustin à la supérieur de Bayeux&#13;
&#13;
14&#13;
15&#13;
En 1896, naissance de Catherine Kolychkine (Catherine de Hueck&#13;
Doherty) près de Ninjni-Novgorod, Russie.&#13;
Bref portrait de Catherine Kolychkine (1896-1985)&#13;
&#13;
Catherine Kolychkine naJt le 15 août 1896 près de Nijni-Novgorod en Russie.&#13;
Elle est baptisée dans l'Eglise Orthodoxe russe. En 1912, elle épouse le baron&#13;
Boris von Hueck. Pendant la première guerre mondiale, elle travaille comme infirmière pour la Croix Rouge. Pendant la révolution russe de 1912 à 1919, elle&#13;
s'enfuit en Angleterre et passe à l'Église Catholique romaine. Avec son mari, elle&#13;
arrive au Canada en 1921 enceinte de son fils. Au début des années 30, elle&#13;
commence son apostolat parmi les pauvres à Toronto et elle fonde la première&#13;
Maison de !'Amitié (Friendship House). Les hommes et les femmes qui travaillent&#13;
avec elle s'engagent à former une communauté. En 1938, Catherine s'installe à&#13;
Harlem (N.Y.) où, comme pionnière, elle combat pour la justice interraciale. En&#13;
1943, son premier mariage est annulé pour motif de consanguinité (Boris était&#13;
son cousin germain) et Catherine épouse Eddie Doherty. En 1947, à Combermere&#13;
en Ontario, Catherine fonde Madonna House, une nouvelle phase de sa communauté composée d'hommes, de femmes et de prêtres. En 1978, Madonna House&#13;
devient une Association publique de fidèles dans le diocèse de Pembrooke.&#13;
&#13;
�56&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
AOÛT&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Actuellement, il y a vingt fondations en Amérique du Nord et du Sud, aux Antilles,&#13;
en Europe, en Afrique et en Russie. Le 14 décembre 1985, Catherine s'éteint&#13;
dans le Seigneur.&#13;
&#13;
16&#13;
Pourquoi sommes-uous incapable de croire que seul l'Amow; qui est Dieu,&#13;
p eut marcher su1· les eau.Y llmmltueuses de notre temps et les apaiser?&#13;
L',mwm· est l 'zmique réponse, el il doit partir du cœur et de l'esJ1rit de&#13;
c/Jacmz ,les lm111ai11s. C'est la c01ulitiou de S01l efficacité.&#13;
Catht:rine de Hucck Dohcrry&#13;
&#13;
57&#13;
&#13;
19&#13;
En î 648, Marie-Catherine de Saint-Augustin s'ajoute à la communauté des Soeurs Augustines hospitalières de Québec arrivées&#13;
depu is le î er août 1639.&#13;
&#13;
20&#13;
En î 9 12, naissance de Gérard Raymond à Québec.&#13;
Bref portrait de Gérard Raymond (1912-1932)&#13;
&#13;
Né le 20 août 1912 à Québec, dans la paroisse St-Malo, Gérard Raymond est le&#13;
fils de Camille et Joséphine Paitras. Ses parents lui transmettent la même foi qui&#13;
les fait vivre, l'amour de Dieu, du prochain et le culte de \'Eucharistie. Â douze&#13;
ans, Gérard entreprend ses éludes classiques au Petit Séminaire de Québec.&#13;
Rien d'exceptionnel dans sa vie, sinon sa piété. Il aime prier, s'arrêter en chemin&#13;
dans une église ou une chapelle pour se recueillir, et les vendredis pour méditer&#13;
le chemin de la Croix. Â dix-neuf ans, une maladie incurable, la tuberculose,&#13;
l'oblige à \'internat à !'Hôpital Laval. Il y résidera six mois, soit de janvier à juillet&#13;
1932. Lui qui désirait tant devenir prêtre et franciscain, missionnaire et martyr,&#13;
meurt avant d'avoir atteint ses vingt ans, le 5 juillet 1932.&#13;
&#13;
17&#13;
En 1870, le Père Frédéric est ordonné prêtre.&#13;
En 1881, décès de Marie Élisabeth Turgeon&#13;
à Rimouski.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Marie Élisabeth Turgeon&#13;
&#13;
En quête d'intimité divine dès son jeune âge, à l'instar&#13;
de ses parents, Élisabeth développe le culte de la&#13;
volonté de Dieu. Elle cherche continuellement à \a&#13;
découvrir pour s'y conformer dans la foi et l'amour. Si&#13;
à 35 ans, elle accepte d'entrer dans le plan de l'évêque&#13;
de Rimouski, c'est parce qu'elle croit reconnaître le bon&#13;
vouloir divin dans la mission apostolique qui s'ouvre&#13;
devant elle. Elle compte sur une vie 1ntérieure intense pour&#13;
en assurer la fécondité. La prière devient sa respiration. Elle&#13;
développe une relation à Dieu Père, bon et miséricordieux, au Christ notre&#13;
Seigneur, Époux crucifié qu'elle sult sur le chemin de la croix. Elle a recours à&#13;
Marie, mère de Jésus, aux saints Anges, à la ,,bonne Sainte Anne» et à saint&#13;
Joseph. Elle ne cesse d'entraîner ses compagnes dans la voie de l'amour de&#13;
Dieu et du prochain en fidélité à ·leur mission d'éducation chrétienne.&#13;
&#13;
21&#13;
Pour bien p rie,~ il fiw t p euser à Jésus sur la croi.\'. Est -il possible d'être&#13;
tlistrail qumul 0 11 lloil sou frère cruc(fié?&#13;
Frt're André&#13;
&#13;
22&#13;
En 1849, arrivée de Mère Marcelle Mallet à Québec pour la fondation de la communauté des Sœurs de la Charité de Québec.&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
18&#13;
Quand même on 11011s f emit les plus grmuls torts, ue vous vengez jamais;&#13;
il faut p ardomzer si nous voulo11s être pardmmés 1111 j om: E1Uluro11s pour&#13;
l'amour de Die11, ce que l'on 11011s .fait souffrir; ceu.\; qui nous insultent ne&#13;
savent pas ce qu'ils fout.&#13;
Rosalie:: Cadron-Jené&#13;
&#13;
24&#13;
ô mo11 Dieu. c'est /Jour 11otts, pour 11otre ttnique amour!&#13;
Marie Pïtzbach&#13;
&#13;
�58&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
AOÛT - SEPTEMBRE&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
59&#13;
&#13;
Septembre&#13;
&#13;
Confia.nte en la Divine Providence, l'âme religieuse sait que tout toume&#13;
au bien de ceu.~ q11i aiment Dieu. Elle sait aussi qu'II est un bou Père et&#13;
se repose doucement entre ses bras.&#13;
Marcelle Mallet&#13;
&#13;
26&#13;
ô Marie, c'est vous qui, avec Dieu, m'avez d01mé la force de faire tout ce&#13;
que j 'ai pu réaliser de bien jusqu'ici.&#13;
Gérard Raymond&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
28&#13;
Notre Seigneur p eut tout Jaire, lui tout seul, pour nous.&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
29&#13;
Je connais plus de trente personnes qu'elle [Kateri] a aillées à se remettre&#13;
sur le bon chemin, et entre autres, elle en a tlélil1ré plusieurs de tentations furieuses de la chair el leur a obtenu, le tlon de la ch11steté.&#13;
Témoignage du Père Cholenec au !;ujet &lt;.le Kateri&#13;
&#13;
1&#13;
En 1885, décès de Marie-Josèphte Fitzbach&#13;
à Québec.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Marie-Josèphte Fitzbach&#13;
&#13;
La spirltualité de Marfe-Josèphte Fitzbach est particulièrement marquée par les vertus de foi, d'espérance et de charité. Marie-Josèphte n'a rien épargné&#13;
pour transmettre les vérités de la foi. Elle a un goût&#13;
prononcé pour la prière et la contemplation. Le Cœur&#13;
de Jésus est l'objet privilégié de ses contemplations et&#13;
sa dévotion au Cœur Immaculé de Marie devient le refuge&#13;
des pécheurs. Son espérance se nourrit du désir d'être avec Dieu et de goûter&#13;
sa présence. Elle se détache progressivement des biens matériels parce qu'elle&#13;
craint d'offenser Dieu. Sa confiance est inébranlable en la miséricorde de Dieu.&#13;
Elle aime Dieu par-dessus tout et cet amour imprègne toute sa vie. Marie Fitzbach&#13;
cherche constamment à conformer sa volonté à celle de Dieu. Accomplir cette&#13;
volonté qu'elle aime et la faire aimer constitue le fond de son être.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
En 1792, décès d'André Grasset à Paris.&#13;
&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle d'André Grasset&#13;
&#13;
André Grasset a eu le courage de sa foi en Jésus-Christ. il a accepté de mourir&#13;
au nom de ses convictions religieuses en refusant de souscrire à la Constitution&#13;
civile du clergé. Il n'a pas voulu prononcer le serment demandé jusqu'au péril de&#13;
sa vie. Il a su s'appuyer sur la promesse du Sauveur qui a promis de rester avec&#13;
les chrétiens jusqu'à la fin des temps. Lors de la révolution française. André&#13;
Grasset est demeuré fidèle à l'Église. Dans la prison, il célèbre la messe et il&#13;
tient à s'unir à celle du pape. il sera tué parmi quelques deux cents prêtres qui&#13;
ont suivi son exemple.&#13;
&#13;
30&#13;
31&#13;
Ma Mère, faites de moi tout ce q1te vo11s vo1tdrez, 1mtis vous ne m 'enlèverez point l'lmbit et je ne sort it-ai point tl'ici sinon pom· aller en Canada.&#13;
Catherine de:: Saint-Augus tin&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
�60&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
SEPTEMBRE&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
61&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
En 1850, Mère Marie-Anne Blondin fonde la Congrégation des&#13;
Soeurs de Sainte-Anne à Vaudreuil.&#13;
&#13;
En 1929, décès de Dina Bélanger à Sillery.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Dina Bélanger&#13;
&#13;
La vie de Dina Bélanger a été intimement unie au&#13;
Christ, son unique Amour. Dans son Cœur Eucharistique, elle trouve tous les trésors de la grâce qu'elle&#13;
emprunte pour les répandre sur le monde. L' offrande&#13;
de Jésus au Père lui est un moyen privilégié et proposé par Jésus. Cette offrande de Jésus lui donne une&#13;
confiance infinie: elle se sent toute puissante auprès du Père&#13;
éternel. Par Lui, ne peut-elle pas rassasier l'infini? Marie&#13;
occupe dans sa vie une place de choix. Sa devise: «Aimer et laisser faire Jésus&#13;
et Marie» fait de Dina une apôtre selon les desseins de Notre Seigneur. Elle le&#13;
sera donc par la prière, la maladie, une fidélité amoureuse, le dévouement et&#13;
une confiance absolue en Jésus dont elle est devenue la petite Moi-même, selon&#13;
son expression à Lui: «Ma petite Moi-même, je te garde dans les profondeurs de&#13;
!'Essence de la Très Sainte Trinité». Dieu a absorbé son être tout entier. Anéantie dans le Christ Jésus, elle vit par Lui en l'adorable Trinité.&#13;
&#13;
9&#13;
E.,primez à Jésus le ,lésir de 11wrcber sur ses traces,&#13;
de la crèche r111 Calî•a ire,&#13;
tl'imiter sa soumission à son Père et soll amour p our les âmes.&#13;
