<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<itemContainer xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://sfdl.omeka.net/items/browse?advanced%5B0%5D%5Belement_id%5D=39&amp;advanced%5B0%5D%5Btype%5D=is+exactly&amp;advanced%5B0%5D%5Bterms%5D=Houssart%2C+Hubert%2C+v.+1666-1734&amp;output=omeka-xml" accessDate="2026-06-12T00:35:27-04:00">
  <miscellaneousContainer>
    <pagination>
      <pageNumber>1</pageNumber>
      <perPage>32</perPage>
      <totalResults>1</totalResults>
    </pagination>
  </miscellaneousContainer>
  <item itemId="10842" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="10129" order="1">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/b10487052691265e1699aab4db0b799a.png?Expires=1782345600&amp;Signature=LJruA8XotxI%7EDN%7ERgcbxGaqID2M6%7EW3aUsRUkBl3E19SGh4ZDPjHb3ab-1keerk8kbaeXYV59tS4IX9UPzYUAJZJOy7uaCeuYjB-RwFgjRNnzm4fus3ucbYYkN80efNqyuf1YT0WHPSTIs36-wXPqv7s4eSLvtARRJdSvcVtz76VVPlUkf0izp2FqVxFb8rHYNH1yeQb%7E7Q7nuTepImNxaOfQ99jjD0CHjQpwWWWgG5FTBaqU1IqDt0AATPxrXosslWvJM9kXjOr0XWHj6V97r46u2DiGOUmM-Dx7RkCGUWZdQObOxflfPAzJtvPIxDmQsLEiAmvcyFQNXRENkmqYA__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>b3e68e6452ce81d19a20a61d72c10b82</authentication>
      </file>
      <file fileId="10703" order="2">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/9233f17c8ce13626a6b20c5b4e0e006c.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=ZELVDPnGpzBBqAWfsm5M1wbTHRdaXwmo5bfrbkNh%7E1fYEpILwI0cdZUv6A4c8ghdAUHVCPOUcQmxZ26OnXfVrYm5I-zUmFd8AEnEVL1-vHSpzflM9IyKrK3DAWFgGxIuyXO5gyiiLcKqw85EjwAPB22agJUHCqG8USia7CXJvWnG35e2NGioe-s337tH75uy1tHp6PbqTMSFn1jXKKDFqnap-cHREvW8gd7EYzcWiu8VgpN6Vyl4hgUt2eFDU4o5CgWW6bAEe9NyqonY1QSnEWkrDLvst8f3xD1h5HwRc4n5q65unRVb7k6prNa3gwGPMPwdki4pNd-BCTOtIFRH-w__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>ce15bef803495e79bd2900ee5dbf594d</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="240450">
                    <text>Doc. LXI&#13;
Lettre du frère [donné] Houssart, oblat du Séminaire de Québec et serviteur du&#13;
Serviteur de Dieu, à l’abbé Tremblay, procureur du Séminaire de Québec à Paris,&#13;
septembre 1708, d’après l’original conservé aux Archives du&#13;
Séminaire Saint-Sulpice de Paris, Documents pour servir à l’histoire de l’Église du&#13;
Canada, vol. 1, Écrits divers sur François de Laval, fos 9-14&#13;
Les biographes du Serviteur de Dieu et les acteurs de la Cause ont toujours donné une grande&#13;
importance à ce document. Il s’agit d’un long mémoire sur la vie privée, les vertus et la mort&#13;
du Serviteur de Dieu, écrit par un certain frère Houssart, oblat du Séminaire et serviteur du&#13;
Serviteur de Dieu, envoyé le 1er septembre 1708, quatre mois environ après le décès de&#13;
Mgr de Laval, à l’abbé Tremblay, procureur du Séminaire de Québec à Paris.&#13;
Étant donné l’importance de ce texte, il est nécessaire de voir qui a été ce frère Houssart et quel&#13;
crédit on peut lui donner. C’est un point capital sur lequel les acteurs de la Cause ne se sont pas&#13;
suffisamment arrêtés jusqu’ici.&#13;
Lorsqu’en 1688, après un séjour de quatre ans à Paris, le Serviteur de Dieu revint au Canada,&#13;
il amena avec lui un jeune homme de 18 ans, M. Houssart. Comment et d’où il l’avait connu,&#13;
nous ne le savons pas ; les directeurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris le lui&#13;
avaient probablement présenté et recommandé. Il devait sans doute s’agir d’un jeune homme&#13;
de grande piété, puisqu’à peine arrivé à Québec, il fut agrégé au Séminaire en qualité d’oblat.&#13;
Le Séminaire, comme nous l’avons déjà dit, constituait une communauté de prêtres et le&#13;
personnel laïc, chargé des services matériels du Séminaire, formait un groupe semblable à celui&#13;
des frères laïcs de plusieurs ordres religieux. Ces laïcs étaient appelés des « donnés », c’est-àdire des oblats. Ils portaient aussi la soutane, faisaient acte de renonciation de leurs biens et&#13;
menaient une vie de travail et de piété souvent très édifiante.&#13;
On confia au jeune Houssart la charge d’être le serviteur privé du Serviteur de Dieu. On ne peut&#13;
douter que cette désignation soit venue du Serviteur de Dieu lui-même et qu’elle avait déjà été&#13;
concertée en France. De 1688 jusqu’à la mort de Mgr de Laval en 1708, le frère Houssart fut&#13;
toujours auprès du Serviteur de Dieu pour assurer tous les services domestiques et ceux encore&#13;
plus intimes de camérier et d’infirmier. Le frère Houssart connaissait donc plus que tout autre&#13;
la vie privée et intime du Serviteur de Dieu. Il était ainsi un témoin éminemment informé, et&#13;
personne n’a jamais mis en doute ce fait.&#13;
Cependant, on a fait des remarques sur la foi à donner à son témoignage. Une&#13;
première objection est que son mémoire n’est pas complet. Il manque en effet des points de la&#13;
vie publique du Serviteur de Dieu et cette omission, dit-on, aurait pu être causée par le fait que&#13;
tout ne pouvait être loué de sa vie publique (Novae Animadversiones, no 17; Aliae Novae&#13;
Animadversiones, no 17). On voit bien que l’objection est plus pernicieuse que réelle. Le frère&#13;
Houssart savait bien que la vie publique du Serviteur de Dieu était bien connue de ses&#13;
destinataires et il n’aurait rien eu à dire de nouveau. Au contraire, il y avait des faits de la vie&#13;
privée de Mgr de Laval qui étaient certainement ignorés ou moins connus, et sur lesquels lui&#13;
seul pouvait donner un témoignage incontestable. Comme on le note du contexte de la lettre,&#13;
le frère Houssart n’avait d’autre but que de mettre par écrit ces faits particuliers. Il choisit sans&#13;
doute de donner à son mémoire la forme d’une lettre adressée à des personnes qui&#13;
s’intéressaient à la chose, comme les prêtres du Séminaire des Missions étrangères de Paris,&#13;
puisque celle-ci était très claire. L’idée de mettre ces détails par écrit ne lui était pas venue,&#13;
comme cela peut ordinairement arriver, à la suite de la mort de Mgr de Laval et dans la douleur&#13;
du deuil. Le frère admit qu’il y songeait depuis 15 ans. C’est là un point important puisque, en&#13;
conséquence, le frère Houssart a dû observer de près son seigneur et père. Il s’en suit que son&#13;
mémoire est le fruit mûri de son observation et de sa réflexion. C’est pourquoi on peut dire&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�qu’il est en fait complet, dans le sens qu’il contient tout ce qu’il devait contenir, c’est-à-dire les&#13;
détails de la vie privée du Serviteur de Dieu.&#13;
Une deuxième objection à la valeur du témoignage du frère Houssart est que son mémoire ne&#13;
serait pas le fruit spontané de ses souvenirs. En d’autres termes, on a émis le doute que la lettre&#13;
n’a pas été écrite par le frère Houssart lui-même, parce qu’elle a un caractère et une forme&#13;
littéraire supérieurs aux habiletés d’un simple frère laïc (Novae Animadversiones, no 14).&#13;
À ce propos, notons d’abord que frère Houssart n’était pas un pur ignorant. Du vivant du&#13;
Serviteur de Dieu et surtout après sa mort, il eut plusieurs responsabilités administratives de la&#13;
part du Séminaire. On a encore de ses manuscrits de comptes, de notes et de résumés de bilans&#13;
faits avec une grande précision et qui montrent un niveau de formation certainement supérieur&#13;
à celui d’un domestique ordinaire. Il est fort possible, comme le pense Mgr A. E. Gosselin,&#13;
archiviste du Séminaire de Québec, qu’avant de venir au Canada il ait suivi un cours d’études&#13;
littéraires en France. De toute façon, même si le texte de son mémoire avait été revu pour la&#13;
forme par un prêtre, cela n’enlèverait pas la valeur du document. Le texte est écrit de la main&#13;
du frère Houssart et signé par lui ; c’est lui-même qui parle et il fait appel à son information&#13;
personnelle. Comment mettre en doute son témoignage ? Devrait-on le considérer comme&#13;
faussé ? On sait qu’il demeura un fidèle oblat du Séminaire jusqu’à sa mort, survenue en 1734,&#13;
à l’âge de 64 ans.&#13;
On peut donc conclure que la lettre du frère Houssart est digne de foi et constitue l’une des&#13;
sources les plus directes et plus importantes pour la vie religieuse privée du Serviteur de Dieu.&#13;
Nous connaissons deux manuscrits de cette lettre.&#13;
Le premier, le plus connu jusqu’à aujourd’hui, est conservé au Musée de la civilisation, Fonds&#13;
d’archives du Séminaire de Québec, Lettres P, no 102. Il s’agit d’une copie de 11 pages, écrite&#13;
en entier de la main du frère Houssart et signée de lui. Il note lui-même au début du&#13;
manuscrit qu’il s’agit d’une copie : « Copie de la lettre que j’ai écrite à M. Tremblay, directeur&#13;
du Séminaire des Missions étrangères de Paris et procureur du Séminaire de Québec, au sujet&#13;
de la mort de Mgr de Laval, premier évêque de Québec, en date du 1er septembre 1708 ». Cette&#13;
copie fut envoyée plusieurs fois à la Sacrée congrégation des Rites par les acteurs de la Cause&#13;
et fut reproduite dans la Positio Super Introduzione, Nova Summarium, p. 1-21, selon l’édition&#13;
faite à Québec, dans un journal privé du Séminaire de Québec, l’Abeille, et dans la Positio&#13;
Super Virtutibus, Summarium, no 6, p. 1236-1256, d’après la copie de Québec.&#13;
L’autre manuscrit se trouve aux Archives du Séminaire Saint-Sulpice de Paris. Il s’agit de&#13;
l’original, jusqu’ici inconnu des acteurs de la Cause et demandé plusieurs fois par la Sacrée&#13;
congrégation des Rites (Novae Animadversiones, no 12; Aliae Novae Animadversiones, no 9).&#13;
Comme le manuscrit de Québec, celui de Paris a 11 pages et est écrit et signé de la main du&#13;
frère Houssart. De plus, il y a l’adresse au verso de la dernière feuille : « À M. Tremblay, très&#13;
digne prêtre directeur du Séminaire des Missions étrangères ». Suit une note d’une main&#13;
postérieure : « Nota : Le frère Houssart, donné du Séminaire de Québec, a servi feu Mgr de&#13;
Laval pendant 20 années avec assiduité et un zèle très constant. »&#13;
Nous avons en main les photographies des deux manuscrits et nous en avons fait la&#13;
comparaison, constatant qu’elles sont de teneur égale ; on note seulement quelques divergences&#13;
d’orthographe.&#13;
Nous reproduisons ici le texte complet de la lettre, selon l’original de Paris.&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Vous avez déjà sans doute appris la mort de Mgr de Laval, ancien et premier évêque&#13;
de Canada, et ce n’est pas pour vous en informer que je prends la liberté de vous&#13;
écrire celle-ci en particulier, mais pour vous témoigner combien cette mort et la&#13;
séparation d’un si bon, si saint et si charitable maître m’a été sensible. Cela est aisé&#13;
à concevoir, puisque ayant eu l’honneur d’avoir été continuellement attaché au&#13;
service de Sa Grandeur pendant les 20 dernières années de sa sainte vie et que&#13;
Sa Grandeur ayant eu pendant tout ce temps-là une grande charité pour moi et&#13;
une très grande confiance en mes soins, vous ne pouvez douter que je n’aie&#13;
contracté une grande union, un grand appui et une attache toute particulière à&#13;
Sa Grandeur et que par conséquent la séparation d’une personne qui m’était si&#13;
chère et si utile ne m’ait causé une peine inconcevable.&#13;
Mais la consolation, qui s’est mêlée parmi la tristesse en voyant un saint mourir en&#13;
saint après avoir vécu en saint, a été un très grand soulagement à ma peine, aussi&#13;
bien qu’à celle de tout le Séminaire et de tous les peuples du Canada ; et la haute&#13;
idée que nous avons tous de la grande gloire que possède dans le ciel notre saint&#13;
défunt et notre commun père nous fait espérer que, par son intercession et son&#13;
crédit auprès de Dieu, il nous dédommagera copieusement de la perte que nous&#13;
avons faite de sa sainte présence. Plusieurs l’ont déjà éprouvé dans le soulagement&#13;
qu’ils ont reçu dans leurs peines et infirmités, par l’invocation et le recours qu’ils&#13;
ont eus à notredit saint défunt, comme vous l’apprendrez par une autre voie1.&#13;
Pour mon particulier, je compte beaucoup sur son pouvoir et me confie en son&#13;
secours et assistance, non seulement pour être délivré ou notablement soulagé&#13;
dans mes infirmités corporelles, comme il m’est déjà arrivé plusieurs fois, mais, ce&#13;
que j’estime infiniment plus, pour être assisté dans les besoins intérieurs de mon&#13;
âme, tant pour être aidé à y établir les vertus qu’à en détruire les vices et mauvaises&#13;
habitudes, comme je l’ai aussi déjà expérimenté plusieurs fois.&#13;
Toutes les personnes du Séminaire doivent avoir aussi une confiance très&#13;
particulière aux mérites et intercessions de leur premier père, car Sa Grandeur&#13;
1&#13;
&#13;
L’auteur fait probablement allusion au mémoire écrit par l’abbé de Glandelet en 1708 au sujet de quelques&#13;
grâces extraordinaires attribuées à l’intercession du Serviteur de Dieu. Malheureusement, cette relation ne&#13;
nous est pas parvenue.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�s’étant offerte en sacrifice, comme elle fit six jours avant son saint trépas, pour&#13;
porter la peine de tous les péchés du Séminaire et, ayant prié Dieu de l’exterminer&#13;
elle seule, afin d’épargner toutes les autres personnes dudit Séminaire, l’ayant prié&#13;
aussi de détruire entièrement le péché de sa sainte maison et d’y maintenir jusqu’à&#13;
la fin des siècles le très saint amour et le véritable culte de Dieu et de la très&#13;
sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph et des saints anges et Sa Grandeur ayant été&#13;
exaucée par le redoublement de ses douleurs qui furent excessives depuis ce jourlà jusqu’à sa mort, nous avons tous lieu de croire qu’il nous a acquis par ses&#13;
souffrances des grâces particulières pour éviter le péché et pratiquer la vertu.&#13;
Mais je ne puis, Monsieur, me dispenser de vous dire que quand il me revient en&#13;
la mémoire l’accent et la ferveur avec laquelle Sa Grandeur prononçait ces paroles&#13;
et beaucoup d’autres pleines de feu et d’amour, les yeux et les mains élevés vers&#13;
le ciel, avec des sentiments extraordinaires d’humilité et de mépris de soi-même et&#13;
des retours d’une véritable confiance en Dieu, nonobstant, disait-elle, sa très&#13;
grande indignité, j’en ai le cœur si pénétré que je ne puis retenir mes larmes ; je&#13;
souhaitais pour lors que toutes les personnes du Canada puissent entendre&#13;
chacune une seule de ses paroles pour en être toutes embrasées ; car elles étaient&#13;
toutes capables de pénétrer, attendrir et enlever les cœurs même les plus endurcis.&#13;
Je ne doute pas, Monsieur, que vous n’ayez aussi appris la distribution qui a été&#13;
faite, à la grande instance des peuples de Canada, du linge trempé et teint du sang&#13;
de mondit seigneur, de ses cheveux et de ses habits2. Comme ça été moi qui ai&#13;
trempé ces linges dans son sang lorsqu’on l’a ouvert3 et qui ai coupé de ses&#13;
2&#13;
&#13;
L’abbé Gosselin (Le vénérable François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, 2e édition,&#13;
Québec, 1923, p. 402-403, note 1) nous informe qu’en 1891, il eut la joie de retrouver quelques-unes de ces&#13;
reliques en France, au Séminaire d’Évreux et dans la famille du marquis de Lévis à Paris. Voici ce qu’il écrit&#13;
à ce sujet : « Au Grand Séminaire d’Évreux, tenu par les Lazaristes, M. l’abbé de Bruynes, l’un des prêtres&#13;
de la maison, nous montra en 1891 une de ces reliques de Mgr de Laval, précieusement enveloppée dans un&#13;
papier sur lequel on lit : « Partie d’un linge que j’ai trempé dans la poitrine de Mgr de Laval de Montmorency,&#13;
premier évêque de Québec, le jour de son décès, lorsqu’on l’ouvrit pour ôter son cœur, le 6e de mai 1708.&#13;
Frère Hubert Houssart ». […] Une autre relique de Mgr de Laval, semblable à celle de l’abbé de Bruynes et&#13;
parfaitement authentiquée, elle aussi par le frère Houssart, se trouve dans la famille du marquis de Lévis à&#13;
Paris. En nous la montrant : « C’est un précieux héritage, nous dit le noble marquis, que je tiens de la famille&#13;
de ma grand-mère, où cette relique avait toujours été précieusement conservée. » Il ne serait pas inutile&#13;
d’ajouter qu’aucune de ces reliques existaient ou existent jusqu’à maintenant, pas même au Séminaire de&#13;
Québec#.&#13;
#&#13;
NDLR : Un tel linge fut enfin retrouvé au grenier du Séminaire en 2017.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�cheveux, ne le faisant dans le temps que pour ma consolation particulière, pénétré&#13;
que j’étais que ce serait de très précieuses reliques, vous serez sans doute bien aise&#13;
que je vous fasse un petit détail de quelques actions communes et ordinaires de&#13;
Sa Grandeur, qui m’ont le plus touché et m’ont fait prendre la résolution, plus de&#13;
15 ans avant sa mort, d’en agir ainsi.&#13;
C’est dommage que Monseigneur n’ait pas eu à son service et pour témoin de ses&#13;
actions ordinaires une personne plus éclairée et plus intelligente dans les choses&#13;
de Dieu que moi ; elle aurait pu vous donner, Monsieur, toute une autre&#13;
satisfaction, par le détail qu’elle vous en aurait fait, que je ne pourrai faire.&#13;
Ce qui m’a toujours tenu dans la surprise et dans l’admiration a été de voir un&#13;
homme d’un aussi grand mérite, d’une aussi grande qualité, d’une aussi grande&#13;
vénération et aussi utile en ce pays que l’était Monseigneur, cassé et rompu de&#13;
vieillesse, de fatigues et d’infirmités, jusqu’à l’âge de 85 ans, être aussi exacte que&#13;
l’était Sa Grandeur à se mortifier en toute chose et à dénier à ses sens généralement&#13;
tous les petits contentements et soulagements qu’ils pouvaient légitimement&#13;
recevoir, comme par exemple.&#13;
1° À coucher sur un très chétif matelas sur les planches, dans des couvertes de&#13;
laine, sans draps, à moins qu’il n’ait été malade, à faire tous les jours son pauvre&#13;
lit jusqu’à la fin de sa vie, sans permettre que j’y touche que très rarement. Quand&#13;
pendant une grande maladie qu’eut Sa Grandeur et que Mme de Champigny (qui&#13;
avait le privilège à cause de sa vertu et de son mérite4 d’entrer en sa chambre en&#13;
tout temps) l’eût fait consentir à se coucher plus mollement qu’elle n’était,&#13;
Sa Grandeur agréa que je misse une paillasse sous son matelas ; mais elle ne fut&#13;
pas si tôt guérie qu’elle ne quitta pas la paillasse à la vérité, mais tous les soirs&#13;
quand j’étais sorti de sa chambre, après que Sa Grandeur s’était couchée, elle se&#13;
3&#13;
&#13;
Comme l’indique le frère Houssart, cité dans la note précédente, après la mort du Serviteur de Dieu, son&#13;
cœur fut extrait de sa poitrine et déposé dans une cassette de plomb dans la crypte de l’ancienne chapelle du&#13;
Séminaire. Après la bénédiction de la nouvelle chapelle en 1752, cette cassette fut placée là définitivement#&#13;
(cf. L’Abeille, vol. 8, no 33, cité par Gosselin, p. 403, note 1).&#13;
#&#13;
NDLR : Le cœur est aujourd’hui perdu.&#13;
4&#13;
Mme de Champigny, née Marie-Madeleine de Chaspoux, dame de Verneuil et Du Plessis-Savari, épouse&#13;
de Jean Bochart de Champigny, intendant en Nouvelle-France, était la cousine du Serviteur de Dieu. « Par&#13;
les qualités de l’esprit et du cœur, Mme de Champigny est l’une des femmes le plus distinguées qui soient&#13;
venues en la Nouvelle-France. » (E. Mayrand, Frontenac et ses amis, Québec, 1902, p. 176)&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�levait tout doucement, de peur que je ne l’entende, elle ôtait le matelas de son lit&#13;
et se couchait sur la paillasse et le matin elle remettait le matelas et raccommodait&#13;
son lit sans qu’il en parût rien. Et elle continua cela pendant près de deux ans sans&#13;
y manquer une seule nuit, quelque tard qu’il ait été et quelque fatiguée qu’ait été&#13;
Sa Grandeur. C’est ce que j’entendais tous les jours et que je voyais toutes les fois&#13;
que je feignais avoir quelque besoin dans sa chambre exprès afin d’avoir le&#13;
contentement de voir cela, jusqu’à ce que sa paillasse étant toute réduite en&#13;
poussière et pleine de puces, je gagnai sur Sa Grandeur de l’ôter et, depuis ce&#13;
temps-là jusqu’à sa mort, nonobstant ses longues et fréquentes maladies, elle ne&#13;
coucha que sur un matelas sur les planches. Dans le dernier voyage que&#13;
Sa Grandeur est revenue de France en Canada, où j’avais l’honneur de&#13;
l’accompagner et la servir, j’étais tout étonné de voir que dans les pauvres&#13;
hôtelleries où il y avait de pauvres lits, Sa Grandeur se déshabillait pour s’y&#13;
coucher, mais dans les endroits où il y avait de bons lits, Sa Grandeur ne faisait&#13;
que se jeter dessus sans se déshabiller ; ce qu’elle fit même au Séminaire de Tours,&#13;
dans la chambre garnie qui y est pour Mgr l’archevêque du lieu, dans laquelle on&#13;
logea Sa Grandeur.&#13;
2° De ne se jamais coucher qu’il n’eût dit et ne se fût acquitté de tous ses offices,&#13;
prières, lectures, chapelets, etc., quelque tard qu’il fût et quelque affaire qu’eût eue&#13;
Sa Grandeur et, quoiqu’il se couchât fort tard, ne jamais manquer à se lever,&#13;
pendant plus de 15 ans, à 2 heures du matin (je ne parle que du temps que j’ai servi&#13;
Sa Grandeur, car plus de 30 ans auparavant, elle se levait à la même heure) et les&#13;
cinq dernières années de sa vie sur les 3 heures. Et de se lever pendant lesdites 15&#13;
années tout seul, sans feu, n’ayant point de poêle dans sa chambre, où il gelait très&#13;
fort toutes les nuits pendant l’hiver ; s’habiller seul, bander ses jambes, etc. ; s’en&#13;
aller à 4 heures à l’église, sa lanterne à la main, en ouvrir les portes, sonner sa&#13;
messe, qui était la première, de 4 ½ heures pour les travaillants, et rester à l’église&#13;
ou à la sacristie, qui était fort froide et incommode pour lors5, sans voir ni se&#13;
chauffer à d’autre feu durant ce temps-là, pendant les plus grands froids, que celui&#13;
du réchaud dont il s’était servi pour dire la sainte messe.&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
Dans la copie de Québec, on ajoute ici : jusqu’à 7 heures.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�3° Comme il dormait très peu la nuit, il était obligé de réciter tous ses offices,&#13;
chapelets, etc. en se promenant, afin de ne se point assoupir ; ce qu’il faisait,&#13;
pendant les plus grandes chaleurs de l’été, au soleil dans son petit jardin, de telle&#13;
sorte qu’il devenait tout en sueur et quand je pensais le soir son cautère du bras, je&#13;
trouvais sa chemise et sa soutane toutes trempées et pénétrées de sueurs. Je&#13;
représentais souvent à Sa Grandeur le besoin qu’elle avait de changer de chemise&#13;
et le danger qu’il y avait qu’elle ne gagnât par le froid du soir quelque maladie ;&#13;
c’est à quoi je ne la pouvais faire consentir, quoiqu’elle en eût plusieurs en sa&#13;
chambre, et elle se couchait ainsi sa chemise toute trempée et toute froide. Or,&#13;
quoique cette mortification ne tue ni ne blesse, elle me paraissait néanmoins fort&#13;
rude à supporter, car qui est-ce, quelque pauvre qu’il fût, qui ne se crût obligé pour&#13;
plusieurs raisons fort sensibles de changer de chemise, étant dans cet état le soir&#13;
sans feu au serein, surtout ayant si beau moyen de changer qu’en avait&#13;
Monseigneur ?&#13;
4° Comme Sa Grandeur était d’une complexion fort sensible, l’on aurait cru à&#13;
l’entendre se plaindre dans ses infirmités et dans ses douleurs qu’elle avait de la&#13;
peine et de l’irrésolution à souffrir ; mais tout au contraire, si elle se plaignait, ce&#13;
n’était que pour cacher l’amour et la ferveur avec laquelle Sa Grandeur souffrait.&#13;
Il est tout naturel d’en porter ce jugement, car comment croire que Sa Grandeur&#13;
ait eu de la peine et de l’irrésolution à souffrir les douleurs qui lui venaient&#13;
immédiatement par l’ordre et la disposition de la divine Providence, à laquelle elle&#13;
était si soumise qu’il faudrait un volume entier pour raconter tous les traits de sa&#13;
soumission, puisqu’elle-même cherchait tous les jours tous les moyens (cachés)&#13;
qu’elle pouvait s’imaginer pour se procurer des douleurs et des souffrances,&#13;
comme sont, par exemple, de porter presque tous les jours le cilice et de le quitter&#13;
tous les soirs en cachette, de peur que je ne le visse en pansant le cautère qu’elle&#13;
avait au bras, et, sur ses dernières années qu’elle ne pouvait presque plus agir, le&#13;
porter jour et nuit et avoir un très grand soin de faire en sorte que je ne le voie&#13;
point en pansant ledit cautère (c’est pourtant ce qui ne se pouvait faire) et quand&#13;
ils étaient déchirés, elle les raccommodait elle-même et avait toujours pour cela du&#13;
fil et des aiguilles et quand il s’y engendrait de la vermine, elle les lavait elle-même&#13;
dans de l’eau chaude et tout cela en cachette ; de baiser son bandage avec une&#13;
affection et dévotion toutes particulières à chaque fois qu’elle l’ôtait ou le mettait,&#13;
comme un fruit de ses fatigues et un instrument qui servait à la faire souffrir ; de&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�ne vouloir point s’asseoir dans un fauteuil qu’elle avait dans sa chambre, à moins&#13;
qu’elle ne fût extraordinairement faible ou malade, et de se servir de chaises très&#13;
incommodes pour une personne de son âge, de dessus lesquelles elle est souvent&#13;
tombée et s’est blessée notablement ; de dire assidûment la sainte messe&#13;
nonobstant des ouvertures et des plaies très considérables et très sensibles qu’elle&#13;
avait aux jambes et aux pieds et que nos Messieurs et même M. le médecin lui&#13;
représentassent le tort qu’elle faisait à sa santé en se gênant et souffrant comme&#13;
elle faisait pour dire la sainte messe ; d’assister en ces états à tous les offices de la&#13;
cathédrale, quelque froid qu’il fît, et de s’y faire porter quand elle ne put plus&#13;
marcher.&#13;
C’est dans l’exercice et la pratique de cette ferveur, de cette dévotion et de cette&#13;
haine d’elle-même qu’elle gagna, pendant l’office du Vendredi saint, par un des&#13;
plus grands froids qu’il puisse faire en Canada, une engelure au talon, qui lui a&#13;
causé la mort. Il est vrai que j’avais comme prévu ce mal et [que] j’avais prié&#13;
Sa Grandeur, dès le dimanche des Rameaux, de ne point assister à l’office de ce&#13;
jour, parce que son pied était extraordinairement enflé et qu’il y avait du danger&#13;
que le froid n’en augmentât le mal ; mais Sa Grandeur, suivant l’attrait de sa&#13;
dévotion et de son zèle, n’eut aucun égard à mes prières et assista à tout l’office de&#13;
ce jour qui est fort long ; le mercredi au soir, Sa Grandeur ayant été à ténèbres, elle&#13;
se plaignait beaucoup de son pied ; sur quoi je lui dis que je dirais à M. le supérieur&#13;
de prier Sa Grandeur de ne point aller davantage à l’église cette semaine-là et&#13;
qu’assurément il arriverait quelque chose d’extraordinaire à ce pied. Elle me dit&#13;
que ce n’était pas la peine d’en parler, et depuis ce moment-là elle ne se plaignit&#13;
plus, de crainte qu’on l’empêchât d’assister au reste des offices de cette sainte&#13;
Semaine, aimant mieux souffrir que de manquer à ses dévotions et à l’ardeur de&#13;
son zèle pour assister devant le Très Saint-Sacrement, qui était extraordinaire dans&#13;
ce temps-là.&#13;
J’aurai plus tôt fait, Monsieur, de vous dire en deux mots que, quand il s’agissait&#13;
du service de Dieu et de la charité du prochain, aucune douleur ni infirmité&#13;
n’étaient capables d’y faire manquer Sa Grandeur en un seul point. Mais quand il&#13;
s’agissait de civilités purement humaines ou de visites inutiles, Sa Grandeur&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�prenait toujours le prétexte de ses infirmités pour s’en dispenser et faisait même&#13;
quelquefois paraître être plus incommodée qu’elle ne l’était en effet.&#13;
Mais ce qui fait mieux connaître la patience de Sa Grandeur dans ses plus grandes&#13;
plaintes, c’est que quand on voulait avoir égard à sa douleur et à ses plaintes et&#13;
qu’on voulait l’épargner, elle voulait qu’on fît ce qui était nécessaire à ses plaies&#13;
sans avoir égard à sesdites plaintes et douleurs. En pansant la plaie qui lui a causé&#13;
la mort, sa douleur était si grande que tout le corps lui en frémissait ; il se plaignait&#13;
d’une manière à tirer les larmes des yeux de ceux qui étaient présents. Le bon frère&#13;
Boussat6, y étant un jour dit à Sa Grandeur par compassion : « Eh bien !&#13;
Monseigneur, que voulez-vous que nous fassions ? que mettrons-nous sur votre&#13;
plaie ? » Sa Grandeur lui répondit d’un accent tout transporté et embrasé de&#13;
l’amour de Dieu et les mains jointes : « Mon frère, je ne veux que Dieu ; faites tout&#13;
ce qu’il vous plaira et ce que vous jugez qu’il faut faire. »&#13;
Mais, me direz-vous, Monsieur, puisque vous dites que Monseigneur était si&#13;
patient, comment donc se plaignait-il ? De quels termes se servait-il pour que l’on&#13;
puisse juger qu’en se plaignant il souffrait patiemment ? Voici, Monsieur, ses&#13;
paroles et ses termes les plus ordinaires : « Ô mon Dieu, que je souffre ; ayez pitié&#13;
de moi, mon Dieu, ô Dieu d’amour, ô Dieu de bonté, ô Dieu de miséricorde ; faitesmoi miséricorde, mon Dieu ; votre sainte volonté soit faite, ô mon Dieu ! » C’étaient&#13;
les plaintes ordinaires que Sa Grandeur réitérait une infinité de fois, les mains&#13;
jointes et les yeux élevés vers le ciel, avec une dévotion merveilleuse, non&#13;
seulement dans les violentes douleurs que lui a causées sa dernière plaie, mais&#13;
encore dans toutes les grandes douleurs que je lui ai vu souffrir journellement&#13;
pendant l’espace des 20 années que j’ai eu l’honneur d’être au service de&#13;
Sa Grandeur. Et ces plaintes étaient plutôt des élans d’amour de Dieu et de&#13;
conformité à sa sainte volonté que de véritables plaintes.&#13;
5° La mortification au boire et au manger n’est pas le moindre point de ses vertus ;&#13;
au contraire, je crois que c’en est un des plus grands, quoique bien des personnes&#13;
l’aient tenu pour un homme fort difficile en ce point. Il est vrai qu’il faut l’avoir&#13;
pratiqué et servi autant de temps que j’ai fait pour avoir bien su connaître et&#13;
6&#13;
&#13;
Jean Boussat, un donné jésuite, apothicaire au Collège.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�discerner le vrai d’avec l’apparent, car effectivement Sa Grandeur paraissait&#13;
beaucoup affectée de certains aliments et méprisait les autres d’une manière à faire&#13;
croire qu’il recherchait son goût ; mais il est certain qu’il ne le recherchait pas. Bien&#13;
au contraire, il cherchait à se mortifier en tout. C’est de quoi j’ai autant de témoins&#13;
qu’il y a eu de personnes qui lui ont préparé à manger et toutes conviendront avec&#13;
moi qu’ils ne savaient comment assaisonner les viandes pour Sa Grandeur, parce&#13;
que Sa Grandeur n’y voulait aucun assaisonnement. Chacun d’eux voulait tâcher&#13;
à lui faire de bons ragoûts et de haut goût et Sa Grandeur voulait que ses viandes&#13;
n’eussent aucun goût et, pour cacher sa mortification en cela, elle se plaignait des&#13;
meilleures viandes et des mieux apprêtées, en disant qu’elles ne valaient rien. C’est&#13;
ce qui mortifiait extrêmement les cuisiniers et leur faisait dire que Sa Grandeur&#13;
était bien difficile. Si Sa Grandeur avait, comme bien des saints ont fait, fait paraître&#13;
sa mortification et qu’elle eût déclaré que ces viandes bien apprêtées étaient&#13;
bonnes, mais qu’elle voulait s’en priver et n’en avoir que des moindres et mal&#13;
apprêtées afin de se mortifier, chacun aurait applaudi à Sa Grandeur. Cela aurait&#13;
calmé les esprits et aurait fait avoir à tous une grande estime de sa vertu et de sa&#13;
mortification ; mais c’est ce que Sa Grandeur fuyait comme la peste et, en&#13;
méprisant ainsi les bonnes viandes, elle contentait sa mortification sans qu’on s’en&#13;
aperçût, en ne s’en faisant servir que de méchantes ou de moindres et s’attirait de&#13;
plus, par une humilité tout admirable, le mépris de plusieurs et l’estime qu’on&#13;
faisait qu’elle était très difficile. Quelqu’un rapportant souvent à Sa Grandeur que&#13;
l’on disait qu’elle était fort difficile pour son manger, Sa Grandeur ne faisait autre&#13;
réponse que de dire fort tranquillement et doucement qu’il fallait les laisser dire.&#13;
Mais, me direz-vous, Monsieur, quelles étaient donc les viandes qu’il fallait servir&#13;
à Sa Grandeur ? Tous les cuisiniers et dépensiers qui ont été au Séminaire peuvent&#13;
dire avec moi qu’il ne lui fallait que du bœuf puant et corrompu et que pourvu&#13;
qu’elle en eût de tel, elle était contente. Si on y ajoutait du veau ou des volailles, il&#13;
fallait qu’elles fussent de même puantes et corrompues et propres à plutôt faire&#13;
mal au cœur qu’à contenter le goût. Je l’ai vue plus de cent fois garder de la viande&#13;
cuite dans sa chambre (car comme vous savez, Monsieur, Sa Grandeur a toujours&#13;
mangé dans sa chambre pendant les 20 dernières années de sa vie), je l’ai vue, disje, garder de la viande cuite cinq, six, sept et huit jours dans les chaleurs de l’été&#13;
et, lorsqu’elle était toute moisie et pleine de vers, elle la lavait dans de l’eau chaude&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�ou dans du bouillon de sa soupe et ensuite la mangeait et me disait qu’elle était&#13;
très bonne. Je m’en rapporte à quiconque et je demande qui est-ce, même des plus&#13;
pauvres, qui n’aimerait pas mieux s’en passer que d’en manger de pareille?&#13;
J’ai vu Sa Grandeur, après m’avoir fait aller à la cuisine jusqu’à trois et quatre fois&#13;
