<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<itemContainer xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://sfdl.omeka.net/items/browse?advanced%5B0%5D%5Belement_id%5D=39&amp;advanced%5B0%5D%5Btype%5D=is+exactly&amp;advanced%5B0%5D%5Bterms%5D=Tremblay%2C+Henri-Jean%2C+1664-1740&amp;output=omeka-xml" accessDate="2026-05-12T08:55:45-04:00">
  <miscellaneousContainer>
    <pagination>
      <pageNumber>1</pageNumber>
      <perPage>32</perPage>
      <totalResults>46</totalResults>
    </pagination>
  </miscellaneousContainer>
  <item itemId="19172" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="13334" order="1">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/4ba3a50002ab8bcf2fbb6c1341aa5e23.png?Expires=1779321600&amp;Signature=uLyXrcrvWIJDoKuTcEXUaqh84Vkwbe4KmKdFMB3Asre9ucy48ffet52JgfRiCoQQoogPoWTbVBAD3RmSLGXp7ZM9wyTdUVyhJkGSfhahnI7ibZOIyFUbkrhT%7ELxX6YEvtCpLsOkLpPzHZ27BGGVbsaByL%7EK3Dh%7Erfxdzw7LRZyp%7ES6n2mKoxPPnGDI8NNS4NOkelKkUJlBZeyGkg6u9gK%7EEpwfwjvFyMhL9DmIGe4sM0u-11weroMdD3NZ9HPZzuBoGINAJsoX-rIWrkTeXlSh1aqZ1oBhdtGoUJbgtJrib3EYQTsN8BPJR2UdgccmPEyWCogS6ButEUWoXQRIGwFQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>0a11963602a5799183ebd6891b6dd0a6</authentication>
      </file>
      <file fileId="13332" order="2">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/eff9d4f6e4e8dc352d2b3bc425d6ae7c.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=ibsRt7tvAPF6Z3fCyfuRb0sWWDQFid%7E3dnuDQUrL3q72weJXsgpYeQwnWGcykfXZJWfcQMPXO0ctq9QWc3aOD74HTruBfFCDh2vrW9i0%7Er4ZyxS7GwkfPCKjrQfJv4y3kXSo3AQlX5Djxht9n9Q3kuXnvA14wogRXjgTgVAp9t0fyKkIQoWxlvNP4XEa9gPRmRkWgNvQRPMw9Wr5ZoXXbarhiAmnnIqvoNFlYKvgBMccgZeFJ%7EX1AAKzVo80%7EqrmXu5EHHuQSy2k6g9k9Teq2k4-BTlzLiAnquw66Y7v3NW3fBFEYQbxv0sqMGh9a6Ag7FRfwCvshK9llUVPMN9KFw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>9b9941dd67e033ba83443eeb20b169ab</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257578">
                    <text>Mémoire de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
sur les choses à régler avec Saint-Vallier (Paris, 1696)&#13;
&#13;
Mémoire de plusieurs choses à régler en France&#13;
avant que Monseigneur retourne&#13;
Je mets cette feuille à part pour servir de mémoire des choses principales qui seront&#13;
à régler avant le retour de Monseigneur, en cas qu’il ait à revenir, car s’il obtient&#13;
son retour, vous devez vous attendre qu’il fera son possible pour partir sans vous&#13;
donner le loisir de pouvoir rien conclure avec lui ; or, il est à propos que la plupart&#13;
des choses soient réglées par le roi ou ses commissaires pour être plus stables.&#13;
1° Au regard des 4 000 livres des charges indispensables, il faut bien faire en sorte&#13;
que cette somme ne passe point par son organe dans l’application qui en doit être&#13;
faite, tant au Séminaire qu’au curé de Québec et à ses vicaires. Voici comme[nt]&#13;
nous pensons que cette distribution devrait être faite :&#13;
au Séminaire des Missions étrangères de Québec : un tiers&#13;
[1 333 livres, 6 sous, 8 deniers] ;&#13;
au curé de Québec : 600 livres ;&#13;
à chacun de ses deux vicaires : 383 livres.&#13;
Monseigneur voyant bien que l’intention de la Cour a été d’appliquer le dernier&#13;
tiers tout entier au curé de Québec et à ses vicaires, attendu que les autres curés&#13;
des campagnes ont des suppléments à part, il a consenti que l’on donnât 400 livres&#13;
au curé de Québec et qu’on ajoutât encore la somme de 300 livres pour un vicaire,&#13;
ce qui ne fait en tout que 700 livres. Il prétend se rendre le maître du dernier tiers&#13;
ci-dessus.&#13;
Vous remarquerez qu’il est important de ne pas confondre l’application de ce que&#13;
l’on doit donner au curé et à ses vicaires, parce que ce serait une matière de procès,&#13;
dans la suite, des vicaires pouvant prétendre plus que le curé ne voudrait leur&#13;
donner.&#13;
&#13;
�Notez encore qu’un seul vicaire ne suffit pas, mais qu’il en faut deux pour le moins,&#13;
de quoi M. de Montigny est convenu avec Mgr l’Ancien, car quand il n’y aurait que&#13;
les deux prêtres qui vont tous les dimanches et fêtes à la basse-ville, l’un pour&#13;
confesser et l’autre pour dire la messe et faire le prône, sans compter la messe que&#13;
le Séminaire y fait dire tous les jours, tous les deux ne méritent-ils pas leur&#13;
rétribution ? À quoi, si vous ajoutez celui qui supplée le plus souvent à la hauteville à M. le curé, ne devrait-il pas y avoir un troisième vicaire ?&#13;
C’est pourquoi Mgr l’Ancien croit qu’il ne faudrait pas laisser à Monseigneur la&#13;
liberté de disposer d’un tiers entier pour les bâtiments des églises, attendu que&#13;
l’intention de la Cour a toujours été que la distribution des 4 000 livres ci-dessus&#13;
ne se ferait d’une partie pour lesdites églises qu’après qu’on en aurait pris ce qui&#13;
est nécessaire, tant pour le curé et ses vicaires que pour le Séminaire de Québec, et&#13;
suivant cela, on pourrait destiner une plus grosse somme pour le seul curé de&#13;
Québec et 1 200 livres pour les trois vicaires, ce qui ferait 400 livres chacun ; et ce&#13;
qui resterait serait pour les bâtiments des églises.&#13;
Notez encore que si la cure était unie au Séminaire, on pourrait rejoindre toutes&#13;
ces sommes ensemble, en énonçant l’application en cette manière :&#13;
au Séminaire des Missions étrangères de Québec, tant pour&#13;
l’entretien des cinq principaux officiers que pour l’administration de&#13;
la cure de Québec, qui lui est unie : 3 366 livres, 13 sous, 4 deniers ;&#13;
et l’on mentionnerait le reste de la somme des 4 000 livres ci-dessus, qui se&#13;
monterait à 600 tant de livres en cette sorte :&#13;
au sieur évêque, pour les dépenses à faire pour les bâtiments des&#13;
églises : 633 livres, 6 sous, 2 deniers ;&#13;
mais remarquez que si la cure n’est point unie au Séminaire, il faut séparer ce qui&#13;
doit être pour le curé et ses vicaires d’avec le tiers qui est destiné par le règlement&#13;
pour ledit Séminaire. Vous verrez tout ceci expliqué fort au long dans un écrit que&#13;
je vous envoie des remontrances du Séminaire sur les divers articles réglés et&#13;
&#13;
�l’ordre du roi par les commissaires en 1692 et 1693, dont le Séminaire demanderait&#13;
la modification, [autant] que dans les lettres et mémoires de Mgr l’Ancien et de&#13;
M. des Maizerets, qui vous expliqueront tout ce qui s’est passé entre&#13;
M. de Montigny et le Séminaire au sujet des 4 000 livres.&#13;
2° Faites en sorte que l’union de la cure soit bien cimentée et tâchez d’obtenir les&#13;
lettres patentes du roi, tant pour la haute que pour la basse-ville, sur quoi voyez&#13;
ce qui est contenu dans l’écrit de l’exposition de nos vues pour répondre aux&#13;
articles que Monseigneur a proposé l’année passée au Séminaire de Paris.&#13;
[3°] Faites tout ce que vous pourrez pour obtenir pareillement l’union des cures de&#13;
la Côte-de-Beaupré au Séminaire. Mgr l’Ancien vous marquera en particulier les&#13;
raisons pour lesquelles il ne faut pas négliger cet article et il est à propos, pour le&#13;
bien de la paix, que l’on obtienne des lettres patentes pour cette union.&#13;
4° Il faut aussi que les suppléments des curés qui dépendront du Séminaire ne&#13;
soient point laissés à la liberté de Monseigneur, l’expérience faisant voir qu’il les&#13;
retranche autant qu’il peut, soit en tout soit en partie. Il serait bien à souhaiter&#13;
qu’aucun supplément ne dépendisse de lui, pour les raisons que je vous ai&#13;
marquées dans ma lettre.&#13;
5° Il est à propos d’obtenir du roi qu’attendu que Monseigneur n’a point voulu&#13;
agréer jusqu’à présent qu’aucun ecclésiastique ait été agrégé au Séminaire depuis&#13;
que le premier Règlement a été envoyé ici, il soit permis au Séminaire d’y agréger&#13;
tous ceux que ledit Séminaire voudra et qui le demanderont.&#13;
6° Il faut aussi obtenir du roi ou des commissaires ci-dessus que Monseigneur ne&#13;
disposera point des sujets que le Séminaire aura élevés, sinon du consentement du&#13;
Séminaire et de leur consentement aussi, et cela, par la raison que le Séminaire&#13;
ayant fait tous les frais de leur nourriture et de leur entretien depuis leur bas âge&#13;
pour les élever à l’Église, il ne semble pas juste que Monseigneur les retire du&#13;
Séminaire, attendu surtout que le Séminaire a besoin de sujets pour se maintenir&#13;
et qu’il ne lui en vient pas suffisamment de France.&#13;
&#13;
�7° Il faut pareillement faire régler que Monseigneur laissera le Séminaire dans la&#13;
liberté d’exercer ses fonctions essentielles, telles que sont l’éducation des enfants,&#13;
la formation des jeunes ecclésiastiques, les missions et les retraites.&#13;
8° Que la pension des jeunes ecclésiastiques que Monseigneur voudra mettre dans&#13;
le Séminaire soit aussi bien fixée, sur quoi voyez ce que nous vous en avons mandé&#13;
l’année passée dans l’écrit de l’exposition de nos vues sur les articles proposés par&#13;
Monseigneur au Séminaire de Paris.&#13;
9° Que Monseigneur n’ait aucune vue sur le temporel du chapitre et qu’il n’y ait&#13;
que ceux qui résident et acquittent l’office qui soient payés, sans que cela passe par&#13;
ses mains. Il peut toutefois y avoir des raisons spéciales pour lesquelles le chapitre&#13;
pourrait convenir que ceux qui n’acquitteraient pas toujours l’office ne laisseraient&#13;
pas de recevoir les distributions manuelles, comme quand le théologal ne peut pas&#13;
se trouver auxdits offices, soit à raison de ses sermons soit à raison des leçons de&#13;
théologie, etc.&#13;
10° Que Monseigneur laissera libre le chapitre de faire ses assemblées, selon&#13;
l’usage des chapitres et selon les règlements et statuts du chapitre de Québec qu’en&#13;
doit le porter à les confirmer, ayant été faits selon le pouvoir qu’on en a reçu de&#13;
Mgr l’Ancien, ainsi qu’il est insinué en passant dans les mémoires qui ont été&#13;
présentés cette année et que vous nous avez envoyés, où je remarque qu’il est aussi&#13;
parlé en passant de ce qui regarde l’union de la cure au Séminaire.&#13;
11° Nous avons cinq philosophes qui achèveront, l’année qui vient, leur&#13;
philosophie. Ils devraient prendre la soutane au bout de ce temps-là. Ce sont [des]&#13;
jeunes gens qu’on a élevés dès leur bas âge. Si Monseigneur revient, voyez ce qu’il&#13;
y aura à faire, car s’il n’a pas à revenir l’année prochaine, on se servira du pouvoir&#13;
qu’il a donné l’année passée à Mgr l’Ancien d’examiner avec le Séminaire leur&#13;
vocation et leur donner l’habit ecclésiastique.&#13;
12° Il faut faire attention aux ecclésiastiques que Monseigneur voudra amener avec&#13;
lui de France, car il y a bien de l’apparence qu’il en amènera tant qu’il pourra, tant&#13;
de Saint-Sulpice que d’autre part, pour remplir le nouveau Séminaire qu’il a&#13;
&#13;
�dessein de faire et pour leur donner toutes les cures du Canada et les appliquer&#13;
aux fonctions de la basse-ville.&#13;
13° Sur les prêtres usés, Monseigneur ayant la liberté d’en nommer cinq, il&#13;
prétendra que, de tous ceux qui sont déjà au Séminaire en cette qualité, aucun ne&#13;
peut être au nombre de ces cinq, quoiqu’ils le méritent davantage que d’autres&#13;
qu’il y voudrait mettre, comme M. Petit, etc.&#13;
14° Mgr l’Ancien a ordonné cette année les ecclésiastiques dont je vous ai parlé sub&#13;
titule patrimoniali et comme il n’y a point encore de somme réglée pour faire le titre&#13;
clérical, on a suivi ce qui a été en usage dans cette Église jusqu’à présent et on a&#13;
fait monter la somme du titre à 100 francs de ce pays. Il faut faire régler la somme&#13;
qui sera jugée plus à propos à l’avenir.&#13;
15° Il ne faut pas manquer de retirer des mains de Monseigneur une quittance&#13;
signée de lui comme [quoi] le Séminaire lui a rendu sa bibliothèque, que le&#13;
règlement du roi oblige de lui rendre ; autrement, il aura toujours de quoi inquiéter&#13;
le Séminaire là-dessus.&#13;
16° Faites ce que vous pourrez pour faire imprimer l’Office de la Sainte-Famille&#13;
avec l’Octave de Saint-Louis et des Saints-Martyrs, suivant la forme et la manière&#13;
dont je vous ai parlé en mes lettres de l’année passée. Tous les ecclésiastiques se&#13;
trouvent embarrassés, faute de cet Office.&#13;
17° Il faut ménager en France quelque bon sujet pour le Séminaire de Québec et&#13;
obtenir qu’il soit agrégé, etc.&#13;
18° Vous ne devez pas rejeter la proposition que M. de Merlac vous a faite d’une&#13;
pension au sujet de sa chantrerie. Voyez dans ma lettre ce que je vous en mande.&#13;
19° Je ne vous parle point ici de ce qui touche le procès du chapitre avec&#13;
Monseigneur et l’appel comme d’abus. Vous avez tout ce qui est nécessaire làdessus et je vous fais encore marquer quelque chose de nouveau cette année sur le&#13;
&#13;
�premier article de l’écrit de l’exposition de nos vues envoyé l’année passée,&#13;
touchant les articles proposés par Monseigneur au Séminaire de Paris.&#13;
20° Il est inutile de vous parler aussi de ce qui regarde l’emplacement du&#13;
presbytère, du cimetière, de la nomination de quatre enfants de chœur, que&#13;
Monseigneur prétend être faite par les marguilliers, sur toutes lesquelles choses&#13;
on vous a parlé dans un éclaircissement qu’on vous envoya sur tout cela en 1694.&#13;
21° Faites réflexion, je vous prie, à ce qui est contenu dans les mémoires qui furent&#13;
envoyés en 1691 sur diverses choses qu’on avait projetées pour la bonne conduite&#13;
de cette Église, tant pour ce qui regarde le Séminaire que le chapitre et les sommes&#13;
nécessaires pour entretenir les chantres de la cathédrale. Ne manquez aussi de&#13;
consulter encore le mémoire que je vous envoie l’année passée, aussi bien qu’un&#13;
autre du 12 novembre 1693, dans tous lesquels, aussi bien que dans ceux qui les&#13;
ont précédés les années d’auparavant et que vous avez en bon nombre. Tout ce qui&#13;
est nécessaire à régler pour le bien de cette Église est renfermé et que toutes ces&#13;
choses paraissent devoir être réglées, soit qu’il y ait changement d’évêque ou non.&#13;
22° Mais surtout il faut profiter, si l’on peut, de la faveur qu’on peut trouver auprès&#13;
du roi pour obtenir la modification et le changement des articles du règlement fait&#13;
de l’ordre de Sa Majesté par les commissaires en 1692 et 1693 en la manière que&#13;
vous le verrez dans l’écrit que je vous envoie de nos remontrances sur ce sujet.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2024&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie sur original par le Séminaire de Québec, 2024.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257580">
                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="13333" order="3">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/045ab605626c6a5a3bb6be695f2ef9f5.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=G3Rp3LVel-zuUQ0MYgE%7EgPzrOVrS-3OiX2ebJtOZdTDCq-LCSRzSWuqlA-kzpKErXqkPgCVUX4UKfdNYA-rOlaALxlrkZpfV6mgmycNviAr8O0SwoncyyfzWVDSYE2K1AAl7AVA%7EYM-1XpoRbbYnDmX6LWB9tQ3Wbl70K2cJJKQLeVixlTcUDx-4pUI4fcFTEkb11nIrR8f%7EWkwlHfSps8g806Wg0yt9M3uuGdwDV3kzmKYKm5DApqTPeLeKE1j3pp%7E8Ha9eWgTmpehrB1hW8hrsqpwQtIWPSNA5vLZV6aykiqTAfXB1c7yNXoWtw-dZ01n8b26idCtLgevzoPcYIA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>18e45519735100c812001a971b6f9e6a</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257579">
                    <text>1696, Mémoire de Tremblay au Séminaire de Québec sur les choses à régler avec Saint-Vallier&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 165)&#13;
1 Memoire de plusieurs choses a Regler en&#13;
2 France avant que Monseigneur retourne&#13;
3 Je mets cette feuille a part pour servir de Memoire&#13;
4 des choses principalles qui seront a Regler avant le retour&#13;
5 de Monseigneur en cas quil ayt a revenir car sil obtient&#13;
6 Son retour vous devez vous attendre quil fera Son possi7 ble pour partir Sans vous donner le loisir de pouvoir rien&#13;
8 conclure avec luy. or il est a propos que la pluspart de&#13;
9 ces choses soient reglées par le Roy ou ses commissaires&#13;
10 pour estre plus stables&#13;
11 1o Au Regard des quatre mille livres des charges Jndispen12 sables il faut bien faire en sorte que cette somme ne passe&#13;
13 point par son organne dans lapplication qui en doit estre&#13;
14 faitte tant au seminaire qu’au curé de quebec et a ses vicaires&#13;
15 voyci comme nous pensons que cette distribution devroit&#13;
16 estre faitte …. Au seminaire des Missions Etrangeres de&#13;
17 quebec un tiers …. Au curé de quebec six cents livres …. a&#13;
18 A chaqun de ses deux vicaires trois cent quatre vigt trois&#13;
19 livres. quelques sols .. sur quoy vous remarquerez que&#13;
20 Monseigneur voyant bien que l’Jntention de la cour a esté&#13;
21 d’appliquer le dernier tiers. tout entier au curé de quebec et a&#13;
22 ses vicaires attendu que les autres curés des campagnes. ont&#13;
23 des supplements a part, il a consenti que l’on donnast quatre&#13;
24 cent livres au curé de quebec, et qu’on adioustast encore la&#13;
25 somme de trois cent livres pour un vicaire ce qui ne&#13;
26 faisant en tout que sept cent livres. il pretend se rendre&#13;
27 le maistre du restant du tiers cy dessus., vous remar28 querez quil est Jmportant de ne pas confondre l’application&#13;
29 de ce que l’on doit donner. au curé et a ses vicaires parce&#13;
30 que ce seroit une matiere de procez. dans la Suitte,&#13;
31 des vicaires pouvant pretendre plus que le curé ne voudroit&#13;
32 leur donner.. notez. encore. q’un seul vicaire ne suffit pas&#13;
33 mais quil en faut deux pour le moins de quoy Monsieur&#13;
34 de Montigny est convenu avec Monseigneur l’Ancien&#13;
35 car quand il ny auroit que les deux prestres qui vont&#13;
36 tous les Dimanches et festes a la basse ville, l’un pour&#13;
37 confesser. et l’autre pour dire la messe et faire le prosne&#13;
38 sans comter la messe que le seminaire y fait dire tous&#13;
39 les Jours.. tous les deux ne meritent ils par leur retribution&#13;
40 a quoy si vous adioustés celuy qui supplée le plus souvent&#13;
&#13;
�41 a la haute ville a Mr le curé, ne devroit il pas y avoir&#13;
42 un troisiesme vicaire. cest pourquoy Monseigneur l’an&#13;
43 cien croit quil ne faudroit pas laisser a Monseigneur&#13;
44 la liberté a Monseigneur de disposer d’un tiers entier&#13;
45 pour les bastiments des Eglises., attendu que l’Jnten&#13;
46 tion de la cour a tousiours esté que la distribution des&#13;
47 4 mille livres cy dessus ne se feroit dune partie&#13;
48 pour lesdittes Eglises qu’apres quon en auroit pris&#13;
49 ce qui est necessaire tant pour le curé et ses vicaires&#13;
50 que pour le seminaire de quebec. et suivant cela&#13;
51 on pourroit destiner une plus grosse somme pour le&#13;
52 seul curé de quebec., et 12 cent livres pour les trois&#13;
53 vicaires ce qui feroit quatre cent livres pour chacun;&#13;
54 et ce qui resteroit seroit pour les bastiments des Eglises.&#13;
55 notez encore que si la cure estoit unie au seminaire&#13;
56 on pourroit reioindre touttes ces sommes ensemble&#13;
57 en Enonçant l’application en cette maniere …. Au&#13;
58 seminaire de Missions Etrangeres de quebec tant&#13;
59 pour lEntretien des cinq principaux officiers que&#13;
60 pour l’administration de la cure de quebec qui luy est&#13;
61 unie 3366.# 13.S. 4d. …. Et l’on mentionneroit&#13;
62 le reste de la somme des quatre mille livres cy dessus.&#13;
63 qui se monteroit a 600. tant de livres en cette sorte ….&#13;
64 au sieur Evesque pour les depenses a faire pour les&#13;
65 bastiments des Eglises. 633.# 6.S. 2.d. mais remar66 quez que si la cure ne point unie au seminaire il&#13;
67 faut separer ce qui doit estre pour le curé et ses vicaires&#13;
68 davec le tiers qui est destiné par le reglement pour le&#13;
69 dit seminaire. vous verrez tout cecy Expliqué&#13;
70 fort au long dans un Escrit que Je vous Envoye des&#13;
71 remonttrances du seminaire Sur divers articles reglés&#13;
72 de lordre du Roy par les commissaires en 1692. et 1693.&#13;
73 dont le seminaire demanderoit la modification que&#13;
74 dans les lettres et memoires de Monseigneur l’an75 cien et de Mr des Maiezerets qui vous Expliquera&#13;
76 tout ce qui s’est passé entre Mr de Montigny et le&#13;
77 seminaire au suiet des quatre mille livres.&#13;
78 secundo faittes en sorte que l’union de la cure soit&#13;
79 bien cimentée et taschez dobtenir les lettres patan80 tes du Roy tant pour la haute que pour la basse ville&#13;
81 sur quoy voyez ce qui Je vous est contenu dans&#13;
82 lescrit de lexposition. de nos veües pour rependre,&#13;
&#13;
�83 aux articles que Monseigneur a proposé lannée&#13;
84 passée au seminaire de paris.&#13;
85 faites tout ce que vous pourrez pour obtenir&#13;
86 pareillement lunion des cures de la coste de beaupré&#13;
87 au seminaire. Monseigneur l’ancien vous marquera&#13;
88 en particulier les raisons pour lesquelles il ne faut&#13;
89 pas negliger cet article, et il est a propos pour le&#13;
90 bien de la paix que l’on obtienne des lettres patan91 tes pour cette union.&#13;
92 4o Jl faut aussi que les supplements des curés&#13;
93 qui dependront du seminaire ne soient point laissés&#13;
94 a la liberté de Monseigneur lExperience faisant&#13;
95 voir quil les retranche autant quil peut soit en tout&#13;
96 soit en partie. Jl seroit bien a souhaitter qu’au&#13;
97 cun supplément ne dependasst de luy pour les rai98 sons que Je vous ay marquées dans ma lettre&#13;
99 5o Jl est a propos dobtenir du Roy qu’attandu que&#13;
100 Monseigneur n’a point voulu agreer Jusqu’à pre101 sent qu’aucun Ecclesiastique ayt esté aggregé&#13;
102 au seminaire depuis que le premier reglement a esté&#13;
103 Envoyé icy, Jl soit permis au seminaire d’y aggreger.&#13;
104 tout ceux que ledit seminaire voudra et qui le demande105 ront.&#13;
106 6o Jl faut aussi obtenir du Roy ou des commissaires&#13;
107 cy dessus que Monseigneur ne disposera point des&#13;
108 suiets que le seminaire aura Elevés sinon du consen&#13;
109 tement du seminaire et de leur consentement aussi :&#13;
110 et cela par la raison que le seminaire ayant fait tous&#13;
111 les frais de leur nourriture et de leur Entretien depuis&#13;
112 leur bas aage pour les Elever a l’Eglise, il ne semble&#13;
113 pas Juste que Monseigneur les retire du seminaire,&#13;
114 attendu surtout que le seminaire a besoin de suiets&#13;
115 pour se maintenir, et quil ne luy en vient pas suffi116 samment de france&#13;
117 7o Jl faut pareillement faire Regler que Monsei&#13;
118 gneur laissera le seminaire dans la liberté dExercer&#13;
119 ses fonctions Essentielles telles que sont lEducation&#13;
120 des Enfans, la formation des Jeunes Ecclesiastiques.&#13;
121 les missions et les retraittes.&#13;
122 8o que la pension des Jeunnes Ecclesiastiques que&#13;
123 Monseigneur voudra mettre dans le seminaire, soit&#13;
124 aussi bien fixée. Sur quoy voyez ce que nous vous&#13;
125 en avons mandé lannée passée dans L’Escrit de&#13;
&#13;
�126 lexposition de nos veües sur les articles proposés&#13;
127 par Monseigneur au seminaire de paris&#13;
128 9o que Monseigneur n’ayt aucune veüe sur le&#13;
129 Temporel du chapitre et quil ny ait que ceux qui resi130 dent et acquittent l’office qui soient payés sans que&#13;
131 cela passe par ses mains. Jl peut touttesfois y avoir&#13;
132 des raisons specielles pour lesquelles le chapitre&#13;
133 pourroit convenir que ceux qui n’acquitteroient pas&#13;
134 tousiours l’office ne laisseroient pas de recevoir les&#13;
135 distributions manuelles, comme quant le Theologal&#13;
136 ne peut pas se trouver auxdits offices soit a raison&#13;
137 de ses sermons, soit a raison des leçons de Theologie&#13;
138 etc.&#13;
139 10.o que Monseigneur laissera libre le chapitre de&#13;
140 faire ses assemblees selon l’usage des chapitres et selon&#13;
141 les reglements et statuts du chapitre de quebec qu’en&#13;
142 doit le porter a les confirmer ayant esté faits selon le&#13;
143 pouvoir qu’on en a reçeu de Monseigneur LAnçien&#13;
144 ainsy quil est insinué en passant dans les memoi145 res qui ont esté presentés cette année et que vous&#13;
146 nous avez Envoyé, ou Je remarque quil est aussi&#13;
147 parlé en passant de ce qui regarde lunion de la cure&#13;
148 au seminaire.&#13;
149 11o nous avons cinq philosophes qui achevront&#13;
150 l’année qui vient leur philosophie, ils devroient&#13;
151 prendre la soutanne au bout de ce temps la,. ce sont&#13;
152 Jeunnes gens qu’on a Elevés dez leur bas aage. Si&#13;
153 Monseigneur revient voyez. ce quil y aura a faire.&#13;
154 car sil n’a pas a revenir lannée prochainne, on se&#13;
155 servira du pouvoir quil a donné l’annee passee a&#13;
156 Monseigneur lAnçien dExaminer avec le seminai&#13;
157 re leur vocation’ et leur donner l’habit Ecclesiastique&#13;
158 12o Jl faut faire attention aux Ecclesiastiques&#13;
159 que Monseigneur voudra amener. avec luy de france&#13;
160 car il y a bien de lapparence quil en amenera tant&#13;
161 tant quil pourra; tant de St Sulpice que d’autre part&#13;
162 pour remplir le nouveau seminaire quil a dessain de&#13;
163 faire, et pour leur donner touttes les cures du cana164 da et les appliquer aux fonctions de la basse ville.&#13;
165 13o Sur les prestres usés Monseigneur ayant la&#13;
166 liberté d’en nommer cinq il pretendra que de tous&#13;
167 ceux qui Sont desia au seminaire en cette qualité&#13;
168 aucun peut estre ne soit au nombre de ces cinq&#13;
&#13;
�169 quoyquils le meritent davantage que dautres quil&#13;
170 y voudroit mettre comme mr. petit etc.&#13;
171 14o Monseigneur l’Ançien a ordonné cet année&#13;
172 les Ecclesiastiques dont Je vous ay parlé Sub titule&#13;
173 patrimoniali, et comme il n’y a point encore de&#13;
174 somme reglée pour faire le titre clerical, on a suivi&#13;
175 ce qui a esté en usage dans cette Eglies Jusqua present&#13;
176 et on a fait monter la Somme du titre a cent francs&#13;
177 de ce pays. Jl faut faire regler la somme qui ser[a]&#13;
178 Jugée plus a propos a l’advenir&#13;
179 15o Jl ne faut pas manquer de retirer des main&#13;
180 de Monseigneur une quittance signée de luy comme&#13;
181 le seminaire luy a vendu sa bibliotheque que le regle&#13;
182 ment du Roy oblige de luy rendre,. autrement il&#13;
183 aura tousiours de quoy Jnquieter le seminaire la&#13;
184 dessus&#13;
185 16o faittes ce que vous pourrés pour faire Jmpri&#13;
186 mer l’office de la Ste famille avec loctave de St&#13;
187 loüys et des Sts martyrs. suivant la forme et la&#13;
188 maniere dont Je vous ay parlé en mes lettres de&#13;
189 l’année passée. Tous les Ecclesiastiques xx trou190 vent Embarassés faute de cet office&#13;
191 17o Jl faut menager en france quelque bon suiet&#13;
192 pour le seminaire de quebec et obtenir quil soit&#13;
193 aggregé etc.&#13;
194 18o vous ne devez pas reietter la proposition que&#13;
195 Mr. de merlac vous a faitte d’une pension au suiet&#13;
196 de sa chantrerie. voyez dans ma lettre ce que Je vous&#13;
197&#13;
en mande&#13;
198 19o Je ne vous parle point icy de ce qui touche&#13;
199 le procez du chapitre avec Mg.neur et lappel&#13;
200 comme dabus. vous avez tout ce qui est necessaire&#13;
201 la dessus et Je vous faits encore marquer quelque&#13;
202 chose de nouveau cette année sur le premier article&#13;
203 de lEscrit de lExposition de nos veües Envoyé&#13;
204 L’année passée. touchant les articles proposés par Mon205 seigneur au seminaire de paris&#13;
206 20o Jl est inutile de vous parler aussi de ce qui re207 garde lEmplacement du presbitaire, du cimetiere, de&#13;
208 la nomination de 4 Enfans de chœur que Monsei209 gneur pretend estre faitte par les Marguilliers sur&#13;
210 touttes lesquelles choses on vous a parlé dans&#13;
211 un Ecclaircissement qu’on vous Envoya sur tout cela&#13;
&#13;
�212 en 1694.&#13;
213 21.o faittes reflexion Je vous prie a ce qui est con214 tenu dans les memoires qui furent envoyes en&#13;
215 1691 sur diverses choses quon avoit proiettés pour&#13;
216 la bonne conduitte de cette Eglies tant pour ce qui&#13;
217 regarde le seminaire que le chapitre, et les som218 mes necessares pour Entretenir les chantres de&#13;
219 la cathedralle. ne manquez aussi de consulter&#13;
220 encore le memoire que Je vous Envoyé l’année&#13;
221 passée aussi bien q’un autre du 12 novembre 1693.&#13;
222 dans tous lesquels aussi bien. que dans ceux qui les&#13;
223 ont precedé les années d’auparavant et que vous&#13;
224 avez en bon nombre tout ce qui est necessaire a&#13;
225 regler pour le bien de cette Eglise est renfermé,&#13;
226 et que touttes ces choses paroissent devoir estre&#13;
227 reglées Soit quil y ait changement d’Evesque ou&#13;
228 non.&#13;
229 22o mais surtout il faut profiter si l’on peut&#13;
230 de la faveur qu’on peut trouver aupres du Roy pour&#13;
231 obtenir la modification et le changement des arti232 cles du reglement fait de l’ordre de sa Majesté par&#13;
233 les commissaires en 1692, et 1693 : en la maniere que&#13;
234 vous le verrez dans L’Escrit que Je vous Envoye de&#13;
235 nos remontrances sur ce suiet&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2024&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257581">
                    <text>Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256601">
                <text>FJ3A6628</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256603">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256604">
                <text>Mémoire de Tremblay au Séminaire de Québec sur les choses à régler avec Saint-Vallier (Paris, 1696)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256605">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/452453"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Chapitre, no 165&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256606">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris présente aux autorités du Séminaire de Québec une liste d'actions à entreprendre pour protéger l'autonomie du chapitre et du Séminaire avant le retour en Nouvelle-France de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256607">
                <text>1696</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256608">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="257582">
                <text>Rapports</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="257583">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13332" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13333" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="956">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires civiles (1685-1695)</name>
      </tag>
      <tag tagId="955">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du chapitre de Québec (1685-1695)</name>
      </tag>
      <tag tagId="954">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires du Séminaire de Québec (1685-1695)</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="948">
        <name>Arbitrages</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="19152" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="13368">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/34aca64cb7f1a3ecddbd750f92731bf1.png?Expires=1779321600&amp;Signature=Rylr9-Jmrs9lqREJoY5hInhCt4ZkMwHTiMQhEAmGC-WcJqJCCNOOf0Fpvjpb72o2udOiP%7E3EJVjyqvEq-Dj%7ET10V0KdoeUnF47-skEfIk94pUUzIDI9YyBS9radK2fzldUZh40tcPlMWaPe55gWTgJICYz00cTTewFho-dL08T2FRk6RWEoiMHrCSj-s1hL2yzXSFpqgRBMdRQpMe5dPyw02w-jgl0KiPMIzFNQPo8Haa9gFq1IexAzw5ROrcBuBW5KoN2PF3tOY3LtOA0QH-52QCHGGCHeE7JySUyaQXZIUJkpwLxdGKXN08uC3z-Ul%7E-v0jVn0b6wtU4xFVe8eKQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>0a11963602a5799183ebd6891b6dd0a6</authentication>
      </file>
      <file fileId="13369">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/53558a5bcf7bcaa7e802e43581413732.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=ZgdbLXOBJUk5s0YdLjDwzLqxW2qTnVwMprUs5YAflhSUJ09YCtkM0wJzs8PdN6fNqm4uHmXCVAwhsSzglwVfJwrBoS5l2CA2AZesvp9ZbeQTW7BWT5ZxXAVtJXVofHG4nNBH-W35nYbOuF7E573vrjFQ8FONkXEr5CggPL%7EPxSds9b2TBHNM%7ESHpFPmkKRQSt1JnsqjNsuu56dUyVvdlAZXd7-KB4EGUa2xqlOSBRii2R3qZ2t9ai2ARUIjlDLJCWg9OvVLkYbgDjkyDrUHmSR%7ELEQ4sVGnJ%7EAJjAN86OXuF7TqU74pW0iQkCvI%7ExFeojTzkE7kDU1a1KDMagIWgsQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>09fe0e8bb036a1607ef20c8b9c7feabe</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257650">
                    <text>Mémoire [de Brisacier et Tremblay] sur Saint-Vallier à [Pontchartrain]&#13;
(Paris, 1696)&#13;
&#13;
L’Église de Canada, dont les pères jésuites ont jeté les fondements, était en paix&#13;
et le clergé séculier, que ces pères avaient fait venir dès l’année 1658 à Québec,&#13;
donnait, par sa piété et par sa correspondance avec toutes les communautés, une&#13;
très grande édification à tout le pays, lorsque M. l’abbé de Saint-Vallier fut&#13;
nommé par le roi pour succéder à M. de Laval, premier évêque de la NouvelleFrance, qui se sentant vieillir avait demandé de son vivant un successeur qui put&#13;
continuer le bien qu’il avait si heureusement commencé.&#13;
Il avait gouverné cette Église naissante depuis 1658 jusqu’en 16891 avec beaucoup&#13;
de sagesse, en partie en qualité d’évêque de Pétrée et vicaire apostolique, en&#13;
partie comme premier évêque titulaire de Canada et il avait eu, dès le&#13;
commencement,&#13;
&#13;
avec&#13;
&#13;
lui&#13;
&#13;
pour&#13;
&#13;
principaux&#13;
&#13;
ouvriers&#13;
&#13;
évangéliques.&#13;
&#13;
M.M. de Bernières, Ango des Maizerets et Dudouyt, prêtres français, d’un esprit&#13;
bien fait, d’une vertu reconnue et d’un parfait détachement, qui joignirent leurs&#13;
soins et leurs biens à ceux de l’évêque pour fournir aux dépenses de ce nouvel&#13;
établissement et qui s’acquirent bientôt avec lui l’estime et la confiance de toute la&#13;
colonie.&#13;
Ils crurent tous ensemble que pour faire subsister plus aisément le clergé séculier&#13;
et pour le sanctifier plus parfaitement, il fallait ne faire de tous les prêtres et de&#13;
tous les ecclésiastiques qu’un seul corps, où l’on vécut en commun sous l’autorité&#13;
de l’évêque et par la direction subordonnée du Séminaire épiscopal, qui fut uni&#13;
en l’année 1676 au Séminaire des missions étrangères de Paris par lettres patentes&#13;
du roi, registrées au Parlement et à la Chambre des comptes et confirmées par le&#13;
Saint-Siège.&#13;
Par cette liaison étroite qui était entre tous les ecclésiastiques et le Séminaire de&#13;
Québec, tant pour le spirituel que pour le temporel, le Séminaire fleurissait, on y&#13;
élevait un grand nombre d’enfants qui portaient le surplis et qui aidaient aux&#13;
1&#13;
&#13;
On devrait plutôt lire : 1688.&#13;
&#13;
�chants et aux cérémonies, la paroisse était bien servie, l’office se faisait avec&#13;
majesté dans la cathédrale lorsque la chapitre fut érigé, les curés ou&#13;
missionnaires de la Compagnie [de Jésus] soutenaient avec joie et avec courage&#13;
les grands travaux de leurs cures ou missions, tirant sans peine leur conduite et&#13;
leur subsistance du Séminaire, où ils avaient un asile assuré pour le temps de&#13;
leurs maladies et de leur vieillesse et où ils venaient tous les ans au moins une&#13;
fois pour y faire les exercices spirituels de la retraite et pour y renouveler leur&#13;
ferveur, de sorte que tout ce clergé était comme une seule famille, dont l’ancien&#13;
évêque était le père, dont tous les prêtes, chanoines, curés et ecclésiastiques&#13;
étaient les enfants et dont la sainteté attirait le respect de tout le monde.&#13;
C’est le témoignage que M. l’abbé de Saint-Vallier, nommé par le roi à l’évêché de&#13;
Québec, rendit à cette Église dans sa relation imprimée à Paris en l’année 1687 à&#13;
son retour de Canada, où il était allé faire une visite en qualité de vicaire général&#13;
de son prédécesseur. Il semble que puisqu’il l’avait trouvée en si bon état, il lui&#13;
était facile de l’y conserver en suivant le plan de son prédécesseur, auquel Dieu&#13;
avait donné tant de bénédictions. Mais avec les meilleures intentions du monde&#13;
et sous les prétextes les plus spécieux, il a cru la devoir perfectionner sur de&#13;
nouvelles idées et il l’a mise en effet à deux doigts de sa ruine entière en&#13;
changeant tout.&#13;
Il n’était encore que grand-vicaire de son prédécesseur avant son sacre et quoique&#13;
des gens fort sages lui eussent bien recommandé de ne faire nul changement&#13;
dans sa visite, il voulut en faire plusieurs en divers endroits, surtout dans le&#13;
Séminaire et on commença dès lors à craindre si fort en Canada son caractère&#13;
d’esprit remuant et inquiet qu’on écrivit en France qu’on ferait un fort grand bien&#13;
si on pouvait lui persuader de ne pas se faire sacrer et de ne revenir jamais ; il le&#13;
sut et il ne l’a pas oublié.&#13;
La suite a fait voir que ces craintes n’étaient pas vaines, car ce prélat étant&#13;
retourné en Canada après son sacre, à peine avait-il demeuré trois mois dans le&#13;
Séminaire qu’il commença à désunir le corps ecclésiastique qui avait été jusque&#13;
alors si bien uni.&#13;
&#13;
�1° Il en sépara d’abord la tête, en se retirant dans sa maison&#13;
épiscopale avec quelques ecclésiastiques qu’il attacha à sa personne&#13;
pour les détacher du Séminaire.&#13;
2° Il conçut le dessein de faire repasser en France le supérieur du&#13;
séminaire ; il écrivit au Séminaire de Paris qu’on lui envoyât un&#13;
autre. Il fit proposer à l’ancien évêque de se retirer dans une maison&#13;
à la campagne et il fit plusieurs autres demandes, dont il envoya un&#13;
mémoire en France pour les faire régler par M. le duc&#13;
de Beauvilliers, par M. l’abbé de Fénelon, par M. Tronson et par le&#13;
P. Le Valois, qui lui envoyèrent leurs avis par écrit signés d’eux et&#13;
qui, ayant vu dans la suite qu’il était inutile de lui donner de bons&#13;
conseils, l’abandonnèrent bientôt tous, excepté le P. Le Valois,&#13;
lequel, après l’avoir soutenu pendant plusieurs années, a cessé&#13;
enfin dans ce dernier voyage de le justifier et de le conseiller, en le&#13;
regardant comme incorrigible.&#13;
3° En effet, d’année en année on a vu éclater de plus en plus la&#13;
résolution qu’il avait prise de séparer du Séminaire la paroisse, le&#13;
chapitre et les curés, de partager entre eux les revenus, qui avaient&#13;
été jusque alors en commun et dont il s’est rendu le maître autant&#13;
qu’il a pu, d’ôter aux supérieur et directeurs du Séminaire, qui&#13;
étaient les grands-vicaires de son prédécesseur, leur qualité de&#13;
grand-vicaire, leur supériorité des maisons religieuses, leur crédit&#13;
et leur autorité dans le Séminaire même, leur rapport avec les curés&#13;
pour leur direction et leur subsistance, leur liaison avec les pères&#13;
jésuites et avec MM. du Séminaire de Montréal et la plupart des&#13;
biens dont ils avaient joui depuis près de 30 ans et dont ils avaient&#13;
fait une si louable administration ; et par tout cela, il a trouvé le&#13;
moyen de renverser toute l’économie et tout le bon ordre de son&#13;
Église pour gouverner, disait-il, son diocèse comme tous les autres&#13;
diocèses de France, ne voyant par la différence qu’il y avait entre&#13;
une Église naissante dans une colonie au milieu d’un pays étranger&#13;
et des Églises bien formées dans un royaume bien chrétien et bien&#13;
policé depuis plusieurs siècles. Il repassa en France exprès pour y&#13;
&#13;
�porter ses plaintes et pour y soutenir son système et il aima mieux&#13;
en partant laisser son diocèse sans aucun grand-vicaire durant son&#13;
absence que de donner aucun pouvoir aux prêtres du Séminaire, ni&#13;
même à M. l’ancien évêque, n’ayant eu jusqu’à présent pour lui&#13;
aucune&#13;
&#13;
considération, quoiqu’il en méritât beaucoup, non&#13;
&#13;
seulement par sa naissance et pour son âge, mais encore plus pour&#13;
son caractère, pour son expérience et pour sa vertu.&#13;
4° Ni les soins que les directeurs du Séminaire de Paris ont pris&#13;
d’éviter toute contestation en lui accordant tout par un écrit signé&#13;
d’eux avant que le roi eut connaissance de rien, ni les conférences&#13;
tenues depuis à l’archevêché en présence de feu M. l’archevêque [de&#13;
Paris] et du P. de La Chaize, qui ont été témoins de ses fausses&#13;
idées et de ses grands emportements, ni les premiers règlements&#13;
qui furent approuvés par le roi, ni les promesses qu’il lui fit dans&#13;
son audience de congé qu’il s’en tiendrait là et qu’il souffrirait&#13;
plutôt toutes choses que de revenir jamais importuner Sa Majesté,&#13;
ni les seconds règlements qui lui furent envoyés l’année suivante&#13;
sur les nouvelles difficultés qu’il avait proposées dans ses lettres,&#13;
nonobstant toutes ses promesses, n’ont pu servir de barrières à son&#13;
impétuosité. Il a poussé les choses si loin que, sans nulle raison et&#13;
sans garder de formalités, il a interdit MM. de Bernières, des&#13;
Maizerets et Glandelet, a forcé les directeurs du Séminaire de Paris&#13;
de nommer en leurs places un autre supérieur et d’autres officiers&#13;
du Séminaire de Québec et a enfin obligé le roi d’ordonner à feu&#13;
M. l’archevêque de lui écrire qu’il revint incessamment en France&#13;
pour y terminer en personne ses affaires.&#13;
5° Lorsqu’il reçut les lettres qui portaient cet ordre, il était&#13;
terriblement brouillé avec M. le gouverneur général, avec le Conseil&#13;
souverain, avec le gouverneur particulier de Montréal, avec les&#13;
officiers des troupes, avec quelques familles principales et avec les&#13;
Récollets, dont il avait interdit l’église. Il avait même attaqué les&#13;
Jésuites en leur défendant de tenir leur congrégation les jours de&#13;
&#13;
�dimanche, les menaçant que s’ils n’entraient aveuglément dans ses&#13;
desseins contre le Séminaire, il leur ôterait leurs missions et y&#13;
enverrait des récollets et en les traversant dans plusieurs des&#13;
fonctions qu’ils avaient toujours faites à Québec. Il avait divisé la&#13;
plupart des communautés en elles-mêmes. De sorte que toutes&#13;
nouvelles étant passées avec lui en France, M. de Pontchartrain, qui&#13;
jusque alors l’avait défendu, vit bien qu’il fallait aussi l’abandonner&#13;
et crut qu’il n’était pas à propos qu’il retournât, de peur qu’il&#13;
n’achevât de bouleverser l’Église et l’état politique d’un pays, où&#13;
l’on a besoin d’un grand flegme pour gouverner et où il ne pourrait&#13;
recevoir de conseil que de ceux dont il ne voulait point en prendre.&#13;
Il a fait ce qu’il a pu pour éviter ce coup : il s’est raccommodé autant qu’il a pu à&#13;
Paris avec les pères jésuites, avec les Récollets et avec le Séminaire des missions&#13;
étrangères et il a voulu forcer en Canada, par ses grands-vicaires, les maisons&#13;
séculières et régulières d’écrire à M. de Pontchartrain pour redemander son&#13;
retour en Canada, ce que quelques-unes ont fait par crainte, quoique aucune ne&#13;
le désire, et pendant qu’il a écrit à l’ancien évêque qu’il était très content des&#13;
pères jésuites de Paris et de M.M. du Séminaire des Missions étrangères et qu’il le&#13;
priait d’engager les Jésuites de Québec à remercier par écrit leur père provincial&#13;
de la province de France, il a mandé à son grand-vicaire de Montréal, dont&#13;
M. de Montigny, son grand-vicaire de Québec, a lu la lettre à des personnes&#13;
vivantes, qu’il n’avait trouvé en France d’obstacle à son retour en Canada que de&#13;
la part des Jésuites et du Séminaire des Missions étrangères, duplicité indigne&#13;
d’un homme de son caractère.&#13;
Il n’y a nulle espérance qu’il [ne] puisse jamais changer sa conduite :&#13;
1° quelques efforts qu’on ait faits jusqu’ici pour l’y obliger par&#13;
conseil et par autorité, quelque parole qu’il en ait donnée et&#13;
quelque volonté qu’il en ait eu, il ne l’a pu ;&#13;
2° il croit même qu’il ne le doit pas, parce qu’il agit par deux&#13;
principes, qui ne peuvent que l’égarer en l’éloignant de tout conseil&#13;
&#13;
�et en l’empêchant de profiter de l’expérience de son prédécesseur et&#13;
des prêtres et religieux qui ont fondé cette Église : le premier&#13;
principe est que tout ce qui se présente à son esprit tranquillement&#13;
dans l’oraison deux ou trois fois est une volonté de Dieu qu’il faut&#13;
exécuter à quelque prix que ce soit et quelque opposition qu’il y&#13;
trouve ; le second, c’est qu’un évêque, par son caractère, a tout seul&#13;
par lui-même toute la lumière nécessaire pour gouverner et n’a&#13;
besoin des lumières de qui que ce soit pour se déterminer à rien ;&#13;
3° à quoi il faut ajouter qu’il est naturellement d’une vivacité et&#13;
d’une ardeur excessive, avec très peu de réflexion et de jugement,&#13;
d’un esprit outré et extrême en toute chose, ombrageux et&#13;
artificieux, se vantant même d’avoir plus d’adresse, de manège et&#13;
de politique que nul autre, plein d’estime pour ses vues et d’attache&#13;
à son propre sens, intraitable dans les affaires, colère quand on lui&#13;
résiste, flatteur quand il veut gagner, disposé plus on lui accorde à&#13;
demander encore davantage et incapable de revenir à l’égard des&#13;
personnes contre qui il est une fois choqué. De sorte que, par tous&#13;
ces endroits, il s’est rendu méprisable presque à tout le monde et&#13;
odieux en particulier aux ecclésiastiques naturels du Canada, y&#13;
ayant entre eux et lui une antipathie réciproque difficile à&#13;
surmonter.&#13;
Il n’y a plus moyen de dissimuler les maux extrêmes de cette Église, la division&#13;
entre l’évêque et le clergé, malgré tous les soins que les prêtres du Séminaire ont&#13;
pris de la cacher, en souffrant et en se taisant, est devenue si manifeste qu’elle&#13;
cause un scandale public dans l’esprit des libertins et même des gens de bien et&#13;
l’on ne croit pas qu’on puisse jamais le faire cesser qu’en empêchant de retourner&#13;
en Canada celui qui, par la trempe de son esprit et par son incapacité de&#13;
gouverner, en est seul la cause.&#13;
Les prêtres du Séminaire et tous les ecclésiastiques qui leur sont unis ou agrégés,&#13;
et qui composent presque tout le clergé du pays, sont prêts, pour le bien de la&#13;
paix, si le roi l’ordonne, de repasser tous en France, mais les personnes les plus&#13;
&#13;
�sensées de Québec et de Paris estiment que ce serait ruiner l’Église de Canada de&#13;
fond en comble et qu’il faudrait bien des années, des dépenses et des travaux&#13;
pour la rétablir.&#13;
Il paraît plus aisé d’empêcher un seul homme d’y retourner. Feu M. l’archevêque&#13;
et le P. de La Chaize ont bien prévu, dès le commencement, des contestations&#13;
qu’il faudrait tôt ou tard en venir là. Ils ne firent consentir le roi de l’y renvoyer&#13;
en l’année 1692 que pour essayer encore, s’il pourrait se modérer, n’espérant&#13;
presque pas qu’il le fit jamais et Sa Majesté ordonna au P. de La Chaize de le faire&#13;
observer par un homme sage et désintéressé, qu’on envoya pour cela avec lui&#13;
sans qu’il le sût, et d’écrire à ses pères de lui mander en conscience leur&#13;
sentiment sur ce prélat, quand ils l’auraient vu agir à son retour. Cet homme et&#13;
ces pères ont témoigné séparément 3 années de suite qu’il ne faillait point espérer&#13;
de changement, parce que les choses allaient tous les jours de pis en pis et qu’il&#13;
semblait nécessaire de venir sans délai aux derniers remèdes.&#13;
Lorsque feu M. l’archevêque prit l’ordre du roi, au commencement de&#13;
l’année 1694, pour mander à ce prélat de revenir incessamment travailler en&#13;
personne à terminer ses affaires, l’intention secrète de Sa Majesté fut de le retenir&#13;
en France quand il y serait ; et on craignit même qu’il ne se doutât de ce dessein&#13;
et que par cette raison, il ne cherchât des prétextes pour s’excuser du voyage.&#13;
Mais les grandes brouilleries qu’il avait excitées cette année-là même l’ayant&#13;
déterminé à partir, Dieu l’a conduit ici et l’a mis entre les mains de Sa Majesté&#13;
pour ordonner de son retour selon la sagesse.&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2020&#13;
&#13;
Faite à partir de la copie sur original par l’archiviste du Canada, v. 1900, publiée sur Canadiana&#13;
(Bibliothèque et Archives Canada), C-2403, p. 135-148.&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257652">
                    <text>Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval </text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="13370">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/1473a4fabf5f710626677ffd1995c123.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=tL2Hvq7UgBMVldUu1oLBFW3pCwcNFMOGutLw%7E9zXZR-UTspSr5wr0YCW1APiAD5y4Z4IeeHPMEl0XyH1joa9MvXJczndy5R30OkoOK5iZvxkGFXjK1lT2169rFgloKEBgO6abOJp%7EnfZGn4Oe3mWlAq7IAZMPD4d7kFlMZy4MnRYiIZIWmXQXKCNMuRrIJH33BPa0moay4-Zhl2T9SU%7EiE4hv8VonWFfE8GznQRTpMRe9DHVN36dXHWh%7EcgNs%7ERitE-YTD-4wgGkk04UzhYa580X4kyHRwji4rF0lhP2LKqECP7HMPFabL%7Em8THFmOZ57HLs9tBjoYhYvJrEIWP8Vw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b6aab84477968677acf1ea6f26017d59</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257651">
                    <text>�������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="257653">
                    <text>Copie manuscrite en français classique par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Église du Canada, vol. 1, no 24</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256420">
                <text>LASCHRNX</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256422">
                <text>Brisacier, Jacques-Charles de, 1642-1736</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="256423">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256424">
                <text>Mémoire [de Brisacier et Tremblay] sur Saint-Vallier à [Pontchartrain] (Paris, 1696)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256425">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Original en français classique conservé aux Archives nationales d'Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives des colonies, Série C11 A, vol. 106, f. 26-28v&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256426">
                <text>Ce rapport, attribué à l'un des directeurs du Séminaire de Paris et au procureur à Paris du Séminaire de Québec, et destiné probablement au secrétaire d'État à la Marine de France, détaille les tentatives de conciliation auprès de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, qui a réformé l'Église selon ses propres idées, souvent en opposition avec les pratiques établies par Laval, son prédécesseur. Ces réformes ont provoqué des conflits avec divers membres du clergé et des communautés religieuses, ainsi qu'avec les autorités civiles, alors que tout était en paix, bien organisé et uni.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256427">
                <text>1696</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256428">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="256430">
                <text>Pontchartrain, Louis Phélypeaux, 1643-1727, comte de</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="257654">
                <text>Rapports</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="257655">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13369" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/13370" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l’archiviste local, v. 1900, et conservée aux Archives de l’archidiocèse de Québec, Église du Canada, vol. 1, no 24&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_reel_c2403/135?r=0&amp;amp;s=3"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste du Canada, v. 1900, et publiée sur Canadiana (Bibliothèque et Archives Canada), C-2403, p. 135-148&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18705" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="12010">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/c4f28659393ccdd8bc11d285376c82a1.png?Expires=1779321600&amp;Signature=OYWxUlJgbP3ebdTyJ1LEK6dx8CHWTIu12-OAH%7E4fcuvV3UQrCg5qtfYC5jPsi93N0c4RSeCYo7Svl8ME81WNqos1NsRwi1Q2OifwEmuXWQs0wBc1av1-wyTG86KF4HuoRDDGB67ZUKzyxKFH2XZjny3D9dyaWkyZUrBUmIOIgLaIDWbwEjr1JXSpxXBEwXEN2QrimpM3kIqYf3E%7EgaAnzgk-58skMHgojxSDMgT0raIF3S5zyREJaeBuSY7oMzGOf4mysINzbJuhNHVSUKDE9CVoyINyLzKdNjrRvcjBDXaXoQ-p1nRt0Ag6Xb1GBUtiNSCAmq3vZLE-KsM2YGpe9Q__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="12011">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/d099e88a574e589f7e3860cdd49f9f55.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=FWFRBcW5-%7ERbJZ8GRj6mPvk88rryuoop9OwLBlakeT3kTUK8zAnuL8CPvjzm%7EMyGD%7EX7Wd7AoYw9KZ0M7mVk0V0rHcDco4l6lz3OhLV3fbKKc2iRGfPu8YQxuF3S887TFhZ46CN4o657d0CsDoXWsUMaBUijMLt%7EgL50stNzQpxEA6yqJD%7EaXrnTRCgu6fDGXlNVleHCbuqEDAlSLrOBKUHbckFqX%7EPeGT75GIYPf1sGcAmt4mUzFQdJ2asrjcz23doF1y7ac-2DY6-XOel6Uz%7E64%7ESHudbWfcU-zCQni2WQeXVriioTbQhG%7EGHoWP%7Ed6XoASGxbrTboX3p1i%7EcEeQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>460dbe228f415918812ebb3d66a615e0</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250557">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 10-28 mai 1701)&#13;
&#13;
10 mai 1701&#13;
Monseigneur,&#13;
Je vous ai déjà envoyé une fort longue lettre d’avis il y a plus de six semaines, que&#13;
je crois à présent partie il y a plus de quinze jours. Je ne répéterai pas beaucoup de&#13;
choses que je vous y ai écrites. Je tâcherai seulement à redire les principales, afin&#13;
que cette lettre serve d’une seconde voie et que si la première était perdue, la&#13;
seconde y supplée.&#13;
Comme cependant je traite fort au long de ce qui s’est passé entre les Jésuites et&#13;
nous en France depuis l’an passé dans la lettre que j’écris à M. de Glandelet,&#13;
Votre Grandeur trouvera bon que je l’y renvoie. Il vous en fera part avec plaisir. Je&#13;
lui envoie aussi trois exemplaires de chacun des écrits que nous avons fait&#13;
imprimer, un des Jacobins et un des Jésuites.&#13;
Je vous ai mandé, Monseigneur, tout ce que j’ai reçu de vous cet hiver, savoir un&#13;
petit billet qui vint par l’Angleterre du 30 janvier 1700, une lettre de trois grandes&#13;
pages du 9 août suivant, une autre semblable du 18 octobre et enfin, votre grande&#13;
lettre de douze pages, qui est sans date.&#13;
Vous saurez déjà, quand vous recevrez celle-ci, que nos Messieurs ont engagé&#13;
Mgr de Québec avec bien de la sagesse d’aller plutôt loger chez M. le curé de SaintSulpice que de demeurer chez nous, en lui représentant qu’ayant des affaires à&#13;
régler avec les Jésuites, ils ne manqueraient pas de dire que nous réunissons leurs&#13;
ennemis dans notre maison et qu’après avoir été séparés d’avec Monseigneur cidevant, nous nous le sommes réunis pour les combattre. Monseigneur a paru se&#13;
rendre aux remontrances qu’on lui en a fait. Nous avons bien vu dans le&#13;
commencement que cela lui faisait beaucoup de peine, mais il a bien connu depuis&#13;
que c’était un bon conseil, pour lui et pour nous, que nous lui donnions. Il n’a pas&#13;
voulu me dire ce qui l’avait fait revenir là-dessus, mais nous avons su depuis de&#13;
lui-même que le père provincial des Jésuites lui avait dit, en présence de&#13;
&#13;
�M. l’archevêque d’Auch, que ses pères de Canada lui mandaient qu’il n’était&#13;
revenu cette année en France que par le conseil de Mgr l’Ancien et des supérieurs&#13;
du Séminaire de Québec, qui lui avaient conseillé ce voyage, afin qu’il vint y crier&#13;
contre eux ; qu’il allait même à Rome y porter ses plaintes contre les Jésuites ; et&#13;
qu’on les rendit par-là odieux. Le père provincial dit sur cela que vous,&#13;
Monseigneur, étiez un ingrat, qui ne reconnaissiez pas qu’ils vous avaient fait&#13;
évêque et vous avaient fait mille plaisirs ; qu’ils avaient formé, soutenu et agrandi&#13;
le Séminaire ; que cependant c’était ce Séminaire qui leur faisait la plus rude&#13;
guerre. Je vous avoue, Monseigneur, que j’aurais eu peine à croire tout ce que m’en&#13;
dit Mgr de Québec il n’y a que trois jours (c’était le 16 mai), si je ne connaissais qu’ils&#13;
parlent de même de nous à Paris pour tout.&#13;
Cependant, je croyais qu’ils ne vous y renfermeraient pas, mais vous y êtes,&#13;
Monseigneur, plus engagé que les autres et sur ce que Mgr de Québec dit au père&#13;
provincial, qu’il était étonné que des Jésuites eussent mandé cela de vous et de&#13;
votre Séminaire et que ce ne pouvait être que des étourdis et des brouillons, mais&#13;
que le P. Bouvart et le P. Germain n’avaient garde d’être si injustes à l’égard de&#13;
votre Séminaire et de vous, le père provincial répondit tout net à Mgr de Québec&#13;
que le P. Bouvart et le P. Germain le mandaient aussi bien que les autres. Jugez&#13;
après si cela est ainsi, Monseigneur, ce que vous devez attendre de leur part&#13;
pendant que vos lettres, celles de M. des Maizerets et de M. de Glandelet sont&#13;
pleines d’honnêtetés pour les Jésuites ; que vous et eux m’écrivez que vous vivez&#13;
bien avec eux ; que les divisions de la Chine n’altéreront pas la charité du Canada ;&#13;
que ces pères doivent écrire à leurs pères en France pour les désabuser des&#13;
sentiments désavantageux qu’ils ont eus de M. de Glandelet ; qu’ils doivent&#13;
marquer la cordialité avec laquelle on vit avec eux. Eux écrivent tout ce que je viens&#13;
de vous dire à leur provincial, qui a dit nettement à Mgr de Québec que nous vous&#13;
avions prié, Monseigneur, d’engager Mgr de Québec de revenir en France, de s’y&#13;
venir plaindre des Jésuites, d’en aller porter ses plaintes à Rome pour les décrier&#13;
de toutes parts. Je vous avoue que je n’en saurais revenir et que je ne puis&#13;
m’empêcher de les accuser d’ingratitude en votre endroit, après tout ce que vous&#13;
avez fait pour eux.&#13;
&#13;
�Ils prétendent que vous devez être leur valet, parce qu’ils ont contribué à vous&#13;
faire évêque et que vous devez en tout dépendre de leur volonté. Ils croient que ce&#13;
sont eux qui font les évêques. Ils y contribuent en effet encore quelquefois trop,&#13;
mais le roi est trop éclairé à présent et trop pieux pour les laisser faire à présent&#13;
autant qu’ils faisaient autrefois. Et nous le voyons actuellement par le nombre de&#13;
très saints prélats que le roi nous a donnés depuis peu et qui ne sont pas&#13;
assurément du choix des Jésuites. C’est une pitié de voir leur arrogance là-dessus.&#13;
M. de Reims contait à M. Tiberge ces jours passés qu’un de ses jésuites de Reims,&#13;
parlant de lui-même, disait : « Celui-là ne durera pas toujours ; quand il sera mort,&#13;
nous y en mettrons un autre. » Je ne suis plus surpris de toute l’ingratitude qu’ils&#13;
nous reprochent, eux qui savent dans leur conscience que la Compagnie s’est&#13;
opposée de toute ses forces à l’établissement de notre Séminaire et en France et&#13;
dans les Indes ; qu’à la vérité, deux de ses enfants y ont contribué, savoir le P. Bagot&#13;
et le P. de Rhodes, mais que de traverses le P. Bagot n’a-t-il pas eue à essuyer en&#13;
France pour cela et ne sait-on pas que pour punir le P. de Rhodes d’avoir contribué&#13;
à l’envoi des évêques, on ne lui a pas voulu permettre de retourner à sa chère&#13;
mission du Tonkin, dont il savait la langue et où il pouvait faire des grands biens,&#13;
et on l’a relégué à Ispahan en Perse, où il devint inutile, n’en sachant pas la langue&#13;
et ne pouvant plus l’apprendre et y mourut en peu d’années.&#13;
Je vous assure, Monseigneur, que je me sentirais porté à vous inspirer d’examiner&#13;
un peu, si vous ne vous croiriez pas en état de révoquer, l’approbation que vous&#13;
avez donnée au livre du P. Le Tellier De la défense des nouveaux chrétiens et&#13;
missionnaires de la Chine. Plus je lis cette approbation, plus je suis surpris de ce que&#13;
vous y dites des jésuites du Canada, car ce que nous mande M. Bergier de ce qu’ils&#13;
font parmi les Sauvages est si différent de ce que vous y dites que je ne sais si vous&#13;
ne devriez pas informer le public que vous avez été prévenu d’une trop grande&#13;
estime pour les Jésuites en donnant cette approbation ; que vous ne les aviez&#13;
connus que par ceux que vous aviez vus dans la colonie, n’ayant pu aller voir ceux&#13;
qui travaillent auprès des Sauvages, à cause de vos infirmités ; que vous n’aviez&#13;
même pu y envoyer aucun prêtre séculier pour ne pas faire de peine aux Jésuites ;&#13;
mais qu’ayant été depuis plus particulièrement informé et par les prêtres séculiers&#13;
et par les laïcs mêmes, qui reviennent de ces missions, vous croyiez devoir exposer&#13;
les sujets de peine que vous avez eus autrefois et que vous avez encore à essuyer&#13;
&#13;
�d’eux. Je ne voudrais pas que Votre Grandeur écoutât cet avis qu’après y avoir&#13;
bien pensé devant Notre-Seigneur et consulté les gens de bien qu’elle a auprès&#13;
d’elle.&#13;
Je ne vous répète pas, Monseigneur, tout ce que j’ai mandé à M. de Glandelet sur&#13;
nos affaires avec les Jésuites à Rome et en France. Je vous dirai seulement que nous&#13;
nous faisons en France et attendons en patience la décision du pape, que les&#13;
Jésuites font leur possible pour reculer jusqu’à l’éternité. Ce sont de puissants&#13;
adversaires. Ils remuent ciel et terre pour empêcher que le pape ne décide, mais&#13;
Sa Sainteté a déclaré qu’elle voulait décider et leur a refusé les délais qu’ils&#13;
demandaient. Cependant, comme il fait bon battre un glorieux, les Jésuites, au&#13;
sortir de ces refus, publient partout que le pape les a parfaitement bien reçus.&#13;
Voici ce qui nous est venu par les dernières lettres venues de Rome. M. Charmot&#13;
alla à l’audience du pape le 28 avril. Le saint pontife le reçut avec une grande bonté&#13;
et lui dit qu’il avait dit aux Jésuites, et qu’il le lui disait, qu’il ne fallait plus écrire,&#13;
faire des libellés ni des livres ; qu’il fallait demander les lumières du Saint-Esprit&#13;
pour lui afin de bien juger ; qu’il faisait faire pour cela ; qu’il avait ordonné aux&#13;
qualificateurs de s’assembler extraordinairement, comme dans l’affaire de&#13;
Cambrai ; qu’il les avait exhortés de donner leurs vœux selon la conscience, afin&#13;
que lui étant rapportés, il put ensuite porter son décret ; qu’il leur avait représenté&#13;
qu’il fallait faire un décret absolu, permanent et qui ne fût plus conditionnel,&#13;
comme avaient été les précédents ; et sur ce que quelques cardinaux, gagnés par&#13;
les Jésuites, lui remontrèrent qu’il était difficile de donner leurs vues sur des faits&#13;
contestés et qu’ils croyaient nécessaire auparavant d’assembler les parties pour&#13;
convenir de ces faits, le pape dit qu’il leur déclara que si on voulait en venir à cette&#13;
vérification de faits, ce serait le moyen de ne jamais finir l’affaire, quand même on&#13;
enverrait des commissaires sur les lieux ; que ces faits avaient été suffisamment&#13;
éclaircis ; que ceux qui les croiraient assez éclaircis donneraient leurs vues suivant&#13;
la certitude qu’ils en auraient et que ceux qui en douteraient le donneraient selon&#13;
leur doute. Nous ne pouvons, Monseigneur, désirer rien de plus d’un si saint&#13;
pontife. En conséquence, nous apprenons chaque semaine que les cardinaux&#13;
s’assemblent. Nous serions heureux si, avant le départ des vaisseaux pour Canada,&#13;
&#13;
�nous pouvions en apprendre la décision ; car peut-être que ces assemblées de&#13;
cardinaux dureront encore plus de deux mois.&#13;
Nous avons encore appris, par nos dernières lettres, certaines choses qui nous font&#13;
connaître l’esprit de ce saint pontife et nous en fait tout à fait bien espérer. On lui&#13;
mena plusieurs missionnaires de l’ordre Saint-Dominique de la réforme de SainteSabine, qui partaient pour les missions de Perse, afin de prendre sa bénédiction.&#13;
Le pape leur fit un sermon sur l’excellence de leur état apostolique ; leur&#13;
recommanda de se proposer pour modèles les apôtres et les hôtes apostoliques des&#13;
premiers siècles et de ne pas imiter ceux qui se servaient de moyens humains pour&#13;
établir l’Évangile ; de n’être ni chirurgiens, ni médecins, ni marchands, ni&#13;
mathématiciens, ni mandarins ; de ne s’appliquer qu’à la prédication de l’Évangile&#13;
et de vivre pour cela selon l’Évangile. Nous ne saurions trop louer sa sagesse en&#13;
cela et nous espérons qu’il saura remédier à bien des choses, si Dieu nous le&#13;
conserve.&#13;
Après vous avoir rendu compte de ces affaires des Indes, je dois vous parler de&#13;
celles des Tamarois. Je ne répète pas ce que je vous en ai écrit dans ma première&#13;
lettre. Je vous dirai seulement que nous en avons parlé fortement à&#13;
M. de Pontchartrain. Mgr de Québec lui a présenté un mémoire sur ce sujet, parce&#13;
que M. d’Auch n’a pas voulu [se] prononcer, peut-être pour ne pas faire de peine&#13;
à Monseigneur s’il eut prononcé contre lui ou aux Jésuites, s’il eut décidé contre&#13;
eux. Mgr de Québec a été fermé sur cette affaire, prétendant que son autorité y était&#13;
commise ; les jésuites y ont été encore plus entêtés ; si bien que Mgr de Québec a&#13;
demandé au roi qu’il en prit connaissance ou nommât quelques prélats qui en&#13;
connussent avec M. d’Auch. Sa Majesté a nommé pour cela M. de Meaux et&#13;
M. de Chartres. Ils sont amis des Jésuites, surtout le dernier ; mais ils sont encore&#13;
plus amis de la vérité. Ce qu’il y a de fâcheux, c’est que cela ne pourra se décider&#13;
qu’après le départ des vaisseaux pour Québec et pour Mississippi, car on y renvoie&#13;
M. d’Iberville dans le dessein qu’il y fasse un établissement permanent et on a&#13;
même envoyé un mémoire au Conseil d’Espagne pour y faire connaître l’utilité&#13;
que les Français s’y établissent pour servir comme de barrière entre les Anglais et&#13;
les Espagnols, afin d’empêcher les premiers de courir sur les derniers.&#13;
&#13;
�C’est dans cette vue que la Cour ne prétend pas y faire une grosse colonie, mais&#13;
seulement y établir un fort qui puisse résister et laisser la colonie s’y former peu à&#13;
peu. On prétend surtout mettre des missionnaires dans toutes les nations sauvages&#13;
qui sont entre les Anglais et le cours du fleuve Mississippi, depuis les Illinois en&#13;
descendant, afin d’engager ces Sauvages dans le parti des Français, après qu’on&#13;
les aura convertis. Il est bon, Monseigneur, que vous recommandiez à M. Bergier&#13;
d’entrer dans ces vues autant qu’il pourra. Plus ces peuples sont près des&#13;
hérétiques, plus il faut s’attacher à les prévenir contre leurs erreurs après leur avoir&#13;
appris la religion, car ce sont des cires molles qui prendront telle impression qu’on&#13;
voudra.&#13;
Vous aurez appris par mes précédentes la mort du père de M. Bergier. Son fils est&#13;
son légataire et son héritier universel, mais il a fait bien des legs particuliers. Il&#13;
faudra que M. Bergier envoie une procuration telle qu’il jugera à propos pour agir&#13;
en ses affaires. On croit qu’il pourra toujours avoir 500 ou 600 livres de rente.&#13;
J’ai tâché, Monseigneur, à faire porter à M. de Montigny sur son compte tout ce&#13;
que j’ai pu de dépenses pour le Mississippi. Je lui ai fait porter 60 livres pour&#13;
habiller Charles, son valet ; 60 livres qu’il a dépensées à La Rochelle, pendant son&#13;
séjour ; plus de 50 livres pour sa pension au Séminaire ; et près de 300 livres que&#13;
j’ai payées à M. d’Iberville, que M. de Montigny avait empruntées de lui pendant&#13;
son voyage. Cependant, quoique je lui ai fait porter toutes ces sommes en les&#13;
faisant mettre sur son compte, vous trouverez, sur celui du Séminaire, bien des&#13;
sommes que j’ai employées pour Mississippi, qui vont à près de 2 700 livres.&#13;
Cependant, il y a peu de choses envoyées à nos Messieurs du mémoire de&#13;
M. Bouteville et de M. Bergier, qui monterait à plus de 3 000 livres s’il était&#13;
entièrement accompli. Si j’ai des lettres de change à payer que nos Messieurs tirent&#13;
sur moi de ce pays-là, je ne pourrai y fournir.&#13;
J’ai cru que le roi ayant accordé cette année la continuation des 3 000 livres pour&#13;
cette mission, sans savoir s’il l’accordera la suivante, M. de Pontchartrain faisant&#13;
entendre qu’on ne s’y doit pas attendre, je devais en employer la moitié pour&#13;
accomplir en partie les factures de MM. Bergier et Bouteville et réserver le surplus&#13;
pour m’aider à rembourser une partie des avances où je suis.&#13;
&#13;
�Je vous ai assez parlé, Monseigneur, dans ma première lettre, de l’extrême&#13;
embarras où je me trouve, à cause de ces avances où je suis pour le Séminaire et je&#13;
vous avoue de bonne foi que j’ai bien de la peine à digérer que vous ayant mandé&#13;
tout cela l’an passé, vous ayez encore tiré sur moi des lettres de change ; car si vous&#13;
voyiez de près la peine où je suis actuellement pour les payer, je suis sûr que vous&#13;
en auriez compassion. Dans la disette d’argent où l’on se trouve actuellement à&#13;
cause de la guerre, où on n’en trouve pas à 11 % de profit, je ne sais comment je&#13;
les paierai et cependant, je dois à tout le monde pour vos factures et à présent tout&#13;
le monde me presse de donner de l’argent. Je vous avoue que je me jette souvent&#13;
en mon particulier dans des chagrins quand j’y pense que si je ne les dissipais, je&#13;
quitterais tout là et m’en irais, car je n’ai même sur cela nulle consolation de nos&#13;
Messieurs, à qui quand je me plains de ce que vous, Monseigneur, et nos MM. de&#13;
Canada ne m’épargnez nullement, ils se contentent de me dire que c’est ma faute,&#13;
que je me rends malheureux par trop de complaisance pour nos Messieurs, que vu&#13;
l’état des affaires de Canada, je ne devais accepter nulle lettre de change et&#13;
n’accomplir aucune facture. Je voudrais que vous vissiez l’état où je me trouve de&#13;
devoir à toute la terre, avoir à payer pour plus de 4 000 livres de lettres de change,&#13;
tant pour Mgr de Québec que pour vous, et ne voir aucun argent à toucher, ne&#13;
savoir de qui en emprunter. Je vous avoue que la pensée me vient de me cacher&#13;
quand ces lettres de change arriveront, car je ne sais où en prendre. Quelques&#13;
lettres que M. l’abbé de Brisacier ait écrites à M. l’évêque d’Aire, nous ne saurions&#13;
en tirer d’argent pour l’année passée. Votre pension au Trésor royal ne saurait se&#13;
tirer pour l’année 1700. La guerre a consommé tout l’argent. Je voudrais que vous&#13;
vissiez cela de près. Je ne sais si nous pouvons tirer notre ordonnance de&#13;
Mississippi quand on nous l’aura expédiée et je serai bien heureux si je la touche&#13;
au mois de septembre ou d’octobre. Je vous avoue simplement, Monseigneur, que&#13;
si un pareil embarras [ne] m’arrive jamais, je quitterai la partie.&#13;
J’ai écrit fort au long à M. de Glandelet pour le prier de représenter à vous,&#13;
Monseigneur, et à nos Messieurs que je croyais devoir attendre tous les ans un&#13;
arrêté de mes comptes pour la dépense du Séminaire, afin de ne rien laisser en&#13;
arrière. Je ne sais pourquoi j’ai laissé passer les premières années. J’ai appréhendé&#13;
que vous et nos Messieurs ne crussiez que je me regardasse comme un membre&#13;
&#13;
�séparé du Séminaire de Québec. J’ai pensé ensuite que vous ne regardiez pas peutêtre ces comptes comme arrêtés entièrement et c’est pour cela que je crois vous&#13;
devoir demander en grâce de les faire examiner, afin que s’il s’y trouve quelque&#13;
difficulté, j’y puisse encore répondre. On se souvient de deux ou trois ans, mais les&#13;
espèces s’effaçant après cela de notre esprit et nous ne pouvons rendre raison de&#13;
rien. Cependant, cela est absolument nécessaire pour mettre en repos les esprits et&#13;
pour liquider les affaires passées. C’est ce qu’on fait à tous ceux qui ont reçu et&#13;
dépensé. C’est ce que Votre Grandeur ne manquait pas d’accorder à M. Dudouyt&#13;
tous les ans. Je vous supplie donc, Monseigneur, de faire arrêter ma recette et&#13;
dépense jusqu’à cette année. S’il y a quelque article en souffrance, ayez la bonté de&#13;
m’en écrire et j’espère vous satisfaire.&#13;
Quoique j’aie fait au-delà de mes forces en acceptant votre lettre de change de&#13;
M. Foucault de 1 300 livres, celle de la même somme à un autre et une autre de&#13;
1 200 livres pour Mgr de Québec, j’en ai refusé une que vous aviez donnée à&#13;
M. de Bénac, mais je n’ai pu faire autrement et je ne sais comment je pourrai m’en&#13;
tirer.&#13;
Nous devons nous attendre que M. d’Iberville favorisera toujours plus les Jésuites&#13;
que nous et Dieu veuille que ces bons pères ne lui ôtent pas le peu de bonne&#13;
volonté qu’il a pour nous. Je compte toujours très certainement qu’il ne balancera&#13;
pas à pencher pour les Jésuites. Il fera son possible pour rompre tout commerce&#13;
du Mississippi avec le Canada, afin d’établir cette colonie nouvelle et la rendre&#13;
indépendante de l’autre.&#13;
Si l’on avait fait un établissement plus considérable, il aurait fallu que nous&#13;
eussions eu soin du spirituel des Français. Les Jésuites s’en sont emparés et je ne&#13;
crois pas que M. de Pontchartrain le leur ôte, ni y laisse d’autres s’y établir sans&#13;
leur consentement. Si nous avions vu jour à cela, nous aurions pensé à y envoyer&#13;
une personne capable et nous avions jeté les yeux sur un. Il serait fort utile,&#13;
Monseigneur, que vous eussiez un prêtre du Séminaire dans ce nouvel&#13;
établissement du Détroit et il faudrait mieux s’incommoder au Séminaire que de&#13;
manquer à y en mettre un. La Cour n’a rien donné pour cela. On laisse aux&#13;
intéressés à cet établissement d’en faire la dépense.&#13;
&#13;
�Mgr de Québec ne compte pas d’envoyer des prêtres pour remplir les places&#13;
vacantes de MM. Deleuze et Coeurderoi, qu’il croit devoir rester en Canada, et je&#13;
crois qu’il n’est pas à propos que, par de nouveaux envois, vous surchargiez ce&#13;
pays-là ; vous n’êtes pas en état de le soutenir. Ce sera beaucoup si vous soutenez&#13;
bien les ouvriers qui y sont. Il semble qu’on n’aurait pas dû y envoyer le jeune&#13;
sieur de Saint-Cosme, n’étant pas prêtre, pour qu’il fût obligé de revenir pour se&#13;
faire ordonner. On perd le temps et on dépense beaucoup en ces voyages. Je crains&#13;
bien que nos Messieurs, en allant et venant, surtout M. de Saint-Cosme, le prêtre,&#13;
n’aient pas fait beaucoup de progrès dans les langues. Il faudrait moins courir et&#13;
s’attacher solidement à quelque chose.&#13;
Ne comptez nullement, Monseigneur, sur les paroles que vous peut avoir donné&#13;
Mgr de Québec de faire du bien au Séminaire : ce prélat a tant d’autres vues qu’il&#13;
ne sera jamais en état de rien faire pour nous. Ne l’ai-je pas vu dans ce que je lui ai&#13;
voulu proposer sur ce que vous me mandez de ses vues pour la pension sur le&#13;
clergé ? Voilà ce qui me donna occasion de m’en expliquer avec lui.&#13;
Il voulut, à la fin d’avril, m’obliger à lui payer les 2 000 livres sur ses abbayes,&#13;
comme j’y suis obligé par le partage. Je lui représentai 1° que celle de l’Estrée étant&#13;
saisie et n’en pouvant rien toucher pour une affaire qui vient de lui (c’est ce traité&#13;
qu’il a fait avec cette religieuse), il ne devrait pas se faire payer pendant que je ne&#13;
le suis pas ; 2° qu’il savait que j’avais un compte à régler avec lui et que je lui avais&#13;
envoyé deux fois en Canada, sans qu’il l’eût réglé et que je prétendais par ce&#13;
compte ne lui devoir pas grand-chose ; 3° que quand je lui devrais, j’espérais qu’il&#13;
aurait égard à l’extrémité où il savait que vos factures et vos lettres de change&#13;
m’avaient réduit et que vous m’aviez même fait espérer que Sa Grandeur&#13;
m’aiderait de tout ou de la meilleure partie de la rente sur le clergé et que je m’y&#13;
attendais. Monseigneur n’eut garde de rien répondre à la 1° ; à la 2°, il dit qu’il&#13;
fallait donc compter sur le champ. J’eus bien de la peine à lui faire comprendre&#13;
qu’il me faudrait plus d’un mois pour dresser ce compte et que s’il voulait que je&#13;
m’y appliquasse, il me faudrait renoncer absolument à écrire aucune lettre en&#13;
Canada. Et quant à la 3°, il me dit qu’à la vérité, il avait promis de destiner les&#13;
2 000 livres du clergé pour nos missions de Mississippi, mais que c’était à&#13;
&#13;
�différentes conditions : 1re que nous ne retirions pas les missionnaires qui y étaient&#13;
destinés, comme nous avions fait M. de Montigny en l’envoyant à Lachine (le&#13;
prélat sait cependant bien de M. de Montigny que nous avons fait ce que nous&#13;
avons pu pour l’en détourner et le renvoyer à Mississippi) ; 2e que nous y&#13;
envoyions un grand nombre de missionnaires pour les missions des Panis,&#13;
Missouris, etc. ; 3e que nous ferions un Séminaire dans le pays d’en-bas. En un mot,&#13;
j’aimerais mieux qu’il gardât les 2 000 livres que d’y apposer les conditions qu’il y&#13;
veut mettre. Quant à ses dispositions où il est pour son retour, il m’a dit deux ou&#13;
trous fois, je ne sais si c’était pour me sonder, qu’il ne penserait pas à s’en retourner&#13;
sans avoir auparavant consulté les serviteurs de Dieu pour savoir leur sentiment.&#13;
Il m’a dit une autre fois qu’il ne savait s’il s’en retournerait de quatre ou cinq ans&#13;
et qu’il voulait finir les unions de ses bénéfices. Dans d’autres occasions, il m’a&#13;
parlé comme s’il devait s’en retourner l’année prochaine et c’est ce que je crois qu’il&#13;
fera. Il me dit pourtant ces jours passés qu’il ne pouvait encore s’en retourner&#13;
l’année prochaine et que ses affaires n’étaient pas faites. Mais je crois que dès qu’il&#13;
aura payé ses lettres de change et qu’il se verra quelque argent devant lui, il&#13;
retournera au Canada. On m’a dit que sa famille aurait voulu le retenir en France&#13;
et que si on lui présentait même une bonne abbaye, il l’accepterait. Je ne le crois&#13;
cependant pas et toute la dépense qu’il a faite en Canada pour se loger l’y&#13;
remmènera.&#13;
Je vous ai mandé que M. de Montigny, interrogé par M. de La Pallière, si dans la&#13;
situation où les choses sont en Canada, selon la connaissance qu’en à&#13;
M. de Montigny, il était plus de la gloire de Dieu que Mgr de Québec se démit de&#13;
l’évêché ou y retournât. M. de Montigny répondit qu’il croyait plus avantageux à&#13;
l’Église et à Monseigneur qu’il se démit. C’est M. de La Pallière qui me l’a dit et&#13;
qui l’a dit à Mgr de Québec, qui n’a pas été content de M. de Montigny à cause de&#13;
son avis.&#13;
Nous avons examiné, Monseigneur, les extraits que vous nous avez envoyés&#13;
touchant le tiers des 4 000 livres au curé de Québec. M. l’abbé de Brisacier a&#13;
toujours remis à en parler à Mgr de Québec et ne l’a pas fait, mais il n’a pas voulu&#13;
souffrir qu’on n’en dit rien au ministre, parce que ç’eût été renouveler la dispute&#13;
et nous n’y aurions rien gagné.&#13;
&#13;
�Je n’ai pu, Monseigneur, faire la dépense que souhaitait le P. Germain pour ces&#13;
thèses. Vous jugez bien que l’état de nos affaires ne me permet pas de faire ces&#13;
avances. Nous avons obtenu le passage pour un moulange dans le vaisseau de roi,&#13;
mais M. Grignon me mande qu’il n’en trouve point. Ainsi, cette grâce deviendra&#13;
inutile ; il faudra la redemander pour une autre année.&#13;
J’ai évité cet hiver de voir M. Berthelot pour ne lui pas parler de cette terre&#13;
d’Argentenay ou plutôt pour qu’il ne m’en parlât pas. Il me vint chercher il y a&#13;
quinze jours avec beaucoup d’empressement et me pria de dîner chez lui. J’y fus,&#13;
mais je remarquai qu’on ne lui a rien mandé de cette affaire et ce n’est pas à moi à&#13;
lui en reparler. Mgr de Québec l’est allé voir pour lui demander s’il voulait vendre&#13;
sa terre. M. Berthelot lui dit que s’il en trouvait tout ce qu’elle lui avait coûtée et&#13;
les améliorations qu’il y avait faites, il la donnerait.&#13;
Je crois, Monseigneur, que vous devez recevoir cette mouvance que Perrot veut&#13;
vous reconnaître. Cela rendra toujours votre terre de Beaupré plus considérable.&#13;
M. Berthelot ne se défera pas de l’île [d’Orléans] sa vie durant. Il n’a point fini avec&#13;
son grand créancier. Il mourra sans y finir et sans jouir de ses biens, car on lui tient&#13;
en France plus de 800 000 livres saisies.&#13;
Je vous ai mandé l’an passé, Monseigneur, que si vous vouliez obtenir une&#13;
approbation de la possession de votre île Jésus en Cour, il fallait vous faire donner&#13;
une approbation de votre concession par M. le gouverneur et M. l’intendant, qui&#13;
marqueront que leur ayant été représenté par vous que le Séminaire possède&#13;
l’île Jésus par l’échange fait avec M. Berthelot et lui, la possédant par la concession&#13;
de M. Talon, qui n’a pas été ratifié par la Cour, quoique vous en soyez paisible&#13;
possesseur. Cependant, à cause de ce défaut de ratification, vous leur demandez&#13;
la reconcession de cette île, avec obligation d’en obtenir la ratification de la Cour.&#13;
C’est le moyen de rebâtir ce qui manque.&#13;
Je suis fâché que vous songiez à vous défaire de l’île Jésus. Il me semble,&#13;
Monseigneur, que c’est la terre dont vous devriez ne vous pas défaire. Il est bon&#13;
d’avoir du bien au haut et au bas. Vous en aurez du regret un jour à venir, ou&#13;
&#13;
�plutôt, ceux qui viendront après nous dans le Séminaire. Il est plus important que&#13;
vous ne pensez de la conserver, quand vous n’en tireriez rien à présent. C’est un&#13;
fonds qui ne peut qu’augmenter et qu’une communauté comme la nôtre doit&#13;
conserver.&#13;
Je crois, Monseigneur, n’avoir pas rendu votre lettre à M. de Denonville. Il était du&#13;
voyage des princes et n’en est revenu que depuis peu. Mais la principale raison,&#13;
c’est qu’il est si vendu aux Jésuites, à cause de tous les biens qu’il a tirés de leur&#13;
Compagnie, qu’il serait capable de montrer votre lettre.&#13;
Il me semble que vous ne devriez pas laisser les pensions des enfants du Petit&#13;
Séminaire si modiques, ne prenant que 230 livres de Canada. Les choses sont&#13;
venues si chères, surtout pour l’entretien, que vous ne sauriez nourrir et entretenir&#13;
un enfant, l’un portant l’autre, qu’il ne vous en coûte plus de 300 livres de Canada.&#13;
J’en suis très assuré. Toutes les pensions ont été augmentées en France. On n’en&#13;
trouve point à Paris pour de petits enfants à moins de 300 livres, dont on était&#13;
quitte de notre temps pour 200 livres et je suis sûr qu’on se sauvait plutôt à&#13;
200 livres autrefois qu’à 300 livres à présent. Si ces pensions enrichissent le&#13;
Séminaire et l’aident à subsister, comme M. des Maizerets a voulu me le faire&#13;
croire, il se fait donc un grand miracle, car nous sommes persuadés à Paris que&#13;
c’est la dépense qui absorbe le Séminaire et qui le ruine.&#13;
Il serait fâcheux, Monseigneur, que vous retirassiez MM. Maudoux et Le Voyer de&#13;
l’Acadie, car Mgr de Québec n’y a pas pourvu autrement. Je croirais que ce serait&#13;
un lieu où le Séminaire pouvait faire du bien par un établissement qui ne lui&#13;
coûterait rien et serait utile à la religion et entretiendrait même et soutiendrait nos&#13;
missions sauvages de l’Acadie. Votre Grandeur aura la bonté de lire ce que j’en&#13;
écris à M. Petit. M. de Chevry est revenu de ses prétentions contre les&#13;
missionnaires et je crois que l’on y pouvait avoir de la consolation.&#13;
Si on y était résolu, j’espère qu’en conservant ceux qui y sont ou en n’ôtant au plus&#13;
que M. Maudoux, nous fournirions de Paris les missionnaires, puisque vous ne&#13;
voulez pas les fournir de Québec ; mais pour faciliter cet établissement, si Votre&#13;
Grandeur et nos Messieurs voulaient me permettre de m’y destiner et me donner&#13;
&#13;
�MM. Calon et de Requeleyne au lieu de M. Maudoux et Leveyer, je mènerais avec&#13;
moi les autres missionnaires dont nous aurions besoin et nous ferions un&#13;
établissement à la porte de la Nouvelle-Angleterre qui serait en état de faire&#13;
honneur à la religion. J’espérerais mener avec moi un docteur de [La] Sorbonne,&#13;
que nous établirions pour notre supérieur et qui nous conduirait et réunirait tous.&#13;
Il ne faudrait, Monseigneur, que m’envoyer M. Buisson pour mettre à ma place et&#13;
j’espère que dans peu, je l’instruirai de tout ce qu’il faut savoir pour nos affaires.&#13;
Je n’ai pas, à la vérité, encore proposé à nos MM. de Paris bien sérieusement la&#13;
chose. J’en ai parlé quelquefois à M. l’abbé de Brisacier, qui me dit en riant qu’il&#13;
n’a[ur]ait de son côté et M. l’abbé Tiberge du sien à prendre ainsi leur parti et&#13;
mettre ensuite la clef du Séminaire sous la porte, mais il me dit cela par raillerie. Il&#13;
s’en faut bien que je sois à 100 lieues loin aussi utile au Séminaire que le sont ces&#13;
deux Messieurs et je suis persuadé qu’en le représentant comme il faut à M. l’abbé&#13;
de Brisacier, si j’ai votre agrément et celui de nos MM. de Québec, il y donnera les&#13;
mains.&#13;
Je vous envoie cette année un bon ecclésiastique que M. l’abbé de Brisacier a voulu&#13;
que je fisse partir pour répondre à ce que M. Landry, curé de Saint-Jacques-de-la&#13;
Boucherie et supérieur des communautés de feu M. Sanciergues, nous a demandé&#13;
de donner un prêtre à ces MM. du Mont-Louis, qui en demandent. Ces Messieurs&#13;
font les frais de sa dépense. Il est encore faible dans ses études, mais il est de&#13;
bonnes mœurs et ne donnera pas du déplaisir comme M. Guay. Il nous vient de&#13;
bonnes mains, et j’espère que nos Messieurs en seront contents. Si l’on pouvait&#13;
donner à ces MM. du Mont-Louis un prêtre propre à s’appliquer aux Sauvages de&#13;
ces quartiers-là, peut-être y aurait-il du bien à faire, si l’on pouvait commodément&#13;
retenir auprès du Séminaire cet ecclésiastique-ci, que je vous envoie, nommé&#13;
M. Le Riche, et y envoyer un autre, ce serait, ce me semble, une bonne affaire ; mais&#13;
comme ces MM. du Mont-Louis m’ont donné de quoi lui fournir ses besoins, il&#13;
faudrait fournir au Séminaire à proportion à celui qu’on y enverrait à sa place, car&#13;
il faut garder à ces Messieurs une justice exacte.&#13;
Je ne vous ai pas envoyé l’an passé le petit Houssart, Monseigneur, parce qu’il était&#13;
malade et n’était pas bien disposé de partir. Je vous l’envoie à présent qu’il se porte&#13;
&#13;
�mieux et qu’il est bien résolu de partir. C’est un bon enfant, dont j’espère que vous&#13;
serez content.&#13;
Je n’ai pas eu le temps, Monseigneur, de faire des lettres pour vous à votre famille.&#13;
Je leur ai seulement mandé de vos nouvelles. M. l’abbé de Laval1 fait fort bien à&#13;
Tournai, où il est chanoine et official, et s’y fait estimer par sa sagesse et par sa&#13;
capacité dans les affaires. M. de Montigny2 est toujours retiré à Montigny et je&#13;
n’entends plus parler qu’il veuille se remarier. M. et Mme de Laval3 vivent assez&#13;
paisiblement ensemble et ont avec eux Mlle de Laval. Sa seconde sœur est morte&#13;
depuis cinq ou six mois. Ils ne nous paient pas les arrérages qu’ils nous doivent,&#13;
ni les anciens, qui vont à plus de 3 000 livres, ni les nouveaux, qui ne sont plus que&#13;
de 333 livres par an. C’est une pitié que d’avoir pour créanciers des noblesses&#13;
obérées. On n’en peut rien tirer qu’avec les sergents. Nous ne leur avons cependant&#13;
encore rien dit.&#13;
On a laissé, Monseigneur, votre fondation sans la régler. Je suis encore en état de&#13;
la régler comme vous le souhaitez et j’espère aller cet été faire un tour en ces&#13;
quartiers-là, si je puis obtenir un arrêt contre cette religieuse de l’Estrée et faire&#13;
lever les saisies qu’elle a mises de toutes parts sur cette abbaye.&#13;
Il faut finir, Monseigneur, cette longue lettre en vous suppliant de faire attention&#13;
à trois choses, qui demandent de nos Messieurs une très particulière considération.&#13;
La 1re [est] que Votre Grandeur voit quels moyens elle peut prendre de soutenir&#13;
les missions de Mississippi avec les 3 000 livres que le roi donne et dont nous&#13;
sommes incertains si nous obtiendrons la continuation, car il ne faut pas nous&#13;
attendre, à ce que je crois, à la pension du clergé, que Mgr de Québec saura toujours&#13;
promettre et ne donnera jamais. Il n’y a rien à demander au clergé, obéré comme&#13;
il est. La dernière Assemblée a retranché des pensions et n’en a accordé aucune&#13;
nouvelle. Le clergé est trop surchargé. Je ne vois guère d’apparence de procurer&#13;
du bien à ces missions par des unions de bénéfices. J’en ai tenté deux ou trois qui&#13;
ont manqué. Il ne faut pas s’attendre aux aumônes des fidèles. Nous ne recevions&#13;
Charles-François-Guy de Laval, neveu cadet de Mgr de Laval, chanoine de l’archevêque de Tournai&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval&#13;
3&#13;
Gabriel de Laval, fils aîné de Jean-Louis, et son épouse, Charlotte-Marie-Thérèse de Bésançon&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�rien en ces malheureux temps ni par les Indes orientales ni par les Indes&#13;
occidentales. Nos Messieurs ne peuvent faire plus qu’ils font et je puis vous&#13;
assurer qu’ils se portent avec la même affection pour ces nouvelles missions que&#13;
pour celles de l’Orient. Il s’agit donc de régler sa dépense sur son revenu, car je&#13;
crains que si vous et nos Messieurs n’y donnez ordre, ces missions n’absorbent&#13;
notre Séminaire de Québec ; car vous ne devez pas vous attendre que le Séminaire&#13;
de Paris prenne sur lui ces dépenses. Il n’a pas de revenu et la bourse des missions&#13;
devient aide à le faire substituer. Si vous n’avertissez ces MM. de Mississippi de&#13;
régler leurs dépenses, ils enverront des factures, ils tireront des lettres de change,&#13;
ils emprunteront de tout le monde et pousseront si loin les choses que je serai&#13;
obligé de refuser de payer pour eux. Cependant, cela ne sera pas agréable pour de&#13;
nouveaux établissements. J’ai été obligé de payer tout ce qui m’en est venu par&#13;
M. d’Iberville pour entretenir leur crédit et j’ai même prié M. d’Iberville d’écrire&#13;
au commandant des Français que si nos missionnaires avaient besoin de quelque&#13;
chose, ils le leur donnassent et que je le paierais. Je fis cela pour contenter&#13;
M. de Montigny, qui aurait voulu que j’eusse envoyé cet hiver pour plus de&#13;
1 000 écus d’effets.&#13;
La 2e chose sur laquelle je vous supplie de faire réflexion est sur l’état où sont vos&#13;
affaires en France et sur les moyens de me faire toucher les avances que j’ai faites&#13;
pour le Séminaire, car la partie n’est plus tenable sur le pied où les choses ont été&#13;
depuis trois ou quatre ans. Vous touchez en Canada les 2 000 livres des prêtres&#13;
usés et vous tirez des 5 400 livres de lettres de change une année et des 4 000 livres&#13;
une autre et voudriez qu’avec cela on accomplit les factures ! Cela ne se peut et je&#13;
vous prie d’être persuadé que si nos Messieurs ne me remettent des fonds pour&#13;
accomplir des factures et pour m’aider à me rembourser, attendu que tout ce que&#13;
j’ai à toucher pour l’année prochaine ne le peut, je refuserai toute lettre de change&#13;
et n’accomplirai aucune facture. Il me semble que j’ai poussé la recette du&#13;
Séminaire de l’année passée aussi loin qu’elle puisse aller. Je ne crois pas perdre&#13;
une occasion de procurer les intérêts du Séminaire. Je crains bien qu’au jugement&#13;
de Dieu, je ne sois plutôt repris de m’être trop donné de mouvement pour ces&#13;
intérêts temporels que de ne m’en être pas donné assez.&#13;
&#13;
�La 3e , Monseigneur, est que je vous supplie et nos Messieurs de faire examiner&#13;
mes comptes, pour le Séminaire et pour vous, et si vous les trouvez comme il faut,&#13;
de m’en envoyer une décharge pour toutes les années passées. Il me serait&#13;
actuellement difficile de répondre à des difficultés qu’on me ferait sur mes&#13;
comptes de 1693, 94 et 95, mais je le ferais aisément sur tous les autres et si&#13;
j’attendais plus longtemps, je le ferais difficilement.&#13;
Je viens d’apprendre aujourd’hui, 25 mai, jour de la Fête-Dieu, que le roi a donné&#13;
à M. de Champigny, intendant de Québec, l’intendance du Havre. Cela va lui faire&#13;
plaisir. Je ne sais encore qui on a nommé pour lui succéder. Je suis après à m’en&#13;
informer. Je vous manderai, après le départ de M. Le Riche, si je l’apprends. Je suis&#13;
obligé de cacheter cette lettre pour la lui donner. Je supplie Votre Grandeur de me&#13;
donner sa bénédiction, de me continuer le secours de ses prières, de se conserver&#13;
pour la consolation de nos Messieurs et pour la mienne, de me continuer ses&#13;
mêmes bontés et de me croire sans réserve, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
28 mai 1701&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250560">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="12012">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/f7d1b5ad8692f585defab467856bfff1.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=h%7EfFfXV4WDowdKoVw3f3rT60wClQoLpQUYKS0ZLVASS4Gzk8O3OpJWyw-2MWFYqCybEP%7EUsP-vV3HKJrurvWfV9qjIfJJHrmoZ-KNYcbmygOv8Te%7EEA6bzhnbgGjd4wLyrssqUBZoKvuCQ%7E5OHm3DUj%7EyY2jdSVQ7-07XL%7EzXc7PAJLvE4N093fsPV9gcHai7eCb4ze4uJy6gJsTuOm874%7EIiwxe1ui7irzDHK7OmVPZtieXf4Rp5%7EFtyTtb3NeA2WDDvWCdNDUjc7oTz5PThPrk0kt4ApsEmxa7Arj-uotvO43xa8nATGu9Ti%7EsQFrDbEjpvf9iKn8dqFU7f%7EiaYg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>01cfc6e9b682a1f8197720ce4230176e</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250558">
                    <text>1701, 10 mai – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 114)&#13;
1&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1&#13;
MonSeigneur&#13;
10. May 1701. 1&#13;
2 Lettre N.&#13;
M.’ Tremblay&#13;
3 No 114.&#13;
à&#13;
gr&#13;
4&#13;
M de La val&#13;
5 Je vous ay deja envoié une fort longue&#13;
6 lettre D’avis Jl y a plus deSix Semaines que&#13;
7 Je crois apresent partie Jly a plus de quinze&#13;
8 jours. Je ne repeteray pas beaucoup dechoses&#13;
9 que Je vous y ay escrites, Je tascheray Seulem’&#13;
10 a redire les principales afin que cette lettre&#13;
11 Serve d’une Seconde voie et que si la 1.ere estoit&#13;
12 perdue, la 2.de y Suplee.&#13;
13 Comme cependant Je traite fort aulong&#13;
14 de ce qui Sest passé entre les Jesuites et Nous&#13;
15 en france depuis l’an passé dans la lettre que&#13;
16 Jescris a M Glandelet, V. G. trouvera bon&#13;
17 que Je l’y renvoie; Jl vous en fera part&#13;
18 avec plaisir. Je lui envoie aussi trois&#13;
19 exemplaires de chacun des escrits que nous&#13;
20 avons fait Jmprimer, un des Jacobins et un&#13;
21 des Jesuites.&#13;
22 Je vous ay mandé, Monseigneur, tout ce que&#13;
23 J’ay receu de vous cet hiver, Scavoir unpetit&#13;
24 billet qui vint par Langleterre du 30. Jan.er&#13;
25 dernier, 1700. une lettre de 3. grandes pages du 9&#13;
26 aoust Suiv.t une au’ Semblable du 18. Octobre, et&#13;
27 enfin v’re grande lettre de 12 pages qui est&#13;
28 Sans date.&#13;
29 Vous Scaurez deja quand vous recevrez cellecy&#13;
30 que nos Mess.rs ont engagé Mgr de Quebec&#13;
31 avec bien dela Sagesse daller plutost loger chez&#13;
32 M Le curé de St Sulpice, que de demeurer chez&#13;
33 nous en lui representant quayant des aff.res&#13;
34 a regler avec les Jesuites, Jls ne manqueroient&#13;
35 pas de dire que nous reunissons leurs ennemis&#13;
36 dans n’re maison et qu’apres avoir esté&#13;
37 Separez davec M’gr cy devant, Nous nous le&#13;
38 Sommes reunis pr les combattre M’gr a paru&#13;
39 Se rendre aux remontrances qu’on lui en a faites.&#13;
40 Nous avons bien vus dans le commencem’ que cela&#13;
&#13;
�41 lui faisoit beaucoup de peine, mais Jl a bien connu&#13;
42 depuis que c’estoit un bon conseil p.r lui et p.r nous&#13;
43 que nous lui donnions. Jl n’a pas voulu me&#13;
44 dire ce qui l’avoir fait revenir la dessus, mais&#13;
45 nous avons Seus depuis de lui mesme que Le P.&#13;
46 Provincial des Jesuites lui avoit dit en presence de&#13;
3&#13;
&#13;
47 M. Larch. D’auche, que Ses Peres de canada lui&#13;
48 mandoient qu’il n’estoit revenu cette année en&#13;
49 canada france, que par le conseil de Mgr Lancien,&#13;
50 et des Sup.rs du Sem.re de Quebec, qui lui avoient&#13;
51 conseillé ce voiage afin quil vinst y crier contre&#13;
52 eux, qu’il allait mesme a Rome y porter Ses&#13;
53 plaintes afin que de toutes parts Jl revinst&#13;
54 a Rome des plaintes contre les Jesuites et qu’on&#13;
55 les rendist par la odieux, Le P. Provincial dit&#13;
56 Sur cela que vous, Monseigrneur estiez un&#13;
57 ingrat qui ne reconnoisiez pas quils vous&#13;
58 avoient fait Evesque, et vous avoient fait mil&#13;
59 plaisirs quils avoient formé Soutenu, et&#13;
60 agrandi le Sem.re que cepend.t cestoit ce Sem.re&#13;
61 qui leur faisoit la plus rude guerre; Je vous&#13;
62 avoüe Monseigneur, que Jaurois eu peine&#13;
63 a croire tout ce que men dit M’gr de Quebec,&#13;
64 il n’y a que trois jours (c’estoit le 16. May)&#13;
65 Si Je ne connoissois quils parlent de mesme de&#13;
66 Nous a Paris par tout. Cepend.’ Je croiois quils&#13;
67 ne vous y renfermeroient pas, mais vous y&#13;
68 estes Monseigneur plus engagé que les autres,&#13;
69 et Sur ce que M’gr de Q. dit au P. Provincial&#13;
70 quil estoit estonné que des Jesuites eussent mandé&#13;
71 cela de vous et de v’re Sem.re, et que ce ne pouvoit&#13;
72 estre que des estourdis et des brouillons, mais que&#13;
73 Le P. Bouvart et Le P. Germain navoient garde&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
74 destre Si injustes a lesgard de v’re Sem.re et de&#13;
75 vous, Le P. Provincial repondit tout net a Mgr&#13;
76 de Q. que Le P Bouvart et Le P. Germain le&#13;
77 mandoient aussibien que les autres. Jugez apres si cela&#13;
78 cela, est ainsi M’gr, ce que vous devez attendre de&#13;
79 pareils esprits Leur part Pendant que vos lettres celles&#13;
80 de M Des maizerais et de M Glandelet Sont&#13;
81 remplies Sont pleines dhonnestetez p.r les Jesuites,&#13;
82 que vous et eux m’escrivez que vous vivez bien&#13;
&#13;
�83 avec eux, que les divisions de la chine naltererons&#13;
84 pas la charité du Canada, que ces Peres doivent&#13;
85 escrire a leurs Peres en france p.r les desabuser&#13;
86 des Sentimens desavantageux quils ont eu de M&#13;
87 Glandelet, quils doivent marquer la cordialit[e]&#13;
88 avec laquelle on vit avec eux, Eux escriven[t]&#13;
89 tout ce que Je viens de vous dire a leur&#13;
90 Provincial qui a dit nettem’ a Mgr de Q.&#13;
91 que nous vous avions prié Monseigneur&#13;
92 dengager Mgr de Q. de revenir en france,&#13;
93 de S’y venir plaindre des Jesuites d’en aller&#13;
94 porter Ses plaintes a Rome, p.r les descrier&#13;
95 de toutes parts. Je vous avoue que Je n’en&#13;
96 Scaurois revenir, et que Je ne puis m’empescher&#13;
97 de les accuser d’Jngratitude en v’re endroit apres&#13;
98 tous ce que vous avez fait p.r eux.&#13;
5&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
99 Jls pretendent que vous devez estre leur valet&#13;
100 par ce quils ont contribué a vous faire Evesque,&#13;
101 et que vous devez en tout dependre de leur&#13;
102 volonté. Jls croient que ce Sont eux qui&#13;
103 font les Evesques. Jls y contribuent en effet&#13;
104 encore quelq’ fois trop, mais Le Roi est trop&#13;
105 esclairé a present et trop pieux p.r les laisser&#13;
106 faire a present autant quils faisoient autrefois.&#13;
107 et Nous le voyons actuellem’ par le Nombre&#13;
108 de tres S.ts Prelats que le Roi nous a donné&#13;
109 depuis peu et qui ne Sont pas assurem’ du&#13;
110 choix des Jesuites. C’est une pitié de voir leur&#13;
111 arrogance la dessus. M. de Rheims contoit a&#13;
112 M Tiberge ces jours passez qu’un de Ses Jesuites&#13;
113 de Rheims parlant de lui mesme disoit&#13;
114 celui la ne durera pas toujours, quand Jl Sera&#13;
115 mort nous y en mettrons un autre. Je ne&#13;
116 Suis plus Surpris que de toute lingratitude qu’ils&#13;
117 nous reprochent, eux qui Scavent dans leur&#13;
118 conscience que la compagnie S’est opposée de toute&#13;
119 Ses forces a l’establissem’ de n’re Sem.re et en france&#13;
120 et dans les Jndes, qu’a la verité deux de Ses&#13;
121 Enfans y ont contribué Scavoir Le P. Bagot et&#13;
122 le P. de Rhodes, mais que de traverses Le P. Bagot&#13;
123 na til pas eu a essuyer en france p.r cela, et&#13;
124 ne Scait on pas que p.r punir Le P de Rhodes&#13;
&#13;
�6.&#13;
&#13;
125 d’avoir contribué a lenvoy des Evesques, on ne&#13;
126 lui a pas voulu permettre de retourner a Sa&#13;
127 chere Mission du Tonquin, dont Jl Scavoit la&#13;
128 langue, et ou il pouvoit faire des grands&#13;
129 biens, et on la relegué a hispahan en Perse,&#13;
130 ou il devint inutile n’en Scachant pas la&#13;
131 langue et ne pouvant plus l’aprendre et y&#13;
132 mourut en peu danneez.&#13;
133 Je vous assure, Monseigneur que Je me Sentirois&#13;
134 porté a vous inspirer dexaminer un peu Si vous&#13;
135 ne vous croiriez pas en etat de revoquer&#13;
136 lapprobation que vous avez donné au livre du&#13;
137 P. Le Tellier de la Defense des nouveaux Chrestiens&#13;
138 et Miss.res de la chine, Plus Je lis cette approbation,&#13;
139 plus Je suis Surpris de ce que vous y dites des&#13;
140 Jesuites du Canada. car ce que nous mande&#13;
141 M Bergier de ce quils font parmy les Sauvages&#13;
142 est Si different de ce que vous y dites, que Je ne&#13;
143 Scay Si vous ne devriez pas Jnformer le public&#13;
144 que vous avez esté prevenu d’une trop grande&#13;
145 estime p.r les Jesuites en donnant cette approbation,&#13;
146 que vous ne les aviez connus que par ceux&#13;
147 que vous aviez veu dans la colonie, n’ayant&#13;
148 pu aller voir ceux qui travaillent aupres des&#13;
149 Sauvages a cause de vos Jnfirmitez; Que vous n’aviez&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
150 mesme pu y envoier aucun prestre Seculier&#13;
151 p.r ne pas faire de peine aux Jesuites, mais&#13;
152 quayant esté depuis plus particulierem’&#13;
153 Jnformé et par les Prestres Seculiers et&#13;
154 par les laiques mesmes qui reviennent&#13;
155 de ces missions vous croiez devoir exposer&#13;
156 les Sujets de peine que vous avez eu autrefois&#13;
157 et que vous avez encore a essuyer d’eux&#13;
158 Je ne voudrois pas que V. G. escoutast cet&#13;
159 avis qu’apres y avoir bien pensé devant Nre&#13;
160 S’gr et consulté les gens de bien quelle a&#13;
161 aupres d’elle&#13;
162 Je ne vous repete pas, Monseigneur tout&#13;
163 ce que J’ay mandé a M Glandelet Sur nos&#13;
164 aff.res avec les Jesuites a Rome et en france&#13;
165 Je vous diray Seulem’ que nous nous&#13;
166 faisons en france, et attendons en patiance&#13;
167 la decision du Pape que les Jesuites font&#13;
&#13;
�168 leur possible p.r reculer jusqu’à LEternité.&#13;
169 Ce Sont de puissans adversaires. Jls remuent&#13;
170 ciel et terre p.r emprecher que le Pape ne&#13;
171 decide, mais Sa Sainteté a declaré quelle&#13;
172 vouloit decider et leur a refusée les delais&#13;
173 quils demandoient Cependant comme Jl&#13;
174 fait bon battre un glorieux Les Jesuites au&#13;
175 Sortir de ces refus publient partout que&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
176 le Pape les a parfaitem’ bien recus.&#13;
177 voicy ce qui nous est venu par les d.eres&#13;
178 lettres venües de Rome M. charmot alla&#13;
179 a l’audiance du Pape le 28. avril. Le S.t Pontife le&#13;
180 reçut avec une grande bonté, et lui dit&#13;
181 quil avoit dit aux Jesuites, et quille lui&#13;
182 disoit quil ne falloit plus escrire, faire&#13;
183 des libelles ny des livres, quil falloit demand[er]&#13;
184 les lumieres du S.t esprit p.r lui afin de bien&#13;
185 Juger, quil faisoit des prieres en son particu&#13;
186 lier et en faisoit faire p.r cela, quil avoit ordonn[é]&#13;
187 aux qualificateurs de Sassembler extraord.mt co’e&#13;
188 dans laff.re de Cambray, quil les avoit exhorté de&#13;
189 donner leurs vœux Selon la conscience, afin que&#13;
190 lui estant raportéz Jl pust en suite porter Son&#13;
191 decret, quil leur avoit representé quil falloit&#13;
192 faire un Decret absolu, permanent, et qui ne fust,&#13;
193 plus conditionel co’e avoient esté les precedens, et&#13;
194 Sur ce que quelques Cardinaux gagnez par les&#13;
195 Jesuites lui remontrerent quil estoit difficile&#13;
196 de donner leurs vœux Sur des faits contestez.&#13;
197 et quils croioient necess.re auparavant d’assembler&#13;
198 les parties p.r convenir de ces faits, Le Pape dit&#13;
199 quil leur declara que Si on vouloit en venir&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
200 a cette verification de faits, ce Seroit le moyen&#13;
201 de ne Jamais finir laff.re quand mesme on&#13;
202 envoieroit des commiss.res Sur les lieux, que ces&#13;
203 faits avoient esté Suffisamment esclaircis, que&#13;
204 ceux qui les croiroient assez esclaircis donneroient&#13;
205 leurs vœux Suivant la cretitude quils en auroient&#13;
206 et que ceux qui en douteroient le donneroient&#13;
207 Selon leur doute. Nous ne pouvons, Monseigneur&#13;
208 desirer rien de plus d’un si S.t Pontife. En&#13;
209 consequence nous apprenons chaque Semaine&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
�210 que les Card.x S’assemblent. Nous Serions heureux&#13;
211 Si avant le depart des vaisseaux p.r canada&#13;
212 Nous pouvions en apprendre la decision. car&#13;
213 peut estre que ces assembleez de Card.x dureront&#13;
214 encore plus de deux mois.&#13;
215 Nous avons encore appris par nos d.eres lettres&#13;
216 certaines choses qui nous font connoistre&#13;
217 lesprit de ce S.t Pontife et nous en fait tout&#13;
218 a fait bien esperer. On lui mena plus.rs miss.res&#13;
219 de lordre S.t Dominique de la reforme de S.te Sabine,&#13;
220 qui partoient p.r les missions de Perse, afin de&#13;
221 prendre Sa benediction. Le Pape leur fit un&#13;
222 Sermon Sur lexcellence de leur estat apostolique&#13;
223 leur recommanda De Se proposer p.r modeles les&#13;
10.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
224 apotres et les ho’es apostoliques des 1.ers Siecles,&#13;
225 et de ne pas imiter ceux qui Se Servoient de&#13;
226 moyens humains p.r establir LEvangile,&#13;
227 de nestre ni chirurgiens ni medecins, ny&#13;
228 Marchands, ni mathematiciens, ni mandarins,&#13;
229 de ne Sappliquer qu’a la predication de LEvangile,&#13;
230 et de vivre p.r cela Selon lEvangile. Nous ne&#13;
231 Scaurions trop louer Sa Sagesse en cela, et&#13;
232 nous esperons qu’il Scaura remedier a bien&#13;
233 des choses Si Dieu nous le conserve.&#13;
234 apres vous avoir rendu compte de ces aff.res&#13;
235 des Jndes, Je doit vous parler de celle des&#13;
236 Tamarois Je ne repete par ce que Je vous en&#13;
237 ay escrit dans ma 1.ere lettre, Je vous diray&#13;
238 Seulem’ que Nous en avons parlé fortem’&#13;
239 a M. de Pont chartrain; Mgr de Quebec lui&#13;
240 a presenté un memoire Sur ce Sujet parce que&#13;
241 M. Dauche n’a pas voulu prononçer peut estre&#13;
242 p.r ne pas faire de peine a Mgr Sil eust prononcé&#13;
243 contre lui, ou aux Jesuites Sil eust decidé contre&#13;
244 eux Mgr de Quebec a esté ferme Sur cette&#13;
245 aff.re, pretandant que Son authorité y estoit&#13;
246 commise; Les Jesuites y ont esté encore plus&#13;
247 entestez, Si bien que Mgr de Q. a demandé au&#13;
248 Roi qu’il en prist connoissance ou nommast&#13;
249 quelques Prelats qui en connussent avec&#13;
250 M. Dauche Sa Maj. A nommé p.r cela&#13;
251 M de Meaux et M de chartres. Jls Sont&#13;
&#13;
�252 amis des Jesuites Sur tout le dernier. Mais&#13;
253 Jls Sont encore plus amis de la verité; ce quil&#13;
254 y a de facheux, c’est que cela ne poura Se decider&#13;
255 qu’apres le depart des vaiss.x p.r Quebec et p.r&#13;
256 Misissipi.&#13;
257 Car on y renvoye M DJberville dans le dessein&#13;
258 quil y fasse un establissem.’ permanent, et on a&#13;
259 mesme envoié un memoire au conseil dEspagne&#13;
260 p.r y faire connoistre Lutilité que les francois&#13;
261 S’y establissent p.r Servir comme de barriere&#13;
262 entre les anglois et les Espagnols afin dempescher&#13;
263 les 1.ers de courir Sur les derniers.&#13;
264 C’est dans cette veüe que la cour ne pretend&#13;
265 pas y faire une grosse colonie, mais Seulem’&#13;
266 y establir un fort qui puisse resister et laisser&#13;
267 la colonie S’y former peu a peu. On pretend&#13;
268 Sur tout mettre des Miss.res dans toutes les&#13;
269 Nations Sauvages qui Sont entre les anglois&#13;
270 et le cours du fleuve misissipi depuis&#13;
271 les Jlinois en descendant, afin dengager ces&#13;
12.&#13;
&#13;
272 Sauvages dans le parti des francois, apres&#13;
273 qu’on les aura convertis. Jl est bon, Monseig[neur]&#13;
274 que vous recommandiez a M Bergier d’entrer&#13;
275 dans ces veües autant quil poura Plus ces&#13;
276 peuples Sont prez des heretiques plus Jl faut&#13;
277 Sattacher ales prevenir contre leurs erreurs&#13;
278 apres leur avoir appris la religion, car ce Son[t]&#13;
279 des cires molles qui prendront telle Jmpression&#13;
280 qu’on voudra.&#13;
281 vous aurez appris par mes precedentes la&#13;
282 mort du Pere de M Bergier. Son fils est Son&#13;
283 leg.re et Son heritier universel, mais Jl a fait&#13;
284 bien des legs particuliers, Jl faudra que M&#13;
285 Bergier envoye une procuration telle quil&#13;
286 Jugera a propos p.r agir en Ses aff.res on croit&#13;
287 quil poura toujours avoir cinq ou Six cent&#13;
288 livres de rente.&#13;
289 J’ay tasché, Monseigneur a faire porter a&#13;
290 M. de Montigni Sur Son compte tout ce que&#13;
291 Jay pu de depense p.r le misissipi. Je lui ay fait&#13;
292 porter 60.# p.r habiller charles Son valet 60.#&#13;
293 que Je lui ay donné p.r Sen aller 60.# quil a&#13;
294 depensé a la Rochelle, pend.’ Son Sejour plus de&#13;
&#13;
�295 50.# p.r Sa pension au Sem.re et prez de 300.# que&#13;
13.&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
296 J’ay paié a M DJberville que M de Montigni&#13;
297 avoit emprumté de lui pend.’ Son voiage cepend.’&#13;
298 quoiq’ Je lui aye fait porter toutes ces So’es&#13;
299 en les faisant mettre Sur Son compte, Vous&#13;
300 trouverez Sur celui du Sem.re bien des So’es que&#13;
301 J’ay emploié p.r Misissipi, qui vont a prez de&#13;
302 deux mil Sept cent livres. cepend.’ Jl y a peu&#13;
303 de choses envoiéez a nos M.rs du memoire de&#13;
304 M. Bouteville et de M. Bergier qui monteroit&#13;
305 a plus de 3000.# Sil estoit entierem’ accompli.&#13;
306 Si J’ay des lettres de change a paier que nos&#13;
307 Mess.rs tirent Sur moy de ce pays la Je ne&#13;
308 pouray y fournir.&#13;
309 J’ay cru que le Roi ayant accordé cette année&#13;
310 la continuation des 3000.# p.r cette Mission&#13;
311 Sans Scavoir Sil laccordera la Suivante, M&#13;
312 de Pont chartrain faisant entendre qu’on ne S’y&#13;
313 doit pas attendre, Je devois en emploier&#13;
314 la moitié p.r accomplir en partie les factures&#13;
315 de M.re Bergier et Bouteville, et reserver le&#13;
316 Surplus p.r mayder a rembourser une partie&#13;
317 des avances ou Je Suis.&#13;
318 Je vous ay assez parlé, Monseigneur, dans&#13;
319 ma 1.ere lettre de l’extreme ambaras ou je&#13;
320 me trouve a cause de ces avances ou je Suis&#13;
321 p.r le Sem.re, et Je vous avoüe de bonne foy&#13;
322 que J’ay bien de la peine a digerer que vous&#13;
323 ayant mandé tout cela l’an passéz vous&#13;
324 aiez encore tiré Sur moy des lettres de&#13;
325 change, car Si vous voiyez de prez la peine&#13;
326 ou Je Suis actuellem.’ p.r les payer Je Suis&#13;
327 Seur que vous en auriez compassion. Dans&#13;
328 la disette dargent ou l’on Se trouve actuellem.’&#13;
329 a cause de la guerre, ou on n’en trouve pas&#13;
330 a onze p.r cent de profit, Je ne Scay comm.’&#13;
331 Je les paieray, et cepend.’ Je dois a tout le&#13;
332 Monde p.r vos factures, et a present tout&#13;
333 le monde me presse de donner de largent.&#13;
334 Je vous avoüe que Je me jette Souvent&#13;
335 en mon particulier dans des chagrins quand&#13;
336 J’y pense que Si Je ne les dissipois, Je quitterois&#13;
&#13;
�337 tout la, et m’en irois, car Je n’ay mesme&#13;
338 Sur cela nulle consolation de nos Mess.rs&#13;
339 a qui quand Je me plains de ce que vous&#13;
340 Monseigneur et nos Mess.rs de Canada. ne mespargnez&#13;
15&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
341 nullem’, Jls Se contentent de me dire que&#13;
342 c’est ma faute, que Je me rends malheureux&#13;
343 par trop de complaisance p.r nos Mess.rs&#13;
344 que veu l’estat des aff.res de canada Je ne&#13;
345 devois accepter nulle lettre de change et&#13;
346 naccomplir aucune facture. Je voudrois&#13;
347 que vous vissiez l’estat ou je me trouve de&#13;
348 devoir a toute la terre, avoir a paier p.r&#13;
349 plus de 4000.# de lettres de change tant p.r&#13;
350 Mgr de Quebec que p.r vous, et ne voir&#13;
351 aucun argent a toucher, ne Scavoir de&#13;
352 qui en emprunter. Je vous avoüe que la&#13;
353 pensée me vient de me cacher quand ces&#13;
354 lettres de change arriveront, car Je ne Scay&#13;
355 ou en prendre. Quelques lettres que M.&#13;
356 Lab. de Brisacier ait escrit a M Levesque&#13;
357 Daire nous ne Scaurions en tirer&#13;
358 dargent p.r lannée passée. votre pension&#13;
359 au Tresor roial ne Scauroit Se tirer p.r&#13;
360 lannée 1700. La Guerre a consommé tout&#13;
361 largent. Je voudrois que vous vissiez cela&#13;
362 de prez. Je ne Scay Si nous pouvons tirer&#13;
363 n’re ord.ce de misissipi quand on nous&#13;
364 laura expediée et Je Seray bien heureux&#13;
365 Si Je la touche au mois de Septembre ou&#13;
366 d’octobre. Je vous avoüe Simplem’ Monseig[neur]&#13;
367 que Si un pareil ambaras marrive jamais&#13;
368 Je quitteray la partie.&#13;
369 Jay escrit fort au long a M Glandelet&#13;
370 p.r le prier de representer a vous, Monsei[gneur]&#13;
371 et a nos M.rs que Je croiois devoir attendre&#13;
372 tous les ans un arresté de mes comptes p.r&#13;
373 la depense du Sem.re afin de ne rien laisser&#13;
374 en arriere. Je ne Scais p.r quoy J’ay laissé passe&#13;
375 les 1.eres anneez. J’ay apprehendé que vous et nos&#13;
376 Mess.rs ne crussiez que Je me regardasse co’e&#13;
377 un membre Separé du Sem.re de Quebec. J’ay&#13;
378 pensé en Suite que vous ne regardiez pas&#13;
&#13;
�379 peut estre ces comptes co’e arrestez entierem.’,&#13;
380 et c’est p.r cela que Je crois vous devoir&#13;
381 demander en grace de les faire examiner,&#13;
382 afin que Sil S’y trouve quelq’ difficulté,&#13;
383 J’y puisse encore repondre. On Se Souviens&#13;
384 de deux ou trois ans mais les especes&#13;
385 S’effacent apres cela de n’re esprit, et nous&#13;
386 ne pouvons rendre raison de rien cepend.’&#13;
387 cela est absolum.’ necess.re p.r mettre en&#13;
17.&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
+&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
388 repos les esprits et p.r liquider les aff.res&#13;
389 passéez. C’est ce qu’on fait a tous ceux&#13;
390 qui ont receus et depenséz cest ce que&#13;
391 V. G. ne manquoit pas daccorder a&#13;
392 M. Du Douist tous les ans. Je vous Suplie&#13;
393 donc Monseigneur de faire arrester&#13;
394 ma recette et depense Jusqu’à cette&#13;
395 année. Sil y a quelq’ article en Soufrance,&#13;
396 aiez la bonté de m’en escrire et J’espere&#13;
397 vous Satisfaire&#13;
398 Quoi que Jaye fait au dela de mes forces&#13;
399 en acceptant votre lettre de change de M.&#13;
400 foucaut, de 1300. celle de la mesme&#13;
401 So’e a un au’ et ûne autre de 1200.# p.#&#13;
402 M’gr de Quebec, J’en ay refusé une que vous&#13;
403 aviez donnée a M de Benac, mais Je n’ay pu&#13;
404 faire autrement, et Je ne Scay comment Je&#13;
405 pouray m’en tirer.&#13;
406 Nous devons nous attendre que M DJberbille&#13;
407 favorisera toujours plus les Jesuites que Nous,&#13;
408 et Dieu veuille que ces bons Peres ne lui ostent&#13;
409 pas le peu de bonne volonté quil a p.r nous.&#13;
410 Je conte toujours tres certainem’ qu’il ne&#13;
411 balancera pas a pancher p.r les Jesuites.&#13;
412 Jl fera Son possible p.r rompre tout commerce&#13;
413 du misissipi avec le canada, afin destablir&#13;
414 cette colonie nouvelle, et la rendre indepen=&#13;
415 dante de lautre&#13;
416 Si l’on avoit fait un établissem’ plus&#13;
417 considerable, Jl auroit fallu que nous&#13;
418 eussions eus Soin du Spirituel des&#13;
419 francois. Les Jesuites S’en Sont emparez&#13;
420 et Je ne crois pas que M de Pont chartrain&#13;
&#13;
�421 le leur oste, n’y y laisse dautres S’y establir&#13;
422 Sans leur consentem.t Si nous avions&#13;
423 vüs jour a cela nous aurions pensé a y&#13;
424 envoier une personne capable, et nous&#13;
425 avions jettez les yeux Sur un.&#13;
426 Jl Seroit fort utile, Monseigneur que&#13;
427 vous eussiez un Prestre du Sem.re dans ce&#13;
428 nouvel establissem.’ du detroit, et il faudroit&#13;
429 mieux Sincommoder au Sem.re, que de&#13;
430 manquer a y en mettre un La cour n’a&#13;
431 rien donné p.r cela on laisse aux Jnteressez&#13;
432 a cet établissement d’en faire la depense.&#13;
19&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
433 Mgr de Quebec ne compte pas denvoyer&#13;
434 des Prestres p.r remplir les places vacantes de&#13;
435 M.rs de Leuze et cœur de Roi quil croit devoir&#13;
436 rester en canada, et Je crois quil nest pas&#13;
437 a propos que par de nouveaux envois vous&#13;
438 Surchargiez ce pays la; vous nestes pas en&#13;
439 estat de le Soutenir; ce Sera beaucoup Si vous&#13;
440 Soutenez bien les ouvriers qui y Sont. Jl&#13;
441 Semble qu’on nauroit pas du y envoier le&#13;
442 Jeune S.r Cosme n’estant pas prestre p.r, quil&#13;
443 fust obligé de revenir. pr Se f.re ordonner.&#13;
444 on perd le temps et on depense beaucoup&#13;
445 en ces voyages. Je crains bien que nos&#13;
446 M.rs en allant et venant, Surtout M deS.t&#13;
447 cosme le Prestre nayent pas fait beaucoup&#13;
448 de progrez dans les langues. Jl faudroit&#13;
449 moins courir et Sattacher Solidement a&#13;
450 quelque chose.&#13;
451 Ne contez nullem.’, Monseigneur Sur les&#13;
452 paroles que vous peut avoir donné Mgr&#13;
453 de Quebec de faire du bien au Sem.re ce&#13;
454 Prelat a tant dautres veues quil ne Sera&#13;
455 jamais en estat de rien faire p.r nous. Ne&#13;
456 laije pas veu dans ce que Jelui ay voulu&#13;
457 proposer Sur ce que vous me mandez&#13;
458 de Ses veües p.r La pension Sur le clergé.&#13;
459 voila ce qui me donna occasion de m’en&#13;
460 expliquer avec lui.&#13;
461 Jl voulut a la fin d’avril mobliger a lui&#13;
462 paier les 2000.# Sur ces abbayer co’e J’y&#13;
&#13;
�463 Suis obligé par le partage. Je lui rep’ntay&#13;
464 1.e que celle de Lestrée estant Saisie, et n’en&#13;
465 pouvant rien toucher p.r une aff.re qui&#13;
466 vient de lui (cest ce traité quil a fait avec cette&#13;
467 Relig.se) Jl ne devroit pas Se faire payer&#13;
468 pens.t que Je ne le Suis pas.&#13;
469 2.e quil Scavoit que Javois un compte&#13;
470 a regler avec lui que Je lui avois envoie&#13;
471 deux fois en canada, Sans quil l’eust&#13;
472 reglé et que Je pretendois par ce&#13;
473 compte ne lui devoir pas grand chose.&#13;
474 3.e que quand Je lui devrois Jesperois quil&#13;
475 auroit esgard a lextremité ou il Scavoit&#13;
476 que vos factures et vos lettres de chang[e]&#13;
477 mavoient reduit, et que vous maviez&#13;
478 mesme fait esperer que S. Gr. maideroit&#13;
479 de tout ou de la meilleure partie de La&#13;
480 rente Sur le clergé, et que Je m’y attendois&#13;
21.&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
481 M’gr n’eut garde de rien repondre ala&#13;
482 1.ere a la 2.de Jl dit quil falloit donc conter&#13;
483 Sur le champs J’eus bien de la peine a lui&#13;
484 faire comprendre quil me faudroit plus&#13;
485 d’un mois p.r dresser ce compte et que&#13;
486 Sil vouloit que Je m’y appliquasse Jl&#13;
487 me faudroit renonçer absolum.’ a escrire&#13;
488 aucunes lettres en canada. Et quand&#13;
489 a la 3.e Jl me dit qu’a la verité Jl&#13;
490 avoit promis de destiner les 2000.# du&#13;
491 clergé p.r nos Missions de Misissipi,&#13;
492 mais que c’estoit a differentes conditions&#13;
493 1.e que nous ne retirerions pas les Miss.res&#13;
494 qui y estoient destinez, co’e nous avions&#13;
495 fait M de Montigni en lenvoyant&#13;
496 a la chine. Le Prelat Scait cepand.’&#13;
497 bien de M de montigni que nous avons&#13;
498 fait ce que nous avons pu p.r l’en detourner&#13;
499 et le renvoyer a misissipi.) 2.e que nous&#13;
500 y envoierions un grand nombre de miss.res&#13;
501 p.r les missions des Panis missouris &amp;.&#13;
502 3.e que nous ferions un Sem.re dans le pays&#13;
503 d’embas. en un mot Jaymerois mieux&#13;
504 quil gardast Les 2000.# que d’y apposer les&#13;
&#13;
�505 conditions quil y veut mettre&#13;
506 Quant a Ses dispositions ou il est p.r Son&#13;
507 retour, Jl ma dit deux ou trois fois, Je ne Scay&#13;
508 Si cestoit p.r me Sonder quil ne penseroit pas&#13;
509 a Sen retourner Sans avoir auparavant&#13;
510 consulté les Serviteurs de Dieu p.r Scavoir&#13;
511 leur Sentiment. Jl m’a dit une autre fois&#13;
512 quil ne Scavoit Sil Sen retourneroit de quatre&#13;
513 ou cinq ans et quil vouloit finir les unions&#13;
514 de Ses benefices. Dans dautres occasions Jl m’a&#13;
515 parlé, co’e Sil devoit S’en retourner lannée&#13;
516 prochaine, et c’est ce que Je croy quil fera.&#13;
517 Jl me dit pour tant ces jours passez quil&#13;
518 ne pouvoit encore Sen retourner l’année&#13;
519 prochaine, et que Ses aff.res nestoient pas&#13;
520 faites. mais Je croy que dez quil aura&#13;
521 paié Ses lettres de change et quil Se verra&#13;
522 quelq’ argent devant lui, Jl retournera&#13;
523 au canada.&#13;
524 on m’a dit que Sa famille auroit voulu&#13;
525 le retenir en france, et que Si on lui presentoit&#13;
526 mesme une bonne abbaye Jl laccepteroit.&#13;
23.&#13;
&#13;
527 Je ne le crois cepend.’ pas, et toute la&#13;
528 depense quil a fait en canada pr Se&#13;
529 loger l’y remenera.&#13;
530 Je vous ay mandé que M de Montigni&#13;
531 interrogé par M dela Palliere Si dans&#13;
532 la Situation ou les choses Sont en canada&#13;
533 Selon la connoissance qu’en a M de&#13;
534 montigni Jl estoit plus de la gloire de Dieu&#13;
535 que Mgr de Q. Se demist de LEvesché ou y&#13;
536 retournast M de Montigni repondit quil&#13;
537 croioit plus avantageux a LEglise et a M’gr&#13;
538 quil Se demist. C’est M de la Palliere qui&#13;
539 me l’a dit, et qui l’a dit a Mgr de Q.&#13;
540 qui n’a pas esté content de M de Montigni&#13;
541 acause de Son avis.&#13;
542 Nous avons examiné Monseigneur les&#13;
543 extraits que vous nous avez envoié touchant&#13;
544 le tiers des 4000.# au curé de Quebec M Lab.&#13;
545 de Brisacier a toujours remis a en parler&#13;
546 a Mgr de Quebec, et ne la pas fait, mais&#13;
547 Jl na pas voulu Souffrir qu’on en dist rien&#13;
&#13;
�548 au Ministre par ce que c’eust esté&#13;
549 renouveler la dispute, et nous n’y aurions&#13;
550 rien gagné.&#13;
24.&#13;
&#13;
nota&#13;
+&#13;
&#13;
25. 1701&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
+&#13;
&#13;
551 Je n’ay pu, Monseigneur, faire la depense&#13;
552 que Souhaitoit le P. Germain p.r ces Theses&#13;
553 vous Jugez bien que lestat de nos aff.res&#13;
554 ne me permet pas de faire ces avances.&#13;
555 Nous avons obtenus le passage p.r un&#13;
556 moulange dans le vaisseau de Roi, mais&#13;
557 M. Grignon me mande qu’il n’en trouve&#13;
558 point. ainsy cette grace deviendra inutile,&#13;
559 Jl faudra la redemander p.r une autre&#13;
560 année.&#13;
561 J’ay esvité cet hiver de voir M Berthelot&#13;
562 p.r ne lui pas parler de cette terre dargentenay&#13;
563 ou plutost p.r quil ne m’en parlast pas. Jl&#13;
564 me vint chercher il y a quinze jours avec&#13;
565 beaucoup dempressem.’, et me pria de disner&#13;
566 chez lui, J’y fus : mais Je remarquay qu’on&#13;
567 ne lui a rien mandé de cette aff.re, et ce&#13;
568 n’est pas a moy a lui en reparler.&#13;
569 Mgr de Quebec l’est allé voir p.r lui&#13;
570 demander Sil vouloit vendre Sa terre M&#13;
571 Berthelot lui dit que Sil en trouvoit tout&#13;
572 ce quelle lui avoit coutée, et les amelioration&#13;
573 quil y avoit faites, Jl la donneroit.&#13;
574 Je croy, Monseigneur, que vous devez&#13;
575 recevoir cette mouvance que Perrot veut&#13;
576 vous reconnoistre; cela rendra toujours votre&#13;
577 terre de beaupré plus considerable. M Berthelot&#13;
578 ne Se defera pas de LJsle Sa vie durant. Jl&#13;
579 n’a point fini avec Son grand creancier,&#13;
580 Jl moura Sans y finir et Sans jouir de Ses&#13;
581 biens car on lui tient en france plus de&#13;
582 huit cent mil livres Saisis.&#13;
583 Je vous ay mandé l’an passé, Monseigneur&#13;
584 que Si vous vouliez obtenir une approbation&#13;
585 de la possession de v’re Jsle Jesus en Cour, vous deviez&#13;
586 Jl falloit vous faire donner une approbation&#13;
587 de v’re concession par M Le Gouverneur&#13;
588 et M LJntendant qui marqueront que&#13;
589 leur ayant esté representé par vous que&#13;
&#13;
�590 le Sem.re possede LJsle Jesus par leschange&#13;
591 fait avec M Berthelot, et lui la possedant&#13;
592 par la concession de M Talon qui n’a pas&#13;
593 esté ratifiée par la cour, quoique vous&#13;
594 en Soiez paisible possesseur cepend.’ acause&#13;
595 de ce defaut de Ratification vous leur&#13;
596 demandez la reconcession de cette Jsle,&#13;
26.&#13;
&#13;
597 avec obligation d’en obtenir la ratification&#13;
598 de la cour. C’est le moyen de rêtablir ce&#13;
599 qui manque&#13;
600 Je Suis fasché que vous Songiez a vous&#13;
601 defaire de LJsle Jesus. Jl me Semble, Monseig.r&#13;
602 que c’est la terre dont vous devriez ne vous&#13;
603 pas defaire Jl est bon davoir du bien&#13;
604 au haut et au bas. Vous en aurez du&#13;
605 regret un jour avenir ou plutost ceux qui&#13;
606 viendront apres nous dans le Sem.re Jl est&#13;
607 plus Jmportant que vous ne pensez de&#13;
608 la conserver, quand vous nen tireriez&#13;
609 rien a present. Cest un fonds qui ne&#13;
610 peut quaugmenter et qu’une comm.té&#13;
611 co’e la Notre doit conserver.&#13;
612 Je croy, Monseigneur navoir par rendu&#13;
613 v’re lettre a M de Denonville Jl estoit&#13;
614 du voiage des Princes et n’en est revenu que&#13;
615 depuis peu. Mais la pnpale raison, c’est&#13;
616 quil est Si vendu aux Jesuites acause de tous&#13;
617 les biens quil a tirez de leur compagnie&#13;
618 quil Seroit capable de montrer v’re lettre.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
619 Jl me Semble que vous ne devriez pas&#13;
620 laisser les pensions des enfans du petit Sem.re&#13;
621 Si modiques ne prenans que 230.# de Canada&#13;
622 Les choses Sont venues Si chere Sur tout p.r&#13;
623 lentretien que vous ne Scauriez nourrir et&#13;
624 entretenir un enfant lun portant lautre,&#13;
625 quil ne vous en couste plus de 300.# de&#13;
626 Canada. J’en Suis tres asseuré Toutes les&#13;
627 pensions ont esté augmenteez en france.&#13;
628 on n’en trouve point a Paris p.r de petits&#13;
629 enfans a moins de 300.# dont on estoit quite&#13;
630 de n’re temps p.r 200.# et Je Suis Seur qu’on&#13;
631 Se Sauvoit plutost a 200.# autrefois qua&#13;
&#13;
�632 300.# a present. Si ces pensions enrichissent&#13;
633 le Sem.re et l’aydent a Subsister comme&#13;
634 M Des Maizerais a voulu me le faire&#13;
635 croire, Jl Se fait donc un grand miracle,&#13;
636 car nous Sommes persuadez a Paris&#13;
637 que c’est la depense qui absorbe le Semre&#13;
638 et qui le ruine.&#13;
639 Jl Seroit facheux, Monseigneur que&#13;
640 vous retirassiez M.rs Maudoux et Le veyer&#13;
641 de Laccadie. car Mgr de Quebec n’y apas&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
642 pourveu autrement. Je croirois que ce&#13;
643 Seroit un lieu ou le Sem.re pouvoit faire&#13;
644 du bien par un etablieesm.’ qui ne lui couteroit&#13;
645 rien et Seroit utile a la Religion et entretien=&#13;
646 droit mesme et Soutiendroit nos missions&#13;
647 Sauvages de Laccadie V. G. aura la bonté de&#13;
648 lire ce que Jen escris a M Petit. M. de&#13;
649 chevri est revenu de Ses preventions,&#13;
650 contre les miss.res, et Je crois que lon y&#13;
651 pouvoit avoir de la consolation&#13;
652 Si on y etoit resolu J’espere qu’en conservant&#13;
653 ceux qui y Sont ou en n’ostant au plus que&#13;
654 M. Maudoux, nous fournirions de Paris les&#13;
655 miss.res, puis que vous ne voulez pas les&#13;
656 fournir de Quebec, mais p.r faciliter cet&#13;
657 etablissement, Si V. G. et nos M.rs vouloien[t]&#13;
658 me permettre de m’y destiner, et me donner&#13;
659 M.rs Calon et de Requeleyne au lieu de M.r&#13;
660 Maudoux et Le veyer, Je menerois avec&#13;
661 moy les autres miss.res dont nous aurion[s]&#13;
662 besoin, et Nous ferions un etablissem.’ a la&#13;
663 porte de la nouvelle angleterre qui Seroit&#13;
&#13;
1701&#13;
&#13;
664 en estat de faire honneur a la Religion&#13;
665 Jespererois mener avec moy un docteur de&#13;
666 Sorbonne que nous establirions p.r notre&#13;
667 Sup.r et qui nous conduiroit et reuniroit&#13;
668 tous. Jl ne faudroit, Monseigneur que&#13;
669 menvoyer M Buisson p.r mettre a ma&#13;
670 place, et Jespere que dans peu Je linstruirois&#13;
671 de tout cequil faut Scavoir p.r nos aff.res&#13;
672 Je n’ay pas a la verité encore proposé a nos M.rs&#13;
673 de Paris bien Serieusem.’ la chose J’en ay parlé&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
�674 quelq’ fois a M Lab. De Brisacier qui me dit&#13;
675 en riant qu’il n’avoit de Son costé et M Lab.&#13;
676 Tiberge du Sien a prendre ainsy leur parti et&#13;
677 mettre ensuite la clef du Sem.re Sous la porte&#13;
678 mais Jl me dit cela par raillerie, Jl S’en&#13;
679 faut bien que Je Sois a cent lieues loing&#13;
680 aussi utile au Sem.re que le Sont ces deux&#13;
681 Mess.rs, et Je suis persuadé qu’en le&#13;
682 representant co’e il faut a M Labede&#13;
683 Brisacier Si J’ay v’re agreement et celui&#13;
684 de nos M.rs de Quebec, Jl y donnera les&#13;
685 mains.&#13;
30.&#13;
&#13;
M.’ Leriche.&#13;
&#13;
31.&#13;
&#13;
686 Je vous envoye cette année un bon Ecclesiastiq’&#13;
687 que M Lab. de Brisacier a voulu que Je fisse&#13;
688 partir p.r repondre a ce que M Landry curé deS.t&#13;
689 Jacque de la Boucherie, et Sup.r des comm.tez de&#13;
690 feu M Sanciergue nous a demandé de donner&#13;
691 un Prestre a ces M.rs du Mont Louis qui en&#13;
692 demandent. Ces M.rs font les frais de Sa&#13;
693 depense. Jl est encore foible dans Ses estudes.&#13;
694 mais Jl est de bonnes mœurs, et ne donnera&#13;
695 pas du deplaisir co’e M Guay. Jl nous vient&#13;
696 de bonne main, et J’espere que nos Mess.rs en&#13;
697 Seront contents. Si l’on pouvoit donner aces&#13;
698 M.rs du mont Louis un Prestre propre a&#13;
699 S’appliquer aux Sauvages deces quartiers la,&#13;
700 Peut estre y auroit il du bien a faire Si l’on&#13;
701 pouvoit commodement retenir aupres du&#13;
702 Sem.re cet Ecclesiastique cy que Je vous&#13;
703 envoye nommé M Le Riche, et y envoier un&#13;
704 autre ce Seroit ce me Semble une bonne&#13;
705 aff.re, mais co’e ces M.rs du mont Louis&#13;
706 m’ont donnez de quoy lui fournir Ses besoins&#13;
707 Jl faudroit fournir au Sem.re aproportion a&#13;
708 celui qu’on y envoieroit a Sa place car Jl&#13;
709 faut garder a ces M.rs une Justice exacte&#13;
710 Je ne vous ay pas envoié lan passé le petit&#13;
711 houssart, Monseigneur, par ce quil estoit&#13;
712 malade, et nestoit pas bien disposé de partir.&#13;
713 Je vous lenvoye a present quil Se porte&#13;
714 mieux, et quil est bien resolu de partir. C’est&#13;
715 un bon enfant dont Jespere que vous&#13;
&#13;
�716 Serez content.&#13;
717 Je n’ay pas eu le temps, Monseigneur de&#13;
718 fairedes lettres p.r vous a votre famille&#13;
719 Je leur ay Seulem.’ mandé de vos Nouvelles.&#13;
720 M Labbé de Laval fait fort bien a Tournay&#13;
721 ou il est chanoine et official, et S’y fait&#13;
722 estimer par Sa Sagesse, et par Sa capacite&#13;
723 dans les aff.res&#13;
724 M de Montigni est toujours retiré a&#13;
725 Montigni, et Je n’entends plus parler&#13;
726 quil veüille Se remarier. Mons.r et Mad.’&#13;
727 de Laval vivent assez paisiblem.’ ensemble,&#13;
728 et ont avec eux Mad.elle De Laval, Sa Seconde&#13;
729 Sœur est morte depuis cinq ou Six mois. Jls&#13;
730 ne nous payent pas leS arrerages quils&#13;
32.&#13;
&#13;
33. 1701&#13;
&#13;
731 nous doivent, ny les anciens qui vont&#13;
732 aplus de 3000.# ny les nouveaux qui ne Sont&#13;
733 plus que de 333.# par an C’est une pitié que&#13;
734 d’avoir p.r creanciers des Noblesses oberéez&#13;
735 on nen peut rien tirer quavec les Sergens.&#13;
736 Nous ne leur avons cepend.’ encore rien dit.&#13;
737 On a laissé Monseigneur, votre fondation&#13;
738 Sans la regler. Je Suis encore en estat de la&#13;
739 regler co’e vous le Souhaitez et J’espere aller&#13;
740 cet esté faire un tour en ces quartiers la Si Je&#13;
741 puis obtenir un arrest contre cette Relig.se de Lestrée&#13;
742 et faire lever les Saisies quelle a mise de toutes&#13;
743 parts Sur cette abbaye&#13;
744 Jl faut finir, Monseigneur, cette longue&#13;
745 lettre en vous Supliant de faire attention&#13;
746 a trois choses qui demandent de nos Mess.rs une&#13;
747 tres particuliere consideration&#13;
748 La 1.ere que V. G. voye quels moyens elle&#13;
749 peut prendre de Soutenir les missions de&#13;
750 Misissipi avec les 3000.# que Le Roi donne,&#13;
751 et dont nous So’es incertains Si nous obtiendrons&#13;
752 la continuation&#13;
753 Car Jl ne faut pas nous attendre a ce que Je&#13;
754 crois a la pension du clergé, que Mgr de&#13;
755 Quebec Scaura toujours promettre, et ne&#13;
756 donnera jamais.&#13;
757 Jl n’y a rien a demander au clergé oberé&#13;
&#13;
�lettre N.&#13;
no. 114&#13;
&#13;
34.&#13;
&#13;
758 co’e il est. Lad.ere assemblée a retranché des&#13;
759 pensions, et n’en a accordé aucunes nouvelles.&#13;
760 Le clergé est trop Sur chargé.&#13;
761 Je ne vois guere daparance de procurer du&#13;
762 bien a ces missions par des unions de&#13;
763 benefices. Jenay tenté deux ou trois qui&#13;
764 ont manqué.&#13;
765 Jl ne faut pas S’attendre aux aumosnes&#13;
766 des fideles. Nous ne recevons rien en ces&#13;
767 malheureux temps ny p.r les Jndes orientales,&#13;
768 ny p.r les occidentales.&#13;
769 Nos Mess.rs ne peuvent faire plus quils font,&#13;
770 et Je puis vous asseurer quils Se portent&#13;
771 avec la mesme affection p.r ces nouvelles&#13;
772 Missions que p.r celles de Lorient.&#13;
773 Jl Sagit donc de regler Sa depense Sur Son&#13;
774 revenu, car Je crains que Si vous et nos M.rs&#13;
775 n’y donnez ordre, ces missions n’absorbent&#13;
776 n’re Sem.re de Quebec; car vous ne devez&#13;
777 pas vous attendre que le Sem.re de Paris&#13;
778 prenne Surlui ces depenses. Jl n’a pas de&#13;
779 revenu, et la bourse des missions devient&#13;
780 ayde a le faire Subsister. Si vous n’avertissez&#13;
781 ces M.rs de misissipi de regler leur depense,&#13;
782 Jls envoieront des factures, Jls tireront des&#13;
783 lettres de change, Jls enprunteront de tout&#13;
784 le monde, et pousseront Si loing les choses que&#13;
785 Je Seray obligé de refuser de payer p.r eux&#13;
786 cepend.’ cela ne Sera pas agreable p.r de&#13;
787 nouveaux etablissemens. J’ay esté obligé de&#13;
788 paier tout cequi m’en est venu par M D’Jberville,&#13;
789 pour entretenir leur credit. et J’ay mesme&#13;
790 prié M DJberville descrire au commandant&#13;
791 des francois que Si nos miss.res avoient besoin&#13;
792 de quelq’ chose, Jls le leur donnassent et que Je&#13;
793 le paierois. Je fis cela p.r contenter M. de&#13;
794 Montigni qui auroit voulu que Jeusse&#13;
795 envoié cet hiver p.r plus de mil escus deffets.&#13;
796 La 2.de chose Sur la quelle Je vous Suplie de faire&#13;
797 reflexion, est Sur l’estat ou Sont vos aff.res en&#13;
798 france, et Sur les moyens de me faire&#13;
799 toucher les avances que J’ay faites pr le&#13;
800 Seminaire. car la partie n’est plus tenable&#13;
&#13;
�35.&#13;
&#13;
36.&#13;
&#13;
801 Surlepied ou les choses ont esté depuis trois&#13;
802 ou quatre ans. Vous touchez en canada les&#13;
803 2000.# des prestres usez, et vous tirez des 5400.#&#13;
804 de lettres de change une année et des 4000.#&#13;
805 une autre, et voudriez qu’avec cela on&#13;
806 accomplist les factures. cela ne Se peut, et Je&#13;
807 vous prie destre persuadé que Si nos M.rs ne&#13;
808 me remettent des fonds p.r accomplir&#13;
809 des factures et p.r m’ayder a me rembourser&#13;
810 attendu que tout ceque J’ay a toucher p.r&#13;
811 lannée prochaine ne le peut, Je refuseray&#13;
812 toute lettre de change, et naccompliray aucune&#13;
813 facture. Jl me Semble que J’ay poussé la&#13;
814 recette du Sem.re de lannée passée aussi&#13;
815 loing quelle puisse aller. Je ne crois pas&#13;
816 perdre une occasion de procurer les interests&#13;
817 du Sem.re. Je crains bien qu’au Jugement de&#13;
818 Dieu Je ne Sois plutost repris de m’estre&#13;
819 trop donné de mouvement p.r ces interests&#13;
820 temporels, que de ne m’en estre pas donné&#13;
821 assez.&#13;
822 La 3.e Monseigneur, est que Je vous Suplie&#13;
823 et nos M.rs de faire examiner mes comptes&#13;
824 p.r le Sem.re et p.r vous, et Si vous les trouvez&#13;
825 co’e il faut de m’en envoyer une descharge&#13;
826 p.r toutes les annéez passéez. Jl me Seroit&#13;
827 actuellem’ difficile de repondre a des&#13;
828 difficultez qu’on me feroit Sur mes comptes&#13;
829 de 1693. 94. et 95. mais Je le ferois aisem.’&#13;
830 Sur tous les autres et Si Jattendois plus&#13;
831 longtemps Je le ferois difficillement.&#13;
832 Je viens dapprendre aujourdhui 25. May&#13;
833 Jour de la feste Dieu que Le Roi a donné a&#13;
834 M. de champigni Jntendant de Quebec&#13;
835 l’Jntendance du Havre cela va lui faire&#13;
836 plaisir. Je ne Scais encore qui on a&#13;
837 nommé p.r lui Succeder. Je Suis apres a m’en&#13;
838 Jnformer. Je vous le mandreay apres le&#13;
839 depart de M Le Riche Si Je lapprends. Je&#13;
840 Suis obligé de cacheter cette lettre p.r la&#13;
841 lui donner. Je Suplie V. G. de me donner Sa&#13;
842 Benediction, de me continuer le Secours de&#13;
&#13;
�843 Ses prieres de Se conserver p.r la consolation&#13;
844 de nos Mess.rs et p.r la mienne de me&#13;
845 continuer Ses mesmes bontez et de me croire&#13;
846 Sans reserve Monseigneur votre tres&#13;
847 humble et tres obliss.’ Serviteur&#13;
848 28. May 1701.&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250561">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="12013">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/9b5bf3db03ed5abb49770b1f48386804.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=bgn8ksPG4a4bLR0sfm3vm3vabZf8leaFF8zmSPi4U73kWxl5F3DMLAOrNUWnEBaKwqNDwXsNkxsP1bnhlJ1anj05w1IJmXVcNxDqVQm9pvWJfxrKVCdwNUKxu8E1fyjXQSlNshHBFXPdCZfhrGO%7EM4Qx4Of0ub-uAzdNlsmAkxyGnEvZbGBM-Rah1IDemAixHKS0pzXngV0HxqbHPFYNBPFycJRBpmrhBEJMzXAHNr42cPI11uB7p4b6n9oPd18mXMjeQg09OQzOyj4qUyFGpPx6Km6YgVOlYEvHT-1Usn1b18doY%7EXzdPMEIdU%7ELfBgIMD8gdJlTaCy6Yu5AhhGFA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b448ab4a38376e75dbf2dfa46e9c9f24</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250559">
                    <text>������������������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250562">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 114&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250188">
                <text>XS7CEVM4</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250189">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250190">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250191">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 10-28 mai 1701)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250192">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe l’ancien évêque de Québec que les Jésuites sont en conflit avec les autres ordres religieux sur la question des rites chinois. Le pape Clément XI veut trancher l’affaire. De plus, les Jésuites accusent Laval et le Séminaire de Québec de leur faire la guerre, eux qui prétendent avoir fait évêque Laval et avoir soutenu le Séminaire. Il suggère à Laval de révoquer son approbation du livre de Le Tellier, qui défend les Jésuites de la Chine. Le roi a renvoyé Iberville au Mississippi pour y faire un établissement permanent et qu’il faut envoyer des missionnaires. Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, n’a pas voulu se prononcer sur le différend entre les Jésuites et les missionnaires du Séminaire au sujet des Tamarois. Tremblay se plaint des embarras où il se trouve à cause des avances qu’il a faites pour le Séminaire et des lettres de change qu’il a acceptées de Laval et de Saint-Vallier. Il dit que la guerre a consommé tout l’argent et qu’il ne sait comment il paiera. Il demande à Laval de faire arrêter ses comptes et de lui envoyer une décharge. Il dit qu’il ne peut compter sur l’aide de Saint-Vallier. Il recommande à Laval de conserver l’île Jésus.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250193">
                <text>1701-05-10</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250194">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250195">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12013" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 114&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250196">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250563">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12011" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12012" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="802">
        <name>Calomnies</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
      <tag tagId="203">
        <name>Seigneuries</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18704" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="12006">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/f83e0b15aacc4ed6fe1ee8ef05e6a90b.png?Expires=1779321600&amp;Signature=jnINlfx6W6QQwn4Ecmjpd64lxdtKc%7EUckkIk7Q02uBvOVLIeu9LVurDhHFAT21akHawf-IFeBkGCxvzHxq8zwRkHoNQQTiAO6OwqQyAYqDEjH1NcBm1z-d5qXocIqQ-hFYh31LHSOgND-QA4ONTND41J9o7-PpMk2iTQ2%7EaGjnNNnGCs6HA2KcK2zmklqXq7AOcDBTwCV47In%7EvpJ9rDZCvQQJLV72ajvGVHf2dEkDR2VRxZ9DtCCPbmVEVqwgl9lIYz-wv0nXNPoheBUqksqY1hV7XTLwfjpempTN3xVQYvCIukRuwNDnlQQAi%7E-cF8CquZZDESoaHpdXuad2oa6A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="12007">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/ddc6da6a196c9fb2cdddb102e205f55b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=sAfVjN83Ia2U9cXiCsW65wDYBlA0hD7d6zEDnPz-ZrFzRpZOWz5w0CBfyTU7l1YhURGnuDejrr2QvSzZriXT0PDLDA0kyzos-6g1k2a2%7EzHWiIi5aeDSnaucK50qCn0yTCyDztD4pcjFhGLu0J8Zs-Owsgmb6FIEEGdO329nGqpWNDd45jbOF5N7BWYfwWPxgAKO4M3Yi%7E03CsKu2Za9KdVKJvn6BFqBhEwXuZiVS0iOrrqLvcyge1woNlXgufmr53v8PmksdmMS6UhQPZ9J0uTyVYzNYG6Rk7fu39e4S3qeEEqXwI9-qc6wQQRTX9xs7L8s6InGYbs3j4F638i4Rw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>a09bbb52c32fa943788158d59c0f0f5d</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250550">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 9 juillet 1703)&#13;
&#13;
À M. des Maizerets&#13;
Paris, 9e juillet 1703&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
Je crois que ce sera la dernière que je vous écrirai de cette année, outre les grandes&#13;
lettres que j’écris à Mgr l’Ancien, à M. de Glandelet et à vous, qui sont parties il y a&#13;
plus de trois semaines. J’en ai écrit encore une assez longue par MM. Calvarin et&#13;
Dupré1, qui sont partis mercredi et que j’adresse à Mgr l’Ancien, que je prie de vous&#13;
la communiquer. Je vous y mande ce qui s’est passé depuis quinze jours sur tout&#13;
ce que nous pensons d’abandonner aux Jésuites les Tamarois, à condition qu’ils ne&#13;
nous troubleront point dans la cure de La Mobile.&#13;
Je joins à cette lettre une sur mes misères intérieures, que je vous prie de&#13;
communiquer à M. de Glandelet et de ne communiquer qu’à lui seul. Je vous prie&#13;
de lui dire que j’ai donné à M. Calvarin pour lui une boîte de dévotions que Mgr de&#13;
Québec lui a procuré de ses anciennes connaissances et je lui envoie par ce paquet&#13;
une lettre de M. l’abbé Canapville, conseiller au Parlement de Rouen et grandarchidiacre de la même église, qui me dit sa pensée sur les visites d’archidiacre&#13;
dont je l’avais consulté.&#13;
Je compte de faire un fort long voyage à la fin d’août, car je suis obligé d’aller à&#13;
Méobecq faire le recollement de 1 000 arpents de bois vendus, que les marchands&#13;
de bois me remettent après en avoir tiré leur bois. Je verrai quel usage nous en&#13;
pourrons faire. Et de Méobecq, je passerai par Saint-Benoît-du-Sault, qui est six&#13;
lieues plus loin et de là, j’irai à Clermont et à Lyon au travers les montagnes pour&#13;
me rendre à Saint-Vallier, où le père de M. Bergier2 est mort et de là, à Thun, où&#13;
est toute sa famille. C’est deux journées par-delà Lyon. Je ne puis me dispenser de&#13;
François Dupré, v. 1648-1720, curé de Québec de 1687 à 1707 et Goulven Calvarin, m. 1719, curé de&#13;
Pointe-à-la-Caille de 1704 à 1708, puis de Saint-Joachim de 1708 à 1712&#13;
2&#13;
Marc Bergier, v. 1667-1717, missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
1&#13;
&#13;
�faire ce voyage pour la consolation de M. Bergier et afin de mettre quelque ordre&#13;
à ses affaires.&#13;
Je viens de voir M. l’évêque de Québec et il me paraît que quoiqu’il eût forte envie&#13;
de voir réussir l’affaire du Mississippi, comme nous le souhaiterions, il y a&#13;
apparence qu’il n’y réussira pas, car quoique le père provincial, le R. P. de&#13;
La Chaize, et le P. de Lamberville3 paraissent disposés à agréer que nous leur&#13;
cédions les Tamarois et qu’ils nous laissent paisiblement la cure de La Mobile, ils&#13;
ne veulent cependant pas, disent-ils, faire de la peine au P. Gouyé, procureur des&#13;
missions des îles [d’Amérique française]. Ce P. Gouyé gouverne hautement ces&#13;
missions indépendamment du père provincial qui n’ose lui toucher parce qu’il a&#13;
l’oreille du ministre et qu’il en dépend plus que ses supérieurs. Ainsi, les Jésuites&#13;
recevront avec plaisir la remise que nous leur ferons de la mission des Tamarois et&#13;
ne nous donneront aucune assurance qu’ils nous laisseront paisiblement la cure&#13;
de La Mobile. Mgr de Québec offre d’en donner une lettre d’érection de cure pour&#13;
tels de nos Messieurs que je voudrai et qu’alors, dit-il, il révoquera par-là la&#13;
permission qu’il a donnée aux Jésuites de faire les fonctions curiales. Mgr de&#13;
Québec vous envoie la lettre qu’il écrit sur ce sujet aux Jésuites et à vous-mêmes.&#13;
Il vous laisse même les maîtres de donner aux Jésuites la lettre qui est pour eux&#13;
sur ce sujet ou de l’envoyer à M. Bergier, afin qu’il fasse de lui-même cette&#13;
démission s’il la juge à propos ou qu’il ne rende pas cette lettre s’il ne la trouve pas&#13;
à propos.&#13;
Nous avons fait un accommodement avec les neveux et nièces de Mgr l’Ancien sur&#13;
les arrérages qu’ils doivent à notre Séminaire. Nous leur donnons sept ans pour&#13;
payer ces anciens arrérages.&#13;
Mme de Maintenon se porte fort mal. Il y a plus d’un an qu’elle est affaiblie par&#13;
une fièvre presque continuelle. Je crains bien que Madame ne soit enlevée avant la&#13;
fin de l’année.&#13;
On espère que nous aurons la paix cet hiver avec les Hollandais, car ils ne peuvent&#13;
soutenir une telle guerre.&#13;
3&#13;
&#13;
Jean de Lamberville, 1633-1714, procureur de la mission jésuite du Canada à Paris de 1689 à 1714&#13;
&#13;
�Il n’y a guère apparence que Mgr de Québec réussisse dans nos unions. On lui a&#13;
mandé de Rome. On lui a dit en France ce que je me suis efforcé de lui dire qu’il a&#13;
trop tôt quitté Rome. Il doit aller dans [une] quinzaine à son abbaye de Bénévent.&#13;
Le prélat n’a pas d’argent.&#13;
Je me recommande derechef à vos saints sacrifices et prières, à celles de tous nos&#13;
missionnaires, que j’embrasse très cordialement et suis, sans réserve,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
J’ai remis au neveu de M. Dupré un diurnal pour M. Buisson4, couvert de&#13;
maroquin, plus un petit bréviaire pour le jeune M. de Saint-Cosme5, plus deux&#13;
douzaines de [De] la connaissance de soi-même pour M. Pocquet6.&#13;
&#13;
/Transcription7 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1660-1712, appelé M. Buisson, procureur du Séminaire de&#13;
Québec&#13;
5&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme, missionnaire du&#13;
Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
6&#13;
Pierre Pocquet, 1667-1711, 3e curé de Québec&#13;
7&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
4&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250553">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="12008">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/5048686592df3cde8933817eaf100fa0.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=QXuStUSoihCCEF-wif6FHKV4b4lYUE8ZqcIo-HY4-yQGtDjsjb3VlBpm26qoH8wwwmVTsCAZEatplrtaif6z8zl76KikWzmD5ezIRipFwF0YHcB8OZkyF1CXSW2qcP3U73wUx3TCJV-eb6jHKF2%7E3bVSY9LvmysrfkZAC1g3rDqjaolKsojSewCoSMNHhnNvG6ei5isSgJnIFEU0HLxXoGKNn29urbE9aMLdbkEbjfWZo4RPSYnuofzEMagbPiMJ3WozK%7ESbxdB2JGtfaiTpkNoruCONBlnBMSrCAfcFzuofh9sSLDSAIQDsyYsyJtHcHaTgvxKvV2%7E0wKGuIiiByw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>96bd7fd486c306f6628ec22bad88302b</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250551">
                    <text>1703, 9 juillet – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 41)&#13;
1&#13;
No 41&#13;
Paris 9. Juillet. 1703&#13;
2 Monsieur&#13;
à M.r Demaizerets&#13;
3 Je crois que ceSera la derniere que Je vous escriray&#13;
4 decette année outre les grandes lettres que Jescris&#13;
5 a Mgr Lancien a M Glandelet, et a vous, qui Sont&#13;
6 parties il y a plus de trois Semaines, J’en ay escrit&#13;
7 encore une assez longue par M.rs Calvarin et&#13;
8 Dupré qui Sont partis mecredi et que Jadresse a&#13;
9 M’gr Lancien que Je prie de vous la communiquer.&#13;
10 Je vous y mande ce qui S’est passé depuis quinze jours&#13;
11 Sur tout ce que nous pensons d’abandonner aux Jesuites&#13;
12 les tamaroa a condition quils ne nous troubleront point&#13;
13 dans lacure de la Mobile&#13;
14 Je Joins a cette lettre une Sur mes miseres interieures&#13;
15 que Je vous prie de communiquer a M Glandelet&#13;
16 et de ne communiquer qu’a lui Seul Je vous prie de&#13;
17 lui dire que J’ay donné aM Calvarin p.r lui une boeste&#13;
18 dedevotions que Mgr de Q. lui aprocuré de Ses anciennes&#13;
19 connoissances xxxxxxxxx et Je lui envoye par cepaquet&#13;
20 une lettre deM Lab. Canap.ville conseiller au Parlem.’&#13;
21 de Rouen et Grand archidiacre de la mesme Eglise qui croit medit&#13;
22 Sa pensée Surles visites darchidiacre dont Je lavois&#13;
23 consulté.&#13;
24 Je compte defaire un fort long voiage ala fin daoust, car&#13;
2.&#13;
25 Je Suis obligé daller a meobec faire lerecollem’ de&#13;
26 mil arpans de bois vendus que les marchands debois&#13;
27 me remettent apres en avoir tiré leurs bois Je verray&#13;
28 quel usage nous enpourons faire et de meobec Je&#13;
29 passeray par S.t Benoist duSaut qui est Six lieues&#13;
30 plus loing et dela Jiray a clermont et aLion au&#13;
31 travers les montagnes p.r me rendre a S.t vallier ou&#13;
32 Le Pere deM Bergier est mort, et dela a Tun ouest&#13;
33 toute Sa famille c’est deux Journéez par dela Lion&#13;
34 Jenepuis me dispenser defaire ce voiage pour la conso=&#13;
35 lation de M Bergier, et afin de mettre quelqu’ordre&#13;
36 a Ses affaires.&#13;
37 Je viens de voir M. LEveque de Quebec, et Jl me paroist&#13;
38 que quoi quil eust fort envie de voir reussir laff.re du missisipi&#13;
39 co’e nous le Souhaiterions Jl y a apparence quil n’y reussira&#13;
40 pas. car quoi que le P. Provincial, Le R. P. de la chaizeet&#13;
&#13;
�41 Le P. De Lamber ville paroissent disposez a agreer que nous&#13;
42 leur cedions les Tamaroa, et quils nous laissent paisiblem’&#13;
43 laCure dela mobile, Jls ne veulent cepend’ pas disent ils faire&#13;
44 dela peine au P. Gouge procureur des missions des Jsles. ce Pere&#13;
45 Gouge gouverne hautem.’ ces missions independamm’ du P&#13;
46 Provincial qui n’ose lui toucher par ce quil a loreille du ministre,&#13;
47 et quil en depend plus que Ses Sup.rs ainsy les Jesuistes&#13;
3&#13;
48 recevront avec plaisir laremise que nous leur feront de&#13;
49 la mission des Tamaroa, et ne nous donneront aucune&#13;
50 asseurance quils nous laisseront paisiblem’ la cure dela&#13;
51 mobile. Mgr de Q. offre d’en donner une lettre&#13;
52 dErection de Cure p.r tel de nos M.rs que Je voudray et&#13;
53 qu’alors dit il il revoquera par la la permission quîl&#13;
54 a donné aux Jesuites de f.re les fonctions curiales. Mgr&#13;
55 de Q. vous envoie la lettre quil escrit Sur ce Sujet aux&#13;
56 Jesuites et a vous mesmes. Jl vous laisse mesme les&#13;
57 maitres de donner aux Jesuites la lettre qui est p.r&#13;
58 eux Sur ce Sujet ou de lenvoier aM Bergier&#13;
59 afin quil fasse de lui mesme cette demission Sil la&#13;
60 juge a propos où quil ne rende pas cette lettre Sil&#13;
61 ne le trouve pas apropos.&#13;
62 Nous avons fait un accommodem.’ avec les neveux&#13;
63 et Nieces de M’gr Lancien Sur les arrerages quils&#13;
64 doivent a notre Sem.re Nous leur donnons Sept ans pr&#13;
65 paier ces anciens arrerages.&#13;
66 Mad’ De maintenon Seporte fort mal Jl y a plus&#13;
67 d’un an quelle est affaiblie par une fievre presque&#13;
68 continuelle Je crains bien que Madame ne Soit&#13;
69 enlevée avant la fin de l’année.&#13;
70 on espere que nous aurons la paix cet hyver avec les&#13;
71 hollandois. car Jls ne peuvent Soutenir une telle&#13;
4&#13;
72 guerre&#13;
73 Je vous prie de dire aM Glandelet que J’ay remis&#13;
74 a M. Calvarin une&#13;
75 Jl n’y a guere aparance que M’gr de Q. reussisse dan[s]&#13;
76 nos unions. on lui a mandé de Rome on lui adit&#13;
77 en france ce que Jeme Suis efforcé de lui dire quil&#13;
78 a trop tost quitte Rome Jl doit aller dans&#13;
79 quinzaine aSon abbaye de Bennevent. Le Prelat&#13;
80 n’a pas dargent. Je me recommande derechef a&#13;
81 vos St. Sacrifices et prieres, a celle de tous nos&#13;
82 Missrs que Jambrasse tres cordialem’ et Suis Sans&#13;
&#13;
�83 reserve votre tres humble et tres obeis’ Serviteur&#13;
84 J’ay remis au Neveu de M Dupré Tremblay&#13;
85 un Duirnal p.r M Buisson couvert de&#13;
86 maroquin, plus un petit breviaire p.r Le Jeune Mons&#13;
87 S.t Cosme plus deux douz.ne de la connoissance de Soi&#13;
88 mesme pr M Pocquet.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2021&#13;
Les mots en gis sont incertains.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250554">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="12009">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/4c05e87e03c567a7ade99e196c8aa6f5.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=D%7EPbQePDfZKbelMFJkKfJtA-S0cMyp7PtRp3yYUdmBRtx1O11hq2I5n%7ENE0mtkYXRGrOOGlZiwnvKNMDphTdw519d%7Eiy51gI28U4DcmRCjdcYE3XLTqzjI9FBtLNBWO2qukkUgNbxqI5Lo4CpmPkNT38XFpSlN%7EpuVB7MGWISarpvOL2y%7E6mbdTrcasrqMNNQ7vELo76QKBLxGkBpRnr8yp4HOCzzTC1DnHWjclpmhoHsjchkSBiLzb3Dnydd8N3MuxAsJaAJ-isztQ2xA2ODuR5ThiYfO9s%7ExwbVVHD2RALSPbCEakPW3faOPvtnGesvfR6jY5PcRZhOEUSVFTp6A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>6db2f7f1254edcb19f8f78a4c98953c6</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250552">
                    <text>����</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250555">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 41&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250179">
                <text>WVAQ6XA4</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250180">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250181">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250182">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 9 juillet 1703)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250183">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris raconte au supérieur du Séminaire de Québec qu’il doit aller à Méobecq. Les Sulpiciens proposent de céder aux Jésuites la mission des Tamarois, à condition qu’ils ne les troublent pas dans la cure de La Mobile. Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, offre de donner une lettre d’érection de cure pour les Sulpiciens. Les Jésuites acceptent la cession, mais ne veulent pas faire de la peine à Gouyé, qui a l’oreille du ministre. Les Sulpiciens donnent sept ans aux neveux et nièces de Laval, ancien évêque de Québec, pour payer les arrérages qu’ils doivent au Séminaire de Québec. Saint-Vallier n’a pas réussi dans ses unions et n’a pas d’argent.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250184">
                <text>1703-07-09</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250185">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250186">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12009" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 41&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250187">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250556">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12007" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12008" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="199">
        <name>Sulpiciens</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18703" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="12002">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/f269916f173675baa012c6947c62280a.png?Expires=1779321600&amp;Signature=vbT7e5EjL7MrqYRgphPptsvGsiK5Db3xqTB046ENcIPPrGzGiFrFWthqCe%7EPv4pmcJfS6JNfQStUP5Wsam0-ZC2UodYMqulqgpEgcj6GBfu62fdQ6lfQdHqEFWgqBk0a--7tKDNemrOLDaT4wRNHqbweKf%7EIrtr0ag0aob3sRqlppR6k-QxmIVD6Js5CcYkWcyUf%7EQimLjVgDU%7E10C5U7KD-GbVpD02h8xCd%7EjNyTVkR-xSO9HlkxRa3OYFb94yeTiLvdnb38THzH%7EYCp4eoP5S-0eqhBAN2s4aDJW9Yv6nIG-9HdPZHeU9vuk%7E9QGPpwdJfgEA5QVWTIXhhDLJLdQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="12003">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/6423b2059815d38a7db8e79550bc329c.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=JAvMISMCFb0rEYoDGHbblQbKjO-0%7E0r5RJxEanDAL7H-qZvScP5lbw4NtaHkVeOEcXTc4-ItllK%7ETjBVAWxaD1VAfBQufgmB%7E%7EwcqUs79Gm3TFrcscnoNwwY5EBMepPNyzB-U%7Edqa1TUPOTtX5nnRnfjH6rD4D1Jjpyv0yhhRPzHgdQ0SmG1Gg-n1beJ7dSfl5QCFnVe3i9ReMjPsahuMvtvjzsHOfr923D-1T-OcRfbCSg6QI0PYB3Lz%7EzCiERh9v31wLsLTAs4H5HO5p%7EutDqxJY5wTFy0x%7EXlMqzufD-Lp%7EXcDeZVkzRRo8anc1JzVQTa43S5UIGio8slXfikzg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e90287d8c94fb36f21f8e8598ffbd4cd</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250543">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, 12 mars 1704)&#13;
&#13;
Paris, ce 12 mars 1704&#13;
Monseigneur et Messieurs,&#13;
Je ne ferai, par les premiers vaisseaux qui vont en Canada de bonne heure cette&#13;
année, qu’une lettre commune, n’ayant pas le temps d’en faire de particulières à&#13;
chacun de vous et n’ayant rien à vous écrire que je ne puisse mettre en commun.&#13;
J’ai reçu tous les paquets de lettres que M. de Glandelet m’a marqué d’envoyer et&#13;
j’en ai reçu aussi deux paquets de Mgr l’Ancien. J’ai sujet de croire que tout ce que&#13;
vous m’avez écrit m’a été rendu. Vous recevrez, avec cette lettre, plusieurs paquets&#13;
de lettres que nous vous envoyâmes l’an passé aussitôt que le roi eut nommé les&#13;
places vacantes de gouverneur, etc., mais ces lettres trouvèrent le vaisseau parti.&#13;
Elles sont restées à La Rochelle et j’ai prié qu’on les joignit à celles-ci.&#13;
Vous apprendrez par ces lettres que toutes les communautés ont concouru de&#13;
bonne foi à demander M. de Vaudreuil et le roi a eu la bonté de leur accorder. Dieu&#13;
veuille en tirer sa gloire. On a avancé tous les officiers au-dessous de lui et il me&#13;
semble qu’on a tâché à les faire monter avec assez d’équité. Nous aurions voulu&#13;
servir M. de Longueuil et M. de Galiffet, mais il n’y a pas eu moyen. Il me semble&#13;
que Mme de Marson1 a paru assez contente de ce que nos Messieurs ont fait pour&#13;
M. de Vaudreuil.&#13;
Nous ne pûmes rien obtenir alors pour M. Joncaire et cependant, nous fîmes toutes&#13;
sortes d’instances. Je ne sais si nous serons plus heureux cette fois-ci. Nous avons&#13;
déjà présenté au ministre des mémoires très pressants, où nous représentons&#13;
fortement ses services. Si après tout cela nous ne réussissons pas, nous porterons&#13;
avec patience les reproches de M. Joncaire, qui croit qu’on n’a pas de&#13;
1&#13;
&#13;
Louise-Élisabeth de Joybert de Soulanges et de Marson, mère de Vaudreuil.&#13;
&#13;
�reconnaissance pour lui, parce qu’on n’obtient pas ce que l’on demande, comme si&#13;
cela dépendait de nous.&#13;
Nous avons eu bien des affaires, après le départ des vaisseaux, sur les missions de&#13;
la Louisiane. On espérait alors que M. d’Iberville partirait en septembre dernier&#13;
avec une escadre de six ou sept vaisseaux par quelque entreprise secrète. Je fis dès&#13;
lors accomplir les mémoires de nos MM. missionnaires à la Louisiane, savoir de&#13;
M. Bergier, M. de Saint-Cosme et M. Davion, et nous fîmes aussi acheter tout ce&#13;
qui était nécessaire pour M. de La Vente, afin qu’il fût y établir la cure.&#13;
Car Mgr de Québec, après bien des mouvements de la part des pères jésuites, a&#13;
voulu nous donner cette cure et j’en fis dresser les patentes d’érection, dont j’en ai&#13;
fait trois originaux en parchemin : un pour garder ici, un que je vous enverrai et&#13;
un que j’ai donné à M. de La Vente pour porter à la Louisiane. On nous assurait&#13;
alors, et bien encore depuis, que nous serions couchés sur l’état de ce pays. Et&#13;
M. Bégon nous a envoyé de Versailles, deux fois jusqu’au mois de janvier dernier,&#13;
des extraits par lesquels il était destiné 1 000 livres au curé du fort Louis, vulgo2&#13;
La Mobile, et 600 livres pour un autre prêtre qui le devait accompagner.&#13;
On nous faisait encore espérer quelque secours pour l’entretien de l’église&#13;
paroissiale. C’est sur ces espérances que je me suis avancé de faire pour M. de La&#13;
Vente la dépense que j’ai faite. Je trouvais de plus une autre ressource. Il était dû&#13;
à MM. de La Vente et Calvarin, par MM. de la Compagnie des Indes orientales,&#13;
pour leur appointement pendant qu’ils ont été à l’île de Bourbon, près de&#13;
2 400 livres. Nos Messieurs ont bien voulu consentir que ces derniers fussent&#13;
appliqués pour le départ de M. de La Vente, afin de faciliter son établissement.&#13;
Ainsi, quoique je n’aie pas encore, à l’heure que je vous écris ceci, reçu au Trésor&#13;
royal l’ordonnance de l’an passé de 3 000 livres pour nos missionnaires de la&#13;
Louisiane, je ne laissai pas d’avancer pour chacune de ces missions près de&#13;
1 800 livres et pour M. de La Vente, plus de 1 500 livres.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Dite vulgairement&#13;
&#13;
�Nous agitâmes fort dans ce même temps, et par lettres, et de vive voix, le départ&#13;
de M. L[ouis] Gervaise ; et après plusieurs entretiens et même une entrevue que&#13;
j’eus en son bénéfice près de Blois et une autre à Chartres, où nos Messieurs, avec&#13;
M. de La Vente et moi, fûmes le trouver en carrosse, son départ fut conclu. Il avait&#13;
demandé au commencement d’être reçu, avant son départ, directeur du Séminaire&#13;
de Paris. Nos Messieurs lui firent comprendre les raisons pour lesquelles ils ne&#13;
pouvaient lui accorder cela par le présent et le lui firent espérer dans la suite ; mais&#13;
en tout cela, il nous apparut en lui bien du surnaturel et de la grâce pour se porter&#13;
à cette entreprise. Cependant, Dieu n’a encore demandé de lui jusqu’à présent que&#13;
la préparation du cœur et même icelle, où il a été longtemps pour exécuter ce&#13;
dessein, il n’a pas réussi pour les raisons que je vais vous exposer. On nous écrivit,&#13;
au mois d’octobre, de Fontainebleau, que les vaisseaux pour ce pays-là étaient&#13;
tellement prêts à partir que nous fûmes très pressés d’y envoyer M. de La Vente et&#13;
M. Huvé, qui est un autre prêtre de son pays, que nous avons destiné pour&#13;
l’accompagner. Ils partirent de Paris à la fin d’octobre et ils emmenèrent avec eux&#13;
un valet, qui était venu trouver M. de La Vente. Je fis aussi partir de Saint-Benoîtdu-Sault en Berry deux jeunes garçons de 14 ans que leurs pères et mères&#13;
m’avaient offerts dans ce lieu-là cet été et que je jugeai propres à mettre, l’un&#13;
auprès de M. de Saint-Cosme et l’autre, auprès de M. Davion ou de M. Bergier.&#13;
Cependant, ils trouvèrent, en arrivant à La Rochelle, M. d’Iberville malade et&#13;
toutes les mesures pour le départ rompues. La cour avait fait désarmer les&#13;
vaisseaux pour les employer à transporter des troupes en Espagne et depuis ce&#13;
temps-là, par plusieurs délais, ils sont encore à partir. Cela nous a fait et nous fait&#13;
de très grandes dépenses.&#13;
Cela nous a obligés d’arrêter M. Gervaise, qui était toujours prêt à partir. Nous&#13;
avions, à la vérité, donné à M. de La Vente un compagnon en sa considération,&#13;
mais comme plusieurs considérations pour la famille de M. Gervaise nous&#13;
engageaient de cacher son départ, nous l’avons différé le plus que nous avons pu.&#13;
Pendant ce temps-là, M. Bouteville est arrivé en France dans le vaisseau de&#13;
M. Duguay, qui était allé l’an passé à La Mobile. Je l’avais prié de différer son&#13;
retour au temps que M. d’Iberville devait y aller. Cependant, il a bien fait de&#13;
revenir. S’il fût revenu dans l’autre embarquement, M. de La Vente aurait servi&#13;
&#13;
�d’aumônier en allant et lui, en revenant et cela nous eut épargné bien des choses ;&#13;
mais Dieu en a disposé autrement. Le retour de M. Bouteville nous a encore causé&#13;
de nouveaux embarras par tout ce qu’il nous a dit de ces pays-là, car nous avons&#13;
reconnu qu’il n’y a pas de si grands biens à faire que nous nous l’étions imaginé.&#13;
Nous avons cependant à la fin pris le parti d’y laisser aller M. de La Vente et son&#13;
compagnon à tous hasards, puisque la dépense en est faite et comme il est homme&#13;
sage et expérimenté, nous pouvons compter sûrement sur ce qu’il nous dira pour&#13;
continuer à y demeurer ou en revenir.&#13;
Nous sûmes, au mois de janvier, que l’on avait mis sur l’état 1 000 livres pour le&#13;
curé et 600 livres pour un autre ecclésiastique et qu’il n’y avait rien pour la&#13;
paroisse. Nous y envoyâmes voir l’état et nous trouvâmes qu’en effet, il n’y avait&#13;
rien pour la paroisse, mais dans l’état tout dressé que M. de Ponchartrain devait&#13;
arrêter avec le roi le mardi suivant, il avait ces deux sommes marquées.&#13;
Cependant, nous avons été fort surpris à la fin de février, en allant prier&#13;
M. de Lubert de nous retenir cet argent à Paris, de n’y rien trouver sur l’état, ni&#13;
pour le curé, ni pour l’ecclésiastique qui est avec lui, mais seulement 600 livres&#13;
dans une ordonnance particulière pour le bâtiment et l’entretien de l’église&#13;
paroissiale. Nous n’avons attribué cela qu’à l’indisposition du ministre, qui est&#13;
fâché que nous soyons à la Louisiane et voudrait qu’il n’y eût que des jésuites.&#13;
Nous avons cru cependant devoir laisser aller M. de La Vente et son confrère ad&#13;
explorandam terram3 et voir si on peut s’y établir, puisque les dépenses en sont&#13;
faites. M. Gervaise attend à son retour à examiner sur les nouvelles s’il doit y aller&#13;
ou non. Je ne vous dis rien des changements qui sont aussi arrivés à M. d’Iberville,&#13;
qui tantôt y devait aller et enfin a été supplanté par le beau-frère de M. Bégon, le&#13;
commis de M. de Pontchartrain, qui mène M. de La Vente et comme c’est un&#13;
officier qui aime son plaisir et qui mène vingt-cinq jeunes filles assez bien faites,&#13;
que Mgr de Québec s’était bien donné de la peine de choisir les plus sages qu’il a&#13;
pu trouver, il est à craindre que ce vaisseau ne soit une occasion de pécher pour&#13;
ces officiers en menant ces filles et que le pauvre M. de La Vente n’ait bien à&#13;
souffrir.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
À l’exploration des terres&#13;
&#13;
�Je ne saurais cependant vous représenter son zèle à surmonter toutes les difficultés&#13;
dans la vue de contribuer à l’établissement d’une colonie, qui serve de véhicule à&#13;
la foi dans ces vastes pays. Je ne saurais aussi vous représenter combien toutes ces&#13;
affaires, ces changements, ces dépenses m’ont causé de peines et de chagrins.&#13;
Cependant, j’ai envoyé au moins 600 livres pour M. de Saint-Cosme, autant pour&#13;
M. Davion et autant pour M. Bergier. J’ai dépensé pour M. de La Vente, avant qu’il&#13;
sortît de Paris, 1 500 livres, sans ce qu’il aura dépensé lui cinquième ou sixième à&#13;
Rochefort depuis cinq mois et ce que M. Fleury achètera de vivres pour lui. Vous&#13;
ne devez pas être surpris après cela que je ne vous envoie rien pour les Tamarois&#13;
par le Canada, comme vous paraissez le souhaiter.&#13;
J’ai trop avancé pour ces missions ; je ne puis plus rien avancer pour elles, car outre&#13;
ces dépenses, voilà M. Bouteville de retour à Paris, qui y est arrivé le 8 de janvier.&#13;
Il a ramené avec lui un petit magot de Sauvage pour redoubler sa dépense. Il m’a&#13;
fallu payer leur dépense par le messager, depuis le port Louis jusqu’à Paris. Il me&#13;
faudra payer sa pension et celle de son Sauvage et fournir tout ce qu’il faudra pour&#13;
les conduire jusqu’à La Rochelle et à leur embarquement et par-dessus tout cela, il&#13;
m’a encore apporté 500 ou 600 livres de dettes qu’il devait à M. d’Iberville en ces&#13;
pays-là.&#13;
Vous me marquez que vous ne pouvez en rien contribuer à ces dépenses. Qui donc&#13;
les fera ? Car les 3 000 livres qu’on reçoit ne suffisent pas beaucoup près. Le&#13;
Séminaire de Paris ne les fera pas ; il n’a aucun fonds pour cela et vous ne devez&#13;
pas vous attendre qu’il s’en mêle. C’est vous qui avez fait cette entreprise, ce sera&#13;
vous qui la supporterez ou la dissoudrez si elle vous paraît insoutenable.&#13;
Tout ce que j’ai pu obtenir de nos Messieurs a été de toucher de MM. des Indes&#13;
orientales ce qui était dû à M. de La Vente et Calvarin. Voilà l’état du temporel de&#13;
cette mission. Quant au spirituel, il ne paraît pas que nos MM. Saint-Cosme et&#13;
Davion y fassent rien. M. de Saint-Cosme a peine à demeurer dans un même lieu.&#13;
Il abandonnera, si je ne me trompe, au premier moment sa mission pour courir&#13;
aux Panis avec quelques découvreurs. M. Davion est si infirme que nous l’avons&#13;
laissé le maître de repasser en France pour retourner en Canada ou d’aller droit en&#13;
&#13;
�Canada, car il nous paraît si cassé qu’une vie de missionnaire n’est pas soutenable&#13;
pour lui. Il n’y a donc que M. Bergier qui fasse quelque chose, mais il nous paraît&#13;
impossible de lui envoyer ses besoins sans des dépenses infinies et puisque vous&#13;
jugez devoir retenir cette mission, nous vous la laisserons soutenir comme vous le&#13;
pourrez du Canada et nous nous bornerons à soutenir celle d’en bas, mais surtout&#13;
la colonie, jusqu’à ce que Dieu donne quelque ouverture d’établir la foi chez les&#13;
Sauvages. Mgr de Québec, qui a vu tous mes embarras pour ces missions et les&#13;
dépenses horribles que j’ai faites, n’a eu garde de m’aider en rien des 2 000 livres&#13;
du clergé. Il ne faut s’attendre à aucun secours de sa part pour ces missions.&#13;
Il faut à présent, Monseigneur et Messieurs, vous rendre compte de ce que nous&#13;
avons fait depuis juin dernier pour les unions des abbayes. Je crois devoir vous&#13;
représenter qu’il semble que vous ne vous confiez pas assez en nos soins et notre&#13;
attention sur vos intérêts, par la manière dont vous en avez usé à notre égard dans&#13;
la supplique que vous m’avez adressée par la poste avec tant d’empressement, où&#13;
vous révoquez vos procurations du chapitre et peu s’en faut que vous ne nous y&#13;
soupçonniez de nous entendre avec Mgr de Québec contre vos propres intérêts.&#13;
J’attribue un peu ces activités à M. de Glandelet, qui moins il entend les affaires&#13;
temporelles, qu’il regarde toujours comme rien, suivant son ancien principe, plus&#13;
il a d’empressement dans les affaires, quand il croit qu’elles ne vont pas selon ses&#13;
vues et quand il croit perdre quelque chose de ce temporel, qu’il regarde comme&#13;
rien seulement de bouche, mais qu’il a plus d’empressement à conserver que ceux&#13;
qui y paraissent plongés jusqu’au col. Cela soit dit, cependant sans manquer au&#13;
respect qu’il sait que j’ai pour lui, mais il sera bien surpris que ce mémoire du&#13;
chapitre, envoyé par la poste avec tant d’empressement, n’a servi de rien. En voici&#13;
les raisons, que j’espère qu’il approuvera lui-même.&#13;
Depuis les dernières lettres que je vous écrivis l’an passé, je ne saurais vous&#13;
expliquer les différentes difficultés qu’on nous a formées à Rome pour empêcher&#13;
ces unions. Nous avons toujours tâché à les aplanir et à les résoudre. Les Romains&#13;
seraient ravis que nous leur en fissions nous-mêmes : ce serait le moyen de n’avoir&#13;
jamais rien et nous connaissons trop cette cour pour lui porter la moindre&#13;
difficulté, car ils ne cherchent nullement à finir les affaires ; ils ne cherchent au&#13;
contraire qu’à les arrêter.&#13;
&#13;
�La Cour de France en a formé de son côté, car sur ce que la congrégation préposée&#13;
pour ces unions a demandé une information juridique faite en France par son&#13;
nonce que les libertés de l’Église gallicane ne permettent point de faire aucune&#13;
fonction en France, à quoi nous n’avons jamais voulu contribuer en rien. Enfin,&#13;
quand le pape a vu qu’il n’y avait pas moyen de l’obtenir, il a avoué que c’était un&#13;
des prélats qui lui avait fait entendre que cette occasion serait favorable pour&#13;
donner à son nonce moyen d’exercer sa juridiction. Il s’est donc relâché et a déclaré&#13;
qu’il n’en souhaitait plus ; alors, on a fait entendre au roi ou à ses ministres que le&#13;
pape ne passait outre sur cette affaire que pare que Mgr de Québec avait donné les&#13;
mains à faire une information secrète devant M. le nonce. On lui en a fait un crime&#13;
et on a eu toutes les peines à en faire revenir les ministres, jusque-là qu’il a fallu&#13;
que le pape ait fait voir à M. le cardinal de Janson tout ce que M. le nonce lui a écrit&#13;
sur cette affaire pour faire voir qu’on n’avait fait aucune information juridique. Le&#13;
pape-ci passe pour vouloir beaucoup entreprendre sur nos libertés ; c’est pourquoi&#13;
les ministres sont d’une attention extraordinaire sur toutes ses demandes.&#13;
J’ai cru vous avoir mandé assez affirmativement l’an passé que ce n’avait pas été&#13;
par la suggestion de Mgr de Québec que le pape s’était éloigné d’attribuer les trois&#13;
menses conventuelles au chapitre, mais que c’était vraiment du pape que cela&#13;
venait et que considérant combien plusieurs chapitres sont peu utiles, par la&#13;
mauvaise manière dont le service y est fait, il n’a eu nulle dévotion de fonder un&#13;
chapitre. Il a tenté plus de désir de contribuer à l’entretien des missionnaires et&#13;
vous vous êtes fort trompés d’avoir révoqué les pouvoirs du chapitre que vous&#13;
nous avez envoyé, car nous n’en avons nullement usé en cela. Nous n’avons rien&#13;
signé qui vous soit désavantageux au chapitre et qui dut vous obliger de nous&#13;
révoquer ces pouvoirs.&#13;
Le pape est le maître de faire telle grâce et en telle manière qu’il lui plaît, surtout&#13;
en ce qui regarde l’application de menses conventuelles. Il ne peut être fixé par&#13;
aucun intérêt particulier. Il n’en est pas de même des menses abbatiales : il n’y&#13;
peut faire de changement que du consentement du roi, parce que le roi nomme à&#13;
ces abbayes ; mais pour les menses conventuelles, le roi ne s’en mêle pas ; et ce&#13;
qu’il peut en avoir inséré dans ses lettres patentes et fait voir seulement qu’il agrée&#13;
&#13;
�ces changements, mais n’influe en rien dans ces changements. Le pape en est&#13;
absolument le maître ; ainsi, s’il veut ne donner au chapitre que l’abbaye entière&#13;
de l’Estrée, personne ne peut le trouver mauvais. C’est beaucoup qu’après cela, il&#13;
veuille encore appliquer les menses conventuelles des deux autres abbayes pour&#13;
les besoins du diocèse de Québec.&#13;
Or, il me semble que je vous ai écrit l’an passé que nous avions signé, avec Mgr de&#13;
Québec conjointement, un pouvoir à M. de Bru d’insérer dans la supplique que ces&#13;
deux menses conventuelles seraient unies au Séminaire des Missions étrangères&#13;
de Québec. Je vous mandais, à la vérité, que je n’étais pas sûr que cela fut agréé de&#13;
la congrégation, mais que nous y ferions notre possible ; or, cela y a été inséré. Il&#13;
est vrai que nous sommes obligés d’en rendre compte à l’évêque de Québec de&#13;
l’administration de ces biens, mais nous ne pourrions obtenir autrement cette&#13;
grâce. On nous avait mandé, avant que de recevoir nos lettres, que la supplique&#13;
avait été admise à cet égard et qu’on n’y trouvait nulle difficulté. Vous jugez bien&#13;
après cela que nous n’avons eu garde d’envoyer à Rome votre mémoire du&#13;
chapitre, qui aurait tout rompu. Je vois, dans les lettres de M. des Maizerets et dans&#13;
un endroit de celle de M. de Glandelet, qu’il serait bon que cela fut ainsi appliqué.&#13;
Nous n’avons donc pu nous dispenser d’arrêter ce mémoire et ne le pas envoyer à&#13;
Rome, où il aurait tout fait échouer.&#13;
Nous avons remarqué que Mgr de Québec n’a point en tout cela été de côté. Il nous&#13;
a paru aller droit et chercher avec sincérité la fin de ces affaires si longues. Vous&#13;
savez de plus qu’étant d’une maison comme nous sommes, nous devons concourir&#13;
à son bien et à son établissement solide, plutôt qu’à celui d’un chapitre, car par ce&#13;
moyen, nous attachons même tellement le chapitre au Séminaire qu’on aura bien&#13;
de la peine à l’en séparer. Nous unissons par-là inséparablement dans une même&#13;
maison le Séminaire, le chapitre et la cure. J’ai toujours vu que c’étaient vos désirs&#13;
et vos vues à vous tous, à Mgr l’Ancien, qui m’en a tant parlé et écrit, à&#13;
M. des Maizerets, qui n’a cherché que cela, et de même à M. de Glandelet et à&#13;
M. Dupré. J’ai cru que rien ne pourrait être plus utile à ce diocèse que de réunir&#13;
dans une même maison tout le clergé ; or, ç’en est là le véritable moyen. Le&#13;
Séminaire sera le mieux partagé ; le chapitre ne s’en pourra passer et il y aura trop&#13;
&#13;
�peu de revenu dans ce corps pour que d’autres personnes que celles du Séminaire&#13;
entreprennent de l’en séparer et de le soutenir indépendamment de nous.&#13;
Voilà répondre assez au long à ce qui regarde les unions. Elles ne sont pas&#13;
cependant encore finies, mais nous avons sujet d’espérer que la première nouvelle&#13;
que nous recevons sera que la supplique est signée. Mais l’embarras sera après&#13;
cela d’avoir de l’argent pour la faire expédier, car enfin où prendre 12 000 ou&#13;
15 000 francs, et même peut-être 18 000 ou 19 000 ? Vous ne me mettez pas en état&#13;
d’y contribuer, comme vous le savez par tout ce que vous me tirez de lettres de&#13;
change. Mgr de Québec, qui n’a pas un sou, est encore moins en état de le faire. On&#13;
ne trouve plus d’argent à emprunter. Je crains bien que toute cette poursuite des&#13;
unions ne tourne en fumée et ne devienne à rien, quand il faudra trouver de&#13;
l’argent pour faire expédier la bulle, car la mort du pape arrivant si elle n’est pas&#13;
expédiée, c’est tout à recommencer sous un autre pontificat.&#13;
Vous voulez bien que je vous dise que vous ne faites pas assez attention sur tout&#13;
cela et qu’en cela, vous n’êtes pas au fait de vos affaires, car il n’y en a guère de&#13;
plus importante que celle-là.&#13;
Je ne vous rends pas un compte exact de toutes les dernières difficultés qui se sont&#13;
formées sur ces unions sur les offices claustraux, sur les bénéfices dépendants de&#13;
Bénévent et sur quantité d’autres choses, mais une des dernières a été une pension&#13;
que nous avons sue cet automne que Mgr de Québec avait fait créer par un brevet&#13;
du roi sur son abbaye de Bénévent, en faveur de M. de La Pallière. Ce bon&#13;
Normand rend ses services gratis et avec générosité, mais il trouve moyen de s’en&#13;
faire bien payer. Je n’aurai pour moi jamais que des coups de bâton ! Quel mal et&#13;
quelles peines me suis-je donnés pour le diocèses de Canada! Ceux qui s’en&#13;
donnent bien peu, comme M. Merlac et ce dernier, savent s’en bien prévaloir. Je&#13;
vous dirai cependant, à la louange de Mgr de Québec, que lui ayant mandé cela, il&#13;
eut la générosité de s’offrir à me récompenser ; mais je deviendrais une rosse et ne&#13;
vaudrais plus rien si je venais à me procurer ces sortes d’assurances. Je trouve&#13;
mieux mon compte à n’attendre d’autre récompense que de Dieu. J’espère&#13;
cependant que touchant à faire mon devoir de prêtre, Dieu ne permettra pas que&#13;
&#13;
�je manque du nécessaire. Je le recevrai plus dépendamment de sa main quand je&#13;
n’aurai rien de fixe et d’assuré pour moi.&#13;
Vous ne sauriez croire combien cette pension de M. de La Pallière nous a causé de&#13;
peine, lui qui ne l’avait acceptée, disait-il, de Mgr de Québec que pour lui faire&#13;
plaisir, n’avait pas laissé pour se la conserver, ayant appris que M. Le Bru n’en&#13;
voulait pas parler dans la supplique, parce qu’il prévoyait que cela révolterait les&#13;
Romains et nous empêcherait d’obtenir aucun gratis, n’avait, dis-je, pas laissé d’en&#13;
faire écrire à Rome au pape, à son premier ministre, au cardinal de Janson et à&#13;
d’autres par plusieurs personnes, même de la part du roi, et il m’attribuait sans&#13;
fondement de m’opposer à cette pension, dont je n’avais cependant nulle&#13;
connaissance.&#13;
Comme nous vîmes que cette pension faisait un si grand obstacle, nous fûmes&#13;
obligés de proposer à Monseigneur d’assurer à M. de La Pallière 400 livres de biens&#13;
sur sa vie durant sur d’autres revenus que ses abbayes et nous offrîmes même,&#13;
pour tirer Mgr de Québec de ce mauvais pas, de nous engager de le faire payer de&#13;
cette pension sur la fondation que Mgr de Québec nous a faite, dans sa donation,&#13;
de 42 000 livres, en cas que Mgr de Québec vint à mourir avant lui. Nous en&#13;
passâmes même un acte, mais cet acte a été annulé, parce qu’il y avait quelque&#13;
espèce de simonie. Je ne sais à présent quel parti prend M. de La Pallière pour se&#13;
conserver cette pension et se l’assurer.&#13;
Vous aurez la bonté de faire entendre à MM. vos chanoines les raisons qui nous&#13;
ont empêchés de nous servir de leur supplique et qui nous ont obligé d’accepter&#13;
ce que le pape a bien voulu accorder à notre Séminaire.&#13;
Vous serez toujours les maîtres d’appliquer de ces revenus qu’on vous destine&#13;
pour faire bien l’office dans la cathédrale, mais il faudra que le Séminaire en soit&#13;
toujours le maître et que cette application s’en fasse par les supérieurs de concert&#13;
avec l’évêque.&#13;
Il faut à présent descendre à une autre plainte que j’ai à faire de vous à vous-même,&#13;
sur la manière dont vous agissez avec moi pour votre temporel. Il ne faut pas vous&#13;
&#13;
�dissimuler que vos lettres m’ont rendu réellement malade et m’ont causé plusieurs&#13;
accès de fièvre, au lieu de recevoir de la consolation par vos lettres, comme j’aurais,&#13;
ce me semble, dû en espérer, après avoir payé toutes vos lettres de change de 1703&#13;
et vous avoir envoyé heureusement tout ce que vous m’aviez demandé. Je vois&#13;
que sans avoir égard à tout ce que je vous écrivis l’an passé et vous fis écrire par&#13;
M. l’abbé de Brisacier, après vous avoir précisément marqué que quand je&#13;
recevrais vos ordonnances au Trésor royal, ce qui était fort douteux, je ne pouvais&#13;
dépenser pour vous cette année, tant en lettres de change qu’en factures, que&#13;
8 000 livres et malgré tout cela, vous me tirez pour 10 000 livres de lettres de&#13;
change, vous m’envoyez une facture qui croît à près de 4 000 livres et plusieurs&#13;
autres petites pour la sacristie, pour les enfants, pour les écoles, pour les Tamarois,&#13;
qui iraient à plus de 3 000 livres, vous m’adressez une facture pour La Rochelle de&#13;
plus de 3 000 livres, qu’à la vérité vous notez me prier d’accomplir, mais que vous&#13;
voudriez pourtant bien recevoir ! Il y a plus : M. Buisson me renvoie ici plusieurs&#13;
dettes à payer et entretient l’argent, comme par exprès, de 200 livres pour les&#13;
ferrures prises de l’Allemand, plus 268 livres qu’il a touché pour le sieur Maigret,&#13;
plus il me prie d’avancer jusqu’à 300 livres pour le sieur Picard qu’il retient, dit-il,&#13;
en ses mains et ces sommes, avec d’autres, qu’il me renvoie vont encore à près de&#13;
2 000 livres ; de sorte que vous me donnez par-là près de 22 000 livres à dépenser&#13;
dans un temps le plus difficile à trouver de l’argent qu’on puisse trouver et dans&#13;
un temps où après avoir poussé tout le mieux que j’ai pu vos affaires, je vous ai&#13;
avancé près de 10 000 livres, dont vous me demeurez redevable par votre arrêté&#13;
de compte ! Je vous supplie donc de me dire comment vous avez prétendu me jeter&#13;
dans cet embarras. J’ai été plus de huit jours presque résolu à tout quitter là et&#13;
m’aller confiner dans un désert, puisque l’on trouve si peu de concert et d’accord&#13;
avec les personnes qui nous sont les plus chères. Avez-vous pensé que je faisais de&#13;
la fausse monnaie et que j’en faisais autant que j’en voulais pour me tirer tant de&#13;
lettres de change ? Il vous paraît que vous n’avez rien à ménager pour tirer des&#13;
lettres de change et quand vous en avez tiré plus que tout ce que je pouvais&#13;
recevoir pour vous dans une année, vous m’adressez des factures, vous me dites&#13;
qu’il n’y a rien à y retrancher, que vous irez tout nu si on ne vous envoie pas ce&#13;
que vous demandez et vous ajoutez facture sur facture.&#13;
&#13;
�J’ai été plus de dix jours dans la pensée de n’accepter aucune de vos lettres de&#13;
change et de ne vous rien envoyer de vos factures et seulement d’employer ce que&#13;
je recevrais pour vous à payer les 9 700 livres tant délivrées que j’étais en avance&#13;
pour vous. J’aurais après cela fait de la dépense pour vous à mesure que j’aurais&#13;
reçu pour vous, car je vois bien que plus on s’efforce pour vous, plus vous poussez&#13;
les personnes dans l’embarras. Nos MM. de Paris me disent que je mérite bien que&#13;
vous me traitiez ainsi, parce que je fais trop bien vos affaires. Souffrez que je parle&#13;
ainsi : l’orgueil n’y a nulle part, c’est une des charges du cœur que j’aime mieux&#13;
vous faire.&#13;
J’admire M. Buisson, qui me fait le compliment de la comédie. Nous vous devons,&#13;
dit-il, 9 700 livres et 10 000 livres que nous tirons : ce sera 19 700 livres que nous&#13;
vous devrons. Il prétend que vous avez bien du crédit à Québec et que je laisse une&#13;
année vos lettres de change protestées : où sera votre crédit et ne l’avez-vous pas&#13;
abîmé ? Il est vrai que vous perdrez en même temps votre crédit à Paris et une&#13;
certaine réputation, que le Séminaire a toujours eue, de conduire ses affaires avec&#13;
sagesse et discrétion ; mais c’est sur quoi vous vous fiez et vous espérez qu’il n’y&#13;
a qu’à tirer et que nous ne pourrons laisser protester. J’en ai eu cependant bien&#13;
envie pendant plus d’un mois ; mais après avoir considéré l’embarras et la&#13;
mauvaise réputation de la dépense en intérêt et frais que cela causerait, je n’ai pu&#13;
m’y résoudre. J’ai donc pris le parti, Messieurs, d’accepter vos lettres de change,&#13;
mais j’ai agi en cela comme une personne qui est dans un torrent et qui s’en laisse&#13;
entraîner. Je ne sais plus où je vais et je ne sais si à la fin de juin, on ne me donnera&#13;
pas une chambre au For-l’Évêque4 ou à la Conciergerie5, faute de payer vos lettres&#13;
de change.&#13;
Considérez l’état où je me trouve. L’état est si misérable en France qu’on n’y&#13;
saurait tirer des fermiers de la campagne un denier. Les dépenses de la guerre sont&#13;
si fortes qu’elles absorbent tout l’argent au Trésor royal, où on ne saurait rien&#13;
toucher. Je n’ai actuellement pas touché l’ordonnance des missions de la Louisiane&#13;
pour l’année passée de 3 000 livres, non plus que celle de 4 000 livres pour&#13;
l’incendie de notre Séminaire et les 2 000 livres de la pension de Mgr l’Ancien au&#13;
&#13;
4&#13;
5&#13;
&#13;
Prison royale, où étaient surtout enfermés les prisonniers pour dettes.&#13;
Autre prison royale&#13;
&#13;
�Trésor royal pour 1703. Et si nous touchons ces sommes, ce sera assurément une&#13;
des plus grandes faveurs qu’on puisse nous faire. Je voudrais voir quelqu’un de&#13;
vous ici pour considérer s’il est si facile d’y faire les affaires que vous vous&#13;
l’imaginez ! Outre tout cela, je n’ai rien touché de M. l’évêque d’Aire depuis dixhuit mois, quelques instances que j’aie faites. Je n’ai presque rien touché de la quête&#13;
que de quelques amis particuliers très peu de choses et cependant, j’ai payé à&#13;
M. Grignon plus de 1 400 livres pour la facture de l’an passé, le départ des&#13;
missionnaires et les frais des ballots. J’ai avancé plus de 400 livres pour le voyage&#13;
de M. Calvarin et toute la dépense de la Louisiane. Jugez par-là de l’embarras où&#13;
je me trouve, car je suis comme un homme qui a plus de 100 piques6 d’eau sur la&#13;
tête et qui est absolument noyé. M. de Glandelet, en riant, me reproche que&#13;
puisque je prête à Mgr de Québec pour son voyage des 2 000 livres, je prêterai à&#13;
plus forte raison au Séminaire ; mais il ne voit pas que quand je prêtai, ce fut dans&#13;
le dernier besoin pour opérer ces unions et que je voyais à me rembourser par les&#13;
2 000 livres que je dois payer tous les ans à M gr de Québec. En effet, je l’aurais été&#13;
l’an passé à Pâques si je n’avais préféré de faire payer le Séminaire pour les écoles&#13;
et M. Maudoux pour son billet. Enfin, je le serai cette année et Mgr de Québec ne&#13;
me devra plus rien à moi. Quand est-ce que je serai ainsi libre avec le Séminaire ?&#13;
Je vous ai mandé l’an passé que vous ne deviez rien espérer des abbayes et que&#13;
tout ce qui s’en tirerait servirait à payer les bulles et M. des Maizerets me mande&#13;
que je dois prendre le mémoire de la sacristie et que de plus, il n’est pas juste que&#13;
faisant l’office, on ne touche rien. Je vous supplie de me dire, si c’est pour payer&#13;
mes dettes que je prends ce revenu, le Séminaire ne devrait-il pas au contraire le&#13;
faire ? [N’]est-ce pas pour le chapitre et le Séminaire que se fait cette dépense ?&#13;
Vous n’êtes obligés à aucun office quand vous n’avez nul revenu. Si votre dévotion&#13;
vous porte à le faire, n’en attendez de récompense que de Dieu.&#13;
Il faut ajouter à toutes ces plaintes ce qui regarde M. Maudoux. N’ai-je pas raison&#13;
de dire : Patres nostri manducaverunt uvam acerbam et dentes nostra abstupuerunt7 ?&#13;
Vous me renvoyez l’affaire de M. Maudoux à régler après que vous m’avez jeté&#13;
dans les derniers embarras. Et comment régler ? En lui payant, dites-vous, l’intérêt&#13;
&#13;
6&#13;
7&#13;
&#13;
Une pique équivaut à une longueur d’environ 1,6 mètre.&#13;
Nos pères ont mangé du raisin aigre et nos dents sont restées endolories.&#13;
&#13;
�de ce que nous lui devons. Et combien lui devez-vous ? Vous m’envoyez un&#13;
mémoire de M. Buisson, qui le fait monter à 900 tant de livres et qui n’y comprend&#13;
pas 600 livres que j’ai reçues de Mgr de Québec d’un billet de M. Maudoux, lequel&#13;
billet, ne sachant comment il vous appartenait, je l’ai porté en recette dans mon&#13;
compte l’an passé que je vous ai rendu et par conséquent, c’est plus de 1 500 que&#13;
vous devez à M. Maudoux. Si ce billet lui appartient, comme il le prétend, au lieu&#13;
de 900 que marque M. Buisson, ce n’est plus moi qui dois ces 600 livres, puisque&#13;
je les ai employées dans votre compte. Et cependant, on n’en parle pas. Mais de&#13;
plus, M. Maudoux dit vous avoir écrit qu’il avait absolument besoin de cet argent,&#13;
qu’il voulait le mettre à fonds perdu sur le roi pour en tirer un gros intérêt et il&#13;
publie partout que c’est un dépôt que vous ne lui pouvez refuser dès qu’il vous le&#13;
demande. Il faut que j’aie encore cette aubaine. Cependant, je la supporte, puisque&#13;
je ne saurais y remédier. J’ai déclaré à M. Maudoux que je ne lui devais rien, que&#13;
je n’avais rien reçu de lui et qu’il s’adressât à vous pour être payé. Je ne doute pas&#13;
qu’il ne le fasse, car il ne paraît guère content. Il aurait voulu que j’eusse pris son&#13;
argent à fonds perdu au denier 10, mais cela nous est défendu et je le lui ai fait&#13;
connaître ; et d’ailleurs, ce serait un très grand désavantage.&#13;
Quelque grand que soit l’embarras où me jettent vos lettres d’échange, je ne laisse&#13;
pas d’acheter encore quelques étoffes pour vous, mais je ne vous enverrai pas tout&#13;
ce que vous me demandez. Je ne vous enverrai rien pour la sacristie, les écoles et&#13;
le Petit Séminaire. C’est encore beaucoup trop que ce que je fais.&#13;
Il vous semble que vos enfants ne vous coûtent rien. Quand vous m’avez demandé&#13;
pour 2 000 livres d’étoffes, de bas, de souliers et autres choses pour eux, vous ne le&#13;
payez pas ; ainsi, cela ne vous coûte rien. Je sais bien cependant ce qu’il m’en coûte&#13;
et je ne trouverais pas mauvais que vous en eussiez 200 au lieu de 90 livres. Si vous&#13;
ne me demandiez rien ici pour eux, avec la quantité, vous voulez toujours le&#13;
meilleur et ce qui coûte davantage. Je voudrais à ce sujet vous demander pourquoi&#13;
vous habillez le Petit Séminaire de bleu. Cela fait cependant une différence de&#13;
20 sols par aune d’étoffe pour eux. À quoi sert ce bleu ? et ne serait-il pas plus&#13;
modeste que tous leurs capots fussent bruns8 ? J’ai pensé dès cette année vous&#13;
Selon les recherches de Noël Baillargeon, « le Séminaire de Québec ne renonça au capot bleu à nervures&#13;
blanches que le 19 avril 1943 » (Le Séminaire de Québec sous l’épiscopat de Mgr de Laval, 1972, p. 112, n.&#13;
42).&#13;
8&#13;
&#13;
�envoyer toutes les falaises en brun et je le ferai l’année prochaine, afin d’épargner&#13;
cette couleur, qui est ridicule pour de jeunes gens qu’on destine à l’état&#13;
ecclésiastique. Je n’ai pas cependant voulu le faire sans vous proposer ce&#13;
changement, sur lequel je vous prie de me faire réponse.&#13;
Il me reste à vous dire ce que j’ai fait au sujet de la facture que vous m’avez&#13;
adressée par M. Grignon. Vous apprendrez que nous l’avons perdue cet automne,&#13;
dont j’ai eu grand regret, mais j’ai trouvé dans M. Fleury, son gendre, de quoi le&#13;
réparer. Il est plein de bonne volonté pour le Séminaire et pénétré de&#13;
reconnaissance de l’éducation que lui a donnée M. des Maizerets dans le&#13;
Petit Séminaire. Il m’a rendu de bons services dans les affaires que j’ai eues à traiter&#13;
avec M. d’Iberville et en même temps qu’il m’a marqué bien de l’affection, je lui ai&#13;
trouvé bien de la sagesse et de la prudence. Il a bien voulu se charger par amitié&#13;
pour le Séminaire de défaire les avances à M. Buisson pour sa facture et il doit en&#13;
faire embarquer dans le Neptune tout ce qui se prend à Bordeaux, afin de l’envoyer&#13;
en prime. Il en écrira à M. Buisson, qui lui renverra de quoi le payer, non pas sur&#13;
moi, car je ne pourrai rien pour le Séminaire de Québec d’ici à deux ans.&#13;
Ne nous attendons pas d’obtenir rien de cette année, ni de toute la guerre, dont on&#13;
ne voit pas la fin, pour vos jeunes théologiens. Nous serions heureux si nous&#13;
pouvions seulement être payés de nos ordonnances et en obtenir la continuation.&#13;
N’attendez rien non plus pour votre incendie, hors l’ordonnance des 4 000 livres,&#13;
dont on aura peine à tirer le paiement. Si nous l’obtenons dans cette année, ce sera&#13;
un grand effort. Mais soyez sûrs que si la guerre dure l’année prochaine, vous ne&#13;
pourrez rien toucher absolument de vos ordonnances. Il n’y faut faire aucun fonds.&#13;
La guerre absorbe tout l’argent.&#13;
Le frère de M. Dupré, chirurgien, aide-major de l’armée d’Italie, est mort. J’ai été&#13;
heureux de l’avoir recommandé à M. de Mauray, brigadier d’armée, à présent&#13;
maréchal de camp, car il nous a avertis de sa mort arrivée au mois de juillet dernier.&#13;
Il a depuis, à ma prière, bien retiré ce qui lui appartenait et empêché une&#13;
confiscation qu’on en voulait faire et qu’on en aurait fait, en effet, s’il ne s’était&#13;
employé fortement pour cela. Comme il est l’âme de l’armée d’Italie et intime de&#13;
M. le duc de Vendôme, il a arrêté toutes choses avec une procuration de M. Dupré,&#13;
&#13;
�son frère, marchand à Orléans. J’ai retiré déjà des billets sur l’extraordinaire des&#13;
guerres, payable dans cette année, comme je l’espère, par le crédit encore que j’y&#13;
ai, car le premier Trésorier est M. de Pleneuf, fils de M. Berthelot, qui, comme&#13;
j’espère, aura quelque bonté pour moi. J’ai déjà entre les mains des billets pour&#13;
près de 2 628 livres, mais dans cette somme, il y a des intérêts usuraires pour plus&#13;
de 200 livres, car M. Dupré avait remis à M. Berthelot de Duchi 180 louis d’or, qu’il&#13;
a fait alors pour en tirer un intérêt usuraire, et lorsque j’ai remis à M. Berthelot de&#13;
Duchi, fils de M. Berthelot et qui me connaissait, ayant dîné ensemble plusieurs&#13;
fois, il m’a donné, à la place de son billet de 180 louis d’or, ces billets de&#13;
l’extraordinaire des guerres, comme son billet le portait pour cette somme de&#13;
2 628 livres, payable à la fin de juin et dont on reculera bien peut-être encore le&#13;
paiement de six mois.&#13;
Je compte, si je suis pressé par mes lettres de change, me servir de cette somme&#13;
pour aider à payer mes lettres de change en juin, si je puis en faire passer ; mais il&#13;
faudra la rendre l’année prochaine à M. Dupré d’Orléans, suivant ce que&#13;
M. Dupré, curé de Québec, en conviendra avec lui. M. Dupré d’Orléans consent&#13;
déjà qu’on tire les intérêts usuraires de la somme principale et qu’on les rende à&#13;
ceux qui les donnent. Je me persuade que M. le curé de Québec sera du même avis.&#13;
M. de Mauray a encore entre les mains 300 tant de livres qu’il a encore retirées des&#13;
hardes et équipage de M. Dupré. Je l’ai prié de les envoyer de Milan à Rome à nos&#13;
Messieurs et j’en attends la nouvelle, de la réception et d’une plus grosse somme&#13;
que j’ai contée ici à Mme son épouse, qui est ma pénitente, et que M. son mari doit&#13;
envoyer à Rome à nos Messieurs.&#13;
J’attends de plus de lui un certificat de la mort de feu M. Dupré, le chirurgien, pour&#13;
retirer encore une somme de 1 500 livres qui lui était due à Paris. M. Dupré, curé&#13;
de Québec, est héritier par un tiers avec son frère d’Orléans et une autre sœur. Il&#13;
me mandera, s’il lui plaît, s’il veut que je remette le tout à M. son frère ou que je&#13;
lui en donne une partie et quelle partie il veut que je retienne pour lui.&#13;
M. Buisson apprendra par vous, s’il lui plaît, que ne m’ayant pas envoyé d’argent&#13;
par le processus du sieur Picard, je l’ai laissé perdu au croc. Il croyait que je serais&#13;
assez pressé de faire juger cette affaire avant que de recevoir de ses nouvelles, mais&#13;
&#13;
�je ne l’avais pas fait juger et je n’ai gardé que le faire juger qu’il ne m’ait fait toucher&#13;
de l’argent.&#13;
Mgr de Québec paraît se préparer fortement à retourner cette année en Canada. Il&#13;
y a des gens qui croient qu’on l’arrêtera ; pour moi, j’ai peine à le croire. Il ne paraît&#13;
pas mieux dans ses affaires qu’il l’était quand il est revenu de Canada.&#13;
Nous n’avons encore aucun jugement sur notre affaire contre les Jésuites de la&#13;
Chine. Ce sont des délais continuels et nous espérons moins que jamais de voir&#13;
finir cette affaire sous ce pontificat. Le pape ne cesse d’assurer qu’il la veut jugée&#13;
et jugée définitivement, mais il cherche tous les prétextes pour retarder ce&#13;
jugement et personne ne croit à Rome et en France qu’il la juge jamais. On le voit&#13;
trop lié avec les Jésuites et il a pris avec eux de trop grands engagements, espérant&#13;
par eux faire la paix, ce qui est une espérance très frivole. Après tout, il est notre&#13;
supérieur, il faut prier pour lui et ne le pas condamner sur sa conduite, quoique&#13;
nous ne l’approuvions pas. Il a peut-être des raisons qui nous sont cachées.&#13;
Nos Messieurs approuveraient fort que vous rappelassiez M. Bergier au Séminaire&#13;
pour le préposer à l’étude de théologie de nos jeunes gens, car ils sont fort blessés&#13;
de l’ignorance de vos prêtres canadiens que vous faites. C’est un mal plus grand&#13;
que vous ne pensez. Vous faites une plaie à cette Église, qui aura peut-être peine à&#13;
se guérir d’élever au sacerdoce tant de jeunes gens, qui n’ont qu’une très légère&#13;
teinture de théologie. Ces ignorants-là ne feront pas grand bien et ils sont en&#13;
danger de faire bien du mal. Mais il faudrait cependant laisser encore M. Bergier&#13;
quelques années pour lui laisser affermir sa mission.&#13;
Je ne vous envoie rien cette année pour M. de Saint-Cosme le jeune aux Tamarois.&#13;
Il faut le faire attendre une autre année, car j’ai trop dépensé pour ces missions&#13;
pour faire encore de nouvelles dépenses.&#13;
Nous avons déjà présenté au ministre des mémoires très forts pour M. Joncaire. Je&#13;
ne sais si enfin nous obtiendrons quelque chose. Nous n’aurons assurément rien à&#13;
nous reprocher.&#13;
&#13;
�Je ne vous écris rien des nouvelles de la guerre. Il semble que Dieu nous protège&#13;
visiblement et il semble avoir fait éclater de vrais miracles pour repousser deux&#13;
fois l’archiduc en Angleterre et disperser sa flotte. Dieu veuille continuer à nous&#13;
honorer de sa protection.&#13;
Voilà, Messieurs, la seule lettre que je vous écrirai par ces premiers vaisseaux.&#13;
Vous me ferez plaisir d’assurer ceux qui m’ont écrit que j’ai reçu leurs lettres,&#13;
surtout la R.M. Saint-Ignace, et que cette année, elle m’embarrasse aussi bien que&#13;
vous le faites par tout ce qu’elle demande, après une lettre de 3 000 livres tirée sur&#13;
moi. Je lui envoie cependant ce qu’elle demande au frère du Soleil9, une partie de&#13;
ces toiles et couvertures qu’elles demandent à Rouen et presque tout ce qu’elles&#13;
demandent à M. Grignon, que M. Fleury doit leur accomplir à La Rochelle&#13;
J’ai refusé absolument à Monseigneur de me charger de nouveau, comme il&#13;
l’aurait, ce semble, souhaité des affaires des sœurs de Québec et des Ursulines de&#13;
Trois-Rivières. Je suis déjà assez surchargé ; d’ailleurs, il devrait en charger ses&#13;
grands-vicaires, qu’il récompense si bien. Il disputera avec moi sur une bagatelle,&#13;
pendant que je me donne bien de la peine pour lui et pour son diocèse.&#13;
Je vous assure que je serais très disposé pour rien à me décharger encore des&#13;
affaires de son Hôpital général et même de l’Hôtel-Dieu, car enfin je me passerais&#13;
bien de ces affaires. Mgr de Québec compte d’emmener avec lui plusieurs ouvriers.&#13;
Je souhaite qu’ils soient propres au pays. M. Bouteville en ira en même temps.&#13;
C’est sans que j’en susse rien qu’on a chargé sous notre nom tout ce qui appartenait&#13;
aux autres communautés ; car M. Leschassier, supérieur de Saint-Sulpice, en vint&#13;
remercier M. notre supérieur que je ne le savais pas encore. Je pendrai garde, si on&#13;
nous accorde quelque fret, de ne pas laisser arriver rien de semblable.&#13;
Il n’est rien arrivé de nouveau dans les familles de Mgr l’Ancien et de&#13;
M. des Maizerets. Je dois seulement vous faire connaître que M. l’abbé de Laval, à&#13;
Tournay, tout malade qu’il y est toujours, s’est donné un mouvement&#13;
extraordinaire pour notre incendie et dans plusieurs villes de Flandre. Il a amassé&#13;
9&#13;
&#13;
Philippe d’Orléans, frère du roi Louis XIV.&#13;
&#13;
�jusqu’à 900 livres, ce qui va plus loin que ce qui nous est venu de partout ailleurs.&#13;
Il m’en a déjà fait toucher 700 livres et il m’en doit envoyer encore au premier jour&#13;
200 livres.&#13;
Voilà, Monseigneur et Messieurs, tout ce que vous aurez de moi cette première&#13;
voie. Je répondrai par la dernière à vos lettres. Je vous prie d’excuser s’il m’est&#13;
échappé quelque expression ou je manque au respect que je conserve toujours&#13;
parfait pour vous. Le moyen de le faire cesser, c’est de ne me pas pousser si loin&#13;
que vous faites. Je me recommande très particulièrement à vos saints sacrifices et&#13;
prières et suis, avec un très profond respect,&#13;
Monseigneur et Messieurs,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 15 mars 1704&#13;
&#13;
/Transcription10 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250546">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="12004">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/dfcc019864f74f2a39d3757c9758a087.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=FM7Uz54eer0oKkBCDnOViHoX-le%7EF5YqPScXLyqMJOSAgHsCnEOqwjXHgSaNAPxMw0kckmIbKSIAhtm8QS3hQkUZPBgRlxRXn3NgLdPbAUFGiSZr5m2rihKcl8-qdKSoi2gCo6xZqYtyBghPt1zRvOg-%7EmHBMaV32QI%7E61QPek4O9l36MuAEco2WzHc52m0qw4FoiyqdXzqvno27SdJfBXZjL4mBc0BfHayxBGd5pYDe0I32Pgrhpo1OoSli6LjH1vHQZhZ94RlnXJWZseZYSmK-j7MhI3e%7Es2Ck0h6IUp34EVNe3Wpe6FY0d0gdAyKxTfZr3TS5jGCL69-a7x2uBA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>43035891b409a71eeb3de7e371a6219c</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250544">
                    <text>1704, 12 mars – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 30)&#13;
No 30, cart M.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
3.&#13;
&#13;
1&#13;
Paris ce 12. mars 1704.&#13;
2 Monseigneur et Messieurs.&#13;
3 Je neferay par les 1.ers vaiss.x qui vont&#13;
4 en canada de bonne heure cette année&#13;
5 qu’une lettrecommune, n’ayant par le&#13;
6 temps d’en faire departiculieres a chacun&#13;
7 de vous, et n’ayant rien a vous escrire que&#13;
8 Jenepuisse mandre en commun&#13;
9 J’ay receu tous les paquets delettres que&#13;
10 M Glandelet m’a marqué menvoier,&#13;
11 et J’en ay receu aussi deuxpaquets de&#13;
12 M’gr Lancien. J’ay Sujet de croire&#13;
13 que tout ce que vous m’avez escrit&#13;
14 m’a esté rendu&#13;
15 vous recevrez avec cette lettre plusieurs&#13;
16 paquets de lettres que nous vous&#13;
17 envoiasmes l’an passé aussitost que le&#13;
18 Roi eust nommé les places vacantes de&#13;
19 Gouverneur &amp;. mais ces lettres trouverent&#13;
20 le vaisseau parti; Elles Sont restéez ala&#13;
21 Rochelleet J’ay prié qu’on les joignist&#13;
22 a cellecy.&#13;
23 vous apprendrez par ces lettres que&#13;
24 toutes les com.tez ont concourües debonne&#13;
25 foy a demander M de vaudreuil, et le&#13;
26 Roi a eu la bonté de le leur accorder.&#13;
27 Dieu veüille en tirer Sagloire&#13;
28 on a avancé tous les officiers audessous&#13;
29 de lui, et il me Semble qu’on a tasché a&#13;
30 les faire monter avec assez d’equité. Nous&#13;
31 aurions voulu Servir M de Longueilet&#13;
32 M de Galifay mais Jln’y apas eumoien&#13;
33 Jl me Semble que Madamede marson a&#13;
34 paru assez contente de ceque nos mess.rs&#13;
35 ont fait p.r M. de vaudreüil&#13;
36 Nous ne pusmes rien obtenir alors pour&#13;
37 M Joncaire et cepend.’ nous fismes toutes&#13;
38 Sortes d’Jnstances; Je neScay Si nous Serons&#13;
39 plus heureux cette fois cy. Nous avons&#13;
&#13;
�40 deja presenté au ministre des memoires&#13;
41 tres pressans ou nous representons fortem’&#13;
42 Ses Services. Si apres tout cela nous ne&#13;
43 reussissont pas nous porterons avec&#13;
44 patiance les reproches de M Joncaire&#13;
45 qui croit qu’on na pas de reconnoissance&#13;
46 p.r lui parce qu’on nobtient pas ceque&#13;
47 lon demande, co’e Si cela dependoit de&#13;
48 Nous.&#13;
49 Nous avons eu bien des affaires apres&#13;
50 le depart des vaiss.x Sur les missions de&#13;
51 la Louisiane onesperoit alors queM&#13;
52 D’Jber ville partiroit en Septembre dernier&#13;
53 avec une escadre de’ Six ou Sept vaiss.x&#13;
54 p.r quelq’ entreprise Secrette Je fis&#13;
55 des lors accomplir les memoires denos&#13;
56 Messieurs miss.res a La Louisiane, Scavoir&#13;
4.&#13;
&#13;
Cure de&#13;
la&#13;
Mobile&#13;
&#13;
5.&#13;
&#13;
57 de M.r Bergier, M S.t Cosme et M&#13;
58 Davion, et nous fismes aussi acheter tout&#13;
59 ce qui estoit necessaire p.r M Dela vente,&#13;
60 afin quil fust y establir lacure&#13;
61 Car M’gr de Q. apres bien des mouvemens&#13;
62 delapart des PP. Jesuites, a voulu nous&#13;
63 donner cette cure, et J’en fis dresser les&#13;
64 patentes dErection, dont J’en ay fait trois&#13;
65 originaux enparchemin unpour garder&#13;
66 icy, un que Je vous envoieray et un&#13;
67 que J’ay donné a M dela ventepour&#13;
68 porter ala Louisiane&#13;
69 onnous asseuroit alors et bien encore&#13;
70 depuis que nous Serions couchez Sur&#13;
71 Letat de cepays. Et M Begon nous a&#13;
72 envoié de versailles deux fois Jusqu’au&#13;
73 mois de Jan.er dernier des extraits par&#13;
74 les quels Jlestoit destiné 1000.# auCuré du&#13;
75 fort Louis vulgo la mobile, et 600# p.r un&#13;
76 autre Prestre qui le devoit accompagner.&#13;
77 on nous faisoit encore esperer quelque&#13;
78 Secours p.r lentretien de LEglise paroissiale&#13;
79 C’est Sur ces esperances que Je meSuis&#13;
80 avancé de fairep.r M De la vente la&#13;
81 depense que J’ay faite Je trouvois de&#13;
&#13;
�82 plus une autre ressource Jl estoit deu&#13;
83 aM.r Dela vente et calvarin par&#13;
84 M.rs de la compagnie des Jndes orientales&#13;
85 p.r leurs apointemens pend.t quils ont&#13;
86 esté a lJsle de Bourbon prez de 2400.#&#13;
87 Nos Mess.rs ont bien voulu consentir&#13;
88 que ces deniers fussent appliquezpour&#13;
89 ledepart de M de la vente, afin de faci=&#13;
90 liter Son établissement.&#13;
91 ainsy quoique Je nayepas encore a&#13;
92 lheure que Je vous escris cecy receu au&#13;
93 Tresor roial Lord.ce de l’an passé de 3000.#&#13;
94 p.r nos missions dela Louisiane, Je ne&#13;
95 laissay pas d’avancer p.r chacune de ces&#13;
96 3. missions prez de 1800.# et p.r M dela&#13;
97 vente plus de 1500.#&#13;
6.&#13;
&#13;
98 Nous agitasmes fort dans ce mesmetemps&#13;
99 et par lettres et de vive voix le depart de&#13;
100 M L. Gervaise; Et apres plus.rs entretiens&#13;
101 et mesmeune entreveüe que Jeus enSon&#13;
102 beneficeprez deblois et une autre a&#13;
103 chartres ou nos Mess.rs avecMdela vente&#13;
104 et moy fusmes letrouver encarosse, Son&#13;
105 depart fut conclu Jl avoit demandé&#13;
106 aucommencem.t d’estre receuavant Son&#13;
107 depart Directeur duSem.re deParis. Nos&#13;
108 Mess.rs lui firent comprendreles raisons&#13;
109 p.r lesquelles Jls nepouvoient lui accorder&#13;
110 celap.r lepresent etlelui firent esperer&#13;
111 dans la Suite; mais entout cela, Jlnous&#13;
112 aparu en lui bien du Sur naturel etde&#13;
113 la grace p.r Se porter a cette entreprise&#13;
114 Cependant Dieun’a encore demandé delui&#13;
115 jusqu’a p’nt que lapreparation du cœur,&#13;
116 et mesme icelle ou il aesté longtemps&#13;
117 p.r executer ce dessein Jlna pas reussi&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
118 p.r les raisons que Je vais vous exposer.&#13;
119 onnous escrivit aumois doctobrede&#13;
120 fontainebleau que les vaiss.x p.r cepays&#13;
121 laestoient tellem’prests apartir que&#13;
122 nous fusmes trespressez d’y envoier M&#13;
123 dela vente et M huvé qui est un&#13;
&#13;
�124 autre Prestre de Sonpays que nous&#13;
125 avons destiné p.r laccompagner. Jls&#13;
126 partirent de Paris alafin doctobre et&#13;
127 ils emmenerent avec eux un valet qui&#13;
128 estoit venu trouver M dela vente Jefis&#13;
129 aussi partir deSt Benoist dusaut en Berri&#13;
130 deux jeunes garcons de 14. ans queleurs&#13;
131 Peres etmeres mavoient offerts dans ce&#13;
132 lieu la cet esté, et que Je Jugeay propres&#13;
133 a mettre lun aupres deM S.t Cosme et&#13;
134 lautre aupres deM Davion ou deM&#13;
135 Bergier. Cepend.’ Jls trouverent en&#13;
136 arrivant ala Rochelle M DJberville&#13;
137 malade et toutes les mesures p.r ledepart&#13;
138 rompues. La cour avoit fait desarmer&#13;
8.&#13;
&#13;
139 les vaisseaux, pour les emploier a trans=&#13;
140 porter des troupes en Espagne, et depuis&#13;
141 cetemps lapar plus.rs delais Jls Sont encore&#13;
142 apartir. cela nous afait et nous fait de tres&#13;
143 grandes depenses.&#13;
144 cela nous a obligé darrester M Gervaise&#13;
145 qui estoit toujours prest apartir. Nous&#13;
146 avions ala verité donné a M dela vente&#13;
147 un compagnon a Sa consideration, mais&#13;
148 co’e plus.rs considerations p.r lafamillede&#13;
149 M Gervaise nous engageoient de cacher Son&#13;
150 depart Nous lavons differé leplus quenous&#13;
151 avons pu&#13;
152 Pendant cetemps la M Bouteville est arrivé&#13;
153 enfrance dans le vaisseau deM DuGué qui&#13;
154 estoit allé l’an passé ala mobile, Jelavois&#13;
155 prié de differer Son retour autemps queM&#13;
156 D’Jberville devoit y aller. cepend’ Jla bien&#13;
157 fait de revenir. Sil fust revenu dans l’autre&#13;
158 ambarquem’ M. Dela vente auroit Servi&#13;
159 daumosnier enallant etlui en revenant.&#13;
160 et cela nous eust espargné bien des choses,&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
161 mais Dieu en a disposé autrem’ Le Retour&#13;
162 deM Bouteville nous a encore causé de&#13;
163 nouveaux ambaras par tout cequil nous&#13;
164 adit deces pays la, car nous avons reconnu&#13;
165 quil n’y apas deSi grands biens a faireque&#13;
&#13;
�166 nous nous lestions imaginé. Nous avons&#13;
167 cepend’ ala fin pris le parti d’y laisser aller&#13;
168 M. dela vente et Soncompagnon atous&#13;
169 hazards puis q’ la depense enestfaite, et&#13;
170 co’e Jlest homme Sage et experimenté,&#13;
171 Nous pouvons conterSeuremt Sur ce quil&#13;
172 nous dira p.r continuer ay demeurer ou&#13;
173 en revenir.&#13;
174 Nous Sceusmes aumois de Jan.er que l’on&#13;
175 avoit mis Surletat 1000.# p.r le curé et&#13;
176 600.# p.r un au’ Ecclesiastiq’ et quil n’y&#13;
177 avoit rienp.r laparoisse; Nous y envoiasmes&#13;
178 voir Letat, et nous trouvasmes qu’en effet&#13;
179 Jl n’y avoit rien p.r la paroisse, mais dans&#13;
180 Letat tout dressé queM. de Ponch.in devoit&#13;
181 arrester avec le Roi le mardi Suivant, Jl&#13;
10.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
182 avoit ces deux So’es marquéez Cepend.t&#13;
183 nous avons esté fort Surpris alafin de&#13;
184 fevrier en allant prier M de Lubert de&#13;
185 nous retenir cet argent a Paris de n’y&#13;
186 rien trouver Sur Letat ni p.r lecuré ny p.r&#13;
187 LEcclesiastiq’ qui est aveclui, mais Seulem’&#13;
188 600.# dans une ord.ce particulierep.r lebatim.’&#13;
189 et lentretien de LEglise paroissiale Nous&#13;
190 navons attribué cela qu’a lindispositiondu&#13;
191 ministre qui est faché que nous Soions a la Louisiane,&#13;
192 et voudroit quil n’y eut que des Jesuites. Nous&#13;
193 avons cru cepend.’ devoir laisser aller M dela&#13;
194 vente et Son confrere ad explorandam&#13;
195 terram, et voir Si on peut Sy etablir puis q’&#13;
196 les depenses en Sont faites. M Gervaise&#13;
197 attend a Son retour a examiner Surles&#13;
198 Nouvelles Sil doit y aller, ou non&#13;
199 Je ne vous dis rien des changemens qui&#13;
200 Sont aussi arrivez aM DJber ville, qui&#13;
201 tantost y devoit aller et enfin a esté&#13;
202 Suplanté parle beaufrere deM Begon&#13;
203 Le Commis deM de Pont chartrain qui meine&#13;
204 M dela vente, et co’e cest un officier qui&#13;
205 ayme Son plaisir et qui meine 25. Jeunes&#13;
206 filles assez bien faites queMgr de Quebec&#13;
207 Sestoit biendonné delapeine de choisirlesplus&#13;
&#13;
�208 Sages quilapu trouver, Jlest a craindre que&#13;
209 ce vaisseau ne Soit une occasion depecher&#13;
210 p.r ces officiers en menant ces filles et&#13;
211 que le pauvre M dela vente nait bien a&#13;
212 Souffrir.&#13;
213 Je neScaurois cependant vous representer&#13;
214 son zele a Sur monter toutes les difficultez&#13;
215 dans la veüe de contribuer a letablissemt&#13;
216 dune colonie qui Serve de vehicule alafoy&#13;
217 dans ces vastes pays. Je neScaurois aussi&#13;
218 vous representer combien toutes ces aff.res&#13;
219 ces changemens, ces depenses mont causé&#13;
220 depeines et de chagrins.&#13;
221 Cepend.t J’ay envoié aumoins p.r 600.# p.r M&#13;
222 S.t Cosme autant p.r M Davion et autant&#13;
223 p.r M Bergier. J’ay depensé p.r M de la vente&#13;
224 avant quil Sortist de Paris 1500.# Sans ce&#13;
225 quil aura depensé lui cinquieme ouSixieme&#13;
226 a Rochefort depuis cinq mois et ce queM&#13;
227 fleury achetera de vivres p.r lui. vous&#13;
228 ne devez pas estre Surpris apres cela que Je&#13;
229 ne vous envoye rien p.r les Tamarois par&#13;
230 le canada, co’e vous paroissez le Souhaiter.&#13;
12.&#13;
&#13;
231 J’ay trop avancé p.r ces missions, Je nepuis&#13;
232 plus rien avancer p.r elles.&#13;
233 car outre ces depenses voila M Bouteville&#13;
234 de retour a Paris qui y est arrivé le 8. de Jan[vier]&#13;
235 Jl a amené avec lui un petit magot deSauvag[e]&#13;
236 p.r redoubler Sa depense Jl m’a fallupaier leur&#13;
237 depense parle messager depuis le Port Louis&#13;
238 jusqu’à Paris, Jlmefaudra paier Sa pension&#13;
239 et celle de Son Sauvage et fournir aleur&#13;
240 entretien jusqu’à leur depart, avancer tout&#13;
241 cequil faudrap.r les conduire jusqua la&#13;
242 Rochelle et a leur ambarquemt, et par&#13;
243 dessus tout cela Jl m’a encore aporté cinq&#13;
244 ou Six cent livres de dettes quil devoit aM&#13;
245 dJberville ences pays la&#13;
246 vous me marquez que vous nepouvez en&#13;
247 rien contribuer a ces depenses, qui donc les&#13;
248 fera, car les 3000.# qu’on recoit ne Suffisent&#13;
249 pas a beaucoup prez. LeSem.re deParis ne&#13;
250 les ferapas, Jl na aucun fonds p.r cela,&#13;
&#13;
�251 et vous nedevez pas vous attendre quil&#13;
252 Sen mesle c’est vous qui avez fait cette&#13;
253 entreprise ce Sera vous qui la Suporterez&#13;
254 ou la dissoudrez Si elle vous paroist insoutenable&#13;
13.&#13;
&#13;
255 Tout ceque J’ay pû obtenir denos Mess.rs a&#13;
256 esté de toucher de M.rs des Jndes orientales&#13;
257 ce qui estoit deu aM.rs de la vente et Calvarin&#13;
258 voila Letat du temporel de cette mission&#13;
259 Quant au Spirituel, Jl neparoist pas quenos&#13;
260 M.rs S.t Cosme et Davion y fassent rien M.r s.t&#13;
261 cosme apeine ademeurer dans unmesme&#13;
262 lieu, Jl abandonnera Si Jenemetrompe au&#13;
263 1.er moment Sa mission, p.r courir aux Panis&#13;
264 avec quelques descouvreurs. M Davion est Si&#13;
265 infirmeque nous lavons laissé lemaistre&#13;
266 derepasser enfrancep.r retourner enCanada,&#13;
267 ou daller droit encanada car Jl nous paroist&#13;
268 Si cassé qu’une viede miss.re n’est pas Soutenable&#13;
269 p.r lui. Jln’y a donc que M Bergier qui&#13;
270 fassequelq’ chose mais Jlnous paroist&#13;
271 Jmpossible delui envoier Ses besoins Sans des&#13;
272 depenses infinies, et puis que vous Jugez&#13;
273 devoir retenir cette mission, nous vous la&#13;
274 laisserons Soutenir co’e vous lepouvez du&#13;
275 canada, et nous nous bornerons a Soutenir&#13;
276 celles d’embas, mais Surtout lacolonie,&#13;
277 Jusqu’à ceq’ Dieudonne quelq’ ouverture destablir&#13;
278 la foy chez les Sauvages.&#13;
279 M’gr de Q. qui a veu tous mes ambaras&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
280 p.r ces missions et les depenses horribles que&#13;
281 Jay faite, n’a eu garde de maider enrien&#13;
282 des 2000.# du clergé. Jlnefaut Sattendre&#13;
283 a aucunsecours deSapartp.r ces&#13;
284 missions.&#13;
285 Jl faut ap’nt Monseigneur et Messieurs&#13;
286 vous rendre compte de ceque nous avons&#13;
287 fait depuis Juin dernier p.r les unions des&#13;
288 abbayes. Je crois devoir vous representer&#13;
289 quil Semble que vous ne vous confiiez&#13;
290 pas assez en nos Soins, et notre attention&#13;
291 Sur vos Jnterests par la maniere dont&#13;
292 vous en avez usé a notre esgard dans la&#13;
&#13;
Abbayes&#13;
&#13;
�293 Suplique que vous mavezaddressé par&#13;
294 laposte avec tant d’empressement ou&#13;
295 vous revoquez vos procurations du chapitre,&#13;
296 et peu S’en faut qu vous nenous y&#13;
297 Soupconniez denous entendre avecMgr&#13;
298 de Q. contre vos propres interests. J’attribue&#13;
299 un peu ces activitez aM Glandelet qui&#13;
300 moins Jl entend les aff.res temporelles quil&#13;
301 regarde toujours co’e rien, Suivant Son&#13;
302 ancien principe, plus Jl a dempressem’ dans&#13;
303 les aff.res, quand il croit qu’elles ne vont pas&#13;
15&#13;
&#13;
304 Selon Ses veües, et quand il croit perdre&#13;
305 quel q’ chose de ce temporel quil regarde&#13;
306 co’e rien Seulemt de bouche, mais quil aplus&#13;
307 dempressem’ a conserver que ceux qui&#13;
308 y paroissent plongez jusqu’au col&#13;
309 cela Soit dit cependant Sans manquer&#13;
310 au respect quil Scait que J’ay p.r lui.&#13;
311 mais Jl Serabien Surpris que ce memoire&#13;
312 du chapitre, envoié parlaposte avec&#13;
313 tant dempressement n’a Servi de rien&#13;
314 En voicy les raisons que J’espere quil&#13;
315 approuvera lui mesme&#13;
316 Depuis lesdernieres lettres que Je vous&#13;
317 escrivis l’an passé, Je neScaurois vous&#13;
318 expliquer les differentes difficultéz qu’on&#13;
319 nous a formeez a Rome p.r empescher ces&#13;
320 unions. Nous avons toujours tasché ales&#13;
321 aplanir, et ales resoudre; Les Romains Seroient&#13;
322 ravis que nous leur enfissions nous mesmes,&#13;
323 Ce Seroit lemoyen de n’avoir jamais rien,&#13;
324 et nous connoissons trop cette cour pour&#13;
325 lui porter la moindre difficulté, car Jls ne&#13;
326 cherchent nullem.’ afinir les affaires, Jls&#13;
327 ne cherchent aucontraire qu’a les&#13;
328 arrester.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
329 La cour defrance en aformé de Son costé,&#13;
330 car Sur ceque La cong.on preposée p.r ces&#13;
331 unions a demandée une Jnformation&#13;
332 Juridique faite enfrancepar Son Nonce&#13;
333 que les libertez deLEglise Gallieane ne&#13;
334 permettentpoint defaire aucune fonction&#13;
&#13;
�335 enfrance, a quoy nous n’avons jamais&#13;
336 voulu contribuer en rien, enfin quand&#13;
337 Le Pape a veu quil n’y avoit pas moyen&#13;
338 de lobtenir, Jl a avoué que cestoit un des&#13;
339 Prelats qui lui avoit fait entendreque cette&#13;
340 occasion Seroit favorablep.r donner aSon&#13;
341 Nonce moyendexercer Sa Jurisdiction, Jl&#13;
342 Sest donc relasché et adeclaré quil n’en&#13;
343 Souhaitoit plus, alors on a fait entendre&#13;
344 au Roi oua Ses ministres queLe Pape ne&#13;
345 passoit outre Sur cette affaire que parceq’&#13;
346 Mgr de Q. avoit donné les mains afaire&#13;
347 une Jnformation Secretedevant MLeNonce&#13;
348 on lui ena fait uncrime, et on aeu toutes&#13;
349 les peines a en faire revenir les ministres&#13;
350 Jusquela qui lafalluque Le Pape ait fait voir&#13;
17.&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
351 aM. LeCard.l de Janson tout cequeM Le&#13;
352 Noncelui aescrit Sur cette aff.re, p.r faire&#13;
353 voir qu’on navoit fait aucune Jnformation&#13;
354 Juridique le Papecy passepr vouloir&#13;
355 beaucoup entreprendreSur nos libertez, c’est&#13;
356 p.r quoy les ministres Sont d’une attention&#13;
357 extraord.re Surtoutes Ses demarches.&#13;
358 J’ay cru vous avoir mandé assez affirmati=&#13;
359 vement l’an passé que ce navoitpas esté&#13;
360 parla Suggestion deMgr de Q. queLe Pape&#13;
361 S’estoit esloigné d’attribuer les trois manses&#13;
362 conventuelles au chapitre, mais que C’estoit&#13;
363 vraiement du Pape que cela venoit, et que&#13;
364 considerant combien plus.rs chapitres Sont peu&#13;
365 utiles, par la mauvaise manieredont leService&#13;
366 y est fait, Jl na eu nulledevotion defonder&#13;
367 un chapitre Jl a tenteplus dedesirs de&#13;
368 contribuer a lentretiendes miss.res et vous&#13;
369 vous estes fort trompé davoir revoqué les&#13;
370 pouvoirs du chapitre que vous nous avez&#13;
371 envoié, car nous n’en avons nullem’ usé en&#13;
372 cela, nous n’avons rien Signé qui vous Soit&#13;
373 desavantageux au chapitre et qui d’ust vous&#13;
374 obliger denous revoquer ces pouvoirs.&#13;
375 Le Pape est le maitre defaire tellegraceet&#13;
376 en telle maniere quil lui plaist, Surtout ence&#13;
&#13;
�377 qui regarde l’application de manses conven=&#13;
378 tuelles. Jl ne peut estre fixé par aucun&#13;
379 interest particulier; Jl n’en est pas demesme&#13;
380 des manses abbatiales, Jl n’y peut fairede&#13;
381 changem’ que du consentem.’ du Roi par ceq’&#13;
382 le Roi nomme aces abbayes, mais pr les&#13;
383 manses conventuelles leRoi neS’en meslepas,&#13;
384 Et cequil peut enavoir inseré dans Ses lettres&#13;
385 patentes &amp;. fait voir Seulem.’ quil agrée ces&#13;
386 changemens, mais ninflüe enrien dans ces&#13;
387 changemens. Le Pape en est absolument le&#13;
388 Maitre ainsy Sil veut nedonner au chapitre&#13;
389 que Labbayeentierede Lestrée, Personne nepeut&#13;
390 letrouver mauvais; cest beaucoup qu’apres&#13;
391 cela, Jlveuille encore appliquer les manses&#13;
392 conventuelles des deux autres abbayes p.r les&#13;
393 besoins du Dioceze de Quebec&#13;
394 Or Jl me Semble que Je vous ay escrit&#13;
395 l’an passé que Nous avions Signé avec Mgr&#13;
396 de Quebec conjointement un pouvoir aM&#13;
397 de Bru dJnserer dans laSuplique queces&#13;
19&#13;
&#13;
398 deux manses conventuelles Seroient unies&#13;
399 auSem.re des missions Etrangeres de Quebec&#13;
400 Je vous mandois ala verité que Je n’estois&#13;
401 pas Seur que cela fust agrée de la Cong.on&#13;
402 mais que nous y ferions notrepossible;&#13;
403 or cela y a eté inseré. Jl est vray que nous&#13;
404 So’es obligez d’enrendre compte a Levesque de&#13;
405 Quebec de ladministration de ces biens, mais&#13;
406 nous ne pourions obtenir autrem’ cette&#13;
407 grace. On nous avoit mandé avant que de&#13;
408 recevoir vos lettres que la Suplique avoit&#13;
409 esté admise a cet esgard et qu’on n’y trouvoit&#13;
410 nulle difficilté; vous Jugez bien apres cela&#13;
411 que nous n’avons eu garde denvoier a Rome&#13;
412 votre memoire du chapitre qui auroit tout&#13;
413 rompu Je vois dans les lettres deM Des=&#13;
414 Maizerais et dans unendroit decellede&#13;
415 M Glandelet quil Seroit bon que cela&#13;
416 fust ainsy appliqué, Nous navons donc&#13;
417 pu nous dispenser darrester ce memoire&#13;
418 et ne lepas envoier a Rome, ou il auroit&#13;
419 tout fait eschouer.&#13;
&#13;
�420 Nous avons remarqué queMgr de Quebec&#13;
20.&#13;
&#13;
421 na point en tout cela esté de costé; Jl&#13;
422 nous a paru aller droit, et chercher avec&#13;
423 Sincerité lafinde ces affaires Si longues.&#13;
424 vous Scavez deplus qu’estant d’une Maison&#13;
425 co’e nous So’es, Nous devons concourir&#13;
426 a Son bien et a Son establissem’ Solide&#13;
427 plutost qu’a celui d’un chapitre, car par&#13;
428 ce moyen Nous attachons mesme tellem’&#13;
429 le chapitre au Sem.re qu’on aurabien de&#13;
430 la peine al’en Separer. Nous unissons&#13;
431 parla insepareblem’ dans une mesme&#13;
432 maison le Sem.re le chapitre et laCure&#13;
433 J’ay toujours veu que c’estoient vos&#13;
434 desirs et vos veües a vous tous, a M’gr&#13;
435 Lancien qui m’en a tant parlé et escrit,&#13;
436 a M Desmaizerais qui na cherché que&#13;
437 cela, et demesme aM Glandelet et a&#13;
438 M Du Pré. J’ay cru que rien ne pouroit&#13;
439 estre plus util a ce dioceze quede reünir&#13;
440 dans une mesme maison tout le clergé, or&#13;
441 c’en est la le veritable moyen. Le Sem.re Sera le&#13;
442 mieux partagé; Le chapitre ne S’en poura&#13;
443 passer, et Jl y aura trop peu de revenu dan[s]&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
444 ce corps pour que dautres personnes que&#13;
445 celles du Sem.re entreprennent de l’en Separer,&#13;
446 et dele Soutenir independamm’ de Nous.&#13;
447 voila repondre assez au long acequi&#13;
448 regarde les unions. Elles ne Sontpas&#13;
449 cepend.r enrore finies, mais Nous avons&#13;
450 Sujet desperer que la 1.ere nouvelleque&#13;
451 nous recevons Sera que la Suplique est&#13;
452 Signée. Mais Lambaras Seraapres cela&#13;
453 davoir de l’argent p.r la faire expedier,&#13;
454 car enfin ou prendre douze ou quinze mil&#13;
455 francs, et mesme peut estre dix huis ou dixneuf.&#13;
456 vous ne me mettezpas en estat d’y contri=&#13;
457 buer, co’e vous le Scavez par tout ce que&#13;
458 vous me tirez delettres de change; Mgr&#13;
459 de Quebec qui n’a pas un Sol est encore moins&#13;
460 en’etat delefaire on ne trouveplus dargent&#13;
461 a emprunter. Je crains bien que toute cette&#13;
&#13;
�462 poursuite des unions ne tourne en fumée&#13;
463 et ne devienne a rien quand Jl faudra trouver&#13;
464 delarg.’ p.r f.re expedier labulle, carlamort du&#13;
465 Pape arrivant Si elle n’est pas expediée, c’est&#13;
466 tout arecommençer, Sous un autre Pontificat.&#13;
22.&#13;
&#13;
23.&#13;
&#13;
467 vous voulez bien que Je vous dise que vous&#13;
468 ne faites pas assez attention Surtout cela,&#13;
469 et qu’en cela vous nestes pas aufait de vos&#13;
470 affaires, car Jl n’y enagueredeplus Jmpor=&#13;
471 tante que cellela&#13;
472 Jene vous rends pas un compte exact detoutes&#13;
473 les dernieres difficultez qui SeSont forméez&#13;
474 Sur ces unions Sur les offices clostraux, Sur&#13;
475 les benefices dependans de Bennevent et&#13;
476 Sur quantité dautres choses, mais unedes&#13;
477 dernieres a eté unepension que nous&#13;
478 avons Sceu cet automne queMgrde&#13;
479 Quebec avoit fait créer parunbrevet&#13;
480 du Roi SurSon abbayede Bennevent en&#13;
481 faveur deM delaPalliere ce bon Nor=&#13;
482 mand rend Ses Services gratis et avec&#13;
483 generosité, mais Jl trouve moyen de S’en&#13;
484 faire bienpaier, Je nauray p.r moy&#13;
485 jamais quedes coups debaston Quel&#13;
486 mal et quellespeines meSuis-je donné&#13;
487 p.r ledioceze de canada; ceux qui S’en&#13;
488 donnent bienpeu co’e M merlac et&#13;
489 ce dernier scavent Sen bienprevaloir.&#13;
490 Je vous diray cepend.’ alalouange de&#13;
491 Mgr de Q. que lui aiant mandé cela,&#13;
492 Jl eut lagenerosité de Soffrir a me recom=&#13;
493 penser, mais Je deviendrois une rosse,&#13;
494 et ne vaudroit plus rien, Si Je venois&#13;
495 a me procurer ces Sortes dasseurances. Je&#13;
496 trouve mieux mon compte a nattendre&#13;
497 dautre recompense que de Dieu Jespere&#13;
498 cepend.’ que touchant a faire mondevoir&#13;
499 deprestre, Dieu nepermettra pas que Je&#13;
500 manque du necessaire, Jele recevray plus&#13;
501 dependamm’ deSa main, quand Je nauray&#13;
502 rien defixe et dasseuré p.r moy.&#13;
503 vous neScauriez croire combien cette&#13;
&#13;
�504 pension deM dela Palliere nous a cause&#13;
505 de peine; Lui qui ne lavoit acceptée&#13;
506 disoit il deMgr de Q. quep.r lui faire&#13;
507 plaisir, n’avoit pas laissé p.r Se la conserver&#13;
508 ayant appris queM de Bru n’en vouloit&#13;
509 pas parler dans laSuplique, parce quil&#13;
510 prevoioit quecela revolteroit les Romains,&#13;
511 et nous empescheroit dobtenir aucun&#13;
512 gratis, Navoit dis jepas laissé denfaire&#13;
24.&#13;
&#13;
25.&#13;
&#13;
513 escrire a Rome au Pape, a Son 1.er Ministre&#13;
514 au Card.’ se Janson et a dautres par plus.rs&#13;
515 personnes mesme de lapart du Roi et Jl&#13;
516 matribuoit faussem’ Sans fondem’ dem’opposera&#13;
517 cettepension dont Jenavois cepend.’&#13;
518 nulleconnoissance.&#13;
519 Co’e nous vismes que cettepension faisoi[t]&#13;
520 unSigrand obstacle, nous fusmes obligez&#13;
521 deproposer a Mgr dasseurer aM dela&#13;
522 Palliere 400.# bienSeurs Sa vie durant&#13;
523 Sur d’autres revenus que Ses abbayes, et&#13;
524 nous offrismes mesmep.r tirer M’gr&#13;
525 de Q. dece mauvais pas, denous engag/&#13;
526 delefairepaier decettepention Sur&#13;
527 lafondation queM’gr de Q. nous afait&#13;
528 dans Sa donationde 42000.# encas que&#13;
529 Mgr de Q. vinst amourir avant lui.&#13;
530 Nous enpassames mesme un acte, mais&#13;
531 cet acte a esté annulé, parcequil y avoit&#13;
532 quelq’ espece deSimonie; Je ne Scay a p’nt&#13;
533 quel parti prend M dela Palliere p.r Se&#13;
534 conserver cette pension, et Se lasseurer&#13;
535 vous aurez la bonté defaire entendre&#13;
536 a MM.rs vos chanoines les raisons qui nous&#13;
537 ont empeschéez de nous Servir de leur Supliq’&#13;
538 et qui nous ont obligez daccepter ceque&#13;
539 lepape abien voulu accorder anotre&#13;
540 Sem.re&#13;
541 vous Serez toujours les maitres dapliquer&#13;
542 de ces revenus quon vous destine, p.r faire&#13;
543 bien lofficedans la cathedrale, mais Jl&#13;
544 faudraque leSem.re enSoit toujours leMaitre,&#13;
545 et que cette application Senfasse parles&#13;
&#13;
�546 Sup.rs de concert avec Leveque&#13;
547 Jl faut apresent descendre a une autre&#13;
548 plainte que Jay a faire de vous a vous mesme,&#13;
549 Sur la manieredont vous agissez avec moy&#13;
550 p.r votre temporel Jlnefaut pas vous dissimuler&#13;
551 que vos lettres mont rendu reellement&#13;
552 malade, et m’ont causé plus.rs accez de fievre&#13;
553 aulieu derecevoir de la consolation par&#13;
554 vos lettres, co’e Jaurois ce me Semble deu&#13;
555 en esperer apres avoir paié toutes vos&#13;
556 lettres de change de 1703. et vous avoir envoié&#13;
557 heureusem’ tout ceque vous maviez demandé,&#13;
26.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
558 Je vois que Sans avoir égard a tout ce que&#13;
559 Je vous escrivis l’an passé et vous fis&#13;
560 escrire par M Labbé de Brisacier, apres&#13;
561 vous avoir precisem’ marqué que quand&#13;
562 Je recevrois vos ord.ces au tresor roial, cequi&#13;
563 estoit fort douteux Jenepouvois depenser&#13;
564 p.r vous cette année tant enlettres de&#13;
565 change qu’en factures que 8000.# Et&#13;
566 malgré tout cela, vous me tirez p.r dix&#13;
567 mil livres de lettres de change, vous menvoiez&#13;
568 unefacture qui croit a prezde 4000.# et&#13;
569 plus.rs au’ petites p.r la Sacristie, p.r les enfans&#13;
570 p.r les escolles, p.r les Tamarois qui iroient&#13;
571 a plus de 3000.# vous m’adressez unefacture&#13;
572 p.r laRochellede plus de 3000.# qua la verité&#13;
573 vous notez meprier daccomplir, mais que&#13;
574 vous voudriez pourtant bien recevoir.&#13;
575 Jl y a plus, M buisson me renvoit icy&#13;
576 plus.rs dettes apaier et enretient largent,&#13;
577 co’e par Exprez de 200.# p.r les ferrures&#13;
578 prises de lallemend. plus 268. quil a&#13;
579 touché p.r le S.r Maigret, Plus Jl me&#13;
580 prie davancer jusqu’à 300. pr leS.r&#13;
581 Picard quil retient dit il enSes mains, et&#13;
582 ces So’es avec dautres quil merenvoye&#13;
583 vont encore aprezde 2000.# DeSorte que&#13;
584 vous ne donnez parlaprez de vingt deux&#13;
585 mil livres a depenser dans un temps le&#13;
586 plus difficile a trouver delargent qu’on&#13;
587 puisse trouver, et dans un temps ou apres&#13;
&#13;
�588 avoir poussé tout lemieux que J’ay pu&#13;
589 vos affaires, Je vous ay avancé prez de&#13;
590 dix mil livres, dont vous me demeurez&#13;
591 redevables par votre arresté de compte&#13;
592 Je vous Supliedonc de me dire comment&#13;
593 vous avez pretendu me jetter dans cet&#13;
594 ambaras J’ay esté plus dehuit jours&#13;
595 presq’ resolua tout quitterla, et maller&#13;
596 confiner dans un desert puis que l’on&#13;
597 trouve Si peu de concert et daccord avec&#13;
598 les personnes qui nous Sont les plus cheres;&#13;
599 avez-vous pensé que Jefaisois delafausse=&#13;
600 monnòye et que J’en faisois autant que&#13;
601 Jen voulois p.r me tirer tant delettres.&#13;
602 de change; Jlvous paroist que&#13;
28.&#13;
&#13;
29.&#13;
&#13;
603 vous navez rien a menager p.r tirer des&#13;
604 lettres de change; Et quand vous en avez tiré&#13;
605 plus que tout ceque Je pouvois recevoir p.r vous&#13;
606 dans une année vous madressez des factures,&#13;
607 vous me dites quil n’y arien ay retrancher,&#13;
608 que vous irez tout nuds Si on ne vous envoie&#13;
609 pas ceque vous demandez, et vous ajoutez&#13;
610 factures Sur factures.&#13;
611 J’ay esté plus de 10. Jours dans la pensée de&#13;
612 n’accepter aucune de vos lettres de change,&#13;
613 et de ne vous rien envoier de vos factures, Et&#13;
614 Seulem’ demploier ceque Je recevrois pour&#13;
615 vous apaier les 9700# tant delivres que&#13;
616 Jestois en avancep.r vous. Jaurois apres&#13;
617 cela fait de la depense p.r vous a mesure&#13;
618 que Jaurois receu p.r vous, car Je vois bien&#13;
619 que plus on Sefforcep.r vous, plus vous&#13;
620 poussez les personnes dans Lambaras. Nos&#13;
621 Mess.rs de Paris me disent que Je merite bien&#13;
622 que vous me traitiez ainsy, parceque Je fais&#13;
623 trop bien vos affaires. Souffrez que Je parle&#13;
624 ainsy, Lorgueil n’y a nulle part, cest une&#13;
625 des charge du cœur que Jayme mieux vous faire&#13;
626 Jadmire M Buisson qui me fait le&#13;
627 compliment de la comedie Nous vous&#13;
628 devons dit il 9700.# Et 10000.# quenous&#13;
629 tirons ce Sera 19700.# quenous vous&#13;
&#13;
�630 devrons. Jl pretend que vous avez biendu&#13;
631 credit aQuebec; Et que Jelaisse une année&#13;
632 vos lettres de change protestéez ? ou Sera votre&#13;
633 credit, et nelevez vous pas abismez. Jl est&#13;
634 vray que vous perderez en meme temps&#13;
635 votre credit aParis et une certaine repu=&#13;
636 tation quele Sem.re atoujours eüe de&#13;
637 conduire Ses affaires avecSagesse et discretion,&#13;
638 mais cest Sur quoy vous vous fiez et&#13;
639 vous esperez quil n’y a qu’a tirer et que&#13;
640 nous ne pourons laisser protester. Jenay&#13;
641 eu cepend.’ bien envie pend.’ plus d’un mois&#13;
642 mais apres avoir consideré Lambaras et la&#13;
643 mauvaise reputation et la depense en&#13;
644 Jnterest et frais que cela causeroit, Je&#13;
645 n’ay pu m’y resoudre J’ay donc pris le&#13;
646 parti messieurs daccepter vos lettres&#13;
647 de change, mais J’ay agi en cela, comme&#13;
30.&#13;
&#13;
648 une personne qui est dans un torrent et qui&#13;
649 Sen laisse entraisner. Je neScay plus ou Je vas.&#13;
650 et Je ne Scay Si alafin de Juin on ne me&#13;
651 donnera pas une chambre au fort LEvesque&#13;
652 ou a la conciergerie faute depaier vos lettres&#13;
653 de change&#13;
654 Considerez Letat ou Je me trouve. Letat est Si&#13;
655 miserable en france, qu’on n’y Scauroit tirer&#13;
656 des fermiers dela campagne undenier.&#13;
657 Les depenses delaguerre Sont Si fortes quelles&#13;
658 absorbent tout largent auTresor roial ou on&#13;
659 ne Scauroit rien toucher. Je n’ay actuellem’&#13;
660 par touché Lord.ce des missions delaLouisiane&#13;
661 p.r lannée passée de 3000#, Nonplusque celle&#13;
662 de 4000.# p.r LJncendie de notre Sem.re et&#13;
663 les 2000.# delapention de MgrLancien&#13;
664 au Tresor roialp.r 1703. et Si nous touchons&#13;
665 ces So’es, ceSera asseurem’ unedesplusgrandes&#13;
666 faveurs qu’on puisse Nous faire Je voudrois&#13;
667 voir quelqu’un de vous icy p.r considerer&#13;
668 Sil est Si facile d’y faire les affaires que&#13;
669 vous vous l’imaginez&#13;
670 outre tout cela Je n’ay rien touché deM LEveq’&#13;
&#13;
31.&#13;
&#13;
671 Daire depuis dix huit mois quelques instances&#13;
&#13;
�672 que Jaye faites. Je n’ay presque rien touché de&#13;
673 laqueste que de quelques amis particuliers&#13;
674 tres peu dechoses, Et cependant J’ay paié&#13;
675 aM Grignon plus de 1400. p.r lafacture de&#13;
676 l’an passé le depart des miss.res et les frais&#13;
677 des Ballots. Jay avancé plus de 400.# p.r le&#13;
678 voiage deM.rs calvarin, et toutela&#13;
679 depense de la Louisiane Jugez parla de&#13;
680 Lambaras ou Je metrouve, car JeSuis&#13;
681 co’e un homme qui aplus de cent piques&#13;
682 dEau Surla teste, et qui est absolum’ noié&#13;
683 M Glandelet en riant me reproche que&#13;
684 puisque Je preste aMgr de Q. p.r Son voiage&#13;
685 des 2000.# Je presteray aplus forte raison au&#13;
686 Sem.re mais Jlne voit pas que quand Je&#13;
687 prestay, cefut dans ledernier besoin pour&#13;
688 operer ces unions, et que Je voiois ame&#13;
689 rembourser par les 2000.# que Jedois paier&#13;
690 tous les ans aMgr de Q. En effet Je&#13;
691 laurois esté l’an passé a Pasque, Si Je n’avois&#13;
692 preferé de faire paier le Sem.re et M Maudoux&#13;
693 p.r les escolles et M Maudoux p.r Sonbillet,&#13;
32.&#13;
&#13;
694 Enfin JeleSeray cette année et Mgr de Q. ne&#13;
695 medevra plus rien amoy. Quand est ceque&#13;
696 Je Seray ainsy libre avec le Sem.re&#13;
697 Je vous ay mandé l’an passé que vous nedeviez&#13;
698 rien esperer des abbayes, et quetout cequi S’en&#13;
699 tireroit Serviroit apaier les bulles &amp;. M&#13;
700 Des maizerais me mande que Je dois prendre&#13;
701 le memoire delaSacristie, et que deplus Jln’est&#13;
702 pas juste que faisant Loffice on netouche rien&#13;
703 Je vous Suplie deme dire Si c’est p.r paier mes&#13;
704 dettes que Jeprends ce revenu, LeSem.re ne&#13;
705 devroit ilpas au contraire lefaire Est cepas&#13;
706 p.r lechapitreet leSem.re queSefait cette&#13;
707 depense vous n’estes obligez a aucun&#13;
708 office quand vous navez nul revenu, Si&#13;
709 votre devotion vous porte alefaire n’en&#13;
710 attendez de recompense que de Dieu&#13;
711 Jl faut ajouter atoutes ces plaintes cequi&#13;
712 regarde M Maudoux, Naijepas raisonde&#13;
713 dire Patres nostri manducaverunt uvam&#13;
714 acerbam et Dentes nostrà abstupuerunt.&#13;
&#13;
�715 vous me renvoiez laffaire deM Maudoux&#13;
716 a regler apres que vous mavez Jette dans&#13;
33.&#13;
&#13;
34.&#13;
&#13;
717 les derniers ambaras; Et comment regler,&#13;
718 En lui paiant dites vous LJnterest deceque&#13;
719 Nous lui devons. Et combien lui devez vous&#13;
720 vous menvoiez un memoire deM Buisson&#13;
721 qui le fait monter a neuf cent tant delivres,&#13;
722 et qui n’y comprend pas 600.# que J’ay&#13;
723 receu deMgr de Q. d’un billet deM Maudou/&#13;
724 lequel billet ne Scachant comment Jl&#13;
725 vous appartenoit, Je l’ay porté en&#13;
726 recette dans mon comptedel’an passé&#13;
727 que Je vous ay rendu, et par consequent&#13;
728 cest plus de 1500 que vous devez aM&#13;
729 maudoux Si ce billet lui appartient&#13;
730 comme il lepretend aulieu de Neuf que&#13;
731 marque M Buisson Cenest plus moy&#13;
732 qui dois ces 600.# puisque Je les ay&#13;
733 emploié dans votre compte, Et cependant&#13;
734 on n’en parlepas. Mais De plus M Maudou&#13;
735 dit vous avoir escrit quil avoit absolum’&#13;
736 besoin decet argent, quil vouloit lemettre&#13;
737 afonds perdu Surle Roi p.r en tirer ungros&#13;
738 Jnterest, et Jl publie partout que c’est un&#13;
739 depost que vous ne lui pouvez refuser&#13;
740 dez quil vous ledemande Jlfaut que&#13;
741 Jaye encore cette aubeine, cepend.’ Jela&#13;
742 Suportepuisq’ Je neScaurois y remedier.&#13;
743 J’ay declaré aM Maudoux que Jenelui&#13;
744 devois rien que Jen’avois rien receu delui&#13;
745 et quil S’adressast a vous p.r estre paié Je&#13;
746 nedoutepas quil nelefasse, car Jl neparoist&#13;
747 guere content. Jl auroit voulu que Jeusse&#13;
748 pris Son argent afonds perdu audenier dix,&#13;
749 mais cela nous est deffendu, et Jelelui ay&#13;
750 fait connoistre, Et dailleurs ce Seroit un&#13;
751 tres grand des avantage&#13;
752 Quelq’ grand queSoit L’ambaras oume&#13;
753 jettent vos lettres d echange, Je nelaisse&#13;
754 pas dacheter encore quelques estoffes p.r&#13;
755 vous, mais Jene vous envoieray pas tout&#13;
756 ceque vous medemandez Jene vous&#13;
&#13;
�757 envoieray rien p.r laSacristie, les escoles,&#13;
758 et lepetit Sem.re C’est encore beaucoup trop&#13;
759 que ceque Jefais.&#13;
760 Jlvous Sembleque vos enfans ne vous&#13;
35&#13;
&#13;
761 vous coustent rien quand vous mavez&#13;
762 demandé p.r 2000.# destofes de bas deSouliers&#13;
763 et autres chosesp.r eux vous nelepaiez&#13;
764 pas, ainsy cela ne vous couterien&#13;
765 JeScay bien cepend.’ cequil m’en couste,&#13;
766 et Je ne trouverois pas mauvais que vous&#13;
767 en eussiez deuxcent aulieu de 90.# Si vous&#13;
768 neme demandiez rien icy p.r eux&#13;
769 avec laquantité vous voulez toujours&#13;
770 lemeilleur et cequi coute davantage&#13;
771 Je voudrois ace Sujet vous demander&#13;
772 pour quoy vous habillez lepetit Sem.re debleu&#13;
773 celafait cepend.’ une difference de vingt Sols&#13;
774 par aunes d’etofes p.r eux aquoy Sert ce&#13;
775 bleu, et neSeroit ilpas plus modeste que&#13;
776 tous leurs capots fussent bruns. J’ay&#13;
777 pense dez cette année vous envoier toutes&#13;
778 les falaises enbrun, et Je leferay lannée&#13;
779 prochaine, afin despargner cettecouleur&#13;
780 qui est ridiculep.r de Jeunes gens qu’on&#13;
781 destine aLetat Ecclesiastique Je n’ay&#13;
782 pas cepend.’ voulu lefaire Sans vous proposer&#13;
783 ce changement, Sur lequel Je vous prie de&#13;
784 me faire reponse&#13;
&#13;
36.&#13;
&#13;
785 Jl me reste a vous dire ceque J’ay fait au&#13;
786 Sujet delafacture que vous mavez addressee&#13;
787 p.r M Grignon vous apprendrez que Nous&#13;
788 l’avons perdu cet automne, dont J’ay eu&#13;
789 grand regret, mais J’ay trouvé dans Mons.r&#13;
790 fleuri SonGendre dequoy le reparer. Jl est&#13;
791 plein de bonne volonté p.r leSem.re et penetré&#13;
792 dereconnoissance de Leducationque lui a&#13;
793 donné M Des Maizerais dans lepetit Sem.re&#13;
794 Jl m’a rendu debons Services dans les affaires&#13;
795 que J’ay eu a traiter avec M DJberville, et&#13;
796 en mesmetemps quil m’a marqué biende&#13;
797 laffection, Je lui ay trouvé bien delaSagesse&#13;
798 etdelaprudence Jl a bien voulu Se charg[er]&#13;
&#13;
�799 par amitié p.r leSem.re defaire les avances&#13;
800 aM Buisson p.r Safacture, et il doit enfaire&#13;
801 ambarquer dans le Neptune tout cequi Se&#13;
802 prend a Bordeaux, afindelenvoier en&#13;
803 prime Jl en escrira aM Buisson qui&#13;
804 lui renvoiera dequoy lepaier, nonpas Sur&#13;
805 moy, car Je nepouray rien p.r leSeminai[re]&#13;
806 de Quebec d’icy adeux ans.&#13;
37.&#13;
&#13;
38.&#13;
&#13;
807 Nenous attendons pas dobtenir rien&#13;
808 de cette anéée ni de toute la guerre,&#13;
809 dont on ne voit pas la fin pour vos&#13;
810 Jeunes Theologiens. Nous Serions heureux&#13;
811 Si nouspouvions Seulem’ estre paiez de&#13;
812 nos ord.ces et en obtenir la continuation,&#13;
813 Nattendez rien non plus p.r votre Jncendie&#13;
814 hors Lord.ce des 4000.# dont on aurapeine&#13;
815 a tirer lepaiem.’ Si nous lobtenons&#13;
816 dans cette année ceSera ungrand&#13;
817 effort. Mais Soiez Seurs que Si laguerre&#13;
818 dure lannée prochaine vous nepourez&#13;
819 rien toucher absolum’ de vos ord.ces Jl&#13;
820 n’y faut faire aucun fonds. laguerre&#13;
821 absorbe tout largent.&#13;
822 Le frere deM DuPré chirurgien aide&#13;
823 majorde larmée dJtalie est mort. J’ay&#13;
824 esté heureux delavoir recommandé,&#13;
825 a M de Mauray Brigadier darmée a&#13;
826 present Mareschal decamp, car Jl&#13;
827 nous a averti desamort arrivée aumois de&#13;
828 Juillet dernier : Jl a depuis a mapriere bien&#13;
829 retirer cequi lui appartenoit, et empesché&#13;
830 une confiscation qu’on en vouloit faire et&#13;
831 qu’on en auroit fait en effet Sil ne Sestoit&#13;
832 emploié fortem.’ p.r cela; co’e Jl est lame&#13;
833 delarmée dJtalie, et intime de M Le Duc&#13;
834 de vendosme Jl a arresté toutes choses.&#13;
835 avec une procuration deM DuPré Son&#13;
836 frere Marchand a orleans, J’ay retiré&#13;
837 deja des billets Sur L’extraord.re des Guerres,&#13;
838 paiables dans cette année co’e Je lespere&#13;
839 par le credit encore que J’y ay, car le&#13;
840 premier Tresorier est M de Pleneuf fils&#13;
&#13;
�841 de M Berthelot qui co’e Jespere aura&#13;
842 quelq’ bonté p.r moy. J’ay deja entreles&#13;
843 mains des billets p.r prez de 2628.# mais&#13;
844 dans cette So’e Jl y a des Jnterests usuraires&#13;
845 p.r plus de 200.# car M Du pré avoit remis&#13;
846 a M Berthelot de Duchi 180. Louis dor&#13;
847 quil avoit alors p.r entirer un Jnterest&#13;
848 usuraire, et lors que J’ay remis aM&#13;
39&#13;
&#13;
40.&#13;
&#13;
849 Berthelot deDuchi fils deM Berthelot,&#13;
850 et qui me connoissoit ayant disné ensemble&#13;
851 plus.rs fois, Jl ma donné alaplace de Son&#13;
852 billet de 180. Louis dor ces billets de lextra=&#13;
853 ord.re des guerres co’e Sonbillet le portoit&#13;
854 p.r cette So’e de 2628.# paiables alafin de&#13;
855 Juin, et dont on reculera bien peut estre encore&#13;
856 la paiement de Six mois.&#13;
857 Je compte Si Je Suis pressé par mes lettres&#13;
858 dechange me Servir de cette So’e p.r aider&#13;
859 apaier mes lettres de change en Juin Si&#13;
960 Je puis enfaire passer. mais Jlfaudrala&#13;
961 rendre lannée prochaine aM DuPré&#13;
962 d’orleans Suivant ceque M Du Pré curé de&#13;
963 Q. en conviendra avec lui. M Du Pré&#13;
964 dorleans consent déjà qu’on tire les Jnterests&#13;
965 usuraires dela So’e principale, et qu’on les&#13;
966 rende a ceux qui les donnent. Je mepersuade&#13;
967 queM Le Curé de Q. Sera dumesme avis.&#13;
968 M De Mauroi a encore entreles mains&#13;
969 Trois cent tant delivres quil a encore&#13;
970 retiré des hardes et équipage deM. Du Pré.&#13;
971 Je l’ay prié deles envoier de Milan a Rome&#13;
972 a nos Mess.rs et J’en attends la nouvelle,&#13;
973 delareception, etduneplus grosse Somme&#13;
974 que J’ay contée icy aMad.e Son Epouse qui&#13;
975 est ma penitente, et queM Son mari doit&#13;
976 envoier a Rome anos Mess.rs&#13;
977 Jattends deplus delui un certificat delamort&#13;
978 defeu M DuPré lechirurgien, p.r retirer&#13;
979 encore une So’e de 1500.# qui lui estoit deüe a&#13;
980 Paris. M Du Pré curé de Q. est heritier p.r&#13;
981 un tiers avec Son frere dorleans et une autre&#13;
982 Sœur. Jl memanderaSil lui plaist, Sil&#13;
&#13;
�983 veut que Je remette letout aMons.r Son&#13;
984 frere, ou que Je lui en donne unepartie,&#13;
985 et quelle partie Jlveut que Jeretienne&#13;
986 p.r lui.&#13;
987 M. Buisson apprendra par vous Sil lui&#13;
988 plaist que ne m’aiant pas envoié d’argent&#13;
989 p.r leproces duS.r Picard, Jel’ay laissé pendu&#13;
990 au croc. Jl croioit que Je Serois assezpresse&#13;
991 de faire juger cette aff.re avant quede recevoi[r]&#13;
992 deSes nouvellse, mais Je ne lavois pas fait&#13;
993 Juger, et Je n’ay garde delefaire juger quil&#13;
994 ne mait fait toucher delargent.&#13;
41.&#13;
&#13;
42&#13;
&#13;
995 Mgr de Q. paroist Se preparer fortem.’&#13;
996 a retourner cette année en canada; Jly a&#13;
997 des gens qui croient qu’on l’arrestera Pour&#13;
998 moy J’ay peine alecroire Jl neparoist&#13;
999 pas mieux dans Ses affaires quil lestoit quand&#13;
1000 Jlest revenudecanada&#13;
1001 Nous n’avons encore aucun jugement Sur&#13;
1002 notre aff.re contre les Jesuites de la chine; ceSont&#13;
1003 des delais continuels, et nous esperons moins&#13;
1004 quejamais de voir finir cette aff.re Sous ce&#13;
1005 Pontificat. Le Pape ne cesse dasseurer quil&#13;
1006 la veut juger et juger definitivem’, mais&#13;
1007 Jl cherche tous les pretextes p.r retarder ce&#13;
1008 jugement, et personne ne croit a Rome et&#13;
1009 en france quil la Juge jamais. Onle voit&#13;
1010 trop lié avec les Jesuites, et Jla pris avec eux&#13;
1011 detrop grands engegemens esperant par eux&#13;
1012 faire lapaix, ce qui est une esperance tres&#13;
1013 frivole apres tout Jl est Notre Sup.r Jl&#13;
1014 faut prier p.r lui et nelepas condamner&#13;
1015 Sur Sa conduite, quoi que nous ne lapprouvions&#13;
1016 pas. Jl a peut estre des raisons qui nous&#13;
1017 Sont cacheez.&#13;
1018 Nos M.rs approuveroient fort que vous&#13;
1019 rappelassiez M. Bergier au Sem.re p.r le&#13;
1020 preposer a lestude de Theologie denos Jeunes&#13;
1021 gens, car Jls Sont fort blessez delignorance&#13;
1022 de vos Prestres canadiens que vous faites.&#13;
1023 C’est un mal plus grand que vous nepensez.&#13;
1024 vous faites une playe acette Eglise qui aura&#13;
&#13;
�1025 peutestre peine aSe guerir, deslever auSacerdoce&#13;
1026 tant dejeunes gens qui nont qu’une tres legere&#13;
1027 teinture de Theologie. Ces Jgnorans la ne&#13;
1028 feront pas grand bien, et Jls Sont en danger&#13;
1029 de faire bien dumal, mais Jlfaudroit cepend.’&#13;
1030 laisser encore M Bergier quelques annéez&#13;
1031 p.r lui laisser affermir Sa mission&#13;
1032 Je ne vous envoye rien cette année p.r M&#13;
1033 S.t Cosme le Jeune aux Tamaroa, Jl faut le&#13;
1034 f.re attendre une autre année. car J’ay trop&#13;
1035 depensé p.r ces missions p.r faire encore de&#13;
1036 nouvelles depenses.&#13;
1037 Nous avons deja presenté au Ministredes&#13;
1038 memoires tres forts p.r M Jonquaire, Je&#13;
1039 ne Scay Si enfin nous obtiendrons quelq’ chose&#13;
1040 Nous naurons asseurement rien anous reprocher&#13;
43.&#13;
&#13;
1041 Je ne vous escris rien des nouvelles dela&#13;
1042 guerre; Jl Sembleque Dieu nous protege&#13;
1043 visiblem’, et Jl Semble avoir fait esclater&#13;
1044 de vrais miracles p.r repousser deux fois&#13;
1045 larchi duc en Angleterre, etdisperserSa&#13;
1046 flotte; Dieu veuille continuer anous honorer&#13;
1047 deSa protection&#13;
1048 voila, Messieurs laSeule lettreque Je vous&#13;
1049 escriray par ces 1.ers vaiss.x vous meferez&#13;
1050 plaisir d’asseurer ceux qui m’ont escritque&#13;
1051 J’ay receu leurs lettres Surtout la R. M.&#13;
1052 S.t Jgnace, et que cette année elle mambarasse&#13;
1053 aussi bien que vous lefaites partout ce quelle&#13;
1054 demande apres une lettrede 3000.# tirée Sur&#13;
1055 moy. Jelui envoye cepend.’ cequelle&#13;
1056 demande au frere du Soleil, unepartie de ces&#13;
1057 toiles et couvertures quelles demandent&#13;
1058 a Rouen et presq’ tout ce quelles deman=&#13;
1059 dent aM Grignon que M fleuri doit&#13;
1060 leur accomplir ala Rochelle&#13;
1061 J’ay refusé absolument aM’gr de me&#13;
1062 charger de Nouveau co’e Jl lauroit ce&#13;
1063 Semble Souhaité des affaires des Sœurs de&#13;
&#13;
44.&#13;
&#13;
1064 Quebec, et des ursulines de trois rivieres. Je&#13;
1065 Suis deja assez Sur chargé; Dailleurs Jldevr[oit]&#13;
1066 en charger Ses grands vicaires quil&#13;
&#13;
�1067 recompense Si bien, Jldisputera avecmoy&#13;
1068 Sur une bagatelle, pend.’ que Je me donne&#13;
1069 biendelapeine p.r lui etp.r Sondioceze&#13;
1070 Je vous asseure que Je Serois tres disposé p.r&#13;
1071 rien a me descharges encoredes affaires deSon&#13;
1072 hopitalgeneral et mesme delhotelDieu&#13;
1073 car enfin Je me passerois biende ces affaires&#13;
1074 Mgr de Q. conted’emmener avec lui plus.rs&#13;
1075 ouvriers. JeSouhaite quils Soient propres au&#13;
1076 pays. M BoutevillS’en iraen mesme temps.&#13;
1077 C’est Sans que J’en Sceusse rien qu’on achargé&#13;
1078 Sous notre nom tout cequi appartenoit aux&#13;
1079 autres communautez. car M Leschassier&#13;
1080 Sup.r de s.’ Sulpice en vint remercier M. n’re&#13;
1081 Sup.r que Je nele Scavois pas encore, Je&#13;
1082 prendray garde Si onnous accordequelque&#13;
1083 fret de ne pas laisser arriver rien de&#13;
1084 Semblable&#13;
1085 Jl n’est rien arrivé de nouveaudans les&#13;
45.&#13;
&#13;
1086 familles deMgr Lancien et de Mons.’&#13;
1087 Des Maizerais. Jedois Seulem’ vous faire&#13;
1088 connoistre que M Labbé deLaval a Tournay&#13;
1089 tout malade quil y est toujours. S’est&#13;
1090 donné un mouvement extraord.re p.r notre&#13;
1091 Jncendie, et dans plus.rs villes de flandre,&#13;
1092 Jla amassé jusqua 900.# cequi vaplus&#13;
1093 loing que cequi nous est venu de par&#13;
1094 tout ailleurs. Jl men a deja fait toucher&#13;
1095 700.# et Jl men doit envoier encore au&#13;
1096 1.er Jour 200.# voila MonSeigneur&#13;
1097 et Messieurs tout ceque vous aurez&#13;
1098 demoy cette 1.ere voie, Je repondray&#13;
1099 parla derniere a vos lettres. Je vous&#13;
1100 prie dexcuser Sil m’est eschapé quelq’&#13;
1101 expression ou Je manque aurespect&#13;
1102 que Je conserve toujours parfait p.r&#13;
1103 vous. Le moien delefaire cesser c’est&#13;
1104 denemepas pousser Si loing que vous&#13;
1105 faites. Je me recommande tres&#13;
&#13;
46.&#13;
&#13;
1106 particulierem’ a vos SS. Sacrifices et&#13;
1107 prieres et Suis avec untres profond&#13;
1108 respect&#13;
&#13;
�1109&#13;
1110&#13;
1111&#13;
1112&#13;
1113&#13;
&#13;
Monseigneur et Messieurs&#13;
ce 15. Mars 1704.&#13;
votre tres humble et&#13;
tres obeisst Serviteur&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250547">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="12005">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/2225b4f2adbfb91ec4d51cb8d120ce5d.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=mPugZb94LfYHFBZFqjBTPyOoOKzxmZMB9q-vcJatYMn-MHkgMoo%7EHe8sQdlOgxhFu--fVTKEmB0EOJ2iUGk9gxKbkrlCpAUckzGwZBf1kVLZ%7EdKxaKwS63XMvT%7E2vFXugWCFmj7aHVzfy1u0WSUf5EYdMXj4sPPGhcg43u7scIzz28fQfltRjKWLmrgfU0Txwt%7EuXOJFsMBPfwjnMC7F0LTyGrUP5WO1JD0GFOcfihsV1YLFGXKAfPFobTaY13-lgRVRapF75WEAOoWOD8H5d-KiwQ4zfSkAzN-NhRyT-Kdqo4Lwz9a6VwzTxgQdK5EgkC4OPDZ6-uSixLFuRSfshw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>56756efd4246d068586c995a1ca72095</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250545">
                    <text>����������������������������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250548">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 30&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250170">
                <text>W7N5J4HB</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250171">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250172">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250173">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval au Séminaire de Québec (Paris, 12 mars 1704)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250174">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris rend compte à l’ancien évêque de Québec et aux directeurs du Séminaire des difficultés qu’il a rencontrées pour obtenir les unions des abbayes et leur reproche d’avoir révoqué les pouvoirs du chapitre et de ne pas avoir confiance en ses soins. Il leur annonce que le pape a accepté d’unir les menses conventuelles au Séminaire, mais qu’il faut encore trouver de l’argent pour expédier la bulle. Malgré les dépenses énormes, il a envoyé plusieurs prêtres. Il leur annonce le départ d’Iberville pour la Louisiane, la nomination de Vaudreuil comme gouverneur du Canada et le voyage de Saint-Vallier en France. Il les exhorte à faire attention à leurs dépenses et à la qualité de leurs prêtres.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250175">
                <text>1704-03-12</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250176">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250177">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12005" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 30&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250178">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250549">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12003" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/12004" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="915">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
      </tag>
      <tag tagId="870">
        <name>Recrutement et formation</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18701" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11995">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/42241237d4325b0c1542662bd319859e.png?Expires=1779321600&amp;Signature=VOka030JTP%7EkNvj0CYDcf7zTN2CUjmKy9aSBegn7d66Mz58dV4LiSPukVODMW4M3FpQX%7EYzIUFDN%7ERf906%7EzsADK848vds7WTlBg6r-rw6TuUUosTSJVrmyqWrzewkEjCh%7EO6aaf%7EhJDRyYtV7IPeyXVdRZtol%7Eu5FkF-LxV6823kOrgj2%7E8jRl1jIUq4TEIknPGQOc5C6LsMtUtCwAoidkt-oALjkqHu93HGuangsd7sQqGp7l2tL8kLpJW6Bh5BIq9de%7EBR5mDkUPIx8gD4xd6MzHdsN4NtxzsqiuUguxJWt0-JmlBBSTK2%7EsWR1OZOLomBapHBbpEQhscIKT-4g__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11996">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/c8ea2638f37645f13d779f2776c7d76b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=gl6YUS7JAtizkDxva9GFv1yiCmj2Z5WsAbQGNRvZCRZw9rg8H1ShhrGeaTsXGU95Gt7qSEXmrY9sNaaaVJ92R8sRySIFT%7EQVuktpofYUH-YTkutpvF8QXjXyS4Cni5UH%7EFJYLpwzcNqhFb2SacA7%7EWA7gwNrXvSq0U63slbHiTmjxuqrzrKNlD9ZJjvZuyL4iFB-9H6JvcY9SlUPiFe8LzR7hGUPxhMsqRyYVHyX2e0Ixvr3XvQFEUFXJIrXrKt4KrxsDPOCyJNpNJ%7E1Ooa5lOHqBtSwAdxZoNuNyEni8j51aJBJrjyfamS34b4ltqKu0RcpbP4sD4Dl%7EDFRqcVFBg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>d1fee37b7303371250279b3a7ad7523c</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250531">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 11 mai-15 juin 1703)&#13;
&#13;
[Du 11 mai]&#13;
Monsieur,&#13;
Je commence bien tard à répondre à toutes vos lettres et je ne le pourrai faire qu’à&#13;
bâtons rompus, car je suis détourné à tous moments par bien des affaires.&#13;
Je crois avoir reçu toutes vos lettres, tant du mois de juillet que du mois de&#13;
novembre. Je dois vous avertir que par accident, celle que vous écrivez à&#13;
M. de Denonville s’est perdue. Je n’en ai sauvé que la moitié, que je n’ai osé&#13;
montrer à M. de Denonville. J’ai rendu toutes les autres à leur adresse et ai fait&#13;
tenir à Coutances celle qui était pour votre ancien ami. Il y a répondu par la lettre&#13;
que je vous envoie et une autre qu’il m’a écrite et par un paquet bien cacheté de&#13;
toutes parts qu’il m’a fait rendre et que je vous envoie tel qu’il me l’a envoyé. Je&#13;
l’ai mis dans un ballot que je fis fermer hier, 10 mai, et envoyer à La Rochelle. Ce&#13;
ballot est marqué « S.D.K. no 8 ». Il y a aussi pour vous trois paquets venant de&#13;
Rouen, un bréviaire pour M. le curé de Québec, il y en a un pour vous en maroquin&#13;
dans la caisse de livres pour les enfants « S.D.K. no 2 », dont Mme Ango de La&#13;
Mothe vous fait présent.&#13;
Depuis que nos vaisseaux sont partis l’an passé, j’ai eu beau presser nos Messieurs&#13;
plusieurs fois pour une quête pour votre incendie, il ne s’en est point fait. M. notre&#13;
supérieur a 1er remis la chose à l’hiver pour suivre le conseil de M. le curé de SaintSulpice, où les personnes de qualité seraient rassemblées à Paris ; 2e l’hiver, il l’a&#13;
remis au carême, où il espérait que cela irait mieux ; 3e il est tombé malade dans le&#13;
temps qu’il y voulait penser ; 4e nous avons fait un imprimé après Pâques et nous&#13;
l’avons porté en plusieurs endroits assez faiblement, quoique cela nous ait pris&#13;
bien du temps et nous ait beaucoup occupés, mais tous les projets d’une quête,&#13;
&#13;
�d’un entretien, etc., ont manqué jusqu’à présent. « Parturiunt montes, nascetur&#13;
ridiculus mus1. »&#13;
Je crus devoir presser plus fortement la chose quand il me fallut accepter vos&#13;
14 000 livres de lettres de change. On me ferma la bouche en me disant que je&#13;
laissasse faire et qu’on se chargeait de me faire bon de 6 000 livres pour cette quête&#13;
pour le paiement des lettres des change et on m’a toujours fermé la bouche quand&#13;
j’en ai voulu parler. Ce n’est pas assurément manque d’affection, mais on est&#13;
emporté par mille autres affaires et n’a pas le temps de penser à celle-là. Je dois&#13;
dire cependant, à la louange de M. notre supérieur, qu’on ne peut rien ajouter à sa&#13;
charité et à sa compassion pour notre malheur et au désir qu’il a de nous procurer&#13;
du soulagement ; mais il est emporté par tant d’autres affaires que les unes lui font&#13;
oublier les autres ou n’être pas en état d’y fournir. Nous avons peut-être reçu&#13;
2 000 livres d’aumône par tout le mouvement que nous nous sommes donnés.&#13;
Qu’est-ce que cela pour une telle perte ?&#13;
Nous avons cependant sujet de nous louer de la charité de plusieurs personnes&#13;
particulières de Paris, qui, malgré la misère des temps, n’ont pas laissé de faire&#13;
certains efforts. Il est constant qu’en un autre temps, on serait touché de notre&#13;
malheur et on tirerait quelque chose, mais dans ces temps-ci, on pense plutôt à ce&#13;
qui nous touche de plus près en France qu’à ce qui est plus éloigné. Nous vous&#13;
enverrons le mémoire de ceux qui nous auront donné, afin de faire prier Dieu pour&#13;
eux dans le Séminaire.&#13;
Ce qui m’a fait plus de plaisir, c’est que nos Messieurs l’an passé offrirent à&#13;
M. Chamillard, à présent contrôleur général, de ne rien toucher de 36 000 livres&#13;
qui sont dues sur le Trésor royal, où on ne pouvait toucher d’argent, et de convertir&#13;
cette somme en rentes sur l’hôtel de ville, pourvu qu’on nous fît toucher sur le&#13;
Canada tout ce qui nous y était dû. M. Chamillard le promit et à force de&#13;
sollicitations et de voyages, nous avons touché les 4 000 livres pour notre incendie,&#13;
les 3 000 livres pour Mississippi, que je n’appellerai plus que la Louisiane, les 2 000&#13;
livres de Mgr l’Ancien pour l’année 1702 et j’ai encore touché, ce mois d’avril,&#13;
&#13;
« Les montagnes ont accouché d’une souris ridicule. » (Horace, Art poétique, 139). Locution exprimant la&#13;
disproportion entre un projet présenté comme très imposant et son résultat final décevant.&#13;
1&#13;
&#13;
�autres 2 000 livres dues à Mgr l’Ancien sur le Trésor royal pour l’année 1701. Si bien&#13;
que voilà 11 000 livres que j’ai reçues au Trésor royal en une année aussi mauvaise&#13;
que celle-là. Il a fallu payer un liard par livre, à cause d’un droit que le roi a établi&#13;
sur ces sommes, hors celle de 4 000 livres pour notre incendie, qui ne paie rien,&#13;
parce que c’est une aumône ; mais nous sommes trop heureux d’avoir tiré cela et&#13;
ce n’a pas été, je vous assure, sans bien des peines et des difficultés.&#13;
J’ai été obligé, à la fin d’août, d’aller en Berry et en Touraine visiter nos abbayes et&#13;
nos bénéfices, car je vous assure que ces sortes de biens demandent qu’on les voit&#13;
et j’y trouve toujours bien des affaires et il y en aurait bien d’autres si on n’y allait.&#13;
Cela tient en respect les voisins, quand ils voient qu’on vient visiter le bien et les&#13;
empêche de vous faire bien des procès et des usurpations. Je ne sais si je ne serai&#13;
pas obligé d’y retourner cet automne pour faire le recollement de la grande forêt&#13;
de Méobecq avec les marchands de bois, qui veulent nous la vendre. Je tâcherai, si&#13;
j’y suis obligé, de joindre ce voyage à celui que je serai obligé de faire vers Lyon&#13;
pour la succession du père de M. Bergier.&#13;
J’ai oublié, à l’occasion de nos quêtes, de vous dire que les pères jésuites nous y&#13;
ont beaucoup nui, en répandant partout que nous sommes rétablis, que nous&#13;
sommes fort riches, que rien ne nous manque. Il faut louer Dieu de ces bons à&#13;
offres qu’ils nous rendent.&#13;
Peu avant que je partisse pour le Berry, M. d’Iberville était arrivé à La Rochelle et&#13;
M. Le Sueur était venu devant lui à Paris. J’avais appris, par les lettres reçues de&#13;
nos MM. de Mississippi, le mauvais état de leur temporel. Ils m’envoyaient leurs&#13;
grands mémoires pour les exécuter. Ils avaient tiré sur moi plusieurs lettres de&#13;
charge, savoir une de M. de Saint-Cosme à M. de La Ronde de 200 livres ; une autre&#13;
de M. Bouteville à M. Creuse de 121 livres ; une du même à M. d’Iberville de&#13;
1818 livres, 6 sols, 10 deniers ; une autre de M. Bouteville à Romain Buisson de&#13;
524 livres, 16 sols. Voilà près de 2 700 livres de lettres de change. Que pouvais-je&#13;
faire en cette occasion que de payer ces lettres de change sans accomplir leurs&#13;
factures ? C’est le parti qu’on m’a conseillé de prendre et que j’ai pris en effet. J’ai&#13;
même fort honnêtement payé leurs lettres de change avant que d’avoir reçu les&#13;
3 000 livres du Trésor royal pour eux. Ce qui m’a porté à accomplir leurs lettres de&#13;
&#13;
�change plutôt que leurs factures, c’est que, par le premier vaisseau que je savais&#13;
qui ne devait partir que vers janvier ou décembre passé et qui n’est parti que&#13;
longtemps après, il y aurait bien du risque que ce vaisseau ne serait pas escorté,&#13;
que M. d’Iberville devait partir vers juillet ou août de cette année avec une petite&#13;
escadre pour établir cette colonie. J’ai donc pris le parti de n’envoyer par ce&#13;
premier vaisseau, commandé par M. Duguay et dans lequel M. d’Iberville n’est&#13;
pas retourné, que les choses absolument nécessaires pour s’habiller et mandez à&#13;
nos Messieurs que le surplus de leurs 3 000 livres a été employé à accomplir leurs&#13;
lettres de change et je leur ai promis d’accomplir leurs mémoires cette année sur&#13;