Auréli e Caouettt:&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
li&#13;
En 1984, Marie-Léonie Paradis est béatifiée par le pape Jean-Paul&#13;
Il à Montréal.&#13;
&#13;
5&#13;
Ajoutez à ces rliffic,iltés qu'il faut couc/Jer sur lfl terre nue, 011 s11r quelque tlure roche, faute tle trouver ,ii.v ou tlouze pie,ls tle terre eu carré pour&#13;
placer une cbétive c11balle; qu'il faut se11tir i11cess11111111e11t la Jmanteur des&#13;
sa,,vages recrus, marcher tians les eau:\:, tians les fanges. dans l'obscurité&#13;
et l'embarras des forêts, où les piqûres d'une multitude il~/ ïuie de moustiques et cousins vous imporlunellt .fort. Je laisse à part 1111 lo11g et ennuyeu.,· silence où l 'on est réduit.&#13;
Jean de Bréb1.:t1f&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
12&#13;
En 1877, Élisabeth Bergeron fonde l'Institut des Soeurs de SaintJoseph de Saint-Hyacinthe avec l'appui de Mgr Louis-Zéphirin&#13;
Moreau.&#13;
&#13;
13&#13;
Une âme ne peut s 'approcher de 111011 Cœur sans être heureuse car je suis&#13;
le Foyer ,le la joi'e et t/11 bo11be11r.&#13;
&#13;
Dieu soit bé,zi! li l'a permis, il l 'a voulu! S11 saillie mlunté soilfaite!Je l't-1i 111e,&#13;
je la veu:t~ je la c/Jé,-is, et je l'embmsse tians toute l'éte11tl11e ,le mon cœm:&#13;
Ikné Goupil&#13;
&#13;
7&#13;
1ffrirez pour moi 1111 petit q1111rl t/'heure 1/e vos soins charitables&#13;
auprès ,les pa11vres.fab11e beauwup cette 11101111aie gagnée auprès des 11wlbe11re11.\·;&#13;
C'e st avec elle que j'espère payer 111011 billet d'enhvfe ,m ciel.&#13;
&#13;
En t'etQm; t'OIIS&#13;
&#13;
Emilie Ciamelin&#13;
&#13;
Jésus à Dina Bélanger&#13;
&#13;
14&#13;
En 1861 , Aurélie Caouette fonde l'Institut des Adoratrices du&#13;
Précieux-Sang à Saint-Hyacinthe.&#13;
&#13;
�62&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
SEPTEMBRE&#13;
&#13;
63&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
En 1875, Marie Élisabeth Turgeon revêt, avec deux de ses compagnes, l'habit propre à l'Institut naissant, soit l'Institut des Soeurs de&#13;
Notre-Dame du Saint-Rosaire.&#13;
&#13;
lorsque j 'entendais la parole ,te Dieu, il me semblait que 111011 cœur était&#13;
un vase daus lequel cette rliviue parole découlait comme 1111e liquem·.&#13;
C'est {'Esprit de Dieu, présent en celle divine parole, qui p roduisait cet&#13;
effet da11s 111011 âme.&#13;
Marie de l'Incarnatio n&#13;
&#13;
16&#13;
Soyez beu,-euses e11 Dieu pom· Dieu. Que vos actio11s soient faites avec la&#13;
plus grande p1,reté d'intention, disant souvent pemfmtf la jouruée: «Tout&#13;
pour vous, mon Dieuf,;.&#13;
Marie-Léonie Paradis&#13;
&#13;
17&#13;
Je ne descen,lrai jamais de la croi:1; [du Christ] où&#13;
&#13;
23&#13;
En 1851 , décès de Mère Émilie&#13;
Tavernier-Gamelin&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Mère Gamelin&#13;
&#13;
s,, bo11té m'a mis.&#13;
Charles Garnie r&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
La sp iritualité de Mére Gamelin s'exp rime&#13;
particulièrement par son dynamisme et par sa foi&#13;
inébranlable en Dieu. Sa contemplation est tournée&#13;
vers le Christ souffrant et Marie, Mère des Douleurs.&#13;
La méditation lui permet d'approfondir ses richesses&#13;
intimes qu'Émilie Gamelin véhicule au niveau de ses&#13;
&#13;
actes. Sa foi se trad uit en co nfi ance en un DieuProvidence. De sa contemplation germe l'amour. Elle a une&#13;
grande compassion pour tous ceux qui sont en proie à quelque misère. Dans un&#13;
don plénier de soi, elle est anlmée d'humilité, de simplicitê et de charité. La Vierge&#13;
des Douleurs devient en tout, son modèle, son secours et sa force.&#13;
&#13;
19&#13;
Ce p euple-là [hu1'on] est pom· moi un époux de sang,&#13;
je me suis fiancé ,, foi pm· 111011 sa11g.&#13;
Tsaac Jo gues&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
24&#13;
Mes crofa: que Je trouve si pesa11tes&#13;
sont pour moi des écbelons pottr aller au ciel.&#13;
ÉntiJie Gamelin&#13;
&#13;
25&#13;
En 1988, le père Frédéric est béatifié par le pape Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
Parler beaucoup du boll Dieu, c'est mon seul&#13;
et unique bonheur sm· la terre.&#13;
Père Frédéric&#13;
&#13;
Fête liturgique des Saints Martyrs canadiens&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle des Martyrs canadiens&#13;
&#13;
Huit missionnaires français sont martyrisés en Amérique du Nord entre 1642 et&#13;
1649: les jésuites Isaac Jogues, Antoine Daniel, Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant,&#13;
&#13;
�64&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
SEPTEMBRE - OCTOBRE&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Charles Garnier, Noël Chabanel et les bénévoles laïcs: René Goupil et Jean de&#13;
la Lande. Les Martyrs canadiens sont fom,és avant tout par les Exercices spirituels de saint Ignace. Plusieurs d'entre eux approfondissent cette première formation sous l'influence d'un grand maître spirituel du XVIIe siècle: le Père Louis&#13;
Lallemant. Les martyrs nous laissent en héritage des valeurs qui n'ont rien perdu&#13;
de leur actualité. 1- Par souci d'inculturation , au lieu de chercher à franclser les&#13;
Hurons, ils adoptent leur langue et les dotent d'une langue écrfte qu'ils ne possèdent pas. 2- Mus par un amour inconditionnel du Christ, donnés, consacrés à lui&#13;
jusqu'au don de leur vie, ils Lui ressemblent tous. 3· Leur zèle apostolique les&#13;
font persévérer dans une mission impossible. 4- Leur magnanimité exclut toute&#13;
mesquinerie. 5- Leur vie de prière en fait des contemplatifs dans l'action.&#13;
&#13;
27&#13;
Jésus-Christ est 1wtre vmie grandeur: c'est Lui seul et sa Croi."\· qu'il faut&#13;
cherche,~ courant après ces peup les.&#13;
Jean de Bréb c uf&#13;
&#13;
28&#13;
&#13;
30&#13;
En î 896, décès d'Alfred Pampalon&#13;
à Sainte-Anne-de-Beaupré.&#13;
Traits majeurs de la vie spirit uelle d'Alfred&#13;
Pampalon&#13;
&#13;
Alfred Pampa lon est contemporain de Thérèse de&#13;
\'Enfant Jésus. Il décède de la même maladie, la&#13;
phtisie (tuberculose) . Il meurt à 28 ans le 30 septembre, le même jour que la petite Thérèse qui décèdera&#13;
l'année suivante à l'âge de 24 ans. La vie de la petite&#13;
Thérèse ne comporte extérieurement aucun fait extraordinaire; il en fut de même pour le Père Alfred. Le même caractère d'enfance spirituelle anime la vie de l'une et de l'autre. Les derniers moments de l'une et de l'autre sont marqués par une sorte d'extase. À l' instar de&#13;
saint Alphonse de Liguori, fondateur des rédemptoristes, Alfred est enflammé&#13;
d'amour pour Jésus dans la contemplation de la crèche, du crucifix et de \'Eucharistie. Il a un tendre amour pour Marie qu'il appelle «sa bonne mère». L'amour&#13;
envers le prochain est sa vertu favorite. Cette affection se manifeste auprès des&#13;
âmes à sauver et son aide auprès de sa famille et des autres.&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
Octobre&#13;
&#13;
En 1642, René Goupil est martyrisé&#13;
en Huronie.&#13;
Bref portrait de René Goupil ( 1608-1642)&#13;
&#13;
René Goupil est né en 1608 à Anjou. Il est déjà&#13;
chirurgien à son entrée au noviciat des Jésuites de&#13;
Paris le 16 mars 1639. Obligé de quitter la Compagnie&#13;
de Jésus pour cause de surdité, il devient missionnaire&#13;
laïc en qualité de «Donné» (service bénévole). René&#13;
Goupil arrive aw Canada en 1640. li vit à Sillery de 1640&#13;
à 1642. Le 1•• août 1642, il se rend en Huronie avec Isaac&#13;
Jogues pour y exercer ses fonctions de chirurgien. Alors&#13;
prisonnier, le 29 septembre 1642, il tombe sous la hache d'un Iroquois irrité de&#13;
l'avoir vu faire le signe de la croix sur un enfant. Peu de temps avant sa mort,&#13;
René Goupil a prononcé ses voeux dans la compagnie de Jésus (jésuite) entre&#13;
les mains d'Isaac Jogues.&#13;
&#13;
En 1874, Louis-Zéphirin Moreau favorise la fondation de l'Union à&#13;
saint Joseph pour assurer du secours aux personnes démunies.&#13;
&#13;
65&#13;
&#13;
1&#13;
En î 941 , décès de Délia Tétreault à Montréal.&#13;
Tra its majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Délia Tétrea ult&#13;
&#13;
Se sachant aimée de Dieu et sûre qu'il est Père, voilà&#13;
chez Délia Tétreault, la source d'un dynamisme qui&#13;
lui fera franchir les plus grands obstacles pour réaliser&#13;
le projet de Dieu sur elle. Sa vie et son œuvre&#13;
expriment ses dispositions de confiance, d'abandon à&#13;
la Providence. Elle est mue par le désir de «rendre amour&#13;
pour amour» en dépensant sa vie au seul service du Bon&#13;
Dieu. Pour elle, «servir, c'est aimer en agissant». Cette attitude est fondamentale&#13;
chez elle : chercher, découvrir, réaliser la volonté de Dieu, dans la joie et l'action&#13;
de grâces. Comme Marie, vivre ECCE - FIAT - MAGNIFICAT.&#13;
&#13;
�66&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
OCTOBRE&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
En 1674, le vicariat apostolique de la Nouvelle-France devient le&#13;
diocèse de Québec et François de Laval en est le premier évêque.&#13;
&#13;
2&#13;
j'ai prié les saints Anges de m'aille,:.. Ob ! Quand j e suis embarrassée, ils&#13;
viennent à 111011 aide. Faites comme moi ; ayez bien confiance e11 eu:\:, et&#13;
vous viendrez à bout de tout.&#13;
Jeanne Le 13er&#13;
&#13;
67&#13;
&#13;
5&#13;
6&#13;
En 181 1, naissance de Mélanie-Eulalie Durocher (Mère Marie-Rose)&#13;
à Saint-Antoine-sur-Richelieu.&#13;
Bref portrait de Mère Marie-Rose (181 1- 1849)&#13;
&#13;
3&#13;
En 161 0, naissance de Gabriel Lalemant à Paris, France.&#13;
Bref portrait de Gabriel Lalemant (1610-1649)&#13;
&#13;
Gabriel Lalemant naît à Paris le 3 octobre 1610. Neveu de Charles et de Jérôme&#13;
Lalemant, il entre dans la Compagnie de Jésus en 1630 et devient professeur de&#13;
philosophie. Il se consacre aux missions lointaines et arrive à Québec en 1646.&#13;
Gabriel Lalemant exerce son ministère à Québec et à Sillery de 1646 à i 648. Il&#13;