pour lui chercher d’autres viandes que celles que je lui avais apportées, je l’ai vue,&#13;
dis-je, se mettre à genoux devant ces viandes et manger en cette posture ce qui&#13;
était de plus méchant ; aussi dois-je avouer que Sa Grandeur ne me renvoyait pas&#13;
ainsi rechercher des viandes pour le désir qu’elle eût d’en avoir de meilleures, mais&#13;
c’était pour me mortifier, me faire rompre ma propre volonté et surmonter la peine&#13;
que j’avais de lui obéir quand elle me renvoyait ainsi plusieurs fois, outre que par&#13;
ce moyen elle avait davantage de viande pour donner aux pauvres à qui elle&#13;
donnait tous les jours une bonne partie de sa portion.&#13;
L’on pourrait m’objecter là-dessus que je veux trop donner à la vertu de&#13;
Monseigneur et que si Sa Grandeur demandait des viandes corrompues, c’est&#13;
qu’elle n’avait pas de dents pour mâcher les autres. J’avoue que c’était l’excuse&#13;
ordinaire de Sa Grandeur de dire que les viandes qu’elle rebutait n’étaient pas&#13;
propres pour ses dents ; mais ce n’était véritablement qu’une excuse, car Sa&#13;
Grandeur mangeait tous les jours de la croûte de pain beaucoup plus dure que les&#13;
viandes qu’elle rebutait et quand elle mangeait hors le Séminaire, où elle donnait&#13;
par condescendance quelque chose de plus à la nature, elle mangeait des viandes&#13;
les plus dures et tout nouvellement tuées aussi facilement que les personnes qui&#13;
avaient de bonnes dents. Ainsi il est aisé de se persuader que Sa Grandeur ne&#13;
recherchait et ne voulait des viandes ainsi gâtées et corrompues que par un&#13;
véritable et extraordinaire esprit de mortification et de pénitence.&#13;
Sa Grandeur ne recherchait point non plus trop de goût dans sa soupe, puisque&#13;
plus de cent et cent fois je l’ai vue y mettre une tassée d’eau chaude pour en ôter&#13;
tout le goût. Pour son boire ordinaire, [ce] n’était que de l’eau chaude un peu teinte&#13;
de vin et chacun sait que Sa Grandeur ne prenait jamais ni liqueurs, ni vin exquis,&#13;
ni aucune mixtion de sucrerie de quelle sorte qu’elle puisse être composée, soit&#13;
pour boire, soit pour manger, excepté que sur ses dernières années je gagnai sur&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Sa Grandeur de lui faire prendre tous les soirs, après un bouillon qui était tout son&#13;
souper, gros comme le pouce de biscuit dans un peu de vin pour l’aider à dormir.&#13;
En un mot, je puis dire sans exagération que toute la vie de Sa Grandeur n’était&#13;
qu’un jeûne continuel, car elle ne déjeunait point et ne prenait tous les soirs que la&#13;
valeur d’une légère collation. Et elle faisait tout son possible, nonobstant son grand&#13;
âge et ses infirmités continuelles, pour observer tous les jours d’abstinence et de&#13;
jeûne, tant ceux qui sont commandés par la sainte Église que ceux qui s’observent&#13;
par dévotion dans le Séminaire et, si Sa Grandeur a quelquefois cédé en cela à&#13;
l’ordre des médecins et aux prières de MM. les supérieurs du Séminaire qui&#13;
jugeaient qu’elle devait faire gras, c’était pour Sa Grandeur une grande&#13;
mortification de ne se pas mortifier en cela et ce n’était que par une extraordinaire&#13;
charité qu’elle avait pour son cher Séminaire et pour tout le Canada qu’elle donnait&#13;
quelque chose à la nature pour l’empêcher de mourir si tôt et pour se donner la&#13;
consolation de voir tous les jours de plus en plus le règne de Dieu s’établir dans ce&#13;
nouveau monde, mais très particulièrement pour empêcher de tout son pouvoir&#13;
qu’il ne s’y introduise rien de contraire à la charité et aux bonnes mœurs du&#13;
christianisme.&#13;
6° Un autre point de mortification et d’humilité, fort extraordinaire en une&#13;
personne du rang, de la dignité, de l’âge et des infirmités de Monseigneur, est que&#13;
Sa Grandeur ne m’a jamais permis, pendant toutes les 20 années que j’ai eu&#13;
l’honneur d’être à son service, de faire quoi que ce soit pour son service qu’elle&#13;
l’ait pu faire elle-même, si bien qu’il fallait que je demeurasse les bras croisés ou&#13;
que j’allasse à mon travail, pendant que Sa Grandeur faisait son feu, balayait,&#13;
desservait sa table, lavait son petit meuble de table, s’habillait, se déshabillait,&#13;
faisait son lit, etc. Et c’était une mortification continuelle pour une personne un&#13;
peu zélée à son service de n’y trouver presque rien à faire.&#13;
&#13;
7° Pour sa patience, il ne m’appartient pas d’entamer ni de parler des sujets que&#13;
Sa Grandeur a eus de la pratiquer en un souverain degré, parce que ce ne sont pas&#13;
choses purement temporelles et, où il ne s’agissait que du temporel, comme [les]&#13;
pertes de biens, incendies, douleurs, etc., c’étaient plutôt des sujets de triomphe&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�pour Sa Grandeur que des sujets propres à lui faire de la peine et Sa Grandeur&#13;
pour toutes les pertes de biens et pour les deux incendies générales de son&#13;
Séminaire, n’en perdit pas pour un seul instant sa paix, sa joie, ni sa tranquillité,&#13;
parce que ces accidents n’étaient pas des sujets capables d’attaquer sa patience et&#13;
sa vertu qui étaient bien au-dessus de tout cela. Les seuls intérêts de Dieu, de la&#13;
vertu et de la religion étaient capables de l’émouvoir.&#13;
Je me sens néanmoins obligé, Monsieur, par reconnaissance pour la charité que&#13;
Sa Grandeur a eue pour moi, de vous dire que ce n’a pas été une petite peine à&#13;
Sa Grandeur de se servir si longtemps de moi qu’elle a fait, à cause de mes&#13;
indocilités, des attachements à ma propre volonté et des raisonnements&#13;
contradictoires que je faisais à Sa Grandeur, quand elle exigeait quelque chose de&#13;
moi qui ne me plaisait pas. Toute autre patience que la sienne se serait lassée et&#13;
m’aurait chassé cent et cent fois d’auprès de sa personne. Et c’est à cette patience&#13;
de Sa Grandeur que j’ai l’obligation de ce que je suis non seulement resté, mais&#13;
incorporé en une qualité beaucoup au-dessus de mon mérite dans sa sainte maison&#13;
et qu’elle m’a même témoigné à l’article de sa mort que ce serait, si j’y persévérais&#13;
fidèlement, le lieu et le sujet de ma prédestination.&#13;
Mais si j’ajoutais et si je racontais toutes les fois que Sa Grandeur, nonobstant ma&#13;
grossièreté, mon ignorance et toutes mes mauvaises qualités, me consultait,&#13;
demandait mes avis, me priait, quoique je ne fusse que son valet, me déférait et&#13;
familiarisait avec moi, c’est ce qui ferait l’étonnement des personnes qui ont connu&#13;
le grand mérite, les grandes lumières et la profondeur des connaissances qu’avait&#13;
Sa Grandeur ; c’est aussi ce que je ne puis expliquer et, quand même je le pourrais,&#13;
j’y aurais bien de la peine, car quand je pense seulement à ses manières si tendres,&#13;
si charitables, si humbles et si déférentes de Sa Grandeur à mon égard, j’en ai le&#13;
cœur si attendri que je m’en expliquerais mieux par mes larmes que par mes&#13;
paroles.&#13;
8° Pour ce qui regarde sa charité et ses aumônes, c’est un point où les personnes&#13;
qui ont le mieux connu Sa Grandeur auraient peine à en faire connaître toute&#13;
l’étendue. J’ai autant de témoins de cette vérité qu’il y a eu et qu’il y a de personnes&#13;
en Canada : c’est pourquoi je ne crois pas devoir m’étendre sur cet article, qui étant&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�connu de tout le monde ne peut pas être ignoré de vous seul. Je crois même que&#13;
vous en diriez plus que moi, s’il vous plaisait d’en dire ce que vous en savez.&#13;
Néanmoins, Monsieur, comme je vous marque en cette lettre ce qui m’a édifié dans&#13;
la vie de Monseigneur, je ne puis me dispenser de vous dire quelques petites&#13;
particularités qui m’ont le plus touché sur ce sujet :&#13;
la 1re est que Sa Grandeur, nonobstant les dettes, les pertes, les&#13;
incendies et toutes les grandes disettes du Séminaire, où elle avait la&#13;
meilleure part, ne manquait pas de donner aux pauvres tous les ans&#13;
la valeur de 1 500 et 2 000 livres ;&#13;
la 2e est que Sa Grandeur refusait tout net de me donner même 5 sous&#13;
quand j’en avais besoin pour acheter quelque chose dont elle avait&#13;
besoin et aurait mieux aimé s’en passer que de faire cette petite&#13;
dépense. Mais quand il s’agissait d’acheter des étoffes et des&#13;
couvertes pour donner aux pauvres, les 100, 200 et 300 écus ne lui&#13;
faisaient pas plus de peine à donner qu’une épingle et même il est à&#13;
remarquer que Sa Grandeur nageait de joie et de contentement&#13;
quand elle faisait ces dépenses pour les pauvres ;&#13;
la 3e est qu’à notre second incendie, où le Séminaire se trouva en un&#13;
si pauvre état qu’il n’avait pas seulement 100 écus qui étaient&#13;
nécessaires pour faire couvrir grossièrement toutes les murailles et&#13;
les voûtes du Séminaire, Sa Grandeur ayant cette somme et n’avant&#13;
presque plus d’étoffe pour donner aux pauvres, de crainte que nos&#13;
Messieurs ne la lui demandassent pour faire faire ces couvertures,&#13;
elle m’envoya secrètement acheter 100 peaux de chevreuil à 3&#13;
livres 5 sols la pièce, pour donner aux pauvres au lieu d’étoffe, et me&#13;
donna pour les payer 325 livres avec plus de joie qu’un pauvre ne les&#13;
aurait reçues par aumône ;&#13;
la 4e est que Sa Grandeur ne se contentait pas de soulager les pauvres&#13;
dans leurs besoins corporels, elle voulait encore que ses aumônes&#13;
remédiassent aux besoins de leurs âmes et leur soient une aide pour&#13;
servir Dieu et éviter le péché ; car elle avait exprès acheté 80&#13;
couvertes de 84 livres la pièce pour en fournir aux pauvres familles&#13;
chargées d’enfants, afin de les obliger à faire coucher les garçons&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�séparément des filles et pour empêcher que les pères et mères ne&#13;
fissent coucher avec eux leurs enfants, ce qu’ils étaient obligés de&#13;
faire faute de couvertes ; et par là Sa Grandeur ôtait à ces enfants&#13;
l’occasion de connaître et ensuite de commettre le péché le plus&#13;
dangereux du Canada et elle ne voulait pour quoi que ce fût donner&#13;
de ces couvertes pour d’autres besoins ni d’autres sujets que ceuxlà ;&#13;
la 5e est que Sa Grandeur, l’automne dernier, avant sa mort, se&#13;
voyant sans avoir de quoi faire l’aumône, elle fit tout son possible&#13;
pour en avoir du Séminaire ; mais le Séminaire étant lui-même à&#13;
l’extrémité, n’ayant pas la moitié de ses besoins les plus essentiels et&#13;
ne pouvant rien donner à Sa Grandeur pour faire ses aumônes (car&#13;
ç’a toujours été elle qui les a distribuées de ses propres mains), elle&#13;
me dit d’une manière fort triste et fort touchante qu’elle ne pouvait&#13;
pas vivre longtemps si elle n’avait pas de quoi donner aux pauvres&#13;
et, effectivement, Sa Grandeur n’a plus vécu que six mois après et&#13;
elle s’est trouvée si dénuée des biens de ce monde qu’elle n’avait pas&#13;
en mourant la valeur d’un sou dont elle pût disposer en faveur des&#13;
pauvres.&#13;
&#13;
9° Elle était elle-même réduite dans la plus grande et la plus parfaite pauvreté que&#13;
l’on puisse souhaiter. Quelques mois avant sa mort, je vis encore dans le fond de&#13;
sa cassette un petit couteau de 5 ou 6 sous ; je le demandai à Sa Grandeur et elle&#13;
me le donna, mais d’une manière et d’un ton à me tirer les larmes des yeux : « Mon&#13;
enfant, me dit-elle, si je possède encore ce couteau, je vous le donne de bon cœur,&#13;
afin de ne posséder plus rien sur la terre et d’être entièrement dégagé des biens de&#13;
ce monde. » En vérité, Monsieur, je ne puis pas bien comprendre comment&#13;
Sa Grandeur, en me donnant ce petit couteau, me dit qu’elle ne posséderait plus&#13;
rien sur la terre, car quoique je lui ai souvent vu de grosses sommes d’argent, il en&#13;
était assurément plutôt le dépositaire que le propriétaire, parce que je ne lui ai&#13;
jamais vu employer un sou pour le soulagement, l’entretien ou les besoins de sa&#13;
personne ; elle les employait toutes en aumônes et en œuvres pieuses et quand elle&#13;
avait besoin de quelque chose, comme habits, linge, etc., elle le demandait au&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�Séminaire comme le moindre des ecclésiastiques ; et ce n’est pas là posséder&#13;
quelque chose. Sa Grandeur était de plus fort pauvre dans ses habits et j’avais&#13;
peine à l’empêcher de s’en servir quoiqu’ils fussent fort vieux, sales et rapiécés.&#13;
Pendant 20 ans, elle n’a eu que deux soutanes d’hiver qu’elle a laissées en mourant,&#13;
l’une encore très bonne et l’autre toute rase et rapiécée. Elle n’a eu pendant ces 20&#13;
ans qu’une seule paire de culottes de peau, qu’elle a aussi laissées fort grasses et&#13;
rapiécées.&#13;
En un mot, il n’y avait personne au Séminaire plus pauvre en habits et qui les&#13;
épargnât plus que Sa Grandeur. Elle avait même une estime toute particulière pour&#13;
les personnes qu’elle voyait dans le Séminaire pratiquer la pauvreté, surtout dans&#13;
le vivre et dans les habits, et elle ne supportait qu’avec peine ceux qu’elle voyait&#13;
rechercher trop d’ajustement, de propreté affectée et de délicatesse dans leurs&#13;
habillements, ce qu’elle m’a témoigné plusieurs fois. Une année, ayant demandé&#13;
en France du camelot pour lui faire un habit d’été, on lui en envoya de très beau&#13;
et qui coûtait cher. Mais Sa Grandeur ne voulut point s’en servir ; elle le donna à&#13;
l’église pour faire un ornement violet et en fit redemander d’autre de 30 sous&#13;
l’aune. C’était de celui dont Sa Grandeur s’était toujours habillée en France et en&#13;
Canada pour les habits d’été.&#13;
10° Je n’ai garde, Monsieur, d’entreprendre de parler de la haute contemplation et&#13;
de l’union continuelle que Monseigneur avait avec Dieu. Ce sont pour moi lettre&#13;
close et je dois bien me contenter d’admirer ces voies sublimes et élevées dans&#13;
lesquelles Dieu a conduit Sa Grandeur et me restreindre à ne dire que quelques&#13;
mots des choses qui sont selon ma portée. Outre ce que je vous ai déjà marqué du&#13;
zèle de Sa Grandeur et de sa ferveur à dire la sainte messe et assister aux offices&#13;
de la cathédrale, nonobstant ses plaies et ses infirmités, et de son exactitude à&#13;
s’acquitter de toutes ses prières et exercices de dévotion les soirs avant de se&#13;
coucher, quelque tard qu’il fût et quelques embarras et affaires qu’elle ait eus,&#13;
c’était admirable de voir son assiduité à assister aux enterrements de toutes les&#13;
personnes qui mouraient dans Québec et son exactitude à offrir le saint sacrifice&#13;
de la messe pour le repos de leurs âmes aussitôt qu’elle avait appris leur trépas ;&#13;
sa dévotion à recevoir et conserver les rameaux bénits, à baiser son crucifix, la&#13;
figure de la Sainte Vierge qu’elle portait toujours sur soi et la mettait la nuit sous&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�son chevet, à baiser sa chaînette de l’esclavage7 et son scapulaire qu’elle portait sur&#13;
elle ; son respect et sa vénération pour les reliques des saints ; le plaisir qu’elle&#13;
prenait à lire tous les jours dans la vie des saints et à s’entretenir de leurs actions&#13;
héroïques ; le saint et continuel usage qu’elle faisait de l’eau bénite, en prenant à&#13;
tout bout de champ dans le cours de la journée et à toutes les fois qu’elle se&#13;
réveillait la nuit, venant très souvent de son jardin à sa chambre exprès pour en&#13;
prendre, en portant sur elle dans un bénitier d’argent qu’elle avait fait faire exprès&#13;
lorsqu’elle allait à la campagne et Sa Grandeur avait un si grand désir que tout le&#13;
monde en prît qu’elle avait un soin tout particulier de voir elle-même tous les jours&#13;
dans les bénitiers de l’église s’il y en avait, d’y en mettre quand il y en manquait&#13;
et, pendant l’hiver, de peur que ces bénitiers ne gelassent trop fort et qu’on n’en&#13;
pût point prendre en entrant et sortant de l’église, elle les apportait elle-même&#13;
auprès de notre poêle tous les soirs et les reportait le matin à 4 heures quand elle&#13;
allait ouvrir les portes ; l’aversion qu’elle avait des moindres choses qui pouvaient&#13;
tant soit peu ternir le lustre et la pureté de son âme, ce qui la portait à se confesser&#13;
tous les jours avant de dire la sainte messe ; enfin, son exactitude à faire tous les&#13;
jours sa préparation à la mort et être soumise et disposée à toute heure et à tout&#13;
moment à subir ce passage si redoutable, ce qu’elle témoignait avec joie toutes les&#13;
fois qu’on lui parlait du temps qu’elle pouvait encore vivre.&#13;
Voilà, Monsieur, une partie des menues et ordinaires actions et traits de ferveur,&#13;
de dévotion et de pénitence que j’ai vues pratiquer journellement à Monseigneur&#13;
pendant les 20 ans, depuis sa démission de son évêché jusqu’à sa mort, que Dieu&#13;
m’a fait la grâce d’être au service de Sa Grandeur et c’est ce qui a été le sujet de&#13;
l’estime, du respect et de la vénération que j’ai eus et que je conserverai jusqu’à la&#13;
mort pour sa sainte personne. C’est ce qui m’a souvent ravi et transporté&#13;
d’admiration et c’est même ce que j’ai vu transporter et ravir M. de Champigny&#13;
durant qu’il était intendant du Canada et qu’il voyait Sa Grandeur dans ses&#13;
maladies se coucher et se traiter comme une personne de la plus basse condition,&#13;
elle (ce me disait mondit sieur de Champigny dans son admiration) qui, si elle était&#13;
restée dans le monde et à la cour, aurait possédé par son mérite et ses rares qualités&#13;
les premières charges de l’État. C’est aussi ce qui a souvent surpris et ravi&#13;
M. Sarrazin, médecin, comme il me l’a témoigné plusieurs fois. Et c’est ce qui m’a&#13;
7&#13;
&#13;
NDLR : Un cilice.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�excité à prendre la résolution, dès les premières années que j’ai été auprès de Sa&#13;
Grandeur, de ramasser tout ce que je pourrais qui ait appartenu à sa sainte&#13;
personne et, depuis son trépas, à tremper des linges dans son sang lorsqu’on l’a&#13;
ouvert, à enlever quelques os de dessus sa poitrine et à couper ses cheveux et&#13;
conserver ses habits ; et tout cela pour servir de très précieuses reliques.&#13;
Je crois, Monsieur, que vous et toutes les personnes bien intentionnées&#13;
approuverez mon procédé en cela, comme effectivement plus de 3 000 personnes&#13;
de toute sorte d’état et de condition l’ont déjà approuvé en Canada, en demandant&#13;
avec empressement et s’estimant bien heureuses d’avoir de petites parcelles dudit&#13;
linge et de ces précieux restes de mondit seigneur, qu’ils portent sur eux avec&#13;
respect et dévotion ; des capitaines même et officiers de troupe ont fait faire exprès&#13;
des reliquaires d’argent pour y en enfermer et les porter sur eux, étant mus à cela&#13;
par l’idée et l’estime générales que chacun a du grand mérite et de la haute sainteté&#13;
de mondit seigneur et par les secours extraordinaires et miraculeux que plusieurs&#13;
ont reçus et reçoivent journellement dans leurs infirmités par l’invocation de&#13;
mondit seigneur en s’appliquant desdites reliques ou les portant sur eux. Je me&#13;
flatte même, Monsieur, que vous accepterez de bon cœur ce que je vous envoie de&#13;
ces précieux restes de Sa Grandeur et que vous les recevrez comme un riche&#13;
héritage et une sainte marque de l’affection sincère et du profond respect avec&#13;
lequel je suis, Monsieur,&#13;
Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur,&#13;
Frère Hubert Houssart.&#13;
&#13;
?&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="240451">
                    <text>&lt;span&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne par le Séminaire de Québec et publiée dans &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; revue et augmentée, 2023, Doc. 61&lt;/span&gt;</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="2318" order="3">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/c697db7d9f2d8b88f7d34dd7538e867d.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=tlKXpbtjrsnYI5glH8ul6zXw7TxiWEyvk1j1o9pOogjhuizpOSx4h3DHDzjgDI287os7zqv080TieR7eGJ-T4vFBQ-lmItW3euxnQEETXZo%7Ebsr5c5EHQeWPjNlh5FHPWHfybZbr47300b-VsryfxwGCWYCF0TyYz7WsryMmSgGoufLY8z3GZ-7FPdLN-AJCRRTHeJVnuoXmno%7ESMFuAbn8BzaT2uh2Vp0gjQcL0vCAy1GTXWkKmVocKajW%7ETWlVAMB0hr-EniVn1X1BEXS6u9kquv-revM0Ju0YiDXe7JwgPXczftyxkextNQ%7EZUNvIqa33Hq-8af-nzXPLSaVa5A__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>fe12f7172b6bbe6a15d79c36acc00052</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="154499">
                    <text>Doc. LXI&#13;
&#13;
— 649 —&#13;
&#13;
sera couronné dans le ciel par le Père des miséricordes, ses enfants le couronneront sur la terre en se corrigeant de leurs défauts dont il les a repris et en pratiquant les vertus dont il leur a&#13;
laissé un si beau modèle. Amen.&#13;
&#13;
DOC. LXI&#13;
E pis t o l a&#13;
&#13;
f r a t r is&#13;
&#13;
H o u s s ar t , o bl at i&#13;
&#13;
S e m in a r ii&#13;
&#13;
Q u e b e c e n s is&#13;
&#13;
ATQUE FAMULI SERVI D e i , AD SACERDOTEM T r EMBLAY, PROCURA-&#13;
&#13;
1708,&#13;
m e n s e Se p t e m b r i . Ex Originali in Archivo Seminarii Sancti&#13;
Sulpitii Parisiensis, «Documents pour servir à l’ histoire de&#13;
l’Église du Canada », vol. I, Scripta varia circa Servum Dei,&#13;
TOREM S e m i n a r i i&#13;
&#13;
Qu e b e c e n s is&#13;
&#13;
in&#13;
&#13;
U r be&#13;
&#13;
P a r is ie n s i,&#13;
&#13;
ff. 9-14.&#13;
Tanto i biografi del Servo di Dio quanto gli Attori della Causa hanno&#13;
dato sempre una grande importanza a questo documento. Si tratta di una&#13;
lunga memoria intorno alla vita privata, alle virtù e alla morte del Servo&#13;
di Dio, scritta da certo Frate Houssart, oblato del Seminario e addetto al&#13;
servizio dello stesso Servo di Dio, ed inviata il 1° settembre 1708, dunque&#13;
quattro mesi circa dopo la morte di Mons. de Lavai, al sacerdote Tremblay, procuratore a Parigi del Seminario di Québec.&#13;
Data l ’importanza di questo testo, è necessario anzitutto vedere chi&#13;
era questo Frate Houssart e che fede gli si possa prestare. È un punto&#13;
questo capitale, di cui gli Attori della Causa non si sono forse occupati&#13;
sufficientemente.&#13;
Quando nel 1688 il Servo di Dio, dopo il lungo soggiorno parigino&#13;
di quattro anni (1684-1688) tornava in Canada, portava con sè un giovane&#13;
di 18 anni, il nostro Houssart. Come e dove l ’avesse conosciuto, non sappiamo ; glielo avevano presentato probabilmente e raccomandato i Direttori del Seminario delle Missioni estere di Parigi. Comunque sia, si doveva trattare certamente di un giovane di grande pietà, perchè appena&#13;
arrivato a Québec fu aggregato al Seminario come oblato. Il Seminario&#13;
infatti, come già dicemmo, costituiva una specie di comunità religiosa,&#13;
e il personale laico addetto ai servizi materiali formava una categoria&#13;
della famiglia simile a quella dei fratelli laici di molti ordini religiosi.&#13;
Questi fratelli venivano chiamati donnés, cioè oblati ; indossavano aneli’essi la veste talare, facevano l ’atto di rinunzia dei loro beni e conducevano una vita di lavoro e di pietà spesso edificantissima.&#13;
A l giovane oblato Houssart fu affidata la mansione di essere il servitore privato del Servo di Dio. Nè è a dubitare che questa designazione&#13;
sia partita dallo stesso Servo di Dio e concertata già in Francia. Da&#13;
questo anno in poi, fino alla morte di Mons. de Lavai, Frate Houssart sarà&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
— 650 —&#13;
&#13;
sem p re al fianco del S ervo di D io per tu tti i servizi do m estici e p e r quelli&#13;
anco r p iù&#13;
&#13;
in tim i&#13;
&#13;
di&#13;
&#13;
cam eriere&#13;
&#13;
e in fe rm iere.&#13;
&#13;
F r a te&#13;
&#13;
H o u ssa rt&#13;
&#13;
conosceva&#13;
&#13;
d u nqu e come nessun altro la v ita p riv a ta e in tim a del Se rvo di D io . E r a&#13;
q u in d i u n testim o n io o ttim am en te in fo rm a to e nessuno h a m esso m ai in&#13;
dubbio questo p u n to.&#13;
S i sono&#13;
&#13;
fa tte&#13;
&#13;
invece delle&#13;
&#13;
osserv azioni su lla&#13;
&#13;
fe d e&#13;
&#13;
da&#13;
&#13;
da re&#13;
&#13;
a lla&#13;
&#13;
sua&#13;
&#13;
testim o nian za. S i è detto p er esem pio che la sua M em oria n o n è co m p leta ;&#13;
v i m ancano in rea ltà i fa t t i de lla v ita p u bb lica ; e questa om ission e, si dice,&#13;
potrebb e essere causa ta dal f a tto che nella v ita p u b b lica n o n tu tto poteva&#13;
©ssere lo da to&#13;
ved e&#13;
&#13;
che&#13;
&#13;
(Novae Animad., n .&#13;
&#13;
l ’o biezio ne&#13;
&#13;
è&#13;
&#13;
p iù&#13;
&#13;
17 ;&#13;
&#13;
speciosa&#13;
&#13;
Aliae Novae Animad.,&#13;
che&#13;
&#13;
rea le.&#13;
&#13;
F r a te&#13;
&#13;
n . 17 ). O gn u n o&#13;
&#13;
H o u s sa rt&#13;
&#13;
sapeva&#13;
&#13;
ben e che la v ita p u b b lica d el Serv o di D io era notissim a anche a i suoi&#13;
d estin ata ri ed egli n on avrebbe po tu to dire n u lla d i n u o v o ; invece sulla&#13;
v ita p riv a ta eg li a veva dei fa tti p a r tico la ri certam ente ig n o ti a tu tti o&#13;
p e r lo m eno poco n oti, e sui q u a li lu i solo po teva dare u n a testim o n ia n za&#13;
in con testabile. C o m e si r ileva da tu tto il contesto d ella lettera, egli n on ha&#13;
avuto a ltro scopo che d i fissare pe r iscritto quei fa tti p a rtico la ri. L a fo r m a&#13;
di lettera a persone che si interessavano alla cosa, com e n el caso i sacerdoti del S em ina rio delle M issio n i estere di P a rig i, era m o lto in do v in ata .&#13;
N è l ’idea d i questi a p p u n ti n acqu e in lu i, com e o rd in a ria m en te p u ò accadere, in seguito a lla m orte e n el dolo re del r im p i a n to ; lu i stesso co nfessa&#13;
che&#13;
&#13;
da&#13;
&#13;
q u ind ici&#13;
&#13;
a nni&#13;
&#13;
pe n sa va&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
raccogliere&#13;
&#13;
d a ti&#13;
&#13;
p er&#13;
&#13;
questa&#13;
&#13;
M em o ria.&#13;
&#13;
F a tt o questo im po rtan te, poiché n e consegue che F r a te H o u ss a rt d o v e v a&#13;
essere atten to ed o sservare da presso il suo S ig n o re e P a d re . N e consegue&#13;
anche che la sua M e m o ria è fr u tto m a tu ro d i o sserva zione e di riflessione.&#13;
E si p u ò dire in oltre che è com pleta, n el senso che contiene tu tto quello&#13;
che do vev a contenere, i p a rtico la r i cioè della v ita p riv a ta .&#13;
C o ntro il v alore de lla testim o n ia n za d i F r a te H ou ssa rt si è obiettato&#13;
inoltre che la su a M e m o ria n on è u n fr u tto spontan eo dei suoi ricordi. I n&#13;
a ltri term in i si è m osso il dubbio che la redazione d ella lettera sia do vu ta&#13;
a d a ltr i che F r a t e H o u ss a rt, e ciò, si dice, p erchè h a u n a o rg an icità e&#13;
u n a fo rm a le tter aria superiore alle po ssib ilità d i u n sem plice fra te llo la ico&#13;
&#13;
(Novae Animad.,&#13;
&#13;
n. 14 ).&#13;
&#13;
A questo prop o sito, si n o ti a nzitu tto che F r a te H o u s sa rt non era p r o prio u n ign ora nte. V iv e n te anco ra il Serv o di D io , e sop ratu tto dop o la&#13;
sua m orte, ebbe v ari in carichi di am m in istrazion e d a p a rte del S em in ario ,&#13;
e ci sono a nco ra v a ri m an osc ritti suoi di conti, no te, ria ssu n ti con su n tivi,&#13;
fa tt i con g ra n de a ccuratezza e ehe m ostrano un liv ello d i form a zio ne certo&#13;
superiore&#13;
&#13;
a qu ella&#13;
&#13;
di u n&#13;
&#13;
dom estico&#13;
&#13;
o rdina rio .&#13;
&#13;
N on&#13;
&#13;
è im p o ssib ile,&#13;
&#13;
com e&#13;
&#13;
pensa M ons. A .- E . G osselin, arch ivista del S em in ario di Québec, che p rim a&#13;
di venire in C an ad à eg li abbia fa tto un certo corso di stu d i le tte ra ri in&#13;
F r an c ia.&#13;
&#13;
C om u n que&#13;
&#13;
sia,&#13;
&#13;
anche&#13;
&#13;
am m ettendo&#13;
&#13;
per&#13;
&#13;
sem p lice&#13;
&#13;
ipo tesi&#13;
&#13;
che&#13;
&#13;
il&#13;
&#13;
testo d e lla sua M e m o ria sia stato rived u to p er la fo r m a da q ua lch e sacerdote del Sem ina rio , ciò n on&#13;
&#13;
d istru gg erebbe&#13;
&#13;
il va lore&#13;
&#13;
del&#13;
&#13;
d ocum ento.&#13;
&#13;
Il&#13;
&#13;
testo è scritto d i p u gn o da F r a te H ou ssa rt e d a lu i s o tto sc ritto ; eg li parla&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
— 651 —&#13;
&#13;
in prim a persona e fa a ppello a lla sua in fo rm a zio n e p e rso n a le ; com e m e ttere in dubbio la sua testim o n ian za ? L o si dovrebbe credere u n fa lsa rio ;&#13;
si sa invece che rim ase nel Sem in ario com e buon oblato fino a lla m o rte&#13;
avvenu ta nel 1734 , n ella non fresca età di sessantaq u attro a nni.&#13;
In som m a ci sem bra di po ter conclud ere che la lettera di F r a te H o u s sa rt m erita tu tta la fed e e costituisce un a delle fo n ti p iù d irette e p iù&#13;
im po rtan ti per la vita relig io sa p riva ta del Serv o di D io.&#13;
D i questa im po rtan te le ttera conosciam o due m ano scritti.&#13;
I l prim o , quello fino ad o gg i p iù cono sciuto, è conservato n e l l ’A r c h iv io&#13;
del Sem inario di Q uébec. S i tra tta di u n a copia di 11 p a gin e, scritta per&#13;
in tero di p roprio p u g no di F r a t e H ou ssa rt e firm ata da l u i ; che sia u n a&#13;
cop ia lo nota lui stesso in capo a l m a n o scritto : « C op ie de la lettre que j ’ai&#13;
écrite à M . T rem b lay , directeu r d u S ém ina ire des M issions étran g ères de&#13;
P a ris et p rocureur d u Sém in aire de Q uébec, au s u je t de la m ort de M g r de&#13;
L a va l, p rem ier évêque de Québec, en date d u 1er septem bre 1 7 08 . » Q uesta&#13;
copia venne diverse volte m an d ata a lla&#13;
A tto r i della C ausa e f u rip r o d o tta nella&#13;
&#13;
S.&#13;
&#13;
Con g rega zio n e dei R it i&#13;
&#13;
Positio super Introd.,&#13;
&#13;
d a g li&#13;
&#13;
N o v . S u m m .,&#13;
&#13;
p p . 1 -2 1 , secondo l ’edizione fa tta n e a Q uébec in un giorna le p riva to del&#13;
Sem inario di Québec,&#13;
&#13;
VAbeille, e&#13;
&#13;
nella&#13;
&#13;
Positio super Virt.,&#13;
&#13;
S u m m ., n u m . V I ,&#13;
&#13;
p p . 1 2 3 6 -1 25 6 , secondo u na cop ia fa tta diretta m ente su l m s d i Q uébec.&#13;
L ’a ltro m s si tro v a n e l l’A rc h iv io&#13;
&#13;
del&#13;
&#13;
Sem in ario&#13;
&#13;
di S a n&#13;
&#13;
S u lp izio&#13;
&#13;
di&#13;
&#13;
P a rig i ed è l ’orig inale, fino ad oggi sconosciuto d a gli A t to r i d ella C a usa&#13;
e richiesto varie v olte d a lla S . C on g rega zion e dei R iti&#13;
&#13;
Aliae Nov. Animad., n.&#13;
&#13;
(Nov. Anim.,&#13;
&#13;
n. 1 2 ;&#13;
&#13;
9). C om e il m s di Q uébec, il m s d i P a r ig i h a 11 p a -&#13;
&#13;
gine ed è scritto e firm ato di pr o p rio p u g n o d i F r a te&#13;
p iù l ’indirizzo nel verso d e ll’ u ltim o f o g lio : « A&#13;
&#13;
H o u ss a rt.&#13;
&#13;
C ’ è in&#13;
&#13;
M o n sieu r , M o n sieu r T r e m -&#13;
&#13;
b lay , très digne prêtre d irecteu r d u S ém in a ire des M ission s étran gères. »&#13;
Segue un a n ota di a ltra m a no po steriore : « N o ta : le F r è re H o u ssa rt, don né&#13;
du Sém inaire de Q uébec, a servi feu M g r de L a v a i p e n d a n t v in g t années&#13;
avec une a ssid uité et u n zèle très con stants. »&#13;
A bb ia m o in m ano le fotog rafie dei due m an oscritti e ne abbiam o fa tto&#13;
la com parazio ne, risco ntran do che sono u g u a li; si n ota no so ltanto alcune&#13;
divergenze d i ortografia.&#13;
R ipro d u ciam o q u i il testo&#13;
&#13;
com pleto de lla lettera secondo l ’o rigin a le&#13;
&#13;
di P a rig i.&#13;
&#13;
Monsieur.&#13;
Vous avez déjà sans doute appris la mort de Mgr de Laval,&#13;
ancien et premier évêque de Canada, et ce n ’est pas pour vous en&#13;
informer que je prends la liberté de vous écrire celle-ci en particulier, mais pour vous témoigner combien cette mort et la séparation d ’un si bon, si saint et si charitable maître m ’a été sensible.&#13;
Cela est aisé à concevoir, puisque ayant eu l ’honneur d ’avoir été&#13;
continuellement attaché au service de Sa Grandeur pendant les&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
652 —&#13;
&#13;
vingt dernières années de sa sainte vie, et que Sa Grandeur ayant&#13;
eu pendant tout ce temps-là une grande charité pour moi et une&#13;
très grande confiance en mes soins, vous ne pouvez douter que je&#13;
n ’aie contracté une grande union, un grand appui et une attache&#13;
toute particulière à Sa Grandeur et que par conséquent la séparation d ’une personne qui m ’était si chère et si utile ne m ’ait&#13;
causé une peine inconcevable.&#13;
Mais la consolation qui s ’est mêlée parmi la tristesse en&#13;
voyant un saint mourir en saint après avoir vécu en saint, a été&#13;
un très grand soulagement à ma peine, aussi bien qu’à celle de&#13;
tout le Séminaire et de tous les peuples du Canada ; et la haute&#13;
idée que nous avons tous de la grande gloire que possède dans le&#13;
ciel notre saint défunt et notre commun père, nous fait espérer&#13;
que par son intercession et son crédit auprès de Dieu, il nous dédommagera copieusement de la perte que nous avons faite de sa&#13;
sainte présence. Plusieurs l ’ont déjà éprouvé dans le soulagement&#13;
qu’ils ont reçu dans leurs peines et infirmités, par l ’invocation et&#13;
le recours qu’ils ont eus à notre dit saint défunt, comme vous l ’apprendrez par une autre v oie.1&#13;
Pour mon particulier, je compte beaucoup sur son pouvoir&#13;
et me confie en son secours et assistance, non seulement pour être&#13;
délivré ou notablement soulagé dans mes infirmités corporelles,&#13;
comme il m ’est déjà arrivé plusieurs fois, mais, ce que j ’estime&#13;
infiniment plus, pour être assisté dans les besoins intérieurs de&#13;