les 3 000 livres que je toucherai et d’envoyer sûrement leurs effets par&#13;
M. d’Iberville. C’est pourquoi je n’ai fait qu’un ballot pour nos MM. de&#13;
Mississippi, dans lequel je leur envoie six soutanes, six chapeaux, douze paires de&#13;
souliers, six paires de bas, vingt-huit ou trente chemises, trois douzaines de collets,&#13;
un missel, 10 livres de vermillon ou 12 livres. Voilà à peu près ce que je leur ai&#13;
envoyé.&#13;
Vous remarquerez que ces Messieurs ne s’accordent pas et que M. de Montigny&#13;
m’ayant dit que je devais leur envoyer des farines, du vin et de l’eau-de-vie et de&#13;
l’huile et que cela leur était nécessaire, je leur en ai envoyé par les derniers envois.&#13;
M. de Saint-Cosme m’a mandé depuis que cela était inutile et ne faisait pas que les&#13;
embarrasser. On trouve aisément à s’en défaire dans une nouvelle colonie.&#13;
M. Bouteville, par les lettres venues en juillet 1702 avec M. d’Iberville, me mande&#13;
la même chose et par une lettre que je viens de recevoir de lui de La Mobile du&#13;
12 décembre 1702, par un traversier qui a joint M. Du Casse à Saint-Domingue. Il&#13;
me mande que M. Davion est descendu à La Mobile pour se rétablir et que si on&#13;
n’envoie des vivres pour rétablir les missionnaires et pour faire subsister ceux qui&#13;
sont à La Mobile, ils ne s’y pourront soutenir. Je ne sais comment accorder ces deux&#13;
choses.&#13;
Je ne saurais vous exprimer les combats que nous avons eus à soutenir contre les&#13;
Jésuites pour cette mission depuis le retour de M. d’Iberville. Il est revenu en&#13;
France très prévenu contre eux, à cause de toute la hauteur avec laquelle le P. du&#13;
Rue, jésuite, en a agi pendant son absence en ce pays envers M. de Sauvole,&#13;
commandant, et les autres. M. d’Iberville a déclaré au bureau qu’il ne retournerait&#13;
&#13;
�pas en Canada s’il n’y avait plusieurs corps établis à La Mobile et le P. Gouyé,&#13;
jésuite, qui a enseigné à M. de Pontchartrain ce qu’il sait de mathématiques et qui&#13;
a ensuite obtenu, par son crédit, de succéder au Fr. Saint-Gilles dans la procure&#13;
des îles [d’Amérique française], a déclaré à M. de Pontchartrain qu’il fallait que les&#13;
Jésuites y fussent seuls. Il fit même plus l’an passé, car avant que Mgr de Québec&#13;
partît pour Rome, il sût l’engager à lui donner des pouvoirs pour être curé de&#13;
La Mobile à l’exclusion des autres et Mgr de Québec, qui craignait que le&#13;
P. de La Chaize ne s’opposât à son voyage de Rome, eut la faiblesse, à ce qu’on&#13;
m’a dit, de lui accorder le pouvoir pour les Jésuites d’y être curés, sans cependant&#13;
en exclure les autres. Il a dit depuis que ce n’était que pour leur donner moyen&#13;
d’exercer leurs fonctions avec plus d’autorité auprès des officiers et qu’il avait&#13;
d’ailleurs été bien aise par-là de faire reconnaître son autorité ; mais le P. Gouyé&#13;
s’est servi, pendant son voyage de Rome, de son écrit contre lui et a demandé&#13;
plusieurs fois avec empressement au ministre, qui ayant été son écolier ne lui&#13;
refuse rien et donne à l’aveugle dans toute ses vues, que ces missions fussent&#13;
gouvernées sous l’autorité du roi sans évêque, comme les îles, et qu’ils ne&#13;
dépendissent que de leur supérieur, qu’on les établit seuls à La Mobile et qu’ils&#13;
eussent dans tous ces pays-là un district séparé, où personne ne les allât visiter.&#13;
Nous sûmes que les Jésuites demandaient cela cet automne à Fontainebleau&#13;
pendant que la Cour y était. Nous dressâmes un mémoire pour représenter, ou&#13;
que l’on devait reconnaître dans ces quartiers-là l’autorité de l’évêque de Québec,&#13;
ou que l’on y devait établir un vicaire apostolique qui y formât l’Église, comme&#13;
elle l’a été en Canada. Nous représentions en même temps que nous ne pouvions&#13;
nous passer d’un établissement à La Mobile pour y secourir nos missionnaires&#13;
répandus parmi les Sauvages. Nous y parlions de la conduite des Jésuites aux&#13;
Tamarois et de la division qu’ils ont causée dans cette mission, etc. De plus, nous&#13;
fîmes représenter au ministre, par M. d’Iberville, qu’il se présentait un&#13;
ecclésiastique, qui avait 1 500 livres ou 1 800 livres de revenu, qui s’offrait à aller&#13;
s’établir dans quelqu’une des nations sauvages de ces pays-là, également ami des&#13;
Jésuites et des Missions étrangères et qui ne servirait qu’à les concilier, en cas qu’il&#13;
arrivât quelque chose qui les divisât. Cet ecclésiastique est M. Gervaise, prévôt de&#13;
Suèvres, qui est un bénéfice dépendant de Saint-Martin-de-Tours, qui a été&#13;
emmené à l’âge de 16 ans, en 1681, par feu M. d’Héliopolis, à Siam, qui en revint&#13;
&#13;
�en 1687 avec les ambassadeurs siamois et qui a demeuré depuis au collège des&#13;
Jésuites et conduit par le R. P. Sanadon, jésuite. Cet ecclésiastique s’offrait de venir&#13;
avec nous, mais il craignait la mésintelligence. Nous lui conseillâmes de ne paraître&#13;
pas lié avec nous, comme en effet il ne l’est pas, et d’aller faire le bien par lui-même&#13;
en ce pays-là et que quand il y serait, s’il jugeait qu’il dût avoir son rapport à nous&#13;
et s’y unir, nous nous y offrirons volontiers. Il a en effet plus de 1 800 livres de&#13;
revenu, avec lequel il serait en état d’aller faire un bel établissement à La Mobile&#13;
et s’il survivait une sœur unique qu’il a, il hériterait d’elle plus de 3 000 livres de&#13;
rente et avec tout cela ferait de grands biens en ce pays-là, pour lequel il a un attrait&#13;
particulier, cultivé depuis deux ans, et auquel même le P. Sanadon (jésuite fameux&#13;
pour les retraites du P. Le Valois, auquel il a succédé) l’a fort exhorté de se dévouer.&#13;
M. d’Iberville, à qui j’en avais écrit, doutait fort de ce projet et destinait à ce&#13;
missionnaire la mission des Chicachas ou des Chactas qu’il nous avait offerte.&#13;
Le P. Gouyé ne put réussir à obtenir que cette colonie nouvelle fût gouvernée&#13;
comme les îles. Il changea de batterie et demanda, ce mois de janvier dernier et&#13;
surtout depuis le retour des Mgr de Québec, après avoir appris ce qu’avait fait&#13;
M. Bergier aux Tamarois en interdisant le P. Pinet, dont il fit grand bruit à la Cour,&#13;
et dit partout qu’aucun de leurs pères ne resterait où nous serions et où il y aurait&#13;
des grands-vicaires au-dessus d’eux. Le roi en a été rebattu et on a tâché à nous&#13;
décrier sur cela, tant qu’on a pu, dans son esprit comme des gens qui ne pouvions&#13;
souffrir les Jésuites. Quelque légitime que soit la conduite de M. Bergier, que nous&#13;
avons toujours soutenue contre ces mauvais bruits, ils le faisaient passer pour un&#13;
brouillon, un envieux et ils disaient n’avoir été interdits que pour n’avoir pas&#13;
voulu communiquer à M. Bergier leur dictionnaire de la langue illinoise. Je ne&#13;
saurais vous répéter toutes les faussetés et toutes les sottises etc., que les Jésuites&#13;
ont dites contre nous à ce sujet.&#13;
Il est bien douloureux d’être exposé à la malignité de ces personnes dès qu’on veut&#13;
un peu faire le bien et soutenir l’autorité ecclésiastique. Je vous avoue que toutes&#13;
ces brouilleries me dégoutent tellement que je ne sais plus souvent où j’en suis. Je&#13;
vous admire, vous, Monsieur, qui nous mandez que vous vivez le mieux du&#13;
monde avec les Jésuites, qu’ils sont contents de vous et que vous l’êtes d’eux,&#13;
pendant qu’ils écrivent bien différemment en France, outre tout ce qu’ils disent au&#13;
&#13;
�roi et à son ministre contre nous, pour nous dépeindre comme gens qui ne&#13;
cherchons qu’à les persécuter, ceux de Canada écrivent contre nous très aigrement.&#13;
J’ai vu la lettre du P. Bouvart à Mgr de Québec, où il lui représente tout ce qui s’est&#13;
fait aux Tamarois comme une persécution qui leur a été faite par leurs adversaires&#13;
et dont (dit le P. Bouvart à Mgr de Québec) vous connaissez à présent toute&#13;
l’injustice. Ce père lui mande encore que depuis que leurs pères de France ont&#13;
appris qu’ils étaient mal avec le clergé, il ne se présentait plus personne pour ces&#13;
missions. C’est ce que les pères jésuites, surtout le P. de Lamberville, répandent, à&#13;
ce qu’on m’a dit, partout pour nous rendre odieux par-là, et dans l’esprit du roi et&#13;
de son ministre, à qui ces choses ont été dites, et dans l’esprit de tous ceux qui sont&#13;
dévoués aux Jésuites.&#13;
C’est donc sur ce fondement que le P. Gouyé a demandé, par des mémoires au roi,&#13;
à être seuls à La Mobile et a fortement sollicité, et fait solliciter, Mgr de Québec à&#13;
leur accorder pour leur supérieur dans ces pays-là les pouvoirs de grands-vicaires&#13;
nés2, sur lesquels personne n’eût à voir. Ils ont exposé même que nous&#13;
demandions, de même qu’eux, d’être grands-vicaires nés, comme le prieur de&#13;
Saint-Germain-des-Prés est grand-vicaire né de M. l’archevêque de Paris. Vous&#13;
remarquerez qu’il ne l’est que dans le faubourg Saint-Germain, à l’occasion d’une&#13;
transaction faite entre les évêques de Paris et les abbés de Saint-Germain et leurs&#13;
religieux, qui renoncèrent au privilège qu’ils avaient de ne pas reconnaître&#13;
l’évêque de Paris dans leur faubourg, où ils étaient indépendants par d’anciennes&#13;
concessions des papes, et le reconnurent à condition que leurs prieurs seraient&#13;
grands-vicaires nés. Mgr de Québec a tenu ferme sur cela et n’a pas voulu leur&#13;
accorder de les faire grands-vicaires nés dans le Mississippi, ni en Canada. Il a&#13;
même envoyé au ministre un mémoire, où il expose qu’il ne peut leur accorder&#13;
cela et qu’en ayant demandé avis à plusieurs prélats, surtout à M. de Chartres, ils&#13;
lui ont tous répondu que quelques amis qu’ils fussent des jésuites, ils ne leur&#13;
accorderaient jamais cette grâce.&#13;
« Un vicaire né est celui qui jouit de cette qualité comme étant attachée à quelque dignité dont il est revêtu ;&#13;
tels sont les vicaires de l’Empire, tels sont aussi les prieurs de Saint-Denis en France et de Saint-Germaindes-Prés à Paris, lesquels sont grands-vicaires nés de l’archevêque de Paris, en vertu de transactions&#13;
homologuées au Parlement, l’un pour la ville de Saint-Denis, l’autre pour le faubourg de Saint-Germain de&#13;
la ville de Paris ; l’archevêque ne peut les révoquer, tant qu’ils ont la qualité de prieur de ces deux abbayes.&#13;
(Lois ecclésiastiques de Dhéricourt). » (Boucher d’Argis, « vicaire », L’Encyclopédie, 1re édition, 1751,&#13;
Tome 17, p. 234.)&#13;
2&#13;
&#13;
�Cependant, c’est sur cela qu’ils menacent depuis six mois de quitter le Mississippi&#13;
et d’en rappeler tous leurs pères. Ils sont un. Ils vont même jusqu’à vouloir faire&#13;
entendre qu’ils sortiront tous du Canada et je suis persuadé que le&#13;
R. P. de La Chaize, prévenu par les pères, l’aura dit au roi, quoiqu’ils soient aussi&#13;
éloignés de quitter le Mississippi que le Canada. Le P. Gouyé m’a dit lui-même&#13;
une partie de ces choses que je vous dis qu’ils répandent contre nous, car il m’a&#13;
dit, dans sa chambre à Saint-Louis (où je voudrais par parenthèse que&#13;
M. de Glandelet eut vu comment un religieux qui a fait vœu de pauvreté est logé),&#13;
il m’a, dis-je, exposé que depuis notre division de la Chine, nous ne nous&#13;
accorderions nulle part ; que si nous entrions dans les îles, où sont les missions&#13;
dont il prend soin, il en rappellerait tous les pères ; que nous ne pouvions&#13;
demeurer ensemble au Mississippi ; que leurs pères ne voulaient plus aller en&#13;
Canada ; qu’il ne trouverait personne pour le Mississippi s’ils restaient&#13;
indépendants de l’évêque et de tous grands-vicaires ; et ce père a tellement&#13;
imprimé cela dans l’esprit du ministre qu’il nous a tout à fait brouillés avec lui, de&#13;
sorte qu’il ne se modère pas quand il parle contre nous et en dit les choses les plus&#13;
fortes.&#13;
Cela est d’autant plus fâcheux qu’un ministre fait entendre tout ce qu’il veut au&#13;
roi, qui a d’ailleurs été prévenu par le P. de La Chaize. De plus, ils ont tellement&#13;
décrié M. l’évêque de Québec dans l’esprit de roi que notre cause pour le&#13;
Mississippi étant jointe à la sienne, en sorte que nous n’y sommes que sous la&#13;
protection de l’évêque, nous souffrons de la mauvaise opinion qu’on a de lui,&#13;
comme il dit qu’il souffre de nous avoir à soutenir, parce que nous sommes trop&#13;
décriés par les Jésuites. Il faut avouer qu’on n’ose compter sur ce prélat. Il est&#13;
aujourd’hui d’un avis et demain d’un autre et c’est ce qui nous a tenus dans une&#13;
telle perplexité sur ces missions que je voudrais souvent, après tout ce que nous&#13;
avons à en souffrir, qu’on ne les eut point entreprises.&#13;
On nous menace de ne nous donner aucun secours, ni pour ces missions ni pour&#13;
Canada, de nous ôter les 3 000 livres qu’on y a destinées, de ne nous donner ni&#13;
passage, ni aucune grâce. Nous sommes bien à plaindre d’avoir à lutter avec des&#13;
gens si formidables et qui usent si fortement de leur crédit.&#13;
&#13;
�Les affaires de Mississippi ne sont pas encore réglées. Je crois qu’elles le seront&#13;
conjointement avec celles du Canada ; au moins, on y travaille ensemble.&#13;
M. d’Iberville est ici, qui voudrait bien nous avoir et n’avoir pas les seuls Jésuites.&#13;
Il a même déclaré au ministre qu’il n’irait pas en Canada s’ils restaient seuls à&#13;
La Mobile, mais cependant, je crains que d’ailleurs il ne les favorise pour flatter le&#13;
ministre et se concilier sa protection. Il voit qu’avec nous, il n’y a que des coups et&#13;
des rebuts à espérer. D’ailleurs, Mme de Maintenon ne veut point le commettre en&#13;
tout ceci avec le ministre. Il n’a pas gardé des mesures avec elle en d’autres&#13;
occasions, qui lui ont fait prendre le parti de laisser ce ministre dire et faire. Elle&#13;
sait d’ailleurs que le roi est prévenu en faveur des Jésuites, à cause du&#13;
P. de La Chaize, que d’ailleurs il est frappé contre Mgr de Québec, à cause de son&#13;
faible gouvernement. Tout cela l’oblige à ne nous pas servir aussi efficacement&#13;
qu’elle le pourrait souhaiter.&#13;
Il est arrivé cet hiver une affaire, qui a relevé merveilleusement les cornes des&#13;
Jésuites au sujet du jansénisme. J’en écris à M. de Glandelet, auquel je vous&#13;
renvoie. Cela leur a redonné un nouveau crédit à la Cour et ils sont seuls regardés&#13;
comme gens d’une doctrine pure, jusque-là que le ministre a dit à Mgr de Québec&#13;
[qu’à] l’occasion de La Mobile que le roi était sûr de la doctrine des Jésuites et qu’il&#13;
ne l’était pas de celle de tous les autres ; ce qui ne se peut entendre que de nous. Je&#13;
gage que vous n’auriez pas autrefois pu croire qu’on vous eut cru d’une doctrine&#13;
suspecte, mais il suffit de n’entrer pas aveuglément dans l’esprit des Jésuites. On&#13;
m’a fait remarquer que le roi, quand il parle d’eux, les appelle « nos pères », à&#13;
l’exclusion de tous les autres. Je ne leur envierais pas ce crédit, s’ils laissaient faire&#13;
le bien aux autres, surtout celui qu’ils ne peuvent faire.&#13;
Peut-on rien voir de plus outré que la lettre que le P. de La Chaize a écrite à&#13;
Mgr notre ancien évêque3 ? Si nous n’avions appréhendé que cela n’eût causé de la&#13;
Lettre du P. de La Chaize à Laval du 22 mai 1702, dans laquelle il affirme que les prêtres du Séminaire des&#13;
Missions étrangères de Paris publiaient des cahiers injurieux envers les Jésuites et blâment plutôt les premiers&#13;
pour la querelle qui existait entre eux : « Mais j’ose vous dire qu’il est d’autant plus nécessaire que vous&#13;
obligiez ces Messieurs de conserver la paix et l’union et de ne plus inquiéter les pères, qu’il ne faut pas&#13;
attendre qu’on leur inspire ces sentiments du côté de MM. les directeurs du Séminaire de Paris, dont les&#13;
emportements contre notre Compagnie et la conjuration et liaison étroite avec tous ses ennemis et ses&#13;
persécuteurs donnent tous les jours des scènes si scandaleuses dans toute l’Église, par lesquelles ils se font&#13;
assurément plus tort qu’à nous et causent un préjudice extrême au bien de la religion, au salut des âmes et à&#13;
l’édification publique. »&#13;
3&#13;
&#13;
�division en Canada et si Mgr l’Ancien l’eût voulu, nous aurions fait en son nom une&#13;
réponse au P. de La Chaize, qui lui aurait ôté l’envie de jamais écrire des faussetés&#13;
d’une manière si outrée. J’ai été aussi très surpris de ce que le P. de Lamberville&#13;
lui écrit que Mgr de Québec lui a dit que la division se mettrait bientôt dans le&#13;
Canada, dès qu’il serait mort, entre le Séminaire et eux. Si la division s’y met, ils&#13;
en seront bien la cause, car ce sont des gens inquiets et turbulents, qui chercheront&#13;
toujours noise. Je tâche à vivre en paix avec eux. Je vois quelquefois le P. de&#13;
Lamberville. Je le vois, à la vérité, moins que je ne voyais ci-devant, parce que je&#13;
ne veux pas m’exposer à l’entendre me parler selon les idées de ses pères et les&#13;
siennes, parce que je m’engagerais insensiblement à lui en dire trop.&#13;
Prenez garde, je vous prie, comment vous écrivez, ou à ces pères ou à leurs amis,&#13;
comme M. de Denonville, M. de Champigny, car tous ces Messieurs sont tous&#13;
dévoués aux Jésuites, dont ils ont obtenu et attendent encore tout, car ils profitent&#13;
de tout et ne laissent rien échapper. M. d’Iberville voudrait qu’on leur cédât les&#13;
Tamarois et M. de Québec voudrait qu’à la place ils nous cédassent la cure de La&#13;
Mobile, qu’il reconnaît enfin leur avoir trop légèrement donnée. Vous verrez qu’ils&#13;
resteront curés et tâcheront de nous chasser des Tamarois. Nous nous plaindrons&#13;
hautement au roi s’ils le font et nous lui exposerons que c’est une affaire réglée,&#13;
contre laquelle il ne faut pas revenir.&#13;
Quant à la cure de La Mobile, j’ai cependant déclaré que nous ne pourrions nous&#13;
établir en cette ville, qui sera sur La Mobile, que nous n’y exercions nos fonctions&#13;
ecclésiastiques indépendamment des Jésuites et surtout les curiales et l’instruction&#13;
des enfants, mais les Jésuites feront que le ministre nous refusera tout secours et&#13;
n’en donnera qu’aux Jésuites pour bâtir l’Église et que donc le monde se tournera&#13;
vers eux comme les arcs-boutants de la fortune ; et alors, je ne sais si aucun&#13;
missionnaire voudrait y aller et se tenir dans un lieu, où il verrait le clergé ainsi&#13;
traité.&#13;
La lettre de M. Bouteville nous apprend la triste mort de M. Foucault, qui a été tué&#13;
avec son garçon et deux Français que M. d’Iberville avait envoyés vers les nations&#13;
d’En-haut, par une nation de Sauvages appelés Courouais ou Koroas, qui sont en&#13;
descendant le Mississippi, avant que d’arriver à la fourche. On ne nous explique&#13;
&#13;
�pas les circonstances, mais il est bien fâcheux d’avoir perdu un tel missionnaire.&#13;
Sans doute que les Sauvages auront pillé sa chapelle et tout ce qu’il avait.&#13;
M. Bouteville me mande que M. Davion m’en écrit toutes les circonstances.&#13;
Cependant, je n’ai point reçu de lettres de M. Davion. M. d’Iberville en a reçu une&#13;
de M. Davion, qui lui marque qu’allant voir M. Foucault, il avait trouvé ces quatre&#13;
corps massacrés et était revenu sur ses pas. M. Davion est descendu à La Mobile&#13;
pour se rétablir. Je crains que nous ne tirions pas encore un grand usage de ce&#13;
vertueux missionnaire, qui s’est accablé de pénitences, et si M. Bergier quitte sa&#13;
mission, il se trouvera que de tant de dépenses faites pour ces établissements, il&#13;
n’y aura que celui de M. de Saint-Cosme qui subsistera. Nous convînmes l’an passé&#13;
avec Mgr l’évêque de Québec qu’il valait mieux laisser une somme à chaque&#13;
mission, dont elle pourrait disposer ensuite pour tout ce que le missionnaire qui&#13;
la remplirait voudrait et qu’il fallait faire les choses égales, afin d’empêcher le&#13;
murmure ; qu’ainsi on donnerait 600 livres à la mission des Tamarois pour&#13;
M. Bergier, 600 livres à celle des Tonicas pour M. Davion et 600 livres à celle des&#13;
Natchez pour M. de Saint-Cosme, les autres 600 livres, pour remplir les&#13;
3 000 livres, seront employées à l’établissement de La Mobile ou aux frais&#13;
extraordinaires, comme envoi de missionnaires, etc. en cas qu’on obtienne quelque&#13;
autre fond pour La Mobile ; ainsi, j’accomplirai le mémoire de chaque mission&#13;
jusqu’à 600 livres, y compris tous les frais de voiture, etc. qu’il faudra faire et ces&#13;
Messieurs prendront sur cela leurs voyages, s’ils en font, les bâtiments de chapelle&#13;
et de maisons et leurs domestiques, etc.&#13;
J’ai mandé à M. Bouteville qu’il ne devait pas compter que je lui envoyasse des&#13;
domestiques de France. C’est ce que je ne puis trouver pour leur en envoyer de&#13;
tels qu’il faudrait. Si nous envoyons quelques missionnaires, ils pourront peut-être&#13;
mener avec eux quelques domestiques, mais d’en trouver qui y aillent sans que les&#13;
prêtres les conduisent, il n’y faut pas compter.&#13;
J’ai encore écrit à M. Bouteville que vous souhaitiez qu’il s’en retournât en Canada,&#13;
soit en passant par la France, soit en allant par les terres. Je lui en ai marqué les&#13;
raisons de la part de sa famille. Quand il viendra en France, je le recevrai à bras&#13;
ouverts au Séminaire, jusqu’à ce que les vaisseaux partent. Nous voulions même&#13;
lui envoyer un autre prêtre à la place pour le relever, en cas qu’il fût fort occupé,&#13;
&#13;
�mais il me mande par sa dernière qu’il est resté à La Mobile, où il s’est occupé, ditil, à faire bâtir une petite église, qui lui coûte près de 250 livres. C’est encore de&#13;
l’argent qu’il faudra trouver. Je lui ai adressé, et à tous nos Messieurs qui sont au&#13;
Mississippi, un compte de tout ce que j’ai reçu et dépensé pour la mission de&#13;
Mississippi depuis son établissement et je leur marque que dans la triste situation&#13;
où est notre pauvre Séminaire de Québec, ils ne doivent point compter que l’on&#13;
puisse dépenser pour leur mission plus que les 3 000 livres qu’on reçoit pour elle.&#13;
C’est ce qui fera la difficulté de soutenir celle de M. Bergier, car M. d’Iberville et&#13;
M. Le Sueur m’ont voulu persuader qu’il coûtera plus de 500 livres à lui faire tenir&#13;
ses besoins. M. Le Sueur ne les lui portera qu’en payant bien cher tous les frais que&#13;
ses gens feront en remontant le fleuve. Si cela est, vous voyez bien que cette&#13;
mission n’est pas soutenable et qu’il faut nous réduire à faire des missions dans&#13;
les nations voisines les unes des autres, comme les Natchez, les Taentas, les&#13;
Tonicas, les Chactas. Au moins, nos Messieurs se verront, pourront quelques fois&#13;
conférer ensemble et se soutiendront les uns les autres. Il ne faut pas compter sur&#13;
la communication par le Canada : les voyages coûtent trop. Vous n’en pouvez&#13;
avoir que par la France et c’est encore pour cela que nous ne devons pas trop nous&#13;
attacher aux Tamarois. Il vaut mieux secouer la poussière de ses pieds sur les&#13;
Jésuites et leur laisser ces peuples qu’ils ont tant d’envie de garder.&#13;
Mais ce qui m’embarrasse, c’est que je crains qu’en cela, nous ne fassions une&#13;
grande peine à M. Bergier. Il sait la langue tamaroise ; il lui sera difficile, étant âgé,&#13;
d’en apprendre une autre. Il ne nous faut pas mortifier un aussi vertueux&#13;
missionnaire, pour lequel nous avons beaucoup d’estime. Nous vous expliquons&#13;
toutes nos difficultés. Nous sommes encore sur cela à consulter Dieu et peut-être&#13;
aurions-nous le temps d’avoir réponse de vous avant que de nous résoudre,&#13;
puisque nous avons perdu M. Foucault. Je crois que si l’on quitte le poste des&#13;
Tamarois, vous pourriez renvoyer le jeune M. de Saint-Cosme pour remplir la&#13;
place, car on dit que la langue tamaroise n’est pas éloignée de celle des Arkansas.&#13;
D’ailleurs, c’est pour l’embouchure de la rivière où sont les Arkansas qu’on&#13;
prétend attirer les Panis et Panimoas et autres nations sauvages et M. d’Iberville&#13;
m’a dit que l’on devait établir cette rivière plutôt qu’aucune autre pour remonter&#13;
vers les Espagnols et vers les Mines. Le dessein de M. d’Iberville est de rassembler&#13;
&#13;
�les nations et les réunir, afin de les rendre susceptibles d’instruction et de&#13;
discipline.&#13;
M. Bouteville m’écrivait l’an passé que je ne manquasse pas à lui envoyer des&#13;
Nègres et des Négresses et que, par eux, il se mettrait en état de faire un beau bien&#13;
et de n’avoir plus besoin dans la suite d’autre secours, qu’il ferait faire du sucre,&#13;
de l’indigo, etc. Je lui ai mandé que nous ne pouvions et ne devions pas employer&#13;
ces moyens pour subsister dans ces missions : nous ne pouvions, parce qu’il&#13;
faudrait faire pour cela une dépense que nous ne saurions faire ; nous ne devions,&#13;
parce que nous ne devions pas nous emporter dans ces commerces. Il ne nous&#13;
convenait pas de nous immiscer dans ces négoces séculiers, que nous n’étions pas&#13;
faits pour être commis de ces Nègres, qui cependant n’allaient qu’au bâton ; que si&#13;
cependant dans la suite le pays s’établit et qu’il en ait besoin de quelqu’un, alors&#13;
on en pourra avoir facilement de Saint-Domingue et des meilleurs par un de nos&#13;
meilleurs amis, qui va à Saint-Domingue pour être le directeur général de la&#13;
Compagnie de l’Assiente, qui ne fait que ce commerce. J’en parlerai même à cet&#13;
ami avant qu’il parte, afin qu’il en soit prévenu.&#13;
Voilà à peu près tout ce que j’ai à vous écrire du Mississippi. S’il m’en revient&#13;
quelque chose, je l’ajouterai dans la suite de ma lettre. Il me faut à présent vous&#13;
rendre compte de l’état du temporel du Séminaire.&#13;
Quelque peine qu’on ait eue l’an passé à toucher de l’argent au Trésor royal, je n’ai&#13;
pas laissé d’y toucher tout ce que je pouvais espérer dans les meilleurs temps. Il&#13;
est vrai que nous en avons toute l’obligation à nos Messieurs, qui l’ont demandé&#13;
instamment à M. Chamillart, s’offrant même de ne pas toucher eux-mêmes deux&#13;
années des ordonnances des missions qui leur étaient dues, montant à&#13;
36 000 livres, pour que nous touchassions tout, à cause de notre incendie. En effet,&#13;
j’ai touché depuis l’an passé, jusqu’à présent, les 3 000 livres de Mississippi pour&#13;
1702, les 4 000 livres pour notre incendie, les 2 000 livres pour Mgr notre ancien&#13;
évêque pour 1702 et autres 2 000 livres, qui étaient restées en arrière pour 1701 ; si&#13;
bien que j’ai touché 11 000 livres au Trésor royal. Je ne sais si je serai aussi heureux&#13;
cette année. Il y a tout sujet de croire que cela n’ira pas de même. J’ai reçu aussi&#13;
&#13;
�plus d’une année et demie de la pension de Mgr l’Ancien sur Aire, car il ne reste&#13;
pas dû 600 livres, toutes subventions payées pour toute l’année 1702.&#13;
En un mot, vous serez surpris de voir la recette du Séminaire monter si haut qu’elle&#13;
a monté cette année, quoique je n’aie encore pas reçu 2 500 livres d’aumônes pour&#13;
notre incendie. Il est vrai que quoique nous soyons à la veille d’avoir peut-être des&#13;
bulles d’union de nos abbayes et qu’en conséquence nous soyons prêts à payer de&#13;
grosses sommes pour ces bulles, je n’ai pas laissé cependant de mettre sur le&#13;
compte du Séminaire 2 436 livres, 11 sols, dont je suis demeuré redevable au&#13;
chapitre, au 1er mai de cette année, par le compte que je lui envoie et je l’ai fait pour&#13;
me faciliter le paiement des lettres de change que j’ai à payer.&#13;
Vous trouverez, dans ma recette, que j’ai reçu de Mgr de Québec les 600 livres pour&#13;
le billet de M. Maudoux, mais M. Maudoux, que vous appréhendez être de retour&#13;
de l’Acadie et qui, selon toutes les apparences, prendra quelque établissement en&#13;
France, m’a demandé si vous ne m’aviez pas écrit la somme que vous lui deviez,&#13;
dit-il. Je lui ai répondu que vous ne m’en aviez rien écrit et il m’a témoigné sur cela&#13;
que vous lui deviez une somme fort considérable, dont il dit avoir un billet de vous&#13;
et qu’il me priait de vous représenter qu’il avait besoin de ce fonds pour faire ses&#13;
affaires. Je lui ai promis de vous en écrire. Cela vient fort mal à rembourser dans&#13;
un temps comme celui-ci. Peut-être ne refusera-t-il pas que je lui offre de lui en&#13;
payer la rente au retour des vaisseaux, si vous le trouvez à propos et si vous n’êtes&#13;
pas en état de le lui rendre, jusqu’à ce que vous soyez en état de le faire. En ce cas,&#13;
il faudrait que vous envoyassiez une promesse de lui payer la rente de cette&#13;
somme, jusqu’au jour du remboursement. Je ferais mon possible pour le faire&#13;
attendre sur ce pied quelques années.&#13;
J’ai été bien aise de recevoir de Mgr de Québec les 1 200 livres pour trois années des&#13;
écoles. C’est en recevant cette somme et celle ci-dessus, sans bourse de lier, que ce&#13;
prélat en est resté redevable de 1 800 livres et tant de livres, après lui avoir payé&#13;
les 2 000 livres du chapitre échues à Pâques dernier ; mais il nous est survenu une&#13;
difficulté pour l’échéance de cette fondation de 400 livres pour les écoles. M gr de&#13;
Québec prétend que quoique la fondation soit faite de février 1699 ou janvier,&#13;
cependant on n’a commencé à tenir les écoles que vers son retour en France en&#13;
&#13;
�octobre 1700. Ayez la bonté de m’envoyer de bonnes attestations du temps que les&#13;
écoles ont commencé et que ces attestations soient données par M. Le Vallet ou par&#13;
M. de La Colombière ou du moins par M. Dupré, curé.&#13;
Je vous avoue que je n’ai pas été peu surpris de la somme que vous avez tirée sur&#13;
moi en lettres de change, sachant l’avance où j’étais pour le Séminaire, car quoique&#13;
je fasse ces avances par le moyen de plusieurs petites sommes appartenant à&#13;
plusieurs personnes, qui me prient de leur garder les uns 800 livres, les autres&#13;
500 livres, les autres 100 écus, cependant je n’ai pu pousser à une si grosse avance&#13;
qu’en me servant encore des deniers du Séminaire de Paris et d’autres que j’ai à&#13;
ma disposition ; or, je ne puis être si longtemps dans ces avances. Je vous avais&#13;
mandé que je toucherais les 4 000 livres pour notre incendie et que M. l’abbé&#13;
de Brisacier me faisait espérer 6 000 livres pour les quêtes. À la bonne heure que&#13;
vous eussiez tiré sur moi 10 000 livres, mais 14 000, cela est exorbitant.&#13;
Dans l’état présent où sont les choses, je ne vois pas apparence que pour l’année&#13;
prochaine vous eussiez espéré que je vous fasse 10 000 livres, soit pour&#13;
l’accomplissement des factures soit pour des lettres de change. Encore me&#13;
trompais-je fort par le calcul que je viens de faire, car je n’ai que les 4 000 livres&#13;
pour l’incendie à toucher, les 2 000 livres de Mgr l’Ancien au Trésor royal et&#13;
1 500 livres sur l’évêché d’Aire : cela ne fait que 7 500 livres. Ainsi, je ne compte&#13;
vous pouvoir faire toucher à tout aller que 8 000 livres en factures ou lettres de&#13;
change, car j’aurai outre cela à payer la facture de M. Grignon et plusieurs autres&#13;
menus frais et cependant, je ne laisserai pas d’être encore beaucoup en avance&#13;
pour le Séminaire quand je recevrais de M. l’abbé de Brisacier le surplus de ce qu’il&#13;
a promis pour la quête, qui irait à près de 3 000 livres, car pour ce que je recevrai&#13;
du chapitre, vous n’y devez pas compter, puisqu’au contraire, il nous faudra&#13;
emprunter pour ces bulles. Je vous supplie très instamment, Monsieur, ne me&#13;
ménage un peu, de ne pas me pousser à bout sur cela et d’avoir égard à ce que je&#13;
vous représente. Ne croyez pas qu’il soit facile de tirer de l’argent et d’en trouver&#13;
à emprunter. C’est assurément ce que nous ne trouverions pas dans ce temps-ci :&#13;
chacun serre son argent ou on le met à de gros intérêts sur le roi ou sur les&#13;
financiers, mais on ne prête pas à un intérêt ordinaire si aisément.&#13;
&#13;
�Je vous envoie presque tout ce que vous m’avez demandé dans la facture. Je n’ai&#13;
retranché que quelques bagatelles, mais je vous assure que si j’eusse su en février&#13;
que j’ai assemblé ce que je vous envoie qu’il n’y eut qu’un seul vaisseau qui allât à&#13;
Québec, je ne sais si j’aurais hasardé toutes ces choses ; car je vous avoue que je&#13;
suis dans une grande crainte que tout cela ne soit perdu. Mon Dieu que serait-ce&#13;
si après notre perte, nous venions encore à perdre nos ballots ! Il faut être prêt à&#13;
tout ce que la volonté de Dieu en voudra disposer.&#13;
Mme Ango de La Mothe m’a chargé de vous envoyer un bréviaire. Je vous en&#13;
envoie un en maroquin noir et un semblable pour M. Dupré, en veau : le premier&#13;
est dans le ballot no 3 et l’autre dans le ballot no 8.&#13;
Les parents de M. Calon ne m’ont pas encore rien demandé des revenus que j’ai&#13;
reçus de son bénéfice. S’ils voulaient m’en faire rendre, je me défendrais en&#13;
exposant qu’il a été entretenu sain et malade et enterré aux dépends du Séminaire&#13;
de Québec. Nous n’avons point trouvé de lui de testament. N’en aurait-il rien&#13;
laissé ou quelque indice parmi ses papiers en Canada ? Je vous prie de m’en&#13;
mander des nouvelles.&#13;
C’est bien dommage que vous ne m’ayez mandé cette mort de bonne heure et que&#13;
vous n’aviez pris quelques précautions pour empêcher que d’autres ne&#13;
l’écrivissent. Un M. Simon, prêtre de Montréal, l’a mandée à Dijon à&#13;
M. Compasseur et par ce moyen, M. l’évêque de Meaux l’a su, qui a disposé de la&#13;
chapelle en faveur de M. l’abbé Bossuet, son neveu, pour composer un des grains&#13;
de son chapelet de bénéfices et par ce moyen, nous avons laissé échapper cette&#13;
chapelle, qui valait la peine d’être conservée, car elle vaut près de 500 livres dans&#13;
les bonnes années. Il faut bénir Dieu de tout.&#13;
On envoie cette année des Prémontrés à l’Acadie ; mais je crains pour cet&#13;
établissement, qu’on n’ait de la peine à le faire. D’ailleurs, j’appréhende que ces&#13;
Messieurs n’envoient en ces quartiers-là leurs sujets qui auraient fait parler d’eux&#13;
en France ; c’est ce qui perdrait cette colonie.&#13;
&#13;
�Je mande à M. Le Voyer de s’en revenir dans sa famille. Je compte qu’il reviendra&#13;
cet automne. Mgr de Québec m’a dit avoir recommandé à M. Valet de ne vous point&#13;
inquiéter sur ce qui pourrait avoir à prétendre au chapitre. Je mande à&#13;
M. de Glandelet la disposition où l’on est de réduire les chanoines à six. Sur ce&#13;
pied, Monseigneur compte que M. Valet n’aura rien à y prétendre, puisqu’il ne&#13;
sera pas des six premiers qu’on doit conserver préférablement à tous les autres. Il&#13;
est ridicule à M. Valet, qui n’assiste point à l’office, de rien prétendre à ces revenus,&#13;
qui sont si modiques. D’ailleurs, je ne sais si on paie entièrement les bulles, s’il y&#13;
aura rien à partager d’ici à douze ou quinze ans.&#13;
Nous n’avons pas cru, suivant votre sentiment, de voir nous mêler de ces dîmes&#13;
pour nos curés et j’ai mandé à M. de Glandelet que pour que nous en parlassions,&#13;
il faudrait que, par exemple, les curés de Beauport, de la côte de Beaupré, de l’île&#13;
[d’Orléans], de Batiscan et autres se joignissent ensemble, au moins au nombre de&#13;
quatre ou cinq, qu’ils envoyassent une procuration, le nom en blanc, pour ce sujet&#13;
et qu’ils commençassent par en parler à M. de Callière et M. l’intendant et&#13;
qu’ensuite,&#13;
&#13;
ils&#13;
&#13;
chargeassent&#13;
&#13;
quelqu’un&#13;
&#13;
d’en&#13;
&#13;
présenter&#13;
&#13;
un&#13;
&#13;
placet&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain. Mgr de Québec, à qui il conviendrait d’en parler, n’ose le faire&#13;
et il serait ravi que nous prissions cela sur nous pour nous rendre odieux aux&#13;
peuples. J’ai écrit à M. de Glandelet qu’il ne fallait pas que nous espérassions qu’on&#13;
mît sur l’État les 4 000 livres pour notre incendie : je n’y vois nulle apparence.&#13;
Nous n’avons osé proposer de rendre perpétuelle pour le Séminaire de Québec la&#13;
pension de 2 000 livres que le roi a donnée à Mgr l’Ancien sur le Trésor royal ; nous&#13;
aurions été refusés.&#13;
J’envoie à M. Petit l’horloge que vous m’avez demandée. Elle est dans nos ballots.&#13;
Je me suis chargé, avec assez de peine, du soin de nos hospitalières de l’Hôpital&#13;
général, quelque estime et quelque respect que j’aie pour elles, car je vous avoue&#13;
que la pelote d’affaires augmente tellement qu’elle m’accable. Les leurs ne sont&#13;
rien. Cependant, cela ne laisse pas de demander des soins et de m’embarrasser&#13;
avec tout ce que j’ai déjà. Mgr de Québec m’en a aussi fort pressé et a voulu qu’en&#13;
même temps, je me chargeasse de payer à M. Grignon deux lettres de change qu’a&#13;
&#13;
�tirées la mère de Saint-Augustin de 1 100 livres et comme la rente que je dois&#13;
recevoir pour l’Hôpital général ne monte qu’à 1 051 livres, il m’a donné 49 livres&#13;
pour payer ces lettres de change. J’en ai acquitté une sur les six mois de cette rente,&#13;
qui écherront à la fin de juin et que j’ai reçus ce mois-ci. J’acquitterai l’autre au&#13;
mois d’octobre prochain, quand j’aurai touché les six derniers mois de cette année.&#13;
J’ai dépensé seulement pour elles 5 livres pour le dépôt de leur procuration et deux&#13;
expéditions, l’une pour le payeur et l’autre pour moi, et 20 livres de faux frais de&#13;
quittances et perte d’argent, dont je me rembourserai sur ce que je toucherai pour&#13;
elles l’année prochaine. J’ai acquitté la dernière de ces deux lettres et elles sont&#13;
payées toutes les deux. Vous en pouvez assurer la mère de Saint-Augustin, mais il&#13;
faut qu’elles ne comptent par demi-année que 525 livres, 10 sols et qu’elles ne les&#13;
tirent, savoir la première dans le 15 mai, la seconde dans le 15 octobre de&#13;
l’année 1704.&#13;
Vous verrez par mon compte que je n’ai pas reçu d’aumône 2 500 livres en tout. Je&#13;
l’avais prévu et que nos Messieurs n’auraient pas le temps de s’y appliquer. Ceux&#13;
que nous pensions devoir donner n’ont pas donné et nous avons reçu de ceux à&#13;
qui nous ne pensions pas. Il pourra venir encore quelque chose, mais cela n’ira pas&#13;
loin.&#13;
Nous avons reçu le 6 juin un paquet de lettres assez gros de M. Gaulin, qui n’est&#13;
parti au Port-Royal qu’au commencement de janvier. Ces lettres de M. Gaulin sont&#13;
tout à fait raisonnables. J’ai dressé le mémoire, dont je vous envoie copie, et au bas,&#13;
la réponse de M. de Pontchartrain. Ce ministre aurait accordé plus que je n’ai&#13;
demandé aux Jésuites, s’ils avaient, comme M. Gaulin, conservé leurs Sauvages&#13;
dans l’obéissance du roi. Sa Majesté en a été très contente à ce sujet. On m’a appris&#13;
que les Sauvages du P. Rale se sont accommodés avec les Anglais. Si les nôtres en&#13;
avaient fait autant, nous ne serions propres qu’à brûler. Mgr de Québec promet&#13;
d’aider ce missionnaire, mais je n’y fais guère de fond. Le roi fait présent d’une&#13;
gratification de 300 livres à M. Gaulin pour payer ses dettes et M. de Pontchartrain&#13;
fait espérer qu’on verra l’année prochaine ce que l’on pourra faire pour lui.&#13;
&#13;
�Je crois vous devoir mander que nous avons obtenu la continuation de nos&#13;
4 000 livres pour notre incendie et des 3 000 livres pour la Louisiane-Mississippi.&#13;
Je fis convenir M. de Pontchartrain en lui parlant et lui demandant de mettre les&#13;
4 000 livres sur l’État, qu’il fallait du moins cinquante ans de ces 4 000 livres pour&#13;
nous rétablir, mais il n’y a pas apparence qu’on obtienne de les mettre sur l’État.&#13;
On nous a accordé aussi du fret, mais d’une certaine manière que je ne sais si nous&#13;
en pourrons jouir. On ne nous a rien accordé pour la formation des sujets. Je m’y&#13;
suis attendu. On n’a rien fait pour MM. Galifet et de Longueuil, quoique&#13;
M. d’Iberville ait fort agi pour M. de Longueuil et fait agir certaines personnes par&#13;
des vues de récompenses, au moins à ce que je crois. Je ne sais si nous ne vous&#13;
enverrons pas M. Calvarin, prêtre breton, qui est un bon sujet pour remplir une de&#13;
vos missions françaises. Nous avions dessein de l’envoyer à la Louisiane, mais&#13;
nous avons pensé qu’il aurait peine à apprendre une langue sauvage ; mais ces&#13;
frais de voyage pour lui et M. Dupré se feront encore à nos dépens et nous ne&#13;
sommes guère en état de les faire, ce qui nous obligera de faire partir M. Calvarin.&#13;
Ce sera M. Dupré, neveu de M. le curé, que nous ne saurions nous résoudre de&#13;
vous envoyer seul, n’étant pas prêtre, car nous n’avons pas cru devoir si&#13;
promptement le faire ordonner et nous sommes persuadés qu’il est de son bien&#13;
qu’il reçoive les ordres en Canada. Dieu aura, comme je l’espère, conservé&#13;
Mgr l’Ancien pour le promouvoir aux ordres. Nous avons obtenu passage dans le&#13;
vaisseau du roi pour deux ecclésiastiques et j’espère qu’ils seront bien sous le&#13;
commandement de M. de Beauharnois.&#13;
Je persiste à vous conjurer, avant que de finir cette lettre, de ne pas me tirer l’année&#13;
prochaine au-delà de 8 000 ou tout au plus de 10 000 livres pour le Séminaire de&#13;
Québec, soit en factures soit en lettres de change. Ne vous flattez pas qu’il n’y aura&#13;
qu’à emprunter, car nous sommes dans un si mauvais temps que nous ne&#13;
trouverons pas à emprunter, d’autant plus que l’emploi ne vaut rien et que c’est&#13;
pour un Séminaire brûlé dans la Nouvelle-France et quand le Séminaire de Paris&#13;
s’obligeait pour celui de Québec, ce que je ne sais si on m’accorderait au Séminaire,&#13;
y ayant quelques personnes qui auraient peine à le faire, je ne crois pas même&#13;
qu’avec cela, on trouvât de l’argent. Tous ceux qui en ont à présent le font valoir à&#13;
des deniers usuraires à la Caisse des emprunts et ailleurs, où ils sont toujours&#13;
maîtres de retirer leurs fonds et tirent cependant 8 % et 10 % de profit. Ce désordre&#13;
&#13;
�va bien loin dans Paris et les Casuistes exacts n’oseraient presque s’élever contre&#13;
un abus qui a tourné universellement en usage.&#13;
Il faut finir cette lettre déjà assez longue et vous prier de me continuer le secours&#13;
de vos prières et de vous souvenir de moi au saint sacrifice. J’espère trouver&#13;
quelque moment de loisir pour répondre à la lettre de piété que vous m’avez fait&#13;
la grâce de m’écrire. Je vous en remercie par avance et puis vous assurer qu’elle&#13;
me fait beaucoup de bien et je vous prie de me continuer secours. Je suis, avec tout&#13;
l’attachement le plus tendre et le plus respectueux, Monsieur,&#13;
Votre très humble et obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 15 juin 1703&#13;
J’envoie pour tout duplicata une lettre de M. Buisson, où j’ai enfermé copie de mes&#13;
comptes pour le Séminaire, pour le chapitre, de la facture, etc. Je pourrai mettre ce&#13;
paquet dans un autre vaisseau que La Seine en ce qu’il en aille en Canada.&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250534">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11997">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/76491bc73baef3191396962537b52a7c.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=U-8j5eJ5rVZZLtOXyMVDC3JKFF1rGGhieZElbWT-Iv2WCtIefX2iuBsF--aYrQZXh-MEYnYGYap40oSf6doWHhRgdDZ0JXvnjRdwz0ssAptpPWxdF3ty8eb245qg6iOI9iBJcRWWRYUoFdar64v6ABmOX2m0k7sIFHWfx-xTlEaDkluDQ9ZgNJRakUGNPgFXSsGBokF9n9zrseAxM36xt0Adtnp6vOSIzlHtRZvqu7Jyyfpq4F9wZnsVn8YJTRRq79%7EJnX1l-71kNozUU6nUPVuwur-pYRTQF6BGbbFCcELJ4xGjC5xsa7KHE7BYmLq-o8B1qvUZuCYFJc7-hNcEPA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>5e008cebadb052eb59f149c47fdb64de</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250532">
                    <text>1703, 15 juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 39)&#13;
1. M Des Maizerais.&#13;
1703&#13;
&#13;
2.&#13;
(quête)&#13;
&#13;
1&#13;
lettre O’&#13;
No 39.&#13;
1703&#13;
2 Monsieur&#13;
3 Je commence bien tard a repondre a toutes vos lettres,&#13;
4 et Je ne le pouray faire qu’a batons rompus, car Je Suis&#13;
5 detourné a tous momens par bien des afaires.&#13;
6 Je crois avoir receu toutes vos lettres, tant du mois de&#13;
7 Juillet que du mois de Novembre. Je dois vous avertir que&#13;
8 par accident celle que vous escrivez a M Denonville&#13;
9 S’est perdu, Jen’en ay Sauvé que la moitié que Je n’ay&#13;
10 ozé montrer a M, De Denonville. Jay rendu toutes les&#13;
11 autres aleur addresse, et ay fait tenir a Coutances, celle&#13;
12 qui estoit p.r v’re ancien ami. Jl y a repondu par la lettre&#13;
13 que Je vous envoie et une autre quil m’a escrit, et par un&#13;
14 paquet bien cacheté de toutes parts quil m’a fait rendre&#13;
15 et que Je vous envoye tel quil me la envoié. Je lay mis&#13;
16 dans un ballot que Je fis fermer hier 10. may et&#13;
17 envoier a la Rochelle ce ballot est marqué S. D. K. N.o 8. Jl y a&#13;
18 aussi p.r vous trois paquets venant de Rouen, un breviaire&#13;
19 p.r M Le Curé de Quebec; Il y en a un p.r vous en maroquin&#13;
20 dans la caisse de livres p.r les enfans S. D. K no 2. dont&#13;
21 Mad.’ De la motte ango vous fait present.&#13;
22 Depuis que Nos vaiss.x Sont partis l’an passé, Jay eu beau&#13;
23 presser nos M.rs plus.rs fois p.r une queste p.r&#13;
24 v’re Jncendie, Jl ne S’en est point fait, M Notre&#13;
25 Sup.r a 1.° remis la chose a lhyver p.r Suivre&#13;
26 le conseil de M Le Curé de S.t Sulpice, où les&#13;
27 personnes de qualité Seroient rassembléez a&#13;
28 Paris. 2.° Lhyver Jl l’a remis au Caresme ou&#13;
29 Jl esperoit que cela iroit mieux. 3.° Jl est&#13;
30 tombé malade dans le temps quil y voulait&#13;
31 penser. 4.° Nous avons fait un Jmprimé apres&#13;
32 Pasque et nous lavons porté en plus.rs endroits&#13;
33 assez foiblem.’ quoiq’ cela nous ait pris bien&#13;
34 du temps et nous ait beaucoup occupé, mais&#13;
35 tous les projets dune queste, dun entretien &amp;.&#13;
36 ont manqué jusqu’a p’nt. Parturiunt Montes&#13;
37 Nascitur ridiculus mus.&#13;
38 Je crus devoir presser plus fortem’ la chose&#13;
39 quand Jl me fallut accepter vos 14000.# de&#13;
40 lettres de change; on me ferma la bouche&#13;
&#13;
�41 en me disant que Je laissasse faire et qu’on&#13;
42 Se chargeoit de me faire bon de 6000.# p.r&#13;
43 cette queste p.r le paiem.’ des lettres des&#13;
44 change, et on m’a toujours fermé la bouche&#13;
45 quand Jen ay voulu parler. Ce n’est pas&#13;
46 asseurem.’ manque daffection, mais on est&#13;
47 emporté par mil autres aff.res et non n’a&#13;
48 pas le temps de penser a celle la Je dois&#13;
49 dire cependant a la louange de Mons.r n’re&#13;
3&#13;
&#13;
aumônes&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
50 Sup.r qu’on ne peut rien ajouter a Sa charité et a&#13;
51 Sa compassion p.r n’re malheur et au desir quil&#13;
52 a de nous procurer du Soulagem’. mais Jl&#13;
53 est emporté par tant dautres affaires que les&#13;
54 unes lui font oublier les autres, ou nestre pas en&#13;
55 estat d’y fournir. Nous avons peut estre receus&#13;
56 deux mil livres d’aumosne par tout le mouvem.t&#13;
57 que nous nous Sommes donnez. Quest ce que cela p.r&#13;
58 une telle perte.&#13;
59 Nous avons cepend.’ Sujet de nous loüer de la&#13;
60 charité de plus.rs personnes particulieres de Paris,&#13;
61 qui malgré la misere des temps n’ont pas laissé&#13;
62 de faire certains efforts. Jl est constant qu’en&#13;
63 un autre temps on Seroit touché de Notre malheur,&#13;
64 et on tireroit quelq.’ chose, mais dans ces temps&#13;
65 cy on pense plutost a ce qui nous touche de&#13;
66 plus prez en france qu’a ce qui est plus&#13;
67 esloigné. Nous vous envoierons le memoire de&#13;
68 ceux qui nous auront donné afin de faire&#13;
69 prier Dieu p.r eux, dans le Sem.re&#13;
70 Ce qui m’a fait plus de plaisir c’est que nos Mess.[rs]&#13;
71 l’an passé offrirent a M Chamillard apn’t&#13;
72 controlleur g’nal de ne rien toucher de 36000.# qui&#13;
73 Sont deües Sur le tresor roial, ou on ne pouvoit&#13;
74 toucher d’argent et de convertir cette So’e en&#13;
75 rentes Sur lhotel de ville, pourveu qu’on nous&#13;
76 fist toucher Sur le canada tout ce qui nous&#13;
77 y estoit deu M. chamillart le promit et a&#13;
78 force de Sollicitations et de voiages nous avons&#13;
79 touché les 4000.# p.r n’re Jncendie, les 3000.#&#13;
80 p.r misissipi que Je napelleray plus quela&#13;
81 Louisiane, les 2000.# de M’gr Lancien p.r lannée&#13;
82 1702. et J’ay encore touché cemois davril&#13;
&#13;
�11000#&#13;
&#13;
5,&#13;
&#13;
Jésuites&#13;
&#13;
Missionnaires&#13;
&#13;
83 autres 2000.# deües a Mgr Lancien Sur le&#13;
84 tresor roial p.r lannée 1701. Si bien que voila&#13;
85 onze mil livres, que J’ay receu au tresor roial&#13;
86 en une année aussi mauvaise que cellela&#13;
87 Jla a fallu paier un liard par livre a cause d’un&#13;
88 droit que Le Roi a Etablj Sur ces So’es hors celle&#13;
89 de 4000.# p.r n’re Jncendie qui nepaie rien,&#13;
90 parce q.’ c’est une aumosne mais nous&#13;
91 Sommes trop heureux davoir tiré cela, et&#13;
92 ce n’a pas esté, Je vous asseure Sans bien des&#13;
93 peines et des difficultez.&#13;
94 J’ay esté obligé a la fin d’aoust d’aller en Berri et&#13;
95 en Touraine visiter nos abbayes et nos benefices,&#13;
96 car Je vous asseure que ces Sortes debiens demand.’&#13;
97 qu’on les voie, et J’y trouve toujours bien des&#13;
98 aff.res et Jl y en auroit bien d’autres Si on n’y&#13;
99 alloit; cela tient en respect les voisins quand&#13;
100 Jls voient quon vient visiter lebien, et les&#13;
101 empesche de vous f.re bien des procez et des&#13;
102 usurpations. Je ne Scay Si Je neSeray pas&#13;
103 obligé d’y retourner cet automne p.r faire&#13;
104 lerecollem.’ de la grande forest de meobec avec&#13;
105 les marchands de bois qui veulent nous&#13;
106 la vendre Je tacheray Si J’y Suis obligé de&#13;
107 Joindre ce voiage a celui que Je Seray obligé&#13;
108 de f.re vers Lion p.r La Succession du Pere&#13;
109 deM. Bergïer.&#13;
110 J’ay oublié a Loccasion denos questes de&#13;
111 vous dire que Les PP. Jesuites nous y ont&#13;
112 beaucoup nuy en repandant partout&#13;
113 que nous Sommes rétablis, que nous Sommes&#13;
114 fort riches, querien ne nous manque. Jl&#13;
115 faut loüer Dieu de ces bons a offres quils&#13;
116 nous rendent.&#13;
117 Peu avant que Je partisse p.r Le Berri, Mons.r&#13;
118 D’Jberville estoit arrivé a la Rochelle, et&#13;
119 M Le Sueur estoit venu devant lui a Paris.&#13;
120 Javois appris par les lettres receües de Nos&#13;
121 Mess.rs de misissipi le mauvais estat de&#13;
122 leur temporel Jls m’envoioient leurs grands&#13;
123 memoires p.r les executer. Jls avoient tiré&#13;
124 Sur moy plus.rs lettre de Charge Scavoir une&#13;
125 deM. S.t cosme a M De la Ronde; de 200# une autre de M.&#13;
&#13;
�126 Bouteville a M. creusse de 121.# une du mesme&#13;
127 a M DJberville de 1818. 6. 10d. une autre de M&#13;
128 Bouteville a Romain Buisson de 524. 16. Voila&#13;
129 prez de 2700.# de lettres de change Que pouvois je&#13;
130 f.re en cette occasion, que de paier ces lettres de&#13;
131 change Sans accomplir leur factures. Cest le&#13;
132 parti qu’on m’a conseillé de prendre et que J’ay&#13;
133 pris en effet, J’ay mesme fort honnestement&#13;
134 paié leurs lettres de change avant que davoir&#13;
6.&#13;
&#13;
135 receu les 3000.# du Tresor roial p.r eux Ce qui&#13;
136 m’a porté a accomplir leurs lettres de change&#13;
137 plutost que leurs factures cest que par le 1.er vaisseau&#13;
138 que Je Scavois qui ne devoit partir que&#13;
139 vers Jan.er ou Decembre passé et qui n’est&#13;
140 parti que longtemps apres, Jl y auroit bien&#13;
141 durisque, que ce vaisseau ne Seroit pas&#13;
142 escorté, et que M. DJberville devoit partir&#13;
143 vers Juillet ou aoust de cette année avec&#13;
144 une petite escadre p.r establir cette colonie&#13;
145 J’ay donc pris le parti de nenvoier par ce 1.er&#13;
146 vaisseau commandé par M. Du Gué et dans&#13;
147 lequel M DJberville n’est pas retourné que les&#13;
148 choses absolument necess.res p.r Shabiller, et mander&#13;
149 a nos Mess.rs que le Surplus de leurs 3000.# aeté&#13;
150 emploié a accomplir leur lettres de change, et Je&#13;
151 leur ay promis daccomplir leurs memoires&#13;
152 cette année Sur les 3000.# que Je toucheray et&#13;
153 d’envoier Seurem’ leurs effets par M D’Jberville&#13;
154 c’est p.r quoy Je n’ay fait qu’un balot p.r nos&#13;
155 mess.rs de misissipi dans lequel Je leur envoye&#13;
156 Six Soutannes Six chapeaux, douze p.res deSouliers&#13;
157 douze Six pres de bas 28. ou 30. chemises 3. douz.nes&#13;
158 de colets, un missel, dix livres de vermillon&#13;
159 ou 12.# voila apeu pres ce que Je leur ay&#13;
160 envoié.&#13;
161 Vous remarquerez que ces Mess.rs ne Saccordent&#13;
162 pas, et que M De montigni m’ayant dit que&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
163 Je devois leur envoier des farines du vin&#13;
164 et de leau de vie, et de lhuile et que cela leur estoit&#13;
165 necess.re, Je leur en ay envoié par les derniers&#13;
166 envois, M. S.t cosme m’a mandé depuis que&#13;
167 cela estoit inutile, et ne faisoit pas que les ambaras=&#13;
&#13;
�Jesuites&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
168 =ser; on trouve aisem’ a S’en defaire dans une&#13;
169 nouvelle colonie, M. Bouteville par Les lettres&#13;
170 venües en Juillet 1702 avec M. DJberville me&#13;
171 mande la mesme chose; Et par une lettre que&#13;
172 Je viens de recevoir de lui dela mobile du&#13;
173 12. x.bre 1702. par un traversier qui a joint&#13;
174 M Ducasse a S.t Domingue Jl me mande&#13;
175 que M. Davion est descendu a la mobile&#13;
176 p.r Se rétablir, et que Si on n’envoye des&#13;
177 vivres p.r retablir les miss.res et p.r faire&#13;
178 Subsister ceux qui Sont a la mobile Jls ne&#13;
179 Sy pouront Soutenir. Je ne Scay comment&#13;
180 accorder ces deux choses. Je&#13;
181 Je ne Scaurois vous exprimer les combats&#13;
182 que nous avons eûs a Soutenir contre les Jesuites&#13;
183 p.r cette mission depuis leretour de M DJberville&#13;
184 Jl est revenu en france tres prevenu contre&#13;
185 eux acause de toute la hauteur avec laquelle&#13;
186 Le P. Du But Jésuite en a agi pend.’ Son absence&#13;
187 en ce pays envers M de Sauvole commandant&#13;
188 et les autres . M DJberville a declaré au bureau&#13;
189 quil ne retourneroit pas en canada Sil n’y&#13;
190 avoit plus.rs corps establis a la mobile, et Le&#13;
191 P. Gouye Jesuite qui a enseigné a M De&#13;
192 Pont chartrrain ce quil Scait de mathematiques, et&#13;
193 qui a ensuite obtenupar Son credit de Succeder au&#13;
194 frere S.t Gille dans la procure des Jsles, a declaré&#13;
195 a M De Pont chartrain quil falloit que les Jesuites&#13;
196 y fussent Seuls. Jl fit mesme plus l’an passé,&#13;
197 car avant que Mgr de Quebec partist p.r&#13;
198 Rome, Jl Sceut lengager a lui donner des&#13;
199 pouvoirs p.r estre Curéz de la mobile a lexclusi[on]&#13;
200 des autres, et M’gr de Quebec qui craignoit&#13;
201 que Le P De la chaize ne Sopposast a Son&#13;
202 voiage de Rome eùt la foiblesse a ce qu’on&#13;
203 m’a dit de lui accorder le pouvoir p.r les&#13;
204 Jesuites d’y estre curez Sans cepend.’ en&#13;
205 exclure les autres, Jl a dit depuis que ce&#13;
206 nestoit que p.r leur donner moien dexercer&#13;
207 leurs fonctions avec plus dauthorité aupres&#13;
208 des officiers, et quil avoit d’ailleurs esté&#13;
209 bien aise parla de faire reconnoistre Son&#13;
210 authorité; mais Le P. Gouye S’est Servi&#13;
&#13;
�211 pend.’ Son voiage de Rome de Son escrit con[tre]&#13;
212 lui et a demandé plus.rs fois avec Empressem&#13;
213 au ministre qui ayant esté Son escolier ne&#13;
214 lui refuse rien, et donne a laveugle dans toute&#13;
215 Les veües que ces missions fussent gouverne&#13;
216 Sous l’authorité du Roi Sans Evesques co’[e]&#13;
217 les Jsles, et quils ne dependissent que de leurs&#13;
218 Sup.rs qu’on les establist Seuls a la mobile,&#13;
219 et quils eussent dans tous ces pays la un&#13;
220 district Separé ou personne ne les allast&#13;
9&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
221 visiter. Nous Sceusmes que les Jesuites&#13;
222 demandoient cela cet automne a fontainebleau&#13;
223 pend.’ que la cour y estoit. Nous dressâmes&#13;
224 un memoire p.r representer ou que l’on&#13;
225 devoit reconnoistre dans ces cartiers la&#13;
226 lauthorité de LEvesq.’ de Quebec, ou que l’on&#13;
227 y devoit establir un vicaire apostolique&#13;
228 qui y formast LEglise co’e elle l’a esté en&#13;
229 Canada. Nous representions en mesme temps&#13;
230 que nous ne pouvions nous passer d’un&#13;
231 Etablissement a la mobile, p.r y Secourir Nos&#13;
232 miss.res repandus parmi les Sauvages, Nous&#13;
233 y parlions de la conduite des Jesuites aux&#13;
234 Tamaroa et de la division quils ont causez dans&#13;
235 cette mission, &amp;. De plus nous fismes&#13;
236 representer au ministre par M D’Jberville&#13;
237 quil Se presentoit un Ecclesiastique qui avoit&#13;
238 1500.# ou 1800.# de revenu qui Soffroit a aller&#13;
239 S’establir dans quelqu’une des nations Sauvages&#13;
240 de ces pays la, également amy des Jesuites et des&#13;
241 missions Etrangeres, et qui ne Serviroit qu’a les&#13;
242 concilier encas quil arrivast quelq.’ chose qui&#13;
243 les divisast. Cet Ecclesiastique est M Gervaise&#13;
244 Prevost de Suevre qui est un benefice dependant&#13;
245 de S.t martin de Tours qui a eté emmené a l’aag[e]&#13;
246 de Seize ans en 1681. par feu M Dheliopolis a&#13;
247 Siam, qui en revint en 16.87. avec les ambassa&#13;
248 deurs Siamois, et qui a demeuré depuis au College&#13;
249 des Jesuites, et conduit par le R. P. Sanadon Jesuite&#13;
250 Cet Ecclesiastiq.’ Soffroit de venir avec Nous&#13;
251 mais Jl craignoit la mesintelligence Nous&#13;
252 lui conseillames de ne paroistre pas lié avec&#13;
&#13;
�253 Nous, co’e en effet Jl ne lest pas, et daller f.re&#13;
254 lebien par lui mesme en ce pays la, et que&#13;
255 quand Jl y Seroit, Sil jugeoit quil dust&#13;
256 avoir Son raport a nous et S’y unir : nous&#13;
257 nous y offrirons volontiers, Jl a en effet&#13;
258 plus de 1800.# de revenu, avec lesquels Jl&#13;
259 Seroit en etat daller f.re un bel etablissem’&#13;
260 a la mobile, et Sil Survivoit une Soeur unique&#13;
261 quil a Jl heriteroit delle plus de 3000.# de&#13;
262 rente, et avec tout cela feroit de grands&#13;
263 biens en ce pays la p.r lequel Jl a un attrait&#13;
264 particulier cultivé depuis deux ans, et auquel&#13;
265 mesme le P Sanadon (Jesuite fameux p.r les&#13;
266 retraites du P Levalois auquel Jl a Succedé) la fort&#13;
267 exhorté de Se devoüer. M DJberville a qui J’en&#13;
268 avois escrit doutoit fort. ce projet et destinoit&#13;
269 a ce miss.re La mission des Chicacha ou des&#13;
270 chatta quil nous avoit offerte&#13;
271 Le P. Gouye ne put reüssir a obtenir que cette&#13;
272 colonie nouvelle fust gouvernée co’e les Jsles,&#13;
273 Jl changea de batterie, et demanda ce mois&#13;
274 de Janvier dernier et Surtout depuis le&#13;
275 retour des Mgr de Quebec apres avoir appris&#13;
276 ce qu’avoit fait M Bergier aux Tamarois&#13;
11.&#13;
&#13;
277 en Jnterdisant le P. Pinet dont Jl fit&#13;
278 grand bruit a la cour, et dit partout quaucun&#13;
279 de leurs Peres ne resteroit ou nous Serions et&#13;
280 ou il y auroit des grands vicaires au&#13;
281 dessus d’eux. Le Roi en a eté rebattu et on&#13;
282 a tasché anous decrier Sur cela tant qu’on&#13;
283 a pu dans Son esprit co’e des gens qui&#13;
284 ne pouvions Souffrir les Jesuites. Quelque&#13;
285 legitime, que Soit la conduite de M Bergier&#13;
286 que nous avons toujours Soutenu contre&#13;
287 ces mauvais bruits, Jls le faisoient passer&#13;
288 p.r un brouillon, un envieux, et Jls disoient&#13;
289 navoir esté interdits que pour navoir&#13;
290 pas voulu communiquer aM Bergier leur&#13;
291 Diction.re de la langue Jlinoise Je ne Scaurois&#13;
292 vous repeter toutes les faussetez et toutes les&#13;
293 Sottises et que les Jesuites ont dit contre Nous a&#13;
294 ce Sujet. Jl est bien douloureux destre exposé&#13;
295 a la malignité de ces personnes dez qu’on&#13;
&#13;
�Jésuites&#13;
en&#13;
Canada&#13;
&#13;
12.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
296 veut un peu f.re le bien, et Soutenir l’authorite&#13;
297 Eclesiastique. Je vous avoüe que toutes ces&#13;
298 brouilleries me dégoutent tellem’ que Je&#13;
299 ne Scay plus Souvent ou J’en Suis.&#13;
300 Je vous admire vous Monsieur qui nous&#13;
301 mandez que vous vivez le mieux du&#13;
302 monde avec les Jesuites, quils Sont contents&#13;
303 de vous et que vous lestes d’eux, pendant&#13;
304 quils escrivent bien differemment en france&#13;
305 outre tout ce quils disent au Roi et a Son&#13;
306 ministre contre Nous, pour nous depeindre co’e&#13;
307 gens qui ne cherchons qu’a les persecuter, ceux&#13;
308 de canada escrivent contre nous tres aigrement.&#13;
309 J’ay veu la lettre du P. Bouvart a Mgr de Q.&#13;
310 ou il lui represente tout ce qui S’est fait aux&#13;
311 Tamarois co’e une presecution qui leur a eté&#13;
312 faite par leurs adversaires, et dont (dit Le P&#13;
313 Bouvard a Mgr de Q.) vous connoissez&#13;
314 a present toute linjustice. Ce Perelui&#13;
315 mande encore que depuis que leurs Peres&#13;
316 de france ont appris quils estoient mal&#13;
317 avec Le clergé Jl ne Se presentoit plus&#13;
318 personne p.r ces missions. Cest ce que Les&#13;
319 PP. Jesuites Surtout le P Lamberville&#13;
320 repand acequ’on m’a dit partout pour nous&#13;
321 rendre odïeux par la et dans lesprit du&#13;
322 Roi et de Son ministre a qui ces choses&#13;
323 ont este dites, et dans lesprit de tous ceux&#13;
324 qui Sont devoüez aux Jesuites.&#13;
325 Cest donc Sur ce fondement que le P. Gouye&#13;
326 a demandé par des memoires au Roi a estre&#13;
327 Seuls a la mobile, et a fortem’ Sollicite et&#13;
328 fait Solliciter M’gr de Quebec a leur&#13;
329 accorder p.r leurs Sup.rs dans ces pays la&#13;
330 les pouvoirs de grands vicaires nez, Sur&#13;
331 les quels personne n’eust a voir. Jls ont&#13;
332 exposez mesme que nous demandions de&#13;
333 mesme qu’eux destre grand vicaires nez,&#13;
334 co’e le Prieur de S.t Germain des Prez est&#13;
335 grand vicaire né de M Larchevesque de&#13;
336 Paris. vous remarquerez quil ne l’est&#13;
337 que dans le faubourg S.t Germain a&#13;
&#13;
�338 loccasion dune transaction faite entre les&#13;
339 Eveques de Paris et les abbez de St Germain&#13;
340 et leurs Relig.x qui renoncerent auprivilege&#13;
341 quils avoient de ne pas reconnoistre lEvesq.’&#13;
342 de Paris dans leur faubourg ou ils etoient&#13;
343 independans par danciennes concessions des&#13;
344 Papes, et le reconnurent a condition que leurs&#13;
345 Prieurs Seroient grand vicaires nez. Mgr&#13;
346 de Quebec a tenu ferme Sur cela et n’a pas&#13;
347 voulu leur accorder de les faire Grands vicaires&#13;
348 nez dans le msissipi ni en Canada Jl&#13;
349 a mesme envoié au ministre un memoire&#13;
350 ou il expose quil ne peut leur accorder cela&#13;
351 et qu’en ayant demandé avis a plus.rs Prelats,&#13;
352 Surtout a M De Chartres, Jls lui ont tous&#13;
353 repondu que quelques amis qu’ils fussent&#13;
354 des Jesuites, Jls ne leur accorderoient jamais&#13;
355 cette grace&#13;
356 Cependant c’est Sur cela quils menacent&#13;
357 depuis Six mois de quitter le misissipi et&#13;
358 den rapeller tous leurs Peres. Ils Sont un&#13;
14.&#13;
&#13;
359 Jls vont mesme jusqu’a vouloir faire entendre&#13;
360 quils Sortiront tous du Canada et Je Suis&#13;
361 persuadé que Le P. P. De la chaize prevenu&#13;
362 par les Peres l’aura dit au Roi, quoi quils&#13;
363 Soient aussi esloignez de quitter le misissipi&#13;
364 que le canada Le P. Gouye m’a dit lui&#13;
365 mesme une partie de ces choses que Je vous&#13;
366 dis quils repandent contre Nous, car Jl m’a&#13;
367 dit dans Sa chambre a S.t Louis, ou Je voudrois&#13;
368 par parenthese que M Glandelet eust veu&#13;
369 comment un Religieux qui a fait voëu de&#13;
370 pauvreté est logé, Jl ma dis je exposé que&#13;
371 depuis n’re division de la chine nous ne nous&#13;
372 accorderions nulle part, que Si nous entrions&#13;
373 dans Les Jles ou Sont les missions dont Jl&#13;
374 prend Soin Jl en rapelleroit tous Les Peres,&#13;
375 que nous ne pouvions demeurer ensemble&#13;
376 au misissipi; que leurs Peres ne vouloient plus&#13;
377 aller en Canada, quil ne trouveroit personne&#13;
378 p.r le misissipi Sils restoient independans de&#13;
379 LEvesque et de tous Grands vicaires Et ce&#13;
380 Pere a tellem’ Jmprimé cela dans lesprit du&#13;
&#13;
�381 ministre quil nous a tout a fait brouillez&#13;
382 avec lui, de Sorte quil ne Se modere pas quand&#13;
383 Jl parle contre Nous, et en dit les choses les&#13;
384 plus forte.&#13;
15&#13;
&#13;
385 cela est dautant plus facheux qu’un ministre&#13;
386 fait entendre tout ce qu’il veut au Roi qui&#13;
387 a dailleurs esté prevenu par Le P. De la chaize&#13;
388 De Plus Jls ont tellem’ decrié M LEvesque&#13;
389 de Quebec dans l’esprit de Roi que Notre&#13;
390 cause p.r le misissipi estant jointe a la Sienne,&#13;
391 enSorte que nous n’y Sommes que Sous la&#13;
392 protection de LEvesque, Nous Souffrons de la&#13;
393 mauvaise opinion qu’on a de lui, comme&#13;
394 Jl dit quil Souffre de nous avoir a Soutenir,&#13;
395 par ceq.’ nous Somme trop decriez par&#13;
396 les Jesuites. Jl faut avoüer qu’on n’ose&#13;
397 conter Sur ce Prelat, Jl est aujourdhui&#13;
398 d’un avis et demain d’un autre, et cest ce&#13;
399 qui nous a tenu dans une telle perplexité&#13;
400 Sur ces missions que Je voudrois Souvent apres&#13;
401 tout ce que nous avons a en Souffrir qu’on&#13;
402 ne les eust point entreprises.&#13;
403 On nous menace de ne nous donner aucun&#13;
404 Secours ni p.r ces missions ni p.r Canada, de&#13;
405 nous oster les 3000.# qu’on y a destineez, de&#13;
406 ne nous donner ni passage ni aucune grace,&#13;
407 Nous Sommes bien a plaindre davoir a luitter&#13;
408 avec des gens Si formidables et qui usent Si&#13;
409 fortement de leur credit.&#13;
410 Les aff.res de misissipi ne Sont pas encore regléez&#13;
411 Je croy quelles le Seront conjointem’ avec celles&#13;
412 du Canada aumoins on y travaille ensemble&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
413 M D’Jberville est icy qui voudroit bien nous&#13;
414 avoir et n’avoir pas les Seuls Jesuites. Jla&#13;
415 mesme declaré au ministre quil niroit pas en&#13;
416 Canada, Sil restoient Seuls ala mobile, mais&#13;
417 cepend.’ Je crains que dailleurs Jl ne les&#13;
418 favorise p.r flatter le ministre et Se concilier&#13;
419 Sa protection; Jl voit qu’avec nous il n’y a&#13;
420 que des coups et des rebuts a esperer.&#13;
421 Dailleurs Mad.’ De m. ne veut point le commet[tre]&#13;
422 en tout cecy avec le ministre; Jl n’a pas&#13;
&#13;
�423 gardé des mesures avec elle en dautres occasion&#13;
424 qui lui ont fait prendre le parti de laisser ce&#13;
425 ministre dire et faire Elle Scait dailleurs&#13;
426 que Le Roi est prevenu en faveur des Jesuites&#13;
427 a cause du P. De la chaize, que Dailleurs Jl&#13;
428 est frapé contre Mgr de Quebec a cause de&#13;
429 Son foible gouvernem.’ : tout cela l’oblige&#13;
430 a ne nous pas Servir aussi efficacem’ quelle&#13;
431 le pouroit Souhaiter.&#13;
432 Jl est arrivé cet hyver une aff.re qui a&#13;
433 relevé merveilleusem.’ les cornes des&#13;
434 Jesuites, au Sujet du Jansenisme, J’en escris a&#13;
435 M Glandelet auquel Je vous renvoye, cela&#13;
436 leur a redonné un nouveau credit a la cour&#13;
437 et Jls Sont Seuls regardez co’e gens dune Doctrine&#13;
438 Pure, Jusque la que le ministre a dit a Mgr de Q. q a&#13;
439 Loccasion dela mobile que le Roi estoit Seur de&#13;
440 la Doctrine des Jesuites et quil ne lestoit pas&#13;
17.&#13;
&#13;
441 de celle de tous les autres. Ce qui ne Se peut&#13;
442 entendre que de Nous. Je gage que vous Nauriez&#13;
443 pas autrefois pu croire qu’on vous eust cru&#13;
444 dune Doctrine Suspecte mais Jl Suffit de&#13;
445 nentrer pas aveuglement sans lesprit des&#13;
446 Jesuites, on m’a fait remarquer que Le Roi&#13;
447 quand Jl parle d’eux les appelle Nos Peres, a&#13;
448 l’exclusion de tous les autres. Je ne leur envierois&#13;
449 pas ce credit Sils laissoient faire le bien&#13;
450 aux autres, Surtout celui quils ne peuvent&#13;
451 faire.&#13;
452 Peut’on rien voir de plus outré que la lettre que&#13;
453 Le P De la chaize a escrit a Mgr Notre ancien&#13;
454 Evesque. Si nous n’avions apprehendé que cela&#13;
455 n’eust causé de la division,encanada et Si Mgr Lancien&#13;
456 leust voulu, nous aurions fait en Son nom&#13;
457 une reponse au P. De la chaize qui lui auroit&#13;
458 osté lenvie dejamais escrire des faussetez&#13;
459 d’une maniere Si outrée. J’ay esté aussi tres&#13;
460 Surpris de ce que Le P Lamber ville lui escrit&#13;
461 que Mgr de Quebec lui a dit que la division&#13;
462 Se mettroit bientot dans le canada dez&#13;
463 quil Seroit mort entre le Sem.re et eux&#13;
464 Si la division S’y met Jls en Seront bien&#13;
465 la cause, car ce Sont des gens inquiets et&#13;
&#13;
�466 turbulens qui chercheront toujours Noise&#13;
467 Je tache a vivre en paix avec eux. Je vois&#13;
468 quelq.’ fois Le P Lamberville, Je le vois ala verite&#13;
18.&#13;
&#13;
M’ Foucault&#13;
Tué&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
469 moins que Je ne voiois cy devant par ceque Je ne veux&#13;
470 pas mexposer a lentendre me parler Selonles Jdéez&#13;
471 de Ses Peres et les Siennes, par ceq.’ Je mengagerois&#13;
472 insensiblem’ a lui en dire trop.&#13;
473 Prenez garde, Je vous prie comment vous escrivez ou a&#13;
474 ces Peres ou a leurs amis co’e M Denonville, M de cham=&#13;
475 pigni, car tous ces M.rs Sont tous devouez aux Jesuites&#13;
476 dont Jls ont obtenu et attendent encore tout. car Jls&#13;
477 profitent de tout, et ne laissent rien eschaper.&#13;
478 M DJberville voudroit qu’on leur cedast les Tamaroa,&#13;
479 et M de Q. voudroit qu’a la place cuxx Jls nous cedassent la&#13;
480 cure de la mobile, quil reconnoist enfin leur avoir&#13;
481 trop legerement donnée; vous verrez quils resteront&#13;
482 curez et tascheront de nous chasser des Tamaroa. Nous&#13;
483 nous plaindrons hautem’ au Roi Sils le font et nous&#13;
484 lui exposerons que c’est une aff.re reglée, contre laquelle&#13;
485 Il ne faut pas revenir,&#13;
486 Quant a la cure, dela mobile J’ay cepend.’ declaré que nous ne&#13;
487 pourions nous establir en cette ville qui Sera Sur&#13;
488 la mobile, que nous n’y exercions nos fonctions&#13;
489 Ecclesiastiques independamm.’ des Jesuites, et Sur tout&#13;
490 les curiales et linstruction des enfans, mais les&#13;
491 Jesuites feront que le ministre nous refusera tout&#13;
492 Secours et n’en donnera qu’aux Jesuites p.r batir&#13;
493 LEglise, et que dont le monde Se tournera vers eux&#13;
494 co’e les arcboutans de la fortune, Et alors Je ne&#13;
495 Scay Si aucun miss.re voudroit y aller, et Se tenir&#13;
496 dans un lieu ou il verroit le clergé ainsy traité.&#13;
497 La lettre de M Bouteville nous apprend la&#13;
498 triste mort de M. fou[c]aut qui a eté tué avec Son&#13;
499 garçon et deux francois que M DJberville avoit&#13;
500 envoié vers les nations denhaut, par une Nation&#13;
501 de Sauvages appelllez Coulois ou coroa qui Sont&#13;
502 en descendant le misissipi avant que darriver&#13;
503 a la fourche on ne nous expliquepas les&#13;
504 circonstances, mais Jl est bien facheux davoir&#13;
505 perdu un tel miss.re Sans doute que les Sauvages&#13;
506 auront pillé Sa chapelle et tout ce quil avoit&#13;
507 M Bouteville me mande que M Davion m’en&#13;
&#13;
�508 escrit toutes les circonstances. cepend.’ je n’ay point&#13;
509 receu de lettres de M Davion. M DJberville ena&#13;
510 receu une de M Davion qui lui marque quallant&#13;
511 voir M foucaut, Jl avoit trouvé ces quatre corps&#13;
512 massacrez, et estoit revenu Sur Ses pas. M Davion&#13;
513 est descendu a la mobile p.r Se retablir. Je crains&#13;
514 que nous ne tirions pas encore un grand usage&#13;
515 de ce vertueux miss.re qui Sest accable de penitences.&#13;
516 Et Si M Bergier quitte Sa mission, Jl Se trouvera&#13;
517 que de tant de depenses faites p.r ces Etablissemens,&#13;
518 Jl n’y aura que celui de M S.’ Cosme que Subsistera.&#13;
519 Nous convinsmes l’an passé avec M’gr LEveque&#13;
520 de Quebec quil valoit mieux laisser une So’e a&#13;
521 chaque mission dont elle pouroit disposer ensuite&#13;
522 p.r tout ceque le miss.re qui la rempliroit voudroit.&#13;
523 Et quil falloit faire les choses esgales, afin&#13;
524 dempescher le murmure, Quainsy on donneroit&#13;
525 600.# a la mission des Tamaroa p.r M Bergier&#13;
526 600. a celle des aKanseas p.r M foucaut.&#13;
527 600. a celle des Tonicas p.r M Davion Et&#13;
528 600.# acelle des Natchez p.r M S.t Cosme&#13;
20.&#13;
&#13;
M.r Boutteville&#13;
&#13;
529 Les autres 600.# p.r remplir les 3000.# Seront emploiez&#13;
530 a letablissem’ de la mobile, ou aux frais extraord/&#13;
531 co’e envois de miss.re &amp; encas qu’on obtienne quelq.’&#13;
532 autre fonds p.r la mobile; ainsy Jaccompliray&#13;
533 le memoire de chaq.’ mission jusqu’a 600.# y compris&#13;
534 tous les frais de voiture &amp;. quil faudra faire et&#13;
535 Ces Mess.rs prendront Sur cela leurs voiages. Sils&#13;
536 en font les batimens de chapelle et de maisons, e[t]&#13;
537 leurs domestiques &amp;.&#13;
538 J’ay mandé a M Bouteville quil ne devoit pas conte[r]&#13;
539 que Je lui envoiasse des Domestiques de france. C’est&#13;
540 ce que Je ne puis trouver pour leur en envoier de&#13;
541 tels quil faudroit. Si nous envoions quelques miss.r&#13;
542 DeJls pouront peut estre mener avec eux quelq.’ domestiq.’&#13;
543 mais d’en trouver qui y aillent Sans que des Prestres&#13;
544 les conduisent Jl n’y faut pas conter.&#13;
545 J’ay encore escrit a M Bouteville que vous Souhaiti[ez]&#13;
546 quil S’en retournast en canada, Soit enrepassant par&#13;
547 la france, Soit en allant par les terres. Je lui en ay&#13;
548 marqué les raisons de la part de Sa famille Quand&#13;
549 Jl viendra en france Je lerecevray a bras ouverts&#13;
550 au Sem.re jusqu’a ce que les vaiss.x partent.&#13;
&#13;
�551 Nous voulions mesme lui envoier un autre Prestre&#13;
552 a la place p.r lerelever en cas quil fust fort&#13;
553 occupé, mais Jl me mande par Sa derniere que&#13;
554 Jl est resté a la mobile ou il Sest occupé dit il a&#13;
555 faire batir une petite Eglise qui lui couste xxx prez&#13;
556 de 250.# c’est encore de largent quil faudra trouver.&#13;
557 Je lui ay addressé et a tous nos Mess.rs qui Sont&#13;
558 au misissipi un compte de tout ce que j’ay receu&#13;
21.&#13;
&#13;
559 et depensé p.r la mission de misissipi depuis&#13;
560 Son Etablissem’ Et Je leur marque que dans&#13;
561 la triste Situation ou est Notre pauvre Sem.re&#13;
562 de Quebec, Jls ne doivent point conter que l’on&#13;
563 puisse depenser p.r leur mission, plus que&#13;
564 les 3000.# qu’on reçoit p.r elle&#13;
565 C’est ce qui fera la difficulté de Soutenir celle de&#13;
566 M Bergier, car M D’Jberville et M LeSueur&#13;
567 m’ont voulu persuader quil coutera plus de 500.#&#13;
568 alui f.re tenir Ses besoins. M Le Sueur ne les&#13;
569 lui portera qu’en paiant bien cher tous les frais&#13;
570 que Ses gens feront en remontant le fleuve&#13;
571 Si cela est, vous voiez bien que cette mission&#13;
572 n’est pas Soutenable, et quil faut nous reduire&#13;
573 a faire des missions dans les Nations voisines&#13;
574 les unes des autres co’e les Natchez les Taentas,&#13;
575 les Tonicas les chatta au moins nos Mess.r&#13;
576 Se verront, pouront quelq.’ fois conferer&#13;
577 ensemble, et Se Soutiendront les uns les autres.&#13;
578 Jl ne faut pas conter Sur la communication&#13;
579 par le canada les voiages coutent trop. vous&#13;
580 n’en pouvez avoir que par la france, et c’est&#13;
581 encore p.r cela que nous ne devons pas trop&#13;
582 nous attacher aux Tamaroa. Jl vaut mieux&#13;
583 Secouer la poussiere de Ses pieds Sur les Jesuites&#13;
584 et leur laisser ces peuples quils ont tant d’envie&#13;
585 de garder.&#13;
586 mais ce qui m’ambarasse, c‘est que Je crains qu’en cela&#13;
587 nous ne fassions une grande peine a M Bergier&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
588 Jl Scait la langue tamaroise, Jl lui Sera difficile&#13;
589 estant aagé d’en apprendre une autre, Jl ne&#13;
590 nous faut pas mortifier un aussi vertueux&#13;
591 miss.re p.r lequel nous avons beaucoup d’estime&#13;
592 Nous vous expliquons toutes nos difficultez&#13;
&#13;
�593 Nous Sommes encore Sur cela a consulter Dieu,&#13;
594 et peut estre aurions nous le temps d’avoir&#13;
595 reponse de vous avant que de Nous resoudre&#13;
596 Puis que nous avons perdu M foucaut, Je crois que&#13;
597 Si l’on quitte le poste des Tamaroa vous pouriez&#13;
598 renvoier le Jeune M S.t Cosme p.r remplir La place,&#13;
599 car on dit que la langue tamaroise nest pas esloignée&#13;
600 de celle des aKanseas. Dailleurs cest p.r Lambouchure&#13;
601 de la riviere ou Sont les acanseas qu’on pretend&#13;
602 attirer tel Panis et panimoa et autres nations&#13;
603 Sauvages, et M DJberville ma dit que l’on&#13;
604 devoit establir cette riviere plutost qu’aucune&#13;
605 autre p.r remonter vers les Espagnols et vers les&#13;
606 mines, Le dessein de M DJberville est de rassembler&#13;
607 les nations, et les reünir afin de les rendre Susceptibles&#13;
608 dinstruction et de discipline&#13;
609 M Bouteville, mescrivoit l’an passé que Je ne&#13;
610 manquasse pas a lui envoier des Negres et des&#13;
611 Negresses, et que par eux Jl Se mettroit en etat de&#13;
612 faire un beau bien, et de n’avoir plus besoin&#13;
613 dans la Suite dautres Secours, quil feroit faire&#13;
614 du Sucre, de LJndigo &amp;. Je lui ay mandé que&#13;
23&#13;
&#13;
615 nous ne pouvions et ne devions pas emploier&#13;
616 ces moiens p.r Subsister dans ces misssions.&#13;
617 Nous ne pouvions, parce quil faudroit faire&#13;
618 p.r cela une depense que nous ne Scaurions&#13;
619 faire, Nous ne devions, par ce q.’ nous ne devions&#13;
620 pas nous emporter dans ces commerces, Jl ne&#13;
621 nous convenoit pas de Nous immiscer dans ces&#13;
622 Negoces Seculiers, que nous netions pas fait&#13;
623 p.r etre comises de ces Negres qui cependant&#13;
624 nalloient quau baston, que Si cepend.t dans&#13;
625 la Suite le pays Setablit et quil en ait besoin&#13;
626 de quelquun, alors on en poura avoir facilem.’&#13;
627 de S.t Domingue et des meilleurs par un de Nos&#13;
628 meilleurs amis qui va a S.t Domingue pour&#13;
629 estre le Directeur General de la compagnie&#13;
630 de la Siente qui ne fait que ce commerce&#13;
631 Jen parleray mesme a cet amy avant quil parte,&#13;
632 afin quil en Soit prevenu&#13;
633 voila a peu pres tout ce que J’ay a vous escrire&#13;
634 du misissipi. Sil m’en revient quelq’ chose&#13;
635 Je lajouteray dans la Suite de ma lettre&#13;
&#13;
�636 Jl me faut a present vous rendre compte&#13;
637 de Letat du temporel du Seminaire&#13;
638 Quelque peine qu’on ait eu l’an passé a toucher&#13;
639 de largent au Tresor roial, Je n’ay pas laissé d’y&#13;
640 toucher tout ce que Je pouvois esperer dans les&#13;
641 meilleurs temps. Jl est vray que nous en&#13;
642 avons toute lobligation a nos Mess.rs qui&#13;
24.&#13;
&#13;
25.&#13;
&#13;
643 l’ont demandé instamment a M Chamillard&#13;
644 Soffrans mesme de nepas toucher eux mesmes&#13;
645 deux annéez des ord.ces des missions qui leur&#13;
646 estoient deües montantes a 36000.# p.r que nous&#13;
647 touchassions, tout acause de Notre Jncendie.&#13;
648 En effet J’ay touché depuis l’an passé jusqu’a&#13;
649 present les 3000.# de misissipi p.r 1702. les&#13;
650 4000.# p.r n’re Jncendie, les 2000.# p.r Monseig.r&#13;
651 n’re ancien Evesque p.r 1702. et autres 2000.[#]&#13;
652 qui estoient restéez en arriere p.r 1701. Si bien&#13;
653 que J’ay touche onze mil livres au tresor roial&#13;
654 Je ne Scay Si Je Seray aussi heureux cette&#13;
655 année. Jl y a tout Sujet et de croire que cela&#13;
656 nira pas de mesme, Jay receu aussi plus d’une&#13;
657 année et demie de la pension de M’gr Lancien&#13;
658 Sur aire, car Jl ne reste pas deu 600.# toutes&#13;
659 Subventions paiéz p.r toute Lannée 1702.&#13;
660 En un mot vous Serez Surpris de voir la recette du Sem.re&#13;
661 monter Si haut quelle a montée cette année quoique&#13;
662 Je n’aye encore pas receu 2500.# daumosne p.r Notre&#13;
663 Jncendie, Jl est vray que quoique nous Soions ala&#13;
664 veille davoir peut estre des bulles dunion de Nos&#13;
665 abbayes et qu’en consequence nous Soions prests a&#13;
666 paier de grosses So’es p.r ces bulles, Je n’ay pas laissé&#13;
667 cepend.’ de mettre Sur le compte du Sem.re 2436. 11.s&#13;
668 dont JeSuis demeuré redevable au Chapitre au&#13;
669 1.er may de cette année par le compte que Je&#13;
670 lui envoie et Je l’ay fait p.r me faciliter le&#13;
671 paiement des lettres de change que J’ay a paier.&#13;
672 Vous trouverez dans ma recette que J’ay receu de&#13;
673 Mgr de Quebec les 600.# p.r le billet de M. Maudou,&#13;
674 mais M Maudou que vous apprehendez estre de&#13;
675 retour de lacadie, et qui Selon toutes les aparences&#13;
676 prendra quelq.’ establissemen’ en france, m’a demandé&#13;
677 Si vous ne maviez pas escrit la So’e que vous lui&#13;
&#13;
�678 deviez dit il; Je lui ay repondu que vous ne m’en&#13;
679 aviez rien escrit, et Jl m’a temoigné Sur cela que&#13;
680 vous lui deviez une So’e fort considerable, dont&#13;
681 Jl dit avoir unbillet de vous, et quil me prioit&#13;
682 de vous representer quil avoit besoin de ce fonds&#13;
683 p.r faire Ses affaires. Je lui ay promis de vous en&#13;
684 escrire cela vient fort mal a rembourser dans&#13;
685 un temps co’e celui cy, Peut estre ne refusera til&#13;
686 pas que Je lui offre de lui en paier la rente au&#13;
687 retour des vaiss.x Si vous le trouvez apropos et&#13;
688 Si vous nestes pas en estat de le lui rendre,&#13;
689 Jusqu’a ceque vous Soiez en etat de le faire. En ce cas&#13;
690 Jl faudroit que vous envoiassiez une promesse de&#13;
691 lui paier la rente de cette S’oe Jusquau Jour du&#13;
692 remboursement. Je ferois mon possible p.r lef.re&#13;
693 attendre Sur ce pied quelques anneez.&#13;
694 J’ay esté bien aise de reçevoir de M’gr de Quebec&#13;
695 les 1200.# p.r trois annéez des Escoles. c’est en recev.t&#13;
696 cette So’e et celle cy dessus Sans bourse delier, que&#13;
697 ce Prelat en est resté redevable de 1800. et tant de&#13;
698 livres apres lui avoir paié les 2000.# du chapitre&#13;
699 eschus a Pasques dernier. mais Jl nous est Survenu&#13;
700 une difficulté p.r lescheance de cette fondation de&#13;
26.&#13;
&#13;
701 400.# p.r les Ecoles. Mgr de Q. pretend que quoique&#13;
702 la fondation Soit faite de fevrier 1699 ou Jan.er&#13;
703 cependant on n’a commencé a tenir les escolesque&#13;
704 vers Son retour en france en octobre 1700. aiez la&#13;
705 bonté de menvoier de bonnes attestations dutemps que&#13;
706 les escoles ont commencé, et que ces attestations Soient&#13;
707 donnéez par M valet ou par M dela Colombiere,&#13;
708 ou du moins par M Du Pré curé.&#13;
709 Je vous avoüe que Je n’ay pas esté peu Surpris dela&#13;
710 So’e que vous avez tiré Sur moy en lettres de change,&#13;
711 Scachant l’avance ou Jestois p.r le Sem.re car quoique&#13;
712 Je fasse ces avances par le moyen de plus.rs petites So’es&#13;
713 appartenantes a plus.rs personnes qui me prient de&#13;
714 leur garder les uns 800.# les autres 500.# les autres&#13;
715 cent escus, cependant Je n’ay pu pousser a uneSi&#13;
716 grosse avance qu’en me Servant encore des deniers&#13;
717 du Sem.re de Paris et dautres que J’ay a ma disposition,&#13;
718 or Je ne puis estre Si longtemps dans ces avances.&#13;
719 Je vous avois mandé que Je toucherois les 4000.# p.r&#13;
720 n’re Jncendie, et que M Labbé de Brisacier me faisoit&#13;
&#13;
�721 esperer 6000.# p.r les questes. ala bonne heure que&#13;
722 vous eussiez tiré Sur moi dix mil livres, mais quatorze&#13;
723 cela est exorbitant.&#13;
724 Dans Letat present ou Sont les choses, Je ne vois pas&#13;
725 apparence que p.r lannée prochaine vous puissiez&#13;
726 esperer que Je vous fasse dix mil livres, Soit pour&#13;
727 laccomplissement des factures, Soit p.r des lettres de&#13;
728 changes, Encore me trompaije fort par le calcul&#13;
27.&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
729 que Je viens de faire, car Je n’ay que les 4000 p.r&#13;
730 LJncendie a toucher les 2000.# deMgr Lancien au&#13;
731 tresor roial, et 1500.# Sur LEvesché-Daire. cela ne&#13;
732 fait que 7500.# ainsy Je ne compte vous pouvoir&#13;
733 faire toucher a tout aller que 8000.# en factures&#13;
734 ou lettres de change, car Jauray outre cela a&#13;
735 paier la facture de M Grignon et plus.rs autres&#13;
736 menus frais et cepend.’ Je ne laisseray pas&#13;
737 destre encore beaucoup en avance p.r le Sem.re,&#13;
738 quand Je recevrois de M Labbé de Britacier&#13;
739 le Surplus de ce quil a promis p.r la queste qui&#13;
740 iroit a prez de 3000.# car p.r ce que Je recevray du&#13;
741 chapitre vous n’y devez pas compter puis qu’au&#13;
742 contraire, Jlnous faudra emprunter p.r ces bulles&#13;
743 Je vous Supplie tres instamment, Monsieur de me&#13;
744 mesnager un peu, de ne pas me pousser a bout&#13;
745 Sur cela, et davoir esgard a ce que Je vous represente&#13;
746 Ne croiez pas quil Soit facile de tirer de largent&#13;
747 et den trouver a emprunter, C’est asseurem.’ ceque&#13;
748 nous ne trouverions pas dans ce temps cy, chacun&#13;
749 Serre Son argent, où onlemet a de gros Jnterests&#13;
750 Surle Roi ou Sur les financiers, mais on ne preste&#13;
751 pas a un interest ordinaire Si aisement.&#13;
752 Je vous envoie presque tout ce que vous m’avez&#13;
753 demandé dans la facture, Je n’ay retranché que&#13;
754 quelques bagatelles, mais Je vous asseure que Si&#13;
755 Jeusse Sceu en fevrier que J’ay assemblé ce que Je&#13;
756 vous envoye quil n’y eust qu’un Seul vaisseau&#13;
757 qui allast a Quebec, je ne Scay Si Jaurois hazardé&#13;
758 toutes ces choses. car Je vous avoüe que Je Suis&#13;
759 dans une grande crainte que tout cela ne Soit&#13;
760 perdu mon Dieu que Seroit ce Si apres Notre perte&#13;
761 Nous venions encore a perdre nos ballots. Jl faut&#13;
762 estre prest a tout ce que la volonté de Dieu en voudra&#13;
&#13;
�763 disposer.&#13;
764 Mad.’ De la motte ango m’a chargé de vous envoier&#13;
765 un Breviaire. Je vous en envoye un en maroquin&#13;
766 noir, et un semblable p.r M Du Pré en veau le 1.er&#13;
767 est dans le ballot N.°3. et lautre dans le ballot&#13;
768 N.°8.°&#13;
769 Les Parens de m Calon nem’ont pas encore rien demand[é]&#13;
770 des revenus que J’ay receu deSon benefice Sils vouloient&#13;
771 m’en faire rendre, Je me deffendrois en exposant quil&#13;
772 a esté entretenu Sain et malade et enterré aux depans&#13;
773 du Sem.re de Quebec. Nous n’avons point trouvé de&#13;
774 lui de testament. N’en auroit il rien laissé ou&#13;
775 quelquindice parmi Ses papiers en canada Je&#13;
776 vous prie de m’en mander des Nouvelles.&#13;
777 C’est bien dommage que vous ne maiez mandé&#13;
778 cette mort de bonne heure, et que vous naviez pris&#13;
779 quelques precautions p.r empescher que dautres ne&#13;
780 lescrivissent, un M. Simon prestre de montreal&#13;
781 la mandée a Dijon a M. Compasseur. Et par ce&#13;
782 moyen, M. LEveq.’ de meaux la Sceu qui a dispos/&#13;
783 de la chapelle en faveur de M Lab. Bossuet Son&#13;
784 neveu p.r composer un des grains de Son chapelet&#13;
785 de Benefices. Et par ce moyen Nous avons laissé&#13;
786 eschaper cette chapelle qui valoit la peine destre&#13;
787 conservée, car elle vaut pres de 500.# dans les bonnes&#13;
29.&#13;
&#13;
788 annéez. Jl faut benir Dieu de tout.&#13;
789 On envoie cette année des Premontrez a Lacadie;&#13;
790 mais Je crains que quoique le ministre donne a&#13;
791 larges mains p.r cet etablissemt, qu’on n’ait de lapeine&#13;
792 a le faire. Dailleurs Japprehende que ces Mess.rs&#13;
793 nenvoient en ces quartiers la leurs Sujets qui&#13;
794 auroient fait parler d’eux en france; c’est ce qui&#13;
795 perdroit cette colonie.&#13;
796 Je mande a M Le veyer de S’en revenir dans Sa&#13;
797 famille; Je compte quil reviendra cet automne.&#13;
798 Mgr de Q. m’a dit avoir recommendé a M valet&#13;
799 de ne vous point inquieter Sur ce qui pouroit avoir&#13;
800 a pretendre au chapitre. Je mande a M. Glandelet&#13;
801 la diposition ou l’on est de reduire les chanoines a&#13;
802 Six. Sur ce pied Mgr compte que M valet&#13;
803 naura rien a y pretendre, puisquil ne Sera pas des&#13;
804 Six premiers qu’on doit conserver, preferablem’&#13;
805 a tous les autres. Jl est ridicule a M valet qui&#13;
&#13;
�806 nassiste point a l’office de rien pretendre a ces&#13;
807 revenus qui Sont Si modiques. Dailleurs Je ne Scay&#13;
808 Si on paye entierem.’ les Bulles, Sil y aura rien&#13;
809 a partager dicy a douze ou quinze ans.&#13;
810 Nous n’avons pas cru Suivant votre Sentiment devoir&#13;
811 nous mesler de ces Dixmes p.r Nos curez, et J’ay&#13;
812 mandé a M Glandelet que pour que nous en&#13;
813 parlassions, Jl faudroit que par Exe Les Curez&#13;
30.&#13;
&#13;
31.&#13;
&#13;
814 de Beauport de la coste de beaupré de LJsle, de Batiscan,&#13;
815 et autre Se joignissent ensemble au moins au Nombre&#13;
816 de quatre ou cinq qu’ils envoissent une procuration&#13;
817 le nom en blanc p.r ceSujet, et quils commençassent&#13;
818 par en parler a M De Calliere et M L’Jntendant,&#13;
819 et quensuite Jls chargeassent quelqu’un d’en&#13;
820 presenter un placet a M De Pont chartrain&#13;
821 Mgr de Q a qui Jl conviendroit d’en parler&#13;
822 nose le faire, et Jl Seroit ravi que nous prissions&#13;
823 cela Sur Nous p.r nous rendre odieux aux peuples.&#13;
824 J’ay escrit a M. Glandelet quil ne falloit pas que&#13;
825 nous esperassions qu’on mist Sur letat les 4000.#&#13;
826 p.r n’re Jncendie Je n’y vois nulle aparence&#13;
827 Nous n’avons osé proposer de rendre perpetuelle p.r&#13;
828 le Sem.re de Quebec la pension de 2000.# que Le Roi&#13;
829 donné a M’gr Lancien Sur le tresor roial Nous&#13;
830 aurions esté refusez.&#13;
831 Jenvoye a M Petit l’horloge que vous m’avez&#13;
832 demandée, Elle est dans nos balots.&#13;
833 Je me Suis chargé avec assez de peine duSoin de nos&#13;
834 hospitalieres de lhopital g’nal, quelq.’ estime et&#13;
835 quelq.’ respect que J’aye p.r elles. car Je vous avoüe&#13;
836 que la pelotte daff.res augmente tellem.’ quelle&#13;
837 maccable. Les leurs ne Sont rien cependant&#13;
838 cela ne laisse pas de demander des Soins et de&#13;
839 m’ambarasser avec tout ce que J’ay deja&#13;
840 M’gr de Q. m’en a aussi fort pressé et a voulu&#13;
841 qu’en mesme temps Je me chargeasse de paier&#13;
842 a M Grignon deux lettres de change qu’a&#13;
843 tirée la m S.t Augustin de 1100.# et co’e&#13;
844 La rente que Je dois recevoir p.r l’hopital&#13;
845 g’nal ne monte qua 1051. Jl m’a donné 49.#&#13;
846 p.r paier ces lettres de change. J’en ay aquité&#13;
847 une, Sur les Six mois de cetterente qui escheront&#13;
&#13;
�848 a la fin de Juin, et que J’ay receu ce mois cy.&#13;
849 Jacquiteray lautre au mois doctobre prochain&#13;
850 quand Jauray touché les Six d.ers mois de cette&#13;
851 année, J’ay depensé Seulem’ p.r elles 5.# p.r le&#13;
852 depost de leur procuration et deux expeditions,&#13;
853 lune p.r lepaieur et lautre p.r moy et 20. de faux&#13;
854 frais dequitances, et perte dargent dont Je me&#13;
855 rembourseray Sur ce que Je toucheray p.r elles&#13;
856 lannée prochaine. J’ay acquité la derniere de&#13;
857 ces deux lettres, et elles Sont paiéez toutes des deux.&#13;
858 vous en pouvez asseurer la m S.t augustin&#13;
859 mais Jl faut quelles ne comptent par demie&#13;
860 année que 525.# 10.s et quelles ne les tirent&#13;
861 Scavoir la1.ere dans le 15.e may. La 2.de dans&#13;
862 le 15.e octobre de lannée 1704.&#13;
863 vous verrez par mon compte que Je n’ay&#13;
864 pas receu daumosne 2500.# en tout. Je lavois&#13;
32.&#13;
&#13;
M.&#13;
Gaulin&#13;
&#13;
865 preveu, et que nos Mess.rs nauroient pas le&#13;
866 temps de S’y appliquer. Ceux que nous pensions&#13;
867 devoir donner nont pas donné et nous avons&#13;
868 receu de ceux a qui nous ne pensions pas.&#13;
869 Jl poura venir encore quelq.’ chose mais cela&#13;
870 nira pas loing.&#13;
871 Nous avons receu le 6. Juin un paquet de lettres&#13;
872 assez gros de M Gaulin qui nest parti au&#13;
873 Port roial qu’au commencem’ de Janvier.&#13;
874 Ces lettres de M Gaulin Sont tout a fait raison&#13;
875 nables, J’ay dressé le memoire dont Je vous&#13;
876 envoie copie, et au bas la reponse de M.&#13;
877 De Pont chartrain, Ce ministre auroit accorde&#13;
878 plus que Je n’ay demandé, aux Jesuites, Sils&#13;
879 avoient co’e M Gaulin, consevé leurs Sauvages&#13;
880 dans lobeissance du Roi Sa majesté en a&#13;
881 esté tres contente a ce Sujet. On m’a appris que&#13;
882 les Sauvages du P. Raale Se Sont accomodez&#13;
883 avec les anglois. Si les notres en avoient&#13;
884 fait autant nous de Serions propres qua bruler&#13;
885 Mgr de Q. promet daider ce mission.re&#13;
886 mais Je n’y fais guere de fond. Le Roi fait&#13;
887 present d’une gratification de 300.# a M Gaulin&#13;
888 p.r paier Ses dettes, et M De Pont ch. fait esperer&#13;
889 qu’on verra lannée prochaine ce que l’on&#13;
890 poura faire p.r lui.&#13;
&#13;
�891 Je crois vous devoir mander que nous avons&#13;
33.&#13;
&#13;
892 obtenus la continuation de nos 4000.# p.r n’re&#13;
893 Jncendie et des 3000.# p.r La Louisiane misissipi Je fis conven/&#13;
894 M. de Pont ch. en lui parlant et lui demandant&#13;
895 de mettre les 4000.# Sur l’etat quil falloit du moins&#13;
896 50. ans de ces 4000.# p.r nous retablir, mais Jl n’y&#13;
897 a pas apparence quon obtienne de les mettre&#13;
898 Sur L’etat. On nous a accordé aussi dufret, mais&#13;
899 d’une certaine maniere que Je ne Scay Si nous&#13;
900 en pourons jouir. On ne nous a rien accordé&#13;
901 p.r la formation des Sujets, Je m’y Suis attendu&#13;
902 on n’a rien fait p.r M.r Galifet et de Longueil&#13;
903 quoiq.’ M DJberville ait fort agi p.r M. de Longueil&#13;
904 et fait agir certaines personnes pardes veües de&#13;
905 recompense, au moins ace que Je croy,&#13;
906 Je ne Scay Si nous ne vous envoierons pas Mons.&#13;
907 Calvarin Prestre Breton, qui est un bon Sujet p.r&#13;
908 remplir une de vos missions francoises. Nous avions&#13;
909 dessein de lenvoier a la Louisiane, mais nous&#13;
910 avons pensé quil auroit peine a apprendre une&#13;
911 langue Sauvage mais ces frais de voiages p.r&#13;
912 lui et M Du Pré Se feront encore a nos depens&#13;
913 et nous ne Sommes guere en etat de les faire&#13;
914 ce qui nous obligera de faire partir M Calvarin,&#13;
915 ce Sera M. Du Pré neveu de M LeCuré que&#13;
916 nous ne Scaurions nous resoudre de vous envoier&#13;
&#13;
34.&#13;
&#13;
917 Seul, nestant pas Prestre, car nous n’avons&#13;
918 pas creu devoir Si promptem.’ le faire ordonner&#13;
919 et nous Sommes persuadez quil est de Son&#13;
920 bien quil recoive les ordres en canada&#13;
921 Dieu aura co’e Je lespere conservé M’gr&#13;
922 L’ancien p.r le promouvoir aux ordres.&#13;
923 Nous avons obtenu passage dans le vaisseau&#13;
924 du Roi p.r deux Ecclesiastiques, et Jespere&#13;
925 quils Seront bien Sous le commandement&#13;
926 de M. de Bauharnois.&#13;
927 Je persiste a vous conjurer avant que de&#13;
928 finir cette lettre de ne pas me tirer lannée&#13;
929 prochaine au dela de huit ou tout au plus&#13;
930 de dix mil livres p.r le Sem.re de Quebec, Soit&#13;
931 en factures, Soit en lettres de change, Ne&#13;
932 vous flattez pas quil n’y aura qu’a emprunter&#13;
&#13;
�933 car nous Sommes dans un Si mauvais temps&#13;
934 que nous ne trouverons pas a emprunter,&#13;
935 dautant plus que l’employ ne vaut rien, et&#13;
936 que c’est p.r un Sem.re brulé dans la Nouvelle&#13;
937 France, et quand le Sem.re de Paris Sobligeroit&#13;
938 p.r celui de Quebec, ce que Je ne Scay Si on&#13;
939 maccorderoit au Sem.re y ayant quelques&#13;
940 personnes qui auroient peine a le faire,&#13;
35.&#13;
&#13;
941 Je ne croy pas mesme quavec cela, on trouvast&#13;
942 de l’argent. Tous ceux qui en ont a present&#13;
943 lefont valoir a des deniers usuraires a la&#13;
944 caisse des emprunts et ailleurs, ou ils Sont&#13;
945 toujours maitres de retirer leur fond et tirent&#13;
946 cependant huit et dix p.r cent de profit. ce&#13;
947 desordre va bien loing dans Paris, et les&#13;
948 caSuistes exacts noseroient presque Seslever&#13;
949 contre un abus qui a tourné universellem’&#13;
950 en usage.&#13;
951 Jl faut finir cette lettre deja assez longue&#13;
952 et vous prier de me continuer le Secours de&#13;
953 vos prieres et de vous Souvenir de moy au&#13;
954 S.t Sacrifice. Jespere trouver quelq.’ moment&#13;
955 de loisir p.r repondre a la lettre de pieté que&#13;
956 vous mavez fait la grace de m’escrire. Je&#13;
957 vous en remercie par avance et puis vous&#13;
958 asseurer quelle me fait beaucoup de bien,&#13;
959 et Je vous prie de me continuer Secours.&#13;
960 Je Suis avec tout lattachement le plus tendre&#13;
961 etleplus respectueux Monsieur votre&#13;
962 tres humble obeiss.’ Serviteur.&#13;
963 ce 15 Juin 1703&#13;
Tremblay&#13;
964 Jenvoie p.r tout duplicata une lettre de M&#13;
965 Buisson ou J’ay enfermé copie de mes comptes,&#13;
966 p.r le Sem.re p.r le chapitre de la facture &amp;&#13;
967 et Je pouray de mettre ce paquet dans un&#13;
968 autre vaisseau que la Seine en ce quil en aille&#13;
969 en Canada.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250535">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11998">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/4e47726e6f83fb42e5f74727c38393a5.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=cJARCOywZjUwVyfZsp8j7pVaJ4Fnzxoe2wkuF7OUHuzsHGHZI9Xa7uDsItwzL9zq1ukTC2mOm9qWG8-n11k0DeVSEEvIT8wNWAtxX2WxWTzwipJ7DU91ejzp9VxAVw1L9T0CYz9nM7Xqjd98MwLg%7ECwR9NZlhAUsaHEUfH6p6b3VfPX8KykdzvXMIwGr6RutGlMN15RqQ4s0LUaEnNIvp6TGaTn-DOVaY83Xd13H2k90P9ykV5v-LsI7ykGLAldjdKpSLlc-mzJrpX2cFErQoc-%7EaYRpqK4ewlfXLEVUqCA3o-p35hCb-cFis3qN0pD1rBnczTiFJr7wigZusS1UVg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>57a9e26c801b66dafc1843a6e76a9b85</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250533">
                    <text>������������������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250536">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 39&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250152">
                <text>URRGEZWH</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250153">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250154">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250155">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 11 mai-15 juin 1703)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250156">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris rapporte au supérieur du Séminaire de Québec qu’il a touché 11 000 livres au Trésor royal, grâce à la générosité du Séminaire de Paris. Il dit qu’il a reçu peu d’aumônes pour la quête qu’il a faite, à cause de la misère des temps et des Jésuites, qui ont répandu que le Séminaire était rétabli et riche. Il a payé les lettres de change tirées par les missionnaires du Mississippi, mais pas sur toutes leurs factures. Il exprime ses doutes sur la mission de Bergier aux Tamarois, qu’il voudrait abandonner aux Jésuites. Il dénonce la conduite des Jésuites, qui cherchent à s’approprier les missions du Mississippi et à se soustraire à l’autorité de l’évêque de Québec. Il dit qu’ils ont obtenu de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, le pouvoir d’être curés de La Mobile, et qu’ils ont sollicité le roi et son ministre pour être seuls dans ces pays. Il raconte les combats qu’il a eus à soutenir contre eux et les calomnies qu’ils ont répandues contre le Séminaire. Il se plaint de la faiblesse de Saint-Vallier, qui change souvent d’avis, et de la prévention du roi en faveur des Jésuites.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250157">
                <text>1703-06-15</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250158">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250159">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11998" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 39&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250160">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250537">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11996" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11997" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="899">
        <name>Affaire de la juridiction des missions du Mississippi (1698-1703)</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="802">
        <name>Calomnies</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="917">
        <name>CONTENTIEUX (Territoire)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="83">
        <name>Incendies</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18700" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11991">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/f85eef0e13b6b067754f0036be318187.png?Expires=1779321600&amp;Signature=DRIDG3NhNx%7EQge0BVyDiGR%7EuYi7gqPZwN7wvc1dtKExIp4Vtt7sR6SnYP6MwSkYnTY5XDp2sr7d-pGQCb7q%7EeuHHTM44t4NQFNGOxAk2GqBtGttqO8Lm2AoMdbszWswqaVx94cGCcmz9MJT2J2qMaJQ3IkePEdSRAw5XdMOLbILyyf8W6ENbOf%7Eb4%7EpPCxX2gewTQDGrJQ2PXM6uhcGIPrZ6H-4tZG6Vb-flYUnpSUjtnzKOyNSPVzezOpH7qUSrkydTMMda0vEMZuK-CHQrq2y470VqknEs9uyZpzcaXQjC4FtMfppUsupMbl3TPBttRKy-jdn6vFD2f0-k822TlA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11992">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/6820a10c9597cf5a8b784e36414f2e48.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=vHQPAVeMBh19qZPPyOSCGt7li9kTDoV4kbTULvOjno6XkMChE1qoP%7EjCFU3VGIxy4LPTS5pB12QC8xiYhak7uFoCVrzgzuQc1p9JtVTL8qnZmFqQ2emwyCeq1ONHQG8oip8qjEnSAVJ1O-R-uNEyU5Oqi-mOh4PQ752aAqC7ohZzou%7ETvaGTBHL55YLD0wapIT2fnJn%7Evh5aYZMNfL-fDjZHo3Jy10Hm-NzuyE-tRM3SWxE2O04xb2J0LHxmye7gUc5ze5bP9G8oqshxNebLIk9GDK9QIxpxdMsSX4J8PE3UXw%7EZ%7Ey0PibnGh4vSEBjThkz1pX7q0Zqqu3aSNfhjsw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>025f9e464470d7ba10b5b889eb8f105e</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250524">
                    <text>Lettre de Tremblay1 à Laval (Paris, 3 mai 1698)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
J’ai déjà eu l’honneur de vous écrire cette année par l’Acadie. Celle-ci sera la&#13;
grande lettre, qui ira par deux voies et dans laquelle je tâcherai de ne rien oublier&#13;
de ce dont vous désirez être informé.&#13;
J’ai reçu, Monseigneur, de gros paquets de lettres de vous, par deux différents&#13;
vaisseaux, qui ne m’ont été rendus que fort tard. J’ai trouvé dans chacun d’eux des&#13;
lettres pour plusieurs particuliers et pour votre famille. J’ai été surpris de ne&#13;
trouver en aucun d’eux un certificat de vie de M. l’intendant. Cela eut été&#13;
nécessaire. On le demande tous les ans et M. l’évêque d’Aire fait [des] difficultés&#13;
de payer sans cela ; [et] il faudra cette année m’envoyer une nouvelle procuration,&#13;
légalisée par M. l’intendant, pour la pension d’Aire et du Trésor royal. On fait des&#13;
difficultés sans nombre pour tirer ces pensions. Il y a des personnes à qui en est&#13;
dû huit à dix années. M. d’Aire ne nous paie pas que vers le mois de septembre la&#13;
pension échue en janvier. Il diminue, à cause de la subvention, [à] la 6e partie et&#13;
[donne] 100 francs pour nous payer, à Paris au lieu d’Aire, où nous n’avons aucune&#13;
connaissance à l’égard du Trésor royal. C’est par la faveur de nos Messieurs que&#13;
je me suis fait payer, en laissant la même somme au Trésor royal, pour en faire des&#13;
rentes au denier 14, comme je vous l’ai mandé ci-devant.&#13;
J’ai tâché encore d’obtenir la même grâce pour les années dernières pour créer des&#13;
rentes au denier 18, toutes celles au denier 14 y ayant été remises. J’espère en venir&#13;
à bout.&#13;
Comme une des principales affaires sur lesquelles vous m’écrivez est l’achat de&#13;
l’île Saint-Laurent, je vais vous en rendre compte de ce que j’ai fait pour ce sujet.&#13;
Nos Messieurs ont eu peine à entrer dans vos vues pour cette acquisition. Outre&#13;
qu’ils croient que vous devriez faire des fonds en France, pour plusieurs raisons&#13;
Cette lettre est un duplicata transcrit par un autre que Tremblay, ce qui explique les fautes et le style&#13;
différent.&#13;
1&#13;
&#13;
�qu’il serait trop long à rapporter, il leur paraît que ce n’est pas un bon conseil de&#13;
faire tant d’acquisitions en un pays comme le Canada et de faire paraître tout son&#13;
bien sous la vue dans un même lieu. Cependant, je les ai fait enfin consentir à celleci en leur représentant l’utilité que vous en espériez tirer. J’ai été ensuite sonder&#13;
M. Berthelot, lui disant que j’avais parole d’un ami d’acheter son île, s’il voulait en&#13;
faire une bonne composition. Il me dit que M. Lamy lui avait mandé que vous&#13;
pensiez à l’acheter pour y faire un établissement de maîtres d’école. Je lui dis que&#13;
je portais parole pour un autre, sans [le] lui nommer, ne voulant pas qu’il parût&#13;
que ce fût pour vous, parce qu’il aurait voulu que vous lui en eussiez autant donné&#13;
qu’il l’avait achetée. Après quatre [ou] cinq pourparlers, nous approchâmes assez&#13;
du prix, car après qu’il eut longtemps tenu à en demander 22 000 livres et que je&#13;
me fusse longtemps tenu à lui en offrir 18 000, nous convînmes à 20 000 livres et&#13;
toute la difficulté fût de prendre des mesures pour acquérir sûrement, car tous les&#13;
biens de M. Berthelot sont saisis, du moins ceux qui sont en évidence, par&#13;
M. Georges d’Entraigues, qui est un de nos voisins, qui prétend que M. Berthelot&#13;
lui doit plus de 1 900 livres. Il y a au moins une transaction faite entre eux deux en&#13;
1687, par laquelle M. Berthelot reconnaît lui devoir 900 tant de 1 000 livres et les&#13;
arrérages depuis ce temps-là ; si bien que M. Georges tient plus de 600 000 livres&#13;
d’effets, en meubles et immeubles, à M. Berthelot saisis. Il ne saurait saisir en&#13;
décret, car M. Berthelot, par une faveur particulière qu’il s’est procurée auprès de&#13;
M. de Pontchartrain, fait agir le ministre, qui fait intervenir le roi, et demande&#13;
500 000 ou 600 000 livres, qu’il prétend être dues au roi par M. Berthelot, qu’on&#13;
croit cependant n’être qu’une dette supposée pour arrêter les poursuites de&#13;
M. d’Entraigues. Cependant, il ne nous serait pas sûr d’acquérir d’une personne&#13;
dont les affaires sont en cet état.&#13;
Après avoir bien raisonné sur le tour que nous prendrions pour nos assurances,&#13;
nous convînmes avec M. Berthelot verbalement que je le paierais comptant de ces&#13;
20 000 livres, dont je ferais un contrat de constitution au denier 18 sur le roi, en&#13;
faisant une déclaration dans le contrat que ces dernières provenaient du paiement&#13;
de l’île Saint-Laurent et seraient affectées pour l’hypothèque, en sorte que ce&#13;
contrat ne pourrait être vendu ni remboursé sans que nous y fussions appelés.&#13;
M. Berthelot me dit sur cela de faire dresser le contrat. Je fis plus : je trouvai une&#13;
personne qui voulut bien nous prêter à constitution, au denier 20, ces 20 000 livres,&#13;
à condition de racheter cette rente en quatre ou cinq paiements et j’étais même&#13;
&#13;
�convenu avec lui de lui en rembourser la moitié ou les trois quarts dès l’année&#13;
prochaine, lorsque j’aurais l’argent de M. Soumande. Quand tout fut disposé, je&#13;
fus avec M. Carnot porter le contrat à M. Berthelot, qui me dit qu’il avait fait&#13;
réflexion sur cette vente et qu’il croyait plus avantageux pour lui de ne point se&#13;
défaire de son île, parce qu’il en jouissait en l’état qu’elle était, son créancier&#13;
n’ayant pas voulu l’envoyer saisir, au lieu que dès qu’il aurait des rentes sur le roi,&#13;
elles seraient saisies et il n’en jouirait plus. Il fallut s’en tenir là et depuis, nous&#13;
n’avons pu rien faire. Il a été impossible de résoudre M. Berthelot à passer outre et&#13;
toutes mes mesures ont été rompues.&#13;
Je ne doute nullement que si la mort de M. Berthelot arrivait, nous n’eussions cette&#13;
terre encore à meilleur marché. Il ne peut aller loin, étant très cassé de vieillesse et&#13;
de chagrin. Si d’ailleurs M. d’Entraigues continue de le presser, nous serons encore&#13;
alors en état d’acquérir. Il m’a bien promis, en cas même qu’il fût dans peu en état&#13;
de vendre, de m’en donner la préférence. Il voulait même que les réparations des&#13;
moulins, qu’il est sur le point de faire, ne se fissent que de concert avec nous, afin&#13;
que si dans un an nous nous en accommodions, nous lui remboursions ces&#13;
impenses et améliorations. J’ai oublié de vous dire qu’il m’avait offert de nous en&#13;
faire présent, si nos Messieurs voulaient, par Mme de Maintenon, faire parler au&#13;
roi [pour] le récompenser de la perte qu’il a fait de la charge de secrétaire des&#13;
commandements de Mme la Dauphine en lui donnant [plutôt] la même charge&#13;
gratis auprès de Mme la duchesse de Bourgogne ; mais nos Messieurs n’ont pas&#13;
voulu entrer là-dedans. D’un autre côté, M. d’Entraigues a offert à nos Messieurs&#13;
que si, par leur faveur, il pouvait finir ses affaires avec M. Berthelot, il prendrait&#13;
cette île en paiement de ce qui lui est dû et les en ferait présent ; mais l’une et l’autre&#13;
propositions n’ont pas été écoutées.&#13;
Il nous est venu une affaire de difficulté, Monseigneur, en raisonnant sur&#13;
l’acquisition de cette île, qui peut s’étendre même sur la donation que vous avez&#13;
faite de la côte de Beaupré au Séminaire, qui est que ces biens ont été acquis par&#13;
vous et donnés ensuite à des gens de main morte [et que] le roi, de qui cette&#13;
seigneurie relève, peut en demander l’indemnité au Séminaire et dans la suite des&#13;
temps, les amortissements, comme on a fait en France ces derniers temps. Ce sont&#13;
des droits qui ne se perdent pas et qui même deviennent plus onéreux avec le&#13;
temps, car ils les font payer non pas selon [ce] que la terre était lorsqu’elle fut&#13;
&#13;
�donnée, mais selon l’état où elle est dans le temps [présent]. De même, [de] cette&#13;
terre de l’île, qui passerait de M. Berthelot au Séminaire, le roi pourrait en&#13;
demander l’indemnité et cela va loin, car ce serait [au] 5e denier et par conséquent,&#13;
pour cette terre de 20 000 livres, on pourrait demander 5 000 livres et puis ensuite&#13;
en demander l’amortissement, qui est [au] 7e denier. Je vous dis tout ceci, afin que&#13;
vous examiniez avec tous ceux qui ont des terres de main morte, comme Mgr de&#13;
Québec, les églises et fabriques, les religieux et religieuses, si on ne pourrait pas,&#13;
dans ce temps-ci ou un autre plus favorable, demander au roi la remise, pour les&#13;
biens d’Église du Canada, attendu que ce sont de nouvelles colonies, de tous les&#13;
droits d’indemnité et d’amortissement pour tous les biens qui sont actuellement&#13;
possédés par [des] gens de main morte. Vous feriez bien d’en conférer, surtout&#13;
avec Mgr de Québec.&#13;
Je n’ai pas manqué, Monseigneur, de rendre votre lettre au père provincial des&#13;
Jésuites sur l’affaire que vous a faite le R. P. Bruyas. J’en avais conféré auparavant&#13;
avec le P. de Lamberville, qui fut très surpris et très fâché en même temps qu’on&#13;
vous eût ainsi traité. Il me dit qu’avant même que d’en parler au père provincial,&#13;
il pensait que le P. Bruyas aurait bien pu vous représenter la nécessité de sa&#13;
maison, mais non pas vous refuser le paiement d’une somme qui vous était due&#13;
de bonne foi. Ce qui l’a le plus affligé, c’est que Mgr de Québec a été informé de&#13;
toutes ces choses, car ce prélat a écrit fort au long au P. de Lamberville pour blâmer&#13;
ce procédé qu’on tenait à votre égard. Il a depuis conféré de cette affaire avec le&#13;
père provincial, sans que je l’aie vu, et ils sont convenus de vous en demander&#13;
excuses et de vous assurer qu’on vous paiera, après qu’on vous aura représenté&#13;
les grandes dettes de la Compagnie ; mais s’ils voulaient donner au Séminaire&#13;
leurs biens, tant de France que de Canada, avec leurs charges, le Séminaire&#13;
gagnerait beaucoup de leur donner le sien en échange. Ils ont remboursé cette&#13;
année 7 400 livres qu’ils devaient aux Hospitalières de Québec. J’aurais fort bien&#13;
voulu qu’ils m’eussent payé ce qu’ils doivent de vieux, mais le P. de Lamberville&#13;
s’en est excusé sur ce remboursement. J’eusse acheté avec plaisir, si j’avais touché&#13;
cet argent, ce que vous me demandez pour le P. Gravier et du reste, j’en aurais&#13;
commodément accompli nos mémoires.&#13;
&#13;
�Je vous avoue, Monseigneur, que j’ai balancé quelque temps si je les accomplirais,&#13;
n’ayant pas ce fonds, mais enfin, j’ai eu peur que cela ne vous fît de la peine. J’ai&#13;
été, dans la vérité, fort embarrassé de voir que nos Messieurs me demandent tous&#13;
les ans de factures très grosses, quoiqu’ils me sachent obéré de plus d’une année.&#13;
Je ne serai plus en état de faire ces avances. Je les prie d’y faire réflexion. Vous avez&#13;
relevé, Monseigneur, dans votre lettre, une raison que je vous avais apportée pour&#13;
porter nos Messieurs à faire des fonds en France, qui vous apparut faible, et vous&#13;
m’avez marqué que ce serait avoir une conduite trop humaine que de s’en laisser&#13;
toucher. Cette raison est que si, par malheur, les Anglais venaient à prendre le&#13;
Canada dans un temps de guerre, il serait bon d’avoir en France une ressource&#13;
pour nos MM. de Canada. Nous n’avons plus cette crainte ci-présente, à présent&#13;
que la paix est faite, mais cela n’empêche pas que je ne vous explique le sens dans&#13;
lequel je vous dis cette raison : supposé que nous eussions pour supérieur et&#13;
directeurs du Séminaire de Québec des personnes qui n’eussent pas des pensions&#13;
viagères, comme nos Messieurs en ont, ce qui arrivera après eux, si le Canada&#13;
venait à être pris et que le Séminaire de Québec n’eut aucun fonds en France, [c’est&#13;
que] ces personnes seraient obligées de se disperser en divers endroits et de&#13;
prendre parti pour subsister et il serait alors difficile de les réunir pour aller se&#13;
rétablir dans le Canada, si après s’être établis en différents lieux, les Anglais&#13;
venaient à rendre le pays à la fin d’une guerre, au lieu qu’étant réunis dans un&#13;
même lieu, ils seraient en état d’y retourner sitôt qu’ils le pourraient.&#13;
C’est, Monseigneur, pour prévenir un accident de cette nature, qui pourrait après&#13;
tout arriver et dans lequel nous serions en danger de perdre tous nos titres, que&#13;
j’avais suggéré l’an passé à M. de Glandelet d’en faire faire des copies&#13;
collationnées et légalisées sur du parchemin [de tous les titres et papiers du&#13;
Séminaire] et de me les envoyer pour les garder et encore, pour nous mettre à&#13;
couvert d’un accident, qui pourrait arriver par le feu, je lui ai envoyé cette année&#13;
trois ou quatre douzaines de parchemins pour faire copier ces titres et papiers qui&#13;
seront de quelque conséquence, afin de me les envoyer. Je vous ai déjà dit ci-dessus&#13;
que je vous envoie tout ce que vous m’avez demandé. Tout est un peu plus cher&#13;
encore que les années passées. La paix n’a pas encore ouvert le commerce et la&#13;
crainte de la diminution des espèces d’or et d’argent y met une telle confusion.&#13;
&#13;
�J’ai vu deux ou trois fois la mère du sieur Jacob. Son frère m’a apporté une Vie des&#13;
saints pour lui et m’en a payé 36 sols pour le port jusqu’à La Rochelle. J’ai envoyé&#13;
aussi chez la mère de Morel. Sa mère et sa sœur sont mortes à l’Hôtel-Dieu sans&#13;
aucun bien. Son cousin Cordier est mort aussi et c’est sa veuve qui a donné toutes&#13;
ces instructions.&#13;
Nous avons changé de débiteur de la pension d’Aire par la promotion que le roi&#13;
vient de faire de M. l’évêque d’Aire à l’archevêché de Bordeaux et de M. l’abbé&#13;
Floriot, à l’évêché d’Aire. C’est le frère du P. Floriot, procureur des missions des&#13;
Indes orientales et du Levant des Jésuites. C’est un fort honnête homme, qui nous&#13;
paiera bien, mais qui sera surtout un bon évêque.&#13;
Je vais présentement, Monseigneur, vous informer de l’état de votre famille et&#13;
pour commencer, par M. votre frère2. Je suis obligé de vous apprendre qu’il a fait&#13;
cette année plusieurs efforts pour se marier à une jeune fille de chambre anglaise,&#13;
qui était auprès de Mme de Laval3, et qu’elle a été obligée de congédier pour cela.&#13;
Il m’a écrit plusieurs lettres et est venu même exprès à Paris pour me prier&#13;
d’engager M. de Brisacier à lui trouver donc un autre parti, puisqu’il&#13;
désapprouvait celui-là, comme je le lui avais mandé. Il a pensé, depuis quatre&#13;
mois, à une sœur aînée de Mme de Laval, à qui même on assure qu’il a promis&#13;
25 000 livres comptant en passant le contrat. S’il a cet argent, il a bien laissé ruiner&#13;
sa terre et son bien à plaisir, car il eût aisément tout éclairci [ses dettes] avec&#13;
25 000 livres. C’est lui, Monseigneur, qui me presse à présent de faire exécuter la&#13;
fondation et cela, dans la vue de faire de la peine à son fils et à sa bru, qui a bien&#13;
des sujets de plainte contre lui et qui est venue même tout récemment à Paris pour&#13;
consulter si elle ne prendrait pas le parti de se séparer des biens de son mari. En&#13;
voici le sujet.&#13;
On lui fit entendre, et à M. l’abbé de Brisacier, qu’il n’y avait dans la maison que&#13;
25 000 livres de dettes. Elle pensa rompre le mariage, sur ce qu’elle voulut que&#13;
M. de Montigny lui donnât pour présent, en se mariant, la moitié des meubles,&#13;
vivants et morts, qui sont dans le château et les fermes de Montigny, c’est-à-dire&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval, appelé « M. de Montigny », et son épouse&#13;
Charlotte-Marie-Thérèse de Bésançon, épouse de Gabriel de Laval, neveu aîné de Mgr de Laval, appelé&#13;
« M. de Laval »&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
�des meubles du logis et des bestiaux qui sont dans les terres. M. de Montigny s’y&#13;
rendit enfin, mais avec une condition secrète, dont il convint avec M. de Laval, le&#13;
jour même que son contrat de mariage fut signé, qui fut de lui faire signer une&#13;
obligation de 6 000 livres au profit de ses cadets, sans la participation de la&#13;
prétendue, laquelle obligation il lui a fait ratifier depuis son mariage, en l’obligeant&#13;
de payer pour 6 000 livres de dettes de la communauté, en déduction de cette&#13;
obligation ; si bien que Mme de Laval, qui payait ces dettes, croyant avoir à les&#13;
répéter sur ses frères, s’est trouvée frustrée de son espérance. Mme de Laval avait&#13;
donc dessein, pour cette affaire et plusieurs autres, de demander une séparation&#13;
de biens de son mari. Je crois cependant que, par l’amitié qu’elle lui porte, elle n’en&#13;
fera rien. Ils sont fort unis et tous ces différends n’ont encore causé aucune&#13;
altération dans leur affection. Quant à M. de Montigny, il vit dans la même maison&#13;
de son fils et de sa bru, avec ses deux filles, sans les voir. Les partages ne sont point&#13;
encore finis entre eux et la crainte continuelle que chacun a, qu’il ne convolât en&#13;
second mariage, fait que l’on n’a courage à rien. Cependant, on ne paie pas les&#13;
créanciers et le Séminaire, à qui il est dû plus de 5 000 livres de vieux arrérages, ne&#13;
touche pas même le courant, qui n’est plus que de 333 livres par an. Si on faisait la&#13;
moindre poursuite, on mettrait le feu aux étoupes et ce feu consommerait toute la&#13;
maison en peu de temps.&#13;
Il paraît, Monseigneur, que vous ne vous souvenez plus de ce qui est dû à nos&#13;
missions par la maison de Montigny. Vous vous souviendrez qu’en 1677, vous&#13;
vendîtes à M. l’abbé Thiersant 150 livres de rente, à prendre sur la terre de&#13;
Montigny, ou plutôt vous transigeâtes avec M. de Montigny pour plusieurs&#13;
prétentions à 3 000 livres, qu’il vous paya comptant et qu’il emprunta pour cela de&#13;
M. Thiersant, à qui il en fit constitution au denier 20. C’est la petite rente et la plus&#13;
ancienne dont je vous parlais l’an passé dans ma lettre. Vous savez, en second lieu,&#13;
que vous vendîtes en 1687, aux missions de la Chine, la grosse rente de 666 livres,&#13;
car quoiqu’elle parût ne vous plus appartenir dès 1674, vous l’avez cependant&#13;
possédée sous le nom du Séminaire jusqu’en 1687 ou 88 ; si bien que le Séminaire&#13;
avait, avant le mariage de M. de Laval, à prendre sur la terre de Montigny&#13;
150 livres de rente, constituée à M. Thiersant, qui en a fait une fondation au&#13;
Séminaire en mourant et les 666 livres pour la bourse des missions.&#13;
&#13;
�Depuis ce mariage, M. de Laval a obtenu de nos Messieurs, en votre considération,&#13;
qu’ils recevraient 6 000 livres [pour] amortir le capital de la moitié de la grosse&#13;
rente et 3 000 livres pour amortir le capital de la petite, sans imputer ces sommes&#13;
sur les arrérages, dont il était dû plus de 5 000 livres, qui sont encore dues&#13;
aujourd’hui, sans ce qui est échu depuis ; si bien que la famille de Montigny ne&#13;
nous doit plus que 6 000 livres de capital et près de 6 000 livres d’arrérages et de&#13;
rente courante, que 333 livres par an.&#13;
Nous pressâmes fort, M. l’abbé de Brisacier et moi, M. l’abbé de Laval4 de vous&#13;
aller trouver en Canada pour achever ses études dans le Séminaire et tâcher, sous&#13;
votre discipline, de se rendre propre à soutenir le bien que vous avez commencé ;&#13;
mais il fut impossible de l’y résoudre et il persiste à continuer sa licence. Il l’a&#13;
continuée jusqu’à présent et assez bien. Je lui donnai l’an passé, pour l’aider,&#13;
75 livres de votre part. Je ne sais où il prend de quoi subvenir à ses besoins, mais&#13;
il est fort propre et il a fait même cet hiver son temps de séminaire dans celui de&#13;
Saint-Magloire, qui est le plus commode pour ceux qui sont en licence. Il a lu et&#13;
relu tout ce que vous lui écriviez de sa vocation pour les missions, mais il n’a pu&#13;
se résoudre à reprendre ces brisées et à quitter pour cela sa licence. Il eut été&#13;
d’humeur à venir demeurer au Séminaire, si on eût voulu le recevoir [et] le&#13;
défrayer pendant toute sa licence, dans l’espérance qu’il demeurât au Séminaire&#13;
toute sa vie pour en être directeur. Il vaut mieux qu’il continue sa licence et qu’il&#13;
se mette, étant docteur, auprès de quelque évêque pour travailler. Il peut y faire&#13;
du bien. Il a de l’esprit, de la modération et de la conduite. Ce qui l’a le plus&#13;
embarrassé a été d’avoir un titre pour se faire ordonner sous-diacre : son frère et&#13;
sa sœur n’ont pas voulu le lui donner. Ils avaient des raisons qui m’ont paru&#13;
bonnes. Je ne lui ai rien donné depuis l’an passé, voyant qu’il savait s’entretenir&#13;
très proprement au Séminaire de Saint-Magloire.&#13;
Je n’ai pu lui procurer non plus l’avantage dont vous me parlez dans votre lettre&#13;
ni à M. de Laval. En même temps, vous avez bien fait, Monseigneur, de me donner&#13;
les lumières que vous m’avez données sur la fondation, car elles m’ont fait&#13;
chercher exactement tous les papiers concernant cette affaire et j’ai enfin trouvé,&#13;
dans les papiers de M. Odam, que je garde depuis que nous l’avons perdu au mois&#13;
4&#13;
&#13;
Charles-François-Guy de Laval, neveu cadet de Mgr de Laval&#13;
&#13;
�d’août dernier, m’en étant chargé après sa mort, j’ai, dis-je, trouvé l’acte dont vous&#13;
me parlez parmi les papiers concernant la rente de 666 livres, qui m’a fait connaître&#13;
que vous aviez disposé desdites 7 000 livres et qu’ainsi, vous n’étiez plus en état&#13;
d’en disposer. J’ai fait donc une autre lettre de vous à M. de Laval, me servant pour&#13;
cela de vos blancs signés et je lui ai mandé que vous n’étiez pas en état de l’aider&#13;
autant que vous le voudriez, que cependant vous aviez payé 7 000 livres des&#13;
arrérages et pour la fondation et que s’il mettait cette fondation en exécution, vous&#13;
consentiez qu’il eût ces 7 000 livres, à condition qu’il se chargeât de faire un fonds&#13;
de 250 livres de rente exempte d’indemnité et dont même il s’obligeât de payer les&#13;
amortissements, si on les demandait. M. et Mme de Laval ont été fort contents de&#13;
cette lettre, comme elle me l’a témoigné elle-même dans un voyage qu’elle a fait ce&#13;
carême à Paris, et nous devons régler toutes ces choses cet été. Lorsque j’irai à&#13;
l’Estrée, je pousserai jusqu’à Montigny et j’espère que nous conclurons ce qui&#13;
regarde la fondation.&#13;
Je crois que vos vues sont encore fort justes sur ce que vous avez pensé de cette&#13;
maison de Vengeons, dont M. de Montigny vous prie de lui faire une donation. Ce&#13;
n’est pas, dans la vérité, une somme qui mérite qu’on se brouille avec lui pour&#13;
cela ; peut-être qu’en lui donnant ce lieu, on en pourra tirer quelque avantage pour&#13;
retirer de lui partie des 200 livres dues par Morel, qui m’a demandé jusqu’à cet&#13;
automne pour achever de payer ce qu’il en doit. Tout cela, et le bien de M. Lamy,&#13;
qu’il est aisé de retrouver, servira à faciliter la fondation. M. le prieur de Montigny&#13;
persiste à demander que cette fondation serve pour un vicaire. Je crois qu’il sera&#13;
difficile d’avoir en effet trois prêtres dans la petite paroisse de Montigny, mais on&#13;
pourrait faire une bonne condition et obliger le vicaire à tenir les petites écoles.&#13;
M. le prieur a deux filles de piété qui instruisent déjà les filles. Nous tâcherons à&#13;
régler toutes ces choses sur les lieux.&#13;
M. de Laval n’a pas encore fait payer au Séminaire les 3 000 livres qu’il avait&#13;
données à recevoir de M. d’Aligre sur les arrérages qu’il doit. On a attendu&#13;
jusqu’après Pâques à régler cette affaire.&#13;
Vous saurez, Monseigneur, ce que nous avons fait cette année pour l’Estrée.&#13;
M. l’évêque d’Évreux ne voulut point consentir l’an passé, quoique nous l’en&#13;
sollicitassions fortement, à la transaction des religieuses de La Colombe dans les&#13;
&#13;
�lieux réguliers de l’Estrée et il dit qu’on lui ôterait plutôt son évêché que d’y&#13;
consentir ; ce qu’on demandait cependant à Rome. Ce qui le portait à refuser ce&#13;
consentement était l’impossibilité de voir rétablir l’ordre à l’Estrée par ces&#13;
religieuses, dont la prieure vivait à l’Estrée sans clôture, sans chapelain, sans ordre,&#13;
tenant cabaret pour vendre son vin et ayant avec elle un jeune abbé la plus grande&#13;
partie de l’année, qui, sous prétexte de lui dire la messe, y demeurait et faisait&#13;
causer tout le voisinage. Je fus en ces quartiers-là cet automne pour d’autres&#13;
affaires et signifiai en même temps à la religieuse que nous étions résolus à la&#13;
renvoyer et qu’elle prît sur cela ses mesures. Elle m’a donné bien de l’exercice tout&#13;
cet hiver et causé de la dépense par bien des faux frais, mais enfin, il lui a fallu&#13;
quitter la partie et se retirer.&#13;
Nous avions alors en vue d’y mettre à la place des religieuses des Clairets et on&#13;
nous avait proposé de nous donner la fille de M. le comte d’Auvergne, prieure de&#13;
cette abbaye, avec l’ex-religieuse qui y porteraient de bonnes pensions. Vous savez&#13;
sans doute, Monseigneur, que l’abbaye des Clairets est une maison de filles sous&#13;
la conduite de M. l’abbé de la Trappe, qui y a établi une réforme semblable à celle&#13;
des religieuses de la Trappe, autant que des filles en sont capables.&#13;
Quand il fallut transiger avec ces religieuses pour cet établissement, M. l’abbé de&#13;
la Trappe, le nouveau, qui est le propre frère de M. Gervaise, que vous avez vu&#13;
revenir de Siam avec M. l’abbé de Lionne en 1687, et neveu du P. Hobereau de&#13;
Sainte-Geneviève, vint visiter l’abbaye. Il y trouva des réparations immenses à y&#13;
faire pour des religieuses, tant pour la grande clôture que pour rendre les lieux&#13;
réguliers commodes pour des filles et il trouva que ce lieu serait bien plus propre&#13;
pour y mettre des religieux et qu’il en coûterait beaucoup moins. Il détourna donc&#13;
les religieuses d’y penser et il vient ensuite à Paris nous presser si vivement que&#13;
nous avons fait avec lui le traité, dont on envoya copie à Mgr de Québec, qu’il vous&#13;
communiquera sans doute. Vous pourrez peut-être avoir quelque peine sur ce&#13;
traité avec les religieux de la Trappe, à cause qu’ils ont passé, dans l’esprit de&#13;
plusieurs, pour être attachés aux jansénistes ; mais M. l’abbé de la Trappe l’ancien&#13;
a donné tant de preuves de son éloignement pour cette partie, tant de vive voix&#13;
que par écrit, que personne ne l’en soupçonne plus, ni les religieux et le&#13;
P. de La Chaize y a donné les mains, ce qu’il n’eût pas fait autrement. Nous&#13;
espérons mieux réussir par-là dans la poursuite de l’union des abbayes, qui est&#13;
&#13;
�l’affaire la plus considérable de l’église de Québec, que je tâcherai de finir par mes&#13;
soins pour mourir content, car je ne le puis être autrement.&#13;
Je crois que je viendrai enfin à bout de finir l’affaire de l’union de nos prieurés.&#13;
Depuis l’an passé, j’ai fait présenter mes décrets d’union et lettres patentes pour&#13;
les faire enregistrer au Parlement, qui est la dernière formalité nécessaire pour&#13;
rendre ces procédures stables et hors de toute atteinte. M. le procureur général&#13;
demanda qu’à nos frais, il serait fait une information, devant le plus prochain juge&#13;
royal, de la commodité ou incommodité de ces unions. Je demandai celui de&#13;
Châtillon-sur-Indre, que M. le président m’accorda avec beaucoup de bonté et&#13;
m’en fit rendre un arrêt. C’est un présidiat au milieu de ces prieurés, qui cependant&#13;
en sont tous fort éloignés, car Parçay et l’Île-Bouchard en sont à dix lieues,&#13;
Bénévent à sept, Buzançais à quatre et Saint-Sébastien près Châteauroux à neuf&#13;
lieues. Il m’a fallu, dans mon voyage de Berry, faire assigner deux témoins en&#13;
chacun de ces prieurés et les faire aller à Châtillon déposer. Cela m’a coûté plus de&#13;
150 livres de déboursé jusqu’à présent, sans ce qui me reste encore à payer. Les&#13;
habitants de Buzançais, par le syndic et des prieurs, dont l’un est M. l’abbé de&#13;
Fortia, sont venus faire opposition. Il a fallu leur signifier les décrets d’union, les&#13;
lettres patentes, l’arrêt obtenu pour l’enregistrement et le faire donner assignation&#13;
au Parlement. Je les ai attendus jusqu’à présent, aussi bien que M. l’abbé des&#13;
Fontaines, archidiacre du Mans, titulaire de Saint-Ambroise, près l’Île-Bouchard,&#13;
qui ne vaut pas 50 livres et qu’il a fallu encore faire assigner en Touraine. Il n’y a&#13;
eu encore jusqu’à présent que M. l’abbé de Fortia, fils de M. de Fortia, doyen des&#13;
maîtres des requêtes, qui a comparu. C’est le seul que je craignais, parce qu’il a du&#13;
crédit au Parlement. J’ai fait parler, dans les fêtes de Pâques, à sa sœur, qui&#13;
demeure chez Mme de Miramion, par nos Messieurs, qui lui ont laissé un mémoire&#13;
que j’avais dressé et elle a obtenu de lui son consentement, qu’il doit faire donner&#13;
par son procureur ; si bien que je vais présentement solliciter fortement&#13;
l’enregistrement de nos lettres patentes, puisque toutes les oppositions sont levées.&#13;
Cela coûtera peut-être encore 20 pistoles, mais après cela, il n’y aura plus qu’à faire&#13;
afficher à chaque prieuré ces décrets, patentes et arrêts d’enregistrement et nous&#13;
serons ensuite moralement certains de n’être plus troublés dans la possession de&#13;
ces bénéfices.&#13;
&#13;
�J’ai fait faire l’an passé, à celui de Bénévent, une maison, qui sera bien utile. Elle&#13;
coûte un peu, mais ce sera un bon logis. La dépense en va à plus de 800 livres. Il y&#13;
a une chambre de plain-pied, qui sert de cuisine, une écurie et un cellier, deux&#13;
grandes chambres au-dessus et deux greniers bien bâtis de pierre, dont les&#13;
embrasures et coins sont de taille et brique. Les dépenses de cette maison iront à&#13;
absorber le revenu d’ici à trois ans, car M. Gonthier, à qui nous faisons 100 écus de&#13;
pension dessus, en tire le plus clair et net. Il y a encore dans ce prieuré une dépense&#13;
à faire, qui ira peut-être à plus de 50 pistoles : c’est un bon papier terrier et ce sera&#13;
ensuite un joli bien. J’ai recommandé à M. Bienassis d’aller, après Pâques, passer&#13;
quinze jours en ce prieuré pour commencer à faire un plan de ce papier terrier,&#13;
avec son fils. Je lui ai promis de payer les journées. C’est une nécessité absolue de&#13;
faire cette dépense avant quatre ans, faute de quoi, ce prieuré deviendra à rien.&#13;
Il est arrivé de si prodigieux dégâts au moulin de celui de Saint-Sébastien [par] des&#13;
inondations que le revenu de l’an passé et de cette année s’y consommera. Peu s’en&#13;
fallut que tout n’ait été emporté et il faut repartir à neuf un pignon sur l’eau, un&#13;
éperon à chaux, ciment et pierre de taille, qui coûtent là beaucoup.&#13;
Celui de Parçay nous rend un revenu plus clair que tous les autres. Il y a eu&#13;
cependant cet hiver de si prodigieuses inondations et si fréquentes que le fermier&#13;
me mande qu’il y a des réparations sans nombre à faire. Nous allons avoir plus de&#13;
douceurs de ces prieurés, à présent qu’il n’y aura plus de capitation et de don&#13;
gratuit et que les décimes seront moins fortes, car elles avaient augmenté de plus&#13;
des deux tiers et Méobecq, dont les décimes n’allaient autrefois pas à plus de 300&#13;
ou 400 livres, en a payé près de 1 400 livres dans ces années et cela se réduira, par&#13;
la paix, à 550 ou 600 livres.&#13;
Il faut présentement, Monseigneur, vous mander des nouvelles des missions et du&#13;
Séminaire, dont je sais que les intérêts vous sont toujours chers. Je vous ai mandé&#13;
l’an passé les dispositions que le pape avait faites de la Chine pour la juridiction&#13;
spirituelle. Le souverain pontife continue à protéger les missions et il en donne&#13;
tous les jours de nouvelles marques.&#13;
&#13;
�On a porté M. Quémener, dont je vous ai parlé dans mes lettres de l’an passé, à se&#13;
faire sacrer évêque en France, afin de pouvoir aller sacrer évêques tous les&#13;
missionnaires à qui le pape a adressé des bulles dans les différentes missions. Le&#13;
pape lui accorda volontiers des bulles cet automne, à la prière que le Séminaire lui&#13;
en fit, et il a été sacré au commencement de ce carême, dans la chapelle de&#13;
l’archevêché, par M. l’archevêque de Paris, M. l’évêque de Meaux et M. l’évêque&#13;
de Chartres, qui lui imposèrent les mains avec plaisir. MM. les cardinaux d’Estrées&#13;
et de Janson et M. le nonce s’y trouvèrent. Les autres évêques, qui s’y fussent tous&#13;
trouvés avec plaisir, ne le firent pas pour ne pas faire trop de dépenses à&#13;
M. l’archevêque de Paris, qui voulut traiter les prélats.&#13;
Ce nouveau prélat est parti le 10e mars de Paris avec cinq bons ouvriers, un&#13;
chirurgien et un Siamois, qui a fait deux ans de théologie en [La] Sorbonne, et est&#13;
prêt de faire voile du Port-Louis pour les Indes orientales. Il emporte plus de&#13;
30 000 livres en argent pour secourir toutes ces missions et s’il arrive à bon port,&#13;
comme il l’espère, les missionnaires reprendront un nouveau courage en voyant&#13;
tant de secours spirituels et temporels qui leur viennent tout à la fois.&#13;
Les Jésuites ont fait encore un plus grand envoi pour ces missions, car je crois qu’il&#13;
en est parti 15 ou 16 pour la Chine cette année de France seulement et ils emportent&#13;
des biens immenses, qu’ils ont quêtés auprès des personnes de qualité et du roi&#13;
même et de toutes les personnes de la famille royale, dont ils ont acheté tout ce&#13;
qu’il y a de plus rare en France pour faire des présents à toutes les personnes&#13;
considérables de la Cour de la Chine, jusqu’à là que ceux qui sont destinés pour&#13;
l’empereur seul vont à plus de 30 000 livres. Je souhaite que tous ces moyens leur&#13;
réussissent. Ils avaient formé un dessein cet automne, dès que la paix générale fut&#13;
signée, d’inspirer le roi et à son premier ministre d’envoyer des vaisseaux de&#13;
guerre à Siam pour tirer raison des insultes prétendues faites à la France. C’était&#13;
engager les Siamois à faire une cruelle boucherie de tous nos missionnaires et de&#13;
tous les Français et révolter l’esprit de tous les Orientaux contre la religion&#13;
chrétienne en leur faisant penser ce qu’ils ne croient déjà que trop, à cause de ce&#13;
qui est arrivé au Japon et aux Philippines, que les Européens se servent du prétexte&#13;
de la religion pour s’emparer des royaumes qui ne leur appartiennent pas.&#13;
&#13;
�Nos Messieurs, après avoir représenté ces raisons aux R.R. P.P. de La Chaize et&#13;
Verjus, qui n’en furent pas frappés, les prièrent de trouver bon qu’ils les portassent&#13;
au roi et à M. de Pontchartrain ; et Sa Majesté eut la bonté d’y avoir égard, aussi&#13;
bien que son premier ministre ; et quoiqu’on ait envoyé quelques vaisseaux de&#13;
guerre dans les Indes, on a promis qu’ils n’iraient point à Siam et qu’on ferait&#13;
traiter doucement avec les Siamois par des séculiers et non pas par le P. Tachard,&#13;
qui s’est attiré la haine de ces peuples, par ce qui s’est passé en ce pays-là, qu’on&#13;
lui attribue plus qu’à tous autres.&#13;
Les Jésuites ont obtenu du roi cette année la permission pour un vaisseau, qui n’est&#13;
pas de la Compagnie des Indes orientales, d’aller trafiquer en droiture à la Chine&#13;
pour les y porter. Ce vaisseau a emporté pour 100 000 écus de glace, à ce qu’on&#13;
croit, et plusieurs autres marchandises et six jésuites, qui seront à la Chine dix mois&#13;
avant nos missionnaires, s’ils ont une heureuse navigation.&#13;
Nous sommes très sensiblement affligés de voir que nous sommes sur le point&#13;
d’être plus brouillés que jamais avec ces pères, à cause de la déclaration faite par&#13;
M. Maigrot à la Chine sur ces rites prétendus idolâtres par les missionnaires des&#13;
autres corps civils, seulement par les Jésuites, dont je vous ai écrit l’an passé. Cette&#13;
déclaration a fait peu de bruit pendant [les] deux ans qu’elle a été à Rome. On l’a,&#13;
pendant ce temps-là, communiquée même au père général, mais depuis que le&#13;
pape en a commis l’examen à la Congrégation du Saint-Office et que cette&#13;
Congrégation a donné aux Jésuites un terme fixe pour y répondre, afin de les&#13;
presser, ils ont senti toutes les suites que peut avoir cette déclaration. Ils ont depuis&#13;
ce temps-là crié beaucoup contre M. Charmot, prétendant qu’il est leur plus grand&#13;
ennemi, parce qu’il sollicite à Rome le jugement de cette affaire et ils regardent&#13;
comme la plus fâcheuse qui puisse arriver à leur Compagnie jusque-là [et] que le&#13;
R. P. de La Chaize dit à nos Messieurs, il y a trois mois, que le R. P. général avait&#13;
ordonné des prières publiques par toute la Compagnie, particulièrement pour&#13;
cette affaire, […]5 qui donnerait ville gagnée aux hérétiques et aux jansénistes&#13;
contre eux, sur les reproches qu’ils leur ont faits de souffrir l’idolâtrie dans les&#13;
nouveaux chrétiens qu’ils font à la Chine. Cette affaire, cependant, pourra bien&#13;
dans peu être résolue et M. Maigrot y a agi avec tant de circonspection et de&#13;
5&#13;
&#13;
Nous croyons que le copiste a omis ici une ou deux lignes de la lettre de Tremblay.&#13;
&#13;
�retenue que tous nos amis, qui ont lu sa déclaration à Paris, la trouvent très bien&#13;
faite. Les R. P. jésuites y ont répondu depuis peu par un écrit de 400 pages et un&#13;
autre de 220, tous deux remplis des plus grosses injures et des plus sanglants&#13;
reproches contre M. Maigrot. Les pères jésuites de Paris s’éloignent de nous depuis&#13;
ce temps-là. Ils font de temps en temps certains petits imprimés sur les missions,&#13;
qu’ils font courir par le monde, dans lesquels ils nous raillent ou nous déchirent.&#13;
Nos Messieurs gardent le silence et c’est ce qui les empêche de mettre au jour des&#13;
relations.&#13;
Nous sommes, Dieu merci, très tranquilles dans le Séminaire présentement. La&#13;
règle y a été mieux observée que jamais depuis un an. Nous trouvons des sujets&#13;
qui se présentent pour les missions. M. Préaux a tâché d’y venir demeurer pour&#13;
toujours, mais il n’a pu soutenir la règle et l’air du Séminaire, trop subtil pour sa&#13;
faible poitrine. Il demeure chez sa sœur et vient chez nous quand on en a besoin.&#13;
Nous avons perdu le bon M. Odam. Vous le connaissez, Monseigneur, et&#13;
l’estimiez. Vous aurez la charité de prier pour lui. C’était un vrai saint, dont la&#13;
patience était à l’épreuve des plus fâcheux accidents et des plus vives douleurs,&#13;
qu’il a essuyées depuis sept ou huit ans. Le bon homme M. de La Chapelle est&#13;
encore vivant, mais il mène une vie que je crains plus que la mort. Il ne laisse pas&#13;
cependant de communier encore tous les jours. Il se recommande à vos prières.&#13;
La mort de M. Odam a encore un peu augmenté mes affaires. Je suis chargé de&#13;
tous les papiers des missions et de la maison. M. de Brisacier fait la recette des&#13;
missions et moi, celles de la maison, et je fais presque toujours la dépense de l’une&#13;
et de l’autre ; mais ce qui quelques fois me fait perdre plus de temps, c’est&#13;
l’occupation du confessionnal, que je ne crois cependant pas devoir quitter, afin&#13;
de rendre au moins quelque service au prochain pour le salut des âmes pendant&#13;
que je suis attaché aux misérables emplois qui me retiennent en France. Mon attrait&#13;
eut été cette année de suivre M. notre nouvel évêque de Sura au Tonkin ou à la&#13;
Chine, s’il m’eût été permis. Je ne saurais encore désirer de retourner en Canada,&#13;
jusqu’à ce que j’y voie la paix bien affermie et je crains toujours qu’elle ne soit pas&#13;
persévérante. Il ne faudrait cependant qu’un petit mot pour m’y faire retourner et&#13;
j’irai avec plaisir partager avec nos Messieurs la bonne ou la mauvaise fortune.&#13;
&#13;
�Je ne sais, Monseigneur, si je me suis assez expliqué avec vous de l’impossibilité&#13;
morale de donner en paiement de l’île d’Orléans, supposé que nous l’achetions,&#13;
les sommes que nous avons mises en rente sur l’hôtel de ville et qui sont jointes à&#13;
celles que Mgr de Québec a donné au Séminaire, dont il s’est réservé l’usufruit. Il&#13;
faut, Monseigneur, laisser ces sommes au Séminaire, puisqu’elles sont sous son&#13;
nom. Il y aurait trop de difficultés à en faire un autre usage. Cela n’empêchera pas&#13;
l’acquisition, si elle a à le faire.&#13;
Excusez, Monseigneur, si je n’ai pu faire moi-même cette copie. Je suis assuré de&#13;
la fidélité de celui qui l’a faite, mais non pas de son exactitude à bien écrire, car je&#13;
crois que vous y trouverez bien des fautes. Je n’ai pu mettre les sujets dont je traite&#13;
en marge. Vous aurez la bonté de les y faire mettre par quelqu’un de nos&#13;
Messieurs. Je vous supplie, Monseigneur, de ne pas oublier de m’envoyer cette&#13;
année une nouvelle procuration pour recevoir vos pensions sur Aire et sur le&#13;
Trésor royal, car j’en ai absolument besoin et vous me ferez un très sensible plaisir&#13;
de me l’envoyer le plus tôt que vous pourrez.&#13;
Je dois aller, après la Pentecôte, à l’Estrée et de là, à Montigny. Je n’ai reçu pour&#13;
vous aucune lettre de votre famille cette année. M. Rotrou ne veut pas renouveler&#13;
son bail. Il demande une diminution trop considérable et personne ne se présente&#13;
pour être receveur de l’abbaye. Cela m’obligera de la mettre en régie et&#13;
augmentera par conséquent mes soins.&#13;
Je vous prie de me continuer le secours de vos prières. J’en ai un très grand besoin&#13;
dans les affaires dont je me trouve chargé, afin de les sanctifier et de m’y sanctifier.&#13;
Je suis avec un très profond respect, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
Ce 3 mai 1698&#13;
/Transcription6 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250527">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11993">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/8fa5c815861f3fcfb56d2ab9ed2fa2c4.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=HECyfN9-dhprXdp1z4PFRCwR7FPeiJSUZRtphSvgUvOXxPjz96p5Wk%7E1U5g1dNtM6LWMtOtBHrwWeMmTETB6G8vqTsW7vOxi1BmCLy4f5OUw2wFAyf1v3g5kU4p11Ts3DQ-yUVD9uHVVu7%7Ey1OK2hDm0Gw1r9GHV1RNsTwCo4TJ8EuQOElhpwcpmwIfw9eyngMWXnoc43ZSverIKpzeeFljcjGfxglySGhK%7ECScO362h%7EOkrJUbWC9t4opcEWUqH1G9txqBcpP405QvbhuDzyNCO-Y3aw-4jA5dwyBkj388JZ9Kkj-3s2ekaSh3VbWZQQyB1l70P2LcaIvChZNRiTw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>4b5e5c4af5a67a96861b384ce3c828c9</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250525">
                    <text>1698, 3 mai – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 108)&#13;
1&#13;
DupLic.&#13;
1698&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
1&#13;
Lettre N. No 108&#13;
2&#13;
Monseigneur.&#13;
3 J’ay deia eu l’honneur de vous escrire cette&#13;
4 année par L’accadie, celle cy Sera lagrande Lettre&#13;
5 qui ira par deux voies et dans laq.lle Je tacheray&#13;
6 de ne rien oublier de ce dont vous desiés estre&#13;
7 Jnformé.&#13;
8 J’ay receu Monseigneur degros paquets de&#13;
9 Lettres, devous, par deux differens vaisseau qui&#13;
10 ne m’ont esté rendus q.e fort tard, J’ay trouvée&#13;
11 dans chacun deux des lettres po.’ plus.rs particulie’&#13;
12 et po.’ v’re famille. J’ay esté surpris de ne trouver&#13;
13 en aucun deux unCertificat de vie de M.r L’intendant&#13;
14 cela euSt esté neceS.re on le demande tous les ans&#13;
15 et M.r L’Evesque D’aire fait difficulté de paier sans&#13;
16 cela mais il faudra cette année m’envoier une&#13;
17 nouvelle procura’on legaliSée par M.r l’Jnd.ter, po.’&#13;
18 la pension Daire et du Tresor roial, en fait des&#13;
19 difficultes Sans nombre po.’ tirer ces pensions,&#13;
20 Jl y a des personnes a qui en eSt deü huict et dix&#13;
21 année. M.r Daire ne nous paie pas q.e vers&#13;
22 le mois de Sep.bre la pension escheue en Janvier&#13;
23 il diminue a cauSe de laSubvention laSixieSme&#13;
24 partie, et Cent frans po.’nous paier a Paris&#13;
25 au lieu D’aire eu nous navons aucune connoiSsance a LEsgard&#13;
26 A LEgard du Tresor roial c’eSt par lafaveur&#13;
27 de nos MeSS.rs q.e ie me suis fait paier enlaiSsant&#13;
28 la meSmeSom’es au tresor Roial po.’ en faire des&#13;
29 rentes au denier qu’atorze, co’e ie vous lay mande&#13;
30 cy devant.&#13;
31 Jay tasché encore d’obtenir la mesme grace po.’ les&#13;
32 année dernieres pour creer des rentes au deniers dix&#13;
33 huit, toutes celles au deniere qu’atorze y ay.t esté&#13;
34 remiSes, J’espere en venir a bout.&#13;
35 . Comme une des principalles affaires sur les q.lles&#13;
36 vous m’escriviez est l’achat de LJlle S.t Laurent&#13;
37 Je vais v’s en rendre compte de ce que J’ay fait&#13;
38 po.’ ce Subiet.&#13;
39 Nos MeSS.rs ont eus peine a entrer dans vos veües&#13;
40 po.’ cette acquisition; outre q.ls croient q.e vous&#13;
41 devriez faire des fonds enfrance, po.’ plus.rs ra’ons&#13;
&#13;
�42 q.l Seroit tropt Long de raporter, Jl leur paroist&#13;
43 q.e ce n’eSt pas un bon conseil de faire tant&#13;
44 d’acquisitions en un pays co’e. leCanada, et de fe.’&#13;
45 paroistre tout son bien sous la veüe dans un&#13;
46 meSme lieu, cepend.t ie les ay fait enfin consentir&#13;
47 a celle cy en le.’ representant L’utilité qe. vous en&#13;
48 esperiez tirer, J’ay esté enSuite sonder M.r&#13;
49 Berthelot luy disant q.e J’avois parole d’un ami&#13;
50 d’acheter son Jlle sil voulait en faire unebonne&#13;
51 composition, Jl me dit q.e M.r Lamy luy avoit&#13;
52 mandé q.e vous pensiez a l’acheter po.’ y faire&#13;
53 un establiSseme.’ de Maistres d’Ecolle, Je luy dis&#13;
54 q.e Je portois parole po.’ un autre sans luy&#13;
55 nommer, ne voulant pas q.l parust q.e ce fust&#13;
56 po.’ vous par ce q.l auroit voulu q.e vous luy&#13;
57 en eussiez autant donnée q.l lavoit achetée,&#13;
58 apres qu’atreCinq pour parlers nous approchaSmes&#13;
59 aSsez du prix, car apres q.l eust longtemps&#13;
60 tenu a endemander vingt deux Mil Livres, et que&#13;
3&#13;
Lettre N.&#13;
no.108&#13;
&#13;
62 que ie me fuSSe longtemps tenu a luy en offrir&#13;
63 dix huit, nous convismes avingt mil Livres&#13;
64 et toute la difficulté fust de prendre des meSures&#13;
65 po.’ acquerir seurem.’ car tous les biens de M.r&#13;
66 Berthelot sont saisis du moins ceux qui sont en&#13;
67 Evidence par M.r George D’Entraignes qui est u&#13;
68 un de nos voisins qui pretend q.e M.r Berthelot&#13;
69 luy doit plus de dix neuf cent Livres, Jl y a au&#13;
70 moins une transaction faite entre eux deux&#13;
71 en 1687. par laq.lle M.r Berthelot reconnoist luy&#13;
72 devoir neufcent tant de Mil livres et les arrerages&#13;
73 depuis ce temps la si bien q.e M.r George tient&#13;
74 plus deSix cent mil Livres d’effects en meubles&#13;
75 et Jmmeubles a M.r Berthelot saisis, Jl neScauroit&#13;
76 Saisir en decrect car M.r Berthelot par une faveur&#13;
77 pariculiere q.l s’est procuré aupres de M.r de&#13;
78 Pont chastrain fait agir le Ministre qui fait&#13;
79 intervenir le Roi et demande Cinq ou SixCent&#13;
80 mil Livres qui pretend estre deu au Roi par&#13;
81 M.r Berthelot, qu’on croit cepend.t n’estre qu’une&#13;
82 dette supposée po.’ arrester les poursuites de M.r&#13;
83 D’antraignes. cepend.t Jl ne nous seroit pas seur&#13;
84 d’acquerir d’une personne dont les aff.res sont en&#13;
85 cet estat.&#13;
86 . Apres avoir bien raisonnee sur le tour q.e nous&#13;
&#13;
�87 prendrions po.’ nos aSsurance nous convinsmes&#13;
88 avec M.r Berthelot verbalem.’ q.e ie le paierois&#13;
89 comptant de ces 20000.# dont ie ferois un contract&#13;
90 de Constitu’on au denier dix huict sur le roi en faisant&#13;
91 une declara’on dans leContrat q.e ces denieres pro&#13;
92 venoient du payeme.’ de L’Jlle s.t Laurent etseroient&#13;
93 affectez po.’ L’hypotheque, en Sorte q.e ce contract&#13;
94 ne pouroit estre vendu ny remboursé sans que&#13;
95 nous y fuSsions appeléz. M.r Berthelot me dit&#13;
96 sur cela de faire desser le contract.&#13;
4&#13;
&#13;
97 . Je fis plus, Je trouvay une personne qui voulut&#13;
98 bien nous prester aConstitution audeniere vingt&#13;
99 ces vingt Mil livres a condition de racheter cette&#13;
100 rentes enquatre oucinq payeme.’ et jestois meSme&#13;
101 convenu avec luy de luy en rembourser lamoitie&#13;
102 ou les trois quarts des l’année prochaine l’ors que&#13;
103 J’aurois L’argent de M.r Soumande, Quand tout&#13;
104 fut disposée, Je fus avec M.r Carnot porter le&#13;
105 contrat a M.r Berthelot qui me dit q.l avoit fait&#13;
106 reflexion sur cette vente, et q.l croioit plus avantg.x&#13;
107 po.’ luy de ne point se déffaire deSon Jlle, par ce&#13;
108 q.l en Jouissoit en L’etat q.elle estoit sonCreancier&#13;
109 n’aiant pas voulu l’envoier Saisir au lieu q.e dez&#13;
110 q.l auroit des rentes sur le Roi. Elles seroient Saisies&#13;
111 et il n’en Jouiroit plus. Jl fallut sen tenir la, et&#13;
112 depuis nous n’avons pu rien faire, Jl a eSté imposible&#13;
113 de resoudre M.r Berthelot a passer outre, et toutes mes&#13;
114 mesures ont esté rompues.&#13;
115 . Je ne doute nulleme.t q.e si la mort de M.r Berthelot&#13;
116 arrivoit nous neussions cette terre encore ameilleur&#13;
117 marché, Jl ne peut aller loing estant tres caSSée&#13;
118 de vieillesse et de chagrin, si D’ailleurs M.r Dantraig.e&#13;
119 continüe de le preSSer nous serons encore al’ors en&#13;
120 en etat d’acquerir, JL ma bien promis en cas meSme&#13;
121 q.l fust dans peu en estat de vendre de m’en donneer&#13;
122 la preferance, Jl vouloit meSme q.e les repara’ons&#13;
123 des Moulins q.l est sur le point de faire neSe fiSSent&#13;
124 q.e de concerne avec nous, a fin q.e si dans un&#13;
125 an nous nous en accommodions, nous luy rem&#13;
126 boursassions ces impenses et ameliorations, J’ay&#13;
127 oubliée de vous dire q.l m’avoit offert de nous&#13;
128 en faire present si nos MeSS.rs vouloient par&#13;
129 Mad.e de Maintenon fe.’ parler au roi dele&#13;
130 recompenser dela perte q.l a fait de la Charge&#13;
&#13;
�131 de Secretaire des commendemens de Mae La la Dauphine&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
132&#13;
lettre N. no. 108&#13;
133 D’auphine en luy donnant la mesme charge&#13;
134 gratis aupres de Mad.e La DucheSse de bourgogne,&#13;
135 mes nos MeSS.rs n’ont pas voulu entrer la dedans.&#13;
136 . D’un autreCosté M.r D’antraignes a offert a nos&#13;
137 Mess.rs q.e si par le.’ faveur il pouvoit finir ses&#13;
138 aff.res avec M.r Berthelot il prendroit cette Jlle en&#13;
139 paieme.’ dece qui lui est deu, et le.’ enferoit preSent&#13;
140 , mais l’une et l’autre propositions n’a pas estée&#13;
141 escoutée.&#13;
142 . Jl nous est venu une aff.re de difficulté M’gr&#13;
143 en raisonnant sur L’acquisition de cette Jlle, qui&#13;
144 peut setendre meSme sur la dona’on q.e vous avez&#13;
145 fait delaCoste de Beaupré ausem.re qui est q.e&#13;
146 ces biens ont esté acquis par vous, et donnés en&#13;
147 Suite a des gens de main morte, le Roi de qui cette&#13;
148 Seigneurie releve peut en demander l’indamnité&#13;
149 au Sem.re, et dans la Suite des temps les amortisseme.’&#13;
150 co’e on a fait en france ces derniers temps, ce&#13;
151 Sont des droits qui ne se perdent pas, et qui meSme&#13;
152 deviennent plus onereux avec le temps car Jls&#13;
153 les fonts paier non pas selon q.e la terre estoit&#13;
154 l’ors q.elle fut donnée, mais Selon letat ou elle est&#13;
155 dans le temps, De mesme cette Terre de LJlle qui&#13;
156 paSSeroit de M.r Berthelot au sem.re le roi pouroit&#13;
157 en demander L’Jndamnité et cela va loing car&#13;
158 ce Seroit le 5.e denier et par conseq.t po.’ cette terre&#13;
159 de 20000.# on pouroit demander 5000.#, Et puis&#13;
160 enSuite en demander l’amortisseme’ qui est le 7.e&#13;
161 deniere Jevous dis tout cecy afin q.e vous examiniez&#13;
162 avec tous ceux qui ont des terres de main morte,&#13;
163 com’e M’gr de Quebec les Eglises et fabriques&#13;
164 les Relig.x et Religieuses si on ne pouroit pas&#13;
165 dans ce temps cy ou un autre plus favorable demander&#13;
166 demander au Roi la RemiSse po.’ les biens d’Eglise&#13;
167 du Canada attendu q.e ceSont de nouvelles colonies xx&#13;
168 de tous les droits d’Jndamnité et damortiSSeme.’ po.’&#13;
169 tous les bien qui Sont actuelleme.’ possedez par gens&#13;
170 de main morte, vous feriez bien d’en conferer sur&#13;
171 tout avec M’g.r de Quebec.&#13;
172 Je n’ay pas manqué Monseig.r de rendre vostre&#13;
173 Lettre au P. Provincial des Jesuites sur L’affaire&#13;
&#13;
�174 q.e vous a fait le R.P. Bruyas, J’en avois conferé&#13;
175 auparavant avec le P. L’amber ville qui fut tres&#13;
176 surpris et tres faché en meSme temps qu’on vous&#13;
177 eust ainsi traité, Jl me dit qu’avant meSme&#13;
178 q.e d’en parler au P. Provincial il pensoit q.e&#13;
179 le P. Bruyas auroit bien pu vous repreSenter la&#13;
180 necessité de sa Maison, mais non pas vous&#13;
181 refuser le paieme’ d’une Som’es qui vous estoit deüe&#13;
182 de bonne foy. ce qui la le plus affligé c’est que&#13;
183 M’g.r de Quebec a esté Jnformé de toutes ces choSes&#13;
184 , car ce Prelat a escrit fort au long au P. L’amberville&#13;
185 po.’ blamer ce procedée qu’on tenoit a vostre&#13;
186 esgard, Jl a depuis conferé de cette aff.re avec le&#13;
187 P. Provincial sans q.e je l’aye veu, et ils sont&#13;
188 convenus de vous en demander excuse, et de vous&#13;
189 aSsurrer qu’on vous paiera, apres qu’on vous aura&#13;
190 representé les grandes Dettres de la compagnie,&#13;
191 mais sils vouloient donner ausem.re le.’ biens&#13;
192 tant de france q.e deCanada avec le.’ charges, le&#13;
193 Sem.re gagneroit beaucoupt de le.’ donner le Sien&#13;
194 en eschange, Jls ont remboursé cette année. 7400.#&#13;
195 q.ls devoient aux hospitalliers de Quebec, J’aurois&#13;
196 fort bien voulu q.ls m’euSsent paié ce qu’ils doivent&#13;
197 de vieux, mais le P. Lamberville s’en est excusé&#13;
198 Dur ce rembourseme.’ J’eudse acheté avec plaidir&#13;
199 si J’avois touché cet argent ce q.e vous medemandée&#13;
200 po.’ le P. gravier, et du reste J’en aurois commodeme.’ accompli&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
201 1698 lettre N. no. 108&#13;
202 nos memoires, Je vous avoüe Monseig.r que i’ay&#13;
203 balancé quelq.e temps si ie les acomplirois naiant&#13;
204 pas ce fonds, mais en fin J’ay eu peur q.e cela&#13;
205 ne vous fist de la peine, J’ay esté dans la verité&#13;
206 fort ambaraSsé de voir q.e nos MeSS.rs me demandent&#13;
207 tous les ans des factures tres grosses quoi q.ls me&#13;
208 Scachent oberé de plus d’une année, Je ne seray&#13;
209 plus en estat de faire ces avances, Je les prie dy&#13;
210 faire reflexcion, vous avez relevé Monseigneur&#13;
211 dans v’re lettre une ra’on q.e ie vous avois apporté&#13;
212 po.’ porter nos MeSS.rs a faire des fonds en france qui&#13;
213 vous aparu foible, et vous m’avez marquée q.e ce&#13;
214 Seroit avoir une conduite trop humaine q.e de&#13;
215 S’en laisser toucher, cette ra’on est que si par Malheur&#13;
216 les anglois venoient a prendre leCanada dans un&#13;
217 temps de guerre Jl Seroit bon d’avoir en france une&#13;
&#13;
�218 ressource po.’ nos MeSS.rs deCanada, nous navons&#13;
219 plus cetteCrainte si presente ap’nt q.e la paix&#13;
220 est faite, mais cela nempeche pas q.e ie ne vous&#13;
221 explique le sens dans la quel ie vous dis cette&#13;
222 ra’on, supposé q.e nous eussions po.’ Sup.r et&#13;
223 Directeur du Sem.re de Quebec des personnes qui&#13;
224 n’eussent pas des pensions viageres co’e nos MeSS.rs&#13;
225 en ont ce qui arrivera apres eux si leCanada&#13;
226 venoit a estre pris et q.e leSem.re deQuebec n’eust&#13;
227 aucun fonds en france ces personnes seroient&#13;
228 obligée de se dispercer en divers endroits et de&#13;
229 prendre parti po.’ subsister, et il Seroit al’ors&#13;
230 difficile de les reünir po.’ aller se retablir dans&#13;
231 leCanada, si apres s’estre establis en d’ifferens&#13;
232 lieux les anglois venoient a rendre le pais&#13;
233 ala fin d’une guerre, au lieu qu’estant reünis&#13;
234 dans un meSme lieu, Jls Seroient en estat dy&#13;
235 retourner sitost q.ils le pouroient.&#13;
236 . C’est Monseig.r po.’ prevenir un accident de cette&#13;
8&#13;
&#13;
237 cette nature qui pouroit apres tout arriver et&#13;
238 dans lequel nous Serions en danger de perdre tous&#13;
239 nos Titres q.e J’avois suggeré l’an passé a M.r Glandelet&#13;
240 d’en fe.’ faire des copies collationnée et legalizees&#13;
241 sur du parchemin, et de me les envoier po.’ les garder&#13;
242 , et encore po.’ nous mettre a couvert d’un accident&#13;
243 qui pouroit arriver par le feu, Je luy ay envoié&#13;
244 cette année trois ou quatres d’ouzaines de parchemins&#13;
245 po.’ f.e’ copier ces Titres et papiers qui Seront de&#13;
246 quelq.e consequence, afin de me les envoier.&#13;
247 . Je vous ai deia dit cy dessus q.e ie vous envoie&#13;
248 tout ce q.e vous m’avez demandé , Tout est un&#13;
249 peu plus cher encore q.e les année paSsée, la&#13;
250 paix n’a pas encore ouvert le commerce, et la&#13;
251 crainte de la diminution des Especes d’or et&#13;
252 d’argent y met unetelle confusion.&#13;
253 . J’ay veu deux ou trois fois la Mere du S.r Jacob&#13;
254 son frere ma apporté une vie des S.ts po.’ luy&#13;
255 et m’en apaié 36 S.s po.’ le port J’usqu’a la Rochelle&#13;
256 , J’ay envoié auSsy chez la Mere de Moret&#13;
257 , sa mere et sa soeur sont morts a lhotel Dieu&#13;
258 Sans aucuns biens, sonCousin cordier est mort&#13;
259 aussi et c’est sa veuve qui a donné toutes ces&#13;
260 instructions.&#13;
261 Nous avons changé de debiteur de la pension&#13;
&#13;
�262 D’air par la promotion q.e le Roi vient de faire&#13;
263 de M.r Levesque D’air a L’arch. de Bordeaux&#13;
264 et de M.r Labbé floriot a L’Evesché Daire, c’est&#13;
265 le frere du Pere floriot procureur des Missions&#13;
266 des Indes orientales et du levant des Jesuites&#13;
267 c’est un fort honneste homme qui nous paiera&#13;
268 bien, mais qui Sera sur tout un bon Evesque.&#13;
269 . Je vais presenteme.’ Monseig.r vous Jnformer&#13;
270 de l’etat de v’re. famille, et po.’ commencer par Mons.r&#13;
&#13;
9&#13;
lettre N.&#13;
no. 108&#13;
&#13;
271 Monsieur v’re. frere, Je suis obligé de vous apprendre&#13;
272 q.l a fait cette année pluS.rs efforts po.’ se marier a&#13;
273 une J’eunefille de chambre angloise qui estoit&#13;
274 aupres de Mad.e de Laval et q.elle a esté obligée&#13;
275 decongedier po.’ cela; il ma escrit plus.rs lettres, et&#13;
276 est venu meSme expres a Paris po.’ me prier d’en&#13;
277 gager M.r de Brisacier aluy trouver donc un autre&#13;
278 parti puis q.l desapprouvoit celuy la co’e ie le luy&#13;
279 avois mandé, JL apensé depuis quatre mois&#13;
280 a uneSoeur aisnée de Mad.e delaval aqui meSme&#13;
281 on aSsurre q.l a promis vingt Cinq mil Livres&#13;
282 comptans en pasSsant le contract, sil a cet argent&#13;
283 Jl a bien laissé ruiner sa terre et son bien a pleiSir&#13;
284 , car il eust aiseme.’ tout esclairci avec 25000.#&#13;
285 c’est luy Monseig.r qui me preSse a p’nt de faire&#13;
286 executer la fonda’on et cela dans la veüe de faire&#13;
287 de la peine a Son fils et a Sa bru, qui a bien des&#13;
288 subiets de plainte contre luy, et qui est est venuë&#13;
289 meSme tout recemment a Paris po.’ consulter&#13;
290 si elle ne prendroit pas le parti deSe separer du&#13;
291 biens de Son mary, en voicy le subjet.&#13;
292 . On luy fit entendre, et a M.r Labbée de Briasier&#13;
293 q.l ny avoit dans la maison q.e 25000.# de Dettes,&#13;
294 Elle pensa rompre le mariage sur ce q.elle voulut&#13;
295 q.e M.r de Montigni lui donnast po.’ present en se&#13;
296 mariant la moitie des meubles vivant et mort&#13;
297 qui sont dans le chateau et les fermes de Montigni&#13;
298 , c’est a dire des meubles du logis et des bestiaux quï&#13;
299 Sont dans les terres, M.r de Montigni si rendit&#13;
300 enfin mais avec une Condition secrette dont il&#13;
301 convint avec M. de Laval, le Jo.r meSme q.e son&#13;
302 contract de Mariage fut signé qui fut de luy&#13;
303 fe.’ signer une obliga’on de six Mil Livres au&#13;
304 profit de ses Cadets, sans la participa’on de La&#13;
305 pretendüe, laqelle obliga’on il lui a fait ratifier depuis&#13;
&#13;
�10&#13;
&#13;
11&#13;
lettre N.&#13;
no.108&#13;
&#13;
306 de puis son Mariage en l’obligeant de paier&#13;
307 po.’ 6000.# de Dettes de la comm.te en deduction&#13;
308 de cette obliga’on, Sibien q.e Ma d.e de Laval qui&#13;
309 payoit ces Dettes croiant avoir a les repeter&#13;
310 sur Ses freres, s’est trouvée frustré deSon esperance&#13;
311 Ma d.e de laval avoit donc dessein po.’ cette&#13;
312 aff.re et plus.rs autres de demander une separ’on&#13;
313 de bien de son Mari. Je croy cepend.t q.e par la&#13;
314 mitie q.elle luy porte elle n’en fera rien, Ils Sont&#13;
315 fort unis et tous ces differens n’ont encore&#13;
316 causé aucune altera’on dans le.’ affection.&#13;
317 . Quand a M.r de Montigni Jl vit dans la meSme&#13;
318 maison de Son fils et de Sa Bru avec ces deux&#13;
319 filles sans les voir, les Partages ne sont point&#13;
320 encore finies entre eux, et la crainte continuelle&#13;
321 q.e chacun a q.l ne convola enSecond Mariage&#13;
322 fait q.e l’on na courage a rien, cepend,t on ne&#13;
323 paie pas les creanciers et le Sem.re a qui il&#13;
324 est dëu plus de cinq Mil Livres de vieux&#13;
325 arrerages ne touche pas meSme le courant&#13;
326 qui n’est plus q.e de 333.# par an si on faisoit&#13;
327 la moindre poursuite on mettroit le feu aux&#13;
328 estoupes et ce feu consommeroit toute la&#13;
329 maison en peu de temps.&#13;
330 . Jl paroist Monseigneur q.e vous ne vous&#13;
331 Souvenez plus de ce qui est deu a nos Missions&#13;
332 par la Maison de Montigni, vous vous&#13;
333 Souvindrez qu’en 1677. vous vendites a M.r&#13;
334 L’abbée Thiersant 150.# de rente a prendre sur&#13;
335 laterre de Montigni, ou plus tost vous transsi&#13;
336 geastes avec M.r de Montigni po.’ plus.rs pretentions&#13;
337 a trois Mil livres q.l vous paia comptant et&#13;
338 qu’il etven fit constitution au denier vingt, c’eSt&#13;
339 la la petit rente emprunta po.’ cela de M.r&#13;
340 Tiersaunt a qui il enfin constitu’on au denier vingt.&#13;
341 vingt, c’est la petite rente et la plus ancienes&#13;
342 dont ie vous parlois l’an passé dans ma lettres.&#13;
343 Vous scavez en Second lieu q.e vous vendistes en&#13;
344 i687. aux Missions de la Chine la grosse rente de&#13;
345 666.# car quoi q.elle parust ne vous plus appartenir&#13;
346 des i674. vous l’avez cepend.t possedée sous le&#13;
347 nom du Sem.re J’usqu’en i687. ou 88. si bien q.e le&#13;
348 Sem.re avoit avant le Mariage de M. de laval&#13;
&#13;
�349 a prendre sur la terre de Montigni cent cinq.te&#13;
350 Livres de rente constitué a M.r Thiersaut qui en&#13;
351 a fait une fonda’on au Sem.re en Mourant, et les&#13;
352 666.# po.’ la bourse des Missons.&#13;
353 . De puis ce Mariage M. de laval a obtenu&#13;
354 de nos Mess.rs en vostre considera’on quils recevroit&#13;
355 6000.# a mortir leCapital de la moitie de la groSSe&#13;
356 rente, et 3000.# po.’ amortir lacapital de lapetitte&#13;
357 , sans imputer ces som’es sur les arrerages dont&#13;
358 il etoit deu plus de 5000.# qui sont encore deuë&#13;
359 au J’ourd’huy sans ce qui est eschuë de puis, si&#13;
360 bien q.e la famille de Montigni ne nous doit&#13;
361 plus q.e Six Mils livres deCapital, et apres de&#13;
362 6000.# D’arrerages, et de rente Courante q.e trois&#13;
363 cent trente trois livres par an.&#13;
364 . Nous pressames fort M.r labbée de Brisacier et&#13;
365 moi M.r Labbé delaval de vous aller trouver en&#13;
366 Canada, po.’ achever ses estudes dans le Sem.re et&#13;
367 tacher sous v’re discipline de se rendre propre&#13;
368 a soutenir le bien q.e vous avez commencée,&#13;
369 mais il fut impoSsible de Ly resoudre, et il&#13;
370 persiste a continuer sa Licence, il la continuée&#13;
371 J’usqu’a present et assez bien, Je luy donnay l’an&#13;
372 passé po.’ l’aider soix.te et quinse Livres de v’re&#13;
373 part, Je ne scay ou il prend de quoy subvenir&#13;
374 a ses besoins, mais il est fort propre, et il a fait&#13;
375 meSme cet hyver son temps de Sem.re dans celuy&#13;
&#13;
12.&#13;
&#13;
376 de S.t Magloire qui est le plus commode pour&#13;
377 ceux qui sont en lience, Jl a lu et relu tout ce&#13;
378 q.e vous vous luy escriviez de Sa vocation po.’&#13;
379 les Missions, mais il na pu se resoudre a&#13;
380 reprendre ces brisée, et a quitter po.’ cela sa lience&#13;
381 , il eust esté d’humeur a venir demeurer au&#13;
382 Sem.re si on eust voulu le recevoir le defraier&#13;
383 pend.t toute sa lience dans l’esperance qu’il&#13;
384 demeuroit auSem.re toute Sa vie po.’ en estre&#13;
385 directeur, Jl vaut mieux q.l continue sa lience&#13;
386 et q.l se mettre estant Docteur aupres de quelq.e&#13;
387 Evesque po.’ travailler, Jl peut y fe.’ du bien, Jl&#13;
388 a de L’esprit, dela modera’on, et delaConduittes,&#13;
389 ce qui la le plus ambaraSSée a esté d’avoir un&#13;
390 Titre po.’ se fe.’ ordonner sou diacre, son frere&#13;
391 et Sa Soeur n’ont pas voulu le luy donner, Jls&#13;
392 avoient des raisons qui m’ont paruës bonnes, Je&#13;
&#13;
�393 ne luy ay rien donnée de puis l’an paSSé, voiant&#13;
394 q.l scavoit sentretenir tres propreme.’ au Sem.re&#13;
395 de S.t Magloire.&#13;
396 . Je n’ay pu luy procurer non plus l’avantage&#13;
397 dont vous me parléz dans v’re. lettre ni a&#13;
398 M. delaval en meSme temps, vous avez bien&#13;
399 fait, Monseigneur, de me donner les lumieres q.e&#13;
400 vous m’avez donnée sur la fonda’on car elles mont&#13;
401 fait chercher exacteme.’ tous les papiers concernans&#13;
402 cette aff.re et J’ay enfin trouvé dans les papiers,&#13;
403 de M.r odam q.e ie garde de puis q.e nous l’avons&#13;
404 perdu au mois d’oust derniere, m’en estant chargé&#13;
405 apres sa mort, J’aÿ dis ie trouvé l’acte dont vous&#13;
406 me parlé parmy les papiers concernans la rente&#13;
407 de 666.# qui ma fait connoistre q.e vous aviez&#13;
408 disposé desd.t 7000.# et qu’ainsi vous n’estiez&#13;
409 plus en etat d’en disposer, J’ay fait donc une&#13;
410 autre lettre de vous a M de laval me servant&#13;
411 po.’ cela devos blanc signé et ie luy ay mandé que&#13;
&#13;
13.&#13;
lettre N.&#13;
no.108&#13;
&#13;
412 que vous nestiez pas en etat de L’aider au tant&#13;
413 q.e vous le voudriez, q.e cepend.t vous aviez paié&#13;
414 7000.# des arrerages. &amp;c po.’ la fonda’on et que&#13;
415 sil mettoit cette fonda’on en execution vous consen&#13;
416 tiez q.l eust ces 7000.# acondition q.l se chargeast&#13;
417 de fe.’ un fonds de 250.# derente exempt d’Jndamnité&#13;
418 , et dont meSme il sobligeast de paier les amortiSSeme’&#13;
419 Si on les demandoit. Mons.r et Mad.e delaval ont&#13;
420 esté fort contens de cette lettre co’e elle me la&#13;
421 temoignée elle meSme dans unvoiage q.lle a fait&#13;
422 ceCaresme a Paris, et nous devons regler toutes&#13;
423 ces choses cet esté l’ors q.e J’iray a L’estrée, Je pousseray&#13;
424 J’usqu’a Montigni, et J’espere q.e nous conclurons&#13;
425 ce qui regarde la fondation.&#13;
426 . Je croy q.e vos veües sont encore fort Justes sur ce&#13;
427 q.e vous avez pensé de cette maison de vengeon&#13;
428 dont M. de Montigni vous prie de luy faire une&#13;
429 dona’on, ce n’est pas dans la verité une Som’e qui&#13;
430 merite qu’on se brouïlle avec luy po.’ cela, peut&#13;
431 estre qu’en luy donnant celieu on en poura&#13;
432 tirer quelq.s avantage po.’ retirer de luy partie&#13;
433 des 200.# deües par Moret qui ma demandé&#13;
434 J’usqu’a cet automne po.’ achever de paier ce&#13;
435 q.l en doit, Tout cela, et le bien de M.r l’ami q.l&#13;
436 est aisé de retrouver servira a faciliter la fonda’on&#13;
&#13;
�437 M. Le Prieur de Montigni persiste a demander&#13;
438 q.e cette fonda’on serve po.’ un vicaire; Je croy&#13;
439 q.l sera difficile d’avoir en effet trois preStres&#13;
440 dans la petitte paroiSse de Montigni, mais&#13;
441 on pouroit fe.’ une bonne condition et obliger&#13;
442 levicaire a tenir les petittes escolles, M.r Le&#13;
443 Prieur a deux filles de pieté qui Jnstruisent&#13;
444 deia les filles, nous tacherons a regler toutes ces&#13;
445 choses sur les lieux,&#13;
Mons.r&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
446 Mons.r de laval na pas encore fait paier&#13;
447 au Sem.re les trois mil livres q.l avoit donné à&#13;
448 recevoir de M. D’aligre sur les arrerages ql doit&#13;
449 , on a attendu Jusqu’apres Pacques a regler cette&#13;
450 affaire.&#13;
451 . Vous scaurez Monseigneur, ce q.e nous&#13;
452 avons fait cette année po.’ Letree M. LEvesque&#13;
453 dEvreux ne voulut point consentir l’an paSsé&#13;
454 quoique nous l’en sollicitassions forteme.’ ala&#13;
455 Transsaction des Relig.ses delaColombe dans les lieux&#13;
456 reguliers de Letrée, et il dit qu’on luy osteroit pluStoSt&#13;
457 Son EveSché q.e dy consentir, ce qu’on demandoit&#13;
458 cepend.t a Rome. ce qui le portoit a refuser ce&#13;
459 consenteme’ estoit L’impoSSibité devoir retablir&#13;
460 l’ordre a Letrée par ces ReligieuSes dont la Prieure&#13;
461 vivoit a Letrée sans cloture, sans chapelain,&#13;
462 sans ordre, tenant cabaret po.’ vendre sonvin&#13;
463 et aiant avec Elle un Jeune abbée la pluS g.des&#13;
464 partie de Lannée qui sous pretexte de luy dire&#13;
465 la messe y demeuroit et faisoit causer touts le&#13;
466 voisinage, Je fus ences quartier la cet automne&#13;
467 po.’ d’autres aff.res et signifiay en meSme temps&#13;
468 a la ReligieuSe q.e nous estions resolus ala&#13;
469 renvoier et q.lle prist Sur cela Ses mesures; Elle&#13;
470 ma donnée bien de L’exercice tout cet hyver&#13;
471 et cauSé dela depense par bien des faux frais,&#13;
472 mais Enfin il luy afallu quitter la partie&#13;
473 et Se retirer.&#13;
474 Nous avions a l’ors en veüe dy mettre a laplace&#13;
475 des Religieuses des clairets et on nous avoit&#13;
476 proposé de nous donner la fille de M. lecomte&#13;
477 d’auvergne prieure de cette abbaye avec L’ex&#13;
478 Relig.euSe qui y portetoient debonnes pensions,&#13;
479 vous scavez sans doubte Monseig’r que&#13;
480 Labbaye des claires est une maison defilles soubs&#13;
&#13;
�15&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
481 Sous la conduite de M.r Labbée delaTrape qui&#13;
482 y a etabli une reforme Semblable a celle des&#13;
483 Relig.se de la Trape autant q.e des filles en Sont&#13;
484 capables.&#13;
485 Quand il fallut transiger avec ses Religieuses&#13;
486 po.’ cet etabliSseme.’ M.r Labbée de la Trape le&#13;
487 nouvaux qui est le propre frere de M.r gervaise&#13;
488 q.e vous avez veu revenir deSiam avec M.r labbée&#13;
489 de Lionne en 1687. et neveu du Pere hobereau de&#13;
490 S.te Genevieve, vint visiter Labbaie, Jl y trouva&#13;
491 des repara’ons immenses a y fe.’ po.’ des Religieuses&#13;
492 tant po.’ la grande closture q.e po.’ rendre les&#13;
493 lieux reguliere commodes po.’ des filles et il&#13;
494 trouva q.e ce lieu Seroit bien plus propre pour&#13;
495 y mettre des Religieux, et qu’il en cousteroit&#13;
496 beaucoup moins, Jl destourna donc les Relig.ses dy&#13;
497 penser, et il vient ensuite a Paris nous preSSer&#13;
498 Si viveme.’ q.e nous avons fait avec luy letraité&#13;
499 dont on envoia copie a M’gr de Quebec ql vous&#13;
500 communiquera sans doute, vous pourez peut&#13;
501 estre avoir quelq.e peine sur ce traité avec les&#13;
502 Relig.x de la Trape acause q.ls ont passé dans&#13;
503 LEsprit de pluS.rs po.’ etre attachéz aux Jansenistes&#13;
504 mais M.r Labbée de la Trape L’ancien adonne&#13;
505 tant de preuves de son esloigneme.’ po.’ ce partie&#13;
506 tant devive voix q.e par escrit q.e personne ne&#13;
507 l’en Soupconne plus ni les Relig.x, et le Pere de&#13;
508 lachaise y a donné les mains ce q.l n’eust pas&#13;
509 fait autreme.’, nous esperons mieux reussir par&#13;
510 la dans la poursuite de L’union des abbayes qui&#13;
511 est Laffaires laplus conSiderable de L’Eglise&#13;
512 de Quebec q.e ie tacheray de finir par mes soins&#13;
513 po.’ mourir content, car ie ne le puis estre&#13;
514 autrement.&#13;
515 . Je crois q.e Je viendray enfin a bout de finir&#13;
516 Laffaire deL’union de nos Prieurez, Depuis l’an&#13;
517 l’an passé iay fait presenter mes decrets d’union&#13;
518 et lettres patentes po.’ les faire enregistrer aux&#13;
519 Parleme.’ qui est la derniere formalité neceSS.res&#13;
520 po.’ rendre ces procedures stables et hors de toute&#13;
521 atteinte M. le Procureur g’ral demanda qu’a&#13;
522 nos frais il Seroit fait une Jnformation devant&#13;
523 le plus prochain Juge roial dela commodité&#13;
&#13;
�524 ou Jncommodité de ces unions, Je demanday&#13;
525 celuy de chatillon sur Jndre q.e M.r le 1.e President&#13;
526 m’accorda avec beaucoupt de bonté et m’en fit&#13;
527 rendre un arrest, c’est un Presidiat au milieu&#13;
528 de ces Prieurez qui cepend.t en Sont tous fort&#13;
529 esloignez, car Parçay et LJlle bouchard enSont&#13;
530 adix lieux Bien avant aSept, Buzancois a&#13;
531 quatre, et S.t Sebastien pres chasteau roux a&#13;
532 neuf lieües, il mafallut dans monvoiage de&#13;
533 Berri fe.’ assigner deux temoins en chacun de&#13;
534 ces Prieurez, et les fe.’ aller a chatïllon deposer&#13;
535 cela ma couté plus de 150.# de deboursé J’usqu’a&#13;
536 present sans ce qui me reste encore a paier,&#13;
537 les habitans de Buzancois par le.’ Sindic, et&#13;
538 des Prieurs dont l’un est M.r Labbee de fortia&#13;
539 Sont venus fe.’ opposition, il a fallu le.’ Signifier&#13;
540 les decrets dunion les lettres patentes Larrect&#13;
541 obtenu po.’ Lenregistreme’ et le.’ fe.’ donner&#13;
542 assigna’on au Parleme.’, Je les ay attendu J’usqu’a&#13;
543 p’nt aussi bien q.e M.r Labbée des fontaines&#13;
544 archi diacre du mans titulaire des.t ambroise&#13;
545 pres L’Jlle bouchard qui ne vaut pas 50.# et&#13;
546 q.l a fallu encore fe.’ assigner en Touraine,&#13;
547 Jl ny a eu encore J’usqu’a p’nt q.e M.r Labbéé&#13;
548 de fortia fils de M.r defortia Doyen des maistres&#13;
549 des requestes qui acomparu, c’est leSeul q.e ie&#13;
550 craignois par ce q.l a ducredit au parlement,&#13;
551 J’ay fait parler dans les festes de Pasques aSa&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
552 a Sa Soeur qui demeure chez Mad.e de Miramion&#13;
553 par nos MeSS.rs qui lui ont leissée un memoire q.e&#13;
554 J’avois dreSSée, et elle a obtenu de luy son consenteme.’&#13;
555 q.l doit fe.’ donner par son procureur, sibien que&#13;
556 ie vais presenteme’. solliciter forteme’; lenregis&#13;
557 treme’. de nos lettres patentes puis q.e toutes les&#13;
558 oppositions sont levez, cela coustera peu estre&#13;
559 encore vingt pistolles, mais apres cela Jl nÿ&#13;
560 aura plus qu’a fe.’ afficher a chaque Prieuré&#13;
561 ces Decrets, patentes, et arrest d’enregistreme’. et&#13;
562 nous serons enSuite moraleme’. certains de n’estre&#13;
563 plus troubléz dans la possession de ces benefices.&#13;
564 . J’ay fait fe.’ l’an passée a celuy de Biennavant&#13;
565 une maison qui Sera bien utile, Elle couste un&#13;
566 peu, mais ce Sera un bon logis, la depense env’a&#13;
567 a plus de 800.# Jl y a une chambre de plainpied&#13;
&#13;
�568 qui sert decuisine une escurie, et un Cellier,&#13;
569 deux grandes chambres au dessus et deux greniers&#13;
570 bien bastis de pierre dont les ambrasures et coins&#13;
571 Sont detaille et brique, les depenses de cette maison&#13;
572 iront a absorber le revenu dicy atrois ans, car&#13;
573 M.r Gontier a qui nous faisons cent Escus de&#13;
574 pension dessus en tire le plus clair et net, Jl&#13;
575 y a encore dans ce prieuré une depense a fe.’&#13;
576 qui ira peut estre aplus de 50 pistolles, c’est&#13;
577 un bon papier terrier et ce sera ensuite un&#13;
578 Joli bien, Jay recommander a a M.r Bienassis&#13;
579 d’aller apres Pasques passer quinze Jours en ce&#13;
580 prieuréz po.’ commencer a fe.’ un plan de ce&#13;
581 papier terrier avec sonfils, Je le.’ ay promis&#13;
582 de paier le.’ Journez, c’est une necessité absolüe&#13;
583 de fe.’ cette depense avant quatre ans, faute&#13;
584 dequoy ce Prieure devindra a rien.&#13;
585 Jl est arrivé de si prodigieux degast au moulin&#13;
586 deceluy de s.t Sebastien po.’ des Jnnondations que&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
587 que le revenus de lan passé et de cette année&#13;
588 sy consommera peut s’en est fallu q.e tout&#13;
589 nait esté emporté et il faut retablir aneuf&#13;
590 un pignon sur leau, un Esperon, achaux ciment&#13;
591 et piere detaille qui coutent la beaucoup.&#13;
592 . Celuy de Parcay nous rend un revenüe plus&#13;
593 clair q.e tous les autres, Jl y a eu cepend.t cet&#13;
594 hyver de si prodigieuSes Jnondations et Si frequentes&#13;
595 q.e le fermier me mande q.l y a des repara’ons&#13;
596 sans nombre a fe.’ nous allons avoir plus de&#13;
597 douceur de ces Prieurés ap’nt q.l ny aura plus&#13;
598 decapita’ons, et de don gratuit, et q.e les decimes&#13;
599 seront moins fortes, car elles avoient augmenté&#13;
600 de plus des deux tiers, et Meobec dont les decimes&#13;
601 n’alloient autrefois pas a plus de trois ou&#13;
602 quatreCent Livres en a paiéz pres de quatorze&#13;
603 cent dans ces annéz, et cela se reduira par la&#13;
604 paix a 550.# ou 600.#&#13;
605 Il faut presenteme.’ Monseigneur, vous mander&#13;
606 des nouvelles des missions et duSem.re dont ie&#13;
607 scay q.e les Jnterest vous sont touj.s chers.&#13;
608 . Je vous ay mandé l’an passé les disposi’ons&#13;
609 q.e le Pape avoit fait de laChine po.’ La&#13;
610 Jurisdiction Spirituelle le S.t Pontife continüe&#13;
611 a proteger les Missions et il en donne tous&#13;
&#13;
�612 les Jours de nouvellses marques.&#13;
613 On a porté M.r Quemener dont ie vous ay parlé&#13;
614 dans mes lettres de l’an passé a se fe.’ sacrer&#13;
615 Evesque en france afin de pouvoir aller&#13;
616 sacrer Evesques tous les miss.res aqui le Pape&#13;
617 addressé des bulles dans les differentes missions.&#13;
618 Le Pape luy accorda volontiers des bulles cet&#13;
620 automne a la priere q.e leSem.re luy enfit,&#13;
621 et il a esté sacré au commence.’ dece,&#13;
622 caresme dans laChapelle deL’archeveschéz par&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
623 par M.r L’archevesque de Paris, M.r LEvesque&#13;
624 de Meaux, et M.r LEvesque de Chartres qui luy&#13;
625 imposerent les mains avec plaisir M.r Les cardinaux&#13;
626 dEstrée et de Jeanson et M.r le nonce sy trouverent&#13;
627 , les autres EveSques qui sy fuSSent tous trouvée&#13;
628 avec plaisirs ne lefirent pas, po.’ ne pas faire&#13;
629 trop de depenses a M.r Larchevesque de Paris qui&#13;
630 voulut traiter les Prelats.&#13;
631 Ce nouveaux Prelat est parti le 10.e mars de&#13;
632 Paris avec cinq bons ouvriers, unChirurgien&#13;
633 et unSiamois qui a fait deux ans deTheologie&#13;
634 enSorbonne et est prest de fe.’ voile du Port louis&#13;
635 po.’ les Jndes orientales, Jl emporte plus de trente&#13;
636 mil livres en argent po.’ secourir toutes ces&#13;
637 missions, et sil arrive abon port co’e ie L’espere&#13;
638 Les Miss.res reprendront un nouveauCourage&#13;
639 envoiant tant de secours spirituels et temporels&#13;
640 qui le.’ vienne tout ala fois.&#13;
641 . Les Jesuites ont fait encore un plus grand&#13;
642 envoie po.’ ces missions, car ie croy q.l en est parti&#13;
643 quinze ou seize. po.’ laChine cette année defrance&#13;
644 Seuleme.’ et ils emportent des biens immenses&#13;
645 q.ls ont questés aupres des personnes de qualitéz&#13;
646 et du Roi meSme et de toutes les personnes dela&#13;
647 famille roiale dont Jls ont acheté tout ce q.l&#13;
648 y a de plus rare en france po.’ fe.’ des presens&#13;
649 a toutes les personnes conSiderable delaCour dela&#13;
650 Chine J’usqu’a la q.e ceux qui sont destinez po.’&#13;
651 L’empereur Seul vont a plus de Trente milz livres&#13;
652 , Je souhaitte q.e tous ces moiens le.’ reussissent,&#13;
653 Jls avoient forméz un dessein cet automne des&#13;
654 q.e la paix g’rale fut signéz dinspirer au Roy&#13;
655 et aSon 1.e ministre d’envoier des vaisseaux de&#13;
656 guerre a Siam po.’ tirer ra’on des Jnsultes prentendeu&#13;
&#13;
faites&#13;
&#13;
�20.&#13;
&#13;
21.&#13;
&#13;
657 faites a la france, c’estoit engager les Siamois&#13;
658 a fe.’ une cruelle boucherie de tous nos miss.res&#13;
659 et de tous les françois et revolter lesprits de tous&#13;
660 les orientaux contre la Religion chrestiennes&#13;
661 en le.’ faisans penser ce q.ls necroient deia&#13;
662 q.e trop, acause dece qui est arrivé auJapon&#13;
663 et aux Philippines q.e les Europeans se servent&#13;
664 du pretexte dela Religion po.’ semparer des&#13;
665 Roiaumes qui ne le.’ appartiennent pas.&#13;
666 . Nos MeSS.rs apres avoir representé ces ra’ons&#13;
667 aux RP. delachaise et verCus qui n’en furent&#13;
668 pas frapéz les prierent de trouver bon q.ls les por&#13;
669 tassent au Roy, et a MonS.r de Pont chartrain&#13;
670 et Sa M. eut la bonté dy avoir esgard aussi bien&#13;
671 q.e son 1.e Ministre et quoi qu’on ait envoiéz quelq.e&#13;
672 vaisseaux de Guerre dans les Jndes, on a promis&#13;
673 quils n’iroient point a Siam, et qu’on feroit&#13;
674 traiter douceme.’ avec les Siamois par des&#13;
675 Seculiers et non pas par le P. Tachard qui s’est&#13;
676 attirée la haines de ces peuples, par ce qui s’est&#13;
677 passé en ce pais la qu’on luy attribue plus qu’a&#13;
678 tous autres.&#13;
679 . Les Jesuites ont obtenu du Roy cette année&#13;
680 la permission po.’ un vaisseaux qui n’est pas&#13;
681 de la compagnie de Jndes orientales d’aller&#13;
682 trafiquer en droiture ala chine po.’ les ÿ&#13;
683 porter, ce vaisseaux a emportée po.’ centz&#13;
684 Mil escus de glaces ace qu’on croit, et pluS.rs&#13;
685 autres Marchandises et six Jesuites qui&#13;
686 seront alachine dix mois avant nos Miss.res&#13;
687 Sils ont une heureuse Navigation.&#13;
688 Nous Som’es tres Sensibleme’ affligée de voir&#13;
689 q.e n’s sommes sur le point destre plus brouilléz&#13;
690 q.e Jamais avec ces Peres a cause dela declara’on faite&#13;
691 faite par M.r Maigrot alachine sur ces rits&#13;
692 pretendus Jdolatres par les Miss.res des autres corps&#13;
693 et civils Seuleme.’ par les Jesuites, dont ie vous ay&#13;
694 escrit l’an pansé, c’est declaration a fait peu de&#13;
695 bruit pend.t deux ans q.lle a esté a Rome, on la&#13;
696 pend.t ce temps la communiqué mesme au Pere&#13;
697 G’ral, mais depuis q.e le Pape en a commis L’examen&#13;
698 a la congregation du S.t office, et q.e cette congrega’&#13;
699 a donné aux Jesuites un terme fixe pour ÿ&#13;
&#13;
�700 repondre afin de les presser, Jls ont senti toutes&#13;
701 les suites q.e peut avoir cette decla’on, Jls ont depuis&#13;
702 ce temps la crié beaucoup contre M.r charmot&#13;
703 , pretendans q.l est le.’ plus grand ennemi, par&#13;
704 ce q.l sollicite a Rome le Jugement de cette aff.res&#13;
705 et ils regardent co’e la plus facheuse qui&#13;
706 puisse arriver a le.’ compagnies, J’usque la que&#13;
707 le R P. delachaise dit a nos Mess.rs il y a trois&#13;
708 mois q.e le.’ R.P. G’ral avoit ordonnée des&#13;
709 prieres publiques par toute la compagnie.&#13;
710 particuliere’ po.’ cette affaire qui donneroit&#13;
711 vitlle gagnée aux hereticques et aux Jansenistes&#13;
712 contre eux sur les reproche q.ls le.’ ont fait de&#13;
713 souffrir L’Jdolatrie dans les nouveaux chrestien&#13;
714 q.ls font alachine, cette affaire cepend.t poura&#13;
715 bien dans peu estre resolue et M.r Maigrot y&#13;
716 a agi avec tant de circonspection et de retenüe&#13;
717 q.e tous nos amis qui ont leu sa declara’on a&#13;
718 Paris la trouvent tres bien faires, Les R P. Js.&#13;
719 y ont repondus depuis peu par un escrit de&#13;
720 qu’atre Cent pages et un autre de deux cent&#13;
721 vingt tous deux remplis de plus grosses Jniures&#13;
722 et des plus sanglans reproches contre M.r Maigrot,&#13;
723 Les P P. Jesuites de Paris sesloignent de nous&#13;
724 de puis ce temps la, Jls font de temps en temps certains&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
725 certains petits imprimée sur le.’ Missions quils&#13;
726 font courir par le monde, dans les quelles Jls nous&#13;
727 raillent ou nous dechirent, nos MeSS.rs gardent&#13;
728 le Silence, et c’est ce qui les empeche de mettre&#13;
729 au Jour des relations.&#13;
730 . Nous sommes Dieu merci tres tranquilles dans&#13;
731 le Sem.re presenteme.’ la regle y a esté mieux&#13;
732 observée q.e Jamais de puis un an, nous trouvons&#13;
733 de suiets qui se presentent po.’ les Missions, M.r&#13;
734 Prioux ataché dy venir demeurer po.’ touj.s&#13;
735 mais il na pu soutenir la regle et lair du&#13;
736 Sem.re trop subtil po.’ sa foible poitrine; Jl&#13;
737 demeure chez sa Soeur et vient chez nous quand&#13;
738 on en a besoin.&#13;
739 . Nous avons perdus le bon M.r odam, vous le&#13;
740 connoiSsez Monseigneur et lestimiez, vous&#13;
741 aurez laCharité de prier po.’ luy c’estoit un&#13;
742 vray saint dont la patience etoit a lepreuve&#13;
743 des plus facheux accident, et des plus vïves&#13;
&#13;
�744 douleurs q.l a essuyez de puis sept ou huit ans,&#13;
745 Le bon homme M.r dela chapelle est encore&#13;
746 vivant, mais il meine une vie q.e ie craindrob&#13;
747 plus q.e la nort, Il ne laisse pas cepend.t de&#13;
748 communier encore tous les Jours Il se recom&#13;
749 mande a vos prieres.&#13;
750 . La Mort de M. odam a encore un peu&#13;
751 augmentée mes aff.res, Je suis chargé de tous&#13;
752 les papiers des Missions et de la Maison, M.r&#13;
753 de Brisacier fait la recepte des Missions et&#13;
754 moi celle de la maison, et ie fait pre sq.e toujours&#13;
755 la depense de l’une et de l’autre, mais ce qui&#13;
756 quelq.e fois me fait perdre plus de temps c’est&#13;
757 L’occupation duConfessionnal, q.e ie ne crois&#13;
758 cepend.t pas devoir quitter, afin de rendre au&#13;
759 moins quelq.e service au prochain po.’ le Salut des&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
760 des ames pend.t q.e ie Suis attaché aux Miserable&#13;
761 emplois qui me retient en france, mon attrait&#13;
762 eust esté cette année de suivre M.r n’re nouvel&#13;
763 Evesque de Sura au Troquin ou a la chine sils&#13;
764 m’eust esté permis, Je ne Serois encore desirer&#13;
765 de retourner au Canada J’usqu’a ce q.e Jy voie la&#13;
766 paix bien affermie, et ie crains touj.s quelle ne&#13;
767 soit pas perseverante, Jl ne faudrois cepend.t qu’un&#13;
768 petit mot po.’ my fe.’ retourner et Jyray avec&#13;
769 plaisir partager avec nos Mess.rs le.’ bonne ou&#13;
770 le.’ mauvais fortune.&#13;
771 . Je ne Scay, Monseigneur, si ie me suis assez&#13;
772 expliqué avec vous de Limpossibilité morale&#13;
773 de donner en paieme’ de l’Jlle dorleans Suposé&#13;
774 q.e nous l’achetions les som’es q.e nous avons mises&#13;
775 en rente sur l’hostel de ville et qui sont Jointes&#13;
776 a celles q.e M’gr de Quebec a donné au Sem.re&#13;
777 dont il sest reservé L’usufruit, Il faut Monseig.r&#13;
778 Laisser ces som’es au Sem.re puis q.lles sont sous son&#13;
779 nom, Il y auroit trop de difficulté a en faire un&#13;
780 autre usage cela nempechera pas l’acquisition&#13;
781 si elle a a le faire&#13;
782 Excuser Monseigneur Si Jenay pufaire moi&#13;
783 mesme cette copie je Suis aSSuré de la fidelité&#13;
784 de celui qui l’a fait mais non pas deSon exactitude&#13;
785 a bien escrire car Jecroy que vous y trouverez bien&#13;
786 des fautes. Je n’ay pu mettre les Sujets dont Je traite en&#13;
787 marge, vous aurez la bonté de les y faire mettre par&#13;
&#13;
�788 quelqu’un de nos mess.rs&#13;
789 Je vous Supplie Monseigneur de ne pas oublier&#13;
790 de menvoier cette année une nouvelle procuration&#13;
791 p.r recevoir vos pensions Sur aire, et sur le&#13;
&#13;
24.&#13;
&#13;
792 tresor roial. Car J’en ay absolum.t besoin et vous me&#13;
793 ferez un tres sensible plaisir de me lenvoier le&#13;
794 plus tost que vous pourez.&#13;
795 Je dois aller apres la Pentecoste a Letrée et&#13;
796 dela a Montigni. Je n’ay receu p.r vous&#13;
797 aucune lettre de votre famille cette année.&#13;
798 M. Rotrou ne veut pas renouveller Son bail Jl&#13;
799 demande une diminution trop considerable, et&#13;
800 personne ne Se presente p .r estre receveur de&#13;
801 Labbaie cela mobligera de la mettre en regie&#13;
802 et augmentera par conseq.t mes Soins.&#13;
803 Je vous prie de me continuer lesecours de vos&#13;
804 prieres, Jen ay un tres grand besoin dans les&#13;
805 affaires dont Je me trouve chargé, afin deles&#13;
806 Santifier et de m’y Santifier JeSuis avec un tres&#13;
807 profond respect&#13;
808&#13;
Monseigneur&#13;
e&#13;
809&#13;
ce 3. May i698. Votre tres humble&#13;
810&#13;
et tres obeiSS.t Serviteur&#13;
811&#13;
Tremblay p. J..&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250528">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11994">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/8f5855cb2912de97014e4d73bf5926a7.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=IZj1-WcYWH6AgoaJM1JW6XGCgCNrjZCJOOGeiWEMESl7bo1xwnfsJnVrgePfO9Vm-1Xyelv2ZwBvBk7Jhryfyr27sDNya50ry3P7R0VpTcce3-NEKGJTq81dyARl6CO6LVwVBqpHZrVE6YVofyUFNkj9QCaSSnWsx7nJuK3s4v8z4ue3yiKB64%7EwXRio7mgraDxZMBDZ9NVfphtJNWh2J6hssBPBumkfwuCZGPel9HCOT9fY%7E6P22nAtjvi01Hk4GXoH5l%7EpFwrIzPVYN0jCYMkZjPRkJMHxmhocWCj83Vt9zMkmHjwc1vlyn227E-6WClqu3k0U3ZmO8O9HAkLH7Q__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>dfb453c9b5e6b7dd9ffb87779fb3c7f4</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250526">
                    <text>����������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250529">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 108&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250143">
                <text>TZ64S8W7</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250144">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250145">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250146">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 3 mai 1698)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250147">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe l’ancien évêque de Québec de ses démarches pour l’achat de l’île d’Orléans et sur les procédures d’union des abbayes et des prieurés. Il lui rapporte les nouvelles des missions en Chine et en Inde. Il mentionne aussi les difficultés causées par les Jésuites, qui défendent les rites chinois et qui veulent intervenir au Siam. Il a réglé des choses avec la religieuse de La Colombe, qui tenait l’abbaye de l’Estrée. Il se plaint des nombreuses factures à payer qu’on lui envoie du Canada.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250148">
                <text>1698-05-03</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250149">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250150">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11994" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 108&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250151">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250530">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11992" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11993" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
      <tag tagId="203">
        <name>Seigneuries</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18699" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11987">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/85d330fd12b7697524735519e371d865.png?Expires=1779321600&amp;Signature=A-TCJz0jnZEGB7ueJphmqMpq0ukMmRMTO5auYHvjGJMmWgnJseW1SH%7EasiMhdLrCblIT7F2reN86SgcMPwMpxAdTry0ac53%7EsF7c9X2HiWuFFLTmwYWQDJVjYkwJP19qnG0HdNLb8-mkNe57-XdNvkaOWPTfTqylY3VPnmLcr4%7ERnyV6JoSmKZjW%7EmuJaApqWckLvdy5kD%7E-P8urwuSd8wVKIt8GbwY72dw2a%7E7xqemqSYd4-%7EpCKhxQ3Ds7fKeErjNgNAchD3B1a3pZ5fUdnpmXgH8t1CyMADY8Lw%7EwLW2R3JC8eERRnjTK7cdvt4HxkyhX-qQXRMORh1DAYs2Jmw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11988">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/5f3f69909184e0b185f4727a679f2167.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=LVe%7Em5jVJ0bC4HqHquWCSkGX3v-cKW37lJcgBC1G6mCvT4Xc5mDsgV5am7ecIRTO3TUaHw0O%7EMD4GxbFibceJM5grdfhEu-wfeVNsauRWvnfVvwZJYPmh%7E1J%7EiQV9bYBfNco3OzvR4pr4sSZfGkQYjc38YDedMZQ4R-RWIrKuIUY88Sp1nhPC7ohHtUDySguVQPETYy02EMLO%7EgoRyaR29a4pKklatnmJ--ce8YhzjCHp2uvN%7Enj%7EBzCTs-f6F7zXZCqRN6CR2hFl72NT2k0onLISi1BNYCNTvdOXNnqljiLgYOLDwVPEVTJNxk3TzkT87JZKc9pCkZI41S4NagNYQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e0a86ade2a69a0d8b44d09cb165d7422</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250517">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 2 avril 1701)&#13;
&#13;
Paris, 2 avril 1701&#13;
Monsieur,&#13;
Cette lettre doit partir dans le premier vaisseau qui part pour le Canada. [Elle]&#13;
servira de lettre d’avis et vous instruira de tout ce qui se passe ici. Je voudrais avoir&#13;
le temps de la faire plus étendue qu’elle ne sera et pouvoir même écrire à tous nos&#13;
Messieurs par ce vaisseau, mais peut-être sera-ce la seule que j’écrirai, tant j’ai peu&#13;
de temps à écrire. Nous avons, à ce que je crois, reçu toutes vos lettres. Je crois&#13;
cependant qu’il s’en est perdu quelques-unes dans le Ville-Marie.&#13;
Voici celles que j’ai reçues de vous : une de quatre pages du 8 août 1700, une de&#13;
trois pages du 20 août, une autre de quatre pages du 26 août, une autre de trois&#13;
pagres du 1er septembre, [une] autre du 15 octobre de quinze pages, [une] autre du&#13;
30 octobre de quatre pages et la dernière du 2 novembre et du 8e de quatre pages.&#13;
Voilà ce que j’ai reçu de vous et à quoi je vais tâcher de répondre.&#13;
Nous avons été très réjouis d’apprendre la continuation de la bonne santé de&#13;
Mgr l’Ancien et de vous, Monsieur, et de nos Messieurs. Je prie Dieu de vous&#13;
conserver encore [de] longues années pour le bien de cette pauvre Église naissante.&#13;
Mgr de Québec, en arrivant à La Rochelle, écrivit à M. le supérieur et à moi une&#13;
lettre fort honnête pour donner avis de son arrivée et nous envoya en même temps&#13;
une de vos lettres pour nous prier de le recevoir chez nous et de l’y loger ; mais&#13;
nos Messieurs crurent que Mgr de Québec n’étant pas tout à fait content des Jésuites&#13;
et ayant quelques affaires à démêler avec lui, il ne convenait pas qu’il vint loger&#13;
avec nous, [puisque] depuis notre lettre au pape, [nous] sommes si brouillés avec&#13;
eux par ce qu’ils pourraient dire au roi que nous réunissions tous ceux qui leur en&#13;
veulent. Nous en écrivîmes donc à Mgr de Québec, mais il ne reçut aucune de nos&#13;
lettres et vint descendre au Séminaire la veille de Noël à 7 heures du soir.&#13;
&#13;
�Nous tâchâmes de le recevoir avec tout le respect qui lui est dû, mais nous lui fîmes&#13;
entendre nos raisons pendant les fêtes qu’il demeura avec nous et que c’était son&#13;
intérêt qu’il allât loger dans une maison moins suspecte aux Jésuites. Il a paru bien&#13;
prendre ce que nous lui avons remontré. M. de La Pallière était à notre sentiment&#13;
et il est allé loger à la communauté de M. le curé de Saint-Sulpice, où il est encore.&#13;
Cet éloignement des Jésuites, pour nous en France, à Rome et dans les Indes, est&#13;
extraordinaire, parce que nous avons commencé à dire des vérités qui les&#13;
incommodent. Ils ne nous savent aucun gré de ce que nous avons gardé le silence&#13;
il y a [pendant] 30 ans. Ils sont aigris au suprême degré de ce que forcés par leurs&#13;
libelles qu’ils répandent contre nos Messieurs et pour les disculper, nous disons&#13;
les choses comme elles se sont passées là-bas. Voici, en abrégé, ce qui s’est passé&#13;
depuis l’an passé que nous avons donné au public notre lettre au pape.&#13;
La lettre a été aussi bien reçue que nous le pouvions souhaiter du public, qui nous&#13;
a rendu justice et quoique les Jésuites aient mis, dans leur réponse à notre lettre et&#13;
dans leur histoire apologétique, que nous avions subi la censure du public, qui a,&#13;
disent-ils, condamné l’aigreur qui y est répandue, nous avons, au contraire, trop&#13;
persuadé le public de la vérité des faits que nous y avons avancée et hors le roi&#13;
seul, qui ne s’est pas déclaré, parce qu’un prince aussi sage qu’il [l’]est ne se doit&#13;
pas commettre dans ces affaires, on s’est hautement élevé à la Cour, à Paris et dans&#13;
les provinces contre la tolérance des superstitions chinoises.&#13;
Les Jésuites ont été obligés d’en venir à nier la vérité des faits et à nier qu’ils les&#13;
permissent. Ils l’ont fait dans leur réponse à notre lettre, qui n’a guère été bien&#13;
reçue et ne vaut pas la peine d’y répondre. Ils ont fait une histoire apologétique de&#13;
leurs missionnaires de la Chine, qu’ils nous ont adressée, dans laquelle, sous une&#13;
apparente modération, ils nous déchirent à belles dents et nous disent les plus&#13;
grosses injures. Ce n’est qu’un tissu de faussetés que Navarrette1 et plusieurs&#13;
missionnaires de la Chine avaient déjà réfutées et que tout récemment, M. l’abbé&#13;
de Lionne et les Dominicains ont encore réduites en poudre par des preuves très&#13;
fortes. Les Jésuites, sans avoir égard à ces preuves, reproduisent ces faussetés,&#13;
&#13;
Domingo Fernández Navarette (1618-1686) fut un missionnaire dominicain à Fujian, en Chine, et fut très&#13;
actif dans la querelle des « rites chinois ».&#13;
1&#13;
&#13;
�parce qu’ils n’ont rien de meilleur à dire. Jugez-en par celle-ci, qu’ils rabattent dans&#13;
tous leurs écrits. Ils prétendent que le P. Morales2, dominicain, s’est dédit de ce&#13;
qu’il avait avancé à Rome en 1645 par un livre, qu’ils disent qu’il fit à la Chine&#13;
avant sa mort, du devoir des enfants envers leurs pères, etc., et nous avons reçu&#13;
encore l’an passé une information, faite par le provincial des Dominicains de la&#13;
Chine, qui assure que le P. Morales n’a jamais fait ce livre et le prouve&#13;
invinciblement. On l’avait répondu aux Jésuites dès 1687. Ils le redisent en 1700&#13;
avec la même hardiesse. Ils ont, depuis notre lettre au pape, donné au public dix&#13;
ou douze écrits contre nous pour le disculper, aussi faibles les uns que les autres.&#13;
Nous avons été obligés de donner une addition à notre lettre et M. Delvé a été&#13;
obligé de répondre à ce qu’ils lui ont objecté dans leur réponse par une lettre qu’il&#13;
leur a écrite. Je tâcherai de vous envoyer ceux que nous avons faits. Les Jésuites&#13;
nous feront voir ce qu’ils feront contre nous.&#13;
M. Priou dénonça à la faculté de théologie de Paris le 1er juillet [1700] les&#13;
propositions du P. Le Comte. On les a examinées en [La] Sorbonne avec toute la&#13;
maturité possible. On a tenu plus de trente assemblées en [La] Sorbonne, pendant&#13;
les mois de septembre et d’octobre, où cent soixante docteurs ont parlé et où les&#13;
Jésuites ont tâché, par les docteurs qui leur sont vendus, de brouiller le plus qu’ils&#13;
ont pu et malgré toutes leurs brigues et leurs cabales et les menaces et les&#13;
espérances qu’ils ont faits aux docteurs, ils n’en ont eu que quatre qui aient&#13;
entièrement absous leurs propositions et un peu plus de trente qui n’ont osé les&#13;
absoudre, mais qui ont trouvé le détour d’en renvoyer le jugement à Rome et il y&#13;
en a eu cent quatorze qui les ont condamnés. Les Jésuites, pour se venger de La&#13;
Sorbonne, ont fait un journal historique de ces assemblées, où ils déchirent les&#13;
docteurs qui ne sont pas pour eux et rapportent sans aucune vérité leurs&#13;
sentiments. MM. de La Sorbonne ont méprisé ces injures, aussi bien que les&#13;
réflexions qu’ils ont faites sur leur censures, en disant que c’est par vengeance que&#13;
La Sorbonne a censuré leurs livres ; qu’elle est trop leur ennemie pour être leur&#13;
juge ; qu’elle ne l’est point en fait de doctrine ; qu’elle s’est trop déclarée contre la&#13;
Société autrefois pour être regardée comme équitable à leur égard. MM. de&#13;
La Sorbonne, contre qui les Jésuites ont fait ces reproches, lorsqu’ils ont censuré&#13;
Juan Bautista Morales (1597-1664) fut parmi les premiers missionnaires dominicains en Chine, qui&#13;
s’insurgea rapidement contre les procédures des Jésuites et apporta à Rome une série d’articles, sous forme&#13;
de questions, donnant naissante à ladite querelle des rites chinois.&#13;
2&#13;
&#13;
�leurs livres en plus de vingt censures, ont toujours méprisé ces reproches et leurs&#13;
censures n’en ont pas été moins suivies.&#13;
La mort du pape est arrivée lorsqu’il était à la veille de juger à Rome notre grande&#13;
affaire contre les Jésuites, qui ont fait mille incidents pour éloigner ce coup, dans&#13;
l’espérance de cette mort prochaine. Le pape Clément XI a été élu, qui était le&#13;
cardinal Albani, le meilleur ami des Jésuites. Ils espéraient qu’ils obtiendraient de&#13;
lui qu’il pendrait cette affaire au croc et ne la jugerait pas, mais il a cru ne pouvoir&#13;
laisser une question si importante sans la décider. Il a fait tenir, le 16 de janvier,&#13;
une congrégation de cardinaux en sa présence. Dans cette congrégation, il leur dit&#13;
qu’étant cardinal, il avait cru que l’affaire de la Chine demandait une prompte&#13;
décision ; qu’il était même fâcheux que Rome eût été consultée plusieurs fois et&#13;
n’eût pas encore rendu une réponse si précise qu’on fit cesser les disputes ;&#13;
qu’étant devenu pape, il ne voulait pas suivre la pensée qu’il avait eue étant&#13;
cardinal, sans avoir pris l’avis de ses confrères.&#13;
Après quoi, le cardinal de Bouillon et trois ou quatre autres cardinaux qu’il avait&#13;
gagnés opinèrent pour représenter que l’affaire était très difficile, très&#13;
embarrassante, qu’elle demandait de très grands éclaircissements, qu’il valait&#13;
mieux attendre encore dix ans pour en avoir que de la décider trop tôt. (Vous&#13;
remarquerez que l’affaire a commencé en 1633 et elle a été portée par nos&#13;
Messieurs de nouveau au Saint-Siège en 1696.) Il ajouta qu’on devait bien prendre&#13;
garde d’épargner en cette affaire la Société, parce que son déshonneur retomberait&#13;
sur l’Église, etc. En un mot, il dit tout ce qu’on peut dire de plus outré en faveur&#13;
des Jésuites. Il avait sollicité hautement pour eux, comme il a fait pour&#13;
M. de Cambrai. Il fut réfuté par un grand nombre de cardinaux, qui parlèrent&#13;
après lui et qui dirent que cette affaire était pleinement éclaircie ; que les Jésuites&#13;
avaient trop écrit et contredit pour qu’ils ne fussent pas compris en cette affaire ;&#13;
que l’Église en général étant accusée par les hérétiques de souffrir l’idolâtrie dans&#13;
son sein, il fallait faire voir que c’étaient quelques-uns de ses enfants qui étaient&#13;
dans l’erreur ; que les Jésuites devaient sacrifier leur propre réputation à l’Église&#13;
et il fut conclu, à la pluralité des voix, que, dis-je, ils étaient plus de trois contre&#13;
un ; que l’on reprendrait incessamment l’affaire ; qu’elle serait décidée&#13;
absolument ; et qu’on agirait sur les anciennes informations faites. En&#13;
&#13;
�conséquence, le pape, depuis le 4 mars, fait tenir tous les jeudis des congrégations&#13;
en sa présence pour cette affaire. On en espère un jugement avant trois mois. Dieu&#13;
le veuille.&#13;
Nous avons beaucoup à nous louer de la retenue du roi en cette affaire. Il n’a pas&#13;
voulu se déclarer et attend que Rome décide. C’est beaucoup pour un prince qui a&#13;
un confesseur jésuite. Mais autant qu’il est modéré, autant les Jésuites et tous leurs&#13;
partisans sont emportés. Ils ont peine à voir qu’après nous être déclarés contre eux,&#13;
nous allions tête levée dans Paris. Ils étaient si accoutumés à faire voler les lettres&#13;
de cachet qu’ils ont peine de voir qu’elles ne soient pas venues fondre sur nous.&#13;
Mais c’est une terrible affaire que d’avoir à se déclarer contre des gens si puissants&#13;
par eux-mêmes, par leurs richesses, par leurs partisans, par leurs intrigues et plus&#13;
que tout cela, par un confesseur du roi qui a, toutes les semaines, l’oreille du&#13;
prince. Sans ce dernier article, nous pouvons assurer que les Jésuites auraient peine&#13;
à se soutenir.&#13;
Ils ont retiré le P. Le Comte de la Cour peu après que M. Priou eut dénoncé en&#13;
[La] Sorbonne ses propositions. Ils s’assemblèrent en juillet dernier à Mont-Louis,&#13;
chez le P. de La Chaize. Les gros bonnets des trois maisons furent appelés et il fut&#13;
résolu que le P. Le Comte se retirerait de Paris et irait à Rome, sous prétexte de&#13;
défendre sa cause contre notre dénonciation, qu’il laisserait la charge de&#13;
confesseur de Mme la duchesse de Bourgogne et que le P. de La Chaize, pour l’en&#13;
faire sortir avec honneur, prierait le roi de lui dire quelques honnêtetés et de lui&#13;
accorder une pension. L’affaire s’est ainsi passée. Le P. Le Comte est à Rome&#13;
depuis le mois de septembre. Il eut devant M. le cardinal d’Estrées une conférence&#13;
avec M. de Leonessa3 sur l’autorité des livres chinois. M. le cardinal d’Estrées était&#13;
trop disposé à faire plaisir au P. Le Comte. Cependant, ce bon père, étant pressé&#13;
par M. de Leonessa de lire des passages des livres chinois que M. de Leonessa lui&#13;
objectait, fut forcé d’avouer qu’il ne savait pas lire le chinois. Pourquoi donc en at-il tant écrit et si affirmativement ? Depuis que le pape eut résolu de reprendre&#13;
l’affaire de la Chine, le P. Le Comte sollicita fortement pour être ouï en&#13;
congrégation. Le pape en parla aux cardinaux et il nous est revenu (mais nous ne&#13;
&#13;
Giovanni Francesco Nicolai, né à Leonessa en Italie, fut évêque de Bérythe, vicaire apostolique de&#13;
Houkouang et archevêque de Myra.&#13;
3&#13;
&#13;
�sommes pas si sûrs de ceci que de tout ce que je vous ai écrit ci-dessus) que le pape&#13;
dit qu’on ne pouvait refuser aux parties d’être écoutées si elles le demandaient,&#13;
mais qu’avant que d’écouter le P. Le Comte, il fallait qu’il eût une procuration du&#13;
général de la Compagnie, afin qu’il ne pût être désavoué sur ce qu’il aurait avancé&#13;
en congrégation et que, de plus, il mettrait par écrit, signerait et déposerait à la&#13;
congrégation tout ce qu’il aurait à dire avant que de parler. Ce qui est très sûr, c’est&#13;
que depuis ce temps-là, le P. Le Comte ne presse plus pour être entendu et il a dit&#13;
tout récemment au pape qu’il croyait inutile de parler en congrégation.&#13;
Il faut encore vous éclaircir une chose qui les touche fort. L’an passé, au mois de&#13;
juillet, le bruit se répandit dans Paris, et on nous dit que cela venait de Rome, que&#13;
M. de Lionne avait été honteusement chassé d’une province de la Chine et&#13;
maltraité et qu’on lui avait renversé cinq églises et tout cela, par les intrigues des&#13;
Jésuites. Nous n’en avions rien appris et nous nous contentions de dire que cela ne&#13;
pouvait être, puisque nous ne le savions pas. Au mois d’août arriva l’Amphitrite,&#13;
qui revenait de la Chine, et nous apporta nos lettres. Nous y apprîmes que&#13;
M. l’abbé de Lionne avait voulu, de concert avec M. d’Argoli4, évêque, et les autres&#13;
missionnaires, établir une église à Nian-Tcheou et le reste de ce que vous lirez,&#13;
dans un imprimé que je vous enverrai ; mais comme il n’était pas vrai que&#13;
M. de Lionne eut été chassé et qu’on eut renversé cinq églises par la faute des&#13;
Jésuites, nous nous contentâmes de dire que c’étaient nouvelles fausses. Sans dire&#13;
le mal que les pères jésuites avaient fait, nous dîmes seulement le bien que les&#13;
Jésuites français avaient fait à M. l’abbé de Lionne. Eux ne se contentèrent pas de&#13;
cela et quoiqu’ils fussent bien informés de ce qu’on pouvait dire contre eux sur ce&#13;
sujet, ils ne laissèrent pas de faire une petite relation de ce qu’ils prétendaient s’être&#13;
fait en cette occasion. Dans cette relation, ils taxaient M. de Lionne d’imprudence,&#13;
de légèreté et d’avoir exposé la religion à deux doigts de sa perte et se mettaient&#13;
sur le trône de la sagesse, où ils se couronnaient de leurs propres mains, faisaient&#13;
valoir leurs services, nous taxaient d’ingratitude, etc.&#13;
La mère de l’abbé de Lionne, qui vit que les Jésuites avaient fait imprimer cette&#13;
relation, après l’avoir fait courir manuscrite, écrivit à M. Charmot à Rome pour le&#13;
&#13;
Bernardino della Chiesa (1664-1721), évêque d’Argoli, successeur de Mgr François Pallu comme&#13;
administrateur général de la Chine, fut le premier évêque de Beijing.&#13;
4&#13;
&#13;
�prier de lui mander ce qui s’était passé en cette occasion. M. Charmot lui écrivit&#13;
une lettre, qu’elle a fait imprimer, dans laquelle il a enlevé deux lettres de M. l’abbé&#13;
de Lionne au P. Grimaldi, jésuite, et aux Jésuites français et deux de M. d’Argoli,&#13;
qui rapportent le fait d’une manière qui excite l’indignation contre les Jésuites.&#13;
Cela a achevé de les irriter contre nous. Voilà où nous en sommes avec eux en&#13;
France. Vous jugez bien qu’étant dans une telle situation, nous n’étions guère&#13;
propres à accommoder l’affaire des Tamarois.&#13;
En effet, nos Messieurs, ayant trouvé que Mgr de Québec était résolu de soutenir&#13;
en cela sa juridiction, s’en sont déchargés sur lui. Ils ont seulement dit à&#13;
Mme de Maintenon et même à M. l’archevêque de Paris et à M. de Pontchartrain&#13;
que vous jugiez les missions d’en-bas insoutenables sans ce poste et que pour&#13;
dédommager même les Jésuites (si dommage y avait), vous offriez aux Jésuites&#13;
une mission à leur choix dans toutes les missions qui nous ont été accordées. Les&#13;
Jésuites ont commencé de dire ici ce que vous me marquez du P. Bouvart, qu’il&#13;
était convenu [avec] Mgr l’Ancien et vous d’y rester ensemble et d’y faire&#13;
conjointement, en deux églises séparées, toutes les fonctions de missionnaires. Le&#13;
P. de Lamberville l’a dit partout, mais Mgr de Québec, ayant dit aux Jésuites que&#13;
cela ne lui convenait pas et qu’il voulait qu’il n’y eût dans ce lieu que des&#13;
missionnaires d’un même corps, leur a demandé de conférer ensemble sur cette&#13;
affaire et plusieurs autres qu’il avait à régler avec eux. Les Jésuites, qui ont vu&#13;
M. l’archevêque de Paris absent, à cause du conclave, d’où il devait revenir au&#13;
commencement de février, ont pressé Mgr de Québec de prier M. l’archevêque&#13;
d’Auch, son parent, mais qui est le plus dévoué aux Jésuites et au P. de La Chaize&#13;
qu’ils aient dans le clergé, d’être leur arbitre pour éviter M. l’archevêque de Paris,&#13;
qu’ils disent être leur ennemi déclaré.&#13;
Mgr de Québec a eu plusieurs conférences chez lui avec eux et il m’a assuré avoir&#13;
parlé aussi fortement qu’il devait. Il les a tellement pressés qu’ayant déclaré à&#13;
M. d’Auch que sur tout le reste, il se pouvait relâcher, mais que sur l’affaire des&#13;
Tamarois, il tiendrait ferme et voulait être obéi, qu’ainsi les Jésuites ne pouvaient&#13;
espérer de lui dans ce lieu aucune juridiction. Les Jésuites lui ont dit qu’à la bonne&#13;
heure, ils y resteraient à rien faire, mais qu’ils y resteraient par l’autorité qu’ils ont&#13;
du roi de s’établir partout. Jugez de là si on peut en espérer quelque chose. Je les&#13;
&#13;
�connais en cela tels en Canada que nous les connaissons à la Chine et tels par tout&#13;
le monde : incapables d’entendre raison sur ce qu’ils croient pouvoir préjudicier à&#13;
la Compagnie. Nous en avons parlé à M. de Pontchartrain, qui est tout dans leurs&#13;
intérêts, et lui avons fait comprendre le peu de droits qu’ils y ont, l’impossibilité&#13;
que vous nous marquez avoir de vous en passer et les inconvénients que deux&#13;
différents corps soient dans un même lieu ; mais rien ne les fera ployer et je&#13;
m’attends bien qu’ils se raidiront là-dessus, comme s’il s’agissait de la possession&#13;
d’une couronne. Je n’ai pas vu beaucoup le P. de Lamberville à cause de tout cela,&#13;
car je le vois si ardent là-dessus que pour ne pas contester, j’aime mieux ne le pas&#13;
voir.&#13;
Nous n’avons rien obtenu cet automne du clergé dans l’Assemblée dernière pour&#13;
nos missions de Mississippi. On est si surchargé de décimes, dons gratuits et à&#13;
présent de la capitation qu’on est moins large à faire de bonnes œuvres. Les&#13;
Jésuites y ont cependant obtenu d’être exempts de dons gratuits et selon toutes les&#13;
apparences, ce sera le même de la capitation. Nous n’avons de même pu réussir&#13;
en rien pour des unions de bénéfices à ces missions. Il ne s’est rien présenté pour&#13;
cela.&#13;
Vous avez été bien aises que M. de Montigny revînt en France et vous avez cru&#13;
que son retour serait avantageux aux missions de Mississippi. Vous saurez bientôt&#13;
que c’est tout le contraire, car il n’est pas plus tôt arrivé à Paris dans le mois de&#13;
septembre (j’étais pour lors en voyage, dans le Berry, pour visiter Méobecq et nos&#13;
prieurés, mais j’avais recommandé de le recevoir bien de ma part et de lui offrir&#13;
tout ce dont il aurait besoin) qu’il a paru dégouté du Mississippi et résolu de le&#13;
quitter. Il avait amené Charles, qu’il dit être un donné avec lui, ce qui, comme vous&#13;
jugez, allait à une grosse dépense. Il nous a fait un rapport de ce pays, qui est fort&#13;
éloigné de l’idée que vous en avez en Canada. Il prétend que ce pays est très&#13;
difficile à établir du côté de la mer ; que tout le bas est inondé et inhabitable ; que&#13;
le fleuve n’est pas navigable par ses tours et détours ; qu’il n’y a rien à faire du côté&#13;
du commerce ; qu’une colonie sera très difficile à former ; qu’il n’y a pas tant de&#13;
Sauvages qu’on se l’imagine ; que six ou sept suffiront pour remplir tous les postes&#13;
qui en méritent. Il nous a assuré que depuis les Tamarois jusqu’à la mer, il n’y avait&#13;
pas vingt mille âmes tout le long du fleuve de Mississippi. Il nous fit d’ailleurs&#13;
&#13;
�comprendre les horribles dépenses qu’un missionnaire fait pour des domestiques&#13;
pour les voyages, pour les présents aux Sauvages. 2 000 livres ne suffiraient pas&#13;
pour chaque missionnaire sur ce pied-là. Il nous fit aussi entendre le grand danger&#13;
où était exposé un jeune prêtre dans une nation si corrompue, s’il n’avait un autre&#13;
confrère pour le soutenir. En un mot, tout ce qu’il nous en a dit nous a très fort&#13;
dégoûtés de ces missions et fait craindre que ce ne fût pas ce qu’on vous en avait&#13;
rapporté.&#13;
C’est sur ce rapport que fut fondée la résolution où il nous dit qu’il était ou d’aller&#13;
dans les missions de la Chine chercher à y exercer son zèle, si on voulait l’y recevoir&#13;
ou de se retirer à la Trappe, si on ne le jugeait pas propre pour ces missions. Nos&#13;
Messieurs ne lui répondirent rien dans les commencements sur ce sujet. Ensuite,&#13;
ils lui dirent que cela demandait bien de consulter et même le reprirent plusieurs&#13;
fois de sa trop grande ardeur à vouloir savoir ce qu’ils pensaient de lui. Enfin,&#13;
après lui avoir proposé que si les missions de Mississippi ne lui plaisaient pas,&#13;
nous serions ravis qu’il retournât au Séminaire de Québec y être un des directeurs,&#13;
à quoi il nous dit avoir une entière opposition. Enfin, nos Messieurs, voyant&#13;
d’ailleurs dans lui de bonnes qualités et ne voulant pas perdre un bon sujet,&#13;
sachant qu’en effet il irait à la Trappe se retirer si on le refusait résolurent de le&#13;
recevoir, l’admirent pour les missions de la Chine. Il nous assura que MM. Bergier,&#13;
de Saint-Cosme, Davion, Foucault et Bouteville étaient plus que suffisants pour&#13;
remplir tous les postes à remplir dans ces missions.&#13;
Il m’a cependant fallu payer pour près de 8 000 ou 9 000 livres de lettres de change&#13;
qu’il avait donné à M. d’Iberville à prendre sur moi. Il me dit que ces lettres de&#13;
change étaient pour avoir payé plusieurs domestiques sur les lieux, dont il me&#13;
donna alors le mémoire, et il l’a envoyé aussi à nos Messieurs, mais ce fut encore&#13;
bien pis quand il fut destiné aux missions de la Chine. J’eus des combats sans&#13;
nombres à soutenir contre lui en présence de nos Messieurs. Il voulait que&#13;
j’envoyasse aux missionnaires de Mississippi pour plus de 3 000 livres d’effets&#13;
pour achever, disait-il, de payer leurs domestiques et les mettre en état de subsister&#13;
et de faire des établissements. J’avais fait un mémoire des choses qui me&#13;
paraissaient leur être assez nécessaires que j’avais prié M. Grignon d’accomplir,&#13;
qui pouvait monter à 600 ou 700 livres M. de Montigny n’en était pas content et&#13;
&#13;
�me regardait comme un homme dur et impitoyable. Il a fallu que je lui aie rendu&#13;
compte, en présence de nos supérieurs, des raisons que j’avais de ne pas envoyer&#13;
à nos messieurs bien des choses qu’ils demandaient, parce qu’ils les devaient avoir&#13;
reçues par MM. Bergier et Foucault. Je n’ai pas manqué de lui remontrer avec&#13;
honnêteté qu’en quittant les missions de Mississippi, il nous laissait obérer pour&#13;
ces missions qu’il nous avait fait entreprendre. Il me dit qu’il était convenu avec&#13;
vous de payer pour toutes choses son tiers de la première dépense de cette&#13;
entreprise et qu’il n’était obligé à rien davantage ; que c’était encore beaucoup&#13;
pour lui de laisser à sa mission tout son petit équipage, qu’il y avait laissé sans en&#13;
rien réclamer, mais qu’il ne pouvait faire rien de plus. Tout ce que j’ai fait, c’est&#13;
qu’après son départ, comme il m’a laissé le soin de ses affaires, j’ai imputé sur son&#13;
compte la dépense que lui et son domestique ont faite en France.&#13;
Nous avons fait ce que nous avons pu jusqu’à présent pour demander à&#13;
M. de Pontchartrain la continuation de la gratification de 3 000 livres pour nos&#13;
missions de Mississippi. M. de Pontchartrain a paru au commencement n’y être&#13;
pas bien opposé, mais il a formé bien des difficultés dans une audience qu’il donna&#13;
avant-hier à M. l’abbé de Brisacier, qui vint exprès avec moi à Versailles pour nos&#13;
affaires. Cependant, comme il nous paraît que la Cour a envie de conserver ce&#13;
pays-là pour former comme une barrière contre les Anglais, pour mettre à couvert&#13;
les Espagnols et que l’on a dessein même d’attirer, par les missionnaires, les&#13;
Sauvages à la colonie française, surtout ceux qui sont en tirant vers la NouvelleAngleterre, la Virginie et la Caroline, je crois que nous pouvons dans cette&#13;
espérance obtenir que nos 3 000 livres soient continuées.&#13;
Mais croyez-vous que ce soit un secours pour le Séminaire de Québec pour l’aider&#13;
à se rembourser ? Je n’en crois rien. Cette mission consommera, et au-delà, tous les&#13;
ans ces 3 000 livres. Je lui ai déjà envoyé, ce mois de janvier, pour 600 ou 700 livres&#13;
d’effets par un vaisseau, qui a ramené Charles, le domestique de M. de Montigny.&#13;
Je compte que si nous obtenons nos 3 000 livres, il faudra bien dépenser le surplus&#13;
de ces 700 livres jusqu’à 3 000 livres pour envoyer à nos Messieurs tout ce qui leur&#13;
est nécessaire et peut-être même pour y envoyer quelques bons sujets, qui, avec&#13;
M. Bergier, soutiennent cette mission avec honneur ; car à vous parler&#13;
franchement, je ne sais si M. de Saint-Cosme ni son frère y sont propres.&#13;
&#13;
�M. Bouteville n’y fera pas grand-chose. On ne peut guère compter que sur&#13;
M. Bergier, M. Davion et M. Foucault.&#13;
Nous l’avons dit à M. de Pontchartrain, que nous pouvions répondre de ces trois&#13;
sujets. Il faut que vous engagiez par vos lettres ces Messieurs à se jeter plutôt dans&#13;
ces missions, qui sont entre les Anglais et le fleuve de Mississippi (car c’est&#13;
l’intention de la Cour), que d’aller vers les Panis et autres nations éloignées. Il faut&#13;
de plus que nos Messieurs se réunissent ensemble et ne soient pas si éloignés. Les&#13;
frais de voyages sont immenses. Il faut qu’ils se soutiennent les uns les autres et&#13;
plus ils seront autour des Tænicas et Natchez, plus ils tireront facilement leurs&#13;
secours par la mer ; car d’en attendre du Canada, M. de Montigny le croit comme&#13;
impossible et pense que ni les sujets ni les effets ne doivent pas venir du Canada.&#13;
Ces voyages sont d’une trop grande dépense. Il faut y essuyer trop de fatigues et&#13;
de dangers. C’est ainsi que M. de Montigny nous en a parlé et il croit que vous ne&#13;
pouvez donner du Canada ni la conduite du spirituel ni le soutien du temporel.&#13;
Sur ce pied-là, pourquoi tant contester aux Jésuites les Tamarois ? C’est ainsi qu’en&#13;
pensent nos Messieurs et ce n’a été que par une pure déférence pour vos lettres&#13;
qu’ils n’ont pas déclaré que pour faire cesser le trouble, ils renonçaient à ce lieu et&#13;
l’abandonnaient aux Jésuites, quelque droit que nous y eussions. Ils ont cependant&#13;
soutenu ce lieu comme s’il leur eut été d’une grande conséquence et quand nous&#13;
parlâmes encore mardi à M. de Pontchartrain, ils lui firent comprendre la nécessité&#13;
où nous étions de conserver ce lieu, avec le droit que nous y avions, par le besoin&#13;
absolu qu’on nous mandait que nous en avions pour soutenir nos missions de&#13;
Mississippi.&#13;
Vous apprendrez la mort du père de M. Bergier, à qui j’envoie des lettres de sa&#13;
famille, que je vous prie de lui faire tenir le plus tôt que vous pouvez, afin qu’il&#13;
envoie les pouvoirs nécessaires pour vaquer à cette succession, qui est fort&#13;
embarrassée, parce que son père a fait de gros legs à l’hôpital de Saint-Vallier et&#13;
au Séminaire de Vienne et à plusieurs particuliers.&#13;
&#13;
�Nous avons parlé à M. de Pontchartrain de M. Maudoux et des plaintes qu’on&#13;
faisait de lui à l’Acadie. Il ne nous a pas paru persuadé de son commerce prétendu&#13;
et de son inclination pour les Anglais. Il a dit que bien loin de désirer qu’il quittât&#13;
l’Acadie, il était bien aise qu’il y restât et qu’on y mît un plus grand nombre de&#13;
prêtres. Il dit seulement contre M. Maudoux qu’il lui est revenu qu’il était trop&#13;
intéressé et qu’il avait refusé d’enterrer M. Villebon, jusqu’à ce qu’on lui répondît&#13;
de lui payer ses droits funéraires, ce que Villieu fit. M. de Brisacier lui dit qu’il&#13;
l’ignorait, mais que si cela était, il serait le premier à condamner M. Maudoux.&#13;
J’écris à M. Maudoux qu’il faut qu’il éclaircisse ce fait et que s’il est faux, il faut&#13;
qu’il en écrive pour se justifier à M. de Pontchartrain et qu’il en fasse écrire&#13;
M. de Brouillan, qui y va en qualité de commandant et avec qui j’espère qu’il vivra&#13;
mieux qu’avec M. de Villebon.&#13;
M. de Pontchartrain nous dit aussi être très assuré, par des informations très justes,&#13;
que les dîmes des Mines valent, bon an mal an, 900 livres ; celles de Port-Royal,&#13;
600 livres ; et celles de Beaubassin, 140 ou 150 livres.&#13;
Il ne faut pas, Monsieur, après cela, que vous alliez dire que cela n’est pas vrai. Il&#13;
faudrait donner des preuves qu’elles valent moins. Trois commissaires&#13;
consécutifs, que la Cour envoie tous les ans à l’Acadie, lui ont fait ce rapport. Je&#13;
mande à M. Maudoux, si cela n’est pas vrai, de m’en envoyer des preuves attestées&#13;
par M. de Brouillan.&#13;
M. de Pontchartrain voulait faire revenir M. Guay de l’Acadie par une lettre de&#13;
cachet, mais M. le supérieur l’a prié de mander seulement à M. de Brouillan de le&#13;
renvoyer dans le premier vaisseau qui reviendra en France. Vous êtes autant en&#13;
faute de l’avoir envoyé à l’Acadie, après ce que je vous en avais écrit en vous&#13;
l’envoyant, que nous le sommes de vous l’avoir envoyé. On fait quand on veut&#13;
l’hypocrite pendant un an dans une maison réglée.&#13;
Je vous envoie cette année le petit neveu de Hubert Houssart. Je l’ai gardé au&#13;
Séminaire, où j’en eus été fort content. Il est à présent plus grand et plus fort. Il m’a&#13;
coûté à le nourrir et l’entretenir et vous jugez bien que cela ne peut aller que sur le&#13;
&#13;
�compte du Séminaire. J’aurais besoin en vérité pour mes commissions d’un enfant&#13;
aussi actif et aussi adroit. Il m’a bien servi pendant cette année.&#13;
Vous diriez à M. Martin que j’ai acheté pour lui des ornements qu’il trouvera dans&#13;
nos ballots. Je lui envoie aussi un réveil, mais le réveil surtout coûte plus qu’il n’a&#13;
envoyé.&#13;
Vous direz aussi à M. Soumande que je lui envoie un beau ciboire pour SainteAnne, qui ne coûte guère que 150 livres. J’ai reçu quelque chose pour le métal de&#13;
Sainte-Anne. Il me doit le surplus.&#13;
Vous direz aussi à M. de Requeleyne que j’ai reçu pour lui 100 francs et 8 louis d’or&#13;
de M. son frère. J’en ai acheté pour lui une livre de thériaque que vous trouverez&#13;
dans nos ballots. Vous lui donnerez le surplus, qui va à 90 livres.&#13;
Je vous envoie, Monsieur, par un effort au-dessus de mes forces, la plus grande&#13;
partie de vos factures. Vous lirez dans la lettre de Mgr l’Ancien ce que je lui écris à&#13;
ce sujet et des lettres de change qu’il a tirées et vous aurez la bonté, suivant ce que&#13;
je lui demande : 1re de m’arrêter tous les comptes de mes recettes et dépenses pour&#13;
Mgr l’Ancien et le Séminaire depuis que je suis en France et que j’en suis chargé, si&#13;
vous les trouvez justes ; sinon, mandez-moi ce qu’il y a de défectueux ; mais je vous&#13;
demande tous les ans d’arrêter mon compte pour le Séminaire, comme vous&#13;
l’arrêtez pour le chapitre, en y faisant signer Mgr l’Ancien ; 2e vous connaissez vos&#13;
revenus ; convenez une bonne fois avec Mgr l’Ancien de ne point m’adresser de&#13;
facture et de ne tirer aucune lettre de change que vous ne sachiez bien que j’aie les&#13;
fonds, autrement, ôtez-moi le soin de vos affaires. J’y donne tout le soin et toute&#13;
l’application possible et si j’ai quelque chose à me reprocher, c’est de m’en donner&#13;
peut-être trop ; mais je ne puis les soutenir dès qu’il n’y a point de mesures. J’ai été&#13;
poussé à bout cette année. J’ai voulu en remettre le soin. M. l’abbé de Brisacier en&#13;
doit écrire à Mgr l’Ancien. Si j’ai fait cette année un dernier effort, c’est par un&#13;
respect très grand que j’ai pour Mgr l’Ancien et pour vous, mais soyez très rassuré&#13;
qu’étant à présent averti et le devant être par M. l’abbé de Brisacier même, je ne&#13;
croirai plus manquer au respect et à la considération particulière que j’ai pour&#13;
Monseigneur et pour vous. Quand je laisserai protester toutes les lettres de change&#13;
&#13;
�et refuserai d’accomplir aucune facture que je ne sois entièrement remboursé,&#13;
permettez-moi de vous représenter avec tout le respect dont je suis pénétré pour&#13;
vous que vous ne devez pas me dire que je ferai ce que je pourrai. Je ne puis audelà de mes forces. C’est à vous et à Mgr l’Ancien à régler vos dépenses sur vos&#13;
revenus. Si vous ne pouvez soutenir tant de dépenses, renvoyez de chez vous tous&#13;
les enfants et ne gardez que ceux qui ne vous coûtent rien. Retranchez, en un mot,&#13;
tout ce qui vous surcharge.&#13;
Je suis, en vérité, Monsieur, très peu édifié que pour vous surcharger de quantité&#13;
de bonnes œuvres que vous ne pouvez soutenir, vous réduisiez votre Séminaire à&#13;
boire de l’eau ou, du moins, de la petite bière. Cela n’est nullement du goût de nos&#13;
Messieurs et ne comptez pas attirer chez nous quelque sujet un peu raisonnable&#13;
pour vous aller aider tandis qu’on saura qu’on vit ainsi à Québec. Il faut avoir un&#13;
soin raisonnable du corps. Si on veut attirer les esprits à se porter à une œuvre qui&#13;
a d’ailleurs ses désagréments, il faut du moins satisfaire à la nécessité. Je vous&#13;
demande en grâce de faire part de ceci à Mgr l’Ancien et à tous nos Messieurs.&#13;
Vous apprendrez en même temps la perte de deux frères qui vous étaient très&#13;
chers, M. Ango de La Mothe, le conseiller qui est mort cet été, et dom Ango, le&#13;
chartreux, mort ce mois de février ou mars. C’étaient deux fruits mûrs pour le ciel&#13;
et consommés en toutes sortes de vertus. Plût à Dieu que ma vie et ma mort fussent&#13;
telles que la leur.&#13;
Deux de vos neveux, fils du conseiller qui étaient à l’armée, furent cet automne&#13;
ensemble prendre l’habit de chartreux et persévèrent dans leur vocation. Ils&#13;
vivaient à l’armée, étant capitaines, avec autant d’édification que s’ils eussent été&#13;
chartreux.&#13;
Vous verrez, par mon compte de cette année, que je serai au 1er mai en avance pour&#13;
le Séminaire de Québec de plus de 12 000 livres.&#13;
J’ai reçu pour M. Calon plus de 450 livres que j’ai imputées sur le compte du&#13;
Séminaire, parce que je le suppose uni à la maison.&#13;
&#13;
�Je finis en vous priant d’assurer de mes respects, M. de Bernières, M. de Glandelet&#13;
et M. Dupré, M. Pocquet, M. Buisson, M. Petit et tous nos Messieurs que je ne&#13;
nomme pas pour ne pas faire une litanie. Je leur écrirai par les derniers vaisseaux.&#13;
Je suis avec respect,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Le 8 avril 1701&#13;
&#13;
/Transcription5 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250520">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11989">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/57f726abd4acc5727b9d18b7e0c34c1f.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=HUyUg5UZ9EfElc%7EQmuKxGKdIRQHC3xhNn-lJPO%7EO77akDB-0YCQ1cTSSTMtVyLE-2mkAISZ%7EICUjH-k7%7EdOwBF%7E9oRhcOoM8mjDNZGu-naGI%7E72HLeaySQ%7EGjddO5n71Ku8ExiC7y0CHATRtHi7b%7EsJZxyE1c0I6AOegn23XFfG-rs9gzpBofZ-rOKnrMOkkpFePpvTx4MGkCRo3WjHwIY-SOd0xhIQovzL5Pnh9%7EJBYep%7E7D2TLnUdk%7EOqNgxlvk3N7fW8i-Q-TDwVSmjbx3IjGep7zdxkDcyxvcum3T7mdehfjbsdoCoMuAKdRnHJXStgjvmfZ1D8Q6piibr%7EhnQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>40c45243b782053dc3735f44a725a9ce</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250518">
                    <text>1701, 2 avril – 2e lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 31)&#13;
1.&#13;
&#13;
1 M DeSmar&#13;
Paris 2. avril 1701.&#13;
2 Monsieur&#13;
à&#13;
o&#13;
r&#13;
s&#13;
3&#13;
N 31 M. De maizerets&#13;
4 Cette lettre doit partir dans le 1.er vaisseau&#13;
5 qui part p.r le canada, Servira de lettre d’avis&#13;
6 et vous instruira de tout ce qui Se passe icy.&#13;
7 Je voudrois avoir le temps de la faire plus estendüe&#13;
8 quelle ne Sera, et pouvoir mesme escrire a tous nos&#13;
9 M.rs par ce vaisseau; mais peut estre Serace la Seule&#13;
10 que J’escriray tant jay peu de temps a escrire.&#13;
11 Nous avons a ce que Je croy receu toutes vos lettres,&#13;
12 Je crois cepend.’ quil Sen est perdu quelques unes&#13;
13 dans la ville marie&#13;
14 Voicy celles que J’ay receues de vous, une de 4. pages du&#13;
15 8. aout 1700. 1. de 3. pages du 20. aout. au’ de 4. pages du&#13;
16 26. aout. au’ de 3. pages du 1er 7.bre au’ du 15. 8.bre de 15.&#13;
17 pages. au’ du 30. 8. bre de 4. pages. et la d.ere du 2. novembre&#13;
18 et du 8.e de 4. pages. voila ce que Jay receu de vous&#13;
19 et a quoy Je vais tascher de repondre&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
20 Nous avons esté tres rejouis daprendre la&#13;
21 continuation de la bonne Santé de Mgr Lancien&#13;
22 et de vous Monsieur, et de nos Mess.rs Je prie&#13;
23 Dieu de vous conserver encore longues annéez&#13;
24 p.r le bien de cette pauvre Eglise naissante.&#13;
25 Mgr de Quebec en arrivant a la Rochelle&#13;
26 escrivit a M Le Sup.r et a moy une lettre fort&#13;
27 honneste p.r donner avis de Son arrivée, et nous&#13;
28 envoia en mesme temps une de vos lettres p.r&#13;
29 nous prier de le recevoir chez Nous et de l’y&#13;
30 loger. mais nos Mess.rs crurent que Mgr de&#13;
31 Quebec n’estant pas tout a fait content des&#13;
32 Jesuites, et ayant quelques aff.re a demesler avec&#13;
33 lui, Jl ne convenoit pas quil vinst loger avec&#13;
34 nous, xxx depuis n’re lettre au Pape, Sommes&#13;
35 Si brouillez avec eux, par ce quils pouroient&#13;
36 dire au Roi que nous reünissons tous ceux&#13;
37 qui leur en veulent, Nous en escrivismes donc&#13;
38 a Mgr de Quebec mais il ne reçut aucune de&#13;
39 nos lettres et vint descendre au Sem.re la veille&#13;
40 de Noel a Sept heures du Soir.&#13;
41 Nous tachames de le recevoir avec tout lerespect&#13;
&#13;
�42 qui lui est du, mais nous lui fismes entendre&#13;
3.&#13;
&#13;
43 nos raisons pend.t les festes quil demeura avec&#13;
44 nous, et que cestoit Son interest quil allast&#13;
45 loger dans une maison moins Suspecte aux&#13;
46 Jesuites. Jl a paru bien prendre ce que Nous&#13;
47 lui avons remontré. M de la Palliere êtoit&#13;
48 de n’re Sentiment, et il est allé loger a la&#13;
49 comm.té de M. Le Curé de S.’ Sulpice, ou il&#13;
50 est encore.&#13;
51 Cet esloignement des Jesuites p.r nous en&#13;
52 france, a Rome, et dans les Jndes est&#13;
53 extraord.re par ce que nous avons commencé&#13;
54 a dire des veritez qui les incommodent. Jls&#13;
55 ne nous Scavent aucun gré de ce que nous&#13;
56 avons gardé le Silence il y a trente ans. Jls&#13;
57 Sont aigris au Supreme degré de ce que&#13;
58 forcéz par leurs libelles quils repandent&#13;
59 contre nos M.rs et p.r les disculper, nous&#13;
60 disons les choses co’e elles Se Sont passéez la&#13;
61 bas. voicy en abregé ce qui Sest passé depuis&#13;
62 l’an passé que nous avons donné au public&#13;
63 notre lettre au Pape.&#13;
64 La lettre a eté aussi bien receue quenous le&#13;
65 pouvions Souhaiter du public qui nous a rendu&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
66 justice, et quoi que les Jesuites ayent mis&#13;
67 dans leur reponse a n’re lettre, et dans&#13;
68 leur histoire apologetique que nous avions&#13;
69 Subi la censure du public qui a, disent ils,&#13;
70 condamné laigreur qui y est repandüe,&#13;
71 Nous avons au contraire trop persuadé le&#13;
72 public dela verité des faits que nous y&#13;
73 avons avancée, et hors le Roi Seul qui ne&#13;
74 Sest pas declaré, par ce qu’un Prince aussi&#13;
75 Sage qu’il est ne Se doit pas commettre dans&#13;
76 ces aff.re on S’est hautem.t eslevé a la Cour,&#13;
77 a Paris et dans les provinces contre la tolerance&#13;
78 des Superstitions chinoises.&#13;
79 Les Jesuites ont esté obligé d’en venir a&#13;
80 nier la verité des faits, et a nier quils les&#13;
81 permissent. Jls l’ont fait dans leur reponse&#13;
82 a n’re lettre qui n’a guere esté bien receue,&#13;
83 et ne vaut pas la peine d’y repondre.&#13;
84 Jls ont fait une histoire apologetique de leurs&#13;
&#13;
�85 miss.res de la chine quils nous ont addressé&#13;
86 dans la quelle Sous une apparente moderation&#13;
87 ils nous dechirent a belles dents, et nous disent&#13;
5&#13;
&#13;
2 Avril 1701.&#13;
&#13;
88 les plus grosses injures. Ce n’est qu’un tissu de&#13;
89 faussetéz que Navarrette, et plus.rs miss.res&#13;
90 de la chine de la chine avoient déjà&#13;
91 refutéez et que tout recemm’ M labbé&#13;
92 de Lionne et les Dominicains ont encore&#13;
93 reduites en poudre par des preuves tres&#13;
94 fortes. Les Jesuites Sans avoir esgard a&#13;
95 ces preuves reproduisent ces faussetéz.&#13;
96 par ce quils n’ont rien de meilleur a dire&#13;
97 Jugez en par cellecy quils rebatent dans&#13;
98 tous leurs escrits. Jls pretendent que le P.&#13;
99 morales d’nicain S’est dedit de cequil avoit&#13;
100 avancé a Rome en 1645. par un livre quils disent&#13;
101 quil fit a la chine avant Sa mort Du devoir&#13;
102 des enfans envers leurs Peres &amp;. et nous avons&#13;
103 receu encore l’an passé une Jnformation&#13;
104 faite par le provincial des d’nicains de la&#13;
105 chine qui assure que le P. Morales n’a jamais&#13;
106 fait ce livre et le prouve invinciblem.’ On&#13;
107 lavoit repondu aux Jesuites dez 1687. Jls le&#13;
108 redisent en 1700. avec la mesme hardiesse&#13;
109 Jls ont depuis notre lettre au Pape donné au&#13;
110 public dix ou douze escrits contre nous pourle&#13;
6.&#13;
&#13;
111 disculper, aussi foibles les uns que les autres.&#13;
112 Nous avons esté obligez de donner une&#13;
113 addition a n’re lettre, et M delvé a esté&#13;
114 obligé de repondre a ce quils lui ont objecte&#13;
115 dans leur reponse par une lettre quil leur&#13;
116 a escrite. Je tacherai de vous envoier ceux&#13;
117 que nous avons faits. Les Jesuites nous&#13;
118 feront voir ce quils feront contrenous.&#13;
119 M. Prioux denonça a la faculté de Theologie&#13;
120 de Paris le 1.er Juillet les propositions du P.&#13;
121 Le comte, on les a examinéez en Sorbonne avec&#13;
122 toute la maturité possible, on a tenu plus&#13;
123 de trente assembleez en Sorbonne pend.t les&#13;
124 mois de 7.bre et d’octobre, ou cent Soix.te Docteurs&#13;
125 ont parlé, et ou les Jesuites ont tasché par&#13;
126 les Docteurs qui leur Sont vendus de brouiller&#13;
127 le plus quils ont pu et malgré toutes leurs&#13;
&#13;
�7.&#13;
&#13;
128 brigues et leur cabales, et les menaces etles&#13;
129 esperances quils ont fait aux Docteurs, Jls n’en&#13;
130 ont eu que quatre qui ayent entierem’ absous&#13;
131 leurs propositions, et un peu plus de trente qui&#13;
132 n’ont ozé les absoudre, mais qui ont trouvé&#13;
133 le detour d’en renvoier le Jugemt a Rome et il y en&#13;
134 a eu cent quatorze qui les ont condamnez.&#13;
135 Le Jesuites p.r Se vanger de la Sorbonne ont fait&#13;
136 un Journal historique de ces assembléez ou ils&#13;
137 dechirent les Docteurs qui ne Sont pas pr eux et&#13;
138 raportent Sans aucune verité leurs Sentimens.&#13;
139 M.rs de Sorbonne ont meprisé ces injures, aussi&#13;
140 bien que les Reflexions quils ont fait Sur leur&#13;
141 censures en disant que c’est par vengeance&#13;
142 que la Sorbonne a censuré leurs livres,&#13;
143 quelle est trop leur ennemie p.r estre leur&#13;
144 juge, quelle ne l’est point en fait de Doctrin[e]&#13;
145 quelle S’est trop declaré contre la Societé&#13;
146 autre fois p.r estre regardée co’e equitable&#13;
147 aleur esgard. M.rs de Sorbonne contre qui les&#13;
148 Jesuites ont fait ces reproches Lors quils ont&#13;
149 censuré leurs livres en plus de vingt censures,&#13;
150 ont toujours meprisé ces reproches, et leurs&#13;
151 censures n’en ont pas esté moins Suivies.&#13;
152 La mort du Pape est arrivée lors quil estoit a&#13;
153 la veille de Juger a Rome n’re grande affre&#13;
154 contre les Jesuites qui ont fait milles incidens&#13;
155 p.r esloigner ce coup dans lesprance de&#13;
156 cette mort prochaine, Le Pape clement onze&#13;
157 a eté eslu, qui estoit estant le cardinal albane&#13;
158 le meilleur ami des Jesuites. Jls esperoient quils&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
159 obtiendroient de lui quil pendroit cette aff.re au&#13;
160 croc, et ne la jugeroit pas; mais Jl a cru ne&#13;
161 pouvoir laisser une question Si importante Sans&#13;
162 la decider. Jl a fait tenir le 16. de Jan.er une&#13;
163 congregation de Cardinaux en Sa presence;&#13;
164 Dans cette Congregation Jl leur dit questant&#13;
165 Card.l Jl avoit cru que laff.re de la chine&#13;
166 demandoit une prompte decision, quil estoit&#13;
167 mesme facheux que Rome eust esté consultée&#13;
168 plus.rs fois et neust pas encore rendu une reponse&#13;
169 Si precise qu’on fist cesser les disputes, questant&#13;
170 devenu Pape Jl nevouloit pas Suivre la pensée&#13;
&#13;
�2 Avril 1701.&#13;
9&#13;
&#13;
171 quil avoit eue estant Cardinal, Sans avoir pris&#13;
172 l’avis de Ses confreres. Apres quoy le Card.l de&#13;
173 Bouillon et trois ou quatre au’ cardinaux quil&#13;
174 avoit gagné opinerent p.r representer que&#13;
175 laff.re estoit tres difficile, tres ambarassante,&#13;
176 qu’elle demandoit de tres grands esclaricissemens,&#13;
177 quil valoit mieux attendre encore dix ans p.r en&#13;
178 avoir que de la decider trop tost (vous remar=&#13;
179 querez que laff.re a commencée en 1633. et elle a esté&#13;
180 portée par nos M.rs de nouveau au S.’ Siege en 1696.)&#13;
181 Jl ajouta qu’on devoit bien prendre garde despargner&#13;
182 en cette aff.re la Societé, par ceque Son deshonneur&#13;
183 retomberoit Sur LEglise, &amp;. En un mot Jl dit tout&#13;
184 cequon peut dire deplus outré en faveur des Jesuites.&#13;
185 Jl avoit Sollicité hautemt p.r eux co’e Jl a fait p.r M de Cambray&#13;
186 Jl fut refuté par un grand nombre de&#13;
187 cardinaux qui parlerent apres lui et qui&#13;
188 dirent que cette aff.re estoit pleinemt esclaircie&#13;
189 que les Jesuites avoient trop esccrit et contredit, p.r&#13;
190 quils ne fussent pas compris en cette aff.re que&#13;
191 LEglise en g’ral estant accusée par les heretiques&#13;
192 de Souffrir LJdolatrie dans Son Sein Jl falloit&#13;
193 faire voir que c’estoient quelques uns de Ses enfans&#13;
194 qui estoient dans lerreur, que les Jesuites devoient&#13;
195 Sacrifier leur propre reputation a LEglise, et il&#13;
196 fut conclu a la pluralité des voix que dis je Jls&#13;
197 estoient plus de trois contre un, que lon reprendroit&#13;
198 incessamm.t laff.re quelle Seroit decidée absolum’&#13;
199 et qu’on agiroit Sur les anciennes informations&#13;
200 faites. En consequence Le pape depuis le 4. mars&#13;
201 fait tenir tous les Jeudis des congregations en&#13;
202 Sa presence p.r cette aff.re on en espere un&#13;
203 Jugem.t avant trois mois. Dieu le veuille.&#13;
204 Nous avons beaucoup a nous loüer de la retenüe&#13;
205 du Roi en cette aff.re Jl n’a pas voulu Se declarer&#13;
206 et attend que Rome decide. C’est beaucoup p.r un&#13;
207 Prince qui a un Confesseur Jesuite.&#13;
208 mais autant quil est moderé, autant les Jesuites&#13;
209 et tous leurs partisans Sont emportez. Jls ont peine&#13;
210 a voir qu’apres nous estre declarez contre eux, nous&#13;
211 allions teste levée dans Paris. Jls estoient Si&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
212 accoutumez a faire voler les lettres de cachet&#13;
213 quils ont peine de voir quelles ne Soient pas&#13;
&#13;
�11.&#13;
&#13;
214 venues fondre Sur nous. mais c’est une terrible&#13;
215 aff.re que davoir a Se declarer contre des gens&#13;
216 Si puissans par eux mesmes, par leurs richesses&#13;
217 par leurs partisans par leurs intrigues et&#13;
218 plus que tout cela, par un confesseur du Roi&#13;
219 qui a toutes les Semaines Loreille du Prince&#13;
220 Sans ce dernier article, Nous pouvons assurer&#13;
221 que les Jesuites auroient peine a Se Soutenir.&#13;
222 Jls ont retiré Le P. Le Comte de la cour peu apres&#13;
223 que M Prioux eut denoncé en Sorbonne Ses&#13;
224 propositions, Jls Sassemblerent en Juillet d.er&#13;
225 a mont Louis chez Le P. La chaize les gros bonnets&#13;
226 des trois maisons furent appellez. et Jl fut resolu&#13;
227 que Le P. Le comte Se retireroit de Paris et iroit a&#13;
228 Rome Sous pretexte de deffendre Sa cause contre n’re&#13;
229 denonciation, quil laisseroit la charge de confesseur&#13;
230 de Mad.’ La Duchesse de Bourgogne, et que Le P de la&#13;
231 chaize p.r len faire Sortir avec honneur prieroit&#13;
232 le Roi de lui dire quelques honnestetez, et de lui&#13;
233 accorder une pension laff.re S’est ainsy passée&#13;
234 LeP. Le comte est a Rome depuis le mois de 7.bre Jl eut&#13;
235 devant M Le Card.l dEstrée une conference avec M.&#13;
236 de Leonissa Sur ces difficultez l’authorité des livres chinois,&#13;
237 M. Le Card.l d’Estréez estoit trop disposé a faire&#13;
238 plaisir au P Le Comte. cepend.t ce bon Pere&#13;
239 estant pressé par M de Leonissa de lire des&#13;
240 passages des livres chinois queM de Leonissa&#13;
241 lui objectoit fut forcé davoüer quil ne&#13;
242 Scavoit pas lire le chinois. Pourquoy&#13;
243 donc en a til tant escrit et Si affirmativemt&#13;
244 Depuis que Le Pape eut resolu de reprendre&#13;
245 laff.re de la chine. Le P. Le comte Sollicita&#13;
246 fortem.’ p.r estre oui en congregation.&#13;
247 Le Pape en parla aux Cardinaux et il nous&#13;
248 est revenu (mais nous ne Sommes pas Si Seurs&#13;
249 de cecy que de tout ce que Je vous ay escrit&#13;
250 cy dessus) que Le Pape dit qu’on ne pouvoit&#13;
251 refuser aux parties destre escoutéez Si elles&#13;
252 le demandoient, mais qu’avant que d’escouter&#13;
253 Le P. Le comte, Jl falloit quil eust une&#13;
254 procuration du General de la compagnie&#13;
255 afin quil ne pust estre desavoué Sur ce&#13;
256 quil auroit avancé en congregation, et que&#13;
257 deplus Jl mettroit pas escrit, Signeroit et&#13;
&#13;
�12.&#13;
&#13;
13. 2 Avril 1701&#13;
&#13;
258 deposeroit a la congregation tout ce&#13;
259 quil auroit a dire avant quede parler. ce&#13;
260 qui est tres Seur c’est que depuis ce tempsla&#13;
261 Le P. Le Comte ne presse plus p.r estre entendu&#13;
262 et il a dit tout recemm.t au Pape quil&#13;
263 croioit inutile de parler en congregation.&#13;
264 Jl faut encore vous esclaircir une chose qui&#13;
265 les touche fort. L’an passé au mois de Juillet&#13;
266 Le Bruit Se repandit dans Paris, et on nous dit&#13;
267 que cela venoit de Rome que M deLionne&#13;
268 avoit esté honteusem.’ chassé d’une province de&#13;
269 La chine et maltraité et qu’on lui avoit&#13;
270 renversé cinq Eglises, et tout cela par les&#13;
271 intrigues des Jesuites. Nous n’en avions rien&#13;
272 appris et nous nous contentions de dire&#13;
273 que cela ne pouvoit estre, puisque nous ne&#13;
274 le Scavions pas. Au mois daoust arriva&#13;
275 lamphitrite qui revenoit de la chine, et nous&#13;
276 apporta nos lettres. Nous y apprismes&#13;
277 queM. Labbé de Lionne avoit voulu de concert&#13;
278 avec M Dargoli Evesque et les au’ miss.res&#13;
279 establir une Eglise a Nient cheou, et le reste de&#13;
280 ce que vous lirez dans un Jmprimé que Je vous&#13;
281 envoieray mais co’e Jl n’estoit pas vray que&#13;
282 M. de Lionne eust esté chassé et qu’on eust&#13;
283 renversé cinq Eglises parla faute des Jesuites&#13;
284 nous nous contentasmes de dire que c’estoient&#13;
285 nouvelles fausses Sans dire le mal que Le P Jesuites&#13;
286 avoient fait, nous dismes Seulem’ le bien&#13;
287 que les Jesuites francois avoient fait a M. L’ab.&#13;
288 de lionne. Eux ne Se contenterent pas de cela,&#13;
289 et quoiquils fussent bien informez de ce qu’on&#13;
290 pouvoit dire contre eux Sur ce Sujet, Jls ne&#13;
291 laisserent pas de faire une petite relation de&#13;
292 ce quils pretendoient S’estre fait en cette occasion&#13;
293 Sans cette relation Jls taxoient M. de Lionne&#13;
294 dJmprudence de legereté et davoir exposé lareligion&#13;
295 a deux doits de Sa perte, et Se mettoient Sur le trone de&#13;
296 la Sagesse, ou ils Se couronnoient de leurs propres&#13;
297 mains, faisoient valoir leurs Services, nous taxoient&#13;
298 dJngratitude &amp;. La mere de M. Labbé de Lionne&#13;
299 qui vit que les Jesuites avoient fait Jmprimer&#13;
300 cette relation apres l’avoir fait courir&#13;
&#13;
�14.&#13;
&#13;
301 manuscritte escrivit a M. charmot a Rome p.r le&#13;
302 prier de lui mander ce qui S’estoit passe en cette&#13;
303 occasion. M. charmot lui escrivit une lettre&#13;
304 quelle a fait imprimer, dans la quelle Jl a&#13;
305 enlevé deux lettres de M. Lab. de lionne au P.&#13;
306 Grimaldi Jesuite et aux Jesuites francois et&#13;
307 deux de M Dargoli qui raportent le fait&#13;
308 d’une maniere qui excite lindignation contre&#13;
309 les Jesuites. Cela a achevé deles Jrriter contre Nous.&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
310 voila ou nous en Sommes avec eux en&#13;
311 france; vous Jugez bien qu’estant dans&#13;
312 une telle Situation Nous nestions guere&#13;
313 propre a accommoder laff.re des Tamarois.&#13;
314 En effet nos Mess.r ayant trouvé que&#13;
315 Mgr de Quebec estoit resolu de Soutenir en&#13;
316 cela Sa jurisdiction, S’en Sont decharger Sur&#13;
317 lui. Jls ont Seulem.’ dit a Mad.’ de maintenon&#13;
318 et mesme a M. Larch. de Paris et a M de&#13;
319 Pont chartrain que vous Jugiez les missions&#13;
320 d’en bas insoutenables Sans ce poste, et que&#13;
321 p.r dedommager mesme les Jesuites, (Si domage&#13;
322 y avoit) vous offriez aux Jesuites une&#13;
323 mission a leur choix dans toutes leurses missions.&#13;
324 qui nous ont esté accordéez. Les Jesuites ont&#13;
325 commencé de dire icy ce que vous me&#13;
326 marquez du P. Bouvart quil estoit convenu&#13;
327 que M’gr Lancien et vous d’y rester&#13;
328 ensemble, et d’y faire conjointem’ en deux&#13;
329 eglises Separéez toutes les fonctions de&#13;
330 miss.re Le P. Lamberville l’a dit partout&#13;
331 mais Mgr de Quebec ayant dit aux Jesuites&#13;
332 que cela ne lui convenoit pas, et quil vouloit&#13;
333 quil n’y eust dans ce lieu que des miss.res dun mesme&#13;
334 corps, leur a demandé de conferer ensemble&#13;
335 Sur cette aff.re et plus.rs au’ quil avoit a&#13;
336 regler avec eux; Les Jesuites qui ont veu&#13;
337 M. Larch. de Paris absent a cause du Conclave&#13;
338 dou il devoit revenir au commencem.’ de&#13;
339 fevrier ont pressé Mgr de Q. de prier M.&#13;
340 Larch. dauche Son parent, mais qui est le&#13;
341 plus devoüé aux Jesuites et au P. de la chaize&#13;
342 quils ayent dans le clergé destre leur arbitre&#13;
343 p.r esviter M. Larch. de Paris qu’ils disent&#13;
&#13;
�16.&#13;
&#13;
344 estre leur ennemi declaré. Mgr de Quebec&#13;
345 a eu plus.rs conferences chez lui avec eux,&#13;
346 et il m’a assuré avoir parlé aussi fortem’&#13;
347 qu’il devoit. Jl les a tellem.’ pressé quayant&#13;
348 declaré a M Dauche que Surtout le reste&#13;
349 Jl Se pouvoit relâcher, mais que Sur laff.re&#13;
350 des Tamarois Jl tiendroit ferme, et vouloit&#13;
351 estre obei, qu’ainsy les Jesuites ne pouvoient&#13;
352 esperer de lui dans ce lieu aucune jurisdic=&#13;
353 =tion, Les Jesuites lui ont dit qu’a la bonne&#13;
354 heure ils y resteroient a rien faire, mais&#13;
355 quils y resteroient par lauthorité quils ont&#13;
356 du Roi de S’establir partout. Jugez de la&#13;
357 Si on peut en esperer quelque chose. Je&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
358 les connois en cela tels en canada que&#13;
359 nous les connoissons a la chine, et tels par&#13;
360 tout le monde, incapables dentendre raison&#13;
361 Sur ce quils croient pouvoir prejudicier&#13;
362 a la compagnie. Nous en avons parlé a&#13;
363 M. de Pont chartrain qui est tout dans&#13;
364 leurs interests, et lui avons fait comprendre&#13;
365 le peu de droit quils y ont, limpossibilité&#13;
366 que vous nous marquez avoir de vous en&#13;
367 passer, et les inconveniens que deux differens&#13;
368 corps Soient dans un mesme lieu mais&#13;
369 rien ne les fera ploier, et Je mattends bien&#13;
370 quils Se roidiront ladessus, co’e S’il Sagissoit&#13;
371 de la possession d’une couronne Je n’ay pas&#13;
372 veu beaucoup le P. Lamberville acause&#13;
373 de tout cela, car Je le vois Si ardent ladessus&#13;
374 que p.r ne pas contester J’aime mieux ne le&#13;
375 pas voir.&#13;
376 Nous n’avons rien obtenu cet automne du clergé&#13;
377 dans Lassemblée derniere p.r nos missions de&#13;
378 misissipi. on est Si Surchargé de Decimes, dons&#13;
379 gratuits et a present de la capitation qu’on est&#13;
380 moins large a faire de bonnes œuvres. Les Jesuites&#13;
381 y ont cepend.t obtenus d’estre exempts de Dons gratuits&#13;
382 et Selon toutes les apparences ce Sera le mesme de la Capitation&#13;
&#13;
M. de&#13;
montigni&#13;
&#13;
383 Nous n’avons de mesme pu reussir en rien&#13;
384 p.r des unions de benefices a ces missions; Jl&#13;
385 ne S’est rien presenté p.r cela.&#13;
386 Vous avez esté bien aises de M de montigni&#13;
&#13;
�18.&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
387 revinst en france, et vous avez cru que&#13;
388 Son retour Seroit avantageux aux missions&#13;
389 de misissipi. vous Scaurez bientost que c’est&#13;
390 tout le contraire, car Jl n’est pas plutost&#13;
391 arrivé a Paris dans le mois de Septembre,&#13;
392 (J’estois p.r lors en voiage, dans le Berri p.r&#13;
393 visiter meobec et nos Prieurez, mais J’avois&#13;
394 recommandé de le recevoir bien de ma part et&#13;
395 delui offrir tout ce dont il auroit besoin).&#13;
396 quil a paru dégouté du misissipi, et resolu&#13;
397 de lequitter. Jl avoit amené charles quil dit&#13;
398 estre un donné avec lui, ce qui, co’e vous Jugez&#13;
399 alloit a une grosse depense. Jl nous a fait&#13;
400 un raport de ce pays qui est fort esloigné&#13;
401 de l’idée que vous en avez en canada.&#13;
402 Jl pretend que ce pays est tres difficile a établir&#13;
403 du côté de la mer, que tout le bas est inondé,&#13;
404 et inhabitable, que le fleuve n’est pas Navigable&#13;
405 par Ses tours et detours, quil ny a rien a&#13;
406 faire du côté du commerce, quune colonie&#13;
407 Sera tres difficile a former, qu’il n’y a pas tant&#13;
408 de Sauvages qu’on Se l’imagine, que Six ou Sept&#13;
409 Suffiront p.r remplir tous les postes qui en&#13;
410 meritent. Jl nous a assuré que depuis les&#13;
411 Tamarois jusqu’a la mer, Jl n’y avoit pas&#13;
412 vingt mil ames tout le long dufleuve&#13;
413 de misissipi. Jl nous fit dailleurs comprendre&#13;
414 les horribles depenses qu’un miss.re fait p.r des&#13;
415 domestiques p.r les voiages, p.r les presens aux&#13;
416 Sauvages; Deux mil livres ne Suffiroient pas&#13;
417 p.r Chaque miss.re Sur ce pied la; Jl nous fit&#13;
418 aussi entendre legrand danger ou etoit exposé un&#13;
419 jeune prestre dans une nation Si corrompüe, et&#13;
420 Sil navoit un au’ confrere p.r le Soutenir.&#13;
421 En un mot tout ce quil nous en a dit nous a&#13;
422 tres fort dégousté de ces missions et fait&#13;
423 craindre que ce ne fust pas ce quon vous&#13;
424 en avoit raporté.&#13;
425 C’est Sur ce raport que fut fondée la resolution&#13;
426 ou il nous dit quil estoit ou daller dans les&#13;
427 missions de la chine chercher a y exercer Son&#13;
428 Zele, Si on vouloit l’y recevoir, ou de Se&#13;
429 retirer a la Trape Si on ne le jugeoit pas&#13;
430 propre p.r ces missions.&#13;
&#13;
�20.&#13;
&#13;
431 Nos Mess.r ne lui repondirent rien dans&#13;
432 les commencemens Sur ce Sujet. Ensuite&#13;
433 Jls lui dirent que cela demandoit bien de&#13;
434 consulter et mesme le reprirent plus.rs fois&#13;
435 de Sa trop grande ardeur a vouloir Scavoir&#13;
436 cequils pensoient de lui. Enfin apres lui&#13;
437 avoir proposé que Si les missions de&#13;
438 misissipi ne lui plaisoient pas, nous Serions&#13;
439 ravis quil retournast au Sem.re de Quebec&#13;
440 y estre un des Directeurs a quoy il nous dit&#13;
441 avoir une entiere opposition. Enfin nos&#13;
442 Mess.r voyans d’ailleurs dans lui de bonnes&#13;
443 qualitéz et ne voulans pas perdre un&#13;
444 bon Sujet, Sçachans qu’en effet il iroit a&#13;
445 la Trape Se retirer Si on le refusoit resolurent&#13;
446 de le recevoir et l’admirent p.r les missions&#13;
447 de la chine. Jl nous assura que M.rs&#13;
448 Bergier, S.t cosme, Davion, foucaut et&#13;
449 Bouteville estoient plus que Suffisans p.r&#13;
450 remplir tous les postes a remplir dans ces&#13;
451 missions.&#13;
452 Jl ma cepend.t fallu paier pour prez de&#13;
453 8. ou 900.# de lettres de change quil avoit&#13;
454 donné a M. DJberville a prendre Sur moy.&#13;
455 Jl me dit que ces lettres de change&#13;
456 estoient p.r avoir paié plus.rs domestiques&#13;
457 Sur les lieux dont Jl me donna alors le&#13;
458 memoire, et il l’a envoié aussi a nos Mess.&#13;
459 mais ce fut encore bien pis quand Jl fut&#13;
460 destiné aux missions de la chine J’eus&#13;
461 des combats Sans nombre a Soutenir contre&#13;
462 lui en presence de nos Mess.rs Jl vouloit que&#13;
463 Jenvoiasse aux miss.res de misissipi p.r plus&#13;
464 de 3000.# deffets p.r achever disoit il depaier&#13;
465 leurs Domestiques et les mettre en etat de&#13;
466 Subsister et de faire des etablissemens. Javoi[s]&#13;
467 fait un memoire de choses qui me paroissoi[t]&#13;
468 leur estre assez necess.res que J’avois prié M&#13;
469 Grignon d’accomplir qui pouvoit monter&#13;
470 a Six ou Sept cent livres M de montigni&#13;
471 n’en estoit pas content et me regardoit&#13;
472 co’e un homme dur et Jmpitoyable; Jl a&#13;
473 fallu que Je lui aye rendu compte en presen[ce]&#13;
&#13;
�2 Avril 1701.&#13;
21.&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
474 de nos Sup.rs des raisons que Javois de ne&#13;
475 pas envoier a nos Mess.rs bien des choses&#13;
476 quils demandoit parce quils les devoient&#13;
477 avoir receues par M.rs Bergier et M. foucaut.&#13;
478 Je n’ay pas manqué de lui remontrer&#13;
479 avec honnesteté qu’en quittant les missions&#13;
480 de misissipi Jl nous laissoit oberez p.r ces&#13;
481 missions quil nous avoit fait entreprendre,&#13;
482 Jl me dit quil estoit convenu avec vous&#13;
483 de paier p.r toutes choses Son tiers dela 1.ere&#13;
484 depense de cette entreprise, et quil n’estoit&#13;
485 obligé arien davantage; que c’estoit encore&#13;
486 beaucoup p.r lui de laisser a Sa mission tout&#13;
487 Son petit équipage quil y avoit laissé Sans&#13;
488 enrien réclamer, mais quil ne pouvoit faire&#13;
489 rien de plus. Tout ce que J’ay fait c’est qu’apres&#13;
490 Son depart, co’e il ma laissé le Soin de Ses&#13;
491 aff.res J’ay imputé Sur Son compte la depense&#13;
492 que lui et Son Domestique ont fait en france&#13;
493 Nous avons fait ce que nous avons pu&#13;
494 jusqu’a present p.r demander a M de&#13;
495 Pont chartrain la continuation de la gratifi&#13;
496 cation de 3000# p.r nos missions de misissipi.&#13;
497 M. de Pontchartrain a paru au commencem/&#13;
498 n’y estre pas bien opposé, mais il a formé&#13;
499 bien des difficultez dans une audiance quil&#13;
500 donna avant hier a M Lab. de Brisacier&#13;
501 qui vint expres avec moy a versailles&#13;
502 p.r nos aff.res Cepend.t co’e il nous paroist&#13;
503 que la cour a envie de conserver ce pais&#13;
504 la p.r former comme une barriere contre&#13;
505 les anglois p.r mettre a couvert les&#13;
506 espagnols, et que lon a dessein mesme&#13;
507 dattirer par les miss.res les Sauvages a&#13;
508 la colonie francoise, Sur tout ceux&#13;
509 qui Sont en tirant vers la nouvelle&#13;
510 angleterre la virginie et la caroline,&#13;
511 Je crois que nous pouvons dans cette&#13;
512 esperance obtenir que nos 3000.#&#13;
513 Soient continuez.&#13;
514 Mais croiez vous que ce Soit un Secours&#13;
515 p.r le Sem.re de Quebec, p.r layder a Se&#13;
516 rembourser. Je n’en crois rien cette&#13;
&#13;
�23.&#13;
&#13;
24.&#13;
&#13;
517 mission consommera et au dela tous les&#13;
518 ans Ses 3000.# Je lui ay dejà envoié ce&#13;
519 mois de Jan.er p.r Six ou Sept cent livres&#13;
520 deffets par un vaisseau qui a remené&#13;
521 charles le Domestique de M. de montigni&#13;
522 Je compte que Si nous obtenons nos 3000.&#13;
523 Jl faudra bien depenser le Surplus de ces 700.&#13;
524 jusqua 3000. p.r envoier a nos M.rs tout&#13;
525 ce qui leur est necess.re et peutestre mesme&#13;
526 p.r y envoier quelq’ bon Sujet qui avec&#13;
527 M Bergier Soutienne cette mission&#13;
528 avec honneur. car a vous parler franchem’&#13;
529 Je neScay Si M. S.t cosme ni Son frere y Sont&#13;
530 propres. M Bouteville n’y fera pas grand&#13;
531 chose; On ne peut guere compter que Sur&#13;
532 M. Bergier M Davion et M. foucaut.&#13;
533 Nous lavons dit a M de Pont chartrain que&#13;
534 nous pouvions repondre de ces trois Sujets.&#13;
535 Jl faut que vous engagiez par vos lettres&#13;
536 ces M.rs a Se jetter plutost dans ces missions&#13;
537 qui Sont entre les anglois et le fleuve de&#13;
538 misissipi, (car c’est lintention de la&#13;
539 cour) que daller vers les Panis et autres&#13;
540 nations esloignéez. Jl faut de plus que&#13;
541 nos M.rs Se reünissent ensemble, et ne&#13;
542 Soient pas Si esloignéz; les frais des voiages&#13;
543 Sont immenses. Jl faut quils Se Soutiennent&#13;
544 les uns les autres, et plus Jls seront autour&#13;
545 des Tonicas et Natchez plus ils tireront&#13;
546 facilem’ leur Secours par la mer. car&#13;
547 d’en attendre du Canada, M de montigni&#13;
548 le croit co’e Jmpossible, et pense que&#13;
549 ni les Sujets ni les effets ne doivent pas&#13;
550 venir du Canada. ces voiages Sont d’une&#13;
551 trop grande depense, Jl faut y essuyer&#13;
552 trop de fatigues et de dangers. cest ainsy&#13;
553 que M de montigni nous en a parlé, et&#13;
554 il croit que vous ne pouvez donner du&#13;
555 canada ni la conduite duSpirituel, ni&#13;
556 le Soutien du temporel.&#13;
557 Sur ce pied la pourquoy tant contester&#13;
558 aux Jesuites les Tamarois. C’est ainsy&#13;
559 qu’en pensent nos M.rs, et ce n’a esté&#13;
&#13;
�25.&#13;
&#13;
2 Avril 1701:&#13;
&#13;
26.&#13;
&#13;
560 que par une pure deference p.r vos lettre[s]&#13;
561 quils n’ont pas declaré que p.r faire cesse[r]&#13;
562 le trouble Jls renoncoient a celieu, et&#13;
563 labandonnoient aux Jesuites quelque&#13;
564 droit que nous y eussions. Jls ont cepend.’&#13;
565 Soutenu celieu co’e Sil leur eust esté&#13;
566 d’une grande consequence, et quand nou[s]&#13;
567 parlasmes encore mardi a M de Pontchar&#13;
568 =train Jls lui firent comprendre la Necessit[é]&#13;
569 ou nous estions de conserver celieu&#13;
570 avec le droit que nous y avions pasle&#13;
571 besoin absolu qu’on nous mandoit que&#13;
572 nous en avions p.r Soutenir nos missions&#13;
573 de misissipi&#13;
574 vous apprendrez la mort duPere de M&#13;
575 Bergier a qui Jenvoye des lettres de Sa&#13;
576 famille que Je vous prie delui faire&#13;
577 tenir le plutost que vous pouvez, afin&#13;
578 quil envoye les pouvoirs necess.res p.r vaquer&#13;
579 a cette Succession qui est fort ambarassée&#13;
580 parceq’ Son pere afait de gros legs a&#13;
581 lhopital de S.’ vallier et auSem.re de&#13;
582 vienne et a plus.rs particuliers.&#13;
583 Nous avons parlé a M de Pont chartrain&#13;
584 deM Maudoux et des plaintes qu’on&#13;
585 faisoit de lui a Laccadie. Jl ne nous a&#13;
586 pas paru persuadé de Son commerce&#13;
587 pretendu, et de Son inclination p.r les&#13;
588 anglois. Jl a dit que bien loing de desirer&#13;
589 qu’il quittast Laccadie, Jl estoit bienaise&#13;
590 quil y restast et qu’on y mist un plus&#13;
591 grand nombre de prestres, Jl dit Seulem’&#13;
592 contre M. Maudoux quil lui est revenu&#13;
593 quil estoit trop interessé, et quil avoit&#13;
594 refusé d’enterrer M. vilbon jusqu’a ce&#13;
595 qu’on lui repondist de lui paier Ses droits&#13;
596 funeraires, ce que villieu fit. M de&#13;
597 Brisacier lui dit quil l’ignoroit mais&#13;
598 que Si cela estoit, il Seroit le 1.er a&#13;
599 condamner M. Maudoux. J’escris aM&#13;
600 Maudoux qu’il faut quil esclaircisse&#13;
601 ce fait, et que Sil est faux il faut&#13;
602 quil en escrive p.r Se justifier aM&#13;
&#13;
�27.&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
603 de Pont chartrain, et quil en fasse&#13;
604 escrire M. de Brouillan qui y va en&#13;
605 qualité de commandant, et avec qui&#13;
606 Jespere quil vivra mieux quavec M&#13;
607 de vilbon.&#13;
608 M de Pont chartrain nous dit aussi estre&#13;
609 tres assuré par des informations tres&#13;
610 justes que les Dixmes des mines valent&#13;
611 bon an mal an. 900. celles de Port roial&#13;
612 600. et celles de Beau bassin 140. ou 150.#&#13;
613 Jl ne faut pas, Monsieur apres cela&#13;
614 que vous alliez dire que cela nest pas&#13;
615 vray, Jl faudroit donner des preuves&#13;
616 quelles valent moins. Trois commiss.res&#13;
617 consecutifs que la cour envoie tous&#13;
618 les ans a Laccadie lui ont fait ce&#13;
619 raport. Je mande a M. Maudoux&#13;
620 Si cela nest pas vray de m’en envoyer&#13;
621 des preuves attestéez par M de Brouillan&#13;
622 M. de Pont chartrain vouloit faire revenir&#13;
623 M Gay de Laccadie par une lettre de&#13;
624 cachet, mais M. Le Sup.r la prié de&#13;
625 mander Seulem.’ a M de Brouillans&#13;
626 de le renvoyer dans le 1.er vaisseau qui&#13;
627 reviendra en france.&#13;
628 vous estes plus autant en faute de lavoir envoyé&#13;
629 a Laccadie, apres ce que Je vous en avois&#13;
630 escrit en vous lenvoiant que nous le&#13;
631 Sommes de vous lavoir envoyé. on fait&#13;
632 quand on veut lhypocrite pendant un&#13;
633 an dans une maison reglée.&#13;
634 Je vous envoye cette année le petit&#13;
635 Neveu de hubert houssart. Je l’ay gardé&#13;
636 auSem.re ou J’en au esté fort content. Jl&#13;
637 est a p’nt plus grand et plus fort, Jl ma&#13;
638 cousté a le nourrir et lentretenir et vous&#13;
639 Jugez bien que cela ne peut aller que&#13;
640 Sur lecompte du Sem.re, Jaurois besoin&#13;
641 enverité p.r mes commissions d’un&#13;
642 enfant aussi actif et aussi adroit. Jl m’a&#13;
643 bien Servi pend.t cette année.&#13;
644 vous direz a M Martin que J’ay acheté&#13;
645 p.r lui des ornemens quil trouvera dans&#13;
&#13;
�29.&#13;
&#13;
30.&#13;
&#13;
646 nos balots. Jelui envoye aussi un reveil&#13;
647 mais le reveil Surtout couste plus quil&#13;
648 n’a envoié.&#13;
649 vous direz aussi aM. Soumande que&#13;
650 Jelui envoye un beau Ciboire p.r S.te anne&#13;
651 qui ne couste guere que 150.# J’ay receu&#13;
652 quelq’ chose p.r le metal de S.te anne Jl me&#13;
653 doit le Surplus.&#13;
654 vous direz aussi a M de Requeleyne que&#13;
655 Jay receu p.r lui cent francs en huit&#13;
656 Louis dor de Mons.r Sonfrere. Jen ay&#13;
657 acheté p.r lui une livre de Theriaque&#13;
658 que vous trouverez dans nos balots&#13;
659 vous lui donnerez le Surplus qui va a 90.#&#13;
660 Je vous envoye Monsieur, par un effort&#13;
661 au dessus de mes forces la plus grande partie&#13;
662 de votre facture; vous lirez dans la lettre de&#13;
663 M’gr Lancien ceque Je lui ecris a ce&#13;
664 Sujet et des lettres de change quil a tiréez&#13;
665 et vous aurez la bonté Suivant ce que&#13;
666 Je lui demande.&#13;
667 1.0 De m’arrester tous les comptes de mes&#13;
668 recettes et depenses pr.r Mgr Lancien et&#13;
669 le Sem.re depuis que Je Suis en france, et que&#13;
670 J’en Suis chargé, Si vous les trouvez Justes,&#13;
671 Si non mandez moy ce quil y a de defec=&#13;
672 =tueux. mais Je vous demande tous les ans&#13;
673 darrester mon compte p.r le Sem.re, co’e&#13;