monte en Huronie avec François Bressani. Il remplace Noël Chabanel à la mission Saint-Louis et devient compagnon de Jean de Brébeuf. Sept mois après son&#13;
arrivée en Huronie, il est martyrisé à Saint-Ignace en même temps que Jean de&#13;
Brébeuf, le 17 mars 1649. Leurs corps sont transportés à Québec en 1650.&#13;
&#13;
Mélanie-Eulalie Durocher est née le 6 octobre 1811 , dixfème de onze enfants.&#13;
En 1827, elle étudie chez les soeurs de la Congrégation de Notre-Dame en vue&#13;
de devenir religieuse mais ce projet n'aboutit pas. En 1831, à la demande de son&#13;
frère Théophile, curé de Beloeil, Eu lalie et son père Théophile viennent habiter le&#13;
presbytère de Beloeil. Onze ans plus tard, avec des filles de la paroisse, Eulalie&#13;
fonde la congrégation des Filles de Marie-Immaculée poür l'éducation des jeunes_ En 1844, Eulalie, devenue sœur Marie-Rose. est nommée su~érieure de la&#13;
Congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. A peine âgée&#13;
de 38 ans, Marie-Rose Durocher décède à Longueuil, le 6 octobre 1849.&#13;
&#13;
En 1849, décès de Mère Marie-Rose&#13;
(Mélanie-Eulalie Durocher) à Longueuil.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Mère Marie-Rose&#13;
&#13;
En 171 4, décès de Jeanne Le Ber à Montréal.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle de Jeanne Le Ber&#13;
&#13;
La vie de Jeanne Le Ber est un hommage continuel&#13;
au Saint-Sacrement, en union avec la Vierge et les&#13;
Anges. Complètement retirée du monde, dans un&#13;
silence absolu, elle porte dans sa prière les besoins&#13;
du pays et de ses concitoyens. Même sans avoir tait&#13;
vœu de pauvreté. elle vit une pauvreté de cœur illimitée. Elle allie admirablement prière et travail. Elle&#13;
n'œuvre d'ailleurs que pour confectionner des broderies&#13;
afin de garnir les autels et venir en aide aux pauvres.&#13;
&#13;
4&#13;
Bénissez Dieu qui éprou1Je et qtti console qumul Il lui plaît,&#13;
toujours pour le bien de ses e11fa.nts.&#13;
Marie-Rose ùurocher&#13;
&#13;
Mère Marie-Rose possède le charisme d'entrainer les&#13;
âmes à sa suite et de leur communiquer son courage entreprenant. Sa modestie, son respect des personnes, sa bonté de cœur créent un esprit de famille&#13;
dans la Congrégation des Sœurs des Saints Noms de&#13;
Jésus et de Marie (S.N.J.M.). Les qualités de clairvoyance, de prudence administrative se retrouvent chez&#13;
Mère Marie-Rose â un haut degré. Sa foi vive et agissante&#13;
est un héritage familial venu d'une lignée de robustes croyants. Femme de foi et&#13;
d'humilité, Mère Marie-Rose accepte les événements en toute soumission. Femme&#13;
d'initiative, elle crée une œuvre nouvelle faisant face à la réalité exigeante du&#13;
devoir quotidien. Zélée pour le salut des âmes et pour la formation de la jeunesse • elle a un amour ardent pour !'Eucharistie et la Sainte Vierge, une vénération ~our le sacerdoce et une disponibilité au seNice de l'Église. Pour alimenter sa vie intérieu re, elle pratique le recueillement et le silence. Elle adhère&#13;
totalement à la volonté de Dieu et manifeste un sain équilibre entre l'action et la&#13;
contemplation.&#13;
&#13;
�68&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
OCTOBRE&#13;
&#13;
69&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
En 1644, Catherine de Longprey (Marie-Catherine de Saint-Augustin),&#13;
âgée de 12 ans, entre chez les religieuses Hospitalières de SaintAugustin à Bayeux en France.&#13;
&#13;
Que la plus intime cordialité soit toujours la règle de vos pensées et de&#13;
vos actions.&#13;
&#13;
En 1923, le Père Victor Lelièvre fonde l'œuvre de sa vie : la Maison&#13;
Jésus-Ouvrier à Québec.&#13;
&#13;
Marie Fitzbach&#13;
&#13;
14&#13;
Dieu le veut, il faut se soumettre à lui de bon cœur.&#13;
Marguerite d'Youville&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
15&#13;
En 1701, naissance de Marguerite Dufrost de Lajemmerais&#13;
(Marguerite d'Youville) à Varennes.&#13;
&#13;
g&#13;
&#13;
Bref portrait de Marguerite d'Youville (1701-1771)&#13;
&#13;
Nos ennemis mettent toute leur confiance dans leurs armes, mais nous&#13;
mettons la nôtre au nom de la Reine des Anges que nous Invoquons. Elle&#13;
est terrible comme une armée rangée en bataille. Sous sa protection, nous&#13;
espérons vaincre nos ennemis.&#13;
Inscription tracée par Jeanne Le Ber&#13;
sur l'étendard porté par le baron de Longueuil et sa troupe&#13;
marchant au-devant de l'envahisseur en 1711.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Marguerite Dufrost de Lajemmerais naît à Varennes au Québec le 15 octobre&#13;
1701. En 1722, elle épouse François d'Youville. De leurs six enfants, deux seulement survivent et deviennent prêtres. Veuve en 1730, Marguerite s'adonne aux&#13;
oeuvres de charité. Elle accueille d'abord une aveugle sous son toit et inaugure&#13;
le travail social pour les femmes démunies. Elle fonde la communauté des Soeurs&#13;
Grises en 1737. Avec trois de ses compagnes, Marguerite d'Youville s'engage au&#13;
service des pauvres devant une statuette de Notre-Dame-de-la-Providence. En&#13;
dépit de maintes oppositions, elle ouvre son cœur et sa porte aux vieillards, aux&#13;
indigents, aux malades, aux handicapés, aux prostituées, aux enfants abandonnés et aux blessés de guerre sans distinction de langue et de religion. Elle meurt&#13;
le 23 décembre 1771.&#13;
&#13;
La Providence est admirable, elle pourvoit à tout, elle ne manque jamais&#13;
&#13;
à quiconque veut opérer quelque petit bien.&#13;
Marguerite d'Youville&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
Fête liturgique en l'honneur de sainte Marguerite d'Youville, première&#13;
canadienne canonisée par le pape Jean-Paul Il.&#13;
&#13;
Mes sœurs, je vous recommande particulièrement l'union, la charité fraternelle ; quand on est uni dans une communauté, quand la paix règne&#13;
parmi ses membres, c'est le ciel sur la terre.&#13;
&#13;
En 1806, naissance de Marie-Josèphte Fitzbach à Saint-Vallier-deBellechasse.&#13;
&#13;
Marie Élisabeth Turgeon&#13;
Bref portrait de Marie-Josèphte Fitzbach (1806-1885)&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Marie-Josèphte Fitzbach naît à Saint-Vallier-de-Bellechasse le 16 octobre 1806.&#13;
À deux ans, elle devient orpheline de père. En 1812, sa mère se remarie. Âgée&#13;
à peine de treize ans, Marie-Josèphte vient travailler à Québec. Suite au décès&#13;
de son épouse, son employeur, François-Xavier Roy la demande en mariage.&#13;
Marie-Josèphte est alors âgée de 21 ans. Trois filles naissent de cette union.&#13;
&#13;
�70&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
OCTOBRE 71&#13;
&#13;
NUMÉRO SPECIAL&#13;
&#13;
Marie-Josèphte devient veuve après seulement cinq ans de mariage. Lorsqu'une&#13;
de ses filles décède et que les deux autres entrent en communauté, Marie Fitzbach&#13;
loue une chambre chez les Sœurs de la Charité de Québec où sont ses deux&#13;
filles. En 1849, à peine installée, elle reçoit une demande de !'Archevêque de&#13;
Québec d'accueillir les femmes sans abri à leur sortie de prison. Elle fonde les&#13;
Servantes du Cœur Immaculé de Marie, dites Sœurs du Bon-Pasteur de Québec. Cette nouvelle fondation se voue au respect et à la dignité de la femme en&#13;
situation de détresse et à l'éducation de la jeunesse. Marie-Josèphte Fitzbach&#13;
meurt à Québec le 1er septembre 1885.&#13;
&#13;
En 1940, les Martyrs canadiens sont proclamés seconds patrons&#13;
du Canada par le pape Pie XII .&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
19&#13;
En 1646, Jean de la Lande&#13;
est martyrisé en terre iroquoise.&#13;
Bref portrait de Jean de la Lande (1608-1646)&#13;
&#13;
Jean de la Lande est né à Dieppe en Normandie vers&#13;
1608. Il est un «Donné,, (service bénévole) comme&#13;
laïque missionnaire au service des Jésuites sans prononcer de voeu dans une communauté. Sa présence&#13;
en Nouvelle-France est signalée pour la première fois&#13;
en 1642. De 1642 à 1646, il est attaché à la résidence&#13;
de Trois-Rivières avec le Père Anne de Nouë. Le 24 septembre 1646, Jean de la Lande accompagne le Père Isaac Jogues&#13;
au pays des Iroquois. Il est assassiné avec lui le 18 ou le 19 octobre 1646.&#13;
&#13;
En 1926, André Grasset est déclaré bienheureux par le pape Pie XI.&#13;
&#13;
En 1904, fondation de l'Oratoire Saint-Joseph, œuvre du frère André.&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
En 1646, Isaac Jogues est martyrisé&#13;
en terre iroquoise.&#13;
&#13;
En 1659, trois filles de Saint-Joseph arrivent au petit Hôtel-Dieu de&#13;
Montréal pour seconder Jeanne Mance dans le service des malades.&#13;
&#13;
Bref portrait d'Isaac Jogues (1607-1646)&#13;
&#13;
Isaac Jogues est né à Orléans en 1607. Il entre chez&#13;
les Jésuites à Rouen en 1624 où il a comme maitre&#13;
des novices le Père Louis Lalemant, grand spirituel&#13;
de l'époque. Parti pour le Canada le 8 avril 1636, Isaac&#13;
Jogues arrive le 11 septembre. On lui donne le surnom&#13;
de Ondessonk ou oiseau de proie. En 1639, on le retrouve en mission chez les Pétuns avec Charles Garnier.&#13;
En 1642, il arrive à Québec. Au mois d'août de cette même&#13;
année, Il est fait prlsonnier par les Iroquois avec Guillaume Couture et René Goupil.&#13;
Il est soumis aux plus horribles tortures: bastonnades, mutilations, brûlures. Aidé&#13;
par les Hollandais, il réussit à s'enfuir en 1643. Revenu à Québec en juillet 1644,&#13;
il demande à se consacrer à l'évangélisation des Iroquois. Il est assassi né par&#13;
eux à Ossernenon (Auriesville, N.Y.) le 18 octobre 1646.&#13;
&#13;
21&#13;
L'œuvre d'évangélisation des Martyrs canadiens&#13;
La mission buronne est la J;lus importante des missions de la Compagnie de.Jésus en&#13;
Nouvelle-France. De J634 à 1649, environ trente Jésuife:i~ dont uue vîngtaiue de prêtres, se sont consacrés à l'amvre d 'évangélisation de ln nation lmrouue, sédentaire,&#13;
alliée des Français et située sur les bords de la Baie Georgie1111e, en m1 lieu appelé&#13;
aujourd'lmi Mid/and (Ontario).&#13;
