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                    <text>SPÉCIAL "BÉATIFICATIONS" 1980&#13;
&#13;
a&#13;
&#13;
VOUS-MÊMES&#13;
COMME&#13;
&#13;
PIERRES VIVANTES&#13;
PR[ TEZ-VOUS&#13;
&#13;
AlA&#13;
CONSTRUCTION&#13;
&#13;
D'UN&#13;
EDIFICE SPIRITUEL.&#13;
•-•.1-s,&#13;
&#13;
�l~ 1~ !j !I,~&#13;
'&#13;
&#13;
f&#13;
Hommage aux&#13;
nouveaux béatifiés:&#13;
François de Laval&#13;
Marie Guyart de l'Incarnation&#13;
Kateri Tékakwitha&#13;
&#13;
�Nos pionniers de la foi peuvent nous aider par leur exemple. ''En&#13;
effet, -en regardant la vie de ceux qui ont suivi fidèlement le Christ,&#13;
nous avons une nouvelle raison d'être stimulés à chercher la cité future&#13;
(Cf. He, xm, 14 et x1, 10) et en même temps nous apprenons la route&#13;
très s_~e par laque~le, à travers ce monde changeant, et selon l'état et la&#13;
condition p~opre a chacun, nous pourrons arriver à l'union parfaite&#13;
avec le Christ, c'est-à-dire à la sainteté". (Lumen Gentium, 50). Ils&#13;
peuvent aussi nous aider par leur intercession. Intermédiaires puissant~ sur le _coeur de Dieu, ils uniront leur voix à celle de la Vierge&#13;
Marie, la Mere et l' Avocate de tous les hommes, pour recommander&#13;
nos âmes à la divine Bonté. Ne cherchent-ils pas en effet à faciliter&#13;
notre adaptation progressive à la vie de l'au-delà d~s laqu:lle ils nous&#13;
ont précédés et où ils nous attendent, non de façon passive, mais&#13;
comme des frères qui se préparent à recevoir des frères, revenant d'un&#13;
long et difficile voyage?&#13;
I Les Fondateurs de l'Eglise du Canada: des saints de chez nous.&#13;
L'actualité de la dévotion aux Fondateurs vient d'abord de la préoccupation de l'homme de notre temps de remonter aux sources. Or, la&#13;
Providence s'est montrée généreuse en suscitant, à l'origine de notre&#13;
histoire, P~ll;sie~s Serviteurs et Servan~es de Dieu qui semblent dignes&#13;
f'une glorification solennelle par l'Eglise. Leurs causes, introduites il&#13;
:I a plus de cents ans, aboutissent l'une après l'autre (Marguerite&#13;
.Bourgeoys en 1950, Marguerite d'Youville en 1959) et nos deux béatifications du 22 juin 1980 nous permettent d'espérer l'éventuelle conclusion heureuse des autres causes. La récente réforme liturgique dans&#13;
son esprit comme dans ses directives, n'inci_te-t-elle pas les me~bres&#13;
de l'Eglise à régionaliser le culte des Saints et ne les invite-t-elle pas à&#13;
retrouver leurs patrons naturels?&#13;
Or, les bâtisseurs de l'Eglise canadienne sont bien de chez nous. Il est&#13;
vrai que Marguerite d'Youville est la seule qui soit née au pays et qui&#13;
ait consa_cré toute sa vie au Cana?a. Mais on doi~ dire que les cinq&#13;
autres, nes en France comme les huit martyrs canadiens, sont vraiment&#13;
des nôtres. Canadiens par le coeur et l'amour des gens de ce pays.&#13;
Canadiens par !'oeuvre apostolique qu'ils ont accomplie ici. Canadiens&#13;
surtout par un dessein de Dieu: ils sont venus au pays selon une convergence de circonstances qui porte la marque d'un plan providentiel,&#13;
parfois dévoilé à l'intéressé par une révélation intérieure. Parmi les&#13;
vertueux personnages qui collaborèrent, aux débuts de le NouvelleFrance, à l'établissement de l'Eglise en notre pays, nos six Fondateurs&#13;
semblent avoir reçu une mission particulière et, à cause de cela, avoir&#13;
été investis par Dieu de grâces exceptionnelles.&#13;
Leur enracinement dans une portion &lt;l'Eglise leur permet, par&#13;
ailleurs, de porter un témoignage vraiment universel. Un.simple coup&#13;
d'oeil suffit pour reconnaître l'universalité de la tâche remplie par&#13;
chacun de ces héros de la foi. Mgr de Laval, premier évêque de Québec,&#13;
4&#13;
&#13;
anime la vie de l'Eglise dans toute l'Amérique du Nord. Marie de&#13;
l'Incarnation, une des plus grandes mystiques de l'Eglise ~iverse!]e,&#13;
partage avec Marguerite Bourgeoys le titre de créatrice de l'education&#13;
féminine au Canada. Marguerite d'Youville, chez les femmes, est une&#13;
instigatrice géniale du service social et elle pose, avec ses compagnes,&#13;
les premiers gestes d'une mission héroïque dont le rayonnet?-ent a&#13;
co~vert le Canada entier jusqu'aux régions pola~es. Cat!i~r~e de&#13;
Samt-AugustinI à l'Hôtel-Dieu de Québec I incarne a un degre&#13;
emment&#13;
,&#13;
11&#13;
!'oeuvre charitable et hospitalière qui, bien que comme1:1cee avant e e!&#13;
est poursuivie avec une inspiration renouvelée, grâce a ell~ •. Quan~ a&#13;
Je~neA Mance, première infirmière laïque et premièr~ admmistr~tnce&#13;
de 1 Hotel-Dieu de Montréal, on ne peut passer sous silen~e son role de&#13;
co-fondatrice de Ville-Marie, avec Paul Chomedey de Maisonneuve. Il&#13;
s'agit chaque fois d'une oeuvre missionnaire qui a survécu dans des&#13;
institutions aux services illimités.&#13;
.&#13;
L'urgence de reconnaître les mérites de nos pionniers de la foi&#13;
s'impose à qui veut enrayer les efforts déployés en c~rtains milieux&#13;
pour "démythifier", comme ils disent, les grandes figures de notre&#13;
histoire, surtout celles de notre histoire religieuse. Plutôt que d~, se&#13;
laisser démoraliser par ces manoeuvres, on voudra remettre en lumiere&#13;
les nombreux documents historiques qui confirment les vertus exceJ?tionnelles de nosllix Fondateurs car rien n'est plus beau que le vrai.&#13;
Ce rôle unique que ''les Six:' ont joué dans l'établissement de&#13;
l'Eglise au Canada explique que, depuis la Lettre Collective des&#13;
évêques du Canada, qui l'emploie pour la première fois, en 1942, le&#13;
titre de Fondateurs de l'Eglise du Canada leur ait été attribué d'une&#13;
manière exclusive.&#13;
II La mission particulière de nos Fondateurs: des saints pour notre&#13;
temps.&#13;
La dévotion envers les Fondateurs nous fait d'abord partager leur vie&#13;
spirituelle. Leur union au Seigneur a vivifié, commandé et inspiré tout&#13;
ce qu'il y avait d'humain en eux. Or ce témoignage et cet exemple&#13;
peuvent nous aider à rétablir l' échell~ des valeurs dans nos milieux&#13;
envahis par une mentalité de plus en plus matérialiste et sécularisante.&#13;
Nous pensons aux idées et aux slogans à la mode qui veulent supplanter les enseignements du Christ et de son Eglise. Nous pensons également à tout succédané de l'Evangile, qu'il soit d'ordre sociologique,&#13;
philosophique, économique ou autre.&#13;
Le Concile Vatican II rappelle que la sainteté est essentiellement&#13;
féconde, qu'elle "procure, même dans la société terrestre, un mode de&#13;
vie plus humain ... comme l'histoire de l'Eglise le montre de façon&#13;
éclatante dans la vie de tant de Saints". (Lumen Gentium, 40) C'est un&#13;
fait que la puissance divine opère des merveilles en la nature humaine&#13;
et la féconde en des réalisations d'une ampleur et d'une variété insoupçonnées. Pour se rendre compte qu'il en est bien ainsi chez nos héros, il&#13;
5&#13;
&#13;
�suffit de parcourir la liste des responsabilités qu'ils ont assumées et des&#13;
oeuvres qu'ils ont créées.&#13;
Catherine de Saint-Augustin, par exemple, se dévoue d'une façon&#13;
remarquable au service des malades, en dépit de la sécheresse intérieure et des nombreux tourments dont le Malin l'assaille, parce que&#13;
c'est Dieu qu'elle voit dans la souffrance de ses frères . Quant à Marie&#13;
de l'Incarnation, le titre qu'on lui décerne de "Thérèse du Nouveau&#13;
Monde'' indique bien la profondeur de son union à Dieu et la sagesse&#13;
chrétienne des conseils qu'elle prodiguait; ausssi, Dom Claude Martin,&#13;
son fils bénédictin, a-t-il raison de souligner chez sa mère l'harmonie&#13;
parfaite del' action et de la contemplation .&#13;
Cette primauté du spirituel peut servir d'exemple à notre monde&#13;
agité où l'action accapare les énergies jusqu'à étouffer la réflexion et la&#13;
méditation. Pour un travailleur apostolique, le grand danger est de se&#13;
laisser absorber par ses activités, de négliger la prière et la v ie&#13;
intér_ieure. Les Fondateurs nous enseignent avec beaucoup d'à-propos&#13;
qu'une sainte vie, loin d'être inutile ou nuisible pour un apôtre, rend,&#13;
au contraire, son action plus fructueuse et plus durable.&#13;
L'engagement total de leur vie s'est opéré dans la vraie liberté des&#13;
enfants de Dieu (Rom.,8,21). Ils ont mis à servir leur prochain, un&#13;
esprit inventü et créateur qui leur inspira des oeuvres adaptées aux&#13;
besoins nouveaux de leur patrie d' adoption. Ils ont agi selon un grand&#13;
esprit d'initiative et un élan d'espérance à toute épreuve. Même dans&#13;
l' exercice du service d' autorité, on remarque chez nos Fondateurs un&#13;
courant de compréhension et d'humilité indéniable. Nous pensons à&#13;
Mgr de Laval que l'on représente parfois comme autoritaire et cassant,&#13;
mais qui, de fait, ne prenait pas de décisions importantes, sans consulter longuement. N' est-ce pas cela l'esprit de dialogue recommandé aux&#13;
Supérieurs religieux par le Concile Vatican u? La nécessité de l'action,&#13;
chez nos Fondateurs, ne se comprend donc pas au détri ment des&#13;
personnes qui leur étaient confiées.&#13;
Une troisième leçon des bâtisseurs de notre Eglise est leur vie brûlante d 'amour. Un amour qui purüie et intensifie tous les sentiments&#13;
humains, depuis l'amour maternel vif et délicat de Marie de l'Incarnation jusqu 'à l ' amour conjugal qui consume le coeur des jeunes épouses&#13;
que furent l'une et l' autre, Marguerite d'You~ille et Marie de ~' Incarnation. Chez nos héros, aucune trace de cramte, de f:rustrat10n et de&#13;
repliement sur soi. L'amour qui rè~e en eux, c'est _l'amour qui .emplit&#13;
le coeur du Christ, un amour qui donne leur vrai sens aux diverses&#13;
orientation de vie de chacun: laïque, religieuse ou sacerdotale.&#13;
D'autres leçons pourraient être tirées de la vie de nos Fondateurs.&#13;
Nous r etiendrons celles, surtout, qui présentent un intérêt d'actualité&#13;
plus marqué. La bienheure~se ~~rguerite ~'~ouville, ~e~e Mance et&#13;
Catherine de Saint-Augustm etaient motivees et gu1dees, dans leur&#13;
soin des malades des vieillards, des infirmes, des enfants abandonnés,&#13;
par la charité la plus pure. Leur solidarité avec les déshérités leur in6&#13;
&#13;
spirait le respect de leurs protégés. La charité leur donnait 1~ désir et&#13;
l' énergie de chercher, pour les aider, tous les malheureux, ~eme ceux&#13;
qui se cachaient, afin de ne décevoir aucun frèr: du Chr~ st ~ans le&#13;
besoin. Leçon on ne peut plus pratique à notre epoque d asstst~ce&#13;
sociale bureaucratique et indifférente où l'on traite souvent ~e p_anen~&#13;
ou l'assisté comm e un numéro sur une fiche. La charité nous mcitera _a&#13;
traiter les déshérités comme des êtres humains, à dépister et à se.couru&#13;
les misères cachées I à voler au secours des malheureux oubliés ou&#13;
négligés par l'assistance officielle.&#13;
,.&#13;
L'actualité de nos Fondateurs, nous la trouvons encore dans 1. rmportance accordée à l'école et surtout à l'école chrétienne. Ils manifeSt ent&#13;
un intérêt soutenu pour l'instruction des enfants des a~toch:~nes,&#13;
mais se préoccupent surtout de leur éducation. Après !a famill~, 1 ecole&#13;
occupe à leurs yeux la première place dans la format10n de la Je~nesse&#13;
selon l'Evangile. Deux des Fondat~urs, Marie de l'Incarna~wn et&#13;
Marguerite Bourgeoys, se consacrèrent à cette oeuvre ~sse1:1t1elle et&#13;
fondèrent la première un monastère la seconde une congregauon, pour&#13;
se faire épauler dans leur tâche et perpétue! leur oeuvre. L'_attentio~&#13;
portée à l'école, le Concile Vatican u la confume pour notre epo~:1-e.&#13;
énumère les bienfaits aiordre culturel et humain que pro~ure 1 ecole&#13;
catholique et définit la formation chrétienne qu'elle fourrut:&#13;
.&#13;
. chrett&#13;
. ·enne) , .c'esr&#13;
"Ce qui. lm. appartient&#13;
en propre (a, la formanon&#13;
. deTcréer&#13;
pour la communauté scolaire une atmosphère animée d'un espnt evange :J.u:&#13;
de liberté et de charité, d'aider les adolescents à développer leur persânn ite&#13;
en faisant en même temps croitre cette crêature nouvelle qu'ils sont evendus&#13;
• à l'annonce&#13;
par le baptême, et, enfin, d'ordonner toute la culture b umaine&#13;
élèvesu&#13;
salut pour éclairer par la foi la connaissance graduelle que 1es&#13;
acquièrent du monde, de la vie et de l'homme' '•&#13;
d&#13;
- • B)&#13;
&#13;
(Gravissimum E ucauoms,&#13;
&#13;
Un enseignement aussi autorisé ne s' adresse-t-il pas aux catb_oli9ues de&#13;
chez nous qui seraient tentés par la neutralité r eligieuse, theonqu~ ou&#13;
pratique, en matière d'école et d' éducation? S'il est une valeur qm eSt&#13;
privilégiée dès l'origine de notre histoire, et tout au long de ' fon&#13;
développe~ent, c'est bien celle de l'éducati?n chrétienne: nos re ormateurs actuels feraient bien de s'en souvenu.&#13;
.&#13;
On nous permettra d'illustrer par quelques exemples l'intéret de 1:1os&#13;
Fondateurs pour l'éducation chrétienne. C'est Marie de l'Incarnat\on&#13;
et Marguerite Bourgeoys préparant leurs élèv:s à l_eur, futur rol~&#13;
d'épouses et de mères. C'est Marguerite d 1Youv11le qm, _s attachant a&#13;
un époux indüférent et à un père plus occupé de ses affaues 9u~&#13;
sa&#13;
famille, fera la preuve qu'il est possible, tout en demeur:ant difhc_il: et&#13;
hasardeux, de bien élever ses enfants, aux plans humarn et chreuen,&#13;