674 vous larrestez p.r le chapitre en y faisant&#13;
675 Signer M’gr L’ancien.&#13;
676 2.0 vous connoissez vos revenus; convenez&#13;
677 une bonne fois avec M’gr Lancien de ne&#13;
678 point maddresser de fracture, et de ne tirer aucune&#13;
679 lettre de change que vous ne Scachiez bien&#13;
680 que J’aye les fonds, autrement, ostez moy&#13;
681 le Soin devos aff.res J’y donne tout le Soin&#13;
682 et toute lapplication possible, et Si J’ay&#13;
683 quelque chose a me reprocher c’est de m’en&#13;
684 donner peut estre trop, mais Je ne puis les&#13;
685 Soutenir dez quil n’y a point de mesures.&#13;
686 J’ay esté poussé a bout cette année. J’ay&#13;
687 voulu en remettre le Soin. M Labbé de&#13;
688 Brisacier en doit escrire a M’gr&#13;
&#13;
�31.&#13;
&#13;
32.&#13;
&#13;
689 Lancien. Si J’ay fait cette année un&#13;
690 dernier effort c’est par un respect&#13;
691 tres grand que J’ay pr Mgr Lancien&#13;
692 et p.r vous, mais Soiez tres assuré questant&#13;
693 a present averti, et le devant estre par&#13;
694 M Labbé de Brisacier mesme, Je ne&#13;
695 croiray plus manquer au respect&#13;
696 et a la consideration particuliere&#13;
697 que J’ay p.r M’gr et p.r vous, quand&#13;
698 Je laisseray protester toutes les lettres&#13;
699 de change, et refuseray daccomplir&#13;
700 aucune facture que Je ne Sois entierem’&#13;
701 remboursé. Permettez moy de vous&#13;
702 representer avec tout lerespect dont Je&#13;
703 Suis penetré p.r vous que vous ne&#13;
704 devez pas me dire que Je feray ceque&#13;
705 Je pouray. Je ne puis au dela de mes forces,&#13;
706 c’est a vous et a Mgr Lancien a&#13;
707 regler vos depenses Sur vos revenus.&#13;
708 Si vous ne pouvez Soutenir tant de&#13;
709 depenses renvoiez de chez vous tous&#13;
710 les enfans et ne gardez que ceux qui&#13;
711 ne vous coutent rien. retranchez en&#13;
712 un mot tout ce qui vous Surcharge.&#13;
713 Je Suis en verité Monsieur tres peu&#13;
714 édifié que p.r vous Sur charger de&#13;
715 quantité de bonnes œuvres que&#13;
716 vous ne pouvez Soutenir, vous reduisiez&#13;
717 votre Sem.re a boire de l’eau, ou du moins&#13;
718 delapetite biere cela n’est nullem.’ du&#13;
719 goust de nos M.rs et ne comptez pas attirer&#13;
720 chez vous quelques Sujets un peu raisonnables&#13;
721 p.r vous aller aider tandis qu’on Scaura&#13;
722 qu’on vit ainsy a Quebec Jl faut avoir&#13;
723 un Soin raisonnable du corps, Si on veut&#13;
724 attirer les esprits a Se porter a un œuvre&#13;
725 qui a dailleurs Ses desagreemens, Jl faut&#13;
726 du moins Satisfaire a la necessité. Je vous&#13;
727 demande en grace de faire part de cecy&#13;
728 a Mgr Lancien et a tous nos Mess.rs&#13;
729 Vous apprendrez en mesme temps la&#13;
730 perte de deux freres qui vous estoient tres&#13;
731 chers, M De la Motte Ango le conseiller&#13;
&#13;
�732 qui est mort cet esté, et Don ango Le&#13;
733 chartreux mort ce mois de fevrier ou&#13;
734 mars. Cestoient deux fruits meurs p.r le&#13;
735 Ciel et consommez en toutes Sortes de&#13;
736 vertus. Pleust a Dieu que ma vie et ma&#13;
737 mort fussent telles que la leur.&#13;
738 Deux de vos Neveux fils du conseiller qu/&#13;
739 estoient a larmée furent cet automne&#13;
740 ensemble prendre lhabit de chartreux&#13;
741 et perseverent dans leur vocation. Jls&#13;
742 vivoient a l’armée estant capitaines&#13;
743 avec autant dedification que Sils eussent&#13;
744 esté chartreux&#13;
745 vous verrez par mon compte de cette&#13;
746 année que Je Seray au 1.er may en&#13;
747 avance p.r le Sem.re de Quebec deplus&#13;
748 12000#&#13;
749 J’ay receu p.r M Callon plus de 450.# que J’ay&#13;
750 imputé Sur le compte du Sem.re parceque Je&#13;
751 le Supose uni a la maison. Je finis en vous&#13;
752 priant dassurer de mes respects M. de Berniere&#13;
753 M. Glandelet et M Du Pré M Pocquet M Buisson&#13;
754 M Petit et tous nos M.rs que Je nomme pas p.r&#13;
755 ne pas faire une litanie Je leur escriray par&#13;
756 les d.ers vaisseaux Je Suis avec respect v’re tres humblet tre&#13;
757&#13;
obeiss.’ Serviteur&#13;
758&#13;
Le 8. avril 1701.&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2021&#13;
Note : Les lignes 756 à 758 sont écrites dans la marge à la verticale.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250521">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11990">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/5bf602cd4f03736dba76e03810e2f039.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=S4CX79CFbJLT7owcHgdKk1Zj1%7Eq12sfrkOTcuJMZXGtQSpHaUAdfhseVWXBESmgNt9ASHKHJL%7E1IITp75TVy1ZUd3F4xU4WcyVqHx-H3YVg5pUoKoeiYMqBrDEya21YIgBsSG2RQXOsBK2pZmrgPB8t08vhO47na9%7EwJrSwHbEg9tDivFIVPSy3xtFbHGtInPC0-8zJAMa3Y9IcVAev%7ECTT9NOqRdAXocmXObY5i%7E0TFQBZwKpHHbBw0-CSI19UiYcGwOuQT5oxr2NiJkPAnYLo4I8y0IFos-0pKA2oEPhyvyeHBAKQo26YTdBZJxnwnn1roXmm%7EY9wiHuAax3f2Cg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>c1d52fdcddf564a02fe9bdc86fa3469b</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250519">
                    <text>��������������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250522">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 31&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250134">
                <text>T5FEWS6I</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250135">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250136">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250137">
                <text>2e lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 2 avril 1701)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250138">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris raconte au supérieur du Séminaire de Québec que lui et le Séminaire de Paris sont heureux de la bonne santé de Laval, ancien évêque de Québec, mais qu’ils ont préféré, malgré la demande de Laval d’héberger chez eux Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, de le convaincre d’aller plutôt loger au Séminaire Saint-Sulpice à Paris, afin d’éviter une quelconque apparence de complot contre les Jésuites, déjà très mécontents contre eux depuis de la lettre au pape concernant missionnaires de la Chine. Saint-Vallier a eu des discussions avec les Jésuites sur les missions du Mississippi, mais qu’il n’a pas pu les faire céder. Il rapporte que Montigny, qui était chargé de la mission du Mississippi, est revenu en France avec un avis très négatif sur ce pays. Il l’a reçu au Séminaire de Paris et il l’a admis pour les missions de la Chine. Il a demandé à Pontchartrain, secrétaire d’État à la Marine de France, la continuité de la gratification pour la mission du Mississippi, mais il doute que cette mission soit rentable. Il lui a aussi parlé de Maudoux, le curé de l’Acadie, qui était accusé de soutenir les Britanniques. Il se plaint d’avoir été poussé à bout par les factures et les lettres de change qu’il a reçues et il le prie de ne pas le surcharger de bonnes œuvres qu’il ne peut soutenir. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250139">
                <text>1702-04-02</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250140">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250141">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11990" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 31&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250142">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250523">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11988" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11989" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
      <tag tagId="852">
        <name>Missions d'Acadie</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="601">
        <name>Protestants</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
      <tag tagId="199">
        <name>Sulpiciens</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18695" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11971">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/a5a3ecfd702db4da79d00f01ab21365d.png?Expires=1779321600&amp;Signature=HpldKPc%7EGsvNFgrYgAJZLnsMoJb1LMkh-tJOW%7E0cXgBN1ypQfoG97rrCcu4o2xvdBXYhrpgks7kAMwQI26ZEn%7E2X5fJJUaNq1eWTbMIvS0i0zH0dEbIKkZGPNMH%7EGs3fDp8x0f4oH0eqw3AVARzlG5nyTbNdZO-mUEpndIJvbXkq%7ES4abBjMo%7E%7EQ%7EzxfsmjJO6AiBAwouX9Z6AE95LySlFVGWoOd0SeYyaSbApQGhIm88RW1qjqNI4WR-lD3%7Exchv6Qq1RQaB1cAGFfIHF1uDgCubINOIBtNnRJixTUawKc49tqJpaAUuWJP2CDMexh3NIlrf5R6uLA6OdtP8c1qFg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11972">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/53cb71d809da45775fa83ab25edfe40f.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=IQXKmwY6sVlLeo5tYyG5sKPW3I1D-zwLDE6CjDXKCmrf6tJKfrcdAHkGjDpGKCAf0x4D18cadRlfWh-usVTCHZ26UQUhsy3EggQ3XMe1QHxSiUOyOXR9Ih2rgwF6XRtfZd8rIYwT7GNqVv3obgQytgCT1bSFtfJli27dwLQaCfazGd-DUkCrdtgI0%7EVpgZJyWR2PwY7Mz5SmB2dvEKCC1QT1640wiJMC2os5Ux99%7EOVUza0tEb2yGXUZiwc7A64IcGnTqP2DAChYjbNyyqsfUwHMBiThtPtIYX7gtCyTL%7E7QXerTrODP8qnx6MR6qBpV8nnQ%7E52J8LP2R8cjG24xnQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>ce74f067b497d4e0c0912bc8e4e5b3d2</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250490">
                    <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 7 avril 1710)&#13;
&#13;
Paris, 7 avril 1710&#13;
Messieurs,&#13;
Je vous écris cette première lettre d’avis par le vaisseau de Bayonne, qui doit partir&#13;
des premières pour Québec et dans lequel on a chargé le vin qu’on avait acheté&#13;
l’an passé pour vous. Vous apprendrez par lui la perte de seul vaisseau qui&#13;
revenait de Québec, où j’ai perdu tellement toutes mes lettres que je n’en ai pas&#13;
reçu une seule de vous dans toute l’année passée. J’ai su seulement par une lettre&#13;
que j’ai reçue de M. de Varennes que vous aviez reçu toutes les miennes. Vous&#13;
aurez la bonté de m’en renvoyer cette année toutes les décharges de comptes et&#13;
autres actes que vous me renvoyez sans doute cet automne. Ce n’est pas ma faute.&#13;
Si vous n’avez pas reçu l’an passé tout ce que j’avais envoyé de si bonne heure à La&#13;
Rochelle. Je crois que M. Bourgine a fait aussi de son mieux, mais le commerce est&#13;
si rompu et toutes les affaires si délabrées qu’on ne peut plus prendre aucune&#13;
mesure juste. On était bien misérable l’an passé. On l’est encore plus cette année et&#13;
on le sera encore plus l’année prochaine si la guerre ne cesse et cependant, je ne&#13;
sais si nous aurons la paix. Il semble que Dieu n’est pas encore satisfait et il est à&#13;
craindre que nous n’éprouvions encore de plus grands malheurs que tous ceux&#13;
que nous avons éprouvés. J’ai eu le malheur de perdre, dit-on, quatre barriques de&#13;
farine que vous m’envoyez. Je vous en suis obligé. Mais cela ne fait qu’augmenter&#13;
nos misères. Il me faut payer la lettre de change que vous avez tirée sur moi pour&#13;
cela.&#13;
Vous saurez que Mgr l’évêque de Québec est de retour en France depuis le mois&#13;
d’août dernier. J’étais alors allé en Berry. Il fit arrêter avant mon retour, entre les&#13;
mains du fermier de Méobecq, ce qu’il me devait. Je n’avais pas voulu faire contre&#13;
lui, pendant sa prison, la moindre procédure et je n’en ai pas encore voulu faire,&#13;
quoi que j’eusse plus de choses à lui demander qu’il n’en a à me demander. Depuis&#13;
ce temps-là, il n’a cessé de présenter des mémoires à M. le cardinal de Noailles&#13;
auxquels il a fallu que nous ayons répondu.&#13;
&#13;
�La 1re de ses demandes dans ses mémoires était de venir demeurer&#13;
avec nous, prétendant en avoir droit. Nous l’avons prié d’en montrer&#13;
les titres. Il se prend à moi de tout et dit que si je voulais,&#13;
MM. de Brisacier et Tiberge signeraient ce que je leur proposerais.&#13;
Vous jugez bien qu’il est fort désagréable d’être en butte à un évêque&#13;
qui me taxe de peu de reconnaissance pour m’avoir imposé les&#13;
mains. Je voudrais n’être pas chargé de telles contestations, qui ne&#13;
me regardent qu’autant que je dois soutenir les intérêts de mes amis&#13;
et d’une maison à laquelle je suis attaché.&#13;
Sa 2e prétention est qu’il veut qu’on révoque et qu’on renonce à une&#13;
donation qu’il a faite au Séminaire de tous les biens après sa mort.&#13;
Nous ne connaissons pas cette donation et quand il nous l’a montrée,&#13;
nous lui avons répondu qu’il pouvait la révoquer. Jugez de là de son&#13;
esprit.&#13;
La 3e demande est qu’il voudrait qu’on continuât à lui payer&#13;
2 000 livres par an, suivant le concordat de 1697. Je lui fais voir que&#13;
par la transaction de 1706, il a cassé à Pâques 1707 et que depuis ce&#13;
terme, chacun a eu droit de jouir des lots portés par le partage fait&#13;
par la bulle.&#13;
Sa 4e prétention est qu’il ne voudrait pas donner le tiers des revenus&#13;
de l’abbaye de Bénévent. Je fais voir qu’il ne peut s’en dispenser,&#13;
suivant le droit commun.&#13;
Son 5e article est qu’il voudrait qu’on fixât le nombre de jeunes&#13;
ecclésiastiques qu’on doit entretenir dans le Séminaire de ces menses&#13;
monacales pour en savoir la valeur. Je lui représente l’impossibilité&#13;
de le fixer sur le peu d’assurance sur ce que l’on doit jouir. Il faut&#13;
avoir joui de ces menses monacales pour en savoir la valeur. Je&#13;
propose de les appliquer pendant sa vie à l’éducation des jeunes&#13;
séminaristes dans le Grand Séminaire, qui aideraient à faire de&#13;
l’office de la cathédrale. Il semble quelques fois que Mgr de Québec y&#13;
consent et puis, ensuite, qu’il veut transférer ce revenu à des&#13;
missionnaires et curés des côtes ; à quoi je ne puis consentir.&#13;
&#13;
�La 6e demande est qu’il voudrait qu’on le déchargeât de faire après&#13;
sa mort un fonds de 400 livres de rente pour les écoles. Il voudrait&#13;
que cette fondation se prît après sa mort sur sa fondation de 1685,&#13;
offrant de fournir 400 pendant sa vie qu’il en a l’usufruit et que deux&#13;
des quatre ecclésiastiques qui y sont marqués fassent après sa mort&#13;
les écoles. Cela absolument pourrait s’accorder et je n’y ferais nulle&#13;
difficulté, si je ne voyais que de l’humeur dont il est. On ne lui aura&#13;
pas plutôt accordé ce changement qu’il en demandera un autre. C’est&#13;
pourquoi je le prie très fort de laisser le monde comme il est.&#13;
Dans une réponse qu’il fait à notre réponse, il fait une nouvelle demande qui est&#13;
un compte de l’emploi du revenu des abbayes. Je lui réponds que c’est à Québec&#13;
qu’on doit lui rendre ce compte et qu’il faut avoir touché auparavant en ce payslà ces revenus et les avoir dépensés avant que d’en pouvoir demander compte de&#13;
l’emploi. Vous voyez par tout cela son esprit inquiet. Il l’est un peu plus qu’il ne l’a&#13;
jamais été et on peut encore plus dire de lui que jamais. Sunt qui nec in pace, sunt&#13;
nec esse alios in pace sinunt1.&#13;
Depuis que M. Le Vallet est arrivé, il m’a fait proposer des expédients&#13;
d’accommodement qui ne tendent qu’à vouloir faire tomber les gens dans ses vues.&#13;
Il me flatte, il me caresse, il me donne des louanges, il me prie de me mettre en la&#13;
présence de Dieu pour lui répondre et quand je n’ai pas répondu suivant ses&#13;
intentions, il prétend que je ne me suis pas mis devant Dieu.&#13;
Il s’est séparé de M. de La Pallière avec rupture entière. M. de La Pallière en dit de&#13;
belles choses et lui dit, de son côté, de belles histoires de M. de La Pallière. J’évite&#13;
de voir M. de La Pallière pour ne le pas choquer, mais vous pouvez compter que&#13;
s’il retourne en Canada, il y fera plus de divisions et de brouilleries qu’il n’en a&#13;
jamais fait. Il nous assure qu’il n’ira pas cette année, mais je n’en réponds pas. Il&#13;
s’avisera peut-être de partir quand les vaisseaux seront près de mettre à la voile.&#13;
Nous avons remis nos mémoires à Mgr le cardinal de Noailles, qui nous a dit que&#13;
rien ne pressait de les finir. Il est actuellement occupé des affaires de l’Assemblée&#13;
du clergé. Nous ne le pressons pas. Je tâcherai à vous envoyer par les derniers&#13;
1&#13;
&#13;
Il y a ceux qui ne sont pas en paix et ceux qui le sont et ne permettent pas aux autres d’être en paix.&#13;
&#13;
�vaisseaux des copies de ces mémoires de M. de Québec et des réponses que nous&#13;
y avons faites. Mais je ne le puis par les premiers.&#13;
Comme je n’ai reçu de vous ni facture ni mémoire et que d’ailleurs celle de l’an&#13;
passé est restée à La Rochelle, je ne vous ai rien acheté de nouveau, n’en ayant pas&#13;
d’ailleurs les moyens, comme je vous l’ai écrit l’an passé. Cependant, j’ai donné un&#13;
mémoire d’étoffes à un marchand drapier de Beauvais qui veut bien me les avancer&#13;
jusqu’à Noël prochain, les vendant un peu plus cher et je tacherai de vous envoyer&#13;
par-là des ratines, des [serges] façon de Londres, des espèces de falaises en noir et&#13;
bleu, environ pour 1 000 livres ou 1 200 livres avec tout ce que je vous envoyais l’an&#13;
passé. Cela ne peut partir que dans les derniers vaisseaux.&#13;
Mme Ango de La Mothe vous envoie des toiles, à l’ordinaire, quoiqu’elle n’ait rien&#13;
reçu de vous. Comme tout le monde nous fait peur de peu de sujets que vous avez&#13;
au Séminaire. Nos Messieurs ont cru devoir vous envoyer du secours. Ce sont&#13;
deux prêtres qui demeurent depuis longtemps au Séminaire. Le premier est&#13;
M. Thiboult, prêtre de Rouen, que j’aurais voulu vous envoyer dès il y a trois ans,&#13;
mais M. de Rosalie voulait le mener avec lui en la Chine. C’est un bon sujet, propre&#13;
à tout et qui sera en état d’agir dans le Séminaire et dans la paroisse à tout à quoi&#13;
on l’appliquera. Il n’a pas une bonne poitrine. Il faudra le ménager, car il est trop&#13;
dur pour lui-même. C’est un esprit doux, honnête et qui a bien de la piété. Il a une&#13;
fort bonne voix. Il est propre à vous aider dans le Séminaire. Le second2 est un&#13;
jeune prêtre du pays de feu M. Duplein, c’est-à-dire du Forez. Il est fort pieux, aime&#13;
fort la vie cachée et se mettra à tout. Il n’a pas tant de talent intérieur que&#13;
M. Thiboult, mais il sera bien propre dans le Petit Séminaire ou dans la paroisse.&#13;
Nos Messieurs estiment que vous serez en état de vous en servir pour le&#13;
gouvernement de la maison après que vous les aurez éprouvés, si vous les goûtez.&#13;
Nous ne saurions rien toucher de ce qui vous est dû par vos ordonnances. Nous&#13;
en avons de 1707, de 1708, de 1709 et nous en aurons bientôt de 1710 qui ne servent&#13;
de rien et qui, à ce que je crois, ne serviront jamais de rien. Je ne puis par une lettre&#13;
vous expliquer le malheureux état où nous sommes qui, par contrecoup,&#13;
retombera sur le Canada. Je ne touche rien non plus pour la Louisiane et n’y puis&#13;
par conséquent rien envoyer. Je ne sais ce que feront nos Messieurs de ce pays-là,&#13;
2&#13;
&#13;
En marge : M. Guichard&#13;
&#13;
�mais il faudra bien qu’ils abandonnent. Je n’en reçois aucune lettre. On parle d’y&#13;
envoyer un vaisseau. Je n’ai que des soutanes, chapeaux, bas, souliers et chemises&#13;
à leur envoyer. Je ne puis leur envoyer rien d’ailleurs.&#13;
Nous sommes, Dieu merci, tous ici en assez bonne santé à la réserve de notre cher&#13;
M. de La Vigne, un de nos directeurs qui soutient une agonie très violente depuis&#13;
six ou sept jours. Depuis que le pape a publié le décret de 1704, les Jésuites ont&#13;
écrit contre nous avec la dernière hauteur, pour ne pas dire insolence. Ils veulent&#13;
nous rendre jansénistes malgré nous et nous traitent aussi mal qu’on puisse. Ils&#13;
prétendent que c’est nous qui avons perdu et eux qui ont gagné. Je tâcherai à vous&#13;
envoyer ces écrits par nos Messieurs et j’espère que la réponse qu’on y fait paraîtra&#13;
en ce temps-là.&#13;
Nous ne saurions rien toucher de vos abbayes et bénéfices. La gelée de 1709 a ruiné&#13;
toutes les campagnes. Je ne puis rien toucher de ce que vous doit M. l’évêque d’Aire&#13;
de reste pour notre ancien évêque. Tous les bénéficiers sont à bout, car l’Assemblée&#13;
du clergé délibère à donner au roi et lui donnera pour le rachat de la subvention&#13;
ou capitation du clergé 24 000 000, ce qui est le quart du fonds des biens&#13;
ecclésiastiques du royaume et emporte la ruine de tous les bénéfices. Je ne sais si&#13;
on [n’]en pourra rien tirer après cela.&#13;
J’ai oublié de vous marquer, en vous parlant des affaires, que nous causent les&#13;
Jésuites, que M. le cardinal de Tournon3 est toujours retenu prisonnier à Macao,&#13;
plus par les intrigues des Jésuites que par ordre de l’empereur de la Chine, qu’à&#13;
Rome on n’agit pas assez vigoureusement pour le retirer de cette captivité, que&#13;
M. de Conan y est, qui s’ennuie fort de ce qu’il voit en cette Cour, que&#13;
M. de Montigny est revenu de la Chine où il a été pendant un temps secrétaire de&#13;
M. de cardinal de Tournon et qu’il a été exilé par ordre de l’empereur, après qu’il&#13;
a fait, selon le langage de saint Paul, bonam confessionem4.&#13;
Nous nous trouvons à Paris dans le plus grand embarras du monde dans ce tempsci où on ne saurait tirer rien de nos ordonnances et où nous en avons pour les&#13;
missions orientales pour près de 100 000 livres, qui ne nous servent à rien, où nous&#13;
Charles Thomas Maillard de Tournon, 1668-1710, vicaire apostolique en Chine et dont l’empereur, après&#13;
des disputes sur les rites chinois, le remet aux mains des Portugais à Macao.&#13;
4&#13;
Une belle affirmation (Première lettre de saint Paul à Timothée, 6 :13)&#13;
3&#13;
&#13;
�ne sommes pas payés des rentes sur l’hôtel de ville et des biens sur particuliers.&#13;
M. de Montigny, en passant à Mascareignes, où a été autrefois M. Calvarin, y a&#13;
trouvé a emprunté près de 15 000 écus à 3 livres 13 sous pièce et en a tiré des lettres&#13;
sur nous, qu’il est impossible dans un temps si dur de payer. Cela me resserre&#13;
encore davantage pour vos affaires. J’avais autrefois de l’argent des missions, mais&#13;
je ne puis plus en garder. Le bon Dieu permet que nous soyons amputés de toutes&#13;
parts. Apoviamur, sed non destituimur5.&#13;
Vous aurez de la peine à croire que le P. Le Tellier, confesseur du roi, a fait les plus&#13;
grands efforts qu’il a pu pour rendre nos Messieurs, dans l’esprit du roi, suspects&#13;
de quelque liaison avec les jansénistes, afin de leur faire donner quelque lettre de&#13;
cachet. Il n’en est pas encore venu à bout, mais qui sait si, étant aussi souple et&#13;
adroit qu’il est, il ne viendra pas à ses fins. Nous allons notre chemin et ne nous&#13;
intimidons pas pour cela. Il y a autant d’apparence que nos Messieurs aient eu des&#13;
liaisons avec les jansénistes que vous en avez eues vous-mêmes.&#13;
M. Le Vallet a assuré Mgr de Québec que tous [les] MM. du chapitre ne pensaient&#13;
point soutenir leur opposition à la bulle, mais je vois qu’on n’y pense guère. On&#13;
prétend que M. de Pontchartrain en a cependant parlé fortement à Mgr de Québec&#13;
à son retour en France, mais comme ces seigneurs-là ne soutiennent pas et ne&#13;
suivent pas ce qu’ils disent, autant en emporte le vent.&#13;
Nous vous conjurons, Messieurs, de vous acquitter s’il se peut de vos grandes&#13;
dettes et pour cela, de diminuer vos charges jusqu’à ce que vous deviez moins, car&#13;
il ne convient pas à une communauté de tant devoir et ces dettes seraient capables&#13;
de vous abimer. Nous avons cela de bon en France pour notre Séminaire et nous&#13;
étions ainsi pour nos missions orientales avant ces lettres de cange que nous de&#13;
devions rien, ou si peu de chose, qu’on ne peut être incommodé. Vous êtes à&#13;
présent les maîtres. Vous n’êtes plus barrés par notre cher ancien prélat. Vous&#13;
pouvez assurément mettre ordre à vos affaires.&#13;
J’attendais une réponse à ce que je vous avais écrit sur notre ancien prélat. Je ne&#13;
puis, à cause de cela, encore rien faire imprimer de son éloge. Je vous envoyais l’an&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Nous sommes soutenus, mais pas découragés.&#13;
&#13;
�passé nombre de ses portraits. J’en donnerai encore à nos Messieurs en s’en allant&#13;
et on vous enverra de La Rochelle ce qui y est.&#13;
Je n’ai, Dieu merci, ressenti aucune attaque de goutte depuis un an et je me suis&#13;
tout à fait bien porté.&#13;
Vous pouvez assurer M. Boucher que ses lettres de noblesse sont expédiées, mais&#13;
on sollicite une lettre de justice pour les faire enregistrer à Québec sur une copie&#13;
en forme. Je ne crois pas qu’on l’obtienne du ministre. Je dois recevoir ce soir les&#13;
lettres de noblesse de M. de La Vérendrye que m’envoie Mme Ango de La Mothe.&#13;
M. Sarrazin se porte bien et espère repasser en Canada. Mme de Vaudreuil n’y&#13;
repassera pas, à ce que je crois, cette année. On espère que M. Bégon le jeune ira&#13;
l’an prochain en qualité d’intendant. M. de Beauharnois est intendant à Rochefort.&#13;
Comme je n’ai rien reçu de nos bonnes religieuses hospitalières. Je ne doute pas&#13;
qu’elles ne me renvoient mes décharges cette année, qu’elles m’envoyaient l’année&#13;
passée au rapport de M. Le Vallet.&#13;
Je vous souhaite une parfaite santé et une abondante sainteté. Souvenez-vous de&#13;
moi au saint autel et me croyez, autant que jamais, Messieurs,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
7 avril 1710,&#13;
Nous avons fait entendre à Mgr de Québec que les deux prêtres que nous vous&#13;
enverrons étaient pour le Séminaire de Québec.&#13;
&#13;
/Transcription6 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-mdv-2023&#13;
/Traductions latines par Paul-Hubert Poirier, 2020.&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2022&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250493">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français classique par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11973">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/28bc5e4b8f8d4722752d18a6d4eaa503.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=moudWoV4TIgBgSvWuo7Ndts60GG3jbL5fzM-w9VyRhNlGSqr9%7ELf-AJZaK3fBrvytsEiucIzkEJ%7E8bRFjLZcPUOxbqpv2PEnjqfhXG8N5ljeAUM8ddGkI2XW%7EF22EhFeqs60KdOzpKQ6KCaZ0371j7zlOxqxLEnEjyKDv4aJ7M-%7E1BOHzx1JvPQ5DsY3XYCGEETLEqLSz5ML5uW-%7EkLHWpjoIh%7Ea2keO3BYXF4c2B9SvCT2UFQ1blUbk3fZkIFdv3kxI4UUfJgOHA-j1qkfrOZ1KDCqr8Mikf5nGk1WbpxF7MIy8WApe-c7sz6AvNYfJKoQMfgwjnq3OUsbHOFygEQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e4b74280d67ec0e23431171daf3032fd</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250491">
                    <text>1710, 7 avril – Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 41)&#13;
1 Messieurs&#13;
Paris 7. Avril 1710.&#13;
o&#13;
2&#13;
cas M N 41&#13;
3 Je vous escris cette 1.ere lettre davis par le vaisseau&#13;
4 de Bayonne qui doit partir des 1.ers p.r Quebecet dans&#13;
5 lequel on a chargé le vin qu’on avoit acheté lanpassé p.r&#13;
6 vous. vous apprendrez parlui laperteduSeul vaisseauqui&#13;
7 revenoit de Quebec ou J’ay perdutellem’ toutes mes lettres que&#13;
8 Jen’en ay pas receu uneSeulede vous dans toute lannée&#13;
9 passée. J’ay SceuSeulem.’ par une lettre que J’ay receue&#13;
10 deM de varenne que vous aviez receus toutes les&#13;
11 miennes. vous aurez la bonté de merenvoier cette année&#13;
12 toutes les decharges de comptes et autres actes que vous&#13;
13 me renvoiiez Sans doute cet automne Cenestpas ma&#13;
14 faute Si vous navez pas recus l’an passé tout ceque J’avois&#13;
15 envoié deSi bonneheure a la Rochelle. Jecrois que M Bourgix&#13;
16 afait aussi deSonmieux mais le commerce est Si rompu,&#13;
17 et toutes les aff.res Si délabréez qu’on nepeutplus prendre aucune&#13;
18 mesure juste. on estoit bien miserable l’an passé. on l’est&#13;
19 encoreplus cette année, et onle Sera encoerplus lannée prochaine&#13;
20 Si laguerre necesse. Et cepend.’ Je ne scay Si nous aurons la&#13;
21 paix JlSemble que Dieu n’est pas encore Satisfait, et Jl&#13;
22 est acraindre que nous n’esprouvions encore de plus grands&#13;
23 malheurs que tous ceux quenous avons esprouvez&#13;
24 J’ay eulemalheur de perdre dit on quatre bariques de&#13;
25 farine, que vous menvoiiez. Je vous ensuis obligé. mais cela&#13;
26 nefait quaugmenter nos miseres. Jl me fautpaier la lettre&#13;
27 dechange que vous avez tiré Sur moy p.r cela&#13;
28 vous Scaurez que M’gr LEveq.’ de Quebec est deretour enfrance&#13;
29 depuis lemois d’aoust dernier. Jestois alors allé en berry.&#13;
2&#13;
&#13;
Sa 2.de pretention&#13;
Est quil veut qu’on&#13;
revoque et quon&#13;
&#13;
30 Jl fit arrester avant mon retour entreles mains dufermier&#13;
31 demeobec cequil me devoit. Jen’avois par voulu faire contre&#13;
32 lui pend.’ Saprison la moindreprocedure, et Jen’en ay pas&#13;
33 encore voulu faire, quoi que Jeusseplus de chose alui demander&#13;
34 quil n’en a a me demander. Depuis cetemps la Jl n’a cessé de&#13;
35 presenter des memoires aM LeCard.l de Noailles aus quels Jl&#13;
36 afallu que nous aions repondu La 1.ere deSes demandes dans&#13;
37 Ses memoires estoit de venir demeurer avec nous pretendant&#13;
38 en avoir droit. Nous l’avons prié den montrer les titres.&#13;
39 Il Seprend a moy detout, etdit que Si Je voulois Mess.rs de Brisacier&#13;
40 et TibergeSigneroient ceque Jeleur proposerois. vous Jugez bien&#13;
41 quil est fort desagreable destre enbutte a un Evesque qui me&#13;
42 taxe de peu de reconnoissance p.r mavoir imposé les mains. Je&#13;
&#13;
�renonce a une donation&#13;
quil a faitauSem.re&#13;
detout les biens apres&#13;
Samort. Nous ne&#13;
connoissions pas&#13;
cette donation et&#13;
quand Jlnous la&#13;
montrée, Nous lui&#13;
avons repondu quil&#13;
pouvoit la revoquer.&#13;
vous pouvez&#13;
Juger dela deSon&#13;
esprit.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
43 voudrois nestrepas chargé de telles contestations qui ne me&#13;
44 regardent quautant que Je dois Soutenir les Jnterests de mes&#13;
45 amis et d’une maison alaquelle JeSuis attaché.&#13;
46 La Seconde 3.e demande est quil voudroit qu’on continuast alui&#13;
47 paier 2000.# par an, Suivant le concordat de 1697. Jelui fais&#13;
48 voir quepar latransaction de 1706. Jla cessé aPasques 1707.&#13;
49 et que depuis ce terme chacun aeu droit dejouir des lots&#13;
50 portez par lepartage fait parla Bulle.&#13;
51 Sa 4e pretention est quil ne voudroit pas donner letiers&#13;
52 des revenus deLabbaye de Bennevent. Je fais voir quil nepeut&#13;
53 Sen dispenser Suivant ledroit commun&#13;
54 Son 5.e article est quil voudroit qu’on fixast lenombre de Jeunes&#13;
55 Ecclesiastiq.’ qu’on doit entretenir dans leSemin.re deces manses&#13;
56 monacales. Jelui represente LJmpossibilité delefixer Sur lepeu&#13;
57 dassurance Sur ceque lon doit jouir. Jl faut avoir joui deces&#13;
58 manses monacales, p.r enscavoir la valeur, Jeproposedeles&#13;
59 appliquer pend.’ Sa vie a lesducation des Jeunes Seminaristes dans&#13;
60 legrand Sem.re qui aideroient afaire lofficede la cathedrale&#13;
61 JlSemble quelq.’ fois que Mgr de Quebec y consent etpuis&#13;
62 ensuite quil veut transferer ce revenu ades miss.res et&#13;
63 curez des costes aquoy Jenepuis consentir. Nous avons&#13;
64 encore bien des batailles a rendreSur cela&#13;
65 La 6.e demande est quil voudroit quonle dechargeast de&#13;
66 faire apres Sa mort unfonds de 400.# derente, p.r les escoles.&#13;
67 Jlvoudroit que cettefondationSeprist apres Sa mort Sur&#13;
68 Safondation de 1685. offrant defournir 400 pend’ Sa vie&#13;
69 quil ena Lusufruit, et que deux des quatre Ecclesiastiques&#13;
70 qui y Sont marquez fassent apres Samort les escoles.&#13;
71 cela absolum’ pouroit Saccorder, et Je n’y ferois nulle&#13;
72 difficulté Si Jene voiois quede l’humeur dont Jlest on ne&#13;
73 lui aurapas plutost accordé ce changem.’ quil endemandera&#13;
74 un autre cest p.r quoy Jele prie tres fort delaisser lemonde&#13;
75 co’e Jlest.&#13;
76 Dans une reponse quil fait anotrereponse Jl fait une&#13;
77 nouvelle demande qui est un compte de lemploy&#13;
78 durevenu des abbayes. Jelui reponds que cest a Quebec&#13;
79 qu’on doit lui rendre ce compte et quil faut avoir&#13;
80 touché auparavant en cecpysla ces revenus etles avoir&#13;
81 depenses avant que denpouvoir demander compte de&#13;
82 Lemploy. vous voiez partout cela Son esprit inquiet. Jl&#13;
83 lest unpeuplus quil nelajamais esté, et onpeut encore&#13;
84 plus diredelui quejamais. Sunt qui nec in pace, Sunt&#13;
85 nec esse alios in pace sinunt.&#13;
86 Depuis que M Le valet est arrivé Jl m’a fait proposer des&#13;
&#13;
�87 expediens daccommodement qui netendent qu’a vouloir faire&#13;
88 tomber les gens dans Ses veües, Jl me flatte, Jl me caresse, Jl me&#13;
89 donnedes louanges, Jl mepriede me mettre enlap’nce de Dieup.r&#13;
90 lui repondre, etquand Jen’ay pas repondu Suivant Ses Jntentions,&#13;
91 Jlpretend que Jenemesuis pas mis devant Dieu&#13;
92 Jl Sest Separé deM deLa Palliere avec rupture entiere. M dela Palliere&#13;
93 endit debelles choses, et lui dit deSon coté debelles histoires deMde&#13;
94 laPalliere Jesvite de voir M de la Pallierep.r nelepas choquer.&#13;
95 mais vous pouvez compter queSil retourne encanada, Jl y fera&#13;
96 plus de divisions et de brouelleries quil n’en ajamais fait Jl nous&#13;
97 assure quil n’ira pas cette année. Mais Jen’enreponds pas.&#13;
98 JlSavisera peut estre departir quand les vaiss.x Seront prests demettreala voile&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
2 prêtres&#13;
Envoyés&#13;
M.’ Thiboult&#13;
&#13;
Mr Guichard&#13;
&#13;
99 nous avons remis nos memoires a Mgr Le Card.l deNoailles&#13;
100 qui nous adit que rien nepressoit deles finir. Jlest actuellem’&#13;
101 occupé des aff.res deLassemblée duclergé. Nous nelepressons pas.&#13;
102 Jetacheray a vous envoier parles d.ers vaiss.x des copies deces&#13;
103 memoires de M. de Quebec et des reponses quenous y avons&#13;
104 faites. Mais Jenelepuis par ces 1.ers&#13;
105 Comme Jen’ay receude vous ny facture ny memoires et que&#13;
106 dailleurs celle del’an passé est restée alaRochelle, Jene vous&#13;
107 ay rien acheté denouveau n’en ayantpasdailleurs les&#13;
108 moiens co’e Je vous l’ay escrit l’an passé. Cepend.’ J’ay&#13;
109 donné unmemoire destofe a un marchand drapier de&#13;
110 beauvais qui veut bien meles avancer jusqu’à Noel&#13;
111 prochain, les vendant unpeuplus cher, et Jetascheray de&#13;
112 vous envoier parla des ratines, des facons de Londre des&#13;
113 especes de falaise en noir et bleu, environp.r 1000.# ou&#13;
114 1200.# avec tout ce que Je vous envoiois lanpassé. cela&#13;
115 nepeut partir que dans les derniers vaiss.x&#13;
116 Mad.’ dela motte ango vous envoie des toiles alordinaire,&#13;
117 quoi quelle n’ait rien receude vous. Co’e tout le monde nous&#13;
118 fait peur dupeu deSoutien Sujets que vous avez auSemin.re Nos&#13;
119 Mess.rs ont crus devoir vous envoier dusecours. ce Sont&#13;
120 deux Prestres qui demeurent depuis longtemps auSemin.re&#13;
121 Le 1.er est M Thibout prestre de Rouen, que Jaurois voulu vous&#13;
122 envoier dez Jly atrois ans, mais M De Rosalie vouloit le mener&#13;
123 avec lui enlachine cest un bonSujet propre atout et qui Sera en&#13;
124 estat dagir dans le Semin.re et dans laparoisse atout aquoy&#13;
125 onlappliquera Jl napas unebonne poitrine Jlfaudra&#13;
126 lemesnager. car Jlest trop dur p.r lui mesme cest unesprit&#13;
127 doux honneste, et qui abien delapieté. Jla unefort bonne voix.&#13;
128 Jl est propre a vous aider dans leSemin.re&#13;
129 LeSecond est un Jeune Prestre dupays defeu M Duplein. cesta&#13;
130 dire Duforest. Jl est fort pieux, aymefort la vie cachée, et&#13;
&#13;
�131 Se mettra atout. Jl napas tant de talent interieurs queM&#13;
132 Thibout mais JlSera bienpropredans lepetit Sem.re ou&#13;
5&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
133 dans laparoisse nos Mess.rs estiment que vous Serez en&#13;
134 estat de vous enservir pr legouvernem.’ delamaison apres&#13;
135 que vous les aurez esprouvez Si vous lesgoutez&#13;
136 Nous ne scaurions rien toucher decequi vous est deupar&#13;
137 vos ord.ces Nous en avons de 1707. de 1708. de 1709 et&#13;
138 nous en aurons bientost de 1710. qui neServent derien&#13;
139 et qui aceque Jecrois ne Serviront jamais derien. Je ne&#13;
140 puis par unelettre vous expliquer le malheureux estat&#13;
141 ounous So’es qui par contrecoup retombera Surle Canada&#13;
142 Jenetoucherien non plus p.r LaLouisisne, et n’y puis par&#13;
143 consequent rien envoier. Jene Scay ceque feront nos Mess.rs&#13;
144 decepaysla mais Jlfaudra bien quils abandonnent, Jen’en&#13;
145 recois aucune lettre onparle dy envoier un vaisseau Je&#13;
146 n’ay quedes Soutannes chap.x bas Souliers et chemises&#13;
147 aleur envoier. Jenepuis leur envoier rien dailleurs.&#13;
148 Nous So’es Dieumercy tous icy enassez bonne Santé alareserve&#13;
149 denotre cher M. dela vigne un de nos Directeurs qui Soutient&#13;
150 uneagonie tres violente depuis Six ouSept jours. Depuis que&#13;
151 le Pape apublié leDecret de 1704. Les Jesuites ont escrit&#13;
152 contrenous avec laderniere hauteur p.r nepas dire Jnsolence&#13;
153 Jls veulent nous rendre Jansenistes malgré nous, et nous&#13;
154 traitent aussi mal qu’on puisse Jls pretendent que cest Nous&#13;
155 qui avons perdus, et eux qui ont gagné. Je tascheray a vous&#13;
156 envoier ces escrits par nos Mess.rs et Jesperequela reponse&#13;
157 qu’on y fait paroistra en cetemps la&#13;
158 Nous neScaurions rien toucher de vos abbayes et Benefices&#13;
159 Lagelée de 1709. aruiné toutes les campagnes. Jenepuis&#13;
160 rien toucher deceque vous doit M Leveque Daire dereste&#13;
161 p.r n’re ancien Evesque Tous les beneficiers Sont about.&#13;
162 car Lassemblée duclergé delibere adonner au Roi etlui&#13;
163 donnera p.r lerachat dela Subvention ou Capitation du&#13;
164 clergé 24. millions, cequi est lequart du fonds des biens&#13;
165 Ecclesiastiq.ues duRoiaume, et emporte laruinedetous&#13;
166 les benefices. Jenescay Si onen poura rientirer apres cela&#13;
167 J’ay oublié de vous marquer en vous parlant des aff.res&#13;
168 quenous causent les Jesuites, que M. Le Card.l deTournon est&#13;
169 toujours retenuprisonnier a Macao, plus par les Jntrigues&#13;
170 des Jesuites quepar ordrede Lempereur de Lachine qu’a&#13;
171 Rome on n’agit pas assez vigoureusem’ pr leretirer de&#13;
172 cette dure captivité, que M de canon y est qui S’y&#13;
173 ennuye fort decequil voit en cettecour, que M de&#13;
&#13;
�174 Montigni est revenu dela chine ou Jlaesté pend.’ Un&#13;
175 temps Secret.re deM Le Card.l de Tournon, et quil aesté&#13;
176 exile parordre deLEmprerue, apres quil afait Selonle&#13;
177 langage de S.t Paul Bonam confissionem&#13;
178 Nous nous trouvons a Paris dans le plus grand ambaras&#13;
179 du monde Dans ce temps cy ou onneScauroit tirer&#13;
180 rien de nos ord.ces et ou nous en avons pr les missions&#13;
181 orientales p.r prezde cent millelivres qui nenous Servent&#13;
182 arien, ou nous neSo’es paspaiez des renttesSurlhotel de ville&#13;
183 et des bient Surparticuliere, M de montigni en passant&#13;
184 a mascaregne ou aesté autrefois M Calvarin y a trouvé&#13;
185 a emprunter prez de quinzemille escus a 3.# 13S piece&#13;
186 et en atiré des lettres Sur nous quil nous est Jmpossible&#13;
187 dans untemps Si dur depaier. cela meresserre encore&#13;
188 davantage p.r vos aff.res Javois autrefois delargent des missions,&#13;
189 mais Jenepuis plus en garder. Lebon dieupermet que&#13;
190 nous Soions anputier detoutes parts. apoviamur Sed non&#13;
191 destituimur&#13;
192 vous aurez peine acroire que Le P. LeTellier confesseur&#13;
193 duRoi afait lesplus grands efforts quil apup.r rendre nos&#13;
194 Mess.rs dans lesprits duRoi Suspects dequelq’ liaison avec&#13;
195 les Jansenistes afin deleur fairedonner quelq’ lettrede&#13;
196 cachet. Jln’en est pas encore venuabouts mais qui Scait&#13;
197 Si estant aussi Souple et adroit quil est Jl ne viendra pas aSes&#13;
&#13;
Mr de&#13;
Montigni&#13;
revenu&#13;
de la Chine&#13;
&#13;
Jansenisme&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
198 fins. Nous allons notre chemin, et nenous intimi=&#13;
199 dont pas p.r cela Jl y a autant dapparence que nos&#13;
200 Mess.rs ayent eu liaison avec les Jansenistes que vous&#13;
201 y enavez eu vous mesmes.&#13;
202 M Le valet a asseuré Mgr de Quebec que Tous M.rs&#13;
203 duchapitrenepensoient point eSoutenirleur opposi=&#13;
204 =tionala bulle Pour moy dans toutes les reponses&#13;
205 que Je fais aMgr Joffre deremettre tout en lestat&#13;
206 ou estoit le chapitre avant notre transaction etla&#13;
207 Bulle mais Je vois qu’on n’y pense guere on&#13;
208 pretend queM de Pont ch. ena cepend.’ parlé fortem.’&#13;
209 aMgr de Quebec a Son retour en france mais co’e&#13;
210 ces Seig.rs la neSoutiennentpas et neSuiventpas&#13;
211 cequils disent, autant en emporte le vent.&#13;
212 Nous vous conjurons Messieurs de vous acquiter&#13;
213 SilSepeut de vos grandes dettes, et p.r celade diminuer&#13;
214 vos charges jusqu’à ceque vous deviez moins, car&#13;
215 Jlneconvient pas a une comm.te detant devoir.&#13;
216 etces dettes Seroient capables de vous abismer.&#13;
217 Nous avons celadebon en france p.r n’re Sem.re et nous&#13;
&#13;
�Mgr de L.&#13;
&#13;
7 Avril&#13;
1710.&#13;
&#13;
218 estions ainsy p.r nos missions orientales avant ces lettres de&#13;
219 change quenous ne devions rien, ouSi peude chose&#13;
220 qu’on nenpeut estre incommodé. vous estes apnt&#13;
221 Les maistres. vous nestes plus barrez pas notre&#13;
222 cher ancien Prelat. vous pouvez assurem.t mettre&#13;
223 ordre a vos aff.res&#13;
224 Jattendois une reponse a ceq.’ Je vous avoit escrit&#13;
225 Sur n’re ancien Prelat. Jenepuis acause decela&#13;
226 encore rien faire Jmprimer deSon Eloge Je vous&#13;
227 envoiois lanpassé nombre deSes portraits. Jen&#13;
228 donneray encore a nos Mess.rs en Sen allant.&#13;
229 et on vous envoiera de la Rochelle cequi y est.&#13;
230 Jen’ay Dieumercy ressenti aucune attaquede goute&#13;
231 depuis unan, et JemeSuis tout afait bienporté. vous&#13;
232 pouvez asseurer M Boucher que Ses lettres de Noblesse&#13;
233 Sontexpediéez mais on Sollicite unelettre de Justionp.r&#13;
234 les f.re enregistrer a Quebec Sur unecopie enforme&#13;
235 Jenecrois pas qu’on lobtienne duMinistre&#13;
236 Jedois recevoir ceSoir les lettres de Noblesse deM&#13;
237 dela veranderie que menvoye Mad.’ dela motte ango.&#13;
238 M Sarrazin Seporte bien et espere repasser en&#13;
239 canada Mad.’ De vaudreuil n’y repassera pas ace&#13;
240 que Je crois cette année. on esperequeM Begon&#13;
241 le Jeune ira lanprochain enqualité dJntendant.&#13;
242 M de Bauharnois est Jntend.’ a Rochefort.&#13;
243 co’e Jenay rien receu de nos bonnes Relig.ses hospi&#13;
244 =talieres Je ne Doutepas quelles neme renvoyent&#13;
245 mes descharges lanprochain cette année quelles menvoixxxnt&#13;
246 lannée passée auraport deM Le valet. Je vous&#13;
247 Souhaite une parfaite Santé et une abondante&#13;
248 Sainteté. Souvenez vous demoy au S.t autel, et&#13;
249 me croiez autantque jamais&#13;
250&#13;
Messieurs&#13;
251 Nous avons fait entendre aMgr&#13;
252 de Quebecque les deux Prestres&#13;
253 quenous vous envoirons estoient votre tres humbleet&#13;
254 p.r leSem.re de Quebec&#13;
tres obeiss.’ Serviteur&#13;
255&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250494">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11974">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/7a282adc122c15fb493608253813e581.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=Z194HpzpgK-MRZSKYff%7EuCiJN5-mCHhDnq2gVPmxhKY36qoYdkSCYvFns2fdSGkZdXomxx4tXkbpspDRMkjC6zx38fjwEngoPS0wNu0cS%7Eq7ZHygWmh9HzHLvVVgB1nG3Mk0Um8Z%7EcXx12kENoRv6VaDm69NWaA1zWqqP10bkZlaNTPFeKhyQn29PkiWBwCzB0GlzCXRPhpwa-x6BTcovQNopBOQv6P2alHXkPre6fAa9kaKysOzMkb3RFBqPJxYJrFl2T-j8m2V8BF8Dc6ZbBYFW1uQfiti7GSwrnHrdNFXQg-tlr3CPFAO0zcFMubvq0xDfepQZOUrHgeP292pXQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>c0c8b68c4e533770d074267473650a76</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250492">
                    <text>��������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250495">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 41&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250098">
                <text>SICWF59H</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250099">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250100">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250101">
                <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 7 avril 1710)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250102">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe les directeurs du Séminaire de Québec de ses démêlés avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, concernant ses prétentions sur les biens du Séminaire, sur les mémoires qu’il a présentés à Noailles, archevêque de Paris, et les propositions d’accommodement. Il déplore la captivité de Tournon en Chine, les attaques des Jésuites contre le Séminaire et la difficulté de toucher les revenus des abbayes et des bénéfices. Il dit ne pouvoir rien envoyer à la Louisiane et ne rien recevoir de ses ordonnances. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250103">
                <text>1710-04-07</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250104">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250105">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11974" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 41&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250106">
                <text>Séminaire de Québec</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250496">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11972" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11973" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18693" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11964">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/8c15daa384b995439651f3071e7e81d4.png?Expires=1779321600&amp;Signature=juFzoYblFTJYBO3r8P2jJ5PyGcCxqbenjSKReGf-Nx7ZWEGJq0EnwdS3R5hOn7MWyvnMPMmLL9iV9HGRDRpKsutSCnf%7EfXeA6-1AQ3I24tctoF1uykniQHrJFfNa8f5hEYsY6RwP0sCImu4rZFDRoWpDC5efzdLb7P6LrfeVA1vWY%7E6CuxkiiNeH0XZhtgt2R3OrbfBck8b070qcXc%7EK-%7ESzBgqm-ZzbCBKwnX7LWlHHdyy2vDeIaTrKUdeROW-C944X%7EtSVSaJTZ2P5GxjzBLqyjBwc7D0hPePwBVVSoQoeyrfc7u8lhC%7EajX-v9Ru%7EkHIfl36iUwqak0fNHw5Bmw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11965">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/0b0c43dff349ca8a6444b567b6b85624.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=GTn1EUQDFVj897poHiaPIorSoZXWEolJg0UV1ftWCavD2S3mmiBYzlUXu6TV-Rt20TBtiyk3-jsmfHBUe8GKQh7EvHbCw57epSd3vUE%7EH%7EbViqj-i2SmNQrVkVJ1O5GdqIWZAZpRxWL1t7zXk4pz3pvUqCKSysc2XDOaU9ftXI185bDw6EwVwPC1SlKK12dyqYkadnzkmrqwi3n6w1mNf7X1Tly85ofG9dX3beMXPC%7EbsEjkTJ%7EBTqO6KAaqLK1pZoKlszeGwHZ8N9wXUdYB2JbdPKLH5jFqnJIYfkEInG-0zBEL6lOEMdZiMkdoRFPA482sA3DUgfXEQfo0WOQZOw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>c5c817697cb4f51d09fdb83f4ac153eb</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250478">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 12 avril 1706)&#13;
&#13;
12 avril 1706&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous écris, par le vaisseau de M. Jolliet, cette première lettre, ces premiers jours&#13;
d’avril, pour vous donner promptement de nos nouvelles. Nous croyons avoir&#13;
reçu toutes vos lettres et celles de nos Messieurs, soit par M. de La Colombière et&#13;
M. Dupré, soit par les autres voies par lesquelles vous nous avez écrit. Les&#13;
premières que nous reçûmes, ce fut par le Neptune, qui arriva le premier et nous&#13;
apporta la triste nouvelle de notre second incendie. Ce fut par la lettre de&#13;
Mgr l’Ancien à M. l’abbé de Brisacier, qui vint par la poste, et nous fut rendue vers&#13;
le 15 de décembre. J’étais alors plongé dans une grande affliction de la mort de&#13;
M. de Louche, qui était un séculier parent de M. l’abbé Tiberge, qui m’aidait dans&#13;
nos affaires et était toute ma ressource. Il mourut subitement, sans même recevoir&#13;
l’absolution entre nos bras, ce qui nous fut très douloureux. J’avais une autre&#13;
tristesse de voir manquer le voyage de M. Gervaise au Mississippi et celle-là&#13;
survenant par-dessus fit en moi une telle impression de tristesse que je crois devoir&#13;
attribuer la maladie qui m’arriva à la fin de décembre à ces afflictions et au surcroît&#13;
de travail et de peine que j’eus dans ce mois-là ; mais pour prendre les choses de&#13;
plus loin, je vais vous mander ce qui est arrivé depuis le départ des navires et ce&#13;
qu’il faut vous apprendre de la disposition où je vois ces affaires.&#13;
M. l’évêque de Québec est toujours prisonnier en Angleterre. Il est très indisposé&#13;
contre nous, de ce que M. l’abbé de Gergis n’a pas été nommé son coadjuteur. Il&#13;
nous l’attribue, quoique nous n’en soyons pas la cause. Il ne m’a écrit depuis ce&#13;
temps-là que d’une manière très dure et qui fait sentir son aigreur et son&#13;
indisposition. Il n’y a nulle apparence que nous le revoyons en France qu’à la paix.&#13;
Cependant, on parle d’échanges de prisonniers, mais comme on commande&#13;
toujours M. Méan1 et que l’on ne le rendra jamais, il y a sujet de craindre qu’on ne&#13;
&#13;
Jean-Ferdinand de Méan de Beaurieux (1647-1709), ecclésiastique, appelé le baron de Méan, il était proautrichien et considéré ennemi de l’État français.&#13;
1&#13;
&#13;
�retienne longtemps le prélat. Il y a pourtant quelque sujet de croire que si M. le&#13;
duc de Vendôme avait jugé à propos d’échanger les prisonniers du duc de Savoie,&#13;
que nous avons en grand nombre, on aurait obtenu l’échange de Mgr de Québec&#13;
contre quelqu’un d’eux. Mais M. le duc de Vendôme a demandé au roi de ne&#13;
rendre aucun officier du duc de Savoie de cette campagne-ci, parce qu’on suppose&#13;
qu’on achèvera cette année de le ruiner de fond en comble.&#13;
J’ai eu le malheur de perdre, ce mois d’août 1705, un procès pour l’abbaye de&#13;
Méobecq contre M. de Tencosme, qui est un seigneur voisin, faute d’avoir produit&#13;
des titres que je n’ai pu trouver pour une redevance de 18 setiers de blé due au&#13;
prieuré d’Abilly. On me fait tous les jours espérer de retrouver ces titres, mais je&#13;
ne sais si on me tiendra parole. Cela m’a donné bien du déplaisir, après bien du&#13;
mal que la poursuite de ce procès m’avait causé.&#13;
M. d’Iberville ayant obtenu cet été de la cour tout ce qu’il espérait pour l’entreprise&#13;
qu’il avait eu dessein de faire il y a deux ans et qui échoua, il s’est disposé cet&#13;
automne à aller ou envoyer un vaisseau à la Louisiane. Cela nous a engagé de&#13;
reprendre avec M. Gervaise les projets qu’il avait faits pour ce pays-là ; car comme&#13;
M. de La Vente, par ses lettres, nous laissait entrevoir qu’il y aurait du bien à faire&#13;
aux Chactas et Chicachas et que M. Gervaise était en état d’y entretenir une&#13;
mission de son bien. Nous y trouvions un grand avantage pour la religion. Je fus&#13;
donc le voir au mois d’octobre. Nous prîmes nos mesures pour son départ. Il&#13;
emportait avec lui pour 7 000 ou 8 000 livres de bonnes hardes comme linge,&#13;
tapisserie, draps et qu’il espérait vendre aux îles pour en acheter deux ou trois&#13;
nègres et avec trois autres domestiques français qu’il emmenait et un missionnaire&#13;
que nous lui donnions. Il espérait mettre dans peu cette mission qu’il allait&#13;
entreprendre en état de se passer du recours en France et ce solide établissement&#13;
aurait disposé peu à peu à en faire de pareils dans les autres endroits ; mais comme&#13;
M. l’abbé Gervaise n’avait pas d’argent comptant, il me fallut lui en avancer pour&#13;
cette entreprise, que je considérais comme un moyen d’affermir ces missions. Il me&#13;
fallut même payer pour 2 000 livres de dettes qu’il avait contractées et dont il fallait&#13;
qu’il se débarrassât.&#13;
&#13;
�Il partit ainsi de Tours au 15 novembre. J’avais fait partir les ballots pour les autres&#13;
missionnaires au mois d’octobre et celui que devait lui servir de confrère, les&#13;
premiers jours de novembre. On me faisait espérer que les vaisseaux partiraient le&#13;
22 de novembre et s’ils étaient partis alors, tout aurait réussi. Le ministre nous&#13;
avait enfin accordé, pour M. de La Vente et son confrère, 1 500 livres par an et pour&#13;
nous dédommager des années passées, il nous avait fait expédier une ordonnance&#13;
de 4 500 livres pour les années 1703, 1704 et 1705. C’était dans cette espérance que&#13;
j’avais accepté une lettre de change de 700 livres tirée par M. de La Vente et que je&#13;
lui avais envoyée et qu’il m’avait demandée ; mais dans le temps que j’étais accablé&#13;
de la mort de M. Louches, notre homme d’affaires, et que pour surcroît j’appris le&#13;
deuxième incendie de Québec, j’appris pour comble que le roi avait donné ordre&#13;
d’empêcher le voyage de M. l’abbé Gervaise, parce que son oncle, nommé le&#13;
P. Aubereau de Sainte-Geneviève, pour l’empêcher d’aller dans ces missions,&#13;
l’avait fait passer pour un étourdi et pour un brouillon, en sorte que quoique nous&#13;
allassions présenter au ministre le tort qu’on faisait à ces missions par cet obstacle,&#13;
nous ne pûmes rien obtenir et il a fallu rompre tout ce projet. Le prêtre qui devait&#13;
l’accompagner est allé seul là-bas, avec un domestique pour le servir, et&#13;
M. Gervaise, qui avait fait embarquer ses meubles et n’a pu les retirer, a fait suivre&#13;
ses meubles par son valet, qui doit les aller vendre s’il peut dans les îles. Mais cette&#13;
entreprise m’a engagé dans des dépenses bien plus fortes pour la Louisiane que je&#13;
n’espérais en faire, car ce départ du missionnaire, qui devait accompagner&#13;
M. Gervaise, est retombé sur nous, en sorte que je crois que la dépense pour ces&#13;
missions monte à près de 5 000 livres faites l’an passé et je n’espérais en dépenser&#13;
que 3 000 livres. Il est vrai que ce missionnaire, que l’on nomme M. Lemaire et qui&#13;
est connu de M. Calvarin, ayant demeuré longtemps dans notre Séminaire à Paris,&#13;
a laissé quelques livres au Séminaire pour les lui envoyer, en cas qu’il s’accoutume&#13;
bien dans ces missions ; car j’en doute un peu et je crains qu’il ne soit de dépense.&#13;
Il était fort bien établi à Saint-Barthélemy, sa paroisse à Paris, où il avait un grand&#13;
nombre de pénitents et pénitentes et y était assez goûté. Il a assurément quitté&#13;
beaucoup pour aller là, mais je l’aurais cru fort propre en second sous M. Gervaise&#13;
et je ne sais si étant seul il fera bien.&#13;
&#13;
�Outre cette augmentation de dépense pour nous, je me suis encore engagé dans de&#13;
grandes avances pour M. Gervaise pour la même entreprise, car il me doit près de&#13;
5 000 livres pour cette entreprise. Il aurait voulu que, pour m’en payer, j’eusse pris&#13;
un contrat de pareille sorte sur l’hôtel de ville, mais je ne puis m’en accommoder.&#13;
Si son valet revient heureusement, il pourra me rembourser une partie. Il lui a fallu&#13;
bien de la vertu pour soutenir cette épreuve et il est une plaie, qui n’est pas encore&#13;
fermée à l’heure que je vous écris ceci. Il est revenu, par notre conseil, dans son&#13;
bénéfice, dans le dessein, si l’on peut ôter les impressions qu’on a donné de lui au&#13;
roi, de reprendre ce dessein. Sans cela, il se serait retiré dans quelque solitude. Il&#13;
m’a témoigné avoir envie de fonder de son bien une mission dans ces pays-là et&#13;
de donner un revenu de 500 livres pour cela après sa mort. Il n’a qu’une sœur, qui&#13;
est une fille de vertu, fort résolue de ne se jamais marier, qui avait enfin par piété&#13;
consenti à cette entreprise et qui a eu bien de la douleur du déplaisir que son oncle&#13;
a causé à son frère.&#13;
M. de La Colombière et M. Dupré sont arrivés heureusement, après avoir couru&#13;
bien des risques en arrivant en France. Nous avons invité M. de La Colombière à&#13;
venir demeurer chez nous et il nous a fait l’honneur de l’accepter. Mais nous ne&#13;
prévoyons pas que son voyage puisse avoir aucun bon succès, à cause de la triste&#13;
situation où sont les affaires, car, dans l’état où tout est en France, il ne faut pas&#13;
espérer un secours plus fort que celui de 4 000 livres à l’ordinaire pour notre&#13;
incendie et c’est beaucoup ; et quant à ce projet de demander un bénéfice au roi,&#13;
comme une abbaye, et pour l’unir, quand M. le gouverneur et M. l’intendant vous&#13;
ont proposé ce projet, c’est que cela ne leur coûtait rien et vous jetait de la poussière&#13;
aux yeux, mais ils n’y peuvent tout, tant qu’ils sont rien du tout et la chose n’est&#13;
nullement faisable ainsi. Je ne vois pas quelle utilité le voyage de&#13;
M. de La Colombière apportera, car quant aux charges du pays, qui n’ont pas été&#13;
payées l’an passé, ce ne sera pas lui qui trouvera moyen de les faire payer. Nous&#13;
sommes ici très édifiés de son zèle et en particulier de son affection pour vous&#13;
procurer du soulagement, mais il voit bien qu’il n’y a rien à faire. Il a été très mal&#13;
reçu de M. Pontchartrain, qui était pour lors dans sa mauvaise humeur. Il est allé,&#13;
depuis un mois, au Havre-de-Grâce voir, M. l’intendant et Mme son épouse et doit&#13;
revenir avec lui à Paris, où je l’attends tous les jours. Ce qui l’a engagé à ce voyage,&#13;
c’est que M. l’intendant lui a mandé que M. de Pontchartrain lui avait envoyé tous&#13;
&#13;
�les mémoires du Canada pour avoir dessus son avis. Il a cru donc rendre service à&#13;
la colonie d’aller raisonner sur tout cela avec lui au Havre. Je crois qu’ils seront ici&#13;
au premier moment.&#13;
Je ne sais quelles mesures on prendra pour régler les affaires de la Compagnie de&#13;
Canada, qui est dans le plus mauvais état que l’on puisse s’imaginer. On propose&#13;
deux parties. La première, de faire acheter l’ancienne masse de castors par les&#13;
chapeliers de Paris, qui en offrent 600 000 livres et compris tout ce qui est en France&#13;
et laissent la liberté de vendre comme on voudra celui qui est en Canada et ensuite&#13;
le castor ne serait plus en partie, mais chacun aurait la liberté de l’envoyer en&#13;
France et le vendre comme on voudrait ; mais pour exécuter ce projet, il faudrait&#13;
que le roi payât plus de 300 000 ou 400 000 livres pour acquitter les dettes de la&#13;
colonie du Canada, ce qui est demander actuellement l’impossible. La seconde&#13;
proposition est faite par M. Aubert de Hollande, qui propose d’acheter tout le&#13;
castor qui est en France et en Canada à très vil prix et offre de payer [une] partie&#13;
des lettres de change et de faire consommer ce castor et celui qui viendra de&#13;
Canada en six ans, pourvu qu’on n’en apporte qu’une médiocre quantité, en sorte&#13;
qu’après ces six ans, le pays ait ensuite la liberté du commerce. Augusta sunt&#13;
undique2. Je ne sais quel parti on prendra, mais je sais que certainement on ne paiera&#13;
pas la lettre de change de 600 000 livres que M. Buisson m’a envoyée à prendre sur&#13;
cette Compagnie pour paiement de parties des charges, car les agents de change&#13;
n’en veulent accepter aucune.&#13;
Ce sont tous ces embarras de la colonie du Canada qui obligeront&#13;
M. de Pontchartrain à recevoir si mal M. de La Colombière, qui venait pour lui&#13;
représenter les misères de ce pays-là, car ce ministre lui dit que le roi devait&#13;
abandonner ce pays, qui ne lui était d’aucune utilité et ne lui causait que de&#13;
l’embarras et de la dépense, que les plus courtes folies étaient les meilleures, qu’on&#13;
avait engagé Sa Majesté dans de très grosses dépenses pour ce pays-là et qu’elle&#13;
n’en pouvait plus faire. Nous ne croyions pas cependant que le roi veuille encore&#13;
abandonner, comme ce ministre le dit, cette colonie, mais il ne faut pas espérer de&#13;
lui de secours en ce temps-ci. Nous n’avons pas ouvert la bouche sur votre&#13;
incendie depuis que nous le savons, car comme on vous a mal traité en Canada,&#13;
2&#13;
&#13;
Les grandes choses viennent de tous les côtés.&#13;
&#13;
�on vous maltraite aussi ici et il faut entrer dans des justifications sur votre&#13;
conduite, qui n’opèrent rien. On vous taxe de négligence de prendre si peu garde&#13;
à des ouvriers et nous avons beau dire, cela ne sert pas à procurer des aumônes ;&#13;
ce qui fait que nous restons dans le silence. Je n’ai reçu pour votre incendie qu’une&#13;
aumône de 300 livres d’une pénitence de M. l’abbé de Brisacier et 106 livres d’un&#13;
vicaire de la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois. M. l’abbé de Brisacier en a&#13;
voulu parler à Mme de Maintenon, qui s’est excusée même d’accorder une quête&#13;
à Versailles, qui pourrait peut-être produire 100 pistoles ; si bien que nous sommes&#13;
résolus de ne pas ouvrir la bouche, c’est à vous à vous modérer dans vos dépenses&#13;
et à retrancher ce que vous pouvez retrancher pour vous rétablir.&#13;
Quand il se trouverait aisément un bénéfice vacant, qui fût propre à unir à notre&#13;
Séminaire, ce qui n’est pas aisé à trouver, et que le roi eut assez de bonté pour en&#13;
consentir l’union, à quoi il a beaucoup de répugnance, pour ne pas dépouiller la&#13;
couronne de ses collations de bénéfice, croyez-vous qu’étant aussi mal que nous le&#13;
sommes avec les pères jésuites, ils laisseraient passer cette affaire sans y faire&#13;
obstacle, quand on la pouvait faire sans eux ? Comptez que la plaie que notre lettre&#13;
et nos affaires de la Chine leur ont faite est incurable et qu’elle ne se refermera&#13;
jamais. Ce ne sont pas gens à agir par des principes surnaturels. Ils diront de belles&#13;
paroles et sous-main, rompront bras et jambes. Si vous n’avez d’autre ressource&#13;
pour votre rétablissement, n’en espérez aucun avantage.&#13;
Dans quelle consternation ce nouveau malheur m’a-t-il mis pour vos affaires ! Car&#13;
après vous avoir écrit, comme j’avais fait l’an passé, qu’étant autant en avance que&#13;
j’étais pour vous, je ne pouvais vous envoyer rien cette année, ni payer M. Fleury&#13;
pour ses factures de 1704 et 1705 que je l’avais prié de vous avancer et qui montent,&#13;
comme vous le reconnaissez, à plus de 9 000 livres. C’est, je crois, le chagrin que&#13;
j’en eus qui me causa la maladie que j’eus cet hiver et qui vous surprendra, comme&#13;
elle m’a fort surpris. J’avais beaucoup mareté sur le pavé de Paris ce mois de&#13;
décembre dernier. Le 29 de ce mois, je me sentis le matin une petite douleur au&#13;
pouce du pied droit. Je ne laissai pas de courir toute la matinée. Je rentrai chez&#13;
nous à une heure après-midi avec une plus grande douleur, qui me faisait boiter&#13;
tout bas et étant rentré dans ma chambre, je ressentis pendant deux nuits très&#13;
violemment à ce pouce la douleur de la goutte, ce que je ne pouvais pas croire,&#13;
&#13;
�étant encore si jeune et la vie de Séminaire depuis l’âge de 18 ou 20 ans devant&#13;
m’exempter de cette sorte de mal, mais afin que je n’en doutasse pas, le même mal&#13;
me passa ensuite les deux nuits suivantes au pouce du pied gauche, où je souffris&#13;
des douleurs très vives et ces quatre nuits de douleurs me cassèrent si bien les&#13;
jambes que j’ai été presque tout le mois de janvier sans dire la sainte messe, ne&#13;
pouvant me soutenir, et que je n’ai presque pu sortir de tout l’hiver qu’en voiture,&#13;
sentant bien des douleurs aux pieds et une disposition à retomber pour peu que je&#13;
fasse d’efforts. Ce mal ne me convenait guère et je ne m’y serais jamais attendu,&#13;
mais je vois bien que je n’en suis pas quitte et que puisqu’il me prend si jeune, j’en&#13;
serai dans la suite fortement incommodé et que cela me mettra entièrement hors&#13;
de combat.&#13;
Je vois même que, depuis la première semaine de carême, la même humeur qui&#13;
m’a causé la goutte aux deux pieds s’est jetée sur mon épaule gauche et m’y fait&#13;
de cuisantes douleurs à l’épaule, au côté sous l’aisselle, et en haut de la poitrine&#13;
du même côté et m’ôte même souvent la respiration. Tout cela me rend vieux avant&#13;
l’âge et me fait sérieusement penser à mettre bas les armes et à me retirer du soin&#13;
des affaires, car vous ne sauriez comprendre la douleur que je ressens actuellement&#13;
pour écrire une lettre, à cause de mon mal d’épaule. Je vous avoue que ne pouvant&#13;
par-là souvent vaquer aux affaires dont je suis chargé, je me sens porté à m’en&#13;
décharger. C’est pourquoi j’ai écrit à M. l’évêque de Québec que je le prierais&#13;
d’agréer que je remisse à qui il voudrait les soins, tant de son Hôtel-Dieu que son&#13;
Hôpital [général]. Je serai même peut-être obligé de vous prier d’envoyer une&#13;
autre personne prendre ma place et me permettre de me retirer en quelque petit&#13;
coin pour passer le reste de mes jours en pénitence, dans l’exercice de la souffrance.&#13;
Je ne sais pourquoi M. Charon, sans me consulter, m’a envoyé des procurations et&#13;
m’a prié de me charger de ses affaires. Cela ne me convient nullement dans l’état&#13;
d’infirmité où je suis réduit. Je ne manque pas de bonne volonté, mais quand le&#13;
bon Dieu en ôte le moyen, il faut s’y soumettre. Je n’ai pas laissé de faire plusieurs&#13;
voyages pour chercher ceux qui en étaient chargés et leur faire rendre compte. Ils&#13;
n’avaient aucune des deux ordonnances de M. Charon pour 1704 et 1705. Ils ne&#13;
savaient où ils devaient prendre ces ordonnances. Je les ai, par bonheur, trouvés&#13;
dans les bureaux de M. de Pontchartrain et j’en ai ensuite sollicité le paiement chez&#13;
les deux gardes du Trésor royal de ces deux années. Par bonheur que j’en connais&#13;
&#13;
�les premiers commis, qui m’ont promis tous les deux qu’ils feraient leur possible&#13;
pour me payer dans peu ces deux ordonnances de M. Charon par des billets de&#13;
monnaie de 1 000 livres chacun ! Je me servirai de l’un pour payer une lettre de&#13;
change que M. Charon a tirée sur moi et que M. Buisson m’a envoyée et de l’autre,&#13;
pour payer une pareille lettre de change que M. Charon me mande avoir tirée&#13;
encore sur moi, sans savoir si j’aurais du fonds ou n’en aurais pas. Il est vrai qu’on&#13;
ne me l’a pas présentée, mais j’espère que j’y satisferai.&#13;
J’ai eu bien du chagrin d’avoir à traiter d’affaires en l’absence de M. l’évêque de&#13;
Québec avec M. de La Pallière, qui est plus difficultueux et plus intraitable que lui.&#13;
Ce prélat prétend que nous devons lui payer notre part de ses frais du voyage qu’il&#13;
a fait à Rome, qu’il fait monter à 1 000 écus. Il convient, dans la dernière lettre qu’il&#13;
m’écrit, qu’il n’avait pas dessein de nous les faire payer, mais que ce sont des&#13;
grâces que nous n’avons pas méritées, parce que nous avons cautionné&#13;
M. de La Pallière pour la lettre de crédit que nous lui avons envoyée dans sa&#13;
prison, que M. de La Pallière croit que nous devions payer, quoique nous ne lui&#13;
dussions rien.&#13;
En second lieu, ce prélat veut que je continue à lui payer, même depuis l’obtention&#13;
de la bulle, les 2 000 livres portées par le concordat de 1697, quoique ce prélat&#13;
convienne que ce concordat ne subsiste plus, parce qu’il était fait sous le bon plaisir&#13;
du pape et que le pape ne l’a pas agréé, ayant autrement disposé de ces biens et&#13;
revenus ecclésiastiques ; mais il veut qu’il subsiste pour continuer à lui payer ces&#13;
2 000 livres et qu’il ne subsiste plus pour qu’il paie de 5 parts 3 des frais faits ou à&#13;
faire pour l’obtention de la bulle et sur cela, ce prélat menace de nous faire payer&#13;
la meilleure partie des revenus du chapitre aux trois chanoines, qui ne sont pas du&#13;
Séminaire, et de nous ôter ce que la bulle nous accorde pour les manses monacales&#13;
de Méobecq et Bénévent. Je vous avoue que je le trouve encore plus vif, plus ardent&#13;
et plus mal disposé envers nous qu’il n’a jamais été. Sa prison lui fait écrire de la&#13;
manière la plus dure et la plus désagréable et bien loin d’être touché de nos&#13;
malheurs, s’il pouvait arracher la dernière pierre de notre Séminaire, il le ferait.&#13;
&#13;
�Je lui ai offert et à M. de La Pallière de nous en rapporter à deux avocats. Ils s’y&#13;
donnèrent les mains. Ensuite, M. de La Pallière craignit la dépense de payer ces&#13;
avocats. Après, il me dit qu’il n’avait pas de pouvoir de la part de Monseigneur&#13;
pour traiter cette affaire. Il m’a fatigué sur ces affaires plus que vous ne sauriez&#13;
croire.&#13;
Ce bon M. de La Pallière, qui, en homme de son pays, va droit à sa fin, qui est de&#13;
faire encore plus ses affaires que celles de Mgr de Québec, nous a donné bien de&#13;
l’embarras depuis un an pour avoir sa pension de 500 livres, à prendre sur l’abbaye&#13;
de Bénévent. Comme il ne se rebute de rien, il a fait écrire au pape et aux cardinaux&#13;
par toutes les puissances. Le pape a été ferme à refuser de donner une pension de&#13;
500 livres sur l’évêché de Québec. Il a enfin tant fait par ses menées qu’il en a&#13;
obtenu une de 600 livres sur l’abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer. Ainsi, nous en&#13;
voilà débarrassés par cet endroit-là.&#13;
Mais il a joué un autre tour au prélat cet hiver. Il a vu que ce prélat désirait&#13;
employer les 4 000 livres qu’il a obtenues de gratification du clergé et d’autres&#13;
sommes qu’il serait trop long de vous expliquer à faire une fondation de 900 livres&#13;
ou 1 000 livres par an pour les sœurs de la Congrégation [de Notre-Dame] pour&#13;
établir des écoles en plusieurs lieux du diocèse. M. de La Pallière a pris de cet&#13;
argent ce qu’il en fallait pour se payer des arrérages de 500 livres par an échus&#13;
jusqu’à présent de la pension que Mgr de Québec lui avait promise. Il a ensuite bien&#13;
voulu employer cet argent pour acquérir cette rente, à condition de se réserver sur&#13;
cette rente 400 livres de pension sa vie durant. Ainsi, le voilà muni de 1 000 livres&#13;
par an pour avoir rendu au Canada tous les grands services qu’il lui a rendus. Le&#13;
prélat connaît bien le personnage et c’est un bien que cela lui arrive. Je suis sûr que&#13;
ce grand-vicaire, à présent qu’il se voit garni, cherchera quelque prétexte pour ne&#13;
plus se mêler des affaires de Mgr de Québec et vous me direz avant qu’il soit trois&#13;
ans si je fais de mauvais almanachs.&#13;
J’ai accepté les lettres de change, montantes à 6 300 livres, que vous avez tirées sur&#13;
moi au profit de M. Jolliet, quoique je sois si fort en avance. J’ai aussi accepté celle&#13;
de 500 livres, tirées au profit de M. de Lespinay. Je ne sais après cela comment&#13;
vous pourrez espérer quelque chose pour l’année prochaine, car vous jugez bien&#13;
&#13;
�que pour payer ces lettres de change, je ne pourrai accomplir aucune facture, car&#13;
il m’a fallu résoudre à acquitter à M. Fleury tout ce qui lui était dû de ces deux&#13;
dernières années. Vous jugez bien en quel embarras cela m’a mis. Il est vrai que&#13;
j’ai touché pour près de 8 000 livres des ordonnances des années passées, dont j’ai&#13;
tiré le paiement le mieux que j’ai pu en billets de monnaie. Vous me mandez que&#13;
vous avez écrit à M. de Pontchartrain pour être payé de ces ordonnances et que les&#13;
puissances en écrivent fortement qu’enfin M. de Beauharnois s’y emploiera de la&#13;
bonne manière. Trouvez bon que je vous dise que toutes ces personnes n’y ont que&#13;
peu ou point de pouvoir et que cela ne dépend nullement d’eux. J’ai encore pour&#13;
11 500 livres d’ordonnances de l’année 1705, savoir une de 3 000 livres pour la&#13;
Louisiane, une de 4 000 livres pour l’incendie et une de 4 500 livres pour&#13;
M. de La Vente pour 1703, 1704 et 1705, car nous avons enfin obtenu 1 500 livres&#13;
par an pour lui. Je compte de me faire payer de ces ordonnances dans tout le cours&#13;
de cette année et cependant, je prévois que je serai encore beaucoup en avance&#13;
pour vous, sans avoir acquitté les 6 300 livres payables à M. Jolliet en novembre&#13;
1707.&#13;
À la vérité, voyant votre misère causée par l’incendie, j’ai tâché d’accomplir votre&#13;
facture et celle de M. Buisson, à peu d’articles près, dont je crois que vous pouvez&#13;
vous passer comme les plaques de cuivre, la haire [le cilice] et quelques autres&#13;
choses. J’ai dit à M. Fleury de vous envoyer même pour 300 livres de clous, dont&#13;
je n’ai rien trouvé dans votre facture. C’est tout ce que j’ai avancé au-delà de votre&#13;
facture.&#13;
Nos missionnaires de Paris me grondent de ce que, pour les missions de Canada,&#13;
j’incommode toutes les autres et m’incommode fort moi-même, mais je ne sais&#13;
comment faire autrement. Cependant, je vous avoue que si je vois que vous&#13;
reprenez de vos enfants comme auparavant, vous trouverez bon que je ne vous&#13;
envoie plus rien du tout, non seulement pour eux, mais même pour les&#13;
missionnaires, jusqu’à ce que je sois remboursé de toutes mes avances. Je crois fort&#13;
inutile de réfuter ce que vous et M. Buisson me mandez qu’il peut y avoir du profit&#13;
à prendre ces enfants pour 230 livres du pays. Tous ceux qui m’écrivent du Canada&#13;
et ceux qui en reviennent n’en sauraient parler qu’en levant les épaules&#13;
d’étonnement. J’ai prié M. Fleury de vous envoyer les liqueurs par le Neptune, par&#13;
&#13;
�lequel je compte de vous envoyer cette lettre. Je n’écrirai que celle-là seule, car je&#13;
n’ai pas le loisir d’écrire davantage.&#13;
C’est pourquoi je vous prie de dire à la R. M. Saint-Ignace que par la perquisition&#13;
que j’ai faite, j’ai su que la caisse où étaient toutes les drogues prises l’an passé par&#13;
elles et le ballot d’étoffes que je leur ai envoyé de Bayeux n’ont point été perdues,&#13;
puisqu’on les a mis dans la Notre-Dame de Bon Port, qui est arrivée heureusement&#13;
à Québec. J’en ai les connaissements et M. Berry, à qui ce vaisseau appartient, ne&#13;
peut se dispenser de vous les payer. M. Fleury n’avait rien mis pour elles dans le&#13;
Saint-Jean, comme elles le croyaient. Elles ont eu trop de modération pour ne me&#13;
rien demander cette année, s’en remettant à ce que je pouvais faire. J’ai cru pouvoir&#13;
leur envoyer environ pour 500 livres de drogues d’apothicaire et pour environ&#13;
400 livres d’étoffes de Bayeux. Je leur ai acheté aussi des pièces de voile, de la cire&#13;
d’Espagne et deux livres de cannelle et j’ai remis tout cela au P. Lamberville,&#13;
suivant leurs avis. Ces bonnes religieuses se plaignent qu’elles ne reçoivent pas&#13;
fidèlement ce qui leur est envoyé par nos ballots. Cela me fait bien plaisir pour ne&#13;
plus leur rien envoyer par-là. Cependant, vous leur fîtes rendre l’an passé, non&#13;
seulement une chasuble brodée, qui était pour elles, mais une autre que je vous&#13;
envoyais et que je vous prie de retirer d’elles, car elle est pour le Séminaire. Ces&#13;
bonnes religieuses me prient de leur mander comment je leur ai envoyé des&#13;
girofles, muscade, etc., que je leur mandais leur envoyer par la caisse des Jésuites.&#13;
Si elles consultaient leurs lettres, elles verraient qu’elles ne m’ont demandé ces&#13;
épiceries qu’à la fin 1703 et que je les leur ai envoyés en 1704 dans une caisse où&#13;
j’envoyais pour plus de 700 livres d’images à Dubreuil, qui ont été perdues, aussi&#13;
bien que leurs épiceries, dans le vaisseau la Seine.&#13;
J’ai encore plus sujet de me plaindre de la R. M. Saint-Augustin de l’Hôpital&#13;
général. Je lui envoyai l’an passé un compte du reçu que j’avais fait de leur rente&#13;
en 1704 et 1705, car je ne prends soin de leurs affaires que depuis ce temps-là et je&#13;
leur marquais que pour m’acquitter de ce que j’avais reçu pour elles, j’avais payé&#13;
en 1704 deux lettres de change et une en juin 1705 et que je n’avais accepté une&#13;
pour payer en novembre 1705 ; si bien que tout bien compté, j’étais pour elles en&#13;
avance de 8 livres. La R. M. Saint-Augustin me mande qu’elle ne comprend rien à&#13;
mon compte, qu’un enfant comprendrait, et qu’elle n’a pas tiré sur moi une&#13;
&#13;
�quatrième lettre de change pour être payée en novembre 1705, qu’ainsi je dois&#13;
avoir en mes mains 500 livres et qu’elle les tire sur moi pour les payer en janvier&#13;
1706. La bonne mère devait se souvenir des lettres de change qu’elle tire. Elle qui&#13;
en tire si peu, moi, qui en paye tous les ans beaucoup, ne laisse pas de connaître&#13;
fort bien son écriture, car elle a donné à M. Soumande, marchand de Montréal, une&#13;
lettre de change de 500 livres le 13 novembre 1704, payable à la fin de mai 1705.&#13;
Cette lettre est tout écrite de la main de M. de La Colombière, scellée et signée&#13;
Sr. Louise Soumande de Saint-Augustin, supérieure. Elle a été transportée par&#13;
M. Soumande le 18 novembre 1704 à M. Fleury de La Rochelle, qui l’a transportée&#13;
au sieur Bullet et de-là, elle a passé en plusieurs mains. Et outre celle-là, elle a&#13;
encore donné une autre lettre de change de 500 livres du 12 novembre 1704, écrite&#13;
de même par M. de La Colombière, scellée et signée par elle, qui n’est pas une&#13;
seconde de celle ci-dessus, mais une première comme elle et M. Soumande l’a aussi&#13;
transportée à M. Fleury, le 15 novembre 1704. M. Fleury l’a transportée à&#13;
M. d’Iberville et M. d’Iberville à M. Le Moine de Rouen, à qui je l’ai payée. C’est&#13;
pourquoi j’ai laissé protester la lettre qu’elle a tirée sur moi si témérairement pour&#13;
être payée en janvier 1706, mais comme cette lettre est entre les mains de&#13;
Mlle Girardin, je lui ai promis que je la paierais en novembre prochain. Je prie la&#13;
mère Saint-Augustin de penser mieux à ses affaires. Personne n’a parlé ici contre&#13;
l’Hôpital général et si on l’avait fait, j’aurais agi en sa faveur.&#13;
Vous apprendrez que l’on a vendu à M. Aubert d’Amsterdam tout le castor, à&#13;
condition qu’il paiera les dettes de la colonie. Je ne crois pas qu’on tire de cette&#13;
affaire un grand avantage. On prétend que par ce marché, l’on ne sera pas en état&#13;
d’ici à dix ans de payer rien sur les charges indispensables ou au plus que MM. le&#13;
gouverneur et officiers seront payés et l’Église, laissée à quartier.&#13;
Il n’y a nulle apparence que nous obtenions un bénéfice pour notre Séminaire de&#13;
Québec. Je suis sûr que les Jésuites s’y opposeraient fortement s’ils y voyaient&#13;
quelque apparence, mais il n’est pas nécessaire qu’ils s’y opposent.&#13;
Mme Ango de La Mothe eu cet hiver une dangereuse maladie. Elle se porte assez&#13;
bien à présent. Elle a fait acheter nos toiles à l’ordinaire et je l’ai prié encore de&#13;
vouloir faire acheter à Argentan ce que M. Buisson en demande, dont je lui&#13;
&#13;
�enverrais l’argent pour envoyer cela avec nos toiles, en y mettant un « B » pour les&#13;
distinguer de celles qui sont pour le Séminaire.&#13;
J’ai été bien surpris d’apprendre, par les lettres que j’ai reçues de M. Dupré, qu’il&#13;
ne vous ait seulement pas parlé de l’application qu’il a faite de ce qui lui revenait&#13;
pour sa part de la succession de feu M. Dupré, son frère, chirurgien, mort en Italie,&#13;
dont j’ai tiré près de 3 000 livres par les bons services que m’a rendu un officier&#13;
général de l’armée d’Italie, qu’il n’avait pas été possible de tirer sans cela. Or, il&#13;
revient à M. Dupré de Québec de cette succession environ 900 livres en argent et&#13;
le surplus en un fonds sur le canal de Troyes. J’aurais cru que l’incendie de notre&#13;
Séminaire aurait dû déterminer M. Dupré à s’y appliquer ; du moins, j’aurais&#13;
pensé que lui, qui est si zélé pour l’exacte observation des règles, n’aurait pas&#13;
manqué d’en disposer dépendamment du supérieur, comme c’est effectivement la&#13;
règle ; mais il me paraît qu’il n’en a nullement conféré avec vous et qu’il en a fait&#13;
une disposition telle qu’il lui a plu, sans consulter personne. Cette conduite serait&#13;
assez propre à décourager ceux qui s’intéressent pour le soutien du Séminaire,&#13;
mais quoiqu’il y doive concourir, comme moi, je n’aurais point été surpris si pour&#13;
marier quelqu’une de ses nièces, il eut disposé de tout ou de partie de cette&#13;
succession pour cette bonne œuvre ; mais après notre incendie, l’appliquer sans&#13;
l’avis du supérieur à des œuvres telles qu’il lui a plu, je vous avoue que cela m’a&#13;
très fort surpris et que je n’ai eu le cœur fort serré. Comme je suppose qu’il lira&#13;
cette lettre, je ne puis m’empêcher de lui en marquer mon étonnement.&#13;
Ce qui est remarquable, c’est qu’il me renvoya faire les partages de cette succession&#13;
et que, sans s’en embarrasser, il commence à tirer sur moi des lettres de change&#13;
pour ce qui doit lui revenir de cette succession. Il me semble que je n’ai pas grand&#13;
sujet de m’en embarrasser, dès qu’on en agit ainsi. Il aurait du moins dû&#13;
commencer par prendre sur cette succession ce qu’il m’a fait dépenser par son&#13;
neveu, qu’il m’a fait lui envoyer en Canada, quoique je lui eusse assez marqué&#13;
deux années de suite que la faiblesse de ses yeux pourrait être un obstacle à y&#13;
demeurer. Cet envoi n’a pas laissé de coûter au Séminaire aussi bien que son&#13;
retour. Je ne m’en prends pas au neveu ; il n’y peut rien et il m’a assuré qu’il avait&#13;
représenté à son oncle n’approuver pas cette disposition. Je n’en ai pas reçu,&#13;
Monsieur, son neveu avec moins d’affection. Il est actuellement à Envie avec M. le&#13;
&#13;
�curé à élever quelques jeunes gens, qui n’ont plus de rapport au Séminaire, car ils&#13;
paient leur pension. J’avais conseillé à M. Dupré de ne se pas arrêter à cet emploi,&#13;
mais de s’aller présenter à M. de Chartres pour s’offrir à travailler en son diocèse.&#13;
Il n’a pas jugé à propos de le faire et son infirmité peut en être une bonne raison,&#13;
mais on aurait pu lui procurer un emploi bien doux et je crois qu’il eut dû le faire,&#13;
car à quoi le conduit ce qu’il fait à l’envie ? Certainement à rien. Il n’y a nulle&#13;
apparence qu’on le retienne en notre Séminaire de Paris, où il n’y a rien de quoi&#13;
l’occuper. Je le voudrais pour lui personnellement, parce qu’il a de la douceur,&#13;
mais il n’y a rien à Paris pour l’occuper et il n’y a pas de place fondée dans notre&#13;
Séminaire.&#13;
Je crois vous avoir marqué que M. de La Colombière est chez nous, où il nous&#13;
édifie beaucoup. On a mandé de Québec à M. de La Pallière, et je crois que c’est&#13;
[par] M. Le Vallet, qu’il venait en France pour retourner évêque de Québec. Je crois&#13;
que M. de La Pallière a pris des mesures pour le traverser dans ce dessin, mais je&#13;
l’ai fort dissuadé qu’il l’eût. Je souhaiterais bien davantage que l’on donnât à&#13;
M. de La Colombière quelque abbaye, dont il ferait de bonnes œuvres ; mais il n’y&#13;
en a guère apparence, car voilà une grande nomination qui s’est faite à Pâques et&#13;
on n’a pas pensé à lui.&#13;
M. l’évêque de Gap a enfin donné sa démission et on a donné son évêché à un&#13;
jeune homme, qui n’a d’autre bonne qualité que d’être dévoué aux Jésuites. Voilà&#13;
à présent ceux à qui on confère les évêchés et abbayes !&#13;
M. de Beauharnois est allé sur mer exercer son emploi. Il n’a pas été trop bien reçu&#13;
par M. de Pontchartrain. Je crois qu’il n’a seulement pas parlé de nous. Nous ne&#13;
manquerons pas de représenter ce que vous marquez sur ces mats et sur ces&#13;
3 000 livres que vous devez au roi.&#13;
Je demande à la Cour une gratification de 400 livres pour M. Gaulin. Je ne&#13;
désespère pas d’obtenir quelque chose.&#13;
&#13;
�On a donné à M. de Subercase le gouvernement de l’Acadie. Je plains ce pauvre&#13;
pays, qui depuis longtemps n’a pas été en de trop bonnes mains. On a fait le&#13;
lieutenant de M. de Subercase gouverneur de Plaisance.&#13;
J’ai oublié de vous mander l’état de nos controverses pour la Chine. Le pape a&#13;
montré à M. l’évêque de Rosalie la décision qu’il prétend avoir faite sur ces&#13;
affaires, mais ne lui en a pas voulu donner une authentique pour porter avec lui à&#13;
la Chine ; si bien que ce prélat, voyant qu’il ne pouvait pas l’obtenir, est revenu de&#13;
Rome fort mécontent, ayant même refusé d’être fait évêque assistant que lui a&#13;
offert le pape et il est résolu de ne pas retourner à la Chine qu’il ne sache ce qui a&#13;
été décidé. Le pape est tellement dévoué aux Jésuites que quoiqu’il veuille paraître&#13;
père commun, il ne fera jamais rien qui leur fasse de la peine. Nous croyons bien&#13;
que Sa Sainteté aura ordonné au patriarche à la Chine de recommander&#13;
verbalement aux Jésuites de ne plus tolérer ces superstitions, mais il n’en fera pas&#13;
publier de décision authentique, ce qui sera ne rien faire et les Jésuites ne verront&#13;
pas le patriarche hors de la Chine qu’ils continueront de faire ce qu’ils ont fait&#13;
jusqu’à présent.&#13;
Je vous prie de faire trouver bon à Mgr l’Ancien que je vous ai adressé cette lettre&#13;
plutôt qu’à lui, afin que vous la lui fassiez lire et à tous nos Messieurs. Je salue&#13;
M. de Glandelet et M. Dupré et M. Pocquet. Dites, je vous prie, à ce dernier que&#13;
M. l’abbé Tiberge veut lui envoyer quelques sermons pour suppléer à la perte qu’il&#13;
a faite. J’envoie à M. Buisson, que je salue, une Théologie morale de Grenoble3 pour&#13;
lui et pour M. Calvarin, dont ils se serviront conjointement. Je me recommande à&#13;
vos saints sacrifices et prières et suis très parfaitement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 12 avril 1706&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
3&#13;
&#13;
Théologie morale ou résolutions des cas de conscience, selon l’Écriture sainte, les canons et les saints&#13;
Pères, composée par l’ordre de M. l’évêque de Grenoble, écrite par François Genet e 1703.&#13;
4&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250481">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11966">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/cd7c063cf9a2cb5684a4e550c0015a8b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=mg8Jvqau-3EiCphfYrOvEF8kMP07BOaYDHjWjn364-c4L3eAEmQQyE0oESZex8JtqSA6ghtjP6Be8xjd8wtid-OMUJJnbKsgbtfpHm3gfWPQd2mYSzcRl7FOjr60NDAnblfon0N8HNADNzKdYpbTYY2LrK7vZ9h9VbExUX2gfyEkDWIZhTWW69f06-%7EwhkSXmxpS%7EFFcE3sJ64loqISGTWUWvSZxb-74i%7E601G4D2Ilgh5Os8tRxmrHmEg13NdOG9YG2rmtghVBGzHUdI6JLM3eA-lcP6lJ%7EK8xZj2bU2qKpbr-6OrX0Ay0NhEj4y3Sw1l2gDpSXeN7G%7EkhGwyV8JQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>14780ce63d6a416055b33840f1bfd565</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250479">
                    <text>1706, 12 avril – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45)&#13;
1.&#13;
12&#13;
avril&#13;
1706&#13;
&#13;
Nouvelle&#13;
de l’Jncendie&#13;
________&#13;
&#13;
Douleur&#13;
&#13;
Maladie&#13;
&#13;
Coadj.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
12 Avril 1706&#13;
o&#13;
r&#13;
2 Lettres O, N 45&#13;
à M. Des Maizerets.&#13;
3 Je vous escris par le vaisseau de M Joliet cette 1.ere lettre&#13;
4 ces 1.ers jours davril p.r vous donner promptem’ de nos Nouvelles.&#13;
5 Nous croions avoir receu toutes vos lettres, et celles denos Mess.rs&#13;
6 Soit par M de la colombiere et M.r DuPré Soit par les autres voies&#13;
7 parlesquelles vous nous avez escrit. Les 1.eres que nous recusmes&#13;
8 cefut parle Neptune qui arriva le 1.er et nous apporta la triste&#13;
9 nouvelle de Notre 2.de Jncendie ce fut parla lettre de Mgr Lancien&#13;
10 aM Labbé de Brisacier qui vint parla poste, et nous fut rendüe vers&#13;
11 le 15. de Decembre J’estois alors plongé dans une grandeafflictionde&#13;
12 lamort de M. de Louche qui estoit un Seculier parent deM L. Tiberge&#13;
13 qui maidoit dans nos aff.re et estoit toute ma ressource Jl mourut&#13;
14 Subitement Sans mesme recevoir labsolution entre nos bras, cequi nous&#13;
15 fut tres douloureux. J’avois une autre tristesse de voir manquer le&#13;
16 voiage de M Gervaise au misissipi, et celle la Survenant pas dessus&#13;
17 fit en moy unetell impression de tristesse que Je crois devoir attribuer&#13;
18 lamaladie qui marriva alafin de Decembre a ces afflictions et au&#13;
19 Surcroist de travail et de peine que Jeus dans ce mois la mais&#13;
20 p.r prendre les choses de plus loing Je vais vous mander cequi est&#13;
21 arrivé depuis le depart des Navires et cequil faut vous apprendre&#13;
22 de la disposition ou Je vois Ces aff.res&#13;
23 M LEveq’ de Quebec est toujours prisonnier en Angleterre Jl est&#13;
24 tres indisposé contre nous deceque MLabbé de Gergis n’a pas&#13;
25 esté nommé son coadjuteur. Jl nous lattribue quoi que nous n’en&#13;
26 soions pas la cause Jl ne m’a escrit depuis cetemps la que d’une&#13;
27 maniere tres dure, et qui fait sentir son aygreur et son indisposition&#13;
28 Jl n’y a nulle apparence que nous le revoions en france qu’a la paix&#13;
29 Cepend.’on parle deschange de prisonniers, mais comme on&#13;
30 demande toujours M mean et que Lon nelerendra jamais&#13;
31 Jl y a Sujet decraindre qu’on ne retienne longtemps le&#13;
32 Prelat, Jl y a pourtant quelq’ Sujet de croire que Si MLeDuc de&#13;
33 vendosme avoit jugé apropos deschanger les prisonniers du duc&#13;
34 de Savoye que nous avons en grand nombre on auroit obtenu&#13;
35 leschangesdeMgr de Quebec contre quelquun deux. mais M Le duc de&#13;
36 vendosme a demandé au Roi de ne rendre aucun officier du Duc de&#13;
37 Savoye de cette campagne cy, parcequ’on Supose qu’on achevera cette&#13;
38 année de le ruiner de fond en comble.&#13;
39 J’ay eulemalheur deperdre ce mois daoust 1705 un procez p.r&#13;
40 Labbaye de meobec contre M de tencosme qui en est un Seigneur&#13;
&#13;
�M.Gervaise&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Lettres O. No 45&#13;
&#13;
41 voisin faute davoir produit des titres que Je n’ay putrouver&#13;
42 p.r une redevance de 18. sebire debled deue au Prieuré&#13;
43 dhabilly. onmefait tous les jours esperer de retrouver ces&#13;
44 titres. mais Je ne Scay Si on me tiendra parole cela m’a&#13;
45 donné bien du deplaisir apres bien dumalque lapoursuite&#13;
46 deceprocez mavoit causé.&#13;
47 M.r D’Jberville ayant obtenu cet esté de la Cour tout cequil&#13;
48 esperoit p.r lentreprise quil avoit eu dessein de faire Jly a deux&#13;
49 ans et qui eschoua, Jl Sest disposé cet automne a aller ou&#13;
50 envoier unvaisseau a la Louisiane cela nous a engagé de&#13;
51 reprendre avec M Gervaise les projets quil avoit faits p.r&#13;
52 cepays la; car co’e M.r Dela vente par ses lettres nous laissoit&#13;
53 entrevoir quil yauroit dubiena faire aux chatta et chicacha,&#13;
54 et queM Gervaise estoit en estat d’y entretenir une mission de&#13;
55 Son bien nous y trouvions un grand avantage p.r la Religion&#13;
56 Jefus donc le voir aumois doctobre nous prismes nos mesures&#13;
57 p.r Son depart. Jl emportoit aveclui p.r 7. ou 8000.# debonnes&#13;
58 hardes co’e linge tapisserie draps &amp;. quil esperoit vendre&#13;
59 aux Jsles p.r enacheter deux ou trois negres, et avec trois autres&#13;
60 domestiques francois quil emmenoit et un miss.re que Nous&#13;
61 lui donnions Jl esperoit mettre dans peu cette missions quil&#13;
62 alloit entreprendre enestat de Se passer du recours enfrance,&#13;
63 et ce Solide establissem.’ auroit disposé peuapeu a enfaire&#13;
64 depareils dans les autres endroits. mais comme M Labbe&#13;
65 gervaise navoit pas dargent comptant Jl me&#13;
66 fallut lui en avancer p.r cette entreprise que Je conside&#13;
67 rois co’e un moien daffermir ces missions. Jlmefallut&#13;
68 mesme paier p.r deux millelivres de dettes quil avoit&#13;
69 contractez et dont Jl falloit quil se debarassast&#13;
70 Jl partit ainsi de Tours au 15. de Novembre Javois fait&#13;
71 partir les ballost p.r les au’ miss.res aumois doctobre et&#13;
72 celui que devoit lui Servir de confrere les 1.ers jours de 9bre&#13;
73 on me faisoit esperer queles vaiss.x partiroient le 22. de&#13;
74 9.bre et Sils estoient partis alors tout auroit reussi. Le&#13;
75 ministre nous avoit enfin accordé p.r M.r Dela vente et&#13;
76 Son confrere 1500.# par an, et p.r nous dédommager des&#13;
77 annéez passéez, Jl nous avoit fait expedier une ord.ce de&#13;
78 4500.# p.r les annéez 1703. 1704. et 1705. cestoit dans cette&#13;
79 esperanceque Javois accepté une lettre de change de 700.#&#13;
80 tirée par M de la vente, et que Jelui avois envoyé etquil&#13;
81 mavoit demandé. mais dans le temps que Jestois accablé de&#13;
82 lamort de M Louche notrehomme daff.re, et que pour&#13;
83 surcroist Jappris la 2.de Jncendie de Quebec Jappris p.r&#13;
&#13;
�84 comble que Le Roi avoit donné ordre dempescher le voiage&#13;
85 de M L. Gervaise parce q’ Son oncle nommé Le P. aubereau de&#13;
86 S.te Genevieve p.r lempescher daller dans ces missions, lavoit fait&#13;
87 passer p.r un estourdi et p.r un brouillon, en Sorte que quoi que&#13;
88 nous allassions representer au ministre letort qu’on faisoit a&#13;
89 ces missions par cet obstacle, nous ne puismes rien obtenir,&#13;
90 et Jlafallu rompre tout ceprojet. Le Prestre qui devoit&#13;
91 laccompagner est allé Seul la bas avec un autre&#13;
92 domestique p.r leServir, et M Gervaise qui avoit fait embarquer&#13;
93 Ses meubles et na pu les retirer afait Suivre ces neubles par&#13;
94 Son valet qui doit les aller vendre Silpeut dans les Jsles.&#13;
95 mais cette entreprise m’a engagé dans des depenses bien&#13;
96 plus fortes p.r LaLouisiane que Jenesperois enfaire, car&#13;
97 ce depart du miss.re qui devoit accompagner MGervaise&#13;
98 est retombé Sur nous enSorte que Je crois que la depense&#13;
99 p.r ces missions monte a prez de 5000.# faites l’an&#13;
100 passé, et Je n’esperoit en depenser que 3000.# Jl est&#13;
101 vray que ce miss.re que l’on nomme M Le maire et&#13;
4.&#13;
&#13;
102 qui est connu de M Calvarin ayant demeuré long temps&#13;
103 dans n’re Sem.re a Paris, alaiSsé quelques livres auSemin.re&#13;
104 p.r les lui envoier encas quil saccoutume bien dans ces missions&#13;
105 car Jen doute un peu, et Je crains quil ne Soit de depense Jl&#13;
106 estoit fort bienestabli a S.’ Barthelemy Sa paroisse a Paris ou&#13;
107 Jlavoit un grand nombre depenitens et penitentes et y estoit&#13;
108 assez gouté. Jl a asseurem’ quitté beaucoup p.r aller la, mais&#13;
109 Jelaurois cru fort propre en second Sous M Gervaise, et Je&#13;
110 neScay Si estant Seul Jl ferabien&#13;
111 outre cette augmentation de depense p.r nous, Je me Suis encore&#13;
112 engagé dans degrandes avances p.r M Gervaise p.r lamesme&#13;
113 entreprise, car Jl me doit prez de 5000.# p.r cette entreprise&#13;
114 Jl auroit voulu que p.r men paier Jeusse pris un contract&#13;
115 de pareille So’e Sur Chatelde ville, mais Je nepuis men accom=&#13;
116 moder. Si Sonvalet revient heureusem’ Jlpoura me rembourser&#13;
117 une partie Jl lui afallu biendela vertu p.r Soutenir cette&#13;
118 espreuve, et Jlest une playe qui n’est pas encore fermée a&#13;
119 lheure que Je vous escris cecy Jl est revenupar nostre&#13;
120 conseil dans Son bebefice dans ledessein Si lonpeutoster les&#13;
121 impressions quon a donné delui auRoi dereprendre ce&#13;
122 dessein. Sans cela Jl SeSeroit retiré dans quelq’ Solitude&#13;
123 Jl m’a temoigné avoir envie defonder de Sonbien une&#13;
124 mission dans ces pays la, et dedonner un revenu de 500.# p.r&#13;
125 cela apres Samort. Jl n’a qu’une Soeur qui est uneffille de&#13;
126 vertu fort resolue de ne Se jamais marier, qui avoit enfin&#13;
&#13;
�127 par pieté consenti a cette entreprise, et qui aeubiendela&#13;
128 douleur du deplaisir que Son oncle a causé a Son frere.&#13;
129 M de la colombiere et M du Pré Sont arrivez heureusem.’&#13;
130 apres avoir couru bien des risques en arrivant enfrance&#13;
131 Nous avons invité M dela colombiere a venir demeurer&#13;
132 chez Nous, et Jlnous afait lhonneur de l’accepter. mais&#13;
133 nous ne prevoions pas que Son voiage puisse avoir aucun&#13;
134 bon Succez a causedela triste Situation ou Sont les aff.res&#13;
5.&#13;
1706.&#13;
&#13;
Lettres O, No 45&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
135 car dans Letat ou tout est en france Jl ne faut pas esperer&#13;
136 unSecours plus fort que celui de 4000.# alordinairep.r&#13;
137 n’re Jncendie, et cest beaucoup, et quant a ce projet de&#13;
138 demander un benefice au Roi co’e une abbaye &amp; p.r&#13;
139 Lunir quand M LeGouverneur et M LJntendant vous ont&#13;
140 proposé ceprojet c’est que cela neleur coutoit rien, et vous&#13;
141 jettoit de la poussiere aux yeux, mais Jls n’y peuvent tout&#13;
142 tant quils Sont rien dutout, et la chose n’est nullem’ faisable&#13;
143 ainsy Je ne vois pas quelle utilité le voiage deMde la colombiere&#13;
144 apportera; car quant aux charges du pays qui n’ont pas esté&#13;
145 paiéez l’an passé, ce neSera pas lui qui trouvera moyen de&#13;
146 les faire paier. Nous Sommes icy tres édifier de Son zele et&#13;
147 en particulier de Son affection p.r vous procurer duSoulagem.’&#13;
148 mais Jlvoit bien quil n’y a rien a faire Jl a esté tres mal&#13;
149 receu de M de Pont chartrain qui estoit p.r lors dans Sa&#13;
150 mauvaise humeur. Jl est allé depuis un mois au havrede&#13;
151 grace voir M.r LJntendant et Mad.’ Son espouse, et doit&#13;
152 revenir avec lui a Paris ou Jelattends tous les jours. cequi&#13;
153 la engagé ace voiage cest que M LJntend.t lui a mandé&#13;
154 queM de Pontchartrain lui avoit envoyé tous les memoires&#13;
155 du Canada p.r avoir dessus Son Avis. Jla cru donc rendre&#13;
156 Service a la Colonie daller raisonner Surtout cela avec&#13;
157 lui au havre. Je crois quils Seront icy au 1.er moment.&#13;
158 Je ne Scay quelles mesures onprendra p.r regler les aff.res de&#13;
159 la compagnie de Canada qui est dans leplus mauvais estat que&#13;
160 l’on puisse Simaginer; Onpropose deux partis. La 1.ere defaire&#13;
161 acheter lancienne masse des castors parles chapeliers de&#13;
162 Paris qui en offrent Sixcent mille livres et compris tout&#13;
163 ce qui est enfrance, et laissent la liberté de vendre co’e&#13;
164 on voudra celui qui est en Canada, et ensuite lecartor&#13;
165 ne Seroit plus en parti, mais chacun auroit la liberté de&#13;
166 lenvoier en france et le vendre comme on voudroit&#13;
167 mais p.r executer ce projet Jl faudroit que Le Roi paiast&#13;
168 plus de 3. ou 400 000.# p.r acquiter les dettes de la colonie du&#13;
&#13;
�169 canada, ce qui est demander actuellem’ limpossible&#13;
170 Le 2.de proposition est faite par M Aubert dehollande&#13;
171 qui propose dacheter tout lecartor qui est en france et en&#13;
172 Canada a tres vilprix, et offre de paier partie des lettres de&#13;
173 change, et de faire consommer ce castor et celui qui viendra&#13;
174 de Canada en Sixans pourveu qu’on n’en apporte qu’une&#13;
175 mediocre quantité enSortequapres ces Sixans lepays ait&#13;
176 ensuite la liberté du commerce. Augusta sunt&#13;
177 undique. Jene Scay quel parti onprendra mais Je&#13;
178 Scay que certainem.’ On ne paiera pas lalettre de change&#13;
179 deSix cent cinq.te livres queM Buisson mâ envoié a&#13;
180 prendre Sur cette compagnie p.r paiem’ de partie des&#13;
181 charges, car les agens de change n’en veulent accepter aucune&#13;
182 Ce Sont tous ces ambaras dela colonie ducanada qui obligeront&#13;
183 M de Pontch. a recevoir Si mal M dela colombiere qui venoit&#13;
184 p.r lui representer les miseres decepays la, car ce ministrelui&#13;
185 dit que Le Roi devoit abandonner cepays qui nelui estoit d’aucune&#13;
186 utilité et nelui causoit quede Lambaras et de ladepense que&#13;
187 les plus courtes folies estoient les meilleures qu’on avoit&#13;
188 engagé Sa majesté dans de tres grosse depenses p.r ce&#13;
189 pays la, et quelle n’en pouvoit plus faire nous ne&#13;
190 croions pas cepend.’ que Le Roi veuille encore aban=&#13;
191 donner co’e ce ministre ledit cette colonie mais Jl&#13;
192 ne faut pas esperer delui de Secours en cetemps cy.&#13;
193 Nous n’avons pas ouvert la bouche Sur votre Jncendie&#13;
194 depuis que Nous la Scavons; car comme on vous a&#13;
195 mal traité en canada, on vous mal traite aussi icy. et&#13;
7.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
196 Jl faut entrer dans des justifications Sur votre conduite&#13;
197 qui noperent rien. on vous taxe de negligence de prendre&#13;
198 Si peu garde a des ouviers &amp;. et nous avons beau dire, cela&#13;
199 ne Sert pas a procurer des aumosnes. cequi fait que&#13;
200 nous restons dans leSilence. Je n’ay receu p.r votre Jncendie&#13;
201 qu’une aumosne de 300.# d’une penitente deM Labbé&#13;
202 de Brisacier et 106.# dun vicaire de laparoisse de S.t&#13;
203 Germain Lauxerrois. M L. de Brisacier en a vouluparler a&#13;
204 Mad.’ de m qui Sest excusée mesme daccorder une queste a&#13;
205 versaillequi pouroit peut estre produire cent pistoles. Si bien&#13;
206 que nous Sommes resolue denepas ouvrir la bouche c’est&#13;
207 a vous a vous moderer dans vos depenses et a retrancher&#13;
208 ce que vous pouvez retrancher p.r vous restablir.&#13;
209 Quand Jl Se trouveroit aisem.’ Un benefice vacant qui fust&#13;
210 propre a unir anotre Sem.re cequi n’est pas aisé a trouver,&#13;
211 et que Le Roi eust assez debonté p.r en consentir Lunion, a&#13;
&#13;
�212 quoy Jla beaucoup de repugnance p.r nepas depoüiller la&#13;
213 couronne de Ses collations debenefice, croiez vous&#13;
214 qu’estant aussi mal que nous leSommes avec Les Peres&#13;
215 Jesuites Jls laisseroient passer cette aff.re Sans y faire&#13;
216 obstacle quand on la pouvoit faire Sans eux Comptez&#13;
217 que Laplaye que Notre lettre et nos aff.res dela chine leur&#13;
218 ont faite est incurable et quelle neSe refermera jamais&#13;
219 Ce ne Sont pas gens a agir par des principes Surnaturell.&#13;
220 Jls diront de belles paroles et Sous main rompront bras&#13;
221 et jambes. Si vous n’avez dautre ressource p.r votre&#13;
222 retablissem’ n’en esperez aucun Avantage&#13;
223 Dans quelle consternation ce nouveau malheur ma til&#13;
224 mis p.r vos aff.res car apres vous avoir escrit comme&#13;
8.&#13;
&#13;
225 Javois fait lan passé questant autant en avance que&#13;
226 Jestois p.r vous Je ne pouvois vous envoier rien cette année,&#13;
227 ni paier M fleury p.r ces factures de 1704. et 1705.&#13;
228 que Je lavois prié de vous avancer et qui montent co’e&#13;
229 vous le reconnoissez aplus de 9000.# C’est Je croy le&#13;
230 chagrin que J’en eus qui me causa la maladie que Jeus&#13;
231 cet hyver, et qui vous Surprendra co’e elle m’a fort Surpris.&#13;
232 Javois beaucoup mareté Sur le pavé de Paris ce mois de&#13;
233 Decembre dernier. Le 29. decemois Je me Sentis le matin&#13;
234 une petitedouleur au pouce du pied droit. Jene laissay pas&#13;
235 de courir toute la matinée. Jerentray chez Nous a une&#13;
236 heure apres midi avec une plus grandedouleur qui me faisoit&#13;
237 boiter tout bas, et estant rentré dans ma chambre, Je&#13;
238 ressentis prend.’ deux Nuits tres violemment a ce pouce&#13;
239 la douleur dela goutte, ce que Je ne pouvois pas croire estant&#13;
240 encore Si Jeune et la vie de Semin.re depuis laage de 18. ou&#13;
241 20. ans devant mexempter de cette Sorte de mal mais&#13;
242 afin que Je nen doutasse pas le mesme mal mepassa ensuite&#13;
243 les deux Nuits Suivantes aupouce du pied gauche ou Je&#13;
244 Souffris des douleurs tres vives, et ces quatre Nuits de&#13;
245 douleurs me casserent Si bien les jambes que j’ay esté presq’&#13;
246 tout lemois de Jan.er Sans dire laS.te messe ne pouvant me&#13;
247 Soutenir, et que Je n’ay presq’ pu Sortir de tout lhyver&#13;
248 qu’en voiture, Sentant bien des douleurs aux pieds, et une&#13;
249 disposition a retomber pour peu que Je fasse defforts. Ce mal&#13;
250 ne me convenoit guere, et Jene m’y Serois jamais attendu&#13;
251 mais Je vois bien que Je n’en Suis pas quitte et que puis&#13;
252 quil me prend Si Jeune, Jen Seray dans laSuite fortement&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
253 incommodé et que cela me mettra entierem.’ hors de combat.&#13;
&#13;
�Lettres O, no 45&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Mgr&#13;
de S.&#13;
Valier&#13;
&#13;
254 Je vois mesmeque depuis la 1.ere Semaine de Caresme lamesme&#13;
255 humeur qui m’a causée la goutte aux deux pieds Sest jettée sur&#13;
256 mon Epaule gauche et m’y fait de Cuisantes douleurs a LEpaule au&#13;
257 costé Sous Laiselle et au haut de la poitrine dumesme costé et moste&#13;
258 mesme Souvent la respiration tout cela me rend vieux avant&#13;
259 laage et me fait Serieusem’ penser a mettre bas les armes, et a me&#13;
260 retirer du Soin des affaires, car vous ne Scauriez comprendre la&#13;
261 douleur que Je ressens actuellem’ p.r escrire unelettre acause&#13;
262 de mon mal d’Epaule Je vous avoüe que ne pouvant parla&#13;
263 Souvent vacquer aux affres dont Je Suis chargé Jeme Sens porté a&#13;
264 m’en descharger. c’est p.r quoy J’ay escrit aM LEveq’ de Quebec que&#13;
265 Jelepriois dagrer que Je remisse aqui Jlvoudroit les Soins tant&#13;
266 de Son hotel Dieu que Sonhopital Je Seray mesme peut estre&#13;
267 obligé de vous prier denvoier une autre personne prendre&#13;
268 ma place et me permettre de me retirer enquelquepetit&#13;
269 coin, p.r passer le reste de mes jours en penitence dans Lexercice&#13;
270 dela Souffrance&#13;
271 Je ne Scay pour quoy M charon Sans me consulter m’a envoié&#13;
272 des procurations &amp;. et m’a prié de me charger de Ses aff.res cela&#13;
273 ne me convient nullem.’ dans Lestat dJnfirmité ou JeSuis&#13;
274 reduit. Je ne manque pas debonne volonté, mais quand lebon&#13;
275 Dieu enoste le moyen, Jl faut S’y Soumettre. Je n’ay pas laissé&#13;
276 de faire plus.rs voiages p.r chercher ceux qui en estoient chargez&#13;
277 etleur f.re rendre compte; Jls navoient aucune des deux ord.ces&#13;
278 de M charon p.r 1704 et 1705. Jls neScavoient ou Jls devoient&#13;
279 prendre ces ord.ces Je les ay par bonheur trouvé dans les bureaux&#13;
280 de M de Pont chartrain, et J’en ay ensuite Sollicité le paiem’&#13;
281 chez les deux gardes du tresor roial de ces deux annéez.&#13;
282 Par bonheur que Jen connois les 1.ers commis qui mont promis&#13;
283 tous les deux quils feroient leur possible p.r me paier&#13;
284 dans peu ces deux ord.ces deM charon par des billets de&#13;
285 monnoye de 1000.# chacun. Je me Serviray del’un pour paier&#13;
286 une lettre de change que M. charon a tiré Sur moy et que M.r&#13;
287 Buisson m’a envoyé et de lautre p.r paier une pareille&#13;
288 lettre de change queM.r charon me mande avoir tiré&#13;
289 encore Sur moy Sans Scavoir Si J’aurois du fonds ou n’en aurois&#13;
290 pas. Jl est vray qu’on ne me lapas presentée. mais Jespere que&#13;
291 J’y Satisferay.&#13;
292 J’ay eu bien du chagrin davoir a traiter daff.re en Labsencede&#13;
293 M LEveq’ de Quebec avec Mdela Palliere qui est plus difficultueux&#13;
294 et plus intraitable quelui. Ce Prelat pretend que nous devons&#13;
295 lui paier Notrepart de Ses frais du voiage quil a fait a Rome&#13;
296 quil fait monter a mille escus. Jl convient dans laderniere&#13;
&#13;
�297 lettre quil mescrit quil n’avoit pas dessein de nous les faire paier,&#13;
298 mais que ce Sont des graces que nous navons pas merité&#13;
299 par ceq’ nous avons cautionné M dela Palliere p.r la lettre&#13;
300 de credit que Nous lui avons envoyé dans Saprison que&#13;
301 M de la Palliere croit que Nous devions paier quoique&#13;
302 Nous nelui deussions rien&#13;
303 En Second lieu ce Prelat veut que Je continue alui paier&#13;
304 mesme depuis lobtention de la bulle les 2000.# portez parle&#13;
305 concordat de 1697. quoi q’ ce Prelat convienne que ce concordat&#13;
306 ne Subsisteplus parce quil estoit fait Sous le bon plaisir&#13;
307 du Pape et que Le Pape ne lapas agrée ayant autrem’ disposé&#13;
308 de ces biens et revenus Ecclesiastiques. mais Jl veut quil&#13;
309 Subsiste p.r continuer alui paier ces 2000.# et quil ne Subsiste&#13;
310 plus p.r quil paye de cinq parts trois des frais faite ou a&#13;
311 faire p.r lobtention de la Bulle Et Sur cela ce Prelat&#13;
312 menace de nous faire paier la meilleure partie des revenus&#13;
313 du chapitre aux trois chanoines qui ne Sont pas du Sem.re et de&#13;
314 nous oster ce que la bulle nous accorde p.r les manses&#13;
315 monacales de meobec et Bennevent. Je vous avoüe&#13;
316 que Je le trouve encoreplus vif, plus ardent et plus mal&#13;
317 disposé envers Nous quil n’a jamais esté. Sa prison lui fait&#13;
11.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
318 escrire dela maniere laplus dure et laplus desagrable et bien&#13;
319 loing destre touché denos malheurs Sil pouvoit arracher la&#13;
320 derniere pierre de Notre Sem.re Jlleferoit.&#13;
321 Je lui ay offert et aM de laPalliere denous enraporteradeux&#13;
322 avocats; Jl Sy donnerent les mains. En suite M delaPalliere&#13;
323 craignit la depense depaier ces avocats. apres Jl medit quil&#13;
324 navoit pas de pouvoir delapart deMgr p.r traiter cette&#13;
325 aff.re Jl m’a fatigué Sur ces aff.res plus que vous ne Scauriez&#13;
326 croire.&#13;
327 Ce bon M.r Dela Palliere qui en homme de Son pays va droit&#13;
328 a Sa fin qui est de faire encore plus Ses aff.res que celles deMgr&#13;
329 de Quebec Nous a donné bien de Lambaras depuis un an p.r avoir&#13;
330 Sa pension de 500.# apprendre Sur Labbaye de Bennevent. comme&#13;
331 Jl ne Serebute derien, Jl a fait escrire au Pape et aux Cardinaux&#13;
332 par toutes les puissances. Le pape a esté ferme a refuser de&#13;
333 donner une pension de 500.# Sur LEvesché de Quebec Jl a enfin&#13;
334 tant fait par Ses menéz quil en a obtenu une de 600.# Sur&#13;
335 Labbaye de S.t Bertin a S.t omer; ainsy nous en voila debarassez&#13;
336 par cet endroit la.&#13;
337 mais Jl a joué un autre tour au Prelat cet hyver. Jl&#13;
338 a veu que ce Prelat desiroit emploier les 4000.# quil a&#13;
339 obtenu de gratification duclergé et dautres So’es quil Seroit&#13;
&#13;
�340 trop long de vous expliquer a faire une fondation de 900.#&#13;
341 ou 1000.# par an p.r les Sœurs de la congregation p.r&#13;
342 establir des escoles enplus.rs lieux du Diocese de M dela Palliere&#13;
343 a pris de cet argent ce quil en falloit p.r Sepaier des&#13;
344 arrerages de 500.# par an eschus jusqua present de la&#13;
345 pension queMgr de Quebec lui avoit promis. Jl a&#13;
346 ensuite bien voulu emploier cet argent p.r acquerir cette&#13;
347 rente a condition de Se reserver Sur cette rente 400.# de&#13;
348 pension Sa vie durant. ainsy Le voila muni de 1000.# par&#13;
349 an p.r avoir rendu au canada tous les grands Services quil&#13;
350 lui a rendu Le Prelat connoist bien le personnage&#13;
12.&#13;
&#13;
351 et c’est un bien que cela lui arrive Je Suis Seur que ce&#13;
352 grand vicaire apresent quil Se voit garni cherchera&#13;
353 quelq’ pretexte p.r ne plus Se mesler des aff.res deMgr de Quebec&#13;
354 et vous me direz avant quil Soit trois ans Si Jefais de&#13;
355 mauvais almanacs.&#13;
356 J’ay accepté les lettres de change montantes a 6300.#&#13;
357 que vous avez tiré Sur moy auprofit de M.r Jolliet,&#13;
358 quoi q’ Je Sois si fort enavance J’ay aussi accepté celle de 500.#&#13;
359 tirée au profit de M De LEpinay. Je ne Scay apres cela&#13;
360 comment vous pourez esperer quelq chose p.r lannée&#13;
361 prochaine, car vous Jugez bien que p.r paier ces letttres de&#13;
362 change Je nepouray accomplir aucune facture.&#13;
363 Car Jl m’a fallu resoudre a acquiter a M fleury tout ce&#13;
364 qui lui estoit deu de ces deux dernieres annéez. vous Jugez bien&#13;
365 en quels ambaras cela m’a mis. Jl est vray que J’ay touché&#13;
366 p.r prez de 8000.# des ord.ces des années passées dont J’ay&#13;
367 tiré le paiem.t le mieux que J’ay pu en billets demonnoye&#13;
368 vous me mandez que vous avez escrit a M dePont chartrain&#13;
369 p.r estre paiez de ces ord.ces et que les Puissances en escrivent&#13;
370 fortem’ quenfin M de Bauharnois Sy emploiera dela bonne&#13;
371 maniere Trouvez bonque Je vous dise que toutes ces personnes&#13;
372 n’y ont quepeuoupoint de pouvoir, et que cela ne depend nullem’&#13;
373 d’eux J’ay encore p.r 11500.# dord.ces de l’année 1705. Scavoir&#13;
374 une de 3000.# p.r LaLouisiane, une de 4000.# p.r LJncendie, et une&#13;
375 de 4500.# p.r M De La vente p.r 1703. 1704. et 1705. car Nous&#13;
376 avons enfin obtenu 1500.# par an p.r lui, Je compte de me&#13;
377 f.re paier de ces ord.ces dans tout le cours de cette année, et&#13;
378 cepand.t Je prevois que Je Seray encore beaucoup en avance p.r&#13;
379 vous Sans avoir acquité les 6300.# paiables aM Jolliet&#13;
380 en Novembre 1707.&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
381 a la verité voiant vostre misere causée par LJncendie&#13;
&#13;
�Lettres O, no 45&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
382 J’ay tasché daccomplir votre facture et celle deM.r&#13;
383 Buisson a peudarticles prez, dont Jecrois que vous&#13;
384 pouvez vous passer co’e les plaques de Cuivre, lahaire&#13;
385 et quelques autres choses. J’ay dit aM fleury de vous&#13;
386 envoier mesme p.r 300.# de clous dont Jenay rien trouvé&#13;
387 dans v’re facture c’est tout ceque J’ay avancé audela&#13;
388 de votre facture.&#13;
389 Nos Miss.re de Paris me grondent deceque p.r les missions de&#13;
390 canada Jincommode toutes les autres et m’incommode&#13;
391 fort moi mesme mais Jene Scay comment faire autrem’&#13;
392 cepend.’ Je vous avoüe que Si Je vois que vous reprenez de&#13;
393 vos enfans comme auparavant vous trouverez bonque Je&#13;
394 ne vous envoye plus rien dutout nonSeulemt p.r eux, mais&#13;
395 mesme p.r les miss.res jusqu’a ce q’ Je Sois remboursé de&#13;
396 toutes mes avances. Je crois fort inutil de refuter ceque&#13;
397 vous et M Buissonme mandez quil peut y avoir du&#13;
398 profit a prendre ces enfans p.r 230.# dupays. Tous ceux&#13;
399 qui mescrivent du canada et ceux qui en reviennent n’en&#13;
400 Scauroient parler qu’en levant les espaules d’estonnem’&#13;
401 J’ay prié M fleury de vous envoier les liqueurs par le&#13;
402 neptune, parle quel Je compte de vous envoier cette&#13;
403 lettre Je nescriray que cellela Seule car Jen’ay pas le&#13;
404 loisir descrire davantage&#13;
405 cest p.r quoy Je vous prie de dire ala R.de mere S.t Jgnace&#13;
406 que parla perquisition que J’ay fait J’ay Sceu que lacaisse&#13;
407 ou Estoient toutes les drogues prises lanpasssé p.r elles&#13;
408 et le ballot destoffe que Je leur ay envoié deBayeux&#13;
409 n’ont point esté perdues, puis qu’on les a mis dans la&#13;
410 Notre Dame de bon Port qui est arrivée heureusem’ a&#13;
411 [Q]uebec Jenay les connoissemens et M Berri a&#13;
412 qui ce vaisseau appartient ne peut Se dispenser de vous&#13;
413 les paier. M fleury navoit rien mis p.r elles dans le&#13;
414 S.t Jean co’e elles le croioient.&#13;
415 Elles ont eu trop de moderationp.r ne me rien demander&#13;
416 cette année, Sen remettant aceque Jepouvois faire J’ay&#13;
417 cru pouvoir leur envoier environp.r 500.# de drogues&#13;
418 dapoticaire et p.r environ 400.# destoffes de Bayeux&#13;
419 Jeleur ay acheté aussi des pieces de voile delaCire&#13;
420 dEspagne et deux livres deCanelle, et Jay remis tout cela&#13;
421 au P. Lamber ville Suivant leur avis&#13;
422 Ces bonnes Relig.ses Seplaignent quelle ne recoivent pas&#13;
423 fidelemt ce qui leur est envoié par nos ballots cela me&#13;
424 fait bien plaisir p.r neplus leur rien envoier parla&#13;
&#13;
�425 cependant vous leur fistes rendre lanpassé non Seulem’&#13;
426 une chasuble brodée qui estoit p.r elles, mais une autreque&#13;
427 Je vous envoiois et que Je vous prie de retirer delles car elle&#13;
428 est p.r leSem.re. ces bonnes Relig.ses me prient de leur mander&#13;
429 comment Je leur ay envoié des Gerofle muscade &amp;c que Je&#13;
430 leur mandois leur envoier parla Caisse des Jesuites. Si&#13;
431 elles consultoient leurs lettres, Elles verroient quelles ne&#13;
432 m’ont demandé ces epiceries qu’a lafin 1703. et que Je&#13;
433 les leur ay envoié en 1704. dans une caisse ou Jenvoiois&#13;
434 p.r plus de 700.# dJmages a Dubreuil qui ont esté perdües&#13;
435 aussi bien que leurs Epiceries dans le vaisseaulaSeine&#13;
436 J’ay encoreplus Sujet de me plaindre dela R.de mere S.t&#13;
437 augustin de lhopital General Je lui envoiay l’an paSSé&#13;
438 un compte du receu que Javois fait deleur rente&#13;
439 en 1704. et 1705. car Je ne prends Soin deleurs aff.res&#13;
440 que depuis ce temps la. et Je leur marquois que pour&#13;
15&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
441 macquiter deceque Javois receu p.r elles Javois paié&#13;
442 en 1704. deux lettres de change, et une en Juin 1705.&#13;
443 et que Jenavois accepté une p.r paier en novembre&#13;
444 1705. Si bienque tout bien compté Jestois p.r elles en&#13;
445 avance de 8.# LaR.de mereS.t augustin me mande quelle&#13;
446 necomprend rien amon compte qu’un enfant comprendroit,&#13;
447 et quelle n’a pas tiré Sur moy une 4.e lettre de change&#13;
448 pour estre paiée en Novembre 1705. quainsy J edois&#13;
449 avoir en mes mains 500.# et quelle les tire Sur moy&#13;
450 p.r les paier en Jan.er 1706. La bonne mere deuvoit&#13;
451 Se Souvenir des lettres de change quelle tire, Ellequi&#13;
452 en tire Si peu moi qui enpaye tous les ans beaucoup&#13;
453 ne laisse pas de connoistre fort bien son escriture, car&#13;
454 Elle adonné a M.r Soumande marchand de montreal&#13;
455 une lettre de change de 500.# le 13. novembre 1704&#13;
456 paiable alafinde may 1705. cette lettre est toute escrite&#13;
457 dela main deM dela colombiere Serré et Signée Sœur&#13;
458 Louise Soumande de S.t Augustin Sup.re Elle a esté&#13;
459 transportée par M Soumande Le 18. 9bre 1704. aM&#13;
460 fleury dela Rochelle qui la transportée au S.r Bullet,&#13;
461 et dela elle a passé en plus.rs mains. Et outre celle la&#13;
462 Elle a encore donnée une autre lettre de change de&#13;
463 500.# du 12. Novembre 1704. escrite demesme par M.&#13;
464 dela colombiere Serré, et Signée par elle, qui n’est&#13;
465 pas une Seconde de celle cy dessus mais une premiere&#13;
466 co’e elle, et M Soumande la aussi transportée a&#13;
467 M fleury le15. novembre 1704. M fleuri la&#13;
&#13;
�468 transportée aM DJberville et M dJberville a M&#13;
469 Le Moine de Rouen a qui Je l’ay paiée.&#13;
16.&#13;
&#13;
Mr&#13;
Dupré&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
470 cest p.r quoy J’ay laissé protester la lettre quelle a tiré&#13;
471 Sur moy Si temerairem’ p.r estre paiée en Jan.er 1706. mais&#13;
472 comme cette lettre est entre les mains deMad.elle Girardin&#13;
473 Jelui ay promis que Jelapaierois en Novembreprochain&#13;
474 Jeprie Lamere S.t Augustin depenser mieux a Ses aff.res&#13;
475 Personne n’a parlé icy contrelhopital General, et Sion&#13;
476 lavoit fait Jaurois agi en Sa faveur,&#13;
477 vous apprendrez que lon a vendu aM Aubert damsterda[m]&#13;
478 tout le castor a condition quil paiera les dettes dela colonie&#13;
479 Je ne crois pas qu’on tire de cette aff.re ungrand avantage&#13;
480 on pretend que par ce marché Lon neSerapas enestat dicy&#13;
481 a dix ans depaier rien Surles charges indispensables ou&#13;
482 auplus que M.rs le gouverneur et officiers Seront paiez&#13;
483 et LEglise laissez aquartier.&#13;
484 Jl ny a nulle apparence que nous obtenions un&#13;
485 benefice p.r notre Sem.re de Quebec. JeSuis Seur queles&#13;
486 Jesuites S’y opposeroient fortem’ Sils y voioient quelq’&#13;
487 apparence, mais Jl n’est pas necess.re quils Sy opposent.&#13;
488 Mad.’ Dela motte ango a eu cet hiver une dangereuse&#13;
489 maladie. ElleSeporte assez bienapresent. Elle a fait acheter&#13;
490 Nos toiles a lordinaire, et Je lay prié encore de vouloir&#13;
491 f.re acheter a argentan ceque M Buisson en demande&#13;
492 dont Jelui envoieray largent p.r envoier cela avec nos&#13;
493 toiles eny mettant un B. p.r les distinguer de celles&#13;
494 qui Sont p.r leSem.re&#13;
495 J’ay esté bien Surpris dapprendre par les lettres que J’ay&#13;
496 receu de M. Du Pré quil ne vous ait Seulem’ pas&#13;
497 parlé de lapplication quil a fait decequi lui revenoit&#13;
498 p.r Sa part dela Succession de feuM Du Pré Son frere&#13;
499 chirurgien mort en Jtalie, dont J’ay tiré prez de 3000.#&#13;
500 par les bons Services que m’a rendu un officier general&#13;
501 de Larmée dJtalie quil navoît pas esté possible de tirer&#13;
502 Sans cela or Jl revient aM DuPré de Quebec de&#13;
503 cette Succession environ 900.# en argent et le Surplus en&#13;
504 un fonds Sur le canal de Troye Jaurois cru que LJncendie&#13;
505 de Notre Sem.re auroit du determiner M Du Pré aS’y appliquer.&#13;
506 Dumoins Jaurois pensé que lui qui est Si zelé p.r lexacte&#13;
507 observation des regles nauroit pas manqué den disposer&#13;
508 dependamment du Sup.r co’e cest effectivem.’ la regle,&#13;
509 mais Jl me paroist quil n’en a nullem’ conferé avec&#13;
&#13;
�510 vous et quil ena fait unedisposition telle quil lui a&#13;
511 plu Sans consulter personne cette conduite Seroit assez&#13;
512 propre a decourager ceux qui Sinteressent p.r le Soutien&#13;
513 duSem.re mais quoi quil y doive concourir co’e moy,&#13;
514 Je naurois point esté Surpris Si pour marier quelqu’une&#13;
515 deSes Nieces Jl eust disposé de tout ou departie de cette&#13;
516 Succession p.r cette bonne œuvre, mais apres Nostre&#13;
517 Jncendie lappliquer Sans lavis du Sup.r a des œuvres&#13;
518 telles quil lui a plu, Je vous avoüe que cela ma&#13;
519 tres fort Surpris, et qu eJenay eu lecoeur fort Serré.&#13;
520 comme Je Supose quil lira cette lettre Je nepuis&#13;
521 mempescher delui en marquer monestonnement.&#13;
522 cequi est remarquable c’est quil me renvoyea faire&#13;
523 les partages de cette Succession, Et que Sans Sen ambarasser,&#13;
524 Jl commence atirer Sur moy des lettres de changepour&#13;
525 ce qui doit lui revenir de cette Succession Jl me Semble&#13;
526 que Je n’ay pas grand Sujet de m’en ambarasser dez&#13;
527 qu’on enagit ainsy. Jl auroit dumoins ducommencer&#13;
528 parprendre Sur cette Succession cequil ma fait depenser&#13;
18.&#13;
&#13;
M.r de&#13;
la Colomb.&#13;
&#13;
529 p.r Son Neveu quil m’a fait lui envoier en canada&#13;
530 quoi q’ Jelui eusse assez marqué deux années de Suite&#13;
531 que la faiblesse de Ses yeux pouroit estre un obstacle&#13;
532 a y demeurer. cet envoy napas laissé de couter&#13;
533 au Sem.re aussi bien que Son retour. Jene m’en pren[d]&#13;
534 pas auNeveu; Jl n’y peut rien, et Jl m’a asseuré quil&#13;
535 avoit representé a Son oncle n’approuver pas cette&#13;
536 disposition, Je n’en ay pas receuMons.r Son Neveu&#13;
537 avec moins daffection Jl est actuellem’ a Envi avec M.r&#13;
538 LeCuré a eslever quelques jeunes gens qui nont plus de&#13;
539 raport au Sem.r car Jls paient leur pension Javois&#13;
540 conseillé aM DuPré de ne Sepas arrester a cet employ&#13;
541 mais de Saller presenter aM de chartres p.r Soffrir a&#13;
542 travailler en Son Dioceze Jl na pas Jugé a propos dele&#13;
543 faire, et Son Jnfirmité peut en estre une bonne raison,&#13;
544 mais on auroit pu lui procurer un employ bien doux&#13;
545 et Jecrois quil eust du lefaire, car aquoy le conduit&#13;
546 cequil fait a Envi. certainem’ a rien Jl n’y a nulle&#13;
547 apparence qu’on le retienne en Notre Sem.re de Paris ou&#13;
548 Jln’y arien dequoy loccuper. Jele voudrois p.r lui&#13;
549 personnellem’ parcequil a dela douceur, mais Jl&#13;
550 n’y arien aParis p.r loccuper. et Jl n’y apas deplace&#13;
551 fondée dans notre Sem.re&#13;
552 Jecrois vous avoir marqué queM dela colombiere&#13;
&#13;
�553 est chez Nous ou Jl nous édifie beaucoup Ona mandé&#13;
554 de QuebecaM.r delaPalliere et Jecrois que cestM vallet&#13;
555 quil venoit en france p.r retourner Evesquede Quebec&#13;
556 Je crois que M de la Palliere apris des mesures&#13;
19&#13;
&#13;
557 p.r le traverser dans ce dessein, mais Jel’ay fort dissuade&#13;
558 quil leust. Je Souhaiterois bien davantage que lon&#13;
559 donnast aM dela Colombiere quelq’ abbaye dont Jl&#13;
560 feroit de bonnes œuvres. Mais Jln’y en aguere apparenc[e]&#13;
561 car voila unegrande nomination qui Sest faite a Pasques,&#13;
562 et on napas pensé alui.&#13;
563 M. LEveq’ de Gap a enfin donné Sa demission et on a&#13;
564 donné Son Evesché a un Jeune homme qui n’a dautre&#13;
565 bonne qualité que destre devoüé aux Jesuites voila a&#13;
566 present ceux a qui on confere les Eveschez et abbayes.&#13;
567 M de Bauharnois est allé Sur mer exercer Sonemploy.&#13;
568 Jl na pas esté trop bien receu par M de Pont chartrain&#13;
569 Jecrois quil n’a Seulem’ pas parlé de Nous. Nous ne&#13;
570 manquerons pas de representer ce que vous marquez Sur&#13;
571 ces mats, et Sur ces 3000.# que vous devez auRoi.&#13;
572 Jedemande ala cour unegartification de 400.# p.r&#13;
573 M Gaulin Jene desespere pas dobtenir quelque&#13;
574 chose on a donné aM.r de tubercas legouvernem’&#13;
575 de Lacadie. Je plains cepauvrepays qui depuis longtemps&#13;
576 napas esté en de trop bonnes mains. on a fait Le Lieuten.t&#13;
577 deM tubercas gouverneur de Plaisance.&#13;
578 J’ay oublié de vous mander Lestat de nos controverses&#13;
579 p.r la chine. Le Pape a montré aM LEvesq’ de Rosalie&#13;
580 la decisionquil pretend avoir faite Sur ces aff.res mais ne&#13;
581 lui ena pas voulu donner une authentique p.r porter avec&#13;
582 lui ala chine, Si bien que ce Prelat voiant quil nepouvoit&#13;
583 pas lobtenir est revenude Rome fort mescontent ayant&#13;
584 mesme refusé destre fait Evesque assistant quelui a&#13;
585 offert Le Pape et Jlest resolu dene pas retourner a la&#13;
586 chine quil ne Scache ce qui a esté decidé. LePape&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
587 est tellemt devoüé aux Jesuites que quoi quil veuille&#13;
588 paroistre pere commun Jl ne fera jamais rien qui&#13;
589 leur fassedelapeine Nous croions bienque Sa Saintete&#13;
590 aura ordonné au Patriarche ala chine de recommander&#13;
591 verbalem’ aux Jesuites de neplus tolerer ces Supertitions&#13;
592 mais Jl n’en fera pas publier dedecision autentique&#13;
593 cequi Sera ne rien faire, et les Jesuites ne verront&#13;
594 pas le Patriarche hors dela chine quils continueron[t]&#13;
&#13;
Lettres O, no 45&#13;
&#13;
�595 de faire ce quils ont fait jusqu’a present.&#13;
596 Je vous prie de faire trouver bon a Mgr Lancien&#13;
597 que Je vous aye addressé cette lettre plutost qu’a&#13;
598 lui, afin que vous la lui fassiez lire et a tous&#13;
599 nos Mess.rs JeSalüe M Glandelet M Du Pré et&#13;
600 M Pacquet. Dites Je vous prie acedernier que&#13;
601 M L. Tiberge veut lui envoier quelq’ Sermon.s&#13;
602 p.r Supleer alaperte quil a fait. Jenvoye aM&#13;
603 Buisson que Je Salue une Theologie morale de&#13;
604 Grenoble p.r lui et p.r M Calvarin dont Jls Se&#13;
605 Serviront conjointem’ Je me recommande a vos&#13;
606 SS. Sacrifices et prieres et Suis tres parfaitem’&#13;
607 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’&#13;
608 Serviteur. Tremblay&#13;
609 ce 12. avril 1706&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250482">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11967">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/dcda72509c592fefccfd35156bc4ebc2.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=BgrpWuV5VPdI%7EQcLdmyALN40bawxo%7Ex3z107do-glgr3niz0%7EParY%7Ev2GJN6culczILusPsjpsZY2g2IXdRRVfsgE8AvC8VzSPBa80t-nu3Z4-o3FArurI4eZWl0O%7EoaWfBfxctws9ph1XGvFxogVp2c4-jKMS7%7ESjGQaKDqTuCNfcx69BmOK1MVG%7EEf-YuAADMhgqnefbt%7EAluXmn-aGpQwfhFCN3-dl9d2Zi5iSnntFMhg8QW8HNPwQtEfMUt0QebKHQPPmWGqvABtEnsEiJiXLpiJJzybNSE8nTcUFMYuqfWpDblfBEpVzTisXiZDq8gJOpKmCrl7wi8061nu7A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>f3f71edbd4a49a17757032d3970fe514</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250480">
                    <text>��������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250483">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250080">
                <text>RPVQXK3N</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250081">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250082">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250083">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 12 avril 1706)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250084">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le supérieur du Séminaire de Québec de la situation de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, prisonnier en Angleterre, des difficultés financières de la colonie, des projets avortés pour la Louisiane. Il se plaint de la perte d’un procès pour l’abbaye de Méobecq. Il annonce qu’il a envoyé des marchandises pour les religieuses et le Séminaire et la décision du pape sur les controverses de la Chine.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250085">
                <text>1706-04-12</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250086">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250087">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/admin/files/show/11967" class="show" title="Voir les métadonnées du fichier"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 45&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250088">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250484">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11965" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11966" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="222">
        <name>CONTENTIEUX</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="83">
        <name>Incendies</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="915">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18690" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11951">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/158a9484b01b397f1514215e7c4d7fe4.png?Expires=1779321600&amp;Signature=JFt92At1ijYn07UBMyNxxYCBzs14ylwK3kZO%7E8l%7EXvQ7o94qna8hGQh3CV1P38ACwdlGZwKThKCdlhvUBpFYXDwYpPltvXLOlS19GwxB51KqazcemighSTUaisGsFCxOY5tnnZVzeKVO5JVlHvsSlrdcj3ugG56-0eKuaoLtiki7oeZGzAORHuaXb8wyGgM%7Ejyag8qderzgXANewGV32HPhYkgAf9LdCLwZ4KUFU0vi-VBbdBRgAFWu45jO3RiGvAuj5L0%7EfE2I0YHguNFWOwNHHcmGZ10yOAKyZquWL5OrBBSjHwFwavnehNN0VElJYm6gc7QObQe7Ije6r9Geeeg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11952">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/1b5c57b16812423dc6a8d2605bc2047e.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=TVwmGqM7g57cJid80ZMZZ6bKFtRcPq38UR8ieMI%7EU5IfGSzM3ODjjy1TvbQvYp33o15Ku4UfRGiIMY-x-c-Ka7dfiCuQVQUkPL7z-rFgt-BJuMWkniDXyGVk2EHU4lF202i2X4DJXP58Mw5ala1bAfYmuynCiHBx5pm9IlBCpCVnYMkT20bUueNZK5JzC42pB88Or%7EsdbicbWui3zG%7ENd2%7EsVNYfR7EtOmb%7EwSgMnc-qC7QifYY%7EZBL5FWBAGiNaMP%7EQAn1GzGq2Xc4GoU9W-j-qyRQBvZ0sBqvJFEnwr7KC1-P0AZNQEi4iaKZL-So%7ECXf-6P0l0C6dW9aA0rCjtQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>6c39e9078e54e8fadb7d78e6d1a2eff3</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250455">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 6 avril 1696)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je n’écrirai pas fort au long à Votre Grandeur par ces premiers vaisseaux et comme&#13;
je vous adresse la lettre commune que j’écris à nos Messieurs, je vous y renverrai,&#13;
croyant inutile de vous répéter ce qui y est contenu, surtout étant aussi pressé que&#13;
je le suis.&#13;
J’ai reçu toutes vos lettres heureusement. Le paquet que vous aviez confié au fils&#13;
de M. l’intendant m’a été remis par M. de Merlac, qui l’avait reçu de Mgr de Québec,&#13;
à qui sans doute M. de Champigny l’avait donné. J’eusse été très fâché que cette&#13;
lettre fût tombée en certaines mains. Comme elle était couverte d’une enveloppe&#13;
autre que de votre main, on ne l’a pas reconnue être de vous. Je vous envoie les&#13;
deux enveloppes dont elle était couverte pour vous prier d’examiner si ce sont&#13;
celles que vous y avez mises. Je le crois ainsi, mais je vous la renvoie à examiner&#13;
pour plus grande assurance.&#13;
Avant que de recevoir vos lettres de Canada, j’avais déjà rompu avec M. Hurault.&#13;
Nous avions eu ensemble un fort gros différend au sujet du fret. Il a fait estimer le&#13;
fret de tout ce qui allait l’an passé pour le Séminaire à près de 19 tonneaux et il&#13;
nous a fait payer 100 francs du tonneau ; si bien que lorsque je ne croyais au plus&#13;
lui devoir que 800 ou 900 livres pour le fret, il m’a demandé 1 885 livres ; et quoique&#13;
j’aie beaucoup crié et que j’aie employé pour cela le secrétaire de M. Bégon,&#13;
intendant de Rochefort, qui vint s’informer de tout à La Rochelle et ne put&#13;
remédier à rien, parce que les vaisseaux étant partis, on ne pouvait plus faire une&#13;
nouvelle estimation, il me les a fallu payer et je le fis en protestant que je ne me&#13;
servirais plus de lui. Comme vous m’avez laissé la liberté de prendre qui je&#13;
voudrais et que vous n’avez eu à vous plaindre de M. Grignon que de ce qu’il avait&#13;
fait mettre tous nos effets dans le Saint-Joseph, j’ai cru que je ne pouvais mieux faire&#13;
que de m’adresser à lui :&#13;
&#13;
�1° il importe de ne pas changer tous les ans et c’est ce qui m’a empêché&#13;
d’essayer de M. Bourgine et de M. Peré, qui m’ont écrit ; cela ne fait&#13;
pas une bonne réputation pour une communauté ;&#13;
2° je serai le maître de M. Grignon dorénavant pour lui faire mettre ce&#13;
que je voudrais dans son vaisseau, parce que je me mettrai sur le pied&#13;
de ne lui rien devoir et de le bien payer ;&#13;
3° c’est celui qui presse le moins pour les paiements et agit plus&#13;
honnêtement ;&#13;
4° il sera bien aise de faire plaisir au Séminaire, à cause de son fils qu’il&#13;
y a mis.&#13;
Voilà, Monseigneur, les raisons que j’ai eues de le prendre. Il m’a témoigné même&#13;
qu’il ne le faisait que pour me faire plaisir et nullement dans la vue de l’intérêt et&#13;
en effet, il refusa l’an passé aux pères jésuites de faire leurs affaires. Je ne lui donne&#13;
pas 5 %, comme à M. Hurault. J’ai cru cependant lui en devoir donner 3 %, car c’est&#13;
trop peu de 2 % et il a passé par où j’ai voulu.&#13;
J’ai eu une raison particulière pour en agir ainsi. J’ai une sœur à La Rochelle&#13;
présentement : c’est la femme de M. Pepin. Elle serait fâchée que je me fusse&#13;
adressée à un autre qu’à elle, si je me fusse adressé à d’autres qu’à M. Grignon, et&#13;
elle n’a pas eu lieu de se fâcher que j’aie continué de m’adresser à lui. M. Pepin,&#13;
son mari, la demande fortement aux îles [d’Amérique française], où elle est depuis&#13;
un an et demi. Je ne sais quel parti elle prendra. Elle est digne de compassion. Je la&#13;
recommande et son mari aux prières de Votre Grandeur.&#13;
Je ne sais si nos Messieurs seront bien contents que j’aie réduit leurs factures bien&#13;
plus basses que tout ce qu’ils m’ont demandé, car comme les temps sont mauvais&#13;
et qu’on ne saurait être payé, que d’ailleurs nous devons considérablement, après&#13;
avoir exposé à M. l’abbé de Brisacier toutes ces choses et avoir vu ensemble ce que&#13;
nous pourrions toucher pendant cette année, nous convînmes de réduire ainsi les&#13;
factures et il a fallu, pour les exécuter, que j’aie emprunté considérablement ; mais&#13;
&#13;
�j’espère rendre ce que j’ai emprunté en touchant les 2 000 livres des curés usés, que&#13;
j’espère toucher dans peu.&#13;
Nous devons à M. Grignon plus de 2 000 livres de vieux. Nous lui devrons pour&#13;
les factures de cette année plus de 3 000 livres. Nous devons à M. l’abbé&#13;
de Brisacier 2 700 ou 2 800 livres. Cependant, je ne vois à toucher que ce qui est dû&#13;
pour les prêtres usés, dont il m’est déjà dû plus de 1 600 livres pour la facture de&#13;
cette année. Ainsi, il ne restera pas 400 livres. Il me viendra 200 et quelques livres&#13;
de Caen pour le reste de la pension de M. de Bernières. Je toucherai peut-être&#13;
100 écus ou 400 livres au plus pour les prieurés, car cette année la capitation du&#13;
clergé, avec les autres taxes, absorbe tous les petits bénéfices. Il sera dû par&#13;
M. Rotrou environ 1 400 livres, que j’aurai peut-être bien de la peine à toucher, car&#13;
nous n’avons pas encore touché votre pension sur le Trésor royal pour&#13;
l’année 1694. On nous fait espérer que nous la toucherons par les amis que nos&#13;
Messieurs ont dans les bureaux, qui nous ont promis de faire passer cette somme&#13;
pour nous faire plaisir. Nous n’espérons pas toucher cette année votre pension sur&#13;
l’évêché d’Aire pour l’année 1695, jusqu’à ce que nous ayons de vos nouvelles, car&#13;
la procuration que vous nous avez envoyée il y a deux ans ne nous donne pouvoir&#13;
de toucher vos revenus que jusqu’à l’année 1695, sans l’y comprendre. C’est&#13;
pourquoi vous aurez la bonté, Monseigneur, de nous envoyer une nouvelle&#13;
procuration bien légalisée pour recevoir ce qui vous est dû au Trésor royal sur&#13;
l’évêché d’Aire et partout ailleurs pour l’année 1695 et les suivantes, nonobstant&#13;
surannation.&#13;
&#13;
6 avril 1696,&#13;
Nous ne toucherons cette année que 1 500 livres pour votre pension sur l’évêché&#13;
d’Aire. Le surplus ira pour le don gratuit et les autres années pour la capitation&#13;
tant que la guerre durera.&#13;
Je vous envoie une copie du partage que nous avons fait avec Mgr de Québec des&#13;
revenus des abbayes de Méobecq et de l’Estrée. Tout le monde nous a conseillé&#13;
d’accepter ce partage pour n’avoir point d’intérêt à démêler avec lui et pour être&#13;
&#13;
�les maîtres du revenu du chapitre, au lieu qu’auparavant il était le maître de tout.&#13;
C’est moi qui, sur l’exposé qu’il me fit de la valeur des biens suivant les baux, les&#13;
charges et les réparations, proposai ce partage comme il a été fait. Je fis paraître du&#13;
désir d’avoir Méobecq, quoique l’Estrée fût bien à notre bienséance, afin de faire&#13;
mon parti bon. Vous verrez par ce partage que quoique les charges soient&#13;
excessivement augmentées dans ces années-ci, je fais aller la part du chapitre&#13;
toutes charges faites, y compris 200 livres que Monseigneur s’oblige de payer pour&#13;
sa part des frais de la sacristie, à 3 552 livres, 10 sols, au lieu que dans le partage&#13;
précédent, on ne l’avait fait monter qu’à 2 500 livres. C’est plus de 1 000 livres&#13;
d’augmentation. Ce n’est pas qu’on touche cette somme quitte, car 1er il faut payer&#13;
des pensions des religieux (on croit qu’il n’y en a plus qu’un à qui on paie&#13;
300 livres) ; 2e il faudra faire les frais pour se faire payer ; 3e il y aura peut-être&#13;
quelques mortes payes. Mais après tout, il y a, ce me semble, un grand avantage&#13;
dans ce partage, outre l’augmentation de la somme : c’est qu’on entre en&#13;
jouissance. Nous avons lié Monseigneur à ne faire aucun bail sans notre&#13;
participation. Nous prendrons pendant quatre ans connaissance de l’Estrée et&#13;
après, nous pourrons jouir autant de l’autre lot, si on ne fait un partage plus entier.&#13;
Je ne dis rien de la difficulté qu’on avait à se faire payer, des démêlés qui en&#13;
provenaient et nous avons d’ailleurs l’abbaye la plus aisée à faire valoir. J’y dois&#13;
aller cet été faire un tour.&#13;
Je ne vous dis rien de toutes les difficultés qu’il a fallu essuyer pour en venir là.&#13;
J’en ai fait de très grandes sur ce que les offices claustraux ne devaient pas être&#13;
compris dans ce partage, sur ce que je voulais assujettir Monseigneur à mettre&#13;
l’abbaye de Méobecq en bon état de réparations pendant ces quatre années pour&#13;
être en état d’en jouir à notre tour et sur plusieurs autres difficultés. Si nous avons&#13;
cédé quelque chose pour le bien de la paix, Monseigneur en a cédé davantage de&#13;
son côté. Je suis persuadé que je ne lui ai pas plu en bien des occasions. Il m’a&#13;
cependant traité toujours avec beaucoup d’honnêteté et de bonté. Il sera dû à la&#13;
Saint-Jean prochaine au chapitre les deux demi-années de 1695 et par conséquent,&#13;
j’aurai alors à recevoir ou reçu, soit de M. Rotrou, soit de Monseigneur, 3 250 livres&#13;
pour le chapitre. Il y aura sur cela quelques frais à faire.&#13;
&#13;
�Il me semble que la première chose que je dois faire à l’égard du chapitre sera de&#13;
me rembourser de 2 268 livres que le chapitre doit au Séminaire pour les frais&#13;
qu’on a alloués à Mgr de Québec dans le compte dernier de 1695, qui doivent être&#13;
pris sur les premiers revenus de cette année dus au chapitre, puisque jusque-là&#13;
MM. de Merlac, de La Colombière, Deleuze et [Le] Vallet ont reçu leurs revenus.&#13;
De plus, vous m’aviez mandé de mettre sur le compte du chapitre la cloche que je&#13;
vous enverrais. Elle a coûté 312 livres de premier achat et environ 60 livres pour&#13;
l’envoyer à Québec : c’est 372 livres, lesquelles, ajoutées à 2 268 livres, font la&#13;
somme de 2 640 livres. Il y faut ajouter pour les deux années 1695 et 1696 ce que&#13;
paie le chapitre au Séminaire pour sa part des frais de la sacristie à 400 livres par&#13;
année : c’est 800 livres, qui, jointes à 2 640 livres, font la somme de 3 440 livres,&#13;
qu’on doit prendre sur les premiers revenus du chapitre, avant qu’il y ait rien à&#13;
toucher pour les chanoines ; si bien que tout le revenu de 1695 sera absorbé par ces&#13;
dettes et je ne toucherai pour le chapitre que l’année 1696, dont la première demiannée n’échouera qu’à Noël prochain, de revenus qu’on puisse distribuer ou&#13;
appliquer aux frais de l’union. C’est maintenant à MM. les chanoines à faire&#13;
connaître sur cela leurs volontés. Nos Messieurs auront soin de nous envoyer une&#13;
ratification par tout le chapitre de ce partage fait avec Monseigneur et de marquer&#13;
leurs volontés sur ce que je ferai de leurs revenus. Je ferai tous les ans dorénavant&#13;
un compte à part pour le chapitre de ce que je recevrai et mettrai pour lui.&#13;
Monseigneur m’a fait proposer de prendre soin des affaires des Hospitalières. Je&#13;
n’ai ni accepté ni refusé et j’ai envoyé la chose en Canada pour que vous ayez la&#13;
liberté, avec nos Messieurs, d’en convenir avec les religieuses et de voir ce qui sera&#13;
expédient.&#13;
J’ai constitué cette année à l’hôtel de ville 2 100 livres, qui me viennent de la&#13;
succession de mes parents, qui me rendent 150 livres pour me tenir lieu d’un titre&#13;
sacerdotal. Mon dessein est de rendre le Séminaire maître de cette somme et c’est&#13;
pourquoi j’ai mieux aimé la constituer ainsi que de la laisser mêlée avec le bien de&#13;
mes frères, car je n’en aurais rien tiré.&#13;
&#13;
�M. de La Chapelle, qui vit encore et qui vous salue et tous nos Messieurs, a fait&#13;
une fondation de 400 livres pour un directeur dans le Séminaire. Nos Messieurs, à&#13;
qui il en a laissé la nomination, m’ont nommé pour remplir cette place. C’est&#13;
pourquoi je ne paierai dorénavant rien pour mes pensions. Je payais ci-devant&#13;
250 livres et je disais mes messes à la décharge du Séminaire. Je continuerai à les&#13;
dire et ne paierai rien.&#13;
Nous n’avons aucune nouvelle des Indes. Nos affaires n’avancent point à Rome.&#13;
M. Quémener y est toujours, qui ne se rebute pas.&#13;
On a envoyé cet automne trois missionnaires en Perse. Nous n’avons appris la&#13;
mort de M. Deydier, évêque d’Ascalon1, vicaire apostolique du Tonkin, mort en&#13;
1694. On nous a dit que M. Charmot, revenant des Indes, a été vu en l’île de Chypre&#13;
il y a plus de quatre mois. Nous craignons qu’il ne soit mort.&#13;
Dieu a appelé à soi Mme de Miramion, comblée de mérites devant Dieu et les&#13;
hommes.&#13;
Nous avons M. d’Eu, doyen d’Évreux présentement, pour directeur du Séminaire.&#13;
M. de Montigny2 se porte bien. Son fils aîné3 est près de se marier. Il ne m’a pas&#13;
encore dit à qui. Il espère par ce mariage s’acquitter entièrement avec nos&#13;
Messieurs. Ils font sans fondement de grandes plaintes de vous. L’abbé de Laval4&#13;
continue à bien faire et on l’estime. M. l’évêque de Chartres a dit à nos Messieurs&#13;
qu’il avait dessein de lui faire quelque bien, s’il en trouve l’occasion. Il s’est fait&#13;
passer bachelier et ses examinateurs, dont le P. de Brulon, frère de M. de Brulon,&#13;
était un, l’ont estimé.&#13;
M. de Merlac est toujours à Paris. Je ne crois pas qu’il pense à s’en retourner. Je ne&#13;
doute pas qu’il ne resignât bien vite sa chantrerie si on lui offrait quelque 100 livres&#13;
de pension. Il m’est venu presser voir sur cela.&#13;
Il faut plutôt lire : évêque d’Auren.&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval&#13;
3&#13;
Gabriel de Laval, qui épousera Charlotte-Marie-Thérèse de Bésançon&#13;
4&#13;
Charles-François-Guy de Laval, neveu cadet de Mgr de Laval&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�Je suis obligé de finir parce que le temps presse. Je vous prie, Monseigneur, de&#13;
témoigner à nos Messieurs que je leur écrirai en particulier par les derniers&#13;
vaisseaux. Je suis tellement pressé que je n’ai pu faire que les lettres absolument&#13;
nécessaires. Je suis obligé de vous avertir que je vous envoie huit mailles d’or, dont&#13;
quatre sont dans un ballot et quatre dans un autre, selon les mesures que j’ai prises.&#13;
La moitié doit aller par les premiers vaisseaux et la moitié, par les derniers.&#13;
Je vous envoie aussi près de 600 livres de blanc d’Espagne ; ç’en sera plus que vous&#13;
n’en ferez employer de l’un et de l’autre en une année. L’or est enchéri d’un écu&#13;
par maille et c’est encore bon marché, vu l’augmentation sur ces espèces.&#13;
Je vous ai aussi fait acheter 100 aunes de toile pour les pauvres à 11 ou 12 sols et&#13;
l’ai fait marquer pour vous. On l’envoie avec les toiles de Mme Ango de La Mothe,&#13;
à la place de l’étoffe à l’iroquoise qu’on lui demandait et qu’elle n’a pu trouver de&#13;
l’an passé que je la priai de m’en chercher. J’espérais en trouver par des marchands&#13;
qui m’en avaient promis et c’est pourquoi je priai Mme de La Mothe de vous&#13;
acheter vos 100 aunes de toiles pour les pauvres, au lieu de cette étoffe. Depuis,&#13;
ces marchands n’ont pu convenir avec moi. Il faut que nos Messieurs m’envoient&#13;
un échantillon de cette étoffe par les premiers vaisseaux, afin d’en faire faire&#13;
exprès.&#13;
Nous étions sur le point de vous envoyer deux ecclésiastiques, dont l’un était pour&#13;
rester en Canada et l’autre devait seulement y passer quelques années pour y&#13;
prendre l’esprit de simplicité et de piété qui est dans notre Séminaire. Je ne crois&#13;
pas que l’un ni l’autre y aille. Je voudrais y pouvoir aller dès cette année et quoique&#13;
je souhaitasse fort que tout fût en paix auparavant, cependant j’irais dès cette&#13;
année pour y jouir de la solitude du cœur que je n’éprouve pas dans mon emploi&#13;
et dans l’état où je suis. Si vous vouliez que l’année prochaine je me déchargeasse&#13;
sur M. de Brulon de mon emploi, je m’en retournerais avec plaisir [pour] goûter&#13;
vos saints avis et m’édifier tout de nouveau des bons exemples que j’ai autrefois&#13;
trouvés parmi nos chers Messieurs. Je ne dis point ceci par dégoût de mon emploi,&#13;
mais par un désir sincère que j’aurais de déposer cette crasse que le soin des choses&#13;
temporelles laisse après soi, qui affaiblit si fort l’ardeur pour les choses de Dieu.&#13;
Dieu veuille qu’elle ne l’étouffe et ne la détruise pas.&#13;
&#13;
�Je dois aller vers le mois de juillet et d’août premièrement à Rouen, où je verrai s’il&#13;
n’y a rien à faire pour le Bourguignon ; de là, à Honfleur, où je tâcherai à régler&#13;
l’affaire de la succession de Maufils ; de là, à Caen, où je prendrai des mesures pour&#13;
faire tous les ans notre provision de souliers ; ensuite, j’irai voir M. de Montfort et&#13;
je verrai si je puis tirer de lui quelque chose doucement ; sinon, je commencerai le&#13;
décret de sa terre ; j’irai de là à Coutances, où je parlerai à M. Crochu d’une vieille&#13;
affaire de M. de Mesmond ; et je ferai mon possible pour aller de là encore faire un&#13;
voyage à nos prieurés, où bien des choses demanderaient ma présence pendant&#13;
quelque temps. Si je puis faire cette tournée, je serai content, mais je crains bien&#13;
que nos Messieurs n’aient eux-mêmes à sortir et qu’ils ne me donnent pas la liberté&#13;
de faire ce voyage, surtout celui de Normandie, qu’ils m’empêchèrent de faire dès&#13;
l’an passé.&#13;
Je ne cesse de demander à Dieu de nous conserver Votre Grandeur. Toute ma joie&#13;
serait que vous vissiez toutes les affaires terminées dans une Église qui vous est si&#13;
chère. Je supplie Votre Grandeur de vous souvenir particulièrement de moi et de&#13;
me croire avec un très profond respect, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
&#13;
MM. de La Chapelle, Odam et Louche m’ont chargé de vous assurer de leurs&#13;
respects.&#13;
&#13;
Ce 6e avril 1696&#13;
&#13;
/Transcription5 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250458">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11953">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/f2222495d3aa1b428f81f5fd0af8c233.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=TalrmWoqT5hCZmQHWW5aHp9XQbG0NL5yQsREaVmxbZmVAEsVn8XHKN8LqgJ%7Etuik38x3DQQVOpWAkmv6063TU69L-z2Uh3gkjw26vRD9mOOZ0sb7e6M%7EIqLqdPoCP3wzPdudyh6hYwR8gxE1iAGvCNCZmHKpeGJfZyUqGMIvhsaQ8LKT3s7f5VKo7KqfVPv85uevEq%7EW9lYPClF1JBbriL%7ElxgN-xrLwNfZWm2lN90dJJv7XXfrBhd5GCUqBJGuY1qZjbADwBpebf29z52hwp%7EQN2he6DRH-hWpXWID%7EYNvY5S3Rn3VYNmPZ9fdzVUPwvR8FnRbEzmyPuJJVlzEs1w__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>2d2f977649ff2655e61e60f16a3743f2</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250456">
                    <text>1696, 6 avril – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 105)&#13;
1&#13;
[si vous avés – si vous avés si vous aur si vous avés &amp; si vous&#13;
2 si vous ave! Com] [d’une autre main]&#13;
3 Monseigneur.&#13;
Lettre N. 6 Avril 1696 Mr Tremblay&#13;
4&#13;
No 105&#13;
à Mgr de Laval&#13;
5 Je n’escriray pas fort au long a v. Gr par ces 1.ers vaisseaux&#13;
6 et comme Je vous addresse la lettre commune que J’escris a&#13;
7 nos mess.rs Je vous y renvoieray, croyant inutile de vous&#13;
8 repeter ce qui y est contenu, Sur tout estant aussi pressé&#13;
9 que Je le suis.&#13;
10 J’ay reçeu toutes vos lettres heureusement. Le paquet que&#13;
11 vous aviez confié au fils de M. LJntendant m’a esté remis par&#13;
12 M de merlac qui l’avoit receu de M’gr de Q. aqui Sans doute&#13;
13 M. de champigny l’avoit donné. J’eusse esté tres fasché que&#13;
14 cette lettre fust tombée en certaines mains. co’e elle estoit&#13;
15 couverte d’une envelope autre que de v’re main, on ne l’a pas&#13;
16 reconnüe estre devous. Je vous envoie les deux envelopes&#13;
17 dont elle estoit couverte p.r vous prier d’examiner Si ce Sont&#13;
18 celles que vous y avéz mises. Je le crois ainsy, mais Je vous&#13;
19 larenvoie a examiner p.r plus grande assurance.&#13;
20 apAvant que de recevoir vos lettres de canada, J’avois deja&#13;
21 rompu avec M. huraut, Nous avions eüs ensemble un fort&#13;
22 gros differend au Sujet du fret. Jl a fait estimer le fret de&#13;
23 tout ce qui alloit l’an passé p.r le Sem.re a prez de dix neuf&#13;
24 Tonneaux, et il nous a fait paier cent francs du Tonneau, Si&#13;
25 bien que lors que Je ne croiois au plus lui devoir que huit ou neuf&#13;
cent livres,&#13;
p.r lefret.&#13;
2&#13;
&#13;
26 Jl m’a demandé dix huit cent quatre vingt cinq livres&#13;
27 et quoique J’aie beaucoup crié et que J’aye emploié&#13;
28 p.r cela le Secretaire de M Begon Jntend.t de Roche=&#13;
29 =fort qui vint S’informer de tout a la Rochelle et&#13;
30 ne put remedier a rien par ceq’ les vaisseaux&#13;
31 estans partis, on ne pouvoit plus faire une Nouvelle&#13;
32 estimation, Jl me les a fallu paier, et Je lefis&#13;
33 en protestant que Je ne me servirois plus de lui.&#13;
34 Comme vous m’avéz laissé la liberté de prendre&#13;
35 qui Je voudrois, et que vous n’avéz eu a vous&#13;
36 plaindre de M Grignon que de cequil avoit fait&#13;
37 mettre tous nos effets dans le S.’ Joseph, J’ay cru&#13;
38 que Je ne pouvois mieux faire que de m’addresser&#13;
39 alui. 1.e Jl importe de nepas changer tous les ans,&#13;
40 et c’est cequi m’a empesche dessayer de M. Bourgine&#13;
41 et de M. Peré qui m’ont escrit; cela ne fait pas&#13;
&#13;
�42 une bonne reputation p.r une Communauté.&#13;
43 2.e Je Seray le m.e de M Grignon doresnavant&#13;
44 p.r lui faire mettre ce que Je voudray dans Son&#13;
45 vaisseau, par ceq’ Je me mettray Sur le pied de&#13;
46 ne lui rne devoir et de ne le point bien payer.&#13;
47 3.e C’est celui qui presse le moins p.r les payemens&#13;
48 et agit plus honnestem.t&#13;
49 4. Jl Sera bien aise de faire plaisir au Sem.re&#13;
50 a cause de Son fils quil y a mis.&#13;
51 voila, Monseigneur, les raisons que J’ay eu de&#13;
52 le prendre, Jl m’a tesmoigné msems quil ne le&#13;
53 faisoit que p.r me faire plaisir, et nullem.t dans&#13;
3&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
54 la veüe de linterest, et en effet Jl refusa l’an passé&#13;
55 aux PP. Jes. De faire leurs affaires. Je ne lui donne pas&#13;
56 cinq p.r cent co’e a M. huraut. J’ay cru cepend.t lui en&#13;
57 devoir donner trois, car c’est trop peu de deux, et il a&#13;
58 passé par ou J’ay voulu.&#13;
59 J’ay eu une raison particuliere p.r en agir ainsy&#13;
60 J’ay une Sœur a la Rochelle p’ntem.t c’est la femme de&#13;
61 M. Pepin. Elle Seroit faschée que Je me fusse addressé&#13;
62 a un autre qu’a elle, Si je me fusse addressé a d’autres&#13;
63 qu’a M. Grignon, et elle n’a pas eu lieu de Se fascher&#13;
64 que J’aye continué de m’addresser a lui. M. Pepin&#13;
65 Son mary la demande fortem.t aux Jsles ou elle est&#13;
66 depuis un an et demy. Je ne Scay quel party elle&#13;
67 prendera, elle est digne de compassion, Je la&#13;
68 recommande et Son mary aux prieres de v. G.&#13;
69 Je ne Scay Si nos mess.rs Seront bien content que J’aye&#13;
70 reduit leurs factures bien plus bas que tout ce quils&#13;
71 m’ont demandéz; Car comme les temps Sont mauvais&#13;
72 et qu’on ne Scauroit estre payé, que dailleurs nous&#13;
73 devons considerablem.t, apres avoir exposé a M.&#13;
74 Labbé de Brisacier toutes ces choses, et avoir veu&#13;
75 ensemble ceque Nous pourions toucher pend.t cette&#13;
76 année, Nous convinsmes de reduire ainsy les factures,&#13;
77 et il a fallu p.r les executer que J’aye emprunté&#13;
78 considerablem.t, mais J’espere rendre ceque J’ay&#13;
79 emprunté en touchant les 2000.# des curez usez que&#13;
80 J’espere toucher dans peu&#13;
81 Nous devons a M. Grignon plus de deux mil livres de&#13;
82 vieux; Nous lui devrons p.r les factures de cette&#13;
83 année plus de trois mil livres, Nous devons a M.&#13;
84 L’abbé de Brisacier deux mil Sept ou huit cent livres,&#13;
&#13;
�nouvelle procuration&#13;
a envoier.&#13;
&#13;
5.&#13;
Lettre N.&#13;
No. 105&#13;
&#13;
85 Cepend.t Je ne vois a toucher que ce qui est du p.r les&#13;
86 Prestres uséz dont Jl mest deja du plus de Seize&#13;
87 cent livres p.r la factures de cette année ainsy&#13;
88 Jl ne restera pas 400.# Jl me viendra deux cent&#13;
89 et quelques livres de caën p.r le reste dela pension&#13;
90 de M. de Bernieres. Je toucheray peut estre cent&#13;
91 escus ou 400.# au plus p.r les prieuréz, car cette&#13;
92 année la Capitation du clergé avec les au’ taxes&#13;
93 absorbent tous les petits benefices Jl Sera dü par&#13;
94 M. Rotrou environ 1400.# que Jauray peut estre&#13;
95 bien de la peine a toucher.&#13;
96 Car Nous n’avons pas encore touchez votre&#13;
97 pension Sur le Tresor roial p.r lannée 1694.&#13;
98 on nous fait esperer que Nous la toucherons par les&#13;
99 amis que nos mess.rs ont dans les bureaux qui&#13;
100 nous ont promis de faire passer cette So’e p.r nous&#13;
101 faire plaisir. Nous n’esperons pas toucher&#13;
102 cette année votre pension Sur LEvesche D’aire p.r&#13;
103 lannée 1695 jusqu’a ceq’ Nous aions devos&#13;
104 Nouvelles, car la procuration que vous nous&#13;
105 avez envoiée il y a deux ans ne nous donne&#13;
106 pouvoir de toucher vos revenus que jusqu’à&#13;
107 lannée 1695. Sans l’y comprendre; C’est p.r quoy&#13;
108 nous aurez la bonté Monseigneur, de Nous&#13;
109 envoier une Nouvelle procuration bien legalisee&#13;
110 p.r recevoir ce qui vous est du au Tresor roial,&#13;
111 Sur LEvesché Daire et par tout ailleurs p.r lannée&#13;
112 1695 et les Suivantes non obstant Surannation&#13;
113 6 Avril 1696. à Mgr de Laval.&#13;
114 Nous ne toucherons cette année que 1500.# p.r votre&#13;
115 pension Sur LEvesché d’aire; le Surplus irap.r le Don&#13;
116 gratuit et les au’ annéez p.r la capitation tant que&#13;
117 la Guerre durera.&#13;
118 Je vous envoie une copie du partage que Nous&#13;
119 avons fait avec M’gr de Q. des revenus des abbaies de&#13;
120 meobec et de LEstrée; Tout le monde nous a conseillé&#13;
121 daccepter ce partage p.r n’avoir point dJnterests a&#13;
122 demesler avec lui, et p.r estre les m.es du revenu du&#13;
123 chapitre aulieu quauparavant Jl estoit le m.tre de&#13;
124 tout; C’est moy qui Sur l’exposé quil me fit de la valeur&#13;
125 des biens Suivant les baux, les charges et les repara=&#13;
126 tions, proposay ce partage co’e Jl a esté fait.&#13;
127 Je fis paroistre du desir d’avoir meobec, quoiq’ L’estrée&#13;
128 fust bien plus a n’re bienseance afin de faire mon&#13;
&#13;
�129 party bon vous verrez par ce partage, que quoiq’ les&#13;
130 charges, Soient excessivem.t augmentéez dans ces&#13;
131 annéez cy, Je fais aller la part du chapitre toutes&#13;
132 charges faites y compris 200.# que M’gr Soblige depaier&#13;
133 p.r Sa part des frais dela Sacristie a 3552.# 10.s&#13;
134 au lieu que dans le partage precedent on ne l’avoit&#13;
135 fait monter qu’a 2500.#, C’est plus de mil livres&#13;
136 daugmentation; Ce n’est pas qu’on touche cette&#13;
137 So’e quitte car 1.e Jl faut paier les pensions des&#13;
138 Religieux, on croit qu’il n’y en a plus qu’un a qui&#13;
139 on paye 300.# 2.e Jl faudra faire les frais p.r Se&#13;
140 faire paier. 3.e Jl y aura peut estre quelques&#13;
141 morte payes; mais apres tout, Jl y a ce me Semble&#13;
142 un grand avantage dans ce partage, outre&#13;
143 laugmentation dela So’e; C’est qu’on entre en&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
144 Jouissance; Nous avons lié M’gr a ne faire aucuns&#13;
145 baux Sans notre participation, Nous prendrons&#13;
146 pend.t quatre ans connoissance de L’Estrée, Et apres&#13;
147 Nous pourons jouir autant de lautre lot, Si on&#13;
148 ne fait un partage plus entier. Je ne dis rien de&#13;
149 ladifficulté qu’on avoit de Se faire paier, des&#13;
150 demesléz qui en provenoient &amp; Nous avons d’ailleurs&#13;
151 Labbaye la plus aisée a faire valoir; J’y dois aller&#13;
152 cet esté faire un tour.&#13;
153 Je ne vous dis rien de toutes les difficultéz quil a&#13;
154 fallu essuyer p.r en venir la; J’en ay fait de tres&#13;
155 grandes Sur ceque les offices clostraux ne devoient&#13;
156 pas estre compris dans ce partage, Sur ceq’ Je&#13;
157 voulois assujettir M’gr a mettre Labbaye de maobec&#13;
158 en bon estat de reparations pend.t ces quatre annéez&#13;
159 p.r estre en estat d’en jouir a notre tour, et Sur plus.rs&#13;
160 autres difficultéz, Si nous avons cedé quelq’ chose p.r le&#13;
161 bien delapaix, M’gr en a cedé davantage de Son&#13;
162 Costé; Je Suis persuadé que Je ne lui ay pas plu en&#13;
163 bien des occasions, Jl m’a cepend.t traité toujours&#13;
164 avec beaucoup d’honnesteté et de bonté&#13;
165 Jl Sera du ala S.t Jean prochain au chapitre les deux&#13;
166 demies annéez de 1695. Et par consequent Jauray&#13;
167 alors a recevoir ou receu Soit deM Rotrou Soit de&#13;
168 M’gr 3250.# p.r Le chapitre Jl y aura Sur cela quelques&#13;
169 frais a faire. Jl me Semble que la 1.ere chose que&#13;
170 Je dois faire a L’esgard du chapitre Sera de me rembourser&#13;
171 de deux mil deux cent Soixante et huit livres que le&#13;
172 chapitre doit auSem.re p.r les frais qu’on a alloué&#13;
&#13;
�173 aM’gr de Quebec dans le compte dernier de 1695&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
174 qui doivent estre pris Sur les 1.ers revenus de cette année&#13;
175 deües au chapitre puis que jusque la M.rs De merlac, de&#13;
176 la colombiere De Leure et valet ont reçeus leurs revenus,&#13;
177 De plus vous m’aviez mandé de mettre Sur le&#13;
178 compte du chapitre la cloche que Je vous enverrois.&#13;
179 Elle a cousté 312.# de 1.er achat, et environ 60.# p.r lenvoier&#13;
180 a Quebec cest 372.# les quels ajoutéz a 2268.# font la So’e&#13;
181 de 2640.#&#13;
182 Jl y faut ajouter p.r les deux annéez 1695 et 1696. ce&#13;
183 que paye le chapitre auSem.re p.r Sa part des frais&#13;
184 dela Sacristie a 400.# par an, C’est 800.# qui jointes a&#13;
185 2640.# font la So’e de 3440.# 3440.# qu’on doit&#13;
186 prendre Sur les 1.ers revenus du chapitre avant&#13;
187 qu’il y ait rien a toucher p.r les chanoines; Si bien&#13;
188 que tout le revenu de 1695 Sera absorbé par ces&#13;
189 dettes, et, Je ne toucheray p.r le chapitre, que&#13;
190 L’année 1696 dont la 1.ere demie année nescheera&#13;
191 qu’a Noel prochain de revenus qu’on puisse&#13;
192 distribuer ou appliquer aux frais de Lunion;&#13;
193 c’est maintenant a mess.rs Les chanoines a faire&#13;
194 connoistre Sur cela leurs volontéz.&#13;
195 Nos mess.rs auront Soin de nous envoier une&#13;
196 ratification par tout le chapitre de ce partage&#13;
197 fait avec M’gr, et de marquer leurs volontéz&#13;
198 Sur ceque Je feray de leur revenu; Je feray&#13;
199 tous les ans doresnavant un compte a part&#13;
200 p.r la chapitre de ceq’ Je recevray et mettray&#13;
201 p.r lui.&#13;
202 M’gr m’a fait proposer de prendre Soin des affaires&#13;
203 des hospitalieres; Je n’ay, ny accepté ny refusé,&#13;
204 et J’ay envoyé la chose en canada, p.r que vous aiez&#13;
205 la liberté avec nos m.rs d’en convenir avec les Religses,&#13;
206 et de voir ce qui Sera expedient.&#13;
207 J’ay constitué cette année alhostel de ville 2100.# qu[i]&#13;
208 me viennent dela Succession de mes parens qui me&#13;
209 rendent 150.# p.r me tenir lieu d’un titre Sacerdota[l]&#13;
210 mon dessein est de rendre le Sem.re M.e de cette So’e,&#13;
211 et c’est p.r quoy J’ay mieux aymé la constituer&#13;
212 ainsy que dela laisser meslée avec le bien de mes&#13;
213 freres; car Je n’en aurois rien tiré.&#13;
214 M. dela chapelle qui vit encore et qui vous Salu[t]&#13;
215 et tous nos mess.rs a fait une fondation de 400.#&#13;
&#13;
�216 p.r un Directeur dans leSem.re; Nos mess.rs a qui&#13;
217 il en alaissé la nomination m’ont nomméz pour&#13;
218 remplir cette place, c’est p.r quoy Je ne paieray&#13;
219 doresenavant rien p.r mes pensions; Je paiois cy=&#13;
220 devant 250.# et Je disois mes messes ala descharge&#13;
221 du Sem.re, Je continueray ales dire et ne paieray&#13;
222 rien.&#13;
223 Nous N’avons aucune Nouvelledes Jndes; Nos&#13;
224 aff.res N’avancent point a Rome; M. de Quemener&#13;
225 y est toujours qui neSe rebute pas.&#13;
226 on a envoyé cet automne trois miss.res En perse.&#13;
227 Nous n’avons appris la mort de M. Deydier Evesqu[e]&#13;
228 d’ascalon vie apliq’ du Tonquin mort en 1694.&#13;
229 on nous a dit que M charmot revenant des Jndes&#13;
230 a esté veü en LJsle de chipre Jl y aplus de quatre&#13;
231 mois Nous craignons quil ne Soit mort.&#13;
232 Dieu a appellé a Soy Mad.e De miramion comblée&#13;
233 de merites devant Dieu et les hommes.&#13;
&#13;
9&#13;
lettre N.&#13;
no. 105&#13;
&#13;
234 Nous avons M. D’eu Doyen d’Evreux p[rese]ntem.t p.r&#13;
235 Directeur du Sem.re&#13;
236 M. de montigny Se porte bien Son fils aisné est&#13;
237 prest de Se marier; Jl ne m’a pas encore dit a qui,&#13;
238 Jl espere par ce mariage Sacquiter entierem.t&#13;
239 avec nos m.rs Jls font Sans fondem.t de grandes&#13;
240 plaintes de vous. L’abbé de Laval continüe a&#13;
241 bien faire et on l’estime; M LEvesq’ de chartre&#13;
242 a dit a nos m.rs quil avoit dessein de lui faire&#13;
243 quelq’ bien Sil en trouve loccasion; Jl S’est fait&#13;
244 passer Bachelier, et Ses Examinateurs dont Le&#13;
245 P. de Brullon frere de M. de Brullon estoit&#13;
246 un, l’ont estiméz.&#13;
247 M. demerlac est toujours a Paris; Je ne croy&#13;
248 pas qu’il pense a Sen retourner. Je ne doute pas&#13;
249 quil ne resignast bien viste Sa chantrerie Si&#13;
250 on lui offroit quelq’ cent livres depension.&#13;
251 Jl m’est venu pressevoir Sur cela.&#13;
252 Je Suis obligé de finir par ceq’ le temps presse; Je&#13;
253 vous prie Monseigneur de temoigner a Nos&#13;
254 mess.rs que Je leur escriray en particulier par&#13;
255 les derniers vaisseaux, Je Suis tellem.t pressé que&#13;
256 Jen’ay pu faire que les lettres absolum.t&#13;
257 Necess.res&#13;
258 Je Suis obligé de vous avertir que Je vous envoie&#13;
259 huit m[aill].es d’or dont quatre Sont dans un&#13;
&#13;
�260 ballot et, quatre dans un autre; Selonles mesures&#13;
261 que J’ay prises la moitié doit aller par les 1.ers&#13;
262 vaisseaux, et la moitié par les derniers.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
263 Je vous envoie aussi prez de 600.# de blanc&#13;
264 dEspagne, C’en Sera plus que vous n’en ferez&#13;
265 emploier del’un et de lautre en une année&#13;
266 L’or est encheri dun escu par m[aill].es et c’est encore&#13;
267 bon marché veu laugmentation Sur ces&#13;
268 especes.&#13;
269 Je vous ay aussi fait acheter 100. au[lnes] de toile&#13;
270 p.r les pauvres a 11. ou 12.s et l’ay fait marquer&#13;
271 p.r vous, on lenvoie avec les toiles de Mad.e&#13;
272 de La motte ango. Je fis acheter ces 100. au’&#13;
273 de toile par Mad.e dela motte ango ala place&#13;
274 de l’estoffe a LJroquilse qu’on lui demandoit,&#13;
275 et qu’elle n’a pu trouver dez lan passé que&#13;
276 Je la priay de m’en chercher; J’esperois en&#13;
277 trouver par des marchands qui m’en avoient&#13;
278 promis; et c’est p.r quoy Je priay Mad.e dela motte&#13;
279 de vous acheter vos 100 au’ detoiles p.r les&#13;
280 pauvres au lieu de cette Estofe. Depuis ces&#13;
281 marchands N’ont pu convenir avec moy.&#13;
282 Jl faut que Nos mess.rs menvoyent un&#13;
283 eschantillon de cette Estofe par les 1.ers&#13;
284 vaisseaux afin d’en faire faire exprez&#13;
285 Nous estions Sur lepoint devous envoier&#13;
286 deux Ecclesiastiques dont l’un estoit p.r rester&#13;
287 en canada, et lautre devoit Seulem.r y passer&#13;
288 quelques annéez p.r y prendre l’esprit de&#13;
289 Simplicité et de pieté qui est dans notre Sem.re&#13;
290 Je ne crois pas que l’un ny l’autre y aille&#13;
291 Je voudrois y pouvoir aller dez cette année, et&#13;
292 quoiq’ Je souhaitasse fort que tout fust en paix&#13;
293 auparavant, Cepend.t J’irois dez cette année p.r&#13;
294 y joüir dela Solitude du cœur que Je n’esprouve&#13;
295 pas dans mon employ et dans lestat ouje Suis;&#13;
296 Si vous vouliez que l’année prochaine Je me&#13;
297 deschargeasse Sur M. de Brullon de mon&#13;
298 employ. Je m’en retournerois avec plaisir&#13;
299 gouster vos S.ts avis, et m’edifier tout de Nouveau&#13;
300 des bons exemples que J’ay autrefois trouvé parmy&#13;
301 nos chers mess.rs Je nedis point cecy par&#13;
302 degoust de mon employ, mais par un desir&#13;
&#13;
�303 Sincere que Jaurois de deposer cette crasse&#13;
304 que le Soin des choses temporelles laisse apres&#13;
305 Soy, qui affoiblit Si fort lardeur p.r les choses&#13;
306 de Dieu; Dieu veuille quelle nel’estouffe et ne&#13;
307 la destruise pas;&#13;
308 Jedois aller vers le mois de Juilletet Daoust&#13;
309 1.e a Roüen ou Je verray Sil n’y a rien a faire&#13;
310 p.r le Bourguignon; Dela a honfleur, ou&#13;
311 Je tacheray a regler laff.re dela Succession de&#13;
312 maufils. Dela a Caën, ou Je prendray des&#13;
313 mesures p.r faire tous les ans notre provision&#13;
314 de Souliers; En suite Jiray voir M de montfort&#13;
315 et Je verray Si Je puis tirer de lui quelq’ chose&#13;
316 doucem.t, Sinon Je commenceray le decret de&#13;
317 Sa terre. Jiray de la a Coutance, ou Je parleray&#13;
318 a M Crochu d’une vieille aff.re de M. de mesmond.&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
319 et Je feray mon possible p.r aller dela encore&#13;
320 faire un voyage a nos prieurez ou bien des&#13;
321 choses demanderoient ma presence pend.t&#13;
322 quelq’ temps. Si Je puis faire cette tournée&#13;
323 Je Seray content, mais Je crains bien que&#13;
324 nos mess.rs nayent eux mesmes a Sortir, et&#13;
325 quils ne me donnent pas laliberté de faire&#13;
326 ce voyage Sur tout celui de Normandie&#13;
327 quils mempescherent defaire dez lan passe&#13;
328 Je necesse de demander a Dieu denous conserver&#13;
329 v. G. Toute ma Joye Seroit quevous vissiez tous&#13;
330 les aff.res terminéez dans une Eglise qui vous&#13;
321 est Si chere, Je Suplie v. G. de vous Souvenir&#13;
322 particulierem.t de moy et de me croire avec&#13;
323 un tres profond respect&#13;
324&#13;
Monseigneur&#13;
rs&#13;
325 M De la chapelle, odam,&#13;
votretres humble et tres&#13;
326 et Louche m’ont chargez de obeiss.t Serviteur&#13;
327 vous assurer deleurs&#13;
Tremblay p. J&#13;
328 respects&#13;
329 ce 6.e avril 1696&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250459">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11954">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/d6e51f609a09ddca3d52fe33000b6107.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=mUCuFY15MQY5Zb-s8qZ-gOFfZbXIh%7ETdEK8pOmuoWny3Bl9fANWDA8FtCsp076--2LShw77rHIv5cmvOe9ra-A5NTonaJnF5afPLHPLlKeBvV8qF2MFgXgR1jm9igu3PPwboMeDqupj1OO8kgOetOC%7E2Sb1QHUgjboJ%7E%7Edn1LcnqUxctedXQXajwEaR7nENGMgE2sTWZjdhkh7Fp1M28QadhrqYwg5OJek1KaVLkheclSbvtcf%7Ei-ZqvjtYaie7U5KowSBB-LXrzuivqUFQk3WrZxG1vexrWwBs2gcWWMQ3cEgrzq3FYFhGTwDN0Ixymad9OJJsgjzMkVf7%7EAk%7E2yQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>69e5921ba8c23c710055b83e73fca4bd</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250457">
                    <text>������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250460">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 105&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250053">
                <text>QPV764NH</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250054">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250055">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250056">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 6 avril 1696)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250057">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe l’ancien évêque de Québec qu’il a payé les factures du Séminaire au prix d’emprunts considérables. Il a convenu un partage avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, des revenus des abbayes. Il énumère la marchandise qu’il s’apprête à envoyer au Canada, donne des nouvelles des missionnaires et des personnes liées au Séminaire.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250058">
                <text>1696-04-06</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250059">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250060">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11954" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 105&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250061">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250461">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11952" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11953" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18689" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11947">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/b4125c6916279193aa36ea8601ffe813.png?Expires=1779321600&amp;Signature=rP6ZTRLq7SqgIm0n5gg8WWSXiEF%7EXhEOzXJuSn9W%7EeVcdeoD0BCn%7E4tK2E9N1XwpFQzriQzKnQ6AvSOMljiMjfTmhuUohfm9fsPbxmV9Jih5SfYzI0sSUvDPLZy4MXU7UMIDX3NIMDUEGInyghnQsvnD6lyN5IZW-Ld4o%7EfYGCmZbADXI4GXhAneJxuZquhk3eGo9EQZaFdo1z-dtWKwUX4N6OYD6SgPhjcq4QXqZbSizlDtyo5mNJe-dLVivjYfRbMNpU5d-g8SdYp8KxWtrCdhLCTW0V6cbKnDxMxka7xK3qwUFHUt3aJMvJz6hVd8JqLwG2-XK%7EsYufS94fuO7A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11948">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/aaf383c2bfc856877dd845a4b7014997.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=rL33BucU67EUS8NRmOJNf0Ztuo9Qxv6qmwYxCD0MxQUZqZVVyCl053ZxZQM5T7xbmJErNUSoGLU%7E4tEyI4ipjc2smMWYtN1Yvs97UFc8Sal7WZCcReCTr0oFmhv0OjTHOBposOtBOLgXg-VmuGC8UtWM2JRAc440xhQYYrfKRYJsRrvd1fj5vUPqJXrPvgHiKhTLtncpGy7-%7EqtOdedgKV5P8C%7EOhDX9YQJ8mVwfMiSPeExPEtYZkJh7VCdG5PYUBG1BrNS-4k9sBpCm6fVzhOdkrJ6oAI-J3Oi4tCxs3JQPwBuuTd-S3arhvhj%7EooWoN%7EQprYnCBrnTljuPbD4MpA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>73143937e29a96e97dc31fc62d4879be</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250448">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 4 avril 1705)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je commence à vous écrire mes premières lettres à la fin de mars, que j’espère faire&#13;
partir par le Neptune, commandé par M. Jolliet, qui doit partir vers la mi-avril.&#13;
J’ai reçu de vous, Monseigneur, plusieurs lettres cette année. La première est du&#13;
4 août 1704, en réponse à celle que je vous écrivis l’an passé par M. Jolliet, dans&#13;
laquelle vous ne répondez qu’au premier article de ma lettre sur les missions de&#13;
Mississippi. Le deuxième est du 7 novembre, que j’ai reçu par duplicata. J’en ai&#13;
reçu deux autres de recommandation par M. Gaillard et par d’autres, une autre&#13;
pour me faire souvenir de vous envoyer des lunettes cette année, au lieu de celle&#13;
que je vous envoyais l’an passé, perdues dans la Seine, et j’ai de plus reçu un mot&#13;
en chiffres que j’ai jugé venir de vous. Il faut que M. de Glandelet vous ait donné&#13;
le chiffre dont il se sert pour m’écrire. Si vous m’avez envoyé d’autres lettres que&#13;
celles-là, je ne les ai pas reçues.&#13;
L’année dernière, Monseigneur, a été bien malheureuse pour notre Séminaire, qui&#13;
a tout perdu pour le Canada, dont tant de vaisseaux ont été pris, et pour la France&#13;
tout entière par la perte de la bataille d’Höchstädt, qui nous a réduit bien bas.&#13;
J’avais mis dans le vaisseau la Seine toutes les provisions pour le Séminaire. Je&#13;
crois, par le compte que j’en ai fait, qu’il y en avait bien pour 9 000 à 10 000 livres,&#13;
ce qui vous fait tort de plus de 20 000 livres ; nos bonnes religieuses de l’HôtelDieu y perdent aussi plus de 3 000 livres ; mais enfin, je croyais tout ce qui était&#13;
dans ce vaisseau plus en assurance que dans tout autre et en effet, si nous n’avions&#13;
pas eu des officiers étourdis et sans cervelle, nous n’aurions pas fait cette perte.&#13;
Cela m’a causé, je vous l’avoue, une bien grande douleur. Nous apprîmes cette&#13;
nouvelle vers la fin d’août et les premiers jours de septembre, car outre la part que&#13;
j’ai prise en cela à la perte qu’a fait tout le pays, cela nous réduit en des extrémités&#13;
bien fâcheuses. Comme vous le verrez par les efforts que j’avais faits pour vous&#13;
envoyer ce qui était dans la Seine, pour surcroît de malheur, le bon Dieu a permis&#13;
que j’eusse donné toutes mes lettres, dans lesquelles étaient mes comptes à&#13;
M. Bouteville, qui tomba malade à La Rochelle et y pensa mourir. Il ne songea pas&#13;
à mettre mes duplicatas de comptes et de lettres dans un autre vaisseau et il&#13;
&#13;
�emporta tout dans le sien. Ainsi, ni vous ni les Hospitalières n’avez point eu de&#13;
duplicatas de moi, que j’avais faits cependant, mais c’est une suite des chagrins et&#13;
des désagréments que M. Bouteville m’a causés.&#13;
Par les comptes que je vous envoyais l’an passé, vous auriez vu, comme vous le&#13;
verrez cette année par le duplicata que je vous envoie, que j’étais l’an passé, au&#13;
départ des vaisseaux, en avance pour le Séminaire de près de 18 000 livres, sans y&#13;
comprendre ce qui était dû à M. Fleury, dont il avait envoyé ses mémoires en&#13;
Canada, afin que nos Messieurs lui envoyassent des retours en lettres de change,&#13;
comme ils m’avaient prié de l’en presser. Je m’étonne que nos Messieurs n’aient&#13;
pas reçu ces comptes de M. Fleury, dont il avait mis copie dans la bombarde, qui&#13;
cependant est arrivée en Canada. Vous apprendrez cette année qu’outre la Seine,&#13;
prise par les Anglais le jour de Sainte-Anne, le vaisseau du Nord a été pris et tout&#13;
le castor et les pelleteries qui étaient dedans ; que de plus, le vaisseau de&#13;
M. Pascaud a été pris revenant de Bilbao en Espagne, où il avait déchargé les&#13;
castors en France, où il revenait chargé de fer ; et qu’on ne sait encore ce qu’est&#13;
devenu un vaisseau parti de Québec cet automne, dans lequel on prétend qu’il y a&#13;
encore pour 200 000 livres de castor et où sont, par malheur, les enfants de M. de&#13;
Longueuil ; ce qui m’afflige fort.&#13;
Voilà bien des pertes pour une colonie, qui était déjà ruinée par la mauvaise vente&#13;
de castors. La Compagnie de Canada est à bas, sans ressources, mais comme on ne&#13;
sait quel remède y apporter, on la laisse telle qu’elle est, sans faire aucun&#13;
changement.&#13;
Vous nous écrivez que les Malouins seraient propres à rétablir ce pays. On ne le&#13;
juge pas ici et on croit qu’il vaudrait mieux laisser le pays pâtir deux ou trois&#13;
années et redonner ensuite la liberté du castor sans le mettre dans aucun parti. On&#13;
a résolu de ne plus prendre pour la Compagnie, d’ici à trois ans, du castor gras,&#13;
d’en prendre du sec en plus petite quantité et diminuer par là tous les ans la&#13;
quantité de lettres de change qu’on tire en France et qui accablent cette colonie par&#13;
les intérêts qu’elle paie de ces lettres de change.&#13;
Ce qui afflige encore davantage, c’est que tous ceux qui gouvernent cette&#13;
Compagnie sont tous divisés. Ils s’accusent les uns et les autres de n’agir que par&#13;
cabale. Tout royaume divisé sera détruit.&#13;
&#13;
�Nous avons un nouvel intendant, ou plutôt deux pour un, car comme&#13;
M. de Pontchartrain a donné à M. de Beauharnois l’intendance générale de la&#13;
Marine, vacante par la mort de M. d’Hervieux, il a nommé à sa place pour&#13;
intendant de Canada le jeune M. Raudot, qui n’a pas plus de 28 ans et qui était&#13;
inspecteur de la Marine à Dunkerque, et a engagé M. son père, qui est un ancien&#13;
conseiller de la Cour des Aides, d’aller avec lui pour trois ans. Le ministre a eu en&#13;
cela plusieurs vues : 1er, d’avancer ce jeune homme, qui est son parent ; 2e, de faire&#13;
du bien à cette famille qu’on dit n’être pas aisée ; 3e, de faire donner par un&#13;
magistrat, stylé depuis longtemps, à rendre la justice quelque forme au Conseil&#13;
souverain de Québec. Tous les deux, le père et le fils me paraissent de fort honnêtes&#13;
gens. Le fils n’est pas marié. Le père laissera Mme son épouse en France prendre&#13;
soin de leurs affaires et pour amener Mlle sa fille, qui n’a que 17 ou 18 ans, avec&#13;
lui pour prendre soin de sa maison à Québec. On dit que cette demoiselle est fort&#13;
sage. Ce nouvel intendant a pris connaissance des affaires de la colonie et je vois&#13;
qu’il est penché à laisser cette Compagnie couler tout doucement, sans y faire de&#13;
changement qu’en retranchant tous les commis les gages des directeurs et les&#13;
autres frais, la réduire à refuser tout le castor gras, à ne prendre que du sec, à&#13;
n’envoyer tous les ans que pour 100 000 livres de lettres de change et pendant ce&#13;
temps-là, vendre ici tant qu’on pourra le castor et comme la Ferme du roi en&#13;
Canada sera par-là bien diminuée, on a parlé de retrancher les gratifications du roi&#13;
aux communautés et à plusieurs particuliers et même d’établir une espèce de&#13;
capitation dans tout ce pays-là pour y faire des fonds pour payer l’état du roi en&#13;
ce pays-là, car comme le roi n’est plus en état de fournir aux dépenses et que le&#13;
revenu qu’il a dans ce pays-là ne suffit pas, on a proposé ces expédients, que&#13;
M. Raudot espère cependant qu’on ne prendra pas, mais nous n’en sommes pas&#13;
encore sûrs, vu l’extrémité où tout est en France.&#13;
Car le bon Dieu a voulu, Monseigneur, nous humilier l’an passé et il l’a fait bien&#13;
fortement. Pour réprimer nos folles joies de la naissance d’un jeune duc de&#13;
Bretagne, comme s’y disait plaisamment un garçon, nous n’en avions pas déjà&#13;
assez pour nous accabler, le bon Dieu a permis que nous perdissions, le mois&#13;
d’août dernier, une bataille dans le cœur de l’Allemagne, dans laquelle nous&#13;
eûmes plus de 15 000 hommes prisonniers et presque autant tués et ce fut même&#13;
une espèce de miracle que toutes les armées qui y étaient ne le fussent. Cela a&#13;
tellement enflé le cœur de nos ennemis et abattu celui de nos gens qu’on croit que&#13;
&#13;
�si les Allemands, au lieu de s’arrêter à prendre Landau, qu’ils prirent sur nous&#13;
l’automne dernier, avaient poursuivi les Français qu’ils chassaient devant eux&#13;
comme des moutons, ils auraient pu les faire retirer jusque dans la Champagne et&#13;
peut-être jusqu’à Paris. Or, cela a bien gâté nos affaires et attiré une si étrange&#13;
augmentation de taxes et d’impôts sur le peuple et sur le clergé qu’on ne garde&#13;
plus de mesures. C’est ce mauvais état de nos affaires qui empêche que la Cour ne&#13;
puisse en aucune manière aider le Canada. Il y a de plus de là mes intelligences&#13;
entre M. de Chamillart et M. de Pontchartrain, ce qui fait que le dernier étant&#13;
chargé de la colonie, le premier le soucie fort peu de la soulager. En un mot, il ne&#13;
faut pas s’attendre de là à aucun secours.&#13;
Mais comme toutes ces affaires ne nous regardent pas, je crois devoir les passer&#13;
pour répondre à vos lettres. Vous êtes en peine, Monseigneur, de l’usage que je fis&#13;
l’an passé des mémoires et lettres de M. de Lamothe Cadillac. Je ne crus pas&#13;
pouvoir me dispenser de les envoyer en Cour. Le ministre les renvoya à examiner&#13;
à M. de Champigny. On ne crut pas l’an passé devoir écouter ses propositions, qui&#13;
ruinaient la Compagnie, et je crois que vous apprendrez cette année qu’il y a du&#13;
changement pour cet établissement. Je ne sais si vous devez paraître tant soit peu&#13;
entrer dans ses vues, ayant été si décrié par le mauvais commerce qu’on prétend&#13;
qu’il a fait ci-devant aux Sauvages. Vous nous avez-vous-même tant de fois écrit&#13;
contre lui qu’il paraît surprenant qu’à présent vous vouliez vous déclarer pour lui,&#13;
non pas manifestement, mais en secret, pendant qu’il est brouillé avec les&#13;
puissances, ce qui vous brouillera infailliblement avec eux. Nos Messieurs n’ont&#13;
pas cru devoir agir ni pour lui ni pour M. de Ramezay contre les puissances. Ils&#13;
ont seulement prié M. de La Touche de faire attention à ce qui est écrit par eux et&#13;
voir s’il y a quelque remède à y apporter.&#13;
Mme de La Forest nous a dit qu’elle avait apporté une lettre de vous pour le&#13;
ministre et que même il y en avait dedans une pour le roi, dans laquelle vous vous&#13;
plaigniez, disait-elle, du gouvernement. Nous craignons que cela n’indispose, si&#13;
cela est vrai, les puissances contre nous, car il sera difficile que cela ne revienne.&#13;
Pour nous, nous avons agi de manière que l’on ne peut se plaindre de nous. Il nous&#13;
a paru que tout ce qu’on a écrit de Canada n’a pas fait une impression à la cour&#13;
capable de porter du changement. On pourra seulement faire quelque réprimande,&#13;
mais ceux qui ont le pouvoir en pourront faire porter la peine à ceux qui dépendent&#13;
d’eux. On regarde à la cour ces plaintes comme des suites de ces anciennes&#13;
jalousies qui sont entre les familles, dont les unes portent si impatiemment&#13;
&#13;
�l’élévation des autres. Il ne paraît pas que le clergé doive entrer dans toutes ces&#13;
divisions que pour les apaiser, mais il doit se déclarer toujours pour l’autorité.&#13;
On n’a pas, Monseigneur, goûté ce certificat donné à M. de Ramezay et il ne paraît&#13;
pas, en tout cela, autant de droiture qu’on en doit trouver en vous et qu’on y en a&#13;
toujours trouvé. On croit que vous eussiez bien fait de ne pas dire à&#13;
M. de Beauharnois ce qui vous était revenu de Mantet. Si vous pouviez prévoir&#13;
que M. l’intendant en dût parler à M. de Vaudreuil, mais qu’après que vous sûtes&#13;
qu’il lui en avait parlé, vous ne deviez pas donner à M. de Ramezay ce certificat,&#13;
qui n’est pas raccommodé par votre lettre, puisqu’il paraît toujours en cela quelque&#13;
petit détour, qui ne convient pas à une personne de votre rang. Mais il faut avouer&#13;
qu’il y a peu de discrétion dans M. l’intendant et de ménagement dans&#13;
M. de Vaudreuil, qui auraient dû l’un, vous garder le secret et l’autre, ne pas se&#13;
lever contre vous comme il fit ; il aurait dû considérer que votre crainte de mettre&#13;
deux familles aux couteaux tirés vous avait engagé à donner ce certificat pour&#13;
disculper M. de Ramezay. Il est fâcheux que des redites comme celle-là divisent&#13;
les esprits et aliènent surtout les puissances. On a fait assez valoir ici ce désordre&#13;
de la traite d’eau-de-vie. J’ai raisonné sur cela avec Mme de Marson, qui proteste&#13;
fort que M. de Vaudreuil n’y a nulle part et qu’il ne souffrira pas ce désordre, mais&#13;
si un gouverneur et un intendant sont assez mal disposés pour le vouloir faire&#13;
sous-main, il sera bien difficile d’y remédier. Il est surprenant que M. de Cadillac,&#13;
que le P. de Carheil, digne de foi, a accusé de ce désordre, soit à présent ciselé pour&#13;
s’y opposer. Tout cela ne vient dans ces Messieurs que de passion et ils veulent y&#13;
faire entrer les gens de bien pour s’appuyer par eux. Le trop de castor fera qu’on&#13;
s’appliquera davantage à empêcher ce désordre. Je crois que M. Raudot ne&#13;
donnera pas dans ce malheureux commerce.&#13;
Comme toute votre lettre du 4 août 1704, qui est de douze ou treize pages, ne me&#13;
parle que des missions de la Louisiane, je vais y répondre exactement.&#13;
Vous me marquez avoir dessein d’y envoyer par les terres MM. Calvarin et&#13;
Leriche. Je prends la liberté de vous représenter, Monseigneur, les inconvénients,&#13;
qui me feraient croire qu’il ne les y faudrait pas envoyer du mois si tôt.&#13;
1° Dans l’extrémité où l’on est à présent, il me semble qu’il ne&#13;
faudrait pas faire de nouvelles entreprises dans ces missions, mais&#13;
seulement soutenir ce qu’il y a de commencé.&#13;
&#13;
�2° Ces missions ont accablé de dépenses en 1703, comme vous&#13;
pouvez voir par mes comptes.&#13;
3° On ne saurait être payé de l’ordonnance de 3 000 livres pour ces&#13;
missions. J’ai encore celle de 1703 et il y aura bien de la peine à s’en&#13;
faire payer. Or, le Séminaire de Québec est-il en état d’en faire les&#13;
avances ? Non, sans doute.&#13;
4° Tant que la guerre durera, on aura bien de la peine à envoyer des&#13;
effets à ces missionnaires. On courra de grands risques. Les&#13;
dépenses seront fortes et elles ne serviront guère.&#13;
5° Car le bien qu’on fera pendant cette guerre sera bien superficiel.&#13;
M. de Saint-Cosme n’a pas encore converti un seul Sauvage,&#13;
M. Davion encore moins, M. Bergier très peu. Leur plus grand bien&#13;
s’est réduit à baptiser des enfants moribonds. On ne saurait&#13;
rassembler les Sauvages. Ils ne font que courir. Le Français ne peut&#13;
les faire entrer dans ses vues. Le missionnaire y est sans autorité.&#13;
6° Vous ferez tort au Canada de retirer ces deux prêtres, dans la&#13;
disette où l’on y en est.&#13;
7° Ils ne sont pas en état de faire aucun bien dans les missions&#13;
sauvages, car ces deux Messieurs n’ont pas les talents de&#13;
M. Bergier. Ils ont de la verve, mais ils n’ont pas d’étendue d’esprit,&#13;
ils n’ont point de théologie, ils n’ont point de mémoire pour les&#13;
langues, du moins M. Calvarin, et l’autre, à peu près du même.&#13;
Voyez M. Davion quel bien il a fait dans ces missions ! Il n’en sait&#13;
encore pas les langues pour faire un catéchisme et ne les saura&#13;
apparemment jamais. Il aurait fait du bien parmi les Français. Il&#13;
nous a dépensé horriblement et tout cela n’aboutira à rien.&#13;
M. Bergier me mande que quand M. Foucault a été tué, il avait pour&#13;
plus de 1 000 écus d’effets avec lui. Quelle perte, outre celle de la&#13;
personne qui est inestimable ! Je le trouvais aussi trop âgé pour bien&#13;
apprendre les langues. M. de Saint-Cosme ne songe qu’à chercher&#13;
quelque occasion de faire des découvertes et ne s’attache point à sa&#13;
&#13;
�mission. Il n’y fera point de bien. Prenez bien garde aux sujets à&#13;
envoyer dans ces missions.&#13;
8° Les pères jésuites ont abandonné les Houmas, et même toute la&#13;
Louisiane, n’y voyant aucun bien à faire pendant cette guerre.&#13;
9° J’ai écrit à M. l’évêque de Québec de cette vue d’envoyer ces&#13;
Messieurs à Mississippi. Il m’a mandé que son sentiment serait de&#13;
ne faire aucun envoi cette année et de laisser ces prêtres dans la&#13;
colonie, qui y sont si nécessaires pour cette année ; en un mot, de ne&#13;
faire aucun changement pour cette année dans ces missions, y&#13;
laisser ceux qui y sont et n’en envoyer point de nouveaux. Ce serait&#13;
bien aussi notre sentiment.&#13;
J’ai cru, dans cette vue, vous faire plaisir de vous envoyer pour M. Bergier, par le&#13;
premier vaisseau qui partira, de quoi le soutenir dans sa mission, puisqu’il y a&#13;
moyen de lui faire tenir ce qu’il lui faut sans qu’il lui en coûte. J’ai donc tiré du&#13;
mémoire de M. de Saint-Cosme le jeune une partie de ce qui pourrait être propre&#13;
à ces missions et j’ai mis le tout dans le ballot n° 1, que j’ai prié M. Fleury d’envoyer&#13;
par le Neptune et de mettre dans le même vaisseau de la poudre, un baril, pour&#13;
M. Bergier.&#13;
Cependant, si j’avais appris l’heureuse arrivée de M. de La Vente à la Louisiane, je&#13;
n’aurais pas fait cette dépense, car j’apprends, par la lettre que M. Davion a mise&#13;
à part, tout ce qui est pour M. Bergier et qu’en s’en retournant à sa mission, où il&#13;
compte se retourner après le mois de novembre 1704, il doit porter à M. de SaintCosme ce qui est pour lui et emporter aussi ce qui est pour M. Bergier ; de sorte&#13;
que s’il peut lui faire tenir ce qui est pour lui. Il recevra ces provisions de la mer&#13;
cette année, qui sont assez abondantes pour n’en pas avoir besoin si tôt ; mais&#13;
comme c’est un saint missionnaire, qui ne dissipera pas ses effets en présents et&#13;
dépenses inutiles, comme ont fait MM. de Saint-Cosme, Davion et Bouteville, il&#13;
saura toujours bien ménager ce qu’il aura.&#13;
Voici ce que j’apprends par les lettres de nos MM. de la Louisiane. J’ai reçu trois&#13;
lettres de M. Bergier. La première du 3 juillet 1703, la deuxième du 18 octobre 1703&#13;
et la troisième du 2 novembre 1703. Vous voyez que tout cela est fort ancien. Il ne&#13;
me parlait que d’une mine de cuivre que cherchait M. Juchereau et qu’il n’a pu&#13;
&#13;
�trouver. Il me demande 8 ou 10 aunes de toiles à voile et quelques pots d’eau-devie et une chasuble noire, parce que M. Bouteville lui a pris celle qu’il avait, lui&#13;
ayant dit qu’elle était à lui, l’ayant achetée de ses deniers. Selon toutes les&#13;
apparences, cette chasuble sera allée en Angleterre avec M. Bouteville et sa&#13;
chapelle qu’il a toujours voulu porter avec lui.&#13;
Je n’ai reçu de M. de Saint-Cosme qu’une petite lettre des Natchez du 4 mai 1704,&#13;
qui me mande avoir reçu ce que je lui avais envoyé ci-devant, sans doute par le&#13;
vaisseau [de] M. Dugué en 1703, mais que c’était peu de choses et qu’il a pris&#13;
plusieurs autres choses au magasin de La Mobile. (Vous remarquerez que si l’on&#13;
est ainsi en liberté de prendre ce qu’on voudra au magasin des Français pour&#13;
l’envoyer en France, à payer, il n’y aurait ni règle ni mesure.) M. de Saint-Cosme&#13;
me mande qu’il sera fort content du partage de 600 livres pour chaque&#13;
missionnaire, mais qu’il n’a d’embarras que pour les engagés. Il prie qu’on paie&#13;
toutes les dépenses et emprunts qu’il a faits et il ne les explique pas. Il souhaite&#13;
que l’on ne fasse point jusque-là de nouveaux établissements et qu’on imite en cela&#13;
les pères jésuites. Il ajoute que le fruit qu’il a fait ne lui paraît pas encore bien&#13;
grand, qu’il fait consister à avoir sauvé quelques petits enfants, ce qui lui paraît&#13;
encore bien difficile si on ne rassemble les Sauvages ; qu’il faudrait rendre ces&#13;
barbares hommes avant que d’en faire des chrétiens ; qu’on attende que les&#13;
Français soient fortifiés et maîtres des Sauvages et pendant ce temps-là, dit-il,&#13;
payer les faux frais et établir ce qui est déjà entrepris ; que les Jésuites, voyant le&#13;
peu de fruits et les grands frais, ont abandonné les Houmas. Il demande un petit&#13;
moulin de fer. Il voudrait que leurs affaires vinssent tous les ans, car quand on&#13;
retarde, il faut prendre au magasin, où tout est fort cher. Il marque que M. Davion&#13;
a un garçon qui l’a servi sans gages depuis qu’il est au pays, qu’on ne peut lui&#13;
donner moins que 100 écus et que M. Davion doit bien lui en donner un billet. Il&#13;
ne me mande pas s’il me renvoie ces 100 écus à payer ou non. Voilà ce que porte&#13;
sa lettre. Il ajoute seulement qu’il m’écrit peu, parce qu’un mal de doigt qui se&#13;
pourrit l’en empêche.&#13;
La lettre de M. Davion est du 10 septembre 1704 et est un peu plus longue, mais si&#13;
mal écrite et d’un style si haut que je quitterais là tout le soin de ces missions si&#13;
j’avais à recevoir de telles lettres. En voici le précis : que le pays où il est un fort&#13;
bon climat et qu’il s’y trouve de très belles contrées de terres ; que l’essentiel est de&#13;
bien établir la colonie et pour cela, y bien envoyer du monde et du bétail ; qu’il se&#13;
dispose à retourner à la mission après le temps que ses coliques ont coutume de le&#13;
&#13;
�reprendre, qui est au mois de novembre ; qu’on ne manque pas de lui envoyer&#13;
cette année un confrère, qui ait de la disposition à apprendre les langues ; qu’il a&#13;
reçu le mémoire qu’il m’avait envoyé, accompli à l’exception de quelques articles,&#13;
qu’il me prie d’être exact une autre fois à les accomplir entièrement et que jusqu’à&#13;
ce qu’il y ait un Séminaire qui se charge des missionnaires à La Mobile. Je ne puis&#13;
douter que quand je ne leur enverrai pas tout ce qu’ils me demanderont tous les&#13;
ans, je me ferai, et à eux, un très grand tort, parce qu’ils prendront au magasin ce&#13;
qu’il leur faudra à quel prix que ce soit, qui, étant fort cher, fera par conséquent&#13;
plus de dépense et que cela est arrivé à M. de Saint-Cosme et à lui. Il prétend que&#13;
depuis deux ans, je ne le leur ai presque rien envoyé, sinon des soutanes, chemises,&#13;
bas, chapeaux, un peu de vermillon ; voilà, dit-il, tout.&#13;
Je vous avoue, Monseigneur, que cela me met hors de moi quand je considère tout&#13;
ce que je leur ai envoyé et qu’ils ont reçu, dont j’ai le mémoire, car outre ce que&#13;
vous a coûté en Canada leur envoi, que vous fîtes avec M. de Montigny, que vous&#13;
me mandâtes avoir été à près de 15 000 livres, outre ce que vous ont coûté les deux&#13;
autres envois de M. Bergier et de M. Foucault. J’ai payé en 1 700 livres en lettres de&#13;
change pour ces envois, 4 106 livres, 12 sols tirés par vous. J’ai dépensé en 1701&#13;
tant pour les mémoires de ces Messieurs envoyés à La Rochelle que ceux accomplis&#13;
à Paris, 3 717 livres, 3 sols, 5 deniers en 1702. J’ai dépensé de même pour cette&#13;
mission en lettres de changes, billets et mémoires 3 155 livres, 18 sols et 10 deniers&#13;
et l’envoi de M. de La Vente, les factures et mémoires et le retour de M. Bouteville&#13;
me coûtent plus de 6 800 livres. Ces Messieurs s’imaginent que quand ils ne&#13;
tireront des lettres de change et des billets, je leur dois encore envoyer au-delà tous&#13;
leurs mémoires.&#13;
M. Davion continue qu’il a fallu acheter bien cher du plomb, de la poudre et de la&#13;
rassade pour M. de Saint-Cosme, qui vint à La Mobile et fut avec plusieurs&#13;
Sauvages aux dépens de M. Davion et que M. de Saint-Cosme y prit pour 130 et&#13;
quelques livres au magasin de M. d’Iberville, qu’il me prie de payer. Il me prie&#13;
encore de payer à Rocheron 160 et quelques livres, qui lui sont, dit-il, dus pour son&#13;
service de trois ans, dont il n’a dit il était payé que d’une partie. Pour moi,&#13;
Monseigneur, je suis résolu de ne rien payer de tout cela.&#13;
M. Davion ajoute que M. de Saint-Cosme a été encore obligé de prendre des&#13;
marchandises de feu Buisson, qu’il a, dit-il, eu le malheur de perdre en allant par&#13;
terre aux Natchez, où peu s’en fallut qu’ils ne crevassent de faim. Voilà, dit-il, où&#13;
&#13;
�se trouve réduit un pauvre missionnaire, à qui on ne doit pas après cela refuser ce&#13;
qui lui est nécessaire. Je crois que c’est M. Saint-Cosme qui a pris ces marchandises&#13;
de feu Buisson et que c’est le même M. Saint-Cosme qui les a perdues et qui a&#13;
pensé mourir de faim, car M. Davion écrit si mal et si obscurément qu’on n’entend&#13;
rien à ses lettres, outre que le peu qu’on y entend est fort désagréable.&#13;
M. Davion ajoute que depuis qu’il est à La Mobile, il a été obligé de faire pour&#13;
50 écus de dettes et il prétend en cela avoir peu dépensé, quoiqu’il ait reçu ses&#13;
mémoires, sans parler, dit-il, de la maison qu’il a fait bâtir et qu’il laissa&#13;
M. de La Vente à payer, qui m’écrit qu’il a emprunté pour cela du P. Dongé&#13;
700 livres. M. Davion continue que M. Bouteville a laissé 460 livres de dettes au&#13;
magasin de M. d’Iberville. M. Davion ajoute encore que l’Allemand le presse de le&#13;
payer (sans me dire qui est cet Allemand et ce qui lui est dû et pourquoi), mais&#13;
qu’il s’est rejeté sur ce que M. Bouteville ayant été ici, dit-il, en qualité d’aumônier.&#13;
Il fallait tâcher d’obtenir les appointements avec lesquels on paierait les dettes ;&#13;
mais à qui demander ces appointements ? M. d’Iberville dit tout net que la cour ne&#13;
lui a rien donné pour cela. Voilà ce que m’écrit M. Davion.&#13;
Il me demande ensuite bien des choses, qui iront bien à 500 livres ou 600 livres&#13;
pour le moins, et M. de Saint-Cosme autant. Quant à M. de La Vente et Huvé, nous&#13;
en avons reçu trois lettres : une longue pour M. l’abbé de Brisacier et deux plus&#13;
courtes pour moi.&#13;
Ils nous mandent que leur voyage a été plus heureux qu’ils ne pensaient et que la&#13;
conduite de ses filles a été plus facile qu’ils n’avaient appréhendé. Ils se louent fort&#13;
des officiers du vaisseau, qui ont été fort sages et modestes et fort charitables ; que&#13;
le 10 juin 1704, ils prirent terre au Cap-Français à Saint-Domingue et le 7 juillet, à&#13;
La Havane en l’île de Cuba, où l’évêque espagnol le reçut parfaitement bien, logea&#13;
ses filles dans un conservador et les y fit rafraîchir ; qu’ils en partirent le 14 juillet et&#13;
ne laissèrent par en huit jours d’y prendre le mauvais air des îles, qui a fait mourir&#13;
plusieurs de leur équipage ; que le 20 juillet, ils arrivèrent à l’entrée de La Mobile&#13;
et au fort Louis, le 1er jour d’août ; qu’ils ont trouvé, M. Davion logé dans une&#13;
maison neuve, mais sans porte ni fenêtre, qu’il a fait bâtir sur son crédit et où il n’y&#13;
avait encore aucune commodité ; qu’ils y ont trouvé le R. P. Dongé, jésuite, qui les&#13;
a reçus avec cordialité et dont ils le louent fort ; qu’ils ont fait en arrivant quinze&#13;
ou vingt mariages de ces filles, dont trois ou quatre moururent peu après être&#13;
arrivées ; que le 20 août, ils tombèrent malades cinq ou six qu’ils étaient, n’ayant&#13;
&#13;
�que du lard pour faire des bouillons ; qu’ils n’ont point trouvé d’église pour la&#13;
paroisse ; que M. de Pontchartrain a ordonné qu’on en bâtit une et qu’on y fasse&#13;
contribuer les habitants, mais qu’on ne s’en servira pas sitôt et qu’ils se servent de&#13;
la chapelle du fort, trop petite pour tout le monde, qu’ils ont trouvé ; [que]&#13;
M. Davion, fort cassé, résolut cependant de retourner à sa mission ; que par toutes&#13;
les perquisitions qu’il a fait du bien à faire parmi les Sauvages, il a trouvé qu’il y&#13;
en a peu de fait, mais beaucoup à espérer et qu’il croit qu’il y a plus de fonds à&#13;
faire sur ces missions que sur celles de la Chine et des Indes ; qu’il y a surtout&#13;
beaucoup à espérer de la nation des Chactas à sept jours au-dessus d’eux sur&#13;
La Mobile, qui est sept à huit cents familles, qui composent 8 000 huit à 10 000&#13;
âmes, où la polygamie est plus rare et qu’il serait facile de rassembler en deux ou&#13;
trois villages si la cour y mettait quelques familles françaises et engageait ces&#13;
Sauvages à le faire.&#13;
M. de La Vente croit que ce pays-là peut devenir très bon et que si on pouvait y&#13;
envoyer bien du monde et des hommes surtout qui travaillassent à la terre, on en&#13;
tirerait du profit. Il prétend que ces basses terres, qui sont tous les ans inondées&#13;
par les eaux, seraient excellentes à y cultiver des riz, qui y viendraient en&#13;
abondance. Il se loue fort de M. Huvé, son confrère, qui aurait accompagné&#13;
M. Davion aux Tonicas si le P. Dongé ne s’en fût pas allé. Il nous apprend qu’ils&#13;
sont surchargés de travail, quoiqu’infirmes, et surtout par plus de deux cents&#13;
Appalaches, chrétiens espagnols, que les Anglais avec quinze ou seize cents&#13;
Sauvages ont fait fuir de leurs pays ; que ces pauvres Sauvages leur demandent les&#13;
sacrements et leur donnent tous les signes de bons chrétiens, mais qu’ils sont fort&#13;
embarrassés, n’ayant aucun interprète et ne pouvant les entendre.&#13;
Comme le vaisseau le Pélican est parti à la fin de septembre de ce pays-là, il est&#13;
revenu à La Havane, où il s’est fait caréner. Et ayant appris que deux frégates&#13;
anglaises devaient aller attaquer le fort Louis à La Mobile et Pansacola,&#13;
M. du Coudray envoya un brigantin à M. de Brencalle lui en donner avis, ce qui&#13;
nous a procuré encore une lettre de M. de La Vente du 2 janvier 1705. Il m’apprend&#13;
qu’ils ont presque toujours été malades de fièvres et de flux de sang et d’autres&#13;
maladies, dont il croit qu’il aura peine à revenir. Il nous apprend aussi la mort du&#13;
P. Dongé, jésuite, arrivé à La Havane, ce qui est une perte pour ces missions ; que&#13;
M. Davion n’a pas eu ses coliques, mais qu’il a eu d’autres infirmités qui l’ont&#13;
retenu jusqu’alors ; que Charles, son domestique, était venu il y avait un mois le&#13;
chercher avec les principaux des Tonicas et que tout ce monde consomme bien&#13;
&#13;
�leurs vivres ; qu’il avait envoyé le plus jeune des deux petits garçons que je lui ai&#13;
donné à M. de Saint-Cosme, qui l’a renvoyé dès le lendemain qu’il fut arrivé,&#13;
disant qu’il était trop petit, sans écrire seulement un mot à nos Messieurs.&#13;
M. Davion les emmène tous les deux et espère en garder un et envoyer l’autre à&#13;
M. Bergier. (M. de Saint-Cosme agit bien haut et n’a nulle honnêteté.). Il me mande&#13;
que les Sauvages et M. Davion doivent descendre le Mississippi à 80 lieues plus&#13;
près de la mer, dans un lieu où il y a de belles terres, et se rassembler tous&#13;
ensemble. Ils promettent beaucoup aux officiers et aux missionnaires.&#13;
Il ajoute qu’il faudrait savoir si les Jésuites abandonnent les Houmas ; que cette&#13;
mission est belle, bien ramassée et qu’il faudrait ne la pas laisser sans&#13;
missionnaires, les Sauvages étant bien disposés. Il me propose de demander le&#13;
terrain où sont situés les Natchez pour en faire une seigneurie, où le lieu où seront&#13;
les Tonicas, attendu qu’il y a déjà des familles françaises qui s’y établissent ; mais&#13;
cela me paraît bien vaste et d’ailleurs, cela est bien éloigné de La Mobile. Il se plaît&#13;
de nos coureurs des bois, qu’il trouve fort débauchés ; que les filles qu’il a amenées&#13;
sont aussi déchues de leur piété ; et que pour lui, il continue à être si infirme qu’il&#13;
craint que sa machine n’aille pas loin. Il voudrait que je lui envoyasse un bon&#13;
enfant pour être leur économe et prendre soin de tout leur temporel. Il exhorte fort&#13;
M. Gervaise à le venir joindre. Il m’envoie le plan de la ville du fort Louis pour me&#13;
représenter que la place que M. Bouteville est propre pour une communauté,&#13;
excepté qu’il n’y a pas de bonne eau, mais n’est pas propre pour une paroisse, qui&#13;
serait déserte, étant trop éloignée du commerce. Il dit qu’ils ressentent la vigueur&#13;
de l’hiver comme on le fait en France et il finit par demander bien des provisions&#13;
de vivres, des toiles, des couvertures et des étoffes, priant de tâcher à leur obtenir&#13;
les appointements de la cour. Voilà ce qu’il y a de principal dans toutes ces lettres.&#13;
Je vis hier, dernier mars, M. d’Iberville, qui est toujours malade et n’a pas encore&#13;
reçu ses lettres. Il ne croit pas qu’on puisse envoyer de vaisseau là de plus de trois&#13;
mois, parce que le roi n’en a point. Nous devons le voir et raisonner sur tout cela&#13;
avec lui. Vous voyez, Monseigneur, qu’il y a quelque espérance de faire du bien&#13;
en ces pays, mais que les dépenses y seront extrêmes et nous accableront, car ne&#13;
pouvant être payées au Trésor royal pour ces missions et les dépenses étant même&#13;
plus fortes que ce que le roi donne, cela achèvera de ruiner le Séminaire.&#13;
&#13;
�J’ai, après-midi, 1er avril, rendu visite à MM. Riverin et Macard, anciens députés&#13;
de la colonie. Ils m’ont appris des choses bien affligeantes et qui vont à la ruine de&#13;
la colonie entière et de chaque communauté en particulier. Ils prétendent que le&#13;
ministre souhaite qu’on trouve à lever dans le pays même de quoi payer l’état du&#13;
pays, qui monte après de 80 000 livres, ou à retrancher ce qui y est porté ; et comme&#13;
ce sont les communautés qui y ont les plus fortes parties, je trouve qu’elles en&#13;
touchent plus de la moitié et même près de 50 000 livres. Vous jugez quel effet cela&#13;
fera. On parle de lever sur tout le pays une capitation. J’ai fort représenté les&#13;
inconvénients et le faible secours qu’on en retirera, car pour lever 15 000 livres, il&#13;
faudra écorcher 5 000 familles, bonnes et mauvaises, l’une portant l’autre, et il n’y&#13;
en a pas 5 000 dans tout le pays ; car s’il y en a qui paieront bien 50 livres, il y en a&#13;
encore plus qui ne pourront rien payer. Je vois les choses réduites à de fâcheuses&#13;
extrémités et je prévois qu’on pourra bien en venir à un entier retranchement.&#13;
J’ai été fort étonné, Monseigneur, que connaissant l’extrémité où je suis réduit pour&#13;
le Séminaire, vous sembliez me vouloir porter à vous envoyer des étoffes pour les&#13;
pauvres, car quoique ce soit un très bon œuvre et que l’état où sera trouvé le&#13;
Canada ne manquera pas d’y augmenter la misère, vous voyez bien cependant que&#13;
je ne suis pas en état d’y subvenir, car la première charité, c’est de payer ses dettes&#13;
et j’en suis accablé en second lieu. Je ne touche pas même votre pension sur le&#13;
Trésor royal et très peu de celle sur l’évêché d’Aire, dont la subvention et le don&#13;
gratuit consomment la plus grande partie. J’ai actuellement trois ordonnances&#13;
pour votre pension, celle de 1703, celle de 1704 et celle de 1705, et je ne vois aucune&#13;
apparence d’en être payé qu’à la paix. Ne laissez pas cependant à tout hasard de&#13;
m’envoyer une nouvelle procuration cette année, car celle que vous m’avez&#13;
envoyée la dernière est trop surannée.&#13;
Je vous envoie des lunettes, six paires propres pour vous. Elles sont dans le ballot&#13;
n° 5, où il y a deux paquets de corde d’horloge pour M. Doric.&#13;
Toute votre famille, Monseigneur, se porte assez bien, à la réserve de&#13;
Mlle de Laval, qui est toujours languissante. Vous savez que Mlle sa sœur est&#13;
morte les années passées. M. de Montigny, votre frère, a pensé mourir et en est&#13;
revenu. Ce qui est de plus consolant, c’est qu’il était fort bien disposé et qu’il est&#13;
actuellement dans de très bons sentiments. Il pense sincèrement à son salut. M. et&#13;
Mme de Laval se plaignent toujours. Ils ont beaucoup de peine à nous payer ces&#13;
délégations, qui doivent durer neuf ans pour nous payer les anciens arrérages.&#13;
&#13;
�Quant à M. de Laval, il a résigné son canonicat de Tournai contre un de Cambrai&#13;
et cet archevêque qui, comme vous savez, vous est allié, l’a appelé auprès de lui&#13;
pour en faire son grand-vicaire. Il loge et est nourri à l’archevêché et est tout plein&#13;
de respect pour ce prélat, qui l’estime et le chérit.&#13;
La nièce de M. Lamy est en possession de son bien et cette affaire est consommée.&#13;
Le sieur Soulard ne m’est pas venu voir, ainsi je n’ai pu lui rendre service, ne&#13;
sachant s’il est venu à Paris.&#13;
J’ai fait donner au sieur Gaillard, par M. l’abbé de Brisacier, une lettre de&#13;
recommandation pour M. de La Touche, M. d’Iberville et les sieurs de Repentigny&#13;
et autres, qui l’ont vue, en ont été fort choqués, prétendant que le sieur Gaillard ne&#13;
mérite pas une telle recommandation, que ce n’est qu’un maître canonnier qu’on&#13;
a élevé à quelque chose en Canada et qui ne mérite pas d’avoir une Compagnie au&#13;
préjudice de plusieurs familles anciennes de Canada qui en demandent.&#13;
Nous recommandons les sieurs de La Bouteillerie. Je ne sais s’ils obtiendront&#13;
quelque chose, mais comme nous avons obtenus l’an passé une enseigne pour&#13;
M. Joncaire, nous faisons de fortes instances pour lui obtenir une lieutenance.&#13;
Voilà, Monseigneur, tout ce que je vous écrirai par cette voie. Je me recommande&#13;
très particulièrement à vos saints sacrifices et prières et suis très parfaitement,&#13;
Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 4 avril 1705&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250451">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11949">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/2329fc0ebdbe73a803807e0fc0b31c2b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=CAiEoMWJY3UYngMI5b4FNj6V0nfUOjhqS9Lx32jTzdu6G6DRmNd8QTgsxA80fSvExKRkq0z0-%7EaBbIDNRi43lVNn5JRRvPudqgaiMN7klrFQafz8-qKC53p8lVNZEg8-4FJQKUDzQSRCm7EqHglUutG4C3xcIBNWBnuX-WgXR0e6G5DU4i0k3cw5319CB0hCpwNwcVfxWD7qmze0BYk0VABS02Zp2Yc-okKXlhaOpDuatRD%7EzBmxetg%7ELwLtKVCaszYDeRjLSbbpRN1YugZk9hc0klEUra6BGVSbv6yOUp7UYnmZAg4hCWFjEMLBoA2a%7EaG0reazA3X9rQQpYNRhOw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>9663f54fa3a7e34b89b8d7cf74d07841</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250449">
                    <text>1705, 4 avril – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 122)&#13;
1705&#13;
&#13;
Lettres receües&#13;
&#13;
Perte delan&#13;
passé.&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
Duplicata&#13;
&#13;
1&#13;
Monseigneur&#13;
No 122&#13;
2&#13;
Lettres N.&#13;
3 Je commence a vous escrire mes 1.eres lettres a lafinde&#13;
4 mars que J’espere f.re partir par le Neptune commandé&#13;
5 par M Jolliet qui doit partir vers la mi avril.&#13;
6 J’ay receu de vous, Monseigneur plus.rs lettres cette année,&#13;
7 La 1.ere est du 4.e aoust 1704 en reponse a celle que Je vous&#13;
8 escrivis l’an passé par Mr Jolliet dans laquelle vous ne&#13;
9 repondez qu’au 1.er article de ma lettre Surles missions de&#13;
10 misissipi.&#13;
11 Le 2.de est du 7. Novembre que J’ay receu par duplicata&#13;
12 Jenay receu daux au’ de recommendation p.r M’ Gaillard&#13;
13 et p.r d’autres, une au’ p.r mef.re Souvenir de vous envoier&#13;
14 des lunettes cette année aulieu de celles que Je vous&#13;
15 envoiois l’an passé perdües dans la Seine, et J’ay de&#13;
16 plus receu un mot en chiffre que J’ay jugé venir&#13;
17 de vous. Jlfaut que M.r glandelet vous ait donné&#13;
18 le chiffre dont Jl Se Sert p.r mescrire&#13;
19 Si vous mavez envoié dautres lettres que celles la&#13;
20 Jeneles ay pas receües&#13;
21 Lannée derniere, Monseigneur, a esté bien malheureuse&#13;
22 p.r Notre Sem.re qui a toutperdu, p.r lecanada dont tant&#13;
23 de vaiss.x ont esté pris, et p.r la france toute entierepar&#13;
24 la perte de la bataille d’hochlet, qui nous areduit bienbas.&#13;
25 Javois mis dans le vaisseau La seine toutes les provisions&#13;
26 p.r leSem.re Je crois par le compte que J’en ay fait&#13;
27 quil y en avoit bien p.r neuf a dix mil livres, cequi&#13;
28 vous fait tort de plus de vingt mil livres. Nos bonnes&#13;
29 Relig.ses de lhotel Dieu y perdent aussi plus de trois&#13;
30 mil livres; mais enfin Jecroiois tout cequi estoit dans&#13;
31 ce vaisseauplus enasseurance que dans tout autre et en&#13;
32 effet Si nous navions pas eu des officiers estourdis etSans&#13;
33 cervelle, nous naurions pas fait cetteperte&#13;
34 cela m’a causé, Je vous l’avoüe, unebien grandedouleur&#13;
35 Nous apprismes cette nouvelle vers la fin daoust et&#13;
36 les 1.ers Jours de 7.bre car outre lapart que J’ay pris encela&#13;
37 a laperte qu’a fait tout lepays, cela nous reduit endes&#13;
38 extremitéz bien facheuses, co’e vous le verrez par les&#13;
39 efforts que J’avois faite p.r vous envoier cequi estoit&#13;
40 dans laSeine Pour Surcroist de malheur LebonDieu&#13;
41 apermis que J’eusse donné toutes mes lettres dans&#13;
&#13;
�perdües.&#13;
&#13;
État ou Jestoit&#13;
lanpassé avecle&#13;
Sem.re de Q.&#13;
&#13;
Sans cequi est&#13;
deuaM fleury.&#13;
&#13;
3:&#13;
Lettres N.&#13;
No. 122&#13;
&#13;
Perte dela colonie&#13;
&#13;
ruinée Sans resource&#13;
&#13;
Malouine.&#13;
Liberté du castor.&#13;
&#13;
Retrancher le&#13;
gras.&#13;
&#13;
42 les quelles estoient mes comptes, aM Bouteville qui&#13;
43 tomba malade ala Rochelle ety pensa mourir. Jl&#13;
44 ne Songea pas a mettre mes duplicata de comptes&#13;
45 et de lettres dans un au’ vaisseau, et Jl emporta&#13;
46 tout dans le Sien ainsy ni vous ni les hospitalieres&#13;
47 navezpoint eu de duplicata de moy que Javois fait&#13;
48 cependant, mais c’est une Suitte des chagrins etdes&#13;
49 desagreemens queMons.r Bouteville ma causé.&#13;
50 Parles comptes que Je vous envoiois l’an passé&#13;
51 vous auriez veu, co’e vous le verrez cette année&#13;
52 par le diplicata que Je vous enenvoye que&#13;
53 Jestois l’an passé au depart des vaiss.x en avance&#13;
54 pour Le Seminaire de prez de dix huit mil livres,&#13;
55 Sans y comprendre cequi estoit deu aMons.r fleury&#13;
56 dont Jlavoit envoié Ses memoires encanada afin&#13;
57 quenos Mess.rs lui envoiassent des retours en&#13;
58 lettres de change, co’e Jls m’avoient prié de l’en&#13;
59 presser. Je mestonne quenos Mess.rs nayent pas receu&#13;
60 ces comptes deMons.r fleury dont Jl avoit mis copie&#13;
61 dans la Bombarde qui cepend.’ est arrivé en canada&#13;
62 vous apprendrez cette année qu’outre la Seine prise&#13;
63 par les anglois lejour des.te anne, le vaisseau du Nord&#13;
64 a esté pris et tout le castor et les pelleteries qui&#13;
65 estoient dedans. Que deplus le vaisseaude M Pascaut&#13;
66 a esté pris revenant de Bilbas en Espagne ouil avoit&#13;
67 deschargé Les castors en france ou Jlrevenoit chargé&#13;
68 de fer, et qu’on ne Scait encore ce qu’est devenu un&#13;
69 vaisseau parti de Quebec ce tautomne dans lequel&#13;
70 on pretend quil yaencore p.r deuxcent millivres&#13;
71 decastor, et ou sontpar malheur les enfans deMons.r&#13;
72 de Longeüil, cequi mafflige fort.&#13;
73 voila bien des pertes p.r une colonie qui estoit déjà ruinée&#13;
74 parla mauvaise vente des castors. La compagnie de&#13;
75 canada est abas Sans resource, mais co’e onnaScait quel&#13;
76 remedey aporter, on la laisse telle quelleest, Sans f.re&#13;
77 aucun changement.&#13;
78 vous nous escrivez que Les maloüine Seroient propres&#13;
79 a retablir ce pays. on ne le juge pas icy, et on croit&#13;
80 qu’il vaudroit mieux laisser le pays patir deux ou&#13;
80 trois annéez et redonner ensuite laliberté du&#13;
81 castor Sans le mettre dans aucun parti. on aresolu&#13;
82 de neplus prendrep.r lacompagnie dicy atrois ans&#13;
83 du castor gras, d’en prendre du sec en plus petite quantité,&#13;
84 et diminuer par la tous les ans la quantité delettres&#13;
&#13;
�divisions dela&#13;
compagnie.&#13;
&#13;
4.&#13;
Nouvel Jntend,’&#13;
&#13;
5.&#13;
lettres N. no. 122&#13;
&#13;
85 de change qu’on tire en france et qui accablent cette&#13;
86 colonie par les Jnterests quellepaye deces lettres&#13;
87 de change&#13;
88 Ce qui afflige encore d’avantage cest que Tous ceux qui&#13;
89 gouvernent cette compagnie Sont tous divisez, Jls&#13;
90 Saccusent les uns et les au’ de nagir que par cabale&#13;
91 Tout roiaume divisé Sera detruit.&#13;
92 Nous avons un nouvel Jntendant, ou plutost deux p.r&#13;
93 un. car co’e M De Pont chartrain a donné a M de&#13;
94 Beauharnois LJntend.ce g’rale de la marine vacantepar&#13;
95 La mort de M Dhervieux, Jl a nommé asa place p.r&#13;
96 Jntend.’ decanada le Jeune Mons.r Rodot qui n’apas&#13;
97 plus de 28. ans et qui estoit inspecteur de la marine&#13;
98 a DunKerque, et a engagé Mons.r SonPere qui est&#13;
99 un ancien conseiller dela cour des aydes daller avec&#13;
100 lui aumoins p.r trois ans. Le ministre a eu encela&#13;
101 plus.rs veües; La 1.ere d’avancer ce Jeune homme qui est&#13;
102 Son parent. La 2.de defaire dubien a cette famille&#13;
103 qu’on dit nestrepas aisée. La 3.e defaire donner par&#13;
104 un magistrat stilé depuis longtemps a rendre la Justice,&#13;
105 quelq’ forme auconseil Souverain de Quebec, Tous&#13;
106 les deux Le Pere et lefils me paroissent defort&#13;
107 honnestes gens. Lefils n’est pas marié. Le Pere laissera&#13;
108 Mad.’ SonEpouse en france prendre soin de leurs&#13;
109 affaires, et poura mener Mad.elle Safille qui n’a&#13;
110 que 17. ou 18. ans avec lui p.r prendre Soin de Sa&#13;
111 maison a Quebec on dit que cette Dem.elle est fort&#13;
112 Sage. Ce Nouvel Jntend’ apris connoissance des&#13;
113 affaires dela colonie, et Je vois quil est panché a laisser&#13;
114 cette compagnie couler tout doucement Sans y faire&#13;
115 de changemt qu’en retranchant tous les commis&#13;
116 les gages des directeurs et les au’ frais, la reduire a&#13;
117 refuser tout le castor gras, a neprendrequedu&#13;
118 Sec, a nenvoier tout les ans quep.r cent millivres&#13;
119 de lettres de change, et pend.’ cetemps la vendreicy&#13;
120 tant qu’on poura le castor, et co’e lafirme du Roi&#13;
121 en canada Seraparla bien diminuée, ona parlé&#13;
122 de retrancher les gratifications du Roi aux Comm.tez&#13;
123 et a plus.rs particuliers, et mesme destablir une espece&#13;
124 de capitation dans tout cepays la, pour y faire&#13;
125 des fonds pourpaier Lestat du Roi encepaysla car&#13;
126 co’e le Roi n’est plus enestat de fournir aux depenses&#13;
127 et que le revenu qu’il adans ce paysla ne Suffit pas&#13;
&#13;
�Batailledallemagne&#13;
&#13;
6&#13;
misJntelligence&#13;
entreles ministres&#13;
&#13;
M dela Motte&#13;
cadillac&#13;
&#13;
Jl Sera peuescouté&#13;
&#13;
128 on a proposé ces expediens, queM Rodot espere&#13;
129 cependant qu’on ne prendra pas, mais Nous n’en&#13;
130 So’es par encore Seurs veu l’extremité outout&#13;
131 est enfrance&#13;
132 Car le bon Dieu a voulu, Monseigneur, nous&#13;
133 humilier lan passé et Jl l’a fait bien fortement.&#13;
134 P.r reprimer Nos folles joyes dela naissance d’un&#13;
135 Jeune Duc de Bretagne, co’e Si disoit plaisamment&#13;
136 un garcon, nous n’en avions par deja assezpour&#13;
137 nous accabler, Le bon Dieu apermis que nous&#13;
138 perdissions le mois daoust dernier unebataille dans&#13;
139 le coeur de Lallemagne dans laquelle nous eusmes&#13;
140 plus de quinze mil ho’es prisonniers et presq’&#13;
141 autant tuez, et ce fut mesme uneespecede miracle&#13;
142 que toutes les arméez qui y estoient nelefussent. cela&#13;
143 a tellem,t enflé le cœur denos ennemis et abbatu&#13;
144 celui de nos gens qu’on croit queSi les allemans&#13;
145 au lieu de Sarrester aprendre Landau quils prirent&#13;
146 Sur nous Lautomne dernier avoient poursuivis&#13;
147 les francois quils chassoient devant eux comme&#13;
148 des moutons Jls auroient pu les faire retirer&#13;
149 jusque dans la champagne etpeutestre jusqu’à&#13;
150 Paris. or cela abien gasté nos affaires et attiré&#13;
151 une Si estrange augmentation de taxes et dJmpost Sur&#13;
152 le peuple et Sur le clergé qu’on ne gardeplus de mesures.&#13;
153 C’est ce mauvais estat de nos affaires, qui empesche&#13;
154 que la cour nepuisse en aucune manière ayder&#13;
155 lecanada Jl y a de plus dela mesJntelligence entre&#13;
156 Mr De Chamillard et M de Pont chartrain, cequi&#13;
157 fait queLedernier estant chargé de la colonie le 1.er Le&#13;
158 Soucie fort peu delaSoulager. Enunmot Jl nefaut&#13;
159 pas Sattendre dela a aucun Secours.&#13;
160 Mais co’e toutes ces aff.res ne nous regardent pas,&#13;
161 Je crois devoir les passer p.r repondre avos lettres.&#13;
162 vous estes enpeine Monseigneur deLusage que Je&#13;
163 fit lan passé des memoires et lettres deM dela motte&#13;
164 cadillac Je necrus pas pouvoir medispenser deles&#13;
165 envoier en cour. Le ministre les renvoia aexaminer&#13;
166 aMr De champigni. on necrutpas lanpassé devoir&#13;
167 escouter Ses propositions qui ruinoient la compagnie,&#13;
168 et Jecrois que vous apprendrez cetteannée quil ya&#13;
169 du changemt p.r cet Etablissem.t Je ne Scay Si vous&#13;
170 devez paroistre tant Soit peu entrer dans Ses veües,&#13;
171 ayant esté Si descrié par le mauvais commerce&#13;
&#13;
�Mad.’ Dela forest&#13;
&#13;
172 qu’on pretend quil afait cy devant aux Sauvages. vous&#13;
173 nous avez vous mesme tant defois escrit contrelui,&#13;
174 qu’il paroist Surprenant qu’a present vous vouliez vous&#13;
175 declarerp.r lui, non pas manifestem.t mais en Secret,&#13;
176 pend.’ quil est brouillé avec les puissances, cequi vous&#13;
177 brouillera infailliblemt avec eux Nos Mess.rs n’ont&#13;
178 pas creu devoir agir ni p.r lui ni p.r M de Ramezay&#13;
179 contre les puissances. Jls ont Seulemt prié M De&#13;
180 La touche de faire attention a cequi est escrit&#13;
181 par eux, et voir Sil y a quelq’ remede a y apporter.&#13;
182 Mad.’ DeLa forest nous adit qu’Elle avoir apportée&#13;
183 une lettre de vous p.r le ministre, etque mesme Jly&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
certificat donné&#13;
a Mde Ramezay&#13;
neparoist pas droit.&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
184 en avoit dedans unep.re le Roi dans laquelle vous&#13;
185 vous plaigniez disoit elle du gouvernemt Nous craignon&#13;
186 que cela n’indispose Si cela est vray les puissances contre&#13;
187 nous, car Jl Sera difficile que cela nerevienne. P.r nous&#13;
188 nous avons agi de manière que lon nepeut seplaindede&#13;
189 nous. Jl nous aparu quetout ce qu’on a escrit de canada,&#13;
190 n’a pas fait une Jmpression ala cour capabledaporter&#13;
191 du changem.t onpoura Seulemt faire quelque repri=&#13;
192 =mande, mais ceux qui ont le pouvoir en pouront faire&#13;
193 porter lapeine a ceux qui dependent deux&#13;
194 on regarde a la cour ces plaintes co’e des Suittes de ces&#13;
195 anciennes jalousies qui Sont entre les familles dont&#13;
196 les unes portent Si impatiammt leslevation des autres.&#13;
197 Jl ne paroist pas que le clergé doive entrer dans&#13;
198 toutes ces divisions quep.r les appaiser, mais Jldoit&#13;
199 Se declarer toujours pr l’authorité.&#13;
200 onn’a pas, Monseigneur, gouté ce certificat donné&#13;
201 aM.r De Ramezay, et Jl ne paroit pas entout cela&#13;
202 autant de droiture qu’on en doit trouver en vous et&#13;
203 qu’on y ena toujours trouvé. On croit que vous&#13;
204 eussiez bien fait dene pas dire aM.r DeBauharnois ce&#13;
205 qui vous estoit revenude mantet, Si vous pouviez&#13;
206 prevoir que Mr LJntendant en dust parler aMr De&#13;
207 vaudreuil, mais qu’apres que vous Sceustes quil lui en&#13;
208 avoir parlé, vous ne deviez pas donner aM de Ramezay&#13;
209 ce certificat qui n’est pas raccommodé par votre&#13;
210 lettre, puis quil paroist toujours encela quelq’ petit&#13;
211 detour qui ne convient pas a une personne de&#13;
212 votrerang. mais Jlfaut avoüer quil ya peu de discr&#13;
213 discretion dans M LJntendant, et demesnagemt dans M.r&#13;
214 de vaudreüil qui auroient deü lun vous garderle&#13;
&#13;
�Sur LEnvoy de M.rs&#13;
calvarin et Le&#13;
Riche a La&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
215 Secret, et l’autre nepas Seslever contre vous comme&#13;
216 Jl fit; Jl auroit deu considerer que votre crainte de&#13;
217 mettre deux familles aux couteaux tirez, vous avoit&#13;
218 engagé a donner ce certificat p.r disculper M de&#13;
219 Ramezay. Jl est fascheux quedes redites comme cellesla&#13;
220 divisent les esprits, et alienent Surtout les puissances.&#13;
221 on a fait assez valoir icy ce desordrede latraite dEaude vie&#13;
222 J’ay raisonné Sur cela avec Mad.’ De marson qui proteste fort&#13;
223 queMr De vaudreüil n’y a nullepart, et quil ne Souffrirapas&#13;
224 ce desordre mais si un Gouverneur et un Jntend.t Sont assez&#13;
225 mal disposez p.r le vouloir faireSous main, Jl Sera bien&#13;
226 difficile d’y remedier. Jl est Surprenant que M de cadillac&#13;
227 que Le P. decareil digne de foy a accusé dece desordre Soit&#13;
228 apresent sizelé p.r Sy opposer. Tout cela ne vient dans&#13;
229 ces mess.rs quede passion, et Jls veulent y faire entrer les&#13;
230 gens de bien p.r Sappuyer par eux Le trop decastor fera&#13;
231 qu’on Sappliquera davantage a empescher cedesordre Je crois&#13;
232 queM Rodot ne donnerapas dans ce malheureux commerce&#13;
233 Co’e toute votre lettre du 4.e aoust 1704. qui est de 12. ou&#13;
234 13. pages ne me parlequedes missions deLa Louisiane, Je&#13;
235 vais y repondre exactemt&#13;
236 vous me marquez avoir dessein d’y envoier par les terres&#13;
237 Mess.rs calvarin et le Riche Jeprends laliberté de vou[s]&#13;
238 representer Monseigneur, les inconveniens qui me feroient&#13;
239 croire quil ne les y faudroit pas envoier dumoins Sitost.&#13;
240 1.e Dans lextremitté oul’on est ap’nt Jl meSemble quil ne&#13;
241 faudroit pas faire de nouvelles entreprises dans ces missions,&#13;
242 mais Seulemt Soutenir ce quil y a de commencé.&#13;
243 2.e ces missions ont accablé de depenses en 1703. comme vous&#13;
244 lepouvez voir par mes comptes.&#13;
245 3.e on ne Scauroit estre paié deLord.ce de 3000.# p.r ces missions.&#13;
246 J’ay encore celle de 1703. et Jl y aura bien de la peine&#13;
247 a Sen faire paier. or LeSem.re de Quebec est il enestat d’en&#13;
248 faire les avances. Non Sans doute&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
249 4.e Tant que laguerre durera on aura bien de lapeine a&#13;
250 envoier des effets aces miss.res on courerade grands risques&#13;
251 Les depenses Seront fortes, et elles neserviront guere&#13;
252 5.e car Le bien qu’on fera pend.’ cette guerre Sera bien Superficiel&#13;
253 M.r DeS.t cosme n’a pas encore converti unSeul Sauvage, M Davion&#13;
254 encore moins, M.r Bergier tres peu, Leurplus grand bien S’est&#13;
255 reduit abatiser des enfans moribonds. onne Scauroit rassembler&#13;
256 les sauvages. Jls ne font que courir. le francois ne peut&#13;
257 les faire entrer dans Ses veües. Le miss.re y est Sans authorité.&#13;
258 6.e vous ferez tort au canada de retirer ces deuxPrestres&#13;
&#13;
�10.&#13;
&#13;
effets p.r M&#13;
Bergier.&#13;
&#13;
arrivée deM&#13;
deLa vente a La&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
259 dans la disette ou l’on y en est.&#13;
260 7.e Jls ne Sont pas enestat de faire aucunbien dans les&#13;
261 missions Sauvages, car ces deux m.rs n’ont pas les talent deM.r&#13;
262 Bergier, Jls ont de la verbre, mais Jls n’ont pas d’estendüe desprit,&#13;
263 Jls n’ont point de theologie, Jls nont point dememoire p.r les&#13;
264 langues, du moins M.r Calvarin, et lautre apeuprez du&#13;
265 mesme voiez, M Davion quel bien Jl a fait dans ces&#13;
266 missions. Jln’en Scait encorepas les langues p.r faire un&#13;
267 catechisme, et ne les Scaura apparemmt jamais. Jl auroit&#13;
268 fait dubien parmi les francois. Jl nous adepensé horriblemt,&#13;
269 et tout cela aboutira a rien M Bergier me mande que&#13;
270 quand M foucaut a esté tué Jlavoit p.r plus demil&#13;
271 escus deffets avec lui. Quelle perte outre cellede lapersonne&#13;
272 qui est inestimable Jele trouvois aussi trop aagé p.r&#13;
273 bienapprendre les langues. M.r DeS.t cosme ne Songe&#13;
274 qu’a chercher quelq’ occasion de faire des descouvertes et&#13;
275 n eSattache point a Sa mission. Jl n’y ferapoint debien&#13;
276 Prenez bien garde aux Sujets a envoier dans ces missions.&#13;
277 8.e Les Peres Jesuites ont abandonné les houmas et mesme&#13;
278 toute la Louisisne n’y voians aucun bien ay faire pend.t&#13;
279 cette guerre&#13;
280 9.e Jay escrit aM.r Levesque de Quebec de cette veüe&#13;
281 d’envoier ces mess.rs a misissipi, Jl m’a mandé queSon&#13;
282 Sentiment Seroit dene faire aucun anvoy cette année&#13;
283 et de laisser ces Prestres dans la colonie qui y Sont Si&#13;
284 necessaires p.r cette année. En un mot de ne faire aucun&#13;
285 changemt pr cette année dans ces missions, y laisser ceu[x]&#13;
286 qui y Sont, et n’en envoier point de nouveaux. ce Seroit&#13;
287 bien aussi notre Sentiment.&#13;
288 J’ay creu dans cette veüe vous faire plaisir de vous&#13;
289 envoier p.r M Bergier par le 1.er vaisseau qui partira&#13;
290 dequoy le soutenir dans sa mission, puis quil y a moyen de&#13;
291 lui faire tenir ce quil lui faut Sans quil lui encoute&#13;
292 J’ay donc tiré du memoire de M.r S.t cosme le Jeune une&#13;
293 partie dece qui pouroit estre propre a ces missions et&#13;
294 J’ay mis letout dans le ballot n.o 1.e que J’ay prié M fleury&#13;
295 denvoier par le Neptune et demettre dans le mesme vaisseau&#13;
296 dela poudre un baril p.r M Bergier.&#13;
297 Cepend.t Si J’avois appris lheureuse arrivée deM.r Dela&#13;
298 vente a La Louisiane, Je naurois pas fait cette&#13;
299 depense car Japprends par la lettre queM.r Davion&#13;
300 a mis apart tout cequi est p.r M Bergier et qu’en&#13;
301 Sen retournant a Sa mission ou il compte de retourner&#13;
302 apres le mois de 9.bre 1704. Jl doit porter a M.r St cosme ce&#13;
&#13;
�Lettres venües&#13;
dela Louisiane&#13;
M. Bergier.&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
deM De S.t Cosme&#13;
&#13;
grand depensier&#13;
&#13;
Jl priequonpaye&#13;
Ses depenses.&#13;
&#13;
Sur charles aumont&#13;
&#13;
303 qui est p.r lui et emporter aussi cequi est p.r M Bergier&#13;
304 de Sorte que Sil peut lui f.re tenir cequi est p.r lui Jl recevra&#13;
305 ces provisions de lamer cette année qui Sont assez abondantes&#13;
306 p.r n’en pas avoir besoin Sitost. Mais co’e c’est unS.t miss.re&#13;
307 qui nedissipera pas ses effets enpresens et depenses inutiles co’e&#13;
308 ont fait M.rs S.t cosme Davion et Bouteville, Jl Scaura&#13;
309 toujours bien mesnager cequil aura&#13;
310 Voicy ce que J’apprends par les lettres de nos Mess.rs de La&#13;
311 Louisiane J’ay receu 3. lettres deM Bergier. la 1.ere du 3.&#13;
312 Juillet 1703. la 2. Du 18. 8.bre 1703. et la 3.e du 2. 9.bre 1703.&#13;
313 vous voiez que tout cela est fort ancien Jl ne me&#13;
314 parloit que d’une mine de cuivre que cherchoitM.r Juchereau,&#13;
315 et quil n’a pu trouver. Jl me demande 8. ou 10 au’ de toiles&#13;
316 a voile, et quelques pots dEaude vie et unechasuble noire.&#13;
317 par ceq’ M Bouteville lui apris celle quil avoit lui ayant&#13;
318 dit quelle estoit a lui layant acheté de Ses deniers. Selon&#13;
319 toutes les apparences cette Chasuble sera allée en angleterre&#13;
320 avec Mr Bouteville et Sa chapelle quil a toujours vouluporter.&#13;
321 avec lui.&#13;
322 Je n’ay recu deM.r S.t cosme qu’une petite lettre des Natchez&#13;
323 du 4.e May 1704. qui memande avoir receu ceque Jelui&#13;
324 avoit envoyé cy devant Sans doute, parle vaisseaudeM.r&#13;
325 Du Gué en 1703. mais que cestoit peu de choses et quil apris&#13;
326 plus.rs au’ choses au magazin dela mobile (vous remar=&#13;
327 querez que Si l’on est ainsy en liberté deprendre cequ’on&#13;
328 voudra au magazin des francois p.r lerenvoier en france,&#13;
329 apaier, Jln’y aura ni regle ni mesure) M S.t cosme&#13;
330 me mande quil Sera fort content du partage de 600.# p.r&#13;
331 chaq’ miss.re mais quil n’a dembaras quep.r les engagez,&#13;
332 Il prie qu’on paye toutes les depenses et emprunts quil a&#13;
333 faite et Jl ne les expliquepas. Jl Souhaite que l’on ne&#13;
334 fasse point jusquela denouveaux Etablissem.ts et qu’on&#13;
335 Jmite encela Les P. P. Jesuites. Jl ajoute que lefruit quil a&#13;
336 fait ne lui paroist pas encore bien grand, quil fait consister&#13;
337 a avoir Sauvé quelq’ petits enfans, cequi lui paroit encore&#13;
338 bien difficile Si on ne rassemble les Sauvages, quil faudroit&#13;
339 rendre ces barbares hommes avant que d’en fairedes chrestiens,&#13;
340 Qu’on attende que les francois soient fortifiez et maistres des&#13;
341 Sauvages, et pend.t cetemps la dit il payer les faux frais et&#13;
342 establir ce qui est déjà entrepris. Que les Jesuites voyans&#13;
343 lepeude fruit et les grands frais ont abandonné les oumas.&#13;
344 Jl demande un petit moulinde fer. Jl voudroit queleurs&#13;
345 affaires vinssent tous les ans, car quand on retarde Jl&#13;
346 faut prendre au magazin ou tout est fort cher. Jl marque&#13;
&#13;
�12.&#13;
&#13;
Lettre deM Davion&#13;
&#13;
Sur cequil dit&#13;
avoir peu receu&#13;
&#13;
13.&#13;
Lettre N. no. 122&#13;
&#13;
347 queM Davion a un garçon qui la Servi Sans gages depuis&#13;
348 quil est aupays, qu’on nepeut lui donner moins que cent&#13;
349 escus, et que M Davion doit bien lui en donner unbillet&#13;
350 Jl ne me mandepas Sil me renvoye ces cent escus a&#13;
351 paier, on non. voila ce que porte Sa lettre Jl ajoute&#13;
352 Seulemt quil mescrit peu par ce qu’un mal de doigt qui Se&#13;
353 pourit len empesche&#13;
354 La lettre de M.r Davion est du 10. 7. bre 1704. et est un peu plus&#13;
355 longue, mais Si mal escritte et d’un Stile Si haut, que Je quitterois&#13;
356 la tout le Soin de ces missions, Si Javois a recevoir de telles lettres.&#13;
357 En voicy le precis. Que lepays ou il est est un fort bon climat,&#13;
358 et qu’il S’y trouve de tres belles contréez de terres. Que lessentielest&#13;
359 de bien establir la colonie, et p.r cela y bien envoier du monde&#13;
360 et du bestail. Quil Se dispose a retourner ala mission apres&#13;
361 le temps que Ses coliques ont coutume dele reprendre qui&#13;
362 est aumois de 9.bre Qu’on ne manque pas delui envoier cette&#13;
363 année un confrere qui ait dela disposition a apprendreles&#13;
364 langues. Quil a receu lememoire quil mavoit envoié accompli&#13;
365 alexeption de quelques articles, quil me prie destre exact une&#13;
366 autre fois ales accomplir entieremt et quejusqu’q cequil y ait un&#13;
367 Sem.re qui Se charge des miss.res ala mobile, Je nepuis douter&#13;
368 quequand jene leur enverray pas tout ce quils medemanderont&#13;
369 tous les ans, Je me feray et a eux un tres grand tort, parcequil&#13;
370 prendront au magazin cequil leur faudra aquelq prix que ce&#13;
371 Soit, qui estant fort cher, fera par consequent plus dedepense et que&#13;
372 cela est arrivé aM.r Des.t cosme et alui. Jl pretend que depuis&#13;
373 deux ans, Jele leur ay presq’ rien envoié, sinondes soutannes&#13;
374 chemises bas chapeaux unpeude vermillon voila dit il tout. Je&#13;
375 Je vous avoüe Monseigneur que cela me met hors de moy quand&#13;
376 Je considere tout ce que Jeleur ay envoié et quils ont receu dont&#13;
377 J’ay le memoire, car outre ce que vous a couté en canada&#13;
378 leur envoy que vous fistes avec M.r De montigni que vous&#13;
379 me mendastes avoir esté aprez de 15000.# outre ceque vous&#13;
380 ont couté les deux autres envois deM.r Bergier et deM.r&#13;
381 foucaut, Jay paié en 1700. enlettres de changes p.r ces envois&#13;
382 4106.# 12.s tirez par vous. J’ay depensé en 1701. tant&#13;
383 p.r les memoires de ces M.rs envoiez ala Rochelle que&#13;
384 ceux accomplis a Paris 3717.# 3. 5. En 1702. J’ay&#13;
385 depense de mesme p.r cette mission en lettres de changes&#13;
386 billets et memoires 3155. 18. 10. Et LEnvoy deM.r&#13;
387 Dela vente les factures et memoires et le retour de M.r&#13;
388 Boute ville me couste plus de 6800.# ces mess.rs&#13;
389 Simaginent que quand Jls ne tireront des lettres dechanges&#13;
&#13;
�Dettes contractéez&#13;
par M S.t cosme&#13;
&#13;
par M Davion&#13;
&#13;
par M Dela&#13;
vente p.r la&#13;
maison&#13;
par M Bouteville&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
Lettres deM.rs&#13;
dela vente et&#13;
huvé.&#13;
&#13;
390 et desbillets, Je leur dois encore envoier audela tous leurs&#13;
391 memoires.&#13;
392 M.r Davion continüe quil afallu acheter bien cher duplomb&#13;
393 delapoudre et dela vassade p.r Mr S.t cosme qui vint ala mobile&#13;
394 et fut avec plus.rs Sauvages aux depens deM.r Davion et que&#13;
395 M.r S.t cosme y prit p.r cent trente et quelques livres au magasin&#13;
396 deM DJberville, quil me prie depaier. Jl me prie encore de&#13;
397 paier a Rocheron cent Soixante et quelq’ livres qui lui sont dit il&#13;
398 dûs p.r Son Service de trois ans, dont Jln’a dit il esté paié que&#13;
399 dune partie Pour moy, Monseigneur Je Suis resolu de ne&#13;
400 rien paier de tout cela&#13;
401 M.r Davion ajoute queM.r S.t cosme a esté encore obligé de&#13;
402 prendre des marchandises de feu buisson, quil aditil eu le&#13;
403 malheur deperdre enallant par terre aux Natchez oupeu&#13;
404 Sen falut quils ne crevassent defain, voila dit il ou Se trouve&#13;
405 reduit un pauvre miss.re aqui on ne doit pas apres cela refuser&#13;
406 cequi lui est necess.re Je crois que cest M.r S.t cosme qui a&#13;
407 pris ces marchandises de feu Buisson, et que c’est le mesme&#13;
408 M S.t cosme qui les aperdu et qui apensé mourir de faim&#13;
409 car M Davion escrit Si mal etSi obscuremt qu’on nentend&#13;
410 rien aSes lettres outre que lepeu qu’on y entend est fort&#13;
411 desagreable&#13;
412 M.r Davion ajoute que depuis quil est ala mobile Jl&#13;
413 a eté obligé de faire pour cinq.te escus dedettes, et Jl pretend&#13;
414 en cela avoir peu depensé, quoi quil ait recu ses memoires. Sans&#13;
415 parler dit il dela maison quil afait bastir et qil laissea&#13;
416 M.r De la vente apaier qui m’escrit quil a emprunté p.r cela&#13;
417 du P. Donjé 700.# M Davion continue que M Bouteville&#13;
418 a laissé 460.# de dettes au magasin deM DJberville&#13;
419 M Davion ajoute encore que Lallemand lepresse de&#13;
420 le paier. (sans me dire qui est cet allemand et cequi lui est&#13;
421 deu, et pour quoy) mais quil Sest rejetté Sur ceque M.r&#13;
422 Bouteville ayant esté icy dit il en qualité d’aumosnier&#13;
423 Jl falloit tascher dobtenir les apointemens avec les que[ls]&#13;
424 onpaieroit les dettes; mais aqui demander ces apointem[ents]&#13;
425 Mr DJberbille dit tout net que la cour ne lui a rien don[né]&#13;
426 p.r cela; voila ce que mescrit M Davion.&#13;
427 Jl medemande ensuite bien des choses qui iront bien a&#13;
428 500.# ou 600.# p.r le moins, et M.r S.t cosme autant&#13;
429 Quant aM.r De la vente et huvé nous en avons recu&#13;
430 trois lettres une longue p.r M L. de Brisacire et deux plus&#13;
431 courtes p.r moy.&#13;
432 Jls nous mandent que leur voiage aesté plus heureux&#13;
433 quils nepensoient, et que la conduite De ses filles a esté plus&#13;
&#13;
�15.&#13;
Lettre N.&#13;
No. 122&#13;
&#13;
434 facile quil navoient apprehendé. Jls Se louent fort des&#13;
435 officiers du vaisseau, qui ont esté fort sages et modestes,&#13;
436 et fort charitables. que le 10. Juin 1704. Jls prirent terre&#13;
437 au cap francois ast Domingue et le 7. Juillet alahavane&#13;
438 en LJsle cuba, ou Levesque Espagnol, lereceut parfaitemtbien,&#13;
439 logea Ses filles dans un conservador, et les y fit rafraichir. quils&#13;
440 en partirent le 14. Juillet et nelaisserent par en 8. jours dy&#13;
441 prendre lemauvais air des Jsles, qui a fait mourir plus.rs deleur&#13;
442 esquipage, que le 20. Juillet Jls arriverent a lentrée de la&#13;
443 mobile, et au fort Louis le 1.er Jour d’aoust. quils ont trouve&#13;
444 M Davion logé dans une maison neuve mais Sans porte&#13;
445 ni fenestres quil a fait bastir SurSon credit, et ou iln’y a&#13;
446 avoit encore aucune commodité. Quils y ont trouvé LeR. P.&#13;
447 Donjé Jesuite qui les a receus avec cordialité, et dont Jls Le&#13;
448 loüent fort. quils ont fait en arrivant quinze ou vingt&#13;
449 mariages deces filles dont trois ouquatre moururent peuapres&#13;
450 estre arrivez que le 20. aoust Jls tomberent malades cinq&#13;
451 deSix quils estoient nayans que du lard p.r f.re des bouillon,&#13;
452 quils nont point trouvé dEglisep.r laparoisse, que M.r de&#13;
453 Pont chartrain a ordonné qu’on en bastist une et qu’on y fasse&#13;
454 contribuer les habitans, mais qu’on ne S’en Servira pas Sitost&#13;
455 et quils Se Servent dela chapelledu fort trop petite p.r tout le monde.&#13;
456 quils ont trouvé M Davion fort cassé resolu cepend.’ de&#13;
457 retourner aSa mission; quepar toutes les perquisitions quil&#13;
458 afait du bien a faire parmi les Sauvages, Jl a trouvé quil&#13;
459 y ena peu de fait mais beaucoup a esperer, et quil croit&#13;
460 quil y a plus de fonds a faire Sur ces missions queSur celles de&#13;
461 la chine et des Jndes, quil y a Surtout beaucoup a esperer&#13;
462 de la Nation des chatta a Sept Jours au dessus deux Sur&#13;
463 la mobile qui est de 7. a 800. familles qui composent 8. a&#13;
464 dix mil ames ou la poligamie est plus rare, et quil seroit facile&#13;
465 de rassembler en deux ou trois villages Si la cour y mettoit&#13;
466 quelq’ familles francoises, et engageoit ces Sauvages ale faire&#13;
467 M Dela vente croit quecepays la peut devenir tres bon, et&#13;
468 que Si onpouvoit y envoier bien du monde et des ho’es Surtout&#13;
469 qui travaillassent ala terre, on en tiretoit duprofit. Jl&#13;
470 pretend queces basses terres qui Sont tous les ans inondéez&#13;
471 par les eaux Seroient excellentes a y cultiver des ris qui&#13;
472 y viendroient enabondance Jl Se loüe fort deMon/&#13;
473 huvé Son confrere, qui auroit accompagné M.r Davion&#13;
474 aux Tonica, Si Le P Donjé ne S’en fust pas allé. Jl&#13;
475 nous apprend quils Sont Sur chargez de travail, quoiq’&#13;
476 Jnfirmes, et Surtout par plus de 200. apalaches&#13;
477 chrestiens espagnols que les anglois avec 15 ou 1600.&#13;
&#13;
�16.&#13;
&#13;
autre lettrede&#13;
M deLa vente&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
478 Sauvages ont fait fuir de leurs pays. que ces pauvres&#13;
479 Sauvages leur demandent les sacremens, et leur&#13;
480 donnent tous les Signes de bons chrestiens, mais&#13;
481 quils Sont fort ambarassez nayans aucun Jnterprete,&#13;
482 et nepouvant les entendre&#13;
483 Comme Le vaisseau Le Pelican est parti a la fin de&#13;
484 Septembre, de cepays la, Jl est revenu a la havane,&#13;
485 ou Jl S’est fait carenner. Et ayant appris que deux&#13;
486 fregates angloises devoient aller attaquer lefort&#13;
487 Loüis ala mobile et Pansacola, M Du Coudray&#13;
488 envoia un brigantin a M.r de Brencalle lui en&#13;
489 donner avis cequi nous aprocuré encore une&#13;
490 lettre deM De la vente du 2. Jan.er 1705.&#13;
491 Jl mapprend quils ont presq’ toujours esté malades&#13;
492 de fievres et de flux de Sang et dautres maladies dont&#13;
493 Jl croit quil aura peine arevenir. Jl nous apprend&#13;
494 aussi la mort du P. Donje Jesuite arrivée a la&#13;
495 hanane ce qui est uneperte p.r ces missions. que&#13;
496 Mr Davion napas eu Ses coliques, mais quil a&#13;
497 eu dautres infirmitez qui l’ont retenu jusqu’à lors;&#13;
498 que charle Son domestique estoit venu Jl y avoit un&#13;
499 mois le chercher avec lesprincipaux des Tonicas.&#13;
500 et que tout ce monde consomme bien leurs vivres.&#13;
501 Quil avoit envoié leplus Jeune des deux petits&#13;
502 garçons que Je lui ay donné aMons.r S.t cosme&#13;
503 qui l’a renvoié dez le lendemain quil fut arrivé&#13;
504 disant quil estoit trop petit Sans escrire Seulemt&#13;
505 un mot anos Mess.rs Mr Davion les emmeine&#13;
506 tous les deux, et espere en garder un et envoier&#13;
507 l’autre a M.r Bergier. (M S.t cosme agit bienhaut,&#13;
508 et n’a nulle honnesteté.) JL me mande que les&#13;
509 Sauvages de M Davion doivent descendre le misissipi&#13;
510 a 80. lieües plus prez de la mer dans un lieu ouJl&#13;
511 y a de belles terres, et se rassembler tous ensemble&#13;
512 Jls promettent beaucoup aux officiers et aux&#13;
513 miss.res JL ajoute quil faudroit Scavoir Si les&#13;
514 Jesuites abandonnent les houmas, que cette mission&#13;
515 est belle, bien ramassée et quil faudroit nelapas&#13;
516 laisser Sans miss.res les Sauvages estant bien disposez&#13;
517 Jl me propose de demander le terrain ou Sont&#13;
518 Scituez les Natchez p.r enf.re une Seigneurie, ou&#13;
519 lelieu ou Seront les tonicas, attendu quil y a&#13;
520 deja des familles francoises qui S’y establissent.&#13;
&#13;
�18.&#13;
&#13;
521 mais cela meparoist bien vaste Et dailleurs cela&#13;
522 est bien esloigné de la mobile Jl Seplaint de nos&#13;
523 coureurs debois quil trouve fort debauchez, que&#13;
524 les filles quil a amené Sont aussi decheües deleur&#13;
525 pieté, et que p.r lui Jl continue a estre Si Jnfirme&#13;
526 quil craint que Sa machine naillepas loing. Jl&#13;
527 voudroit que Je lui envoiasse un bon enfantp.r&#13;
528 estre leur oeconome, et prendre Soin de tout leur&#13;
529 temporel Jl exhorte fort M Gervaise a le&#13;
530 venir joindre Jl menvoye le plan dela ville du&#13;
531 fort Louis p.r me representer que laplace que M.&#13;
532 Bouteville est propre p.r une comm.té excepté quil&#13;
533 n’y a pas debonne eau, mais nest pas proprep.r&#13;
534 uneparoisse qui Seroit deserte estant trop esloignée&#13;
535 ducommerce Jl dit quils ressentent lavigueur&#13;
536 de l’hyver co’e on le fait en france, etJl finit par&#13;
537 demander bien des provisions de vivres des toiles des&#13;
538 couvertures et des estofes. priant de tascher a&#13;
539 leur obtenir les apointemens de la cour. voila&#13;
540 cequil y a de principal dans toutes ces lettres.&#13;
541 Je vis hier dernier mars M Dhiber ville&#13;
542 qui est toujours maladeet napas encore receu&#13;
543 Ses lettres. Jl ne croit pas qu’on puisse envoier&#13;
544 de vaisseau la deplus de trois mois, parce que&#13;
545 Le Roi n’en a point. Nous devons le voir et ro&#13;
546 raisonner Sur tout cela avec lui. vous voiez&#13;
547 Monseigneur quil y a quelq’ esperance de faire&#13;
548 du bien ences pays, mais que les depenses y Seront&#13;
549 extresmes et nous accableront, car ne pouvant estre&#13;
550 paiez au tresor roial p.r ces missions et les depenses&#13;
551 estant mesmeplus fortes que ceq’ Le Roi donne, cela&#13;
552 achevera deruiner le Sem.re&#13;
553 J’ay apres midi 1.er avril rendu visite aM.rs&#13;
554 Riverin et macart anciens deputez de la colonie.&#13;
555 Jls m’ont appris des choses bien affligeantes, et qui&#13;
556 vont a laruine de la colonie entiere et de chaque&#13;
557 comm.té en particulier. Jls pretendent que le ministre&#13;
558 Souhaite qu’on trouve a lever dans lepays mesme&#13;
559 dequoy paier L’etat dupays, qui monte aprez de&#13;
560 quatre vingt mil livres, ou aretrancher ce qui y&#13;
561 est porté, et co’e ceSont les comm.tez qui y ont les&#13;
562 plus fortes parties, Je trouve quelles en touchent&#13;
563 plus de la moitié et mesme prez de 50000# vous&#13;
564 Jugez quel effet cela fera on parle de lever Sur&#13;
&#13;
�19.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
565 tout lepays une capitation J’ay fort rep’nté&#13;
566 les inconveniens et le faible secours qu’on enretirera,&#13;
567 car p.r lever quinze mil livres JL faudra escorcher&#13;
568 cinq mil familles bomes et mauvaises lune portant&#13;
569 lautre, et Jl n’y en a pas cinq mil dans tout lepays.&#13;
570 car Sil y en a qui paieront bien 50# Jly en encore&#13;
571 plus qui ne pouront rien paier. Je vois les choses&#13;
572 reduites a de facheuses extremitez, etJe prevois&#13;
573 qu’on poura bien en venir a un entier retranchemt&#13;
574 J’ay esté fort estonné Monseigneur, que connoissant&#13;
575 lextremité ou Je Suis reduit p.r le Sem.re vous Sembliez&#13;
576 me vouloir porter a vous envoier des estofes pour&#13;
577 les pauvres, car quoiq’ ceSoit un tres bon œuvre et&#13;
578 que Letat ou Sera trouver le canada ne manquera&#13;
579 pas d’y augmenter la misere, vous voiez bien cepend.’ que&#13;
580 Je neSuis pas en estat d’y Subvenir. car la 1.ere charité&#13;
581 cest de payer Ses dettes, Et J’en Suis accablé En&#13;
582 Second lieu, Je ne touche pas mesme votre pension&#13;
583 Surle tresor roial, et tres peu decelle Sur LEvesché&#13;
584 d’aire dont la Subvention etle don gratuit consomme&#13;
585 laplus grande partie. J’ay actuellemt 3. ord.ces p.r&#13;
586 votre pension, cellede 1703. celle de 1704. et celle de&#13;
587 1705. Et Je ne vois aucune apparence d’en estrepayé&#13;
588 qu’a la paix Ne laissez pas cepend.’ a tout hazard de&#13;
589 menvoier une nouvelle procuration cette année,&#13;
590 car celle que vous mavez envoyé la derniere&#13;
591 est trop Surannée.&#13;
592 Je vous envoye des Lunettes Sixpaires propres p.r&#13;
593 vous. Elle Sont dans le ballot N.o 5.o ou Jly a deux&#13;
594 paquets de corde Dhorloge p.r M Doric.&#13;
595 Toutes votre famille, Monseigneur Seporte assez&#13;
596 bien a la reserve de Mad.elle De Laval qui est&#13;
597 toujours languissante vous Scavez que Mad.elle&#13;
598 Sa Sœur est morte les anneez passéez. M de montigni&#13;
599 votre frere a pensé mourir et en est revenu ce qui&#13;
600 est deplus consolant, cest quil estoit fort bien&#13;
601 disposé et quil est actuellem.t dans detres bons&#13;
602 Sentimens. Jl pense Sinceremt a Son Salut. Mons.r&#13;
603 et Mad.’ De Laval Seplaignent toujours. Jls ont&#13;
604 beaucoup depeine anous paier ces delegations&#13;
605 qui doivent durer neuf ans p.r nous paier les&#13;
606 anviens arrerages.&#13;
607 Quant aM L. De laval Jl a resigné Son canonicat&#13;
&#13;
�608 de Tournay contre un de cambray, Et cet&#13;
609 archevesq’ qui co’e vous Scavez vous est allié&#13;
610 la appellé auprez de lui p.r en f.re Son Grand vicaire&#13;
611 Jl loge et est nourri a Larchevesché et est tout&#13;
612 plein de respect p.r ce Prelat qui lestime et le&#13;
613 cherit.&#13;
614 La Niece de M Lamy est en possession de Son bien et&#13;
615 cette aff.re est consommée.&#13;
616 Le s.r Soulard ne m’est pas venu voir. ainsy Je n’ay&#13;
617 pu lui rendre Service, ne Scachant Sil est venu a&#13;
618 Paris.&#13;
619 J’ay fait donner au s.r Gaillard par M Labbé&#13;
620 de Brisacier une lettre de recomnadation p.r&#13;
621 de M L. de Brisacier M dela Touche Mr DJber ville et les S.rs&#13;
622 de Repentigni et autres qui l’ont veüe en ont esté&#13;
623 fort choquez pretendant que le S.r Gaillard ne&#13;
624 meritepas une tellerecommandation, que ce n’est&#13;
625 qu’un maitre canonnier quon a eslevé a quelq’&#13;
626 chose en canada, et qui ne merite pas davoir&#13;
627 une compagnie auprejudice deplus.rs familles&#13;
628 anciennes de canada qui En demandent.&#13;
629 Nous recommandons Les S.rs de la Bouteillerie, Je&#13;
630 ne Scay Sils obtiendront quelq’ chose mais&#13;
631 co’e nous avons obtenus l’an passé un Enseigne&#13;
632 p.r M.r Jonquaire, nous faisons defortes Jnstances&#13;
633 p.r lui obtenir une lieutenance&#13;
634 voila Monseigneur tout ceq’ Je vous escriray par&#13;
635 cette voye. Je me recommande tres particulieremt&#13;
636 a vos SS. Sacrifices et prieres et Suis tres parfaitemt&#13;
637 Monseigneur.&#13;
votre tres humble et tres&#13;
638 ce 4.e avril 1705.&#13;
obeiss.’ Serviteur&#13;
639&#13;
Tremblay.&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250452">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11950">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/14edd650c3213b66475def1beb45a0f6.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=OZqi1-3GyAS083ts6B5R4mjAelNYP81xFO0xUNY0RHU6QdaPsOkqMZxNCfeBUsQ9ZatzML7HEDWMfdcWQe0p1REuKfg9scth3N4orjzT1QFFZaBH0hCRAoEsS%7EyBXVI-6Nv00xxktKv71WRo9uh2NPCrH9igGVebhhCWrn9j8JzK6sKQZaC%7EQEsdEytrIpopU8Nqi6Mt4ckzimay9tOZSdnZ%7EHl-bmTpLvc9GT5%7EdSHKMQetOiZ3AGFQmJ3HfPYdvd7QxYMrdIFiBO4Ysf0HHHap6%7Et-VCOLqz7pKULnKYsTCrGgcPTifrYgqNwO9ZCkQmrFqjZwYB2T-yNVCyuPeA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>5e00c79ca72c56f2eaca71cea545e000</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250450">
                    <text>��������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250453">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 122&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250044">
                <text>PUCABD64</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250045">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250046">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250047">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 4 avril 1705)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250048">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe l’ancien évêque de Québec de la situation militaire difficile de la France et qui impacte les coûts des marchandises. Il se désole de la capture de plusieurs vaisseaux par les Anglais, dont la Seine, remplie de matériel pour eux. Le ministre a nommé Raudot comme intendant du Canada, en remplacement de Beauharnois, qui a reçu l’intendance générale de la Marine. Il lui donne des nouvelles de la famille des Laval. Il expose les inconvénients d’envoyer de nouveaux prêtres dans la Louisiane, où l’on a peu de résultats et les dépenses sont grandes. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250049">
                <text>1705-04-04</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250050">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250051">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11950" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 122&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250052">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250454">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11948" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11949" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="327">
        <name>Britanniques</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18688" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11943">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/53328aa96438759d08249c1313c89981.png?Expires=1779321600&amp;Signature=PgVdYztFWOpQMScSJwPrqU71DWAUGnhrS0gemNxod0xOL80eEvBLyqALW1bXgRQv79LYk8M083hh0KLtKz98qIRgYDs7o2DMW4QU4mpntYKiC0YXqRFvYaGK8%7Elt2mNkt97cqUP6qTDydJF7dKNouRsJqVnQoU1t7PaUlI-1nGG5u1ogdM0O82Gbio0o-UDQ%7EQsIxwG6Vp2k1K%7ET4DPgUAQRb30JyAOpIAeTve0rga7nj6CSlBXWwll3B9YxfmKvNN8ndwXlD4%7E6om65x1MDwOje27KvAdivl-VInOQH4TcnHQU58rlcPGmC3JoPE%7Elh4INfTKqGbAWfLyIV24qqhw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11944">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/e7a803607659fe982e9c575316ea1bb9.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=ZGhpWSm%7Em78YNYXu-HMWKnuWpgPJb%7EhGKQQ39xGaNwRmrJshFH%7EyYXVn-NLqK9bbqoJsn770H2iexNGF1qT76mv-v2DiMCCGS%7EJOOu8OQjgycl%7E89%7EJ8i7ZCcDcrpw3F8lgpc99n1T480bi067c69YdaU6BxP7pmRWYL110CUmW9MkcQCgTHd4KwL6FBCVAV4scHGGA5Ctbw3ve26wGqCDnBeHgz1xZW%7ESjHxh9axDFzw10Xd1rXHNxERJDXhwExqACqxJ2%7EmHDIpSQVmVTeEV8zbX%7EFGc01r9zLpAL68M4b81dWCvtylcvAslPYz4oYNLsukU6XRiK9wH4yEfej7w__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>57585dbd3fa6753c78d438a446baff37</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250441">
                    <text>Extrait de la lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Paris, après le 26 avril 1702)&#13;
&#13;
[Les pages 1 à 12 sont introuvables.]&#13;
[…] s’est appliqué à connaître à fond tout ce qui s’est passé, tant de la part des&#13;
peuples sauvages que de la part de ceux qui leur ont porté l’Évangile, comme vous&#13;
le dites dans votre approbation [du livre de Jean Eudes] : car auriez-vous approuvé&#13;
cela, Monseigneur, si vous l’eussiez connu ? Et auriez-vous pu dire que vous avez&#13;
été témoin de la sagesse, de la droiture, du désintéressement et de la sainteté de la&#13;
conduite des Jésuites dans ces missions ? Je conviens avec vous, Monseigneur,&#13;
qu’ils ont eu en Canada un grand nombre de gens de bien qui sont allés se cacher&#13;
en ce pays. Je crois même qu’il y en a encore parmi eux ; mais ils sont si accoutumés&#13;
à approuver pour toujours ce qu’une fois leurs pères ont établi par trop de&#13;
condescendance qu’ils ne s’opposent point à ce qui a été une fois mal établi. Vous&#13;
n’avez jamais été dans les missions des Jésuites en haut. Les Jésuites ne vous ont&#13;
jamais permis d’y envoyer quelque personne de confiance pour savoir ce qu’ils y&#13;
font. Je ne sais si vous avez jamais bien éclairci tout ce qu’on a dit de leur commerce&#13;
avec les Sauvages, pour ne pas toucher une corde trop délicate. Vous voyez bien&#13;
actuellement, par tout ce qu’ils font dans l’affaire des Tamarois, quel est leur&#13;
désintéressement et leur droiture. Vous n’avez osé les toucher pendant votre&#13;
pontificat. À présent, « tange montes et fumigabunt1 ». Ce n’est pas que vous n’ayez&#13;
éprouvé, en plus d’une occasion, combien ces pères sont peu soumis aux évêques&#13;
et difficiles à conduire ; mais vous avez cru, pour le bien de la paix, devoir&#13;
dissimuler bien des choses, ne pas leur demander trop et les souffrir faire tout ce&#13;
qu’ils ont voulu, sans oser mettre personne de leur corps dans les missions&#13;
sauvages. C’est ce qui leur fait porter avec tant de peine, à présent, les&#13;
établissements que vous voulez faire dans les missions de Mississippi.&#13;
J’ai cru, Monseigneur, devoir vous mander tout ceci, afin que vous soyez instruit&#13;
de ce que l’on pense ici. C’est à Votre Grandeur de voir, avec sa sagesse ordinaire,&#13;
ce qu’elle doit faire dans une telle occasion.&#13;
1&#13;
&#13;
« touche les montagnes : qu’elles brûlent ! » (Psaumes 143:5)&#13;
&#13;
�Vous auriez souhaité, Monseigneur, que nous parlassions à M. de Pontchartrain&#13;
de l’énoncé sur l’état des charges indispensables pour le faire remettre comme il&#13;
était ci-devant et en faire attribuer le tiers au curé de Québec. Nos Messieurs ne&#13;
l’on pas jugé à propos : ils croient que ce serait nous replonger avec Mgr de Québec&#13;
dans toutes les divisions passées. Vous savez que de lui contester un denier pour&#13;
le temporel, c’est rompre entièrement avec lui. Ils croient qu’il vaudra mieux, dans&#13;
un bon moment, lui en parler en particulier, ce qui ne servira à rien. Vous avez cru,&#13;
ou nos Messieurs, qu’il me ferait toucher pour le Mississippi les 2 000 livres de&#13;
pension sur le clergé, ou la moitié pour le moins, mais je n’y pense pas et ne m’y&#13;
suis jamais attendu. Il fait au contraire paraître être si obéré et si embarrassé dans&#13;
ses affaires temporelles qu’on n’a garde de lui demander quelque secours. Je ne&#13;
crois pas qu’il s’embarrasse non plus beaucoup à en procurer. Il a trop d’autres&#13;
œuvres en tête, qu’il regarde plus comme ses ouvrages particuliers. Ne comptez&#13;
donc pas, Monseigneur, de ce côté-là pour le Mississippi. Ne comptez pas non plus&#13;
que le Séminaire de Paris prenne de son fonds pour les soutenir ; il ne le peut faire.&#13;
On prend encore moins dans le fonds des missions de la Chine. Ainsi, comptez&#13;
que toutes les dépenses qui arriveront pour ces missions tomberont sur le&#13;
Séminaire de Québec, comme vous le verrez qu’il en est tombé de fortes cette&#13;
année. Vous les avez entreprises, c’est à vous de les soutenir et tout ce que peuvent&#13;
faire nos MM. en France est d’obtenir quelque chose de la Cour pour cela. Ils ont&#13;
obtenu l’an passé 3 000 livres de gratification. M. l’abbé de Brisacier en a sollicité&#13;
et sollicite la continuation. Cela n’est pas si aisé que vous le pensez et il faudra bien&#13;
bénir Dieu si nous y réussissons.&#13;
[La fin de la lettre est aussi introuvable.]&#13;
&#13;
/Transcription2 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250444">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11945">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/5cdf3b190aaf94c0962442a97c64828a.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=YYq%7Ev3MtkRh3M6i%7EUDevCNYzuP2G3CCnrr%7ElLNRbsDlxbF9UGv2wgezPkBlmobsbJnbsEZjCcb-MWcoUO75EnaWp5msaYg5AcnIUyuMWDZ0bGHLZ6fIGs1hY5ey-lOJYKhazcSPcvlfYCe3zyuo2X5mxXRw-hOZm0AlSyYHXJF9dutk1eyR408l20vt65F3A-pO6H0L6yoZTt1C4YTxg%7E-uVp4EFUZQM39VZcJPsyhMNP8ZzVesEy-8J5fmSIgMlzlY%7EA1vqDCSjTmsZb2E2pdGqyY6bK-XuAH0ki-XFbEBqIUYu6cDRnTyN3jNbveXlDcpRY1b2FlKJOBa0CLUKLQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>901c81600da809827c8dc134e641a1dd</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250442">
                    <text>1702 – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 119a)&#13;
1&#13;
Lettre à Mgr de Laval – 1702&#13;
2 13&#13;
119a 2o Lettres N.&#13;
3 S’est appliqué a connoistre a fonds tout ce&#13;
4 qui S’est passé tant de lapart des peuples&#13;
5 Sauvages que delapart de ceux qui leur ont&#13;
6 porté l’Evangile co’e vous ledites dans v’re&#13;
7 approbation : car auriez vous approuvé cela,&#13;
8 Monseigneur Si vous l’eussiez connu, et&#13;
9 auriez vous pu dire que vous avez esté temoin&#13;
10 de la Sagesse, de la droiture, du desinteressement,&#13;
11 et de la Sainteté dela conduite des Jesuites dans&#13;
12 ces missions. Je conviens avec vous, Monseigneur,&#13;
13 quils ont eus en Canada ungrand nombre de&#13;
14 gens de bien qui Sont allez Se cacher en cepays,&#13;
15 Je crois mesme quil y en a encore parmy eux,&#13;
16 Mais Jls Sont Si accoutumez a approuver&#13;
17 p.r toujours ce qu’une fois leurs Peres ont&#13;
18 establis par trop de condescendance, quils ne&#13;
19 S’opposent point a ce qui a eté une fois mal établi&#13;
20 vous n’avez jamais esté dans les missions des Jesuites&#13;
21 en haut. Les Jesuites ne vous ont jamais permis&#13;
14.&#13;
&#13;
22 d’y envoier quelq’ personne de confiance p.r&#13;
23 Scavoir ce quils y font. Je ne Scay Si vous avez&#13;
24 jamais bien esclairci tout ce qu’on a dit de&#13;
25 leur commerce avec les Sauvages, p.r ne pas&#13;
26 toucher une corde trop delicate; vous voiez&#13;
27 bien actuellement par tout ce quils font dans&#13;
28 laff.re des Tamarois quel est leur desinteteressement&#13;
29 et leur droiture. vous n’avez osé les toucher&#13;
30 pend.t votre Pontificat. A present, Tange&#13;
31 montes et fumigabunt. Ce nest pas que&#13;
32 vous n’aiez esprouvé enplus d’une occasion&#13;
33 combien ces Peres Sont peu Soumis aux Evesques,&#13;
34 et difficiles a conduire; mais vous avez cru&#13;
35 p.r le bien dela paix devoir dissimuler bien des&#13;
36 choses, ne pas leur demander trop, et les Souffrir&#13;
37 faire tout ce quils ont voulu, Sans oser mettre&#13;
38 personne que de leur corps dans les missions&#13;
39 Sauvages. C’est ce qui leur fait porter avec tant&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
40 de peine a present les etablissemens quevous voulez&#13;
&#13;
�41 faire dans les missions de misissipi. J’ay cru&#13;
42 Monseigneur devoir vous mander tout cecy,&#13;
43 afin que vous Soiez instruit de ce que l’on pense&#13;
44 icy; C’est a v. G. de voir avec Sa Sagesse ord.re ce&#13;
45 qu’elle doit faire dans une telle occasion.&#13;
46 Vous auriez Souhaité Monseigneur que&#13;
47 nous parlassions a M de Pont chartain de&#13;
48 L’enoncé Sur Letat des charges indispensables&#13;
49 p.r le faire remettre co’e il’estoit cy devant et&#13;
50 en faire attribuer le tiers auCuré de Quebec.&#13;
51 Nos Mess.rs ne l’ont pas jugé apropos. Jls croient que&#13;
52 ce Seroit nous replonger avec M’gr de Quebec dans&#13;
53 toutes les divisions passéez. vous Scavez que delui&#13;
54 contester un denier p.r le temporel, c’est rompre&#13;
55 entieremt avec lui. Jls croient quil vaudra mieux&#13;
56 dans un bon moment lui en reparler en particulier&#13;
57 ce qui neservira a rien.&#13;
58 vous avez cru ou nos M.rs quil me feroit toucher&#13;
59 p.r le misissipi les 2000.# de pention Sur le clergé oula moitié&#13;
60 16.&#13;
1702&#13;
61 p.r le moins, mais Je n’y pense pas et ne m’y Suis&#13;
62 jamais attendu. Jl fait au contraire paroistre&#13;
63 estreSi oberé et si ambarassé dans Ses aff.res temporelles&#13;
64 qu’on n’a garde delui demander quelq’ Secours. Je ne&#13;
65 crois pas quil Sembarasse non plus beaucoup a en&#13;
66 procurer. Jl a trop dautres oeuvres en teste quil&#13;
67 regarde plus co’e Ses ouvrages part[icul]iers.&#13;
68 Ne comptez donc pas, Monseigneur, de ce costé la&#13;
69 p.r le misissipi, Ne comptez pas nonplus quele Sem.re&#13;
70 de Paris prenne de Sonfonds p.r les soutenir; Jl nele&#13;
71 peut faire. On prendra encore moins du fonds des&#13;
72 missions de la chine; ainsy comptez quetoutes les&#13;
73 depenses qui arriveront p.r ces missions tomberont&#13;
74 Sur leSem.re de Quebec, comme vous verrez quil en&#13;
75 est tombé de fortes cette année. vous les avez entrepris&#13;
76 c’est a vous ales Soutenir, et tout ce tout ceque peuvent faire&#13;
77 nos Mess.rs en france est d’obtenir quelq chose delaCour&#13;
78 p.r cela; Jls ont obtenul’an passé 3000.# de gratification&#13;
79 M. Labbe de Brisacier en a Sollicité et Sollicite la&#13;
80 continuation. cela n’est pas Si aisé quevous le pensez&#13;
81 et il faudra bien benir Dieu Si nous y reussissons.&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250445">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11946">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/dc03f0bcb05992eec4b9c7f1c14161d7.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=jqrL004YWNr3XHbQpnsJgGdXR4X4gNAakVD-d5J%7EUkJJ0YTdeKyCdhemSiJPVgAq3dalPqVmeElpx2rN16jP4a-iHm3dfghZzfRXdhYAGyGK1995gODX82phhoRTRnnMa2Z%7EvGYIPFHMyvHaRlOF5Di-Szv90VcVlTnXP8bpFgcITjyb839LG5lFdSgpo4fDgor6177L71a9sdprkOzF-Bsw9Vf60YfouAxroZK%7EvdZp7e0sd4uK6D4A3uk6lPyn1UzMliv7bduqizbecuPfMoTylEo4-CFHE0zQh2DgHWmcjErB3fi3tu3dVyXhPo4kJH17F8bGgBrSSlrXPaj62A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e0f49f8587c63a40d5ee55f0976cab91</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250443">
                    <text>162&#13;
&#13;
donné le Charpentier du R oy qui est à la Baye St. Paul de faire*&#13;
charger sur ces vaisseaux avec les mats qu’on porte de ce lieu là&#13;
en France, du bordage et des planches.&#13;
Je suis, etc.,&#13;
De&#13;
&#13;
M. Tr e mbl a y&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
Mgr . de&#13;
&#13;
B r is a c ie r .&#13;
&#13;
La v a l .&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Nous apprismes l’an passé par la voye d’Angleterre la mortalité'&#13;
qui s’estoit répandue dans le Canada à la fin de 1*700, dans laquelle&#13;
nous avons perdu M. de Bernières * et M. Doucet. f&#13;
&#13;
C’est assu-&#13;
&#13;
rément une grande perte et je l’ay ressentie vivement..&#13;
&#13;
Dès que&#13;
&#13;
j ’en fus seur je l’escrivis à la Supre. des Ursulines de Caen pour&#13;
procurer è M. de Bernières des prières de sa famille et nous ne&#13;
manquasmes pas d’en faire dans le Séminaire à Paris pour lui eoe&#13;
nous y sommes obligés.&#13;
Du 11 may 1*702.&#13;
&#13;
Dü&#13;
&#13;
M EM E A U M EM E.&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je vous escris celle cy par la Perle eoe je l’espère, pour vous&#13;
apprendre ce que nous avons fait depuis l’arrivée de M. Jonquaire&#13;
en France. Il arriva au Séminaire le 26 avril, et nous apporta la&#13;
plus triste nouvelle que nous pussions apprendre. Cependant&#13;
quand on me dit qu’un courrier venoit d’arriver de Canada et&#13;
apportait de fâcheuses nouvelles du Séminaire, J j ’appréhenday&#13;
que nous ne vous eussions perdu et je fus plus disposé à soutenir la&#13;
&#13;
* Henri de Bernières, Supérieur du Séminaire de Québec, Grand Vicaire, Official et Doyen du Chapitre de la Cathédrale, mourut le 4 Décembre 1790 à 68 ans.&#13;
Son corps enterré dans la chapelle du Séminaire, fut transporté à la cathédrale le&#13;
21 Juillet 1728.&#13;
t&#13;
&#13;
Alexandre Doucet, curé de Charlebourg.&#13;
&#13;
t “ Quoique les vaisseaux ne fussent pas loin, (le 15 nov. 1701) il fut impossiblede se servir d ’eux pour faire savoir en France cet accident; ces Messieurs envoyèrent par l’Angleterre un courrier.”&#13;