&#13;
22&#13;
Ces hommes, qui ont vécu dans des co11ditio11s efftoJ1ables de climat, de 1101erriture el&#13;
de logement, 011I affronté des d(/jicullés inédites d'éva11gélisatio11, obligés de créer&#13;
eu:r-mêmes dictionuaire, grammaire el catéchisme. Trois supérieu1·s ont ass1tré la&#13;
di1'ectio11 de la miss/ou :Jean de Brébeuf(1634-J638),Jér6me Lalemant (/638-1644) ,&#13;
Pend Ragueneau (1644-1650).&#13;
&#13;
�72&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
OCTOBRE&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
23&#13;
D'abord bien accueillis par les autochtones, les missionnaires ont bientôt rencontré&#13;
une résistance obstinée attribuable aux coutumes du pays et aux épidémies successives dont ils étaient tenus responsables. Le rythme des conversions, désespérément&#13;
lent au début, s'accéléra par la suite grâce à l'influence des principaux capitaines&#13;
gagnés à l'Évangile. Chose certaine, en 1649, la plus grande partie de la nation huronne (soit 7000 sur 10 000) était devenue chrétienne.&#13;
&#13;
24&#13;
La mission huronne disparut avec le martyre de ceux qui l'avaient fondée. En 1650,&#13;
&#13;
il ne restait que 600 suroivants réfugiés à Québec et à l'Île d'Orléans. Bon nombre des&#13;
Hurons chrétiens dispersés parmi les nations avoisinantes, ont formé le noyau des&#13;
chrétientés chez les Iroquois et les nations de l'Ouest.&#13;
&#13;
73&#13;
&#13;
elle donne naissance à un fils qui s'appellera Claude. Six mois plus tard, Marie&#13;
devient veuve et se dévoue entièrement à l'éducation de son fils qui deviendra&#13;
plus tard moine bénédictin. Elle accepte aussi un travail chez son beau-frère où&#13;
elle manifeste des talents exceptionnels de femme d'affaires. En 1631, elle entre&#13;
chez les Ursulines de Tours sous le nom de Marie de l'Incarnation. Le Seigneur&#13;
a encore d'autres projets pour elle. Il l'appelle à devenir missionnaire en Nouvelle-France. Elle quitte sa patrie en 1639. À Québec, elle se dépense sans compter auprès des Indiennes qu'elle appelle les «délices de mon cœur». Elle meurt&#13;
en 1672 après avoir laissé une abondante correspondance qui la classe parmi&#13;
les femmes de lettres de son siècle.&#13;
&#13;
En 1991, les restes mortels de Jeanne Le Ber sont retrouvés à&#13;
Montréal.&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
25&#13;
Le bon Dieu a des grâces immenses pour les âmes simples&#13;
qui se confient en Lui.&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
&#13;
26&#13;
&#13;
30&#13;
Faire souvent des visites au très Saint Sacrement, mais je préfere un acte&#13;
de charité à une visite, et même à une communion.&#13;
Frère Théophanius&#13;
&#13;
La sainteté ne consiste pas dans les dons naturels ou surnaturels plus ou&#13;
&#13;
moins riches, mais dans l'accomplissement de la volonté de Dieu.&#13;
Frère Théophanius&#13;
&#13;
31&#13;
En 1871, naissance d'Adolphe Chatillon (frère Théophanius-Léo) à&#13;
Nicolet.&#13;
&#13;
27&#13;
N'épargnons ni nos travaux ni nos vies pour la gloire de Celui qui a&#13;
employé pour nous ses sueurs et son sang.&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
&#13;
28&#13;
En 1599, naissance de Marie Guyart (Marie de l'Incarnation) à Tours,&#13;
France.&#13;
Bref portrait de Marie Guyart (1599-1672)&#13;
&#13;
À Tours, le 28 octobre 1599, le foyer de Jeanne Michelet et de Florent Guyart&#13;
accueille une quatrième enfant, Marie. À 17 ans, Marie accepte le projet de&#13;
mariage voulu par ses parents. Elle devient Madame Claude Martin. En 1619,&#13;
&#13;
Bref portrait d'Adolphe Chatillon (1871-1929)&#13;
&#13;
Adolphe Chatillon est né à Nicolet le 31 octobre 1871. Il grandit au sein d'une&#13;
famille foncièrement chrétienne qui a donné à l'Église un prêtre séculier, un Oblat&#13;
de Marie Immaculée et un Frère des Écoles Chrétiennes. Reconnaissant en lui&#13;
le professeur compétent et dévoué, les supérieurs des Frères des Écoles Chrétiennes nomment leur bon frère sous-directeur de 1895 à 1904. Trois mois après&#13;
son arrivée comme directeur à Sainte-Cunégonde de Montréal en 1907, une grave&#13;
maladie terrasse le frère Théophanius. On croit qu'il va mourir. Sa réputation de&#13;
sainteté le rend tellement attachant qu'on supplie le ciel de lui accorder la guérison. Sa santé se rétablit et il est nommé sous-directeur du Noviciat avant d'en&#13;
assumer la direction à partir du 20 août 1912. En 1923, on lui confie la charge de&#13;
visiteur général mettant sous sa juridiction les maisons de formation de l'Amérique du Nord. En 1927, il accomplit sa dernière grande tournée. À nouveau&#13;
&#13;
�74&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
OCTOBRE - NOVEMBRE 75&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
touché par la maladie, il est un patient exemplaire. On accourt auprès de son lit&#13;
comme en pèlerinage. Si bien que de cette chambre transformée en oratoire, on&#13;
en sort meilleur. Théophanlus meurt les yeux fixés sur un coin du ciel le dimanche 28 avril 1929. Le procès diocésain en vue de sa béatification s'est terminé le&#13;
31 mars 1990.&#13;
&#13;
6&#13;
En 1659, décès de Jérôme Le Royer&#13;
de la Dauversière à La FJèche en France.&#13;
Bref portrait de Jérôme Le Royer (1 597-1 659)&#13;
&#13;
En 1982, Marguerite Bourgeoys est canonisée par le pape JeanPaul Il.&#13;
&#13;
Novembre&#13;
1&#13;
J 'aumi toute l 'éternité p our me repose,:&#13;
&#13;
Ovide Charlebois&#13;
&#13;
2&#13;
Vous savez mon fond : Dieu est le Maître.&#13;
&#13;
Après ses études au collège des Jésuites de La&#13;
Flèche, sa ville natale, Jérôme succède à son père&#13;
dans la charge de percepteur d'impôts. Le 2 février&#13;
1630. jour de la Purification, après s'être consacré luimême, sa femme et ses enfants à la sainte Famille,&#13;
Jérôme Le Royer est inspiré de fonder une congrégation&#13;
de Filles de Saint-Joseph pour le service des «pauvres&#13;
malades, membres souffrants du Christ». Par la suite, un appel intérieur lui&#13;
demande d'établir une colonie d'évangélisation dans l'île de Montréal. En février&#13;
1635, Jérôme est en prière à Notre-Dame de Parls, quand il «voit» Jésus, Marie&#13;
et Joseph et entend Jésus lui dire: «Travaille à mon œuvre, ma grâce te suffit...».&#13;
Dès lors, ses conseillers l'encouragent à obéir à la volonté du Seigneur. Dans un&#13;
grand esprit de foi et d'abandon, confiant en la protection de saint Joseph. Jérôme&#13;
accepte humblement de travailler à la réalisation des «folles entreprises" que le&#13;
Ciel lui confie. Sa voie spirituelle se trace et se révèle dans l'immense tâche qu'il&#13;
accomplit pour «la plus grande gloire de Dieu». Le 6 novembre 1659, après quatre&#13;
mois de grandes souffrances physiques et de pénibles épreuves morales, Jérôme&#13;
Le Royer de la Dauversière décède à La Flèche.&#13;
&#13;
Jérôme Le Royer sur sun lit de m on&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
7&#13;
Je remets tout entre les mains r/11 bon Dieu.&#13;
Ovide Charlebois&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
4&#13;
L'eucharistie sera pour nous cette som·ce d'eau vive do11t parle Jésus, m œ&#13;
so11rce d'eai, jaillissante eu vie éternelle.&#13;
Alfred Pampalon&#13;
&#13;
5&#13;
Ces bonne gens {les Ht1ro11sj ne sont pas comme beaucoup de cbrélie11s q1ti&#13;
ne peuvent souffrir q14'011 lem· parle tle la mort et qui, dans uue maladie&#13;
mortelle, vous mettent e11 pei11e toute une maisou pour trouver 11wye11 de&#13;
fait'e porter cette nouvelle au 11wlmle, sans le Jaire mourir par avance.&#13;
Jean de UrébcuJ&#13;
&#13;
9&#13;
j'ai commencé cette co11mm11&lt;111té et je la co11tùwerai si Dieu me laisse la&#13;
santé. Il n)1 attrn que la mort pour m'en empêche,: Je 1·éussirai, si cette&#13;
amvre est bien la volonté tlu bon Dieu.&#13;
Ros:1Ue Cadron-Jetté&#13;
&#13;
�76&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
NOVEMBRE&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
La Très Sainte Vierge aura soin de ce pays. Elle est la gardienne de Ville-&#13;
&#13;
Marie. Nous ne devons rien craindre.&#13;
&#13;
77&#13;
&#13;
En 1653, Marguerite Bourgeoys arrive à Ville-Marie (Montréal).&#13;
&#13;
Jeanne Le Ber à l'approche de l'armée ennemie en 1711.&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
12&#13;
En 1606, naissance de Jeanne Mance à Langres, France.&#13;
Bref portrait de Jeanne Mance (1606-1673)&#13;
&#13;
Le 12 novembre 1606, Jeanne Mance est née et baptisée à Langres. En 1635,&#13;
elle devient membre de la Confrérie du Saint-Sacrement. Son cousin, Nicolas&#13;
Dolebeau, lui parle des missions de la Nouvelle-France. Le père Charles Lalemant, jésuite, confirme sa vocation missionnaire pour le Canada. Jeanne Mance&#13;
embarque au port de la Rochelle le 9 mai 1641 avec douze hommes de la recrue&#13;
de Montréal et le Père de La Place. Ils débarquent à Québec le 8 août. En 1642,&#13;
avec Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, Jeanne Mance devient&#13;
cofondatrice de Ville-Marie et installe l'origine de !'Hôtel-Dieu de Montréal. Le&#13;
premier hôpital est bâti en 1645 à l'extérieur un petit dispensaire dans le Fort à&#13;
du Fort. En 1669, Jeanne Mance rédige son testament olographe. En 1672, elle&#13;
pose l'une des premières pierres de l'église Notre-Dame de Montréal. Jeanne&#13;
Mance meurt le 18 juin 1673. Le lendemain, son corps est déposé dans la chapelle de !'Hôtel-Dieu.&#13;
&#13;
En 1950, Marguerite Bourgeoys est béatifiée par le pape Pie XII.&#13;
&#13;
Je remets mon esprit et mon âme entre les mains de mon souverain Seigneur et créateur me soumettant très humblement et dans le plus profond&#13;
respect qu'il m'est possible à l'ordre sacré de sa très adorable, très sainte,&#13;
très juste et très aimable volonté, voulant et agréant de tout mon cœur&#13;
pour le reste de ma vie et pour l'éternité tout ce qui Lui plaira d'ordonner&#13;
sur moi.&#13;
Jeanne Mance&#13;
&#13;
18&#13;
19&#13;
En 1838, naissance de Frédéric Janssoone (Père Frédéric) à&#13;