mon âme, tant pour être aidé à y établir les vertus qu’à en détruire les vices et mauvaises habitudes, comme je l ’ai aussi déjà&#13;
expérimenté plusieurs fois.&#13;
Toutes les personnes du Séminaire doivent avoir aussi une&#13;
confiance très particulière aux mérites et intercessions de leur&#13;
premier père, car Sa Grandeur s’étant offerte en sacrifice,&#13;
comme elle fit six jours avant son saint trépas, pour porter la&#13;
peine de tous les péchés du Séminaire, et ayant prié Dieu de&#13;
l ’exterminer elle seule, afin d ’épargner toutes les autres personnes du dit Séminaire, l ’ayant prié aussi de détruire entièrement&#13;
le péché de sa sainte maison et d ’y maintenir jusqu’à la fin des&#13;
&#13;
1 L’autore accenna qui probabilmente alla relazione stesa dal sacerdote de Glandelet nel 1708 circa alcune grazie straordinarie attribuite all’intercessione del Servo&#13;
di Dio. Sfortunatamente questa relazione non ci è pervenuta.&#13;
&#13;
�— 653&#13;
&#13;
Doc. LXI&#13;
&#13;
siècles le très saint amour et le véritable culte de Dieu et de la&#13;
très sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph et des saints Anges,&#13;
et Sa Grandeur ayant été exaucée par le redoublement de ses douleurs qui furent excessives depuis ce jour-là jusqu’à sa mort,&#13;
nous avons tous lieu de croire qu’il nous a acquis par ses souffrances des grâces particulières pour éviter le péché et pratiquer la&#13;
vertu.&#13;
Mais je ne puis, Monsieur, me dispenser de vous dire que&#13;
quand il me revient en la mémoire l ’accent et la ferveur avec laquelle Sa Grandeur prononçait ces paroles et beaucoup d ’autres&#13;
pleines de feu et d ’amour, les yeux et les mains élevés vers le ciel,&#13;
avec des sentiments extraordinaires d ’humilité et de mépris de&#13;
soi-même et des retours d ’une véritable confiance en Dieu, nonobstant, disait-elle, sa très grande indignité, j ’en ai le cœur si&#13;
pénétré que je ne puis retenir mes larmes; je souhaitais pour&#13;
lors que toutes les personnes du Canada puissent entendre chacune une seule de ses paroles pour en être toutes embrasées ; car&#13;
elles étaient toutes capables de pénétrer, attendrir et enlever les&#13;
cœurs même les plus endurcis.&#13;
Je ne doute pas, Monsieur, que vous n ’ayez aussi appris la&#13;
distribution qui a été faite, à la grande instance des peuples de&#13;
Canada, du linge trempé et teint du sang de mon dit Seigneur,&#13;
de ses cheveux et de ses habits.1 Comme ça été moi qui ai trempé&#13;
ces linges dans son sang lorsqu’on l ’a ouvert2 et qui ai coupé de&#13;
&#13;
1 II sacerdote Gosselin (pp. 402-403, nota 1) ci informa che nel 1891 ebbe il piacere di ritrovare alcune di queste reliquie in Francia nel Seminario di Évreux e nella&#13;
famiglia del Marchese de Lévis a Parigi, ficco quanto scrive egli in proposito: «A u&#13;
Grand Séminaire d’Évreux, tenu par les Lazaristes, M. l’abbé de Bruynes, l’un des&#13;
prêtres de la maison, nous montra en 1891 une de ces reliques de Mgr de Laval, précieusement enveloppée dans un papier sur lequel on lit: “ Partie d’un linge que j ’ai&#13;
trempé dans la poitrine de Mgr de Laval de Montmorency, premier évêque de Québec,&#13;
le jour de son décès, lorsqu’on l ’ouvrit pour ôter son cœur, le 6èm de mai 1708.&#13;
e&#13;
F. Hubert Houssart ” ... Une autre relique de Mgr de Laval, semblable à celle de&#13;
l’abbé de Bruynes et parfaitement authentiquée elle aussi par le Frère Houssart, se&#13;
trouve dans la famille du marquis de Lévis à Paris. En nous la montrant: “ C’est&#13;
un précieux héritage, nous dit le noble marquis, que je tiens de la famille de ma&#13;
grand’mère, où cette relique avait toujours été pieusement conservée ” ».&#13;
Non sarà inutile aggiungere che alcune di queste reliquie esistevano ed esistono&#13;
tuttoggi anche nel Seminario di Québec.&#13;
2 Come viene indicato da Frate Houssart, citato nella nota precedente, dopo la&#13;
morte del Servo di Dio, il suo cuore venne estratto dal petto e deposto poi in una cassetta di piombo nella cripta dell’antica cappella del Seminario; dopo la benedizione&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
— 654 —&#13;
&#13;
ses cheveux, ne le faisant dans le temps que pour ma consolation&#13;
particulière, pénétré que j ’étais que ce serait de très précieuses&#13;
reliques, vous serez sans doute bien aise que je vous fasse un petit&#13;
détail de quelques actions communes et ordinaires de Sa Grandeur, qui m ’ont le plus touché et m ’ont fait prendre la résolution,&#13;
plus de quinze ans avant sa mort, d ’en agir ainsi.&#13;
C ’est dommage que Monseigneur n ’ait pas eu à son service et&#13;
pour témoin de ses actions ordinaires une personne plus éclairée&#13;
et plus intelligente dans les choses de Dieu que moi; elle aurait&#13;
pu vous donner, Monsieur, toute une autre satisfaction par le&#13;
détail qu’elle vous en aurait fait, que je ne pourrai faire.&#13;
Ce qui m ’a toujours tenu dans la suprise et dans l ’admiration,&#13;
a été de voir un homme d ’un aussi grand mérite, d ’une aussi&#13;
grande qualité, d ’une aussi grande vénération et aussi utile en ce&#13;
pays que l ’était Monseigneur, cassé et rompu de vieillesse, de fatigues et d ’infirmités, jusqu’à l ’âge de quatre-vingt-cinq ans, être&#13;
aussi exacte que l ’était Sa Grandeur à se mortifier en toute chose&#13;
et à dénier à ses sens généralement tous les petits contentements&#13;
et soulagements qu’ils pouvaient légitimement recevoir, comme&#13;
par exemple:&#13;
1° A coucher sur un très chétif matelas sur les planches,&#13;
dans des couvertes de laine, sans draps, à moins qu’il n ’ait été&#13;
malade, à faire tous les jours son pauvre lit jusqu’à la fin de sa&#13;
vie, sans permettre que j ’y touche que très rarement. Quand pendant une grande maladie qu’eut Sa Grandeur, et que Madame de&#13;
Champigny (qui avait le privilège à cause de sa vertu et de son&#13;
mérite * d ’entrer en sa chambre en tout temps) l ’eût fait consentir&#13;
1&#13;
à se coucher plus mollement qu’elle n ’était, Sa Grandeur agréa&#13;
que je misse une paillasse sous son matelas ; mais elle ne fut pas si&#13;
tôt guérie qu’elle ne quitta pas la paillasse à la vérité, mais tous&#13;
les soirs quand j ’étais sorti de sa chambre, après que Sa Grandeur s’était couchée, elle se levait tout doucement, de peur que je&#13;
ne l ’entende, elle ôtait le matelas de son lit et se couchait sur la&#13;
della nuova cappella nel 1752, fu qui collocato definitivamente (cf. L ’Abeille, voi. V ili,&#13;
n. 33, citato da Gosselin, p. 403, nota 1).&#13;
1 La Signora de Champigny era cugina del Servo di Dio. « Par les qualités de&#13;
l’esprit et du cœur, Madame de Champigny est l’une des femmes le plus distinguées&#13;
qui soient venues en la Nouvelle-France » ( E u g . M a y r a n d , Frontenac et ses amis,&#13;
Québec, 1902, p. 176).&#13;
&#13;
�— 655&#13;
&#13;
Doc. LXI&#13;
&#13;
paillasse, et le matin elle remettait le matelas et raccommodait&#13;
son lit sans qu’il en parût rien. Et elle continua cela pendant près&#13;
de deux ans sans y manquer une seule nuit, quelque tard qu’il ait&#13;
été et quelque fatiguée qu’ait été Sa Grandeur. C ’est ce que j ’entendais tous les jours et que je voyais toutes les fois que je feignais&#13;
avoir quelque besoin dans sa chambre exprès afin d ’avoir le contentement de voir cela, jusqu’à ce que sa paillasse étant toute réduite en poussière et pleine de puces, je gagnai sur Sa Grandeur&#13;
de l ’ôter, et depuis ce temps-là jusqu’à sa mort, nonobstant ses&#13;
longues et fréquentes maladies, elle ne coucha que sur un matelas sur les planches. Dans le dernier voyage que Sa Grandeur est&#13;
revenue de France en Canada, où j ’avais l ’honneur de l ’accompagner et la servir, j ’étais tout étonné de voir que dans les pauvres&#13;
hôtelleries où il y avait de pauvres lits, Sa Grandeur se déshabillait pour s’y coucher, mais dans les endroits où il y avait de bons&#13;
lits, Sa Grandeur ne faisait que se jeter dessus sans se déshabiller; ce qu’elle fit même au Séminaire de Tours, dans la chambre&#13;
garnie qui y est pour Mgr l ’Archevêque du lieu, dans laquelle on&#13;
logea Sa Grandeur.&#13;
2° De ne se jamais coucher qu’il n ’eût dit et ne se fût acquitté&#13;
de tous ses offices, prières, lectures, chapelets, etc., quelque tard&#13;
qu’il fût et quelque affaire qu’eût eue Sa Grandeur, et quoiqu’il se&#13;
couchât fort tard, ne jamais manquer à se lever, pendant plus de&#13;
quinze ans, à deux heures du matin (je ne parle que du temps que&#13;
j ’ai servi Sa Grandeur, car plus de trente ans auparavant, elle se&#13;
levait à la même heure) et les cinq dernières années de sa vie sur&#13;
les trois heures. Et de se lever pendant les dites quinze années&#13;
tout seul, sans feu, n ’ayant point de poêle dans sa chambre, où&#13;
il gelait très fort toutes les nuits pendant l ’hiver; s’habiller seul,&#13;
bander ses jambes, etc.; s’en aller à quatre heures à l ’église, sa&#13;
lanterne à la main, en ouvrir les portes, sonner sa messe, qui&#13;
était la première, de quatre heures et demie pour les travaillants,&#13;
et rester à l ’église ou à la sacristie, qui était fort froide et incommode pour lors,1 sans voir ni se chauffer à d ’autre feu durant ce&#13;
temps-là, pendant les plus grands froids, que celui du réchaud&#13;
dont il s’était servi pour dire la sainte messe.&#13;
&#13;
1 Nella copia di Québec viene qui aggiunto: jusqu’à sept heures.&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
— 656 —&#13;
&#13;
3° Comme il dormait très peu la nuit, il était obligé de réciter tous ses offices, chapelets, etc. en se promenant, afin de ne se&#13;
point assoupir; ce qu’il faisait, pendant les plus grandes chaleurs&#13;
de l ’été, au soleil dans son petit jardin, de telle sorte qu’il devenait tout en sueur et quand je pansais le soir son cautère du bras,&#13;
je trouvais sa chemise et sa soutane toutes trempées et pénétrées&#13;
de sueurs. Je représentais souvent à Sa Grandeur le besoin qu’elle&#13;
avait de changer de chemise et le danger qu’il y avait qu’elle ne&#13;
gagnât par le froid du soir quelque maladie; c ’est à quoi je ne&#13;
la pouvais faire consentir quoiqu’elle en eut plusieurs en sa chambre, et elle se couchait ainsi sa chemise toute trempée et toute&#13;
froide. Or, quoique cette mortification ne tue ni ne blesse, elle me&#13;
paraissait néanmoins fort rude à supporter, car qui est-ce, quelque pauvre qu’il fût, qui ne se crût obligé pour plusieurs raisons&#13;
fort sensibles de changer de chemise, étant dans cet état le soir&#13;
sans feu au serein, surtout ayant si beau moyen de changer qu’en&#13;
avait Monseigneur?&#13;
4° Comme Sa Grandeur était d ’une complexion fort sensible,&#13;
l ’on aurait cru à l ’entendre se plaindre dans ses infirmités et dans&#13;
ses douleurs qu’elle avait de la peine et de l ’irrésolution à souffrir; mais tout au contraire, si elle se plaignait, ce n ’était que&#13;
pour cacher l ’amour et la ferveur avec laquelle Sa Grandeur souffrait. Il est tout naturel d ’en porter ce jugement, car comment&#13;
croire que Sa Grandeur ait eu de la peine et de l ’irrésolution à&#13;
souffrir les douleurs qui lui venaient immédiatement par l ’ordre&#13;
et la disposition de la divine Providence à laquelle elle était si&#13;
soumise qu’il faudrait un volume entier pour raconter tous les&#13;
traits de sa soumission, puisqu’elle-même cherchait tous les jours&#13;
tous les moyens (cachés) qu’elle pouvait s’imaginer pour se procurer des douleurs et des souffrances, comme sont, par exemple, de&#13;
porter presque tous les jours le cilice et de le quitter tous les&#13;
soirs en cachette, de peur que je ne le visse en pansant le cautère&#13;
qu’elle avait au bras, et, sur ses dernières années qu’elle ne pouvait presque plus agir, le porter jour et nuit et avoir un très grand&#13;
soin de faire en sorte que je ne le voie point en pansant le dit&#13;
cautère (c ’est pourtant ce qui ne se pouvait faire), et quand ils&#13;
étaient déchirés, elle les racommodait elle-même et avait toujours pour cela du fil et des aiguilles, et quand il s ’y engendrait de&#13;
la vermine, elle les lavait elle-même dans de l ’eau chaude, et tout&#13;
&#13;
�— 657 —&#13;
&#13;
Doc. LXl&#13;
&#13;
cela en cachette; de baiser son bandage avec une affection et dévotion toutes particulières à chaque fois qu’elle l ’ôtait ou le mettait, comme un fruit de ses fatigues et un instrument qui servait&#13;
à la faire souffrir; de ne vouloir point s’asseoir dans un fauteuil&#13;
qu’elle avait dans sa chambre, à moins qu’elle ne fût extraordinairement faible ou malade, et de se servir de chaises très incommodes pour une personne de son âge, de dessus lesquelles elle est&#13;
souvent tombée et s ’est blessée notablement ; de dire assidûment la&#13;
sainte messe nonobstant des ouvertures et des plaies très considérables et très sensibles qu’elle avait aux jambes et aux pieds et&#13;
que nos Messieurs et même M. le Médecin lui représentassent le&#13;
tort qu’elle faisait à sa santé en se gênant et souffrant comme elle&#13;
faisait pour dire la sainte messe ; d ’assister en ces états à tous les&#13;
offices de la cathédrale, quelque froid qu’il fît, et de s ’y faire porter quand elle ne put plus marcher. C ’est dans l ’exercice et la&#13;
pratique de cette ferveur, de cette dévotion et de cette haine d ’ellemême qu’elle gagna, pendant l ’office du Vendredi-Saint, par un&#13;
des plus grands froids qu’il puisse faire en Canada, une engelure&#13;
au talon, qui lui a causé la mort. Il est vrai que j ’avais comme&#13;
prévu ce mal et j ’avais prié Sa Grandeur, dès le dimanche des Rameaux, de ne point assister à l ’office de ce jour, parce que son&#13;
pied était extraordinairement enflé et qu’il y avait du danger que&#13;
le froid n’en augmentât le mal; mais Sa Grandeur, suivant l ’attrait de sa dévotion et de son zèle, m’eut aucun égard à mes prières et assista à tout l ’office de ce jour qui est fort long; le mercredi au soir, Sa Grandeur ayant été à ténèbres, elle se plaignait&#13;
beaucoup de son pied; sur quoi je lui dis que je dirais à M. le Supérieur de prier Sa Grandeur de ne point aller davantage à 1’église&#13;
cette semaine-là et qu’assurément il arriverait quelque chose&#13;
d ’extraordinaire à ce pied. Elle me dit que ce n ’était pas la peine&#13;
d ’en parler, et depuis ce moment-là elle ne se plaignit plus, de&#13;
crainte qu’on l ’empêchât d ’assister au reste des offices de cette&#13;
sainte Semaine, aimant mieux souffrir que de manquer à ses dévotions et à l ’ardeur de son zèle pour assister devant le très SaintSacrement, qui était extraordinaire dans ce temps-là. J ’aurai&#13;
plus tôt fait, Monsieur, de vous dire en deux mots, que quand il&#13;
s’agissait du service de Dieu et de la charité du prochain, aucune&#13;
douleur ni infirmité n ’étaient capables d ’y faire manquer Sa&#13;
Grandeur en un seul point. Mais quand il s’agissait de civilités&#13;
42&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
658 —&#13;
&#13;
purement humaines ou de visites inutiles, Sa Grandeur prenait&#13;
toujours le prétexte de ses infirmités pour s’en dispenser et faisait même quelquefois paraître être plus incommodée qu’elle ne&#13;
l ’était en effet.&#13;
Mais ce qui fait mieux connaître la patience de Sa Grandeur&#13;
dans ses plus grandes plaintes, c ’est que quand on voulait avoir&#13;
égard à sa douleur et à ses plaintes et qu’on voulait l ’épargner,&#13;
elle voulait qu’on fît ce qui était nécessaire à ses plaies sans avoir&#13;
égard à ses dites plaintes et douleurs. En pansant la plaie qui lui&#13;
a causé la mort, sa douleur était si grande que tout le corps lui en&#13;
frémissait; il se plaignait d ’une manière à tirer les larmes des&#13;
yeux de ceux qui étaient présents. Le bon frère Boussat y étant&#13;
un jour dit à Sa Grandeur par compassion: «E h bien! Monseigneur, que voulez-vous que nous fassions"? que mettrons-nous sur&#13;
votre plaie?» Sa Grandeur lui répondit d ’un accent tout transporté et embrasé de l ’amour de Dieu et les mains jointes: « Mon&#13;
frère, je ne veux que Dieu; faites tout ce qu’il vous plaira et ce&#13;
que vous jugez qu’il faut faire».&#13;
Mais, me direz-vous, Monsieur, puisque vous dites que Monseigneur était si patient, comment donc se plaignait-il ? De quels&#13;
termes se servait-il pour que l ’on puisse juger qu’en se plaignant&#13;
il souffrait patiemment? Voici, Monsieur, ses paroles et ses termes les plus ordinaires: « O mon Dieu, que je souffre; ayez pitié&#13;
de moi, mon Dieu, ô Dieu d ’amour, ô Dieu de bonté, ô Dieu de miséricorde; faites-moi miséricorde, mon Dieu; votre sainte volonté soit faite, ô mon Dieu ». C’étaient les plaintes ordinaires que&#13;
Sa Grandeur réitérait une infinité de fois, les mains jointes et les&#13;
yeux élevés vers le ciel, avec une dévotion merveilleuse, non seulement dans les violentes douleurs que lui a causées sa dernière&#13;
plaie, mais encore dans toutes les grandes douleurs que je lui ai&#13;
vu souffrir journellement pendant l ’espace des vingt années que&#13;
j ’ai eu 1’honneur d ’être au service de Sa Grandeur. Et ces plaintes étaient plutôt des élans d ’amour de Dieu et de conformité à&#13;
sa sainte volonté que de véritables plaintes.&#13;
5° La mortification au boire et au manger n ’est pas le moindre point de ses vertus; au contraire je crois que c ’en est un des&#13;
plus grands, quoique bien des personnes l ’aient tenu pour un&#13;
homme fort difficile en ce point. Il est vrai qu’il faut l ’avoir pratiqué et servi autant de temps que j ’ai fait pour avoir bien su con-&#13;
&#13;
�659 —&#13;
&#13;
Doc. LXI&#13;
&#13;
naître et discerner le vrai d ’avec l ’apparent, car effectivement&#13;
Sa Grandeur paraissait beaucoup affectée de certains aliments et&#13;
méprisait les autres d ’une manière à faire croire qu’il recherchait&#13;
son goût; mais il est certain qu’il ne le recherchait pas. Bien au&#13;
contraire, il cherchait à se mortifier en tout. C ’est de quoi j ’ai&#13;
autant de témoins qu’il y a eu de personnes qui lui ont préparé à&#13;
manger, et toutes conviendront avec moi qu’ils ne savaient comment assaisonner les viandes pour Sa Grandeur, parce que Sa&#13;
Grandeur n ’y voulait aucun assaisonnement. Chacun d ’eux voulait tâcher à lui faire de bons ragoûts et de haut goût, et Sa Grandeur voulait que ses viandes n ’eussent aucun goût, et pour cacher&#13;
sa mortification en cela, elle se plaignait des meilleures viandes&#13;
et des mieux apprêtées, en disant qu’elles ne valaient rien. C ’est&#13;
ce qui mortifiait extrêmement les cuisiniers et leur faisait dire&#13;
que Sa Grandeur était bien difficile. Si Sa Grandeur avait, comme&#13;
bien des saints ont fait, fait paraître sa mortification et qu’elle&#13;
eût déclaré que ces viandes bien apprêtées étaient bonnes, mais&#13;
qu’elle voulait s’en priver et n ’en avoir que des moindres et mal&#13;
apprêtées afin de se mortifier, chacun aurait applaudi à Sa Grandeur. Cela aurait calmé les esprits et aurait fait avoir à tous une&#13;
grande estime de sa vertu et de sa mortification; mais c ’est ce que&#13;
Sa Grandeur fuyait comme la peste, et, en méprisant ainsi les&#13;
bonnes viandes, elle contentait sa mortification sans qu’on s ’en&#13;
aperçût, en ne s’en faisant servir que de méchantes ou de moindres, et s’attirait de plus, par une humilité tout admirable, le&#13;
mépris de plusieurs et l ’estime qu’on faisait qu’elle était très&#13;
difficile. Quelqu’un rapportant souvent à Sa Grandeur que l ’on&#13;
disait qu’elle était fort difficile pour son manger, Sa Grandeur&#13;
ne faisait autre réponse que de dire fort tranquillement et doucement qu’il fallait les laisser dire.&#13;
Mais, me direz-vous, Monsieur, quelles étaient donc les viandes qu’il fallait servir à Sa Grandeur? Tous les cuisiniers et dépensiers qui ont été au Séminaire peuvent dire avec moi qu’il ne&#13;
lui fallait que du bœuf puant et corrompu et que pourvu qu’elle&#13;
en eût de tel, elle était contente. Si on y ajoutait du veau ou des&#13;
volailles, il fallait qu ’elles fussent de même puantes et corrompues&#13;
et propres à plutôt faire mal au cœur qu’à contenter le goût. Je&#13;
l ’ai vue plus de cent fois garder de la viande cuite dans sa chambre (car comme vous savez, Monsieur, Sa Grandeur a toujours&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
— 660 —&#13;
&#13;
mangé dans sa chambre pendant les vingt dernières années de sa&#13;
vie), je l ’ai vue, dis-je, garder de la viande cuite cinq, six, sept et&#13;
huit jours dans les chaleurs de l ’été, et lorsqu’elle était toute moisie&#13;
et pleine de vers, elle la lavait dans de l ’eau chaude ou dans du&#13;
bouillon de sa soupe et ensuite la mangeait et me disait qu’elle&#13;
était très bonne. Je m ’en rapporte à quiconque et je demande qui&#13;
est-ce, même des plus pauvres, qui n ’aimerait pas mieux s ’en&#13;
passer que d ’en manger de pareille?&#13;
J ’ai vu Sa Grandeur après m ’avoir fait aller à la cuisine&#13;
jusqu’à trois et quatre fois pour lui chercher d ’autres viandes que&#13;
celles que je lui avais apportées, je l ’ai vue, dis-je, se mettre à&#13;
genoux devant ces viandes et manger en cette posture ce qui était&#13;
de plus méchant; aussi dois-je avouer que Sa Grandeur ne me&#13;
renvoyait pas ainsi rechercher des viandes pour le désir qu’elle&#13;
eût d ’en avoir de meilleures, mais c ’était pour me mortifier, me&#13;
faire rompre ma propre volonté et surmonter la peine que j ’avais de lui obéir quand elle me renvoyait ainsi plusieurs fois,&#13;
outre que par ce moyen elle avait davantage de viande pour&#13;
donner aux pauvres à qui elle donnait tous les jours une bonne&#13;
partie de sa portion.&#13;
L ’on pourrait m ’objecter là-dessus que je veux trop donner&#13;
à la vertu de Monseigneur et que si Sa Grandeur demandait des&#13;
viandes corrompues, c ’est qu’elle n ’avait pas de dents pour mâcher les autres. J ’avoue que c ’était l ’excuse ordinaire de Sa Grandeur de dire que les viandes qu’elle rebutait n ’étaient pas propres&#13;
pour ses dents; mais ce n ’était véritablement qu’une excuse, car&#13;
Sa Grandeur mangeait tous les jours de la croûte de pain beaucoup plus dure que les viandes qu’elle rebutait et quand elle mangeait hors le Séminaire, où elle donnait par condescendance quelque chose de plus à la nature, elle mangeait des viandes les plus&#13;
dures et tout nouvellement tuées aussi facilement que les personnes qui avaient de bonnes dents. Ainsi il est aisé de se persuader que Sa Grandeur ne recherchait et ne voulait des viandes&#13;
ainsi gâtées et corrompues que par un véritable et extraordinaire&#13;
esprit de mortification et de pénitence.&#13;
Sa Grandeur ne recherchait point non plus trop de goût dans&#13;
sa soupe, puisque plus de cent et cent fois je l ’ai vue y mettre une&#13;
tassée d ’eau chaude pour en ôter tout le goût.&#13;
Pour son boire ordinaire, [ce] n ’était que de l ’eau chaude un&#13;
&#13;
�— 661 —&#13;
&#13;
Doc. LXÌ&#13;
&#13;
peu temte de vin, et chacun sait que Sa Grandeur ne prenait jamais ni liqueurs, ni vin exquis, ni aucune mixtion de sucrerie de&#13;
quelle sorte qu’elle puisse être composée, soit pour boire, soit pour&#13;
manger, excepté que sur ses dernières années je gagnai sur Sa&#13;
Grandeur de lui faire prendre tous les soirs, après un bouillon qui&#13;
était tout son souper, gros comme le pouce de biscuit dans un peu&#13;
de vin pour l ’aider à dormir.&#13;
En un mot je puis dire sans exagération que toute la vie de&#13;
Sa Grandeur n ’était qu’un jeûne continuel, car elle ne déjeûnait&#13;
point et ne prenait tous les soirs que la valeur d ’une légère collation. Et elle faisait tout son possible, nonobstant son grand âge&#13;
et ses infirmités continuelles, pour observer tous les jours d ’abstinence et de jeûne, tant ceux qui sont commandés par la sainte&#13;
Église que ceux qui s’observent par dévotion dans le Séminaire,&#13;
et si Sa Grandeur a quelquefois cédé en cela à l ’ordre des médecins et aux prières de Messieurs les Supérieurs du Séminaire&#13;
qui jugeaient qu’elle devait faire gras, c ’était pour Sa Grandeur&#13;
une grande mortification de ne se pas mortifier en cela et ce n ’était&#13;
que par une extraordinaire charité qu’elle avait pour son cher&#13;
Séminaire et pour tout le Canada, qu’elle donnait quelque chose&#13;
à la nature pour l ’empêcher de mourir si tôt et pour se donner&#13;
la consolation de voir tous les jours de plus en plus le règne de&#13;
Dieu s’établir dans ce nouveau monde, mais très particulièrement&#13;
pour empêcher de tout son pouvoir qu’il ne s’y introduise rien de&#13;
contraire à la charité et aux bonnes mœurs du Christianisme.&#13;
6° En autre point de mortification et d ’humilité fort extraordinaire en une personne du rang, de la dignité, de l ’âge et des&#13;
infirmités de Monseigneur, est que Sa Grandeur ne m ’a jamais&#13;
permis, pendant toutes les vingt années que j ’ai eu l ’honneur&#13;
d ’être à son service, de faire quoi que ce soit pour son service&#13;
qu’elle l ’ait pu faire elle-même, si bien qu’il fallait que je demeurasse les bras cfoisés ou que j ’allasse à mon travail, pendant que&#13;
Sa Grandeur faisait son feu, balayait, desservait sa table, lavait&#13;
son petit meuble de table, s’habillait, se déshabillait, faisait son&#13;
lit etc. Et c ’était une mortification continuelle pour une personne&#13;
un peu zélée à son service de n ’y trouver presque rien à faire.&#13;
7° Pour sa patience, il ne m ’appartient pas d ’entamer ni de&#13;
parler des sujets que Sa Grandeur a eus de la pratiquer en un&#13;
souverain degré, parce que ce ne sont pas choses purement tem-&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
662&#13;
&#13;
porelles, et où il ne s’agissait que du temporel, comme pertes de&#13;
biens, incendies, douleurs etc., c ’étaient plutôt des sujets de&#13;
triomphe pour Sa Grandeur que des sujets propres à lui faire de&#13;
la peine, et Sa Grandeur pour toutes les pertes de biens et pour les&#13;
deux incendies générales (sic) de son Séminaire, n ’en perdit pas&#13;
pour un seul instant sa paix, sa joie, ni sa tranquillité, parce que&#13;
ces accidents n ’étaient pas des sujets capables d ’attaquer sa patience et sa vertu qui étaient bien au-dessus de tout cela. Les seuls&#13;
intérêts de Dieu, de la vertu et de la religion étaient capables de&#13;
l ’émouvoir.&#13;
Je me sens néanmoins obligé, Monsieur, par reconnaissance&#13;
pour la charité que Sa Grandeur a eue pour moi, de vous dire que&#13;
ce n ’a pas été une petite peine à Sa Grandeur de se servir si&#13;
longtemps de moi qu’elle a fait, à cause de mes indocilités, des&#13;
attachements à ma propre volonté et des raisonnements contradictoires que je faisais à Sa Grandeur, quand elle exigeait quelque chose de moi, qui ne me plaisait pas. Toute autre patience&#13;
que la sienne se serait lassée et m ’aurait chassé cent et cent fois&#13;
d ’auprès de sa personne. Et c ’est à cette patience de Sa Grandeur&#13;
que j ’ai l ’obligation de ce que je suis non seulement resté, mais incorporé en une qualité beaucoup au-dessus de mon mérite dans&#13;
sa sainte maison et qu’elle m ’a même témoigné à l ’article de sa&#13;
mort que ce serait, si j ’y persévérais fidèlement, le lieu et le sujet&#13;
de ma prédestination.&#13;
Mais si j ’ajoutais et si je racontais toutes les fois que Sa Grandeur, nonobstant ma grossièreté, mon ignorance et toutes mes&#13;
mauvaises qualités, me consultait, demandait mes avis, me priait,&#13;
quoique je ne fusse que son valet, me déférait et familiarisait avec&#13;
moi, c ’est ce qui ferait l ’étonnement des personnes qui ont connu&#13;
le grand mérite, les grandes lumières et la profondeur des connaissances qu’avait Sa Grandeur; c ’est aussi ce que je ne puis&#13;
expliquer, et quand même je le pourrais, j ’y aurais bien de la&#13;
peine, car quand je pense seulement à ses manières si tendres, si&#13;
charitables, si humbles et si déférentes de Sa Grandeur à mon&#13;
égard, j ’en ai le cœur si attendri que je m ’en expliquerais mieux&#13;
par mes larmes que par mes paroles.&#13;
8° Pour ce qui regarde sa charité et ses aumônes, c ’est un&#13;
point où les personnes qui ont le mieux connu Sa Grandeur auraient peine à en faife connaître toute l ’étendue. J ’ai autant de&#13;
&#13;
�— 663&#13;
&#13;
Doc. LXI&#13;
&#13;
témoins de cette vérité qu’il y a eu et qu’il y a de personnes en&#13;
Canada: c ’est pourquoi je ne crois pas devoir m ’étendre sur cet&#13;
article, qui étant connu de tout le monde ne peut pas être ignoré&#13;
de vous seul. Je crois même que vous en diriez plus que moi, s’il&#13;
vous plaisait d ’en dire ce que vous en savez. Néanmoins, Monsieur, comme je vous marque en cette lettre ce qui m ’a édifié&#13;
dans la vie de Monseigneur, je ne puis me dispenser de vous dire&#13;
quelques petites particularités qui m ’ont le plus touché sur ce&#13;
sujet.&#13;
La première est que Sa Grandeur, nonobstant les dettes, les&#13;
pertes, les incendies et toutes les grandes disettes du Séminaire,&#13;
où elle avait la meilleure part, ne manquait pas de donner aux&#13;
pauvres tous les ans la valeur de quinze cents et deux mille&#13;
livres.&#13;
La seconde est que Sa Grandeur refusait tout net de me&#13;
donner même cinq sous, quand j ’en avais besoin pour acheter&#13;
quelque chose dont elle avait besoin et aurait mieux aimé s ’en&#13;
passer que de faire cette petite dépense. Mais quand il s’agissait&#13;
d ’acheter des étoffes et des couvertes pour donner aux pauvres, les cent, deux cents et trois cents écus ne lui faisaient pas&#13;
plus de peine à donner qu’une épingle, et même il est à remarquer que Sa Grandeur nageait de joie et de contentement quand&#13;
elle faisait ces dépenses pour les pauvres.&#13;
La troisième est qu’à notre second incendie où le Séminaire&#13;
se trouva en un si pauvre état qu’il n ’avait pas seulement cent&#13;
écus qui étaient nécessaires pour faire couvrir grossièrement&#13;
toutes les murailles et les voûtes du Séminaire, Sa Grandeur&#13;
ayant cette somme et n ’avant presque plus d ’étoffe pour donner&#13;
aux pauvres, de crainte que nos Messieurs ne la lui demandassent&#13;
pour faire faire ces couvertures, elle m ’envoya secrètement acheter cent peaux de chevreuil à trois livres cinq sols la pièce, pour&#13;
donner aux pauvres au lieu d ’étoffe, et me donna pour les payer&#13;
trois cent vingt-cinq livres avec plus de joie qu’un pauvre ne les&#13;
aurait reçues par aumône.&#13;
La quatrième est que Sa Grandeur ne se contentait pas de&#13;
soulager les pauvres dans leurs besoins corporels, elle voulait encore que ses aumônes remédiassent aux besoins de leurs âmes et&#13;
leur soient une aide pour servir Dieu et éviter le péché; car elle&#13;
avait exprès acheté quatre-vingts couvertes de vingt-quatre livres&#13;
&#13;
�Doc. LXI&#13;
&#13;
— 664 —&#13;
&#13;
la pièce pour en fournir aux pauvres familles chargées d ’enf ants,&#13;
afin de les obliger à faire coucher les garçons séparément des&#13;
filles et pour empêcher que les pères et mères ne fissent coucher&#13;
avec eux leurs enfants, ce qu’ils étaient obligés de faire faute de&#13;
couvertes; et par là Sa Grandeur ôtait à ces enfants l ’occasion de&#13;
connaître et ensuite de commettre le péché le plus dangereux du&#13;
Canada et elle ne voulait pour quoi que ce fût donner de ces couvertes pour d ’autres besoins ni d ’autres sujets que ceux-là.&#13;
La cinquième est que Sa Grandeur, l ’automne dernier, avant&#13;
sa mort, se voyant sans avoir de quoi faire l ’aumône, elle fit tout&#13;
son possible pour en avoir du Séminaire ; mais le Séminaire étant&#13;
lui-même à l ’extrémité, n ’ayant pas la moitié de ses besoins les&#13;
plus essentiels et ne pouvant rien donner à Sa Grandeur pour&#13;
faire ses aumônes (car ça toujours été elle qui les a distribuées de&#13;
ses propres mains), elle me dit d ’une manière fort triste et fort&#13;
touchante qu’elle ne pouvait pas vivre longtemps si elle n ’avait&#13;
pas de quoi donner aux pauvres, et effectivement Sa Grandeur n’a&#13;
plus vécu que six mois après, et elle s ’est trouvée si dénuée des&#13;
biens de ce monde qu’elle n ’avait pas en mourant la valeur d ’un&#13;
sou dont elle pût disposer en faveur des pauvres.&#13;
9° Elle était elle-même réduite dans la plus grande et la plus&#13;
parfaite pauvreté que l ’on puisse souhaiter.&#13;
Quelques mois avant sa mort, je vis encore dans le fond de sa&#13;
cassette un petit couteau de cinq ou six sous; je le demandai à Sa&#13;
Grandeur et elle me le donna, mais d ’une manière et d ’un ton à&#13;
me tirer les larmes des yeux: « Mon enfant, me dit-elle, si je possède encore ce couteau, je vous le donne de bon cœur, afin de ne&#13;
posséder plus rien sur la terre et d ’être entièrement dégagé&#13;
des biens de ce monde ». En vérité, Monsieur, je ne puis pas&#13;
bien comprendre comment Sa Grandeur, en me donnant ce petit&#13;
couteau, me dit qu’elle ne posséderait plus rien sur la terre, car&#13;
quoique je lui ai souvent vu de grosses sommes d ’argent, il en était&#13;
assurément plutôt le dépositaire que le propriétaire, parce que je&#13;
ne lui ai jamais vu employer un sou pour le soulagement, l ’entretien ou les besoins de sa personne; elle les employait toutes en&#13;
aumônes et en œuvres pieuses et quand elle avait besoin de quelque chose, comme habits, linge etc., elle le demandait au Séminaire comme le moindre des ecclésiastiques; et ce n ’est pas là&#13;
posséder quelque chose. Sa Grandeur était de plus fort pauvre&#13;
&#13;
�665&#13;
&#13;
Doc. LX1&#13;
&#13;
dans ses habits et j ’avais peine à l ’empêcher de s’en servir quoiqu’ils fussent fort vieux, sales et rapiécés. Pendant vingt ans, elle&#13;
n ’a eu que deux soutanes d ’hiver qu’elle a laissées en mourant,&#13;