(Hist. de l’Hôtel Dieu, p. 397.)&#13;
&#13;
�163&#13;
triste nouvelle de l’incendie de notre Séminaire quand je scus queque V . G. se portait bien et avoit veu en saint la destruction d’un&#13;
ouvrage de quarante ans qui avoit rendu tant de gloire à Dieu et&#13;
estoit capable de lui en rendre. J ’ay été convaincu dans les diverses&#13;
réflexions que j ’ai faites sur un si grand accident que Dieu voulait de&#13;
vous avant votre mort ce grand sacrifice : vous ne lui en pouviez&#13;
faire un plus grand.&#13;
&#13;
Le feu consumait votre cœur en consumant&#13;
&#13;
ce bâtiment, mais c’ estoit un feu bien différent.&#13;
&#13;
Vous sacrifiiez&#13;
&#13;
un œuvre de Dieu aux ordres de Dieu et votre sacrifice en cela&#13;
alla plus loing que celui du Père des croians en ce que Dieu ne&#13;
lui demanda que la préparation du cœur ; vous l’aviez depuis longtemps.&#13;
&#13;
Il a demandé de vous la réalité du sacrifice.&#13;
&#13;
Ce que vous&#13;
&#13;
m ’avez mandé m ’a beaucoup fait d’impression : que l’œuvre que&#13;
Dieu vous a fait la grâce d’édifier n’est pas un œuvre de pierre et&#13;
de bois, mais d’esprit et de grâce qui se conserve encore tout entier et mesme plus parfait depuis que notre Séminaire est brus lé'.&#13;
Votre courage pendant le sacrifice et votre force après m ’ont fortifié m oy mesme, tout foible que je sois, et j ’ay admiré votre ardeur&#13;
à vouloir dès cet hiver travailler au rétablissement de cet œuvre.&#13;
Je vous avoue cependant ma foiblesse.&#13;
&#13;
Cette nouvelle fit beau-&#13;
&#13;
coup d’impression sur moy et me jeta dans un fonds de tristesse&#13;
dont j ’ay eu bien de la peine à sortir: car tout m ’y paroissoit&#13;
accablant.&#13;
&#13;
Cependant pourveu que Dieu vous ait conservé pour&#13;
&#13;
notre consolation, j ’espère tout : car eoe je suis industrieux à me&#13;
faire de la peine j ’en ay ressenti une plus vive de l’appréhension&#13;
que jay eu que cet hyver vous ne vous soiez laissé abattre par&#13;
l’affliction du renversement d’un si bon œuvre, que de la perte du.&#13;
Séminaire. Si Dieu vous conserve pour nous, j ’espère que nous&#13;
nous relèverons et malgré la misère des temps qui est très grande&#13;
et le peu de secours qu’il y a à espérer, nous tâcherons peu à peut&#13;
à nous remettre.&#13;
On peut dire qu’il faut quelquefois que de semblables malheurs&#13;
arrivent pour connoistre les sentiments des personnes. Je n ’a y&#13;
veu aucun de ceux qui connaissent le bien que ce bon œuvre produit, qui n’en ait été très vivement touché. M. le Chancelier, M .&#13;
de Pontchartrain nous ont dit que c’estoit la perte du public et&#13;
non pas la notre, que ce seroit la ruine de la colonie si cet œuvre&#13;
ne se rétablissoit, et que tout le monde y devoit contribuer. Il&#13;
seroit à souhaiter que ce rétablissement se pust faire par ces belles&#13;
paroles.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250446">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée en français classique et publiée dans E. Langevin, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, 1&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;&lt;em&gt;er &lt;/em&gt;&lt;/sup&gt;&lt;em&gt;évêque de Québec, 1874,&lt;/em&gt;&lt;span&gt; p. 162-163&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250035">
                <text>P2IKQ2QE</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250036">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250037">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250038">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, après le 26 avril 1702)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250039">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris présente à l’ancien évêque de Québec son point de vue sur la conduite des Jésuites envers les missionnaires du Séminaire de Québec au Mississippi. Il lui reproche d’avoir approuvé le livre de Jean Eudes, qui loue les Jésuites. Il l’informe des difficultés financières du Séminaire. On ne peut compter sur le soutien du Séminaire de Paris ou du fonds des missions de la Chine pour financer les missions en Amérique. Il faut réduire les dépenses. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250040">
                <text>1702</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250041">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250042">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268300"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 119a&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250043">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250447">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11944" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11945" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11946" class="show"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier &lt;/em&gt;&lt;em&gt;évêque de Québec, &lt;/em&gt;1874, p. 162-163&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="899">
        <name>Affaire de la juridiction des missions du Mississippi (1698-1703)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="917">
        <name>CONTENTIEUX (Territoire)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18687" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11939">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/2d0a5c774ae6c3b06238d2658b4516f0.png?Expires=1779321600&amp;Signature=FJ0JDzYiwcFu3o3QdGuwk20cAVMUbZtEO6kUKt-s-RUac3kOdJM0y3c6PkTIJKJvhGrPrdbaB2mhlH7fXp9pULF%7EKYQg2VxK8LHcNO69e2R9dWxrBIkpqlw9m1KKYNk7pWxKZU7mV6z41gqxf8aYld9nivgwhegb9o91xMrwMcGjdUraku9x5RNRr3Fx0bA0yKdXT1L1O1vFN8cFl9YANz8OPopbrW2fAzOJAmKh85e4VJy-soyi3qqxkf5sZNLlT3XOHZeDZM09d8-qh0QvPqwznn9XnQ-sYH96KFrSVlsAFYw0BAbQDzQZpMK4D0cNj7PzfvHS8bD8jKUhrZJ4Bg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11940">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/c79ad61854e2507abf4f3fc02cef5f41.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=XrmSdwb3bLAANYqf020Uh0OBPSsukqQz3UvZ8ev0-nQeWmpYtfppnWk8%7EEFN5zAa1KNBdrCb12h4SAvr9LuyNiDyHiKfSO-iOKKRVIeeN1xMxxy898-XBxZ1IRxtsbjlCz7y6EHPjrk501GA3Id9XGNenDtpGalhzFC2CyvdJ78vnJnPCH6xppghJASu8aeDFLx0fWQ2vZOYT6R5gHjXCB7vfrs5t013xNaUm4um9waz8ckLpl8PBNmbkWK4%7E9HuxwhWJ6zr30dzszCcLOyR-AaCcmN01zrk023gNm1WZO96nKDexOMdTaXbWisq9vspIm3WrZYSsXmETHDFCqVK2w__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>7afc2ba1e56777ced9cd7ec9c74ad75e</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250434">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 27 juin 1701)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Voici la dernière lettre que j’écris cette année en Canada. Depuis ce que j’ai écrit à&#13;
vous et à M. des Maizerets de l’affaire de Mississippi, M. l’archevêque d’Auch est&#13;
venu chez nous et a apporté une copie de ce qui fut arrêté chez lui, signé de luimême, après avoir su par M. de Pontchartrain que le roi l’avait agréé. Je vous en&#13;
envoie une copie collationnée et j’en envoie autant à Mississippi, afin que cela fasse&#13;
foi et j’en garde l’original pour y avoir recours s’il est besoin.&#13;
Mgr de Québec ne croirait pas si bien sortir de cette affaire. Il vint, quelques jours&#13;
avant cette visite de M. l’archevêque d’Auch, un traitement de M. de Pontchartrain,&#13;
qui lui fit juger combien ce ministre avait été peu content de ce qui avait été réglé&#13;
et combien il avait eu envie de favoriser les Jésuites en cette affaire, par la manière&#13;
dont il avait dressé la lettre aux commissaires. Il faut bénir Dieu de ce que la chose&#13;
a bien tourné.&#13;
Mgr de Québec est parti pour aller dans ses abbayes avant son départ. Il vint dîner&#13;
au Séminaire il y a huit jours. M. l’abbé de Brisacier lui lut un mémoire que je lui&#13;
avais dressé de plusieurs grâces que nos MM. de Québec m’ont dit de lui&#13;
demander.&#13;
La 1re était que les cures de Beaupré fussent unies au Séminaire. Il dit qu’il&#13;
l’accorderait volontiers, aux conditions qu’il avait unies celles de Montréal au&#13;
Séminaire, savoir que ce fussent des titres et non des cures amovibles et que les&#13;
sujets qui les rempliraient ne fussent pas de jeunes gens qu’on peut employer en&#13;
des missions plus rudes, mais des vieillards qui eussent besoin de se reposer et qui&#13;
eussent plus de douceur à desservir ces lieux-là.&#13;
La 2e était pour agréger MM. Hamel, Varennes et de Requeleyne au Séminaire.&#13;
Mgr de Québec l’accorda et dit même qu’il accorderait volontiers d’agréger tous les&#13;
jeunes gens élevés dans le Petit Séminaire, pourvu qu’on voulût lui promettre de&#13;
&#13;
�les faire servir auparavant trois ou quatre ans dans quelque mission française, afin&#13;
de les jeter un peu à l’eau, de les exercer et de leur donner de l’expérience. M. l’abbé&#13;
de Brisacier ne trouva point d’inconvénient à cela et dit qu’il vous le proposerait&#13;
volontiers.&#13;
La 3e était pour le prier de pourvoir à la dépense qu’il faudrait faire pour donner&#13;
la soutane à douze enfants du Petit Séminaire. Il dit qu’il n’y en avait que dix et&#13;
que deux étaient entretenus par M. Hazeur et par M. Le Picard ; que de ces dix, il&#13;
y en avait quelques-uns dont les parents payaient partie de la pension, qu’il fallait&#13;
leur faire continuer, quoiqu’on leur donnait la soutane ; que le surplus de la&#13;
dépense, il aurait voulu la prendre sur les 8 000 livres et en destiner 2 000 livres&#13;
pour cela, mais que M. l’intendant ne l’avait pas voulu, qu’il avait pensé à&#13;
demander au ministre pour cette dépense une somme, mais qu’il ne l’avait pas pu&#13;
pour cette année. Mais il n’y eut pas moyen d’en rien tirer de précis et de positif.&#13;
La 4e était de le prier de laisser appliquer pour toujours au Séminaire de la somme&#13;
des 4 000 livres de M. le vicaire de Québec pour avoir plus sur cette somme pour&#13;
payer des pensions ; en un mot, on ne put rien tirer de lui qui fut raisonnable làdessus.&#13;
La 5e était pour le faire souvenir de la grande dépense faite pour Mississippi et de&#13;
la parole qu’il avait donnée d’y destiner les 2 000 livres de pension sur le clergé,&#13;
mais comme les autres articles avaient tenu beaucoup de temps et qu’il lui fallut&#13;
partir, nous n’eûmes même pas le temps de raisonner sur celle-là et il emporta ce&#13;
mémoire et dit qu’il y réfléchirait. Il est ainsi parti sans rien régler. J’espère qu’il&#13;
sera trois mois en ce voyage, autant de repos pour moi.&#13;
Vous aurez la bonté, Monseigneur, de donner à M. des Maizerets cette lettre de ces&#13;
MM. les intéressés au Mont-Louis. Ils sont de très honnêtes gens, qui méritent&#13;
qu’on leur fasse plaisir.&#13;
J’ai reçu votre pension sur l’évêché d’Aire hier. Il a fallu déduire le fonds gratuit et&#13;
il faudra sur cette année rabattre le don gratuit et la capitation, ce qui emportera&#13;
plus du quart, comme nous avons une diminution de 10 sols par louis d’or et&#13;
&#13;
�2 sous par écu. Je perdrai beaucoup à cet argent que je n’ai pu recevoir plus tôt et&#13;
qu’il ne convient pas de rendre à ceux à qui j’en ai emprunté à la veille d’une&#13;
diminution si forte.&#13;
J’ai payé, dès le commencement du moins, une de vos lettres de change dont était&#13;
chargé M. Fredin de 1 300 livres. J’en ai payé une autre de 1 200 livres le 20 de ce&#13;
mois, que vous avez donné à M. Hazeur ; on m’en présenta une samedi que je&#13;
n’avais pas acceptée et qui est seulement de 67 livres à l’ordre de M. Fornel. Je ne&#13;
crus pas la devoir refuser, parce qu’elle était peu considérable ; cependant, tout&#13;
cela fait somme et n’est plus supportable, si Votre Grandeur ne convient avec nos&#13;
Messieurs d’y apporter du remède.&#13;
J’ai reçu samedi une lettre de Mme de Laval1, qui est sur le point d’accoucher. J’en&#13;
reçus une autre de M. de Montigny2, qui m’écrit au sujet d’une dette de 500 livres,&#13;
dont il dit qu’il vous a écrit et que vous lui avez mandé s’adresser à moi, que vous&#13;
m’avez instruit de vos intentions. Je lui écrirai au premier jour que vous intentions&#13;
sont, si cette dette n’est pas de celles qu’il doit acquitter par lui-même, de prendre&#13;
ces 500 livres sur les 7 000 livres dont vous nous donnez la liberté de faire&#13;
application à la famille. J’apprends que M. et Mme de Laval ont traité avec l’abbé3,&#13;
avec le chevalier4 et même avec le marin5, en sorte que tout le bien leur reviendra&#13;
un jour à venir. Je vous ai mandé que la seconde fille de M. de Montigny est morte.&#13;
Il ne reste plus que Mlle de Laval, qui demeure avec M. et Mme de Laval et est une&#13;
fille sage qui, à ce que je crois, ne se mariera pas.&#13;
Nos affaires à Rome vont lentement. Les grandes affaires de la cour romaine, dans&#13;
ces temps où les Allemands tentent d’entrer en Italie pour prendre le Milanais et&#13;
sont déjà dans les États de Venise, qui sont demeurés neutres, empêchent qu’on ne&#13;
tienne exactement les assemblées sur votre affaire de Lachine.&#13;
&#13;
Charlotte-Marie-Thérèse de Bésançon, épouse de Gabriel de Laval, neveu aîné de Mgr de Laval&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval&#13;
3&#13;
Charles-François-Guy de Laval, fils cadet de Jean-Louis&#13;
4&#13;
François de Laval dit l’aîné, 3e fils de Jean-Louis&#13;
5&#13;
François de Laval dit Fanchon, 4e fils de Jean-Louis&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�Je finis cette lettre en demandant à Votre Grandeur la bénédiction avec un profond&#13;
respect et vous conjurant de vous conserver pour notre commune consolation. Je&#13;
suis avec un très profond respect, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
27 juin 1701&#13;
/Transcription6 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250437">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11941">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/f9c88c2edfedd192ce1ced8671cd098b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=e7unZk-GYM2p1gNGbkKDF5oZ8wuWKT3wZ3ljoqVqjSyclfagjzAyefigOep7Yh4MiiJE1EwMEl6Nu1T5oOnc%7E3GywsXfCjEG6D3cOhOJD39EHy3BkiJC0kkZSgsPwbugq1AU-4jy5rBJiiov4ZKo%7ERVwQ5gGphSyTboL5ZxzCQhCiTarGhSNDVPOYC19nlpxMsOd1V7BMW8otC1B7uzk7wfUa4r7pN2g6Yo8w39i7k4EuncRHlG-PEG971LRbTnKYFOJAsNkK74USrO6%7EfbpA2bAdEle7NKI9NhvAJb7DyfRGyan3BiAEv9A6EOPs1uaABVmZkyvHInMZ0uw6W%7Ehkw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>274ba1d3cfcb473ad45b2c3a836a41ff</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250435">
                    <text>1701, 27 juin – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 116)&#13;
1 Monseigneur Lettre N. 27. Juin 1701.&#13;
2&#13;
No 116 :&#13;
3 Voicy ladernierelettre que Jescris cette&#13;
4 année en Canada.&#13;
5 Depuis cequeJ’ay escrit a vous et aM Des Maizer[ets]&#13;
6 delaff.re deMisissipi, M. Larch. Dauche est&#13;
7 venuchezNous, et aapporté une copie de&#13;
8 cequi fut arresté chez lui Signé delui mesme,&#13;
9 apres avoir sceupar M. de Pontchartrain&#13;
10 queleRoi l’avoir agrée. Jevous en envoye&#13;
11 une copie collationnée et J’en envoye&#13;
12 autant a Misissipi, afin que cela faSSe&#13;
13 foy, et J’en gardeLoriginal p.r y avoir&#13;
14 recours Sil est besoin.&#13;
15 Mgr de Quebec necroioit pas sibien sortir&#13;
16 de cette aff.re Jl vient quelq’ jours avant&#13;
17 cette visitedeM Larch Dauche untraitem.’&#13;
18 de M de Pont chartrain qui lui fit juger&#13;
19 combien ce Ministre avoit esté peu&#13;
20 content de cequi avoit este reglé,&#13;
21 et combien il avoit eu envie defavoriser&#13;
22 les Jesuites en cette aff.re par la manirredont&#13;
23 il avoit dressé la lettreaux Commissaires.&#13;
24 Jlfaut benir Dieu deceque la chose a&#13;
25 bien tournée.&#13;
26 Mgr de Quebec est parti p.r aller dans ses&#13;
27 abbayes. avant son depart Jl vint disner&#13;
28 ausem.re il y a huit jours. M. Labbé de&#13;
29 Brisacier lui lut unmemoire que Jelui&#13;
30 avoit dressé deplus.rs graces que Nos M.rs de&#13;
31 Quebec m’ont dit delui demander.&#13;
32 La 1.ere estoit que les cures de Beaupré fussent&#13;
33 unies ausem.re Jl dit qu’il laccorderoit&#13;
34 volontiers aux conditions quil avoit unies&#13;
35 celles de Montreal ausem.re Scavoir quece&#13;
36 fussent des titres, et nondes cures amovibles,&#13;
37 et que les sujets qui les rempliroient ne&#13;
38 fussent pas dejeunes gens qu’on peut emploier&#13;
39 endes missions plus rudes, mais des vieillards&#13;
40 qui eussent besoin desereposer, et qui eussent&#13;
&#13;
�41 plus dedouceur adesservir ces lieux la.&#13;
42 La 2.de estoit p.r aggreger M.r hamel, varenne,&#13;
43 et de Recqueleyne ausem.re Mg’rde Quebec&#13;
44 l’accorda, et dit mesme qu’il accorderoit volontiers&#13;
45 d’aggreger tous les jeunes gens eslevez dans&#13;
46 lepetit Sem.re, pourveu qu’on voulust lui&#13;
47 promettrede les faire Servir auparavant&#13;
48 trois ouquatreans dans quelque mission&#13;
49 francoise, afin de les jetter unpeu a l’eau,&#13;
50 deles exercer, et deleur donner de lexperian[ce]&#13;
51 M. Lab. deBrisacier ne trouva point&#13;
52 d’Jnconveniens a cela, et dit quil vous&#13;
53 leproposeroit volontiers&#13;
54 La 3.e estoit p.r leprier de pourvoir ala&#13;
55 depense quil faudroit faire p.r donner la&#13;
56 Soutanne adouze enfans dupetit Sem.re&#13;
57 Jl dit quil n’y enavoit quedix, et quedeux&#13;
58 estoient entretenus par M. hazur et par M&#13;
59 Picart; Quede ces dix il y enavoit quelques&#13;
60 uns dont les Parens paioient partie delapension&#13;
61 qu’il falloit leur faire continuer quoiqu’on&#13;
62 leur donnait la Soutanne; Que leSur plus de la&#13;
63 depense, Jl auroit voulu laprendre sur les 8000.#&#13;
64 et en destiner 2000.# p.r cela, mais que M LJntend.t&#13;
65 ne l’avoit pas voulu, quil avoit pensé a demander&#13;
66 auMinistre p.r cettedepense uneSo’e, mais quil&#13;
67 ne l’avoit pup.r cette année. Mais Jl n’y eut&#13;
68 pas moyen d’en rien tirer de precis etdepositif.&#13;
69 La 4.e estoit deleprier delaisser appliquer&#13;
70 p.r toujours auSem.re delaSo’edes 4000.# le&#13;
71 tiers p.r lecuré et Ses deux vicaires. Jl&#13;
72 y eut Sur cela biendes paroles dites qui&#13;
73 ne Servirent derien Jldit que lachose&#13;
74 avoit esté reglée, que ces deniers lui Servoient&#13;
75 p.r paier des pensions auSem.re dequelques&#13;
76 Ecclesiastiques, que c’est p.r cela quil rejettoit&#13;
77 Sur les 8000.# les 4000.# deM Le vicairede&#13;
78 Quebec, p.r avoir plus Sur cetteSo’e p.r paier&#13;
79 des pensions : En un mot onnepût rien&#13;
80 tirer delui qui fust raisonnable ladessus.&#13;
81 La 5.e estoit p.r lefaire Souvenir dela&#13;
82 grandedepense faite p.r Misissipi etdela&#13;
&#13;
�83 parole quil avoit donnée d’y destiner les&#13;
84 2000.# depension Sur le clergé, mais co’e&#13;
85 les au’ articles avoient tenus beaucoup&#13;
86 detemps, et quil lui fallut partir, nous&#13;
87 neusmes pas letemps deraisonner Sur cellela,&#13;
88 et Jl emporta cememoire, etdit quil&#13;
89 y reflechiroit. Jl est ainsy parti Sans&#13;
90 rien regler. Jespere quil Sera trois mois en&#13;
91 cevoiage, autant derepos pour moy.&#13;
lettre N.&#13;
no. 115&#13;
&#13;
92 vous aurezla bonté, Monseigneurde&#13;
93 donner a M Des mazerait cette lettrede&#13;
94 ces M.rs les Jnteressez au Mont Louis. Jls&#13;
95 Sont de tres honnestes gens qui meritent qu’on&#13;
96 leurfasseplaisir.&#13;
97 J’ay receu votre pension Sur LEvesche Daire&#13;
98 hier. Jlafalludeduire leDon gratuit&#13;
99 et il faudra Sur cetteannée rabatre ledon&#13;
100 gratuit, # lacapitation cequi emportera&#13;
101 plus duquart. co’e nous avons unediminu=&#13;
102 tion dedix Sols par Louis dor et 2.s par escu,&#13;
103 Jeperdray beaucoup a cet argent queJe&#13;
104 n’ay purecevoir plutost, et quil ne convient&#13;
105 pas derendre aceux aqui J’en ay&#13;
106 emprunté alaveille dune diminution Si&#13;
107 forte.&#13;
108 Jay paié dez le commencem.t dumois une&#13;
109 devos lettres dechange dont estoit chargé&#13;
110 M. fredin de 1300.# J’en ay paié uneautrede&#13;
111 1200.# le 20.e dece mois quevous avezdonné&#13;
112 aM. hazur; on m’en presenta une Samedi&#13;
113 queJe n’avoit pas accepté, et qui est Seulem.t&#13;
114 de 67.# alordre deMons.r fornel Je necrus&#13;
115 pas ladevoir refuser par cequelle estoit&#13;
116 peuconsiderable cepend.’ tout cela&#13;
117 fait Somme, et n’est plus Suportable, Si&#13;
118 votregrandeur ne convient avecnos&#13;
119 Mess.rs d’y aporter duremede&#13;
120 J’ay reçeu Samedi une lettredeMad.e&#13;
121 deLaval, qui est Surlepoint d’accoucher.&#13;
122 J’en reçus une autrede M deMontigni&#13;
123 qui m’escrit ausujet d’une dette de 500.#&#13;
124 dont il dit quil vous a escrit et quevous&#13;
&#13;
�125 lui avez mandé devous S’adresser a moy&#13;
126 que vous mavez instruit devos Jntentions&#13;
127 Je lui escriray au 1.er jour que vos Jntentions&#13;
128 Sont, Si cette dette n’est pas decelles quil doit&#13;
129 acquiter par lui mesme, deprendre ces 500.#&#13;
130 Sur les 7000.# dont vous nous donnezla&#13;
131 liberté defaire application ala famille&#13;
132 Japprends que Mons.r et Mad.e deLaval&#13;
133 ont traité avec Labbé, avec le chevalier,&#13;
134 et mesme avec leMarin, ensortequetout&#13;
135 lebien leur reviendra unjour avenir.&#13;
136 Jevous ay mandé que la 2.de fillede&#13;
137 Mons.r deMontigni est morte JL nereste&#13;
138 plus queMad.elle deLaval qui demeure&#13;
139 avec Mons.r et Mad.’ deLaval, et est une&#13;
140 fille Sage, qui aceque Jecrois neSe&#13;
141 marierapas.&#13;
142 Nos aff.res a Rome vont lentement. Les&#13;
143 grandes affaires dela Cour Romaine dans&#13;
144 ces temps oules allemans tentent d’entrer&#13;
145 en Jtalie p.r prendrele Milanez et Sont déjà&#13;
146 dans les Etats devenise qui sont demeurez&#13;
147 Neutres empeschent qu’on netienne exactem.’&#13;
148 les assembleez Sur v’re aff.re delachine&#13;
149 Jefinis cette lettre endemandant a&#13;
150 v. G. labenediction avec unprofond&#13;
151 respect, et vous conjurant devous&#13;
152 conserver p.r notre commune consolation.&#13;
153 JeSuis avec untres profond respect&#13;
154 Monseigneur votretres humble&#13;
155 et tres obess.’ Serviteur. Tremblay&#13;
156&#13;
27. Juin 1701.&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
Note : Ligne 67, pup.r = pu pour.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250438">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11942">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/eb2fc29118644b438b4becc357d6e287.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=uIM0Bc4PwYiDVUSmxuPzez2yVfOUy--Qhb1XzwzKfJwj6Wqwf2fMgtywusASSCeKsCiEz00%7E-SjED1T-5Uvqkon9T2fQNXghCig0aGOkimP8VYzjfjXRIAiJF37LgXQFEyrPnYbF7QOx4U79q9N-n4D261%7EKpCC5fQ7js0D7ydWmm-bssqvPWLK%7Ei3t-lph6aPxXxMFv02oTUhoMDdCaKcCXO%7EkRVub9qDRVIRAaSwRONvRwq2VPt8oVVRxi1lRoI1OYpOnBZCd8FvaFrc5j7v1DJT5uH1CvQ1DpIEbcEJ-cqiq3djE9-PQqdIxIFpgVBRkoyxZsdbQWAA-Cm52MkQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>66e0cdd3eda3869c84e12ba75bcc81ec</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250436">
                    <text>��</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250439">
                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 58&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250026">
                <text>NXMVUKXK</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250027">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250028">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250029">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 27 juin 1701)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250030">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe l’ancien évêque de Québec des derniers développements concernant le différend entre les Jésuites et le Séminaire de Québec au sujet de la mission du Mississippi, arbitré par l’archevêque d’Auch. Il lui présente les demandes qu’il a faites à Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, pour le Séminaire. Il lui présente également les affaires financières et familiales des Laval et lui demande de convenir avec les directeurs du Séminaire de Québec de réduire les dépenses.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250031">
                <text>1701-06-27</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250032">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250033">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268296"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 116&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250034">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250440">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11940" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11941" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11942" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 58&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="899">
        <name>Affaire de la juridiction des missions du Mississippi (1698-1703)</name>
      </tag>
      <tag tagId="917">
        <name>CONTENTIEUX (Territoire)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="234">
        <name>Petit Séminaire de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18686" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11936">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/0b01b32fb3b14c6c10bac11a71e9a2d1.png?Expires=1779321600&amp;Signature=V%7EuoGFS-3wiBGvY8igd6tOYIqKxC4w54WcVVEPXrGv-OqRU5pidpxDiVl4kdoMcWVECipCykwfnZmP7R88H4jj9byq5GmHkbHjIGE6IoygIt%7Erzu-wahspFMHJziBt0WH%7Ei88N2g-F8cQpkVKZ%7EPMUIDcFxk3FpIjUJofw%7EEsdar7yppKTe5deLVmeHxtO7Vkpvruux%7EiLtzU3wYZ2L08dhlOBTEak4iirhppNaSRG6fG2HvyaEs%7EI2Ysr516XB-Py-zYz7WCd2Kh1Xg9epxI0IdclGGdeNzG87m8EwLKs-HMQq98Nb-vyL59L3MOvP06FKoeVN5bU-NJdiNZgQL4w__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11937">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/c4775e30527eeebcb560a3c8903ab44e.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=F7hy6HlyqmaXlhYtDonOG3HTaL%7EM56HXwjr6VsUdFbCX-xGjxNX40cw8pbAA9M-YjM75-R4IwqiiuQ8JklL-NNzatdE6EndDExLjT0RU7aeyn1eEu7JmILMwgCOGAWRgWNomffWKvOVfuEPjrJNq6OatJR9iO2-okmBpVjjTKQeSYyYm7WTLt-GxU-2nuMWgcu7Q1%7EXtmIOCwNW3ALtf2%7Eyj7K-aFAnFm3ICSLAk4Uf4FVjDL16HD3vw9EXFSCSQC7fgGKXiVVKeOKgG4x5hxXvX3DI8pRbap5VmzckpIbSmLswQvlKQ-bV8rtKwDgbyVlN46UtPpEWVaX1cz1XEag__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>207748053e888b8e365c0c27372dc11d</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250429">
                    <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 18 mars 1707)&#13;
&#13;
Paris, 18 mars 1707&#13;
Messieurs,&#13;
Je vous écris cette lettre par M. Fleury, à qui j’en donne deux copies, dont il me&#13;
promet d’en envoyer une à Nantes et l’autre à Bayonne pour les faire passer par&#13;
Plaisance. Il espère qu’une barque qui est à Québec vous emportera quelqu’une&#13;
des deux lettres. Vous ferez part de ces lettres à Mgr l’Ancien, à qui je crois écrire&#13;
en vous écrivant. Nous avons tous été bien réjouis de sa bonne santé. Dieu nous le&#13;
veuille conserver pour votre consolation et la nôtre.&#13;
Je me suis trouvé, Dieu merci, en état d’agir toute l’année en prenant la précaution,&#13;
tous les mois ou six semaines, de me purger. Ainsi, je ne crois pas que tant que je&#13;
pourrai agir vous devez penser à envoyer ici M. Boucher. Le choix que vous avez&#13;
fait est bon, mais outre les grands risques qu’il y aurait à courir pour lui en ce&#13;
temps-ci, le pauvre Canada est trop dénué de prêtres, et surtout de bons, pour en&#13;
retirer un sans [avoir] de grands besoins. D’ailleurs, nous ne sommes pas en état&#13;
de faire de dépenses, car nous sommes encore cette année plus mal que les&#13;
précédentes. Les ennemis1 sont devenus si puissants qu’ils ne menacent de rien&#13;
moins que de mettre Versailles à contribution cette année et s’il nous arrivait un&#13;
malheur semblable à ceux de l’an passé, tout serait à craindre.&#13;
Nous sommes encore plus mal pour l’argent : on n’en voit plus dans Paris. Tout&#13;
est changé en billets de monnaie, sur lesquels il y a moitié et plus à prendre, en&#13;
sorte que si d’un billet de 1 000 vous voulez de l’argent, vous n’en sauriez trouver&#13;
500 livres. Tous les revenus des campagnes sont devenus à rien. On ne saurait en&#13;
rien toucher. Les denrées sont à un si vil prix et les tailles et aux impôts si hauts&#13;
que les fermiers ne sauraient subvenir à ces taxes et il y a deux ans que par toute&#13;
la France, ils ne paient rien à leurs maîtres. On ne saurait trouver des fermiers&#13;
qu’en diminuant moitié.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), dernière des grandes guerres lancées par Louis XIV.&#13;
&#13;
�Je suis fort embarrassé à présent pour l’abbaye de l’Estrée. M. Rotrou est à bout de&#13;
bail et il est hors d’état de plus tenir cette ferme. Il me faudra la faire régir à grands&#13;
frais. Nous ne saurions rien toucher pour vos charges indispensables. On croit&#13;
l’année 1705 absolument perdue. On espère ne faire perdre qu’un cinquième pour&#13;
l’année 1706 et autant pour 1707, mais quand touchera-t-on cela, on n’en sait rien&#13;
et ce ne sera de plus que de purs billets de monnaie. Nous autres ne saurions rien&#13;
toucher au trésor royal. J’ai toutes les ordonnances de 1706 et je crois que je les&#13;
aurai encore plus d’un an. Je vous prie de dire à M. Charron que j’ai laissé protester&#13;
ses deux lettres de change qu’il a tirées sur moi, chacune de 750 livres, n’ayant nul&#13;
fonds à lui, car je n’ai pu encore rien tirer pour lui de M. de Turmenies, quoique&#13;
j’y aie fait cent voyages, ni son ordonnance de 1706, quoique j’aie plusieurs fois&#13;
pressé de me la payer préférablement à un autre. Et je ne puis savoir si je ne&#13;
toucherai rien pour lui.&#13;
Je prie aussi M. des Maizerets de dire à la mère Saint-Ignace que j’ai reçu ses lettres,&#13;
que j’ai déjà payé pour elles 1 000 livres à M. Aubert et accepté 2 000 livres, dont&#13;
1 000 livres sont prêtes à payer et qu’elle peut compter que je satisferai à ses 3 000&#13;
livres. J’ai laissé protester exprès une des deux lettres de change qu’elle a livrées&#13;
sur moi de 1 000 livres, chacune pour être payée de l’argent de M. Caumartin et&#13;
j’ai envoyé ce porter à M. Duchesne, intendant de M. de Caumartin, pour le&#13;
presser de nous payer ces 2 000 livres. J’espère qu’il les paiera, mais ce sera que les&#13;
trois quarts en billets de monnaie et le quart en argent. Dites aussi à la mère SaintIgnace que je ne vois encore nul jour de toucher rien pour elles [les Hospitalières]&#13;
pour les charges indispensables. Je ne leur enverrai cette année autre chose&#13;
qu’environ autant d’étoffes qu’elles en ont reçues l’an passé de Bayeux. Elles ne&#13;
doivent pas s’attendre à rien davantage.&#13;
Quant à nous, vous jugez bien que nous devons être encore bien plus mal. Je&#13;
croyais qu’ayant reçu autant je vous ai envoyé l’an passé, vous ne me demanderiez&#13;
rien cette année, ayant à payer les deux grosses lettres de change de M. Jolliet.&#13;
Cependant, j’ai été bien surpris que vous ayez tiré sur moi plus de 4 500 livres et&#13;
que vous m’adressiez des factures encore plus fortes pour Paris et pour&#13;
La Rochelle que celles de l’an passé. Je ne puis y satisfaire, quelque effort que j’aie&#13;
fait. Je n’ai pas accepté la lettre de 1 083 livres au profit de M. Jolliet, parce que&#13;
&#13;
�vous dites que vous vous êtes engagés envers lui, que je le pouvais en argent&#13;
comptant ; c’est ce que je ne puis faire. Ainsi, on l’a protestée et je ne la paierai que&#13;
quand la paix aura ramené l’argent comptant. J’ai accepté les trois autres lettres de&#13;
change de 3 000 livres à l’ordre de M. Fornel, parce que je les paierai trois quarts&#13;
en billets de monnaie et un quart en argent. Si l’on vous demandait des&#13;
dédommagements pour cela, vous n’en devez accorder aucun, car cela est ainsi&#13;
jugé ici tous les jours, parce que c’est un fait du prince dont personne n’est garant.&#13;
Outre ces lettres de change, je fais un très grand effort pour vous envoyer cent ou&#13;
cent vingt autre étoffes à soutane, une pièce de Saint-Lô noire, une autre de Salavre&#13;
noire, quatre-vingt autres molletons ou revêches et la petite mercerie de la facture&#13;
de Paris, une partie des bas, chapeaux et souliers, quelques toiles pour collets, deux&#13;
pièces d’étoffe bleue pour enfant et un peu de souliers et de bas et de toile pour&#13;
eux, de la cire blanche, du vin blanc pour les messes, du papier, girofle, muscade,&#13;
poivre, cassonade, raisins, riz, amandes, huile d’olive, deux ou trois tonneaux de&#13;
vin rouge, deux barriques d’eau-de-vie, autant de vinaigre, alun, savon et prunes,&#13;
le tout en moindre quantité que ne demande M. Buisson, une partie de l’étamine&#13;
du Mans et de l’Aumale qu’il demande. Tout le surplus de sa facture et des autres,&#13;
je n’envoie rien et encore ne sais-je comment je me tirerai de dépenses qu’il faut&#13;
payer argent comptant et que je ne vois plus à présent.&#13;
M. Dupré ne sera pas surpris que je n’aie rien payé à Dubreuil. Je n’ai rien touché&#13;
pour lui de sa chapelle. Il est en est dû deux ans. Le fermier refuse de payer. Je le&#13;
prie de m’envoyer une procuration pour le contraindre.&#13;
M. de La Colombière est dans sa famille en Dauphiné depuis le mois d’août&#13;
dernier. On fait l’impossible pour l’empêcher de revenir, retourner au Canada. Sa&#13;
famille s’y oppose fortement. J’espère cependant qu’il y retournera, mais je ne crois&#13;
pas que ce soit pour cette année. Il y a trop de dangers à courir.&#13;
On n’a encore rien réglé sur l’affaire des curés pour les dîmes. Elle ne pouvait venir&#13;
plus mal à propos et M. Dufournel a bien mal fait de remuer cette corde en ce&#13;
temps-ci. Je crains bien qu’on ne fasse pas justice à l’Église, qu’on opprime assez&#13;
partout.&#13;
&#13;
�On n’a pas bien reçu M. d’Auteuil. La mort de M. d’Iberville a bien dérangé ses&#13;
affaires.&#13;
M. l’évêque de Québec est toujours prisonnier en Angleterre. Il n’y est occupé qu’à&#13;
nous faire de la peine. Nous avons essuyé les plus fâcheux coups qu’il pouvait&#13;
nous porter. Après nous avoir obligés l’an passé, contre toutes les paroles&#13;
d’honneur qu’il m’avait données du contraire, de payer deux cinquièmes pour&#13;
notre part des 3 000 qu’il dit avoir dépensées en son voyage de Rome. Il a voulu&#13;
depuis un an ôter au Séminaire de Québec les menses monacales de Bénévent et&#13;
de Méobecq, qui lui sont données par la bulle d’union pour les missions.&#13;
M. l’évêque de Québec a voulu et veut toujours que cela soit appliqué aux curés et&#13;
missions françaises, comme il le jugera à propos. Il a écrit des lettres les plus&#13;
violentes contre moi à M. le cardinal de Noailles, où il dit que je le persécute depuis&#13;
vingt ans, et à M. le comte de Pontchartrain, à qui il demande que le roi nomme&#13;
des commissaires pour régler cette affaire. Il lui envoie un mémoire, par lequel il&#13;
prétend que nous sommes à Québec riches de plus de 36 000 livres de rente et nous&#13;
fait passer pour des ravisseurs du bien d’autrui, des personnes insatiables, etc.&#13;
Tous les termes y sont de la dernière force. M. l’abbé de Brisacier y est traité de la&#13;
manière la plus indigne. Tout cela par les belles manières de M. de la Pallière, son&#13;
grand-vicaire, qui lui a mis dans l’esprit des choses très opposées à la vérité.&#13;
Ce prélat a écrit les mêmes choses à Rome au pape et aux cardinaux, mais le bon&#13;
Dieu a permis que jusqu’à présent, on a reconnu en l’une et l’autre cour que les&#13;
écritures du prélat, soit dans les lettres qu’il m’a écrites et à M. Charmot à Rome,&#13;
soit dans les actes qu’il a signés, sont tout à fait contraires à ses prétentions. Il ne&#13;
revient pas pour cela. Dieu veuille bien lui pardonner tout le mal qu’il nous a fait&#13;
et nous fait encore. Je suis touché de le voir si mal user de la croix de sa prison. On&#13;
ne voit nulle apparence qu’il en sorte avant la paix, non plus que ses&#13;
ecclésiastiques ; ce qui est très fâcheux, car nous croyons que s’il était ici, il ne&#13;
s’occuperait pas à nous tourmenter.&#13;
Vous aurez la bondé de dire à M. de Varennes qu’il ne m’a pas envoyé une&#13;
procuration telle qu’il fallait pour faire payer à Mme sa mère la vente qui lui est&#13;
&#13;
�due par Mme Ango de La Mothe et que je n’ai pu trouver dans les bureaux qu’il&#13;
ait été expédié un brevet de pension pour Mme sa mère.&#13;
J’ai reçu des lettres hier de M. Gaulin. Ce bon missionnaire a bien couru toute&#13;
l’Acadie cet été, mais il me demande bien des choses que je ne pourrai lui envoyer,&#13;
n’ayant reçu pour lui que des billets de monnaie. Il s’est engagé dans un commerce&#13;
pour faire bâtir une église pour sa mission, dont vous le devez détourner. Il&#13;
commence par où il faudrait finir, car il faudrait commencer à édifier une église&#13;
spirituelle parmi ces Sauvages et en bâtir ensuite une matérielle et il ne pense qu’à&#13;
édifier une église, qui sera peut-être fort inutile s’il ne réussit pas à rassembler les&#13;
Sauvages. Il me mande avoir pris d’un habitant 618 martes et a chargé le secrétaire&#13;
de M. Subercat de les vendre et d’employer cet argent en marchandises pour son&#13;
compte, afin sans doute de les revendre et de trouver dans le profit de quoi bâtir&#13;
son église. Cela ne vaut rien.&#13;
Nos missionnaires de la Louisiane sont fort persécutés par les deux frères de&#13;
M. d’Iberville, Bienville et Châteauguay, deux libertins et débauchés qui ont tâché&#13;
à corrompre ce qu’on a envoyé de filles en ces quartiers-là et sont venus à bout de&#13;
plusieurs. À la fin, M. de La Vente a été obligé d’en avertir. M. de Bienville a&#13;
appelé les jésuites des Illinois pour être aumôniers du fort, qui l’ont absous. Il leur&#13;
a fait donner les appointements et a été fort surpris que la cour ordonne que ce soit&#13;
nos missionnaires qui le seraient. Les Jésuites ont appuyé M. de Bienville en tout.&#13;
Ils ont ensemble barré M. de La Vente en toutes ses fonctions. On ne leur a pas&#13;
rendu la moitié des effets que je leur envoyais. Ils sont assurément bien maltraités&#13;
et par-dessus tout cela, on fait d’eux des plaintes à la cour comme si c’étaient des&#13;
criminels et la famille de M. d’Iberville dit partout qu’il faut que M. de La Vente&#13;
en soit chassé ou qu’ils en sortiront. Ils ont fait faire des assemblées et signés des&#13;
requêtes contre ces pauvres missionnaires, de qui, pour achever de les peindre, on&#13;
a surpris les lettres, au moins celles de M. de La Vente, ayant menacé dans le&#13;
vaisseau celui qui en était porteur de lui donner cent coups de corde sur l’affût&#13;
d’un canon s’il ne les donnait [pas] et en effet, je ne les ai pas reçues.&#13;
&#13;
�En voilà bien assez pour ma première lettre. Dieu veuille vous soutenir et nous&#13;
aussi, car nous en avons assez à porter. Nos missionnaires se portent tous assez&#13;
bien. Il n’y a pas encore de nouvelle que le patriarche ait publié la décision à la&#13;
Chine ; il y est arrivé en juillet 1705. Il était parti en décembre 1705 pour aller à&#13;
Pékin. Le P. Visdelou, jésuite, avait soutenu contre le P. Benavente, augustin, en sa&#13;
présence, le mandement de M. Maigrot sur les cultes chinois2. Ce père, qui est le&#13;
plus habile des Jésuites en la langue chinoise, s’est déclaré contre ces pères. Je suis&#13;
avec un profond respect,&#13;
Votre humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2020&#13;
&#13;
Dans son Mandat du 26 mars 1693, Mgr Charles Maigrot, appuyé par d’autres du Séminaire des Missions&#13;
étrangères de Paris, dont Tiberge et Brisacier, s’oppose à la méthode d’évangélisation des Jésuites en Chine,&#13;
attaquant leur pratique de syncrétisme de termes chrétiens et confucéens, ainsi que la pratique de rites&#13;
traditionnels chinois, tels les cultes des ancêtres et de Confucius. Il affirmait que de les préserver entraînerait&#13;
une confusion syncrétique dommageable à l’évangélisation. Ce Mandat sera défendu avec acharnement par&#13;
le Séminaire de Paris pendant cinquante ans.&#13;
3&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250431">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11938">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/4ed76bd1474d224f3ecd58911a1619b9.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=QtdCl1mgRMoHtlFrnqVEqzkAdtwNH8ipQYRdSh4-5v-hpfnUo2-H%7E-x3A7RBAHxDUhTXiOIEuVu0SPcd7vgWf-JM%7EZARwmSwGwdNF1-o-urL1zaLvgNE7xkMmbAfMAJh6XIOyAtI2l1PefbsJwhjr2y8r3nbA27rT4w86PlK1ct0G7vwwaS-qCXfNK%7EbXl-G-X1EZqI0rcpbpeKDKaPwN2iKy0N2XOmDFiPxWfAX16YzBzwFrWi-7ZjpVqrxymHAOUwDkP%7EcFKOH8os5vZITSYRWdLcFjSAHo8xyoMRt725waT9Egsuf7DfBkxbIwVFgSzbdD-fqOGa1YQjyW7hv3Q__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>01ca94c7d009ed520813d17fb08075bc</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250430">
                    <text>1707, 18 mars – Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 36)&#13;
1&#13;
Paris 18. mars 1707.&#13;
o&#13;
2 Messieurs&#13;
N 36, carte M.&#13;
3 Je vous escris cette lettre par Mfleury aqui Jendonne&#13;
4 deuxcopies dont Jl me promet den envoier unea Nantes&#13;
5 et lautre a Bayonne p.r les f.re passer par Plaisance Jl&#13;
6 espere quune barque qui y est de Quebec vous enportera&#13;
7 quelquune des deux lettres. vous ferez part deces lettres aMgr&#13;
8 Lancien aqui Jecrois escrireenvous escrivant. Nous&#13;
9 avons tous esté bienrejouis de Sabonne Santé. Dieunous le&#13;
10 veuille conserver p.r v’re consolationetla Notre Jeme Suis trouvé&#13;
11 Dieumercy en estat assez dagir toute lannée enprenant la&#13;
12 precaution tous les mois ouSix Semaines demepurger. ainsy&#13;
13 Jenecrois pas que tant que Jepouray agir vous devez penser a&#13;
14 envoier icy M Boucher. Lechoix quevous enavezfait estbon&#13;
15 mais outre lesgrands risques quil y auroit a courir pour&#13;
16 lui encetemps cy le pauvre canada esttrop denué de prestres etSur&#13;
17 tout debons p.r enretirer unSans degrands besoins. Dailleurs nous ne&#13;
18 Sommes pas enestat de f.re dedepenses. car nous so’es encore cette&#13;
19 année plus malqueles precedentes. Les ennemis Sont devenus Si puissans&#13;
20 quils ne menacent de rien moins quede mettre versailles a&#13;
21 contributioncette année etSilnous arrivoit unmalheur Semblable&#13;
22 a ceux de lan passé Tout Seroit acraindre Nous So’es encoreplus&#13;
23 malp.r largent. on n’en voit plus dans Paris. Tout est changé en&#13;
24 billets demonnoye Surles quels Jly a moitié et plus aprendre&#13;
25 enSorteque Si d’un billet de 1000. vous voulez delargent, vous&#13;
26 nen Scauriez trouver 500.# Tout les revenus des campagnes&#13;
27 Sont devenus arien. on ne Scauroit enrien toucher. Les danrées&#13;
28 Sont aunSi vilprix, et les tailles et au’ Jmposts Si hault queles&#13;
29 fermiers ne Scauroient Subvenir a ces taxes et Jly a deux ans&#13;
30 quepartoute la france Jls nepaient rienaleurs maitres&#13;
31 on ne Scauroit trouver defermiers qu’en diminuant moitié Je&#13;
32 Suis fort ambarassé apresent p.r Labbaie de Lestrée. MRotrouest&#13;
33 about debail, et Jlest hors destat de plus tenir cette ferme&#13;
34 Jl mefaudra la faire regir a grands frais. Nous ne Scaurions&#13;
35 rien toucher p.r vos charges Jndispensables. oncroit lannée 1705&#13;
36 absolument perdüe. on espere nefaireperdre qu’un cinqieme p.r&#13;
37 lannée 1706. et autant p.r 1707. mais quand touchera ton cela&#13;
38 on n’en Scait rien, et ce neSera deplus quedepure billetsdemonnoye&#13;
39 Nous autres ne Scaurions rien toucher au tresor roial. Jay toutes&#13;
40 les ord.ces de 1706. et Jecrois queJeles auray encoreplus d’unan&#13;
&#13;
�41 Jevous priededire aM. charon que J’ay laissé protester Ses deux lettres&#13;
42 dechangequil atiré Sur moy chacunede 750.# n’ayant nulfonds alui, car&#13;
43 Je n’ay puencorerien tirer p.r lui deM de Turmenies quoique J’y ayefait&#13;
44 cent voiages, ni deSonord.ce de 1706. quoi queJ’aye plus.rs fois pressé deme&#13;
45 lapaier preferablemt a un notres. Et Je ne puis Scavoir Si Jetoucheray&#13;
46 rienp.r lui. Je prie aussi M Des maizerets de dire alamere S.t Jgnace&#13;
47 que J’ay receu Ses lettres queJ’ay déjà paié p.r elle 1000.# aM Aubert.&#13;
48 et accepté 2000.# dont 1000.# Sont preste apaier, et quellepeut&#13;
49 compter que JeSatisferay a ces 3000.# J’ay laissé protester expres&#13;
50 une des 2. lettres de changequellealivrée Sur moy de 1000.# chacune&#13;
51 p.r estre paiée delargent deM deCaumartin, et J’ay envoié ce&#13;
52 protez aM Duchesne Jntend.’ deM de Caumartin p.r lepresser de&#13;
53 nous paier ces 2000.# Jesperequil les paiera mais ce neSera&#13;
54 queles trois quarts enbillets demonnoyeet lequart enargent.&#13;
55 Dites aussy a la Mere S.t Jgnace que Jene vois encore nuljour de toucher&#13;
56 rien p.r elles, p.r les charges Jndispensables. Je ne leur envoieray&#13;
57 cette année autre chose que environ autant destofes quelles en&#13;
58 ont touchées Receues l’an passé de Bayeux. Elles ne doivent pas Sattendre&#13;
59 arien davantage&#13;
60 Quant anous vous Juger bien que nous devons estre encorebien&#13;
61 plus mal Je croiois quaiant recus autant queJevous ay envoié lan&#13;
62 passé vous ne me demanderiez rien cette année, ayant apaier&#13;
63 les deuxgrosses lettres de Change deM Joliet. cepend.t Jay esté&#13;
64 bien Surpris quevous aiez tiré Sur moy plus de 4500.# et que&#13;
65 vous maddressiez des factures encoreplus fortes p.r Paris et&#13;
66 p.r laRochelleque celles delanpassé. Je nepuis y Satisf.re Quelque&#13;
67 effort que Jaye fait Je n’ay pa accepter la lettre de 1083.# au&#13;
68 profit de M Joliet par ceque vous dites quevous vous&#13;
69 estes engagez envers lui que Jelepouvois en argent comptant.&#13;
70 c’est ce que Jenepuis faire ainsy onlaprotestée, et Jene&#13;
71 lapaieray que quand lapaix aura ramené largent contant.&#13;
72 J’ay accepté les trois. au’ lettres de change de 3000.# alordre&#13;
73 de M fornel par cequeJeles paieray trois quarts enbillets&#13;
74 demonnoye et un quart en argent. Si l’on vous demandoit&#13;
75 des dédommagement p.r cela, vous n’en devez accorder&#13;
76 aucun, car celaest ainsy jugé icy tous les jours, parceq’&#13;
77 c’est un fait duPrince dont personne nest garant. outre&#13;
78 ces lettres dechange Je fais untres grand effort p.r vous&#13;
79 envoier 100. ou 120 au’ Etofes a Soutanne , unepce dest Lo&#13;
80 noire une au’ defalavre Noire. 80. au’ molton ou revesche&#13;
81 et lapetite mercerie delafacture deParis, unepartie des bas,&#13;
82 chapeaux et Souliers quelq’ toile p.r collets Deux pieces&#13;
83 dEtofebleüe pr enfans et un peu de Souliers et de bas et de&#13;
&#13;
�84 toile pr eux Dela cireblanche Du vin blanc p.r les messes&#13;
85 du papier Gerofle muscade poivre castonade raisins&#13;
86 ris amandes huile dolive 2. ou 3. tonn.x vin rouge&#13;
87 2. bariq’ eaude vie autant de vinaigre alun Savonet&#13;
88 prune Le tout en moindre quantité que ne demandeM&#13;
89 Buisson une partie de lestamine du mans et de laumale&#13;
90 quil demande. ToutLe Surplus de Safacture et des autres&#13;
91 Jen’envoie rien, et encore ne Scaije comment Je me tireray&#13;
92 de ces depenses quil faut paier argent comptant et que Je&#13;
93 ne vois plus apresent. Mons.r Dupré ne Sera pas Surpris que&#13;
94 Jen’aye rien paié aDuBreüil. Jen’ay rien touché p.r lui de&#13;
95 Sachapelle Jlen est deû deux ans. Le fermier refusedepaier.&#13;
96 Jelepriede menvoier uneprocuration p.r le contraindre M de&#13;
97 la colombiere est dans Safamille enDauphiné depuis lemois d’aoustdernier&#13;
98 on fait limpossible p.r lempescher de revenir tourner en canada. Safamille&#13;
99 S’y oppoSe fortemt Jesperecepend.’ quil y retournera, mais Je necrois&#13;
100 pas que ce Soit p.r cette année. Jly atrop dedangers a courir.&#13;
101 on n’a encore rien reglé Sur laff.re des Curez p.r les dixmes. Ellene&#13;
102 pouvoit venir plus malapropos, et M dufournel a bien mal fait&#13;
103 de remuer cette corde en cetemps cy. Jecrains bien qu’on ne fasse&#13;
104 pas justice a LEglise qu’on opprime aSSez partout on na pas bien&#13;
105 receu M Dauteuil. Lamort de M DJberville a bien derangée Ses&#13;
106 aff.re M. LEveq’ de Quebec est toujours prisonnier en angleterre&#13;
107 Jl n’y est occupé qua nous faire delapeine Nous avons essuyé lesplus&#13;
108 fascheux coups quil pouvoit nous porter. apres nous avoir obligé l’an&#13;
109 passé contretoutes lesparoles dhonneur quil mavoit donné du contraire&#13;
110 de paier deux cinquiemes p.r n’re part de 3000. quil dit avoir depense&#13;
111 en Son voiage de Rome Jlavoulu depuis unan oster au Semin.re&#13;
112 de Quebec les manses monacales de Bennevent et de Meobec qui lui&#13;
113 Sont donnez par la bulle dunion p.r les missions. M LEveque&#13;
114 de Quebec a voulu et veut toujours que cela Soit appliqué aux&#13;
115 Curez et missions francoisesco’e Jl lejugera a propos, Jla&#13;
116 escrit des lettres les plus violentes contre moy aM LeCardinalde&#13;
117 Noailles ou Jl dit que Je le persecute depuis 20. ans, et a M Le&#13;
118 comte de Pontchartrain aqui Jl demande que Le Roi nomme des&#13;
119 commissaires p.r regler cette aff.re Jl lui envoye un memoire&#13;
120 parlequel Jlpretend que nous So’es a Quebec riches de plus de&#13;
121 36000.# de rente, et nous fait passer p.r des ravisseurs du bien&#13;
122 dautruy, des personnes Jnsasiables &amp;c. Tous les termes y Sont&#13;
123 de la derniere force M L. de BriSacier y est traité de la maniere&#13;
124 laplus Jndigne. Tout cela par les belles manieres deM. se&#13;
125 la Palliere songrand vicaire qui lui amis dans lesprit&#13;
&#13;
�126&#13;
Lettres M. no 36&#13;
127 des choses tres apposées alaverité. ce Prelat aescrit les mesmes&#13;
128 choses aRome auPapeet aux Card.x mais lebondieu apermis&#13;
129 quejusqu’apresent on a reconnuen luneet lautre cour que&#13;
130 Les escritures duPrelat Soit dans les lettres quil m’a escrites et&#13;
131 aM charmot a Rome, Soit dans les actes quil aSigné Sont&#13;
132 tout a fait contraires aSes pretentions, Jl nerevientpas&#13;
133 p.r cela. Dieu veuillebienlui pardonner tout lemalquil&#13;
134 nous afait et nous fait encore. Je Suis touché delevoir&#13;
135 Si maluser delacroix de Saprison on nevoit nulle&#13;
136 aparence quil enSorte avant lapaix nonplus que Ses&#13;
137 Ecclesiastiques, cequi est tres facheux, car nous croions que&#13;
138 Silestoit icy, Jl ne Soccuperoit pas anous tourmenter.&#13;
139 vous aurez labonté dedireaM de varenne quil nem’apas&#13;
140 envoié uneprocuration tellequil falloit p.r f.re paier aMad.’&#13;
141 Sa merelaventequi lui est deuepar Mad.’ delamotte ango et&#13;
142 que Je n’ay pu trouver dans les bureaux quil ait esté&#13;
143 expedié unbrevet depensionp.r Mad.’ Samere Jay receu&#13;
144 des lettres hier deM Gaulin. cebon miss.re abiencouru&#13;
145 toute Laccadie cet esté. mais Jl medemande biendeschoses&#13;
146 queJenepouray lui envoier, nayant receu p.r lui quedes&#13;
147 billets demonnoye Jl S’est engagé dans un commerce p.r f.re&#13;
148 bastir une Eglisep.r Sa mission dont vous ledevez detourner&#13;
149 Jl commenceparouJlfaudroit finir car Jl faudroit com=&#13;
150 =mencer a edifier une Eglise Spirituelle parmi ces Sauvages&#13;
151 et enbastir ensuite une materielle, et Jlne pense qu’a LEdificé&#13;
152 dune EgliSe qui Sera peutestre fort nubile Silnereussitpas&#13;
153 a rassemblerles Sauvages. Jl me mande avoir pris d’un habitant&#13;
154 618 martes, et achargé le Secret.re deM de Subercat deles&#13;
155 vendreet demploier cet argent enmarchandises p.r Son&#13;
156 compte, afinSans doutedeles revendreetdetrouver dans&#13;
157 le profit de quoy bastir Son Eglise. Cela nevaut rien&#13;
158 Nos Miss.rs dela Louisiane Sont fortpersecutez parles&#13;
159 deux freres deMdJberville Bienville et chateaugay&#13;
160 deux libertins et debauchez qui ont tasché acorrompre&#13;
161 ce qu’on a envoié de filles ences quartiers la etSont venus&#13;
162 about deplus.rs alafin M delavente aesté obligé d’en&#13;
163 avertir M de Bienville a appellé les Jesuites des Jlinois&#13;
164 p.r estre aumoniers dufort qui lont absous. Jl leura fait&#13;
165 donnerles apointement et aeté fortSurpris quelacour&#13;
166 ordonnoit que ceSeroit nos Miss.rs que le Seroient Les&#13;
167 Jesuites ont appuyé M de Bienville entout. Jls ont enSemb[le]&#13;
168 barré M delavente entoutes Ses fonctions. Onneleura&#13;
&#13;
�169 pas rendu la moitié des effets queJeleur envoioit Jls&#13;
170 Sont assuremt bien maltraitez etpardessus tout cela&#13;
171 onfait d’eux desplaintes ala cour co’e Si cestoient des&#13;
172 criminels et la famillede M dJberville dit partout quil&#13;
173 faut queM dela vente en Soit chassé ou quils en&#13;
174 Sortiront. Jls ont fait faire des aSSembléez et Signer&#13;
175 des requestes contre ces pauvres miss.res dequi pour&#13;
176 acheverdeles peindre on a Surpris les lettres au moins&#13;
177 celles deM delavente ayant menacé dans levaisseau&#13;
178 celui qui en estoit porteur de lui donner cent coups de&#13;
179 corde Sur laffust dun canon Silneles donnoit, Et&#13;
180 en effet Jeneles ay pas receües. Envoila bienassez&#13;
181 p.r ma 1.ere lettre. Dieu veuille vous Soutenir et nous&#13;
182 aussi car nous enavons assez aporter. Nos MiSs.rs Se&#13;
183 portent tous assez bien Jl n’y apas encorede Nouvellequele&#13;
184 Patriarche ait publié ladecision ala Chine Jly est arrivé en&#13;
185 Juillet 1705. Jl estoit parti enX.bre 1705. p.r aller a Pequin Le Pere&#13;
186 vis delou Jesuite avoit Soutenu contre leP. Benavente augustin&#13;
187 en Sa presence le mandemt de M maigrot Sur les cultes chinois.&#13;
188 ce Pere qui est leplus habile des Jesuites enlalangue chinoise Sest&#13;
189 declaré contre Ses Peres. JeSuis avec unprofond respect votre&#13;
190 tres humbleet tres obeiss.’ Serviteur.&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250432">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250017">
                <text>NUJM7EUJ</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250018">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250019">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250020">
                <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 18 mars 1707)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250021">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris mentionne aux directeurs du Séminaire de Québec que lui et le Séminaire de Paris se réjouissent d’apprendre que Laval, ancien évêque de Québec, soit en santé. Il leur décrit la crise économique et militaire que traverse la France. Il mentionne la pénurie d’argent, la baisse des revenus des campagnes, la menace des ennemis et les difficultés à payer les charges du Canada. Il évoque les problèmes de gestion de l’abbaye de l’Estrée, les lettres de change impayées, les marchandises envoyées, les pensions et les ventes dues. Il parle également des difficultés des missionnaires à l’Acadie et en Louisiane, persécutés par les autorités civiles ou les Jésuites. Au sujet des menses monacales de Bénévent et de Méobecq, Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, et prisonnier en Angleterre, veut les appliquer aux curés et aux missions françaises, tandis que le Séminaire de Québec veut les conserver pour les missions étrangères. Tremblay dénonce les lettres violentes et les mémoires mensongers de l’évêque, qui l’accuse de le persécuter depuis 20 ans.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250022">
                <text>1707-03-18</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250023">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250024">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268000"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 36&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250025">
                <text>Séminaire de Québec</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250433">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11937" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11938" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="852">
        <name>Missions d'Acadie</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="863">
        <name>Santé de Laval</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18683" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11920">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/99794e91f3c8da278f64eca8ca702b16.png?Expires=1779321600&amp;Signature=RBr10MLrIEAhKTMrbWoxOlpA2KwdXbzxZ0pKUb%7EiKYirlWIEZmyEt-DSLLJ7mtsng5MaOhZhaGTXC5QdiNDHvMkbVt1--SHTwqsQWYTmL0yc6ipmpYbIYBzn6LudryW6Hhh1LGZCd2lPkGY-gvIe3RQk%7EKeV04hCU1zyjzROnNRecAflIFF5vT3BWtbH1pUKbdQHunQojR2OR6iSHfnZoAYcj2QaZkrcBBKhoQESK6JO-XuKItjK6JTP1EHHRp0zZqfko4viOLOLzISVfncxjDU28PNCezrTEerJOMDkwFAjhk0xspVTL%7EkupZXYk1OfreHKi%7ECPrutgN6FhHL7qsQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11921">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/668a89dc378d28a8d89668ba1f0bd6c0.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=u4mvvd25yMhjJ4oxBv3N9FOvBMr5SX%7EehfWN69No3Yot3Y1emZgVKva5XLI%7EbLZaxwYOg7cTuGBZ5mdF5qI1Hj9CRXbkvrPz6Ngd5Jv5qnJe2Hd08NPzXsVob5NHh3qJY-QKD5a7G8A7oFkJBPE8mG6n0ZGjM6gH-hqhXfO8Zsg-sEVvsq8hlbZ7HXGlNBAkRWbVHMqygdvMBKRKF6cGJs%7E5hta70T1dW3hUk4D4qs8gEhVAOJXhHq6aClOyMkAwSqQ45wuoCtHrKcHpIwoIMGOBpVizeIC4oipwpi8wmnXrlqzmNbxAWcB0c0z0SMsiaTQRLr2mhnfjTztHSWXJlw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>031a44e7c71f621a4364196cef0d8a38</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250402">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 27 avril 1700)&#13;
&#13;
27 avril 1700&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous avoue ingénument que j’ai toutes les peines du monde à me résoudre à&#13;
vous écrire et à tous nos Messieurs cette année, parce qu’il me semble que je n’aie&#13;
que des choses désagréables à vous mander, dès que je n’ai pu satisfaire à toutes&#13;
vos demandes et vous envoyer tout ce que vous avez marqué par vos factures.&#13;
J’espère cependant que vous me ferez assez la justice de croire que la chose n’a pas&#13;
été en mon pouvoir, comme je suis assez porté à croire que s’il ne dépendait que&#13;
de vous, vos affaires temporelles ne seraient pas si délabrées et dans un si mauvais&#13;
ordre ; mais j’en connais assez la source et je n’y vois point d’autre remède que la&#13;
patience. Je ne suis pas même dans le dessein de vous écrire davantage d’épargner,&#13;
de prendre moins d’enfants, de ne point faire de bâtiments. Tous ces avis sont&#13;
inutiles. Il vaut mieux me taire et me contenter de vous dire de quoi il m’a été&#13;
impossible d’accomplir tous vos mémoires.&#13;
J’ai reçu, Monsieur, toutes vos lettres et ai fait tenir celles qui étaient pour d’autres&#13;
et en particulier pour votre famille. J’ai eu l’honneur de les saluer cet été dans deux&#13;
voyages que j’ai faits à Rouen pour les affaires du chapitre et où M. et Mme Ango&#13;
de La Mothe1 ont tâché de me faire tous les plaisirs qu’ils ont pu. J’ai eu l’honneur&#13;
d’aller aussi saluer de votre part dom Ango2 à la chartreuse de Gaillon. Je revins&#13;
de Rouen deux fois par-là, mais j’eus le malheur de ne le pas trouver la première&#13;
et la seconde, qui était la veille de l’Assomption. Je restai avec lui le jour de la fête&#13;
et tâchai dans la solitude à me consoler de la perte que j’avais faite la veille d’un&#13;
procès, qui m’a bien causé du chagrin et de l’affliction. Ce fut pour moi une grande&#13;
consolation d’avoir son entretien presque pendant tout ce jour et je trouvai en lui&#13;
tant d’onction que j’aurais dit volontiers : « Bonum est nos hic esse !3 ». Je lui trouvai,&#13;
dans un âge aussi avancé, la présence d’esprit d’une personne en la force de son&#13;
Sœur de Maizerets&#13;
Frère de Maizerets&#13;
3&#13;
« Il est bon que nous soyons ici ! » (Matthieu 17:4)&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�âge et des forces de corps, qui devraient n’être pas dans une personne qui a mené&#13;
une vie si mortifiée. Vous jugez bien que nous y parlâmes beaucoup de vous et&#13;
dom Ango voulut s’instruire de tout le bien que notre Séminaire produit dans&#13;
notre Canada.&#13;
Je vous dirai, pour votre consolation, que je trouvai aussi M. votre frère4 le&#13;
conseiller dans des dispositions tout-à-fait chrétiennes, aussi bien que Mme et&#13;
Mlle sa fille, qui sont l’exemple de Rouen. Cette maison est d’une bonne odeur et&#13;
d’une entière édification par toute la ville. Je ne pus pas loger chez eux, parce que&#13;
j’espérais que M. de La Mothe serait un de nos juges, et je n’y mangeai même&#13;
qu’une fois, mais je reçus d’eux toutes les marques de bonté que j’en pouvais&#13;
espérer et cela m’a renouvelé le commerce et le rapport avec Mme Ango de La&#13;
Mothe plus que jamais. J’ai été même ravi d’une occasion qui s’est présentée de&#13;
leur faire plaisir. Quoique nous ne recevions pas de pensionnaires, nos Messieurs,&#13;
en votre considération, ont bien voulu recevoir chez nous M. l’abbé Ango de La&#13;
Mothe5, leur fils. Il y eut au commencement quelques difficultés sur ce qu’on nous&#13;
dit qu’il avait un peu l’esprit du monde, mais il a paru disposé à entrer dans tout&#13;
ce qu’on pouvait désirer de lui et j’espère que nous en aurons de la satisfaction. Je&#13;
l’attends au premier jour et je tâcherai à lui adoucir, autant que je pourrai, le séjour&#13;
du Séminaire, afin qu’il le soutienne plus longtemps. Je voudrais qu’il pût un jour&#13;
vous succéder et perpétuer dans nos missions la liaison que votre famille y a eue&#13;
jusqu’à présent.&#13;
J’ai reçu, Monsieur, toutes vos lettres, savoir une du 14 septembre, une du 21 du&#13;
même mois, une autre du 22, une du 26 septembre et une dernière du 20 octobre&#13;
et j’y vais faire réponse par celle-ci. J’ai aussi reçu celle que vous m’écrivez sur mon&#13;
spirituel, dont je vous suis très obligé et à laquelle je répondrai en particulier.&#13;
Je n’ai pu écrire encore cette année par les premiers navires qu’une seule lettre,&#13;
qu’on m’a dit avoir mise dans un vaisseau, qui est parti de Bordeaux avant celui&#13;
de la baie d’Hudson. Je l’avais pourtant destinée pour la donner à M. Juchereau&#13;
ou au P. Joseph, qui sont passés dans ce vaisseau. Je n’écris par cette voie qu’à&#13;
&#13;
4&#13;
5&#13;
&#13;
Second frère de Maizerets&#13;
Il ne fut pas agrégé au Séminaire des Missions étrangères de Paris.&#13;
&#13;
�Mgr l’Ancien seul et je lui mande, en abrégé, tout ce que je dois vous apprendre&#13;
dans celle-ci. En premier lieu, je vous rends compte du mauvais état de mon&#13;
temporel, qui va d’une manière pitoyable par le peu d’ordre qu’on apporte en&#13;
Canada. Je ne m’en rends pas à vous. Je suis persuadé que si vous étiez en état&#13;
d’agir par vous-même et vous mêler du temporel, je ne serais pas poussé à bout&#13;
comme je suis et hors d’état de vous rien envoyer, mais trop de personnes s’en&#13;
mêlent pour que les choses aillent bien : Mgr l’Ancien, M. de Bernières, M. Buisson,&#13;
M. Soumande, chacun de vos magasiniers, etc. Tous ces Messieurs tirent de leur&#13;
côté et personne ne se met en peine d’où l’argent viendra. Comme je suis d’une&#13;
très faible vertu, je vous avoue que je me suis vu poussé à bout quand j’ai lu qu’au&#13;
lieu de m’envoyer des fonds de quoi m’acquitter et faire des factures, on me&#13;
retenait en Canada les 2 000 livres des prêtres hors d’état de servir, on me tirait&#13;
pour 5 000 livres de lettres de change et on m’adressait une facture plus grosse ou&#13;
du moins aussi forte qu’à l’ordre et puis, vous me marquez : « Nous n’y pouvons&#13;
rien retrancher. Si vous omettez quelque chose, nous souffrirons beaucoup. »&#13;
Jugez quel beau plaisir j’ai de me voir forcé de vous retrancher non pas une partie&#13;
de vos factures, mais tout, par l’impossibilité où je suis de les acquitter ; car enfin,&#13;
quelle apparence y avait-il que je pusse le faire ? Je vous envoyais l’an passé un&#13;
compte, par lequel je me voyais en avance pour vous de plus de 6 000 livres, sans&#13;
compter près de 4 000 livres que je devais à M. Grignon pour sa facture. Je ne&#13;
voyais point d’autre fonds que les 2 000 livres des prêtres hors d’état de servir et&#13;
les 4 000 livres de Mgr l’Ancien, bien ou mal payées, avec environ pour 1 200 ou&#13;
1 500 livres de revenu, tant de l’hôtel de ville que des particuliers et des bénéfices.&#13;
Cela est bien éloigné encore de 10 000 livres. Quelle apparence donc que je pusse&#13;
vous rien faire toucher (surtout en touchant en Canada les 2 000 livres des prêtres&#13;
usés) et employer en factures, encore moins payer des lettres de change ? Je vous&#13;
avoue que cela m’a fort découragé et j’eusse bien mieux aimé être confiné dans le&#13;
moindre petit coin de mission que de me voir chargé de ces embarras.&#13;
Nos Messieurs voulaient que je ne vous envoyasse rien de cette année et qu’au&#13;
plus, je me réduisisse à payer vos lettres de change et en vérité, c’est même plus&#13;
que je ne puis faire. Cependant, j’ai tâché à faire plus, car j’ai résolu de vous&#13;
envoyer les étoffes noires et bleues, quelques fils et quelques merceries que vous&#13;
eussiez eu peine à trouver en Canada, quelques autres nécessités, qui ne laissent&#13;
&#13;
�pas de monter, selon le mémoire que j’en ai fait, à plus de 2 500 livres, outre que&#13;
quelque vin pour les messes et de la cire que j’ai prié M. Grignon de vous envoyer.&#13;
Voilà tout ce que j’ai pu faire. Encore me trouverais-je en avance pour le moins&#13;
d’autant que l’an passé et si plusieurs personnes ne m’avaient mis pour plus de&#13;
4 000 ou 5 000 livres entre les mains pour me prier de les employer, sans qu’ils en&#13;
perdissent la diminution, je n’aurais pu faire pour vous ce que j’ai fait. Mais vous&#13;
voyez bien que ce sera un fonds qu’il me faudra trouver l’année prochaine et que&#13;
je ne sais où je prendrai. Il semble que je sois fait pour vivre d’industrie et&#13;
conserver mon crédit. Quoique vous n’ayez garde de me laisser aucun fonds, je&#13;
n’ai pas laissé d’établir si bien mon crédit par tout Paris, par quantité d’autres&#13;
affaires qui me passent par les mains, si j’avais besoin de 20 000 écus chez les&#13;
marchands, je les trouverais ; mais je tâche à mettre ordre à mes affaires et à ne&#13;
laisser jamais de dettes au bout d’une année, car sans cela, je serais perdu.&#13;
Croyez-vous, Monsieur, qu’en comptant vos affaires, celles du chapitre et des&#13;
Hospitalières et du Séminaire de Paris et des missions, dont une partie me passe&#13;
par les mains, parce que l’on me trouve plus aisément que nos Messieurs, des&#13;
bénéfices de M. l’abbé de Lionne et de quelques autres de nos Messieurs dont je&#13;
prends soin et enfin, de quelques particuliers à qui je ne puis refuser de faire&#13;
plaisir, il me passe par les mains pour plus de 70 000 livres d’argent tous les ans&#13;
par les mains ? Il faut bien de l’attention pour ne se pas brouiller dans toutes ces&#13;
affaires et en vérité, j’en ai plus que je n’en puis faire et je cherche le plus que je&#13;
puis à m’en débarrasser.&#13;
Mgr l’Ancien m’écrit que si je ne puis avoir assez de fonds pour acquitter ses lettres&#13;
de change, je dois aliéner les rentes de l’hôtel de ville. Il ne voit pas que cela n’est&#13;
pas si aisé qu’il pense, car 1er pour aliéner un fonds, il faut trouver gens qui le&#13;
veuillent acheter et on n’en trouve d’ordinaire qu’en perdant et souvent assez&#13;
considérablement dessus ; 2e ceux mêmes qui acquièrent des gens de main morte&#13;
veulent une sureté d’emploi ; ce n’en est pas une pour eux que de payer de leur&#13;
argent des lettres de change ; 3e il s’est présenté cette année une occasion que le roi&#13;
a offert le remboursement, mais c’était avec une grosse perte, puisqu’on ne payait&#13;
ceux à qui l’on remboursait qu’en espèce, telles qu’elles valaient avant aucune&#13;
diminution. Cela allait à près du 10e. De plus, on ne remboursait pas agréablement&#13;
&#13;
�aux communautés et c’était faire de la peine au ministre que de demander son&#13;
remboursement. M. de Glandelet, pour qui le temporel n’est rien, me mande que&#13;
je paierai les lettres de change sur les gratifications qui nous seront accordées pour&#13;
Mississippi. Je crois qu’il a voulu railler, à son ordinaire. Cependant, cela se&#13;
trouvera plus vrai qu’il n’a pensé. À la vérité, c’est contre mon attente. Je n’espérais&#13;
rien.&#13;
Nous n’avons pas laissé de donner à M. l’archevêque de Paris la lettre de&#13;
Mgr l’Ancien et de M. l’évêque de Québec. Ce prélat, toujours attentif à nous faire&#13;
plaisir, nous demanda si nous en avions donné une à M. de Pontchartrain et que&#13;
cela était absolument nécessaire. (Je crois que vous savez le changement qui s’est&#13;
fait dans cette famille : le père a été fait chancelier et le fils, ministre et secrétaire&#13;
d’État pour la Marine.) Nous dîmes à M. l’archevêque que nous n’avions pas de&#13;
lettres de nos deux prélats pour lui, mais que j’avais des blancs signés de&#13;
Mgr l’Ancien et que nous pouvions lui en faire une. Il nous le conseilla et nous&#13;
promit d’en parler au roi, après qu’il en aurait conféré avec M. de Pontchartrain,&#13;
quand il aurait reçu sa lettre. Je la fis et M. l’abbé de Brisacier eut la bonté de la&#13;
rendre et de la bien recommander. Le ministre battit froid sur ce point, quoiqu’il&#13;
soit assez bien disposé par M. l’abbé de Brisacier ; mais comme il est assez porté&#13;
par les Jésuites, nous crûmes qu’il ne favoriserait pas cette demande. Nous l’avions&#13;
cet été fait prier de demander pour nos missions de Mississippi, lorsque&#13;
M. d’Iberville rendit compte au roi de sa découverte ; mais comme M. d’Iberville&#13;
n’avait rapporté à la Cour rien qui pût faire prendre la résolution d’y établir une&#13;
colonie, M. de Pontchartrain nous avait fait réponse que le roi n’accorderait rien&#13;
qu’on ne vit apparence d’y faire un établissement. Il nous accorda seulement le&#13;
passage dans le vaisseau de M. d’Iberville pour un missionnaire, si nous y en&#13;
voulions envoyer ; mais celui sur qui nous avions jeté les yeux, qui est cet&#13;
ecclésiastique de la communauté de Saint-Pierre, dont je vous avais écrit l’an&#13;
passé, saigna du nez quand il fallut fondre la cloche. Nous n’avons donc guère&#13;
espéré de rien obtenir qu’au retour de M. d’Iberville, que nous attendons vers le&#13;
mois de mai ou de juin.&#13;
&#13;
�Cependant, nous venons d’apprendre que le roi a eu la bonté de nous accorder&#13;
3 000 livres pour les missions de Mississippi. Je regarde cette faveur comme très&#13;
considérable par rapport à l’état où sont ses finances. Cela vous encouragera dans&#13;
cette entreprise et si à ces 1 000 écus, nous y pouvions joindre quelque pension du&#13;
clergé, dont l’Assemblée se doit tenir au 25 de mai prochain, à laquelle nous&#13;
comptons de donner un petit mémoire, je suis très persuadé que l’on serait bien en&#13;
état de soutenir ces missions. Mais nos Messieurs croient que ces 3 000 livres ne&#13;
sont qu’une gratification passagère. Il faut espérer que le roi aura la bonté de la&#13;
continuer et c’est ce que nos Messieurs tâcheront d’obtenir. Nous prévoyons que&#13;
les Jésuites feront ce qu’ils pourront pour nous traverser en cette entreprise et nous&#13;
le jugeons par tout le mouvement qu’ils se sont donnés pour la mission de&#13;
Tamarois ; car ils ont agi dans cette affaire comme si nous eussions voulu les&#13;
dépouiller des biens qui leur fussent le plus acquis. Ils ont conçu une jalousie&#13;
contre M. de Montigny et M. Bergier qui ne fera que s’augmenter et je suis très&#13;
persuadé que cette jalousie n’est fondée que sur ce que ces personnes ont du mérite&#13;
et sont capables de se passer d’eux, car voilà ce qu’ils ne sauraient souffrir. Je&#13;
n’aurais pu croire que les PP. Bouvart, Carheil, Gravier, Binneteau eussent écrit&#13;
comme ils ont écrit à M. de Denonville et au P. de La Chaize de cette affaire des&#13;
Tamarois. Nos Messieurs avaient cru ne pas devoir trop s’entêter de cette affaire,&#13;
vu que nous en avons d’autres bien plus importantes à leur contester, sur&#13;
lesquelles nous gardons le silence. Comme nous vîmes que M. le marquis de&#13;
Denonville, sous prétexte de conserver la paix entre nos maisons, se donnait tant&#13;
de mouvement pour cette affaire, mais en effet pour faire emporter aux Jésuites&#13;
tout ce qu’ils veulent, nous crûmes devoir renvoyer l’affaire à régler entre vous&#13;
autres sur les lieux, en disant que nous écririons en Canada que si ce poste ne nous&#13;
était pas d’une absolue nécessité, nous prierions nos Messieurs, pour le bien de la&#13;
paix, de le céder aux Jésuites ; bien entendu que si nous ne pouvions nous en&#13;
passer pour le soutien et la correspondance de nos missions, les Jésuites auraient&#13;
assez de charité pour nous céder le prétendu droit qu’ils voulaient y avoir.&#13;
Ce qui obligea nos Messieurs de prendre ce parti fut la vivacité avec laquelle et&#13;
M. de Denonville et le R. P. de Lamberville parlaient de cette affaire et la&#13;
contrariété qui se trouvait entre ce que nos Messieurs de Mississippi mandaient&#13;
des Tamarois et les Jésuites en écrivaient ; car nos Messieurs veulent que ce soient&#13;
&#13;
�deux peuples différents, les Jésuites veulent que ce ne soit qu’un même peuple,&#13;
qui vivent ensemble, qui font leurs champs ensemble, qui chassent ensemble, qui&#13;
s’allient ensemble ; nos Messieurs veulent que le P. Gravier n’y ait été que cinq&#13;
jours, les Jésuites veulent que le P. Marest y ait demeuré, le P. Gravier séjourné&#13;
longtemps, le P. Binneteau passé plusieurs hivers ; nos Messieurs veulent qu’il n’y&#13;
eût, quand ils y sont arrivés, que deux ou trois familles chrétiennes et les Jésuites&#13;
prétendent qu’il y a plus de trois cents chrétiens, que le P. Binneteau était près d’y&#13;
aller quand nos Messieurs y sont arrivés.&#13;
Mais ce qui obligea le plus nos Messieurs à vous renvoyer cette affaire est qu’ils&#13;
ont espéré que, par le délai et le retardement, cette affaire deviendrait meilleure&#13;
pour nous. Nos Messieurs y étant établis, je vous conseille une autre fois de ne pas&#13;
renvoyer davantage d’affaires à régler entre les Jésuites et nous en France. Elles en&#13;
deviendront plus mauvaises. Il faut recommander fort à nos MM. de Mississippi&#13;
de ne pas leur faire de mauvaise difficulté, de souffrir même dans les&#13;
commencements diverses contradictions sans se plaindre et s’aigrir, car il faut&#13;
nous attendre que ces pères pourront chercher noise dans les commencements,&#13;
mais quand il s’agira de se conserver dans les postes qu’ils ont occupés, de s’y&#13;
soutenir avec fermeté, puisqu’ils ont l’autorité légitime de M. l’évêque de Québec,&#13;
je leur conseille même de faire leur possible pour se passer des Jésuites pour la&#13;
correspondance et surtout, de ne pas aller chez eux à Michillimakinac, ni aux&#13;
Illinois, ni de n’y envoyer point leurs gens s’ils peuvent, car rien n’est plus bas que&#13;
les reproches qu’ils font d’avoir reçu nos Messieurs dans ces lieux et de n’en avoir&#13;
que de l’ingratitude. Ils ont produit un certificat devant notaire à Montréal d’un&#13;
coureur des bois, qui dit que les Tamarois sont Illinois et que les Jésuites y ont&#13;
beaucoup de chrétiens. Ils rapportent encore que M. Desilets, parent de&#13;
M. de Tonti, a dit à M. de Saint-Cosme, que ce n’était pas bien de ravir le bien&#13;
d’autrui en s’emparant des Tamarois. Ils veulent encore que M. de Tonti a résolu&#13;
de bâtir une chapelle à M. de Montigny au fort des Illinois, ce que nous leur avons&#13;
déclaré que nous n’approuverions pas, pour ne pas porter la faucille dans le champ&#13;
d’autrui. Les Jésuites ne sont pas contents de MM. de Tonti et La Forest et je suis&#13;
persuadé qu’ils n’ont pas contribué à procurer une compagnie à M. de Tonti. Nos&#13;
Messieurs ont tâché de rendre d’eux un bon témoignage à M. de Pontchartrain.&#13;
&#13;
�Il me paraît que le projet de M. Charron d’établir une compagnie qui ait des&#13;
barques sur les lacs serait des plus utiles pour le soutien de nos missions et pour&#13;
nous tirer de la sujétion des Jésuites. Je crois que vous devez appuyer cette affaire&#13;
le plus que vous pouvez.&#13;
Nous sommes dans une fâcheuse crise avec les RR. PP. [jésuites] au sujet des&#13;
cérémonies chinoises. Ils se sont déclarés contre nous par des imprimés et nous&#13;
serons obligés de le faire contre eux. Mais nous avons un autre dessein, qui, s’il&#13;
réussit, sera bien plus important et fera un plus grand éclat. Vous savez que le&#13;
R. P. de Rhodes proposa à nos premiers missionnaires d’aller dans ces missions&#13;
pour y former un clergé du pays ; nos Messieurs y furent dans ce dessein. Ils y ont&#13;
travaillé, mais les divisions et les révoltes des Portugais les ont empêchés de&#13;
réussir en plusieurs endroits. Ils ont même usé d’adresse à Rome pour ruiner ce&#13;
dessein, en y jetant de la jalousie et faisant craindre aux Romains que nous&#13;
voulions établir une mission nationale ; si bien que le Saint-Siège nous a changé&#13;
nos vicariats apostoliques depuis quelque temps, ce qui ruine le projet d’un clergé&#13;
séculier. Nos Messieurs ont résolu de dresser un mémoire pour présenter au pape,&#13;
et même à l’Assemblée du clergé, pour faire voir la nécessité de ce clergé séculier.&#13;
Les moyens qu’il faut prendre pour y parvenir, les obstacles qu’ils y ont trouvés&#13;
(et c’est sur ces obstacles qu’ils doivent parler des divisions des Jésuites et produire&#13;
des choses, qui, quelques modérées qu’elles soient, leur déplairont infiniment) et&#13;
nous nous offrons de nous réduire à quatre vicariats apostoliques, l’un à Siam,&#13;
l’autre à la Cochinchine, un au Tonkin et un à la Chine, dans une des quinze&#13;
provinces, au lieu de sept vicariats que nous avons à présent, pourvu qu’on nous&#13;
y laisse une centaine d’années de suite et que nous y ayons pendant ce temps-là&#13;
une juridiction qui ne soit pas contestée et nous promettons de laisser ces vicariats&#13;
et tous les établissements que nous y aurons faits dès que nous y aurons formé un&#13;
clergé, ce que nos Messieurs espèrent faire en cent ans, et d’aller en d’autres&#13;
provinces ou royaumes faire le même bien.&#13;
Comme nous avons eu pendant toute l’année ici quatre anciens missionnaires des&#13;
indes, savoir : M. de Cicé, que l’on a fait succéder à M. de Métellopolis à Siam, et&#13;
nous en avons toutes les bulles, mais elles ne sont pas arrivées avant le départ des&#13;
vaisseaux, si bien qu’il restera encore cette année avec nous ; M. Labbé, qui est&#13;
&#13;
�aussi nommé vicaire apostolique de Cochinchine ; M. de Lavigne, qui était notre&#13;
procureur à la côte de Coromandel ; et M. Pocquet, qui est revenu l’été passé, nos&#13;
Messieurs ont travaillé tout l’hiver à des règlements pour ces missions, qui&#13;
établissent quelque uniformité entre elles ; mais il a fallu faire ces règlements&#13;
uniquement pour eux, car ils n’ont pas voulu qu’il y eût aucune relation avec nos&#13;
missions de Canada. Ils ont tous conçu un fond de peine de ce que le Séminaire de&#13;
Paris était uni avec celui de Canada et avait correspondance en Perse. Ils auraient&#13;
voulu que ce Séminaire n’eût été qu’à eux et pour eux et je les ai trouvés sur cela&#13;
dans des sentiments qui ne sont pas aussi parfaits qu’ils devraient, ce me semble,&#13;
être. Nos MM. de Paris ont eu beau leur représenter ce qu’ils en pensent, ils ont&#13;
conçu de même une si grande défiance du Séminaire de Paris, comme s’il voulait&#13;
dominer sur leurs missions, dont ils veulent que l’autorité soit renfermée dans la&#13;
personne des vicaires apostoliques, que nos Messieurs n’ont pu les en faire revenir.&#13;
On a donc fait des règlements, qui, comme je crois, ne seront pas exécutés, parce&#13;
qu’ils ont leurs difficultés. Je n’ai pu encore en tirer une copie pour vous envoyer,&#13;
parce que l’on n’a pas encore arrêté certains principaux articles, qui sont demeurés&#13;
en suspens. Ces affaires nous ont pris cet hiver un temps infini. Il a fallu faire des&#13;
assemblées continuelles. Nos Messieurs ont été pendant plus de trois mois presque&#13;
toujours à la campagne et moi, obligé de rester au logis, ce qui ne m’a pas donné&#13;
peu d’occupation. Nous vous avertissons de prendre garde à ce que vous écriviez&#13;
à M. de Denonville, car vous devez compter qu’il ne cache rien, en premier lieu&#13;
aux Jésuites, en deuxième lieu à M. l’abbé de Préfontaine, qui en instruit&#13;
M. de La Pallière.&#13;
Je n’ai eu garde de dire à M. de La Pallière que l’on se plaignait que tout ce qui lui&#13;
était dit était rapporté à Mgr de Québec, mais M. de Denonville le lui a dit et nos&#13;
Messieurs ont cru devoir s’expliquer avec lui fortement sur ce qu’il avait mandé à&#13;
Mgr de Québec, qu’il se donnât de garde de revenir en France, parce que comme&#13;
on n’y était pas content de sa conduite, on ne le laisserait pas retourner en Canada.&#13;
M. de La Pallière s’est excusé d’avoir mandé ces choses, prétendant ne l’avoir pas&#13;
fait en ce sens. J’ai été fâché que nos Messieurs lui aient fait cette ouverture, en lui&#13;
faisant connaître que quoique nous n’eussions rien en particulier à nous plaindre&#13;
du prélat, nous ne laissons pas de voir qu’il renversait tout le bien de cette pauvre&#13;
&#13;
�Église. Je crains que M. de La Pallière, quelque promesse qu’il ait faite de n’en rien&#13;
croire, ne mande toutes choses et peut-être plus fortement qu’elles ne sont en effet.&#13;
La mort de M. Du Bos, mais encore plus celle de M. Thury, m’a fort touchée. Je&#13;
voudrais mourir comme lui, mais hélas il faudrait vivre comme lui ! On ne goûte&#13;
pas cette cérémonie qu’il fit faire à ses Sauvages. Cependant, pour nous qui le&#13;
connaissions, on voit que c’est dans un esprit de pénitence et de mortification qu’il&#13;
a voulu pratiquer cette cérémonie. Je ne crois point M. Maudoux propre à cette&#13;
mission et il faut que vous jetiez les yeux sur quelque autre. J’écris même à&#13;
M. Maudoux que je lui conseille de quitter entièrement l’Acadie. Ces Messieurs&#13;
[de la Pêche sédentaire] sont si prévenus contre lui, sur ce qu’ils croient et sur de&#13;
bons témoignages qu’il leur est assez difficile de ne pas croire, que M. Maudoux,&#13;
sous prétexte d’en vouloir à M. Villebon, fait son possible pour décrier et ruiner&#13;
leur Compagnie, en dégoûte les peuples. Peu s’en est fallu qu’ils n’aient demandé&#13;
une lettre de cachet pour le rappeler en France. Ils sont choqués de ce qu’il&#13;
s’échappe et ne paraît jamais à Port-Royal lorsque Villebon y va et il fut à l’été&#13;
passé au-devant d’un commissaire, qui y fut dans le vaisseau du roi, en surplis et&#13;
en étole, et le qualifia de libérateur du pays, fit de grandes plaintes de la&#13;
Compagnie. M. le marquis de Chevry, qui passe pour un fort honnête homme, me&#13;
montra ces jours passés des témoignages des officiers des vaisseaux, qui ont été en&#13;
ces quartiers-là depuis deux ou trois ans, qui tous disent que les prêtres sont trop&#13;
opposés à la Compagnie et ne la sauraient souffrir. Il est fâcheux de voir cet&#13;
éloignement. Ces Messieurs, après tout, ont l’autorité royale et il la faut respecter&#13;
en eux. Il serait à souhaiter que nous pussions avoir à l’Acadie quelque&#13;
ecclésiastique qui eut la confiance de M. le marquis de Chevry pour établir là un&#13;
clergé séculier. J’en écris à M. Petit. Je vous prie de lire les vues que je lui propose.&#13;
Si vous y entriez, vous n’auriez qu’à envoyer une personne pour prendre ma place&#13;
et nous envoyer à l’Acadie M. Petit et l’ecclésiastique qui va cette année en Canada&#13;
et nous tâcherions d’y faire du bien.&#13;
Deux choses me font quelques difficultés dans l’exécution de ce projet : la 1re, que&#13;
je ne sais s’il serait bon pour moi d’aller travailler en ces pays-là sous la juridiction&#13;
de M. l’évêque, après les peines que j’ai pu lui faire ; la 2e, que je ne sais si nos deux&#13;
MM. de Paris seraient bien contents que je quittasse. Cependant, je lèverais la&#13;
&#13;
�première difficulté si vous jugiez que je ne dusse pas m’arrêter à la seconde. Nos&#13;
Messieurs, à la vérité, sont bien aises de n’avoir pas de visages nouveaux et d’avoir&#13;
des personnes qui ne soient pas tout à fait neuves dans les affaires, parce que les&#13;
nôtres ont de si grandes relations qu’on n’y est pas fait tout d’un coup ; mais&#13;
j’espérerais qu’en m’envoyant une personne cet automne, je l’instruirais l’hiver et&#13;
le préparerais à me succéder. Après tout, il faudra bien m’envoyer quelqu’un tôt&#13;
ou tard et il me semble que j’aimerais mieux que ce fût tôt que tard, parce que&#13;
j’espère que vous ne voudrez pas me laisser mourir dans un si pitoyable emploi&#13;
que celui-ci. Je vous avoue que j’ai conçu depuis six mois, plus que je n’ai encore&#13;
fait, l’obligation de passer à ce terrible passage et j’en ai eu de forts pressentiments.&#13;
Vous n’avez pas fait attention à ce que je vous avais mandé l’an passé de M. Gay.&#13;
Il n’était nullement propre à aller aux Mines et vous deviez plutôt le mettre à&#13;
Charlesbourg et envoyer M. Doucet aux Mines. Je vous conseille même de l’en&#13;
retirer et de le rappeler auprès de vous. Ce sera un bon ecclésiastique s’il est&#13;
soutenu, mais je n’en voudrais pas répondre de lui s’il était entièrement sur sa&#13;
bonne foi, comme on y doit être aux Mines. Pensez-y, je ne puis vous mander tout&#13;
ce que j’en pense. Je ne pourrais vous le dire que de bouche. J’aurais plus fait de&#13;
fonds sur M. Le Voyer, quoiqu’il fût bien jeune prêtre.&#13;
Nous vous envoyons cette année un prêtre6, dont je crois que vous serez contents.&#13;
Il nous paraît un bon sujet. Il est, à ce que j’ai ouï-dire, un peu parent de&#13;
M. de Meaux, qui lui avait donné un canonicat dans sa cathédrale. Il l’a résigné&#13;
pour une chapelle qu’il a, qui vaut 400 ou 500 livres. Ainsi, comme vous voyez, il&#13;
ne sera pas bien à charge et est d’une humeur fort douce et cherche à bien faire.&#13;
S’il avait été plus jeune, peut-être ne l’aurions-nous pas eu pour nos missions. Je&#13;
vous conseillerais ou de le retenir pour travailler à Québec comme vicaire ou pour&#13;
être dans la côte de Beaupré ; mais il serait bon qu’il nous pratiquât quelque année.&#13;
Nos Messieurs ont été bien aises que vous ayez associé M. Bergier. Il faut espérer&#13;
que Dieu en tirera sa gloire. Comme il est sage et modéré, il ne se fera pas de&#13;
mauvaises affaires avec les Jésuites, mais aussi ne sera-t-il pas d’humeur à ramper&#13;
devant eux, comme ils voudraient voir tous les ecclésiastiques. M. de Denonville&#13;
6&#13;
&#13;
En marge : M. Calon.&#13;
&#13;
�et les pères jésuites ont répandu ici partout, sur les lettres de M. Prévost et d’autres,&#13;
que vous et M. de Glandelet, en un mot tout le Séminaire, perdaient la confiance&#13;
de tout le peuple et n’étaient même regardés qu’avec mépris, parce que vous&#13;
donniez dans les vues de Mgr de Québec et l’autorisiez dans la peine qu’il a faite&#13;
aux Jésuites, aux Hospitalières et aux autres. C’est sur cela que nos Messieurs,&#13;
touchés de ce qu’on leur disait que M. de Glandelet n’était plus aimé comme&#13;
auparavant, qu’ils crurent devoir s’en ouvrir à M. de La Pallière. Il est bon que&#13;
vous en sachiez le sujet, afin que si Mgr de Québec s’en plaint, vous soyez en état&#13;
de lui dire que ce n’est point sur ce que vous nous avez écrit, mais sur ce qui est&#13;
revenu à nos Messieurs de plusieurs séculiers que nos MM. de Québec se faisaient&#13;
haïr et mépriser, parce qu’ils paraissaient donner dans ses vues, qu’ils ont parlé&#13;
comme ils ont fait à M. de La Pallière et non pas sur des plaintes qu’aucun de vous&#13;
lui ait faites de sa conduite.&#13;
M. Herbéry m’a écrit pour me demander si l’on voulait le laisser retourner en&#13;
Canada ou le recevoir au Séminaire. Je lui ai conseillé de rester en ses quartiers et&#13;
comme M. l’évêque de Toul nous en a demandé des nouvelles, nos Messieurs en&#13;
ont rendu un témoignage avantageux et je le lui ai mandé. J’espère qu’il entrera&#13;
auprès de quelques enfants de qualité en Alsace.&#13;
Je vous ai envoyé cette année les 100 aunes d’étoffes bleues que vous avez&#13;
demandées et meilleures que vous n’en avez encore reçues, aussi bien que les&#13;
étoffes à soutane, mais elles coûtent bien cher les unes et les autres. C’est ce que&#13;
vous recevrez de plus net avec des bas et des chapeaux.&#13;
Je vous avoue que je ne puis vous dire ce que je pense du mauvais état de notre&#13;
temporel, parce que je crains que cette lettre ne tombe en d’autres mains qu’en les&#13;
vôtres. Je vois bien avec vous qu’il faut patienter, mais je ne puis m’empêcher de&#13;
penser que notre temporel irait mieux si vous vous mêliez et s’il y avait moins de&#13;
personnes qui s’en mêlassent.&#13;
J’ai oublié de vous marquer, en vous parlant de l’Acadie, que Monseigneur m’avait&#13;
remis seulement 1 100 livres pour l’Acadie par M. de La Pallière. De ces&#13;
1 100 livres, j’en ai retenu 300, comme vous me l’avez mandé, pour M. Rageot, que&#13;
&#13;
�vous avez habillé. J’en ai compté 300 livres pour M. Gaulin et j’en ai envoyé 500 à&#13;
MM. Maudoux et Guay conjointement, en étoffes et toiles qu’ils m’ont demandées&#13;
et en argent que je leur ai fait remettre. Monseigneur en a fait retenir 400 livres&#13;
pour les Récollets, qu’il équipe avant nos missionnaires.&#13;
Les 2 000 livres accordées pour l’établissement de la mission de M. Thury et sur&#13;
lesquelles M. de La Touche avait réservé 300 livres pour M. Thury sont encore à la&#13;
disposition de M. Bégon, qui les remettra en effet au missionnaire qui sera&#13;
appliqué à cette mission, mais il faut une autre personne que M. Maudoux pour&#13;
cela. Nous ne nous sommes pas pressés d’en écrire à M. Bégon, jusqu’à ce que nous&#13;
y voyions un missionnaire capable de reprendre le dessein de M. Thury et de le&#13;
soutenir.&#13;
Vous ne sauriez croire combien ce que Monseigneur a fait aux Hospitalières l’a&#13;
décrié dans les bureaux et partout. Il passe partout pour un brouillon, qui porte la&#13;
division partout et ce qu’il y a en cela de bon pour ces religieuses et pour nous,&#13;
c’est qu’on n’a point fait ces jugements de lui sur nos plaintes et sur celles des&#13;
Hospitalières, qui n’ont écrit à personne, hors à M. de La Touche une petite lettre&#13;
d’honnêteté accoutumée pour le prier de leur continuer sa bienveillance, mais je&#13;
n’ai point produit à la Cour de mémoire de leur part et ne les ai fait parler en&#13;
aucune manière ; mais je savais que tant de gens parlaient pour elles que j’ai cru&#13;
faire leurs affaires que de ne les point commettre. C’est ce qui leur doit faire plaisir&#13;
dans ce que l’on a réglé contre l’Hôpital général que le roi, dans son Conseil, a fort&#13;
désapprouvé, car Monseigneur ne peut se plaindre que les religieuses se soient&#13;
plaintes de sa conduite : elles n’ont dit mot, elles ont souffert avec patience et Dieu&#13;
a pris leur cause en main et les a défendues.&#13;
Je vous ai déjà, ce me semble, écrit que j’ai obtenu le passage d’un missionnaire7 et&#13;
de trois engagés dans le vaisseau du roi. C’est pourquoi je fais partir demain&#13;
M. Calon pour arriver à La Rochelle avant le 10 de mai et j’ai fort prié M. Grignon&#13;
de nous trouver trois engagés pour mettre sur ce vaisseau. On ne trouve pas&#13;
aisément de ces engagés en France vers la Beauce, ni autour de Paris. Je vous&#13;
envoie aussi le neveu du frère Hubert [Houssart] que vous avez voulu que je fisse&#13;
7&#13;
&#13;
En marge : M. Calon.&#13;
&#13;
�passer. Cet enfant est encore trop jeune et trop faible. À cela près, c’est un fort bon&#13;
enfant, qui a une bonne volonté et dont je crois qu’on sera content s’il arrive à&#13;
Québec en bonne santé ; mais il est fort faible.&#13;
Vous avez vos peines dans votre charge et dans l’état où vous voyez nos affaires,&#13;
vous ne doutez pas que je n’aie les miennes, sans avoir votre vertu et votre piété&#13;
pour les sanctifier. Nos Messieurs ont les leurs à Paris. Elles sont différentes des&#13;
vôtres, car nous vivons, par la grâce de Dieu, dans une grande paix dans le&#13;
Séminaire et dans une entière correspondance pour nos affaires du Séminaire de&#13;
Paris et même des missions d’Orient, qui sont en fort bon état, car ce sont les vôtres&#13;
qui sont les plus délabrées. Nous voyons même le Séminaire en bon état pour le&#13;
spirituel et chacun s’y porte assez au bien. Nous avons envie de prendre moins de&#13;
sujets que jamais et de n’en admettre que de bons.&#13;
Nous avons changé de supérieur cet hiver. On a voulu mettre un intervalle dans&#13;
le gouvernement de M. l’abbé Tiberge, qui y reviendra après que M. l’abbé&#13;
de Brisacier aura fait un temps.&#13;
M. de Bernières m’écrit d’un chanoine régulier de Caen qu’on dit être un bon sujet,&#13;
mais nos Messieurs m’ont conseillé de ne pas m’en charger, parce qu’il est&#13;
religieux : cela fait une diversité d’esprit et de sentiments, qu’il faut éviter dans les&#13;
communautés. Il y a peu de ces séculiers qui s’accommodent à vivre en paix avec&#13;
les ecclésiastiques. M. de La Pallière paraît avoir envie de l’envoyer. Il le peut&#13;
prendre sur lui sans que nous nous en mêlions.&#13;
Je dois, au commencement de juillet, faire un voyage avec M. de La Pallière en&#13;
Berry pour les affaires de nos prieurés et encore plus de l’abbaye de Méobecq. Les&#13;
affaires du chapitre me donnent plus d’embarras, quatre fois que celles du&#13;
Séminaire de Paris et de Québec. J’ai surtout une affaire terrible avec une religieuse&#13;
de l’Estrée, qui a gagné son procès contre nous à Rouen par les intrigues d’un&#13;
conseiller, qui a dessein d’y mettre ses filles et de se rendre maître de cette abbaye,&#13;
qui confine une de ses terres. Cette affaire m’a pensé faire perdre l’esprit et j’en ai&#13;
été malade au lit cet automne, au retour d’un voyage que je fis à l’Estrée pour&#13;
tâcher de l’accommoder, où j’offris pour les dépens à ce conseiller jusqu’à&#13;
&#13;
�2 500 livres ; mais la négociation se rompit par son manque de parole et nos&#13;
Messieurs, à mon retour, ne voulurent plus que je parlasse d’accommodement et&#13;
ayant pris le conseil de M. d’Argenson, lieutenant-général de police, ils m’obligent&#13;
de m’adresser au roi au nom du chapitre de Québec pour demander la cassation&#13;
de cet arrêt. On a admis ma requête au Conseil, où j’ai fait assigner la religieuse, et&#13;
je lui ai fait ensuite divers incidents pour éviter de lui payer ses dépens et l’ai&#13;
encore appelée au Conseil en règlement de juges ; si bien que nous y avons deux&#13;
instances contre elle, l’une en règlement de juges, l’autre en cassation d’arrêt ; et&#13;
comme il coûte très cher à plaider au Conseil, j’ai tout à craindre si l’affaire y tourne&#13;
mal, car les dépens iront peut-être à plus de 5 000 ou 6 000 livres, sans compter tout&#13;
ce qui me coûte et toutes les peines, sollicitations, etc., et pas que cette affaire m’a&#13;
coûtée. On m’en fait espérer une bonne issue au Conseil, mais quelque succès que&#13;
j’y aie, je n’ai rien à gagner contre une religieuse qui n’a que sa guimpe et j’ai&#13;
beaucoup à perdre. Elle tient tous les revenus de l’Estrée saisis et je n’en touche&#13;
rien depuis un an. Voilà ce qu’a fait un mauvais acte que Mgr de Québec a signé en&#13;
1691 sans la participation de son chapitre. Vous me direz peut-être que je devrais&#13;
chercher à accommoder cette affaire. Nous avons pris tous les biais pour en venir&#13;
là, mais après y avoir réfléchi, nous n’y avons pu réussir, car pour parvenir à avoir&#13;
nos bulles d’union, il faut que cette religieuse sorte de l’abbaye. Puisque l’évêque&#13;
d’Évreux ne veut pas consentir à son établissement en son diocèse ni l’archevêque&#13;
de Trèves à ce que son prieuré soit transféré de Longwy à l’Estrée. Je vois que cette&#13;
affaire nous donnera bien de la peine et que ce que l’on a fait pour faciliter l’union&#13;
de cette abbaye y deviendra un obstacle insurmontable.&#13;
Je vous prie très instamment de saluer tous nos Messieurs de ma part et de leur&#13;
faire mes excuses de ce que je ne leur écris pas par cette première voie. J’ai déjà&#13;
écrit à Mgr l’Ancien par un vaisseau, qui est parti de Bordeaux des premiers. Je&#13;
compte lui écrire encore par les derniers navires. Je ne pourrai pas écrire à nos&#13;
Messieurs si au long ni par tant de voies que je voudrais. Je compte que vous leur&#13;
ferez part de ma lettre et qu’ils vous feront part de celle que je leur écrirai, qui&#13;
renfermera une bonne partie de ce que je vous écris dans celle-ci.&#13;
&#13;
�J’ai cru que je vous ferais plaisir, et à tous nos Messieurs, de vous envoyer les livres&#13;
qui ont été imprimés sur cette grande affaire que nous avons à Rome. Je vous&#13;
envoie donc en premier lieu les écrits de M. Charmot, en latin, intitulés [Historia]&#13;
cultus sinensium et la suite intitulée Continuatio cultus sinencium, que j’ai fait relier&#13;
avec un autre imprimé intitulé Conformité des cérémonies chinoises avec l’idolâtrie&#13;
grecque et romaine et l’apologie des Dominicains et sont pour la même cause que nos&#13;
écrits latins. Je vous envoie encore un imprimé latin et français de nos Messieurs,&#13;
qui est un état de la question qui se poursuit à Rome. Si je puis avoir l’écrit du&#13;
P. Le Comte adressé à M. le duc du Maine, qui est fait contre nous, je vous&#13;
l’enverrai. Je plains ce père si Dieu donne assez de santé à nos Messieurs pour y&#13;
répondre, car ils ont de quoi le confondre et toute sa Compagnie et ils y sont&#13;
résolus pour ne pas retenir davantage la vérité captive dans l’injustice. Ils sont&#13;
demeurés dans le silence, tant qu’ils ont pu le faire sans faire tort à la vérité, mais&#13;
ce serait la trahir que de ne pas parler à présent et en vérité, je prévois que ce qu’ils&#13;
ont à dire contre les Jésuites est encore pire que ce qu’on leur a reproché dans les&#13;
provinciales, parce qu’ils auront plus de peine à s’en laver.&#13;
Je vais fermer cette lettre et la remettre à M. Calon, avec copie des factures et&#13;
comptes que je vous envoie. Je ne ferai pas partir ce petit neveu de Hubert&#13;
Houssart, qui s’est trouvé avoir la fièvre depuis dix ou douze jours. Je croyais que&#13;
cela se passerait. Je l’avais fait habiller depuis les pieds jusqu’à la tête et fournir du&#13;
ligne. Tout cela sera une dépense inutile, aussi bien que sa nourriture depuis deux&#13;
mois, qu’il me faudra payer au Séminaire et le renvoyer à ses parents. On m’a dit&#13;
qu’il avait peur de partir et qu’il en était tombé malade. Il était trop jeune et trop&#13;
faible. Il ne faut pas penser à faire passer des enfants. Je vous prie d’assurer&#13;
Mgr l’Ancien de mes très humbles respects, de saluer tous nos Messieurs de ma&#13;
part, de faire mes excuses à Mgr de Québec de ce que je ne lui puis encore écrire&#13;
par cette voie. Je suis très respectueusement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 27 avril 1700&#13;
/Transcription8 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
8&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250405">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11922">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/a6efd2b1f7bac8633d6ba0ab6353e337.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=A4R663Ox4reS28b4i5JoctCQM7kGBTzggqoSZYcOBrYrUFDlmS81z2CQn5wSfDoKt5YAgp0YASOW0SH26l0qASvhyNG4qEUjbSQwMTeKjWhfP-%7EMe9au49ydWdqtHqUPQOOyLnrrmpB0zFbkO2HL93ijCyqKmRlwKIWN4L08TNnr6kTX7IdtgUnDi9RvjnmiI6pRq4a2g%7EY8kh8aq9cQ6UGphFSa2tcrOnDPvUVz48JWBLNa%7EEIb7PJZr2iXfHR62D5X8j1FmdhWHEn4occiJtn7707pGan%7EfjE9oxzwgyL3Y34iutvt26ILmdNK-42SRuJVeOeOqte-kO-VLvzrPw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>f09ba0e57628bd813933e668991fa2ec</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250403">
                    <text>1700, 27 avril – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 26)&#13;
M. Des Maizerais&#13;
&#13;
1700&#13;
&#13;
27 avril&#13;
M.r Tremblay&#13;
à&#13;
M.r demaizerets&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1&#13;
No 26&#13;
27 avril 1700 I.&#13;
2 Monsieur&#13;
3 Je vous avoüe ingenuement que Jay toutes les&#13;
4 peines du monde a me resoudre a vous escrire et a&#13;
5 tous nos Mess.rs cette année, par ce quil me Semble&#13;
6 que Je n’ay que des choSes desagreables a vous&#13;
7 mander dez que Je n’ay pu Satisfaire a toutes vos&#13;
8 demandes, et vous envoier tout ce que vous avez&#13;
9 marqué par vos factures. Jespere cepend.’ que&#13;
10 vous me ferez assez la Justice de croire que la&#13;
11 choSe n’a pas esté en mon pouvoir, comme Je&#13;
12 Suis assez porté a croire que Sil ne dependoit que&#13;
13 de vous vos aff.res temporelles ne Seroient pas Si&#13;
14 delabréez et dans un Si mauvais ordre. mais&#13;
15 J’en connois assez la Source, et Je n’y vois point&#13;
16 dautre remede que la patiance, Je ne Suis pas&#13;
17 mesme dans le dessein de vous escrire davantage&#13;
18 d’Epargner, de prendre moins dEnfans, de nepoint&#13;
19 faire de bastimens. Tous ces avis Sont inutils,&#13;
20 Jl vaut mieux me taire et me contenter de&#13;
21 vous dire pour quoy Jl m’a esté Jmpossible&#13;
22 daccomplir touts vos memoires.&#13;
23 J’ay reçeu, Monsieur, toutes vos lettres, et ay&#13;
24 fait tenir celles qui estoient p.r dautres, et en particulier&#13;
25 p.r votre famille; J’ay eu lhonneur de les Saluer&#13;
26 cet esté dans deux voiages que Jay fait a Rouen&#13;
27 p.r les affaires du chapitre, et ou M.r et Mad.e Dela&#13;
28 motte ango ont tasché de me faire tous lesplaisirs&#13;
29 quils ont pu. J’ay eu lhonneur daller auSSi&#13;
30 Saluer de votre part Don ango ala chartreuse de&#13;
31 Gaillon Je revins de Rouen deux fois par la, mais&#13;
32 Jeus le malheur de ne le pas trouver la premiere,&#13;
33 et la Seconde qui estoit la veille de laSSomption Je&#13;
34 restay avec lui le jour de la feste, et taschay dans la&#13;
35 Solitude a me consoler de la perte que Javois fait&#13;
36 la veille d’un procez qui m’a bien causé du&#13;
37 chagrain et de l’affliction. Ce fut p.r moy une grande&#13;
38 Consolation davoir Son entretien presque pendant&#13;
39 tout cejour, et Je trouvay enlui tant donction que&#13;
40 J’aurois dit volontiers Bonum est nos hic&#13;
&#13;
�41 eSSe; Je lui trouvay dans un aage auSSi avancé la&#13;
42 presence d’esprit dune personne en la force de Son aage&#13;
43 et des forces de corps qui devroient n’estre pas dans une&#13;
44 personne qui a mené une vie Si mortifiée. vous&#13;
45 Jugez bien que Nous y parlasmes beaucoup de&#13;
46 vous et Dom ango voulut S’instruire de tout le bien&#13;
47 que Notre Sem.re produit dans notre canada&#13;
3.&#13;
&#13;
48 Je vous diray p.r votre consolation que Je trouvay&#13;
49 aussi Mons.r v’re frere le conSeiller dans des&#13;
50 dispositions tout a fait chrestiennes, aussi bien que&#13;
51 Mad.e et Mad.elle Sa fille qui Sont LExemple de&#13;
52 Rouen. Cette maison est dune bonne odeur et&#13;
53 d’une entiere édification par toute la ville; Je ne&#13;
54 pus pas loger chez eux, parceque Jesperois que&#13;
55 Mons.r De La motte Seroit un de Nos Juges, et Je&#13;
56 ny mangeay mesme qu’une fois, mais Je receus&#13;
57 deux toutes les marques de bonté que Jen pouvois&#13;
58 esperer, et cela m’a renouvellé le commerce et le&#13;
59 raport avec Mad.e De La motte ango plus que Jamais.&#13;
60 J’ay esté mesme ravi d’une occasion qui S’est&#13;
61 presentée de leur faire plaisir. Quoique Nous&#13;
62 ne recevions pas de pensionnaires Nos MeSS.rs en&#13;
63 v’re consideration ont bien voulu recevoir chez&#13;
64 nous M Labbé dela motte ango leur fils. Jly&#13;
65 eut au commencem.t quelqu.’ difficulté, Sur ce qu’on&#13;
66 nous dit quil avoit un peu lesprit du monde, mais&#13;
67 Jl a paru disposé a entrer dans tout ce qu’on pouvoit&#13;
68 desirer de lui, et Jespere que Nous en aurons de la&#13;
69 Satisfaction; Je lattends au premier jour, et je tacheray&#13;
70 a lui adoucir autant que je pouray le Sejour du Sem.re,&#13;
71 afin quil le Soutienne plus longtemps. Je voudrois&#13;
72 quil pust un jour vous Succeder, et perpetuer dans&#13;
73 Nos missions la liaison que que votre famille y a eu&#13;
74 jusqu’a present.&#13;
75 J’ay receu Monsieur toutes vos lettres, Scavoir&#13;
76 une du 14. 7.bre deux du 21. Du mesme mois, un au’ du 22.&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
77 une du 26. 7.bre et une derniere du 20.e 8bre et J’y&#13;
78 vais faire reponse par cellecy.&#13;
79 J’ay aussi receu celle que vous mescrivéz Sur mon&#13;
80 Spirituel, dont Je vous Suis tres obligé et a laquelle&#13;
81 Je repondray en particulier.&#13;
82 Jen’ay pu escrire encore cette année par les 1.ers navires&#13;
&#13;
�83 qu’une Seule lettre, qu’on m’a dit avoir mis dans un&#13;
84 vaisseau qui est parti de Bourdeaux avant celui de&#13;
85 la Baye d’hudson Je lavois pourtant destinée p.r la&#13;
86 donner a M Juchereau ou au P. Joseph qui Sont&#13;
87 passez dans ce vaisseau. Je nescris par cette voye&#13;
88 qu’a M’gr Lancien Seul, et Je lui mande en abregé&#13;
89 tout ce que Je dois vous apprendre dans cellecy.&#13;
90 En 1.er lieu Je lui rends conte du mauvais estat de mon&#13;
91 temporel qui va d’une maniere pitoyable par lepeu&#13;
92 d’ordre qu’on apporte en canada. Je ne m’en prends&#13;
93 pas a vous, Je Suis persuadé que Si vous estiez en etat&#13;
94 d’agir par vous mesme, et vous mesler du temporel,&#13;
95 Je ne Serois pas poussé a bout co’e Je Suis, et hors d’etat&#13;
96 de vous rien envoier, mais trop de personnes S’en&#13;
97 meslent pour que les choses aillent bien M’gr Lancien&#13;
98 M de Berniere, M BuiSSon, M Soumande, chacun&#13;
99 de vos magasiniers &amp;. Tous ces Mess.rs tirent de&#13;
100 leur costé, et personne ne Se met en peine d’ou&#13;
101 largent viendra. Co’e Je Suis dune tres foible vertu,&#13;
102 Je vous avoüe que Je me Suis veu poussé a bout&#13;
103 quand J’ay lu qu’au lieu de menvoyer des fonds&#13;
104 de quoy macquiter et faire des factures, on me&#13;
105 retenoit en canada les 2000.# des prestres hors detat de&#13;
5.&#13;
&#13;
Surtout en touchant&#13;
en Canada les 2000&#13;
des prestres usez&#13;
&#13;
106 Servir, on me tiroit p.r cinq mil livres de lettres de&#13;
107 change et on m’adressoit une facture plus grosse ou&#13;
108 du moins aussi forte qu’a lord.re, Et puis vous me&#13;
109 marquéz Nous n’y pouvons rien retrancher, Si vous&#13;
110 obmettez quelq.’ chose, Nous Souffrirons beaucoup Jugez&#13;
111 quel beau plaisir J’ay, de me voir forcé de vous&#13;
112 retrancher n’on pas une partie de vos factures mais&#13;
113 tout, par limpossibilité ou je Suis de les acquitter.&#13;
114 Car enfin quelle aparence y avoitil que Je pusse&#13;
115 le faire; Je vous envoiois lan passé un compte par&#13;
116 lequel Je me voiois en avance p.r vous deplus de Six&#13;
117 mil livres Sans conter prez de quatre mil livres que&#13;
118 Je devois a M Grignon p.r Sa facture; Je ne voiois&#13;
119 point d’autre fonds que les 2000.# desprestres hors detat de&#13;
120 Servir, et les 4000.# de M’gr Lancien bien ou mal&#13;
121 paiez avec environ p.r 12. ou 1500.# de revenu tant&#13;
122 de lhotel de ville, que des particuliers et des benefices.&#13;
123 Cela est bien esloigné encore de dix mil livres.&#13;
124 Quelle apparencedonc que Jepusse vous rien faire&#13;
125 toucher, et emploier en factures encore moins&#13;
&#13;
�126 payer des lettres de change Je vous avoüe&#13;
127 que cela m’a fort decouragé, et J’eusse bien&#13;
128 mieux aymé estre confiné dans le moindre petit&#13;
129 coin de mission que de me voir chargé de ces&#13;
130 ambaras.&#13;
131 Nos Mess.rs vouloient que Jene vous envoiasse&#13;
132 rien de cette année et qu’au plus Je me reduisisse&#13;
133 a payer vos lettres de change, et en verité cest mesme&#13;
134 plus que Jene puis faire, Cependant J’ay tasché&#13;
6.&#13;
&#13;
135 a faire plus car J’ay resolu de vous envoier les&#13;
136 estofes Noires et bleües quelq.’ fil et quelques&#13;
137 merceries que vous eussiez eup eine a trouver&#13;
138 en canada, quelques autres necessitéz qui ne&#13;
139 laissent pas de monter Selon le memoire que&#13;
140 Jenay fait a plus de 2500.# outre que quelq.’ vin&#13;
141 p.r les messes et de la cire que J’ay prié Mons.r&#13;
142 Grignon de vous envoier. voila tout ce que&#13;
143 J’ay pu faire, encore me trouveraije en&#13;
144 avance p.r le moins d’autant que l’an paSSé,&#13;
145 et Si plus.rs personnes ne m’avoient mis p.r plus&#13;
146 de quatre ou cinq mil livres entre les mains p.r&#13;
147 me prier de les employer Sans qu’ils en perdissent&#13;
148 la diminution Je n’aurois pu faire p.r vous ce&#13;
149 que J’ay fait. mais vous voiez bien que ce Sera&#13;
150 un fonds quil me faudra trouver lannée&#13;
151 prochaine et que Je ne Scay ou Je prendray. Jl&#13;
152 Semble que Je Sois fait p.r vivre d’Jndustrie, et&#13;
153 conserver mon credit. Quoi que vous naiez garde&#13;
154 de me laisser aucun fonds Je n’ay pas laissé&#13;
155 d’établir Si bien mon credit par tout Paris par&#13;
156 quantité dautres affaires qui me passent par les&#13;
157 mains que Si Javois besoin de vingt mil escus&#13;
158 chez les marchands Je les trouverois, mais Je&#13;
159 tasche a mettre ordre a mes affaires, et a ne&#13;
160 laisser jamais de dettes au bout d’une année,&#13;
161 car Sans cela Je Serois perdu.&#13;
162 Croiriez vous Mon Sieur qu’en contant vos&#13;
163 affaires, celles du chapitre et des hospitalieres,&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
164 Du Sem.re de Paris etdes missions dont une&#13;
165 partie me passe par les mains parceque lon me&#13;
166 trouve plus aisement que Nos MeSS.rs, des benefices&#13;
167 de M L. De Lionne etde quelques autres de Nos&#13;
&#13;
�168 Mess.rs dont Je prends Soin, et enfin de quelq.’&#13;
169 particuliers aqui Jenepuis refuser de faire&#13;
170 plaisir Jl me passe par les mains pour plus de&#13;
171 Soixante et dix mil livres dargent tous les ans&#13;
172 parles mains. Jl faut bien de lattention p.r ne&#13;
173 Se pas brouiller dans toutes ces affaires, et en verite&#13;
174 J’en ay plus que Je n’en puis faire, et Jecherche le&#13;
175 plus que Je puis a m’en debarasser.&#13;
176 M’gr Lancien m’escrit que Si Jenepuis avoir&#13;
177 assez de fonds p.r acquiter Ses lettres de change Je&#13;
178 dois aliener les rentes de lhotel de ville Jl ne&#13;
179 voit pas que cela n’est pas Si aisé quil pense. Car&#13;
180 1.e p.r aliener un fonds Jl faut trouver gens qui&#13;
181 le veüillent acheter, et on n’en trouve dordinaire&#13;
182 qu’en perdant et Souvent aSSez considerablem’&#13;
183 deSSus. 2.e Ceux mesme qui acquierent degens demain&#13;
184 morte veulent une Seurete demploy. Ce n’en est pas&#13;
185 une p.r eux quedepayer deleur argent des lettres de&#13;
186 change. 3.e Jl S’est presenté cette année une occasion&#13;
187 que Le Roi a offert le remboursem’ mais c’estoit&#13;
188 avec une grosseperte, puisqu’on nepayoit ceux aqui&#13;
189 l’on remboursoit qu’en especes telles qu’elles&#13;
190 valoient avant aucune diminution, cela alloit&#13;
191 a prez dudixieme, de plus on ne remboursoit pas&#13;
192 agreablem.’ aux Comm.téz et cestoit faire dela&#13;
193 peine au ministre que de demander Son remboursem’&#13;
8.&#13;
&#13;
194 Mons.r Glandelet pour qui le temporel n’est&#13;
195 rien me mande que Je paieray les lettres de&#13;
196 change Sur les gratifications qui nous Seront&#13;
197 accordéez p.r missisipi; Je crois quil a voulu&#13;
198 railler a Son ordinaire. cependant cela Se&#13;
199 trouvera plus vray quil n’a penSé. a la verité&#13;
200 Cest contre mon attente. Je n’esperois rien. Nous&#13;
201 navons pas laissé de donner aM Larch. de Paris&#13;
202 la lettre de M’gr Lancien et de M. LEveque de Q.&#13;
203 Ce Prelat toujours attentif a nous faire plaisir&#13;
204 nous demanda Si nous en avions donné une a M&#13;
205 dePont chartrain, et que cela estoit absolum’&#13;
206 Necess.re (Je crois que vous Scavez lechangem’&#13;
207 qui S’est fait dans cette famille, Le Pere a eté fait&#13;
208 chancelier et le fils ministre et Secretaire d’Etat&#13;
209 p.r lamarine) Nous dismes a M. Larch. que Nous&#13;
210 Navions pas de lettres de Nos deux Prelats&#13;
&#13;
�211 p.r lui, mais que Javois des BlancSignéz de Mgr&#13;
212 Lancien et que Nous pouvions lui en faire une&#13;
213 Jl nous le conseilla et nous promit d’en&#13;
214 parler au Roi apres quil en auroit conferé avec&#13;
215 M de Pont chartrain quand Jl auroit receu&#13;
216 Sa lettre, Je la fis et M L. de Brisacier eut&#13;
217 la bonté de la rendre et de la bien recommender.&#13;
218 Le ministre battit froid Sur ce point quoy quil&#13;
219 Soit assez bien disposé p.r M L. de Brisacier,&#13;
220 mais co’e Jl est aSSez porté p.r les Jesuites Nous&#13;
221 crusmes quil ne favoriseroit pas cette demande.&#13;
9.&#13;
&#13;
3000#&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
222 Nous lavions cet esté fait prier de demander&#13;
223 p.r nos missions de misissipi lorsq.’ M DJberville&#13;
224 rendit compte au Roi de Sa descouverte, mais&#13;
225 co’e M DJberville navoit raporté a la cour rien&#13;
226 qui p’ust faire prendre la resolution d’y establir&#13;
227 une colonie, M De Pont chartrain nous avoit&#13;
228 fait reponse que Le Roi naccorderoit rien&#13;
229 qu’on ne vist apparence d’y faire un Etablissem’&#13;
230 Jl nous accorda Seulem.’ lepaSSage dans le&#13;
231 vaisseau de M D’Jberville p.r un miss.re Si nous&#13;
232 y en voulions envoyer. mais celui Sur qui nous&#13;
233 avions jettéz les yeux qui est cet Ecclesiastique de&#13;
234 la comm.té S.t Pierre dont Je vous avois escrit l’an&#13;
235 passé Seigna du Nez quand Jl fallut fondre la&#13;
236 cloche; Nous n’avons donc guere esperé de&#13;
237 rien obtenir qu’au retour de M D’Jberville, que&#13;
238 nous attendons vers le mois deMay ou de Juin,&#13;
239 Cependant Nous venons daprendre que Le Roi&#13;
240 a eu la bonté de Nous accorder trois mil livres&#13;
241 p.r les missions de misissipi; Je regarde cette&#13;
242 faveur co’e tres considerable par raport a l’etat&#13;
243 ou Sont Ses finances. Cela vous encouragera&#13;
244 dans cette entreprise, et Si a ces mil escus,&#13;
245 Nous y pouvions joindre quelq.’ pension du&#13;
246 clergé dont lassemblée Se doit tenir au&#13;
247 vingt cinq de may prochain, a la quelle Nous&#13;
248 comptons de donner un petit memoire, Je Suis tres&#13;
249 persuadé que lon Seroit bien enétat de Soutenir ces&#13;
250 missions. mais nos Mess.rs croyent que ces 3000.&#13;
251 ne Sont qu’une gratification paSSagere; Jl faut&#13;
252 esperer que Le Roi aura la bonté de la continuer,&#13;
&#13;
�253 et c’est ceque Nos Mess.rs tascheront dobtenir&#13;
254 Nous prevoions que les Jesuites pouront feront&#13;
255 cequils pouront p.r nous traverser en cette&#13;
256 entreprise, et Nous lejugeons par tout le mouvem’&#13;
257 quils Se Sont donnez p.r la mission des Tamarois.&#13;
258 Car Jls ont agi dans cette aff.re co’e Si nous&#13;
259 eussions voulu les depouiller des biens qui leur&#13;
260 fussent leplus acquis. Jls ont conçeu une Jalousie&#13;
261 contre M. S.t Cosme, et M. de Montigni et M.&#13;
262 Bergier qui ne fera que S’augmenter et Je Suis tres&#13;
263 persuadé que cette Jalousie n’est fondée que Sur&#13;
264 ce que ces personnes ont du merite, et Sont capables&#13;
265 de Se passer d’eux, car voila ce quils ne Scauroient&#13;
266 Souffrir. Je naurois pu croire que les PP. Bouvart&#13;
267 cholence, Gravier Bineteau eussent écrit co’e Jls&#13;
268 ont escrit a M de Denonville et au P. de la chaize&#13;
269 de cette aff.re des Tamarois. Nos Mess.rs avoient&#13;
270 cru ne pas devoir trop S’entester de cette aff.re&#13;
271 veu que Nous en avons d’autres bien plus Jmpor&#13;
272 tantes aleur contester Sur les quelles nous gardons&#13;
273 le Silence, Comme Nous vismes que M. Le&#13;
11.&#13;
&#13;
274 marquis de Denonville Sous pretexte de&#13;
275 conserver la paix entre Nos Maisons Se donnoit&#13;
276 tant de mouvem’ p.r cette affaire, mais eneffet&#13;
277 p.r faire emporter aux Jesuites tout ce quils veulent,&#13;
278 Nous crusmes devoir renvoier laff.re a regler&#13;
279 entre vous autres Sur les lieux, en disant que Nous&#13;
280 escririons en canada que Si ce poste ne nous&#13;
281 estoit pas d’une absolue necessité nous prierions&#13;
282 nos Mess.rs p.r le bien de lapaix de le ceder&#13;
283 aux Jesuites, Bien entendu que Si nous ne pouvions&#13;
284 nous en passer p.r le Soutien et la correspondance&#13;
285 de Nos missions les Jesuites auroient assez de&#13;
286 charité p.r nous Ceder le pretendu droit quils&#13;
287 vouloient y avoir.&#13;
288 Cequi obligea nos M.rs de prendre ce parti fut la&#13;
289 vivacité avec laquelle et M de Denonville, et le R. P.&#13;
290 Lamberville parloient decette aff.re et la contrarieté&#13;
291 qui Se trouvoit entre ce que nos mess.rs de misissipi&#13;
292 mandoient des Tamarois et le Jesuites en escrivoient&#13;
293 car Nos m.rs veulent que ce Soient deux peuples&#13;
294 differens, les Jesuites veulent que ce neSoit qu’un&#13;
295 mesme peuple, qui vivent ensemble qui font leurs&#13;
&#13;
�296 champs ensemble, qui chassent ensemble, qui Sallient&#13;
297 ensemble; Nos M.rs veulent que le P. Gravier&#13;
298 n’y ait eté que cinq Jours, les Jesuites veulent&#13;
299 que le P. marquez y ait demeuré, le P. Gravier&#13;
300 Sejourné longtemps, le P. Bineteau passé plus.rs&#13;
301 hyvers. Nos m.rs veulent quil ny eust quand Jls&#13;
302 y Sont arrivez que deux ou trois familles Xtiennes&#13;
12.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
303 et les Jesuites pretendent quil y a plus de 300.&#13;
304 chrestiens que le P Bineteau estoit prest d’y aller&#13;
305 quand Nos m.rs y Sont arrivez.&#13;
306 mais cequi obligea le plus nos M.rs a vous renvoier&#13;
307 cette aff.re est quils ont esperé que par le delay et le&#13;
308 retardem.’ cette affaire deviendroit meilleure p.r&#13;
309 nous, Nos m.rs y estant establis, Je vous conseille&#13;
310 une au’ fois de ne pas renvoier davantage&#13;
311 daff.es a regler entre les Jesuites et Nous en france,&#13;
312 Elles en deviendront plus mauvaises. Jl faut&#13;
313 recommender fort a Nos m.rs de misissipi de&#13;
314 nepas leur faire de mauvaise difficulté, de&#13;
315 Souffrir mesme dans les commencemens diverses&#13;
316 contradictions Sans Se plaindre et Saygrir, car&#13;
317 Jl faut nous attendre que ces PP. pouront&#13;
318 chercher Noise dans les commencemens, mais quand&#13;
319 Jl Sagira de Se conserver dans les postes quils&#13;
320 ont occupez de S’y Soutenir avec fermeté puisquils&#13;
321 ont lauthorité legitime de M LEvesque de Quebec.&#13;
322 Je leur conseille mesme de faire leur possible p.r Se&#13;
323 passer des Jesuites p.r la correspondance, et Surtout&#13;
324 de ne pas aller chez eux a missilimachina ny&#13;
325 aux Jlinois n’y de ny envoier point leurs gens&#13;
326 Sils peuvent, car rien n’est plus bas queles&#13;
327 reproches quils font davoir receu nos m.rs dans&#13;
328 ces lieux et de n’en avoir que de l’ingratitude.&#13;
329 Jls ont produit un certificat devant Not.re a&#13;
330 montreal d’un coureur de bois qui dit que les&#13;
331 Tamarois Sont Jlinois et que les Jesuites y ont&#13;
332 beaucoup de chrestiens. Jls raportent encore&#13;
333 que M. des Jllettes parent deM. de Tonti a&#13;
334 dit aM S.t Cosme que ce nestoit pas bien de ravir&#13;
335 le bien dautruy en Semparant des Tamarois. Jls&#13;
336 veulent encore que M. de Tonti a resolu de bastir&#13;
337 une chapelle aM. de montigni au fort des Jlinois&#13;
&#13;
�338 ce que Nous leur avons declaré que Nous n’approu=&#13;
339 =verions pas p.r nepas porter la faucille dans&#13;
340 le champ dautrui. Les Jesuites ne Sont pas contens&#13;
341 de M.r de Tonti et la forest, et Je Suis persuadé&#13;
342 quils n’ont pas contribué a procurer une&#13;
343 compagnie a M de Tonti. Nos M.rs ont&#13;
344 tasché de rendre d’eux un bon temoignage a&#13;
345 M. de Pont chartrain.&#13;
346 Jl me paroist que le projet de M Charron de&#13;
347 destablir une compagnie qui ait des barques Sur&#13;
348 les lacs Seroit des plus vtiles p.r le Soutien de Nos&#13;
349 missions et p.r nous tirer de la Sujettion des&#13;
350 Jesuites. Je croy que vous devez appuyer cette&#13;
351 affaire le plus que vous pouvez.&#13;
352 Nous Sommes dans une facheuse chryse avec&#13;
353 les R. R. &amp; PP. au Sujet des ceremonies chinoises&#13;
354 Jls Se Sont declarez contre Nous par des Jmpriméz&#13;
355 et Nous Serons obligez dele faire contre eux.&#13;
356 mais Nous avons un autre dessein qui Sil&#13;
357 reussit Sera bien plus Jmportant et fera un&#13;
358 plus grand esclat. vous Scavez que Le R. P. de&#13;
359 Rhodes proposa a nos 1.ers mess.es daller dans ces&#13;
14.&#13;
&#13;
360 missions p.r y former un clergé du pays; Nos M.rs&#13;
361 y furent dans ce deSSein Jls y ont travaillé mais&#13;
362 les divisions et les revoltes des xx. Portugais les&#13;
363 ont empesché de reuSSir en plus.rs endroits. Jls ont&#13;
364 mesme usé dadresse a Rome p.r ruiner ce dessein&#13;
365 en y jettant de la Jalousie et faisant craindre aux&#13;
366 Romains que Nous voulions establir une mission&#13;
367 Nationale, Si bien que le S.t Siege nous a changé nos&#13;
368 vicariats aptiques depuis quelq.’ temps ce quî ruine&#13;
369 le projet dun clergé Seculier. Nos Mess.rs ont&#13;
370 resolu de dresser un memoire p.r presenter au&#13;
371 Pape et mesme a lassemblée du clergé p.r faire&#13;
372 voir la necessité de ce clergé Seculier. les moiens&#13;
373 quil faut prendre p.r y parvenir, les obstacle&#13;
374 quils y ont trouvé (et c’est Sur ces obstacles quils&#13;
375 doivent parler des divisions des Jesuites et produire&#13;
376 des choses qui quelques moderéez quelles Soient leur&#13;
377 deplairont infiniment) et nous nous offrons de&#13;
378 nous reduire a quatre vicariats aptiques, l’un a&#13;
379 Siam lautre a la cochinchine un au Tonquin,&#13;
380 et un a la chine, dans une des quinze provinces,&#13;
&#13;
�381 aulieu de Sept vicariats que Nous avons a presen[t,]&#13;
382 pourveu quon nous y laisse une centaine dannéez&#13;
383 de Suite, et que Nous y aions pend.t ce temps la une&#13;
384 jurisdiction qui ne Soit pas contestée, et nous promettons&#13;
385 de laisser ces vicariats et tous les establissemens que Nous&#13;
386 y aurons fait dez que nous y aurons formé un&#13;
387 clergé ceque nos Mess.rs esperent faire en cent&#13;
388 ans, et daller en dautres provinces ou Royaumes faire&#13;
15.&#13;
&#13;
389 le mesme bien.&#13;
390 Comme Nous avons eu pend.t toute lannée icy quatre&#13;
391 anciens miss.res des Jndes, Scavoir M de Cicé que&#13;
392 l’on a fait Succeder a M de metellopolis a Siam, et nous&#13;
393 en avons toutes les Bulles, mais elles ne Sont pas&#13;
394 arrivéez avant le depart des vaisseaux, Si bien quil&#13;
395 restera encore cette année avec Nous, M. Labbé qui&#13;
396 est aussi nommé vicaire aptique de cochinchine, et&#13;
397 M. de la vigne qui estoit n’re procureur ala Coste&#13;
398 de coromandel, et M. Pocquet qui est revenu l’esté&#13;
399 passé Nos Mess.rs ont travaillé tout lhiver a&#13;
400 des reglemens p.r ces missions qui establissent&#13;
401 quelq.’ uniformité entre elles, mais Jl a fallu faire&#13;
402 ces reglemens uniquement p.r eux, car Jls n’ont pas&#13;
403 voulu quil y eust aucune relation avec nos&#13;
404 missions de Canada, Jls ont tous conceu un fonds&#13;
405 de peine de ceque le Sem.re de Paris estoit uni avec&#13;
406 celui de Canada, et avoit correspondance en&#13;
407 Perse, Jls auroient voulu que ce Sem.re neust esté&#13;
408 qu’a eux et p.r eux, et Je les ay trouvé Sur cela&#13;
409 dans des Sentimens qui ne Sont pas aussi parfaits&#13;
410 quils devroient ce me Semble estre; Nos Mess.rs&#13;
411 de Paris ont eu beau leur representer ce quils en&#13;
412 pensent Jls ont conceu de mesme une Si grande&#13;
413 defiance du Sem.re de Paris co’e Sil vouloit dominer&#13;
414 Sur leurs missions dont Jls veulent que lauthorité&#13;
415 Soit renfermée dans la personne des vicaires&#13;
416 aptiques, que Nos Mess.rs n’ont pu les en faire revenir&#13;
417 on a donc fait des reglemens qui co’e Je croy ne&#13;
418 Seront pas executéz par cequils ont leur difficulté&#13;
419 Je n’ay pu encore en tirer une copie p.r vous envoier,&#13;
420 parceque l’on n’a pas encore arresté certains&#13;
421 principaux articles qui Sont demeurez en Suspens.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
422 Ces affaires nous ont pris cet hyver un temps Jnfini&#13;
&#13;
�423 Jl a fallu faire des aSSembléez continuelles. Nos&#13;
424 Mess.rs ont esté pend.t plus de trois mois presque&#13;
425 toujours a la campagne et moy obligé de rester&#13;
426 au logis cequi ne m’a pas donné peu doccupation&#13;
427 Nous vous avertissons de prendregarde ace que vous&#13;
428 escrivez aM De Denonville, car vous devez conter&#13;
429 quil ne cache rien en 1.er lieu aux Jesuites, en 2.e lieu&#13;
430 a M L. de Pre fontaines qui en Jnstruit M. de la&#13;
431 Palliere.&#13;
432 Je nay eu garde de dire a M de la Palliere que l’on Se&#13;
433 plaignoit que tout ce qui lui estoit dit estoit raporté&#13;
434 a M’gr de Quebec, mais M de Denonville le lui a dit,&#13;
435 et Nos Mess.rs ont cru devoir Sexpliquer avec lui&#13;
436 fortement Sur ce quil avoit mandé a M’gr de Q. quil&#13;
437 Se donnast de garde de revenir en france, parceque&#13;
438 co’e on n’y estoit pas content de Sa conduite, on ne le&#13;
439 laisseroit pas retourner en canada. M. de la Palliere&#13;
440 Sest excusé davoir mandé ces choses pretendant ne&#13;
441 lavoir pas fait en ce Sens. J’ay esté fasché que Nos&#13;
442 Mess.rs lui ayent fait cette ouverture, en lui faisant&#13;
443 connoistre que quoique nous neussions rien en&#13;
444 particulier a nous plaindre du Prelat nous ne&#13;
445 laissons pas de voir quil renversoit tout le bien&#13;
446 de cette pauvre Eglise, Je crains que M de la Palliere&#13;
447 quelque promesse quil ait fait de n’en rien croire&#13;
448 Ne mande toutes choses et peut estre plus fortem.’&#13;
449 quelles ne Sont en effet.&#13;
17.&#13;
&#13;
450 La mort de M. du Bos, mais encore plus cellede&#13;
451 M Thuri m’a fort touchée, Je voudrois mourir&#13;
452 co’e lui, mais helas Jl faudroit vivre coe lui.&#13;
453 on ne gouste pas cette ceremonie quil fit faire&#13;
454 a Ses Sauvages, cepend.t p.r nous qui leconnoissions&#13;
455 on voit que c’est dans un esprit depenitence et de&#13;
456 mortification quil a voulu pratiquer cette ceremonie&#13;
457 Je necroy point M. Maudoux propre a cette&#13;
458 mission, et Jl faut que vous jettiez les yeux Sur&#13;
459 quelq.’ autre, Jescris mesme a M Maudoux que Je&#13;
460 lui conseille de quitter entierem.’ Laccadie. ces&#13;
461 M.rs sont Si prevenus contre lui, Sur ce quils croyent&#13;
462 et Sur de bons temoignages quil leur est aSSez&#13;
463 difficile de nepas croire que M. maudoux Sous&#13;
464 pretexte d’en vouloir a M. vilbon fait Son possible&#13;
465 p.r descrier et ruiner leur compagnie, en degouste&#13;
&#13;
�466 les peuples; Peu S’en est fallu quils n’ayent demandé&#13;
467 une lettre de cachet p.r le rapeller en france. Jls Sont&#13;
468 choquez de cequil S’eschape et ne paroist jamais&#13;
469 a Portroial lorsq.’ vilbon y va, et Jl fut l’esté&#13;
470 paSSé audevant d’un commissaire qui y fut&#13;
471 dans le vaisseau de Roi en Surpelis et en Estole,&#13;
472 et lequalifia de liberateur du pays, fit degrandes&#13;
473 plaintes de la compagnie. M. Le marquis de&#13;
474 chevri qui paSSe p.r un fort honneste homme me&#13;
475 montra ces jours passez des temoignages des officier[s]&#13;
476 des vaisseaux qui ont esté en ces quartiers la depuis&#13;
477 deux ou trois ans qui tous disent que les Prestres Sont&#13;
478 trop opposez ala compagnie et ne la Scauroient Souffrir.&#13;
18.&#13;
&#13;
479 Jl est facheux de voir cet esloignem.’ ces Mess.rs&#13;
480 apres tout ont lauthorité roiale et il la faut&#13;
481 respecter en eux, Jl Seroit a Souhaiter que nous&#13;
482 pussions avoir a Laccadie quelq.’ Ecclesiastique qui&#13;
483 eust la confiance de M Le marquis de chevri p.r&#13;
484 establir la un clergé Seculier, J’en escris a M Petit,&#13;
485 Je vous prie de lire les veües que Jelui propose,&#13;
486 Si vous y entriez vous nauriez qu’a envoier&#13;
487 une personne p.r prendre ma place, et nous&#13;
488 envoier a Laccadie M. Petit et LEcclesiastique&#13;
489 qui va cette année en canada, et Nous tacherions&#13;
490 d’y faire du bien&#13;
491 Deux choses me font quelq.’ difficulté dans&#13;
492 LExecution deceprojet. la 1.ere que Je ne Scay Sil&#13;
493 feroit bon p.r moy d’aller travailler en ces pays&#13;
494 la Sous lajurisdiction de M LEvesq.’ apres les peines&#13;
495 que J’ay pu lui faire; la 2.de que Je ne Scay Si nos&#13;
496 deux mess.rs de Paris Seroient bien contens que Je&#13;
497 quittasse; cepend.’ Je leverois la 1.re difficulté&#13;
498 Si vous jugiez que je ne dusse pas marrester a&#13;
499 la 2.de; Nos Mess.es a la verité Sont bienaises de&#13;
500 navoir pas de visages nouveaux et davoir des&#13;
501 personnes qui ne Soient pas tout a fait neuves dans&#13;
502 les aff.res parceque les Notres ont de Si grandes&#13;
503 relations, qu’on n’y est pas fait tout d’un coup&#13;
504 mais Jespererois qu’en menvoyant une&#13;
505 personne cet automne Je linstruirois lhyver et&#13;
506 le preprarerois a me Succeder. apres tout Jl&#13;
&#13;
19.&#13;
&#13;
507 faudra bien menvoier quelqu’un tost ou tard,&#13;
&#13;
�M.r Calon.&#13;
&#13;
20.&#13;
&#13;
M. Bergier&#13;
&#13;
508 et Jl me Semble que Jaymerois mieux que ce&#13;
509 fust tost que tard parceq.’ Jespere que vous ne&#13;
510 voudrez pas me laisser mourir dans un Si&#13;
511 pitoyable employ que celui cy. Je vous avoüe&#13;
512 que J’ay conceu depuis Six mois plus que Je n’ay&#13;
513 encore fait lobligation de passer a ce terrible&#13;
514 paSSage et Jen ay eu de forts preSSentimens.&#13;
515 vous n’avez pas fait attention ace que Je vous&#13;
516 avois mandé l’an passé de M. Guay. Jl n’estoit&#13;
517 nullem.’ propre a aller aux mines, et vous&#13;
518 deviez plutost le mettre a charle bourg et envoier&#13;
519 M Doucet aux mines; Je vous conseille mesme&#13;
520 de l’en retirer et de le rapeller aupres de vous.&#13;
521 Ce Sera un bon Ecclesiastique Sil est Soutenu,&#13;
522 mais Je ne voudrois pas repondre de lui Sil estoit&#13;
523 entierem.’ Sur Sa bonne foy co’e on y doit estre aux&#13;
524 mines. Pensez y, Je ne puis vous mander tout&#13;
525 ce que J’en pense Je ne pourois vous le dire&#13;
526 que de bouche. J’aurois plus fait de fonds Sur M Le&#13;
527 voyer quoiquil fust bien Jeune prestre.&#13;
528 Nous vous envoions cette année un Prestre dont Je&#13;
529 croy que vous Serez contents. Jl nous paroist un&#13;
530 bon Sujet; Jl est aceq.’ J’ay oui dire un peu parent&#13;
531 de M de meaux qui lui avoit donné un Canonicat&#13;
532 dans Sa cathedrale, Jl l’a resigné p.r une chapelle&#13;
533 quil a qui vaut quatre oucinq cent livres, ainsy&#13;
534 co’e vous voiez Jl ne Sera pas bien a charge et est&#13;
535 d’une humeur fort douce et cherche a bien faire&#13;
536 Sil avoit esté plus jeune, peutestre ne l’aurions nous&#13;
537 pas eu p.r nos missions. Je vous conseillerois ou&#13;
538 de le retenir p.r travailler a Quebec co’e vicaire,&#13;
539 ou p.r estre dans la coste de Beaupré. Mais Jl Seroit&#13;
540 bon quil nous pratiquast quelq.’ année.&#13;
541 Nos Mess.rs ont esté bienaises que vous aiez&#13;
542 associez M. Bergier; Jl faut esperer que Dieu en&#13;
543 tirera Sa gloire. Co’e Jl est Sage et moderé, Jl ne Se&#13;
544 fera pas de mauvaises affaires avec les Jesuites, mais&#13;
545 aussi ne Sera til pas dhumeur a ramper devant&#13;
546 eux co’e Jls voudroient voir tous les EcclesiaSsiques.&#13;
547 M. De Denonville et les PP. Jesuites ont repandu icy&#13;
548 par tout Sur les lettres de M Prevost et dautres que&#13;
549 vous et M Glandelet en un mot tout le Sem.re&#13;
550 perdoient la confiance de tout le peuple, et&#13;
&#13;
�551 nestoient mesme regardez quavec mepris parceq.’&#13;
552 vous donniez dans les veües de Mgr de Q. et l’authorisiez&#13;
553 dans la peine quil a fait aux Jesuites aux hospitalieres&#13;
554 et aux autres. C’est Sur cela que nos M.rs touchez&#13;
555 decequ’on leur disoit que M. Glandelet n’estoit plus&#13;
556 aymé co’e auparavant quils crurent devoir Sen&#13;
557 ouvrir a M De la Palliere; Jl est bon que vous&#13;
558 en Scachiez le Sujet afin que Si M’gr de Quebec&#13;
559 Sen plaint vous Soiez en etat de lui dire que ce&#13;
560 n’est point Sur ce que vous nous avez escrit, mais&#13;
561 Sur ce qui est revenu a nos Mess.rs deplus.rs Seculiers&#13;
562 que nos Mess.rs de Q. Se faisoient hayr et mepriser&#13;
563 parce quils paroissoient donner dans Ses veües, qu’ils&#13;
21.&#13;
&#13;
M. Erberie&#13;
&#13;
564 ont parlé co’e Jls ont fait a M. dela Palliere, et&#13;
565 non pas Sur des plaintes quaucun de vous lui ait fait&#13;
566 de Sa conduite&#13;
567 M. Erberie m’a escrit p.r me demander Si l’on vouloit&#13;
568 le laisser retourner en canada ou le recevoir au Sem.re&#13;
566 Je lui ay conseillé de rester en Ses quartiers, et co’e&#13;
570 M LEvesq.’ de Toul nous en a demandé des Nouvelles&#13;
571 Nos M.rs en ont rendu un temoignage avantageux,&#13;
572 et Je le lui ay mandé, Jespere quil entrera aupres&#13;
573 dequelques enfans de Qualité en alsace&#13;
574 Je vous ay envoié cette année les cent aunes&#13;
575 destofes bleues que vous avez demandéez et&#13;
576 meilleures que vous n’en avez encore receues&#13;
577 aussibien que les estofes a Soutanne mais elles&#13;
578 coutent bien cher les unes et les autres. cest ce&#13;
579 que vous recevrez de plus net avec des bas et&#13;
580 des chapeaux.&#13;
581 Je vous avoüe que Je ne puis vous dire ce que Je&#13;
582 pense du mauvais estat de Notre temporel,&#13;
583 parceq.’ Je crains que cette lettre ne tombe en&#13;
584 dautres mains qu’en les votres. Je vois bien&#13;
585 avec vous quil faut patienter, mais Je nepuis&#13;
586 mempescher depenser que Notre temporel iroit&#13;
587 mieux, Si vous vous en mesliez et Sil y avoit&#13;
588 moins de personnes qui Sen meslaSSent.&#13;
589 J’ay oublié de vous marquer en vous parlant&#13;
590 de Laccadie que M’gr m’avoit remis Seulem.’&#13;
591 onze cent livres p.r laccadie par M de la Palliere;&#13;
592 De ces onze cent livres. J’en ay retenu trois cent&#13;
&#13;
�22.&#13;
&#13;
593 co’e vous me lavez mandé p.r M. Rageot que&#13;
594 vous avez habillé. J’en ay compté 300.# p.r M.&#13;
595 Gaulin, et J’en ay envoié cinq cent a M.rs Maudou&#13;
596 et Guay conjointem.’ en estofes et toiles quils mont&#13;
597 demandé et en argent que Je leur ay fait remettre&#13;
598 M’gr en a fait retenir 400.# p.r les Recollets quil&#13;
599 équipe avant nos miss.res&#13;
600 Les 2000.# accordez p.r LetabliSSem.’ De la mission de&#13;
601 M. Thuri, et Sur les quels M. de la Touche avoit reservé&#13;
602 300.# p.r M. Thuri Sont encore a la disposition de M.&#13;
603 Begon qui les remettra en effets au miss.re qui Sera&#13;
604 appliqué a cette mission, mais Jl faut une autre&#13;
605 personne que M. maudoux p.r cela. Nous ne&#13;
606 nous So’es pas pressez d’en escrire aM Begon&#13;
607 Jusqu’a ceque nous y voions un miss.re capable de&#13;
608 reprendre le dessein de M. Thuri et de le Soutenir.&#13;
609 Vous ne Scauriez croire combien ceque M’gr a&#13;
610 fait aux Hospitalieres la decrié dans les Bureaux&#13;
611 et partout. Jl passe partout p.r un brouillon&#13;
612 qui porte la division par tout, et cequil y a en&#13;
613 cela de bon p.r ces Relig.ses et p.r nous c’est qu’on na&#13;
614 point fait ces Jugemens delui Sur nos plaintes&#13;
615 et Sur celles des hospitalieres, qui n’ont escrit a&#13;
616 personne, hors a M de la Touche une petite&#13;
617 lettre dhonnesteté accoutumée p.r leprier de leur&#13;
618 continuer Sa bienveillance, mais Je n’ay point&#13;
619 produit a la cour de memoire de leur part et&#13;
620 ne les ay fait parler en aucune maniere, mais&#13;
621 Je Scavois que tant de gens parloient p.r elles que Jay&#13;
622 creu faire leurs affaires que de ne les point commettre&#13;
&#13;
23.&#13;
&#13;
623 C’est ce qui leur doit faire plaisir dans ceque&#13;
624 l’on a reglé contre lhopital g’nal que le Roi&#13;
625 dans Son conseil a fort desapprouvé, car Mgr&#13;
626 ne peut Se plaindre que les Relig.ses Se Soient&#13;
627 plaintes de Sa conduite, elles n’ont dit mot, elles&#13;
628 ont Souffert avec patiance, et Dieu a pris leur&#13;
629 cause en main et les a defendües.&#13;
630 Je vous ay deja ce me Semble escrit que J’ay&#13;
631 obtenu le paSSage d’un miss.re et de trois engagéz&#13;
632 dans le vaisseau de Roi. c’est p.r quoy Je fais&#13;
633 partir demain M. Calon p.r arriver a la&#13;
634 Rochelle avant le dix de may. et J’ay fort prié&#13;
635 M Grignon de Nous trouver trois engagez p.r&#13;
&#13;
Mr Calon&#13;
&#13;
�636 mettre Sur ce vaisseau; on ne trouve pas aisem’&#13;
637 de ces engagez en france vers la Beauce ni autour&#13;
638 de Paris. Je vous envoye auSSi le Neveu du frere&#13;
639 hubert que vous avez voulu que Je fiSSe paSSer.&#13;
640 Cet enfant est encore trop jeune et trop faible;&#13;
641 a cela prez c’est un fort bon enfant qui a une&#13;
642 bonne volonté et dont Je croy qu’on Sera content&#13;
643 Sil arrive a Quebec en bonne Santé, mais Jl est&#13;
644 fort foible&#13;
645 Vous avez vos peines dans votre charge et dans&#13;
646 letat ou vous voiez nos affaires vous ne doutez&#13;
647 pas que Je n’aye les miennes Sans avoir votre vertu&#13;
648 et votre pieté p.r les Santifier. Nos Mess.rs ont les&#13;
649 leurs a Paris; Elles Sont differentes des votres, car&#13;
650 Nous vivons par la grace de Dieu dans une grande&#13;
651 paix dans le Sem.re et dans une entiere correspondance&#13;
24.&#13;
&#13;
652 p.r nos affaires du Sem.re de Paris et mesme des&#13;
653 missions dorient qui Sont en fort bon estat, car&#13;
654 ce Sont les votres qui Sont les plus delabréez. Nous&#13;
655 voions mesme le Sem.re en bon etat p.r le Spirituel,&#13;
656 et chacun S’y porte aSSez aubien. Nous avons&#13;
657 envie de prendre moins de Sujets quejamais et de&#13;
658 n’en admettre que de bons.&#13;
659 Nous avons changé de Sup.r cet hyver. on a voulu&#13;
660 mettre un intervalle dans legouvernem.’ deM&#13;
661 L. Tiberge qui y reviendra apres que M. L. de&#13;
662 Brisacier aura fait un temps.&#13;
663 M de Berniere m’escrit d’un chanoine Regulier de&#13;
664 Caen qu’on dit estre un bon Sujet mais nos Mess.rs&#13;
665 m’ont conseillé de ne pas m’en charger par cequil&#13;
666 est Religieux, cela fait une diversité desprit et de&#13;
667 Sentimens quil faut esviter dans les comm.ez Jl y a&#13;
668 peu de ces Seguliers qui Saccomodent a vivre enpaix&#13;
669 avec les Ecclesiastiques. M dela Palliere paroist&#13;
670 avoir envie de lenvoyer, Jl le peut prendre Sur lui&#13;
671 Sans que nous nous en meslions.&#13;
672 Je dois au commencem.’ de Juillet faire un voiage&#13;
673 avec M dela Palliere en Berri p.r les affaires de Nos&#13;
674 Prieurez et encore plus de Labbaye de meobec. Les&#13;
675 affaires du chapitre me donnent plus dambaras&#13;
676 quatre fois que celles du Sem.re de Paris et de Quebec&#13;
677 J’ay Surtout une affaire terrible avec une Relig.se&#13;
678 de l’Estrée qui a gagné Son procez contre Nous a Rouen&#13;
&#13;
�679 par les Jntrigues dun conseiller qui a dessein d’y&#13;
680 mettre Ses filles et de Se rendre maistre de cette abbaye,&#13;
681 qui confine une de Ses terres. Cette affaire ma pensé&#13;
25.&#13;
&#13;
682 faire perdre l’esprit, et J’en ay esté malade au&#13;
683 lit cet automne au retour d’un voiage que Je&#13;
684 fis a L’estrée p.r tascher de laccomoder ou Joffris&#13;
685 p.r les depens a ce conseiller jusqu’à 2500.# mais&#13;
686 la Negotiation Se rompit par Son manque deparole&#13;
687 et Nos Mess.rs a mon retour ne voulurent plus que&#13;
688 Je parlaSSe daccommodement, et ayant pris le Conseil&#13;
689 de M Dargenson Lieuten.’ g’nal de Police Jls&#13;
690 mobligerent de m’addreSSer au Roi au Nom du&#13;
691 chapitre de Quebec p.r demander la caSSation&#13;
692 de cet arrest. On a admis ma requeste au&#13;
693 Conseil ou J’ay fait aSSigner la Religieuse, et&#13;
694 Je lui ay fait ensuite divers incidens p.r esviter&#13;
695 de lui payer Ses depens, et l’ay encore appellée&#13;
696 au Conseil en reglem.’ de Juge; Si bien que Nous&#13;
697 y avons deux Jnstances contre elle, l’une en reglem’&#13;
698 de Juge lautre en caSSation d’arrest, et comme&#13;
699 Jl coute tres cher a plaider au Conseil, J’ay tout&#13;
700 a craindre Si laff.re y tourne mal, car les depens&#13;
701 iront peut estre a plus de cinq ou Six mil livres&#13;
702 Sans conter tout ce qui me couste, et toutes les peines&#13;
703 Sollicitations &amp;. et pas que cette affaire m’a coutée.&#13;
704 On m’en fait esperer une bonne Jssue au Conseil,&#13;
705 mais quelq.’ Succez que J’y aye Je n’ay rien a&#13;
706 gagner contre une Relig.se qui n’a que Sa Guimpe,&#13;
707 et Jay beaucoup a perdre. Elle tient tous les&#13;
708 revenus de Lestrée SaiSis et Je n’en touche rien depuis&#13;
&#13;
26.&#13;
&#13;
709 un an. voila ce qu’a fait un mauvais acte&#13;
710 que M’gr de Quebec a Signé en 1691. Sans la&#13;
711 participation de Son chapitre vous me direz&#13;
712 peut estre que je devrois chercher a accommoder&#13;
713 cette aff.re Nous avons pris tous les biais p.r&#13;
714 en venir la, mais apres y avoir reflechi nous&#13;
715 n’y avons pu reuSSir, car p.r parvenir a avoir&#13;
716 Nos Bulles dunion Jl faut que cette Religieuse&#13;
717 Sorte de L’abbaye, puisque lEvesque dEvreux ne veut&#13;
718 pas consentir a Son etablissem.’ en Son dioceze n’y&#13;
719 Larch. de Treves a ceq.’ Son Prieuré Soit transferé de&#13;
720 Longory a Letrée. Je vois que cette aff.re nous&#13;
&#13;
�721 donnera bien de la peine, et que ce que l’on a fait&#13;
722 p.r faciliter Lunion de cette abbaye y deviendra&#13;
723 un obstacle insurmontable.&#13;
724 Je vous prie tres instamment de Saluer tous nos&#13;
725 Mess.rs de ma part et de leur faire mes excuses&#13;
726 de ce que Je ne leur escris pas par cette 1.ere voie;&#13;
727 J’ay deja escrit aM’gr Lancien par un vaisseau&#13;
728 qui est parti de Bourdeaux des premiers. Je compte&#13;
729 lui escrire encore par les derniers Navires, Je&#13;
730 ne pouray pas escrire a nos Mess.rs Si au long ny&#13;
731 par tant de voies que Je voudrois Je compte que&#13;
732 vous leur ferez part de ma lettre, et quils&#13;
733 vous feront part de celle que Je leur escriray&#13;
734 qui renfermera une bonne partie de ce que Je&#13;
735 vous escris dans cellecy.&#13;
736 J’ay cru que je vous ferois plaisir et a tous nos Mess.rs&#13;
27.&#13;
&#13;
737 de vous envoier les livres qui ont esté Jmprimez&#13;
738 Sur cette grande affaire que Nous avons a Rome; Je&#13;
739 vous envoie donc en 1.er lieu les escrits de M. charmot&#13;
740 en latin, Jntituléz cultus SinenSium et la Suite&#13;
741 intitulé continuatio cultus SinenSium que J’ay&#13;
742 fait relier avec un au’ Jmprimé Jntitulé&#13;
743 Conformité des ceremonies chinoises avec LJdolatrie&#13;
744 greque et Romaine, et Lapologie des Dominicains&#13;
745 ces deux livres francois Sont du P. alexandre&#13;
746 Dominicain et Sont p.r la mesme cause que Nos&#13;
747 escrits latins. Je vous envoie encore un au’&#13;
748 Jmprimé Latin et francois de Nos Mess.rs qui est&#13;
749 un état de la question qui Se pourSuit a Rome.&#13;
750 Si Je puis avoir lescrit du P. Le comte addreSSé&#13;
751 a M Le duc du maine qui est fait contre Nous Je&#13;
752 vous lenvoieray. Je plains ce Pere Si Dieu donne&#13;
753 aSSez de Santé a nos Mess.rs p.r y repondre, car&#13;
754 Jls ont de quoy le confondre et toute Sa compagnie&#13;
755 et Jls y Sont resolus p.r ne pas retenir davantage la verité&#13;
756 captive, dans linjustice. Jls Sont demeurez dans le&#13;
757 Silence tant quils ont pu le faire Sans faire tort&#13;
758 a la verité, mais ce Seroit la trahir que de ne pas&#13;
759 parler a present, et en verité Je prevois que ce quils&#13;
760 ont a dire contre les Jesuites est encore pire que&#13;
761 ce qu’on leur a reproché dans les Provinciales&#13;
762 parce quils auront plus de peine a S’en laver.&#13;
763 Je vais fermer cette lettre et la remettre a M.&#13;
&#13;
�28.&#13;
&#13;
764 Calon avec copie des factures et comptes&#13;
765 que Je vous envoie, Je ne feray pas partir&#13;
766 ce petit neveu de hubert houssart qui S’est&#13;
767 trouvé avoir la fievre depuis dix ou douze jours,&#13;
768 Je croiois que cela Se passeroit, Je lavois fait&#13;
769 habiller depuis les pieds jusqu’à la teste et fournir&#13;
770 du linge, Tout cela Sera une depense inutile auSSi bien&#13;
771 que Sa Nourriture depuis deux mois quil me&#13;
772 faudra paier au Sem.re, et le renvoyer a Ses parens&#13;
773 On m’a dit quil avoit peur de partir, et quil&#13;
774 en estoit tombé malade; Jl estoit trop jeune et&#13;
775 trop foible, Jl ne faut pas penser a faire passer&#13;
776 des enfans.&#13;
777 Je vous prie daSSurer Mgr Lancien de mes&#13;
778 tres humbles respects de Saluer tous nos M.rs&#13;
779 de ma part de faire mes excuses a Mgr de Q.&#13;
780 de ce que Je ne lui puis encore escrire par cette&#13;
781 voie, Je Suis tres respectueuSem’&#13;
782&#13;
Monsieur&#13;
783 ce 27. avril&#13;
784&#13;
1700.&#13;
Votre tres humble et&#13;
785&#13;
tres obeiss.t Serviteur&#13;
786&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-hd-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250406">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11923">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/9cc1351120b3c3d31f711b90ee6f8780.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=WCGiRlXHFTYASKjk%7E6wJbrS%7EqdyZL5JeunEY3EvH6g8LfwcVWcXZcuwDrzGIPfruSMX7Ytslj7ENiQs7hB9WqLnE%7EtB%7Eb%7EoCtaXexGhj-6p6ZRIlfy3WVnOC-Boe4KwaW%7E93lB7NYnaoqnqG5WCgTLyT%7Er9zETUhGVHo2t65C83a16gjwSLtdA3dV5W23w6c2dOCaA0KZYfMJdJNB7gQ4tSXzjQb85Hbe4Z1g6cXJy93MK5ZVXwv38t-XTQ6vSmS-BSTa3eadqTEhDw7eWZ-3%7EMwhF7cbtn0yn8Dj6UBs7mN%7ECiPiBp9v6rT8%7ETc9Foi%7Eo1NFUSsOXJeNV54%7ECJyxQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>22050eb5f4b1c55041c841d831af374b</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250404">
                    <text>����������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250407">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 26&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249990">
                <text>LWK7CKHZ</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249991">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249992">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249993">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 27 avril 1700)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249994">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris se plaint au supérieur du Séminaire de Québec du manque de fonds pour satisfaire aux demandes du Séminaire de Québec, qui sont trop élevées et trop diverses. Il accuse plusieurs personnes de tirer de leur côté et de ne pas envoyer assez d’argent en France. Il envoie quelques étoffes, fils, merceries, vin et cire, mais il ne peut pas payer toutes les lettres de change. Il a donné à Noailles, archevêque de Paris, et à Pontchartrain, secrétaire d’État à la Marine de France, les lettres de Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, et de Laval, ancien évêque de Québec, en faveur des missions du Mississippi. Il conseille aux missionnaires du Mississippi de ne pas faire de difficulté aux Jésuites, mais de conserver les lieux où ils sont déjà établis. Il dit qu’ils ont résolu de présenter un mémoire au pape et à l’Assemblée du clergé pour faire voir la nécessité d’un clergé séculier local dans ces missions, où les Jésuites ont mis des obstacles. Il a des affaires terribles avec le chapitre de Québec, qui lui causent beaucoup de peine et de dépenses, il a perdu un procès à Rouen contre une religieuse de l’Estrée, qui veut s’emparer de cette abbaye. Il a fait appel au Conseil du roi pour demander la cassation de cet arrêt, mais qu’il craint de perdre encore plus d’argent. Il accuse la responsabilité de cette affaire par une mauvaise entente que Saint-Vallier a signée sans la participation de son chapitre.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249995">
                <text>1700-04-27</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249996">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249997">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11923" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 26&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249998">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250408">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11921" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11922" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="212">
        <name>Chapitre de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="222">
        <name>CONTENTIEUX</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="844">
        <name>Procédures judiciaires</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18682" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11915" order="1">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/025942330c00f78dcf9c01c60f397b7e.png?Expires=1779321600&amp;Signature=LctoZiRNcb9lev5JGuJeVHQ56hzG5xO2kY5w0JuhY4Mkniu-m-9mfIZ7Y6uvk4QlrVRxMMxvKWB%7EdNAr-5Um3Cuy2aN9puiiXTcg45n2v%7ECjA6YBQ3I5Vf2Ftwe62qvXZ0CjFlMibtxhHlS1azChgG6pENCTDIf5kv9B8RJwt763-4R7x9ApRejfQ2X3R09c4b3S93PqSJneDMEXBpFaHuDvEGfVOHZOLqbXV1JBxwpNZmjElRzmOqO5xsq6ZCI7xpeUDlrMVv79149r8ovbId5qE8ZNTcLRdyHqLjxXADKvz%7E%7EeXLrgcUu7fdawZGdLvrYJ6FEK2sjTwPj9acs2Zg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11919" order="2">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/64e3b20a52c495e29c8250575e8aa0af.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=MRS3d3jFGlUwf-1FmuY43efU6dmbfpgbwUpyFt8LkO1Q62a3VK602tMuCPo9OFlVW938evXaB4oXaaFM99yQh-QGy0FpsNl8skvIK0CrRuY2pxdymYsn3zCLExPKap-fXCpqJplA7FhYIBmp%7EPnt-BmM7gQYzCyX3vR%7EEMi6UodQ8%7E6FF8i2piARD-9rIqTwEo-3QD3Q6hdQpCLO65yaWj9pfnWklFD19k9rcgZnz5PLWyyD9Xjst9U1-9xjtulmP4w8a-56sPWu20F5eEAmEmuK8WdEyV2VlAfYplFrpDb-YEYjFgoctu2ZbkGhWbQldvlHnn4UXqj1coVZCiMeGw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>8ec1f94bbde9a2ea06a34639dafcde5d</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250397">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, juin 1706)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu de vous plusieurs lettres l’an passé, une du 25 janvier 1705, une autre de&#13;
8 mai suivant, une assez longue du 13 octobre et une dernière du 21 octobre 1705.&#13;
Je vous en ai écrit une d’avis à vous seul par le Neptune, que Dieu veuille bien&#13;
conduire à bon port, qui est parti au commencement de mai. J’en ai fait charger&#13;
nos liqueurs. Il y a près d’un mois qu’il est parti et on n’en a reçu encore, Dieu&#13;
merci, aucune mauvaise nouvelle.&#13;
Je ne reçus votre lettre du 25 janvier, qui est venue par Plaisance, que peu de jours&#13;
avant l’arrivée de nos vaisseaux. J’ai donné avis à Mme Ango de La Mothe, votre&#13;
sœur, de la mort d’un nommé Barré d’Argentan.&#13;
Vous ne sauriez vous imaginer qu’elle fut ma surprise lorsqu’en lisant la lettre que&#13;
Mgr l’Ancien écrivait à M. l’abbé de Brisacier, nous y apprîmes le second incendie&#13;
du Séminaire de Québec. Tout ce que nous pûmes dire, ce fut avec le saint prêtre&#13;
Élie : « Dominus est quod bonum est in oculis suis faciat1. » Nous n’avons seulement&#13;
pas ouvert la bouche sur ce nouvel accident, surtout depuis que M. l’abbé&#13;
de Brisacier en eut voulu parler à Mme de Maintenon pour la prier de faire quêter&#13;
pour nous à Versailles et qu’elle le refusa. Nous n’en avons parlé à personne. Il y&#13;
a seulement un vicaire de Saint-Germain-de-l’Auxerrois qui nous a envoyé&#13;
108 livres pour aumônes, qui avaient été données, à ce que je crois, pour l’autre&#13;
incendie. Un seul de nos amis, nommé M. d’Héticourt, qui se confesse à M. l’abbé&#13;
de Brisacier, nous a apporté 301 livres pour aumône. Voilà tout ce que j’ai reçu&#13;
pour votre rétablissement.&#13;
Cependant, je vous dirai que ce coup, tout accablant qu’il est, ne m’a pas fait perdre&#13;
cœur et je suis persuadé que Dieu l’a permis pour vous faire rentrer en vous-même&#13;
et vous faire interrompre des dépenses que vous poussez trop loin, soit pour vos&#13;
bâtiments, soit pour votre trop grand nombre d’enfants, dont vous vous êtes trop&#13;
1&#13;
&#13;
« C’est le Seigneur. Qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux ! » (I Samuel 3:18)&#13;
&#13;
�aisément chargés. Il n’est pas impossible que nous nous rétablissions, si vous&#13;
voulez le faire peu à peu et j’espère que sans nous trop incommoder, nous le serons&#13;
en dix ans, pourvu que vous vous modériez ainsi et que vous ne vous rechargiez&#13;
pas de ce grand nombre d’enfants que vous avez renvoyés. Je vous avoue,&#13;
Monsieur, que je ne puis entrer dans votre vue, ni dans celle de M. Buisson, qui&#13;
veut comme vous que si vous aviez jusqu’à 50 enfants, qui payassent pension, hors&#13;
ceux qui sont pour la fondation, cela ne serait pas à charge au Séminaire. Je ne&#13;
saurais m’aveugler jusqu’à ce point-là que de penser une chose si peu fondée, car&#13;
1er si vous vous mettez sur le pied de prendre 50 enfants, je pose en fait que vous&#13;
n’en tirerez pas la pension de 25 ; encore, il y en aura de ces 25 un tiers à demipension et 2e, quand ils paieront tous pension, pouvez-vous entretenir et nourrir&#13;
des enfants pour ce prix-là, à quelque bon marché que soient les vivres ? Les seules&#13;
étoffes pour cette jeunesse absorbent tout ce que vous recevez de ces pensions.&#13;
Mais ce qui fait que M. Buisson donne dans ces idées, c’est que cela lui donne&#13;
quelque argent, sans considérer que l’écu de cet argent lui revient à plus de&#13;
6 livres2.&#13;
Je ne vous ai écrit de tout cela l’an passé, avec toute la confiance que j’ai en vous,&#13;
que pour vous porter à faire cesser cette dépense. Je sais que Mgr l’Ancien vous y&#13;
engage, mais vous y êtes aussi engagé par votre propre inclination. Vous avez de&#13;
l’attrait pour cette jeunesse canadienne. Je ne m’y opposerais pas si nous pouvions&#13;
soutenir cette dépense, mais cela est impossible en l’état où sont nos affaires.&#13;
Trouvez donc bon que je ne vous envoie jamais d’étoffes, de bas, de souliers pour&#13;
enfants que pour douze ou quinze seulement ; vous tirerez l’entretien du surplus&#13;
d’où vous le pourrez, car je ne puis plus être avec vous dans de telles avances.&#13;
Je ne vous écrirai plus rien des capots bleus. Tous ceux que vous me mandez&#13;
devoir m’en écrire, savoir MM. Raudot et Beauharnois, de Glandelet et Pocquet,&#13;
ne m’en ont rien mandé. Vous le voulez ainsi. Cela suffit. Il n’y a pas la moindre&#13;
raison qui autorise cette couleur, mais l’usage doit l’emporter pour le bien de la&#13;
paix.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Un écu d’or équivalait à 3 livres en France ; un écu d’argent valait 0,6 livre française.&#13;
&#13;
�C’est un grand malheur qu’avec la grande perte de notre Séminaire, vous ayez&#13;
porté dans le feu ce que je vous envoyais l’an passé. Cela n’est pas facile à rétablir&#13;
dans un temps comme celui-ci. Je vous plains d’avoir perdu les livres d’Agreda et&#13;
de la sœur de Coutances ; cependant, peut-être qu’à quelque chose, malheur est&#13;
bon, s’il y a, dites-vous, dans ces livres de quoi se soutenir dans les calamités&#13;
présentes. Il me semble qu’il y en a bien plus et de plus solides sans la sainte&#13;
Écriture, qui n’a pas besoin d’un tel commentaire, qui voudrait établir de&#13;
nouveaux points de foi, de nouvelles révélations inconnues à toute l’ancienne&#13;
Église. Je vous avoue que si j’avais le temps, je l’emploierais mieux qu’à lire ces&#13;
livres. Ceux de l’écriture, des Saints-Pères et l’histoire de l’Église me paraissent&#13;
tout autrement nécessaires et si vous en remplissiez bien l’esprit de vos Canadiens,&#13;
vous leur profiteriez tout autrement qu’en leur parlant des sentiments de la mère&#13;
d’Agreda, qui, quelques bons qu’ils soient, seront toujours bien au-dessous de ce&#13;
que nous pouvons apprendre dans l’Écriture sainte et les Saints-Pères.&#13;
Pardonnez-moi si je vous parle peut-être un peu trop librement. Je sais le respect&#13;
que je vous dois et je vous regarde non seulement comme mon supérieur, mais&#13;
comme étant bien plus éclairé que moi dans la vie spirituelle et dans la vertu ; mais&#13;
vous savez que l’on peut aisément se prévenir d’estime par certaines voies et&#13;
révélations particulières, qui peuvent n’être pas du goût de tout le monde et même&#13;
détournées de la solide piété que nous trouvons bien plates dans la sainte Écriture,&#13;
que dans ces livres particuliers. Nous n’en avons pas parlé à M. de La Colombière,&#13;
mais si nous pouvions ici vous entretenir une heure de temps, vous n’auriez plus&#13;
le même goût pour ces livres et n’en seriez pas si occupé.&#13;
J’ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour demander à Monseigneur d’ôter à&#13;
M. de Glandelet le grand-vicariat et la supériorité des Ursulines et je lui en ai fait&#13;
plusieurs instances depuis huit mois. Il m’a toujours refusé nettement et m’en a dit&#13;
la raison dans la dernière lettre. Il prétend que vous vous laissez trop gouverner&#13;
par les Jésuites, que vous leur accordez tout et que vous ne leur sauriez rien&#13;
refuser. Il me cite pour témoignage ce que vous venez de faire tout récemment&#13;
pour la mission de Pentagouet. Il prétend que M. de Glandelet n’est contrarié dans&#13;
cette maison que parce qu’il y soutient l’autorité épiscopale et quoique je lui eusse&#13;
&#13;
�mandé que M. de Glandelet et lui-même me priait de lui demander la décharge de&#13;
ces emplois, il a persisté à l’y laisser au moins jusqu’à son retour en Canada.&#13;
Ce prélat est toujours prisonnier et le sera encore longtemps, selon toutes les&#13;
apparences, car nous ne voyons nulle apparence à la paix. Il s’est donné en Flandre&#13;
une bataille le jour de la Pentecôte, où nous n’avons pas perdu trois mille hommes,&#13;
mais cependant nos troupes y prirent tellement la terreur panique et cette terreur&#13;
s’est tellement communiquée aux villes que notre armée s’est dissipée en désordre,&#13;
tant que les ennemis la poursuivissent et presque toutes les meilleures villes de&#13;
Flandre espagnole et même de la Flandre française ont ouvert les portes à nos&#13;
ennemis, qui ont pris nos magasins, nos munitions ; ce qui les élève horriblement,&#13;
avec encore la honte que nos généraux ont fait avoir au jeune roi d’Espagne,&#13;
Philippe V, qui a été pour prendre Barcelone et une pareille terreur panique en a&#13;
fait lever le siège, lorsqu’il était facile de prendre la ville. Tous ces désavantages&#13;
pour nous enflent tellement nos ennemis que la paix est bien éloignée et tout est&#13;
dans une grande consternation. Je crois que sans ces deux accidents, nous aurions&#13;
eu la paix avec le duc de Savoie et cette paix aurait amené les autres ; mais tout est&#13;
à présent bien reculé.&#13;
J’ai été surpris de la conduite que M. Dupré, curé de Québec, a tenu à votre égard.&#13;
Je lui avais mandé, ces années passées, ce qu’il pourrait tirer de la succession de&#13;
son frère le chirurgien, à peu près, comptant qu’il en conférerait avec vous et&#13;
concerterait l’usage qu’il en voudrait faire. J’ai été fort surpris cet automne qu’il&#13;
ait disposé de cela sans vous en parler et qu’il en ait privé, et sa famille, et le&#13;
Séminaire. Cela n’a pas laissé que de me toucher, car il est bien surprenant que&#13;
voyant le Séminaire en l’état ou il est, il ait disposé de cette aubaine, dont il m’a&#13;
toute l’obligation, puisque sans moi, il n’aurait rien tiré de ce que ce frère a laissé&#13;
en Italie, sans en rien donner au Séminaire et sans vous en avoir parlé. Il prétend&#13;
qu’un curé a des besoins qu’il n’est pas obligé de faire connaître. C’est une raison&#13;
assez frivole, car il n’y a nul inconvénient de vous les faire connaître, à vous qui&#13;
êtes grand-vicaire et supérieur du Séminaire. J’avais presque envie de ne pas payer&#13;
les lettres de change qu’il a tirées sur moi, dont j’ai payé près de 1 200 livres et j’en&#13;
avais un prétexte tout spécieux, car il n’y avait pas de partage fait entre ses frères&#13;
et sœurs et lui. Mais il aurait cru que je l’aurais fait par vil sentiment. Il m’a fallu&#13;
&#13;
�faire leurs partages et les envoyer à son frère à Orléans, qui les ayant approuvés,&#13;
je me suis acquitté envers eux de ce que je leur devais, payant ces lettres de change&#13;
à M. Dupré de Québec et envoyant le surplus à son frère, qui m’en a envoyé une&#13;
décharge générale. Nous avons reçu son neveu au Séminaire à son retour de&#13;
Québec. Il y a demeuré quatre mois. Il est allé ensuite demeurer à Évry, où il ne&#13;
restera pas longtemps. Je lui ai conseillé de se présenter à M. l’évêque de Chartres,&#13;
qui lui a offert de l’emploi dans son diocèse et qui après l’avoir fait vicarié, le&#13;
pourra placer.&#13;
Je vous ai mandé parle Neptune que nous avions reçu avec plaisir&#13;
M. de La Colombière au Séminaire. Il y demeure depuis son retour de Canada. Il&#13;
est résolu de ne pas retourner cette année, tant à cause des grands risques de la&#13;
mer que parce que, n’étant pas donné un fonds pour le paiement des charges&#13;
indispensables et au contraire, étant ordonné que ce qu’il faudra pour les payer&#13;
au-dessus de ce que la ferme du roi vaudra, sera levé sur le pays en la manière que&#13;
sera trouvée la plus avantageuse. Il est bien aise de ne se pas trouver à une telle&#13;
imposition, qu’il prévoit devoir être forte désagréable à la colonie. Ainsi, il restera&#13;
en France cette année. Il a travaillé à une petite mission, qui s’est faite dans notre&#13;
faubourg ces jours passés. Je prévois qu’il s’en ira voir M. Bailly quand nos&#13;
vaisseaux seront partis et il pourra travailler avec lui à quelques missions dans le&#13;
diocèse de Chartres. Il doit cet automne aller voir sa famille en Dauphiné et faire&#13;
des nièces religieuses. Nous sommes tous fort édifiés de lui et nous le respectons.&#13;
Nous avons cru, comme vous, qu’il ne fallait pas demander de nouvelles grâces à&#13;
cause de notre incendie. Si vous considérez de près l’état où est la France, vous&#13;
connaîtriez assez nos raisons. Nous nous sommes contentés de demander la&#13;
continuation de la gratification de 4 000 livres pour notre incendie et nous avons&#13;
demandé, sans y faire beaucoup de fonds, que l’on nous accordât l’union de&#13;
quelques bénéfices de 4 000 ou 5 000 livres pour mettre notre maison en état de&#13;
soutenir les dépenses qu’elle fait. C’est contre mon attente que j’ai vu, dans la lettre&#13;
que M. de Pontchartrain a écrite à M. l’abbé de Brisacier, que le roi avait ordonné&#13;
d’écrire au R. P. de La Chaize de prendre son ordre pour cela. Mais quoique cette&#13;
grâce soit accordée par Sa Majesté, ne croyez pas pour cela que ce soit une chose&#13;
faite. Si nous avions le R. P. de la Chaize bien intentionné pour nous, peut-être que&#13;
&#13;
�cela réussirait ; mais dans l’indisposition que les Jésuites ont contre nous, il leur&#13;
sera facile de rendre cette grâce inutile et sans effet et c’est ce que je crains&#13;
beaucoup. Il n’y a qu’un seul endroit qui pourrait nous servir. On prétend qu’ils&#13;
ont acheté la maison du Port-Royal de Paris pour y établir un Séminaire ; les uns&#13;
disent d’étrangers, en sorte que ce sera le Séminaire des Missions étrangères&#13;
(jésuitiques) ; d’autres disent que c’est pour contrebalancer Saint-Magloire et&#13;
élever des ecclésiastiques dans Paris, quoiqu’ils sachent très bien que M. le&#13;
cardinal de Noailles n’y consentira pas ; mais ils espèrent avoir, sous un autre&#13;
archevêque, ce que celui-ci leur refusera. Or, pour cet établissement, il leur faudra&#13;
unir quelques abbayes et pour se frayer le chemin, ils seront peut-être bien aises&#13;
de nous aider à obtenir cette union. J’y crois, je vous assure bien des difficultés à&#13;
surmonter. Nous ne laisserons pas, après nos lettres finies, d’aller voir le&#13;
R. P. de La Chaize, M. de La Colombière et moi, et engagerons le R. P. de&#13;
Lamberville à y aller avec nous. J’entretiens toujours assez de relation avec lui&#13;
quand je me porte bien.&#13;
Il sera bon que Mgr l’Ancien et vous en écriviez, non seulement à&#13;
M. de Pontchartrain, pour le remercier, mais au R. P. de La Chaize, pour l’engager&#13;
à seconder les bonnes intentions de Sa Majesté.&#13;
Je ne sais même si nous ne serons pas traversés dans cette affaire par notre prélat&#13;
même, qui devrait au contraire nous y soutenir ; ou du moins, s’il ne tâchera pas,&#13;
à cause de cette grâce expectative, nous retrancher tout ce qu’il pourra des abbayes&#13;
déjà unies. J’ai eu depuis un an bien des affaires avec lui sur ce sujet. Il faut vous&#13;
en rendre compte.&#13;
Je représenterai à ce prélat par lettres que puisque l’union venait de se faire des&#13;
abbayes tout différemment de ce qui avait été arrêté en 1697, il ne fallait plus suivre&#13;
le concordat de cette année-là, par lequel nous étions chargés de lui payer&#13;
2 000 livres par an. Je lui représentai que nous ne les tirions pas de l’abbaye de&#13;
Méobecq. Il voulut absolument en être payé comme à l’ordinaire et que cela&#13;
continuât jusqu’à la fulmination de la bulle d’union à l’obtention des lettres&#13;
patentes et à l’enregistrement de ces patentes au Parlement ; ce qui ne sera pas&#13;
consommé peut-être d’ici à dix ans. Ce prélat, de plus, prétendait que je devais lui&#13;
&#13;
�allouer les frais de son voyage de Rome, quoiqu’il m’eût assuré plusieurs fois&#13;
verbalement qu’il ne prétendait pas nous en rien faire coûter et que M. Charmot&#13;
eut encore plus agi que lui en cette affaire.&#13;
Enfin, il voulait que le concordat de 1697 subsistât pour 2 000 livres, qui sont à lui&#13;
payer, mais que ce concordat ne subsistât plus, pour ce qui y est dit, que de cinq&#13;
parts des frais qui seront faits par ces unions ; l’évêque en portera trois et chapitre,&#13;
deux. Le prélat a prétendu que le changement arrivé par la bulle qui lui conserve&#13;
la manse abbatiale de Méobecq et icelui donne, dit-il, que l’abbatiale de Bénévent&#13;
devait faire changer cette imputation des frais, dont il ne devait porter qu’un tiers,&#13;
dit-il, le chapitre un tiers et le Séminaire un tiers.&#13;
On ne peut écrire plus durement que ce prélat m’a écrit depuis un an, de sa prison,&#13;
sur toutes ces affaires jusque-là que dans le temps qu’il acquiert des contrats de&#13;
constitutions de rentes jusqu’à la somme de 1 200 livres de rente par an, qu’il a&#13;
acquis depuis sa prison ou fait acquérir par M. de La Pallière. Il a écrit à ce grandvicaire plusieurs lettres pour le prier d’envoyer saisir nos abbayes pour me forcer&#13;
de lui payer ces 2 000 livres par an.&#13;
Vous remarquerez qu’avant Pâques dernier, il ne lui en était dû qu’une année,&#13;
échue à Pâques 1705, et il avait reçu de moi ou M. de La Pallière, par plusieurs&#13;
billets que j’avais d’eux, plus de 150 livres au-delà de ces 2 000 livres. Voyez&#13;
combien me devaient être sensibles ces menaces d’envoyer saisir [les] abbayes.&#13;
Je crois que son grand-vicaire lui soufflait ce feu de division, car j’ai&#13;
malheureusement encouru sa disgrâce et son ressentiment pour m’avoir imputé,&#13;
sans fondement, d’avoir empêché qu’on ne passât en Cour de Rome une pension&#13;
de 500 livres pour lui sur l’abbaye de Bénévent, à cause des grands services qu’il a&#13;
rendus à l’Église du Canada. Il est vrai que j’ai écrit deux fois à M. Charmot pour&#13;
lui marquer qu’il était bien indigne à un grand-vicaire de vouloir faire créer une&#13;
pension sur une abbaye destinée à l’évêché de Québec, vu que cette Église n’était&#13;
pas en état de porter ces sortes de pensions, mais ce que j’ai écrit à M. Charmot n’a&#13;
en rien contribué à empêcher le pape de vouloir passer cette pension. Le pape l’a&#13;
toujours constamment refusée et n’a jamais voulu la passer ; ce qui a engagé ce&#13;
&#13;
�grand-vicaire à en demander une sur une abbaye régulière qui a vaqué en Flandre,&#13;
nommée Saint-Bertin à Saint-Omer, et on la lui a donnée de 600 livres par an, qu’il&#13;
a enfin attrapées pour ses grands services rendus à l’Église du Canada, dit-il, mais&#13;
cette Église pourrait le remercier de ces grands services.&#13;
Il a su encore s’attirer autres 400 livres de rente viagère, par l’endroit que je vais&#13;
vous exposer. Quand il a vu M. l’évêque de Québec résolu à acquérir des rentes&#13;
sur l’hôtel de ville, qu’il prétend devoir être pour fonder des sœurs de la&#13;
Congrégation dans plusieurs endroits de son diocèse, il a ramassé les fonds qu’il a&#13;
reçus pour le prélat. Il a mandé ensuite au prélat qu’il lui était dû huit ans ou dix&#13;
ou quinze ans d’arrérages de cette pension de 500 livres et qu’avec encore&#13;
quelques autres sommes, qu’il prétend lui être dues par ce prélat, cela faisait la&#13;
somme de 8 000 livres ; qu’il avait reçu de la gratification du clergé 4 000 livres, de&#13;
la pension du clergé 2 000 livres et d’autres endroits encore, au-delà de ces 8 000&#13;
livres qu’il pouvait séparer par ses maisons ; mais que voulant faire du bien à son&#13;
Église (par parenthèses, il s’en fait à lui et non à l’Église), il voulait bien employer&#13;
ces 8 000 livres à acquérir des contrats de constitutions pour fonder ces écoles, mais&#13;
qu’il prétendait sur ces fondations, en donnant ce qui lui était dû par Mgr de&#13;
Québec, se réserver 400 livres de pension sa vie durant sur ces nouvelles rentes&#13;
acquises. Ainsi, le voilà assuré de 1 000 livres de rente sa vie durant pour les&#13;
grands services qu’il a rendus à M. l’évêque de Québec. Or, parce que je n’ai pu&#13;
me retenir sur cet intérêt et que j’en ai parlé, il a conçu un ressentiment contre moi&#13;
qu’il me fait sentir toutes les fois qu’il le peut.&#13;
Nous avons enfin pris deux avocats pour nous régler. Il a fallu faire des écritures&#13;
de part et d’autre. J’ai, ce me semble, eu raison d’être piqué de la manière dont il&#13;
me traitait dans ces écritures. Il n’aurait pu parler plus mal du plus grand fripon&#13;
de la terre. M. l’abbé de Brisacier a bien voulu se mêler de finir tout cela et nous&#13;
avons signé une transaction, par laquelle il est réglé que M. l’évêque de Québec&#13;
sera payé de ce qui lui est dû à Pâques dernier sur ces 2 000 livres et je les lui ai&#13;
payées aussitôt. On veut aussi que les frais de voyage du prélat qu’il a fait pour&#13;
aller à Rome lui soient alloués, jusqu’à 3 000 livres, s’il certifie les avoir dépensés&#13;
pour les unions, ce qu’il ne manquera pas de faire. On veut que dans deux mois&#13;
de ce jour, nous venions à compte ensemble de ce que chacun a dépensé pour ces&#13;
&#13;
�unions et qu’en rapportant chacun ce qui doit revenir à un chacun des unions, on&#13;
en porte les frais au sol la livre. On règle aussi que d’ici à Pâques prochain, on fera&#13;
tous les efforts pour parvenir à l’enregistrement de la bulle et que d’ici là,&#13;
M. l’évêque de Québec sera encore payé des 2 000 livres, mais qu’après Pâques&#13;
prochain, chacun entrera en possession du lot qui lui est destiné par la bulle [et]&#13;
paiera les charges. Nous avons eu bien de la peine à en venir là.&#13;
Mais cela nous va faire entrer avec le prélat dans de nouvelles difficultés. Je&#13;
tremble quand je pense qu’il faudra discuter avec lui ou avec son grand-vicaire,&#13;
plus dangereux que lui, étant de la plus fine Normandie, le partage des deux&#13;
abbayes de Méobecq et de Bénévent. J’aurai affaire à forte partie. Je ferai ce que je&#13;
pourrai en prenant conseil pour ne me pas laisser tromper. Il aurait voulu que nous&#13;
lui eussions abandonné la mense monacale de Bénévent pour la mense abbatiale&#13;
de Méobecq ; or, l’une vaut mieux que l’autre, depuis que le prélat enlève surtout&#13;
les rentes sur l’hôtel de ville, provenant de la vente des bois de l’abbaye de&#13;
Méobecq, et qui en font un des plus beaux revenus. Je vous avoue que connaissant&#13;
la dureté du prélat et de son grand-vicaire, je voudrais pour beaucoup me&#13;
décharger de ces discussions. Elles sont plus fortes que moi. J’ai trop d’affaires et&#13;
trop peu de santé et j’aimerais mieux qu’on m’envoyât, ou à l’Acadie, ou à la&#13;
Louisiane, que d’avoir à traiter d’affaires avec eux.&#13;
Il est de la dernière nécessité que vous m’envoyiez cette année une procuration&#13;
pour le Séminaire de Québec, dont je vous en envoie le modèle. Il y a plus de six&#13;
ans que vous ne m’en avez envoyé. Il m’en faut aussi pour le chapitre de Québec&#13;
et si Dieu nous conserve notre ancien prélat, il est bon qu’il nous envoie aussi une&#13;
nouvelle procuration.&#13;
Vous aurez su le malheur que j’ai eu d’être attaqué cet hiver de la goutte aux deux&#13;
pieds. La souche fut si violente que je fus plus de trois semaines sans me pouvoir&#13;
soutenir sur mes pieds et plus de quatre mois sans sortir. Et j’en ai encore été&#13;
attaqué vers l’Ascension, si bien que je courre risque d’en être fort affligé. Ce sont&#13;
des sériosités qui descendent au bout des pieds que demanderaient que je me&#13;
purgeasse tous les mois, mais c’est un étrange assujettissement quand on a des&#13;
affaires. Ces gouttes m’obligeront de me retirer des affaires et seront peut-être&#13;
&#13;
�utiles à ma sanctification en me mettant en état de penser plus sérieusement à mon&#13;
salut. Si elles augmentent, il vous faudra penser à m’envoyer quelqu’un prendre&#13;
ma place. Je le formerai avant que de me retirer. Ce qu’il y a de fâcheux, c’est que&#13;
ce mal me fait craindre d’aller dans un pays froid comme le Canada, qui est fort&#13;
contraire à la goutte. Il faut surtout s’abandonner à la Providence et se remettre à&#13;
Dieu de tout ce qui nous regarde.&#13;
Votre temporel est en mauvais ordre en France. Je m’en suis encore cependant&#13;
mieux tiré que je ne pensais cette année. Vous le verrez en examinant mes comptes.&#13;
Mais ce qui a contribué, c’est que j’ai eu quelque chose de nos abbayes et je me suis&#13;
fait payer de quelque manière que ce soit de 13 000 livres de nos ordonnances. Il&#13;
était inhabile que vous en écriviez à M. de Pontchartrain : il n’y peut rien, votre&#13;
M. de Beauharnois encore moins, mais enfin, j’ai tiré cela le mieux que j’ai pu,&#13;
presque tout en billets de monnaie, sur lesquels, quoiqu’on perde tant, je n’ai tiré&#13;
le paiement et j’en ai payé nos dettes le mieux que j’ai pu.&#13;
Cependant, quoique j’aie poussé ma recette pour le Séminaire à plus de&#13;
22 000 livres, je ne suis guère moins engagé que j’étais l’an passé pour le Séminaire,&#13;
car il m’a fallu payer M. Fleury et ç’a été un gros morceau, puisqu’il lui était dû&#13;
plus de 9 000 livres.&#13;
Il est vrai que je n’ai pas compris les 2 000 livres de lettres de change que vous&#13;
m’avez envoyées sur le sieur Le Vallet, trésorier à Rochefort. Elles ne pouvaient&#13;
être payées quand j’ai arrêté mon compte. Je les mettrai en recette dans le compte&#13;
de l’année prochaine ; mais aussi, M. Fleury vous envoie pour plus de 2 800 livres&#13;
de factures accomplies à La Rochelle, que j’ai payées en la meilleure partie et n’ai&#13;
pas mis cependant sur votre compte cette dépense, la réservant pour l’année&#13;
prochaine, parce que je n’en puis avoir un compte net qu’après le départ de nos&#13;
vaisseaux.&#13;
Le pauvre M. Fleury a fait une grande perte l’année passée après le départ des&#13;
vaisseaux. Sa femme, fille de M. Grignon, est morte à Paris d’accident de grossesse.&#13;
Il l’y avait emmenée pour voir Paradis. Dieu veuille qu’elle ait de là été voir le&#13;
paradis.&#13;
&#13;
�Tout le commerce est si renversé que vous en apprendrez des nouvelles des&#13;
marchands de Québec. Nous ne voyons plus d’argent à Paris. On n’y voit que des&#13;
billets de monnaie ; ce qui fera que je ne crois pas pouvoir une autre année&#13;
accomplir de factures ni payer de lettres de change si elles ne sont de 1 000 livres.&#13;
Vous verrez que tous les marchands, qui ont cru avoir quelque chose de bon que&#13;
d’avoir des lettres de change sur le trésorier de Rochefort, perdront 12 % cette&#13;
année et même 14 % sur leurs lettres de change qu’on ne leur paie qu’en billet de&#13;
monnaie. Tout est dans un état si violent que nous vivons au jour la journée, sans&#13;
avoir rien d’assuré. J’espère que ce que je vous envoie arrivera à bon port ; mais&#13;
s’il y arrive, vous pouvez bien l’y tenir, car je ne vois plus comment vous rien&#13;
envoyer. Les marchands de La Rochelle et de Bordeaux veulent de l’argent&#13;
comptant. Il est impossible de leur en fournir. Ainsi, il faut cesser tout commerce.&#13;
Comme je fais et j’ai fait jusqu’à présent le plus drôle de tous les commerces, vous&#13;
envoyant tous les ans ce que vous m’avez demandé, sans que vous ayez fait aucun&#13;
retour, je serais bien aise de continuer ce commerce s’il était soutenable, mais il n’y&#13;
en a plus moyen. Les billets de monnaie en ôtent la facilité. Je compte que tout ce&#13;
que je recevrai pour vous d’ici à l’année prochaine servira 1er une partie des&#13;
avances où je suis pour vous, 2e à payer les 6 300 livres que vous avez tirées sur&#13;
moi à l’ordre de M. Jolliet. Et ce sera beaucoup pour vous si d’ici là je puis tirer de&#13;
vos revenus de quoi payer ces 6 300 livres et de quoi acquitter 3 000 ou 4 000 livres&#13;
des 13 396 livres 10 sols, dont je suis en avance pour vous. Il est vrai que j’ai à&#13;
toucher pour 11 500 livres d’ordonnances, savoir 4 000 livres pour le&#13;
rétablissement du Séminaire de Québec pour l’année 1705, 3 000 livres pour&#13;
l’ordonnance de la Louisiane pour la même année et 4 500 livres pour le curé de la&#13;
Louisiane et son confrère pour les années 1703, 1704 et 1705. Mais quand puis-je&#13;
espérer de toucher ces 11 500 livres ? Je serai peut-être bienheureux si j’en obtiens&#13;
de paiement en l’année 1707 et encore en billets de monnaie.&#13;
Et quant à tous les autres revenus que vous avez, ils consistent dans la rente sur&#13;
l’hôtel de ville et ce que je puis tirer des abbayes. Quant à la rente sur l’hôtel de&#13;
ville de 500 livres par an, ce n’est pas grand-chose, et à l’égard des revenus des&#13;
abbayes, on ne saurait à présent s’en faire payer. J’ai tremblé depuis cinq ans et&#13;
appréhendé de voir arriver l’année 1707. Il m’y faut renouveler le bail de l’abbaye&#13;
&#13;
�de l’Estrée. Il est impossible de trouver de fermiers tant que la guerre durera.&#13;
Faudra-t-il faire valoir nous-mêmes cinq ou six fermes qui dépendent de cette&#13;
abbaye ? Il me faudrait plus de 25 000 livres pour les monter et j’aime mieux les&#13;
laisser en friche. Il y en a plus des deux tiers du royaume de France qu’on&#13;
abandonne ainsi. Je vous puis assurer que je suis pour Méobecq et pour l’Estrée&#13;
dans des angoisses qui ne sont pas exprimables. On ne fait nul argent du blé, ni&#13;
des autres denrées et quelque bonne année que les fermiers aient, ils n’en sauraient&#13;
avoir assez pour payer les baux et ustensiles et capitations ; si bien que les fermiers&#13;
mettent la clé sous la porte et s’en vont en une belle nuit.&#13;
En voilà assez pour le temporel. Je n’y saurais penser sans en être effrayé. Je dois&#13;
vous avertir que je ne reçus pas l’an passé 100 livres de Mme de Vaubénard, mais&#13;
cette année je les ai touchés au mois d’avril.&#13;
Mme Ango de La Mothe m’a chargé de vous acheter un bréviaire entier de Lyon,&#13;
que j’ai mis dans nos ballots, qui m’a coûté 30 livres et dont elle m’a remis l’argent.&#13;
Elle m’a envoyé 90 livres, que je vous ai portées en recette au compte du Séminaire,&#13;
qu’elle m’a mandé avoir de reste de votre pension. Vous trouverez une caisse&#13;
qu’elle m’a adressée de Rouen pour vous. Ce sont des choses de piété. Je vous en&#13;
envoie aussi autant que j’en ai pu recouvrer. Vous les trouverez dans nos ballots.&#13;
J’ai acheté la Théologie de Grenoble et j’y en ai joint quatre ou cinq volumes&#13;
dépareillés. Je vous prie de vouloir donner cette théologie à M. Buisson et je le prie&#13;
d’en aider M. Calvarin de quelques volumes, les uns après les autres. J’ai senti le&#13;
besoin où se trouve M. Pocquet, ayant perdu tous ses cahiers. Je lui envoie la&#13;
Théologie de l’Herminier, qui est la meilleure qui soit imprimée et qu’on puisse&#13;
suivre dans les séminaires. Il y en a une plus claire composée par le P. Jovanin de&#13;
l’Oratoire, mais elle est suspecte des nouveaux sentiments et il ne faut rien&#13;
enseigner de suspect à nos ecclésiastiques. Celle que j’envoie à M. Pocquet est hors&#13;
de toute suspicion.&#13;
&#13;
�J’envoie à M. de Glandelet un paquet que je vous prie de lui remettre ; il lui est&#13;
adressé. J’ai mandé à M. Ruette et M. de Varennes de retirer une chasuble&#13;
commune, qui fut envoyée l’an passé aux Hospitalières. Elle est pour le Séminaire.&#13;
Je tâcherai, si je puis prendre cet automne une quinzaine de jours pour travailler&#13;
dans la bibliothèque, d’y rechercher tous les livres que nous aurons doubles, afin&#13;
de les mettre à part pour vous les envoyer pour réparer un peu la perte de votre&#13;
bibliothèque ; mais il faut attendre la paix pour vous envoyer cela.&#13;
Nos MM. de Paris n’ont pas sujet d’être contents de ne pouvoir avoir aucun&#13;
compte de vous, depuis six ans qu’ils en demandent. Il semble qu’on pourrait leur&#13;
en envoyer tous les ans pour connaître l’état de vos affaires. J’envoie à M. de&#13;
Glandelet du parchemin, afin qu’il fasse copier nos principaux titres pour nous en&#13;
envoyer des copies bien collationnées et légalisées.&#13;
Il est bien fâcheux que les Jésuites ne vous puissent donner pour régent que le&#13;
P. Germain : c’est le moyen de faire de très mauvais théologiens. Ils mériteraient&#13;
qu’on renfermât les écoliers dans le Séminaire. Cependant, je ne crois pas que cela&#13;
soit de saison, car il est bon que cette année vous pressiez le R. P. de La Chaize, et&#13;
le fassiez presser par ceux de Québec, de nous procurer ce bénéfice de 4 000 à&#13;
5 000 livres.&#13;
Vous voudriez que je vous nommasse ceux que vous avez fait élever au sacerdoce&#13;
et aux ordres sacrés qui n’ont pas de capacité. Je vous prie de m’en dispenser. Je&#13;
les ai cependant très présents à l’esprit et les connais bien. Je n’y renferme pas&#13;
M. de Saint-Cosme le jeune, Plante, Chabot, ni Boulanger. Je ne les connais pas&#13;
assez, mais sans que je vous les nomme, vous les connaissez assez et vous n’avez&#13;
qu’à en demander les noms au moindre du Séminaire. Pouvez-vous douter qu’il&#13;
n’y a eu jusqu’à présent nulle émulation pour l’étude dans le Petit Séminaire ? Ce&#13;
qui a donné occasion à M. l’évêque de Québec qu’on les y élevait pour être&#13;
menuisiers, sculpteurs, joueurs d’orgues, etc., mais non pour étudier. C’est ce que&#13;
vous ne saviez trop rétablir. On me mande de Québec que dans le règlement du&#13;
Séminaire, il n’y a pas une règle où l’on inculque l’étude aux jeunes gens. On&#13;
prétend qu’il n’y a que cet endroit. Ils étudieront quand ils n’auront point d’autre&#13;
&#13;
�affaire à leur emploi. Ce qui marque que l’étude n’est regardée que comme un&#13;
passe-temps, quand on n’a point d’autre affaire. Vous devez assurément,&#13;
Monsieur, y faire attention.&#13;
M. de La Colombière nous a fort pressé de vous envoyer quelqu’un pour vous&#13;
aider à conduire le Séminaire, mais il voit par ses yeux que ce n’est pas un petit&#13;
choix à faire. Je jette les yeux de toutes parts et ne trouve pas ce qu’il vous faut.&#13;
Vous verrez, par la copie de la lettre de M. de Pontchartrain et par le mémoire que&#13;
nous avons présenté, dont j’ai joint les copies, ce qui nous a été répondu sur les&#13;
mats et sur les 3 000 livres que vous devez au roi. Je suis très persuadé que l’on ne&#13;
vous pressera pas. J’ai été bien surpris d’apprendre par d’autres que par vous le&#13;
mauvais traitement que vous a fait M. Raudot. Nous ne nous attendions pas à un&#13;
tel traitement. Vous le verrez sur ces mots. Je serais fort de votre sentiment de ne&#13;
pas encore envoyer M. de Saint-Cosme le jeune aux Tamarois. Si vous retirez&#13;
M. Bergier, qui ferait plus de bien assurément pour les études au Séminaire qu’il&#13;
n’en fait dans cette mission, vous ôterez tout ce qu’il y a de bon en la Louisiane ;&#13;
car, je vous avoue que je suis bien dégouté de cette mission qui ne tient à rien et&#13;
qui n’a nulle liaison. Je crois qu’il n’y aurait rien à craindre d’avoir M. Bergier dans&#13;
le Séminaire. Je suis persuadé qu’il ne se laissera pas emporter par le prélat, en cas&#13;
qu’il revînt. Je vois par ses lettres son bon esprit et je suis persuadé que si on le&#13;
pouvait séparer et en laisser moitié aux Tamarois et moitié au Séminaire, il ferait&#13;
bien du bien partout.&#13;
Je voudrais de tout mon cœur que M. de Saint-Cosme le jeune eut quelques années&#13;
[de] plus qu’il n’a ou qu’il travaillât en second avec M. Bergier encore quelques&#13;
années. Quant à M. Davion et Saint-Cosme l’aîné, je crois que ce serait un grand&#13;
bien qu’ils n’eussent jamais été à la Louisiane, car ils feraient plus de bien cent fois&#13;
dans la colonie qu’ils n’en ont là pour moi. J’ai honte de voir ce qui s’y passe.&#13;
Vous me mandez que le voyage de M. Dupré le jeune ne vous coûte rien. Il vous&#13;
coûterait plus que son oncle me prie de payer ce qu’il a emprunté pour le faire. Si&#13;
je n’avais porté son oncle d’Orléans, qui a voulu m’offrir 200 livres pour les soins&#13;
que j’ai pris pour eux d’appliquer cette somme de 200 livres pour le voyage de&#13;
&#13;
�M. Dupré. Je ne crois pas que nous fassions une grande perte en le perdant. Il est&#13;
trop délicat et se tâte trop. Je doute qu’il fasse grand-chose. Vous serez sans doute&#13;
encore fâché contre moi de toute la dépense que j’ai faite pour la Louisiane. Mais&#13;
il y a bien des choses que nous faisons souvent malgré nous et par un&#13;
enchaînement de Providence, dont nous ne sommes pas les maîtres. J’avais pris de&#13;
bonnes mesures pour en faire peu. Le renversement du voyage de M. Gervaise&#13;
m’en a fait faire beaucoup. Il lui en coûte à lui beaucoup de son côté. J’en mande&#13;
les circonstances à Mgr l’Ancien. Je vous ai mandé que je ne puis en aucune manière&#13;
séparer le compte des missions de la Louisiane de celui du Séminaire de Québec.&#13;
Cela ne dépend pas de moi.&#13;
J’ai eu cet état des cures et missions à remplir, gouvernements de Québec et de&#13;
Trois-Rivières. Il en a trente-et-une actuellement établies et vous en mettez huit à&#13;
remplir. Si j’avais eu des fonds pour ramasser de bons sujets en France, les&#13;
éprouver au Séminaire et vous les envoyer en Canada, je suis sûr que je vous en&#13;
aurais envoyé assez pour les remplir. Mais il faut les y faire subsister. C’est ce qui&#13;
est le plus difficile. Sous un autre évêque, on le pourra faire, mais sous celui-ci, il&#13;
n’y faut pas compter.&#13;
Ce que vous faites pour Danjoul est très bien. J’avais cependant compté en&#13;
l’envoyant là-bas qu’il se mettrait avec les frères et les sentiments de piété qu’il&#13;
m’a marqué ici me faisaient croire qu’il n’y aurait pas la répugnance qu’il y a eu.&#13;
Vous n’êtes obligé à rien à son égard. S’il fait bien dans l’offre où il est, vous l’y&#13;
pouvez laisser. Je n’ai pu lui envoyer pour cette année ces six plaques de cuivre.&#13;
J’ai cru qu’il valait mieux vous envoyer pour 300 livres de clous et que cela pressait&#13;
davantage pour couvrir le Séminaire. J’ai fait accomplir le mémoire de drogues de&#13;
votre chirurgien, que vous trouverez dans nos ballots et sur la facture.&#13;
Vous me demandez de vous envoyer quelques bons sujets comme M. du Côté&#13;
pour répéter la philosophie et la théologie. M. du Côté est curé à 5 lieues de Paris.&#13;
Il n’a jamais eu dépense pour cette vocation, mais quand il l’aurait eue, je ne crois&#13;
pas que s’eût été votre affaire et si je vous avais parlé un quart d’heure, vous en&#13;
seriez aussi persuadé que je le suis.&#13;
&#13;
�Je ne doute pas que le jeune M. Dupré et peut-être même M. de La Colombière&#13;
n’écrivent à M. le curé de Québec la surprise où j’ai été de la conduite qu’il a tenue&#13;
à l’égard de ce qui lui est revenu de la succession de son frère ; mais je lui en écris&#13;
à lui-même et ne lui cache pas que j’en ai été tout à fait blessé.&#13;
Je ne puis m’empêcher de vous demander pardon si je vous ai parlé si&#13;
franchement, et l’an passé, et cette année, en quelques occasions. Je sais ce que je&#13;
vous dois et combien je dois respecter vos lumières. Cependant, je crois vous&#13;
devoir aussi parler avec liberté de ce que l’on pense sur votre chapitre, car peutêtre que les autres ne le font pas. Je tâcherai à vous écrire si je puis sur le spirituel,&#13;
car j’ai bien peu de temps et je suis tout rempli d’infirmités. J’ai beau ne les pas&#13;
écouter, je suis, à l’heure que je vous écris ceci, presque hors d’état de lire d’un de&#13;
mes yeux [et] accablé de fluxions. Il faut en bénir Dieu, quoique je sois attaqué bien&#13;
jeune. Je prends trop à cœur les choses dont je suis chargé. Les mauvais succès&#13;
m’affligent. Je n’en fais plus qu’amasser des humeurs. J’ai peine à ne pas prendre&#13;
sur mon sommeil pour toutes mes affaires. Cela use et amène l’infirmité avant le&#13;
temps. Je me recommande très particulièrement à vos prières et saints sacrifices et&#13;
suis très parfaitement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250398">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11917" order="3">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/dcdf8ced2d94d0515a903b5558c2a4bb.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=h1y9MOOyeO5i68tN1lSNwSBbDtXVHfphTQ9KUx6vclz7yQaGFyRLmh7TW%7E%7E0cjzrk9DmB6zgtcQLpXNpbkB-wegWyY2FEWunYrEEWxo9xNTUt%7EOqE2ve2nxZQgbXxPR6lY-jXctOcqGlePsbi-kTgd1pDu%7EzoMq7SQrOQzzdUYNfh8B2KwJsWGscFH9jzTzTCHREf97caPa8prpi8DR%7Exy6JEIQk6ANriySVWLESabHRbATMZuNQGqmQBo5L5wMgo1PUM9XJIfRU2PUcrbOcv6uvDfobJexhKsE1uImDo%7ElRZdEzSFHiiNGV9HrwdQNsR-VaiVo7cJq08%7EP4TBJaNw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b354ededa72c0338e9d385db1001dd67</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250395">
                    <text>1706, juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46)&#13;
1.&#13;
Juin&#13;
1706&#13;
&#13;
Jncendie.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Aumône&#13;
&#13;
1&#13;
Lettres O à M. Des maizerets&#13;
2 Monsieur&#13;
No 46&#13;
3 J’ay receu de vous plus.rs lettres l’an passé,&#13;
4 une du 25. Jan.er 1705. une autre de 8. may&#13;
5 Suivant, une assez longue du 13. octobre et&#13;
6 une derniere du 21. octobre 1705. Je vous en ay&#13;
7 escrit une davis a vous Seulpar le Neptune que&#13;
8 Dieu veuille bien conduire a bon port qui est parti&#13;
9 au commencement de may. J’y ay fait charger&#13;
10 nos liqueurs. Jl y a prez d’un mois quil est parti,&#13;
11 et on n’en a receu encore dieu mercy aucune&#13;
12 mauvaise Nouvelle.&#13;
13 Je ne recus votre lette du 25 Jan.er qui est venüe&#13;
14 par Plaisance, que peu de jours avant larrivée&#13;
15 de nos vaiss.x J’ay donné avis a Mad.’ De la motte&#13;
16 ango votre Soeur de la mort d’un nommé Barré&#13;
17 d’argentan&#13;
18 vous ne Scauriez vous imaginer quellefut ma&#13;
19 Surprise lors qu’en lisant la lettre que Mgr Lancien&#13;
20 escrivoit a M L. de Brisacier nous y apprismes la&#13;
21 2.de Jncendie du Sem.re de Quebec Tout ce que Nous&#13;
22 pusmes dire ce fut avec le S.’ Prestre hely Dominus est.&#13;
23 Quod bonum est in oculis Suis faciat. Nous navons&#13;
24 Seulem’ pas ouvert la bouche Sur ce Nouvel accident&#13;
25 M Desmaizerais.&#13;
26 Sur tout depuis que M. L. de Brisacier en eut voulu&#13;
27 parler a Mad.’ dem. p.r la prier de faire quester&#13;
28 pour Nous a versailles et quelle le refusa. Nous&#13;
29 n’en avons parlé a personne Jl y a eu Seulem.’&#13;
30 un vicaire de S.’ Germain de Lauxerrois qui nous&#13;
31 a envoié 108.# p.r aumosnes, qui avoient esté donnés,&#13;
32 aceque Je crois pour lautre Jncendie un Seul&#13;
33 de nos amis nommé M.r Dheticourt qui Se Confesse&#13;
34 a M Labbé de Brisacier nous a aporté 301.# pour&#13;
35 aumosne. voila tout ce que J’ay receu pour&#13;
36 vostre restablissement.&#13;
37 Cependant Je vous diray que ce coup tout accablant&#13;
38 quil est ne m’a pas fait perdre cœur, et Je Suis&#13;
39 persuadé que Dieu la permis pour vous faire rentrer&#13;
40 en vous mesme, et vous faire interrompre des&#13;
&#13;
�41 depenses que vous poussez trop loing Soit pour&#13;
42 vos batimens Soit pour votre trop grand nombre&#13;
43 denfans dont vous vous estes trop aisement&#13;
44 chargé. Jl n’est pas impossible que nous nous&#13;
45 rétablissions, Si vous voulez le faire peu a peu, et&#13;
46 J’espere que Sans nous trop incommoder nous le&#13;
47 Serons en dix ans pour veu que vous vous moderiez&#13;
48 ainSy et que vous ne vous rechargiez pas de ce&#13;
49 grand nombre denfans que vous avez renvoyé&#13;
50 Je vous avoüe Monsieur que Je nepuis entrer dans&#13;
51 votre veüe ni dans celle de M Buisson qui veut&#13;
52 co’e vous que Si vous aviez jusqua 50. enfans,&#13;
3&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
4&#13;
Capot&#13;
bleu.&#13;
&#13;
53 qui paiassent pension hors ceux qui Sont p.r la&#13;
54 fondation, cela ne Seroit pas a charge au Sem.re&#13;
55 Je ne Scaurois m’aveugler jusqua cepoint la&#13;
56 que de penSer une chose Si peu fondée. car 1.° Si&#13;
57 vous vous mettez Surle pied de prendre 50. enfans,&#13;
58 Je pose en fait que vous n’en tireres pas la pension&#13;
59 de 25. encore Jl y en aura de ces 25. un tiers a demi&#13;
60 pension Et 2.° quands Jls paieroient tous pension&#13;
61 Pouvez vous entretenir et Nourir des enfans pour&#13;
62 ceprix la, â quelq’ bon marché que Soient les vivres.&#13;
63 Les Seules estofes p.r cette jeunesse absorbent tout ce que&#13;
64 vous recevez de ces pensions. mais ce qui fait que&#13;
65 M Buisson donne dans ces Jdéez , cest que celalui&#13;
66 donne quelq.’ argent Sans considerer que lescu de&#13;
67 cet argent lui revient aplus de Six livres,&#13;
68 Je ne vous ay escrit de tout cela l’an passé avec toute&#13;
69 la confiance que Jay en vous que pour vous porter&#13;
70 a faire cesser cette depense Je Scay que Mgr Lancien&#13;
71 vous y engage, mais vous y estes aussi engagé par&#13;
72 votre propre Jnclination vous avez de lattrait pour&#13;
73 cette Jeunesse canadienne, Je ne m’y opposerois pas&#13;
74 Si nous pouvions Soutenir cette depense, mais cela&#13;
75 est impossible en lestat ou Sont nos affaires. Trouvez&#13;
76 donc bon que Jene vous envoie jamais destofes de&#13;
77 bas et de Souliers p.r enfans que pour douze ou&#13;
78 quinze Seulement, vous tirerez lentretien du&#13;
79 Surplus dou vous lepourez car Jene puis plus&#13;
80 estre avec vous dans de telles avances.&#13;
81 Je ne vous escriray plus rien des capots bleus, Tous ceux&#13;
82 que vous me mandez devoir m’en escrire, Scavoir Mess.rs&#13;
&#13;
�Agréda&#13;
&#13;
5&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
M.r Gland.&#13;
&#13;
83 Raudot et bauharnois Glandelet et Pocquet ne m’en ont&#13;
84 rien mandé. vous le voulez ainsy. cela Suffit. Il n’y a&#13;
85 pas la moindre raison qui autorise cette couleur, mais&#13;
86 lusage doit l’emporter pr le bien de la paix.&#13;
87 C’est un grand malheur qu’avec la grandeperte de N’re&#13;
88 Semre vous aiez porté dans le feu ce que Je vous envoiois&#13;
89 l’an passé. cela nestpas facile a restablir dans un&#13;
90 temps comme celui cy. Je vous plains davoir perdu&#13;
91 les livres dagreda et de la Sœur de Coutances; Cependant&#13;
92 Peut estre qu’a quelque chose malheur est bon; Sil y a&#13;
93 dites vous dans ces livres de quoy Se Soutenir dans les&#13;
94 calamitez presentes; Jl me Semble quil y en a bien plus&#13;
95 et deplus Solide sans la S.te escriture qui n’a pas besoin&#13;
96 d’un tel commentaire, qui voudroit establir de Nouveaux&#13;
97 points de foy, de nouvelles revelations inconnues&#13;
98 a toute lancienne Eglise Je vous avoüe que&#13;
99 Si Javois le temps Je lemploierois mieux qu’a lire&#13;
100 ces livres. Ceux de Lescriture, des S.ts Peres et lhistoire&#13;
101 de LEglise me paroissent tout autrem’ necessaires, et Si&#13;
102 vous en remplissiez bien lesprit de vos Canadiens,&#13;
103 vous leur profiteriez tout autrem’ qu’en leur parlant&#13;
104 des Sentimens de la m. dAgreda, qui quelque bons quils&#13;
105 Soient Seront toujours bien au dessous de ce que nous&#13;
106 pouvons apprendre dans lescriture S.te et les S.ts&#13;
107 Peres.&#13;
108 Pardonnez moy Si Je vous parle peut estre un peu trop&#13;
109 librement. Je Scay lerespect que Je vous dois, et Je Vous&#13;
110 regarde non Seulem’ co’e mon Superrieur, mais comme&#13;
111 estant bienplus esclairé que moy dans la vie&#13;
112 Spirituelle, et dans la vertu. mais vous Scavez que&#13;
113 lon peut aisement Se prevenir destime p.r certaines&#13;
114 voies et revelations particulieres qui peuvent n’estre&#13;
115 pas du goust de tout le monde, et mesme destourner&#13;
116 de la Solide pieté que nous trouvons bien plat dans la&#13;
117 S.te escriture, quedans ces livres particuliers. Nous n’en&#13;
118 avons pas parlé a M dela Colombiere, mais Si&#13;
119 nous pouvions icy vous entretenir une heure de&#13;
120 temps, vous nauriez plus le mesme goust pour ces&#13;
121 livres, et n’en Seriez pas Si occupé.&#13;
122 J’ay fait tout ce qui a dependu de moy p.r demander a Mgr&#13;
123 d’oster a M Glandelet le grand vicariat et la Superiorité&#13;
124 des ursulines, et Je lui en ay fait plus.rs instances depuis huit&#13;
125 mois, Jl m’a toujours refusé nettement, et m’en a dit la&#13;
&#13;
�126 raison dans la derniere lettre. Jl pretend que vous&#13;
127 vous laisser trop gouverner par les Jesuites, que vous leur&#13;
128 accordez tout, et que vous ne leur Scauriez rien refuser.&#13;
129 Jl me cite p.r temoignage ce que vous venez de faire tout&#13;
130 recemment p.r la mission de Pentagouet. Jlpretend que&#13;
131 M. Glandelet n’est contrarié dans cette maison que&#13;
132 par ce quil y Soutient l’autorité Episcopale, etquoique Jelui&#13;
133 eusse mandé que M Glandelet lui mesme me prioit de&#13;
134 lui demander la descharge de ces emplois Jl a persisté&#13;
135 à ly laisser au moins jusqu’a Son retour en Canada.&#13;
6&#13;
&#13;
M.r Dupré&#13;
&#13;
7&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
136 Ce Prelat est toujours Prisonnier, et le Sera encore&#13;
137 longtemps Selon toutes les apparences; car nous ne&#13;
138 voions nulle apparence a la paix. Jl Sest donné en fland[re]&#13;
139 une bataille le jour de la Pentecoste ou nous n’avons pas&#13;
140 perdu trois mille hommes, mais cepend.’ nos troupes y priren[t]&#13;
141 tellem.’ la terreur panique, et cette terreur Sest tellem’&#13;
142 communiquée aux villes que Notre armée Ses dissipée&#13;
143 en desordre tant queles ennemis la poursuivissent, et&#13;
144 presq’ toutes les meilleures villes dela flandre espagnole&#13;
145 et mesme de la flandre francoise ont ouvert les portes&#13;
146 a nos ennemis, qui ont pris nos magasins, nos munition&#13;
147 ce qui les esleve horriblement, avec encore la honte que&#13;
148 nos generaux ont fait avoir au Jeune Roi despagne&#13;
149 Philipe cinq qui a esté p.r prendre Barcelone et une&#13;
150 pareille terreur panique en a fait lever le Siege,&#13;
151 lors quil estoit facile de prendre la ville. Tous ces&#13;
152 desavantages p.r nous enflent tellement nos&#13;
153 ennemis, que la paix est bien esloignée, et tout est dans&#13;
154 une grande consternation. Je croy que Sans ces deux&#13;
155 accidens nous aurions eûs lapaix avec le Duc de Savoie&#13;
156 et cette paix auroit amenée les autres; mais tout est&#13;
157 a present bien reculé.&#13;
158 J’ay esté Surpris de la conduite que M Du Pré Curé de Quebec&#13;
159 a tenüe a votre esgard. Jelui avois mandé ces annéesz&#13;
160 passéez ce quil pouroit tirer de la Sucession de Son frere&#13;
161 le chirurgien, apeupres, comptant quil en confereroit&#13;
162 avec vous, et concerteroit Lusage quil en voudroit&#13;
163 faire. J’ay esté fort Surpris cet automne quil ait&#13;
164 dispoSé de cela, Sans vous enparler, et quil en ait&#13;
165 privé et Sa famille et le Seminaire cela n’a pas&#13;
166 laiSSé que de me toucher, car Jl est bien Surprenant&#13;
167 que voiant le Sem.re en lestat ou il est, il ait disposé de&#13;
&#13;
�Neveu&#13;
&#13;
M, de&#13;
la&#13;
Colombiere&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
168 cette aubeine dont Jl m’a toute lobligation puis que Sans&#13;
169 moy Jl nauroit rien tiré de ce que ce frere alaissé en&#13;
170 Jtalie Sans en rien donner au Sem.re et Sans vous&#13;
171 en avoir parlé. Jl pretend qu’un Curé ades beSoins&#13;
172 quil nest pas obligé de faire connoistre Cest une&#13;
173 raison assez frivole, car Jl n’y a nul inconvenient de&#13;
174 vous les faire connoistre a vous qui estes Grand vicaire&#13;
175 et Sup.r du Sem.re Javois pres q’ envie de ne pas paier&#13;
176 les lettres de change quil a tiré Sur moy dont J’ay&#13;
177 paié prez de 1200.# et Jen avois un pretexte tout&#13;
178 Specieux, car Jl n’y avoit pas de partage fait entre Ses freres&#13;
179 et Sœurs et lui. mais Jl auroit creu que Je laurois&#13;
180 fait par vil Sentiment; Jl m’a fallu faire leurs&#13;
181 partages, et les envoier a Son frere a orleans qui&#13;
182 les aiant approuvé, Je me Suis acquité envers eux&#13;
183 de ceque Je leur devois, paiant ces lettres de change&#13;
184 a M Du Pré de Quebec et envoiant leSurplus a Son&#13;
185 frere qui m’en a envoié une descharge generale&#13;
186 Nous avons receus Son Neveu au Semi.re a Son retour&#13;
187 de Quebec. Jl y a demeuré quatre mois, Jl est allé ensuite&#13;
188 demeurer a Evri, ou Jl ne restera pas longtemps. Je lui ay&#13;
189 conseillé de Se presenter a M LEveque de chartres qui&#13;
190 lui a offert de lemploy dans Son dioceze, et qui apres&#13;
191 l’avoir fait vicarier le poura placer.&#13;
192 Je vous ay mandé par le Neptune que Nous avions&#13;
193 recus avec plaiSir M de la Colombiere au Semin.re Jl&#13;
194 y demeure depuis Son retour de Canada, Il est resolu&#13;
195 dene pas retourner cette année, tant acause des grands&#13;
196 risques de la mer que par ce que n’estant pas donné un&#13;
197 un fonds p.r le paiement des charges indispensables, et&#13;
198 au contraire estant ordonné que ce quil faudra pour&#13;
199 les paier au dessus dece que la ferme du Roi vaudra Sera&#13;
200 levé Sur le pays en la maniere qui Sera trouvée la plus&#13;
201 avantageuse, Jl est bien aiSe dene Sepas trouver a une&#13;
202 telle imposition, quil prevoit devoir estre forte desagre203 able a la colonie ainsy Jl restera en france cette&#13;
204 année. Jl a travaillé a une petite mission qui S’est faite&#13;
205 dans notre faubourg ces jours passez. Je prevois quil S’en&#13;
206 ira voir M Bailly quand nos vaiss.x Seront partis et&#13;
207 Jl poura travailler avec lui a quelq’ mission dans le&#13;
208 Dioceze de chartres, Jl doit cet automne aller voir Sa&#13;
209 famille en Dauphiné et faire des Nieces Religieuses.&#13;
210 Nous Sommes tous fort édifier de lui, et nous le respectons.&#13;
&#13;
�Jncendie&#13;
&#13;
Promesse&#13;
&#13;
9&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
211 Nous avons creu comme vous quil ne falloit pas&#13;
212 demander de Nouvelles graces a cauSe de Notre Jncendie.&#13;
213 Si vous consideriez depres lestat ou est la france,&#13;
214 vous connoistriez assez nos raisons. Nous nous&#13;
215 Sommes contentez de demander la continuation de&#13;
216 lagratification de 4000.# p.r notre Jncendie et nous&#13;
217 avons demandé Sans y faire beaucoup de fonds que la&#13;
218 lon nous accordast lunion de quelq’ benefice de 4. ou&#13;
219 5000.# p.r mettre notre maison en estat de Soutenir les&#13;
220 depenses quelle fait. cest contre mon attente que&#13;
221 J’ay veu dans la lettre que M De Pont chartrain a&#13;
222 escrit a M. L. de Brisacier que le Roi lui avoit&#13;
223 ordonné descrire au R. P. De la chaize de prendre&#13;
224 Son ordre pour cela. mais quoi que cette&#13;
225 grace Soit accordée par Sa majesté, Ne croiez&#13;
226 pas pour cela que ce Soit une chose faite. Si&#13;
227 Nous avions Le R. P. de la chaise bien intentionné&#13;
228 pour Nous, peut estre que cela reussiroit, mais dans&#13;
229 lindisposition que les Jesuites ont contre Nous Jl leur&#13;
230 Sera facile de rendre cette grace inutile et Sans effet&#13;
231 et cest ce que Je crains beaucoup. Jl n’y a qu’un Seul&#13;
232 endroit qui pouroit nous Servir. on pretend quils&#13;
233 ont acheté la maison du Port roial de Paris pour&#13;
234 y establir un Sem.re les uns disent dEstrangers, en Sorte&#13;
235 que ce Sera le Sem.re des missions Etrangeres (JeSui tiq)&#13;
236 d’autres disent que c’est p.r contre balancer S.t magloire,&#13;
237 et eslever des Ecclesiatiques dans Paris, quoi quils Scachent&#13;
238 tres bien que M LeCard.l de Noailles n’y consentira&#13;
239 pas; mais Jls esperent avoir Sous un autre archevecq’&#13;
240 ceque celui cy leur refusera. or p.r cet establissem.t&#13;
241 Jl leur faudra unir quelq’ abbaye, et pour Se frayer&#13;
242 le chemin Jls Seront peut estre bien aises de nous ayder&#13;
243 a obtenir cette union. J’y crois, Je vous asseure bien des&#13;
244 difficultez a Surmonter. Nous ne laisserons pas apres&#13;
245 Nos lettres finies daller voir le R. P. de la chaise M.r de&#13;
246 la colombiere et moy et engagerons le R P. Lamber&#13;
247 =ville a y aller avec Nous. Jentretiens toujours assez&#13;
248 de relation avec lui quand Je me porte bien.&#13;
249 Jl Sera bon que Mgr. Lancien et vous en escriviez&#13;
250 nonSeulem’ a M. De Pont chartrain p.r leremercier&#13;
251 mais au R. P. de la chaize p.r lengager a Seconder les&#13;
252 bonnes Jntentions de Sa majesté.&#13;
253 Je ne Scay mesme Si nous ne Serons pas traversez dans&#13;
&#13;
�254 cette aff.re par Notre Prelat mesme qui devroit au&#13;
255 contraire nous y Soutenir; ou du moins Sil ne taschera&#13;
10.&#13;
&#13;
Mgr.&#13;
de S.&#13;
Valier,&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
256 pas a cause de cette grace expectative, Nous retrancher&#13;
257 tout ce quil poura des abbayes deja unies. J’ay eu depuis&#13;
258 un an bien des affaires avec lui Sur ce Sujet. Jl faut vous&#13;
259 en rendre compte.&#13;
260 Je representay a ce Prelat par lettres que puis que Lunion&#13;
261 venoit de Se faire des abbayes tout differemment de&#13;
262 cequi avoit esté arresté en 1697. Jl ne falloit plus Suivre&#13;
263 le concordat de cette année la, par le quel nous estions&#13;
264 chargez de lui paier 2000# par an; Jelui representay&#13;
265 que nous ne les tirions pas de Labbaye de meobec. Jl&#13;
266 voulut absolument en estre paié co’e a lordinaire et&#13;
267 que cela continuast jusqu’a la fulmination de la&#13;
268 bulle dunion a lobtention des lettres patentes, et a&#13;
269 lenregistrem’ de ces patentes au Parlement, ce qui ne&#13;
270 Sera pas consommé peut estre dicy a dix ans.&#13;
271 Ce Prelat deplus pretendoit que je devois lui alloüer&#13;
272 les frais de Son voiage de Rome, quoi quil m’eust asseuré&#13;
273 plus.rs fois verbalement quil ne pretendoit pas nous&#13;
274 en rien faire couster, et que M. Charmot eust encore&#13;
275 plus agi que lui en cette affaire.&#13;
276 Enfin Jl vouloit que Je lui paia le concordat de 1697.&#13;
277 Subsistast p.r 2000.# qui sont alui paier, mais que ce&#13;
278 concordast ne Subsistast plus p.r cequi y est dit que de&#13;
279 cinq parts des frais qui Seront faits p.r ces unions&#13;
280 LEvesque en portera trois et chapitre deux. Le Prelat&#13;
281 apretendu que le changem’ arrivé parla bulle qui lui&#13;
282 conserve la manse abbatiale de meobec, et Jcelui&#13;
283 donne dit il que Labbatiale de Bennevent devoit&#13;
284 faire changer cette Jmputation des frais dont Jl ne&#13;
285 devoit porter qu’un tiers ditil, le chapitre un tiers,&#13;
286 et le Sem.re un tiers.&#13;
287 On ne peut escrire plus durement que ce Prelat m’a&#13;
288 escrit depuis un an deSa prison Sur toutes ces aff.res&#13;
289 jusque la que dans le temps quil acquiert des contracts&#13;
290 de constitutions de rentes jusqu’a la So’e de 1200.# de&#13;
291 rente par an quil a acquis depuis Sa prison, ou&#13;
292 fait acquerir par M. de la Palliere, Jl a escrit a ce&#13;
293 grand vicaire plus.rs lettres p.r le prier denvoier&#13;
294 Saisir nos abbayes p.r me forçer de lui paier ces&#13;
295 2000.# par an.&#13;
&#13;
�296 vous remarquerez qu’avant Pasque dernier Jl ne&#13;
297 lui en estoit deu qu’une année escheüe a Pasques&#13;
298 1705. et Jl avoit receu de moy ou M.r de la Palliere&#13;
299 par plus.rs billets que J’avois deux plus de cent cinquante&#13;
300 livres au dela de ces 2000.# voiez combien me devoient&#13;
301 estre Sensibles ces menaces denvoier Saisir&#13;
302 abbayes.&#13;
303 Je crois que Son Grand vicaire lui Souffloit ce feu de&#13;
304 division, car J’ay malheureusemen’ encouru Sa disgrace&#13;
305 etSon ressentiment pour mavoir imputé Sans&#13;
306 fondement d’avoir empesché qu’on ne passast en Cour&#13;
307 de Rome une pension de 500.# p.r lui Sur Labbaye&#13;
308 de Bennevent acause des grands Services quil a&#13;
309 rendu a LEglise du Canada. Jl est vray que J’ay&#13;
310 escrit deux fois a M. charmot p.r lui marquer&#13;
311 quil estoit bien indigne a de Grand vicaire de&#13;
312 vouloir faire creer une pension Sur une abbaye&#13;
313 destinée a LEvesché de Quebec, veu que cette&#13;
12.&#13;
&#13;
314 Eglise nestoit pas en etat deporter ces sortes de pensions,&#13;
315 mais ceque J’ay escrit a M charmot n’a en rien contribué&#13;
316 a empescher le Pape de vouloir passer cette pension Le Pape la&#13;
317 toujours constamment refusée, et n’a jamais voulu la&#13;
318 passer. Ce qui a engagé ce grand vicaire a en demander&#13;
319 une Sur une abbaye Reguliere qui a vaqué en flandre&#13;
320 nommée St Bertin a S.t omer, et on la lui a donnée de&#13;
321 600.# par an quil a enfin attrapé p.r Ses grands&#13;
322 Services rendus a LEglise du Canada dit il, mais cette&#13;
323 Eglise pouroit le remercier de ces grands Services. Jl&#13;
324 a Sceu encore S’attirer autres 400.# de rente viagere par&#13;
325 lendroit que Je vais vous exposer. Quand Jl a veu&#13;
326 M. LEveque de Quebec resolu a acquerir des rentes Sur&#13;
327 lhotel de ville quil pretend devoir estre p.r fonder des&#13;
328 Sœurs de la Cong.on dans plus.rs endroits deSon Dioceze&#13;
329 Jl a ramassé les fonds quil a receus p.r le Prelat. Jl&#13;
330 a mandé ensuite au Prelat quil lui estoit deu Sept&#13;
331 ou huit ans ou dix ou quinze ans darrerages de cette penSion de cinq cent&#13;
332 livres et quavec encore quelque autre So’e quil pretend&#13;
333 lui estre deües par ce Prelat cela faisoit la Somme de&#13;
334 8000.# quil avoit receu de la gratification du clergé 4000.#&#13;
335 de La pension du clergé 2000 # et dautres endroits encore&#13;
336 au dela de ces 8000.# quil pouvoit Separer par Ses&#13;
337 mains, mais que voulant faire du bien a Son Eglise&#13;
338 (Par parenthese Jl Sen fait a lui et non a LEgliSe) Jl&#13;
&#13;
�339 vouloit bien emploier ces 8000.# a acquerir des&#13;
340 contracts de constitutions p.r fonder ces escoles, mais&#13;
341 quil pretendoit Sur ces fondations en donnant ce&#13;
342 qui lui estoit deu par Mgr de Quebec Se reserver&#13;
343 400.# de pension, Sa vie durant Sur ces nouvelles rentes&#13;
344 acquises. ainsy Le voila a asseuré de 1000.# de rente&#13;
13.&#13;
Lettres O, No 46&#13;
Avocats.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
345 Sa vie durant p.r les grands Services quil a rendu a&#13;
346 M. LEveq’ de Quebec or par ce que Je n’ay pu me&#13;
347 retenir Sur cet Jnterest, et que J’en ay parlé. Jl a&#13;
348 conceu un ressentiment contre moy quil me fait&#13;
349 Sentir toutes les fois quil le peut.&#13;
350 Nous avons enfin pris deux avocats p.r pour nous regler.&#13;
351 Jl a fallu faire des escritures de part et dautre. J’ay&#13;
352 ce me Semble eu raison destre piqué de la maniere&#13;
353 dont Jl me traitoit dans ces escritures, Jl n’auroit pu&#13;
354 parler plus mal du plus grand fripon de la terre.&#13;
355 M Labbé de Brisacier a bien voulu Se mesler de&#13;
356 finir tout cela, et Nous avons Signé une transaction&#13;
357 par laquelle Jl est reglé que M. LEveq’ de Quebec Sera&#13;
358 paié de cequi lui est deu a Pasque dernier Sur ces&#13;
359 2000.# et Je les lui ay paié aussi tost. on veut aussi&#13;
360 que les frais du voiage du Prelat quil a fait pour&#13;
361 aller a Rome lui Soient allourez jusqu’a 3000.#&#13;
362 Sil certifie les avoir depensez p.r les unions.&#13;
363 ce quil ne manquera pas de faire. on veut que&#13;
364 dans deux mois de ce jour Nous venions a compte&#13;
365 ensemble de ceque Chacun a depensSé p.r ces unions,&#13;
366 et qu’en raportant chacun cequi doit revenir a&#13;
367 un chacun des unions on en porte les frais au&#13;
368 Sol la livre. on regle aussi que dicy a Paque&#13;
369 prochain on fera tous les efforts pour parvenir a&#13;
370 lenregistrement de la bulle, et que d’icy la M&#13;
371 LEveq’ de Quebec Sera encore paié des 2000.# mais&#13;
372 qu’apres Pasques prochain, chacun entrera en&#13;
373 possession du lot qui lui est destiné par la bulle&#13;
374 paiera les charges, Nous avons eus bien de la peine&#13;
375 a en venir la.&#13;
376 mais cela nous va faire entrer avec le Prelat dans&#13;
377 de Nouvelles difficultez. Je tremble quand Je pense&#13;
378 quil faudra discuter avec lui ou avec Son grand vicaire&#13;
379 plus dangereux que lui estant de laplus fine Normandi[e],&#13;
380 le partage des deux abbayes de meobec et de Benneve[nt]&#13;
&#13;
�381 Jauray affaire a forte partie. Je feray ceque Je pouray&#13;
382 en prenant conseil pour ne me pas laisser tromper.&#13;
383 Jl auroit voulu que nous lui eussions abandonné la&#13;
384 manse monacale de Bennevent p.r la manse abba=&#13;
385 tiale de meobec. or lune vaut mieux que l’autre&#13;
386 depuis que le Prelat enleve Surtout les rentes Sur&#13;
387 lhotel de ville provenant de la vente des bois de&#13;
388 Labbaye de meobec, et qui en font un des plus beaux&#13;
389 revenus. Je vous avoüe que connoissant ladureté&#13;
390 du Prelat et de Son Grand vicaire Je voudrois pour&#13;
391 beaucoup me descharger deces discussions. Elles Sont&#13;
392 plus fortes que moy. J’ay trop daffaires et trop peu&#13;
393 de Santé, et Jaimerois mieux qu’on menvoiast ou a&#13;
394 Lacadie ou a la Louisiane que davoir a traiter daffaire&#13;
395 avec eux.&#13;
396 Jl est de la derniere Necessité que vous menvoiiez cette&#13;
397 année une procuration p.r le Sem.re de Quebec dont&#13;
398 Je Vous en envoie le modele. Il y a plus de Six ans que&#13;
399 vous ne m’en avez envoié Jl m’en faut une aussi&#13;
400 p.r le chapitre de Quebec, et Si Dieu nous conserve&#13;
401 Notre ancien Prelat Jl est bon qu’il nous envoie&#13;
402 aussi une Nouvelle procuration&#13;
15&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
403 Vous aurez Sceu le malheur que J’ay eu destre attaqué&#13;
404 cet hyver de la goute aux deux pieds, La Souche fut Si&#13;
405 violente que Je fus plus de trois Semaines Sans me pouvoir&#13;
406 Soutenir Sur mes pieds et plus de quatre moins Sans Sortir.&#13;
407 et Jen ay encore esté attaqué vers Lascention, Sibien que&#13;
408 Je cours risque d’en estre fort affligé. ce Sont des Serositez&#13;
409 qui descendent au bout des pieds que demanderoient que Je&#13;
410 me purgeasse tous les mois, mais c’est un estrange assujettis&#13;
411 =sement quand on a des affaires. Ces goutes mobligeront&#13;
412 de me retirer des affaires, et Seront peut estre utiles a ma&#13;
413 Santification en me mettant en estat depenser plus&#13;
414 Serieusement a mon Salut. Si elles augmentent Jl vous&#13;
415 faudra penser a menvoier quelqu’un prendre ma&#13;
416 place, Je le formeray avant que de me retirer. ce quil&#13;
416 y a de fascheux c’est que ce mal me fait craindre&#13;
417 d’aller dans unpays froid co’e le canada, qui est fort&#13;
418 contraire a la goute. Jl faut Sur tout Sabandonner&#13;
419 a la providence, et Se remettre a Dieu de tout ce qui&#13;
420 nous regarde.&#13;
421 votre temporel est en mauvais ordre en france. Je&#13;
422 m’en Suis encore cepend.’ mieux tiré que Je ne pensois&#13;
&#13;
�423 cette année. vous le verrez en examinant mes comptes,&#13;
424 mais Cequi y a contribué, c’est que J’ay eu quelq’ chose de&#13;
425 nos abbayes, et Je me Suis fait paier de quelq’ maniere&#13;
426 que ce Soit de 13000.# de nos ord.ces Jl estoit inabile que&#13;
427 vous en escrivistiez a M. de Pont chartrain, Jl n’y peut&#13;
428 rien, votre M de bauharnois encore moins, mais enfin&#13;
429 J’ay tiré cela le mieux que J’ay pu presque tout en&#13;
430 billets de monnoye, Sur les quels quoi qu’on perde tant,&#13;
16.&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
431 Jenay tiré le paiement et J’en ay paié nos dettes&#13;
432 le mieux que Jay peu.&#13;
433 Cependant quoi que Jaye poussé ma recette pour le&#13;
434 Sem.re a plus de 22000.# Je ne Suis guere moins engage&#13;
435 que Jestois l’an passé pour le Semin.re car Jl m’a fallu&#13;
436 paier M fleury et c’a esté ungros morceau, puis=&#13;
437 quil lui estoit dauplus de 9000.#&#13;
438 Jl est vray que Je n’y ay pas compris les 2000.# de&#13;
439 lettres de change que vous mavez envoié Sur le S.r&#13;
440 vialet tresorier a Rochefort Elles nepouvoient estre&#13;
441 paiéez quand J’ay arresté mon compte Je les mettray&#13;
442 en recette dans le compte de lannée prochaine; mais&#13;
443 aussi Mr fleury vous envoie p.r plus de 2800.# de&#13;
444 factures accomplies a la Rochelle, que J’ay paié enla&#13;
445 meilleure partie, et n’ay pas mis cepend.’ Sur votre&#13;
446 compte de cette depense la reservant p.r lannée&#13;
447 prochaine, parceque Je n’en puis avoir un compt[e]&#13;
448 Net quapres le depart denos vaiss.x&#13;
449 Le Pauvre M. fleury afait une grande perte lannée&#13;
450 passée apres le depart des vaiss.x Sa femme fille&#13;
451 de M Grignon est morte a Paris daccident de grossesse&#13;
452 Jl l’y avoit amenée p.r voir Paradis Dieu veuille&#13;
453 quelle ait de la este voir le Paradis.&#13;
454 Tout le commerce est Si renversé que vous en apprendrez&#13;
455 des Nouvelles des marchands de Quebec. Nous ne&#13;
456 voions plus dargent a Paris. on n’y voit que des billets&#13;
457 de monnoye ce qui fera que Je ne crois pas pouvoir&#13;
458 une autre année accomplir de factures ni paier de&#13;
459 lettres de change Si elles ne Sont de 1000.# Vous&#13;
460 verrez que tous les marchands qui ont creu&#13;
461 avoir quelq’ chose de bon que davoir des lettres&#13;
462 de change Sur le tresorier de Rochefort, perdront&#13;
463 douze pour cent cette année et mesme quatorze&#13;
464 Sur leurs lettre deschange qu’on ne leur paie&#13;
&#13;
�Lettres O, No 46&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
465 qu’en billets de monnoye. Tout est dans un&#13;
466 estat Si violent que Nous vivons au jour la&#13;
467 Journée, Sans avoir rien dasseuré. Jespere que&#13;
468 ce que Je vous envoie arrivera a bon port.&#13;
469 mais Sil y arrive, vous pouvez bien l’y tenir,&#13;
470 car Je ne vois plus comment vous rien envoier.&#13;
471 Les marchands de la Rochelle et de Bordeaux&#13;
472 veulent de largent comptant. Jl est Jmpossible&#13;
473 de leur en fournir. sinsy Jl faut cesser tout&#13;
474 commerce.&#13;
475 Comme Je fais et J’ai fait jusqu’a present&#13;
476 le plus drole de tous les commerces, vous&#13;
477 envoiant tous les ans ce que vous mavez&#13;
478 demandé Sans que vous aiez fait aucun&#13;
479 retour, Je Serois bien aise de continuer ce&#13;
480 commerce Sil estoit Soutenable, mais Jl n’y en&#13;
481 a plus moien. Les billets de monnoie en ostent&#13;
482 la facilité. Je compte que toute ceque Je recevray&#13;
483 p.r vous dicy a lannée prochaine Servira&#13;
484 1.° une partie des avances ou Je Suis pour vous.&#13;
485 2.° a paier les 6300.# que vous avez tiré Sur&#13;
486 moy a lordre de M. Jolliet. Et ce Sera&#13;
487 beaucoup p.r vous Si dicy la Je puis tirer&#13;
488 de vos revenus de quoy paier ces 6300. et de quoy&#13;
489 acquitter trois ou quatre mille livres des&#13;
490 13396.# 10.s dont Je Suis en avance pour vous.&#13;
491 Jl est vray que Jay a toucher pour 11500.#&#13;
492 dordonnances Scavoir 4000.# p.r le retablissem’&#13;
493 du Sem.re de Quebec p.r lannée 1705. 3000.#&#13;
494 p.r lord.ce de La Louisiane p.r la mesme année.&#13;
495 et 4500.# pour le Curé de la LouiSiane et Son&#13;
496 confrere p.r les annéez 1703. 1704. et 1705.&#13;
497 mais quand puis je esperer de toucher ces&#13;
498 11500.# Je Seray peut estre bienheureux Si&#13;
499 Jen obtiens de paiem’ en lannée 1707. et encore&#13;
500 en billets de monnoye.&#13;
501 Et quant a tous les autres revenus que vous&#13;
502 avez, Jls consistent dans la rente Sur lhotel&#13;
503 de ville, et ce que Je puis tirer des abbaies. Quant&#13;
504 a la rente Sur lhotel de ville de 500.# par an, ce&#13;
505 nest pas grand choSe, et a lesgard des revenus&#13;
506 des abbayes, on ne Sauroit apresent S’en faire&#13;
507 paier. J’ai tremblé depuis cinq ans et apprehendé&#13;
&#13;
�508 de voir arriver lannée 1707. Jl m’y faut&#13;
509 renouveller le bail de Labbaye de Lestrée. Il est&#13;
510 Jmpossible de trouver de fermiers tant quel a&#13;
19&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
20. 1706&#13;
&#13;
511 guerre durera faudra til faire valoir nous&#13;
512 mesmes cinq ou Six fermes qui dependent de&#13;
513 cette abbaye. Jl me faudroit plus de vingt cinq&#13;
514 mille livres p.r les monter, et Jaime mieux les laisser&#13;
515 en friche. Jly en a plus des deux tiers du Roiaume&#13;
516 de france qu’on abandonne ainsy. Je vous puis&#13;
517 asseurer que Je Suis p.r meobec et p.r Lestrée&#13;
518 dans des angoisses qui ne Sont pas exprimables.&#13;
519 on ne fait nul argent du bled, ni des autres&#13;
520 danréez, et quelq’ bonne année que les fermiers&#13;
521 aient Jls n’en Scauroient avoir assez pour paier&#13;
522 les bailles et ustancilles et capitation Si bien que&#13;
523 les fermiers mettent la clef Sous la porte et S’en&#13;
524 vont en une belle Nuit.&#13;
525 En voila assez pour le temporel. Je n’y Scaurois&#13;
526 penser Sans en estre effraié. Je dois vous avertir&#13;
527que Je ne receus pas l’an passé 100.# deMad’ de&#13;
528 vaubernard mais cette année Je les ay touché&#13;
529 au mois d’avril.&#13;
530 Mad.’ Dela motte ango m’a chargé de vous&#13;
531 acheter un breviaire entier de Lion que J’ay mis&#13;
532 dans nos ballots qui m’a cousté 30.# et dont elle&#13;
533 m’a remis largent.&#13;
534 Elle m’a envoié 90.# que Je vous ay porté en&#13;
535 recette au compte du Sem.re quelle m’a mandé&#13;
536 avoir de reste de votre pension.&#13;
537 vous trouverez une caisse quelle m’a addressée&#13;
538 de Roüen, p.r vous ce Sont des choses depieté.&#13;
539 Je vous en envoie aussi autant que J’en ay pu&#13;
540 recouvrer. vous les trouverez dans nos balots.&#13;
541 J’ay acheté la Theologie de Grenoble et J’y en&#13;
542 ay joint 4. ou 5. volumes depareillez. Je vous&#13;
543 prie de vouloir donner cette Theologie a M&#13;
544 Buissong et Je le prie den ayder M. Calvarin&#13;
545 de quelques volumes les uns apres les autres.&#13;
546 J’ay Senti le besoin ou Se trouve M Pocquet ayant&#13;
547 perdu tous Ses cahiers, Jelui envoie la Theologie de&#13;
548 lherminier qui est la meilleure qui Soit imprimée,&#13;
549 et qu’on puisse Suivre dans les Seminaires, Jly en a&#13;
&#13;
�550 une plus claire composée par le P. Jovanin de&#13;
551 Loratoire, mais elle est Suspecte de Nouveaux&#13;
552 Sentimens, et Jl ne faut rien enseigner de Suspect&#13;
553 a nos Ecclesiastiques. Celle que Jenvoie a M Pocq[uet]&#13;
554 est hors de toute Suspicion.&#13;
555 Jenvoye a M. Glandelet un paquet que Je vous&#13;
556 prie de lui remettre; Jl lui est addressé.&#13;
557 J’ay mandé a M. Ruette et M.r De varennes&#13;
558 de retirer une chasuble commune qui fut&#13;
559 envoiée l’an passé aux hospitalieres. Elle est&#13;
560 p.r le Sem.re&#13;
561 Je taschevay Si Je puis prendre cet automne&#13;
562 une quinzaine de jours p.r travailler dans la&#13;
21&#13;
1706.&#13;
Bibliothèque&#13;
brulée&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
Titres&#13;
à&#13;
copier :&#13;
&#13;
P.&#13;
Germain&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
563 bibliotheque d’y rechercher tous les livres que&#13;
564 nous aurons doubles afin de les mettre apart&#13;
565 p.r vous les envoier p.r reparer un peu la&#13;
566 perte de votre bibliotheque; mais Jl faut&#13;
567 attendre la paix p.r vous envoier cela.&#13;
568 Nos Mess.rs de Paris n’ont pas Sujet destre&#13;
569 contens de ne pouvoir avoir aucun compte&#13;
570 de vous depuis Six ans quils en demandent.&#13;
571 Jl Semble qu’on pouroit leur en envoier tous&#13;
572 les ans p.r connoistre lestat de vos affaires.&#13;
573 Jenvoie a M. Glandelet du Parchemin, afin&#13;
574 quil fasse copier nos principaux titres p.r&#13;
575 nous en envoier des copies bien collationnéz&#13;
576 etlegaliSéez.&#13;
577 Jl est bien fascheux que les Jesuites ne vous puiSSen[t]&#13;
578 donner p.r Regent que Le P. Germain. cest le&#13;
579 moien de faire de tres mauvais Theologiens.&#13;
580 Jls meriteroient qu’on renfermast les Escholiers&#13;
581 dans le Sem.re cepend.’ Je ne crois pas que&#13;
582 cela Soit de Saison car Jl est bon que cette&#13;
583 année vous pressiez Le R. P. de la chaise et le&#13;
584 fassiez presser par ceux de Quebec de nous&#13;
585 procurer ce benefice de 4. a 5000.#&#13;
586 vous voudriez que Je vous nommasse ceux que&#13;
587 vous avez fait eslever au Sacerdoce et aux ordres&#13;
588 Sacrez qui nont pas de capacité. Je vous prie&#13;
589 de m’en dispenser. Je les ay cependant tres presens&#13;
590 alesprit et les connois bien. Je n’y renferme pas&#13;
591 M S.’ cosme lejeune, Plante, chabot, ni Boulanger. Je&#13;
&#13;
�Regle&#13;
&#13;
23.&#13;
Lettres O, N.o 46&#13;
&#13;
M. Bergier&#13;
&#13;
592 ne les connois pas assez, mais Sans que Je vous les&#13;
593 nomme vous les connoissez assez, et vous navez&#13;
594 qu’a en demander les noms au moindre du Semin.re&#13;
595 Pouvez vous douter quil n’y a eu jusqu’a present&#13;
596 nulle émulation p.r lestude dans le petit Sem.re&#13;
597 Ce qui a donné occasion a M LEveq’ de Quebec&#13;
598 qu’on les y eslevoit p.r estre menuisiers, Sculpteurs&#13;
599 joueurs dorgue &amp;. mais non p.r estudier. C’est&#13;
600 ce que vous ne Scaviez trop restablir. on&#13;
601 me mande de Quebec que dans le reglement du&#13;
602 Sem.re Jl n’y a pas une regle ou lon inculque&#13;
603 lestude aux Jeunes gens, on pretend quil n’y&#13;
604 a que cet endroit. Jls estudieront quand Jls&#13;
605 nauront point dautre affaire a leur employ&#13;
606 Ce qui marque que Lestude n’est regardée que&#13;
607 co’e un passe temps quand on n’a point dautre&#13;
608 affaire. vous devez asseurement, Monsieur&#13;
609 y faire attention.&#13;
610 M. de la Colombiere Nous a fort pressé de&#13;
611 vous envoier quelqu’un p.r vous aider a conduire&#13;
612 le Sem.re mais Jl voit par Ses yeux que ce&#13;
613 n’est pas un petit choix a faire. Je jette les&#13;
614 yeux de toutes parts et ne trouve pas ce&#13;
615 quil vous faut.&#13;
616 vous verrez par la copie de la lettre de M.&#13;
617 de Pont chartrain et par le memoire que Nous&#13;
618 avons presenté dont J’ay joint les copies cequi&#13;
619 nous aesté repondu Sur les mats et Sur les&#13;
620 3000.# que vous devez au Roi. Je Suis tres&#13;
621 persuadé que lon ne vous pressera pas.&#13;
622 J’ay esté bien Surpris d’apprendre par&#13;
623 dautres que par vous le mauvais traitem’&#13;
624 que vous a fait M Raudot. Nous ne&#13;
625 nous attendions pas a un tel traitement.&#13;
626 vous le verrez Sur ces mats&#13;
627 Je Serois fort de votre Sentiment de ne pas encore&#13;
628 envoier M S.t Cosme le Jeune aux Tamarois.&#13;
629 Si vous retirez M Bergier qui feroit plus&#13;
630 de bien asseurem’ p.r les estudes au Sem.re&#13;
631 quil n’en fait dans cette mission, vous&#13;
632 osterez tout ce quil y a de bon en la Louisianne,&#13;
633 car Je vous avoüe que Je Suis bien dégouté&#13;
634 de cette mission que ne tient a rien, et qui&#13;
&#13;
�635 n’a nulle liaison.&#13;
636 Je crois quil n’y auroit rien a craindre davoir&#13;
637 M. Bergier dans le Sem.re Je Suis persuadé&#13;
638 quil ne Se laissera pas emporter parle Prelat&#13;
639 en cas quil revinst. Je vois par Ses lettres&#13;
24.&#13;
&#13;
1706&#13;
25&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
640 Son bon esprit, et Suis persuadé que Si on le&#13;
641 pouvoit Separer et en laisser moitié aux&#13;
642 Tamarois et moitié au Sem.re Jl feroit bien&#13;
643 du bien partout.&#13;
644 Je voudrois detout mon cœur que M. S.’ cosme&#13;
645 le Jeune eust quelques annéez plus quil n’a ou&#13;
646 quil travaillast en Second avec M. Bergier&#13;
647 encore quelques annéz. Quant a M.rs Davion&#13;
648 et S.’ Cosme Laisné. Jecrois que ce Seroit un grand&#13;
649 bien quils neussent jamais esté a la Louisiane,&#13;
650 car Jls feroient plus de bien cent fois dans la colonie&#13;
651 quils n’en ont la Pour moy J’ay honte de&#13;
652 voir ce qui S’y passe.&#13;
653 vous me mandez que le voiage de M Du Pré&#13;
654 le Jeune ne vous couste rien. Jl vous cousteroit&#13;
655 puis que Son oncle me prie de paier ce quil a&#13;
656 emprunté p.r lefaire, Si Je navois porté Son&#13;
657 oncle dorleans qui a voulu moffrir 200.#&#13;
658 p.r les Soins que J’ay pris p.r eux dappliquer&#13;
659 cette So’e de 200.# p.r le voiage de M Du Pré&#13;
660 Je ne crois pas que nous fassions une grande perte&#13;
661 en le perdant, Jl est trop delicat et Se taste&#13;
662 trop. Je doute quil fasse grand chose.&#13;
663 vous Serez Sans doute encore fasché contre moy&#13;
664 de toute la depense que J’ay fait p.r La Louisiane&#13;
665 Mais Jl y a bien des choses que nous faisons&#13;
666 Souvent malgré Nous et par un enchainem’&#13;
667 de providence dont Nous ne Somme pas&#13;
668 les maistres. Javois pris de bonnes mesures&#13;
669 p.r en faire peu. Le renversem’ du voiage de&#13;
670 M Gervaise m’en a fait faire beaucoup. Il lui&#13;
671 en couste a lui beaucoup de Son costé. J’en&#13;
672 mande les circonstances a M’gr Lancien&#13;
673 Je vous ay mandé que Je ne puis en aucune&#13;
674 maniere Separer le compte des missions&#13;
675 de la Louisiane de celui du Sem.re de Quebec&#13;
676 cela ne depend pas de moy.&#13;
&#13;
�677 J’ay Eu cet estat des cures et missions a remplir&#13;
678 xxx gouvernemens de Quebec et des trois rivieres.&#13;
679 Jl en a 31. actuellem’ establies et vous en&#13;
680 mettez huit a remplir. Si Javois eu des fonds&#13;
681 p.r ramasser de bons Sujets en france les esprouver&#13;
682 au Sem,re et vous les envoier en Canada, Je Suis&#13;
683 Seur que Je vous ne aurois envoié assez p.r les&#13;
684 remplir. Mais Jl faut les y faire Subsister.&#13;
685 Cest ce qui est le plus difficile. Sous un autre&#13;
686 Evesque on le poura faire, mais Sous celui cy&#13;
687 Jl ny faut pas conter.&#13;
688 Ce que vous faites p.r Danjoul est tres bien. Javois&#13;
26.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
Lettres O, No 46&#13;
&#13;
689 cependant conté en lenvoiant la bas quil&#13;
690 Se mettroit avec les freres, et les Sentimens de&#13;
691 pieté quil m’a marqué icy me faisoient croire&#13;
692 quil n’y auroit pas la repugnance quil y a eüe&#13;
693 vous nestes obligé a rien a Son esgard. Sil&#13;
694 fait bien dans loffre ou il est, vous l’y pouvez&#13;
695 laisser. Je n’ay pului envoier p.r cette année&#13;
696 ces Six plaques de Cuivre, J’ay creu quil valoit&#13;
697 mieux vous envoier p.r 300.# de clous, etque&#13;
698 cela pressoit davantage pour couvrir leSemin.re&#13;
699 J’ay fait accomplir lememoire de drogues de&#13;
700 votre chirurgien que vous trouverez dans nos&#13;
701 balots et Sur la facture.&#13;
702 vous me demandez de vous envoier quelque bon&#13;
703 Sujet co‘e M Du costé p.r repeter la Philosophie&#13;
704 et la Theologie. M. Du Costé est Curé a cinq&#13;
705 lieues de Paris. Jl n’a jamais eu depense pour&#13;
706 cette vocation, mais quand Jl lauroit eüe Je ne&#13;
707 crois pas que c’eust esté votre affaire. et Si Je vous&#13;
708 avois parlé un quard heure vous en seriez aussi&#13;
709 persuadé que Je le Suis.&#13;
710 Je ne doute pas que le Jeune Monsr dupré et&#13;
711 peut estre mesme M de la colombiere nescrivent&#13;
712 a M. LeCuré de Quebec la Surprise ou J’ay esté&#13;
713 de la conduite quil a tenüe a legard dece qui lui&#13;
714 est revenu de la Succession de Son frere; mais&#13;
715 Je lui en escris a lui mesme, et ne lui cache pas&#13;
716 que J’en ay esté tout a fait blessé.&#13;
717 Je ne puis m’empescher de vous demander pardon&#13;
718 Si Je vous ay parlé Si franchement et lan passé&#13;
&#13;
�719 et cette année enquelq’ occasions. Je Scay ce que Je&#13;
720 vous dois et combien Je dois respecter vos lumieres,&#13;
721 cependant Je crois vous devoir aussi parler&#13;
722 avec liberté de ce que lon pense Sur votre chapitre&#13;
723 car peut estre que les autres ne le font pas.&#13;
724 Je tascheray a vous escrire Si Jepuis Sur le Spirituel&#13;
725 car J’ay bien peu de temps, et Je Suis tout remply&#13;
726 dJnfirmitez. J’ay beau ne les pas escouter, Je Suis&#13;
727 a lheure que Je vous escris cecy presq’ hors destat&#13;
728 de lire d’un de mes yeux accablé de fluxions. Jl&#13;
729 faut en benir Dieu quoi que Je Sois attaqué bien&#13;
730 Jeune. Je prends trop a cœur les choses dont Je&#13;
731 Suis chargé. Les mauvais Succez maffligent&#13;
732 Je n’en fais plus quamasser des humeurs, J’ay&#13;
733 peine a ne pas prendre Sur mon Sommeil&#13;
734 pour toutes mes affaires. cela use et ameine&#13;
735 linfirmité avant le temps. Je me recommande&#13;
736 tres pariticulierem’ a vos prieres et Saints&#13;
737 Sacrifices et Suis tres parfaitement Monsieur&#13;
738 votre tres humble et tres obeissant Serviteur.&#13;
739&#13;
Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250399">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11918" order="4">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/f21682ba262f58ed7a7c4555a5e06790.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=FMDuPuKEzjdMsk77CaNNEyMqfkMZx0Mr0NqIBb5EdQDdOGeQFdguof-6qxg9iY4RteS3rNOY70gc-I-5ekanz6mKudPcunJFb%7E02oLQsjFjmzDrN78zAiKXdm30Tme%7Ek0bPNvZAnfg%7ERueQ3pSf050LlvUTT3eSg-l2V%7EgYdp2BGBmO9rGMviE3RRurA9XTKieMLEJ6jEJdH8lHxgZpqQ1nc1i3FsIrwcrUG4eiwBpIi-O-vUq7%7EQchUDMNQnZC7K7sojR1Lfr4tYBG1xa4gTUnQlwf5CsK1pC%7ElmwMtWqmEaCFY-EACMQxkDcppCYhYxxpRhZKBt9qmtHqVkVtogQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>c194ff2a1395e38b416224c77eaa6bd2</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250396">
                    <text>����������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250400">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249981">
                <text>KPN8CVC4</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249982">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249983">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249984">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, juin 1706)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249985">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime au supérieur du Séminaire de Québec sa surprise et sa résignation devant le second incendie du Séminaire et dit qu’il n’a pas pu obtenir de secours à Versailles. Il reproche que l’on dépense beaucoup pour les bâtiments du Séminaire et pour le trop grand nombre d’enfants pris en charge. Il lui raconte qu’il a eu beaucoup d’affaires avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, présentement prisonnier en Angleterre, et La Pallière, son grand-vicaire, à propos des unions des abbayes de Méobecq et de Bénévent au chapitre de Québec. Il se plaint de la dureté et de l’intérêt du prélat et de son grand-vicaire, qui se sont fait attribuer des pensions sur des abbayes. Il commente les mauvaises nouvelles de la guerre qui ont eu lieu en Flandre et en Espagne, où les troupes françaises ont été battues et ont perdu plusieurs villes. Il dit qu’il n’y a nulle apparence à la paix. Il espère que la France pourra se relever de ces désastres. Il dit qu’il a envoyé au Canada ce qu’il lui a demandé. Il a eu du mal à payer les factures, à cause du renversement du commerce et de la rareté de l’argent. Il ne pourra plus envoyer grand-chose au Séminaire ni à la Louisiane et il ne peut pas séparer le compte des missions de celui du Séminaire. Il a réussi à lui envoyer les livres d’Agreda et de la sœur de Coutances, perdus dans l’incendie, mais qu’il ne les approuve pas. Il a parlé à La Colombière, grand-chantre du chapitre de Québec, de ces livres et qu’il l’a trouvé de son avis. Il dit aussi qu’il a demandé à Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, d’ôter à Glandelet le grand-vicariat et la supériorité des Ursulines, mais il a refusé, en lui reprochant de se laisser trop gouverner par les Jésuites.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249986">
                <text>1706-06</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249987">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249988">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11918" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 46&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249989">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250401">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11919" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11917" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="944">
        <name>Commerce et industrie</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="83">
        <name>Incendies</name>
      </tag>
      <tag tagId="234">
        <name>Petit Séminaire de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18681" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11909">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/778a14f337672a1cfe444abe6539d029.png?Expires=1779321600&amp;Signature=GuJWU0C-HZKjnQSPWuAR2RTjaY8JyolGIGjU09HxJ1q0hSSBK07R-%7EkpC8X3UQJ4OgIMwTJnX6RAk6KCDRQ97gBowPOQzKAti775S6xitCj22Ej1yABRuyDF%7Egq-1lA2vCICes5ozdi5P4bCnmImuRLahqFffvqBoPzbJsGxeXo3r553JunLq9WJhlstEh4Ybkt3kY9KlcJ7UHFqIOHe76Ddf3seBLi7yfdVto-U8LUAYvh7QAzrhwmKGxeRVqSiqL3%7E7AycERJce95jVvCH5sBv-OiAqHUszYddjgIRapK2tvc7pHTDY0BX-eRAtunPLtj46USxpJEyPopPoLK1Yg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11910">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/89797230105c8d1996137ae8bba3cd35.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=rgrXoJdaT3qodCFgePV3Np-qEDzWYD4nWIx7RmuCEuO5Dc8O5%7EJsg%7EScFVnfvHRN06wpPkWrzKMiViP14LOwtBbmJl97JsL7sVZw1PuowP%7E7YEZmqMgs6rjEKtuhzJDOx8ymi6GaybOAMoMJOvB1Au40FxXZAIEWSZ77X4RbJS4in3GnKiJEN7V0vmKZInjtixtSl7HQ7OMTZqESigDg8T4itzW-QL51FcWwqqFKxaLUMiMyZzIyuglXiZkqRyNd5rR%7EOxuhxkQqjtUvmskwRLPRDByBI14ITCjSnat6A8OlIQqdg6a0dCtXrx7JyZO-L9YTxE0jfYwl2RT6fxzAtQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>80f5bdb85cbe6b6028cf501f81b962d2</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250383">
                    <text>Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Paris, 26 avril-28 mai 1702)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
À tout seigneur, tout honneur. Je ne vous écrivais les années passées que par bonne&#13;
amitié ; celle-ci, c’est par devoir et pour rendre compte à M. le doyen et le prier de rendre&#13;
compte au chapitre des affaires dont je suis chargé pour lui. C’est ce que je ferai dans le&#13;
commencement de cette lettre et je ferai ensuite, à l’ordinaire, succéder l’amitié à ce devoir&#13;
de respect en répondant aux obligeantes lettres que j’ai reçues de vous et vous mandant&#13;
tout ce que vous pouvez souhaiter vous être mandé.&#13;
Vous serez surpris cette année de trouver une si pitoyable recette du chapitre, car&#13;
quoiqu’elle monte fort haut et qu’elle aille à plus de 7 000 livres, la dépense va encore&#13;
plus haut et actuellement que je vous écris ceci, bien loin d’avoir à vous de l’argent entre&#13;
les mains, je me crois en avance pour le chapitre. Je vais vous en expliquer les raisons. Je&#13;
parle ici au moins à M. le doyen et nullement à M. de Glandelet, car je sais que je ne serais&#13;
pas bien venu de parler à ce dernier de temporel, lui qui tient si fort cette maxime que le&#13;
temporel n’est rien et qui la tiendra jusqu’à ce que M. des Maizerets l’ait convaincu du&#13;
contraire par expérience ; mais pour M. le doyen, il sait bien qu’il n’y aurait point de&#13;
chapitre sans chanoines et de chanoines sans prébendes, c’est-à-dire sans un revenu&#13;
affecté pour la subsistance de chaque chanoine. Ce sont les premières notions d’un&#13;
chapitre.&#13;
Vous aurez sans doute à me reprocher cette année encore plus que les autres que nous&#13;
avons bien mal choisi en vous chargeant, par les derniers partages, du revenu des deux&#13;
abbayes, mais cependant je ne saurais en avoir regret pour le bien et l’avantage du&#13;
chapitre. Il n’est pas réel pour le présent, mais il sera sensible dans la suite et j’espère que&#13;
nous le verrons dans peu, si nous réussissions dans nos unions.&#13;
C’est par cette affaire que je crois devoir commencer à vous rendre compte. Je crois vous&#13;
avoir mandé l’an passé que Mgr de Québec me pressait très fort d’accommoder l’affaire&#13;
que j’ai depuis trois ou quatre ans avec la religieuse qui est à l’Estrée. Monseigneur, pour&#13;
m’y engager, avait obtenu l’an passé de M. l’archevêque de Trèves par le moyen de&#13;
&#13;
�M. l’évêque de Toul, qui est des intimes amis de M. l’abbé de Brisacier, un consentement&#13;
par lequel il permettait que le prieuré de La Colombe à Longwy fut transporté dans les&#13;
lieux réguliers de l’Estrée ; si bien que considérant cet obstacle levé, sachant de plus que&#13;
M. l’évêque d’Évreux avait envoyé faire un procès-verbal à l’Estrée pour y faire une&#13;
clôture et avoir permis à cette religieuse de prendre des novices, faisant réflexion que&#13;
quand je serais assuré de gagner au Conseil mon procès contre cette religieuse, ce qui&#13;
était fort douteux, après tous ces obstacles levés, je n’en serais pas plus avancé qu’on nous&#13;
renverrait au Conseil dans un autre parlement, où il faudrait plaider dix ans avant que&#13;
de faire juger cette affaire définitivement et qu’enfin, après que j’aurais ainsi bien plaidé&#13;
toute ma vie dans tous les tribunaux et que j’aurais consommé à cela plus que le fonds de&#13;
l’abbaye, je serais aussi embarrassé que le premier jour à chercher les moyens de&#13;
consommer notre union. On ne voit de près toutes ces choses qu’après qu’on a essuyé de&#13;
près tous les désagréments des procès. Je ne sache pas d’affaire qui m’en puisse donner&#13;
plus que celle-là m’en a donné.&#13;
Mgr de Québec, qui était allé en Dauphiné après le départ des vaisseaux, ne cessait de me&#13;
presser, par M. de La Pallière1, de m’accorder avec la religieuse. Il semblait même&#13;
promettre de porter sa part des frais du procès. Je me résolus enfin dans le mois d’août&#13;
et de septembre à m’accorder. Un maître des requêtes de nos voisins et un conseiller au&#13;
Parlement de Rouen furent les médiateurs de cet accord. Je promis de donner à la&#13;
religieuse, pour tous les frais de son procès, 2 000 livres (vous remarquerez que je lui en&#13;
avais offert 2 500 livres avant que d’obtenir un arrêt au Conseil) et qu’elle rembourserait&#13;
les façons des vignes que notre fermier de l’Estrée avait avancées par mon ordre pendant&#13;
deux ans, dont elle avait recueilli le vin. On convint de faire régler ces façons des vignes&#13;
par nos médiateurs ; cependant, il m’en coûta encore 73 livres au-delà, car ils montaient&#13;
à 1 073 livres et on n’alloua que 1 000 livres et il me fallut porter 73 livres plutôt que de&#13;
les faire perdre au receveur de l’abbaye.&#13;
Mgr de Québec n’a rien voulu allouer de ces 2 073 livres que nous ont coûtées cet&#13;
accommodement et près de 900 livres encore d’ailleurs pour frais de procédures à&#13;
l’avocat au Conseil, au Grand Conseil sur les lieux, dont il a fallu encore tenir compte à&#13;
M. Rotrou et il m’a fallu tout porter pour paix avoir avec lui, mais le bien que nous en&#13;
avons retiré c’est : 1er que nous avons eu main levée des saisies faites sur l’abbaye de&#13;
1&#13;
&#13;
Pierre Pitot, sieur de La Pallière, grand-vicaire et procureur de Mgr de Saint-Vallier à Paris&#13;
&#13;
�l’Estrée, dont j’ai bien reçu de quoi remplir tous ces frais et il nous y est dû encore plus&#13;
d’une année, car cela va à 3 800 livres, sans compter l’année échue à Noël dernier, dont le&#13;
terme de paiement n’échoit qu’à la Saint-Jean prochaine ; 2e le bien qui s’est ensuivi de&#13;
cet accommodement, c’est que nous nous sommes mis en état de travailler efficacement&#13;
à l’union de nos trois abbayes, car nous avons réuni tous les procès-verbaux qu’on nous&#13;
demande à Rome.&#13;
Nous avons obtenu tous les consentements des personnes intéressées et le roi a bien&#13;
voulu écrire de nouvelles lettres au pape, au cardinal patron de France et au cardinal de&#13;
Janson, qui est chargé des affaires du roi à Rome. Nous avons mis toutes nos pièces, il y&#13;
a deux mois, entre les mains d’un banquier très expérimenté en ces unions, qui est mon&#13;
ami, et elles sont arrivées à Rome, d’où on commence à nous écrire, par les deux derniers&#13;
ordinaires, qu’on travaille à notre affaire. Mgr de Québec, ayant vu que le banquier qui en&#13;
avait été chargé ci-devant craignait de perdre ses avances s’il en faisait encore, lui a fait&#13;
remettre par le dernier ordinaire 500 livres pour l’engager à agir. Nous en porterons les&#13;
deux cinquièmes et Monseigneur, les trois autres. Il ne faut donc plus vous attendre que&#13;
je remette à présent au compte du Séminaire aucun des deniers du chapitre. Tout ce que&#13;
je recevrai pour lui sera pour servir aux frais des unions. Il nous faudra peut-être plus de&#13;
8 000 livres de frais pour la part du chapitre seul. Ainsi, trois ou quatre années ne suffiront&#13;
pas pour acquitter cette somme. Nous serions trop heureux si nous pouvions finir cette&#13;
affaire. J’engage tant que je puis Mgr de Québec à aller pour cela à Rome. Je suis persuadé&#13;
que par ses sollicitations très vivres, il emporterait l’affaire et c’est la plus importante de&#13;
l’Église de Québec.&#13;
Vous serez peut-être surpris de ne trouver rien de reçu du prieuré d’Èves dans mon&#13;
compte pour les six mois échus à la Saint-Jean dernière. Il est arrivé l’an passé une telle&#13;
foudre de vent, le jour de la Purification, qu’elle a renversé presque entièrement la grange&#13;
de la métairie d’Èves ; si bien que toute cette demi-année y fut consommée ; et je ne sais&#13;
si elle suffira. On m’a promis de me faire toucher au premier jour la demi-année échue à&#13;
Noël dernier. C’est M. le vicomte d’Argenson qui a fait cette réparation. Cette même&#13;
tempête a causé bien des réparations à Méobecq et à l’Estrée. Quant à Méobecq, vous en&#13;
trouverez pour une bonne somme dans mon compte de fait. J’espère qu’il n’y en aura pas&#13;
tant tous les ans, surtout dans un temps où l’on paye tant de taxes au roi. À l’égard de&#13;
l’Estrée, je suis en contestation avec le receveur. Il est obligé d’entretenir les lieux, mais il&#13;
&#13;
�n’est pas tenu de ces sortes de tempêtes. Je dois aller sur les lieux cet été voir ce qui y est&#13;
arrivé.&#13;
Vous trouverez dans mon compte, en un seul article reçu en argent ou quittances des&#13;
fermiers de Méobecq, 3 676 [livres]. C’est tout le prix de leur ferme, mais il y a bien des&#13;
articles à leur diminuer sur cette somme, outre les 1 358 livres que j’alloue dans ma&#13;
dépense. Ces 1 358 livres sont composées :&#13;
1° d’une somme de 600 livres que j’ai employée dans mon compte de l’an&#13;
passé, reçue le 8e janvier 1701, pour payer les décimes d’octobre 1700 ;&#13;
2° de 300 livres payées pour une année à M. Baraton, pensionnaire de&#13;
Méobecq ;&#13;
3° de 400 livres payées aux curés de Méobecq et Neuilly pour une année&#13;
de leur portion congrue, 50 livres pour le luminaire de Méobecq pour une&#13;
année et 8 livres au curé de Mehun pour l’année 1 700.&#13;
Je vous envoie la copie d’un compte-arrêté avec Mgr de Québec pour être quitte avec lui.&#13;
J’ai eu bien de la peine à finir ce compte et quoiqu’il m’ait refusé de me rien allouer pour&#13;
les réparations de Méobecq, qui étaient à faire en 1697 qu’il nous remit l’abbaye ni des&#13;
frais du procès de la religieuse, ni d’autres demandes que je lui faisais, je me suis encore&#13;
estimé heureux de finir avec lui ainsi, car je craignais bien qu’il n’insistât pas à vouloir&#13;
jouir de ce qui était dû par les fermiers de Méobecq et de Chezelles jusqu’à la SaintJean 1697, car c’était une prétention qu’il avait et sur laquelle je ne sais ce qui aurait été&#13;
réglé s’il l’avait beaucoup soutenu, car il soutient ses intérêts d’une manière si vive qu’il&#13;
force à se faire accorder tout ce qu’il demande. C’est pourquoi, tout maltraités que nous&#13;
sommes, j’ai encore cru un bonheur de finir avec lui quelque chose à un meilleur prix que&#13;
je ne craignais.&#13;
Je vous prie que tout ce que je vous écris de lui ne soit communiqué qu’à nos Messieurs&#13;
et recommandez-leur de ma part de ne le point répandre ailleurs. Je crois qu’il arrive&#13;
souvent qu’on croit parler à une personne de confiance et il va ensuite reporter ce qu’on&#13;
lui dit à [des] gens qui le mandent à Monseigneur. Il m’a reproché en mots couverts&#13;
&#13;
�plusieurs choses que j’ai écrites l’an passé et qu’il dit qu’on lui a mandées de Québec, tant&#13;
sur nos Hospitalières que sur le Séminaire.&#13;
Vous seriez surpris d’apprendre que M. de La Pallière est à présent aussi vif pour&#13;
empêcher s’il pouvait son retour qu’il a été ci-devant pour le procurer. Nous avons été&#13;
quelques jours, ce mois de février dernier, que M. de La Pallière craignait qu’après avoir&#13;
réglé ses affaires, il ne se mît en état de retourner. Il fut voir M. le duc de Beauvilliers 2 et&#13;
le R. P. de La Chaize. Il nous pressa de voir M. le cardinal de Noailles, mais nous&#13;
l’assurâmes qu’il n’y avait nulle apparence pour le retour cette année et qu’il était inutile&#13;
d’agir avant le temps. Ce qui le rend si vif, c’est qu’il ne le croit nullement changé, d’une&#13;
humeur plus difficile que jamais et que son expérience l’a convaincu de la vérité de tout&#13;
ce que nous avons trop éprouvé pendant plusieurs années.&#13;
Cependant, je ne crois pas qu’on puisse l’arrêter quand il voudra retourner. Il compte de&#13;
le faire l’année prochaine et je prévois qu’il le fera. Il passe ici pour un évêque très&#13;
régulier. Il est enfermé chez M. le curé de Saint-Sulpice depuis le matin jusqu’au soir sans&#13;
sortir, dit la messe tous les jours, n’est d’aucun plaisir et vit fort régulièrement. Il n’en&#13;
faut pas tant pour passer pour un saint, car la plupart de nos évêques vivent d’une tout&#13;
autre manière.&#13;
Vous serez surpris d’apprendre l’exil, par une lettre de cachet, de notre M. l’évêque de&#13;
Gap. Après que vous l’avez vu vivre en missionnaire si régulièrement, vous serez surpris&#13;
qu’on l’ait relégué à cause de ses galanteries et qu’il soit devenu un damoiseau. Il y a cinq&#13;
ou six ans qu’il n’a mis le pied en son diocèse. Il a à Paris un des plus beaux équipages et&#13;
il rend des visites aux dames. Je savais cela il y a plus [depuis] de deux ans et je n’ai pas&#13;
voulu vous en rien mander, mais je le fais, puisque cela a éclaté. Il est relégué à Condom,&#13;
où notre cher M. de Condom souffrira beaucoup d’avoir un tel hôte, qui n’a pas su&#13;
profiter de son humiliation, mais porte après sa disgrâce autant de faste en allant en exil&#13;
qu’il en avait auparavant. Que cela doit nous humilier, craignons bien les grandeurs et&#13;
les richesses, puisqu’elles changent si fort les mœurs ! Vous voyez en M. de Gap un&#13;
exemple de ce qui est arrivé en M. Bertot.&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
Paul-Hippolyte de Beauvilliers Saint-Aignan, 1684-1776, chef du Conseil royal des finances&#13;
&#13;
�Je vous avoue que cette mauvaise odeur m’a empêché de le voir pour faire réussir l’union&#13;
de son petit prieuré de Guéret. C’est pourquoi j’ai laissé tomber l’affaire, qui est échouée.&#13;
J’y ai vu trop de difficultés, parce que les moines n’y ont pas consenti.&#13;
Après cette triste nouvelle de la conduite de ce prélat, je crois vous devoir apprendre la&#13;
mort sainte de notre cher M. l’évêque de Poitiers, qui n’est évêque que depuis trois ans.&#13;
Il nous avait toujours dit qu’un bon évêque ne devait vivre que trois ans. Il jeûna au pain&#13;
et à l’eau pendant les trois jours du carnaval dans son Séminaire, affligé aux pieds de son&#13;
crucifix de ce que les magistrats de sa province n’empêchaient pas une troupe de&#13;
comédiens de jouer dans toutes les villes de son diocèse, m’écrivant qu’il avait dans son&#13;
diocèse plusieurs nouveaux catholiques, qui, étant protestants, avaient été chassés du&#13;
Perche et mis en pénitence publique pour avoir assisté à ces spectacles et qui étaient&#13;
scandalisés qu’on les souffrit dans l’Église catholique. Après avoir jeûné ces trois jours,&#13;
pendant lesquels il souffrait du froid dans son Séminaire, il commença son carême en&#13;
visitant tous les pauvres et les malades dans ses hôpitaux et il trouva des fièvres&#13;
pourpreuses3 dans son Hôtel-Dieu, qu’il prit aisément, parce qui avait l’estomac vide. On&#13;
le pensa pendant quatre jours d’un gros mal de tête et fièvre, comme si ce n’eût été que&#13;
d’un rhume et on le saigna le premier dimanche de carême, ce qui le fit tourner à la mort,&#13;
qui arriva deux jours après, ayant reçu tous ses sacrements et tiré les larmes des yeux de&#13;
ses domestiques et de tout son peuple. Vous ne sauriez vous imaginer jusqu’où tout son&#13;
peuple l’a regretté ; et il avait bien raison, car il perdait un très saint prélat. Je perds en lui&#13;
un très intime ami, qui m’honorait de sa confiance et je n’y saurais penser sans en être&#13;
très vivement touché ; mais cette mort m’a en vérité bien servi à rentrer en moi-même et&#13;
m’a bien convaincue qu’il n’y avait rien de solide en ce monde. Je n’ai pas perdu cette&#13;
vérité de vue depuis sa mort et j’espère que Dieu me le fera la grâce de l’entretenir en&#13;
moi.&#13;
Ces deux évêques ont interrompu le compte que je vous rendais des affaires du chapitre.&#13;
Je vais le reprendre. On nous mande de Rome que ce pontificat n’est point propre à faire&#13;
réussir nos unions. Nous avons un pape très long, qui ne conclut rien, qui ne veut faire&#13;
peine à personne, qui s’arrête sur la moindre difficulté et qui n’agit pas pour la faire lever.&#13;
L’union des menses monacales sera difficile. Je crois cependant qu’après avoir employé&#13;
les sollicitations les plus fortes, si Mgr de Québec y va, il l’emportera et je ne cesserai de&#13;
3&#13;
&#13;
Le typhus&#13;
&#13;
�l’en presser. Il ne faut rien épargner pour ces affaires. Elles demandent une entière&#13;
application.&#13;
Je serai cependant obligé d’aller faire un tour cet été et à Méobecq et à l’Estrée. Ces biens&#13;
sont tels qu’il faut nécessairement les voir de deux ans en deux ans. J’aurais même besoin&#13;
de demeurer à Méobecq une quinzaine de jours. J’y ai plusieurs affaires qui ne vont pas&#13;
comme je voudrais. Je suis obligé de me fier au bon homme, M. de Bienassis, qui a plus&#13;
de 80 ans et est le père de deux fermiers de l’abbaye. Il fait leurs affaires et non pas les&#13;
nôtres. Mgr l’Ancien m’a bien dit que ce vieillard et toute sa famille étaient fort intéressés.&#13;
Ce sont des sangsues, qui voudraient tirer à eux tout le revenu de cette abbaye. C’est le&#13;
malheur [que] Mgr de Québec ait fait un bail à ses enfants. Cependant, il me conseille de&#13;
le laisser mourir en paix, mais je voudrais avant sa mort visiter le chartrier et tous les&#13;
titres et les mettre en bon état. Je voudrais visiter tous les bois, les étangs, les métairies et&#13;
les moulins pour prendre connaissance de tout par moi-même et voir comment je&#13;
pourrais rétablir, surtout les bois. Je compte d’y aller après que je me serai débarrassé de&#13;
mes lettres, c’est-à-dire vers la Saint-Jean au plus tard.&#13;
J’ai aussi à visiter le prieuré d’Èves, où il y a des réparations à faire et à terminer un procès&#13;
à la chapelle de Vauvoyer contre un curé, qui prétend bien des dépens et plusieurs années&#13;
de supplément de portion congrue. C’est une affaire qui n’est bonne qu’à terminer le plus&#13;
tôt qu’il est possible.&#13;
Quant à l’Estrée, il me faut visiter tous les bâtiments pour examiner ce que la tempête y&#13;
a renversé en février 1701. Je n’ai pu me résoudre à aller à cette abbaye depuis la perte du&#13;
procès de la religieuse. Cependant, il y faut aller nécessairement tous les ans.&#13;
Mgr de Québec demande au roi des ornements pour la cathédrale et il espère en obtenir.&#13;
Je ne sais s’il y réussira. Les finances sont si dérangées que quand le roi, par bonté de&#13;
cœur, aurait accordé une somme, je ne sais pas s’il serait facile de la faire payer.&#13;
Voilà, ce me semble, tout le compte que je puis vous rendre sur les affaires du chapitre.&#13;
Je vais à présent répondre aux lettres que vous m’avez fait la grâce de m’écrire et je vous&#13;
écrirai en chemin, faisant tout ce que vous désirez savoir. Je crois avoir reçu toutes vos&#13;
lettres ; cependant, je n’en suis pas bien assuré, car vous devriez à la fin m’envoyer un&#13;
&#13;
�petit catalogue de toutes les lettres que vous m’écrivez, comme vous faisiez ci-devant. J’ai&#13;
reçu cette année des lettres deux mois après le retour des vaisseaux, sans dire par où elles&#13;
me sont venues. Pour vos deux grandes lettres, je les ai reçues. J’ai remis à Mgr de Québec&#13;
les papiers et paquets qui étaient pour lui et ai retenu les duplicatas que vous m’avez&#13;
mandé de retenir. Je me trompe de vous dire que j’ai reçu de vous deux grandes lettres.&#13;
Je n’en ai reçu qu’une de plusieurs écritures de trente-sept pages, dont les cinq ou six&#13;
dernières sont de votre écriture et j’ai reçu environ moitié de cette lettre par une autre&#13;
voie. Sans doute que vous n’ayez pas eu le temps de faire copier le reste. J’ai aussi trouvé,&#13;
dans plusieurs paquets, plusieurs petits billets de vous que j’ai ramassé ensemble. Il y en&#13;
a huit. Je vais répondre à tout ce que vous désirez savoir.&#13;
Vous m’avez fait un très sensible plaisir de me faire allouer mes comptes précédents, afin&#13;
de ne rien laisser en arrière. Vous êtes, à ce que je crois, bien persuadé que je ne prétends&#13;
pas sortir par-là de l’esprit de grâce, qui me doit faire éviter toute propriété ; mais quoique&#13;
je n’agisse que dans cet esprit, ce me semble, il n’en faut pas moins liquider les comptes&#13;
année par année, afin de se tenir l’esprit en repos. Je vous prie d’engager nos Messieurs&#13;
à continuer sur ce pied-là.&#13;
J’ai été vraiment affligé de la mort de M. Doucet4. C’était un bon ouvrier, qui a rendu&#13;
service à l’Église. Ce que vous me mandez de l’état où était le Séminaire avec tout le pays&#13;
dans ces temps-là est surprenant. Nous sommes bienheureux d’en avoir conservé&#13;
Mgr l’Ancien et M. des Maizerets.&#13;
J’ai été tout à fait édifié de ce que Mgr l’Ancien a pris la peine de m’écrire sur deux points&#13;
dont je lui avais écrit l’an passé. Le premier était à l’occasion de ces lettres de change, où&#13;
je lui répondais l’impossibilité où j’étais de les payer des deniers du Séminaire, qui est si&#13;
obéré ; le second est sur ce qu’on n’avait arrêté aucun compte du Séminaire. Monseigneur&#13;
me mande qu’il n’a pas prétendu, en tirant lui-même ces lettres de change, que je les&#13;
payasse d’autres deniers que de ceux du Séminaire et que, pour cela, ses revenus soient&#13;
confondus avec ceux du Séminaire, qu’il n’a rien possédé en propre et veut mourir dans&#13;
cette pratique. On ne peut écrire plus saintement et avec plus de bonté et de charité pour&#13;
moi qu’il l’a fait.&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Alexandre Doucet, 1657-1701, curé de Charlesbourg de 1690 à 1701&#13;
&#13;
�Je vous ai envoyé par le vaisseau du Nord copie de la lettre que j’ai reçue de M. SaintCosme et des mémoires que lui et M. Davion m’envoient. J’ai écrit à Mgr l’Ancien mes&#13;
réflexions sur cette lettre et ces mémoires. Je les répète ici.&#13;
1° Il paraîtrait plus nécessaire que M. Bergier5 fût dans une mission près de Français, afin&#13;
de gouverner le temporel, que de le laisser aux Tamarois, où les Jésuites le rendront&#13;
inutile en débauchant tous ses Sauvages.&#13;
2° M. Saint-Cosme n’a nul ménagement et il parle de se faire appliquer des 400 écus pour&#13;
sa mission des Natchez. Cela est ridicule, car il faut que les missionnaires se mettent en&#13;
état de ne dépenser à deux, dans chaque mission, que 600 livres au plus et s’ils sont seuls&#13;
dans chaque mission, 300 livres ou 350 livres au plus. C’est ce qu’on donne aux&#13;
missionnaires de la Chine, où il y a le plus de dépense à faire.&#13;
3° M. Saint-Cosme voudrait posséder ce qu’on lui donnerait, sans que cela passât par les&#13;
supérieurs de la mission. Je crois que cela rendait les particuliers trop propriétaires.&#13;
Cependant, il ne serait pas mauvais que chacun se fit son mémoire de ses besoins, mais&#13;
cela doit passer ensuite par le supérieur pour être approuvé.&#13;
4° Il faudrait que nos Messieurs réunissent bien leurs missions et ne les avançassent pas&#13;
dans les terres pour être à portée de recevoir leurs besoins de France et d’être soutenus&#13;
par les Français.&#13;
5° Il est fâcheux que le P. de Limoges, de son chef, se doit établi aux Houmas. C’était une&#13;
mission à notre bienséance à 15 lieues des Natchez. Attendez-vous que ces pères vous&#13;
traverseront en tout pour vous dégoûter et vous faire quitter.&#13;
6° Il serait même à souhaiter que nous eussions quelque établissement avec les Français,&#13;
afin de s’en servir de lieu de correspondance ; mais M. d’Iberville préférera les Jésuites à&#13;
nous pour y desservir les Français, qui devraient l’être plutôt par des prêtres. Nous&#13;
saurons à son retour ce qu’il aura fait. On l’attend incessamment.&#13;
&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme, Albert Davion, m. 1726, et Marc&#13;
Bergier, v. 1667-1717, missionnaires du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
5&#13;
&#13;
�7° M. de Montigny6 m’avait dit d’envoyer des demi-barriques de farine à nos Messieurs.&#13;
M. Saint-Cosme dit que cela est inutile. Chacun raisonne selon son idée et à moins que de&#13;
savoir le sentiment de tous, on ne sait à quoi se déterminer.&#13;
8° Mgr de Québec ne pense plus à nous laisser les 2 000 livres du Clergé pour cette mission.&#13;
Je ne voudrais pas jurer que si M. d’Iberville y retourne au mois de septembre, ce prélat&#13;
ne prenne la partie d’aller avec lui et de parcourir de là par terre toutes les missions d’en&#13;
haut. Monseigneur ne nous laissera pas diminuer rien des 3 000 livres qui seront&#13;
accordées pour Mississippi, afin de nous rembourser par-là de toutes les dépenses&#13;
précédentes. Je crains bien qu’il n’y faille au contraire ajouter encore du nôtre.&#13;
9° Nous avons obtenu pour cette année la continuation de la gratification de 3 000 livres&#13;
pour Mississippi, mais ce sera la difficulté d’en être payé au Trésor royal. Je ne crois pas&#13;
en pouvoir rien tirer, ni de la pension de Mgr l’Ancien sur le Trésor royal. C’est ce qui fait&#13;
mon plus grand chagrin.&#13;
10° Un ecclésiastique nommé M. Gervaise, qui est prévôt à Sèvres, un des bons bénéfices&#13;
dépendant de Saint-Martin-de-Tours, et qui a été emmené à Siam par feu Mgr d’Héliopolis&#13;
à l’âge de 16 ans, qui en revint avec les Siamois en 1687 et qui est un ecclésiastique qui a&#13;
du bien de patrimoine et bien du mérite, se sent attiré à aller se dévouer au Mississippi&#13;
pour la conversion de ces infidèles. Il est seul héritier d’une sœur aînée, qui a plus de&#13;
3 000 ou 4 000 livres de rente et ils n’ont tous les deux que des héritiers collatéraux fort&#13;
éloignés. Il espère que s’il se destinait à cette bonne œuvre, sa sœur se retirerait auprès&#13;
de nous et se destinerait elle-même à l’aider dans son dessein. Cependant, j’y vois&#13;
beaucoup de difficultés dans l’exécution et peut-être que Dieu lui en donnera le désir,&#13;
sans lui donner jamais le moyen de l’exécuter. Je lui inspire qu’il devrait établir une&#13;
mission, où il eut un ecclésiastique avec lui, près des Français vers la mer, pour entretenir&#13;
correspondance plus facilement avec nous. Quand il serait résolu d’y aller absolument,&#13;
ce qui n’est pas encore, il lui faudrait plus d’un an pour se débarrasser de plusieurs&#13;
affaires, particulièrement de celles de Saint-Martin-de-Tours, dont il est chargé. Nous&#13;
attendons les nouvelles, qui viendront par M. d’Iberville, que je lui communiquerai. Je&#13;
crois qu’à l’égard de ces choses, il ne faut point d’empressement. Dieu sait le temps de sa&#13;
&#13;
François de Montigny, 1669-1742, missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi de 1698 à 1700, puis en&#13;
Chine&#13;
6&#13;
&#13;
�miséricorde qu’il a déterminé de faire à ces peuples. Il suscitera alors des ouvriers pour&#13;
en être les ministres. Ce M. Gervaise a fait son testament, en cas qu’il fût surpris et nous&#13;
y sommes pour Mississippi, à ce qu’il m’a dit. Je vous prie de ne parler point de ce que je&#13;
vous écris de lui qu’à nos Messieurs et d’en garder un grand secret.&#13;
Je vous ai dit en deux mots que je craignais fort de n’être pas payé de nos 3 000 livres pour&#13;
Mississippi au Trésor royal, aussi bien que des 2 000 livres de Mgr l’Ancien pour sa&#13;
pension. Il faut vous expliquer plus au long le sujet de ma crainte. Les finances sont si&#13;
dérangées en France qu’on ne saurait être payé au Trésor royal. Le roi s’est tellement&#13;
engagé dans les dernières guerres qu’il faut payer tous les ans plus de 30 000 000 [livres]&#13;
de rentes à l’hôtel de ville. C’est ce qui se paie bien, car si on y manquait, le roi perdrait&#13;
son crédit ; si bien que dans cette nouvelle guerre, on ne sait quels fonds faire pour la&#13;
guerre et elle consomme tout l’argent. D’ailleurs, il arriva l’an passé une banqueroute des&#13;
deux Trésoriers de l’Extraordinaire des guerres, que le roi a été obligé de soutenir pour&#13;
ne pas perdre le crédit de leur caisse. Il lui en coûtera plus de 12 000 000. De plus, la&#13;
recherche que M. Chamillart a fait faire des traitants et partisans qu’on a taxés à de&#13;
grosses sommes les a tellement aliénés de lui qu’ils ont renfermé tout leur argent, qui est&#13;
devenu si rare dans le commerce qu’on n’en saurait tirer de personne ; ce qui a causé tant&#13;
de banqueroutes que c’est à présent une chose très ordinaire de laisser protester des&#13;
lettres de change. C’est tout vous dire que M. de Chamillart, qui est des amis anciens de&#13;
nos Messieurs, qui a été prié par Mme de Maintenon et sollicité par eux, ne leur a pas&#13;