Ghyvelde, France.&#13;
Bref portrait de Frédéric Janssoone (1838-1916)&#13;
&#13;
13&#13;
14&#13;
Il faut se faire aimer par sa douceur, sa patience et sa charité et se gagner&#13;
les esprits et les cœurs pour les gagner à Dieu; souvent une parole d'aigreur,&#13;
une impatience, un visage rebutant, détruiront en un moment ce que l'on&#13;
avait fait en un long temps.&#13;
François de Laval&#13;
&#13;
Frédéric Janssoone est né à Ghyvelde en France le 19 novembre 1838. Son père&#13;
Pierre et sa mère Marie Bollengier sont des cultivateurs à l'aise. Après de brillantes études, Frédéric devient prêtre chez les Franciscains, le 17 août 1870. Par la&#13;
suite, il est missionnaire en Terre-Sainte pendant douze ans. À compter de 1888,&#13;
il établit le commissariat de Terre-Sainte à Trois-Rivières et devient le premier&#13;
directeur des pèlerinages à Notre-Dame-du-Cap. Prédicateur remarquable et&#13;
écrivain prolifique, il propage à travers le Québec la dévotion au chemin de la&#13;
croix et prêche le Tiers-Ordre franciscain. Après s'être acquis une réputation de&#13;
sainteté, il meurt à Montréal le 4 août 1916. Il est béatifié par le Pape Jean-Paul&#13;
li le 25 septembre 1988. Son corps repose dans la Chapelle Saint-Antoine à TroisRivières.&#13;
&#13;
�78&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NOVEMBRE&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉC IAL&#13;
&#13;
79&#13;
&#13;
riste. À l'âge de 19 ans, il part donc pour la Belgique où il fait son noviciat. Il&#13;
prononce ses voeux perpétuels le 8 septembre 1887. Cinq ans plus tard, il est&#13;
ordonné prêtre le 4 octobre. En 1895, il revient au Canada atteint de la phtisie&#13;
(tubercu lose). Il demeure à Sainte-Anne-de-Beaupré où il prêche quelques fois.&#13;
Apprenant que la morphine qu'il reçoit diminue ses souffrances, il prie le médecin de la supprimer. Il veut offrir ses souffrances pour la conversion des drogués.&#13;
11 décède le 30 septembre 1896.&#13;
&#13;
20&#13;
En 1933, décès de Mgr Ovide Charlebois&#13;
au Manitoba.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
d'Ovide Charlebois&#13;
&#13;
Mgr Ovide Charlebois a été un évêque pauvre,&#13;
humble, énergique et zélé. En secret, il désire le&#13;
martyre. «Il ne faut pas porter sa croix dans les pleurs,&#13;
mais avec une jofe résignée» disait-il. Dans sa vie de&#13;
foi, il a une grande confiance au Sacré-Cœur et à la&#13;
Vierge Marie. Il accepte en silence les sacrifices et&#13;
l'abnégation de soi par amour pour les âmes et pour la gloire de&#13;
Dieu . Il a avoué avoir, tout au long de sa vie, travaillé comme un mercenaire, un&#13;
mercenaire du bon Dieu.&#13;
&#13;
25&#13;
26&#13;
On a dit souvent que le Père Lelièvre avrùt un charisme spécial, celui de lire dans les âmes.&#13;
&#13;
li y av~ùt dans une région un type appelé Bruno Genest mais on l'appelait souvent Nono&#13;
Genest. Invité à se rendre à la prédication du Père Ielièvre, d'abord incrédule, Nono vient&#13;
&#13;
21&#13;
Si nous ne sommes pas des saints, 11ous somme des insensés.&#13;
Ovide Charlebois&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
à l'église. Alors qu'il pmfait, le Père Lclièvre a employé un mot qu'il n'utilisait jfünais, le&#13;
mot «nonobstant,,. Nono, qui écout:ùt, a entendu son nom et il a compris : Nono, c'est le&#13;
temps. Il éclate en s,rnglots. Après l'office, il se rend à la saclistie et dit au Père Lelièvre :&#13;
vous me connaissez, même par mon nom! Le Père Lelièvre ahuri, ne dit rien. il laisse&#13;
Nono s'exprimer. li entend sa confession et le remet sur le chemin de Dieu.&#13;
&#13;
Jésus-Christ mo1l sauveur et rédempteur est le seul et l'unique apJmi de&#13;
toutes mes esJJénmces !&#13;
J&lt;::ann c Mance&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
24&#13;
En 1867, naissance d'Alfred Pampalon à Lévis.&#13;
Bref portrait d'Alfred Pampalon (1867-1896)&#13;
&#13;
Alfred Pampalon naît à Lévis le 24 novembre 1867. Au foyer des Parnpalon, la&#13;
vertu est à l'honneur. Alfred Pampalon hérite de la grande piété de sa mère «dont&#13;
la sainteté était passée en exemple». En 1885, une grave pneumonie le conduit&#13;
aux portes de la mort. La prière de ses parents, amis de la bonne Sainte-Anne,&#13;
le ramène à la vie. Alfred fait le voeu de se consacrer à Dieu comme rédempto-&#13;
&#13;
Anecdote au sujet du Père Lelièvre&#13;
&#13;
27&#13;
28&#13;
Que l'E1tcbt1ristie et l'aba11don à la Volonté de Dieu&#13;
soient ,iotre ciel sut la te,·re.&#13;
Marie-Anne&#13;
&#13;
�80&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÊRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
NOVEMBRE - DÉCEMBRE&#13;
&#13;
81&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
En 1956, décès du Père Victor Lelièvre&#13;
à Québec.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle du Père Lelièvre&#13;
&#13;
Le Père Lelièvre est un homme pieux, humble, franc&#13;
et droit dans ses intentions. Sa charité, son oubli de&#13;
soi, son renoncement, son respect pour l'autorité, sa&#13;
bonté sans limite ont marqué les gens qui l'ont connu .&#13;
Le Père Lelièvre ne s'attribue aucune de ses réussites;&#13;
il en rend le crédit au Sacré-Cœur dont il se dit le simple&#13;
instrument. Fidèle à ses engagements, il pratique ce qu'il&#13;
enseigne. Bon, tendre et généreux envers les pauvres, dans son&#13;
humilité, il reconnaît ses limites avec la simplicité d'un enfant. On qualifie le Père&#13;
Lelièvre d'apôtre de diverses façons:&#13;
•&#13;
&#13;
•&#13;
•&#13;
•&#13;
•&#13;
&#13;
!'Apôtre du Sacré-Cœur, en raison du Comité du Sacré-Cœur qu'il a fondé,&#13;
des processions du Sacré-Cœur, et des 134 statues qu'il a installées partout&#13;
en province;&#13;
!'Apôtre de la miséricorde, en raison des enseignements qu'il prêchait;&#13;
!'Apôtre de l'Évangile, parce qu'il puisait dans ce livre toute sa prédication;&#13;
!'Apôtre des ouvriers, puisque toute sa vie, il s'est occupé principalement d'eux&#13;
et fonde la maison de retraites Jésus-Ouvrier;&#13;
!'Apôtre des vocations, parce qu'on lui crédite environ 150 vocations de prêtres, de sœurs et de frères.&#13;
&#13;
3&#13;
JI est vrai que tout ce que j 'ai to11jo11rs le plus désiré, et q11e j e souhaite&#13;
encore le plus m·demme11t, c'est que le grand précepte de l 'mnour de Dieu.&#13;
pa1'-dessus toutes choses et l'amour du procbaiu comme soi-même soit&#13;
gravé ,tans tous les cœurs.&#13;
Marguerite:.' Bomgeoys&#13;
&#13;
4&#13;
5&#13;
Le Père éternel f"it l 'objet de&#13;
depuis plus de quarante a11s.&#13;
&#13;
11u1&#13;
&#13;
gmnde confùmce&#13;
Marguerite d 'YouviUe&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
30&#13;
&#13;
7&#13;
En 1649, Charles Garnier est martyrisé&#13;
en Huronie.&#13;
&#13;
Décembre&#13;
&#13;
Bref portrait de Charles Garnier (1605-1649)&#13;
&#13;
1&#13;
Les chrétiens doivent ,mssi prendre co11science, et avec une joie difficile&#13;
à e.\prime,~ que ltl foi c/Jrétien11e est, en son essence, 1me liaison muoureuse entre Dieu et l'/Jomme.. Et }HIS simplement une liaison amoureuse:&#13;
c'est une liaison d'amow· passionné.&#13;
Catherine de Hucck Dohcny&#13;
&#13;
Charles Garnier est né à Paris, en 1605. Il entre dans&#13;
la Compagnie de Jésus en 1624. Ordonné prêtre en&#13;
1635, il est désigné pour les missions de la NouvelleFrance. Il arrive à Québec le 11 juin 1636 avec monsieur de Montmagny. Dès le 21 juin, il part pour la&#13;
Huronie avec le Père Pierre Chastellain, il ne reviendra jamais. Compagnon d'Isaac Jogues chez les Pétuns&#13;
de 1639 à 1640, il tente en vain de les convertir. De 1641&#13;
&#13;
�82&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
DÉCEMBRE&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
à 1646, Charles Garnier est employé à la mission de Saint-Joseph. En 1646, de&#13;
nouveau en mission chez les Pétuns, il réussit cette fois à fonder une mission&#13;
florissante. Charles Garnier a une grande dévotion au Cœur de Jésus. Il fait voeu&#13;
de soutenir jusqu'à la mort l'immaculée Conception de Marie. Il est frappé de&#13;
deux balles dans l'assaut de Saint-Jean le 7 décembre 1649.&#13;
&#13;
83&#13;
&#13;
12&#13;
Dieu n ses desseills, je les atlore.&#13;
Ma.rgucritt: d 'Youville&#13;
&#13;
13&#13;
No11s ue co111pre11011s jnmais aussi bien la pauvreté&#13;
que lorsque nous en sentons les effets.&#13;
Marit:-Rose Durocher&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
En 1649, Noël Chabanel est martyrisé&#13;
en Huronie.&#13;
&#13;
En 1985, décès de Catherine de Hueck&#13;
Doherty en Ontario.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Catherine de Hueck Doherty&#13;
&#13;
8&#13;
En 1844, érection canonique de la Congrégation des Soeurs des&#13;
Saints Nom de Jésus et de Marie par Mgr Ignace Bourget.&#13;
En 1870, le pape Pie IX proclame saint Joseph, patron de l'Église&#13;
universelle.&#13;
&#13;
9&#13;
En 1990, Marguerite d'Youville est canonisée par le pape Jean-Paul li.&#13;
&#13;
10&#13;
la plus gnmde tragédie tle notre temps, c'est qtte l'homme tze se rentl pt1s&#13;
compte (o,i p eut-être 11e veut-il pas premlre co1tscie11ce) de ce fait que&#13;
Dieu. l'a aimé le premier et que po11r lui le bonheur et la JJ11ù,.; consistent&#13;
tmiquemenl à aimer Dieu en retour.&#13;
Catherine d e Hueck D oherty&#13;
&#13;
Il&#13;
&#13;
Catherine est une femme de passion. Même comme&#13;
jeune fille, elle est opiniâtre et attachée à sa façon&#13;
de faire. Mais ce qu'elle fait, elle le fait de tout son&#13;
être. Elle est décorée pour son courage pendant la&#13;
première guerre mondiale. Toute sa vie, Catherine se&#13;
donne entièrement aux pauvres. Par grâce de Dieu et&#13;
à travers un long combat intérieur, sa passion s'oriente&#13;
vers le Christ, surtout le Christ souffrant, qu'elle voit sans&#13;
cesse dans les pauvres. Sur la croix qui marque sa tombe,&#13;
elle voulait l'inscription: «Elle aimait les pauvres». Pour parler de sa relation avec&#13;
Dieu, Catherine emploie le terme «être amoureux de Dieu». Une manière de parler&#13;