l ’une encore très bonne, et l ’autre toute rase et rapiécée. Elle n ’a&#13;
eu pendant ces vingt ans qu’une seule paire de culottes de peau,&#13;
qu’elle a aussi laissées fort grasses et rapiécées. En un mot il n’y&#13;
avait personne au Séminaire plus pauvre en habits et qui les&#13;
épargnât plus que Sa Grandeur. Elle avait même une estime&#13;
toute particulière pour les personnes qu’elle voyait dans le Séminaire pratiquer la pauvreté, surtout dans le vivre et dans les&#13;
habits, et elle ne supportait qu’avec peine ceux qu’elle voyait&#13;
rechercher trop d ’ajustement, de propreté affectée et de délicatesse dans leurs habillements, ce qu’elle m ’a témoigné plusieurs&#13;
fois. Une année, ayant demandé en France du camelot pour lui&#13;
faire un habit d ’été, on lui en envoya de très beau et qui coûtait&#13;
cher. Mais Sa Grandeur ne voulut point s’en servir; elle le donna&#13;
à l ’église pour faire un ornement violet et en fit redemander&#13;
d ’autre de trente sous l ’aune. C ’était de celui dont Sa Grandeur&#13;
s’était toujours habillée en France et en Canada pour les habits d ’été.&#13;
10° Je n ’ai garde, Monsieur, d ’entreprendre de parler de la&#13;
haute contemplation et de l ’union continuelle que Monseigneur&#13;
avait avec Dieu. Ce sont pour moi lettre close et je dois bien me&#13;
contenter d ’admirer ces voies sublimes et élevées dans lesquelles&#13;
Dieu a conduit Sa Grandeur et me restreindre à ne dire que quelques mots des choses qui sont selon ma portée. Outre ce que je vous&#13;
ai déjà marqué du zèle de Sa Grandeur et de sa ferveur à dire la&#13;
sainte messe et assister aux offices de la cathédrale, nonobstant&#13;
ses plaies et ses infirmités, et de son exactitude à s’acquitter de toutes ses prières et exercices de dévotion les soirs avant de se coucher, quelque tard qu’il fût et quelques embarras et affaires qu’elle&#13;
ait eus, c ’était admirable de voir son assiduité à assister aux enterrements de toutes les personnes qui mouraient dans Québec, et&#13;
son exactitude à offrir le saint Sacrifice de la messe pour le repos&#13;
de leurs âmes aussitôt qu’elle avait appris leur trépas; sa dévotion&#13;
à recevoir et conserver les rameaux bénits, à baiser son crucifix,&#13;
fa figure de la sainte Vierge qu’elle portait toujours sur soi et la&#13;
mettait la nuit sous son chevet, à baiser sa chaînette de l ’esclavage et son scapulaire qu’elle portait sur elle; son respect et sa&#13;
&#13;
�Doc. LX1&#13;
&#13;
— 666 —&#13;
&#13;
vénération pour les reliques des saints; le plaisir qu’elle prenait&#13;
à lire tous les jours dans la vie des saints et à s’entretenir de leurs&#13;
actions héroïques; le saint et continuel usage qu’elle faisait de&#13;
l ’eau bénite, en prenant à tout bout de champ dans le cours de la&#13;
journée et à toutes les fois qu’elle se réveillait la nuit, venant très&#13;
souvent de son jardin à sa chambre exprès pour en prendre, en&#13;
portant sur elle dans un bénitier d ’argent qu’elle avait fait&#13;
faire exprès lorsqu ’elle allait à la campagne, et Sa Grandeur avait&#13;
un si grand désir que tout le monde en prît qu’elle avait un soin&#13;
tout particulier de voir elle-même tous les jours dans les bénitiers&#13;
de l ’église s’il y en avait, d ’y en mettre quand il y en manquait,&#13;
et pendant 1’hiver, de peur que ces bénitiers ne gelassent trop fort&#13;
et qu’on n ’en pût point prendre en entrant et sortant de l ’église,&#13;
elle les apportait elle-même auprès de notre poêle tous les soirs&#13;
et les reportait le matin à quatre heures quand elle allait ouvrir&#13;
les portes; l ’aversion qu’elle avait des moindres choses qui pouvaient tant soit peu ternir le lustre et la pureté de son âme, ce qui&#13;
la portait à se confesser tous les jours avant de dire la sainte&#13;
messe; enfin son exactitude à faire tous les jours sa préparation&#13;
à la mort et être soumise et disposée à toute heure et à tout moment à subir ce passage si redoutable, ce qu’elle témoignait avec&#13;
joie toutes les fois qu’on lui parlait du temps qu’elle pouvait encore vivre.&#13;
Voilà, Monsieur, une partie des menues et ordinaires actions&#13;
et traits de ferveur, de dévotion et de pénitence, que j ’ai vu pratiquer journellement à Monseigneur pendant les vingt ans depuis&#13;
sa démission de son évêché jusqu’à sa mort, que Dieu m ’a fait la&#13;
grâce d ’être au service de Sa Grandeur, et c ’est ce qui a été le&#13;
sujet de l ’estime, du respect et de la vénération que j ’ai eus et&#13;
que je conserverai jusqu’à la mort pour sa sainte personne.&#13;
C’est ce qui m ’a souvent ravi et transporté d ’admiration et&#13;
c ’est même ce que j ’ai vu transporter et ravir M. de Champigny&#13;
durant qu’il était intendant du Canada et qu’il voyait Sa Grandeur dans ses maladies se coucher et se traiter comme une personne&#13;
de la plus basse condition, elle (ce me disait mon dit sieur de&#13;
Champigny dans son admiration) qui, si elle était restée dans le&#13;
monde et à la Cour, aurait possédé par son mérite et ses rares&#13;
qualités les premières charges de l ’État. C ’est aussi ce qui a souvent surpris et ravi M. de Sarrazin, médecin, comme il me l ’a té-&#13;
&#13;
�— 667 —&#13;
&#13;
Doc. LXII&#13;
&#13;
moigné plusieurs fois. Et c ’est ce qui m ’a excité à prendre la&#13;
résolution, dès les premières années que j ’ai été auprès de Sa&#13;
Grandeur, de ramasser tout ce que je pourrais qui ait appartenu&#13;
à sa sainte personne, et depuis son trépas à tremper des linges&#13;
dans son sang lorsqu’on l ’a ouvert, à enlever quelques os de dessus sa poitrine et à couper ses cheveux et conserver ses habits&#13;
et tout cela pour servir de très précieuses reliques.&#13;
Je crois, Monsieur, que vous et toutes les personnes bien intentionnées approuverez mon procédé en cela, comme effectivement plus de trois mille personnes de toute sorte d ’état et de&#13;
condition l ’ont déjà approuvé en Canada, en demandant avec empressement et s’estimant bien heureuses d ’avoir de petites parcelles du dit linge et de ces précieux restes de mon dit Seigneur,&#13;
qu’ils portent sur eux avec respect et dévotion; des capitaines&#13;
même et officiers de troupe ont fait faire exprès des reliquaires&#13;
d ’argent pour y en enfermer et les porter sur eux, étant mus à&#13;
cela par l ’idée et l ’estime générales que chacun a du grand mérite&#13;
et de la haute sainteté de mon dit Seigneur et par les secours&#13;
extraordinaires et miraculeux que plusieurs ont reçus et reçoivent journellement dans leurs infirmités par l ’invocation de mon&#13;
dit Seigneur en s’appliquant des dites reliques ou les portant&#13;
sur eux.&#13;
Je me flatte même, Monsieur, que vous accepterez de bon&#13;
cœur ce que je vous envoie de ces précieux restes de Sa Grandeur, et que vous les recevrez comme un riche héritage et une&#13;
sainte marque de l ’affection sincère et du profond respect avec&#13;
lequel je suis, Monsieur,&#13;
Votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur,&#13;
fr. Hubert Houssart.&#13;
&#13;
DOC. L X II&#13;
E xc e r pt a e x e p h e me r id ib u s v u l g o d ic t is « L&#13;
ce&#13;
&#13;
» et « L&#13;
&#13;
c a t is ,&#13;
&#13;
e&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
Ga ze t t e de F r an-&#13;
&#13;
M e r c u r e G a l a n t » in U r be P a r is ie n s i p u b l i -&#13;
&#13;
IN QUIBUS MORS SERVI DEI REFERTUR, 1 7 0 8 .&#13;
&#13;
La morte del Servo di Dio, attesa la nobiltà della fam iglia e la sua&#13;
notorietà come vescovo di Québec, non poteva passare inosservata anche&#13;
in Francia. Eiproduciamo in proposito alcuni estratti di due giornali del&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="154504">
                    <text>Copie typographiée et annotée en italien et en français, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 61</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="2320" order="4">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/0c3737de51f9410ebf319426807076d0.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=QlmN6nuB8U6E-3-mkklko80QF1-HWOCKLRurLuaKkHIsya-vQOu%7E%7EkNvecAdbo57xruX9QnlilP2ikFtj3fqhDyuBUrlnp8825PzkH5rl3KQTcJlvm3MH50XIcLhusy3B8THNmVk3Y4G5jdvMGT57BsVAmwfvaQD6-Ls697Hmb8epJ3cxBja1sZ2phXqnUnW0HnNFTM87bjKuDwQ%7ESDHZNwIP-fagBd8us6FNJNTK676xmFtmEcEHuj2PqMlzYri-uKHBc-exvR9VSQ79ItbJIse6qNNYhXT%7Elkxv%7E67oXJnPkgzEhzSrFCNLBr5y97%7Eet5cgBZ-Z0U0yhAw68ZrAw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>a8c5fc453fc68245c763c7818e35b9b9</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="154501">
                    <text>Letter1 of Houssart to Tremblay (Quebec, 1 September, 1708)&#13;
Preface&#13;
On June 3, 1688, after resigning as bishop, François de Laval made his last trip from France&#13;
to Quebec. This would be the last ocean crossing by the Old Monsignor, as he came to be&#13;
known. In fact he would barely leave Quebec, except for confirmation tours or trips to his&#13;
beloved Cap Tourmente.&#13;
He was accompanied by a young man aged twenty-one, Hubert Houssart. We know nothing&#13;
about where he was born or how be came to be acquainted with François de Laval. Had he,&#13;
perhaps, been recommended by the directors of the Foreign Missions Seminary in Paris?&#13;
What is clear is that he never betrayed the trust place in him, and served the Old Monsignor&#13;
faithfully for twenty years as both manservant and nurse.&#13;
The Quebec Seminary was a form of community, and its lay servants, known as "givens",&#13;
who looked after all material aspects, were part of the religious family. They renounced&#13;
their property and led a life of work and prayer in the service of the Seminary, which&#13;
undertook to care for them in sickness and in health. They were addressed as "brothers".&#13;
Hubert Houssart was one of these brothers and served the Quebec Seminary for forty-six&#13;
years. He was put in charge of all the Seminary's linen, and it is clear from the archives&#13;
that he performed this duty with exemplary care. He liked to make himself useful, and&#13;
placed orders in France on behalf of the Hôtel-Dieu hospital, the Ursuline sisters, the&#13;
Superior of the Congregation of Our Lady of Quebec and private citizens. Brother Houssart&#13;
died on December 26, 1734, "at sixty-seven years of age" and was buried in the cathedral,&#13;
more specifically "in the Ange-Gardien chapel, on the Epistle side".&#13;
In September 1708, four months after the death of François de Laval, Brother Houssart&#13;
wrote a long descriptive letter outlining his master's virtues. It was addressed to Henri-Jean&#13;
Tremblay, the esteemed voluntary exile who acted as the Seminary's procurator in Paris,&#13;
and it offers precise testimony from an observer who lived in close proximity to François&#13;
de Laval. He was not offering a defense to counter attacks from adversaries, but confiding&#13;
in moving terms to a friend of François de Laval. Eyes that are directed by the heart see&#13;
even further.&#13;
&#13;
Note : Translated from the French copy published under the title Mgr de Laval vu par son serviteur [Msgr&#13;
de Laval as seen by his manservant], with a preface by Jean-Marie Fortier, in 1961, by Benjamin Waterhouse,&#13;
2018.&#13;
1&#13;
&#13;
�The mortification that François de Laval imposed on his body was proportionate to his love&#13;
of God and his horror of sin. He belonged to a race of great penitents that included Pierre&#13;
d’Alcantara, Innocent XI and, closer to our times, Jean-Marie Vianney. He wanted to live&#13;
the words of St. Paul to the full: "But I chastise my body, and bring it into subjection."&#13;
Some of his penitential practices may offend our modern sense of hygiene—our ancestors&#13;
were less sensitive to such matters. None of these practices, though, prevented this servant&#13;
of God from attaining the respectable age of eighty-five.&#13;
Two copies of the letter exist, both in the hand of Brother Houssart. They are identical,&#13;
save for a few minor differences. The copy is kept in the archives of the Quebec Seminary,&#13;
while the original is in the archives of Saint-Sulpice in Paris. The latter version was used&#13;
for this publication.&#13;
Jean-Marie Fortier&#13;
Vice-postulator for the cause of Msgr de Laval&#13;
Quebec Seminary, September 26, 1960&#13;
&#13;
Letter by Houssart to Tremblay&#13;
My Dear Sir,&#13;
You have doubtless learned of the death of Msgr de Laval, the former and first Bishop of&#13;
Canada, and it is not to inform you of his passing that I am taking the liberty of writing to&#13;
you privately, but to testify how affected I have been by his death and by my separation&#13;
from such a good, holy and charitable master. This is easy to understand, since having had&#13;
the honor of being assigned continuously to the service of His Lordship for the last twenty&#13;
years of his holy life, and since His Lordship displayed for the whole of that time a great&#13;
charity towards me and a great trust in my care, you can be in no doubt that I developed a&#13;
great union, a great dependency and a very special attachment to His Lordship and that, as&#13;
a result, the separation from a person who was so dear to me and so useful has caused me&#13;
untold pain.&#13;
But the consolation that has been mixed with my sadness at seeing a saint die as a saint&#13;
after living as a saint has been a very great relief for my suffering, and also for the suffering&#13;
of the whole of the Seminary and of all the peoples in Canada; and the clear idea that we&#13;
all have of the great glory that our departed saint and father to us all will have in Heaven&#13;
brings with it the hope that through his intercession and closeness to God he will&#13;
compensate us copiously for the loss of his holy presence. Several people have already&#13;
&#13;
�experienced this in the relief they have received for their suffering and infirmity, by&#13;
invoking the assistance of our departed saint, as you will learn through other channels.2&#13;
In my own case, I rely greatly on his power and entrust myself to his succor and assistance,&#13;
not only to be delivered from or notably relieved of my bodily infirmities, as has already&#13;
occurred on several occasions, but also, and this I consider infinitely more significant, to&#13;
be assisted in the inner needs of my soul, whether for the establishment of virtues or the&#13;
destruction of vices and bad habits, as I have also experienced several times.&#13;
All the people at the Seminary must also have a very special trust in the merits and&#13;
intercessions of their first father, since after His Lordship offered himself as a sacrifice, as&#13;
he did six days before his holy death, to bear the suffering of all the sins of the Seminary,&#13;
and after he prayed God to strike down him alone, in order to save all the other people of&#13;
the Seminary, and also begged Him to entirely destroy sin in his holy house and to uphold&#13;
in it until the end of time the most holy love and true worship of God and his most Holy&#13;
Family of Jesus, Mary, Joseph and the Holy Angels, and since His Lordship was granted&#13;
his wish in a redoubling of his pain which was excessive from that day until the day of his&#13;
death, we have every reason to believe that through his suffering he earned us a special&#13;
grace to avoid sin and practice virtue.&#13;
But I cannot, Sir, refrain from telling you that when I am reminded of the emphasis and&#13;
fervor with which His Lordship spoke these words and many others full of fire and love,&#13;
his eyes and hands raised to heaven, with an extraordinary sentiment of humility and&#13;
disdain for himself with a repentance showing true confidence in God despite, as he said,&#13;
his great unworthiness, my heart overflows and I cannot hold back my tears; and I hoped&#13;
then that every person in Canada could hear but one of his words and be inflamed by it;&#13;
because each one of his words was able to penetrate, move and transport even the most&#13;
obdurate heart.&#13;
I cannot doubt, Sir, that you have also heard about the distribution, at the insistence of the&#13;
peoples of Canada, of the linen soaked in and stained by the blood of my Lord, and of his&#13;
hair and clothing.3 Since it was I who soaked this linen in his blood when he was opened&#13;
up and I who cut off his hair, doing so at the time only for my own consolation, and&#13;
convinced as I was that they would form the most precious relics, you will no doubt be&#13;
glad to hear in more detail about a few common and ordinary actions of His Lordship,&#13;
which affected me the most and made me resolve, over fifteen years before his death, to&#13;
act in this way.&#13;
The author is perhaps alluding to an account by Glandelet, at the time Vicar General of Quebec, of&#13;
extraordinary favours attributed to the intercession of God's Servant. This account has unfortunately been&#13;
lost.&#13;
3&#13;
Fragments of linen dipped in Msgr de Laval's blood are still kept at the Archbishop's Palace in Quebec.&#13;
2&#13;
&#13;
�It is a pity that the Bishop did not have in his service and as a witness for his ordinary&#13;
actions someone more enlightened and more intelligent as regards to God's ways than I;&#13;
such a person would have been able to give you greater satisfaction in the details provided&#13;
than I am able to do.&#13;
What always struck me and incited my admiration was to see a man of such great merit, of&#13;
such quality, of such great veneration and of such use to this country as the Bishop, broken&#13;
and shattered by old age, tiredness and ill health, up to the age of eighty-five, still as eager&#13;
as His Lordship was to seek mortification in everything and to deny his senses in general&#13;
even the smallest gratification and relief that they could legitimately expect, for example&#13;
by:&#13;
&#13;
(1) Sleeping on an extremely thin mattress placed on planks, under woolen blankets, with&#13;
no sheets, unless he had been sick, making up his humble bed himself until the end of his&#13;
life, rarely allowing me to touch it. When, during one of His Lordship’s most serious&#13;
illnesses, Madame de Champigny (who had the privilege in light of her virtue and merit4&#13;
of entering his room at any time) made him agree to sleep on something a little softer, His&#13;
Lordship allowed me to slip a straw-filled pallet beneath his mattress; but he had no sooner&#13;
recovered than, although he did not remove the pallet, once I had left his room each evening&#13;
after His Lordship had gone to bed, he got up quietly, in case I heard him, and removed the&#13;
mattress from his bed and lay down again on the pallet, and in the morning replaced the&#13;
mattress and made his bed up so that nothing showed. And he continued in this manner for&#13;
almost two years without missing a single night, however late the hour and however tired&#13;
he was. This is what I heard every day and what I saw every time I pretended to have&#13;
something I needed in his room simply to have the pleasure of seeing his action, until his&#13;
pallet was reduced to dust and flea-ridden and I prevailed upon His Lordship to remove it,&#13;
and since that time and until his death he slept on a mattress placed on planks. During His&#13;
Lordship’s last voyage from France to Canada, on which I had the honor of accompanying&#13;
him and serving him, I was astonished to see that in the poor inns where there were only&#13;
poor beds, His Lordship undressed and lay down in them, but in the places where there&#13;
were good beds, His Lordship simply lay down on top of them without undressing; which&#13;
he did even in the Seminary at Tours, in the furnished room kept there for the Archbishop,&#13;
in which His Lordship was lodged.&#13;
(2) Never going to bed without saying and acquitting himself of all his offices, prayers,&#13;
readings, rosaries, etc., however late the hour and whatever business had retained His&#13;
Lordship, and although he went to bed late, never failing to rise, for over fifteen years, at&#13;
4&#13;
&#13;
Madame de Champigny was a cousin of Msgr de Laval.&#13;
&#13;
�two o’clock in the morning (I speak not only of the time I served His Lordship, since over&#13;
thirty years before, he rose at the same hour) and the five last years of his life around three&#13;
o’clock. And rising during those fifteen years on his own, with no fire, having no stove in&#13;
his room, where there was a deep frost every night during winter; dressing alone, binding&#13;
his legs, etc.; going at four o'clock to the church, carrying his lantern, opening the doors,&#13;
ringing the bell for his mass, which was the first, at half-past four o'clock for the workers,&#13;
and staying in the church or in the sacristy, which was at the time extremely cold and&#13;
uncomfortable,5 without seeing or being able to warm himself during that time, during the&#13;
coldest days, at any fire other than the small stove he used during Holy Mass.&#13;
(3) Since he slept little at night, he was forced to recite all his offices, rosaries, etc., while&#13;
walking up and down to avoid falling asleep; and doing this, during the hottest days of the&#13;
summer, in the sunlight in his little garden, so that he was covered in perspiration and so&#13;
that when, in the evening, I bandaged the cautery on his arm, I found his shirt and his&#13;
cassock soaked through with sweat. I often told His Lordship that he needed to change his&#13;
shirt and of the danger of catching some illness in the cold of the evening; but this was&#13;
something I could never get him to consent to do although he had several shirts in his room,&#13;
and he lay down in his soaked and cold shirt. Although this is a mortification that does not&#13;
kill or injure, it still seemed to me extremely hard to bear, since what man, however poor,&#13;
does not feel the need for many different reasons to change his shirt, thereby finding&#13;
comfort in the evening with no fire, especially someone who like the Bishop could have&#13;
changed his shirt so easily?&#13;
(4) Since His Lordship was of an extremely sensitive disposition, one could have surmised,&#13;
on hearing him complain about his infirmity and his pain, that he was displeased and&#13;
unwilling to suffer; but on the contrary, if he complained, it was to hide the love and fervor&#13;
with which His Lordship suffered. Such a conclusion comes naturally, since how can one&#13;
believe that His Lordship was displeased and unwilling to suffer the pain that was inflicted&#13;
on him directly by the order and disposition of Divine Providence, to which he submitted&#13;
so easily that it would take an entire book to describe all the aspects of his submission,&#13;
since he sought every day every possible (hidden) means he could imagine to cause himself&#13;
pain and suffering, for example by wearing a cilice almost every day and be removing it&#13;
secretly every evening, for fear that I should see it when I bandaged the cautery on his arm,&#13;
and, in his last years when he could barely move, by wearing it day and night and taking&#13;
great care to prevent me from seeing it when I bandaged his cautery (however impossible&#13;
that was), and when it was torn, he mended it and always had needles and thread for that&#13;
purpose, and when it was infested with vermin, he washed it himself in hot water, all of&#13;
this secretly; never sitting in the armchair he had in his room, unless he was extremely&#13;
weak or sick, and using only chairs that were very uncomfortable for a person of his age,&#13;
5&#13;
&#13;
The Quebec copy adds: "until seven o'clock".&#13;
&#13;
�from which he often fell and injured himself; saying Holy Mass assiduously&#13;
notwithstanding the large and extremely sensitive sores and wounds he had on his legs and&#13;
feet and despite the fact that our Gentlemen, and even the Gentleman Doctor, represented&#13;
to him the wrong he was doing his health by taking the trouble and suffering as he did to&#13;
say Holy Mass; attending in this state all the offices in the cathedral, however cold it was&#13;
in the building, and having himself carried there when he could no longer walk. It is while&#13;
exercising and practicing this fervor, this devotion and this hate of himself that, during the&#13;
office on Good Friday, and during the harshest cold one can experience in Canada, he&#13;
caught the chilblain on his heel that led to his death. It is true that I had, as it were, foreseen&#13;
this evil and had begged His Lordship, as early as Palm Sunday, not to attend the office of&#13;
the day, because his foot was extremely swollen and there was a risk that the cold would&#13;
increase the harm; but His Lordship, in keeping with his devotion and zeal, paid no regard&#13;
to my entreaty and attended the whole office of the day which is extremely long; on the&#13;
Wednesday evening, His Lordship had been to the Tenebrae office, and complained about&#13;
his foot; at which I said I would tell the Superior to ask His Lordship to go no more to the&#13;
church that week and that clearly something extraordinary would happen to his foot. He&#13;
told me it was not worth talking about, and from that point on he complained no more, for&#13;
fear that he would be prevented from attending the remaining Holy Week offices,&#13;
preferring to suffer rather than fail in his devotions and in the ardor of his zeal to be present&#13;
before the Most Holy Sacrament, which was extraordinary in those days. It would have&#13;
saved time, my dear Sir, to tell you in short that, when it was a question of service to God&#13;
and charity to others, no pain or infirmity could cause His Lordship to miss a single one of&#13;
his duties. But for merely human civilities or pointless visits, His Lordship always used his&#13;
infirmity as an excuse to avoid them and even sometimes made himself out to be more&#13;
affected that he really was.&#13;
But what demonstrates best His Lordship’s patience during the most trying times was the&#13;
fact that when, in light of his pain and his complaints, we tried to spare him, he wanted us&#13;
to do what was necessary to treat his wounds with no regard for his complaints and pain.&#13;
When the wound that caused his death was bandaged, his pain was so great that his whole&#13;
body shuddered; he complained in a way that brought tears to the eyes of those present.&#13;
The good brother Boussat who was there one day said to His Lordship to express his&#13;
compassion: "Well, My Lord, what do you want us to do? What shall we put on your&#13;
wound?" His Lordship replied in a voice full of and transformed by the love of God, his&#13;
hands joined: "My brother, I want only God; do as you please and as you consider right in&#13;
the circumstances."&#13;
But, you will say, since His Lordship was so patient, how did he complain? What words&#13;
did he use to let you know that his complaint expressed patient suffering? Here, my dear&#13;
Sir, are his usual words and expressions: "O God, how I am suffering; have pity on me, my&#13;
&#13;
�God, O God of love, O God of goodness, O God of pity; have pity on me, my God; may&#13;
Your holy will be done, O my God." This is the ordinary complaint that His Lordship&#13;
repeated an infinity of times, his hands joined and his eyes raised to Heaven, with the most&#13;
marvelous devotion, not only during the violent pain caused by his last wound, but also&#13;
during all the great pain that I saw him suffer on a daily basis during the twenty years in&#13;
which I had the honor of serving His Lordship. And his complaints were more like&#13;
expressions of his love of God and his submission to His holy will than true complaints.&#13;
(5) Mortification in terms of food and drink was not the least of his virtues; on the contrary&#13;
I believe that it was one of the greatest, although many people saw him as an extremely&#13;
difficult man in this respect. It is true that one has to have known and served him for as&#13;
long as I did to be truly able to identify and separate the true from the merely apparent,&#13;
since in fact His Lordship appeared to be deeply affected by some kinds of food and&#13;
despised others in a way that made him seem to be following his own tastes; but it is certain&#13;
that this was not the case. On the contrary, he sought mortification in everything. And for&#13;
this I have as many witnesses as there are people who have prepared food for him, who&#13;
will all agree that they did not know how to season meat for His Lordship, because His&#13;
Lordship wanted no seasoning. Each of them wanted to prepare good, tasty stew for him,&#13;
but His Lordship wanted his meat to have no taste, and to hide his mortification, he&#13;
complained about the best and most carefully prepared meat, by saying that it was&#13;
worthless. This mortified the cooks to the highest degree and caused them to say that His&#13;
Lordship was difficult. If His Lordship had, like many saints, put his mortification on&#13;
display and declared that the well-prepared meat was good, but that he preferred to deprive&#13;
himself of it and eat only lesser, poorly-prepared meat in order to mortify himself, all would&#13;
have applauded His Lordship. This would have calmed his critics and caused everyone to&#13;
have the greatest esteem for his virtue and mortification; but this is what His Lordship&#13;
avoided like the plague and, by showing his disdain for fine meat, mortified himself&#13;
without making it obvious to others, while asking to be served only the lesser or poorer&#13;
meat, which, through his admirable humility, attracted the criticism of some people and&#13;
gave him the reputation of being difficult. One person often reported to His Lordship that&#13;
he was considered to be extremely hard to please, and His Lordship replied only by saying&#13;
in the gentlest and quietest voice that they should be left to say what they liked.&#13;
But, as you will surely ask, my dear Sir, what kinds of meat were served to His Lordship?&#13;
All the cooks and caterers who have worked at the Seminary will agree with me that he&#13;
wanted only stinking, decayed beef and that as long as it was in that state, he was happy.&#13;
If veal or poultry was added, they had to be similarly stinking and decayed, more likely to&#13;
cause disgust than pleasure to the palate. I saw him more than a hundred times keep cooked&#13;
meat in his room (since, as you know, His Lordship always ate in his room during the last&#13;
twenty years of his life), I saw him, as I say, keep cooked meat for five, six, seven or eight&#13;
&#13;
�days in the heat of summer, and once it was completely full of worms, he washed it in hot&#13;
water or in the broth from his soup and then ate it and told me how good it was. I ask&#13;
anybody to tell me: who, even the poorest of men, would not prefer to avoid meat like this&#13;
rather than eat it?&#13;
I saw His Lordship, after sending me to the kitchen three or four times to fetch meat other&#13;
than what I had brought him, I saw him, as I say, kneel down before the meat and eat in&#13;
that position the worst part of it; and I must admit that His Lordship did not send me like&#13;
this to fetch meat because he wanted better meat, but because he wanted to mortify me,&#13;
counter my own desires and overcome my unwillingness to obey him when he sent me&#13;
down several times, in addition to the fact that by this means he had more meat to give to&#13;
the poor, since every day he gave away a large part of his portion.&#13;
Perhaps some will object that I am overly anxious to emphasize the Bishop's virtue and&#13;
that if His Lordship asked for decaying meat, it was because he had no teeth to chew with.&#13;
I admit that this was His Lordship’s ordinary excuse to say that the meat he rejected was&#13;
not suitable for this teeth; but this was really only an excuse, since every His Lordship ate&#13;
bread crusts that were a lot harder that the meat he rejected and that when he ate outside&#13;
the Seminary, where to be agreeable he let Nature take its course, he ate the hardest, most&#13;
recently slaughtered meat as easily as people with sound teeth. So it is easy to conclude&#13;
that His Lordship asked for and only wanted the most spoiled and corrupted meat to satisfy&#13;
a genuine and extraordinary spirit of mortification and penitence.&#13;
Nor did His Lordship want his soup to be too tasty, since time and time again I saw him&#13;
add a cupful of hot water to remove all taste.&#13;
Ordinarily to drink he had only hot water with a little wine added, and everyone knows that&#13;
His Lordship never took spirits, or fine wines, or any sugary confection however&#13;
composed, either to drink or to eat, except that in his last years I was able to persuade His&#13;
Lordship, after the broth that was his only supper, to eat a piece of biscuit as big as a thumb&#13;
in a little wine to help him sleep.&#13;
In a word, I can say without exaggerating that His Lordship’s whole life was one continual&#13;
fast, since he never breakfasted and in the evening ate only a small snack. And he did&#13;
everything possible, notwithstanding his great age and his continuing infirmity, to observe&#13;
all the days of abstinence and fasting, both those that are ordained by the Holy Church and&#13;
those that are observed as devotions at the Seminary, and that if His Lordship sometimes&#13;
gave way to the orders of his physicians and the entreaties of the Superiors of the Seminary,&#13;