pratiquement toute seule. Puissent ces rappels profiter ~ux cou ples&#13;
modernes mal assortis et aux familles inquiètes de l' avenrr !&#13;
Enfin, dernier avantage d'une dévotion fervente aux Pondate~s,&#13;
c'est celui des grâces spéciales que leur intercession peut nous obtenrr.&#13;
En effet, le rôle visible et extérieur qu'ils ont eu à remplir ici, celui de&#13;
&#13;
?e&#13;
&#13;
7&#13;
&#13;
�C!éer des inst itut ions n~cessaires à l'Eg lise can&#13;
adie nne nais sant e, a pris&#13;
fm avec l~ur mo~t. ~_ais !e rôl~ invi sibl e et inté&#13;
c0 !11P_?rtait, celu i d etab hr le regn e de la grâc rieu r que leur mis sion&#13;
e&#13;
pns ~m avec leur passage à une vie nou vell e. dan s les âme s, n'a pas&#13;
acquis 1:1fle_amp!eur et une imp orta nce nou vell Au con trair e, ce rôle a&#13;
~utrefois, ils disp osen t de grâces spéc iale s es. Auj ourd 'hui , com me&#13;
en&#13;
eter nell e de b~ti sseu rs de la chré tien té can vue de leur mis sion&#13;
c~m me autrefois, leur amo ur pou r l'Eg lise de adie nne . Auj ourd 'hui ,&#13;
fr~r~s du_ Canada, plus vif au ciel que sur la terr che z nou s et pou r leur s&#13;
mis ere, a ~o?lager les mal ades , à con sole r lese, les port e à seco urir la&#13;
?o~ c pas hes1ter à reco urir à eux en leur dem andaffligés. Il ne faud rait&#13;
m!e ret pou r notr e mili eu, par des faveurs insi gne ant de man ifes ter leur&#13;
mrracle~. Cep e~d ant, c~s mira cles ne se peu vens et, au beso in, par des&#13;
tanc e dun e. pne re con fian te qui regroupe les t obte nir sans l'ins isaspi ratio ns de tous , en&#13;
une com mun e ferveur.&#13;
Il en résu ltera une Eglise de con vers ion de frat&#13;
erni té de serv ice et de&#13;
salu~ vrai men t signifié. Il s'ag it là d'un p;oj et&#13;
d'en ver ~e, sem blab le à&#13;
celu i des Fon dat~ ~s et ~ûre men t plus dura ble&#13;
que bea uco up de proj ets&#13;
aux que ls on sa~rif1e sa vie pou r del ' arge nt. Com&#13;
en ~r~ sfor mat 1on cult urel le, l'Eg lise du Chr ist me leva in d'un mon de&#13;
a~prr~t10ns dan s une poss ibili té d'ac tion réal iste ne situ e pas moi ns ses&#13;
ticu lier aux fem mes et aux jeunes. Il est en . Elle fait appel en parcon stat er. com men t les prem ière s ont tenu une effet rem arqu able de&#13;
la fo_ndat10n de !'Eg lise cana dien ne; l'Eg lise plac e imp orta nte dan s&#13;
beso m tout au~s1 urge nt et leur lais se un cha actu elle en ress ent un&#13;
mp d'ac tion de plus en&#13;
pl1;1~ vaste. Les Jeun~s, perm éabl es à un idéal&#13;
sprr1tuelles, ~agnera1ent eux auss i à part ager leélevé et à des aspi ratio ns&#13;
teur~ de l'Eg!1se cana dien ne et à vivifier celle-ci dyn ami sme des FondaIls_ repondra1ent, _du mêm e c~m p,} l'att ente despar des gest es con cret s.&#13;
Seigneur a don nes à son Eghse. Nou s croyons dern iers Pap es que le&#13;
l'im men se sour ce&#13;
?' ~nergie !ate ~te c~ez !es jeunes de notr e temps, en&#13;
si&#13;
ouv&#13;
erts aux gran ds&#13;
1deals de Justice, s1 avides d'au then ticit é, si prêt&#13;
s&#13;
à&#13;
se&#13;
don ner à leur s&#13;
frèr es" {Paul VI}. "L'E glis e voit dan s les jeun&#13;
es une éno rme force de&#13;
reno uve au que notr e préd éces seur le pape Jean&#13;
xxm con sidé rait com me&#13;
un sym bole de l'Eglise elle -mê me, appelée à se&#13;
c'es t-à- dire à sa raje unir sans cess e" {Jean-Pa réno ver con stam men t&#13;
ul rrJ.&#13;
'&#13;
ID Relance de la devotion à nos Fondateurs.&#13;
Pou r reno uve ler cett e dév otio n indi spen sabl&#13;
occu pati ons actu elle s de l'Eglise, cert aine s mese, con form e aux prépou r ne pas dire nécessaires. Nou s som mes ures sem blen t util es,&#13;
vou dra collaborer à leur mis e en prat ique par pers uad és que cha cun&#13;
amo&#13;
de ceu x et celles qu' Elle a mis sion de con duir ur de l'Eg lise d'ic i et&#13;
e au Père à trav ers les&#13;
obst acle s et les succ ès de la vie terr estr e.&#13;
D'ab ord, se con vain cre que le cult e des&#13;
peu ple cana dien et cha cun des indi vidu s, unFon date urs est, pou r le&#13;
enri chis sem ent et un&#13;
&#13;
dev oir de prem ier ordre. Un dev oir de reco&#13;
Prov iden ce qui nou s les a don nés un dev nna issa nce env ers la&#13;
oir&#13;
l'Egl~s~ d:ic i don t ils son t la gloire. Un enri chis de soli dari té env ers&#13;
nera it a s enra cine r dan s une connaissance de sem ent aussi! qll:i gagplus en plus ob1ect1ve de&#13;
la pers onn alité et des acti vité s de cha cun des&#13;
Fon date urs: plus ieur s&#13;
mon ogra phie s, cha nso ns diap osit ives et diap&#13;
oram&#13;
C_?nnaissance. _Les cent r~s Monseigneur-de-Lav as assu rent une telle&#13;
al, Mar i~-d e-l'l ncam atlon et ~ath erm e-~e -Sai nt-A ugu stin à Qué bec,&#13;
Mar gue nte- d'Yo uv1 lle et Jean ne-M ance à MonMargu~n~e-Bour~~oys,&#13;
trav ail des plus adm irab les dan s ce sens . Mai tréa l reah sen t deJa un&#13;
qu'i l y aura it lieu de susc iter des init iativ es s nou s pen son s enc ore&#13;
nou vell es, telle s que des&#13;
con fére nces , des voyages aux sour ces et des&#13;
coiffer le trav ail de ces cen tres coo rdon ner les exp osit ions . Or, pou r&#13;
app orta nt l'ap pui de son auto ;ité et sens ibili acti vité s de tous en leur&#13;
ser&#13;
Com ité des f?nd ~teu rs de l'Eglise can adie nne tous les inté ress és, le&#13;
revu sa const1tut10n; a revu sa con stitu tion en a préci~é ses objectif~ et&#13;
1976; c est un aspe ct import ant de la rela nce.&#13;
En cet ins_tant ?e notr e hist oire religieuse, il nou&#13;
s para ît esse ~tie l de&#13;
c~m ?~tt r~ energ1quement les préjugés con cern&#13;
ant&#13;
les que suo~ s. de&#13;
beat1f1cat.1.on et de canonisation. Que l'on sach&#13;
e&#13;
bien&#13;
que la glorification sole nne lle par l'Eg lise univ erse lle de ses fils&#13;
et&#13;
de&#13;
ses filles les plus •&#13;
vert ueu x rend tém oign age à la face du mon de&#13;
du&#13;
pou&#13;
voir sanc tific ateur de !'Ep ouse du Chri~t. La grâce divi ne&#13;
~st&#13;
touj&#13;
ours&#13;
dsponible,&#13;
mêm e à notr e époque, aux âme s gén éreu ses qui&#13;
son&#13;
t&#13;
prêt&#13;
es&#13;
à coll abo rer&#13;
à l'ac tion du Seig neu r en nou s. Mai s, par- dess&#13;
us tout , que l'on réal ise&#13;
que cett e sanc tion sole nne lle par Rom e intr odu&#13;
it le cult e du nou vea u&#13;
Bien h~u reux ou du Sain t, dan s la litur gie offi&#13;
cielle de l'Eglise. Or, ce&#13;
son t la des avantages qu'o n ne saur ait sous -est&#13;
ime r.&#13;
Il est imp orta nt, dan s cett e pers pect ive de reva&#13;
au gran d pub lic l'ac cès aux inst rum entslori sati on, de faci liter&#13;
trad itio nne ls du&#13;
dév elop pem ent de la dév otio n aux Sain ts not&#13;
amm&#13;
ent&#13;
des tom bea ux,&#13;
où son t conservés les rest es des Fon date ~s.&#13;
Il&#13;
est&#13;
natu&#13;
rel et norm al,&#13;
pou r ceu x qui prof esse nt une dév otio n à ces émi&#13;
nen&#13;
ts&#13;
pers&#13;
onn ages , de&#13;
vou loir s'ag eno uille r près de -leur tom be, com&#13;
me&#13;
il&#13;
est&#13;
natu rel et&#13;
norm al, pou r des pare nts et des ami s de vou loir&#13;
s'ag&#13;
eno&#13;
uill&#13;
er&#13;
au tom beau de leur s cher s disparus. Prie r a~ tom bea&#13;
ux&#13;
des&#13;
Fon&#13;
date&#13;
urs&#13;
donnera le sen tim ent de leur prés ence et rend ra&#13;
la priè re plus dire cte et&#13;
plus fervente. Les com mun auté s qui ont charge&#13;
de cha cun e des caus es&#13;
n'hé site ron t pas, nou s en som mes con vain cus&#13;
fices et les déra nge men ts nécessaires pou r insf à con sent ir les sacrielles ont la garde, à un end roit faci lem ent alle r le tom bea u don t&#13;
accessible, déc emm ent&#13;
décoré, ouv ert au pub lic tout au long du jour&#13;
et en deh ors des loca ux&#13;
dest inés aux religieuses. Du rest e, plus ieur s&#13;
com&#13;
devancé nos souh aits , à ce propos et les cen tres mun auté s ont déjà&#13;
plus hau t tém oign ent éloq uem ent de l'int érêt don t nou s avo ns parl é&#13;
qu'i ls por tent aux tom beau x en se con form ant à ces directives.&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
�Nous nous rendrons donc aux tombeaux des Fondateurs pour y prier.&#13;
De plus, en fréquentant les centres qui se sont chargés des diverses&#13;
·causes, nous témoignerons d'une solidarité effective entre tous les&#13;
membres de l'Eglise, à travers le temps et l'espace. C'est avec la collaboration de tous, est-il nécessaire d'insister, que nous obtiendrons le&#13;
succès désiré: la béatification ou la canonisation des six Fondateurs de&#13;
l'Eglise canadienne! Alors, nous apprendrons à contempler l'amour de&#13;
Dieu à l'oeuvre dans des personnes bien concrètes, nos pionniers dans&#13;
la foi. Il en ressortira, nous en avons la ferme conviction, des liens plus&#13;
étroits entre l'héritage et le projet d'une Eglise toujours en marche.&#13;
Le Comité des Fondateurs&#13;
(juin 1980)&#13;
&#13;
COMITÉ&#13;
Exécutif&#13;
Evêque panent S.E, Mgr A.-M. Cimichella&#13;
Président&#13;
Mgr Louis Aucoin, C.S.&#13;
Vice-président Père Lucien Campeau, S.J.&#13;
Secrétaire&#13;
M. Gilbert Lévesque&#13;
Publiciste&#13;
M. Maurice da Silva&#13;
Trésorière&#13;
Soeur Donalda Savard&#13;
&#13;
Auxiliaire à Montréal&#13;
Curé, St-Vincent-Ferrier, Mtl&#13;
Professeur, (U. de Mtl)&#13;
Scripteur-recherchiste, (R.-Canada)&#13;
Professeur (CEGEP-AhuntsicJ&#13;
Dire. du Centre Jeanne-Mance, Mtl&#13;
&#13;
Directeur(triceJs des Centres&#13;
Soeur Françoise Gariépy, a.m.j.&#13;
Soeur Thérèse Maheux, s.g.m.&#13;
M. l'abbé Honorius Provost&#13;
Soeur Noëlla Rivard, o.s.u.&#13;
Soeur Donalda Savard, r.h.s.j.&#13;
Soeur Hélène Tremblay, c.n.d.&#13;
&#13;
Catherine-de-St-Augustin {Québec l&#13;
Marguerite-d'Youville (Montréal)&#13;
Monseigneur-de-Laval (Québec)&#13;
Marie-de-l'Incarnation (Québec)&#13;
Jeanne-Mance (Montréal)&#13;
Marguerite-Bourgeoys (Montréal)&#13;
&#13;
Membres&#13;
Président, Société historique du Saguenay&#13;
Professeur et Aumônier, Québec&#13;
Assistant-directeur, Rés. pour pers. âgées,&#13;
St-Saveur-des-Monts&#13;
Mme Monique Duval&#13;
Journaliste (Le Soleil, Québec)&#13;
M. l'abbé François Lanoue&#13;
Curé, St-Alexis-de-Montcalm&#13;
M. Roger Leclerc&#13;
Réalisateur {Radio-Canada)&#13;
M. l'abbé Lucien Lemieux&#13;
Vic. épiscopal, diocèse de St-Jean, Qué.&#13;
M. Louis Martin&#13;
Dir. Editions H.R.W., Montréal&#13;
Soeur Thérèse Payer, r.h.s.j.&#13;
Sup. de la Maison mère, Hôtel-Dieu, Mtl&#13;
Chargée de Secrétariat&#13;
Soeur Thérèse Leduc, s.n.j.m.&#13;
M. Léonides Bélanger&#13;
M. l'abbé Marc Caron&#13;
M. Jean-Paul Dagenais&#13;
&#13;
11&#13;
&#13;
�''FRANÇOIS DE LAVAL''&#13;
est son nom ...&#13;
Ce n'est pas écrit sur une tablette de pierre comme le nom de "Jean"&#13;
le Baptiste, sous la main du patriarche Zacharie. Mais c' est écrit des&#13;
centaines de fois sur des pièces d'archives ...&#13;
Tout chrétien porte généralement, en plus de son nom de famille, un&#13;
prénom attribué par ses parents (et parrains) lors du baptême et inscrit&#13;
dans l'acte d'état civil rédigé à cette occasion. Rien de nouveau à cela.&#13;
Mais, dans le cas de Mgr de Laval, né le 30 avril 1623 (on l'a appris par&#13;
des recoupements de documents postérieurs), les actes de cette période&#13;
manquent malheureusement dans les registres de sa paroisse natale,&#13;
Montigny-sur-Avre, dans le Thimerais, diocèse de Chartres, à quelques&#13;
kilomètres de Brezolles. On l'a tout de même appelé "François, sans&#13;
plus, bien que des historiens plus et moins récents aient insinué&#13;
comme prénom "François-Xavier", sous prétexte que saint FrançoisXavier, jésuite, venait d'être canonisé l'année précédente, 1622.&#13;
L'attribution est vraisemblable, pour ce motif, mais elle reste gratuite&#13;
et ne paraît fondée sur aucun document ni aucun usage postérieurs du&#13;
moins dans l'immédiat. Personne ne prétend, du reste, s'appuyer sur&#13;
un document équivalent à celui du baptême.&#13;
La première fois qu'on voit mentionné dans les écrits contemporains&#13;
le nom de notre futur évêque, c'est lors de sa nomination comme&#13;
chanoine par son oncle François Péricard, évêque d'Evreux, le 25&#13;
septembre 1637. C'est une instance évidente de népotisme. Le candidat n'avait que 14 ans et dut se faire remplacer par un substitut au&#13;
chapitre d'Evreux; mais la prébende attachée au titre lui permettait de&#13;
contribuer à sa pension d'étudiant au collège des Jésuites de La Flèche.&#13;
On le dénomme alors: "François de Laval, clerc du diocèse de Chartres" (Pouillé du dioc. d'Evreux, G22, A.G. 35, f. 506). Destiné au&#13;
sacerdoce, on lui avait déjà imposé la soutane et la tonsure, à l'âge de&#13;
neuf ans. C'était dans les moeurs du temps.&#13;
Par l'autorité de cet oncle, qui avait un fort esprit de famille, ''François de Laval, clerc'' dut suspendre ses études. Les deux aînés étant&#13;
morts à la guerre, coup sur coup, sa mère étant déjà veuve, on lui&#13;
imposa le soin de la famille et de la seigneurie héréditaire. C'est pour&#13;
cela qu'on l'appela désormais " l' abbé de Montigny", dans le cercle de&#13;
ses connaissances. Mais la situation ne dura que peu de temps. Au&#13;
mariage de son frère cadet, Jean-Louis, il lui confia d'abord les affaires&#13;
temporelles de la famille et reprit ses études à Paris, pour être ordonné&#13;
quand même assez jeune: 24 ans et 1 jour, soit le 1 mai 1647. Son&#13;