qui, à l'oreille nord américaine, semble trop romantique. Cette expression exprime&#13;
le mieux ce qu'elle vlt au plus profond de son cœur. Elle aime le Christ comme&#13;
une femme aime passionnément son mari. Elle désire de toute son ardeur russe&#13;
incarner l'Évangile dans le quotidien et dans chaque petit détail de la vie humaine.&#13;
Elle croit que seul un amour qui s'incarne dans les actes concrets peut restaurer&#13;
le monde dans le Christ.&#13;
&#13;
15&#13;
En 1966, Mgr Vital Grandin est déclaré vénérable par le pape&#13;
Paul VI.&#13;
&#13;
�84&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÊRO SPÊCIAL&#13;
&#13;
16&#13;
Traitez vos affaires avec Dieu; nous le p1·iero11s nous aussi pottr vous, afin&#13;
que sa sainte volonté s 'accomplisse sur vous.&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
&#13;
DÉCEMBRE 85&#13;
&#13;
23&#13;
En 1771, décès de Marguerite d'Youville&#13;
à Montréal.&#13;
Traits majeurs de la vie spirituelle&#13;
de Marguerite d'Youville&#13;
&#13;
17&#13;
L,i joie est le meille1tr merci qu'on puisse ll(/resser à Die,~; c'est lui tlire&#13;
qu'on est coutent de ce qu'il fait pour 11011s.&#13;
Délia Tétreault&#13;
&#13;
18&#13;
En 1997, Délia Tétreault est déclarée vénérable par le pape JeanPaul Il.&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
Marguerite d'Youville développe très tôt une&#13;
spiritualité de la compassion. À l'âge de 27 ans, une&#13;
grâce spéciale lui fait expérimenter la tendresse de&#13;
Dieu-Père et découvrir qu'en lui, nous sommes tous&#13;
frères et sœurs. Sa foi en la divine Providence renforce&#13;
sa détermination et son audace pour aider les pauvres. En&#13;
fille de l'Église. elle surmonte les préjugés et l'incompréhension.&#13;
Elle poursuit sa vision de charité universelle. Elle témoigne ainsi de sa croyance&#13;
en l'égalité et la dignité de tout être humain par ses engagements. Elle nous laisse&#13;
l'exemple d'une femme forte et créatrice qui allie action et contemplation au servlce&#13;
de l'amour.&#13;
&#13;
En 1846, Louis-Zéphirin Moreau est ordonné prêtre.&#13;
&#13;
24&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
fappelle sur 11ous la joie des Auges qui cbautent à Noifl la naissance du&#13;
Snuvem; celles des bergers qui l'adorent, et surtout la j oie de Mm·ie q11,i&#13;
a tlom,é au momie Celui qui e11 sera toujours la vie et le salut.&#13;
Amélie Caooette&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
fêle de la naissance de Jésus à Bethléem en Judée.&#13;
&#13;
Je vous invite à vous re,ulre avec moi dans le Cœur de Jésus, car c'est là&#13;
que j e veux fi:'.l:er mon séjo1tr et où, si ·vous le voulez, 1wus ne uous&#13;
séparerons jamais.&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
&#13;
22&#13;
Il fimt mettre toute notre cm~fiance et notre force en Notre-Seigne111; en&#13;
sa sainte lJfère et toute sa sainte Famille.&#13;
François de tav:il&#13;
&#13;
26&#13;
En l 634, Jérôme Le Royer établit en France une confrérie de la «Sainte-famille de&#13;
Notre Seigneur Jésus-Christ&gt;&gt;, dont un des rôles est de «créer un Heu entre les&#13;
&#13;
membres q11,i s'ajoute à l'union qu'ils on! dqjà comme chrétiens, membres du.&#13;
Cmps mystique». Le grand but e~t «d'honorer ensemble jésus, Marie etfosepb...&#13;
el par eu.r parvenir à une pa,faite adorcttiou et glorification de !'Auguste&#13;
11-inité».&#13;
&#13;
�86&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
LISTE DES ADRESSES DE RÉFÉRENCES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
87&#13;
&#13;
Liste des adresses de références&#13;
&#13;
27&#13;
Faits historiques concernant la Confrérie de la Sainte Famille érigée en&#13;
1665 par François de Laval, premier évêque de Québec.&#13;
&#13;
En 1684, François de Laval apporte en France une requête concernant la Sainte&#13;
Famille. Il demande au pape Innocent XI l'autorisation définitive d'instituer une fête&#13;
solennelle en l'honneur de la Sainte Famille pour tout le diocèse de Québec.&#13;
&#13;
28&#13;
Ordonnons par les présentes que tous les ans on célébrera dans toute&#13;
l'étendue de notre diocèse une fête en l'honneur de cette même Sainte&#13;
Famille, qui sera de première classe avec octave, ainsi qu'il s'est pratiqué&#13;
depuis plusieurs années.&#13;
Extrait du mandement daté du 14 novembre 1684&#13;
&#13;
29&#13;
&#13;
Bureau de la Cause Délia-Tétreault&#13;
&#13;
Cause du Frère André&#13;
&#13;
100, Place Juge-Desnoyers&#13;
Laval, QC&#13;
H7G 1A4&#13;
Tél.: (450) 663-6460&#13;
Télécop. : (450) 663-6259&#13;
http://www.colba.net/-leprecur&#13;
&#13;
Oratoire Saint-Joseph&#13;
3800, Chemin Queen Mary&#13;
Montréal, QC&#13;
H3V IH6&#13;
Tél.: (514) 733-8211&#13;
Télécop. : (514) 733-9735&#13;
http://www.saint-joseph.org&#13;
Courriel : pereweb@saint-joseph.org&#13;
&#13;
Bureau de la Cause Émilie Gamelin&#13;
&#13;
5655, rue de Salaberry&#13;
Montréal, QC&#13;
H4J 1J5&#13;
Tél.: (514) 331-4810&#13;
Télécop. : (514) 334-1620&#13;
Courriel : spadgen@riq.qc.ca&#13;
10018, avenue Royale&#13;
Sainte-Anne-de-Beaupré, QC&#13;
GOA 3C0&#13;
Tél.: (418) 827-3781&#13;
Télécop. : (418) 827-5673&#13;
http://www.cssr.net/&#13;
&#13;
30&#13;
&#13;
Cause de Gérard Raymond&#13;
1, rue des Remparts&#13;
&#13;
31&#13;
En 1737, Marguerite d'Youville fonde la communauté des Soeurs&#13;
Grises à Montréal.&#13;
&#13;
300, chemin du Bord-de-l'Eau&#13;
Sainte-Dorothée de Laval, QC&#13;
H7X 1S9&#13;
Tél.: (450) 689-4151&#13;
Télécop. : (450) 689-8761&#13;
&#13;
Cause d'Alfred Pampalon&#13;
&#13;
En 1892, l'Église établit l'Association universelle de la Sainte Famille regroupant&#13;
toutes les Confréries du monde. À cette occasion, le pape Léon XIII souligne l'importance que ce culte a connue au XVIIe siècle grâce principalement à l'activité de&#13;
Marguerite Bourgeoys et de François de Laval.&#13;
&#13;
En 1921, Benoît XV rend la fête liturgique en l'honneur de la Sainte Famille obligatoire. Elle est célébrée le dimanche après Noël ou le 30 décembre si Noël tombe un&#13;
dimanche.&#13;
&#13;
Cause du Frère Théophanius-Léo&#13;
&#13;
Québec, Qc&#13;
GIR 4R7&#13;
Cause de Mgr Louis-Z. Moreau&#13;
&#13;
1900, rue Girouard Ouest&#13;
C.P. 190&#13;
Saint-Hyacinthe, QC&#13;
J2S 7B4&#13;
Tél. : (450) 773-8581&#13;
Télécop. : (450) 774-1895&#13;
Courriel : diosthya@ntic.qc.ca&#13;
&#13;
Cause du Père Lelièvre&#13;
&#13;
580, rue Notre-Dame&#13;
Cap-de-la-Madeleine, QC&#13;
G8T 4G8&#13;
Tél. : (819) 379-3661&#13;
poste 105&#13;
Télécop. : (819) 733-9735&#13;
Courriel : renatolab@videotron.ca&#13;
Centre Aurélie Caouette&#13;
&#13;
2520, rue Girouard Ouest&#13;
C.P. 401&#13;
Saint-Hyacinthe, QC&#13;
J2S 7B8&#13;
Tél.: (450) 773-7506&#13;
Télécop.: (450) 773-7155&#13;
Courriel : rel.aps@hy.cgocable.ca&#13;
Centre Catherine de Saint-Augustin&#13;
&#13;
32, rue Charlevoix&#13;
Québec, QC&#13;
GIR 5C4&#13;
Tél.: (418) 692-2492&#13;
Télécop. : (418) 692-2668&#13;
http://www.diocesequebec.qc.ca/Histoire&#13;
Courriel : centre.catherine@videotron.ca&#13;
&#13;
�88&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
Centre de la Cause&#13;
d'Élisabeth Bruyère&#13;
&#13;
9, rue Bruyère&#13;
Ottawa, ON&#13;
KIN 5C9&#13;
Tél.: (613) 241-2710&#13;
Télécop.: (613) 241-5509&#13;
Centre Dina-Bélanger&#13;
&#13;
2049, chemin Saint-Louis&#13;
Sillery, QC&#13;
GlT IP2&#13;
Tél.: (418) 687-9260&#13;
Télécop.: (418) 687-1959&#13;
Courriel : mprovjm@total.net&#13;
Centre Élisabeth-Bergeron&#13;
&#13;
805 , Raymond&#13;
Saiot-1 Lyacinthe, QC&#13;
J2S 5T9&#13;
Tél.: (514) 773-6067&#13;
Té.lécop. : (514) 773-8044&#13;
Centre Élisabeth-Turgeo11&#13;
&#13;
300, allée du Rosaire&#13;
Rimouski, QC&#13;
G5L 3E3&#13;
TéL : (418) 723-2705&#13;
Télécop. : (418) 724-0922&#13;
&#13;
LISTE DES ADRESSES DE RÉFÉRENCES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Centre fl'édéric-Janssoone&#13;
&#13;
Centre Maric-Josèphte-Fitzbach&#13;
&#13;
890, rue Saint-Maurice&#13;
n·ois-RMèrcs, QC&#13;
G9A 3P8&#13;
Tél.: (819) 378-4864&#13;
Télécop.: (819) 376-1533&#13;
&#13;
2550, rue Marie-Fitzbach&#13;
Sainte-Foy, QC&#13;
GlY 2]2&#13;
Tél. : (418) 656-0650&#13;
Télécop. : ( 418) 656-1973&#13;
&#13;
Centre Jeannc-LeBer&#13;
&#13;
Centre Marie-Léonie-Paradis&#13;
&#13;
4873, avenue WesLmount&#13;
Westmount, QC&#13;
H3Y 1X9&#13;
Tél. : (514) 487-2420&#13;
Télécop.: (5 14) 487-0632&#13;
&#13;
1820, rue Galt Ouest&#13;
Sherbrooke, QC&#13;
JIK IH9&#13;
Tél.: (819) 346-2134&#13;
Télécop.: (8 19) 562-2578&#13;
Courriel : lemmc@nctrevolulion.com&#13;
&#13;
Centre Kateri&#13;
&#13;
C.P. 70&#13;
&#13;
Centre l\tru•ie-Rose&#13;
&#13;
Kahnawaké, QC&#13;
J0L 180&#13;
Tél. : (450) 632-6030&#13;
Télécop,: (450) 632-6031&#13;
&#13;
80. rue Saint-Charles Est&#13;
Longueuil, QC&#13;
J4tl IA9&#13;
Tél.: (450) 651-8104&#13;
Télécop.: (450) 65 1-8636&#13;
Courriel : snjmga@total.net&#13;
&#13;
Centre Marcelle-Mallet&#13;
&#13;
2655, rue Le Pelletier&#13;
Beauport, QC&#13;
GlC 3X7&#13;
Tél. : (418) 628-8860&#13;
poste 250&#13;
Télécop. : (418) 628-6052&#13;
&#13;
Centre Mère Marie-Aime&#13;
&#13;
1950, rue Pt•ovost&#13;
Lachine, QC&#13;
H8S 1P7&#13;
Tél.: (5 14) 637-3783&#13;
Télécop.: (514) 637-5400&#13;
&#13;
Centre Marguerite-d'Youville&#13;
&#13;
12055, 111e Grenet&#13;
Montréal, QC&#13;
H4J 2J5&#13;
Tél. : (514) 334-9090&#13;
Télécop.: (514) 334-1620&#13;
Courriel : spadgen@riq.qc.ca&#13;
&#13;
1185, rue Saint-Mathieu&#13;
Montréal, QC&#13;
11311 2116&#13;
Tél.: (5 14) 932-7724&#13;
Télécop.: (514) 937-0503&#13;
http://www.sgm.qc.ca&#13;
Courriel : centre@sgm.qc.ca&#13;
&#13;
Centre d'animation François-de-Laval&#13;
&#13;
Centre Marie-de-l'Incarnation&#13;
&#13;
20, rue De Buacle&#13;
Québec, QC&#13;
GIR 4AI&#13;
Tél.: (418) 692-0228&#13;
Télécop. : (418) 692-5860&#13;
http://www.palrimoine-religieux.com&#13;
http://www.geocJties.com/-hgig/&#13;
lavalndc.html&#13;
Couniel : centre.françois.laval@&#13;
patrimoi11 e-religicux.com&#13;
&#13;
10, rue Donnacona&#13;
Québec, QC&#13;
GIR 4Tl&#13;
Tél.: (418) 694-0413&#13;