when they considered that he ought to eat flesh against the ordinance, it was for His&#13;
Lordship a great mortification not to mortify himself and it was only through an&#13;
&#13;
�extraordinary sense of love for his dear Seminary and for the whole of Canada, that he let&#13;
Nature take its course to avoid dying too soon and to give himself the consolation of seeing&#13;
God's reign spread every day further and further over this new world, and in particular to&#13;
do everything in his power to ensure that nothing contrary to Christian charity and good&#13;
morals was allowed to intrude.&#13;
(6) Another point of mortification and humility that was extraordinary to see in a person of&#13;
His Lordship’s rank, dignity, age and infirmity, was that His Lordship never allowed me,&#13;
in the twenty years during which I had the honor of serving him, to do anything for him&#13;
that he could do for himself, meaning that I had to remain with my arms crossed or go&#13;
about other work while His Lordship made up his fire, swept the room, cleared the table,&#13;
cleaned his tableware, dressed, undressed, made his bed, etc. And it was a perpetual&#13;
mortification for any zealous person in his service to have almost nothing to do.&#13;
(7) With respect to his patience, it is not for me to mention or speak of the reasons which&#13;
forced His Lordship to be patient to the highest degree, which went beyond purely temporal&#13;
concerns, because things that were purely temporal, such as losses of property, fires, pain,&#13;
etc., became a source of triumph for His Lordship rather than subjects of grief, and His&#13;
Lordship, following all the losses of property and the two general fires at the Seminary,&#13;
never for a moment lost his peace, his joy, or his tranquility, because accidents such as this&#13;
were unable to shake his patience or his virtue, which remained well above such matters.&#13;
Only the interests of God, virtue or religion were able to move him.&#13;
Nevertheless, I feel obliged, my dear Sir, through gratitude for the charity that His Lordship&#13;
extended to me, to tell you that it was not easy for His Lordship to keep me for so long in&#13;
his service, because of my lack of docility, my stubbornness and the contradictory&#13;
arguments I offered His Lordship when he asked me to do something that displeased me.&#13;
Any other than he would have lost patience with me and chased me away countless times.&#13;
And it is thanks to His Lordship’s patience that I not only stayed, but was placed in a station&#13;
well above my merit in his holy house which, as he conveyed to me on the point of death&#13;
would, if I persevered faithfully, become my predestined place. But if I added and if I&#13;
recounted all the times that His Lordship, despite my coarseness, my ignorance and all my&#13;
bad qualities, consulted me, asked for my opinion, begged me, though I was only his&#13;
manservant, deferred to me and spoke on familiar terms with me, this is what would&#13;
astonish the people who were exposed to the great merit, the great erudition and the depth&#13;
of knowledge of His Lordship; it is also what I cannot explain, and even if I could, it would&#13;
be with difficulty, because when I remember the tender ways, so charitable, so humble and&#13;
so deferent in which he behaved towards me, my heart is so bereft that I would explain&#13;
myself in tears rather than words.&#13;
&#13;
�(8) The full extent of his charity and alms constitute a subject that the people with the best&#13;
knowledge of His Lordship would find difficult to represent. I have as many witnesses to&#13;
this truth as there are, and have been, people in Canada: this is why I do not feel the need&#13;
to expand on this topic which, since it was known to all, cannot have been unknown to you.&#13;
I even believe you would have more to say on this point than I, if you decided to tell&#13;
everything you know. Nevertheless, Sir, since I am writing this letter to tell you of&#13;
everything that I found edifying in His Lordship’s life, I cannot refrain from recounting&#13;
some of the details that I found most striking.&#13;
The first is that His Lordship, notwithstanding the debts, losses, fires and other great&#13;
misfortunes of the Seminary where he played such a great role, never failed to give to the&#13;
poor each year the sum of fifteen hundred or two thousand French pounds.&#13;
The second point is that His Lordship always refused to give me even five pennies when I&#13;
needed them to buy something that he needed and preferred to deprive himself rather than&#13;
make this small outlay. But when the goal was to buy fabric and blankets to give to the&#13;
poor, giving one hundred, two hundred or three hundred écus troubled him no more than&#13;
giving a pin, and I should even add that His Lordship was overcome by joy and contentment&#13;
when he was able to spend money on the poor.&#13;
The third is that after our second fire, when the Seminary found itself in such poor a state&#13;
that it had not even the one hundred écus needed to roughly cover the walls and vaults of&#13;
the Seminary building, His Lordship, who had the money and almost no more fabric to&#13;
give to the poor, fearing that the Gentlemen of the Seminary would ask him for the money&#13;
to provide coverings, sent me in secret to purchase one hundred deerskins at three French&#13;
pounds and five pennies each, to give to the poor in place of fabric, and gave me to pay for&#13;
them three hundred and twenty-five French pounds with more joy than a poor man would&#13;
express on receiving them as alms.&#13;
The fourth is that His Lordship, not content with offering relief for the bodily needs of the&#13;
poor, wanted his alms to assuage the needs of their souls and help them serve God and&#13;
avoid sin; for he had purposely purchased eighty blankets at twenty-four French pounds&#13;
each to give to poor families with children, to oblige them to have the boys sleep apart&#13;
from the girls and to prevent the fathers and mothers from having their children sleep with&#13;
them, which they were forced to do because of the lack of blankets; and by doing so His&#13;
Lordship removed from these children any opportunity to know and then to commit the&#13;
most dangerous sin in Canada and nothing in the world would have made him give the&#13;
blankets to meet any other need or any other subject.&#13;
&#13;
�The fifth is that His Lordship, last autumn, finding himself without the means to give alms,&#13;
did everything in his power to obtain money from the Seminary; but the Seminary itself&#13;
being in dire straits, not being able to meet one-half of its most pressing needs and unable&#13;
to give His Lordship anything to distribute as alms (because he always distributed alms&#13;
with his own hands), he said to me in the saddest and most touching way that he could not&#13;
live for long if he had nothing to give to the poor, and in fact, His Lordship lived for only&#13;
six months after that, and was so destitute of the things of this world that, at his death, he&#13;
did not even have the value of one penny to give to the poor.&#13;
(9) He was reduced to the most extreme and the most perfect poverty that could be wished&#13;
for.&#13;
A few months before his death, I noticed a small knife worth five or six pennies at the&#13;
bottom of his casket; I asked His Lordship for it and he gave it to me, but in a manner and&#13;
tone of voice that drew tears from me eyes: "My child," he said, "since I still have this&#13;
knife, I give it to you willingly, so that I may no longer possess anything on this Earth and&#13;
may be entirely unencumbered by the things of this world." In truth, Sir, I cannot really&#13;
understand how His Lordship, by giving me this small knife, could say that he would no&#13;
longer possess anything on this Earth, because although I often saw him with large sums&#13;
of money, he was more the depositary than the possessor, because I never saw him spend&#13;
a single penny for the relief, sustenance or needs of his own person; he used it all for alms&#13;
and pious works and when he needed something such as clothes, linen, etc., he requested&#13;
it from the Seminary like the most lowly cleric; and that cannot be called possessing&#13;
something. His Lordship had very few clothes and I found it hard to prevent him from&#13;
wearing clothes that were old, dirty and patched. In twenty years, he had only the two&#13;
winter cassocks that he left at his death, one still wearable, the other worn and patched. In&#13;
the whole of these twenty years he had only one pair of leather breeches, that he also left&#13;
smooth and patched. In a word, there was no-one at the Seminary who had fewer clothes&#13;
or who held on to them for longer than His Lordship. He held in special esteem anyone he&#13;
saw practicing poverty at the Seminary, especially poverty of victuals and clothing, and&#13;
barely tolerated anyone he saw seeking too much adjustment, or affecting cleanliness or&#13;
delicacy in their clothing, as he said to me several times. One year, having asking for some&#13;
camlet to be sent from France to make up a summer suit of clothes, he was sent some that&#13;
was very fine and costly. But His Lordship refused to use it; he gave it to the church to&#13;
make a violet raiment, and ordered some more at thirty pennies per ell. This was the fabric&#13;
that His Lordship had always worn in France and in Canada for his summer suits of clothes.&#13;
(10) I must refrain, Sir, from trying to describe the serious contemplation and continuous&#13;
union that Monsignor had with God. These things are beyond my understanding and I can&#13;
but admire the sublime and elevated paths along which God guided His Lordship and say&#13;
&#13;
�only a few words about the things that remain within my grasp. Besides what I have already&#13;
told you about His Lordship’s zeal and fervor in saying Holy Mass and attending services&#13;
in the cathedral, notwithstanding his wounds and his infirmity, and his scrupulousness in&#13;
completing all his prayers and exercises of devotion in the evening before retiring to bed,&#13;
however late the hour and whatever difficulties and business he may have had, it was&#13;
admirable to see His Lordship’s regular attendance at the burials of all the people who died&#13;
in Quebec, and the care he took to offer the Holy Sacrifice of the Mass for the repose of&#13;
their souls as soon as he learned of their demise; his devotion to receiving and preserving&#13;
consecrated palms, to kissing his crucifix, the face of the Holy Virgin that he always wore&#13;
on his person and placed at night beside his bed, to kissing the chain of submission (cilice)&#13;
and the scapular he wore; his respect and veneration for the relics of the saints; the pleasure&#13;
he took in reading, every day, the lives of the saints and discussing their heroic actions;&#13;
and his holy and continual use of consecrated water, drinking some at odd times during the&#13;
day and every time he woke at night, often coming from his garden to his room simply to&#13;
drink some, and carrying some on his person in a silver flask that he had made for his&#13;
journeys to the countryside, and His Lordship was so insistent that other people drink some&#13;
that he went into the church every day to see if there was any in the stoups, and to fill them&#13;
when needed, and during the winter, fearing that they would freeze so deeply that people&#13;
entering and exiting the church would not be able to use them, he placed them himself close&#13;
to our stove every evening and took them back at four o'clock when he went to open the&#13;
doors; the aversion he had for any little thing that could tarnish, even a little, the luster and&#13;
purity of his soul, made him confess every day before saying Holy Mass; last his&#13;
punctiliousness in performing his preparation for death every day and being willing and&#13;
disposed at any hour and at any time to make this perilous leap, which he spoke about&#13;
joyfully every time anyone spoke to him about the time he still had to live.&#13;
These, Sir, are but some of the small and ordinary actions and signs of fervor, devotion and&#13;
penitence that I saw the Bishop practice daily for the twenty years, from the time of his&#13;
resignation as Bishop to his death, that God gave me the grace to serve His Lordship, and&#13;
which instilled in me the esteem, respect and veneration I had for his holy person and will&#13;
have until the day of my death.&#13;
This is what often delighted and filled me with admiration, and what I saw delight and&#13;
transport Monsieur de Champigny during his time as Intendant of Canada and who saw&#13;
His Lordship in his illnesses take to his bed and treat himself as a person of the lowest&#13;
possible condition, he who (as Monsieur de Champigny said in his admiration), had he&#13;
remained in society and at Court, would have earned through his merit and his rare qualities&#13;
the highest offices of the State. This is also what often surprised and delighted Monsieur&#13;
de Sarrazin, the physician, as he mentioned to me several times.&#13;
&#13;
�And that was what resolved me, even during my first years with His Lordship, to gather&#13;
everything I could that had belonged to his saintly person, and after his death to dip pieces&#13;
of linen in his blood when he was opened up, and to remove a few bones from his chest&#13;
and to cut his hair and to keep his clothing, all to be used as highly precious relics.&#13;
I believe, Sir, that you and all well-intentioned people will approve of my actions, as in&#13;
fact over three thousand people of all ranks and conditions have already approved of them&#13;
in Canada, by asking eagerly and considering themselves lucky to have small pieces of the&#13;
linen and of the precious remains of my Lord, that they wear on their person with respect&#13;
and devotion; even captains and army officers have had silver reliquaries made especially&#13;
to house them and wear them on their bodies, moved to do so by the idea and general&#13;
esteem that everyone has of the great merit and saintliness of my Lord and by the&#13;
extraordinary and miraculous succor that several have received and receive on a daily basis&#13;
in their infirmity through the invocation of my Lord and by applying the relics or wearing&#13;
them on their body.&#13;
I even flatter myself, Sir, that you will accept willingly what I have sent you from the&#13;
precious relics of His Lordship, and that you will receive them as a precious bequest and a&#13;
holy mark of the sincere and profound affection with which I remain, Sir,&#13;
Your most humble, obedient and grateful servant,&#13;
Brother Hubert Houssart.&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="154503">
                    <text>Traduction typographiée et annotée en anglais par Benjamin Waterhouse, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="4034" order="5">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/27df7367ac39f116a247c4ce5821b21c.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=S8whvQP4bJ-nqw-%7EwhgqWeol5HY0FFItQywW8hiHuOpUzguL-I8yTMcDzen0NAdXBX9-34RlcUjCUvhjYmdtcXYVJLfcaU12dcFF0HotE1m7ogd1m%7E3ElImPMb8KSDYfw7Ks67Jk8pltCLCDB4qhgcCqbhUSsl6ZidGdIk9rNeg4WjCUY%7EldNH3YqarVllSJJqmOQrn-RtlDje46jDYzPXkxg0zoY1QmwrXvTr-kTsIwLvbPC75sWwz3oGN9rKNydqwj4aiIq9ZxwJDM7Z9a7kXJy-v27WrUg9Z%7EVAFuL5ntZ9501PHMJGYCwR4p9hNih1GICCAjyBFBCuNT%7Eeu4sw__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>ec86762e28590c7d5833ce416d3073ec</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="170981">
                    <text>LLI&#13;
&#13;
a:&#13;
0&#13;
t:::c&#13;
.&#13;
&#13;
(1)&#13;
&#13;
C&#13;
&#13;
LLI&#13;
&#13;
:.&#13;
t,&#13;
&#13;
Mg, de Laval, vu pa, son se,viteu,&#13;
En septembre 1708, 4 mois après le décès de François de Laval, Hubert Houssard écrit un lonq mémoire relatant&#13;
quelques traits des vertus de l'évêque émérite. Il s'adresse à M. Tremblay, procureur du Séminaire de Québec à Paris.&#13;
(Extrait de Mgr de Laval vu par son serviteur, 1961, Séminaire de Québec, 35 p.)&#13;
&#13;
Vous avez déjà sans doute appris la mort de Mgr de Laval, ancien et premier évêque de Canada, et ce n'est pas pour&#13;
vous en informer que je prends la liberté de vous écrire celle-ci en particulier, mais pour vous témoigner combien cette&#13;
mort et la séparation d'un si bon, si saint et si charitable maître m'a été sensible. Cela est aisé à concevoir, puisque&#13;
ayant eu l'honneur d'avoir été continuellement attaché au service de Sa Grandeur pendant les vingt dernières années&#13;
de sa sainte vie, et que Sa Grandeur ayant eu pendant tout ce temps-là une grande charité pour moi et une très grande&#13;
confiance en mes soins, vous ne pouvez douter que je n'aie une attache toute particulière à Sa Grandeur et que par&#13;
conséquent la séparation d'une personne qui m'était si chère et si utile ne m'ait causé une peine inconcevable.&#13;
Mais la consolation qui s'est mêlée parmi la tristesse en voyant un saint mourir en&#13;
saint après avoir vécu en saint, a été un très grand soulagement à ma peine, aussi&#13;
bien qu'à celle de tout le Séminaire et de tous les peuples du Canada; et la haute&#13;
idée que nous avons tous de la grande gloire que possède dans le ciel notre saint&#13;
défunt et notre commun père, nous fait espérer que par son intercession et son&#13;
crédit auprès de Dieu, il nous dédommagera copieusement de la perte que nous&#13;
avons faite de sa sainte présence.&#13;
&#13;
.;;,a-c: :.&#13;
~&#13;
&#13;
Plusieurs l'ont déjà éprouvé dans le soulagement qu'ils ont reçu dans leurs&#13;
peines et infirmités, par l'invocation et le recours qu'ils ont eus à notre dit saint&#13;
défunt, comme vous l'apprendrez par une autre voie1•&#13;
Pour mon particulier, je compte beaucoup sur son pouvoir et me confie en son&#13;
secours et assistance, non seulement pour être délivré ou notablement soulagé&#13;
dans mes infirmités corporelles, comme il m'est déjà arrivé plusieurs fois, mais,&#13;
ce que j'estime infiniment plus, pour être assisté dans les besoins intérieurs de&#13;
mon âme, tant pour être aidé à y établir les vertus qu'à en détruire les vices et&#13;
mauvaises habitudes, comme je l'ai aussi déjà expérimenté plusieurs fois.&#13;
&#13;
1&#13;
&#13;
Mgr de Laval confère le sacrement de&#13;
la confirmation à la mission de Prairie&#13;
Toutes les personnes du Séminaire doivent avoir aussi une confiance très partide la Madeleine. Dessin de Claude&#13;
culière aux mérites et intercessions de leur premier père, car Sa Grandeur&#13;
Chauchetière, sj, 1686.&#13;
s'étant offerte en sacrifice, comme elle fit six jours avant son saint trépas, pour&#13;
porter la peine de tous les péchés du Séminaire, et ayant prié Dieu de l'exterminer elle seule, afin d'épargner toutes&#13;
les autres personnes dudit Séminaire, l'ayant prié aussi de détruire entièrement le péché de sa sainte maison et d'y&#13;
maintenir jusqu'à la fin des siècles le très saint amour et le véritable culte de Dieu et de la très sainte Famille de&#13;
Jésus, Marie, Joseph et des saints Anges, et Sa Grandeur ayant été exaucé par le redoublement de ses douleurs&#13;
qui furent excessives depuis ce jour-là jusqu'à sa mort, nous avons tous lieu de croire qu'il nous a acquis par ses&#13;
souffrances des grâces particulières pour éviter le péché et pratiquer la vertu.&#13;
Mais je ne puis, Monsieur, me dispenser de vous dire que, quand il me revient en la mémoire l'accent et la ferveur&#13;
avec laquelle Sa Grandeur prononçait ces paroles et beaucoup d'autres pleines de feu et d'amour, les yeux et les&#13;
mains élevés vers le ciel, avec des sentiments extraordinaires d'humilité et de mépris de soi-même et des retours&#13;
d'une véritable confiance en Dieu, nonobstant, disait-elle, sa très grande indignité, j'en ai le cœur si pénétré que je ne&#13;
puis retenir mes larmes; je souhaitais pour lors que toutes les personnes du Canada puissent entendre chacune une&#13;
seule de ses paroles pour en être toutes embrasées; car elles étaient toutes capables de pénétrer, attendrir et enlever&#13;
les cœurs même les plus endurcis.&#13;
Hubert Houssard&#13;
Le 3 juin 1688, François de Laval, évêque démissionnaire, arrivait une dernière fois de France à Québec. Mgr l'Ancien, (c'est ainsi qu'on le désignera désormais) ne repassera plus les mers. Il réalise ainsi son souhait le plus profond.&#13;
Hubert Houssard, un jeune homme de 21 ans, accompagne l'évêque émérite pendant 20 ans. Il sera de Mgr de Laval&#13;
le serviteur fidèle, à la fois valet de chambre et infirmier. On appelait ces laïcs qui renonçaient à leurs biens et qui&#13;
menaient une vie de travail et de prière au service du Séminaire les «donnés». L'institution les prenait à sa charge&#13;
en santé et en maladie. On les saluait du titre de «frères». li servira le Séminaire de Québec pendant 46 ans. (Extraits&#13;
de la préface de Mgr Jean-Marie Fortier, Mqr de Laval vu par son serviteur, Séminaire de Québec, 1961, 35 p.)&#13;
1 Le F. Houssard fait peut-être allusion à une relation que M. Glandelet, pour lors vicaire général de Québec, avait faite de quelques faveurs extraordinaires attribuées à l'intercession du Serviteur de Dieu. Cette relation est malheureusement perdue.&#13;
&#13;
Bulletin du Cent'le d'animation Fwnç,ois-De Laval• Mai 2015&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="170984">
                    <text>Extrait en français classique publié dans le &lt;em&gt;Bulletin du Centre d'animation François-De Laval&lt;/em&gt;, no 30, p. 5</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="4035" order="6">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/c814dfb2b48a8e6dab97a40edb36f467.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=up7JSkSeis6cBQxoI6JC0YOZckCAlhr1IWpbCbUoJ8xnRiH%7E03UPLMuIe3u12JlfWcQx%7EyFCMsKbrErblRfk1Ib7O%7E3XjkiurbmAfxVvXgw4VOmDY-6TDukIwynQQhvt4YYKvcMCd1TdNhP4oHd9Z3P97h6-I6Z-r-0U4CWgQpJmEAUg8QiFw3TKMn11bu5iYRKWlgNoJFEOQD6tRnhf0nGYpSR45NZPLMItPrx52g-0ZzrvVdm5Ew0ugEFX6ZLEMofbKMQomflR6afhqbR2-HkushA-XmZ8zB5uFIGQZI4e-aaWo5MxVrV0csacIz7WrhOAzp55fQ8W0VZ0O5OmQg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>ef1d12f3f3d89de2cce9ae482cf11294</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="170982">
                    <text>Ms9'1 de Laval, in the eyes of his manse'1vant&#13;
In September 1708, four months after the death of Fran~ois de Laval, Hubert Houssard wrote a lengthy dissertation&#13;
relating some aspects of the Bishop Emeritus's virtues. It was sent to Mr. Tremblay, attorney for the Seminaire de&#13;
Quebec in Paris. (An extract from Msgr de Laval vu par son serviteur [Msgr de Laval, in the eyes of his servant], 1961,&#13;
Seminaire de Quebec, 35 p.)&#13;
&#13;
You have undoubtedly learned of the death of Bishop Emeritus Msgr de Laval, the first Bishop of Canada. I take the&#13;
liberty of writing you, not to inform you of his passing, but to attest to you how deeply his death - the loss of such a&#13;
good, saintly, and charitable leader - has touched me. This would not be difficult to conceive since you can be assured&#13;
that I forged a very special bond with His Excellency, having been bestowed the honor of constantly attending upon His&#13;
Excellency for the last twenty years of his saintly life, and His Excellency having shown me much charity, while demonstrating great confidence in my care for him. The loss of a person who was so dear and so favorable to me has therefore&#13;
caused me inconceivable pain.&#13;
The consolation commingled with my sadness at witnessing a saint die as a saint,&#13;
following a life lived as a saint, has been a tremendous balm to my pain, as well as&#13;
that of the entire Seminaire and all the peoples of Canada; and the lofty idea that&#13;
we shall all partake of the great heavenly glory possessed by our deceased saint&#13;
and the father we all share leads us to hope that through his intercession and favor&#13;
with God, we will be rewarded abundantly for our loss of his saintly presence.&#13;
Many have already experienced this in the form of relief of their pain and infirmity, through invocation and their recourse to the one we consider our deceased&#13;
saint, as will otherwise be conveyed to you.1&#13;
I personally rely greatly on his power and entrust myself to his succor and assistance, not only for deliverance or, in particular, relief of my bodily infirmity, as&#13;
I have experienced many times before, but - what I consider to be infinitely more&#13;
worthy - for assistance in fulfilling my soul's inner needs, both in establishing its&#13;
virtues and destroying vices and bad habits, as I have previously experienced on&#13;
numerous occasions.&#13;
&#13;
Msgr de Laval administers the sacrament of confirmation to the Prairie&#13;
de la Madeleine mission. A drawing&#13;
by Claude Chauchetiere, s.j ., 1686.&#13;
&#13;
Every person in the Seminaire must also be endowed with a very special confidence in the merits and intercessions of their first Father, since we all have reason&#13;
to believe we were given to him through his sufferance of particular graces in&#13;
order to avoid sin and be virtuous, with His Excellency being offered up in sacrifice, as was the case six days prior to&#13;
his sacred demise, to bear the pain of all the Seminaire's sins, and having prayed to God to extirpate it on its own, in&#13;
order to save all others in this said Seminaire, having also prayed to Him to entirely destroy the sin of the holy house&#13;
and to maintain within it, to the end of time, the very sacred love and the genuine worship of God and the Very Holy&#13;
Family - Jesus, Mary, and Joseph - and the Holy Angels, with His Excellency being fulfilled through a redoubling of the&#13;
excessive pain he experienced from that day until the time of his death.&#13;
I cannot refrain, Dear Sir, from advising you that, when my memory invokes once again the stress and the fervor with&#13;
which His Greatness pronounced these words and many others full of fire and love, his eyes and hands lifted toward the&#13;
heavens, with extraordinary feelings of humility and lack of regard for himself, and a restoration of true confidence in&#13;
God, notwithstanding, as observed, his immense indignity, my heart is penetrated to the point that I cannot hold back&#13;
my tears; my wish at the time was for even a single word of his to reach - and set entirely afire - every person in Canada;&#13;
since each one on its own could penetrate, move, and remove even the most hardened of hearts.&#13;
Hubert Houssard&#13;
On June 3, 1688, Fran~ois de Laval, retired bishop, made his last trip from France back to Quebec City. The Old&#13;
Monsignor (which is how he would be referred to from then on) would never cross the ocean again - and in so doing,&#13;
fulfilled his most cherished dream. Hubert Houssard, a young man of 21, was at the Bishop Emeritus's side for&#13;
20 years. He would become Msgr de Laval's faithful servant: his valet as well as his nurse. These laymen, who&#13;
renounced their worldly goods and led a life of work and prayer serving the Seminaire, were known as "givens"&#13;
to the community. Sick or well, the institution took charge of them. They were addressed as "Brother." Hubert&#13;
Houssard served the Seminaire de Quebec for 46 years. (Excerpted from the preface of to Mgr de Laval vu par son&#13;
serviteur by Msgr Jean-Marie Fortier, Seminaire de Quebec, 1961, 35 p.).&#13;
1 Brother Houssard may be alluding to a narrative describing some extraordinary favors attributed to the intercession of God's Servant, written by&#13;
Mr. Glandelet, who was then General Vicar of Quebec. Unfortunately, this narrative is lost to us.&#13;
&#13;
Cent'le d'animation F&gt;iaJJf,Ois-De Laval Newslette, •&#13;
&#13;
May 2015&#13;
&#13;
5&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="170985">
                    <text>Extrait typographié en anglais publié dans le &lt;em&gt;Centre d'animation François-De Laval Newsletter&lt;/em&gt;, no 30, p. 5</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="6558" order="7">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/954899cd123002519028eab70f5aab1e.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=rzgsbrgBqAZznQJK5N7pQ379aHRwbsoVi4IhZc28aBx3PjdAWZrh9bXWt8NViLErpL3sxGoOVHdrju-KRq7bfbKmEiJ%7EPGWmRxpSgZhQrGg6VWLv1VbDfoon8WKfucK-AwinK6sOEq0%7EDpY6eLKO1y9-LFZUeaWm9Y%7EDEh-YGq7D2H3aC%7EDk2xhWKIFq8B7X1gFfn0SAoOPeM47gzZECHzmAsJRduUlvawm1SHty2HXpiX7hhUgiJVtuV%7ErMJPz-Lgb9SU75OXtxPM2mCLHsFgBkdoAv3K3iG1qC%7Edl%7ELlf2K8Yb5Kwuu3OLKpNh16uKs4tUzXSyj3O1ZMDLoUrdxQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>2620178ea9ba9f8d8514aa25b106e3b9</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="196973">
                    <text>�PRÉFACE&#13;
Nihil obstat:&#13;
PAUL&#13;
&#13;
LACOULINE,&#13;
&#13;
censeur.&#13;
&#13;
Imprimatur:&#13;
GEO.-E.&#13;
&#13;
GRANDBOIS,&#13;
&#13;
V.G.&#13;
&#13;
18a die Januarii 1961.&#13;
&#13;
.t&#13;
&#13;
JEAN-MARIE&#13;
&#13;
FORTIER,&#13;
&#13;
Évêque élu de Pomaria et Auxiliaire à Sainte-Annede-la-Pocatiète.&#13;
&#13;
Pour nous conformer aux prescriptions d'Urbain VIII, nous entendons bien, quand l'auteur parle de sainteté du serviteur de&#13;
Dieu, François de Laval, ne prévenir en rien le jugement de&#13;
notre Mère la sainte Église.&#13;
&#13;
Le 3 juin 1688, Francois de Laval, évêque&#13;
démissionnaire, arrivait une dernière fois de France à Québec. Monseigneur l'Ancien (c'est ainsi&#13;
qu'on le désignera désormais) ne repassera plus&#13;
les mers. Il ne s'éloignera guère de Québec si ce&#13;
n'est pour des tournées de confirmations ou des&#13;
séjours au Cap-Tourmente, le bien-aimé .&#13;
Un jeune homme de vingt et un ans accomgnait l'évêque. Il s'appelait Hubert Houssart.&#13;
Nous ne savons pas où il naquit ni comment il&#13;
connut Monseigneur de Laval. Peut-être lui&#13;
avait-il été recommandé par les directeurs du&#13;
Séminaire des Missions Étrangères de Paris?&#13;
Il ne devait jamais démentir la confiance qu'on&#13;
lui avait témoignée. Pendant vingt ans, il sera&#13;
de Monseigneur l'Ancien le serviteur fidèle, à la&#13;
fois valet de chambre et infirmier.&#13;
Le Séminaire de Québec constituait une espèce de communauté. Ses serviteurs laïcs, adonnés aux besognes matérielles, faisaient partie de&#13;
cette famille religieuse. Ils renonçaient à leurs&#13;
[3&#13;
&#13;
�biens et menaient une vie de tra~ail et de prière&#13;
au service du Séminaire qui les prenait à sa charge&#13;
en santé et en maladie. C'étaient les donnés.&#13;
On les saluait du titre de frères.&#13;
Hubert Houssart fut l'un de ces donnés.&#13;
Il servira le Séminaire de Québec pendant quarante-six ans. Le soin de la lingerie de toute la&#13;
maison lui est confié. Il suffit de consulter les&#13;
archives pour constater avec quel soin cet intendant accomplissait sa fonction. Il aimait obliger. Il plaçait des commandes en France pour&#13;
1'.Hôtel-Dieu, pour les Ursulines, pour la supêneure de la Congrégation Notre-Dame de Québec&#13;
et des particuliers. Frère Houssart mourut le 26&#13;
décembre 1734, « âgé de soixante-sept ans» et&#13;
il fut inhumé dans la cathédrale, plus précisément « dans la chapelle de l'Ange-Gardien, du&#13;
côté de l'épistre. »&#13;
En septembre 1708, quatre mois après la&#13;
mort de Monseigneur de Laval, le Frère Houssart&#13;
av~it écrit un long mémoire relatant quelques&#13;
traits des vertus de son maître. Il s'adressait à&#13;
monsieur Tremblay, le cher exilé volontaire, procureur du Séminaire de Québec à Paris. Cette&#13;
lettre est le témoignage précis d'un familier&#13;
observateur. Ce n'est pas un plaidoyer contre&#13;
des adversaires; c'est une confidence à un ami de&#13;
François de Laval, faite sur un ton ému. « Ai4]&#13;
&#13;
~er, .c'~st apprivoiser de la lumière.» Les yeux&#13;
illuminés du cœur sont encore les plus perspicaces.&#13;
Le~ mortifications corporelles que s'imposa&#13;
Monseigneur de Laval furent à la taille de son&#13;
amour pour Dieu et de son horreur du péché ..&#13;
Il fut de la race des grands pénitents: Pierre&#13;
d'Alcantara, Innocent XI et, plus près de nous&#13;
Jean-Marie Vianney. Il a voulu vivre intégra~&#13;
lement le mot de saint Paul: « Je meurtris mon&#13;
corps et je le traîne en esclavage» . .. Quelques-unes de ses pratiques pénitentielles pourront heurter notre sens moderne de l'hygiène.&#13;
Nos ancêtres avaient, sur ce point, l'épiderme&#13;
moins sensible. Elles n'empêcheront tout de&#13;
même pas le serviteur de Dieu d'atteindre l'âge&#13;
respectable de quatre-vingt-cinq ans.&#13;
La lettre existe en deux exemplaires, tous&#13;
deux de la main du Frère Houssart. Ils sont&#13;
identiques à quelques minimes différentes près.&#13;
La copie est conservée aux archives du Séminaire de Québec; l'original, aux archives de&#13;
Saint-Sulpice, à Paris. C'est celui-ci que nous&#13;
publions aujourd'hui.&#13;
.&#13;
Jean-Marie FORTIER,&#13;
V'ice-postuiateur&#13;
de la cause de Mgr de Laval&#13;
&#13;
Séminaire de Québec, le 26 septembre 1960.&#13;
[5&#13;
&#13;
�Jhr~~&#13;
vu&#13;
&#13;
PAR SON SERVITEUR&#13;
&#13;
Monsieur,&#13;
Vous avez déjà sans doute appris la mort de&#13;
Mgr de Laval, ancien et premier évêque de Canada,&#13;
et ce n'est pas pour vous en informer que je prends&#13;
la liberté de vous écrire celle-ci en particulier, mais&#13;
pour vous témoigner combien cette mort et la séparation d'un si bon, si saint et si charitable maître&#13;
m'a été sensible. Cela est aisé à concevoir, puisque ayant eu l'honneur d'avoir été continuellement&#13;