oncle, réconcilié au sujet de sa vocation, était décédé, en lui confiant&#13;
encore l' archidiaconat d'Evreux, dont le candidat prit possession aussitôt prêtre. Il se libéra peu après de ses droits d'aînesse proprement dits&#13;
en faveur de son frère. Puis il démissionna aussi de sa charge à Evreux,&#13;
en 1654, pour la remettre à son grand ami et condisciple du collège de&#13;
Photo Armour Landry&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
�Laflèche, Hemi&#13;
Henri Boudon. Alors, on ne le nomme plus que ''François&#13;
"François de&#13;
Laval, prêtre, dernier possesseur" (Pouillé d'Evreux, tome 1, p. 145).&#13;
Avant d'aller plus loin dans la carrière de notre futur évêque, il faut&#13;
voir comment il écrivait lui-même son nom. Nous savons qu'il a signé&#13;
comme témoin aux registres de l'église paroissiale. Il a dû signer&#13;
maintes fois lors de procédures canoniques ou dans des papiers&#13;
d'affaires temporelles, avec sa parenté et avec ses censitaires des seisei­&#13;
gneuries de Montigny, Montbaudry, etc. avant qu'il en ait cédé la gégé­&#13;
rance. Mais ces affaires se transigeaient surtout devant des notaires,&#13;
dont les greffes sont inaccessibles et l'écriture souvent indéchiffrable.&#13;
Cependant, ayant correspondu avec un notaire de Brezolles à la&#13;
retraite, nous avons obtenu un autographe de Mgr de Laval, du 12&#13;
février 1651, où, sans avoir signé, il s'est mis en cause, comme arbitre,&#13;
dans la succession d'un nommé Guillaume Langlois: ''"au&#13;
au lieu seisei­&#13;
gneurial de Montigny, est-il écrit, en présence de Messire François de&#13;
Laval, prestre, seigneur de Montigny".&#13;
Montigny''.&#13;
Un autre document en photocopie, du 8 février 1655, nous montre,&#13;
côte à côte, deux belles signatures, celle de "François de Laval" et celle&#13;
de son frère&#13;
hère "Jean-Louis de Laval".&#13;
Mais voilà que ce François de Laval devient candidat à l'épiscopat,&#13;
d'abord pour le Tonkin, et il passe aux informations canoniques sur sa&#13;
vie, le 5 nov. 1653. L'affaire de Tonkin ayant échoué, les Jésuites le&#13;
relancent pour la mission du Canada, auprès de Louis xiv.&#13;
XIV. Le Roi en&#13;
écrit directement au Pape Alexandre vn,&#13;
vu, le 26 janvier 1657 et il s'ensuit&#13;
un échange de communications entre Rome et Paris, de nouvelles inin­&#13;
formations canoniques, etc, qui aboutissent à la nomination du ''Père&#13;
"Père&#13;
François de Laval"&#13;
Laval'' non pas comme évêque, mais comme vicaire aposapos­&#13;
tolique du Canada. Dans sa bulle de nomination, comme évêque de&#13;
partibus, du 3 juin 1658, il est encore dénommé de la même&#13;
Pétrée in partïbus,&#13;
manière. Mais ce sera pratiquement la dernière fois, dans la littérature&#13;
officielle.&#13;
Mère Marie de l'Incarnation, fondatrice des Ursulines de Québec,&#13;
cette mystique qui avait les pieds solides sur la terre et jouissait d'un&#13;
véritable charisme de discernement, n'a pas tardé à toiser le nouvel&#13;
évêque si l'on peut dire, dès son arrivée, à l'été de 1659, et à s'en ouvrir&#13;
à son fils, Dom Claude Martin, dans une lettre écrite l'automne suisui­&#13;
vant, avec ce texte bien connu, mais qu'il fait bon de répéter (Dom&#13;
Oury: Marie de l'Incarnation ...&#13;
. . . Correspondance, p. 613): "Sans&#13;
parler de sa naissance qui est fort illustre, car il est de la maison de&#13;
Laval, c'est un homme d'un haut mérite et d'une vertu singulière. J'ai&#13;
bien compris ce que vous m'avez voulu dire de son élection; mais que&#13;
l'on dise ce que l'on voudra, ce ne sont pas les hommes qui l'ont choisi.&#13;
Je ne dis pas que c'est un saint, ce seroit trop dire: mais je dirai avec&#13;
vérité qu'il vit saintement et en Apôtre" ...&#13;
. . . Premier éloge, qui ne sera&#13;
pas le dernier, de la part de cette femme supérieure. Mais si le surnom&#13;
de Montmorency eût le moindrement en usage, la bonne Mère eût&#13;
14&#13;
&#13;
1&#13;
J&#13;
&#13;
|&#13;
&#13;
perdu là une belle occasion de l'attribuer à Mgr de Laval, en parlant de&#13;
naissance".&#13;
''"sa&#13;
sa naissance''.&#13;
Le nouvel évêque devait se procurer des armoiries épiscopales et un&#13;
sceau en conséquence. Par contre, son appartenance à la noblesse, qu'il&#13;
ne pouvait renier, lui acordait juridiquement, surtout comme aîné de&#13;
famille, le blason de ses pères. Il trouva plus simple, dans son esprit&#13;
d'humilité, del'&#13;
adopter tel quel avec sa devise: "Dieu&#13;
premier&#13;
de l'adopter&#13;
“Dieu ayde au prem&#13;
ier&#13;
chrestien”,&#13;
", pour ses armes épiscopales, en le surmontant des&#13;
baron chrestien&#13;
attributs pontificaux. Or, le blason des de Laval comprenait la croix&#13;
"de gueules" des Montmorency depuis très longtemps, au moins&#13;
dep:u,is&#13;
Guy de Montmo­&#13;
Montmodepuis le onzième ancêtre de !'Evêque,&#13;
l'Evêque, un certain ''&#13;
"Guy&#13;
rency-Laval", au xme&#13;
xme siècle.&#13;
Quant à Mgr de Laval lui-même, jamais il n'invoquera ce second&#13;
titre de noblesse et personne, semble-t-il, n'aura l'idée de l'invoquer de&#13;
son vivant. Dans ses écrits de circonstance, comme dans sa première&#13;
lettre connue, adressée au Pape Alexandre vn le 31 juillet 1659, et&#13;
rédigée en latin, il signera: "Franciscus de Laval Petreae episcopus&#13;
Francia'', en attendant de devenir évêque&#13;
Vicarius Apostolicus in Nova Francia",&#13;
en titre de Québec. Début d'une correspondance assidue avec le SaintSiège, dont les réponses, conservées au Séminaire de Québec, sont&#13;
adressées comme suit, Mgr de Laval ayant correspondu avec quatre&#13;
papes consécutifs:&#13;
consécutifs :&#13;
Alexandre vu,&#13;
vn, 3 avril 1660 (carton Lettres N, no 5)&#13;
''Venerablili&#13;
' ' Venerablili Fratri Episcopo Petreae in Nova Francia''&#13;
Francia" ...&#13;
. . .&#13;
Clément IX,&#13;
ix, 2 mai 1669 (carton Polygr. 22, no 39)&#13;
"R.P. Francisco&#13;
Episcopo Petreensi Vicario Apostolico&#13;
.,,&#13;
C&#13;
anad ens1 ...&#13;
Canadensi"&#13;
. . .&#13;
Clément x, bulle oct. 1674 (Lettres N, no 37a)&#13;
. . . ''Illustrissimo&#13;
"Illustrissimo et Reverendissimo Domino Francisco&#13;
de Laval''&#13;
Laval" ...&#13;
. . .&#13;
Saint Innocent XI,&#13;
xi, 30 mars 1678 (Lettres N, no 45)&#13;
"Venerabili Fratri Episcopo Petreae in Nova Francia''&#13;
Francia" ...&#13;
. . .&#13;
''Venerabili&#13;
&#13;
)&#13;
&#13;
Quant aux signatures ordinaires de Mgr de Laval durant son épiscoépisco­&#13;
pat, elles ont été successivement:&#13;
-— François evesque de petrée, 1665.&#13;
-— François evesque de Québec, 1684.&#13;
-— François, ancien evesque de Québec, 1690.&#13;
Dans la bouche des familiers et du peuple, il fut appelé: Mgr de&#13;
Pétrée, Mgr de Québec, Mgr l'Ancien et, du début à la fin de sa carrière,&#13;
tout simplement: Mgr de Laval; c'était bref et clair.&#13;
Mais la mort vint chercher le serviteur de Dieu, commençant sa&#13;
15&#13;
&#13;
�86ième année d'âge. Son corps enfermé dans un cerceuil plombé, son&#13;
coeur extrait préalablement par le chirurgien Michel Sarrazin, pour&#13;
demeurer une relique tangible, dans un coffret séparé, au Séminaire de&#13;
Québec*, Mgr de Laval restait à la merci, si l'on peut dire, des témoins&#13;
édifiés de sa vie et des historiens futurs, plus ou moins laudatores temporis acti. On l'enterra sous le choeur de la cathédrale après avoir soudé&#13;
sur le cercueil une plaque gravée:&#13;
Hi jacet D.D. Francicus de Laval&#13;
primus quebecensis episcopus.&#13;
obiit die sexta maii anno salutis&#13;
millesimo septingentesimo octavo&#13;
aetatis suae octogesimo sexto,&#13;
Consecrationis quinquagesimo Requiescat in pace&#13;
&#13;
Ci gît D.D. François de Laval, premier évêque de Québec. Il mourut&#13;
le six de mai de l'an du salut mil&#13;
sept cent huit de son âge le quatrevingt-sixième, de sa consécration&#13;
le cinquantième Qu'il repose en&#13;
paix&#13;
&#13;
On peut lire aussi, au registre paroissial des sépultures: ''Le neuvième mai 1708, a été inhumé ... Monseigneur François de Laval,&#13;
premier évêque de Québec et de toute la Nouvelle-France ... "&#13;
Sa première oraison funèbre a été prononcée le même jour par M.&#13;
(Charles) Glandelet, vicaire général et doyen de la dite cathédrale ...&#13;
Cette oraison funèbre, que nous dénommerions plutôt une brève&#13;
homélie, a été conservée aux archives du Séminaire de Saint-Sulpice de&#13;
Paris (Documents pour servir à l'histoire de l'Eglise du Canada, vol. 11&#13;
Scripta varia, f. 26: reproduite, pour la cause de béatification, dans&#13;
Altera Nova Positio, Rome, 1956, p. 626). Il annonçait, du reste, une&#13;
véritable oraison funèbre qui allait être prononcée, au service du trentième jour, le 6 juin suivant, par le chanoine Joseph de la Colombière,&#13;
archidiacre du chapitre, et le frère du bienheureux Claude la Colombière, confident de Sainte Marguerite-Marie et apôtre du Sacré Coeur&#13;
en Europe. Ce panégyrique à la Bossuet est tout une pièce d'éloquence&#13;
historique, qui couvre 22 pages (627-649) in folio du recueil Altera&#13;
Nova Positio. Enfin, pour ne pas être en reste avec Québec, les Sulpiciens de Montréal firent les frais d'une cérémonie à Notre-Dame, le&#13;
premier juin, et d'une oraison funèbre par leur Supérieur, M. François&#13;
Vachon de Belmont, moins élaborée mais non moins emphatique que&#13;
celle de M. de la Colombière à Québec. Les deux, faisant flèche de tout&#13;
bois, n'ont pas manqué de parler, à l'honneur de leur héros, de son&#13;
ascendance à l'illustre lignée des Montmorency. Ils sont allés jusqu'à&#13;
en affliger le nom même du prélat défunt en ces termes: ''Monseigneur·&#13;
!'illustrissime et révérendissime François de Montmorency de Laval&#13;
premier et ancien évêque de Québec, fondateur et apôtre de l'église de&#13;
Canada" . . . (Belmont). C'était assez pour faire retourner dans son&#13;
cercueil, s'il n'avait pas été bien mort et privé de son coeur, celui qui&#13;
avait été le pauvre, le modeste et l'humble "Monseigneur de Laval"!&#13;
Tout le monde a pleuré, prié, en cette pénible conjoncture; on a fait&#13;
toucher à sa dépouille des objets de piété, réclamé comme reliques des&#13;
linges qui avaient été à son usage, même, paraît-il, des cheveux et du&#13;
*Le coffret est disparu depuis longtemps, soit lors des dévastations du siège de Québec, en&#13;
1759, soit lors de l'incendie de la chapelle, le premier janvier 1888.&#13;
&#13;
cartilage de sa poitrine, subtilisés par son fidèle homme de chambre, le&#13;
Frère Hubert Houssart. On a aussi obtenu des faveurs insignes, temporelles et spirituelles, de vrais miracles au dire des témoins. Et l'abbé&#13;
de Glandelet, homme d'esprit pratique, en avait même recueilli une&#13;
relation, qui, malheureusement, a été perdue. Si, alors, on eût été avisé&#13;
et au fait des procédures à remplir, si on eût été plus près de Rome, avec&#13;
des canonistes, on aurait pu entamer aussitôt des démarches pour la&#13;
glorification du serviteur de Dieu.&#13;
Mais, pour revenir au nom nouvellement élaboré de Mgr de Laval,&#13;
cette insertion post mortem d'un surnom inusité jusque là, entre le&#13;
prénom "François" et le nom de famille "de Laval", va nettement a&#13;
l'encontre de la logique. Notre prélat était un "de Laval" depuis nombre de générations avant de rejoindre les Montmorency. C'est donc&#13;
"François de Laval de Montmorency" qu'il eût fallu dire, au moins, si&#13;
on y tenait. C'est ce qu'a fait l'abbé Edmond Langevin, en publiant sa&#13;
Notice biographique sur François de Laval de Montmorency, en 1874,&#13;
au second centenaire du diocèse de Québec. Et pourtant, c'est la&#13;
version de M. de Belmont qui a prévalu chez les historiens, qui a figuré&#13;
dans toutes les démarches et publications concernant la cause de béatification du serviteur de Dieu, depuis le 23 mai 1878, jour de la translation solennelle de ses restes dans la grande chapelle du Séminaire.&#13;
Toutefois, la volumineuse et savante Histoire généalogique . .. de la&#13;
Maison royale de France, dite du Père Anselme (édition de 1728, tome&#13;
m, p. 647) ignore encore l'innovation d'origine canadienne, puisqu'elle&#13;
écrit: "François de Laval ... d'abord connu sous le nom d'abbé de&#13;
Montigny ... premier évêque de Québec en Canada'' ... Le grand historien français François-Xavier de Charlevoix, jésuite, bien qu'il soit&#13;
venu chercher de la documentation au Canada, échappa à son tour à&#13;
l'influence de ce virus dans son Histoire et Description générale de la&#13;
Nouvelle-France, Pari;, 1744. Au tome second, p. 88, il écrivit:" ... le&#13;
sixième de Juin de l'année 1659, François de Laval, connu auparavant&#13;
sous le nom d' Abbé de Montigny, Evêque Titulaire de Pétrée ... débarqua à Québec". Par la suite, il ne l'appela plus que "M. de Petrée".&#13;
Le premier historien ou biographe véritable de Mgr de Laval, _l'abbé&#13;
Bertrand de La Tour tombe dans le travers et d'une façon assez inconséquente. Après avoir intitulé son ouvrage: Mémoires sur la vie de M.&#13;
de Laval, premier évêque de Québec (Cologne, 1761), il commence son&#13;
Livre premier par ces mots: "François de Montmorenci-Laval-Montigny, connu dans le monde sous le nom de l'Abbé de Montigny" ...&#13;
Nous avons déjà vu ce que le nom de Montigny vient faire ici. Précieuse souverainement, cette biographie, dont l'auteur n'a pu publier&#13;