Télécop. : (418) 694-2136&#13;
http://www. ursulines-uc.com&#13;
Courriel : ursule.uc.mg@oricom.ca&#13;
&#13;
Centre Émilie-Giunelin et musée&#13;
&#13;
Centre Rosalie~Cadron-Jetté&#13;
&#13;
12435, avenue de la Miséricorde&#13;
Montréal, QG&#13;
li4J 2G3&#13;
Tél.: (514) 332-0550&#13;
Télécop. : (5 14) 336-0621&#13;
Chapelle Notrc-Damede-Bon-Secours&#13;
et Musée Marguerite-Bourgeoys&#13;
&#13;
400, rue Saint-Paul Est&#13;
Montréal, QC&#13;
IJ2Y 1114&#13;
Tél. : (514) 282-86ï0&#13;
Télécop. : (514) 282-8672&#13;
Courriel : museernb@glohetrottcr.net&#13;
&#13;
89&#13;
&#13;
Comité des Fondateurs de l'Église&#13;
au Canada&#13;
t 460, boul. Crémazie Est&#13;
&#13;
Montréal, QC&#13;
I-12E lA2&#13;
&#13;
Tél. : (514) 374-5981&#13;
&#13;
Les Martyrs canadiens&#13;
Centre Vimont&#13;
&#13;
3200, chemin Côte-Sle-Catlmine&#13;
Montréal, QC&#13;
Tél.: (5 14) 342-1320&#13;
IHT ICI&#13;
Télécop. : (5 14) 739-6846&#13;
http://www:micrntec.net/-rstmon&#13;
http://www.odyssee.net/-mbrisson/&#13;
lustoi re. htm 1&#13;
&#13;
Centre Jeanne-Mance&#13;
]51 . ave des Pins Ouest&#13;
Montréal, Qc&#13;
Tél.: (5 14) 844-3961&#13;
H2W 1R6&#13;
Tèlécop.: (5 14) 284-3545&#13;
&#13;
�90 PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
NOS GLOIRES&#13;
SAINTS&#13;
Les Martyrs canadiens :&#13;
René Goupil, novice, s.j.&#13;
Isaac Jogues, s.j.&#13;
Jean de la Lande, laie&#13;
Antoine Daniel, s.j.&#13;
Jean de Brébeuf, s.j.&#13;
Gabliel Lalemant, s.j.&#13;
Charles Garnier, s.j.&#13;
Noël Chabanel, s.j.&#13;
Marguerite Bourgeoys, c.n.d.&#13;
Marguerite d'Youville, s.g.m.&#13;
&#13;
BIENHEUREUX&#13;
André Grasset&#13;
Kate,i Tekakwhita&#13;
Marie de l'Incarnation, o.s.u.&#13;
François de Laval&#13;
Marie-Rose Durocher, s.n.j.m.&#13;
Frère André (Bessetle) , c.s.c.&#13;
Marie-Léo1tie Paradis, p.s.s.f.&#13;
Louis-Zépltirin Moreau&#13;
Père Frédéric Jansoone, o.f.m.&#13;
Catherine de St-Augustin, a.m.j.&#13;
DiJ1a Bélanger, r.j.m.&#13;
&#13;
VÉNÉRABLES&#13;
Mgr Vital Grandin, o.m.i.&#13;
Esther Blondin, s.s.a.&#13;
Alfred Pampalon, c.ss.r.&#13;
Émilie Gamelin, s.p.&#13;
Élisabeth Bergeron, s.j.s.h.&#13;
Délia Tétreault, m.i.c.&#13;
&#13;
Causes déjà introduites ou éventuelles&#13;
&#13;
Date de la Canonisation&#13;
(1608-1642)&#13;
(1607- 1646)&#13;
(1608-1646)&#13;
(1601-1648)&#13;
(1593-1649)&#13;
(1610-1649)&#13;
(1605-1649)&#13;
(1613-1649)&#13;
(1620-1700)&#13;
(1701-177 1)&#13;
&#13;
29 juin 1930&#13;
lb.&#13;
lb.&#13;
lb.&#13;
lb.&#13;
lb.&#13;
lb.&#13;
Ib.&#13;
31 octobre 1982&#13;
9 décembre 1990&#13;
&#13;
Date de la Béatification&#13;
(1758-1792)&#13;
(1656-1680)&#13;
(1599-1672)&#13;
(1623-1708)&#13;
(1811-1849)&#13;
( 1845-1937)&#13;
(1840-1912)&#13;
(1824-I901)&#13;
(1838-1916)&#13;
(1632-1668)&#13;
(1897-1929)&#13;
&#13;
NOS GLOIRES&#13;
&#13;
l 7 octobre 1926&#13;
22 juin 1980&#13;
22 juin 1980&#13;
22 juin 1980&#13;
23 mai 1982&#13;
23 mai 1982&#13;
11 septembre 1984&#13;
IO mai 1987&#13;
25 septembre 1988&#13;
23 avril 1989&#13;
17 avril l 993&#13;
&#13;
Date du décret de la vénérabilité&#13;
(1829-1902)&#13;
15 décembre 1966&#13;
( 1809-1890) (béalifiée sous peu) 14 mai 1991&#13;
(1867-1896)&#13;
14 mai 199 1&#13;
(1800-1851)&#13;
23 décembre 1993&#13;
(1851-1936)&#13;
12 janvier 1996&#13;
(J 865-194 l )&#13;
18 décembre 1997&#13;
&#13;
Jérôme Le Royer de la Dauversière,&#13;
Jeanne Mance&#13;
Didace Pelletier, récollet&#13;
Jeanne Le Ber&#13;
Rosalie Cadron-Jetté, s.m.&#13;
Marcelle Mallet, s.c.q.&#13;
Élisabeth Turgeon, r.s.r.&#13;
Marie l◄itzbach, s.c.i.111.&#13;
Élisabeth Bruyère, s.c.o.&#13;
Catherine-Aurélie Caouette, a.p.s.&#13;
frère Théophanius-Léo Chatillon, é.c.&#13;
Mgr Ovide Charlebois, o.m.i.&#13;
Gérard Raymond, séminariste&#13;
Antoine Kowalczyk, o.m.i.&#13;
Catherine de Hueck Doherty&#13;
Victor Lelièvre, o.m.i.&#13;
&#13;
(1597- 1659)&#13;
(1606-1673)&#13;
(1657-1699)&#13;
(1662-1714)&#13;
(1794- 1864)&#13;
( 1805-187 1)&#13;
(1840-1881)&#13;
( 1806-1885)&#13;
(1818-1876)&#13;
( 1833-1905)&#13;
(1871-1929)&#13;
(1862-1933)&#13;
(1912-1932)&#13;
(1866-1947)&#13;
(1896-1985)&#13;
(1876-1956)&#13;
&#13;
Fêtes liturgiques classées par ordre chronologique&#13;
&#13;
6 janvier&#13;
12 janvier&#13;
&#13;
Frère André&#13;
Marguerite Bourgeoys&#13;
&#13;
17 avril&#13;
30 avril&#13;
&#13;
Kateri Tekakwhita&#13;
Marie de l'Inc~m1ation&#13;
&#13;
8 tnai&#13;
24 1mù&#13;
&#13;
Marie-Léonie Paradis&#13;
Mgr François de Laval&#13;
Catherine de St-Augustin&#13;
Mgr Louis-Zéphirin Moreau&#13;
&#13;
5 août&#13;
&#13;
Père Frédéric Jansoone&#13;
&#13;
4 mai&#13;
&#13;
6 mai&#13;
&#13;
2 septembre&#13;
4 septembre&#13;
26 septembre&#13;
&#13;
André Grasset&#13;
Dina Béhmger&#13;
Les Martyrs cmiadiens&#13;
&#13;
6 octobre&#13;
&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
Marguerite d'Youville&#13;
&#13;
16 octobre&#13;
&#13;
91&#13;
&#13;
�92&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Suggestions de lectures&#13;
Aurélie Caoucttc&#13;
• AuréUe Caouette, femme au ch:uisme boulevers,rnt, Dom Gérard Mercier, o.s.b. ,&#13;
(disponfüles en version complète : 5 volumes et en version abrégée, 206 pages).&#13;
• Extraits choisis des écrits de Mère Catherine-Aurélie-du-Précieux-Sang, 160 pages.&#13;
Catherine de Saint-Augustin&#13;
• L'Itinéraire mystiqlle de Catherine de Saint-Augustin , Dom Guy Marie Oury, o.s.b.,&#13;
Éd. Françaises, I985 (clisponfüle en version anglaise par le mêrne auteur, 1997) .&#13;
• L'expérience de Dieu, Catherine de Saint-Augustin», abbé Yvon Langloi!i,&#13;
Collection Fides, 1999.&#13;
Délia Tétreault&#13;
• Délia Tétreault et l'Église canadienne, Georgette Barrette, m.î.c.&#13;
• Spirituahté pour le 2 1~siècle, collectif M.J.C.&#13;
Dina Bélanger&#13;
• Sur les traces de Dina, Ghislaine Boucher, r.j.m. , Sillery, 1990, 65 pages,&#13;
fnmç::tis et aoghùs disponibles.&#13;
• L'expérience de Dieu, Dina Bélanger. Fern:md Ouellet, collection Fides, 1998, 128 pages.&#13;
&#13;
Élisabeth Bergeron&#13;
• Dieu choisit les humbles, André Guay, o.m.i., 344 pages.&#13;
• TILISABETH parfum d'étoile, Yvon Langlois, prêtre, 150 pages.&#13;
Élisabeth Bruyère&#13;
• Mère Elisabeth Bruyère et son œuvre, Sœur Paul-Émile, s.c.o., Ottawa, 1945&#13;
(version anglaise disponible).&#13;
• Elisabeth Bruyère, fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa, Émilien Laminage,&#13;
Ottawa, 199:t&#13;
Élisabeth Turgeon&#13;
• Un rêve inolû'... des milliers de jeunes, Glselle Huot, Sainte-Foy, Anne Sigier, 1991, 528 pages.&#13;
• Élisabeth Turgeon, une grande suppliante, Cécile Girard, Rimouski,&#13;
Les publications R.S.R., 1995, coll. Rayonnement; numéro 2, 43 pages,&#13;
Émilie Gamelin&#13;
• .Émilie Tarvenier-Gamelin, Denise RobiUard, Éd. du Méridien, 1988, 330 pages&#13;
(français, angl;ùs, espagnol).&#13;
,&#13;
• La femme au cœur attentif, Mère Gamelin, Eugène Nadeau, o.m.i., lld. Providence, 1969,&#13;
317 pages.&#13;
François de Laval&#13;
• François de Laval, premier évêque de Québec, Revue Cap-atLx-Di:umu1ts, hors série 1993.&#13;
&#13;
SUGGESTIONS DE LECTURES&#13;
&#13;
93&#13;
&#13;
• François de Laval vu par son serviteur, écrits du frère Hubert Houssart, septembre 1708,&#13;
publié en 1960.&#13;
• La dévotion à la Sainte Famille, Roland Gauthier, Centre de recherche&#13;
et de documentation, Ormoire Saint-Joseph, Montréal, 1996.&#13;
&#13;
Frédéric Jansoone&#13;
• Le Bon Père Frédéric, Romain Légaré et Const:mtin füùll:u-geon,&#13;
Éditions Pau lines &amp; Médiaspaul, 1988, 4 L5 pagés.&#13;
• Le goût de Dieu, André Dumont, o.m.i., Message spirituel du Père Frédé1ic,&#13;
d'après ses Jeures, Éditions Notre-Dame du Cap, 1988, 35 1 pages.&#13;
Frère André&#13;
• Le frère André, Jean-Guy Dubue, Fides, Montréal, 1996, 235 pages.&#13;
• Le frère André selon les témoins, Bernard Lafrenière, Monu·éa.l, Oratoire Saint-Joseph,&#13;
1997, 207 pages.&#13;
Gérard Raymond&#13;
,&#13;
... ~&#13;
• Une âme de prédilection, Gérard Raymond, Abbe Jean Lesage, 198:,, :,1 pages.&#13;
• Le Journal de Gérard Raymond, Sénùmùre de Québec, 3° édition, .l?0 pages_.&#13;
• 365 Recommencements, publié par Armand lord, prêtre du Gooute des Amis&#13;
de Gérard Raymond, 1991, 107 pages.&#13;
Jean de Brébeuf&#13;
.&#13;
,&#13;
• Je:u1 de Brébeuf, René Latourelle, éd. Befümiun, Montrenl, 340 pages.&#13;
Jeanne Le Ber&#13;
,&#13;
• La recluse de Montréal , Hélène Tremblay, c.11.d., J.996, :i2 pages.&#13;
• La recluse de Montréal, Jeanne Le Ber, Marie-Paul Dion, Fides, 2000.&#13;
Kateri Tekakwbita&#13;
• L'lléroïque [ncLienne Kateri Tekakwi~ha, Henri Bécl:ard. s.j ..&#13;
• Spécial «Kaiatonoron Kateri Tekakw1û1a,,, Henri Bech:u·d, S.J.&#13;
Louis-Zéphirin Moreau&#13;
,&#13;
• Monseigneur Moreau, Jean Houpert, Ed. Paulincs.&#13;
• Le prêtre québécois ?l la fin du XIX'' siècle, Roland IJlalien, Éd. Fides,&#13;
Marcelle Mallet&#13;
• Histoire des Sœurs de la Clutrité de Québec, Tome l : L'ftmc de la fondation&#13;
Marcelle Mallet, Nive Voisine et Yvo11ne \farci, s.c.q., Éditions MNB L999.&#13;
• La Bonne Mère Marcelle Mal.let (Fondattice des Sœurs de la Charité de Québec&#13;
1805- 187l), Mgr André-Marie Cimichella, o.s.m., 1986.&#13;
Marguerite Bourgeoys&#13;
• Marguerite Bourgeoys, 1620- 1700, Simone Poissant, Montréal, 1993, 108 pages.&#13;
• Marguerite Bourgeoys and Montrcal, 1640-1665, Patricia Simpson, Monu·eal,&#13;
McGill-Queen's Universjty Press, 1997, 247 pages&#13;
(version française disponible en septembre 1999).&#13;
&#13;
�94&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
TABLE DES MATIÈRES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
Marguerite d'Youville&#13;
• Le curé Charles Youville-Dufros et sa Mère ... 1729-1790, Estelle Mitchell, s.g.m., 110 pages.&#13;
• Le vrai visage de Marguerite d'Youville, Estelle Mitchell, s.g.m., 140 pages.&#13;
• Mère d'Youville, première Fondatrice canadienne, Albertine Ferland-Angers, 390 pages.&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
• Marie de l'Incarnation, Dom Guy Marie Oury, Correspondance, Solesmes, 1971, 1073 pages.&#13;