attaché au service de Sa Grandeur pendant les&#13;
vingt dernières années de sa sainte vie, et que Sa&#13;
Grandeur ayant eu pendant tout ce temps-là une&#13;
grande charité pour moi et une très grande confiance en mes soins, vous ne pouvez douter que je&#13;
[ 7&#13;
&#13;
�n'aie contracté une grande union, un grand appui et&#13;
une attache toute particulière à Sa Grandeur et que&#13;
par conséquent la séparation d'une personne qui&#13;
m'était si chère et si utile ne m'ait causé une peine&#13;
inconcevable.&#13;
Mais la consolation qui s'est mêlée parmi la&#13;
tristesse en voyant un saint mourir en saint après&#13;
avoir vécu en saint, a été un très grand soulagement à ma peine, aussi bien qu'à celle de tout le&#13;
Séminaire et de tous les peuples du Canada ; et la&#13;
haute idée que nous avons tous de la grande gloire&#13;
que possède dans le ciel notre saint défunt et notre&#13;
commun père, nous fait espérer que par son intercession et son crédit auprès de Dieu, il nous dédommagera copieusement de la perte que nous avons&#13;
faite de sa sainte présence.&#13;
Plusieurs l'ont déjà éprouvé dans le soulagement qu'ils ont reçu dans leurs peines et infirmités, par l'invocation et le recours qu'ils ont eus à&#13;
notre dit saint défunt, comme vous l'apprendrez&#13;
par une autre voie.'&#13;
Pour mon particulier, je compte beaucoup sur&#13;
son pouvoir et me confie en son secours et assistance, non seulement pour être délivré ou notablel. L'auteur fait peut-être allusion à une relation que M.&#13;
Glandelet, pour lors vicaire-général de Québec, avait faite de&#13;
quelques faveurs extraordinaires&#13;
attribuées à l'intercession du&#13;
Serviteur de Dieu. Cette relation est malheureusement perdue.&#13;
&#13;
8n&#13;
&#13;
ment soulagé dans mes infirmités corporelles,&#13;
comme il m'est déjà arrivé plusieurs fois, mais, ce&#13;
que j'estime infiniment plus, pour être assisté dans&#13;
les besoins intérieurs de mon âme, tant pour être&#13;
aidé à y établir les vertus qu'à en détruire les&#13;
vices et mauvaises habitudes, comme je l'ai aussi&#13;
déjà expérimenté plusieurs fois.&#13;
Toutes les personnes du Séminaire doivent&#13;
avoir aussi une confiance très particulière aux mérites et intercessions de leur premier père, car Sa&#13;
Grandeur s'étant offerte en sacrifice, comme elle fit&#13;
six jours avant son saint trépas, pour porter la peine&#13;
de tous les péchés du Séminaire, et ayant' prié&#13;
Dieu de l'exterminer elle seule, afin d'épargner toutes les autres personnes du dit Séminaire, l'ayant&#13;
prié aussi de détruire entièrement le péché de sa&#13;
sainte maison et d'y maintenir jusqu'à la fin des&#13;
siècles le très saint amour et le véritable culte de&#13;
Dieu et de la très sainte Famille de Jésus, Marie,&#13;
Joseph et des saints Anges, et Sa Grandeur ayant&#13;
été exaucé par le redoublement de ses douleurs qui&#13;
furent excessives depuis ce jour-là jusqu'à sa mort,&#13;
nous avons tous lieu de croire qu'il nous a acquis&#13;
par ses souffrances des grâces particulières pour&#13;
éviter le péché et pratiquer la vertu.&#13;
Mais je ne puis, Monsieur, me dispenser de&#13;
vous dire que, quand il me revient en la mémoire&#13;
l'accent et la ferveur avec laquelle Sa Grandeur pro[9&#13;
&#13;
�nonçait ces paroles et beaucoup d'autres pleines de&#13;
feu et d'amour, les yeux et les mains élevés vers&#13;
le ciel, avec des sentiments extraordinaires d'humilité et de mépris de soi-même et des retours d'une&#13;
véritable confiance en Dieu, nonobstant, disait-elle,&#13;
sa très grande indignité, j'en ai le cœur si pénétré&#13;
que je ne puis retenir mes larmes; je souhaitais&#13;
pour lors que toutes les personnes du Canada puissent entendre chacune une seule de ses paroles pour&#13;
en être toutes embrasées ; ~ar elles étaient toutes&#13;
capables de pénétrer, attendrir et enlever les cœurs&#13;
même les plus endurcis.&#13;
Je ne doute pas, Monsieur, que vous n'ayez&#13;
aussi appris la distribution qui a été faite, à la&#13;
grande instance des peuples de Canada, du linge&#13;
trempé et teint du sang de mon dit Seigneur, de&#13;
ses cheveux et de ses habits.' Comme ça été moi&#13;
qui ai trempé ces linges dans son sang lorsqu'on&#13;
l'a ouvert et qui ai coupé de ses cheveux, .ne le&#13;
faisant dans le temps que pour ma consolation Particulière, pénétré que j'étais que ce serait de très&#13;
précieuses reliques, vous serez sans doute bien aise&#13;
que je vous fasse un petit détail de quelques actions communes et ordinaires de Sa Grandeur, qui&#13;
m'ont le plus touché et m'ont fait prendre la réso2. On conserve encore à l'Archevêché de Québec des parcelles de ce linge trempé dans le sang de Mgr de Laval.&#13;
&#13;
10 •&#13;
&#13;
lution, plus de quinze ans avant sa mort, d'en agir&#13;
ainsi.&#13;
C'est dommage que Monseigneur n'ait pas eu&#13;
à son service et pour témoin de ses actions ordinaires une personne plus éclairée et plus intelligente dans les choses de Dieu que moi ; elle aurait&#13;
pu vous donner, Monsieur, toute une autre satisfaction par le détail qu'elle vous en aurait fait, que&#13;
je ne pourrai faire.&#13;
Ce qui m'a toujours tenu dans la surprise et&#13;
dans l'admiration, a été de voir un homme d'un&#13;
aussi grand mérite, d'une aussi grande qualité, d'une&#13;
aussi grande vénération et aussi utile en ce pays que&#13;
l'était Monseigneur, cassé et rompu de vieillesse,&#13;
de fatigues et d'infirmités, jusqu'à l'âge de quatrevingt-cinq ans, être aussi exacte que l'était Sa Grandeur à se mortifier en toute chose et à denier à&#13;
ses sens généralement tous les petits contentements et soulagements qu'ils pouvaient légitimement recevoir, comme par exemple:&#13;
1. A coucher sur un très chétif matelas sur les&#13;
planches, dans des couvertes de laine, sans draps,&#13;
à moins qu'il n'ait été malade, à faire tous les jours&#13;
son pauvre lit jusqu'à la fin de sa vie, sans permettre que j'y touche que très rarement. Quand&#13;
pendant une grande maladie qu'eut Sa Grandeur,&#13;
et que Madame de Champigny (qui avait le privi[11&#13;
&#13;
�lège à cause de sa vertu et de son mérite d'entrer en&#13;
sa chambre en tout temps) l'eût fait consentir à se&#13;
coucher plus mollement qu'elle n'était, Sa Grandeur agréa que je misse une paillasse sous son matelas ; mais elle fut pas si tôt guérie qu'elle ne&#13;
quitta pas la paillasse à la vérité, mais tous les&#13;
soirs quand j'étais sorti de sa chambre, après que&#13;
Sa Grandeur s'était couchée, elle se levait tout doucement, de peur que je ne l'entende, elle ôtait le&#13;
matelas de son lit et se couchait sur la paillasse,&#13;
et le matin elle remettait le matelas et raccommodait son lit sans qu'il en parût rien. Et elle&#13;
continua cela pendant près de deux ans sans y manquer une seule nuit, quelque tard qu'il ait été et&#13;
et quelque fatiguée qu'ait été Sa Grandeur. C'est&#13;
ce que j'entendais tous les jours et que je voyais&#13;
toutes les fois que je feignais avoir quelque besoin&#13;
dans sa chambre exprès afin d'avoir le contentement de voir cela, jusqu'à ce que sa paillasse étant&#13;
toute réduite en poussière et pleine de puces, je&#13;
gagnai sur Sa Grandeur de l'ôter, et depuis ce&#13;
temps-là jusqu'à sa mort, nonobstant ses longues&#13;
et fréquentes maladies, elle ne coucha que sur un&#13;
matelas sur les planches. Dans le dernier voyage&#13;
que Sa Grandeur est revenue de France en Canada,&#13;
où j'avais l'honneur de l'accompagner et la servir,&#13;
j'étais tout étonné de voir que dans les pauvres&#13;
hôtelleries où il y avait de pauvres lits, Sa Gran12]&#13;
&#13;
deur se déshabillait pour s'y coucher, mais dans les&#13;
endroits où il y avait de bons lits, Sa Grandeur&#13;
ne faisait que se jeter dessus sans se déshabiller;&#13;
ce qu'elle fit même au Séminaire de Tours, dans&#13;
la chambre garnie qui y est pour Mgr l'Archevêque&#13;
du lieu, dans laquelle on logea Sa Grandeur.&#13;
2. De ne se jamais coucher qu'il n'eût dit et&#13;
ne se fût acquitté de tous ses offices, prières, lectures, chapelets, etc., quelque tard qu'il fût et quelque affaire qu'eût eue Sa Grandeur, et quoiqu'il se&#13;
couchât fort tard, ne jamais manquer à se lever,&#13;
pendant plus de quinze ans, à deux heures du matin (je ne parle que du temps que j'ai servi Sa&#13;
Grandeur, car plus de trente ans auparavant, elle&#13;
se levait à la même heure) et les cinq dernières&#13;
années de sa vie sur les trois heures. Et de se lever&#13;
pendant les dites quinze années tout seul, sans&#13;
feu, n'ayant point de poêle dans sa chambre, où il&#13;
gelait très fort toutes les nuits pendant l'hiver;&#13;
s'habiller seul, bander ses jambes, etc. ; s'en aller&#13;
à quatre heures à l'église, sa lanterne à la main, en&#13;
ouvrir les portes, sonner sa messe, qui était la première, de quatre heures et demie pour les travaillants, et rester à l'église ou à la sacristie, qui était&#13;
fort froide et incommode pour lors, a sans voir ni se&#13;
3. La copie de Québec ajoute:&#13;
&#13;
« jusqu'à sept heures ».&#13;
&#13;
[ 13&#13;
&#13;
�chauffer à d'autre feu durant ce temps-là, pendant les plus grands froids, que celui du réchaud&#13;
dont il s'était dervi pour dire la sainte messe.&#13;
3. Comme il dormait très peu la nuit, il était&#13;
obligé de réciter tous ses offices, chapelets, etc., en&#13;
se promenant, afin de ne se point assoupir; ce&#13;
qu'il faisait, pendant les plus grandes chaleurs de&#13;
l'été, au soleil dans son petit jardin, de telle sorte&#13;
qu'il devenait tout en sueur et quand je pansais le&#13;
soir son cautère du bras, je trouvais sa chemise et&#13;
sa soutane toutes trempées et pénétrées de sueurs.&#13;
Je représentais souvent à Sa Grandeur le besoin&#13;
qu'elle avait de changer de chemise et le danger&#13;
qu'il y avait qu'elle ne gagnât par le froid du soir&#13;
quelque maladie; c'est à quoi je ne la pouvais&#13;
faire consentir quoiqu'elle en eût plusieurs en sa&#13;
chambre, et elle se couchait ainsi sa chemise toute&#13;
trempée et toute froide. Or, quoique cette mortification ne tue ni ne blesse, elle me paraissait&#13;
néanmoins fort rude à supporter, car qui est-ce,&#13;
quelque pauvre qu'il fût, qui ne se crût obligé pour&#13;
plusieurs raisons fort sensibles de changer de chemise, étant dans cet état le soir sans feu au serein&#13;
surtout ayant si beau moyen de changer qu'en&#13;
avait Monseigneur?&#13;
4. Comme Sa Grandeur était d'une complexion&#13;
fort sensible, l'on aurait cru à l'entendre se plaindre&#13;
14&#13;
&#13;
I&#13;
&#13;
dans ses infirmités et dans ses douleurs qu'elle avait&#13;
de la peine et de l'irrésolution à souffrir ; mais tout&#13;
au contraire, si elle se plaignait, ce n'était que pour&#13;
cacher l'amour et la ferveur avec laquelle Sa Grandeur souffrait. Il est tout naturel d'en porter ce&#13;
jugement, car comment croire que Sa Grandeur ait&#13;
eu de la peine et de l'irrésolution à souffrir les douleurs qui lui venaient immédiatement par l'ordre et&#13;
la disposition de la divine Providence à laquelle elle&#13;
était si soumise qu'il faudrait un volume entier pour&#13;
raconter tous les traits de sa soumission, puisqu'ellemême cherchait tous les jours tous les moyens&#13;
(cachés) qu'elle pouvait s'imaginer pour se procurer&#13;
des douleurs et des souffrances, comme sont, par&#13;
exemple, de porter presque tous les jours le cilice&#13;
et de le quitter tous les soirs en cachette, de peur&#13;
que je ne le visse en pansant le cautère qu'elle&#13;
avait au bras, et, sur ses dernières années qu'elle&#13;
ne pouvait presque plus agir, le porter jour et nuit&#13;
et avoir un très grand soin de faire en sorte que je&#13;
ne le voie point en pansant le dit cautère (c'est&#13;
pourtant ce qui ne se pouvait faire), et quand ils&#13;
étaient déchirés, elle les racornmodait elle-même et&#13;
avait toujours pour cela du fil et des aiguilles, et&#13;
quand il s'y engendrait de la vermine, elle les lavait&#13;
elle-même dans de l'eau chaude, et tout cela en cachette ; de baiser son bandage avec une affection&#13;
et dévotion toutes particulières à chaque fois&#13;
[ 15&#13;
&#13;
�qu'elle l'ôtait ou le mettait, comme un fruit de ses&#13;
fatigues et un instrument qui servait à la faire&#13;
souffrir; de ne vouloir point s'asseoir dans un fauteuil qu'elle avait dans sa chambre, à moins qu'elle&#13;
ne fût extraordinairement faible ou malade, et de&#13;
se servir de chaises très incommodes pour une personne de son âge, de dessus lesquelles elle est souvent tombée et s'est blessée notablement; de dire&#13;
assidûment la sainte messe nonobstant des ouvertures et des plaies très considérables et très sensibles qu'elle avait aux jambes et aux pieds et que&#13;
nos Messieurs et même M. le Médecin lui représentassent le tort qu'elle faisait à sa santé en se gênant et souffrant comme elle faisait pour dire la&#13;
sainte messe; d'assister en ces états à tous les offices&#13;
de la cathédrale, quelque froid qu'il fît, et de s'y&#13;
faire porter quand elle ne put plus marcher. C'est&#13;
dans l'exercice et la pratique de cette ferveur, de&#13;
cette dévotion et de cette haine d'elle-même qu'elle&#13;
gagna, pendant l'office du Vendredi saint, par un&#13;
des plus grands froids qu'il puisse faire en Canada,&#13;
une engelure au talon qui lui a causé la mort. Il&#13;
est vrai que j'avais comme prévu ce mal et j'avais&#13;
prié Sa Grandeur, dès le dimanche des Rameaux,&#13;
de ne point assister à l'office de ce jour, parce que&#13;
son pied était extraordinairement enflé et qu'il y&#13;
avait du danger que le froid n'en augmentât le mal;&#13;
mais Sa Grandeur, suivant l'attrait de sa dévotion&#13;
16&#13;
&#13;
n&#13;
&#13;
et de so~ zèle, n'eut aucun égard à mes prières et&#13;
assista à tout l'office de ce jour qui est fort long;&#13;
le mercredi au soir, Sa Grandeur ayant été à ténèbres, elle se plaignait beaucoup de son pied ; sur&#13;
quoi je lui dis que je dirais à M. le Supérieur de&#13;
prier Sa Grandeur de ne point aller davantage à&#13;
l'église cette semaine-là et qu'assurément il arriverait quelque chose d'extraordinaire à ce pied. Elle&#13;
me dit que ce n'était pas la peine d'en parler, et&#13;
depuis ce moment-là elle ne se plaignait plus, de&#13;
crainte qu'on l'empêchât d'assister au reste des offices de cette sainte Semaine, aimant mieux souffrir&#13;
que de manquer à ses dévotions et à l'ardeur de&#13;
son zèle pour assister devant le très Saint-Sacrement, qui était extraordinaire dans ce temps-là.&#13;
J'aurai plus tôt fait, Monsieur, de vous dire en deux&#13;
mots, que quand il s'agissait du service de Dieu et&#13;
de la charité du prochain, aucune douleur ni infirmité n'étaient capables d'y faire manquer Sa Grandeur en un seul point. Mais quand il s'agissait de&#13;
civilités purement humaines ou de visites inutiles,&#13;
Sa Grandeur prenait toujours le prétexte de ses infirmités pour s'en disposer et faisait même quelquefois paraître être plus incommodée qu'elle ne l'était&#13;
en effet.&#13;
Mais ce qui fait mieux connaître la patience de&#13;
Sa Grandeur dans ses plus grandes plaintes, c'est&#13;
que quand on voulait avoir égard à sa douleur et à&#13;
[ 17&#13;
&#13;
�ses plaintes et qu'on voulait l'épargner, elle voulait qu'on fit ce qui était nécessaire à ses plaies&#13;
sans avoir égard à ses dites plaintes et douleurs.&#13;
En passant la plaie qui lui a causé la mort, sa douleur était si grande que tout le corps lui en frémissait ; il se plaignait d'une manière à tirer les&#13;
larmes des yeux de ceux qui étaient présents. Le&#13;
bon frère Boussat y étant un jour dit à Sa Grandeur&#13;
par compassion : « Eh bien! Monseigneur, que voulez-vous que nous fassions? que mettrons-nous sur&#13;
votre plaie?&#13;
Sa Grandeur lui répondit d'un&#13;
accent tout transporté et embrasé de l'amour de&#13;
Dieu et les mains jointes : « Mon frère, je ne veux&#13;
que Dieu ; faites tout ce qu'il vous plaira et que&#13;
vous jugez qu'il faut faire. »&#13;
Mais, me direz-vous, Monsieur, puisque vous&#13;
dites que Monseigneur était si patient, comment&#13;
donc se plaignait-il?&#13;
De quels termes se servaitil pour que l'on puisse juger qu' en se plaignant il&#13;
souffrait patiemment?&#13;
Voici, Monsieur, ses paroles et ses termes les plus ordinaires: « 0 mon&#13;
Dieu, que je souffre! ayez pitié de moi, mon&#13;
Dieu! ô Dieu d'amour! ô Dieu de bonté! ô Dieu de&#13;
miséricorde! faites-moi miséricorde, mon Dieu ! votre sainte volonté soit faite, ô mon Dieu!»&#13;
C'étaient les plaintes ordinaires que Sa Grandeur réitérait une infinité de fois, les mains jointes et les&#13;
yeux levés vers le ciel, avec une dévotion merveil18&#13;
&#13;
J&#13;
&#13;
l&#13;
&#13;
J&#13;
&#13;
l&#13;
J&#13;
&#13;
leuse, non seulement dans les violentes douleurs que&#13;
lui a causées sa dernière plaie, mais encore dans&#13;
toutes les grandes douleurs que je lui ai vu souffrir&#13;
journellement pendant l'espace des vingt années que&#13;
j'ai eu l'honneur d'être au service de Sa Grandeur.&#13;
Et ces plaintes étaient plutôt des élans d'amour de&#13;
Dieu et de conformité à sa sainte volonté que de&#13;
véritables plaintes.&#13;
5. La mortification au boire et au manger&#13;
n'est pas le moindre point de ses vertus; au contraire je crois que c'en est un des plus grands,&#13;
quoique bien des personnes l'aient tenu pour un&#13;
homme fort difficile en ce point. Il est vrai qu'il&#13;
faut l'avoir pratiqué et servi autant de temps que&#13;
j'ai fait pour avoir bien su connaître et discerner&#13;
le vrai d'avec l'apparent, car effectivement Sa&#13;
Grandeur paraissait beaucoup plus affectée de certains aliments et méprisait les autres d'une manière à faire croire qu'il recherchait son goût ; mais&#13;
il est certain qu'il ne le recherchait pas. Bien au&#13;
contraire, il cherchait à se mortifier en tout. C'est&#13;
de quoi j'ai autant de témoins qu'il y a eu de personnes qui lui ont préparé à manger, et toutes conviendront avec moi qu'ils ne savaient comment&#13;
assaisonner les viandes pour Sa Grandeur, parce&#13;
que Sa Grandeur n'y voulait aucun assaisonnement.&#13;
Chacun d'eux voulait tâcher à lui faire de bons raK&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
�goûts et de haut goût, et Sa Grandeur voulait que&#13;
ses viandes n'eussent aucun goût, et pour cacher&#13;
sa mortification en cela, elle se plaignait des meilleures viandes et des mieux apprêtées, en .disant&#13;
qu'elles ne valaient rien. C'est ce qui mortifiait&#13;
extrêmement les cuisiniers et leur faisait dire que sa&#13;
Grandeur était bien difficile. Si Sa Grandeur avait,&#13;
comme bien des saints ont fait, fait paraître sa&#13;
mortification et qu'elle eût déclaré que ces viandes&#13;
bien apprêtées étaient bonnes, mais qu'elle voulait s'en priver et n'en, avoir que des moindres&#13;
et mal apprêtées afin de se mortifier, chacun aurait applaudi Sa Grandeur.&#13;
Cela aurait calmé les&#13;
esprits et aurait fait avoir à tous une grande estime&#13;
de sa vertu et de sa mortification;&#13;
mais c'est ce&#13;
que Sa Grandeur fuyait comme la peste et, en méprisant ainsi les bonnes viandes, elle contentait sa&#13;
mortification sans qu'on s'en aperçût, en ne s'en&#13;
faisant servir que de méchantes ou de moindres, et&#13;
s'attirait de plus, par une humilité tout admirable, le mépris de plusieurs et l'estime qu'on faisait&#13;
qu'elle était très difficile. Quelqu'un rapportant&#13;
souvent à Sa Grandeur que l'on disait qu'elle était&#13;
fort difficile pour son manger, Sa Grandeur ne&#13;
faisait autre réponse que de dire fort tranquillement et doucement qu'il fallait les laisser dire.&#13;
Mais, me direz-vous, Monsieur, quelles étaient&#13;
donc les viandes qu'il fallait servir à Sa Grandeur?&#13;
&#13;
Tous les cuisiniers et dépensiers qui ont été au Séminaire peuvent dire avec moi qu'il ne lui fallait&#13;
que du bœuf puant et corrompu et que pourvu&#13;
qu'elle en eût de tel, elle était contente.&#13;
Si on y&#13;
ajoutait du veau ou des volailles, il fallait qu'elles&#13;
fussent de même puantes et corrompues et propres&#13;
à plutôt faire mal au cœur qu'à contenter le goût.&#13;
Je l'ai vue plus de cent fois garder de la viande&#13;
cuite dans sa chambre (car comme vous savez,&#13;
Monsieur, Sa Grandeur a toujours mangé dans sa&#13;
chambre pendant les vingt dernières années de sa&#13;
vie), je l'ai vue, dis-je garder de la viande cuite&#13;
cinq, six, sept et huit jours dans les chaleurs de&#13;
l'été, et lorsqu'elle était toute moisie et pleine de&#13;
vers, elle la lavait dans de l'eau chaude ou dans du&#13;
bouillon de soupe et ensuite la mangeait et me&#13;
disait qu'elle était très bonne. Je m'en rapporte&#13;
à quiconque et je demande qui est-ce, même des&#13;
plus pauvres, qui n'aimerait pas mieux s'en passer&#13;
que d'en manger de pareille?&#13;
J'ai vu Sa Grandeur après m'avoir fait aller à&#13;
la cuisine jusqu'à trois et quatre fois pour lui chercher d'autres viandes que celles que je lui avais&#13;
apportées, je l'ai vue, dis-je, se mettre à genoux&#13;
devant ces viandes et manger en cette posture ce&#13;
qui était de plus méchant; aussi dois-je avouer&#13;
que Sa Grandeur ne me renvoyait pas ainsi rechercher des viandes pour le désir qu'elle eût d'en&#13;
[ 21&#13;
&#13;
�avoir de meilleures, mais c'était pour me mortifier,&#13;
me faire rompre ma propre volonté et surmonter&#13;
la peine que j'avais de lui obéir quand elle me&#13;
renvoyait ainsi plusieurs fois, outre que par ce&#13;
moyen elle avait davantage de viande pour donner&#13;
aux pauvres à qui elle donnait tous les jours une&#13;
bonne partie de sa portion.&#13;
L'on pourrait m'objecter là-dessus que je veux&#13;
trop donner à la vertu de Monseigneur et que si&#13;
Sa Grandeur demandait des viandes corrompues,&#13;
c'est Qu'elle n'avait pas de dents pour mâcher les&#13;
autres. J'avoue que c'était l'excuse ordinaire de Sa&#13;
Grandeur de dire que les viandes qu'elle rebutait&#13;
n'étaient pas propres pour ses dents; mais ce&#13;
n'était véritablement qu'une excuse, car Sa Grandeur mangeait tous les jours de la croûte de pain&#13;
beaucoup plus dure que les viandes qu'elle rebutait et quand elle mangeait hors le Séminaire, où&#13;
elle donnait par condescendance quelque chose de&#13;
plus à la nature, elle mangeait des viandes les plus&#13;
dures et tout nouvellement tuées aussi facilement&#13;
que les personnes qui avaient de bonnes dents.&#13;
Ainsi il est aisé de se persuader que Sa"Grandeur ne&#13;
recherchait et ne voulait des viandes ainsi gâtées et&#13;
corrompues que par un véritable et extraordinaire&#13;
esprit de mortification et de pénitence.&#13;
Sa Grandeur ne recherchait point non plus trop&#13;
de goût dans sa soupe, puisque plus de cent et cent&#13;
22]1&#13;
&#13;
fois je l'ai vue mettre une tassée d'eau chaude pour&#13;
en ôter le goût.&#13;
Pour son boire ordinaire, (ce) n'était que de&#13;
l'eau chaude un peu teinte de vin, et chacun sait&#13;
que Sa Grandeur ne prenait jamais ni liqueurs, ni&#13;
vin exquis, ni aucune mixtion de sucrerie de quelle&#13;
sorte qu'elle puisse être composée, soit pour boire,&#13;
soit pour manger, excepté que sur ses dernières&#13;
années je gagnai sur Sa Grandeur de lui faire prendre tous les soirs après un bouillon qui était tout&#13;
son souper, gros comme le pouce d'un biscuit dans&#13;
un peu de vin pour l'aider à dormir.&#13;
En un mot je puis dire sans exagération que&#13;
toute la vie de Sa Grandeur n'était qu'un jeûne&#13;
continuel, car elle ne déjeûnait point et ne prenait&#13;
tous les soirs que la valeur d'une légère collation.&#13;
Et elle faisait tout son possible, nonobstant son&#13;
grand âge et ses infirmités continuelles, pour observer tous les jours d'abstinence et de jeûne, tant&#13;
ceux qui sont commandés par la sainte Église que&#13;
ceux qui s'observent par dévotion dans le Séminaire,&#13;
et si Sa Grandeur a quelquefois cédé en cela à&#13;
l'ordre des médecins et aux prières de Messieurs&#13;
les Supérieurs du Séminaire qui jugeaient qu'elle&#13;
devait faire gras, c'était pour Sa Grandeur une&#13;
grande mortification de ne se pas mortifier en cela&#13;
et ce n'était que par une extraordinaire charité&#13;
qu'elle avait pour son cher Séminaire et pour tout&#13;
[ 23&#13;
&#13;
�le Canada, qu'elle donnait quelque chose à la nature pour l'empêcher de mourir si tôt et pour se&#13;
donner la consolation de voir tous les jours de plus&#13;
en plus le règne de Dieu s'établir dans ce nouveau&#13;
monde, mais très particulièrement pour empêcher&#13;
de tout son pouvoir qu'il ne s'y introduise rien de&#13;
contraire à la charité et aux bonnes mœurs du&#13;
Christianisme.&#13;
6. Un autre point de mortification et d'humilité fort extraordinaire en une personne du rang,&#13;
de la dignité, de l'âge et des infirmités de Monseigneur, est que Sa Grandeur ne m'a jamais permis,&#13;
pendant toutes les vingt années que j'ai eu l'honneur d'être à son service, de faire quoi que ce soit&#13;
pour son service qu'elle l'ait pu faire elle même, si&#13;
bien qu'il fallait que je demeurasse les bras croisés&#13;
ou que j'allasse à mon travail, pendant que Sa&#13;
Grandeur faisait son feu, balayait, desservait sa&#13;
table, lavait son petit meuble de table, s'habillait,&#13;
se déshabillait, faisait son lit, etc. Et c'était une&#13;
mortification continuelle pour une personne un peu&#13;
zélée à son service de n'y trouver presque rien à&#13;
faire.&#13;
7. Pour sa patience, il ne m'appartient d'entamer ni de parler des sujets que Sa Grandeur a&#13;
eus de la pratiquer en un souverain degré, parce&#13;
&#13;
que ce ne sont pas choses purement temporelles, et&#13;
où il ne s'agissait que du temporel, comme pertes&#13;
de biens, incendies, douleurs, etc., c'étaient plutôt&#13;
des sujets de triomphe pour Sa Grandeur que des&#13;
sujets propres à lui faire de la peine, et Sa Grandeur&#13;
pour toutes les pertes de biens et pour les deux incendies générales (sic) de son Séminaire, n'en perdit pas pour un seul instant sa paix, sa joie, ni sa&#13;
tranquillité, parce que ces accidents n'étaient pas&#13;
des sujets capables d'attaquer sa patience et sa vertu qui étaient bien au-dessus de tout cela. Les&#13;
seuls intérêts de Dieu, de la vertu et de la religion&#13;
étaient capables de l'émouvoir.&#13;
Je me sens néanmoins obligé, Monsieur, par&#13;
reconnaissance pour la charité que Sa Grandeur a&#13;
eue pour moi, de vous dire que ce n'a pas été une&#13;
petite peine à Sa Grandeur de se servir si longtemps de moi qu'elle a fait, à cause de mes indocilités, des attachements à ma propre volonté et des&#13;
raisonnements contradictoires que je faisais à Sa&#13;
Grandeur, quand elle exigeait quelque chose de moi,&#13;
qui ne me plaisait pas. Toute autre patience que&#13;
la sienne se serait lassée et m'aurait chassé cent et&#13;
cent fois d'auprès de sa personne. Et c'est à cette&#13;
patience de Sa Grandeur que j'ai l'obligation de ce&#13;
que je suis non seulement resté mais incorporé en&#13;
une qualité beaucoup au-dessus de mon mérite dans&#13;
sa sainte maison et qu'elle m'a même témoigné à&#13;
[ 25&#13;
&#13;
�l'article de sa mort que ce serait, si j'y persévérais&#13;
fidèlement, le lieu et le sujet de ma prédestination.&#13;
Mais si j'ajoutais et si je racontais toutes les&#13;
fois que Sa Grandeur, nonobstant ma grossièreté,&#13;
mon ignorance et toutes mes mauvaises qualités,&#13;
me consultait, demandait mes avis, me priait quoique je ne fusse que son valet, me déférait et familiarisait avec moi, c'est ce que ferait l'étonnement&#13;
des personnes qui ont connu le grand mérite, les&#13;
grandes lumières et la profondeur des connaissances&#13;
qu'avait Sa Grandeur; c'est aussi ce qui je ne&#13;
puis expliquer, et quand même je le pourrais, j'y&#13;
aurais bien de la peine, car quand je pense seulement à ses manières si tendres, si charitables, si&#13;
humbles et si déférentes de Sa Grandeur à mon&#13;
égard, j'en ai le cœur si attendri que je m'en expliquerais mieux par mes larmes que par mes&#13;
paroles.&#13;
&#13;
-8. Pour ce qui regarde sa charité et ses aumônes, c'est un point où les personnes qui ont le&#13;
mieux connu Sa Grandeur auraient peine à en&#13;
faire connaître toute l'étendue. J'ai autant de témoins de cette vérité qu'il y a eu et qu'il y a de&#13;
personnes en Canada : c'est pourquoi je ne crois&#13;
pas devoir m'étendre sur cet article, qui étant&#13;
connu de tout le monde ne peut pas être ignoré de&#13;
vous seul. Je crois même que vous en diriez plus&#13;
26 ]&#13;
&#13;
que moi, s'il vous plaisait d'en dire ce que vous en&#13;
savez. Néanmoins, Monsieur, comme je vous marque en cette lettre ce qui m'a édifié dans la vie de&#13;
Monseigneur, je ne puis me dispenser de vous dire&#13;
quelques petites particularités qui m'ont le plus&#13;
touché sur ce sujet.&#13;
La première est que Sa Grandeur, nonobstant&#13;
les dettes, les pertes, les incendies et toutes les&#13;
grandes disettes du Séminaire, où elle avait la&#13;
meilleure part, ne manquait pas de donner aux&#13;
pauvres tous les ans la valeur de quinze cents et&#13;
deux mille livres.&#13;
La seconde est que Sa Grandeur refusait tout&#13;
net de me donner même cinq sous, quand j'en avais&#13;
besoin pour acheter quelque chose dont elle avait&#13;
besoin et aurait mieux aimé s'en passer que de faire&#13;
cette petite dépense. Mais quand il s'agissait d'acheter des étoffes et des couvertures pour donner&#13;
aux pauvres, les cent, deux cents et trois cents écus&#13;
ne lui faisaient pas plus de peine à donner qu'une&#13;
épingle, et même il est à remarquer que Sa Grandeur&#13;
nageait de joie et de contentement quand el1e&#13;
faisait ces dépenses pour les pauvres.&#13;
La troisième est qu'à notre second incendie où&#13;
le Séminaire se trouva en un si pauvre état qu'il&#13;
n'avait pas seulement cent écus qui étaient nécessaires Pour faire couvrir grossièrement toutes les&#13;
murailles et les voûtes de Séminaire, Sa Grandeur&#13;
[ 27&#13;
&#13;
�ayant cette somme et n'ayant presque plus d'étoffe&#13;
pour donner aux pauvres, de crainte que nos Messieurs ne la lui demandassent pour faire faire ces&#13;
couvertures, elle m'envoya secrètement acheter cent&#13;
peaux de chevreuil à trois livres cinq sols la pièce,&#13;
pour donner aux pauvres au lieu d'étoffe, et me&#13;
donna pour les payer trois cent vingt-cinq livres&#13;
avec plus de joie qu'un pauvre ne les aurait reçues&#13;
par aumône.&#13;
La quatrième est que Sa Grandeur ne se contentait pas de soulager les pauvres dans leurs besoins corporels, elle voulait encore que ses aumônes remédiassent aux besoins de leurs âmes et leur&#13;
soient une aide pour servir Dieu et éviter le péché ; car elle avait exprès caché quatre-vintgs couvertes de vingt-quatre livres la pièce pour en fournir aux pauvres familles chargées d'enfants, afin de&#13;
les obliger à faire coucher les garçons séparément&#13;
des filles et pour empêcher que les pères et mères&#13;
ne fissent coucher avec eux leurs enfants, ce qu'ils&#13;
étaient obligés de faire faute de couvertures ; et par&#13;
là Sa Grandeur ôtait à ces enfants l'occasion de&#13;
connaître et ensuite de commettre le péché le plus&#13;
dangereux du Canada et elle ne voulait pour quoi&#13;
que ce fût donner de ces couvertes pour d'autres&#13;
besoins ni d'autres sujets que ceux-là.&#13;
La cinquième est que Sa Grandeur, l'automne&#13;
dernier avant sa mort, se voyant sans avoir de quoi&#13;
28 )&#13;
&#13;
faire l'aumône, elle fit tout son possible pour en&#13;
avoir du Séminaire; mais le Séminaire étant luimême à l'extrémité, n'ayant pas la moitié de ses&#13;
besoins les plus essentiels et ne pouvant rien donner&#13;
à Sa Grandeur pour faire ses aumônes (car ça toujours été elle qui les a distribuées de ses propres&#13;
mains,) elle me dit d'une manière fort triste et fort&#13;
touchante qu'elle ne pouvait pas vivre longtemps si&#13;
elle n'avait pas de quoi donner aux pauvres, et&#13;
effectivement Sa Grandeur n'a plus vécu que six&#13;
mois après, et elle s'est trouvé si dénué des biens&#13;
de ce monde qu'elle n'avait pas en mourant la valeur d'un sou dont elle pût disposer en faveur des&#13;
pauvres.&#13;
9. Elle était elle-même réduite dans la plus&#13;
grande et la plus parfaite pauvreté que l'on puisse&#13;
souhaiter.&#13;
Quelques mois avant sa mort, je vis encore&#13;
dans le fond de sa cassette un petit couteau de&#13;
cinq QU six sous; je le demandai à Sa Grandeur et&#13;
et elle me le donna, mais d'une manière et d'un ton&#13;
à me tirer les larmes des yeux : « Mon enfant, me&#13;
dit-elle, si je possède encore ce couteau, je vous le&#13;
donne de bon cœur, afin de ne posséder plus rien&#13;
sur la terre et d'être entièrement dégagé des biens de&#13;
de ce monde».&#13;
En vérité, Monsieur, je ne puis&#13;
pas bien comprendre comment Sa Grandeur, en me&#13;
&#13;
I29&#13;
&#13;
�donnant ce petit couteau, me dit qu'elle ne posséderait plus rien sur la terre, car quoique je lui ai&#13;
souvent vu de grosses sommes d'argent, il en était&#13;
assurément plutôt le dépositaire que le propriésaire, parce que je ne lui ai jamais vu employer un&#13;
sou pour le soulagement, l'entretien ou les besoins&#13;
de sa personne ; elle les employait toutes en aumônes et en œuvres pieuses et quand elle avait&#13;
besoin de quelque chose, comme habits, linge, etc.,&#13;
elle le demandait au Séminaire comme le moindre&#13;
des ecclésiastiques; et ce n'est pas là posséder&#13;
quelque chose. Sa Grandeur était de plus fort pauvre dans ses habits et j'avais peine à l'empêcher de&#13;
s'en servir quoiqu'ils fussent fort vieux, sales et rapiécés. Pendant vingt ans, elle n'a eu que deux&#13;
soutanes d'hiver qu'elle a laissées en mourant,&#13;