encore fait payer leurs ordonnances de l’an passé de 1 800 livres pour la Chine et les Indes&#13;
orientales. Je crains bien de ne pas toucher les miennes.&#13;
[Du 12 mai 1702]&#13;
J’en étais en cet endroit de votre lettre, mon cher Monsieur, lorsque M. Joncaire est arrivé&#13;
le 26e avril. Je n’en reprends la suite que le 12e mai, car vous jugez bien que la nouvelle&#13;
qu’il a apportée a bien achevé de déranger mes affaires. J’ai eu le temps cependant de&#13;
faire une lettre de vingt pages de petite écriture en deux jours pour M. des Maizerets, que&#13;
j’ai envoyée hier par la poste, afin de la mettre dans le vaisseau la Perle qu’on m’a mandé&#13;
devoir partir au premier jour. Ce sera la seconde voie qui instruira de nos affaires et votre&#13;
lettre sera la troisième. Je ne serai en peine de ces trois lettres, toutes les autres ne devant&#13;
être que des lettres particulières.&#13;
&#13;
�Vous pouvez bien croire que je fus sensiblement touché de la perte de notre Séminaire de&#13;
Québec. Quand on connaît le bien et l’utilité de cette bonne œuvre, comme je la connais,&#13;
on ne peut s’empêcher d’y être très sensible. Il paraît que le bon Dieu s’en est mêlé ; c’est&#13;
ce qui nous ferme la bouche et nous empêche de murmurer. J’ai été édifié de la manière&#13;
dont Mgr l’Ancien et M. des Maizerets ont pris la chose. Pour vous, on dit que [vous] ne&#13;
revîntes que quelques jours après. Je suis persuadé que Dieu voulait achever de&#13;
perfectionner ces deux chères personnes. Il ne pouvait les prendre par un endroit plus&#13;
sensible. Ils auraient donné leur vie avec plaisir plutôt que de voir cette bonne œuvre&#13;
détruite, mais nous pensons bien autrement et j’espère que si Dieu nous les conserve,&#13;
nous nous relèverons peu à peu. Je vous avoue que leur courage me donne une force&#13;
toute particulière. Je ne laisse pas de sentir toute la pesanteur du fardeau que Dieu met&#13;
sur nos épaules, mais il nous fortifiera pour le bien porter.&#13;
Je vous ai mandé, par la Perle, en écrivant à M. des Maizerets, que M. Joncaire nous ayant&#13;
rendu nos lettres, nos Messieurs, qui partaient pour Évry, m’emmenèrent avec eux pour&#13;
les lire. J’en revins le lendemain. J’annonçai cette nouvelle à Mgr de Québec, qui parut&#13;
sentir ce malheur aussi vivement qu’on le puisse sentir. Il me conseilla d’envoyer sans&#13;
délai M. Joncaire à Marly, où était le roi. Il y arriva à 10 heures du soir et rendit à&#13;
M. de Pontchartrain ses lettres. Ce ministre fut aussitôt en porter la nouvelle au roi, qui&#13;
en fut touché et l’apprit le soir même, étant à table. M. Joncaire dit au ministre la perte de&#13;
600 000 ou 700 000 livres et le ministre l’a dit aussi grande au roi. Nous en désabusâmes&#13;
cependant le ministre quand nous le vîmes et nous lui dîmes que nous ne croyions avoir&#13;
perdu que 100 000 écus7. C’en est bien assez.&#13;
Il m’a paru que tout le monde a été très touché de notre perte et on voit bien ce que vaut&#13;
une œuvre quand on s’en voit privé. MM. le chancelier et de Pontchartrain nous dirent,&#13;
quand nous les vîmes, que ce n’était pas notre perte, que c’était celle de tout le public,&#13;
que si elle n’était réparée, elle causerait la ruine de toute la colonie ; et chacun a paru&#13;
entrer dans les mêmes sentiments. Nous fûmes obligés de courir deux ou trois jours en&#13;
carrosse avec M. Joncaire pour porter ses lettres et quatre ou cinq jours après, nous fûmes&#13;
à Versailles, avec MM. de Québec, de Brisacier et son frère et M. Joncaire, voir&#13;
M. de Pontchartrain. Nous commençassions par voir ces MM. des bureaux, Des granges,&#13;
de La Touche et Bégon. Ces Messieurs furent fort touchés de notre accident et nous&#13;
7&#13;
&#13;
300 000 livres.&#13;
&#13;
�promirent&#13;
&#13;
bien&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
nous&#13;
&#13;
faire&#13;
&#13;
tous&#13;
&#13;
les&#13;
&#13;
plaisirs&#13;
&#13;
qui&#13;
&#13;
dépendraient&#13;
&#13;
d’eux.&#13;
&#13;
M. de Pontchartrain nous apprit que le soir, il en avait parlé au roi, mais qu’il n’avait pu&#13;
obtenir tout ce qu’il avait espéré ; qu’il aurait voulu que le roi nous eût donné 10 000 livres&#13;
pendant cinq ou six ans ; que le roi avait fait entendre que c’était une somme trop forte et&#13;
qu’on en demanderait la continuation ; qu’il aimait mieux nous donner 4 000 livres&#13;
pendant plusieurs années. Ce ministre ajouta qu’il n’était pas en cela content de cette&#13;
grâce et qu’il nous conseillait d’agir encore ; qu’il fallait que Mme de Maintenon en&#13;
reparlât au roi pour tâcher du moins d’obtenir 10 000 livres pour cette année pour vous&#13;
mettre en état de couvrir le grand corps de logis cet été. On lui recommanda fortement&#13;
M. Joncaire, soit pour lui obtenir un brevet pour la première lieutenance vacante soit pour&#13;
lui procurer une gratification. Le ministre dit qu’il était juste de lui accorder sa course et&#13;
fit quelques difficultés sur le brevet. J’espère cependant qu’il l’accordera. Il a déjà expédié&#13;
l’ordre pour la gratification, qui sera d’environ 750 livres.&#13;
Nous aurions voulu faire plus pour M. Joncaire et je crois qu’il vous dira que nous ne&#13;
sommes pas ingrats des services qu’il nous a rendus. Ce qui est fâcheux, c’est que M. le&#13;
cardinal, qui avait promis d’en parler au roi, l’oublia et nous n’avons pas encore su de&#13;
Mme de Maintenon si elle avait obtenu quelque chose pour cela. M. l’abbé de Brisacier&#13;
lui en a parlé fortement et elle lui a conseillé de lui en écrire une lettre qu’elle lirait au roi.&#13;
M. de Brisacier y remercie le roi de ces 4 000 livres accordées et représente ensuite la&#13;
modicité de cette somme, quand elle devrait être continuée, la nécessité de rétablir la&#13;
charpente cette année et pour cela, d’être aidé d’une somme plus forte de 10 000 livres&#13;
pour cette année seulement ; qu’après cela, pour n’être pas à charge à Sa Majesté, qu’elle&#13;
pourrait destiner un bénéfice pour être uni et que nous nous chargerions de poursuivre&#13;
cette union, sans que Sa Majesté en fût davantage inquiétée ; car M. de Pontchartrain nous&#13;
avait dit que le roi ne voulait point entendre à nous destiner un bénéfice pour être uni,&#13;
parce qu’on y fait à Rome trop de difficultés et qu’il en est trop importuné. Je ne sais pas&#13;
encore à quoi cela se terminera. Je puis seulement vous dire que, de la part de M. l’abbé&#13;
de Brisacier, on ne peut être mieux disposé qu’il est résolu de mettre tout en œuvre pour&#13;
vous secourir et qu’il est résolu de frapper à toutes les portes pour vous procurer du&#13;
secours. Cependant, vu la misère des temps, je fais un très médiocre fonds sur tout cela.&#13;
En un autre temps, nous pourrions espérer quelque chose. En celui-ci, je crains qu’on ne&#13;
nous écoute seulement pas. On est médiocrement touché en France dans la misère où l’on&#13;
est de ce qui se passe en Amérique.&#13;
&#13;
�Il me semble que jusqu’à présent Mgr de Québec a agi aussi bien qu’on puisse souhaiter&#13;
et il est résolu de se joindre à nous en tout ce qui dépendra de lui ; mais d’attendre du&#13;
secours de lui, je n’y vois guère d’apparence. Il est plus disposé à recevoir qu’à donner. Il&#13;
m’a dit, peu de jours après la nouvelle de notre accident, qu’il était fâché qu’elle fût&#13;
arrivée trop tard et que s’il n’avait pas fait la fondation des Ursulines des Trois-Rivières,&#13;
qu’il l’aurait appliqué à nous aider. Il témoigne avoir envie de relever cette œuvre, mais&#13;
de faire fond sur lui, je n’y vois nulle apparence.&#13;
Voici les moyens que nous espérons tenir pour vous procurer quelques secours. M. l’abbé&#13;
de Brisacier doit demander permission à M. le cardinal de faire des quêtes. Il doit engager&#13;
M. le curé de Versailles et quelques dames de piété qui y sont à recueillir ce qu’on voudra&#13;
donner. Il a dessein de faire imprimer la lettre de M. l’intendant de Champigny, qui est&#13;
fort bien faite, et d’y ajouter quelques réflexions. Il engagera MM. les curés de Paris,&#13;
auprès de la plupart desquels nous sommes assez bien, à recommander cette œuvre au&#13;
prône et il doit choisir dans plusieurs paroisses des dames de charité, qui puissent savoir&#13;
ceux qui ont coutume de donner. Il veut même envoyer cet imprimé dans les villes de&#13;
province, où nous avons quelque connaissance, surtout aux évêques et aux chapitres qui&#13;
nous sont connus. MM. de Saint-Sulpice nous ont dit qu’ils voulaient faire quelque chose&#13;
dans leur Grand Séminaire, quoique cela soit nouveau. Si par tous ces moyens, nous&#13;
pouvions ramasser 10 000 livres, nous nous estimerions heureux ; mais cela est fort&#13;
incertain.&#13;
Je n’ai encore reçu que 20 écus, c’est-à-dire 76 [livres], que le frère Grat, notre portier, m’a&#13;
apporté en me priant de n’en rien dire à personne. Je les ai reçus comme une marque de&#13;
sa charité et du désir qu’il aurait de faire plus s’il pouvait. Ne le nommez pas, je vous&#13;
prie. Je vous avoue que le bon Dieu sait faire faire aux gens des personnages bien opposés&#13;
à leurs inclinations. On ne peut avoir une plus grande aversion que j’en aie et que j’ai&#13;
toujours eue pour tout ce qui s’appelle quémanderie. Je ne suis point propre à cela.&#13;
Cependant, m’y voilà engagé bien avant ; Dieu en soit béni. Je ne crois pas y avoir un&#13;
grand succès. Ces MM. des bureaux auraient voulu que l’on eût établi en Canada quelque&#13;
droit nouveau pour le rétablissement de notre Séminaire et ils représentaient que cela&#13;
était naturel, comme les octrois des villes et aux droits qui appartiennent aux villes ; mais&#13;
nous leur avons représenté que nous aimerions [mieux] voir les fondements de notre&#13;
Séminaire renversé que de l’avoir rétabli par de nouveaux droits établis sur le peuple. On&#13;
&#13;
�accorde cela aisément à la Cour et quand le besoin est passé pour lequel on a accordé ce&#13;
droit, on s’en empare pour le roi et il demeure perpétuellement. Ce serait la malédiction&#13;
de notre Séminaire.&#13;
Ce que je crains, malgré la misère des temps, c’est que nos Messieurs ne veuillent trop tôt&#13;
penser au rétablissement de tout le Séminaire, car il semble que s’ils font sagement, ils&#13;
n’entreprendront à rétablir que les deux pavillons et le corps de logis au milieu et&#13;
laisseront la chapelle et la porterie pour la suite des temps. Ils peuvent faire couvrir les&#13;
murailles en attendant pour les conserver. Une autre chose à laquelle ils feront bien de&#13;
prendre garde, c’est que je ferai carreler les chambres, les corridors, les salles, en un mot,&#13;
tous les planchers. Le feu n’y prendrait pas si aisément et ce ne serait pas une grande&#13;
augmentation de dépense.&#13;
Je crois que l’on a raison de ne plus faire de mansardes en ce pays-là. Il vaut mieux faire&#13;
élever d’un étage le bâtiment pour faire un corridor au-dessus de nos chambres, mais je&#13;
voudrais qu’on pût diminuer de l’épaisseur des murailles et qu’on pût ouvrir les fenêtres&#13;
davantage. Cependant, je conçois qu’en ce pays-là, il fait trop froid pour faire de grandes&#13;
ouvertures.&#13;
Nous avons mandé à M. Grignon, dès que M. Joncaire est arrivé, d’acheter le fer plat et&#13;
carré et les clous à plancher, à couvrir et à bardeau de la longueur que M. Buisson&#13;
demande et nous avons demandé le fret de ces choses dans le vaisseau du roi. M. Grignon&#13;
a acheté le fer et les clous à couvrir et à plancher, mais je ne sais combien il aura de clous&#13;
à bardeau, car il n’en a pas trouvé de fait et tous les cloutiers travaillent pour le roi.&#13;
Cependant, il m’a promis d’en faire faire le plus qu’il pourra jusqu’au départ du vaisseau.&#13;
On nous a expédié le brevet de confirmation de la possession de l’île Jésus. Il faut, s’il&#13;
vous plaît, le faire enregistrer au Conseil supérieur. On ne l’appelle plus souverain, parce&#13;
qu’on prétend que le roi a été choqué du terme et a prétendu qu’il n’y avait d’autre&#13;
souverain que lui. On a nommé M. du Lino pour un des conseillers. Nous avons fait ce&#13;
que nous avons pu pour y faire nommer M. Hazeur, mais on a écrit au ministre que c’était&#13;
un esprit très borné. On ne l’a pas encore nommé, mais il semble qu’on ait laissé à la&#13;
disposition de M. l’intendant nouveau de mettre M. de la Martinière pour premier&#13;
conseiller ou M. d’Auteuil, à la charge de faire M. de la Martinière procureur général, à&#13;
&#13;
�quoi je ne crois pas que M. d’Auteuil consente, et de choisir M. Hazeur ou M. Monseignat&#13;
pour conseiller à remplir.&#13;
J’ai fait consulter la question des fiefs de l’île de Saint-Laurent et on est d’avis que&#13;
Mgr l’Ancien, après avoir vendu l’île d’Orléans sans rien retenir ni réserver, n’a pas droit&#13;
de prétendre que les fiefs soient de la mouvance de la seigneurie de Beaupré. Ce serait&#13;
une mauvaise affaire s’il l’entreprenait et elle ne lui ferait pas honneur. Portez-le, je vous&#13;
prie, à l’accommoder. Je le lui ai mandé.&#13;
Nous avons un fort bon intendant et j’espère que vous en serez contents. Il est d’une&#13;
famille fort amie de M. l’abbé de Brisacier. Il nous a paru avoir bien envie de bien faire.&#13;
Je vous en ai écrit peu avantageusement dans les premières nouvelles sur des rapports&#13;
peu certains, mais j’ai eu le temps de me désabuser. Il est jeune, bien fait et est séparé de&#13;
sa femme, mais il paraît sage, a envie de s’avancer et ce n’est pas sa faute s’il n’est pas&#13;
avec Mme son épouse. Nous lui avons donné à dîner, conjointement avec M. l’évêque de&#13;
Québec. Les Jésuites lui en donnent aussi à leur tour. MM. de Saint-Sulpice l’ont aussi&#13;
fait. Il a l’oreille du ministre. Il a de l’esprit. Il paraît bien intentionné. Il est d’une famille&#13;
qui n’est pas jésuite, car Mme sa mère est la grande dévote de l’Oratoire à Orléans. Il&#13;
saura cependant ménager les Jésuites, d’autant plus qu’il sait que le ministre les aime.&#13;
M. l’évêque de Québec l’a prié de ne se pas livrer à la Congrégation et de se réserver pour&#13;
la messe de paroisse. Vous nous direz de ses nouvelles l’année prochaine ; car il faut bien&#13;
un an pour voir ce qu’il en fait espérer en Canada. Il a promis à M. l’abbé de Brisacier de&#13;
vous aider de tout ce qui dépendrait de lui. Nous lui avons fait remarquer qu’il peut nous&#13;
gratifier en bien des manières, car outre qu’il a la disposition des gages des officiers, qui&#13;
manquent, il a, avec M. le gouverneur, certaines sommes à leur disposition, sur lesquelles&#13;
ils peuvent nous faire ménager plus de 3 000 livres. Par exemple, il y a sur l’État à la fin&#13;
6 000 livres pour les cas imprévus et inopinés. Il y a 3 000 livres pour des frais de voyage,&#13;
2 000 livres pour des dépenses vagues, sur lesquelles ces Messieurs pourront bien, s’ils&#13;
veulent nous faire plaisir. On m’avait conseillé de demander au roi ces 6 000 livres, qui&#13;
sont marquées pour les cas imprévus et inopinés et que la Compagnie de Canada paie au&#13;
roi, mais nous avons cru que ce serait faire un préjudice aux gouverneurs et intendants&#13;
et qu’il valait mieux laisser ces Messieurs en état de nous faire cela sur quelque grâce.&#13;
&#13;
�M. de Villebois a beaucoup agi pour avoir l’intendance et si M. de Pontchartrain n’avait&#13;
été déterminé pour nous donner M. de Beauharnois, il y aurait eu bonne part ; mais ce&#13;
ministre l’a fort bien placé en l’envoyant à Madrid pour y être agent de la Cour pour la&#13;
Marine et le Commerce. Il est parti pour y aller et doit nous y servir de correspondant. Il&#13;
sait que nous l’avons servi en tout ce qui a dépendu de nous. Le poste où il est est tout à&#13;
fait de confiance et il pourrait y faire mieux son chemin que dans l’intendance de Canada.&#13;
Nous avons obtenu la continuation des 1 000 livres pour M. Charon, mais nous n’avons&#13;
encore pu obtenir de les faire mettre sur l’état du pays. Cela viendra en son temps. On&#13;
nous a accordé aussi 2 000 livres, à prendre sur les 8 000 livres des suppléments pour les&#13;
jeunes séminaristes qu’on élève au Séminaire qui ont la soutane, mais on n’a pas séparé&#13;
sur l’État cette somme pour nous ; au contraire, on marque que ce n’est que pour un an.&#13;
Nous espérons cependant la faire continuer et la faire mettre sur l’État pour nous. Il faut&#13;
pour cela que vous fassiez représenter par MM. le gouverneur et l’intendant qu’il y a&#13;
toujours un nombre de séminaristes à élever qui ont la soutane. J’aimerais mieux que le&#13;
roi nous donnât pour cela et pour notre incendie un bénéfice de 6 000 livres de rente, dont&#13;
il consentit l’union ; mais j’y vois de grandes difficultés, tant que nous serons comme nous&#13;
sommes avec les Jésuites, car le père confesseur nous donnera toujours des coups auprès&#13;
du roi que nous ne pouvons parer. Il faut en bénir Dieu : cela ne nous fera pas repentir&#13;
de ce que nous avons fait contre eux, car nous nous croirions très criminels si nous ne&#13;
l’avions pas fait. Si nous souffrons quelque chose de leur part, nous croyons souffrir pour&#13;
la justice, car il me semble qu’il n’y a que l’amour que nous avons pour elle qui nous ait&#13;
obligés de nous déclarer contre eux. Croiriez-vous qu’il me revient que jusqu’à leurs&#13;
frères disent tout haut que Dieu nous a punis par notre incendie de ce que nous avons&#13;
fait contre eux. C’est insulter aux malheureux. Dieu le leur veuille pardonner.&#13;
Affaires de la Chine. Puisque nous sommes sur leur chapitre, il faut vous expliquer tout&#13;
ce qui s’est fait depuis l’an passé. Je vous mandai que le pape avait voulu, en janvier 1701,&#13;
faire reprendre les congrégations, comme si rien n’eut été fait sous son prédécesseur. Il&#13;
fit donc faire reprendre aux qualificateurs leur rapport en présence des cardinaux. Je vous&#13;
mandé aussi qu’après leur rapport fini, le Saint-Père avait ordonné aux cardinaux de&#13;
s’assembler ensemble pour ces affaires. Les cardinaux ont tenu des congrégations jusqu’à&#13;
la fin de l’année en leur particulier. Pendant ce temps-là, les Jésuites n’ont cessé de donner&#13;
à Rome tous les mois des écrits contre nous et contre les Dominicains. Nous n’avons&#13;
&#13;
�répondu à rien et depuis la lettre de Mme de Lionne8, il n’avait rien paru de nous ou pour&#13;
nous. Pour les Dominicains, ils ont répondu en italien à tous ces écrits des Jésuites par un&#13;
seul livre, qui porte pour titre Il disinganno, c’est-à-dire le détrompeur, le distilleur des&#13;
yeux qui fait voir clair. C’est un livre très joli, qui démasque les Jésuites et fait voir toute&#13;
la mauvaise foi dont ils ont défendu cette méchante cause.&#13;
Il nous est venu pendant ce temps-là des nouvelles de la Chine, qui nous ont appris qu’en&#13;
1 700, vers Pâques, les Jésuites de Fuzhou, capitale de la province de Fujian, qui est le&#13;
vicariat de M. Maigrot9, ont animé leurs chrétiens contre lui et l’ont maltraité&#13;
indignement. En voici l’histoire en peu de mots. Jusqu’alors, depuis 1689 que M. Maigrot&#13;
en est vicaire apostolique et même depuis 1683 qu’il était revêtu de l’autorité de&#13;
M. d’Héliopolis10, les Jésuites n’ont pas voulu le reconnaître et n’ont point pris de&#13;
pouvoirs de lui. Ils ont prétendu dépendre des Portugais et ont secoué le joug du SaintSiège. Ce fut ce que lui dit le P. Monteiro, jésuite, quand il [Maigrot] fit son Mandement en&#13;
1693 ; qu’il ne s’y soumettrait pas, parce que M. Maigrot n’avait nulle autorité dans cette&#13;
province ; et il lui écrivait qu’il confessait que si M. Maigrot y eut une autorité reconnue,&#13;
il eut été obligé de s’y soumettre. Ils n’ont commencé à reconnaître cette autorité des&#13;
vicaires apostoliques qu’en 1700.&#13;
Le père jésuite qui conduit les chrétiens qu’ils ont en cette ville de Fuzhou reçut une lettre&#13;
de son visiteur, qui lui ordonnait de prendre des pouvoirs de M. Maigrot. Il vint trouver&#13;
M. Maigrot dans la Semaine sainte pour lui demander des pouvoirs pour confesser en ces&#13;
jours-là. Il y avait peu de mois que M. Maigrot avait été sacré évêque. M. Maigrot lui&#13;
représenta qu’il lui donnerait volontiers ses pouvoirs, pourvu qu’il voulût bien observer&#13;
ses ordonnances pour obéir à son Mandement sur les cultes chinois et ce que ce père&#13;
alléguait pour prétexte qu’il craignait que cela ne fît du remuement dans cette nouvelle&#13;
chrétienté. M. Maigrot lui représenta que nos Messieurs, les pères dominicains, augustins&#13;
et franciscains l’avaient fait dans toutes leurs Églises sans que cela eût fait le moindre&#13;
mouvement ; que d’ailleurs il lui donnait du temps pour ôter aux chrétiens ce malheureux&#13;
tableau King-tien, c’est-à-dire « adorer le ciel ». Le père [espace blanc] lui dit qu’il avait&#13;
&#13;
La mère d’Artus de Lionne, vicaire apostolique au Siam, écrivit une lettre publique pour défendre son fils contre les&#13;
accusations des Jésuites portées contre lui.&#13;
9&#13;
Charles Maigrot, 1652-1730, évêque de Fujian, Chine, auteur du Mandat de 1693 sur les rites chinois&#13;
10&#13;
François Pallu, 1626-1684, vicaire apostolique au Tonkin de 1659 à 1679, puis évêque de Fujian (Chine) de 1679&#13;
à 1684&#13;
8&#13;
&#13;
�ordre de son visiteur général de ne s’y pas soumettre et qu’il ne pouvait pas même&#13;
promettre qu’il le ferait dans quelque temps. Peu à peu, M. Maigrot lui dit qu’il ne&#13;
pouvait lui donner ses pouvoirs, étant si mal disposé.&#13;
Le père jésuite se retire et il se fait aussitôt dans son église une assemblée de ses chrétiens,&#13;
convoqués par des chefs de confréries, qui sont les valets de ce père jésuite. Ils y prennent&#13;
résolution de venir trouver M. Maigrot, au nombre de plus de trente. Ils le trouvent, qui&#13;
venait de finir la messe. Il les trouva fort échauffés contre lui, en se plaignant que leur&#13;
père ne pouvait plus les confesser, qu’ils ne pouvaient ni se confesser à d’autres ni même&#13;
entendre leurs messes, etc. M. Maigrot les adoucit cette première fois en leur faisant&#13;
entendre raison. Il leur représenta qu’en qualité de père et d’évêque, il devait être obéi ;&#13;
que c’était à lui à retrancher ce qui lui paraissait mauvais dans son district ; qu’il avait fait&#13;
un Mandement très sage qu’il souhaitait faire observer ; qu’il voulait bien donner du temps&#13;
au père [blanc], leur pasteur, pour ôter peu à peu ces usages superstitieux ; et que ce père&#13;
ne voulait lui rien promettre. Ils convinrent que ce que M. Maigrot proposait était&#13;
raisonnable et ils s’en retournèrent, sans le dessein de le faire entendre à leur jésuite et de&#13;
l’en faire convenir, mais au lieu de cela, on prétend que ces valets des Jésuites leur dirent&#13;
qu’il ne fallait pas raisonner avec lui, mais en venir aux coups ; « cessabunt verba, cum&#13;
ventum fuerit ad verbera11 » : c’est un mot de notre bréviaire qu’on y peut appliquer.&#13;
Les chrétiens des Jésuites reviennent trouver M. Maigrot, au nombre de près de cent, fort&#13;
échauffés, et portent leurs mains sacrilèges sur lui, lui arrachent la barbe, lui déchirent les&#13;
habits, le tirent par force hors de sa chapelle, où ils prirent un crucifix et le mettant sur&#13;
une table, ils le forçaient de se mettre à genoux devant ce crucifix, en lui disant que ce&#13;
crucifix le priait d’approuver leur père. Il y eut même deux malheureux qui tirèrent leurs&#13;
couteaux pour le percer, sans qu’il fît de résistance et le P. Croquer, dominicain, qui avait&#13;
entendu du bruit, vint au secours pour l’arracher de leurs mains et leur représenter&#13;
combien grand était leur péché de porter ainsi leurs mains sur leur prélat ; mais il eut&#13;
aussi sa part du mauvais traitement et ils lui arrachèrent aussi la barbe et le traitèrent&#13;
indignement. Nous sommes persuadés que si M. Maigrot fût mort en cette occasion, il&#13;
eut été un martyr de la vérité et de la pureté de l’Évangile. Il se retira dans une église des&#13;
Dominicains et le soir même, il sortit de la ville pour aller à une ville prochaine, où était&#13;
&#13;
« Les paroles cesseront lorsque viendront les coups de fouet. » (Ecclesiasticum officium secundem ordinem&#13;
fratrum praedicatorum, 4.5)&#13;
11&#13;
&#13;
�l’église de M. Le Blanc12, un de nos Messieurs. Il envoya M. Le Blanc à Fuzhou et sur ce&#13;
qu’il apprit que ces méchants chrétiens, animés contre lui par ces valets des Jésuites, pour&#13;
ne pas dire leurs maîtres, avaient dressé des mémoires très injurieux contre lui et contre&#13;
toute la religion, qui eussent été capables de ruiner entièrement l’Église si on les avait&#13;
présentés aux Mandarins, il fit déclarer à ce père jésuite qu’il s’en regardait plus comme&#13;
dépendant de lui, qu’il ne s’en regardait comme évêque et que pour obvier à tous les&#13;
dangers où la religion était exposée par les tumultes qui s’excitaient, il aimait mieux lui&#13;
donner les pouvoirs ; et les lui donna en effet sans restriction.&#13;
Je vous avoue que nous n’avons pas approuvé en cela M. Maigrot et quoique nous soyons&#13;
persuadés qu’il n’a approuvé ce père que pour éviter un scandale horrible et peut-être le&#13;
renversement entier de la religion, nous sommes dans le principe de saint Paul que « non&#13;
sunt facienda mala ut eveniant bona13 ». C’était un vrai mal d’approuver un homme que&#13;
M. Maigrot est vivement persuadé souffrir à ses chrétiens des usages superstitieux, pour&#13;
ne pas dire idolâtriques, et en commettre lui-même en laissant sur son autel le funeste&#13;
tableau King-tien que le P. Visdelou, jésuite français, et que les Jésuites disent être le plus&#13;
habile de leurs pères en la langue chinoise, a dit et écrit plusieurs fois à M. Maigrot que&#13;
c’était la plus grande idolâtrie de la Chine et la plus marquée. Cependant, c’est une chose&#13;
merveilleuse. M. Maigrot a été frappé qu’on le taxerait dans sa conduite d’être trop ferme.&#13;
Il se justifie sur sa fermeté pour le reste. Il ne se justifie nullement dans sa mollesse pour&#13;
ce fait-là.&#13;
Je ne sais qui a pu, à Rome, avoir copie de ce qui a été écrit de la Chine sur cette affaire,&#13;
mais on a fait imprimer un récit de ce fait en Flandre, sans notre participation, qui n’a pas&#13;
fait plaisir aux Jésuites. Ces pères n’ont cessé à Rome de présenter des livres aux&#13;
cardinaux, qui n’étaient proprement que des réchauffés. Ils en ont même fait imprimer&#13;
un comme pour servir de réponse à la lettre de Mme de Lionne aux Jésuites, où ils disent&#13;
de M. l’abbé de Brisacier les plus grandes impertinences, le comparant à Vulcain parce&#13;
qu’il est boiteux, et avec des termes italiens qui sont infâmes, faisant entendre que dans&#13;
son antre, il forgeait avec Mme de Lionne ou faisait des choses honteuses. Nous nous en&#13;
plaignîmes au pape par une lettre que nous lui écrivîmes au mois de novembre, mais à&#13;
laquelle le pape n’a fait faire aucune réponse. Ils nous ont suscité, et à Rome et à Paris,&#13;
&#13;
12&#13;
13&#13;
&#13;
Philibert Le Blanc, 1644-1720, missionnaire Guangdong (Chine) de 1683 à 1701 et de 1707 à 1720&#13;
« Faisons le mal pour qu’il en sorte du bien. » (Romains 3:8)&#13;
&#13;
�tous les chagrins qu’ils sont pu et nous devons nous attendre à les avoir toujours&#13;
contraires, non seulement là, mais par toute la terre.&#13;
Les cardinaux ont fini leurs congrégations en particulier à la fin de l’année passée et au&#13;
commencement de janvier. Le pape leur en a fait faire le rapport en sa présence, en&#13;
traitant d’un article dans chaque congrégation, dans chacune desquelles tous les&#13;
cardinaux parlaient. Les Jésuites donnèrent au public, vers le mois de novembre, le beau&#13;
certificat de l’empereur de la Chine, que je vous envoie avec cette lettre. Ils le firent voir&#13;
en premier en France au roi, à qui ils firent dire ensuite que c’était une pièce décisive,&#13;
qu’il n’y avait pas de réponse et qu’après cela, le pape n’avait rien à juger. Ils le&#13;
montrèrent aussi à quelques archevêques et évêques de leurs amis et le présentèrent&#13;
ensuite au pape. Ils le firent imprimer à Rome, à Venise, à Naples et ensuite en France, à&#13;
Toulouse, à Bordeaux, à Lion, à Paris et à Rouen. Alors, ils chantaient victoire et même&#13;
nous plaignaient, aux oreilles de leurs pénitents, de nous être jetés dans une si mauvaise&#13;
affaire. Ce fut dans ce temps-là que le pape nomma un de ses camériers d’honneur pour&#13;
être patriarche d’Antioche et pour l’envoyer en qualité de légat en Chine. Alors les&#13;
Jésuites chantèrent une autre victoire. Ils dirent partout, et le P. de La Chaize le dit au roi,&#13;
qui l’en crût sur sa parole, que le pape enfin n’avait pas vu si clairement les idolâtries que&#13;
MM. des Missions étrangères reprochent aux Jésuites, puisque n’en étant pas certain, il&#13;
envoie un visiteur apostolique à la Chine pour s’en informer de nouveau ; mais nous&#13;
étions bien tranquilles en tout ceci, puisque le pape avait ordonné à M. le nonce de dire à&#13;
M. le cardinal de Noailles et à nous que ce visiteur apostolique n’allait pas à la Chine pour&#13;
informer de nouveau, mais pour faire exécuter le décret qu’il aurait porté.&#13;
Nous avons encore reçu l’an passé de la Chine deux gros volumes in folio d’écritures de&#13;
M. Maigrot qu’il adressait au défunt pape. On ne peut rien voir de plus recherché que&#13;
tout ce qui est dans ces livres. M. Maigrot y recherche l’origine de cette nation et de ses&#13;
cérémonies et y développe, d’une manière tout à fait savante, toute la politique et la&#13;
religion des Chinois, en faisant voir, par tous leurs livres les plus certains, qu’ils sont&#13;
athées et idolâtres tous ensemble ; mais comme ces livres, qui sont en latin et fort gros ou&#13;
n’auraient pu être lus ou auraient servi de prétexte à retarder le jugement, tous nos amis&#13;
nous ont conseillés de ne les pas présenter au pape et d’attendre la décision de l’affaire ;&#13;
car quoiqu’elle soit aussi claire qu’on puisse trouver une affaire, cependant, quand on a&#13;
à la soutenir contre des Jésuites, on craint tout ; et d’ailleurs, ces pères ont répandu tant&#13;
&#13;
�de fois du pape qu’il était de leurs meilleurs amis, qu’il leur avait promis non pas de juger&#13;
en leur faveur, car ils n’osent aller jusque-là, mais de ne pas juger cette affaire que nous&#13;
ne sommes pas sans crainte sur le chapitre du pape, car même presque tous ceux qui le&#13;
connaissent nous le représentent comme une personne qui veut faire plaisir à tout le&#13;
monde et ne mécontenter personne et qui pourrait faire un pâté de notre affaire, qui la&#13;
gâterait au lieu de l’avancer, non pas en jugeant contre nous, car nous ne le craignons pas,&#13;
mais en faisant un jugement fourré et embarrassé, qui, en épargnant les Jésuites, les ferait&#13;
s’en relever tôt ou tard.&#13;
Nos Messieurs, voyant en février que les congrégations allaient bien lentement, firent&#13;
écrire au pape par M. Labbé une lettre, dont j’en ai déjà adressé deux exemplaires à&#13;
Mgr l’Ancien et je vous en envoie trois par M. Joncaire. Je vous envoie encore par lui la&#13;
défense de la censure de Sorbonne, qui fut donnée l’an passé au public. Les Jésuites n’y&#13;
ont répondu que par un petit libellé intitulé Jugement doctrinal et que je vous envoie.&#13;
Le pape a reçu cette lettre de M. Labbé fort bien et l’a donnée à lire à M. le patriarche&#13;
d’Antioche, qui en a parlé avec éloge. Les Jésuites en sont outrés. On dit qu’ils y&#13;
répondent. Nous sommes sûrs qu’ils ne le peuvent faire à ce qui est essentiel. Ils pourront&#13;
se répandre en des reproches, à leur ordinaire, mais cela ne mérite pas d’être relevé.&#13;
Le pape, après la mi-carême, ayant fini les congrégations, a nommé trois consulteurs du&#13;
Saint-Office pour recueillir les voix des qualificateurs et des cardinaux dans toutes les&#13;
congrégations qu’ils ont tenues. On a fait ce recueil à Pâques et nous savons que des&#13;
qualificateurs, il y en a deux qui vont plus loin que M. Maigrot et un qui parle comme les&#13;
Jésuites, parce que c’est un homme vendu à eux, qui fît l’affaire de Cambrai le même&#13;
personnage. Pour les cardinaux, il y en a dans toutes les congrégations : de treize qu’ils&#13;
étaient, dix ou onze pour nous et deux ou trois pour les Jésuites, encore pour les Jésuites,&#13;
qui ne sont pas entièrement pour eux, mais qui disent qu’on peut tolérer quelques-unes&#13;
de ces cérémonies, en ôtant et retranchant ce qu’il y a de superstitieux. Nous savons que&#13;
ce recueil était fait dans la semaine d’après Pâques. Nous savons qu’on n’avait encore pu&#13;
le présenter au pape le lundi de Quasimodo, à cause des affaires que le pape a eues en&#13;
ces fêtes, mais qu’on attendait à le présenter au premier moment. Voilà où nous en&#13;
sommes et nous espérons avoir dans peu un jugement.&#13;
&#13;
�Nous savons même, par M. le cardinal de Noailles, qu’une personne lui écrit de Rome&#13;
avoir lu, entre les mains de M. Cassoni, assesseur du Saint-Office, la bulle toute prête, qui&#13;
est telle que nous la pouvons souhaiter et que cet assesseur est résolu de présenter au&#13;
pape pour la lui faire signer. Cependant, nous ne sommes pas sans crainte et nous ne&#13;
nous assurons de rien jusqu’à ce que le pape ait prononcé. Nous craignons qu’il ne donne&#13;
de belles paroles à tout le monde, mais ce qui est meilleur que des paroles, c’est que les&#13;
qualifications des cardinaux sont aussi favorables pour nous que nous les puissions&#13;
souhaiter. Le pape est d’ailleurs fort embarrassé dans les conjonctures présentes. Il voit&#13;
le roi d’Espagne à Naples avec une armée ; il voit à Milan une puissante armée de&#13;
Français ; et dans le Modène, une presque aussi puissante d’Allemands. Tout est même à&#13;
Rome assez en trouble. Les Allemands y font de continuelles algarades aux Français. Les&#13;
Français, qui s’y tiennent fort de leurs armées de Naples et de Milan, se tiennent sous les&#13;
armes. Le pape est fort occupé de toutes ces affaires. C’est ce qui nous fait excuser ses&#13;
lenteurs. Au reste, l’on imprime les homélies et les discours qu’il prononce et compose&#13;
lui-même en présence des cardinaux, qui sont tout à fait beaux et très édifiants. Je tâcherai&#13;
de vous les envoyer. Nous sommes à la veille d’une grande guerre, ou plutôt elle a déjà&#13;
commencé l’an passé et elle continue celle-ci, mais n’est pas encore déclarée avec&#13;
l’Angleterre, à cause de la nouvelle reine14, sœur du prince de Galles15, que le roi a&#13;
reconnu roi d’Angleterre après la mort du prince d’Orange16 et il ne pouvait faire&#13;
autrement.&#13;
Je crois que le roi d’Angleterre Jacques II n’était pas mort l’an passé quand je vous écrivis.&#13;
Le prince est mort avec des sentiments si pieux et si édifiants qu’il apparut au-dessus de&#13;
lui-même dans sa dernière maladie. Rien n’est plus tendre et plus pieux que ce qu’il dit à&#13;
son fils sur le bonheur qu’il avait d’être catholique et sur le généreux mépris qu’il devait&#13;
faire d’une couronne pour conserver sa foi, sur la joie que Dieu avait répandue dans son&#13;
cœur de mourir dans le sein de l’Église, sur le pardon qu’il accordait volontiers au prince&#13;
d’Orange et à tous ses sujets, qui l’avaient outragé. Il est mort en saint, comme il a vécu.&#13;
J’ai retenu surtout ce qu’il dit à un milord, qui est protestant et est auprès de son fils : « Ah&#13;
My Lord, dit-il, si vous pouviez concevoir la joie que mon cœur ressent de mourir dans le&#13;
sein de l’Église et combien, dans ces moments, Dieu console un chrétien, qui pour l’amour&#13;
de lui a méprisé les honneurs du monde ! Il n’y a que dans l’Église catholique où l’on&#13;
Anne, reine d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, régna du 8 mars 1702 au 1er août 1714.&#13;
James Francis Edward Stuart, dit le Vieux Prétendant, fils de second mariage de Jacques II d’Angleterre.&#13;
16&#13;
Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre, régna du 11 avril 1689 au 8 mars 1702.&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
�goûte cette solide consolation ! Dieu récompense ses amis par avance en se donnant à&#13;
eux. Il les dédommage bien de ce qu’ils ont quitté pour lui ! » Voyant entrer NotreSeigneur qu’on lui apportait pour viatique, il se leva, tout malade qu’il était, et s’écria :&#13;
« Je crois en celui que je vois caché sous les voiles du pain et du vin et j’espère que dans&#13;
peu, il se montrera à moi, sans voile, à visage découvert et qu’il me fera sentir le bonheur&#13;
de le posséder ! » Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que Dieu honore son tombeau de&#13;
plusieurs miracles et on va l’invoquer comme un saint avant que l’Église ait permis de&#13;
l’honorer. Le concours y est fort grand. Je ne doute pas que Dieu n’ait déjà récompensé&#13;
son fidèle serviteur.&#13;
Après sa mort, le roi a reconnu le prince de Galles pour le roi d’Angleterre. Cela a irrité&#13;
furieusement les Anglais et le prince d’Orange s’est servi de ces dispositions pour tirer&#13;
d’eux tous les secours dont il a besoin dans la guerre qu’il a allumée contre nous. Le&#13;
Parlement d’Angleterre a voulu même faire le procès au prince de Galles, roi&#13;
d’Angleterre, et la reine sa mère, mais il a été retenu par la communication qu’on lui a&#13;
donnée d’un traité secret du prince d’Orange avec le roi, fait pour parvenir à la paix de&#13;
Ryswick, qu’on fit en 1696. Ce traité portait que le roi de France s’obligeait de reconnaître&#13;
le prince d’Orange pour roi d’Angleterre tant qu’il vivrait et de ne prêter aucun secours&#13;
pour le détrôner pendant toute sa vie et le prince d’Orange s’obligeait de faire reconnaître&#13;
le prince de Galles après la mort du roi d’Angleterre pour légitime héritier de la couronne&#13;
et permettrait de le reconnaître pour roi. Le décès de son père arrivant et le prince&#13;
d’Orange s’obligeait de plus de disposer les esprits à le faire remonter sur le trône pour&#13;
lui succéder après sa mort, on jeta copie de ces traités sur la table des Communes et de la&#13;
chambre des Pairs. On offrait au bas d’en faire voir les originaux aux députés, que le&#13;
Parlement voudrait envoyer à Calais, à Dunkerque et à Dieppe. Cela a ralenti la haine du&#13;
Parlement contre le nouveau roi d’Angleterre et cela a fait mourir de chagrin le prince&#13;
d’Orange, qui a vu ses ruses et finesses découvertes. Cette mort a fort affaibli les ennemis&#13;
de la France. La jeune sœur du prince de Galles a été couronnée reine en Angleterre, mais&#13;
la guerre entre eux et nous n’est pas encore déclarée. On attend qu’ils la déclarent au&#13;
premier jour, car nous ne voulons pas la déclarer à personne.&#13;
Vous apprendrez ce qui est arrivé à Crémone cet hiver, où les Français ont fait voir leur&#13;
bravoure en reprenant une place que les impériaux [autrichiens] avaient prise, aussi bien&#13;
que leur général. C’est l’action la plus belle qu’on ait faite de longtemps.&#13;
&#13;
�Revenons à présent à parcourir le reste des articles de votre lettre, dont je ne vous ai pas&#13;
encore écrit. Je voudrais bien que vous puissiez retenir avec vous M. Calon. Je sais qu’il&#13;
a un peu de ces airs de bons abbés, qui ne sont pas vicieux, mais qui aiment tuer le temps&#13;
et ne sont pas laborieux, mais j’ai espéré que l’exemple qu’il trouverait dans le Séminaire&#13;
lui donnerait du courage. C’est un grand malheur qu’il se soit indisposé contre nos&#13;
Messieurs, et surtout contre Mgr l’Ancien, pour cette seigneurie de Beauport, car d’ailleurs&#13;
il a de bonnes dispositions et il m’avait marqué que quand il serait dans un lieu où il&#13;
faudrait des ouvriers, qu’il travaillerait de tout son cœur. S’il revient, je ne sais comment&#13;
il en faudra agir avec lui, car je touche tous les ans plus de 400 livres de son bénéfice, dont&#13;
je ne sais s’il ne voudra pas que je les lui rende, en tout ou en partie, car je les ai portés en&#13;
recette pour le Séminaire de Québec jusqu’à présent. Je comptais un peu sur cela en le&#13;
choisissant pour l’Acadie, aussi bien que M. Requeleyne17, car dans les commencements&#13;
d’établissements, un peu d’aide fait grand bien. J’ai su qu’on avait un peu raillé sur ce&#13;
choix, mais Dieu en a disposé autrement. Il n’y faut plus penser.&#13;
Mgr de Québec a envoyé à M. Mathieu ou doit l’envoyer à son abbaye de Bénévent. Il y a&#13;
encore envoyé un autre prêtre qui s’est présenté à lui et qu’il voulait donner à ces MM. du&#13;
Mont-Louis, qui est un grand ignorant. Pour le petit M. Turpin, il édifie à Pontoise et&#13;
M. Fredin en fait des éloges merveilleux. Vous avez bien pensé que Monseigneur nous&#13;
reprocherait ce que le Séminaire a fait à l’égard de M. Mathieu. Il s’en est expliqué à moi&#13;
avec bien de la grosseur sur le cœur et il n’a pas paru recevoir tout ce que je lui ai allégué&#13;
pour nous disculper. Cependant, il a depuis laissé tomber cela par terre et je ne l’ai pas&#13;
relevé. Il a paru aussi très fâché de ce que vous aviez laissé expédier des lettres de prêtrise&#13;
à ces Messieurs et voudrait que vous les leur eussiez refusés ; mais quand on voudra&#13;
retenir par ces sortes de voies un peu violentes les personnes en Canada, on n’en attirera&#13;
guère. Il est, comme vous dites, important de bien choisir les sujets, mais il est difficile&#13;
que dans l’état où Monseigneur a mis les choses les ecclésiastiques se soutiennent aussi&#13;
facilement qu’ils faisaient quand ils étaient tous unis au Séminaire.&#13;
J’ai marqué, par mes premières lettres, notre surprise que vous eussiez cédé aux Jésuites&#13;
la mission de Pentagouet pour le bien de la paix. Je vous conseille, pour le même sujet,&#13;
de rappeler tous vous missionnaires de Mississippi.&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
Bernard de Requeleyne, 1660-1724, curé de Rivière-Ouelle&#13;
&#13;
�Le P. de Lamberville18 est fort embarrassé de ce que le ministre lui a écrit de faire revenir&#13;
le P. Vaillant du Canada, à cause de ce qu’il a fait dans le Détroit. Cela fait bien de la peine&#13;
aux Jésuites. Je ne sais pas comment ils s’en tireront. Nous avons offert d’y envoyer un&#13;
prêtre. On n’a pas répondu à cet article de notre mémoire.&#13;
Vos bonnes ursulines des Trois-Rivières ont des patentes pour leur établissement, tel que&#13;
vous les souhaitez. Mgr de Québec leur a donné 1 000 livres de rente. Je n’ai pu savoir en&#13;
quoi les Ursulines de Québec auraient souhaité être appuyées. Si c’est pour demander au&#13;
roi, elles n’obtiendront rien en ce temps-ci. Vous pouvez compter que nous ferons pour&#13;
elles tout ce qui dépendra de nous. C’est un bien que les Jésuites ne soient plus leurs&#13;
confesseurs ordinaires et si on sait les prendre, on les en détachera aisément peu à peu.&#13;
J’ai été touché de la mort de M. Dollier19 et le sera encore plus si le gouvernement reste&#13;
entre les mains de M. Belmont20. Vous ne sauriez croire combien ces MM. de SaintSulpice se sont retirés de nous depuis nos affaires contre les Jésuites. Ils leur sont à présent&#13;
dévoués, quoique M. de Brisacier ait appris, par la lettre de M. de Pontchartrain, qu’il&#13;
n’avait pu rien obtenir pour M. Sarazin. Cependant, nous avons lu sur l’état qu’il y était&#13;
couché pour 600 livres : c’est donc 300 livres d’augmentation. Mgr de Québec s’est lui seul&#13;
mêlé de ce qui regarde le P. Bale. On ne peut rien de plus hardi et la satisfaction que les&#13;
Jésuites en ont faite n’est pas suffisante, car on aurait dû l’obliger à se rétracter&#13;
publiquement ou lui interdire toute fonction dans le diocèse.&#13;
Vous trouverez, dans nos ballots, plusieurs paquets à vous adressés par M. Thomas,&#13;
conseiller au Châtelet, des livres de M. Boudon21. Ce M. Thomas est un homme de bien,&#13;
qui fait de bonnes œuvres en secret. Mgr de Québec veut que les livres que vous&#13;
distribuerez soient distribués en son nom et il l’est allé demander à M. Thomas. Je&#13;
m’attends que l’année prochaine, il se fera donner par M. Thomas tous ceux qu’il voudra&#13;
envoyer en Canada et il en disposera comme il le jugera à propos quand il les aura.&#13;
&#13;
Jean de Lamberville, 1633-1714, procureur de la mission jésuite du Canada à Paris de 1689 à 1714&#13;
François Dollier de Casson, 1636-1701, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal de 1671 à 1674 et de&#13;
1678 à 1701&#13;
20&#13;
François Vachon de Belmont, 1645-1732, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal de 1701 à 1732&#13;
21&#13;
Henri-Marie Boudon, 1624-1717, grand ami de Laval, archidiacre d’Évreux et auteur de plusieurs livres&#13;
théologiques. Thomas écrivit as biographie.&#13;
18&#13;
19&#13;
&#13;
�Vous aurez enfin cette année l’Office de la Sainte-Famille et bien vous a pris de m’avoir&#13;
piqué vivement par vos lettres et de ce que cette impression était faite, quand la triste&#13;
nouvelle de votre incendie est arrivée. Je vous en envoie moitié cette année. Je vous&#13;
enverrai le reste l’année prochaine. Prenez-vous-en à mes occupations s’il y a quelques&#13;
fautes restées. Je n’ai fait faire que l’impression de l’office et de la messe. Il n’y a rien de&#13;
noté. Il ne faut pas s’attendre que le reste se fasse si tôt.&#13;
Il est vrai que j’ai un peu trop d’embarras, mais cependant il me semble que je tâche à ne&#13;
pas manquer à mes exercices spirituels à la vérité. Je ne crois pas faire autant d’oraisons&#13;
et de lectures spirituelles que vous, mais je tâche à me rendre à nos règles le plus que je&#13;
puis. Ce qui me consomme le plus de temps, ce sont nos confessions, que je voudrais&#13;
avoir entièrement éloignées, car cela laisse toujours de l’ouvrage après soi. Il me semble&#13;
que mes emplois ne m’ont pas entièrement ôté le souvenir de la mort et des fins dernières.&#13;
Je n’ai eu, depuis que je suis en France, que trop de sujets d’afflictions, qui me les ont&#13;
retracées et j’en suis, ce me semble, plus pénétré que jamais. Comme je sens souvent&#13;
certains affaiblissements de santé, ce sont des avertissements de la fin prochaine, à&#13;
laquelle il faut se préparer.&#13;
On s’est moqué de moi quand on vous a dit que je confessais à Saint-Cyr, car cela n’est&#13;
pas vrai. Je n’y mets seulement pas le pied et je vous assure que je ne vais à Versailles&#13;
qu’à mon corps défendant et depuis que j’y vais, je n’ai pas entré dans aucun appartement&#13;
que ceux précisément où j’ai affaire et je n’ai pas même encore été voir les jardins, ni&#13;
Marly, ni partout ailleurs fait aucune visite de plaisir. Je puis vous assurer que Dieu me&#13;
fait la grâce de ne désirer aucune fortune ni aucun bien et que je m’estime plus heureux&#13;
dans ma pauvreté que je ne le serais peut-être dans l’abondance ; car si j’avais du bien, je&#13;
ne serais peut-être pas tel que je suis actuellement et je pourrais me laisser aller à la&#13;
mollesse et à la paresse.&#13;
Je puis vous dire en confiance qu’on se plaint un peu de vous, de ce que vous agissez, ce&#13;
semble, un peu trop indépendamment pour aller dans le diocèse et restez peu au&#13;
Séminaire, où vous savez que votre présence est souvent fort nécessaire.&#13;
&#13;
�Il y a un décret à Rome qui défend à présent d’accorder plus d’un bref d’indulgence dans&#13;
chaque Église. Vous voyez par-là qu’il est inutile de me demander tous ceux que vous&#13;
me demandez. Je ne vous en envoie qu’un bref, que vous trouverez dans mes paquets.&#13;
Nos Messieurs n’ont point été contents que, dans les lettres que vous avez écrites à M. le&#13;
cardinal de Noailles et à M. de Pontchartrain, vous ayez répété plusieurs fois que la&#13;
principale fin de votre Séminaire est d’élever la jeunesse, car cela n’est pas vrai : votre&#13;
première fin, c’est la conversion des infidèles ; la seconde, c’est la formation du clergé ; et&#13;
cette éducation de la jeunesse n’en est qu’une troisième, qui a rapport aussi bien que la&#13;
seconde à la première.&#13;
Comme Mgr de Québec ne veut pas fournir à la dépense des ecclésiastiques qu’on envoie&#13;
en Canada, notre temporel ne permet pas que nous la fassions. Il m’en coûtera pour&#13;
M. Le Riche au moins 250 livres et on m’en demande près de 400 livres. M. Herbéry22 fait&#13;
des merveilles à Anholt en Allemagne, où il est curé. La guerre est bien près de son&#13;
quartier, car Kaiserswerth, que les Hollandais assiègent sur l’électeur de Cologne depuis&#13;
près d’un mois, n’en est pas à 20 lieues.&#13;
Mme la princesse de Salman dit mille biens. Il y a plus de six mois que je n’ai reçu de ses&#13;
lettres, mais un de mes amis en a reçu depuis peu de cette princesse.&#13;
Nous sommes enfin débarrassés de M. Gay. Il m’a bien donné de la peine pendant&#13;
quelque temps et encore plus à Monseigneur, car on craint tout d’un esprit qui n’est pas&#13;
dans une assiette naturelle.&#13;
M. Maudoux revient en France et nous l’attendons au retour du vaisseau qui est allé à&#13;
l’Acadie. Je crois qu’on doit conseiller à M. Le Voyer de repasser en France. S’il est tel&#13;
qu’on le dit, c’est un vrai dommage, car il a écrit avec piété.&#13;
Quant à l’union des cures de Beaupré, pour y parvenir dans les règles, il faudrait&#13;
présenter requête au nom du Séminaire ou des curés qui y sont à M. l’évêque de Québec&#13;
ou son grand-vicaire ; mais il vaudrait mieux que ce fût à Monseigneur. Il faudrait qu’il&#13;
&#13;
Godefroy d’Herbéry, m. 1727, fut curé de Saint-Jean et Saint-Pierre de l’île d’Orléans en 1690, puis de SainteAnne en 1693.&#13;
22&#13;
&#13;
�mît au bas « soit communiqué à notre promoteur ». Le promoteur devrait requérir&#13;
qu’avant faire droit, il sera informé par un ecclésiastique commis à cet effet, comme par&#13;
exemple M. de La Colombière23, de la commodité ou incommodité et ensuite, sur ces&#13;
conclusions, Mgr de Québec donnera une commission pour faire cette information, pour&#13;
laquelle faire, il faut faire assigner par l’appariteur de M. le promoteur, sept ou huit&#13;
principaux habitants de chaque paroisse, qui déposeront que ce sera pour eux une grande&#13;
commodité que le Séminaire fasse desservir leurs cures, parce qu’il y aura toujours dans&#13;
une telle maison des personnes très sages et bien instruites pour leur enseigner le chemin&#13;
du ciel. Le procès-verbal de commodo étant fait, [il] doit être rapporté au promoteur, qui&#13;
doit donner ses dernières conclusions qu’il n’empêche pas que l’union de ces cures ne se&#13;
fasse et alors M. l’évêque de Québec en doit faire dresser le décret en son secrétariat, où&#13;
il doit spécifier toutes ces procédures avant que de prononcer et commencer ainsi : « La&#13;
prononciation toute considérée, le saint nom de Dieu invoqué, nous avons uni et unissons&#13;
lesdites cures, etc. » et ensuite, vous devez faire enregistrer ce décret d’union au Conseil&#13;
souverain de Québec et le Conseil le doit enregistrer par un arrêt, rendu sur la requête&#13;
que le Séminaire lui en doit présenter.&#13;
J’ai reçu ce paquet de lettres de l’an passé, dont vous êtes en peine, où il y avait un projet&#13;
de patentes de ces unions, mais que je n’ai pas présenté, le croyant inutile, et où il y avait&#13;
des lettres de MM. Saint-Cosme et Bouteville24, qui prouvaient qu’ils avaient payé aux&#13;
Jésuites leurs dépenses.&#13;
Vous n’êtes obligés à rien pour ces fêtes de Saint-Benoît et de Saint-Bernard, à cause des&#13;
abbayes de Méobecq et de l’Estrée, jusqu’à ce que le Saint-Siège ait prononcé et ait uni ces&#13;
abbayes au chapitre.&#13;
Je vous prie de savoir de ces habitants de Saint-Thomas ce qu’ils veulent que je fasse de&#13;
ces 150 livres pour leur église. Mgr de Québec m’a déjà pressé bien des fois de les lui&#13;
remettre. J’attends d’eux ce qu’ils veulent que j’en fasse. Je n’ai pas reçu cette année de&#13;
lettre de M. Préaux. Il a peut-être peine à écrire sans vous envoyer de l’argent et dans ces&#13;
années, il est fort rare partout.&#13;
Joseph de La Colombière, 1651-1723, grand-vicaire du 2e évêque de Québec et chanoine de la cathédrale de&#13;
Québec&#13;
24&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, et Lucien Bouteville, v. 1639-1707, missionnaires du&#13;
Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
23&#13;
&#13;
�Vous avez quelqu’un qui vous fait de vaines terreurs sur les pères de l’Oratoire. Il me&#13;
paraît que Monseigneur n’y pense pas et quand il y penserait, je ne crois pas que ces&#13;
Messieurs fussent bien pressés d’y aller, à l’égard de cette Congrégation sur le jansénisme.&#13;
Je vous dirai qu’on n’y souffre aucun enseigner ou soutenir les propositions condamnées ;&#13;
mais si vous appelez jansénisme ne pas suivre les sentiments des Jésuites, cette&#13;
Congrégation l’est et nous le sommes aussi. Du reste, ces Messieurs sont assez libres par&#13;
la doctrine et sont fort savants. Il y en a parmi eux des molinistes et d’autres thomistes&#13;
sur la grâce et je crois qu’ils sont plus thomistes que molinistes ; mais on ne contraint&#13;
personne. Ils sont actuellement les prédicateurs les plus suivis.&#13;
Au sujet de votre catéchisme, vous voulez bien que je vous dise que vous portez trop loin&#13;
votre crédulité sur ces histoires que le pédagogue ou d’aussi méchants auteurs nous ont&#13;
données. Je trouve assurément fort juste tout ce que vous me marquez des remarques&#13;
qu’on a faites sur les histoires que vous avez rapportées de votre catéchisme. Vous n’avez&#13;
pas goûté M. de Tillemont et je devinerais volontiers que vous l’avez soupçonné de&#13;
nouveauté25, parce qu’il n’admet que les histoires assurées. La piété véritable ne peut être&#13;
soutenue par de fausses histoires et une seule bonne histoire bien vraie édifie plus qu’une&#13;
centaine qui auraient quelque apparence de doute de fausseté. Il faut aimer la vérité pour&#13;
établir en nous une solide piété. Ce M. de Tillemont, auteur des mémoires sur l’histoire&#13;
ecclésiastique26, est mort depuis deux ans. C’était un des plus savants hommes que nous&#13;
eussions. Il était frère de M. Le Nain, conseiller à la Grande Chambre et de la femme de&#13;
M. Portail, autre conseiller, qui sont les deux plus intègres juges que nous ayons dans le&#13;
Parlement. Il avait entrepris de revoir tous les mémoires de l’Église des six premiers&#13;
siècles et il espérait que quelque autre entreprendrait la suite. Il avait fait ses collections&#13;
sur les cinq siècles et demi, mais il n’a pu faire imprimer de son vivant que trois siècles et&#13;
demi, c’est-à-dire jusqu’au temps de Constantin et de saint Athanase. Il a laissé les&#13;
Bénédictins héritiers de ses mémoires pour achever son entreprise, qui n’est pas difficile&#13;
à achever, surtout les mémoires. On va nous donner de lui la Vie de saint Augustin. Ses&#13;
ouvrages sont estimés de tous les savants et on y trouve, avec l’érudition profonde, une&#13;
exactitude si grande et tant de piété et d’amour pour l’Église et pour ses saints, qui l’ont&#13;
certainement honoré, qu’on ne peut s’empêcher de l’estimer. Il nous y donne des histoires&#13;
C’est-à-dire de jansénisme&#13;
Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique des six premiers siècles, justifiés par les citations des auteurs&#13;
originaux avec une chronologie où l’on fait un abrégé de l’histoire ecclésiastique et avec des notes pour éclaircir les&#13;
difficultés des faits et de la chronologie par Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, publiés entre 1693 et 1712.&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
�cent fois plus édifiantes que celles du pédagogue et qui sont très assurées. Il nous&#13;
rapporte des saints qui ont été très vénérables et dont il dit des choses merveilleuses, très&#13;
appuyées et sur des autorités sans contredit, dont on ne parlait plus, parce que Dieu a&#13;
permis que les lieux où ils étaient honorés aient tombés entre les mains des ennemis de&#13;
la religion.&#13;
Monseigneur a fait imprimer ce catéchisme et je ne doute pas qu’il ne vous en ait envoyé.&#13;
Il m’a dit qu’il a suivi les réflexions de ce docteur dont vous me parlez, qui est&#13;
M. Petitpied, professeur de [La] Sorbonne et un de nos amis, et M. Durieux, principal du&#13;
Plessis.&#13;
Il me faut ici finir, parce que M. Joncaire part demain, 22e de mai. Je crois qu’il s’en&#13;
retourne assez content de nous et nous sommes résolus d’être ici ses patrons et ses&#13;
procureurs. Il peut compter sur cela. Je vous écrirai encore par la poste. Continuez-moi le&#13;
secours de vos prières, comptez toujours sur mon désir à vous rendre tous les services&#13;
qui peuvent dépendre de moi, assurez nos Messieurs que je ne m’épargnerai en rien pour&#13;
leurs intérêts. Je suis plus que personne et je crois que vous ne doutez pas, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
Ce 21e mai 1702&#13;
Je finis avant-hier, Monsieur, à la page 44, la lettre pour vous que je remis à M. Joncaire.&#13;
Je la continue par celle-ci, qui fera la 45e page, que je vous ferai tenir à La Rochelle par la&#13;
poste pour achever de parcourir les articles de votre lettre, qui demandent quelque&#13;
réponse. Je vous écrivis hier une lettre de l’intérieur que je vous adresse et à M. des&#13;
Maizerets seuls.&#13;
J’ai écrit à M. Calon pour l’engager à vivre avec plus de concert avec le Séminaire et à&#13;
rester en ce pays-là. Je lui écris avec le plus d’amitié que je puis. J’engagerai M. l’abbé de&#13;
Brisacier et M. Tiberge à lui écrire de même. S’il persévérait à prendre sa conduite hors&#13;
du Séminaire, il vaudrait mieux qu’il sortît du Canada.&#13;
&#13;
�Je ris quand je lis dans votre lettre que Mgr de Québec vous a mandé que je suis plus pour&#13;
les missions de l’Orient que pour celles du Canada. Si vous le croyiez, cela serait fort&#13;
agréable que je fusse ainsi ballotté de part et d’autre. Je n’ai garde d’en parler à&#13;
Monseigneur. Cela ne mérite pas être relevé.&#13;
Je crois ne vous avoir pas encore mandé que je n’ai montré à personne cette feuille&#13;
volante, qui contient un récit d’un jésuite, avec quelques-uns de nos jeunes Messieurs.&#13;
Les Jésuites de France en disent bien d’autres que nous ne relevons pas.&#13;
Je ne sais encore si je vous ai mandé que je n’aie pas vu le P. Laurent, parce qu’il a été&#13;
presque toujours à Versailles pendant le jubilé, il m’adressa de là un paquet de lettres&#13;
pour vous, que vous recevrez. Je lui écrivis pour le prier très instamment de la part de&#13;
nos Messieurs de venir dîner avec nous. Il n’y a pas moyen de le ravoir pour le Canada.&#13;
Il va pour être supérieur des Récollets, aumônier d’armée. Ce n’est pas une petite charge.&#13;
Il n’y a pas eu moyen de voir souvent M. le chevalier de Champigny. C’est un jeune&#13;
officier bien fait et tout aimable. Il demeurait trop loin de nous. M. le trésorier, son oncle,&#13;
a dit à M. l’abbé de Brisacier qu’il pleura amèrement quand il apprit le malheur de notre&#13;
pauvre Séminaire.&#13;
Je ne sais pas comment Mgr de Québec n’a pas empêché le P. Élisée27 de retourner en&#13;
Canada après tout ce que vous lui en avez écrit. Je n’ai pas cru lui en devoir parler. Peutêtre qu’il ne retournera pas aux Trois-Rivières et sur ce pied-là, il n’y aurait pas grand&#13;
mal, étant d’ailleurs assez bon religieux.&#13;
J’ai rendu à Monseigneur toutes les lettres que vous m’avez adressées pour lui, excepté&#13;
un duplicata que vous m’avez marqué de retenir.&#13;
Je vous ai déjà mandé que je ne trouvais pas que mes dévotes fussent une ressource pour&#13;
procurer à M. Petit28 une horloge et à vous, des disciplines. Si j’avais bien du bien, je&#13;
trouverais à en faire usage dans le rapport de conscience que j’ai, car il se présente bien&#13;
des misères, sur lesquelles on ne peut souvent que prier pour les misérables. Je n’entends&#13;
&#13;
27&#13;
28&#13;
&#13;
P. Élisée Crey, 1668-1743, récollet&#13;
Louis Petit, 1629-1709, grand-vicaire de Mgr de Laval en Acadie&#13;
&#13;
�pas à faire valoir le talent. J’avais cependant envie cet hiver d’acheter un réveil pour&#13;
M. Petit, mais notre incendie m’en éloigne fort.&#13;
Je n’ai pas non plus pensé à parler à Mgr de Québec d’un official. Je viens de faire une&#13;
remarque pour lui en parler la première fois que je le verrai.&#13;
J’ai mandé à Mgr l’Ancien qu’on avait, par lettre de cachet, fait arrêter cet aumônier&#13;
scandaleux qui fût l’an passé en Canada. Il a cru que c’était Mgr l’Ancien qui l’avait fait&#13;
arrêter et il a bien été contre lui. Son général a prié qu’on l’arrêta et a dit qu’il ne pouvait&#13;
en venir à bout.&#13;
Vous serez bien aise d’apprendre qu’on a défendu pour deux ans la traite d’eau-de-vie.&#13;
On veut en faire un essai avant que de la défendre absolument.&#13;
Je n’ai pas jugé devoir parler à Monseigneur de ce que vous me marquez touchant&#13;
l’infirmité de M. de Laval et la messe qu’il fait dire en sa chambre ; et bien m’en a pris,&#13;
car s’il lui fut revenu quelque chose dans votre malheur, où nous avons besoin de lui, cela&#13;
eut été désagréable. On a grand soin à informer le ministre de tout cela, car il y a toujours&#13;
des flatteurs.&#13;
Depuis que M. Joncaire est parti, j’ai appris que M. le cardinal de Noailles avait parlé au&#13;
roi pour nous. Le roi lui dit : « Eh bien, ils ne sont pas contents ! » Notre prélat lui&#13;
répondit : « Sire, ils le sont très fort et ne le sont pas : ils le sont de ce que Votre Majesté&#13;
prend sur elle dans un temps comme celui-ci, où elle a tant besoin d’argent, mais ils ne le&#13;
sont pas de ce que Votre Majesté pourrait leur donner un secours plus fort, sans&#13;
incommoder ses finances, sur des biens ecclésiastiques ou bénéfices. » Le roi répondit :&#13;
« Mais il n’y en a pas de vacants. » et M. le cardinal lui répondit qu’il en vaquerait et que&#13;
si Sa Majesté trouvait bon, il l’en avertirait quand il en vaquerait ou sur lesquels on put&#13;
nous affecter une pension ou qu’on put nous appliquer entièrement et le roi le lui promit ;&#13;
si bien qu’il est en état de lui en parler quand il sera temps.&#13;
Le même prélat nous a dit qu’il ne fallait pas nous attendre à obtenir rien de l’Assemblée&#13;
du clergé. Il dit que cette Assemblée n’a pas le pouvoir de rien accorder. Il promit à&#13;
M. l’abbé de Brisacier de lui accorder permission de faire une quête à Paris.&#13;
&#13;
�M. de Brisacier espère toujours tirer 2 000 écus de quêtes ou d’aumônes. Pour moi, je n’en&#13;
crois rien. Il est bien difficile de tirer cette somme en ce temps-ci. Je ne sais même si nous&#13;
pourrons être payés à Noël au Trésor royal des 4 000 livres que le roi accorde, ni si nous&#13;
pourrons être payés alors des 3 000 livres de Mississippi et des 2 000 livres de pension de&#13;
Mgr l’Ancien. Tout le monde tremble en ce temps-ci et rien n’est plus rare que de tirer de&#13;
l’argent.&#13;
C’est pourquoi je ne sais ce que je sois mandé à M. des Maizerets. Je lui ai écrit par le&#13;
vaisseau la Perle qu’il pouvait tirer sur nous 10 000 livres pour le bâtiment et faire, outre&#13;
cela, fonds sur 3 500 livres pour les factures, mais je tremble que cela ne soit pas effectif.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’ordonne de le lui mander, mais je ne suis, malgré tout cela, pas&#13;
exempt de crainte. On n’y peut être plus rempli de bonne volonté que M. l’abbé&#13;
de Brisacier, qui compte un peu trop sur son bon cœur. Il voudrait vous consoler et vous&#13;
encourager, mais je ne sais s’il tirera ces sommes.&#13;
J’ai oublié de vous marquer en ma lettre que si vous aviez besoin de quelques contrats&#13;
primitifs, soit qui regardent l’Église et la colonie en général ou le Séminaire en particulier,&#13;
mandez-le-moi ; je les tirerai aisément. Et à ce sujet-là, je crois vous devoir répéter que&#13;
vous auriez dû m’envoyer copie de tout ce que vous avez de titres, afin qu’ils ne soient&#13;
pas tous perdus si un incendie pareil arrivait29.&#13;
M. Gay a usé de finesse pour retourner à l’Acadie, mais Mgr l’évêque de Québec a prié le&#13;
ministre d’empêcher qu’il n’y demeure. Il lui a fait dire qu’il ne lui donnait aucun&#13;
pouvoir, pas même de dire la messe, s’il prétendait rester à l’Acadie. J’espère qu’il s’en&#13;
reviendra. Je ne crois pas aller cette année en Berry à nos bénéfices. Je prévois que je n’en&#13;
aurai pas le temps. Je me recommande de nouveau à vos saints sacrifices et prières et suis&#13;
sans réserve, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 28e mai 1702&#13;
/Transcription30 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
29&#13;
30&#13;
&#13;
Il y eut effectivement un second incendie, en 1705.&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250387">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11911">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/451d63457b8ffa4f5de0fdeb6a8cc347.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=Jf9vu3zooZu5zftl3ucVi5AlHB0snj2jKFT%7EX5ykGy0nh-rg3ve7-OFkH-hog5owavL6e4XQlIULZLrcHSQulcHfQA7tsYxAc6X6ulhiVa7zHSWFpo7bHRi24HkWywMWaCtYZSoEiMzFGmMy3wn0OB9dBeeAt7-%7EXHJQSS7Dt2hW2upXf7EwW8WwL-LEaqxQxErr6TSqQBmJ9C6ra1M7VXyvx3tS1eUU8zcJvggxvAFwrt6XtxXvAXWMaQ75HiXVG8AOWwCXeGCajM2fvZJ2UG0qrJ%7Ep2bR93usZg%7EwFUr6TOpkpmqNqmxrLF6IsA9TknC4SwioFW1Qnhuzv0K%7Efwg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>8efd8c15cc2fe3a6449ffbda5ff857bd</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250384">
                    <text>1702, 28 mai – Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettre O, no 36)&#13;
M Glandelet&#13;
1.er&#13;
1702&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
Partage&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
No 36&#13;
2 A tout Seigneur tout honneur. Je ne vous&#13;
3 escrirois les annéez passéez quepar bonne&#13;
4 amitié; cellecy c’est par devoir et pour rendre&#13;
5 compte a M Le Doien et leprier de rendre&#13;
6 compte au chapitre des affaires dont Je Suis&#13;
7 chargé p.r lui. C’est ceque Je feray dans le&#13;
8 commencem’ de cette lettre, et Je feray ensusite&#13;
9 a lordinaire Succeder l’amitié a ce devoir de&#13;
10 respect en repondant aux obligeantes lettres&#13;
11 que J’ay receu de vous et vous mandant tout&#13;
12 ceque vous pouvez Souhaiter vous estre&#13;
13 mandé.&#13;
14 vous Serez Surpris cette année de trouver une&#13;
15 Si pitoiable recette du chapitre; car quoiquelle&#13;
16 monte fort haut et quelle aille aplus de Sept&#13;
17 mil livres la depense va encoreplus haut, et&#13;
18 actuellem.’ que Je vous escris cecy bien loing&#13;
19 davoir a vous de l’argent entre les mains Je me&#13;
20 crois en avancepour le chapitre. Je vais&#13;
21 vous en expliquer les raisons. Je parle icy&#13;
22 au moins a Mons.r Le Doyen, et nullem.’ aM&#13;
23 Glandelet, car Je Scay que Je ne Serois pas bien&#13;
24 venu de parler a ce dernier de temporel, lui&#13;
25 qui tient Si fort cette maxime que le temporel&#13;
26 n’est rien, et qui la tiendra jusqu’à ce que M.&#13;
27 Des maizerais lait convaincu du contraire par&#13;
28 experiance. mais p.r M Le Doien Jl Scait bien&#13;
29 qu’il n’y auroit point de chapitre Sans chanoines&#13;
30 et de chanoines Sans prebendes, c’est adire&#13;
31 Sans un revenu affecté p.r la Subsistance de&#13;
32 chaq.’ chanoine ce Sont les 1.eres Notions d’un&#13;
33 chapitre&#13;
34 vous aurez Sans doute a me reprocher cette&#13;
35 année encoreplus que les autres que nous&#13;
36 avons bien mal choisi en vous chargeant par&#13;
37 les d.ers partages du revenu des deux abbayes. mais&#13;
38 cepend.’ Je ne Scauvois en avoir regret pour le&#13;
39 bien et lavantage du chapitre Jl n’est pas reel&#13;
40 pour le present. mais il Sera Sensible dans la&#13;
&#13;
�Lestrées.&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Mgr&#13;
1707.&#13;
&#13;
41 Suite, et J’espere que nous le verrons dans peu&#13;
42 Si nous reussissons dans nos unions.&#13;
43 Cest par cette affaire que Je crois devoir commencer&#13;
44 a vous rendre compte Jecrois vous avoir&#13;
45 mandé l’an passé que M’gr de Quebec mepressoit&#13;
46 tres fort daccommoder laff.re que J’ay depuis&#13;
47 trois ou quatre ans avec laReligieuse qui est a&#13;
48 Lestrée. Mgr p.r m’y engager avoit obtenu&#13;
49 l’an passé de M Larch. de treves par le moien&#13;
50 de M. LEvesque de Toul qui est des intimes amis de&#13;
51 M Labbé de Brisacier un consentem’ par lequel&#13;
52 Jl permettoit que Le Prieuré dela colombe a Longoui&#13;
53 fust transporté dans les lieux reguliers de L’etrée&#13;
54 Si bien que considerant cet obstacle levé, Scachant&#13;
55 de plus que M LEvesque dEvreux avoir envoié faire&#13;
56 un procez verbal a L’estrée p.r y faire une cloture,&#13;
57 et avoir permis a cette Religieuse de prendre&#13;
58 des Novices, faisant reflexion que quand Je&#13;
59 Serois asseuré de gagner au Conseil mon procez&#13;
60 contre cette Religieuse, ce qui estoit fort douteux&#13;
61 apres tous ces obstacles levez, Je n’en Serois pas&#13;
62 plus avancé qu’on nous renvoieroit au Conseil&#13;
63 dans un autre Parlement ou il faudroit plaider&#13;
64 dix ans avant que de faire juger cette affaire&#13;
65 definitivement, et quen fin apres que Jaurois&#13;
66 ainsy bien plaidé toute ma vie dans tous les&#13;
67 tribunaux et que Jaurois consommé a cela&#13;
68 plus quele fonds de L’abbaye, Je Serois aussi&#13;
69 ambarassé que le 1.er Jour a chercher les moiens&#13;
70 de consommer notre union on ne voit deprez&#13;
71 toutes ces choses qu’apres qu’on a essuyé deprez&#13;
72 tous les desagreemens des procez. Je ne Scache pas&#13;
73 daff.re qui men puisse donner plus que cellela m’en a&#13;
74 donnée.&#13;
75 M’gr de Quebec qui estoit allé en Dauphiné apres le&#13;
76 depart des vaiss.x ne cessoit de me presser par M. de&#13;
77 la Palliere de maccorder avec la Relig.se Jl Sembloit&#13;
78 mesme promettre de porter Sa part des frais du&#13;
79 procez. Je me resolus enfin dans le mois daoust et&#13;
80 de Septembre a m’accorder. un maitre des Requetes&#13;
81 de nos voisins et un conseiller au Parlem.’ de Rouen&#13;
82 furent les mediateurs de cet accord. Je promis&#13;
83 de donner a la Relig.se p.r tous les frais de Son procez&#13;
&#13;
�Procès&#13;
arrêté.&#13;
&#13;
4. 1702&#13;
&#13;
Obtacle&#13;
levé.&#13;
&#13;
5.&#13;
&#13;
84 2000.# (vous remarquerez que Je lui en avoit&#13;
85 offert 2500.# avant que d’obtenir un arrest au Conseil)&#13;
86 et qu’elle rembourseroit les facons des vignes que Notre&#13;
87 fermier de Lestrée avoir avancé par mon ordre pend.’&#13;
88 deux ans, dont elle avoit recueilli le vin. on convint&#13;
89 de faire regler ces facons des vignes par nos mediateurs&#13;
90 cepend.’ Jl m’en cousta encore 73.# au dela car Jls&#13;
91 montoient a 1073.# et on n’alloua que 1000.# et il me&#13;
92 fallut porter 73.# plutost quede les f.re perdre au&#13;
93 Receveur de Labbaye.&#13;
94 M’gr de Q. n’a rien voulu allouer de ces 2073.# que&#13;
95 nous a cousté cet accommodem.’, et prez de 900.#&#13;
96 encore dailleurs p.r frais deprocedures aLavocat&#13;
97 au Conseil, au Grand Conseil, Sur les lieux dont&#13;
98 Jl a fallu encore tenir compte a M Rotrou, et&#13;
99 il m’a fallu tout porter p.r paix avoir avec lui.&#13;
100 mais le bien que nous en avons retiré, c’est 1.e que&#13;
101 nous avons eu main levée des Saisies faites Sur&#13;
102 Labbaye de Lestrée, dont J’ay bien receu de quoy&#13;
103 remplir tous ces frais, et Jl nous y est deu encore&#13;
104 plus d’une année, car cela va a 3800.# Sans compter&#13;
105 lannée escheüe a Noel dernier dont le terme de&#13;
106 parem.t neschoit qu’a la s.t Jeanprochaine.&#13;
107 2.e Le bien qui S’est ensuivi decet accommodem’ c’est&#13;
108 que nous nous Sommes mis en état detravailler&#13;
109 efficacem’ a Lunion de nos trois abbayes. car&#13;
110 nous avons reuni tous les procez verbaux qu’on&#13;
111 nous demande a Rome, nous avons obtenu tous les&#13;
112 consentemens des personnes interesséez, et Le Roi&#13;
113 a bien voulu escrire de nouvelles lettres au&#13;
114 Pape au Card.l Patron de france, et au Cardinal&#13;
115 de Jeanson qui est chargé des affaires du Roi a Rome&#13;
116 Nous avons mis toutes nos pieces Jly a deux mois&#13;
117 entre les mains d’un Banquier tres experimenté en&#13;
118 ces unions qui est mon ami, et elles Sont arrivéez a&#13;
119 Rome dou on commence a nous escrire par&#13;
120 les deux derniers ordinaires qu’on travaille a Notre&#13;
121 affaire M’gr de Quebec ayant veu que le&#13;
122 Banquier qui en avoit esté chargé cy devant craignoit&#13;
123 deperdre Ses avances Sil en faisoit encore lui a&#13;
124 fait remettre par le dernier ordinaire cinq cent&#13;
125 livres p.r lengager a agir. nous en porterons&#13;
&#13;
�Mgr à&#13;
Rome&#13;
&#13;
Evesouragan&#13;
&#13;
Jncendie&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
126 les deux cinquiemes et Mgr les trois autres.&#13;
127 Jl ne faut donc plus vous attendre que Je remette&#13;
128 a present au compte du Sem.re aucun des deniers&#13;
129 du chapitre. Tout ceque Je recevray p.r lui Sera&#13;
130 p.r Servir aux frais des unions Jl nous faudra&#13;
131 peut estre plus de 8000.# de frais p.r la part du&#13;
132 chapitre Seul ainsy trois ou quatre annéez ne&#13;
133 Suffiront pas p.r acquitter cette So’e. Nous&#13;
134 Serions trop heureux Si nous pouvions finir cette&#13;
135 affaire. J’engage tant que Jepuis Mgr de Quebec&#13;
136 a aller p.r cela a Rome. Je Suis persuadé que&#13;
137 par Ses Sollicitations tres vives il emporteroit&#13;
138 laffaire; Et cest laplus importantes de LEglise&#13;
139 de Quebec&#13;
140 vous Serez peut estre Surpris dene trouver rien de&#13;
141 receu du prieuré dEsves dans mon compte p.r les&#13;
142 Six mois eschus ala s.’ Jean dernier. Jl est arrivé&#13;
143 l’an passé une telle foudre de vent le Jour de la&#13;
144 Purification quelle a renversé presquentierem.’&#13;
145 la grange de chezelles la metairie dEsve Si bien que toutes cette&#13;
146 demie année y fut consommée; Et Je ne Scais&#13;
147 Si elle Suffira on m’a promis de me f.re toucher&#13;
148 au 1.er Jour la demie année escheue a Noel&#13;
149 dernier. C’est M. Le viconte dargenson qui a ft cette reparation&#13;
150 Cette mesme tempeste a causée bien des&#13;
151 reparations a meobec et a Lestrée. Quant a&#13;
152 meobec, vous en trouverez p.r une bonne So’e&#13;
153 dans mon compte de faites. Jespere quil n’y&#13;
154 en aura pas tant tous les ans, Sur tout dans&#13;
155 un temps ou lon paye tant de taxes au Roi.&#13;
156 a Lesgard de Lestrée Je Suis en contestation&#13;
157 avec le Receveur. Jl est obligé d’entretenir&#13;
158 les lieux, mais Jl n’est pas tenu de ces Sortes&#13;
159 de tempestes. Je dois aller Sur les lieux cet&#13;
160 esté voir ce qui y est arrivé.&#13;
161 vous trouverez dans mon compte en unSeul&#13;
162 article receu en argent ou quittances des fermiers&#13;
163 de meobec 3676. cest tout le prix de leur ferme,&#13;
164 mais Jl y a bien des articles a leur diminuer Sur&#13;
165 cette So’e, outre les 1358.# que Jalloüe dans ma&#13;
166 depense ces 1358.# Sont composéez 1.e dune So’e de&#13;
167 600.# que J’ay emploié dans mon compte de l’an&#13;
168 passé receües le 8. Jan.er 1701. p.r paier les decimes&#13;
&#13;
�Comptes&#13;
réglés&#13;
&#13;
7.&#13;
&#13;
secret&#13;
à&#13;
garder.&#13;
&#13;
M.’ dela&#13;
Pallière&#13;
&#13;
169 doctobre 1700. 2e de 300.# paiez p.r une année a&#13;
170 M. Baraton Pension.re de meobec. 3.e de 400.# paiez&#13;
171 aux curez de meobec et neuillay p.r une année de&#13;
172 leur portion congrüe 50.# p.r le luminaire de moebec,&#13;
173 p.r une année et 8# auCuré de mehun p.r lannée 1700.&#13;
174 Je vous envoie la copie d’un compte arresté avec&#13;
175 M’gr de Quebec pour estre quitte avec lui. J’ay eu&#13;
176 bien dela peine a finir ce compte, et quoi quil mait&#13;
177 refusé de me rien allouer pr les reparations de&#13;
178 meobec, qui estoient a faire en 1697. quil nous&#13;
179 remit Labbaye, ni des frais du procez dela Religieuse&#13;
180 ni dautres demandes que Jelui faisois, Je me Suis&#13;
181 encore estimé heureux de finir avec lui ainsy,&#13;
182 car Je craignois bien quil ninsistast a vouloir&#13;
183 Jouir de cequi estoit deû par les fermiers de&#13;
184 moebec et de chezelles jusqu’à la S.t Jean 1697.&#13;
185 car cestoit unepretention quil avoir et Sur&#13;
186 laquelle Je ne Scay ce qui auroit esté reglé&#13;
187 Sil l’avoit beaucoup Soutenu, car Jl Soutient&#13;
188 Ses Jnterests dune maniere Si vive, quil force&#13;
189 a Se faire accorder tout ce quil demande.&#13;
190 c’est p.r quoy tout mal traitez que nous So’es&#13;
191 J’ay encore cru un bonheur de finir avec&#13;
192 lui quelq’ chose a un meilleur prix que&#13;
193 Je ne craignois.&#13;
194 Je vous prie que tout ce que Je vous escris de lui ne Soit&#13;
195 communiqué qu’a nos Mess.rs et recommendez leur de&#13;
196 ma part de ne le point repandre ailleurs; Je croy&#13;
197 quil arrive Souvent qu’on croit parler aune personne&#13;
198 de confiance et il va ensuite reporter cequ’on lui dit a&#13;
199 gens qui le mandent a Mgr. Jl m’a reproché en mots&#13;
200 couverts plus.rs choses que J’ay escrites l’an passé et quil&#13;
201 dit qu’on lui a mandé de Quebec; tant Sur nos hospitalieres&#13;
202 que Sur le Sem.re&#13;
203 vous Seriez Surpris dapprendre que M de la Palliere&#13;
204 est a present aussi vif p.r empescher Sil pouvoit Son retour&#13;
205 quil l’a eté cy devant p.r le procurer. Nous avons esté&#13;
206 quelques jours cemois de fevrier dernier que M de la&#13;
207 Palliere craignoit qu’apres avoir reglé Ses aff.res Jl ne Se&#13;
208 mist en etat de retourner. Jl fut voir M Le Duc de&#13;
209 Beauvilliers et Le R. P dela chaize Jl nous pressa de voir&#13;
210 M. Le cardl de Noailles. mais nous lassurasmes quil n’y&#13;
211 avoit nulle apparence p.r leretour cette année, et quil&#13;
&#13;
�212 estoit inutil dagir avant letemps. cequi lerend Si vif&#13;
213 c’est quil ne le croit nullem.’ changé, d’une humeur plus&#13;
214 difficile que Jamais et que Son experiance la convaincu&#13;
8. 1702&#13;
&#13;
Mgr de&#13;
Québec&#13;
&#13;
Evêque&#13;
de&#13;
Gap.&#13;
&#13;
Ev. De&#13;
Poitiers&#13;
&#13;
9.&#13;
&#13;
215 dela verité detout ce que nous avons trop esprouvez&#13;
216 pend.’ plus.rs annéez.&#13;
217 Cepend.’ Je ne crois pas qu’on puisse larrester quand Jl&#13;
218 voudra retourner. Jl conte de le f.re lannée prochaine, et&#13;
219 Je prevois quil le fera. Jl passe icy p.r un Evesque tres regulx&#13;
220 Jl est enfermé chez M Le curé deS.’ Sulpice depuis le matin&#13;
221 Jusqu’au Soir Sans Sortir, dit la messe tous les jours, n’est d’aucun&#13;
222 plaisir et vit fort regulierem.’ Jln’en faut pas tant p.r&#13;
223 passer p.r un Saint. Car la plus pard denos Evesques vivent&#13;
224 d’une toute autre maniere&#13;
225 vous Serez bien Surpris d’apprendre l’exil par une lettre de&#13;
226 cachet de notre Mons.r L’Eveque de Gap; apres que vous lavez&#13;
227 veu vivre en miss.re Si regulierem.’ vous Serez Surpris qu’on&#13;
228 lait relegué acause de Ses galanteries et quil estoit&#13;
229 devenu un Damoiseau; Jl y a cinq ou Six ans quil n’a&#13;
230 mis le pied en son Dioceze. Jl a a Paris un des plus beaux&#13;
231 équipages, et Jl rend des visites aux Dames. Je Scavois&#13;
232 cela il y a plus de deux ans, et Jen’ay pas voulu vous&#13;
233 en rien mander, mais Je lefais puisq.’ cela a esclaté.&#13;
234 Jl est relegué a condom, ou notre cher M de Condom&#13;
235 Souffrira beaucoup davoir un tel hoste qui n’a pas Scu&#13;
236 profiter de Son humiliation, mais porte apres Sa disgrace&#13;
237 autant de faste en allant en exil, qu’il en avoit auparav.t&#13;
238 Que cela doit nous humilier, craignons bien les grandeurs&#13;
239 et les richesses, puis quelles changent Si fort les mœurs.&#13;
240 vous voiez en M deGap un exemple de ce qui est&#13;
241 arrivé en M Bertot.&#13;
242 Je vous avoüe que cettemauvaise odeur m’a empesché&#13;
243 de le voir p.r f.re reussir Lunion de Son petit prieuré de&#13;
244 Gueret : c’est p.r quoy J’ay laissé tomber laff.re qui est&#13;
245 eschouée. J’y ay veu trop de defficultez, parceq.’ les&#13;
246 moines n’y ont pas consentis.&#13;
247 apres cette triste Nouvelle de la conduite de cePrelat&#13;
248 Je crois vous devoir apprendre a mort Sainte de Notre&#13;
249 cher Mons.r Levesque de Poitiers qui n’est Evesque que&#13;
250 depuis trois ans. Jl nous avoit toujours dit qu’un&#13;
251 bon Evesque ne devoit vivre que trois ans. Jl jeuna&#13;
252 au Pain et aleau pend.’ les trois jours du carnaval&#13;
253 dans Son Sem.re affligé aux pieds deSon crucifix de&#13;
&#13;
�254 ce que les magistrats deSa province nempeschoient&#13;
255 pas unetroupe de comediens dejouer dans toutes les&#13;
256 villes deSon Dioceze, m’escrivant quil avoir dans Son&#13;
257 Diocezeplus.rs nouveaux catholiques qui estans&#13;
258 protestans avoient esté chassez du presche et mis&#13;
259 enpenitencepublique p.r avoir assisté a ces Spectacles,&#13;
260 et qui estoient Scandalizez qu’on les Souffrist dans&#13;
261 LEglise catholique apres avoir jeuné ces trois jours&#13;
262 pend.’ les quels Jl Souffrit dufroid dans Son Sem.re Jl&#13;
263 commença Son caresme en visitant tous les pauvres&#13;
264 et les malades dans Ses hopitaux, et Jltrouva des&#13;
265 fievres pourpreuses dans Son hotelDieu quil prit&#13;
266 aisem.’ parcequil avoir l’estomach vuide; on lepensa&#13;
267 pend.’ quatre jours d’un gros mal deteste et fievre co’e&#13;
268 Si ce neust esté que d’un Rhume, et on leSaigna le 1.er&#13;
269 Dimanche de caresme ce qui lefit tourner alamort qui&#13;
270 arriva deuxjours apres ayant receu tous Ses Sacremens,&#13;
271 et tiré les larmes des yeux deSes Domestiques et de&#13;
272 tout Son peuple vous ne Scauriez vous imaginer&#13;
273 Jusqu’ou tout Son peuple l’a regreté, et Jl avoit bien&#13;
274 raison; car il perdoit untres S.’ Prelat. Je perds en&#13;
275 lui un tres intime ami, qui mhonoroit de Sa confiance,&#13;
276 et Je n’y Scaurois penser Sans en estretres vivem’&#13;
277 touché; mais cette mort m’a en verité bien Servie&#13;
278 a rentrer en moi mesme, et m’a bien convaincüe&#13;
279 quil n’y avoit riende Solide en ce monde Je n’ay&#13;
280 pas perdüe cette verité de veüe depuis Sa mort et&#13;
281 J’espere que Dieu me ferala grace delentretenir en moy.&#13;
282 Ces deux Evesques ont interrompu le compte que Je&#13;
283 vous rendois des aff.res du chapitre. Je vais le reprendre&#13;
10.&#13;
&#13;
Pape&#13;
lent.&#13;
&#13;
284 On nous mande de Rome que cePontificat nestpoint&#13;
285 propre a f.re reussir nos unoins. Nous avons un Pape&#13;
286 tres long, qui ne conclud rien, qui ne veut f.re peine a&#13;
287 personne, qui Sarreste Sur la moindredifficulté et qui&#13;
288 n’agit pas p.r lafaire lever. Lunion des manses&#13;
289 monacales Sera difficile. Jecroy cepend.’ qu’apres&#13;
290 avoir emploié les sollicitations les plus fortes Si Mgr&#13;
291 de Quebec y va Jl l’emportera, et Je ne cesseray de&#13;
292 l’en presser. Jl ne faut rien espargner p.r ces aff.res,&#13;
293 Elles demandent une entiere application.&#13;
294 Je Seray cepend.’ obligé daller f.re un tour cet Eté et&#13;
295 a moebec et a Lestrée. ces biens Sont tels, quil&#13;
296 faut necess.rem’ les voir de deux ans en deux ans.&#13;
&#13;
�297 J’aurois mesme besoin de demeurer a meobec une&#13;
298 quinzaine de Jours. J’y ay plus.rs affaires qui ne vont pas&#13;
299 co’e Je voudrois. Je Suis obligé de me fier au bonhomme&#13;
300 M de Bienassis qui a plus de quatre vingt ans, et est lePere&#13;
301 de deux fermiers deL’abbaye; Jl fait leurs affaires et&#13;
302 nonpas les notres. M’gr Lancien m’a bien dit que ce&#13;
303 vieillard et toute Sa famille estoient fort interessez.&#13;
304 ceSont des SangSues qui voudroient tirer a eux tout le&#13;
305 revenu de cette abbayes. C’est le malheur de Mgr de&#13;
306 Quebec ait fait unbail a Ses enfans. cepend.’ Jl me&#13;
307 conseille dele laisser mourir en paix, mais Je voudrois&#13;
308 avant Sa mort visiter le chartrier ettous les titres, et&#13;
309 les mettre en bon etat, Je voudroit visiter tous les&#13;
310 bois, les etangs, les metairies et les moulins, p.r prendre&#13;
311 connoissance detout par moi mesme, et voir comment&#13;
312 Jepourois retablir Sur tout les bois. Je compte d’y&#13;
313 aller apres que Je meSeray debarassé de mes lettres,&#13;
314 c’est adire vers laS.’ Jean auplutard.&#13;
315 J’ai aussi a visiter le Prieuré d’Esve ouil y a des repara=&#13;
316 tions a faire, et a terminer un procez ala chapellede&#13;
317 vauvoier contre un curé qui pretend biendes depens, et&#13;
318 plus.rs annéez de suplement deportion congrüe&#13;
11.&#13;
&#13;
1701.&#13;
&#13;
ornemens.&#13;
&#13;
319 cest une aff.re qui nest bonne qu’a terminer le&#13;
320 plutost quil estpossible&#13;
321 Quant a LEtrée Jl me faut visiter tous les batimens&#13;
322 pour examiner ceque la tempeste y a renversé&#13;
323 en fevrier 1701. Je n’ay pu me resoudre a aller&#13;
324 a cette abbaye depuis la perte du procez de la Relig.se&#13;
325 Cepend’ Jl y faut aller necessairem.’ tous les ans.&#13;
326 Mgr de Quebec demande auRoi des ornemens p.r&#13;
327 la cathedrale, et il espere en obtenir. Je ne Scay Sil&#13;
328 y reussira. Les finances Sont Si derangéez que&#13;
329 quand Le Roi par bonté de cœur auroit accordé une&#13;
330 So’e, JeneScay Sil Seroit facile delaf.re payer.&#13;
331 voila ce me Semble tout lecompte que Jepuis&#13;
332 vous rendre Sur les aff.res du chapitre Je vais a&#13;
333 present repondre aux lettres que vous mavez&#13;
334 fait lagracede mescrire, et Je vous escriray en&#13;
335 chemain faisant tout ce que vous desirez Scavoir&#13;
336 Je crois avoir receu toutes vos lettres; cepend’ Je&#13;
337 n’en Suis pas bien asseuré, car vous devriez alafin&#13;
338 menvoier un petit catalogue detoutes les lettres que&#13;
339 vous mescrivez co’e vous faisiez cy devant. J’ay receu&#13;
&#13;
�340 cette année des lettres deux mois apres le retour des&#13;
341 vaiss.x Sans dire par ou elles me Sont venües.&#13;
342 Pour vos deux grandes lettres Jeles ay receues. J’ay&#13;
343 remis a Mgr de Q. les papiers et pacquets qui&#13;
344 etoient p.r lui, et ay retenu les duplicata que vous&#13;
345 mavez mandé deretenir. Je me trompe de vous dire&#13;
346 que J’ay receu de vous deux grandes lettres; Je n’en&#13;
347 ay receu qu’une deplus.rs escritures dont 37. pages, dont&#13;
348 les cinq ou Six d.eres Sont de v’re escriture Et J’ay receu&#13;
349 environ moitié de cette lettre par une au’ voie, Sans&#13;
350 doute que vous navez pas eu le temps de faire&#13;
12 1702&#13;
&#13;
Etat du&#13;
séminaire&#13;
veu&#13;
&#13;
Mgr de&#13;
Laval.&#13;
&#13;
351 copier le reste J’ay aussi trouvé dans plus.rs paquets&#13;
352 plus.rs petits billets de vous que J’ay remassé&#13;
353 ensemble, Jly en a huit. Je vais repondre a tout&#13;
354 ce que vous desirez Scavoir.&#13;
355 Vous mavez fait un tres Sensible plaisir de me faire&#13;
356 alloüer mes comptes precedens afin de nerien&#13;
357 laisser en arriere vous estes a ceque Je croy bien&#13;
358 persuadé que Je ne pretends pas Sortir par la de l’esprit&#13;
359 de grace qui me doit faire esviter toute proprieté,&#13;
360 mais quoiq.’ Je nagisse que dans cet esprit, ce me Semble,&#13;
361 Jl n’en faut pas moins liquider les comptes annee par&#13;
362 année afin de Se tenir l’esprit en repos. Je vous prie&#13;
363 dengager nos Mess.rs a continuer Sur cepied la&#13;
364 J’ay esté vraiement affligé dela mort de M Doucet.&#13;
365 cestoit un bon ouvrier qui a rendu Service a LEglise&#13;
366 ce que vous me mandez de letat ou estoit leSem.re&#13;
367 avec tout lepays dans ces temps la est Surprenant.&#13;
368 Nous So’es bienheureux d’en avoir conservé M’gr&#13;
369 Lancien et M Des maizerais&#13;
370 J’ay esté tout afait édifié de ce que M’gr Lancien&#13;
371 apris la peine de mescrire Sur deux points dont Je&#13;
372 lui avois escrit l’an passé. le 1.er estoit a Loccation de&#13;
373 ces lettres de change ou Je lui rep’ntois lJmpossibilite&#13;
374 ou J’estois de les payer des deniers du Sem.re qui est&#13;
375 Si oberé, le Second est Sur ce qu’on navoit arresté&#13;
376 aucun compte du Sem.re M’gr me mande quil&#13;
377 n’a pas pretendu en tirant lui mesme ces lettres&#13;
378 de Change que Je les paiasse dautres deniers que&#13;
379 de ceux du Sem.re, et que p.r cela Ses revenus Soient&#13;
380 confondus avec ceux du Sem.re, quil n’a rien possede&#13;
381 en propre et veut mourir dans cette pratique&#13;
382 on ne peut escrire plus Saintem’ et avec plus&#13;
&#13;
�383 de bonté et de charité p.r moy quil la fait.&#13;
13.&#13;
&#13;
384 Je vous ay envoyé par le vaisseau du Nort copie&#13;
385 de lalettre que Jay receude M S.’ Cosme, et des&#13;
386 memoires que lui et M Davion menvoie. J’ay&#13;
387 escrit a M’gr Lancien mes reflexions Sur cette&#13;
388 lettres et ces memoires. Je les repete icy.&#13;
389 1.e Jl paroitroit plus necess.re que M Bergier fust&#13;
390 dans une mission prez des francois afin de&#13;
391 gouverner le temporel que de le laisser aux&#13;
392 Tamarois ou les Jesuites le rendront inutile en&#13;
393 debauchant tous Ses Sauvages.&#13;
394 2.e M S.t cosme n’a nul menagem.’ et il parle de Se&#13;
395 f.re appliquer des quatre cent escus p.r Sa mission des&#13;
396 Natchez. cela est ridicule car Jl faut que les miss.res&#13;
397 Se mettent en etat de ne depenser a deux dans&#13;
398 chaq’ mission que Six cent livres auplus, et Sils&#13;
399 Sont Seuls dans chaq’ mission 300.# ou 350.# auplus.&#13;
400 cest cequ’on donne aux miss.res dela chine ou il&#13;
401 y ale plus de depense a faire&#13;
402 3.e M S.t cosme voudroit posseder cequ’on lui&#13;
403 donneroit Sans que cela passast par les Sup.rs dela&#13;
404 mission. Je croy que cela rendoit les particuliers&#13;
405 trop proprietaires. cepend.’ Jl ne Seroit par mauvais&#13;
406 que chacun Se fist Son memoire de Ses besoins mais&#13;
407 cela doit passer ensuite parle Sup.r p.r estre approuvé&#13;
408 4.e Jl faudroit que nos Mess.rs reunissent bien&#13;
409 leurs missions et ne les avançassent pas dans&#13;
410 les terres p.r estre a portée de recevoir leurs besoins&#13;
411 de france et destre Soutenus par les francois.&#13;
412 5.e Jl est facheux que Le P. de Limoge de Son chef Se&#13;
413 Soit etabli aux oumas. cetoit une mission a notre&#13;
414 biensceance a quinze lieues des Natchez. attendez&#13;
415 vous que ces Peres vous traverseront en tout pr&#13;
416 vous dégouter et vous faire quitter.&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
417 6.e Jl Seroit mesme a Souhaiter que nous eussions&#13;
418 quelq’ établissement avec les francois, afin de Sen Servir&#13;
419 de lieu de correspondance; mais M DJberville preferera&#13;
420 les Jesuites a nous, p.r y deservir les francois qui devroient&#13;
421 lestre plutost par des Prestres. Nous Scaurons a son&#13;
422 retour ce quil aura fait; on lattend incessamment.&#13;
423 7.e M De montigni mavoit dit denvoier des demies&#13;
424 bariques de farine a nos Mess.rs M S.t cosme dit que&#13;
&#13;
�425 cela est inutile; chacun raisonne Selon Son Jdée, et a&#13;
426 moins que de Scavoir le Sentiment de tous, on ne&#13;
427 Scait a quoy Se determiner.&#13;
428 8.e M’gr de Q. ne pense plus a nous laisser les 2000.# du&#13;
429 clergé p.r cette mission Je ne voudroit pas jurer que&#13;
430 Si M DJberville y retourne au mois de 7.bre ce&#13;
431 Prelat ne prenne la parti daller aveclui, et de&#13;
432 parcourir de la par terre toutes les missions&#13;
433 d’Enhaut. M’gr ne nous laissera pas diminuer rien&#13;
434 des 3000.# qui Seront accordez p.r misissipi afin&#13;
435 de nous rembourser par la de toutes les depenses&#13;
436 precedentes. Je crains bien quil n’y faille au contraire&#13;
437 ajouter encore du Notre&#13;
438 9.e Nous avons obtenus p.r cette année la continu=&#13;
439 ation de la gratification de 3000.# p.r misissipi.&#13;
440 mais ce Sera la difficulté d’en estre paié au Tresor&#13;
441 roial, Jene crois pas en pouvoir rien tirer. ni de&#13;
442 la pension de M’gr Lancien Sur le tresor roial c’est&#13;
443 ce qui fait mon plus grand chagrin&#13;
444 10. un Ecclesiastique nommé M Gervaise qui est&#13;
445 Prevost a Sevre, un des bons benefices dependans des.’&#13;
446 martin de Tours, et qui a eté emmené a Siam par&#13;
15.&#13;
&#13;
447 feu M’gr dheliopolis alaage deseize ans, qui en&#13;
448 revint avec les Siamois en 1687. et qui est un&#13;
449 Ecclesiastique qui a du bien depatrimoine et bien&#13;
450 du merite Se Sent attiré a aller Se devoüer au&#13;
451 misissipi p.r la conversion de ces Jnfidels. Jl est Seul&#13;
452 heritier d’une Sœur aisnée qui a plus de trois ou&#13;
453 quatre mil livres de rente, et Jls nont tous les deux&#13;
454 que des heritiers collateraux fort esloignez. Jl espere&#13;
455 que Sil Se destinoit a ce bon œuvre, Sa Sœur Se&#13;
456 retireroit aupres de Nous et Se destineroit elle mesme&#13;
457 a layder dans Son dessein. cepend.’ J’y vois beaucoup&#13;
458 de difficultez dans lexecution, etpeutestre que Dieu&#13;
459 lui endonnera le desir Sans lui donner jamais le&#13;
460 moyen de l’executer. Je lui inspire quil devroit&#13;
461 establir une mission ou il eust un Ecclesiastique&#13;
462 avec lui prez des francois vers la mer pour&#13;
463 entretenir correspondance plus facilem.’ avec Nous.&#13;
464 Quand Jl Seroit resolu dy aller absolum.’ ce qui&#13;
465 n’est pas encore, Jl lui faudroit plus d’un an pour&#13;
466 Se debarasser de plus.rs aff.res particulierem.’ de celles&#13;
467 de S.’ martin de Tours dont Jl est chargé Nous&#13;
&#13;
�468 attendons les nouvelles qui viendront par M.&#13;
469 DJberville que Je lui communiqueray. Je croy&#13;
470 qu’a lesgard de ces choses JL ne faut point d’empres=&#13;
471 Sement. Dieu Scait le temps deSa misericorde quil a&#13;
472 determiné de f.re a ces peuples. Jl Suscitera alors&#13;
473 des ouvriers pour en estre les ministres. ce Mons.r&#13;
474 Gervaise a fait Son testament en cas quil fust&#13;
475 Surpris et nous y Sommes p.r misissipi a ce&#13;
476 quil m’a dit. Je vous prie de ne parler point&#13;
477 de ce que Je vous escris delui qu’a nos Mess.rs et d’en&#13;
478 garder un grand Secret.&#13;
16. 1702&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
479 Je vous ay dit en deux mots que Je craignois fort de&#13;
480 nestrepas paié de nos 3000.# ; p.r misissipi au Trésor&#13;
481 roial, aussi bien que des 2000.# de M’gr Lancien p.r Sa&#13;
482 pension. Jl faut vous expliquerplus au long le Sujet&#13;
483 de me crainte. Les finances Sont Si derangéez en&#13;
484 france qu’on ne Scauroit estre paié. au Tresorroial&#13;
485 Le Roi S’est tellem’ engagé dans les dernieres guerres,&#13;
486 quil faut paier tous les ans plus de trente millions&#13;
487 de rente a l’hotel de ville c’est cequi Sepaye bien, car&#13;
488 Si on y manquoit le Roi perdroit Son credit. Si bien&#13;
489 que dans cette Nouvelle guerre on ne Scait quels fonds&#13;
490 faire p.r la guerre, et elle consomme tout largent.&#13;
491 Dailleurs Jl arriva l’an passé une banqueroute des&#13;
492 deux Tresoriers de lextraord.re des guerres que le&#13;
493 Roi a eté obligé de Soutenir p.r ne pas perdre le&#13;
494 credit de leur caisse, Jl lui en coutera plus de&#13;
495 douze millions. De plus La recherche que M Chamillard&#13;
496 afait f.re des traitans etpartisans qu’on a taxé&#13;
497 ade grosses So’es les a tellem.’ alienez delui quils&#13;
498 ont renfermé tout leur argent qui est devenu Si&#13;
499 rare dans le commerce qu’on n’en Scauroit tirer&#13;
500 de personne, ce qui a causé tant debanqueroutes&#13;
501 que c’est ap’nt une chose tres ord.re de laisser&#13;
502 protester des lettres de change C’est tout vous dire que&#13;
503 M. de chamillard qui est des amis anciens de nos&#13;
504 Mess.rs qui aeté prié par Mad.’ maintenon et&#13;
505 Sollicité par eux, ne leur apas encore fait paier&#13;
506 leurs ordonnances del’an passé de 1800.# p.r la&#13;
507 chine et les Jndes orientales. Je crains biende&#13;
508 nepas toucher les miennes.&#13;
509 J’en etois en cet endroit de v’re lettre, mon&#13;
&#13;
�26 avril&#13;
1702.&#13;
&#13;
Jncendie.&#13;
&#13;
M.r Glandelet.&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
Mgr. De&#13;
Québec&#13;
&#13;
510 cher Monsieur, lors que M. de Jonquaire est&#13;
511 arrivé le 26. avril. Je n’en reprens la Suite que&#13;
512 le 12. may, car vous Jugez bien que la Nouvelle&#13;
513 quil a aporté abien achevé de déranger mes&#13;
514 affaires. J’ay eu le temps cepend.’ de faire une&#13;
515 lettre de vingt pages depetite escriture en deux&#13;
516 jours p.r M Des maizerais que J’ay envoié hier&#13;
517 parla poste afin dela mettredans le vaisseau la&#13;
518 Perle, qu’on m’a mandé devoir partir au 1.er&#13;
519 Jour. Ce Sera la 2.de voie qui instruira de nos&#13;
520 affaires, et v’re lettre Sera la 3.e Je ne Seray&#13;
521 en peine que deces trois lettres; toutes les autres ne&#13;
522 devant estre que des lettres particulieres.&#13;
523 Vous pouvez bien croire que Je fus Sensiblem.’&#13;
524 touché delaperte den’re Sem.re de Quebec. Quand&#13;
525 on connoist le bien et Lutilité de ce bon œuvre, co’e&#13;
526 Je le connois on ne peut S’empescher d’y estre tres Sensible&#13;
527 Jl paroist que le bon Dieu s’en est meslé. c’est ce qui nous&#13;
528 ferme la bouche et nous empesche de murmurer.&#13;
529 J’ay esté edifié dela maniere dont Mgr Lancien et&#13;
530 M Des maizerais ont pris la chose Pour vous on dit&#13;
531 que vous ne revinstes que quelq’ jours apres. Je Suis&#13;
532 persuadé que Dieu vouloit achever deperfectionner&#13;
533 ces deux cheres Personnes. Jl ne pouvoit les prendre&#13;
534 par un endroit plus Sensible, Jls auroient donné leur&#13;
535 vie avec plaisir plutost que de voir ce bon œuvre&#13;
536 destruit. mais nous pensons bien autrem’ et J’espere&#13;
537 que Si Dieu nous les conserve, nous nous releverons&#13;
538 peu a peu. Je vous avoüe que leur courage me donne&#13;
539 une force toute particuliere. Je ne laisse pas de sentir&#13;
540 toute la pesanteur du fardeau que Dieu met Sur nos&#13;
541 espaules, mais Jl nous fortifiera p.r le bien porter.&#13;
542 Je vous ay mandé par la Perle en escrivant aM. Demaizerais&#13;
543 que M. de Jonquaire nous ayant rendu nos lettres, Nos&#13;
544 M.rs qui partoient p.r Evry m’emmenerent avec eux p.r&#13;
545 les lire. J’en revins le lendemain J’annonçay cette&#13;
546 nouvelle a Mgr de Q. qui parut Sentir ce malheur aussi&#13;
547 vivem’ qu’on lepuisse Sentir. Jl me conseilla denvoier Sans&#13;
548 delay M. Jonquaire a marli ou estoit le Roi. Jly arriva&#13;
549 a dix heures du Soir, et rendit aM de Pont chartrain Ses&#13;
550 lettres. Ce ministre fut aussitost enporter la Nouvelle&#13;
551 au Roi qui en fut touché et l’apprit le Soir mesme&#13;
552 estant aTable M. Jonquaire fit au Roi ministre lapertede&#13;
&#13;
�553 Six ou Sept cent mil livres, et Le ministre la dit aussi&#13;
554 grande au Roi Nous en desabusasmes cepend.’ le&#13;
555 ministre quand nous le vismes, et nous lui dismes que&#13;
556 nous necroiions avoir perdu que cent mil escus. C’en&#13;
557 est bien assez.&#13;
558 Jl m’a paru que tout le monde a eté tres touché&#13;
559 den’re perte, et on voit bien ce que vaut un œuvre&#13;
560 quand on S’en voit privé. M Le Chancelier et M de&#13;
561 Pont chartrain nous dirent quand nous les vismes, que&#13;
562 ce n’estoit par n’re perte, que c’estoit celle detout lepublic,&#13;
563 que Si elle n’estoit reparée elle causeroit laruine de&#13;
564 toute la colonie; et chacun a paru entrer dans les&#13;
565 mesmes Sentimens. Nous fusmes obligez de courir deux&#13;
566 ou trois jours en carosse avec M Jonquaire, pour&#13;
567 porter Ses lettres, et quatre ou cinq jours apres nous&#13;
568 fusmes a versailles avec M de Ponta Quebec, M. de&#13;
569 Brisacier et Sonfrere et M Jonquaire, voir M de&#13;
570 Pont chartrain. Nous commençasmes par voir ces&#13;
571 M.rs des Bureaux, M Des Granges, M De La Touche et&#13;
572 M Begon ces M.rs furent fort touchez den’re accidant&#13;
573 et nous promirent bien de nous faire tous les&#13;
574 plaisirs qui dependroient deux M. de Pont chartrain&#13;
575 nous apprit que le Soir Jl en avoit parlé au Roi, mais&#13;
576 quil navoit pu obtenir tout cequil avoir esperé.&#13;
19&#13;
&#13;
577 quil auroit voulu que LeRoi nous eust donné dix&#13;
578 mil livres pend.’ cinq ouSix ans; que Le Roi lui avoit fait&#13;
579 entendre que c’estoit une So’e trop forte et quon en&#13;
580 demanderoit lacontinuation, quil aymoit mieux&#13;
581 nous donner quatre mil livres pend.’ plus.rs annéez&#13;
582 Ce ministre ajouta quil n’estoit par en cela content de&#13;
583 cette grace et quil nous conseilloit d’agir encore;&#13;
584 Quil falloit que Mad.’ de maintenon en reparlast au&#13;
585 Roi p.r tascher du moins dobtenir dix mil livres p.r&#13;
586 cette année p.r vous mettre en etat de couvrir le grand&#13;
587 corps de logis cet esté. On lui recommenda fortement M&#13;
588 de Jonquaire Soit p.r lui obtenir un Brevet p.r la 1.ere&#13;
589 Lieutenance vacante, Soit p.r lui procurer une gratifica&#13;
590 Le ministre dit quil estoit Juste de lui accorderSa&#13;
591 course, et fit quelques difficultez Surle Brevet. Jespere&#13;
592 cepend.’ quil l’accordera; Jl a dejà fait expedier l’ordre&#13;
593 p.r la gratification qui Sera denviron 750.# Nous&#13;
594 aurions voulu faire plus p.r M Jonquaire, et Je croy&#13;
595 quil vous dira que nous ne So’es par ingrats des&#13;
&#13;
�596 Services quil nous a rendus. ce qui est facheux c’est&#13;
597 que M Le Card.l qui avoit promis d’en parler au Roi&#13;
598 loublia, et nous n’avons pas encore Sceu deMad.’&#13;
599 de maintenon Si elle avoit obtenu quelq’ chosep.r&#13;
600 cela M Lab. de Bris. lui en a parlé fortem.’&#13;
601 et elle lui a conseillé de lui en escrire une lettre&#13;
602 quelle liroit au Roi. M de Brisacier y remercie&#13;
603 Le Roi de ces 4000.# accordez, et represente ensuite&#13;
604 la modicité de cette So’e quand elle devroit&#13;
605 estre continuée, repla necessité de retablir la&#13;
606 charpente cette année etp.r cela destre aydé&#13;
607 d’une So’e plus forte de dix mil livres p.r cette&#13;
608 année Seulem.’ quapres cela p.r n’estre pas a&#13;
609 charge a Sa majesté quElle pouroit destiner&#13;
610 un benefice p.r estre uni, et que nous nous&#13;
20. 1702&#13;
&#13;
611 chargerions depoursuivre cette union, Sans que Sa&#13;
612 majesté en fust davantage inquietée; car M de&#13;
613 Pontchartrain nous avoit dit que Le Roi ne vouloit&#13;
614 point entendre a nous destiner un benefice, p.r&#13;
615 estre uni, par ce qu’on y fait a Rome trop de difficultez,&#13;
616 et quil en est trop importuné. Je ne scay pas encore&#13;
617 a quoy cela Se terminera. Je puis Seulem.’ vous&#13;
618 dire que de la part de M. Lab. de Brisacier, on ne peut&#13;
619 estre mieux disposé, quil est resolu de mettre tout en&#13;
620 œuvre p.r vous Secourir, et quil est resolu de fraper&#13;
621 a toutes les portes p.r vous procurer du Secours.&#13;
622 Cependant veu la misere des temps Je fais un&#13;
623 tres mediocre fonds Sur tout cela; En un autre temps&#13;
624 nous pourions esperer quelq’ chose. En celui cy&#13;
625 Je crains qu’on ne nous escoute Seulem’ pas. on&#13;
626 est mediocrem.t touché en france dans la misere ou&#13;
627 l’on est de ce qui Se passe en amerique&#13;
628 Jl me Semble que Jusqu’à pnt Mgr de Quebec&#13;
629 a agi aussi bien qu’on puisse Souhaiter, et Jlest&#13;
630 resolu de Se joindre a nous en tout cequi dependra&#13;
631 de lui. mais dattendre de Secours delui, Je n’y vois&#13;
632 guere d’aparence; Jl est plus disposé a recevoir&#13;
633 qu’a donner. Jl m’a dit peu dejours apres la Nouvelle&#13;
634 de n’re accident quil estoit faché quelle fust&#13;
635 arrivée trop tard et que Sil navoir pas fait la&#13;
636 fondation des ursulines des trois rivieres, quil&#13;
637 l’auroit appliquée a nous ayder. Jl temoigne&#13;
638 avoir envie de relever cet œuvre, mais de&#13;
&#13;
�639 faire fonds Sur lui Je n’y vois nulle apparence&#13;
21.&#13;
&#13;
Lettre de&#13;
l’Jntendans&#13;
&#13;
lettre O. no. 36&#13;
&#13;
22.&#13;
&#13;
640 Voicy les moiens que nous esperons tenir p.r vous&#13;
641 procurer quelques Secours. Mons.r Lab. de Brisacier&#13;
642 doit demander permission a M Le Card.l de faire des&#13;
643 questes; Jl doit engager M Le curé de versailles&#13;
644 et quelques Dames depieté qui y Sont a recueillir ce&#13;
645 qu’on voudra donner. Jl a dessein de faire Jmprimer&#13;
646 la lettre de M LJntend.’ de champigni qui est fort&#13;
647 bien faite, et d’y ajouter quelques reflexions. Jl&#13;
648 engagera Mess.rs Les curez de Paris, aupres de laplus part&#13;
649 des quels nous So’es assez bien a recommender cette&#13;
650 œuvre au prosne, et Jl doit choisir dans plus.rs&#13;
651 paroisses des Dames de charité qui puissent Scavoir&#13;
652 ceux qui ont coutume dedonner. Jl veut mesme&#13;
653 envoier cet Jmprimé dans les villes de Province ou&#13;
654 nous avons quelq’ connoissance Surtout aux Evesques&#13;
655 et aux chapitres qui nous Sont connus. M.rs de S.t&#13;
656 Sulpice nous ont dit quils vouloient faire quelque&#13;
657 chose, et mesme quils balancoient a faire quelque&#13;
658 queste dans leur grand Seminaire quoique cela&#13;
659 Soit nouveau Si par tous ces moyens nous pouvions&#13;
660 ramasser dix mil livres, nous nous estimerions&#13;
661 heureux; mais cela est fort incertain.&#13;
662 Je n’ay encore receu que vingt escus c’est a dire 76. que&#13;
663 Le frere Grat n’re portier m’a apporté en me priant&#13;
664 de n’en rien dire apersonne; Je les ay recus, co’e une&#13;
665 marque de Sa charité, et du desir quil auroit de faire&#13;
666 plus, Sil pouvoit. Ne le nommez pas, Je vous prie&#13;
667 Je vous avoüe que le bonDieu Scait faire faire aux&#13;
668 gens des personnages bien opposez aleurs Jnclinations.&#13;
669 on ne peut avoir une plus grande aversion que&#13;
670 J’en ay et que J’ay toujours eu pour tout ce qui&#13;
671 S’appelle caimanderie. Je ne Suis point propre a cela&#13;
672 cepend.’ m’y voila engagé bien avant. Dieu ensoit&#13;
673 beni. Je ne crois pas y avoir un grand Succez&#13;
674 ces Mess.rs des Bureaux auroient voulu que l’on eust&#13;
675 etabli en canada quelq’ droit nouveau p.r le retablissem’&#13;
676 de n’re Sem.re et Jls representoient que cela estoit Naturel,&#13;
677 co’e les octrois des villes etau droits qui appartienn.t&#13;
678 aux villes; mais nous leur avons representé que nous&#13;
679 aimerions voir les fondemens de n’re Sem.re renversez,&#13;
680 que de la voir retabli par de nouveaux droits establis&#13;
&#13;
�681 Sur le peuple. on accorde cela aisem.’ a la cour et&#13;
682 quand le besoin est passé p.r lequel on a accordé ce droit,&#13;
683 on S’en empare p.r le Roi; et il demeureperpetuellem.’&#13;
684 ce Seroit la malediction de n’re Sem.re&#13;
685 Ce que Je crains malgré la misere des temps, c’est que Nos&#13;
686 Mess.rs ne veuillent trop tost penser au retablissem’ de&#13;
687 tout le Sem.re; car Jl me Semble que Sils font Sagem’&#13;
688 Jls nentreprendront a retablir que les deux Pavillons&#13;
689 et le corps delogis au milieu, et laisseront la chapelle&#13;
690 et la porterie p.r la Suite des temps. Jls peuvent faire&#13;
691 couvrir les murailles en attendant p.r les conserver.&#13;
692 une autre chose alaquelle Jls feront bien deprendre&#13;
693 garde, c’est que Je ferois faire carreler les chambres&#13;
694 les corridors, les Sales, en un mot tous les planchers.&#13;
695 Le feu n’y prendroit pas Si aiSem.’ Et ce ne Seroit pas&#13;
696 une grande augmentation de depense&#13;
697 Je crois que L’on a raison de ne plus faire de mansarde&#13;
698 en ce pays la; Jl vaut mieux faire eslever d’un Etage&#13;
699 le batiment p.r faire un corridor au dessus de nos&#13;
700 chambres. mais Je voudrois qu’on pust diminuer de&#13;
701 LEpaisseur des murailles, et qu’on pust ouvrir les&#13;
702 fenestres davantage cepend.’ Je concois qu’en ce pays la&#13;
703 Jl fait trop froid p.r faire de grandes ouvertures.&#13;
704 Nous avons mandé à M Grignon dez que M. Jonquaire&#13;
23.&#13;
&#13;
Jsle. Jésus.&#13;
&#13;
705 est arrivé dacheter lefer plat et carré et les&#13;
706 clous aplancher a couvrir et a bardeau dela&#13;
707 longueur que M Buisson demande, et nous avons&#13;
708 demandé le fret de ces choses dans le vaisseau de Roi.&#13;
709 M Grignon a acheté le fer et les clous a couvrir et&#13;
710 a plancher, mais Je ne Scay combien Jl aura de clou&#13;
711 a Bardeau; car Jl n’en apas trouvé defait et tous&#13;
712 les cloutiers travaillent p.r le Roi. cepend.’ Jl m’a&#13;
713 promis d’en faire faire le plus quil poura Jusqu’au&#13;
714 depart du vaisseau&#13;
715 on nous a expedié lebrevet de confirmation dela&#13;
716 possession de LJsle Jesus. Jl faut, Sil vous plaist, le faire&#13;
717 enregistrer au Conseil Superieur. on ne lappelle plus&#13;
718 Souverain parcequ’on pretend queLe Roi a eté choqué&#13;
719 du terme et a pretendu quil n’y avoit dautre&#13;
720 Souverain quelui. On a nommé M duLino p.r un&#13;
721 des Con.ers : nous avons fait ceque nous avons pup.r y&#13;
722 faire nommer M hazur. mais on a escrit au ministre&#13;
723 que c’estoit un esprit tres borné; on ne la pas encore&#13;
&#13;
�Jsle S.&#13;
Laurent.&#13;
&#13;
24. 1702&#13;
&#13;
724 nommé, mais Jl Semble qu’on ait laissé a la&#13;
725 disposition de M LJntend.’ nouveau de mettre M de&#13;
726 la martiniere p.r 1.er con.er ou M Dauteüil ala&#13;
727 charge de f.re M dela martiniere procureur g’ral.&#13;
728 aquoy Je ne crois pas que M Dauteuil consente;&#13;
729 Et de choisir M hazur ou M Monseignat p.r&#13;
730 con.er a remplir.&#13;
731 J’ay fait consulter la question des fiefs de LJsle de S.t&#13;
732 Laurent, et on est d’avis que Mgr Lancien apres&#13;
733 avoir vendu LJsle dorleans Sans rien retenir ny&#13;
734 reserver, ait n’apas droit de pretendre que les fiefs Soient de&#13;
735 la mouvance de la Seigneurie de Beaupré. ce Seroit&#13;
736 une mauvaise affaire Sil l’entreprenoit, et elle ne&#13;
737 lui feroit pas honneur. Portez le Je vous prie a&#13;
738 laccommoder. Je lelui ay mandé.&#13;
739 Nous avons un fort bon Jntendans, et J’espere&#13;
740 que vous en Serez contents; Jl est d’une famille&#13;
741 fort amie de M L. de Brisacier. Jl nous a paru&#13;
742 avoir bien envie de bien faire Je vous en ay escrit&#13;
743 peu avantageusem.t dans les 1.eres nouvelles Sur des&#13;
744 raports peu certains. mais J’ay eu letemps de&#13;
745 me desabuser. Jl est Jeune, bien fait, et est Separé de&#13;
746 Sa femme; mais Jl paroist Sage, a envie de&#13;
747 S’avancer, et ce n’est pas Sa faute, Sil n’est pas avec&#13;
748 Mad.’ Son Espouse. Nous lui avons donné a disner&#13;
749 conjointem’ avec M LEveq’ de Quebec Les Jesuites&#13;
750 lui en donnent aussi aleur tour. M.rs de S’ Sulpice l’ont&#13;
751 aussi fait. Jl a l’oreille du ministre, Jl a de l’esprit,&#13;
752 Jl paroist bien intentionné. Jl est d’une famille&#13;
753 qui n’est pas Jesuite, car Mad.’ Sa mere est la&#13;
754 grande devote de Loratoire a orleans. Jl Scaura&#13;
755 cepend.’ mesnager les Jesuites, d’autant plus qu’il&#13;
756 Scait que le ministre les ayme, M LEveq.’ de Q.&#13;
757 l’a prié de ne Se pas livrer ala congreg. et de Se&#13;
758 reserver p.r la messe de Paroisse vous nous direz&#13;
759 de Ses nouvelles l’année prochaine; car Jl faut&#13;
760 bien un an p.r voir ce quil en fait esperer en&#13;
761 Canada. Jl a promis a M L. de Brisacier de vous&#13;
762 ayder de tout ce qui dependroit delui. Nous lui&#13;
763 avons fait remarquer quil peut nous gratifier&#13;
764 en bien des manieres; car outre quil a la disposi=&#13;
765 tion des gages des officiers qui manquent, Jl a avec&#13;
766 M Le Gouverneur certaines So’es aleur disposition&#13;
&#13;
�767 Sur les quelles Jls peuvent nous faire menager&#13;
768 plus de 3000.# Par Exemple, Jl y a Surletat a&#13;
769 la fin 6000.# p.r les cas Jmprevus et Jnopinez&#13;
770 Jl y a 3000.# p.r des frais de voiage 2000.# p.r des&#13;
771 depenses vagues, Sur les quelles ces Mess.rs&#13;
25.&#13;
&#13;
Grand&#13;
séminaire&#13;
&#13;
26.&#13;
&#13;
772 pouront bien, Sils veulent nous faire plaisir.&#13;
773 on mavoit conseillé de demander au Roi ces&#13;
774 6000.# qui Sont marquez p.r les cas imprevus et&#13;
775 inopinez, et que la compagnie de canada paye&#13;
776 au Roi, mais nous avons cru que ce Seroit faire&#13;
777 un prejudice aux Gouverneurs et Jntendans et&#13;
778 quil valoit mieux laisser ces Mess.rs en estat de&#13;
779 nous faire Sur cela quelq’ grace&#13;
780 M de vilbois a beaucoup agi p.r avoir LJntendance,&#13;
781 et Si M de Pontchar. navoit esté determiné p.r nous&#13;
782 donner M de Beauharnois, Jl y auroit eubonne part,&#13;
783 mais ce ministrel’a fortbien placé, en l’envoiant&#13;
784 a madrid p.r y estre agent de la cour p.r la marine&#13;
785 et le commerce, Jl est parti p.r y aller et doit nous y&#13;
786 Servir decorrespondant. Jl Scait quenous l’avons Servi&#13;
787 en tout ce qui a dependu de Nous. Le Poste ouil est, est&#13;
788 tout afait de confiance, et Jlpouroit y faire mieux Son&#13;
789 chemin que dans LJntendance de Canada.&#13;
790 Nous avons obtenu la continuation des mil livres&#13;
791 p.r M charon; mais nous n’avons encore puobtenir&#13;
792 deles f.re mettre Surl’etat dupays. cela viendra enSon&#13;
793 temps. on nous a accordé aussi deux mil livres a&#13;
794 prendre Sur les 8000.# des Suplemens p.r les Jeunes&#13;
795 Seminaristes qu’on esleve au Sem.re qui ont laSoutanne.&#13;
796 mais on n’apas Separe Sur letat cetteSo’e p.r nous.&#13;
797 au contraire on marque que cen’est que p.r un an,&#13;
798 Nous esperons cepend.’ laf.re continuer et la faire&#13;
799 mettre Sur letatp.r nous. Jlfaut p.r cela que vous&#13;
800 fassiez representer par M Le Gouverneur et M LJntend.’&#13;
801 quil y a toujours un nombre de Seminaristes a eslever&#13;
802 qui ont la Soutanne. Jaymerois mieux quele Roi&#13;
803 nous donnast p.r cela etp.r n’re Jncendie, un benefice&#13;
804 de Six mil livres de rente dont Jl consentist Lunion&#13;
805 mais J’y vois degrandes difficultez tant que nous&#13;
806 Serons co’e nous So’es avec les Jesuites; car le Pere&#13;
807 confesseur nous donnera toujours des coups aupres&#13;
808 du Roi que nous ne pouvons parer. Jl faut en&#13;
&#13;
�Affaires&#13;
de la&#13;
Chine.&#13;
&#13;
27.&#13;
&#13;
809 benir Dieu; cela ne nous fera pas repentir de ce que&#13;
810 nous avons fait contre eux. car nous nous croirions&#13;
811 tres criminels Si nous ne lavoins pas fait. Si nous&#13;
812 Souffrons quelq’ chose de leur part nous croions&#13;
813 Souffrir p.r la Justice, car Jlme Semble quil n’y aque&#13;
814 lamour que nous avons p.r elle qui nous ait obligé&#13;
815 de nous declarer contre eux Croiriez vous quil me&#13;
816 revient que Jusqu’a leurs freres disent tout haut que&#13;
817 Dieu nous a punis par n’re Jncendie de ceque nous&#13;
818 avons fait contre eux. C’est insulter aux malheureux&#13;
819 Dieu le leur veüille pardonner.&#13;
820 Puis q’ nous So’es Sur leur chapitre Jlfaut vous&#13;
821 expliquer tout ce qui S’est fait depuis l’an passé.&#13;
822 Je vous mand’ay que Le Pape avoit voulu en Jan.er&#13;
823 1701. faire reprendre les Congregations co’e Si rien&#13;
824 n’eust esté fait Sous Son predecesseur. Jl fit donc faire&#13;
825 reprendre aux Qualificateurs leurs raport enpresence&#13;
826 des cardinaux Je vous manday aussi quapres leur&#13;
827 raport fini le S.’ Pere avaoit ordonné aux Cardinaux&#13;
828 de S’assembler ensemble p.r ces affaires. Les card.x&#13;
829 ont tenus des congregations Jusqu’à la fin delannée&#13;
830 en leur particulier. Pendant ce temps la les Jesuites&#13;
831 n’ont cessé de donner a Rome tous les mois des Escrits&#13;
832 contre nous et contre les Dominicains. Nous n’avons&#13;
833 repondu arien, et depuis la lettre de Mad.’ deLionne&#13;
834 Jl n’avoit rien paru de nous ou p.r nous. P.r les Dominicains&#13;
835 Jls ont repondu en Jtalien a tous ces escrits des Jesuites&#13;
836 par un Seul livre qui porte p.r titre Jl disinganno.&#13;
837 c’est a dire Le detrompeur, le deStilleur des yeux qui fait&#13;
838 voir clair. C’est un livre tres Joli qui demasque les Jesuites,&#13;
839 et fait voir toute la mauvaise foy dont Jls ont deffendu&#13;
840 cette mechante cause&#13;
841 Jl nous est venu pend.’ ce temps la des Nouvelles de la chine,&#13;
842 qui nous ont apprises qu’en 1700 vers Pasques Les Jesuites&#13;
843 de fotcheou, capitale dela province de foKien qui est le&#13;
844 vicariat deM Maigrot ont animé leurs chrestiens contre&#13;
845 lui, et l’ont maltraité indignem.’ En voicy lhistoire en peu&#13;
846 demots. Jusqu’alors depuis 1689. que M Maigrot en est&#13;
847 vicaire aptique et mesme depuis 1683. quil estoit revetu de&#13;
848 lauthorité deM Dheliopolis, Les Jesuites n’ontpas voulu&#13;
849 le reconnoistre, et n’ont point pris depouvoirs delui. Jls&#13;
850 ont pretendu dependredes Portugais et ont Secoué lejoug&#13;
851 du S.’ Siege Jls ont commencé Ce fut ceque lui dit Le P.&#13;
&#13;
�de fotcheou&#13;
&#13;
1702&#13;
&#13;
28.&#13;
&#13;
852 monteyro Jesuite quand Jl fit Son mandem.’ en 1693.&#13;
853 quil ne S’y Soumettroit pas parceque M Maigroit&#13;
854 n’avoit nulle authorité dans cette province, et Jl lui&#13;
855 escrivoit quil confessoit que Si M Maigrot y eust&#13;
856 eu une authorité reconnüe, il eust esté obligé deS’y&#13;
857 Soumettre Jls n’ont commencé a reconnoitre cette&#13;
858 authorité des vicaires aptiques quen 1700. Le P.&#13;
859 Jesuite qui conduit les chretiens quils ont en cette ville x receut&#13;
860 une lettre deSon visiteur qui lui ordonnoit de prendre&#13;
861 des pouvoirs de M Maigrot. Jl vint trouver M. Maigrot&#13;
862 dans la Semaine S.te p.r lui demander des pouvoirs p.r&#13;
863 confesser en ces jours la; Jly avoit peudemois que M&#13;
864 Maigrot avoir esté Sacré Evesque. M Maigrot lui&#13;
865 representa quil lui donneroit volontiers Ses pouvoirs&#13;
866 pourveu quil voulust bien observer Ses ordonnances et&#13;
867 p.r obeir a Son mandement Sur les cultes chinois. Et&#13;
868 Sur ceque ce Pere alleguoit p.r pretexte quil craignoit&#13;
869 que cela nefist du remuement dans cette Nouvelle&#13;
870 chrestienté M maigrot lui representa que Nos Mess.rs&#13;
871 Les P. Dominicains augustins et franciscains l’avoient&#13;
872 fait dans toutes leurs Eglises Sans que cela eust fait&#13;
873 le moindre mouvement; que Dailleurs il lui donnoit&#13;
874 du temps p.r oster aux cherstiens ce malheureux&#13;
875 Tableau Kin tien cest a dire a dorez le Ciel La Pere&#13;
876&#13;
lui dit quil avoit ordre deSon visiteur General de&#13;
877 neS’y pas Soumettre; et quil nepouvoit pas mesme&#13;
878 promettre quil le feroit dans quelq’ temps peu apeu&#13;
879 M Maigrot lui dit quil nepouvoit lui donner&#13;
880 Ses pouvoirs, estant Si mal disposé. Le Pere Jesuite&#13;
881 Se retire et Jl Se fait aussitost dans Son Eglise une&#13;
882 assemblée de Ses chrestiens convoquez par des chefs de&#13;
883 confrairies qui Sont les valets de ce Pere Jesuite; Jls&#13;
884 y prennent resolution de venir trouver M Maigrot&#13;
885 au nombre de plus de trente. Jls le trouvent qui venoit&#13;
886 de finir la messe; Jl les trouva fort eschaufez contre&#13;
887 lui en Seplaignant que leur Pere nepouvoit plus les&#13;
888 confesser, quils nepouvoient ni Se confesser adautres,&#13;
889 ni mesme entendre leurs messes &amp;. M Maigrot les&#13;
890 adoucit cette 1.ere fois en leur faisant entendre raison,&#13;
891 Jl leur representa qu’en qualité de Prre et dEvesque&#13;
892 Jl devoit estre obei, que c’estoit alui a retrancher ce&#13;
893 qui lui paroissoit mauvais dans Son district, quil avoit&#13;
894 fait un mandem.’ tres Sage quil Souhaitoit faire&#13;
&#13;
�895 observer, quil vouloit biendonner dutemps au&#13;
896 Pere&#13;
leur Pasteur p.r ostre peuapeu ces&#13;
897 usages Superstitieux, et que ce Pere ne vouloit&#13;
898 lui rien promettre Jls convinrent que ceque M&#13;
899 Maigrot proposoit estoit raisonnable, et Jls S’en&#13;
900 retournerent dans ledessein de lefaire entendre a&#13;
901 leur Jesuite, et del’en faire convenir. mais aulieu&#13;
902 de cela onpretend que ces valets des Jesuites leur&#13;
903 dirent quilne failoit pas raisonner avec lui, mais&#13;
904 en venir aux coups; cessabient verba, cum ventu&#13;
905 fuerit adverbera, cest un mot den’re breviaire qu’on&#13;
906 y peut appliquer. Les chestiens des Jesuites revinrent&#13;
907 trouver M Maigrot au nombre deprez de cent fort&#13;
908 eschauffez etportent leurs mains Sacrileges Surlui,&#13;
29&#13;
&#13;
909 lui arrachent labarbe, lui dechirent les habits, le&#13;
910 tirent par force hors de Sa chapelle ou ils prirent&#13;
911 un crucifix et le mettans Sur une table Jls&#13;
912 le forcoient de Se mettre a genoux devant ce crucifix&#13;
913 enlui disant que ce crucifix leprioit daprouver&#13;
914 leur Pere. Jl y eut mesme deux malheureux qui&#13;
915 tirerent leurs couteaux p.r le percer Sans quil&#13;
916 fist de resistance, et Le P. Croquer Dominicain&#13;
917 qui avoit entendu du bruit vint au Secours p.r&#13;
918 larracherde leurs mains et leur representer&#13;
919 combien grand estoit leur peché deporter ainsy leurs&#13;
920 mains Sur leur Prelat, mais Jl eut aussi Sapart&#13;
921 du mauvais traitement, et Jls lui arracherent&#13;
922 aussi la barbe et le traiterent indignement.&#13;
923 Nous So’es persuadez que Si M Maigrot fust&#13;
924 mort en cette occasion Jl eust eté un martir de&#13;
925 la verité etde la pureté de LEvangile; Jl Se&#13;
926 retira dans une Eglise des Dominicains et leSoir&#13;
927 mesme il Sortit de la ville p.r aller a une ville&#13;
928 prochaine ou estoit LEglise deM LeBlanc un de&#13;
929 nos Mess.rs Jl envoia M Le Blanc a fotcheou,&#13;
930 et Sur cequ’il apprit que ces meschans chrestiens&#13;
931 animez contre lui par ces valets des Jesuites, pour ne&#13;
932 pas dire par leurs maistres avoient dressez des&#13;
933 memoires tres injurieux contre lui et contre toute&#13;
934 la religion qui eussent esté capables de ruiner&#13;
935 entierem.’ LEglise Si onles avoit presentez aux&#13;
936 mandarins, Jl fit declarer a ce Pere Jesuite quil&#13;
937 ne le regardoit plus co’e dependans delui, quil ne&#13;
&#13;
�938 S’en regardoit pas co’e Evesque et que pour obvier&#13;
939 a tous les dangers ou la Religion estoit exposée&#13;
940 par les tumultes qui Sexcitoient, Jl aymoit mieux&#13;
941 lui donner les pouvoirs, et les lui donna en effet&#13;
942 Sans restriction. Je vous avoüe que nous navons&#13;
943 pas approuvez en cela M Maigrot, et quoique nous&#13;
30.&#13;
&#13;
944 Soyons persuadez quil n’a approuvé ce Pere que p.r&#13;
945 esviter un Scandale horrible et peut estre le renversem.’&#13;
946 entier dela Religion, nous So’es dans le principede&#13;
947 S.t Paul que Non Sunt facienda mala, ut eveniant&#13;
948 bona Cestoit un Vray mal daprouver un ho’e que M&#13;
949 maigrot est viven’ persuadé Souffrir a Ses chrestiens&#13;
950 des usages Superstitieux p.r nepas dire Jdolatriques,&#13;
951 et en commettre lui mesme en laissant Sur Son autel&#13;
952 lefuneste tableau Kin tien, que LeP. vis delou Jesuite&#13;
953 francois, et que les Jesuites disent estre leplus habile de&#13;
954 leurs Peres enla langue chinoise adit et escrit plus.rs&#13;
955 fois aM Maigrot que c’estoit laplus grande Jdola=&#13;
956 trie dela chine, et laplus marquée. Cependant c’est&#13;
957 une chose merveilleuse. M. Maigrot a eté frapé qu’on&#13;
958 le taxeroit dans Sa conduite d’estre trop ferme; Jl&#13;
959 Se justifie Sur Safermeté p.r le reste; Jl ne Se justifie&#13;
960 nullem.’ dans Sa mollessep.r ce fait la.&#13;
961 Je ne Scay qui apu a Rome avoir copie de cequi a&#13;
962 eté escrit de la chine Sur cette aff.re mais on a fait&#13;
963 Jmprimer un recit de ce fait en flandre Sans n’re&#13;
964 participation qui napas fait plaisir aux Jesuites.&#13;
965 Ces Peres n’ont cessé a Rome depresenter des livres aux&#13;
966 Card.x qui n’estoient proprem’ que des rechauffez. Jls en&#13;
967 ont mesme fait Jmprimer un co’e p.r Servir de reponse a&#13;
968 la lettre de Mad.’ de Lionne aux Jesuites ou ils disent de&#13;
969 M. Labbé de Brisacier les plus grandes impertinences,&#13;
970 le comparans a vulcain par cequil est boiteux, et avec&#13;
971 des termes Jtaliens qui Sont infames faisans entendre que&#13;
972 dans Son antre Jl forgeoit avec Mad.’ deLionne ou faisoit&#13;
973 des choses honteuses. Nous nous en plaignismes au Pape&#13;
974 par une lettre que nous lui escrivismes au mois de&#13;
975 Novembre, mais ala quelle Le Pape n’a fait faire aucunes&#13;
976 reponses. Jls nous ont Suscité et a Rome et a Paris&#13;
977 tous les chagrins quils ont pu : et nous devons nous&#13;
978 attendre ales avoir toujours contraires, non Seulem’&#13;
979 la, mais par toute la terre&#13;
&#13;
�31.&#13;
&#13;
1702&#13;
&#13;
32.&#13;
&#13;
980 Les card.x ont fini leurs congregations enparticulier&#13;
981 a la fin de lannée passée et au commencem’ de Jan.er&#13;
982 Le Pape leur en a fait faire le raport en Sa presence en&#13;
983 traitant d’un article dans chaq’ congregation, dans&#13;
984 chacune des quelles Tous les cardinaux parloient.&#13;
985 Les Jesuites donnerent au public vers le mois de&#13;
986 Novembre, le beau certificat de LEmpereur de la&#13;
987 chine, que Je vous envoye avec cette lettre; Jls le&#13;
988 firent voir 1.e enfrance au Roi a qui Jls firent dire&#13;
989 ensuite que c’estoit une piece decisive quil n’y avoit&#13;
990 pas dereponse, et qu’apres cela Le Pape n’avoit rien&#13;
991 a juger. Jls le montrerent aussi a quelques archevesq&#13;
992 et Evesques deleurs amis et le presenterent ensuite&#13;
993 au Pape. Jls le firent Jmprimer a Rome, a venise a&#13;
994 Naples, et ensuite en france a Toulouse a Bordeaux&#13;
995 a Lion, a Paris et a Rouen. Alors Jls chantoient&#13;
996 victoire et mesme nous plaignoient aux oreilles de&#13;
997 leurs Penitens de nous estre jettez dans une Si&#13;
998 mauvaise affaire Cefut dans ce temps la que Le&#13;
999 Pape nomma un de Ses cameriers dhonneur p.r estre&#13;
1000 Patriarche d’antioche, et p.r l’envoier en qualité de&#13;
1001 Legat a la chine. alors Les Jesuites chanterent une autre&#13;
1002 victoire. Jls dirent partout et Le Pere dela chaize le&#13;
1003 dit au Roi qui l’en crut Sur Sa parole que LePape&#13;
1004 en fin n’avoit par vu Si clairem’ les Jdolatries que&#13;
1005 M.rs des missions Etrangeres reprochent aux Jesuites,&#13;
1006 puis que n’en estant pas certain Jl envoye un&#13;
1007 visiteur apostolique ala chine p.r S’en Jnformer de&#13;
1008 nouveaux. mais nous estions bien tranquiles entout&#13;
1009 cecy puis q’ LePape avoit ordonné a M Le Nonce&#13;
1010 de dire a M Le Card.l de Noailles et anous que ce&#13;
1011 visiteur apostolique nalloit par a la chine p.r&#13;
1012 Jnformer de Nouveau, mais p.r faire executer le Decret&#13;
1013 quil auroit porté.&#13;
1014 Nous avons encore recus l’an passé dela chine&#13;
1015 deux gros volumes in folio d’escritures deM. Maigrot&#13;
1016 quil addressoit au deffunt Pape. on ne peut rien&#13;
1017 voir deplus recherché que tout ce qui est dans&#13;
1018 ces livres. M. maigrot y recherche l’origine de cette&#13;
1019 Nation, et de Ses ceremonies et y develope d’une&#13;
1020 maniere tout a fait Scavante toute la Politique et&#13;
1021 la Religion des chinois en faisant voir par tous leurs&#13;
1022 livres les plus certains quils Sont atheez et Jdolatres&#13;
&#13;
�1023 tout ensemble. mais co’e ces livres qui Sont en&#13;
1024 Latin et fort gros ou n’auroient pu estre lus ou auroient&#13;
1025 Servis de pretexte a retarder le Jugem’ Tous nos&#13;
1026 amis nous ont conseillez dene les par presenter au&#13;
1027 Pape et dattendre la decision de laffaire&#13;
1028 car quoiqu’elle Soit aussi claire quon puisse trouver&#13;
1029 une affaire, cepend.’ quand on a ala Soutenir contre&#13;
1030 des Jesuites, on craint tout. Et Dailleurs ces Peres&#13;
1031 ont repandus dans de fois du Pape quil estoit de&#13;
1032 leurs meilleurs amis quil leur avoit promis, non&#13;
1033 pas de Juger enleur faveur, car Jls nosent aller jusque&#13;
1034 la mais de ne pas juger cette affaire, que nous&#13;
1035 ne Sommes pas Sans crainte Sur le chapitre duPape&#13;
1036 car mesme presq’ tous ceux qui leconnoissent&#13;
1037 nous le representent co’e une personne qui veut&#13;
1038 faire plaisir a tout le monde et ne mescontenter&#13;
1039 personne, et qui pouroit faire un pasté de notre&#13;
1040 affaire, qui la gasteroit aulieu de lavancer, non&#13;
1041 pas en jugeant contre nous, car nous nele craignons&#13;
1042 pas mais en faisant un’ Jugem.’ fouré et ambarassé&#13;
1043 qui en espargnant les Jesuites, les feroit S’en relever&#13;
1044 tost ou tard.&#13;
1045 Nos Mess.rs voians en fevrier que les congregations&#13;
1046 alloient bien lentem’ firent escrire au Pape par M&#13;
1047 Labbé une lettre dont Jenay déjà addressé deux&#13;
1048 Exemplaires a M’gr Lancien, et Je vous en envoye&#13;
1049 trois pas M Jonquaire.&#13;
1050 Je vous envoye encore parlui la defense dela&#13;
1051 Censure de Sorbonne qui fut donnée l’an passé au&#13;
1052 public. Les Jesuites n’y ont repondu que par un&#13;
1053 petit Libelle Jntitulé Jugem.’ Doctrinal &amp; que Je&#13;
1054 vous envoye&#13;
33.&#13;
&#13;
1055 Le Pape a receu cette lettre deM L’abbé fort bien,&#13;
1056 et la donnée alire a M Le Patriarche dantioche qui&#13;
1057 en a parlé avec Eloge. Les Jesuites en Sont outrez. On&#13;
1058 dit quils y repondent. Nous So’es Seurs quils nele&#13;
1059 peuvent faire a ce qui y est essentiel, Jls pouront&#13;
1060 Se repandre en des reproches a leur ordinaire; mais&#13;
1061 cela ne merite pas d’estre relevé&#13;
1062 Le Pape apres la mi-caresme ayant fini les Congreg.ons&#13;
1063 a nommé trois consulteurs duS.t office p.r receuillir&#13;
1064 Les voix des qualificateurs et des card.x dans toutes&#13;
1065 les congregations quils ont tenus. on a fait ce receuil&#13;
&#13;
�1066 a Pasque et Nous Scavons que des Qualificateurs&#13;
1067 Jl y en a deux qui vont plus loing que M. Maigrot,&#13;
1068 et un qui parle co’e les Jesuites, parce q’ c’est un&#13;
1069 ho’e vendu a eux qui fit dans laff.re de cambray&#13;
1070 le mesme personnage P.r Les card.x Jly en a dans&#13;
1071 toutes les congregations de treize quils estoient&#13;
1072 dix ou onze p.r Nous et deux ou trois p.r les Jesuites,&#13;
1073 encore p.r les Jesuites qui ne Sont pas entierem.’ p.r eux,&#13;
1074 mais qui disent qu’on peut tolerer quelques unes de ces&#13;
1075 ceremonies enostant et retranchant ce quil y a de&#13;
1076 Superstitieux&#13;
1077 Nous Scavons que ce Recueil estoit fait dans la&#13;
1078 Semaine d’apres Pasque; Nous Scavons qu’on n’avoit&#13;
1079 encore pu le presenter au Pape Le Lundi de quasimodo,&#13;
1080 acause des aff.res que Le Pape a eu ces festes. mais&#13;
1081 qu’on attendoit a le presenter au 1.er moment. voila&#13;
1082 ou nous en Sommes, et Nous esperons avoir dans&#13;
1083 peu un Jugement.&#13;
1084 Nous Scavons mesme par M Le card.l de Noailles&#13;
1085 qu’une personne lui escrit de Rome avoir lu entreles&#13;
1086 mains deM Cassoni assesseur du S.t office la Bulle&#13;
1087 toute preste qui est telle que nous la pouvons Souhaiter,&#13;
1088 et que cet assesseur est resolu de presenter au Pape p.r&#13;
1089 la lui faire Signer. Cepend.’ nous ne Sommes pas Sans crainte&#13;
34.&#13;
&#13;
1090 et nous ne nous asseurons derien, jusqu’à ce que Le&#13;
1091 Pape ait prononcé. Nous craignons quil ne donne&#13;
1092 de belles paroles a tout le monde; mais ce qui est&#13;
1093 meilleur que des paroles c’est queles qualifications&#13;
1094 des card.x Sont aussi favorables p.r nous que nous&#13;
1095 les puissions Souhaiter. Le Pape est dailleurs fort&#13;
1096 ambarassé dans les conjonctures presentes. Jl voit&#13;
1097 Le Roi dEspagne a Naples avec une armée, Jl voit&#13;
1098 a milan une puissante armée de francois et&#13;
1099 dans le modenois une presquaussi puissante&#13;
1100 d’allemans. Tout est mesme a Rome assez en&#13;
1101 trouble. Les allemans y font de continuelles&#13;
1102 algarades aux francois; Les francois qui S’y tiennent&#13;
1103 forts de leurs armeez de Napleet de milan Se&#13;
1104 tiennent Sous les armes. Le Pape est fort occupé&#13;
1105 de toutes ces aff.res c’est ce qui nous fait excuser&#13;
1106 Ses lenteurs. Au reste l’on Jmprime les homelies&#13;
1107 et les Discours quil prononce et compose lui mesme&#13;
1108 en presence des Cardinaux qui Sont tout a fait beaux&#13;
&#13;
�Roi&#13;
Jacques II&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
1109 et tres édifians Je tacheray de vous les envoier.&#13;
1110 Nous Sommes ala veille d’une grande guerre ou&#13;
1111 plutost elle a déjà commencée l’an passé et&#13;
1112 elle continüe cellecy, mais n’est pas encore declarée&#13;
1113 avec Langleterre acause de la Nouvelle Reine,&#13;
1114 Sœur du Prince de Galles, que Le Roi a reconnu Roi&#13;
1115 d’angleterre apres la mort du Prince dorange et&#13;
1116 il ne pouvoit faire autrement.&#13;
1117 Je croy que Le Roi dangleterre Jacque Second n’etoit&#13;
1118 pas mort lan passé quand Je vous escrivis. le&#13;
1119 Prince est mort avec des Sentimens Si pieux et Si&#13;
1120 édifians quil a paru au dessus de lui mesme quand dans&#13;
1121 Sa derniere maladie. Rien n’est plus tendre et plus pieux&#13;
1122 que ce quil dit a Son fils Sur le bonheur quil avoit&#13;
1123 destre Catholique, et Sur le genereux mepris quil devoit&#13;
1124 faire d’une couronne p.r conserver Sa foy; Sur la Joye&#13;
1125 que Dieu avoir repandue dans Son cœur de mourir dans&#13;
1126 le Sein de LEglise; Surle pardon quil accordoit volontiers&#13;
1127 au Prince d’orange et a tous Ses Sujets qui l’avoient&#13;
1128 outragé; Jl est mort en Saint comme il a vescu&#13;
1129 J’ay retenu Sur tout ce quil dit a un milord qui est&#13;
1130 protestant et est aupres de Son fils; ah milord, ditil,&#13;
1131 Si vous pouviez concevoir lajoye que mon cœur&#13;
1132 ressent de mourir dans le Sein de LEglise, et combien&#13;
1133 dans ces momens Dieu console un chrestien qui pour&#13;
1134 lamour de lui a meprisé les honneurs du monde Jl n’y&#13;
1135 a que dans LEglise catholique ou l’on goute cette&#13;
1136 Solide consolation. Dieu recompense Ses amis par avance&#13;
1137 En Se donnant aeux Jl les dedommage bien de ce quils&#13;
1138 ont quitté p.r lui. voiant entrer N’re S’gr qu’on lui&#13;
1139 aportoit p.r viatique Jl Se leva tout malade quil&#13;
1140 estoit, et S’escria, Je crois en celui que Je vois caché Sous&#13;
1141 les voiles du Pain et du vin et Jespere que dans peu Jl&#13;
1142 Se montrera a moy Sans voile a visage descouvert et&#13;
1143 quil me fera Sentir le bonheur deleposseder. Ce quil&#13;
1144 y a demerveilleux, C’est que Dieu honore Son tombeau&#13;
1145 deplus.rs miracles, et on va l’invoquer co’e un Saint,&#13;
1146 avant que LEglise ait permis de l’honorer. Le concours&#13;
1147 y est fort grand. Je ne doute par que Dieu n’ait deja&#13;
1148 recompensé Son fidel Serviteur. apres Sa mort Le&#13;
1149 Roi a reconnu le Prince de Galle p.r Roi dangleterre&#13;
1150 cela a irrité furieusem.’ les anglois et Le Prince&#13;
1151 d’orange S’est Servi de ces dispositions p.r tirer deux&#13;
&#13;
�1152 tous les Secours dont Jl a besoin dans la guerre quil&#13;
1153 a allumée contre Nous. Le Parlement dangleterre&#13;
1154 a voulu mesme faire le procez au Prince de Galle Roi&#13;
1155 dangleterre et la Reine Sa mere. mais Jl a esté retenu&#13;
1156 par la communication qu’on lui adonné d’un traité&#13;
1157 Secret du Prince dorange avec Le Roi fait p.r parvenir&#13;
1158 a la paix de RisewicK qu’on fit en 1696. Ce traité portoit&#13;
1702&#13;
&#13;
36.&#13;
&#13;
M.r Calon.&#13;
&#13;
1159 que Le Roi de france Sobligeoit de reconnoistre Le Prince&#13;
1160 d’orange p.r Roi dangleterre tant quil vivroit et de&#13;
1161 ne prester aucun Secours p.r le detrosner pend.’ toute&#13;
1162 Sa vie, et Le Prince d’orange S’obligeoit de faire&#13;
1163 reconnoistre Le Prince de Galles apres la mort du&#13;
1164 Roi dangleterre p.r legitime heritier dela Couronne,&#13;
1165 et permettoit dele reconnoitre p.r Roi le decez deSon&#13;
1166 Pere arrivant et Le Prince dorange Sobligeoit de&#13;
1167 plus de disposer les esprits ale faire remonter Sur&#13;
1168 le trosne p.r lui Succeder apres Sa mort. on jetta&#13;
1169 copie de ces traitez Surla table des communes et de&#13;
1170 la chambre des Pairs. on offroit aubas den faire&#13;
1171 voir les originaux aux deputez que Le Parlement&#13;
1172 voudroit envoier a calais a DunKerque et a Diepe&#13;
1173 cela a rallenti la hayne du Parlement contre le&#13;
1174 nouveau Roi d’angleterre, et cela a fait mourir de&#13;
1175 chagrin Le Prince d’orange qui a veu Ses ruses et&#13;
1176 finesses descouvertes. cette mort afort affoiblie les&#13;
1177 ennemis de la france; La Jeune Sœur du Prince de&#13;
1178 Galles aeté couronnée Reine en angleterre mais&#13;
1179 la Guerre entre eux et Nous n’est pas encore declarée&#13;
1180 on attend quils la declarent au 1.er Jour. car nous ne&#13;
1181 voulons la declarer a personne&#13;
1182 vous apprendrez ce qui est arrivé a cremone cet hyver;&#13;
1183 ou les francois ont fait voir leur bravoure, en&#13;
1184 reprenant une place que les Jmperiaux avoientprise&#13;
1185 aussi bien que leur General C’est laction laplus belle&#13;
1186 qu’on ait fait de longtemps.&#13;
1187 Revenons a present a parcourir lereste des articlesde&#13;
1188 v’re lettre dont Jene vous ay pas encore escrit.&#13;
1189 Je voudrois bien que vous pussiez retenir avec vous&#13;
1190 M Calon. Je Scay quil a un peu de ces airs de bons abbez&#13;
1191 qui nesont pas vicieux, mais qui ayment a tuer le temps&#13;
1192 et neSont pas laborieux; mais J’ay espere que lexemple&#13;
1193 quil trouveroit dans le Sem.re lui donneroit ducourage&#13;
1194 cest un grand malheur quil Se Soit indisposé contre nos&#13;
&#13;
�1195 M.rs et Sur tout contre M’gr lancien p.r ce Seig.r deBeauport.&#13;
37.&#13;
&#13;
M.r Mathieu&#13;
&#13;
38.&#13;
Pentagoet.&#13;
Missisipi.&#13;
&#13;
1196 car d’ailleurs Jl ade bonnes dispositions, et Jl m’avoit&#13;
1197 marqué que quand Jl Seroit dans un lieu ou il faudroit&#13;
1198 des ouvriers quil travailleroit de tout Son cœur.&#13;
1199 Sil revient Je ne Scay comment Jl en faudra agir&#13;
1200 avec lui, car Je touche tous les ans plus de 400.#&#13;
1201 de Son benefice, dont Je ne Scay Sil ne voudra pas&#13;
1202 que Je les lui rende en tout ou partie, car Je les&#13;
1203 ay porté en recette p.r le Sem.re de Quebec Jusqu’à p’nt&#13;
1204 Je comptois un peu Sur cela enle choisissant p.r&#13;
1205 Laccadie, aussi bien que M Requeleyne, car dans les&#13;
1206 commencemens dEstablissemens un peu dayde fait&#13;
1207 grand bien J’ay Sceu qu’on avoir un peu raillé&#13;
1208 Sur ce choix, mais Dieu en a disposé autrem.’ Jl n’y&#13;
1209 faut plus penser.&#13;
1210 M’gr de Quebec a envoié M. mathieu ou doit l’envoier&#13;
1211 a Son abbaye de Bennevent. Jly a encore envoié un&#13;
1212 autre Prestre qui S’est presenté alui et quil vouloit&#13;
1213 donner a ces Mess.rs du mont Louis qui est un grand&#13;
1214 Jgnorant. P.r le petit M. Turpin Jl édifie a Pontoise,&#13;
1215 et M. fredin en fait des esloges merveilleux&#13;
1216 vous avez bien pensé que M’gr nous reprocheroit ce&#13;
1217 que le Sem.re a fait a lesgard de M. mathieu. Jl S’en&#13;
1218 est expliqué a moy avec bien de la grosseur Sur le&#13;
1219 cœur, et Jl na pas paru recevoir tout ce que Je&#13;
1220 lui ay allegué p.r nous disculper. Cepend.’ Jl a&#13;
1221 depuis laissé tomber cela par terre et Je ne l’ay&#13;
1222 par relevé. Jl a paru aussi tres faché de ce que vous&#13;
1223 aviez laissé expedier des lettres de prestrise a ces Mess.rs et&#13;
1224 voudroit que vous les leur eussiez refuséez. mais quand&#13;
1225 on voudra retenir par ces Sortes de voyes unpeu violentes&#13;
1226 les personnes en Canada, on n’en attirera guere. Jl est&#13;
1227 co’e vous dites Jmportant de bien choisir les Sujets,&#13;
1228 mais Jlest difficile que dans lestat ou Mgr a mis les&#13;
1229 choses Les Ecclesiastiques Se Soutiennent aussi facilem.t&#13;
1230 quils faisoient quand Jls etoint tous unis au Sem.re&#13;
1231 Jay déjà marqué par mes 1.eres lettres n’re Surprise&#13;
1232 que vous eussiez cedé aux Jesuites la mission de&#13;
1233 Pentagouet p.r le bien de la paix. Je vous conseille&#13;
1234 p.r le mesme Sujet de rappeller tous vos miss.res de&#13;
1235 misissipi&#13;
1236 Le P. Lamber ville est fort ambarassé de ceque le&#13;
&#13;
�P. Vaillant&#13;
&#13;
Ursulines.&#13;
&#13;
M : dollier&#13;
M : de Belmont&#13;
&#13;
P. Bale.&#13;
&#13;
39&#13;
&#13;
office&#13;
de la&#13;
S.te Famille&#13;
&#13;
1237 ministre lui a escrit de faire revenir Le P. vaillant&#13;
1238 du Canada a cause de ce quil a fait dans le detroit.&#13;
1239 cela fait bien de la peine aux Jesuites. Je neScay pas&#13;
1240 comment Jls Sen tiretont. Nous avons offerts d’y&#13;
1241 envoier un Prestre, on n’a pas repondu a cet article&#13;
1242 de n’re memoire&#13;
1243 vos bonnes ursulines des trois rivieres ont des patentes&#13;
1244 p.r leur etablissem’ telles que vous les souhaitéz. Mgr de&#13;
1245 Quebec leur a donné mil livres de rente&#13;
1246 Je n’ay pu Scavoir en quoy les ursulines de Quebec&#13;
1247 auroient Souhaitéez estre appuyéez. Si c’est p.r demander&#13;
1248 au Roi, elle nobeitndront rien en ce temps cy. vous&#13;
1249 pouvez compter que nous ferons p.r elles tout cequi&#13;
1250 dependra de Nous. Cest un bien queles Jseuites ne Soient&#13;
1251 plus leurs confesseurs ord.res Et Si on Scait les prendre&#13;
1252 on les en detachera aisem.t peu a peu&#13;
1253 J’ay eté touché de la mort de M. Dolier et le Seray encore&#13;
1254 plus Si le gouvernem’ reste entre les mains de M de&#13;
1255 Belmont. vous ne Scauriez croire combien ces&#13;
1256 Mess.rs de s.t Sulpice Se Sont retirez de Nous depuis&#13;
1257 nos aff.res contre les Jesuites. Jls leur Sont ap’nt devouez&#13;
1258 Quoiq’ M de Brisacier ait appris par lalettre deM&#13;
1259 de Pont chartrain quil navoit pu rien obtenir p.r M&#13;
1260 Sarazin, cepend.’ Nous avons lu Sur letat quil y estoit&#13;
1261 couché p.r 600.# cest donc 300.# daugmentation.&#13;
1262 Mgr de Q. S’est lui Seul meslé de ce quiregarde Le P. Bale&#13;
1263 on ne peut rien deplus hardi, et la Satisfaction que les&#13;
1264 Jesuites en ont faite nest pas Suffisante. car on auroit du&#13;
1265 lobliger a Se retracter publiquem’ ou lui interdire toute&#13;
1266 fonction dans le Dioceze.&#13;
1267 vous trouverez dans nos balots plus.rs paquets a&#13;
1268 vous addressez pas M Thomas conseiller au chatelet&#13;
1269 des livres de M Boudon. ce M Thomas est un homme&#13;
1270 de bien, qui fait debonnes œuvres en Secret. Mgr de&#13;
1271 Quebec veut que les livres que vous distribuerez Soient&#13;
1272 distribuez enSon nom, et il l’est allé demander a M&#13;
1273 Thomas. Je mattends que l’année prochaine JlSe fera&#13;
1274 donner par M Thomas tous ceux quil voudra&#13;
1275 envoier en canada, et Jl’en disposera co’e Jl le&#13;
1276 Jugera a propos quand Jl les aura.&#13;
1277 vous aurez enfin cette année l’office dela S.te famille,&#13;
1278 et bien vous apris dem’avoir piqué vivem’ par vos&#13;
1279 lettres, et de ceque cette Jmpression estoit faite, quand&#13;
&#13;
�Santé&#13;
&#13;
40. 1702&#13;
&#13;
1280 Le triste nouvelle den’re Jncendie est arrivée. Je vous&#13;
1281 en envoie moitié cette année. Je vous envoieray le&#13;
1282 reste lannée prochaine. Prenez vous en a mes&#13;
1283 occupations Sil y a quelques fautes restéez. Je n’ay&#13;
1284 fait faire que LJmpression de Loffice et de la messe.&#13;
1285 Jl n’y a rien de Noté. Jl ne faut par Sattendre que&#13;
1286 le reste Se fasse Si tost.&#13;
1287 Jl est vray que J’ay un peu trop d’ambaras, mais&#13;
1288 cepend.’ Jl me Semble que Je tasche a nepas manquer&#13;
1289 a mes exercices Spirituels. a la verité Je ne crois pas&#13;
1290 faire autant doraisons et de lectures Spirituelles que&#13;
1291 vous, mais Je tache a me rendre a nos regles leplus que&#13;
1292 Je puis : ce qui me consomme leplus de temps, ce sont nos&#13;
1293 confessions que Je voudrois avoir entierem.’ esloigné.&#13;
1294 car cela laisse toujours delouvrage apres Soy.&#13;
1295 Jl me Semble que mes emplois ne m’ont pas entierem.’&#13;
1296 osté le Souvenir dela mort et des fins dernieres. Je n’ay&#13;
1297 eu depuis que JeSuis en farnce que trop de Sujets dafflictions&#13;
1298 qui me les ont retracéez, et J’en Suis ce me Semble plus&#13;
1299 penetré que Jamais. co’e Je Sens Souvent certains&#13;
1300 affoiblissemens deSanté ce Sont des avertissemsns de&#13;
1301 la fin prochaine, alaquelle Jl faut Se preparer.&#13;
1302 On S’est mocqué de moy quand on vous a dit que&#13;
1303 Je confessois a S.t Cyr car cela n’est pas vray. Je ny&#13;
1304 mets Seulem’ pas lepied, et Je vous asseure que Je&#13;
1305 ne vais a versailles qu’a mon corps deffendant, et&#13;
1306 depuis que J’y vais, Je n’ay pas entré dans aucuns&#13;
1307 appartemens que ceux precisem.’ ou J’ay affaire, et&#13;
1308 Jen’ay pas mesme encore esté voir les Jardins ni marli,&#13;
1309 ni par tout ailleurs fait aucune visite deplaisir.&#13;
1310 Je puis vous asseurer que Dieu me fait la grace de ne&#13;
1311 desirer aucune fortune ni aucuns biens, et que Je m’estime&#13;
1312 plus heureux dans ma pauvreté que Je ne le Serois&#13;
1313 peut estre dans l’abondance; car si Javois dubien, Je ne&#13;
1314 Serois peut estre pas tel que Je Suis actuellem.’ et Jepourois&#13;
1315 me laisser aller ala mollesse et a la paresse&#13;
1316 Jepuis vous dire en confiance qu’on Seplaint unpeu de&#13;
1317 vous de ceque vous agissez ce Semble un peu trop&#13;
1318 independamm’ p.r aller dans le dioceze et rester peu&#13;
1319 au Sem.re, ou vous Scavez que v’re presence est Souvent&#13;
1320 fort necessaire&#13;
1321 Jl y a un decret a Rome qui deffend ap’nt d’accorder plus&#13;
1322 d’un bref d’Jndulgences dans chaque Eglise vous&#13;
&#13;
�M : Leriche&#13;
&#13;
41.&#13;
M.’ Erberie&#13;
&#13;
M.’ Guay&#13;
&#13;
M.r Maudoux&#13;
&#13;
Mr Le vayer&#13;
&#13;
1323 voiez par la quil est inutile de medemander tous ceux&#13;
1324 que vous me demandez. Je ne vous en envoye qu’un bref&#13;
1325 que vous trouverez dans mes paquets.&#13;
1326 Nos Mess.rs n’ont point esté contens que dans les lettres&#13;
1327 que vous avez escrites a M Le Card.l de Noailles et a M de&#13;
1328 Pont chartrain vous aiez repeté plus.rs fois que la p’npale&#13;
1329 fin de v’re Sem.re est deslever dela Jeunesse car cela n’est&#13;
1330 pas vray. v’re 1.ere fin c’est la conversion des Jnfideles&#13;
1331 La 2.de c’est la formation du clergé, et cette educationdela&#13;
1332 Jeunesse, n’en est qu’une troisieme qui a raport aussibien&#13;
1333 que la 2.de a la 1.ere.&#13;
1334 Co’e Mgr de Quebec ne veut pas fournir ala depense des&#13;
1335 Ecclesiastiques qu’on envoie en canada Notre temporel&#13;
1336 ne permet pas que nous la fassions. Jl m’en coutera p.r M&#13;
1337 Le Riche au moins 250.# et on m’en demande prez de 400.#&#13;
1338 M herberich fait des merveilles a anholt en&#13;
1339 allemagne ou Jl est curé. La Guerre est bien prez de&#13;
1340 Son quartier, car Key Servert que les hollandois&#13;
1341 assiegent Sur LElecteur de cologne depuis prez dun&#13;
1342 mois n’en est pas a vingt lieues. Mad.’ La Princesse&#13;
1343 de Salmen dit mil biens. Jly a plus de Six mois que&#13;
1344 Jenay receu de Ses lettres, mais un de mes amis en a&#13;
1345 receu depuis peu de cette Princesse&#13;
1346 Nous So’es enfin debarassez de M Gay. Jl m’a bien&#13;
1347 donné de la peine pend.’ quelq’ temps et encore plus a&#13;
1348 Mgr; car on craint tout d’un esprit qui nest pas&#13;
1349 dans une assiette Naturelle&#13;
1350 M Maudoux revient en france, et nous lattendons&#13;
1351 au retour du vaisseau qui est allé a Laccadie.&#13;
1352 Je crois qu’on doit conseiller a M Le veyer derepasser en&#13;
1353 france Sil est tel qu’on le dit c’est un vray dommage,&#13;
1354 car Jl escrit avec pieté.&#13;
1355 Quant a Lunion des cures de Beaupré, P.r y parvenir&#13;
1356 dans les regles, Jl faudroit presenter requete au nom du&#13;
1357 Sem.re ou des curez qui y Sont aM LeLEvesque de Quebec&#13;
1358 ou Son Grand vicaire, mais Jl vaudroit mieux que ce&#13;
1359 fust aMgr; Jl faudroit quil mist au bas, Soit communiq’&#13;
1360 a n’re promoteur. Le Promoteur devroit requerir&#13;
1361 qu’avant faire droit Jl Sera Jnformé par un&#13;
1362 Ecclesiastiq’ commis a cet effet co’e par Exe M de&#13;
1363 la colombiere dela commodité ou Jncommodité. Et&#13;
1364 ensuite Sur ces conclusions M de Q. donnera une&#13;
1365 commission p.r faire cette Jnformation, Pour&#13;
&#13;
�1366 la quelle faire, Jl faut faire assigner par lappari=&#13;
1367 seur deM Le Promoteur, Sept ou huit principaux&#13;
1368 habitans de chaq’ paroisse qui deposeront que ce Sera&#13;
1369 p.r eux une grande commodité que le Sem.re fasse&#13;
1370 desservir leurs curez, par ce quil y aura toujours&#13;
1371 dans un telle maison des personnes tres Sages etbien&#13;
1372 Jnstruites p.r leur enseigner le chemin du ciel. Le&#13;
42&#13;
&#13;
43.&#13;
&#13;
1373 procez verbal de commodo estant fait, doit estre&#13;
1374 raporté au Promoteur qui doit donner Ses dernieres&#13;
1375 conclusions qu’il nempeschepas que Lunion de ces&#13;
1376 Cures ne Se fasse et alors M Leveque de Q. en doit&#13;
1377 faire dresser le Decret en Son Secretariat ou il&#13;
1378 doit Specifier toutes ces procedures avant que de&#13;
1379 prononcer et commencer ainsy La prononciation&#13;
1380 Tout consideré le S.t nom de Dieu Jnvoqué Nous&#13;
1381 avons uni et unissons Les d. cures &amp; : Et ensuite&#13;
1382 vous devez faire enregitrer ce Decret dunion au&#13;
1383 conseil Souverain de Quebec et Le conseil Le doit&#13;
1384 enregitrer par un arrest rendu Sur la requeste que&#13;
1385 le Sem.re lui en doit presenter.&#13;
1386 J’ay receu ce paquet de lettres de l’an passé dont vous&#13;
1387 estes en peine ouil y avoit un projet de patentes de&#13;
1388 ces unions, mais que Je n’ay pas presenté lecroiant&#13;
1389 inutile, et ouil y avoit des lettres deM.rs S.t Cosmeet&#13;
1390 Bouteville qui prouvoient quils avoient paiez aux&#13;
1391 Jesuites leurs depenses.&#13;
1392 vous nestes obligez a rien p.r ces festes deS.’ Benoist&#13;
1393 et de S.t Bernard, acause des abbayes de meaubec et&#13;
1394 de Lestrée jusqu’à ce que leS.’ Siege ait prononcé, et&#13;
1395 ait uni ces abbayes au chapitre.&#13;
1396 Je vous prie de Scavoir de ces habitans deS.’ Thomas&#13;
1397 ce quils veulent que Je fasse de ces 150.# p.r leur Eglise&#13;
1398 Mgr de Quebec m’a deja pressé bien des fois de la&#13;
1399 lui remettre. Jattends deux ce quils veulent que J’en fasse.&#13;
1400 Je n’ay pas receu cette année de lettre de M. Preaud. Jl&#13;
1401 a peut estre peine a escrire Sans vous envoier del’arg.t&#13;
1402 et dans ces annéez Jlest fort rare par tout.&#13;
1403 vous avez quelqu’un qui vous fait de vain es terreurs&#13;
1404 Sur les PP. de Loratoire. Jl me paroist que Mgr n’y pense&#13;
1405 pas et quand Jly penseroit Je ne crois pas que ces&#13;
1406 m.rs fussent bien pressez d’y aller. a Legard de cette&#13;
1407 Congregation Sur le Jansenisme, Je vous diray qu’on n’y&#13;
&#13;
�Catéchisme&#13;
&#13;
44.&#13;
&#13;
1408 Souffre aucun enseigner ouSoutenir les propositions&#13;
1409 condamnéez, mais Si vous appellez Jansenisme ne pas&#13;
1410 Suivre les Sentimens des Jesuites, cette cong.on l’est et nous&#13;
1411 le Sommes aussi. Du reste ces Mess.rs Sont assez libres&#13;
1412 p.r la Doctrine et Sont fort Scavans; Jl y en a parmi&#13;
1413 eux de molinistes, et d’autres Thomistes Sur la grace, et&#13;
1414 Je croy quils Sont plus Thomistes que Molinistes,&#13;
1415 mais on ne contraint personne. Jls ont actuellemt&#13;
1416 les predicateurs les plus Suivis.&#13;
1417 au Sujet de votre cathchisme, vous voulez bien que Je&#13;
1418 vous dise que vous portez trop loing votre credulité&#13;
1419 Sur ces histoires que le Pedagogue ou daussi meschans&#13;
1420 autheurs nous ont donné. Je trouve asseurem.’ fort&#13;
1421 juste tout ceque vous me marquez des remarques&#13;
1422 qu’on a fait Sur les histoires que vous avez raportéez&#13;
1423 de v’re catechisme vous n’avez pas gouté M de&#13;
1424 Tillemont, et Je devineroit volontiers quevous lavez&#13;
1425 Soupconné de Nouveauté, parcequil nadmet que&#13;
1426 les histoires asseuréez. La pieté veritable ne peut&#13;
1427 estre Soutenüe par de fausses histoires, et une Seule&#13;
1428 bonne histoire bien vraye edifie plus qu’une centaine&#13;
1429 qui auroient quelq’ apparences de doute defausseté.&#13;
1430 Jl faut aimer la verité, p.r etablir en nous une Solide&#13;
1431 pieté. Ce M de Tillemont autheur des memoires&#13;
1432 Surlhistoire Ecclesiastique est mort depuis deux ans.&#13;
1433 C’estoit un des plus Scavans hommes que nous eussions.&#13;
1434 Jl’estoit frere de M Le Nain Con.er ala grand chambre,&#13;
1435 et de la femme deM Portail autre Con.er qui Sont&#13;
1436 les deux plus Jntegres Juges que nous aions dans&#13;
1437 le Parlem.t Jl avoit entrepris de revoir tout les&#13;
1438 memoires. de LEglise des Six 1.ere Siecles, et Jl esperoit&#13;
1439 que quelqu’autre entreprendroit la Suite. Jl avoit&#13;
1440 fait Ses collections Sur les cinq Siecles et demi, mais&#13;
1441 Jl na pu faire Jmprimer deSon vivant que trois&#13;
1442 Siecles et demi c’est a dire Jusqu’au temps de Constanti&#13;
1443 et de S.t athanase Jl a laissé Les benedictins heritiers&#13;
1444 de Ses memoires p.r achever Son entreprise qui&#13;
1445 n’est pas difficile a achever Sur tout Les memoires.&#13;
1446 on va nous donner de lui la vie de S.’ augustin&#13;
1447 Ses ouvrages Sont estiméz de tous les Scavans et on&#13;
1448 y trouve avec LErudition profonde une exactitude&#13;
1449 Si grande, et tant de pieté et d’amour p.r LEglise et&#13;
1450 p.r Ses Saints qui l’ont certainem.’ honoré, qu’on nepeut&#13;
&#13;
�1451 Sempescher de l’estimer. Jl nous y donne des histoires&#13;
1452 cent fois plus édifiantes que celles du Pedagogue, et&#13;
1453 qui Sont tres asseuréez. Jl nous raporte des Saints&#13;
1454 qui ont esté tres venerables et dont Jl dit des choses&#13;
1455 merveilleuses tres appuyéez etSur des authoritez Sans&#13;
1456 contredit, dont on ne parloit plus, parceque Dieua&#13;
1457 permis que les lieux ouils estoient honorez ayent tombez&#13;
1458 entre les mains des ennemis dela Religion Mgr a&#13;
1459 fait Jmprimer ce catechisme et Jene doute pas quil ne&#13;
1460 vous en ait envoyé. Jl m’a dit quil a Suivi les reflexions&#13;
1461 de ce Docteur, dont vous me parlez qui est M Petit pied&#13;
1462 Professeur de Sorbonne, et unde nos amis, et M Durieux&#13;
1463 Principal du Plessis.&#13;
1464 Jl me faut icy finir, par cequ’ M Jonquaire part&#13;
1465 demain vingt deux de may. Je crois quil S’en retourne&#13;
1466 assez content de Nous. Et nous So’es resolus destre icy&#13;
1467 Ses Patrons et Ses procureurs. Jl peut conter Sur cela. Je&#13;
1468 vous escriray encore par la poste Continuez moy le&#13;
1469 Secours de vos prieres. Contez toujours Sur mon desir&#13;
1470 a vous rendre tous les Services qui peuvent dependre de&#13;
1471 moy. assurez Nos M.rs que Je ne mespargneray en&#13;
1472 rien p.r leurs Jnterests. Je Suis plus que personne et Je&#13;
1473 crois que vous ne doutez pas, Monsieur votre&#13;
1474 tres humble et tres obeiss.’ Serviteur Tremblay&#13;
1475 ce 21. may 1702.&#13;
45. 1702.&#13;
&#13;
M.r Calon.&#13;
&#13;
1476 Je finis avant-hier, Monsieur, a la page 44. la lettre&#13;
1477 p.r vous que Je remis a M Jonquaire Je la continue&#13;
1478 par cellecy qui fera la 45. page que Je vous feray&#13;
1479 tenir a la Rochelle par la poste p.r achever de parcourir&#13;
1480 les articles de v’re lettre qui demandent quelq’ reponse&#13;
1481 Je vous escrivis hier une lettre de LJnterieur que Je vous&#13;
1482 addresse et a Mons.r Des maizerais Seuls.&#13;
1483 J’ay escrit a M. Calon p.r lengager a vivre avec plus de&#13;
1484 concert avec le Sem.re, et a rester en cepaysla. Je lui&#13;
1485 escris avec leplus damitié que Je puis. Jengageray M L&#13;
1486 de Brisacier et M. Tiberge alui escrire de mesme Sil perseveroi&#13;
1487 a prendre Sa conduite hors du Sem.re Jl vaudroit mieux&#13;
1488 quil Sortist du canada.&#13;
1489 Je ris quand Je lis dans v’re lettre que M de Q. vous a mandé&#13;
1490 que JeSuis plus p.r les missions de Lorient que pr celles duCanada&#13;
1491 Si vous le croiiez cela Seroit fort agreable que Je fusse ainsy&#13;
1492 balotté de part et d,autre. Je n’ay garde den parler a Mgr&#13;
1493 cela ne merite pas estre relevé.&#13;
&#13;
�Chevalier&#13;
de champigni.&#13;
&#13;
1494 Je croy ne vous avoir pas encore mandé que Je n’ay montre&#13;
1495 a personne cette feuille volonte qui contient un recit d’un Jesuite&#13;
1496 avec quelques uns de nos Jeunes Mess.rs Les Jesuites de france en&#13;
1497 disent bien dautres que nous ne relevons pas.&#13;
1498 Je ne Scay encore si Je vous ay mandé que Jen’ay pas vu&#13;
1499 Le P. Laurent par ce quil a eté presq’ toujours a versailles&#13;
1500 pend.’ La Jubilé. Jl m’adressa de la un paquet delettres p.r&#13;
1501 vous que vous recevrez. Jelui escrivis p.r le prier tres&#13;
1502 instamm.’ de la part de nos Mess.rs de venir disner avec&#13;
1503 Nous. Jl n’y apas eu moyen de le ravoir p.r le canada,&#13;
1504 Jl va p.r estre Sup.r des Recolets aumosniers darmée. Ce&#13;
1505 n’est pas une petite charge&#13;
1506 Jl n’y apas eu moyen de voir Souvent M. Le Chavalier de&#13;
1507 champigni. Cest un Jeune officier bien fait et tout&#13;
1508 aymable. Jl demeuroit trop loing de Nous. M Le Tresorier&#13;
1509 Son oncle, a dit aM Labbé de Brisacier quil pleura&#13;
1510 amerem’ quand il apprit le malheur de notre pauvre&#13;
1511 Sem.re&#13;
1512 Je neScay pas comm’ Mgr de Q. n’a pas empesché LeP.&#13;
1513 Elizée de retourner en canada apres tout ce que vous&#13;
1514 lui en avez escrit. Je n’ay pas cru lui en devoir parler.&#13;
1515 Peut estre quil ne retournera pas aux trois rivieres, et Sur ce&#13;
1516 pied la Jln’y auroit pas grand mal, estant dailleurs assez&#13;
1517 bon religieux&#13;
1518 J’ay rendu a M’gr toutes les lettres que vous mavez&#13;
1519 addresseez p.r lui excepté un Duplicata que voue mavez&#13;
1520 marqué deretenir.&#13;
1521 Je vous ay deja mandé que Je ne trouvois pas que mes&#13;
1522 devotes fussent uneressource p.r procurer a M Petit une&#13;
1523 horloge et a vous des Disciplines. Si J’avois biendu bien,&#13;
1524 Je trouverois a en faire usage dans leraport de conscience&#13;
1525 que J’ay, car Jl Sepresente biendes miseres, Sur les quelles&#13;
1526 on ne peut Souvent que prier p.r les miserables. Je n’entens&#13;
1527 pas a faire valoir le talent. Javois cepend.’ envie&#13;
1528 cet hyver dacheter un reveil p.r M Petit, mais n’re&#13;
1529 Jncendie m’en esloigne fort.&#13;
1530 Jen’ay pas non plus pensé a parler a Mgr de Q. d’un official&#13;
1531 Je viens de faire une remarque p.r lui enparler la&#13;
1532 1.ere fois que Jele verray.&#13;
1533 J’ay mandé a Mgr Lancien qu’on avoit par lettre de cachet fait&#13;
1534 arrester cet aumosnier Scandaleux qui fut lan passé&#13;
1535 en canada; Jl acru que c’etoit Mgr Lancien qui l’avoit fait&#13;
1536 arrester, et il a bienpesté contrelui. Son General aprié qu’on&#13;
&#13;
�1537 larrestast, et a dit quil ne pouvoit en venir about.&#13;
1538 vous Serez bien aise dapprendre qu’on adeffendu p.r deux&#13;
1539 ans latraite dEaude vie; on veut enfaire un essay avant que&#13;
1540 dela deffendre absolument.&#13;
1541 Je n’ay pas jugé devoir parler a M. de ce que vous me&#13;
1542 marquez touchant linfirmité de M. De C. et la messe quil&#13;
1543 fait dire enSa chambre, et bien m’en apris. car Sil luï&#13;
1544 fust revenu quelq’ chose dans v’re malheur ounous avons&#13;
1545 besoin delui, cela eus testé desagreable; on a grand Soin a&#13;
1546 Jnformer le ministre de tout cela car Jl y a toujours des flateurs.&#13;
47&#13;
&#13;
1547 Depuis que M Jonquaire estparti Jay appris que&#13;
1548 M Le Card.’ de Noailles avoit parlé au Roi p.r nous. Le&#13;
1549 Roi, Lui dit; hebien Jls ne sont pas contens. Notre Prelat&#13;
1550 lui repondit. Sire Jls le Sont tres fort et ne le Sont pas.&#13;
1551 Jls leSont dece que v. m prend Sur elle dans untemps&#13;
1552 co’e celui cy ou elle a tant besoin dargent, mais Jl neleSont&#13;
1553 par de ceq.’ v. m pouroit leur donner un Secours plus&#13;
1554 fort Sans incommoder Ses finances, Sur des biens Ecclesias=&#13;
1555 tiques oubenefices. Le Roi repondit, mais Jl n’y en apas&#13;
1556 de vacans, et M. LeCard.l lui repondit quil en vaqueroit,&#13;
1557 et que Si Sa maj. trouvoit bon Jl l’en avertiroit, quand&#13;
1558 Jl en vaqueroit, ouSur lesquels on pust nous affecter&#13;
1559 une pension, ou qu’on pust nous appliquer entierem.’ Et Le Roi le lui&#13;
1560 promit, Sibien quil est en etat delui enparler quand&#13;
1561 Jl Sera temps.&#13;
1562 Le mesme Prelat nous a dit quil ne falloit pas nous&#13;
1563 attendre a obtenir rien de lassemblée du clergé. Jl dit que&#13;
1564 cette assemblée n’a pas le pouvoir derien accorder.&#13;
1565 Jl promit aM L. de Brisacier delui accorder permission&#13;
1566 defaire une queste dans Paris.&#13;
1567 M de Brisacier espere toujours tirer deux mil escus de&#13;
1568 questes ou daumosnes. P.r moy Jen’en crois rien. Jl est&#13;
1569 bien difficile de tirer cette So’e en cetemps cy. Je ne Scay&#13;
1570 mesme Si nous pourons estre paiez a Noel au Tresor roial&#13;
1571 des 4000.# que Le Roi accorde, ni Si nous pourons estre paiez&#13;
1572 alors des 3000.# de misissipi et des 2000.# de pension deM’gr&#13;
1573 Lancien Tout lemonde tremble en cetemps cy et rien n’est&#13;
1574 plus rare quede tirer delargent.&#13;
1575 C’est p.r quoy Je neScay ceque Je sois mander aM&#13;
1576 Des maizerais. Jelui ay escrit par le vaisseau La&#13;
1577 Perle quil pouvoit tirer Sur nous dix mil livres p.r&#13;
1578 le batiment, et f.re outre cela fonds Sur 3500.# pour les&#13;
1579 factures. mais Je tremble que cela neSoit pas&#13;
&#13;
�1580 effectif. M Lab. deBrisacier m’ordonne delelui&#13;
1581 mander, mais Je ne Suis malgré tout celapas&#13;
1582 exempt de crainte o nni peut estre plus rempli&#13;
1583 de bonne volonté que M Labe de Brisacier, qui&#13;
1584 compte un peu trop Sur Son bon cœur. Jlvoudroit&#13;
48&#13;
&#13;
Titres.&#13;
&#13;
M.r Guay&#13;
&#13;
1585 vous consoler et vous encourager. mais Je&#13;
1586 ne Scay Sil tirera ces So’es.&#13;
1587 J’au oublié de vous marquer en ma lettre que Si&#13;
1588 vous aviez besoin dequelq’ contracts primitifs&#13;
1589 Soit qui regardent LEglise et La colonie engeneral&#13;
1590 ou le Sem.re enpar’lier, mandez lemoy car Jeles&#13;
1591 tireray aisem.’&#13;
1592 Et a ce Sujet la Jecrois vous devoir repeter que&#13;
1593 vos auriez du m’envoier copie detout ceq’&#13;
1594 vous avez detitres afin quils neSoient pas tous&#13;
1595 perdus Si une Jncendie pareillearrivoit.&#13;
1596 M Gay a usé de finessep.r retourner a Laccadie, mais&#13;
1597 M LEveque de Q. a prié le ministredempescher quil&#13;
1598 n’y demeure. Jl lui a fait dire quil nelui donnoit&#13;
1599 aucuns pouvoirs pas mesme dedire la messe Sil&#13;
1600 pretendoit rester a Laccadie. Jespere quil S’en&#13;
1601 reviendra.&#13;
1602 Jene crois pas aller cette année en Berri a nos&#13;
1603 benefices. Je prevoit que Je n’en auray pas le&#13;
1604 temps. Je me recommande de Nouveau a vos&#13;
1605 SS Sacrifices et prieres et Suis Sans reserve&#13;
1606 Monsieur votre tres humbleettres obeiss.’&#13;
1607 Serviteur. Tremblay&#13;
1608 ce 28. May 1702.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250388">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11912">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/d0b644b8b9ce55462cd6415f8d8de676.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=JW1EV9sNwuouRnS3HyJiWzjV2HAE%7E0wfn4yLkFWPP8UZRUk2VxUccHxH3J0XF1ZvhxwYj-kELKg%7E-nCuzb8dMHafIyXZr9lhtAvyytr4nqffVzmiXasSrPcVs4MBHuwZxBmpNNvt0HFsXS5a-l2fCX4lEF6X%7EJ0vE%7EnkfWWR-CFjJyuG6R1zkghl8poJLXfrcNsmpKzCGwtXIqgtd5gYeuqCZNhmG9A4QPQmmFCAMZhT%7ECVH%7EU8qHjPZjx9e3rajLK7ZEGHbN9SvkoU%7EIKc3VhvxsJy5smYzdzbEXNyjai1fmoyE8YLwbzt-K4gGbcKOvM-OYxGcmFYRkosK-W%7EUKA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>5b05f30ef1bff16630b606cd9d23a258</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250385">
                    <text>��</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250389">
                    <text>&lt;span&gt;Extrait dactylographié en français classique par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11913">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/65003193f1fdb9776e90b195572f40e2.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=EnHCgOGkOqMVSrWezDzxfrH8GAwKqmgq7qntAiC24V4sp8Y2C4klNwih%7EDyuLRWK24hjEduwGFj1cXfwXWRNnBjpWZheTRaD0hh6GPZ5KrUG86ySEMJZ8Y-aID-WR1qrlrJIK7FaKAeTS90Iisov0%7EQD5Hp610COBTW9sIq8gPUveLMy9A%7E3oMS7v9KZU8Hja7IK-CPIj4emBZ54SzTW9VKD%7ESiJZgm5Mgqg7yluPtMjmVkuDm7051pm4o5f38HNXBUut7NTZvv1xwllASWjfRJ0ng4PO7txv2b7eICOsYX8Li%7ExgeP5sQ7QLTEDMm08Kzc559zuoLJKf-c6oiJFfQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>bff944f5981746e80a46e2d644978af6</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250386">
                    <text>������������������������������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250390">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249972">
                <text>KACUWA6J</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249973">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249974">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249975">
                <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 26 avril-28 mai 1702)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249976">
                <text>Le Procureur du Séminaire de Québec à Paris rend compte à son confident de ses démarches pour gérer les biens du chapitre et de l’union des abbayes au chapitre. Il l’informe que Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, est pressé de retourner au Canada et donne des nouvelles des missions du Mississippi et de la Chine. Il lui rapporte les nouvelles de la guerre et les difficultés des finances du royaume.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249977">
                <text>1702-05-28</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249978">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249979">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11913" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249980">
                <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250391">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11910" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11911" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11912" class="show"&gt;Extrait dactylographié en français classique&lt;/a&gt; par G.-É. Demers, v. 1930, et conservé au Centre d’animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18680" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11904" order="1">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/ca1bb62b030a954e9fda79b21011c9f7.png?Expires=1779321600&amp;Signature=lVNNz6iSO6ilz1cGXl1ZcBO-uK0LGH6Kv29i0GfGvQAS4IR8SLc%7E0Ft4MFPOfwcr8IQXz-1Zjq8NizHGGAV-itHIj80XAF5Wc0u88tvzxr7jW10tb7P%7EeRetaQcqgyMdytFXCGnxzVvFxjvkJ6tw2L91lTKzWNmJppw%7EyRU2wa%7EHv9UmWUm8-v9mwVCX7m2aBlslPhw7UT0uWwGpXPJRjQrQ9D6a3kCmNsuPhkHNmnmgpmRzquvFKb0Y0w9vDxqmNiscG0bjwokzbi6Mq9EzMJnyqWm5cuCtdxVAaxnbkTVaBq3XJ1CyOdyN9QKhiEiWNXzPBdnIl08%7EAkP1YpQ-Ow__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11908" order="2">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/d948b51cacdfb42cf3db2bd22bdd0d76.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=E1oxllOaZDGy6tlPQC7zemtymgRMVCukRrKLmmp5xYu%7EBxApT7p1UkGll1n6CjJzvoC%7EDyrN0B%7ET8wD0LMAoKTot4cyj8ST1AwRCuNjZrPNpuk9c1UaTVe7K36DAoli4Jriv1y4sFc1EN6PmsQG%7Et-NX9Mo78toRT8okURs115B9vuskr4dI9lZtVVPrjuGskI60IibdXbKUwK16vbIP6c1TYP9TqAklAghly%7E40j-KD3qTRoD039CmBHRffpr9Hd3WQFIg1igX3QEhthfcYMc3ICpUHuQFufARTj2mWJSASXA0xNQwvkHiJgbagsFAAuJds-iWQmJCQHASKRaIVxg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>84baa6c7315128a6572ec1e4125cc2e7</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250378">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 4 mai 1698)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
Après vous avoir très particulièrement remercié de toutes les bontés que vous avez&#13;
pour moi et de ce que vous me faites sur toute la grâce de me mander pour mon&#13;
bien spirituel, vous trouverez bon que je vous fasse le même compliment que je&#13;
fais à tous nos Messieurs. Vous trouverez dans toutes les lettres des uns et des&#13;
autres ce dont vous serez bien aise d’être informé. Comme il n’y a rien de caché&#13;
les uns pour les autres, c’est une grande commodité en écrivant à un de savoir&#13;
qu’on écrit à tous. J’ai écrit une fort longue lettre à Mgr de Québec, où je lui rends&#13;
compte de ce qu’il prétend lui être dû par le chapitre dans les abbayes pour la&#13;
jouissance de 1696.&#13;
Je réponds à Mgr l’Ancien sur plusieurs points dont il m’avait écrit, surtout sur son&#13;
affaire avec les RR. PP. jésuites et l’acquisition de l’île d’Orléans. La lettre à&#13;
M. de Glandelet contient plusieurs choses dont il sera bien aise d’être informé et&#13;
répond aux articles de la lettre.&#13;
Je rends compte à M. de Bernières de toutes les affaires du chapitre le plus en détail&#13;
que je puis. Je tâcherai de vous écrire de ce qui regarde le Séminaire, les factures,&#13;
etc. Toutes ces lettres m’ont emporté tout le temps que j’ai pu ménager cette année&#13;
et à moins qu’il ne parte un vaisseau plus tard que les autres, je n’écrirai pas à tous&#13;
les particuliers, quoique j’en aie un très grand désir.&#13;
Je faisais une réflexion à l’occasion de cette union, qui me met en état d’écrire à&#13;
tous en n’écrivant qu’à un seul, qu’on trouve de grandes douceurs et commodités,&#13;
mêmes temporelles, dans la charité. Je ne m’étonne pas qu’elle soit l’exercice&#13;
continuel de l’éternité, puisque s’il y a bonheur au monde, on le trouve dans la&#13;
pratique de cette aimable vertu et qu’elle fait goûter par avance les joies de la&#13;
bienheureuse éternité. C’est là où nous aurons le temps de nous entretenir&#13;
ensemble du bonheur de posséder Dieu, que nous goûterons et dont nous serons&#13;
pénétrés et que nous serons débarrassés de cette multiplicité de soins qui nous&#13;
tiraillent sur la terre et nous empêchent le plus souvent de nous occuper de Dieu.&#13;
&#13;
�Il fait bon vivre dans cette espérance, car je m’estimerais sans cela le plus misérable&#13;
de tous les hommes.&#13;
J’ai été bien réjoui d’apprendre la paix qui s’est rétablie entre Monseigneur et son&#13;
clergé, contre toutes nos vues humaines et notre espérance. Il faut que la créature&#13;
se taise en ces occasions et admire les desseins de Dieu, qui sait réussir par les&#13;
conjonctures qui devraient tout renverser, afin, comme vous me mandez, que la&#13;
chair ne se glorifie point en la présence de son Dieu. Cette paix n’est pas si bien&#13;
affermie qu’on ne doive rien craindre et il faut tâcher que nous ne donnions par la&#13;
moindre occasion à de telles ruptures que celles des années passées. Je ne doute&#13;
pas qu’ils ne nous en doivent coûter, mais que ne doit en pas faire pour conserver&#13;
ce bien, qu’il faut d’autant plus craindre de perdre qu’à peine le possédons-nous.&#13;
Je tâcherai à faire ce qui dépendra de moi pour n’être pas la cause ou l’occasion&#13;
d’un si grand malheur.&#13;
Les saintes dispositions de tout le Séminaire, Grand et Petit, me font un vrai plaisir.&#13;
Je voudrais en pouvoir dire autant que celui-ci de Paris. Il est vrai que nous avons,&#13;
ce me semble, été mieux disposés cette année passée que les autres et qu’il y a eu&#13;
plus de régularité ; mais nous sommes à présent si peu depuis le départ de&#13;
M. Quémener, évêque de Surat, avec cinq missionnaires pour la Chine, que nous&#13;
avons peine à soutenir la régularité. Nous avons encore envoyé, au&#13;
commencement de cette année, deux missionnaires dans l’île de Bourbon,&#13;
autrement appelée Mascareignes, au sud-est de Madagascar. C’est une colonie qui&#13;
se forme sous la Compagnie des Indes orientales dans la paix la plus agréable du&#13;
monde. L’île n’a que 60 lieues de long et 10 ou 15 de large, au milieu de la mer et&#13;
a l’air le plus tempéré du monde, quoiqu’elle soit sous la zone torride. Nous avons&#13;
été bien aise d’y mettre de nos missionnaires, afin d’y former un entrepôt pour nos&#13;
missions d’Orient. Vous ne sauriez établir un meilleur supérieur et directeur du&#13;
Grand et Petit Séminaire de Québec que celui que vous me marquez y établir, je&#13;
veux dire Notre-Seigneur. Il fait bon agir sous lui et dépendamment de lui. Tout&#13;
ne peut aller que bien quand c’est lui seul qui agit et qu’il ne trouve en nous aucune&#13;
résistance.&#13;
&#13;
�Vous me faites un vrai plaisir de me parler comme vous faites de l’éternité et de&#13;
me donner les avis que vous me donnez pour mon spirituel. J’eus bien du regret&#13;
de n’avoir pu l’an passé m’ouvrir à vous de mes dispositions intérieures. Je fus si&#13;
pressé que je n’en eu pas le temps. J’espère que le même malheur ne m’arrivera&#13;
pas cette année. Je puis vous assurer que le poids des affaires n’a pas encore&#13;
essoufflé entièrement en moi le désir de mon salut et de ma perfection et que je&#13;
sens encore un grand de plaisir d’être animé à la piété et à la ferveur par vos lettres,&#13;
puisque je ne puis l’être de parole.&#13;
Je n’ai pu recouvrer cette année des Agnus. Je tâcherai d’en amasser pour une autre&#13;
année. Je vous envoie seulement des thèses, telles que je les ai pu trouver.&#13;
M. Tiberge n’envoya rien l’année passée. Je tâcherai à me souvenir de lui&#13;
demander s’il ne veut rien envoyer, pour le mettre dans un ballot que je vais faire&#13;
encore dans deux jours.&#13;
Les médailles que vous trouvâtes l’an passé m’ont été données par M. l’abbé&#13;
de Grainville, qui en revenant de Rome en obtient du pape un certain nombre,&#13;
auquel l’indulgence plénière à la mort est attachée.&#13;
C’est de l’onguent divin que vous trouvâtes l’an passé avec les vitres. Je vous en&#13;
envoie encore cette année 3 ou 4 livres.&#13;
Vous ne me mandez point si vous vous servez de la pièce verte de M. Vachet,&#13;
qu’on regarde à Paris comme un remède souverain pour bien des maladies,&#13;
surtout pour les yeux.&#13;
Mme votre sœur a exécuté votre mémoire aux couvertures près, qu’elle m’a prié&#13;
d’exécuter et pour le paiement desquels elle m’a envoyé 90 livres. Je suis bien aise&#13;
que vous aviez retrouvé son petit paquet. Je lui ai fait tenir son sirop de capillaire.&#13;
Elle me demande actuellement du sirop de capillaire fait à Paris avec de l’herbe,&#13;
que je lui enverrai après avoir fini mes lettres.&#13;
&#13;
�Je vous envoie un missel où sont les saints nouveaux. Vous trouverez aussi dans&#13;
nos ballots deux chasubles, l’une verte et l’autre blanche, que M. de La Pallière m’a&#13;
procurées pour notre chapelle. C’est lui qui a de l’industrie à quêter des&#13;
ornements. Je ne saurais avoir ce talent.&#13;
Vous trouverez encore dans nos ballots certains ornements que j’ai fait faire pour&#13;
M. Thun dans le temps que je croyais qu’il aurait de l’argent suffisamment pour&#13;
les payer ; mais quand j’ai fait son compte, j’ai trouvé qu’il ne lui était plus dû&#13;
qu’une pistole sur les 600 livres de cette année que j’ai touchées pour lui. Je vous&#13;
les envoie, puisqu’ils sont faits, afin que s’ils vous accommodent, vous les reteniez&#13;
pour vous. Ils ne sont pas chers, sinon vous trouverez à vous en défaire aux&#13;
missionnaires et surtout si M. Thun les veut prendre en avance sur ce qui lui sera&#13;
dû l’année prochaine, il doit être préféré, puisque les devants d’autel ont été faits&#13;
sur la mesure de son autel.&#13;
Peut-être vous plaindrez-vous de la diminution de vos factures et du&#13;
retranchement que j’y ai fait, mais mettez-vous à ma place et considérez l’embarras&#13;
où l’on est quand il faut toujours prendre à crédit, acheter les choses plus cher et&#13;
manger toujours plus de son revenu par avance. Je crois que je serai encore moins&#13;
en état de faire l’année prochaine que cette année. Vous savez combien on a eu de&#13;
peine dans ces mauvaises années de se faire payer. Il faut que vous n’envoyiez&#13;
point de facture que vous ne prévoyiez avoir en France des fonds pour les&#13;
exécuter, sinon il vous faut envoyer des retours. Je puis vous assurer que j’ai encore&#13;
fait au-delà de mes forces pour l’exécution de ces factures, sachant l’embarras où&#13;
vous seriez si vous ne receviez pas la meilleure partie de ce dont vous avez besoin.&#13;
Vous me demandez tous les ans de l’étoffe à l’iroquoise, sans m’en envoyer des&#13;
échantillons. On ne connaît point cette étoffe, ni à Paris, ni à Rouen, ni ailleurs.&#13;
Envoyez-m’en un échantillon ; j’en ferai faire exprès.&#13;
On m’a demandé dans la facture de la reverche pour faire des culottes. Cela n’y&#13;
vaut rien. J’ai mis à la place de la ratine brune, qui est très bonne. Je n’ai pu cette&#13;
année avoir du crézeau. J’ai prié M. Grignon d’acheter à Bordeaux du mazamet à&#13;
la place.&#13;
&#13;
�J’ai retranché bien des articles que j’ai cru qu’on pourrait bien absolument différer&#13;
à une autre année, comme une marmite, des sauciers, des fourchettes, couteaux,&#13;
etc.&#13;
Je ne vous ai retranché que deux barriques de vin, quoiqu’il soit à un prix excessif.&#13;
J’ai cru de même qu’on pourrait différer à une autre année le bassin et les burettes&#13;
d’argent. Je n’envoie de même que 100 aunes de toile blanche pour l’église.&#13;
J’envoie la plus grande partie des livres qu’on m’a demandés. Je retranchai une&#13;
partie du menu linge qu’on n’aurait pas eu le temps de faire, quoiqu’on trouve un&#13;
grand nombre d’ouvriers à Paris. J’ai cru qu’on pourrait bien différer à l’année&#13;
prochaine la serge de Caen verte pour faire des rideaux à la chapelle. J’ai été obligé&#13;
d’exécuter le mémoire de Mgr l’Ancien pour ses outils de sculpture, etc., pour ne&#13;
lui pas faire de la peine.&#13;
Si vous trouvez les marchandises chères sur la facture, vous devez cependant vous&#13;
persuader que vous avez encore sur les étoffes et les toiles plus de 400 livres, parce&#13;
que je les ai achetées dès le mois de février. Je ne vous enverrai pas d’étoffe du&#13;
Berry davantage. J’avais bien pensé que c’étaient des rebuts de magasin. Je&#13;
n’enverrai plus de toiles de blanchiment non plus. J’ai prié M. Grignon de vous&#13;
renvoyer le coffre et le matelas de M. Brulon et d’emplir ce coffre d’étoffes de&#13;
Fayence, pots à l’eau et vinaigriers, etc.&#13;
Je n’ai point trouvé, de mémoire, de cordes de clavecin. C’est pourquoi je n’en ai&#13;
point acheté. Je n’ai pu faire entrer que quatre verres de lampes grandes avec leurs&#13;
lamperons dans une grande caisse faite exprès pour cela. J’en envoie douze&#13;
moyens à M. Hazeur. Je ne sais si ces verres iront bien. J’ai pris toutes les&#13;
précautions nécessaires pour cela.&#13;
Si je n’avais été obligé de laisser encore au Trésor royal 2 000 livres pour achever&#13;
de convertir au denier 14 les 200 livres restantes du contrat que j’avais commencé&#13;
à convertir en 1696, j’aurais eu plus de fonds et plus [de] moyens d’accomplir nos&#13;
factures ; mais il a fallu tirer son paiement du roi comme on a pu. C’est d’ailleurs&#13;
toujours un nouveau fonds qui est bien assuré et dont j’aurais tout adhéré de&#13;
l’argent si je voulais. Il nous est nécessaire pour bien faire vos affaires d’avoir ainsi&#13;
&#13;
�du fonds à l’hôtel de ville, car si l’on a besoin de faire un emprunt, on trouve&#13;
aisément de l’argent comptant avec une belle assurance. Je trouvais cette année&#13;
20 000 livres à emprunter pour payer l’île d’Orléans si l’affaire eût pu se&#13;
consommer.&#13;
Je vous envoie un mémoire de ce que je dois et de ce qui m’est dû par les&#13;
missionnaires qui m’ont chargé de quelques commissions. On trouvera tout ce qui&#13;
est marqué dans les ballots du Séminaire.&#13;
Je dois fournir à M. de Requeleyne 59 livres. M. Dupré m’en doit 25. Les&#13;
missionnaires, qui fourniront le surplus à M. de Requeleyne, je leur emploierai&#13;
cette somme à Paris.&#13;
M. de La Chapelle me charge de vous saluer de sa part. Le bon homme est plus&#13;
d’à moitié mort. Je ne laisse pas de lui porter tous les jours Notre-Seigneur et il a&#13;
encore le jugement bon. Nous avons perdu un vertueux laïc nommé M. Adam,&#13;
chargé des affaires des missions. Je le recommande à vos prières. Sa mort a encore&#13;
augmenté mes embarras.&#13;
Il faut fermer mes lettres. Je vous donne avis que Mme Ango de La Mothe vous&#13;
avait envoyé par mer son petit ballot. Le vaisseau a fait naufrage près de La&#13;
Rochelle. M. Grignon, avec beaucoup d’affection, a été le réclamer. Il a sauvé la&#13;
toile en la faisant sur le champ laver dans l’eau douce, mais les livres qui ont été&#13;
avec elle trois jours dans la mer étaient tout en bouillie. Je l’ai mandé à Mme Ango&#13;
de La Mothe.&#13;
J’ai recompté ce que je dois à M. de Requelyne. J’avais oublié de lui compter un&#13;
joli complet de 18 [livres], une concordance de la Bible de 6 livres et 3 livres pour&#13;
le port et c’est 27 livres à déduire de 59. Je lui reste par conséquent 32 livres. Il en&#13;
recevra 25 de M. Dupré, curé de Québec, et 4 de M. Doucet. Il ne lui sera plus dû&#13;
que 3 livres que quelque missionnaire lui avancera pour moi. Du reste, je ne dois&#13;
qu’à M. Boucher 12 livres, à M. Doré 4 livres, mais ces Messieurs seront bien aises&#13;
que je leur envoie l’année prochaine quelque chose. J’ai été tellement pressé que je&#13;
n’ai pu vous faire un double de la facture que j’ai jointe à la lettre de&#13;
&#13;
�M. de Glandelet, que j’ai envoyée la première dans le Pontchartrain, qu’on disait&#13;
devoir partir le 24e avril. Je n’ai pu non plus vous faire un duplicata du compte&#13;
général que je rends au Séminaire, que je joins à votre lettre. Vous y trouverez que&#13;
la facture de Paris monte à 2 898 livres, 7 sols, 6 deniers, non compris trois pièces&#13;
de ceintures, dont je n’ai encore pu savoir les prix. Vous verrez par mon compte&#13;
général que je me trouve encore en avance au 1er avril 1698 de la somme de&#13;
7 000 livres, 2 sols, 11 deniers pour le Séminaire de Québec. Il est vrai que j’ai&#13;
934 livres entre les mains au chapitre, qui me servent pour ces avances, mais il faut&#13;
chercher à fournir le reste. Je dois de plus toujours à M. l’abbé de Brisacier&#13;
1 200 livres, qu’il ne me demande pas, parce qu’il me voit embarrassé, mais que je&#13;
souhaiterais fort lui payer. Ayez la bonté de représenter ces choses à nos Messieurs&#13;
et de les porter à vendre, s’il est possible, la baie Saint-Paul, à faire moins de&#13;
dépense à la côte de Beaupré et à payer leurs dettes en Canada et en France pour&#13;
y faire ensuite quelque petit fonds, comme il est absolument nécessaire d’y penser&#13;
du vivant de tous nos Messieurs, car s’ils ne le font pas, cela ne se fera jamais. Je&#13;
suis avec un respect très particulier, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
&#13;
Ce 4e mai 1698&#13;
Je vous prie de m’envoyer cette année une nouvelle procuration du Séminaire&#13;
pour recevoir les 2 000 livres des prêtres qui ne sont plus en état de servir. On m’en&#13;
demande une nouvelle tous les trois ans.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250379">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11906" order="3">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/fcc1f13b4054125b123c854a1c82ac6e.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=mZ5qoWYsJZaYGZ73fksdKuq6zXj4Q43f2BjxCMwoHWHCJrqJktSqFp2qY9vwSxGBMilaV5tsDQvf6NnBEluhoiNXfOpEcA8cNBknb2XRWYhKUMWMI520WyzmLkhKzX5cdZfIXfUeIG7W708lbrofmtxklXyjEsbhl4Ahd8eVAx0gupUlVW2vRifwkaLDEtMNbORILoak1uujKgYN%7Er30o2tjmAOeGYcNNNgGjm85eC1CDJwDQXuqzu-wrR6OsCnXTOSaPmRHLdkfTmnM2d2nBCFeN-qGtGeOCn5gF6dPtLQWFpWBk9RqWuQJk04crY7C-FtWJCWadzC7NpNaHbU6dQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>57ef4165c83886bda2fbc4cc81363a56</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250376">
                    <text>1698, 4 mai – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 22)&#13;
M DeSm&#13;
1698&#13;
sept;&#13;
&#13;
1&#13;
Monsieur, No 22&#13;
2 Apres vous avoir tres particuliere’ remerciézz&#13;
3 de toutes les bontéz q.e vous avez po.’ moy et de ce q.e&#13;
4 vous me faites sur tout lagrace de me manderpo.’&#13;
5 mon bien spirituel, vous trouverez bon q.e Je vous&#13;
6 fasse le mesme compliment q.e Je fais a tous nos&#13;
7 Mess.rs vous trouverez dans toutes les lettres des uns&#13;
8 et des autres ce dont vous serez bien aise d’estre&#13;
9 Jnformé. co’e. il ny a rien de caché les uns pour&#13;
10 les autres, c’est une grande commodité en escrivan’&#13;
11 a un de scavoir qu’on escrit atous. J’ay escrit un&#13;
12 fort longue lettre a Monseig.r de Quebec; ou ie&#13;
13 luy rends compte dece q.l pretend luy estre deu&#13;
14 par le Chapitre dans les abbayes po.r la Jouissance&#13;
15 de 1696. Je Responds a Monseig.r L’ancien sur&#13;
16 plus.s points dont Jl m’avoit escrit sur tout sur&#13;
17 Son affaire avec les R P. Jesuites et l’acquisition&#13;
18 de LJsle d’orleans, la Lettre a M.r Glandelet&#13;
19 contient plus.rs choses dont Jl sera bien aise&#13;
20 d’estre informée et repond aux articles dela&#13;
21 Lettre.&#13;
22 Je rends compte a M.rs de Bernieres de toutes&#13;
23 les affaires duChapitre le plus en detail que&#13;
24 Je puis, Je tacheray de vous escrire dece qui&#13;
25 regard leSem.re les factures &amp;cc. Toutes ces&#13;
26 Lettres m’ont emportez tout le temps q.e J’ay&#13;
27 pu menager cette année et a moins q.l ne parte&#13;
28 unvaisseaux plus tard q.e les autres, Je n’escriray&#13;
29 pas atous les particulieres quoi q.e Je naye un&#13;
20 tres grands desir,&#13;
Je&#13;
&#13;
2&#13;
charité&#13;
&#13;
31 . Je faisois une reflexion a L’occasion decette&#13;
32 union qui me met en estat descrire atous en&#13;
33 n’escrivants qu’a un seul, qu’on trouve degrandes&#13;
34 douceurs et commoditéz mesme temporelles dans&#13;
35 laCharités, Je ne m’estonne pas quelle soit L’exercice&#13;
36 continuel de L’Eternité puis q.e sil y a bonheur au&#13;
37 monde, on le trouve dans la pratique decette&#13;
38 aimable vertu, et quelle fait gouster par avance&#13;
39 les Joyes dela bien heureuse Eternite. C’est la ou&#13;
40 nous aurons le temps de nous entretenir ensemble&#13;
&#13;
�Paix.&#13;
&#13;
G d. 3&#13;
et&#13;
Petit&#13;
sémre&#13;
&#13;
41 du bonheur de posseder Dieu q.e nous gouterons&#13;
42 et dont nous serons penetréz et q.e nous serons&#13;
43 debarassez de cette Multiplicité de Soins qui n’s&#13;
44 tiraillent sur la terre, et nous empechent leplus&#13;
45 souvent de nous occuper de Dieu. Jl fait bon&#13;
46 vivre dans cette esperance, car Je n’estimerois&#13;
47 sans cela le plus miserable de tous les hommes.&#13;
48 . J’ay esté bien reioui d’apprendre la paix qui sest&#13;
49 retabli entre Mg.r et son clergé contre toutes&#13;
50 nos veües humaines et n’re esperance, Jl faut&#13;
51 q.e laCreature se taise ences occasions et admire&#13;
52 les desseins de Dieu, qui scait reussir par les&#13;
53 conionctures qui devroient tout renverser a&#13;
54 fin co’e. vous me mandez q.e laChair ne se&#13;
55 glorifie point en la prescence de son Dieu, cette&#13;
56 paix n’est pas sibien affermie qu’on ne doive&#13;
57 rien craindre, et il faut tascher q.e nous ne&#13;
58 donnions par la moindre occasion a detelles&#13;
59 ruptures q.e celles des annéz passée. Je ne doute&#13;
60 pas q.l ne nous en doive couter, mais que ne&#13;
61 doit enpas faire po.’ conserver ce bien, qu’il&#13;
62 faut d’autant plus craindre de perdre qu’a peine&#13;
63 le possedons nous. Je tacheray afaire ce qui&#13;
64 dependra de moi po.’ n’estre pas la cause ouloccasion&#13;
65 d’un si grand Malheur;&#13;
66 Les s.tes dispositions de tout leSem.re grand et&#13;
67 petit me font un vray plaisir, Je voudrois en&#13;
68 pouvoir dire autant q.e celuy cy deParis. Jl&#13;
69 est vray q.e nous avons ce meSemble esté mieux&#13;
70 disposé cette année passée q.e les autres et qu’il&#13;
71 y a eu plus de regularitéz, mais nous sommes&#13;
72 a p’nt si peu de puis le depart de M.r Quemener&#13;
73 Evesque de sura avec cinq Miss.res pour laChine&#13;
74 q.e nous avons peine a soutenir la regularité.&#13;
75 . Nous avons peine aSoutenir encore envoiéz auCommenceme.’&#13;
76 de cette année deux Miss.res dans LJsle de bourbon&#13;
77 autreme.’ appelée Mascaregnas au sud est de&#13;
78 Madagascar, cette une colonie qui se forme&#13;
79 sous lacompagnie des Jndes orientales dans le&#13;
80 pais le plus agreable du monde, L’Jsle na que&#13;
81 Soix.te Lieus de long et dix ouquinze de Large&#13;
82 au milieu dela mer, et al’air le plus temperé&#13;
83 du monde, quoy q.lle soit sout la zone torride.&#13;
&#13;
�Supérieur&#13;
&#13;
84 nous avons esté bien aise d’y mettre de nos&#13;
85 Miss.res afin d’y former un entrepost pour nos&#13;
86 Missions d’orient.&#13;
87 vous ne scauriez establir un meilleur Sup.r et&#13;
88 Directeur dugrand et petit Sem.re de Quebec&#13;
89 q.e celuy q.e vous me marquez y establir, Je veux&#13;
90 dire n’re Sgr. Jl fait bon agir sous luy et depen&#13;
91 damme.’ de luy. Tout ne peut aller q.e bien quand&#13;
92 c’est luy seul qui agit et q.l ne trouve en&#13;
93 nous aucune resistance.&#13;
94 . Vous me faites unvray plaisir de me parler&#13;
95 co’e vous faites de LEternité et de medonner&#13;
96 les avis q.e vous me donnez po.’ mon spirituel&#13;
97 ; J’eus bien du regret de n’avoir pu l’an passée&#13;
98 mouvrir a vous de mes dispositions Jnterieures,&#13;
99 Je fus si pressé q.e ie n’en eus pas letemps, J’espere&#13;
100 q.e le mesme Malheur ne marrivera pas cette année&#13;
101 année, Je puis vous assurrer q.e le poids des affaires&#13;
102 n’a pas encore essouflé entiere.’ en moi le desir&#13;
103 de mon Salut et de ma perfection, et q.e iesens&#13;
104 encore ungrand deplaisir d’estre animé a la&#13;
105 pieté et ala ferveur par vos lettres, puis que&#13;
106 Je ne puis l’etre de parole;&#13;
107 . Je n’ay pu recouver cette année des agnus ie&#13;
108 tacheray d’en amasser pour une autre année,&#13;
109 Je vous envoie Seuleme.’ des Theses telles q.e ie&#13;
110 les ay pu trouver.&#13;
111 M.r Tiberge n’envoia rien l’année passée, Je&#13;
112 tacheray a me Souvenir de luy demander sil&#13;
113 ne veut rien envoier po.’ le mettre dans un ballot&#13;
114 q.e ie vais faire encore dans deux Jours.&#13;
115 . Les Medailles q.e vous trouvates l’an passée&#13;
116 m’ont esté donnée pas M.r Labbée de brain ville&#13;
117 qui en revenant de Rome en obtient du Pape.&#13;
118 un certain monbre aus quelles L’Jndulgence pleniere&#13;
119 ala mort est attachée.&#13;
120 . C’est de l’onguent divin q.e vous trouvates l’an&#13;
121 passée aves les vitres, Je vous en envoie encore&#13;
122 cette année trois ou quatres livres.&#13;
123 . Vous ne me mandez point si vous vous servez&#13;
124 de la piece verte de M.r vachet qu’on regarde a&#13;
125 Paris co’e. un remede souverain po.’ bien des&#13;
126 maladies mais sur tout po.’ les yeux.&#13;
&#13;
�127 . Mad.e v’re. Sœur a executé vostre memoire&#13;
128 aux couvertures prez quelle ma prié d’executer&#13;
129 et po.’ le payeme.’ des quels elle ma envoiez 90.#&#13;
130 Je suis bien aise que vous aviez retrouvé son&#13;
131 petit pacquet.&#13;
132 . Je luy ay fait tenir son sirop de capilaire, Elle&#13;
133 me demande actuelleme.’ Du sirop de capilaire&#13;
134 fait a Paris avec de Lherbe q.e ie luy enverray&#13;
135 apres avoir fini mes lettres.&#13;
136 . Je vous envoie un missel ou sont les s.ts nouveaux vous&#13;
137 vous trouveréz aussi dans nos ballots deuxChasubes&#13;
138 L’une verte et l’autre blanche q.e M.r de la Palliere&#13;
139 ma procuré po.’ n’re capelle, c’est luy qui a de&#13;
140 L’industrie a quester des ornements Je ne scauroit&#13;
141 avoir ce talent.&#13;
142 . Vous trouverez encore dans nos ballots certains&#13;
143 ornemens q.e J’ay fait faire po.’ M.r Thun dans&#13;
144 le temps q.e ie croiois q.l auroit de L’argent suffisame’&#13;
145 po.’ les paier, mais quand i’aÿ fait son compte&#13;
146 iay trouvée q.l ne luy estoit plus deu qu’une&#13;
147 pistolle sur les 600.# decette année q.e J’ay touché&#13;
148 po.’ luy. Je vous les envoie puis q.ls sont faits afin&#13;
149 q.e sils vous accommodent vous les reteniez pour&#13;
150 vous, Jls ne Sont pas chers si non vous trouverez&#13;
151 avous en defaire aux Miss.res et sur tout si M.r&#13;
152 Thun les veut prendre en avance sur ce qui luy&#13;
153 Sera deu lannée prochaine, il doit estre preferé&#13;
154 puis q.e les devants d’autel ont esté faits sur la&#13;
155 mesure deSon autel.&#13;
156 . Peut estre vous plaindre vous de la diminutions&#13;
157 de vos factures et du retrancheme.’ q.e Jy ay fait&#13;
158 mais mettez vous en ma place, et considerez&#13;
159 L’embarras ou l’on est quand Jl faut toujours&#13;
160 prendre a credit, acheter les choses plus cher, et&#13;
161 manger touj.rs plus de son revenu par avance.&#13;
162 . Je croy q.e ie seray encor moins en esta defaire&#13;
163 l’année prochaine q.e cette année. vous scavez&#13;
164 combien on a eu de peine dans ces mauvais&#13;
165 année deSe faire paier. Jl faut q.e vous n’envoiez&#13;
166 point defacture q.e vous ne prevoiez avoir&#13;
167 enfrance des fonds po.’ Les executer, sinon Jl&#13;
168 vous fautes envoier des retours. Je puis vous assurrer&#13;
169 q.e J’ay encore fait audela de mes forces pour&#13;
&#13;
�170 L’execution de ces factures, scachant L’ambaras ou vous&#13;
6&#13;
&#13;
+&#13;
&#13;
+&#13;
outils&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
171 ou vous seriez, si vous ne receviez pas la&#13;
172 meilleure partie decedont vous avez besoin.&#13;
173 . Vous me demandéz tous les ans de L’etoffe a la&#13;
174 L’Jroquoise sans m’en envoier des eschantillons&#13;
175 onne connoist poit cette estoffe ni a Paris ny&#13;
176 a Rouen ni ailleurs. Envoiez m’en un eschantillons&#13;
177 J’en feray faire expres.&#13;
178 . On ma demandé dans la facture de la reverche&#13;
179 po.’ faire des Culottes. cela ny vaut rien, J’ay mis&#13;
180 alaplace dela ratine brune qui est tres bonnes&#13;
181 Je nay put cette année avoir ducrezeau, J’ay&#13;
182 prié M.r Grignon d’acheter a Bordeaux du&#13;
183 Mazamet ala place.&#13;
184 . J’ay retranché bien des articles q.e J’ay cru qu’on&#13;
185 pouroit bien absolume.’ differer aune autre année&#13;
186 co’e une marmite des sauciers des fourchettes&#13;
187 couteaux. &amp;ccc.&#13;
188 . Je ne vous ay retranchéz q.e deux Bariques de&#13;
189 vin quoiq.l soit aun prix excessif, J’ay cru de&#13;
190 mesme qu’on pouroit differer aune autre année&#13;
191 le bassin et les burettes d’argent, Jen’envoie de&#13;
192 mesme q.e cent aulnes de toille blanche po.’ LEglise.&#13;
193 . J’envoie laplus grande partie des livres qu’on&#13;
194 m’a demandé, Je retranchéz une partie du&#13;
195 menu l’inge qu’on n’auroit pas eu le temps de&#13;
196 faire quoy qu’on trouve ungrand nombre&#13;
197 douvriers a Paris, J’ay cru qu’on pouroit bien&#13;
198 differer a l’année prochaine la Serge de cain&#13;
199 verte po.’ faire des rideaux a la Chapelle, J’ay&#13;
200 esté obligé d’executer le memoire de M’gr&#13;
201 L’ancien po.’ ses outils de sculpture. &amp;cc pour&#13;
202 ne luy pas faire de la peine.&#13;
203 . Si vous trouvéz les Marchandisses cheres surla&#13;
204 factures, vous devez cepend.t vous persuader q.e&#13;
205 vous avez encore sur les estoffes et les toilles plus&#13;
206 plus de 400.# par ce q.e ie les ay acheté des le&#13;
207 mois defevrier;&#13;
208 . Je ne vous enverray pas destoffes du Berri davan&#13;
209 tage J’avois bien pensé q.e c’estoit des rebuts de&#13;
210 Magazin.&#13;
211 . Je n’enverray plus de toilles de blanchiment non&#13;
&#13;
�212 plus, J’ay prié M.r Grignon devous renvoiez le&#13;
213 coffre et le matelat deM.r Brullon, et d’emplir&#13;
214 ce coffre detoffe de fayance pots a leau et vinai&#13;
215 griers. &amp;cc.&#13;
216 . Je n’ay point trouvée de Memoire decordes de&#13;
217 clavessin, c’est po.’ quoy Je n’en ay point achetéz&#13;
218 Je n’ay pu faire entrer q.e quatre vers de lambes&#13;
219 grandes avec le.’ Lamperons dans une grande&#13;
220 caisse faits expres po.’ cela. J’en envoie douxe&#13;
221 moiens a M.r hazeur. Je ne scay si ces verres&#13;
222 iront bien, Jay pris toutes les precautions&#13;
223 necess.res pour cela,.&#13;
224 . Si Je n’avois esté obligé de laisser encore au&#13;
225 Tresor royal 2000.# pour achever deConvertir au&#13;
226 denier quatorze les 200.# restans duContrats q.e&#13;
227 J’avois commencée aconvertir en 1696. J’aurois&#13;
228 eu plus de fonds, et plus moiens d’accomplir nos&#13;
229 factures, mais Jl a fallu tirer son paiement&#13;
230 du Roy co’e on a pu, c’est d’ailleurs toutj’ un&#13;
231 nouveaux fonds qui est bien assuré, et dont&#13;
232 J’aurois tout atherer de Largent Sy ie voulois.&#13;
233 . Jl nous est necess.res po.’ bien faire vos affaires&#13;
234 d’avoir ainsi du fonds a Lhostel de ville, car&#13;
235 si l’on a besoin de faire un emprunt on trouve&#13;
236 aiseme.’ de L’argent contant avec une belles&#13;
237 assurance. Je trouvois cette année vingt milles&#13;
238 Livres a emprunter po.’ paier L’Jsle d’orleans&#13;
239 si Laff.re eust pu se consommer.&#13;
Jevous&#13;
240 . Je vous envoie un memoire dece q.e ie dois et&#13;
241 de ce qui m’est deu par les Miss.res qui m’ont chargé&#13;
242 de quelq.e commistions, on trouvera tout ce qui&#13;
243 est marqué dans les ballots duSem.re&#13;
244 . Je dois fournir a M.r de Requeleyne cinq.te&#13;
245 neuf Livres, M.r du Préx m’en doit vingtCinq&#13;
246 Les Miss.res qui fourniront le surplus a M.r de&#13;
247 Requeleyne ie le.’ employeray cette sommes&#13;
248 a Paris,.&#13;
249 . M.r de la chapelle meCharge devous seluer&#13;
250 deSa part, lebon hom’e est plus damoitie mort&#13;
251 Je ne laisse pas deluy porter tous les Jours n’re&#13;
252 Seigneur, et il a encore le Jugeme.’ bon. nous&#13;
253 avons perdu un vertueux laique nomme M.r&#13;
254 adam charge des affaires des Missions, Je Le&#13;
&#13;
�255 recommande a vos prieres, sa mort a encore&#13;
256 augmenté mes ambarras.&#13;
257 Jl faut fermer mes lettres. Je vous donne avis que&#13;
258 Mad.e dela motte ango vous avoit envoié par&#13;
259 mer Son petit ballot Le vaisseau a fait Naufrage&#13;
260 prez de la Rochelle M. Grignon avec beaucoup&#13;
261 daffection a esté le reclamer, Jl a Sauvé la toile&#13;
262 en la faisant Sur lechamp laver dans leau&#13;
263 douce mais les livres qui ont esté avec elle trois&#13;
264 jours dans la mer estoient tout en boulie,&#13;
265 Jelay mandé a Mad.e dela motte ango&#13;
266 J’ay recompté ceque Je dois a M. de Requeleyne&#13;
267 J’avois oublié delui compter un Joli complet de 18.&#13;
268 une concordance de labible de 6.# et 3.# p.r leport &amp;.&#13;
269 cest 27. adeduire de 59 Jelui reste par consequent&#13;
270 trente deux livres. Jl en recevra vingt cinq de&#13;
271 M Du Pré curé de Quebec et quatre deM&#13;
272 Doucet. Jl nelui Sera plus du que 3.# que quelq.’&#13;
273 miss.re lui avancera p.r moy&#13;
274 Du reste Je ne dois qu’a M. Boucher 12.# aM&#13;
275 Dorre 4.# mais ces m.rs Seront bienaises que Je&#13;
276 leur envoie lannée prochaine quelq.’ chose&#13;
277 J’ay esté tellem.t pressé que Jen’ay pu vous&#13;
278 faire un double dela facture que J’ay&#13;
279 Jointe a la lettre deM. Glandelet que J’ay&#13;
280 envoiée la 1.ere dans la Pont chartrain&#13;
281 quon disoit devoir partir le 24. avril&#13;
282 Jen’ay pu non plus vous faire un duplicata&#13;
283 du compte g’ral que Je rends auSem.re que&#13;
284 Je joins a votre lettre. vous y trouverez&#13;
285 que la facture de Paris montent a deux mil&#13;
286 huit cent quatrevingt dix huit livres Sept Sols&#13;
287 Six deniers; non compris trois pieces de ceintures&#13;
288 dont Je n’ay encore pu Scavoir les prix&#13;
289 vous verrez par mon compte g’ral queje&#13;
290 me trouve encore en avance au 1.er avril&#13;
291 1698. delaSo’e de Sept Sept mil Six livres deux Sols&#13;
292 onze deniers. p.r le Sem.re de Quebec. Jl est vray&#13;
293 que Jay 934.# entre les mains au chapitre qui me&#13;
294 Servent p.r ces avances, mais Jl faut chercher a&#13;
295 fournir le reste, Je dois deplus toujours aM.&#13;
296 Labbé deBrisacier 1200.# quil ne me demande&#13;
&#13;
�297 pas par cequil me voit ambarassé, mais que Je&#13;
298 Souhaitterois fort lui paier. aiez la bonté de&#13;
299 representer ces choses anos mess.rs et de les&#13;
300 porter a vendre Sil est possible la baye S.t&#13;
301 Paul a faire moins de depense ala coste de&#13;
302 Beau Pré, et apaier leurs dettes en canada et&#13;
303 en france p.r y faire ensuite quelq’ petit fonds.&#13;
304 co’e Jl est absolum.t necess.re d’y penser du&#13;
305 vivant de tous nos mess.rs carSils ne le font&#13;
306 pas cela ne Se fera jamais. Je Suis avec un&#13;
307 respect tres particulier Monsieur Votre&#13;
308 tres humble et tres obeiss.’ Serviteur&#13;
309 ce 4. may 1698.&#13;
Tremblay p. J&#13;
310 Je vous prie demenvoier cette année une Nouvelle&#13;
311 procuration du Sem.re p.r recevoir les 2000.# des&#13;
312 prestres qui ne Sont plus en estat de Servir. on m’en&#13;
313 demande une Nouvelle tous les trois ans.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250380">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11907" order="4">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/a37ee8077018a2dfdaf1e96a54b976f9.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=PfmAcitjGO3TUoEqG-ysiaOoZe-MNn2fKqzQnYF0pVIpKQTINI%7Es5qRZyO1HS6bwhSP4Q43QF8GGBoFTDSbTnXOIj0Lu1Nm2A7m8lDooVuFalgbaham7wud48AycajvArpMFMCDAHF4nuTuFBRf%7EebBflK5CDpmF8FwlQBRDRwrZBbvRaygFttzPXgYQlLHwcRcGkDwKLP8-2p6zpKF3rKMcMuR%7E7DBfA%7EvM5NjufYQje3RP4AaBe5AS51U3prxyTvBS3f6WX-W8hltFP-v6lpX-fg88trgpJ1io261tFlE7Ws75RqoBKvo1uqgVX0FgWQS8yqYXic7k2muJ344vUQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e16c94c952aa0ecb3fd778712c359d46</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250377">
                    <text>������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250381">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 22&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249963">
                <text>J4UHVZV6</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249964">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249965">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249966">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 4 mai 1698)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249967">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris fait part au supérieur du Séminaire de Québec de la joie qu’il a de la paix rétablie entre Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, et son clergé. Il lui rend compte des affaires du chapitre, notamment de ce qu’il doit à l’évêque pour la jouissance des abbayes, de l’affaire de l’île d’Orléans qu’il n’a pas pu acquérir pour le Séminaire, et des missions en Orient et dans l’île de Bourbon, où il a envoyé des missionnaires. Il a eu du mal à payer les factures du Séminaire, à cause du manque de fonds et de l’augmentation des prix des marchandises. Il lui demande de ne pas envoyer de factures sans avoir des fonds en France ou des retours. Il lui détaille les marchandises qu’il a envoyées.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249968">
                <text>1698-05-04</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249969">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249970">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11907" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 22&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249971">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250382">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11908" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11906" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="576">
        <name>Esprit d'union</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="203">
        <name>Seigneuries</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18678" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11897">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/4f7903702c6c4b80b8e9d0e539411296.png?Expires=1779321600&amp;Signature=CMKiYqQkypniQjaSkL8ZFVlqeDUUQQcWiJr-TGVJd9AC1uLkm6iemo%7EIvaxylpXfq0MiUcZ2t-BrM6ly0c2NXedA6shPOwz-0wHo%7EGVElOgFhFJcZkRYLVdOAjnK2dCuiSUjib9Rs%7EU7d91Z%7EhVE4N0wBs3NH20qOrfj5ywpqNtp%7EsusQgk27NuX1VNl%7E16P%7EyoV-lRWs-XkvpWsGLJ5SCxL3zmZq7LCMonDF0b2y0eoAkGG%7ErSCn%7E3Y06LOyDVTuegY%7EuFhkMpjFuBl4OtDpbxYmzvgQ0JPoOkVxsxt-Wv89aaELAXbyyW-xhjEllbeDjnezAu6az6l%7Ef7sUwQTng__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11898">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/7313da9c153a81babbc2e4778a4d6699.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=WBFtsuCuj04DI7bLWuxHZwOp2FyOkB5UqMz32CwtFVYvmSNjuTDsB%7EEd0iFHcbOBlvaRmhuCny5nJnl9NZFWlswMkOsIKl1KnLg9OsOzaq6dXKx0p22ljd1bPnZmWIkq2pHP-ABTsh6uBxbdWn%7EtHebCgpkI1ChCvyZfJbjTEaOgLqwozgCI00EW7umieUgw2qFA1Ja3sWTe52N8HB3Ws-FByqzDfel6G3HcRGbnz7Q0MYqBSFOEd0nXmCsqve3PjdTuq8oADp51uHaEutY5SLOXgNKTZHcM7Db6UZc4dfYg0dCyyl8kWlmdlHoy2WrA9756Nmx9yn9XPZe-sPeXaQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b49f450b80409836b6835bede0444618</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250363">
                    <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 4 mars-16 avril 1694)&#13;
Pour M. de Glandelet,&#13;
Ce 4e mars 1694&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai suivi votre avis dans la manière d’écrire mes lettres et la lettre commune, que&#13;
je vous envoie conjointement avec celle-ci, vous fera connaître que je ne dois vous&#13;
parler dans celle-ci de ce qui regarde l’intérieur, de quelques affaires qui vous&#13;
regardent en particulier ou dont je dois vous parler pour répondre à vos lettres.&#13;
Pour commencer par ce qui est de principal et dont je voudrais bien m’entretenir&#13;
de bouche avec vous, je puis vous assurer que votre lettre m’a fait un grand plaisir&#13;
en me retraçant en peu de lignes la source de mes peines et inquiétudes intérieures&#13;
et me donnant des remèdes pour les faire cesser. J’ai lu et relu cette lettre que vous&#13;
m’écrivez de l’intérieur et plus je la lis, plus je m’y retrouve et m’y reconnais moimême. J’espère en faire mon profit et me servir des moyens que vous me donnez,&#13;
non tant pour faire cesser que pour faire un saint usage de ces peines, car je crois&#13;
qu’elles ne cesseront pas si tôt et qu’il ne dépend pas de moi de les faire cesser,&#13;
mais le recours continuel que vous me donnez à la prière est le moyen de me servir&#13;
ultimement de toutes ces inquiétudes et d’en faire un saint usage.&#13;
Vous apprendrez un peu, par ce que j’écris dans ma lettre commune et encore plus&#13;
par ce que vous verrez et dans la lettre que j’écris à M. des Maizerets (car je crois&#13;
qu’il vous la voudra bien montrer) et dans celle-ci, que mes peines et mes&#13;
inquiétudes ne cessèrent pas en vous écrivant mes lettres l’année dernière ; au&#13;
contraire, elles s’augmentèrent notablement et je regarde comme une grâce forte&#13;
et puissante que Dieu m’a faite, et des plus spéciales, de les avoir surmontées et&#13;
d’avoir demeuré fidèle dans mon état et ma vocation. Je puis bien dire la vérité :&#13;
« Quam bonus Israel Deus, his qui recto sunt corde ! Mei [autem] paene moti sunt pedes ;&#13;
paene effusi sunt gressus mei1 », car quelque désire que je sentisse de prendre un&#13;
&#13;
« Vraiment, Dieu est bon pour Israël, pour les hommes au cœur pur ! Un rien et je perdais pied, un peu plus&#13;
et je faisais un faux pas. » (Psaume 72 :1-2)&#13;
1&#13;
&#13;
�autre parti, j’en sentais encore un plus grand de faire la volonté de Dieu et je ne&#13;
pouvais, Dieu merci, me résoudre à quitter ma vocation si je ne voyais que ce fut&#13;
la volonté de Dieu et c’est ce qui m’a conservé. J’ai reconnu plus que jamais&#13;
pendant cette année que « mihi [autem] adherere Deo bonum est, ponere in Domino Deo&#13;
spem meam2 » et pour mon salut, qui en vérité courait grand risque si je me retirais&#13;
de la voie de grâce où il m’a mis et pour trouver même la paix dès ce monde-ci,&#13;
que je ne trouverai pas en m’éloignant du Dieu de paix, et même pour mon bien&#13;
temporel, car qui a espéré en Lui et a été confondu ? Après tout, pourquoi suis-je&#13;
sur la terre, me suis-je dit cent fois à moi-même ? Ce n’est ni pour acquérir de&#13;
l’honneur, ni du bien, ni pour prendre mes plaisirs. Dieu m’a fait la grâce de me&#13;
donner depuis longtemps quelque éloignement de ces choses. Il ne faut s’y laisser&#13;
prendre ni à peu ni à beaucoup, « quid enim mihi est in caelo, etc., Deus cordis mei,&#13;
etc.3 ».&#13;
Je me sens depuis quelque temps dans de bonnes dispositions, ce me semble,&#13;
quoiqu’elles sont accompagnées de beaucoup de froideur et de lâcheté et que ces&#13;
dispositions sont si faibles et chancelantes que je craigne à tout moment de les voir&#13;
se perdre et se dissiper. Depuis surtout ce carême, je me sens plus que jamais porté&#13;
à la retraite, au milieu même du tracas où j’ai été pour les factures. Je sens croître&#13;
en moi le désir d’être bien petit, peu estimé, délaissé, de n’avoir que Dieu pour&#13;
mon partage, de mettre en Lui tout mon appui et toute ma confiance, de me&#13;
soumettre en tout à ses divines volontés. J’ai quelques de désirs de participer aux&#13;
souffrances de Notre-Seigneur, à sa vie pauvre cachée, à sa vie mortifiée, mais&#13;
encore plus à sa vie intérieure. Je suis convaincu de ce que vous me dites dans&#13;
votre lettre, que le moyen le plus sûr pour acquérir toutes ces choses est la prière&#13;
et qu’il faut plus attendre de Dieu que de toutes mes industries, quoique je doive&#13;
les employer autant que je connaîtrai que Dieu le demandera de moi. Je ne cesse&#13;
de les lui demander et attends avec soumission le moment auquel il Lui plaira&#13;
m’en accorder quelqu’une. Je ne reconnais assez ne les avoir pas méritées, mais&#13;
avoir fait au contraire tout ce qu’il fallait faire pour m’en rendre indigne. Je&#13;
reconnais bien vrai ce que vous me marquer, que tout empressement même dans&#13;
les bonnes choses, ne vaut jamais rien. Je me suis inquiété bien des fois de me voir&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
« Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu : j’ai pris refuge auprès de mon Dieu. » (Psaume 72:28)&#13;
« Qui d’autre est pour moi dans le ciel ? […] le roc de mon cœur, c’est Dieu […] » (Psaume 72:25-26)&#13;
&#13;
�si peu ferme dans ma vocation et si inconstant dans mon état. J’aurais désiré cette&#13;
stabilité que je remarque dans tant de personnes. Le Diable, se joignant à tout ceci,&#13;
me disait que cette inconstance était une marque que je n’étais pas dans l’ordre de&#13;
Dieu, que je devais chercher un état où je fusse moins sujet à ces inquiétudes et à&#13;
ces agitations, qui m’ont été si ordinaires par le passé. Mais où le trouver cet état&#13;
puisque dans quelque état que ce soit, je me porterai moi-même et par conséquent,&#13;
le plus grand ennemi de mon repos et de ma paix intérieure ? Je ne la trouverai&#13;
que dans une mort entière à toutes mes vues, mes inclinations et mes désirs et dans&#13;
une fidélité entière à suivre mon Sauveur dans tous les états où il lui plaira me&#13;
mettre, de ténèbres ou lumières, de joie ou de tristesse, de goût ou de dégoût, et je&#13;
suis convaincu que je la trouverai même plus avantageusement dans les ténèbres,&#13;
dans les tristesses et dans les dégoûts que dans leurs contraires, parce que ce sont&#13;
les dispositions où il a mis son divin Fils, « me minavit, dit-il, [et adduxit] in tenebras,&#13;
et non in lucem, sed et cum clamavero [et rogavero], exclusit orationem meam4 ». Je trouve&#13;
un goût particulier à méditer ces choses et elles me soutiennent dans la piété. « Ego&#13;
vir videns paupertatem meam5 », voilà ma première disposition ; « peccatum peccavit&#13;
Jerusalem, propterea instabilis facta est6 », voilà la raison de l’état où je me suis trouvé ;&#13;
« bonum est praestolari cum silentio salutare Domini7 », « Bonus est Dominus, si je ne&#13;
me trompe, « speranti[bus] in eum, animae quaerenti illum8 », voilà ce que je veux faire&#13;
et je vous prie de joindre vos prières aux miennes pour demander pour moi la&#13;
fidélité que je dois à Dieu dans toutes ces vues qu’il me donne pour y bien&#13;
correspondre.&#13;
Je suis dans de grandes appréhensions pour le retour de Mgr de Québec. D’un côté,&#13;
je crains qu’il ne revienne pas pour plusieurs raisons ; d’un autre, j’appréhende,&#13;
s’il revient, de n’être pas assez fort pour soutenir bien des attaques que je prévois&#13;
qu’il me donnera dans les affaires que j’aurai à gérer ; car quoique le plus pesant&#13;
fardeau tombera sur M. de Brisacier, cependant je prévois que j’en aurai ma bonne&#13;
part. Il y aura bien des occasions où je prévois en avoir à supporter plus que je ne&#13;
puis, mais j’espère que Dieu me soutiendra. J’espère surtout beaucoup aux prières&#13;
« Moi qu’il a conduit et mené dans les ténèbres et non dans la lumière […] mais j’ai beau crier et supplier,&#13;
il étouffe ma prière. » (Lamentations 3:2 ;8)&#13;
5&#13;
« Je suis l’homme qui a connu la misère. » (Lamentations 3:1)&#13;
6&#13;
« Elle a péché, elle a péché, Jérusalem : elle n’est plus que souillure. » (Lamentations 1:8)&#13;
7&#13;
« Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur. » (Lamentations 3:26)&#13;
8&#13;
« Le Seigneur est bon pour celui qui se tourne vers lui, pour celui qui le cherche. » (Lamentations 3:25)&#13;
4&#13;
&#13;
�de nos Messieurs. Je crains encore bien davantage qu’il ne revienne pas, car vos&#13;
peines seraient encore prolongées. Il est bien juste que je participe à mon tour&#13;
réellement à vos souffrances, après y avoir participé en esprit. Je ne m’appuie pas&#13;
beaucoup sur les créatures et sur toutes les espérances qu’elles peuvent nous&#13;
donner dans nos affaires : il n’y a que Dieu sur qui nous puissions compter ; c’est&#13;
pourquoi, bien loin de compter pour quelque chose tout ce que je vous ai écrit dans&#13;
ma lettre commune et tout ce que je vous écrirai dans la suite, je suis dans de plus&#13;
grandes défiances et de plus grandes appréhensions, voyant quelque espérance&#13;
du côté des hommes que je n’y mette quelque appui et quelque confiance ; cela&#13;
serait capable d’arrêter le cours des grâces de notre bon Dieu dans cette affaire,&#13;
qu’il peut Lui seul faire réussir.&#13;
Si je ne connaissais nos Messieurs aussi bien que je fais, j’aurais sujet&#13;
d’appréhender qu’ils ne se choquassent de l’avis que je leur donne en plusieurs&#13;
endroits de mes lettres de garder un silence profond à l’égard de leurs affaires,&#13;
comme si je doutais par là qu’ils ne l’eussent pas gardé jusqu’à présent et qu’ils ne&#13;
le gardassent pas quand je ne le leur écrirais pas. Ils interpréteront en bonne part&#13;
tout ce que je leur écris et jugeront que je ne leur écris ces choses que pour leur en&#13;
faire remarquer l’importance, afin qu’ils y prennent garde plus que jamais.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’a fort recommandé de vous en écrire, non pas qu’il doute&#13;
que vous ne l’ayez gardé jusqu’à présent, mais afin de vous faire connaître que&#13;
l’on ne puisse dire que vous voulez opprimer un évêque, comme Monseigneur ne&#13;
manquerait pas de le dire, s’il vous voyait faire paraître le moindre signe de joie&#13;
de tout ce qui se passe en France. La vertu de nos Messieurs leur fera, comme je&#13;
n’en doute pas, voir avec la douleur qu’on soit obligé d’en venir à des extrémités&#13;
fâcheuses et mortifiantes pour une personne qui est leur supérieur légitime, afin&#13;
de leur procurer la paix. J’espère aussi que nos Messieurs et vous-même me&#13;
pardonnerez aussi toutes les fautes que j’ai pu faire soit dans ce que j’ai géré en&#13;
France soit dans ce que j’écris en Canada.&#13;
Je vous envoie dans nos ballots beaucoup de thèses, dont vous disposerez avec nos&#13;
Messieurs comme vous le jugerez à propos. Je vous envoie aussi quelques&#13;
chapelets. Ils sont confondus dans ces boîtes du troisième ballot avec des chapelets&#13;
qui appartiennent à MM. de Montigny et Requeleyne. Les choses ne sont pas&#13;
&#13;
�autant dans l’ordre que je le voudrais, parce que les achats se sont faits avec peu&#13;
de précipitation. Il y a aussi des images, assez bien faites de l’intérieur, de Jésus,&#13;
Marie et Joseph, chacune séparément, dont je promets à nos frères donnés, que&#13;
vous leur ferez part. Je vous envoie aussi les Cas de conscience de Sainte-Beuve, les&#13;
Cantiques du P. Surin, un cuisiner français, que vous donnerez à nos frères donnés,&#13;
l’Institution au droit ecclésiastique par M. Fleury pour M. Du Bos, formules d’actes&#13;
et de procédures pour M. de Bernières. Vous trouverez aussi une petite boîte qui&#13;
vous est adressée dans laquelle, outre plusieurs lettres et papiers dont elle est fort&#13;
remplie, il y a deux petites Notre-Dame d’ivoire, l’une pour M. de Requeleyne et&#13;
l’autre pour M. Dufournel. Vous aurez la bonté de retirer tous ces livres et cette&#13;
boîte. Vous trouverez aussi dans nos ballots un tome in-folio des Épitres de&#13;
Mme de Chantal pour Mlle de Glandelet9 qu’elle m’a demandé par un petit billet&#13;
que j’ai reçu d’elle cet automne. Elle me marquait qu’elle avait donné un écu de sa&#13;
sainte pauvreté à M. Guyotte pour me le donner, mais M. Guyotte, par son&#13;
abstraction ordinaire, s’en est oublié. Je vous prie de dire à Mlle de Glandelet qu’il&#13;
n’est pas nécessaire qu’elle donne ainsi de l’argent, que sans qu’elle m’en envoie,&#13;
je lui enverrai l’année prochaine Les tableaux de la pénitence de M. Godeau, qu’elle&#13;
m’avait aussi demandé. Je tâcherai de lui mander ces choses par les derniers&#13;
vaisseaux. Je vous prie en attendant de la bien vouloir saluer de ma part et de me&#13;
recommander à ses prières. Vous trouverez aussi parmi les livres des suppléments&#13;
des saints nouveaux, une condamnation du livre de M. du Pin par M. l’archevêque&#13;
[de Paris], dont je vous parlai l’année dernière, une lettre synodale de l’archevêque&#13;
de Malines. Vous trouverez aussi un paquet de livres que vous envoie M. l’abbé&#13;
de Lingendes. Il vous salue et écrit, M. de l’Encluse, M. Adam, et tous nos anciens&#13;
de l’Assemblée [des Bons Amis].&#13;
Du 15e mars 1694,&#13;
Le P. Bigot est parti pour vous aller rejoindre ; le P. Raffeix était parti longtemps&#13;
avant lui ; M. Fredin est aussi parti de lundi de Pâques de Paris. Ils se hâtent de se&#13;
rendre à La Rochelle avant le 20 [mars], parce que M. d’Iberville espère partir avec&#13;
ses deux vaisseaux seulement dans la fin de ce mois et la flotte sera retardée à six&#13;
semaines après. Je crains bien qu’il n’en parte plus du tout, car nous n’aurons point&#13;
9&#13;
&#13;
Sœur de Charles de Glandelet, elle se joint à la Congrégation de Notre-Dame de Montréal&#13;
&#13;
�cette année d’armée navale en mer sur l’océan ; c’est pourquoi nos ennemis en&#13;
seront les maîtres et empêcheront qu’il ne sorte un seul vaisseau de France. Cela&#13;
rompt et renverse toutes nos mesures. Je fais ce que je puis pour faire embarquer&#13;
dans ces deux premiers vaisseaux tout ce qui est prêt pour nous à La Rochelle,&#13;
mais je ne sais encore ce qui se fera. J’ai cru même devoir vous parler dans cette&#13;
lettre de nos affaires et vous mander l’état où elles sont, quoique j’eusse résolu de&#13;
n’en rien écrire que dans ma lettre commune. J’ai chargé le P. Raffeix de cette lettre&#13;
sous l’enveloppe du P. Bruyas. J’ai mis de plus, dans la boîte des pères jésuites,&#13;
sous la même adresse, des lettres particulières pour Mgr l’Ancien, pour&#13;
M. de Bernières, pour M. des Maizerets. Je n’ai point encore pu écrire à M. Dupré,&#13;
à M. Martin, ni à plusieurs autres de nos Messieurs. J’espérais, après mes lettres&#13;
particulières, faire un duplicata de ma lettre commune et l’envoyer par deux&#13;
vaisseaux différents. [Si] je n’aurai pas le temps de le faire par ces premiers&#13;
vaisseaux-ci, ce sera par les derniers. J’ai dessein seulement de vous marquer en&#13;
peu de paroles dans cette lettre la situation où sont les affaires et j’adresserai&#13;
vendredi cette lettre au P. Bigot, sous adresse ordinaire, pour le prier de placer&#13;
cette lettre en sûreté dans le vaisseau où le P. Raffeix ne passera pas, afin que vous&#13;
puissiez être informé par tous les deux vaisseaux de ce qui s’est ici passé.&#13;
Je vous ai déjà écrit, dans la manière que vous seul pouvez lire, par le vaisseau qui&#13;
est parti pour l’Acadie. J’adresse cette lettre à M. Hazeur. Vous aurez la bonté de&#13;
me marquer si vous l’avez reçue. Je crois avoir reçu toutes vos lettres et tous vos&#13;
papiers. Ils m’ont été rendus de tous côtés en bon ordre. Je crains seulement que&#13;
quelques lettres de Mgr l’Ancien ne soient perdues. Je vois aussi par les vôtres que&#13;
vous reçûtes l’an passé toutes celles que je vous écrivis, car je n’avais point fait de&#13;
duplicata d’aucune de mes lettres, mais je comptais que ma lettre commune&#13;
servirait de duplicata à toutes les autres.&#13;
Dieu, qui veille si particulièrement sur l’Église du Canada, a disposé le cœur du&#13;
roi à remédier aux troubles et aux dissensions qui s’y sont excités. Il a reconnu&#13;
d’où elles procédaient et il est convaincu que le seul moyen de les faire cesser est&#13;
de rappeler Mgr de Québec. De vous dire comment le roi s’est trouvé si bien&#13;
disposé, je n’en sais rien. J’aime mieux même ne le savoir pas que de le savoir, afin&#13;
d’en avoir pour Dieu seul toute la reconnaissance, que je craindrais de partager&#13;
&#13;
�avec les créatures, « prope est Dominus omnibus invocantibus eum, voluntatem&#13;
timentium se faciet10, » etc., « cor regis in manu eius est, quocumque voluerit inclinabit&#13;
illud11 », voilà ce qu’opère la souffrance bien portée. M. le marquis de Denonville&#13;
pourra peut-être vous expliquer comment cela s’est fait. Je l’appris peu après nos&#13;
dernières lettres reçues. Ce fut dans l’octave de l’Épiphanie, temps, comme vous&#13;
savez, consacré à la manifestation des grandeurs du saint Enfant-Jésus. M. l’abbé&#13;
de Brisacier me lut un article de la lettre de Mme de Maintenon, qui lui marquait&#13;
la disposition favorable du roi à cet égard. Le P. de La Chaize et M. le marquis&#13;
de Denonville le lui confirmèrent peu après et M. l’archevêque de Paris le leur fit&#13;
encore plus particulièrement connaître peu de jours après.&#13;
M. l’abbé de Brisacier m’ordonna de garder un silence profond de tout ceci ; ce qui&#13;
m’a empêché d’en parler même avec les pères jésuites. Je ne doute point que&#13;
M. de Denonville ne les en ait informés. Cependant, nous ne nous en sommes&#13;
point les un ni les autres ouverts ensemble. Nous avons obligation à tous ceux&#13;
presque qui sont passés en France, qui tous ont parlé du Séminaire&#13;
avantageusement. Les séculiers se sont bien aperçus que Monseigneur n’était pas&#13;
bien en Cour. Ils jugent bien même que s’il était en France, il ne retournerait pas&#13;
en Canada et qu’on tâcherait de lui donner un autre évêché ; mais je ne crois pas&#13;
qu’aucun sache les intentions du roi. Ils ne manqueront pas de parler ainsi en&#13;
Canada. Vous devez vous tenir dans une grande réserve à cet égard et ne pas faire&#13;
paraître en aucune manière savoir de France rien qui approche de ces choses.&#13;
On ne sait pas encore quelles mesures le roi prendra pour faire réussir la chose. Le&#13;
P. de La Chaize dit à nos Messieurs qu’il ne savait si le roi le retiendrait en France&#13;
sans lui ôter son évêché et en laisserait le gouvernement à Mgr l’Ancien, ou&#13;
Monseigneur le ferait gouverner par des grands-vicaires, ou si Sa Majesté lui&#13;
donnerait un autre évêché, ou enfin si on lui donnerait quelque abbaye pour vivre&#13;
en France et lui, se démettrait de son évêché entre les mains du roi, qui y&#13;
pourvoirait. Le P. de La Chaize est persuadé que si le roi est dans le dessein de&#13;
nous donner un autre évêque, il faut que nos Messieurs jettent les yeux sur une&#13;
« Il est proche de tous ceux qui l’invoquent, de ceux qui l’invoquent en vérité. Il répond au désir de ceux&#13;
qui le craignent. » (Psaumes 144:18-19)&#13;
11&#13;
« Le Seigneur dispose du cœur d’un roi comme d’un canal d’irrigation, il le dirige où il veut. »&#13;
(Proverbes 21:1)&#13;
10&#13;
&#13;
�personne qui puisse d’un côté prétendre à remplir ce poste et qu’on puisse d’un&#13;
autre côté espérer qu’il entrera dans l’esprit de notre Séminaire autant que&#13;
Monseigneur s’en est éloigné. Il leur a lui-même suggéré M. l’abbé Brunet, frère&#13;
du grand Brunet, garde du Trésor royal, qui est ami intime de nos Messieurs et&#13;
qui, comme je le crois, serait bien propre à remplir un tel poste. C’est une personne&#13;
bien unie à Dieu, d’une douceur d’ange, d’une simplicité d’enfant, bien détaché&#13;
des biens de ce monde, qui passe les jours aux pieds d’un crucifix ou dans&#13;
plusieurs autres bonnes œuvres ; ce n’est point un esprit hautain remuant ; et il est&#13;
pacifique, il écoute conseil ; en un mot, il me semble que le Canada serait trop&#13;
heureux s’il avait un tel évêque ; il a de la science, il est docteur de [La] Sorbonne,&#13;
il prêche avec beaucoup d’onction. Vous trouverez dans nos ballots un petit livre&#13;
en parchemin pour l’instruction des confesseurs qu’il fit imprimer l’an passé pour&#13;
le faire distribuer par nos Messieurs dans leurs missions de France aux curés des&#13;
campagnes. Il a autant d’éloignement pour les grandeurs que son frère, qui occupe&#13;
une charge qui lui coûte 800 000 livres et qui le rend considérable auprès de tout&#13;
ce qu’il y a de grand à la Cour, a d’empressement de le voir élevé aux prélatures.&#13;
Il accepterait volontiers un évêché de Canada, à quoi l’on prévoit que son frère&#13;
s’opposerait fortement. Nos Messieurs s’en sont ouverts à lui, en cas que les choses&#13;
tournassent comme il faut. Je prie de bien recommander cette affaire à Dieu. Je ne&#13;
cesse de le faire de mon côté.&#13;
On s’attend que Monseigneur ne manquera pas de crier fort haut l’année&#13;
prochaine et de se plaindre, surtout de M. l’abbé de Brisacier. Il lui a écrit cette&#13;
année que tout le monde voyait bien en Canada qu’il se moquait de lui par la&#13;
nomination qu’il avait faite des officiers du Séminaire, que le gouvernement n’y&#13;
était nullement changé et qu’il chercherait sans s’adresser à lui les remèdes aux&#13;
grands maux que cause la division dans son Église. On craint bien davantage qu’il&#13;
ne se cantonne en Canada et que sentant qu’on n’est pas bien disposé pour lui à la&#13;
Cour, il ne prenne la résolution de rester dans son évêché ; ce qui embarrasserait&#13;
fort, car je ne sais si le roi voudrait l’en faire sortir par quelque voie violente. Il est&#13;
assez difficile d’avoir prise sur lui, étant de bonnes mœurs et ne pêchant que dans&#13;
la conduite et le gouvernement de son Église.&#13;
&#13;
�Le roi a résolu, pour l’obliger de revenir, de ne rien régler jusqu’à son retour en&#13;
France et M. l’archevêque et le P. de La Chaize l’ont dit à M. de La Pallière et à&#13;
nous. On a pris le prétexte qu’il le demandait lui-même et je le mande à nos&#13;
missionnaires en Canada. M. l’archevêque, qui avait paru toujours beaucoup plus&#13;
porté pour Monseigneur que pour nous, pour soutenir la dignité épiscopale, n’a&#13;
pas fait paraître cette année la même chose. Cependant, Monseigneur lui avait écrit&#13;
des lettres de confidences, des mémoires secrets et que M. l’archevêque a tous fait&#13;
lire à nos Messieurs, dans lesquels il nous accuse d’être jésuites. Il dit que vous&#13;
vous vantez de ne rien craindre, parce que vous avez le P. de La Chaize pour vous&#13;
et il n’a pas été difficile à ce prélat de découvrir tout l’artifice de ces lettres. Elles&#13;
n’ont servi qu’à un bien, qui est de lui faire connaître le caractère d’esprit de&#13;
Monseigneur, qui tâche à mettre la division partout, voulant la mettre par ces&#13;
lettres entre M. l’archevêque et le P. de La Chaize.&#13;
Ce prélat a fait paraître à nos Messieurs une affection extraordinaire. Je l’avertis à&#13;
l’arrivée de M. de Merlac à Paris. Il le fit avertir aussitôt de le venir voir, il lui&#13;
défendit de distribuer les lettres de Monseigneur, il ne voulut pas demander au&#13;
roi, comme M. de Merlac l’en priait de la part de Monseigneur, que Sa Grandeur&#13;
pût vous ramener en France avec lui l’année prochaine pour pouvoir dire vos&#13;
raisons ; ce que nous aperçûmes bien être la cause du retardement de son voyage&#13;
pour une année. Au contraire, il parla au roi fort avantageusement pour nous. Il&#13;
pria, dit-il, le roi de ne point donner d’évêché à Monseigneur en France, que c’était&#13;
un esprit dangereux, qu’il pourrait remuer dans les assemblés et qu’il ne le croyait&#13;
pas capable de conduire dKh3Ldph12. Il apporta à nos Messieurs la favorable&#13;
disposition du roi et nous ne doutons point qu’elle n’ait opéré en lui le grand&#13;
changement dans lequel il nous parut être à notre égard. Vous auriez dû écrire une&#13;
lettre à ce prélat et une au P. de La Chaize, et Mgr l’Ancien autant, pour leur&#13;
recommander vos affaires, avec un petit mémoire, le plus abrégé que faire se&#13;
pourrait, de vos différends. Vous aurez la bonté de le faire l’année prochaine, sans&#13;
rien faire paraître de ce que je vous mande ici.&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
Nous n’avons pas le code chiffré utilisé par Tremblay et Glandelet.&#13;
&#13;
�M. de Merlac a été fort surpris de ce que tous les esprits n’étaient guère disposés à&#13;
entrer dans ses vues et celles de Monseigneur. Il a voulu passer pour une personne&#13;
qui n’avait point d’intérêt dans toute cette affaire et qui a toujours tâché d’être le&#13;
médiateur de la paix entre les uns et les autres, mais il a trouvé qu’on ne le&#13;
regardait pas ici comme tel et M. de La Pallière lui-même lui a dit qu’il avait bien&#13;
mal fait de jeter Monseigneur dans tous les embarras où il est présentement.&#13;
M. de La Pallière le connaissait déjà dès son premier voyage. Il a eu quelque sujet&#13;
de le soupçonner de nouvelle doctrine, à cause de ses habitudes avec une personne&#13;
qui est sortie de l’Oratoire pour ce sujet13. Je vous prie de garder ceci dans le&#13;
silence. Il a reconnu dans ce bon Monsieur quelque défaut de prudence en&#13;
plusieurs occasions. Il vint dans son dernier voyage demander, à l’insu de&#13;
Monseigneur et de M. de La Pallière, à la supérieure de la Visitation, dont il est le&#13;
directeur, lui demander de dire ses messes pour la rétribution. Il a fait paraître un&#13;
empressement extraordinaire pour obliger Monseigneur à lui procurer sa pension.&#13;
Depuis qu’il est arrivé dans ce dernier voyage, il a décacheté à La Rochelle toutes&#13;
les lettres de M. de La Pallière, lui en a envoyé quelques-unes et en a gardé les&#13;
autres. Il a demandé à venir loger au Séminaire et il y venait descendre en quittant&#13;
le messager si je ne fusse allé au-devant le prier de nous en dispenser, en lui&#13;
alléguant que nous n’avions pas de logement commode pour lui. Il n’a pas laissé&#13;
plusieurs fois de solliciter depuis nos supérieurs de le laisser venir demeurer au&#13;
Séminaire, mais on n’a garde de l’y recevoir, car cela pourrait peut-être attirer&#13;
Monseigneur à son retour et on veut tâcher d’empêcher qu’il n’y vienne pas&#13;
descendre pour l’empêcher de faire davantage à nos Messieurs le compliment :&#13;
« Vous n’êtes pas digne de l’honneur que je vous fais de demeurer dans votre&#13;
Séminaire. ».&#13;
M. de La Pallière nous a dit plusieurs fois qu’il était nécessaire d’empêcher mondit&#13;
sieur de Merlac de retourner en Canada. Je souhaite que cela soit.&#13;
Nous vivons avec une grande union avec mondit sieur de La Pallière.&#13;
Monseigneur l’a effectivement soupçonné de ne soutenir pas ses intérêts assez&#13;
vigoureusement. On ne peut cependant y apporter plus de soin et d’application. Il&#13;
&#13;
Mgr Étienne Le Camus, évêque de Grenoble, fut un ardent réformiste et servit d’intermédiaire entre Rome&#13;
et le roi dans l’affaire de la Régale en 1682.&#13;
13&#13;
&#13;
�nous a paru aller droit ; il cherche le bien, à la vérité, comme il est chargé des&#13;
affaires de Monseigneur ; il croit qu’il est de son devoir d’en soutenir les intérêts ;&#13;
et j’aurais plus sujet de me plaindre qu’il les soutient trop fortement que&#13;
Monseigneur qu’il ne les soutient pas assez. Je lui ai donné votre lettre, après&#13;
l’avoir fait lire à M. l’abbé Milon et aux PP. Bigot et de Lamberville, qui la&#13;
trouvèrent bonne. Je lui donnai même toutes les pièces concernant le procès du&#13;
chapitre. Il les trouva en bonne forme ; cependant, il prétendit qu’à la vérité&#13;
M. de Merlac n’avait pas eu raison de demander ce qui est couché dans sa requête&#13;
et que Monseigneur aurait dû observer les formalités de justice, mais qu’aussi vous&#13;
n’auriez pas dû en appeler comme d’abus, qu’un appel comme d’abus sonne&#13;
toujours très mal, que vous auriez pu arrêter la chose par une autre voie et&#13;
plusieurs autres choses qu’il ajouta à ce sujet. Il ne savait aussi que croire de ce que&#13;
vous marquez dans le journal du chapitre ou de ce que racontait M. de Merlac et&#13;
lui mandait Monseigneur de la manière dont les choses se sont passées dans le&#13;
chapitre. Votre lettre n’a fait aucun mal. Elle a fait du bien, au contraire, et comme&#13;
je ne doute pas qu’il ne vous écrive, je vous prie aussi de ne pas manquer de lui&#13;
écrire.&#13;
Nous n’avons point eu cette année ni lui ni nous à discuter les affaires devant les&#13;
commissaires. Ils ne se sont pas assemblés une seule fois sur ce sujet. Après la lettre&#13;
commune écrite que j’ai donnée au P. Raffeix, M. l’abbé de Brisacier étant allé&#13;
trouver M. l’archevêque à Versailles et ne l’ayant pas trouvé, lui laissa une lettre&#13;
dans laquelle il le priait :&#13;
1° que le P. de La Chaize étant suspect à Mgr de Québec pour lui&#13;
porter la parole au roi (parce que Monseigneur a écrit au&#13;
P. de La Chaize qu’il l’informait mal des sentiments que le roi avait&#13;
de sa conduite, que Sa Révérence écrivait que le roi n’en était pas&#13;
content et que cependant M. de Pontchartrain lui écrivait le&#13;
contraire), on suppliait Sa Grandeur de vouloir lui-même prendre&#13;
les ordres du roi pour écrire à Mgr de Québec de sa part ; c’était faire&#13;
plaisir à M. l’archevêque et à nous de lui donner une pareille&#13;
commission ; tout ce qui donne occasion à ces grands seigneurs&#13;
d’entretenir le roi leur est fort agréable ;&#13;
&#13;
�2° que Sa Grandeur voulût savoir du roi si ce n’était pas l’intention&#13;
de Sa Majesté que Monseigneur revint cette année en France sans&#13;
différer pour régler tous les différends ;&#13;
3° si Sa Majesté ne jugeait pas nécessaire que nos Messieurs&#13;
revinssent avec lui pour dire leurs raisons, s’offrant de les dire par&#13;
écrit dans leurs lettres et de bouche par les personnes qui font leurs&#13;
affaires en France et d’en passer par tout ce que les commissaires&#13;
auront réglé ;&#13;
4° si ce n’était pas l’intention de Sa Majesté que Monseigneur laissât&#13;
toucher ce qui vous est dû pour 94 des charges indispensables et&#13;
que pour l’avenir, l’argent restât entre les mains de l’agent de la&#13;
Compagnie jusqu’à ce que tout eût été réglé entre Monseigneur et&#13;
son Séminaire.&#13;
Du 15e avril 1694,&#13;
M. l’archevêque entretint le roi de toutes ces choses, qui le chargea de les écrire à&#13;
Mgr de Québec. J’en suis allé hier faire ressouvenir Mgr de Paris. Il m’a ordonné de&#13;
revenir le lendemain pour l’en mieux faire souvenir. J’y dois aller demain matin et&#13;
le dois prier de nous faire deux lettres, afin de les envoyer par deux différentes&#13;
voies. Voilà donc tout ce qui s’est fait cette année à ce sujet. M. l’archevêque doit&#13;
écrit à Monseigneur :&#13;
[1°] que le roi juge expédient, et même nécessaire, qu’il fasse cette&#13;
année sans différer un voyage en France pour régler et terminer&#13;
toutes les brouilleries de son Église ;&#13;
2° que Sa Majesté ne juge pas nécessaire, au contraire, croit inutile&#13;
que ces MM. du Séminaire reviennent avec lui ;&#13;
3° qu’il doit laisser toucher ce qui vous est dû pour l’année 94 des&#13;
charges indispensables sur votre simple quittance et que pour les&#13;
&#13;
�années suivantes, on réglera les choses s’il y trouve quelque&#13;
difficulté après son retour.&#13;
J’avais, dans le mémoire que je présentai à M. de Brisacier pour le faire souvenir&#13;
de demander ces choses, ajouté quelques autres articles, entre autres que&#13;
Monseigneur eût à lever l’interdit qu’il a porté contre vous ; mais M. de Brisacier&#13;
ne jugea par en devoir rien dire, parce qu’il savait que le roi ne se mêlerait point&#13;
de ce qui touche la juridiction épiscopale. Il me dit ensuite qu’il valait mieux, si&#13;
Monseigneur le voulait, que vous le fussiez encore un an, que le diocèse, à la vérité,&#13;
en pâtirait, mais qu’aussi cela ferait plus de tort à Monseigneur qu’à vous.&#13;
Si je tire ces deux lettres de Mgr l’archevêque, je vous les enverrai par deux voies,&#13;
les adressant au P. Bigot pour le prier de les mettre dans les deux navires qui vont&#13;
en Canada. On n’a pas voulu que nous envoyassions notre résignation de&#13;
M. Dupré en Cour de Rome. Tout est suspendu jusqu’au retour de Monseigneur.&#13;
Si on juge que l’on doive achever cette résignation, il faudra envoyer une nouvelle&#13;
procuration.&#13;
Il nous faut envoyer aussi une autre procuration du chapitre : celle de cette année&#13;
ne vaut rien. Il faut qu’elle soit signée du plus grand nombre de chanoines qu’il&#13;
est possible. Il serait bon aussi de mettre M. Tiberge et M. l’abbé de Brisacier pour&#13;
procureurs, afin que s’il arrivait un accident à un, l’autre pût toujours agir. Le&#13;
premier s’appelle Louis et le deuxième, Jacques-Charles. Le premier est l’abbé&#13;
d’[espace blanc14] et le second de Flabémont. M. Tiberge est depuis trois mois notre&#13;
supérieur et M. l’abbé de Brisacier, assistant. C’est sur eux que roule tout le&#13;
Séminaire. M. Sevin n’est guère en état d’agir. Le Séminaire continue depuis&#13;
longtemps à n’aller pas trop bien. Nos supérieurs sont chargés de tant d’autres&#13;
affaires que le Séminaire en paraît le moindre ou celle qui les occupe le moins. À&#13;
l’occasion des procurations, je crois que vous devez nous en envoyer une au nom&#13;
du Séminaire, la plus générale que faire se pourra. Nous n’en avons point et on ne&#13;
peut agir pour vous que comme se faisant fort. Mgr l’Ancien aura aussi la bonté de&#13;
nous en envoyer une nouvelle pour lui conjointement et de ne pas oublier son&#13;
certificat de vie. Je prie aussi M. Dupré d’en envoyer une pour affermer et recevoir&#13;
14&#13;
&#13;
Il était l’abbé commendataire d’Andrès.&#13;
&#13;
�les revenus de son prieuré. Le bail finit à la fin de cette année. Il y a deux ans que&#13;
nous n’en avons rien touché.&#13;
Nous fûmes payés l’an passé de la pension de Mgr l’Ancien sur Mgr d’Aire.&#13;
M. de Brisacier la reçut pour se rembourser des avances qu’il a faites. Pour nous,&#13;
je ne sais pas combien nous lui sommes encore redevables. Pour la pension de&#13;
Monseigneur de 2 000 livres sur le Trésor royal, nous n’en avons rien touché&#13;
depuis deux ans et il y a apparence que nous n’en toucherons rien tant que la&#13;
guerre durera. Les ministres d’État et les maréchaux de France ne touchent pas les&#13;
leurs. On aura peine à croire en Canada jusqu’où va la misère de la France,&#13;
combien l’argent y est rare, le pain et toutes les choses qui se consument. On dit&#13;
que nos ennemis ne souffrent pas moins que nous. Cependant, on ne les voit guère&#13;
s’approcher des voies d’accommodement et de paix. Le roi y paraît fort porté ; nos&#13;
ennemis l’attribuent à faiblesse et s’en tiennent plus fiers. Ils devraient cependant&#13;
avoir déjà appris, par leur expérience funeste, que le roi n’est pas d’humeur à plier&#13;
et à recevoir la loi d’eux. Dieu même semble ne le pas vouloir. Dans le temps qu’Il&#13;
nous accable de misère au-dedans, il rend au-dehors le roi triomphant de tous ses&#13;
ennemis. Il bénit la cause juste et sainte de la guerre du roi et châtie au-dedans nos&#13;
péchés avec beaucoup de bonté.&#13;
Nous sommes réconciliés avec le Saint-Siège depuis cinq mois. Nos évêques sont&#13;
nommés, qui avaient assisté à l’Assemblée de 82, ont écrit au Saint-Père qu’ils&#13;
avaient de la douleur de ce qui s’était passé dans cette assemblée contre la&#13;
discipline ecclésiastique et qu’ils se regardaient comme une chose de nulle&#13;
autorité. Tous ensuite ont eu leurs bulles et ont été sacrés.&#13;
Le roi a nommé à l’évêché de [Saint-Bertrand de] Comminges, M. de Brisay, frère&#13;
de M. de Denonville ; M. l’abbé Milon à l’évêché de Condom ; M. l’abbé de La&#13;
Frèrelière à l’évêché de La Rochelle, l’ancien étant mort ; il a donné l’abbaye de&#13;
Val-Richer à M. l’abbé de Camilly, beau-frère de M. de Vaubenard, et l’a choisi&#13;
pour être grand-vicaire de M. le cardinal Fürstenberg, à Strasbourg, à la place de&#13;
M. de La Frèrelière qui l’était. C’est un pas pour aller à l’évêché. Il demeure depuis&#13;
plus d’un an au Séminaire.&#13;
&#13;
�L’édit pour la taxe des bois est révoqué ; cela a été converti en une somme pour le&#13;
don gratuit, qui n’empêchera pas ce qu’on doit lever en l’Assemblée l’année&#13;
prochaine pour ce même don.&#13;
Nous sommes en dette de 12 600 livres à M. Grignon ; de 500 livres à M. Rotrou ;&#13;
550 livres pour lever le décret d’union des bénéfices simples de Méobecq au&#13;
Séminaire ; de 200 livres à M. Carnot ; et de plusieurs autres petites dettes, sans ce&#13;
que nous devons à Mgr l’Ancien. Je ne vois à toucher cette année que 2 000 livres&#13;
pour les prêtres usés, 1 800 livres de M. d’Aire et 400 ou 500 livres d’autre part.&#13;
J’espère aussi depuis quelque temps toucher une somme de 1 800 livres de la&#13;
succession de M. Dudouyt, à quoi il a fallu nous réduire de 3 000 livres qui nous&#13;
sont dues en principal, sans les arrérages. Cette somme nous fera du bien, si elle&#13;
nous vient. J’en attends des nouvelles depuis quelques jours.&#13;
Sur ces sommes, j’ai demandé à M. Grignon de nous accomplir une facture, qui ira&#13;
à plus de 2 500 livres et près de 3 000 livres avec les frais, d’employer plus de&#13;
300 livres en étoffes pour les charités de Mgr l’Ancien et je vous envoie une facture&#13;
de Paris qui monte à 2 450 livres sans 400 livres de toiles, moitié de coton, qui est&#13;
dans ces ballots, que je ne compte point, parce que je ne l’ai pas encore payée. Je&#13;
ne puis vous envoyer un état au juste de mes comptes que dans les derniers&#13;
vaisseaux. J’ai pris toutes choses à Paris à crédit, mais il faut présentement trouver&#13;
de l’argent et c’est ce qui m’embarrasse, car je ne sais d’où en tirer. M. Grignon, de&#13;
son côté, me presse fort. Je tâche à le payer en bonnes paroles, ne pouvant lui&#13;
donner d’argent, mais vous savez que cette monnaie n’est pas toujours bien reçue.&#13;
Il faut que nos Messieurs fassent tous les efforts pour trouver de l’argent pour&#13;
mondit sieur Grignon, car ils en trouvent plutôt à Québec qu’à Paris, où j’ai fait&#13;
mes efforts inutilement pour trouver à emprunter.&#13;
Nous avons entré depuis quelque temps en jouissance du prieuré de SaintSébastien, affermé [à] 500 livres, et qui nous vaudra toujours 400 livres nettes. Le&#13;
titulaire est mort, on me l’a conféré. En attendant que l’union soit consommée,&#13;
nous travaillons présentement à enlever le décret. J’espère que dans peu nous&#13;
l’aurons. Je ferai cet été un tour en ces quartiers pour mettre tous ces prieurés, qui&#13;
sont celui de Bénévent, affermé [à] 725 livres, celui de Saint-Sébastien 500, et celui&#13;
&#13;
�de Parçay 800 livres, en bon état. On me mande tous les jours qu’il y a des&#13;
réparations à des chaussés de moulins à y faire. Il faut en renouveler les baux. On&#13;
m’en offre déjà quelque augmentation sur un chacun. J’ai de plus à faire en ces&#13;
quartiers à cause des 2 000 livres qui sont dues à Mgr l’Ancien par les héritiers d’un&#13;
fermier de Méobecq nommée Galpy. Tout cela mérite bien qu’on aille y faire un&#13;
tour. Nous faisons 300 livres de pension sur celui de Bénévent à M. Gaultier.&#13;
Comme je n’ai point encore répondu à plusieurs choses qui sont répandues dans&#13;
vos lettres, je vais le faire présentement le plus succinctement que je pourrai.&#13;
Je ne sais si je vous ai déjà écrit dans cette lettre que M. l’archevêque a cru que vous&#13;
n’eussiez pas dû appeler comme d’abus à un tribunal séculier de l’ordonnance de&#13;
Monseigneur. Cela n’est pas, dit-il, édifiant dans une nouvelle Église. La cause de&#13;
plus est purement ecclésiastique et il a cru qu’un appel simple eût été suffisant&#13;
pour arrêter l’effet de l’ordonnance de Monseigneur. Je ne sais ce qu’il voulait dire&#13;
par « l’appel simple » et je ne pus me le faire expliquer.&#13;
L’on a été convaincu, tant par le rapport de M. Fredin de la part de M. l’intendant&#13;
que par la lettre de M. d’Auteuil à M. de Brisacier, qui était fort bien faite, qu’il n’y&#13;
avait point eu d’arbitrage. Il sera bon de tâcher d’avoir encore cette année de&#13;
bonnes attestations comme celles-là et d’autres pour les faits qui seront contestés.&#13;
Cela fait de bons effets. On ne s’en servira que d’une manière à ne point faite de&#13;
tort aux personnes qui les donneront. M. de Brisacier eût désiré savoir en quoi il&#13;
eut pu obliger M. d’Auteuil. Il l’aurait fait volontiers. Je crois qu’il lui écrira, mais&#13;
ce ne sera que par les derniers vaisseaux, car quelque soin que j’aie pris de l’en&#13;
avertir, il n’a pu trouver du temps pour écrire par les premiers. J’avais envoyé à&#13;
M. Hazeur une liasse de papiers qu’une personne, à qui j’ai de l’obligation à cause&#13;
de sa famille, m’avait prié d’adresser à quelqu’un en Canada pour susciter un&#13;
procès de conséquence à M. d’Auteuil. M. Hazeur n’a pas voulu se mêler de cette&#13;
affaire, par considération pour M. d’Auteuil. Il m’a fait plaisir et je lui mande de&#13;
me renvoyer les papiers.&#13;
&#13;
�J’ai parlé à M. l’abbé de Brisacier de l’acte de démission de l’emplacement de la&#13;
chapelle succursale dont vous me parlez comme de la pièce la plus forte pour&#13;
obtenir les lettres patentes. M. de Brisacier croit qu’en rigueur, cela ne servirait à&#13;
rien et que sans un secours extraordinaire, comme celui qu’on espère nous donner,&#13;
nous aurions peine à maintenir cette union. Il faut encore espérer qu’on pourra&#13;
dans la suite mieux établir les choses. On n’a pas parlé de ceci en aucune manière.&#13;
Vous m’attribuez l’estimation qui fut faite du revenu de la cure de Québec et elle&#13;
se fit sans moi dans la chambre de M. l’archevêque. Je ne sus que deux jours après&#13;
et il n’était plus temps d’y remédier.&#13;
J’ai vu plusieurs fois M. Fredin, mais pas si souvent que j’eusse voulu, à cause de&#13;
ses affaires et des miennes. C’est un bon ami. Je lui ai promis de le charger de nos&#13;
lettres. Si je ne le fais pas, ce ne sera pas par manque de confiance ; je l’ai tout&#13;
entière en lui. Il vous dira la disposition de la Cour à l’égard du Canada et ce qu’on&#13;
y pense de Monseigneur, car il sait mieux l’air de ces bureaux que moi qui, Dieu&#13;
merci, n’y ai pas mis le pied. C’est ce qui me console dans vos affaires de n’être&#13;
pas obligé de me communiquer beaucoup au-dehors.&#13;
M. de Frontenac a mandé à M. de Brisacier que vous n’aviez pas voulu vous&#13;
soumettre à l’arbitrage que vous aviez choisi ; que par là vous vous étiez engagés&#13;
dans un mauvais pas, dont vous ne sauriez présentement comment vous retirer ;&#13;
qu’il en est fâché pour vous, mais qu’il est plus fâché de la division qui déchire&#13;
l’Église ; que tout le monde sait combien la paix est à désirer dans la colonie et on&#13;
n’a d’égard à ses lettres qu’autant que le demande son rang. Ce qu’il a écrit en&#13;
Cour n’a pas fait beaucoup d’impressions. Je prie Dieu de le combler de ses plus&#13;
spéciales grâces pour la part qu’il prend à nos afflictions.&#13;
M. Dupré a très sagement fait de faire sa résignation en Cour de Rome.&#13;
M. de Brisacier avait exprès mis ce terme, car je lui fis remarquer qu’en prenant&#13;
une autre voie, on s’exposait à quelque danger de perdre la cure.&#13;
Vous verrez, par la lettre que je vous écris par l’Acadie, si j’écris bien en chiffres.&#13;
J’ai tâché à y observer ce que vous me prescriviez.&#13;
&#13;
�J’ai oublié à vous marquer que nous avions bien reçu toutes les lettres de la&#13;
personne que je ne nomme point15, qui ont été exactement rendues, jusqu’à la&#13;
dernière. Nous avons gardé un silence profond à son égard, jusqu’à n’en pas parler&#13;
aux meilleurs amis, excepté ceux à qui il écrit et aux pères jésuites. Cependant, je&#13;
crains qu’on n’ait quelque soupçon de ses lettres. M. de La Pallière un jour tâcha&#13;
en bien des manières de me sonder à son sujet, mais je me tins bien sur mes gardes.&#13;
Cela me fit craindre qu’il n’en eût quelque connaissance. Il serait bien à souhaiter&#13;
que cette personne aussi bien que phghdKhuyzhuLkfgtka4d7hkfdkg72d7hugk2gyh.&#13;
Cela ferait bien, ce me semble. Je le demande bien au bon Dieu.&#13;
Je crains que Monseigneur n’ait remué cet hiver avant sont départ pour établir un&#13;
curé à la basse-ville. Je souhaite que mes pressentiments soient faux. Je ne sais&#13;
comment on pourra empêcher ici la prétention des marguilliers de nommer les&#13;
enfants de chœur. Vous le pouvez faire bien plus aisément sur les lieux en&#13;
demandant que si on en veut la nomination, on en fasse toute la dépense et la&#13;
dépense de tous ceux qui contribuent à la décence du service divin.&#13;
Il est nécessaire de m’envoyer l’année prochaine un mémoire le plus exact que&#13;
faire se pourra de ce qui regarde les chapelles, du nombre que M gr l’Ancien en a&#13;
laissé, de la manière dont Mgr de Québec a voulu qu’il les lui cédât et il est bon&#13;
aussi de remarquer, autant que l’on le pourra, sans que cela paraisse, si ces&#13;
chapelles subsistent encore et si elles sont dans les missions. Toutes ces choses&#13;
peuvent servir en leur temps.&#13;
Je vous prie aussi de m’envoyer des mémoires exacts et les plus concis que faire se&#13;
pourra de tout ce que peut devoir Monseigneur, tant passé que du présent, tant au&#13;
Séminaire qu’au chapitre, des sommes qu’il a payées aux uns et aux autres, des&#13;
ornements qu’il a donnés à la paroisse, des sommes qu’il s’en est fait payer, de ce&#13;
qu’il a payé à MM. Soumande et Gaultier sur leur part du revenu du chapitre. Il&#13;
faut tâcher de n’y rien oublier, quelque ancien qu’il soit. Il faudrait faire un&#13;
mémoire fort abrégé et ensuite un plus étendu qui entrât dans le détail des choses.&#13;
&#13;
L’abbé de La Colombière, grand-chantre du chapitre de Québec, écrivit au sujet du caractère de Mgr de&#13;
Saint-Vallier.&#13;
15&#13;
&#13;
�Je vous ai aussi demandé, par mes lettres précédentes, une copie collationnée du&#13;
règlement et compte arrêté entre Mgr de Québec et le Séminaire par M. l’abbé&#13;
de Choisy, M. de Brisacier stipulant pour le Séminaire. M. de Brisacier vous en&#13;
envoya un original il y a deux ans. Je ne sais si c’est cet original ou une copie que&#13;
je copiai il y a deux ans en revenant en France. Il m’est venu en pensée depuis&#13;
quelques jours que vous n’en aviez qu’une copie et que l’original en avait été&#13;
perdu avec les lettres de M. de Brisacier il y a deux ans. Cela serait fâcheux ;&#13;
cependant, on pourrait toujours revenir à compte.&#13;
Je vous prie de demander pour moi à Mgr l’Ancien de m’envoyer une copie du&#13;
compte que M. de Brisacier vous a envoyé l’année dernière. Je n’ai su que par vos&#13;
lettres le changement de supérieur des Jésuites. J’ai revu du P. Dablon une lettre&#13;
tout à fait obligeante à votre sujet. Il a écrit aussi avantageusement pour vous à&#13;
M. de Brisacier et au P. de La Chaize. Dans sa lettre au P. de La Chaize, il rend de&#13;
M. Dupré un tout autre témoignage que Monseigneur n’en avait rendu. Je sais que&#13;
le P. Bruyas a aussi écrit pour vous. Vous voyez que rien ne m’en convainc&#13;
davantage que l’union qui est entre vous et nous est à l’épreuve de tout ce qu’on a&#13;
fait pour la rompre et qu’elle n’est pas fondée sur l’intérêt et sur des considérations&#13;
humaines. Je vois que c’est une œuvre de Dieu. Quelques personnes en France me&#13;
demandaient si les pères jésuites ne poussaient point Monseigneur à tout ce qu’il&#13;
a fait pour s’emparer et se rendre maître du Séminaire. Je ne me suis pas aisément&#13;
ouvert à toutes sortes de gens à ce sujet, mais aux personnes à qui je ne devais rien&#13;
cacher, je leur ai bien fait voir que, par tout ce que ces pères écrivent, même au&#13;
P. de La Chaize, à l’avantage du Séminaire, et tout ce qu’ils font en Canada, ils sont&#13;
bien éloignés de ces sentiments. Les lettres de ces pères à M. de Brisacier sont tout&#13;
à fait obligeantes, surtout celle du P. Boutart. Il m’écrit de même aussi bien que le&#13;
P. Germain. J’ai tâché à entretenir ici la même union et je l’augmenterai plutôt que&#13;
de diminuer. Les pères ont bien des ennemis en France à cause de leur grande&#13;
autorité. Le parti des jansénistes s’augmente à tous les jours, la Morale pratique&#13;
accuse, à ce qu’on m’a dit, les Jésuites du Canada et les traite aussi mal que ceux&#13;
de la Chine. Je n’ai pu lire de livre pour vous en mieux informer. Vous pouvez le&#13;
savoir des Jésuites, qui passent cette année en assez bon nombre.&#13;
&#13;
�Du 16e avril,&#13;
J’allai hier chez l’archevêque quérir ses lettres pour Monseigneur, dont je vous en&#13;
envoie une par ce paquet, et j’adresse l’autre au P. Bigot pour le prier de vous la&#13;
rendre. Vous aviserez par qui il la faudra faire rendre à Monseigneur. Il serait bon,&#13;
ce me semble, de lui faire rendre celle qui est dans le paquet la première, et ce, par&#13;
M. Fredin. Vous en conférerez. Je ne vous dis rien davantage de ces lettres. Ce que&#13;
je vous en ai écrit vous en instruira assez. Il est nécessaire de garder à cet égard un&#13;
grand secret et quand Monseigneur contreviendrait à ce que lui a écrit&#13;
M. l’archevêque, il ne faudrait en rien faire paraître. J’ai dans la pensée qu’il faudra&#13;
à M. l’archevêque qu’il écrit à M. Dubois, qu’ayant parlé à Sa Majesté de vos&#13;
affaires, elle n’a pas jugé à propos que vous revinssiez, afin que M. de Brisacier&#13;
vous envoyant cette lettre, elle vous autorise pour empêcher votre renvoi, que je&#13;
ne crois pas cependant qu’on ose entreprendre après qu’on aura reçu ces lettres.&#13;
Si cela se peut faire, ce ne pourra être que dans les derniers vaisseaux.&#13;
M. de Brisacier n’est point ici depuis quelques jours et outre qu’il n’a pas le temps&#13;
d’écrire, il m’a dit qu’il n’écrirait point par cette voie exprès, m’ayant ordonné de&#13;
saluer de sa part Mgr l’Ancien, tous nos Messieurs, M. de La Colombière et les&#13;
PP. Bruyas et Dablon, aussi bien que M. l’intendant et M. d’Auteuil, à qui il espère&#13;
bien écrire.&#13;
Je ne vous ai, ce me semble, pas envoyé écrit que j’avais reçu vos lettres pour&#13;
M. de La Pallière ; qu’après l’avoir fait lire à M. l’abbé Milon et aux pères jésuites,&#13;
j’en ai donné l’original à M. de La Pallière et en ai gardé la copie. Cette lettre n’a&#13;
fait que du bien et vous ferez bien de continuer.&#13;
Je ne vous dis rien ici de M. Guyotte, vous en ayant parlé fort au long dans ma&#13;
lettre commune, et la chose ne méritant pas d’être relevée dans cette lettre. Il est&#13;
en son pays, d’où on n’entend point parler de lui en aucune manière. Je vois peu&#13;
de MM. de Saint-Sulpice pour savoir leurs sentiments sur nos affaires. Je n’ai su&#13;
que de M. Guyotte qu’ils n’approuvaient pas la conduite de Monseigneur. Je crois&#13;
qu’ils envoient cette année quelques ecclésiastiques ; je ne sais si c’est à&#13;
Monseigneur ou à son Séminaire. Vous ne devez pas appréhender l’établissement&#13;
&#13;
�d’une nouvelle communauté en Canada, si ce n’est celle de Saint-Sulpice à Québec.&#13;
Il serait facile d’empêcher les autres congrégations de s’y établir.&#13;
J’ai reçu la lettre de Mme Bourdon16 et M. de Brisacier m’a ordonné de la lire, mais&#13;
il n’en a pas eu le temps, non plus que toutes les autres lettres des missionnaires.&#13;
Je ne sais s’il y pourra faire réponse. Mme Bourdon a voulu par sa lettre rendre&#13;
témoignage à la vérité jusque sur le bord du tombeau. J’espère que Dieu la&#13;
récompensera de sa bonne volonté. Je vous prie de me recommander à ses prières&#13;
et toutes celles de la sainte Famille. Vous pouvez croire qu’on n’a pas manqué de&#13;
représenter ce qui se passe au sujet de cette dévotion. Mme de Maintenon a été&#13;
instruite de tout cela, M. l’archevêque, etc., mais il faut attendre le retour de&#13;
Monseigneur pour apporter quelque ordre à toutes ces choses.&#13;
J’ai dessein de vous envoyer un livre qui vient de paraître par les derniers&#13;
vaisseaux, dont voici le titre : Réponse à la lettre du théologien, défenseur de la comédie.&#13;
On en fait de l’estime. Les PP. Bourdaloue, La Rue, Chaussemer et tous les fameux&#13;
prédicateurs n’ont point hésité dans leurs sermons cette année de dire qu’il y avait&#13;
pêché mortel dans l’extrême misère où nous sommes d’assister à ces spectacles.&#13;
On a fort goûté en France votre désistement de poursuites aussitôt que le&#13;
règlement fut arrivé. Je crois que par les termes couchés en ce règlement, qui&#13;
renvoient les nouvelles affaires à régler en France, vous aurez trouvé moyen&#13;
d’éviter la discussion de plusieurs affaires que Monseigneur aura voulu résoudre&#13;
par M. le comte et M. de Champigny. Il sera bon d’avoir si vous pouvez des&#13;
attestations de M. de Champigny et d’autres personnes constituées en dignité de&#13;
votre fidélité à observer ce règlement en tous ses points.&#13;
Je vous envoie dans cette lettre, que j’ai résolu de faire servir de duplicata à ma&#13;
lettre commune, que j’ai donnée au P. Raffeix, et aux particulières que j’ai fait&#13;
mettre dans la caisse des Jésuites, une copie de la facture de cette année et une&#13;
copie du mémoire des papiers que j’ai trouvés dans plusieurs endroits du&#13;
Séminaire. Je ne vous dis rien sur ces papiers, vous renvoyant à ce que je vous en&#13;
ai dit dans ma lettre commune. Il faut examiner quels papiers vous voulez que je&#13;
16&#13;
&#13;
Anne Gasnier, 1611-1698, protectrice des Filles du Roi à Québec&#13;
&#13;
�vous envoie, originaux ou copies, quels papiers vous devez en envoyer. Ce sont,&#13;
ce me semble, des actes authentiques des possessions du Séminaire en Canada.&#13;
Cela ne presse point.&#13;
Si je ne savais que nos Messieurs ne désapprouveront pas que je vous écrire&#13;
comme à vous seul de nos affaires, étant persuadé que je leur écris en vous&#13;
écrivant, le gouvernement n’étant qu’un dans le Séminaire, je n’adresserais pas&#13;
cette lettre à vous seul, mais comme cela s’est fait par occasion et ayant commencé&#13;
à vous écrire et jugé à propos, puisqu’il fallait vous écrire par deux voies et&#13;
m’étendre par conséquent sur tout ce qu’il est bon que vous soyez informé, je crois&#13;
que nos Messieurs ne le trouveront pas mauvais. Vous ne devez point avoir égard&#13;
qu’il n’y ait pas sur l’enveloppe de mes lettres « Duplicata ». Cette lettre que je&#13;
vous écris est un vrai duplicata de ma lettre commune et des particulières et je&#13;
l’adresse au P. Bigot sous l’adresse ordinaire, afin qu’il la mette dans un vaisseau&#13;
où le P. Raffeix ni la caisse des Jésuites ne seront pas. Je ne m’étendrai plus par les&#13;
derniers vaisseaux sur toutes ces matières. Je me contenterai de vous écrire ce qu’il&#13;
y aura de nouveau.&#13;
J’ai trouvé, parmi les derniers papiers qu’on m’a remis du Séminaire, un Office de&#13;
la Saint-Famille assez peu exact. Je me suis informé de ce que cela coûterait bien à&#13;
imprimer : cela n’irait pas, pour 200 ou 300 exemplaires, à plus de 100 ou&#13;
150 livres. Je n’ai pu faire imprimer votre petit livret de prières. Si les temps&#13;
n’eussent pas été aussi mauvais qu’ils sont, j’eusse trouvé quelques charités pour&#13;
cette dépense, mais à présent que les pauvres meurent de faim tous les jours aux&#13;
portes des maisons, il ne faut pas songer à d’autres bonnes œuvres qu’à les&#13;
soulager. Il faudra environ 75 livres pour trois milliers d’exemplaires tous brochés&#13;
en parchemin. Il faudrait y ajouter une petite instruction pour la confession des&#13;
enfants en deux petites pages. Je garde le livre pour quelque occasion.&#13;
Je n’ai pas cru devoir me servir de Mme Ango de La Mothe17. Il faut ménager les&#13;
personnes de cette qualité.&#13;
J’ai fait donner au R. P. de La Chaize toutes les lettres qui lui étaient adressées,&#13;
après en avoir conféré avec M. de Brisacier.&#13;
17&#13;
&#13;
Sœur de Maizerets. Elle lui envoie régulièrement des choses pour le Canada.&#13;
&#13;
�Plusieurs Messieurs ont demandé cette année à M. de Brisacier comment ils&#13;
pourraient être agrégés au Séminaire. J’en ai conféré avec lui. Il croit qu’il faut&#13;
attendre et vous en savez la raison : l’union sera toujours aussi intime que s’ils&#13;
étaient unis au Séminaire.&#13;
Je vous envoie huit petits cachets de dévotion, que vous trouverez dans une petite&#13;
caisse couverte de toile cirée. Il y a, dans cette caisse, vingt bulles imprimées du&#13;
jubilé, que je vous envoie pour vous en servir quand Monseigneur l’aura indiqué&#13;
et les distribuer à nos missionnaires. Il y a de plus dans cette caisse deux montres,&#13;
l’une pour M. Hérault et l’autre pour M. Hazeur, et un mouvement de montre qui&#13;
appartient à M. Claude Chasle, tonnelier à la basse-ville, chez qui M. Pepin logeait.&#13;
Il y a de plus deux livres des examens de Saint-Sulpice, l’un pour M. Herbéry et&#13;
l’autre pour M. Requeleyne. J’envoie à nos missionnaires avec bien de la peine&#13;
presque tout ce qu’ils m’ont demandé. Il y a encore dans cette caisse des verres&#13;
ardents pour M. Dufournel, quelques petites dévotions que vous distribuerez et&#13;
quelques lettres.&#13;
Je ne pourrai pas écrire à plusieurs de nos Messieurs par ces premiers vaisseaux ;&#13;
ce sera par les derniers.&#13;
M. de Préau m’a fait toucher d’avance de quelques jours votre pension de&#13;
150 livres.&#13;
Je ne vous ai pas envoyé le livre De l’éducation des filles, dédié à Mme Maintenon,&#13;
parce que ce livre n’est pas propre pour le Canada. C’est M. l’abbé de Fénelon qui&#13;
en est l’auteur et qui l’a fait pour l’éducation des filles de M. de Beauvilliers, qui&#13;
sont à Montargis, où M. des Maizerets a rapport de lettres. Je n’avais pas songé à&#13;
ce livre en relisant vos lettres. Je tâcherai à vous l’envoyer par les derniers&#13;
vaisseaux.&#13;
Je crois vous avoir déjà écrit que M. Foucques est à Abbeville, fort riche de biens&#13;
de patrimoine, intricatus negotiis saecularibus18, et qu’il est fort éloigné de retourner&#13;
en Canada.&#13;
18&#13;
&#13;
Mêlés des affaires séculières&#13;
&#13;
�M. de Brisacier croit qu’il ne faut point prendre les voies, ni pour son bénéfice ni&#13;
pour celui de M. de Merlac, qu’on me suggère. Il vaut mieux attendre un peu et&#13;
souffrir cependant plutôt que d’introduire dans une nouvelle Église des choses&#13;
odieuses d’elles-mêmes.&#13;
Quoiqu’on marque qu’aucun du Séminaire ne doit repasser avec Monseigneur,&#13;
cela ne doit pas empêcher M. de Brulon de repasser. M. de Brisacier m’a dit à ce&#13;
sujet que son retour ne peut faire de mauvais effets, dès que ses affaires parlières&#13;
le demandent.&#13;
J’ai acheté des pastilles de M. Chomel, qu’il prétend m’avoir données pour rien et&#13;
que je prétends avoir bien payées. C’est un tireur de quintessence qui ne cherche&#13;
qu’à s’instruire et profiter de tout. Il savait une partie de nos différends et il en sait&#13;
plus que je ne voudrais qu’il en sût. Il est cependant un fort honnête homme et fort&#13;
lié à l’assemblée du noviciat.&#13;
Vous pouvez savoir de M. Fredin si on a répondu à la demande que faisait&#13;
M. l’intendant que les deniers des curés, etc., passassent par ses mains et&#13;
nullement pour celles de Monseigneur.&#13;
Je ne vous dis rien sur la bibliothèque, dont on n’a point parlé. Vous pouvez vous&#13;
contenter du mémoire que vous m’avez envoyé sur ce sujet, que je produirai si on&#13;
en parle.&#13;
Il serait bon que la mission de M. Thury fût unie au Séminaire. Je crois que si on&#13;
touchait en France les 600 livres que le roi donne pour les deux missionnaires qui&#13;
la desservent et qu’on les employa en effets en France, dont M. de Chevry promet&#13;
de donner le fret gratis, sur ce pied la mission ne serait pas à charge au Séminaire.&#13;
M. Thury en devrait écrire fortement à M. de Chevry, qui est très bien intentionné&#13;
pour lui et qui lui envoie des présents de farine, lard et vin.&#13;
Les particularités que vous m’avez écrites touchant M. de Merlac m’ont servi en&#13;
temps et lieu à le faire connaître. Les actions particulières servent notablement&#13;
pour cela. J’espère que Dieu nous en délivrera sans que nous nous en empressions&#13;
&#13;
�beaucoup. On le connaît ici mieux qu’on ne faisait dans le dernier voyage, surtout&#13;
Mgr l’archevêque, qui avait de l’estime pour lui et qui, voyant M. de Merlac avec&#13;
son flegme arrêter les saillies de Monseigneur en le tirant par la manche, disait que&#13;
mondit sieur de Merlac était un homme tel qu’il faudrait pour remplir la place de&#13;
Monseigneur ; mais il n’a pas présentement ces sentiments.&#13;
Je vous ai mandé dans mes précédentes que s’il arrivait un accident de mort à M. le&#13;
comte, que je ne lui souhaite pas, mais seulement qu’il se reconnaisse, il serait bon&#13;
de nous en donner avis le plus tôt que vous pourriez. Je vous en dis la raison dans&#13;
ma lettre commune.&#13;
On ne doute point ici que l’évêque a raison des abbayes, est obligé de sa part de&#13;
l’entretien de la sacristie, et sans les abbayes même, aux frais qu’il faut faire pour&#13;
les offices pontificaux. Je vous envoie une consultation de plusieurs articles&#13;
touchant le chapitre, résolus par M. Le Verrier, official de Paris.&#13;
Je ne vous ai pas encore répondu dans celle-ci que les 298 livres que M. de Brisacier&#13;
vous compte avoir fournies à Monseigneur pour ornements du chapitre n’ont&#13;
point été employées à l’ornement dont vous me parlez. C’est une somme que&#13;
M. de Brisacier lui a avancée en plusieurs articles. Il a dit, quand il en a fallu venir&#13;
à compte, qu’il l’avait employée pour le chapitre. Si je puis, je tirerai du livre de&#13;
M. de Brisacier les articles différents de l’emploi de cette somme et vous l’enverrai&#13;
par les derniers vaisseaux.&#13;
L’on ne croit pas que Monseigneur porte ses plaintes à Rome, après s’être adressé&#13;
au roi pour lui demander des commissaires pour régler les différends avec son&#13;
clergé. Il est trop politique pour cela et ce ne serait pas avancer ses affaires, outre&#13;