que le premier tome, où il avoue (p. 50) que, lors de son séjour au&#13;
Canada comme chanoine de Québec, il a tiré parti d'écrits de feu l'abbé&#13;
Charles de Glandelet (1645-1727), du Séminaire de Québec, chez qui il&#13;
a perçu "une profonde vénération pour M. de Laval, après la mort duquel il fit des procès-verbaux sur plusieurs miracles opérés à son tom-&#13;
&#13;
16&#13;
17&#13;
&#13;
�beau, et sur la vie duquel il a laissé bien des mémoires dont je m e suis&#13;
servi" . Ces fameux procès-verbaux, mentionnés une seconde fois, ont&#13;
pu ainsi prendre le chemin de la France, en des mains privées, et cela&#13;
expliquerait leur disparition de nos archives.&#13;
Faut-il mentionner, en terminant, une autre ancienne biographie de&#13;
Mgr de Laval, publiée sous l1anonymat, par l'abbé Louis-Edouard Bois,&#13;
en 1845 (Québec, chez Augustin Côté, 145 pages)? L'auteur semblait&#13;
donner la réplique par son titre: Esquisse de la vie et des travaux apostoliques de Sa Grandeur Mgr. Fr. Xavier de Laval - Montmorency, à&#13;
un autre "Esquisse bi ographique" ... de 43 pages, pu bliée sur les&#13;
entrefaites, par un abbé Brasseur de Bourbourg, prétendu historien&#13;
arrivé de France, mais qui ne possédait pas beaucoup notre histoire.&#13;
L'abbé Bois s'est pourtant contenté de reproduire, en y faisant des corrections de dates et autres, un écrit anonyme antérieur, accompagné&#13;
d'une lettre de présentation. Tel quel, cet écrit non authentifié nous&#13;
fait figure d'un apocryphe. Mais l'abbe Bois voulait en taire l'origine s'il la connaissait -, car, il nous semble l'avoir tiré d'une édition des&#13;
Lettres édifiantes et Curieuses ... et il craignait peut-être le reproche&#13;
de plagiat. D'après le contexte, nous croyons qu'il s'agit d'une première version de l'abbé de Latour, puisque l'auteur, sous un pseudonyme, déclare, dans la lettre, travailler pareillement à une ''histoire&#13;
de l'Hôtel-Dieu". C 'est bien le cas del' abbé de Latour, qui a écrit, nous&#13;
l'avons vu, sur des mémoires de l'abbé de Glandelet. Et celui-ci avait&#13;
devant lui un sillon tracé par les abbés de la Colombière et Vachon de&#13;
Belmont. Tout s'enchaîne d'ordinaire dans l 'élaboration de l'histoire,&#13;
où il ne peut guère y avoir de génération spontanée. Et une déviation au&#13;
départ peut avoir des conséquences indéfinies autant qu'imprévisibles.&#13;
C'est ainsi qu e s'est perpétuée cette brillante mais lourde dénomination: Mgr François (-Xavier) de Montmorency-Laval (de Montigny) .&#13;
Au moment où le premier évêque du Canada va être glorifié par&#13;
l'Eglise et mis sur les autels, n'est-ce pas le temps de lui restituer son&#13;
vrai nom**, celui de sa naissance sur terre? Est-ce que Rome, avec l'esprit de simplification post-conciliaire, ne pourrait pas consacrer la&#13;
modestie et le dépouillement de son fidèle serviteur, en le dénommant&#13;
simplement le&#13;
'' Bienheureux François de Laval''?&#13;
Honorius Provost, ptre&#13;
vice-postulateur&#13;
Membre du Comité&#13;
des Fondateurs&#13;
..)uébec, 16 avril 1980.&#13;
.. Un ouvrage paru en 1978, aux Editions LEMEAC, porte le nom de: ''François de Laval,&#13;
Seigneur de la Côte"&#13;
&#13;
18&#13;
&#13;
19&#13;
&#13;
�L' Actualité de Marie de l'Incarnation&#13;
dans l'Eglise Canadienne&#13;
Le 22 juin prochain, Marie Guyart de l'Incarnation sera proclamée&#13;
Bienheureuse. Saluons-la comme la Femme de l'année 1980 et !'Honneur de l'Eglise Canadienne qui, à juste titre, la reconnaît comme sa&#13;
véritable Mère.&#13;
Parler d'actualité de Marie de l'Incarnation ne semble-t-il pas audacieux, puisqu'il s'agit d'une moniale du xvrr• siècle? Peut-être, de&#13;
prime abord, mais nous ne tarderons pas à nous apercevoir que Mère&#13;
Marie apporte des solutions à plusieurs problèmes contemporains. La&#13;
glorification arrive à point, à l'heure de l'intériorité, à l'heure de la Providence.&#13;
Au lieu d'inventorier sa vie, demandons-lui une interview pareille à&#13;
celle des journaux et des grandes revues. Pour le besoin de la cause, je&#13;
représenterai PIERRES VIVANTES .•&#13;
Mère Marie, vous étiez "tant femme que rien de&#13;
plus". Avez-vous eu l'opportunité d'épanouir tous vos charismes spécifiques?&#13;
MARIE: Effectivement. A Tours, mon enfance s'est déroulée dans la joie&#13;
et l'exubérance de mon âge. Si mes parents m'ont mariée alors que je&#13;
pensais à la vie religieuse, c'est qu'ils me trouvaient trop gaie, trop&#13;
accorte pour le cloître.&#13;
Comme surintendante de l'entreprise de mon beau-frère, Paul Buisson, j'ai assumé de lourdes responsabilités commerciales. Ma compagnie était des crocheteurs, des charretiers, et même 50 ou 60 chevaux&#13;
dont il fallait que j'eusse le soin.&#13;
Devenue ursuline, je n'ai pas hésité à suivre une vocation missionnaire jusqu'alors réservée aux hommes. Mais vous devinez qu'il m'a&#13;
fallu déployer beaucoup de diplomatie pour gagner l'assentiment des&#13;
autorités ecclésiastiques, de mes supérieures et de la Compagnie des&#13;
Cent-Associés. Cette aventure comportait des risques, des plongeons&#13;
dans une vastitude chargée de brouillards et de précipices énormes.&#13;
Une fois en Nouvelle-France, j'ai compris que Dieu me confiait un&#13;
rôle de maternité spirituelle. Ce rôle, la plupart des missionnaires&#13;
jésuites, les notables et les Indiens ne me l'ont jamais contesté. Mais&#13;
n'allez pas croire que j'ai régenté la colonie, que j'ai exercé une espèce&#13;
de matriarcat pour régler les brouilleries entre les puissances. J'ai&#13;
essayé tout simplement d'être une Mère, une femme totalement&#13;
libérée.&#13;
P.v.: On dit que vous avez connu certaines difficultés avec l'épiscopat?&#13;
MARIE: En effet, après sa première visite canonique (1659), Mgr de Laval&#13;
a voulu changer nos Constitutions adaptées au pays. Je m'y suis respectueusement opposée. Que deviendraient les Instituts si chaque&#13;
évêque les modifiait à son gré? Cependant, j'ai toujours admiré Mgr de&#13;
PIERRES VIVANTES:&#13;
&#13;
20&#13;
&#13;
21&#13;
&#13;
�Laval, zélé, inflexible pour faire observer tout ce qu'il croyait devoir&#13;
augme?ter_la gloire de Dieu. En somme, avant le temps, je crois avoir&#13;
compris l'importance de la coresponsabilité avec le clergé et avec&#13;
les laïcs.&#13;
P.v.: Aujourd'hui, d'étranges doctrines circulent dans l'Eglise. De&#13;
savants docteurs soutiennent des thèses qui sèment la division. Les&#13;
unes de la proue, les autres de la poupe. J'allais dire jansénistes. De&#13;
votre temps, avez-vous eu connaissance des menées de Port-Royal?&#13;
MARIE: Oui, on m'a informée de l'affaire de Monsieur Arnauld, mais je&#13;
n'ai eu garde d'en parler et encore moins d'en écrire mes sentiments, ni&#13;
ceux de qui que ce soit. Pour éviter toute infiltration, j'ai même décidé&#13;
de rompre ma correspondance avec Mesdames Angélique et Agnès&#13;
Arnauld, grandes bienfaitrices de notre Séminaire.&#13;
Rien de neuf sous le soleil. L'Eglise a toujours connu des hérésies et&#13;
des persécutions. Comme vous, nous avons eu nos extrémistes de la&#13;
gauche et de la droite.&#13;
P.v.: Venue en Nouvelle-France spécialement pour les Indiens, vous&#13;
avez sans doute lutté pour le respect des pauvres, des minorités.&#13;
MARIE: Ma vie, au Canada, s'est déroulée auprès des enfants des bois,&#13;
dans un Séminaire exposé au froid, à la guerre, à l'incendie. Quand les&#13;
Français abusaient des Indiens, voulaient les assimiler et même les&#13;
exterminer, j'ai hautement protesté contre toute espèce de génocide.&#13;
Les Hurons ont trouvé refuge chez moi. J'ai admiré leurs talents naturels, stimulé leur foi, appris leurs langues, composé des dictionnaires&#13;
et des grammaires pour favoriser le dialogue avec les autochtones. Je&#13;
vois que vous n'avez pas fini d'aller vers les pauvres, de régler la cause&#13;
des Amérindiens.&#13;
P.v.: Votre correspondance révèle votre intérêt pour les affaires économiques et politiques.&#13;
MARIE: Cet intérêt, va sans dire, était relié aux affaires de mon Grand&#13;
Dieu. Par exemple, j'ai déploré la révolution qui a conduit Charles 1.,&#13;
d'Angleterre à la guillotine, les guerres qui ont bouleversé la France et&#13;
la colonie, le comportement regrettable de certains administrateurs qui&#13;
sont allés jusqu'à vouloir nous enlever nos terres.&#13;
D'autre part, j'ai suivi de près l'évolution de Kébec passée du stade&#13;
de simple bourgade au statut de Ville avec son maire, des échevins, un&#13;
palais de justice et des prisons. Toutes les réalisations de !'Intendant&#13;
Talon m'ont intéressée, mais, à mon sens, les colons s'amusaient trop&#13;
à la traite des pelleteries quand ils auraient mieux avancé leurs affaires&#13;
en défrichant la terre, en s'attachant au trafic de la pêche, des huiles de&#13;
loups marins et de marsouins.&#13;
Habituée au maniement des affaires, j'ai signé des contrats, construit&#13;
deux monastères, examiné le budget de la colonie avec mes amis de&#13;
l'administration royale. C'était déjà une espèce de candidature, un&#13;
droit de vote anticipé.&#13;
22&#13;
&#13;
P.v.: Et comment avez-vous résolu l'antinomie entre l'action et la contemplation?&#13;
MARIE: A dénombrer tous les travaux auxquels je fus mêlée, on se demande où je trouvais le temps pour prier et rencontrer le Seigneur.&#13;
Mais il est pourtant vrai que ni le bruit des rues, ni ce que j'avais à&#13;
traiter avec les marchands, ni tous les soins dont j'étais chargée ne pouvaient me tirer de ma liaison intérieure avec la Divinité. Pour répondre&#13;
adéquatement à votre question, je vous renvoie à ma Relation de 1654,&#13;
écrite pour mon fils, Dom Claude Martin. C'est mon roman d'amour&#13;
avec le Verbe Incarné avec l'auguste Trinité. Par la miséricorde de&#13;
Dieu, mon esprit et mon coeur ont été dans un aussi grand repos parmi&#13;
les affaires de difficile accommodement que si je n'avais rien eu à faire.&#13;
C'est une conduite que Dieu a toujours tenue sur moi depuis que je me&#13;
connais.&#13;
P.v.: Chez nous, en 1980, on parle d'une "Eglise aux Catacombes", de&#13;
''Vendredi-Saint''. Trouvez-vous qu'il y a lieu de nous alarmer?&#13;
MARIE: Nullement. Soyez dans l'espérance. Mgr de Laval, Kateri et moimême sommes revenus. Non pour vous faire retourner au xvrr• siècle,&#13;
mais pour vous réconforter, vous aider à renaître, à trouver des solutions évangéliques et concrètes aux problèmes que pose votre civilisation pas plus compliquée que la nôtre. Nos vies ont été souvent empoisonnées par les querelles de préséance, les intrigues, l'eau-de-vie, les&#13;
massacres et les rigueurs du climat. Mais voyez la contrepartie:&#13;
l'héroïsme des saints, clercs et laïcs, fidèles jusqu'au martyre pour&#13;
l'amour du Christ et de leur pays d'adoption. De tels actes demeurent&#13;
pour vous des bénédictions éternelles, des gages de survie et de résurrection. A conditio~, toutefois, que vous marchiez dans la Lumière,&#13;
que vous préfériez le Seigneur à toutes choses et à vous-mêmes. Alors&#13;
vous expérimenterez que Dieu a des bontés immenses pour ceux qui&#13;
s'abandonnent à Lui.&#13;
P.v.: Bienheureuse Mère Marie, Merci d'être toujours vivante au coeur&#13;
de votre Vieux Monastère et de notre Eglise.&#13;
Marie-Emmanuel Chabot, o.s. u.&#13;
&#13;
Monastère des Ursulines,&#13;
Stanstead, 17 avril 1980.&#13;
&#13;
23&#13;
&#13;
�LA BIENHEUREUSE KATERI TEKAKWITHA&#13;
Déjà en 1680 on préparait, peut-être sciemment, la béatification de la&#13;
jeune Agnière, Kateri Tekakwitha. Son premier biographe, le P. Claude&#13;
Chauchetière, S.J., au début de sa Vie de la bonne Catherine Tekakwitha, explique pourquoi, après cinq ans, il entreprit ce travail. En plus&#13;
de la vie héroïque de Kateri, les guérisons, les révélations, les visions&#13;
de la dévotion du public, "qui se trouvenrdans les procès de la canonisation des saints", dit-il, l'ont inspiré de préserver la mémoire de la&#13;
jeune Indienne de l'oubli.&#13;
Le second biographe fut le P. Pierre Cholenec, S.J., supérieur de la&#13;
Mission Saint-François-Xavier pendant les années que la future Bienheureuse y vécut. Il n'écrivit pas moins de trois biographies de Kateri&#13;
Tekakwitha, dont une en latin qu'il adressa au Père Michel-Ange Tamburini, Général de la Compagnie de Jésus. Avec un autre écrit du Père&#13;
Chauchetière, Narration annuelle de la Mision du Sault depuis la fondation jusqu'à l'an 1686, et un aperçu de la vie de la jeune Indienne&#13;
pendant son enfance et sa jeunesse au canton agnier, par le P. Jacques&#13;
de Lamberville, qui la prépara à devenir chrétienne et la baptisa en&#13;
1676, nous avons là les meilleurs témoignages katériens.&#13;
En plus de ces écrits, l'extraordinaire floraison de miracles et de&#13;
faveurs sur sa tombe attira l'attention de toute la Nouvelle-France sur&#13;
Kateri Tekakwitha. Son tombeau devint bientôt célèbre par le concours des fidèles qui y venaient de toutes les parties du Canada et par&#13;
les miracles qui s'y opérèrent" . (Charlevoix) En 1695 M. l'intendant&#13;
Jean Bochart de Champigny, grâce à Kateri Tekakwitha, obtint la guérison d'un gros rhume qui l'accablait depuis plus de deux ans et qui avait&#13;
failli lui faire perdre la voix. Ce n'était pas la plus grande des faveurs&#13;