• Marie de l'Incarnation, femme d'affaires, mystique, mère de la Nouvelle-France,&#13;
Françoise Deroy-Pineau, Bellarmin, 1999, 295 pages.&#13;
Marie-Anne Blondin&#13;
• Martyre du Silence, vie de Mère Marie-Anne, Eugène Nadeau, o.m.i., 1956, 428 pages.&#13;
• Une Femme dans la Tourmente, Sœur Christine Mailloux, s.s.a., 1992, 528 pages.&#13;
Marie-Josèphte Fitzbach&#13;
• Mère Marie-du-Sacré-Cœur (1806-1885), fondatrice du Bon-Pasteur de Québec&#13;
et ses collaboratrices, Sœur GeorgiannaJuneau, s.c.i.m., Asile du Bon-Pasteur&#13;
de Québec, Québec, 1935, 276 pages.&#13;
• Femme d'hier, d'aujourd'hui, de demain, Sœur Marguerite Jean, s.c.i.m.,&#13;
Le Renouveau Inc. Québec, 1989, 23 pages.&#13;
Marie-Léonie Paradis&#13;
• Un mère «toute de cœur», Gilles Mathieu, Imprimerie HLM, 1998.&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
• Par le chemin du Roi, une femme est venue, Germaine Duval, s.n.j.m., 1982, 398 pages.&#13;
• Mère Marie-Rose racontée aux petits, Annette Stewart, s.n.j.m., 23 pages.&#13;
• L'histoire d'Eulalie (Vie de Mère Marie-Rose racontée aux enfants),&#13;
Annette Stewart, s.n.j.m., 31 pages.&#13;
Martyrs canadiens&#13;
• Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, Compagnon des martyrs canadiens, René Latourelle,&#13;
éditions Bellarmin, Montréal, 270 pages.&#13;
Père Lelièvre&#13;
• Victor Lelièvre, o.m.i., pêcheur d'hommes, Eugène Nadeau, o.m.i., 204 pages.&#13;
• Victor Lelièvre, un homme branché sur le Sacré-Cœur, Louis-Marie Parent, o.m.i., 393 pages.&#13;
Rosalie Cadron-Jetté&#13;
• Elle est des nôtres pour toujours, RCJ, sage-femme, au service de la vie,&#13;
Gisèle Boucher, s.m., Montréal, 1996, imprimée à la Maison mère des Sœurs&#13;
de Miséricorde, 66 pages.&#13;
• Une lanterne dans la nuit, Rosalie, sage-femme, Yvon Langlois, Arrimage Gestion&#13;
Impression Inc. Montréal, 1996 (disponible en anglais et en espagnol).&#13;
Théophanius-Léo&#13;
• Rendre heureux, Frère Cyrille Côté, é.c., 1942&#13;
• Routier de la joie communautaire -Adolphe Chatillon, f.é.c., abbé François Lanoue, 1992.&#13;
&#13;
95&#13;
&#13;
Table des matières *&#13;
&#13;
A&#13;
Alfred Pampalon&#13;
André Grasset&#13;
Antoine Daniel&#13;
Antoine Kowalczyk&#13;
Aurélie Caouette&#13;
&#13;
24 novembre 1867 - 30 septembre 1896&#13;
3 avril 1758 - 2 septembre 1792&#13;
1601 - 4 juillet 1648&#13;
4 juin 1866 - 10 juillet 1947&#13;
11 juillet 1833 - 6 juillet 1905&#13;
&#13;
C&#13;
Catherine de Hueck Doherty&#13;
Catherine de Saint-Augustin&#13;
Charles Garnier&#13;
&#13;
15 août 1896 - 14 décembre 1985&#13;
3 mai 1632 - 8 mai 1668&#13;
1605 - 7 décembre 1649&#13;
&#13;
D&#13;
Délia Tétreault&#13;
Didace Pelletier&#13;
Dina Bélanger&#13;
&#13;
4 février 1865 - 1•r octobre 1941&#13;
28 juillet 1657 - 21 février 1699&#13;
30 avril 1897 - 4 septembre 1929&#13;
&#13;
E&#13;
Élisabeth Bergeron&#13;
Élisabeth Bruyère&#13;
Élisabeth Turgeon&#13;
Émilie Gamelin&#13;
&#13;
5 mai 1851 - 29 avril 1936&#13;
19 mars 1818 - 5 avril 1876&#13;
7 février 1840 - 17 août 1881&#13;
19 février 1800 - 23 septembre 1851&#13;
&#13;
F&#13;
François de Laval&#13;
Frédérick Jansoone&#13;
Frère André&#13;
&#13;
30 avril 1623 - 6 mai 1708&#13;
19 novembre 1838 - 4 août 1916&#13;
9 août 1845 - 6 janvierl937&#13;
&#13;
G&#13;
Gabriel Lalemant&#13;
Gérard Raymond&#13;
&#13;
3 octobre 1610 - 17 mars 1649&#13;
20 août 1912 - 5 juillet 1932&#13;
&#13;
I&#13;
Isaac Jogues&#13;
&#13;
* À noter :&#13;
&#13;
1607 - 18 octobre 1646&#13;
&#13;
À la date de naissance, un bref portrait présente les grands moments de&#13;
la vie de ces personnes. À la date de décès, quelques traits spirituels sont&#13;
dégagés. Lorsque la date de naissance demeure inconnue, le portrait&#13;
biographique a été intégré au moment du décès ou du baptême.&#13;
&#13;
�96&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
NUMÉRO SPÉCIAL&#13;
&#13;
J&#13;
Jean de Brébeuf&#13;
Jean de la Lande&#13;
Jeanne Le Ber&#13;
Jeanne Mance&#13;
Jérôme Le Royer&#13;
&#13;
LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE AU CANADA&#13;
25 mars 1593 - 16 mars 1649&#13;
1608 - 19 octobre 1646&#13;
4 janvier 1662 - 3 octobre 1714&#13;
12 novembre 1606 - 18 juin 1673&#13;
1597 - 6 novembre 1659&#13;
&#13;
K&#13;
Kateri Tekakwhita&#13;
&#13;
1656- 5 avril 1676 (baptême) - 17 avril 1680&#13;
&#13;
L&#13;
Louis-Zéphirin Moreau&#13;
&#13;
1er avril 1824 - 24 mai 1901&#13;
&#13;
M&#13;
Marcelle Mallet&#13;
Marguerite Bourgeoys&#13;
Marguerite d'Youville&#13;
Marie de l'Incarnation&#13;
Marie-Anne Blondin&#13;
Marie-Josèphte Fitzbach&#13;
Marie-Léonie Paradis&#13;
Marie-Rose Durocher&#13;
Martyrs canadiens&#13;
&#13;
26 mars 1805 - 9 avril 1871&#13;
17 avril 1620 - 12 janvier 1700&#13;
15 octobre 1701 - 23 décembre 1771&#13;
28 octobre 1599 - 30 avril 1672&#13;
18 avril 1809 - 2 janvier 1890&#13;
16 octobre 1806 - 1er septembre 1885&#13;
12 mai 1840 - 3 mai 1912&#13;
6 octobre 1811 - 6 octobre 1849&#13;
26 septembre (1642-1649)&#13;
&#13;
N&#13;
Noël Chabanel&#13;
&#13;
2 février 1613 - 7 décembre 1649&#13;
&#13;
0&#13;
Ovide Charlebois&#13;
&#13;
17 février 1862 - 20 novembre 1933&#13;
&#13;
p&#13;
Père Lelièvre&#13;
&#13;
4 mars 1876 - 29 novembre 1956&#13;
&#13;
R&#13;
René Goupil&#13;
Rosalie Cadron-Jetté&#13;
&#13;
1608 - 29 septembre 1642&#13;
27 janvier 1794 - 5 avril 1864&#13;
&#13;
T&#13;
Théophanius-Léo&#13;
&#13;
31 octobre 1871 - 28 avril 1929&#13;
&#13;
V&#13;
Vital Grandin&#13;
&#13;
8 février 1829 - 3 juin 1902&#13;
&#13;
Exécutif&#13;
Président&#13;
Vice-prés.&#13;
et trésorière&#13;
Secrétaire&#13;
Publiciste&#13;
1er cons.&#13;
ze cons.&#13;
&#13;
Père Gentil Turcotte, o.f.rn.&#13;
S. Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
&#13;
Cause du Père Frédéric&#13;
Cause de Jeanne Le Ber&#13;
&#13;
S. Thérèse Leduc, s.n.j.rn.&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
M. Pierre Robert&#13;
S. Doris Larnontagne, p.f.rn.&#13;
&#13;
Maison mère, Outremont&#13;
Prof.émérite, CEGEP Ahuntsic&#13;
Centre de rech., O. St-Joseph&#13;
Resp. du Centre E-de-Laval&#13;
&#13;
Membres&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
S. Ghislaine Boucher, r.j.rn.&#13;
S. Thérèse Caron, a.rn.j.&#13;
M. l'abbé Jean Chevalier&#13;
Mlle Marie-Thérèse Chevalier&#13;
S. Danielle Dubois, c.n.d.&#13;
S. Thérèse Frigon, s.p.&#13;
S. Agathe Gratton, s.c.o.&#13;
s. Marie-Laure Lalonde, s.s.a.&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
M. le chan. Jacques Lernieux&#13;
s. Pauline Longtin, rn.i.c.&#13;
S. Gabrielle Noël, o.s.u.&#13;
s. Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
s. Stella Plante, s.n. i.m.&#13;
s. Florine Nolin, s.g.rn.&#13;
Père Robert Choquette, c.s.c.&#13;
S. Viola Greene, s.c.q.&#13;
Père Jacques Rinfret, o.rn.i.&#13;
&#13;
Réalisateur émérite, Radio-Canada&#13;
Cause de Dina Bélanger, Qc&#13;
Centre Catherine de St-Augustin, Qc&#13;
Historien, Diocèse de Baie-Corneau&#13;
Dir. du journal Jésus Marie et Notre Temps&#13;
Dir. du Centre Marguerite-Bourgeoy, Mtl&#13;
Centre Émilie-Gamelin, Mtl&#13;
Cause Élisabeth Bruyère, Ottawa&#13;
Centre Esther Blondin, Lachine&#13;
Historien, Diocèse de Joliette&#13;
Cause de Mgr de Laval, Qc&#13;
Cause de Délia Tétreault, Laval&#13;
Centre Marie-de-l'Incarnation&#13;
Centre Jeanne-Mance et musée, Mtl&#13;
Centre Marie-Rose Durocher, Longueuil&#13;
Centre Marguerite d'Youville, Mtl&#13;
Cause du Frère André&#13;
Centre Mère Mallet, Qc&#13;
Cause du Père Lelièvre&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
Ivlot de présentation .................................... ,............ ,.................. ,.................... 1&#13;
Historique du Comité ............. .......................................................................... 2&#13;
La procédure de canonisation ......................................................................... 4&#13;
Agenda permanent ...........................................................,......................... ,..... 6&#13;
Liste des adresses de références .................................................................... 87&#13;
Nos gloires ..................................................................................................... 90&#13;
Suggestions de lectures .................................................................................. 92&#13;
Table des matières ......................................................................................... 95&#13;
&#13;
C e nu méro s pécial d e «Pierres Vivantes1) est publié par&#13;
Le Comité des Fondateurs de l'Église au Canada&#13;
1460. boui. Crémazie Est&#13;
&#13;
Mont.réal. Qc&#13;
&#13;
H2E IA2&#13;
Té l.: (514) 374-5981&#13;
&#13;
D épôt légal - B iblioLhèque Nationale du Québec&#13;
&#13;
ISSN 0226-3572&#13;
&#13;
�</text>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Articles de périodiques</text>
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                <text>Turcotte, Gentil, 1927-2010</text>
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                <text>Robert, Pierre</text>
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                <text>Pierres vivantes, no spécial Jubilé, 2000</text>
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                <text>Pierres vivantes</text>
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                <text>p. 1 : Présentation par Turcotte&lt;br /&gt;p. 2-3 : &lt;em&gt;Historique du Comité des Fondateurs de l'Église du Canada&lt;/em&gt; par Leclerc&lt;br /&gt;p. 4-5 : &lt;em&gt;La procédure de canonisation&lt;/em&gt; par Robert&lt;br /&gt;p. 6-86 : Calendrier&lt;br /&gt;p. 87-89 : Liste des adresses de références&lt;br /&gt;p. 90-91 : Nos gloires&lt;br /&gt;p. 92-96 : Suggestions de lectures&lt;br /&gt;p. 97 : Membres</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15197" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt;collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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