que Rome ne va guère vite en besogne et que sa coutume est de déléguer un&#13;
commissaire sur les lieux pour informer. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui&#13;
voulussent se charger de cette commission de ceux qui seraient capables de s’en&#13;
bien acquitter.&#13;
&#13;
�J’ai oublié de proposer à Mgr l’Ancien que M. de Grainville, docteur de&#13;
[La] Sorbonne, grand-chantre de l’église de Bayeux, avec qui j’ai un grand&#13;
commerce de lettres, qui était fort connu de Mgr l’Ancien du temps qu’il était à&#13;
Paris, ayant demeuré avec lui deux ans dans le Séminaire, s’est offert plusieurs fois&#13;
à M. de Brisacier pour aller vous aider s’il le jugeait à propos. C’est M. de Brisacier&#13;
qui me l’a dit, car je n’ai pas eu avec lui ces ouvertures. Ce qui arrête&#13;
M. de Brisacier est qu’il craint que mondit sieur de Grainville ne soit un peu entêté&#13;
et entier en ses sentiments et qu’il ne cherche dans la suite à dominer, suivant le&#13;
génie de la nation dont il est (vous remarquerez qu’il est de Caen). Il me semble&#13;
que cela ne serait pas tant à craindre si ce Monsieur passait avec Mgr l’Ancien et&#13;
nos Messieurs quelques années que s’il y allait après leur mort. Leur âge et leur&#13;
expérience lui rendraient leurs sentiments vénérables. Vous en conférerez.&#13;
Mgr l’Ancien peut vous dire ce qu’il en connaît. M. Brisacier ni moi ni ceux qui le&#13;
connaissent n’en peuvent dire que du bien. M. de Bayeux l’emploie souvent dans&#13;
le gouvernement de son diocèse.&#13;
Je crois que M. Hérault sera obligé de revenir en France. Son père le menace de le&#13;
déshériter s’il ne revient.&#13;
Je ne dirai rien ici de tout ce que je vous ai mandé dans ma lettre commune de&#13;
l’union des abbayes à l’évêché de Québec. Je vous dirai seulement que cette union&#13;
n’est pas faite, que celle de Méobecq est passée en Cour de Rome, mais que celle&#13;
de Bénévent et de l’Estrée n’est pas encore passée. On la presse fortement et&#13;
Mme de Maintenon, qui en avait écrit à M. le cardinal de Janson, qui fait les affaires&#13;
de la France à Rome, pour le lui recommander, a envoyé ces jours passés à&#13;
M. de Brisacier une lettre de ce cardinal qui lui mande qui il va faire travailler&#13;
incessamment à cette affaire.&#13;
Je me suis informé de ce que c’est qui appartient au Canada de la fondation de&#13;
M. de Morangis. Il avait laissé 10 000 livres au Séminaire, qu’on avait constituées&#13;
au denier 20, pour distribuer selon la volonté du supérieur du Séminaire aux&#13;
missions des Indes, de Perses et d’Amérique, de Grèce, etc., pour entretenir des&#13;
jeunes séminaristes à Paris. M. de Brisacier en avait toujours appliqué 100 livres&#13;
pour le Canada, mais à présent qu’ils ont consommé ces 10 000 livres pour la&#13;
&#13;
�bâtisse de leur église, je crains bien qu’ils n’en donnent plus rien. Je dois en parler&#13;
à M. de Brisacier, mais il faut encore attendre quelque temps.&#13;
M. de La Pallière a mis à Saint-Nicolas-du-Chardonnet quelques prêtres qui se&#13;
sont présentés à lui pour le Canada. Je ne sais s’il en enverra quelques-uns cette&#13;
année.&#13;
Je ne vous mande rien des nouvelles du temps, surtout de la misère extrême où&#13;
toute l’Europe est réduite. Il y plus de huit mois qu’on dit qu’elle est extrême et&#13;
cependant, elle croit toujours. Vous ne croirez pas ce que l’on pourra vous en&#13;
raconter et cependant, on ne vous fera pas les choses si graves qu’elles le sont. Dieu&#13;
veuille avoir compassion de son peuple et se servir de cette calamité pour nous&#13;
réconcilier tous à Lui. C’est à quoi peu de personnes pensent. Au contraire, dans&#13;
Paris, cette grande nécessité est une source de vices et de crimes énormes. Notre&#13;
bon roi fait ce qu’il peut faire pour donner la paix à son peuple, mais nos ennemis,&#13;
tous battus qu’ils sont, se tiennent fiers de nos misères, quoique les leurs ne soient&#13;
pas moindres. Toutes ces calamités dégoûtent de la vie. C’est une mort continuelle&#13;
de voir les pauvres dans de si grandes souffrances sans les pouvoir soulager ; car&#13;
tel qui pouvait faire l’aumône ne le peut plus par la cherté de toutes choses, par&#13;
les taxes continuelles et par toutes les autres charges qu’il est obligé de porter. On&#13;
a imposé de grosses taxes sur tous les biens des villes et des compagnes pour le&#13;
soulagement des pauvres, mais on ne les fait bien payer qu’aux uns, tandis que les&#13;
autres s’en exemptent.&#13;
Je suis obligé de finir cette lettre, qui est déjà assez longue. Je vous conjure de me&#13;
continuer l’assistance de vos prières et de demander à nos Messieurs et à tous nos&#13;
missionnaires la même chose. Je suis toujours très uni d’esprit à tous leurs travaux&#13;
et à leurs peines. Je voudrais bien les partager avec eux, mais je vois de plus en&#13;
plus que mon affaire consiste à ne rien vouloir et à ne consulter que le bon plaisir&#13;
de Dieu. Je suis persuadé que ma grande affaire consiste à faire mourir en moi ce&#13;
fond d’activité et d’empressement que je reconnais si souvent en moi partir&#13;
d’amour propre et d’orgueil, qui me fait désirer de voir réussir les choses et en voir&#13;
aussitôt la fin que le commencement. Je reconnais bien ce que vous me mandez&#13;
dans vos lettres, que cette incapacité que je ressens en moi pour faire réussir vos&#13;
&#13;
�affaires et ce peu d’ouverture que j’ai pour me communiquer aux grands, est un&#13;
des plus grands biens que Dieu m’ait faits pour ne pas me perdre dans le grand&#13;
monde. Je ne cesse d’en remercier tous les jours de bon Dieu et de le prier de m’ôter&#13;
encore le peu d’esprit qu’il m’a donné pour me conduire, s’il juge que cela soit&#13;
nécessaire pour m’unir intimement à lui, et ne m’en séparer jamais, afin que je&#13;
pusse dire alors « Ut iumentum factus sum apud te et ego temper tecum19 ». Je vois bien&#13;
que ce ne sera point la réussite des affaires, même bonnes, qui nous rendra&#13;
agréables à Dieu, mais qu’au contraire le mauvais succès de ces affaires, bien pris,&#13;
est plus capable de nous unir à lui. Il ne faut pas laisser de lui rendre grâce quand&#13;
il y donne la bénédiction, mais je conçois qu’il ne faut point y mettre d’appui, car&#13;
aujourd’hui les créatures nous flattent et nous applaudissent et demain elles se&#13;
décharneront contre nous. « Mihi [autem] adhaerere Deo bonum est, ponere in Domino&#13;
Deo meo spem meam20 ». Je suis dans l’amour sacré de nos saints patrons avec tout&#13;
le respect possible, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
&#13;
Ce 16e avril 1694,&#13;
Je vous prie de demander excuses pour moi à MM. Dupré et Martin et aux autres&#13;
si je ne leur ai point encore écrit. Je le vais faire au premier jour. Excusez aussi&#13;
toutes les fautes que j’ai pu faire en cette lettre. Je vous parle avec un cœur ouvert&#13;
et sans chercher beaucoup de détours.&#13;
J’ai oublié de prier M. de Bernières de payer à Thomas Gasse, pour lequel il y a&#13;
une lettre dans ce paquet, la somme de 11 livres que Mme Ango de La Mothe a&#13;
reçue pour lui et qu’elle me diminuera sur ce que je dois lui payer pour la toile des&#13;
charités de Mgr l’Ancien.&#13;
&#13;
19&#13;
20&#13;
&#13;
« Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite. » (Psaumes 72:23)&#13;
« Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu ; j’ai pris refuge auprès de mon Dieu. » (Psaumes 72:28)&#13;
&#13;
�Formule de rétraction des évêques de l’Assemblée de 1682 : « Ad pedes Sanctitatis&#13;
una provoluti, declaramus nos vehementer supra id quod dici potest ex corde dolere super&#13;
rebus gestis in qua fatis comitiis qua Sanctitati Vestra eiusque praedecessoribus valde&#13;
displicuerunt ac proinde quod ibidem contra Ecclesiasticam ac Pontificiam authoritatem&#13;
sive in praejudicium ecclesiasticum (quod a mente nostra prorsus alienum esse testamur)&#13;
deliberatum decretum si fuit pro non decreto et non deliberato habemus, et habendum esse&#13;
declaramus21. »&#13;
Les évêques avaient espéré éluder en mettant au lieu de « contra circa » et au lieu&#13;
de « fuit », ils voulaient mettre « videri potent », mais les Romains sont plus raffinés&#13;
que nous et il a fallu donner la rétraction telle quelle est.&#13;
&#13;
/Transcription22 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2022&#13;
&#13;
« Prosternés aux pieds de Votre Sainteté, nous venons lui exprimer l’amère douleur dont nous sommes&#13;
pénétrés dans le fond de nos cœurs et plus qu’il ne nous est possible de l’exprimer, à raison des choses qui&#13;
se sont passées dans l’Assemblée et qui ont souverainement déplu à Votre Sainteté, ainsi qu’à ses&#13;
prédécesseurs. En conséquence, si quelques points ont pu être considérés comme décrétés dans cette&#13;
Assemblée sur la puissance ecclésiastique et sur l’autorité pontificale, nous les tenons pour non décrétées et&#13;
nous déclarons qu’ils doivent être regardés comme tels. »&#13;
22&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
21&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250366">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11899">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/60f2c5a098b2cb4e1d46dc44d49a36da.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=CeR51njSOhXj5qcpk5ACQyise3qqPGTeMvVFLJuFEsxrunUiG7agmnjsW%7EBmSqmLWHCakzYioDpeK2wMAKb99SL6DiTKETiObL%7EbRUt0EvRq2ZDX%7EA6--kzESvsah0j7a-LalD-SGVVKL-5%7Eh8nNF5QpARNdTunW98jDl8uI%7E3yRVZAABol8ZYFH6mwjwGp7pKNG-IOwvvKXQAW1oC-DGOQq9SviJLhWV-kvMJ7ul%7EBH9SwHxOypdb1Za85AFaC2f74pqcg2Mvyb1g3s062gcnER03U4-uwkdiE7Ri2WZkad5xwueeVBAhZu4edJ6tnNKX8oVQXGe-WtQkj5nh3M-A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>666a6b912b851bf1a6210ed680269e89</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250364">
                    <text>1694, 4 mars – Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5)&#13;
1.ere foeuille&#13;
1694. 4 Mars&#13;
M : Tremblay à&#13;
M. Glandelet.&#13;
&#13;
1 pour m. glandelet ce 4.e mars 1694. 1.&#13;
2 Monsieur No 5 lettres «O»&#13;
3 J’ay Suivi votre avis dans la maniere d’escrire mes lettres, et&#13;
4 la lettre commune que Je vous envoye conjointem.t avec cellecy&#13;
5 vous fera connoistre que Je ne dois vous parler dans cellecy que&#13;
6 de ce qui regarde linterieur, de quelques affaires qui vous&#13;
7 regardent en particulier ou dont Je dois vous parler p.r respondre&#13;
8 a vos lettres; xx&#13;
9 P.r commencer par ce qui est de principal, et dont Je voudrois bien&#13;
10 mentretenir de bouche avec vous, Je puis vous assurer que votre&#13;
11 lettre m’a fait un grand plaisir en me retracant en peu de lignes,&#13;
12 la Source de mes peines et inquietudes interieures, et m’en donnant&#13;
13 des remedes p.r les faire cesser; J’ay lu et relu cette lettre que&#13;
14 vous m’escrivéz de l’interieur, et plus Je la lis plus je m’y&#13;
15 retrouve, et m’y reconnois moy mesme; J’espere en faire mon profit&#13;
16 et me Servir des moyens que vous me donnez, non tant p.r faire&#13;
17 cesser quepr faire un S.t usage de ces peines, car Je crois qu’elles&#13;
18 ne cesseront pas Si tost, et qu’il ne depend pas mesme de moy&#13;
19 de les faire cesser, mais le recours continuel que vous me&#13;
20 donnéz a la priere est le moyen de me Servir utilem.t de toute&#13;
21 ces inquietudes, et d’en faire un S.t usage.&#13;
22 Vous apprendrez un peu par ce que J’escris dans ce que ma lettre commune,&#13;
23 et encore plus par ceque vous verréz et dans la lettre que Jescris&#13;
24 a M. des maizerais, (car Je croy quil vous la voudra bien montrer)&#13;
25 et dans cellecy, que mes peines et mes inquietudes ne cesserent pas&#13;
26 en vous escrivant mes lettres l’année derniere, au contraire elles&#13;
27 Saugmenterent notablem.t, et Je regarde comme une grace forte&#13;
28 et puissante que Dieu m’a fait et des plus Speciales, de les avoir&#13;
29 Sur montéez et davoir demeuré fidelle dans mon estat et ma&#13;
&#13;
�30 Vocation, Je puis bien dire avec verité Quam bonus Israel&#13;
31 Deus, his qui recto sunt corde, mei&#13;
32 paene moti sunt pedes, paene effusi sunt gressus mei, car quelque desir que Je Sentisse de&#13;
33 prendre un autre party, J’en Sentois encore un plus grand de faire la&#13;
2&#13;
&#13;
34 volonté de dieu, et Je ne pouvois, dieu mercy, me resoudre a quitter ma&#13;
35 vocation Si Je ne voyois que ce fust la volonté de dieu, et c’est ce qui m’a&#13;
36 conservé; J’ay reconnu plus que jamais pendant cette année, que mihi&#13;
37 adherere Deo bonum est, ponere in d’no deo spem meam, et p.r mon&#13;
38 Salut, qui en verité courroit grand risque, Si je me retirois de la voye de&#13;
39 grace ou il m’a mis, et pr trouver mesme la paix dèz ce monde cy que Je&#13;
40 ne trouveray pas en m’esloignant du dieu depaix, et mesme p.r mon bien&#13;
41 temporel, car qui a esperé en lui, et a esté confondu; apres tout, pour quoy&#13;
42 Suis je Sur la terre, me Suis je dit cent fois a moy mesme, ce n’est ny p.r&#13;
43 acquerir de lhonneur ny du bien, ny p.r y prendre mes plaisirs; Dieu&#13;
44 m’a fait lagrace de me donner depuis longtemps quelque&#13;
45 esloignem.t de ces choses, Jl ne faut S’y laisser prendre ny apeu&#13;
46 ny a beaucoup, Quid enim mihi est in caelo &amp; Deus cordis mei &amp;&#13;
47 Je me Sens depuis quelque temps dans de bonnes dispositions ce me&#13;
48 Semble, quoy quelles Soint accompagnéez de beaucoup de froideurs&#13;
49 et de lachetéz, et que ces dispositions Soint Si foibles et chancelantes,&#13;
50 que Je craigne a tous momens de les voir Se perdre et Se dissiper.&#13;
51 Depuis Sur tout ce caresme, Je me Sens plus que jamais porté a la&#13;
52 retraite au milieu mesme du tracas ou Jay esté p.r les factures,&#13;
53 Je Sens croistre en moy le desir d’estre bien petit, peu estimé,&#13;
54 delaissé, de n’avoir que Dieu p.r mon partage de mettre en lui tout&#13;
55 mon appuy et toute ma confiance, de me Soumettre en tout a Ses&#13;
56 divines volontéz; J’ay quelques desirs de participer aux Souffrances&#13;
57 de notre Seig.r a Sa vie pauvre cachée, a Sa vie mortifiée, mais&#13;
58 encore plus a Sa vie interieure; Je Suis convaincu de ceque vous&#13;
59 medites dans votre lettre que le moyen leplus Seur p.r acquerir&#13;
60 toutes ces choses est la priere, et qu’il faut plus attendre de Dieu,&#13;
&#13;
�61 que de toutes mes industries, quoy que Je doive les employer&#13;
62 autant que Je connoistray que Dieu le demanderade moy. Je ne&#13;
63 cesse de les lui demander, et attends avec Soumission le moment&#13;
64 auquel Jl lui plaira m’en accorder quelqu’une; Je reconnois asséz&#13;
65 ne les avoir pas meritéez mais avoir fait au contraire tout cequ’il&#13;
66 falloit faire p.r m’en rendre indigne. Je reconnois bien vray ceque&#13;
67 vous me marquéz que tout empressem.t mesme dans les bonnes&#13;
68 choses ne vaut jamais rien, Je me Suis inquieté bien des fois de me&#13;
69 voir Si peu ferme dans ma vocation, et Si inconstant dans mon&#13;
70 estat, J’aurois desiré cette Stabilité queje remarque dans tant de&#13;
71 personnes, Le Diable Se joignant a tout cecy me disoit que cette&#13;
72 inconstance estoit une marque que Je n’estois pas dans l’ordre de&#13;
73 Dieu, que Je devois chercher un estat ou Je fusse moins Sujet a ces&#13;
74 inquietudes, et a ces agitations qui m’ont esté Si ordinaires&#13;
75 par le passé, mais ou le trouver cet estat, puis que dans quelque&#13;
76 estat que ce soit, Je me porteray moy mesme, et par consequent&#13;
3.&#13;
&#13;
77 le plus grand ennemy de mon repos, et de ma paix interieure;&#13;
78 Je ne la trouveray quedans une mort entiere a toutes mes veües&#13;
79 mes inclinations, et mes desirs, et dans une fidelité entiere a suivre&#13;
80 mon Sauveur dans tous les estats ou il lui plaira me mettre,&#13;
81 De tenebres ou de lumieres, de Joye ou de tristesse, de goust ou de&#13;
82 desgoust, et Je Suis convaincu que Je la trouveray mesme plus&#13;
83 avantageusem.t dans les tenebres dans les tristesses et dans les&#13;
84 degousts, que dans leurs contraires, par ce que ce Sont les disposi=&#13;
85 tions ouil a mis Son divin fils; me minavit ditil, in tenebras&#13;
86 et non in lucem, Sed et cum clamevero, exclusit orationem meam.&#13;
87 Je trouve un goust tout particulier a mediter ces choses et&#13;
88 elles me Soutiennent dans la pieté;&#13;
89 Ego vir videns paupertatem meam, voila ma premiere&#13;
90 disposition; Peccatum peccavit Jerusalem, propterea instabilis&#13;
91 facta est, voila la raison de lestat ou je me suis trouve, Bonum&#13;
&#13;
�92 est preastolari cum silentio salutare Dei, Bonum est D’nus&#13;
93 Si je ne me trompe, Spreranti in eum, animae quaerenti illum&#13;
94 Voila ceque Je veux faire, et Je vous prie de joindre vos&#13;
95 prieres aux miennes p.r demander p.r moy la fidelité queje&#13;
96 dois a Dieu, dans toutes ces veües quil me donne p.r y bien corres=&#13;
97 =pondre.&#13;
98 Je Suis dans de grandes apprehentions p.r le retour deM’gr de Quebec&#13;
99 d’un costé, Je crains qu’il ne revienne pas, p.r plus.rs raisons, d’un&#13;
100 autre J’apprehende, S’il revient, de n’estre pas asséz fort p.r Soutenir&#13;
101 bien des attaques que Jeprevoy qu’il me donnera dans les affaires&#13;
102 que J’auray agerer; car quoy que le plus pez.t fardeau tombera&#13;
103 Sur M. de Brisacier, cependant Je prevoy que J’en auray ma&#13;
104 bonne part,, Jl y aura bien des occasions, ou Je prevoy en avoir&#13;
105 a Suporter plus que Je nepuis, mais J’espere que Dieu me&#13;
106 Soutiendra; J’espere Sur tout beaucoup aux prieres de nos&#13;
107 m.rs : Je crains encore bien davantage quil ne revienne pas,&#13;
108 Car vos peines Seroint encore prolongéez; Jl est bien Juste&#13;
109 que je participe a mon tour reellem.t a vos Souffrances,&#13;
110 apres y avoir participé en esprit, Je ne m’appuye pas&#13;
111 beaucoup Sur les creatures, et Sur toutes les esperances&#13;
112 qu’elles peuvent nous donner dans nos affaires, Jl n’y a&#13;
113 que Dieu Sur qui nous puissions compter, C’est p.r quoy, bien&#13;
114 loing de compter p.r quelque chose tout ceque Je vous&#13;
115 ay escrit dans ma lettre commune, et tout ce que Je vous&#13;
116 escriray dans la Suite, Je Suis dans de plus grandes&#13;
117 deffiances et deplus grandes apprehensions, voyant&#13;
4&#13;
&#13;
118 quelque esperance du costé des hommes, que Je n’y mette&#13;
119 quelque appuy et quelque confiance, cela Seroit capable&#13;
120 d’arrester le cours des graces de notre bon Dieu, dans cette affaire,&#13;
121 qu’il peut lui Seul faire reussir.&#13;
122 Si Je ne connoissois nos m.rs aussy bien que Je fais, Jaurois Sujet&#13;
&#13;
�123 d’apprehender quils ne Se choquassent de L’avis que Je leur donne en&#13;
124 plus.rs endroits de mes lettres degarder un Silence profond a Legard&#13;
125 de leurs affaires comme Si Je doutois par la qu’ils ne leussent pas&#13;
126 gardé jusqu’à p’nt, et qu’ils ne legardassent pas quand Je ne le leur&#13;
127 escrirois pas; Jls interpreteront en bonnepart tout ceque Je leur&#13;
128 escris, et jugeront que Je ne leur escris ces choses que p.r leur en&#13;
129 faire remarquer l’importance afin quils y prennent garde plus&#13;
130 que Jamais; M. Labbé de Brisacire m’a xx fort recommandé&#13;
131 de vous en escrire, non pas qu’il doute que vous ne l’ayéz gardé&#13;
132 jusqu’à p’nt, mais afin de vous faire connoistre que dans la&#13;
133 Situation ou Sont les affaires, Jl est Jmportant que l’on ne puisse&#13;
134 dire que vous vouléz opprimer un Evesque, comme M’gr ne manqueroit pas&#13;
135 de le dire, un Evesque, Sil vous voyoit faire paroistre le moindre&#13;
136 Signe de Joye de tout ce qui Se passe en france; La vertu de nos&#13;
137 mess.rs leur fera comme Je n’en doute pas, voir avec douleur,&#13;
138 qu’on Soit obligé d’en venir a des extremitéz facheuses et&#13;
139 mortifiantes p.r une personne qui est leur Sup.r legitime, afin&#13;
140 de leur procurer la paix; J’espere aussy que nos m.rs et vous&#13;
141 mesme me pardonneréz aussy toutes les fautes que J’ay pu&#13;
142 faire, Soit dans ce que J’ay geré en france, Soit dans ceque&#13;
143 J’escris en canada.&#13;
144 Je vous envoye dans nos balots beaucoup de Theses dont vous&#13;
145 disposeréz avec nos m.rs co’e vous le jugeréz a propos; Je vous&#13;
146 envoye aussy quelques chapelets; Jls Sont confondus dans des&#13;
147 boestes du 3.e balot avec des chapelets qui appartiennent a M.rs&#13;
148 de montigny et Requeleyne; Les choses ne Sont pas autant dans&#13;
149 l’ordre que Je le voudrois, parceque les achats Se Sont faits avec&#13;
150 un peu de precipitation; Jl y a aussy des Jmages assez bien&#13;
151 faites de LJnterieur de Jesus marie et Joseph chacune&#13;
152 Separem.t dont Je promets a nos freres donnéz que vous leur&#13;
153 feréz part. Je vous envoye aussy Les cas de conscience de S.te&#13;
154 Beuve, Les cantiques du P. Surin, un cuisinier francois que vous&#13;
&#13;
�155 donneréz a nos freres donnéz, Linstitution au droit Ecclesias=&#13;
156 tique par M. fleury p.r M. du Bos, formules dactes et de&#13;
157 procedures p.r M. de Bernieres. Vous trouveréz aussy une&#13;
158 petite boeste qui vous est addressée dans la quelle outre plus.rs&#13;
159 lettres et papiers dont elle est fort remplie Jl y a deux petites #&#13;
160 # petites nostre Dame d’y voire, l’une p.r M. de Requeleyne, et lautre p.r M. du fournel. Vous auréz la bonté de retirer tous&#13;
161 ces livres et cette boeste; vous trouveréz aussy dans nos balots un tome in 4.e des Epistres de Madame de chantal p.r Made=&#13;
162 =moiselle Glandelet qu’elle m’a demandé par un petit billet que J’ay receu d’elle cet automne; Elle me marquoit quelle avoit&#13;
163 donné un escu de Sa S.te pauvreté a M. Guyotte p.r me le donner, mais M. Guyotte par Son abstraction ord.res S’en est oublié,&#13;
Je vous&#13;
164 prie de dire a Mad.elle Glandelet qu’il n’est pas necessaire qu’elle donne ainsy de l’argent, que Sans qu’elle m’en envoye, Je lui&#13;
165 envoiray l’année prochaine le tableau de la penitence de M. Godeau, qu’elle m’avoit aussy demandé. Je tascheray de lui&#13;
166 mander ces choses par les derniers vaisseaux, Je vous prie en attendant de la Vouloir Salüer de ma part et de me&#13;
167 recommander a Ses prieres. Vous trouveréz aussy parmy les livres des Suplemens des S.ts Nouveaux, une condamnation du&#13;
livre,&#13;
168 de M. du Pin par M. Larch. dont Je vour parlay lannée derniere; une lettre Synodale de Larchevesque de malines; vous&#13;
trouveréz&#13;
169 aussy un paquet de livres que vous envoye M. L’abbé de Lingendes. Jl vous Salüe et escrit, M. de L’encluze, M. adam, et tous&#13;
nos anciens de Lassemblée #&#13;
2.de feuille.&#13;
1694. 15 Mars.&#13;
&#13;
170 page 5.&#13;
lettre O. no. 5&#13;
Du 15.e mars 1694&#13;
171 Le P. Bigot est party p.r vous aller rejoindre, Le P. Rafeix estoit&#13;
172 party longtemps avant lui, M. fredin est aussy party Le Lundy de pasques&#13;
173 de Paris, Jl Se hastent de Se rendre a la Rochelle avant le vingt, par ceque&#13;
174 M. d’Jberbille espere partir avec deux vaisseaux Seulemt dans la fin de ce&#13;
175 mois, et la flotte Sera retardée a 6. Semaines apres; Je crains bien quil&#13;
176 n’en parte plus du tout, car nous naurons point cette année darméé navale&#13;
177 en mer Sur Locean, c’est p.r quoy nos ennemis en Seront les m.tres, et empescheront&#13;
178 quil ne Sorte un Seul vaisseau de france, cela rompt et renverse toutes nos&#13;
179 mesures, Je fais ceque Je puis p.r fare ambarquer dans ces deux 1.ers&#13;
180 vaisseaux tout ce qui est prest p.r nous ala Rochelle; mais Je ne Scay encore&#13;
181 ce qui Se fera; J’ay cru mesme devoir vous parler dans cette lettre de nos&#13;
&#13;
�182 affaires, et vous mander l’estat ou elles Sont, quoy que J’eusse resolu den’en rien&#13;
183 escrire que dans ma lettre commune. J’ay chargé Le P. Rafeix de&#13;
184 cette lettre Sous lenvelope du P. Bruyas; J’ay mis deplus dans la boeste&#13;
185 des P. Jesuites Sous la mesme addresse des lettres particulieres p.r M’gr&#13;
186 Lancien, p.r M. De Bernieres, p.r M. Des maizerais, Je n’ay point encore&#13;
187 pu escrire a M. du Pré, a M. Martin, ny a plus.rs autres de nos m.rs&#13;
188 J’esperois apres mes lettres particulieres faire une Duplicata de ma&#13;
189 lettre commune et l’envoyer par deux vaisseaux differens; Je&#13;
190 nauray pas le temps delefaire par ces 1.ers vaisseaux cy, ce Sera par&#13;
191 les derniers; J’ay dessein Seulem.t de vous marquer en peu de paroles&#13;
192 dans cette lettre la Situation ou Sont les affaires, et Jaddresseray&#13;
193 vendredy cette lettre au P. Bigot Sous addresse ord.re p.r le prier&#13;
194 de donner placer cette lettre en Seureté dans le vaisseau ou Le P. Rafeix ne&#13;
195 passera pas afin que vous puissiez estre Jnformé par tous les deux&#13;
196 vaisseaux de ce qui S’est icy passé;&#13;
197 Je vous ay desja escrit dans la maniere que vous Seul pouvéz lire par&#13;
198 le vaisseau qui est party p.r Laccadie; Jaddresse cette lettre aM.&#13;
199 hazeur, vous auréz la bonté de me marquer Si vous lavéz receüe&#13;
200 Je crois avoir receu toutes vos lettres et tous vos papiers; Jls&#13;
201 m’ont esté rendus de tous costéz en bon ordre; Je crains Seulem.t&#13;
202 que quelques lettres deM’gr Lancien ne Soint perdües&#13;
203 Je voy aussy par les vostres que vous receustes l’an passé toutes&#13;
204 celles que Je vous escrivis; car Je navois point fait de duplicata&#13;
205 daucune de mes lettres, mais Je comptois que ma lettre commune&#13;
206 Serviroit de duplicata a toutes les autres.&#13;
207 Dieu qui veille Si particulierem.t Sur lEglise du canada a disposé&#13;
208 le cœur du Roy a remedire aux troubles et aux dissentions qui Sy&#13;
209 Sont excitéez; Jl a reconnu d’où elles procedoint et il est convaincu&#13;
210 que le Seul moyen de les faire cesser est de rappeler M’gr de Quebec&#13;
211 de vous dire comment Le Roy S’est trouvé Si bien disposé Je n’en&#13;
6&#13;
&#13;
212 Scay rien, J’ayme mieux mesme ne le Scavoir pas que de le Scavoir, afin&#13;
&#13;
�213 d’en avoir p.r Dieu Seul toute la reconnoissance que Je craidrois de&#13;
214 partager avec les creatures, Prope est d’nus o’bus invocantibus eum,&#13;
215 voluntatem timentium se faciet &amp; Cor regis in manu eius est,&#13;
216 quocumque voluerit inclinabit illud, voila ce qu’opere la Souffrance bien&#13;
217 portée; M. Le marquis de Denonville poura peut estre vous expliquer&#13;
218 comment cela S’est fait, Je l’appris peu apres nos dernieres lettres&#13;
219 receües; ce fut dans l’octave de L’Epiphanie, temps, comme vous Scavéz&#13;
220 consacré a la manifestation des Grandeurs du S.t Enfant Jesus; M. L’abbe&#13;
221 de Brisacier me lut un article dela lettre de M.dme de maintenon qui&#13;
222 lui marquoit la disposition favorable du Roy a cet esgard, Le P. de la&#13;
223 chaize, et M. Le marquis de Denonville le lui confirmerent peu apres,&#13;
224 et M. Larchevesque de Paris le leur fit encore plus particulierem.t&#13;
225 connoistre peu de jours apres;&#13;
226 M. Labbé de Brisacier m’ordonna de garder un Silence profond de&#13;
227 tout cecy, ce qui m’a empesché dên parler mesme avec les P. Jesuites, Je&#13;
228 ne doute point que M. de Denonville ne les en ait informéz; cependant&#13;
229 nous ne nous en Sommes point les uns ny les autres ouverts ensemble,&#13;
230 Nous avons obligation a tous ceux presque qui Sont passéz en&#13;
231 france, qui tous ont parlé du Sem.re avantageusem.t les Seculiers&#13;
232 Se Sont bien apperceus que M’gr n’estoit pas bien en cour, Jls Jugent&#13;
233 bien mesme que Sil estoit en france il ne retourneroit pas en canada,&#13;
234 et qu’on tascheroit de lui donner un autre Evesché, mais Je ne croy&#13;
235 pas qu’aucun Scache les intentions du Roy; Jls ne manqueront pas&#13;
236 deparler ainsy en canada, vous devéz vous tenir dans une grande&#13;
237 reserve a cet esgard, et ne pas faire paroistre en aucune maniere&#13;
238 Scavoir de france rien qui approche de ces choses.&#13;
239 On ne Scait pas encore qu’elles mesures le Roy prendra p.r faire reussir&#13;
240 la chose. Le P. de la chaize dit a nos m.rs qu’il ne Scavoit Si le Roy&#13;
241 le retiendroit en france Sans lui oster Son Evesché et en laisseroit le&#13;
242 gouvernem.t a M’gr Lancien, au M’gr le feroit gouverner par des&#13;
243 Grands Vicaires, ou Si S. m. lui donneroit un autre Evesché, ou Enfin&#13;
244 Si on lui donneroit en fin quelques abbayes p.r vivre en france, etlui&#13;
&#13;
�M. Brunet&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
245 Se demetteroit de Son Evesché entre les mains du Roy qui y pourvoiroit&#13;
246 Le P. de la chaize est persuadé que si le Roy est dans le dessein de nous&#13;
247 donner un autre Evesque, Jl faut que nos m.rs jettent les yeux Sur une&#13;
248 personne qui puisse d’un costé pretendre a remplir ce poste, et qu’on&#13;
249 puisse d’un autre costé esperer qu’il entrera dans lesprit de notre&#13;
250 Sem.re autant que M’gr S’en est esloigné; Jl leur a lui mesme Suggeré&#13;
251 M. Labbé Brunet frere du grand Brunet garde du tresor royal, qui est&#13;
252 amy intime de nos m.rs, et qui comme Je le croy Seroit bien propre a&#13;
253 remplir un tel poste, C’est une personne bien unie a Dieu, d’une douceur&#13;
254 d’ange, d’une Simplicité d’Enfant, bien detaché des biens de ce monde, qui&#13;
255 passe les jours aux pieds d’un crucifix ou dans plus.rs autres bonnes œuvres,&#13;
256 ce n’est point un esprit hautain remuant &amp; Jl est pacifique, Jl escoute&#13;
257 conseil, En un mot Jl me Semble que le Canada Seroit trop&#13;
258 heureux Sil avoit un tel Evesque, Jl a de la Science, Jl est Docteur de&#13;
259 Sorbonne, Jl presche avec beaucoup d’onction, Vous trouverez dans&#13;
260 nos balots un petit livre en par chemin p.r linstruction des&#13;
261 confesseurs qu’il fit imprimer l’an passé p.r le faire distribuer&#13;
262 par nos m.rs dans leurs missions de france aux Curéz des&#13;
263 campagnes. Jl a autant d’esloignem.t p.r les grandeurs que Son&#13;
264 frere qui occupe une charge qui lui couste 800000.# et qui le&#13;
265 rend considerable aupres de tout ce qu’il y a de grand a la Cour,&#13;
266 a d’empressem.t de le voir eslevé aux Prelatures; Jl accepteroit&#13;
267 Volontiers un Evesché de canada, a quoy l’on prevoit que Son frere&#13;
268 S’opposeroit fortem.t Nos m.rs S’en Sont ouverts avec lui, en cas que&#13;
269 les choses tournassent comme il faut, Je prie de bien recomman=&#13;
270 der cette affaire a Dieu, Je ne cesse de le faire de mon costé.&#13;
271 on S’attend que M’gr ne manquera pas de crier fort haut l’année&#13;
272 prochaine, et de Se plaindre Sur tout de M. Labbé de Brisacier;&#13;
273 Jl lui a escrit cette année que tout le monde voyoit bien en Canada&#13;
274 qu’il Se mocquoit de lui par la nomination quil avoit faite des&#13;
275 officiers du Sem.re que le gouvernem.t n’y estoit nullem.t changé &amp;&#13;
&#13;
�276 et qu’il chercheroit Sans S’addresser a lui les remedes aux grands&#13;
277 maux que cause la division dans Son Eglise;&#13;
278 on craint bien davantage qu’il ne Se cantonne en canada,&#13;
279 et que Sentant qu’on n’est pas bien disposé p.t lui, a la cour, Jl ne&#13;
280 prenne la resolution de rester dans Son Evesché, ce qui ambaras=&#13;
281 =Seroit fort, car Je ne Scay Si le Roy voudroit l’en faire Sortir&#13;
282 par quelq’ voye Violente, Jl est asséz difficile davoir prise Sur&#13;
283 lui, estant de bonnes mœurs, et ne pechant que dans la&#13;
284 conduite et le gouvernem.t de Son Eglise;&#13;
285 Le Roy a resolu p.r L’obliger de revenir de ne rien regler jusqu’à&#13;
286 Son retour en france, et M. Larchevesque et Le P. dela chaize&#13;
287 l’ont dit a M. de la Palliere et a nous; on a pris le pretexte&#13;
288 qu’il le demandoit lui mesme; et Je le mande a nos miss.res en&#13;
289 canada; M. L’archevesque, qui avoit paru toujours beaucoup&#13;
290 plus porté p.r M’gr que p.r nous, p.r Soutenir la dignité Episcopale&#13;
291 n’a pas fait paroistre cette année la mesme chose; Cependant&#13;
292 M’gr lui avoit escrit des lettres de confidences des memoires&#13;
293 Secrets &amp; que M. Larch. a tous fait lire a nos mess.rs dans&#13;
294 les quels Jl nous accuse destre Jesuites, Jl dit que vous vous vantéz&#13;
295 de ne rien craindre par ce que vous avéz Le P. Dela chaize p.r&#13;
296 vous &amp; Jl n’a pas esté difficile a ce Prelat de descouvrir tout lartifice&#13;
297 de ces lettres, Elles n’ont Servies qu’a un bien, qui est de lui faire&#13;
298 connoiste le caractere d’esprit de M qui tasche a mettre la division&#13;
299 par tout, voulant la mettre par ces lettres entre M. Larch. et Le P. de la chaize&#13;
8.&#13;
&#13;
300 Ce Prelat a fait paroistre a nos mess.rs une affection Extraord.re de les&#13;
301 Je l’avertis de larrivee de M. Merlat a Paris, Jl le fit avertir aussitost&#13;
302 dele venir voir, Jl lui deffendit de distribuer les lettres de M’gr, Jl ne&#13;
303 voulut pas demender au Roy co’e M. Merlat l’en prioit de la part&#13;
304 de M’gr que Sa Gr. pust vous ramenner en france avec lui l’année&#13;
305 prochaine, p.r pouvoir dire vos raisons; ce que nous appreceusmes bien&#13;
306 estre la cause du retar dem.t de Son voyage p.r une année au contraire&#13;
&#13;
�307 Jl parla au Roy fort avantageusem.t p.r nous, Jl pria dit il Le Roy, de&#13;
308 ne point donner d’Evesché a M’gr en france que cestoit un esprit&#13;
309 dangereux, qu’il pouroit remuer dans les assembléez, et quil ne le&#13;
310 croyoit pas capable de conduire; Jl rapporta a nos m.rs la&#13;
311 favorable disposition du Roy, et nous ne doutons point qu’elle n’ait operé&#13;
312 en lui le grand changem.t dans le quel Jl nous parut estre a nostre esgard.&#13;
313 Vous auriez du escrire une lettre a ce Prelat, et une au P. de la chaize,&#13;
314 et M’gr Lancien autant p.r leur recommander vos affaires avec&#13;
315 un petit memoire le plus abregé que faire Se pouroit de vos affaires differens,&#13;
316 vous auréz la bonté de le faire lannée prochaine sans rien faire&#13;
317 paroiste deceque Je vous mande icy.&#13;
318 M. de merlat a esté fort Surpris de ce que tous les esprits n’estoint&#13;
319 guere disposéz a entrer dans Ses veües et celles de M’gr, Jl a voulu&#13;
320 passer p.r une personne qui n’avoit point d’intherests dans toute cette affaire&#13;
321 et qui a toujours tasché destre le mediateur de la paix entre les uns et&#13;
322 les autres, mais il a trouvé qu’on ne le regardoit pas icy comme tel, et&#13;
323 M. de la Palliere lui mesme lui a dit qu’il avoit bien mal fait de&#13;
324 jetter Mon seig.r dans tous les ambarras ou il est p’ntem.t M. de la&#13;
325 Palliere le connoissoit desja dez Son 1.er voyage, Jl a eu quelq’ Sujet&#13;
326 de le Soupconner de nouvelle doctrine acause de Ses habitudes avec une&#13;
327 personne qui est Sorty de loratoire p.r ce Sujet; Je vous prie de&#13;
328 garder cecy dans le Silence; Jl a reconnu dans ce bon Mons.r&#13;
329 quelque deffaut de prudence en plus.rs occasions; Jl vint dans Son&#13;
330 dernier voyage demander a Linsceu de M’gr et de M. de la Pallilere&#13;
331 a la Sup.re de la Visitation, dont il est le directeur lui demander de&#13;
332 dire Ses messes p.r la retribution; Jl a fait paroistre un empressem.t&#13;
333 extraord.re p.r obliger M’gr a lui procurer Sa pension; depuis qu’il&#13;
334 est arrivé dans ce dernier voyage Jl a decacheté a la Rochelle toutes&#13;
335 les lettres de M. de la Palliere, lui en a envoyé quelques unes, et en&#13;
336 a gardé les autres, Jl a demandé a venir loger au Sem.re, et Jl y&#13;
337 venoit descendre en quittant le messager Si je ne fusse allé au devant&#13;
338 le prier de nous en dispenser en lui alleguant que nous n’avions&#13;
&#13;
�339 pas de logem.t commode p.r lui, Jl n’a pas laissé plus.rs fois de&#13;
340 Solliciter depuis nos Sup.rs de le laisser venir demeurer au Sem.re&#13;
3.e feuille.&#13;
page 9.&#13;
&#13;
++&#13;
&#13;
341 lettre O. no. 5&#13;
342 mais on n’a garde de l’y recevoir, car cela pouroit peut estre&#13;
343 attirer M’gr a Son retour, et on veut tascher d’empescher qu’il&#13;
344 n’y vienne pas descendre, p.r l’empescher de faire davantage a nos&#13;
345 m.rs le compliment; Vous nestes pas digne de lhonneur que&#13;
346 Je vous fais de demeurer dans votre Sem.re&#13;
347 M. dela Palliere nous a dit plus.rs fois qu’il estoit necessaire&#13;
348 d’empescher Mond. S.r de merlat de retourner en canada, Je&#13;
349 Souhaitte que cela Soit.&#13;
350 Nous vivons avec une grande union avec Mond. S.r de la Palliere;&#13;
351 M’gr l’a effectivem.t Soupconné de ne Soutenir pas Ses intherests assez.&#13;
352 Vigoureusem.t; on ne peut cependant y apporter plus de Soin et&#13;
353 d’application, Jl nous a paru aller droit, Jl cherche le bien, a La&#13;
354 verité comme il est chargé des affaires de M’gr Jl croit qu’il est&#13;
355 de Son devoir d’en Soutenir les intherests, et Jaurois plus Sujet de&#13;
356 me plaindre qu’il les Soutient trop fortem.t que M’gr qu’il ne les&#13;
357 Soutient pas asséz. Je lui ay donné votre lettre apres l’avoir fait&#13;
358 lire a M. Labbé milon et aux PP. Bigot et Lamber ville qui l’a&#13;
359 trouverent bonne, Je lui donnay mesme toutes les pieces concernantes&#13;
360 le procès du chapitre, Jl les trouva en bonne forme, cependant Jl&#13;
361 pretendit qu’a la verité M. merlat n’avoit pas eu raison de&#13;
362 demander ce qui est couché dans Se requeste, et que M’gr auroit&#13;
363 du observer les formalitéz de Justice, mais qu’aussy vous n’auriez&#13;
364 pas du en appeler comme d’abus, qu’un appel co’e dabus Sonne&#13;
365 toujours tres mal, que vous auriez pu arrester la chose par&#13;
366 une autre Voye, et plus.rs autres choses quil ajouta a ce Sujet, Jl ne Scavoit&#13;
367 aussy que croire de ce que vous marquéz dans le Journal du chapitre;&#13;
368 ou de ceque racontoit M. demerlat et lui mandoit M’gr dela maniere&#13;
369 dont les choses Se Sont passéez dans le chapitre; votre lettre n’a fait aucun mal, elle&#13;
&#13;
�370 a fait du bien au contraire, et comme Je ne doute pas quil ne vous&#13;
371 escrive, Je vous prie aussy de ne pas manquer de lui escrire.&#13;
372 Nous n’avons point eus cette année ny lui ny nous a discuter les&#13;
373 affaires devant les commissaires, Jls ne Se Sont pas assemblez une&#13;
374 Seule fois Sur ce Sujet; apres la lettre commune escrite que J’ay&#13;
375 donné au P. Rafeix, M. Labbé de Brisacier estant allé trouver M.&#13;
376 Larchevesque a Versailles et ne l’ayans pas trouvé lui laissa une&#13;
377 lettre dans la quelle Jl le prioit 1.e que Le P. dela chaize estant&#13;
378 Suspect a M’gr de Quebec p.r lui porter la parole du Roy, (par ceque&#13;
379 M’gr a escrit au P. de la chaize qu’il l’informoit mal des Sentimens que le Roy avoit&#13;
380 de Sa conduite, que Sa Reverence escrivoit que le Roy n’en estoit pas content et&#13;
381 que cepend.t M. de Pont chartrain lui escrivoit le contraire) On Suplioit Sa&#13;
382 Grandeur de vouloir lui mesme prendre les ordres du Roy p.r escrire&#13;
383 a M’gr de Quebec de Sa part. C’estoit faire plaisir a M. larchevesque&#13;
10.&#13;
&#13;
Du 15.e avril 1694&#13;
&#13;
384 et a nous, de lui donner une pareille commission; Tout ce qui donne occasion&#13;
385 a ces grands Seigneurs d’entretenir le Roy leur est fort agreable;&#13;
386 2.e Que Sa grandeur voulust Scavoir du Roy Si ce nestoit pas LJntention&#13;
387 de Sa majesté que M’gr revinst cette année en france Sans differer&#13;
388 p.r regler tous les differens, 3.e Si Sa m. ne jugeoit pas xxx necessaire que&#13;
389 nos m.rs revinssent avec lui p.r dire leurs raisons, Soffans de les&#13;
390 dire par escrit dans leurs lettres, et de bouche par les personnes&#13;
391 qui font leurs affaires en france et d’en passer par tout ce que&#13;
392 les commissaires auront regléz. 4. Si ce n’estoit pas L’Jntention&#13;
393 de S. m. que M.gr laissast toucher ce qui vous est deu p.r 94.&#13;
394 des charges indispensables, et que p.r lavenir largent restast entre&#13;
395 les mains, de l’agent de la Compagnie jusqu’à ce que tout eust&#13;
396 esté reglé entre M’gr et Son Sem.re. et&#13;
397 M. Larch. Entretint le Roy de toutes ces choses chargea M. Larch. qui le chargea&#13;
398 de les escrire a M’gr de Quebec, J’en Suis allé hier faire ressouve=&#13;
399 nir M’gr de Paris, Jl m’a ordonné de revenir le lendemain, p.r&#13;
400 l’en mieux faire Souvenir, J’y dois aller demain matin, et le&#13;
&#13;
�+&#13;
&#13;
401 doit prier de nous faire deux lettres, afin de les envoyer par&#13;
402 deux differentes voyes. Voila donc tout ce qui S’est fait cette année&#13;
403 a ce Sujet M. Larch. doit escrire a M’gr que le Roy juge expedient&#13;
404 et mesme necessaire qu’il fasse cette année sans differer un Voyage&#13;
405 en france p.r regler et terminer toutes les brouilleries de Son&#13;
406 Eglise; 2. que Sa m ne juge pas necessaire au contraite croit&#13;
407 inutil que ces m.rs du Sem.rs reviennent avec lui, 3.e qu’il doit&#13;
408 laisser toucher ce qui vous est deu p.r lannée 94. des charges&#13;
409 indispensables Sur votre Simple quittance et que p.r les annéez Sui=&#13;
410 vantes on reglera les choses Sil y trouve quelque difficulté apres&#13;
411 Son retour; (J’avois dans le memoire que Je presentay a M. de&#13;
412 Brisacier p.r le faire Souvenir de demander ces choses ajouté&#13;
413 quelques autres articles, entrautres que M’gr eust a lever l’interdit&#13;
414 quil a porté contre vous, mais M. de Brisacier ne jugea pas en&#13;
415 devoir rien dire, par cequil Scavoit que le Roy ne Se mesleroit&#13;
416 point de cequi touche la jurisdiction Episcopale, Jl me dit ensuite&#13;
417 qu’il valoit mieux si M’gr le vouloit que vous le fussiez encore&#13;
418 un an, que le Dioceze a la Verité en patiroit, mais qu’aussy&#13;
419 cela feroit plus de tort a M’gr qu’a vous.&#13;
420 Si Je tire ces deux lettres de M’gr Larch. Je vous les envoyeray&#13;
421 par deux voyes. les addressant au P. Bigot p.r le prier de les&#13;
422 mettre dans les deux Navires qui vont en canada&#13;
423 on n’a pas voulu que nous envoyassions nostre resignation de M. du&#13;
424 Pré en cour de Rome, Tout est Suspendu jusqu’au retour deMgr;&#13;
425 Si on juge que l’on doive achever cette resignation, Jl faudra envoyer&#13;
426 une nouvelle procuration.&#13;
427 Jl nous faut envoyer aussy une autre procuration du chapitre&#13;
428 celle de cette année ne vaut rien, Jl faut qu’elle Soit Signée du&#13;
429 plus grand nombre de chanoines qu’il est possible; Jl Seroit bon&#13;
430 aussy de mettre M. Tiberge et M. Labbé de Brisacier p.r&#13;
431 procureurs, afin que Sil arrivoit un accident a un, l’autre&#13;
&#13;
�432 pust toujours agir. Le 1.er Sappelle Loüis, et le 2.e Jacque charle&#13;
433 Le 1.er est abbé d&#13;
et le Second de flabemont&#13;
434 M. Tiberge est depuis trois mois notre Sup.r et M. Labbé de Brisa=&#13;
435 =cier assistant, c’est Sur eux que roule tout le Sem.re; M. Serin&#13;
436 n’est guere en estat d’agir; Le Sem.re continüe depuis longtemps&#13;
437 a naller pas trop bien, Nos Sup.rs Sont chargez de tant d’autres&#13;
438 affaires, que le Sem.re en paroist le moindre ou celle qui les&#13;
439 occupe le moins. a Loccasion des procurations Je croy que&#13;
440 vous devéz nous en envoyer une au nom duSem.re la plus&#13;
441 g’rale que faire Se poura nous n’en avons point et on ne peut&#13;
442 agir p.r vous que comme Se faisans forts. M’gr Lancien aura&#13;
443 aussy la bonté de nous en envoyer une nouvelle p.r lui conjointem.t&#13;
444 et de ne pas oublier Son certificat de vie; Je prie aussy M. duPré d’en&#13;
445 envoyer une p.r affermer et recevoir les revenus de Son Prieuré;&#13;
446 Le Bail finit a la fin de cette année. Jl y a deux ans que nous&#13;
447 n’en avons rien touchéz.&#13;
448 Nous fusmes payéz l’an passé de la pension deM’gr Lancien&#13;
449 Sur M’gr d’aire, M. de Brisacier la receut p.r Se rembourser des&#13;
450 avances qu’il a faites; p.r nous, Je ne Scay pas combien nous lui&#13;
451 Sommes encore redevables; P.r la pension de M’gr de 2000.# Sur le Tresor&#13;
452 royal nous n’en avons rien touchéz depuis deux ans, et Jl y a apparence&#13;
453 que nous n’en toucherons rien tant que la guerre durera; Les ministres&#13;
454 d’etat et les mareschaux de france ne touchent pas les leurs; on&#13;
455 aura peine a croire en canada juqu’ou va la misere de la france,&#13;
456 Combien largent y est rare, le pain, et toutes les choses qui Se consument.&#13;
457 on dit que nos ennemis ne Souffrent pas moins que nous; Cepend.t&#13;
458 on ne les voit guere S’approcher des voyes d’accommodem.t et de pais; Le&#13;
459 Roy y paroist fort porté, nos ennemis lattribuent a foiblesse et S’en&#13;
460 tiennent plus fiers, Jls devroint cepend.t avoir desja appris par leur&#13;
461 experiance funestes que Le Roy n’est pas dhumeur a plier, et a recevoir&#13;
462 la loy d’eux, Dieu mesme Semble ne le pas vouloir; dans le temps qu’il&#13;
463 nous accable de misere au dedans, Jl rend au dehors Le Roy&#13;
&#13;
�464 triomplant de tous Ses ennemis; Jl benir la cause Juste et s.te de&#13;
465 la guerre du Roy, et chatie au dedans nos pechéz avec beaucoup&#13;
466 de bonté;&#13;
467 Nous Sommes reconciliez avec le S.t Siege depuis cinq mois; Nos&#13;
468 Evesques nommez qui avoint assisté a Lassemblée de 82. ont escrit au&#13;
469 S.t Pere quils avoint de la douleur de ce qui S’estoit passé dans cette&#13;
470 assemblée contre la discipline Ecclesiastique, et quils Se regardoint&#13;
471 co’e une chose de nulle authorité. Tous ensuite ont eus leurs bulles&#13;
472 et ont esté Sacréz.&#13;
12.&#13;
&#13;
473 Le Roy a nommé a LEvesché de Cominge M. de Brisay frere de M. de&#13;
474 Denonville; M. L’abbé milon a LEvesché de condom, M. Labbé dela&#13;
475 frereliere a LEvesché de la Rochelle, l’ancien estant mort. Jl a donné&#13;
476 L’abbaye de Val richer a M. Labbé de Camilly beau frere de M. de&#13;
477 vaubesnard, et la choisy p.r estre grand Vicaire de M. Le cardinal&#13;
478 furttamberg a Stras bourg a la place de M. dela frereliere qui lestoit&#13;
479 c’est un pas p.r aller a LEvesché; Jl demeure depuis plus d’un an&#13;
480 au Sem.re Le&#13;
481 LEdit p.r la taxe des bois est revoqué cela a esté converty en une&#13;
482 Somme p.r le don gratuit, qui n’empeschera pas ce quon doit lever en&#13;
483 lassemblée de lannée prochaine p.r ce mesme don;&#13;
484 Nous So’es en dettes de 12600.# aM. Grignon, De 500.# a M. Rotrou,&#13;
485 550.# p.r lever Le decret d’union des benefices Simples de meaubec au&#13;
486 Sem.re de 200.# a M Carnot et deplus.rs autres petites dettes, Sans ceque&#13;
487 nous devons a M’gr L’ancien, Je ne voy a toucher cette année&#13;
488 que 2000.# p.r les prestre uséz 1800.# de M. Daire et 4 ou 500.#&#13;
489 dautre part. Jespere aussy depuis quelque temps toucher une&#13;
490 Somme de 1800.# de la Succession de M. du Douist a quoy Jl a fallu&#13;
491 nous reduire de 3000# qui nous Sont dus en principal Sans les&#13;
492 arrerages; Cette So’ne nous fera bien du bien Si elle nous vient.&#13;
493 J’en attrends des nouvelles depuis quelques jours.&#13;
494 Sur ces So’es J’ay demandé a M. Grignon de nous accomplir une&#13;
&#13;
�495 facture qui ira a plus de 2500.# et pres de 3000.# avec les frais, Dem&#13;
496 d’employer de plus 300.# en estoffes p.r les charitéz de M’gr Lancien&#13;
497 et Je vous envoye une facture de Paris qui monte a 2450.# Sans&#13;
498 400.# de toile moitié coton qui est dans ces balots que Je ne&#13;
499 compte point, par ce que Je ne l’ay pas encore payée. Je ne puis vous&#13;
500 envoyer un estat au juste de mes comptes que dans les derniers&#13;
501 Vaisseaux; J’ay pris toutes choses a Paris a credit, mais Jl faut p’ntem.t&#13;
502 trouver de l’argent et c’est ce qui mambarasse, car Je ne Scay d’où&#13;
503 en tirer; M. Grignon de Son costé me presse fort; Je tasche a&#13;
504 le payer de bonne paroles ne pouvant lui donner dargent, mais&#13;
505 vous Scavéz que cette monnoye n’est pas toujours bien receüe,&#13;
506 Jl faut que nos m.rs fassent tous leurs efforts p.r trouver de&#13;
507 l’argent p.r mond. S.r Grignon, car Jls en trouveront plutost a la&#13;
508 Quebec qu’a Paris, ou J’ay fait mes efforts inutilem.t p.r trouver&#13;
509 a en emprunter.&#13;
510 Nous avons entré depuis quelque temps en Jouissance du Prieuré de S.t&#13;
511 Sebastien affermé 500.# et qui nous vaudra toujours 400.# nets, Le&#13;
512 titulaire est morts on me la conferé en attendant que Lunion Soit&#13;
513 consommée; Nous travaillons p’ntem.t a enlever le decret : J’espere&#13;
514 que dans peu nous l’aurons. Je feray cet esté un tout en ces quartiers&#13;
4.e feuille&#13;
page 13.&#13;
lettre O no 5&#13;
&#13;
515 p.r mettre tous ces prieuréz qui Sont celui de Bienavant affermé&#13;
516 725.# celui de S.t Sebastien 500. et celui de parcay 800.# en bon&#13;
517 estat, on me mande tous les jours qu’il y a des reparations&#13;
518 a des chaussez de moulins a y faire, Jl faut en renouveler les baux,&#13;
519 on m’en offre desja quelque augmentation Sur un chacun, J’ay de&#13;
520 plus affaire en ces quartiers acause de 2000.# qui Sont dus a M’gr&#13;
521 Lancien par les heritiers d’un ancien fermier de meaubec&#13;
522 nommé Galpy; Tout cela merite bien qu’on aille y faire un tour.&#13;
523 Nous faisons 300.# de pension Sur celui de Bien avant a M. Gontier&#13;
524 Comme Je n’ay point encore repondu a plus.rs choses qui Sont&#13;
525 repandües dans vos lettres, Je vais le faire presentem.t le plus&#13;
&#13;
�Basse-ville +&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
526 Succintem.t que Je pouray.&#13;
527 Je ne scay Si je vous ay desja escrit dans cette lettre que M. L’arch. a&#13;
528 cru que vous neussiez pas du appeler comme d’abus a un tribunal&#13;
529 Secculier de L’ordonnance de M’gr, cela n’est pas dit il edifiant dans une&#13;
530 nouvelle Eglise, La cause de plus est purem.t Ecclesiastique, &amp; Jl a cru qu’un&#13;
531 appel Simple eust esté Suffisant p.r arrester leffet de Lord.ce de M’gr Je ne&#13;
532 Scay ce qu’il vouloit dire par lappel Simple, et Je ne pus me le faire&#13;
533 expliquer&#13;
534 Lon a esté convaincu tant par le rapport de M fredin dela part de M&#13;
535 LJntendant, que par la lettre de M. Dauteüil a M. de Brisacier, qui estoit&#13;
536 fort bien faite, qu’il n’y avoit point eu d’arbitrage; Jl Sera bon de tascher&#13;
537 davoir encore cette année de bonnes attestations comme celles la, et&#13;
538 dautres p.r les faits qui Seront contestéz, cela fait de bons effets; on ne&#13;
539 S’en Servira que d’une maniere a ne point faite de tort aux personnes&#13;
540 qui les donneront. M. de Brisacier eust desiré Scavoir en quoy Jl&#13;
541 eust pu obliger M. D’auteüil Jl lauroit fait volontiers, Je croy&#13;
542 qu’il lui escrira, mais ce ne Sera que par les derniers Vaisseaux, car&#13;
543 quelque Soin que J’aye pris de l’en avertir Jl n’a pu trouver du&#13;
544 temps p.r escrire par les 1.ers : Javois envoyé a M. azeur une&#13;
545 Liasse de papiers qu’une personne a qui J’ay de lobligation a cause de&#13;
546 Sa famille m’avoit prié d’addresser a quelqu’un en canada p.r&#13;
547 Susciter un procèz de consequence a M. Dauteuil, M. azeur n’a pas&#13;
548 voulu Se mesler de cette affaire par consideration p.r M. Dauteuil,&#13;
549 Jl m’a fait plaisir, et Je lui mande de me renvoyer les papiers.&#13;
550 J’ay parlé a M. Labbé de Brisacier de l’acte de demission de lemplacem.t de la chapelle Succursale dont vous me parlez&#13;
551 comme de la piece la plus forte p.r obtenir les lettres patentes, M. de&#13;
552 Brisacier croit qu’en rigueur cela ne Serviroit de rien, et que Sans un&#13;
553 Secours extraord.re comme celui qu’on espere nous donner nous aurions&#13;
554 peine a maintenir cette union; Jl faut esperer qu’on pourra dans la&#13;
555 Suite mieux establir les choses; on n’a pas parlé de cecy en aucune maniere&#13;
556 Vous mattribuéz l’estimation qui fut faite du revenu de la Cure&#13;
&#13;
�557 de Quebec, et elle Se fit Sans moy dans la Chambre de M. Larch.&#13;
558 Je ne Sceus que deux Jours apres, et il nestoit plus temps dy&#13;
559 remedier.&#13;
560 J’ay veu plus.rs fois M. fredin mais pas Si Souvent que J’eusse voulu,&#13;
561 a cause de Ses affaires et des miennes; C’est un bon amy Je lui ay&#13;
562 promis dele charger de nos lettres, Si Je ne le fais pas ce ne Sera&#13;
563 pas pas p.rmanque de confiance, Je l’ay toute entiere en lui, Jl vous&#13;
564 dira la disposition dela Cour a LEsgard du canada, et cequ’on y&#13;
565 pense de M’gr, car Jl Scait mieux l’air de ces bureaux que moy qui&#13;
566 Dieu mercy n’y ay pas mis le pied; C’est ce qui me console dans vos&#13;
567 affaires de nestre pas obligé de me communiquer beaucoup au&#13;
568 dehors.&#13;
569 M. De frontenac a mandé a M. de Brisacier que vous naviez pas&#13;
570 voulu vous Soumettre a l’arbitrage que vous aviez choisy, que par la&#13;
571 vous vous estiez engagéz dans un mauvais pas, dont vous ne Scauriez&#13;
572 presentem.t comment vous retirer, quil en est fasché p.r vous, mais qu’il&#13;
573 est plus fasché de la division qui deschire LEglise, que tout le monde Scait&#13;
574 combien la paix est a desirer dans la colonie &amp; on n’a d’esgard a Ses&#13;
575 lettres, qu’autant que le demande Son rang ce quil a escrit en cour n’a&#13;
576 pas fait beaucoup d’impression; Je prie Dieu de le combler de Ses plus&#13;
577 Speciales graces p.r la part quil prends a nos afflictions.&#13;
578 M. du Pré a tres Sagem.t fait de faire Sa resignation en cour de Rom[e]&#13;
579 M. de Brisacier avoit expres mis ce terme, car Je lui fis remarquer&#13;
580 qu’en prenant une autre voye on S’exposoit a quelq’ danger de perdre&#13;
581 la Cure.&#13;
582 Vous verréz par la lettre que Je vous escris par Laccadie Si J’escris&#13;
583 bien en chiffre; Jay tasché a y observer ce que vous me prescrivéz.&#13;
584 Jay oublié a vous marquer que nous avions bien receus toutes les&#13;
585 lettres de la personne que je ne nomme point, qui ont esté exactem.t&#13;
586 rendües, jusqu’à la derniere; Nous avons gardé un Silence profond a Son&#13;
587 esgard, jusqu’à n’en pas parler aux meilleurs amis excepté ceux a qui&#13;
588 Jl escrit, et aux PP. Jesuites, Cependant Je crains qu’on n’ait quelque&#13;
&#13;
�589 Soupçon de Ses lettres, M. de la Palliere un jour tascha en bien des&#13;
590 manieres de me Sonder a Son Sujet, mais Je me tins bien Sur mes gardes,&#13;
591 cela me fit carindre qu’il n’en eust quelq’ connoissance; Jl Seroit bien&#13;
592 a Souhaitter que cette personne aussy bien que phghdKhuyzhuLkfgtka&#13;
593 4d7hkfdkg72d7hugk2gyh. Cela feroit bien ce me Semble. Je le demande&#13;
594 bien au bon Dieu;&#13;
595 Je crains que M’gr n’ait remué cet hyver avant Son depart p.r establir&#13;
596 un curé a la basse ville, Je Souhaitte que mes pressentimens Soint faux;&#13;
597 Je ne Scay comment on poura empescher icy la pretention des marguilliers&#13;
598 de nommer les Enfant de chœur, vous le pouvéz faire bien plus aisem.t&#13;
599 Sur les lieux, en demandant que Si on en veut la nomination on en fasse&#13;
15&#13;
&#13;
600 toute la despense, et la depense de tous ceux qui contribuent a la&#13;
601 duence du Service divin&#13;
602 Jl est necessaire de m’envoyer lannée prochaine un memoire le&#13;
603 plus exact que faire Se poura de ce qui regarde les chapelles, du nombre&#13;
604 que M’gr Lancien en a laissé de la maniere dont M’gr de Quebec a voulu qu’il&#13;
605 les lui cedast et Jl est bon aussy de remarquer autant que l’on le poura&#13;
606 Sans que cela paroisse, Si ces chapelles Subsistent encore, et Si elles Sont dans les&#13;
607 missions; Toutes ces choses peuvent Servir en leur temps.&#13;
608 Je vous prie aussy de m’envoyer des memoires exacts et les plus concis que&#13;
609 faire Se poura de tout ce que peut devoir M’gr tant du passé que du present&#13;
610 tant au Sem.re qu’au chapitre, des So’es quil a payé aux uns et aux autres, des&#13;
611 ornemens qu’il a donné a laparoisse, des So’es qu’il S’en est fait payer, de ce&#13;
612 qu’il a payé a M.rs Soumande et Gautier Sur leur part du revenu du chapitre,&#13;
613 Jl faut tascher de n’y rien oublier quelq’ ancien qu’il Soit; Jl faudroit&#13;
614 faire un memoire fort abregé, et en suitte un plus estendu qui entrast dans le&#13;
615 detail des choses.&#13;
616 Je vous ay aussy demandé par mes lettres precedentes une copie collationnée du reglemt&#13;
617 et compte arresté entre M’gr de Quebec et le Sem.re par M. Labbé de choisy M. de&#13;
618 Brisacier Stipulant p.r le Sem.re M. de Brisacier vous en envoya un original&#13;
619 Jl y a deux ans; Je ne Scay Si c’est cet original ou une copie que Je copiay Jl y a&#13;
&#13;
�620 deux ans en revenant en france, Jl m’est venu en pensée depuis quelques jours&#13;
621 que vous n’en aviez qu’une copie et que Loriginal en avoit esté perdu avec&#13;
622 les lettres de M. de Brisacier Jl y a deux ans; cela Seroit fascheux, cependant on&#13;
623 pourroit toujours revenir a compte.&#13;
624 Je vous prie de demander p.r moy a M’gr L’ancien de menvoyer une copie&#13;
625 du compte que M. de Brisacier vous a envoyé lannée derniere&#13;
626 Je n’ay Sceu que par vos lettres le changem.t de Sup.r des Jesuittes; J’ay&#13;
627 reveu du P. D’ablon une lettre tout a fait obligeante a vostre Sujet; Jl a&#13;
628 escrit aussy avantageusem.t p.r vous a M. de Brisacier et au P. dela chaize&#13;
629 Dans Sa lettre au P. de la chaize Jl rend de M. du Pré un tout autre temoignag’&#13;
630 que M’gr n’en avoit rendu; Je Scay que Le P. Bruyas a aussy escrit p.r&#13;
631 vous; vous voyéz q’ rien ne m’en convainct davantage que Lunion qui&#13;
632 est entre vous et nous est a l’epreuve de tout cequ’on a fait p.r la rompre,&#13;
633 et qu’elle n’est pas fondée Sur L’Jnterests et Sur des considerations humaines,&#13;
634 Je voy que c’est une œuvre de Dieu; Quelques personnes en france en france me demandoint&#13;
635 Si les PP. Jesuites ne poussoint point M’gr a tout ce qu’il fait p.r S’emparer&#13;
636 et Se rendre m.tre du Sem.re, Je ne me Suis pas aisem.t ouvert a toutes Sortes&#13;
637 de gens a ce Sujet; mais aux personnes a qui Je ne devois rien cacher, Je&#13;
638 leur ay bien fait voir, que par tout ce que ces P.P. escrivent mesme&#13;
639 au P. dela chaize a l’avantage du Sem.re et tout ce qu’ils font en canada&#13;
640 Jls Sont bien esloignéz de ces Sentimens; Les lettres de ces Peres a&#13;
641 M. de Brisacier Sont tout a fait obligeantes, Sur tout celle du&#13;
642 P. Bouvart, Jl m’escrit de mesme aussy bien que Le P. Germain&#13;
643 J’ay tasché a entretenir icy La mesme union; et Je l’augmenteray&#13;
16&#13;
&#13;
644 plutost que de diminuer. les Peres ont bien des ennemis en&#13;
645 france a cause de leur grande authorité; Le party des Jansenistes&#13;
646 Saugmente tous les jours, La morale pratique accuse a ce qu’on&#13;
647 ma dit Les Jesuites du Canada; et les traite aussy mal que&#13;
648 ceuxde la chine, Je n’ay pu lire de livre p.r vous en mieux&#13;
649 informer, Vous pouvéz le Scavoir des Jesuites qui passent cette&#13;
650 année en asséz bon nombre&#13;
&#13;
�Du 16.e avril.&#13;
&#13;
5.e feuille.&#13;
&#13;
651 J’allay hier chez M. Larch. querir Ses lettres p.r M’gr dont Je&#13;
652 vous en envoye une par ce paquet et Jaddresse Lautre au P.&#13;
653 Bigot p.r le prier de vous la rendre, Vous aviseréz par qui Jl&#13;
654 la faudra faire rendre aM’gr; Jl Seroit bon ce me Semble de lui&#13;
655 faire rendre celle qui est dans ce paquet la premiere, et ce&#13;
656 par M. fredin, Vous en confererez Je ne vous dis rien davanta[ge]&#13;
657 de ces lettres. ce que Je vous en ay escrit vous Jnstruira asséz. Jl est&#13;
658 Necessaire de garder a cet esgard un grand Secret, et quand M’gr&#13;
659 contreviendroit a ce que lui escrit M. Larch. Jl ne faudroit en&#13;
660 rien faire paroistre; J’ay dans la pensée qu’il faudra demander&#13;
661 a M. Larch. qu’il escrive a M. de Bois. qu’ayant parlé a S. m.&#13;
662 de vos affaires, Elle n’a pas Jugé a propos que vous revinssiez,&#13;
663 afin que M. de Brisacier vous envoyant cette lettre, elle vous&#13;
664 authorise p.r empescher vostre renvoy, que Je ne croy pas&#13;
665 cependant qu’on oze entreprendre apres qu’on aura receu ces&#13;
666 lettres. Si cela Se peut faire ce ne poura estre que dans les&#13;
667 derniers vaisseaux; M. de Brisacier n’est point icy depuis&#13;
668 quelques jours, et outre qu’il n’a pas le temps descrire, Jl m’a&#13;
669 dit qu’il n’escriroit point par cette voye expres, m’ayant ordonné&#13;
670 de Saluer de Sa part M’gr Lancien Tous nos m.rs M. dela&#13;
671 Colombiere, et Les PP Bruyas et Dablon, aussy bien queM&#13;
672 LJntendant et M. Dauteüil a qui Jl espere bien escrire auss&#13;
673 Je ne vous ay ce me Semble pas envoer escrit que Javois receu vos lettres&#13;
674 p.r M. de la palliere, quapres lavoir fait lire aM. Labbé milon et&#13;
675 aux PP Jesuites, Jen ay donné loriginal aM. Dela Palliere, et en ay&#13;
676 gardé la Copie, cette lettre n’a fait que du bien, et vous ferez bien&#13;
677 de continuer.&#13;
678 Je ne vous dis rien icy de M. Guyotte vous en ayant parlé fort&#13;
679 au long dans ma lettre commune et la chose ne meritant par destre&#13;
680 relevée dans cette lettre; Jl est en Son pays, dou on nentend point&#13;
681 parler de lui en aucune maniere, Je voy peu M.rs de S.t Sulpice&#13;
&#13;
�page 17&#13;
&#13;
682 p.r Scavoirleurs Sentimens Sur nos affaires, Je n’ay Sceu que&#13;
683 deM. Guyotte quils napprouvoint pas la conduite de M’gr.&#13;
684 Je croy qu’ils envoyent cette année quelques Ecclesiastiques,&#13;
685 Je ne Scay Si c’est a M’gr ou a Son Sem.re Vous ne devez pas&#13;
686 apprehender l’establissem.t d’une nouvelle comm.te en canada&#13;
687 Si ce n’est celle de S.t Sulpice a Quebec, Jl Seroit facile dempescher&#13;
688 les autres congregations de S’y establir.&#13;
689 J’ay receu la lettre de Mad.e Bourdon, et M. de Brisacier m’a&#13;
690 ordonné de la lire, mais Jl n’en a pas eu le temps, non plus&#13;
691 que toutes les autres lettres des miss.res Je ne Scay Sil y poura&#13;
692 faire response; Mad.e Bourdon a voulu par Sa lettre rendre&#13;
693 temoignage a la verité. jusque Sur le bord du tombeau, J’espere&#13;
694 que Dieu la recompensera deSa bonne volonté, Je vous prie&#13;
695 de me recommander a Ses prieres, et a toutes celles dela S.te&#13;
696 famille; vous pouvez croire qu’on n’a pas manqué de&#13;
697 representer ce qui Se passe au Sujet de cette devotion; Mad.e&#13;
698 de maintenon a esté instruite de tout cela, M. Larch. &amp; mais&#13;
699 Jl faut attendre le retour deM’gr p.r apporter quelq’ ordre&#13;
700 a toutes ces choses; J’ay dessein de vous envoyer un livre qui&#13;
701 vient de paroistre par les derniers vaisseaux dont voicy le titre&#13;
702 Reponse a la lettre du Theologien defenseur dela Comedie en&#13;
703 en fait de l’estime; Les PP. Bourdaloüe de la Rüe chaussemer &amp;&#13;
704 et tous les fameux predicateurs n’ont point hesité dans leurs&#13;
705 Sermons cette année de dire qu’il y avoit peché mortel dans l’extreme&#13;
706 misere ou nous So’es dassister a ces Spectacles &amp;&#13;
707 On a fort gousté en france vostre edesistem.t de poursuites aussitost&#13;
708 que le reglem.t fut arrivé, Je croy que par les termes couchez en&#13;
709 ce reglem.t qui renvoyent les nouvelles affaires a regler en&#13;
710 france, vous auréz trouvé moyen d’esviter la discussion de&#13;
711 plusrs affaires queM’gr aura voulu resoudre par M Le&#13;
712 Comte ette M. de champigny. Jl Sera bon davoir Si vous pouvez&#13;
713 des attestations de M. de champigny et dautres personnes&#13;
&#13;
�714 constituéez en dignité de vostre fidelité a observer ce reglem.t&#13;
715 en tous Ses points.&#13;
716 Je vous envoye dans cette lettre, que J’ay resolu de faire Servir&#13;
717 de duplicata a ma lettre commune que J’ay donnée au P.&#13;
718 Rafeix et aux particulieres que J’ay fait mettre dans la caisse&#13;
719 des Jesuites, une copie dela facture de cette année et une copie&#13;
18&#13;
&#13;
720 du memoire des papiers que J’ay trouvéz dans plus.rs endroits du&#13;
721 Sem.re Je ne vous dis rien Sur ces papiers, vous renvoyant a ce&#13;
722 que Je vous en ay dit dans ma lettre commune; Jl faut&#13;
723 examiner quels papiers vous vouléz que Je vous envoye,&#13;
724 originaux ou copies. Quels papiers Vous devéz enenvoyer Ce Sont&#13;
725 ce me Semble des actes authentiques des possessios duSem.re en&#13;
726 Canada, cela ne presse point.&#13;
727 Si je ne Scavois que nos m.rs nedesapprouveront pas que Je vous&#13;
728 escrire comme a Vous Seul de nos affaires estant persuadé que&#13;
729 Je leur escris en vous escrivant; Le gouvernem.t n’estant qu’un dans&#13;
730 le Sem.re , Je naddresserois pas cette lettre a vous Seul; mais comme&#13;
731 cela S’est fait pas occasion, et ayant commencé a vous escrire,&#13;
732 et jugé a propos puis qu’il falloit vous escrire par deux Voyes&#13;
733 et m’estendre par consequent Sur tout cequil est bon que vous&#13;
734 Soyez Jnformé Je croy que nos m.rs ne le trouveront pas&#13;
735 mauvais; Vous ne devéz point avoir esgard qu’il n’y ait pas&#13;
736 Sur l’envelope de mes lettres Duplicata; Cette lettre que Je vous&#13;
737 escris est un vray duplicata de ma lettre commune et des&#13;
738 particulieres, et Je laddresse au P. Bigot Sous ladresse ord.re&#13;
739 afin quil la mette dans un vaisseau ou Le P. Rafeix ny&#13;
740 la caisse des Jesuites ne Seront pas; Je ne m’estendray plus&#13;
741 par les derniers vaisseaux Sur toutes ces matieres, Je me&#13;
742 contenteray de vous escrire cequil y aura de nouveau&#13;
743 J’ay trouvé parmy les derniers papiers qu’on m’a remis du&#13;
744 Sem.re un office de la S.te famille assez peu exact. Je me Suis&#13;
&#13;
�745 Jnformé ceque cela cousteroit bien a Jmprimer cela n’iroit pas&#13;
746 p.r deux ou trois cens exemplaires a plus de 100 ou 150.# Je n’ay&#13;
747 pu faire Jmprimer vostre petit livre de prieres, Si les temps&#13;
748 n’eussent pas esté aussy mauvais quils Sont Jeusse trouvé&#13;
749 quelques charitéz p.r cette depense, mais ap’nt que les pauvres&#13;
750 meurent de fain tous les jours aux portes des maisons, Jl ne&#13;
751 faut pas Songer a dautres bonnes œuvres, qu’a les Soulager.&#13;
752 Jl faudra environ 75.# p.r 3000.ers dexemplaires tous brochéz&#13;
753 en par chemin, Jl faudroit y ajouster une petite instruction p.r la&#13;
754 confession des Enfans en deux petites pages. Je garde le livre&#13;
755 p.r quelq’ occasion. Je n’ay pas cru devoir me Servir de Mad.e&#13;
756 De la motte; Jl faut mesnager les personnes de cette qualité.&#13;
757 J’ay fait donner au R. P De la chaize toutes les lettres qui lui&#13;
758 estoint addresséez apres en avoir conferé avec M de Brisacier.&#13;
19&#13;
&#13;
759 Plus.rs miss.res ont demandé cette année a M de Brisacier&#13;
760 comment Jls pouroint estre aggregéz au Sem.re J’en ay conferé&#13;
761 avec lui, Jl croit qu’il faut attendre, et Vous en Scavéz la raison,&#13;
762 Lunion Sera toujours aussy intime que Sils estoint unis au Sem.re&#13;
763 Je vous envoye huit petits cachets de devotion que vous trouverez&#13;
764 dans une petite caisse couverte de toile circé; Jl y a dans cette Caisse&#13;
765 vingt bulles Jmpriméez du Jubilé que Je vous envoye p.r vous en&#13;
766 Servir quand M’gr L’aura Jndiqué et les distribuer a nos miss.res&#13;
767 Jl y a de plus dans cette caisse deux montres, L’une p.r M Heraut&#13;
768 et lautre p.r M. azeur, et un mouvement de montre qui appar=&#13;
769 tient a M. claude chasle tonnelier a la basse ville, chez qui&#13;
770 M. Pepin logeoit. Jl y a deplus deux livres des examens de S.t Sulpice&#13;
771 L’un p.r M. Erbery et lautre p.r M. de Requeleyne; J’envoye a nos&#13;
772 miss.res avec bien de la peine presque tout ce quil m’ont demandé&#13;
773 Jl y a encore dans cette caisse des verres ardens p.r M. du fournel;&#13;
774 quelques petites devotions que vous distribueréz et quelques lettres&#13;
775 Je ne pouray pas escrire a plus.rs de nos m.rs par ces 1.ers&#13;
&#13;
�776 vaisseaux ce Sera par les derniers.&#13;
777 M. de Preaud m’a fait toucher d’avance dequelques jours vostre&#13;
778 pension de 150.#&#13;
779 Je ne vous ay pas envoyé le livre de L’education des filles dedié&#13;
780 a Mad.e maintenon, par ceque ce livres n’est pas propre pr le&#13;
781 canada, c’est M. Labéée de fenelon qui en est lautheur, et qui l’a&#13;
782 fait p.r l’education des filles de M. de Beauvilliers qui Sont&#13;
783 a montargis ouM. des maizerais a raport de lettres. Je&#13;
784 n’avois pas Songé a ce livres qu’en relisant vos lettres, Je&#13;
785 tacheray a vous lenvoyer par les derniers vaisseaux&#13;
786 Je croy vous avoir desja escrit que M. foulques est a abbeville&#13;
787 fort riche de bien de patrimoine, Jntricatus negotiis Saecularibus,&#13;
788 et quil est fort esloigné de retourner en canada; M. de Brisacier&#13;
789 croit qu’il ne faut point prendre les Voyes ny p.r Son benefice&#13;
790 ny p.r celui de M. Merlat qu’on me Suggere, Jl vaut mieux&#13;
791 attendre un peu et Souffrir cependant plutost que d’intro=&#13;
792 duire dans une nouvelle Eglise des choses odieuses delles mesme&#13;
793 Quoy qu’on marque qu’aucun du Sem.re ne doit repasser avec&#13;
794 M’gr cela ne doit pas empescher M. de Brullon de repasser&#13;
795 M. de Brisacier m’a dit a ce sujet que Son retour ne peut&#13;
796 faire de mauvais effets, dez que Ses affaires parlieres le&#13;
797 demandent.&#13;
798 J’ay achetté des pastilles de M. chomel, qu’il pretend m’avoir&#13;
20.&#13;
&#13;
799 donnéez p.r rien, et que Je pretens avoir bien payéez; cest un&#13;
800 tireur de quint’essence qui ne cherche qu’a Sinstruire et profiter&#13;
801 de tout, Jl Scavoit unepartie de nos differens, et il en Scait plus&#13;
802 que Je ne voudrois qu’il en Sceust, Jl est cependant un fort&#13;
803 honneste homme et fort lié a Lassemblée du noviciat.&#13;
804 Vous pouvéz Scavoir deM. Fredin Si on a respondu a la&#13;
805 demande que faisoit M. LJntendant que les deniers des&#13;
806 curez &amp; passassent par Ses mains et nullem.t par celles de&#13;
&#13;
�807 M’gr.&#13;
808 Je ne vous dis rien Sur la Bibliotheque dont on n’a point parlé.&#13;
809 vous pouvez vous contenter du memoire que vous mavéz&#13;
810 envoyé Sur ce Sujet, que Je produiray Si on en parle.&#13;
811 Jl Seroit bon que la mission de M. Thury fust unie au Sem.re&#13;
812 Je croy que Si on touchoit en france les 600.# que Le Roy donne&#13;
813 p.r les deux miss.res qui la desservent, et qu’on les employast en&#13;
814 effets en france dont M de chevry promet de donner le fret&#13;
815 gratis, Sur cepied la mission ne Seroit pas a charge au Sem.re&#13;
816 M. Thury en devroit escrire fortem.t a M. de chevry qui est&#13;
817 tres bien intentionné p.r lui, et qui lui envoye des presens de&#13;
818 farine lard et vin.&#13;
819 Les particularitéz que vous mavéz escrites touchant M. de merlat&#13;
820 m’ont Servy en temps et lieu a le faire connoistre, Les actions particu=&#13;
821 lieres Servent notablem.t p.r cela; J’espere que Dieu nous en&#13;
822 deslivrera Sans que nous nous en empressions beaucoup. on le&#13;
823 connoist icy mieux qu’on ne faisoit dans le dernier voyage Sur tout&#13;
824 M’gr Larch. qui avoit de L’estime p.r lui, et qui voyant M. de&#13;
825 mer lac avec Son phlegme arrester les Saillies deM’gr en le&#13;
826 tirant par la manche disoit que Mond. S.r merlat estoit un&#13;
827 ho’e tel qu’il faudroit p.r remplir la place deM’gr, mais Jl n’a&#13;
828 pas p’ntem.t ces Sentimens.&#13;
829 Je vous ay mandé dans mes percedentes que S’il arrivoit un&#13;
830 accident de mort a M. Le Comte que Je ne lui souhaitte pas, mais&#13;
831 Seulem.t quil Se reconnoisse, Jl Seroit bon de nous en donner avis&#13;
832 le plutost que vous pourriez Je vous en dis la raison dans ma&#13;
833 lettre commune&#13;
834 On ne doute point icy que Levesque a raison des abbayes est&#13;
835 obligé a Sa part de lentretien dela Sacristie, et Sans les abbayes&#13;
836 mesme, aux frais qu’il faut faire p.r les offices Pontificaux&#13;
837 Je vous envoye une consultation de plus.rs articles touchant&#13;
838 le chapitre, resolus par M. Le verrier official de Paris.&#13;
&#13;
�6.e feuille&#13;
page 21.&#13;
lettre O. no 5&#13;
&#13;
839 Je ne vous ay pas encore repondu dans cellecy que Les deux&#13;
840 quatre vingt dix huit livres que M. de Brisacier vous comptes&#13;
841 avoir fourny a M’gr p.r ornemens du chapitre n’ont point esté&#13;
842 employez a lornem.t dont voues me parléz, Cest une Somme&#13;
843 que M. de Bris. lui a avancé en plus.rs articles, Jl a dit quand&#13;
844 Jl en a fallu venir a compte quil l’avoit employé p.r le&#13;
845 chapitre, Si Je puis Je tireray du livre de M de Brisacier les&#13;
846 articles differens de lemploy de cette So’e et vous lenvoyeray&#13;
847 par les derniers vaisseaux&#13;
848 L’on ne croit pas que M’gr porte Ses plaintes a Rome apres&#13;
849 Sestre addressé au Roy p.r lui demander des commissaires p.r&#13;
850 regler les differens avec Son clerge, Jl est trop politique p.r&#13;
851 cela, et ce ne Seroit pas avancer Ses affaires, outre que Rome&#13;
852 ne va guere viste en besogne, et que Sa Coustume est de&#13;
853 deleguer un commissaire Sur les lieux p.r Jnformer, Jl n’y a&#13;
854 pas beaucoup de personnes qui voulussent Se charger de cette&#13;
855 commission de ceux qui Seroint capables de S’en bien&#13;
856 acquitter.&#13;
857 J’ay oublié de proposer a M’gr Lancien que M. de Grainville&#13;
858 Docteur de Sorbonne Grand chantre de LEglise de Bayeux avec qui&#13;
859 J’ay un grand commerce de lettres, qui estoit fort connu de M’gr&#13;
860 Lancien du temps quil estoit a Paris, ayant demeuré avec lui&#13;
861 deux ans dans le Sem.re S’est offert plus.rs fois aM. de Brisacier&#13;
862 p.r aller vous ayder Si Jl le jugeoit a propos; c’est M. de Brisacier&#13;
863 qui me l’a dit, car Je n’ay pas eu avec lui ces ouvertures. ce qui&#13;
864 arreste M. de Brisacier, est quil craint que Mond. S.r de Grain ville&#13;
865 ne Soit un peu entesté, et entier en Ses Sentimens, et quil ne vous&#13;
866 cherche dans la Suite a dominer Suivant le genie de la nation&#13;
867 dont il est (vous remarqueréz qu’il est de Caën) Jl me Semble&#13;
868 que cela ne Seroit pas tant a craindre Si ce Mons.r passoit&#13;
869 avec M’gr Lancien, et nos m.rs quelques annéez que Sil y alloit&#13;
&#13;
�870 apres leur mort; Leur aage et leur experiance, lui rendroit&#13;
871 leurs Sentimens venerables; Vous en confereréz M’gr L’ancien&#13;
872 peut vous dire ce qu’il en connoist, M. de Brisacier ny moy&#13;
873 ny ceux qui le connoissent n’en peuvent dire que du bien;&#13;
874 M. de Bayeux lemploye Souvent dans le gouvernem.r de Son&#13;
875 dioceze.&#13;
876 Je croy que M. Heraut Sera obligé de revenir en france; Son Pere&#13;
877 Le menace de le desheriter Sil ne revient.&#13;
22&#13;
&#13;
878 Je ne vous diray rien icy de tout ce que Je vous ay mandé dans&#13;
879 ma lettre commune de Lunion des abbayes a LEvesché de Quebec,&#13;
880 Je vous diray Seulem.t que cette union n’est pas faite, que celle de&#13;
881 meaubec est passée en cour de Rome, mais que celle de Benevent&#13;
882 et L’estréez n’est pas encore passée; on la presse fortem.t et Mad.e&#13;
883 de maintenon qui en avoit escrit a M Le cardinal de Jeanson&#13;
884 qui fait les affaires de la france a Rome, p.r le lui recommander,&#13;
885 a envoyé ces jours passez a M. de Bris. une lettre de ce dardinal a M de&#13;
886 Brisacier qui lui mande qu’il va faire travailler incessamm.t&#13;
887 a cette affaire;&#13;
888 Je me Suis Jnformé de ce que c’est qui appartient au canada de&#13;
889 la fondation de M. de morangis; Jl avoit laissé 10000.# au&#13;
890 Sem.re qu’on avoit constituéez au denier Vingt p.r distribuer&#13;
891 Selon la volonté du Sup.r du Sem.re aux missions des Jndes de Perses&#13;
892 et d’amerique de Grece &amp; et p.r entretenir des jeunes Seminaristes a&#13;
893 Paris; M. de Brisacier en avoit toujours appliqué 100.# p.r le&#13;
894 Canada, mais ap’nt quils ont consomméz ces 10000.# p.r la batisse&#13;
895 de leur Eglise, Je crains bien qu’ils n’en donnent plus rien, Je dois&#13;
896 en parler a M. de Brisacier, mais Jl faut encore attendre&#13;
897 quelque temps.&#13;
898 M. de la Palliere a mis a S.t Nicolas du chardonnet quelques&#13;
899 Prestres qui SeSont presentéz a lui p.r le canada; Je ne Scay Sil&#13;
900 en enverra quelques uns cette année.&#13;
&#13;
�901 Je ne vous mande rien des Nouvelles du temps, Sur tout dela&#13;
902 misere extreme ou toute LEurope est reduite, Jl y a plus de huit mois&#13;
903 qu’on dit qu’elle est extreme, et cependant elle croist toujours. Je ne&#13;
904 vous ne croirez pas ce que l’on poura vous en raconter, et cependant&#13;
905 on ne vous fera pas les choses Si grieves quelles le Sont. Dieu&#13;
906 veüille avoir compassion de Son peuple, et Se Servir de cette calamite&#13;
907 p.r nous reconcilier tous a lui; C’est a quoy peu depersonnes pensent.&#13;
908 au contraire dans Paris cette grande necessité est une Source&#13;
909 de vices et de crimes énormes : Notre bon Roy fait ce qu’il peut&#13;
910 faire p.r donner la paix a Son peuple, mais nos ennemis tous&#13;
911 battus qu’ils Sont Se tiennent fiers de nos miseres, quoy que les&#13;
912 leurs ne Soint pas moindres; Toutes ces Calamitéz degoustent&#13;
913 de la Vie, C’est une mort continuelle de voir les pauvres dans de&#13;
914 Si grandes Souffrances Sans les pouvoir Soulager. car tel qui&#13;
915 pouvoit faire laumosne ne le peut plus par la cherté de toutes choses&#13;
916 par les taxes continuelles et par toutes les autres charges qu’il est&#13;
23&#13;
&#13;
917 obligé de porter. on a Jmposé de grosses taxes Sur tous les biens des&#13;
918 villes et des Campagnes p.r la Soulagem.t des pauvres, mais on ne les&#13;
919 fait bien payer qu’aux uns, tandis que les autres S’en exemptent.&#13;
920 Je Suis obligé de finir cette lettre qui est desja asséz longue&#13;
921 Je vous conjure de me continuer L’assistance de vos prieres, et de&#13;
922 demander a nos mess.rs et a tous nos miss.res la mesme chose;&#13;
923 Je Suis toujours tres uny d’esprit a tous leurs travaux et a leurs&#13;
924 peines, Je voudrois bien les partager avec eux, mais Je vois&#13;
925 de plus en plus que mon affaire consiste a ne rien vouloir,&#13;
926 et a ne consulter que le bon plaisir de Dieu; Je suis persuadé&#13;
927 que ma grande affaire consiste a faire mourir en moy ce&#13;
928 fonds d’activité et d’empressem.t que Je reconnois Si Souvent en&#13;
929 moy partir d’amour propre, et d’orgueil, qui me fait desirer&#13;
930 de voir reussir les choses et en voir aussitost la fin que le&#13;
931 commencem.t Je reconnois bien ce que vous me mandez dans&#13;
&#13;
�ce 16.e avril 1694.&#13;
&#13;
932 vos lettres que cette incapacité que Je ressens en moy p.r faire&#13;
933 reussir vos affaires, et ce peu douvertures que J’ay p.r me commu=&#13;
934 niquer aux grands est un des plus grands biens que Dieu mait&#13;
935 fait p.r ne pas me perdre dans le grand monde, Je ne cesse d’en&#13;
936 remercier tous les jours le bon Dieu, et de le prier de moster&#13;
937 encore le peu d’esprit qu’il m’a donné p.r me conduire Sil juge&#13;
938 que cela Soit necessaire p.r m’unir Jntimem.t a lui, et ne m’en&#13;
939 Separer jamsis afin que Je pusse dire alors Ut iumentum factus&#13;
940 Sum apud te et ego temper tecum. Je vois bien que ce ne Sera&#13;
941 point la reussite des affaires mesme bonnes qui nous rendra&#13;
942 agreables a Dieu, mais qu’au contraire le mauvais Succez de ces&#13;
943 affaires bien pris est plus capable de nous unir a lui, Jlne&#13;
944 faut pas laisser de lui rendre grace quand Jl y donne La&#13;
945 benediction, mais Je concois qu’il ne faut point y mettre&#13;
946 dappuy car aujour dhuy les creatures nous flattent et&#13;
947 nous applaudissent, et demain elles Se decharneront contre&#13;
948 nous; mihi adhaerere Deo bonum est ponere in D’no Deo meo&#13;
949 spem meam. Je Suis dans lamour Sacré de nos Saincts&#13;
950 patrons avec tout le respect possible&#13;
951 Je vous prie de demander&#13;
952 excuse p.r moy a M.rs du&#13;
Monsieur&#13;
953 Pré et Martin et aux autres&#13;
954 Si Je ne leur ay point encore escrit&#13;
955 Je le vais faire au 1.er Jour.&#13;
956 Excuséz aussy toutes les fautes&#13;
957 que J’ay pu faire en cette lettre&#13;
vostre tres humble et&#13;
958 Je vous parle avec un cœur ouvert.&#13;
tres obeiss.t Serviteur&#13;
959 et Sans chercher beaucoup de detours. Tremblay p. J.&#13;
960 Jay oublié de prier M. de Bernieres de payer a&#13;
961 Thomas Gasse p.r lequel Jl y a une lettre dans&#13;
962 cepaquet la So’e de onze livres que Mad.me de&#13;
&#13;
�Les Evesques avoint esperé&#13;
esluder en mettant au&#13;
lieu de contra circa&#13;
et au lieu de videri&#13;
pal est fuit, Jls&#13;
vouloint mettre&#13;
videri potest, mais&#13;
les Romains Sont&#13;
plus raffinez que&#13;
nous, et il a fallu&#13;
donner la retracta=&#13;
tion telle quelle est.&#13;
&#13;
963 la motte ango a receu p.r lui, et quelle me&#13;
964 diminuera Sur ceque Je dois lui payer p.r la Toile&#13;
965 des charitéz de M’gr Lancien.&#13;
966 formule de retractation des Evesques de Lassemblée de 1682.&#13;
967 ad pedes ___&#13;
968 de le Supra id ___&#13;
969 Pra patis ___&#13;
970 displicucrunt ___&#13;
971 Pontificiam ___&#13;
972 n’ra ___&#13;
973 fuit ___&#13;
974 este ___&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250367">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11900">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/7a88eb752eada41abf7e984430a09e16.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=r8PvLGBdCMGyotoIrRh6ku5eshbmRcG0bif7yZZbuL%7ExEwKn%7E9HJlfKR3D9du3HHhnVrgI4Cy3px87EobQ09GSIsv6u7CTwQiXw%7EWljEGCuMZDgDdN3M4QMMaR0U4ziahfbgR3-b6vDxCAalIVB9y-4I%7EL%7EKU6SxHadvNkncMIgOpztrXQc4LYa3zO0E3RG1f-rReiDb24k-fJyVN4iF-UIu01KymT9Q3iNfSMM%7EwoVT46LblgRka9zxENKn1jri49moB-pSAZNfDMsRoGEHX9aGsh4nV4K6-1hPQeX72HO4GqQUJN6MYXoGQ92i73h9X2YNXhZZ9pDWraQsVOYQrQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>4680b09aeab5072276b5974b67173170</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250365">
                    <text>������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250368">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249945">
                <text>I9TJA9CU</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249946">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249947">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249948">
                <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 4 mars-16 avril 1694)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249949">
                <text>Le postulateur du Séminaire de Québec à Paris exprime à son confident sa reconnaissance pour ses conseils spirituels. Il lui rapporte que le roi a décidé de rappeler Saint-Vallier, 2e évêque de Québec. Il lui fait part des difficultés qu’il rencontre pour payer les dettes du Séminaire, pour toucher les pensions et les revenus des bénéfices et pour envoyer les factures et les livres demandés. Il lui dit qu’il a mis en ordre les prieurés de Bénévent, de Saint-Sébastien et de Parçay, qu’il a reçu la confirmation de l’union du prieuré de Méobecq au Séminaire et qu’il espère recevoir celle des prieurés de Bénévent et de l’Estrée. Il raconte que la France est dans une grande misère à cause de la guerre et que le roi cherche à faire la paix. Il lui dit aussi qu’il a envoyé des bulles du jubilé et un livre contre la comédie.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249950">
                <text>1694-03-04</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249951">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249952">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11900" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 5&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249953">
                <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250369">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11898" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11899" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="637">
        <name>Dévotions</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18676" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11877">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/1c9f41aeebe6ff73e576ec5aa057f2a2.png?Expires=1779321600&amp;Signature=l5RRBAOnsYk9%7EyDQfZqsIApmy7PM5dgWI189xIZbM-T91pUWWVzVLBRn22h%7EYleT-RVNyk-xMyeMLWIs0fiSOUau%7EQFSZbrQ7Dih%7Ee-9kJJyTRYnHsAB%7EpdfmDpNaUrd9f32YIHCM6eb1Cgl2jcMX1166JTZYxpB8h2KchG4Zjbk0-es2fn%7E0NxTviKLtuWKGPHV1TdpHE04wObeKOOb%7EpCvxNK8ECtyhMZgFNo%7EvKhqrjTeNv8VFAW6N2F8SLCS3rS9fb2jw5uEiyF6E3M49Arblv95CHGFaTBEK4bUUsmyj8oDicWn-fljyJ3IrItoG-mBs%7E-XbjZIq6A1vY-TSQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11878">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/7941486a90b0d0c69c3ebd55a39cafa6.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=bybBL%7E8O%7Ectd8sDf1taqozoQUCpf3VX6pR4lGRETPqP8B6gm0w5PpraCVmlliiTdjCZnBZ3nErA9WrycJhfjisglqPBnpbF1WxXem7kGcDewzGBJc1ILtgHbm3ir0jhsVkYc38c%7Eww9UGooXIfYah60FzRDLhX5E0uAyLe9QYAsOCzNCTrV3cvb0QT9-KGrisPuAsKhbznRbIAP7BtbLNQKRvimYEoysQF3FOVijaA1wa6NrWQJTh9o129sqZW7doI5YEG9X8g4YK5tI%7E5HckzpXS5y2CD-eDfo0UULjhd081raXPuoAeQ08lGewiqS0qXz4hdhc3N1jdmuxnH5DHg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>a9bdf816fc75310a659959a8b1d32cf4</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250335">
                    <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 21-25 mai 1695)&#13;
&#13;
Le samedi avant la Pentecôte, 21 mai 1695&#13;
M. de Glandelet&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai écrit toute ma lettre commune et toutes les particulières à nos Messieurs. Vous&#13;
êtes le seul à qui je n’ai pas encore écrit en particulier. Cette lettre ne vous&#13;
apprendra rien de mes dispositions intérieures : j’espère en faire une particulière&#13;
que je vous enverrai après les fêtes. Celle-ci ne servira qu’à vous marquer en&#13;
particulier ma reconnaissance, à vous assurer de mes respects et de ma soumission&#13;
à vos avis et conseils et à répondre à plusieurs articles de vos lettres auxquels je&#13;
n’ai pas satisfait dans ma lettre commune. Je ne vous répéterai rien dans celle-ci,&#13;
autant qu’il me sera possible, de ce que j’ai touché dans cette lettre ou même dans&#13;
les particulières que j’écris à nos Messieurs. Comme je sais que vous lirez les unes&#13;
et les autres, ce seraient des répétitions inutiles. Je n’en ai déjà que trop fait et vous&#13;
aurez sujet de me reprocher que n’ayant rien de considérable à vous écrire, je vous&#13;
ai fait de si longues lettres.&#13;
J’ai reçu toutes vos lettres, qui m’ont été fidèlement rendues par tous ceux que&#13;
vous en aviez chargé. Ce n’a pas été pour moi une petite mortification que toutes&#13;
mes dernières lettres eussent été mises dans le Saint-Joseph et aient été perdues. Je&#13;
crains même que ces lettres ne reviennent ou en Europe ou en Canada. Il faut&#13;
abandonner le tout à l’aimable providence de Dieu. Je vous avais écrit fort au long,&#13;
et même par deux voies, et on a mis tout cependant dans un seul vaisseau. Dieu&#13;
en soit béni. Si vous n’étiez aussi solidement établi dans la soumission au bon&#13;
plaisir de Dieu que vous êtes, l’état incertain où se trouvent les affaires de Canada&#13;
pourrait vous abattre et vous décourager. Je suis persuadé qu’il vous donnera&#13;
moyen de vous unir encore plus intimement à Notre-Seigneur en vous&#13;
assujettissant encore davantage à son bon plaisir et vous préparant même à tout&#13;
ce qui pourrait arriver de fâcheux dans la suite.&#13;
&#13;
�Rien ne nous abattra tant que nous ne chercherons que les intérêts de Dieu et&#13;
nullement les nôtres et que nous ne chercherons ses intérêts que dans&#13;
l’accomplissement de sa volonté. Après tout, que peut-il arriver de fâcheux à une&#13;
personne qui ne cherche que Dieu ? Il sait tirer sa gloire de tout et il est souvent&#13;
plus glorifié par notre abaissement que par le succès dans les choses, même&#13;
bonnes, que nous pourrions désirer avec empressement.&#13;
Je vous envoie quatre exemplaires du livre du P. Garnier, que vous m’avez&#13;
demandé. Si vous en désirez davantage, je pourrai dans la suite vous en envoyer.&#13;
Je vous envoie encore un livre des Cantiques du P. Surin. J’envoyais l’an passé à&#13;
Mlle de Glandelet les Lettres de saint François de Sales et de la mère de Chantal,&#13;
qu’elle m’avait demandée, et lui écrivais en même temps. Tout cela a été perdu&#13;
avec tout le reste.&#13;
Vous trouverez dans le fond de nos chapeaux deux paquets cachetés : ce sont deux&#13;
douzaines de disciplines que je vous envoie. Je ne crois pas ce meuble aussi inutile&#13;
que vous le pensez. J’ai oublié sur l’un de ces paquets de mettre votre adresse.&#13;
Vous les demanderez à M. Buisson. Je crois que j’en ai tiré une d’une douzaine qui&#13;
me fut demandée, ce me semble avec tant d’instances, que je ne pus la refuser.&#13;
Je vous envoie encore un livre du père général des Jésuites sur la probabilité, qui&#13;
a fait bien du bruit en Europe dans leur Compagnie : on ne parlait pas moins que&#13;
de le déposer. Cependant, les inférieurs ont perdu leur procès dans la congrégation&#13;
qui s’est tenue à Rome en présence des cardinaux nommés par le pape et le père&#13;
général a été soutenu. Vous verrez par ce livre qu’il enseigne la probabilité d’une&#13;
autre manière que plusieurs de leurs auteurs ne la soutiennent et qu’il arrête, par&#13;
cette doctrine, les mauvaises conséquences qu’on pourrait tirer de cette doctrine&#13;
mal entendue. Je suis persuadé que ce livre vous fera plaisir à lire. Les choses sont&#13;
présentement entièrement assoupies. J’ai envie aussi de joindre à cette lettre&#13;
quelques vers qui ont couru sur ces différends. Ils sont d’un homme qui n’aime&#13;
guère la Société. Je serais bien fâché de les communiquer à une autre personne qu’à&#13;
vous et quoiqu’ils fussent entre les mains de tous les jeunes jésuites du collège, je&#13;
&#13;
�n’ai pas laissé de les retirer d’entre les mains de quelques écoliers qui les avaient&#13;
et à qui cela pouvait donner quelque éloignement des pères jésuites.&#13;
Je vous envoie encore dans le paquet, par deux voies, l’ordonnance de&#13;
M. de Meaux et celle de M. de Chalon, que je n’envoie que par une voie, sur le&#13;
quiétisme. J’ai pensé trop tard à chercher celle de M. l’archevêque de Paris. J’aurais&#13;
voulu avoir le temps de copier un manuscrit que j’ai copié il y a quatre mois pour&#13;
le garder au Séminaire pour vous en envoyer une copie. C’est un ouvrage qu’on&#13;
prétend être d’une des meilleures plumes de ce siècle, qui a été engagé autrefois&#13;
dans le parti du jansénisme, mais que Mgr de Paris en a retiré. Il a réfuté trois livres&#13;
de cette pernicieuse doctrine, contre lesquels sont ces ordonnances. Le premier est&#13;
intitulé Méthode facile et courte de faire oraison, le second est Le cantique des cantiques,&#13;
tous deux composés par Mme Guyon, qui est une fille qui a beaucoup d’esprit et&#13;
qui s’est trop mêlée d’écrire, de sorte qu’elle a lâchée dans ses ouvrages des&#13;
expressions tout à fait répréhensibles. Elle s’est mise depuis peu sous la conduite&#13;
de M. de Meaux et il en est content. L’autre livre est Les conférences mystiques du&#13;
P. Épiphane, abbé d’Estival, qui a puisé toute sa doctrine dans les écrits d’un&#13;
séculier aveugle de naissance qui vit à Marseille, très éclairé, disent quelques-uns,&#13;
dans les voies usuelles et que quelques autres accusent de quiétisme. (Je ne sais si&#13;
on vous a mandé que le livre du Chrétien intérieur était dans l’Index des livres&#13;
défendus.) Car il ne faut pas penser que tous ceux qui sont accusés de quiétisme&#13;
soient dans les ordures de Molinos. Ce sont seulement des personnes qui, par&#13;
vanité pour les voies extraordinaires, ou faute même de savoir discourir dans&#13;
l’oraison, s’attachent à certaines idées pour s’élever à Dieu et se mettent en danger&#13;
de tomber dans l’illusion. Plusieurs personnes dans les communautés donnent&#13;
dans ces idées. C’est pour les ramener que MM. les prélats font ces ordonnances.&#13;
Je sais que vous serez bien aise de les lire.&#13;
Je vous envoie encore, dans les mêmes paquets de lettres par les deux voies, l’édit&#13;
du roi en faveur de la juridiction ecclésiastique. Il est tout nouveau. On juge que le&#13;
roi a donné cet édit, qui n’accorde rien de nouveau aux évêques, mais qui soutient&#13;
seulement ce qui leur a été ci-devant accordé, pour engager MM. les prélats de&#13;
l’Assemblée générale de 1695 à donner un gros don gratuit. On donna, en 1690,&#13;
12 millions. On parle de 15, de 18 et même de 22, qu’on prétend devoir être accordé&#13;
&#13;
�sur le clergé. Je marque à M. de Bernières que Mgr de Québec prétend se prévaloir&#13;
de cet édit en faveur de M. le compte de Frontenac, des officiers et des récollets et&#13;
M. de La Pallière m’a dit même que le provincial des Récollets était venu après cet&#13;
édit faire à Monseigneur des protestations de soumissions, etc. Je ne sais ce qui en&#13;
est, mais nous nous étions bien doutés avant qu’on le publiât (car M. l’archevêque&#13;
de Paris en fit confidence à M. Thiberge) que Monseigneur ne manquerait pas de&#13;
s’en prévaloir. Je ne crois pas cependant que cela fasse un grand changement dans&#13;
ses affaires.&#13;
Je vous envoie encore dans nos ballots la lettre du P. Caffaro, religieux théatin, en&#13;
faveur de la comédie, sa rétractation et la censure de M. l’archevêque de Paris, la&#13;
réfutation de cette lettre, une décision de Sorbonne contre la comédie, un traité de&#13;
M. de Meaux sur cette matière, etc. Je vous envoyais toutes ces choses l’an passé&#13;
et vous en écrivais fort au long dans mes dernières lettres. Vous auriez été réjoui&#13;
de recevoir ces choses l’an passé. Elles ne vous seront pas désagréables pour être&#13;
vieilles. Je puis vous dire en peu de mots que la doctrine de ce père sur la comédie&#13;
a paru si détestable que tout le monde s’est récrié contre, tous les prédicateurs ont&#13;
fulminé dans les chaires et j’ai entendu de la bouche des PP. Bourdaloue, de La&#13;
Rue et Gaillard, qui sont les trois plus fameux de la Société, dire plusieurs fois que&#13;
dans l’année dernière on ne pouvait aller à la comédie, comme elle [ne] se&#13;
représente sans un grave péché. Cela n’a pas empêché d’y aller. On ne saurait dans&#13;
un Paris ôter ces sortes de divertissements pour laisser une occupation à de&#13;
méchants esprits, qui se porteraient sans cela à de plus grands maux ; mais le roi&#13;
n’y va plus, à ce qu’on prétend, et quand il irait, cela n’autoriserait nullement les&#13;
particuliers.&#13;
Vous trouverez encore dans nos ballots onze cachets d’une douzaine que j’avais&#13;
achetée, car j’en ai retenu un pour moi. Ils coûtent 1 écu 9 la douzaine, car ceux&#13;
qu’on donne à 2 sols et même à 1 sol marqué sont si mal faits qu’on ne peut s’en&#13;
servir. Vous en voilà garni pour longtemps.&#13;
Je marque à Mgr l’Ancien dans sa lettre que je n’ai pu joindre M. de Turmemie,&#13;
quoique je sois allé pour le voir trois ou quatre fois. J’ai cru après cela qu’il se&#13;
cachait de moi et n’était pas bien aise de s’ouvrir à moi des affaires des sœurs [de&#13;
&#13;
�la Congrégation de Notre-Dame]. Nous nous étions, les années dernières, assez&#13;
ouverts ensemble sur ce qui regarde Mgr de Québec. Il le connaît. J’ai peine à croire&#13;
qu’il donne dans ses idées. Il a eu une grande relation avec MM. de Saint-Sulpice.&#13;
Je n’ai pas voulu m’informer de ce qui avait été résolu à l’égard des sœurs. J’ai&#13;
conservé leurs mémoires, que je n’ai montrés à personne, pas même à&#13;
Mme de Miramion : cela n’aurait fait aucun bien. Il m’a paru plus sûr de garder le&#13;
silence à cet égard. Je suis touché de compassion de toutes ces innovations. Elles&#13;
sont d’autant plus dangereuses en une communauté comme celle-là qu’elle est&#13;
moins en état de s’y opposer et que ces changements sont plus capables d’y&#13;
détruire le premier esprit.&#13;
M. de La Pallière vous écrit et m’a lu lettre auparavant, que vous trouverez&#13;
enfermée dans ce paquet. C’est un homme de bien, mais qui semble aller toujours&#13;
à ses fins avec les meilleures intentions du monde. Nous entretenons liaison avec&#13;
lui et nous ne lui disons pas tout, comme lui de son côté ne nous dit pas tout ce&#13;
qu’il sait. Il s’est assez souvent ouvert à moi qu’il serait à propos de faire donner à&#13;
Monseigneur un autre évêché. Il sent bien, quoiqu’il nous dise, qu’il ne fera que&#13;
de nouvelles brouilleries en Canada s’il y retourne. Il ne laisse pas cependant de&#13;
se déclarer toujours pour lui tant qu’il peut. J’excuse cela parce qu’il est chargé de&#13;
ses affaires et qu’il croit que ce serait trahir ses intérêts que ne les pas soutenir tant&#13;
qu’il peut.&#13;
M. Préau vous avait écrit l’an passé et ses lettres ont été perdues. Vous avez dû&#13;
voir dans le compte que je vous envoyai qu’il paya les 150 livres qu’il vous paie.&#13;
Je lui ai envoyé vos lettres et comme je n’en avais point de réponse au&#13;
commencement de mai, je balançai si je l’avertirais du départ des vaisseaux, afin&#13;
de l’obliger de se hâter d’écrire. Je craignais que cela ne parût une invitation et une&#13;
demande de cette pension qu’il doit. Je lui écrivis enfin de la manière la plus&#13;
honnête qu’il me fut possible. Il m’envoya aussitôt une lettre, que je vous envoie,&#13;
et m’écrivit en m’adressant une lettre de change de 100 livres, qu’il me priait&#13;
d’attendre pour le surplus, mais que les taxes sans nombre qu’on l’avait obligé de&#13;
payer ne lui permettaient pas de donner davantage pour cette année. Je fus sur le&#13;
point de lui renvoyer sa lettre de change, fâché de lui avoir écrit comme si ç’eût été&#13;
pour le presser de payer, le connaissant trop exact pour se laisser demander quand&#13;
&#13;
�il peut payer. Je lui écrivis que j’étais tout à fait fâché qu’il se fût tant soit peu&#13;
incommodé pour m’envoyer ces 100 livres, que je désirais fort les lui renvoyer,&#13;
qu’il ne devait pas me demander du temps ni pour payer une partie ni pour payer&#13;
le total, mais qu’il devait le prendre et bien plus s’adresser librement à nos MM. de&#13;
Paris, et surtout à M. de Brisacier, qu’il connaît s’il avait besoin d’argent et que sa&#13;
bourse lui serait toujours ouverte. Je n’en ai pas reçu de réponse. M. de Brisacier&#13;
m’a dit que nous ne saurions lui faire trop d’honnêtetés, parce que c’est un très&#13;
honnête homme. Il lui a rendu quelques services dans le besoin.&#13;
Je ne vous ai écrit qu’une lettre en chiffres par le vaisseau de l’Acadie. M. l’abbé&#13;
de Brisacier y en a mis une pour Mgr l’Ancien et j’ai fait mettre ces lettres sous le&#13;
cachet de M. le marquis de Chevry, à qui je les ai confiées et qui m’a promis de&#13;
vous les faire tenir sûrement. Il les doit adresser à M. Hazeur comme s’il lui écrivait&#13;
lui-même. Je l’avais prié de les adresser à M. l’intendant, mais il me dit que comme&#13;
Villebon se plaint que M. l’intendant a ouvert et retenu ses lettres, il ne serait pas&#13;
sûr de faire passer par ses mains des lettres adressées à M. l’intendant, de peur&#13;
qu’il ne lui rendit la pareille.&#13;
On a tâché à mettre mal M. l’intendant dans l’esprit de M. le marquis de Chevry&#13;
en lui faisant croire qu’il a arrêté et ouvert à Québec le paquet de lettres qui lui&#13;
venait de l’Acadie par Québec. J’ai défendu M. l’intendant tant que j’ai pu et ai fait&#13;
entendre à M. le marquis de Chevry qu’il n’était pas capable de cette lâcheté et&#13;
qu’il en serait pleinement informé l’année prochaine par les lettres de&#13;
M. l’intendant. Il a des gens dans les bureaux qui ne lui veulent pas du bien et&#13;
quelque mesure qu’il garde avec M. de Frontenac, il aura peine à se soutenir&#13;
longtemps dans le poste où il est et à en sortir même à son honneur ; c’est ce que&#13;
j’appréhende.&#13;
Je ne connais point d’Esgly dont vous m’avez parlé dans vos lettres, mais j’ai su&#13;
de M. de Merlac qu’il était chargé des écritures de M. le comte de Frontenac et qu’il&#13;
lui avait montré, entre autres, votre instruction et le mandement de Monseigneur&#13;
écrit avec des marges fort larges et les remarques de M. le comte étaient à côté, qui&#13;
tâchait à mordre et sur votre instruction et sur le mandement. Je n’ai pas vu ces&#13;
écrits. M. de La Pallière, me parlant ces jours passés des formalités mal observées&#13;
&#13;
�de Monseigneur, me dit qu’il croyait qu’on accorderait bien des avantages à&#13;
Monseigneur dans ces affaires, mais qu’on le condamnerait à fonder un official et&#13;
un promoteur pour ne faire plus de si mauvaises procédures. J’ai parlé à nos&#13;
Messieurs et me suis informé encore à d’autres s’il est à propos d’apostropher un&#13;
gouverneur général de Monseigneur au commencement du sermon. Ils&#13;
conviennent tous que cela lui est dû et qu’on l’accorde à tous les gouverneurs de&#13;
provinces. Je suis fâché de ne vous avoir pas mandé cela par deux différentes voies.&#13;
Je suis bien en peine de savoir ce qui aura été résolu à l’égard de M. d’Auteuil. On&#13;
ne peut le soutenir plus qu’a fait M. de Brisacier auprès de M. de Pontchartrain. Il&#13;
n’a pu, à la vérité, rendre sa cause entièrement bonne. On prétend qu’il a dit à&#13;
M. de Frontenac des choses contre le respect dû à l’autorité. On ne demandait rien&#13;
moins que le faire casser et l’envoyer pieds et mains liés en France. On s’est attaché&#13;
à le soutenir et il y a plus d’un mois qu’on dit à M. de Brisacier qu’il en serait quitte&#13;
pour quelque réprimande. M. de La Touche lui promit qu’il le soutiendrait et&#13;
empêcherait qu’il ne lui fût fait aucun tort. On sait ses bonnes intentions et on&#13;
n’accordera qu’à l’autorité qu’on veut toujours soutenir ce qu’on fera contre lui.&#13;
Je voudrais pouvoir aider à faire sortir M. Bouquin du Canada : ce serait une bonne&#13;
œuvre. Comme nous n’avons point eu occasion de parler de lui, je me suis enfin,&#13;
il n’y a pas quinze jours, hasardé de m’ouvrir sur son sujet à M. de La Pallière.&#13;
Personne ne peut s’empêcher de blâmer une conduite et une doctrine si&#13;
extraordinaire. M. de La Pallière m’a promis de me garder un secret entier. Je vous&#13;
manderai quel succès aura cette négociation. Ce qu’a fait et dit Monseigneur à&#13;
l’égard de cet ecclésiastique pour le faire curé de Champlain a paru tout à fait&#13;
surprenant et on a surtout admiré le raisonnement qui est dans la lettre que vous&#13;
savez. Après tout, il a la foi, etc.&#13;
M. de Merlac vient de me quitter. Il m’a prié de mettre dans mon paquet les lettres&#13;
que je vous envoie. Il m’a fait connaître la peine qu’il avait contre Monseigneur.&#13;
Croyant lui marquer la confiance qu’il avait en lui, il l’a prié de recevoir et mettre&#13;
dans ses paquets ses lettres, surtout celle pour Mgr l’Ancien. Monseigneur lui a fait&#13;
de grandes difficultés et lui a dit qu’il serait bien aise que ses lettres allassent par&#13;
une autre voie. Je vois bien que cela vient de ce que M. de La Pallière a dit à&#13;
&#13;
�Monseigneur qu’il ne devait nullement avoir de rapport avec M. de Merlac, qu’il&#13;
regarde comme la source de toute la division et de tout le trouble. Je n’ai eu garde&#13;
de faire connaître ces choses à M. de Merlac et je n’ai seulement pas fait semblant&#13;
d’entendre ce qu’il me disait, étant passé exprès à une autre affaire. Cela est bon&#13;
pour exclure M. de Merlac du Canada, mais j’ai cru devoir faire connaître à M. de&#13;
La Pallière en une occasion que le mal ne venait pas dans son origine de mondit&#13;
sieur de Merlac et qu’il était trop existant en Canada avant même que M. de Merlac&#13;
y mît le pied.&#13;
Il m’a confirmé ce que je savais, qu’on n’avait rien réglé dans le voyage de&#13;
Compiègne des différends entre Monseigneur, M. le compte, les officiers et les&#13;
Récollets, et que M. de Pontchartrain, à son retour, avait dit à Monseigneur qu’on&#13;
avait remis à régler ces choses après le départ des vaisseaux. Cela me ferait bien&#13;
espérer, si je ne voyais la forte résolution de Monseigneur à retourner, qui a été&#13;
augmentée par les sots bruits des officiers qui ont répandu partout qu’il ne&#13;
retournerait point.&#13;
M. de Merlac m’a appris encore que l’on obligeait, comme je vous ai ci-devant&#13;
mandé, M. d’Auteuil à faire quelque légère satisfaction à M. le comte de Frontenac&#13;
et il m’a dit de plus que le bruit courait qu’on faisait à M. le gouverneur, en secret,&#13;
de vertes réprimandes. Qui sait cela ? On le peut présumer, mais ce ne sont que&#13;
des présomptions qu’on en peut avoir et il n’en paraîtra que ce que M. le&#13;
gouverneur en voudra faire paraître.&#13;
Vous serez peut-être surpris de ne point trouver dans les lettres écrites jusqu’à&#13;
présent des réponses aux cas et aux difficultés que vous m’avez envoyées cette&#13;
année.&#13;
Quant aux cas qui se réduisent à deux ou trois sur le sujet de la défense qu’a fait&#13;
Monseigneur d’absoudre ceux qui prendraient quelque chose propter periculum&#13;
sortis1 au-delà du principal, s’ils ne restituent même les intérêts perçus de bonne&#13;
foi, etc., je les ai lus à nos Messieurs et après avoir conféré avec eux, je n’ai pas cru&#13;
devoir les consulter, car si je les consulte en [La] Sorbonne ou ailleurs que chez les&#13;
1&#13;
&#13;
en risquant le sort&#13;
&#13;
�Jésuites, ils seront universellement condamnés et on n’admettra nullement ces&#13;
titres, quelques probables que vous les alléguiez par une longue citation d’auteur.&#13;
Il n’y a que ceux qui entrent aveuglément dans tous les sentiments de morale des&#13;
Jésuites qui les admettent ; c’est pourquoi il n’est pas nécessaire de les consulter&#13;
chez eux. Vous y aurez gain de cause haut la main.&#13;
Nous faisons actuellement des conférences tous les soirs chez nous sur la&#13;
restitution. On n’admet nullement le titre de periculum sortis2, comme il est&#13;
expliqué dans vos cas. On y condamne les trois contrats et quelque nombreuse qui&#13;
soit la liste de docteurs qui l’admettent, on condamne ceux qui ont perçu des&#13;
intérêts par ces voies à restituer tout ce in quo facti sunt ditiores3, quelque bonne foi&#13;
qu’ils aient eue. Je vous mande ceci simplement. C’est la conduite que tiennent nos&#13;
Messieurs dans leurs missions. Vous vous en servirez à quoi vous le jugerez à&#13;
propos, sans citer personne.&#13;
À l’égard des difficultés qui regardent l’évêque et son chapitre, ou le chapitre en&#13;
particulier, j’en avais fait un mémoire exact il y a plus d’un mois, auquel j’avais&#13;
prié M. Le Verrier, official de Paris, de répondre. Il m’a tenu jusqu’à présent sans&#13;
l’avoir fait et lorsque je fus chez lui ces jours passés, il me dit qu’il avait perdu mon&#13;
mémoire. Si j’ai le temps avant le départ des vaisseaux, j’en ferai un et le lui&#13;
reporterai. Je vous envoie par deux voies celui auquel il me répondit l’an passé,&#13;
que j’avais conservé. Il est fort mal écrit ; vous en aurez un peu plus de peine. Je&#13;
lus à M. l’abbé de Brisacier les premiers articles de vos difficultés sur le synode&#13;
tenu à Ville-Marie. M. de Brisacier me dit que l’autorité souveraine dans le diocèse&#13;
était dans l’évêque seul ; qu’il n’avait pas besoin de synode pour y faire des&#13;
ordonnances ; qu’il en pourrait faire seul et qu’on n’assemble les ecclésiastiques&#13;
que pour les promulguer et non pour appuyer l’autorité épiscopale ; que l’évêque&#13;
doit appeler aux synodes des sujets de la cathédrale, de l’avis desquels il doit faire&#13;
les choses, mais qu’il pouvait absolument sans eux statuer dans un diocèse. C’est&#13;
la même chose à l’égard des fêtes, excepté qu’ayant établi une fête sans la&#13;
participation du chapitre, le chapitre a droit de refuser de célébrer cette fête établie&#13;
sans sa participation.&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
danger du sort&#13;
qu’ils ont fait pour s’enrichir&#13;
&#13;
�Quant aux difficultés à éclaircir pour les distributions du revenu du chapitre, je&#13;
vous envoie déjà ce que M. Le Verrier me répondit l’an passé ; et comme vous&#13;
n’aurez aucune distribution à faire cette année, il suffira de vous envoyer l’an&#13;
prochain ce que vous m’avez proposé sur ce sujet, conjointement avec la réponse&#13;
aux nouvelles difficultés que vous pouvez faire sur les réponses de M. Le Verrier.&#13;
Je ne sais ce que vous direz et penserez de la manière dont j’écris presque toutes&#13;
mes lettres, qui n’ont souvent aucune suite, parce que j’ai été si fort interrompu en&#13;
les écrivant que je n’ai pu mettre les choses qu’à mesure qu’elles me sont venues&#13;
en l’esprit. La vôtre, toute courte qu’elle est, a déjà été reprise plus de vingt fois.&#13;
24e mai,&#13;
Je viens de recevoir enfin une lettre de M. Foucques, à qui j’ai fait parler, voyant&#13;
que toutes les lettres que je lui écrivais étaient inutiles. Il s’excuse de n’y avoir pas&#13;
répondu, parce qu’il n’en a reçu qu’une de moi et une de M. Basset. Il me demande&#13;
des nouvelles du Canada, ; il me mande qu’il n’en a encore rien appris ; il me&#13;
marque qu’il a acheté pour M. Basset les livres et l’horloge qu’il lui avait&#13;
demandés ; qu’il a envoyé les livres à M. Basset par M. de La Colombière et qu’il a&#13;
gardé l’horloge parce qu’elle lui a coûté 25 francs [de] plus que ce que M. Basset&#13;
lui a donné d’argent ; il m’offre de m’envoyer cette horloge en lui rendant ces&#13;
25 francs. Je vous prie de dire à M. Basset que je retirerai son horloge et donnerai&#13;
les 25 francs. Je lui en dois 5. Ce sera encore 20 francs qu’il m’enverra l’an prochain&#13;
et ce qu’il faudra pour payer les frais de son horloge jusqu’à Québec. Je ne puis&#13;
l’envoyer cette année, puisque je ne l’ai pas encore reçue et que les vaisseaux sont&#13;
à la veille de leur départ.&#13;
Monseigneur vous écrira plus explicitement les résolutions des cas qu’il a&#13;
proposés en Sorbonne sur la rétention du prêt des soldats, résolutions qu’il dit être&#13;
tout à fait conformes aux règles qu’il avait prescrites.&#13;
J’ai oublié de vous marquer dans mes autres lettres que je m’étais heureusement&#13;
débarrassé des affaires temporelles du Séminaire de Paris. Je serai plus en état de&#13;
vaquer à la prière, à l’étude et à nos affaires. Nos Messieurs, qui me témoignent&#13;
&#13;
�toutes sortes de bontés par l’affection qu’ils ont pour nos missions de Canada, me&#13;
chargent seulement de me trouver à tous les exercices du Séminaire à leur place,&#13;
n’y pouvant pas être souvent, surtout la récitation du bréviaire et à l’oraison du&#13;
soir. J’ai de plus un confessionnal pour la punition de mes péchés, qui m’occupe&#13;
souvent plus que je ne voudrais les fêtes et dimanches, parce que nos Messieurs&#13;
n’y sont pas souvent et qu’il n’y en a point d’autres qui veuillent se mêler de&#13;
confesser. Je tâche à étudier, après que je suis débarrassé de nos affaires pressées&#13;
de Canada. Cela ne pourra me nuire si j’y retourne.&#13;
Vous seriez surpris, Monsieur, du changement que nous voyons en France depuis&#13;
l’an passé. C’était une misère si grande que vous n’avez rien vu de pareil. On était&#13;
accoutumé de voir les gens tomber à ses côtés de pure défaillance et on m’a appelé&#13;
plus de dix fois dans les rues pour confesser des personnes en ces états. Le pain&#13;
était d’une cherté sans exemple, l’argent rare au dernier point. On ne croirait pas&#13;
que dix bonnes années pussent ramener l’abondance. Cependant, quoique l’argent&#13;
soit toujours demeuré très rare, l’abondance des choses nécessaires à la vie est&#13;
venue à un tel point que la livre de pain ne vaut plus qu’un sol, et ainsi du reste.&#13;
Tel qui croyait n’avoir recueilli que 20 mesures de blé en a trouvé 40 en le battant.&#13;
C’est un miracle semblable presque à celui de Samarie, du temps du prophète Élie.&#13;
J’ai été bien surpris d’apprendre de M. Sarrazin que plusieurs personnes avaient&#13;
su ce que je vous avais mandé si secrètement de M. Brunet et qu’on en avait même&#13;
dit plus que je ne vous en avais écrit. Cela n’aurait pas fait un bon effet pour moi&#13;
dans l’esprit de nos Messieurs si cela leur était revenu, car ils m’avaient parlé en&#13;
confidence de cette vue qui est tombée là et dont on ne parle plus.&#13;
On faisait courir le bruit, avant que nous reçussions des nouvelles du Canada dans&#13;
le Séminaire de Saint-Sulpice, que M. l’abbé d’Urfé allait être évêque de Québec.&#13;
Ce bruit s’est dissipé par l’arrivée de Mgr de Québec. Le roi a donné une petite&#13;
abbaye cet hiver à M. l’abbé d’Urfé, qui demeure avec M. le curé de Saint-Sulpice.&#13;
J’ai retrouvé le mémoire et règlement de M. l’abbé de Choisy, en original signé de&#13;
Mgr de Québec, MM. de Choisy, de Brisacier et Tiberge.&#13;
&#13;
�Vous serez peut-être fâché que nous n’ayons rien fait régler sur l’article des dîmes&#13;
dont vous m’écrivez. Nos Messieurs veulent voir quelle issue auront les affaires.&#13;
Il faut empêcher, soit par amitié ou même par accommodement, avec M. Volant,&#13;
pour quelques années, qu’on ne les perçoive à l’île Jésus, jusqu’à ce que l’on voie&#13;
le tour que prendront les choses.&#13;
Il ne faut pas ajouter foi à tous les contes qu’on a faits à Monseigneur, soit contre&#13;
la pureté soit contre la justice. Il passe en France dans l’esprit des personnes&#13;
prévenues même contre lui pour un saint prélat en son particulier, très détaché&#13;
des choses de la terre, etc., mais qui n’est point propre pour conduire son extérieur.&#13;
Je n’ai pu avoir de nouvelles du lieu où est M. Trouvé. Si je le savais engagé en&#13;
quelque communauté et que je pusse sans paraître le faire connaître, je croirais&#13;
faire une bonne œuvre.&#13;
Nous ne sommes pas surpris qu’un en Canada tombe dans les misères dont vous&#13;
nous parlez. Nous apprenons à Paris des choses de cette nature dans les&#13;
confessions, j’ose dire encore plus pitoyables. Je ne sais comment des gens, après&#13;
avoir trouvé de tels confesseurs, osent se hasarder à se présenter davantage à&#13;
d’autres. Si nous n’avons bien de l’humilité et si nous ne nous engageons dans la&#13;
conduite des âmes qu’autant que l’ordre de Dieu s’y trouve, nous pouvons tomber&#13;
dans des misères encore plus grandes. C’est ce qui me fait craindre à Paris de&#13;
confesser.&#13;
Je serais fâché que vous eussiez donné la soutane cet hiver aux enfants du Petit&#13;
Séminaire avant nos lettres reçues. Cela ne ferait pas un bon effet en France pour&#13;
les raisons que je vous ai marquées ailleurs.&#13;
Mgr de Québec me proposa ces jours passés (cherchant tous les moyens de me&#13;
marquer son retour sincère pour le Séminaire) que si nous voulions nous charger&#13;
de la mission de M. Thury, il serait facile dans la disposition favorable où est M. le&#13;
marquis de Chevry pour M. Thury, à qui il fait encore des présents cette année et&#13;
qu’il estime fort de faire attribuer 1 000 livres pour cette mission des 1 500 livres&#13;
destinées sur les gratifications pour les missionnaires de l’Acadie. Je crois que ce&#13;
&#13;
�serait un bien pour notre Séminaire d’avoir ainsi une mission de Sauvages pour&#13;
conserver l’esprit des missions d’infidèles, qui est, comme vous savez, notre&#13;
premier institut. Il ajouta même qu’il serait peut-être aisé de faire attribuer toute&#13;
la somme des 1 500 livres pour cette mission, à condition qu’on fît une mission&#13;
sédentaire comme les Jésuites, proche [de] Québec. Je sais qu’il ne faut pas se fier&#13;
à ces projets de Monseigneur, qui ne sont peut-être que des amorces. Cependant,&#13;
si on s’en pouvait servir pour faire réussir la chose, ce serait un bien. Ma vue serait&#13;
qu’on pourrait établir une mission sédentaire ou proche le Cap-Saint-Ignace ou&#13;
proche La Bouteillerie. Le supplément de l’un de ces deux endroits servirait à&#13;
entretenir le prêtre de ces lieux et les 500 livres au-delà des 1 000 livres qu’on&#13;
attribuerait à la mission de M. Thury serviraient au soutien de cette mission&#13;
sédentaire. Le missionnaire des Sauvages et [celui] des Français s’entresecourraient et ce sera un lieu pour apprendre la langue sauvage. Vous aurez la&#13;
bonté de mander à M. Thury ces vues et de lui marquer que je ne laisserai pas&#13;
manquer l’occasion, si je la trouve, de faire quelque établissement fixe pour sa&#13;
mission, afin que le fruit qu’il y fait puisse persévérer.&#13;
Vous me manderez aussi nos vues sur ces projets. On aura d’autant moins de peine&#13;
à porter M. le marquis de Chevry à appliquer cette somme à la mission de&#13;
M. Thury qu’il était de sentiment de la retrancher aux missionnaires des Français,&#13;
que Villebon et de Goutin ont écrit être trop riches et avoir des dîmes plus qu’il ne&#13;
faut pour subsister.&#13;
Ces missionnaires de l’Acadie sont fort décriés dans l’esprit de M. le marquis de&#13;
Chevry, qui donne trop dans les passions de ces deux personnes que je viens de&#13;
vous nommer, quoiqu’il soit au reste un très homme de bien. M. Petit est tout&#13;
anglais dans son esprit et quoiqu’il soit persuadé, comme il me l’a dit, que c’est à&#13;
lui qu’on est redevable de la piété qu’on remarque dans les habitants de l’Acadie,&#13;
il croit qu’il n’est pas propre pour ce lieu et qu’il est nécessaire qu’il en sorte. Il a&#13;
été surpris lorsque je lui ai dit qu’on ne pouvait faire un plus grand plaisir à&#13;
M. Petit que de lui donner moyen de se retirer dans notre Séminaire pour y passer&#13;
le reste de ses jours et que c’est où se borne toute son ambition. Il est tellement&#13;
coiffé des idées que Villebon a répandues dans son esprit, que les prêtres de&#13;
&#13;
�Canada cherchent à dominer et veulent se mêler de tout, qu’on aura peine à le lui&#13;
ôter de l’esprit.&#13;
M. de Saint-Cosme surtout est tout à fait mal dans son esprit. On a pensé lui&#13;
envoyer des lettres de cachet pour le rappeler à l’Acadie. Je dis à M. de Chevry&#13;
qu’il n’en était pas besoin et que ces missionnaires étaient là trop mal pour s’y tenir&#13;
dès qu’ils connaîtraient que la volonté de Dieu n’était plus qu’ils y demeurassent&#13;
et qu’il suffisait de leur manifester cette volonté de Dieu, sans leur envoyer des&#13;
lettres de cachet. Il espère mettre des récollets à la place des missionnaires. Je lui&#13;
dis que je prévoyais qu’en retirant nos ecclésiastiques de ce lieu, il détruirait la&#13;
religion en ces quartiers. Il me dit qu’on parlait de M. de Saint-Cosme, non de faire&#13;
aucun mal, mais de demeurer dans une famille où il y a trois ou quatre grandes&#13;
filles à marier. Vous en avertirez M. de Saint-Cosme, d’une manière non pas à le&#13;
décourager, mais à l’encourager. Je ne puis lui écrire davantage. Je lui ai écrit par&#13;
le vaisseau qui est allé à l’Acadie.&#13;
La plus méchante affaire que ce soit fait Monseigneur est d’avoir laissé l’Église en&#13;
la disposition où il l’a laissée. Il tâchera de rectifier, comme je crois, les choses par&#13;
les lettres, mais vous jugez assez quel fond on peut faire là-dessus.&#13;
Il s’est encore trop fait connaître par une providence particulière en ne ménageant&#13;
point les Jésuites. Ils courent la même fortune que nous. Ils le connaissent comme&#13;
nous et ils sont très persuadés que leur fortune est semblable à la nôtre en ces&#13;
occasions. C’est pourquoi nous avons moins à agir qu’à les laisser faire. Quoiqu’il&#13;
y ait toujours dans l’esprit de quelques-uns d’eux un reste de levain contre nos&#13;
Messieurs pour les anciennes affaires des Indes, cependant ils sont la plupart très&#13;
revenus à leur égard et le P. de La Chaize surtout leur témoigne beaucoup&#13;
d’amitié. Nos MM. de Paris se sont faits presque haïr de nos missionnaires de la&#13;
Chine pour avoir, disaient-ils, trop accordés aux Jésuites pour le bien de la paix ;&#13;
jusque-là qu’ils menaçaient tous de revenir à Rome se plaindre au pape qu’ils&#13;
avaient trahi les intérêts du Saint-Siège en accordant aux Jésuites pour paix avoir&#13;
ce qu’ils ne devaient pas leur accorder. Et cependant, avec tout cela, ils passaient&#13;
en France pour anti-Jésuites et gens qui cherchaient à ruiner la Société dans les&#13;
Indes. Accordez cela ensemble, Dieu a mis, Dieu merci, les choses dans une autre&#13;
&#13;
�situation. Vous communiquerez à M. Pocquet ce que je vous mande des missions&#13;
des Indes.&#13;
Nos Messieurs sont prêts à donner au public une relation. Ils cherchent quinze&#13;
jours de repos pour la dresser et la donner ensuite au public pour ranimer la&#13;
ferveur des missions, qui se ralentit.&#13;
Je ne sais si je vous ai marqué dans mes précédentes que M. l’abbé de Brisacier&#13;
était allé voir M. Tronson pour sonder dans quels sentiments il était à l’égard de&#13;
M. Trouvé, pour tâcher, selon les ouvertures qu’il en aurait, à lui ôter les&#13;
préventions qu’il pourrait avoir contre MM. Guyot, Bailli et de La Colombière et&#13;
pour lui inspirer, s’il en trouvait occasion, de bons sentiments de ces Messieurs. Il&#13;
mit deux ou trois fois sur le tapis M. de La Colombière sans que M. Tronson lui en&#13;
parlât et il vit que ce silence était affecté ; c’est pourquoi il n’eût pas avec lui de&#13;
grandes ouvertures. Il y était surtout allé à la prière de M. le marquis de&#13;
Denonville, pour prendre avec M. Tronson des mesures pour empêcher la&#13;
mésintelligence qui pouvait se mettre entre MM. de Saint-Sulpice et nous.&#13;
M. de Brisacier n’a pas paru des plus contents de son voyage. M. de Denonville est&#13;
toujours le même et conserve au milieu de la Cour la même piété qu’il avait en&#13;
Canada.&#13;
M. Bailli a accepté une petite cure dans le diocèse de Chartres. On m’a dit que&#13;
M. Guyot s’est aussi retiré de Saint-Sulpice et a pris une cure en son pays. On ne&#13;
croit pas une trahison fort grande entre plusieurs de ces Messieurs, qui se retirent&#13;
aisément. Si M. de La Colombière ne restait pas en Canada, il serait à souhaiter&#13;
qu’il prît le parti de se retirer avec nous à Paris au Séminaire : nos Messieurs l’y&#13;
recevraient avec joie, il y ferait du bien en formant de bons missionnaires et allant&#13;
avec eux de temps en temps faire des missions dans la France.&#13;
J’espère, après le départ des vaisseaux, porter Monseigneur à faire imprimer votre&#13;
catéchisme pour le Canada. Si je puis l’engager à faire la même dépense pour votre&#13;
Office de la Sainte-Famille, je le ferai. Je n’en ai qu’un exemplaire assez délabré.&#13;
&#13;
�Voilà à peu près tout ce que j’ai à vous répondre sur toutes vos lettres. Si j’ai oublié&#13;
quelque chose, c’est sans doute quelque affaire de peu. Je ne vous envoie que deux&#13;
paquets de lettres : l’un pour mettre par un vaisseau et l’autre par un autre. Ce&#13;
seront les pères jésuites qui en seront les porteurs et qui, à La Rochelle, les mettront&#13;
en deux vaisseaux : l’un dans celui où ils passeront et l’autre avec leurs duplicatas&#13;
dans le vaisseau qu’ils aviseront. Je les adresse à Mgr l’Ancien et par une enveloppe&#13;
qui est par-dessus son adresse au R. P. Brugal. Je vous écrirai demain de l’intérieur.&#13;
Votre souvenir devant Notre-Seigneur, surtout au saint sacrifice de la messe, je&#13;
suis&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
Ce 25 mai 1695&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-lsh-al-2022&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250338">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11879">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/9480297e537e408e6cdcd1e47e627d0b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=TpZtCLcIbBePKUgqAE5ipNajt9A7pDH%7Ecs4xUB2yYyty5UvwS2yxz1-cwWrzp4p2iQedqoZzUJbHvht7UcgPkATyWfPXaPoUpx8lTfdqwSJpKUe9MqoPRQqXbcCgEWdiDtVUVHAIcWWtCblY21HhcmDjFSDwayHolv3bPXG2Krl7mysbHrgHbccq9uhxABXJ4M9zTS8eRpJUEbQv58bLcq38ba8Rp1yAdywaI0uida9ihCkF0ew9CX1vnZ7UgA1NRVG%7EW-OIwYkh3gPbhRTiiyKiUI2RnNVVYfDuQhf-pqXv7QxjzKUwONlDgkQGVdbvB82mAnlEo81gcLDOUfJB-g__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>82209207191ee5393bc83b52d0ef0a35</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250336">
                    <text>1695, 21-25 mai – Lettre de Tremblay à Glandelet&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 7)&#13;
1 mrglandelet 1&#13;
Le Samedy avant la Pentecoste&#13;
2 1695&#13;
21 may 1695&#13;
3&#13;
Nn 7&#13;
21 Mai&#13;
r&#13;
4 Monsieur&#13;
M Tremblay&#13;
5&#13;
à&#13;
6&#13;
Mr Glandelet&#13;
7 J’ay escrit toute ma lettre commune, et&#13;
8 toutes les particulieres a nos Messieurs, vous&#13;
9 estes le Seul; a qui Je n’ay pas encore escrit&#13;
10 en particulier, Cette lettre ne vous apprendra&#13;
11 rien de mes dispositions interieures, J’espere en&#13;
12 faire une particuliere que je vous enverray apres&#13;
13 les festes; celle cy ne Servira qu’a vous marquer&#13;
14 en particulier ma reconnoissance, a vous assurer&#13;
15 de mes respects et de ma Soumission a vos avis et&#13;
16 conseils, et a repondre a plus.rs articles de vos lettres&#13;
17 aus quels Je n’ay pas Satisfait dans ma lettre&#13;
18 commune. Je ne vous repeteray rien dans cellecy&#13;
19 autant quil me Sera possible de ce que J’ay&#13;
20 touché dans cette lettre, ou mesme dans les parti=&#13;
21 culieres que J’escris a Nos mess.rs co’e Je Scay&#13;
22 que vous lirez les unes et les autres ce Seroit&#13;
23 des repetitions inutiles. Je n’en ay deja que trop&#13;
24 fait, et vous aurez Sujet de me reprocher que&#13;
25 n’ayant rien de considerable a vous escrire, Je vous&#13;
26 aye fait de Si longues lettres.&#13;
27 J’ai reçeu toutes vos lettres qui m’ont estée&#13;
28 fidelem.t rendües par tous ceux que vous en&#13;
29 aviez chargé. ce n’a pas esté p.r moy une&#13;
30 petite mortification que toutes mes dernieres&#13;
31 lettres eussent esté mises dans le St Joseph et&#13;
32 ayent esté perdües. Je crains mesme que ces&#13;
33 lettres ne reviennent ou en Europe ou en&#13;
34 canada, Jl faut abandonner le tout a l’aymable&#13;
35 providence de Dieu Je vous avois escrit fort au&#13;
36 long, et mesme par deux voyes, et on a mis tout&#13;
37 cepend.t dans un Seul vaisseau Dieu en soit beny&#13;
38 Si vous n’estiez aussy Solidem.t establis dans la&#13;
39 Soumission au bon plaisir de dieu que vous estes,&#13;
40 L’estat incertain ou Se trouvent les affaires de&#13;
&#13;
�41 canada, pourroit vous abbatre, et vous decourager,&#13;
42 Je Suis persuadé quil vous donnera moyen de&#13;
43 vous unir encore plus intimem.t a n’re Seig.r&#13;
44 en vous assujettissant encore davantage a Son bon&#13;
45 plaisir, et vous preparant mesme a tout ce qui&#13;
46 pourroit arriver de facheux dans la Suite.&#13;
47 Rien de nous abbatra tant que nous ne chercherons&#13;
48 que les Jnterests de dieu, et nullem.t les notres; et&#13;
49 que nous ne chercherons Ses Jnterests que dans&#13;
50 l’accomplissem.t de Sa volonté; apres tout que&#13;
51 peut il arriver de facheux a une personne qui&#13;
52 ne cherche que Dieu, Jl Scait tirer Sa gloire de&#13;
53 tout; et il est Souvent plus glorifié par notre&#13;
54 abbaissement que par le Succez dans les choses mesme&#13;
55 bonnes que nous pourions desirer avec empressem.ts&#13;
56 Je vous envoye quatre exemplaires du livre du Pere&#13;
57 garnier que vous mavez demandé. Si vous en&#13;
58 desirez davantage Je pouray dans la Suite&#13;
59 vous en envoyer.&#13;
60 Je vous envoye encore un livre de Cantiques du&#13;
61 P. Surin. J’envoiois l’an passé aMad.elle Glandelet&#13;
62 les lettres de St francois de Sales et de la mere&#13;
63 de chantal qu’elle m’avoit demandée, et lui&#13;
64 escrivois en mesme temps; Tout cela a esté&#13;
65 perdu avec tout le reste&#13;
66 vous trouverez dans le fonds de nos chapeaux&#13;
67 deux paquets cachetez; ce Sont deux douzaines&#13;
68 de disciplines que je vous envoye; Je ne croy pas&#13;
69 ce meuble aussi inutile que vous le penséz, J’ay&#13;
70 oublié Sur l’un de ces paquets de mettre v’re&#13;
71 addresse, vous les demanderez a M. Buisson.&#13;
72 Je croy que J’en ay tiré une d’une des douzaine&#13;
73 qui me fut demandé ce me Semble avec tant&#13;
74 d’Jnstance que Je ne pus la refuser.&#13;
75 Je vous envoye encore un livre du Pere G’ral&#13;
76 des Jesuites Sur la probabilité qui a fait bien&#13;
77 du bruit en Europe dans leur compagnie,&#13;
78 on ne parloit pas moins que de le deposer;&#13;
79 cepend.t les Jnferieurs ont perdus leur procez&#13;
80 dans la congregation qui Sest tenüe a Rome&#13;
81 en presence des cardinaux nommez par le Pape,&#13;
82 et le P. G’ral a esté Soutenu; vous verrez par&#13;
83 ce livre quil enseigne la probabilité d’une autre&#13;
&#13;
�84 maniere que plus.rs de leurs autheurs ne la&#13;
85 Soutiennent, et qu’il arreste par cette doctrine les&#13;
86 mauvaises consequences qu’on pourroit tirer de&#13;
87 cette doctrine mal entendüe. Je Suis persuadé que&#13;
88 ce livre vous fera plaisir a lire; Les choses Sont&#13;
89 p’ntem.t entierem.t assoupies; J’ay envie aussy de&#13;
90 joindre a cette lettre quelques vers qui ont courus&#13;
91 Sur ces differends; Jls Sont d’un h’oe qui n’aime&#13;
92 guere la Societé. Je Serois bien fasché de les commu=&#13;
93 niquer a une autre personne qu’a vous, et quoy qu’ils&#13;
94 fustent entre les mains de tous les Jeunes Jesuites&#13;
95 du college, Je n’ay pas laissé de les retirer d’entre&#13;
96 les mains de quelques escoliers qui les avoint, et&#13;
97 a qui cela pouvoit donner quelq’ esloignem.t des PP.&#13;
98 Jesuites.&#13;
99 Je vous envoye encore dans le paquet par deux&#13;
100 voye L’ordonnance de M. de meaux Et celle de&#13;
101 M de Chalons que Je nenvoie que par une voye&#13;
102 Sur le Quietisme, J’ay pensé trop tard a chercher&#13;
103 celle de M. Larchevesque de Paris; J’aurois voulu&#13;
104 avoir Le temps de copier un manuscrit que J’ay&#13;
105 copié Jl y a quatre mois p.r le garder au Sem.re,&#13;
106 p.r vous en envoyer une copie, c’est un ouvrage&#13;
107 qu’on pretend estre d’une des meilleures plumes&#13;
108 de ce Siecle, qui a esté engagé autrefois dans le&#13;
109 party du Jansenisme, mais que Mgr de Paris en&#13;
110 a retiré; Jl a refuté trois livres de cette pernici=&#13;
111 =euse doctrine, contre les quels Sont ces ordonnances;&#13;
112 Le 1.er est intitulé methode facile et courte de&#13;
113 (à M.r Gl.)&#13;
2&#13;
lettre O no. 7&#13;
1695&#13;
114 faire oraison, Le Second est le cantique des&#13;
115 cantiques tous deux tous deux composez par Mad.e Guion&#13;
116 qui est une fille qui a beaucoup d’esprit et qui S’est&#13;
117 trop meslée d’escrire de Sorte quelle a lachée dans Ses&#13;
118 ouvrages des expressions tout a fait reprehensibles;&#13;
119 Elle S’est mise depuis peu Sous la conduite de M de&#13;
120 meaux, et il en est content. Lautre livre est les&#13;
121 conferences mistiques du Pere Epiphane abbé&#13;
122 d’Estival, qui a puise toute Sa doctrine dans les&#13;
123 escrits d’un Seculier aveugle de naissance qui vit&#13;
124 a marseille tres esclaire disent quelques uns&#13;
125 dans les voyes Spuelles, et que quelque autres&#13;
&#13;
�126 accusent de Quietisme; Je ne Scay Si on vous a mandé que&#13;
127&#13;
le livre du xtien Jnterieur estoit&#13;
128&#13;
dans lindice des livres deffendus.&#13;
129 Car Jl ne faut pas penser que tous ceux qui&#13;
130 Sont accuséz de Quietisme Soint dans les ordures&#13;
131 de molinos; ce Sont Seulem.t des personnes qui&#13;
132 par vanité p.r les voyes extraord.res, ou faute&#13;
133 mesme de Scavoir discourir dans l’oraison&#13;
134 S’attachent a certaines Jdéez p.r S’eslever a Dieu,&#13;
135 et Se mettent en danger de tomber dans LJllusion;&#13;
136 Plus.rs personnes dans les communautéz donnent&#13;
137 dans ces Jdéez, c’est p.r les ramener que M.rs les&#13;
138 Prelats font ces ordonnances. Je Scay que vous&#13;
139 Serez bien aises de les lire.&#13;
140 Je vous envoye encore dans les mesme paquets&#13;
141 de lettres par les deux voye LEdit du Roy en&#13;
142 faveur de la jurisdiction Ecclesiastique: Jl est&#13;
143 tout nouveau; On Juge que le Roy a donné cet&#13;
144 Edit qui n’accorde rien de nouveau aux Evesques,&#13;
145 mais qui Soutient Seulem.t ce qui leur a esté cy dev.t&#13;
146 accordé, p.r engager M.rs les Prelats de LaSSemblée&#13;
147 g’rale de 1695 a donner un gros don gratuit. on&#13;
148 donna en 1690 douze millions, on parle de quinze&#13;
149 de 18. et mesme de vingt deux qu’on pretend devoir&#13;
150 estre accordé Sur le clergé. Je marque a Mons.r de&#13;
151 Bernieres que M’gr de Quebec pretend Se prevaloir&#13;
152 de cet Edit en faveur de M Le comte de frontenac,&#13;
153 des officiers et des Recollets, et Mons.r de la Palliere&#13;
154 m’a dit mesme que le Provincial des Recollets estoit&#13;
155 venu apres cet Edit faire a M’gr des protesta=&#13;
156 tions de Soumission &amp;. Je ne Scay ce qui en est,&#13;
157 mais nous nous estions bien doutez avant qu’on&#13;
158 le publiast (car M Larchevesque de paris en&#13;
159 fit confidence a M Tiberge) que M’gr ne&#13;
160 manqueroit pas de S’en prevaloir, Je ne crois pas&#13;
161 cepend.t que cela fasse un grand changem.t dans&#13;
162 Ses affaires.&#13;
163 Je vous envoye encore dans nos balots, La lettre&#13;
164 du P. Caffaro Religx Theatin en faveur de la&#13;
165 comedie, Sa Retractation et la censure de M&#13;
166 Larchevesque de Paris la refutation de cette lettre,&#13;
167 une decision de Sorbonne contre la comedie, un&#13;
168 traité de M de meaux Sur cette matiere &amp;&#13;
&#13;
�169 Je vous envoiois toutes ces choses l’an passé et&#13;
170 vous en escrivois fort au long dans mes dernieres&#13;
171 lettres vous auriez esté rejouis de recevoir ces&#13;
172 choses l’an passé; Elles ne vous Seront pas&#13;
173 desagreables p.r estre vieilles; Je puis vous dire&#13;
174 en peu de mots que la Doctrine de ce Pere Sur&#13;
175 la comedie a paru Si detestable que tout le&#13;
176 monde S’est rescrié contre, Tout les predicateurs&#13;
177 ont fulminez dans les chaires et J’ay entendu&#13;
178 de la bouche des Peres Bour daloüe, de la rüe&#13;
179 et Gaillard qui Sont les trois plus fameux&#13;
180 de la Societé, dire plus.rs fois que dans l’année&#13;
181 derniere, on ne pouvoit aller a la comedie,&#13;
182 co’e elle Se represente Sans un grave peché;&#13;
183 cela n’a pas empesché d’y aller. on ne Scauroit&#13;
184 dans un Paris oster ces Sortes de divertissemens,&#13;
185 p.r laisser une occupation a de meschans&#13;
186 esprits qui Se porteroint Sans cela a de plus&#13;
187 grands maux, mais Le Roy n’y va plus&#13;
188 a ce qu’on pretend, et quand Jl iroit cela&#13;
189 nauthoriseroit nullem.t les particuliers &amp;&#13;
190 Vous trouverez encore dans nos balots onze&#13;
191 cachets d’une douzaine que Javois acheté, car J’en&#13;
192 ay retenu un pour moy; Jls coustent un escu&#13;
193 neuf la douzaine, car ceux qu’on donne a deux&#13;
194 Sols et mesme a un Sol marqué Sont Si malfaits&#13;
195 qu’on ne peut S’en Servir. vous en voila garny&#13;
196 p.r longtemps.&#13;
197 Je marque a M’gr Lancien dans Sa lettre que Je&#13;
198 n’ay pu joindre Mons.r de Turmemis, quoy que&#13;
199 Je Sois allé p.r le voir trois ou quatre foiz J’ay&#13;
200 cru apres cela qu’il Se cachoit de moy et n’estoit&#13;
201 pas bien aise de Souvrir a moy des affaires des&#13;
202 Sœurs; Nous nous estions les années dernieres&#13;
203 assez ouvers ensemble Sur ce qui regarde M’gr de&#13;
204 Quebec, Jl le connoist, J’ay peine a croire&#13;
205 qu’il donne dans Ses Jdéez. Jl a eu une grande&#13;
206 relation avec Mess.rs de S.t Sulpice; Je n’ay pas&#13;
207 voulu m’informer de ce qui avoist esté resolu&#13;
208 a l’esgard des Sœurs, J’ay conservé leurs&#13;
209 memoires que Je n’ay montré a personne, pas&#13;
210 mesme a Mad.e de miramion, cela n’auroit&#13;
&#13;
�211 fait aucun bien, Jl m’a paru plus Seur de&#13;
212 garder le Silence a cet esgard Je Suis touché de&#13;
213 compassion de toutes ces innovations; Elles Sont&#13;
214 d’autant plus dangereuses en une communauté&#13;
215 co’e celle la qu’elle est moins en estat de S’y&#13;
216 opposer, et que ces changemens Sont plus&#13;
217 capables d’y detruire le 1.er esprit. Je&#13;
218 Mons.r de la Palliere vous escrit et m’a lu&#13;
219 lettre auparavant que vous trouverez enfermée&#13;
220 dans ce paquet; C’est un homme de bien, mais&#13;
221 qui Semble aller toujours a Ses fins avec&#13;
222 les meilleures intentions du monde Nous&#13;
223 entretenons liaison avec lui, et nous ne lui&#13;
224 disons pas tout, co’e lui de Son costé ne nous dit&#13;
225 à M. Gl. Lettre O. no 7. 3.&#13;
1695&#13;
226 pas tout ce quil Scait. Jl S’est assez Souvent&#13;
227 ouvert a moy quil Seroit a propos de faire donner&#13;
228 a Mgr un autre Evesché, Jl Sent bien quoy quil&#13;
229 nous dise, quil n’e fera que de nouvelles brouille=&#13;
230 ries en canada, Sil y retourne; Jl ne laisse pas&#13;
231 cepend.t de Se declarer toujours p.r lui tant quil&#13;
232 peut; J’excuse cela, par ce quil est chargé de&#13;
233 Ses affaires, et quil croit que ce Seroit trahir&#13;
234 Ses Jnterests que ne les pas Soutenir tant quil&#13;
235 peut.&#13;
236 M. de Preaux vous avoit escrit l’an passé, et&#13;
237 Ses lettres ont esté perdües vous avez du voir&#13;
238 dans le compte que Je vous envoiay quil paya&#13;
239 les 150.# quil vous paye Je lui ay envoyé vos&#13;
240 lettres, et comme Je n’en avois point de reponse&#13;
241 au commencem.t de may, Je balançay Si Je&#13;
242 l’avertirois du depart des vaisseaux afin de&#13;
243 lobliger de Se haster d’escrire; Je craignois que&#13;
244 cela ne parust une Jnvitation et une demande&#13;
245 de cette pension qu’il doit; Je lui escrivis enfin&#13;
246 de la maniere la plus honneste quil me fut possible&#13;
247 Jl menvoya aussitost une lettre que Je vous&#13;
248 envoye, et m’escrivit en m’addressant une&#13;
249 lettre de change de 100.# qu’il me prioit dattendre&#13;
250 p.r le Sur plus, mais que les taxes Sans nombre qu’on&#13;
251 l’avoit obligé de payer ne lui permettoint pas de&#13;
252 donner davantage p.r cette année; Je fus Sur le point&#13;
&#13;
�253 de lui renvoyer Sa lettre de change fasché de lui&#13;
254 avoir escrit co’e Si ceust esté p.r le presser de payer,&#13;
255 le connoissant trop exact p.r Se laisser demander&#13;
256 quand Jl peut payer; Je lui escrivis que J’estois&#13;
257 tout a fait faché quil Se fust tant Soit peu&#13;
258 incommodé p.r menvoyer ces 100.# que Je desirois&#13;
259 fort les lui renvoyer, quil ne devoit pas me&#13;
260 demander du temps ny p.r payer une partie ny&#13;
261 p.r payer le total, mais quil devoit le prendre,&#13;
262 et bien plus Saddresser librem.t a nos mess.rs&#13;
263 de Paris et Sur tout a M de Brisacier qu’il&#13;
264 connoist Sil avoit besoin d’argent et que Sa&#13;
265 bourse lui Seroit toujours ouverte. Je n’en ay pas&#13;
266 receu de reponse M. de Brisacier m’a dit que nous&#13;
267 ne Scaurions lui faire trop dhonnestetéz, par ce&#13;
268 que c’est un tres honneste homme, Jl lui a&#13;
269 rendu quelques Services dans le besoin.&#13;
270 Je ne vous ay escrit qu’une lettre en chiffre&#13;
271 par le vaisseau de Laccadie, M Labbé de&#13;
272 Brisacier y en a mis une p.r M’gr Lancien,&#13;
273 et J’ay fait mettre toutces lettres Sous le cachet&#13;
274 de Mons.r le marquis de chevry a qui Je les&#13;
275 ay confiéez et qui m’a promis de vous les&#13;
276 faire tenir Seurem.t : Jl les doit addresser a M&#13;
277 hazeur co’e Sil lui escrivoit lui mesme. Je&#13;
278 lavois prié de les addresser a M. LJntendant,&#13;
279 mais Jl me dit que co’e vilbon Se plaint que&#13;
280 M. LJntendant a ouvert et retenu Ses lettres,&#13;
281 Jl ne Seroit pas Seur de faire passer par Ses&#13;
282 mains des lettres addresser a M. LJntendant&#13;
283 de peur quil ne lui rendist la pareille.&#13;
284 On a tasché a mettre mal M LJntendant dans&#13;
285 l’esprit de M le marquis de chevry en lui faisant&#13;
286 croire quil a arresté et ouvert a Quebec lepaquet&#13;
287 de lettres qui lui venoit de Laccadie par Quebec&#13;
288 J’ay deffendu M LJntendant tant que J’ay pu, et&#13;
289 ay fait entendre a M Le marquis de chevry quil&#13;
290 n’estoit pas capable de cette lacheté, et quil en&#13;
291 Seroit pleinem.t informé l’année prochaine par les&#13;
292 lettres de M LJntendant. Jl a des gens dans les&#13;
293 Bureaux qui ne lui veulent pas du bien, et quelque&#13;
294 mesures quil garde avec M de frontenac, Jl aura&#13;
295 peine a Se Soutenir longtemps dans le poste ou ilest,&#13;
&#13;
�296 et a en Sortir mesme a Son honneur, c’est ce que&#13;
297 Japprehende&#13;
298 Je ne connois point Desgly dont vous mavéz parlé&#13;
299 dans vos lettres, mais J’ay Sceu de Mons.r de merlac&#13;
300 qu’il estoit chargé des escritures de M. Le Comte&#13;
301 de frontenac, et qu’il lui avoit montré&#13;
302 entrautres votre Jnstruction et le mandem.t&#13;
303 de M’gr, escrits avec des marges fort larges,&#13;
304 et les remarques de M. Le Comte estoint a&#13;
305 costé, qui taschoit a mordre et Sur v’re Jnstruc[tion]&#13;
306 et Sur le mandem.t Je n’ay pas veu ces escrits.&#13;
307 M. de la Palliere me parlant ces jours passez&#13;
308 des formalitéz mal observéez de M’gr me dit&#13;
309 quil croyoit quon accorderoit bien des avantages&#13;
310 a M’gr dans ces affaires, mais qu’on le condam=&#13;
311 =neroit a fonder un official et un promoteur&#13;
312 p.r ne faire plus de Si mauvaises procedures.&#13;
313 J’ay parlé a nos mess.rs et me Suis Jnform[é]&#13;
314 encore a d’autres Sil est a propos dapostroph[er]&#13;
315 un gouverneur g’ral de M’gr au commence=&#13;
316 =ment du Sermon; Jls conviennent tous que&#13;
317 cela lui est du, et qu’on laccorde à tous les&#13;
318 gouverneurs de provinces. Je Suis fasché de&#13;
319 ne vous avoir pas mandé cela par deux&#13;
320 differentes voyes.&#13;
321 Je Suis bien en peine de Scavoir ce qui aura este&#13;
322 resolu a l’esgard de M. Dauteuil. On ne peut le&#13;
323 Soutenir plus qu’a fait M de Brisacier aupr[es]&#13;
324 de M de Pont chartrain, Jl n’a pu a la verite&#13;
325 rendre Sa cause entierem.t bonne, on&#13;
326 pretend qu’il a dit a M. de frontenac des&#13;
327 choses contre le respect du a l’authorité.&#13;
328 On ne demandoit rien moins que le faire casse&#13;
329 et lenvoyer pieds et mains liéez en france.&#13;
330 on S’est attaché a le Soutenir, et Jl y a plus&#13;
331 à M. Gl. lettre O. no7 4.&#13;
1695&#13;
332 d’un mois qu’on dit a M de Brisacier&#13;
333 qu’il en Seroit quitte p.r quelque reprimande&#13;
334 M de la Touche lui promit qu’il le Soutiendroit,&#13;
335 et empescheroit quil ne lui fust fait aucun&#13;
336 tort. On Scait Ses bonnes intentions, et on&#13;
337 n’accordera qu’a lauthorité qu’on veut toujours&#13;
&#13;
�338 Soutenir ce qu’on fera contre lui:&#13;
339 Je voudrois pouvoir ayder a faire Sortir M.&#13;
340 Bouquin du Canada, ce Seroit une bonne œuvre;&#13;
341 co’e nous n’avons point eu occasion de parler&#13;
342 de lui; Je me Suis enfin Jl n’y a pas quinze&#13;
343 jours hazardé de mouvrir Sur Son Sujet&#13;
344 a M dela Palliere Personne ne peut Sempescher&#13;
345 de Blasmer une conduite et une doctrine Si&#13;
346 extraord.re M de la Palliere m’a promis de me&#13;
347 garder un Scecret entier, Je vous manderay&#13;
348 quel Succez aura cette negotiation&#13;
349 ce qu’a fait et dit M’gr a l’esgard de cet Ecclesiastiq’&#13;
350 p.r le faire Cure de champlain a paru tout&#13;
351 a fait Surprenant, Et on a Sur tout admiré&#13;
352 le raisonnem.t qui est dans la lettre que vous&#13;
353 Scavez; apres tout Jl a la foy &amp;&#13;
354 M. de merlac vient de me quitter. Jl m’a prié de&#13;
355 mettre dans mon pacquet les lettres que Je vous&#13;
356 envoye, Jl m’a fait connoistre la peine quil avoit&#13;
357 contre M’gr. croyant lui marquer la confiance&#13;
358 quil avoit en lui, Jl l’a prié de recevoir et mettre&#13;
359 dans Ses paquets Ses lettres, Sur tout celle p.r M’gr&#13;
360 L’ancien. M’gr lui a fait de grandes difficultez et&#13;
361 lui a dit quil Seroit bienaise que Ses lettres allassent&#13;
362 par une autre voye. Jevois bien que cela vient&#13;
363 de ce que M. de la Palliere a dit a M’gr qu’il ne&#13;
364 devoit nullem.t avoir de raport avecM de merlac&#13;
365 qu’il regarde co’e la Source de toute la division, et de&#13;
366 tout le trouble Je n’ay eu garde de faire connoistre&#13;
367 ces choses a M de merlac, et Je n’ay Seulem.t pas&#13;
368 fait Semblant d’Entendre ce quil me disoit estant&#13;
369 passé expres a une autre affaire. Cela est bon&#13;
370 p.r exclure M de merlac du Canada, mais J’ay&#13;
371 cru devoir faire connoistre a M. de la Palliere&#13;
372 en une occasion que le mal ne venoit pas dans&#13;
373 Son origine de mond. S.r de merlac, et qu’il&#13;
374 estoit trop existent en canada avant mesme que&#13;
375 M. de merlac y mist lepied.&#13;
376 Jl m’a confirmé ce que Je Scavois qu’on n’avoit&#13;
377 rien reglé dans le voyage de Compeigne des&#13;
378 differens entre M’gr M Le conte, Les officiers&#13;
379 et les Recollets, et que M de Pont chartrain&#13;
380 a Son retour avoit dit a M’gr qu’on avoit&#13;
&#13;
�381 remis a regler ces choses apres le depart&#13;
382 des vaisseaux; cela me feroit bien esperer,&#13;
383 Si je ne voyois la forte resolution de M a&#13;
384 retourner, qui a esté augmentée par les Sots&#13;
385 bruits des officiers qui ont repandus par tout&#13;
386 quil ne retourneroit point.&#13;
387 M. de merlac m’a appris encore que l’on&#13;
388 obligeoit co’e Je vous ay ci devant mandé&#13;
389 M d’Auteuil a faire quelq’ legere Satisfaction&#13;
390 a M Le conte de frontenac, et il m’a dit de&#13;
391 plus que le bruit couroit qu’on faisoit a M&#13;
392 Le Gouverneur en Secret de vertes reprimandes&#13;
393 Qui Scait cela ? on le peut presumer, mais&#13;
394 ce n’est que des presomptions qu’on en peut&#13;
395 avoir. et Jl n’en paroistra que ce que M&#13;
396 Le Go. en voudra faire paroistre.&#13;
397 Vous Serez peut estre Sur pris de ne point&#13;
398 trouver dans les lettres escrites jusqua p’nt&#13;
399 des reponses aux cas et aux difficultez que vous m’avez&#13;
400 envoyeéz cette année.&#13;
401 Quant aux cas qui Se reduisent a deux ou&#13;
402 trois Sur le Sujet de ladefense qu’a fait M’gr&#13;
403 dabsoudre ceux qui prendroint quelq’ chose&#13;
404 ppter periculum Sorbis au de la du pn’pal, Sils&#13;
405 ne restituent mesme les Jnterests perceus de bonne&#13;
406 foy &amp;. Je les ay lus a nos mess.rs et apres avoir&#13;
407 conferé avec eux, Je n’ay pas cru devoir les&#13;
408 consulter, car Si Je les consulte en Sorbonne&#13;
409 ou ailleurs que chez les Jesuites, Jls Seront&#13;
410 universellem.t condamnez et on n’admettra&#13;
411 nullem.t ces titres quelques probables que vous&#13;
412 les alleguiez par une longue citation d’autheu[r]&#13;
413 Jl n’y a que ceux qui entrent aveuglem.t dans tous&#13;
414 les Sentimens de morale des Jesuites qui les&#13;
415 admettent, c’est p.r quoy Jl n’est pas necessaire&#13;
416 de les consulter chez eux vous y aurez gain&#13;
417 de cause haut a la main.&#13;
418 Nous faisons actuellem.t des conferences tous les&#13;
419 Soirs chez nous Sur la restitution, on n’admet&#13;
420 nullem.t le titre de periculum Sorbis, co’e il est&#13;
421 expliqué dans vos cas, on y condamne les trois&#13;
422 contracts, et quelq’ nombreuse qui Soit la liste de&#13;
&#13;
�423 docteurs qui l’admettent, on condamne ceux qui&#13;
424 ont preçeus des Jnterests par ces voyes a&#13;
425 restituer tout ce in quo facti Sunt diti ores,&#13;
426 quelq’ bonne foy quils ayent eus. Je vous mande&#13;
427 cecy Simplem.t cest la conduite que tiennent nos&#13;
428 mess.rs dans leurs missions, vous vous en Servir[ez]&#13;
429 a quoy vous le jugerez a propos Sans citer&#13;
430 personne.&#13;
431 a LEsgard des difficultez qui regardent lEvesque&#13;
432 et Son chapitre ou le chapitre en particulier, J’en&#13;
433 avois fait un memoire exact Jl y a plus d’un&#13;
434 mois que auquel J’avois prié M. Le verrier official de&#13;
435 Paris de repondre. Jl ma tenu jusqua p’nt Sans&#13;
436 lavoir fait et lors que Je fus chez lui ces jours&#13;
437 5&#13;
lettre O. no 7. 1695&#13;
438 passez Jl me dit quil avoit perdu mon memoire&#13;
439 Si J’ay le temps avant le depart des vaisseaux&#13;
440 Jen feray un et le lui reporteray.&#13;
441 Je vous envoye par deux voyes celui auquel&#13;
442 Jl me repondit l’an passé que Javois conservé.&#13;
443 Jl est fort mal escrit, vous en aurez un peu&#13;
444 plus de peine. Je lus a M Labbé de Brisacier&#13;
445 larticle les 1.ers articles de vos difficultéz Sur le Sinode&#13;
446 tenu a ville marie. M. de Brisacier me dit&#13;
447 que l’authorité Souveraine dans le dioceze estoit&#13;
448 dans LEvesque Seul, qu’il n’avoit pas besoin de&#13;
449 Sinode p.r y faire des ordonnances, quil en pourroit&#13;
450 faire Seul, et qu’on nassemble les Ecclesiastiques&#13;
451 que p.r les promulguer et non p.r appuyer&#13;
452 lauthorité Episcopale ; Que LEvesque doit&#13;
453 appeler aux Sinodes des Sujets de la cathedrale de&#13;
454 L’avis des quels Jl doit faire les choses mais&#13;
455 quil pouvoit absolum.t Sans eux Statuer dans&#13;
456 un Dioceze; C’est la mesme chose a lesgard des&#13;
457 festes excepté qu’ayant estably une feste Sans&#13;
458 la participation du chapitre, le chapitre a droit&#13;
459 de refuser de celebrer cette feste establie Sans&#13;
460 Sa participation.&#13;
461 Quant aux difficultez a esclaircir p.r les distributions&#13;
462 du revenu du chapitre&#13;
463 Je vous envoye deja ce que M. Le verrier me repondit&#13;
464 l’an passé; et co’e vous nauréz aucune distribu=&#13;
465 tion a faire cette année; Jl Suffira de vous envoyer&#13;
&#13;
�466 l’an prochain ce que vous m’avéz proposé Sur ce Sujet&#13;
467 conjointem.t avec la reponse aux nouvelles difficultéz&#13;
468 que vous pouvez faire Sur les reponses de M Le verrier.&#13;
469 Je ne Scay ceque vous diréz et penserez de la maniere&#13;
470 dont Jescris presque toutes mes lettres, qui n’ont Souvent&#13;
471 aucunes Suites, par ce que J’ay esté Si fort interrrom=&#13;
472 pu en les escrivant que Je n’ay pu mettre les&#13;
473 choses qu’a mesure quelles me Sont venües en&#13;
474 l’esprit; La votre toute courte quelle est a deja esté&#13;
475 reprise plus de vingt fois.&#13;
476&#13;
24.e may&#13;
477 Je viens de recevoir en fin une lettre deM.&#13;
478 foulque, a qui J’ay fait parler, voyant que toutes&#13;
479 les lettres que je lui escrivois estoint inutiles; Jl&#13;
480 Sexcuse de n’y avoir pas repondu, par ce quil n’en&#13;
481 a receu qu’une de moy et une de M Basset. Jl&#13;
482 me demande des nouvelles du Canada, Jl me&#13;
483 mande quil n’en a encore rien appris, Jl me&#13;
484 marque qu’il a acheté p.r M Basset les livres&#13;
485 et l’horloge qu’il lui avoit demandé, quil a&#13;
486 envoyé les livres a M. Basset par M de la&#13;
487 colombiere, et qu’il a gardé l’horloge, par ce qu’elle&#13;
488 lui a cousté vingt cinq francs plus que ce que&#13;
489 M Basset lui a donné d’argent, Jl moffre de&#13;
490 menvoyer cet horloge en lui rendant ces 25.#&#13;
491 Je vous prie de dire a M. Basset que Je retireray&#13;
492 Son horloge et donneray les vingt cinq frans.&#13;
493 Je lui en dois cinq. ce Sera encore vingt francs&#13;
494 qu’il menverra l’an prochain, et ce quil faudra&#13;
495 p.r payer les frais de Son horloge jusqua Quebec.&#13;
496 Je ne puis l’envoyer cette année puisque Je ne&#13;
497 l’ay pas encore receüe et que les vaisseaux Sont&#13;
498 a la veille de leur depart.&#13;
499 M’gr vous escrira plus explicitem.t les&#13;
500 resolutions des cas quil a proposé en Sorbonne&#13;
501 Sur la retention du prest des Soldats, resolutions&#13;
502 qu’il dit estre tout a fait conformes aux regles&#13;
503 quil avoit prescrites.&#13;
504 J’ay oublié de vous marquer dans mes&#13;
505 autres lettres que je m’estois heureusem.t&#13;
506 débarassé des affaires temporelles du Sem.re&#13;
507 de Paris; Je Seray plus en estat de vaquer a&#13;
&#13;
�508 la priere, a l’estude, et a nos affaires; Nos&#13;
509 mess.rs qui me temoignent toute Sorte de bonté&#13;
510 par l’affection qu’ils ont p.r nos missions de&#13;
511 canada, me chargent Seulem.t de me trouver a&#13;
512 tous les exercices du Sem.re a leur place ny&#13;
513 pouvans pas estre Souvent, Sur tout au la brevi&#13;
514 recitation du breviaire et a Loraison du Soir.&#13;
515 J’ay de plus un Confessionnal p.r la punition de&#13;
516 mes pechez, qui m’occupe Souvent plus que je&#13;
517 ne voudrois les festes et Dimanches, par ce que nos&#13;
518 mess.rs ny Sont pas Souvent, et qu’il n’y en a&#13;
519 point d’autres qui veuillent Se mesler de confesser&#13;
520 Je tasche a estudier apres que Je Suis debarasse de nos&#13;
521 affaires presséz de Canada, cela ne poura me nuire&#13;
522 Si J’y retourne.&#13;
523 Vous Seriez Sur pris, Monsieur, du changem.t q&#13;
524 que Nous voyons en france depuis l’an passé;&#13;
525 Cestoit une misere Si grande que vous navez rien&#13;
526 veu de pareil; on estoit accoutumé de voir les gens&#13;
527 tomber a Ses costez de pure defaillance, et on ma&#13;
528 appellé plus de dix fois dans les rües p.r Confesser&#13;
529 des personnes en ces estats, Le pain estoit d’une&#13;
530 cherté Sans exemple L’argent rare au dernier point&#13;
531 On ne croioit pas que dix bonnes annéez pussent&#13;
532 ramener labondance. Cepend.t quoy que largent&#13;
533 Soit toujours demeuré tres rare, Labondance des&#13;
534 choses necessaires a la vie est venüe a un tel&#13;
535 point que la livre depain ne vaut plus qu’un Sol&#13;
536 et ainsy du reste; Tel qui croioit navoir receuilly&#13;
537 que vingt mesures de bled en a trouve quarante&#13;
538 en le battant c’est un miracle Semblable presq’&#13;
539 a celui de Sa marie, du temps du prophete Elie&#13;
540 J’ai esté bien Sur pris dapprendre de M. Sarraz[in]&#13;
541 que plus.rs personnes avoint Sceu ce que Je vous&#13;
542 avois mandé Si Secrettem.t de M Brunet et&#13;
543 qu’on en avoit mesme dit plus que Je ne vous&#13;
544 en avois escrit; cela nauroit par fait un bon&#13;
545 effet p.r moy dans l’esprit de nos mess.rs, Si cela&#13;
546&#13;
6 lettre O. no 7. 1695.&#13;
547 leur estoit revenu, car Jls mavoint parlé en&#13;
548 confidence, de cette veüe qui est tombée la, et dont&#13;
549 on ne parle plus.&#13;
&#13;
�550 On faisoit courir le bruit avant que nous&#13;
551 receussions des nouvelles du Canada, dans le&#13;
552 Sem.re de S.t Sulpice que M Labbe Durfé alloit&#13;
553 estre Evesque de Quebec. Ce bruit Sest dissipé&#13;
554 par larrivée de M’gr de Quebec. Le Roy a&#13;
555 donné une petite abbaye cet hyver a M. Labbé&#13;
556 d’urfé qui demeure avec M Le curé de S.t&#13;
557 Sulpice.&#13;
558 J’ay retrouvé le memoire et reglem.t de M Labbé&#13;
559 de Choisi en original Signé de M’gr de Quebec&#13;
560 M.rs de choisy de Brisacier et Tiberge vous Serez&#13;
561 peut estre faché que nous n’ayons rien fait regler&#13;
562 Sur l’article des dixmes dont vous m’escrivez.&#13;
563 Nos mess.rs veulent voir quelle Jssue auront les&#13;
564 affaires. Jl faut empescher Soit par amitié ou&#13;
565 mesme par accommodem.t avec m.rs volant p.r&#13;
566 quelques annéez qu’on ne les perçoive a LJsle JeSus,&#13;
567 jusqu’a ce que l’on voie le tour que prendront les&#13;
568 choses.&#13;
569 Jl ne faut pas ajouter foy a tous les contes qu’on&#13;
570 a fait a M’gr Soit contre la pureté Soit contre&#13;
571 la Justice; Jl passe en france dans l’esprit des&#13;
572 personnes prevenües mesme contre lui pour un&#13;
573 S.t Prelat en Son particulier tres detaché des choses&#13;
574 de la terre &amp; mais qui n’est point propre p.r&#13;
575 conduire Son exterieur,&#13;
576 Je n’ay pu avoir de nouvelles du lieu ou est&#13;
577 M. Trouvé; Si Je le Scavois engagé en quelq’&#13;
578 communauté, et que Je pusse Sans paroistre le faire&#13;
579 connoistre, Je croirois faire une bonne œuvre.&#13;
580 Nous ne Sommes pas Sur pris qu’un en Canada&#13;
581 tombe dans les miseres dont vous nous parlez,&#13;
582 Nous apprenons a Paris des choses de cette Nature,&#13;
583 dans les confessions, jose dire encore plus pitoyables,&#13;
584 Je ne Scay comment des gens apres avoir trouvéz&#13;
585 de tels confesseurs osent Shasarder a Se presenter&#13;
586 davantage a d’autres. Si nous n’avons bien de&#13;
587 lhumilité, et Si nous ne nous engageons dans&#13;
588 la conduite des ames qu’autant que Lordre de&#13;
589 Dieu S’y trouve, Nous pouvons tomber dans des&#13;
590 miseres encore plus grandes. C’est ce qui me fait&#13;
591 craindre a Paris de confesser.&#13;
592 Je Serois fasché que vous eussiez donné la Sotanne&#13;
&#13;
�593 cet hyver aux enfans du petit Sem.re avant nos&#13;
594 lettres receües, cela ne feroit pas un bon effet en&#13;
595 france p.r les raisons que Je vous ay marqué&#13;
596 ailleurs.&#13;
597 Mgr de Quebec me proposa ces jours passez,&#13;
598 (cherchant touts les moyens de me marquer Son&#13;
599 retour Sincere p.r le Sem.re) que Si nous voulions&#13;
600 nous charger de la mission de M Thury, Jl&#13;
601 Seroit facile dans la disposition favorable ou est&#13;
602 M. Le marquis de chevry p.r M. Thury, a qui&#13;
603 Jl fait encore des presens cette année, et qu’il&#13;
604 estime fort, de faire attribuer 1000.# p.r cette&#13;
605 mission des 1500.# destinéz Sur les gratifications&#13;
606 p.r les miss.res de L’accadie. Je croy que ce&#13;
607 Seroit un bien p.r n’re Sem.re davoir ainsy&#13;
608 une mission de Sauvages p.r conserver&#13;
609 l’esprit des missions dJnfidels qui est co’e&#13;
610 vous Scavez n’re 1.er Jnstitut. Jl ajouta&#13;
611 mesme qu’il Seroit peut estre ainsé aisé de faire&#13;
612 attribuer toute la So’e de 1500.# p.r cette mission&#13;
613 a condition qu’on fist une mission Sedentaire&#13;
614 co’e les Jesuites proche Quebec Je Scay quil&#13;
615 ne faut pas Se fier a ces projets de M’gr qui ne&#13;
616 Sont peut estre que des amorces, cepend.t Si on&#13;
617 S’en pouvoit Servir p.r faire reussir la chose, ce&#13;
618 Seroit un bien; ma veüe Seroit qu’on pourroit&#13;
619 establir une mission Sedentaire ou proche&#13;
620 le cap s.t Jgnace ou proche la Bouteillerie.&#13;
621 Le Suplem.t de l’un de ces deux endroits Serviroit&#13;
622 a entretenir le prestre de ces lieux, et les 500.#&#13;
623 au dela des 1000.# qu’on attribueroit a la mission&#13;
624 de M Thury Serviroint au Soutien de cette&#13;
625 mission Sedentaire, le miss.re des Sauvages et&#13;
626 des francois Sentre Secourreroint, et ce Sera&#13;
627 un lieu p.r apprendre la langue Sauvage.&#13;
628 vous aurez la bonté de mander a M. Thury&#13;
629 ces veues, et de lui marquer que Je ne laisseray&#13;
630 par manquer loccasion Si le la trouve de&#13;
631 faire quelq’ establissem.t fixe p.r Sa mission, afin&#13;
632 que le fruit quil y fait puisse perseverer.&#13;
633 vous me manderez aussy nos veües Sur ces proj[ets]&#13;
634 on aura d’autant moins de peine a porter M&#13;
&#13;
�635 Le marquis de Chevry a appliquer cette So’e ala&#13;
636 mission de M Thury quil estoit de Sentiment&#13;
637 de la retrancher aux miss.res des francois,&#13;
638 que vilbon et Des goutins ont escrit estre trop&#13;
639 riches, et avoir des dixmes plus quil ne faut&#13;
640 p.r Subsister.&#13;
641 Ces miss.res de Laccadie Sont fort decriez dans&#13;
642 l’esprit de M. Le marquis de chevry qui donn[e]&#13;
643 trop dans les passions de ces deux personnes&#13;
644 que Je viens de vous nommer, quoy qu’il Soit au&#13;
645 reste un tres homme de bien M Petit est tout&#13;
646 anglois dans Son esprit, et quoy quil Soit persuadé&#13;
647 co’e Jl me la dit que c’est alui qu’on est redevable&#13;
648 de la pieté quon remarque dans les habitans&#13;
649 de Laccadie, Jl croit quil n’est pas propre p.r ce&#13;
650 lieu, et quil est necessaire quil en Sorte Jl a esté&#13;
651 Surpris lors que Je lui ay dit qu’on ne pouvoit&#13;
652 faire un plus grand plaisir a M Petit que de&#13;
653 lui donner moyen de Se retirer dans n’re Sem.re&#13;
654 p.r y passer le reste de Ses jours, et que c’est ou&#13;
655 Se borne toute Son ambition. Jl est tellem.t&#13;
656 Coeffé des Jdéez que vilbon a repandu dans&#13;
657 Son esprit que les Prestres de Canada cherchent&#13;
658 a Dominer, et veulent Se mesler de tout qu’on&#13;
659&#13;
7. lettre O. no7.&#13;
1695&#13;
660 aura peine a le lui oster de lesprit.&#13;
661 M. de S.t Cosme Sur tout est tout a fait mal dans&#13;
662 Son esprit, On a pensé lui envoyer des lettres&#13;
663 de cachet p.r le rappeller de Laccadie, Je dis&#13;
664 a M de chevry, quil n’en estoit pas besoin, et&#13;
665 que ces miss.res estoint la trop mal p.r S’y&#13;
666 tenir dez quils connoistroint que la volonté de&#13;
667 Dieu nestoit plus quil y demeurassent, et quil&#13;
668 Suffisoit deleur manifester cette volonté de Dieu&#13;
669 Sans leur envoyer des lettres de cachet, Jl espere&#13;
670 mettre des Recollets a la place des miss.res Je&#13;
671 lui dis que Je prevoiois qu’en retirant nos&#13;
672 Ecclesiastiques de ce lieu Jl detruiroit la&#13;
673 religion en ces quartiers. Jl me dit qu’on&#13;
674 parloit de M. S.t Cosme, non defaire aucun&#13;
675 mal, mais de demeurer dans une famille ou&#13;
676 il y a trois ou quatre grandes filles a marier,&#13;
677 vous en avertirer M. S.t cosme d’une maniere&#13;
&#13;
�678 non pas a le descourager mais a lencourager.&#13;
679 Je ne puis lui escrire davantage, Je lui ay&#13;
680 escrit par le vaisseau qui est allé a Laccadie&#13;
681 La plus meschante affaire que Se Soit fait M’gr est&#13;
682 davoir laissé LEglise en la disposition ou il l’a&#13;
683 laissée Jl taschera de rectifier, co’e Je croy les&#13;
684 choses par les lettres, mais vous jugez assez quel&#13;
685 fonds on peut faire ladessus.&#13;
686 Jl S’est encore trop fait connoistre par une&#13;
687 providence particuliere en ne menageant point&#13;
688 les Jesuites; Jls courrent la mesme fortune que&#13;
689 Nous. Jls le connoissent co’e nous, et ils Sont tres&#13;
690 persuadéz que leur fortune est Semblable a la&#13;
691 n’re en ces occasions. c’est p.r quoy nous avons&#13;
692 moins a agir qu’a les laisser faire. Quoy quil&#13;
693 y ait toujours dans lesprit de quelques uns d’eux&#13;
694 un reste de levain contre nos mess.rs pour&#13;
695 les anciennes affaires des Jndes, cepend.t Jls&#13;
696 Sont la plus part tres revenus aleur esgard,&#13;
697 et Le P. de la chaize Sur tout leur temoigne&#13;
698 beaucoup d’amitié. Nos mess.rs de Paris Se Sont fait&#13;
699 presque hair de nos miss.res de la chine p.r avoir&#13;
700 disoint ils trop accordez aux Jesuites, p.r le bien&#13;
701 de la paix, Jusque la quils menaçoint tous&#13;
702 de revenir a Rome Se plaindre aux Pape quils&#13;
703 avoint trahi les Jnterests du S.t Siege, en accor=&#13;
704 =dant aux Jesuites p.r paix avoir cequils ne&#13;
705 devoint pas leur accorder; Et cepend.t avec tout&#13;
706 cela Jls passoint en france p.r anti Jesuites,&#13;
707 et gens qui cherchoint a ruiner la Societé dans&#13;
708 les Jndes. accordez cela ensemble Dieu a&#13;
709 mis Dieu mercy les choses dans une autre&#13;
710 Situation. vous communiquerez a M. Pocquet&#13;
711 ce que Je vous mande des Missions des Jndes.&#13;
712 Nos mess.rs Sont prests a donner au public une&#13;
713 relation, Jls cherchent quinze jours de repos p.r&#13;
714 la dresser, et la donner ensuite au public p.r&#13;
715 ranimer la ferveur des missions qui Se ralentit.&#13;
716 Je ne Scay Si je vous ay marqué dans mes&#13;
717 precedentes que M. Labbé d Brisacier estoit&#13;
718 allé voir M Tronson p.r Sonder dans quels&#13;
719 Sentimens il estoit a lesgard de M. Trouvé,&#13;
&#13;
�720 p.r tascher Selon les ouvertures quil en&#13;
721 auroit a lui oster les preventions quil&#13;
722 pourroit avoir contre M.rs Guyot Bailly et&#13;
723 de la Colombiere, et p.r lui inspirer Sil&#13;
724 en trouvoit occasion de bons Sentimens de ces&#13;
725 mess.rs Jl mit deux ou trois fois Sur le tapis&#13;
726 M. de la colombiere, Sans que M Tronson lui&#13;
727 en parlast, et il vit que ce Silence estoit affecté,&#13;
728 c’est p.r quoy Jl n’eut pas avec lui de grandes&#13;
729 ouvertures. Jl y estoit Sur tout allé a la&#13;
730 priere de M. Le marquis de Denonville,&#13;
731 p.r prendre avec M Tronson des mesures&#13;
732 p.r empescher la mesintelligence qui pouvoit&#13;
733 Se mettre entre M.rs de St Sulpice et nous. M&#13;
734 de Brisacier n’a pas paru des plus content de Son&#13;
735 voyage. M. de Denonville est toujours le mesme&#13;
736 et conserve au milieu de la cour la mesme&#13;
737 pieté quil avoit en canada.&#13;
738 M. Bailly a acepté une petite cure dans le&#13;
739 Dioceze de chartres. On m’a dit que M. Guyot S’est&#13;
740 aussy retiré de S.t Sulpice, et a pris une cure en Son&#13;
741 pays. on ne croit pas une traison fort grande entre&#13;
742 plus.rs de ces mess.rs qui Se retirent aysem.t&#13;
743 Si M. de la Colombiere ne restoit pas en canada, Jl&#13;
744 Seroit a Souhaitter quil prist le party de Se retirer avec&#13;
745 nous a Paris au Sem.re Nos mess.rs ly recevroint&#13;
746 avec Joye, Jl y feroit du bien en formant de bons&#13;
747 miss.res, et allant avec eux de temps en temps faire&#13;
748 des missions dans la france&#13;
749 J’espere apres le depart des vaisseaux porter M’gr&#13;
750 a faire Jmprimer vos catechisme p.r le canada&#13;
751 Si Je puis lengager a faire la mesme dépense p.r&#13;
752 v’re Eglise de la S.te famille, Je le feray. Je n’en ay&#13;
753 qu’un exemplaire assez delabré.&#13;
754 Voila a peuprez tout ce que J’ay a vous repondr[e]&#13;
755 Sur toutes vos lettres. Si J’ay oublié quelq’ chose&#13;
756 c’est Sans doute quelq’ affaire de peu. Je ne vous&#13;
757 envoye que deux paquets de lettres. l’un p.r mettre&#13;
758 par un vaisseau et l’autre par un autre ce&#13;
759 Seront les Peres Jesuites qui en Seront les porteu[rs]&#13;
760 et qui a la Rochelle les mettront en deux vaissea[ux]&#13;
761 lun dans celui ou ils passeront et lautre avec&#13;
762 leurs duplicata dans le vaisseau quil aviseront&#13;
&#13;
�763 Je les addresse a M’gr Lancien, et par une Envelop[pe]&#13;
764 qui est par dessus Son addresse au R. P. Brugal.&#13;
765 Je vous escriray demain de L’Jnterieur. votre Souveni[r]&#13;
766 devant Notre Seigr Sur tout au S.t Sacrifice de la messe Je Su[is]&#13;
767 votre tres humble et tres obeiss.t Serviteur&#13;
768 Tremblay prestre Jndy ce 25.e May 1695.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250341">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11880">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/70e6f0a4669084411f62c87db8b20a54.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=ijnryU%7EMehLzxO8dMTcd9t5i6PNHN3o0oFkINwH3LIZ-GhMycDrH-6jdfZE%7EMonzWP9vjd-zrmh-A7bK-ja4hMTgYCzxD-AwaRjS08lTyg2DNfX6d-M02GHd-L1l28fiCX8ZbdEf5VRfwzEs2Op4Iukd35a6Y3HWG4RmJa1lvre4ThL78JElhgtXxB1YjHHiAdqnDLN83V88nQkPmFij%7EDYcgfrzcu3wJz77wj9CONPY8FcCBjL8hY-dFTpPFKpne0UI7-L0H-trQ3J87CSQikPtIkvxBsN%7EuoLw0SWJfzJD26OoalOTaC-r6X6QctiUcbmGR33z8LLdcgdKWxGm-A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>5258e30c85f8e8937ec213ff65253a7a</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250337">
                    <text>����������������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250339">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 7&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249927">
                <text>HJGIMQD3</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249928">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249929">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249930">
                <text>Lettre de Tremblay à Glandelet (Paris, 21-25 mai 1695)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249931">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris fait part à son confident des livres qu’il a choisis pour lui, notamment sur le quiétisme, la probabilité et la comédie. Il lui explique les raisons de ses choix et les controverses qui ont accompagné ces ouvrages. Il lui envoie aussi des disciplines pour la pénitence. Il lui fait part des difficultés qu’il rencontre avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, qui veut retourner en Nouvelle-France, malgré les oppositions. Il lui décrit le changement miraculeux qui s’est opéré en France après une année de grande misère. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249932">
                <text>1695-05-21</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249933">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249934">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11880" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 7&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249935">
                <text>Glandelet, Charles de, 1645-1725</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250340">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11878" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11879" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="637">
        <name>Dévotions</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18674" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11868">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/addc48dc9876a55918d1844d057c65fa.png?Expires=1779321600&amp;Signature=phzSIg%7EH1G8Vam2IHuZJFANkTYOaJBmQOwqaOM480ZCptUCoxxb2p1GkEa2D2ENmPbP47Mxle4cOcQyGv4pe56Govjut322fcd54aGA9o8dvAh6KzpSOcDVb0tgu3CjJnco5z8H8iQSYLzuK5L7Rv34pOxKCmaDKjfZxl1xO26JfoqPuyFzzGU5glAVfQ9osW2cfkFRMVbQUr4H8fCSZWhlMKAOohvp6yZgACvgWfXvLj6K7kEfURV61%7EL6RNls09c9OYnKCQ3fHF61kVVgkqbiciWrFsyOZnWneFRTx9ApunuS2mpKl7BV2%7Ehu4wZEHsxvND1wYwx-TdFm9sfG9AQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11869">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/7648eb0b9880dc1460a34aec9321569a.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=MWEYabmzIb06-Infa4NLKVHN4PLpibVRff59i7JacPItUSaCrTgbhmpLLOEmsiVdk2a65q9ndh%7E%7E-RiJGNbOlmCffrd5LpRwnEpvH8PytOLSxFYYtM8Vx4ASFDnWAXuXndDTbeM1yhV38Msc%7EyFZpwLo%7EKxUjRZWuUJ2-i1cSENz1t23yV8lDm9GTPeygXUJd4LTpEh8nzyT%7EirFcZsgcdSp81uFYNGqcGNl2x7wCOe-EI2wD1Rzib2lbI8ejoY5WLbfpE9AQMSWVlEKEyp9mZdLeQBCC5yc5ak68qN-k50Lu6vRnctp959YK7fC9CslreIE4yIOFN6B-QqhA0Hlgw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>933fbf23581ff07fcd5c2e0fad6ed200</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250320">
                    <text>Extrait de la lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Paris, 3-6 avril 1694)&#13;
[En marge : La première feuille vous l’informe.]&#13;
[…]1 que je prenne. Je suis persuadé que quelque chose que je vous mande, vous&#13;
faites toujours les choses pour le mieux et cherchez avec encore plus d’application&#13;
que moi les moyens de sortir de l’embarras où nous nous trouvons. Vous ne devez&#13;
pas vous attendre, l’année prochaine, que tout ce que pourra nous devoir&#13;
Monseigneur soit de l’argent comptant. Il tire en lettres de change plus qu’il n’a&#13;
vaillant. Il n’est pas si pauvre en Canada et si dénué qu’il vous le paraît. Il a de&#13;
l’argent comptant en Canada. Ses finesses, pour paraître pauvre et attirer de tous&#13;
côtés, ne sont pas connues de ceux mêmes qui font les affaires temporelles. Il n’y&#13;
a que lui en Canada qui ait son secret. Je sais qu’il avait cet automne plus de&#13;
10 000 livres en argent comptant chez lui. Il serait difficile de trouver une personne&#13;
qui l’entendit mieux que lui pour en imposer dans ces affaires. Nous ne toucherons&#13;
rien, ou très peu de choses, des abbayes jusqu’à son retour et après qu’il sera arrivé,&#13;
il se passera bien du temps avant que nous [ne] recevions rien de lui.&#13;
Vous ne devez point vous attendre à emprunter de nos MM. de Paris quelque&#13;
somme dans ces temps-ci, encore moins de procurer de l’argent à emprunter en&#13;
France à intérêts. J’y ai fait ce que j’ai pu cette année. Il est vrai que l’argent est&#13;
d’une rareté présentement qu’on n’a encore jamais vue. Il y a plus de huit mois&#13;
que le roi ne paye point les troupes. Tout est dans la misère. Rien n’est plus&#13;
fréquent que les banqueroutes des plus riches marchands. Nos ennemis ne sont&#13;
guère mieux que nous, à ce qu’on nous dit, et Dieu se plaît à nous bien humilier&#13;
tous pour nous obliger à nous reconnaître. Or, si la guerre continue, ce sera encore&#13;
bien pire l’année prochaine, car l’argent devient toujours plus rare. S’il faut en&#13;
emprunter, vous le ferez plus aisément en Canada.&#13;
M. de Brulon sera obligé de faire un voyage en France l’année prochaine. Ce sera&#13;
encore de la dépense, car je ne crois pas qu’il reçoive bien de l’argent de son&#13;
patrimoine. Je n’ai pu rien tirer de sa sœur et ses frères n’attendent son retour&#13;
1&#13;
&#13;
Les pages 1 à 4 de la lettre sont manquantes.&#13;
&#13;
�qu’afin de le prier 1er de mettre la paix dans sa famille en les aidant à régler sans&#13;
procès tous leurs différends et leurs partages, 2e de leur céder ses biens&#13;
patrimoniaux, car son frère, qui est jacobin et qui est un saint religieux, pour&#13;
entretenir la paix entre ses frères, leur a promis qu’il engagerait mondit sieur&#13;
de Brulon à donner ses biens à ceux qui seraient pacifiques. Il eut été à souhaiter&#13;
que mondit sieur de Brulon fût revenu l’année dernière. Il aurait encore pu voir&#13;
M. son père, qui n’est mort que vers la fin de janvier. M. de Brulon a cru que j’avais&#13;
de lui une procuration pour agir en ses affaires, mais je n’en ai point d’autres que&#13;
celle qui est remplie du nom de M. Dudouyt. Je suis surpris de ce qu’il m’écrit que&#13;
vous lui avez dit que j’avais mandé l’an passé que ses parents ne désiraient pas&#13;
son retour. Je crois avoir mandé ces choses de M. de Caumont et non pas de lui.&#13;
Je m’étais oublié de répondre à ce que vous m’écriviez que vous ne savez de quels&#13;
biens je parle, dont on eût pu faire des fonds en France. [En marge : On a encore,&#13;
les années dernières, dépensé les 4 000 livres de M. de Bernières.] Vous savez&#13;
qu’on a chargé le Cap-Tourmente de la fondation de M. Hazeur de celle du bon&#13;
homme Soumande et qu’on a employé à cette terre de très grosses sommes, car,&#13;
avec le respect que je vous dois, je ne saurais convenir avec vous qu’on ait fait les&#13;
dépenses du Cap-Tourmente à même la terre, le fossé. Je suis assuré, et ce, par la&#13;
connaissance que j’ai prise de vos comptes et de vos dépenses, que vous avez&#13;
employé de très grosses sommes tous les ans pour augmenter cette terre, qui rend,&#13;
comme vous me le marquez, très peu de choses. Si nous avions un fonds en France,&#13;
ce serait un revenu fixe et assuré, car il n’est pas vrai ce que M. Soumande me&#13;
mande qu’on lui a dit qu’on ne trouve pas d’endroits assurés pour mettre son&#13;
argent. On en trouve, Dieu merci, toujours. Je conseille à M. Soumande, et ce, par&#13;
l’avis de M. l’abbé de Brisacier, d’envoyer l’argent qu’il destine pour la fondation&#13;
en France. On le placera sûrement et ce sera un revenu fixe sur lequel on pourra&#13;
toujours compter.&#13;
M. de Brisacier croit que vous devriez avoir ainsi 2 000 livres de rente à Paris, dont&#13;
vous vous servirez pour vos factures et si vous aviez quelques besoins&#13;
extraordinaires, vous vous en servirez pour emprunter de l’argent en engageant&#13;
vos contrats pour un temps, car ce n’est pas seulement la rareté de l’argent qui&#13;
nous empêche d’en trouver, mais de ce que nous n’avons pas d’assurance à donner&#13;
&#13;
�à ceux de qui nous en voudrions emprunter. Les pères jésuites, comme vous le&#13;
savez, ont bien plus de conduites que nous en cela. Ils n’ont jamais fait en Canada&#13;
que des dépenses absolument nécessaires et ont toujours envoyé en France ce&#13;
qu’ils pouvaient avoir d’argent. Ils font faire la même chose à nos religieuses.&#13;
Je n’ai pas osé représenter à Monseigneur qu’il me semble qu’on n’eût pas dû, dans&#13;
un temps de crise comme celui-ci, augmenter si fort le Petit Séminaire à Québec et&#13;
en faire un au Cap-Tourmente. Outre que ce sont des charges que nous ne saurions&#13;
porter en ce temps-ci, cela fait croire à tout le monde que ce que nous disions de&#13;
nos misères et de notre pauvreté n’est pas vrai. Il n’y a aucun de dehors qui ne&#13;
pense, en voyant cela, que nous avons des fonds cachés.&#13;
Il ne me reste plus qu’à vous prier de continuer pour moi vos charitables soins, de&#13;
me recommander dans la prière et surtout au saint autel à Notre-Seigneur par&#13;
l’entremise de sa Très Sainte Mère, de saint Joseph et de nos bons Anges, de rendre&#13;
grâce à Dieu de tous les biens qu’il me fait et le prier de me les continuer, de vouloir&#13;
enfin ne me pas priver de vos bons avis, qui me seront, je vous assure, d’une très&#13;
grande utilité. Je sens au fond de mon cœur un désir sincère d’être à Dieu plus que&#13;
jamais. Je me sens porté au détachement, [à] la vie cachée et à l’amour de la retraite&#13;
au milieu du tracas et des affaires, mais mes troubles et mes agitations passées me&#13;
tiennent beaucoup dans la défiance de moi-même. Je ne regarde ces choses que&#13;
comme des petits boutons qui à peine ont poussé, que la moindre gelée, le moindre&#13;
vent froid fait mourir. Plaise à Dieu [de] m’établir dans cette solidité d’amour et&#13;
de tendresse pour lui, qui me procure un soin spécial de la divine Providence,&#13;
comme en parle l’Église, Quia nunquam tua gubernatione destituit, quo in solididate&#13;
sua delectionis instituit2.&#13;
Je suis persuadé que c’est là une œuvre de Dieu et un des plus grands. Tous mes&#13;
efforts ne me procureront pas cette stabilité, cette fermeté que je vois et que j’envie&#13;
si fort dans les autres. Il la faut demander instamment et l’attendre patiemment. Je&#13;
vous prie de me pardonner, et de vouloir le demander à nos Messieurs pour moi,&#13;
des fautes, des manières de parler peut-être pas assez respectueuses que j’ai pu&#13;
lâcher dans leurs lettres et les vôtres. Je puis dire que mon cœur n’a point de part&#13;
2&#13;
&#13;
Parce que jamais il n’enlève à ta gouverne que pour l’établir dans la solidité de son amour.&#13;
&#13;
�à ces fautes, quelles qu’elles soient, car il a pour nos Messieurs et pour vous tout&#13;
le respect et la vénération possible, étant autant qu’on le peut être et sans retenue,&#13;
Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
Ce 6e avril 1694&#13;
&#13;
/Transcription3 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
&#13;
3&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250323">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11870">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/2ff0bc896fc8e155373bd1b04e3ac6a7.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=dijV3cJlP00qXfAu5hwf4rtjFy8aMk3eJQiNeaDqtOV8tqeDFuvpdmadjXkRuJC-CfpEA7AlZ2L9OtOCj7Q-4yaZJa5Efm5ckwd00lp%7E6-ctqBVnKsQsgtP5v64Ji4%7EMJmCuvhBdGATmplLepMen2WCgQ6VyWprU7YcwUVFH9Hioo2EhTUgG7d6fOpFZ8Pi2PKNETVHlxFiPC4IoPZ%7EX4AbvczReZXjQJfCK4RcAceKl%7Ecuz4UNeoPmhR5854YBR42t8aRYTbiuWon2XgwbiXwOL7gBb8pXVV%7EoQJa80qjn-4VxKYVtusRtkczyUhAI4o3JgENjRIY4airFV%7ERk2Ew__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>d02b6342fe412bfc18009eeaefd57408</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250321">
                    <text>1694, 3 avril – Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 17)&#13;
Note : Les pages 1 à 4 sont manquantes&#13;
La 1ere feuille&#13;
Vous L’Jnforme&#13;
1694&#13;
Lettres M.&#13;
No 17&#13;
&#13;
en canada&#13;
&#13;
deParis&#13;
&#13;
1 que je prenne; Je suis persuadé que quelque chose que Je 5&#13;
2 vous mande, vous faites toujours les choses p.r le mieux, et&#13;
3 cherchéz avec encore plus dapplication que moy les moyens&#13;
4 de Sortir de L’ambarras ou nous nous trouvons. Vous ne devéz&#13;
5 pas vous attendre lannée prochaine que tout ceque poura&#13;
6 nous devoir M’gr Soit de l’argent comptant, Jl tire en&#13;
7 lettres de changes plus qu’il n’a vaillant. Jl n’est pas Si pauvres&#13;
8 et Ei desnué quil vous le paroist, Jl a de largent comptant en&#13;
9 Canada, Ses finesses p.r paroistres pauvre et attirer de tous&#13;
10 costéz ne Sont pas connües de ceux mesmes qui font les&#13;
11 affaires temporelles, Jl n’y a que lui en Canada qui ait&#13;
12 Son Secret. Je Scay qu’il avoit cet automne plus de 10000.#&#13;
13 en argent comptant chéz lui. Jl Seroit difficile de trouver une&#13;
14 personne qui l’entendist mieuxque lui, p.r en Jnposer dans&#13;
15 ces affaires. Nous ne toucherons rien, ou tres peu dechoses des&#13;
16 abbayes jusqu’a Son retour, et apres quil sera arrivé Jl Se&#13;
17 passera bien du temps avant que nous recevions rien de&#13;
18 lui.&#13;
19 Vous ne devéz point vous attendre a emprunter de nos m.rs&#13;
20 quelque Somme dans ces temps cy, encore moins de procurer de&#13;
21 largent a emprunter en france a Jnterests. J’y ay fait ce&#13;
22 que J’ay pu cette année, Jl est vray que largent est d’une&#13;
23 rareté p’ntem.t qu’on n’a encore Jamais veu. Jl y a plus de&#13;
24 huit mois que LeRoy ne paye point les troupes; Tous est dans&#13;
25 la Misere, Rien n’est plus frequent que les banqueroutes des&#13;
26 plus riches Marchands. Nos ennemis ne Sont guere mieux que&#13;
27 nous a ce qu’on nous dit, Et Dieu Seplaist a nous bien humilier tous,&#13;
28 p.r nous obliger a nous reconnoistre.&#13;
29 Or Si la guerre continüe Ce Sera encore bien pis lannée prochaine&#13;
30 car l’argent devient toujours plus rare; S’il faut en emprunter vous le&#13;
31 feréz plus aisemt en canada.&#13;
32 M. deBrullon sera obligé de faire unvoyage en france l’année&#13;
33 prochaine, ce Sera encore deladepense, car Je ne crois pas qu’il recoive&#13;
34 bien de largent de Son Patrimoine, Je n’ay pu rien tirer de Sa Sœur,&#13;
35 et Ses freres n’attendent Son retour qu’afin deleprier 1.e de mettre la&#13;
36 paix dans Sa famille en les aydant a regler Sans procez tous leurs&#13;
37 differens, et leurs partages, 2.e de leur ceder Ser biens patrimonieux, car&#13;
38 Son frere qui est Jabocin, et qui est un S.t Religieux, p.r entretenir la&#13;
39 paix entre Ses freres leur a promis quil engageroit mond. S.r de&#13;
&#13;
�40 Brullonadonner Ses biens a ceux qui seroint pacifiques. Jl eust esté&#13;
41 a Souhaiter que mond. S.r de Brullon fust revenu lannée derniere, Jl&#13;
42 auroit encore pu voir M. Son Pere, qui n’est mort que vers la fin de&#13;
Lettres M&#13;
No 17 p. 6&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
on a encore les annéez&#13;
dernieres depensé les 4000#&#13;
deM. deBernieres &amp;&#13;
&#13;
43 Janvier. M. de Brullon a cru que Javois delui une procuration&#13;
44 p.r agir en Ses affaires mais Je n’en ay point dautre que celle qui est&#13;
45 remplie du nom de M. du Douist Je Suis Surpris de cequil m’escrit, que&#13;
46 vous lui avéz dit que Javois mandé l’an passé que Ses parens ne&#13;
47 desiroint pas Son retour, Je crois avoir mandé ces choses de M. de&#13;
48 Caumont et non pas de lui.&#13;
49 Je m’estois oublié de repondre aceque vous m’escriviéz que vous ne&#13;
50 Scavéz de quels biens Je parle dont on eust pu faire des fonds en&#13;
51 france; Vous Scavéz qu’on a chargé le cap Tourmente de la fondation&#13;
52 de M. azeur de celle dubon homme Soumande &amp; qu’on a employé&#13;
53 a cette terre de tres grosses Sommes, car avec le respect que Je vous dois&#13;
54 Je ne Scaurois convenir avec vous qu’on ait fait les depenses du&#13;
55 cap tourmente a mesme la terre le fossé. Je Suis assuré et ce parla&#13;
56 connoissance que J’ay pris de vos contes et de vos depenses que&#13;
57 vous avez employé de tres grosses Sommes tous les ans p.r augmenter&#13;
58 cette terre qui rend comme vous me le marquéz tres peu dechoses.&#13;
59 Si nous avions un fonds en france ce seroit un revenu fixe et&#13;
60 assuré, car Jl n’est pas vray ceque M. Soumande me mande qu’on&#13;
61 lui adit qu’on ne trouve pas d’endroits assuréz p.r mettre Son argent.&#13;
62 on en trouve Dieu mercy toujours. Je conseille a M. Soumande, et ce&#13;
63 par Lavis de M. Labbé de Brisacier denvoyer l’argent qu’il destine&#13;
64 p.r la fondation en france, on leplacera Seurem.t et ce Sera un&#13;
65 revenu fixe Sur lequel on poura toujours compter.&#13;
66 M. de Brisacier croit que vous devriez avoir sinsy 2000.# de&#13;
67 Rente a Paris dont vous vous Serviriez p.r vos factures &amp; et Si&#13;
68 vous aviez quelques besoins extraordinaires vous vous en Serviriez p.r&#13;
69 emprunter de l’argent en les engageant vos contracts p.r un temps, car ce nest pas&#13;
70 Seulem.t larareté del’argent qui nous empesche d’en trouver, mais&#13;
71 de ce que nous navons pas d’assurance adonner a ceux dequi&#13;
72 nous en voudrions emprunter. Les Peres Jesuites omme vous le&#13;
73 Scavéz ont bien plus de conduite que nous en cela, Jl n’ont jamais fait&#13;
74 en canada que des depenses absolum.t necessaires et ont toujours envoyéz&#13;
75 en france cequils pouvoint avoir d’argent. Jls font faire la mesme&#13;
76 chose a nos Religieuses.&#13;
77 Je n’ay pas oze representer a M’gr quil me Semble qu’on n’eust pas&#13;
78 du dans un temps de chryse comme celui cy augmenter Si fort le petit&#13;
79 Sem.re a Quebec, et en faire un au Cap tourmente; outre que ce Sont des&#13;
80 charges que nous ne Scaurions porter en ce temps cy, cela fait croire&#13;
81 a tout le monde que ce que nous disons de nos miseres et de nostre&#13;
82 pauvreté n’est par vray; Jl n’y a aucun de dehors, qui ne pense&#13;
&#13;
�83 en voyant cela que nous avons des fonds cachéz.&#13;
84 Jl ne me reste plus qua vous prier de continuer p.r moy vos&#13;
85 charitalbles Soins, de me recommander dans lapriere et sur tout&#13;
86 au S.t Autel, a N. S. par lentremise de Sa tres S.te mere de St Joseph&#13;
87 et denos bons anges, de rendre graces adieu de tous les biens 7&#13;
88 qu’il me fait, et le prier de me les continuer, devouloir enfin ne&#13;
89 me pas priver de vos bons avis, qui me Seront, Je vous assure,&#13;
90 d’une tres grande utilité. Je Sens au fonds de mon cœur un desir&#13;
91 Sincere destre a Dieu plus que Jamais, Je me Sens porté au detachem.t&#13;
92 la vie cachée et a l’amour dela retraite, au milieu du tracas et des affaires,&#13;
93 mais mes troubles, et mes agitations passéez me tiennent beaucoup dans la&#13;
94 defiance, de moy mesme, Je ne regarde ces choses que comme des petits&#13;
95 boutons qui apeine ont poussez, que la moindre gelée, le moindre vent&#13;
96 froid fait mourir; Plaise a Dieu m’establir dans cette Solidité damour et&#13;
97 de tendresse p.r lui, qui me procure Vn soin special de la divine providence,&#13;
98 comme On parle LEglise, Quia nunquam tua gubernatione destituit, quo&#13;
99 in soliditate sua delectionis instituit; Je Suis persuade que cest la&#13;
100 un œuvre de Dieu, et un des plus grands. Tous mes efforts ne me&#13;
101 procureront par cette Stabilité cette fermeté que Je vois et que&#13;
102 Jenvie Si fort dans les autres. Jl la faut demander inssamm.t et&#13;
103 lattendre patiamm.t Je vous prie de me pardonner, et de vouloir&#13;
104 le demander a nos Mesrs p.r moy des fautes, des manieres de parler&#13;
105 peut estre pas asséz respectueuses que J’ay pu lascher dans leurs&#13;
106 lettres et Les votres, Je puis dire que mon cœur n’a point de part&#13;
107 a ces fautes quelles quelles Soint, car Jl a p.r nos m.rs et p.r vous&#13;
108 tout le respect et la veneration possible, estant autant qu’on&#13;
109 le peut estre et Sans retenue&#13;
110 ce 6.e Avril 1694.&#13;
111&#13;
Mon sieur /&#13;
112&#13;
Votre tres humble&#13;
113&#13;
et tres obeiss.t Serviteur&#13;
114&#13;
Tremblay p. Jndigne&#13;
&#13;
/Paléographie par la Société de généalogie de Québec-lsh-2019&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250324">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11871">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/bb7943478661665578ecf62d56fc7360.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=BRifEGBSJ3V-gip1FqlNf7fB-LIrMXoz2NQ8jtcJ8RfZv1FVX0ECRZUQMbrbdot6jOgt0F9t-ZPHaf5XjMJX-yNfiahPctsM5hihhJhfckuCyJKfBHukrgMP31C0xCuwcS4Z2tj5d8%7EpFnXUaRTaUKl6lI6A1iO4XjNqO4eUjNdb4NIRIiuyHD6K7UM32um1hjaaLwquZIe55qpJhdMccthOBCimqqB-708Cximf2oVggMh6eMWwSKF9TlaXNVUnoXc2-rqXZGttw1pqrxdGhtkKVNLkdO0YH68RY8gsrJIo7KZBxCsImV0PBiFv6cHMq1BgYDhVbIHqBF32A-8Xtg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>449fc44196f6b3ad57433faecf9e571a</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250322">
                    <text>����</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250325">
                    <text>&lt;span&gt;Copie manuscrite en français classique par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 40f&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="13034">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/1f85b059507b9f785121607825d9ffb8.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=HbadJyMTmoTVsxDlGLyB1PTjF%7Ei-kqiGRZVW5BmX3dUbPWhn6tenp9IymQCc-Ys-Sx2h34dr57SLOB-3tfLfiMyp9qBdm4f7ebIzeNWxiqB-2ANzT4qjiEOaqguoPokFjB6Ys26EKCC7sHXcZzBDU9fa1Mjutr-hyDPWQjRy%7EUG7GAsLFIQxZjGr3FjQoCmOXFktQ6cqAfuIKVN6xjKpXPpTFF32D2d%7EiKmezmylC2ztUPSJ4HR89JSPoGcnAGouAssjUYX-24BwDX9PfnIA4%7ElZ%7EZ7t93Wzd56w7umbHsfHlH7jjXLdm%7E3ihrC3uNjW8st2v8C4%7EX0pdpztA83gRw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e44e6df6433d35fcab5a28ab9dd54fff</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="256133">
                    <text>���</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="256134">
                    <text>Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 17</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249909">
                <text>GZX7PLWH</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249910">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249911">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249912">
                <text>Lettre de Tremblay au Séminaire de Québec (Paris, 3-6 avril 1694)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249913">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe les directeurs du Séminaire de Québec que Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, ne lui paye pas ce qu’il leur doit, qu’il est difficile d’emprunter de l’argent en France à cause de la guerre, et il leur conseille  de créer un fonds en France pour assurer un revenu fixe. Il reproche à Brulon, trésorier, de ne  pas être revenu en France plus tôt pour régler sa succession et de ne pas lui avoir donné de procuration pour agir en son nom. Il estime que les dépenses pour le Cap-Tourmente sont excessives et inutiles. Il suggère de placer l’argent des fondations en France, comme le font les jésuites et les religieuses. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249914">
                <text>1694-04-06</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249915">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249916">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/id/13034"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres M, no 17&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249917">
                <text>Séminaire de Québec</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250326">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11869" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11870" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11871" class="show"&gt;Copie manuscrite en français classique&lt;/a&gt; par C.-O. Gagnon, v. 1890, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Séminaire 15, no 40f&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="922">
        <name>CONTENTIEUX (Saint-Vallier)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="203">
        <name>Seigneuries</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18673" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11864">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/94a2872619f11817f9b48605416d2046.png?Expires=1779321600&amp;Signature=H4FieAZm%7EaeyfBz-y7itOaGzvNXU7EAvGfRXGIz94dczV4sU-jmo0hh8GOne8LZTwzC7mnXM6yvid49q3qINBGNe%7ET5TddAvB1KNEe8HArXTuKHge2RXmhKcgsaGBIeZ5qJjf03dyCD-jbhEhT1mEwBJ0fJaCVTSFuhKUcJKivqbuWTNCIBBNVIkMeWfn4tfQLZlrybun9OKd4hb3Ov1zgZmF35JwGocjDzsYjsStQXPnjJksifEwC70SSAAySL907-HACC3x%7EYsnk2X3koDeIM0q4iGiIwNLu7sJqMmSgGLC75PbF3-qPPmispOTFrxVMY0e2mHbzIM68uWhgfmAA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11865">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/6d23260bb0fdd2ffdeecab7ab48e2ed9.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=CMwQgHb-rZpKmGEvIUTbezo1TuAhrt00HbCavKeU0BuXZ6twZQDjTWwSm0YfYHKPgCz35bekzd4qtn3ar5x8m2JMRew%7EoiyLQ115K96mfZXcVa7eB1l9-hhzNcfeaGv3vPkanSh6ifq-hiyAPoZBJiqwejEGyML7deT%7EMFw9WhF4wGmzH8c99GD-GYDvJiY4gZgLSBew-scrFzsvybwrn-KVPZnmKqxIf2bb%7EMo6YosALxDJejLP5T9LIf-ixx1q77q3jrlcNXJ3Vs65Bng2eKJbwiod8-zpIOjcgHehAZZ-ZdILuvD65%7EDgqWm2lgxkjKGUsY3eNuyHiR8DXHDWsg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>1fda4ef84be5d3f61bea92d2e7e3fe59</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250313">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 7 juin 1702)&#13;
&#13;
À M. des Maizerets&#13;
7 juin 1702,&#13;
Monsieur,&#13;
Je vous écris encore celle-ci ces fêtes de la Pentecôte, qui sera sans doute la dernière&#13;
que vous recevrez de moi. Elle est la troisième que je vous écris à vous directement.&#13;
J’ai mandé ci-devant à vous et à M. de Glandelet, par M. Joncaire, qui est parti il y&#13;
a plus de 12 jours, que nous n’avions pu obtenir que 4 000 livres pour notre&#13;
Séminaire, à cause de notre incendie, lesquelles seront à prendre sur le Trésor&#13;
royal. On ne nous en a pas encore expédié l’ordonnance, mais ce sera une pitié&#13;
pour le faire payer, car on ne saurait tirer d’argent au Trésor royal : tout y est&#13;
consommé pour la guerre et je ne sais si je pourrai tirer l’ordonnance de&#13;
Mississippi, ni celle de Mgr l’Ancien pour l’année dernière. Bien plus, j’ai avancé&#13;
1 000 livres à M. Joncaire pour lui faciliter son retour pour son ordonnance de&#13;
courrier et à présent, je n’en puis tirer d’argent au Trésor royal, quoique ces&#13;
ordonnances soient les plus tôt payées. C’est à présent un triste état que d’avoir à&#13;
tirer de l’argent, car on n’en peut avoir de personne et juger de là de ce que nous&#13;
pouvons espérer de secours pour notre rétablissement. Pour moi, je n’y fais aucun&#13;
fonds, ni à voir augmenter sur des bénéfices ces 4 000 livres que le roi nous a&#13;
accordées. M. l’abbé de Brisacier se fait fort de nous procurer, avant la fin de&#13;
l’année, 2 000 écus, c’est-à-dire 6 000 livres d’aumônes, mais je crois qu’il n’en&#13;
viendra pas à bout, car outre le triste état où est toute la France, il est lui-même&#13;
emporté par tant d’autres affaires qu’il n’a pas le temps d’y penser.&#13;
Nous sommes aussi avancés que le jour que M. Joncaire est arrivé pour vous&#13;
procurer quelque secours des particuliers. Nos Messieurs sont emportés par une&#13;
infinité d’autres affaires, qui leur ôtent le souvenir de celle-ci. À la vérité, M. l’abbé&#13;
de Brisacier persiste à vouloir y travailler, mais je crains qu’on ne regarde ce&#13;
malheur comme de vieilles matines qu’on a oubliées. L’Assemblée du clergé est&#13;
passée. On n’a pu y demander rien, parce qu’en effet cette assemblée&#13;
extraordinaire n’a pas le pouvoir de rien accorder. Il est survenu une nomination&#13;
&#13;
�de quelques bénéfices à la Pentecôte, mais les bénéfices ont vaqué si près de la fête&#13;
qu’on n’a pas eu le temps d’agir pour obtenir rien sur ces bénéfices. Je vous avoue&#13;
que quoique je vous aie mandé par le vaisseau la Perle, qui est parti il y a plus de&#13;
quinze jours, que vous pouviez compter sur les 4 000 livres accordées par le roi sur&#13;
le Trésor royal et sur 6 000 livres de secours des particuliers, que nous espérions&#13;
amasser, je ne sais si je ne dois pas vous mander de compter sur rien, car : 1° je ne&#13;
sais si nous tirerons et quand nous serons payés de cette ordonnance de&#13;
4 000 livres, aussi bien que de 7 000 livres que j’ai encore à tirer sur le Trésor royal ;&#13;
il est à craindre que l’on n’y puisse rien recevoir tant que cette guerre durera ; 2° je&#13;
ne vois point par quels ressorts M. l’abbé de Brisacier pourra tirer 6 000 livres, car&#13;
je n’y vois nulle disposition, quoiqu’il croit toujours en venir à bout ; et quant à ce&#13;
qui regarde vos factures, je suis encore du moins aussi embarrassé, car vous verrez&#13;
de combien je suis en avance pour le Séminaire ; et si je ne puis toucher ce qui est&#13;
dû à Mgr l’Ancien sur le Trésor royal et au Mississippi, il faut que je succombe. La&#13;
procure en ce temps est d’une difficulté étrange.&#13;
Je vous prie de dire à M. Buisson que j’ai remis à M. Joncaire 20 louis, que M. Briot,&#13;
son neveu, m’avait remis pour lui faire tenir, car M. Briot a voulu que je les lui&#13;
remette et encourir les risques.&#13;
On m’a apporté, il y a huit jours, un paquet pour M. Coeurderoi et encore depuis,&#13;
un autre pour M. Boucher, que j’ai cru devoir encore envoyer par le messager, afin&#13;
de faire plaisir à ces Messieurs ; mais il faudra leur en faire payer le port à 5 sols&#13;
de la livre pour ce qu’il a couté de Paris à La Rochelle.&#13;
Je vous prie d’ordonner au frère Hubert de m’envoyer tous les ans près d’un demimuid1 d’herbe de capillaire. Cela est utile et sert à plusieurs amis qui en&#13;
demandent.&#13;
M. Grignon vous mandera la difficulté que nous avons eue pour avoir nos clous&#13;
et je ne sais encore s’il vous en enverra le nombre que vous demandez. Je n’ai rien&#13;
oublié pour vous faire tout tenir et envoyer ce que vous désirez.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Un muid de liquide de Paris contient environ 268 litres.&#13;
&#13;
�M. d’Iberville n’est pas encore de retour. On l’attend tous les jours. Je m’attends à&#13;
avoir bien de la dépense à faire pour le Mississippi quand il arrivera. Encore, passe&#13;
pourvu que j’aie reçu alors l’ordonnance pour cette mission au Trésor royal.&#13;
J’ai oublié de vous prier de dire à M. Bellin que je n’ai pu lui rien envoyer cette&#13;
année. J’ai à lui 77 livres, quelques sous et M. son beau-frère a de plus 30 livres&#13;
qu’il me donnera quand je voudrai, mais je me suis pris trop tard pour lui envoyer&#13;
de la marchandise pour cette somme.&#13;
Nos unions à Rome n’avancent point. Je conseille à Mgr de Québec d’y aller et je&#13;
crois qu’il le fera ce mois de septembre. C’est le seul moyen de les faire réussir. Il&#13;
est cependant incertain qu’il en obtienne la permission. On nous fait peur que sous&#13;
ce pontificat-ci, nous n’obtiendrons rien ; mais c’est le cardinal de Janson qui l’a&#13;
dit, qui est le plus grand ennemi du pape.&#13;
Notre affaire de la Chine ne finit point non plus entre ses mains. On n’attend plus&#13;
que le décret. Il faut qu’il parle. On lui a rapporté les vœux des cardinaux, qui sont&#13;
dix et onze pour nous, de treize, et les Jésuites n’en ont pour eux que deux et trois.&#13;
On vous fait peur de la trop grande amitié qu’on dit que le pape a pour les Jésuites,&#13;
mais nous nous appuyons sur le Saint-Esprit et d’ailleurs, outre qu’on reconnaît&#13;
de la crainte de Dieu dans ce pontife, il est trop jaloux de sa réputation pour ne pas&#13;
prononcer un décret sur cette matière si criante et qui a tant fait de bruit, car chacun&#13;
s’élèverait contre son silence. Il faut l’excuser de son retardement sur les grandes&#13;
affaires qui l’occupent à présent, car il faut avouer qu’elles sont fort&#13;
embarrassantes. Il voit deux puissantes armées en Italie presque aux portes de&#13;
Rome et il n’est pas en état de résister à celle qui serait victorieuse. Il lui faut bien&#13;
de la conduite et du ménagement pour se conserver dans une parfaite neutralité.&#13;
Au reste, quoique je ne vous mande guère de nouvelles, je ne puis m’empêcher de&#13;
vous mander quelques-unes de cette année, parce que le doigt de Dieu s’est fait&#13;
sentir si fortement en plusieurs que nous ne saurions assez le louer.&#13;
Le roi d’Angleterre, Jacques [II], est mort à Saint-Germain-en-Laye vers le mois&#13;
d’août de l’an passé. J’ai mandé à M. de Glandelet quelques circonstances de sa&#13;
mort précieuse devant Dieu et devant les hommes. Notre roi, après sa mort, a&#13;
&#13;
�reconnu le prince de Galles, son fils, pour le roi d’Angleterre. Le prince d’Orange&#13;
s’est servi de ce sujet pour convoquer un nouveau Parlement, composé de ses&#13;
créatures. Ce Parlement a voulu faire le procès au prince de Galles, parce qu’il a&#13;
pris la qualité de roi d’Angleterre et a été fort irrité contre le roi [Louis XIV] de ce&#13;
qu’il lui a donné cette qualité2. Le prince d’Orange3 se servait de ce prétexte pour&#13;
animer les Anglais contre la France. Le roi a trouvé moyen de faire jeter dans les&#13;
chambres hautes et basses des copies d’un traité secret qu’il avait fait avec le prince&#13;
d’Orange pour parvenir à la paix de Ryswick, par lequel le prince d’Orange&#13;
s’obligeait envers le roi de France de faire reconnaître le prince de Galles roi&#13;
d’Angleterre pour lui succéder après sa mort, pourvu qu’on le laissât régner en&#13;
paix sa vie durant. Les Anglais ont vu par-là que le prince d’Orange les trompait&#13;
et que sur ce pied, le roi de France ne pouvait se dispenser de faire reconnaître le&#13;
prince de Galles pour le roi d’Angleterre après la mort du roi son père ; mais cette&#13;
connaissance a causé un tel chagrin dans le cœur du prince d’Orange qu’on croit&#13;
que c’est une des principales causes de sa mort. Pour dissiper son chagrin, il fut à&#13;
la chasse, tomba de cheval et se rompit la clavicule. Comme il était asthmatique, il&#13;
n’en put revenir et son corps, étant déjà tout pourri depuis plusieurs années,&#13;
acheva de mourir cet automne, ou plutôt cet hiver, et cette mort a fort déconcertée&#13;
les Anglais, Hollandais et l’empereur, qui sont unis ensemble contre nous. Les&#13;
Anglais, après sa mort, ont reconnu la princesse de Danemark, fille de feu&#13;
Jacques II, notre saint roi et sœur du prince de Galles du premier lit, pour reine4.&#13;
Ils ont exclu le prince de Galles de la succession et ont résolu de faire passer cette&#13;
couronne dans les parents de la ligne protestante.&#13;
Eux et les Hollandais ont fait déclarer la guerre au roi de France le 15e mai dernier&#13;
par un manifeste tout à fait insolent et injurieux pour la personne du roi, qu’ils&#13;
taxent d’être sans paroles et sans foi. Ils ont entrepris le siège d’une petite place&#13;
dans l’électorat de Cologne, que nous prîmes en quatre jours dans la guerre&#13;
précédente et après six semaines de siège, on croit qu’elle tiendra encore bien un&#13;
mois. Mais Dieu semble se déclarer pour nous en toutes occasions : on a découvert&#13;
James Francis Edward Stuart, dit le Vieux Prétendant, fils de second mariage du roi Jacques II d’Angleterre,&#13;
étant catholique, ne pouvait hériter du trône d’Angleterre, qui était réservé à la descendance protestante&#13;
depuis le Bill of Rights de 1689 et le Act of Settlement de 1701. Il fut « frappé d’indignité » de la traitrise par&#13;
le Parlement le 2 mars 1702.&#13;
3&#13;
Guillaume III d’Orange, roi d’Angleterre du 11 avril 1689 au 8 mars 1702.&#13;
4&#13;
Anne, reine d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, régna du 8 mars 1702 au 1er août 1714.&#13;
2&#13;
&#13;
�cet hiver une conspiration affreuse au royaume de Naples, où on espérait&#13;
renouveler les vêpres siciliennes. Elle a été dissipée. Dieu s’est fait tellement sentir&#13;
pour nous le 1er février, lorsque le prince Eugène s’empara de Crémone, prit&#13;
prisonnier M. de Villeroi, notaire général, et tant d’autres personnes de&#13;
considération que c’est un miracle visible et nos Français y firent des prodiges de&#13;
valeur pour reprendre la ville et en chasser les ennemis. Tout ce qui nous manque,&#13;
c’est l’argent et c’est ce qui rend nos ennemis si orgueilleux. Dieu veuille humilier&#13;
les Hollandais dans cette guerre. Tous les gens de bien le souhaitent, car cette&#13;
canaille de républicains mériterait un bon châtiment et il semble que Dieu ait envie&#13;
de leur faire sentir, car il y a apparence que ce seront eux qui paieront les pots&#13;
cassés. Il faut bien prier pour cela, car sans cela nous n’aurons pas si tôt la paix. Le&#13;
roi est très bien intentionné pour la paix et il la désire avec ardeur, mais les&#13;
Hollandais voudraient que lui et le roi d’Espagne l’achetassent en donnant à&#13;
l’archiduché d’Autriche la Flandre pour leur servir de barrière et tous les états&#13;
d’Espagne qui sont en Italie.&#13;
J’ai cru vous devoir mander tout ceci pour vous engager à prier et à faire prier&#13;
Dieu qu’il nous conserve la personne du roi, qui nous est bien nécessaire dans une&#13;
telle guerre. Or, les Romains sont fort en peine de cette guerre. Ils voudraient d’un&#13;
côté que l’empereur n’eût rien en Italie, où il leur ferait de la peine, et de l’autre&#13;
que la France ne fût pas si unie avec l’Espagne, qui aurait Naples, Sicile et Milan.&#13;
On prétend même que les Romains voudraient qu’on fît de ces États de petites&#13;
républiques, qui n’appartinssent ni aux uns ni aux autres ; mais l’Espagne n’y&#13;
consentira jamais. Le pape a envoyé des nonces extraordinaires pour la paix, mais&#13;
l’empereur n’a pas voulu recevoir le sien et les cartes se brouillent fort entre lui et&#13;
Rome. Le pape craint que si les Français avaient quelque dessous, les impériaux&#13;
[Autrichiens] ne vinssent se présenter devant Rome, où ils entreraient comme dans&#13;
une campagne. Et voilà ce qui occupe extrêmement le pape. Vous voyez que le&#13;
Diable a su bien diviser les esprits. Tous les potentats craignent la trop grande&#13;
puissance de la France.&#13;
J’avais retenu un moulange de l’an passé, qu’on a embarqué dans le vaisseau du&#13;
roi, mais il nous en a bien coûté pour le faire embarquer. On y a aussi déjà&#13;
embarqué tout le fer et tous les clous à plancher et à couvrir que vous m’avez&#13;
&#13;
�demandés, mais je ne sais si nous pourrons avoir plus de 50 milliers de clous à&#13;
bardeau. Il n’y en a actuellement que 43 milliers d’embarqués, parce qu’on n’en&#13;
peut avoir, le roi prenant tous les cloutiers pour travailler pour lui.&#13;
M. de Riverin a eu un fâcheux accident quand il a été à la veille de partir. Il était&#13;
convenu avec ses associés, dont il s’est séparé avec honneur de manière à perdre&#13;
plus de 15 000 ou 16 000 livres. Cela a obligé un de ses créanciers, qui avait de lui&#13;
un billet de près de 7 000 livres, à le faire mettre prisonnier au Châtelet la veille&#13;
qu’il croyait partir. On n’a trouvé moyen de l’en tirer qu’en portant son créancier&#13;
à accepter l’offre qu’il a faite de remettre deux billets sur M. Sauvage, qui montent&#13;
à 5 230 livres, qui sont, dit-il, à Québec chez M. Lazure et il a fallu que Mgr de&#13;
Québec fût caution de l’exécution de cette promesse. Il paraît même l’être de toute&#13;
la dette de M. Riverin, mais la vérité est qu’il n’est obligé qu’à faire exécuter cette&#13;
promesse. Ne le dites à personne, car il n’y a que Mgr de Québec, son créancier et&#13;
moi qui le savent. M. Riverin croit Monseigneur obligé à toute sa dette. J’ai tâché&#13;
à lui rendre en cela tout le service qui a dépendu de moi et en la considération et à&#13;
cause de la famille de Comporté.&#13;
Mgr de Québec s’était oublié de nommer un official. Je l’ai prié de nommer M. de&#13;
La Colombière. Il m’a promis de le lui écrire aujourd’hui. Je vous prie de dire à nos&#13;
bonnes religieuses hospitalières que je n’ai encore pu toucher le principal de leur&#13;
fonds des coches et carrosses, quoique j’aie été plusieurs fois pour cela. Mais nous&#13;
n’y perdons rien, puisque les arrérages courent sur le pied du bail.&#13;
Je n’écris plus à Mgr l’Ancien, à qui j’ai écrit trois lettres, parce que je ne sache plus&#13;
rien à lui mander.&#13;
Je vous prie de dire à M. de Glandelet que je n’ai reçu de M. de Préaux aucune&#13;
lettre. Ces MM. du Mont-Louis ne veulent rien perdre dans la dépense qu’ils ont&#13;
faite l’an passé pour M. Leriche, qui monte à 379 livres, qu’ils m’avaient&#13;
remboursées. Je leur en ai offert d’amitié 250 livres. Je les attends et ne sais quel&#13;
parti ils prendront.&#13;
&#13;
�Nous avons su trop tard que M. Gay était parti pour Plaisance et de là, pour&#13;
l’Acadie ; mais M. de Pontchartrain a ordonné de l’en faire revenir. Je ne sais s’il&#13;
ne cherchera pas des prétextes pour rester. Nous comptons de vous envoyer l’an&#13;
passé le neveu de M. Dupré. Nous pourrons le prendre cet automne au Séminaire&#13;
et je lui ai dit de venir de temps en temps au Séminaire nous voir. Je crois avoir cidevant mandé que j’ai 150 livres en argent prix de France à l’église de SaintThomas, que je remettrai comme on voudra.&#13;
J’ai donné à M. Joncaire un petit paquet des Hospitalières de Dieppe pour celles&#13;
de l’Hôpital général, que je vous prie de lui faire donner et le remettre à ces bonnes&#13;
religieuses. Mgr de Québec voudrait me charger du soin de cet Hôpital. J’ai déjà&#13;
trop d’autres soins. Je n’y puis suffire. On m’a dit que les bénédictins de la&#13;
Congrégation de Saint-Maur pourparlent pour s’aller établir à l’Acadie. Je ne crois&#13;
pas qu’ils le fassent.&#13;
Il faut finir cette lettre en vous demandant bien humblement votre bénédiction, la&#13;
continuation du secours de vos prières et la grâce d’être persuadé qu’on ne peut&#13;
être plus absolument, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 7e juin 1702&#13;
Je vous prie de dire encore à nos religieuses hospitalières que je leur ai compté&#13;
avoir avancé à M. Grignon sur leur facture 1 600 livres et en effet, je les ai avancées,&#13;
parce qu’il me manda en janvier dernier qu’elle monterait à 2 000 livres. Il m’a&#13;
mandé depuis qu’elle n’irait peut-être qu[’à] 1 500 livres et si cela est, je leur&#13;
rendrai 100 livres de trop comptées, ou en un mot, ce qu’il y aura de plus. Je lui ai&#13;
bien encore avancé près de 1 000 livres ou 1 200 livres sur notre facture du&#13;
Séminaire, dont je n’ai encore rien compté dans cette année.&#13;
/Transcription5 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250316">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11866">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/22df5c0ab19785d9074b8d35e8f0be9c.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=Z6qbgEg4wl0jqggjpPqwkP8ytvkArK2IwzuZVQWDYSNKsEmfuchLyX-TR92z7QUUMWr-Lluo6oKBRhtVLpUCfVI8QA2oKZUZCnew9Z6GZT%7EupfvXfO0Mq1a1vRrKSH23DEOHSAz2px-MuDr6v9OJb9rOgGzzcB4SvdqBz5ij8-Iy4p2Tb32C4nY%7EE4ulubPSnExNZxgDVkXnK%7Eng7epPgqlWvmGBZijrqZmvzBbbzptkBuGcTfwG1I2awrfE9AupJ82tHUyUu3rszXnnsiYE-LxX1HgFUmm123jQ6BkzZ-D3driE9-JrVvQArStAInMG4jN73Oqs051L9QwN2CybuA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>19b578e3c4f8f42a7d22304a16b958dc</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250314">
                    <text>1702, 7 juin – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 38)&#13;
1702&#13;
7 juin.&#13;
a M. Desmaizerets&#13;
&#13;
2.&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
no 38&#13;
2 Je vous escris encore cellecy ces festes dela&#13;
3 Pentecoste qui Sera Sans doute la derniere que&#13;
4 vous recevrez de moy. Elle est la 3.e que Je vous&#13;
5 escris a vous directem’ J’ay mandé cy devant a&#13;
6 vous et a M. Glandelet par M Jonquaire qui&#13;
7 est parti Jly a plus de douze jours que nous n’avions&#13;
8 pu obtenir que 4000.# p.r n’re Sem.re a cause den’re&#13;
9 incendie, les quelles Seront a prendre Sur le tresor roial&#13;
10 on ne nous en a pas encore expedié l’ordonnance mais&#13;
11 ceSera une pitié p.r le f.re payer; car on no Scauroit tirer&#13;
12 dargent au Tresor roial. Tout y est consommé p.r la guerre,&#13;
13 et Jene Scay Si Je pouray tirer l’ordonnance de misissipi,&#13;
14 ni celle de Mgr Lancien p.r lannée derniere&#13;
15 Bienplus J’ay avancé mil livres a M Jonquaire p.r&#13;
16 lui faciliter Son retour p.r Son ordon.ce de courier et&#13;
17 a present Je n’en puis tirer dargent au Tresor roial,&#13;
18 quoique ces ord.ces Soient les plutost paiéez. Cest apresent&#13;
19 un triste estat que d’avoir a tirer delargent, car on&#13;
20 n’en peut avoir depersonne Et Jugez dela de ceque&#13;
21 nous pouvons esperer de Secours p.r n’re retablissem.’&#13;
22 Pour moy Je ny fais aucun fonds, ny a voir&#13;
23 augmenter Sur des benefices ces 4000.# que Le Roi nous&#13;
24 a accordé; Mons.r L’abbé de Brisacier Se fait fort de&#13;
25 nous procurer avant la fin de lannée deux mil&#13;
26 escus, cest adire Six mil livres daumosnes. mais Je&#13;
27 croy quil n’en viendra pas about. Car outre le triste etat&#13;
28 ou est toute la france, Jl est lui mesme emporté&#13;
29 par tant dautres affaires quil n’a pas le temps dy&#13;
30 penser. Nous Sommes aussi avancez que le jour queM&#13;
31 Jonquaire est arrivé, p.r vous procurer quelque Secours&#13;
32 des particuliers : Nos Mess.rs Sont emportez par une&#13;
33 infinité d’autres affaires qui leur ostent le Souvenir&#13;
34 de cellecy. a La verité M. Labbé de Brisacier persiste&#13;
35 a vouloir y travailler, mais Je crains qu’on ne regarde&#13;
36 ce malheur co’e de vieilles matines qu’on a oubliéez.&#13;
37 Lasssemblée du clargé est passée. on n’a pu y demander&#13;
38 rien, par cequ’en effet cette assemblée extraord.re n’a&#13;
39 pas lepouvoir de rien accorder. Jl est Survenu une&#13;
40 nomination de quelques benefices ala Pentecoste,&#13;
&#13;
�41 mais les benefices ont vaqué Si prez dela feste, qu’on&#13;
42 n’a pas eu le temps d’agir p.r obtenir rien Sur ces&#13;
43 benefices. Je vous avoüe que quoique Je vous aye&#13;
44 mandé par le vaisseau la Perle qui est partie il y a&#13;
45 plus de quinze Jours que vous pouviez conter Sur&#13;
46 les 4000.# accodez par le Roi Sur le tresor roial, et Sur&#13;
47 6000.# de Secours des particuliers quenous esperions&#13;
48 amasser, Je ne Scais Si Je ne dois pas vous mander de&#13;
49 conter Sur rien; car 1.e Je ne Scay Si nous tirerons&#13;
50 et quand nous Seront paiez de cette ord.ce de 4000.# aussi bien&#13;
51 que de 7000.# que J’ay encore a tirer Sur le tresor roial&#13;
52 Jl est a craindre que l’on n’y puisse rien recevoir tant&#13;
53 que cette guerre durera 2.e Je ne vois point par quels&#13;
54 ressorts M. Lab. deBrisacier poura tirer 6000.# car Je&#13;
55 n’y vois nulle disposition, quoiquil croye toujours&#13;
56 en venir a bout.&#13;
57 Et quant a ce qui regarde vos factures, Je suis encore&#13;
58 du moins aussi ambarassé, car vous verrez de combien&#13;
59 Je Suis en avance p.r le Sem.re et Si Je ne puis toucher&#13;
60 ce qui est deu a Mgr Lancien Sur letresor roial,&#13;
61 et au misissipi, Jl faut que Je Succombe La procure&#13;
62 en ce temps est dune difficulté étrange.&#13;
3.&#13;
&#13;
63 Je vous prie de dire a M Buisson que J’ay remis a M&#13;
64 Jonquaire vingt Louis que M. Briot Son neveu m’avoit&#13;
65 remis p.r lui f.re tenir, car M Briot a vouluque Je les&#13;
66 lui remette et encourir les risques.&#13;
67 on m’a aporté Jly a huit jours un paquet p.r M CoeurdeRoi&#13;
68 et encore depuis un autre p.r M Boucher que J’ay cru devoir&#13;
69 encore envoier par le messager afin de faire plaisir a ces&#13;
70 Mess.rs mais Jl faudra leur en faire paier leport a&#13;
71 cinq Sols dela livre p.r ce quil a couté de Paris ala&#13;
72 Rochelle&#13;
73 Je vous prie d’ordonner au frere hubert de menvoier&#13;
74 tous les ans prez d’un demi muid dherbe de capilaire&#13;
75 cela est utile et Sert aplus.rs amis qui en demandent.&#13;
76 M Grignon vous mandera la difficulté que nous&#13;
77 avons eus p.r avoir nos clous, et Je ne Scay encore Sil&#13;
78 vous en envoiera le nombre que vous demandez. Je&#13;
79 n’ay rien oublié p.r vous faire tout tenir et envoier&#13;
80 ce que vous desirez.&#13;
81 M. D’Jber ville n’est pas encore de retour. On lattend tous les&#13;
82 jours. Je m’attens a avoir bien dela depense a faire p.r le&#13;
83 misissipi quand Jl arrivera. Encore passe pour veu que&#13;
&#13;
�84 J’aye receu alors l’ordonnance p.r cette mission au tresor roïal&#13;
85 J’ay oublié de vous prier de dire a M. Belain que Jen’ay&#13;
86 pu lui rien envoier cette année. Jay alui 77.# quelq’ Sols&#13;
87 et Mons.r Son beau frere a deplus 30.# quil me donnera&#13;
88 quand Je voudray. Mais Je me Suis pris trop tard p.r lui&#13;
89 envoier dela marchandise p.r cette So’e.&#13;
90 Nos unions a Rome n’avancent point. Je conseille aMgr&#13;
91 de Q. d’y aller, et Je crois quil le fera cemois de 7.bre c’est&#13;
92 le Seul moyen de les f.re reussir. Jl est cepend.’ incertain&#13;
93 quil en obtienne la permission. on nous fait peur que&#13;
94 Sous ce Pontificat cy nous nobtiendrons rien; mais&#13;
95 c’est le cardinal de Janson qui l’a dit, qui est le plus grand&#13;
96 ennemy du Pape.&#13;
97 Notre aff.re de la chine ne finit point non plus entreSes&#13;
98 mains. on nattend plus que le decret. Jl faut quil&#13;
99 parle. on lui a raporté les vœux des cardinaux qui Sont dix et&#13;
4.&#13;
&#13;
100 onze p.r nous de treize et les Jesuites n’en ont p.r eux&#13;
101 que deux et trois. On vous fait peur dela trop grande&#13;
102 amitié qu’en dit quele Papeap.r les Jesuites, mais&#13;
103 nous nous appuyons Surl eS.t Esprit, et d’ailleurs outre&#13;
104 qu’on reconnoist de la crainte de dieu dans ce Pontife,&#13;
105 Jl est trop jaloux de Sa reputation, p.r nepas prononcer&#13;
106 un Decret Sur cette matiere Si criante etqui a tant&#13;
107 fait de bruit; car chacun S’esleveroit contre Son Silence&#13;
108 Jl faut l’excuser de Son retardement Sur les grandes affaires&#13;
109 qui l’occupent a present. Car Jl faut avouer qu’elles&#13;
110 Sont fort ambarassantes. Jl voit deux puissantes arméez&#13;
111 en Jtalie, presqu’aux portes de Rome, et Jl n’est pas&#13;
112 en estat deresister a celle qui Seroit victorieuse Jllui&#13;
113 faut bien dela conduite et du mesnagement pour Se&#13;
114 conserver dans une parfaite Neutralité. Aureste, quoiq’&#13;
115 Jene vous mande guerede Nouvelles Jenepuis m’empescher&#13;
116 de vous mander quel ques unes de cette année, par ceq’&#13;
117 ledoit de Dieu S’est fait Sentir Si fortem.’ enplus.rs que&#13;
118 nous ne Scaurions assez lelouer.&#13;
119 Le Roi dangleterre Jacque est mort a S.t Germain en&#13;
120 laye vers le mois daoust del’an passé. J’ay mandé aM&#13;
121 Glandelet quelques circonstances deSa mort pretieuse&#13;
122 devant Dieu et devant les hommes. Notre Roi apres Sa&#13;
123 mort a reconnu le Prince de Galle Son fils p.r Roi d’angle=&#13;
124 terre Le Prince dorange S’est Servi de ce Sujet p.r convo=&#13;
125 quer un Nouveau parlem’ composé deSes creatures.&#13;
126 ce Parlem.t a voulu faire le procez au Prince deGalle,&#13;
&#13;
�127 par cequil a pris la qualité de Roi dangleterre, et a eté&#13;
128 fort irrité contrele Roi de ce quil lui a donné cette&#13;
129 qualité. Le Prince dorange SeServoit de ce pretexte&#13;
130 p.r animer les anglois contre lafrance. Le Roi a&#13;
131 trouvé moyen de faire jetter dans les chambres&#13;
132 haute et basse des copies d’un traité Secret quil&#13;
133 avoit fait avec le Prince dorange p.r parvenir&#13;
134 a la paix de Rihewich, par le quel La Princed’orange&#13;
5&#13;
&#13;
135 Sobligeoit envers le Roi de france de faire reconnoitre&#13;
136 Le Prince de Galle Roi d’angleterre p.r lui Succeder&#13;
137 apres Sa mort p.r veu qu’on le laissast regner enpaix&#13;
138 Sa vie durant. Les anglois ont veu par la quele&#13;
139 Prince dorange les trompoit et que Sur ce pied le&#13;
140 Roi de france ne pouvoit Se dispenser de faire&#13;
141 reconnoitre le Prince de Galle p.r Roi dangleterre&#13;
142 apres la mort du Roi Son Pere. mais cette&#13;
143 connoissance a causé un tel chagrin dans le&#13;
144 cœur du Prince dorange qu’on croit que cest une des&#13;
145 principales causes deSa mort. P. dissiper Son chagrin&#13;
146 Jl fut ala chasse, tomba de cheval, et Se rompit la&#13;
147 clavicule; co’e Jl estoit asmatique; Jl n’en put&#13;
148 revenir et Son corps estant déjà tout pouri depuis&#13;
149 plus.rs anneez acheva demourir cet automne ou&#13;
150 plutost cet hyver, et cette mort a fort deconcertée&#13;
151 les anglois hollandois et lempereur qui Sont unis&#13;
152 ensemble contre nous. Les anglois apres Sa mort ont&#13;
153 reconnu la Princesse de Danemarc fille defeu Jacque Second&#13;
154 N’re S.t Roi et Sœur du Prince de Galle du 1.er lit p.r Reine.&#13;
155 Jls ont exclus le Prince de Galle dela Succession et ont résolu&#13;
156 de f.re passer cette couronne dans les parens dela&#13;
157 ligne protestante. Eux et les hollandois ont fait&#13;
158 declarer la guerre au Roi de france le 15. may d.er&#13;
159 par un manifeste tout a fait insolent et injurieux&#13;
160 p.r la personne du Roi quils taxent destre Sans parole&#13;
161 et Sans foy. Jls ont entrepris le Siege d’une petite place&#13;
162 dans LElectorat de cologne que nous prismes en quatre&#13;
163 jours dans la guerre precedente, et apres Six Semaines&#13;
164 de Siege on croit quelle tiendra encore bien un mois.&#13;
165 Mais Dieu Semble Se declarer p.r nous en toutes occasions&#13;
166 on a descouvert cet hiver une conspiration affreuse au&#13;
167 Royaume de Naples, ou on esperoit renouveler les vespres&#13;
168 Siciliennes. Elle a eté dissipée. Dieu S’est fait tellem.’ Sentir&#13;
169 p.r nous les 1.er. fevrier lors que le Prince Eugene Sempara&#13;
&#13;
�170 de cremone, prit prisonnier M. de villeroy n’re Gral,&#13;
6&#13;
&#13;
171 et tant dautre personnes de consideration que cest un&#13;
172 miracle visible, et nos francois y firent des prodiges&#13;
173 de valeur p.r reprendre la ville et en chasser les ennemis.&#13;
174 Tout ce qui nous manque c’est largent et cest ce&#13;
175 qui rend nos ennemis Si orgueilleux Dieu veuille&#13;
176 humilier les hollandois dans cette guerre. Tous les gens&#13;
177 de bien le Souhaitent, car cette canaille de republicains&#13;
178 meriteroit un bon chatiment et Jl Semble que Dieu&#13;
179 ait envie de leur f.re Sentir. car Jly a apparence&#13;
180 que ce Seront eux qui paieront les pots cassez. Jl&#13;
181 faut bien prier p.r cela; car Sans cela nous n’aurons&#13;
182 pas Si tost la paix. Le Roi est tres bien intentionné&#13;
183 p.r la paix et Jl la desire avec ardeur, mais les&#13;
184 hollandois voudroient que lui et le Roi dEspagne l’achetassent&#13;
185 en donnant a larchiduce dautriche laflandre p.r leur&#13;
186 Servir de barriere et tous les Etats dEspagne qui Sont&#13;
187 en Jtalie. J’ay cru vous devoir mander tout cecy p.r&#13;
188 vous engager a prier et a f.re prier Dieu quil nous&#13;
189 conserve la personne du Roi qui nous est bien necess.re&#13;
190 dans une telle guerre&#13;
191 or les Romains Sont fort en peine de cette Guerre; Jls&#13;
192 voudroient d’un coté que lempereur neust rien en&#13;
193 Jtalie, ou Jl leur feroit de lapeine, et de lautre que&#13;
194 la france ne fust pas Si unie avec l’Espagne qui&#13;
195 auroit Naples Sicile et milan. on pretend mesme que&#13;
196 les Romains voudroient qu’on fist de ces etats de petites&#13;
197 republiques qui nappartinssent ny aux uns ny aux&#13;
198 autres. mais LEspagne n’y consentira jamais. Le&#13;
199 Pape a envoié des nonces extraord.re p.r lapaix, mais&#13;
200 LEmprereur n’a pas voulu recevoir le Sien, et les cartes&#13;
201 Se brouillent fort entre lui et Rome. Le Pape craint&#13;
202 que Si les francois avoient quel q.’ dessous; Les Jmperiaux&#13;
203 ne vinssent Se presenter devant Rome ou ils entre&#13;
204 roient co’e dans une campagne, et voila ce qui&#13;
205 occupe extremem.’ Le Pape vous voiez quele Diable&#13;
206 a Sceu bien diviser les esprits. Tous les potentats craignent&#13;
207 la trop grande puissance dela france&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
208 Javois retenu un moulange de l’an passé qu’on a&#13;
209 ambarqué dans le vaisseau de Roi, mais Jl nous ena&#13;
210 bien cousté p.r le f.re ambarquer. ony a aussi déjà&#13;
211 ambarqué tout le fer et tous les clous aplancher et&#13;
&#13;
�212 a couvrir que vous mavez demandé mais Je ne Scay&#13;
213 Si nous pourons avoir plus de cinq.te milliers de&#13;
214 clou a bardeau, Jln’y en a actuellem’ que 43. m.er&#13;
215 dambarquez, par cequ’on n’en peut avoir, le Roi&#13;
216 prenant tous les cloutiers p.r travailler p.r lui.&#13;
217 M. de Riverin à eu un facheux accident quand Jl&#13;
218 a eté ala veille departir. Jl estoit convenu avec Ses&#13;
219 associez dont Jl S’est Separé avec honneur de maniere&#13;
220 ay perdre plus de 15. ou 16000.# cela a obligé un de&#13;
221 Ses creanciers qui avoit delui un billet deprez de 7000.#&#13;
222 a lef.re mettre prisonnier au chatelet la veille quil&#13;
223 croioit partir. On n’a trouvé moyen del’en tirer qu’en&#13;
224 portant Son creanciers a accepter loffre quil a fait de&#13;
225 remettre deux billets Sur M Sauvage qui montent a&#13;
226 5230.# qui Sont dit il a Quebec chez M. Lazur, et Jl a&#13;
227 falluque Mgr de Quebec fust caution delexecution de&#13;
228 cette promesse. Jl paroist mesme lestre detoute la&#13;
229 dette deM. Riverin; mais la verité est quil n’est obligé&#13;
230 qu’a f.re executer cette promesse. Ne le dites apersonne car&#13;
231 Jln’y a que Mgr de Q. Son creancier et moy qui le Scavent&#13;
232 M Riverin croit Mgr obligé atoute Sa dette J’ay taché&#13;
233 a lui rendre en cela tout le Service qui adependu demoy&#13;
234 et en la consideration et acause dela famille de&#13;
235 Comporté.&#13;
236 Mgr de Q. Sestoit oublié de nommer un official; Je&#13;
237 l’ay prié de nommer M dela Colombiere, Jl m’a promis&#13;
238 de le lui escrire aujourdhui.&#13;
239 Je vous prie de dire a Nos bonnes Religieuses hospita=&#13;
240 lieres que Je n’ay encore pu toucher le principal de&#13;
241 leur fonds des coches et carosses, quoiq’ J’aye esté&#13;
242 plu.rs fois p.r cela. mais nous n’y perdons rien,&#13;
243 puisq’ Les arrerages courent Sur le pied du bail.&#13;
244 Je n’escris plus a M’gr. Lancien, aqui J’ay escrit trois&#13;
8&#13;
&#13;
M.’&#13;
Le riche&#13;
&#13;
245 lettres, parce q.’ Jene Scache plus rien alui mander.&#13;
246 Je vous prie de dire a M Glandelet que Je n’ay receu de M.&#13;
247 de Preaud aucune lettre.&#13;
248 ces Mess.rs du mont Louis ne veulent rien perdre dans la&#13;
249 depense quils ont faite l’an passé p.r M Le Riche qui&#13;
250 monte a 379.# quils mavoient remboursez. Jeleur an ay&#13;
251 offert damitié 250.# Jeles attends, et ne Scay quel parti&#13;
252 Jls prendront.&#13;
253 Nous avons Sceu trop tard que M Gay estoit parti p.r&#13;
254 Plaisance, et dela p.r Laccadie, mais M de Pontchartrain&#13;
&#13;
�Acadie&#13;
&#13;
255 a ordonné de l’en faire revenir. Je ne Scay Sil ne cherchera&#13;
256 pas des pretextes p.r rester.&#13;
257 Nous contons de vous envoier l’an passé leneveu deM.&#13;
258 Du Pré. Nous pourons le prendre cet automne au Sem.re et&#13;
259 Je lui ay dit devenir de temps en temps auSem.re nous voir.&#13;
260 Je croy avoir cy devant mandé que J’ay cent cinq.te livres en&#13;
261 argent prix de france a LEglise de S.t Thomas que Je remettray&#13;
262 co’e on voudra&#13;
263 J’ay donné a M Jonquaire un petit paquet des ursulines hospitalieres&#13;
264 de Diepe p.r celles de lhopital g’ral que Je vous prie delui faire&#13;
265 donner et le remettre a ces bonnes Religieuses.&#13;
266 Mgr de Q. voudroit me charger du Soin de cet hopital J’ay&#13;
267 déjà trop d’autres Soins Je n’y puis Suffire&#13;
268 on m’a dit que les Benedictins dela cong.on de S.t maur pourparlent&#13;
269 p.r Saller etablir aLaccadie. Je ne croy pas quils lefassent.&#13;
270 Jl faut finir cette lettre en vous demandant bien humblem/&#13;
271 v’re benediction, la continuation du Secours de vos prieres,&#13;
272 et la grace destrepersuadé qu’on nepeut estre plus absolum’&#13;
273 Monsieur votre tres humble et tres obeiss.’ Serviteur&#13;
274&#13;
ce 7. Juin 1702.&#13;
Tremblay&#13;
275 Je vous prie de dire encore a nos Relig.ses hospitalieres,&#13;
276 que Je leur ay conté avoir avancé aM Grignon Sur&#13;
277 leur facture 1600.# et en effet Je les ay avancé, par cequil me&#13;
278 manda en Jan.er dernier quelle monteroit a 2000.# Jl m’a mandé&#13;
279 depuis quelle niroit peutestre que 1500.# Et Si cela est Je leur&#13;
280 rendray 100.# de trop contez, ou en un mot cequil y aura deplus.&#13;
281 Je lui ay bien encore avancé prez de 1000.# où 1200.# Sur n’re facture&#13;
282 du Seminaire dont Jen’ay encore rien conté dans cette année.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250317">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11867">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/dbe664f62b8d0647ae8fd7e35b09468d.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=E6KBGwPNIR4C-UlOWAN3ZrIoVrb5LFwn3sr8XY2BGQUQAimWvJYOcQBLQP3EsEfyekKXtLxJ8Ri3y5gRoKqIa%7EwpFh4%7EkEk7iU5GQXMn4hVDf06Uy66iY%7EUhxeZJMryAdELoBCrI3Upt8ybZNqgz3SjiysgnIUzVuBSfU%7EPGM4LdbLrShxEQHv0bZdDRxFb3rT-4ngpx68ldgPK703pqHsJ1AzQc705rDCQ41T0UnU-SAo6dkghTUGZ53nZ2x1cIBsf4-11-5-IKVmXSe2D7Km1LYfrfS5fd9EcwaSsw-cgBCmoRwhU7TekT0NSCHV8mPetx%7EL21PC67MHA78uAXZw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e8af3bb43b9b668b057eba2b6efa5de5</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250315">
                    <text>����������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250318">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249900">
                <text>GAU2MKID</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249901">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249902">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249903">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 7 juin 1702)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249904">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe le supérieur du Séminaire de Québec que le roi a accordé une somme de 4 000 livres à la suite à l’incendie du Séminaire, mais il n’a pas encore reçu l’ordonnance et craint de ne pas pouvoir toucher l’argent à cause de la guerre. Il n’espère pas beaucoup de secours des bénéfices ou des aumônes des particuliers, car la France est dans un triste état. Il commente la guerre, les affaires de Rome, notamment les unions du clergé de Québec, le différend sur la Chine et les craintes du pape face aux armées impériales et françaises en Italie. Il a fait embarquer dans le vaisseau un moulange, du fer, des clous à plancher et à couvrir. Il a recommandé à Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, de nommer La Colombière comme official.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249905">
                <text>1702-06-07</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249906">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249907">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11867" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 36&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249908">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250319">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11865" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11866" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="583">
        <name>Guerres</name>
      </tag>
      <tag tagId="83">
        <name>Incendies</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="843">
        <name>Missions d'Orient</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18672" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11860">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/a493371ca06fbb0549225b3149eca907.png?Expires=1779321600&amp;Signature=XqbF4Ino-lfQt1NjobRQ%7EuaWPevmOs6BBuwTLw0yzx7lAVQCre2QZ4xZMXVt0Rk%7EK4M-gtSN0LnrQRQkNDtwsqqliBi2ILbVaV3MZtCr4lE44OGkttxOob1HBAxPfn9UR-Tup6mZBrrMdvqFCFPgQhegl97t6kJsTEGjmbB35uvp6skQNBzcq3Rb0I9M-HKBGpOi%7EAIucmQNwv2fmwQjHsKT-3SwFny-5KQrZGXIgRgkWMpb7D7TvNf%7E%7E91MgelDzpWriyRPAvhps1L81ysK2-qvWiUy2gbalXuMjATflN50RPYblJLs34yGVt1SZgV1tePbmsSWrzbs%7EFYWwdAvfg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11861">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/15e5e027fb2c2b7ef96f1895a807cefc.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=EWpUJy3xQcq9AWYyf00idZqQ5yOqcemGJnVr793iXv3LqJGNlMrW-%7Eh9gqrnXiff-Ex6DE3nas5FAe059vtVvHpUAi3yrO95%7E1cNLOVx7MaC4NV-O-QTZtnnZdMRv8z9J0-nTVyvsW0CWMD-sCoR7Kvj9MbtGE97WzytjyjpECwtLK-ASNf1yxhmpB7wPss3qSgd1jYB1bXp8LXW3JCV%7ElK8iV5QNcjWm-prrbiW9w3R3h3ahi5qAKUXZPuIAwCRfRGipJCY8MEHM4bdqSdOrEcNi1s0VeX-mCATRgI7K0v4KvmLOcFdepyNVHC2YRTWTCfXNQuwbwLi76Fg7Bmi3Q__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>438cc736b51236c900fff5e71002501a</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250306">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 3 juillet 1705)&#13;
&#13;
À M. des Maizarets&#13;
Paris, 3e juillet 1705&#13;
Monsieur,&#13;
Depuis mes lettres données à M. l’intendant de Canada, parti de Paris le 28e juin,&#13;
j’ai reçu une assez longue lettre de Mgr de Québec de 8 pages [de] menues écritures,&#13;
toutes de sa main. Par cette lettre, il me prie de lui écrire, parce que je lui apprends&#13;
mieux l’état de son diocèse qu’aucun autre. Il voudrait bien me prouver que je dois&#13;
lui payer les 2 000 livres des abbayes jusqu’à l’enregistrement. Il prétend ne devoir&#13;
payer que sa part de l’union d’une seule abbaye, qui est Bénévent, prétendant que&#13;
l’union de la mense abbatiale de Méobecq étant consommée, il ne doit y contribuer&#13;
en rien et que celle de l’Estrée étant toute pour le chapitre, il ne doit en rien payer.&#13;
Il se trompe cependant, car il a inséré dans les bulles que les rentes sur l’hôtel de&#13;
ville de l’abbaye de l’Estrée seront pour l’évêque. Elles ont de près de 500 livres&#13;
exemptes de toutes charges. Il doit donc en porter sa part sur ce pied. De plus,&#13;
quant à Méobecq, les rentes aussi sur la ville provenant des bois doivent être à&#13;
l’évêque. Elles sont du moins de 1 250 livres. Il doit donc porter sa part de l’union&#13;
à proportion qu’il en profite. Il ne veut pas que je remettre le paiement de ce que&#13;
je pourrai lui devoir à un compte que nous règlerons ensemble, qu’il prétend, selon&#13;
toutes les apparences, ne se pouvoir faire de plusieurs années ; ce qui me fait juger&#13;
qu’il ne voit nulle apparence à son élargissement et sur ce que j’avais ajouté que&#13;
quand je devrais quelque chose, je croyais qu’il serait aisé de le compenser avec ce&#13;
que ce prélat devait pour les années échues de ces petites écoles, il me répond qu’il&#13;
n’en doit qu’une seule année complète et qu’il ne la doit payer qu’en Canada.&#13;
Quant à cette seule année qu’il prétend devoir, il me semble qu’il y en a deux&#13;
échues en octobre 1704, car je ne lui en ai passé que trois en compte, savoir celle&#13;
échue en octobre 1700, 1701 et 1702. Il est vrai qu’il prétend que les écoles n’ont&#13;
commencé qu’en octobre 1700. Si cela est vrai, il n’en doit qu’une année en octobre&#13;
1704. Ce prélat, pour me prouver que je dois lui payer les 2 000 livres jusqu’à&#13;
l’enregistrement, se sert de deux raisonnements : le premier, que je lui paie ces&#13;
&#13;
�2 000 livres pour l’office canonial qui ne doit, dit-il, cesser qu’au jour de&#13;
l’enregistrement ; le second, qu’il ne croit pas que je fusse en droit de le dépouiller&#13;
de l’Estrée et Méobecq jusqu’à l’enregistrement de la bulle s’il n’avait pas fait de&#13;
traité avec nous. Je ne lui laisserai pas ces raisonnements sans réponses, qui&#13;
seraient trop longues à vous déduire. Il prévient une difficulté qu’il sent bien que&#13;
je lui ferai et il m’ajoute : « Vous croyez, dit-il, avoir plus par la bulle que par le&#13;
traité de partage et vous vous trompez. J’estime, dit-il, plus la mense abbatiale de&#13;
Méobecq que la monacale de Bénévent. Chacun estime ce qu’il n’a pas ; car moi&#13;
j’estime plus la monacale de Bénévent. » Il sera aisé de nous accorder. Il faudra en&#13;
venir à un partage et chacun jouira de ce qu’il aura. Il me presse ensuite de faire&#13;
enregistrer la bulle pour faire cesser le procès que fait le curé de Bénévent, qui ne&#13;
le regarde, dit-il, pas, mais la mense monacale, cela est facile à dire, mais il y a bien&#13;
des formalités pour parvenir à un enregistrement. Je n’y paierai aucun moment.&#13;
Ce prélat veut ensuite me prouver que j’ai reçu la lettre où il me parlait d’un&#13;
coadjuteur aussitôt que celle qu’il en écrivait au roi ; ce qui n’est pas assurément&#13;
vrai ; et il prétend ensuite que le refus que le roi en a fait ne peut venir que de&#13;
personnes qui ont, dit-il, informé le roi de la désunion qui était entre son&#13;
prédécesseur et lui, que M. le cardinal et le R. P. de La Chaize lui ont écrit que le&#13;
roi avait été un temps favorablement disposé, mais qu’ayant appris cette désunion,&#13;
il a refusé la grâce ; d’où il infère que ce sont les bons services qu’on a, dit-il, essayé&#13;
de lui vendre qui l’ont empêché. Il conserve dans le cœur toute la charité et la&#13;
tendresse pour ceux qui ont parlé ainsi. Dieu lui fait la grâce de souhaiter vouloir&#13;
faire plus de bien et d’aimer davantage ceux qui lui font du mal que ses propres&#13;
amis. Il demande cependant en quelle conscience on a pu dire cela dans un temps&#13;
où il a laissé Mgr l’Ancien le maître du diocèse, n’établissant que les deux grandsvicaires qu’il a eus lui-même et qui lui sont tout à fait soumis. Il prétend être si peu&#13;
éloigné des sentiments de Mgr l’Ancien qu’il veut comme lui conserver toute sa vie&#13;
le lien qu’il a contracté avec son Église. Il ajoute qu’il sait que ce prélat a été fâché&#13;
de l’avoir laissé dissoudre, mais que pour lui, il aura soin de faire croître jusqu’à&#13;
la mort l’amour de son Église à proportion des instances qu’on lui fera pour l’en&#13;
séparer. Il dit que sa vue, en demandant un coadjuteur, était qu’après l’avoir fait&#13;
travailler sous lui et avoir vu qu’il faisait bien et était goûté pendant plusieurs&#13;
années, l’aurait déterminé à lui laisser la place tout entière ou au moins à lui laisser&#13;
&#13;
�faire tout sur les lieux, pendant que lui aurait en France travaillé de concert avec&#13;
nous ou avec moi à l’établissement et à l’augmentation des colonies, ou pour&#13;
mieux dire, à celui que j’ai si heureusement commencé à faire à Mississippi, pour&#13;
lequel Notre-Seigneur lui a donné un grand penchant, mais que Dieu n’ayant pas&#13;
agréé sa pensée par le mauvais succès qu’il a donné à cette affaire, il connaît parlà qu’il veut qu’il marche sur les mêmes brisées et qu’il continue à prendre soin&#13;
par lui-même de son diocèse. J’ai voulu vous copier précisément les termes dont&#13;
le prélat s’est servi sans sa lettre pour que vous soyez mieux instruits de ce qu’il&#13;
pense.&#13;
Dans le reste de sa lettre, il me parle de plusieurs affaires temporelles dont vous&#13;
vous souciez peu. Il me marque qu’il a cru me faire plaisir en faisant venir à&#13;
Farnham, auprès de M. Bouteville, son petit Sauvage. Il m’exhorte à travailler pour&#13;
nos missionnaires de la Louisiane et pour M. Gaulin. Il souhaite que nos Messieurs&#13;
aient un bel emplacement au fort Louis de la Louisiane, afin d’y faire une belle&#13;
maison de pierres et une belle église. Voilà ce qu’il me mande, mais il n’y a aucune&#13;
autre nouvelle.&#13;
Je lui ai répondu hier et je lui mande surtout au sujet du coadjuteur que je puis&#13;
l’assurer que je n’ai reçu la lettre qu’il m’a écrite sur cela que quinze jours après&#13;
qu’il en a fait parler au roi ; que nous n’avons fait donner aucun mémoire où nous&#13;
ayons fait connaître sa désunion avec son prédécesseur, qui ne subsiste plus ; et&#13;
que si, malgré ces protestations, il veut mettre ce refus sur notre compte, nous&#13;
n’avons pas d’autre parti à prendre que de souffrir et lui laisser penser ce qu’il&#13;
voudra.&#13;
Je vous prie de dire à M. Buisson, au sujet des sœurs de la Congrégation, que je lui&#13;
ai promis de reprendre soin l’année prochaine de ce contrat de 175 livres pour&#13;
elles, qu’il m’avait remis l’an passé, que M. de La Pallière a cependant touché&#13;
jusqu’à présent. Il me promet que de l’année qu’il a touchée, depuis qu’il est parti&#13;
l’an passé de France, il en paiera à la veuve de M. de La Tour de l’Acadie de&#13;
l’arrérage de 35 livres par an qu’elle a à prendre en ce contrat, dont il est échu cinq&#13;
années, qui font 175 livres, qui est l’année qu’il a touché. Ainsi, les sœurs, si cela&#13;
&#13;
�se fait comme Mgr de Québec le propose, auront par an 140 livres à toucher dans&#13;
ce contrat de 175 livres.&#13;
Je vous prie aussi de dire ou écrire à M. Gaulin que je fais ce que je puis pour tirer,&#13;
pour M. Rageot et pour lui, 600 livres des suppléments de l’Acadie et que je&#13;
tâcherai de toucher avec cela 400 livres de son ordonnance, qu’on ne m’a pas&#13;
encore expédié. M. l’évêque de Québec et surtout M. de La Pallière, son grandvicaire, veulent que j’intervienne à Bordeaux dans un procès qu’il a contre le curé&#13;
de Bénévent. Cela me donnera bien de la peine et je fais ce que je puis pour m’en&#13;
défendre. Je crains cependant que je ne puisse les lui refuser. Personne ne craint&#13;
plus les procès que moi : chat échaudé, dit-on, craint l’eau froide.&#13;
Je n’ai pas encore reçu notre bulle des unions. Je prévois que j’aurai peine à vous&#13;
en envoyer une copie cette année. Je crois que nous paierons entièrement le fret de&#13;
tout ce que je vous envoie. Il n’y a plus d’apparence d’en avoir dans le vaisseau du&#13;
roi. Je finis cette lettre et y joins une autre, que j’ai écrite fort à la hâte, sur l’intérim,&#13;
pour M. de Glandelet et pour vous. Je suis très parfaitement, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay&#13;
Ce 3e juillet 1705&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250309">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11862">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/3332aa6df10345f80db8d742370cadfa.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=EhJDfA5WAuCxf7pDKbQDgokpx3okbubVf-QFSfjRUUYkXnQg6dx%7EmjM3w7wG%7Ea0lqsEZ-qnFT2I8RN7A2snsfWkEgKwSRAohYX2Bi9q5-wc2aCZyQrUTpkbhix4ZjU5hS15Ro--pSbQCeYa-eNDb-sNO9gd%7En98shvDClcF0-3IB5HPknG43pOZHh63MKr7Orciw8OfkqZiqnS41ksV5CPvOvUaJ8okn%7Et7wfXoRj5F5ty-rYwXSzIQiLSC9RCOjk%7ENVTDk8SeX63FtqnIMRyb6eg3jRA4GyofaXzEHpBkD18rb91uFm146FowoGP3bg2QRn%7EevqTJVYJ2y7ivc1IQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>ba9de53289bae2393b0888010a038124</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250307">
                    <text>1705, 3 juillet – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 44)&#13;
à M.de Maizerets.&#13;
&#13;
1 Monsieur No 44 Paris 3. Juillet 1705.&#13;
2 Depuis mes lettres donnéez a M LJntendant de&#13;
3 Canada parti de Paris le 28. Juin J’ay receu une assez&#13;
4 longue lettre de M’gr de Quebec de 8 pages menues escritures&#13;
5 toute de Sa main Par cette lettre Jl me prie de lui escrire par ce&#13;
6 que Je lui apprends mieux lestat de Son dioceze quaucun&#13;
7 autre. Jl voudroit bien me prouver que Je dois lui paier&#13;
8 les 2000.# des abbayes jusqu’a lenregistrem’, Jl pretend&#13;
9 ne devoir payer que Sa part de Lunion d’une Seule abbaye,&#13;
10 qui est Bennevent pretendant que Lunion de la manse&#13;
11 abbatiale de meobec estant consommée, Jl ne doit y&#13;
12 contribuer en rien, et que celle de L’estrée estant toute&#13;
13 p.r le chapitre, Jl ne doit en rien paier. Jl Se trompe&#13;
14 cependant, car Jl a Jnseré dans les bulles que les&#13;
15 rentes Sur lhotel de ville de Labbaye de L’estrée Seront&#13;
16 p.r LEvesq’ Elles Sont de prez de 500.# exemptes detoutes&#13;
17 charges. Jl doit donc en porter Sa part Sur cepied.&#13;
18 De plus quant a meobec Les rentes aussi Sur la&#13;
19 ville provenant des bois doivent estre a LEvesque,&#13;
20 Elles Sont du moins de 1250.# Jl doit donc porter&#13;
21 Sa part de Lunion a proportion quil enprofite&#13;
22 Jl ne veut pas que Je remette le paiem’ de ce que&#13;
23 Je pouray lui devoir a un compte que nous reglerons&#13;
24 ensemble quil pretend Selon toutes les aparences ne Se&#13;
25 pouvoir faire de plus.rs annéez, cequi me fait Juger quil&#13;
26 ne voit nulle apparence a Son eslargissement.&#13;
27 et Sur ce que Javois ajouté que quand Je devrois quelq’&#13;
28 chose Je croiois quil Seroit aisé de le compenser avec ce&#13;
29 que ce Prelat devoit p.r les annéez escheues deces petites&#13;
30 escoles Jl me repond quil n’en doit qu’une Seule année&#13;
31 complette, et quil ne la doit paier qu’en canada. Quant&#13;
32 a cette Seule année quil pretend devoir Jl me Semble&#13;
33 quil y en a deux escheües en 8.bre 1704. car Je ne lui en&#13;
34 ay passé que trois en compte Scavoir, celle escheüe&#13;
35 en 8.bre 1700. 1701. et 1702. Jl est vray quil pretend&#13;
36 que les escoles n’ont commencéez quen 8.bre 1700. Si&#13;
37 cela est vray Jl n’en doit qu’une année en 8.bre 1704.&#13;
38 Ce Prelat p.r me prouver que Je dois lui paier les&#13;
39 2000.# jusqu’a lenregistrem’ Se Sert de deux raisonnem.ts&#13;
40 Le 1.er que Je lui paie ces 2000.# p.r loffice canonial qui&#13;
&#13;
�41 ne doit ditil cesser qu’au jour de lenregistrem’ Le Second&#13;
42 quil ne croit pas que Je fusse en droit de le depouiller de&#13;
43 Lestrée et meobec, jusqu’a lenregistrem’ dela bulle, Sil&#13;
44 navoit pas fait de traité avec nous. Je ne lui laisseray&#13;
44 pas ces raisonnemens Sans reponses, qui Seroient trop&#13;
45 longues a vous deduire&#13;
46 Jl previent une difficulté quil Sent bien que Je lui&#13;
47 feray et Jl majoute, vous croiez ditil avoir plus par&#13;
48 la bulle que par le traité de partage, et vous vous&#13;
49 trompez, J’estime ditil plus la manse abbatiale de meobec&#13;
50 que la monacale de Bennevent. chacun estime ce&#13;
51 quil n’a pas, car moi J’estime plus la monacale de&#13;
52 Bennevent. Jl Sera aisé de nous accorder, Jl faudra&#13;
3.&#13;
&#13;
Mgr.&#13;
de S.&#13;
Valier.&#13;
&#13;
53 en venir a un partage, et chacun jouira de ce quil aura&#13;
54 Jl me presse ensuite de f.re enregistrer la bulle, p.r faire&#13;
55 cesser le procez que fait le curé de Bennevent qui ne le&#13;
56 regardent ditil pas, mais la manse monacale cela&#13;
57 est facile a dire, mais Jl y a bien des formalitez p.r&#13;
58 parvenir a un enregistrem’ Je n’y perdray aucun&#13;
59 moment.&#13;
60 Ce Prelat veut ensuite meprouver que J’ay receu la&#13;
61 lettre ou Jl meparloit d’un coadjuteur aussi tost que celle&#13;
62 quil en escrivoit au Roi, ce qui n’est pas asseurem’ vray.&#13;
63 Et Jl pretend ensuite que le refus que le Roi en a fait&#13;
64 ne peut venir que depersonnes qui ont ditil informé le&#13;
65 Roi de la desunion qui estoit entre Son Predecesseur et lui.&#13;
66 Que M Le Card.l et le R P delachaise lui ont escrit que le&#13;
67 Roi avoit esté un temps favorablem’ disposé, mais quayant appris&#13;
68 cette desunion, il a refusé la grace, Dou Jl Jnfere que ce&#13;
69 Sont les bons Services qu’on a ditil essayé de lui vendre qui&#13;
70 l’ont empesché. Jl conserve dans le coeur toute la charité&#13;
71 et la tendresse p.r ceux qui ont parlé ainsy, Dieu lui fait&#13;
72 la grace deSouhaiter vouloir faire plus de bien, et d’aymer&#13;
73 davantage ceux qui lui font du mal, que Ses propres amis.&#13;
74 Jl demande cependant en quelle conscience on a pu dire&#13;
75 cela dans un temps ou Jl a laissé M’gr Lancien le maistre&#13;
76 du dioceze, n’establissant que les deux grands vicaires&#13;
77 quil a eu lui mesme, et qui lui Sont tout a fait Soumis.&#13;
78 Jl pretend estre Si peu esloigné des Sentimens de M’gr&#13;
79 Lancien, quil veut comme lui conserver toute Sa vie&#13;
80 le lien quil a contracté avec Son Eglise, Jl ajoute quil&#13;
81 Scait que ce Prelat aesté fasché de lavoir laissé&#13;
82 dissoudre, mais que p.r lui Jl aura Soin defaire croistre&#13;
&#13;
�4&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
83 jusqu’a la mort lamour de Son Eglise aproportion des&#13;
84 instances qu’on lui ferapour l’en Separer. Jl dit que&#13;
85 Sa veüe en demandant un coadjuteur estoit quapres lavoir&#13;
86 fait travailler Sous lui, et avoir veu quil faisoit bien et estoit&#13;
87 gouté pend.t plus.rs annéez lauroit determiné a lui laisser&#13;
89 laplace toute entiere, ou au moins a lui laisser faire tout&#13;
90 Sur les lieux pendant que lui auroit enfrance travaillé de&#13;
91 concert avec nous ou avec moy a lestablissem’ et a l’aug=&#13;
92 mentation des colonies ou p.r mieux dire a celui que Jay Si&#13;
93 heureusem’ commencé a f..re a misissipî p.r lequel n’re Sg.r&#13;
94 lui a donné un grand panchant, mais que Dieu nayant&#13;
95 pas agrée Sa pensée par le mauvais Succez quil a donn[é]&#13;
96 a cette aff.re Jl connoist par la quil veut quil marche&#13;
97 Sur les mesme briséez et quil continüe a prendre Soin&#13;
98 par lui mesme de Son dioceze&#13;
99 J’ay voulu vous copier precisem’ les termes dont le Prelat&#13;
100 S’est Servi dans Sa lettre p.r que vous Soiez mieux instruits&#13;
101 de ce quil pense&#13;
102 Dans le reste de Sa lettre Jl me parle de plus.rs aff.res temporelles&#13;
103 dont vous vous Souciez peu, Jl me marque quil a cru me f.re&#13;
104 plaisir en faisant venir a farnhaam aupres de M Bouteville&#13;
105 Son petit Sauvage, Jl m’exhorte a travailler p.r nos miss.res de la&#13;
106 Louisiane et p.r M Gaulin, Jl Souhaite que nos M.rs ayent&#13;
107 un bel emplacem’ au fort Louis de la Louisiane, afin dy faire&#13;
108 une belle maison de pierre et une belle Eglise. voila ce&#13;
109 quil me mande, mais Jl n’y a aucune autre Nouvelle&#13;
110 Je lui ay repondu hier, et Je lui mande Surtout au&#13;
111 Sujet du coadjuteur que Je puis lasseurer que Je&#13;
112 nay receu la lettre quil ma escrit Sur cela que&#13;
113 quinze Jours apres quil en a fait parler au Roi&#13;
114 que nous navons faît donner aucuns memoires&#13;
115 ou nous aions fait connoistre Sa desunion avec&#13;
116 Son predecesseur qui ne Subsiste plus, et que Si&#13;
117 malgré ces protestations Jl veut mettre cela refus Sur&#13;
118 notre compte, nous navons pas dautre parti&#13;
119 a prendre que de Souffrir, et lui laisser penser&#13;
120 cequil voudra&#13;
121 Je vous prie de dire a M Buisson au Sujet des Sœurs&#13;
122 dela Cong.on que Je lui ay promis de reprendre Soin&#13;
123 lannée prochaine de ce contract de 175.# p.r elles&#13;
124 quil mavoit remis l’an passé, que Mr dela Palliere&#13;
125 a cepend.’ touché jusqu’a pnt. Jl me promet que de&#13;
&#13;
�126 lannée quil a touché depuis quil est parti lan&#13;
127 passé de france Jl en paiera a la v.e de M.r de&#13;
128 la Tour de Laccadie arrerages de 35.# par&#13;
129 an quelle a a prendre en ce contract, dont Jl en&#13;
130 est echu cinq annéez qui font Justem’ 175.# qui&#13;
131 est lannée quil a touché. ainsy les Sœurs, Si&#13;
132 cela Se fait co’e Mgr de Q. le propose auront&#13;
133 par an 140.# a toucher dans ce contracct de&#13;
134 175.#&#13;
135 Je vous prie aussi de dire ou escrire a M Gaulin&#13;
136 que Je fais ce que Jepuis p.r tirer p.r M&#13;
137 Rageot et p.r lui 600.# des Suplemens de Lacadi&#13;
6&#13;
&#13;
138 et que Je tacheray de toucher avec cela 400.#&#13;
139 de Son ord.ce qu’on ne m’a pas encore expedies&#13;
140 M LEveq’ de Quebec et Surtout M de la Pallier[re]&#13;
141 Son Grand vicaire veulent que J’intervienne a&#13;
142 Bordeaux dans un procez quil a contre leCuré&#13;
143 de Bennevent. cela me donnera bien de lapeine,&#13;
144 et Je fais ceque Je puis p.r men defendre&#13;
145 Je crains cepend.’ que Je ne puisse les lui&#13;
146 refuser. Personne ne craint plus les procez&#13;
147 que moy. Chat eschaudé diton, craint Leau&#13;
148 froide&#13;
149 Je n’ay pas encore receu Notre bulle des&#13;
150 unions. Je prevois que Jauray peine a&#13;
151 vous en envoier copie cette année.&#13;
152 Je crois que nous paierons entierem’ le fret&#13;
153 de tout ce que Je vous envoye Jl n’y a plus&#13;
154 d’aparence den avoir dans le vaisseau du&#13;
155 Roi. Je finis cette lettre et y joins une&#13;
156 autre que Jay escrite fort a la haste Sur Linter/&#13;
157 p.r M Glandelet et p.r vous. Je Suis tres&#13;
158 parfaitem’ Mon sieur votre tres humble&#13;
159 et tres obeiss’ Serviteurs Tremblay&#13;
160&#13;
ce 3. Juillet 1705.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-np-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250310">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11863">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/feb5351172f82aabc3bec307487bf3da.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=wNWhyvunkr9KlwxCyqkEuiz9ALUiJAZz8lYmpllrYG-E4YnJCBW9allGWRxxsWQpFfGQojrpeQ3dMcoBkS-IWZxMQ2FD2pvy0fw6TB6UzeX3EUEbiFCX2fFKcyYhDxNuzdZ16yvkGxCASC9lV%7EeFOMgbaN3ViK0O%7EVn2PEDKBazbyeuc4ken-UR%7ENtHfbL6%7EHidOFlub2zGjJb32%7EjNplU8Zrunj5h4mUugA-K3HS2UKqCFiDrf4l%7EyWaEXb0SPTpe5cdk-E%7EfAVwMAaQTRb8S%7ENKYHRGn2cJdQa52F-OCbNvmRyfBTRfeoVwL5JOQGSzHSZxFAFjPRyg6NxEXe99A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>0390329bced3f5fa01c554e9f5959b8e</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250308">
                    <text>������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250311">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 44&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249891">
                <text>F85H44EU</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249892">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249893">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249894">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 3 juillet 1705)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249895">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris rapporte au supérieur du Séminaire de Québec que Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, lui a écrit une longue lettre où il lui expose ses arguments sur le paiement des abbayes, sa demande de coadjuteur et ses projets pour son diocèse et des missions en Louisiane. Il lui a écrit en réfutant ses raisonnements sur les abbayes, en lui assurant qu’il n’a pas influencé le refus du roi de lui accorder un coadjuteur et lui a conseillé de faire enregistrer la bulle des unions. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249896">
                <text>1705-07-03</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249897">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249898">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11863" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 44&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249899">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250312">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11861" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11862" class="show"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11862" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18671" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11855">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/24047f49338ac396ae0e8f582d07e0e4.png?Expires=1779321600&amp;Signature=sSR2BzFSbMzij-bnfmGQFmD-JVnNFiEhAMR4UlSfvyClDYdCW%7EFGERNH6Dhf9FW9I3is3nuPRsUTVAxTfyqnTJwbjHvY2qkt66ns66ea3r3a6HG0fGGdwxBXykL9Dzpz%7EN2C1qMbVClOVMPmHvOArnEwODI%7Ezmk92EldgEZMZNRNGtzEFK8hpV%7EveNkepS6TzL6avlb%7EdeAsGNn38YgMWyW%7EeQmhC2rz9WC7XbCewyz0N4asXu3KOGseGm18CAjtp0oUiTbA65hn4UfVuWq%7EmrGOZkURJw8oe1wdRGBIzVJlWfaPFFl6lEJ8jQCFswLkMFSD5ZidjIsi7r8Rl9Pkgg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11856">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/0efbf1b08e5e63b6fe41828b480ad02e.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=D4zrqufmxLFEWBoAXq-ZoU7hj4xrFq%7EvcmME6ophZUnI%7E%7ES4lfac4TyVWXz%7EalaO1ajoz1wVzj20Fnm-2DCnFW8NZD0bStC7b%7ErAdZuR7VrPnDIAey3viFswyO21yE0e5PiOTztKgVgmM7ju3EdwgY-dVSCsu%7EIzQrxn71mexuzD6J55fF9uSzdFbb98evwXYm8Qv0z7rH3xQrFHld16VNCI6189SrDkPqdk2RBvJDXuJEVuHdZmf9D2O1C9mM26m-ZcjqHABoEhCiilxncZzcP%7E3SKD-uzmfMS-pnuAXwhPHYHkdITvqd%7EMku4hoYTkhRhiJK0hf96QqUSr0RrDkA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>780685ed7a9092da516ad55285397c66</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250297">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 31 mars 1702)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je commence à vous écrire cette lettre pour vous l’envoyer par le premier vaisseau&#13;
qui va partir pour le Nord et qui sera de très bonne heure à Québec. Nous&#13;
apprîmes l’an passé, par la voie d’Angleterre, la mortalité qui s’était répandue dans&#13;
le Canada à la fin de 1700, dans laquelle nous avons perdu M. de Bernières1 et&#13;
M. Doucet2. C’est assurément une grande perte et je l’ai ressentie vivement. Dès&#13;
que j’en fus sûr, je l’écrivis à la supérieure des Ursulines de Caen pour procurer à&#13;
M. de Bernières des prières de sa famille et nous ne manquâmes pas d’en faire dans&#13;
le Séminaire à Paris pour lui, comme nous y sommes obligés. J’appréhendais que&#13;
sa famille ne nous redemandât les 1 200 livres qu’elle nous avait payées pour lui&#13;
en 1701, mais non seulement on ne me l’a pas redemandé, mais au contraire&#13;
Mme de Vaubénard m’a prié de faire tenir encore 100 francs à M. des Maizerets à&#13;
Québec, sans doute pour encore faire prier Dieu pour M. de Bernières. Je les ai&#13;
reçus, en ce qu’ils ont été touchés par le cordonnier, à qui j’ai encore payé 320 livres&#13;
pour payer les souliers que M. des Maizerets a demandés, la somme en ayant&#13;
monté à Caen à 420 livres.&#13;
Je crois, Monseigneur, avoir reçu toutes vos lettres et celles de nos Messieurs.&#13;
Cependant, comme il m’en est venu par une quantité de gens. Il serait nécessaire,&#13;
par les derniers vaisseaux, de m’en faire un catalogue, afin que je visse si je les ai&#13;
toutes reçues, car il pourrait s’en perdre. Il faudrait même prendre garde à qui vous&#13;
les donnez. On m’en remit un fort gros paquet des vôtres plus d’un mois après les&#13;
autres reçues et ce fut un crocheteur qui me l’apportât avec un paquet de nos&#13;
religieuses hospitalières. Ce crocheteur avait mis dessus 3 livres, 16 sols de port. Je&#13;
le menaçai de M. d’Argenson et retirai le paquet en lui donnant 15 sols. Il faut que&#13;
vous ayez donné ces lettres à M. Rondeau, qui les a données à quelqu’un à&#13;
distribuer, qui a voulu faire des friponneries. Rien n’est plus de conséquence que&#13;
de donner nos lettres à des personnes sûres.&#13;
Henri de Bernières, v. 1635-1700, fut parmi les premiers prêtres venus au Canada avec Mgr de Laval. Il fut&#13;
successivement supérieur du Séminaire de Québec, curé de Québec et grand-vicaire.&#13;
2&#13;
Alexandre Doucet, 1657-1701, curé de Charlesbourg (1690-1701)&#13;
1&#13;
&#13;
�Je n’étais guère en état, Monseigneur, lorsque je reçus vos lettres, d’acquitter la&#13;
lettre de change de M. de Benac. Cependant, comme je vis que Votre Grandeur le&#13;
souhaitait fortement, j’écrivis sur le champ à M. de Benac pour l’assurer que s’il&#13;
voulait entrer en considération sur ce qu’il demandait pour le retardement de son&#13;
argent, je lui paierais dès le mois de janvier sa lettre de change, que plusieurs ne&#13;
demandent rien pour le retardement, dans ce temps-ci surtout, où l’argent est si&#13;
rare et où rien n’est plus ordinaire que de protester des lettres de change.&#13;
M. de Benac ne voulut entrer en aucune considération et ne voulut rien diminuer&#13;
des 109 livres qu’il demandait pour le retard de ce paiement. Ce qui m’obligea de&#13;
lui écrire que, sur ce pied-là, je ne la lui paierais qu’à la fin de juin, puisqu’il se&#13;
faisait payer jusqu’à ce temps-là des intérêts de son argent. Il m’a fait ensuite prier&#13;
par M. Bourlet, agent de change du Canada, de la lui payer ; ce que j’ai fait au&#13;
15 février et lui ai payé 89 livres, outre 1 350 livres ; ce qui fait en tout 1 439 livres.&#13;
M. de Benac nous a traités à la rigueur et si je n’avais peur de faire quelque peine&#13;
à Votre Grandeur, s’il vous fut revenu qu’elle n’eût pas été si tôt acquittée, je ne&#13;
l’aurais payé qu’à la fin de juin pour le traiter aussi à la rigueur.&#13;
Dès que je reçus vos lettres, Monseigneur, je ne manquai pas d’agir auprès de&#13;
M. Berthelot3 pour son île [d’Orléans] et au lieu de 20 000 livres qu’il me l’avait&#13;
laissée, je lui en offris tout d’un coup 25 000 ; mais je lui demandais d’acheter avec&#13;
quelque assurance et il ne m’en voulait point donner d’autre que de consentir que&#13;
je fisse un décret en Canada de sa terre. J’étais sûr que Mgr de Québec ne courait&#13;
pas sur mon marché, car ce prélat avait lui-même dit à M. Berthelot qu’il ne l’avait&#13;
voulu acheter que pour nous et qu’ainsi, il pouvait me la vendre sans difficulté.&#13;
M. Berthelot en voulait 30 000 livres et que je lui fisse tenir les deniers qui lui&#13;
seraient dus pour les arrérages, qu’il faisait monter à 5 800 livres ; et comme il me&#13;
dit qu’il voulait avoir le quart argent comptant en passant le contrat et le surplus&#13;
dans un an au retour des vaisseaux, je conférai de tout cela avec nos Messieurs. Je&#13;
consultai quelle sureté il y aurait d’acheter d’un homme comme lui, engagé dans&#13;
les affaires du roi et qui doit autant qu’il doit, et tous ceux avec qui j’en conférai&#13;
me dirent qu’il n’y avait nulle assurance et que le quart que j’avancerais et le&#13;
surplus que je pouvais seraient toujours sujets aux recherches que l’on en pouvait&#13;
&#13;
François Berthelot, 1626-1712, il échangea l’île Jésus pour l’île d’Orléans avec Mgr de Laval et loua&#13;
l’abbaye de l’Estrée&#13;
3&#13;
&#13;
�faire pour les deniers du roi, que même ses créanciers se pourvoiraient contre un&#13;
décret fait en Canada et surtout ses enfants, à qui il n’a pas encore rendu compte&#13;
et qui ont la moitié dans cette île, à cause de leur mère. Je vous avoue que toutes&#13;
ces difficultés m’ont obligé d’aller à pas comptés dans cette affaire et de ne me pas&#13;
presser.&#13;
J’avais cependant vu M. Berthelot quatre fois dans le mois de janvier. Je lui avais&#13;
même offert jusqu’à 27 000 livres, dont je paierais 6 000 livres comptant le jour du&#13;
contrat signé pour son île et [ai] offert en même temps de lui faire bon des deniers&#13;
qu’il aurait en ce pays-là ; mais je fus tout surpris lorsque Mgr de Québec m’apprit&#13;
à la fin de février que Mme Pachot faisait demander à M. de Pontchartrain les lots&#13;
et ventes de l’île d’Orléans. Je fus voir M. Berthelot, qui me parut n’avoir pas vendu&#13;
et me dit qu’il me rendrait réponse le lendemain et il m’apprit deux jours après&#13;
que Mme Pachot achetait son île 30 000 livres et qu’elle lui faisait bon de 5 800&#13;
livres d’arrérages échus. Comme je n’avais pu jamais tirer de M. Berthelot parole&#13;
pour me donner quelque assurance pour l’acquisition de cette île, vu le mauvais&#13;
état de ses affaires, et que tous ceux qui les entendent m’ont toujours dit qu’il y&#13;
avait tout à craindre de cet homme-là, je vous avoue, Monseigneur, que je ne&#13;
saurais avoir un grand regret de n’avoir pas acquis. Je n’ai agi que par pure&#13;
déférence pour ce que vous me marquiez et je n’ai rien à me reprocher des&#13;
démarches que vous m’avez ordonné de faire ; car quoi que vous m’ayez marqué&#13;
que je pouvais pousser l’achat de cette île jusqu’à 30 000 livres, vous m’avez assez&#13;
laissé entrevoir que c’était là pousser au-delà de ce qu’elle peut valoir. D’ailleurs,&#13;
et vous et M. Soumande et M. Hazeur me prient de ne pas acheter s’il n’y a toute&#13;
sûreté. Et je vous avoue que je n’y en vois aucune. Il se pourra faire que&#13;
Mme Pachot ne sera pas inquiétée, mais elle le peut être et tout est à craindre.&#13;
On pourrait peut-être croire que M. Berthelot, dont je n’ai pas sujet d’être content,&#13;
en a agi ainsi à cause des deux difficultés que vous lui avez faites, quoique je ne&#13;
lui en ai presque pas parlé et que je lui ai dit que s’il faisait affaire avec nous, nos&#13;
différends seraient terminés ; et ce qui m’a porté à ne pas appuyer sur ces&#13;
difficultés, c’est que je les crois, sauf un meilleur avis, toutes les deux mauvaises et&#13;
mal fondées. La première, qui regarde la garantie de l’île Jésus, met M. Berthelot à&#13;
couvert, car il y a 25 ans que vous possédez l’île Jésus, et même 27, sans que vous&#13;
ayez été inquiété ni troublé ; vous ne sauriez lui alléguer aucun trouble ; que si&#13;
&#13;
�vous avez quelque crainte, il n’est pas obligé de vous en guérir. J’ai consulté cette&#13;
affaire et on n’y trouve aucun fondement de notre part contre M. Berthelot. La&#13;
seconde, qui est au sujet des fiefs que vous prétendez relever de la Côte-deBeaupré, quoiqu’ils soient situés en l’île d’Orléans, j’ai déjà consulté deux ou trois&#13;
habiles gens, mais surtout M. Carnot, notaire, qui doit entendre la force des termes&#13;
du contrat passé chez lui, et il croit que quand vous alléguez dans un contrat&#13;
vendre à M. Berthelot sans en rien retenir ni réserver toute l’étendue de la terre et&#13;
seigneurie de l’île d’Orléans, vous êtes censé lui vendre les fiefs s’il y en a et tout,&#13;
en un mot, ce qui vous appartient ; ce qui confirme ce droit, c’est que vous en avez&#13;
laissé jouir M. Berthelot et jusqu’à l’ensaisinement de Perrot, vous avez cru n’avoir&#13;
rien à prétendre sur l’île Saint-Laurent [d’Orléans] et vous avez laissé jouir&#13;
M. Berthelot des autres droits seigneuriaux comme de la justice, etc. Cependant,&#13;
pour en être encore plus sûr, je consulterai encore quelques habiles gens là-dessus&#13;
avant le départ des derniers vaisseaux.&#13;
Au reste, Monseigneur, je serais très affligé si je voyais que cette affaire étant&#13;
manquée vous songiez à la reprendre des mains de Mme Pachot : si elle ne valait&#13;
rien des mains de M. Berthelot, elle vaut encore moins de celles de Mme Pachot. Il&#13;
faut s’en consoler et faire en sorte de s’en passer ; que si les moulins n’en valent pas&#13;
tant à la Côte-de-Beaupré, il faut s’en contenter. On peut fort bien s’empêcher&#13;
d’avoir ensemble des procès en demeurant chacun dans ses bornes et se contentant&#13;
de ses vassaux.&#13;
Pour M. Soumande, il trouvera bien un aussi bon emploi de son argent. Je crois&#13;
que si l’on pouvait bien établir l’île Jésus, on en tirerait un meilleur profit que de&#13;
l’île d’Orléans ; car enfin Votre Grandeur sait que les terres de l’île ne sont pas&#13;
bonnes, excepté à la Sainte-Famille, que le bois s’y consomme tous les ans et que&#13;
plusieurs habitants n’en auront plus sur leur terre dans quarante ans. Toutes ces&#13;
considérations que j’ai faites depuis me font croire que ce n’est pas un grand&#13;
dommage pour nous de n’avoir pas fait cette acquisition, surtout ne la pouvant&#13;
faire sûrement.&#13;
Quoique Votre Grandeur ait vu par tout ce que je lui ai écrit l’an passé que mes&#13;
affaires sont bien dérangées en France par les lettres de change que vous avez&#13;
tirées, je suis cependant persuadé qu’elle ne les croit pas au point où elles le sont&#13;
&#13;
�en effet. Je pousse le temps de l’épaule le plus que je puis, mais il est impossible de&#13;
soutenir plus longtemps de telles avances où je suis pour le Séminaire de Québec.&#13;
Je ne me décourage pas aisément et quoique je parle fortement et à Votre Grandeur&#13;
et à nos Messieurs, je ne jette pas si aisément le manche après la cognée. Il est&#13;
pourtant difficile et presque impossible de soutenir longtemps un état si violent.&#13;
On ne peut être plus consolé que je l’ai été de la manière bonne et charitable dont&#13;
vous m’avez écrit sur les griefs, dont j’ai pris la liberté de me décharger dans le sein&#13;
de Votre Grandeur ; mais vous auriez, ce me semble, dû y ajouter quelques secours&#13;
extérieurs pour soutenir la consolation de vos paroles, car quelque obéré que soit&#13;
le Séminaire en Canada, on aurait bien pu me renvoyer les 2 000 livres des prêtres&#13;
qui sont hors d’état de servir et laisser ce que j’aurais pu toucher en France pour&#13;