obtenues par l'entremise de "la Bonne Kateri". Pourtant Mme de&#13;
Champigny lui témoigna sa reconnaissance en faisant tirer des gravures de cette bienfaitrice pour la première fois. Madame l'intendante&#13;
ne se contenta pas de. la distribuer au Canada mais aussi en France aux&#13;
premières personnes de la cour.&#13;
En 1744, le P . de Charlevoix pouvait écrire: "Elle est depuis plus de&#13;
soixante ans u niversellemen t regardée comme la protectrice du&#13;
Canada, et il n'a pas été possible de s'opposer à une espèce de culte&#13;
qu'on lui rend publiquement."&#13;
Pendant le xvm• siècle, -Kateri fit sentir sa puissance en obtenant la&#13;
guérison de plusieurs personnes. Une lettre du P. Louis d' Avaugour&#13;
mentionne qu'il se faisait toujours des miracles au tombeau de Kateri&#13;
et même fort loin de ce tombeau.&#13;
Malheureusement toutes ces faveurs célestes, fruit de l'intercession&#13;
de Kateri Tekakwitha, n 1 avancèrent pas sa béatification. Le P. Antonnelli, o.F.M., Relateur Général de cette Cause, explique pourquoi.&#13;
L'organisation de l'Eglise du Canada était encore à ses débuts. Qu'il&#13;
suffise de rappeler qu'il n'y eut qu'un évêché pour le Canada jusqu'en&#13;
11&#13;
&#13;
Photo Armour Landry&#13;
24&#13;
&#13;
25&#13;
&#13;
�1836, et que la Mission Saint-François-Xavier se trouve à quelque trois&#13;
cents kilomètres de Québec.&#13;
Il faut aussi tenir compte des conditions politiques pendant le xvme&#13;
siècle, qui ne furent aucunement favorables. En 1763, toute une suite&#13;
d'événements malheureux préparent et finalement aboutissent au&#13;
Traité de Paris. Les missions auprès des Amérindiens souffrirent du&#13;
nouveau gouvernement qui s'y montra ouvertement hostile.&#13;
C'est seulement au me Concile plénier de Baltimore en 1884 que&#13;
l'Eglise s'intéressa à Kateri Tekakwitha. L'épiscopat américain présenta une pétition au Saint-Siège en vue de la béatification et de la&#13;
canonisation d'Isaac Jogues, de René Goupil et de Kateri Tekakwitha.&#13;
Dans la suite, pour hâter la canonisation des Martyrs Canadiens, on&#13;
détacha la cause de Kateri, quitte à s'en occuper plus tard.&#13;
En 1885, à leur tour, NN. SS. Antoine et Domique Racine, respectivement évêques de Sherbrooke et de Chicoutimi, ont supplié S.S.&#13;
Pie IX d'introduire la cause de canonisation de Kateri à Rome. Dix ans&#13;
plus tard, Mgr Edouard-Charles Fabre, premier archevêque de Montréal, apposa son sceau sur les reliques de Kateri Tekakwitha, conservées à la sacristie de l'église de Caughnawaga.&#13;
C'est entre 1920 et 1925 que la cause katérienne prit son élan. Selon&#13;
le P. Hippolyte Delahaye, bollandiste en hagiographie: "La patrie du&#13;
saint est l'endroit du monde d'où il est parti pour entrer dans la gloire;&#13;
c'est le coin de terre où a été déposée sa dépouille mortelle.'' Après&#13;
Québec, Montréal était devenu le diocèse dans le territoire duquel&#13;
Kateri est morte. Cependant, comme Mgr Bruchési, archevêque de la&#13;
métropole, était alors malade, la cause fut confiée à Mgr Edmond-F.&#13;
Gibbons, évêque d' Albany (New York) dans le diocèse duquel se trouvait autrefois le village d'Ossernenon, lieu de naissance de Kateri.&#13;
En 1923, on expédia à Rome les principaux documents concernant&#13;
Kateri afin de les soumettre à un examen préalable de la part d'un&#13;
membre de la Congrégation des Rites. L'appréciation de Mgr Alphonse&#13;
Cernici, secrétaire de la Congrégation, fut plus que suffisante: "Il faudrait béatifier Kateri sans miracle, si c'était possible!" La béatification&#13;
des Saints Martyrs Canadiens en 1925 et leur canonisation en 1930&#13;
devaient stimuler davantage les fervents de Kateri Tekakwitha.&#13;
L'Ordinaire d' Albany se hâta d'instituer le procès informatif, qui&#13;
dura de 1930 à 1931. Entre autres, au Canada, le P. Arthur Melançon,&#13;
archiviste de la Compagnie Jésus au Collège Sainte-Marie et ancien&#13;
missionnaire à Caughnawaga, rendit de grands services à Sa Grandeur.&#13;
L'année suivante, le 11 juillet, à Rome, on prit connaissance de la riche&#13;
documentation du procès. Tenant compte du Motu proprio de S.S.&#13;
Pie x1 (6 février 1930), la Section historique de la Congrégation des&#13;
Rites prit en main l'xamen critique des sources utilisées dans ce&#13;
procès. On pouvait lire alors dans l'Osservatore Romando que ''peu de&#13;
causes aient jamais été mieux documentées''.&#13;
Le 19 mai 1939, le pape Pie xn autorisa l'introduction officielle de la&#13;
26&#13;
&#13;
Cause de Béatification de Kateri Tekakwitha, et le 3 janvier 1943, il&#13;
signa le décret sur l'héroïcité de ses vertus, ce qui valut à Kateri le titre&#13;
de "Vénérable". Le 22 juin prochain, S.S. Jean-Paul n l'élèvera à la&#13;
gloire des autels. Plus que jamais, la Bienheureuse Kateri Tekakwitha&#13;
nous servira de modèle et de protectrice. Elle demeure à nos yeux une&#13;
nouvelle réponse à l'appel du Seigneur Jésus à tous ceux qui voudraient&#13;
le suivre: '' Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait''.&#13;
&#13;
Le vice-postulateur,&#13;
Henri Béchard, S.J.&#13;
&#13;
27&#13;
&#13;
�.&#13;
&#13;
f&#13;
&#13;
.&#13;
&#13;
�SOMMAIRE&#13;
PRÉSENTATION ... . ... . .... .. .... . . . 2&#13;
Andre-Marie Cimichella&#13;
&#13;
LA D EVOT ION AUX FONDATEURS&#13;
DE J,'ÉGLISE DU CANADA .. . .. ... . .. 3&#13;
"FRANÇOIS DE LAVAL"&#13;
EST SON NOM . .. . .. . . . .. . .. .. . .. .. 13&#13;
Honorius Provost&#13;
&#13;
L'ACTUALITÉ DE MARIE&#13;
DE L'INCARNATION DANS&#13;
L'ÉGLISE CANADIENNE .. . . . . . ... . . 21&#13;
Marie-Emman uel Chabot&#13;
&#13;
LA BIENHEUREUSE&#13;
KATERI TEKAKWITHA . . .... . ... .. . . 25&#13;
Henri Béchard, s.J.&#13;
Dépôt légal - Bibliothèque Nationale du Québec&#13;
ISSN 0226-35 72&#13;
&#13;
Ref.: D essin illus trant Kateri Tékakwitha, tiré des&#13;
" Lettres édi/i(lD.tes et c urieuses .. . " Cie de&#13;
Jésus - Paris Moccxvn, par le P. Cholenec, s.j.&#13;
&#13;
Ce bulletin est publié par&#13;
LE COMJTÉ DES FONDATEURS DE L'ÉGLISE DU CANADA&#13;
1085, rue Cathédrale, Montréal, Qué . H38 2V4&#13;
FRAIS DE RET OUR GARANTIS&#13;
&#13;
�</text>
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                <text>Articles de périodiques</text>
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            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
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                <text>Cimichella, André-M. (André-Marie), 1921-2004</text>
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                <text>Provost, Honorius, 1909-1997</text>
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                <text>Chabot, Marie-Emmanuel, 1908-2012</text>
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                <text>Béchard, Henri, 1909-1990</text>
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                <text>Comité des fondateurs de l'Église du Canada</text>
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                <text>Pierres vivantes, spécial Béatifications, 1980</text>
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            <name>Is Part Of</name>
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                <text>Pierres vivantes</text>
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            <name>Bibliographic Citation</name>
            <description>A bibliographic reference for the resource. Recommended practice is to include sufficient bibliographic detail to identify the resource as unambiguously as possible.</description>
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                <text>spécial Béatifications</text>
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            <name>Table Of Contents</name>
            <description>A list of subunits of the resource.</description>
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                <text>p. 2 : &lt;em&gt;Présentation&lt;/em&gt; par Cimichella&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;p. 3-10 : &lt;em&gt;La dévotion aux fondateurs de l'Église du Canada&lt;/em&gt; par le Comité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;p. 11 : Comité&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;p. 12-18 : &lt;em&gt;"François de Laval" est son nom...&lt;/em&gt; par Provost&lt;/strong&gt; : Présentation de la généalogie Laval, avec les diverses signatures qu'il a utilisées au cours de sa vie. Il démontre que l'évêque n'a jamais utilisé le nom de «Montmorency».&lt;br /&gt;p. 19-23 : &lt;em&gt;L'actualité de Marie de l'Incarnation dans l'Église canadienne&lt;/em&gt; par Chabot&lt;br /&gt;p. 24-27 : &lt;em&gt;La bienheureuse Kateri Tekakwitha&lt;/em&gt; par Béchard</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15178" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt;collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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        <name>Compliments</name>
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        <name>Famille de Laval</name>
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        <name>Jésuites</name>
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        <name>Translations des restes (1877-1878)</name>
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        <name>Translations des restes (1949-1950)</name>
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                    <text>pierres&#13;
vivantes&#13;
&#13;
Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à la&#13;
construction d ’un édifice spirituel. (PIERRE 1, 2-5)&#13;
&#13;
Numéro six - Mars 1976&#13;
SOMMAIRE&#13;
&#13;
Témoignages..................................... 2&#13;
Inédit.................................................3&#13;
M.E. Chabot osu&#13;
Plus je le suivrai.................................5&#13;
Lorraine Caza end&#13;
Un seul et même Amour................... 7&#13;
Émile Gervais sj&#13;
Spiritualité youvillienne.....................9&#13;
Marguerite Quirion sgm&#13;
Les dévotions de Mgr de Laval....... 11&#13;
Honorius Provost ptre&#13;
Mademoiselle Mance....................... 13&#13;
M. Louise Allard rhsj&#13;
Une autre page................................. 15&#13;
Gilbert Lévesque&#13;
Mgr Percival Caza............................16&#13;
A.M. Cimichella&#13;
&#13;
★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ *★ ★ ★ *********************★ ★ *&#13;
*&#13;
*&#13;
&#13;
+&#13;
*&#13;
&#13;
« Je pars, sans denier ni maille, un petit paquet que je pouvais&#13;
porter sous mon bras. »&#13;
&#13;
F&#13;
&#13;
p. 206&#13;
&#13;
★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ ★ -A -* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *&#13;
&#13;
�( Inédit)&#13;
&#13;
TÉMOIGNAGES&#13;
&#13;
« PAR LE&#13;
&#13;
JACQUES SÉGUIN (1920-1975)&#13;
&#13;
COEIM&#13;
&#13;
RÉDACTEUR DE PIERRES VIVANTES&#13;
&#13;
DE MON&#13;
Notre confrère est rentré à la Maison du Père, le 11 décembre 1975. À 55 ans.&#13;
Les lecteurs de PIERRES VIVANTES se joindront sans doute aux membres du&#13;
Comité et à tous les amis des Fondateurs pour regretter vivement la disparition de cet&#13;
apôtre exceptionnel de la cause de nos Pionniers de la Foi. Notre sympathie à tous, pro­&#13;
fonde et fraternelle, est bien peu de chose pour réconforter son épouse et ses enfants&#13;
éprouvés par la mort d'un époux, d’un père aimant, délicat, généreux et dévoué jusqu’à&#13;
l’oubli de soi.&#13;
Jacques possédait une âme admirablement accordée aux réalités surnaturelles qui&#13;
animaient les Fondateurs et aux valeurs impliquées dans la campagne pour leur glorifi­&#13;
cation. L’aide multiforme qu’il apporta aux différentes publications telles que « Le Mes­&#13;
sage des Fondateurs» et PIERRES VIVANTES, en témoigne.&#13;
&#13;
JESUS&#13;
&#13;
»&#13;
&#13;
par Marie-Emmanuel Chabot, o.s.u.&#13;
&#13;
fi&#13;
&#13;
(L'animateur de Radio-Canada)&#13;
&#13;
Le centre de sa vie intérieure et de son action apostolique, il le trouve, un jour,&#13;
dans le dogme du Corps mystique, la suprême réalité du Royaume de Dieu. Désormais,&#13;
il en vit intensément. Il y puise l’inspiration de sa sanctification aux autres qui oublie&#13;
l'intérêt personnel, souffre de tout ce qui s’oppose à la justice et à l’amour, s'inquiète&#13;
jusqu’à l’angoisse de ne pas bien faire ou assez.&#13;
Jacques Séguin est rentré à la Maison du Père. « Celui qui croit en moi, je le res­&#13;
susciterai au dernier jour », dit le Seigneur.&#13;
Emile Gervais s.j.&#13;
&#13;
Au programme de Radio-Canada, on parle souvent d’amour, d’aventures épiques. Celles&#13;
de nos ancêtres, celles de Cousteau. Des chansons racontent les drames du cœur humain tour à&#13;
tour visité par la tendresse, l’angoisse, la mort. Mais si la plupart des cris de joie ou de douleur&#13;
sombrent vite dans l'oubli, il y a des expériences qui se prolongent en accents immortels.&#13;
Ce matin, nous avons avec nous Marie Guyart de l’Incarnation. Épouse du Verbe Incarné,&#13;
elle nous a laissé des Relations qui révèlent son épopée mystique avec le Cœur de Jésus. Dans&#13;
cette aventure extraordinaire tout nous intéresse ; la conquête d un cœur humain par 1 HommeDieu. les relations intimes d’une femme géniale avec le Verbe Incarné et 1élan apostolique qui a&#13;
transporté Marie de l’Incarnation jusqu en Amérique en 1639.&#13;