l'une encore très bonne, et l'autre toute rase et rapiécée. Elle n'a eu pendant qu'une seule paire de&#13;
culottes de peau, qu'elle a aussi laissées fort grasses&#13;
et rapiécées. En un mot il n'y avait personne au&#13;
Séminaire plus pauvre en habits et qui les épargnât&#13;
plus que Sa Grandeur.&#13;
Elle avait même une estime toute particulière pour les personnes qu'elle&#13;
voyait dans le Séminaire pratiquer la pauvreté, surtout dans le vivre et dans les habits, et elle ne supportait qu'avec peine ceux qu'elle voyait rechercher trop d'ajustement,&#13;
de propreté affectée et de&#13;
délicatesse dans leurs habillements, ce qu'elle m'a&#13;
30 ]&#13;
&#13;
témoigné plusieurs fois. Une année, ayant demandé en France du camelot pour lui faire un habit&#13;
d'été, on lui envoya de très beau et qui coûtait&#13;
cher. Mais Sa Grandeur ne voulut point s'en servir ; elle le donna à l'église pour faire un ornement&#13;
violet et en fit redemander d'autre de trente sous&#13;
l'aune. C'était de celui dont Sa Grandeur s'était&#13;
toujours habillée en France et en Canada pour les&#13;
habits d'été.&#13;
10. Je n'ai garde, Monsieur, d'entreprendre de&#13;
parler de la haute contemplation et de l'union continuelle que Monseigneur avait avec Dieu. Ce sont&#13;
pour moi lettre close et je dois bien me contenter&#13;
d'admirer ces voies sublimes et élevées dans lesquelles Dieu a conduit Sa Grandeur et me resteindre à ne dire que quelques mots des choses qui&#13;
sont selon ma portée. Outre ce que je vous ai déjà&#13;
marqué du zèle de Sa Grandeur et de sa ferveur à&#13;
dire la sainte messe et assister aux offices de la cathédrale, nonobstant ses plaies et ses infirmités, et&#13;
de son exactitude à s'acquitter de toutes ses prières&#13;
et exercices de dévotion les soirs avant de se coucher, quelque tard qu'il fût et quelques embarras et&#13;
affaires qu'elle ait eus, c'était admirable de voir son&#13;
assiduité à assister aux enterrements de toutes personnes qui mouraient dans Québec, et son exactitude à offrir le saint Sacrifice de la messe pour le&#13;
[ 31&#13;
&#13;
�repos de leurs âmes aussitôt qu'elle avait appris&#13;
leurs trépas ; sa dévotion à recevoir et conserver&#13;
les rameaux bénits, à baiser son crucifix, la figure&#13;
de la sainte Vierge qu'elle portait toujours sur soi&#13;
et la mettait la nuit sous son chevet, à baiser sa&#13;
chaînette de l'esclavage et son scapulaire qu'elle&#13;
portait sur elle; son respect et sa vénération pour&#13;
les reliques des saints; le plaisir qu'elle prenait à&#13;
lire tous les jours dans la vie des saints et à s'entretenir de leurs actions héroïques; le saint et continuel usage qu'elle faisait de l'eau bénite, en prenant&#13;
à tout bout de champ dans le cours de la journée et&#13;
à toutes les fois qu'elle se réveillait la nuit, venant&#13;
très souvent de son jardin à sa chambre exprès pour&#13;
en prendre, en portant sur elle dans un bénitier&#13;
d'argent qu'elle avait fait faire exprès lorsqu'elle&#13;
allait à la campagne, et Sa Grandeur avait un si&#13;
grand désir que tout le monde en prît qu'elle avait&#13;
un soin tout particulier de voir elle-même tous les&#13;
jours dans les bénitiers de l'église s'il y en avait,&#13;
d'yen mettre quand il y en manquerait et pendant l'hiver, de peur que ces bénitiers ne gelassent&#13;
trop fort et qu'on n'en pût point prendre en&#13;
entrant et sortant de l'église elle les apportait ellemême auprès de notre poêle tous les soirs et les reportait le matin à quatre heures quand elle allait&#13;
ouvrir les portes; l'aversion qu'elle avait des moindres choses qui pouvaient tant soit peu ternir le&#13;
&#13;
sz ]&#13;
&#13;
lustre et la pureté de son âme, ce qui la portait à&#13;
se confesser tous les jours avant de dire la sainte&#13;
messe; enfin son exactitude à faire tous les jours&#13;
sa préparation à la mort et être soumise et disposée&#13;
à toute heure et à tout moment à subir ce passage&#13;
si redoutable, ce qu'elle témoignait avec joie toutes&#13;
les fois qu'on lui parlait du temps qu'elle pouvait&#13;
encore vivre.&#13;
Voilà, Monsieur, une partie des menues et ordinaires actions et traits de ferveur, de. dévotion&#13;
et de pénitence, que j'ai vu pratiquer journellement à Monseigneur pendant les vingt années depuis sa démission de son évêché jusqu'à .sa mort,&#13;
que Dieu m'a fait la grâce d'être au service de Sa&#13;
Grandeur, et c'est ce qui a été le sujet de l'estime,&#13;
du respect et de la vénération que j'ai eus et que&#13;
je conserverai jusqu'à la mort pour sa ~ainte personne;&#13;
C'est ce qui m'a souvent ravi et transporte&#13;
d'admiration et c'est même ce que j'ai vu transporter et ravir M. de Champigny durant qu'il était&#13;
intendant du Canada et qu'il voyait Sa Grandeur&#13;
dans ses maladies se coucher et se traiter comme&#13;
une personne de la plus base condition, elle (ce ~e&#13;
disait mon dit sieur de Champigny dans son admiration) qui, si elle était restée dans le monde et à&#13;
la Cour, aurait possédé par son mérite et ses rares&#13;
qualités les premières charges de l'État.&#13;
C'est&#13;
aussi ce qui a souvent surpris et ravi M. de Sarra[ 33&#13;
&#13;
�zin, médecin, comme il me l'a témoigné plusieurs&#13;
fois. Et c'est ce qui m'a excité à prendre la résolution, dès les premières années que j'ai été auprès&#13;
de Sa Grandeur, de ramasser tout ce que je pourrais qui ait appartenu à sa sainte personne, et depuis son trépas à tremper des linges dans son sang&#13;
lorsqu'on l'a ouvert, à enlever quelques os de&#13;
dessus sa poitrine et à couper ses cheveux et conserver ses habits et tout cela pour servir de très&#13;
précieuses reliques.&#13;
Je crois, Monsieur, que vous et toutes les personnes bien intentionnées approuverez mon procédé en cela, comme effectivement plus de trois mille&#13;
personnes de toute sorte d'état et de condition&#13;
l'ont déjà approuvé en Canada, en demandant avec&#13;
empressement et s'estimant bien heureuses d'avoir&#13;
de petites parcelles du dit linge et de ces précieux&#13;
restes de mon dit Seigneur, qu'ils portent sur eux&#13;
avec respect et dévotion ; des capitaines même et&#13;
officiers de troupe ont fait faire exprès des reliquaires&#13;
d'argent pour y en enfermer et les porter sur eux,&#13;
étant mus à cela par l'idée et l'estime générales que&#13;
chacun a du grand mérite et de la haute sainteté&#13;
de mon dit Seigneur et par les secours extraordinaires que plusieurs ont reçus et reçoivent journellement dans leurs infirmités par l'invocation de&#13;
mon dit Seigneur en s'appliquant des dites reliques&#13;
ou les portant sur eux.&#13;
34 ]&#13;
&#13;
Je me flatte même, Monsieur, que vous accepterez de bon cœur ce que je vous envoie de ces&#13;
précieux restes de Sa Grandeur, et que vous les&#13;
recevrez comme un riche héritage et une sainte&#13;
marque de l'affection sincère et du profond respect avec lequel je suis, Monsieur,&#13;
Votre très humble, très obéissant et très&#13;
obligé serviteur,&#13;
fr. Hubert Houssart.&#13;
&#13;
[ 35&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="196975">
                    <text>Copie en français moderne publiée avec préface par J.-M. Fortier, &lt;em&gt;Mgr de Laval, vu par son serviteur&lt;/em&gt;, 1961, 35p.</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="4033" order="8">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/fe2eba721dea32e08cd7402e34952330.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=pqZQLfZzEefkHtSqIZ-dNKPKLuXvDEjcSIf1BU24tVS34-javvsWnJ2Sro99Aouzl5njG7mbyERE1uFBGZnz0TkmrIJBGeorV3P1KiojtFxQQziik1wHu-s5D8%7EnEGCyXRgCa%7ELJWAkEHao36QmyACxMEAQFdLpZx2eDlewMI3oZwYszFWxQG2KqHhGAs0khbyd7y8VYUrkN9JWeXqt1D9pHucsBwQUQUY%7Es8%7ELhP9ArYpzStj3ysVHQZuil9dEh062V5HRBJ2PR6bAy3%7ETJCsKveyyjMjIia7Pnb6u%7E2swR0JUde1CfGZyDikXgq9PFHM3Xm9iTf4NK0JJvW7xyHg__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>20263c0db304af1f06b23406613b5212</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="170980">
                    <text>'·•&#13;
--&#13;
&#13;
'fl'lf~...- "'-&#13;
&#13;
'&#13;
&#13;
- ---&#13;
&#13;
---- ...&#13;
-&#13;
&#13;
··•-,)~---------&#13;
&#13;
_&#13;
&#13;
.,.,,~- ----&#13;
&#13;
__ _ _ . . . . . - - - - - - ~ - - - - - - ~- - -- -- -&#13;
&#13;
-~--: ---- ---&#13;
&#13;
-;.;.~'=&#13;
&#13;
-&#13;
&#13;
... ...&#13;
&#13;
--&#13;
&#13;
-~ - -&#13;
&#13;
- - - - . . ... -&#13;
&#13;
No. 9.&#13;
&#13;
LETT.RE INÉDITE DU FRÈRE&#13;
H . HOUSSART,&#13;
ancien domcst1"que de llfgr. L aval, à Jlfr.&#13;
Traml;!,ay . [,JJ&#13;
&#13;
de Ja éprouvé dans le soula gem nt r1 u'iJs&#13;
Je u e dous1 . pfil&lt;, Monsienr, que Yous&#13;
ont reçu da ns leurs peines et infirmitéz Jl(t r u'ayiez au.-,:.ii appri-, la distribution qui&#13;
1 invocation et le r ·cotu-s qu'ils ont eu à a été fai~e, à ,, gram1e insta;_1ce des peunostre dit St. défont, comme von's l'ap- ples du Ca11:•,.:i.. .du l inge trempé &lt;:-t teint&#13;
p!·cndrcz par nne ~utr~ vo_ye.&#13;
.&#13;
dn sang de mon dit Se ig ueur, de ses&#13;
. Copie de la lettre qu e j'ay écrite à MonPour mon pnrt1cnher, JO compte bean- cheveux et ttû ses ha! &gt;ils . Connue ça&#13;
sieur 'rramblay Dirccte;.u- cln Sémiuaire conp sm son pouvoir, et ine confie parlicn~&#13;
été moy qui.:,· trempé ces lü1ges dans&#13;
des .Missions étrangères de Pa.ris et pro- lièrement en son sccoms et assistance, non&#13;
son sang lor::&lt;?,u 'on l'a ouvert, et qui ay&#13;
cureur du Séminaire de Québec a n "nj et seulement pour cstrc déli,rré, ou notable- coupé de ses cheveux, ne le faisant dan~&#13;
de la mort de Monseigneur de La val ment sotùagé daus mes i.nfinnitéz corpole teins q ue lw:i,: ma consolation partiPremier Évêque de Québec en daste du relles, comme il m'est desja arrivé plusienrs&#13;
culière, p énétré que j'estois que ce sepremier septembre 1708.&#13;
fois, mais ce que j'estime infi.~lin:en~ ~&#13;
)lus, roient d e très prècienses Reiicrues ; \·ous&#13;
l\.Ionsi ~nr,&#13;
pouï estre assi. té dans les besoms 1~lte1:1eu~·s serez sans dot1ste bien aise que je vous&#13;
Vons avez clesja, sa.us dontu, appri s, de mou âme, tant pour cstre aidé a~ e- fasse un petit détail de quelques actions&#13;
la mort de Monseigneur de Ln va.l ancien talJlir les vertus, q n'à en dét ruire les vices communes et ordinaires de Sa Grandeur,&#13;
e t premier Évêque du Canada, et ce n 'est et mativaises hnbitndes.&#13;
qui m 'ont le plus touché et m'ont fair&#13;
pas pour vous e n informer que je prend là 'Totites les personnes du Séminaire doivent&#13;
prendre la résolntion, 1&#13;
1lus de 11uinzc ans&#13;
liberté de vous écrire colle cy en pa r- a,·oir aussi un e confiu i1eè très particuli~re avant sa mor , &lt;l'en agir ainsi.&#13;
ticulier, ruai pour Yous témoigucr cornbien ::u~ •mérites et i nlerce·siuns'cle leur prenuer&#13;
C'est dommage que Monse.igumn· u 'aii&#13;
cette mort et la séparation d'1m si bon, si Père; c::tr ~• Grnnde nr s'esbmt offerte en&#13;
a&#13;
pas e u à son service et pou;· t émoin de&#13;
saint el si clmrit.ablc ma istre lll'u été sa ·rifice,comme elle fit six jours tffaut son&#13;
ses a ctions odin:üres, u ne personne plu&#13;
sensible. Cela est aisé à conccvÔir, puis- c: t, tréms, ponr porlcr la peine &lt;le tous les&#13;
éclairée et plu-; intelli 6 cnte dans les cho.,&#13;
qu'ayant en l'honneur d'avoir été conti- ...,échés1 dn S émina ire, et ayant pne n·&#13;
mu ses de D ieu qne moy; elle aurait p û ,;ous&#13;
11ue1leme11t attaché an scrvi?a de SR i 'rat1 - de l'extermmer etle .:eu1c, ~r cl' epar gncr&#13;
P&#13;
·&#13;
'&#13;
un '&#13;
donner, 1',f0 m,e11ï , toute une autre saüsfac ' eiu t en d:lll.t Le, viug.t d e.:·ll.Îèrcs r 'bs fontes les antrt'S pe rsonnes &lt;ln di t" S fo 11tion, 1m.r le àéta i1 qlù;.Li.c ·,·c•t~z C:!l :.m~ci1&#13;
de sa.Stc .&#13;
t :1uc :'::~ Crande uniyaH!&#13;
:i.&#13;
!Hwre; ay&#13;
t prié a ussi de détrnùe entière- fait, que Je ne pourra. foire. Ce qui m ·a&#13;
eu pendant tout ce toms là, 1me g rand e m eilt le p éch 6 d o sa sainte m aison-et d'y&#13;
tonjours tenn dmJS la surprise e t dmis l'acL&#13;
cllll.rité pour moy, e t une très-grande con- maintenir jusques à fa. fin des siècles le&#13;
miration a esté de voir un homm~ d'un&#13;
fiance en mes soins, vous n e pouvez très St. amom et le véritable culte de&#13;
aussi grand mi:rite, cl' nne aussi grande&#13;
douster que je n'aye contracté une gran- Dieu et de la très sainte famille de J ésn,&#13;
qualité, d'nne aussi grande vénération , _&#13;
de union, un grand appuy et une atta- Marie, Joseph, · t des St. Auges, et Sa&#13;
e&#13;
et aussi u tile f il ce pays qne l'étoit Monche toute particulière à Sa Grandeur, et Grnnde1ir avant été exaucée 1mr le reseigneur, cassé et rompu de vieilles~c , de&#13;
que par conséquent la séparation d'n~1e doublement·de ses dmùem s qui furent&#13;
fatigues et _&#13;
d'i_nfu-mit:::z jusques à l'âge&#13;
· ·&#13;
,&#13;
·&#13;
personne qui m'estc1t s1 c l1ere e t s1 utile excessives depuis ce jour là jusc à sa&#13;
1u'&#13;
de quatre vrng t ci.uq ans, estre aussi exne m'ait causé une peine inconcevable' mort nous ayons tons lieu tle cruire qu'il&#13;
acte gue l'esta.it Sa Grandeur à se m ortifier&#13;
Mais la consolation qui s'est meslée nous 'a acquis par ses souffrances des grâces&#13;
en toutes choses, et à d énier à ses sens&#13;
parmi la tristesse, en voyant un saint ~non- partiClùières pour éviter le péclié et pour&#13;
généralemeu(; tous les petits contenterir en saint a près a·:oi.r vescu en samt,a pratiquer la vertu.&#13;
ments et so tJ.lagemens ,-,u'il ,nouvoit léo-i'1.&#13;
b&#13;
été un très grand soulagement à ma. peine,&#13;
Mais j e ne puis, Monsieur, me dis11en- timement recevoir, comme par exemple&#13;
a ussi bien qu'à c01le de tout le Sbmii taire et ser de vous dire que quauil il me reYieut&#13;
lo. de coucher sur 1m trè&lt;; ch étif matelas&#13;
~e tous .les peuriles du Cai:ada. ; et la l~au~: en la mémoire l'accent et la ferveur aYec&#13;
sur les pla11ches, &lt;lan,"' des couvertes de&#13;
idée que nons avons teus de. la g1 a11&#13;
laquelle Sa Grandeur prononçait ces pa- laine, sans &lt;&#13;
lrai1s:, à moins qu'il ne fn t magloire que possède dans le ,~.iel nost.e d~- roles et beaucoup o.'antres pleines &lt;le fou&#13;
lade, à faire -:.ous les :jonrs l uy même son&#13;
funct et nostre conunm1 '?ère, nous fait et cT'P_&#13;
mour, les yeux et.les 1,,hDlS éi '.!,.-ées pauvre lit ju:;q_ L,' à ltt fin de sa vie, sans&#13;
espérer que par son i:1terces:::ion et soll ··ers le ciel, r.vec des :,J!,tÏ!:neru estm pernietl!'e q1ic j'y tonc:.he auc très rarecrédit auprès de Dieu, il nous dedorna.g 0ra 01:ù.inaires d'hamilité et de n: ép!i.:, d~ soy&#13;
ment. Qum,&lt;l pendant un; grande macopieusement de la. perte qli:e nous avons même, et des reto~u s èl'tme vé.-.itg_;:,le conladi3 qn'ew,t S :1 G-randeur, et que Mafaitë de sa St/ p :fa,ence. P lns.Î l:llUS l'u1~t fiance en Dieu, nonoù;;iaat., c · - cl1 è,&#13;
k oit&#13;
dame de C}1&#13;
ampign y (qt · avoit le privisa t rés graude incligni,é, }eu ay le c00ur lége, à came de sa verü&#13;
e son mérite,&#13;
(1f) Le Frère H?ussart, co, me Oil le v o_it c;UJ,s&#13;
lettre étnit 1m frcrc "Donné. ou F.ngage." On a.J. s1 pénétré que jo ne puis re~&#13;
eni, mr::; d'entrer en ~a chambre en w u, toms) l'eust&#13;
Jicloit' ainsi des domestiques qni se donuaie:ut :rn SénJJ·&#13;
·&#13;
·&#13;
·ucr Je&#13;
mure et s'eugagcaint, p ar ,;œux sunp 1 a I.J:amt 't 011 larmes; je souhaistois pom lors que tou! e.:: fait consentir à se coucher plus mollement&#13;
_ ,&#13;
es,&#13;
profit de In nui.ison qui de son côte, se ch:ir:;cv1 .&#13;
les nourrir et halJillcr' rn santé comme eu ,na .a~l!L~ les personnes du Canada eussent pu un- qn'il n'estoit, Sa Gran.Jem agréa que je&#13;
OuU·e le ,scr_vic(l orcliunirc de la mai so;i il9 tra .-aill:urJJ tcndi\ , . hacune mie s ule de ses p,n-ok·:;. misse une 11aiilasse sous sou matelas , mai~&#13;
comme Faillcnrs, Cordonniers, 'fisse.iaus, &amp;c .. &amp;,c•&#13;
Ils loo-ca\ent &lt;l:u~ une aUe qui allrut de la c,u:&lt; n~ pou_r en estre ~lies cm lJraséet,&#13;
elle"' elle ne fut pas plntost g uérie qn ' E'lle n e&#13;
nctnclle a la C hapcll,; (alors los parloirs). Le tut_&#13;
ét01ent tontes c~,à:l~~e 1,linctrer, ,tl- quista pas la pn.illas:sc , à in véri té , m;:ûs tons&#13;
p.rès de la ,p orte&#13;
ln çu.isic.c, et celui sur lel(u el&#13;
appuy é Je J CU cl~ p elote,_" sont de., 1·cstes de fetl t endrir et enlever les coen ~ême les plus les soirs quand j'Nois sorti de la ch ambre ,&#13;
hâtisse, Il y avait c1;1co_rc cu,'J ou six fr èr es D onn ss ~11&#13;
1730; mais le Sém1nnu c a er.ssf c&#13;
l'.cn prendre nprce endmei, ;.&#13;
&lt;&#13;
après qn · 13a Uramkur i::'c ..toit (·0 1tPh&lt;?t' ,·&#13;
'&#13;
&#13;
,-i;.&#13;
&#13;
e•:&#13;
&#13;
l•·ur mort-&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
?u&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
.... - - - - . - ~ ~&#13;
&#13;
�traordinaü em e1i"t foible ou malade , et&#13;
,::lies&lt;:: levoit tout Jo ucement, de peur que ' au sole il do.ns son petit jard in, et quù.lld je de se serv ir&#13;
de chaises&#13;
t resiuia ne l'entende, e'le ostoit le matelas de pausais le soir son cautère du bras, je com modes pour une&#13;
personn e&#13;
de&#13;
:; )n lit et se èonch0it sGr la paillasse, etle trouvais sa ch emise et sa soutane toutes son âge , de d ssns les quclk :s e lle est&#13;
:uatin elle remettoit le mat ~las et mcom- trempées et pénétrées de sueur, je re pré- sonv~nt tom b ée et s'c. L blessée notablem odoit son ht sans qu' tl en parût .rien, scntois souvent à Sa Grande ur le besoin m en . D e &lt;lire :issiduemc nt la. ....;te . m esset ell~ continu:L cch pendant près de qu'elle :i.voit de chan ger de chemise et le se nonobstant d es ouvert.mes et des play s&#13;
,.ieu:~ uns s,1!:s y rn.:.nqne r _m~e. sè1üe nüît, danger qu' il y avait qu'elle ne gagnât par t rès considéra1Jles et tr è sen ·ilJles qu'el.1L1elq11e t:1rd qn'il n i.t é t ', et quelque fati- _e froid du soir quelque maladie, c'est à le avait auy jaml)cs et aux pieds et q ue&#13;
l&#13;
-~uée qn'r.it été Sl:l. Gra.!:l&lt;leur ;- c'est ce yno quoy je ne la pouvais faire consentir quoy nos 1irs. et m ême J.Vfons ieur le Médecin&#13;
'enteï1.(lois tous les jours et 11ue je voyais qu'elle en eû plusieurs en sa chambre, luy représcntasse· t l e tort g_&#13;
n&#13;
u'c1le faisait&#13;
-~:mtes lr:s f.Jis qne je feignois avoi.rq11elqnc et elle se couchait ainsi la chemise toute à sa santé en se gênant t souffrant com1&#13;
Les0:n en sa cha.rn1re es.prés, afin d'aYoir trempée et to1 te froide . Or quoique éettc Ine elle fa1soit pour di re h Stc . messe .&#13;
'B contentement &lt;le voir ceta i jusqu'à ce mortification ne tue n'y ne b lesse, elle&#13;
D'assister en ces états t avec toutes&#13;
.• ue la p:1illa&lt;;se c..:t:rnt t oute rédtlitc: en m&#13;
paraissait néanmoins fort rude à ces playes i tons les offices clc la cath é:'.-:mssière et 11lein.e d e puces, je gagnày supporter, car qui est-ce, quelque pauvre dral e quelque froid qu'il fit, et de s' y&#13;
,: 1r sm Sa Grandeur de l'&lt;lstcr, et depuis cc qu'il fut, qui ne se crût obligé rour fiure porter quand ,ll e n e pût plus ma r~&#13;
, mns là jusc1n'n. sa mort, :nonobstant s&#13;
plusieurs raisons fort sensibles de changer cher. C'est cl:rns la p rutir1ue de cette&#13;
;)ngnes et fréqnentcs maladie;;, elle n'a d. chemise , estant clans cet état le soir ferveur et dan · l'exorcise de 3ct1.e d é,::-Juché que sur rn1 matela:, s•w 12 · planches. sans feu , an serein, surtout ayant si b enn votion et de cette !mine d' elle mêrn.e ,&#13;
Dans le dernier ·voyage q.:;.•'! Sa Gmndeur moyen de cha n ger qu'en avait Monsci- qu'elle g[lgna pen&lt;la1it l' ffice du ven~gt revenue de Frafüe en Cn.nada,où j'a- o·nc nr .&#13;
dr~(~Y sa\~t, par un des plus grands&#13;
:;&gt;is l'houuenr de l'accoinpagner et ln&#13;
4o. Comme sa Grandeur étai t d' Hnc frm us qu il se puisse faire en Canada u. ?n~ix, j'est:lis tout étonné Llc -.:oir (lU\!d. ns complexion fort sensible , l'on aurait cru à ne engelure au talon qui lny a causé&#13;
JS pauvres 1rntelleries· où il Y ,\\'ait de l'cntcnùre se plaindre clans ses infi :mite z la mort .&#13;
:•:i.UYïes lits, Sa Grn.!1denr se &lt;l,.&lt;;habillait et dans ses d0tùeurs, qu'elle avait clc la&#13;
[ à contimœr .]&#13;
· :im s''f coucher, t!lD is &lt;.lnLS l-·s endroits pcin~ et de l'irrésolution à souffrir; mais&#13;
-=""""======== = = =&#13;
:.,). il y a.voit de boes lits, Sa G·andeur tout au con trai re , si elle se pl t&gt;.ignait, cc - =,_=.,.....,.,,.,,&#13;
t) 4~JJJm r.ï Jlb&#13;
·.e f.i.isoit rine S8 jcsteY dcssns sans se clcs- n'était que pour cache r l'amour et 1:-t- fcrQUÉilEC , 23 NOVEJ\'I IlRE:~ 1 8 4-8-~.-- :,:ibiller ; ce qu'ell.c fit rncsmc an Sémi- v m a vec la quelle c::a Grandeur sou:m·uit&#13;
N&#13;
-'. J.ire de, Tours; rhns la chambre gar- Il est tout naturel d'en porte r ce Juge- .. ous _&#13;
apprenons que l:i. cause qui à fait&#13;
_ie qui y o:;t pot:, i\lonseignem: l'Arche- men.t car comment croire que Sa. Gran - ~ flere1 Jusqu'à présent k s leçons de des,&#13;
·~qne dn hen, ù:m,· l~r~nell(rou ·loge dent 'a.it eu. d e la p eine et d e l' irrésol n- s 1tl: . .,lit l c 7.'et.:."1:,--" !'lomh.-c d.¼l~&lt;?-" 'll-Ü.uit._ 1.o:!a Grandeiir .&#13;
\t ton a souffrir e 3 a:ou1eur'3 r1ui l l&#13;
m?1&#13;
gné v ouloir les sn i vrc . L e dessin liné-2u. De ne s0 j::i.wais c.;ucher qu'il noient immédiatement par i'orclre et la rairc smtout a bi en peu de r artisans parmi&#13;
•:'eût dit et ne ~ fut :,çc11ütté de t, li': di::position de Ja divjne providence à h - les écoliers . :Nons ne pouvons devine r d' où&#13;
w&#13;
'. ,~ offices, prières, lcct1tn,·, cllapelc, ··~:~ . quelle elle éta.it si soamise qu'il fauchait vient l'apathie q ui r ègne parmi n os con~&#13;
,·_ uelque bd cpùl fu t e quelqu' affaire un volume entier pom raconter tous les frères 1&#13;
,onr un art aussi utile q ue celui-là . D&#13;
,n'eut eu SaGrà.udcnr,ct,r~1oy qn ' il s coti- traits cle sa sou mission . Puisqu'elle mê- nous semble que les élève.· des classes stt.:~1ât fort tcwd, ne jamais m:,n, pi.Cr il se lever me chercha it tons les jours les moyens pé rienrcs du moins dev raient s'y porter&#13;
_-,mc1a nt pln.'&gt; de cpünz . alli( ":i deux h enres (cachés) qu'elle 1&#13;
,ouvait s'imaginer pour avec z~le . e~ donner nin1:li l'exeiuple an:,;:&#13;
ci a m atu1 (Je 11.e 11~.trle qne cl11t0-:;ps qnc j'ay se procurer des douleurs et tles souffrau- classes 111.fêncurc. Il n'est pas un seul P h J ·. ,rry Sa G;_-;i_rnlen~, car_pht\ de t rente an&lt;;. c&lt;'s, comme s~ut par exemple , de por ter siciE'n, pas un seul Math ' rnntici n surtont&#13;
:.'.lpara,?nt elle ~e levait à h. mè.1.n e heure) presque tons les jours le cilice , et de le puisque le dessin h néuiTe est nn acces: les cu1q dc rm èrcr; "nnée\ de su. vie, sur qni.tter tous les soirs en cac1&#13;
1ette ,cle peur soüc des Mathématiques, qui ne cl ùt t âcher&#13;
, : trois hemcs. Et th SC\ love r pendant que je ne le visse en pansant le cantè - de tronver quelques moments à. y consais dil.tc:,ciuinz.e a.1111.:,e~et ctllcs d'::mpn.r:i- ,·c rlu'elle avait an bras,et sur ses der- crer. On ne pC ici allégn ' r pour excuse&#13;
lJt&#13;
·'lnt, tout s:::u1, f':lns îcn, n'\i.ya.nt point de nii:.r s années qu'ell e ne pouvait presqu e J.e défaut de moyens pecnniaires, puisque ,&#13;
... iuëlc cln.ns s: c111 w~:Jr~ .où ~eloit. très fürt plus agir, le porter jour et nuit et avoir g-râre à la libéralité du Sémit1aire , le pri,t&#13;
' ). -~ 3 les nntl.'! 11:::uou.1,t l'lp . c1., s•:1. ' ·1· cr• .un tn::s granc som et f:uu.e en s ore qne&#13;
•1t C&gt;'&#13;
. • ua.01 1&#13;
'&#13;
r .&#13;
.&#13;
t&#13;
.&#13;
- • 1\&#13;
1&#13;
n e s'élève qu'à quelr1nes shelling ; on lle&#13;
,·:it 8 -::ill, hand'lr ses r,mb::.1 &amp;c . &amp;c. S\, 11 je ne le voiy point en pansant le dit saurait u on p~n. s'excuser sur le peu de&#13;
·&#13;
,e&#13;
:1-· ·&#13;
.&#13;
,..,&#13;
,.a&#13;
1 l . à m1:1tre 1101:.rc · :'l l'é"·l,;e , 1. l ,\llt&lt;'rr10 ' c:an1 è re ( c'est pourtant ce q LU ne se pou- temps qne la issent les an tres occupations ,&#13;
0&#13;
- h ron.111 , ea _ ivnr les pol 'S, sona0r sn vait faire ) et quand ils etatent d.éch i- puisqu e ces leçons n e prendront qu' uJ'.le&#13;
.,t:',-·•e r1ui éto,t la pn'miè,-, 'l•1 ·, ·&#13;
' ,.&#13;
'&#13;
·&#13;
,.,,&#13;
·&#13;
.&#13;
,, 1 ne1.n-0s et r~s elle les racomrnocl ait c11e m ême et a- ]1eure 1 s:maine, et qn'il n'est person r:.e&#13;
,ar&#13;
. •mie ponr lr•.;;,. tnwa1ll:m;: ', •,~ ,·e t &lt;'t a l'. va1·t ron3om-s pour cc1a d u fil e t c.l es ai, e.&#13;
· .&#13;
,&#13;
. .. .&#13;
.&#13;
•.&#13;
&lt;J.lli n e puisse facilement trouver ce ternpS ·&#13;
::sc on al.a sn.. nSlic qw c~Ht f'ort froid guilles , et quand il s'y engendrait de la&#13;
"N"ous pouvons prédire an g ra'ml nombre de&#13;
'. inCûtnmo . vonr lon·, ]' •·'·1 es a Së&gt;pt verm ·&#13;
•nn&#13;
•&#13;
·&#13;
1&#13;
me elle les lavait e1 e-m é&#13;
•me dans&#13;
ceu~ c1ui négligent nujourcl'h ui d'ap,-ures sans voll' ny s, &lt;:lt'thffl' t. acl' untr 0 cc 1' i::au chande , et tout ce1a en cachet·&#13;
• ,,1&#13;
,&#13;
l&#13;
prendre le dessin, qu'ils s'en repentil'oflt&#13;
,:· ,1 tlnr:int cc t i ;; là,_ pen .mt. le: i,lus te. De baiser son bandage avec une af.&#13;
plus tard, et lorsqu'il 11e sera plns teJ.111 3&#13;
1&#13;
.~·ands fro 1 d:&lt;:, qne ccllll Ült l·éehn.:.td rlvn foct.ion et dévotion toute particulière à de répare r la {ante qu'ils auront corn rnise.&#13;
·&#13;
·&#13;
' ·&#13;
--;. · :--'estoit SL)r,:y pc,ur ilir&lt;' l:i. s· rtF-s. 0. cltat1ue f01s qu'eIle 1' ostmt ou 1e mettait, S' ils viennent un jour à avoir hesoil'.l de&#13;
; •&#13;
.&#13;
: 1°.&#13;
.,&#13;
3o. Com 1~c 1~. llor,n1. 1t tr&lt;!s p;-,t la comme un digne fruit de es fati()'u cs mettre un plrin qnclc~nque sur le papier,&#13;
··t il u[()Jt o1rn:rl: &lt;le i-(,,,. ••., 'ton , &lt;'&lt;'S Lt 1m .instrnment qn1 servrut a 1a °&#13;
.&#13;
•&#13;
. .&#13;
,,.,&#13;
-l,&#13;
faire (et quel est l'homn:e mst rnit qui n'a 11as&#13;
'&#13;
ri.1;.•s,chapr'._,l-', &amp;, · &amp;c_. en,,0 l ·i"Olnc&gt;p:int •. ouffrir . De ne vo1ùoir point s'as eoir quelque fois besoin d e 1e fa ire?) c'est alors&#13;
1&#13;
·u d"' n" p-,n1t a« '"1Up1r ' . e,, rpt , 1 f;, isriit &lt;l an. un f'auteml q n,e11e a v a·t tans sa&#13;
.]&#13;
.&#13;
]&#13;
c,;&#13;
•&#13;
,&#13;
1&#13;
qu'ils reconnaîtront l'utilité du &lt;l -ssin li•&#13;
:d'ln1Jeo.~:,',,::;r,:n,L3r-hu.lr.1.rscl, l\,.,,tù, rhaml,re à. moins qu'elle ne füt ex-&#13;
&#13;
œ&#13;
&#13;
�{, ....&#13;
&#13;
- -~- .~-:,i ~--- :&#13;
&#13;
.,-=:.-:: -- .&#13;
&#13;
·-•&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
. . \._,- --·----~:,&#13;
•\.r- ..J.-_....~•1 ,,_•- ·---------------~-~ - -&#13;
&#13;
PETIT :3:B)lli"\îAlRE DE QUÉBEC,&#13;
&#13;
VOL. 1.&#13;
&#13;
30&#13;
&#13;
-- - - --&#13;
&#13;
--&#13;
&#13;
., ..&#13;
&#13;
.&#13;
.&#13;
&#13;
NOVE~IBRE, 1848..&#13;
&#13;
-~=-----.&#13;
&#13;
N o . 1C-.&#13;
&#13;
LETTRE INÉDITE D U FRÈRE&#13;
H. HOUSSART.&#13;
&#13;
Gr:rndeur par compassi on: Eh! bien, Mon- d'eux-v01ùoi.ent t â::he1' à luy faire de bo!la&#13;
·eigneur, que voulez -vous que nous fas- r goust e t de bon goust, et ::?a Gra.nd el.Lî&#13;
8 1.titc.&#13;
sions? que m ttrons-nous s ur Yostre playe? vouloit que les vi ndes n'eusseLJt -m,c1,u&#13;
Il est vray j'avais comme prévu ce Sn. GrLrnd e m l ny r ép ondit d'un accen t , goust, e t pour cacher sa m ortifi.ce.tion en&#13;
nnl et j'ava is prié 'a Gr,1ml nr cl ès le di- tout tran ·porté et e m brasé d e l'amour d e r &lt;'l'l a, ·elle se plaignoit d es meilleures&#13;
nnnch c d es ra ma ux d e 11 point a_··ister Dien et les m::ti ns j ointes: Mon fr1~re , j e ne vian d es et des m icnx aJlln·estées, en d isant&#13;
à l'offi .::c d o cc jon r p:ucèqu son pictl 6- veux que Di eu, friiste tout ce qu'il vous qu'elles n e valaient rien, c 'est ce qti i&#13;
toit extraor.:1ina irement enflé e t qu'il y pla ira. et cc que vous jugez qu'il fa ut mortifioit '°'xtrêmement les cuisiniers et&#13;
avoit du dunge r qne le froid n 'en ana-- faire .&#13;
leu r f.t.isoit hrc que Sa Grandeur était&#13;
m e ntâ';. lc m:tl; m:iis Sa Gùndcur s ni\-ant&#13;
_fais, m e direz-vous, l\fonsieur, puisqu e bi e n difficile . Si Sa Gra.nè.eur rl.V'oit,&#13;
l'attrait tlc s::i. d évotion e t d e s::m zèle n ' ut \"OllS dis tes que Monseigneur estai t si comme bir&gt;n des Sts. ont fait, fait paroHre&#13;
uuc ùn égard à m es prières e t as.~:stu à f patitmt, Jll,urquoi cl one se plaignait-il? de s::i. mortification, e t qu'elle eût déclaré que&#13;
t :1nt l'offi ::e d o cc jour q~li est fort lon(T• qu els t? n n e.; se servait-il po11r que l'on •es viuwk&#13;
bien apprestées étaient&#13;
le m crcrelly an oir Sa Grandeur ay:!nt puü,_e Juger qu'en se plaigna nt il souf- b onne , m '.l is qu'elle voulait s'en pr iver e t&#13;
Hé à. tén,!d;res, elle se plaignait b 'an - fr:iit patiemment? Voyez Monsie ur,ses pa - n'e n a voir qnc d es m oi ndres et mal&#13;
~qnp de . ~on pi ed, s ur qu oy _j e lny dis les e t&#13;
s terme~ les pins ordin~i~, s : n.ppr cstée:-; afin de se m ortifier, chacun&#13;
q~;e je &lt;lirais à M. le Supérie ur d e pri- 0 't7wn D teu . que JC ~uff:·e, ayez pitw_d(! auruit appla,ucly à Sa Grandeur, cela aurait&#13;
er Sa Gr:i.ndeur cJ~ ne point aller d'ava n- moy, 11wn D lCu , û D ieu d am,our, û D ieu c:ilmé les esprits et auro it fait avoir à tous&#13;
tage i l'église cette semaine li, et qu'as - dc_lx;,nté,_û D ic2t cle_&#13;
misérù,orde, _faites nwy une g ra nde ·cstim.e de sa vert u e t de s3,&#13;
irémeut 11 arrive rait quelq ne chose ??user'.cmcle_, nwn Du::u, vostre sain te ·volon- mortification, n1ais ,c'est.c e que Sa Gransl\ str..wrclinaire à ce pied. Elle m e d it té soit fait e, û m,on Dwu !&#13;
C'estoit les d eur fu-,·oit comme la peste, e~ en méc e.&#13;
· t&#13;
1. .&#13;
"&#13;
d&#13;
J&#13;
que ce n'estoit p '.LS la peine d 'e n p:1rler, r:au~ es or~nm 1&#13;
_rt;sd~ 11&#13;
Grau _enr_r~i- pri sant ai.nSÎ lçs bonnes viandes elle&#13;
6&#13;
1&#13;
et d epuis c e mom ent là elle n e se plai- te ruit une rn m~e e 101 s, es m~ms Jorn- co n te ntoit s::i. mortifi.atiou sans qu'on&#13;
gnit plus, de crainte qu'on l'empescb ât tes e t _ _ eux elev_ez vers le ciel, av ec s'en upperçusse, en n e :,;'e n faisant se:rles y&#13;
d'assister au ·- reste des offi:::es de cette une d eYot:on men-eilleuse, non seullem ent vir qne d ,, mécl:antes on Jcs rnoindres,et&#13;
sa.in. te semuin '::ui'ii.::i.nt mie ux so uahr q~1 •:1 11 s es vwl'.3ntes &lt;lotùetu-s que luy-a Qtcll•1 s"attiroi; t: ,,. plu::;, p::ir u ~grn.nàe humilité&#13;
•&#13;
·&#13;
,&#13;
nlaye ' 1na1 encore d·&#13;
·s&#13;
•&#13;
, ·&#13;
·&#13;
d e u.rn.nqucr à ses c1e vot10ns e t a l' ..Lrc1e m· sees sa d e rni ère i·&#13;
L1ns toute ad nur ahle, 1e 111epns d e plusieurs et&#13;
: le , pour assister de vant le très toutes les . gra.ndes ll&#13;
cloule ltrs qu,, je lny a" l' es t·1m e qL1 ' on 101so1·t que~ e e t 01·t tr es d.f.·.&#13;
r .&#13;
, 11 ,&#13;
, 1&#13;
d e Son Ze&#13;
,&#13;
J&#13;
.&#13;
II&#13;
.,&#13;
··&#13;
· ,&#13;
t C)UI e t 01·t ex t raor a·W ,LLl·re veu son .ru Journe, ement 11end"~t l ' espa- fic1k. Qaelqu'u n rapportant souvent à&#13;
S t. sacrem e n,&#13;
.&#13;
.,&#13;
...,&#13;
d a ns c es temps là.. J'auray plutost fait, cc de ,vrngt anne es_ qne Jay eu l'hun - Sa Grandeur que l'on disait qu 'elle étoit&#13;
Monsieur, de vans dire en d eux: mots, neur cl être a.u service de Sa Gr.iucle tu-, fort diffi~i le pour son muno·er, Sa Gran. l&#13;
·&#13;
de et se,; plaintes étaient plutost d es élur . 1&#13;
. •&#13;
,&#13;
&lt;:&gt;&#13;
•&#13;
·' ,s c enr ne fa1s01t autre r epense que de dire&#13;
q u e qn:1ncl il s'agissait c u s2r v1~.e&#13;
u - d'amour de Die u et de , conformité . • s·•.1. H&gt;1t tnm qu1 . cmc nt et d oucement qu'il&#13;
'&#13;
r&#13;
·11&#13;
·&#13;
D ie ~ et d o la charité cl n pro::: h a111 ,_&#13;
l&#13;
a&#13;
.&#13;
•,&#13;
.&#13;
iJ.&#13;
. 1&#13;
, , toient sainte. volonae, qu e de ventables r&gt;la in tc" .f: 11 't 1 1 · .&#13;
,• .&#13;
• •t&#13;
cnnes d ouleurs ny 111 1r1111 ez ne&#13;
,, . a 01 es :ns:;er eiire&#13;
r:1t'rc 111~nnt1er S., G1·,, 11den r 5o. L 1. m :1rtificati on a.u boire et an m an.&#13;
_&#13;
M a1s, 111e n:rc;~- \·ons, 1\"ons1eur, qr.e l'&#13;
.&#13;
'.&#13;
.&#13;
'""&#13;
"&#13;
,1&#13;
'.!&#13;
1es&#13;
Cal),.,bles cl'y 1;&#13;
·1 , O'JS g er n'est p:.ts le moindre point &lt;le ses v er' en un soul poi_nt; m :iis quan d 1 s a b&#13;
étoient donc l es Yiandes qn'il folloit servir&#13;
.&#13;
ou tus, au contraire j e crois que c'en ef·'&#13;
L&#13;
&lt;l&#13;
soit d e ci vilitez pnrcm ::mt hum:11nes, .&#13;
., à Sa G rau · c nr 1 Tous les cuisiniers et&#13;
nd s, quoyqne bien d es t l épe usicrs qui ont etc au Eéininaire&#13;
•le , ·s 'tô&#13;
-s&#13;
1&#13;
nrc1101t un des plus gru&#13;
·&#13;
, ,&#13;
, "- 1 1 "' 1·,1,·t1·1es S," Gr"11de t1r· 1 ·&#13;
L&#13;
"·&#13;
...&#13;
·tez personnes l'a yt tenu pour un homme fort&#13;
touJ·onrs le prétexte d e ses in fi 1 ·&#13;
11'111&#13;
peuvent dire ::t.Ycc rnoy q:1'il ne lny fallait&#13;
ême difficile en ce poin t . Il est vray qn'il&#13;
1 f&#13;
pour s'en dispcnsçr ~t fai sait 111&#13;
,, faut l'avoir pratiqu é et servy autant d&#13;
que cln JŒll ruant et corrorn r n , et que&#13;
ponr cela, &lt;JU elquefo 1s p:uoîtrc · cstre&#13;
.,&#13;
[; .&#13;
pourvcl! qu'elle eu cust d e tel elle Hoit&#13;
·&#13;
.&#13;
.&#13;
plu s incommodé e qu , e Ile Ile l'estoi t en tc ms qne J ay. ..ut, pour avoir bien s~û cuntcu tc; 1' 1 on y n,;01~;:;tc,;.t a. n , -eau ou d es&#13;
1&#13;
1&#13;
effet.&#13;
connaître et c,1ffiscer~1er e vray d'avec l'ap - volailks il fa] !oit q t Le llcs fo s, n t de mém.c.&#13;
'&#13;
]a pare nt, car e ec tivem ent Sa Grand e ur&#13;