rembourser les avances. Vous serez surpris jusqu’où ces avances vont cette année,&#13;
car elles vont à plus de 10 000 livres à l’heure que je vous écris ceci.&#13;
Vous me mandez, Monseigneur, que nous ne devrons dépenser tous les ans que&#13;
moitié des 3 000 livres qu’on nous donne pour Mississippi et en retenir moitié pour&#13;
nous rembourser des lettres de change que j’ai payées. Je crois cela impossible et&#13;
nous serons heureux si ces Messieurs qui sont au Mississippi ne nous dépensent&#13;
que les 3 000 livres tous les ans. Vous en verrez la preuve par ce que m’écrit&#13;
M. de Saint-Cosme4 dans le vaisseau de M. de La Ronde, qui y était allé l’an passé&#13;
en février 1701 et qui en est revenu en février de cette année. M. de Saint-Cosme&#13;
prétend qu’il faut à chaque missionnaire, dans chaque mission, 200 écus et pour la&#13;
mission des Natchez, il ne craint point de dire qu’il lui faut 400 écus. Il me mande&#13;
qu’ils doivent 1 200 livres à leurs engagés. Il tire sur moi une lettre de change de&#13;
220 livres et il me marque que M. Davion5 en a aussi tiré. Si chacun a ainsi la liberté&#13;
de me tirer des lettres de change, où en serais-je ? Et si chacun dépense à sa&#13;
fantaisie, prend ce qu’il voudra et agisse ainsi sans subordination, quelle mesure&#13;
peut-on prendre ?&#13;
&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme, curé aux Mines de 1692 à&#13;
1698&#13;
5&#13;
Albert Davion, m. 1726, curé sur l’île d’Orléans de 1690 à 1698, puis missionnaire du Séminaire de Québec&#13;
au Mississippi avec Saint-Cosme&#13;
4&#13;
&#13;
�Vous avez cru que M. Bergier6 serait nécessaire aux Tamarois, afin qu’il eût&#13;
communication avec Québec. Je le croirais plus nécessaire au bas du fleuve pour&#13;
recevoir ce qui vient de France et y avoir la communication nécessaire empêcher&#13;
que d’autres ne tirent des lettres de change. Donnez à chacun ce qu’il lui faut et&#13;
payez les engagés. Je sais qu’il est fâcheux de déplacer un missionnaire qui a déjà&#13;
appris une langue pour le mettre ensuite ailleurs, mais outre que vous verrez, par&#13;
les lettres que M. Bergier écrivait à M. de Montigny, les ruses dont les Jésuites se&#13;
sont servis pour éluder la condamnation qu’ils avaient de nous quitter, les&#13;
Tamarois en ayant ruiné le village et l’ayant si fort affaibli qu’ils l’ont fait devenir&#13;
à rien. Je croirais M. Bergier plus utile près de la mer, à portée d’aller où sont les&#13;
Français, que vers les Tamarois. Je prévois que cet établissement de mission nous&#13;
coûtera beaucoup et ne servira de rien. Les Jésuites nous y traverseront en tout et&#13;
ils viendront se mêler avec nous pour débaucher les Sauvages des lieux où nous&#13;
serons, ils feront valoir M. d’Iberville7, nous décrierons dans l’esprit des Sauvages,&#13;
comme vous le verrez dans ce que mande M. Bergier. Jugez ce qu’on peut penser&#13;
d’eux qui abandonnent leurs anciennes missions pour se venir jeter au milieu de&#13;
nous.&#13;
Le P. de Limoges8 est venu s’établir aux Houmas, sans patentes de M. l’évêque,&#13;
sans aucune mission qu’au plus de leurs pères, qui n’ont d’autre vue en cela que&#13;
de nous traverser, de nous brouiller, de nous décourager. Pour moi, je le suis&#13;
beaucoup par tout ce que m’écrivit M. de Saint-Cosme, dont je tâcherai de vous&#13;
envoyer copie, aussi bien que de ce que M. Bergier écrivait à M. de Montigny de&#13;
ce qui se passait aux Tamarois, dont M. de Saint-Cosme a envoyé l’original à&#13;
Mgr de Québec. Vous y apprendrez comme les Jésuites ont déjà éludé ce qui a été&#13;
réglé sur les Tamarois, comme ils se font valoir pour mépriser leurs antagonistes,&#13;
comme ils tâchent d’ôter à M. Bergier toute la facilité d’apprendre la langue. Je vois&#13;
en petit dans ce qui se passe au Mississippi un crayon de ce que les Jésuites font&#13;
aux Indes depuis plus de cent ans, où par leur jalousie contre tous les prédicateurs&#13;
évangéliques, ils ont ruiné la religion au lieu de l’établir.&#13;
&#13;
Marc Bergier, v. 1667-1717, missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
Pierre Le Moyne d’Iberville, 1661-1706, explorateur et commerçant, principalement de la baie d’Hudson&#13;
8&#13;
Joseph de Limoges, m. 1704, jésuite missionnaire à La Mobile&#13;
6&#13;
7&#13;
&#13;
�Nous n’avons pas été peu surpris, Monseigneur, d’apprendre que vous aviez cédé&#13;
aux Jésuites la mission de Pentagouet pour le bien de la paix. S’il la faut acheter à&#13;
ce prix, il faudra leur abandonner toutes les missions sauvages ; car je vois qu’ils&#13;
ont bien envie de vous en dégoûter. Vous aviez peut-être des raisons que nous ne&#13;
connaissons pas, mais c’est dommage de laisser cette mission après qu’il a tant&#13;
coûté à M. Thury9 à l’établir.&#13;
Les affaires de l’Acadie sont réglées à la Cour. Le roi a repris le pays et y a nommé&#13;
pour gouverneur M. de Brouillan avec 4 000 livres d’appointement pour&#13;
lieutenant du roi, M. Bonaventure, et pour major, M. Villieu. On a remis la famille&#13;
de M. de La Tour en possession de Port-Royal et des Mines et pour dédommager&#13;
M. Le Borgne de La Rochelle de ses prétentions sur cette famille, on lui a donné&#13;
une grande concession à la rivière de Pentagouet. Je ne doute pas qu’il n’y aille&#13;
faire quelque établissement, mais comme il n’a pas les reins forts, il aura peine à y&#13;
faire grand-chose et cela tombera à rien ; et s’il n’agit pas bien à l’égard des&#13;
Sauvages, il sera aisé d’en faire ses plaintes à la Cour, où il n’aura pas grand crédit.&#13;
Nous avons exposé au ministre que M. Maudoux voulait absolument quitter le&#13;
Port-Royal et revenir en France et qu’il fallait pourvoir au spirituel de ce lieu, dont&#13;
nous ne pouvions nous charger. M. de Pontchartrain, qui a continué cette année à&#13;
écouter les faux rapports qu’on lui a faits de M. Maudoux, n’a pas eu de peine à&#13;
contribuer à ce retour. Il a donc mandé à Mgr de Québec et à M. notre supérieur&#13;
que le roi lui avait accordé la permission de revenir et marqué à M. de Brisacier&#13;
que s’il veut y envoyer une personne à sa place, il faut qu’il la fasse partir avant la&#13;
fin de mars. Il avait écrit à M. de Québec qu’il ordonnait à nos Messieurs d’y en&#13;
envoyer un. M. l’abbé de Brisacier lui a répondu que nous n’avons aucun sujet&#13;
préparé pour cela, que d’ailleurs si nous nous en étions chargés, nous ne l’aurions&#13;
fait qu’à condition d’envoyer tout d’un coup quatre prêtres ensemble pour ces&#13;
lieux-là qui pussent s’entre-soutenir et qu’il fallait plus d’une année pour préparer&#13;
ainsi quatre sujets.&#13;
J’ai su que M. de Pontchartrain, M. de Chevry et M. de Québec avaient frappé à&#13;
toutes les portes pour trouver des sujets pour ce pays-là qui y pussent former une&#13;
communauté. Ils en avaient demandé à Saint-Lazare, aux Bénédictins, aux&#13;
9&#13;
&#13;
Louis-Pierre Thury, 1644-1699, supérieur des missions du Séminaire de Québec en Acadie&#13;
&#13;
�Bernardins, aux Pères de Saint-Antoine et de la Doctrine chrétienne, à ce qu’on m’a&#13;
dit, et enfin aux Récollets. Je ne sais pourquoi ils n’ont pas fait affaire avec aucune,&#13;
mais nous ne devons pas être leur pis-aller et nous devons les laisser faire sans&#13;
nous en mêler. C’est pourquoi si vous pouviez rappeler M. Le Voyer en Canada,&#13;
je crois que ce serait un bien, d’autant plus qu’il craint d’être attaqué d’un mal dont&#13;
il vous aura sans doute écrit, qui demanderait qu’il fût auprès de vous pour&#13;
l’examiner. M. de Québec m’a cependant promis de me donner pour lui 100 écus&#13;
de supplément pour les Mines. C’est pourquoi il ne faudrait pas le rappeler qu’à&#13;
la fin de l’année et mander en France qu’on y pourvoit.&#13;
Je ne laisse pas de regretter cette pauvre colonie, pour laquelle je me sentirais de&#13;
la dévotion et j’aimerais y contribuer à l’établissement du clergé, qui pût, aux&#13;
portes de Boston, faire sentir aux hérétiques la fausseté de toutes les calomnies&#13;
qu’ils imputent à l’Église catholique ; mais je n’y pense plus pour moi depuis que&#13;
vous m’en avez donné l’exclusion.&#13;
Je suis bien tourmenté de M. Gay10, dont j’ai le moyen de connaître l’esprit&#13;
extraordinaire. Il me fait cinq ou six demandes, toutes plus impertinentes les unes&#13;
que les autres. Il veut que je lui paie le supplément des Mines au prorata du temps&#13;
qu’il y a été. Il prétend que je lui dois payer certain argent qu’il dit avoir avancé à&#13;
M. Boulanger et d’autre qu’il dit lui être dû par M. Le Voyer. Il prétend que je lui&#13;
dois rembourser toute la dépense qu’il a fait pour venir des Mines à Québec et y&#13;
retourner, parce que ce voyage n’a, dit-il, été fait que sur les lettres de&#13;
M. des Maizerets ; que je lui dois de plus payer les frais de son retour à Paris, parce&#13;
que, dit-il, c’est nous qui l’avons fait revenir ; enfin, il veut sa part dans les&#13;
2 000 livres des prêtres hors d’état de servir. J’ai déjà soutenu deux ou trois aprèsdîners [de] ces entretiens qui me déplaisent fort, parce que M. l’abbé de Brisacier&#13;
le souhaite. J’en dois encore soutenir un après-midi. Je suis bien résolu à ne lui rien&#13;
accorder de toutes ces demandes. Il me menace d’en porter ses plaintes à&#13;
M. l’archevêque, de nous attaquer en justice réglée et d’en porter même ses plaintes&#13;
au roi. Il faut être préparé à subir toutes ses saillies. Cela servira à mourir à soi&#13;
davantage.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Robert-Michel Gay, 1663-1725, sulpicien&#13;
&#13;
�Je suis très fâché, Monseigneur, d’avoir envoyé l’an passé M. Leriche par le MontLouis et qu’il n’y ait pas été envoyé, car ces Messieurs me redemanderont les frais&#13;
qu’ils ont remboursés pour M. Leriche, qui vont à près de 400 livres. C’est une&#13;
dépense que je me serais bien dispensé de faire, car nos affaires ne me le&#13;
permettent pas. Ces Messieurs ont un gros procès avec M. Riverin, qui le soutient&#13;
fort bien et j’espère qu’il n’y succombera pas. Ils me sont venus demander cette&#13;
année un nouveau prêtre pour y renvoyer avec cet homme qu’on a dépeint si&#13;
violent, qui y retourne. Mgr de Québec leur a donné un prêtre, qui est sorti de la&#13;
Congrégation de Saint-Lazare et dont nous n’avons nullement voulu nous charger.&#13;
Ce n’est pas que je ne le crois un bon prêtre, mais nous avons sujet de croire qu’il&#13;
n’est pas sorti sans quelque raison de cette congrégation et nous avons la&#13;
délicatesse de n’en pas prendre qui en soient sortis, depuis que M. Joly a dit à nos&#13;
Messieurs qu’ils regardaient comme apostats tous ceux qui en sortaient. Ces&#13;
Messieurs l’ont pris de la main de M. de Québec et l’ont logé chez eux. J’ai dit à&#13;
Monseigneur bien des raisons pour l’en dissuader ; il n’y a pas eu égard. Ainsi, je&#13;
n’y suis nullement engagé. Je compte que ces Messieurs viendront au premier jour&#13;
me demander ces 379 [livres] qu’ils m’ont payées pour l’envoi de M. Leriche.&#13;
Nous avons, Monseigneur, fait ce que nous avons pu en faveur de M. de Villebois&#13;
pour l’intendance du Canada, mais nous n’y avons pas réussi. Le ministre y place&#13;
un&#13;
&#13;
jeune&#13;
&#13;
homme&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
35&#13;
&#13;
ans&#13;
&#13;
nommé&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
Beauharnois,&#13;
&#13;
parent&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
Mme de Phélypeaux, femme de l’intendant de Paris, qu’on dit n’avoir nulle&#13;
expérience, n’ayant exercé que la charge de commissaire de Marine, ne sachant ni&#13;
la justice ni la police, aimant son plaisir jeune et bien fait et séparé de la femme&#13;
qu’il a fait enfermer dans un couvent. Jugez de ce que l’on doit attendre d’une telle&#13;
personne, dont tout est à craindre. Mais c’est l’allié du ministre et on n’ose en rien&#13;
dire. M. de Villebois n’a pas sujet de se plaindre de nous, car vraiment nous l’avons&#13;
servi par affection.&#13;
Nous avions appréhendé ce mois de janvier que Mgr de Québec ne retournât cette&#13;
année en Canada, mais la quantité de lettres de change qu’il a à payer et dont&#13;
personne ne veut se charger pour lui l’a obligé de rester, outre plusieurs autres&#13;
raisons. Il n’est pas allé à Rome, comme on l’avait cru en Canada. Il a passé l’été et&#13;
l’automne en Dauphine et en est revenu quand les vaisseaux sont revenus du&#13;
Canada. Il loge toujours chez M. le curé de Saint-Sulpice et ne nous a pas cette&#13;
&#13;
�année demandé de chambre chez nous. Comme il m’a fort pressé l’été passé de&#13;
finir notre procès avec la religieuse de l’Estrée, qui était pendant au conseil et qu’il&#13;
avait obtenu le consentement de M. l’archevêque de Trévis et de M. l’évêque&#13;
d’Évreux pour la translation de cette religieuse, ce qui était un des principaux&#13;
motifs de mon opposition à l’établissement de cette religieuse, nous y avons enfin&#13;
travaillé efficacement au commencement de septembre et après avoir bien pesé où&#13;
me mènerait la suite de ce procès, qui me mettrait au tombeau, sans en espérer&#13;
jamais aucun bon succès, j’ai cru ne pouvoir mieux faire que de le finir, quoiqu’il&#13;
nous en dût coûter. Il est vrai que ce procès nous consomme une année entière du&#13;
revenu de l’abbaye de l’Estrée, ce qui me fait beaucoup de peine, mais si nous&#13;
l’eussions poursuivi, il en aurait peut-être consommé plus de quatre et nous&#13;
aurions été après cela encore plus éloignés de travailler à nos unions. Il serait trop&#13;
long de vous détailler les raisons qui m’ont porté à cet accommodement. Elles sont&#13;
telles que Votre Grandeur s’y fût entièrement rendue et tous nos Messieurs et&#13;
depuis que cette affaire est finie, je n’ai pas eu sujet de m’en repentir ; car en&#13;
conséquence, nous avons fait expédier tous les consentements qui nous étaient&#13;
nécessaires pour les unions de nos abbayes, nous avons rassemblé tous nos papiers&#13;
et Mgr de Québec a obtenu du roi de demander tout de nouveau, par des lettres&#13;
que Sa Majesté a écrites au pape, au cardinal protecteur et au cardinal de Janson,&#13;
l’union de nos trois abbayes. Il y a six semaines que nous avons envoyé tout de&#13;
nouveau à Rome toutes ces pièces. Elles y sont heureusement arrivées et nous&#13;
allons commencer tout de bon à presser et solliciter ces unions, qui, depuis 30 ans&#13;
qu’elles ont commencé, n’ont été que d’une aile. Vous ne sauriez concevoir,&#13;
Monseigneur, tous les actes et consentements qu’il nous a fallu obtenir pour cela&#13;
et combien il a fallu rassembler de lettres de la Cour et sur tout cela dresser les&#13;
mémoires, afin de tâcher à enfin lever tous les obstacles. Nous avons prié&#13;
M. Charmot11 de nous indiquer à Rome quelqu’un qui puisse se charger de&#13;
solliciter cette affaire, car Mgr de Québec ne paraît pas à présent avoir envie d’y&#13;
aller.&#13;
Ce prélat m’avait fait espérer qu’il m’allouerait quelque somme de ces dépenses&#13;
du procès avec la religieuse, mais l’affaire n’a pas été plutôt réglée qu’étant ensuite&#13;
revenu à Paris, il a voulu en être quitte. J’avais avec lui un compte à régler depuis&#13;
11&#13;
&#13;
Nicolas Charmot, 1655-1714, procureur du Séminaire de Paris à Rome de 1695 à 1714&#13;
&#13;
�1697. J’ai eu moyen d’éprouver qu’il ne fût nullement changé sur ses intérêts. Il y&#13;
est aussi vif qu’il n’ait jamais été. Nous avions pris un maître des requêtes, ami&#13;
commun, pour nous régler, mais sur le premier point où cet ami voulut lui&#13;
représenter quelque chose, il s’échauffa tellement qu’il ne fut pas possible de tenir&#13;
contre lui et je fus obligé, après lui avoir représenté mes raisons, de tout céder. Il&#13;
se trouva payé de ses 2 000 livres sur les abbayes jusqu’à Pâques de l’an passé, à&#13;
peu de chose près et comme j’avais été obligé de lui prêter, ce mois de septembre&#13;
dernier, 1 000 livres et 400 livres ce mois de janvier, parce qu’il en avait un tel&#13;
besoin que je ne pus le lui refuser, je trouvai moyen, en réglant ces comptes avec&#13;
lui, de le payer par ces deux sommes et par un billet de 600 livres de M. Maudoux&#13;
de tout ce que je lui devrai à Pâques prochain pour faire tout d’un coup un compte&#13;
net avec lui et ne lui rien devoir jusqu’à Pâques 1703. Je vous supplie,&#13;
Monseigneur, que ce que je vous écris ici de lui ne soit que pour vous et nos&#13;
Messieurs. Il n’est nullement changé. M. de La Pallière, qui a eu le temps de le&#13;
connaître dans son séjour de France, est persuadé que le plus grand malheur qui&#13;
nous puisse arriver est qu’il retourne en Canada. Cependant, je vois qu’il pourra&#13;
bien s’en retourner au plus tard l’année prochaine et peut-être même [plus tôt] si&#13;
M. d’Iberville revenait de bonne heure de Mississippi et qu’il repartit de France&#13;
vers cet automne. Je crois que Monseigneur n’allant pas à Rome, comme il ne paraît&#13;
pas en avoir envie, pourrait bien s’en retourner par le Mississippi en Canada ; mais&#13;
ne dites rien de cette conjecture, qui [n’]a son fondement jusqu’à ce que je l’y&#13;
l’apprenne par d’autres.&#13;
J’ai oublié de vous marquer que j’ai fait un envoi de près de 2 000 livres à nos&#13;
MM. de Mississippi par M. d’Iberville. Vous le verrez par mes comptes. J’envoie&#13;
aussi à M. des Maizerets toutes les factures qu’il m’a demandées. Ce n’est pas sans&#13;
m’incommoder si fort que je ne sais où donner de la tête, car je sais à présent que&#13;
l’argent est devenu rare, si embarrassé que je ne sais à qui le dire et je n’oserais le&#13;
dire à nos Messieurs. Ce qui me touche le plus, Monseigneur, c’est que quand nous&#13;
obtiendrions les 3 000 livres de Mississippi sur le Trésor royal, nous ne pourrions&#13;
les toucher, non plus que votre pension de 2 000 livres, car nos Messieurs, avec&#13;
tout leur crédit et toutes leurs sollicitations, n’ont pu obtenir de toucher ce qu’ils&#13;
ont à toucher pour l’an passé au Trésor royal. Jugez ce que nous en devons espérer.&#13;
On ne paie que les troupes et les finances sont si dérangées que chacun se resserre&#13;
&#13;
�et ne paie rien. C’est pourquoi je ne saurais rien tirer et mon état est si violent que&#13;
si les choses ne changent, je ne le puis soutenir.&#13;
J’ai oublié, Monseigneur, de vous faire remarquer combien on a peine, dans les&#13;
commencements,&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
avoir&#13;
&#13;
des&#13;
&#13;
idées&#13;
&#13;
justes&#13;
&#13;
des&#13;
&#13;
nouvelles&#13;
&#13;
entreprises.&#13;
&#13;
M. de Montigny12 m’assure que je dois, par ces deux premiers vaisseaux, envoyer&#13;
de la farine à nos Messieurs et cela, parce qu’il a peine à s’accommoder de&#13;
sagamité. M. de Saint-Cosme, qui comme Canadien s’en accommode, me mande&#13;
qu’on ne fait que les embarrasser de farines. Cependant, il en peut aisément être&#13;
débarrassé en le changeant avec les Français pour des marchandises qui leur&#13;
conviennent le mieux, car les farines sont assez nécessaires dans le lieu où sont les&#13;
Français et M. de Saint-Cosme y aura eu en échange ce qu’il aura voulu.&#13;
Nos affaires de Rome ne sont pas encore jugées. On les poursuit toujours vivement&#13;
et le pape, qui est un peu long et que les Jésuites publient être tout dans leurs&#13;
intérêts, fait tenir depuis les Rois des congrégations des cardinaux en sa présence&#13;
tous les jeudis. Pourvu qu’il soit sincère dans la promesse qu’il a fait de juger ; ce&#13;
que nous devons croire, jusqu’à ce qu’il ait manqué de parole. Nous devons être&#13;
en repos sur notre affaire, car elle est telle qu’on ne peut juger contre nous. Les&#13;
Jésuites usent de toutes sortes de stratagèmes pour retarder le jugement, jusqu’à&#13;
l’universel que Jésus-Christ rendra lui-même. Ils ont présenté au pape un prétendu&#13;
édit de l’empereur de la Chine, que nous avons refusé dans une lettre que M. l’abbé&#13;
vicaire apostolique de la Cochinchine a écrite à Sa Sainteté pour lui rendre raison&#13;
pourquoi il ne se faisait pas sacrer et ne partait pas cette année pour sa mission.&#13;
Cette lettre a été imprimée dans les pays étrangers, mais je n’en ai pas encore pu&#13;
voir pour vous en envoyer. Ce ne sera que par les derniers vaisseaux.&#13;
Votre famille, Monseigneur, se porte assez bien. M. de Montigny13 n’est pas&#13;
remarié, au moins à ce que l’on croit. M. et Mme de Laval14 paient encore moins&#13;
qu’ils ne faisaient. Nous serons obligés de les menacer au premier jour d’un&#13;
nouveau décret de leur terre. M. l’abbé de Laval15 se comporte fort bien à Tournay,&#13;
François de Montigny, 1669-1742, grand-vicaire de Mgr de Saint-Vallier de 1694 à 1698, puis missionnaire&#13;
du Séminaire de Québec au Mississippi&#13;
13&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval&#13;
14&#13;
Gabriel de Laval, fils aîné de Jean-Louis, et son épouse Charlotte-Marie-Thérèse de Bésançon&#13;
15&#13;
Charles-François-Guy de Laval, fils cadet de Jean-Louis&#13;
12&#13;
&#13;
�où il est chanoine et official. On en est fort content. Sa santé a bien de la peine à se&#13;
faire à cet air épais et il se plaint souvent à moi que les prêtres flamands ont plus&#13;
de ruses en procès que les plus fins Normands. J’appris hier qu’on croyait le bon&#13;
M. Rotrou mort à Évreux, où il avait reçu tous ses sacrements.&#13;
Vous apprendrez avec étonnement la mort de M. l’abbé Girard, évêque de Poitiers,&#13;
qui n’en est évêque que depuis trois ans, mais qui en peu de temps a fait bien du&#13;
chemin dans la perfection épiscopale. L’Église perd en lui un des plus preux&#13;
évêques que la France eût et j’y perds un très affectionné ami, qui me donnait tous&#13;
les jours des marques de son bon cœur dans le soin que j’apprenais à Paris de ses&#13;
petites commissions.&#13;
Vous aurez la bonté de dire à M. de Glandelet que j’ai fait enfin imprimer son&#13;
Office de la Sainte-Famille, mais non le chant. Je n’enverrai cet Office, les livres&#13;
pour M. Pocquet et votre étoffe violette que par les derniers vaisseaux. Le surplus&#13;
ira par les premiers vaisseaux.&#13;
Je vous supplie, Monseigneur, de me pardonner la peine que je puis vous avoir&#13;
faite en vous demandant une décharge l’an passé. Je n’ai pas cru sortir des bornes&#13;
du respect que je vous dois. Je ne l’ai fait l’an passé que parce que je l’avais fait&#13;
quatre ans de suite sans recevoir un mot de réponse sur cela. Je ne sors point parlà de l’attachement que j’ai pour notre chère mission, que l’on me reproche assez&#13;
ici de préférer aux autres. Je me suis consacré à son service et j’espère y mourir. À&#13;
la vérité, je voudrais que ce fût dans un autre emploi que celui que j’ai, qui est trop&#13;
de conséquences pour moi et où il faudrait quelqu’un qui eut plus de piété d’esprit&#13;
et de mérite.&#13;
Je n’ai aussi jamais douté que Votre Grandeur sortît des sentiments de grâce que&#13;
vous nous avez vous-même inspirés. Et si je vous ai écrit quelque chose qui vous&#13;
ait fait penser que je ne vous rendais pas justice sur cela, je le désavoue, car cela&#13;
n’est pas venu à mon esprit. Ce fut M. l’abbé de Brisacier qui me fit venir l’idée que&#13;
vous pouviez absolument avoir eu une vue de tirer vos 4 000 livres en lettres de&#13;
change en me disant, sur ce que je lui représentais l’état de nos affaires,&#13;
qu’absolument vous aviez pu tirer ces lettres pour vos 4 000 livres, sans croire&#13;
cependant, ni lui ni moi, que vous en voulussiez user en particulier ; car nous&#13;
&#13;
�sommes persuadés que la grâce qui vous a inspiré la pratique du détachement et&#13;
vous l’a fait si solidement pratiquer toute votre vie sera persévérante jusqu’à la&#13;
mort, afin qu’elle ne s’efface jamais de l’esprit de vos enfants. J’ai été bien aise&#13;
même que ce que je vous écrivis l’an passé sans y penser vous ait engagé à me&#13;
marquer tous les sentiments édifiants qui sont dans vos lettres.&#13;
Nos Messieurs me chargent de vous assurer de leurs profonds respects. Ils ne&#13;
peuvent vous écrire cette année. Ils travaillent pour le jubilé avec application pour&#13;
moi : depuis huit jours, je suis tombé malade d’un gros rhume et d’une fluxion sur&#13;
la poitrine, mais par bonheur une saignée a enlevé la fièvre et j’espère que le reste&#13;
cessera dans peu.&#13;
Je prends la liberté d’assurer M. des Maizerets, M. de Glandelet, M. Dupré et&#13;
M. Pocquet de mes profonds respects. Je ne puis leur écrire par cette voie.&#13;
Nous n’enverrons le neveu du M. Dupré que l’année prochaine. Je suis très&#13;
parfaitement,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce dernier mars 1702&#13;
/Transcription16 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2020&#13;
&#13;
16&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250301">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11857">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/d616e10f2cf77f5c6fd3388d783a84cf.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=Oe4KUiMnKxZoUKKMM7jjdps73Ng7roActLUX5-abNH8YHAJHF23fviYQTGrqcrmXi51TlTHYZ5XC88Fdsea17In4ZXjgiTCnEsR%7EJsR8e2Y1svJeOVIkrxDwN%7E%7EThxZxxtZg4QE4KMt-XHV215ou19qf0x7rWekX2i%7EXxmbj1Vbp91-DcnJ3nRzXyuwzbvqfUtHr%7EaormKaNQ1RWLJJ66P6XZ01K9i2ekkDCp%7E%7EEN4IVt88Chy8GY8kuH7SPWRyrj5TMgxSU4IW%7EcTJDLLAEIiayBk-tzRzUhkSbAMS2yXszRM5VdxT3bwA2pgCGoZOCUoto0t3N1XB2Nz3Wt5phJw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e033f7401b5a470396328fde2a2c6410</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250298">
                    <text>Introduction aux Docs. XXXVI&#13;
Divers témoignages où on loue le Serviteur de Dieu, 1664-1702&#13;
Nous avons réuni ici quelques témoignages, privés et publics, écrits entre 1664 et 1679,&#13;
dans lesquels on fait chaudement l’éloge du Serviteur de Dieu1.&#13;
&#13;
Doc. XXXVI-F&#13;
Extrait de lettre d’Henri-Jean Tremblay, procureur du Séminaire de Québec à&#13;
Paris, au Serviteur de Dieu, 31 mars 1702, d’après l’original conservé au Musée de&#13;
la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec,&#13;
Lettres N, no 117&#13;
&#13;
Je n’ai aussi jamais douté que Votre Grandeur sortît des sentiments de grâce que vous&#13;
nous avez vous-même inspirés. […] car nous sommes persuadés que la grâce qui vous a&#13;
inspiré la pratique du détachement et vous l’a fait si solidement pratiquer toute votre vie&#13;
sera persévérante jusqu’à la mort, afin qu’elle ne s’efface jamais de l’esprit de vos enfants.&#13;
J’ai été bien aise même que ce que je vous écrivis l’an passé sans y penser vous ait engagé&#13;
à me marquer tous les sentiments édifiants qui sont dans vos lettres.&#13;
&#13;
NDLR : Ayant trouvé d’autres éloges du Serviteur de Dieu, nous avons choisi de les inclure dans cette&#13;
section.&#13;
1&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250302">
                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne par le Séminaire de Québec et publié dans Altera Nova Positio revue et augmentée, 2023, Doc. 36-F&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11858">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/ae59229ddb420f96d8311dae7908b55b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=Ke6uBCot8YzM%7EekzhsbQhALlF1PQAP77QPJZmEg6-dge4GSokRJg4LySnMnKdzu94saZYQZJty9ApfDfwFnpcxZv%7EutT180PWhuDar%7EMb8lHbjkEewYVgemMDYZKLXsoCbKkogU9FFQ-ir7CPD3EUstTohx71Jh7Zpi9LnZz9XwC6eWukDAHhcxh7jyzg836MmZOwUB20tAMWfGmtMmAG2zrNZnu0t5jbbgkTsPlt7ntKuQtl75vNJtx5BEoo8s-6lVyp7x8a%7EFHLUQrxVjnPAA0d7h2jbXX-90bEVMRMJI%7EF0wiPDjWvu20IBedPuUIDyFORRruGSv-jkL4vMyO7w__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>c25b3cc75cbaa0055978053fe428e35e</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250299">
                    <text>1702, 31 mars – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N. no 117)&#13;
1&#13;
Lettres N. 1702&#13;
2 Monseigneur.&#13;
No 117&#13;
3 Je commence a vous escrire cette lettre pour vous&#13;
4 lenvoier parle 1.er vaisseau qui va partir pour le&#13;
5 Nort et qui serade tres bonne heure a Quebec&#13;
6 Nous apprismes lan passé par la voye d’angleterre la&#13;
7 mortalité qui sestoit repandüe dans lecanada ala&#13;
8 fin de 1700. dans laquelle nous avons perdu M de&#13;
9 Bernieres et M Doucet. C’est asseurem.t une grande&#13;
10 perte et Je l’ay ressentie vivement. Dez que Jenfus&#13;
11 Seur Jelescrivis ala Sup.re des ursulines decaen pour&#13;
12 procurer aM. de Bernieres des prieres de sa famille&#13;
13 et Nous ne manquasmes pas d’en faire dans le&#13;
14 Sem.re a Paris pour lui co’e nous y Sommes obligez.&#13;
15 Japprehendois que sa femille ne nous redemandast&#13;
16 les 1200.# quelle nous avoit paiée p.r lui en 1701.&#13;
17 mais non seulem.t on ne mel’a pas redemandé, mais&#13;
18 au contraire Mad.’ De vaubérard m’a prié defaire&#13;
19 tenir encore cent francs aM Des Maizerais a&#13;
20 Quebec sans doute p.r encore f.re prier Dieu p.r M de&#13;
21 Bernieres. Jeles ay recus en ce quils ont esté touchez&#13;
22 par le cord.er a qui Jay encore paié 320.# p.r paier&#13;
23 les souliers que M De Maizerais a demandé; la so’e&#13;
24 en ayant monté a Caen a 420.#&#13;
25 Je crois Monseigneur avoir receu toutes vos lettres,&#13;
26 et celles de Nos Mess.rs Cependant co’e Jlm’en est venu&#13;
27 par une quantité de gens, Jl seroit necess.re par les&#13;
28 d.ers vaiss.x dem’en f.re un catalogue afin que Je visse&#13;
29 si Je les ay toutes receues. car Jl pouroit S’en perdre&#13;
2&#13;
&#13;
30 Jl faudroit mesme prendre garde a qui vous les donnez.&#13;
31 on m’en remit unfort gros pacquet des votres plus d’un&#13;
32 mois apres les autres receües; Et cefut un crocheteur&#13;
33 qui me l’aporta avec un paquet de nos Relig.ses hospita=&#13;
34 lieres. ce crocheteur avoit mis dessus 3.# 16.s de port.&#13;
35 Je le menaçay deM D’argenson et retiray lepaquet&#13;
36 enlui donnant quinze sols. Jl faut que vous aiez&#13;
37 donné ces lettres a M Rondeau qui les a donné a&#13;
38 quelquun a distribuer qui a voulufaire des friponneries.&#13;
39 Rien nest plus de consequence que dedonner nos lettres&#13;
40 a des personnes seures.&#13;
41 Je n’estois guere en etat, Monseigneur, lors que Je recus&#13;
&#13;
�42 vos lettres d’acquiter la lettre de change deM Benac&#13;
43 Cependant co’e Je vis que v. G. le Souhaittoit fortem.t,&#13;
44 J’escrivis Sur le champ aM de Benac p.r lasseurer que&#13;
45 Sil vouloit entrer en consideration sur cequil demandoit&#13;
46 p.r leretardemt de son argent, Jelui paierois dez le mois&#13;
47 de Jan.er salettre de change; Que plus.rs ne demandoient rien&#13;
48 p.r leretardemt, dans ce temps cy surtout ou largent es si&#13;
49 rare, et ou rien n’est plus ord.re que de protester des lettres&#13;
50 de change M de Benac ne voulut entrer en aucune&#13;
51 consideration et ne voulut rien diminuer des 109.# quil&#13;
52 demandoit p.r le retard de ce paiem.t Ce qui mobligea&#13;
53 de lui escrire que sur ce pied la Je ne la lui paierois qu’a&#13;
54 la finde Juin, puis quil se faitsoit paier Jusqu’a ce tempsla&#13;
55 des Jnterests de son argent. Jl m’a fait ensuite prier par&#13;
56 M Bourlet agent de change du canada, de lalui paier, ce&#13;
57 que J’ay fait au 15. fevrier et lui ay paié quatre vingt&#13;
58 neuf livres, outre Treize cent cinq.te livres ce qui fait&#13;
59 en tout quatorze cent trente neuflivres. M Benac nous&#13;
60 a traité a la rigueur, et si Je navois peur de faire&#13;
61 quelq’ peine a v. G. sil vous fust revenu quelle n’eust&#13;
62 pas esté sitost acquittée, Je ne laurois paié quala&#13;
63 fin de Juin pour letraiter aussi ala rigueurs&#13;
3&#13;
Lettre N.&#13;
No. 117&#13;
&#13;
64 Dez que Je recus vos lettres, Monseigneur, Jene manquay&#13;
65 pas dagir au pres deM’ Berthelot p.r son Jsle, et au&#13;
66 lieu de vingt mil livres quil me lavoit laissée, Je lui&#13;
67 en offris tout d’un coup vingt cinq mil; Mais Jelui&#13;
68 demandois dacheter avec quelq’ asseurance, et Jl ne&#13;
69 m’en vouloit point donner dautre que de consentir&#13;
70 que Je fisse un Decret en canada de sa terre; J’estois&#13;
71 seur que Mgr de Quebec ne couroit pas sur mon Marché,&#13;
72 car ce Prelat avoit lui mesme dit aM Berthelot quil&#13;
73 ne l’achetoit l’avoit voulu acheter que pour Nous et&#13;
74 qu’ainsy Jl pouvoit me la vendre Sans difficulté. M&#13;
75 Berthelot en vouloit Trente mil livres, et que Jelui&#13;
76 fisse tenir les deniers qui lui seroient dus pourles&#13;
77 arrerages quil faisoit monter a cinq mil huit cent livres.&#13;
78 Et co’e Jl me dit quil vouloit avoir le quart&#13;
79 argent comptant en passant le contract, et le surplus&#13;
80 dans un an au retour des vaiss.x Je conferay de&#13;
81 tout cela avec nos Mess.rs Je consultay quelle&#13;
82 seureté, Jly auroit dacheter d’un homme comme lui&#13;
83 engagé dans les affaires du Roi, et qui doit autant&#13;
84 quil doit, et tous ceux avec qui J’en conferay&#13;
85 me dirent quil n’y avoit nulle asseurance, et que&#13;
&#13;
�86 lequart que Javancerois et le sur plus que Je&#13;
87 pouvois seroit toujours sujet aux recherches que&#13;
88 l’on en pouvoit faire p.r les deniers du Roi. Que&#13;
89 mesme ses creanciers se pourvoiroient contre un&#13;
90 Decret fait en canada, et sur tout ses Enfans a&#13;
91 qui Jln’a pas encore rendu compte, et qui ont&#13;
92 la moitié dans cette Jsle acause de leur mere Je vous&#13;
93 avoüe que toutes ces difficultez m’ont obilgéz daller&#13;
94 a pas comptez dans cette affaire, et de ne mepas&#13;
95 presser. Javois cepend.t veu M Berthelot quatre&#13;
96 fois dans le mois de Janvier. Je lui avois mesme offert&#13;
4&#13;
&#13;
97 Jusqu’à vingt Sept mil livres, dont Je paierois six&#13;
98 mil livres comptant lejour du contract Signé p.r Son&#13;
99 Jsle; et offert en mesme temps delui f.re bon des&#13;
100 deniers quil auroit en ce pays la; Mais Je fus tout&#13;
101 surpris lorsq’ Mgr deQuebec mapprit ala fin de&#13;
102 fevrier queMad.’ Pachot faisoit demander a M&#13;
103 de Pont chartrain les lots et ventes de LJsle Dorleans.&#13;
104 Je fus voir M Berthelot qui me parut navoir pas&#13;
105 vendu et me dit quil me rendroit response lelende106 main, et Jl mapprit deux jours apres que Mad.’&#13;
107 Pachot achetoit son Jsle trente mil livres, et quellelui&#13;
108 faisoit bon de cinq mil huit cent livres darrerages&#13;
109 eschus. Comme Je navois pujamais tirer deM.&#13;
110 Berthelot parole pour me donner quelq’ asseurance&#13;
111 p.r lacquisition de cette Jsle veu le mauvais etat&#13;
112 de ses affaires, et que tous ceux qui les entendent&#13;
113 mont toujours dit quil y avoit tout a craindre&#13;
114 de cet homme la, Je vous avoüe Monseigneur&#13;
115 que Je ne Scaurois avoir un grand regret de&#13;
116 navoir pas acquis. Je n’ay agi que par pure&#13;
117 deference pour ceque vous me marquiez et Je&#13;
118 n’ay rien a mereprocher des demarches que vous&#13;
119 mavez ordonné de faire. car quoi que vous&#13;
120 maiez marqué que Je pouvois pousser l’achat&#13;
121 de cette Jsle Jusqu’a trente mil livres, vous m’avez&#13;
122 assez laissé entre voir que c’estoit la pousser au&#13;
123 de la de ce quellepeut valoir. Dailleurs et vous&#13;
124 et M Soumande et M hazur me prient de ne&#13;
125 pas acheter sil n’y a toute seureté. Et Je vous&#13;
126 avoüe que Je n’y en vois aucune Jl sepoura&#13;
127 faire que Mad.’ Pachot ne sera pas inquietée,&#13;
128 mais elle le peut estre et tout est a craindre&#13;
&#13;
�5&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
129 On pouroit peut estre croire que M Berthelot dont&#13;
130 Je n’ay pas sujet d’estre content en a agi ainsy acause&#13;
131 des deux difficultez que vous lui avez fait, quoique&#13;
132 Je ne lui en aye presque pas parlé, et que Jelui aye&#13;
133 dit que sil faisoit affaire avec nous, Nos differens&#13;
134 seroient terminez : Et ce qui m’a porté a ne pas&#13;
135 appuyer sur ces difficultez, c’est que Je les crois, sauf&#13;
136 un meilleur avis, toutes les deux mauvaises et mal&#13;
137 fondeez.&#13;
138 La 1.ere qui regarde la garantie de L’Jsle Jesus met Mons.r&#13;
139 Berthelot a couvert, car Jly a vingt cinq ans que&#13;
140 vous possedez LJsle Jesus, et mesme vingt Sept Sans&#13;
141 que vous aiez eté inqueté ny troublé vous ne&#13;
142 scauriez lui alleguer aucun trouble; Que si vous&#13;
143 avez quelq’ crainte, Jl n’est pas obligé de vous en&#13;
144 guerir. J’ay consulté cette affaire et on n’y trouve aucun&#13;
145 fondement den’re part contre M. Berthelot.&#13;
146 La 2.de qui est au Sujet des fiefs que vous pretendez relever&#13;
147 de la côte de Beaupré, quoiquils soient scituez en LJsle&#13;
148 dorleans; Jay deja consulté deux ou trois habiles gens&#13;
149 mais sur tout M. Carnot Not.re qui doit entendre la force&#13;
150 des termes du contract passé chezlui, et il croit que&#13;
151 quand vous alleguez dans un contract vendre a&#13;
152 M Berthelot sans enrien retenir ny reServer toute&#13;
153 lestendüe de la terre et seigneurie de LJsle dorleans,&#13;
154 vous estes censez lui vendre les fiefs Sil y en a, et tout&#13;
155 en un mot c equi vous appartient. Ce qui confirme ce&#13;
156 droit c’est quevous en avez laissé Jouir M Berthelot,&#13;
157 et Jusqu’a lensaisinemt de Perrot vous avez cru&#13;
158 navoir rien apretendre sur LJsle s.’ Laurens, et vous&#13;
159 avez laissé jouir M Berthelot des autres droits seigneuri.x&#13;
160 co’e de la Justice &amp;. Cepend.t p.r en estre encore plus seur,&#13;
161 Je consulteray encore quel q’ habiles gens la dessus avant&#13;
162 le depart des derniers vaiss.x&#13;
163 Au reste, Monseigneur, Je seroit tres affligé&#13;
164 Si Je voiois que cette affaire estant manquée vous&#13;
165 songeassiez ala reprendre des mains de Mad.’ Pachot.&#13;
166 si elle Ne valoit rien des mains de M Berthelot, Elle&#13;
167 vaut encore moins de celles de Mad.’ Pachot. Jl&#13;
168 faut sen consoler, et faire en sorte de s’en passer. Que si&#13;
169 les moulins, n’en valent pas tant, ala cote de Beaupré,&#13;
170 Jl faut s’en contenter. On peut fort bien sempescher&#13;
171 davoir ensemble des procez en demeurant chacun dans&#13;
172 ses bornes, et se contentant de ses vassaux&#13;
&#13;
�173 Pour M Soumande Jl trouvera bien un aussi bon employ&#13;
174 de son argent. Je crois que Si l’on pouvoit bien establir&#13;
175 LJsle Jesus, on en tireroit un meilleur profit que de&#13;
176 LJsle Dorleans. car enfin v. G. scait queles terres de&#13;
177 LJsle ne sont pas trop bonnes excepté alas.te famille,&#13;
178 que le bois sy consomme tous les ans, et que plus.rs habitans&#13;
179 n’en auront plus sur leur terre dans quarante ans. Toutes&#13;
180 ces considerations que J’ay fait depuis, mefont croire&#13;
181 que ce nest pas ungrand dommagep.r nous de&#13;
182 navoir pas fait cette acquisition, sur tout nela&#13;
183 pouvant faire seurement.&#13;
184 Quoique v. G. ait veu partout ceque Jel ui ay escrit&#13;
185 l’an passé que mes affaires sont bien derangéez enfrance&#13;
186 par les lettres de change que vous avez tiréez; Jesuis&#13;
187 cepend.t persuadé quelle neles croit pas au point ou&#13;
188 elles le sont en effet, Je pousse le temps de lespaule&#13;
189 le plus que Je puis, mais Jl est Jmpossible de soutenir plus&#13;
190 longtemps de telles avances ou je suis pour le seminaire&#13;
191 de Quebec Je ne me decourage pas aisement, et&#13;
192 quoique Je parle fortement et a v. G. et a nos Mess.rs Je ne&#13;
193 jettepas si aisement le manche apres la Coignée.&#13;
194 Jl est pourtant difficile et presq’ Jmpossible de Soutenir&#13;
195 long temps un estat Si violent.&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
196 On ne peut estre plus consolé que Je l’ay eté dela&#13;
197 maniere bonne et charitable dont vous mavez escrit&#13;
198 sur les griefs dont J’ay pris laliberté de me&#13;
199 descharger dans le sein de v. G. mais vous auriez&#13;
200 ce me semble du y ajouter quelq’ secours exterieur pour&#13;
201 soutenir la Consolation de vos paroles. car quelque&#13;
202 oberé que soit le seminaire en Canada, on auroit&#13;
203 bien pu me renvoier les 2000.# des prestres qui&#13;
204 sont hors d’etat de servir, et laisser ce que Jaurois pu&#13;
205 toucher enfrance pour rembourser les avances.&#13;
206 vous serez surpris Jusqu’ou ces avances vont cette&#13;
207 année, car elles vont aplus dedix mil livres a&#13;
208 lheure que Jevous escris cecy.&#13;
209 vous me mandez Monseigneur que nous ne devons&#13;
210 depenser tous les ans que moitié des 3000.# qu’on nous&#13;
211 donne p.r Misissipi et en retenir moitié p.r nous&#13;
212 rembourser des lettres de change que J’ay paieez. Je&#13;
213 crois cela Jmpossible, et nous serons heureux si ces&#13;
214 Mess.rs qui sont au Misissipi ne nous depensent que&#13;
215 les 3000.# tous les ans. vous en verrez la preuve&#13;
216 par ce que m’escrit M S.t Cosme dans le vaisseau&#13;
&#13;
�217 de M de la Ronde qui y etoit allé lan passé en&#13;
218 fevrier 1701 et qui en est revenu en fevrier de cette&#13;
219 année. M S.t cosme pretend quil faut a chaque&#13;
220 miss.re dans chaq’ mission deux cent escus et pour la&#13;
221 mission des Natchez Jl ne craint point de dire quil&#13;
222 lui faut quatre cent escus. Jl me mande quils&#13;
223 doivent douze cent livres aleurs Engagez. Jl tire&#13;
224 sur moy une lettre de change de 220.# et Jl me&#13;
225 marque que M Davion en a aussi tiré. Si chacun a&#13;
226 ainsy laliberté de me tirer des lettres de change&#13;
227 ou en seraije, et si chacun depense a sa fantaisie&#13;
&#13;
8.&#13;
&#13;
228 prend cequ’il voudra, et agisse ainsy sans subordination&#13;
229 quelle mesure peut on prendre. vous avez cru que&#13;
230 M Bergier seroit necess.re aux Tamarois afin quil eust&#13;
231 communication avec Quebec. Je le croirois plus necess.re&#13;
232 au bas du fleuve p.r recevoir ce qui vient defrance et&#13;
233 y avoir la communication necess.re empescher que d’autres&#13;
234 ne tirent des lettres de change donner a chacun ce quil&#13;
235 lui faut, et paier les engagez. Je scay quil est facheux&#13;
236 de déplacer un miss.re qui a déjà appris une languep,r&#13;
237 le mettre ensuite ailleurs, mais outre que vous verrez&#13;
238 par les lettres que M Bergier escrivoit a M de&#13;
239 Montigni les ruses dont les Jesuites se sont servis p.r&#13;
240 esluder la condamnation quils avoient de nous&#13;
241 quitter les outaouais Tamarois en ayant ruiné le village et&#13;
242 layans si fort affoiblis quils l’ont fait devenir a&#13;
243 rien, Je croirois M Bergier plus utile prez dela&#13;
244 mer a portée d’aller ou sont les francois, que vers&#13;
245 les Tamarois. Je prevois que cet Etablissement de&#13;
246 mission nous coustera beaucoup et ne servira de&#13;
247 rien; Les Jesuites nous y traverseront entout et Jls&#13;
248 viendront se mesler avec Nous p.r debaucher les sauvages&#13;
249 des lieux ou nous serons. Jls feront valoir M D’Jberville,&#13;
250 nous décrieront dans lesprit des sauvages, co’e&#13;
251 vous le verrez dans ceque mande M Bergier.&#13;
252 Jugez ce qu’on peut penser d’eux qui abandonnent&#13;
253 leurs anciennes missions p.r se venir jetter au milieu&#13;
254 de Nous. Le P. De Limage est venu s’establir aux&#13;
255 houmas, sans patentes de M Levesque sans aucune&#13;
256 mission qu’au plus de leurs Peres qui n’ont dautre&#13;
257 veüe en cela que de Nous traverser denous&#13;
258 brouiller, de nous décourager. Pour moy Iele suis&#13;
259 beaucoup par tout ceque m’escrivit M s.t Cosme&#13;
&#13;
�9&#13;
lettre N.&#13;
no. 117&#13;
&#13;
Acadie&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
260 dont Je tacheray de vous envoier copie, aussibien&#13;
261 que de ce que M Bergier escrivoit a M. Montigni,&#13;
262 de ce qui se passoit aux Tamarois dont M. St cosme&#13;
263 a envoié Loriginal a Mgr deQuebec vous y&#13;
264 apprendrez co’e les Jesuites ont déjà éludé ce qui&#13;
265 a eté reglé sur les Tamarois, co’e Jls se font&#13;
266 valoir p.r mepriser leurs antagonistes, comme&#13;
267 Jls taschent d’oster a M Bergier toute la facilité&#13;
268 dapprendre la langue (Jevois en petit dans&#13;
269 ce qui se passe au misissipi un craion de ceque&#13;
270 les Jesuites font aux Jndes depuis plus de cent ans,&#13;
271 ou par leur jalousie contre tous les predicateurs&#13;
272 Evangeliques, Jls ont ruiné la religion aulieu de&#13;
273 l’establir.&#13;
274 Nous navons pas esté peu surpris, Monseigneur,&#13;
275 dapprendre que vous aviez cedé aux Jesuites la&#13;
276 mission de Pentagoet p.r lebien de lapaix sil la faut&#13;
277 acheter a ceprix, Jl faudra leur abandonner toutes&#13;
278 les missions sauvages; car Je vois quils ont bien envie&#13;
279 de vous en dégouster. vous aviez peut estre des raisons&#13;
280 que nous ne connoissons pas, mais c’est dommage&#13;
281 de laisser cette mission, apres quil a tant couté a&#13;
282 M Thuri a l’establir.&#13;
283 Les affaires deL’accadie sont regléez ala cour. Le Roi a&#13;
284 repris le pays, et y a nommé p.r Gouverneur M de&#13;
285 Brouillans avec 4000.# dapointem.t p.r Lieuten.t de Roi&#13;
286 M. Bonaventure, et p.r major M villieu. on a&#13;
287 remis la famille de M dela Tour en possession de&#13;
288 Port roial et des mines, et p.r dédommager M Le Rorgne&#13;
289 dela Rochelle de ses pretentions sur cette famille,&#13;
290 on lui a donné une grande concession a la riviere de&#13;
291 Pentagoet. Je ne doutepas quil n’y aille faire quelq’&#13;
292 établissement, mais co’e Jl na pas les reins forts Jl aura&#13;
293 peine a y faire grand chose, et cela tombera arien, et&#13;
294 sil nagit pas bien a lesgar des sauvages Jl sera aisé&#13;
295 d’en faire ses plaintes a lac cour, ouil naura pas&#13;
296 grand credit.&#13;
297 Nous avons exposé au ministre que M Maudoux&#13;
298 vouloit absolumt quitter le Port roial et revenir en&#13;
299 france, et quil falloit pour voir au spirituel de ce&#13;
300 lieu, dont nous ne pouvions nous charger. M de&#13;
301 Pont chartrain qui a continué cette année a escouter&#13;
302 les faux raports qu’on lui a faits de M Maudoux, n’a&#13;
303 pas eu de peine a contribuer a ce retour. Jl a donc&#13;
&#13;
�304 mandé a Mgr de Q. et a Mons.r n’res.r quele Roi lui&#13;
305 avoit accordé lapermission de revenir et marque a&#13;
306 M. de Brisacier que sil veut y envoier unepersonne&#13;
307 a sa place Jl faut quil la fasse partir avant la&#13;
308 fin demars. Jl avoit escrit aM de Q qu’il ordonnoit&#13;
309 a nos Mess.rs d’y en envoier un M Lab. de Brisacier&#13;
310 lui arepondu que nous n’avons aucun sujet preparé,&#13;
311 p.r cela, que dailleurs si nous nous en estions chargez&#13;
312 nous ne laurions fait qu’a condition denvoier tout&#13;
313 d’un coup quatre prestres ensemble p.r ces lieux la qui&#13;
314 pussent sentre soutenir, et quil falloit plus dune année&#13;
315 p.r preparer ainsy quatre sujets.&#13;
316 Javois sceu que M de Pont chartrain M de chevri et&#13;
317 M de Quebec avoient frapé atoutes les portes pour&#13;
318 trouver des sujets p.r ce pays la qui y pussent former&#13;
319 une comm.té Jls en avoient demandé a s.t Lazare, aux&#13;
320 Benedictions aux Bernardins, aux Peres de s.t antoine, et&#13;
321 de la Doctrine chrestienne a ce qu’on m’adit, et enfin&#13;
322 aux Recollets, Je ne scay pour quoy Jls n’ont pas&#13;
323 fait affaire avec aucune, mais nous ne devons&#13;
324 pas estre leur pis aller, et nous devons les laisser&#13;
&#13;
11&#13;
lettre N.&#13;
no. 117&#13;
&#13;
325 faire sans nous en mesler. C’est p.r quoy si vous&#13;
326 pouviez rapeler M le veyer en canada, Je&#13;
327 crois que ce seroit un bien, dautant plus quil&#13;
328 craint destre attaqué dun mal dont Jl vous&#13;
329 aura Sans doute escrit qui demanderoit quil&#13;
330 fust au pres de vous p.r lexaminer. M de Quebec&#13;
321 m’a cependant promis de me donner p.r lui cent&#13;
322 escus de duplement p.r les mines, cest p.r quoy Jlne&#13;
323 faudroit par lerapeler qu’a lafin delannée et&#13;
324 mander enfrance qu’on y pourvoie&#13;
325 Je ne laisse pas deregretter cette pauvre colonie&#13;
326 p.r laquelle Je me sentirois dela devotion, et&#13;
327 J’aymerois y contribuer a letablissem.t du clergé&#13;
328 qui pust aux portes de Baston faire sentir aux&#13;
329 heretiques la fausseté detoutes les calomnies quils&#13;
330 imputent a lEglise catholique mais Je n’y pense&#13;
331 plus p.r moy depuis que vous m’en avéz donné&#13;
332 lexclusion&#13;
333 Je Suis bien tourmenté de M Gay dont J’ay lemoien de&#13;
334 connoistre lesprit extraord.re Jl mefait cinq ou six&#13;
335 demandes toutes plus impertinentes les unes queles&#13;
336 autres. Jl veut que Jelui paie le suplem.t des mines&#13;
337 au prorata du temps quil y a eté. Jl pretend que Je&#13;
&#13;
�338 lui dois paier certain argent quil dit avoir&#13;
339 avancé a M. Boulanger, et dautre quil dit lui&#13;
340 estre deu par M Le vayer, Jl pretend que Jelui&#13;
341 dois rembourser toute la depense quil a fait p.r&#13;
342 venir des mines a Quebec et y retourner, parcequ[e]&#13;
343 ce voiage n’a dit il eté fait que sur les lettres deM&#13;
344 Des maizerets, que Je lui dois de plus payer les frais&#13;
345 de son retour a Paris, parceq’ dit il c’est nous qui&#13;
346 lavons fait revenir, Enfin il veut sa part dans&#13;
&#13;
12&#13;
&#13;
M. Le vitre&#13;
&#13;
347 les deux mil livres des prestres hors d’etat de servir. J’ay&#13;
348 dejà soutenu deux ou trois apresdisnéez ses entretiens&#13;
349 qui me deplaisent fort, parceq’ M L. deBrisacier le&#13;
350 souhaite. Jen dois encore soutenir un apres midi&#13;
351 Je suis bien resolu a nelui rien accorder de toutes&#13;
352 ces belles demandes. Jlme menace d’en porter ses&#13;
353 plaintes a M Larchevesque, denous attaquer&#13;
354 en Justice reglée, et den porter mesme Ses plaintes&#13;
355 au Roi. Jl faut estrepreparé a subir toutes&#13;
356 ses saillies. cela servira a mourir a Soy davantage&#13;
357 Je Suis tres faché Monseigneur davoir envoyé&#13;
358 l’an passé M LeRichep.r Lemont Louis et quil n’y&#13;
359 ait pas eté envoié, car ces M.rs me redemanderont&#13;
360 les frais quils ont remboursé p.r M. Le Riche qui&#13;
361 vont a prez de 400.# c’est une depense que Jeme&#13;
362 seroit bien dispensé defaire. car nos affaires ne&#13;
363 me le permettent pas. Ces M.rs ont un gros procez&#13;
364 avec M Riverin qui le soutiens fort bien et J’espere&#13;
365 qu’il n’y succombera pas. Jls me sont venus&#13;
366 demander cette année un Nouveau Prestre p.r y&#13;
367 renvoier avec cet homme qu’on a depeint si violent&#13;
368 qui y retourne. M’gr de Q. leur a donné un&#13;
369 Prestre qui est sorti dela Congregation des.’ Lazare,&#13;
370 et dont nous n’avons nullem.t voulu nous&#13;
371 charger. cen’est pas que Je ne le croye unbon Prestre,&#13;
372 mais nous avons sujet decroire qu’il n’est pas&#13;
373 Sorti sans quelq’ raison de cette congregation,&#13;
374 et nous avons la delicatesse de n’en pas prendre&#13;
375 qui en soient s ortis depuis que M Joly a dit a&#13;
376 nos Mess.rs quil regardoit co’e apostate tous&#13;
377 ceux qui en sortoient. ces M.rs lont pris dela main&#13;
378 de M de Quebec et lont logé chez eux J’ay dit a Mgr&#13;
379 bien des raisons p.r len dissuader, Jl n’y apas eu&#13;
380 esgard. ainsy Je n’y suis nullemt engagé. Je conte&#13;
&#13;
�13&#13;
&#13;
Mgr&#13;
&#13;
14.&#13;
&#13;
381 que ces M.rs viendront au 1.er Jour me demander&#13;
382 ces 379. quils mont paié p.r l’envoy de M LeRiche&#13;
383 Nous avons, Monseigneur fait ce que nous&#13;
384 avons pu en faveur de Mde villebois p.r LJntendance&#13;
385 du canada, mais nous n’y avons par reussi. Le&#13;
386 ministre y place un Jeune homme de trente cinq ans&#13;
387 nommé M de Bauharnois parent de Mads de&#13;
388 Phelypeaux femmede LJntendant de Paris, qu’on&#13;
389 dit navoir nulle experiance nayant exercé que la&#13;
390 charge de commissaire demarine, ne scachant ny&#13;
391 la justice ny la police, aymant sonplaisir&#13;
392 Jeune et bien fait, et separé dela femme quil a&#13;
393 fait enfermer dans un convent. Jugez de ce que&#13;
394 lon doit attendre d’une telle personne dont tout&#13;
395 est a craindre. mais cest Lallié duministre et&#13;
396 on n’ose en rien dire. M de villebois n’a pas&#13;
397 sujet de se plaindre de Nous, car vrayement nous&#13;
398 lavons servi par affection.&#13;
399 Nous avions apprehendé ce mois deJan.er queMgr&#13;
400 de Quebec ne retournast cette année en canada,&#13;
401 mais la quantité des lettres de change quil a a&#13;
402 paier et dont personne ne veut Se charger&#13;
403 pour lui, l’a obligé de rester outre plus.rs autres&#13;
404 raisons. Jl n’est pas allé a Rome co’e on lavoit&#13;
405 cru en canada Jl a passé lesté et lautomne&#13;
406 en Dauphine, et en est revenu quand les vaiss.x&#13;
407 sont revenus de canada. Jl loge toujours&#13;
408 chez M Le curé des.t Sulpice et ne nous a pas&#13;
409 cette année demandé de chambre chez Nous.&#13;
410 Comme Jl m’a fort pressé Lesté passé de finir&#13;
411 notre procez avec la Relig.se de L’estrée qui etoit&#13;
412 pendant au conseil et quil avoit obtenu le consentemt&#13;
413 de M Larch. de Trevis et deMLEveque dEvreux p.r la&#13;
414 translation de cette Religieuse; ce qui estoit undes&#13;
415 principaux motifs de mon opposition a LEtablissemt&#13;
416 de cette Religieuse, Nous y avons enfin travaillé effica=&#13;
417 cement au commencem.t de septembre et apres avoir&#13;
418 bien pezé ou me meneroit la suite de ce procez qui me&#13;
419 mettroit au tombeau, sans en esperer jamais aucun&#13;
420 bon succez, J’ay cru ne pouvoir mieux faire que dele&#13;
421 finir quoi quil nous en dust couter. Jl est vray quece&#13;
422 procez nous consomme une année entiere du revenu&#13;
423 de Labbaye de L’estrée, ce qui me fait beaucoup de peine&#13;
424 mais si nous leussions poursuivi, Jl en auroit peut estre&#13;
&#13;
�425 consommé plus de quatre, et nous aurions esté apres&#13;
426 cela encore plus esloignez detravailler a nos unions.&#13;
427 Jl Seroit trop long de vous detailler les raisons qui&#13;
428 m’ont porté a cet accommodem.t Elles sont telles&#13;
429 que v. G. s’y fust entierem.t rendu et Tous nos Mess.rs,&#13;
430 et depuis que cette affaire est finie Je n’ay pas eu sujet&#13;
431 de m’en repentir. car en consequence nous avons&#13;
432 fait expedier tous les consentemens qui nous estoient&#13;
433 necessaires pour les unions de nos abbayes, nous&#13;
434 avons rassemblez tous nos papiers et Mgr de Quebec&#13;
435 a obtenu du Roi de demander tout de Nouveau par&#13;
436 des lettres que S. M. a escrites au Pape au Cardinal&#13;
437 protecteur et au Card.l de Janson, Lunion de&#13;
438 nos trois abbayes. Jly a six semaines que nous&#13;
439 avons envoiéz tout de Nouveau a Rome toutes ces&#13;
440 pieces. Elles y sont heureusem.t arrivéez, et nous&#13;
441 allons commencer tout de bon a presser et solliciter&#13;
442 ces unions qui depuis trente ans quelles ont&#13;
443 commencé n’ont eté que d’une aisle. vous ne&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
444 scauriez concevoir, Monseigneur, tous les actes&#13;
445 et consentemens quil nous a fallu obtenir pour&#13;
446 cela; et combien Jl a fallu rassembler de lettres de&#13;
447 la cour et sur tout cela dresser les memoires afin&#13;
448 de tascher a enfin lever tous les obstacles. Nous&#13;
449 avons prié M. charmot de nous indiquer a Rome&#13;
450 quelquun qui puisse se charger de solliciter cette&#13;
451 aff.re car M’gr de Quebec ne paroist par a p’nt&#13;
452 avoir envie d’y aller.&#13;
453 Ce Prelat m’avoit fait esperer quil malloueroit&#13;
454 quelq’ so’e de ces depens du procez avec la Relig.se&#13;
455 mais l’aff.re n’a pas eté plutost reglée questant ensuite&#13;
456 revenu a Paris, Jla voulu en être quitte Javois avec&#13;
457 lui un compte a regler depuis 1697. J’ay eu moyen&#13;
458 d’éprouver qu’il n’estoit nullement changé sur ses&#13;
459 Jnterests. Jly est aussi vif quil ait jamais esté.&#13;
460 nous avoins pris un maitre des requestes amy&#13;
461 commun p.r nous regler, mais sur le 1.er point ou cet&#13;
462 amy voulut lui representer quelq’ chose Jl&#13;
463 s’eschauffa tellement, qu’il ne fut pas possible de&#13;
464 tenir contrelui, et Je fus obligé apres lui avoir&#13;
465 representé mes raisons de tout ceder. Jl se trouva&#13;
466 paié de ses 2000.# Ssur les abbayes jusqua Pasques&#13;
467 de l’an passé a peude choses prez, et co’ e Javois esté&#13;
468 obligé de lui prêter ce mois de septembre dernier&#13;
&#13;
�469 mil livres et quatre cent livres ce mois de Jan.er&#13;
470 par ce quil en avoit un tel besoin que Je ne pus&#13;
471 le lui refuser, Je trouvay moien en reglant ces comptes&#13;
472 avec lui de lepaier par ces deux sommes et par&#13;
473 un billet de 600.# de M Maudoux de tout ce que Je&#13;
474 lui devray a Pasques prochain, pour faire tout&#13;
475 d’un coup un compte net avec lui, et nelui rien&#13;
476 devoir jusqu’à Pasque 1703. Je vous suplie, Monseigneur&#13;
477 que ce que Je vous escris icy delui ne Soit que pour&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
478 vous et nos Mess.rs Jl n’est nullem.t changé. M dela&#13;
479 Palliere qui a eu le temps dele connoitre dans son&#13;
480 sejour de france est persuadé que le plus grand malheur&#13;
481 qui nous puisse arriver est quil retourne en canada&#13;
482 cepend.t Je vois quil poura bien s’en retourner au&#13;
483 plustard lannée prochaine, et peut estre mesme&#13;
484 si M DJberville revenoit de bonne heure demisissipi,&#13;
485 et quil repartist defrance vers cet automne, Je&#13;
486 crois que Mgr nallant pas a Rome, co’e Jl ne&#13;
487 paroist pas en avoir envie, pouroit bien sen retourner&#13;
488 par le misissipi en canada mais ne dites rien de cette&#13;
489 conjecture qui a son fondemt jusqu’à ce que Je ly&#13;
490 lapprenne par dautres.&#13;
491 J’ay oublié de vous marquer que J’ay fait un envoy&#13;
492 de prez de 2000.# a nos M.rs de misissipi par M&#13;
493 DJberville vous le verrez par mes comptes.&#13;
494 Jenvoie aussi a M. Des maizerets toutes les&#13;
495 factures quil ma demandéez. ce n’est pas sans&#13;
496 mincommoder si fort que Je ne Scay ou donner&#13;
497 de la teste, car Je suis a present que largent est&#13;
498 devenu rare si embarassé que Je ne scay a qui le&#13;
499 dire, et Je n’oseroit le dire a nos Mess.rs Ce qui me&#13;
500 touche le plus, Monseigneur, cest que quand nous&#13;
501 obtiendrions les 3000.# de misissipi sur le tresor roial,&#13;
502 nous ne pourions les toucher non plus que votre&#13;
503 pension de deux mil livres, car nos Mess.rs avec tout&#13;
504 leur credit et toutes leurs sollicitations n’ont pu&#13;
505 obtenir detoucher ce quils ont a toucherp.rs lan passé&#13;
506 au Tresor roial Jugez ce que nous en devons esperer.&#13;
507 on ne paie que les troupes et les finances sont si&#13;
508 derangéez que chacun se resserre et ne paie rien C’est&#13;
509 pour quoy Je ne scaurois rien tirer, et mon etat est&#13;
510 si violent que si les choses ne changent Je ne le puis soutenir.&#13;
511 J’ay oublié, Monseigneur de vous f.re remarquer&#13;
&#13;
�17.&#13;
&#13;
lettre N.&#13;
no. 117&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
512 combien on apeine dans les commencemens a avoir&#13;
513 des Jdéez Justes des nouvelles entreprises. M de&#13;
514 montigni massure que Je dois par ces deux&#13;
515 1.rs vaiss.x envoier delafarine anos M.rs et cela&#13;
516 par cequil a peine a saccommoder de sagamité.&#13;
517 M S.t Cosme qui co’e canadien s’en accommode,&#13;
518 me mande qu’on ne fait que les ambarasser de&#13;
519 farines. cepend.’ Jl enpeut aisemt estre debarassés&#13;
520 enle changeant avec les francois p.r des&#13;
521 marchandises qui leur conviennent lemieux&#13;
522 car les farines sont assez necess.res dans lelieu&#13;
523 ou sont les francois et M. s.t Cosme y aura&#13;
524 eu en eschange cequil aura voulu&#13;
525 Nos affaires de Rome ne sont pas encore jugéez.&#13;
526 on les poursuit toujours vivement et lePape&#13;
527 qui est unpeulong et que les Jesuites publient&#13;
528 estre tout dans leurs Jnterests fait tenir depuis&#13;
529 les Rois des Cong.ons des Card.x ensa presence&#13;
530 tous les Jeudis. Pourveu quil Soit sincere&#13;
531 dans la promesse quil a fait de Juger (ce que&#13;
532 nous devons croire jusqu’à ce quil ait manqué&#13;
533 de parole, nous devons estre en repos sur&#13;
534 notres aff.re car elle est telle qu’on nepeut&#13;
535 Juger contre Nous. Les Jesuites usent de&#13;
536 toutes sortes de stratagemes p.r retarder le&#13;
537 Jugement Jusqu’à Luniversel que Jes. Chr.&#13;
538 rendra lui mesme Jls ont presenté au Pape&#13;
539 un peretndu edit de LEmpereur de lachine&#13;
540 que nous avons refusé dans une lettre&#13;
541 que M Labbé vicaire aptiquede la&#13;
542 cochinchine a escrite asa sainteté p.r lui&#13;
543 rendre raison p.r quoy Jl ne se faisoit&#13;
544 pas sacrer et ne partoit pas cette année&#13;
545 p.r sa mission cette lettre aeté Jmprimée&#13;
546 dans les pays Etrangers, mais Je nen ay&#13;
547 pas encore pu voir p.r vous en envoier.&#13;
548 ce ne sera que par les d.ers vaiss.x&#13;
549 votre famille, Monseigneur, seporte&#13;
550 assez bien. M de montigni nest pas&#13;
551 remarié au moins ace que l’on croit.&#13;
552 Mons.r et Mad.’ De Laval payent encore&#13;
553 moins quil ne faisoit. Nous serons&#13;
554 obligez de les menacer au 1.er Jour d’un&#13;
555 nouveau decret deleur terre. M Labbé&#13;
&#13;
�556 de Laval se comporte fort bien a Tournay&#13;
557 ouil est chanoine et official onen est&#13;
558 fort content. sa santé a bien dela peine&#13;
559 a se f.re a cet air épais, et Jl seplaint souvent&#13;
560 a moy que les prestres flamans ont plus deruses&#13;
561 en procez queles plus fins normands.&#13;
562 Jappris hier qu’on croioit le bon Mons.r&#13;
563 Roudon mort a Evreux ou il avoit receu&#13;
564 tous ses sacremens.&#13;
565 vous apprendrez avec Etonnemt lamort&#13;
566 deMLabbé Girard Evesq’ dePoitiers qui n’en&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
567 est Evesque que depuis trois ans, mais qui&#13;
568 enpeut de temps afait bien du chemin&#13;
569 dans la perfection Episcopale LEgliseperd&#13;
570 enlui un desplus preux Evesques que lafrance&#13;
571 eust, et J’y perds un tres affectionné amy&#13;
572 qui me donnoit tous les jours des marques&#13;
573 de sonbon cœur dans le soin que Jeprenois&#13;
574 aParis deses petites commissions.&#13;
575 vous aurez labonté dedirea M Glandelet&#13;
576 que J’ay fait enfin Jmprimer son offre dela&#13;
577 S.te famille, mais non le chant. Je nenvoieray&#13;
578 cet office, les livres p.r M Pacquet et votre&#13;
579 Etofe violette que par les derniers vaiss.x&#13;
580 Le surplus ira parles 1.ers vaiss.x&#13;
581 Je vous suplies, Monseigneur, de me pardonner&#13;
582 la peine quejepuis vous avoir fait en vous&#13;
583 demandant une descharge l’an passé. Jen’ay pas&#13;
584 cru sortir des bornes durespect que Je vous dois.&#13;
585 Je nelay fait l’anpassé que par ceq’ Jelavois&#13;
586 fait quatre ans de suite sans recevoir un mot&#13;
585 de reponse sur cela Je ne sors point parla&#13;
586 de lattachem.t que J’ay p.e Notre chere mission&#13;
587 quel’on me reproche assez icy de preferer aux&#13;
588 autres. Je me suis consacré ason service, et&#13;
589 Jespere y mourir. a La verité Je voudrois&#13;
590 que ce fust dans un autre employ que celui&#13;
591 que Jay qui est trop de consequence p.r moy&#13;
592 et ou il faudroit quelquun qui eust plus de&#13;
593 pieté desprit, et de merite,&#13;
594 Je n’ay aussi jamais douté que v. G. sortist des&#13;
595 sentimens de grace que vous nous avez&#13;
596 vous mesme inspiréz. Et si Je vous ay ecrit&#13;
&#13;
�20.&#13;
&#13;
597 quelq’ chose qui vous ait fait penser que Je&#13;
598 ne vous rendois pas Justice sur cela Je&#13;
599 le desavoüe car cela n’est pas venu a mon&#13;
600 esprit. Ce fut M. Labbé de Brisacier qui me&#13;
601 fit venir LJdée que vous pouviez absolum.t avoir&#13;
602 eu en veüe de tirer vos 4000.# en lettres dechange,&#13;
603 en me disant sur ceq’ Je lui representois letat de&#13;
604 nos aff.res quabsolum.t vous aviez pu titer ces&#13;
605 lettres p.r vos 4000.# sans croire cepend.t ni lui&#13;
606 ni moy que vous en voulusssiez user en particulier,&#13;
607 car nous Sommes persuadez que la grace qui&#13;
608 vous a inspiré la pratique du detachement,&#13;
609 et vous la fait si solidem.t pratiquer toute&#13;
610 votre vie sera perseverante jusqua la mort afin&#13;
611 quelle ne sefface jamais de lesprit de vos Enfans.&#13;
612 J’ay eté bien aise mesme que ce que Je vous escrivis&#13;
613 lan passé sans y penser, vous ait engagé a me marquer&#13;
614 tous les sentiment édifiant qui sont dans vos lettres.&#13;
615 Nos Mess.rs me chargent de vous asseurer de&#13;
616 leurs profonds respects. Jls ne peuvent vous escrire&#13;
617 cette année Jls travaillent p.r le Jubilé avec applica=&#13;
618 tion p.r moy depus huit jours Jesuis tombé malade&#13;
619 dun gros dhume et d’une fluxion sur la poitrine,&#13;
620 mais par bonheur unesaignée a enlevé la fievre&#13;
621 et Jespere que lereste cessera dans peu. Je prends la&#13;
622 liberté dassurer M. Des maizerais M. Glandelet&#13;
623 M Du Pré et M. Pocquet de mes profonds&#13;
624 respects. Jene puis leur escrire par cette voye&#13;
625 Nous nenvoierons le Neveu deM DuPré que&#13;
626 lannée prochaine Je suis tres par faitement&#13;
627 votre tres humble et tres obeiss.’ serviteur&#13;
628 ce dernier mars 1702.&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250303">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11859">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/109dd87a945af55ed2310a11e7fb61cb.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=fSFM7lz5CzOL-P6BkZGyBCoKbsdZ%7Em4glQ5C-Eoly7tFf3%7EKpCpRau7jA5PLrYqLoCxGCYe6cUZk-7F100RSqtNqwwXbRy9V5-kAzIZhOswRVQ2ky8xx1RHaLvxFVoHUUpIFU2zWvH6%7EU96WRoPT%7EfxaINUR0YKibJP9lDna2GIsiBO20mUoxg8kv%7EnTEVf1Bb4XyymyxXdVbkNmuEG7kE0Zts5jSMRbMq-BPsyeGDIWtOomcp2tBXapyy81cRs5FM6ibCy63vZNPCObQ6CMT96Pb%7EK%7ElDHDkntWy4mYuf3-TEYYKUXwaXx2vNY%7EtTzqB8MGm8djDrwCsgatzH7Lyg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>72906e367fb787c074bc48d3f32b730b</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250300">
                    <text>��������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250304">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 117&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249882">
                <text>F7TPTFRF</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249883">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249884">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249885">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 31 mars 1702)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249886">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime à l’ancien évêque de Québec sa tristesse concernant le décès de Bernières et Doucet l’année précédente. Il négocie actuellement avec Berthelot pour l’achat de l’île d’Orléans et l’île Jésus. Il se plaint des grandes dépenses du Séminaire de Québec. Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, ne retournera pas à Québec cette année. Il l’informe des missions du Mississippi et en Acadie. Il est question de l’union des abbayes. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249887">
                <text>1702-03-31</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249888">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249889">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11859" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 117&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249890">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250305">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11856" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt;par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11857" class="show"&gt;Extrait typographié et annoté en français moderne&lt;/a&gt;par le Séminaire de Québec et publié dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 36-F&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11858" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt;par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="852">
        <name>Missions d'Acadie</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="203">
        <name>Seigneuries</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18670" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11851">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/e596036d4435ab3a9075a825df60f282.png?Expires=1779321600&amp;Signature=lcf9ZtQsGG%7EiBoBW5t-rIlzMyqVbLVNfgKRcofcG0YXx1NI4Kb8KnbBsQO0yVR4Ab94qODIOzk9K67hsg3fu55XUozQAwFviUCLvBpVGKNJ4RMHInBj%7E%7Ejzi8-jPNgf6aKVYPTVimm6iHFJn8nhTBNLpR7sCONfkL3N97o-Wgatb2URkTI%7E4cwcKNxByHQd9Yt5he8M0hbF0pbGzUPHlknH-9qGWFfkfiaphbMGLRV6km4h8KmKgbrPsF5ECxSHTWS2z9uYZIVKEdrxOnf8ouIIpNUMIL3y27%7EHkWK6vNEHgLr6PVI46opzMRVc8WYr5nHtD0D9G93VX2cwYKiQPYQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11852">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/fe707591ff921d97e5638d6e1e3babd4.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=c9Ij0c1axoRPh04iHxhnTKLPG9u%7ES24-X8w2YJjiSaKlIrvVG0rLZTNxZ61CSLquHvF4pct6KZYr8aqM8HKe1qK6vS9pjeAqq3kd%7ECvhMbNqG0H36%7E6Pbn1nNnXP3jezaskbM4WxxF8FX1su1L-AAbHbe5hNSCL9dOPdMQeCATTetunStZeYteepC0js4hK0Q4WW4qwwiPbG3jqEd9yRHx1b%7E1amSUaZbPUu5K2ymnyN8b%7ELL2Ju30C6gBwgtIBmxE4mzSa8meg3Hm5FiVKNoDVyKTJZvU0ryPib-sEzMNW5QA2X6wO0svOcmvg91ekFYfPSQJwg3yFs0VP8Vw1jUA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>90282161fd3a7ec4fc6b8a5c7565dd86</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250290">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Paris, 12 avril 1696)&#13;
&#13;
À M. des Maizerets&#13;
Du 12 avril 1696&#13;
Monsieur,&#13;
C’est pour ne pas multiplier les écritures à l’infini que je me&#13;
contenterai dans cette lettre, après vous y avoir assuré de mes&#13;
très humbles respects, de vous répondre à quelques articles&#13;
que je n’ai pas touchés dans les lettres que j’ai écrites ou que je&#13;
n’ai pas autant expliqué qu’il fallait. Je vous renvoie pour le&#13;
reste soit à la lettre commune que je vous ai écrite soit à celle&#13;
de M. de Glandelet.&#13;
J’ai reçu avec bien de la joie toutes vos lettres, mais surtout&#13;
celle de l’intérieur, qui m’a tout à fait consolé, quoique ce soit&#13;
une faible consolation de vous entendre parler de si loin. Je ne&#13;
laisse pas de me servir de ce secours pour me soutenir en&#13;
relisant quelquefois votre lettre et me disant plusieurs fois ce&#13;
que vous ne m’avez écrit qu’une. Je suis, comme vous le dites,&#13;
très persuadé que notre œuvre est l’œuvre de Dieu. J’en vois&#13;
tous les jours de nouvelles marques et c’est ce qui me soutient&#13;
dans les peines et chagrins que mon emploi entraîne après soi.&#13;
Quoique je fusse plus content de vivre en solitaire dans un&#13;
petit coin (au moins à ce qu’il me semble), je suis cependant&#13;
assez tranquille dans mon état. Je tâche à y faire le bien que je&#13;
puis et à y faire tout le moins de mal qu’il m’est possible.&#13;
Je ne sais si vous approuverez le choix que j’ai fait du sieur&#13;
Grignon plutôt que d’autres pour nos commissions. J’en&#13;
mande les raisons à Mgr l’Ancien, dont voici les principales :&#13;
j’ai été obligé de quitter le sieur Hurault, non seulement à&#13;
&#13;
�cause de ce que vous me mandez qu’il vous a envoyé des&#13;
marchandises mal conditionnées, mais parce qu’il nous a fait&#13;
estimer le fret de tout ce qui allait pour le Séminaire l’an passé&#13;
à près de 19 tonneaux et qu’il nous a fait payer 100 francs du&#13;
tonneau, si bien qu’il m’en a donné pour 1 885 livres en fret&#13;
seulement et d’ailleurs, c’était un homme pressé d’argent et&#13;
qui prenait trop de commissions. Je n’ai pas cru devoir prendre&#13;
Bourgine, pour ne pas paraître changeant. Ce n’est pas une&#13;
bonne réputation pour une communauté et j’ai cru qu’il n’y&#13;
aurait aucun de ces inconvénients à reprendre M. Grignon,&#13;
que nous avions auparavant. Il a de l’affection pour moi ; le fils&#13;
qu’il vous a envoyé l’affectionnera au Séminaire ; il est résolu&#13;
de n’embarquer nos effets que dans tels vaisseaux que je&#13;
voudrai ; il ne me presse point pour l’argent ; il ne prend soin&#13;
de nos affaires qu’à ma prière, car il n’a pas voulu continuer le&#13;
soin de celles des Jésuites ; je ne lui donne que 3 % de profit,&#13;
etc.&#13;
Je conviens avec vous qu’il y a un très grand avantage de faire&#13;
venir de France nos factures, mais vous savez qu’il y faut&#13;
avoir des fonds pour les accomplir. Comme vous embrassez&#13;
trop par le grand nombre d’ecclésiastiques et d’enfants, vu&#13;
votre peu de revenus, il est impossible d’exécuter tout ce que&#13;
vous demandez. Vous avez supposé que la facture de Paris et&#13;
de La Rochelle ne montrait pas à plus de 4 000 livres. J’ai&#13;
retranché près que le tiers de celle de Paris et cependant, vous&#13;
verrez qu’elle va encore à plus de 2 500 livres. J’ai aussi&#13;
retranché beaucoup de celle de La Rochelle et M. Grignon m’a&#13;
pourtant mandé qu’il croyait qu’elle n’irait pas loin de&#13;
2 000 livres. Tout est tellement renchéri présentement qu’on&#13;
est surpris de voir les sommes à quoi les choses montent.&#13;
&#13;
�Je n’ai point voulu prendre davantage de draps de Berry. Ils&#13;
me paraissent trop chers. Ils auraient été cette année à 7 livres,&#13;
5 sols l’aune. Les Valognes sont enchéries comme toutes les&#13;
autres étoffes, mais ils me paraissent bons. Je les ai à 5 sols de&#13;
meilleur marché que je ne les eusse trouvées ailleurs et il me&#13;
semble que vu la cherté, j’ai bon marché aussi des autres&#13;
étoffes. Je vous envoie de la meilleure serge façon de Londres&#13;
et de toutes les autres marchandises. J’ai tâché à vous envoyer&#13;
ce qui est de meilleur.&#13;
J’ai cru entrevoir partout ce que vous m’avez mandé du sieur&#13;
Grignon que vous ne seriez pas fâché que je le reprisse. Je lui&#13;
ai promis 3 %, car c’est trop peu de 2 %. Nous lui devons&#13;
encore près de 3 000 livres de vieux. J’espérais que vous&#13;
m’enverriez les 1 700 ou 1 800 livres que je vous ai fait toucher&#13;
en Canada d’extraordinaire pour m’aider à payer cette&#13;
somme ; cependant, vous ne m’avez rien renvoyé, jusqu’à une&#13;
lettre de change de 100 livres du sieur Franquelin sur M. de&#13;
La Chesnaye, dont M. Buisson a touché 93 livres jusqu’à la&#13;
pension du petit Grignon, que vous avez appréhendé de me&#13;
laisser déduire sur ce que nous lui devons. Je vis quand je vois&#13;
l’application que vous avez de tirer de France tout ce que vous&#13;
pouvez. Cela ne vous avance en rien, car je ne puis accomplir&#13;
vos factures qu’à proportion des fonds que j’ai et je ne puis&#13;
emprunter de nouveau après tout ce que nous devons.&#13;
Il me sera impossible de ne pas payer cette année à&#13;
M. Grignon du moins la moitié de ce que je lui dois de vieux,&#13;
quoique j’aie payé à M. l’abbé de Brisacier l’an passé 1 200&#13;
livres dont il eut besoin et qu’il me redemanda. Il lui est&#13;
encore dû, selon le compte que nous avons arrêté ensemble le&#13;
30e juillet 1695, la somme de 2 350 livres, 1 sol et il m’a prié de&#13;
lui tenir du moins 1 200 livres comptant vers le mois de&#13;
septembre, parce qu’il en aura besoin en ce temps-là. J’avoue&#13;
&#13;
�que je ne sais encore quelles mesures prendre pour retirer&#13;
plus de 1 600 livres dont je suis en avance pour la facture de&#13;
Paris et pour payer 1 200 livres à M. de Brisacier, enfin, pour&#13;
satisfaire à M. Grignon pour la facture de cette année et pour&#13;
une partie de ce qui lui est dû de vieux, dont il me presse et&#13;
que je voudrais lui avoir payé pour n’en pas payer l’intérêt&#13;
que nous payons.&#13;
Je n’ai à recevoir que les 2 000 livres sur l’état des&#13;
gratifications du Canada. J’espère aussi tirer, par des adresses&#13;
et la faveur du premier commis du Trésor royal, les 2 000&#13;
livres de pension de Mgr l’Ancien sur le Trésor royal pour&#13;
l’année 1694, car je vous ai compté l’année 1693 que je reçus&#13;
Je dois payer :&#13;
pour la facture de&#13;
Paris :&#13;
1 600 livres&#13;
pour celle de La&#13;
Rochelle, environ :&#13;
2 400 livres&#13;
à M. de Brisacier :&#13;
1 200 livres&#13;
à M. Grignon, de&#13;
vieux :&#13;
1 500 livres&#13;
Total :&#13;
6 700 livres&#13;
&#13;
l’an passé. Ces 2 000 livres ne sont pas encore pourtant bien&#13;
assurées. Je recevrai près de 200 livres qui restent de la&#13;
pension de M. de Bernières. Il est actuellement dû une demiannée pour le chapitre de l’abbaye de l’Estrée et l’autre demiannée sera due à la Saint-Jean prochaine. Ce sont environ&#13;
2 900 livres, mais ce n’est pas de l’argent comptant. Je serai&#13;
bien heureux si je touche cette somme en son entier d’ici à un&#13;
an. Quelque soin que je prenne, je n’ai presque rien à espérer&#13;
de la chapelle de M. Dupré, dont j’ai touché deux années&#13;
&#13;
J’ai à recevoir :&#13;
du trésorier de la&#13;
Marine : 2 000 livres&#13;
du Trésor royal :&#13;
2 000 livres&#13;
de l’abbaye de l’Estrée,&#13;
environ :&#13;
3 000 livres&#13;
de M. l’évêque d’Aire&#13;
environ : 1 500 livres&#13;
des prieurés, environ :&#13;
100 livres&#13;
[Total :] 8 900 livres1&#13;
&#13;
depuis peu et il n’est presque rien dû que le courant. Je ne&#13;
m’attends point de toucher rien de M. Préaux pour la pension&#13;
de M. de Glandelet. Il faudra plutôt dépenser pour la rente de&#13;
M. de Montfort. M. Le Tellier, avocat à Caen, en a reçu&#13;
100 livres depuis peu. Je lui ai dit de les garder pour&#13;
commencer les frais du décret qu’il faudra faire pour être&#13;
payé des arrérages de cette rente. Je ne m’attends pas à&#13;
recevoir 100 écus de Parçay, rien de Bénévent et très peu de&#13;
choses de Saint-Sébastien, à cause des taxes extraordinaires&#13;
dont ces bénéfices sont chargés. Voilà pourtant tous mes&#13;
fonds. Je n’y comprends pas la pension de Mgr l’Ancien sur&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Erreur de calcul : La somme est de 8 600 livres.&#13;
&#13;
�Je pourrai, avec le&#13;
surplus, m’acquitter&#13;
entièrement envers&#13;
M. Grignon. Je ne&#13;
toucherai ces sommes&#13;
que d’ici à un an tout&#13;
entier.&#13;
&#13;
M. l’évêque d’Aire : elle n’ira pas cette année à 1 500 livres, à&#13;
cause de la part du don gratuit, dont il porte le quart. De plus,&#13;
je ne la puis toucher que je n’aie reçu une nouvelle&#13;
procuration de Monseigneur, car je n’en ai point pour&#13;
l’année 1695. Vous le ferez souvenir, s’il vous plaît, de m’en&#13;
envoyer une qui comprenne l’année 1695 et les suivantes et&#13;
qui&#13;
&#13;
renferme&#13;
&#13;
la&#13;
&#13;
clause&#13;
&#13;
qu’elle&#13;
&#13;
voudra&#13;
&#13;
nonobstant&#13;
&#13;
surannation.&#13;
Quand j’aurai touché toutes ces sommes, je n’aurais pas&#13;
encore assez pour subvenir aux dépenses ci-dessus, sans y&#13;
avoir compris les dépenses particulières que je serai obligé de&#13;
faire pendant cette année. Ces dépenses ne seront pas pour&#13;
ma pension, qui sera payée par une fondation que&#13;
M. de La Chapelle a faite d’une place de directeur du&#13;
Séminaire, que nos Messieurs m’ont nommé pour remplir. Je&#13;
vous prie de lui écrire pour l’en remercier. Il vous honore et&#13;
se recommande à vos prières. C’est un saint homme qui nous&#13;
édifie beaucoup. J’espère aussi pourvoir à mon entretien par&#13;
ce que je toucherai de patrimoine dorénavant. Si je touchais&#13;
les 2 000 livres du trésorier de la Marine, les 2 000 livres du&#13;
Trésor royal, les 3 000 livres ou environ du revenu du chapitre&#13;
et les 1 500 livres de M. l’évêque d’Aire, je m’acquitterais à&#13;
Paris et à La Rochelle pour nos factures de cette année, je&#13;
paierais à M. l’abbé de Brisacier 1 000 livres et ne lui devrais&#13;
plus qu’environ 950 livres et je m’acquitterais presque envers&#13;
M. Grignon. C’est à quoi je travaille de toutes mes forces, car&#13;
si vous n’êtes pas d’humeur à épargner pour faire quelques&#13;
fonds en France, je ferai au moins mon possible pour ne m’y&#13;
pas endetter et pour ne vous envoyer qu’à proportion de vos&#13;
revenus.&#13;
&#13;
�Vous remarquerez, s’il vous plaît, que lorsque j’ai retranché&#13;
vos factures, de l’avis de M. de Brisacier avec qui j’en conféré,&#13;
je ne m’attendais point à toucher les 2 000 livres du Trésor&#13;
royal et que je ne comptais point la pension de M. d’Aire, ni&#13;
les 3 000 livres de l’abbaye de l’Estrée, car comme je ne puis&#13;
toucher ces 1 500 livres de M. d’Aire qu’après le retour de nos&#13;
vaisseaux et que je n’avais pas fait avec Monseigneur le&#13;
partage des abbayes, je ne comptais point sur ces sommes. Je&#13;
n’y compte non plus qu’autant que je vous donne&#13;
connaissance de l’état de vos affaires temporelles pour vous&#13;
faire connaître ce que j’aurai l’année prochaine de fonds en&#13;
France, afin que vous ne me demandiez point davantage. Je&#13;
n’ai pas assez compté la facture de La Rochelle de cette année,&#13;
car je crois qu’avec les frais, nous lui devrons près de&#13;
3 000 livres. Vous aurez la bonté de communiquer ces choses&#13;
à Mgr l’Ancien, à M. de Bernières et à nos Messieurs. Je&#13;
suppose qu’il suffit de vous l’écrire pour tous.&#13;
Nous n’aurons à toucher l’année prochaine que les 2 000 livres&#13;
des curés usés, les 1 500 livres de la pension de Monseigneur&#13;
sur l’évêché d’Aire, si Dieu n’en dispose autrement, et ce que&#13;
nous toucherons dans toute l’année pour le chapitre et des&#13;
prieurés. Vous me manderez ce que vous voulez que je fasse&#13;
l’année prochaine de ce revenu du chapitre pour l’année 1696,&#13;
qu’il faut compter que je n’aurai touché qu’en 1698. Je&#13;
suppose que pour le revenu de cette année dernière, montant&#13;
à environ 3 000 livres, vous ferez convenir le chapitre qu’il&#13;
sera employé à acquitter :&#13;
2 250 livres&#13;
800 livres&#13;
372 livres&#13;
&#13;
1° les frais que Mgr de Québec a compté avoir&#13;
faits pour l’union des abbayes dans son compte&#13;
de l’an passé montant à la somme de :&#13;
2° les frais de la sacristie pour les années 1695 et&#13;
1696 à 400 livres par an, c’est 800 livres ci :&#13;
&#13;
�Total : 3 432 livres2&#13;
&#13;
3° les frais et l’achat de la cloche du chapitre&#13;
montant à 372 livres ci :&#13;
Vous conviendrez en chapitre si on trouve bon que ces&#13;
sommes soient prises sur les premiers deniers que je toucherai&#13;
et pour l’avenir, si on veut que le revenu soit destiné pour les&#13;
frais de l’union des abbayes. Vous aurez aussi la bonté de faire&#13;
ratifier par le chapitre le partage que nous avons fait avec Mgr&#13;
de Québec. Vous me marquez que vous m’envoyez un&#13;
mémoire de dépenses pour le chapitre, dont j’aurai soin de me&#13;
rembourser. Je ne l’ai point reçu.&#13;
J’ai envoyé vos lettres à Mme Ango de La Mothe3. Elle a fait&#13;
partir nos toiles à l’ordinaire. J’ai fait acheter à Paris Les fleurs&#13;
de la solitude et j’y ai fait chercher Les reliques [de saint Antoine]&#13;
du Désert, mais on ne l’y a pas trouvé. Il n’y en a plus. Je n’ai&#13;
pu même trouver celui que je vous envoie que vieux et tout&#13;
fripé et cependant, on me l’a vendu bien cher. On le trouverait&#13;
encore moins à Rouen.&#13;
Je ne vous mandai pas l’an passé que je fis ce que je pus pour&#13;
faire acheter par Mme Ango de La Mothe de cette étoffe à&#13;
l’Iroquoise que je vous demandai depuis deux ans. Elle n’en&#13;
put trouver et j’avais résolu de vous prier de m’en envoyer un&#13;
échantillon, mais il faut que je m’en sois oublié. J’en eusse fait&#13;
à faire exprès : je n’ai donc en garde d’en demander à Mme de&#13;
La Mothe cette année ; mais comme M. Marnot à Paris m’avait&#13;
promis de m’en faire avoir de Rouen et comme Mgr l’Ancien&#13;
me priait de lui faire acheter 100 aunes de toile par Mme de&#13;
La Mothe, je crus devoir prier Mme de La Mothe d’acheter ces&#13;
100 aunes de toiles au lieu de cette pièce d’iroquoise et que&#13;
j’emploierais l’argent de ces 100 aunes de toile à acheter cette&#13;
&#13;
2&#13;
3&#13;
&#13;
Erreur de calcul : La somme est de 3 422 livres.&#13;
Sœur de Louis Ango des Maizerets&#13;
&#13;
�étoffe à Paris. C’est pourquoi vous trouverez 100 aunes de&#13;
grosse toile, à 10 ou 11 sols l’aune, pour les pauvres dans vos&#13;
ballots, que vous donnerez à Mgr l’Ancien. Cependant, je n’ai&#13;
pu depuis avoir de cette étoffe à l’iroquoise. On n’a pu en faire&#13;
à Rouen, faute d’en voir les échantillons. Il faut, si vous voulez&#13;
en avoir, m’en envoyer de bonne heure un échantillon et alors&#13;
j’en ferai faire exprès.&#13;
Je vous envoie tous les livres que vous me demandez. Les&#13;
souliers marqués dans vos factures ont été envoyés, parce que&#13;
j’avais écrit dès l’automne au cordonnier de les tenir prêts. J’ai&#13;
fait faire à Paris les collets, mais comme je les voulus faire faire&#13;
par quelques personnes que je connaissais, je n’ai pu tout faire&#13;
accommoder. On ne vous en envoie que douze douzaines.&#13;
J’ai fait prendre à Paris 150 ou 160 aunes de toile de diverses&#13;
sortes, au lieu du Mesly que M. Grignon m’a mandé être trop&#13;
cher. Vous verrez si cette toile vous accommode au lieu de&#13;
Mesly. C’est le frère de M. Pocquet qui me l’a fournie.&#13;
Je vous envoie une caisse pleine de carreaux de vitre, tels que&#13;
vous me les avez demandés. Il y en a 626 carreaux.&#13;
J’ai fait acheter à Paris 24 aunes de grosses toiles fort larges et&#13;
fortes pour servir à faire des lits de sangle. Vous verrez si elle&#13;
y est propre.&#13;
Vous trouverez dans nos ballots un calice qui paraît tout neuf,&#13;
parce que je l’ai fait accommoder dans un étui avec une&#13;
chasuble qui a servi. Cela ne m’a coûté que 100 francs. Il y a&#13;
presque pour cela d’argent sans la façon et l’ornement. J’ai cru&#13;
que quoique Mgr l’Ancien destine son calice pour la chapelle&#13;
du Séminaire, on serait bien aise d’en avoir deux : un qui&#13;
&#13;
�serve d’ordinaire, et ce sera celui que j’envoie, et celui de&#13;
Mgr l’Ancien pour les fêtes.&#13;
Comme le fret est extrêmement cher et qu’il n’est pas juste que&#13;
le Séminaire soit chargé du fret de ce que les missionnaires&#13;
font venir pour eux, j’ai tâché à séparer le plus que j’ai pu les&#13;
effets du Séminaire de ceux des missionnaires. Cependant, je&#13;
n’ai pu en venir à bout et il y a plusieurs choses aux&#13;
missionnaires dans les ballots du Séminaire. J’ai cependant&#13;
fait une caisse entière qui est toute pour les missionnaires. Je&#13;
croirais que Monseigneur s’en chargerait, mais il ne l’a pas&#13;
voulu. Cet embarras du fret me fait pencher à ne plus me&#13;
mêler de ces affaires particulières des missionnaires. Elles&#13;
distraient plus que nos affaires. Il est difficile de partager à un&#13;
chacun les menus frais. J’y mets toujours du mien soit par les&#13;
menues dépenses soit par les articles que j’oublie de marquer.&#13;
Il faut faire très souvent les avances de l’argent. Tout cela me&#13;
porterait à m’en défaire. Vous me manderez votre sentiment&#13;
sur ce sujet.&#13;
Je ne vous parle point de nos affaires dans cette lettre. Vous&#13;
les lirez dans la lettre commune que je vous envoie. Je ne&#13;
répète point non plus plusieurs choses renfermées dans la&#13;
lettre de M. de Glandelet. Voilà ce que j’ai cru devoir vous&#13;
écrire pour répondre à quelques articles de votre lettre et vous&#13;
expliquer ce qui regarde les factures, puisque c’est vous qui&#13;
m’en avez écrit.&#13;
Je répondrai dans une lettre à part à celle que vous m’avez&#13;
écrite sur les dispositions spirituelles où je vous avais mandé&#13;
que j’étais. Je crois inutile de vous recommander de prier Dieu&#13;
pour moi. Je vous connais trop rempli de charité et d’affection&#13;
pour moi pour me priver de ce bien, que j’estimerai toujours&#13;
comme un des plus grands que mon voyage de Canada m’a&#13;
&#13;
�fait. Plaise à la divine bonté me rejoindre à vous dans peu et&#13;
me mettre en était de mieux profiter que je n’en ai fait de vos&#13;
bons exemples et de ceux de nos chers Messieurs. Je puis vous&#13;
assurer que si le corps en est éloigné, je suis tous les jours avec&#13;
vous en esprit et qu’il n’y en a pas un seul que je ne repasse&#13;
ces conversations saintes que j’ai eues en ce pays-là et d’où je&#13;
ne sortais qu’avec un nouveau désir d’être à Dieu plus&#13;
parfaitement.&#13;
Permettez-moi d’ajouter à tout ce que je vous ai écrit que je ne&#13;
suis pas convaincu que vous ne puissiez fort bien si vous&#13;
vouliez ne point entreprendre autant que vous faites (je parle&#13;
en général), épargner tous les ans quelque chose pour faire&#13;
des fonds en France. Je suis persuadé que si vous voulez, au&#13;
lieu des 25 enfants, en avoir 40, si vous voulez tous les ans&#13;
bâtir des moulins, des murailles de 600 pieds et ainsi de toutes&#13;
les entreprises qui, bien loin de cesser depuis 10 ans, ne font&#13;
qu’augmenter, en ce cas, il est impossible de faire de fonds en&#13;
France et bien plus que quelque soin qu’on prenne, vous vous&#13;
endetterez beaucoup ; mais je crois qu’il est temps de se fixer&#13;
ou jamais. Si de votre vivant vous ne faites quelque fonds,&#13;
comptez que tout ce que vous faites durera tant que vous&#13;
vivrez, à votre mort, il faudra tout d’un coup tout retrancher.&#13;
Vous m’avez tant de fois dit que l’on devait s’attacher à des&#13;
œuvres permanentes, par lesquelles Dieu fût glorifié après&#13;
nous : pourquoi ne vous attachez-vous pas à rendre&#13;
permanentes celles que vous avez si bien commencées ? Je ne&#13;
cesserai de vous prêcher là-dessus. Ce n’est point, par la&#13;
miséricorde de Dieu, mon bien-être que je cherche ni ma&#13;
commodité et je n’ai d’autre vue, ce me semble, que le bien&#13;
commun. Je regarde un bien stable, assuré. Je cherche une&#13;
ressource dans un malheur qui peut arriver, si le pays venait&#13;
à tomber entre les mains des Anglais. Ce n’est, encore une&#13;
fois, pas pour moi. J’en ai une si j’y veux rester ; mais à Dieu&#13;
&#13;
�ne plaise. À quoi servent toutes ces dépenses que vous faites&#13;
au cap Tourmente ? Si vous aviez mis en vente ce que vous&#13;
avez dépensé à bâtir et à défricher cette terre, vous auriez de&#13;
gros revenus et je ne sais présentement ce que vous avez. Ceci&#13;
soit dit cependant, sans blesser M. Soumande, qui a&#13;
l’inclinaison dépensière et qui la conservera jusqu’à la fin.&#13;
Je n’ai pas encore reçu le sirop et le capillaire que vous&#13;
m’envoyez. Il est chez le sieur Hurault à La Rochelle, qui ne&#13;
me l’a pas encore envoyé. Je l’attends incessamment. Je vous&#13;
prie de nous envoyer tous les ans de l’herbe de capillaire et je&#13;
voudrais même que vous nous envoyassiez un peu de sirop&#13;
tout fait. Il est quelques fois nécessaire de faire quelques&#13;
présents. Le devant d’autel que je vous envoie cette année et&#13;
ce que je vous envoyai l’an passé d’ouvrage en jais pour&#13;
mettre devant le Saint-Sacrement est venu de personnes&#13;
amies à qui j’avais fait présent d’herbe de capillaire.&#13;
J’ai prié M. Grignon de vous envoyer 30 livres de sucre.&#13;
Peut-être serez-vous surpris que j’aie marqué être les articles&#13;
de mes dépenses 58 livres pour des châssis, des rideaux, des&#13;
raccommodages de chaise à ma chambre, mais vous devez&#13;
savoir qu’au Séminaire, chacun entretient sa chambre et le&#13;
Séminaire ne s’en mêle point. C’est la même qu’avait feu&#13;
M. Dudouyt. Je n’y fais de dépense qu’à même que j’en ai un&#13;
vrai besoin. Je serai obligé de la faire carreler cette année,&#13;
parce que je ne puis m’en passer.&#13;
Je suis obligé de finir plus tôt que je ne voudrais en vous&#13;
conjurant de me continuer le secours de vos prières et de vos&#13;
charitables avis, non seulement sur ma conduite dans les&#13;
affaires temporelles, mais encore plus dans la grande affaire&#13;
&#13;
�de mon salut. On ne peut être avec plus de respect que je suis,&#13;
Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay, prêtre indigne.&#13;
Ce 16e avril 1696&#13;
&#13;
/Transcription4 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250293">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11853">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/294d981f091c68bea7251c20b0eda6f4.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=WBJyJDEXPTRaJYzZvA2rkkz7VvU6GUH40aAWT0%7Ey7h2x-u2qrAdaNUsabSUR9LV8ysebVWCf18CBt4As9W%7EIqE6aG5opicQuLKCXpDCXnFjfSpCAGAg9WRrlUMfwukw6KXNTM1%7Eg2WQquiQbpA3K79MLLRNOPy%7EDhYZ8Rknhz1K9dSa-Tt95hA3Zo-8Ibb9Yrpl3MrcbQRAIJS7Zhw7JNckAeLuiZlGlOdLNMvamP-dORxX5zu8InWZmoEKnNdj-rdri6APjVACHy7XQv5IQbctC8wmqoM6GeQ7nuJvIdjlJut33%7EXRKWVbWrRC1N1dAoHVt7nW-HI3wO%7E9tn%7EnDCQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>bd844764fcbe52b870db8eebbfa0f43f</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250291">
                    <text>1696, 12 avril – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fond d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 14)&#13;
a M Des maizerais&#13;
Du Douze avril 1696&#13;
1&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
No 14&#13;
2 C’est p.r ne pas multiplier les escritures a L’infini que Je me&#13;
3 contenteray dans cette lettre, apres vous y avoir assuréz de mes&#13;
4 tres humbles respects, de vous repondre a quelques articles que Je n’ay&#13;
5 pas touché dans les lettres que J’ay escrites, ou que Jen’ay pas&#13;
6 autant expliqué qu’il falloit, Je vous renvoye pour le reste Soit a&#13;
7 la lettre commune que Je vous ay escrite, Soit a celle de M Glandelet,&#13;
8 J’ay reçeu avec bien dela joye toutes vos lettres, mais Sur tout celle de&#13;
9 LJnterieur qui m’a tout a fait sonsolé; Quoiq’ Ce Soit une foible consola=&#13;
10 =tion devous entendre parler de Si loing, Je ne laisse pas de me Servir&#13;
11 de ce Secours p.r me Soutenir en relisant quelq’ fois votre lettre, et&#13;
12 me disant plus.rs fois ceq’ Vous ne m’avéz escrit qu’une.&#13;
13 Je Suis, co’e vous le dites, tres persuadé que notre œuvre est l’œuvre&#13;
14 de dieu, J’en vois tous les jours de Nouvelles marques, et c’est ce qui&#13;
15 me Soutient dans les peines et chagrins que mon employ entraisne&#13;
16 apres Soy. Quoiq’ Je fusse plus content de vivre en Solitaire dans un&#13;
17 petit coin, (au moins a ce qu’il me Semble) Je Suis cepend.t assez&#13;
18 tranquil dans mon estat, Je tasche a y faire le bien que Je&#13;
19 puis, et a y faire tout le moins de mal qu’il m’est possible&#13;
20 Je ne Scay Si vous approuverez le choix que J’ay fait du S.r Grignon&#13;
21 plutost que d’autres p.r nos commissions; J’en mande les raisons&#13;
22 a M’gr Lancien, dont voicy les principales. J’ay esté obligé&#13;
23 de quitter le S.r huraut non Seulem.t a cause de ceq’ vous me&#13;
24 mandez cy devant quil vous en a envoyé des marchandises mal&#13;
25 conditonnéez, mais par ce qu’il nous afait estimer le fret de&#13;
26 tout ce qui alloit p.r le Sem.re l’an passé a prez de dix neuf&#13;
27 tonneaux, et qu’il nous a fait payer cent francs du Tonneau,&#13;
28 Si bien quil m’en a donné p.r 1885.# en fret Seulem.t Et Dailleurs&#13;
29 c’estoit un homme pressé d’argent et qui prenoit trop de commission&#13;
&#13;
�30 Je n’ay pas cru devoir prendre Bourgines p.r ne pas paroistre&#13;
31 changeans, ce n’est pas une bonne reputation p.r une Comm.té&#13;
32 et Jay cru quil n’y auroit aucun de ces inconveniens a&#13;
33 reprendre M. Grignon que Nous avions auparavant. Jl a de&#13;
34 laffection p.r moy, Le fils quil vous a envoyé l’affectionnera au&#13;
35 Sem.re Jl est resolu de n’embarquer nos effets que dans tels vaisseaux&#13;
36 que Je voudray, Jl ne me presse point p.r l’argent, Jl ne prend Soin&#13;
37 de nos aff.res qu’a ma priere, car Jl n’a pas voulu continuer leSoin de&#13;
38 celles des Jesuites; Je ne lui donne que trois p.r cent de profit. &amp;.&#13;
2&#13;
&#13;
39 Je conviens avec vous quil y a un tres grand avantage de faire&#13;
40 venir de france nos factures, mais vous Scavéz quil y faut avoir des fonds&#13;
41 p.r les accomplir; Comme vous ambrasséz trop fort par le grand nombre&#13;
42 dEcclesiastiques Et dEnfans, veu v’re peu de revenu, Jl est Jmpossible dexecuter&#13;
43 tout ce que vous demandéz. vous avéz Suposé que la facture de Paris et&#13;
44 de la Rochelle ne montroit pas a plus de 4000.# J’ay retranché pres que le&#13;
45 tiers de celle de Paris et cepend.t vous verrez quelle va encore a plus&#13;
46 de 2500.# J’ay aussi retranché beaucoup de celle de la Rochelle, et M. Grignon&#13;
47 m’a pourtant mandé quil croioit qu’elle n’iroit pas loing de 2000.# Tout&#13;
48 est tellem.t rencheri presentem.t qu’on est Surpris de voir les So’es a quoy&#13;
49 les choses montent.&#13;
50 Je n’ay point voulu prendre davantage de draps de berry. Jls me paroissent&#13;
51 trop chers, Jls auroient esté cette année a 7.# 5.s l’a’. Les valognes Sont&#13;
52 encheris co’e toutes les au’ estoffes, mais Jls me paroissent bons, Je les ay&#13;
53 a 5.s de meilleur marché que Je ne les eusse trouvé ailleurs, et Jl me Semble&#13;
54 que veu la cherté J’ay bon marché aussi des au’ estoffes. Je vous&#13;
55 envoye de la meilleure Serge façon de Londre, et de toutes les au’&#13;
56 marchandises, J’ay tasché a vous envoier ce qui est de meilleur.&#13;
57 J’ay cru entrevoir par tout ce que vous mavéz mandé du s.r Grignon&#13;
58 que vous ne Seriez pas fasché que Je le reprisse; Je lui ay promis&#13;
59 trois pour cent, car c’est trop peu de deux; Nous lui devons encore&#13;
60 prez de trois mil livres de vieux, J’esperois que vous m’enverriéz&#13;
&#13;
�61 les 17. ou 1800.# que Je vous ay fait toucher en canada d’extraord.re&#13;
62 p.r m’ayder a payer cette So’e; cepend.t vous ne mavéz rien&#13;
63 renvoyé, jusqu’à une lettre de change de 100.# du s.r franquelin&#13;
64 Sur M de la chenaye dont M Buisson a touché 93.# jusqu’à la&#13;
65 pension du petit grignon que vous avez apprehendé de me laisser&#13;
66 deduire Sur ce que Nous lui devons; Je vis quand Je voy l’application&#13;
67 que vous avez de tirer de france tout ce que vous pouvez, cela&#13;
68 Ne vous avance en rien, car Je ne puis accomplir vos factures&#13;
69 qu’a proportion des fonds que J’ay et Je ne puis emprunter de&#13;
70 Nouveau apres tout ce que Nous devons.&#13;
71 Jl me Sera Jmpossible de ne pas payer cette année a M Grignon&#13;
72 du moins la moitié de ce que Je lui dois de vieux, Quoiq’ J’aye&#13;
73 payé a M Labbé de Brisacier l’an passé 1200.# dont il eut besoin&#13;
74 et quil me redemanda, Jl lui est encore deu Selon le compte que nous&#13;
75 avons arresté ensemble le 30.e Juillet 1695. la So’e de 2350.# 1.s et il m’a&#13;
76 prié de lui tenir du moins 1200.# contans vers le mois de Septembre,&#13;
77 par cequil en aura besoin en ce temps la; Javoüe que Je ne Scay&#13;
M. Des maizerais.&#13;
3.&#13;
&#13;
Je dois payer.&#13;
p.r la facture de Paris 1600.&#13;
&#13;
78 encore quelles mesures prendre p.r retirer 1.e plus de Seize cent livres&#13;
79 dont Je suis en avance p.r la facture de Paris, et p.r payer 1200.# a&#13;
80 M de Brisacier; Enfin p.r Satisfaire a M Grignon p.r la facture&#13;
81 de cette année et p.r une partie de ce qui lui est du de vieux dont Jl&#13;
82 me presse, et que Je voudrois lui avoir payé p.r n’en pas paier l’interest&#13;
83 que Nous payons.&#13;
84 Je n’ay a recevoir que les 2000.# Sur lestat des gratifications du&#13;
85 canada, J’espere aussi tirer par des adresses, et la faveur du 1.er&#13;
86 commis du Tresor roial les 2000.# de pension de M’gr Lancien&#13;
87 Sur le Tresor roial p.r lannée 1694., car Je vous ay conté lannée&#13;
88 1693. que Je receus l’an passé; ces 2000.# ne Sont pas encore pourtant&#13;
89 bien assurez, Je recevray prez de 200.# qui restent de la pension de&#13;
90 M. de Bernieres; Jl est actuellem.t du une demie année p.r le&#13;
91 chapitre de Labbaye de L’estrée, et lautre demie année Sera deüe&#13;
&#13;
�p.r celle de la Rochelle envir. 2400.&#13;
a M. de Brisacier 1200.&#13;
a M. Grignon de vieux 1500.&#13;
Total 6700.&#13;
Jay a recevoir&#13;
du Trésorier dela marine 2000.&#13;
du tresor roial 2000.&#13;
de Labbaye de Lestrée envir 3000.&#13;
de M. LEvesq.’ Daire enirr 1500.&#13;
des Prieurez environ 100.&#13;
8900.&#13;
Je pouray avec le Sur plus&#13;
macquiter entierem.t envers&#13;
M. Grignon&#13;
Je ne toucheray ces So’es que&#13;
d’icy a un an tout entier.&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
92 a la S.t Jean prochaine ce Sont environ 2900.# mais ce n’est&#13;
93 pas de largent comptant, Je Seray bien heureux si Je touche&#13;
94 cette So’e en Son entier dicy a un an, quelq’ Soin que Je prenne.&#13;
95 Je n’ay pres q’ rien a esperer de la chapelle de mons. du Pré&#13;
96 dont J’ay touché deux annéez depuis peu, et il n’est presq’ rien&#13;
97 du que le courant. Je ne mattends point de toucher rien de&#13;
98 Mons.r de Preaud p.r la pension de M Glandelet. Jl faudra&#13;
99 plu tost depenser p.r la rente de M de mont fort, M le tellier&#13;
100 avocat a caen en a receu 100.# depuis peu, Je lui ay dit de les&#13;
101 garder p.r commencer les frais du decret qu’il faudra faire&#13;
102 p.r estre payé des arrerages de cette rente. Je ne mattends pas&#13;
103 a recevoir cent escus de Parcay, rien de Bienavant, et tres&#13;
104 peu de chose de S.t Sebastien, a cause des taxes extraord.res dont&#13;
105 ces benefices Sont chargez. voila pour tant tous mes fonds.&#13;
106 Je n’y comprends pas la pension de M’gr Lancien Sur M&#13;
107 Levesque Daire, Elle nira pas cette année a 1500.# a cause de&#13;
108 la part du don gratuit dont Jl porte le quart. De plus Je ne la&#13;
109 puis toucher que Je n’aye receu une nouvelle procuration&#13;
110 de M’gr, car Je n’en ay point p.r lannée 1695. vous le ferez&#13;
111 Souvenir, Sil vous plaist de m’en envoier une qui comprenne&#13;
112 lannée 1695 et les Suivantes, et qui renferme la clause quelle vaudra&#13;
113 Non obstant Surannâtion.&#13;
114 Quand J’aurois touché toutes ces So’es Je n’aurois par encore assez&#13;
115 p.r Subvenir aux depenses cy dessus, Sans y avoir compris les depenses&#13;
116 particulieres que Je Seray obligé de faire pend.t cette année. Ces depenses&#13;
114 ne Seront par p.r ma pension qui Sera payée par une fondation que&#13;
115 M de la Chapelle a faite d’une place de directeur du Sem.re que nos&#13;
116 m.rs mont nomméz p.r remplir. Je vous prie de lui escrire p.r l’en&#13;
117 remercier; Jl vous honore, et Se recommande a vos prieres, cest un&#13;
118 Saint homme qui nous édifie beaucoup. J’espere aussi pourvoir a mon&#13;
119 entretien par ceq’ Je toucheray de patrimoine doresnavant. Si Je touchois&#13;
&#13;
�120 les 2000.# du tresorier de la marine, les 2000.# du tresor roial, les 3000.#&#13;
121 ou environ du revenu du chapitre, et les 1500.# de M. Levesque&#13;
122 Daire Je macquiteroins a Paris et a la Rochelle p.r nos factures de cette&#13;
123 année, Je paierois a M Labbé de Brisacier 1000.# et ne lui devrois&#13;
124 plus quenviron 950.# et Je macquiterois presq’envers M. Grignon,&#13;
125 c’est a quoy Je travaille de toutes mes forces, car Si du moins vous&#13;
126 n’estes par dhumeur a espargner p.r faire quelq’ fonds en france,&#13;
127 Je feray au moins mon possible p.r ne m’y pas endetter, et pour&#13;
128 ne vous envoier qu’a proportion de vos revenus.&#13;
129 vous remarquerez, Sil vous plaist que lors q’ J’ay retranché vos&#13;
130 factures de l’avis de M. de Brisacier avec qui j’en conferay, Je ne&#13;
131 mattendois point a toucher les 2000.# du tresor roial, et que Je ne comptois&#13;
132 point la pension de M D’aire, ny les 3000.# de Labbaye de LEstrée, car&#13;
133 co’e Je ne puis toucher ces 1500.# de M. Daire qu’apres le retour de nos&#13;
134 vaisseaux, et que Je navois pas fait avec M’gr le partage des abbayes,&#13;
135 Je ne comptois point Sur ces So’es. Je n’y compte non plus qu’autant&#13;
136 que Je vous donne conoissance de lestat de vos aff.res temporelles,&#13;
137 p.r vous faire connoistre ce que J’auray lannée prochaine de&#13;
138 fonds en france, afin que vous ne me demandiez point davantage&#13;
139 Je n’ay pas assez compté la facture de la Rochelle, de cette année,&#13;
140 car Je crois qu’avec les frais nous lui devrons prez de 3000.#&#13;
141 vous aurez la bonté de communiquer ces choses a M’gr Lancien,&#13;
142 a M de Bernieres et a nos mess.rs Je Supose qu’il Suffit de vous&#13;
143 l’escrire p.r tous.&#13;
144 Nous n’aurons a toucher l’année prochaine que les 2000.# des curéz&#13;
145 uséz, les 1500.# de la pension de M’gr Sur LEvesché D’aire, Si Dieu n’en&#13;
146 dispose autrem.t, et cqe.’ nous toucherons dans toute lannée p.r le&#13;
147 chapitre, et des prieuréz. vous me manderez ce q’ vous voulez que&#13;
148 Je fasse lannée prochaine de ce revenu du chapitre p.r lannée 1696.&#13;
149 qu’il faut compter que Je n’auray touché quen 1698. Je Supose que&#13;
150 pour le revenu de cette année derniere montant a environ 3000.#&#13;
151 vous ferez convenir le chapitre qu’il Sera employé a acquiter&#13;
&#13;
�152 1.e Les frais que M’gr de Q. a compté avoir fait p.r Lunion&#13;
153 des abbayes, dans Son compte delan passé montant a la So’e de 2250 2250. #&#13;
154 2.e Les frais de la Sacristie p.r les annéez 1695. et 1696. a 400.# par&#13;
155 an cest 800.# cy&#13;
800&#13;
e&#13;
#&#13;
156 3. Les frais et lachat de la cloche du chapitre montant a 372 cy&#13;
372&#13;
157&#13;
Total&#13;
3432.#&#13;
#&#13;
5&#13;
vous me marquéz que vous&#13;
menvoiez un memoire de&#13;
depenses p.r le chapitre, dont&#13;
Jauray Soin de me rembourser&#13;
Je ne lay point receu&#13;
&#13;
158 vous conviendrez en chapitre Si on trouve bon que ces So’es Soient&#13;
159 prises Sur les 1.ers deniers que Je toucheray, Et p.r Lavenir Si on&#13;
160 veut que le revenu Soit destiné p.r les frais de Lunion des abbayes.&#13;
161 vous aurez aussi la bonté de faire ratifier par le chapitre le partage&#13;
162 que Nous avons fait avec M’gr de Q. #&#13;
163 J’ay envoyé vos lettres a Mad.’ de la motte ango; Elle a fait partir&#13;
164 nos toiles a l’ordinaire J’ay fait acheter a Paris a Pxx reliques du desert ofleurs de la Solitude&#13;
165 et J’y ay fait chercher les fleurs de la Solitude reliques du desert, mais on ne l’y a pas&#13;
166 trouvé; Jl n’y en a plus. Je n’ay pu mesme trouver celui que Je vous&#13;
167 envoie que vieux et tout fripé et cepend.t on me l’a vendu bien cher.&#13;
168 on le trouveroit encore moins a Roüen.&#13;
169 Je ne vous manday pas l’an passé que Je fis ce que Je pus p.r faire&#13;
170 acheter par Mad.’ de la motte ango de cette Estofe a LJroquoise que vous&#13;
171 demandéz depuis deux ans. Elle n’en put trouver, et Javois resolu de vous&#13;
172 prier de m’en envoier un eschantillon, mais Jl faut que Je m’en Sois&#13;
173 oublié. J’en eusse fait afire expres; Je n’ay donc en garde d’en demander&#13;
174 a Mad.’ de la motte cette année; mais comme M. Marnot a Paris&#13;
175 m’avoit promis de m’en faire avoir de Rouen, et co’e M’gr Lancien me&#13;
176 prioit de lui faire acheter cent au’ d’Estofe e toile par Mad.’ de la motte, Je crut&#13;
177 devoir prier Mad.’ De la motte d’acheter ces 100. au’ de toile au lieu&#13;
178 de cette piece d’Jroquoise, et que J’emploierois l’argent de ces 100 a’ de toile&#13;
179 a acheter cette Estofe a Paris. C’est p.r quoy vous trouverez cent&#13;
180 aunes de grosse toile a 10. ou 11.s lau’ p.r les paurvre dans vos ballots,&#13;
181 que vous donnerez a M’gr Lancien; cepend.t Je n’ay pu depuis avoir&#13;
182 de cette estofe a LJroquoise; on n’a pu en faire a Rouen, faute d’En&#13;
&#13;
�183 voir leschantillon. Jl faut, Si vous voulez en avoir, m’en envoier de&#13;
184 bonne heure un eschantillon, et alors J’en feray faire expres.&#13;
185 Je vous envoye tous les livres que vous me demandéz. Les Souliers&#13;
186 marquéz dans vos factures, ont esté envoiez parce q’ Javois escrit dez&#13;
187 lautomne au cordonnier de les tenir prests. J’ay fait faire a Paris&#13;
188 les colets, mais co’e Je les voulus faire faire par quelques personnes&#13;
189 que Je connoissois, Je n’ay pu tout faire accommoder. on ne vous&#13;
190 en envoye que Douze douzaines.&#13;
191 J’ay fait prendre a Paris cent cinquante ou soixante au’ de toile de&#13;
192 diverses Sortes au lieu du mesly que M Grignon m’a mandé estre trop&#13;
193 cher. vous verrez Si cette toile vous accommode au lieu de mesly.&#13;
194 C’est le frere de M Pocquet qui me la fournie.&#13;
195 Je vous envoie une caisse pleine de carreaux de vitre tels que vous&#13;
196 me les avez demandéz, Jl y en a 626. carreaux.&#13;
197 J’ay fait acheter a Paris 24. a’ de grosse toile firt large et forte&#13;
198 p.r Servir a faire des licts de Sangle vous verrez Si elle y est propre.&#13;
6.&#13;
&#13;
199 vous trouveréz dans nos balots un calice qui paroist tout neuf&#13;
200 par ceq’ Je l’ay fait accommoder dans un Estuy avec une chasuble&#13;
201 qui a Servy; cela ne m’a cousté que cent francs, Jl y a presq’ p.r&#13;
202 cela dargent Sans la façon et lornem.t J’ay cru que quoiq’ M’gr&#13;
203 Lancien destine Son calice p.r la chapelle du Sem.re, on Seroit bien&#13;
204 bien aise d’en avoir deux, un qui Serve dord.re, et ce Sera celui que&#13;
205 Jenvoye et celui de M’gr Lancien p.r les festes.&#13;
206 Comme le fret est extremement cher, et qu’il nest pas juste que le Sem.re&#13;
207 Soit chargé du fret de ceq’ les miss.res font venir p.r eux, J’ay tasché a&#13;
208 Separer le plus que J’ay pu les effets du Sem.re, de ceux des miss.res cepend.t&#13;
209 Je n’ay pu en venir a bout, et il y a plus.rs choses aux miss.res dans&#13;
210 les balots du Sem.re J’ay cepend.t fait une caisse entiere qui est toute&#13;
211 p.r les miss.res Je croiois que M’gr S’en chargeroit, mais Jl ne l’a pas&#13;
212 voulu. Cet ambarras du fret me fait pancher a ne plus me mesler&#13;
213 de ces aff.res particulieres des miss.res Elles distraient plus que nos&#13;
&#13;
�214 affaires, Jl est difficile de partager a un chacun les menus frais,&#13;
215 J’y mets toujours du mien Soit par les menües depenses, Soit par les&#13;
216 articles que Joublie de marquer, Jl faut faire tres Souvent les&#13;
217 avances de l’argent. Tout cela me porteroit a m’en defaire vous&#13;
218 me manderez v’re Sentiment Sur ce Sujet.&#13;
219 Je ne vous parle point de nos affaires dans cette lettre, vous les lirez&#13;
220 dans la lettre commune que Je vous envois. Je ne repete point non&#13;
221 plus plus.rs choses renferméez dans la lettre de M Glandelet; voila&#13;
222 ce que J’ay cru devoir vous escrire p.r repondre a quelques articles&#13;
223 de v’re lettre, et vous expliquer ce qui regarde les factures, puis que&#13;
224 c’est vous qui m’en avez escrit.&#13;
225 Je repondray dans une lettre a part a celle que vous m’avez&#13;
226 escrit Sur les dispositions Spirituelles ou Je vous avois mandé que&#13;
227 J’estois; Je croy inutile de vous recommander de prier Dieu&#13;
228 p.r moy, Je vous connois trop remply de charité et d’affection&#13;
229 p.r moy, pour me priver de ce bien que J’estimeray toujours&#13;
230 co’e un des plus grands que mon voyage de canada m’a fait.&#13;
231 Plaise a la divine bonté me rejoindre a vous dans peu, et me&#13;
232 mettre en estat de mieux profiter que Jen’ay fait de vos bons&#13;
233 exemples et de ceux de nos chers mess.rs Je puis vous assurer&#13;
234 que Si le corps en est esloigné Je Suis tous les jours avec vous&#13;
235 en esprit et quil n’y en a pas un Seul que je ne repasse ces&#13;
236 conversations Sainctes que J’ay eu en ce pays la, et d’où Je ne&#13;
237 Sortois qu’avec un Nouveau desir d’estre a Dieu plus parfaitem.t&#13;
7&#13;
&#13;
238 Permettez moy d’ajouster a tout ceque Je vous ay escrit que Je ne&#13;
239 Suis pas convaincu que vous nepuissiez fort bien Si vous vouliez&#13;
240 ne point entreprendre autant que vous faites (Je parle en gral)&#13;
241 espargner tout les ans quelque chose p.r faire des fonds en france.&#13;
242 Je Suis persuadé que Si vous voulez au lieu de 25. enfans en&#13;
243 avoir quarente, Si vous voulez tous les ans bastir des moulins,&#13;
244 des murailles de Six cent pieds &amp;. et ainsy de toutes les entreprises&#13;
&#13;
�245 qui bien loing de cesser depuis dix ans ne font qu’augmenter,&#13;
246 En ce cas Jl est Jmpossible de faire de fonds en france, et bien&#13;
247 plus que quelq’ Soin qu’on prenne vous vous endetterez beaucoup&#13;
248 mais Je croy qu’il est temps de Se fixer ou jamais; Si de v’re&#13;
249 vivant vous ne faites quel q’ fonds comptéz que tout ce que vous&#13;
250 faites durera tant que vous vivrez, a votre mort Jl faudra tout&#13;
251 d’un coup tout retrancher, vous mavéz tant de fois dit que&#13;
252 l’on devoit S’attacher a des œuvres permanentes par les quelles&#13;
253 Dieu fust glorifié apres Nous, Pour quoy ne vous attachez vous&#13;
254 pas a rendre permanentes celles que vous avez Si bien commencé&#13;
255 Je ne cesseray de vous prescher la dessus, ce n’est point par la&#13;
256 misericorde de dieu mon bien estre que Je cherche, ny ma&#13;
257 commodité &amp; Je n’ay dautre veüe ce me Semble que le bien&#13;
258 commun, Je regarde un bien Stale, assuré, Je cherche une&#13;
259 ressource dans un malheur qui peut arriver, Si le pays venoit&#13;
260 a tomber entre les mains dea anglois; ce n’est encore une fois&#13;
261 pas p.r moy, J’en ay une Si J’y veux rester, mais a dieu ne plaise;&#13;
262 a quoy Servent toutes ces depenses que vous faites au cap tourmente,&#13;
263 Si vous aviez mis en vente ce que vous avez depensé a bastir&#13;
264 et a defricher cette terre, vous auriez de gros revenus, et&#13;
265 Je ne Scay presentem.t ce que vous avéz. cecy Soit dit cepend.t&#13;
266 Sans blesser Mons.r Soumande, qui a linclination depensiere, et&#13;
267 qui la conservera jusqu’a lafin.&#13;
268 Je n’ay pas encore reçeu Le Sirop et le capillaire que vous&#13;
269 m’envoiez Jl est chez le S.r hurault a la Rochelle qui ne me l’a&#13;
270 pas encore envoié. Je l’attends Jncessamm.t Je vous prie de&#13;
271 nous envoier tous les ans de lherbe de capillaire, et Je voudrois&#13;
272 mesme que vous nous envoiassiez un peu de Sirop tout fait, Jl&#13;
273 est quels’ fois necess.re de faire quelques presens. Le Devant Dautel,&#13;
274 que Je vous envoie cette année et ce q’ Je vous envoiay lan passé&#13;
275 douvrage en Jaix p.r mettre devant le S.t Sacrem.t est venu de&#13;
276 personnes amies a qui J’avois fait present d’herbe de capilaire&#13;
&#13;
�277 J’ay prié M. huraut Grignon de vous envoier trante livres de Sucre.&#13;
8.&#13;
&#13;
278 Peut estre Serez vous surpris que Jaye marqué estre les articles de&#13;
279 mes depenses 58.# p.r des chassis, des rideaux, des recommodages de&#13;
280 chaize a ma chambre; mais vous devez Scavoir qu’au Sem.re chacun&#13;
281 entretient Sa chambre, et le Sem.re ne S’en mesle point; c’est la mesme&#13;
282 qu’avoir feu M. du Douist, Je n’y fais de depense qu’a mesme que J’en&#13;
283 ay un vray besoin; Je Seray obligé de la faire careler cette année,&#13;
284 parceq’ Je ne puis n’en passer.&#13;
285 Je Suis obligé de finir plutost que Je ne voudroit en vous&#13;
286 conjurant de me continuer le Secours de vos prieres et de vos&#13;
287 charitables avis non Seulem.t Sur ma conduite dans les affaires&#13;
288 temporelles mais encore plus dans la grande aff.re de mon Salut.&#13;
289 On ne peut estre avec plus de respect que Je Suis&#13;
290&#13;
Mon sieur&#13;
e&#13;
291&#13;
ce 16. avril 1696&#13;
votre tres humble et tres&#13;
292&#13;
obeiss.t Serviteur&#13;
293&#13;
Tremblay p. J.&#13;
&#13;
/Transcription par le Séminaire de Québec-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250294">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11854">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/dfd8b944a2ca78cd061709469eff9e27.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=cUBWRTtDnFhrOi4z4Ar3Kh0X5shIwL8jVAMpC4TDyXdj9wYfTJkOET8TI5VZ29tIP0d-BPRAxDzMUaa0H2G3ZFPbeSyGFApO-ctxh53zekV4slHcSJN3wedX7-7rO9d5cvO47SDnfjApCI3%7E0aKKppMtKv2%7EESPgqlIrvZajguruy4on95j7diCfnMBJo8mWVFN9FhgVSXWNsMlm8%7ErVSfHn3sx9Bna0SOVJZWQxrdH4XO15aotxsHp2-zbhTIa74T4-q0-IRsbdK0AZRaQHASp2zF4QLTaD%7EPUCsKvq6Rr4DqJzJLKZbC6WTpRQtAwrfVt4sLHeqPwB2kKgSa7DWQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>e19a8f38974ff4dd1112f41c1e7473fa</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250292">
                    <text>��������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250295">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 14&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249873">
                <text>EK93RIHC</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249874">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249875">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249876">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 12 avril 1696)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249877">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris remercie le supérieur du Séminaire de Québec de ses nombreux conseils spirituels qui le réconfortent. Il recommande le choix de Grignon pour les commissions du Séminaire, il lui demande de lui envoyer une nouvelle procuration pour toucher la pension de Laval, ancien évêque de Québec, lui propose de faire un partage du revenu du chapitre de l’abbaye de l’Estrée et il lui fait part de ses envois de marchandises, de livres et de sirop par le prochain navire.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249878">
                <text>1696-04-12</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249879">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249880">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11854" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 14&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249881">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250296">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11852" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11853" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="893">
        <name>Conseils pastoraux</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18669" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11847">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/52aa5a603b8d1a64e48c4c5d401d9e23.png?Expires=1779321600&amp;Signature=fkyqwXyeEspB8WK977%7EZLtr15ULpqUYBqMxKikdQxJd-WHzmCwYVJkw9XVjDW0HgL4Y4NZPWgh45yIyFHWiJCWNQGc8R5n-ODtKjBZg2enmSGkrGETR4ffYYEBgOnWL5lAL87X7v6MINFPL9dIjUdp5Rs3TvkTdfuSfFyKO0w8QR5jw1-LrsEzy2Tq0LlhWDn3lKcMPFn5pUur8HJPiWFkEMObXrWyMbw-0ACX9oTuS8PM%7ElZhGJ40vbg9LzyY8-OtJ7kyQ8i6f8HisPh5ezxjY2r79PULy0AbxUR3QfmdXuRzbw6faaYkX83yHGOfDL1Nkg0UW2gYiWiED5aVBk5A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11848">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/336fe335606b734e0ba64f4300460a05.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=nYKRw55l-aSQrBtK%7EjzJfmbstmsbsGR-JwZgfFcAIHlCepjb95ouFrgLIM7bONhNtYB3VVF%7Ee0YF09KnEZSDZLZaynNOy3rACYLmUyGzvbsSnAaHALjB5Xq7G6XDQ6fK4VaQBMXNwH8HRiZUZVgsxI%7EO64K8iB9IOK1QJIohlmFohUGo3Izx3EgfbZMf%7EWNYHrU14OOJ6S-0YFITq6J5cwbBlsLxZPPflTdtyyXSgbrLl5QW3SOvFx0q4ZHcsu641TCzXLUY-f0E6xN590bdjWUYFAtb3pP8SKkbBmPThg8D1XLDM9EU1mNvjeZ56R8aeb47v-VmB254qIdqwWDFLA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>a3664cc7b534e9b3585aff8cd484813f</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250283">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 2 juin 1701)&#13;
&#13;
Lettre à M. des Maizerets&#13;
Je ne sais comment vous pouvez résoudre à vous défaire de cette île [Jésus] après&#13;
tout ce que vous en avez dit et écrit. C’est la terre qui donne le plus d’espérance et&#13;
qu’il faudrait, ce semble, le moins penser à se défaire.&#13;
J’avais demandé à la Cour le fret d’un moulange, mais je l’ai obtenu si tard que&#13;
n’en ayant osé faire faire un dans la crainte qu’on ne me l’accordât pas, cette grâce&#13;
est devenue inutile. Je tâcherai cependant d’obtenir que la grâce nous soit remise&#13;
à l’année prochaine.&#13;
Je n’ai pu me dispenser de faire à Paris une dépense de 1 300 livres et d’en&#13;
ordonner à M. Grignon une de près de 700 pour nos missions de Mississippi.&#13;
Ainsi, vous voyez que 2 000 livres des 3 000 livres accordées cette année par le roi&#13;
seront déjà consommées. J’en réserve 1 000, en cas que M. Bergier nous tire&#13;
quelques lettres de change. Ne comptez pas, je vous prie, comme une chose sûre&#13;
que les 3 000 nous soient continuées par la Cour. Le ministre y a eu bien de la peine&#13;
cette année et il a retranché 100 livres à l’ordonnance de M. Charron pour faire,&#13;
dit-il, entendre à ceux à qui le roi accorde des gratifications que l’intention du roi&#13;
n’est pas de les continuer.&#13;
Mgr de Québec trouve de son côté le moyen de se disculper de ce qu’il vous a&#13;
promis à l’égard des 2 000 sur le clergé. N’y comptez pas beaucoup. Mgr de Québec&#13;
a vu qu’il était impossible de réunir la mense abbatiale de l’Estrée sans la&#13;
monacale. Ainsi, il est demeuré tout court. Il veut à présent accommoder cette&#13;
affaire que j’ai avec la religieuse. Nos Messieurs n’y veulent point donner les&#13;
mains. Ils croient que ce serait un grand malheur pour eux d’y consentir. Ils&#13;
doivent laisser faire Mgr de Québec que je suivrai et ferai ce qu’il voudra. Je&#13;
voudrais, à la vérité, voir la fin de cette affaire, à laquelle je ne puis penser sans&#13;
douleur. Mgr de Québec craint que si l’affaire est poursuivie, tous les frais et les&#13;
dépens ne tombent sur lui et que de plus, il ne soit condamné à toutes les&#13;
réparations des lieux réguliers de l’Estrée. C’est pourquoi il a sollicité le&#13;
&#13;
�consentement de l’archevêque de Trèves, qu’il a obtenu, et il espère obtenir celui&#13;
d’Évreux, que je crois devoir être un peu plus difficile.&#13;
M. votre neveu, qui a demeuré quelque temps chez nous et qui est à présent dans&#13;
sa famille, à cause des affaires qui ont suivi la mort de M. Ango de La Mothe,&#13;
s’appelle l’abbé Ango de La Mothe. C’est un assez bon ecclésiastique, mais qui n’a&#13;
pas assez de grâce pour s’élever jusqu’à un certain détachement. Je ne crois pas&#13;
qu’il en vienne jamais à se destiner pour les missions.&#13;
Vous avez cru que les Jésuites écriraient au P. de La Chaize de manière à faire&#13;
entendre votre bonne intelligence avec eux. Je crois au contraire qu’ils ont écrit&#13;
avec beaucoup d’aigreur contre vous et j’en juge par la manière dont le R. P. de&#13;
La Chaize me reçut quand je fus lui porter la lettre de Mgr l’Ancien. Le père&#13;
provincial a dit à Mgr de Québec que les PP. Bouvart et Germain avaient écrit aussi&#13;
fortement, et même plus que les autres. Cependant, je crois qu’il faut dissimuler&#13;
tout cela et tâcher à entretenir l’union. Je ne compte guère sur la cordialité. Je suis&#13;
persuadé au contraire que les Jésuites feront leur possible pour vous surprendre&#13;
et se servir de tous les témoignages d’amitié que vous leur avez donnés pour s’en&#13;
prévaloir s’ils peuvent contre vous et nous. Agissez avec eux avec toute la&#13;
circonspection possible. Vous avez bien fait de leur laisser faire les écoles et de les&#13;
faire tenir de votre côté. Il est à souhaiter qu’il y ait beaucoup d’émulation et que&#13;
chacun s’efforce à mieux faire, mais je crois que les Jésuites ne soutiendront pas&#13;
cela longtemps.&#13;
C’était M. de Denonville qui répandait en France, et à qui l’on avait écrit, que l’on&#13;
perdait la confiance en M. de Glandelet, que l’on l’appelait « l’âme damnée de&#13;
Monseigneur », que vous perdiez l’estime du public parce que vous entriez dans&#13;
ses vues. C’est à lui-même et au P. de Lamberville que l’on écrit de Québec que&#13;
M. de Glandelet gêne la conscience des Ursulines, qu’il tient une fille trois heures&#13;
au confessionnal et vous jugez assez que c’est la maxime des Jésuites de détruire&#13;
et décrier une personne quand il leur fait ombrage.&#13;
&#13;
�Vous apprendrez avec joie l’établissement de l’Hôpital général. Je suis bien aise&#13;
que la chose ait tournée comme vous l’avez souhaité et je prie Notre-Seigneur d’y&#13;
donner sa bénédiction. Il faut espérer que ce qui a été réglé remettra la paix entre&#13;
ces bonnes religieuses. Je n’ai point su qu’on ait calomnié à la Cour les religieuses&#13;
qui étaient à l’Hôpital général. On a pensé seulement que des religieuses n’étaient&#13;
pas si en état de conduire les pauvres que des filles séculières, comme les sœurs&#13;
de la Congrégation ; mais on n’a dit aucun mal des religieuses ; au contraire,&#13;
beaucoup de bien et vous le voyez, puisqu’on les a conservées pour le gouverner.&#13;
&#13;
/Transcription1 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2021&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2021.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250286">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11849">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/fe746d3e7a456e73e294b34ff8eeecb6.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=ipF6diNMLAFZ%7EcSsizkKvKk6o-xHi0a1YPdPB8m8DxO6dXUOpWKDKmRirGJIPEtrrrQSj4dHuXEpeEvIagaewB3k0j3Vjrug2nY3tuvtK10d8v9YBn73w8KGxFl4xYfNMjaSzYUepuBn3aWK3ReM-MukwXueSplU6GATWgSYRpT7crIDs5ioc-LigE1I9u5TCtDyeIssRw8WgHZkWCG4I5s6cXwjjtFYnLOCL0tGYS-PCQBRrvjJDTFLxiLnFdUZV%7EcYUfxaziSmNoFSJlsYltX2al-AOLa25cgQ5CKa9ar4fnQ8RnJKGbdROQww2lN4FcsSyfNdCSqMQDgjonJiNA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>34ce3264fe783d1a5d0d497ea6dc5c6d</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250284">
                    <text>1701, 2 avril – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 32)&#13;
1701&#13;
9&#13;
No 32&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
1 Lettre à M.’ Demaizerets&#13;
2 Je ne Scay comment vous pouvez vous resoudre&#13;
3 a vous defaire de cette Jsle, apres tout ceque&#13;
4 vous en avez dit et escrit. cest la terre qui&#13;
5 donne le plus d’esperance, et quil faudroit ce&#13;
6 Semble le moins penser a Se defaire&#13;
7 Javois demandé a la cour le fret d’un moulange,&#13;
8 mais Je l’ay obtenu Si tard que n’en ayant ozé&#13;
9 faire faire un dans la crainte qu’on ne me&#13;
10 laccordast pas cette grace est devenüe inutile&#13;
11 Je tacheray cependant d’obtenir que la grace&#13;
12 nous Soit remise a lannée prochaine&#13;
13 Je n’ay pu me dispenser de faire aparis une&#13;
14 depense de 1300.# et d’en ordonner a M Grignon&#13;
15 unede prez de 700. p.r nos missions de misissipi.&#13;
16 ainsy vous voiez que 2000.# des 3000.# accordez&#13;
17 cette année parle Roi Seront deja consomméez&#13;
18 J’en reserve 1000. en cas que M Bergier nous&#13;
19 tire quelq’ lettre de change Ne contez pas,&#13;
20 Je vous prie, co’e une chose Seure que les 3000.&#13;
21 nous Soient continueez par la Cour. Le ministre&#13;
22 y aeu bien de la peine cette année, et Jl a retranché&#13;
23 100.# a lord.ce de M charon p.r faire ditil entendre&#13;
24 a ceux aqui le Roi accorde des gratifications&#13;
25 que LJtention duRoi n’est pas de les continuer.&#13;
26 Mgr de Quebec trouve de Son côté le moyen&#13;
27 de Se disculper de cequil vous apromis alegard&#13;
28 des 2000. Surle clergé. N’y comptez pas beaucoup.&#13;
29 Mgr de Quebec a veu qu’il estoit impossible de&#13;
30 reunir la manse abbatiale de Lestrée Sans la&#13;
31 monacale. ainsy Jl est demeuré tout court. Jl&#13;
32 veut a present accommoder cette aff.re que J’ay&#13;
33 avec la Relig.se Nos M.rs n’y veulent pointdonner&#13;
34 les mains. Jls croient que ce Seroit un grand&#13;
35 malheur p.r eux d’y consentir. Jls doivent laisser&#13;
36 faire Mgr de Quebec que Je Suivray et feray ce&#13;
37 quil voudra. Je voudrois a la verité voir la&#13;
38 fin de cette aff.re, alaquelle Je nepuis penser&#13;
39 Sans douleur. Mgr de Q. craint que Si laff.re&#13;
40 est poursuivie tous les frais et les depans ne&#13;
&#13;
�41 tombent Sur lui, et que deplus Jl ne Soit condamné&#13;
42 a toutes les reparations des lieux reguliers de&#13;
43 Lestrée. C’est p.r quoy Jl a Sollicité le consentem.’&#13;
44 de Larchevesque de Trenes quil a obtenu et il&#13;
45 espere obtenir celui dEvreux que Jecrois devoir&#13;
46 estre unpeu plus difficile&#13;
47 Mons.r v’re Neveu qui ademeuré quelq’ temps&#13;
48 chez Nous et qui est apresent dans Sa famille&#13;
49 acause des aff.res qui ont Suivies lamort deMons.r&#13;
50 delamotte Ango Sappelle Labbé dela motte ango.&#13;
51 C’est un assez bon Ecclesiastique, mais qui n’a&#13;
11&#13;
&#13;
12.&#13;
&#13;
52 pas assez de grace p.r Seslever jusqu’a un&#13;
53 certain detachem.’ Je ne crois pas quil en&#13;
54 vienne jamais a Se destiner p.r les missions.&#13;
55 vous avez cru que les Jesuites escriroient&#13;
56 au P. de la chaize de maniere a faire entendre&#13;
57 v’re bonne Jntelligence, avec eux. Je crois au&#13;
58 contraire quils ont escrit avec beaucoup&#13;
59 daigreur contre vous, et J’en Juge par la&#13;
60 maniere dont le R. P. de la chaize me recut&#13;
61 quand Je fus lui porter la lettre de Mgr&#13;
62 Lancien. Le P Provincial a dit a Mgr de&#13;
63 Quebec que Les PP Bouvart et Germain&#13;
64 avoient escrit aussi fortem.’ et mesme plus&#13;
65 queles autres, cepend.’ Je crois quil faut&#13;
66 dissimuler tout cela, et tascher a entretenir&#13;
67 L’union. Je ne compte guere Sur la cordialité. Je&#13;
68 Suis persuadé au contraire que les Jesuites feront&#13;
69 leur possible p.r vous Surprendre, et Se Servir&#13;
70 de tous les temoignages d’amitié que vous leur&#13;
71 avez donné p.r S’en prevaloir Sils peuvent&#13;
72 contre vous et nous. agissez avec eux avec toute&#13;
73 la circonspection possible.&#13;
74 Vous avez bien fait de leur laisser faire les escoles&#13;
75 et de les faire tenir de votre costé. Jl est a&#13;
76 Souhaiter quil y ait beaucoup dEmulation, et que&#13;
77 chacun Sefforce a mieux faire. mais Je crois&#13;
78 que les Jesuites ne Soutiendront pas cela&#13;
79 lontemps.&#13;
80 C’estoit M de Denonville qui repandoit en france,&#13;
81 et a qui l’on avoit escrit que l’on perdoit la&#13;
82 confiance en M Glandelet, que l’on lappelloit&#13;
&#13;
�1701&#13;
à M.r Demaizerets&#13;
&#13;
83 lame damnée de Mgr, que vous perdiez lestime&#13;
84 du public par ceq’ vous entriez dans Ses veües&#13;
85 C’est a lui mesme et au P. Lamber ville que l’on&#13;
86 escrit de Quebec que M. Glandelet gesne la&#13;
87 conscience des ursulines, quil tient une fille trois&#13;
88 heures au confessional &amp;. vous jugez assez que&#13;
89 c’est la maxime des Jesuites de detruire et descrier&#13;
90 une personne quand il leur fait ombrage&#13;
91 Vous apprendrez avec joye l’establissem.’ de&#13;
92 lhospital g’ral. Je Suis bien aise que la chose ait&#13;
93 tournée co’e vous l’avez Souhaité, et Jeprie&#13;
94 N. S. dy donner Sa benediction. Jl faut esperer&#13;
95 que ce qui a esté reglé remettra la paix entre&#13;
96 ces bonnes Religieuses. Je n’ay point Sceu qu’on ait&#13;
97 calomnié ala cour les Relig.ses qui estoient a&#13;
98 lhopital g’ral; On a pensé Seulem’ que des&#13;
99 Relig.ses nestoient pas Si en estat de conduire les&#13;
100 pauvres que des filles Seculieres co’e les Sœurs de&#13;
101 la congregation. mais on n’a dit aucun mal&#13;
102 des Relig.ses, au contraire beaucoup de bien, et vous&#13;
103 le voiez puis qu’on les a conserveez pr le&#13;
104 gouverner.&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2021&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250287">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11850">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/51f6187b3febf70d285a6dbadf58a984.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=K-T5lmSyv2VtS2wIHODFjGCzNtb94adpsbqhb6%7EkylpK3S5qtmOH%7EBcrXj8LK1ZHOXU8rqaAg0d4NXt%7EurJ6SwZg1DDilfLgI9acfXnJ73nYhB2VcsIaeKr8YDsQ-1ZDWwzXceHAY2WGck1v7%7E2kXM2Sq-c4xLggCCokTUTPjkrIZb-yol17tYMkCPpgE9qMie6un5F5zmnBraxhjvtMfWl-U1%7EsFT15qFnw0csC5o5skBM79NI0Popzo2AoaGwigJBTCDjraWYf3RLOK6imG2wM1jUfiwryIieEyxnFBycfpHo0mrXg4KqSJZMbfBhbEFknRI6rbF-a9eHE2HRqNA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>44a8e94326c147f72f96c93988726cff</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250285">
                    <text>����</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250288">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 32&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249864">
                <text>EAYK5KZ4</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249865">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249866">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249867">
                <text>1re lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 2 avril 1701)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249868">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime au supérieur du Séminaire de Québec son étonnement de sa volonté de se défaire de l’île Jésus, qu’il considère comme la terre la plus prometteuse. Les dépenses liées aux missions du Mississippi sont élevées et il ne sait pas si le roi continuera à accorder les gratifications. Il l’informe que Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, a renoncé à réunir la mense abbatiale de l’Estrée sans la monacale et qu’il cherche à accommoder l’affaire qu’il a avec l’abbesse de La Colombe. Il croit que les Jésuites ont écrit avec aigreur contre Maizerets à La Chaize, confesseur du roi. C’est Denonville, vice-précepteur des enfants du roi, qui a répandu en France des bruits défavorables sur Glandelet, vicaire général de l’évêque. Il se réjouit de l’établissement de l’Hôpital général, qu’il pense conforme au souhait de Maizerets. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249869">
                <text>1702-04-02</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249870">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249871">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11850" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 32&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249872">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250289">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11848" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11849"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li style="list-style-type:none;"&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="840">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE</name>
      </tag>
      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="903">
        <name>Hôpital général de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="203">
        <name>Seigneuries</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18668" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11843">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/479830ea632f4dc0de981d779a9054ec.png?Expires=1779321600&amp;Signature=kjggulVM8A3dQ2BCHBGVlquFzs4QpVTG20a1odbbls6X57AowzmsnCKhELWnqGLznU7r10LpyqnqA613fmUedcUzv2ey6uy0Z2GdU86QWJvzVGzotYeh4UNSGVgxowUMOlJJPF5YjP9E32WH3OmCr4WFkD3k0uVM5CzezwiH7oP5L12LguxRamaPUAL2S56hguHltHHF5T3avhAtS98tzjijw%7EOLFZVc96f6zcU2oNqfH53XY-OnoiYijw0bpt9TfphuWWtV9hF72sx0zt0BbRd%7EEZjT55QYSsld8wbJCv4PP-%7EZC7JdBqbvUc%7EeU8VlN9-bNh9-I39d2m4kW4QdYg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11844">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/5a7c870773edb54027015db9c1733455.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=fO8j-KfTRDLiOwkeoFfQnSliJNWGY5y1Upti1FKhpVMQ%7E5dd%7EEonXQkeGBFW8jYAGqCiD5JlynwUqrZveTm66ydMs1apdHjFmCuN-ns%7ECPrgGO1O4eEXgrcpVnB0eVH1Ny8dKKPMS6vSPgODmkr7kIciZydEw4ST3r3jWRZM0jZyLG%7EjbtUeVae1qEwhXbLUzLBPuhMGcsbWKAVvcfIQdHHxtgaaiNWoDT0XOJRQv0PeubabVMgEKEk-To276lqCOuEiUQF%7EisVsGEvv3LoPm3TQZfcxZH6JPs%7ERS5p%7Eo09P57BEXInuxep7TLFIo-juTdrwlG4M%7ER6F4Is6gXncLQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>3950910cb8c46db9d668ee55c0397b6a</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250276">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 9-10 mai 1702)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
J’ai reçu de vous l’année passée quatre lettres par différentes voies. Je n’ai pu&#13;
encore vous répondre. À la vérité, la lettre que j’ai écrite à Mgr l’Ancien par le&#13;
vaisseau du Nord doit servir de réponse à une bonne partie de vos lettres et je ne&#13;
doute pas qu’il ne vous en ait fait part, comme je l’ai prié.&#13;
Je crois que j’écrirai cette année un peu moins au long que je ne fis l’an passé. Ce&#13;
ne sont pas seulement mes occupations qui en seront la cause, mais je me suis senti&#13;
depuis plus d’un mois d’une infirmité qui m’a mise hors d’état de rien faire. Cela&#13;
a commencé par une grosse fièvre, un gros rhume qui est tombé sur la poitrine,&#13;
d’où j’aurais eu peine à me tirer si je ne l’avais très bonne. Il a causé une extinction&#13;
de voix et une sécheresse de poitrine, dont j’ai peine à revenir. J’espère cependant&#13;
que ce ne sera rien. J’ai besoin de ces visites pour m’avertir de penser à moi et de&#13;
ne me pas trop livrer aux occupations extérieures.&#13;
Je n’ai pas manqué, Monsieur, de faire tenir vos lettres à Mme Ango de La Mothe1&#13;
et celles qui étaient pour Caen à Mme de Vaubénard. Je vous ai assez marqué dans&#13;
ma lettre à Mgr l’Ancien la part que je prenais en la perte que nous avons faite de&#13;
M. de Bernières. J’ai plus regretté la personne que les biens : sa patience, sa&#13;
douceur, sa régularité.&#13;
&#13;
Du 9 mai,&#13;
J’avais, Monsieur, commencé la première page de cette lettre, lorsque M. Joncaire2&#13;
est arrivé, qui nous a jetés dans une étrange consternation. Je vous avoue&#13;
qu’aucune nouvelle3 ne me pouvait plus fortement frapper. J’en fus si touché que&#13;
Sœur de Louis Ango des Maizerets&#13;
Louis-Thomas Chabert de Joncaire, v.1670-1739, membre des gardes du gouverneur et interprète auprès&#13;
des Iroquois&#13;
3&#13;
La nouvelle de l’incendie du Séminaire de Québec, le 15 novembre 1701.&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�ce fut plus de huit jours à en revenir et je n’ai pu lire vos lettres sans verser de&#13;
larmes en abondance. Je crois même que l’idée ne s’en effacera pas aisément et que&#13;
les nouveaux embarras où cette affaire me jette m’en retracera souvent le souvenir.&#13;
J’ai cru que le bon Dieu avait permis cette épreuve pour Mgr l’Ancien et pour vous,&#13;
afin qu’elle vous donnât moyen de faire des actes de détachement encore plus&#13;
parfaits. Pour nous, il nous a voulu punir de nos péchés et nous purifier. Dieu&#13;
veuille que ce feu me fasse souvenir de celui que j’ai mérité et que j’apprenne le&#13;
cas qu’on doit faire de tous les établissements de la terre pour bons qu’ils soient,&#13;
puisque Dieu tire sa gloire de leur destruction pour nous apprendre que tout ce&#13;
qui est ici-bas n’est que fumée et qui purifiera ainsi au Jugement dernier tous les&#13;
êtres.&#13;
Ce malheur ne pouvait venir dans un temps plus fâcheux. Le roi est entré dans&#13;
une guerre fâcheuse, qui épuise et lui et tous ses sujets. Ses finances sont très&#13;
épuisées et je ne saurais vous en écrire tout ce que j’en sais. Les peuples sont dans&#13;
la misère et y sont tellement que la charité est entièrement refroidie. D’ailleurs, on&#13;
est peu touché d’une maison qui est au bout du monde quand on en voit plusieurs&#13;
en France qui manquent de tout. Il y a plus de cinquante et même plus de cent&#13;
maisons religieuses qu’on est sur le point de disperser, parce qu’elles n’ont pas de&#13;
pain et sont surchargées de dettes. Nous voyons, et le clergé, et les gens de robe,&#13;
et tous les autres états, surchargés de taxes, de capitations et par-dessus tout cela,&#13;
l’argent est devenu si rare en France que je ne puis vous représenter la misère où&#13;
l’on a été pour en trouver depuis un an.&#13;
Je ne vous dis pas cependant ceci pour vous abattre le courage ni pour vous&#13;
marquer que nous en manquions. Votre exemple nous anime et j’ai été consolé de&#13;
voir votre force à vous déterminer d’envoyer, dès cet hiver, pour faire équarrir des&#13;
bois pour remettre une charpente sur le bâtiment, dont vous me mandez que les&#13;
murailles sont très bonnes. Je n’ai pas de peine à le croire et j’entre fort dans la vue&#13;
de M. Buisson de faire élever la muraille d’un étage et de faire un comble tout&#13;
droit, sans mansarde.&#13;
&#13;
�M. Joncaire arriva à Paris le 26 avril. J’aurais bien souhaité qu’il fût venu un mois&#13;
plus tôt, 1er pour lui, il n’eut pas trouvé toutes les lieutenances données ; 2e pour&#13;
nous, il y avait à Pâques plus de vingt bénéfices vacants ; nous en aurions pu&#13;
obtenir quelqu’un pour nous. Nous le reçûmes au Séminaire avec amitié. Nos&#13;
Messieurs partaient au moment qu’il arriva pour notre petite maison d’Évry. Ils&#13;
me prirent avec eux dans le carrosse pour aller lire vos lettres. J’en revins le&#13;
lendemain. J’allai emporter la nouvelle à Mgr de Québec, qui la prit avec toutes les&#13;
marques de douleur et de ressentiment qu’on peut avoir. Il me conseilla d’envoyer&#13;
M. Joncaire à Marly, où le roi était, et M. de Pontchartrain. Il y arriva le soir à&#13;
10 heures et par bonheur, il lui porta la nouvelle de cet incendie, dont il fit monter&#13;
la perte à 600 000 livres. M. de Pontchartrain la dit le soir même au roi, qui la&#13;
publia à son souper et dit que c’était une perte de près de 600 000 livres. Ce fut un&#13;
bonheur que M. Joncaire y allât ce soir-là et fit comme s’il ne faisait que d’arriver,&#13;
car le lendemain matin, la nouvelle se répandit dans tout Paris, où nous en&#13;
trouvâmes tout le monde imbu en leur allant porter leurs lettres. MM. de SaintSulpice et le P. de Lamberville4 en parurent très touchés.&#13;
Nos Messieurs en écrivirent à Mme de Maintenon et lui adresseront une lettre que&#13;
M. l’évêque de Québec en écrivit au roi. Il était disposé à s’aller jeter à ses pieds&#13;
pour lui représenter la nécessité de cette œuvre. M. de Beauharnois, notre nouvel&#13;
intendant, à qui nous avions donné à dîner deux jours auparavant, nous marqua&#13;
y prendre autant de part qu’on puisse. Nous allâmes le 3 mai avec Mgr de Québec&#13;
et M. de Beauharnois à Versailles voir M. de Pontchartrain, qui était venu de&#13;
Marly y faire un tour. Nous trouvâmes MM. les commis dans les bureaux, surtout&#13;
M. de La Touche et M. Bégon, aussi touchés que si ç’eût été leur propre perte. On&#13;
ne peut en parler plus vivement que nous fit M. le chancelier, qui nous dit que ce&#13;
n’était pas notre perte seule, mais celle de toute la colonie ; qu’il était nécessaire&#13;
que le roi contribuât à son rétablissement ; et M. de Pontchartrain, son fils, nous&#13;
parla dans les mêmes termes. Il nous dit qu’il en avait parlé au roi le soir même,&#13;
mais qu’il avait obtenu une somme si modique qu’il n’osait nous le dire ; que son&#13;
sentiment eut été que le roi nous eut donné pendant cinq ou six ans 10 000 livres,&#13;
mais que le roi avait cru qu’on demanderait à continuer une si forte somme et&#13;
n’avait voulu accorder que 4 000 livres, faisant entendre que le roi serait disposé à&#13;
4&#13;
&#13;
Jean de Lamberville, 1633-1714, procureur de la mission jésuite du Canada à Paris de 1689 à 1714&#13;
&#13;
�continuer ces 4 000 livres. Il ajouta qu’il ne croyait pas que nous dussions nous en&#13;
tenir là : que nous devions, par Mme de Maintenon, l’en remercier le roi et ensuite&#13;
lui remonter la modicité de cette somme et qu’il appuierait la chose de tout son&#13;
pouvoir ; que même si Mme de Maintenon n’obtenait pas une somme plus forte,&#13;
M. l’évêque de Québec pouvait ensuite venir à la charge et demander au roi qu’au&#13;
lieu de donner pour cette année des ornements à la cathédrale, comme il en veut&#13;
donner, il applique cette gratification, qui est de plus de 7 000 livres, pour rétablir&#13;
ce Séminaire, dont le public ne se peut passer, et se passera bien d’ici à plusieurs&#13;
années d’ornements.&#13;
Nos Messieurs ne manquèrent pas de recommander ensuite M. Joncaire soit pour&#13;
lui obtenir une gratification que M. de Pontchartrain nous fit espérer soit pour lui&#13;
obtenir un brevet pour une première lieutenance vacante. Il fit quelque difficulté.&#13;
Cependant, je crois qu’il l’accordera. Nous avons retenu chez nous M. Joncaire.&#13;
Nous en sommes demeurés là jusqu’à ce jour. M. de Brisacier est allé hier à SaintCyr, où il doit parler fortement à Mme de Maintenon et l’engager à presser le roi&#13;
de nous accorder cette année 10 000 livres et il doit lui proposer de faire connaître&#13;
au roi que nous ne demanderons plus après cela rien sur ses finances, si Sa Majesté&#13;
veut consentir à l’union de l’abbaye d’Aumale à notre Séminaire de Québec et&#13;
donner à l’abbé de L’Épine, qui en est pourvu, d’un bénéfice de 3 000 ou&#13;
4 000 livres de rente ; que si Sa Majesté consent à cette union, nous nous chargerons&#13;
d’en faire toutes les procédures, sans qu’elle en soit plus importunée ; car&#13;
M. de Pontchartrain nous dit que le roi n’avait pas voulu entendre à ces unions de&#13;
bénéfices, parce que ce sont des difficultés sans nombre qu’on y fait, dont il est&#13;
trop importuné, pour y entrer de nouveau dans notre affaire.&#13;
M. l’abbé de Brisacier en a dit autant à M. le cardinal de Noailles5, qui lui a promis&#13;
d’en parler aussi de son côté fortement au roi, et [ce] doit être aujourd’hui qu’il&#13;
doit lui en parler et ce devait être ce matin que M. de Pontchartrain en devait parler&#13;
de nouveau au roi, au Conseil de Marine ; mais M. de Brisacier a dû hier le prier&#13;
en passant de différer de quelques jours, afin que les deux personnes en puissent&#13;
parler auparavant.&#13;
5&#13;
&#13;
Louis-Antoine de Noailles, 1651-1729, archevêque de Paris de 1695 à 1729&#13;
&#13;
�M. de Brisacier est même résolu, quand nous aurons fini ces démarches auprès du&#13;
roi, de demander une quête dans Paris à M. le cardinal. Il est constant que, dans&#13;
un autre temps, une quête produirait 10 000 écus ; mais je ne sais si dans ce tempsci, elle [ne] produira rien. Il est certain que, comme nous connaissons la plupart&#13;
des curés et des dames de charité, si M. de Brisacier y va les voir, cela pourra faire&#13;
quelque chose. Je ne m’y attends cependant que de la bonne sorte.&#13;
Nous devons même avoir une Assemblée extraordinaire dans ce mois-ci du clergé&#13;
de France pour accorder encore au roi de nouveau secours. Il serait difficile d’y&#13;
rien obtenir dans l’état où le clergé se trouve. Cependant, nous tenterons tout. Je&#13;
ne prévois pas que M. de Québec nous fasse grand bien. Il tirerait plutôt de moi&#13;
que de donner. Il paraît toujours si obéré qu’on n’ose lui rien demander. Ce serait&#13;
beaucoup s’il laissait toucher ce qui est dans le tiers des 4 000 livres pour la bâtisse&#13;
des églises. Nous avons obtenu que M. l’intendant vous fasse toucher, pour une&#13;
année seulement, 2 000 livres sur les 8 000 livres des suppléments pour vous aider&#13;
à élever ces jeunes ecclésiastiques à la prêtrise. Il vous sera facile, comme je&#13;
l’espère, d’obtenir par M. le gouverneur et M. l’intendant la nécessité de continuer&#13;
et de l’appliquer même sur l’état à cet effet, en représentant qu’il y en a toujours&#13;
de nouveaux à élever. Je suis bien aise de vous faire remarquer que nous aurions&#13;
pu demander à la Cour que plusieurs sommes assez fortes, qui sont sur l’État pour&#13;
des affaires imprévues, vous fussent appliquées. Il y en a une de 6 000 livres et&#13;
d’autres de 2 000 livres et de 3 000 livres ; en sorte que vous en pourriez tirer plus&#13;
de 5 000 ou 6 000 livres dans ce malheur, si M. le gouverneur et M. l’intendant le&#13;
veulent bien ; mais nous avons considéré que cette vue empêcherait de nous&#13;
accorder d’autres grâces et qu’ayant M. le gouverneur aussi bien disposé pour&#13;
vous et M. l’intendant, qui y va nous promettant de nous faire tout le bien qui&#13;
dépendra de lui, il vaut mieux en avoir l’obligation à MM. de Callière et de&#13;
Beauharnois que de le demander à la Cour. J’ai été surpris d’apprendre que&#13;
M. l’intendant vous ait fait payer le voyage de M. Joncaire, puisqu’il a des fonds&#13;
pour ces affaires imprévues, sur lesquels il eut pu mettre cette dépense. Il faut&#13;
espérer que voyant que le ministre a agréé cet envoi, il le mettra sur ses comptes&#13;
et vous rendra votre argent, qui est considérable dans un tel malheur.&#13;
&#13;
�Je n’ai pas manqué, dès que j’ai reçu vos lettres, d’écrire à La Rochelle pour y&#13;
acheter le clou et le fer nécessaire et j’ai demandé le fret dans le vaisseau du roi&#13;
pour ces ferrailles. M. Grignon, qui prend bien part à notre malheur, m’a écrit que&#13;
le fer, le clou, à couvrir et à plancher, se trouveraient aisément et m’a promis de&#13;
l’acheter, mais il n’a pu trouver 200 milliers de clous à bardeau, tous faits de la&#13;
longueur qu’on le demande. Il a mis tous les cloutiers de La Rochelle en œuvre&#13;
pour en faire tout ce qu’on pourra jusqu’au départ du navire.&#13;
Je n’ai pas manqué aussi de vous acheter et faire partir, il y a quatre jours, par&#13;
Le Bouthier, un dernier ballot, où sont renfermés tous les outils de corderie et&#13;
menuiserie et tous les nouveaux livres d’humanité et pour les petites écoles qu’on&#13;
me demande par M. Joncaire. Cela est dans un ballot n° 8.&#13;
Je ne vous ai pas écrit, Monsieur, par les premiers vaisseaux. Je me suis contenté&#13;
d’écrire à Mgr l’Ancien et à la R. M. supérieure de l’Hôtel-Dieu. J’ai mis ces lettres&#13;
entre les mains de M. du Lino, qui m’a promis de les envoyer sûrement par le&#13;
vaisseau du Nord. Ce qui m’empêcha d’écrire davantage fut une indisposition que&#13;
j’eus vers le milieu du carême, causé par un gros rhume, qui m’a éteint la voix&#13;
pendant près d’un mois. Je n’en suis pas encore bien remis. Je crus d’ailleurs&#13;
qu’écrivant tout à Mgr l’Ancien, il ne manquerait pas, comme je l’en prie, de vous&#13;
communiquer à tous la lettre et de vous instruire par-là. Je vais répondre à tout ce&#13;
que vous m’avez demandé par vos lettres de l’an passé.&#13;
Je n’ai pas laissé d’être mortifié que vous n’ayez pas envoyé M. Leriche au MontLouis, quoique je goûte et approuve vos raisons, car ces Messieurs m’ont demandé&#13;
de leur rendre 379 [livres] de France, que j’avais dépensées pour son voyage et&#13;
qu’ils m’avaient remboursées. Votre lettre leur donnait gain de cause. Je ne la leur&#13;
ai pas rendue, mais je leur ai proposé que, vu qu’il y avait plus de leur faute que&#13;
de la mienne de ce que M. Leriche n’y était pas allé, parce que leur habitation était&#13;
détruite, je leur offrais de leur en payer les deux tiers et qu’ils portassent en pure&#13;
perte le tiers de cette dépense. Je leur ai offert de leur rembourser 250 livres, ce qui&#13;
ne laisse pas de coûter dans l’état où sont vos affaires temporelles. Ils n’en&#13;
paraissent pas contents. Je les laisserai venir. Ils ont envoyé là un prêtre sorti de&#13;
chez M. de Saint-Lazare, qui a demeuré longtemps à Rochefort et paraît homme&#13;
&#13;
�de bien, mais je crains l’inconstance et je ne saurais trop vous avertir de ne le pas&#13;
recevoir pour notre Séminaire, s’il venait à Québec, que sur le pied de l’hospitalité,&#13;
qu’il est toujours bon d’exercer ; mais nous ne recevons pas ceux qui sont sortis de&#13;
ces congrégations pour être associés avec nous.&#13;
J’ai oublié de vous marquer, au commencement de cette lettre, combien j’ai&#13;
remercié Dieu de ce qu’il nous conservait Mgr l’Ancien. Il a soutenu en saint cette&#13;
épreuve dernière et tout ce qu’il m’en écrit m’a très sensiblement touché ; mais j’ai&#13;
craint que dans la suite, il n’ait pris trop à cœur notre perte et que l’affection ne&#13;
l’ait emporté cet hiver. Si Dieu nous le conserve, je regarderai cette grâce comme&#13;
une de nos grandes consolations dans notre disgrâce.&#13;
Je vous ai écrit par les premiers navires que j’ai fait faire à Caen tous les souliers&#13;
que vous demandiez par votre facture. Cela a monté à 420 livres, dont j’ai fait&#13;
toucher 320 livres au cordonnier et Mme de Vaubénard m’a fait tenir 100 livres&#13;
pour vous envoyer, que j’ai fait payer au cordonnier. Vous aurez la bonté de l’en&#13;
remercier. Vous me mandiez que vous vous efforceriez de m’envoyer, par les&#13;
derniers navires, quelques lettres de change pour me mettre en état de vous&#13;
envoyer la facture que vous désiriez faire accomplir à Paris. Cependant, je n’ai rien&#13;
reçu par les derniers vaisseaux qu’un billet de 100 livres sur M. Gauvin et&#13;
cependant, vous saviez que j’étais l’an passé en avance de 7 184 livres, quelques&#13;
sous, sans avoir encore alors rien payé de plus de 4 000 livres de lettres de change&#13;
que Mgr l’Ancien a tiré sur moi l’an passé. Vous verrez, par le compte que je vous&#13;
envoie, qu’il ne m’a pas été possible de rien épargner sur les 3 000 livres de&#13;
Mississippi, quoique j’aie rejeté près de 300 ou 400 livres de billets payés à&#13;
M. d’Iberville6, sur le compte de M. de Montigny7, que je ne sais s’il allouera, si j’en&#13;
veux croire M. de Saint-Cosme8. Il lui faut à lui 1 200 livres, à M. Davion9,&#13;
600 livres, à M. Foucault, 600 livres et à M. Bergier10, 600 livres. Ainsi, voilà les&#13;
Pierre Le Moyne d'Iberville, 1661-1706, explorateur et commerçant, principalement de la baie d'Hudson&#13;
François de Montigny, 1669-1742, fut missionnaire du Séminaire de Québec au Mississippi de 1698 à 1700,&#13;
puis missionnaire en Chine.&#13;
8&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1667-1706, appelé M. de Saint-Cosme, missionnaire du Séminaire&#13;
de Québec au Mississippi de 1698 à 1706&#13;
9&#13;
Albert Davion, m. 1726, curé sur l'île d'Orléans de 1690 à 1698, puis missionnaire du Séminaire de Québec&#13;
au Mississippi avec Saint-Cosme&#13;
10&#13;
Nicolas Foucault, m. 1702 et Marc Bergier, v. 1667-1717, missionnaires du Séminaire de Québec au&#13;
Mississippi&#13;
6&#13;
7&#13;
&#13;
�3 000 livres bien vite employées et je crains bien que si vous ne mettez ordre à&#13;
empêcher que ces Messieurs ne tirent des lettres de change sur moi sans s’entendre&#13;
les uns, les autres, nous ne nous trouvions accablés par les dépenses de cette&#13;
mission.&#13;
Je vous ai mandé ci-devant que je croirais que M. Bergier serait mieux dans le poste&#13;
le plus proche des Français, vers la mer, qu’aux Tamarois pour avoir soin du&#13;
temporel et avoir correspondance avec moi.&#13;
Nous avons offert à M. de Pontchartrain d’envoyer un missionnaire au Détroit, si&#13;
la Cour y voulait destiner sa subsistance. On n’y a pas répondu et nous ne l’avons&#13;
pas pressé. On ne croit pas que cet établissement subsiste. Le ministre l’a fort à&#13;
cœur, mais la colonie n’y veut pas contribuer et le roi n’est pas en état d’en faire&#13;
les frais par lui-même dans ce temps-ci, où on ne veut pas augmenter les dépenses&#13;
de la Marine et du Canada.&#13;
Ne vous attendez pas à Mgr de Québec ni pour les 2 000 livres du clergé ni pour ce&#13;
que je lui dois pour le chapitre. Je crois que je serai obligé, avant le mois de janvier&#13;
prochain, de lui avancer ce qui ne lui sera dû qu’à Pâques. Il n’a pas voulu me rien&#13;
payer pour les petites écoles. Il dit qu’il n’en sera dû que deux années l’année&#13;
prochaine et il n’offre de les payer qu’après Pâques de l’année prochaine.&#13;
Mgr de Québec ne m’a promis que 600 livres pour les missionnaires de l’Acadie,&#13;
savoir 300 livres pour M. Gaulin et 300 pour M. Le Voyer. Il n’a pas mis rien pour&#13;
M. Rageot11, parce qu’il dit qu’on l’a mis sur les suppléments de Québec. M. Gaulin&#13;
ne recevra pas grand-chose de moi cette année. Cependant, je trouve que par le&#13;
compte que je lui ai adressé, y compris les 100 livres que M. Buisson12 m’a données&#13;
à prendre sur son supplément, il me doit 258 livres, 19 sols sur 300 livres que je&#13;
recevrai pour lui et M. Le Voyer, 161 livres, 6 sols. Mgr de Québec a reçu ces&#13;
600 livres des suppléments de l’Acadie et en a payé ses dettes, comme il me l’a dit&#13;
aujourd’hui ; si bien qu’il me faudra l’attendre longtemps avant que je reçoive cette&#13;
somme.&#13;
Antoine Gaulin, 1674-1740, et Le Voyer, et Philippe Rageot, 1678-1729, missionnaires du Séminaire de&#13;
Québec en Acadie&#13;
12&#13;
Jean François Buisson de Saint-Cosme, 1660-1712, appelé M. Buisson, procureur du Séminaire de Québec&#13;
11&#13;
&#13;
�M. Gay m’a fort tourmenté pendant deux mois. Cependant, depuis un entretien&#13;
que j’ai eu avec lui de bonne amitié, il m’a laissé en repos et ne me demande plus&#13;
rien. C’était un lutin pour moi. C’est un grand malheur d’avoir en tête un homme&#13;
comme lui. Je vous ai mandé que nous avions demandé à la Cour permission pour&#13;
M. Maudoux13 pour revenir en France ; et nous l’avons obtenu. Nous l’avons fait à&#13;
sa prière, parce qu’il nous a mandé qu’il voulait absolument quitter. Il n’a pas&#13;
d’ailleurs été bien difficile de l’obtenir, car le ministre ne paraît pas prévenu en sa&#13;
faveur. J’espère cependant qu’il le fera goûter de lui et que peut-être, dans la suite,&#13;
on le pourra renvoyer. S’il veut rester au Séminaire à Paris pour retourner à&#13;
Québec, nous le lui offrirons volontiers et lui ferons toute l’amitié qui dépendra de&#13;
nous.&#13;
Quant à M. Le Voyer, il a eu l’an passé des disputes avec M. Gay, qui sont dignes&#13;
de compassion. J’aurais mieux aimé tout perdre que de contester avec lui, comme&#13;
il fait faire saisir son blé et d’autres minuties, qui ne lui convenaient pas et ce qui&#13;
est merveilleux, c’est que M. Le Voyer mande qu’il a cru le devoir faire pour faire&#13;
voir que ceux du Séminaire savent se défendre. Notre vraie défense est de souffrir&#13;
quand on a à faire à un esprit aussi de travers que M. Gay. C’est de M. Gay, et des&#13;
lettres du même M. Le Voyer, que j’ai appris qu’il est attaqué, dit-il, du mal caduc14.&#13;
Je lui envoie d’une certaine racine15 qu’on dit en empêcher les effets. D’ailleurs, je&#13;
lui mande qu’il l’éprouve bien pour voir si en effet il a un tel mal, que si après&#13;
s’être bien éprouvé et s’en être surtout rapporté au jugement de M. Maudoux, il&#13;
voit que c’est véritablement un mal caduc. Il doit tout quitter pour s’en revenir et&#13;
je lui conseille de revenir plutôt en France que de retourner en Canada, parce&#13;
qu’avec ce mal, il ne conviendrait pas qu’il restât dans une maison où il y aurait&#13;
beaucoup de monde, ce mal étant contagieux. Je ne sais quel parti il prendra.&#13;
La Cour a travaillé à établir le temporel de l’Acadie. Le roi a cassé, pour ainsi dire,&#13;
ces compagnies. Il a nommé M. Brouillan pour gouverneur, M. Bonaventure pour&#13;
lieutenant du roi et M. Villieu pour major. Le premier a 4 000 livres, le second,&#13;
1 200 livres et le troisième, 800 livres d’appointement. On a voulu aussi songer au&#13;
spirituel. On a sondé les Bénédictins, les Bernardins, les Barnabites, les&#13;
Abel Maudoux, curé de Port-Royal en Acadie&#13;
L’épilepsie.&#13;
15&#13;
Probablement la racine de valériane, utilisée pour les convulsions.&#13;
13&#13;
14&#13;
&#13;
�Doctrinaires, les pères de Saint-Antoine, les Jésuites et plusieurs autres, comme&#13;
MM. de Saint-Lazare, pour aller s’y établir. Tous ont refusé et M. de Pontchartrain,&#13;
en retirant M. Maudoux, a été obligé de demander un missionnaire à sa place à&#13;
M. l’abbé de Brisacier, qui lui a répondu qu’il n’en avait pas ; si bien qu’on est&#13;
résolu pour cette année d’y laisser un aumônier de vaisseau. Dieu veuille que cela&#13;
les convainque du cas qu’ils devraient faire des missionnaires qui se livrent de bon&#13;
cœur à des emplois si pénibles et les engage à les protéger.&#13;
Je suis vraiment affligé que M. Calon ne s’accommode pas en Canada. J’avais&#13;
espéré qu’il prendrait confiance en vous ou en quelques-uns de nos Messieurs et&#13;
se laisserait conduire. Il m’avait paru disposé à se laisser conduire. L’affaire de&#13;
Beauport l’a aliéné de vous. J’en suis fâché, car il n’a pas de malice et j’espérais que&#13;
vous le tourneriez comme vous voudriez. Cependant, il me mande qu’il est résolu&#13;
de s’en revenir et à moins que notre incendie ne le touche de quelque compassion&#13;
et qu’il n’y reste pour nous aider à nous rétablir, il y a apparence qu’il sera ici cet&#13;
automne. S’il revient, j’appréhende qu’il ne me demande compte de son bénéfice,&#13;
dont j’ai employé ce que j’en ai reçu dans la recette du Séminaire et s’il fallait le lui&#13;
rendre, nous ne laisserions pas d’en être embarrassés. Mandez-moi, je vous prie,&#13;
ce que je dois faire sur ce sujet. J’écris à M. Calon fortement, comme un bon ami,&#13;
pour l’encourager à rester et lui dis ce que je pense, ce qu’il y aurait à désirer de&#13;
lui.&#13;
On dit qu’on a un peu raillé du choix que je faisais l’an passé pour établir l’Acadie&#13;
de M. Calon et de M. Requeleyne16 et l’on dit sur cela que je prenais un aveugle et&#13;
un sourd. Je n’ai pas remarqué que M. Calon n’eut pas de bons yeux et je ne savais&#13;
pas que M. Requeleyne fût sourd. Je n’eus égard dans ce choix, après les avoir crus&#13;
sociables, qu’à ce qu’ils avaient quelque secours en France, qui est d’une grande&#13;
nécessité pour un nouvel établissement, où il y a de la dépense à faire.&#13;
J’ai oublié de vous marquer, en vous parlant de l’Acadie, que nous nous sommes&#13;
offerts à former et tenir prêts les sujets qu’il faudrait y envoyer pour ne desservir&#13;
tous les postes, si la cour voulait nous en avertir un an devant et fournir&#13;
entièrement à la dépense, mais ils s’imaginent qu’ils trouveront quelque&#13;
16&#13;
&#13;
Bernard de Requeleyne, 1660-1724, curé de Riviève-Ouelle&#13;
&#13;
�communauté qui, pour s’y établir, voudra y faire une partie de la dépense par ellemême.&#13;
Nous avons été tout à fait édifiés de votre confiance en la Providence, qui vous a&#13;
fait reprendre tous vos enfants avec vous, malgré le mauvais état de vos affaires&#13;
après l’incendie. Cependant, j’ai peine à concevoir comment vous pouvez soutenir&#13;
cette dépense. Remarquez bien sur vos factures que ce que je vous envoie d’étoffes,&#13;
de bas, de souliers et autres ustensiles, pour vos enfants, va bien plus loin que ce&#13;
que je vous envoie pour vos missionnaires. Pour moi, je ne saurais concevoir&#13;
comment, dans un temps où tout est si cher en Canada et où les étoffes sont fort&#13;
chères en France, vous pouvez même vous tirer sans y mettre plus de moitié du&#13;
vôtre à l’égard des enfants, qui payent pension si modique. Toutes les pensions&#13;
sont augmentées du quart en France et on a plus de peine à nourrir une personne&#13;
pour 400 livres à présent qu’on n’en avait à le nourrir il y a vingt ans pour&#13;
300 livres. Je conviens avec vous que l’on trouve souvent de meilleurs sujets dans&#13;
les enfants qu’on a par charité que dans ceux qui payent pension. C’est pourquoi&#13;
j’en reviens à vous laisser faire ce discernement. Je ne vous fais que de très humbles&#13;
remontrances, car je crains seulement que vous ne vous laissiez aller trop&#13;
facilement à la bonté de votre cœur, à l’égard de tous ces enfants, pour en recevoir&#13;
et en garder au-delà de vos forces.&#13;
Il est constant que si notre incendie ne fut pas arrivé, j’étais très résolu de vous&#13;
mander que je ne puis soutenir un état aussi violent que celui où je suis d’être en&#13;
avance pour vous de plus de 10 000 livres. Si vous saviez ce que j’ai à souffrir pour&#13;
cela, vous auriez compassion de moi. M. l’évêque de Québec le sait, car je n’ai pas&#13;
appréhendé de lui montrer mes comptes du Séminaire et du chapitre, mais votre&#13;
incendie me fait juger que je ne suis pas prêt à voir finir mes peines.&#13;
M. de Glandelet me mande que c’est à vous que je dois rendre compte du temporel&#13;
du chapitre. Je vais vous dire ici en peu de mots ce que je lui mande un peu plus&#13;
au long.&#13;
Vous trouverez que la recette du chapitre, quoiqu’elle monte fort haut, ne vous&#13;
met pas plus au large, parce que la dépense va encore aussi haut, presque.&#13;
&#13;
�Puisqu’il ne me reste entre les mains que 200 livres ou environ au 1er mai, ce qui&#13;
en est cause, c’est : 1er qu’on ne peut tirer exactement les revenus des fermiers ; il&#13;
nous est dû plus de 3 000 livres à l’Estrée ; il n’y a rien à perdre, mais il y a des&#13;
temps où ce serait ruiner les fermiers que de les trop presser ; 2e il y a eu de grosses&#13;
réparations à faire à Méobecq et je vous avoue que c’est ma désolation, parce qu’il&#13;
est survenu en France des espèces d’ouragans ces deux derniers hivers, qui ont&#13;
causé bien des dommages à toutes les maisons ; et 3e nous avons fini une affaire&#13;
avec cette religieuse de l’Estrée, qui nous coûte plus de 3 000 livres pour en sortir.&#13;
Mais après avoir bien pesé tout avec maturité, nous avons été obligés de prendre&#13;
ce parti. Si nous eussions continué à soutenir ce procès, nous serions tombés&#13;
d’abîme en abîme et ne nous serions pas mis de longtemps en état de travailler à&#13;
nos unions. Le temps mûrit toutes choses. Nous avons trouvé des conjonctures&#13;
favorables. M. l’archevêque de Trèves consent à la translation du prieuré de&#13;
La Colombe dans les lieux réguliers de Longwy. M. l’évêque d’Évreux veut bien&#13;
approuver cet établissement. M. Guenet, conseiller du Parlement de Rouen, qui&#13;
soutenait cette religieuse, veut bien entendre à l’accommodement. Nous l’avons&#13;
fait, et au grand contentement de M. l’évêque de Québec, qui avait promis qu’il&#13;
entrerait en considération sur ces dépens, mais qui n’y a pas voulu avoir égard&#13;
pour un denier quand il a vu la chose terminée.&#13;
Depuis cet accord fait, M. l’évêque de Québec, étant revenu à Paris cet hiver, nous&#13;
avons réuni tous les actes et consentements nécessaires pour nos unions. Vous&#13;
auriez peine à croire combien il en a fallu ! Nous avons fait renouveler les brevets&#13;
du roi pour l’union de ces abbayes. Sa Majesté a écrit de nouvelles lettres au pape&#13;
et à son ambassadeur et au cardinal patron pour demander ces unions. Nous avons&#13;
envoyé toutes nos pièces à Rome ; il y a trois mois qu’elles y sont. Le banquier a&#13;
dressé la supplique et la doit présenter au pape au premier jour. En un mot, les&#13;
choses sont en train de bien aller, mais nous avons déterminé Mgr de Québec,&#13;
M. de La Pallière17 et moi, à aller lui-même à Rome et il convint hier18 d’y aller,&#13;
pourvu que nous lui procurions à emprunter quelque argent pour son voyage. Il&#13;
doit donc y aller vers le commencement de septembre. Il compte de n’y être que&#13;
quatre mois, mais j’ai peine à croire qu’en ce temps-là, il puisse finir les affaires. Je&#13;
&#13;
17&#13;
18&#13;
&#13;
Pierre Pitot, sieur de La Pallière, grand-vicaire et procureur de Saint-Vallier à Paris&#13;
En marge : Le 10 mai&#13;
&#13;
�voudrais qu’il y restât plutôt un an qu’un mois. Vous en seriez plus en repos et&#13;
moi aussi. Il est constant que la présence d’un évêque pressera le pape et les&#13;
cardinaux de lui accorder ce qu’il demande et s’il y a moyen d’avoir le gratis, il&#13;
sera plus en état de l’obtenir que personne. Ce que je crains, c’est qu’après avoir&#13;
fait quelque tentative pour obtenir l’union des manses abbatiales et monacales&#13;
toutes ensembles, s’il y trouve de la difficulté, il ne demande seulement l’union&#13;
des abbatiales, à laquelle il n’y a nulle difficulté, et ne laisse en arrière les&#13;
monacales, ce qui ne servirait de rien au chapitre, qui ne se trouverait pas par-là&#13;
établi. Nous ferons la guerre à l’œil et tâcherons de le fortifier dans le dessein qu’il&#13;
a de pousser ensemble toutes les unions. Je vais ramasser tout l’argent du chapitre&#13;
que je recevrai pour les frais de ces unions, car il n’y faut rien épargner pour en&#13;
venir à bout. Ainsi, tout ce que je tirerai des abbayes, je le conserverai pour&#13;
l’employer, dès qu’il en sera nécessaire, pour ces unions.&#13;
J’ai enfin réglé cet hiver un compte avec Mgr de Québec. Il en a fallu passer par où&#13;
il a voulu. Je vous en envoie la copie dans la lettre à M. de Glandelet, qui servira&#13;
de duplicata à celle-ci. Il ne m’a rien voulu allouer, comme je vous l’ai déjà écrit,&#13;
pour les dépenses de ce procès avec cette religieuse, ni pour les réparations de&#13;
Méobecq, ni pour plusieurs autres articles qu’il lui a fallu passer dans mes&#13;
comptes. Cependant, je me suis estimé heureux d’avoir enfin terminé un compte&#13;
avec lui, car je craignais encore plus que tout ce qu’il ne m’a pas alloué. Je craignais&#13;
qu’il ne voulût jouir des revenus dus par les fermiers de Méobecq et de Chezelles,&#13;
jusqu’à la Saint-Jean 1697, quoique nous dussions entrer en jouissance du&#13;
1er janvier, sur le prétexte que ces deniers dus à la Saint-Jean 1697 sont et&#13;
proviennent des fruits perçus en 1696. Cependant, il ne m’a pas fait de difficulté&#13;
sur ce point.&#13;
Je vous prie de prendre bien garde que ce que je vous écris de lui ne revienne pas&#13;
à M. Le Vallet19 ou à d’autres, qui lui mandent exactement tout ce qu’on dit de lui&#13;
là-bas. Je puis vous assurer qu’il n’est nullement changé ; que l’âge n’apporte&#13;
aucune modération à la vivacité de son tempérament ; qu’il a toujours la même&#13;
ardeur sur le temporel ; qu’il est toujours plein de ses vues ; qu’il ne suit pas&#13;
davantage conseil qu’il faisait ; et qu’en un mot, je prévois qu’en retournant à&#13;
19&#13;
&#13;
Étienne Le Vallet, 1669-1719, chanoine du chapitre de Québec&#13;
&#13;
�Québec, il y fera aussi peu de bien et y causera autant de mal qu’il a fait ci-devant.&#13;
Il paraît cependant bien résolu à y retourner et s’il n’eut pas pris la résolution&#13;
d’aller à Rome, il m’avait même communiqué une vue qu’il avait de s’en retourner&#13;
vers le mois d’août ou septembre en Canada par le Mississippi, en passant dans le&#13;
vaisseau de M. d’Iberville, qui pourra, s’il arrive bientôt, comme on l’attend, y&#13;
retourner vers ce temps-là. Je vous assure que si je ne puis l’engager à rester à&#13;
Rome une bonne partie de l’année prochaine, je tâcherai du moins à lui conseiller&#13;
de faire ce tour pour l’année prochaine, afin que pendant qu’il fera cette tournée,&#13;
vous jouissiez au moins du repos.&#13;
Vous seriez surpris de voir que M. de La Pallière, qui était si vif à le soutenir&#13;
autrefois, a aujourd’hui la même vivacité pour le détourner de retourner en&#13;
Canada et pour lui conseiller de se démettre de son évêché. Il lui en a parlé&#13;
plusieurs fois, mais le prélat ne penche pas de ce côté-là et je ne pense pas qu’il le&#13;
fasse.&#13;
Je crois que je serai obligé d’aller faire un tour en Berry après l’octave de la FêteDieu, car il faut y aller tous les deux ans pour bien faire. Il y a toujours là des&#13;
affaires qui demandent la présence du maître. J’ai des fermiers qui sont les enfants&#13;
de M. Bienassis20, que Monseigneur connaît. Je vois que le père s’entend avec les&#13;
enfants pour faire des réparations sans nombre. Il me faudra chercher quelqu’un&#13;
qui puisse être de confiance quand ce bonhomme mourra, car je le laisserai mourir&#13;
chargé du soin de ses affaires, parce qu’il les a depuis longtemps, mais je l’ôterai à&#13;
ses enfants. Ces gens-là sont trop intéressés. Ils voudraient tirer de l’abbaye plus&#13;
que nous n’en tirons. J’aurais eu bien de la consolation dans ce voyage d’aller voir&#13;
M. l’évêque de Poitiers, si Dieu nous l’eut conservé. C’était un saint prélat que&#13;
Dieu a enlevé après trois années d’épiscopat. J’ai perdu en lui un très intime ami.&#13;
Il est mort ce carême, martyr de la charité, ayant pris le pourpre en visitant ses&#13;
malades qui en avaient.&#13;
Je vous remercie très particulièrement de ce que vous avez arrêté mes comptes.&#13;
Cela me met l’esprit en repos. Ce n’est pas que je ne me regarde comme du&#13;
Séminaire et travaillant pour lui. Je ne me chargerais d’aucun soin s’il était&#13;
20&#13;
&#13;
Jacques Matheron de Bienassis, administrateur de l’abbaye de Méobecq&#13;
&#13;
�préjudiciable à ses intérêts et on ne connaît que trop dans le Séminaire à Paris que&#13;
je suis entièrement attaché au Séminaire de Québec. Mais il est bon de régler ses&#13;
comptes année par année. Après cela, tout ce que j’ai appartient au Séminaire de&#13;
Québec et je tâcherai de lui laisser le peu que je pourrai avoir. J’espère même&#13;
toucher quelque petite somme du côté de ma famille dans peu, aux consignations&#13;
que je confondrai dans les deniers du Séminaire avec joie pour aider au&#13;
rétablissement ; mais cela n’empêchera pas que nous ne réglions année par année&#13;
comment nous sommes ensemble.&#13;
On ne peut me répondre avec plus de bonté que l’a fait Mgr l’Ancien sur ce que je&#13;
lui avais représenté mon embarras pour ces lettres de change. J’espère qu’il ne me&#13;
tirera plus de ces lettres de change, comme il a fait, sans savoir auparavant s’il y a&#13;
du fonds.&#13;
J’ai mandé fort au long à Mgr l’Ancien que je n’avais pu m’accommoder avec&#13;
M. Berthelot21. Il voulait de moi de l’argent comptant et même 6 000 livres par&#13;
avance et ne me mettait nullement en état d’acquérir sûrement. Cependant,&#13;
Mlle Pachot a acquis de lui l’île pour 30 000 livres, à ce qu’on dit, et a, dit-on, neuf&#13;
ans pour les payer. Je ne comprends pas en cela M. Berthelot, mais enfin, je ne crois&#13;
pas cette acquisition bonne. Je crois au contraire qu’il est très dangereux d’acheter&#13;
d’un homme comme M. Berthelot, qui tôt ou tard succombera sous le poids de ses&#13;
créanciers. J’ai fort prié Mgr l’Ancien de ne point penser à une telle acquisition. Elle&#13;
est encore moins sûre de Mlle Pachot que de M. Berthelot. D’ailleurs, c’est l’acheter&#13;
tout ce qu’elle vaut et si le blé même vient à bon marché, ce sera l’acheter trop cher.&#13;
D’ailleurs, cette île dépérira quand les bois en seront ôtés. Les chardons la perdent&#13;
tous les jours. J’aimerais mieux établir l’île de Jésus que de penser à cette&#13;
acquisition.&#13;
J’ai consulté la difficulté de Mgr l’Ancien sur le fief d’Argentan à M. Carnot, notaire,&#13;
qui a passé le contrat de vente de l’île que Mgr l’Ancien a fait à M. Berthelot et j’en&#13;
ai encore consulté plusieurs autres. Ceux qui sont bien instruits pensent que cette&#13;
affaire de Mgr l’Ancien ne vaut rien ; qu’il s’en faut tenir à la bonne foi des parties&#13;
encore vivantes ; qu’il paraît que Mgr l’Ancien a eu intention de vendre tout ce qui&#13;
21&#13;
&#13;
En Marge : L’île d’Orléans&#13;
&#13;
�lui appartenait en l’île Saint-Laurent ; que cela est confirmé, parce qu’il lui vend la&#13;
seigneurie de l’île, qui emporte après elle la mouvance de tous les fiefs qui y sont ;&#13;
que Monseigneur déclare que cette île ne relève que du roi et nullement de la&#13;
seigneurie de Beaupré, ni en tout ni en partie. Je crains que Monseigneur n’y&#13;
succombe s’il l’entreprend. Je vous prie de le lui représenter.&#13;
J’ai accompli toute la facture que vous m’avez demandée et j’ai tâché de vous&#13;
envoyer encore de meilleures étoffes bleues et de meilleurs bas que tous ceux que&#13;
je vous avais ci-devant envoyés. Vous y trouverez même une pièce de ratine&#13;
blanche que vous ne m’aviez pas demandée, mais que je n’ai pu me dispenser de&#13;
prendre, parce que j’avais dit à mon drapier que sans doute il en faudrait comme&#13;
les autres années. Je n’ai pu me dispenser de prendre celle-là. Il y a pour plus de&#13;
500 livres de bas et que j’ai fait choisir l’un après l’autre.&#13;
Mme Ango de La Mothe m’a prié d’acheter à Paris de la toile pour cravates. J’en&#13;
ai acheté à plusieurs prix pour 133 livres, 20 sols, que vous trouverez dans nos&#13;
ballots. J’ai tâché de faire prendre en fils, boutons et au tout, ce qu’il y a de meilleur.&#13;
J’ai trouvé que nos gens l’an passé n’avaient pas songé à retirer de la douane les&#13;
six couvertures que Mme Ango de La Mothe m’avait adressées de Rouen pour&#13;
vous. Nous les avons retrouvées à la douane avec bien de la peine et je vous les&#13;
envoie. Elles ne sont pas gâtées.&#13;
J’ai mis dans nos ballots trois grosses22 de chapelets. Il y en a moitié pour vous et&#13;
moitié pour M. Requeleyne, qui trouvera à s’en défaire, aussi bien que d’images.&#13;
S’il en a trop en en faisant part à M. Soumande, qui lui remboursera ce qu’ils&#13;
coûtent. Je vous ai fait payer par M. Requeleyne le mémoire de hardes que vous&#13;
m’avez adressé. Vous le trouverez dans ma recette. Vous trouverez aussi dans nos&#13;
ballots deux petites boîtes de diverses dévotions que je vous envoie pour vos&#13;
enfants. Il y en a encore une de Mme Ango de La Mothe et il y a une boîte d’un&#13;
chartreux ; je crois que ce sont des horloges de sable.&#13;
&#13;
22&#13;
&#13;
Douze douzaines&#13;
&#13;
�J’ai eu bien de la peine à avoir de la cire d’Angers que M. Brulon23 m’y a acheté.&#13;
On la voulait vendre 40 sols à La Rochelle. Elle m’y revient à 37 sols toute vendue&#13;
et 30 sols le jaune. Je n’ai pu trouver que 350 aunes de Lisière de toutes couleurs,&#13;
excepté de rouge, que je n’ai pas pris.&#13;
J’avais fait faire quinze douzaines de collets, que je vous ai envoyées. Je ne sais si&#13;
on s’en accommode.&#13;
Peut-être me gronderez-vous d’avoir fait la dépense de l’impression de l’Office de&#13;
la Sainte-Famille, mais je ne l’ai pu refuser à M. de Glandelet depuis tout le temps&#13;
qu’il me le demande. J’en ai conservé moitié de l’impression à Paris et ai envoyé&#13;
l’autre par les vaisseaux de cette année.&#13;
Dans le compte que je vous envoie pour le Séminaire, vous y verrez pour le&#13;
premier article de dépenses le 7 184 livres, 3 sols, 5 deniers, dont j’étais en avance&#13;
l’an passé. M. Grignon m’a rendu les frais des engagés. Ainsi, le compte est&#13;
demeuré tel que vous l’avez arrêté.&#13;
Vous verrez, dans mon compte pour 4 106 livres, douze de lettres de change&#13;
payées que Mgr l’Ancien avait tirées sur moi. Vous pouvez juger si cela&#13;
n’incommode pas. Vous y trouverez 1 360 livres, 14 sols, 6 deniers que j’ai&#13;
dépensés à Paris pour nos MM. de Mississippi, dont je vous envoyai copie l’an&#13;
passé, et 719 livres, 10 sols, 10 deniers que j’ai alloués à M. Grignon pour la facture&#13;
qu’il leur a envoyée par M. d’Iberville. Vous y trouverez aussi que j’ai payé à&#13;
M. Grignon 1 426 livres, 12 sols, 9 deniers pour les frais de port de ballots, fret et&#13;
facture de ce qu’il envoya l’an passé à Québec ; pour cette année, je ne lui paierai&#13;
ce qu’il aura déboursé pour vous qu’après le départ des navires, aussi bien que ce&#13;
mémoire de clous et de fer que vous avez demandé pour le rétablissement du&#13;
Séminaire.&#13;
Vous serez étonné, comme moi, de voir l’avance où je suis pour le Séminaire de&#13;
Québec de plus de 10 000 livres. Il est difficile de penser dans quel embarras cela&#13;
me jette, mais hélas, l’incendie va en causer bien d’autres. Nous allons faire ce que&#13;
23&#13;
&#13;
Jean Gauthier de Brulon, 1651-1726, chanoine de la cathédrale de Québec de 1684 à 1726&#13;
&#13;
�nous pouvons pour vous procurer quelque charité. M. l’abbé de Brisacier m’a dit&#13;
que vous pouviez compter sur 10 000 livres pour cette année, de quelque part&#13;
qu’elles vous vinssent, soit du roi soit des autres, mais quoique ce qu’il dit soit très&#13;
solide, je crains qu’il ne compte un peu trop sur la bonté de son cœur, car je vous&#13;
avoue qu’il l’a aussi bon qu’on le puisse désirer pour notre pauvre Séminaire de&#13;
Québec dès qu’il en apprit la nouvelle. Il dit qu’il aurait souhaité que notre&#13;
Séminaire de Paris eût plutôt brûlé que celui-là. Il m’a depuis plusieurs fois&#13;
protesté que quelque opposition qu’il ait à demander, il est résolu de s’y mettre&#13;
jusqu’au col et de frapper à toutes les portes pour solliciter du secours et faire le&#13;
possible pour vous soutenir dans votre malheur. Je n’oserais presque penser à la&#13;
manière dont nous pourrons nous faire payer du roi.&#13;
J’ai actuellement entre les mains l’ordonnance de la pension de Mgr l’Ancien sur le&#13;
Trésor royal pour l’année passée. J’ai l’ordonnance de 3 000 livres pour Mississippi&#13;
pour cette année. Je crains en vérité de n’en pouvoir rien retirer, vu la rareté de&#13;
l’argent. C’est tout vous dire que nos MM. pour les Indes orientales n’ont pu rien&#13;
tirer&#13;
&#13;
au&#13;
&#13;
Trésor&#13;
&#13;
royal&#13;
&#13;
pour&#13;
&#13;
leurs&#13;
&#13;
pensions&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
l’an&#13;
&#13;
passé,&#13;
&#13;
quoique&#13;
&#13;
Mme de Maintenon l’ait demandé très incessamment et que M. Chamillart24 ait&#13;
envie de les obliger. Quand le roi nous donnera ou 4 000 ou 10 000 livres pour notre&#13;
rétablissement, à quoi je ne m’attends que de bonne sorte, jugez quelle peine nous&#13;
aurons à tirer ce paiement.&#13;
Cependant, je crois que vous pouvez tirer environ pour 10 000 livres de lettres de&#13;
change ou m’envoyer des mémoires à accomplir jusqu’à la concurrence de cette&#13;
somme et m’envoyer encore pour 3 500 livres ou pour 4 000 livres de factures à&#13;
accomplir. Voilà à peu près ce que nous pouvons faire de France ; que si nous&#13;
avions de plus grands fonds, nous serions toujours bien en état de vous les faire&#13;
tenir. Vous aurez d’ailleurs bien des sommes à toucher à Québec : 1er le tiers des&#13;
4 000 livres ; 2e les 2 000 livres des prêtres hors d’état de servir ; 3e les 2 000 livres&#13;
sur les suppléments, sans y comprendre le chapelain du palais, M. le curé de&#13;
Québec et son vicaire, etc., sans ce que vous pouvez encore retirer de vos terres et&#13;
de vos revenus. C’est une providence que la baie Saint-Paul ne soit pas vendue,&#13;
car elle vous sera nécessaire pour ce rétablissement. J’ai deux conseils à vous&#13;
24&#13;
&#13;
Michel Chamillart, secrétaire d’État de la Guerre et contrôleur général des Finances.&#13;
&#13;
�donner : le 1er, c’est de ne penser pas par le présent à rétablir la couverture de la&#13;
chapelle et de la porterie ; cela peut se différer ; il faut penser à nous loger dans le&#13;
grand corps de logis et les pavillons ; le 2e, c’est que tout le monde nous conseille&#13;
de faire faire de la brique et du carreau pour carreler toutes les salles cuisines,&#13;
chambres et dortoirs. Il faut tâcher de faire cette dépense pour éviter un pareil&#13;
malheur. Vous pourriez faire faire de la brique ou du carreau au Cap-Tourmente&#13;
ou à Château-Richer ; le four à chaux servirait à faire cuire le carreau.&#13;
Si Mgr de Québec voulait faire la dépense, il l’aurait trouvé cette année quatre ou&#13;
cinq prêtres, mais il ne m’arrivera plus d’en envoyer, puisqu’on veut que ce soit à&#13;
nos frais. Nous avons, je vous l’avoue, été un peu surpris que vous eussiez, l’an&#13;
passé, cédé si aisément la mission de Patagonie aux Jésuites. Il me semble que c’est&#13;
trop sacrifier au bien de la paix que de leur céder toutes les missions sauvages. J’ai&#13;
mandé à M. Dupré25 que nous avions cru que n’envoyant aucun prêtre cette année&#13;
en Canada, il ne convenait pas que nous y fissions passer M. son neveu. C’est un&#13;
bon enfant, qui en vaudra mieux de passer encore la troisième année de théologie&#13;
à Paris. Nous l’enverrons au nom du Séminaire et non par le canal de M gr de&#13;
Québec.&#13;
Il y a quatre ou cinq ans que j’avais demandé à M. de Glandelet copie de tous nos&#13;
titres et papiers de Québec. Je lui avais même envoyé du parchemin pour les faire&#13;
copier. Cependant, il ne l’a pas jugé à propos. Cependant, si par malheur nos&#13;
papiers eussent été brûlés, vous auriez été bien aise d’en avoir un double au&#13;
Séminaire de Paris. Cet accident y devrait faire penser. Mgr de Québec m’a dit qu’il&#13;
écrirait fortement à M. Le Vallet pour lui faire entendre qu’il n’entendait pas qu’il&#13;
perçut ce qui pouvait revenir à son canonicat. J’ai dessein de prier M. l’abbé de&#13;
Brisacier d’écrire à M. de Glandelet sur cette manière indépendante dont il agit en&#13;
qualité de grand-vicaire. Je finis en me recommandant très humblement à vos&#13;
prières étant sans réserve, Monsieur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
/Transcription26 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ol-mdv-2021&#13;
25&#13;
26&#13;
&#13;
François Dupré, v. 1648-1720, curé de Québec de 1687 à 1707&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250279">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11845">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/1592811ae31303b7af3c9cd55ab19692.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=rQlHVd942RGvcbS5J9vUsToZadIUfG3uYtE1rq7wxL%7ES-VwQr1Ob7syOs%7EijATA0QqHI8YPb7E7OAypxaSq6r4etFXJkpEzOmY5wzaYIEuSFMIjmVvHhpkxA4hA7MaQB9Cljalv1cteVxQjJNbwGMd83cMrc5sKoSlp5T8IQVp150ls5Fq%7EPL8PmkHBnX1Frt40PKiR3KEUFk%7EoU%7ET2EmmpQClL3qQSHonYlWxcUMgRDydLUz%7EIz4VwPJCyHGOqDPPcoEkM8dxsrDL9z2r41-OYiVHY7kOzGrsN9fH9ZjUqEXmK8tfgctxaNLslVlOoFwCw7x%7EUyqBvwmjC2tEL7Nw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>d48022610ff028fe117ff68c5bb94eaf</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250277">
                    <text>1702, 1-10 mai – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 37)&#13;
M. Des maizerais&#13;
1.er&#13;
&#13;
1702&#13;
M.r Trembaly&#13;
a&#13;
M.r Demaizerets&#13;
&#13;
M.’ de Bern.&#13;
&#13;
du 9. May&#13;
1702.&#13;
2.&#13;
Jncendie&#13;
&#13;
1&#13;
1702&#13;
2 Monsieur&#13;
No 37&#13;
3 J’ay receu de vous lannée passée quatre&#13;
4 lettres par differentes voyes. Je n’ay pu encore&#13;
5 vous repondre; ala verité lalettre que J’ay&#13;
6 escrit a Mgr Lancien par le vaisseau du Nord&#13;
7 doit Servir dereponse a unebonnepartie de&#13;
8 vos lettres, et Jenedoutepas quil ne vous en ait&#13;
9 fait part co’e Jelenay prié.&#13;
10 Je crois que J’escriray cette année un peu moins au&#13;
11 long que Jenefis l’an passé. Ce neSontpas Seulem.’&#13;
12 mes occupations qui enSeront La cause, mais Je me&#13;
13 Suis Senti depuis plus d’un mois d’une Jnfirmité&#13;
14 qui m’a mise hors détat derien faire cela a&#13;
15 commencé par une grosse fievre, ungros rhume&#13;
16 qui est tombé Surla poitrine d’ou Jaurois eu peine&#13;
17 a me tirer Si je nelavois tres bonne Jl a causé&#13;
18 une extinction de voix et une Secheresse depoitrine&#13;
19 dont jay peine a revenir. Jespere cepend.’ que&#13;
20 ce ne Sera rien. J’ay besoin de ces visites p.r mavertir&#13;
21 de penser a moy et de ne mepas trop livrer aux&#13;
22 occupations exterieures.&#13;
23 Je n’ay pas manqué Monsieur defaire tenir vos lettres&#13;
24 a Mad.’ de lamotte ango, et celles qui estoient p.r&#13;
25 caen a Mad.’ de vaubenard. Je vous ay assez&#13;
26 marqué dans ma lettre a Mgr Lancien lapart&#13;
27 que Jeprenois en laperte que nous avons fait de&#13;
28 M deBernieres J’ay plus regreté lapersonne&#13;
29 que les biens, Sa patiance, Sa douceur, Sa regularité&#13;
30 Javois, Monsieur, commencé la 1.ere page de cette lettre,&#13;
31 lorsque M. Jonquaire est arrivé, qui nous a jetté dans&#13;
32 une etrange consternation. Je vous avoüe quaucune nouvelle&#13;
33 ne me pouvoit plus fortemt fraper. J’en fut Si touché que ce&#13;
34 fut plus de huit jours a en revenir, et Jen’ay pulire vos lettres&#13;
35 Sans verser des larmes en abondance. Jecrois mesme que&#13;
36 LJdée ne S’en effacera pas aisem.’ et que les nouveaux ambaras&#13;
37 ou cette aff.re me jette m’en retracera Souvent le Souvenir.&#13;
38 Jay cru que le bonDieu avoit permis cette espreuve pour M’gr&#13;
39 Lancien et p.r vous afin qu’elle vous donnast moyen de faire&#13;
40 des actes de detachem.’ encore plus parfaits. P.r nous Jl nous a&#13;
&#13;
�41 voulu punir de nos pechez et nous purifier. Dieu veuille que&#13;
42 ce feu me fasse Souvenir de celui que J’ay merité et que&#13;
43 Japprenne le cas qu’on doit f.re detous les etablissement dela&#13;
44 terre p.r bons quils Soient puis q.’ Dieu tire Sa gloire deleur&#13;
45 destruction p.r nous apprendre que tout cequi est icy bas&#13;
46 nest que fumée, et qui purifiera ainsy au Jugem.’ dernier&#13;
47 tous les estres.&#13;
48 Ce malheur ne pouvoit venir dans un temps plus facheux&#13;
49 Le Roi est entré dans une guerre facheuse qui epuise et lui et tous&#13;
50 Ses Sujets. Ses finances Sont tres espuiséez, et Je neScaurois vous&#13;
51 en escrire tout ce que J’en Scay. Les peuples Sont dans la misere,&#13;
52 et y Sont tellem.’ que la charité est entierem.’ refroidie. Dailleurs&#13;
53 on est peu touché d’une maison qui est au bout du monde&#13;
54 quand on en voit plus.rs en france qui manquent de tout. Jl&#13;
55 y a plus de 50. et mesme plus de 100. maisons Relig.ses qu’on est&#13;
56 Surle point de disperser, par ce qu’elles nont pas depain, et Sont&#13;
57 Surchargéez de dettes. Nous voions et le clergé et les gens de&#13;
58 robe, et tous les autres etats Surchargez de taxes, de capitations,&#13;
59 et par dessus tout cela largent est devenu Si rare en france que&#13;
60 Je ne puis vous representer la misere ou l’on a été p.r&#13;
61 en trouver depuis un an&#13;
62 Je ne vous dis pas cepend.’ cecy p.r vous abbatre le courage ny&#13;
63 p.r vous marquer que nous en manquions. votre exemple&#13;
64 nous anime, et J’ay eté consolé devoir v’re force a vous determiner&#13;
65 denvoyer dez cet hyver p.r f.re escarrir des bois p.r remettre&#13;
66 une charpante Sur le batiment dont vous me mandez que&#13;
67 les murailles Sont tres bonnes. Jen’ay pas de peine ale croire,&#13;
68 et J’entre fort dans la veüe deM. Buisson de faire eslever la muraille&#13;
69 d’un Etage et de faire un comble tout droit Sans mansarde&#13;
3&#13;
&#13;
600,000#&#13;
&#13;
70 M. Jonquaire arriva a Paris le 26. avril. Jaurois bien Souhaité&#13;
71 quil fust venu un mois plutost. 1.o p.r lui Jl n’eust pas trouvé&#13;
72 toutes les lieutenances donnéez. 2.o p.r nous. Jl y avoit a Pasques&#13;
73 plus de vingt benefices vacans; nous en aurions pu obtenir&#13;
74 quelquun p.r nous. Nous le receusmes au Sem.re avec amitié.&#13;
75 Nos M.rs partoient au moment quil arriva p.r n’re petite maison&#13;
76 dEvri. Jls me prirent avec eux dans le carosse p.r aller lire&#13;
77 nos lettres. J’en revins le lendemain. Jallay enporter la Nouvelle&#13;
78 a Mgr de Quebec qui la prit avec toutes les marques de douleur&#13;
79 et de ressentiment qu’on peut avoir. Jl me conseilla denvoier&#13;
80 M. Jonquaire a marli ou le Roi etoit et M. de Pont chartrain.&#13;
81 Jl y arriva le Soir adix heures, et par bonheur Jl lui porta&#13;
82 la nouvelledecette Jncendie, dont Jl fit monter laperte a&#13;
83 Six cent mil livres. M de Pontchartrain la dit le Soir mesme&#13;
&#13;
�84 au Roi qui la publia a Son Souper et dit que cestoit une&#13;
85 perte de prez de Six cent mil livres. Ce fut un bonheur que&#13;
86 M. Jonquaire y allast ce Soir la et fist co’e Sil ne faisoit&#13;
87 que d’arriver, car le lendemain matin la Nouvelle Se repandit&#13;
88 dans tout Paris on nous entrouvasmes tout lemonde imbu le&#13;
89 en leur allant porterleurs lettres. M.rs des.t Sulpice et le P. Lamberville&#13;
90 en parurent tres touchez.&#13;
91 Nos M.rs en escrivirent aMad.’ de maintenon et lui addresseront&#13;
92 une lettre que M LEveq’ de Q. en escrivit au Roi. Jl estoit&#13;
93 disposé a Saller jetter a Ses pieds p.r lui representer la Necessité&#13;
94 de cettœuvre M de Bauharnois n’re nouvel Jntend.’ a qui&#13;
95 nous avions donné a disner deuxjours auparavant, nous&#13;
96 marqua y prendre autant depart qu’on puisse. Nous allasmes&#13;
97 le 3. may avec Mgr de Q. etM. de B. a versailles voir M de&#13;
98 Pont char. qui etoit venu de marli y f.re un tour. Nous trouvasmes&#13;
99 M.rs les commis dans les Bureaux Surtout M dela Touche&#13;
100 et M Begon aussi touchez que Si c’eust esté leurpropre&#13;
101 perte. on ne peut en parler plus vivem.’ que nous fit&#13;
102 M LeChancelier qui nous dit que ce n’estoit pas n’re perte&#13;
103 Seule, mais celle de toute la Colonie quil estoit necess.re que&#13;
104 Le Roi contribuast a Son retablissem.’ et M de Pont chartrain&#13;
105 Son fils nous parla dans les mesmes termes. Jlnous dit&#13;
106 quil enavoit parlé au Roi le Soir mesme, mais quil&#13;
4.&#13;
&#13;
107 avoit obtenu une So’e Si modiq’ quil n’osoit nous la dire; que Son&#13;
108 Sentiment eust esté que Le Roi nous eust donné pend.’ cinq ou Six ans dix mil&#13;
109 livres mais que le Roi avoit cru qu’on demanderoit a continuer une Si&#13;
110 forte So’e et n’avoit voulu accorder que 4000.# faisant entendre&#13;
111 que Le Roi Seroit disposé a continuer ces 4000.# Jl ajouta quil ne&#13;
112 croioit pas que nous dussions nous en tenir la, que nous devions&#13;
113 par Mad.’ de maintenon l’en remercier le Roi et ensuite lui remontrer&#13;
114 la modicité de cette So’e, et quil appuieroit la chose detout Son pouvoir.&#13;
115 Que mesme Si Mad.’ de maintenon nobtenoit pas une So’e plus forte M.&#13;
116 LEveq’ de Q. pouvoit ensuite venir ala charge et demander auRoi&#13;
117 quaulieu dedonner p.r cette année des ornements ala cathedrale, co’e Jl&#13;
118 en veut donner, Jl appliq’ cette gratification qui est deplus de 7000.&#13;
119 p.r retablir ce Sem.re dont lepublic ne Sepeut passer, et se passera bien&#13;
120 dicy aplus.rs annéez d’ornemens.&#13;
121 Nos Mess.re ne manquerent pas derecommander ensuite M. Jonquaire&#13;
122 Soit p.r lui obtenir une gratification que M De Pontch. nous fit&#13;
123 esperer, Soit p.r lui obtenir un brevet p.r une 1.ere Lieutenance vacante.&#13;
124 Jl fit quelq’ difficulté; cepend’ Je croy quil laccordera. Nous&#13;
125 avons retenus chez Nous M Jonquaire&#13;
126 Nous en So’es demeurez la jusqu’a cejour. M L. de Bris. est allé hier&#13;
&#13;
�127 a s.t Cir ouil doit parler fortem’ aMad’ de m. et lengager a presser&#13;
128 Le Roi de nous accorder cette année dix mil livres, et Jl doit lui&#13;
129 proposer defaire connoistre au Roi que nous ne demanderons plus&#13;
130 apres cela rienSur Ses finances, Si S. m veut consentir a&#13;
131 Lunion de L’abbaye d’aumale a n’re Sem.re de Q. et donner a&#13;
132 Labbé de LEpine qui enest pourveu un benefice detrois ou quatre&#13;
133 mil livres de rente que Si S. m. consent a cette union nous nous&#13;
134 chargerons den f.re toutes les procedures, Sans quelle enSoit plus&#13;
135 Jmportunée, car M dePont chartrain nous dit que Le Roi navoit pas&#13;
136 voulu entendre a ces unions debenefices, parceq’ ceSontdes difficultez&#13;
137 Sans nombre qu’on y fait, dont Jl est trop importuné p.r y entrer de&#13;
138 nouveau dans n’re aff.re&#13;
139 M. L. de Bris. ena dit autant aM LeCard.l de Noailles qui lui apromis&#13;
140 d’en parler aussi deSon costé fortem.t auRoi: etdoit estre aujourdhui&#13;
141 quil doit lui en parler, et ce devoit estre cematin que M de&#13;
142 Pont char. en devoit parler de Nouveau au Roi au Conseil de&#13;
143 marine, mais M deBris. a du hier le prier en passant de&#13;
144 differer de quelques jours afin que Les deux Personnes en&#13;
145 puissent parler auparavant.&#13;
146 M. de Bris. est mesme resolu quand nous aurons fini ces demarches&#13;
147 aupres du Roi de demander une queste dans Paris aM LeCard.l&#13;
148 Jl est constant que dans un autre temps une queste produiroit&#13;
5&#13;
&#13;
149 dix mil escus. mais Jene Scay Si dans cetemps cy Elle produira&#13;
150 rien. Jl est certain que co’e nous connoissont lapluspart des&#13;
151 curez, et des Dames de charité Si M deBris. y va les voir&#13;
152 cela poura faire quelq’ chose Je ne m’y attends cependant&#13;
153 que de la bonne Sorte&#13;
154 Nous devons mesme avoir une assemblée extraord.re dans ce&#13;
155 mois cy du clergé de france p.r accorder encoreau Roi de&#13;
156 Nouveau Secours. Jl Seroi difficile d’y rien obtenir dans&#13;
157 l’etat oule clergé Setrouve. cepend.t Nous tenterons tout.&#13;
158 Je neprevois pas queM de Q. nous fassegrand bien. Jl tireroit&#13;
159 plutost demoy que de donner. Jl paroist toujours Si oberé qu’on&#13;
160 n’ose lui riendemander. ce Seroit beaucoup Sil laissoit toucher&#13;
161 ce qui est dans le tiers des 4000.# p.r labatisse des Eglises.&#13;
162 Nous avons obtenus queM LJntend.t vous fassetoucher p.r une&#13;
163 année Seulem.t 2000.# Surles 8000.# des Suplement p.r vous aider&#13;
164 a eslever ces Jeunes Ecclesiastiq’ ala Pretrise Jlvous Sera facile&#13;
165 co’e Jelespere dobtenir par M LeGouverneur et M LJntend.’ la&#13;
166 necessité de continuer et de lappliquer mesmeSur letat acet&#13;
167 effet enrepresentant quil y ena toujours de Nouveaux a eslever.&#13;
168 Je Suis bienaise de vous faire remarquer que nous aurions pudemander&#13;
169 a la cour que plus.rs So’es assez fortes qui Sont Sur letat pour des&#13;
&#13;
�170 aff.re imprevües vous fussent appliquéez. Jly en a une de 6000.#&#13;
171 et dau’ de 2000.# et de 3000.# EnSorteque vous en pouriez tirer&#13;
172 plus de 5. ou 6000.# dans ce malheur Si M LeGouverneur&#13;
173 et M LJtend.’ le veulent bien. mais nous avons consideré.&#13;
174 que cette veüe empescheroit de nous accorder dautres graces,&#13;
175 et qu’ayants M LeGouverneur aussi bien dispose p.r vous, etM&#13;
176 LJntend.’ qui y va nous promettant denous f.re tout lebien qui&#13;
177 dependra delui, Jl vaut mieux en avoir lobligation a M.rs&#13;
178 de Callieres etde Bauharnois que dele demander alaCour.&#13;
179 J’ay eté Surpris dapprendre queM LJntend.t vous ait fait&#13;
180 payer le voiage deM Jonquaire, puis quil ades fonds p.r ces&#13;
181 affaires Jmprevenües Sur lesquelJleust pu mettre cette depense.&#13;
182 Jl faut esperer que voiant quele ministre a agrée cet envoy&#13;
183 Jl le mettra Sur Ses comptes et vous rendra v’re argent qui&#13;
184 est considerabledans un tel malheur.&#13;
185 Je n’ay pas manqué dez queJ’ay receu vos lettrres descrire ala Rochelle&#13;
186 p.r y acheter leclou et le fer Necess.re et J’ay demandé lefret dans le&#13;
187 vaisseaude Roi p.r ces ferrailles. M Grignon qui prend bien&#13;
188 part a n’re malheur m’a escrit que le fer, le clou a couvrir&#13;
6.&#13;
&#13;
M. Leriche&#13;
&#13;
189 et aplancher Se trouveroient aisem’ et m’a promis de lacheter,&#13;
190 mais Jl n’a pu trouver deux cent m.ers decloua bardeau tout&#13;
191 fait delalongueur qu’on le demande. Jl amis tous les cloutiers&#13;
192 de La Rochelle en œuvre p.r en f.re tout ce qu’on poura Jusqu’au&#13;
193 depart du Navire&#13;
194 Je n’ay pas manqué aussi de vous acheter et f.re partir Jl y a quatre&#13;
195 Jours par le Routier un dernier balot ouSont renfermez tous&#13;
196 les outils de cord.rie et menuiserie et tous les nouveaux livres&#13;
197 dhumanitez et p.r les petites escoles qu’on me demande par&#13;
198 M. Jonquaire. cela estdans un ballot N.o 8.o&#13;
199 Je ne vous ay pas escrit, Monsieur par les 1.ers vaiss.x Je meSuis&#13;
200 contenté d’escrire aMgr Lancien et a la R.de m. Sup.re delhotel Dieu.&#13;
201 J’ay mis ces lettres entreles mains deM duLino qui m’a promis&#13;
202 de les envoier Seurem.’ par le vaisseau du Nort. cequi menpescha&#13;
203 d’escrire davantage fut une Jndisposition que Jeus vers le&#13;
204 milieu du Caresme causé par ungros Rhume qui ma eteint la&#13;
205 voix pend.t pres d’un mois Jen’en Suis pas encorebien remis.&#13;
206 Je crus dailleurs qu’escrivant tout aMgr Lancien Jl ne&#13;
207 manqueroit pas co’e Jelen priede vous communiquer a&#13;
208 tous lalettre, et de vous Jnstruireparla. Je vais repondre a&#13;
209 tout ceque vous mavez demandé par vos lettres del’an passé&#13;
210 Je nay pas laissé d’estre mortifié que vous naiez pas envoyé M&#13;
211 Le Riche au mont Louis quoiq’ Jegoute et approuve vos raisons, car&#13;
212 ces M.rs m’ont demandé de leur rendre 379. defranceque Javois&#13;
&#13;
�213 depensé p.r Son voiage et quils mavoient renboursé. votre&#13;
214 lettre leur donnoit gain de cause Je nelaleur ay pas rendu,&#13;
215 mais Je leur ay proposé que veu quil y avoit plus deleur faute&#13;
216 quede la mienne deceq’ M LeRiche n’y etoit pas allé, par ceque leur&#13;
217 habitation estoit detruitte, Je leur offrois de leur en payer&#13;
218 les deux tiers et quils portassent enpure perte le tiers de&#13;
219 cette depense. Jeleur ay offertdeleur rembourser 250.#&#13;
220 cequi ne laisse pas de couter dans letat ouSont vos aff.res&#13;
221 temporelles. Jls n’en paroissent pas content. Jeles laisseray&#13;
222 venir. Jl ont envoié la un Prestre Sorti de chez M de S.t&#13;
223 Lazare qui a demeuré longtemps a Rochefort et paroist homme&#13;
224 de bien, mais Je crains linconstance, et Je ne Scaurois trop&#13;
225 vous avertir denele pas recevoir p.r n’re Sem.re Sil venoit&#13;
226 a Quebec que Surle pied delhospitalité quil est toujours&#13;
227 bon dexercer. mais nous ne recevons pas ceux qui Sont&#13;
228 Sortis de ces Congregations, p.r estre associez avec nous.&#13;
7&#13;
Mgr de Laval&#13;
&#13;
229 J’ay oublié de vous marquer au commencem.’ de cette&#13;
230 lettre combien J’ay remercié Dieu de ce quil nous conservoit&#13;
231 Mgr Lancien. Jl a Soutenu en Saint cette Espreuve derniere&#13;
232 et tout ce quil m’en escrit ma tres Sensiblem’ touché; mais&#13;
233 Je crains quedans la Suite Jl nait pris trop a cœur notre&#13;
234 perte, et que laffection ne l’ait emporté cet hyver. Si Dieu&#13;
235 nous le conserve, Je regarderay cette grace co’e une de&#13;
236 nos grandes consolations dans n’re disgrace.&#13;
237 Je vous ay escrit parles 1.ers navires que J’ay fait faire&#13;
238 a caen tous les Souliers que vous demandiez par v’re&#13;
239 facture cela â monté à 420.# dont J’ay fait toucher&#13;
240 320.# au cordonnier et Mad.’ de vaubernard m’a fait&#13;
241 tenir 100.# p.r vous envoier que J’ay fait paier au&#13;
242 cordon.er vous aurez la bonté de l’en remercier.&#13;
243 vous me mandiez que vous vous efforceriez de m’envoier&#13;
244 par les derniers Navires quelques lettres de change p.r&#13;
245 me mettre en êtat de vous envoier la facture que vous&#13;
246 desiriez faire accomplir a Paris. Cepend.t Je n’ay rien&#13;
247 receu par les d.ers vaisseaux qu’un billet de 100.# Sur M&#13;
248 Gauvin, et Cepend.t vous Scaviez que J’estois l’an passé en&#13;
249 avance de 7184.# quelq’ Sols Sans avoir encore alors rien&#13;
250 paié de plus de 4000.# de lettres de change que Mgr Lancien&#13;
251 a tïré Sur moy l’an passé. vous verrez par le compte&#13;
252 que Je vous envoye quil ne m’a pas esté possible de&#13;
253 rien espargner Sur les 3000.# de misissipi, quoiq’ J’aye&#13;
254 rejetté prez de 3. ou 400.# de billets paiez a MD’Jberville&#13;
255 Sur le compte de M Montigni que Je neScay Sil allouera&#13;
&#13;
�Missisipi&#13;
&#13;
8.&#13;
Détroit&#13;
&#13;
M. Guay&#13;
&#13;
M.r Maudoux&#13;
&#13;
256 Si J’en veux croire M. S.t Cosme Jl lui faut alui douze cent&#13;
257 livres, a M Davion 600.# a M foucaut 600.# et a M&#13;
258 Bergier 600.# ainsy voila les 3000.# bien vitte emploiez,&#13;
259 et Jecrains bien que Si vous ne mettez ordre a empescher&#13;
260 que ces M.rs ne tirent des lettres de change Sur moy Sans&#13;
261 S’entendre les uns les autres, nous ne nous trouvions accablez&#13;
262 p.r les depenses decette mission.&#13;
263 Je vous ay mandé cy devant que Je croirois que M Bergier&#13;
264 Seroit mieux dans le poste leplus proche des francois, vers&#13;
265 la mer qu’aux Tamarois pr avoir Soin du temporel, et avoir&#13;
266 correspondance avec moy.&#13;
267 Nous avons offerts a M de Pont char. d’envoier un miss.re au detroit&#13;
268 Si la Cour y vouloit destiner Sa Subsistance on n’y a pas repondu,&#13;
269 et nous ne l’avons pas pressé. on ne croit pas que cet&#13;
270 Etablissem’ Subsiste. Le ministre l’a fort a cœur. mais la Colonie&#13;
271 n’y veut pas contribuer et le Roi nestpas en etat d’en faire&#13;
272 les frais par lui mesme dans cetemps cy ou on ne veut pas&#13;
273 augmenter les depenses dela marine et duCanada.&#13;
274 Ne vous attendez pas a Mgr de Q. ni p.r les 2000.# duclergé,&#13;
275 ni p.r ceque Je lui dois p.r le chapitre. Je crois que Je Seray&#13;
276 obligé avant le mois de Jan.er prochain delui avancer&#13;
277 ce qui nelui Sera deu qu’a Pasque.&#13;
278 Jl n’a pas voulu merien paier p.r les petites escoles. Jl dit quil&#13;
279 n’en Sera deu quedeux anneez lannée prochaine, et Jl noffre&#13;
280 deles paier quapres Pasques delannée prochaine&#13;
281 M’gr de Q. ne m’a promis que 600.# p.r les miss.res de Laccadie&#13;
282 Scavoir 300.# p.r M. Gaulin, et 300.# p.r M. Le veyer. Jl n’a pas mis&#13;
283 rien p.r M. Rageot par ce quil dit qu’on lamis Sur les Suplemens&#13;
284 de Quebec. M. Gaulin ne recevra pas grand chosedemoy cette&#13;
285 année. Cepend.t Je trouve quepar le compte que Jelui ay&#13;
286 addressé y compris les 100.# queM. Buisson m’a donné a&#13;
287 prendre Sur Son Supplem.t Jl me doit 258.# 19. Sur 300.# que Je&#13;
288 recevray p.r lui et M Le vayer 161.# 6.s Mgr de Quebec&#13;
289 a receu ces 600.# des Suplemens de Laccadie et ena paié Ses&#13;
290 dettes co’e Jl me l’a dit aujourdhui; Sibien quil me faudra&#13;
291 attendre longtemps avant que Je recoive cette So’e.&#13;
292 M. Guay m’a fort tourmenté pend.’ deuxmois. cepend.’ depuis&#13;
293 un entretienque J’ay eu avec lui de bonne amitié Jl m’a laissé&#13;
294 en repos et ne me demande plus rien Cestoit un lutin p.r&#13;
295 moy. C’est un grand malheur d’avoir en teste un homme co’e lui.&#13;
296 Je vous ay mandé que nous avions demandé a la Cour permission&#13;
297 pr M Maudoux p.r revenir en france, et nous l’avons obtenu&#13;
298 Nous lavons fait a Sa priere, parce quil nous a mandé&#13;
&#13;
�299 quil vouloit absolum.’ quitter. Jl n’a pas dailleurs esté&#13;
300 bien difficile de lobtenir car Le ministre ne paroit pas&#13;
301 prevenu en Sa faveur. Jespere cepend.’ quil Le fera gouster delui.&#13;
9 1702&#13;
&#13;
M.’ Le vayer&#13;
&#13;
Acadie.&#13;
voj. p. q.&#13;
&#13;
10.&#13;
&#13;
302 et que peut estre dans la Suite on le poura renvoier. Sil veut&#13;
303 rester au Sem.re a Paris p.r retourner a Q. nous le lui&#13;
304 offrirons volontiers, et lui ferons toute lamitié qui&#13;
305 dependra de Nous.&#13;
306 Quant a M Le vayer Jl a eu l’an passé des disputes avec&#13;
307 M Gay qui Sont dignes de Compassion, Jaurois mieux&#13;
308 aymé tout perdre que de contester avec lui co’e Jlafait,&#13;
309 faire Saisir Son bled et d’autres minuties qui ne lui&#13;
310 convenoient pas et ce qui est merveilleux cest que M Le&#13;
311 vayer mande quil a cru le devoir faire p.r faire voir&#13;
312 que ceux duSem.re Scavent se deffendre N’re vraye deffense&#13;
313 est de Souffrir quand on a affaire a un esprit aussi de&#13;
314 travers que M. Gay. C’est deM Gay, et des lettres du&#13;
315 mesme M Le vayer que J’ay appris quil est attaqué&#13;
316 dit il dumal caduc Jelui envoyedune certaine racine&#13;
317 qu’on dit en empescher les effets. Dailleurs Je lui mande&#13;
318 quil Lesprouve bien p.r voir Si eneffet Jl a untel mal,&#13;
319 queSi apres S’estre bien esprouvé, et S’en estre Surtout&#13;
320 raporté aujugem’ de M. maudoux Jl voit que c’est&#13;
321 veritablem.’ un mal caduc Jl doit tout quitter p.r S’en&#13;
322 revenir, et Je lui conseille derevenir plutost enfrance&#13;
323 quede retourner encanada; par ce quavec ce mal Jl ne&#13;
324 conviendroit pas quil restast dans une maison ouil&#13;
325 y auroit beaucoup demonde, ce mal estant contagieux&#13;
326 Je ne Scay quel parti Jl prendra.&#13;
327 La cour a travaillé a etablir letemporel de Laccadie. Le&#13;
328 Roi a cassé p.r ainsy dire ces compagnies. Jl a nommé&#13;
329 M Brouillan p.r Gouverneur. M Bonaventure p.r&#13;
330 Lieutent deRoi et M villieu p.r major. Le 1er a 4000.&#13;
331 Le 2.d 1200. et le 3.e 800.# dapointemens. on a voulu&#13;
332 aussy Songer au Spirituel. on a Sondé les Benedictins les&#13;
333 Bernardins Les Barnabites, Les Doctrinaires, les PP. de St&#13;
334 antoine, les Jesuites et plus.rs au’ co’e M.rs de St Lazare&#13;
335 p.r aller S’y etablir. Tous ont refusé et M dePont char.&#13;
336 en retirant M. Maudoux a eté obligé dedemander un&#13;
337 miss.re aSaplace aM L. de Brisac. qui lui a repondu&#13;
338 qu’il n’en avoit pas, Sibien qu’on est resolu pr cette&#13;
339 année d’y laisser un aumonier de vaisseau Dieu&#13;
340 veuille que celales convainque du cas quils devroient&#13;
&#13;
�M.’ Calon&#13;
&#13;
Acadie&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
Enfans&#13;
repris&#13;
après&#13;
incendie.&#13;
&#13;
341 faire des miss.res qui Se livrent de bon cœur a des emplois&#13;
342 Si penibles, et les engage a les proteger.&#13;
343 JeSuis vraiem.’ affligé que M. Calon ne Saccommode&#13;
344 pas en canada. Javois esperé quil prendroit confiance&#13;
345 en vous ou en quelques uns de nos Mre et Se laisseroit&#13;
346 conduire. Jl mavoit paru disposé a Selaisser conduire&#13;
347 Laff.re deBeauport la alliené de vous. JenSuis faché&#13;
348 car Jl na pas demalice, et Jesperois que vous le&#13;
349 tourneriez co’e vous voudriez. cepend.’ Jl memande quil&#13;
350 est resolu de S’en revenir, et a moins que n’re Jncendiene&#13;
351 le touche de quelq’ compassion et quil ny reste pr nous ayder&#13;
352 a nous retablir Jl y a apparence quil Sera icy cet&#13;
353 automne Sil revient, Japprehende quil ne me demande&#13;
354 compte de Son benefice, dont J’ay emploié ce que J’en ay&#13;
355 receu dans la recette du Sem.re et Sil falloit lelui&#13;
356 rendre, nous ne laisserions pas d’en estre ambarassez.&#13;
357 mandez moy Je vous prie ceque Jedois faire Sur ce&#13;
358 Sujet. Jescris a M Calon fortem.t co’e un bon amy&#13;
359 p.r lencourager a rester, et lui dis ceque Jepense ce&#13;
360 quil y auroit a desirer delui.&#13;
361 On dit qu’on a un peu raillé du choix que Jefaisois l’an&#13;
362 passé p.r establir Laccadie deM. calon et de M. Requelegne&#13;
363 et lon dit Sur cela que Jeprenois un aveugle et un Sourd.&#13;
364 Je n’ay pas remarqué que M. calon neust pas de bons yeux.&#13;
365 et ne Scavois pas que M Requelegne fust Sourd. Je n’eus&#13;
366 égard dans ce choix, apres les avoir crus Sociables, qu’a&#13;
367 ce quils avoient quelq’ Secours en france, qui est d’une&#13;
368 grande necessité p.r un nouvel Etablissem.’ ou il y a de la&#13;
369 depense a faire. J’ay oublié de vous marquer en vous&#13;
370 parlant de Laccadie que nous nous So’es offerts a former&#13;
371 et tenir prests les Sujets quil faudroit y envoier p.r en&#13;
372 desservir tous les postes Si la Cour vouloit nous en avertir&#13;
373 un an devant, et fournir entierem.’ a la depense mais&#13;
374 Jls Simaginent quils trouveront quelq’ communauté&#13;
375 qui p.r Sy etablir voudra y faire une partie dela depense&#13;
376 par elle mesme&#13;
377 Nous avons esté tout a fait édifiez de votre confiance&#13;
378 en la providence, qui nous a fait reprendre tous vos enfans&#13;
379 avec vous malgé le mauvais estat denos affaires apres&#13;
380 L’Jncendie Cepend.t J’ay peine a concevoir comment&#13;
381 vous pouvez Soutenir cettedepense Remarquez bien Sur&#13;
382 vos factures que ceque Je vous envoye destofes, de bas&#13;
383 de Souliers et autres ustanciles p.r vos enfans va bien&#13;
&#13;
�384 plus loing que ce que Je vous envoye p.r vos miss.res&#13;
385 Pour moy Je ne Scaurois concevoir comment dans un&#13;
386 temps ou tout est Si cher en Canada, et ou les Etofes Sont&#13;
387 fort cheres enfrance, vous pouvez mesme vous tirer&#13;
388 Sans y mettre plus de moitié du votre a legard des Enfans&#13;
389 qui payent pension Si modique Toutes les pensions&#13;
390 Sont augmentez du quart enfrance, et on a plus de&#13;
391 peine a nourrir une personne p.r 400.# apresent qu’on&#13;
392 nen avoit a le nourir Jl y a vingtans p.r 300.# Je&#13;
393 conviens avec vous que l’on trouve Souvent de meilleurs&#13;
394 Sujets dans les enfans qu’on a par charité que dans ceux&#13;
395 qui payent pension. C’est p.r quoy J’en reviens a vous&#13;
396 laisser faire ce discernem’ Je ne vous fais quede tres humbles&#13;
397 remontrances, car Je crains Seulem.’ que vous ne vous&#13;
398 laissiez aller trop facilem.’ a la bonté de votre cœur&#13;
399 a lesgard de tous ces enfans p.r en recevoir et en&#13;
400 garder au dela de vos forces.&#13;
401 Jl est constant que Si n’re Jncendie ne fust pas arrivée,&#13;
402 J’estois tres resolu de vous mander que Je nepuis Soutenir&#13;
403 un état aussi violent que celui ou JeSuis destre en avance&#13;
404 pour vous deplus de dix mil livres. Si vous Scaviez ce que&#13;
405 J’ay a Souffrir p.r cela, vous auriez compassion de moy.&#13;
406 M. LEveq. de Quebec le Scait, car Je n’ay pas apprehendé&#13;
407 de lui montrer mes comptes du Seminaire et du&#13;
408 chapitre mais v’re Jncendie me fait Juger que Je&#13;
409 ne Suis pas prest a voir finir mes peines.&#13;
12.&#13;
&#13;
410 M Glandelet me mande que c’est a vous que Je dois rendre&#13;
411 compte du temporel du chapitre. Je vais vous dire&#13;
412 icy en peu de mots ceque Je lui mande un peuplus au&#13;
413 long.&#13;
414 vous trouverez que la Recette du chapitre quoiquelle&#13;
415 monte fort haut ne vous met pasplus au large parceque&#13;
416 la depense va encore aussi haut presq’; Puis quil ne me&#13;
417 reste entre les mains que 200.# ou environ au 1.er may.&#13;
418 Cequi en est cause, C’est 1.o qu’on nepeut tirer exactem.’&#13;
419 les revenus des fermiers. Jlnous est du plus de 3000.# a&#13;
420 Lestrée. Jln’y arien a perdre, mais Jly a des temps ou&#13;
421 ce Seroit ruiner les fermiers quedeles trop presser.&#13;
422 2.o Jl y a eu degrosses reparations afaire a meobec, et Je vous&#13;
423 avoüe que c’est ma desolation, par ce quil est Survenu en&#13;
424 france des especes douragans ces deux dernieres hyvers qui&#13;
425 ont causez bien des dommages a toutes les maisons &amp;.&#13;
426 3.o Nous avons fini une aff.re avec cetteReligieuse deLestrée&#13;
&#13;
�Union&#13;
des&#13;
abbayes.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
Le 10. may.&#13;
&#13;
427 qui nous cousteplus de 3000.# p.r enSortir. mais apres avoir&#13;
428 bien pezé tout avec maturité, Nous avons esté obligez&#13;
429 de prendre ce parti. Si nous eussions continué a Soutenir&#13;
430 ceprocez Nous serions tombez d’abismes en abismes, et ne&#13;
431 nous Serions pas mis delongtemps en état de travailler anos&#13;
432 unions. Le temps meurit toutes choses. Nous avons trouvé&#13;
433 des conjonctures favorables. M Larch. de Treves consent&#13;
434 a la Translation du Prieuré dela Colombe dans les lieux&#13;
435 reguliers de Longouy. M LEveq’ d’Evreux veut bien approuver&#13;
436 cet établissemt M Guenet Con.er du Parlemt deRouen qui&#13;
437 Soutenoit cette Religieuse veut bien entendre al’accommo=&#13;
438 dem.’ Nous l’avons fait, et au grand contentem.t deM LEveque&#13;
439 de Q. qui avoit promis quil entreroit en consideration Sur&#13;
440 ces depens, mais qui n’y a pas voulu avoir esgard pour un&#13;
441 denier quad Jl a veu la chose terminée.&#13;
442 Depuis cet accord fait, M LEveq. de Q. estant revenu a Paris&#13;
443 cet hyver, Nous avons reüni tous les actes et consentemens&#13;
444 necessaires p.r nos unions. vous auriez peine a croire combien&#13;
445 Jl en a fallu; Nous avons fait renouveler les Brevets du Roi&#13;
446 p.r Lunion de ces abbayes. Sa Majesté a escrit de Nouvelles&#13;
447 lettres au Pape et a Son ambassadeur et au Cardinal&#13;
448 Patron p.r demander ces unions. Nous avons envoyez&#13;
449 toutes nos pieces a Rome; Jly a trois mois quelles y Sont.&#13;
450 Le Banquier a dressé la Suplique et ladoit presenter au&#13;
451 Pape au 1.er Jour. Enun mot les choses Sont en train&#13;
452 de bien aller. Mais nous avons determiné Mgr de&#13;
453 Q. M dela Palliere et moy a aller lui mesme aRome,&#13;
454 et Jl convint hier dy aller pour veu que nous lui&#13;
455 procurions a emprunter quelq’ argent p.r Son voiage&#13;
456 Jl doit donc y aller vers le commencem’ de Septembre.&#13;
457 Jl compte de n’y estre que quatre mois. mais J’ay peine&#13;
458 a croire qu’en cetemps la Jl puisse finir les affaires. Je&#13;
459 voudrois quil y restast plutost un an qu’un mois. vous&#13;
460 en Seriez plus en repos, et moy aussi. Jl est constant que&#13;
461 la presence d’un Evesque pressera lePape et les card.x de&#13;
462 lui accorder ce qu’il demande, et Sil y a moien davoir le&#13;
463 gratis, Jl Seraplus en état del’obtenir que personne&#13;
464 Ceque Je crains c’est quapres avoir fait quelq’ tentative&#13;
465 p.r obtenir Lunion des manses abbatiales et monacales&#13;
466 tout ensemble, Sjl y trouve dela difficulté, Jl nedemande&#13;
467 Seulem.’ Lunion des abbatiales alaquelle Jl n’y a nulle&#13;
468 difficulté et ne laisse en arriere les monacales cequi&#13;
469 ne Serviroit de rien au chapitre qui ne Se trouveroit pas&#13;
&#13;
�470 parla establi. Nous ferons laguerre a Loeil, et tacherons&#13;
471 de le fortifier dans ledessein quil a depousser ensemble&#13;
472 toutes les unions. Je vais ramasser tout l’argent duchapitre&#13;
473 que Je recevray pr les frais de ces unions, car Jln’y&#13;
474 faut rien espagner p.r en venir about. ainsy tout ceq&#13;
475 Je tireray des abbayes Je le conserveray p.r lemploier&#13;
476 dez quil enSera necess.re p.r ces unions.&#13;
477 J’ay enfin reglé cet hyver un compte avec Mgr de Q.&#13;
478 Jl en a fallu passer par ouil a voulu; Je vous en envoye la&#13;
479 copie dans la lettre a M Glandelet qui Servira de dup.a&#13;
480 a cellecy. Jl ne m’a rien voulu allouer co’e Je vous l’ay&#13;
481 deja écrit p.r les Depens deceprocez avec cetteReligieuse,&#13;
14.&#13;
&#13;
482 ny pr les reparations de meobec, ny p.r plus.rs au’ articles&#13;
483 quil lui afallu passer dans mes comptes. cepend.t Je me&#13;
484 Suis estimé heureux davoir enfin terminé un compte&#13;
485 avec lui. car Je craignois encore plus que tout cequil ne&#13;
486 ma pas alloué. Je craignois quil ne voulust Jouir des&#13;
487 revenus dus par les fermiers demeobec, etde chezelle,&#13;
488 Jusqu’a la S.t Jean 1697. quoiq’ nous dussions entrer en&#13;
489 Jouissance du 1.er Jan.er Sur le pretexte que ces deniers&#13;
490 dus a la S.t Jean 1697. Sont et proviennent des fruits&#13;
491 perceus en1696. Cepend.t Jl ne m’a pas fait dedifficulté&#13;
492 Sur ce point !&#13;
493 Je vous prie de prendre bien garde que ce que je vous&#13;
494 escris delui nerevienne pas aM valet, ou a dautres qui&#13;
495 lui mandent exactem’ tout cequ’on dit delui la bas. Jepuis&#13;
496 vous asseurer quil n’est nullem.’ changé, que l’aage n’aporte&#13;
497 aucune moderation a la vivacité deSontemperament, quil&#13;
498 a toujours la mesme ardeur Sur letemporel, quil est toujours&#13;
499 plein de Ses veües; quil neSuit pas davantage conseil&#13;
500 quil faisoit, et qu’en unmot, Je prevois qu’en retournant&#13;
501 a Quebec, Jl y fera aussi peude bien et y causera autant&#13;
502 de mal quil afait cy devant. Jl paroist cepend.’ bien&#13;
503 resolu a y retourner, et Sil neustpas pris laresolution d’aller&#13;
504 a Rome, Jl m’avoit mesme communiqué une veüe quil&#13;
505 avoit deS’en retourner vers lemois daoust ou 7.bre en&#13;
506 canada par lemisissipi en passant dans le vaisseaude&#13;
507 M DJberville qui poura S’il arrive bientost co’e on&#13;
508 lattend y retourner vers ce temps la. Je vous asseure&#13;
509 que Si Jenepuis lengager a rester a Rome une bonne&#13;
510 partie de lannée prochaine, Je tacheray du moins a&#13;
511 lui conseiller de faire ce tour pour lannée prochaine,&#13;
512 afin que pend.’ quil fera cette tournée vous jouissiez&#13;
&#13;
�513 au moins du repos.&#13;
514 vous Seriez Surpris de voir queM dela Palliere qui estoit&#13;
515 Si vif a le Soutenir autrefois, a aujourdhui la mesme vivacité p.r&#13;
516 ledestourner de retourner en Canada, et pr lui conseiller de Se&#13;
517 demettre de Son Evesché. Jl lui en a parlé plus.rs fois mais&#13;
518 Le Prelat ne panche pas de cecosté la, et Je ne pense pas&#13;
15.&#13;
&#13;
519 quil le fasse.&#13;
520 Je crois que Je Seray obligé daller faire un tour en Berri&#13;
521 apres loctave de la feste Dieu, car Jl faut y aller tous les&#13;
522 deux ans p.r bien faire. Jly a toujours la des affaires qui&#13;
523 demandent la presence du maistre J’ay des fermiers qui&#13;
524 Sont les enfans deM Bienassis queMgr connoist. Je&#13;
525 vois que Le Pere Sentend avec les enfans p.r faire&#13;
526 des reparations Sans nombre. Jl me faudra chercher&#13;
527 quelqu’un qui puisse estre de confiance, quand ce&#13;
528 bonhomme moura, car Je lelaisseray mourir chargé&#13;
529 duSoin de ces affaires parcequil les a depuis long temps&#13;
530 mais Je loteray a Ses enfans. ces gensla Sont trop&#13;
531 Jnteressez. Jls voudroient tirer deLabbaye plus que&#13;
532 nous n’en tirons. Jaurois eu bien dela consolation&#13;
533 dans ce voiage daller voir M. LEveq. de Poitiers Si&#13;
534 Dieu nous leust conservé. Cestoit un S.t Prelat que&#13;
535 Dieu a enlevé apres trois anneez d’Episcopat. J’ay perdu&#13;
536 enlui un tres Jntime ami. Jl est mort ce caresme martir&#13;
537 de lacharité ayant pris lepourpre en visitant Ses malades&#13;
538 qui en avoient.&#13;
539 Je vous remercie tres particulierem.t de ceque vous avez&#13;
540 arresté mes comptes. cela me met lesprit en repos. Ce&#13;
541 n’est pas que Je ne me regarde co’e du Sem.re et travaillant&#13;
542 p.r lui. Je ne me chargerois d’aucuns Soins Sils estoient&#13;
543 prejudiciables a Ses Jnterests, et on ne connoist que trop&#13;
544 dans le Sem.re a Paris que JeSuis entierem.’ attaché au&#13;
545 Sem.re de Quebec. mais Jl est bon de regler Ses comptes&#13;
546 année par année. apres cela Tout ceque J’ay appartient&#13;
547 au Sem.re deQuebec, et Je tacheray de lui laisser lepeu&#13;
548 que Je pouray avoir. J’espere mesme toucher quelq’&#13;
549 petite So’e ducosté de ma famille dans peu aux consigna=&#13;
550 tions que Je confondray dans les deniers du Sem.re avec&#13;
551 Joye p.r ayder au retablissem.t mais cela nempescherapas&#13;
552 que nous ne reglions année par année comment nous&#13;
553 So’es ensemble&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
554 On ne peut me repondre avec plus debonté que l’a fait Mgr&#13;
&#13;
�Jsle&#13;
d’orléans&#13;
&#13;
17.&#13;
&#13;
555 Lancien Sur ce que Je lui avois representé mon ambaras p.r&#13;
556 ces lettres de change. J’espere qu’il ne me tirera plus de ces&#13;
557 lettres de change co’e Jl afait Sans Scavoir auparavant&#13;
558 Sil y a du fonds.&#13;
559 J’ay mandé fort au long a M’gr Lancien que Je n’avois&#13;
560 pu maccommoder avec M Berthelot. Jl vouloit de moy&#13;
561 de largent comptant et mesme 6000.# par avance, et ne me&#13;
562 mettoit nullem.’ en état dacquerir Seurem’ cepend.’ M.lle&#13;
563 Pachot a acquis delui LJsle p.r trente mil livres acequ’on dit,&#13;
564 et a diton neuf ans p.r les paier. Je ne comprends pas en&#13;
565 cela M Berthelot. mais enfin Je ne crois pas cette&#13;
566 acquisition bonne Je crois au contraire quil est tres&#13;
567 dangereux dacheter d’un ho’e co’e M. Berthelot qui tost&#13;
568 ou tard Succombera Sous lepoids de Ses creanciers.&#13;
569 J’ay fort prié Mgr Lancien denepoint penser a une&#13;
570 telle acquisition. Elle est encore moins Seure deM.lle Pachot&#13;
571 quedeM Berthelot. Dailleurs c’est lacheter tout ce quelle&#13;
572 vaut, Et Si bled mesme vient abon marché, ceSera&#13;
573 l’acheter trop cher. Dailleurs cette Jsle deperira quand&#13;
574 les bois enSeront otéz. Les chardons la perdent tous les&#13;
575 jours. Jaymerois mieux establir LJsle deJesus que de&#13;
576 penser a cette acquisition.&#13;
577 J’ay consulté la difficulté de M’gr Lancien Sur le fief&#13;
578 d’argentenay a M Carnot Not.re qui a passé lecontract&#13;
579 de vente de LJsle que Mgr Lancien afait aM Berthelot.&#13;
580 et Jenay encore consulté plus.rs autres. Ceux qui Sont&#13;
581 bien Jnstruits pensent que cette affaire de Mgr Lancien&#13;
582 ne vaut rien: Quil Sen faut tenir ala bonne foy des&#13;
583 parties encore vivantes. Quil paroist que Mgr Lancien&#13;
584 a eu Jntention de vendre tout cequi lui apartenoit en&#13;
585 LJsle S.t Laurent. Que cela est confirmé parcequil lui vend&#13;
586 la Seigneurie de LJsle qui emporte apres elle la mouvance de&#13;
587 tous les fiefs qui y Sont, Que Mgr declare que cette Jsle ne&#13;
588 releve que du Roi, et nullem.’ De la Seigneurie de Beaupré,&#13;
589 ni en tout ni en partie. Je crains que Mgr n’y Succombe&#13;
590 Sil lentreprend. Je vous prie de le lui representer.&#13;
591 J’ay accompli toutela facture que vous mavez demandé&#13;
592 et J’ay tasché de vous envoier encore de meilleures Etofes&#13;
593 bleues etde meilleurs bas que tous ceux que Je vous avois&#13;
594 cy devant envoié. vous y trouverez mesme une piece&#13;
595 deratine blanche que vous ne maviezpas demandé,&#13;
596 mais que Je n’ay pu me dispenser de prendre parceq’&#13;
597 Javois dit a mon drapier que Sans doute Jl en faudroit&#13;
&#13;
�598 co’e les autres annéez. Jen’ay pu me dispenser de&#13;
599 prendre celle la. Jl y a pourplus de 500.# de bas et que&#13;
600 J’ay fait choisir lun apres lautre&#13;
601 Mad.e de la motte ango m’a prié dacheter a Paris dela&#13;
602 toile p.r cravates. J’en ay acheté aplus.rs prix p.r 133. 20.s&#13;
603 que vous trouverez dans nos balots. J’ay tasché de faire&#13;
604 prendre en fil boutons et au’ tout ce quil y a demeilleur.&#13;
605 J’ay trouvé que Nos gens l’an passé navoient pas Songez a&#13;
606 retirer dela Douane les Six couvertures queMad.’ dela motte&#13;
607 ango mavoit addressée de Rouen p.r vous. Nous les avons&#13;
608 retrouvé alaDouane avec bien delapeine, et Je vous les&#13;
609 envoye. Elles ne Sont pas gatéez.&#13;
610 J’ay mis dans nos balots trois grosses de chapelets. Jl y ena&#13;
611 moitié p.r vous et moitié p.r M Requeleyne qui trouvera a S’en&#13;
612 defaire aussibien quedJmages Sil en a trop en en faisant&#13;
613 part a MSoumande qui lui remboursera ce quils coustent.&#13;
614 Je vous ay fait payer par M Requeleyne le memoire&#13;
615 de hardes que vous mavez addressé. vous levtrouverez&#13;
616 dans ma recette&#13;
617 vous trouverez aussi dans nos balots deux petites&#13;
618 boestes de diverses devotions que Je vous envoye p.r vos&#13;
619 enfans. Jl y ena encore une de Mad.’ de la motte ango et&#13;
620 il y a une boeste d’un chartreux Je croy que ce Sont des&#13;
621 horloges de Sable&#13;
622 J’ay eu bien de lapeine a avoir de la Cire dangers queM&#13;
623 Brullon m’y a acheté. on la vouloit vendre 40.s ala Rochelle&#13;
624 Elle m’y revient a 37.s toute vendue, et 30s la Jaune&#13;
18.&#13;
&#13;
625 Je n’ay pu trouver que 350. au’ de Lizieres detoutes couleurs&#13;
626 excepté de rouge queJ’ay pas pris.&#13;
627 Javois fait faire quinze douz.nes decolets qu eJe vous ay&#13;
628 envoié. Je ne scay Si on S’en accommode.&#13;
629 Peut estre me gronderez vous davoir fait la depense de LJmpression&#13;
630 de loffre de la S.te famille. mais Jenel’ay purefuser a M&#13;
631 Glandelet depuis tout le temps quil me le demande J’enay&#13;
632 conservé moitié de LJmpression aParis, et ay envoié lautre&#13;
633 parles vaiss.x de cette année.&#13;
634 Dans le compte que Je vous envoye p.r leSem.re vous y verrez&#13;
635 p.r 1.er article de depense les 7184. 3.s 5d. dont Jestois en&#13;
636 avance l’an passé. M Grignon m’a rendu les frais des&#13;
637 engagez ainsy le compte est demeuré tel que vous lavez&#13;
638 arresté.&#13;
639 vous verrez dans mon compte p.r 4106# 12. de lettres de&#13;
640 change paiéez que Mgr Lancien avoit tiré Sur moy.&#13;
&#13;
�641 vous pouvez juger Si cela nincommode pas.&#13;
642 vous y trouvez 1369. 14. 6. Que J’ay depensé a Paris p.r&#13;
643 nos M.rs de misissipi dont Je vous envoiay copie l’an&#13;
644 passé, et 719. 10. 10. que J’ay alloué a M Grignon p.r&#13;
645 la facture quil leur a envoié par M DJberville&#13;
646 vous y trouverez aussi que J’ay paié a M Grignon&#13;
647 1426. 12. 9. p.r les frais ports de ballots fret et facture&#13;
648 de cequil envoia l’an passé a Quebec; P.r cette année&#13;
649 Je ne lui paieray ce quil aura deboursé p.r vous qu’apres&#13;
650 le depart des Navires. aussi bien que ce memoire de&#13;
651 clous et de fer que vous avez demandé p.r le retablissem’&#13;
652 du Sem.re&#13;
653 vous Serez étonné co’e moy devoir l’avance ou JeSuis p.r&#13;
654 Le Sem.re de Quebec de plus de dix mil livres. Jl est difficile&#13;
655 de penser dans quel ambaras cela me jette&#13;
656 mais helas LJcendie va en causer bien dautres. Nous&#13;
657 allons faire ce que nous pouvons p.r vous procurer&#13;
658 quelques charitez. M Lab de Brisacier m’a dit que&#13;
19.&#13;
&#13;
659 vous pouviez conter Sur dix mil livres p.r&#13;
660 cette année dequelq’ part quelles vous vinssent,&#13;
661 Soit duRoi Soit des autres. mais quoique cequil dit&#13;
662 Soit tres Solide, Jecrains quil ne conte un peu trop&#13;
663 Surlabonté de Son cœur, car Je vous avoue quil l’a&#13;
664 aussi bon qu’on lepuisse desirer p.r n’re pauvre&#13;
665 Sem.re de Quebec Dez quil en apprit la nouvelle, Jl&#13;
666 dit quil auroit Souhaité que n’re Sem.re de Paris eust&#13;
667 plutost brulé que celui la; Jl m’a depuis plusrs fois&#13;
668 protesté que quelq’ opposition quil ait a demander,&#13;
669 Jl est resolu de S’y mettrejusqu’au col, et de fraper a&#13;
670 toutes les portes p.r Solliciter du Secours, et faire le&#13;
671 possible p.r vous Soutenir dans v’re malheur.&#13;
672 Je n’oserois presq’ penser a la maniere dont nous&#13;
673 pourons nous faire paier du Roi. J’ay actuellem.’&#13;
674 entreles mais Lord.ce de la pension deMgr Lancien&#13;
675 Surle Tresor roial p.r lannée passée. J’ay lord.ce de 3000.#&#13;
676 p.r mississipi p.r cette année. Je crains en verité de&#13;
677 n’en pouvoir rien retirer veu la rareté delargent.&#13;
678 C’est tout vous dire que Nos Mess.rs p.r Les Jndes&#13;
679 orientales n’ont purien tirer au Tresor roial p.r&#13;
680 leurs pensions del’an passé, quoiq’ Mad.’ de m. lait&#13;
681 demande Tres inssamment, et que MChamillard&#13;
682 ait envie deles obliger. Quand Le Roi nous donnera&#13;
683 ou quatre ou dix mil livres p.r n’re retablissem’ a quoy&#13;
&#13;
�684 Jene mattends quede bonne Sorte Jugez quel peine&#13;
685 nous aurons a tirer cepaiem.’&#13;
686 Cepend.’ Je crois que vous pouvez tirer environ p.r&#13;
687 dix mil livres de lettres de change ou menvoier des&#13;
688 memoires a accomplir Jusqu’a la concurrence de&#13;
689 cette So’e, et menvoier encore p.r 3500.# ou p.r 4000.# de&#13;
690 factures a accomplir. voila a peupres ce que Nous&#13;
691 pouvons faire de france Que Si nous avions de plus grands&#13;
692 fonds nous Serions toujours bien en etat de vous les faires&#13;
693 tenir. vous aurez dailleurs bien des So’es a toucher a&#13;
20.&#13;
&#13;
Conseils&#13;
&#13;
M : Dupré&#13;
&#13;
694 Quebec. 1.o Letiers des 4000.# 2.o les 2000.# des prestres hors&#13;
695 detat de Servir. 3o Les 2000.# Sur les Suplemens, Sans y comprendre&#13;
696 le chapelain du Palais, M Le Curé de Q. etSon vicaire &amp;c.&#13;
697 Sans ce que vous pouvez encoretirer de vos terres et de vos&#13;
698 revenus. C’est une providence que La Baye S.t Paul neSoit&#13;
699 pas vendue, car Elle vous Sera necess.re p.r ce retablissem.’&#13;
700 J’ay deux conseils a vous donner. Le 1.er cest de ne penser&#13;
701 pas p.r le present aretablir la couverture de la chapelle, et&#13;
702 de la porterie cela peut Se differer. Jl faut penser a&#13;
703 nous loger dans legrand corps de logis et les pavillons.&#13;
704 Le Second C’est que tout le monde nous conseille de faire&#13;
705 faire dela brique et du carreau p.r carreler toutes les&#13;
706 Salles cuisines, chambres et dortoirs. Jl faut tascher&#13;
707 de faire cette depense p.r esviter un pareil malheur.&#13;
708 vous pouriez faire f.re de la brique ou du Carreau au&#13;
709 cap tourmente, ou a chateauricher lefour a chaux&#13;
710 Serviroit a f.re cuire lecarreau&#13;
711 Si Mgr de Q. vouloit f.re la depense Jlauroit trouvé cette année&#13;
712 quatre ou cinq Prestres. mais Jl ne marrivera plus d’en&#13;
713 envoier puisqu’on veut que ceSoit a nos frais&#13;
714 Nous avons Je vous lavoüe, esté unpeuSurpris que vous eussiez&#13;
715 lan passé cedé Si aisem.’ La mission de Pentagoet aux Jesuites. Jl&#13;
716 me Semble que cest trop Sacrifier ou biendelapaix quede&#13;
717 leur ceder toutes les missions Sauvages.&#13;
718 J’ay mandé aM Du Pré que Nous avions cru que nenvoiant aucun&#13;
719 Prestre cette année en Canada, Jl ne convenoit pas que nous y fissions&#13;
720 passer M. Son Neveu c’est unbon enfant qui en vaudra mieux depasser&#13;
721 encore la 3.e année de Theologie a Paris. Nous lenvoierons au Nom&#13;
722 du Seminaire et non par le canal de Mgr De Q.&#13;
723 Jl y a quatre ou cinq ans que J’avois demandé aM Glandelet&#13;
724 copie de tous nos titres et papiers de Quebec Jelui avois mesme&#13;
725 envoié du Parchemin p.r les f.re copier. cepend.t Jl ne l’a pas jugé&#13;
726 a propos. cepend.t Si par malheur nos papiers eussent esté&#13;
&#13;
�727 brulez vous auriez esté bienaise d’en avoir un double au&#13;
728 Sem.re de Paris. cet accident y devroit f.re penser.&#13;
729 Mgr de Q. m’a dit quil escriroit fortem.t a M valet p.r lui faire&#13;
730 entendre quil nentendoit pas quil perceust cequi pouvoit&#13;
731 revenir a Son canonicat.&#13;
732 J’ay dessein deprier M Lab. de Brisacier d’escrire aM Glandelet Sur&#13;
733 cette maniere indepand.te dont Jl agit en qualité de Grand vicaire&#13;
734 Je finis en me recommend.’ tres humblem.’ a vos prieres estant Sans&#13;
735 reserve Monsieur v’re tres humble et tres obeiss. Serviteur. Tremblay&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-mm-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250280">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11846">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/153a714e22ebb699392a54a4aa2eb5e7.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=S1bN3mTxwiB43PfsNHox0Fy4oIfN63ERxYcIh-7vV3BWb30HMhCoLNZ0xE1-EGmtHjs2sIQTE16PKvn1pfAxhNn-tuaQ98V2JNu-btjdAxtFnNckmpZVJTvptPwAuk%7E8iG6nsJrdXo9mTtgkdIYrIVj8UvZZzIc%7EZ3WjOUAONkBz3cXNkVwmiCvvNWpz8GlaonNYbiLDrvdM4JYektV1BcjquKKXpb3sCofnIsYJuxpgz0OCk2mTyvLUHuE0MHL1O0QEUA2DiUZYehIsyb8DMegSJqFHI6Ccj4YNKS1uZ55BfM25tFmWRN1v7cIJKKu%7ELKOsUKzvBCEVrk41gX8F3w__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>89db247d715a97455533419a0268892c</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250278">
                    <text>��������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250282">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 37&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249854">
                <text>E2NQNSNG</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249855">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249856">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249857">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 9-10 mai 1702)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249858">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime au supérieur du Séminaire de Québec qu’il a été très affligé par la nouvelle de l’incendie qui a détruit le Séminaire. Il dit qu’il a fait tout son possible pour solliciter du secours auprès du roi, de Maintenon, seconde épouse du roi, du clergé français et d’autres personnes charitables. Il espère obtenir une somme de 10 000 livres pour cette année et l’union de l’abbaye d’Aumale au Séminaire. Il annonce qu’il a envoyé du clou, du fer, des outils, des livres et des étoffes pour la reconstruction. Il l’informe qu’il a réglé les comptes avec Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, qu’il a envoyé toutes les pièces nécessaires pour les unions des abbayes à Rome et que Saint-Vallier a résolu d’y aller lui-même. Il a payé les lettres de change tirées par Laval, ancien évêque de Québec, et a envoyé de l’argent aux missionnaires du Mississippi et de l’Acadie. Il exprime sa surprise que l’on ait cédé la mission de Patagonie aux Jésuites.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249860">
                <text>1702-05-10</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249861">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249862">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11846" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 37&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249863">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250281">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11844" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11845" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="848">
        <name>Affaire de l'union des menses (1674-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="83">
        <name>Incendies</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18665" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11825">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/91b7b1469f398fcdb6e5c50cc5ba4b3a.png?Expires=1779321600&amp;Signature=ADPkKW9OUYdgfdUV0r4dsZ2usG6-UscN8-uRu70ID5gAt86C0Ytd39b8dYATjq0-RxCdopaFaFJ0AL9w5B8bC2Q2ek8SvNwPRupHaTL833xuPQj2wC0zSJ9f0f7QNdgTI0inS17vsCD2WhJaUmrhRp1CaMRLu1-gUADTSqRhWfF5wD-N6jHboJ2WmEVgRevD6NLv%7EAcdWYQbkVClLGAo5phwRikowrfotIeaqZNBspC9zcqbFU01Y1aE1GqnNwig5jnCZ7zUVujsLjzSxUSJHyv6f5oVbq54d6B94SobJi1nnss99ins5JzRXaqc%7EXCV4i5a8zE2DVaR8MSVq93sqQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11826">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/0e47ebb8756c6108aae45443b7660cb4.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=cdThSjYFZiNB9TP4P3lYzmk0uGYXjwVEf9w-NF-Vvbs%7EELlgSmPWGNk-uV3JlEZ46i6OWtXH4dIPyQChhCxet8Ri0%7EEODK9wDHPzLcqPPKVUbxQZr0IXuQr8Ck2w4EIfoFdcMeQSZMiBQyav9h5R2gyF0Esph49FJ8Kf7I0Q7tsWeNJxw2%7EKHGpqq6IbVVC60A1u6cFTonz8yfq8JbDYBAl59Tad3MskMS0n3LYENa2afgJCdYwXwhCcZ1WVpvrKnHZXU0Xtz4mW71cW90BajhFnlfTaNiYC%7EQRFMSmpENWfa%7EQXRNMTPfkeVCYzrU57cEWpt2zNS1pi346Q8xmeqw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>a4dc99a02d0e537a80d1199170fe44b1</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250246">
                    <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 1711)&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
Je crois avoir reçu les lettres que vous m’avez écrites, à l’exception de celles que&#13;
vous avez envoyées par Plaisance cet automne. Voici celles que nous avons reçues&#13;
de vous cette année : une lettre de trois pages toute de votre main du 16 mai 1710&#13;
à M. l’abbé de Brisacier, une à moi de quatre pages de la main de M. de Varennes&#13;
du 19 août 1710 et votre grande lettre à moi venue par l’Africain toute de la main&#13;
de M. Guichard et qui est sans date. Je vais répondre à ces lettres, mais avant que&#13;
d’y répondre, je dois vous avertir que je vous ai déjà écrit dès le mois de mars&#13;
dernier sous l’enveloppe de M. Raudot par un vaisseau qui partait de Bayonne.&#13;
J’ai aussi écrit deux lettres en commun à vous et à M. de Glandelet dans les mois&#13;
d’avril et de mai par les vaisseaux le Neptune et le Pontchartrain, qui en devaient&#13;
partir et que je ne sais cependant encore s’ils sont partis. Il faut vous rendre compte&#13;
de ce qu’a fait Mgr l’évêque de Québec depuis le départ des vaisseaux de l’an passé.&#13;
Ce prélat, au lieu de penser à terminer avec nous les affaires, s’empressa, dès que&#13;
les lettres furent finies, d’aller à son abbaye de Bénévent. Je lui demandai s’il&#13;
passerait par Méobecq. Il me dit que non. Cependant, dès qu’il fut à Loches, il alla&#13;
à Èves et de là, à Saint-Gaultier, à Méobecq et à Chezelles avec M. Le Vallet. Il y&#13;
toucha tout ce qu’il put d’argent ; il y fit de grands procès-verbaux de l’état des&#13;
lieux ; il y rechercha toux ceux qui avaient ou avaient eu des affaires contre moi ;&#13;
il s’empara d’un exécutoire de plus de 500 livres que j’avais obtenu contre&#13;
M. de Lancôme, sous prétexte qu’il était sous son nom, lui qui n’ignorait pas que&#13;
par acte devant notaire, il m’avait donné pouvoir d’agir sous son nom pour les&#13;
affaires de Méobecq ; et il fut ensuite de là à son abbaye de Bénévent, où il resta&#13;
trois ou quatre mois. Il en revint encore en confirmant dans les petites villes du&#13;
Berry autour de Méobecq, où il repassa. Il y afferma le prieuré de Chezelles et s’en&#13;
fit donner d’avance une année qui n’écherra qu’à la Saint-Jean 1713. Il est revenu&#13;
à Paris vers la fin de janvier où, quelque instance que je lui aie faite et fait faire de&#13;
terminer à l’amiable nos différends, il trouve toujours des moyens d’éluder, en&#13;
sorte que nous ne sommes pas plus avancés que nous l’étions l’an passé.&#13;
&#13;
�Je crus devoir faire l’an passé quelque procédure, non pas contre lui, mais contre&#13;
ses fermiers de Bénévent, lorsqu’il apprit qui était à Méobecq. Je présentai donc&#13;
requête à M. le lieutenant civil. J’exposai que, par transaction du 21 mai 1706, nous&#13;
devions jouir de la mense conventuelle de Bénévent, [à] commencer à Pâques 1707.&#13;
Je demandai permission de sortir ces revenus de la mense conventuelle et de faire&#13;
assigner au Châtelet les fermiers, afin de les faire condamner à vuider leurs mains.&#13;
J’ajouterai cependant, pour ne pas agir contre le prélat, que c’était sans préjudice&#13;
de ce qui devait lui appartenir de la mense abbatiale, à laquelle je ne prétendais&#13;
pas toucher et que je consentais qu’il touchât. J’ai donc envoyé ces pièces avec un&#13;
parcatis du grand sceau sur les lieux. J’ai fait assigner ces fermiers ; ils n’ont pas&#13;
comparu. Mgr de Québec m’a dit plusieurs fois qu’il prendrait leur fait et cause ;&#13;
cependant, il ne l’a pas fait. J’aurais pu il y a longtemps, et le puis encore, lever&#13;
contre eux une sentence par défaut. Je diffère encore à le faire.&#13;
Le prélat aurait voulu que nous eussions fait un accommodement avec lui, mais&#13;
un accommodement dans lequel il aurait voulu que nous eussions tout mis en son&#13;
côté et rien du nôtre. Je vous avoue que l’amour de la paix et le désir que j’aurais&#13;
de n’avoir jamais d’affaires avec lui m’avaient porté à lui en proposer un dans&#13;
lequel vous perdiez beaucoup, mais vous vous assuriez une paix durable et y&#13;
trouviez le moyen de soutenir les bonnes œuvres commencées, qui est ce qui me&#13;
paraît nécessaire. Voici en quoi il consistait.&#13;
Je l’avais proposé à M. de Montigny, qui l’approuvait fort aussi bien que&#13;
M. Le Vallet, et l’un et l’autre croyaient que c’était un moyen de couper la racine à&#13;
toutes les nouvelles contestations. Je proposais à Mgr l’évêque de Québec de lui&#13;
laisser toute l’abbaye de Bénévent avec les rentes constituées sur l’hôtel de ville,&#13;
qui est tout ce qu’il demande, à condition :&#13;
1° qu’il payerait le service divin jusqu’à la fulmination de la bulle&#13;
dans l’église de Bénévent, les pensions des chanoines encore vivants,&#13;
en un mot toutes les charges de cette abbaye dont nous ne serions&#13;
points chargés ;&#13;
&#13;
�2° que nous jouirions de toute l’abbaye de l’Estrée pour le chapitre&#13;
et de toute l’abbaye de Méobecq pour le Séminaire de Québec et que&#13;
les revenus de Méobecq seraient employés à entretenir de jeunes&#13;
ecclésiastiques au Séminaire qui feraient leur séminaire et y&#13;
dev[r]aient faire l’office de la cathédrale et dont Mgr de Québec aurait&#13;
la nomination de quatre ;&#13;
3° que le chapitre serait tellement uni au Séminaire qu’il n’y aurait&#13;
de chanoines que des ecclésiastiques du Séminaire, qui prendraient&#13;
le doyen de leur nombre et que vacance arrivant de l’une des six&#13;
prébendes,&#13;
&#13;
ils&#13;
&#13;
présenteraient&#13;
&#13;
trois&#13;
&#13;
sujets&#13;
&#13;
du&#13;
&#13;
Séminaire&#13;
&#13;
à&#13;
&#13;
Monseigneur, qui en choisirait un ;&#13;
4° que dans le chœur et les processions de la cathédrale, le grandvicaire de Monseigneur, s’il n’était pas du Séminaire, irait après le&#13;
doyen et que Sa Grandeur pourrait encore nommer un autre&#13;
chanoine honoraire, qui irait après son grand-vicaire (c’est&#13;
Monseigneur qui demandait ces choses et je les lui passais&#13;
volontiers) ;&#13;
5° qu’à l’égard de la fondation faite par Monseigneur en 1685, elle&#13;
serait changée en six enfants du Petit Séminaire, dont l’évêque aurait&#13;
la nomination et qu’après la mort de Monseigneur, où l’on&#13;
commencerait à jouir de cette fondation, on appliquerait un des&#13;
sujets à tenir les petites écoles sur cette fondation ;&#13;
6° enfin, que Monseigneur continuerait sur ses revenus à payer les&#13;
400 [livres] pour les écoles sa vie durant et que nous déchargerions,&#13;
après sa mort, sa succession du fonds de 8 000 livres pour cette&#13;
fondation. Tout cela a commencé de Pâques 1707, en sorte que ce qui&#13;
aurait été touché par Monseigneur de l’abbaye de Méobecq depuis&#13;
Pâques 1707 serait restitué par lui et qu’il en donnerait un transport&#13;
à toucher sur les fermiers de Bénévent.&#13;
&#13;
�Ce qui a fait rompre ce projet, c’est que 1er Monseigneur voulait que nous&#13;
l’indemnisassions sa vie durant de ce qu’il paierait de ce service divin ou des&#13;
pensions des chanoines et disait pour sa raison que nous ne devions pas le traiter&#13;
plus mal que le seraient ses successeurs. Or, ses successeurs n’auront, dit-il, pas à&#13;
payer ces pensions et ce service divin.&#13;
Je lui réponds que pour faire de l’égalité entre lui et ses successeurs, nous nous&#13;
offrons de payer actuellement ces charges jusqu’à leur extinction, mais à condition&#13;
que nous prendrons ce revenu sur la mense monacale de Bénévent, et qu’après&#13;
l’extinction, ce revenu nous appartiendra. Car pour lui faire voir que, pour lui et&#13;
ses successeurs, je leur fais un grand avantage en leur laissant l’abbaye de&#13;
Bénévent, et ne prenant que Méobecq, quoique suivant la bulle nous devions&#13;
partager également, je lui offre de lui donner Méobecq et prendre Bénévent et de&#13;
lui donner 2 000 livres par an de supplément et de payer ces charges des chanoines.&#13;
Or, il ne prétend pas que je lui offre assez, donc je lui laisse au moins 2 000 livres&#13;
de fonds, plus que je n’en prends en lui donnant Bénévent et prenant Méobecq.&#13;
Mgr de Québec ne trouvait aucune difficulté aux 2e et 3e articles.&#13;
Nous lui passions le 4e et 5e, excepté qu’il aurait voulu que dès à présent nous&#13;
l’eussions déchargé de cette fondation ; cependant, il n’insistait pas. Tout ce qui&#13;
restait de difficile à régler c’est qu’il voulait que ce qui était touché fut touché sans&#13;
retour et faire compensation, ce qui allait à lui relâcher 4 000 à 5 000 livres qu’il&#13;
doit au moins restituer. Voici le plan sur lequel nous mettons les choses.&#13;
Je suppose que l’abbaye de Bénévent vaut 8 500 ou 9 000 livres toutes charges&#13;
faites, sans y comprendre les pensions des chanoines et le service divin, et ces&#13;
pensions et service compris, il reste au moins 7 000 livres. C’est 3 500 livres pour&#13;
M. l’évêque et 3 500 livres pour le Séminaire. L’abbaye de Méobecq ne peut aller à&#13;
tout rompre à 3 000 livres par an et jamais je ne les ai retirées. C’est 1 500 livres&#13;
pour Monseigneur et 1 500 livres pour le Séminaire. Or, en lui abandonnant toute&#13;
l’abbaye de Bénévent pour l’abbaye de Méobecq, je lui donne 3 500 livres pour&#13;
1 500 livres. Je vous envoie copie du dernier projet d’accommodement que Mgr de&#13;
Québec a donné à Son Éminence et les réponses que j’y avais faites. Vous verrez&#13;
&#13;
�en cela en quoi consiste la difficulté entre lui et nous. Il paraît à nos Messieurs que&#13;
c’est beaucoup sacrifier que de se réduire à la seule abbaye de Méobecq et lui&#13;
abandonner tout Bénévent et les rentes sur l’hôtel de ville. La bulle nous donne&#13;
moitié dans chaque abbaye et, par la clause supportabis omnibus et singulis&#13;
praedictorum monasteriorum omnibus1, la même bulle assujettit aux charges des&#13;
abbayes de Méobecq et de l’Estrée les rentes qui sont sur l’hôtel de ville à ces deux&#13;
abbayes.&#13;
Je vous avoue, Monsieur, que c’est pour moi une grande mortification d’avoir à&#13;
traiter avec Mgr de Québec, et nos Messieurs, avec tout leur prudence, sont souvent&#13;
au bout de leur volet. On ne sait comment le prendre à moins que de lui accorder&#13;
tout ce qu’il demande : son but est d’ôter au Séminaire tout ce qu’il peut prétendre&#13;
et ce sont tous les jours de nouveaux projets et de nouvelles demandes. D’ailleurs,&#13;
il est d’une violence et d’une colère semblable à celle que vous avez éprouvée&#13;
plusieurs fois en Canada, car il n’en a rien diminué. J’en eu encore un assaut&#13;
violent le 5e de ce mois. Par bonheur, je menai avec moi M. de Montigny, qui en&#13;
fut témoin et qui en fut plus surpris que moi, car j’y suis bien accoutumé.&#13;
M. de Montigny a dit que s’il ne s’y était pas trouvé, il croit que j’aurais été frappé.&#13;
J’y fus traité d’indigne prêtre qui ne devrait pas monter à l’autel, qui ne doit pas&#13;
attendre de récompense de ce que je fais, qui veut être procureur malgré tout le&#13;
monde et bien d’autres choses, et tout cela, parce que je ne voulais pas convenir&#13;
avec lui que j’avais fait expédier la bulle telle qu’elle est. Je lui disais très&#13;
respectueusement que j’avais ses lettres en original, qui disaient au contraire que&#13;
c’était lui qui l’avait ainsi voulu, qu’on avait à Rome le dupliqué de cette bulle&#13;
signée de lui, sur laquelle elle avait été expédiée. C’en fut assez pour émouvoir sa&#13;
bile à un excès qui effraya M. de Montigny.&#13;
Ajoutez à cela que tout retombe sur moi et qu’il me traite de grossier et d’impoli,&#13;
de violent et d’empoté à tous ceux à qui il lui plaît de le dire. Il le dit et l’a écrit à&#13;
M. le cardinal et à plusieurs autres personnes, et comme je lui ai représenté&#13;
souvent très doucement, que m’en revient-il ? En aurai-je une plus grosse portion,&#13;
en serai-je plus gros seigneur ? Si je lui accordais tout ce qu’il demande, je serais&#13;
&#13;
Tu subviendras à tous et à tout et chacun des monastères mentionnés précédemment. (Note du traducteur :&#13;
Le verbe supporto se construit normalement avec l’accusatif et non avec le datif comme ici.)&#13;
1&#13;
&#13;
�l’homme le plus admirable. J’ai plusieurs de ses lettres, où il m’a autrefois donné&#13;
bien des louanges. Aujourd’hui, je ne suis pas bon à noyer et cela, je vous demande&#13;
pourquoi ? Parce que ma conscience ne me permet pas de lui donner tout ce qu’il&#13;
demande.&#13;
Voyez s’il ne serait pas plus à propos de me casser aux gages et d’envoyer à ma&#13;
place une autre personne, car c’est tout ce qu’il désire, et je ne sais si peut-être ce&#13;
ne serait pas un moyen de l’engager à finir et signer quelque chose de raisonnable,&#13;
en lui promettant de me destituer du soin de vos affaires et d’en charger un autre,&#13;
ou en envoyant effectivement un autre à ma place. Je vous dirai volontiers comme&#13;
Jonas, si propter me tempestas haec et projicite me in mare, [illisible]2. Je serai très aise&#13;
d’être déchargé, car l’état où je suis est trop violent. Je ne vous écris cependant pas&#13;
ceci par découragement ; je soutiendrai le plus respectueusement qu’il me sera&#13;
possible vos intérêts. Ce qui est merveilleux, c’est que le prélat croit que c’est moi&#13;
qui veux tout faire régler à la rigueur avec lui et il sent bien qu’il n’y trouverait pas&#13;
son compte. Voilà ce qu’il l’indispose. Cependant, c’est M. l’abbé Tiberge qui&#13;
voudrait ainsi faire régler les affaires et c’est moi qui, au contraire, ai proposé des&#13;
accommodements et qui suis obligé de soutenir contre M. Tiberge que pour finir&#13;
avec un tel esprit que ce prélat, il vaut mieux en sortir par un accommodement en&#13;
perdant beaucoup que de vouloir tout faire juger à la rigueur. Il croit que c’est moi&#13;
qui mène comme je veux MM. de Brisacier et Tiberge. Cependant, nous conférons&#13;
souvent avec eux et M. de Rosalie et je ne fais rien que par leur conseil ; et&#13;
néanmoins je ne puis rien finir.&#13;
J’aurais bien pu rompre entièrement avec ce prélat et présenter requête à M. le&#13;
lieutenant civil pour rendre le pouvoir de faire sortir tous les revenus de Méobecq&#13;
et Bénévent et, sur un parcatis du grand sceau, envoyer, saisir et assigner au&#13;
Châtelet les fermiers. Mais si le prélat est si mécontent de moi, quoique j’aie en ce&#13;
ménagement pour lui, que serait-ce si je l’avais fait ? D’ailleurs, ce qui m’en a le&#13;
plus détourné, c’est que nous nous engagerions par-là dans une affaire difficile et&#13;
épineuse dont je n’oserais me promettre un bon succès. Cependant, il paraît que le&#13;
prélat ne terminera rien qu’il n’y soit forcé, à moins qu’on ne donne dans tout ce&#13;
qu’il veut, et il faut même attendre que quand il aura aujourd’hui obtenu une&#13;
2&#13;
&#13;
Si cette tempête est à cause de moi, jetez-moi à la mer… (cf. Jonas 1 : 12)&#13;
&#13;
�chose, il en voudra demain une autre, et on ne finir jamais rien avec lui. Il a pris&#13;
Son Éminence, M. le cardinal de Noailles, pour nous régler. Cette Éminence lui a&#13;
fait dire qu’elle souhaitait pour cela un compromis ; et c’est ce que j’étais allé lui&#13;
dire avec M. de Montigny quand je fus si bien repassé. Et Son Éminence lui envoya&#13;
ensuite son aumônier. Il n’a pas voulu donner un compromis simple et net, mais&#13;
un simple billet où il dit qu’il suivra l’accommodement tout dressé, par lequel il&#13;
prie Son Éminence de nous faire passer, et lui mande ne pouvoir faire régler cette&#13;
affaire selon l’exactitude de la loi, mais ne vouloir suivre qu’un accommodement&#13;
dont j’envoie copie, avec les réponses à côté que j’y ai faites.&#13;
J’ai fait demander à Son Éminence de lui proposer comme d’elle-même de nous&#13;
engager à laisser nos affaires en suspens pendant trois ans et le laisser jouir de&#13;
Bénévent et nous de Méobecq sans aucun retour de part et d’autre, afin de prendre&#13;
pendant ce temps-là des mesures pour terminer à l’amiable et n’en pas venir à une&#13;
rupture entière. Je ne sais si cela réussira. La principale raison que j’ai eue de&#13;
proposer cela, c’est d’avoir le temps de vous proposer tout ce qu’il demande et&#13;
prendre vos avis pour les suivre. D’ailleurs, j’aurais voulu avoir une nouvelle&#13;
procuration du chapitre pour terminer avec lui, car il nous rejette que nos pouvoirs&#13;
sont révoqués, quand nous voulons en venir avec lui à un règlement, et pour&#13;
l’accommodement qui l’accommode et nous incommode, il suppose que nous ne&#13;
manquons pas de pouvoir. Il faudrait donc que le chapitre nous envoie une&#13;
nouvelle procuration.&#13;
Ce qu’il y a de merveilleux dans le refus qu’il nous fait de faire tout régler&#13;
exactement selon les lois, c’est que quand nous demandons un tel règlement sur&#13;
la bulle, il soutient que la bulle ne peut se soutenir, qu’elle est remplie de nullités,&#13;
qu’on ne la peut faire passer et qu’il en faut nécessairement une autre, et quand il&#13;
propose son accommodement fondé entièrement sur la bulle, elle devient la&#13;
meilleure du monde et on n’en peut avoir de meilleure. S’il était d’humeur à en&#13;
demander en effet une autre, nous la demanderions pendant ces trois ans s’il les&#13;
accordait. Il dit quelques fois que nous devons signer cet accommodement et&#13;
demander ensuite une nouvelle bulle dessus, tant il est vrai qu’il serait bien fâché&#13;
d’abandonner entièrement la bulle, mais par la bulle, nous faire signer son&#13;
&#13;
�accommodement et le faire ensuite homologuer en Cour de Rome. Nous aurons&#13;
bien de la peine à faire avec lui quelque chose de bien net et de bien précis.&#13;
Il nous est survenu une affaire très considérable touchant l’abbaye de l’Estrée. Je&#13;
vous ai mandé dans les années précédentes que la prieure, qui est cette bonne amie&#13;
de Mme la maréchale d’Humières, qui va y passer un temps considérable de&#13;
l’année. Je ne sais qui a donné lieu à faire demander à ces religieuses cet hiver si&#13;
elles avaient des lettres patentes et l’intendant de Rouen a eu l’ordre de la Cour de&#13;
leur déclarer qui si elles n’en avaient pas, elles eussent à quitter cet établissement,&#13;
le roi ne souffrant point de nouveaux établissements dans son royaume sans lettres&#13;
patentes. Cela a donné lieu à Mme la maréchale d’Humières de se remuer pour&#13;
son amie et, comme M. de Pontchartrain et M. de La Vrillière, tous les deux&#13;
conseillers d’État, sont de ses parents et de ses alliés, elle a obtenu de nouvelles&#13;
lettres patentes. Elle les a fait registrer au Parlement de Rouen sans nous y appeler&#13;
et, dans ces lettres patentes, elle y a fait insérer que ces religieuses jouiraient de&#13;
tout ce dont les religieuses jouissent, sans rien en suivre de ce qui avait été fait avec&#13;
tout l’Ordre de Cîteaux et les prieures qui avaient été avant celle-ci. M. l’évêque&#13;
de Québec a été averti de tout ce manège et ne nous en donné connaissance que&#13;
quand il n’était plus temps d’y remédier dans sa source, car sitôt qu’il m’en parla,&#13;
j’écrivis à Rouen et j’appris que les lettres patentes avaient été enregistrées sans&#13;
nous y appeler. Nous avons toujours lieu de nous opposer à l’arrêt, mais c’est une&#13;
procédure longue et incertaine. Or, la prieure n’a pas eu plus tôt ces lettres patentes&#13;
enregistrées qu’elle a fait assigner M. l’évêque de Québec devant le juge royal le&#13;
plus prochain, qui est Héry, pour lui demander partage de l’abbaye et une&#13;
provision sur les fermiers en attendant le partage et elle a ensuite fait saisir sur&#13;
tous les fermiers et sur tous ceux qui avaient relation à l’abbaye de l’Estrée.&#13;
M. l’évêque de Québec a été fort aise de cette nouvelle futée que nous avons à&#13;
démêler.&#13;
Après avoir pris conseil avec des gens habiles, j’ai pris un arrêt de défense sur&#13;
toutes ces saisies au Grand Conseil et j’y ai obtenu permission d’y faire assigner la&#13;
prieure de la Colombe et ses religieuses, défense au juge Héry d’en connaître et&#13;
j’ai obtenu main levée de toutes ces saisies. Je me suis fondé sur les lettres patentes&#13;
que nous obtînmes en 1697 sur le partage que nous fîmes alors avec Mgr de Québec&#13;
&#13;
�et j’espère que ces lettres patentes et les brevets de Sa Majesté que nous avons nous&#13;
tireront de cette affaire. Nous ne sommes cependant pas au bout. Je m’attends&#13;
qu’actuellement la prieure, ou plutôt Mme la maréchale d’Humières, sollicite au&#13;
Parlement de Rouen un arrêt qui casse celui du Grand Conseil, rétablisse les saisies&#13;
et ordonne de procéder à Héry. Il m’en faudra obtenir un nouveau du Grand&#13;
Conseil qui casse celui de Rouen et défendre de procéder à Héry. Et sur ce conflit&#13;
de juridiction, il en faudra venir au Conseil en règlement de juges.&#13;
Je ne laisse pas d’agir au Conseil des dépêches pour y présenter une requête au roi&#13;
et y représenter la contradiction de ces lettres patentes et qu’on a surpris sa religion&#13;
en lui demandant ces revenus des religieux de l’Estrée, que Sa Majesté avait déjà&#13;
donnée plusieurs fois au chapitre de Québec, mais la maladie et la mort de M. le&#13;
dauphin a fait que depuis que j’ai eu connaissance de cette affaire, le roi a toujours&#13;
été à Marly et il n’y a point de Conseil de dépêches pendant que le roi n’est pas à&#13;
Versailles. Nous tenons notre requête toute prête pour la présenter dès qu’il y aura&#13;
un Conseil et tous ceux que j’ai consultés m’ont assuré qu’il n’y avait aucune&#13;
difficulté en cette affaire, que c’était une pure surprise qu’on avait faite au roi et&#13;
que nous en viendrons à bout. Cependant, cela est fort désagréable et me donnera&#13;
bien du mouvement.&#13;
Mme la maréchale d’Humières se plaint bien de moi partout et en dit tout ce&#13;
qu’elle veut. Elle prétend que j’ai appelé son amie la sœur prieure de La Colombe&#13;
et en ai parlé avec mépris. Cependant, je n’ai rien sur cela à me reprocher, car au&#13;
contraire, j’ai toujours eu du respect pour cette prieure, qui en effet est une bonne&#13;
religieuse et toute différente de celle qui l’était ci-devant. Mais j’ai eu le malheur&#13;
de lui déplaire pour deux raisons. La première, qu’un valet qu’elle a, non&#13;
seulement chassait sur les terres de l’Estrée sans permission, mais qu’il menaçait&#13;
même le jeune Rotrou, à qui je permettais d’y porter un fusil. Je trouvai cela fort&#13;
impertinent à ce valet et fort ridicule et j’en écrivis à cette prieure pour m’en&#13;
plaindre. La seconde est que dans deux ou trois visites que je lui ai rendues, elle&#13;
aurait voulu que je lui eusse vendu les domaines qui ne sont pas fort éloignés de&#13;
l’abbaye et qu’elle trouverait à la bienséance et quoique j’aie tâché à lui faire&#13;
comprendre que je n’en avais pas le pouvoir, que M. de Québec ne pouvait aliéner&#13;
les biens de cette abbaye sujet aux décimes et autres charges, elle a cru que je ne la&#13;
&#13;
�faisais pas parce que je ne le voulais pas et cela a suffi pour aliéner Mme la&#13;
maréchale d’Humières, non seulement de moi, mais de M. de Brisacier même, en&#13;
qui elle avait autre fois une entière confiance, parce quand elle aime quelqu’un,&#13;
elle n’y met pas de bornes, et actuellement toute sa famille se plaint de ce qu’elle&#13;
néglige tous ses anciens amis et parents pour s’attacher à cette religieuse.&#13;
Je ne vous ai pas mandé l’an passé que j’avais été obligé d’agir contre la succession&#13;
de feu M. l’abbé de Matha, évêque d’Aire, qui devait encore quelque chose de plus&#13;
qu’une année pour la pension de notre cher ancien évêque de Québec. J’ai fait pour&#13;
cela saisir tout ce qui lui appartenait dans l’abbaye de Saint-Cyran, qui est auprès&#13;
de Méobecq. Enfin, celui qui est son exécuteur testamentaire m’a promis de nous&#13;
faire payer. J’ai envoyé pour cela à Aire notre procuration pour recevoir et donner&#13;
quittance. On m’a promis de me payer pour la pension et les frais faits, qui&#13;
montent bien à 50 livres ou 60 livres, de me payer, dis-je, quelque chose de plus&#13;
que 1 900 livres, car il a fallu déduire la subvention et le don gratuit, qui est un&#13;
quart et un sixième, et on m’a promis de porter cet argent à Bordeaux, car je le&#13;
destine pour aider M. Bourgine à faire les dépenses qu’il fait pour nous&#13;
actuellement. J’espère sortir incessamment de cette affaire.&#13;
Je vous ai mandé que je n’avais encore pu rien finir avec les héritiers de feu&#13;
M. Bergier. Il n’était nullement nécessaire que vous m’envoyassiez son testament&#13;
et ces certificats du P. Marest, car il m’avait envoyé dès 1703 ou 1704 un original&#13;
de ce testament, tout écrit de sa main, que j’avais déposé dès lors chez M. Carnot,&#13;
notaire. Or, par ce testament, M. Bergier y prend la qualité de prêtre agrégé au&#13;
Séminaire des Missions étrangères. Or, c’est cette qualité par laquelle ses héritiers&#13;
prétendent faire annuler le testament, sur ce que les lois défendent de faire un bien&#13;
à un corps auquel on est associé, à cause du danger de séduction. Ils ont des arrêts&#13;
contre les pères de l’Oratoire de ceux qui étaient de leur société. Le second moyen&#13;
dont ils veulent se servir est qu’ils ne croient pas que M. Bergier ait pu nous&#13;
instituer ses héritiers. Je ne crois pas cette seconde difficulté bien fondée en ce que&#13;
le Dauphiné est un pays de droit écrit où l’institution des héritiers est en usage,&#13;
mais la première difficulté peut faire quelque impression. C’est une affaire à&#13;
accommoder avec eux. Ils me font espérer qu’ils viendront incessamment à Paris&#13;
&#13;
�et que nous règlerons cette affaire sans plaider par l’avis des avocats. Je suis assez&#13;
de ce sentiment.&#13;
Car on ne peut pas plus appréhender le procès que je fais et cependant, quelque&#13;
précaution que je prenne, il m’en vient toujours. J’étais très inquiet d’un que j’avais&#13;
avec le chapitre de la cathédrale de Poitiers pour le bénéfice qui est sous le nom de&#13;
M. Leblond (dont par parenthèse vous ne trouverez encore rien reçu, tout se&#13;
consomme en faux frais et réparations). J’avais fait proposer cet automne, par M. le&#13;
supérieur du Séminaire de Poitiers, un accommodement à ces Messieurs, après&#13;
avoir examiné ce procès commencé il y a 20 ans par feu M. Gontier. J’offris à ces&#13;
Messieurs tout ce que j’ai offert par mes écritures dans le procès et je proposai de&#13;
compenser les dépens. Ces Messieurs n’agréèrent pas mes offres et cependant,&#13;
sans que j’aille solliciter personne, la Cour a admis mes offres et les a suivies et elle&#13;
a condamné ces Messieurs en la moitié des dépens envers moi. J’avais fait très peu&#13;
de frais, mais ces Messieurs en avaient fait pour 500 ou 600 livres, dont ils&#13;
espéraient avoir un exécutoire contre moi. Ils ont été fort trompés.&#13;
Je vous ai mandé les années passées qu’il n’y avait plus d’apparence que l’on fut&#13;
payé des ordonnances sur le Trésor royal et que je n’avais pu me faire payer de&#13;
1707, 1708, et 1709. J’ai encore moins pu tirer 1710. Nos Messieurs qui avaient des&#13;
ordonnances pour les Missions orientales en sont de même. M. Charon pourra&#13;
vous mander que quoiqu’il soit ici, il n’en peut rien tirer, quoiqu’il ait frappé à&#13;
toutes les portes. Cependant, quoique ces ordonnances soient aussi peu utiles&#13;
qu’elles sont, M. le comte de Pontchartrain voulut nous retrancher l’année passée&#13;
celle de 4 000 livres pour le rétablissement de notre Séminaire. Il nous a fallu&#13;
solliciter beaucoup et elle n’a été expédiée que cette année-ci. Je ne sais s’il la&#13;
continuera cette année. Il dit que cette ordonnance ne nous a été donnée que par&#13;
gratification pour un temps, ce qui est vrai. Nous l’avons prié de la continuer&#13;
jusqu’à ce qu’il plaise au roi nous donner un bénéfice de 4 000 à 5 000 livres. Il ne&#13;
nous a pas paru y donner les mains. Au pire aller, nous n’y perdrons pas&#13;
beaucoup, car que faire à présent de ces ordonnances ? C’est du papier qu’on garde&#13;
qui vaut moins que des billets de monnaies sur lesquels on perd à présent les deux&#13;
tiers.&#13;
&#13;
�Je ne vois nulle apparence que, du vivant du roi, nous puissions obtenir un&#13;
bénéfice pour unir le Séminaire comme il nous l’a promis. Car le P. Le Tellier, ayant&#13;
autant de pouvoir qu’il en a auprès du roi et autant de mauvaise volonté contre&#13;
nous, dont il machine la perte avec toutes sortes d’attentions, nous devons nous&#13;
attendre qu’il trouvera toujours des moyens de détourner le roi de nous faire du&#13;
bien. Il faut laisser couler son temps, qui paraît dur à plusieurs personnes qui se&#13;
ressentent de son zèle contre le jansénisme, sous le prétexte duquel il fait souffrir&#13;
qui il lui plaît.&#13;
Comme nos Messieurs se sont vus à la fin de l’année dernière, leurs ordonnances&#13;
des quatre dernières années et que par l’établissement du 10e denier qui le faisait,&#13;
on serait exposé à payer le 10e de ces ordonnances, je leur proposai à la fin de&#13;
l’année un moyen pour nous en faire des contrats de constitution sur l’hôtel de&#13;
ville. Nos Messieurs l’avaient demandé à M. Desmarais il y a deux ans et il l’avait&#13;
refusé. Ils crurent devoir se servir de l’expédient que je leur proposai et nous y&#13;
mîmes tout ce que nous avions pour lors d’ordonnances. J’en avais à vous pour&#13;
l’incendie de l’année 1707, 1708 et 1709, qui faisaient 12 000 livres, et une&#13;
ordonnance de la pension de notre ancien évêque sur le Trésor royal pour&#13;
l’année 1708 qu’on m’avait expédiée, et ayant renvoyé à M. Desgranges cette&#13;
ordonnance après le décès de notre ancien évêque, il me la renvoya et me dit que&#13;
je pouvais m’en faire payer.&#13;
Ces quatre ordonnances faisaient donc 14 000 livres et j’en avais pour les missions&#13;
de la Louisiane les années 1707, 1708, 1709 et 1710 à 4 500 livres par an : c’est&#13;
18 000 livres. Si j’avais eu pour l’ordonnance de 4 000 livres pour notre incendie&#13;
pour 1710, j’aurais eu pour le Séminaire de Québec pareille somme de&#13;
18 000 livres. Nous fîmes passer une somme plus considérable pour nos missions&#13;
orientales et nous fîmes recevoir tout cela au Trésor royal avant la fin de l’année&#13;