&#13;
La fidélité ! S’inspirant sans doute de nos Fondateurs, Jacques en avait fait sa va­&#13;
leur première. C’est ainsi qu’il écrivait, il y a quelques mois :&#13;
« Il faut sans cesse que notre spiritualité s’intégre à des éléments nouveaux sans&#13;
que nous perdions le sens des valeurs. C’est là, je crois, la façon de participer à l’avène­&#13;
ment du Royaume. »&#13;
&#13;
Mère Marie, à la clôture de l'année de la femme, vous êtes la bienvenue à Radio-Canada.&#13;
Nous vous saluons comme la Fondatrice des Ursulines de Québec, comme la Mère de l’Église&#13;
canadienne. Dans votre vie et dans vos écrits, ce qui nous enchante le plus e’est votre roman d’a­&#13;
mour avec le Cœur de Jésus. Racontez-nous un peu comment s’est amorcée cette aventure fraî­&#13;
che comme une goutte de rosée qui tremble au bord d une leuille d érable.&#13;
&#13;
Sa fidélité...&#13;
&#13;
Sa fidélité s’appelait : Je crois.&#13;
&#13;
(Monition d’une lecture aux funérailles)&#13;
Gilbert Lévesque,&#13;
Comité des Fondateurs.&#13;
&#13;
Eloge funèbre&#13;
&#13;
S’adressant à l’assistance rassemblée...&#13;
« Pour une fois, le mot «AMIS» est sorti du dictionnaire. »&#13;
A.M. Cimichella, Évêque ponent&#13;
Ce 15 décembre 1975.&#13;
2&#13;
&#13;
- Mère Marie&#13;
Mon odyssée date de bien loin, puisque je suis née le 28 octobre 1599. Vers 1607. j'étais&#13;
une petite Tourangelle enjouée et primesautière. encline par nature à dire oui. Un jour, je fis un&#13;
joli rêve qui me marqua pour toujours : Notre Seigneur. le plus beau des enfants des hommes,&#13;
descendit vers moi et tandis que je tendais les bras pour l’embrasser, il me demanda : « Veux-tu&#13;
être à moi ? » Je lui répondis Oui. Au sortir de ce songe, c’était indissoluble, j ’avais signé un pac­&#13;
te d'amour avec l'Éternel. À partir de ce moment, le cœur à cœur est amorcé, j ’aime à raconter&#13;
mes petites affaires à mon Bien-Aimé. Bien sûr. mon amour s’étoffe au sermon du dimanche,&#13;
dans 1a liturgie, les sacrements. Déjà, j'éprouve une pente au bien, un attrait pour les pauvres,&#13;
ces mal aimés.&#13;
&#13;
�L'Animateur&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
Comme vous étiez une petite fille modèle, tout allait de soi : votre vie s'est déroulée dans&#13;
la facilité du « Oui », sans heurts, sans péripéties.&#13;
&#13;
PLUS JE LE&#13;
&#13;
Mère Marie&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
SUIVRAI&#13;
&#13;
Détrompez-vous. Adolescente, j ’ai rêvé du cloître, mais mes parents me voyant rieuse et&#13;
accorte m’ont mariée à Claude Martin, maître-ouvrier en soie. À vingt ans. je reste veuve avecun fils de six mois. Tout d'abord, je me consacre à la succession fort em barrassée de mon mari,&#13;
puis je prends la direction de l’entreprise de mon beau-frère, Claude Buisson, m aître-voiturier.&#13;
&#13;
SANS&#13;
&#13;
L'Animateur&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
C’est là qu'on vous voit à la tête d'une cinquantaine de crocheteurs. sur les quais de la Loi­&#13;
re. À minuit. Comment pouviez-vous alors vivre dans l'intimité du C œ ur de Jésus ?&#13;
&#13;
CRAINTE,...&#13;
&#13;
Mère Marie&#13;
&#13;
—&#13;
&#13;
Travail et vie intérieure ne s’excluent pas. Le Cœur.de Jésus m’a prise d'assaut.’Avant mon&#13;
entrée chez les Ursulines de Tours, j ’ai été plongée dans le sang du Fils de Dieu — Purification&#13;
douloureuse qui m’a fait comprendre que le Cœur divin est un censeur inexorable — J'aurais&#13;
voulu passer par les flammes pour le rejoindre, faire l’inimaginable pour l’épouser dans la foi.&#13;
Dans l'émoi d’une prochaine rencontre, je bondissais de joie, je composais et chantais des poè­&#13;
mes d’amour. Et pourtant, à certains jours, je me sentais comme l'oiseau en l'air qui n'a rien à&#13;
quoi se prendre. Faible comme un être qui ne tient qu’à un fil de la miséricorde. Dans cet état&#13;
d'amour angoisseux, j'aurais quitté jusqu'à ma peau pour courir après le Seigneur. Tout cela se&#13;
passait dans les chemins et le tracas des affaires. Une nuit, je vis mon Époux tenant deux cœurs&#13;
entre ses mains : le sien et le mien. Il les mit tendrement l’un dans l'autre. Échange sans discours,&#13;
sans imagination, en un simple regard.&#13;
—&#13;
&#13;
À Pierrette D.&#13;
&#13;
L'Animateur&#13;
&#13;
Une fois ursuline à Tours et au Canada, votre vie apostolique s'est précisée, canalisée. A-telle continué de puiser son inspiration et son courage dans le Cœur de Jésus ?&#13;
—&#13;
&#13;
Mère Marie&#13;
&#13;
Vers 1635, l’Esprit apostolique s'empare de moi, me transporte aux Indes, au Japon, en&#13;
Amérique, partout où se trouvent des âmes raisonnables. Par une activité plus vite que toute pa­&#13;
role, je presse le Père Éternel pour le salut des âmes. Malgré mes poursuites, le Père semble in­&#13;
sensible. Enfin. Dieu s'attendrit et m'apprend à le prier ainsi : « Demande-moi par le Cœur de&#13;
Jésus, mon très aimable Fis, c'est par Lui que je t'exaucerai. »&#13;
Dès ce moment, mon union au Cœur de Jésus fut si étroite que je ne parlais et ne respirais&#13;
que par Lui. En réponse aux ordres du Père, j ’ai composé une prière pour l’extension du Royau­&#13;
me.&#13;
Cette prière, je la crois encore d'actualité en 1976. Je vous la lègue comme un présent d'a­&#13;
mour, un souhait d’unité conforme aux intentions de Vatican II.&#13;
—&#13;
&#13;
L'animateur&#13;
&#13;
Chère Mère Marie, nous comprenons que bien avant les manifestations de Parav-le-Monial, vous avez honoré et rencontré le Cœur de Jésus. Chez vous, ce culte s’adapte à la couleur&#13;
de votre tempérament à la fois vif et équilibré, à la courbe unique de votre itinéraire mystique.&#13;
A votre douce et forte manière, vous avez goûté l'amour de Dieu et pressenti les desseins de son&#13;
Cœur à travers les âges.&#13;
Merci, chère Mère Marie. Priez pour nous, bénissez-nous. que votre esprit repose sur&#13;
nous !&#13;
4&#13;
&#13;
Si j ’avais à dire Marguerite Bourgeoys en un mot. je retiendrais le nom : Marie. Si l'on&#13;
m’accorde quelques mots pour évoquer sa mission, je choisis : Marie en sa Visitation ou bien&#13;
Marie en la communauté apostolique d’après Pâques, ou encore Marie en route pour porter la&#13;
Bonne Nouvelle... trois modulations sur un même thème.&#13;
Quand, désireuse d’approfondir davantage, j ’aspire à traduire le coeur façonné par la vie et&#13;
la mission de Marie, à toucher un peu des fruits d'une vie de contemplation de la mère de Jésus,&#13;
ce qui surgit spontanément à ma mémoire, c'est la confession de foi qu'un lecteur pressé des&#13;
Écrits de Marguerite Bourgeoys (E.M.B.) n’aura même pas remarqué :&#13;
« Plux que je suivrai sans crainte, plus il me protégera ;&#13;
Et plus je ferai sa volonté, plus il me témoingéra son amour. »&#13;
(E.M.B . p. 262)&#13;
La dévotion de Marguerite Bourgeoys. le secret de cette vie tout unifiée autour d’un objec­&#13;
tif poursuivi avec la plus grande ferveur, me paraissent tenir en ces deux lignes. La dévotion...&#13;
non pas un ensemble de pratiques de piété extérieures, coupées de leur racine, mais cette attitude&#13;
fondamentale d’une personne humaine face à Celui de qui elle tient tout, cette disposition d’of­&#13;
frande de sa vie à Dieu, de remise de soi inconditionnelle entre ses mains, de disponibilité au&#13;
service de Dieu et de son projet. (La section des Écrits opposant l'agir selon la sagesse divine et&#13;
l’agir selon la prudence humaine montre bien que Marquerite Bourgeoys ne confondait pas la&#13;
vraie dévotion et le fait d’être «de toutes les dévotions».) (E.M.B. p. 139)&#13;
5&#13;
&#13;
�PLUS JE LE SUIVRAI SA N S CRA IN TE...&#13;
Le souci d’être avec Lui... engagée sur le même chemin que lui... «que nous n'ayons jamais&#13;
d’autre contentement que de vivre en Vous et avec Vous» (E.M.B.. p. 198)... La décision d ’être&#13;
avec Lui «dans sa vie «étrette». pauvre et humble» (E.M.B.. p. 262)... Le choix d'un style de vie&#13;
en harmonie avec ce que Lui, Jésus, propose pour construite, dans la vérité, une personne hu­&#13;
maine... La conscience vive du fait que derrière les orientations de vie qu’il ouvre devant nous, se&#13;
profile la croix du Golgotha. se profile l’amour indicible dont témoigne la croix... Quand tu ou­&#13;
vres l’évangile dirait Marguerite Bourgeoys. dis-toi bien que ses paroles. Jésus «les a toutes si­&#13;
gnées de son propre sang afin que chacun les lise, les apprenne et les pratique, chacun du mieux&#13;
qu’il pourra selon son état et emploi.» (E.M.B.. p. 261ss.)&#13;
&#13;
therW&#13;
de&#13;
&#13;
Le suivre «sans crainte», tellement on peut être sûr qu’il protège... Etre avec Lui en toute&#13;
confiance, même si la route où il nous accompagne est rude.&#13;
S’ambarquer pour Ville-Marie, sans crainte : «Si c’est la volonté de Dieu, je n'ai besoin&#13;
d’aucune chose... Je pars, sans denier ni maille, un petit paquet que je pouvais porter sous mon&#13;
bras» (E.M.B., p. 206)&#13;
Faire face au risque de déportation, sans crainte : «Si nous sommes prises, nous irons en&#13;
Angleterre ou en Hollande, où nous trouverons Dieu comme partout ailleurs (Mongolfier. p.&#13;
110)&#13;
&#13;
Reconnaître son péché, ses faiblesses, sans crainte : «Quoique je ne refuse pas de voir mon&#13;
malheur, je n’ai pourtant jamais douté de la miséricorde de Dieu, et j ’espérerai en Lui. quand je&#13;
me verrais un pied dans les enfers.» (E.M.B., p. 184)&#13;
Offrir sa vie, sans crainte : «Ah! mon Dieu, que ne me prenez-vous plutôt que cette pauvre&#13;
Soeur qui peut encore servir cette pauvre maison! Et moi qui y suis inutile et qui ne sers à rien.»&#13;
(Dom Jamet, p. 180) Avec Lui... Sans crainte... «Oh! qu’une Soeur qu’on envoie en mission sera&#13;
contente, si elle pense qu’elle y va par l’ordre de Dieu et en sa compagnie». (E.M.B.. p. 122)&#13;
&#13;
PL US JE FERA I SA VOLONTÉ...&#13;
Le souci de vouloir ce que Lui veut : «Je ne veux plus abuser de sa patience, mais faire en&#13;
sorte que sa volonté s’accomplisse, à quelque prix que ce soit.» (Glandelet, Vray Esprit, p. 134) A&#13;
quoi servirait-il de s’exposer à la vie périlleuse de Ville-Marie si c’est ailleurs que Dieu lui donne&#13;
rendez-vous? A quoi servirait-il de porter tous les risques, toutes les misères d ’une fondation de&#13;
communauté si Dieu n’y est pas «aimé, servi, obéi», si on n’y fait pas «sa sainte volonté dans&#13;
l’observance de ses saints commandements» (E.M.B., p. 86)? La quête intérieure de Marguerite&#13;
Bourgeoys, le sens dernier de tous ses efforts, elle les a bien exprimés dans cette lettre où elle&#13;
confesse n’avoir «plus rien à faire que de m’étudier à faire la volonté de Dieu, à laquelle je me&#13;
suis vouée, il y a bien longtemps» (E.M.B., p. 193)&#13;
Qu’est-ce qui fait qu'on trouve bon de suivre quelqu’un, de vivre en sa compagnie?&#13;
Qu’est-ce qui nous amène à trouver notre bonheur dans ce qui fait la bonheur d ’un autre ? Mar­&#13;
guerite Bourgeoys a follement aimé de Dieu qui s’est révélé Amour en Jésus. A l’intérieur d ’une&#13;
touchante supplication, elle dira, un jour, au Seigneur qu’elle implore «par l’amour que Vous&#13;
avez porté aux hommes en mourant pour nous racheter» (E.M.B., p. 164). Elle a aimé, elle a cru&#13;
en l’amour de Quelqu’un pour elle, a mis toute sa confiance en cet amour :&#13;
« Pour ma confiance je la fonde sur les mérites et sur le sang précieux qui a été donné pour&#13;
me racheter. Et avec votre grâce, je perdrai plutôt la vie que de manquer à soutenir la vérité&#13;
de vos paroles. Voilà toute ma confiance.»(E.MB., p. 163)&#13;
Et elle a su, jour après jour, lire les signes en lesquels Celui qu’elle suivait sans crainte. Ce­&#13;
lui dont elle partageait les volontés, lui témoignait toujours plus qu’il était pour elle un Ami.&#13;
Lorraine Caza, c.n.d.&#13;
&#13;
Emile Gervais, s.j.&#13;
&#13;
UN SEUL ET MÊME AMOUR&#13;
Le présent numéro de PIERRE VIVANTES se propose de montrer dans&#13;
les vertus et la dévotion des Fondateurs, le facteur déterminant de leur action&#13;
apostolique.&#13;
Dans le cas de Catherine, nous ne sommes pas réduits à faire voir simple­&#13;
ment que son apostolat découle de sa vie vertueuse. C’est déjà quelque chose,&#13;
mais ce n’est guère original ni surtout particulier à notre moniale : tous les&#13;
&#13;
Montréal, 6 février 1976.&#13;
6&#13;
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7&#13;
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&#13;
saints personnages tém oignent par leur exem ple que la vie intérieure est «l'âme&#13;
de tout apostolat.» (D om Chautard) Chez Catherine, le dévouem ent apostolique&#13;
reflète parfaitement le caractère distinctif qui identifie et personnalise son genre&#13;
de sainteté.&#13;
L’action extérieure et visible de cette Hospitalière cloîtrée est peu étendue,&#13;
confinée dans les murs de l’Hôtel-Dieu et dans le cercle étroit de ceux qui l'ap­&#13;
prochent. Mais son action intérieure et invisible est im m ense, s'étendant aux di­&#13;
mensions de la terre et même se prolongeant dans l'au-delà. Catherine accepte&#13;
par amour la vocation, que Dieu lui présente, de victime bénévole pour la salut&#13;
des âmes. Elle vit. elle prie, elle travaille et se dévoue, elle se mortifie et se sa­&#13;
crifie tous les jours de son existence ici-bas. afin de sauver les âmes en détresse&#13;