pa antes et corron, pne.· et prcpre:: à rlotost&#13;
1\'I ais ce qui fait mieux connaître&#13;
paroissoit ben.ucoup affectée d e ~ertain ,&#13;
f. ire mal a11 cœur q n' ù coni.L'nter k goust.&#13;
::ttie1&#13;
~ce d e Sa Gra.nde m clans ses p1&#13;
ns&#13;
P&#13;
~üliments, et m éprisait l es autres d 'nnC'&#13;
,&#13;
f. .&#13;
.&#13;
,&#13;
Je l \.1y v en 1 tus de&gt; c •ut fo i1s garder de ln.&#13;
g randes-plaintes_ c'est: que q ' t::i.nd on , •oLLrn::m ière iL ,.ure crotre qn il rech erchoit SO!l&#13;
v iu n de cuitte tbns sa c:bn:nùr ( car comme&#13;
lait avoir égard à sa do L~lenr et à ses&#13;
1- go ust; m ais il est certain qu'il ne Je vow, scavez . ,Ir., S:,1, Gran l 'lll' a toujot-iïs&#13;
nlaintes e t qu'on vouloit l' éparg ner, e&#13;
r&#13;
rech erchait pas, bien au contraire i l&#13;
le vo~ oit qu'o!1 fît ce qui était n ée.esü&#13;
mang6 cl.ms ,n chambr,• penJtrnt l P-s vingt&#13;
- ch erchait à le m ortifier e n tout, c'c 8 t&#13;
saire à ses playes s:ms avoir égard a.&#13;
Lkl'llièïe ann6 cscl c sJ. v;0) .('lï) Jel'ay ni e,&#13;
de qnoy j'ay autant de témoins qu'i l&#13;
ses plaintes et don1e urs. En pa nsan t&#13;
d is-j e garder de la vinndc cuitte 5, 6, 7 et&#13;
y a on d e personnes qui lui ont préla p l aye qui lny a causé la m ort, sa&#13;
huit jours cbns lf:s cho.le11rs de resté, et&#13;
par é a. manger, et toutes conviendront&#13;
donleur étoit si g ra nde que tout le eoïps&#13;
1orsqn'clle &lt;.'.!toit tonte moisie e t pleine de&#13;
r ,&#13;
avec rnoy qu' ils ne savoient c 0111 _&#13;
luy en 1 r em,._"ssoit; il se 1 g·nait d'une&#13;
1bi&#13;
m ent ass:iisunn er les via ndes pour Sa ('li) La chamhre où M gr &lt;le Lavnl fut tran3portt3 npr:..s&#13;
manière à tuer les larmes d es yen:&lt;&#13;
1e sccoud incen,:Uc du Sén, inairc d &lt;hns l aquelle il est&#13;
d e ceu:x qui étaient présents.&#13;
L e boU Gra1:J.eur, parceqne Sn. Gra.ncl e nr n'y mort , était situ.Zc dan.; les r.pp:u- t~o ents occnpés ci-de ..&#13;
voulait aucun assaisonue mènt, Chacim vnnt p:u- Mgr. i'Arcb.,vêque, et r-·mp!acés aujourd"hui&#13;
frè lljl' Boussat Y 0stau t 1m jotU dit à. Sa&#13;
&#13;
;_~u.&#13;
&#13;
LL&#13;
&#13;
,...&#13;
&#13;
_&#13;
&#13;
L&#13;
&#13;
pa.: la petite ,aile d'utuc.e r1 ~" b ;rrnu èr l'A // c:'!/e.&#13;
&#13;
'•&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
�En un mot je puis dire san.s exa gé- M . Rolmcs doit commencer dimanchec&#13;
vers elle la la voit dans de l'eau vhande ou&#13;
dan; du bouillon de a soupe et ensuite la ration que tonte la vie de Sa Grandeur prochain, à l'issue d es v êpres, une&#13;
manrreoit et me disait qu'elle étoit très u'estoit qu'un je ûne continuel , cai elle sé rie de confére nce qu'il continuera&#13;
.&#13;
boun~. Je m'en rapporte à quiconque ne déjeûnoit point , et ne prenait tous pendant l' A vent.&#13;
et je demande qui est-ce, m esme des plus les soirs que la valeur d' une légè re&#13;
pauvres, qui n'aimerait pas nüeux s'en collation. Elle faisoit tout son possible , L'apôtre d e la colonisation, M . O'Reilpasser que d'en manger cle pa reille? J 'ai nonobstant son grand âge et infirnùtez ly, a dû entrer cettcr semaine au novi1.&#13;
·,&#13;
vù ~a Grandeur apres m'avoir fait aller à continuelles pom observer tous les-3ours ciat chez les J.1::sn1,es,&#13;
la cuisine jusqu'à deux e t trois fois pour d'a.b:;,tinence et de jeûne , tant ceux qu i&#13;
lvI.Harkiu est pa rti Samedi der ui e r&#13;
cherche. d'autres ,,i andes que celle que sont commandés par la Ste. E glise que&#13;
je luy avoit appo··tée , je 1'.1y veu dis-je se ceux qui s,obse rvent par dévotion dans le pour T oronto, où il doit rcmplacc-r Mr .&#13;
mettre à genouil dev:mt ce viandes et Sém inaire, et si Sa Grandeur aquelque- Pa ré . i\lI. H oran s' st chD.1gé d'all er tous&#13;
rr,.anger en cette posture cc q ,i estait de fo~ cédé en cela à l'ordre des médecins e t ]es dimanch es fai re le service. diY in à&#13;
plus -méchant, aussi dois-je osocer que "a aux prières de Messieurs les Supérieurs Sillerie à la plac:c de M . l farlùn .&#13;
Gr:mdellf ne me renvoy::i it ]XIS ain ·i rc - du Séminaire qui jugeaient qu'elle de&#13;
On doit commence r a u printemps procherclier des viandes J&gt;Otu le désir qu'elle voit faire gras , c'estoit pour , 'a G raneut d'en avoir de 11.1.eillcures, mais c'estoit deur une grande murtification de ne pas chain à di re la m esse dans l'é glise '-' t.&#13;
irnanchc d ernier; M .&#13;
pour me mort ifier, 1ne faite nimprc ma se mortifier en cela , et ce n'estoit qne .J ean Baptiste .&#13;
propre volant\ et surmonter la peiucqne par une extraordinaire charité qu'elle le Cm é u. fiüt un ai, pel à la géné ros ité&#13;
j'arni.5 cle luy obéü· quJ.ncl elle me reu - avait pour son c he r Sémina ire et pou r des citoyens pour l'ach at des obje ts invoyoit ainsi plusieurs fois, ontre que par ,out le Cana&lt;l aqq'elle don nait quelque dispcnsabl s an sei-vic c de l'é glise.&#13;
ce moyen elle avait cl aYant.igc de vian- chose à la nature pour l'e mpcscher d e&#13;
IxcE:-;nrn.- Sam di soi r, l e fe u a conde pour donner aux pJ.uvr2s à r1u t elle monrrü- si tost, et pom se don ner la&#13;
donnoit to11s les jonrs une tonne purtié consolation de voir tous les jours de plus s umé une mai son t un e étable qni arde sa portion .&#13;
e n plus le r ègne de Dieu s'estalJlir ùuns par tcnaient à l' h ôpital clcsAliénés, à Beau&#13;
L'on pourrait m'objecte r là dessus que ce nouveau monde, mais trés particuliè- port.&#13;
je venx trop donner à la ver1.u &lt;le l\Ion- rem ent pour empcsch er de tout son pou seignenr et que si Sa. Grande11r deman- voir qe il ne s'y introduisit rie n de conL' église d e St. Gabriel de Brandon&#13;
dait des viande.5 corrompues, c'est qu'el- traire à la charité et aux bonnes mœurs vient d'être la proie des flamm es, et&#13;
le n'avait pas de dents pour mâcher&#13;
on n'a pu rien saLn-er, pas même les&#13;
du Christianisme .&#13;
les autre ; j'avoue qu c'était l'excuse&#13;
vases sacrés. L e feu a été occasionn é&#13;
[ à continuer .]&#13;
ordinaire d~ Sa Granéteur de dire que&#13;
pa r le tuyau ùu pocle de la sacristie.&#13;
le.· viandes &lt;J.U'eile refo.;;ait n'est.aient pas&#13;
L es habitans s'occupent à reco11slrui re&#13;
lenr église an 1,l11s vite .&#13;
propre. ponr ses Jent. , mais e !l'était&#13;
QliÉDEC, 30 NOVEJ\IBRE, 18:18.&#13;
,·éritablement qu'une excuse, car&#13;
NOîNELLES D'EUROPE.&#13;
Grandeur mang·eait tons les jours de la&#13;
La Société Typographique a donné&#13;
croute de pain beaucoup plus chue que la semaine dernière une preuve incon- VIENNE ·- L a ville s'est renclue au x troules viandes qu'elle rebutait , et quand testable du désir qu'elle a de contenter pes impériales le 31 Oc tobre après u n bom elle mangeait · hors du Séminaire , où tous les· abonnés de l'.Aheille . Par sui.- bardem ent, qui a causé l'incendie de la bielle dounoit , par condescendance , quel- te d'une erreur, il ne s'était pas impri- bliothèque impériale et d' une partie du&#13;
que chose de plus à la nature , elle mé nn nombre suffisant d'exemplaires , palais . D éj à elle a vait capitulé le 29 ;&#13;
mangeait des viandes les plus d ures et et une vingtaine de souscripteurs se trou- mais l es citoyens avaient repris les a rmes&#13;
tout nouvellement tuées, an si facile- vaient à n'en point avoir. La Société n'a en voyant arriver l'année hongroise .&#13;
ment que les personnes qLti avaient de pas hesité à faire venir des ouvriers pom Cependant tout espoir l eur fut bientôt enbonnes dents. Ainsi il est aisé de se recommencer tout le travail de la com- levé par la défaite cles H ongrois le 30&#13;
persuader que Sa Grandeur ne recher- posit ion , ce qui n'a pu se faire sans un Octobre. L es étudiants, retranchés dans&#13;
chait et ne vou loit des viandes ainsi gas- sacrifice assez considérable pour elle, vû la part(e de la ville où se trouve l'Univertées et corrompues que par un véritable l'état actuel de ses finances. Il nous '"Îté sont ce1uc qui ont résisté le plus long'&#13;
.&#13;
et extraordinaire espüt de rr.ortification semble qu'elle a maintenant droit de s'at. temps, mais ils ont é t é enfin obligés de&#13;
e1 de pénitence. Sa Grandeur ue recher- tendre à cc qu'on attribue à des obsta- se r endre le 1er Novembre . Il se fait&#13;
n ville un&#13;
o-rancl nombre cl'arrestachait point non plus 1rop de ,,. 0 ût dans cles insurmontables les retards, ou peut- l&#13;
c ans l •·&#13;
o&#13;
•·&#13;
sa soupe, puisq11e plus de cent ; 1 is je l'ay être aussi les omissions q1ù pourraient a- t10n s • L e prince Windischgraetz a dévû y mettre une tassée d'eau ch1;,ude pom voir lieu par la suite.&#13;
1&#13;
car é nulles lesconditions antérieurement&#13;
en oster le goût. Ponr son boire ordifaites, à cause q_e la rupture de la capitulanaire ce n'estoit qne de l'ea.u chaude un&#13;
Les leçons de dessin linèaire ont com- tion,&#13;
peu teinte: &lt;le vin et chacun sçait cine Sft mencé h ier soir. les élèves qui y assisLolVIBARDIE .-Ün annonce une nouveUe&#13;
Gran_clcm n? pre1101t Jamais uy liciueur, tent sont au nombre de 22.&#13;
El l e au~·a~t&#13;
·&#13;
1115 nrrection en Lomba rdie.&#13;
la pres1&#13;
ny vm e.xqms, ny auctlnc mixtion cle suété organisée par la junte sons .&#13;
n&#13;
Mazzini. pes en g. 0o-en1.ents ont&#13;
crerie de gu;llcq1'.e sorte quelle puisse&#13;
ùence d e&#13;
·&#13;
Dcpui.s quelque temqs nous avons eu&#13;
, . - en lie n clans les monta gnes : on&#13;
estre compose&lt;':, soit pour haire soit pour&#13;
un grand nombre d'amores boréales , et d CJ ,L&#13;
t b' cl&#13;
. que l es Autri.c1uens y on su 1 es&#13;
manger, excep.c qne sur ses dernières&#13;
de tres - belles. Celle qui a e u lieu di- assn1 e&#13;
années je gagna y ·ur • 'a Grandeur de luy&#13;
manche dernier s'est prolongée jusqu'au ertes considérables.&#13;
P sv rssE .-13 Oct. L e procureur du con fo_i e prcn ~rc to;_iS ks soir., après son&#13;
matin : parfois elle devenai t si brillante&#13;
du Mont St. Be rnard a été arrété et&#13;
boui11&lt;,n qui cstu1t tou~ so:1 'Onper, gros&#13;
qu'elle répandait presqu'antant de lu- ven t&#13;
T t&#13;
ncluit clans l es prisons de Sion.&#13;
ou&#13;
comme le po1tce &lt;l~ hisc:n1t danu un peu&#13;
mière que la pleine lune . L'état de l;at- co&#13;
elle 11&#13;
de viu , ponr l'a1Jl'!r à dorm ir.&#13;
son crime est la fermeté avec 1aqu&#13;
.&#13;
mosphére lui donnait une coulem rouge très ·- fone ée .&#13;
&#13;
"a&#13;
&#13;
C&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
�m;:.w _ E&#13;
&#13;
VOL. 1.&#13;
&#13;
('&#13;
&#13;
™&#13;
&#13;
PETIT :::f,MINAIRE DE QUÉl3EC, 7 DÉOEMBRE ,&#13;
&#13;
LETTRE D.~ÉDITE DU FRÈRE&#13;
&#13;
moigué à l'article de sa mort gue cc serait,&#13;
H. HOUSSART.&#13;
si / y pcrsévérois fidè leme nt , le lieu et le&#13;
( S i~ite.)&#13;
snjot de' rn:1 prédestination .&#13;
,&#13;
'&#13;
60. Un autre point d e mortification et&#13;
i\1ois si j'::ijo11stais à cela et si•je ~ contois&#13;
d'humilité fort -extraordinaire en une pcr- toutes_les fois que S:1 Grandeur, nonob sonne du rang, de la d ignit1\ de l' âge et stant ma grossièreté, mon ignorance et&#13;
des infirmitez de Monseigneur, e_st qne Sa toutes mes matrraiscs qnalitez, me conGrandeur ne m'a jamais permis, pendant suit.oit demundoit mes avis, me -priait&#13;
tontes les vingt ann ées que j'ay eu l'hon- qnoy:iue je ne fosseq11e son valet, me dénenr d 'estre à :3011 servi ce de faire quoyque fé1oit et familiarisoit a vec moy, c'est ce&#13;
ce soit r,onr son service, qu'elle ne l'ait pli qui fcsoit 1 ctonncme nt des personnes qt1i&#13;
faire elle mesme . Si bien qu' il fallait qne ont cci,;rnn le grand m'é rite, les gTandes&#13;
je demeurasse les b ro.s croisez ou que lumi ères et la profondeur des cannoisj 'allasse à m on travail , pendant qnc Sa s:i.nces q11'avoit Sa Gramknr; c'est aussi&#13;
Grande nr fesoit son îeu, ballayoit, des- ce que je ne puis expliquer, et quand&#13;
s·&#13;
ervoit sa. talile, la voit son petit meubl e de même je le pourrais, j'y anrois bien de la&#13;
table, s'habilloit, faisait son lit, &amp;e. &amp;c. peine, car qnand. je pense seulem ent à ces&#13;
C'étoit u ne m ortification contin uelle, pour 111::i.nières si tendres, si chmitablcs, sihumnne per3onne u n p en zél ée à son service. bics et si déférentes de Sa Grn ndcur fL mon&#13;
de n'y trouver presq11e rie n à faire .&#13;
· éga.rd , j'en ay le cmur si attendry que je&#13;
7o. Pom sa patience, il ne m 'appartient m'en expliquerais mieux par mes larmes&#13;
pas d'entamer ny de pa rle r des st!je ts que que par mes parnle~.&#13;
.&#13;
Sa Grandeur a eu de la pratiquer en un&#13;
80. Pom ce qm regarde sa chanttl et&#13;
souven in clegr(~, 1&#13;
1nrceqne ce_n~ sont pus ,ses aumônes, ~'est un r,oint où les perchoses purement temporelles et où il e sonnes qu i ont le mieux connu Su Grandeur&#13;
s'arrissoit que cl11 t'empoxel, comme p e rte aurnient peine à en faire connaître toute&#13;
d e ~biens, i ncendies, do nlem s, &amp;c . &amp;c. l' é1endue. J'oy ::i.ntant d e témoins de&#13;
c'~ stoient plutost des suj ets de triomph e cette v éritè qu' il y a en et qu'il y a de per.Pour Sa Grandeur, qu e d es suj ets propres sonn es en Canada; c'e~t pour quoy je ne&#13;
à lui faire de b peine , et 'a Granclenr pour crois pas clevcu nù1tendre sur cet&#13;
toutes les pertes de bien · et pom les deux a rticle , qui esta11tconnu de tout le monac&#13;
incend ies gé nérak s de son Séminaire, n'en ne peut pas cstre ignoré de vous seul, Je&#13;
perdit pas pour nu seul instant sa paix, s_. crois mesrüe q1 1 e vous en diriez plus que&#13;
a&#13;
joie, iü sa tranquillité, pa rceque ces acc.1· moy s'il vous plaisait - 'en dire · cc qiie&#13;
d&#13;
d ents n'esto ient. pas des snj ets capables vonc'l en: sçavcz. Néannioins, Monsieur ,&#13;
d-'at.taquer sa paticnèe e t sa vertu qu.i comme j e vous marque en cette lettre ce&#13;
était bien au dess us de tout cela . les seuls qui ni'a édifié clans la vie et les acti.ons&#13;
intérêts de Dieu , de la v ertu et 'a.e la re- d e lVIonseigne.ur, je ne puis me dispenser&#13;
ligiàn étoi.e11 t capables cle l'émouvoir .&#13;
&lt;le vous dire quelques p0tites particulariJ e me sens n éanmoins obli gé, Monsieur, tez qui m'ont le plus touché sur ce sujet.&#13;
par riconnoissance pour la charité que Su&#13;
L a première est que Sa Grandeur, noGrandenr a e ue ponr moy , de vous düe qüe noùstant. Jes destes, les pertes, les incend ies&#13;
ce n'a pas été. une pe tite peine à su et toutes les gr:rndes disettes dn Sc min ai r;&#13;
Granclem de se sc-rvir si long tems de où elle avai t la m eillem part, ne manm oy qu' ell e a ~fait, à ca,rne d:J mes iuclo· quoit pas de donner aux pauvres, tous les&#13;
cilitez, des atta~hq,rrtèns- à mu pi-opre vo- ans, la valeur de qui.nzc cents et deux&#13;
lonté, et d es ra1s011nemens contradictoires m ille livres.&#13;
que j e füisois à f:::a Gr::mdeu.r qnand ella&#13;
La. scconclo est que $a Grandeur refue-xigeoit quelt1uo chose de moy gui D e 1ne soit tout net de me donner, mesrn e cinq&#13;
pla isoit p::i.s ; tonte autre pn ticnce que ·a- sous, quand j'en nvois besoin pom nch te r&#13;
l&#13;
sienne se · seroit lassée et. m'aurait ch.a,5s6 ·&#13;
qnelq ne chose qui lny étoit nécc.·saire, et&#13;
cent et cent fois d'auprès de sa persouuc· nuroit mic u:s:. aimé s'en pas: er que de faire&#13;
Et c'est à cette pat.ie~ce de Sa Grnndettl' cette petite clôpcnsc ; mais quand il s'a que J'ay obligation &lt;l~ cc que j e suis non g issoit cl'a.ch cteJ des étofiès on des con.&#13;
seulement resté, mais incorporé en une vertes polu donner a uxp;-t11vre,·1 l~s cen.t".&#13;
qualité beauconp au dessus de nion m érite deux ce1 ts e,t trois cents écus ne J.n;&#13;
dans sa saintè maison , et qu'elle m'a té- faisaient p_as pl us de peine à donner qu'n n~&#13;
&#13;
1848.&#13;
&#13;
.L&#13;
&#13;
•&#13;
&#13;
11.&#13;
&#13;
épingle, çt mesme il est à. rcm::-..rq licr que&#13;
Sa Gmndenr nâgeoit de joyc et de ccutentement quand elle fr :so:t ces c~é:pcu:cs&#13;
peur les ram ï e1c .&#13;
L a troisi~me est qu'à nostre seccnd iuceudie, où le St'·minai re se trcnYa Clc. e n&#13;
sî patrne d atqu'il 11:avoit 1 r.s sE:ulE:ment&#13;
Cent 6~11:,; qui é OÎo=IÜ nécessa.i:·cs fCU r&#13;
faire couvrir grossiè rement tcutcs les&#13;
mnrailles e t les ...-outes clu t:é.11inaü e&#13;
bnùé, Sa Grandet r rayant cette su1i.:u:e, et&#13;
n'aya nt presque pks d'ètdfo po~1: donner&#13;
a.ux pau ures, de crain!e q t:.e ncs }.ic;;sicers&#13;
ne la l ny demandassent pou faire faire ces couvertures, elle m'e1ffO)-U s:::crèteinent aehepter co t r ci:ux de cl:c-n-cuil&#13;
à 31b. 5s . la pi0 e, r, ur les dc:,11:::r ·m1&#13;
:s:&#13;
pauvres a~1 lien cl'éloffe, et m:'.l dcu::;a po1: r&#13;
les p:::yer 325llr . r.Ycc pks d ., jo:;-c c&#13;
.u't:.u&#13;
panvre ne les a.nroit reç1:s r ::..r ::. 1m:C:i:e.&#13;
La qnutriùm e cl que ::a GrnndeEr 110&#13;
se conteutoit pas de SJlùa.ger Jes p::un-rcs&#13;
dans leurs besoins corp1,rels, elle ,ct,kit&#13;
encor qt1 2 ses aum'.:irr::s remè:cE'.:',:::s·::nt nu:,;:&#13;
.&#13;
besoi ns de icnrs :nnes et leur soielll: u:1.&#13;
aide pour servir Dieu e t é1-iter lè péch6.&#13;
La cinqui ème est çne f_. Gr:.: ndeur&#13;
l'automne dernier unu1t sa mort se yoyar:.t&#13;
sans avoir de qnoy fa i re ram11 '.'i1B, elle&#13;
fit tout son r os ·il1lc pom cu ::-..n&gt;ir dn Séminaire, mais le :3-ém inairc cstm~t luymesn'!e à l'extrémi1è, n'ayant pas l 1. n-.oit:6&#13;
de ses beso·ns k s plus c:::sc-ntiels et 11epoi.\va.nt rien donner ri Sa (~n.ndear pour&#13;
faire ses aurnûn r . ( . .·a r çù tcnjours U eHc&#13;
qui les a dist!·ibné c:a cle ses propïes m::;Ïl:s)&#13;
elle me dit d' ll n rnamèrc fort. triste et&#13;
fort touchuu te qu' elle ne pmw-1it i,as Yivre&#13;
long-tems si elle n'an1it JY'S de quoy&#13;
donner anx pauvres, c·t cficctiven:eut E:o.&#13;
Grandeur n 'a plns vc cu qne six n1.0is&#13;
après, et elle s'est trom-èe si dl•mu'.:e des&#13;
biens &lt;le ce m onde qu'elle n':n•üit pas en&#13;
mourant la valeur d'un . on dont e lle pefit&#13;
dispose r en fin-cn r clc::.; r,1uncs,&#13;
9o. Elle était lie rn&amp;111r r ',(lu i te è.r.rn&#13;
la plus grand e et 1a plns pnr füite po.uv reté que l'on pui ..sc :- nhaiter.&#13;
Quelques rnois :n·ant sa mort je vis&#13;
encore dans le fo nd tk Sl.l c: :-.sctro nu&#13;
petit coute::in c1 5 on G .:-ous; je le cl ma.ucluy à ,::u, Gr, 1 dcm et elle me le&#13;
:&#13;
:&#13;
cl011ua, mais d'mic: m ~ ::; 2rc et c1'1;11 tcn&#13;
11&#13;
ii. me tirer 1&#13;
.~::i hr mcs clc:; yeux: l\Im&#13;
cufant, me l.' it•c.'lc , .~i je l":~~&#13;
Ft'd, rnco;:c œ&#13;
couteau je vous l.. dv)lJIC dr èo.i , · 1,r ,&#13;
0&#13;
&#13;
�r&#13;
&#13;
)&#13;
&#13;
rzj,n de ne po!,!éàcr plus rien sur la ter- soirs avant de se coucher quelque tard qu'à la mort pour sa sainte personne.&#13;
re, et sois entièrement dégagé de tous les qu'il fût et quelques em:barras et affaires&#13;
C'est ce qui m'a souvent ravi et tmnsbiens de ce m,onde. En vérité, Monsieur, qu'elle ayt eu:&#13;
porté d'admiration , et c'est même ce&#13;
je ne puis pas bien comprendre com- C'estoit chose admirable de voir lo, son que j'ay vû transporter et ravir Monment Sa Grandeur, en me donnant ce assiduité à assister au.. e· terrements de sieur de Champigny durant qu'il était&#13;
-..: n&#13;
petit couteau, me dit qu'elle ne possé- toutes les personnes qui mouroieut dans Intendant du Canada • et qu'il voyait Sa&#13;
. doit plus rien sur la terre, ~ar quoique Québec, et son exactitude à offrir le St. Grandeur dans les maladies se coucher&#13;
je luy ay souvent vû de grosses som- Sacrifice· de la messe pour le repos de et se traiter comme une personne de la&#13;
mes d'argent, ·il en étoit assmément ·leur âme aussitost qu'elle a voit appris plus b:1Sse condition-, elle (ce me disoit&#13;
plutost le dépositaire que le propriétai- leur tré.pas. 2o. Sa dévotion à recevoir mon dit Sieur de Champigny dans son&#13;
:re, parceqne je ne luy ay jamais vû em- et conserver les rameaux bénits, à baiser admiration) qui si elle étoit restée dans&#13;
ployer un sou pour le soulagement; l'en- son crucfiix, l'image de la Ste. Vierge le monde et à la cour, auroit possédé p1r&#13;
tretien ou les besoins de sa personne ; qu'elle r-ortoit toujours sur soy et la met- son mérite et ses rares qualitez les&#13;
elle les employait tontes en aumônes et toit la nuit sous son chevet, sa chainette premières charges de l'estat. C'est aussi&#13;
en &lt;:13t1vres pieuses et quand elle av_ it de l'esclavage, et son scar-ulaire qu'elle ce qui a souvent surpris et ravi Monsieur&#13;
o&#13;
~esom de quelque chas~, comme ~ab_ts, portoit sur elle. 3o. Son respect e t sa de Sarazin médecin, comme il me. l'a&#13;
1&#13;
. hnges, elle le demandmt au Sémma1re, vénération pour les reliques des Sts., le témoigné plusierns fois lorsqu'il le venoit&#13;
con~me ;e moindre _de ses Ecclé~iastiques, plaisir qu'elle prenait à lire tous les jours vi'siter clans ses maladies.&#13;
et Je n appelle pomt cela posseder quel- dans la vie des Sts. et à s'entretenir de&#13;
Et c'est ce qui m'a excité à prendre&#13;
que chose. Sa Grandeur étoit de plus leurs actions héroïques. 4o. Le saint et la résolution, dès les premières années&#13;
fort pauvre dans ses habits, et j'avois continuel usage qu'elle faisoit de l'ea" que j'ay été anpré de Sa Grandeur, de&#13;
peine à l'empescher de s'en servir, quoy- bénite, en prenant à tout bout de champs ramasser tout. ce que je pourrais qui ait&#13;
qu'ils fussent fort vieux, sales et rapies- dans le cours de la journée et à toutes appartenu à sa sainte personne, et desez. P endant vingt ans eUe n'a eu que les fois qu'elle se réveilloit la nuit, ve- puis son trépas à tremper des linges dans&#13;
deux soutanes d'hyver qu'e lle a laissées nant très souvent de son jardin à sa cham- son sang lorsqu'on l'a ouvert, à enlever&#13;
en mourant, l'une encore très bonne et bre expré pour en prendre, en portant. quelques os ou cartilages de dessus sa&#13;
l'autre toute raze et rapiessée.&#13;
sur elle dans un petit bénitier d'argent poitrine et à couper ses che-veux et conEn un mot il n'y avoit personne au qu'elle avoit fait faire expré lorsqu'elle server ses habits et tont cela pour ser_&#13;
Séminaire plus pauvre en habit&lt;; et qui alloit à la campagne, et Sa Gra.J?-deur vir de très précieus~s reliques.&#13;
les épargnât plus que Sa Gro.ndenr, elle a voit un si grand désir que tout le monde Je crois, Monsieur,que vous et toutes l_es&#13;
avoit même une estime toute particulièr en prist, qu'elle avoit un soin tout par- personnes bien intentionnées, approuv~ponr les personnes qu' elle voyait dans ti.enlier d e voir elle mêrile tous les jours r ez ro_ç,n woc.éclé en cel "!-.., cq__:m,m_e ~ff:egle Séminaire pratiquer la pauvreté sur- s'il y en avoit dans les bénitiers de l'é- tivement plus de trois mille personnes de tout dans le vivre et dans les habits, et glise, d'y en mettre quand il y en man- toutes sortes d'estat et conditions l'ont&#13;
Œ&#13;
elle ne su1Jportoit qu'avec peine ce1 quait, et pendant l'hyver de peur que clesja approuvé en Canada, en demandant&#13;
qu'elle voyoit rechercher trop d'ajuste- les bénitiers ne gelassent trop fort et avec empressement et s'estimant bien h~nment, de propreté affectée et de délica- qu'on n'en pût point prendre en entrant et re uses d'avoir de petites parcelles du dit&#13;
tesse dans leurs habillements, ce qu'ell e sortant de l'église, elle les apportait elle linge, et de ces précieux restes de&#13;
m'a témoigné plusieurs fois. 1Jne an- même aupré de nostre pouële tous les .Mon dit ~eigneur, qu'ils portent sur eux&#13;
née ayant clernandé en Fran::e dn came- soirs et les reportoit le matin à quatre avec respect et clévotion, ~es capitaines&#13;
lot pour luy faire un habit cl'esté, on luy heures quand elle alloit ouvtir les portes. mesme et officiers de troupe ont fait faire&#13;
5o. L'aversion qu'ell_e avoit des moin- e)(pré des reliquaires d'argent pour y en&#13;
en envoya de très beau et qui coutait&#13;
dres choses qui pouvoient tant soit peu enfermer et les porter sur eux, étant&#13;
cher, mais Sa Grandeur ne voulnt point&#13;
s'en servir, elle le donna à l'égl ise pour ternir le lustre et la pureté de son âme, n1ûs à cela par l'idée et l'estime généfaire uu orn3rnent violet, et 0 11 fit rede- ce qni la portait à se confoss 3r tous les ral qne chacun a du grand mérite et de&#13;
la haute sainteté de Mon dit Seigneur&#13;
mander d'autre de trente sous l'aune; jours avant de dire la Ste. Messe. .&#13;
60. Enfin son exactitude à faire tons et par les secours extraordinaires et mic'estoit de celui dont Sa Grandeur s'estoit toujoms habillé en France et en Ca- les jours la préparation à la mort, et raculeux que plusieurs ont reçus et reestre soumise et disposée à toute heure çoivent journellement dç1.ns leurs infirnada pour les habits d'esté.&#13;
et à tout moment à subir ce passage si 1itéz par l'invocation de Mon dit Sei100. je n'ay gartle, Monsieur, d'entreredoutable, ce qn'elle témoignoit avec n neur en s ' app1·&#13;
iqant des dites reliques&#13;
prendre de parler de la haute contemjoie tontes les fois qu'on luy parloit de&#13;
les portant sur eux.&#13;
plation et de l'union continuelle que&#13;
pouvoit enla mort et du tems qn'elle _&#13;
Je me flatte mesme, Monsieur, que ·&#13;
Monseigneur a voit avec Dieu, ce sont&#13;
core vivre.&#13;
1ose et je dois bien me&#13;
v-ons accepterez de bon cœur ce qne je&#13;
pour moy lettre c&#13;
contenter d'admirer ces voyes sublimes et&#13;
Voilà, Monsieur, une partie des me- vous envoye de ces précieux restes&#13;
élevées dans lesquelles Dieu a conduit nues et ordinaires actiÔns , et traits de Ge Sa. Grandeur et que vons les recel&#13;
Sa Grandenr, et me restreindre à ne dire ferveur , de dévotions et de pénitences vrcz comme un riche h érita ge et une&#13;
'&#13;
que quelques mots des Ghoses qui sont que j'ay vû pratiquer journell ement à a inte. marque de l'affection sincère et&#13;
selon ma portée, outre cc qne je vous ay l\lfœ1seigneur pendant I~s vingt années, ~tr profond respect avec le quel je suis,&#13;
deaja marqué &lt;ln zèle de Sa Grandeur, depuis sa démission de son évêché jusMonsieur,&#13;
et de sa ferveur à dire la Ste. Messe et qu'à sa mort , que Dieu -m'a fait la grâassister aux offices de la cathédrale , non- ce d'estre au service de Sa Grandeur&#13;
Votre très humble et trés&#13;
obstant ses playes et ses infinnit~z et et c'est ce qui a été le s ujet de l'esti ~&#13;
ol éissant serviteur,&#13;
de son exactitude à s'acquitter de toutes me, du respect et de la vénération&#13;
FR. H. noiJSSART.&#13;
ses pri ères et xercices de dévotion les _&#13;
que j'ay eii et que Je conserverai jus&#13;
&#13;
!u&#13;
&#13;
�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="170983">
                    <text>Copie typographiée en français classique et publiée dans&lt;em&gt; L'Abeille&lt;/em&gt;, (23 novembre 1848), vol. 1, no 9; (30 novembre 1848), vol. 1, no 10; et (14 décembre 1848), vol. 1, no 11.</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="11518">
        <src>https://d1y502jg6fpugt.cloudfront.net/44439/archive/files/9cd5c3017a2a7dd32ec07efb4c45f812.pdf?Expires=1782345600&amp;Signature=TqrcLXGSsXLGSEQIb7aXL6tyskmpXnyZrvFfvGQ52Bfwet01ciwAXvJmFJjytHW6J3otxpC4vfl3N27HpckKdkUDfJMaENNCYzz%7EJutDBz60nYG0ylcvxAM3o-fc7BIhLKyZocwLFRRFfRgCx%7EQO9285maZz68UBFTrrVKpAEgq%7E9Ud0HYOK3c94w6y38NYYGVMCpNrHIOg5Tsgm3--UBnyt84W%7EMZojJX5Z%7EVrCSHU0Kx6SrkVjb2Y0T3oM0Af5FKbVTj8shvzfNSPj05LhfiVR-IjP7njWInwDuCGCZs%7EMN1GaW8ZkSa1Qn6ATT0hYmtNJtt-i0zIevD%7EjT2TJcQ__&amp;Key-Pair-Id=K6UGZS9ZTDSZM</src>
        <authentication>ad7bd369c992a83956b2dc3797ed7469</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="96">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="248663">
                    <text>������������</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
          <elementSet elementSetId="1">
            <name>Dublin Core</name>
            <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
            <elementContainer>
              <element elementId="50">
                <name>Title</name>
                <description>A name given to the resource</description>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="248664">
                    <text>Original en français classique et conservé au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres P, no 102</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="148">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="79883">
                  <text>Sources</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="221225">
                  <text>Cette collection comprend les documents contemporains de François de Laval dont il est l’auteur, le destinataire ou le sujet couvrant la période de 1623 à 1710 : correspondance, rapports, témoignages, actes. etc.</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <itemType itemTypeId="23">
      <name>Texte</name>
      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
    </itemType>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149154">
                <text>KDTE25WV</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149155">
                <text>Lettres</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149156">
                <text>1708-09-01</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149157">
                <text>Houssart, Hubert, v. 1666-1734</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149158">
                <text>Lettre de Houssart à Tremblay (Québec, 1er septembre 1708)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149159">
                <text>&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/270930"&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://collections.mcq.org/objets/270930"&gt;Copie ancienne en français classique&lt;/a&gt; conservée au Musée de la civilisation, Fonds d’archives du Séminaire de Québec, Lettres P, no 102&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149160">
                <text>À la suite du décès de Laval, le serviteur de l'ancien évêque de Québec témoigne du mode de vie de Laval durant les vingt dernières années de sa vie. Il fait l’éloge de ses vertus.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="149162">
                <text>Français</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="149711">
                <text>Anglais</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="68">
            <name>Has Version</name>
            <description>A related resource that is a version, edition, or adaptation of the described resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="196969">
                <text>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/10703" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en français moderne&lt;/a&gt; par le Séminaire de Québec et publiée dans&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;revue et augmentée, 2023, Doc. 61&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2318" class="show"&gt;Copie typographiée et annotée en italien et en français&lt;/a&gt;, publiée dans &lt;em&gt;Altera Nova Positio&lt;/em&gt;, 1956, Doc. 61&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/2320" class="show"&gt;Traduction typographiée et annotée en anglais&lt;/a&gt; par B. Waterhouse, 2018-2020, et conservée au Centre d'animation François-De Laval&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4034" class="show"&gt;Extrait typographié en français moderne publié&lt;/a&gt; dans le &lt;em&gt;Bulletin du Centre d'animation François-De Laval&lt;/em&gt;, no 30, p. 5&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4035" class="show"&gt;Extrait typographié et traduit en anglais&lt;/a&gt; publié dans le &lt;em&gt;Centre d'animation François-De Laval Newsletter&lt;/em&gt;, no 30, p. 5&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/6558" class="show"&gt;Copie typographiée en français moderne &lt;/a&gt;publiée avec préface par J.-M. Fortier, &lt;em&gt;Mgr de Laval, vu par son serviteur&lt;/em&gt;, 1961, 35p.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Copie typographiée en français moderne publiée &lt;em&gt;Lettre du frère Houssart, ancien domestique de Mgr de Laval, sur les dernières années et la mort de Mgr de Laval&lt;/em&gt;, Québec : L'Action sociale Ltée, 1921-1967, 27 p.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Copie typographiée en français moderne publiée par &lt;em&gt;Lettre de Frère Houssart à M. l'abbé Tremblay, de Paris sur la mort de Mgr de Laval&lt;/em&gt;, Lévis : Éditions Archives, 1930, 33 p.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/4033" class="show"&gt;Copie typographiée en français classique&lt;/a&gt; et publiée dans &lt;em&gt;L'Abeille&lt;/em&gt;, (23 novembre 1848), vol. 1, no 9; (30 novembre 1848), vol. 1, no 10; et (14 décembre 1848), vol. 1, no 11&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="196971">
                <text>Tremblay, Henri-Jean, 1664-1740</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="37">
            <name>Contributor</name>
            <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="239270">
                <text>Waterhouse, Benjamin</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="882">
        <name>Charité de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="869">
        <name>Compliments</name>
      </tag>
      <tag tagId="856">
        <name>CONSIDÉRATIONS PASTORALES</name>
      </tag>
      <tag tagId="933">
        <name>Correspondance avec les procureurs ou agents</name>
      </tag>
      <tag tagId="931">
        <name>Décès de Laval</name>
      </tag>
      <tag tagId="637">
        <name>Dévotions</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
</itemContainer>