passée ; ce qui nous a évité de payer le 10e de ces sommes que nous aurions payé&#13;
au Trésor royal si nous n’avions fait passer ces ordonnances que cette année. C’est&#13;
3 200 livres qu’il nous eut comptées sur 32 000 livres. À la vérité, les intérêts ne&#13;
courent que du 1er janvier de cette année. Cela ne se payera peut-être pas&#13;
exactement, mais après tout, nous avons cru faire en cela une bonne affaire. Je n’ai&#13;
eu garde de dire à Mgr l’évêque de Québec ce que j’avais fait sur cela. Il me paraît&#13;
&#13;
�que vous ne le lui devez pas dire non plus, car je ne vois que ce que je lui ai dit&#13;
quelquefois dans la simplicité, il s’en fait souvent des armes contre moi, et comme&#13;
il ne cesse de dire partout que nous sommes trop riches, nous devons lui cacher&#13;
nos affaires autant que nous le pouvons.&#13;
Mais aussi en employant ainsi les ordonnances des missions de la Louisiane, vous&#13;
vous trouvez chargés de ces missions, qui sont dans un état pitoyable.&#13;
M. de La Vente en est revenu au mois d’août dernier, après avoir couru bien des&#13;
dangers, passant sur plusieurs vaisseaux pour se rendre en France. Il était perclus&#13;
de presque tous ses membres et menacé d’une paralysie de la moitié du corps. Il&#13;
en est à présent un peu remis, mais il a actuellement une fistule à l’anus qu’il&#13;
l’obligera peut-être à faire l’opération. Il est avec nous au Séminaire sur le compte&#13;
de ces missions, pour lesquelles je ne touche rien depuis un très long temps.&#13;
Cependant, je n’ai pas laissé de leur envoyer encore au mois de septembre dernier&#13;
une facture par M. de Rémonville, capitaine de vaisseau, qui a équipé La Renommée&#13;
par cette colonie. Il partit en octobre ou novembre. Il nous a fait payer 200 livres&#13;
du tonneau de fret de ce que j’envoie à nos Messieurs. J’ai en payé pour 400 livres&#13;
et je ne sais s’il se rendra en ce pays-là, car il a relâché trois fois en Espagne et je ne&#13;
sais s’il en est encore parti. Je crains qu’il ne consomme les farines et autres&#13;
provisions que j’envoie à nos Messieurs, qui sont fort à plaindre de se trouver dans&#13;
une colonie si abandonnée et dont on paraît si peu s’embarrasser. Or, j’avais&#13;
quelque chose de reste à ces missions, pour commencer la dépense de ce que j’ai&#13;
envoyée à ces missions, mais il m’est dû plus de 1 000 livres au-delà de ce que&#13;
j’avais et je ne puis me dispenser de le mettre sur le compte du Séminaire de&#13;
Québec, qui a entrepris ces missions, car notre Séminaire de Paris ne s’en est jamais&#13;
voulu charger. Il n’a aucun fonds pour cela et je n’ai pas encore porté cela dans le&#13;
compte du Séminaire pour cette année. Je le ferai dans la suite.&#13;
J’avais voulu vous éviter le paiement des pensions de MM. Thiboult et Guichard&#13;
depuis quelques années, qui ont été payés des deniers des missions de l’Orient, où&#13;
l’on croyait que ces Messieurs iraient, mais comme la Providence les a destinés&#13;
pour le Canada, j’avais cru l’année passée pouvoir les payer avec les fonds d’une&#13;
fondation faite au Séminaire de Paris, par laquelle on devait nommer des sujets&#13;
&#13;
�qu’on n’avait pas nommés pour l’année 1709. J’en avais fait l’imputation et&#13;
l’application dans mes comptes pour la pension de M. Thiboult et de M. Guichard&#13;
en 1709. Nos Messieurs ne me veulent pas passer cet article pour le compte de&#13;
l’année prochaine, comme aussi ce qui est encore dû pour la pension de ces&#13;
Messieurs en 1710, jusqu’à leur départ, que je ne vous ai pas compté. Je fais ce que&#13;
je puis pour vous ménager à cause du mauvais état de vos affaires et je m’en attire&#13;
des reproches des autres missions. Mais vous savez que je ne suis pas le maître.&#13;
Nous tâchons à mettre les choses en état dans la suite, à avoir indépendamment&#13;
d’aucune mission de quoi entretenir au Séminaire de Paris les sujets qui se&#13;
présenteront pour les missions. Mais cela n’est pas encore en état et n’y sera de&#13;
quelques années. Il faut même pour cela qu’il meure auparavant un usufruitier&#13;
d’une succession dont nous devons avoir le 8e pour cette fondation et cela nous&#13;
produira, comme je l’espère, plus de 30 000 livres en fonds d’héritage.&#13;
J’ai tâché à accomplir la plus grande partie de votre facture, mais je n’ai pu vous&#13;
envoyer de vin. Il est en France à un prix excessif et la plupart des communautés&#13;
à Paris se sont réduites les unes à l’eau et les autres à la bière. Il est vrai que le prix&#13;
du vin se modère actuellement à cause de la belle préparation pour les vignes, qui&#13;
sont plus belles qu’on ne les a vues depuis 20 ans, mais il n’est plus temps de&#13;
charger du vin. Il faudra que vous en preniez des marchands ce dont vous ne&#13;
pouvez absolument vous passer. J’ai recommandé qu’on vous envoie à la place&#13;
deux barriques d’eau-de-vie, qui sont très chères en France.&#13;
M. Bourgine me mande que ce qu’il vous envoie par le Neptune et le Pontchartrain&#13;
monte à près de 1 900 livres et ce que je vous envoie monte à près de 4 000 livres&#13;
dans l’envoi de Mme Ango de La Mothe3. Dieu veuille que cela arrive à bon port,&#13;
mais je passerai une année bien inquiète.&#13;
Je ne vous ai pas dit que depuis un an j’ai été obligé de mettre une autre personne&#13;
à la place de M. Rotrou pour prendre soin de l’abbaye de l’Estrée. C’était un fort&#13;
bon homme qui avait été chargé de cette abbaye il y a près de 30 ans par&#13;
Mgr l’Ancien et par M. Dudouyt. Il était rempli d’affection et s’il faisait des fautes,&#13;
ce n’était que faute de lumière, car il ne manquait pas d’affection. J’avais toujours&#13;
3&#13;
&#13;
Sœur de Louis Ango des Maizerets&#13;
&#13;
�renouvelé avec lui les baux jusqu’au dernier, qui finit il y a deux ou trois ans. Il se&#13;
trouve redevable de sommes assez considérables. Elles lui étaient dues par les&#13;
fermiers. Je les pris pour bons afin d’empêcher qu’il ne les ruinât. Je lui laissai à&#13;
recouvrer une quantité de petites sommes et je lui laissai régir l’abbaye de l’Estrée&#13;
sans y mettre un fermier général, en lui donnant 250 livres pour sa régie. J’espérais&#13;
que son fils, qui a 22 ans, se donnerait du mouvement et se formerait à ces sortes&#13;
d’affaires, mais il n’y est pas propre. Le bon homme M. Rotrou est tombé en&#13;
paralysie de presque tout le corps. Il a donc fallu le changer. Je l’ai fait le plus&#13;
doucement qu’il m’a été possible. Cela lui a fait quelque peine ; après cela il a bien&#13;
vu que nos affaires en souffraient trop. En effet, son fil ne faisait pas payer les&#13;
fermiers. Ils l’amusaient et se moquaient de lui. J’ai donc pris une personne qui&#13;
prenait autrefois soin de la commanderie de Villedieu, dont était commandeur un&#13;
des frères de notre ancien évêque, M. de Laval. Son neveu me l’a indiqué et j’ai&#13;
trouvé un homme tel que je pouvais souhaiter, vigilant, actif, fidèle et dont j’ai tout&#13;
lieu d’être content, qui m’a déjà mis l’abbaye sur un meilleur pied et j’espère&#13;
qu’avec lui, je la connaîtrai à fond et mettrai en bon état. Il me faudra y aller de&#13;
temps en temps. Je lui donne 200 livres pour ses peines et soins. C’est assurément&#13;
tout le moins qu’on puisse donner à un honnête homme. Vous verrez par mes&#13;
comptes qu’il m’a déjà tiré de nos fermiers, depuis le mois d’octobre dernier que&#13;
je l’ai établi, plus de 3 000 livres et je ne sais comment je pouvais me tirer de cette&#13;
abbaye si je ne l’avais pas dans l’affaire que nous procure Mme la maréchale&#13;
d’Humières. Dans le mauvais temps où nous sommes, on ne m’offrait que&#13;
2 500 livres de l’abbaye de l’Estrée et j’espère qu’avec un peu de peine et&#13;
d’attention, elle me produira plus de 3 000 livres nets.&#13;
Dans le dernier voyage que j’ai fait dans cette abbaye, j’ai remarqué qu’il y aurait&#13;
dans la suite quelques dépenses à faire pour remettre cette abbaye sur bon pied,&#13;
car toutes les fermes et métairies, à l’exception de trois, ont été entièrement&#13;
détruites avant même que notre ancien évêque en jouisse. C’était sous les abbés&#13;
réguliers. Les terres de ces métairies sont données à ferme par lots de terre et pour&#13;
rétablir cela, il faudra dans la suite faire rebâtir ces métairies, mais ce qu’on y&#13;
dépense se retirera aisément par l’augmentation de la ferme.&#13;
&#13;
�M. Berthelot de Saint-Laurent, fermier général, est venu me proposer d’acheter&#13;
leur île et sans que je lui en fusse parler. Il aimerait beaucoup mieux avoir affaire&#13;
à moi qu’à tout autre. Il compte sur ce que je lui promettrai comme sur quelque&#13;
chose de sûr. Il m’a dit que M. Gaillard était venu me proposer une dame du&#13;
Canada qui la voudrait acheter, qu’il dit avoir son argent prêt, mais qu’elle&#13;
voudrait acheter le comté avec l’île. Je crois que M. Berthelot le met peu en peine&#13;
du comté. Pour moi, si je l’achetais, j’aimerais mieux qu’il n’y eût pas de comté que&#13;
d’y en avoir. M. Berthelot me dit que Mme Laforest en avait donné 30 000 livres et&#13;
qu’il me la donnerait pour 28 000 livres payables en sept ans et cependant, l’intérêt&#13;
au denier 25. C’est son premier mot sur lequel je n’ai rien répondu. Si nous étions&#13;
en paix avec M. l’évêque de Québec et que vous voulussiez efficacement m’aider&#13;
en m’envoyant exactement tous les ans le profit que vous tireriez de cette île pour&#13;
la payer, voici la proposition que je lui ferais. J’aimerais mieux ne lui donner de&#13;
cette île que 24 000 livres et les lui payer plus comptant, savoir en contrats sur bons&#13;
particuliers que je prierais nos MM. de Paris de vouloir bien agréer, que je lui&#13;
transportasse la somme de 12 000 livres en argent comptant dans le cours de&#13;
l’année prochaine 1712, 8 000 et la somme de 4 000 livres dans le cours de&#13;
l’année 1713 avec les intérêts jusqu’au jour du paiement. Je stipulerais la jouissance&#13;
du 1er janvier 1712 et je m’engagerais à retirer ces deux contrats de 12 000 dans sept&#13;
ou huit ans. Ainsi, il faudrait, comme je vous l’ai écrit, que vous fissiez recevoir&#13;
très exactement tout ce qui se tirera de cette île et je vous acquitterais par-là peu à&#13;
peu du principal et des arrérages. Mandez-moi ce que vous pensez de cette&#13;
proposition et si vous étiez d’humeur à la suivre, il faudrait nous envoyer les&#13;
procurations et pouvoirs nécessaires pour cela.&#13;
Il est aussi de la dernière conséquence que vous m’envoyiez de nouvelles&#13;
procurations pour traiter avec Mgr de Québec, s’il y a jour à quelque&#13;
accommodement ou pour poursuivre contre lui. S’il n’y a aucune espérance&#13;
d’accommodement, il me paraît de la dernière conséquence que MM. du chapitre&#13;
et vous m’envoyiez de nouvelles procurations qui stipulent à la bonne heure ce&#13;
que vous voudrez que nous fassions avec lui. M. Bégon me disait ces jours passés&#13;
que vous ne deviez vous engager dans l’affaire que nous avons avec ce prélat, ni&#13;
de près ni de loin. Ainsi, j’attends vos instructions avec bien de l’empressement.&#13;
&#13;
�Je n’irai pas à Méobecq si cette abbaye nous reste que les affaires ne soient&#13;
terminées avec lui de la bonne manière. Je ne sais s’il y a encore quelque chose à&#13;
vous mander. Ce que je vous conjure, c’est de me continuer le secours de vos&#13;
prières et saints sacrifices. Je n’ai un vrai besoin pour me fortifier contre tous les&#13;
mouvements de découragement où je tombe assez souvent. Mgr de Québec ne&#13;
saurait souffrir que je lui dise que je n’envisage que la justice et la volonté de Dieu&#13;
dans ce que je lui propose pour terminer nos différends. Il me traite d’indigne&#13;
prêtre, qui devrait ne pas monter à l’autel et qui ne doit pas attendre que Dieu me&#13;
récompense de tout ce que je fais. Je suis donc bien à plaindre, car il me semble&#13;
que je n’attends pas grande récompense des hommes. Je ne vois pas que ma&#13;
portion en puisse devenir meilleure et que j’en fasse jamais meilleure chère. Il me&#13;
reproche que je fais vos affaires malgré vous et que vous m’en voudriez voir bien&#13;
éloigné. Je lui proteste, et cela est vrai, que je m’en démettrai au moindre signe de&#13;
la volonté de Dieu qui me sera connu par vous. J’ai l’humiliation qu’il fait de moi&#13;
à qui veut l’entendre un portrait fort affreux. Dieu veuille que j’en profite et me&#13;
donner quelque part à ce trésor dont parle Saint-Paul, majores existimant divitias&#13;
improperium Christi4. Ce n’est pas d’aujourd’hui que les bonnes croix sont venues&#13;
de ceux qui devaient être notre soutien. Je crois que si vous prenez quelque&#13;
résolution particulière pour lui relâcher quelque chose, vous la devez tenir secrète&#13;
et tâcher que personne ne la lui mande directement, car il prend droit sur ce qu’il&#13;
prétend qu’on lui a déjà accordé et ne veut se relâcher sur rien de ce que l’on lui&#13;
demande.&#13;
Je viens de dresser un compromis pour le lui proposer encore à signer. Il est aussi&#13;
à son avantage qu’on le puisse. J’y fais entrer l’opposition qu’a formée à la bulle le&#13;
chapitre et nous souhaitons de bonne foi que Mgr le cardinal de Noailles y ait tout&#13;
l’égard possible. Nous croyons que dans ces circonstances, notre procuration du&#13;
chapitre n’est pas révoquée et cela me parait clair. Je vous envoie copie de ce&#13;
compromis. Je souhaite et je demande très instamment au bien Dieu que&#13;
Monseigneur le signe, car s’il le signe pas, il n’y aura plus moyen de se dispenser&#13;
de rompre la paille avec lui et il me faudra résoudre, quelque opposition que je&#13;
tente, à plaider contre un évêque à présenter requête au nom du Séminaire pour&#13;
le faire assigner et faire saisir tout ce qu’il touche de revenus ; c’est le dernier&#13;
4&#13;
&#13;
Ils estiment l’injure subie par le Christ comme de plus grandes richesses. (Hébreux 11 : 26)&#13;
&#13;
�moyen de le mettre à la raison. Il est sujet à bien des inconvénients. Il me donner&#13;
bien de l’embarras, mais nous ne nous en servirons que pour la dernière extrémité.&#13;
Demandez au bon Dieu qu’il veuille m’accorder des forces pour soutenir un état&#13;
aussi violent que celui où je suis.&#13;
J’apprends aussi nouvellement que l’affaire de Mme la maréchale d’Humières&#13;
pour l’Estrée se grossit horriblement. Cette dame cherche les moyens de nous y&#13;
faire un très gros procès. Elle a mis dans son partir le P. Le Tellier, qui est bien aise&#13;
de trouver quelque occasion de nous mortifier. Elle s’est appuyée de&#13;
M. de Pontchartrain et M. de La Vrillière, tous deux secrétaires d’État. Elle prétend&#13;
que quand Mgr l’évêque de Québec a remis en 1691 l’abbaye de l’Estrée à ces&#13;
religieuses, il y avait pris 20 000 écus de réparations à faire et que cependant, ce&#13;
prélat a fait reconnaitre à ces religieuses que les lieux étaient en état. Cette affaire&#13;
n’est pas sur mon compte et cependant, vous verrez que ce prélat, par son&#13;
indisposition contre moi, se déclarera contre ses propres intérêts en faveur de cette&#13;
religieuse contre moi. On ne peut assurément m’imputer rien de ces réparations,&#13;
donc je n’ai jamais été chargé.&#13;
Je vous plains beaucoup d’être chargés de tous ces jeunes gens que vous avez au&#13;
Séminaire pour l’état ecclésiastique. Mgr de Québec ne compte ces dépenses pour&#13;
rien dès que c’est le Séminaire qui les fait. Il croit que nous ne les faisons que pour&#13;
lui aliéner les esprits et les indisposer contre lui. Ainsi, il aimerait mieux que nous&#13;
ne les fissions pas.&#13;
On a été fort contents ici de M. Le Fevre. MM. de Saint-Sulpice se le sont, dit-on,&#13;
associé et M. de Québec l’a ordonné. J’ai vu ce pauvre fort embarrassé. Il voudrait&#13;
bien ne pas retourner si tôt en Canada et rester en France, puisque Mgr de Québec&#13;
y demeure, mais le prélat veut qu’il y retourne, de peur, dit-il, que tous les&#13;
Canadiens ne viennent en France pour y être ordonnés, mais qui sont ceux qui en&#13;
pourrait faire la réponse.&#13;
M. de Lotbinière est devenu un abbé mondain, qui ne fera guère honneur à l’état&#13;
ecclésiastique canadien s’il y veut rester. J’ai conseillé à Mme de Marson de le faire&#13;
étudier en droit. C’est un paresseux qui ne veut rien faire. Ne pourriez-vous pas&#13;
&#13;
�me faire payer de 70 livres que je lui prêtai lorsqu’il arriva en France pour se faire&#13;
habiller. Il se serait mis à genoux devant moi pour les emprunter. Il me promit que&#13;
Mme de Marson, qui n’était pas alors à Paris, me les rendrait dès qu’elle sera&#13;
arrivée, car c’était à Mme de Marson qu’elle les prêtait et non pas à lui, et je crus&#13;
que ce serait faire un affront à Mme de Vaudreuil et à elle de les lui refuser. En&#13;
effet, Mme de Marson me promit verbalement de me les payer et je lui renvoyai le&#13;
billet de M. de Lotbinière il y a deux ans. Je ne puis plus à présent avoir de lui ni&#13;
d’elle ni argent ni billet. Comme c’est une somme que j’ai prêtée en votre&#13;
considération, je ne pourrai me dispenser de la porter sur le compte du Séminaire.&#13;
Tâchez à vous en faire payer de M. d’Esgly, par qui M. de Lotbinière et&#13;
Mme de Marson disent qu’ils croient qu’elle vous a été payée en Canada.&#13;
Je n’entends plus parler du sieur de La Marche. J’ai reçu d’un religieux bénédictin,&#13;
qui est à Saint-Ouen à Rouen, une lettre pleine de reconnaissance de l’éducation&#13;
qu’on lui a donnée au Séminaire. Il s’appelle Hautmesnil. J’ai été fort content de&#13;
cette lettre.&#13;
Mgr de Québec aurait voulu que je me fusse chargé de faire passer en Canada le&#13;
fils d’un des sous-fermiers de Méobecq, qui offrait de donner 1 000 livres en&#13;
plusieurs paiements pour se charger de son fils et le pousser jusqu’à la prêtrise. Je&#13;
n’ai pas cru que cela vous convient. Mgr de Québec veut faire de ces libéralités à&#13;
vos dépens, sans considérer que vous devez plutôt pousser les Canadiens que ceux&#13;
qui sont en France. Je me ferais peine de vous envoyer un de mes neveux, parce&#13;
que je crois que vous devez plutôt aider les Canadiens que tous autres.&#13;
Tâchez, s’il vous plait, à engager M. de Varennes à nous envoyer un compte plus&#13;
exact de recettes et dépenses du Séminaire de Québec, car nos Messieurs n’y&#13;
connaissent rien ; à force de l’avoir abrégé, il l’a rendu inintelligible. Il faudrait&#13;
tâcher à nous faire un état des revenus du Séminaire et comment ils sont reçus, en&#13;
quoi ils sont payés et ensuite faire un état et des dépenses du même Séminaire. Je&#13;
suis persuadé que la manière dont M. de Varennes rend son compte, on pourrait&#13;
tous les ans détourner 20 000 livres ou aliéner pour cette somme de biens par des&#13;
emprunts sans qu’on s’en aperçût. Je voudrais bien vous voir dégagés de vos&#13;
dettes, car soyez persuadés qu’une communauté qui doit 20 000 écus, quelque&#13;
&#13;
�beau bien qu’elle ait, est fort mal en ses affaires. Nous faisons tous nos efforts à&#13;
Paris pour ne devoir rien pour le Séminaire. Il n’y a que vos affaires qui m’obèrent&#13;
et m’engagent avec les marchands.&#13;
J’ai fait pour vous la demande de la goudronnerie, mais je ne vous conseille pas de&#13;
faire un marché pour fournir au roi du goudron, quelque argent qu’on vous en&#13;
donne. On vous le promettra, on vous mettra dans des avances considérables et&#13;
on vous laissera dans le bourbier. Croyez-moi, ne vous engagez point dans cette&#13;
goudronnerie, vous en seriez de mauvais marchands. D’ailleurs, M. Raudot m’a&#13;
dit qu’on avait enlevé de la Baie-Saint-Paul tous les instruments, etc. Ne vous&#13;
engagez pas dans cette affaire.&#13;
J’envoie au frère Hubert tout ce qu’il m’a demandé pour vos manufactures. Je&#13;
souhaite que cela réussisse et que vous puissiez ne plus me demander cette&#13;
quantité d’étoffes qu’il vous faut faire tous les ans.&#13;
Je ne vous écris pas beaucoup sur les affaires de la Chine, car il y a peu de choses&#13;
à vous dire. Cependant, depuis le départ de nos Messieurs l’an passé, l’affaire a&#13;
été décidée absolument et irrévocablement. Comme je vous envoie un exemplaire&#13;
de ce que les Jésuites ont fait et deux ou trois exemplaires de ce que nous leur&#13;
avons répondu l’année passée, vous en serez plus instruits par-là que par tout ce&#13;
que je vous en pouvais écrire. Le pape a cassé et mis au néant l’appel des Jésuites&#13;
du mandement de M. le cardinal de Tournon et l’appel qu’ils en avaient fait faire&#13;
aux évêques de Macao et d’Ascalon. Et comme il plut à ces bons pères de dire en&#13;
plusieurs manières que ce dernier décret de septembre dernier n’était que&#13;
conditionnel et n’était pas absolu, le pape fit écrire les lettres que vous verrez&#13;
imprimées par l’attesteur du Saint-Office, où il déclare que son décret est absolu&#13;
et nullement conditionnel. Cependant, il suffira que cette fuite soit venue dans la&#13;
tête d’un jésuite européen pour que les Jésuites de la Chine, des Indes et même du&#13;
Canada le soutiennent fortement et le pape, qui sur le fait du jansénisme fait partir&#13;
à l’instant toutes les foudres du Vatican, quand il s’agit d’une idolâtrie telle que&#13;
les Jésuites le tolèrent à la Chine, il use d’une condescendance outrée, non pour&#13;
approuver cette idolâtrie, car dans ce qu’il décide, il décide bien, mais pour ne pas&#13;
couper le chemin à une si mauvaise gangrène, à ne pas faire obéir les Jésuites, à&#13;
&#13;
�laisser son légat prisonnier à Macao, où c’est le pape même qu’ils tiennent en&#13;
prisonnier en la personne de son légat. Car depuis le mois de septembre dernier,&#13;
il s’est tenu plusieurs congrégations pour prendre les mesures nécessaires pour&#13;
faire exécuter les décrets et faire élargir le cardinal et on n’a cependant encore rien&#13;
fait. Le pape est indéterminé et il laisse les Jésuites se fortifier dans leurs mauvaises&#13;
pratiques, à présent qu’ils sont les maîtres du champ de bataille et qu’ils en ont&#13;
expulsé tous les autres. Le pape dit tous les jours à M. l’évêque de Canon et à&#13;
M. Charmot qu’il va agir et qu’ils auront toute satisfaction ; cependant, il ne fait&#13;
rien.&#13;
M. le cardinal de Tournon, quoique toujours retenu prisonnier à Macao, destitué&#13;
de tout secours, les Jésuites lui ayant fait ôter par l’empereur de la Chine tous les&#13;
Chinois qui le servaient et par le gouverneur de Macao, tous les Portugais, il&#13;
soutient tout cela avec fermeté et est disposé même au martyre, qui pourra bien à&#13;
la fin lui arriver. Il mande avec fermeté au pape les moyens dont il doit se servir&#13;
pour se faire obéir et ces moyens sont forts, mais il connaît qu’il n’y a que ces&#13;
moyens forts qui pourront faire obéir les Jésuites. Il lui marque, par des lettres de&#13;
la fin de 1709 et des premiers mois 1710, qu’il ne pense point à revenir goûter à&#13;
Rome les douceurs de la pourpre de cardinal, qu’il ne partira pas des Indes, même&#13;
après qu’il sera mis en liberté, que Sa Sainteté ne lui ait envoyé quelqu’un qui fasse&#13;
dans les Indes obéir les Jésuites aux ordres du Saint-Siège et que si son bonnet de&#13;
cardinal ne lui permet pas de demeurer dans les Indes avec bienséance, il le&#13;
renvoie à Sa Sainteté et consent que Sa Sainteté le lui ôte et en dispose en faveur&#13;
de qui il lui plaira.&#13;
Il n’y a plus à présent personne qui doute que les Jésuites ne soient condamnés.&#13;
Ceux d’entre eux qui sont un peu de bonne foi en conviennent, mais ils disent que&#13;
ce sera la perte de la religion de la Chine. Dieu décidera au Jugement dernier qui&#13;
d’eux ou de nous l’a perdu à la Chine et nous espérons alors lever la tête pendant&#13;
qu’ils en auront toute la confusion. Mais cela ne répare pas le mal qui est fait. On&#13;
a donné au pape de bons moyens pour remettre toutes choses en bon état. Le pape&#13;
n’a pas assez de force pour les mettre en usage.&#13;
&#13;
�Je ne laisse pas d’entretenir avec le R. P. de Lamberville l’union qui convient entre&#13;
personnes comme nous. C’est un très bon religieux. Je le vais voir et il me fait&#13;
l’honneur de me venir voir.&#13;
Je ne vous envoie pas pour cette année d’images de notre cher ancien prélat. Le&#13;
frère Hubert prétend que nous avons mal fait de ne nous pas servir du tableau de&#13;
Mme de Champigny, qu’on a fait très grossièrement et que ces images ne lui&#13;
ressemblent pas. Le tableau sur lequel on les a gravées lui ressemblait bien en 1688.&#13;
Je vous en enverrai une autre année où il y aura moins de risques. Tout de même,&#13;
j’attends la paix pour vous envoyer le reste des Offices de la Sainte-Famille, que&#13;
j’ai toujours dans mon armoire.&#13;
Je vous envoie plusieurs images de piété, chapelets et autres dévotions. J’en envoie&#13;
à d’autres missionnaires, qui vous montreront leurs lettres et à qui vous donnerez&#13;
ce que je leur marque leur avoir acheté. J’ai fait aussi acheter pour vos écoles de&#13;
bons petits livres à bon marché, mais mal reliés. J’en aurais voulu donner&#13;
davantage et qu’ils eussent été mieux reliés.&#13;
Je n’ai reçu aucune nouvelle du bon M. Gaulin, qui doit être mal à son aise, car il&#13;
y a plus de quatre ou cinq ans qu’on ne lui envoie rien. Il a tiré sur moi plusieurs&#13;
lettres de change, qui montent à plus de 4 000 ou 5 000 livres. Je les ai toutes laissé&#13;
protester, car je suis pour lui en avant de 300 livres, dont je ne sais comment j’en&#13;
serai payé. Il aurait mieux fait de se retirer à Québec, comme je le lui avais&#13;
conseillé. Il ne faut plus s’attendre à être payé en rien des trésoriers de la Marine&#13;
ni du Trésor royal. Il lui est dû 600 livres par an depuis 1707 ou 1708 ou 1709, mais&#13;
il ne tirera jamais que du papier pour faire, s’il veut, les contrats de constitution&#13;
sur l’hôtel de ville.&#13;
Je vous ai envoyé la grammaire et le dictionnaire espagnol que vous m’avez&#13;
mandés. J’ai envoyé aussi les livres de classe pour les écoliers, mais il me semble&#13;
qu’il n’en faudrait pas tout d’un coup 24 de chaque façon. J’en ai envoyé 18 et je&#13;
crois que c’est encore trop. J’ai été si presté d’écritures que j’ai fait copier mes&#13;
comptes et écritures par un écrivain, que j’ai pris exprès. Je crains qu’il n’y ait des&#13;
fautes, car je n’ai pas le temps de les relire.&#13;
&#13;
�Nous avons donné à manger à M. Bégon, intendant au Séminaire, à M. l’abbé, son&#13;
frère, et à deux de MM. leurs oncles, qui sont des anciens amis de M. l’abbé&#13;
de Brisacier. Je crois qu’il ne va qu’avec peine en Canada, sur le danger qu’on croit&#13;
être très prochain que les Anglais n’y soient allés par mer et par terre. Il a épousé&#13;
la sœur de M. de Beauharnois, qui est une dame très vertueuse et dont j’espère&#13;
qu’on sera content.&#13;
Voilà à peu près tout ce que j’avais à vous écrire sur vos affaires. Je n’ai encore pu&#13;
trouver le temps de vous écrire sur mes dispositions intérieures. Je ne sais si je le&#13;
trouverai. Je vous supplie de prier le bon Dieu qu’il me soutienne dans toutes les&#13;
traverses que j’ai actuellement à essuyer. Foris pugnae intus timores5. Et j’ai bien&#13;
besoin du secours d’en-haut pour en faire un saint usage et me servir surtout de&#13;
ce qui m’humilie et me rabaisse pour attirer sur moi les miséricordes de Dieu et&#13;
me défaire de toute enflure et de tout orgueil. Faites, je vous prie, prier pour moi&#13;
par votre petite jeunesse. Écrivez-moi, avec M. de Glandelet, vos sentiments afin&#13;
que je les suive, mais ne les proposez par à Monseigneur sans nous les avoir&#13;
communiqués. Je ne crois pas qu’on puisse se relâcher plus que nous avons fait&#13;
sans vouloir lui abandonner tout et vous le verrez aisément pour peu que vous y&#13;
pensiez sérieusement.&#13;
Tâchez à renouveler la procuration du chapitre et le pouvoir de transiger sur tout&#13;
ce que je vous ai proposé, si on l’approuve. Je vous prie aussi de me parler toujours&#13;
avec liberté en m’avertissant de tout ce qui vous revient de moi. Je voudrais voir&#13;
M. de La Colombière Serré faire le personnage que je fais ; il en serait bientôt&#13;
rebuté.&#13;
Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
J’oubliais de vous dire qu’on a mandé à nos Messieurs que vous n’agissiez point&#13;
de concert avec M. de Glandelet ni M. Pocquet, qu’il n’y avait entre vous aucune&#13;
assemblée, qu’on ne se communiquait rien les uns aux autres. Je ne sais que penser&#13;
de cela, car cela me surprend très fort. J’espérais qu’après la mort de notre ancien&#13;
5&#13;
&#13;
Au dehors des combats, au-dedans des frayeurs. (2 Corinthiens 7 : 5)&#13;
&#13;
�évêque, les assemblées pour les affaires du Séminaire se tiendraient régulièrement&#13;
et qu’on observerait exactement les règlements. Mandez-moi ce qui en est. J’en&#13;
écris autant à M. de Glandelet.&#13;
&#13;
/Transcription6 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-al-mdv-2023&#13;
/Traductions latines par Paul-Hubert Poirier-2024&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2022.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250249">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11827">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/15684867dbbf41afee22f7583f74afc4.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=M1ux4KRQvQ7P%7EwTAUDGc1n9WmqLZQoJjnRhZyyH1RxQxdEoJAgH07wXWk5Kl5a%7EVTfF3mdINzM4tVdYn1dA4aSvo5SfQR8AUqQsNWL-BB-i4u6xgJPjGggriTR39JlH7RlIQe3zA63OR43hsf4Vzc7-0s9qedwaGFST6SqhZjUXqWRh6Xbx0X7eNgn5FMCAjeHlGD%7E8ohgXKyR4EfHczqRgR3pBCRTfaIQLDGI%7E5rq1vw3YV0uJt1l-KuOskd7I%7EQc1DO2pX0y4%7EI0dVlEtlU19P1Owzs27A2Zx-A5-V-JQ1OnjerOMuuVmYPQJq9kqcRC7D%7E8L7AP2hnHUTE35blg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>d67848d46fbd2d05df25e5dba5250893</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250247">
                    <text>����������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250250">
                    <text>Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 51</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11828">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/22ce789f4b470f8e8bbb2d2b33c17c6c.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=AFIkLIbcaan9soS%7Exoi0y1L4MEV1E2KD0wvdmN1tpJ%7EqdVJAzrmOEtYcw9BPZjZ6-EXrWijXXFzJI133O1ez4DZW3STywerHmsk8LukGWWTD9mNkE8h3UBt4nh88v8E-fUDvVjqsnA576mEeZUyoEoYatbAe5QjTvgySLx783jc8RJuOrCLdJOYS0KWCPGV6WBovzpvbrhzHl5Xwm6HTTFCafMYWJJ5nF49KF%7EVFZ-xgIs8QdPu3qBAXeDAeSe6OM71ph8dNc6UafOwJnSirbRCxLxL1T7CoK0aZWTS7poceoOU6iGF2L96RGH-cwMNrEUC%7Ez02h0rFhnluNlAP7tg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>6f8b2c4fac29b8171f9cae88690343a7</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250248">
                    <text>1711 – Lettre de Tremblay à Maizerets&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 51)&#13;
M. Dsmaizerets&#13;
1711&#13;
&#13;
Mgr&#13;
&#13;
2&#13;
&#13;
1 Monsieur&#13;
Lettres O, No 51&#13;
2 Je crois avoir receu les lettres que vous m’avez escrites a lxept lexeption&#13;
3 de celles que vous avez envoié par plaisance cet automne.&#13;
4 voicy celles que nous avons receu de vous cette année. une lettre&#13;
5 de trois pages toute de votre main du 16. may 1710. a M Lab. de Brisacier.&#13;
6 une a moy de quatre pages de la main de M de varennes du 19. aout&#13;
7 1710. et votre grande lettre a moy venüe par Lafricain. toute de la&#13;
8 main de M Guichard et qui est sans date Je vais repondre a ces&#13;
9 lettres. mais avant que d’y repondre Je dois vous avertir que Je vous&#13;
10 ay déjà escrit dez le mois de mars dernier sous lenvelope de M Raudot&#13;
11 par un vaisseau qui partoit de Bayonne Jay aussi escrit deux lettres&#13;
12 en commun a vous et a M Glandelet dans les mois davril et de may&#13;
13 par les vaiss.x le Neptune et le Pont chartrain qui en devoient partir&#13;
14 et que Je ne scay cepend.’ encore sils sont partis. Jl faut vous rendre&#13;
15 compte de ce qu’a fait Mgr LEvesq’ de Quebec depuis le depart des&#13;
16 vaiss.x de l’an passé.&#13;
17 Ce Prelat au lieu de penser a terminer avec Nous les aff.res sempressa&#13;
18 dez que les lettres furent finies d’aller a son abbaye de Bennevent. Je lui&#13;
19 demanday sil passeroit par meobec, Jl me dit que non; cependant&#13;
20 dez quil fut a Loche, Jl alla a Esve, et de la a S.ct Gautier, a meobec et&#13;
21 a chezelles avec M. Valet. Jl y toucha tout ce quil put dargent,&#13;
22 Jl y fit de grands procez verbaux de lestat des lieux; Jl y rechercha&#13;
23 tous ceux qui avoient ou avoient eûs des aff.res contre moy. Jl&#13;
24 sempara d’un execut[oi].re de plus de 500.# que Javois obtenu de contre M&#13;
25 De Lencosme, sous pretexte quil estoit sous son nom lui qui nignoroit&#13;
26 pas que par acte devant Not.re Jl mavoit donné pouvoir&#13;
27 dagir sous son nom p.r les aff.res de moebec, et Jl fut en suite de la&#13;
28 a son abbaye de Bennevent, ou Jl resta trois ou quatre mois. Jl en&#13;
29 revint encore en confirmant dans les petites villes du Berry autour de&#13;
30 meobec, ou Jl repassa. Jl y afferma le prieuré de chezelles et sen fit&#13;
31 donner davance une année qui n’escheera qu’a la S.’ Jean 1713. Jl&#13;
32 est revenu a Paris vers la fin de Jan.er, ou quelquJnstance que Je lui&#13;
33 aye faite et fait faire de terminer a lamiable nos differens, Jl trouve&#13;
34 toujours des moyens desluder, en sorte que nous ne sommes pas plus&#13;
35 avancez que nous lestions l’an passé.&#13;
36 Je crus devoir faire l’an passé quelq’ procedure, non pas contre lui, mais&#13;
37 contre ses fermiers de Bennevent, Lors quil appris, qui estoit a&#13;
38 moebec Je presentay donc requeste a M Le Lieuten’ Civil; Jexposay&#13;
39 que par transaction du 21. may 1706. Nous devions jouir de la&#13;
40 manse conventuelle de Bennevent, Je demandais commencer&#13;
&#13;
�Arrangement&#13;
proposé&#13;
&#13;
1711&#13;
3.&#13;
&#13;
41 a Pasque 1707. Je demanday permission de sortir ces revenus de la&#13;
42 manse conventuelle, et de fre assigner au chatelet les fermiers afin de les&#13;
43 f.re condamner a vuider leurs mains. Jajoutay cepend.’ p.r ne pas agir contr[e]&#13;
44 Le Prelat que cestoit sans prejudice de ce qui devoit lui appartenir de la&#13;
45 manse abbatiale, a laquelle Je ne pretendois pas toucher, et que Je&#13;
46 consentois quil touchast. J’ay donc envoié ces piece avec un parcatir du&#13;
47 grand sceau sur les lieux, J’ay fait assigner ces fermiers, Jls n’ont pas comparu&#13;
48 Mgr de Quebec m’a dit plus.rs fois quil prendroit leur faite et cause. cepend.’ Jl n[e]&#13;
49 la pas fait. Jaurois pu Jl y a longtemps et le puis encore lever contre eux&#13;
50 une sentence par deffaut. Je differe encore a la faire&#13;
51 Le Prelat auroit voulu que nous eussions fait un accommodement avec lui.&#13;
52 mais un accommodem.t dans lequel Jl auroit voulu que nous eussions tout&#13;
53 mis en son costé et rien du notre. Je vous avoüe que Lamour de la paix, et Le&#13;
54 desir que Jaurois de navoir jamais daff.res avec lui, mavoit porté a lui en&#13;
55 proposer un dans lequel vous perdiez beaucoup, mais vous vous&#13;
56 asseuriez une paix durable, et y trouviez le moyen de soutenir les bonnes&#13;
57 œuvres commencez, qui est ce qui me paroist necess.re voicy en quoy&#13;
58 Jl consistoit. Je lavois proposé a M de montigni qui lapprouvoit&#13;
59 fort aussi bien que M Le valet et lun et lautre croioient que cestoit&#13;
60 un moyen de couper la racine a toutes les nouvelles contestations.&#13;
61 Je proposois a Mgr Levesque de Quebec de lui laisser toute Labbaye&#13;
62 de Bennevent avec les rentes constituiez sur lhotel de ville, qui est tout&#13;
63 ce quil demande, a condition 1.o quil paieroit le service divin jusqu’à la&#13;
64 fulmination de la Bulle, dans LEglise de Bennevent, les pensions des chanoines&#13;
65 encore vivans, en un mot toutes les charges de cette abbaye dont nous ne&#13;
66 serions point chargez. 2.o Que nous jouirions de toute Labbaye de Lestrée&#13;
67 p.r Le chapitre, et de toute Labbaye de moebec p.r Le semin.re de Quebec,&#13;
68 et que les revenus de moebec seroient emploiez a entretenir de Jeunes&#13;
69 Ecclesiastiques au semin.re qui feroient leur sem.re a y devoient a f.re loffice&#13;
70 de la cathedrale, et dont Mgr de Quebec auroit la nomination de quatre&#13;
71 3.o Que Le chapitre seroit tellem’ uni au sem.re quil n’y auroit de chanoines&#13;
72 que des Ecclesiastiques du sem.re qui prendroient le Doyen de leur nombre,&#13;
73 et que vacance arrivant de lune des six prebendes, Jls presenteroient trois&#13;
74 sujets du sem.re a Mgr qui en choisiroit un : 4. Que dans le chœur et les procession&#13;
75 de la cathedrale Le Grand vicaire de Mgr sil nestoit pas du sem.re iroit apres&#13;
76 Le Doyen, et que sa Gr.r pouroit encore nommer un autre chanoine&#13;
77 honoraire qui iroit apres son Grand vicaire cest Mgr qui demandoit&#13;
78 ces choses, et Je les lui passois volontiers. 5.o qu’a lesgard de la fond.on&#13;
79 faite par Mgr en 1685. Elle seroit changée en six enfans du petit sem.re&#13;
80 dont Levesque auroit la nomination, et qu’apres La mort de Mgr ou&#13;
81 lon commenceroit a jouir de cette fond.on on appliqueroit un des&#13;
82 sujets a tenir les petites escoles sur cette fond.on 6.o Enfin que&#13;
83 Mgr continueroit sur ses revenus a paier les 400. p.r les escoles&#13;
&#13;
�Valeur des&#13;
abbayes.&#13;
&#13;
4.&#13;
&#13;
84 sa vie durant, et que nous deschargerions apres sa mort sa succession&#13;
85 du fonds de 8000.# p.r cette fond.on Tout cela a commencer de&#13;
86 Pasque 1707. En sorte que ce qui auroit esté touché par Mgr de&#13;
87 Labbaye de moebec depuis Pasques 1707. Seroit restitué par lui,&#13;
88 et quil en donneroit un transport a toucher sur les fermiers de&#13;
89 Bennevent.&#13;
90 Ce qui a fait rompre ce projet cest que 1.o Mgr vouloit que nous&#13;
91 lindamnisassions sa vie durant de ce quil paieroit de ce service&#13;
92 divin, ou des pensions des chanoines, et disoit p.r sa raison que&#13;
93 nous ne devions pas le traiter plus mal que le seroient ses successeurs,&#13;
94 or ses successeurs nauront dit il pas a paier ces pensions et ce service&#13;
95 divin. Je lui reponds que p.r f.re de L’egalité entre lui et ses successeurs,&#13;
96 Nous nous offrons de paier actuellem’ ces charges jusqu’à leur&#13;
97 extinction, mais a condition que nous prendrons ce revenu sur la&#13;
98 manse monacale de Bennevent, et quapres lextinction ce revenu&#13;
99 nous appartiendra&#13;
100 Car p.r lui f.re voir que p.r lui et ses successeurs Je leur fais un grand&#13;
101 avantage en leur laissant Labbaye de Bennevent, et ne prenant&#13;
102 que meobec, quoiq’ suivant la Bulle nous devions partager&#13;
103 esgalement, Je lui offre de lui donner moebec et de prendre&#13;
104 Bennevent, et de lui donner 2000.# par an de suplement et de paier&#13;
105 ces charges des chanoines. or Jl ne pretend pas que Je lui offre assez&#13;
106 Donc Je lui laisse au moins 2000.# de fonds plus que Je n’en prends&#13;
107 en lui donnant Bennevent et prenant meobec&#13;
108 Mgr de Quebec ne trouvoit aucune difficulté aux 2.e et 3. article. Nous lui&#13;
109 passions le 4.e et le 5.e excepté quil auroit voulu que dez a present&#13;
110 Nous leussions deschargé de cette fond.on cepend.’ Jl ninsistoit pas. Tout&#13;
111 ce qui restoit de difficile a regler cest quil vouloit que ce qui estoit&#13;
112 touché fust touché sans retour et f.re compensation, ce qui alloit&#13;
113 a lui relascher 4. a 5000.# quil doit au moins restituer. voicy le plan&#13;
114 sur lequel nous mettons les choses.&#13;
115 Je supose que L’abbaie de Bennevent vaut 8500.# ou 9000.# toutes charges&#13;
116 faites sans y comprendre les pensions des chanoines et le service divin&#13;
117 et ces pensions et service comprises Jl reste au moins 7000.# c’est 3500.#&#13;
118 p.r M. Levesque et 3500.# p.r Le semin.re Labbaie de moebec ne peut aller a&#13;
119 tout rompre a 3000.# par an, et Jamais Je ne les ay retiré. cest 1500.#&#13;
120 p.r Mgr et 1500.# p.r Le semin.re or en lui abandonnant toutes Labbaie&#13;
121 de Bennevent p.r Labbaie de moebec, Je lui donne 3500.# p.r 1500.# Je&#13;
122 vous envoye copie du dernier projet d’accommodement que Mgr&#13;
123 de Quebec a donné a son Emin.ce et les reponses que J’y avoir fait. vous&#13;
124 verrez en cela en quoy consiste la difficulté entre lui et Nous. Jl&#13;
125 paroist a nos Mess.rs que c’est beaucoup sacrifier que de se reduire a la&#13;
126 seule abbaye de moebec, et lui abandonner tout Bennevent et les&#13;
&#13;
�vide infrà&#13;
B p. 5.&#13;
&#13;
1711. à M : des&#13;
Maizerets&#13;
5.&#13;
&#13;
127 rentes sur lhotel de ville, La bulle nous donne moitié dans chaq’ abbaie,&#13;
128 et par la clause, supportatis omnibus et singulis pradictoru monasterioru oneribus&#13;
129 La mesme Bulle assujettit aux charges des abbayes de meobec et de Lestrée les&#13;
130 rentes qui sont sur lhotel de ville a ces deux abbayes :&#13;
131 Je vous avoüe Monsieur que c’est p.r moy une grande mortification&#13;
132 d’avoir a traiter avec Mgr de Quebec, et nos Mess.rs avec toute leur prudence&#13;
133 sont souvent au bout de leur volet. on ne scait comment le prendre a moins&#13;
134 que de lui accorder tout ce quil demande : son but est doster au sem.re tout&#13;
135 ce quil peut pretendre et ce sont tous les jours de nouveaux projets et de&#13;
136 nouvelles demandes. Dailleurs Jl est dune violence et du colere semblable&#13;
137 a celle que vous avez esprouvé plus.rs fois en canada, car Jl n’en a rien&#13;
138 diminué. J’en eus encore un assaut violent le 5.e de ce mois. Par&#13;
139 bonheur je menay avec moy M de montigni qui en fut tesmoin, et qui&#13;
140 en fut plus surpris que moy, car J’y suis bien accoutumé. M de montigni&#13;
141 a dit que sil ne s’y estoit pas trouvé Jl croit que Jaurois esté frapé. J’y fut traité&#13;
142 d’Jndigne Prestre qui ne devroit par monter a lautel, qui ne dois pas attendre de recompense&#13;
143 de ce que Je fais, qui veux estre procureur malgré tout le monde, et bien dautres&#13;
144 choses, et tout cela, par ce que Je ne voulois pas convenir avec lui que Javois&#13;
145 fait expedier la bulle telle quelle est. Je lui disois tres respectueusement que&#13;
146 Javois ses lettres en original, qui disoient au contraire que cestoit lui qui&#13;
147 lavoit ainsy voulu, qu’on avoit a Rome le suplique de cette bulle signé de&#13;
148 lui, sur laquelle elle avoit esté expediée. cen fut assez p.r esmouvoir sa&#13;
149 bile a un excez qui effraia M de montigni.&#13;
150 ajoutez a cela que tout retombe sur moy, et quil me traite de grossier et&#13;
151 d’Jmpoli, de violent et d’emporté a tous ceux a qui Jl lui plaist de le dire&#13;
152 Jl le dit et lescrit a M Le Cardinal, et a plus.rs autres personnes, et comme&#13;
153 Je lui ay representé souvent tres doucement, que m’en revient il ? en&#13;
154 aurai je une plus grosse portion, en serai je plus gros seigneur ? si je lui accordois&#13;
155 tout ce quil demande Je serois lhomme le plus admirable J’ay plus.rs de ses&#13;
156 lettres ou Jl m’a autre fois donné bien des louanges. aujourdhui Je ne suis pas&#13;
157 bon a noier, et cela Je vous demande pour quoy ? parce que ma conscience&#13;
158 ne me permet pas de lui donner tout ce quil demande.&#13;
159 voiez sil ne seroit pas plus a propos de me casser aux gages et d’envoier&#13;
160 a ma place une autre personne, car cest tout ce quil desire, et Je ne scay&#13;
161 si peut estre ce ne seroit pas un moien de lengager a finir et signer quelque&#13;
162 chose de raisonnable, en lui promettant de me destituer du soin de vos&#13;
163 aff.res et d’en charger un autre, ou en envoyant effectivement un autre&#13;
164 a ma place. Je vous diray volontiers co’e Jonas, si propter me tempestas&#13;
165 ha’c &amp;. projiesté me in mare, ut vos jactaro desinatis. Je seray tres&#13;
166 aise destre deschargé, car lestat ou Je suis est trop violents Je ne&#13;
167 vous escris cepend.’ pas cecy par descouragement, Je soutiendray&#13;
168 le plus respecturuesm’ quil me sera possible vos Jnterests. Ce qui&#13;
169 est merveilleux c’est que Le Prelat croit que c’est moy qui veux&#13;
&#13;
�B&#13;
&#13;
6.&#13;
&#13;
170 tout faire regler a la rigueur avec lui, et Jl sent bien quil n’y&#13;
171 trouveroit pas son compte voila ce qui lindispose. cependant&#13;
172 cest M L. Tiberge qui voudroit ainsy f.re regler les aff.res et c’est&#13;
173 moy qui au contraire ay proposé des accommodemens et qui&#13;
174 suis obligé de soutenir contre M Tiberge que p.r finir avec&#13;
175 un tel esprit que ce Prelat Jl vaut mieux en sortir par&#13;
176 un accommodement en perdant beaucoup que de vouloir&#13;
177 tout f.re Juger a la rigueur. Jl croit que c’est moy qui mèine&#13;
178 co’e Je veux M.rs de Brisacier et Tiberge cepend.’ nous conferons&#13;
179 souvent avec eux et M de Rosalie, et Je ne fais rien que par leur&#13;
180 conseil, et neant moins Je ne puis rien finir.&#13;
181 Jaurois bien pu rompre entierem’ avec ce Prelat, et presenter&#13;
182 requeste a M Le Lieutenant civil, po’ rendre le pouvoir de f.re&#13;
183 sortir tous les revenus de moebec et Bennevent, et sur un parcatis&#13;
184 du grand sceau envoier saisir et assigner au chatelet les fermiers.&#13;
185 mais si Le Prelat est si mescontent de moy quoi q’ J’aye en ce mesnagem’&#13;
186 p.r lui, que seroit ce si Je l’avois fait ? D’ailleurs ce qui m’en a le plus&#13;
187 destourné, c’est que nous nous engagerions par la dans une affaire&#13;
188 difficile et espineuse, dont Je n’oserois me promettre un bon succez.&#13;
189 Cepend.’ Jl paroist que Le Prelat ne terminera rien quil n’y soit forcé,&#13;
190 a moins qu’on ne donne dans tout ce quil veut, et Jl faut mesme&#13;
191 sattendre que quand Jl aura aujourdhui obtenu une chose, Jl en&#13;
192 voudra demain une autre, et on ne finira jamais rien avec lui.&#13;
193 Jl a pris son Emin.ce M Le Cardinal de Noailles p.r nous regler.&#13;
194 Cette Emin.ce lui a fait dire qu’elle souhaitoit p.r cela un compromis.&#13;
195 et c’est ce que Jestois allé lui dire avec M de montigni quand&#13;
196 Je fus si bien repassé. et son Emin.ce lui envoia ensuite son aumosnier&#13;
197 Jl n’a pas voulu donner un compromis simple et net mais un&#13;
198 simple billet ou Jl dit quil suivra laccommodem’ que fera&#13;
199 son Emin.ce et le signera mesme sans le lire, et Jl envoye en&#13;
200 mesme temps un accommodem’ tout dressé, par lequel Jl prie&#13;
201 son Emin.ce de nous f.re passer et lui mande ne pouvoir faire&#13;
202 Regler cette aff.re selon lexactitude de la Loy, mais ne vouloir&#13;
203 suivre qu’un accommodement, dont Je envoye copie,&#13;
204 avec les reponses a costé que J’y ay faites.&#13;
205 J’ay fait demander a son Emin.ce de lui proposer co’e delle mesme&#13;
206 de nous engager a laisser nos aff.res en suspens pend.’ trois ans et&#13;
207 le laisser jouir de Bennevent et nous de moebec sans aucun retour&#13;
208 de part et d’autre, afin de prendre pend.’ ce temps la des mesures&#13;
209 p.r terminer a lamiable et n’en pas venir a une rupture entiere&#13;
210 Je ne scay si cela reussira. La principale raison que J’ay eu de&#13;
211 proposer cela, c’est davoir le temps de vous proposer tout ce&#13;
212 quil demande et prendre vos avis p.r les suivre D’ailleurs&#13;
&#13;
�213 Jaurois voulu avoir une nouvelle procuration du chapitre&#13;
214 p.r terminer avec lui. car Jl nous rejette que nos pouvoirs&#13;
215 sont revoquez, quand nous voulons en venir avec lui a un&#13;
216 reglement, et pour laccommodem’ qui laccommode et nous&#13;
217 incommode Jl supose que nous ne manquons pas de pouvoir&#13;
218 Jl faudroit donc que Le chapitre nous envoient une Nouvelle&#13;
219 procuration&#13;
220 Ce quil y a de merveilleux dans le refus quil nous fait de faire&#13;
221 tout regler exactem’ selon les loix, c’est que quand nous&#13;
222 demandons un tel reglement sur la Bulle, Jl soutient que la&#13;
223 Bulle ne peut se soutenir, quelle est remplie de nullitez, qu’on&#13;
224 ne la peut faire passer, et quil en faut necessairement une&#13;
225 autre, et quand Jl propose son accommodem’ fondé entierem’&#13;
226 sur la Bulle, Elle devient la meilleure du monde, et on n’en peut&#13;
227 avoir de meilleure. Sil estoit d’humeur a en demander en effet&#13;
228 une autre, nous la demanderions pend.’ ces trois ans sil les&#13;
229 accordoit. Jl dit quelq’ fois que nous devons signer cet&#13;
230 accommdem’ et demander ensuite une nouvelle Bulle dessus,&#13;
231 tant Jl est vray quil seroit bien fasché dabandonner&#13;
232 entierem’ la Bulle, mais par la Bulle nous faire signer&#13;
233 son accommodement, et le f.re ensuite homologuer en cour de&#13;
234 Rome. Nous aurons bien de la peine a faire avec lui quelq’ chose&#13;
235 de bien net et de bien precis.&#13;
236 Jl nous est survenu une aff.re tres considerable touchant Labbaie&#13;
237 de L’estrée. Je vous ay mandé dans les annéez precedentes que&#13;
238 La Prieure qui y est cet bonne amis d Mad.’ La marechale&#13;
239 d’humieres qui va y passer un temps considerable de lannée.&#13;
240 Je ne scay qui a donné lieu a faire demander a ces Relig.ses&#13;
241 cet hyver si elles avoient des lettres patentes et LJntendant&#13;
242 de Roüen a eu lordre de la cour de leur declarer que si&#13;
243 elles n’en avoient pas, Elles eussent a quitter cet&#13;
7&#13;
&#13;
244 establissement, Le Roi ne souffrant point de nouveaux Establissemts&#13;
245 dans son Roiaume sans lettres patentes. Cela a donné lieu a&#13;
246 Mad.’ La mareschale dhumiere de se remuer p.r son amie, et&#13;
247 comme M de Pont chartrain, et M de la vrilliere tous les deu[x]&#13;
248 con.ers destat sont de ses parens et de ses alliez; Elle a obtenu&#13;
249 de nouvelles lettres patentes. Elle les a fait registrer au Parlem’&#13;
250 de Roüen sans nous y appeler, et dans ces lettres patentes, Elle&#13;
251 y a fait Jnserer que ces Relig.ses jouiroient de tout ce dont les&#13;
252 Relig.x jouissoient, sans rien suivre de ce qui avoi testé fait avec&#13;
253 tout lordre de cisteaux, et les prieures qui avoient esté avant&#13;
254 cellecy. M LEvesq’ de Quebec a esté averti de tout ce manege&#13;
255 et ne nous en a donné commoiss.ce que quand Jl nestoit plus&#13;
&#13;
�256 temps d’y remedier dans sa source car sitost quil m’en parla&#13;
257 J’escrivis a Roüen, et Jappris que les lettres patentes avoient&#13;
258 esté enregistréez, sans nous y appeler. Nous avons toujours lieu&#13;
259 de nous opposer a larrest, mais cest une procedure longue&#13;
260 et incertaine or la Prieure na pas eu plutost ces lettres&#13;
261 patentes enregistréez quelle nous a fait assigner M Levesque de&#13;
262 Quebec devant le Juge roial le plus prochain qui est Ery pour&#13;
263 lui demander partage de Labbaie, et une provision sur les&#13;
264 fermiers en attendant le partage, et elle a ensuite fait saisir&#13;
265 sur tous les fermiers et sur tous ceux qui avoient relation a&#13;
266 L’abbaie de Lestrée. M LEvesq’ de Quebec a esté fort aise de cette&#13;
267 nouvelle futée que nous avons a démesler. apres avoir pris&#13;
268 conseil avec des gens habiles, J’ay pris un arrest de defense sur&#13;
269 toutes ces saisies au grand conseil, et J’y ay obtenu permission&#13;
270 d’y faire assigner la Prieure de la colombe et ses Relig.ses deffense&#13;
271 au Juge d’ery d’en connoistre et J’ay obtenu main levée de&#13;
272 toutes ces saisies. Je me suis fondé sur les lettres patentes que&#13;
273 nous obtinsmes en 1697. sur le partage que nous fisme alors&#13;
274 avec Mgr de Quebec, et Jespere que ces lettres patentes et les Brevets&#13;
275 de sa majesté que nous avons nous tireront de cette affaire&#13;
276 Nous ne sommes cepend.’ pas au bout, Je mattends quactuellem’&#13;
277 Le Prieure ou plutost Mad.’ La mareschale dhumiere sollicite au&#13;
278 Parlement de Rouen un arrest qui casse celui du grand conseil&#13;
279 restablisse les saisies et ordonne de proceder a Ery. Jl m’en&#13;
280 faudra obtenir un nouveau du grand conseil qui casse&#13;
281 celui de Rouen, et deffende de proceder a Ery. Et sur ce&#13;
282 conflit de jurisdiction, Jl en faudra venir au conseil&#13;
8.&#13;
&#13;
283 en reglement de Juge.&#13;
284 Je ne laisse pas dagir au conseil des depesches pour y presenter&#13;
285 une requeste au Roy et y representer la contradiction de ces&#13;
286 lettres patentes, et qu’on a surpris sa Religion en lui demandant&#13;
287 ces revenus des Relig.x de Lestrée que sa majesté avoit deja&#13;
288 donnée plus.rs fois au chapitre de Quebec mais La maladie et&#13;
289 la mort de M Le Daufin a fait que depuis que J’ay eu connoiss.ce&#13;
290 de cette aff.re Le Roi a toujours esté a marli et Jl n’y a&#13;
291 point de conseil de depesches pend.’ que Le Roi nest pas a&#13;
292 versailles. Nous tenons notre requeste toute preste pour&#13;
293 la presenter dez quil y en aura un conseil, et tous ceux que&#13;
294 J’ay consultez m’ont assurez quil n’y avoit aucune difficulté&#13;
295 en cette aff.re que cestoit une pure surprise qu’on avoit fait au&#13;
296 Roi, et que nous en viendrions a bout. cepend.’ cela est fort&#13;
297 desagerable et me donnera bien du mouvement.&#13;
298 Mad.’ Le mareschale dhumiere se plaint bien haut de moy par&#13;
&#13;
�299 tout, et en dit tout ce quelle veut. Elle pretend que J’ay appellé&#13;
300 son amie La sœur prieure de La colombe et en ay parlé avec&#13;
301 mespris. cepend.’ Je n’ay rien sur cela a me reprocher, car au&#13;
302 contraire J’ay toujours eu du respect pour cette Prieure qui en&#13;
303 effet est une bonne Relig.se et toutes differente de celle qui lestoit&#13;
304 cy devant. mais J’ay eu le malheur de lui deplaire p.r deux raisons, La 1.ere&#13;
305 qu’un valet qu’elle a non seulem’ chassoit sur le terres de Lestrée sans prer&#13;
306 permission, mais quil menaçoit mesme le Jeune Rotrou a qui Je permettois d’y&#13;
307 porter un fusil p.r conserver la chasse, Jl le menaçoit dis je de lui oster son&#13;
308 fusil. Je trouvay cela fort impertinent a ce valet et fort ridicule, et J’en escrivis&#13;
309 a cette Prieure p.r m’en plaindre La seconde est que dans deux ou trois visites que&#13;
310 Je lui ay rendu, Elle auroit voulu que Je lui eusse vendu les domaines qui ne sont pas&#13;
311 fort esloignez de Labbaie et quelle trouveroit a la bienseance, et quoi q’ J’aye tasché&#13;
312 a lui f.re comprendre que Je n’en avois pas le pouvoir, que Mr de Quebec ne&#13;
313 pouvoient aliener les biens de cetta abbaye sujets aux decimes et autres charges,&#13;
314 Elle a cru que Je ne la faisois par parceq’ Je ne le voulois pas, et cela a&#13;
315 suffi p.r aliener Mad.e La mareschale dhumieres, non seulement de moy,&#13;
316 mais de M de Brisacier mesme en qui elle avoit autre fois une entiere&#13;
317 confiance, par ce quand elle ayme quelquun, elle n’y met pas de bornes,&#13;
318 et actuellement toute sa famille se plaint de ce quelle neglige tous ses&#13;
319 anciens amis et parens p.r sattacher a cette Relig.se&#13;
320 Je ne vous ay pas mandé l’an passé que Javois esté obligé dagir contre la&#13;
321 succession de feu M Labbé de matha Evesq’ Daire qui devoit encore quelq’&#13;
322 chose de plus qu’une année p.r la pension de notre cher ancien Evesque de&#13;
323 Quebec J’ay fait p.r cela saisir tout ce qui lui appartenoit dans&#13;
324 Labbaye de S.t Cyran qui est aupres de meobec Enfin celui qui est son&#13;
9&#13;
&#13;
M.’ Bergier&#13;
&#13;
difficulté&#13;
&#13;
325 executeur testamentaire m’a promis de nous f.re paier,. J’ay envoié&#13;
326 p.r cela a aire Notre procuration p.r recevoir et donner quit.ce&#13;
327 on m’a promis de me paier p.r la pension et les frais faits qui montent&#13;
328 bien a 50.# ou 60.# de me paier dis je quelq’ chose de plua que 1900.#&#13;
329 car Jl a fallu deduire la subvention et le don gratuit qui est un quart&#13;
330 et un sixieme, et on m’a promis de porter cet argent a Bordeaux, car&#13;
331 Je le destine p.r ayder M Bourgine a f.re les depenses quil fait p.r nous.&#13;
332 actuellement. Jespere sortir incessamment de cette aff.re&#13;
333 Je vous ay mandé que Je n’avois encore pu rien finir avec les heritiers de&#13;
334 feu M Bergier. Jl nestoit nuellement necess.re que vous menvoiassiez&#13;
335 son testament et ces certificats du P marests, car Jl m’avoit envoié&#13;
336 dez 1703. ou 1704. un original de ce testament tout escrit de sa main&#13;
337 que Javois deposé dez lors chez M Carnot Not.re&#13;
338 or par ce testament M Bergier y prend la qualité de Prestre&#13;
339 aggregé au semin.re des missions Etrangeres. or cest cette qualité&#13;
340 par laquelle ses heritiers pertendent f.re annuler le testament sur&#13;
341 ce que les loix deffendent de f.re un bien a un corps au quel on est associé,&#13;
&#13;
�342 a cause du danger de seduction. Jls ont des arrests contre les Peres de Loratoire&#13;
343 de ceux qui estoient de leur societé. Le second moien dont Jls veulent se&#13;
344 servir est quils ne croient pas que M Bergier ait pu nous instituer ses&#13;
345 heritiers. Je ne crois pas cette seconde difficulté bien fondée en ce que&#13;
346 Le Dauphiné est un pays de droit escrit ou linstitution des heritiers&#13;
347 est en usage mais la 1.ere difficulté peut f.re quelq’ impression cest&#13;
348 une aff.re a accommoder avec eux, Jls me font esperer quils viendront&#13;
349 incessamment a Paris et que nous reglerons cette aff.re sans plaider&#13;
350 par lavis des avocats; Je suis assez de ce sentiment.&#13;
351 Car on ne peut pas plus apprehender le procez que Je fais, et cepend.’&#13;
352 quelq’ precaution que Je prenne Jl m’en vient toujours. J’estois tres&#13;
353 inquiet d’un que Javois avec le chapitre de la cathedrale de&#13;
354 Poitiers p.r le benefice qui est sous le nom de M Le blond, (dont par&#13;
355 parenthese vous ne trouverez encore rien de receu Tout se consomme&#13;
356 en faux frais et reparations.) Javois fait proposer cet automne par&#13;
357 M Le sup.r du sem.re de Poitiers un accommodement a ces Mess.rs&#13;
358 apres avoir examiné ce procez commensé Jl y a 20. ans par feu Mr&#13;
359 Gontier. Joffris a ces Mess.rs tout ce que J’ay offert par mes escritures&#13;
360 dans le procez, et Je proposay de compenser les depans. Ces Mess.rs&#13;
361 nagreerent pas mes offres, et cepend.’ sans que J’aye sollicité&#13;
362 personne La cour a admis mes offres et les a suivies, et elle a&#13;
363 condamné ces Mess.rs en la moitié des depans envers moy.&#13;
364 Javois fait tres peu de frais mais ces Mess.rs en avoient fait&#13;
365 pour cinq ou 600.# dont Ils esperoient avoir un&#13;
366 execut.re contre moy. Jls ont esté fort trompé.&#13;
10&#13;
&#13;
367 Je vous ay mandé les annéez passéez quil n’y avoit plus dapparence que&#13;
368 lon fust paié des ord.ces sur le tresor roial, et que Je navoit pu me&#13;
369 f.re paier de 1707. 1708. et 1709. J’ay encore moins pu tirer 1710.&#13;
370 Nos Mess.rs qui avoient des ord.ces p.r les missions orientales en sont&#13;
371 de mesme M charon poura vous mander que quoi quil soit&#13;
372 icy Jl n’en peut rien tirer quoi quil ait frapé a toutes les portes.&#13;
373 Cepend.’ quoi q’ ces ord.ces soient aussy peu utiles quelles sont&#13;
374 M Le comte de Pont chartrain voulut nous retrancher lannée&#13;
375 passée celle des 4000.# p.r le retablissem’ de notre semin.re Jl nous&#13;
376 a fallu le solliciter beaucoup et elle n’a esté expediée que cette&#13;
377 année cy. Je ne scay sil la continuera cette année. Jl dit que cette&#13;
378 ord.ce ne nous a esté donnée que par gratif.on p.r un temps, ce qui est vray.&#13;
379 Nous l’avons prié de la continuer jusqu’a ce quil plaise au Roi nous&#13;
380 donner un benefice de 4. a 5000.# Jls ne nous a pas paru y donner&#13;
381 les mains. au pis aller nous n’y perdrons pas beaucoup. car que&#13;
382 faire a present de ces ord.ces C’est du papier qu’on garde qui vaut&#13;
383 moins que des billets de monnoye sur les quels on perd a present&#13;
384 les deux tiers. Je&#13;
&#13;
�385 Je ne vois nulle apparence que du vivant du Roi nous puissions&#13;
386 obtenir un benefice p.r unir au sem.re co’e Jl nous la promis. Car&#13;
387 Le P Le Tellier ayant autant de pouvoir quil en a aupres du Roi et&#13;
388 autant de mauvaise volonté contre nous dont Jl machine la&#13;
389 perte avec toute sorte dattention, nous devons nous attendre&#13;
390 quil trouvera toujours des moiens de destourner Le Roi de nous&#13;
391 f.re du bien Jl faut laisser couler son temps qui paroist dur a&#13;
392 plus.rs personnes qui se ressentent de son zele contre Le Jansenisme,&#13;
393 sous le pretexte duquel Jl fait souffrir qui Jl lui plaist.&#13;
394 Comme nos Mess.rs se sont vûs a la fin de lannée derniere leurs ord.ces des&#13;
395 quatre dernieres annéez et que par lestablissem’ du dixieme denier qui le&#13;
396 faisoit on seroit exposé a paier le dixieme de ces ord.ces Je leur proposay a la&#13;
397 fin de lannée un moyen p.r nous en faire des contracts de constitution&#13;
398 sur lhotel de ville Nos Mess.rs lavoient demandé a M Des marais Jl&#13;
399 y a deux ans et Jl lavoit refusé. Jls crurent devoir se servir de l’expedient&#13;
400 que Je leur proposay, et nous y mismes tout ce que nous avions p.r lors&#13;
401 d’ord.ces J’en avois a vous p.r L’Jncendie lannée 1707. 1708. et 1709.&#13;
402 qui faisoient 12000.# et une ordce de la pension de Notre ancien Evesque&#13;
403 sur le tresor roial p.r lannée 1708. qu’on mavoit expediée et ayant&#13;
404 renvoié a M Des Granges cette ord.ce apres le decez de Notre ancien&#13;
405 Evesque, Jl me la renvoia et me dit que Je pouvois m’en faire paier.&#13;
11.&#13;
&#13;
M. de la&#13;
Vente.&#13;
&#13;
406 Ces quatre ord.ces faisoient donc 14000.# et J’en avois p.r les&#13;
407 missions de La Louisiane les annéez 1707. 1708. 1709. et 1710. a&#13;
408 4500.# par an, cest 18000.# si Javois eu p.r lors lord.ce de&#13;
409 4000.# p.r n’re Jncendie p.r 1710. Jaurois eu p.r Le sem.re de&#13;
410 Quebec pareille so’e de 18000.# Nous fismes passer une so’e&#13;
411 plus considerable p.r nos missions orientales, et nous fismes&#13;
412 recevoir tout cela au tresor roial, avant la fin de lannée&#13;
413 passée. Ce qui nous a esvité de paier le dixieme de ces&#13;
414 so’es que nous aurions paié au tresor roial, si nous navions&#13;
415 fait passer ces ord.ces que cette année. Cest 3200.# quil nous&#13;
416 eust conté sur 32000.# a la verité les Jnterests ne courent&#13;
417 que du 1.er Jan.er de cette année. cela ne se paiera peut estre&#13;
418 pas exactement, mais apres tout Nous navons pu trouver un&#13;
419 meilleur usage de ces ord.ces et nous avons crus f.re en cela une&#13;
420 bonne aff.re Je n’ay eu garde de dire a Mgr Levesque de&#13;
421 Quebec ce que Javois fait sur cela, Jl me paroist que vous ne le&#13;
422 lui devez pas dire non plus, car Je vois que ce que Je lui ay dit&#13;
423 quelq’ fois dans la simplicité Jl sen fait souvent des armes&#13;
424 contre moy, et co’e Jl ne cesse de dire par tout que nous sommes&#13;
425 trop riches, nous devons lui cacher nos aff.res autant que nous le pouvons.&#13;
426 mais aussi en emploiant ainsy les ord.ces des missions de La Louisiane&#13;
427 vous vous trouvez chargez de ces missions qui sont dans un Etat&#13;
&#13;
�428 pitoiable M De La vente en est revenu au mois daoust dernier&#13;
429 apres avoir couru bien des dangers passant sur plus.rs vaiss.x&#13;
430 p.r se rendre en france Jl estoit perclus de presq’ tous ses membres,&#13;
431 et menacé dune paralisie de la moitié du corps. Jl en est a present&#13;
432 un peu remis. mais Jl a actuellem’ une fistule a Lanus,&#13;
433 qui lobligera peut estre a f.re Loperation. Jl est avec nous au&#13;
434 semin.re sur le compte de ces missions p.r les quels Je ne touche&#13;
435 rien depuis un tres long temps.&#13;
436 Cepend.’ Je n’ay pas laissé de leur envoier encore au mois de&#13;
437 Septembre dernier une facture par M de Remon ville Capit.ne&#13;
438 de vaisseau qui a esquipé La Renommée p.r cette colonie. Jl&#13;
439 partit en octobre ou Novembre. Jl nous a fait paier&#13;
440 200.# du tonneau de fret de ceq’ Jenvoye a nos Mess.rs&#13;
441 Jen ay paié p.r 400.# et Je ne scay sil se rendra en ce&#13;
442 pays la, car Jl a relasché trois fois en Espagne et Je ne scay&#13;
12.&#13;
&#13;
443 sil en est encore parti. Je crains quil ne consomme les farines et&#13;
444 autres provisions que Jenvoye a nos Mess.rs qui sont fort a plaindre&#13;
445 de se trouver dans une colonie si abandonnéé, et dont on paroist&#13;
446 si peu sambarasser. or Javois quelq’ chose de reste a ces missions&#13;
447 p.r commencer la depense de ce que J’ay envoié a ces missions,&#13;
448 mais Jl m’est deu plus de 1000.# au dela de ceq’ J’avois, et Je ne puis me&#13;
449 dispenser de le mettre sur le compte du semin.re de Quebec qui a&#13;
450 entrepris ces missions, car notre semin.re de Paris ne s’en est jamais&#13;
451 voulu Charger. Jl n’a aucun fonds p.r cela Je n’ay pas encore&#13;
452 porté cela dans le compte du semin.re p.r cette année. Je le feray&#13;
453 dans la suite&#13;
454 Javois voulu vous esviter le paiement des pensions de M.rs Thibout et Guichard&#13;
455 depuis quelques annéez qui ont esté paiéez des deniers des missions de Lorient&#13;
456 ou l’on croioit que ces Mess.rs iroient. mais comme la providence les a&#13;
457 destinez p.r le canada Javois cru lannée passée pouvoir les paier avec&#13;
458 le fonds d’une fondation faite au sem.re de Paris p.r laquelle ont devoit&#13;
459 nommer des sujets qu’on navoit pas nommez p.r lannée 1709. J’en avois&#13;
460 fait limputation et lapplication dans mes comptes p.r la pension de&#13;
461 M Thibout et de M Guichard en 1709. Nos Mess.rs ne me veulent&#13;
462 pas passer cet article que Je voulois vous espargner. Je laisse cela&#13;
463 en suspens p.r le compte de lannée prochaine, co’e aussi ce qui est&#13;
464 encore deu p.r la pension de ces Mess.rs en 1710. jusqu’a leur depart&#13;
465 que Je ne vous ay pas compté. Je fais ce que Je puis p.r vous&#13;
466 mesnager a cause du mauvais estat de vos aff.res, et Je m’en attire des&#13;
467 reproches des autres missions. mais vous scavez que Je ne suis pas&#13;
468 le maistre Nous taschons a mettre les choses en estat dans la suite a&#13;
469 avoir independamm’ d’aucune mission de quoy entretenir au semin.re de&#13;
470 Paris les sujets qui se presenteront p.r les missions. mais cela nest pas encore&#13;
&#13;
�471 en estat et n’y sera de quelq’ annéez. Jl faut mesme p.r cela quil meure&#13;
472 auparavant un usufruitier dune succession dont nous devons avoir&#13;
473 le huititme p.r cette fondation, et cela nous produira co’e Je lespere&#13;
474 plus de 30000.# en fonds d’heritages.&#13;
475 J’ay tasché a accomplir la plus grande partie de votre facture, mais Je&#13;
476 nay pu vous envoier de vin Jl est en france a un prix excessif, et la&#13;
477 pluspart des comm.tez a Paris se sont reduites les unes a leau les autres&#13;
478 a la Biere Jl est vray que Le prix du vin se modere actuellem’ a cause de&#13;
479 la belle preparation p.r les vignes qui sont plus belles qu’on ne les a veües&#13;
480 depuis vingt ans. mais Jl nest plus temps de charger du vin. Jl faudra&#13;
481 que vous en preniez des marchands ce dont vous ne pouvez absolument&#13;
482 vous passer. J’ay recommandé qu’on vous envoye a la place deux&#13;
483 bariques deau de vie qui sont tres cheres en france.&#13;
1711. à M.&#13;
desemaizerets&#13;
13.&#13;
&#13;
484 M Bourgine me mande que ce quil vous envoye par le&#13;
485 Neptune et Le Pont chartrain monte a pres de 1900.# et ce que Je&#13;
486 vous envoye d’ailleurs monte a prez de 4000.# dans lenvoy de&#13;
487 Mad.’ De La motte ango. Dieu veuille que cela arrive a bon&#13;
488 port. mais Je passeray une année bien inquiete&#13;
489 Je ne vous ay pas dit que depuis un an J’ay esté obligé de&#13;
490 mettre une autre personne a la place de M Rotrou p.r prendre&#13;
491 soin de Labbaye de Lestrée. Cestoit un fort bon homme qui&#13;
492 avoit esté chargé de cette abbaye Jl y a prez de trente ans&#13;
493 par Mgr Lancien et par M Du Douit. Jl estoit rempli&#13;
494 d’affection, et sil faisoit des fautes ce nestoit que faute de&#13;
495 lumiere, car Jl ne manquoit pas daffection Javois toujours&#13;
496 renouvelé avec lui les baux jusqu’au dernier qui finit Jl&#13;
497 y a deux ou trois ans. Jl se trouva redevable de so’es assez&#13;
498 considerables. Elles lui estoient deues par les fermiers. Je les&#13;
499 pris p.r bons afin dempescher quil ne les ruinast. Je lui&#13;
500 laissay a recouvrer une quantité de petitre so’es, et Je lui&#13;
501 laissay regir Labbaye de Lestrée sans y mettre un fermier&#13;
502 general en lui donnant 250.# p.r sa regie. Jesperois que&#13;
503 son fils qui a 22. ans se donneroit du mouvement et se&#13;
504 formeroit a ces sortes daff.res mais Jl n’y est pas propre&#13;
505 Le bonhomme M Rotrou est tombé en paralisie de presq’&#13;
506 tout le corps. Jl a donc fallu le changer. Je l’ay fait&#13;
507 le plus doucement quil m’a esté possible. cela lui a fait&#13;
508 quelq’ peine apres cela Jl a bien veu que nos aff.res en&#13;
509 souffroient trop. En effet son fils ne faisoit pas paier les&#13;
510 fermiers. Jls lamusoient et se mocquoient de lui, J’ay&#13;
511 donc pris une personne qui prenoit autre fois soin de&#13;
512 la commanderie de ville Dieu dont estoit commandeur&#13;
513 un des freres de n’re ancien Evesq’ M De Laval son&#13;
&#13;
�514 Neveu me l’a indiqué et J’ay trouvé un homme tel&#13;
515 que Je pouvois souhaiter, vigilant, actif, fidele, et Dont&#13;
516 J’ay tout lieu destre content qui m’a deja mis Labbaye&#13;
517 sur un meilleur pied, et Jespere quavec lui je la connoistray&#13;
518 a fond et la mettray en bon estat. Jl me faudra y aller&#13;
14.&#13;
&#13;
519 de temps en temps. Je lui donne 200.r p.r ses peines et soins. cest asseurem’&#13;
520 tout le moins qu’on puisse donner a un honneste homme vous verrez&#13;
521 par mes comptes quil m’a deja tiré de nos fermiers depuis le mois doctobre&#13;
522 dernier que Je l’ay establi plus de 3000.# et Je ne scay comment Je&#13;
523 pouvois me tirer de cette abbaye si Je ne lavois pas dans laff.re que&#13;
524 nous procure Mad.’ La mareschale d’humiere Dans le mauvais&#13;
525 temps ou nous so’es, on ne moffoit que 2500.# de Labbaye de Lestrée,&#13;
526 et Jespere qu’avec un peu de peine et dattention, Elle me produira&#13;
527 plus de 3000.# Net.&#13;
528 Dans le dernier voiage que J’ay fait dans cette abbaye, J’ay remanqué&#13;
529 quil y auroit dans la suite quelq’ depense a faire p.r remettre cette&#13;
530 abbaye sur un bon pied. car toutes les fermes et metairies a lexception&#13;
531 de trois ont esté entierem’ destruites avant mesme que N’re ancien&#13;
532 Evesque en jouisse. cestoit sous les abbez reguliers; Les terres de ces&#13;
533 metairies sont donnéez a ferme par lots de terres, et p.r restablir cela Jl&#13;
534 faudra dans la suite faire rebastir ces metairies. mais ce qu’on y&#13;
535 depensera se retirera aisem.’ par l’augmentation de la ferme&#13;
536 M Berthelot de S.’ Laurent fermier general est venu me proposer&#13;
537 d’acheter leur Jsle, et sans que Je lui en fusse parler. Jl aymeroit&#13;
538 beaucoup mieux avoir affaire a moy qu’a tout autre. Jl compte&#13;
539 sur ce que Je lui promettray co’e sur quelq’ Chose de seur. Jl m’a&#13;
540 dit que M Gaillard estoit venu proposer une Dame du canada qui&#13;
541 la voudroit acheter, quil dit avoir son argent prest, mais quelle voudroit&#13;
542 acheter La comté avec LJsle Je croy que M Berthelot Le met peu en&#13;
543 peine de la comté. Pour moy si Je lachetois, Jaymerois mieux quil n’y&#13;
544 eust pas de comté que d’y en avoir. M Berthelot me dit que Mad.’ La&#13;
545 forest en avoit donné 30000.# et quil me la donneroit p.r 28000.#&#13;
546 paiables en sept ans, et cepend.’ LJnterest au d.er 25. Cest son 1.er mot&#13;
547 sur lequel Ja n’ay rien repondu. si nous estions en paix avec M.&#13;
548 LEvesqu’ de Quebec, et que vous voulussiez efficacement m’ayder en&#13;
549 menvoiant exactem’ tous les ans le profit que vous tireriez de cette Jsle&#13;
550 p.r la paier, voicy la proposition que je lui ferois. J’aymerois mieux&#13;
551 ne lui donner de cette Jsle que 24000.# et les lui paier plus contans scavoir&#13;
552 en contracts sur bons particuliers que Je prierois nos Mess.rs de Paris de&#13;
553 vouloir bien agreer que Je lui transportasse la soe de 12000.# En argent&#13;
554 comptant dans Le cours de lannée prochaine 1712. 8000. Et la so’e&#13;
555 de 4000.# dans le cours de 1713. avec les Jnterests jusqu’au jour du&#13;
556 paiement. Je stipulerois la jouiss.ce du 1.er Jan.er 1712. et Je&#13;
&#13;
�557 mengagerois a retirer ces deux contracts de 12000. dans sept ou huit&#13;
558 ans. ainsy Jl faudroit co’e Je vous l’ay escrit que vous fissiez&#13;
559 recevoir tres exactem’ tout ce qui se tirera de cette Jsle et&#13;
15.&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
560 Je vous acquiterois par la peu a peu du principal et des arrerages&#13;
561 mandez moy ce que vous pensez de cette proposition et si vous&#13;
562 estiez dhumeur a la suivre, Jl faudroit nous envoier les&#13;
563 procur.ons et pouvoirs Necessaires p.r cela.&#13;
564 Jl est aussi de la derniere conseq.ce que vous menvoïez de Nouvelles&#13;
565 procurations, p.r traiter avec Mgr de Quebec sil y a jour a quelq’&#13;
566 accommodement, ou pour poursuivre contre lui, sil n’y a aucune&#13;
567 esperance daccommodem’, Jl me paroist de la derniere conseq.ce&#13;
568 que Mess.rs du chapitre et vous menvoïez de nouvelles procurations&#13;
569 qui stipulent a la bonne heure ce que vous voudrez que nous fassions&#13;
570 avec lui. M Begon me disoit ces jours passez que vous ne&#13;
571 deviez vous engager dans laff.re que nous avons avec ce Prelat ny&#13;
572 de prez ni de loing ainsy Jattends vos Jnstructions avec bien de&#13;
573 Lampressement.&#13;
574 Je niray pas a meobec si cette abbaye nous reste que les aff.res ne&#13;
575 soient terminéez avec lui de la bonne maniere. Je ne scay sil y a&#13;
576 encore quelq’ chose a vous mander. ce que Je vous conjure, cest de&#13;
577 me continuer le secours de vos prieres et SS. sacrifices. Je nay un vray&#13;
578 besoin p.r me fortifier contre tous les mouvemens de descouragem’ ou je&#13;
579 tombe assez souvent. Mgr de Quebec ne scauroit souffrir que Je lui dise&#13;
580 que Je n’envisage que la Justice, et la volonté de Dieu dans ce que Je&#13;
581 lui propose p.r terminer mos differens. Jl me traite dJndigne Prestre,&#13;
582 qui devrois ne pas monter a Lautel, et qui ne dois pas attendre que&#13;
583 Dieu me recompense de tout ce que Je fais. Je suis donc bien a plaindre&#13;
584 car Jl me semble que Je nattends pas grande recompense des hommes.&#13;
585 Je ne vois pas que ma portion en puisse devenir meilleure, et&#13;
586 que Jen fasse jamais meilleure chere Jl me reproche que Je fais&#13;
587 vos aff.res malgré vous, et que vous m’en voudriez voir bien&#13;
588 esloignez. Je lui proteste et cela est vray que Je m’en demettray&#13;
589 au moindre signe de la volonté de Dieu qui me sera connu par vous.&#13;
590 J’ay lhumiliation quil fait de moy a qui veut lentendre un portrait&#13;
591 fort affreux Dieu veuille que Jen profite et me donner quelq’&#13;
592 part a ce tresor dont parle S.’ Paul, majores existimant divitias&#13;
593 improperium christi. Ce n’est pas daujourdhui que les bonnes&#13;
594 croix x sont venues de ceux qui devroient estre Notre soutien&#13;
595 Je crois que si vous prenez quelq’ resolution particuliere&#13;
596 pour lui relascher quelq’ chose, vous la devez tenir secrette&#13;
597 et tascher que personne ne la lui mande directement, car Jl&#13;
598 prend droit sur ce quil pretend qu’on lui a déjà accordé et ne&#13;
&#13;
�599 veut se relascher sur rien de ce que l’on lui demande.&#13;
600 Je viens de dresser un compromis pour le lui proposer encore&#13;
601 a signer. Jl est aussi a son avantage qu’on le puisse. Jy fais&#13;
602 entrer Lopposition qu’a formée a la Bulle le chapitre, et nous&#13;
603 souhaitons de bonne foy que Mgr Le cardinal de Noailles&#13;
604 y ait tout lesgard possible Nous croions que dans ces&#13;
605 circonstances Notre procuration du chapitre n’est pas&#13;
606 revoquée, et cela me paroist clair. Je vous envoye copie&#13;
607 de ce compromis : Je souhaite, et Je demande tres instamm’&#13;
608 au bon Dieu que Mgr le signe, car sil ne le signe pas, Jl&#13;
609 n’y aura plus moien de se dispenser de rompre la paille&#13;
610 avec lui, et Jl me faudra resoudre quelq’ opposition que Je tente&#13;
611 a plaider contre un Evesque a presenter requeste au nom du&#13;
612 semin.re, p.r le f.re assigner et f.re saisir tout ce quil touche de&#13;
613 revenus; cest le dernier moyen de le mettre a la raison; Jl&#13;
614 est sujet a bien des inconveniens. Jl me donnera bien de&#13;
615 L’ambaras, mais nous ne nous en servirons que p.r la derniere&#13;
616 extremité. Demandez au bon Dieu quil veuille maccorder des&#13;
617 forces p.r soutenir un estat aussy violent que celui ou Je suis&#13;
618 Japprends aussi nouvellem’ que Laff.re de Mad.’ La marescha[le]&#13;
619 dhumiere p.r Lestrés se grossit horriblement, Cette Dame cherch[e]&#13;
620 les moiens de nous y faire un tres gros procez. Elle a mis dans son&#13;
621 parti Le P. LeTellier qui est bien aise de trouver quelq’ occasion&#13;
622 de nous mortifier. Elle sest appuyée de M de Pont chartrain&#13;
623 et de M De la vrilliere tous deux secretre Destat. Elle pretend&#13;
624 que quand Mgr LEvesq’ de Quebec a remis en 1691. Labbaye de&#13;
625 Lestrée a ces Relig.ses Jl y avoit p.r vingt mil escus de&#13;
626 reparations a f.re et que cepens.’ ce Prelat a fait reconnoistre&#13;
627 a ces Relig.ses que les lieux estoient en estat. Cette aff.re n’est&#13;
628 par sur mon compte, et cepend.t vous verrez que ce Prelat&#13;
629 par son Jndisposition contre moy se declarera contre ses&#13;
630 propres Jnterests en faveur de cette Relig.se contre moy,&#13;
631 on ne peut asseurem’ m’imputer rien de ces reparations donc&#13;
632 Je n’ay jamais esté chargé.&#13;
1711 à ‘ des m.&#13;
17.&#13;
&#13;
633 Je vous plains beaucoup destre chargez de tous ces Jeunes&#13;
634 gens que vous avez au sem.re p.r lestat Ecclesiastiq’ Mgr de&#13;
635 Quebec ne compte ces depenses p.r rien dez que cest le&#13;
636 semin.re qui les fait. Jl croit que nous ne les faisons que&#13;
637 pour lui aliener les esprits et les indisposer contre lui.&#13;
638 ainsy Jl aimeroit mieux que nous ne les fissions pas.&#13;
639 on a esté fort content icy de M Le fevre Mess.rs de s.t&#13;
640 sulpice se le sont dit on associez, et M de Quebec la ordonné.&#13;
641 J’ay veu ce pauvre fort ambarassé. Jl voudroit bien&#13;
&#13;
�Bénédiction&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
642 ne pas retourner sitost en canada, et rester en france, puisq’&#13;
643 Mgr de Quebec y demeure mais Le Prelat veut quil y&#13;
644 retourne, de peur dit il que tous les canadiens ne viennent&#13;
645 en france p.r y estre ordonnez mais qui sont ceux qui en&#13;
646 pouront f.re la depense. M De Lotbiniere est devenu un&#13;
647 abbé mondain qui ne fera guere honneur a Lestat Ecclesiastiq’&#13;
648 canadien sil y veut rester. J’ay conseillé a Mad.’ De&#13;
649 marson de le f.re estudier en droit. C’est un paresseux qui&#13;
650 ne veut rien faire&#13;
651 Ne pouriez vous pas me faire paier de 70.# que Je lui prestay&#13;
652 lors quil arriva en france p.r se f.re habiller. Jl se seroit mis&#13;
653 a genoux devant moy p.r les emprunter. Jl me promit que&#13;
654 Mad.’ De marson, qui nestoit pas alors a Paris me les&#13;
655 rendroit dez quelle seroit arrivée, car cestoit a Mad.’ De&#13;
656 marson que Je les prestois et non pas a lui, et Je crus que&#13;
657 ce seroit f.re un affront a Mad.’ De vaudreuil et a elle de les lui&#13;
658 refuser. En effet Mad.’ De marson me promit verbalem’&#13;
659 de me les paier, et Je lui renvoiay le billet de M de&#13;
660 Lotbiniere Jl y a deux ans. Je ne puis plus a present avoir&#13;
661 de lui ny delle ny argent ny billet. Comme c’est une&#13;
662 somme que J’ay prestés en votre consideration Je ne pouray me&#13;
663 dispenser de la porter sur le compte du sem.re Taschez a vous&#13;
664 en faire paier de M Desgly par qui M de Lotbiniere et&#13;
665 Mad.’ De marson disent quils croient quelle vous a esté&#13;
666 paiée en canada. Je nentends plus parler du s.r De La marche&#13;
667 J’ay receu d’un Relig.x Benedictin qui est a S.t ouin a Rouen une&#13;
668 lettre pleine de reconnoiss.ce de lesducation qu’on lui a donnée&#13;
669 au sem.re Jl sapelle haut mesnil. J’ay esté fort content&#13;
670 de cette lettre.&#13;
671 Mgr de Quebec auroit voulu que Je me fusse chargé de f.re&#13;
672 passer en canada le fils dun des soufermiers de meobec, qui&#13;
673 offroit de donner 1000.# en plus.rs paiemens p.r se charger de&#13;
674 son fils et le pousser jusqu’a la prestrise Je n’ay pas cru que cela&#13;
675 vous convint. Mgr de Quebec veut f.re de ces liberalitez a vos&#13;
676 depans sans considerer que vous devez plutost pousser les&#13;
677 Canadiens que ceux qui sont en france Je me ferois peine&#13;
678 de vous envoier un de mes Neveux, par ce que Je crois que vous&#13;
679 devez plutost aider les canadiens que tous autres.&#13;
680 Taschez sil vous plaist a engager M de varenne a nous&#13;
681 envoier un compte plus exact de recette et depense du sem.re&#13;
682 de Quebec, car nos Mess.rs n’y connoissent rien a force de&#13;
683 lavoir voulu abreger Jl la rendu inJntelligible Jl faudroit&#13;
684 tascher a nous f.re un estat des revenus du semin.re, et comment Jls sont&#13;
&#13;
�Gaudronnerie&#13;
&#13;
manufacture&#13;
&#13;
À M Des m.&#13;
19&#13;
&#13;
685 recus, en quoy Jls sont paiez, et ensuite f.re un estat et des depenses du&#13;
686 mesme semin.re Je suis persuadé que de la maniere dont M de varennes&#13;
687 rend son compte, on pouroit tous les ans destourner vingt mille livres&#13;
688 ou aliener p.r cette so’e de bien par des emprunts sans quon sen&#13;
689 apperceust, je voudrois bien vous voir desgagez de vos dettes, car soiez&#13;
690 persuadé qu’une comm.té qui doit vingt mille escus, quelq’ beau bien&#13;
691 quelle ait est fort mal en ses aff.res Nous faisons tous nos efforts a&#13;
692 Paris p.r ne devoir rien p.r Le sem.re Jl n’y a que vos aff.res qui m’oberent,&#13;
693 et mengagent avec les marchands.&#13;
694 J’ay fait p.r vous la demande de la goudronnerie, mais Je ne vous conseille&#13;
695 pas de faire un marché p.r fournir au Roi du goudron quelq’ argent qu’on&#13;
696 vous en donne on vous le promettra, on vous mettra dans des&#13;
697 avances considerables, et on vous laissera dans le Bourbier. Croiez&#13;
698 moy ne vous engagez point dans cette goudronnerie, vous en&#13;
699 seriez de mauvais marchands. Dailleurs M Raudot ma dit&#13;
700 qu’on avoit enlevé de la Baye S.’ Paul tous les Jnstrumens. &amp;&#13;
701 Ne vous engagez pas dans cette aff.re&#13;
702 Jenvoye au frere hubert tout ce quil m’a demandé p.r vos manufactures.&#13;
703 Je souhaite que cela reussisse, et que vous puissiez ne plus me demander cette&#13;
704 quantité d’estofes quil vous faut tous les ans.&#13;
705 Je ne vous escris pas beaucoup sur les aff.res de La chine car Jl y a peu de&#13;
706 choses a vous en dire. Cepend.’ depuis le depars de nos Mess.rs l’an&#13;
707 passé L’aff.re a esté decidée absolument, et irrevocablement. Comme&#13;
708 Je vous envoye un exemplaire de ce que les Jesuites ont fait et deux ou&#13;
709 trois exemplaires de ce que nous leur avons repondu lannée passée,&#13;
710 vous en serez plus instruit par la que par tout ce que Je vous en&#13;
711 pouvois escrire. Le Pape a cassé et mis au Neant lappel des&#13;
712 Jesuites du mandem’ de M Le Card.l de Tournon, et lappel quils&#13;
713 en avoient fait f.re aux Evesques de macao et Dascalon, Et&#13;
714 comme Jl plus a ces bons Peres de dire en plus.rs manieres que&#13;
715 ce dernier decret de septembre dernier n’estoit que conditionel,&#13;
716 et n’estoit pas absolu Le Pape fit escrire les lettres que vous verrez&#13;
717 impriméez par Lattesteur du S.t office, ou Jl declare que son&#13;
718 decret est absolu et nullem’ conditionel; cepend.’ Jl suffira que&#13;
719 cette fuite soit venue dans la teste dun Jesuite European, pour que&#13;
720 Les Jesuites de la chine des Jndes et mesme du canada le soutiennent&#13;
721 fortem’ Et Le Pape qui sur le fait du Jansenisme fait partir a&#13;
722 linstant toutes les foudres du vatican, quand Jl sagit d’une Jdolatrie&#13;
723 telle que les Jesuites le tolerent a la chine, Jl use dune condescendance&#13;
724 outrée, non p.r approuver cette Jdolatrie, car dans ce quil decide, Jl&#13;
725 decide bien, mais p.r ne pas couper chemin a une si mauvaise&#13;
726 cangrene, a ne pas f.re obeir les Jesuites, a laisser son Legat prisonnier&#13;
727 a macao, ou c’est Le Pape mesme quils tiennent prisonnier en&#13;
&#13;
�728 la personne de son Legat. Car depuis le mois de septembre dernier, Jl&#13;
729 sest tenu plus.rs cong.ons p.r prendre les mesures necess.res p.r f.re executer&#13;
730 les decrets, et faire eslargir Le cardinal, et on n’a cepend.’ encore rien&#13;
731 fait. Le Pape est indeterminé, et Jl laisse les Jesuites se fortifier dans&#13;
732 leurs mauvaises pratiques a present quils sont les maistres du champ.&#13;
733 de bataille, et quils en ont expulsez tous les autres. Le Pape dit tous&#13;
734 les jours a M LEvesque de canon et a M charmot quil va agir, et&#13;
735 quils auront toute satisfaction cepend.’ Jl ne fait rien&#13;
736 M Le Cardinal de Tournon quoi q’ toujours retenu prisonnier a macao,&#13;
737 destitué de tout secours, les Jesuites lui ayant fait oster par Lempereur&#13;
738 de la chine, tous les chinois qui le servoient, et par Le gouverneur de&#13;
739 macao tous les portugais, Jl soutient tout cela avec fermeté et est&#13;
740 disposé mesme au martire qui poura bien a la fin lui arriver. Jl&#13;
741 mande avec fermeté au Pape les moiens dont Jl doit se servir p.r se faire&#13;
742 obeir, et ces moiens sont forts, mais Jl connoist quil n’y a que ces&#13;
743 moiens forts qui pouront f.re obeir les Jesuites. Jl lui marque par des&#13;
744 lettres de la fin de 1709. Et des 1.ers mois 1710. quil ne pense point a&#13;
745 revenir gouter a Rome les douceurs de la pourpre de cardinal, quil&#13;
746 ne partira pas des Jndes, mesme apres quil sera mis en liberté,&#13;
747 que sa sainteté ne lui ait envoié quelquun qui fasse dans les Jndes&#13;
748 obeir les Jesuites aux ordres du S.’ siege, et que si son bonnet de cardinal&#13;
749 ne lui permet pas de demeurer dans Les Jndes avec bienseance&#13;
750 Jl le renvoye a sa sainteté, et consent que sa sainteté le lui oste,&#13;
751 et en dispose en faveur de qui Jl lui plaira&#13;
752 Jl n’y a plus a present personne qui doute que Les Jesuites ne soient&#13;
753 condamnez Ceux dEntre eux qui sont un peu de bonne foy&#13;
20.&#13;
&#13;
Portrait&#13;
De&#13;
Mgr de&#13;
Laval.&#13;
&#13;
754 en conviennent, mais Jls disent que ce sera la perte de la Religion de&#13;
755 La chine. Dieu decidera au Jugem’ dernier qui d’eux ou de nous&#13;
756 la perdüe a la chine, et nous esperons alors lever la teste, pend.’&#13;
757 quils en auront toute la confusion. mais cela ne repare pas&#13;
758 le mal qui est fait. on a donné au Pape de bons moiens&#13;
759 p.r remettre toutes choses en bon estat. Le Pape na pas assez&#13;
760 de force p.r les mettre en usage.&#13;
761 Je ne laisse pas d’entretenir avec Le R. P. Lamber ville L’union qui&#13;
762 convient entre personnes comme nous. C’est un tres bon Relig.x Je&#13;
763 le vais voir, et Jl me fait lhonneur de me venir voir.&#13;
764 Je ne vous envoie pas p.r cette année dJmages de Notre cher ancien&#13;
765 Prelatj Le frere hubert pretend que nous avons mal fait de ne nous&#13;
766 pas servir du tableau de Mad.’ De champigni qu’on a fait tres&#13;
767 grossierem’ et que ces Jmages ne lui ressemblent pas Le Tableau sur&#13;
768 lequel on les a gravez lui ressembloit bien en 1688. Je vous en&#13;
769 envoieray une autre année ou Jl y aura moins de risques. Tout&#13;
770 de mesme Jattends la paix p.r vous envoier le reste des offices de la&#13;
&#13;
�M.’ Gaulin&#13;
&#13;
1711 à M des&#13;
m.&#13;
21.&#13;
&#13;
771 S.te famille que Jay toujours dans mon armoire&#13;
772 Je vous envoie plus.rs Jmages de pieté chapelets et autres devotions.&#13;
773 J’en envoye a dautres miss.res qui vous montreront leurs lettres,&#13;
774 et a qui vous donnerez ce que Je leur marque leur avoir acheté&#13;
775 J’ay fait aussi acheter p.r vos escoles de bons petits livres a bon marché,&#13;
776 mais mal reliez. Jen aurois voulu donner davantage et quils&#13;
777 eussent esté mieux reliez&#13;
778 Je n’ay reveu aucune Nouvelle du bon Monsr Gaulin qui doit estre&#13;
779 mal a son aise, car Jl y a plus de quatre ou cinq ans qu’on ne lui envoye&#13;
780 rien Jl a tiré sur moy plus.rs lettres de change qui montent a plus de&#13;
781 4. ou 5000.# Je les ay toutes laissé protester. car Je suis p.r lui en&#13;
782 avance de 300.# dont je ne scay comment J’en seray paié. Jl&#13;
783 auroit mieux fait de se retirer a Quebec, co’e Je le lui avois&#13;
784 conseillé. Jl ne faut plus sattendre a estre paié en rien des&#13;
785 tresoriers de la marine, ny du tresor roial Jl lui est deu 600#&#13;
786 par an depuis 1707. ou 1708. ou 1709. mais Jl ne tirera jamais&#13;
787 que du papier p.r f.re sil veut des contracts de constitution sur&#13;
788 lhotel de ville&#13;
789 Je vous ay envoié la grammaire et Le dictionnaire Espagnol que vous&#13;
790 mavez demandé. J’ay envoié aussi les livres de classes p.r les escoliers,&#13;
791 mais Jl me semble quil nen faudroit pas tout d’un coup 24. de chaque&#13;
792 façon, Jen ay envoié 18. et Je crois que cest encore trop. J’ay&#13;
793 esté si presté descritures que J’ay fait copier mes comptes et&#13;
794 escritures par un Escrivain, que J’ay pris expres Je crains quil&#13;
795 n’y ait des fautes. car Je n’ay pas le temps de les relire.&#13;
796 Nous avons donné a manger a M Begon Jntendant au&#13;
797 semin.re a Mons.r Labbé son frere, et a deux de Mess.rs leurs&#13;
798 oncles qui sont des anciens amis de M Labbé de Brisacier.&#13;
799 Je crois quil ne va quavec peine en canada, sur le danger&#13;
800 qu’on croit estre tres prochain que Les anglois n’y soient allez&#13;
801 par mer et par terre Jl a espousé la sœur de M De Bauharnois.&#13;
802 qui est une Dame tres vertueuse, et dont Jespere quon sera&#13;
803 content.&#13;
804 voila a peu prez tout ce que Javois a vous escrire sur vos&#13;
805 aff.res Je n’ay encore pu trouver le temps de vous escrire sur&#13;
806 mes dispositions interieures. Je ne scay si Je le trouveray.&#13;
807 Je vous suplie de prier le bon Dieu quil me soutienne&#13;
808 dans toutes les traverses que Jay actuellem’ a essuyer. foris&#13;
809 pugnà intus timores. Et Jay bien besoin du secours den haut&#13;
810 p.r en f.re un S.t usage, et me servir surtout de ce qui m’humilie&#13;
811 et me rabaisse p.r attirer sur moy les misericordes de Dieu, et me&#13;
812 deffaire de toute enflure et d etout orgueil. faites je vous prie&#13;
813 prier p.r moy par votre petite jeunesse Escrivez moy avec&#13;
&#13;
�Règlement&#13;
&#13;
814 M. Glandelet vos sentimens afin que je les suive mais ne&#13;
815 les proposez pas a Mgr sans nous les avoir communiquez&#13;
816 Je ne crois pas qu’on puisse se relascher plus que nous avons&#13;
817 fait sans vouloir lui abandonner tout, et vous le verrez aisem’,&#13;
818 pour peu que vous y pensiez serieusement.&#13;
819 Taschez a nous renouveller la procuration du chapitre et&#13;
820 le pouvoir de transiger surtout ce que Je vous ay proposé si&#13;
821 on lapprouve. Je vous prie aussi de me parler toujours avec&#13;
822 liberté en mavertissant de tout ce qui vous revient de moy.&#13;
823 Je voudrois voir M de la colombiere serré faire le&#13;
824 personage que Je fais Jl en seroit bientost rebuté.&#13;
825 Je suis tres parfaitem’ Monsieur votre tres humble&#13;
826 et tres obeissant serviteur Tremblay&#13;
827 Joubliois de vous dire qu’on a mandé a nos Mess.rs que vous&#13;
828 nagissiez point de concert avec M Glandelet ny M Pocquet,&#13;
829 quil n’y avoit entre vous aucune assemblée, qu’on le se communiquoit&#13;
830 rien les uns aux autres. Je ne scais que penser de cela car&#13;
831 cela me surprend tres fort. Jesperois quapres la mort de Notre&#13;
832 ancien Evesque Les assemblées p.r les aff.res du sem.re se tiendroient&#13;
833 regulierem’, et qu’on observeroit exactem’ les reglemens.&#13;
834 mandez moy ce qui en est. Jen escris autant a M Glandelet.&#13;
835 M Des maizerais.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2022&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250251">
                    <text>Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249827">
                <text>88UUNUHE</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249828">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249829">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249830">
                <text>Lettre de Tremblay à Maizerets (Paris, 1711)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249831">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris expose au supérieur du Séminaire de Québec les différends entre le Séminaire et Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, concernant les abbayes. Il relate les démarches qu’il a faites pour faire valoir les droits du Séminaire sur les abbayes, notamment en obtenant un arrêt du Grand Conseil contre la prieure de l’Estrée, qui voulait partager l’abbaye avec le Séminaire. Il l’informe des problèmes que le Séminaire rencontre pour toucher les ordonnances sur le Trésor royal et la Marine, qui sont impayées depuis plusieurs années. Il a sollicité Pontchartrain, secrétaire d’État à la Marine de France, pour qu’il continue de donner au Séminaire une ordonnance de 4 000 livres pour la construction après l’incendie. Il fait part de la situation des missions de la Louisiane, qu’il a chargées de provisions par un vaisseau. Il parle aussi des affaires de la Chine, où le pape a condamné les pratiques des Jésuites concernant les rituels chinois.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249832">
                <text>1711</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249833">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249834">
                <text>&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11827" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres O, no 51&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249835">
                <text>Ango des Maizerets, Louis, 1636-1721</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250252">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11826" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11828" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="847">
        <name>Affaire du caractère de Saint-Vallier (1685-1708)</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="222">
        <name>CONTENTIEUX</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="256">
        <name>Grâces pécuniaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="83">
        <name>Incendies</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="844">
        <name>Procédures judiciaires</name>
      </tag>
      <tag tagId="926">
        <name>Querelles doctrinales</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18663" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11829" order="1">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/1f1999932701e788bb685e155369fddc.png?Expires=1779321600&amp;Signature=ob4cfVj6Jv937aCt1tIqkTpnxtF9u2ujdDtWg09nLxjQ-QucbvNnrc6kK1WtSZFcYIP6B9OKB3Wrgugk0ep53JXMfhBXE-eFGZC%7EfDCBQ%7E91ZGIZ0iSSD5KpkviQrXvg-1jysHwbn9uvYzTuJ%7E3874PQ-K4dIfWkHkNyPV31k5eJOEIPAyPTvjdzDYjofTw5jijMPANhOqW0lXtF-HjPW2NFuLrtYSPKgfIB2M-iDZsfPzb1zYEvkIpAPhI-oZhRigyj4uyLLWEHhchj2gBTs68FI5XffF4AUjbq1Tc-p%7EasKS5l60cpTBAYNPEFlGgB4K1qFGKUsWhyDmnTsnCEHQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11830" order="2">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/cd750187c0658bbc06f9707ff41e4941.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=OPVgQN4I%7EXFMD7OSWi3zR7dEKmVawT0hDw7pIM0%7EYx1KvdNaW1eUbendMjKZa9xM4BmKMyk%7EkugHaEVTHc%7ESDGlCmUCRR5zvWjqf1GXlCT36KcstJsoN1uSjsZRWvGe%7EoCvF3H85ppwBdWhw-U-DYEJ3r%7E9RKLJB%7EJgMjAblVHU5TTs99i2uI-h55H3RiNet0kr93a4H%7Epj5u-UGiKRixTOsay2DOXat54iGpf4%7ExpPmOcFylclfIrJwNaXSOgFstdveDKIHMVNXKq-p85jyOPqEvuNqD7kPa46Nk7D%7E8WtzonTHLwOgvLgtELJbvlvnfNwEjzGPA4p4ZpQ8Dq%7E-Kw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>5670950112714b925fddd988670953df</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250253">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 12 mars 1700)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je commence à vous écrire dès le 10 mars, parce qu’on prétend que M. Juchereau&#13;
[et] le P. Joseph partiront à la fin de mars dans un petit vaisseau, qui doit aller à la&#13;
baie d’Hudson et je commence par vous mander que j’ai reçu toutes vos lettres&#13;
officielles, tant [celles] qui sont venues par Plaisance que celles qui sont venues par&#13;
les derniers vaisseaux du Canada. J’ai été consolé d’apprendre par ces lettres que&#13;
Dieu vous conserve une assez bonne santé pour espérer qu’il vous conservera pour&#13;
notre consolation encore quelques années. Je voudrais de tout mon cœur que Dieu&#13;
diminuât ses richesses pour augmenter les vôtres pour vous donner moyen&#13;
d’affermir de plus en plus le bien que vous avez établi.&#13;
Je n’ai pas voulu être exposé à manquer, comme je fis l’année passée, à vous donner&#13;
de mes nouvelles par les premiers vaisseaux pour obvier à l’inconvénient qui&#13;
arriva l’an passé. Il me paraît, Monseigneur, qu’on n’a pas été assez instruit en&#13;
Canada de ce qui s’est passé dans la découverte de M. d’Iberville. On y a cru qu’on&#13;
y avait réussi à merveille ; cependant, M. d’Iberville n’en a pas donné cette idée et&#13;
par la relation qu’il a faite de ce qu’il a vu en ce pays-là, peu s’en est fallu qu’on&#13;
n’y ait renvoyé aucun vaisseau et ceux qui y sont retournés y sont allés seulement&#13;
pour y faire une nouvelle tentative et si on ne trouve pas meilleure embouchure et&#13;
une meilleure rade, [il faudra] prendre leurs gens pour les ramener en France et&#13;
abandonner cette entreprise. M. d’Iberville a rapporté à la Cour et m’a écrit à moimême que ce pays-là n’était pas ce qu’on pensait ; qu’il paraît une barre tout le&#13;
long de la côte à deux lieues au large, qui ne permettait pas aux vaisseaux de&#13;
s’approcher ; qu’il n’y avait trouvé aucune rade pour mettre les vaisseaux à l’abri ;&#13;
que l’embouchure de la rivière s’étendait plus de 20 lieues en mille petits canaux,&#13;
qui formaient une multitude innombrable d’îles, qui s’inondaient tous les&#13;
printemps et que ces canaux n’avaient au plus que 2 brasses ou 2 ½ brasses de&#13;
fond ; que ce pays n’était couvert que de méchants roseaux et qu’il s’inondait&#13;
jusqu’à près de 80 lieues de la mer ; qu’il y avait un très petit nombre de Sauvages,&#13;
de difficile accès ; qu’on n’y trouvait point de terres propres à cultiver ; qu’on ne&#13;
voyait pas encore quel commerce on y pouvait faire, etc.&#13;
&#13;
�Il faut pourtant, Monseigneur, vous dire ce que je crains de cette description&#13;
fâcheuse de M. d’Iberville, c’est un bon officier, mais qui veut être seul dans les&#13;
lieux où il va. Il a trouvé moyen d’en agir ainsi à l’égard de la baie d’Hudson. Il a&#13;
été six ans à décrier partout l’Acadie comme le plus misérable pays du monde&#13;
pour en dégoûter un chacun et pendant ce temps-là, il sollicitait sous-main M. le&#13;
marquis de Chevry de le lui donner pour en exclure tous les autres.&#13;
Lorsqu’il fut de retour en France, comme il restât à La Rochelle, je lui écrivis une&#13;
lettre la plus obligeante que je pus pour le prier de me mander s’il voudrait&#13;
prendre un de nos prêtres pour lui servir d’aumônier. Il me répondit assez&#13;
honnêtement, mais me dit que cela ne dépendait pas de lui. J’ai su depuis qu’il&#13;
avait déjà pris ses mesures pour demander un jésuite, qu’il y a en effet mené. Les&#13;
Jésuites ont conduit cette affaire secrètement et quand ils ont su que je savais qu’il&#13;
allait un jésuite avec M. d’Iberville, ils ont dit que c’était un ami intime du&#13;
P. Marais, qui allait aux Sioux par M. d’Iberville ; ensuite, ils m’ont dit qu’il n’allait&#13;
qu’à Saint-Domingue et je n’ai su la vérité qu’au mois de janvier, qui est que les&#13;
Jésuites ont obtenu un brevet pour servir d’aumônier dans le fort de M. d’Iberville,&#13;
privativement à tous autres, et ont obtenu pour cela une pension. Le bruit courut&#13;
qu’ils avaient obtenu du roi cette mission entière, privativement à tous autres. Je&#13;
prévois qu’ils feront leur possible pour l’obtenir et je m’attends à y voir naître tout&#13;
autant de brouilleries que dans les Indes orientales ; ce qui est fort affligeant. Vous&#13;
jugerez bien qu’ils n’ont pas pris les pouvoirs de M. l’évêque de Québec, qu’ils&#13;
tâcheront de ne pas reconnaître en ces lieux-là.&#13;
Quoique je n’eusse pas réussi à obtenir la place d’aumônier pour ce lieu-là pour un&#13;
de nos missionnaires, qui aurait entretenu la correspondance avec nos missions de&#13;
Mississippi, cependant comme j’avais alors en vue un ecclésiastique supérieur de&#13;
la petite communauté de Saint-Pierre, qui est une des trois communautés de&#13;
M. Sanciergues, qui s’était offert pour nos missions. Je fis demander à&#13;
M. de Pontchartrain passage pour un missionnaire dans les vaisseaux de&#13;
M. d’Iberville, ce qu’il nous accorda ; mais quand il fallut fondre la cloche avec cet&#13;
ecclésiastique, il saigna du nez, si bien que nous n’avons envoyé personne par cette&#13;
voie. J’ai seulement fait acheter à La Rochelle pour 30 ou 400 livres de&#13;
marchandises de traite pour les Sauvages, que je leur ai fait adresser et que j’ai prié&#13;
M. d’Iberville de rendre à MM. de Montigny, Saint-Cosme et Davion, avec des&#13;
&#13;
�lettres que je leur ai écrites, où je leur ai mandé que nous avions encore demandé&#13;
au roi de quoi soutenir ces missions, mais qu’il n’y avait encore voulu entendre&#13;
que nous ne nous rebuterions par des demandes et que, soit par unions de&#13;
bénéfices, soit par gratification de la Cour, soit même en demandant au clergé&#13;
quelque gratification cette année qu’il doit s’assembler, nous ne négligerions&#13;
aucun moyen de contribuer au soutien de ces missions.&#13;
Cependant, Monseigneur, nous n’avons encore rien fait pour elles, quelque bonne&#13;
volonté que nous ayons. Nous avons cependant rendu votre lettre à M gr de Paris&#13;
et l’avons fort prié d’en reparler au roi. Il [l’archevêque de Paris] nous a conseillé&#13;
d’écrire en votre nom au jeune M. de Pontchartrain, qui est le ministre chargé du&#13;
Canada. Nous la lui avons fait rendre par M. l’abbé de Brisacier, à qui il promit de&#13;
faire de son mieux. Nous allons faire agir sans cependant beaucoup d’espérance,&#13;
car il ne faut pas nous attendre d’obtenir quelque chose après ce qui s’est passé&#13;
avec les Jésuites pour ces missions. Tandis que nous aurons à dos le P. de La&#13;
Chaize, nous n’obtiendrons rien et il est à craindre qu’il n’ait donné au roi des&#13;
impressions que nous ne cherchons qu’à les supplanter et à porter le trouble et la&#13;
division dans leurs missions.&#13;
Vous aurez peine à croire, Monseigneur, sur quel ton les Jésuites ont pris&#13;
l’établissement de M. de Montigny aux Tamarois. Je crois que quand on leur aurait&#13;
enlevé le tabernacle de leur église de Saint-Louis, ils n’auraient pas crié plus haut&#13;
à l’injustice et à la violence ; c’est ainsi qu’en écrivent les PP. Bineteau et Gravier et&#13;
Cholenec et même le P. Bouvart et c’est ainsi qu’en parle le P. de Lamberville, tout&#13;
modéré qu’il est d’ailleurs. Vous auriez peine à croire tous les mouvements que&#13;
s’est donné M. le marquis de Denonville, qui est plus jésuite que les Jésuites et qui&#13;
n’entend aucune raison, dès qu’on n’entre pas dans toutes leurs vues. Ils en ont&#13;
rompu les oreilles du ministre, qui, avant que nous en eussions ouvert la bouche&#13;
sur ce que nous avions demandé au P. de Lamberville, un éclaircissement sur ses&#13;
affaires avec le P. d’Aix, leur provincial, dit un jour à M. l’abbé de Brisacier que&#13;
nous avions deux grosses affaires avec les Jésuites, l’une pour les missions du&#13;
Mississippi, l’autre pour les écoles de Québec. M. l’abbé de Brisacier lui promit de&#13;
lui en rendre compte dans la suite. Nous avons eu depuis plusieurs assemblées&#13;
avec M. le marquis et le P. de Lamberville, car le P. d’Aix n’a pas voulu s’y trouver,&#13;
&#13;
�à cause des affaires de la Chine, qui y aigrissent souverainement les Jésuites contre&#13;
nous.&#13;
Nos Messieurs furent d’avis que dans ces assemblées, après avoir représenté ce&#13;
qu’on nous écrit, nous nous en tinssions à dire que si cet établissement des&#13;
Tamarois n’était d’une nécessité indispensable pour le soutien de nos missions de&#13;
Mississippi, nous le leur céderions, plutôt que de se contester les uns les autres.&#13;
Vous aurez peine à croire quel mauvais tour ils ont donné à tout ce qu’a fait&#13;
M. de Montigny et combien ils décrient ses actions et même ses intentions :&#13;
1° ils disent que ce qu’il a fait est un dessein concerté depuis 1696,&#13;
en conséquence de la proposition qu’ils disent qu’il vous fit d’entrer&#13;
dans les missions si les Récollets y allaient, sur ce proverbe « Inter&#13;
duos litigantes, tertias gaudebit1 ». Comme M. de Glandelet a mandé&#13;
ce qui se passa alors à M. de Denonville, il s’en sert à présent pour&#13;
dire que c’est un dessein de longue main concerté par&#13;
M. de Montigny pour les chasser de leurs missions ;&#13;
2° ils disent qu’on a obtenu des patentes pour les Tamarois en&#13;
cachette de leurs pères, n’en ayant parlé qu’au P. Germain, qui ne&#13;
connait point ces missions ;&#13;
3° que M. de Montigny a promis à Michilimakinac et même a&#13;
mandé en France qu’il ne s’établirait pas aux Tamarois, mais je leur&#13;
ai fait voir, par l’extrait même de la lettre que j’en écrivis l’an passé&#13;
au P. Lamberville, qu’il a envoyé aux Outaouais et que le P. Gravier&#13;
a renvoyé, a postillé que M. de Montigny avait promis de ne point&#13;
s’établir aux Tamarois si les Jésuites y étaient établis, etc., or est-il,&#13;
etc. ;&#13;
4° que M. de Montigny, passant aux Illinois, avait promis au&#13;
P. Binneteau de ne s’y point établir et que pour leur cacher cet&#13;
établissement, M. de Montigny était descendu jusqu’aux Tonicas et&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Entre deux débattant, un troisième serait heureux.&#13;
&#13;
�était revenu sur ses pas y établir M. de Saint-Cosme ; qu’il avait, par&#13;
des présents, voulu débaucher les chefs des Illinois pour venir&#13;
demeurer aux Tamarois ; et que M. de Tonti faisait bâtir une&#13;
chapelle pour M. de Montigny aux Illinois pour en débusquer les&#13;
Jésuites ; que M. de Tonti a dit aux Sauvage, à l’occasion des grands&#13;
présents que fait M. de Montigny aux Sauvages pour les gagner,&#13;
que c’étaient là les robes noires ; que M. de La Salle leur avait&#13;
promis qu’il leur ferait de grands présents. Sur cela, le P. Binneteau&#13;
reproche les plaisirs qu’il a faits à nos Messieurs, en passant chez&#13;
eux d’une manière honteuse, comme si ces missionnaires eussent&#13;
agi en traitres et ingrats. Ses lettres ne sont nullement mesurées et&#13;
voulant cependant affecter un air d’oppression et de souffrance, il&#13;
appelle les Tamarois les enfants, reproche à M. Saint-Cosme de les&#13;
lui avoir enlevés, d’agir contre l’Évangile et je ne sais pas quels plus&#13;
forts termes on pourrait employer pour marquer l’oppression et la&#13;
violence ;&#13;
5° ils disent que cette nation des Tamarois n’est nullement&#13;
distinguée des Illinois ; qu’ils font leurs champs et leur chasse&#13;
ensemble ; que le P. Binneteau a été des hivers entiers avec eux ;&#13;
qu’ils y ont demeuré très longtemps ; qu’ils y ont habité plus de&#13;
deux ou trois cents chrétiens ; que les Tamarois vont demeurer chez&#13;
les Illinois et les Illinois chez les Tamarois, comme ne faisant qu’un&#13;
même peuple. Et sur ce que nous leur avons dit que l’on nous&#13;
mandait tout le contraire, ils soutiennent que nous sommes mal&#13;
informés et ils n’apportent d’autre témoignage que les lettres de&#13;
leurs pères, qu’ils disent être mieux instruits que tous autres. Ces&#13;
lettres disent que M. des Ilettes, officier, a reproché à M. SaintCosme qu’il venait prendre le bien des Jésuites. Ils récusent le&#13;
témoignage de M. de Tonti et de M. de La Forest, disant qu’ils ne&#13;
sont pas évocables contre eux et ils apportent un certificat que le&#13;
P. Cholenec a fait donner à un malheureux coureur des bois qui&#13;
était à leur service, qu’il dépose devant notaire que les Tamarois&#13;
sont Illinois, que les Jésuites y sont établis et qu’ils y ont grand&#13;
nombre de chrétiens.&#13;
&#13;
�Cette affaire a été au roi sans notre participation. Ce fut M. le marquis&#13;
de Denonville qui nous en donna avis et nous pria de voir le R. P. de La Chaize.&#13;
Nous y eûmes une conversation très vive de ma part et de la part du&#13;
P. de Lamberville, car je ne pus m’empêcher de lui reprocher que l’union avec les&#13;
Jésuites était bien faible, puisqu’ils la rompaient pour un si faible sujet ; qu’il était&#13;
honteux de faire tant de bruit pour un pouce de terre où ils n’avaient aucun droit,&#13;
pendant qu’ils abandonnaient plusieurs nations l’espace de 400 ou 500 lieues qui&#13;
demandaient des missionnaires, auxquels ils n’en donnaient point et ne souffraient&#13;
pas que d’autres y fussent ; que c’était après tout à M. l’évêque à pourvoir au bien&#13;
spirituel de ces peuples ; qu’ils n’avaient aucune patente expresse pour les&#13;
Tamarois et que quand celle qu’ils ont pour les Illinois leur serait, puisqu’ils n’y&#13;
avaient encore aucun établissement, c’était à M. l’évêque à pourvoir au plus&#13;
prompt secours pour eux ; enfin, nous ne sortîmes pas de ce principe que si nous&#13;
pouvions nous passer des Tamarois pour soutenir nos missions de Mississippi,&#13;
nous les leur céderions, mais que si nous ne pouvions nous en passer, nous ne&#13;
doutions pas qu’ils ne voulussent bien nous la céder. Vous devez, Monseigneur,&#13;
agir sur ce fondement et si vous croyez cette mission absolument nécessaire, vous&#13;
la devez conserver et en écrire sur ce pied à nos Messieurs, mais si on peut s’en&#13;
passer et de toute correspondance avec les Jésuites, je crois que ce sera le mieux.&#13;
Je ne fus nullement content du P. de La Chaize, qui nous dit que le roi lui ayant&#13;
demandé quels étaient nos différents et qu’il se souvenait de deux en gros, dont&#13;
l’un était que les Jésuites voulaient empêcher les missionnaires de M. l’évêque de&#13;
s’établir dans une mission où ils n’étaient pas établis, l’autre qu’ils voulaient&#13;
empêcher le curé de Québec de tenir les petites écoles, qu’ils faisaient faire mal et&#13;
qu’ils faisaient tenir par un soldat, le P. de La Chaize, sans doute piqué, dit qu’il&#13;
répondit au roi : « Sire, je ne suis pas instruit de l’affaire, j’aurai soin de m’en&#13;
instruire. Ce que je puis dire à présent à Votre Majesté, c’est que nous sommes faits&#13;
pour être chassés partout par ces Messieurs. Ils nous ont chassés de la Cochinchine,&#13;
du Tonkin (vous remarquerez par parenthèse qu’ils y sont en plus grand nombre&#13;
que jamais) et ils veulent encore nous chasser du Canada ! » Jugez quelle&#13;
impression cela fait et attendez-vous après cela d’obtenir du roi quelque&#13;
gratification. Nous agirons auprès du clergé ce mois de mai. Ayez la bonté&#13;
d’instruire M. de Montigny et M. Bergier de tout ce que je vous mande.&#13;
&#13;
�J’ai perdu cet été le procès que j’avais avec la religieuse que Mgr de Québec a laissé&#13;
s’établir à l’Estrée. Cette affaire m’a pensé faire mourir de fatigue et d’affliction du&#13;
mauvais succès. J’ai été joué à Rouen par un conseiller, qui a voulu mettre sa fille&#13;
dans cette abbaye, auprès d’une terre qu’il a acheté attenante à l’abbaye. J’ai bien&#13;
appris le procès à mes dépens. Je suis tombé encore malade cet automne, revenant&#13;
de l’Estrée, mais la maladie n’a pas été si longue que celle de 1698. Je n’ai pu, pour&#13;
cela, aller dans nos autres abbayes, comme je l’avais projeté et cette malheureuse&#13;
affaire m’a donné une occupation continuelle toute l’année passée. Mais je n’en suis&#13;
pas quitte, car pour me relever d’un arrêt du Parlement, je plaide au Grand conseil&#13;
et au Conseil privé. Je ne sais quel succès l’affaire aura, mais si nous la perdons&#13;
entièrement, il nous en coûtera peut-être plus de 1 000 écus en dépenses,&#13;
dommages et intérêts, sans la peine de ne pouvoir avancer nos unions. Je crois&#13;
n’avoir rien à me reprocher. Tous les revenus de l’Estrée sont saisis et je n’en touche&#13;
rien depuis près de 10 mois.&#13;
J’ai été bien surpris que nos Messieurs aient touché en Canada les 2 000 livres des&#13;
prêtres hors d’état de servir, après ce que je leur avais mandé. Quel affront auraisje eu si je les avais touchées en France, moi qui assurais qu’on ne les toucherait&#13;
point en Canada, sur ce que je croyais qu’on aurait quelques égards à ce que&#13;
j’écrivais. Cela m’a couvert de confusions et je n’oserais me montrer devant ces&#13;
Messieurs du castor. Peut-être seront-ils un peu embarrassés, lorsqu’ils ne&#13;
trouveront pas la facture accomplie, mais ils s’en doivent prendre à eux-mêmes et&#13;
je dois croire qu’ils trouvent plus avantageux d’acheter sur les lieux leurs denrées,&#13;
puisqu’ils épuisent et au-delà l’argent que j’ai en France en tirant sur moi des lettres&#13;
de change.&#13;
À la vérité, Monseigneur, vous avez cru que je pourrais, pour payer ces lettres de&#13;
change, aliéner pour cette somme de ces rentes sur l’hôtel de ville, mais vous savez,&#13;
Monseigneur, assez les affaires pour être instruit que les aliénations de fonds&#13;
d’églises ne se font pas sans sujet. On ne trouvera pas aisément des personnes qui&#13;
veuillent acquérir des biens d’église. À la vérité, il s’est trouvé cette année une&#13;
occasion de recevoir le remboursement de cette rente, qui ne se trouvera jamais,&#13;
mais il se faisait d’une manière si désagréable et avec tant de perte qu’on ne m’a&#13;
pas conseillé de le recevoir. Il m’a donc fallu accepter pour 5 400 livres de lettres&#13;
de change pour vous, quoique je fusse en avance du compte envoyé l’an passé au&#13;
&#13;
�mois de juillet de plus de 6 000 livres et que j’eusse payé depuis à M. Grignon plus&#13;
de 4 000 livres.&#13;
Nos Messieurs voulaient que je n’acceptasse pas toutes les lettres de change que je&#13;
n’eusse du fonds devant moi. J’ai cru cependant n’en devoir refuser aucune. Je les&#13;
ai toutes acceptées, sur le crédit de mes amis. L’évêque d’Aires nous doit près de&#13;
3 500 [livres], dont nous ne pouvons encore rien tirer. L’Estrée est saisi et arrêté ;&#13;
c’est pourquoi, Monseigneur, je vous prie très instamment d’avertir nos Messieurs&#13;
que tout ce que j’ai pu me résoudre, ç’a été d’accepter toutes les lettres de change.&#13;
Je les acquitterai le mieux que je pourrai avec le secours de mes amis, mais je n’ai&#13;
pu accomplir leur facture. J’ai été sensiblement touché de la peine que je prévois&#13;
qu’ils en ressentiront, mais je n’ai pu faire de quoi faire des soutanes et les doubler,&#13;
de quoi faire des robes de chambre, des revêches noires, de quoi faire des capots&#13;
aux enfants, de la soie, des bas, douze chapeaux, quelques douzaines de collets,&#13;
des vitres, 100 livres de cire blanche, deux barriques de vin blanc pour les messes&#13;
et deux de rouge pour vous. Voilà tout ce que j’envoie ; c’est à nos Messieurs à se&#13;
pourvoir du surplus dans le pays. S’ils touchent encore cette année les 2 000 livres&#13;
des prêtres hors d’état de servir, ils peuvent s’attendre que je ne leur ferai rien tenir&#13;
l’année prochaine. Cela ne laisse pas de m’être plus commode, j’en ai moins&#13;
d’embarras. Dieu veuille que nos Messieurs s’en trouvent aussi bien.&#13;
Vous apprendrez, Monseigneur, la mort de feu M. le chancelier Boucherat et que&#13;
M. de Pontchartrain a été fait chancelier ; M. de Chamillart a été fait contrôleur&#13;
général ; le fils de M. de Pontchartrain est ministre d’État pour la marine et prend&#13;
soin du Canada. Nous avons perdu depuis 15 jours M. Tronson, supérieur des&#13;
Séminaires de Saint-Sulpice, dont la mémoire est en bénédiction.&#13;
Je vous enverrai cette année un prêtre, qui est un bon sujet, qui a près de 38 ou 40&#13;
ans. Il n’a pas une science extraordinaire, ni le don de la parole, mais c’est un&#13;
vertueux ecclésiastique, dont nous Messieurs seront, à ce que je crois, contents. Il&#13;
a même 500 ou 600 livres de revenu et je crois qu’il est un peu parent de&#13;
M. de Meaux. Il mènera avec lui le neveu de Hubert Houssart, qui est dans le&#13;
Séminaire, et ils partiront avec M. Charon, qui demeure chez nous et dont nous&#13;
sommes très édifiés. Je n’ai pu faire imprimer l’Office de la Sainte-Famille.&#13;
&#13;
�12 mars 1700,&#13;
À Mgr de Laval&#13;
J’envoie à M. Soumande une cloche, mais point de ciboire ; à M. Gaultier, deux&#13;
tableaux qu’il m’a demandés. Je prends la liberté de me recommander à vos prières&#13;
et saints sacrifices et vous prie de me croire très parfaitement, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
Ce 12 mars 1700,&#13;
Nos Messieurs ont cru devoir s’expliquer nettement avec M. de La Pallière sur ce&#13;
qui regarde la conduite de N2. Ils en ont parlé très fortement à M. l’archevêque&#13;
d’Auch, qu’on attend à Paris, et tous ensemble verront quel remède apporter à une&#13;
telle conduite.&#13;
J’oubliais de vous apprendre que nous avons à présent M. l’abbé de Brisacier pour&#13;
supérieur. J’ai encore oublié de vous mander que nous n’avons pas cru devoir&#13;
prendre si fort l’affirmative pour les petites écoles, dont la fondation ne nous paraît&#13;
pas favorable au Séminaire et que nous avons dit aux pères jésuites que nous&#13;
n’empêchions pas qu’ils ne les tinssent, mais que M. le curé avait la même liberté&#13;
de la tenir.&#13;
&#13;
/Transcription3 en français moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
On trouve souvent la majuscule N. dans les lettres du 17 e siècle pour désigner un supérieur, tels un&#13;
provincial ou un évêque. Ici, elle fait référence à Mgr de Saint-Vallier.&#13;
3&#13;
Faite à partir de la paléographie par la Société de généalogie de Québec, 2019.&#13;
2&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250257">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11831" order="3">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/e582efc1aa00bc83ac62596dbd3143e1.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=i8AuX7WEFRhjHy91hMMrmVBidCuq%7E%7EJvGtS7oW8eovH76p%7EH4LnPwXggu6qh0M%7EReBY3VTWC%7E316hVcQbM4fQsGC0--kE6i5kSsMq85G22dNlYNJCJ9jwgsJNLexEXTbQGRqpG0r2KH5uJkdEHCjuz0TDXkSPEHS--f0PomWvrumkGr6vT6q0rb8rI6%7E3KVbi2rF0DOmsWxOSmQ7tq%7EZSDN-IGqBperlKtlTRttbLT2TPspjLYUc3Df9OpwhkpXk-cn2csQQf22j1fP79%7EeKVQq-fbDh4ZGEGl1UfGHn5TBk86qKfGgHXyRy1uk6Xo-LfLCyKn3HJqtLB%7EiqkN5l4Q__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>67282220bbf99d490e4afa04fa655ec2</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250254">
                    <text>�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250258">
                    <text>&lt;span&gt;Copie dactylographiée en français classique par l'archiviste local, v. 1900, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Lettres N, no 109a&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11833" order="4">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/ebf233703ac1e6323f9d4ea9f0d6ad02.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=vqHfCqtjDwTIMHLYl6tA8UFa49CfOmOlIfnYyYfk1tnWGzYBovl%7Ediq09gf8yBgC73JiWrdFnxt86cJCiHVe411KhcbI34xO0q0%7EgyyiWeDVK875LeKSgDV7L0TvP1y6LOTFprvy9g0TvhYHGTnghI7ULCaz585i1GAuux5Yn-1P0E-Mi5dvmuA-LslWlBSQYVL7lqkwD-0XsF6B94E8dgRPMsH7FsxzExlrb8c4zZVNIWuoQ7dyfUJl0XA6MET0nDd8AG-Wicz88LBwSaP4e-WtRsRqXY9ZbiyBDyTwG4ScPiG%7Eiz8J%7EUs0mRzKq1C693Gvhzt%7EMLfujV7tM47IEw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>85b4cf77e31ad609139e821fce2747d8</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250256">
                    <text>1700, 12 mars – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 109)&#13;
1 Lettre N. No 109 1700. 12 juin. mars&#13;
2&#13;
M.’ Tremblay&#13;
3 Monseigneur&#13;
à&#13;
4&#13;
Mgr de Laval&#13;
5 Je commence a vous escrire dez le 10. Mars&#13;
6 parcequ’on pretend queM Juchereauet le P.&#13;
7 Joseph partiront a la fin de Mars dans un petit&#13;
8 vaiSseau qui doit aller ala baye d’hudson et Je&#13;
9 commence par vous mander que j’ai receu toutes&#13;
10 vos lettres officielles tan qui sont venues par&#13;
11 plaisance que celles qui sont venues par les ders&#13;
12 vaiSseaux de Canada. J’ay esté consolé dapprendre&#13;
13 par ces lettres que Dieu vous conserve une assez bonne Santé&#13;
14 p.r esperer qu’il vous conserverap.r notre consolation&#13;
15 encore quelques annéez Je voudrois de tout mon&#13;
16 cœur que dieu diminuast Ses richeSses p.r augmenter les&#13;
17 votres p.r vous donner moyen d’affermir de plus en plus&#13;
18 lebien que vous avez estably.&#13;
19 Je n’ay pas voulu estre expose am anquer co’e Jefis&#13;
20 lannée passée a vous donner de mes nouvelles par&#13;
2&#13;
21 les 1.ers vaisseaux, p.r obvier aliconvenient qui&#13;
22 arriva l’an passé, Jl meparoist, Monseigneur&#13;
23 qu’on na pas esté assez instruit en canada decequi&#13;
24 S’est passé dans ladecouverte deM DJberville; on&#13;
25 y acru quil y avoit reussi a merveille, cepend.t&#13;
26 M DJberbillenen apas donné cette Jdée, et par la&#13;
27 relation quil a faite decequil a veu en ce paysla,&#13;
28 peu S’en est fallu qu’on ny ait renvoié aucun&#13;
29 vaisseau, et ceux qui y Sont retournéz y sont&#13;
30 allez Seulem.t p.r y fair[e] une nouve[lle] tentative,&#13;
31 et Si on ne trouvepa[s] xxx meil[leure] ambouchure,&#13;
32 et une meilleure rade, xxxxxxxxxxxxx prendre leurgens&#13;
33 p.r les ramener en fra[nce], et abandonner cette&#13;
34 entreprise M. DJberville a raporté ala cour et&#13;
35 m’a escrit amoi mesme que cepays la nestoit pas ce&#13;
36 qu’on pensoit, quil paroist une barre tout lelong&#13;
37 de la coste adeux lieues au large qui nepermettoit&#13;
38 pas aux vaisseaux de Saprocher, quil n’y avoit trouvé&#13;
39 aucune rade p.r mettre les vaisseaux alabry que&#13;
40 Lembouchure dela riviere Sestendoit plus de vingt lieues&#13;
&#13;
�41 en mil petits canaux qui formoient une multitude&#13;
3&#13;
42 innombrable d’Jsles qui Sinnondoient tous les printemps&#13;
43 et que ces canaux n’avoient auplus que deux brasses&#13;
44 ou deux brasses etdemie defonds, que cepays nestoit&#13;
45 couvert quedemeschants roseaux et quil Sinnondoit&#13;
46 jusqu’à prez de quatre vingt lieues dela mer, quil&#13;
47 y avoit un tres petit nombre de Sauvages de difficile&#13;
48 accez, qu’on n’y trouvoit point de terres propres a&#13;
49 cultiver, qu’on ne voioit pas encore quel commerce&#13;
50 ony pouvoit faire &amp;.&#13;
51 Jl faut pourtant Monseigneur vous dire ceque&#13;
52 Je crains de cette description facheuse de M DJberville&#13;
53 C’est un bon officier mais qui veut estre Seul dans les&#13;
54 lieux ouil va, Jl a trouvé moyen d’en agir ainsy&#13;
55 alegard delaBaye dhudson, Jla esté Six ans a&#13;
56 descrier partout laccadie co’e leplus miserablepays&#13;
57 du monde p.r en degouter un chacun, et pend’ ce&#13;
58 temps la Jl Sollicitoit Sous main M. LeMarquis&#13;
59 dechevri de le lui donner p.r en exclure tous les&#13;
60 autres.&#13;
61 Lors quil fut de retour en france, co’e Jl restaa la&#13;
62 Rochelle, Je lui escrivis une lettre la plus obligeante&#13;
63 que Je pus p.r le prier de me mander Sil voudroit&#13;
64 prendre un de nos prestres pr lui Servir d’aumosnier&#13;
4&#13;
65 Jl me repondit assez honnestem.’ mais me dit&#13;
66 que cela ne dependoit par de lui, J’ay Sceudepuis&#13;
67 qui avoit déjà pris Ses mesures p.r demander un&#13;
68 Jesuite quil y a en effet mené. Les Jesuites ont&#13;
69 conduit cette aff.re Secretem.t et quand Jls ont Seus que&#13;
70 JeScavit quil alloit un Jesuite avec M DJberville,&#13;
71 Jls ont dit que c’estoit un amy intime duP. Marais&#13;
72 qui alloit aux Sious par M D’Jberville, ensuite Jls&#13;
73 m’ont dit quil nalloit qu’a S.t Domingue et Je n’ay&#13;
74 Sceu la verité qu’au mois de Janvier qui est que les&#13;
75 Jesuites ont abtenus un brevet p.r Servir daumosnier&#13;
76 dans le fort deM D’Jberville, privativemt atous&#13;
77 autres, et ont obtenus p.r cela une pension&#13;
78 Le Bruit courut quils avoient obtenus du Roi cette&#13;
79 Mission entiere privativem.t a tous autres, Jeprevoy&#13;
80 quils feront leur possible p.r lobtenir, + et Je mattends&#13;
81 a y voir naistre tout autant de brouilleries que&#13;
82 dans les Jndes orientales ce qui est fort affligeant.&#13;
&#13;
�2.&#13;
Lettre N.&#13;
No. 109&#13;
&#13;
83 vous Jugez bien quils n’ont pas pris les pouvoirs&#13;
84 de M. LEveque de Quebec quils tascheront de ne&#13;
85 pas reconnoistre en ces lieux la.&#13;
5&#13;
86 Quoique Je n’eusse par reussi a obtenir la place&#13;
87 daumosnier p.r celieu lap.r un de nos miss.res qui&#13;
88 auroit entretenu la correspondance avec nos missions&#13;
89 de misissipi, cependant co’e Javois alors en veüe un&#13;
90 Ecclesiastique Sup.r de lapetite comm.té de S.t Pierre qui&#13;
91 est une des trois comm.téz deM. Sancierque qui Sestoit&#13;
92 offert p.r nos missions, Je fis demander a M. De&#13;
93 Pont chartrain passage p.r un miss.re dans le vaisseau&#13;
94 deM D’Jberville, cequil nous accorda, mais quand Jl&#13;
95 fallut fondre la cloche avec cet Ecclesiastique Jl Saigna&#13;
96 du nez, Si bien que Nous n’avons envoiez personne&#13;
97 par cette voye; J’ay Seulem,t fait acheter a la&#13;
98 Rochellepour trois ou quatre cent livres de marchandises&#13;
99 de traite p.r les Sauvages que Je leur ay fait addresser&#13;
100 et que J’ay prié M DJberville derendrea M.rs de&#13;
101 Montigni, S.t Cosme et Davion avec des lettres que&#13;
102 Jeleur ay escrit ou Je leur ay mandé que Nous&#13;
103 avions encore demandé au Roi dequoy Soutenir ces&#13;
104 missions mais quil n’y avoit encore voulu entendre&#13;
6&#13;
105 que nous ne nous rebuterions par dedemanderet que&#13;
106 Soit par unions de benefices, Soit par gratification de&#13;
107 la cour Soit mesme endemandant au clergé quelque&#13;
108 gratification cette année quil doit Sassembler nous&#13;
109 nenegligerions aucun moien de contribuer au&#13;
110 Soutien de ces missions. Cepend.t Monseigneur&#13;
111 nous n’avons encore rien fait p.r elles quelque bonne&#13;
112 volonté que Nous aions. Nous avons cepend.t rendu&#13;
113 v’re lettre a M deParis et l’avons fort prié d’en&#13;
114 reparler au Roy. Jl (l’archevêque de Paris) nous a conseillé descrire en votre&#13;
115 Nom au Jeune M de Pont chartrain qui est le ministre&#13;
116 chargé du canada, Nous la lui avons fait rendre par&#13;
117 M. L. de Brisacier a qui il promit de faire de Sonmieux&#13;
118 Nous allons faire agir Sans cepend.t beaucoup desperance&#13;
119 car il ne faut pas nous attendre d’obtenir quelque chose&#13;
120 apres cequi S’est passé avec les Jesuites p.r ces missions.&#13;
121 Tandis que Nous aurons ados le P. dela chaize nous&#13;
122 nobtiendrons rien, Et il est a craindre quil n’ait donné&#13;
123 au Roi des Jmpressions que Nous ne cherchons qu’a les&#13;
124 Suplanter et a porter le trouble et ladivision dans&#13;
&#13;
�125 leurs missions.&#13;
126 vous aurez peine a croire, Monseigneur, Sur quel&#13;
7&#13;
127 ton les Jesuites ont pris letablissem.t deM de Montign[i]&#13;
128 aux Tamarois; Je croy quequand on leur auroit&#13;
129 enlevé letabernacle de leur Eglise de S.t Louis Jls&#13;
130 nauroient pas crié plus haut a linjustice et ala violence,&#13;
131 C’est ainsy qu’en escrivent les P P. Bineteau et&#13;
132 Gravier et cholence et mesme le P. Bouvart et c’est&#13;
133 ainsy qu’en parle leP. Lamber ville tout moderé&#13;
134 quil est dailleurs. vous auriez peine acroire tous&#13;
135 les mouvemens que S’est donné M Le Marquis de&#13;
136 Denon ville qui est plus Jesuite que les Jesuites et qui&#13;
137 n’entend aucune raison dez qu’on nentrepas dans toutes&#13;
138 leurs veües. Jls en ont rompus les oreilles du ministre&#13;
139 qui avant que Nous en eussions ouvert la Bouche Sur&#13;
140 ceque nous avions demandé au P. Lamber ville un&#13;
141 esclaircissem.t Sur ces aff.res avec le P. Daix leur&#13;
142 Provincial, dit un jour aM. L. deBrisacier que Nous&#13;
143 avions deux grosses aff.res avec les Jesuites, lune p.r les&#13;
144 missions de misissipi, lautre p.r les escoles de Quebe[c]&#13;
145 M. L. deBrisacier lui promit delui en rendre compte&#13;
146 dans la Suite, Nous avons eus depuis plus.rs assemblée&#13;
147 avec M Le Marquis et le P. Lamber ville, car le P. Daix&#13;
148 na pas voulu S’y trouver acause des aff.res dela chine&#13;
149 qui aygrissent Souverainem.t Les Jesuites contre Nous.&#13;
8&#13;
150 Nos Mess.rs furent davis que dans ces assembléez apres&#13;
151 avoir representé cequ’on nous escrit nous nous en&#13;
152 tinssions adire que Si cet etablissem.t des Tamarois n’etoit&#13;
153 dune necessité indispensable p.r le soutien de Nos missions&#13;
154 de misissipi, nous leleur cederions plutost que de Se&#13;
155 contester les uns les autres.&#13;
156 vous aurez peine acroire quel mauvais tour Jls ont&#13;
157 donné a tout cequ’a fait M. de montigni et combien&#13;
158 Jls decrient Ses actions et mesme Ses intentions.&#13;
159 1.o Jls disent que cequil afait est un dessein concerte&#13;
160 depuis 1696. en consequence dela proposition quils disent&#13;
161 quil vous fit dentrer dans les missions Si les Recollets y&#13;
162 alloient Sur ceproverbe Jnter duos litigantes Sertias&#13;
163 gaudebit; co’e M Glandelet a mandé cequi Sepassa&#13;
164 alors aM. De Denonville, Jl S’en Sert ap’nt p.r direque&#13;
165 c’est undessein de longue main concerté parM de&#13;
166 Montigni p.r les chasser de leurs missions.&#13;
&#13;
�167 2.o Jls disent qu’on a obtenu des patentes p.r les tamarois&#13;
168 en cachette deleurs Peres, n’en ayant parlé quau Pere&#13;
169 Germain qui ne connoist point ces missions.&#13;
170 3.o Que M. de Montigni apromis a Missilimakina et&#13;
171 mesme a mandé en france quil ne Sestebliroit pas aux&#13;
172 Tamarois, mais Jeleur ay fait voir par lextrait mesme&#13;
173 3. lettre N. no. 109 9&#13;
174 de lalattre que J’en escrivis l’an passé auP. Lamberville,&#13;
175 quil a envoié aux outaouais et quele P Gravier a&#13;
176 renvoiée apostillée que M. demontigni avoit promis&#13;
177 denepoint S’establir aux Tamarois Si les Jesuites y&#13;
178 etoient etablis &amp;. or estil &amp;.&#13;
179 4.o Que M. demontigni prassant auxJlinois avoit&#13;
180 promis au P. Bineteau de ne S’y point eteblir, et que p.r&#13;
181 leur cacher cet etablissem.t M. de montigni estoit descendu&#13;
182 jusquaux Tonicas et etoit revenu SurSes pas y etablir&#13;
183 M deS.t Cosme, quil avoit par des presens voulu&#13;
184 debaucher les chefs des Jlinois p.r venir demeurer aux&#13;
185 Tamarois, et que M de Tonti faisoit bastir une chapelle,&#13;
186 p.r M de montigni aux Jlinois p.r en debusquer les&#13;
187 Jesuites, queM. De Tonti a dit aux Sauvages a loccation&#13;
188 des grands presens que fait M demontigni aux&#13;
189 Sauvages p.r les gagner que cestoient lales robes&#13;
190 noires que M. dela Salle leur avoit promis qui leur&#13;
191 feroient de grands presens. Sur cela Le P. Bineteau&#13;
192 reproche les plaisirs quil a fait a nos mess.rs enpassan&#13;
193 chez eux d’une maniere honteuse, co’e Si ces miss.res&#13;
194 eussent agi en traitre et en Jngrats. Ses lettres ne&#13;
195 Sont nullemt mesuréez, et voulant cepend.’ affecter un&#13;
196 air d’oppression et de Soufrance, Jl appelle les Tamarois les&#13;
197 Enfans, reprochea M. S.t Cosme de les lui avoir enlevez, dagir&#13;
10&#13;
198 contre LEvangile &amp; Je ne Scay pas quels plus forts termes&#13;
199 on pouroit emploier pr. Marquer loppression etla&#13;
200 violence.&#13;
201 5.o Jls disent que cette Nation des Tamarois nest nullem.t&#13;
202 distinguée des Jlinois, qu’ils font leurs champs et leur&#13;
203 chasse ensemble, que Le P. Bineteau a esté des hivers&#13;
204 entiers avec eux, quil y ont demeuré tres longtemps&#13;
205 quils y ont habité plus dedeux outrois cent chretiens,&#13;
206 que les Tamarois vont demeurer chez les Jlinois et&#13;
207 les Jlinois chez les Tamarois co’e ne faisans qu’un&#13;
208 mesme peuple. Et Sur ce que nous leur avons dit que&#13;
&#13;
�209 l’on nous mandoit tout le contraire Jls Soutiennent&#13;
210 que Nous So’es mal Jnformez et ils naportent d’autre&#13;
211 temoignage que les lettres deleurs Peres, quils disent&#13;
212 estre mieux instruits que tout autre ces lettres disent&#13;
213 queM des Jlettes officier a reproché aM S.t Cosme quil&#13;
214 venoit prendre le bien des Jesuites, Jls recusent le&#13;
215 temoignage deM de Tonti et deM dela forests disans&#13;
216 quils ne Sont par evocables contre eux, et ils aportent&#13;
217 un certificat quele Pere cholence a fait donner a&#13;
218 un malheureux coureur de bois qui estoit aleur Service&#13;
219 qui depose dev.t Not.re que les Tamarois Sont Jlinois que&#13;
220 les Jesuites y Sont etablis et quils y ont grand nombre de chretiens.&#13;
11&#13;
221 Cette aff.re a eté au Roi Sans notre participation, cefut&#13;
222 M Le marquis de Denonville qui nous en donna avis et&#13;
223 nous pria de voir le R. P. dela chaize, Nous y eusmes&#13;
224 une conversation tres vive de mapart et dela part du P.&#13;
225 de Lamber ville, car Je nepus mempescher delui reprocher&#13;
226 que Lunion avec les Jesuites estoit bien faible, puis quils&#13;
227 la rompoient p.r unSi foible Sujet, quil estoit honteux&#13;
228 defaire tant de bruit p.r unpouce de terre ou ils navoient&#13;
229 aucun droit pend.t quils abandonnoient plus.rs nations&#13;
230 lespace de quatre oucinq cent lieues qui demandoient des&#13;
231 miss.res aus quels Jls n’en donnoient point et ne Souffroient&#13;
232 pas que dautres y fussent; que cestoit apres tout aM&#13;
233 LEvesque apourvoir au bien Spirituel de ces peuples,&#13;
234 quils navoient aucune patente exprese p.r les tamarois,&#13;
235 et que quand celle quils ont p.r les Jlinois le Seroit,&#13;
236 Puis quils n’y avoient encore aucun etablissemt cestoit&#13;
237 aM. LEvesque a pourvoir auplus prompt Secours p.r&#13;
238 eux, Enfin nous ne Sortismes pas de ce principe que&#13;
239 Si nous pouvions nous passer des Tamarois p.r&#13;
240 Soutenir nos missions de misissipi nous les leur&#13;
241 cederions, mais que Si nous nepouvioins nous enpasser&#13;
242 Nous ne doutions pas quils ne voulussent bien nous&#13;
243 la ceder. Vous devez Monseigneur agir Sur ce&#13;
244 fondemt et si vous croiez cette mission absolument&#13;
12&#13;
245 necess.re vous la devez conserver, et en escrire Surce&#13;
246 pied a nos M.rs mais si on peut Sen passer et detoute&#13;
247 correspoidance avec les Jesuites, Jecroy que ceSera&#13;
248 le mieux;&#13;
249 Je nefus nullemt content du P. dela chaize qui nous&#13;
250 dit que Le Roi lui ayant demandé quels estoient nos&#13;
&#13;
�251 differens et quil Se Souvenoit de deux en gros dont l’un&#13;
252 estoit que les Jesuites vouloient empescher les miss.res de&#13;
253 M. LEveque de S’establir dans une mission ouils n’etoient&#13;
254 pas establis, l’autre quils vouloient empescher le curé de&#13;
255 Quebec de tenir les petites escoles quils faisoient faire&#13;
256 mal, et qils faisoient tenir par un Soldat le Perede&#13;
257 la chaize Sans doute piqué, dit quil repondit au Roi, Sire&#13;
258 Je ne Suis pas instruit delaffre, Jauray Soin dem’en&#13;
259 instruire, ceque Je puis dire ap’nt a v. M. cestque&#13;
260 nous Sommes faits p.r estre chasséz par tout par ces&#13;
261 Mess.rs Jls nous ont chassez dela cochinchine, duTonquin&#13;
262 (vous remarquerez par parenthese quils y Sont enplus&#13;
263 grand nombre quejamais) et ils veulent encore nous&#13;
264 chasser du Canada. Jugez quelle Jmpression cela fait,&#13;
265 et attendez vous apres cela dobtenir duRoi quelque&#13;
266 gratification. Nous agirons aupres du clergé ce mois&#13;
267 de May aiez labonté dJnstruire M de montigni&#13;
268 et M Bergier detout ceque Je vous mande&#13;
4.&#13;
13&#13;
269&#13;
lettre N. no. 109&#13;
270 J’ay perdu cet esté leprocez que Javois avec la&#13;
271 Religieuseque M’gr de Quebec alaissé Sestablir a&#13;
272 Letrée, cetteaff.re m’a pensé faire mourir de fatigue et&#13;
273 dafflictiondu mauvais Succéz. J’ay esté joué a Roüen&#13;
274 par un conseiller qui a voulu mettre Sa fille dans c’ette&#13;
275 abbayeaupres dune terre quil a achetée atten.t&#13;
276 labbaye. J’ay bien appris le procez a mes depens. Je&#13;
277 Suis tombé encore malade cet automne revenant&#13;
278 de Lestrée mais la maladie n’a pas esté Si longue&#13;
279 que cellede 1698. Jen’ay pup.r cela aller dans nos&#13;
280 autres abbayes co’e Jelavois projetté, et cette&#13;
281 malheureuse aff.re m’a donné un occupation continuelle&#13;
282 toute lannée passée. Mais Je n’en Suis pas quitte&#13;
283 car p.r me relever dun arrest duParlement Je plaide&#13;
284 auGrand conseil et auconseil privé. Je ne Scay&#13;
285 quel Succez laff.re aura, mais Si nous laperdons&#13;
286 entierem.t Jl nous en coustera peut estre plus de&#13;
287 mil escus endepans dommages et Jnterests Sans la&#13;
288 peine de nepouvoir avancer nos unions. Je croy&#13;
289 navoir rien a me reprocher. Tous les revenus de&#13;
14&#13;
290 de Letrée Sont Saisis et jen’en toucherien depuis prez&#13;
291 dedix mois.&#13;
292 J’ay esté bien Surpris que Nos Mess.rs ayent touchéz&#13;
&#13;
�293 en canada les 2000.# des prestres hors detat de Servir,&#13;
294 apres ceque Jeleur avois mandé. Quel affront aurois je&#13;
295 eu Si Je les avois touché en france, moy qui assurois&#13;
296 qu’on neles toucheroit point en canada, Sur ceque&#13;
297 Je croiois qu’on auroit quelq’ esgard aceque Jescrivois&#13;
298 cela m’a couvert de confusion, et Jenoserois me montrer&#13;
299 devant ces Mess.rs ducastor.&#13;
300 Peut estre Seront-ils unpeu ambarassez lors quils ne&#13;
301 trouveront pas la facture accomplie mais Jls S’en&#13;
302 doivent prendre a eux mesmes, et Je dois croire quils&#13;
303 trouvent plus avantageux dacheter Sur les lieux leurs&#13;
304 danréez puis quils epuisent et audela largent que Jay&#13;
305 en france en tirant Sur moy des lettres dechange.&#13;
306 aLa verité, Monseigneur vous avez cru que Je&#13;
307 pourois p.r paier ces lettres dechange aliener pour&#13;
308 cette So’e de ces rentes Sur lhotelde ville mais vous&#13;
15&#13;
309 Scavez Monseigneur assezles aff.res p.r estre&#13;
310 instruit queles alienations defonds dEglise ne Se&#13;
311 font pas Sans Sujet. On ne trouve pas aisem.t Des&#13;
312 personnes qui veüillent acquerir des biens dEglise.&#13;
313 a La verité Jl S’est trouvé cette année une occasion&#13;
314 derecevoir leremboursem.t decette rente qui ne Se&#13;
315 trouvera jamais mais Jl Se faisoit dune maniereSi&#13;
316 desagreable et avec tant deperte qu’on ne ma pas&#13;
317 conseillé de lerecevoir. Jl m’a donc fallu accepter&#13;
318 p.r 5400.# de lettres dechange p.r vous, quoique Je&#13;
319 fusse enavance du compte envoié lanpassé au&#13;
320 mois de Juillet de plus de Six mil livres et que Jeusse&#13;
321 paié depuis aM. Grignon plus de quatre mil&#13;
322 livres.&#13;
323 Nos Mess.rs vouloient que Je nacceptasse pas&#13;
324 toutes les lettres de change que Je neusse dufonds&#13;
325 devant moy : Jay crucepend.t n’en devoir refuser&#13;
326 aucune, Jeles ay toutes acceptéez Sur le credit demes&#13;
327 amis. On ne touche pas largent co’e on veut&#13;
328 M. LEvesq’ Daire nous doit prez de 3500. dont nous ne&#13;
329 pouvons encore rien tirer. Lestrée est Saisi et arresté,&#13;
16&#13;
r&#13;
330 C’est p. quoy, Monseigneur, Je vous prie tres&#13;
331 instamment davertir nos Mess.rs que tout ceque&#13;
332 J’ay pu me resoudre c’a esté daccepter toutes les&#13;
333 lettres de change, Jeles acquiteray le mieux que Je&#13;
334 pouray avec le Secours de mes amis. Mais Je n’ay&#13;
&#13;
�335 pu accomplir leur facture; J’ay esté Sensiblemt&#13;
336 touché de lapeine que Je prevois quils en ressentiront&#13;
337 mais Je n’ay pu faire autrement. J’ay Seulem.t&#13;
338 tasché a leur acheter de quoy faire des Soutanes&#13;
339 et les doubler, de quoy faire des robes de chambre&#13;
340 des revesches noires, de quoy faire des capots aux enfans&#13;
341 de la Soye des bas douzechapeaux quelques douzaines&#13;
342 de collets des vitres cent livres de cire blanche, deux&#13;
343 bariques de vin blanc p.r les messes et deuxde rougep.r vous&#13;
344 voila tout ceque Jenvoye c’estanos Mess.rs a&#13;
345 Se pourvoir du Surplus dans lepays. Sils touchent&#13;
346 encore cette année les 2000.# des prestres hors detat&#13;
347 de Servir Jls peuvent Sattendre que Je ne leur feray&#13;
348 rien tenir lanné prochaine cela ne laisse pas de&#13;
349 mestre plus commode, Jen ay moins dambaras. Dieu&#13;
350 veuille que Nos mess.rs S’en trouvent aussi bien.&#13;
351 5.&#13;
17 lettre N. no. 109&#13;
352 Vous apprendrez Monseigneur, la mort defeu&#13;
353 M. Lachancelier Boucherat et que M de&#13;
354 Pont chartrain aesté fait chancelier. M de&#13;
355 chamillard aesté fait controlleur g’ral, le fils&#13;
356 deM de Pont chartrain est ministre detat p.r la&#13;
357 marine, et prend Soin du canada.&#13;
358 Nous avons perdus depuis quinzejours M Tronson&#13;
359 Sup.r des Sem.res deS.t Sulpice dont la mémoire est&#13;
360 en benediction&#13;
361 Je vous envoieray cette année un Prestre qui&#13;
362 est un bon sujet qui a prez de 38. ou 40. ans. Jl&#13;
363 n’a pas une Science extraodr.re ny le don de laparole,&#13;
364 mais cest un vertueux Ecclesiastique dont nos M.rs&#13;
365 Seront a ce que Jecroy contens. Jl a mesmecinq&#13;
366 ou Six cent livres de revenu, et Jecroy quil est&#13;
367 un peu parent deM demeaux Jl menera avec&#13;
368 lui le Neveu de hubert houssart qui est dans le&#13;
369 Sem.re et ils paertiront avec M. charon qui&#13;
370 demeure chez nous. Et dont nous So’es tres edifiez&#13;
371 Jen’ay pu faire Jmprimer loffre dela S.te famille&#13;
372 18&#13;
1700 12 Mars&#13;
373&#13;
à Mgr de Laval&#13;
374 Jenvoye a M Soumande une cloche, mais&#13;
375 point de ciboire, aM. Gautier deux tableaux&#13;
376 quil m’a demandez. Je prends la liberté de&#13;
&#13;
�377 me recommander a vos prieres et SS. Sacrifices&#13;
378 et vous prie de me croire tres parfaitemt&#13;
379 Monseigneur votre tres humbleet&#13;
380 tres obiesst Serviteur Tremblay&#13;
381&#13;
ce 12. Mars 1700.&#13;
382 Nos M.rs ont crudevoir Sexpliquer nettemt avec M dela&#13;
383 Palliere Sur cequi regarde la conduite de N. Jls en ont parlé&#13;
384 tres fortem.t aM Larch. qui commence acroire quil auroit&#13;
385 esté a Souhaiter quil nefust pas retourné. Jls doivent en&#13;
386 conferer avec M Larch. Dauche qu’on attend a Paris, et&#13;
387 tous ensemble verront quel remede aporter a une telle&#13;
388 conduite.&#13;
389 Joubliois de vous apprendre que Nous avons ap’nt M. L. de&#13;
390 Brisacier p.r Sup.r&#13;
391 J’ay encore oublié de vous mander que Nous navons pas&#13;
392 cru devoir prendre Si fort laffirmative p.r les petites escoles&#13;
393 dont la fondation ne nous paroist pas favorable au Sem.re&#13;
394 et nous avons dit aux Peres Jesuites que nous nempeschions pas&#13;
395 quils ne les tinssent, mais que M Le Curé avoit la mesme liberté dela tenir&#13;
&#13;
Notes : La page 1 a beaucoup de taches, mais le texte a été réécrit au-dessus au plomb. Nous l’avons utilisé pour&#13;
remplir les mots cachés. Les mots incertains sont en italiques tout comme les mots en latin.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250260">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11832" order="5">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/7e7082f6c674042b71cc3c646e0d6e9e.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=Sw7x5Sw1BkA5FXkSuxx6NHn7DNVatiNBkXMetuOkp8r08Nv3xax%7Eb9m6e7xzNG2Fojs1sFdCTi5q4ipDmrlm47TnqWWITHAxquZbBF1b1-LJaaceRI4Lfer3jjbeWOBkUyED52GLS%7Ed-Q0ZgMtxaenPO2prCfmGggvlyNjCOPzqsWcmh7g5Dot%7Ek5rMeD5dVkn7dUKkyGx9HAv2itcboyLOGdIaqqR1T4Qq1ZTj0BGiCUJXqXpZfBbjt2CHZQKi2MCwhvXL1zl6HKolcigG2sNFYSY8Y5aJ9V88ptxDj-abjxildM7g7HmHC7FRIONfvetrsdG5yIwfZtJgYRvKGNw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>9ce6fab5b46e8e3c6d58915e7b92c762</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250255">
                    <text>������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250259">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 109&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249809">
                <text>8F2TJVX9</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249810">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249811">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249812">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 12 mars 1700)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249813">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris informe 1er évêque de Québec de la découverte d’Iberville. Il lui raconte que les Jésuites contestent l’établissement de Montigny chez les Tamarois, qu’ils veulent les chasser de leurs missions et qu’ils ont porté l’affaire au roi. Il lui avoue avoir perdu le procès qu’il avait avec la religieuse de La Colombe, qui s’était établie à l’abbaye de l’Estrée. Cela lui a causé beaucoup de dépenses et il a fait appel au Grand conseil et au Conseil privé.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249814">
                <text>1700-03-12</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249815">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249816">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11832" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 109&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249817">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250261">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11830" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11833" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par la Société de généalogie de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11831" class="show"&gt;Copie dactylographiée en français classique&lt;/a&gt; par l'archiviste local, v. 1900, et conservée au Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec, Lettres N, no 109a&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="841">
        <name>Abbayes et prieurés</name>
      </tag>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="899">
        <name>Affaire de la juridiction des missions du Mississippi (1698-1703)</name>
      </tag>
      <tag tagId="222">
        <name>CONTENTIEUX</name>
      </tag>
      <tag tagId="917">
        <name>CONTENTIEUX (Territoire)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
      </tag>
      <tag tagId="844">
        <name>Procédures judiciaires</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18662" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11822">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/d89a9d1b003734de2b051f64e363907a.png?Expires=1779321600&amp;Signature=l332ER-hgG3mQIbaMdUwZnuud4ik7un%7EqFYg23GgjpUx7ibepmkHhlEDqpWirlP9aCbaQA-LWvPmu8QvLL5wQ8Y625o%7EQmBfVfzI-CmaUN9Bwac4OE%7E7SSz-GCFyTp2RlTduokRykkSg0IfeGlLVV8-io-fHtqORW9Jde-AjgWt6otUNxj9QdbyEP-3s-bi0FpE7d1ZVqufK0m-PZgpI8QW3dxRJYujK97wy4P17YksY%7E0-ix9cXCw6kbHcg%7EX8Zr9s66IVGMGO95Q%7Em118OC-s-P96S4rgYFKzRKC91n2h7pRxfaae42BgOefFWQZeXRktPDGDTnhiAblVbTA%7Ei8Q__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11823">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/cba0df7cd092c4b2a42ebeb36bd7495b.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=bSfONX9F8XWiw943YKs93kOHraYSvqw5gwqz4fyV3wKCBECThSQvaSDtU%7Ed-SWgH1r4lYmaaCMiScjcFztiegkMaoONW2KhZ6pKmW-KhKjhdADCupu1pjYpUnnFuWtNHMar1ilRYom9wHxPD8MrgozkXkZ9d8v6jngrrpRWrtggKhTDQo%7EkKOeAVgOkZdq1Btf73AplLq020-J%7E36qPavXrc1KwNmFH7bNXtL5VzErff9cw9z4doWCAXCT7RSzqxqGDkI7gtTmfIsfhPVOMwQDsdN16NkvdD3gswJpsABLUc9uXFi8RTGWev%7ElAnONSPPkgbvEboWeaPLL2VbO6FzA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>3a9eabdc6eb1b4f960e30e93fb329254</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250241">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 12 juin 1700)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Je joins cette petite lettre à celles que nos Messieurs vous écrivent sur le tard pour&#13;
vous prier très humblement de m’excuser si je ne vous ai pas cette année autant&#13;
écrit que je ne l’aurais désiré. L’impression du livre que nos Messieurs ont donné&#13;
au public sur les idolâtries chinoises m’a tellement occupé que je n’ai pas été maître&#13;
de mon temps et il m’a fallu laisser là toutes les autres affaires et ne pas dormir&#13;
tous les jours cinq heures. Je bénis Dieu de n’être pas tombé malade. Je crains bien&#13;
que nos Messieurs ne le deviennent, car ils travaillent sans relâche. Voilà une&#13;
guerre ouverte déclarée contre les Jésuites que nous nous attendons bien de ne pas&#13;
voir finir si tôt. C’est pourquoi nous avons encore plus besoin d’eux que jamais.&#13;
Nos Messieurs sont à présent à travailler à un ouvrage, qui sera d’édification. Leur&#13;
dessin est de faire voir la nécessité de former un clergé de naturels du pays dans&#13;
les nations infidèles ; que ç’a été le dessein du Saint-Siège en envoyant des vicaires&#13;
apostoliques aux Indes ; qu’ils s’y sont appliqués ; qu’ils n’ont pas trouvé dans ces&#13;
peuples de l’impossibilité d’y réussir ; qu’au contraire, ils ont surmonté les plus&#13;
grandes difficultés que l’on ne peut réussir à l’établissement de la foi solide ; sans&#13;
cela, ils doivent ensuite exposer les obstacles qu’ils y ont trouvés, qui sont les&#13;
oppositions qu’ils ont trouvées de la part des réguliers et doivent ensuite proposer&#13;
les moyens de lever ces obstacles et de former un clergé en ces pays-là.&#13;
Cet ouvrage sera assurément très beau et édifiera l’Église, mais il sera encore plus&#13;
accablant pour les Jésuites que celui que nous venons de répandre dans Paris et&#13;
qui y fait d’étranges impressions sur les esprits, qui quelques prévenus qu’ils&#13;
étaient par le P. Le Comte, qui leur avait tourné tout en bagatelles, sont bien&#13;
revenus de ces préventions. Nous ne savons quel effet produiront ces écrits ou la&#13;
destruction de notre œuvre ou son entier affermissement, mais nous nous sommes&#13;
attendus à tous et nos Messieurs ont bien balancé toutes les raisons avant que d’en&#13;
venir là. Faites, je vous prie, Monseigneur, prier tout notre Grand et Petit&#13;
Séminaire pour ces affaires, qui sont de la dernière conséquence.&#13;
&#13;
�On vous aura appris, avant que de recevoir celle-ci, que M. de Pontchartrain nous&#13;
a obtenu du roi une gratification de 3 000 livres pour nos missions du Mississippi,&#13;
dont je vous ai envoyé copie de l’ordonnance. Il faudra, s’il vous plaît,&#13;
Monseigneur, que vous l’en remerciez conjointement avec Mgr de Québec, aussi&#13;
bien que M. l’archevêque de Paris et Mme de Maintenon, en les priant en même&#13;
temps d’employer leurs bons offices pour obtenir la continuation et en faisant voir&#13;
la nécessité. Si vous pouviez même faire écrire pour cela M. de Callière et&#13;
M. l’intendant soit à Mme de Maintenon soit à M. de Pontchartrain, je crois que&#13;
cela ferait un bon effet.&#13;
Je viens, Monseigneur, de recevoir un gros paquet du Mississippi, dans lequel j’ai&#13;
trouvé une relation de M. de Montigny, qu’il adressa à Mgr de Québec, d’un&#13;
voyage qu’il a fait au fort de Maurepas que M. d’Iberville a construit à 30 lieues de&#13;
l’embouchure du Mississippi, où M. de Montigny est arrivé le 2 juillet 1699. Il a été&#13;
depuis malade quatre mois des fatigues de ce voyage et m’écrit dans le même&#13;
paquet du village des Taensas du 27e janvier 1700. (Il m’envoie encore une lettre&#13;
de M. de Saint-Cosme, qui a eu à se tenir contre le P. Binneteau et le P. Gravier,&#13;
qui ont agi avec lui bien durement et bien hautement, pour ne pas dire&#13;
arrogamment. En vérité, Monseigneur, je reconnais à cela que les Jésuites ne sont&#13;
en Canada que ce qu’ils sont aux Indes. S’ils n’ont dit mot jusqu’ici, c’est qu’on les&#13;
a laissés maîtres absolus de toutes les missions sauvages. Présentement que nous&#13;
voulons en avoir quelques-unes, il faudra tirer l’épée.) Je vous envoie ces lettres et&#13;
cette relation, dont je dois retenir copie ou les orignaux.&#13;
M. de Montigny ne me dit pas avoir reçu de M. d’Iberville ce que je lui ai envoyé&#13;
cet automne, mais je crois que quand il m’a écrit le 7 janvier, M. d’Iberville ne&#13;
l’avait pas encore joint. M. de Montigny tire sur moi trois lettres de change : l’une&#13;
de 528, l’autre 450 livres et la dernière de 100 francs. Cela augmentera encore mes&#13;
dettes et c’est à vous, Monseigneur, à voir comment nous en sortirons, car je ne&#13;
puis ici trouver à vendre nos rentes sur l’hôtel de ville, quand j’y perdais&#13;
considérablement, parce qu’on ne trouve pas les suretés à acquérir d’une&#13;
communauté qui ne vend ses fonds que pour payer ses dettes.&#13;
&#13;
�Je ne trouverai pas non plus facilement à emprunter, car sur quoi puis-je donner&#13;
quelque assurance ? Nous n’avons en France que ce petit fonds sur la ville, car on&#13;
ne compte pas ce que nous avons des bénéfices, qui n’est pas certain et qui est dans&#13;
un éloignement trop grand de Paris. Il faut cependant pourvoir à payer nos dettes&#13;
en France avant que je puisse vous envoyer quelque chose, ni payer vos lettres de&#13;
change. Je suis actuellement en avance pour le Séminaire de Québec de près de&#13;
10 000 livres, sans ce que M. Grignon aura dépensé cette année, et je ne sais&#13;
presque quoi touche. Je n’ai plus d’argent au chapitre : ses revenus sont saisis par&#13;
la religieuse qui est à l’Estrée et qui nous consommera tout en procès. Ce qui m’a&#13;
facilité cette année ces avances pour vous, c’est que plusieurs personnes m’ont prié&#13;
d’employer leur argent pour éviter la diminution des espèces, ce que j’ai tâché de&#13;
faire et cela m’a empêché d’emprunter à intérêts. Mais il faudra après que les&#13;
espèces seront à un prix [tel que pour] payer tous les billets que j’ai donnés et je ne&#13;
pourrai le faire qu’en empruntant à intérêts, à moins que nos Messieurs ne me&#13;
veuillent prêter ; ce que je ne crois pas qu’ils puissent.&#13;
M. de Montigny m’a adressé une relation, qu’il adresse à Mgr de Québec. Je l’ai fait&#13;
copier ce matin pour l’envoyer au Canada et j’ai envoyé l’original à&#13;
M. de Maurepas, qu’on appelle aujourd’hui M. de Pontchartrain, qui l’a demandé&#13;
à M. de Brisacier, ayant su, par la lettre de M. d’Iberville, que M. de Montigny me&#13;
l’envoie. M. de Montigny me demande à tirer sur moi des lettres de change. C’est&#13;
à vous à y donner ordre, car si je paie les lettres, je ne pourrai rien vous envoyer.&#13;
Je paierai cependant celles qu’il titrera jusqu’à ce que vous ayez réglé les choses&#13;
pour ne pas perdre le crédit de notre mission. Il prétend que ce n’est nullement sur&#13;
son compte qu’on doit prendre ces sommes, mais sur le compte du Séminaire. Ce&#13;
qui me fait le plus de peine en tout ce qu’il m’écrit, dont je vous envoie copie, c’est&#13;
qu’il ne paraît en lui aucune disposition pour s’unir au Séminaire, qu’il paraît très&#13;
propriétaire et attaché à son pécule ; à cela près, je suis fort édifié de tout ce qu’il&#13;
écrit et il y a bien de la sagesse et de la piété.&#13;
J’ai trouvé aussi la lettre de M. de Saint-Cosme très sensée et très édifiante. Je vous&#13;
envoie pareillement copie. Il a assurément excédé dans la modération, car il devait&#13;
assurément faire les prières dans sa chapelle indépendamment du P. Binneteau. Il&#13;
devait assister les chrétiens, quelques oppositions qu’on lui fut, mais j’aime mieux&#13;
&#13;
�qu’il ait excédé en cette conduite qu’en hauteur et hardiesse comme les Jésuites,&#13;
dont je reconnais un échantillon en ceci de ce qu’ils font souffrir en Orient à nos&#13;
Messieurs. C’est à vous, Monseigneur, à voir avec Mgr de Québec comment on doit&#13;
les réprimer. Ces gens-là méprisent hautement l’autorité épiscopale et&#13;
Monseigneur ne peut guère s’empêcher d’en faire un exemple et il peut compter&#13;
qu’il sera approuvé, car le roi a été prévenu par M. l’archevêque de Paris. On est&#13;
ici disposé à écouter les prélats se plaignant de la désobéissance des Jésuites. Nos&#13;
Messieurs sont résolus de faire reparler au roi de cette affaire par M. l’archevêque.&#13;
M. de Pontchartrain écoutera, comme nous l’espérons, nos raisons et comme nous&#13;
avons à leur reprocher leur désobéissance aux vicaires apostoliques dans les Indes,&#13;
il ne coûtera pas davantage de leur reprocher celle-ci au Canada. Je vous supplie,&#13;
Monseigneur, de me continuer les secours de vos prières et de me croire toujours,&#13;
très respectueusement et sans réserve, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
&#13;
Ce 12 juin 1700&#13;
J’ai envoyé à M. Grignon à La Rochelle, il y a huit jours, un paquet dans lequel il y&#13;
a six exemplaires de notre lettre au pape contre les idolâtries chinoises. Faites-la&#13;
lire au réfectoire, après avoir fait lire celle du P. Le Comte. Ayez la bonté de&#13;
m’envoyer une nouvelle procuration. J’en demande aussi une pour le Séminaire et&#13;
le chapitre, car il faut les renouveler de temps en temps. Je crois qu’il serait plus à&#13;
propos de me joindre dans la procuration à MM. J[acques] de Brisacier et Tiberge.&#13;
Vous ne recevrez de moi qu’une fort petite lettre, que je vous ai écrite au mois de&#13;
mars. Il y a plusieurs de nos Messieurs à qui je n’ai point écrit du tout. Vous aurez&#13;
la bonté de m’excuser. Sur ces affaires de la Chine, j’aurais bien du plaisir de&#13;
m’entretenir avec vous. Je vous dirai, au sujet de M. de Montigny1 qu’on ne sait&#13;
s’il est [re]marié. M. et Mme de Laval2 vivent avec Mlles de Laval3 assez&#13;
Jean-Louis de Laval, frère cadet de Mgr de Laval&#13;
Gabriel de Laval, aîné de Jean-Louis et son épouse, Charlotte-Marie-Thérèse de Bésançon&#13;
3&#13;
Deux filles de Jean-Louis&#13;
1&#13;
2&#13;
&#13;
�paisiblement. M. l’abbé de Laval4 a pris le bonnet de docteur et M. l’évêque de&#13;
Tournai, qui est M. de La Salle, lui a donné un canonicat dans sa cathédrale, qui&#13;
est un bénéfice qui lui vaudra bien 2 000 livres ; mais il n’en peut rien retirer d’ici&#13;
après deux ans. Il est allé faire son stage et s’est fait estimer au sieur Malgoire, car&#13;
c’est le supérieur de Saint-Magloire qui lui a procuré ce bénéfice sans qu’il s’en soit&#13;
mêlé. Il n’a pu, à ce qu’il m’a dit, accorder avec MM. ses frères et sœurs ses affaires&#13;
à l’amiable et s’en est allé sans terminer. Son frère le chevalier5 est aussi hors&#13;
d’intrigue. Son oncle [maternel], le chevalier de Cintré, l’a fait son légataire avec&#13;
quatre de ses cousins chevaliers. C’était un grand-trésorier de l’ordre et quoique&#13;
ce legs ne se prenne que sur le quint de ses meubles, chacun de ces légataires&#13;
espère en tirer plus de 20 000 livres ; si bien que cela le mettra en état de faire&#13;
honorablement ses courses et par ses services, de pouvoir obtenir quelque&#13;
commanderie de faveurs. Il n’y a de plus à plaindre que Mlles de Laval ; elles se&#13;
conduisent fort sagement. M. de Montigny voudrait que nous remissions à pour&#13;
et à plein les 7 000 livres qu’il doit et que vous aviez réservé pour la fondation, en&#13;
sorte que chacun des enfants en profitait à proportion de ce qu’il profite de la&#13;
succession et nous nous croyons devoir les appliquer à M. de Laval et à&#13;
Mlles de Laval. Nous n’avons encore rien fait là-dessus, parce que nous n’en avons&#13;
pas eu le temps.&#13;
Je vous ai écrit fort au long, Monseigneur, dans les lettres de nos Messieurs qu’ils&#13;
vous communiqueront, que ce qu’on vous a rapporté du dessein de Mgr de Québec&#13;
d’attirer des pères de l’Oratoire au Canada n’est pas bien fondé et que ce que vous&#13;
appréhendiez, que la fondation que Mgr de Québec a fait à notre Séminaire après&#13;
sa mort ne fût à la charge de payer ses dettes, n’est point tel qu’on vous l’a dit.&#13;
Mgr de Québec a fait une fondation purement et simplement, pour laquelle il a&#13;
donné 42 000 livres et qu’il a encore confirmée à son retour du Canada en la&#13;
changeant et modérant les charges sans parler de ses dettes en aucune manière ;&#13;
mais il y a chez M. Carnot, notaire, la minute d’une donation que Mgr de Québec&#13;
fit de toutes ses dettes et effets mobiliers en 1685 avant que d’aller en Canada pour&#13;
la première fois, à charge de payer ses dettes, ce qui ne pouvait être autrement ;&#13;
mais cela n’a pas eu lieu et je ne compte nullement sur cette donation. Ce prélat,&#13;
&#13;
4&#13;
5&#13;
&#13;
Charles-François-Guy de Laval, fils cadet de Jean-Louis&#13;
François de Laval dit l’aîné, 3e fils de Jean-Louis&#13;
&#13;
�en vérité, est bien décrié en France. Il pensera peut-être que j’y ai contribué, mais&#13;
je puis vous assurer, Monseigneur, que bien loin de l’avoir fait, j’en ai toujours&#13;
ressenti une vraie peine, surtout lorsque j’en ai entendu parler avec le dernier&#13;
mépris dans les bureaux. J’ai tâché au contraire à détourner ce qu’on disait de plus&#13;
désavantageux de lui, mais ce sont les officiers qui le décrient comme de la fausse&#13;
monnaie. On doit lui rapporter des choses bien désagréables cette année. Je ne sais&#13;
comment il soutiendra cela.&#13;
Engagez, Monseigneur, les Hospitalières à user de leur avantage avec beaucoup&#13;
d’humilité et de modération, car tout le monde attend cela de leur vertu.&#13;
&#13;
/Transcription6 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-ib-mdv-2020&#13;
&#13;
6&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2020.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250243">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11824">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/10376b035c335b8f50d911d291fb7506.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=isfOm4mI-fes9z4D9JLQsHE%7EVoekfNxBaGgEz7D-IaASB5b5gWYwXo5gQF1otv9IbtHLF8hGqd4Tp39HWv7us9ZEUqy9zZcIU0z8gWLSus284Cv-6CSzbh8D5sdPerZokvMlfecNdAVxlfnvMDNq%7ETms%7Eum3ki%7EKrqQANn8ERkNNWFmXxSfnBe9xw6xESiHlnH4ukLRWOz2eW2fQGoK7j0oo8eD1vFyKVdc9hyeaWmaiZ9-Uebthfzq69ILsykwxOL3eyJFjEuGfxdI6S2JdoQPCbG5TYB-ngVlDKCdnOLVlutt4qu1wV6OMzVERPzsSfO77BC7dC83Ad%7ERjR7PtUA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>618b24c37f571c4920773d62993bb971</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250242">
                    <text>1700, 12 juin – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 113)&#13;
1 Monseigneur No 113 Lettres N.&#13;
2 Jejoins cette petitelettre a celles que Nos Mess.rs&#13;
3 vous escrivent Sur letard p.r vous prier tres humblement&#13;
4 de m’excuser Si Je ne vous ay pas cette année autant&#13;
5 escrit que Je laurois desiré. L’Jmpression dulivre que&#13;
6 Nos Mess.rs ont donné aupublic Sur les Jdolatries&#13;
7 chinoises m’a tellem.t occupé que Jen’ay pas esté maitre&#13;
8 demon temps, et Jlm’a fallu laisser la toutes les autres&#13;
9 aff.res et nepas dormir tous lesjours cinq heures Je benis&#13;
10 Dieu denestre pas tombé malade, Je crains bien que Nos&#13;
11 Mess.rs ne le deviennent car Jls travaillent Sans relasche,&#13;
12 voila une guerre ouverte declarée contre les Jesuites que&#13;
13 Nous nous attendons bien ne devoir pas finir Si tost.&#13;
14 C’est p.r quoy nous avons encoreplus besoin deuxquejamais.&#13;
15 Nos Mess.rs Sont apresent atravailler a un ouvrage qui Sera&#13;
16 d’edification, Leur dessein est de faire voir la necessite de&#13;
17 former un clergé de Naturels dupays dans les Nations Jnfidelles,&#13;
18 que c’a esté ledessein dus.t Siege en envoiant des vicaires&#13;
19 aptiques aux Jndes, quils S’y Sont appliquez quils n’ont pas&#13;
2&#13;
&#13;
20 trouvé dans ces peuples de limpossibilité dy reussir qu’au&#13;
21 contraire Jls ont Surmonté les plus grandes difficultez, que&#13;
22 L’on nepeut reussir a letablissem.t de la foy Solide Sans cela&#13;
23 Jls doivent ensuite exposer les obstacles quils y ont trouvéz,&#13;
24 qui Sont les oppositions quils ont trouvez delapart des&#13;
25 reguliers, et doivent ensuiteproposer les moiens delever ces&#13;
26 obstacles et de former un clergé en ces paysla; Cet ouvrage&#13;
27 Sera assuremt tres beau et édifiera LEglise, mais Jl Sera&#13;
28 encore plus accablant p.r les Jesuites que celui que nous&#13;
29 venons de répandre dans Paris et qui y fait destranges&#13;
30 Jmpressions Sur les esprits, qui quelques prevenus quils&#13;
31 estoient par le Pere Le Conte qui leur avoit tourné tout&#13;
32 en bagatelles, Sont bien revenus de ces preventions. Nous ne&#13;
33 Scavons quel effet produiront ces escrits ou la destruction&#13;
34 de Notre œuvre ou Son entier affermissement, mais nous nous&#13;
35 So’es attendus a tout et nos Mess.rs ont bien balancez toutes les&#13;
36 raisons avant que d’en venir la. faites Je vous prie, Monseigneur,&#13;
37 prier tout notre grand et petit Sem.re p.r ces affaires qui&#13;
38 Sont de la derniere consequence.&#13;
39 On vous aura appris avant que de recevoir cellecy que&#13;
40 M. De Pont chartrain nous a obtenu du Roi une gratification&#13;
&#13;
�41 de trois mil livres p.r nos missions de misissipi dont Je vous&#13;
42 ay envoié copie de L’ordonnance; Jl fautra Sil vous plaist&#13;
43 Monseigneur que vous l’en remerciez conjointemt avec&#13;
44 M’gr de Quebec, aussi bien que M. Larch de Paris et Mad.’&#13;
45 De maintenon en les priant en mesme temps demployer&#13;
46 leurs bons offices p.r obtenir la continuation, et en faisant&#13;
47 voir la Necessité. Si vous pouviez mesme faire escrire&#13;
48 p.r cela M De Calliere et M. LJntendant Soit a Mad.’&#13;
49 de maintenon Soit aM De Pont chartrain, Je croy que&#13;
50 cela feroit un bon effet.&#13;
3&#13;
lettre N.&#13;
no. 113&#13;
&#13;
4&#13;
&#13;
51 Jeviens, Monseigneur, de recevoir un gros pacquet&#13;
52 dumisissipi dans lequel J’ay trouvé une relationde&#13;
53 M demontigni quil addressea M’gr de Quebec d’un&#13;
54 voiage quil a fait au fort de maurepas, que Mons.r&#13;
55 dJberville a construit a trente lieües deLembouchure&#13;
56 du misissipi ou M de montigni est arrivé le 2. Juillet&#13;
57 1699. Jl a esté depuis malade quatre mois des fatigues&#13;
58 de ce voyage, et m’escrit dans le mesme paquet du village&#13;
59 des Taensas du 27 Jan.er 1700. (Jl menvoye encore unelettre&#13;
60 deM S.t Cosme qui a eu aSoutenir contre le P Bineteauet Le&#13;
61 P. Gravier qui ont agi avec lui bien durem.’ et bien hautem.’&#13;
62 p.r ne pas dire arrogamment. En verité, Monseigneur&#13;
63 Jereconnois a cela que les Jesuites neSont encanada&#13;
64 que cequils Sont aux Jndes, Sils n’ont dit mot jusqui[cy]&#13;
65 C’est qu’on les a laissez maistres absolus detoutes les miss[ons]&#13;
66 Sauvages, Presentemt que Nous voulons en avoir&#13;
67 quelques unes Jl faudra tirer LEpée.) Je vous env[oye]&#13;
68 ces lettres et cette relation dont Jedois retenir&#13;
69 copie oules originaux&#13;
70 M De montigni ne me dit pas avoir receu deM.&#13;
71 d’Jberville ceque Jelui ay envoié cet automne, mais&#13;
72 Jecroy que quand Jlm’a escrit le 7. Janvier, M.&#13;
73 dJverbille nelavoit pas encore joint.&#13;
74 M. de montigni tire Sur moy trois lettres de change&#13;
75 lune de 528. lau’ de plus de onzcent livres quatre cent&#13;
76 cinq.te livres et lad.ere decent frans. cela augmentera&#13;
77 encore mes dettes, et c’est a vous, Monseigneur a voir&#13;
78 comment nous en Sortirons, car Je ne puis icy trouver&#13;
79 a vendre nos rentes Sur lhotel de ville, quant J’y&#13;
80 perdrois considerablemt parce qu’on netrouve pas Les&#13;
81 Seuretez a acquerir dune comm.té qui n evend Ses fonds&#13;
82 que p.r paire ses dettes.&#13;
&#13;
�83 Je ne trouveray pas non plus facilemt a emprunter,&#13;
84 car sur quoy puis je donner quelq’ assurance, Nous&#13;
85 n’avons enfrance que ce petit fonds Surla ville, car&#13;
86 on ne compte pas ce que nous avons des benefices qui&#13;
87 n’est pas certain, et qui est dans un esloignem.t trop grand&#13;
88 de Paris. Jl faut cependant pourvoir a paier nos&#13;
89 dettes en france, avant que Je puisse vous envoier quelq’&#13;
90 chose ny paier vos lettres de change, Je Suis actuellem.t&#13;
91 en avance p.r le sem.re de Quebec de pres de dix mil&#13;
92 livres, Sans ceque M Grignon aura depensé cette année,&#13;
93 et Je ne Scay presq’ que toucher, Jen’ay plus dargent&#13;
94 au chapitre, Ses revenus Sont Saisis par la Religieuse&#13;
95 qui est a Lestrée et qui nous consommera tout enprocez.&#13;
96 Cequi m’a facilité cette année ces avances p.r vous,&#13;
97 c’est que plus.rs personnes m’ont prié demploier leur&#13;
98 argent p.r esviter la diminution des especes, ceque J’ay&#13;
99 tasche de faire, et cela m’a empesché demprunter a&#13;
100 Jnterest. Mais Jl faudra apres que les Especes Seront&#13;
101 a un prix paier tous les billets que J’ay donné. Et&#13;
102 Je ne pouray le faire qu’en empruntant a Jnterest&#13;
103 a moins que Nos Mess.rs ne me veuillent prester ce&#13;
104 que Je ne croy pas quils puissent.&#13;
5&#13;
&#13;
105 M de montigni m’a addressé une relation, quil&#13;
106 addressea Mgr de Quebec Je l’ay fait copier ce&#13;
107 matin p.r lenvoier en canada et J’ay envoié loriginal&#13;
108 aM de maurepas qu’on appelle aujourdhui M de&#13;
109 Pont chartrain qui l’a demandé a M. de Brisacier aiant&#13;
110 Sceu par la lettre deM dJberville que M de montigni&#13;
111 me l’envoye&#13;
112 M de montigni me demade a tirer Sur moy des lettres&#13;
113 dechange, c’est a vous a y donner ordre, car Si Je&#13;
114 paie les lettres Jenepouray vous rien envoyer. Je&#13;
115 paieray cepend.t celles quil tirera jusqu’a ce que&#13;
116 vous aiez reglé les choses p.r nepas perdre le credit&#13;
117 de N’re mission&#13;
118 Jl pretend que ce n’est nullem.t Sur Son compte&#13;
119 qu’on doit prendre ces So’es, mais Sur le compte du&#13;
120 Sem.re, ce qui me fait leplus depeine en tout cequil&#13;
121 m’escrit, dont Je vous envoye copie, c’est quil ne&#13;
122 paroist enlui aucune disposition p.r Sunir au Sem.re&#13;
123 quil paroist tres proprietaire et attaché a Son pecule;&#13;
124 A cela prez JeSuis fort édifié de tout ce quil escrit,&#13;
125 et Jl y a bien de la Sagesse et de lapieté; J’ay trouvé&#13;
&#13;
�126 aussi la lettre deM. S.t Cosme tres Sensée ettres édifiante,&#13;
127 Je vous en envoye pareillemt copie, Jl a assurem.t&#13;
128 excedé dans la moderation, car Jl devoit asseurem.t faire&#13;
129 les prieres dans Sa chapelle independamm.t du P. Bineteau,&#13;
130 Jl devoit assister les chrestiens qulq’ opposition qu’on&#13;
131 lui fut, mais, Jayme mieux quil ait excedé en cette&#13;
132 conduite qu’en hauteur et hardiesse co’e les Jesuites&#13;
133 dont Je reconnois un eschantillon en cecy de ce&#13;
6&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
134 quils font Souffrir en orient anos Mess.rs Cest a&#13;
135 vous Monseigneur a voir avec M’gr de Quebec&#13;
136 comment on les doit reprimer. ces gens la meprisent&#13;
137 hautem.t lauthorité Episcopale, et M’gr ne peut guere&#13;
138 S’empescher d’en faire un exemple et il peut conter&#13;
139 quil Sera approuvé, car Le Roi a été prevenu par M.&#13;
140 Larch. de Paris. On est icy disposé a escouter les&#13;
141 Prelats Se plaignans de la desobeissance des Jesuites&#13;
142 Nos Mess.rs Sont resolus de faire reparler au Roi de&#13;
143 cette affaire par M. Larchevesque, M de Pont ch.&#13;
144 escoutera co’e nous lesperons nos raisons, et comme&#13;
145 nous avons a leur reprocher leur desobeissance aux&#13;
146 vicaires aptiques dans les Jndes Jl ne coutera pas&#13;
147 davantage de leur reprocher cellecy en canada.&#13;
148 Je vous Supplie Monseigneur de me cotinuer&#13;
149 le Secours de vos prieres et de me croire toujour&#13;
150 tres respectueusem.t et Sans reserve.&#13;
151 ce 12. Juin 1700.&#13;
152 Jay envoié aM Grignon&#13;
153 ala Rochelle Jly a huit jours&#13;
Monseigneur&#13;
154 un paquet dans lequel Jl y a&#13;
155 Six exemplaires de Notre lettre&#13;
156 au Pape contre les Jdolatries chinoises,&#13;
157 faites la lire au Refectoir apres avoir&#13;
158 fait lire celledu P. Le comte.&#13;
Votre tres humbleet&#13;
159 aiez labonté de menvoyer une nouvelle&#13;
tres obeiss.t Serviteur&#13;
r&#13;
re&#13;
160 procuration Jen demande aussi une p. le Sem.&#13;
Tremblay&#13;
161 et le chapitre; car Jl faut les renouveller de temps&#13;
162 en temps. Je croy quil Seroit plus apropos de me joindredans la procuration a&#13;
163&#13;
M J de Brisacier et Tiberge&#13;
164 vous ne recevrez de moy qu’une fort petite lettre que&#13;
165 Je vous ay escrit au mois de mars. Jl y a plus.rs de&#13;
166 nos Mess.rs a qui Jen’ay point escrit du tout. vous&#13;
167 aurez la bonté de mexcuser Sur ces aff.res de la chine,&#13;
&#13;
�168 Jaurois bien duplaisir de mentretenir avec vous.&#13;
169 Je vous diray auSujet de M. demontigni qu’on ne Scait&#13;
170 Sil est marié. Mons.r et Mad.’ De Laval vivent avec Mes d.’&#13;
171 de Laval assez paisiblemt M L. de Laval a pris le bonnet&#13;
172 de Docteur et M. LEvesq’ de Tournay qui est M de LaSalle&#13;
173 lui a donné un canonicat dans Sa cathedrale qui est un&#13;
174 benefice qui lui vaudra bien 2000.# mais Jl n’en peut rien&#13;
175 retirer dicy aprez de deux ans. Jl est allé faire Son Stage&#13;
176 et S’est fait estimer aS.’ magloire, car cest leSup.r de S.t&#13;
177 Magloire qui lui a procuré ce benefice Sans quil S’en&#13;
178 Soit meslé. Jl n’a pu acequil m’a dit accorder avec M.rs&#13;
179 Ses freres et Sœurs Ses aff.res al’amiable, et S’en est allé San[s]&#13;
180 terminer. Son frere Le chevalier est aussi hors d’Jntrigue,&#13;
181 oncle Le chevalier de ceintré l’a fait Son legataire avec&#13;
182 quatre de Ses cousins chevaliers. Cestoit un grand tresorier&#13;
183 de L’ordre, et quoique ce legs neSe prenne que Sur le quint&#13;
184 de Ses meubles chacun de ces legataires espere en tirer&#13;
185 plus de vingt mil livres, Si bien que cela le mettra en&#13;
186 etat de faire honorablem.t Ses courses, et par Ses Services&#13;
187 de pouvoir obtenir quelq’ commanderie de faveur.&#13;
188 Jl n’y adeplus aplaindre de Mes d.elles de Laval, Elles Se&#13;
189 conduisent fort Sagemt&#13;
190 M. de montigni voudroit que Nous remissions apur et&#13;
191 a plein les Sept mil livres quil doit et que vous aviez&#13;
192 reservé p.r la fondation, en sorte que chacun des enfans en&#13;
193 profitait a proportion de ce quil profite dela Sucession, et&#13;
194 nous nous croions devoir les appliquer aM. de Laval et a&#13;
195 Mes d.elles de Laval, Nous n’avons enore rien fait la dessus&#13;
8&#13;
&#13;
196 parceq’ nous n’en avons pas eus le temps&#13;
197 Je vous ay escrit fort aulong, Monseigneur, dans les&#13;
198 lettres de Nos Mess.rs quils vous communiqueront, que cequ’on&#13;
199 vous a raporté dudessein deM’gr de Quebec dattirer des&#13;
200 Peres de Loratoire en canada nest par bien fondé, et que ce&#13;
201 que vous apprehendiez que la fondation queM’gr de Quebec&#13;
202 afaite a n’re Sem.re apres Sa mort ne fust ala charge de&#13;
203 payer Ses dettes n’est point tel qu’on vous la dit. M’gr&#13;
204 de Quebec a fait une fondation puremt et Simplemt , p.r&#13;
205 laquelle Jl adonné 42000.# et quil a encore confirmée a&#13;
206 son retour de Canada en la changeant, et moderant les&#13;
207 charges, Sans parler de Ses dettes en aucune maniere; Mais&#13;
208 Jl y a chez M. Carnot Not.re la minutte d’une donation que&#13;
209 M’gr De Quebec fit de toutes Ses dettes et effets mobiliers&#13;
210 en 1685. avant qued’aller en canada p.r la 1.ere fois, a charg[e]&#13;
&#13;
�211 depayer Ses dettes, ce qui nepouvoit estre autrem.t mais cela&#13;
212 n’a pas eulieu, et Je ne compte nullemt Sur cette&#13;
213 donation.&#13;
214 Ce Prelat en verité est bien decrié en france, Jl pensera&#13;
215 peut estre que J’y ay contribué, mais Je puis vous assurer&#13;
216 Monseigneur, que bien loing delavoir fait, J’en ay toujours&#13;
217 ressenti une vraye peine, Sur tout lors que J’en ay entendu&#13;
218 parler avec le d.er mepris dans les bureaux J’ay tasché&#13;
219 au contraire a detourner ce qu’on disoit de plus desavan=&#13;
220 tageux delui, mais ceSont les officiers qui le décrient&#13;
221 co’e delafausse monnoye on doit lui raporter des&#13;
222 choses bien desagreables cette année, Je ne Scay commen&#13;
223 Jl Soutiendra cela&#13;
224 Engagez, Monseigneur, les hospitalieres a user de&#13;
225 leur avantage avec beaucoup dhumilité etde moderation,&#13;
226 car tout lemonde attend cela deleur vertu.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250244">
                    <text>Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249800">
                <text>6KAHUTHS</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249801">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249802">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249803">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 12 juin 1700)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249804">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris partage à l’ancien évêque de Québec ses préoccupations concernant les relations qui s’enveniment avec les Jésuites concernant l’exclusivité des territoires de mission. Les directeurs du Séminaire de Paris rédigent un mémoire pour le Saint-Siège sur la nécessité d’établir rapidement un clergé local en pays de mission. </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249805">
                <text>1700-06-12</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249806">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249807">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/268293"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; conservé au Musée de la civilisation, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 113&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249808">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250245">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11823" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11824" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="899">
        <name>Affaire de la juridiction des missions du Mississippi (1698-1703)</name>
      </tag>
      <tag tagId="917">
        <name>CONTENTIEUX (Territoire)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="52">
        <name>Jésuites</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="864">
        <name>Prêtres du Séminaire de Québec</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
  <item itemId="18660" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="11812" order="1">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/83f43ed5c0f1cfd2aecb2080f9e5e961.png?Expires=1779321600&amp;Signature=ANEhB%7EymiW%7EZxXYOLFeGtTyR8Ber5l-IbfDQ1xLbd7pI%7EFwesdVqWrDwbYDSWX2D%7Eh-XTwJOmDbqGhp56gs-FANxpk5p3irNMgvDYm6%7ETGjFP%7Eh6cUsbSTZTooro0nEIectpm9F0QaHDZ3urnymG37VAYSu5cd9BLKJdPywdGPLJbwKDpcP0F6Nsaz4lQIxWTBcigjUgiRb3rz0NZAjAhAP3h6yxDJ6KMcKDsxqo2GSh68PlnhcYIxW3b634HcDHHinxl7hXRZ8rMJkItabjP-2oLCJBJ0hlBJg%7EfdOClBjABHhBlSJIn-Spz9UsovJWFJ8-mt2asbeOsxeb19haGw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="11815" order="2">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/e05c1a102ecd13493f1ca54950b27df7.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=X0QBCr2VvCTELHfcw5s9drIZosyE--Oi2rDJuDAM5gQX2GOc92xEMdY%7EIkYW%7E5lyt943nmaZwAmLW5gk1uJiUjm5lgg2BEyal5%7EfS4-bqOH4KVS4sSu3b1qFpRv4gSiBFbkVIAtdTSr%7E9NvfCBBfzb1Doqd6ZeiWLiiseUMhyxUUqKrU9CluW3guwSg3nff%7Eu9EWjrtuXRM4xL8ZvbGk5v04ldpRe6QvLq3lz8D0Pb0CKSU8r6dNLtohyFbKjU2qj590JDcfhfPir2XymSaCcnIV2%7E%7EHUi9S7OnBif98GIrG5GBJbafkEGH8NsKYmTRvYh2mNRtVZkdMn-zHVxrExA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>515fe09f0974d8fd0009d0db633d3b77</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250225">
                    <text>��������������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250227">
                    <text>&lt;span&gt;Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 123&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11813" order="3">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/5588d1628c53589c8e82ea39284ac635.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=fa7dI7GFg6d1Sn9uLf0iGgKE%7E7s5BAG9h0xGJf5IrypRZp5GUtSTTRdlmDCqKXbAtSiZt-PL9riHuNcU6roDx3bgwqj%7E1tsU6LlkJvM6uUXw4yYQbj2wszI8vsrrEh9qZ16cMQNfxckh7gMDGSMSs1twKnK9G%7EvNEmLYXTgrKaSYAAYpKNYK%7EdxSZnGEnIJoxVS4ZLE0KKzK2NfdKVEnnELE9-NiaGld3rH1wVlQxQMU%7Eaz9g2hNHwaEo0q54rz9MUS5BzfNmJPkcmVucp2jhXSoSPlMCAHLpeguhzVBgU-lixOAQRE2i-FwLt0TOq-7PGoFsYlu3H7eVKaSODRpDA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>07917ea639fcaaafaefaf211bfcf6c46</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250223">
                    <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 19 juin 1705)&#13;
&#13;
Monseigneur,&#13;
Cette lettre sera la seconde que je vous écrirai, car il y a plus d’un mois que je&#13;
vous ai écrit amplement par le Neptune que je comptais devoir partir de France&#13;
dès le 10 ou le 15 avril et que j’apprends cependant n’être point parti. C’est&#13;
pourquoi ceci servira de duplicata, faisant passer cette seconde lettre par le&#13;
vaisseau du roi et la première par le Neptune, qui ne doit, à ce que l’on prétend,&#13;
partir qu’avec lui. Je vous mandais que j’avais reçu toutes vos lettres écrites de&#13;
l’an passé, savoir une de 13 pages du 4 août et une autre duplici via de 12 pages&#13;
du 7 novembre 1704, un billet pour recommander M. Gaillard et un autre pour&#13;
me mander des lunettes. J’ai reçu aussi un petit billet en chiffres que j’ai cru venir&#13;
de vous.&#13;
Si M. Bouteville ne fut pas tombé malade ou ne l’eut pas oublié, vous auriez reçu&#13;
l’an passé de mes nouvelles au moins par une voie, car je lui avais remis deux&#13;
paquets, l’un pour garder avec lui dans le Seine et le second pour le mettre sur un&#13;
autre vaisseau, et j’avais mis dans chacun de ces paquets mes lettres et mes&#13;
factures par deux voies. Dieu voulait que le tout fut perdu, puisqu’il a permis&#13;
que M. Bouteville ait tout embarqué avec lui. Il a été assez mortifié, il n’a pas&#13;
besoin d’être grondé.&#13;
Si vous aviez reçu l’an passé mes lettres et mes factures, vous auriez vu l’étrange&#13;
embarras où je m’étais mis pour accomplir la facture de Paris et payer les&#13;
10 000 livres de lettres de change que vous tirâtes sur moi. Je n’ai jamais eu tant&#13;
d’inquiétude, car de ramasser cette somme en ce temps-ci, c’est une plus grande&#13;
difficulté que d’en avoir eu quatre fois autant à payer dans les temps passés. Il ne&#13;
m’arrivera jamais d’accepter des lettres de change dont je n’aie pas le fonds entre&#13;
les mains ; or, ces 10 000 livres que j’ai payées ont été pour moi une entière&#13;
avance, puisque, par mon compte de l’an passé et dont je vous envoie copie cette&#13;
année, je me suis trouvé en avance pour le Séminaire de près de 18 000 livres. Et&#13;
je crois que par le compte de cette année, que je n’ai pas encore réglé, je me&#13;
trouverai pour le moins autant en avance. Et cependant, je n’ai point payé à&#13;
&#13;
�M. de Fleury la facture qu’il envoyait l’an passé, montant à près de 3 500 livres ou&#13;
3 700 livres, ni celle qu’il envoie cette année en Canada.&#13;
Nos Messieurs seront forcés, Monseigneur, de mettre fin à tous leurs bâtiments et&#13;
de renvoyer tous les enfants dont ils sont accablés, car je vous avoue que s’ils ne&#13;
le font, ils peuvent s’attendre que l’an prochain, je ne leur enverrai pas un fil de&#13;
Paris, ni de La Rochelle et je ne ferai pour eux quoique ce soit que je n’aie été&#13;
remboursé pleinement à Paris ; or, je crois qu’il me faudra près de 3 ans pour&#13;
cela.&#13;
S’ils n’avaient tout perdu l’an passé dans la Seine, je ne leur aurais rien envoyé&#13;
cette année, car quel moyen d’être pour eux dans de si grandes avances : j’ai&#13;
emprunté plus de 2 000 livres à constitution sur mes billets à plusieurs&#13;
particuliers pour ce sujet, je me sers de plus de 4 000 livres de dépôts libres à&#13;
plusieurs autres qui me permettent d’en user et je prends le surplus d’une de mes&#13;
affaires pour secourir l’autre, ce qui me cause une peine qui n’est pas petite.&#13;
Vous avez dû apprendre cet hiver la perte de la Seine et vous sa[ur]ez, quand&#13;
vous recevrez, celle-ci que tous ceux qui étaient prisonniers en Angleterre ont été&#13;
relâchés, hors Mgr de Québec et ses ecclésiastiques. Et ce qu’il y a de fâcheux, c’est&#13;
que ce prélat et ses ecclésiastiques pourront bien n’être rendus qu’à la paix, car&#13;
l’empereur a prié la reine d’Angleterre, et les Hollandais encore plus, de ne pas&#13;
rendre Mgr de Québec qu’on ne leur rendit M. Méan, doyen du chapitre de Liège,&#13;
ennemi personnel du roi, créature du feu prince d’Orange et pensionnaire des&#13;
États que M. l’électeur de Cologne, comme évêque de Liège, tient prisonnier&#13;
d’État et est résolu de ne relâcher jamais. On demande encore pour les&#13;
ecclésiastiques certains ministres français pris avec les Camisards dans les&#13;
Cévennes et condamnés aux galères.&#13;
Nous plaignons le prélat, qui mène une vie fort triste et qui n’a pas beaucoup de&#13;
consolation de ce ramas d’ecclésiastiques qu’il a avec lui. Il en a, à la vérité,&#13;
quatre ou cinq bons, mais le reste ne lui était pas connu et il éprouve ce que c’est&#13;
que de se charger de sujets qui ne sont pas éprouvés dans la rêverie. Nous&#13;
plaignons M. de Saugeon et un autre prêtre de la communauté de Saint-Sulpice&#13;
&#13;
�et deux prêtres du Séminaire Saint-Sulpice et le pauvre M. Bouteville, qui&#13;
mériterait une meilleure fortune ; mais nous ne pouvons les soulager qu’en priant&#13;
Dieu pour eux, car je n’ai pas même le temps d’entretenir avec eux un commerce&#13;
de lettres.&#13;
Je crois que la perte que nous faisons dans la Seine monte, en deniers déboursés, à&#13;
près de 10 000 livres, sans compter l’avantage que nous en aurions tiré si cela était&#13;
venu à bon port. Nous aurons bien de la peine à nous relever de cette perte, à&#13;
moins que nos Messieurs ne cessent de bâtir d’ici à 10 ans et ne renvoient tous les&#13;
écoliers du Petit Séminaire qui sont à nos charges, au-delà des fondations.&#13;
Ce qui est de plus affligeant, c’est qu’on menace de retrancher l’état de charges&#13;
indispensables, car comme la Compagnie du Canada ne peut rien payer et qu’elle&#13;
est accablée de gros intérêts, qu’elle paye à cause des emprunts considérables&#13;
qu’elle a faits, le ministre, qui ne veut pas que l’état du Canada tombe sur ses&#13;
fonds de la Marine, a proposé, ou d’établir sur le pays une capitation, ou de&#13;
retrancher l’état des charges ; et j’aimerais assurément mieux le dernier que le&#13;
premier. Cependant, on espère que l’on ne fera ni l’un ni l’autre, mais si le&#13;
Séminaire, dans l’état où il est, cessait encore de toucher ce qui est sur l’état du&#13;
pays, il se trouverait à plaindre. Ces dangers doivent faire comprendre à nos&#13;
Messieurs combien il importe de ne pas s’endetter mal à propos comme ils font,&#13;
car si actuellement il arrivait par malheur que les Anglais se rendissent maîtres&#13;
du Canada, nos Messieurs seraient ruinés et ils ruineront le Séminaire de Paris&#13;
s’il entrait dans les dettes contractées par le Séminaire de Québec. Il est du devoir&#13;
des personnes sages et prudentes de ne se mettre jamais dans le danger de si&#13;
grandes extrémités. C’était dans cette vue que j’aurais conseillé à nos Messieurs&#13;
de se faire un petit revenu en France, mais ils n’ont jamais eu de repos qu’ils&#13;
n’eussent attiré en Canada tout ce qu’ils ont en France et cela n’est pas&#13;
assurément prudent. Les Jésuites de Canada ont pour plus de 12 000 ou&#13;
15 000 livres de bon bien en France, sans celui qu’ils ont en Canada. Je ne crois&#13;
pas que nos MM. de Paris fussent disposés à se ruiner pour le Séminaire de&#13;
Québec et ainsi, où recourir pour les avances qu’on aurait fait pour nos MM. de&#13;
Québec ? Cela mérite réflexion.&#13;
&#13;
�La Compagnie du Canada est obérée, sans ressources. Elle a voulu voler avant&#13;
que d’avoir des ailes. Ces Messieurs ont pris de trop grands airs. Il faut bien&#13;
retourner en arrière. M. Raudot, nouvel intendant, en a pris connaissance. Il ne se&#13;
laissera pas si aisément leurrer à présent sur tous les beaux projets que quelques&#13;
personnes peuvent faire. Je ne sais d’où nos Messieurs ont pris que les Malouins&#13;
pensaient à se charger du Canada. Tout le monde ici convient qu’ils n’y pensent&#13;
pas et on ne croit pas même qu’il soit avantageux au pays qu’ils s’en chargent.&#13;
On prétend que le plus grand bien que l’on puisse procurer au pays, c’est de&#13;
prendre deux ou trois ans pour acquitter les dettes contractées par la Compagnie,&#13;
ne prendre pendant ce temps-là aucun castor gras, sur lequel il y a le plus à&#13;
perdre, et se charger modérément de castor sec. Et quand les dettes de la&#13;
Compagnie seront acquittées, obtenir du roi la liberté du commerce pour le&#13;
castor et ne plus le tenir en partie, comme on a fait jusqu’à présent. Je crois qu’on&#13;
en viendra dans quelques années.&#13;
Ce qu’il y a de plus fâcheux dans les affaires de cette nouvelle Compagnie, c’est&#13;
que tous les esprits y sont divisés. M. Riverin, qui nous a paru ici fort&#13;
raisonnable, est en butte à tous ces Messieurs qui tiennent le bureau de Québec. Il&#13;
y a entre les uns et les autres une jalousie et une envie extraordinaire.&#13;
Nous avons vu ici Mme de La Forest1, qui nous a paru ici passionnée en arrivant&#13;
contre le gouvernement. Elle s’est radoucie peu à peu. Elle nous a assurés en&#13;
arrivant que vous lui aviez donné, Monseigneur, une lettre pour le ministre et&#13;
même, ce me semble, une pour le roi, contre les puissances. J’ai eu peine à le&#13;
croire, d’autant plus que vos lettres ne nous en apprennent rien. Cette dame m’a&#13;
paru aussi vive que jamais, mais il y a apparence que les vivacités ne&#13;
produiraient rien. Je ne voudrais pas être obligé de suivre cette dame, car elle bat&#13;
trop de pays.&#13;
M. de Pontchartrain a de la considération pour M. de Lamothe-Cadillac, mais je&#13;
ne crois pas qu’il l’écoute au préjudice de cette belle Compagnie, qu’on&#13;
soutiendra toujours.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Charlotte-Françoise Juchereau de Saint-Denis, 1660-1732, appelée Mme de La Forest.&#13;
&#13;
�Nous n’avons point entendu ici parler à personne de ce différend que&#13;
M. de Ramezay a eu avec M. de Vaudreuil.&#13;
Ces tempêtes qui grondent en Canada se perdent dans les airs ici, près du Soleil&#13;
[Louis XIV] et chacun n’ose rompre la tête d’un ministre de ces sortes de&#13;
différends. Il nous a paru que vous n’auriez pas dû confier à M. de Beauharnois&#13;
ce que vous avait dit M. de Ramezay et lui n’aurait pas dû le dire à&#13;
M. de Vaudreuil ; mais aussi n’eussiez-vous pas dû donner après cela un&#13;
certificat, tel que vous en avez donné un à M. de Ramezay, qui ne paraît pas&#13;
assez droit pour une personne de votre dignité, en ce qu’il paraît qu’il y a&#13;
quelque chose contre la vérité la plus exacte. Il est fâcheux que ces Messieurs&#13;
vous engagent dans de pareils démêlés, qui ne vous conviennent pas. Mais&#13;
personne n’a relevé ici toutes ces choses et nous n’avons pas cru en devoir parler&#13;
les premiers.&#13;
Je vous ai déjà mandé dans les premières lettres qu’il ne paraît pas ici convenable&#13;
que nous envoyiez MM. Calvarin2 et Leriche3 dans les nouvelles missions de la&#13;
Louisiane pour y faire de nouvelles dépenses, dans un temps où ces missions&#13;
coûtent déjà tant et accablent le Séminaire. Vous le verrez par les comptes que je&#13;
vous envoie et où on ne saurait être payé de l’ordonnance sur le trésor royal pour&#13;
ces missions ; si bien que tout ce que je vais faire acheter pour ces missions, qui&#13;
ira à plus de 2 500 livres, et un billet de 700 livres que M. de La Vente4 a donné au&#13;
R. P. Dongé5 à prendre sur moi et qu’il faudra bien que je paye et seront de&#13;
nouvelles avances, qui retomberont sur le Séminaire et l’accableront.&#13;
Nous n’avons pu rien obtenir de la cour pour M. de La Vente et pour M. Huvé6,&#13;
son confrère, depuis qu’ils sont partis et nous ne savons si enfin nous&#13;
obtiendrons quelque chose pour lui cet été ou cet automne et quand on a obtenu&#13;
quelque somme, on ne saurait en ces temps-ci en tirer le paiement. J’ai encore&#13;
Goulvin Calvarin fut curé de Pointe-à-la-Caille, aujourd’hui Montmagny, de 1704 à 1708, puis à SaintJoachim de 1708 à 1712. Il partit en mission au Mississippi en 1718 et y mourut l’année d’après.&#13;
3&#13;
Yves Leriche fut curé de la Baie-Saint-Paul à l’Islet et devint supérieur de l’Hôtel-Dieu de Québec de&#13;
1732 à 1735, où il décède.&#13;
4&#13;
Henri Roulleaux de La Vente fut missionnaire au Mississippi de 1703 à 1710.&#13;
5&#13;
Pierre Dongé, jésuite, missionnaire au Mississippi&#13;
6&#13;
Alexandre Huvé a accompagné les abbés de La Vente et Davion au Mississippi et retourna en France en&#13;
1721.&#13;
2&#13;
&#13;
�actuellement l’ordonnance des missions de la Louisiane de 1703 et j’ai bien la&#13;
mine de la garder longtemps ; car depuis la perte que nous avons faite l’an passé&#13;
en Allemagne, les bourses se sont fermées, l’argent est devenu si rare, qu’on ne&#13;
paye au trésor royal que les officiers, mais les pensions et autres gratifications&#13;
sont rejetées. Votre pension de 1703, et à plus forte raison celle de 1704 et celle de&#13;
1705, sont en des ordonnances de papier, sur lesquelles je ne trouverais pas un&#13;
denier dans ces temps-ci. Nos Messieurs en ont cependant parlé plusieurs fois&#13;
l’an passé et celle-ci à M. Chamillart7 et il paraît bien intentionné, mais cependant&#13;
il ne fait rien, peut-être par l’impossibilité où il se trouve de subvenir aux besoins&#13;
de l’État. Il promet toujours et nous donne la peine d’aller cent fois voir au trésor&#13;
royal et nous en revenir comme nous y étions allés. Les affaires sont devenues si&#13;
désagréables et si difficiles à faire présentement que bienheureux sont ceux qui&#13;
peuvent s’en décharger.&#13;
Ce ne serait pas seulement le mauvais état du temporel de ces missions qui&#13;
devrait nous engager à n’y pas envoyer MM. Calvarin et Leriche ; ce serait aussi&#13;
leur peu de talent pour s’y rendre utiles. M. Calvarin ne peut être propre, au plus&#13;
qu’avec M. de La Vente pour lui servir de second, car il n’est pas assez fort pour&#13;
être en premier nulle part. Il est trop âgé pour apprendre les langues et être&#13;
jamais d’aucune utilité pour les Sauvages ; or, il paraît à souhaiter que celui qui&#13;
sera avec M. de La Vente sache un peu la langue sauvage. M. Huvé s’y applique&#13;
et le besoin que ces Messieurs ont de la langue de ces Sauvages mobiliens8 lui en&#13;
facilitera l’usage. D’ailleurs, il sera tout formé pour ces peuples quand&#13;
M. Calvarin y arrivera, car il ne pourrait y arriver d’ici à près de un an et demi et&#13;
près d’un an qu’il y est, ce serait près de deux ans et demi de perdus. Il me&#13;
semblerait que M. Calvarin ayant peine à soutenir les froids du Canada, si&#13;
M. de Lamothe demandait un prêtre qu’on le lui donnât ou qu’on le mit à&#13;
Chambly ou à l’île Jésus, où le froid n’est pas si rude. Quant à M. Leriche, c’est un&#13;
bon prêtre, très vertueux et qui fera du bien partout, mais qui n’a pas de grands&#13;
talents, car je ne crois pas qu’il en ait acquis de grands depuis qu’il est en Canada&#13;
et il en avait d’assez médiocres lorsqu’il est parti de France. Vous savez mieux&#13;
que moi, Monseigneur, combien il importe de n’envoyer dans ces missions que&#13;
des ouvriers très capables et qui soient en état de se décider eux-mêmes, très&#13;
7&#13;
8&#13;
&#13;
Michel Chamillart, 1652-1721, ministre des Finances et de la guerre&#13;
Autochtones de La Mobile&#13;
&#13;
�souvent dans des occasions très délicates. Le bon M. de Montigny9 ne l’était pas&#13;
même assez, puisqu’il a tenu une conduite qui n’a été approuvée, ni par le SaintSiège ni par les docteurs de [La] Sorbonne.&#13;
M. l’évêque de Québec, à qui j’ai écrit dans sa prison de cette vue que l’on avait,&#13;
m’a fort prié de recommander à nos Messieurs de ne faire sur cela aucun&#13;
changement qu’il ne fut sur les lieux. Il serait à souhaiter, Monseigneur, que tous&#13;
les missionnaires de ces missions fussent aussi sages que M. Bergier10, car on voit,&#13;
par tout ce qui nous renvient de lui, que c’est un digne ouvrier. Je crois que si&#13;
vous le changez des Tamarois, dont il sait la langue, il ne sera plus en état d’en&#13;
apprendre d’autres et qu’il vaudrait mieux en ce cas le rappeler au Séminaire&#13;
pour y élever la jeunesse dans la science et dans la piété. Je vous ai déjà mandé&#13;
que j’étais allé cet automne en Dauphiné pour ses affaires et n’avait pas demeuré&#13;
trois semaines hors de Paris, parce que je me servis de la diligence en allant à&#13;
Lyon et revenant. J’ai tiré de son bien plus que je ne pensais et cela m’a aidé à&#13;
faire mes affaires. Comme vous m’avez mandé que vous trouviez plus de&#13;
commodité à lui faire tenir ses besoins par Canada, j’ai ajouté à notre facture un&#13;
mémoire, tiré de celui du jeune M. Saint-Cosme11, et j’en avais mis les effets dans&#13;
un ballot que j’ai fait embarquer dans le Neptune, espérant qu’il partirait en&#13;
prime. Le bon Dieu a rompu sur cela toutes nos mesures.&#13;
Il s’en faut bien que M. Saint-Cosme lui ressemble. Il dépense beaucoup et j’ai&#13;
sujet de craindre qu’il ne fasse pas grand-chose. Il me prie fortement de payer&#13;
tous ce qu’il a pris à La Mobile, ce qui n’est pas peu de choses. Tout ce que je lui&#13;
ai envoyé, et à M. Bergier, et à M. Davion12, est arrivé à bon port. M. Saint-Cosme&#13;
n’a pas voulu prendre avec lui un petit jeune homme de 13 ou 14 ans que je lui ai&#13;
envoyé pour le servir. Il l’a renvoyé sur le champ à M. de La Vente, sous prétexte&#13;
qu’il était trop jeune, sans lui écrire même un petit mot de lettre et lui faire la&#13;
François de Montigny fut grand-vicaire de Mgr de Saint-Vallier. Il devint missionnaire au Mississippi en&#13;
1698.&#13;
10&#13;
Marc Bergier est reconnu comme étant un des meilleurs missionnaires que le Séminaire de Québec&#13;
envoya au Mississippi. Ses 34 lettres conservées nous en apprennent beaucoup sur les difficultés de cette&#13;
mission.&#13;
11&#13;
Jean-François Buisson de Saint-Cosme, missionnaire auprès des Tamarois, Natchez et Arkansas, mourut&#13;
en 1706 en se rendant à La Mobile.&#13;
12&#13;
Albert Davion partit avec les abbés Montigny et Saint-Cosme pour le Mississippi et finança en partie&#13;
l’expédition avec ses biens personnels. Il mourut en France en 1725.&#13;
9&#13;
&#13;
�moindre honnêteté. M. de La Vente en était tout découragé et M. Davion, très&#13;
choqué. M. Davion doit prendre avec lui ce jeune garçon et n’est pas si difficile&#13;
que M. Saint-Cosme.&#13;
Je crois que c’est de Charles Dumont, garçon de M. de Montigny, dont m’écrit&#13;
M. Saint-Cosme et M. Davion que je dois lui envoyer une récompense de près de&#13;
2 600 livres en marchandises. Mais comment le puis-je faire ? Je vous supplie,&#13;
Monseigneur, de me mander ce que vous en pensez, car comment envoyer de&#13;
telles récompenses sur un revenu que nos Messieurs absorbent au-delà ? À&#13;
entendre parler ces Messieurs dans leurs lettres, je veux dire M. Davion et&#13;
M. Saint-Cosme, vous diriez qu’ils n’auraient rien reçu ! Il n’y a cependant qu’à&#13;
extraire de mes comptes ce qu’il en coûte au Séminaire de Québec pour soutenir&#13;
ces missions et ce que j’ai dépensé pour elles, on verra ce que coûtent ces&#13;
missions et ce que ces Messieurs devraient s’imputer !&#13;
M. Davion est un très bon prêtre, mais ne convenait pas pour ces missions. Il était&#13;
âgé, il a de la peine à apprendre la langue et il est d’une santé si faible et si&#13;
délicate que la vie sauvage ne lui convient nullement. Il était prêt de retourner en&#13;
sa mission et les Tonicas étaient venus le demander. Il aurait voulu emmener&#13;
avec lui M. Huvé, mais comme le P. Dongé s’en allait en France, M. de La Vente&#13;
ne pouvait demeurer seul et M. Huvé est demeuré avec lui.&#13;
M. Davion a fait commencer une maison depuis que M. Bouteville est parti ;&#13;
M. de La Vente a trouvé la carcasse de cette maison seulement faite, sans portes&#13;
ni fenêtres. Il a emprunté du P. Dongé 700 livres pour payer les dépenses faites&#13;
par M. Davion pour cette maison. M. de La Vente me demande un menuisier.&#13;
Tout cela, comme vous savez, demande de la dépense. M. de La Vente est arrivé&#13;
heureusement à La Mobile avec M. Huvé et ses filles, vers le mois de juin ou&#13;
juillet, mais ils ont pris la maladie des îles en passant à Saint-Domingue et l’ont&#13;
porté à La Mobile. Cinq ou six filles en sont mortes avant les dernières lettres de&#13;
M. de La Vente. Lui et toute sa famille, composée de cinq ou six personnes,&#13;
étaient tombés malades et se rétablissaient. M. de La Vente se plaint fort des&#13;
coureurs de bois et des Canadiens qui sont à La Mobile. Il les trouve pires que les&#13;
flibustiers qu’il a trouvé à l’île Bourbon, mais il espère beaucoup des missions&#13;
&#13;
�aux Sauvages. Il prétend que les missionnaires aux Chatta et aux Chicacha&#13;
trouveraient de quoi s’occuper et auraient lieu de beaucoup espérer de fruit. J’ai&#13;
envoyé ses lettres à M. Gervaise, qui me manda que si l’on partait cet été et&#13;
surtout si l’on avait la paix, il s’y destinerait, encore quoiqu’il soit déjà un peu&#13;
âgé. Je ne sais si ce délai jusqu’au mois de novembre ne le rebutera pas ; c’est à&#13;
Notre-Seigneur à lui conserver sa bonne volonté.&#13;
M. de La Vente se plaint du choix que M. Bouteville a fait d’un emplacement à&#13;
La Mobile pour le Séminaire et il prétend qu’il faut passer [par] un lieu&#13;
inaccessible pendant les pluies pour y venir. Il expose que M. Le Sueur 13 étant&#13;
mort et ayant un emplacement sur la place publique près le fort, il y faudrait&#13;
mettre la paroisse, parce que cette paroisse serait alors près [de] la place&#13;
publique. Mais comme il n’y a encore aucun fonds pour bâtir cette paroisse et&#13;
que les peuples français ne sont nullement en état d’y travailler, on ne bâtira pas&#13;
si tôt.&#13;
M. Huvé y servira d’aumônier à la place du P. Dongé, au moins jusqu’au mois de&#13;
mai 1705 qu’un jésuite des Illinois y doit, dit-on, descendre. Ces Messieurs me&#13;
demandent beaucoup de choses pour s’établir. Cependant, ils ont bien de la&#13;
modération. M. de La Vente a acheté une vache à La Havane et l’a amenée avec&#13;
lui. Elle lui sera utile pour subsister. Il prétend que ces pays noyés de la&#13;
Louisiane, le long de La Mobile et du Mississippi, seraient excellents à y faire du&#13;
vin et à en recueillir de grandes quantités si on s’y appliquait. Il a aussi acheté à&#13;
La Havane un Noir. Et il me demande avec empressement un menuisier de&#13;
France, que je ne pourrai me dispenser de lui envoyer.&#13;
Je crois, Monseigneur, que vous ne m’avez proposé de vous faciliter l’envoi&#13;
d’étoffes ou couvertures pour les pauvres que pour voir si je prendrais&#13;
sérieusement la chose et non pas pour m’engager à faire cette dépense, car vous&#13;
savez trop que, dans l’extrême embarras où je suis, les premières aumônes sont&#13;
de payer ses dettes et satisfaire ses créances. Or, tandis que nous sommes si&#13;
obérés, nous endetter encore davantage pour faire des aumônes, ce ne serait pas&#13;
une vraie charité. Ces charités que vous proposez sont excellentes, mais elles ne&#13;
Pierre Le Sueur, un donné des Jésuites, remonta le Mississippi et érigea le fort L’Huillier à la rivière&#13;
Verte, aujourd’hui Blue Earth River. Il mourut en 1704 pendant une escale à La Havane.&#13;
13&#13;
&#13;
�sont pas à faire par ceux qui doivent comme nous. Je vous envoie une seconde&#13;
boîte de lunettes, où il y en a six comme l’an passé, pour une personne de votre&#13;
âge. Cette boîte est dans le dernier ballot no 6.&#13;
Vous recevrez une lettre cette année de M. de Montigny, qui pense sérieusement&#13;
à son salut et vit d’une manière fort exemplaire depuis trois ou quatre ans. Nous&#13;
nous sommes tous réjouis de ses bonnes dispositions. M. Bonnet de Saint-Lazare&#13;
lui a été utile. Il y aide ses enfants depuis un an, ayant gagné un procès contre&#13;
M. de Ceintrey, frère de feu Mme de Montigny, dont il lui est revenu près de&#13;
3 000 ou 4 000 livres comptant, dont il a aidé en partie sa famille. M. et&#13;
Mme de Laval vivent fort bien avec lui, mais ils ne font que crier misère. Nous&#13;
avons toutes les peines du monde à tirer d’eux quelque chose. Nous sommes&#13;
convenus avec eux, il y a près de deux ans, de leur en accorder près de 10 000&#13;
[livres] pour nous payer les anciens et nouveaux arrérages qu’ils nous doivent et&#13;
nous avons accepté pour cela des délégations sur leurs fermiers et ils ont eu&#13;
toutes les peines du monde à y satisfaire, malgré les secours qu’ils ont reçus de&#13;
M. de Montigny. Ils n’ont pu rendre encore à M. Rotrou 300 [livres] que je leur&#13;
avais fait prêter par lui il y a plus de 6 ans pour marner leur terre. Je les ai assurés&#13;
que je ne signerais pas la remise de la fondation qu’ils n’y eussent satisfait ; c’est&#13;
ce qui en rend l’acte, qui est chez M. Carnot signé de leur part, imparfait. Mais il&#13;
le sera très exactement, dès que j’apprendrai qu’ils auront payé M. Rotrou.&#13;
Mlle de Laval vit avec M. de Montigny et eux et a renoncé à présent à tout&#13;
établissement, étant à présent trop âgée pour être heureuse dans un mariage. Sa&#13;
faible poitrine lui a aussi fait prendre ce parti. Elle fait de bonnes œuvres dans la&#13;
paroisse. Mais vous serez bien aise de savoir, Monseigneur, que M. l’abbé&#13;
de Laval fait toujours de mieux en mieux. Il demeure à présent avec&#13;
M. l’archevêque de Cambrai et est son grand-vicaire. Ce prélat, qui est Fénelon, à&#13;
cause de l’alliance avec la maison de Laval, a offert à M. l’abbé de Laval de lui&#13;
faire permuter le canonicat de Tournai contre un de Cambrai et il loge et mange&#13;
avec lui. Il est très attaché à ce prélat et il paraît que, réciproquement, ce prélat a&#13;
toute la considération qu’on doit avoir pour lui. Comme M. de Cambrai par les&#13;
liaisons secrètes qu’il a eues avec les Jésuites dans l’affaire de Mme Guyon est&#13;
devenu un des grands fléaux des jansénistes, cela a rendu M. l’abbé de Laval&#13;
&#13;
�aussi opposé à la nouvelle doctrine que vous puissiez le souhaiter. Il y a de M. de&#13;
Cambrai dans les mandements et ordonnances qu’il fait continuellement sur ce&#13;
sujet.&#13;
Il y est de plus engagé par tout l’entêtement qu’il voit dans ceux de ce parti qui&#13;
sont dans les Pays-Bas, et surtout en Hollande, où on craint que tous les&#13;
catholiques, qui étaient en grand nombre, n’achèvent de se séparer de l’Église&#13;
romaine par l’attachement qu’ils ont à cette doctrine ou plutôt aux pasteurs, qui&#13;
en sont accusés par M. l’archevêque de Malines14. Il est vrai que le pape a traité&#13;
M. l’évêque de Sébaste15, qui était vicaire apostolique de Hollande, d’une manière&#13;
un peu rigoriste et qui n’a pas été goûtée de bien des gens. Les états généraux en&#13;
ont pris la défense. Ils ont menacé le vicaire apostolique que Rome a envoyé à sa&#13;
place de l’envoyer au supplice s’il entre en Hollande. Ils ont défendu à tous les&#13;
catholiques, qui sont en grand nombre, de le reconnaître. Ils ont fait battre des&#13;
médailles très injurieuses au Saint-Siège. On prétend que tout cela forme un&#13;
schisme entre les catholiques de Hollande, qui va les séparer entièrement de&#13;
nous. Les états ont donné aux Jésuites qui sont en Hollande un temps pour faire&#13;
révoquer tout ce que le pape a fait contre M. de Sébaste. Je crois que c’est jusqu’à&#13;
la fin de juillet prochain, après quoi ils menacent de chasser de chez eux tous les&#13;
Jésuites ou faire main basse sur eux et leurs chrétiens s’ils ne sortent de Hollande&#13;
en ce temps-là.&#13;
Vous savez, Monseigneur, que nous avons obligation à M. l’abbé de Laval de&#13;
s’être fort employé à nous procurer des aumônes pour notre incendie en&#13;
Flandres. Je crois qu’il nous y a procuré ou 700 ou 900 livres. Vous devez lui en&#13;
écrire pour l’en remercier.&#13;
On a rendu à la nièce de M. Lamy son bien et elle en jouit depuis un an et demi.&#13;
Je n’avais pas vu M. Soulard, lorsque je vous écrivis ma première lettre par le&#13;
Neptune. Je l’ai vu plusieurs fois depuis ce temps-là. Je l’ai fait recommander à&#13;
M. de La Touche par M. Louis de Brisacier, mais comme son emploi n’est qu’une&#13;
&#13;
14&#13;
15&#13;
&#13;
Guillaume Humbert de Precipiano lutta fortement contre les hérésies et surtout contre le jansénisme.&#13;
Petrus Codde défendit le jansénisme en Hollande et fut excommunié par le pape en 1704.&#13;
&#13;
�commission de l’intendant, sa meilleure recommandation est auprès de&#13;
M. de Raudot, nouvel intendant, à qui nous en avons donné un bon témoignage.&#13;
Vous nous avez recommandé très fortement, Monseigneur, le sieur Gaillard16 et&#13;
nous l’avons en conséquence fait valoir auprès de M. de La Touche, qui n’est pas&#13;
favorablement disposé pour lui, prétendant que cette compagnie qu’il demande&#13;
est une trop grande grâce pour lui, qu’on ne considère que comme un ancien&#13;
maître canonnier, à qui on ne doit pas accorder une compagnie vacante, au&#13;
préjudice de plusieurs anciens officiers ou Canadiens qu’on prétend la mériter&#13;
mieux que lui. M. de La Touche lut la lettre que M. l’abbé de Brisacier lui avait&#13;
écrite en faveur de ce M. Gaillard, en présence de M. d’Iberville et de&#13;
Mme de Repentigny et autres, qui en étaient tous indignés, prétendant que nous&#13;
recommandions des gens à tort et à travers, qui ne méritaient pas ces&#13;
recommandations. Il faudrait prendre garde à ceux que vous nous priez de&#13;
recommander que nous ne connaissons que par vous.&#13;
Quant à M. de Boishébert et de La Bouteillerie, nous les avons fortement&#13;
recommandés, mais nous ne savons si cela aura beaucoup d’effet.&#13;
Nous avons surtout demandé une lieutenance pour M. de Joncaire et représenté&#13;
ses services par un mémoire. Je ne sais si nous l’obtiendrons.&#13;
Nous nous sommes employés pour obtenir à M. Deschambault la place de&#13;
M. Juchereau, à la prière de M. Fleury, notre correspondant à La Rochelle, et je&#13;
crois qu’on en laisse la disposition à M. de Raudot, intendant, qui l’a aussi&#13;
demandé pour lui.&#13;
Je crois que le pauvre M. de La Vallière laissera ses os en France. Il est toujours&#13;
malade à Versailles et a peine à revenir.&#13;
M. d’Iberville a aussi été malade à Paris depuis quatre ou cinq mois. Il va aux&#13;
Eaux-de-Forges, près de Rouen, et reviendra en septembre solliciter l’armement&#13;
de la Louisiane.&#13;
Guillaume Gaillard, d’abord marguiller de Notre-Dame de Québec, acheta l’île d’Orléans de François&#13;
Berthelot en 1712, qui l’avait acquis de Mgr de Laval.&#13;
16&#13;
&#13;
�Vous me reprenez, Monseigneur, de ce que j’appelle ce pays la Louisiane ; c’est le&#13;
roi qui le lui donne dans les ordonnances qu’on nous expédie pour ce pays-là.&#13;
M. Raudot, notre nouvel intendant, conjointement avec M. son fils, nous paraît&#13;
un bon magistrat, qui pourra donner quelque forme à la justice qui s’exerce au&#13;
Conseil souverain et ailleurs. Il passe à Paris pour un bon juge et bien éclairé.&#13;
Tout ce que nous craignons de lui, c’est que ses affaires étant mauvaises en&#13;
France, il ne se laisse aller à ce qu’on lui proposera d’avantageux pour ses&#13;
intérêts. Cependant, nous devons espérer qu’étant éclairé, il ne prendra pas de&#13;
mauvais parti et que s’il est obligé de plumer un peu la poule, il tâchera à ne la&#13;
pas faire crier. Nous avons vu M. son fils, qui paraît sage, parle peu et a&#13;
beaucoup de respect pour M. son père, qui le mérite bien.&#13;
On nous a appris ici que M. de Champigny gagnait par an plus de 25 000 livres&#13;
sur les marchandises qu’il faisait venir sous le nom de M. Hazeur pour son&#13;
compte, dont M. Hazeur avait seulement un petit profit ; car sachant ce qu’il&#13;
faudrait pour les troupes, il le faisait venir ainsi et paraissait ensuite l’acheteur de&#13;
M. Hazeur. Gens qui s’en croient bien sûrs me l’ont ainsi raconté.&#13;
C’est ce que l’on dit qu’a fait M. de Beauharnois pour le sel qui était au roi. Il l’a&#13;
fait adjuger à deux marchands à 1 écu le minot et l’a revendu sous leur nom 15&#13;
ou 16 livres. Voilà ce qui s’est dit cette année assez hautement dans les bureaux.&#13;
Je ne sais ce qui en est, car je n’en ai rien appris par mes lettres.&#13;
Il nous est revenu, Monseigneur, qu’il y avait eu bien des brouilleries entre nos&#13;
Messieurs et M. de Glandelet et la première personne qui m’en parla (ce fut&#13;
M. de La Pallière) alla jusqu’à me dire que l’on avait voulu chasser M. de&#13;
Glandelet du Séminaire. Cela me surprit, d’autant plus que je ne trouvais rien de&#13;
tout cela dans mes lettres. J’ai bien lu, dans une lettre que M. des Maizerets m’a&#13;
écrite du mois d’août 1704 par M. Jolliet, qu’il y avait eu quelque contestation&#13;
avec M. de Glandelet, qu’on aurait souhaité qu’il eût quitté la supériorité des&#13;
Ursulines et le grand-vicariat, parce que quelques religieuses souffraient&#13;
impatiemment qu’il confessait quelques-unes d’elles et qu’elles faisaient un&#13;
grand éclat de ce qui n’était rien, que l’on souhaiterait qu’il fût plus renfermé&#13;
&#13;
�dans le Séminaire et y concourût davantage à former des ecclésiastiques.&#13;
M. des Maizerets ajoutait que M. Glandelet n’avait donné nul lieu à ces&#13;
religieuses de se plaindre et qu’il n’avait nulle attache, ni pour elles, ni pour le&#13;
grand-vicariat, qu’il était disposé de quitter quand Mgr de Québec serait de&#13;
retour. Je ne pouvais m’imaginer que cela eut causé le bruit que M. Le Vallet et&#13;
les Jésuites et les passagers ont rapporté être arrivés cet hiver. Mais on en dit tant&#13;
de circonstances tristes que je n’ai pu douter de ce que l’on m’en avait dit. Il est&#13;
fâcheux que tout le public soit instruit de ces affaires et que nous ne les sachions&#13;
que par d’autres.&#13;
Nos MM. de Paris ont résolu d’écrire une lettre commune à nos Messieurs pour&#13;
les conjurer de rétablir la première charité. Nous sommes persuadés qu’ils sont&#13;
tous de bons serviteurs de Dieu, qui ont fait tout cela avec de bonnes intentions,&#13;
mais nous sommes affligés que le public en soit abreuvé. Ils consentent que vous&#13;
serez, Monseigneur, le nœud de la parfaite réconciliation pour réunir tous les&#13;
cœurs, suivant l’établissement que vous avez fait de ce Séminaire, car unum et&#13;
anima una17. Ils s’attendent même que vous tiendrez à main à faire exécuter ce&#13;
qu’ils recommandent à nos Messieurs pour rétablir leurs affaires.&#13;
M. de La Pallière a fait un fort grand mémoire qu’il a fait imprimer pour&#13;
présenter à l’Assemblée du clergé, où il représente la grande perte que&#13;
M. l’évêque de Québec a faite et sa prison, pour demander non seulement la&#13;
pension de 2 000 livres, mais peut-être quelque somme, car à cause d’un évêque&#13;
prisonnier, les autres évêques assemblés pourront faire un présent à l’ordre&#13;
épiscopal de ce qui ne leur coûte rien. Quand nous ferions des mémoires, nous&#13;
n’obtiendrions rien. Nous verrons cependant si nous n’en présenterons pas&#13;
quelqu’un. Mais je n’y compte pas.&#13;
Il&#13;
&#13;
faut&#13;
&#13;
finir&#13;
&#13;
enfin&#13;
&#13;
cette&#13;
&#13;
lettre,&#13;
&#13;
parce&#13;
&#13;
que&#13;
&#13;
nos&#13;
&#13;
Canadiens&#13;
&#13;
partent.&#13;
&#13;
M. de La Bouteillerie, ni M. son frère n’ont rien obtenu. Ils me demandent mes&#13;
lettres. Je vais leur confier celle-ci.&#13;
&#13;
17&#13;
&#13;
D’un cœur et d’une âme, devise de l’Assemblée des Bons Amis.&#13;
&#13;
�On m’a dit que le pauvre M. Jonquière n’avait rien non plus pour cette année. Je&#13;
ne sais pas encore ce que l’on a réglé pour l’État, mais il faut s’attendre qu’il sera&#13;
mal payé. Je me recommande à vos saints sacrifices et prières. Je vous demande&#13;
bien humblement votre bénédiction et je suis, avec le plus profond respect donc&#13;
je sois capable, Monseigneur,&#13;
Votre très humble et très obéissant serviteur,&#13;
Tremblay.&#13;
Ce 19 juin 1705&#13;
&#13;
M. Beauharnois a perdu en trois mois son beau-père et sa belle-mère, qui ont&#13;
laissé à sa femme près de 200 000 livres de biens au milieu de Paris. À son retour,&#13;
il trouvera une maison toute meublée au milieu de Paris et de bons biens, nets de&#13;
toutes dettes.&#13;
&#13;
/Transcription18 en orthographe moderne par le Séminaire de Québec-aik-mdv-2020&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
Faite à partir de la paléographie par le Séminaire de Québec, 2019.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250228">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11816" order="5">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/40d2c9942431efb61a19340efd23d2a0.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=mWev5nqc3YGHfSF%7Es1NUj%7EaX3aIwAI%7Et0k68-bltgZ9a2-8C3qr0K4RM12q99HQGR0tVtHo00Vcc5dVYYfKRPibvNRF3YFSU1GpbU8197rfoBnHHQHZXLYy0Ig-28I6dLF%7EoaynzgSzaAx80kltExcxmll%7E0ZSStL5USki7OTfuEItvxUFNqcgVwwLJnxkq4ekLNQAspNUrUKJlu251c-xD94UZjUKFlTHhFqPne6kz%7EQI62ViMEcDc8LNo5HFyPw27AFI5PnezeNw66TJvmaVo6mkAzhCqtpMLNU6kVC4Y1R1gEw41ywBL4CWV7VktNWjMPjaWItrLEb0o%7EU17Kyw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>4bdf60766e60827257976353329c9ec4</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250226">
                    <text>1705, 19 juin – Lettre de Tremblay à Laval&#13;
(Musée de la Civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 123)&#13;
Jull. 1705&#13;
&#13;
1.ere Lettre&#13;
escrite&#13;
&#13;
cellecy duplicata&#13;
&#13;
Lettres receües&#13;
&#13;
M Bouteville&#13;
a retenu toutes&#13;
mes lettres dans&#13;
LaSeine&#13;
&#13;
et mes factures&#13;
et comptes envoiés&#13;
par deux voies&#13;
&#13;
2.&#13;
ambaras de&#13;
lanpassé&#13;
&#13;
p.r paier 10000#&#13;
delettresdechange&#13;
&#13;
1 Monseigneur&#13;
No 123&#13;
2&#13;
lettres N.&#13;
3 Cette lettre Sera la 2.de que Je vous escriray, car&#13;
4 Jlyaplus d’un mois que Je vous ay escrit amplemt&#13;
5 par le Neptune queje contois devoir partir de&#13;
6 france dez le 10. oule 15. avril et que J’apprends&#13;
7 cependant nestre point parti. C’est p.r quoy cecy&#13;
8 Servira de duplicata faisant passer cette 2.de lettre&#13;
9 par le vaisseau du Roi et la 1.ere par le Neptune&#13;
10 qui nedoit aceque lon pretend partir qu’avec&#13;
11 lui. Je vous mandois que J’avois recu toutes vos&#13;
12 lettres escrites del’an passé. scavoir une de 13. page&#13;
13 du 4.e aoust et une autre duplici via de 12. pages du&#13;
14 7. novembre 1704. Un billet p.r recommander M.r&#13;
15 gaillard et un au’ p.r me demander des lunettes. J’ay&#13;
16 receu aussi un petit billet en chiffre que J’ay creu&#13;
17 venir de vous.&#13;
18 Si M Bouteville nefust pas tombé malade, ou ne&#13;
19 leust pas oublié vous auriez recu l’an passé demes&#13;
20 nouvelles aumoins par une voye car Jelui avoit&#13;
21 remis deux paquets l’un p.r garder avec lui dans la&#13;
22 Seine, et le 2.d p.r lemettre Sur un autre vaisseau, et&#13;
23 Javois mis dans chacun de ces paquets mes lettres,&#13;
24 et mes factures par deux voies, Dieu vouloit que&#13;
25 letout fust perdu, puis quil a permis que M Bouteville&#13;
26 ait tout ambarqué aveclui. Jl a esté assez mortifié,&#13;
27 Jl n’a pas besoin destre grondé.&#13;
28 Si vous aviez receu l’an passé mes lettres et mes&#13;
29 factures, vous auriez veu Letrange ambaras ou Je&#13;
30 m’estois mis p.r accomplir lafacture de Paris et paier&#13;
31 les dix mil livres de lettres dechange que vous tirastes&#13;
32 Sur moy. Je n’ay jamais eu tant dinquietude, car de&#13;
33 ramasser cetteSo’e en ce temps cy, cest une plus grande&#13;
34 difficulté que d’en avoir eu quatrefois autant apaier&#13;
35 dans les temps passez Jl ne marrivera jamais d’accepter&#13;
36 des lettres de change dont Je naye pas lefonds entreles mains&#13;
37 or ces dix mil livres que J’ay paié ont esté p.r moy une&#13;
38 entiere avance puis quepar mon compte del’an passé&#13;
39 etdont Jevous envoye copie cette année, c’estoit unepxxx&#13;
40 Je me Suis trouvé en avance p.r le Sem.re de prez de&#13;
&#13;
�avances ou Jestois&#13;
lan passé.&#13;
&#13;
faire celler Les&#13;
batimens&#13;
et renvoier les&#13;
enfans.&#13;
&#13;
3.&#13;
comment JeSuis&#13;
endeSi grosses&#13;
avances.&#13;
lettre N.&#13;
no. 123&#13;
&#13;
Perte delaSeine&#13;
Mgr deQuebec&#13;
et Ses Ecclesisatiq’&#13;
Prisonniers.&#13;
&#13;
cause de Sa&#13;
detention&#13;
&#13;
et de celle de&#13;
Ses Ecclesiastiques.&#13;
&#13;
chagrin dela&#13;
prison&#13;
&#13;
41 18000.# Et Je crois que par le compte de cette anné&#13;
42 que Jenay pas encore reglé, Je me trouveray pr le&#13;
43 moins autant en avance. Et cependant Je n’ay point&#13;
44 paié aM fleury la facture quil envoioit l’an passé&#13;
45 montant apres de 3500.# ou 3700.# ni celle quil envoye&#13;
46 cette année en canada&#13;
47 Nos Mess.rs Seront forcez, Monseigneur, de mettre fin&#13;
48 a tous leurs batimens, et de renvoier tous les enfans&#13;
49 dont Jls Sont accablez, car Je vous avoüe que Sils ne le font&#13;
50 Jls peuvent sattendre que l’an prochain, Je ne leur&#13;
51 envoieray pas un fil ni de Paris ni dela Rochelle,&#13;
52 et Je ne feray p.r eux quoi que ceSoit que Je naye esté&#13;
53 rembourSé pleinemt a Paris. or Je crois quil me faudra&#13;
54 prez de trois ans p.r cela&#13;
55 Sils n’avoient tout perdu l’an passé dans la Neptune Seine, Je&#13;
56 neleur auroit rien envoié cette année car quel moyen&#13;
57 destre p.r eux dans de si grandes avances. J’ay emprunté&#13;
58 plus de 2000.# a constitutionsur mes billets aplus.rs particuliers&#13;
59 p.r ceSujet. Je me Sers de plus de 4000.# de deposts libres a&#13;
60 plus.rs autres qui me permettent d’en user. Et Je prends p.r&#13;
61 le Surplus dune de mes affaires p.r secourir lautre, ce qui&#13;
62 me cause une peine qui nest pas petite&#13;
63 vous avez du apprendre cet hyver la perte de la Seine, et&#13;
64 Vous Scavez quand vous recevrez celle cy quetous&#13;
65 ceux qui y estoient prisonniers en angleterre ont esté relas=&#13;
66 –chez hors Mgr de Quebecet Ses Ecclesiastiques. Et cequil y&#13;
67 a de facheux, c’est que ce Prelat et Ses Ecclesiastiq’s pouront&#13;
68 bien nestre rendus qu’a la paix, car L’empereur aprié la&#13;
69 Reine dangleterre et les hollandois encoreplus de nepas rendre&#13;
70 Mgr de Q. qu’on ne leur rendist M.r Mean Doyen du&#13;
71 chapitre de Liege Ennemy personeldu Roi, creature du feu&#13;
72 Prince dorange etpensionn.re des Etats que M.r LElecteur de&#13;
73 cologne co’e Evesque de Liege tient prisonnier d’estat et est&#13;
74 reSolu de nele relascher jamais. On demande encore pour&#13;
75 les Ecclesiastiques certains ministres francois pris avec les&#13;
76 camizaros dans les Sevennes, et condamnez aux Galeres.&#13;
77 Nous plaignons le Prelat qui meine un vie fort triste, et qui&#13;
78 n’a pas beaucoup de consolation de ce ramas dEcclesiastiques&#13;
79 quil a avec lui. Jl en a a la verité quatre ou cinq bons, mais&#13;
80 lereste nelui estoit pas connu et il esprouve cequecest que&#13;
81 de Se charger de Sujets qui neSont pas esprouvez dans la reverie&#13;
82 Nous plaignons M deSaugeon, et un au’ Prestre de la&#13;
83 communauté deSt Sulpice et deux Prestres dusem.re S.t&#13;
&#13;
�Perte du Semre&#13;
dans La Seine&#13;
&#13;
4.&#13;
X&#13;
&#13;
Etat des charges&#13;
dupays ne&#13;
Serapas payé&#13;
&#13;
capitation&#13;
proposee.&#13;
&#13;
X&#13;
&#13;
Jmportance&#13;
deneSepas endetter.&#13;
&#13;
Nos M.rs auroient&#13;
du Sefaire unrevenu&#13;
enfrance&#13;
&#13;
Les Jesuites de&#13;
canada y ont&#13;
plus de quinze&#13;
millivres de&#13;
rente&#13;
&#13;
5.&#13;
Mauvais estat&#13;
ce la compagnie.&#13;
Lettre N.&#13;
&#13;
84 Sulpice et le pauvre M Bouteville qui meriteroient une&#13;
85 meilleure fortune, mais Nous ne pouvons les Soulager qu’en&#13;
86 priant Dieup.r eux, car Je n’ay pas mesme letemps&#13;
87 dentretenir avec eux un commerce delettres.&#13;
88 Je crois que la perte que nous faisons dans la Seine monte&#13;
89 en deniers déboursez apres de 8000 dix mil livres Sans compter&#13;
90 lavantage que nous en aurions tirer si cela estoit venua&#13;
91 bon port. Nous aurons bien de la peine anous releverde cette&#13;
92 perte amoins que nos Mess.rs ne cessent debastir dicy a dix ans,&#13;
93 et ne renvoyent tous les escoliers du petit Sem.re qui Sont a nos&#13;
94 charges au dela des fondations.&#13;
95 Cequi est deplus affligeant c’est qu’on menace de retrancher&#13;
96 Letat des charges indispensables, car co’e la compagnie de&#13;
97 canada nepeut rienpaier et quelle est accablée des gros Jnterests&#13;
98 quellepaye acause des amprunts considerables quelle a faits Le&#13;
99 ministrequi ne veut pas que l’estat ducanada tombeSur Ses&#13;
100 fonds de la marine, a proposé ou destablir Sur le pays une capitation,&#13;
101 ouderetrancher Lestat des charges, et J’aymerois asseuremt&#13;
102 mieux le dernier quele premier. Cependant on espere que&#13;
103 l’on ne fera ni lun ni lautre Mais si Le Sem.re dans Lestat&#13;
104 ou il est cessoit encore de toucher ce qui est SurLetat du pays Jl&#13;
105 Se trouveroit aplaindre Ces dangers doivent faire comprendre&#13;
106 a nos Mess.rs combien Jl importe de ne pas Sendetter malapropos&#13;
107 co’e Jls font. car si actuellemt Jl arrivoit par malheur que les&#13;
108 anglois Serendissent Maitres du canada, Nos Mess.rs Seroient&#13;
109 ruinez, et Jls ruineroient lesem.re de Paris Sil entroit dans les&#13;
110 dettes contractéez p.r leSem.re de Quebec Jl est du devoir des&#13;
111 personnes sages et prudentes dene Se mettre jamais dans le&#13;
112 danger de Si grandes extremitéz c’estoit dans cette veüe que&#13;
113 Jaurois conseillé anos Mess.rs de Se faire un petit revenu en&#13;
114 france mais Jls nont jamais eu derepos quils neussent&#13;
115 attiré en canada tout ce quils ont en france, Et cela nest pas&#13;
116 asseurem.t prudent. Les Jesuites de canada ont p.r plus de douze&#13;
117 ou quinze mil livres de bonbien en france, Sans celui quils ont&#13;
118 en Canada Je ne crois pas que nos Mess.rs de Paris&#13;
119 fussent disposez a Se ruiner p.r le Sem.re de Quebec, Et ainsy&#13;
120 ou recourir p.r les avances qu’on auroit fait p.r nos M.rs&#13;
121 de Quebec cela merite reflexion&#13;
122 La Compagnie du canada est oberée Sans ressource Elle a&#13;
123 voulu voler avant que davoir des aisles. Ces Mess.rs ont&#13;
124 pris de trop grands airs. Jl faut bien retourner en arriere&#13;
125 M de Rodot nouvel Jntendt en a pris connoissance Jl ne Se&#13;
&#13;
�No. 123&#13;
&#13;
Malouins ne&#13;
pensent pas au&#13;
canada&#13;
&#13;
veües quon dit&#13;
avantageuses au&#13;
pays.&#13;
&#13;
M Riverin&#13;
&#13;
Mad. Dela&#13;
forest.&#13;
&#13;
Lettrep.r le&#13;
Ministre et&#13;
mesmep.r leRoi.&#13;
&#13;
6.&#13;
M delamotte&#13;
cadillac&#13;
&#13;
M deRamezay&#13;
&#13;
certificat&#13;
&#13;
126 laissera par Si aisem.’ leurer apresent Sur tous les beaux&#13;
127 projets que quel ques personnes peuvent f.re&#13;
128 Je ne Scay dou nos Mess.rs ont pris que les malouins pensoient&#13;
129 a Se charger du canada Tout le monde icy convient quils&#13;
130 n’y pensent pas, et on ne croit par mesme quil Soit avantageux&#13;
131 au pays quils S’en chargent. On pretend queleplus grand&#13;
132 bien que l’on puisse procurer aupays c’est de prendre deux&#13;
133 ou trois ans p.r acquitter les dettes contractées par la&#13;
134 compagnie, Ne prendre pend.’ ce temps la aucun castor gras,&#13;
135 Surlequel Jlya le plus aperdre Et Se charger moderemt de&#13;
136 Castor Sec. Et quand les dettes de la compagnie Seront&#13;
137 acquittéez obtenir du Roi laliberté du commerce pour&#13;
138 lecastor, et neplus letenir enpartie co’e on a fait jusquapresent.&#13;
139 Jecrois qu’on en viendra la dans quelques annéez&#13;
140 Ce quil y a deplus fascheux dans les aff.res de cette nouvelle compa141 gnie, cest que tous les esprits y Sont divisez. M Riverin qui nous&#13;
142 aparu icy fort raisonnable, est en butte a tous ces M.rs qui&#13;
143 tiennent le bureau de Quebec Jl y a entre les uns et les autres&#13;
144 une Jalousie et une envie extraord.re&#13;
145 Nous avons veus icy Mad. Dela forest qui nous aparu icy&#13;
146 passionnée en arrivant contre le Gouvernemt Elle S’est&#13;
147 radoucie peu a peu. Elle nous a asseuré en arrivant que&#13;
148 vous lui aviez donné, Monseigneur une lettre p.r le&#13;
149 Ministre, et mesme ce me Semble une p.r Le Roi contreles&#13;
150 puissances. J’ay eu peine ale croire dautant plus que vos&#13;
151 lettres nenous en apprennent rien Cette Dame m’a&#13;
152 paru aussi vive quejamais, mais Jly a apparence que&#13;
153 que les vivacitez neproduiroit rien. Je ne voudroitpas&#13;
154 estre obligé deSuivre cette Dame, car elle bat trop depays.&#13;
155 M De Pont ch. adela consideration pr M Dela Mottecadillac&#13;
156 mais Jenecrois pas quil lescoute auprejudicede cette belle&#13;
157 compagnie qu’on Soutiendra toujours.&#13;
158 Nous n’avons point entendu icy parler apersonne de ce&#13;
159 different que M de Ramezay a eu avecM De vaudreuil.&#13;
160 Ces tempestes qui grondent en canada, Se perdent dans les airs&#13;
161 icy prez du Soleil et chacun n’ose rompre la teste d’un&#13;
162 Ministre de ces Sortes de differens. Jl nous aparu que&#13;
163 vous n’auriez pas deu confier aM DeBauharnois ceque&#13;
164 vous avoit dit M de Ramezay, et lui nauroit pas du le dire&#13;
165 aM de vaudreüil, mais aussi neussiez vous pas du donner&#13;
166 apres cela un certificat tel que vous en avez donné un&#13;
167 a M de Remazay qui neparoist pas assez droit p.r une&#13;
168 personne de votre dignité, en ce quil paroit quil y aquelq’&#13;
&#13;
�M.rs calvarin&#13;
et Le Riche&#13;
&#13;
Missions dela&#13;
Louisiane a&#13;
charge,&#13;
&#13;
X&#13;
&#13;
7.&#13;
M.rs Dela vente&#13;
et huve.&#13;
Lettre N.&#13;
No. 123&#13;
Difficulté de Se&#13;
f.re paier.&#13;
&#13;
votre pension&#13;
nonpaiée.&#13;
&#13;
quelq’ Sollici&#13;
tation qu’on ait&#13;
faite&#13;
&#13;
affaires desagreables&#13;
&#13;
M.rs calvarin&#13;
et Riche peupropres&#13;
a La Louisiane&#13;
&#13;
169 chose contre la verité la plus exate; Jl est fascheux que ces&#13;
170 Mess.rs vous engagent dans de pareils démeslez qui ne vous&#13;
171 conviennent pas. Mais personne n’a relevé icy toutes ces&#13;
172 choses, et nous n’avons pas cru en devoir parler les premiers.&#13;
173 Je vous ay déjà mandé dans mes 1.eres lettres quil ne paroist&#13;
174 par icy convenable, que vous envoiiez Mess.rs Calvarin&#13;
175 et le Riche dans les nouvelles missions de la Louisiane pour y&#13;
176 faire de nouvelles depenses dans un temps ou ces missions&#13;
177 coutent déjà tant et accablent le Sem.re, vous le verrez par&#13;
178 les comptes que Je vous envoye, et ou on ne Scauroit estre&#13;
179 paié de Lord.ce Surle tresor roial p.r ces missions; Sibien&#13;
180 que tout ceque Jevais faire acheter p.r ces missions qui&#13;
181 ira aplus de 2500.# et unbillet de 700.# que M DeLa vente&#13;
182 adonné au R. P Donjé a prendre Sur moy et quil faudra&#13;
183 bien que Je paye et Seront de nouvelles avances qui&#13;
184 retomberont Sur le Sem.re et l’accableront.&#13;
185 Nous n’avont purien obtenir de la cour p.r Mde&#13;
186 la vente et p.r M huvé Son confrere depuis quils sont partis, et nous neScavons&#13;
187 Si enfin Nous obtiendrons quelq’ chose p.r lui cet&#13;
188 esté ou cet automne Et quand on a obtenu quelq’&#13;
189 Somme on ne Scauroit ences temps cy entirer le&#13;
190 paiemt Jay encore actuellem.t Lord.ce des missions de&#13;
191 la Louisisne de 1703. et J’ay bien la minedela&#13;
192 garder longtemps; car depuis la perte que nous&#13;
193 avons fait lan passé en allemagne Les bourses Se Sont&#13;
194 ferméez, Largent est devenu Si rare, qu’on ne paye au&#13;
195 tresor roial que les officiers, mais les pensions et autres&#13;
196 gratifications Sont rejettées. votre pensions de 1703. et a&#13;
197 plus forte raison celle de 1704. et celle de 1705 Sont en&#13;
198 des ord.ces de papier, Surles quelles Je ne trouverois pas&#13;
199 un denier dans ces temps cy. Nos Mess.rs enont cepend.t&#13;
200 parlé plus.rs fois lan passé et cellecy aM chamillard, et&#13;
201 Jl paroist bien intentionné mais cepend.’ Jl nefait rien&#13;
202 peut estre par limpossibilité ou il Se trouve de Subvenir&#13;
203 aux besoins de L’estat. Jl promet toujours, et nous donne&#13;
204 lapeine daller cent fois voir au tresor roial et nous&#13;
205 en revenir co’e nous y estions allez Les aff.res Sont devenües&#13;
206 Si desagreables et si difficiles afaire presentement que&#13;
207 bienheureux Sont ceux qui peuvent Sen descharger.&#13;
208 Ce ne Seroit par Seulemt le mauvais estat dutemporel&#13;
209 de ces missions qui devroit nous engager an’y pas&#13;
210 envoier Mess.rs Calvarin et le Riche; de Seroit aussi leur&#13;
211 peu de talens pour S’y rendre utiles. M Calvarin nepeut&#13;
&#13;
�212 estre propre au plus qu’avec M Dela vente p.r lui Servir de&#13;
213 Second, car Jl n’est pas assez fort p.r estre en premier&#13;
214 nulle part. Jl est trop aagé p.r apprendre les langues,&#13;
8.&#13;
&#13;
Lieux oulonpeut&#13;
mettreM Calvarin&#13;
&#13;
MLeRiche&#13;
&#13;
Mde Quebec&#13;
prie denef.re&#13;
aucun changem.’&#13;
&#13;
M Bergier&#13;
bien vertueux&#13;
&#13;
9&#13;
veue de le&#13;
rappeler au&#13;
Seminaire&#13;
&#13;
voyage p.r Ses&#13;
aff.res en Dauphiné&#13;
&#13;
215 et estre jamais daucune utilité p.r les Sauvages, or Jl paroist a&#13;
216 Souhaiter que celui qui Sera avec M Dela vente Scache unpeu&#13;
217 lalangue Sauvage; M.r huvé S’y applique et le besoin que ces&#13;
218 Mess.rs ont de la langue de ces Sauvages Mobiliens lui en&#13;
219 facilitera lusage Dailleurs Jl Sera tout formé p.r ces&#13;
220 peuples quand M Calvarin y arrivera car Jl ne pouroit&#13;
221 y arriver dicy apres d’un an et demi et pres d’un an quil&#13;
222 y est ce Seroit prez de deux ans et demi deperdu Jl me&#13;
223 Sembleroit que M Calvarin ayant peine a Soutenir les&#13;
224 froids du canada, Si M DelaMotte demandoit un Prestre&#13;
225 qu’on lelui donnast ou qu’on le mist a chamnbli on a&#13;
226 LJSle JeSus dont ou le froid nest pas Si rude&#13;
227 Quant aM Le Riche c’est un bon Prestre tres vertueux et&#13;
228 qui fera du bienpar tout, mais qui n’a pas de grands talens,&#13;
229 car Jene crois pas quil en ait acquis de grands depuis quil&#13;
230 est en canada, et il enavoit dassez mediocres lors quil&#13;
231 est parti de france Vous Scavez mieux que moy,&#13;
232 Monseigneur combien Jl importe de n’envoier dans&#13;
233 ces Missions que des ouvriers tres capables, et qui Soient&#13;
234 en estat de Sedecider eux mesmes tres Souvent dans des&#13;
235 occasions tres delicates. Le bon Mons.r de Montigni ne&#13;
236 lestoit pas mesme assez puisquil a tenuune conduite&#13;
237 qui n’a esté approuvée ni par leSt Siege ni par les&#13;
238 Docteurs de Sorbonne&#13;
239 M LEvesq’ de Quebec a qui J’ay escrit dans Saprison&#13;
240 de cette veue quel’on avoit m’a fort prié de recom=&#13;
241= mander a nos Mess.rs de ne faire Sur cela aucun changem/&#13;
242 quil ne fust Surles lieux&#13;
243 Jl Seroit a Souhaiter Monseigneur que tous les&#13;
244 Miss.res de ces Missions fissent aussi Sages que&#13;
245 M Bergier, car on voit par tout ce qui nous revient&#13;
246 delui que cest un digne ouvrier. Je crois que Si vous&#13;
247 le changez des Tamarois dont Jl Scait lalangue Jl&#13;
248 ne Seraplus en estat d’en apprendre dautre, et quil&#13;
249 vaudroit mieux en ce cas le rappeler au Sem.re&#13;
250 p.r y eslever la jeunesse dans la Scienceet dans la&#13;
251 pieté. Je vous ay deja mandé que Jestois allé ce[t]&#13;
252 automne en Dauphiné p.r Ses aff.res et navois pas&#13;
253 demeuré trois Semaines hors de Paris, par ceque Jem[e]&#13;
&#13;
�M deS.t cosme&#13;
grand depensier&#13;
&#13;
Difficile et peu&#13;
honneste&#13;
&#13;
10.&#13;
De charles du&#13;
Mont.&#13;
&#13;
Jls Semblent&#13;
navoir rien&#13;
receu&#13;
&#13;
M Davion&#13;
peupropreaces&#13;
missions.&#13;
&#13;
254 Servis de la diligence en allant a Lion et revenant.&#13;
255 J’ay tiré de Son bien plus que Je nepensoit, et cela&#13;
256 m’a aidé a faire mes affaires. Comme vous mave[z]&#13;
257 mandé que vous trouviez plus de commodité alui&#13;
258 faire tenir Ses besoins par canada J’ay ajouté a&#13;
259 notre facture un mem.re tiré de celui dujeune&#13;
260 MS.t Cosme, et Jen avois mis les effets dans un&#13;
261 balot que J’ay fait ambarquer dans le Neptune&#13;
262 esperant quil partiroit en prime Lebon Dieu a&#13;
263 rompu Sur cela toutes nos mesures.&#13;
264 Jl S’en faut bien que M S.’ cosme lui ressemble&#13;
265 Jl depense beaucoup et J’ay Sujet de craindre qui[l]&#13;
266 ne fasse pas grand chose Jl meprie fortemt depaier&#13;
267 tout ce quil apris a la Mobile, cequi nest pas peu de&#13;
268 choses. Tout ceq’ Je lui ay envoié et aMBergier e[t]&#13;
269 aM Davion est arrivé a bonport. M S.t cosme n’a&#13;
270 pas voulu prendre avec lui unpetit jeune homme&#13;
271 de treize ou quatorze ans que Je lui ay envoié p.r le&#13;
272 Servir Jl la renvoié Sur le champs a M Dela vente&#13;
273 Sous pretexte quil estoit trop jeune Sans lui escrire&#13;
274 mesme unpetit mot de lettre, et lui faire la&#13;
275 moindre honnesteté. M De la vente en estoit tout&#13;
276 descouragé et MDavion tres choqué. M Davion&#13;
277 doit prendre avec lui cejeune garcon et nestpas Si&#13;
278 difficile queM S.t cosme&#13;
279 Je crois que cest de charle aumont garcon de M de&#13;
280 montigni dont mescrit M S.’ cosme et M Davion&#13;
281 que Je dois lui envoier une recompense de prez de&#13;
282 600.# en marchandises. Mais comment lepuis je&#13;
283 faire Je vous Suplie, Monseigneur deme mander&#13;
284 ce que vous en pensez car comment envoier de telles&#13;
285 recompenses Sur un revenu que nos Mess.rs absorbent&#13;
286 bien audela&#13;
287 a entendre parler ces Messrs dans leurs lettres, Je&#13;
288 veux dire M Davion et M S.’ cosme, vous diriez quils&#13;
289 nauroient rien receu Jln’y a cepend.’ qu’a extraire de&#13;
290 mes comptes ce quil en couste au Sem.re de Quebec&#13;
291 pr Soutenir ces Missions et ce que J’ay depensé p.r elles,&#13;
292 on verra ce que coustent ces missions, et ce que cesMess.rs&#13;
293 devroient Simputer&#13;
294 M Davion est untres bon Prestre mais qui ne convenoit&#13;
295 par p.r ces missions. Jl estoit aagé Jla de lapeine a apprendre&#13;
296 la langue, et il est dune Santé Si foible et Si delicate que&#13;
&#13;
�Maison ala&#13;
Mobile&#13;
&#13;
Emprunté 700&#13;
du P. Donjé&#13;
menuisier.&#13;
11.&#13;
M dela vente&#13;
arrivé ala&#13;
mobile&#13;
&#13;
Coureurs de bois&#13;
&#13;
Miss.res des&#13;
chatta et des&#13;
chicacha&#13;
M. Gervaise&#13;
&#13;
Emplacemt&#13;
choisy par M&#13;
Bouteville mal&#13;
placé.&#13;
&#13;
PlacedeMLe&#13;
Sueur p.r la&#13;
paroisse&#13;
&#13;
297 la vie Sauvage ne lui convient nullemt Jl estoit prest&#13;
298 de retourner en Sa mission et les Tonicas estoient venus&#13;
299 le redemander. Jl auroit voulu emmener avec lui M.r&#13;
300 huvé, mais co’e Le P Donjé Senalloit enfrance M.r&#13;
301 dela vente ne pouvoit demeurer Seul, et M.r huvé est&#13;
302 demeuré avec lui.&#13;
303 M Davion a fait commencer une maison depuis que&#13;
304 M Bouteville est parti : M. De la vente a trouvé la&#13;
305 carcasse de cette maison Seulement faite, Sans portes ni&#13;
306 fenestres. Jl a emprunté du P Donjé 700.# p.r paier&#13;
307 les depenses faites par M Davion p.r cette maison M.r de&#13;
308 la vente me demande un menuisier. tout cela comme&#13;
309 vous Scavez demande de la depense&#13;
310 M De la vente est arrivé heureusemt a la mobile av[ec]&#13;
311 M huvé et Ses filles, vers lemois de Juin ou Juillet&#13;
312 1704. mais Jls ont pris la maladie des Jsles enpassant&#13;
313 aS.t Domingue, et l’ont porté ala mobile. cinq ou&#13;
314 Six filles en Sont mortes avant les dernieres lettres de&#13;
315 M De la vente Lui et toute Sa famille composée de&#13;
316 cinq ou Six personnes estoient tombez maladesetSe&#13;
317 rétablissoient. M De la vente Seplaint fort des coureu[rs]&#13;
318 de bois et des canadiens qui Sont ala Mobile, Jl les&#13;
319 trouve pires queles Philibustiers quil a trouvé a&#13;
320 LJSle Bourbon, mais Jl espere beaucoup des missions&#13;
321 aux Sauvages. Jl pretend que les Miss.res aux chatta&#13;
322 et aux chicacha trouveroient dequoy Soccuper et&#13;
323 auroient lieu de beaucoup esperer de fruit. J’ay envoy[é]&#13;
324 Ses lettres aM Gervaise qui me manda que Si&#13;
325 lonpartoit cet esté et Surtout Si lon avoit la&#13;
326 paix Jl S’y destineroit encore quoi quil Soit&#13;
327 déjà un peu aagé. Je ne Scay Si ce delay jusqu’au&#13;
328 mois de Novembre ne le rebutera pas, cest aNre&#13;
329 S’gr a lui conserver Sa bonne volonté.&#13;
330 M De la vente Se plaint du choix queM Bouteville a&#13;
331 fait d’un emplacement ala mobilep.r le Sem.re et Jl&#13;
332 pretend quil faut passer un lieu inaccessiblepend.t les&#13;
333 pluyes p.r y venir. Jl expose que M Le Sueur estant&#13;
334 mort et ayant un emplacemt Sur la place publique&#13;
335 prez le fort Jly faudroit mettre la paroisse, parceq’&#13;
336 cette paroisse Seroit alors prez la place publique&#13;
337 Mais co’e Jln’y a encore aucun fonds p.r bastir&#13;
338 cette paroisse, et queles peuples francois neSont nullem[ent]&#13;
339 en estat d’y travailler, on ne la batira pas Si tost.&#13;
&#13;
�12.&#13;
M huvé aumonier&#13;
&#13;
Pays noiez&#13;
misissipi&#13;
&#13;
Envoy p.r les&#13;
pauvres.&#13;
&#13;
Lunettes.&#13;
X&#13;
M de Montigni&#13;
bien disposé.&#13;
&#13;
13.&#13;
&#13;
Mons.r etMad.’&#13;
De laval&#13;
&#13;
340 M hurvé y Servira daumonier ala placedu P Donjé au&#13;
341 moins jusqu’au mois de May 1705. qu’un Jesuite des&#13;
342 Jlinois y doit dit on descendre ces mess.rs me demandent&#13;
343 beaucoup de choses p.r Sestablir. cependant Jls ont bien&#13;
344 dela moderation. M De la vente a acheté une vache ala&#13;
345 havane et l’a amenée avec lui. Elle lui Sera utilep.r&#13;
346 Subsister. Jl pretend que ces pays Noiez dela Lousiane&#13;
347 le long de la mobile et du misissipi Seroient excellent&#13;
348 a y faire du vin et a en recueillir degrandes quantitez&#13;
349 Si on Sy appliquoit. Jl a aussi acheté ala havane&#13;
350 un Noir. Et Jl medemande avec empressemt unMenui=&#13;
351 Sier defrance que Jene pouray me dispenser delui envoyer.&#13;
352 Je croy Mon seigneur que vous ne mavez proposé&#13;
353 de vous faciliter lenvoy d’estofes ou couvertures pour&#13;
354 les pauvres, que p.r voir si Je prendrois Serieusement la&#13;
355 chose, et non pas p.r mengager afaire cette depense, car&#13;
356 vous Scavez trop que dans lextreme ambaras ou Je Suis&#13;
357 les 1.eres aumosnes Sont depaier Ses dettes, et Satisfaire Ses&#13;
358 creanciers. or tandis que nous Sommes Si oberez, nous&#13;
359 endetter encore davantage p.r faire des aumosnes ce ne&#13;
360 Seroit pas une vraye charité. Ces charites que vous&#13;
361 proposez Sont excellentes, mais elles ne Sont pas a faire&#13;
362 par ceux qui doivent comme Nous.&#13;
363 Je vous envoye une Seconde boeste de Lunettes ou il yen&#13;
364 a Six co’e l’an passé p.r une personne de votre aage&#13;
365 Cette boeste est dans le dernier balot N.o 6,&#13;
366 Vous recevrez une lettre cette année deM de Montigni&#13;
367 qui pense Serieusemt a Son Salut et vit dune maniere&#13;
368 fort exemplaire depuis trois ou quatre ans. Nous nous&#13;
369 Sommes tous rejouis de Ses bonnes dispositions.&#13;
370 M Bonnet de St Lazare lui a esté utile Jl a aydé&#13;
371 Ses enfans depuis un an, ayant gagné un procez contre&#13;
372 M.r deceintray frere de feu Mad.’ De montigni dont Jl&#13;
373 lui est revenu prez de 3. ou 4000.# comptant dont Jl&#13;
374 a aydé enpartie Sa famille Mons.r et Mad’ de&#13;
375 Laval vivent fort bien avec lui. mais Jls ne font que&#13;
376 crier misere. Nous avons toutes les peines dumonde&#13;
377 a tirer d’eux quelq’ chose Nous So’es convenus avec&#13;
378 eux Jl y a prez de deux ans de leur en accorder prez&#13;
379 de dix p.r nous paier les anciens et nouveaux arrerages&#13;
380 quils nous doivent et nous avons accepté p.r celades&#13;
381 delegations Sur leurs fermiers, et Jls ont eu toutes les&#13;
&#13;
�acte de remise&#13;
delafondation&#13;
&#13;
Mad.elle DeLaval&#13;
&#13;
M L. De Laval&#13;
grand vicaire&#13;
de cambray.&#13;
14.&#13;
&#13;
M de Laval&#13;
bien opposé&#13;
aux Jansenistes.&#13;
&#13;
qui Sont forts&#13;
enflandre et en&#13;
hollande&#13;
&#13;
382 peines du monde a y Satisfaire malgré les Secours&#13;
383 quils ont recus de M de montigni. Jls n’ont pu rendre&#13;
384 encore aM Rotrou 300. que Jeleur avoit fait prester&#13;
385 par lui Jl y a plus de Six ans p.r marner leur terre&#13;
386 Je les ay asseurez que Je neSignerois pas la remise de&#13;
387 la fondation quils n’y eussent Satisfait, cest ce qui&#13;
388 en rend l’acte qui est chez M Carnot Signé deleur&#13;
389 part imparfait. mais Jl le Sera tres exactemt dez&#13;
390 que Japprendray quils auront paier MRotrou&#13;
391 Mad.elle De Laval vit avec M.r de montigni et eux&#13;
392 et a renoncé a present a tout establissement, estant&#13;
393 a present trop aagée p.r estre heureuse dans un mariage&#13;
394 Sa faible poitrine lui a aussi fait prendre ce parti :&#13;
395 Elle fait de bonnes œuvres dans la paroisse.&#13;
396 Mais vous Serez bien aise de Scavoir, Monseigneur,&#13;
397 que M. Labbé de Laval fait toujours de mieux&#13;
398 en mieux Jl demeure apresent avec M. Larchevesque&#13;
399 de Cambray et est Son grand vicaire. ce Prelat qui est&#13;
400 fenelon acause de Lalliance avec la maison de Laval&#13;
401 a offert a M Labbé de Laval De lui f.re permuter le&#13;
402 canonicat de Tournay contre un de Cambray, et Jl loge&#13;
403 et mange avec lui. Jl est tres attaché a ce Prelat et&#13;
404 il paroist que reciproquemt Cce Prelat a toute la&#13;
405 consideration qu’on doit avoir p.r lui. Comme M de&#13;
406 cambray par les liaisons Secrettes quil a eu avec les&#13;
407 Jesuites dans laff.re de Mad.’ Guion est devenu un des&#13;
408 grands fleaux des Jansenistes, cela a rendu MLabbé&#13;
409 de Laval aussi opposé ala nouvelle doctrine que vous&#13;
410 puissiez le Souhaiter. Jl ayde M de cambray dans les&#13;
411 mandemens et ord.ces quil fait continuellemt Sur ce Sujet.&#13;
412 Jl y est de plus engagé par tout lentestemt quil voit&#13;
413 dans ceux de ce parti qui Sont dans les pays bas, et Sur&#13;
414 tout en hollande ou on craint que tous les catholiques&#13;
415 qui estoient en grand nombre nachevent deSe Separer&#13;
416 de LEglise Romaine par lattachemt quils ont a cette&#13;
417 doctrine ou plu tost aux Pasteurs qui enSont accusez&#13;
418 par M Larch. de Malines. Jl est vray que Le Pape&#13;
419 a traité M LEveq’ de Sebaste qui estoit vicaire apliq’&#13;
420 de hollande d’une maniere un peu rigoureuse et qui&#13;
421 n’a pas esté goutée de bien des gens. Les estats Generaux&#13;
422 en ont pris la defense Jls ont menacé le vicaire aposto=&#13;
423 liq’ que Rome a envoié a Sa place de lenvoier au Suplice&#13;
424 Sil entre en hollande Jls ont defendu a tous les catholiques&#13;
&#13;
�425 qui Sont engrand nombre de le reconnoistre Jls ont&#13;
426 fait battre des medailles tres injurieuses auS.t Siege&#13;
427 on pretend que tout cela forme un Schisme entre les&#13;
428 catholiques de hollande qui va les Separer entieremt de&#13;
429 nous. Les Etats ont donné aux Jesuites qui Sont en&#13;
15.&#13;
&#13;
vous devez escrire&#13;
aM DeLaval&#13;
&#13;
Niece deM&#13;
Lamy.&#13;
M Soulard&#13;
&#13;
MGaillard&#13;
&#13;
16.&#13;
&#13;
Prendregarde&#13;
a ceux que lon&#13;
recommande&#13;
M.rs de Bois bert&#13;
et delabouteillerie&#13;
&#13;
430 hollande un temps p.r faire revoquer tout ceque&#13;
432 Le Pape a fait contre M De Sebaste, Je croy que cest&#13;
433 jusqu’a la fin de Juillet prochain, apres quoy Jls&#13;
434 menacent de chasser de chezeux tous les Jesuites ou&#13;
435 f.re main basse Sur eux et leurs chrestiens Sils ne&#13;
436 Sortent de hollande en ce temps la.&#13;
437 vous scavez Mon seigneur que nous avons obligation&#13;
438 a M Labbé de Laval de Sestre fort employé a nous&#13;
439 procurer des aumosnes p.r notre Jncendie enflandre&#13;
440 Je crois quil nous y a procuré ou 7. ou 900.# vous&#13;
441 devez lui en escrire p.r l’en remercier.&#13;
442 on a rendu ala Niece de M Lamy Son bien et elle en&#13;
443 jouist depuis un an et demi.&#13;
444 Je navois pas vu M Soulard lors q. Je vous escrivis&#13;
445 ma 1.ere lettre par le Neptune Je lay vu plus.rs fois depuis&#13;
446 ce temps la, xx Jel’ay fait recommander aM De latouche&#13;
447 par M L de Brisacier. Mais co’e Son employ n’est qu’une&#13;
448 commission de LJntend.t Sa meilleure recommandation&#13;
449 est aupres deM de Rodot nouvel Jntendt aqui nous en&#13;
450 avons donné un bon temoignage&#13;
451 vous nous avez recommandé tres fonrtemt Monseigneur&#13;
452 Les.r Gaillard et nous lavons en consequence fait valoir&#13;
453 aupres de M de la Touche qui n’est pas favorablemt disposé&#13;
454 p.r lui, pretendant que cette compagnie quil demande est&#13;
455 une trop grande grace p.r lui quon ne considere que&#13;
456 co’e un ancien maitre canonnier aqui on ne doit pas&#13;
457 accorder une compagnie vacante au prejudice deplus.rs&#13;
458 anciens officiers ou canadiens qu’on pretend la meriter&#13;
459 mieux que lui. M Dela Touche lut la lettre que M.r&#13;
460 Labbé de Brisacier lui avoit escrit en faveur de ce Mons.r&#13;
461 Gaillard enpresence de M DJberville et de Mde Repen&#13;
462 tigni et autres qui en estoient tout indignez pretend[ant]&#13;
463 que nous recommendions des gens a tort et a travers qui&#13;
464 ne meritoient pas ces recommendations. Jl faudroit prend[re]&#13;
465 garde a ceux que vous nous priez de recommander&#13;
466 que nous ne connoissons que par vous.&#13;
467 Quant aM.r De bois hebert et de la Bouteillerie, nous&#13;
&#13;
�M de Joncaire&#13;
enseigne nous&#13;
demandons une&#13;
Lieutenance&#13;
M Des chambeaux&#13;
p.r estrea la&#13;
place deM.r&#13;
Juchereau&#13;
&#13;
M De la valliere&#13;
&#13;
M. DJberville&#13;
&#13;
Louisiane&#13;
&#13;
M Rodot.&#13;
&#13;
17.&#13;
lettre N.&#13;
No. 123&#13;
&#13;
M de champigni&#13;
&#13;
M. debauharnois&#13;
&#13;
468 les avons fortement recommandez, mais nous neScavon[s]&#13;
469 Si cela aura beaucoup d’effet.&#13;
470 Nous avons Surtout demandé une Lieutenancep.r M.&#13;
471 de Joncaire et representé ses Services par un memoire Je&#13;
472 ne Scay Si nous l’obtiendrons.&#13;
473 Nous nous Sommes emploiez pour obtenir a MDes cha[m]&#13;
474 beaux laplace deM Juchereau, a la priere deM fleury&#13;
475 notre correspondant a la Rochelle, et Je croy quon en&#13;
476 laisse la disposition aM.r De Rodot Jntendant qui l’a&#13;
477 aussi demandé pour lui.&#13;
478 Jecrois quele pauvre M.r De la valliere laissera Ses&#13;
479 os en france Jl est toujours malade a versailles et&#13;
480 a peine a revenir.&#13;
481 M DJberville a aussi esté malade a Paris depuis quat[re]&#13;
482 ou cinq mois. Jl va aux eaux de forge prez de Rouen et&#13;
483 reviendra en 7.bre Solliciter larmement deLa Louisiane&#13;
484 vous me reprenez Monseigneur de ce queJappelle ce&#13;
485 pays la La Louisiane C’est le Roi qui le lui donne dans les&#13;
486 ord.ces qu’on nous expedie pour ce pays la&#13;
487 M Rodot Notre nouvel Jntendant conjointemt avec M.r&#13;
488 Sonfils nous paroist un bon magistrat qui poura donner&#13;
489 quelq’ forme a la Justice qui Sexerce au Conseil Souverain&#13;
490 et ailleurs. Jl passe a Paris p.r unbon Juge et bien&#13;
491 esclairé. Tout ceque nous craignons delui, cest que&#13;
492 Ses aff.res estant mauvaises enfrance, Jl ne Se laissealler&#13;
493 a cequ’on lui proposera devantageux p.r Ses Jnterests.&#13;
494 Cependant nous devons esperer questant esclairé Jl&#13;
495 ne prendra pas de mauvais party et que Sil est obligé&#13;
496 de plumer unpeu la poule, Jl taschera a nelapas f.re&#13;
497 crier. Nous avons veu Mons.r Sonfils, qui paroist&#13;
498 Sage, parle peu, et a beaucoup derespect pr Mons.r&#13;
499 Son Pere qui le merite bien&#13;
500 on nous a appris icy que Mons.r de champigni gagnoit&#13;
501 par an plus de 25000.# Surles marchandises quil faisoit&#13;
502 venir Sous lenom deMons.r hazeur p.r Son compte, dont&#13;
503 M hazeur avoit Seulem.t un petitprofit. car Scachant&#13;
504 cequil faudroit p.r les troupes Jl lefaisoit venir ainsy,&#13;
505 et paroissoit ensuite lachetre deMhazeur. Gens&#13;
506 qui S’en croient bien Seurs me l’ont ainsy raconté.&#13;
507 C’est ceque l’on dit qu’a fait M de Beauharnois pour&#13;
508 le Sel qui estoit au Roi. Jll’a fait adjuger a deux&#13;
509 marchands a un escu le minot et l’a revendu Sous&#13;
510 leur nom 15. Ou 16.# voila cequi S’est dit cette année&#13;
&#13;
�Brouilleries&#13;
&#13;
18.&#13;
&#13;
ursulines&#13;
&#13;
Lettre commune&#13;
&#13;
19.&#13;
Memoire p.r&#13;
M de Quebec&#13;
a Lassemblée&#13;
duclergé.&#13;
&#13;
511 assez hautemt dans les bureaux Je ne Scay cequi en&#13;
512 est car Jen’enay rien appris par mes lettres.&#13;
513 Jl nous est revenu, Monseigneur quil y avoit eu&#13;
514 bien des brouilleries entre nos Mess.rs et M Glandelet&#13;
515 et la 1.ere personne qui m’en parla (cefut M dela Palliere)&#13;
516 allajusqu’a me dire que l’on avoit voulu chasser M&#13;
517 Glandelet du Sem.re Cela me Surprit dautant plus que&#13;
518 Je ne trouvois rien de tout cela dans mes lettres. J’ay&#13;
519 bien lu dans une lettre que M Des maizerais m’a&#13;
520 escrit dumois daoust 1704 par M Joliet, quil y&#13;
521 avoit eu quelq’ contestation avec M Glandelet&#13;
522 qu’on auroit Souhaité quil eust quiltté laSuperiorité des&#13;
523 ursulines et le grand vicariat, parceque quelques&#13;
524 Relig.ses Souffroient impatiamm.t quil confessoit quelques&#13;
525 unes delles, et quelles faisoient un grand esclat dece qui&#13;
526 n’estoit rien, que lon Souhaiteroit quil fust plus renfermé&#13;
527 dans le Sem.re, et y concourust davantage a former des&#13;
528 Ecclesiastiques. M Des maizerais ajoutoit que M Glandelet&#13;
529 navoit donné nul lieu aces Relig.ses deSeplaindre, et quil&#13;
530 n’avoit nulle attache ni p.r elles ni p.r le grand vicariat&#13;
531 quil estoit disposé de quitter quand Mgr de Quebec Seroit&#13;
532 de retour. Je nepouvoit m’imaginer que cela eust causé&#13;
533 le bruit que M vallet et les Jesuites et les passagers ont&#13;
534 raporté estre arrivé cet hyver. Mais on en dit tant de&#13;
535 circonstances tristes que Je n’ay pu douter de ce que l’on&#13;
536 m’en avoit dit. Jlest facheux que tout lepublic Soit&#13;
537 instruit deces aff.res et que nous ne les Scachions que par&#13;
538 d’autres.&#13;
539 Nos Mess.rs de Paris ont resolu descrire unelettre commune&#13;
540 anos Mess.rs p.r les conjurer de retablir la 1.ere charité. Nous&#13;
541 So’es persuadez quils Sont tous de bons Serviteurs deDieu qui&#13;
542 ont fait tout cela avec debonnes intentions mais nous So’es&#13;
543 affligez que le public en Soit abreuvé Jls consent que&#13;
544 vous Serez Monseigneur le nœud de laparfaite recon=&#13;
545 ciliation, p.r reünir tous les cœurs Suivant lestablissemt&#13;
546 que vous avez fait de ce Sem.re Car unum et anima&#13;
547 una Jls Sattendent mesme que vous tiendrez la&#13;
548 main afaire executer cequils recommendent a nos&#13;
549 Mess.rs p.r reteblir leurs aff.res&#13;
550 M De la Palliere a fait unfort grand memoire quil a fait&#13;
551 Jmprimer p.r presenter a L’assemblée du clergé ou Jl represente la&#13;
552 grande perte que M LEvesque de Quebec a fait, et Sa&#13;
&#13;
�553 prisonp.r demander non seulemt la continuation de Sa&#13;
554 pension de 2000.# Mais quelq’ gratification considerable&#13;
555 Je crois quil obtiendra non Seulem’ la pension de 2000#&#13;
556 mais peut estrequelq’ So’e, car acause d’un Evesque&#13;
557 Prisonnier Les autres Evesques assemblez pouront&#13;
558 faire unpresent a lordre Episcopal decequi neleur&#13;
559 couste rien Quand nous ferions des memoires nous&#13;
560 n’obtiendrions rien Nous verrons cepend.t Si nous n’en&#13;
561 presenterons pas quelqu’un. Mais Je n’y conte pas.&#13;
562 Jl faut finir enfin cette lettre, parcque Nos Canadiens&#13;
563 partent. M dela Bouteillerie ny M Son frere nont&#13;
564 rien obtenus. Jls me demandent mes lettres. Je vais&#13;
565 leur confier cellecy.&#13;
566 onm’a dit que le Pauvre M Jonquiere n’avoit&#13;
567 rien non plus p.r cette année.&#13;
568 Je ne Scay pas encore ce qul’on a reglé p.r Lestat. Mais&#13;
569 Jl faut Sattandre quil Sera mal payé. Je me&#13;
570 recommande a vos SS. Sacrifices et prieres. Je vous&#13;
571 demande bien humblemt votre benediction, et JeSuis&#13;
572 avec le plus profond respect dont Je Sois capable&#13;
573&#13;
Monseigneur&#13;
574&#13;
ce 19. Juin 1705&#13;
votre tres humbleet&#13;
575&#13;
tres obeisss.’ Serviteur.&#13;
576&#13;
Tremblay&#13;
577 M Bauharnois a perdu entrois mois Son beaupere&#13;
578 et Sa belle Mere qui ont laissé aSa femme prez de&#13;
579 200000.# debien auMilieu de Paris. a Son retour Jl&#13;
580 trouvera une maison toute meublée au milieu de Paris,&#13;
581 et de bon bien net de toutes dettes.&#13;
&#13;
/Paléographie par le Séminaire de Québec-lsh-2020&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250232">
                    <text>&lt;span&gt;Paléographie typographiée en français classique par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11817">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/46fff7f32e9396dc28eca728184b46ba.pdf?Expires=1779321600&amp;Signature=QFeJA4efSoQL1iAfD4XggXqtZhWvhdTAEJebXUfZhCL1BGfMEHqmGgPU1s3ue8u0CluUS-qD7Iw0sRFHfVAfEg%7EG4t%7EeIWC03FWBNDa-erx2QhozkGcqFMLk4lvHMt7DgSNWWz5KeV9hCVeQIBIHj0bDOrXvmmyIAssxsG%7EeLtD6zsUcjUl4A0yYlsAI%7EoRuHOZztONEsytjOcCojGdV7vyJUhXSMgXCGOELb01juwOf04qSzkjJ7NnoQnAnGwmOnH6DcVFF3-0P2OjU1TXfvpPNSJjeGpzzrIR-CxDbVgvw%7EWy-5HBrOuNIufHCbnO5V7EZ7Q%7ErdF9hzY7M%7EHDmDg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>3d59b71f1cc571e5509528e655777fad</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250230">
                    <text>176&#13;
Nous devons le voir et raisonner sur tout cela avec lui. Voua&#13;
voyez, Monseigneur, qu’il y a quelque espérance de faire du bien&#13;
en ces pays.&#13;
Après midi 1er Avril, j’ay rendu visite à Mrs. Eiverin et Macart anciens députés de la colonie.&#13;
Ils m’ont appris des choses bien affligeantes et qui vont à la&#13;
ruine de la colonie entière et de chaque communauté en particulier.&#13;
Ils prétendent que le ministre souhaite qu’on trouve à lever dans&#13;
le pays mesme de quoy payer l’état du pays qui monte à près de&#13;
80,000 ou à retrancher ce qui y est porté et comme ce sont les&#13;
communautés qui y ont les plus fortes parties, vous jugez quel effet cela fera.&#13;
On parle de lever sur tout le pays une capitation. J ’ay fort représenté les i'nconvéniens et le foible secours qu’on en retirera,&#13;
car pour lever 15,000 lbs, il faudra escorcher 5,000 familles bonnes et mauvaises l’une portant l’autre, et il n’y en a pas 5,000&#13;
dans tout le pays. *&#13;
Je prévois qu’on pourra bien en venir à un entier retranchement.&#13;
M. l'abbé de Laval f a resigné son canonicat de Tournay&#13;
contre un de Cambray, et cet archevesque, qui comme vous scavez&#13;
vous est allié, J l’a appelé auprès de lui pour en faire son Grand&#13;
Vicaire. Il loge, est nourri à l’archevesché, et ce prélat l’estime&#13;
et le chérit.&#13;
19 Juin 1705.&#13;
Vous scaurez quand vous recevrez celle-cy que tous ceux saisis&#13;
sur la Seine par les ennemis et qui estaient prisonniers en Angleterre ont esté relaschés hors Mgr. de Québec et ses ecclésiastiques. Et ce qu’il y a de fâcheux c’est que ce prélat et ses ecclésiastiques pourront bien n’estre rendus qu’à la paix, car l ’Em(*) D'après le recensement de 1706 il n'y avait en effet dans le pays que 17321&#13;
habitants.&#13;
(t) Charles François Qui de Laval de Montmorency, neveu de 1’.Evêque de Québec, que Fénélon proposa à la Daterie pour l’arehidiaconé de Cambrai, en alléguant&#13;
ses services dans les diocèses de Tournay et de Cambrai dont il était chanoine,&#13;
sa haute naissance et ses qualités personnelles. Il fut nommé à l’Evêehé d'Ypres&#13;
en 1713, mais ne le garda que 3 mois, étant mort au mois d'août de la même année.&#13;
[tl La fille du Marquis de Fénélon avait épousé le Marquis de MôntmorehcyLaval. Voir l’Histoire de Fénélon par le card. Bausset. T. 1, p. 15.&#13;
&#13;
�177&#13;
&#13;
pereur a prié la Keine d’Angleterre et les Hollandois de ne pas&#13;
rendre Mgr. de Q. qu’on ne leur rendist M. Mean, Doyen du cha&#13;
pitre de Liège, ennemy personnel du Boy, créature du fou Prince&#13;
d’Orange, et pensionnaire des Etats, que M. l’Electeur de Cologne&#13;
comme Evesque de Liège tient prisonnier d’estat et est résolu do no&#13;
le relascher jamais. On demande encore pour les Ecclésiasti&#13;
ques certains ministres français pris avec les camizards dans les&#13;
Sovennes, et condamnés aux galères. Nous plaignons le prélat&#13;
qui mesne une vie fort triste et qui n’a pas beaucoup do consolation. * M. de Langeon, trois prêtres de St. Sulpice, et M. Bouteville entre autres partagent sa captivité.&#13;
&#13;
Le P. V a&#13;
&#13;
t ie r&#13;
&#13;
, Eécollet, à Mou,,&#13;
&#13;
de&#13;
&#13;
La v a i ,&#13;
&#13;
A Versailles Avril, 1702.&#13;
Monseigneur,&#13;
Je souhaite que cette lettre vous trouve dans une santé aussy&#13;
parfaite que je la demande tous les jours pour vostre Grandeur,&#13;
vostre conservation est d’autant plus prêtieuse qu’elle est utile à&#13;
vostre Eglise. Vous m’avés fait l’honneur de me confier vos&#13;
sentimens sur vostre démission, la providence vous remet en place&#13;
par l ’absence de vostre successeur que l’on croit icy devoir estre&#13;
longue. Il se flatte cependant de repasser l ’année prochaine.&#13;
Depuis le 9 Décembre que je suis débarqué, j’ay esté occupé&#13;
dans l’Anjou à faire des missions de l’ordre de Monseigneur d’Angers. Je ne suis arrivé icy que depuis six jours, n’ayant presque&#13;
point séjourné à Paris. L’on m’a appelé à Versailles en diligen-ce pour y travailler pendant le Jubilé de l’année sainte qui durera jusques à l’occasion.&#13;
Il y icy plus qu’aillenrs de quoy exorcer son zèle. Je n’aurais&#13;
pas encore veu Monseigneur, s’il n’étoit venu ioyou par occasion.&#13;
Je l’ay rencontré, je ne luy ay parlé qu’un moment en. présence de&#13;
mon Provincial à qui il a demandé de me reconduire en Canada,&#13;
lorsqu’il y repassêroit, rien ne s’est conclu. Cette espérance me&#13;
* “ Pendant ce temps là il s'employa avec nn grand zèle à consoler les catholiques, à administrer les Sacremens à recevoir les visites des prêtres et des religieux&#13;
cachés dans ce Royaume, et celles que lui firent les premières personnes de la Cour,&#13;
-qùile traitèrent toujours avec des marques d'une singulière estime.”&#13;
[Hist. de l’Hotel-Dieu, d. 419]&#13;
M&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="250231">
                    <text>&lt;span&gt;Extrait typographié en français classique et publié dans E. Langevin, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, 1er évêque de Québec&lt;/em&gt;&lt;span&gt;, 1874, p. 176-177&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249782">
                <text>5TWKFF4C</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249783">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249784">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249785">
                <text>Lettre de Tremblay à Laval (Paris, 19 juin 1705)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249786">
                <text>Le procureur du Séminaire de Québec à Paris exprime à l'ancien évêque de Québec ses difficultés à trouver l'argent pour les dépenses du Séminaire : il faut que les directeurs envisagent de vendre des établissements et des terres et réduire les projets et les missions. Saint-Vallier, 2e évêque de Québec, est toujours prisonnier en Angleterre avec ses ecclésiastiques. Tremblay donne son avis sur différents missionnaires et des nouvelles sur la famille Laval.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249787">
                <text>1705-06-19</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249788">
                <text>Français</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249789">
                <text>&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11815" class="show"&gt;Original en français classique&lt;/a&gt; et conservé au Musée de la civilisation de Québec, Fonds d'archives du Séminaire de Québec, Lettres N, no 123&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="249790">
                <text>Laval, François de, saint, 1623-1708</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="250233">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11813" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11816" class="show"&gt;Paléographie typographiée en français classique&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec, 2020-2022, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/11817" class="show"&gt;Extrait typographié en français classique&lt;/a&gt; et publié dans E. Langevin, &lt;em&gt;Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec&lt;/em&gt;, 1874, p. 176-177&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="957">
        <name>Affaire de l'ingérence de Saint-Vallier dans les affaires des communautés religieuses (1685-1705)</name>
      </tag>
      <tag tagId="934">
        <name>Correspondance de Laval avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="846">
        <name>Dépenses</name>
      </tag>
      <tag tagId="589">
        <name>Dettes</name>
      </tag>
      <tag tagId="581">
        <name>Famille de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="913">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Biens fonciers)</name>
      </tag>
      <tag tagId="914">
        <name>FINANCES DE L'ÉGLISE (Gestion)</name>
      </tag>
      <tag tagId="854">
        <name>Missions auprès des Autochtones</name>
      </tag>
      <tag tagId="570">
        <name>Missions du Mississippi</name>
      </tag>
      <tag tagId="916">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Missions)</name>
      </tag>
      <tag tagId="915">
        <name>ORGANISATION DE L'ÉGLISE (Personnel)</name>
      </tag>
      <tag tagId="870">
        <name>Recrutement et formation</name>
      </tag>
      <tag tagId="203">
        <name>Seigneuries</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
</itemContainer>