morale, exposées à se perdre ou déjà prises dans les griffes du dém on. Elle&#13;
prend même en charge des âmes du purgatoire dont elle obtient la délivrance&#13;
par ses prières et ses sacrifices. Cet amour crucifié des âmes, qui n'a pas de li­&#13;
mites, a cependant ses priorités. C’est en faveur de son cher C anada et des&#13;
âmes «canadiennes» qu’elle réserve, pour ainsi parler, ses interventions de salut&#13;
les plus ferventes.&#13;
Or, cette vocation de victime pour les âmes n'est que le reflet et l'effet de&#13;
la vocation de victime d’amour pour et avec le Christ crucifié, vocation qui est&#13;
au centre de toute sa dévotion et l'inspiration de sa vie spirituelle. Dès son jeu ­&#13;
ne âge, elle comprend que la souffrance est le plus sûr moyen de faire la Vo­&#13;
lonté de Dieu, qu’elle chérit par-dessus toutes choses. De bonne heure égale­&#13;
ment, ce Dieu qu’elle veut servir dans la souffrance, prend à ses veux illum inés&#13;
par la foi, la forme humaine et divine a la fois, du Verbe Incarné souffrant&#13;
pour sauver le monde, de Jésus cloué et mourant sur la C roix pour la rédem p­&#13;
tion du monde. Dès lors, elle n’a qu’un désir, plus intense avec les années, d’ê­&#13;
tre clouée sur la Croix au côté de son Jésus adoré. A la fin d’une vie ainsi cruci­&#13;
fiée, par amour pour le Christ, elle Le supplie de ne pas la détacher de la C roix&#13;
mais de lui accorder la faveur d’y souffrir encore et d’v mourir. Remarquons,&#13;
qu’il n’y a là rien d'égocentrique, rien de masochiste. Au contraire, l'amour uni­&#13;
fie et équilibre toutes ses tendances et ses sentiments, dans un m ouvem ent qui&#13;
la fait s oublier elle-m êm e et qui la pousse irrésistiblement vers son Divin BienAimé.&#13;
Catherine aime les âmes et se sacrifie pour elles parce que le Christ les&#13;
aime et se sacrifie pour elles. Son grand bonheur est de collaborer a l'oeuvre du&#13;
Rédempteur. Cette collaboration héroïque fait des merveilles. Pour la réconfor­&#13;
ter, Dieu lui laisse entrevoir, par révélation, le nombre considérable d'âmes ai­&#13;
dées et sauvées par elle. Et la colère de l’enfer, qui éclate en tracasseries conti­&#13;
nuelles et en tortures rageuses, rend un témoignage involontaire au grand suc­&#13;
cès de ses interventions apostoliques.&#13;
&#13;
Marguerite, « parlant peu. pensant beaucoup »f n’a pas laissé de témoignage indiquant de&#13;
quel ou quels instruments l’Esprit s’est servi pour faire naître et développer sa spiritualité de fille&#13;
du Père. Que doit-elle à son milieu familial ? aux Ursulines de Marie-de-l’Incarnation ? à la&#13;
Confrérie de la Sainte-Famille? à la direction des Messieurs de Saint-Sulpice ? à d’autres causes&#13;
instrumentales ? C’est « le secret du Roi » (Tb 12, 7).&#13;
Mais quelques paroles : des gestes qu’elle a posés ; le témoignage de son fils ; l’unanimité&#13;
des écrivains qui ont scruté sa spiritualité, son charisme ; la tradition communautaire que nous&#13;
rappellent nos supérieures pour nous aider à revenir aux sources ; l’Église dans le décret de la&#13;
béatification ; autant d’indices, parmi d’autres, pour confirmer l’assertion : La dévotion au Père&#13;
Éternel est la pierre d'angle de la spiritualité de Marguerite d’Youville.&#13;
SES PAROLES : « Souvent nous importunons, mes Sœurs et moi, notre divin Sauveur et&#13;
son divin Père, qui fait l'objet de ma grande confiance depuis près de quarante ans »2, écrit-elle à&#13;
la veille de ses 65 ans.&#13;
&#13;
8&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
�SES GESTES : La Congrégation n’a pas encore 4 ans quand le fondateur. M. Normant.&#13;
p.s.s. tombe gravement malade. C’est alors que Mère d’Youville promet de faire venir de France&#13;
le tableau du Père Éternel qui trône encore à la communauté de la Maison mère, au-dessus de&#13;
l'autel dédié au Père Éternel. Cet autel, destiné à la chapelle consacrée au Père Éternel dans le&#13;
transept gauche de l’église de l’Hôpital Général, coûta 1.665 livres, en 1760. Il porte en relief&#13;
deux invocations : « Pater æterne Deus miserere nobis. Benedicat nos Pater æternus ». C’est un&#13;
prélude. En effet, après le tableau de 1741, l’autel et l’oratoire de 1760, Marguerite approfondira&#13;
plus encore sa dévotion en demandant à M. de Lavalinière. p.s.s. de composer les litanies — pré­&#13;
cis théologique — du Père Éternel qui furent récitées dans la Congrégation à partir du 4 avril&#13;
17703.&#13;
L’ABBÉ D’YOUVILLE DUFROST dit de sa mère : « Mme d’Youville ne perdait rien de&#13;
sa tranquillité, tant était grande sa confiance en la divine Providence et sa dévotion toute particu­&#13;
lière du Père Éternel, dont toutes ses compagnes ont été témoins »'.&#13;
SES BIOGRAPHES, il faudrait les citer tous ! « Ce qui frappait surtout en elle, était sa dé­&#13;
votion particulière et entière au Père Éternel »5. « Madame d’Youville a été particulièrement sus­&#13;
citée pour faire honorer, par l’institut qu’elle a établi, le PÈRE ÉTERNEL, comme source de&#13;
toute charité et de toute compassion sur les misères des hommes »6. « Le grand centre où allait la&#13;
vie intérieure de Mère d’Youville, c’était le Père Éternel »7. « Mère d'Youville a eu l’intuition de&#13;
la paternité ineffable de Dieu dans l’exercice de sa Providence. (...) Sa dévotion remarquable au&#13;
Père Éternel serait, alors, sa grâce spéciale de fondatrice »8. « La contemplation de la Paternité&#13;
divine aura suscité chez elle l’irrévocable détermination de s’engager au service de la fraternité&#13;
humaine. Et le tout aura commencé au jour mystérieux où, un éclair traversant sa nuit. Margue­&#13;
rite avait compris ‘combien Dieu était Père’ »9.&#13;
NOS SUPÉRIEURES nous parlent ainsi : « Notre Congrégation fut réellement édifiée sur&#13;
la foi et la prière, et on peut dire que la confiance en Dieu, Père et Providence, en fut la pierre&#13;
d’angle. (...) Deux cents ans ont passé. La fidélité de Dieu Père demeure comme un appel cons­&#13;
tant lancé à notre liberté »10.&#13;
LE PAPE de la béatification, Jean XXIII écrit : « Marguerite d’Youville se donna tout à&#13;
Dieu qui lui infusa particulièrement cet ‘esprit d’adoption filiale qui nous fait crier : Abba&#13;
Père !’ Toutes ses pensées, toutes ses affections, elle les tourna donc vers ce Père tout aimant du&#13;
ciel et vers ses enfants pauvres et infirmes de la terre »n .&#13;
Je désire clore cette recherche sur la pierre d’angle de la dévotion de notre fondatrice par&#13;
une prière, deux invocations des litanies 1770 en leur forme originelle : « Pater quem Filius revelavit, miserere nobis. Pater qui Spiritum Sanctum in filios adoptionis effudisti. miserere nobis ».&#13;
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&#13;
Références&#13;
1 Abbé d’Youville Dufrost. Vie de Madame d'Youville. 1er manuscrit, p. 3. ASGM = Archives Sœurs Grises&#13;
de Montréal aussi Éd. Archives no 1, Lévis. 1930. p. 9.&#13;
2 Lettre à M. l’abbé de l’Isle-Dieu, 12 oct. 1766. ASGM MY/B: eorresp. cahier I. p. 58.&#13;
3&#13;
&#13;
ASGM pour les détails de ce paragraphe : Suttin (voir note 5) Manuscrit, p. 27 : Registre recettes et dette&#13;
ses : 1747-1779. p. 196 : Mère Mc Mullen. s.g.m.. Mémoire particulier, no 5. manuscrit, p. 18.&#13;
&#13;
4 Abbé d'Youville Dufrost. op. cit.. p. 44.&#13;
5 Antoine Sattin. P.S.. Vie de Madame d'Youville. Manuscrit. 1828. p. 82 : aussi Archives de Québec IQtn&#13;
p. 40.&#13;
’ yJ0B Michel Faillon. P.S.S.. Vie de Mme d'Youville, Villemarie. 1852. Préface, p. VII.&#13;
7 P. M.-Cl. Staub. Mère et modèle. Montréal. 1912. p. 57.&#13;
s&#13;
&#13;
Albertine Ferland-Angers. Mère d'Youville. Montréal. 1945. p. 184 et 185.&#13;
&#13;
9&#13;
&#13;
Estelle Mitchell, s.g.m.. Le Vrai Visage de Marguerite d'Youville. Montréal. 1973. p. 8&#13;
&#13;
10 Georgette Leduc, s.g.m.. sup. gén.. Lettre circulaire 9/70 no 10. 7 oct. 1970. p, I et 2.&#13;
11 S.S. Jean XXIII. Lettres apostoliques déclarant bienheureuse Marie Marguerite Dufrost de I ii™„,&#13;
veuve d’Youville, p. 3.&#13;
uajcmmerats.&#13;
&#13;
10&#13;
&#13;
Les dévotions de Mgr de Laval avant son arrivée au Canada nous échappent en&#13;
grande partie ou plutôt se confondent avec celles des Jésuites, ses premiers maîtres spi­&#13;
rituels, en particulier du Père Jean Bagot, animateur d’une congrégation mariale. Ensui­&#13;
te Mgr de Laval, devenu prêtre, s’alimenta à la Société des Bons Amis, dont le mystique&#13;
Jean de Bernières. un laïc, était le directeur à l’ermitage de Caen.&#13;
La première fois, peut-être, où Mgr de Laval eut à se prononcer de lui-même, ce&#13;
fut lorsqu'il fit choix du 8 décembre 1658, fête de l’immaculée Conception, pour sa con­&#13;
sécration épiscopale à Paris. Arrivé au Canada, l’année suivante, le nouvel évêque y&#13;
trouva installée, par l’organe des missionnaires jésuites, une pratique spéciale en l’hon­&#13;
neur de l’immaculée Conception, un « voeu qui commença à être fait environ l’an 1636.&#13;
et s’est depuis renouvelé tous les ans par dévotion »... Ce voeu, comportant un jeûne, la&#13;
veille de l’immaculée, et des messes au cours de l’année, Mgr de Laval l’adopta immé­&#13;
diatement pour lui et pour ses prêtres séculiers. Voilà pourquoi on le renouvelle encore&#13;
chaque année au Séminaire de Québec.&#13;
&#13;
�Pareillement, ayant trouvé à Québec une église dédiée à l’immaculée Conception,&#13;
il l’érigea canoniquement en paroisse sous le même titre, en sept. 1664, en attendant&#13;
d’en faire la dédicace solennelle, le 11 juillet 1666. Plus tard encore, il lui adjoignit saint&#13;
Louis comme second titulaire et finit par rendre sa fête d’obligation le 13 novembre&#13;
1684, comme il l’avait fait pour la fête de sainte Anne, dès le 3 décembre 1667, pour&#13;
appuyer le pèlerinage commencé sur la côte de Beaupré.&#13;
Mais la dévotion maîtresse de Mgr de Laval, qu’il étendit à toute la NouvelleFrance et qui fut longtemps son apanage quasi exclusif, c’est la dévotion à la Sainte Fa­&#13;
mille. Elle nous a valu une mention explicite dans le bref du 14 juin 1892, où Léon XIII&#13;
instituait L’Association universelle de la Sainte Famille :&#13;
&#13;
MADEMOISELLE&#13;
MANCE&#13;
&#13;
Ce culte a été en grand honneur dès le XVIIe siècle, et, après s’être largement&#13;
propagé en Italie, en France et en Belgique, il s’est répandu dans presque toute l’Eu­&#13;
rope. Franchissant ensuite la vaste étendue de l’Océan, il s'est implanté en Améri­&#13;
que, dans la région du Canada, où il devint très florissant, grâce principalement à la&#13;
sollicitude et à l’activité du vénérable François de Montmorency Laval, premier évê­&#13;
que de Québec, et de la vénérable servante de Dieu Marguerite Bourgeoys.&#13;
&#13;
C’était une autre importation de l’ermitage de Caen, où Jean de Bernières incul­&#13;
quait à ses disciples une grande dévotion à la Sainte Famille et aux Saints Anges. Rien&#13;
d’étonnant alors que les séminaires de Paris et de Québec, fondés en 1663, aient reçu&#13;
dès lors comme patronne la Sainte Famille ; rien d’étonnant que la paroisse-mère de Pi­&#13;
le d’Orléans, fondée en 1666, se soit appelée Sainte-Famille, la première parmi plu­&#13;
sieurs autres.&#13;
Mais la semence de cette dévotion était déjà rendue en Canada, grâce à la sollici­&#13;
tude des Jésuites, spécialement du Père Chaumonot, grâce aussi à la piété des Associés&#13;
de Notre-Dame de Montréal. Et c’est précisément à Montréal, en 1662 ou 1663, que fut&#13;
conçu le projet d’une confrérie de la Sainte Famille pour les femmes, projet approuvé à&#13;
Québec et muni de ses règlements par un mandement de Mgr de Laval, du 14 mars&#13;
1664. C’est ainsi que les archives de Notre-Dame de Québec conservent, trésor inesti­&#13;
mable, le CATHALOGUE DES FEMMES DE L’ASSEMBLÉE DE LA SAINTE FA­&#13;
MILLE DE JÉSUS MARIE JOSEPH ET DES STS ANGES COMMENCÉE L’AN­&#13;
NÉE 1664, AU JOUR DE STE ANNE. La confrérie est encore en vigueur dans la pa­&#13;
roisse et dans quelques autres localités. Le premier manuel en fut imprimé à Paris en&#13;
1675 (voir illustration) (V.G., déc. 75)&#13;
Une fête de la Sainte Famille s’établit aussitôt, d’un commun accord, que l’Evêque&#13;
sanctionna finalement par mandement, le 4 novembre 1684. Et on travailla dès lors à&#13;
composer une messe et un office propres au Canada, version finale imprimée à Paris en&#13;
1702. La mélodie notée était l’oeuvre de l’abbé Charles-Amador Martin, premier com­&#13;
positeur canadien.&#13;
La Sainte Famille, qui devait continuer à présider —et à bénir — en toutes rencon­&#13;
tres les destinées du Séminaire et qui figure encore en effigie dans son sceau officiel, a&#13;
accompagné son fondateur jusqu’aux portes de l’éternité ; et c’est en se faisant réciter le&#13;
chapelet de la Sainte Famille qu’il rendit l’âme, à l’aube du 6 mai 1708. Beati mortiu&#13;
qui in Domino moriuntur ! Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur !&#13;
Honorius Provost, ptre,&#13;
vice-postulateur.&#13;
Québec, 6 février 1976.&#13;
12&#13;
&#13;
Le mois de mai semble marquer Jeanne Mance pour sa destinée missionnaire.&#13;
Le 31 mai 1640. elle quitte Langres. sa ville natale, pour se rendre à Paris « pour y trouver le moyen de&#13;
se rendre au C anada ».&#13;
Le 9 mai 1641. elle s'embarque à La Rochelle : « le vent soufflant de bon côté, on met à la voile ».&#13;
Le S mai 1642. la recrue montréalaise, par voie fluviale, navigue vers Plie lointaine promise aux Fonda­&#13;
teurs.&#13;
Le 18 mai 1642. on débarque à la Pointe-à-C'alliéres : on y dresse un autel que Jeanne décore de Heurs&#13;
champêtres.&#13;
Quoique la dévotion à Maire ne semble pas être le point dominant de la personnalité de Jeanne Man­&#13;
ce. on relève cependant, au cours de sa vie. plusieurs traits qui manifestent son amour envers la Vierge.&#13;
Dès 1642. on veut solenniser. et sans doute sous l'instigation de Mademoiselle Mance, la fête de&#13;
PAssomption de Marie le 15 août : le chant du Te Deum dit merci à Dieu pour la célébration&#13;
de cette première fête de Notre-Dame de Montréal. « Le tonnerre des canons ht retentir toute&#13;
Plie ».&#13;
Lors de ses vovages en France, les Auteurs, ses contemporains, mentionnent que sa dévotion la condui­&#13;
sait aux sanctuaires les plus réputés dédiés à Marie. Mentionnons : Notre-Dame des Ardilliers à Saumur ; No­&#13;
tre-Dame de Paris : Notre-Dame-du-Chef-du-Pont à LaFIèche et autres.&#13;
Dans ses angoisses et ses peines. « elle se recommande à Dieu et à la Sainte Vierge sous la protection&#13;
de laquelle est cette habitation, la suppliant très humblement d'avoir pitié de nous et de tout ce pauvre peuple&#13;
désolé . . . » Pour donner suite à cette prière, elle prend une décision qui sauve la Colonie.&#13;
1658-59. à son \o\age à Paris, voulant honorer la mémoire de monsieur Olier décédé en 1657.&#13;
elle choisit la fêle du 2 février 1659 de la Purification de Marie pour sa visite au Séminaire StSulpice. Monsieur Olier qui. durant sa vie. voyait Mademoiselle Mance « toute auréolée comme&#13;
d'un soleil ». lui manifeste sa bienveillance en rendant la vigueur et l'usage à son bras impotent&#13;
et déclaré incurable. Membre de la Société de Montréal, elle en honore le sceau (La Vierge et&#13;
PI niant).&#13;
Dans les temps tragiques, les Auteurs écrivent : «on prie, on jeûne, on a recours à la Sainte Vierge,&#13;
tant à Québec, qu'aux Trois-Rivières et à Montréal ».&#13;
Au décès de Mademoiselle Mance, un chapelet d'ébène, une image de Marie, des médailles, outre un&#13;
nombre as.se/ considérable de livres pieux et liturgiques, se trouvent mentionnés dans l'inventaire de ses biens.&#13;
&#13;
13&#13;
&#13;
�Après ccs quelques observations qui témoignent de la dévotion de Jeanne envers la Très Sainte Vierge,&#13;
je serais pourtant portée à mettre l'accent de sa piété sur le Saint Sacrement de l'Autel et dans 1exercice des&#13;
œuvres de charité corporelles et spirituelles.&#13;
À l'instar de ses parents, elle s'inscrit dans la Compagnie du Saint Sacrement dès 1635. La dévotion en­&#13;
vers le Saint Sacrement tenait une place importante dans la dévotion de ses membres qui avaient pour devise :&#13;
« procurer la Gloire de Dieu en faisant tout le bien qui passait pour vrai bien. »&#13;
Associée dès 1641 à la Société Notre-Dame de Montréal établie pour « procurer la Gloire de Dieu et le&#13;
salut des Infidèles». Jeanne Mance se devait d'étre fidèle aux directives de ces deux mouvements religieux et&#13;
humanitaires dans sa vie missionnaire.&#13;
À Montréal, elle décore l'autel de la première messe et on v expose le Saint Sacrement. Un Auteur&#13;
contemporain de Jeanne Mance nous la montre en adoration avec ses quelques compagnes au cours de cette&#13;
première journée à Ville-Marie, tandis que les colons s’empressent à abattre les arbres de la forêt.&#13;
Mademoiselle Mance est la sacristine attitrée dans la chapelle de son hôpital qui sert d'église paroissia­&#13;
le jusqu'en 1683.&#13;
Dans ces premiers jours de la Colonie. « on fait maints pèlerinages à la montagne ». Dans un. il se&#13;
trouva personne en état de servir la messe. Jeanne la lit servir par Pierre Gadois qui était un petit enfant à qui&#13;
elle suggérait les réponses en lui indiquant les cérémonies. »&#13;
En 1672. Jeanne Mance est une des cinq personnalités de la Colonie qui posent des pierres commémo­&#13;
ratives de la future église Notre-Dame.&#13;
Dans son testament olographe, elle lègue « une somme de cent livres employée à la bâtisse de la&#13;
nouvelle église eneommencée » et une autre somme de cent livres pour « être employée à la&#13;
structure du Tabernacle . . . dans la dite église ».&#13;
La vie de Jeanne Mance est une manifestation non interrompue des dons de l'Esprit-Saint qui domi­&#13;
nent en elle et qu'elle puise à la Source.&#13;
Ces dons se répandent à l'extérieur par des œuvres charitables : elle découvre Dieu dans les orphelins,&#13;
les pauvres, les plus déshérités des humains et c'est sa manière à elle de découvrir le Seigneur en le donnant&#13;
aux autres.&#13;
Fidèle disciple de Jésus, elle puise au pied du Tabernacle des trésors de compassion et de miséricorde&#13;
qu'elle déverse ensuite sur son entourage.&#13;
Elle élève un Temple à la souffrance qui devient tout aussitôt le refuge de toutes les misères : les en­&#13;
fants des bois v accourent : ils y sont reyus aussi bien que le sont ses compatriotes : « les néophytes s'v rassem­&#13;
blent : un jour, les hommes, un jour, les femmes et un jour, les enfants : pendant que le Missionnaire catéchi­&#13;
se. Mademoiselle Mance leur fait festin. »&#13;
Mademoiselle Mance assume très tôt les exigences de ses responsabilités. Par ses observations opportu­&#13;
nes. ses vovages. ses relations outre-mer. son dynamisme, elle sauve trois fois la Colonie prête à sombrer&#13;
Constante collaboratrice de monsieur de Maisonneuve, elle est véritablement « l'Ange de la Colonie ».&#13;
Les Fondateurs de la Société de Notre-Dame de Montréal consacrent l'Ile de Montréal à Marie dès&#13;
1645. Dans le but poursuivi par les pieux Fondateurs, trois groupements doivent répandre dans le NouveauMonde la dévotion à la Sainte Famille de Jésus. Marie. Joseph.&#13;
Jésus doit être représenté par les fils spirituels de monsieur Olier. Marguerite Bourgeoys se dé­&#13;
vouerait avec les sœurs de sa Congrégation dans I instruction de la jeunesse :&#13;
Jeanne Mance, dans son rôle de co-fondatrice de la Ville et de londatrice de son Motel-Dieu&#13;
doit promouvoir le culte de saint Joseph, chef de la Sainte famille.&#13;
Dans les assises de cette nouvelle chrétienté, les fondateurs doivent avoir des charismes différents et&#13;
très particuliers, des dons différents, mais dans un seul et même Esprit !&#13;
Fidèle au mandat reyu des Fondateurs de la Société de Notre-Dame de Montréal. Mademoiselle Man­&#13;
ce. par ses instances et ses démarches, finira par réaliser les vues des fondateurs en introduisant dans son Hô­&#13;
tel-Dieu les Hospitalières de Saint-Joseph fondée spécialement pour Montréal par Jérôme Le Rover de la&#13;
Dauv ersière.&#13;
&#13;
L'espérance rie déçoit pas. » Rm 5, 5&#13;
&#13;
ooo&#13;
&#13;
Une nouvelle page à inscrire au bilan de notre Amitié. En avril dernier,&#13;
nous nous étions tenus responsables de la bien remplir. Je pense qu'en définiti­&#13;
ve. nous nous en sommes bien acquittés.&#13;
Pourtant, chacun est responsable du mot de la tin ; qu'il soit blanc sur noir&#13;
ou noir sur blanc, peu importe. L'important, c'est qu'il se grave en nous. Et&#13;
chacun désire vraiment s'assurer de la qualité de la gravure. Nous tournons une&#13;
autre page. Comme les autres, elle contient l'imprévisibilité des êtres et des&#13;
choses. Nos plans n'y comptent pour rien. On ne bâtit pas une amitié comme&#13;
on construit un pont : il y aura toujours des transformations à faire.&#13;
Tous, tôt ou tard, nous avons un bateau à prendre qui, tantôt sur une mer&#13;
houleuse, tantôt sur des eaux calmes, file, en direction du possible à atteindre.&#13;
Bien surveiller la vague ! Voilà ce qu'il faut retenir. Car, elle est aussi imprévi­&#13;
sible que l'homme : elle va. elle vient, elle échoue quelque part !&#13;
J'ai abordé quelque part car. par une grâce particulière, il est donné à&#13;
l'homme de reconnaître son rivage. Ce qui est impossible à la vague est possible&#13;
pour l’homme. Et. c'est cette possibilité d'être qui différencie l'homme de la vauue : amalgame de données qui font une vie.&#13;
Finalement, je pense que si l’homme échoue quelque part, s'il lui est don­&#13;
né de reconnaître son rivage, c'est qu'il y a été conduit. Seul, le courant mène à&#13;
la terre ferme. Et ce courant, c'est Dieu.&#13;
Et maintenant, cap au large, afin de pouvoir éprouver davantage le goût du&#13;
bon port, ce goût de la grâce. Dans le cahier de bord, une autre page se livre à&#13;
notre Amitié... à nous de la bien remplir. Sur les traces des Fondateurs et dans&#13;
l'Amitié de Dieu,&#13;
Gilbert Lévesque&#13;
Adj. à la Rédaction&#13;
&#13;
Ces religieuses qui succèdent à Jeanne Mance répandront dans la Nouvelle France le culte de la Sainte&#13;
famille et la dévotion à saint Joseph.&#13;
J'ajoute, en attendant le sanctuaire de la Montagne.&#13;
Sœur Marie-Louise Allard, r.h.s.j.&#13;
Directrice du Centre Jeanne Mance.&#13;
&#13;
C onlérence donnée en mars 1970.&#13;
&#13;
14&#13;
&#13;
(lettre à un am i)&#13;
&#13;
15&#13;
&#13;
�MGR PERCIYAL GAZA&#13;
&#13;
Mgr Percival Caza est entré dans la gloire le matin du 12 février dernier. Il aura&#13;
passé ses derniers moments de souffrance lucide avec Marie, la Mère de Jésus, en l'an­&#13;
niversaire de sa première apparition à Lourdes. « Je ne vous promets pas de vous ren­&#13;
dre heureuse en ce monde, mais dans l’autre » avait dit la Dame à Bernadette dans sa&#13;
deuxième apparition. Entre Marie et Percival, le fidèle serviteur de son Fils, qui n'en­&#13;
tend un dialogue semblable ?&#13;
Ses derniers jours furent une rude montée du Calvaire. N’y avait-il pas communié&#13;
toute sa vie ? Pour notre cher confrère et ami cette rude montée vient de se terminer&#13;
dans la gloire. Notre foi en est une garantie et notre logique d’homme spirituel !&#13;
Je l’ai rencontré la dernière fois dans sa retraite de la fraternité sacerdotale de&#13;
Léry. Toujours la même stature d’homme et de prélat. Une ligne intérieure indéfecti­&#13;
ble ! Percival Caza : quelle force rayonnante ! Quelle sérénité ! Quelle paix !&#13;
Mgr Percival Caza a été le premier évêque responsable du Comité des Fondateurs&#13;
de notre Église Canadienne ! Combien il y a cru et combien il s’y est dévoué ! Avec le&#13;
géant Lionel Groulx ils ont fait œuvre de pionniers, de défricheurs et de bâtisseurs.&#13;
Aujourd’hui, je le vois en excellente place à côté du Vénérable Mgr de Laval et de&#13;
ses héroïques compagnons et compagnes des premiers temps. Aujourd’hui et pour tou­&#13;
jours.&#13;
Mgr A.M. Cimichella&#13;
Evêque ponent&#13;
&#13;
________________ Ce bulletin est publié par ________________&#13;
LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L’ÉGLISE DU CANADA&#13;
1085, rue Cathédrale, Montréal, Qué. H3B 2V4&#13;
FRAIS DE RETOUR GARANTIS&#13;
&#13;
Vous pouvez citer, commenter ou reproduire les articles de PIERRES VIVANTES.&#13;
&#13;
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                <text>p. 2 : Témoignages&lt;br /&gt;p. 3-4 : &lt;em&gt;Inédit. "Par le coeur de mon Jésus"&lt;/em&gt; par Chabot&lt;br /&gt;p. 5-6 : &lt;em&gt;Plus je le suivrai sans crainte...&lt;/em&gt; par Caza&lt;br /&gt;p. 7-8 : &lt;em&gt;Catherine de Saint-Augustin.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Un seul et même Amour&lt;/em&gt; par Gervais&lt;br /&gt;p. 9-10 : &lt;em&gt;Spiritualité youvilienne&lt;/em&gt; par Quirion&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;p. 11-12 :&lt;em&gt; Les dévotions de Mgr de Laval&lt;/em&gt; par Provost :&lt;/strong&gt; Laval vouait une dévotion à la Vierge, à la Sainte Famille et aux Anges qui transparait dans ses choix de consécration des églises et dans les confréries qu'il encourage.&lt;br /&gt;p. 13-14 : &lt;em&gt;Mademoiselle Mance et ses dévotions&lt;/em&gt; par Allard&lt;br /&gt;p. 15 : &lt;em&gt;Une autre page...&lt;/em&gt; par Lébvesque&lt;br /&gt;p. 16 : &lt;em&gt;Mgr Percivial Caza&lt;/em&gt; par Cimichella</text>
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                <text>Accédez au &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/files/show/15170" class="show"&gt;texte intégral &lt;/a&gt;de ce numéro</text>
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                <text>Pierres vivantes est une publication éditée à Montréal par le Comité des fondateurs de l’Église du Canada entre 1974 et 2013. Initialement conçu comme un bulletin publié deux à trois fois par année, il s'est transformé en revue annuelle à partir de 1978. Comme cette revue est difficile d’accès, nous rendons disponible toute la collection. Ceci permettra la mise en contexte canadien du travail de ce comité et du processus de canonisation. Accédez à la &lt;a href="https://sfdl.omeka.net/pierres-vivantes"&gt;collection complète &lt;/a&gt;de la revue.</text>
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                  <text>Cette collection comprend les articles de périodiques, revues, journaux, chapitres de livres, livres ou études publiées sur François de Laval</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>L'accès à ce document doit se faire via une bibliothèque abonnée à la ressource. Vous devez vous inscrire au préalable en tant que membre de la bibliothèque.</text>
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